La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- TRENTE-QUATRIEME ANNEE
- 1906
- DEUXIÈME SEMESTRE
- MASSON ET O, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- 34° ANNÉE.
- N° 1723.
- 2 JUIN 1906.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LE PONT SUSPENDU A CHAINES DE BUDAPEST
- Après avoir un certain temps excité l'enthousiasme, les ponts suspendus ont ensuite été décriés, et ce type d’ouvrage a été presque complètement abandonné. Aujourd’hui, uar suite de ces réactions
- placer par ce qn on nomme un peu inexactement des chaînes, mais ce qui est effectivement une série de barres métalliques se reliant les unes aux autres par d'énormes goiq illes, disposition qui rappelle
- Vue générale du nouveau pont Elisabeth.
- qui sont lréquentes, même dans Thistoire de la technique, on semble trouver qu’on a exagéré les défauts et méconnu les qualités particulières de ce genre de pont, et l’on y revient bel et bien.
- Nous devons dire que ce ne sont plus des tabliers de bois soutenus par des câbles de métal que l’on adopte ; le tablier se fait en métal, et, quant aux câbles de suspension, on paraît décidé à les rem-34° année. — 2° semestre.
- assez bien les chaînes à maillons qu’on emploie en cyclisme ou en automobilisme. 11 y a bien, malgré tout, suspension, car la poutre raidissante constituant le tablier du pont est soutenue par des tiges verticales, des membrures formant tirant, qui sont articulées sur les maillons de la chaîne de suspension: Cette chaîne, double ou simple, prend appui au sommet des deux tours caractéristiques du pont
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- suspendu, et redescend de l’autre côté de la tour pour venir se rattacher à un ancrage de rive noyé dans la culée, grâce auquel elle peut supporter le poids de la poutre, du tablier et des charges qui s’y déplaceront.
- Le nouveau pont de Budapest est un exemple de cette sorte d’ouvrage, d’autant meilleur à citer qu’il oll're des proportions très considérables, et prouve, par suite, que ce système de construction est susceptible de s’appliquer aux ponts les plus importants. Le Pont Elisabeth, comme il se nomme, traverse le Danube à Budapest, et en une seule travée, sans parler des travées de rives, qui sont de très faibles dimensions; celte travée principale, entre les axes des deux piles supportant les tours métalliques au sommet desquelles passent les chaînes, a une longueur de 291,69 m. ; les petites travées de rive et d’approche ont seulement une longueur de 42,56 ni., calculée jusqu’à l’aplomb des maçonneries des culées, ce qui fait une longueur totale de plus de 576 mètres pour l’ouvrage considéré dans son entier. La largeur du pont est elle-même assez considérable, puisqu’on a pu y ménager une chaussée de 11,06 m. de large pour les voitures, et deux trottoirs qui ont 5,50 m., au moins sur la travée principale du pont.
- Les chaînes de suspension sont fort intéressantes à examiner, et d’autant plus que, si des ponts à chaînes ont déjà été construits, du moins ces ouvrages ne sont pas encore très connus; elles sont disposées en deux couples, de part et d’autre du pont, et à une distance de 20,10 m. d’un couple à l’autre; les deux chaînes de chaque couple et de chaque coté, par conséquent, sont placées l’une au-dessus de l’autre, décrivant deux courbes analogues (en réalité, du reste, chaque chaîne est constituée de maillons doubles et parallèles articulés, et reliés à leurs voisins par des goupilles communes) ; la chaîne supérieure passe librement au sommet des tours, tandis que la chaîne inférieure se rattache de façon fixe à ce sommet : toutes, naturellement, vont s’ancrer dans les culées. Quant aux tours, elles sont articulées sur pivot à leur base. On comprend — et la gravure le montre bien — que chaque pile supporte deux tours, une par paire de chaînes ; chacune d’elles consiste, en un montant massif fait de caissons métalliques : ces montants sont à 22,18 m. de distance d’axe cf^axc ; on voit qu’on a essayé de leur donner un asp<M^ architectural ; ils sont solidarisés à une certaine hauteur par une traverse qui donne à l’ensemble l’allure générale d’une porte monumentale, sous laquelle passe la chaussée. Dans le pied de chaque montant est ménagé un évidement, qui sert à livrer passage à la poutre métallique et raidissante du pont; le montant de la tour vient reposer, de part et d’autre de cette poutre, sur deux pivots d’acier cylindriques et horizontaux, comme dans toutes les constructions métalliques articulées. Des dispositions ont été prises, des contreventements horizontaux établis pour empêcher le ballottement
- des chaînes, et pour transmettre congrùmenl les efforts du vent agissant sur ces chaînes. La poutre raidissante est continue d’un bout à l’autre de l’ouvrage ; et, aux points d’attache des tiges de suspension reliant la poutre aux chaînes, des poutres transversales consolident le tablier. Nous n’insisterons point sur le treillis de la poutre principale, pas plus que sur les détails de constitution du tablier.
- Ce qui est intéressant à noter, c’est que toute la construction est en acier doux Siemens-Martin; le poids total du métal employé dépasse 5700 tonnes, sans compter 2000 tonnes environ pour les tours ; l’acier mis en œuvre a une résistance de 5500 kg au moins par centimètre carré.
- Des précautions minutieuses ont été prises pour que ce que nous avons appelé les maillons des chaînes gardent toute leur résistance; on a évité de faire subir au métal les efforts nuisibles dus aux machines à poinçonner ou à cisailler. La position des trous de goupille a été déterminée avec une précision parfaite, et, dans l'exécution de ces trous, il n’a fallu s’écarter qu’exlrêmement peu des points déterminés.
- On espère que, dans ces conditions, la suspension par chaînes ne donnera pas le plus léger mécompte, bien que tout le monde ne partage pas celte confiance dans les ponts suspendus à chaînes, puisque tout récemment, et au vif regret de notre conlrère Scientific American, qui s’est étendu complaisamment sur les avantages du système, le commissaire des Ponts de New-York a refusé nettement d’adopter un projet d’ouvrage à chaînes qui avait été complètement étudié pour le pont dit Manhattan Bridge. Contre les partisans des cables métalliques, ceux de la chaîne affirment que le poids meme plus considérable d’une construction comme celle que nous venons de décrire, lui assure une inertie plus élevée, une rigidité bien préférable. D. Lebois.
- NOUVEAUX SOUS=MARINS ANGLAIS
- Nous avons signalé, l’année dernière1, l’importance prise, en Angleterre, par les submersibles. Nous avons parlé de la rapidité avec laquelle, en ces dix dernières années, les ingénieurs des constructions navales étaient arrivés à mettre à l’eau une véritable flotte de sous-marins. Les divers accidents, qui se sont produits, l’année passée, loin de ses arrêter, ont au contraire stimulé le zèle des bureaux techniques de la marine, et donné un essor nouveau à l’activité des constructeurs.
- Des enquêtes sérieuses ont été menées avec un soin tout particulier et des études très approfondies ont été faites, avec ce calme et cette méthode qui font la force de nos voisins. L’entente cordiale, au milieu d’autres avantages, nous permettra sans doute d’observer nos amis d’outre-Manche et, puis-1 Voy. n° 1674, du 24 juin 1905, p. 49.
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- qu’ils veulent prendre un peu de noire gaieté, rien ne nous empochera de nous approprier quelques-unes de leurs qualités. Nous aurons tout profit à les imiter en ce qui concerne les questions maritimes ou militaires, lorsque nous aurons constaté qu’ils discourent peu mais agissent beaucoup. La mise en pratique de ce principe permet à l’Amirauté britannique de réaliser des progrès rapides et de faire subir, sans lenteur, aux divers types de navires les transformations nécessaires. C’est ainsi que les « submarines » en chantier bénéficient déjà des résultats des enquêtes laites à la suite des derniers accidents, et que, dans les constructions nouvelles, des modi-licalions sérieuses ont été apportées.
- 11 est intéressant, tout d’abord, de constater le nombre relativement important des sous-marins qui vont profiler des idées nouvelles et qui constitueront, de la sorte, une catégorie de submersibles en progrès sur ceux, déjà très remarquables, précédemment établis en Angleterre. Quatorze « submarines » sont actuellement en cours de construction ; ils prendront rang dans la Hotte britannique, d’ici au 31 mars 1907, au fur et à mesure de leur achèvement. Douze autres navires de celte catégorie seront mis en chantier pendant l’exercice 1906-1907. Leur construction sera répartie comme suit : deux seulement seront confiés aux arsenaux de l’Etat, ils seront établis par les ateliers de Chatham ; les dix autres seront construits sur les divers chantiers maritimes de l’industrie privée.
- Celte proportion doit être retenue. Elle prouve très nettement que l’amirauté britannique, pour la construction de ses sous-marins, fait un appel sérieux à l’industrie privée et qu’elle ne garde, pour les chantiers de l’Etat, qu’un très petit nombre de bateaux. La raison en est fort simple. Les travaux quels qu’ils soient, aux lies britanniques, comme partout ailleurs, ne sont pas mieux exécutés, lorsque l’Etat opère lui-même ; mais les prix de revient sont toujours beaucoup plus élevés. ^
- Les nouveaux sous-marins anglais coûteront environ 3 600000 francs pièce, tous frais d’aménagement compris, le navire prêt à prendre la mer. Cette moyenne eût été beaucoup plus élevée si les arsenaux militaires avaient été chargés de l’opération totale.
- Ces quelques remarques laites, il est intéressant d’examiner maintenant quels sont les points qui différencient les nouveaux bateaux — types X. — de ceux précédemment construits en Angleterre — — types B — dont nous avons parlé dans notre article précédent. La puissance des machines est portée de 850 à 920 chevaux, ce qui permettra d’obtenir, en marche normale, une vitesse de 18 nœuds environ à la surface. C’est donc une augmentation de vitesse de 2 nœuds qu’il faut constater; mais il convient de dire tout; de suite que les progrès réalisés pour la marche après immersion sont presque nuis en ce qui concerne la vitesse, qui restera à 10 nœuds. Quant à la sphère d’action, elle va se trouver étendue dans de très grandes pro-
- portions, puisque, de 800 kilomètres qu’elle était, elle, atteindra, avec les nouveaux submersibles, 600 milles environ, c’est-à-dire 960 kilomètres.
- Des progrès sérieux ont été réalisés quant aux conditions de stabilité dans l’eau et à la surface; le temps nécessaire à l’immersion a été diminué, il sera de 3 minutes à peine. Quant à la fermeture de la tourelle — the cunning tower, comme disent les Anglais — son système a été très étudié. Nous ignorons ce qui est lait dans ce sens; mais nous pouvons dire que les perfectionnements apportés au joint donnent une étanchéité absolue et permettent la fermeture instantanée de la trappe. Cela est fort intéressant et donne des garanties de sécurité beau-
- coup plus grandes. C’est l’accident de juin 1905, à Devonport, qui appela l’attention sur ce point. Dans le monde maritime anglais, on pensa à une manœuvre imprudente plutôt qu’à une explosion. Cette dernière hypothèse avait moins de valeur ; car il élait possible que le sous-marin A-8 ait « apiqué », le couvercle de la. tourelle n’ayant pu être fixé à temps : l’eau aurait pénétré par l’orifice resté ouvert ou même par le joint mal fait, et le navire aurait sombré sous le poids de l’eau qui l’envahissait.
- L’accident de Queenstown, en février 1905, à bord du sous-marin BI, fut attribué à la gazoline, dont on se servait pour les moteurs de la marche en surface des navires de cette catégorie. Le produit en question émet des vapeurs qui peuvent être enflammées, instantanément, par une étincelle électrique; par exemple, si des précautions très minutieuses ne sont pas prises pour éviter les fuites. Eu raison des dangers que présente la gazoline, elle sera supprimée sur les bateaux du type X. Seuls les moteurs électriques y seront employés pour la marche à la surface et la navigation sous l’eau en plongée.
- A propos de gazoline, ouvrons ici une parenthèse pour dire que, dans les sous-marins anglais des types A et B, il y a des souris blanches, qui, captives dans des cages, y demeurent nuit et jour. Ces petites bêtes sont très choyées par l’équipage ; car elles ont un rôle important à jouer à bord. Les petites souris blanches sont, en effet, les protectrices des sous-marins ; leur sens olfactif’, très développé, permet à ces animaux de percevoir la moindre fuite de gazoline. Le "plus petit échappement met les souris blanches en révolution ; elles tournent dans leur cage e! s’agitent fébrilement, donnr t ainsi Eéveil et avertissant l’équipage du danger qu il court.
- L’odorat, très délicat, de ces animaux en fait les
- protecteurs des sous-marins et les gardiens de la vie des hardis marins qui montent les navires submersibles. Une puissante machine, produit de la science moderne, mise sous la protection d’un petit animal, comme au temps des civilisations antiques, voilà qui n’a rien de banal et qui mérite d’être signalé.
- Les moteurs à essence seront supprimés bientôt à bord des submersibles anglais ; on les y remplacera par des machines électriques. Cette opération se era successivement, au fur et à mesure que les
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- navires en cours de consIruclion quitteront les chantiers, pour prendre rang dans la Hotte.
- Les ingénieurs des constructions navales ne veulent plus employer ni gazoline ni essences d’aucune sorte. Les causes d’explosion sont trop nombreuses et, en dépit de la protection — plus ou moins efficace — des souris blanches, elles constituent un danger permanent. L’aération est forcément imparfaite sur les submersibles ; car, meme lorsque ces navires nagent à la surface, la ventilation est toujours incomplète.
- Cette situation s’explique aisément. Les vapeurs d’essence sont plus lourdes que l’air, elles ne sortent pas et demeurent à l’intérieur du navire où elles stagnent en quelque sorte. Dans ces conditions, l’explosion et l’incendie sont une menace permanente, puisque un dourt-circuit, une étincelle électrique,
- l’eau, de percevoir les bruits qui se produiront à une grande distance. C’est ainsi qu’ils pourront entendre, par un temps à peu près calme, les mouvements de l’hélice d’un cuirassé ou de tout autre navire, passant avec une vitesse de 18 à 19 nœuds. Les sons pourront être perçus, avec plus ou moins de netteté, jusqu’à concurrence de 2400 mètres maximum.
- De toutes ces explications il faut conclure que l’Amirauté britannique a mis tous ses soins au perfectionnement des organes principaux de ses submersibles, dont elle arrivera probablement à faire progressivement des engins de guerre très complets au point de vue maritime, et fort redoutables au point de vue militaire. Si les progrès réalisés en Angleterre reçoivent une application pratique, nous verrons peut-être la marine britannique posséder, dans un
- Nouveau sous-marin anglais.
- le choc d’un outil sur un objet métallique, l’imprudence d’un marin fumant à bord, un retour de flamme dû à la mauvaise carburation, et cent autres raisons, sont autant decauses qui peuvent, en quelques secondes, entraîner la perte d’un sous-marin.
- Parmi les nouveaux progrès réalisés dans la construction des « submarines » actuellement en chantier, il nous faut en citer deux qui ont une grande valeur technique. Ces deux améliorations donnent, d’une manière très effective, des yeux et des oreilles aux sous-marins de la flotte anglaise.
- Il paraîtrait d’abord que ces navires vont être munis d’appareils spéciaux qui leur permettront, dans des conditions de clarté et de netteté remarquables, d’étendre la portée de leur vision et d’embrasser, d’un coup d’œil, une vaste surface, un horizon tout entier. D’autre part, on nous affirme aussi que les nouveaux submersibles seront munis d’instru-inenls leur permettant, lorsqu’ils navigueront sous
- avenir prochain, les meilleurs sous-marins diûnonde. Cette situation sera d’autant plus curieuse que les amiraux anglais lurent longtemps hostiles à ce genre de navire ; ils le considéraient comme une utopie, et ce n’est que depuis dix ans que les ingénieurs des constructions navales accordent, en Angleterre, une attention sérieuse à l’étude et à la construction de ces « submarines », dont ils se préoccupent tant aujourd’hui.
- Lors de sa dernière visite à Portsmouth, le grand port militaire, Édouard Vil fut salué au large par trois submersibles du type BI, qui escortèrent le yacht royal Victoria and Albert jusqu’à l’intérieur des bassins. Les « submarines » se rangèrent l’un à bâbord, l’autre à tribord, le troisième à l’arrière, et encadrèrent ainsi, en le suivant à la distance réglementaire, le yacht du roi. Cet événement, d’aspect pourtant si simple, indique quelle place importante les sous-marins ont prise dans les préoccupations navales de la Grande-Bretagne. Wii.i, Dahvillé.
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- Fig. 1. — Une île madréporique : l’île Pinaki.
- La France possède en Océanie les plus vastes pêcheries de nacre du monde. Jadis très prospère, l’industrie nacrière subit depuis longtemps une décroissance marquée dans des Établissements français de l’Océanie : de 1 500 000 francs en 1896, l’exportation de la nacre est descendue à 1 108 000 francs en 1900 et à 900 000 francs en 1902.
- On sait que la nacre est fournie par les coquilles de nombreuses espèces de mollusques, mais que la plus belle, celle qui constitue la nacre du commerce, est donnée par un Lamellibrancbe, la Méléa-grine ou huître perlière (lleleayrina margariti-fera L.), qui, dans certaines conditions, est susceptible de produire des perles. Cette espèce se rencontre dans la plupart des lagons des îles Tuamotu et Gambier, autour de Tahiti et dans quelques îles basses de l’archipel des Iles-sous-le-Vent, comme Scilly. Mais les fonds nacriers, imprudemment exploités, s’épuisent et, aujourd’hui, l’intervention de la science et une réglementation efficace sont indispensables pour, assurer la conservation de ces richesses naturelles i
- Des études furent faites sur place, jadis par M. G. Bouchon-Brandelyl, pui^par M. Cheyrouse2, et, plus récemment, par M. L.-G. Seurat, docteur ès sciences, qui, ayant séjourné trois années dans l’archipel, de 1903 à 1905, s’est livré à une étude approfondie de l’huître perlière aux points de vue
- 1 Yoy. n° 609, du 31 janvier 1885, p. 129, et n° 612, du 21 février 1885, p. 187.
- 2 Revue coloniale, juillet-août 1901.
- zoologique et biologique1, et a lormulé, au sujet de la production de la nacre en Polynésie, de fort intéressantes conclusions, basées sur de patientes et minutieuses observations.
- L’archipel de Tuamotu comprend environ 80 îles disséminées sur un espace de 250 lieues de longueur. Après avoir été nommées îles Paumotu (îles soumises) par les Tahitiens qui en avaient fait la conquête, elles furent appelées en 1852, à la demande des habitants, îles Tuamotu, c’est-à-dire îles lointaines.
- Les anciens Paumotu, dont M. Seurat a décrit les mœurs primitives2, se sont de tout temps livrés à la pêche, le poisson étant la base de leur alimentation et, avant même qu’ils ne fassent des huîtres perlières un objet de commerce, ils en pêchaient dans les lagons pour faire avec la nacre des outils, des hameçons et des objets de parure3.
- Les indigènes pêchent en pirogues. Ils inspectent les fonds au moyen d’une boîte en bois, creuse et munie d’un fond en verre, avec laquelle ils peuvent observer l’intérieur des eaux sans être gênés par les rides de la surface.
- Les lagons des îles madréporiques, comme sont les Tuamotu, ont été souvent décrits. Bappelons en quelques mots cette configuration. Chacune de ces îles est une sorte de couronne, ou atoll, de récifs
- 1 II avait déjà publié : L’huîlre perlière, Nacre et perles (Paris, s. d., 1901).
- 2 Revue coloniale, juillet 1905.
- 5 Seurat. Les engins de pêche des anciens Paumotu [L'Anthropologie, 1905).
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- coralliens affectant le plus souvent la iorme circulaire ou ovoïde et renfermant un lac intérieur appelé lagon. Cette terre basse, à peine élevée de 2 à o mètres au-dessus de l’eau, où la végétation est riche., et sur laquelle croît admirablement le cocotier, mesure généralement de 200 à 500 mètres de large et atteint un développement tel que, dans certaines îles, le lagon a jusqu’à 60 et 70 kilomètres de longueur.
- La plupart de ces lagons présentent des conditions particulièrement favorables au développement de l’huître perlière. Ils communiquent généralement avec la mer par une ou plusieurs passes qui, quelquefois, sont accessibles aux navires de fort tonnage. Mais, alors même qu’il n’existe pas de passe à la surface de 'l’eau, les lagons communiquent avec la mer par des canaux sous-marins, qui entretiennent dans ces lacs un courant constant. Les huîtres
- Fig. 2. — Pêcheurs des Tuamotu inspectant, le fond d’un lagon.
- perlières trouvent donc dans les lagons l’eau de mer nécessaire à leur existence.
- Mais ces mollusques sont loin d’être aussi nombreux dans tous les lagons. La nature des fonds paraît surtout avoir une très grande influence sur leur plus ou moins grande abondance. Ceux qui sont constitués par du sable calcaire ou des débris d’algues calcaires sont les plus mauvais ; au contraire, les fonds formés de débris de madrépores morts sont très favorables. 11 y a aussi d’autres causes dont l’action se fait sentir, par exemple les courants et la disposition topographique des chenaux ; les îles qui possèdent des passes sont quelquefois moins favorisées, au moins au voisinage de ces passes.
- Une autre circonstance très avantageuse pour le développement des huîtres est l’existence au milieu des lagons de « pâtés » ou coral-patches. On appelle ainsi des formations coralliennes s’élevant en colonne du fond de l’eau et arrivant jusqu’à fleur d’eau ou à quelques mètres au-dessous de la surface. Ces pâtés constituent, dans ce dernier cas surtout, un grand danger pour la navigation; quelquefois on peut passer au-dessus, mais souvent aussi on viendra heurter quelqu’un de ces écueils imprévus. En ce qui concerne l’huître perlière, les pâtés offrent
- cette utilité de servir de collecteurs où viennent se placer les mollusques.
- D’après ces Considérations, M. Seurat a été amené à penser qu’il conviendrait de développer la culture de l’huître dans celles de ces îles qui s’y prêtent le mieux, et de l’abandonner enlièrement dans les autres.
- Comme procédé de culture de l’huître, il conviendrait d’établir dans les lagons des sortes de bouées, ou de collecteurs venant à la surface à la façon des pâtés et destinés, comme eux, à servir de supports aux coquilles. On pourrait employer des espèces de radeaux fixés, analogues à ceux dont on se sert à Venise pour la culture de la moule.
- Sur ces bouées il faudrait développer des algues vertes. On a remarqué que les algues vertes, et particulièrement les ulvcs, jouent un grand rôle dans l’évolution des jeunes Margaritifera1. Dans la période primitive de celle évolution, le jeune mollusque n’est pas attaché par un byssus et il se meut au milieu des algues à l’aide de son pied, qui est très développé ; ce n’est que quand les huîtres ont atteint un certain diamètre qu’elles se laissent tomber au fond de l’eau pour y chercher un support convenable. Il est donc nécessaire d’assurer aux jeunes huîtres ce milieu végétal qui leur convient.
- Pour le repeuplement des lagons, le transport des huîtres est très facile. Mais il importe d’y placer des individus des deux sexes. La Margaritifera est à sexes séparés, mais leur distinction est assez difficile à établir à la seule inspection de la coquille. La valve gauche est généralement plus aplatie chez le mâle que chez la femelle, mais cette différence est à peine sensible. Le caractère le plus constant, d’après M. Seurat, est le suivant : la coquille de la méléa-grine mâle est arrondie, son diamètre longitudinal étant plus grand que son diamètre transversal, ce dernier étant mesuré de la charnière au bord libre ; la coquille de la femelle est, au contraire, allongée dans le sens transversal2.
- Mais il ne suffit pas de repeupler les lagons, il faut aussi assurer la reproduction. La saison du Irai se place d’octobre à mai. Autrefois on pêchait à toute époque. Un arrêté, rendu par le gouverneur des Etablissements français de l’Océanie, le 27 avril 1904, à l’instigation de M. Seurat, a limité le temps de la pêche; elle est interdite pendant quatre mois, du 1er octobre au 1er février. Cette interdiction temporaire donne en même temps du repos aux plongeurs qui peuvent s’occuper des plantations de cocotiers et de la récolte du coprah. C’est aussi la mauvaise saison où les vents sont fréquents et, à la même époque, l’eau des lagons est envahie par des méduses brunes, de l’espèce Nausithœ, très petites et très urticantes, qui gênent la vue et piquent douloureusement les pêcheurs.
- 1 Seurat, dans : Bulletin du Muséum d’histoire naturelle, 1904, ii° 6, p. 359.
- 2 Seurat. Observations sur l’évolution de l’huître perlière des Tuamotu et des Gambier. Papeete, 1904.
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- L’arrêté en question est une suite du décret du 21 janvier 1904 qui avait donné pouvoir au gouverneur de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer une exploitation prudente des richesses nacrières. Chaque année le gouverneur indique les lagons ouverts h la pêche, désormais permise soit à nu, soit à l’aide du scaphandre, mais il lui est toujours permis de limiter, dans tous les archipels, ou dans un lagon ou fraction de lagon, le nombre des plongeurs à nu ou des scaphandriers.
- Les huîtres perlières ont un ennemi redoutable, ce sont des éponges siliceuses appartenant au genre Cliona qui, perforant la coquille, viennent élire domicile dans la substance à calcaire. Les huîtres ainsi piquées perdent toute valeur marchande et, si l’on veut avoir de belle nacre, il faut s’attacher à détruire ces parasites; le moyen le plus efficace parait être l’exploitation intensive, par des scaphandriers, des bancs contaminés.
- Mais il est un fait assez remarquable, c’est que, si au lieu de cultiver l’huître perlière en vue de la nacre on l’élève pour recueillir des perles, il y aura avantage à ne pas détruire les cliones. Dans certains lagons on trouve très fréquemment des perles, et dans d’autres il y en a à peine; or, les lagons où la perle est abondante sont précisément ceux qui sont envahis par les éponges parasites.
- Voici l’explication de ce fait. Chaque perle est iormée autour d’un kyste à l’intérieur duquel est un petit animal. Cet organisme est un scolex de Cestode, voisin du Cyathophyllus ou Àcrobothrium. S’il y a un seul scolex, la perle est de forme arrondie ; s’il y en a plusieurs, elle prend les formes les plus variées. Tous les scolex enkystés dans les tissus de l’huître ne donnent pas naissance à une perle, mais ils paraissent être la cause dominante de sa formation. Ces scolex demeurent en place dans les tissus sans subir de modification dans leur organisation interne, et ils ne peuvent continuer leur évolution qu’à l’intérieur d’un second hôte qui, d’après M. Seurat, est la raie-aigle (Aetebatis nari-nari Euphr.) *.
- Voici maintenant le rapport qu’il y a entre la clione et la formation de la perle. Lorsque les coquilles sont piquées par les cliones, elles deviennent plus fragiles et peuvent être alors plus facilement brisées par la raie-aigle qui s’en nourrit. Parvenu à l’état adulte, à l’intérieur du rectum de ce poisson, le scolex donnera des œufs d’où sortiront des larves qui viendront infester d’autres huîtres. Il est à remarquer, d’ailleurs, que là où l’on trouve beaucoup de cliones parasites sur les coquilles, là aussi on observe la présence de nombreuses raies-aigles.
- On est ainsi amené à procéder d’une façon toute différente ' selon que Ton veut, dans un lagon, cultiver l’huître pour la nacre ou pour la perle. Dans le premier cas, il faut enlever tous les parasites ; dans
- 1 Seurat. Observations anatomiques et biologiques sur l'huître perlière (Journal officiel des Etablissements français de l'Océanie, 3 août 19Q5).
- le second, il faut les laisser et protéger, en outre, les raies qui sont l’hôte nécessaire du cestode mar-garitilère. On est particulièrement favorisé dans les îles Tuamotu où les conditions diverses des lagons permettent l’une comme l’autre des deux cultures dans les conditions que nous venons d’indiquer.
- Güstavr Regelsperger.
- LA CRISE DES MINERAIS
- de manganèse
- Les minerais de manganèse ont des emplois assurément limités à un petit nombre d’opérations industrielles, mais l'importance de ces opérations fait que des tonnages importants doivent être consommés
- ikhoum-Kalé
- K O U T A I S
- Tkvibouli Darkveti à
- Koutaïs
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- R'SJJ S S I E
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- TURQUIE D'ASIECV^X
- chaque année et que la recherche des minerais de manganèse est un problème intéressant. Nous ne parlerons pas des usages comme producteur de chlore qui en nécessitent pourtant chaque année des quantités notables ; le rôle du minerai est en effet beaucoup plus sérieux dans la métallurgie du fer, où il sert non seulement pour obtenir, dans les hauts fourneaux, des fontes peu sulfurées à partir des cokes toujours impurs du commerce, mais encore où on l’utilise comme désoxydant dans la préparation des aciers au Dessemer et au Martin et où il est un élément constituant de certaines fontes ou aciers spéciaux (fontes spiegels, spiegeleisen et ferro-manga-nèses, aciers au manganèse).
- La métallurgie exige généralement des minerais très purs ; longtemps ont subi une dépréciation notable ceux tenant plus de 7 pour 100 de silice ou plus de 0,10 pour 100 de phosphore. Aujourd’hui les conditions d’achat sont moins draconiennes et les usines américaines Carnegie ont des prix de base
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- sur 8 pour 100 do silice et 0,55 pour 100 de phosphore. Des gisements nouveaux ont donc pu être mis en exploitation et il semblerait par suite (pie le prix ait dû baisser, des producteurs jadis éliminés entrant en concurrence. Pourtant, depuis quelques mois, on assiste sur le marché de Londres, qui est le marché
- européen du manganèse, à une hausse considérable des prix : et l’unité de manganèse qui en 1905, par tonne de minerai à 50 pour 100 Mn, valait de 9 pence à 9,5 pence qu’il s’agît de minerais russes ou brésiliens, atteint actuellement 15 pence pour les minerais à 50 pour 100, 10 à 12 pour ceux de 47 à 50, et 8 à 10 pour ceux au-dessous de 47 dont l’emploi est beaucoup moins avantageux.
- La hausse, actuellement de près de 50 pour 100 ne parait d’ailleurs pas terminée et il est probable que lés prix actuels seront dépassés. À quoi, cela tient-il? Les causes sont multiples et de divers ordres.
- Avant tout, il faut remarquer que si l’on trouve assez fréquemment dans le monde des gisements de manganèse, ceux qui peuvent convenir aux usages sidérurgiques sont assez rares; il faut des minerais purs, peu siliceux en somme, en particulier sans traces notables de phosphore qui constitue une des impuretés les plus fréquentes dans les gites de manganèse ; il le faut également très riche dans le cas de production de fontes ou d’acier spéciaux au manganèsé. On comprend que dans ces conditions, certains pays aient pu se faire un véritable monopole de la vente du minerai et nous trouvons seulement, comme gros exportateurs, quatre pays : la Russie dont les gisements de la région caucasiquè
- ont donné une année jusqu’à 750 000 tonnes, la Turquie avec les mines de Kassandra dans la presqu'île de même nom au sud de Salonique, le Brésil où l’Etat de Rallia et celui de Minas Geraës sont les principaux producteurs et cnlin les Indes anglaises. L'Espagne, l’Autriche, l’Allemagne, la France (Romanèche et Las Cabosses) possèdent aussi des exploitations de manganèse, mais peu importantes en regard des pays précédents et ne pouvant ordinairement que satislaire à des consommations locales.
- Sur 1050000 tonnes de minerais produites annuellement (1904), 420000 étaient extraites en Russie, 170000 dans l’Inde, 160000 au Brésil, 70 000 en Turquie et sur ces 820000 tonnes, 240000 allaient aux Etats-Unis, 257000 en Angleterre, 220 000 en Allemagne, 100 000 en France. On comprend aisément, par les chiffres précédents, la perturbation que causa sur le marché l’arrêt progressif de nombreuses exploitations en Russie à cause de difficultés économiques d’abord, de troubles politiques ensuite. Les mines brésiliennes, turques et indiennes n’ont pu produire ce que la Russie cessait d’exporter et la rareté du minerai se faisant de plus en plus grande, les prix ont subi une hausse considérable.
- La situation des mines Russes étant la cause primordiale de la crise, il nous faut étudier les conditions dans lesquelles elles se trouvent placées. Il existe en Russie deux régions manganésifères ; au centre de la Russie près du bassin hoüiller et sidérurgique du Donetz, 50000 tonnes sont extraites par an et consommées dans les usines voisines ; au sud du Caucase, dans la province de Koutaïs, se trouve le district de Darkveti-Tchiatoura, le seul exportateur réel.
- Fig. Sï. — Transport (le manganèse.
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- iug. 4. — Transport de manganèse.
- Fig. 5. Transport de manganèse
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- La région de Darkveli-Tchiatoura est formée par de hauts-plateaux d’âge géologique récent, dans lesquels la Kvirili et ses affluents se sont creusé de profondes vallées ; les couches minéralisées sont interstratifiées dans des assises sédimentaires ordinairement horizontales et se trouvent à peu de distance de la surface du sol dont les séparent des hancs calcaires. Les affleurements de minerai se distinguent aisément sur les pentes des vallées. L’exploitation est facile, on la fait par piliers abandonnés, c’est-à-dire en laissant suivant une loi déterminée des parties de minerai en place qui soutiendront les roches du toit. Mais il ne suffit pas d’ahattre le minerai, on doit le transporter à la côte et c’est alors que commencent les difficultés.
- Il faut d'abord atteindre les voies terrées, la ligne de Charopane à Darkveti qui remonte le cours de la Kvirili et suit le tond de la vallée; la mine est au sommet des plateaux. Il faut donc descendre le minerai et, malgré tous les avantages que procurerait un cable aérien, on ne le trouve employé qu’en bien peu de points; le transport se fait à dos de chameaux ou de chevaux, ou dans ces chars à bœuls cauca-siques de forme particulière où la caisse repose sur une pièce de bois, qui s’appuie d’un côté sur le sol, de l’autre sur le joug.
- Arrivé au quai d’embarquement, le minerai est chargé sur les wagons de la ligne à voie étroite de Charopane et il faudra lui faire subir un transbordement en cette dernière station pour lui permettre d’emprunter les voies ordinaires russes vers Poti et Batoum. On comprend difficilement que lors de la construction de la ligne de la Kvirili qui est récente, on n’en ait pas fait une ligne à voie normale; on connaissait pourtant alors l’importance des minerais de manganèse de la région, et un transport annuel prévu de 500 000 tonnes minimum eût motivé autre chose qu’une voie étroite, surtout si l'on remarque que la ligne voisine de Rion à Tkvibouli qui dessert une petite mine de charbon est à écartement normal.
- Il n’a d’ailleurs pas suffi à l’administration des chemins de fer impériaux d’imposer au minerai un transbordement; elle l’a frappé de tarifs vraiment exagérés; pour un trajet de 44 km de Darkveti à Charopane, on paye par tonne llfl,20; avec le transbordement, le parcours Charopane-Poti, les droits de port, un produit dont le prix de revient est de 5 à 6 francs à la mine, qui coûte en moyenne 4 francs de transport de la mine au chemin de fer, arrive, chargé sur le bateau, à coûter au producteur 28 francs. Ajoutons 16 francs de fret de Poti à Londres et nous arrivons au prix de 44 francs comme prix minimum de vente en ce dernier point. Or le prix normal de vente est de 9 pence l’unité, les minerais du Caucase mal triés n’étant pas cotés aussi haut que les brésiliens; on voit donc qu’un minerai à 50 pour 100 serait vendu 45 francs, ce qui laisse une marge bien faible de bénéfices en temps ordinaire; encore les réductions de valeur, occasionnées par des] dépassements en silice ou en
- phosphore, absorbent-elles souvent cette différence.
- La hausse actuelle permet aux quelques producteurs caucasiens, dont les exploitations subsistent, de beaux bénéfices; la tranquillité revenue dans le pays, de nombreuses mines rouvriront; la concurrence se rétablira, les prix baisseront et la crise dans le Caucase recommencera. Comment remédier à la situation défavorable de lutte? Des solutions diverses ont été proposées, mais jusqu’ici aucune ne semble pouvoir réussir.
- On a pensé à s’adresser au gouvernement pour obtenir une diminution des tarifs ; forte d’une baisse de 50 pour 100 consentie sur les tarifs antérieurs de Darkveti à Charopane il y a 6 ou 7 ans, l’administration des chemins de fer s’y refuse. 11 n’a pas été fait meilleur accueil à une demande de primes à l’exportation. L’aide de l’Etat faisant défaut, ou a songé à s’entendre entre producteurs; constituer un syndicat de vente, améliorer les conditions de descente des minerais de la mine au chemin de fer, concentrer l’exploitation en des points mieux situés et de surveillance plus facile, faire subir au minerai une préparation sommaire qui relèverait sa valeur furent les idées proposées ; la difficulté d’entente entre les Compagnies, la multitude de petits propriétaires exploitant dans leurs propriétés, droit reconnu par la loi russe, ont jusqu’ici empêché d’aboutir. N’a pas eu meilleur succès, le projet d’établir des usines sur les bords de la mer Noire où on produirait avec les cokes du Donetz des spiegels, lérro-manganèses, alliages riches pour lesquels les frais de transport seraient moindres; les producteurs de manganèse du centre de la Russie y ont vu une concurrence terrible, les usines du Donetz pouvant alors se fournir de produits riches sans passer par eux.
- Rien n’ayant abouti encore, il faut donc se résigner à voir pendant longtemps les mines du Caucase lutter difficilement contre les autres pays exportateurs ; les troubles persistants qui ont causé la ruine de nombreuses Sociétés, les élévations de salaires qui ont suivi des grèves sanglantes rendront encore plus délicate leur situation. Le marché sera dominé par le Brésil, l’Inde et la Turquie. Voyons les conditions où se trouvent placés ces trois pays
- Les minerais brésiliens ont fait leur apparition sur les marchés européens et nord-américains, il y a dix ans environ; l’exportation qui était de 5000 tonnes en 1895 s’est accrue constamment passant à 160000 en 1902, dépassant 200000 en 1905. Les gisements les plus importants sont ceux de Miguel Burnier (74000 tonnes), et de Queluz (90000 tonnes), dans la province de Minas Geraës à 500 km environ de Rio de Janeiro, reliés à ce port par une voie ferrée; les gisements de la province de Bahia sont ceux de Nazareth beaucoup moins productifs (10 000 tonnes). Les minerais sont tout à fait comparables comme teneur aux minerais russes, ils ont ordinairement 45 à 55 pour 100 de manganèse métal; ils ont des proportions faibles de silice et de phosphore également, tiennent par contre sou-
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- veut 15 pour 100 d’eau. Leur prix de revient à Londres est beaucoup moins élevé ; le lret de Rio à Londres oscille autour de 14 fr., et le minerai rendu à Rio vaut, prix coûtant, 22 à 25 li\, on a donc une différence de 8 fr. avec les minerais russes.
- Les Indes anglaises produisent annuellement environ 80000 tonnes dans la province de Madras, 90000 dans le Bengale, district de Nagpur; les autres régions manganésiléres sont beaucoup moins riches, le minerai est. en général plus pauvre, 40 à 50 Mil, un peu plus phosphoreux.que les précédents, mais peu siliceux. L’exploitation se l’ait h ciel ouvert comme au Brésil, au contraire de ce qui se passe en Russie. Rendu à Londres, le minerai indien vaut environ 50 francs, comme le brésilien.
- jusqu’ici tous les minerais indiqués sont constitués par des oxydes de manganèse qui ne subissent aucun traitement autre qu’une simple préparation mécanique dans certains cas. Les minerais turcs de Kassandra sont au contraire des carbonates et pour éviter des frais de transport élevés, on leur fait subir un passage dans des fours à cuve analogues h des fours à chaux où l’acide carbonique se dégage ; on retombe alors sur des oxydes de manganèse, tenant 45 à 50 pour 100 Mn, très pauvres en phosphore, un peu siliceux et calcaires. La production des mines de Kassandra s’est beaucoup développée; do 50 000 tonnes en 1898, elle est passée à 60000 en 1902 et atteint aujourd’hui environ 80000.
- Les autres pays, dont l’industrie métallurgique n’absorbe pas, ou n’absorbe que partiellement le minerai extrait, ne peuvent, à cause des faibles tonnages, avoir aucune inlluence sur le cours du minerai ; nous citerons parmi eux, dans l’Amérique du Sud, le Chili dont les gisements d’Àtacama et de Coquimbo donnent 15 à 20 000 tonnes; la Colombie et Cuba qui de la province de Santiago exporte 25 000 tonnes; en Asie, le Japon avec 20 000 tonnes, en Europe, l’Espagne avec 50 à 40 000 tonnes dans la province d’Iluelva principalement, et la Grèce avec 10000 tonnes dans les îles d’Andros et de Milos. Enfin, il faut signaler un gîte nouveau, qui paraît très riche, découvert tout récemment dans la partie anglaise de l’ile de Bornéo et dont la mise en valeur commencera prochainement. P. Ai cou.
- LES MASTICATOIRES
- On vend dans toutes les villes d’Amérique, sous le nom de chewing-gum, pepsingum, mentholgum, etc., un produit bizarre, découpé en carrés gros comme des pastilles de gomme et composés d’une sorte de pâte caoutchoutée, ou de résine insoluble, parfumés les uns à la menthe, les autres à l’anis, à la vanille, à tous les goûts du consommateur. De pepsine ou de digestif analogue, il n’entre aucune trace dans la composition de ce produit. Nombre d’Américains, et la mode s’en est étendue dans nos pays d’Europe, mâchonnent ces pastilles une grande partie de la journée, les uns par habitude, par une sorte de manie analogue à celle des chiqueurs de tabac, les autres dans le but de faciliter leur digestion.
- Ces masticatoires, comme les appelle le I)1' Meunier, auraient en effet, d’après les expériences auxquelles il s’est livré, une action très heureuse dans certaines formes de dyspepsie. L’examen qu’il a fait de ces chiqueurs lui a montré qu’ils éprouvaient pour la plupart des troubles digestifs, ne se donnant pas la peine de mâcher les aliments, trop pressés par le temps, les affaires, gros mangeurs cependant cl gros buveurs, ils éprouvent au bout de quelques années tous les désordres inhérents à l’hy-perchlorhydrie stomacale. Chez nous on y remédie en ingurgitant des verrées d’eau de Vichy, de Vais ou des cachets de poudres alcalines; eux prennent un chewing-gum et le mâchonnent avec entrain au sortir de. table, imitant le chiqueur de tabac, le mâcheur de bétel, mais avec, cette différence que ces derniers rejettent en général, à intervalles réguliers, l’excès de salive sécrétée sous forme d’un jet noir ou rouge, tandis que le chiqueur de gum avale cet excédent. Et c’est là ce qui assure le bon fonctionnement de sa digestion stomacale.
- Dans la digestion des aliments, une opération préliminaire se fait pendant la mastication, dans fa cavité buccale; les matières amylacées, fécule, amidon, pain, sont transformées par le ferment salivaire, la ptyaline, en matières sucrées, qui viennent aider, en pénétrant dans l’estomac, à la digestion des albuminoïdes et des graisses par le suc stomacal. Mais si, par suite de conditions variables, générales ou d’ordre alimentaire, l’estomac fonctionne mal et sécrète un excès d’acide chlorhydrique, l’influence de la ptyaline est annihilée, neutralisée. Les dyspeptiques par hyperchlorhydrie se trouvent dans ce cas. Or le masticatoire, le chewing-gum, par une action purement mécanique, provoque un accroissement de sécrétion salivaire, lequel augmente la puissance de digestion des matières amylacées cl vient neutraliser en quelque sorte l’excès d’acide chlorhydrique.
- M. Meunier a vérifié, par des expériences intéressantes avec analyse, par repas d’épreuve, des diverses phases de la digestion, que ce n’était pas un simple effet d’imagination. En utilisant le masticatoire sur lui-même et sur des sujets de bonne volonté, il a pu constater que la quantité d’amidon digéré évaluée en dextrose ou en matières amylacées dissoutes, est augmentée de plus d’un tiers chez les chiqueurs, et, en tenant compte de l’augmentation de la quantité de salive qui dilue fortement le repas dans l’estomac, la digestion des matières amylacées gagne près de 50 pour 100. L’usage empirique des chiques ou des masticatoires repose sur un fait d’observation pratique ; il a une action réelle sur la digestion stomacale. La chique de tabac, irritante pour la bouche, la langue, finit par être plus nocive qu’utile, la chique de bétel des peuples d’Orient, de l’Indo-Chine notamment, est plus efficace, car elle contient avec la noix d’Arec, le bétel et la chaux, des principes à la fois stimulants et alcalins. M. Meunier a composé sur ce modèle un ’che-wing perfectionné ; il est, comme ceux d’Amérique, formé d’une résine insoluble aromatisée ; mais il y ajoute un principe alcalin destiné à assurer plus complètement la neutralisation de l’excès d’acide stomacal. Je comprends que des dyspeptiques avérés se résolvent à chiquer ce produit pour se soulager ; mais il serait plus sage de se servir des masticatoires naturels, de broyer lentement, longuement nos aliments avec nos trente-deux dents ou, à défaut de nos dents, les masticatoires artificiels si bien préparés par les dentistes modernes et de donner à chacun de nos repas le temps nécessaire pour assurer une bonne digestion et un meilleur état de santé. Dr A. Caiîtaz.
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- NETTOYAGE DES WAGONS DE VOYAGEURS PAR LE VIDE
- La circulation intensive des voyageurs sur les voies lerrées fait des wagons, principalement sur les lignes de banlieue, un réceptacle tout indiqué pour les poussières les plus diverses : or qui dit poussière dit microbe. L’hygiène réclame donc un nettoyage fréquent des wagons de voyageurs en service.
- On fit d’abord, — on fait encore — ce nettoyage d’une façon primitive avec le balai, le plumeau, et le chiffon.
- La machine à battre les tapis, à battre et h brosser les coussins des voitures, combinée et mise en pratique pan la Compagnie du chemin de fer du Nord, en 1888, constitua un premier progrès; elle agissait mécaniquement au moyen d’un « fouettage » par lanières de cuir; un aspirateur recueillait les poussières.
- Cette machine, ingénieuse à la vérité, est d’un faible rendement; en dix heures, avec deux hommes, elle dépoussière 500 tapis et coussins; mais il faut les extraire des wagons et les lui apporter, ce qui est un grave inconvénient. Dans cette manutention, le wagon lui-même demeure imparfaitement nettoyé en raison des poussières restant en suspension dans son atmosphère et qui retombent.
- Les appareils de nettoyage pneumatiques, tout récents, sont bien préférables.
- Il y en a de deux sortes.
- L’air comprimé et la raréfaction ont été mis à contribution avec leurs propriétés physiques et mécaniques spéciales. Nous en avons décrit l’outillage spécial précédemment dans La Nature1.
- L’air comprimé, projeté au moyen de lances munies d’ajutages sur les objets à nettoyer, joue énergiquement, à la vérité, le rôle de brosse et de plumeau. Mais il a l’inconvénient de se borner à soulever la poussière : si un aspirateur ne s en empare pas tout aussitôt, elle retombe, partiellement tout au moins : on a réussi à la déplacer,
- 1 Yoy. n° 1564, du 16 mai 1903, p. 376.
- mais on ne s’en est point débarrassé complètement.
- Le nettoyage par te vide, fondé sur le principe de la raréfaction, aspire la poussière et la retient dans un récipient d’où elle ne pourra plus sortir : ce récipient se nomme « filtre à poussière ».
- Après d’assez longues études comparatives, trois de nos Compagnies de chemins de fer, le Paris-Lyon-Méditerranée, le Nord et l’Orléans, ont mis le système de « nettoyage par le vide » en pratique.
- Voici quelques détails sur la façon dont la Compagnie d’Orléans procède ù ses gares d’Orsay et d’Orléans à Paris où nous avons pu voir les «nettoyeurs » accomplir avec précision et célérité leur besogne d’assainissement des trains de grande ligne et de banlieue.
- En principe, une installation de « nettoyage par le vide » comprend : l°une machine pneumatique à grande vitesse mue par un moteur à pétrole ou électrique : 2° un ou plusieurs « filtres à poussière » suivant l’importance du nettoyage ; 3° une canalisation en tuyaux (qui peuvent être de simples tuyaux de frein réformés) ; 4° enfin des tuyaux en caoutchouc par bouts de 25 mètres environ pouvant se visser sur les raccords de prise de vide et munis, à l’autre bout, d’un aspirateur analogue à la lance en spatule dont se servent les arroseurs sur la voie publique.
- La machine pneumatique établit dans le « filtre à poussière » et dans la conduite générale « un vide » de 40 à 50 centimètres de mercure : on visse alors les tuyaux de caoutchouc sur les raccords de la conduite générale, et on promène les aspirateurs, comme on ferait d’un énorme pinceau, sur les tapis et les coussins à nettoyer.
- Les poussières sont aspirées dans le filtre où elles se tassent et d’où on peut les enlever de temps à autre.
- En quelques minutes on peut extraire d’une grande « voiture à couloir », de première classe, qui paraissait propre avant le nettoyage, 15 kilogrammes de poussière. En prolongeant l’opération on arrive
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- 1res rapidement au nettoyage complet. Certes, toute cette poussière n’eût point été respirée par les voyageurs; mais, une partie tout au moins eût sali leurs vêtements; une partie aussi eût pu pénétrer dans leurs voies respiratoires. Les dangereux microbes, celui de la tuberculose entre autres, ne trouvent pas aisément à prendre racine sur le terrain que la respiration leur oll're; le nez, la bouebe sont là pour les retenir et les expulser, sans quoi il y a longtemps que ces « infiniment petits » nous auraient tous dévorés. Mais enlin ils peuvent, lorsqu’ils voltigent, trouver un organisme en état de « réceptivité )) et accomplir leur œuvre nélasle. 11 vaut donc mieux être bien assuré a priori que la « machine à
- En présence des résultats favorables obtenus, la Compagnie d’Orléans a installé, à sa gare d’Àuster-litz, à Paris, un appareil de nettoyage pour les voitures de ses trains de grande ligne qui y passent, à tour de rôle, suivant un roulement déterminé, tous les dix jours environ.
- À sa gare du quai d’Orsay, cette même Compagnie a installé deux machines pneumatiques qui servent au nettoyage journalier des trains de banlieue. Cette installation, dont nos dessins montrent le fonctionnement, est particulièrement intéressante, parce qu’elle permet de se rendre compte de la grande besogne de nettoyage et d’assainissement que l’on peut l'aire économiquement avec un petit personnel.
- Fig. 2. — Machine pneumatique nettoyant les wagons d’un train de banlieue à la gare du quai d’Orsay de la Compagnie d’Orléans, à Paris.
- nettoyer » les a mis « en état d’arrestation hygiénique » et enfermés dans un in pace que constitue le filtre et dont ils ne pourront plus sortir.
- Les essais de nettoyage que l’on a faits ont montré qu’il y a là une méthode d’assainissement très sérieuse et qui certainement se généralisera. On a pu aussi étudier tous les détails de l’application.
- Ainsi, on a reconnu que, dans l’établissement de la conduite générale d'aspiration, il convient de ménager aux poussières un trajet aussi direct que possible, de proscrire les coudes et les bifurcations à angle droit, et de prévoir, pour les courbes, un rayon minimum de 50 centimètres. Les joints et les bouts de tuyaux en regard les uns des autres doivent être parfaitement dressés et bien s’appuyer surface contre surface.
- L’électricité a obtenu, en celte circonstance encore, un petit succès. On sait, en effet, que les trains de banlieue de la Compagnie d’Orléans sont à traction électrique pour la plus grande partie de leur parcours kilométrique; les autres trains de grande ligne sont traînés par les locomotives à vapeur. Or, la poussière des trains de banlieue est plus légère (0,700 gx. au lieu de 0,770 gr. comme densité), moins grasse, moins noire que celle des trains express à vapeur. La fraction électrique a assurément d’autres mérites et plus importants que celui-là; mais les hygiénistes lui sauront gré de celui que nous venons de constater.
- Max de Nansoutv.
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- CHRONIQUE
- L’Okapi. — Un sait que l’Okapi est lin très curieux animal, apparenté de près à la girafe, à laquelle il ressemble d’allures générales, et dont il diffère d’ailleurs par plusieurs caractères, notamment par la moindre longueur du cou. Tous les Parisiens qui fréquentent au Muséum ont pu voir un très bel exemplaire de cet animal qui ligure en place d’honneur dans la grande galerie de zoologie. D’autre part, on sait que la découverte de l’Okapi, si intéressante au point de vue de l’histoire paléontolo-gique dés girafes, remonte à une date très récente puisque c’est seulement en 1900 qu’on a pu observer pour la première fois .qet.'.animal, dont la taille cependant est celle d’un petit cheval. Cette trouvaille se produisit .alors, sur les rives du fleuve Sqmliki, déversoir du lac Albert-Édouard dont il conduit les eaux au fleuve qui, sous le nom primitif de Bar el Djebel, est destiné à devenir le Nil. M. Ménégaux, assistant au Muséum d’histoire naturelle, vient d’exhumer une ancienne observation due au colonel Marchand qui montre que l’Okapi avait été déjà aperçu avant \ 900 par des Européens. Outre son intérêt rétrospectif, cette observation apporte quelques compléments à nos connaissances. C’est le 10 juin 1898 que les officiers d’avant-garde de l’expédition Congo-Nil, ayant à leur tète le capitaine Marchand, rencontrèrent le singulier animal qu’ils prirent d’abord pour une antilope et qui, à l’examen, leur parut procéder à la fois de l’antilope, de l’àne, et du girafon. La description, faite le jour même par le colonel Marchand, montre qu’il s’agissait bien en réalité de l’Okapi. Or le lieu de cette rencontre se trouve dans la région du Bahr el Gliazal, soit à 000 kilomètres au nord du site de 1900. Ainsi faire d’habitat de l’Okapi n’est pas étroitement limitée au cours du Semliki. Tout semble indiquer que l’animal habite la totalité de la grande dépression marécageuse dont les eaux s’écoulent lentement vers le nord, finissant par donner naissance au Nil. D’ailleurs, il est fort probable que les Okapis sont peu nombreux; ils cherchent une sécurité relative dans la compagnie d’animaux moins peureux, tels que les antilopes.
- Sur la sublimation du platine en dessous de son point de fusion. — Jusqu’ici on avait obtenu le platine volatilisé soit à sa température de fusion et au-dessus, comme l’a montré Sainte-Claire Deville dans la fusion au chalumeau oxhydrique, soit au-dessous de cette température en présence tic gaz réducteurs ou en présence d’agents minéralisants comme le chlore ou le fluor. Mais on n’avait pas encore obtenu le platine à l’état cristallisé par simple sublimation, sans intervention de réaction chimique. Or MM. Güntz et Bassett viennent-de caractériser la présence de platine sublimé en démontant des fours électriques à résistance; ils ont obtenu sur la brasque magnésienne avoisinant les fils de platine un dépôt métallique cristallisé en octaèdres réguliers et* qui répondait à la composition et aux propriétés du platine. La cristallisation du platine peut s’expliquer facilement, d’après les auteurs, en examinant ce qui se passe dans un four électrique chauffé à température élevée. Le fil de platine est en effet plus chaud que la brasque qui l’entoure et cela d’autant plus que le chauffage est plus rapide. On se trouve donc dans le cas du tube chaud-froid de Sainte-Claire Deville, ce qui explique que les vapeurs de platine se déposent sur la brasque. Ce dépôt se forme lentement et la perte en platine semble proportionnelle au temps de chauffe. Aux températures comprises entre J000 et 1300°, la perte par volatilisation
- d’un lil de 3 millimètres de diamètre semble par heure être environ d’un dix-millième. La formation du platine cristallisé par volatilisation au-dessous de son point de fusion présente un certain intérêt pratique : elle montre que la durée d’un four électrique à résistance servant t aux très hautes températures ne peut être indéfinie, el qu’en outre les fours à lame mince de platine doivent s’altérer plus rapidement que ceux à lil, car ils olfren une surface d’évaporation bien plus considérable.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 mai 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- La nitrilicalion intensive. — MM. Munlz et Lainé, en continuant leurs travaux sur la production intensive du salpêtre, ont découvert que la tourbe constitue un milieu nitrifiant d’une extraordinaire activité. Quand elle est mélangée de calcaire et ensemencée de ferments nitrifica-teurs, tous ses filaments se recouvrent de zooglées qui forment en un temps très court de grandes masses de nitrates. O11 admettait autrefois qu’une bonne nilrière pouvait donner 5 kg en deux ans par mètre cube; les auteurs obtiennent un rendement de 8 kg en un jour. Avec les tourbières existant en France on peut préparer des quantités de nitre comparables à celles des immenses gisements du Chili, c’est-à-dire des centaines de millions de tonnes. Les tourbières qui sont une cause de pauvreté dans les régions qu’elles occupent, peuvent donc devenir des sources de richesses.
- Protection des navires contre les torpilles. — M. Ber-tin présente une Note sur la protection des navires de guerre contre les torpilles automobiles. 11 expose que son projet remonte à 1890; il a donné lieu à quelques expériences. Le sujet, à la suite des événements de la dernière guerre maritime, a pris tout à coup un très grand intérêt. Le procédé de M. Berlin consiste à rabattre verticalement, à l’intérieur du navire, les bords du blindage formant le pont blindé et même à prolonger ce blindage jusqu’au fond du navire. Les bords du pont blindé, par suite de la protection offerte par la cuirasse, ne sont pas, en effet, exposés aux chutes d’obus, c’est ce qui permet, sans augmentation de risque, de les utiliser pour la défense du navire contre la torpille. Encore faut-il remarquer qu’il ne fait guère ainsi qu’assurer le navire contre une destruction immédiate.
- Surcreusement des vallées glaciaires. — M. J. Brunhes a recherché l’explication du phénomène de surcreusement que présentent toutes les vallées autrefois occupées par de grands glaciers et par suite duquel il y a rupture de pente, et cascade, ou gorge, au débouché de la plupart des vallées affluenles. Si ce surcreusemenl est un fait incontestable, en revanche l’observation ne nous montre aucun exemple de creusement en voie de s’opérer sous la région de la glace. En étudiant les anciennes vallées glaciaires et notamment la situation des barres rocheuses longitudinales ou transversales qui souvent subsistent au milieu, M. Brunhes a été amené à reconnaître que le creusement devait être l’œuvre des torrents sous-glaciaires qui s’établissent de préférence contre les bords de glaciers et sur les bords des obstacles qu’il est obligé de contourner. Ce 11’est donc pas la glace, c’est l’eau qui a creusé la roche et on s’explique ainsi que le glacier ait pu respecter parfois sur son passage des amas de matériaux meubles comme ceux des buttes de terre.
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- Décharge électrique dans le vide. — M. Lippmaim présente une Note de M. Bout.y sur un cas particulier de la décharge électrique. Si l’on place en regard, dans un tube très étroit portant une boule à chaque bout, deux fils de platine constituant des électrodes, la décharge est dif-licile si la pression est très faible et n’a pas heu à partir d’une certaine pression, même si la distance des électrodes est réduite à 0m,001. Mais si l’on réunit les deux houles par un tube étroit et enroulé en hélice la décharge a lieu par ce tube. Quelle est la raison de ce fait? Pourquoi la décharge ne prend-elle pas le trajet le plus court? C’est, montre M. Bouty, qu’en réalité l’étincelle est un phénomène qui intéressé une masse de gaz appréciable, et il donne une formule qui exprime la condition.
- U existence du contre-alizé. — S. A. le prince de Monaco présente une Note de M. llergesell relative au contre-alizé. Ce savant s’est ému des conclusions de MM. Rotch et Teisserenc de Port. 11 déclare qu’il n’a pas soutenu que le contre-alizé n’existait pas, mais seulement qu’il n’existait; pas au sud des Canaries ni au large de ces îles, là où MM. Rotch et Teisserenc de Bort ont signalé son existence, au moins dans les régions que l’on peut atteindre avec les ballons-sondes. Il explique la différence de résultats à des perturbations locales des deux ordres distincts. D’abord réchauffement excessif du versant sud des Canaries qui est en pente très raide sur l’horizon, d’où il résulte une dilatation locale de grandes masses gazeuses qui s’élèvent dans l’atmosphère en un grand appel d’air venant du sud. Cet air roule sur les pentes vers le nord. D’autre part, le fœhn se fait sentir au sud des Canaries. M. llergesell cite la journée au cours de laquelle le thermomètre est monté de 2-4° à 42° alors que le degré hygrométrique s’abaissait de 67° à 12°. Ces deux causes de perturbation ont pu donner l’illusion du contre-alizé; llumholdt a commis l’erreur. Au large des Canaries, à 100°, on ne trouve pas le contre-alizé.
- Appareil pour la mesure des angles horizontaux, — Les opérations cadastrales comportent une masse de mesures angulaires qu’il importe de faciliter. Pour obtenir ce résultat sans sacrifier la précision nécessaire, M. Ch. Lallemand, chef du service technique du Cadastre, a fait construire un cercle azimutal à microscopes coudés placés de telle sorte que l’observateur pointe l’objet dans la lunette et lit la division à l’aide des microscopes, sans avoir à déplacer le corps ni même la tète. Le limbe horizontal divisé en dixièmes de grades, le microscope permet d’estimer le centième de grade, c’est-à-dire la minute centésimale du quadrant. Les essais comparatifs faits avec cet appareil et divers autres, ont montré que la précision réalisée dans les observations angulaires dépend plus, en général, du diamètre du cercle divisé que du procédé employé pour la mesure des fractions de division (Vernier, vis micrométrique ou microscope).
- Élection. — L’Académie élit M. Trépied, directeur de l’Observatoire d’Alger, correspondant de la section d’astronomie, en remplacement de M. Perrotin.
- Cn. nu Vu.uiUEuiL.
- LES DERNIERS BISONS D’EUROPE
- Fidèle aux vieilles traditions de sa famille, le tsar Nicolas 11 ira-t-il chasser cette année le bison dans sa magnifique forêt de Bialowicza? (Bela-Veja, Bie-lovôge, en Lithuanie). Ou bien les préoccupations politiques du monarque procureront-elles une
- année de répit à ces derniers survivants d’une race condamnée?
- C’esL <pie le bonasus europæus est devenu le plus rare, des bovidés, depuis que l’absence de lois protectrices a amené sa disparition des grandes forêts du Caucase, où on le rencontrait encore fréquemment il y a vingt ou vingt-cinq ans. En 1893, le l)r Baddé a pu marquer, sur la carte des vallées du Caucase occidental, entre Soukhum et Sotchi, plusieurs points où subsistaient quelques bisons solitaires ou un peu groupés : dix ans plus tard, M. Martel, explorant les mêmes parages1, ne put retrouver aucune trace de bisons aux points indiqués par Baddé, et reçut de tous les indigènes l’unanime déclaration que depuis 1893 les derniers bisons étaient morts ou avaient été tués !
- Actuellement, il est possible de dire, à quelques tètes près, combien le bison européen compte encore d'e représentants. Le troupeau de Bialowicza est composé de 718 individus. Le prince de Pieu en possède une petite bande de 50 à 60 têtes dans son immense domaine de Mezerzitz. Enfin, quelques jardins zoologiques d’Allemagne et d’Angleterre se font gloire de montrer un ou deux spécimens vivants.
- Tout compte fait, nous pouvons donc dire que celte intéressante espèce, disparue ailleurs faute de fourrage et sous les attaques des loups, qui peuplait encore au moyen âge les grandes forêts de l’Allemagne, de l’Autriche et de la Pologne, et que nos ancêtres poursuivaient dans les Ardennes au temps de la conquête romaine, est représentée actuellement par moins de 800 têtes (1000 au début du xixe siècle ; 1400 en 1851, selon E. Reclus, Géogr., t. V, p. 426).
- Par une douloureuse coïncidence, c’est, à peu de chose près, l’effectif de l’espèce parente, celle du bonasus americanus, qui comptait, il y a moins de vingt-cinq ans, de 2 à 3 millions de têtes, si nous pouvons nous en rapporter aux explorateurs du Far-West2.
- L’habitat du grand troupeau européen mérite quelques mots de description.
- On peut en dire tout d’abord que la forêt de Bialowicza est (si l’on met le versant Sud-Ouest du Caucase en Asie) la dernière de nos forêts vierges d’Europe. Située en Lithuanie, dans le district de Grodno, elle a une superficie de 1500 km carrés.
- Propriété de la couronne polonaise, elle fut, dès la conquête russe, annexée aux biens de la couronne moscovite. Elle est administrée par des fonctionnaires qui ne dépendent que du tsar et qui jouissent du privilège de pouvoir correspondre directement avec lui, sans intermédiaire hiérarchique.
- Pendant plusieurs siècles, il fut formellement interdit de toucher aux arbres de la forêt, ou même à son sol. Les arbres morts étaient abandonnés à l’œuvre de la vétusté : ils tombaient, pour pourrir sur place. 11 arriva trop fréquemment que des paysans, convaincus d’avoir coupé des branches mortes, furent condamnés à mort et exécutés.
- . 1 Voy. n° 1660, du 18 mars 1905, p. 248.
- 2 Voy. uü 1653, du 28 janvier 1905, p. 134.
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- Dans le cours du siècle dernier, on se décida à construire quelques routes pour faciliter l’accès de toutes les parties de l’immense' foret aux chasses impériales. L’année 1894 vit se produire une profanation pluspmportante. Comme le tsar Alexandre 111, se sentant près de sa fin, voulait visiter une dernière lois le domaine où il avait passé de si heureux jours, on construisit en toute hâte une voie ferrée qui permit au train impérial de se rendre de
- grammes) se laisse approcher à portée de fusil. Mais malheur au chasseur qui ne le hlesse que légèrement! Prise d’un accès de rage, l’énorme bête se précipite sur lui sans lui laisser le temps de tirer sa seconde cartouche.
- Et, plus d’une lois, les chasses impériales ont été marquées par des incidents dramatiques.
- Les bisons de Lithuanie (que les Allemands appellent improprement des aurochs, animaux éteints depuis deux siècles) vivent par petites bandes de quinze à vingt tètes. Cependant, les vieux taureaux mènent une vie solitaire, et leur caractère aigri les porte par-lois à se jeter sans provocation contre les gardes forestiers. Ceux-ci n’ont pas le droit de se détendre à coups de fusil ; pour abattre une hôte devenue dangereuse, il laut en demander l’autorisation au Tsar.
- Au commencement du siècle dernier, la mort était le châtiment de toute personne cou-
- Djelsk à Dialowieza, au centre môme de la lorèt.
- Ranimé par l’air vivifiant, le tsar parut se rétablir. Après quelques semaines de séjour, il se sentit assez fort pour participer à une chasse, où il tua deux bisons. Ce devaient être ses derniers coups de lusil....
- Le règne suivant a apporté de profondes modifications au régime privilégié dont jouissait l’antique domaine. Notons simplement qu’un magnifique château de style gothique a été élevé au centre de la forêt eL que de nouvelles roules ont été tracées.
- Les chasses organisées à. Bialowieza depuis quelques années ont diminué sensiblement l'effectif du troupeau. Dans la seule année 1900, quarante-cinq bisons furent abattus par le Tsar et ses invités. Dans le nombre figurait la Grande-Duchesse Vladimir (Maria Pawlowna), l’une des plus ardentes chasseresses que compte la famille impériale.
- Malgré les précautions prises, la chasse des bisons de Bialowieza — privilège réservé à l'Empereur de Russie — n’est pas sans faire, courir de, dangers aux invités. Le gigantesque fauve (il atteint jusqu à 2,50 m. au garrot, sur une longueur de plus de o mètres, et avec un poids moyen de 700 kilo-
- Fig. 3. — Joiuio bison do Lithuanie, appartenant au Jardin zoologique de Londres.*
- pable d’avoir tiré sur un bison sans cette autorisation. La loi s’est adoucie, et la peine de mort a été remplacée depuis par plusieurs années de prison et par une amende de plusieurs centaines de roubles.
- On avait espéré que des troupeaux de bisons erraient encore dans les vastes forêts de Sibérie occidentale. 11 n’en est rien, malheureusement, comme l’ont prouvé de récentes explorations. V. Foubin.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Laiiuhu, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1724. - 9 JUIN 1906.
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- LES CARRIÈRES DE TOURMALINE DE L’ILE D’ELBE
- Il existe peu d’exploitations industrielles de tourmaline dans le monde et cela se conçoit; car la tourmaline est une gemme assez peu employée comme pierre de fantaisie et pour qu’elle ait quelque valeur, il faut qu’elle se présente avec des qualités de transparence, de pureté et de couleur toutes spéciales. Cependant une mine de Calilornie, la San Diego Tourmaline mining C°, produit par an environ 100 000 francs de tourmalines brutes, qu’elle taille et polit dans une usine établie à San Diego. En Sibérie, on exploite également des tourmalines à Sarapulki. En Europe, il n’existe à ma connaissance qu’un point où la
- de l’ile. Puis, traversant le maquis fleuri et odorant, où de gros chardons rouges piquent leur note de couleur éclatante, on arrive, par un petit col, au-dessus de la baie de Procchio, en face du majestueux mont Capannc, profilé en sombre sur le ciel jauni, au-dessus de la mer aux larges reflets, comme une montagne de Norvège. Les carrières de tourmaline occupent, sur le flanc de la montagne, environ vers la cote 200, une ligne à peu près horizontale, suivant laquelle son profil change de pente, par le passage du granit qui reforme les parties hautes et relativement abruptes, schistes métamor-
- Les carrières de tourmaline de l’ile d’Elbe.
- recherche des tourmalines ait un semblable caractère industriel : c’est, dans l’ile d’Elbe, sur le flanc Est du Mont Capanne, la grande et pittoresque montagne granitique qui domine l’ile (fig. ci-dessus), autour des villages de San Piero in Campo et San Ilario in Campo (à proximité du petit port de Marina di Campo). Je n’ai aucun renseignement statistique sur ces carrières, qui occupent d’une façon constante quelques ouvriers; mais une visite récente m’a permis d’en examiner les conditions géologiques.
- On se rend de Porto-Ferrajo à San Piero in Campo par une course de voiture d’environ 2 heures. On passe à la villa que Napoléon s’était fait construire et qui, passée entre les mains du prince Demidoff, est devenue aujourd’hui un musée d’histoire naturelle, où se trouvent précisément les plus beaux échantillons de tourmaline sortis des carrières
- phiques aux veines de magnésite, produites par là décomposition de la serpentine qui en couvre la hase adoucie. Leur caractère môme, que je vais indiquer, les rend très éphémères et comme le bénéfice à espérer ne comporte pas une exploitation soutenue et profonde, on passe constamment d’une veine qui paraît épuisée à une nouvelle, sur laquelle on travaille parfois pendant des semaines avant de trouver la géode de beaux cristaux limpides, qui couvrira tous les frais inutiles. 11 en résulte une foule de petits trous abandonnés, dans lesquels le minéralogiste est libre d’aller glaner, guidé par les gamins des villages voisins qui connaissent tous la forme et les conditions de gisement de la tourmaline aussi bien, sinon mieux que lui.
- On sait ce que c’est que la tourmaline, un borosi-licatc fluoré d’alumine et de quelques métaux acccs-
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- 34° aimée. — 2e semestre.
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- LA NATURE.
- soires : c’est-à-dire une substance, dans la cristallisation de laquelle sont intervenus deux de ces miné-ralisateurs énergiques, le bore et le fluor, qui caractérisent les'fumerolles les pins actives1. On trouve, par suite, le minéral de préférence dans les granu-lites à mica blanc et surtout dans les pegmatites dérivées de ces granulites, qui sont, à tous égards, des gisements riches en minéraux cristallisés (cristal de roche, grandes plaques de mica, émeraudes phénakites, apatites, zircons, rubis, saphirs, corindons, topazes, avec larges diamants même). Dans les mêmes conditions la tourmaline joue un rôle important en association avec un grand nombre de minerais d’or et spécialement de mispickcls, de chalcopyrites aurifères (Passagem au Brésil, Mea-dow lake en Californie, Berezousa dans l’Oural, Telemak en Norvège, etc.). C’est, en effet, dans ce type de filons granulitiqucs que se trouvent les tourmalines de l’ile d’Elbe, cristallisées dans d’étroites veines lenticulaires de pegmatite (ou aplite), qui individuellement n’ont guère plus de 0,10 m. à 0,20 m. de large sur quelques mètres de long, mais qui, en certains points favorables, s’accumulent en réseaux multiples ou stockwcrks. Ces veines de pegmatite se trouvent dans le granit tertiaire à son contact avec les schistes, dans lesquels pénètrent également d’autres veinules de granité, à tourmaline ; l’ensemble parait indiquer une absorption de ces schistes par un magma igné granitique, sur la périphérie duquel se sera produit un départ de fumerolles boroiluorées, qu’il n’est pas sans intérêt de retenir à si laible distance des soffioni toscans à dégagements actuels d’acide borique, mais dont il ne faudrait cependant pas exagérer le rôle : les tourmalines, malgré leur extension minéralogique, n’occupent en réalité qu’une place infime, dans cette zone de contact. Avec la tourmaline, les mêmes filons renferment aussi du béryl, de la topaze, du zircou, de l’orthitc et de la cassitérite, du castor et du pollux (silicates d’alumine, de lithium et d’alcalis, sodium ou cæsium). Les cristaux de tourmaline ont, en principe, la forme de baguettes, dont la section est à peu près triangulaire et comme émoussée en triangle sphérique par de petites facettes aux angles et qui portent fréquemment des stries cannelées dans la longueur. Les deux extrémités de la baguette sont différentes et se chargent d’électricités inverses quand on comprime un cristal suivant Lune, ou, ce qui revient au fond au même, quand on le chauffe, la distribution de l’électricité se retournant pendant le refroidissement, c’est-à-dire que la tourmaline est pyroélcctrique. Habituellement, les tourmalines communes, qui abondent dans les granulites françaises, sont d’un noir de jais par suite de leur teneur en 1er, ou passent au brun foncé quand elles sont ler-romagnésiennes ; ces variétés noires, sans valeur, forment un élément constituant de certaines roches
- 1 Son nom vieæl de Turamali à Ceylan et s’est substitué à celui de Schorl, qui a été presque seul usité pendant le xvme siècle.
- et atteignent 0,50 m. de roche. On retrouve à l’ile d’Elbe des cristaux semblables ; mais on y trouve en outre, et c’est ce que l’on recherche, des variétés manganésiennes et lithinifères, qui pourront être tout à fait incolores ou rouges, ou passer au bleu et au vert quand il s’ajoute au fer un peu de manganèse. Par suite de ce qu’on appelle l’hémimor-phisme (c’est-à-dire la dilférence entre les deux extrémités) qui se traduit par les phénomènes pyroélectriques, signalés à l’instant, l’un des bouts d’un cristal peut être rouge, tandis que l’autre est incolore ou verdâtre.
- 11 serait intéressant d’examiner ces phénomènes de coloration avec les idées nouvelles que suggèrent les expériences récentes de M. Curie. Celui-ci est, en effet, arrivé à transformer du quartz blanc en quartz enfumé, de l’alumine incolore en alumine brune, du verre blanc en verre violet, etc., par la simple action du radium et cette coloration nouvelle des minéraux dure tant qu’on ne soumet pas ceux-ci à une température élevée. Bien des variations dans la couleur des cristaux naturels, que l’on expliquait insuffisamment par l’addition des substances étrangères, trouveraient peut-être une interprétation meilleure en tenant compte de semblables réactions.
- L. De Launay.
- LE TÉLÉPHONE DE NEW=YORK
- à San-Francisco
- On sait que les Américains ont résolu de tenter rétablissement d’une ligne téléphonique entre New-York et San-Francisco. Cette entreprise, dit YEleklrolcchnùcher-Neuigheits-Anzeiger, est aussi hardie que remarquable, car la distance à laquelle on pensait pouvoir converser, jusqu’ici, restait limitée à 1200 et 1500 kilomètres, et à la condition d’employer des conducteurs d’un très fort diamètre, pour diminuer la résistance électrique. C’est ainsi que le circuit Paris-Berlin, dont la longueur est de 1079 kilomètres seulement, a dû être établi avec du fil de 5 millimètres, et celui de New-York-Chicago, qui a 1200 kilomètres de longueur, et peut être considéré comme le plus long de tous les circuits téléphoniques, a été construit avec du fil d’un diamètre supérieur encore.
- Or, on ne peut utiliser, pour l’établissement de ces circuits que du fil de cuivre ou de bronze ; le prix élevé de ces métaux et les frais d’établissement d’une communication, de l’importance de celle projetée, sont trop considérables par rapport à leur rendement pour que, pratiquement, une telle entreprise soit résolue.
- Il est vrai que les Américains ont songé à utiliser l’invention de Pupin, qui consiste à intercaler des bobines de self-induction de distance en distance et en des points déterminés 'sur le circuit pour obtenir la neutralisation des phénomènes nuisibles produits dans le conducteur par les courants de charge. Des récents essais, effectués à l’aide de ce système sur la ligne de Berlin à Potsdam et sur des circuits artificiels, ont montré que le procédé combat efficacement la capacité électrostatique des conducteurs. L’expérience qui va être tentée entre New-York et San-Francisco, c’est-à-dire sur une ligne de 4900 kilomètres, sera-t-elle couronnée"de succès? On n’ose l’assu-
- L. Fournier.
- rcr.
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- LA NATURE.
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- NOUVELLE
- MÉTHODE DE RESPIRATION
- artificielle
- Les différentes méthodes préconisées jusqu’à ce jour pour rappeler à la vie les personnes asphyxiées, au moyen de la respiration artificielle, sont toutes plus ou moins imparfaites parce qu’elles n’agissent pas simultanément et sur la respiration et sur la circulation du sang.
- En étudiant le procédé Sylvester, le plus fréquemment employé pour obtenir la respiration artificielle, et qui consiste à faire subir des flexions rythmiques aux bras du patient étendu sur le dos, on constate qu’à chaque inspiration, succédant à une compression du thorax, ce dernier se soulève visiblement en vertu de son élasticité, mais qu’en même temps l’abdomen s’affaisse d’une façon frappante. 11 faut attribuer ce dernier phénomène à la pression atmosphérique extérieure qui agit sur les entrailles au travers de la paroi flasque et molle de l’abdomen, et entrave considérablement l’aplatissement du diaphragme. La capacité de la cage thoracique ne peut, par conséquent, augmenter (pic dans une faible proportion, et les effets de la respiration artificielle en sont donc amoindris. Ceci est vrai également pour l’expiration. En ce qui concerne la circulation du sang, cet autre facteur de première importance dans toute méthode de rappel de la vie, nul doute (pie l’aspiralion artificielle n’exerce également sur elle une influence défavorable, le déplacement du sang étant d’autant plus gêné que l'inspiration est plus intense et la pression de l’expiration dans le thorax plus forte.
- Convaincu que c’est à ces deux conséquences défavorables qu’il faut attribuer le peu de succès que l’on obtient avec les méthodes habituelles de respiration artificielle, lorsqu’il y a arrêt complet du cœur, M. le Dr 11. Ëisenmenger, à Szaszvaros (Hongrie), eut l’idée d’essayer la respiration artificielle en agissant simplement sur l’abdomen sans provoquer aucun mouvement du thorax, et dans ce but il imagina un appareil permettant d’augmenter ou de diminuer, à volonté, la pression atmosphérique agissant sur l’abdomen. Cet appareil consiste en une sorte de cuirasse munie de courroies et bordée d’un bourrelet permettant d’obtenir un contact étanche avec le corps. Cette cuirasse est placée sur l’abdomen et la partie inférieure du thorax, mais ne repose que sur des parties résistantes du corps, en ménageant un espace vide où l’air est alternativement comprimé puis aspiré au moyen d’un soufflet communiquant avec la cuirasse par un tuyau .flexible.
- Le schéma ci-contre montre comment on obtient la respiration grâce à ce dispositif. La partie marquée I représente le thorax et celle marquée II, l’abdomen ; c d est le diaphragme et c b la paroi de l’abdomen. Si l’on diminue, par l’action du soufflet, la pression atmosphérique agissant sur ch, l’effet en
- sera transmis au travers des parois de 11 et I, et l’air sera aspiré par le canal e a. Le volume de l augmentera par conséquent, et le diaphragme tendra à se rapprocher de la ligne c g d, tandis que la paroi de l’abdomen se déplacera vers c f b. L’inspiration obtenue par ce procédé artificiel est donc la même que celle qui a lieu dans la respiration naturelle. Si l’on augmente la pression atmosphérique sur la paroi c b, celle-ci prendra la position c II b, tandis que c g d se déplacera vers c i d, ce qui aura pour résultat d’expulser l’air par e a. Le diaphragme inerte accomplira donc passivement les mêmes mouvements que dans la respiration naturelle, mais d’une façon plus accentuée, en vertu des augmentations et diminutions rythmiques de la pression atmosphérique agissant sur sa surface concave.
- La pression dans le thorax et l’abdomen est considérablement réduite pendant l’inspiration, et comme les vaisseaux sanguins y sont soumis à une pression moindre que celle agissant sur ceux situés en dehors de ces cavités, le sang sera sollicité à circuler de la périphérie vers l’endroit où la résistance est moindre,
- Fig, 1. — Schéma de la nouvelle méthode de respiration.
- alimentant ainsi abondamment tous les organes du thorax et du ventre y compris le coté droit du cœur et des poumons. Pendant l’expiration, le sang sera expulsé de nouveau de la poitrine et de l’abdomen, par suite de l’augmentation de pression sur c b, et par suite des valves insérées dans la circulation (dans le cœur et les veines), il ne pourra circuler que dans une direction.
- Le fait que les poumons sont remplis de sang au moment même où l’inspiration a lieu, comme c’est le cas avec ce nouveau procédé, est de la plus haute importance, attendu qu’il facilite énormément l’échange des gaz. On peut obtenir ainsi des résultats même dans des cas où la respiration spontanée et l’action du cœur ont cessé simultanément. Le cœur sera en effet ranimé, et par le sang qui le traverse et par les variations dans la pression qui agissent d’une façon semblal.de à ce qu’on a appelé le massage du cœur.
- On a démontré que le cœur de l’homme et celui des animaux peuvent être ranimés même deux jours après leur séparation du corps, en leur faisant subir des injections rythmées de solutions salines ou d’autres liquides préparés dans ce but.
- Le schéma accompagnant ce texte montre comment le procédé du IV Ëisenmenger agit sur le cœur. La paroi mobile c b, de l’abdomen, alternativement
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- LA NATURE.
- comprimée et soulevée de la manière décrite plus haut, transmet ce mouvement réciproque, à travers les entrailles de l’abdomen, au diaphragme auquel il imprime des mouvements analogues, provoquant ainsi l’inspiration et l’expiration par le canal e a. Le cœur, qui est logé dans le compartiment I, est par conséquent alternativement fortement comprimé par le diaphragme c i cl, lorsque celui-ci se soulève, et violemment détendu lorsque ce muscle s’abaisse dans la direction c <j d. La pression négative artificielle en I et 11 entraînera évidemment l’hyperaemia (excès de sang) dans les vaisseaux tant de la poitrine, \{ue de l’abdomen, et alors le sang aflluera de la veine supérieure de la trachée-artère vers le ventricule droit du cœur, ainsi qu’on pourra le constater par les pulsations de cette veine. En vertu de la respiration active, le sang traversera môme le ventricule droit dans la direction des valves ouvertes et entrera dans les artères pulmonaires.
- Si, au début de l’autre phase du procédé, on augmente la pression à l’intérieur de l’abdomen, une partie du sang abdominal sera d’abord conduite vers le cœur, tandis qu’une autre partie rétrocédera vers
- par les valves des veines. Lorsque la pression augmente dans l’abdomen le diaphragme est soulevé par
- les veines du thorax, le cœur et les poumons qui avaient été remplis antérieurement.
- On comprendra aisément que ces variations de pression produites artificiellement par des augmentations et diminutions rythmiques, de la pression atmosphérique agissant sur l’abdomen, doivent exercer une sorte de massage du cœur avec cette distinction qu’ici non seulement l'augmentation de pression, mais aussi la diminution adéquate dé celle-ci peuvent exercer leur effet. Si le massage ordinaire est qualifié de massage positif, le procédé Eisenmenger peut être appelé massage alternativement positif et négatif, et ce dernier doit exercer, à n’en pas douter, une influence beaucoup plus grande que l'autre sur les mouvements du cœur et la circulation du sang. Un autre avantage de cette nouvelle méthode sur le massage direct, est le fait qu’au moment où l’on agit sur le cœur, les poumons sont copieusement ventilés, la respiration artificielle étant produite simultanément.
- Les expériences ont prouvé que ce mode de massage du cœur, qui a le mérite de pouvoir être prolongé longtemps, permet, lorsqu’il est aidé par la respiration artificielle simultanée, d’obtenir des résultats favorables même dans des cas parfois désespérés.
- La figure 2 nous montre une collection complète de boucliers abdomh naux de différentes dimensions; on peut donc dire que l’appareil Eisenmenger est ainsi entièrement complet. Enfin, dans la figure 3, on voit la disposition totale de l’appareil pour ' le mode d’emploi.
- Le bouclier abdominal est en place,. et le pied de l’opérateur est sur le soufflet prêt à envoyer l’air qui est nécessaire. L. R.
- les extrémités inférieures dans la limite aulorisée
- l’intermédiaire des entrailles,fœt il comprime ainsi
- Fig. 2. — Appareil Eisemnenger complet.
- Collection de boucliers abdominaux de différentes dimensions.
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- LE PLUS GRAND TUBE DU MONDE
- Le roi d’Espagne a assisté, il y a quelque temps, aux épreuves du grand siphon de Sosa, à Monzon,
- province de Iiuesca, qui est sans contredit le plus grand tube qui ait été construit jusqu’à ce jour.
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- Il s'agit d’an siphon de 1018 mètres de longueur formé par deux tuyaux accolés de 5,80 m. de diamètre intérieur et devant supporter une pression de 28 mètres de hauteur.
- Ces tubes sont calculés pour un débit de 55000 litres par seconde, qui est celui prévu poulie Canal d’Aragon et Catalogne et ce qui mérite surtout l’attention, c’est que ces tuyaux gigantesques ont été construits en ciment armé.
- Les photographies que nous reproduisons donnent une idée assez exacte- de ce travail extraordinaire, qui lait le plus grand honneur aux ingénieurs espagnols, qui l’ont conçu et exécuté.
- Il s’agissait de faire traverser par le grand canal d’Aragon et Catalogne, qui doit arroser 106 000 hectares de terrain, aujourd’hui presque improductifs, les vallées successives des rios'Sosa et Ribabona.
- Des ingénieurs du gouvernement étudièrent plusieurs solutions, mais le prix élevé d’un aqueduc leur fit penser à le substituer par un siphon colossal.
- Un concours lut ouvert pour la présentation de projets on l’on admettait le fer ou le ciment armé.
- Ce fut ce nouveau système de construction1 qui l’emporta, par son économie et les travaux furent adjugés h l’ingénieur Don José Eugenio Ribera, qui a été l’auteur du projet et le constructeur du magnifique pont de Marie-Christine à Saint-Sébastien, également en béton armé.
- Les travaux, dirigés par l’ingénieur M. Luina, lurent menés avec une rapidité extraordinaire. Les premiers tuyaux lurent préparés au mois de juillet de l’année dernière, l’ensemble du travail terminé en novembre; les essais officiels à pleine charge eurent lieu le 2 mars dernier, en présence du roi et du minisire des travaux publics, avec le succès le plus complet.
- C’est avec le plus grand plaisir que nous constatons, qu’en fait de travaux publics nos sympathiques voisins les Espagnols détiennent le record de ce genre de travaux, car jusqu’à présent les plus grands tuyaux construits sont ceux de Champs et de la Romanche (Isère) et leur diamètre ne dépasse pas 5,50 m., avec des longueurs et des pressions beaucoup moindres qu’au Siphon du Sosa.
- E. Amontillado.
- PHOTOGRAPHIE LA NUIT
- Pour faire de la photographie, la première condition à remplir est d’avoir de la lumière, et l’expression de « photographie la nuit » paraît un non-sens; mais il faut entendre par là qu’on peut faire de la photographie quand le soleil est couché, à condition de le remplacer par autre chose. Nous ne parlerons pas ici des éclairages obtenus au moyen du rnagné-siiun ou même d’éclairages quelconques réalisés spécialement en vue de la photographie, nous voulons seulement nous occuper des éclairages qui existent naturellement.
- En premier lieu;(il y a celui de l’astre qui succède au soleil pour le service de nuit des pauvres humains. On goûte assez les effets de lune dans le monde des amateurs photographes, souvent ils sont obtenus par des artifices condamnés par les uns, approuvés par
- Fig. 1. — L'avenue de l’Opéra la nuit.
- les autres. L’un d’eux consiste à l’aire un cliché en plein jour avec un soleil très tamisé derrière les nuages, qui, sur l’épreuve positive, peut assez bien passer pour la lune, surtout si l’on a eu soin de faire le tirage sur papier au ferroprussiale, ou par un autre procédé donnant des tons bleus. En y réfléchissant cependant on devrait se rendre compte qu’on ne peut pas avoir un cliché avec un paysage complet dans lequel figure la lune, car la lumière de celle-ci exige une longue pose pour obtenir les détails du paysage et l’astre, se déplaçant pendant ce temps, ne donnera plus de lui-même une image ronde, mais
- Fig. 2. — Place de la^Concorde la nuit.
- une tramée blanche plus ou moins longue. Il sera donc nécessaire de faire les clichés en ayant, soin de ne pas y comprendre Phœbé, si tentant que soit son pâle visage. La différence entre deux paysages pris l’un à la lumière du soleil, l’autre de la lune, n’est pas très sensible au premier abord, surtout quand on ne les a pas tous deux à la fois sous les yeux; ils dif-
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- jerent cependant l’un de l’autre de façon assez notable. Dans un journal anglais (The amateur Pho-toqrapher) nous avons vu dernièrement des photographies de M. P. (Ireig, permettant de faire une comparaison de ce genre; il s’agissait d’effets de neige. Le cliché fait au soleil était instantané, l’autre avait posé trois heures. Dans le premier le ciel était Plane, et dans le second il était noir ; l'ensemble du paysage lunaire avait beaucoup plus de douceur dans li> rendu des champs neigeux bordés de sapins d’un vert sombre.
- Il est difficile de fixer un temps de pose pour ce genre de photographie; il ne sera pas le meme, évidemment, quand la lune est pleine que quand elle ne nous montre qu’un croissant; mais en général il ne faut pas craindre de poser longtemps ; les écarts de pose
- dans ce cas une très grande importance.
- La photographie que nous reproduisons figure o a été obtenue par M. E.-A. Martel en vingt minutes de pose, par pleine lune, avec objectif ouvert à F/7,5. Les ombres se sont déplacées évidemment pendant la pose, mais cela n’a aucu ne i m porta ncc, comme on peut le voir, sur le résultat.
- On a aussi’ utilisé, pour photographier la nuit, la lumière des becs de gaz et des lampes électriques qui éclairent les rues et les boulevards. M. P. Schulz, dont nous reproduisons ici (deux photographies prises dans ces conditions, a fait une série de clichés de Paris très intéressants. Le temps déposé ne saurait ici être fixé d’une façon quelconque puisque les moyens d’éclairage sont très variables ; il faut seulement avoir soin d’employer des plaques munies d’un antihalo parce qu’il est impossible d’éviter d’avoir des lumières directement sur le cliché. C’est surtout au stéréoscope que ce genre de vues devient très intéressant, les objets se détachent même des ombres les plus noires et l’impression de la nuit est fort bien rendue. G. M.
- LA GRANDE LUNETTE
- de l’Observatoire du Mont-Blanc
- Parmi les instruments employés dans les éludes de l’astronomie physique il en est un, peu connu, qui occupe une situation actuellement unique au monde, c’est la grande lunette de l’Observatoire du Mont-Diane.
- En 1890, M. Jansscn eut cette audacieuse idée de fonder, à l’altitude de 4810 mètres, un observatoire astronomique et malgré toutes les difficultés d’une pareille entreprise, réussit à la réaliser. Placée au
- sommet du pic le plus élevé de l’Europe, cette station scientifique affranchit l’observateur de la partie la plus gênante de l’atmosphère terrestre, et, favorable dans tous les cas, permet de tenter certaines recherches qu’il est impossible d’exécuter aux faibles altitudes.
- L’instrument le plus important de cet observatoire est sa grande lunette, œuvre du constructeur Gauthier, et qui, sans être un des géants de l’astronomie, possède déjà des dimensions pouvant le faire classer parmi les grands instruments. L’objectif taillé par les frères Henry a 50 centimètres de diamètre et 5,40 m. de distance focale. Un miroir plan de 60 centimètres de diamètre renvoie dans la lunette la lumière des astres à étudier. La monture de cet instrument, ingénieusement combinée, constitue un sidérostat polaire. Un tube fixe, formant enveloppe, maintenu à la partie supérieure par un pivot fixé à la construction, repose à la partie inférieure sur un bâti muni de vis calantes. Grâce à ce dispositif, on peut donner au tube les mouvements nécessaires pour rendre son axe parallèle à la ligne des pôles.
- Un premier tube, large de 70 centimètres, sert de support à un autre, plus petit de moitié, qui tourne sur des galets fixés au premier.
- À la partie supérieure et en avant de l’objectif est
- Fig. 3. — Amalfi au clair de luue.
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- placée une sorte de fourche très solide en fonte de 1er supportant le miroir lequel est encastré dans un barillet métallique qui tourne autour de deux tourillons. Ce barillet porte un cercle divisé indiquant à l’observateur la déclinaison du rayon réfléchi par le miroir dans l’instrument. La division est éclairée par une ampoule électrique et visée par une petite lunette, placée près de l’oculaire, et destinée à la lecture de ce cercle. Une roue dentée, liée au barillet du miroir, est mue par une vis tangente fixe, dont le mouvement est commandé par une transmission fixée au petit tube. L’observateur agissant sur une manivelle, ia?t mouvoir le miroir, tout en lisant la division du cercle de déclinaison ou en observant à l’oculaire. Un objectif de 8 centimètres est fixé au petit tube, et, avec un oculaire placé près de l’oculaire principal, constitue un chercheur puissant ; il reçoit les rayons réfléchis par la partie du miroir, qui, placée près d’un tourillon, n’est pas utilisée par le grand objectif. L’autre partie du miroir non employée envoie la lumière dans un chercheur plus petit.
- La partie inférieure du petit tube est solidement reliée à un grand cercle métallique portant sur son pourtour une denture sur laquelle engrène une vis tangente mue par un mouvement d’horlogerie. Ce cercle sert aussi de support aux divers accessoires de l’instrument : oculaires des chercheurs, porte-oculaire de la lunette, manivelle actionnant la déclinaison, et, sur sa face tournée vers l’oculaire, est tracée une division en 24 heures donnant l’angle horaire de l’astre visé.
- Le porte-oculaire mérite une attention spéciale. Il est composé de deux tubes de 25 centimètres de diamètre l’un fixe, l’autre mobile par rapport au pre-
- mier et mû par une forte vis de rappel. Un tube assez long rentre dans le tube mobile, un solide collier de serrage peut le maintenir dans la position choisie.
- C’est sur l’extrémité de cette dernière pièce que peuvent venir s’attacher, par l’intermédiaire d’un dispositif à bayonnette, les appareils destinés à utiliser la lumière venant des astres étudiés : micromètre, chambre photographique, speclroscopes, etc. L’Observatoire du sommet du Mont-Blanc a deux
- étages, dont l'un est entièrement enfoui dans la neige. La lunette traverse la paroi nord de l’étage supérieur, le miroir étant à peu près au niveau du toit; le tube perce ensuite le plancher et se termine dans l’étage inférieur, où se trouve le mouvement d’horlogerie et les pièces oculaires.
- Pour se servir de l’instrument, l’observateur le place de manière que les cercles indiquent les coordonnées de l’astre ù viser. 11 se sert ensuite des chercheurs pour rectifier la direction du miroir et amener, au centre du champ, l’image de l’objet à étudier. Dans les ascensions que je fis de 1905 à 1905 j’ai installé un spectroscope spécialement construit pour cette grande lunette. Ce spectroscope se compose pour la partie optique : d’un collimateur de 60 centimètres de long, d’un prisme de flint à 50 centimètres dont la 2e face est argentée, et de deux lunettes pouvant se substituer l’une à l’autre et ayant respectivement 50 centimètres et 60 centimètres de long. Les rayons venant-du grand objectil tombent sur la fente du collimateur, sont rendus parallèles par la lentille de ce premier organe, traversent une première fois le prisme, puis une seconde fois après réflexion sûr la face argentée, et sont reçus dans la lunette du spectroscope.
- Fig’. 1. — Partie oculaire de la lunetlc, portant le spectroscope à monture d’aluniiuium.
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- La iente est en nickel poli, elle est légèrement inclinée sur l’axe du collimateur et rélléchil les rayons de l’astre étudié, par l’intermédiaire d’un
- aux mesures, ou avec une chambre photographique.
- Toutes les pièces de cet appareil sont disposées sur un bâti d’aluminium, composé en principe d’une
- miroir, dans une petite lunette auxiliaire mise au point sur cette fente et qui permet par suite, en agissant sur les mouvements de rappel de la lunette, de maintenir l’astre visé au point choisi sur la lente. Une seconde lunette auxiliaire reçoit la portion de la lumière qui est réfléchie par la lre face du prisme, elle a le même but que la précédente. Ces deux dispositifs se complètent et sont à peu près indispensables à tout spectroscope ou spectrographe destiné à l’étude des étoiles ou des planètes. Avec ce spectroscope, on peut indistinctement étudier le spectre oculairement, une échelle divisée, transparente, placée dans l’oculaire servant
- table plane métallique de 5 millimètres d’épaisseur ajourée dans les parties inutiles et renforcée en
- dessous par des nervures s’entrecroisant dans divers sens.
- Le spectroscope ainsi construit ne pèse que 17 kg et avec son emballage 30 kg, poids qui est un maximum pour le transport au sommet. Il ne faut pas oublier, en effet, que le, transport ne peut se faire qu’à dos d’homme et pour pouvoir installer la grande lunette, les tubes en ont été constitués par des segments dont le poids était inférieur" à 30 kilogrammes. Une seule pièce, pesant 62 kilogrammes, ne pouvait être divisée : le miroir plan en verre.
- Fig. 5. — La lunette montée, dans la cour de l’Observaloiro de Mcudon, avant son transport au Mont-Blanc.
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- Heureusement, une équipe de bons porteurs, transportant à tour de rôle cette lourde charge sur un petit parcours, put réussir h l’amener jusqu’au sommet.
- La conservation des instruments et surtout des parties susceptibles d’oxydation, est remarquable au Mont-Blanc. La sécheresse y est très grande, les modifications dans l’état hygrométrique de l’air n’y produisent que des effets de sublimation. Des cristaux de glace se forment sur les diverses parties extérieures des instruments, les recouvrant parfois d’une sorte de gaine glacée friable et facile à enlever, mais il ne se produit jamais d’eau à l’état liquide pouvant contribuer à la formation de la rouille.
- La projection de neige line, soulevée par le vent comme le satyle du désert par le simoun, est l’obstacle le plus grand contre lequel on ait à lutter, car cette neige pénètre par les moindres ouvertures, remplit les tubes, les organes essentiels de l’instrument et force l’observateur à une lutte de tous les instants. 11 y a lieu aussi de prendre certaines précautions pour empêcher la production, sur les pièces optiques, des dépôts de givre dûs à la respiration. On est, par exemple, forcé de chaufferies oculaires et l’on doit éviter le refroidissement trop rapide de l’objectif lorsqu’on vient d’étudier le soleil.
- Celte admirable lunette, placée aux confins de l’atmosphère terrestre, constitue un instrument qui fait honneur à ceux qui l’ont imaginée et construite, par son adaptation parfaite aux conditions spéciales de son fonctionnement au milieu des solitudes glacées du géant des Alpes. G. Miu.ociiau.
- LA STÉRILISATION
- DES EAUX ALIMENTAIRES
- L’adduction d’une eau pure et abondante dans une agglomération primitivement alimentée par des eaux souillées a pour résultats :
- 1° De diminuer notablement la morbidité et la mortalité;
- 2° De faire disparaître les épidémies de choléra, de fièvre typhoïde, de dysenterie et de réduire ces maladies transmissibles par l’eau aux cas d’importation et de transmission par toute autre voie (contage direct, infection des logements, transport par les insectes, etc.)
- Ces faits mis en lumière par G. Brouardel et son Ecole sont actuellement bien démontrés et universellement admis. En raison de la nature microbienne des maladies épidémiques transmissibles par l’eau, on admet que l’influence de l’eau sur l’état sanitaire dépend surtout de l’espèce des germes qu’elle peut véhiculer, bien que cette démonstration bactériologique rigoureusement scientifique soit encore souvent impossible à faire.
- On ne devra donc jamais oublier qu’au point de vue de la prophylaxie générale, la pureté continue et permanente de l’eau potable doit eu être la qualité essentielle.
- Dans le cas où l’adduction soigneuse des eaux souterraines pures est irréalisable, c’est-à-dire là où il n’est possible de se procurer que des eaux superficielles ou des eaux souterraines impures, on peut avoir recours- à un
- procédé d’épuration efficace devant assurer d’une façon constante et continue l’inocuilé absolue des eaux traitées.
- On a reconnu que pour obtenir pratiquement un tel résultat, il suffisait d’exiger non pas la « stérilisation absolue » de l’eau, mais simplement la « stérilisation limitée » devant assurer la mort de tous les germes adultes tout en tolérant la persistance de leurs cadavres et des spores particulièrement résistantes.
- Les procédés de « stérilisation absolue » de l’eau sont basés sur la filtration parfaite ou sur l’emploi de la chaleur sous pression pendant un temps déterminé : en raison du prix de revient de l’eau ainsi stérilisée ces procédés ne sont pas applicables aux grandes masses d’eau.
- Les procédés de « stérilisation limitée » pratiques sont peu nombreux, car il est, en effet, extrêmement difficile (l’assurer dans des conditions économiques acceptables la stérilisation suffisante de grands volumes d’eau, en ne modifiant les propriétés organoleptiques et biologiques de l’eau que pour les améliorer, sans abandonner dans l’eau après traitement des traces infinitésimales d’un élément apporté même absolument inoffensif.
- 11 y a lieu de distinguer les procédés de stérilisation — qui doivent ne laisser subsister dans l’eau, à un moment donné du traitement, que les spores résistantes, tous les germes adultes de l’eau brute étant tués, — des procédés il’épuration qui débarrassent l’eau du plus grand nombre de ses germes tout en laissant persister quelques-uns.
- Les principaux procédés d’épuration sont surtout représentés par la filtration sur le sable submergé au moyen des filtres lents anglais ou des filtres rapides américains.
- 11 peut se faire que la filtration sur le sable dirigée dans le sens de réaction et dispositions de l’épuration naturelle des eaux par le sol et les agents naturels puisse constituer dans l’avenir le procédé de stérilisation par excellence. Les remarquables résultats obtenus par MM. Miquel et, Mouchel sur des installations yl’essais de filtres non submergés à Montsouris et à Châteaudun — résultats que tendent à confirmer les recherches actuelles du Laboratoire du Conseil supérieur d’hygiène publique de France — sont des plus encourageants pour l’avenir.
- C’est ainsi, par exemple, que le bacille coli, qui existe toujours dans l’eau brute souillée, peut être éliminé quelquefois totalement par les filtres submergés et presque toujours, sinon constamment, dans les installations d’essais des filtres non submergés. C’est là un fait extrêmement intéressant et dont les conséquences peuvent bouleverser les pratiques actuelles de la filtration. Mais, quelque intéressants que soient ces résultats, nous ne pouvons admettre avec toute la certitude voulue que tous les germes dangereux sont éliminés dans un tel système, bien qu’il soit susceptible de priver totalement l’eau qui le traverse d’une espèce microbienne déterminée.
- Ces considérations, pour être bien élucidées, exigent encore de longues études et c’est pourquoi la filtration des eaux étant encore pleine d’incertitude, les hygiénistes conseillent actuellement aux agglomérations, ne pouvant disposer naturellement d’eau constamment pure, de recourir à la stérilisation de leurs eaux d’alimentation lorsque' celles-ci sont souillées.
- Certains hygiénistes ont manifesté la crainte que l’usagé de l’eau, privée de gennes par la stérilisation, ait pour résultat de sevrer l’organisme de ses moyens naturels de défense. En idéalité, l’eau d’alimentation, soumise à un procédé de stérilisation, n’arrive jamais stérile dans l’organisme : dès qu’elle sort de l’appareil de stérilisation elle se repeuple, dans les réservoirs, les canalisations, les hou-1
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- teilles, les verres, des germes inoflensifs de l'atmosphère.
- La stérilisation tue, élimine les germes caractéristiques de certaines maladies épidémiques et c’est là son unique rôle. Il serait plutôt inconscient de conseiller l’usage d’eaux souillées pouvant renfermer des germes pathogènes sous le prétexte d’entretenir les moyens naturels de défense de l'organisme : les observations innombrables d’épidémies, provoquées par des eaux impures et la chute de ces épidémies par la substitution de l’eau stérilisée à l’eau brute, démontre heureusement l’inanité de ces théories dangereuses.
- Les procédés de stérilisation des grands volumes d’eaux officiellement admis en France jusqu’à ce jour sont les suivants : 1° Procédés basés sur l’emploi de l’ozone : Système de Frise (ancien procédé Tindal modifié), Société « Sanudor ». Procédé Marinier et Abraham : « Société Industrielle de l’ozone ». Procédé Otto : « Compagnie Française de l’ozone ». — 2° Procédés basés sur l’emploi des composés oxygénés du chlore : Procédé au peroxyde de chlore. Procédé 11. et A. llergé. Système llowatson. Procédé au ferrochlore. Procédé Ruyck-Uowatson, de la Société d’assainissement des eaux.
- Procédés basés sur remploi de l'ozone. — Des doses extrêmement faibles d’ozone en contact intime avec l’eau suffisent pour tuer presque instantanément les germes.
- Rappelons que, d’après nos expériences avec Ogier, nous avons reconnu que l’on pouvait stériliser industriellement de l’eau de source avec 0,000 gr. d’ozone pour 1000 litres d’eau, c’est-à-dire que, d’après nous, l’ozone jouirait de propriétés antiseptiques presque instantanées à la dose de 0,00000 gr. d’ozone pour 100 d’eau.
- L’ozone dans l’eau au libre contact de l’air se dégage ou se décompose instantanément ou totalement.
- La stérilisation s’elfectue d’une manière parfaite : c’est-à-dire que les germes sont bien tués et ne peuvent en aucune façon être revivifiés (Houx, CalmeUe, Ogier, Bon-jean) ; les propriétés biologiques sont conservées, car l’eau se repeuple facilement de germes nouveaux apportés par l'atmosphère et les récipients avec lesquels elle est mise en contact.
- Les propriétés ne peuvent être modifiées que dans un sens favorable : la composition chimique subit des variations insignifiantes : l’action sur les matières organiques des eaux nous a paru négligeable ; certains observateurs signalent des diminutions appréciables ; elle est nulle sur les substances minérales en solution1. Les propriétés organoleptiques, la saveur, l’odeur, l’aspect (couleur, transparence, turbidité), ne sont généralement modifiées que pour subir une amélioration (décoloration); la température ne varie pas du fait de l’action de l’air ozoné.
- Enfin, les propriétés physiologiques de l’eau ozonisée sont celles de l’eau pure : jusqu’ici, l’utilisation et la consommation, limitée, il est vrai, à quelques installations d’eau ainsi stérilisée n’ont occasionné aucune observation suffisamment démonstrative qui puisse entraîner une restriction dans son emploi pour l’alimentation pü-blique.
- Tout au contraire, l’amélioration sanitaire produite par l’alimentation en eau stérilisée notamment de la ville de Paderborn (22 000 habitants) fréquemment frappée par des épidémies de fièvre typhoïde et où, en 1898, il y eut 234 cas, dont 32 mortels, produits par l’eau de sources
- 1 Bien entendu, les appareils ozoneurs doivent fonctionner sans produire d’acide nitrique; il est facile de s’en assurer en dosant les nitrates dans l’eau avant et après stérilisation ; ceux-ci ne doivent subir aucune modification.
- formées par des-résurgences de la Pader, démontre l'efficacité de la stérilisation de l’eau par l’ozone.
- L’ozone jouissant de propriétés oxydantes réagit sur les eaux ferrugineuses, en précipitant rapidement le fer à l’état de composés ferriques, qui communiquent à l’eau l’aspect qu’elle aurait après quelques heures d’exposition à l’air. Pour cette raison, l’ozone ne saurait être appliqué à la stérilisation de telles eaux qu’à la condition d’en effectuer la déferrisation par décantation ou filtration (exemple de Wiesbaden).
- La stérilisation des eaux par l’ozone s’obtient d’autant plus facilement que celles-ci ne sont pas chargées de matières organiques ; le traitement par l’ozone doit être effectué sur des eaux naturellement limpides ou clarifiées par filtration grossière et la quantité d’ozone doit être proportionnelle à la teneur en matière organique.
- La surveillance à l'appareillage électrique est facile à réaliser par des appareils de mesure enregistreurs.
- Le dosage de l’ozone dans l’air ozoné mis en contact avec l’eau doit être ellectué fréquemment et les proportions d’air ozoné par mètre cube d’eau doivent être parfaitement réglées. Enfin, on doit assurer par un contrôle bactériologique fréquent l’efficacité de la stérilisation.
- L’idée première de la stérilisation des eaux par l’électricité est due à de Méritens (1880), mais les premières expériences précises de stérilisation par l’ozone ont été réalisées par Frôlich en 1891 à l’aide d’ozoniseurs d’air construits par Siemens et Halske.
- Ohlmüller étudia à la même époque, à l’aide d’appareils d’assez grande capacité établis par la même maison, l’action de l’ozone, sur les bactéries. Il démontra que l’ozone ne réagit pas sur les bactéries à l’état sec, mais qu’il jouit d’un grand pouvoir bactéricide sur les germes dans l’eau. Dans les expériences d’Ohlmüller, l’air ozonisé barbotait dans de l’eau contenue dans des Bacons laveurs dont la colonne liquide1, atteignait 19 à 21 centimètres.
- Jusqu’en 1893, tous les essais de stérilisation de l’eau par l’ozone furent limités à des expériences de laboratoire.
- Tindal et ses collaborateurs, Van der Sle.en et Schneller, réalisèrent en 1893 la première application industrielle de l’ozone à la stérilisation de l’eau; cette installation (eau du Vieux-Rhin à Oudshoorn, prèsLeide) fut examinée par Van Ermcngem pour le gouvernement belge et par Ogier pour la France ; d’autres essais ont été faits sur ce procédé initial notamment à Paris, à l’Exposition d’hygiène de 1895 par Répin et Marinier, sur une installation de Tindal traitant. 2 mètres cubes à l’heure.
- A la suite de ces essais, la Ville de Paris, d’après le rapport de M. Humblot, autorisa Tindal à monter une installation à l’usine municipale de Saint-Maur pour traiter par l’ozone 5000 mètres cubes d’eau par 24 heures.
- Cette installation, modifiée plus tard par le système de Frise, de la Société « Sanudor », fonctionne à Saint-Maur avec un débit de 100 à 110 mètres cubes à l’heure.
- A la suite du procédé Tindal vinrent le procédé Marinier et Abraham et le procédé Otto qui ont été aussi soumis à des examens rigoureux (Roux, Calmette; Ogier, Bonjean) ; ces procédés sont actuellement l’objet de grandes installations pour le traitement des eaux d’alimentation publique de villes importantes (Cosne, Nice).
- Le prix de revient du mètre cube d’eau stérilisée pour chacun de ces procédés est très variable ; mais il oscille autour de deux centimes par mètre cube, ce qui paraît un chiffre très abordable par rapport au prix de l’eau distribuée dans les villes quelque peu importantes.
- En. Bonjean.
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- L’ÉCOLE COLONIALE PRATIQUE DU PARANGON
- à Joinville-le-Pont
- L’institution installée dans le beau domaine dn Parangon, qu’habita Mme de Sé-vigné, à Joinville-le-Pont, se distingue de tous les autres établissements d’instruc-lion par le but poursuivi, par le programme d’enseignement et par les procédés employés ; c’est à ce titre que nous en parlons ici. Le résultat que l’on se propose d’atteindre dans cette école est de préparer les jeunes gens à la vie coloniale. Les programmes d’études comprennent toutes les connaissances qui peuvent amener à ce but et, dans leur enseignement, la part prépondérante est donnée à la pratique. Le caractère essentiel de l’Établissement est donc d’être uniquement professionnel et utilitaire et tout est organisé pour amener les connaissances à la pratique immédiate. Un enseignement semblable n’existe nulle part ailleurs en France et il est à souhaiter que l’expérience pédagogique qui a été faite au Parangon, et qui a si bien réussi, soit mise à profit pour une direction meilleure à donner un peu partout aux méthodes d’éducation et d’instruction.
- Les débuts de l’établissement furent modestes. C’est en 1857 que M. Ferdinand Rousseau, père du directeur actuel, transporta dans le domaine du Parangon une petite pension primaire fondée à Joinville en 1825. L’établissement devint secondaire en 1869 et, après la guerre, il prit un développement nouveau, surtout dans le sens de l’enseignement moderne et commercial. M. le I)1' Henri Rousseau, qui en devint seul directeur en 1897, continua les traditions de sa famille et, en 1900, il y introduisit l’enseignement colonial, ouvrant ainsi le premier aux futurs colons une école vraiment pratique pour les préparer à toutes les difficultés de la vie coloniale.
- Par là elle diffère essentiellement de tous les autres établissements qui ont aussi en vue le développement de l’activité coloniale française.. C’est ainsi que l’École coloniale, dépendance du Ministère des Colonies, l'orme les administrateurs et fonctionnaires en leur apprenant surtout la théorie. Les Instituts coloniaux créés dans plusieurs grandes
- villes, ainsi que les diverses Facultés chacune dans son domaine, donnent un ensci gnemen l scientilique élevé. Les écoles supérieures de commerce ne s’écartent guère non plus des études doctrinales. L’E-cole nationale supérieure d’agriculture coloniale, fondée à Nogent-sur-Marne au Jardin colonial, se maintient aussi dans un domaine plus scientifique qu’immédiatement pratique.
- Tout autre est l’enseignement colonial secondaire et primaire supérieur de Joinville-le-Pont. 11 consiste dans un apprentissage pratique du métier de colon. L’Ecole du Parangon s’adresse non à une aristocratie intellectuelle ou financière, mais à des enfants et à des jeunes gens de classe moyenne qui demandent à devenir des colons travailleurs, susceptibles de bien conduire, soit pour leur propre compte, soit comme agents, des exploitations agricoles en y donnant toute leur activité personnelle. Ce sont surtout des agriculteurs que l’on forme au Parangon.
- À cette clientèle scolaire, qui ne peut s’attarder aux longues études et a besoin d’être armée de bonne heure pour une existence pleine de difficultés, il faut un enseignement, comme celui donné au Parangon, à la fois spécial et court : spécial, en ce sens qu’il ne comprend aucune connaissance qui ne se rapporte aux colonies ; de courte durée, le cours secondaire colonial étant normalement fixé à deux années, de l’âge de 15 ans à celui de 17 ans. Le cours secondaire est précédé d’un cours préparatoire ou primaire colonial comprenant toutes les connaissances élémentaires qui rentrent dans l’enseignement primaire en général, mais en les dirigeant, autant que possible, vers l’idée coloniale.
- Certes, on acquiert, au Parangon, un solide bagage dans toutes les branches qui constituent le fond de l’enseignement colonial : géographie, botanique, chimie, agriculture, comptabilité, arts et métiers, météorologie, médecine pratique et hygiène, art vétérinaire, arpentage, langues vivantes, etc. Mais, dans toutes ces matières, renseignement est donné sans jamais perdre de vue le but à atteindre, à savoir la préparation à la vie coloniale. Des cours théoriques
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- précèdent assurément les exercices pratiques, mais toute leçon aboutit à quelque application matérielle et immédiate au laboratoire, sur le terrain ou dans les ateliers. En ne prenant, dans chaque branche d’études, que ce qui peut offrir une portée pratique pour le but envisagé et en laissant de côté ce qui resterait sans application, on arrive en peu de temps à apprendre aux élèves une somme énorme dénotions immédiatement utilisables qui exigerait, d’après la façon ordinaire de comprendre les programmes, un temps considérable.
- Les procédés employés viennent aider à mener de Iront des enseignements aussi divers, répondant à un programme en apparence assez chargé. Tout est facilité par la simplicité des méthodes.
- Le plus possible, on lait appel aux yeux des cillants et à leur imagination. Prenons par exemple les langues vivantes. L’étude de l’anglais est obligatoire pour tous, et à cette langue doit s’en joindre une autre, l’allemand ou l’espagnol. Pour obliger les élèves aux exercices de conversation, l’usage de ces langues est de règle stricte pendant les travaux manuels et les promenades. En outre, pour leur graver les mots usuels dans la mémoire, tout ce qui est mis sous leurs yeux, tant les diverses parties de la maison et des autres batiments, que les objets usuels, porte l’inscription de leur nom en quatre langues : français, anglais, allemand et espagnol. C’est ce qu’on verra aussi bien au-dessus d’une porte, d’une fenêtre, d’un escalier, que sur une chaise, sur une table, ou sur la vaisselle, ou aussi sur les instruments qui se trouvent dans les ateliers.
- Pour l’étude des plantes, on emploie un système analogue. L’Ecole possède de multiples spécimens des plantes utiles et industrielles des colonies et des collections des produits qui en dérivent. Chaque échantillon porte sa dénomination. Dans le jardin potager, dans le jardin botanique, dans les serres, les étiquettes portent, à côté du nom scientifique, le nom vulgaire et le nom indigène.
- Ces étiquettes étant toutes tournées du même côté, on peut faire passer les élèves du côté où l’inscription se trouve cachée, pour s’assurer, en les questionnant, s’ils ont retenu les noms.
- Les travaux pratiques sont la partie la plus importante de l’enseignement donné au Parangon. Dans les champs de culture, dans le jar-
- din potager, les élèves travaillent eux-mêmes la terre sous la direction de jardiniers et de professeurs d’agriculture.
- On les répartit par petits groupes, pour qu’ils puissent mieux proliler des conseils qui leur sont donnés. 11 en est de même dans les ateliers. 11 y a des ateliers de toutes sortes : une forge, des ateliers de menuiserie et de serrurerie, des laboratoires de chimie agricole, une installation pour la photographie, etc.
- Le système d’enseignement pratique est si bien conçu dans un sens utilitaire qu’on apprend aux jeunes gens à fabriquer eux-mêmes les instruments dont ils ont besoin, car on peut supposer qu’ils leur feront défaut là où ils seront, et qu’on s'efforce de leur faire obtenir les résultats désirés par les moyens les plus simples, les plus rudimentaires. À cet égard, les laboratoires de chimie et de photographie sont particulièrement curieux à visiter. On n’y trouve pas la plupart des instruments que l’on y voit ordinairement. On habitue, eu elfet, les élèves à fabriquer eux-mêmes, à l’aide des premiers matériaux venus, et que l’on rencontre en tous pays, les appareils souvent coûteux des laboratoires ou même quelquefois les produits (pie le chimiste de profession n’obtient que par des procédés savants et minutieux. Boîtes vides de conserves, bidons de pétrole, vieilles caisses, ustensiles de cuisine, etc., servent à confectionner les engins du laboratoire, et si l’élève a besoin de potasse, par exemple, il la tirera lui-même de la cendre des végétaux, et ne sera autorisé à se servir de la potasse du commerce qu’après que cette opération lui sera devenue familière. Comme autre exemple d’une utilisation ingénieuse de matériaux sans valeur, citons les boutures de plantes faites, en serre, dans des coques d’œuf. On pourrait multiplier ces exemples. En un mot, on donne aux élèves l’habitude de se tirer d’affaire, comme Robinson, avec les moindres ressources.
- Non seulement les élèves-colons sauront cultiver la terre et construire leur maison, faire une charrue, une brouette, ou forger un écrou, mais encore on les familiarise avec le bétail et ce qu’on en tire ; on leur enseigne à traire le lait, à faire du beurre et du fromage. Ils apprennent à tanner les peaux et à faire des briques. On les
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- LA NATURE.
- initie au maniement des appareils télégraphiques. Ils savent conduire une machine à vapeur, utiliser une chute d’eau. Ils sont ainsi armés pour la lutte et leur ldrte éducation coloniale est complétée par des exercices physiques destinés à en faire des hommes robustes. Si, pendant longtemps, on s’est plaint (.pie nos colonies manquaient de colons, c’est peut-être parce qu’on ne savait pas les former ; aujourd’hui cette raison n’existe plus.
- Gustave Regelsuehgeh.
- MOTOCYCLETTES LÉGÈRES
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- Depuis plusieurs aimées nous n’avons pas cessé de répéter qu’à notre avis la véritable machine du touriste est la motocyclette légère; une épreuve très dure, de laquelle ces machines viennent de sortir victorieuses, jus-tilic bien notre manière de voir et nous ne pouvons la passer sous silence. Notre confrère le journal Les Sports avait organisé, pour des voitureltes, des tricars et des motocyclettes, une randonnée de 2600 kilomètres, dite •« Tour de France », d’une durée de treize jours, pendant lesquels, par tous les temps, et sur des routes sèches ou détrempées, les véhicules devaient faire en moyenne 200 km par jour. On conviendra qu’une machine qui, après une épreuve de ce genre, est rentrée à Paris sans accroc peut être déclarée bonne pour le tourisme ; c’est, pour ne parler que des motos légères qui seules nous intéressent ici, le cas des Alcyon, Georgia Knap, Clément, llerdllé Pruneau qui sont arrivées victorieuses le dimanche 5 juin à la Porte Maillot. On nous avait objecté notamment, [tour la dernière nommée, que nous décrivions dernièrement ici (n° 1708, du 17 février 1906), qu’un moteur minuscule comme celui-là, faisant 2800 tours à la minute, ne pourrait résister au bout de quelques centaines de kilomètres; l’événement nous a donné raison cependant et il vient de rentrer intact, sans qu’une soupape même ait été changée, après 2600 kilomètres faits dans les conditions que nous avons indiquées plus haut. Nous concluons donc plus que jamais que la motocyclette légère peut être considérée comme une véritable machine de tourisme. G. Chalmakès.
- LES SABLES DE MONAZITE
- Depuis quelques années les gisements de sable de monazile ont pris une assez grande importance pour qu’il soit intéressant de résumer ici quelques données à leur sujet. C’est en particulier dans les besoins de la fabrication des manchons à incandescence, où le thorium est utilisé sous forme de nitrate, qu’il faut chercher la cause de ce développement industriel de monazite, phosphate naturel de cérium, de lanthane et de thorium.
- . Le thorium a tout d’abord été extrait en Norvège et en Suède, puis, et ceci remonte à 10 ans, le commerce s’est approvisionné sur la cote du Brésil où ont été découverts des gisements suffisants pour satisfaire la consommation mondiale à un prix très réduit, ce qui a déterminé la ruine et l'abandon des mines de Scandinavie.
- Au Brésil l’extraction des sables de monazite, monopo-
- lisée par une maison anglaise, livra ce produit en Europe au prix d’environ 25 francs par tonne, sur la hase d’une teneur moyenne de 5 pour 100 d’oxyde de thorium.
- La fabrication d’oxyde de thorium est monopolisée, elle aussi, par de grandes Sociétés allemandes et autrichiennes qui le fournissent à tous les marchés européens et l’envoient en stocks importants aux Etats-Unis. Ajoutons que l’American Welsbach C° prépare également du thorium aux Etats-Unis, un droit protecteur de 125 £ par tonne ayant permis à cette Société Américaine d’utiliser le produit local provenant de la Caroline.
- En 1902 une entente est intervenue entre la Société anglaise d’extraction au Brésil et les fabriques allemandes d’oxyde de thorium, stipulant qu’à l’avenir le sable de monazite serait exclusivement fourni à ces fabriques et à un prix de 30 francs par tonne, moyennant pour l’extracteur une participation dans les bénéfices provenant de la fabrication du thorium.
- Ce contrat (Convention allemande du thorium) détermina dans le cours du nitrate de thorium une hausse d’environ 100 pour 100.
- En 1903 les gouvernements centraux des Etats-Unis et du Brésil s’aperçurent, que, suivant une ancienne législation, ni les particuliers ni même les Etats n’avaient le droit d’exploiter le sable de la côte et que ce privilège leur appartenait exclusivement. Le Gouvernement brésilien s’appuyait sur le texte de loi suivant : « La totalité de l’avant-rivage sur une largeur de 33 mètres à partir d’un étiage déterminé constituera la propriété du gouvernement central ». Comme le courant pénètre très loin à l’intérieur, par les estuaires et rivières, le gouvernement fédéral engloba, dans cette définition de ses droits riverains, une étendue considérable des territoires et s’opposa à l'exploitation du sable. En même temps, le gouvernement fédéral des États-Unis du Brésil céda à bail, en vue de leur exploitation, les sables du rivage sur la côte sud de l’Etat d’Espi-rito-Sanlo, au plus fort enchérisseur. Il résulta de ce nouvel état de choses une forte modification de la convention allemande du Thorium, l’arrêt de plusieurs usines allemandes et de vigoureux efforts pour découvrir de nouveaux dépôts de monazite au Brésil, dans la Caroline, etc., en dehors de la convention.
- On reconnut bien vite .que, si sur la côte du Brésil, il y a suffisamment île monazite pour couvrir tous les besoins des 20 ou 50 prochaines années, à l’intérieur du pays il existe aussi d’énormes dépôts, el, sur l’initiative de Sociétés françaises, deux mines rivales de monazite furent mises en exploitation à l’intérieur du Brésil, chacune d’elles ayant une production de 5 à 600 tonnes annuellement. Ainsi la convention du Thorium peut être considérée comme jusqu’ici fortement menacée.
- D’autre part, le prix jusqu’ici élevé du thorium a incité également des Américains des Etats-Unis à entreprendre la production sur une grande échelle. Mais de tous les États, celui de la Caroline seul produit du sable de monazite. Une carrière a été récemment achetée près de Shelby, mais bien que l’on affirme qu’elle contienne des veines de sable de monazite et malgré de grands efforts el des sondages profonds, elle n’a pas encore donné de résultats satisfaisants, et il est déjà certain que la production du sable de monazite sera très coûteuse. Néanmoins, il est hors clc doute que la production totale de thorium en Amérique est en progression, ce qui diminue les exportations européennes de ce produit.
- En résumé, la situation est la suivante : les besoins totaux en sable de monazite pour l’Europe, y compris la quantité
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- LA NATURE.
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- exportée d’Europe en Amérique, sont de 1200 à 1500 tonnes par an. Les exploitants brésiliens, à eux seuls, peuvent facilement élever leur production à 10 000 tonnes par an, ce qui dépasse de beaucoup toute la consommation possible. Cependant, des recherches actives sont faites pour trouver de nouvelles sources d’approvisionnement, et non sans succès. 11 en résulte que le commerce du sable de monazite, dans un avenir très rapproché, cessera d’être rémunérateur et déjà même, par suite de contrats, les stocks importants détenus en Europe sont en eux-mèmes suffisants pour inonder le marché de monazite à tout moment.
- 11 est peu probable dans ces conditions que la convention allemande du Thorium soit renouvelée à son expiration en 1907,
- Aujourd’hui déjà ce consortium éprouve des difficultés considérables à placer sa production aux prix rémunérateurs d’autrefois. De plus les fabricants américains de .thorium essaient d’écouler leur production en Europe et un agent, envoyé récemment à Londres, a échoué dans toutes les tentatives qu’il a faites pour vendre son produit. 11 est difficile d’admettre, par conséquent, que le public, et moins encore des commerçants puissent être entraînés dans des spéculations portant sur la monazite par des promoteurs hardis.
- Il y a donc toutes chances pour que le public puisse se procurer de la monazite à bon marché tandis que les promoteurs de Sociétés de monazite se trouveront en présence d’une tâche extrêmement ardue.
- U. D’Allieh.
- CHRONIQUE
- La fabrication mécanique des pâtes. — Elle est naturellement pratiquée dans le pays où la machine a fait le plus de progrès au monde, pour se substituer à une main-d’œuvre coûteuse, nous voulons dire aux États-Unis : et cette fabrication, qui rappelle un peu la machine légendaire transformant un lapin en chapeau de soie par une seule opération, fonctionne bel et bien dans une pâtisserie de Philadelphie; car il s’agit de sortes de gros chaussons aux fruits comme on en mange sur les tables américaines. Nous devons dire, du reste, qu’il faut l’aide de quatre personnes, ce qu’on pourrait appeler un chef de chantier, et trois enfants. Toute la puissance mécanique est fournie par un moteur électrique, tandis que le chauffage des moules à pâtés est assuré par des brûleurs à gaz. A la partie supérieure de l’appareil est un réservoir, contenant la matière de remplissage, de quoi suffire à la fabrication de 400 pâtés, et cette matière première est constamment brassée par un agitateur l’empêchant de se masser. La pâte est préparée mécaniquement, puis divisée non moins mécaniquement en morceaux soigneusement pesés : les uns pour le fond du pâté, plus exactement du pie, les autres pour le dessus; et les uns et les autres sont disposés à la suite, respectivement aux deux bouts de la machine. Un bras, commandé par un électro-aimant, vient glisser sous un morceau de pâte, et emporte le tout sous un moule qui donne la forme voulue à la croûte inférieure. Alors la croûte est poussée sous le réservoir à matière première, d’où elle reçoit assez de pâte de fruits pour la remplir. A ce moment la croûte supérieure se fait un peu comme la croûte inférieure, et elle est posée sur la première partie du pie : elle se dé-
- tache du reste facilement du moule où la pâte a été comprimée et moulée, parce qu’un soufflet spécial a injecté un peu de farine sur la surface de ce moule. Un opérateur surveille la pose du couvercle, en rectifiant, mais rarement, les légères malfaçons qui auraient pu se produire; un couteau enlève la pâte en excès autour du pie, et le tout passe au four.
- L’augmentation des dimensions des navires.
- — Nous avons déjà donné à plusieurs reprises des exemples, qui montrent que le commerce et les transports maritimes tendent à recourir à des navires de dimensions de plus en plus considérables. Cela s’explique par ce fait que les dépenses, notamment de propulsion, sont loin de croître proportionnellement au fur et à mesure qu’augmentent les dimensions. Voici quelques chiffres bien caractéristiques qui s’appliquent plus particulièrement aux chantiers de constructions navales de la Grande-Bretagne; mais on sait que ces chantiers fournissent la plus grosse part des navires de toutes les flottes du monde. Sur un total de lfifi navires construits en 1905, il y en a à peu près 80 qui ont un tonnage de plus de 5000 tonneaux; et, sur cet ensemble, on compte 50 navires de 5000 à 10 000 tonneaux, et 10 navires de plus de 10000 tonneaux. Nous n’avons pas besoin de dire (pie ce dernier tonnage est énorme s
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 juin 1906.
- Présidence de M. Chauveau.
- Produits de synthèse. — M. Haller expose les résultats de ses nouvelles recherches sur les produits de substitutions alcoylés du camphre obtenus par l’action des alcoolates de soude sur le camphre à haute température.
- La conservation des eaux. — M. de Lappareut résume un travail de Jl. de Grossouvrc, ingénieur des mines, sur l’aménagement et la conservation des eaux. Ce travail a fait l’objet d’une brochure de M. de Grossouvre. U’auteur pose en principe que la quantité d’eau existant à la surface du sol ou dans le sol est partout en diminution. Le phénomène 11’est pas dû à une diminution de la quantité cl’eau tombant sous forme de pluie, il est le résultat du développement de la civilisation. Partout pour les besoins des populations, on pompe lés eaux des nappes profondément enfouies dans le sol et on les rejette dans les rivières qui les ramènent rapidement à la mer. Le remède à cet état de choses consiste à retarder l’écoulement des eaux à la mer en reconstituant les étangs supprimés, en reboisant les montagnes, en gazonnant leurs pentes. M. Descombes, de Bordeaux, a été l’initiateur de ces mesures. La Société d’agriculture du Cher a émis un vœu tendant à obtenir que les pouvoirs publics comprennent dans les lois d’expropriation des territoires pour la reconstitution des étangs.
- Album floral. — M. G. Bonnier offre à l’Académie Y Album de la Nouvelle flore. Ce petit ouvrage portatif dont il est l’auteur renferme plus de 2000 photographies représentant les plantes réduites au cinquième de leur grandeur; il a pour but d’aider aux déterminations des spécimens examinés. C11. de Yilledeuil.
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- LA NATURE.
- UNE TORTUE TROIS FOIS CENTENAIRE
- Le Zoological Gardon de Londres vient de perdre l’un de ses plus intéressants pensionnaires, en la personne de Drake, vénérable tortue qui « passait » pour avoir près de quatre siècles d’existence.
- C’est à dessein que j’emploie cette tournure dubitative, car rien ne prouve, en somme, que la testuda Abingdoni, qui passa l’autre jour de vie à trépas, avait atteint réellement un âge aussi anormal. Voici tout ce que l’on peut dire de certain sur ce sujet délicat, et encore convient-il d’accueillir avec prudence les dires de ses historiographes.
- La tortue lut capturée dans les lies Galapagos vers la lin du xvme siècle. Dès cette époque, les rares habitants de cet archipel désolé la considéraient comme une bi-cen-tenaire, se fiant à quelques chiffres taillés au couteau sur sa carapace et qui, à moitié effacés, comprenaient en tête du nombre un 1 et un 6.
- On déduisait de là qu’elle avait été une première lois capturée au xvue siècle par quelques-uns de ces hardis pirates anglais ou français qui guettaient alors le passage des galions espagnols entre les côtes du Mexique et la colonie des Philippines, et qui faisaient des Galapagos leur rendez-vous général. Un de ces flibustiers, en veine de plaisanterie, ou, qui sait? pour léguer une date précise aux naturalistes de l’avenir, avait gravé sur le dos du prisonnier la date de la capture, avant de lui rendre la liberté. Et peut-être, de la pointe de son poignard, avait-il ajouté son nom, que la matière cornée oblitéra plus tard.
- De celle date imprécise vient sûrement le nom de la tortue, Drake, qui fut celui du fameux chef de pirates, Sir Francis Drake, l’illustre et sanguinaire écumeur des mers du Nouveau Monde.
- La tortue ne fut transportée en Angleterre qu’il y a quatre-vingt-cinq ans. Après avoir changé plusieurs J'ois de maître, elle trouvait enfin de confortables invalides dans un enclos du grand jardin de Regent’s Park.
- En ajoutant créance à ces faits, en calculant qu’à l’époquc de sa première capture, Drake avait déjà
- cinquante ans — ce qui est l’enfance de ces reptiles — on constate qu’après tout la défunte pouvait avoir vécu plus de trois siècles.
- Sa mort lût une surprise pour le personnel du Jardin zoologique. Elle avait habitué ses gardiens à de longues périodes d’immobilité absolue. Elle restait des journées entières dans un tel état de torpeur, qu’elle ne bougeait même pas ses lourdes paupières. Et ce sera une lacune déplorable dans la biographie de Drake : jamais on ne saura le jour précis de sa mort. Quand on constata enfin qu’elle avait cessé de vivre, son attitude, ainsi qu’on peut en juger par notre photographie, ne différait pas sensiblement de celle de ses compagnons de captivité.
- On raconte que « Drake » était douée d’un appétit formidable. Elle ne se nourrissait que de cœurs de salade, mais elle en dévorait des quantités énormes ; elle mangeait, dit-on, autant qu’un bœuf, et, bien que le Jardin zoologique de Londres soit, hélas ! plus riche que le nôtre, elle obérait singulièrement son budget.
- Ce qui n’empêche que sa mort représente pécuniairement une lourde perte pour le Jardin. Les tortues géantes se font rares un peu partout. Celles de Elle Rodrigue et de Elle Maurice sont complètement éteintes, et, sous la protection du gouvernement anglais, la tesluda elephantina des Mascareignes compterait, elle aussi, .parmi les espèces disparues.
- Nous ignorons si les lies Galapagos, abandonnées par le gouvernement Écuadorien à des baleiniers cl à des forçats qui s’intéressent fort peu à l’histoire naturelle, abritent encore dans leurs anses désertes beaucoup de ces géants de la mer. Un fait certain, c’est qu’un riche naturaliste d’Angleterre qui envoya il y a deux ans dans ces îles plusieurs agents, chargés de lui rapporter de vivants échantillons de toutes les variétés de tortues, en fut pour ses frais.
- Y. Fournis.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1725.
- 16 JUIN 1906.
- LA NATURE.
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- LES VARIATIONS GLACIAIRES EN NORVÈGE, SUISSE ET DAUPHINÉ
- Fig. 1. — Grotte de glace de l’Arveiron (mer de glace de Chamonix). D après une gravure anglaise de 1800.
- (Collection E.-A. Martel.)
- On sait que, sur toute l’étendue du globe, les glaciers passent actuellement par une phase critique; d’année en année la surîaee qu’ils occupent diminue.
- Dans les Alpes, ce recul, qui a commencé il y a quarante ou cinquante ans, se traduit par des pertes en longueur de 1000 à 1500 m. et en surface de 500 à 400 hectares pour un même appareil1, parfois même par des disparitions complètes, comme cela s’est produit par exemple, au Pic de Parrière (massif du Pelvoux), ou un petit glacier a entièrement fondu durant ces vingt dernières années. Nos gravures donnent une idée frappante de ces réductions considérables : la grotte de glace de la source de l’Arveiron au pied du glacier des Bois, à l’extrémité de la Mer de glace de Chamonix, est représentée ligure 1, telle qu’elle existait à l’époque de de Saussure ; et cela d’après une curieuse gravure anglaise coloriée appartenant à M. Martel, qui a vu la grotte existant en 1864 et 1870 ; moi-même je l’ai vue encore en 1874 ; aujourd’hui toute la chute du glacier des Bois a fondu et l’admirable cascade de ses séracs est remplacée
- 1 De 1864 à 1889 le glacier des Évetlcs (haute vallée de l’Arc) a perdu 305 ha. (Paul Girardin, Les glaciers de la Savoie in Bull, de la Soc. neuchâteloise de géographie. T. XYI, 1905.)
- 34e année. — 2e semestre.
- par la muraille rocheuse nue et polie, que connaissent bien les visiteurs de la vallée de l’Arve. 11 en est de même au glacier de Bosenlauï (Alpes Bernoises) que notre figure 7 montre en son état de 1864 et qui, toujours d’après M. Martel, avait perdu dès 1875 sa langue terminale suspendue. Les figures 5 et 6 représentent l’état de la glaciation de l’Eiger et du Mœnch (Alpes Bernoises) en 1864 et 1902. Enfin, d’après les documents obligeamment communiqués par M. le professeur Forel, deMorges, les figures 10, 8 et 9 montrent les trois aspects du glacier du Rhône en 1820, 1864 et 1900.
- Pour ce dernier appareil, un fait remarquable est à noter : en août 1900 l’ablation du glacier du Rhône fut telle, qu’une déchirure se produisit dans la partie supérieure de la cascade de séracs (rive droite, côté gauche de la figure 9, sur laquelle on la distingue nettement, ainsi que la coulée d’avalanche qui en résulta). Si la déchirure s’était accentuée et propagée en travers de toute la chute de séracs, le glacier du Rhône eût été coupé en deux parties, comme le Suphellæ-Brae, du Jostedalsbræ (Norvège). Mais, au contraire, la blessure s’est refermée rapidement et la solution de continuité s’est effacée.
- Vers la fin du xixe siècle, au milieu de la décrue générale, s’est produite, dans nos régions, une crue
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- LA NATURE
- glaciaire, mais très légère, et dont l’ellet a été
- tout simplement de suspendre pendant quelques ble intérêt scientifique et pratique. L'observation de
- L’étude des oscillations glaciaires présente un dou-
- Fig. 2. — Carie du glacier Blanc cl du glacier Noir, d’après le levé original au 1Ü UU0° de MM. Lal'ay, Flusin cl Jacob publié par la Société des Touristes du Dauphiné, en 191)5.
- Picde /VeigeCordier Col Emile Pic Cor'd'e''
- , _ 3S02 ^gÆ^Wr^Picdu Glacier Blanc
- Roche Emile Pic y ColdeNeige Martelli
- r0icju(;iac;er.gianc
- Roche Paillon jÆmr //.
- 36oo*mmi s'X'Jt'
- PicSIgnalé
- 3355
- RocheHippoSytePic^
- Col de la Roche Faurio 3t 71
- P^ Louise,
- 3650
- Pte Xavier-Blanc _ 3650
- Roche Faurio
- 3716
- Col
- des Ecrin.
- 3*J5
- Aiguille de Coste Rougi
- Col de la Coste Rouge
- Aile froide Occidentale
- Aile froide Centrale
- + Cote# relevées-sur les rochers ou/ moraines,
- -* — "---- ,, ‘— sur la-glace .
- * Repères (eus minium.) i-attaclæsà l'étajb actuel du.glacier (tgott) O Stations tac/irométriqu.es .
- V Stations photognaphùjues et champs relevés.
- * Sondages de Crevasses : profondeur sp mètres.
- ÉcheJle i I/40000 e
- Utbrrrv, 5%
- années ou de ralentir la régression. Après quoi lo recul a repris de plus belle.
- 0 400 800 1200 1600 2000 Met.
- vicissitudes par lesquelles passe la glaciation apporte un précieux appoint à la connaissance si importante
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- LA NATURE.
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- des variations de climat. En second lieu, aujourd’hui que les installations hydro-électriques se multiplient dans les Alpes, il esl nécessaire de surveiller l’étendue des glaciers dont la lusion fournit en été l’eau nécessaire à la marche des usines. Toute diminulion de la surlace soumise au phénomène glaciaire constitue une diminution des réservoirs de houille blanche et peut entraîner des conséquences économiques préjudiciables.
- 11 est aujourd’hui certain que les variations glaciaires ont un caractère cyclique, mais on ignore la
- Fig. 5. — Région inférieure du glacier Noir. (Cliché Flusin, aoûl 1904.)
- durée du cycle. Un a bien essayé de l'aire rentrer les oscillations de longueur des glaciers dans le cycle dit de Brückner, et de démontrer que tous les trente-cinq ans environ la glaciation subit une crue. À notre avis, ce système a d abord 1 inconvénient de ne pas tenir compte de l’ampleur du phénomène ; en second lieu, en dehors des Alpes, il ne cadre nas toujours avec la réalité des faits.
- Fig. 4. — La langue du glacier Blanc. (Cliché .Jacob, août 1904.)
- Le passage de grandes ondes glaciaires, séparées par des dépressions correspondant à des phases de déglaciation ou intra-glaciaires, est beaucoup plus vraisemblable. G’cst, d’ailleurs, Vers cette conception de
- la chronologie glaciaire que, dans un article tout récent, un des maîtres incontestés de la glaciologie, le professeur Penck, parait incliner1. En tout cas pendant le xvme siècle et la première moitié du
- Fig. 5. — Glacier do l’Eiger en 1804. (Collection Martel.)
- XIXe siècle a passé sur la terre entière une vague d englaciation ; durant celle période les glaciers de 1 hémisphère nord semblent avoir atteint leur maximum d extension pendant la période historique, ou tout au moins des dimensions qu’ils n’avaient pas atteint depuis plusieurs siècles auparavant. •
- En Norvège le phénomène apparaît très net. De 1675 a 1745 toutes les branches du Jostedalsbræ et du Svartis éprouvèrent une crue énorme, envahis-
- Fig. 6. — Glacier de l’Eiger en 1902. (Cliché Martel.)
- sant des terres cultivées et renversant des termes, preuve que depuis une longue période elles n’avaient point atteint un aussi grand développement. Pendant cette période, un des courants issus du Jostedalsbræ aurait progressé de 2800 mètres. Jusque dans les premières années du xix° siècle ces glaciers sont restés presque en étal de maximum, ou du moins n’ont subi qu’une perte relativement faible, par rapport à celle qu’ils ont ensuite éprouvée. De 1745
- 1 Climaiic Fealurcs of lhe Plein locene lce Age, in 2 lie Geographical Journal, Londres, février 1906, p. 186.
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- LA NATURE.
- à 1820, c'est-à-dire en soixante-dix-sept ans, plusieurs reculèrent seulement de 500 mètres. La régression s’est ultérieurement accusée et aujourd’hui, suivant les glaciers, elle s’élève, par rapport au maximum
- A l’historique des variations glaciaires et à la connaissance des glaciers de la France, MM. Charles Jacob et Georges Flusin viennent d’apporter une importante contribution. Après avoir personnellement poursuivi pendant plusieurs années l’étude des appareils glaciaires du Dauphiné, M. W. Kilian, le distingué professeur de géologie de l’Université de Grenoble, a orienté vers ces recherches tout un groupe de jeunes naturalistes, MM. Georges Flusin, Charles Jacob et Olïher, qui a continué avec succès l’œuvre du maître. Pendant l’été 1904 avec le concours de M. Lafay, conducteur des Ponts et Chaussées, MM. G. Flusin et Ch. Jacob ont exécuté le lever à grande échelle du glacier Noir et du glacier Blanc (massif du Pelvoux), et soigneusement exploré ces deux nappes. Celte campagne a été entreprise à la demande de M. de la Brosse, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, chargé dé mission hydrologique, afin de connaître d’une manière précise l’étendue de ces glaciers dont la fusion fournit en été un appoint important à la Durance. Les résultats de cette expédition scientifique se trouvent traduits dans un excellent mémoire accompagné de deux très
- Fig. 7. — Glacier de Rosenlauï en 1864. (Collection Martel.)
- du xvmesiècle, à 2200 m., 1850 m., 1500 m. Pendant eette grande variation négative, qui embrasse la dernière moitié du xvme siècle et tout le xixe, plusieurs variations positives secondaires se sont manifestées, par exemple entre 1830 et 1850, vers 1868-1869, enfin autour de 1890, lesquelles ont eu simplement pour effet de suspendre la régression en cours. En Norvège le phénomène est donc fort simple et pourrait être représenté par une grande onde atteignant son apogée vers 1743, puis s’abaissant lentement jusqu’en 1820 pour devenir ensuite très rapide avec quelques dents figurant les petites pulsations qui ont momentanément suspendu la marche régressive.
- Antérieurement à cette grande crue, au xvme siècle, le Jostedalsbræ paraît eu avoir subi une peut-être non moins accusée; la date de cette progression ne saurait être fixée. Tout ce que 'l’on peut dire à son sujet, d’après le Dr Rekstad, le savant sous-directeur du Service géologique de Norvège, c’est qu'elle se place avant le xvi° siècle.
- La Norvège aurait donc subi deux ondes glaciaires. Dans les Alpes, depuis la fin du xvie siècle on en compte trois : l’une autour de 1600, l’autre à la fin du xvue siècle et au commencement du xvuie, la troisième de 1770 à 1855-1860;
- Fig. 8. — Glacier du Rhône en 18G4. (Colleclion Martel.)
- belles cartes du glacier Blanc et du glacier Noir au 10000e, les premières cartes détaillées des glaciers français qui aient été dressées. Cette magnifique publication est l’œuvre de l’active Société des Touristes
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- du Dauphiné. Alors que des associations scientifiques dépensent le plus clair de leurs revenus à rétribuer grassement toute une escouade de fonctionnaires inutiles, la Société des Touristes du Dauphiné, quoique ne disposant que de ressources très limitées, n’hésite jamais à accorder de larges subventions aux entreprises scientifiques qui ont pour objet l’étude des montagnes et à assurer leur publication.
- Les caries de MM. Lafay, Ch. Jacob, G. Flusin, dont nous donnons une réduction, montrent le glacier Blanc et le glacier Noir retirés aujourd’hui dans leurs vallées, et, précédés par une très longue zone de terrains de transport. Ce sont d’abord des vestiges d’arcs mo-rainiques, dont le plus important se trouve en aval du confluent des torrents provenant des deux appareils glaciaires, puis une plaine couverte de monceaux de blocs, le fameux Pré de Mme Carie, terminé par une nouvelle moraine dite de Font-Iroide.
- Des pièces authentiques, conservées dans les archives, décrivent au XVIe siècle le Pré de Mme Carie comme un alpage. Sa destruction serait donc postérieure à cette époque, et serait le fait non point d’actions torrentielles, mais d’une occupation glaciaire. « Les torrents qui s’échappent d’un glacier sont impuissants à donner à un pays les caractères actuels du Pré de M1,ie Carie », affirment MM. Jacob et Flusin. Donc, le glacier Noir et le glacier Blanc réunis se sont avancés jusqu’à la moraine de Font-froide, et, comme cette moraine « offre un cachet très ancien », nos confrères établissent ainsi les variations des glaciers : avant le xvie siècle, une première • extension de la glace jusqu’à Fontfroide, puis une phase de recul très longue qui a permis l’établissement du Pré de Mme Carie tel qu’il existait
- au xvie siècle, puis une seconde avancée des glaciers postérieure au xvi° siècle qui a engendré l’état actuel.
- À quelle époque remonte la dernière crue qui a détruit la fameuse prairie? Suivant quelque vraisemblance, soit au début du xvne siècle, soit dans les dernières années de ce siècle, époques auxquelles les glaciers des Alpes ont subi des progressions considérables ; notamment, à la fin du xvue siècle, les glaciers dont il est question ici ont subi une très forte
- crue, ainsi que le fait suivant paraît l’indiquer.
- A cette date, le col de la Temple (5285 m.), situé dans le cirque supérieur du glacier Noir et que les indigènes traversaient pour se rendre en Oi-sans, a cessé d’être pratiqué à la suite « d’ébou-lements des glacières », rapporte Bourcet, le célèbre ingénieur-géographe . Un second mémoire de Bourcet indique comme cause de la fermeture du col : le « bou-lement des glaciers », c’est-à-dire leur gonflement. Il est donc possible que l’avancée du glacier Noir et du glacier Blanc jusqu’à la moraine de Fontfroide date des dernières années xyii0 siècle. Seule, la découverte de pièces authentiques nous fixera à cet égard. Aussi bien, on ne saurait trop souhaiter que l’on entreprenne une exploration méthodique des dépôts d’archives dans les régions alpines. La Conférence internationale météorologique1 qui s’est tenue l’été
- 1 B. Brunhes. La Conférence météorologique d'Innsbruch, in La Géographie, XIII, 2, 15 février 1906.
- Dans cèt ordre d’idées signalons la très~intéressante plaquette publiée par M. J. de Fréminville, archiviste de la Loire : Notice et document sur les événements météorologiques en Forez aux xvi% xvne, xvme siècles, d’après les registres paroissiaux de Varrondissement de Montbrison. Montbrison, 1898.
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- dernier à Innsbruck, a émis le vœu qu’il soit procédé à des recherches dans les documents historiques des divers pays sur les phénomènes météorologiques anormaux, tels que les inondations, les sécheresses, les hivers rigoureux. De telles investigations étendues en même temps aux phénomènes actuels, aux ébou-lements, aux glissements de terrain, aux glaciers fourniraient une ioule de laits du plus haut intérêt pour la connaissance des vicissitudes géologiques pendant la période historique, comme le prouvent d’ailleurs les résultats déjà obtenus par quelques érudits. Jusqu’ici les archivistes paléographes se sont préoccupés uniquement de l’histoire de l’homme; s’ils appliquaient leur1 méthode scientifique et leurs efforts à l’histoire de la terre, considérables seraient les résultats qu’ils obtiendraient.
- Mais revenons à la moraine de Fontlroide. La double avancée des glaciers que supposent MM. Ch. JacobetG.Flusin, n’est peut-être pas absolument justifiée. La moraine date de deux siècles au moins, de trois au plus, et dans un pays comme le Dauphiné où la végétation se développe rapidement une telle période est suffisante pour donner à une formation de ce genre un faciès « très ancien ».
- Immédiatement en amont du Pré de Mme
- Carie se trouve un second arc morainique qui marque l’extension des glaciers atteinte dans le courant du xixe siècle.
- Mesurées sur les cartes de MM. Lafay, Flusin et Jacob, les pertes du glacier Noir et du glacier Blanc s’établissent ainsi. Depuis le maximum correspondant au dépôt de la moraine de Fontfroide, c’est-à-dire peut-être depuis la fin du xvne siècle jusqu’en 1904,1e glacier Noir a rétrogradé de 2120 m. et le glacier Blanc de 1780 mètres; depuis le maximum du milieu du xixe siècle ces appareils ont rétrogradé respectivement de 1080 et de 800 mètres. Et le reuil continue toujours ; du 12 août 1901 au 18 août 1934, le glacier Noir s’est relevé de 55 mètres sur la rive gauche, et le glacier Blanc de 11 mètres également sur la rive gauche.
- Quand s’arrêtera cette décrue? Au début du xxe siècle, on avait eu l’espoir d’être arrivé à la fin de cette période. En 1902 et 1905 l’enneigement dans les Alpes avait été progressif, mais le torride été de 1904 vint détruire les espérances, que l’aug-
- Fig. 10. — Glacier du Rhône à son maximum en 1818 d'après une gravure ancienne. (Collection Forel.)
- mentation d’épaisseur des névés avait fait concevoir. En 1905, toutefois, de divers côtés on signale des glaciers demeurés couverts de neige, en tout cas la fin de l’été dernier a été froide, par suite la fusion à celte époque n’a pas dû être intense.
- En Norvège, où les glaciers paraissent se mettre en mouvement avant ceux de l’Europe centrale, l’enneigement a été progressif depuis 1901, annonce le D1 J. Bekstad, à qui l’on doit tant de beaux travaux sur les appareils glaciaires de ce pays. En 1901, l’été fut torride, et les champs de glace et de neige acquirent leur minimum d’étendue, de mémoire d’homme. Les deux étés suivants furent en revanche froids, et les précipitations relativement abondantes pendant ces deux années. En 1904, durant la belle saison, la température a été inférieure de 1° à la normale dans les stations élevées. Pendant l’hiver 1904-1905 les précipitations neigeuses furent
- copieuses et l’été suivant froid ; par suite l’enneigement a été très marqué. Les conséquences de cette série d’étés à température relativement basse n’ont pas tardé à se manifester ; dès 1905 quelques glaciers ont manifesté des symptômes de crues, et, en 1905, le mouvement s’est accentué. D’après une note publiée par le Dr J. Bekstad dans Natu-
- ren, « La Nature » norvégienne, deux glaciers du Folgefonn sont en progression, le fameux Buarbræ, bien connu des touristes qui visitent Odde, et le Bondhusbræ. Du 20 juin 1904 au 5 juin 1905, ce dernier appareil a progressé de 20 mètres sur la rive gauche et de 15 mètres sur la rive droite. Du Jostedalsbræ quatre branches sont en progrès, dont deux de 19 mètres en un an. Enfin, l’Engabræ, le beau glacier du Svartis, que les voyageurs au cap Nord visitent dans le Ilolandsfjord, aurait avancé l’été dernier. Le mouvement serait donc général. Est-ce simplement une crue secondaire, dont la durée et l’effet seront faibles, ou le prodrome d’une grande poussée en avant? A l’heure actuelle, il est impossible de se prononcer, mais il n’y a pas moins là un symptôme important. En France, toutes ces questions vont être désormais étudiées officiellement par une section spéciale du Comité d’étiides scientifiques du ministère de l’Agriculture.
- Charles Babot.
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- LE MICROPHONE ADAMS=RANDALL
- Le microphone de M. G. Adams-Randall, destiné à la téléphonie à grande distance, diffère des appareils similaires actuels en ce sens qu’il est à contacts multiples, chacun de ces contacts ayant à son service une pile spéciale.
- Le nombre de ces contacts varie de 4 à 10; ils sont tous fixés sur une plaque de fer assez épaisse qui remplit les fonctions de diaphragme et dont le diamètre dépend du nombre des contacts. C’est ainsi qu’elle mesure 10 cm de diamètre pour un microphone à 4 contacts et 14 centimètres pour un microphone à 12 contacts. Entre l’embouchure, qui n’offre rien de particulier, et le diaphragme, est ménagée une chambre à air. Chaque contact reçoit le courant d’une pile de quatre éléments et est complété par une bobine d’induction dont le circuit secondaire est intercalé dans la ligne. Chaque contact avec le circuit qui lui est propre fonctionne donc comme un microphone ordinaire; les effets des contacts s’ajoutent et il en résulte un renfoncement dans l’intensité du son.
- Le microphone Adams-Randall, ajoute le Journal télégraphique à qui nous empruntons cesrenseignements, marque un progrès sensible dans la téléphonie à grande distance; il peut également être utilisé sur les circuits téléphoniques particulièrement sensibles aux phénomènes d’induction et sur ceux qui sont réservés à la télégraphie et à la téléphonie simultanées. Il a permis de correspondre, sur un conducteur de 2,8 ohms de résistance entre Chicago et New-Orléans, dans d’excellentes conditions sur cette grande distance (1800 km). De nombreux essais ont eu lieu également, entre New-York et Albany, sur une ligne télégraphique constituée par une section aérienne de 19 km de longueur élevée à proximité d’une usine et de conducteurs de courants de traction. Cette ligne comprend, en outre, 1 km de câble sous-fluvial et enfin une seconde section aérienne de 245 km parcourue déjà par des poteaux supportant de 50 à 50 autres conducteurs.
- Celte ligne, déjà particulièrement défavorable, ne pouvait être employée téléphoniquement qu’à la condition de ne pas se servir de fil de retour; il était donc indispensable de se servir de la terre. On intercala alors des condensateurs aux deux extrémités, mais la ligne était fortement influencée par les circuits voisins. Pour diminuer l’induction on agit sur la sensibilité du récepteur en éloignant la membrane des pôles de l’aimant sans pour cela pouvoir communiquer. Ce ne fut, enfin, qu’après avoir renforcé le microphone, en l’intercalant graduellement des contacts, que la parole devint nettement perceptible.
- Ces expériences ont démontré qu’au moyen du microphone d’Adams-Randall il est possible de téléphoner sur une ligne télégraphique quelconque et sur une distance déjà considérable. Cette découverte serait d’un intérêt tel que, malgré la source semi-officielle qui nous en apporte la nouvelle, nous devons faire toutes réserves et attendre de plus amples renseignements pour nous prononcer. Lucien Fournier.
- LA MANUTENTION MODERNE
- des charbons
- Le développement extraordinaire de la fée Electricité lait surgir de terre de monstrueuses usines.
- Jusqu’à ce jour, la France s’était laissé devancer par l’Allemagne et les Etats-Unis, toujours en avant quand il s’agit de faire grand dans une industrie quelconque... quitte souvent à s’en repentir ensuite. Mais nous sommes en train de rattraper le temps perdu.
- Les organes que nous créons maintenant, pour être venus plus tard, n’en sont que plus affinés, plus parfaits; ils' répondent mieux au but précis auquel ils sont destinés et partant sont plus économiques. Témoin, par exemple, celle usine aux proportions gigantesques que construit en ce moment, à Saint-Denis, la Société d’Electricité de Paris et
- dont La Nature a déjà donné la description générale1.
- En même temps que des capitaux considérables, la mise au point d’une œuvre pareille exige un effort énorme, car il ne s’agit pas d’édifier des monstres, il fauf tout prévoir; il faut surtout créer tout un système — le moins compliqué possible — qui permette d’arriver au prix de revient minimum du produit fini... en l’espèce le kilowatt-heure.
- La Société d’Electricité de Paris a donc lait appel aux plus savants constructeurs, et, par une étude approfondie, elle est parvenue à résoudre d’une manière remarquable ce problème ardu de la production de vapeur à bas prix grâce à des appareils perfectionnés, à une installation de premier ordre supprimant toute main-d’œuvre, contrôlant tout, empêchant toute reprise inutile de matières, enfin ne permettant aucun gaspillage.
- Grâce à la Société Babcock et Wilcox elle a ainsi réalisé cette idée, qui n’est pas ordinaire, d’installer une salle de chauffe où il n’y a pas à vrai dire de chauffeur ; une salle de générateurs de vapeur dont, naturellement, la condition essentielle de bon fonctionnement est une alimentation parfaite et continue
- 1 Yoy. n° 1696, du 25 novembre 1905, p 402.
- ig. 1. — Schéma du dispositif pour le déehargeur du charbon à Fusille de Saint-Denis de la Société d’ElecIrieilô de Paris.
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- la circonférence de laquelle est fixée une série de bras de levier dont le mouvement est réglé de façon qu’ils viennent l’un après l’autre pousser les maillons de la chaîne et de telle sorte qu’il y en a toujours un d’engagé pendant que le précédent se rabat doucement. Le mouvement ainsi obtenu est extrêmement régulier, point fort important pour le travail auquel l’appareil est soumis.
- La chaîne Hunt remonte au-dessus des silos, vastes soutes pouvant contenir 12 000 tonnes de charbon. À la partie supérieure, les augcls, qui contiennent chacun 50 kg, sont culbutés automatiquement sur un douille plan incliné qui répartit le charbon.
- Puis la chaîne redescend, passe au-dessous des soutes à cendres et à mâchefers qui par des goulottes peuvent y être distribuées, et de cet
- et où il n’y a cependant pas d’appareils pour le faire ; une chaufferie enfin, où le charbon arrive tout seul, se pèse, se distribue normalement et automatiquement suivant les besoins, où les cendres et les mâchefers sont pris, pesés, enlevés sans qu’on s’en occupe, la quantité de vapeur produite mesurée, etc. Aujourd’hui nous ne voulons nous occuper que de la remarquable manutention du combustible eii le prenant au bateau qui l’amène pour le quitter sur la grille- de la chaudière.
- Sur les bords de la Seine, à mi-chemin, entre les ponts de Saint-Ouen et de file Saint-Denis, la Société a édifié un appontement de 85 mètres de long sur 12 de large, en béton armé, le long duquel peuvent se ranger simultanément deux bateaux de chacun 500 tonnes.
- Une grue électrique à chargement automatique
- Fig. 2. — Convoyeur à tablier métallique.
- enlève à chaque manoeuvre 1500 kg environ de charbon menu (de 4 à 50 mm) et le décharge dans une trémie sous laquelle fonctionne une bascule automatique. On enregistre donc ainsi le poids exact, de charbdn à l’entrée de l’usine (fig. 1). La bascule distribue le charbon sur un convoyeur à tablier métallique (fig. 2), sorte de toile sans fin qui le transporte à un remplisseur chargé de le distribuer dans les godets d’un convoyeur Hunt, à l’aide d’un distributeur automatique.
- Ce dernier appareil, qui assure de manière remarquablement homogène l’alimentation continue du charbon dans les godets, est fort simple et composé en principe d’une trémie rotative divisée en petites goulottes dont les ouvertures aboutissent dans les godets.
- On peut ainsi décharger du bateau, et convoyer jusqu’aux soutes, 50 tonnes de charbon à l’heure avec une seule grue. Deux sont prévues. Disons tout de suite que le mouvement est donné à cette chaîne par un entraîneur fort remarquable dans sa simplicité et sa robustesse, formé grosso modo d’une roue à
- endroit, l’enlèvement s’accomplit automatiquement.
- D’autres goulottes descendent de ces soutes et permettent, si l’on veut, d’en déverser directement le contenu dans des tombereaux. La même chaîne sert donc au convoyage du combustible frais et à l’enlèvement du produit usé.
- Pour amener le charbon des soutes jusqu’aux chaudières on se sert exactement du même procédé peut-être même plus ingénieusement disposé, car il comporte sur son parcours les instruments de pesage.
- Deux autres convoyeurs Hunt en tout semblables au premier, sont disposés dans un plan perpendiculaire. L’un prend le charbon par des goulottes disposées au-dessous des soutes et vient le déverser dans la trémie d’un concasseur afin d’avoir un charbon absolument homogène comme grosseur.
- De là ce combustible tombe dans une bascule automatique qui enregistrera ainsi la quantité fournie à chaque générateur ou groupe de générateurs.
- Sorti de la bascule il tombe sur le convoyeur des chaudières qui l’entraîne au-dessus des réservoirs à charbon formant la partie supérieure
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- des générateurs où il est basculé automatiquement.
- Suivant les besoins, ces deux chaînes peuvent prendre à leur partie inférieure, par des goulottos appropriées, soit le mâchefer, soit les cendres. Si c’est du mâchefer il est remonté des sous-sols par la chaîne des chaudières et déversé dans le concasseur, puis pesé ou non, à volonté, déversé dans la chaîne des silos qui le verse à son tour dans la soute aux mâchefers.
- C’est de là qu’il peut être repris par le premier convoyeur et mené au bateau. Quant aux réservoirs des chaudières ils sont formés de vastes trémies de tôle avec un couloir de déchargement direct qui
- cette manutention qui paraît certainement plus compliquée à lire que dans la pratique.
- Le personnel nécessaire pour toutes ces manœuvres comprend uniquement :
- 2 hommes dans le bateau pour guider les bennes de chargement ;
- 1 homme à la grue électrique ;
- 2 hommes aux soutes ;
- 1 homme au concasseur ;
- 1 homme à l’entraîneur.
- Étant donné qu’on manipulera ainsi jusqu’à 100 tonnes de charbon à l’heure on voit que l’opération totale consistant à amener le charbon du fond
- Fig. 5. — Vue d’une chaufferie comportant 10 chaudières de chacune 420 m2 de surface de chauffe avec surchaufleurs économiseurs.
- se trouve dans la partie antérieure du foyer.
- Un clapet de retenue manœuvré par une tringle permet de faire descendre au fur et à mesure des besoins la quantité de charbon que l’on veut, de telle sorte qu’un seul chauffeur peut surveiller à la fois 5 générateurs. Il n’a, en effet, à s’occuper aucunement de la conduite du feu, proprement dite, ni de l’encrassement possible de la grille pas plus que de la répartition rationnelle du combustible au-dessus des barreaux (fig. 3).
- La grille est formée d’une série de barreaux plats en fonte très courts formant maillons enchevêtrés mobiles autour d’une série d’axes horizontaux auxquels un très léger mouvement de rotation (qui peut être accéléré ou ralenti, au besoin) est imprimé par un arbre commandant toutes les grilles de la [salle de chauffe. On voit donc la simplicité grandiose de
- du bateau jusque sur la grille où il est utilisé, après toutes opérations de statistique et d’emmagasine-ment nécessaire, y compris l’enlèvement des cendres et mâchefers, sera d’un prix de revient extrêmement réduit. Grâce à ce système joint à la concentration des manœuvres d’alimentation et de condensation d’eau et de vapeur dans une salle unique, et dont nous parlerons dans un prochain article, on arrive à produire plus de 200 000 kg de vapeur à l’heure avec 20 économiseurs Green de 160 m2, 20 chaudières Babcock et Wilcox de 420 m2, 20 surchauffeurs Babcock et Wilcox de 172 m2 de surface de chauffe et seulement comme personnel 4 chauffeurs, 2 ali-mentateurs et 4 manœuvres.
- Nous ne croyons pas qu’on ait encore fait mieux., M. Lecomte Dexis.
- ctg'S^'S^gi)
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- LES PRÉCURSEURS DE COPERNIC
- M. Ch. Eastman, du Muséum do zoologie comparée, à la fameuse Harvard Universily, située à Cambridge, dans l’Etat, de Massachusetts, a fait, dans ces derniers temps, quelques curieux essais d’histoire scientifique1 ; il s’est notamment livré à un jeu de rapprochements parfois superficiels et parfois de haut intérêt, entre les théories actuelles et celles qui avaient cours dans les milieux scientifiques de l’antiquité. C’est- naturellement dans le monde grec qu’il a rencontré les faits les plus remarquables. Ainsi il publiait l’année dernière un court travail relatif aux idées grecques sur le volcanisme, où l’on trouve, entre autres choses, la première idée d’une relation entre les phénomènes sismiques et une action tectonique, et même un peu plus tard l’idée de rapports possibles entre le séisme et les éruptions volcaniques.
- Poursuivant dans cette voie, M. Eastman s’est occupé à grouper dans un travail d’ensemble ce que nous savons au sujet des prédécesseurs de Copernic. On sait que le célèbre moine de Frauenburg (Tliorn, 1475, Frauenhurg, 1545) fut le premier parmi les savants modernes qui refusa à la terre une place centrale dans l’ensemble des mondes et qu’en affirmant la translation des planètes autour du soleil, il créa notre conception actuelle du système solaire et fonda du coup l’astronomie que nous connaissons.
- M. Eastman montre que cette révolution scientifique avait déjà été pressentie dans l’antiquité grecque. Au moins deux astronomes, Aristarque de Samos et Seleuchus de Chaldée, avaient, avant Copernic, affirmé les principaux points de sa théorie.
- Les Grecs se partageaient entre quatre systèmes pour interpréter le monde au point de vue astronomique : 1° hypothèse d’un astre central, autre que le soleil (Phi-lolaüs le Pythagoricien) ; — 2° hypothèse d’une terre stationnaire autour de laquelle tourne toute la voûte céleste (Eudoxe de Cnide, Ptolémée, Tycho Bralié) ; — 5° hypothèse d’une terre fixe, mais tournant sur son axe, c’est-à-dire pourvue de rotation et non de translation (Iléra-elicle de Pont) ; — 4° hypothèse solaire (Aristarque, Copernic).
- Le troisième de ces systèmes, celui d’Héraelide, a certainement contribué à faire naître le quatrième, et déjà son auteur, bien que ne l’adoptant pas, avait reconnu que c’était là une hypothèse aussi probable que la sienne ; il semble d’ailleurs que la cohérence ne fut pas la principale qualité de cet auteur, car en meme temps qu’il repoussait la théorie du soleil central, il avait déjà reconnu (pie Vénus et Mercure tournaient autour de lui. Malgré ces difficultés, ce sont les théories d’Héraelide cpii semblent avoir eu le plus de faveur chez les anciens ; elles furent notamment adoptées par Platon, — tout au moins comme conception physique, car métaphysiquement il lui semblait que c’était là une position trop sacrée et que la terre ne méritait pas d’être l’autel du monde. D’ailleurs les préoccupations d’astronomies sont chez lui toujours subordonnées et il ne se haussa pas jusqu’à l’idée de l’héliocentrisme.
- Les vues de Platon et d’Héraelide ont pu sans doute contribuer à l’éclosion de ce dernier système. Aristarque
- 1 On doit à M. Ch. Eastman, parmi d’autres travaux, la dernière édition du Traité de Paléontologie de Zittel. C’est un travail considérable ; le fameux ouvrage du professeur allemand a été entièrement récrit, et, dans son nouvel état, possède la valeur d’un travail original.
- fut le premier à le formuler et c’est une justice qui lui est rendue par tous les auteurs anciens, surtout par Plutarque.
- Sa théorie n’eut d’ailleurs aucun succès. 11 trouva un seul champion pour la défendre, dans le chaldéen Seleuchus, qui vécut plus de cinquante ans après lui. En dépit des scrupules métaphysiques de Platon, il y avait certainement, contre son adoption, la crainte de commettre une énorme impiété en délogeant la terre de sa position centrale, et Cléanthc ne manqua pas de le reprocher à Aristarque comme un crime. Physiquement, les distances auxquelles Aristarque situait la terre par rapport_ aux étoiles fixes semblaient une impossibilité pour Archimède et ses contemporains; de plus, les hypothèses anciennes étaient tenues comme suffisantes. Enfin, lorsqu’Apollonius de Perga et Ptolémée eurent instauré des systèmes complexes et qui semblaient répondre à tout, l'hypothèse hélioeentrique disparut comme inutile.
- Elle devait reparaître seulement quinze siècles plus tard, et, il faut bien le dire, dans l’état où se trouvait alors Pasironomie, Copernic devait avoir, à faire triompher la vérité, autrement de mérite qu’Aristarque à la proposer. Cependant, bien que les esprits y fussent conduits moins naturellement qu’à l’époque de Platon et d’Héraelide', elle fut rapidement acceptée.
- Nous aurions regret de ne pas mentionner, en terminant, un autre travail de M. Eastman sur un sujet du môme ordre. A vrai dire, il ne. s’agit plus ici des antiquités de l’astronomie, mais des origines et lettres de noblesse des sciences naturelles.
- On connaît la liante importance que le point de vue évolutif ou historique a pris depuis un siècle et tend à prendre davantage dans l’esprit contemporain. Tandis qu’autrefois les gens de science se donnaient pour tâche de décrire ce qui est dans l’état de repos où tout apparaît aux yeux d’une vue superficielle, la pensée moderne s’offorce de comprendre l’être comme fonction d’un ensemble en mouvement et ne considérer dans un état qu’un moment d’une évolution. Inutile de rappeler ici les grands penseurs d’où procède cette préoccupation ; il suffira de nommer les principaux, Goethe, Hegel, Lamarck, Danvin. Ce sont notamment ces deux derniers qui ont conduit les naturalistes à formuler la doctrine transformiste, d’après laquelle les différents types d’êtres qui peuplent ou qui ont peuplé la terre sont apparentés entre eux par des liens analogues aux parentés humaines et représentent simplement des états différents d’une substance unique en voie de transformation. Tandis qu’à l’époque de Descartes, les espèces animales étaient tenues pour des réalités immuables, aujourd’hui on admet qu’elles résultent d’une transformation d’espèces animales voisines, qui les ont précédées dans le temps.
- Sans entrer dans des détails qui déborderaient le cadre de cet article, disons simplement que M. Eastman a recueilli dans la collation de textes grecs un certain nombre de passages d’Anaximandre de Milès, disciple de l’illustre géomètre Thalès (vue siècle av. J.-C.) où des idées analogues sont déjà mises en avant et où par exemple, assez obscurément tracé, on peut trouver un schéma de généalogie humaine, allant des poissons à l’homme.
- 11 ne faut pas exagérer l’importance de ces rapprochements. Il y a de la distance entre concevoir l’idée abstraite de l’évolution et noter les étapes concrètes du transformisme, ainsi qu’on le fait aujourd’hui. Toutefois il est bon de noter l’antiquité de nos pensées fondamentales.
- F. de Caritène.
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- UN
- CONFORMATES POUR LA FIGURE
- Tout le monde sait ce qu’est le conformateur en. matière de chapellerie : c’est un appareil affectant grossièrement la forme d’un chapeau très massif, dont on coiffe le patient, c’est-à-dire le client dont on veut prendre la forme de tète par le plan où un chapeau touche notre crâne ; le conformateur est fait d’une série de petites tiges fonctionnant comme les bras d’un panlographe. Puis, au moyen d’aiguilles solidaires de ces tiges et qui viennent perforer un papier, on dresse une sorte de plan-coupe horizontale de la tète, permettant de disposer exactement suivant ce plan un autre appareil dont on se servira pour donner au feutre du chapeau la forme qui s’adaptera exactement à la tête de son futur propriétaire.
- On a essayé, mais non réussi (croyons-nous) à créer un appareil conformateur analogue pour les
- Confornialeur
- chaussures, qui aurait dû donner des tracés dans plusieurs plans. Et voici que, à l’exposition spéciale tenue récemment à Londres à l’occasion du Congrès appelé « Optical convention », des fabricants anglais, MM. C.-W. Dixey and Son, ont présenté un petit instrument très curieux, dont nous ne savons pas la désignation effective, mais qui pourrait prendre le nom de conformateur de figure pour les opticiens. 11 va permettre de faire fort exactement sur mesure des lunettes et des lorgnons, ce qui ne se faisait guère jusqu’ici, ou du moins ne se faisait que par des tâtonnements.
- Cet appareil se présente sous l’aspect d’une sorte de paire de lunettes, comme le montre la gravure ci-jointe, avec une série de molettes, de pas-de-vis, qui servent précisément à amener les pièces essentielles des lunettes dans la place qu’elles doivent occuper pour s’accommoder aux particularités de tel ou tel visage. Quelques explications rapides suffiront à faire comprendre le fonctionnement de l’appareil et à montrer qu’il peut mesurer exactement la largeur totale que doit présenter la monture aux tempes, la hauteur à laquelle doit se trouver le « pont », la pièce appuyant sur le nez. Les deux montures de verre peuvent se déplacer simultanément et symétriquement de l’intérieur vers l’extérieur, ou inversement, grâce au mouvement de
- rotation, dans un sens ou dans l’autre, d’une tête moletée b qui fait tourner une tige sur laquelle sont fixés deux pas-de-vis en sens*contraire, sur lesquels sont forcées de cheminer les parties supérieures des deux, montures. Pour la place que doit occuper le pont, la pièce qui porte sur le nez, on dispose d’un double mouvement : tout d’abord une autre vis moletée a met en rotation un pas-de-vis contrarié qui écarte ou rapproche les manchons solidaires des leviers qu’on aperçoit dans la partie centrale et supérieure de l’appareil ; ces manchons, suivant qu’ils s’éloignent ou qu’ils se rapprochent, abaissent ou relèvent ce que nous avons appelé le pont, de manière qu’il repose sur le nez de la personne dont on prend les mesures ; en second lieu, une troisième vis moletée c permet d’avancer ou de reculer le pont sur une lige horizontale, pour se conformer aux dispositions de l’appendice nasal sur lequel on opère.
- Tout cela est ingénieusement combiné. IL IL
- LES ASPHALTES DU GARD
- On connaît en France de nombreux gisements assez importants d’asphalte, c’est-à-dire de calcaires imprégnés de bitume. Les plus importants sont actuellement ceux de l’Ain et de la IJaute-Savoie aux environs de Seyssel ; ceux du Puy de Dôme donnent également lieu à une exploitation assez intensive ; enfin, il faut citer ceux du Gard qui font l’objet de la présente note, et dont le développement semble devoir être très grand.
- La région des calcaires asphaltiques du Gard forme une longue bande s’étendant depuis Alais au Sud jusqu’à Barjac au Nord, c'est-à-dire sur environ 50 km; la largeur ne dépasse jamais 2 km. L’imprégnation y est très irrégulièrement répartie; tout au Sud, la mine de Mons, à 8 km au N.-E. d’Alais, produit environ 5500 tonnes par an, et il faut ensuite monter beaucoup plus loin au Nord pour trouver, à Saint-Jean-de-Maruéjols, la seconde exploitation de ce bassin, qui donne annuellement 8500 tonnes en tout.
- Ce n’est pas que l’on ne connaisse, entre Mons et Saint-Jean, d’autres gisements asphaltiques : mais leur étendue a toujours été faible, et les diverses attaques effectuées, soit aux Fumades, soit au Yallat de la Pègue, soit au château de Servas, ont eu, en somme, peu d’importance. De plus, dans la plupart des gîtes autres que ceux de Mons ou de Saint-Jean, la qualité de la roche extraite ne pouvait convenir aux applications industrielles.
- Il faut en effet, si l’on veut se servir de l’asphallc pour faire des chaussées dites monolithes, que la roche remplisse des conditions indispensables; le cahier des charges de la Ville de Paris impose au calcaire originel d’être homogène, de couleur brune, à texture assez serrée et assez régulièrement impré-
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- gnée de bitume pour ne pas présenter de parties noires ou blanches, de ne pas contenir de pyrite et de ne pas avoir une teneur supérieure à 2 pour 1 00 en argile ou matières étrangères autres que le car-
- leTcil
- Bessèges
- Sf Ambroi:
- Rivières
- Auzor
- Allègre
- ALAIS
- Morts
- — Carte des voies ferrées dans le bassin asphaltique du Gard.
- bonate de magnésie : toute partie contenant moins de 5 pour 100 de bitume sera rejetée. Les calcaires naturels réalisant ces conditions sont assez rares : c’est ainsi que ne peuvent guère entrer en ligne de compte que ceux du Yal de Travers en Suisse, de l’Ain et de la Haute-Savoie, de Mons et de Saint-Jean de Maruéjols dans le Gard, et enfin de Ragusa en Sicile. Les mêmes conditions doivent être réalisées par les roches destinées aux comprimés d’asphalte dont l’on peut se servir comme dalles pour recouvrir le sol des écuries, pour faire des trottoirs ou des chaussées, etc.
- Si l’on veut se servir de l’asphalte naturel pour fabriquer ce que l’on appelle le mastic asphaltique, qui constitue le « bitume » des trottoirs de beaucoup de villes, la question de la régularité de l’imprégnation n’intervient pas, de même que la teneur, puisque l’on est forcé d’ajouter à la roche brute pulvérisée du bitume naturel de la Trinidad ou du bitume extrait de sables bitumineux (Auvergne) pour obtenir les pains de mastic. Aussi les roches convenant pour la préparation de ce produit sont-elles plus fréquentes que celles permettant de faire de l’asphalte comprimé.
- Les gisements de Mons et de Saint-Jean réalisent les conditions nécessaires à ces deux usages; mais seuls les résidus du triage (roches à moins de 5 pour 100) servent à préparer du mastic asphaltique. Quant aux autres gîtes des bassins anciennement exploités, ils donnaient des roches trop irrégulièrement imprégnées, comme au Vallat de la Pègue, ou des calcaires à structure gréseuse, impropres aux asphaltes comprimés monolithes : comme l’asphalte comprimé est celui qui donne les meilleurs bénéfices,
- on conçoit que petit à petit, se soient seules maintenues dans le Gard les exploitations permettant d’en obtenir.
- L’extraction du calcaire bitumineux dans le Gard remonte aux environs de 1840, époque vers laquelle furent instituées les premières concessions de cette substance. A vrai dire, on connaissait depuis longtemps l’existence de sources aux Fumades ou à Euzet-les-Bains, qui devaient une partie de leurs propriétés thérapeutiques à des combinaisons bitumino-sulfu-rées ; les paysans de la région se servaient aussi du bitume liquide, ou poix minérale, qui coulait, au moment des grosses chaleurs, de lentes dans certains calcaires, pour faire des emplâtres pour les maladies de peau des bestiaux, et il semble que cela soit l’origine d’une redevance spéciale trélon-cière que les concessionnaires de mines de bitume doivent payer aux propriétaires superficiels.
- Comme nous le disions plus haut, deux mines fonctionnent seules actuellement ; la première, celle de Mons, est aux mains de la Société anglaise du Yal de Travers dont les plus importantes exploitations en France sont aux environs de Pyrimonl-Seyssel dans l’Ain ; l’autre, celle de Saint-Jean de Maruéjols, appartient également à une Société anglaise dite « The French Asphalt Company Limited ». La première seule est aux abords immédiats du chemin de fer d’Alais à l’Ardoise, près de son croisement avec la ligne du Martinet à Tarascon ; l’autre est à 12 km de la station de Sainl-Ambroix sur la ligne d’Alais au Teil.
- On exploite à Mons une formation bitumineuse composée de trois couches, dont la supérieure et l'inférieure, dites couches noire et brune, permettent seules une extraction économique : les deux couches précitées ont une ouverture moyenne de 1,50 ni. et produisent des minerais de trois catégories : 1° la roche dite de première qualité, contenant environ 12 pour 100 de bitume; 2° la roche de 2e qualité â
- Fig. 2 — Sondage à grande profondeur.
- 7 pour 100, et enfin 3° la roche de 5e qualité dont la teneur en bitume oscille entre 2 et 5 pour 100.
- A Saint-Jean, la couche exploitée a une épaisseur de 2 mètres, et se compose de deux bancs ; le supé-
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- rieur dont la puissance est d’environ 60 cm produit delà roche à 10-12 pour 100; l’inférieur, séparé du précédent par une formation calcaro-gréseuse, présente sur une hauteur de 1 mètre environ un calcaire de 6-8 pour 100 de bitume.
- Dans ces deux mines, les bancs minéralisés en bitume sont formés de parties plus ou moins riches sur une môme verticale ; des bandes plus noirâtres traversent la masse, tout en restant parallèles à la stratification des bancs calcaires de la région. On a ainsi ce que l’on nomme la roche striée.
- Le minerai est assez facile à abattre : on y fore des trous de mine avec une tarière, à cause de la faible dureté de la roche ; on se sert comme explosif de la poudre noire. Au jour, on fait un triage à la main en débarrassant les morceaux de leurs parties stériles au moyen d’un marteau. Les déchets de triage qui tiennent de faibles quantités de bitume sont utilisés en partie pour mastic asphaltique. Les qualités au-dessus de 5 pour 100 sont expédiées par chemin de fer aux ports de Cette ou de Marseille, d’où elles sont transportées par mer à Londres ou à Hambourg. -C'est dans ces deux villes, et principalement dans la première que les Sociétés anglaises, exploitant dans le Gard, ont leurs usines pour fabrication par broyage de la poudre pour chaussées monolithes.
- Les Sociétés exploitantes n’ont en effet dans le Gard que deux petites usines pour le traitement sur place des produits extraits : l’une située à Saint-Jean de Maruéjols fabrique exclusivement du mastic en additionnant les calcaires pauvres de bitume de la Trinidad; l’autre, à Alais, outre le mastic, produit aussi des comprimés : elle réduit pour cela en poudre fine des ro ches à environ 8 pour 100 de bitume, et soumet la poudre obtenue aune pression d’environ 600 kg par centimètre carré, après l’avoir portée à une température d’environ 120°. Une opération tout à fait semblable se fait sur la roche broyée quand on veut s’en servir pour chaussées monolithes : on la chauffe dans des chaudières montées sur roues à l’endroit même où on doit l’étendre, on la répand sur l’aire désignée de façon à y constituer Une couche de quel-
- ques centimètres d’épaisseur et on la comprime d’abord directement à bras au moyen de pilons, puis par l’intermédiaire de rouleaux après lissage de la surface avec un fer chaud.
- Les résultats favorables obtenus dans les mines de calcaire asphaltique du Gard ont amené les chercheurs à explorer d’une façon toute particulière la région de Saint-Jean de Maruéjols, près de laquelle les conditions géologiques permettaient d’espérer la continuation de l’imprégnation bitumineuse : trois Sociétés se sont particulièrement adonnées à la recherche du calcaire asphaltique. C’étaient d’abord les deux Sociétés anglaises déjà citées, ensuite la Société française des asphaltes du Centre qui possède, en Auvergne, certaines mines de calcaire ou sables bitumineux, mais dont les produits ne peuvent servir qu’à la fabrication du mastic asphaltique. Une campagne de sondages fut entamée vers 1905 et se poursuit encore aujourd’hui : elle a permis de reconnaître le prolongement dans une direction N.-O. du gîte de Saint-Jean de Maruéjols ; la richesse des horizons recoupés paraît très grande. Certains sondages ont traversé jusqu’à 14 mètres de calcaire très richement imprégnés en bitume (8 à 15 pour 100) et de composition tout à fait convenable pour les diverses applications de l’asphalte.
- Le seul inconvénient pour l’exploitation sera la profondeur plus grande où l’on rencontrera la roche : tandis qu’à Mons la mine était desservie par une galerie débouchant à flanc de coteau, et qu’à Saint-Jean un puits de 50 mètres de profondeur était suffisant pour les travaux les plus profonds, il faudra, dans les nouvelles exploitations, descendre fréquemment à 200 ou 300 mètres au-dessous du sol, sauf dans la région avoisinant le village d’Avéjan où on a retrouvé l’affleurement de la couche de Saint-Jean.
- Quoi qu’il en soit, ces découvertes ne pourront qu’accroître l’activité de la région asphaltique du Gard : le personnel ouvrier, jour et fond, des exploitations de Mons et de Saint-Jean, n’est que de 130 ouvriers, il y aura place pour de nombreux travailleurs dans les nouvelles mines. La création d’un chemin de fer de Saint-Ambroix à Barjac, de-
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- puis longtemps réclamée par les habitants de cette partie du département, ne pourra qu’être accélérée pur l’ouverture des travaux pour asphalte en de nouveaux points et facilitera grandement les expéditions vers les lieux de préparation ou de consommation.
- D’autres recherches laites plus au Sud, du côté de Hiv ières, d’Allègre et d’Auzon, entre la mine actuelle de Saint-Jean et les anciens travaux des Fumades, paraissent avoir donné de moins bons résultats : la région, au point de vue géologique, se présente d’ailleurs comme beaucoup plus mouvementée, elles gîtes qu’on y pourrait trouver sembleraient avoir moins de chances de grande étendue. D’ailleurs, soit aux Fumades, soit dan^s les régions voisines de ce gîte, comme nous l’avons fait remarquer, les exploitations anciennes ont toujours porté sur des imprégnations peu importantes. P. N.
- NÉCROLOGIE
- Edouard Piette. — Un des archéologues contemporains les plus distingués et les plus méritants, Louis-Edouard-Slanislas Piette, né le 11 mars 1827 à Aubigny (Ardennes), est mort le 5 juin 1900 à Rumigny (Ardennes).
- Il fut un des plus actifs préhistoriens de ces quarante dernières années, au point de vue de l'abondance et de l’importance des trouvailles relatives aux ancêtres de l’humanité en France. Depuis 1869, la liste de ses publications comporte une soixantaine de mémoires dans les Comptes Rendus de l’Académie des sciences et de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres (qui toutes deux l’avaient couronné), — les Matériaux pour l’histoire de l’homme, — les C. R. de l’A. F. A. S., et les diverses revues d’Anthropologie. Il laisse trois principaux titres de notoriété particulièrement estimables : d’abord ses découvertes de premier ordre dans les cavernes du Mas d’Azil (Allège), et de Brassempouy (Landes) qui lui livrèrent ces étranges galets coloriés et ces extraordinaires ivoires sculptés qui ont tant étonné le monde savant; — ensuite le don généreux qu’il a fait, et cela même avant sa mort et sans conditions, de toutes ses précieuses collections au Musée de Saint-Germain-en-Laye ;—enfin la haute élévation de son caractère de magistrat, qui lui lit jadis préférer, en une circonstance pénible, la rupture prématurée de sa carrière et une inique mise en retraite, au sacrifice de son impartialité et de sa loyale conscience.
- Le gouvernement eut du depuis longtemps accorder la croix de la Légion d’honneur à cet esprit éminent et à ce chercheur émérite, qui se vengea de ses soucis privés par une inestimable largesse aux collections publiques de son pays. La classification assez compliquée que Piette a proposée pour les temps préhistoriques n’est certainement pas plus définitive, ni plus rationnellement acceptable qu’aucune de celles qui ont été dressées jusqu’ici : mais il en restera sans doute au moins deux termes : 1° Page glyptique ou des beaux-arts, qui fit fleurir à la lin du paléolithique une véritable esthétique de la sculpture et de la gravure sur os et ivoire, et même de la peinture sur parois des cavernes; — 2° l’âge asy-lien ou des galets coloriés, avec lequel Piette a si formellement comblé le fameux et prétendu hiatus, que certains préhistoriens veulent maintenir encore entre le
- paléolithique et le néolithique. Ce sont là les deux principaux points acquis de l’œuvre du travailleur acharné et si désintéressé, qui a droit aux plus sincères hommages.
- E.-A. M.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 juin 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- La pourriture grise du raisin. — M. Prillieux présente une Note de M. Guillou, directeur de la station viticole de Cognac, sur les conditions d’envahissement des raisins par la pourriture grise. En piquant un grain de raisin dans une grappe placée sous une cloche et en ensemençant la gouttelette liquide avec des spores de hotrytis cinerea, le grain est très rapidement envahi par le mycélium du champignon de la pourriture. En déposant, au contraire, a la surface d’un grain intact une goutte de moût ensemencée le champignon se développe rapidement à la surface du grain sans y pénétrer; l’envahissement n’a lieu qu’au bout d’un certain temps. Si au lieu d’ensemencer à la surface du grain une gouttelette de moût, il dépose les spores dans une gouttelette d’eau pure le mycélium se forme sans pouvoir traverser la peau du grain. Mais il suffit, pour lui communiquer la force nécessaire, d’ajouter un fragment de feuille trempée dans l’eau bouillante. Il ressort de là que les germinations de hotrytis ont besoin d’être nourries par de la matière organique pour percer la peau du grain. Ces faits expliquent pourquoi dans les grappes à grains serrés, les cavités qui retiennent des débris organiques de feuilles sont des foyers par lesquels l’infection se pénètre dans des grappes dont tous les grains sont intacts.
- La croissance des arbres. — M. J. Bonnier présente une Note de M. Kowcssi, professeur, à l’Ecole supérieure d’agriculture de Hongrie, sur l’accroissement de volume des arbres. L’auteur indique une formule qui représente cet accroissement dans des conditions déterminées.
- Action physiologique de l'acide phosphorique et des phosphates de soude. — M. Bouchard présente un travail de MM. Desgrez et de Mu° Bl. Guende sur l’action exercée par l’acide phosphorique mono et trisodique sur les échanges nutritifs. 11 résulte de ce travail que la destruction de la matière azotée est augmentée par ingestion de ces trois composés du phosphore. A cet égard, c’est le sel neutre qui a la moindre influence; celle-ci augmente avec l’acidité de la molécule. Si l’élaboration de l’albumine est plus intense le rapport azoturique montre qu’elle est moins parfaite.
- Guérison d’une tumeur profonde par les rayons X. — M. Bouchard présente ensuite, au nom de M. Imbert, de Montpellier, des photographies permettant de suivre journellement l’état d’un sarcome dont un enfant était atteint au fémur. L’enfant était alité depuis dix-huit mois quand il a été soumis au traitement par les rayons X; actuellement il court et ne souffre plus. Ce n’est pas la première fois que l’on obtient la régression d’un néoplasme sous l’effet des rayons X, mais le cas actuel présente cette particularité très intéressante, qu’il s’agit d’une tumeur très profonde*
- Présentation d’ouvrages. — M. E. Picard fait hommage à l’Académie d’un exemplaire d’un ouvrage intitulé le Bilan d’un siècle.
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- Une larve parasite. — M. Bouvier présente une Note de M. Boubuud sur le parasitisme des larves d’une mouche du genre Siphona. Cette larve se rencontre tantôt sur certaines chenilles, tantôt sur les larves aquatiques de tipule. Dans ces derniers cas elles occupent une évagination de la trachée de l’hôte.
- Photographie du spectre infra-rouge. — M. Jansscn présente un travail de M. Millochau sur la photographie du spectre infra-rouge. M. Stéfani avait annoncé qu’on pouvait voir le spectre infra-rouge en plaçant devant la fente du spectroscoque un écran rouge tel que de la glycérine liquide ou du collodion coloré ne laissant passer que les radiations rouges. 11 a ensuite constaté que cette propriété est générale et qu’un écran, qui ne laisse passer qu’une partie des rayons du spectre, favorise l'observation de la région correspondante du spectre. M. Millochau a entrepris de photographier le spectre infra-rouge en appliquant la méthode et il a obtenu des résultats excellents parce que l’écran agit en supprimant la lumière diffuse des autres régions du spèclre. Or cetLe lumière agit sur la plaque.
- Vaccination antituberculeuse. — MM. Calmetle et Guérin, continuant leurs travaux sur l’origine intestinale de la tuberculose pulmonaire, ont constaté que les veaux auxquels on fait ingérer en deux repas, à 45 jours d’intervalle, une petite quantité de bacilles tuberculeux atténués ou modifiés par la chaleur se vaccinent parfaitement contre; l’infection tuberculeuse virulente par les voies digestives. Les bacilles vaccinants comme les bacilles virulents traversent la muqueuse de l’intestin et sont arrêtés, puis détruits par les ganglions lymphatiques. 11 en résulte qu’on peut vacciner les jeunes bovins par une méthode inoffensive plus simple et vraisemblablement aussi efficace que celle proposée il y a trois ans par Behring, et qui n’est pas encore entrée dans la pratique à cause des difficultés qu’elle présente. De plus la méthode de MM. Cal-mette et Guérin peut s’appliquer à l’homme. Ils pensent qu’on mettrait les enfants à l’abri de l’infection tuberculeuse naturelle en leur faisant ingérer, peu de jours après leur naissance et une seconde fois un peu plus tard, une petite quantité de bacilles tuberculeux d’origine humaine ou bovidée privés de leur virulence par le chauffage et ajoutés à du lait. La condition essentielle, la plus délicate à réaliser, est qu’il faudra ensuite les tenir pendant quatre mois à l’abri d’une contamination tuberculeuse. Les auteurs ajoutent que de nombreuses expériences sur des veaux sont encore nécessaires avant d’appliquer leur méthode à la prophylaxie de la tuberculose bovine et humaine.
- Ch. de Yili.iîdeuil.
- LE CAMPANILE DE SAINT=MARC
- La Nature s’est occupée naguère1 des vastes travaux entrepris à Venise en avril 1903, dans le dessein de réparer le désastre qui, le 14 juillet 1902, en jetant à bas le célèbre clocher de Saint-Marc, avait occasionné un tel émoi parmi tous les amateurs d’art d’Italie et du monde.
- Fallait-il cependant le relever après sa chute?
- Beaucoup de ceux qui l’aimaient le plus se prononçaient résolument pour la négative; ils tenaient
- C Voy. n° 1696, du 25 novembre 1905, p. 415. Les travaux du Campanile et de l’Eglise de. Saint-Marc à Venise, par A. Tivoli.
- pour une impiété d’artiste, comme une injure à la vieillesse des monuments, de prétendre réparer les outrages du temps. Ils disaient que les constructions humaines ont une vie réelle et individuelle comme celle des êtres animés et que, lorsqu’elles étaient arrivées comme ceux-ci à la mort, terme fatal de toutes les évolutions, c’était faire une œuvre vaine que de prétendre les reconstituer, En admettant que le soin des architectes, à qui l’on confierait une telle œuvre, ait assez de piété et d’amour pour n’altérer en rien la physionomie primitive et la reproduire dans tous ses traits, jusque dans ses verrues, comme disait Montaigne, — ce que l’on obtiendrait ainsi ne serait jamais qu’une image, qu’un pastiche affaibli d’une chose disparue. LeS monuments, disaient-ils encore, sont l’expression de l’époque où ils ont élé construits, et c’est l'aire' un mensonge de pierre que de les recommencer après leur mort. D’ailleurs, ils prétendaient savoir, par l’expérience de mille restaurations antérieures, (pie jamais architecte n’avait consenti à restaurer strictement un monument sans y mettre du sien — et cela leur semblait par-dessus tout insupportable.
- On ne les écouta pas et, comme les archéologues et les gens de métier juraient leurs grands dieux et attestaient le ciel qu’ils ne changeraient rien, absolument rien, à ce qui était — la reconstruction fut décidée. Dans l’article auquel nous faisions allusion au début, notre excellent confrère italien, M. Tivoli, exposait à nos lecteurs dans quelles conditions devait se faire le travail et, somme toute, bien qu’il n’envisageAt pas la question de savoir s’il fallait ou non reconstruire le Campanile, il se rangeait évidemment du côté des reconstructeurs. C’est à son obligeance que nous devons la photographie ci-jointe, indiquant l’état des travaux au début de mai, et c’est aussi dans une étude publiée par lui dans une revue italienne que nous puiserons les renseignements ci-dessous, mais sans adopter le moins du monde son point de vue.
- Notre photographie représente un carré de maçonnerie destiné à servir de soubassement au futur campanile. Ce carré est constitué par cinq gradins ou parpaings superposés. Or, dans l’étal du campanile, avant la chute, en 1902, il n’y avait de visible sous le monument qu’un support de trois gradins. Ainsi les personnes qui ont vu l’édifice en 1901 et qui le verront reconstruit n’auront pas le même spectacle : Les architectes ont dû, dès la hase — et ils ne se borneront pas là ! — modifier l’aspect du monument. 11 est vrai qu’ils ont une réponse assez facile et assez embarrassante à faire à ce reproche : c’est qu’en réalité le campanile, tel qu’il était avant sa chute, reposait sur un soubassement de cinq assises; seulement, par suite de son poids énorme, il avait fait rentrer en terre deux de ces assises, de sorte qu’il n’y en avait plus que trois d’apparentes. Si l’on consulte un résumé de l’histoire du Campanile, on voit que depuis le moment où, vers le xue siècle, on commença à le construire, il supporta de nombreuses
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- vicissitudes. La foudre, le feu, les .tremblements de terre le détruisirent au moins partiellement plusieurs fois — et au cours de reconstructions et de remaniements qui s’ensuivirent, il fallut, en effet, imposer ce socle au monument. De sorte que, si l’on considère les nombreuses étapes par lesquelles il est passé, on se demande quel est celui de ces états successifs que les architectes ont choisi pour le reproduire tel qu’il était?
- Ils ont pris, en somme, le parti le plus simple : après avoir assuré que tout serait comme avant,
- répondu que cela ne le regardait pas et qu’on veuille bien s’adresser à la ville de Venise. On continue d’en causer et de controverser un peu partout. Pour nous, nous avons simplement voulu signaler un beau type de l’embarras comique où l’on se trouve conduit par la manie de reconstruire. Nous n’avons aucune raison a priori de douter du talent et de la parfaite bonne loi des architectes du Campanile. Peut-être eut-il mieux valu pour eux que l’on se décidât à voir Venise avec une physionomie nouvelle, soit sans campanile, soit avec un campanile nouveau,
- État des travaux du Campanile de Saint-Marc au début de mai 1906.
- ils se sont mis à laire à leur tête et ont composé une sorte d’imbroglio de pierre d’où il résulte : 1° que l’aspect du monument sera changé par un socle qu’on n’avait pas coutume de lui voir; 2° que son poids sera modilié (amélioré, il est vrai — mais au point de vue de la reconstitution, qu’importe?) ; — 5° un certain nombre de colonnes et de détails inutiles supprimés, etc.
- Il y a aujourd’hui, en Italie, une question du Campanile et le sénateur Tiepolo s’en est dernièrement fait l’écho en interpellant le Ministre de l’Instruction publique au sujet des gradins de Saint-Marc; il est vrai que le ministre, M. Bonelli, a
- construit par eux, sur leurs plans — au lieu que l’œuvre qu’ils vont faire, avec autant de science et de talent qu’on voudra, risque de mécontenter à la lois les archéologues et les artistes, ces frères ennemis, — à moins que justement, comme ne manquent pas de le prévoir quelques sceptiques, sous le ciel éclatant de Venise, le nouveau Campanile remanié, ainsi que l’ont fait tour à tour scs prédécesseurs, ne donne une image imprévue et ne se réalise lui aussi en beauté ! . Jean Lafitte.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1726. — 23 JUIN 1906.
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- LA VOIE ROULANTE DE CLEVELAND
- On se souvient., sans doute, du trottoir roulant qui, il y a quelques années, eut un si grand succès à l’Exposition de Paris. La voie roulante récemment mise en service à Cleveland, aux Etats-Unis, semble inspirée du même principe, avec cette différence toutefois qu’elle est destinée non aux piétons, mais aux chevaux et aux véhicules et qu’au lieu de se développer en terrain plat, elle gravit une pente de 20 mètres environ de hauteur. Elle fonctionne dans une rue (Factory Street), qui, de vrai, raccourcit considérablement le chemin à suivre par la majorité des véhicules industriels de la localité — pourvue, comme on sait, de nombreuses usines métal-34e aimée, — 2“ semestre.
- lurgiques — mais qui n’est guère fréquentée par les voituriers «à cause des difficultés de l’ascension.
- La nouvelle voie roulante, qui est la première du genre qui soit installée dans le monde entier, est due au Colonel lsaac I). Smead. Elle est constituée d’une grande courroie sans lin, ou plate-forme mobile, de 2,452 m. de largeur, qui se déplace de bas en haut et de haut en bas dans un caniveau de béton. La surface montante, sur laquelle les chevaux et les véhicules prennent place, se trouve au niveau du bord supérieur du caniveau, c’est-à-dire à peu près à celui de la rue. La surface descendante se trouve dans le caniveau. On comprend sans peine qu’elle descend, pendant que l’autre monte et que celle dernière, à son tour, après être montée descend pendant que la moitié qui descendait remonte, et ainsi de suite. À chaque extrémité du caniveau se trouve un tambour sur lequel passe la courroie qui est, en outre, supportée à la montée par quatre rangées de rouleaux pivotant dans des paliers à billes. La moitié descendante est supportée par deux rangées de rouleaux, une de chaque côté. La courroie elle-même est formée de fortes planches disposées transversalement et réparties en groupes de deux planches chacun. Ces groupes sont fixés solidement entre eux par des charnières de métal. Les
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- planches sont, en outre, ferrées aux bords en vue de leur assurer une durée de plusieurs années. Deux câbles de sûreté s’étendent sur toute la longueur de la courroie et, de distance en distance, ils forment des anneaux auxquels se fixent les véhicules. La longueur de la voie est de 127,680 m. et la différence de niveau regagnée sur cette longueur de 19,760 m. La courroie pèse plus de 106 tonnes.
- La force motrice est fournie par des électromoteurs du type Westinghouse. Comme le service est d’une nature toute spéciale et très délicat, les moteurs ont dû être construits spécialement en vue de cet usage. Ils sont au nombre de quatre et fonctionnent simultanément sous la commande d’un seul controller. Une fraction de seconde de retard dans le démarrage ou l’arrêt,*la moindre différence dans les vitesses suffisait pour déformer la plale-lbrme et la mettre hors service. Après plusieurs mois, l’inventeur obtint finalement des moteurs répondant à ses exigences. Ce sont quatre machines compound de 40 chevaux chacune, toutes contrôlées par un seul controller. Ces moteurs peuvent lonclionner en série ou en parallèle et se commandent exactement comme des moteurs de tramways. 11 y a un moteur à chaque bout de la voie; les deux autres sont placés dans l’intervalle; à égale distance l’un de l’autre et de l’extrémité voisine. Les quatre machines marchent à 850 tours par minute ; leur vitesse est réduite de 17 à 1 par un train d’engrenage. Chaque moteur porte une chaîne de 10,944 m. de longueur passant sur des roues à chaque extrémité. Ces roues à leur tour engrènent avec une grande chaîne longeant la courroie dans toute sa longueur. Cette dernière est placée au milieu de la courroie pour distribuer uniformément l’effort exercé. Los chaînes des moteurs sont pourvues extérieurement de dents qui engrènent la chaîne sans fin à la fois en haut et en bas. De cette façon, les petites chaînes actionnent continuellement une grande partie de la longueur totale de la courroie.
- La superstructure est en acier et en béton. Les moteurs sont disposés dans le haut de façon à laisser le sol complètement libre.
- On serait tenté de croire à première vue que le fonctionnement de cette courroie de i 06 tonnes esL à peu près impossible ou du moins très dispendieux. Il faut, toutefois, tenir compte du fait que la moitié descendante contre-balance la partie montante. La résistance à vaincre par les moteurs se réduit donc à peu près à celle des frottements et à la charge constituée par les véhicules et leur attelage.. La pratique a d’ailleurs montré que le mécanisme ne réclame que le dix-septième de la puissance disponible. La capacité des moteurs est très supérieure à ce qui était nécessaire, ceci pour les cas où le service deviendrait très intense. On avait pensé aussi avant la mise en marche — il n’avait pas été possible de faire de modèle expérimental ou de procéder à des essais avant le complet achèvement de la voie — qu’il faudrait porter la manette du controller au ô” plot pour
- démarrer. La pratique a montré que le Ie1 plot suffit.
- Le trajet s’effectue en 2 1/2 ou 5 minutes et sept ou huit camions chargés peuvent prendre place simultanément sur la plate-forme.
- Kmiuo Guakini.
- L’ILE D’USTICA
- ET LE TREMBLEMENT DE TERRE du 29 mars 1906
- A la suite du tremblement de terre de la Calabre, dont les secousses sont loin d’avoir cessé, l’extrémité méridionale de l’Italie vient d’ètre de nouveau cruellement éprouvée par des commotions telluriques. Cette fois faire du tremblement est restreinte — au moins pour la partie qui émerge au-dessus des flots, — mais les secousses sont si violentes, qu’elles obligent les habitants de la malheureuse contrée à quitter leur pays et à chercher ailleurs un asile, peut-être seulement momentané. Nous voulons parler d’List ica, île presque perdue dans la partie méridionale de la mer Tyrrhénicnne, à 52 kilomètres au nird du cap di Gallo (Sicile); dépendance de la province et de l’arrondissement de Païenne et éloignée de cette ville de [dus de 60 km; file n’a que 8,6 km carrés de superficie : un bon mouillage à l’ouest, la Cala Santa Maria, renferme le mouillage d’Ustica, qui possède la presque totalité de la population de file.
- D’origine volcanique, file actuelle est peu élevée; la Punta di Maggiore au centre possède un cône de 239 m. à l’est et un autre à l’ouest de 250 m. Quoi qu’on ait écrit ailleurs, file est bien isolée dans la mer, et des profondeurs de 2200 m. la séparent de la Sicile.
- Dépourvue d’eaux courantes, Ustica est pourtant très boisée à l’intérieur et fertile en blés, vignes, oliviers et coton ; plusieurs bancs de corail sont disposés autour de file et donnent lieu à une exploitation assez active. Il y a des restes de fortifications construites par François 1er, qui voulut mettre ainsi un terme aux incursions barba-resques; on remarque aussi d’intéressantes cavernes, dont quelques-unes, entaillées dans les assises rocheuses, ont un caractère sépulcral. Un intérêt particulier se rencontre sous l’écueil ou îlot désert « il Mcdico » (peu éloigné de la pointe de Megna), où blanchissent les os des 6000 mercenaires abandonnés par les Carthaginois à la mort de la faim (d’après Diodore), d’où son nom grec de Osleodcs (’Ocjtswôv];), que quelques auteurs, à tort, ont attribué à Ustica elle-même.
- Ustica sert d’asile à des déportés, très nombreux, et dont les essais de rébellion causent quelquefois des embarras aux fonctionnaires. Au dernier recensement (10 février 1901) la population totale était seulement de 2000 âmes. 1
- Les dommages causés par les deux violentes secousses du tremblement de terre du 29 mars, et par les suivantes, ont donné lieu à des prédictions pessimistes, suivant lesquelles les laves placées dans l’intérieur de l’écorce terrestre devraient s’ouvrir une voie dans les cheminées de l’ancien volcan en le rendant de nouveau actif, modifiant les caractères topographiques de file; ou, si les matériaux ignés de l’intérieur ne pouvaient pas s’épancher au dehors, ils provoqueraient une plus grande commotion tellurique et la destruction totale ou partielle de file. Quoiqu’on ne puisse pas nier en théorie que de telles commotions telluriques puissent s'e produire à là surface
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- de noire globe, l’expérience des tremblements de terre passés d’Uslica1, par exemple de ceux de 1827 el de 1893, nous laisse croire, pour le moment, que celte île n’est pas menacée à ce point. Guino Coit.v.
- LES EVERGLADES DE LA FLORIDE
- Le Révérend Jolin Macgonigle vient de publier, dans le compte rendu du 8° Congrès géographique international des Etats-Unis (septembre 1904, in-8°; Washington, 1905), d’intéressantes observations personnelles sur les Kver-glades de la Floride. À l’extrémité méridionale de cette presqu'île, les Fverglades étaient considérées jusqu’à présent comme une région de véritables marais (voir Reclus, Géographie, t. XVI). En fait, elle est fort mal connue, mesure du Nord au Sud 130 miles de long sur 70 de largeur de l’Est à l’Ouest, et ne montre qu’une partie de terre pour 19 d’eau. Le. soi est un calcaire coecne, sorte d’épine dorsale de la Floride, en réalité le sommet d’un massif montagneux émergeant à peine de la mer, et ses caractéristiques toutes spéciales sont d’innombrables lacs dont beaucoup communiquent souterrainement entre eux, — d’énormes sources ((l’Argent, du Lion, Rleue, etc.), des lacs et courants souterrains qu’ont révélés des forages artésiens. Les eaux de ce,s forages sont de diverses températures et souvent chargées de gaz et d’éléments sulfureux. C’est une erreur généralement répandue que de considérer la Floride comme une formation corallienne; partout où la végétation et l'humus font défaut transparaît le sous-sol calcaire. Il est extrêmement caverneux, percé irrégulièrement de grands gouffres, dont les uns absorbent l’eau, tandis que (es autres la déversent. A cet état répond d’ailleurs fort bien le nom d’eecr (toujours) (jlade (perloré, percé). Parcourir cette région est chose si difficile qu’une seule fois seulement les Everglades ont été traversées par des hommes blancs (expédition de M. Ingraham, en 1892, presque terminée par une catastrophe), Seuls les Indiens Séminoles (hommes sauvages échappés en petit nombre aux déportations de 1842) connaissent les passages praticables, dont ils gardent avec soin le secret.
- 11 est extrêmement curieux de noter que nulle part sous les Everglades l’eau n’est stagnante ; elle semble s’écouler en masse du Nord-Ouest au Sud et au Sud-Est, subdivisée sous terre en nombreux courants et contre-courants. En 1897, le lieutenant Willougby a observé beaucoup d’émergences, que les caprices des canaux intérieurs naturels amènent jusqu’à la surface du sol. Aucun drainage extérieur ne fournit d’apports aux Everglades, alimentées uniquement par la précipitation atmosphérique et par des afflux souterrains. Mais elles s’écoulent par diverses rivières vers les côtes de l’Océan et du golfe du Mexique, quelquefois même au Nord et par-dessus un seuil naturel vers le bassin du lac Okeechobee; elles alimentent aussi les nombreuses sources sous-marines connues au large des côtes de la Floride. En fait, affirme M. Macgonigle, les Everglades ne sont nullement un marécage comme on le supposait couramment, mais un massif rocheux aux interstices remplis d’eau pure en continuel mouvement. C’est le manteau d’herbes et de
- 1 L’île d U si ica a fait l’objet d’une luxueuse monographie détaillée publiée par S. A. 1. l’archiduc Louis-Salvalor d’Autriche (anonyme et non dans le commerce); chez Merev, à Prague, 1898; in-4°, 132 p. avec deux plans en couleurs (liie au 10 000“ et la Cala di Santa Maria au 2000“) et 59 planches (dessins à la plume de l’auteur).
- végétaux tout piqué de cyprès et de cocotiers qui a fait naître cette légende du marais. Déjà, le professeur Shaler et MM. Dali et Harris avaient expliqué (U. S. Geol. Surv. Bulletin, n° 84, p. 93, 99. Washington, 1892) que, par suite du rôle de digue joué par le reef corallien de la côte orientale de Floride, le niveau des eaux ne s’abaisse jamais dans les Everglades à moins de 5 mètres au-dessus des marées hautes. Après les pluies, elles montent même si haut qu’elles se déversent à travers et par-dessus le reef, partout où il est inférieur à 6 mètres de haut. D’ailleurs cette région des Everglades est peu étudiée. Après le professeur Shaler et avant MM. Ingraham et Willougby, M. Joseph Willcox, pendant l’hiver 1887-1888, y avait pénétré sur un petit bateau. Nulle part il n’a rencontré de terre ferme, mais constaté, au prix de difficultés considérables, que le sous-sol de l’intérieur est du vrai calcaire el non pas du récif de corail. Le calcaire est peut-être tertiaire. La Note du révérend Macgonigle rend cette correction définitive. Pour les botanistes, il y aurait ici un champ d’études du plus haut intérêt. La loutre est la principale source des revenus des Séminoles, cpii vivent là en paix depuis 70 ans, sans doute pour longtemps encore, car les alligators et les serpents venimeux y foisonnent au point de rendre toute exploration très dangereuse. On avait cependant projeté d’opérer le drainage des Everglades, particulièrement pour en exploiter les riches tourbières, mais l’abondance de l’afflux des eaux souterraines rendrait sans doute un tel travail impraticable. JI semble que ces eaux proviennent des régions nord de la péninsule, où l’on connaît aussi de puissantes émergences et de nombreuses pertes de rivière. En résumé, les Everglades constituent une curiosité naturelle fort mystérieuse et dont l’investigation semble difficile à mener à bien.
- D’après ces renseignements, je conclurais assez volontiers que le sous-sol calcaire de la Floride est actuellement le siège d’une circulation d’eau souterraine, mal connue, mais dont la genèse comporte deux hypothèses absolument opposées. 1° Ou bien les vides sont très anciens, restes d’une fort antique hydrographie, et toute la région s’est alfaissée, au point que maintenant les niveaux hydrostatiques ont envahi toutes les cavernes d’autrefois ; 2° ou bien, au contraire, le phénomène du cavernement n’est qu’à son début, et la circulation souterraine procède, de nos jours, à la perforation, par érosion, corrosion et pression hydrostatique, de tout le réseau des cavités encore entièrement anastomosées el immergées. Qu’une émersion du sol se produise au cours des siècles à venir, l’équilibre des plans d’eau se trouvera rompu, le drainage périphérique s’établira, l’évacuation d’une partie des cavités aquifères se réalisera vers l’Océan, et le massif floridien surélevé (par rapport au niveau de la mer) se montrera tout percé de vides qui se dessécheront peu à peu. Une fois tari ou presque tari, ce réseau affecterait la disposition des labyrinthes caverneux du Kentucky à Mammoth-Cave et aux antres environnants. Selon cette hypothèse classique, qui. est celle de l’abaissement des niveaux de base, il faudrait, dans les plateaux calcaires de tous les pays, envisager la surreclion ou, tout au moins, l’émersion comme l’un des puissants facteurs du creusement des grottes et des gouffres. On voit que l’étude des Everglades, combinée surtout avec celle des mouvements tectoniques de la contrée, intéresse singulièrement la question de l’àge des cavernes et des réseaux hydrologiques souterrains, et qu’elle mériterait d’être sérieusement et méthodiquement entreprise. E.-A. Martel.
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- LES HABITATIONS INDIGÈNES A MADAGASCAR
- A Madagascar, comme dans tous les pays tropicaux, l’altitude et la saison influent beaucoup sur la température; les habitations in -digènes se sont donc modifiées selon les conditions atmosphériques qui, elles-mêmes, ont entraîné la diversité des matériaux employés à leur construction, matériaux qui, par suite des difficultés de transport sou -vent considérables, sont toujours pris à proximité.
- On distingue dans notre nouvelle colonie trois régions bien distinctes, tant au point de vue géologique que climatologique. Aussi les indigènes ont-ils adopté une demeure qui réponde aux exigences de leur patrie, et les maisons, à Madagascar, peuvent-elles se ramener à trois types principaux correspondant chacun à une de ces régions. La première occupe le centre de l’ile; elle est formée de hauts plateaux argileux ayant une altitude moyenne de 1200 mètres et la végétation y est presque nulle, car les rares arbres qu’on rencontre sont cantonnés, sur les rives des cours d’eau, au fond des ravins, où ils poussent à l’abri du soleil desséchant de la journée et du vent Irais et violent de la nuit. Pour se soustraire aux rigueurs d’un tel climat, les llova et les Betsileo, qui habitent cette partie de l’ile, ont dû avoir recours aux maisons à parois épaisses en pisé, matière formée de terre rouge gâchée, puis façonnée en gros blocs, et enfin séchée au soleil ; la toiture est en chaume ou en jonc. Une telle demeure se compose généralement d’une pièce unique au-dessus de laquelle est une soupente de dimensions restreintes, qui sert à ranger les nattes ou tapis en jonc tressé, et quelques provisions. La salle du rez-de-chaussée, qui est commune à toute la famille et aux animaux domestiques, poules, veaux, porcs, etc., et dont le plancher est en terre battue, ne contient qu’un mobilier très primitif : la liste en est courte, mais chacun des objets qui le compose occupe une place immuable, désignée par la coutume et la religion : un bois de lit sur lequel le soir on étend une natte; le foyer marqué par cinq ou sept pierres, ces chiffres étant fatidiques, probablement parce que ce sont les plus commodes pour la disposition des marmites, une grande cruche, un mortier à riz avec
- le pilon, les sa-gayes et les an-yady, ou bêches dans le coin nord; le parc aux volailles et aux porcs, généralement sous le lit, et enfin, dans la partie de la case désignée sous le nom de Alalia-mady, l’idole ou sampy, qui est censée protéger la maison. Jadis, dans cette même région, certaines demeures de grands personnages étaient bâties entièrement en bois ; les parois étaient en planches débitées à la hache, et la toiture en bardeaux ou tuiles de bois ; mais les difficultés de transport empêchèrent bientôt la généralisation de ce mode de construction. Cependant, dans la cour du palais de la Heine, à Tananarive, la case d’Audrianampoinimerina, le premier roi de l’imerina, a été pieusement conservée par ses successeurs; c’est l’un des derniers exemples de celle architecture primitive (fig. o).
- La seconde région de Madagascar comprend la côte occidentale; son sol est de formation calcaire; les saisons y sont bien tranchées et les écarts de température peu considérables. Les Sakalava, qui l’habitent, se servent pour leurs demeures, qui sont les plus misérables de toute l’ile, des matériaux qu’ils ont à portée. Dans les environs de Majunga, où les lataniers ou palmiers à éventail sont nombreux, ce sont les feuilles de ces arbres qui, attachées les unes sur les autres, comme des ardoises, forment les parois et la toiture ; dans l’Ouest proprement dit, dans le Menabé. et le Fiherana, par exemple, les parois sont en longues et fines tiges de bambous, soit attachées une par une, soit serrées entre des lattes de bois, et le toit est en jonc (fig. 2). Dans tous les cas, ces huttes reposent directement sur le sol et n’ont pas de plancher; seuls les greniers à maïs sont élevés de 1 mètre environ au-dessus de la terre pour protéger leur contenu contre l’humidité et contre les déprédations des rats et autres animaux.
- La troisième région comprend la côte orientale ; elle est soumise à une chaleur très forte et à une humidité constante ; pour peindre son état atmosphérique d’un mot, il suffit de dire que c’est la patrie des orchidées et de la grande forêt. Les Betsimisa-raka et les Antaimoro, qui occupent la majeure partie de ce territoire, ont recours, comme malé-
- Fig. 1. — Maison indigène sur la côle orientale.
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- Fig. 2. — Maison de traitant
- riaux, au ravinala, ce fameux arbre des voyageurs qui élale eu éventail ses grandes feuilles longues de plusieurs mètres et donne aux collines qu’il recouvre un aspect si étrange. Les feuilles séchées et attachées les unes sur les autres parallèlement au faîte, forment la toiture, tandis que leurs nervures centrales, enfilées sur un bois poin-
- tu,servent de cloisons ; quant au plancher, — car les habitations, par suite de l’humidité, sont élevées au-dessus du sol,—il est formé de l’écorce du tronc de ce même arbre, qu’on étale h l’état frais et qu’on laisse exposée ainsi au soleil pour la sécher et l’empêcher de se gondoler (fig. 1).
- L’ameublement de ces cases, comme de celles
- sur la côle occidentale de File.
- des Sakalava d’ailleurs, est plus primitil encore que celui des demeures du Centre de l’ile ; il n’est, de plus, soumis à aucune règle, et chaque propriétaire
- peut agir à sa guise.
- En résumé, l’art de la construction à Madagascar est à letat embryonnaire, mais il est perfectible; depuis l’arrivée des Européens, c’est-à-dire depuis une quarantaine d’années, des progrès sensibles se sont déjà fait sentir ; à Ta-nanarive, les maisons à deux étages el à plusieurs pièces, couvertes en tuiles, ne sont pas rares, et il est probable que leur nombre va s’augmenter encore pour répondre aux besoins croissants des fonctionnaires et des colons de notre nouvelle colonie. G. Grandidier.
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- A QUELLE DISTANCE L’ESCARGOT SENT=IL SES ALIMENTS?
- Il arrive souvent clans les jardins que l’on voie toute une famille d’escargots occupés à dévorer une belle poire ou un beau chou alors que les poires ou les choux voisins sont négligés. Et l’on est tenté de croire que c’est le fumet spécial des parties attaquées qui a attiré les désagréables mollusques, ou, autrement dit, que ceux-ci sont doués d’un sens olfactif suffisamment lin pour percevoir de loin les « bons morceaux ». A vrai dire, il n’en est rien ; c’est le hasard à peu près seul qui mène les escargots, alors que, la nuit surtout, ils déambulent un peu n’importe où, se liant plus pour trouver des victuailles sur la longueur de leurs méandres que sur la sensibilité olfactive, laquelle', ainsi que M. Emile Yung l’a montré, est répandue à peu près^ sur tout le corps, mais est très émoussée.
- Le savant professeur de Genève que je viens de citer a fait des expériences bien conduites que nous allons ré-
- ces animaux souvent s’en rapproche jusqu’à 1 ou 2 centimètres pour s’apercevoir de sa présence et encore s’en rencontre-t-il quelques-uns qui ne semblent pas être impressionnés par cette plante, cependant l’un de leurs aliments préférés, surtout quand ils sont jeunes.
- Ayant haché un oignon et l’ayant offert à douze escargots disposés autour de lui à une distance de 10 centimètres, la plupart s’en écartèrent dès le début. Cinq d’entre eux rampèrent vers lui et deux en approchèrent jusqu’à
- 1 centimètre et demi, puis s’en détournèrent.
- Il est fréquent de rencontrer dans les vergers des escargots rongeant des pommes tombées. 11 s’agit là de rencontres fortuites. Une pomme très mûre coupée en tranches fut placée au centre du cercle de 20 centimètres. Les individus trouvés sur la pomme, après 1 heure d’attente, furent toujours ceux que le hasard avait fait passer à plus de
- 2 centimètres du fruit. 11 en esl de même pour les fraises.
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- Dispositif des expériences destinées à constater l'attraction exercée sur les escargots à jeun par divers aliments ;
- A. Début d’une expérience où douze escargots sont placés à la périphérie d’un cercle de 80 centimètres de diamètre, dont le centre est occupé par un chou; B. Position des escargots une heure plus tard;
- (’,. Résultat d’une expérience faite pendant une heure avec un melon, placé au centre d’un cercle de 1 mètre de diamètre.
- sumer. Dans une grande salle dont le sol est cimenté et maintenu humide par de fréquents arrosages, M. Yung disposait douze escargots, affamés par une semaine de jeûne, à la périphérie de cercles tracés à la craie en ayant soin d’orienter leur tête vers le centre du cercle. Puis il plaçait en ce dernier point une substance alimentaire qui semblait a priori devoir exercer sur les escargots un effet d’attraction.
- M. Yung a d’abord expérimenté divers fromages. Mais celle matière alimentaire ne séduit nullement les mollusques. A 50 centimètres de distance les résultats sont négatifs. Bien plus, le gruyère fort est évité à partir d’une distance maximum de 2 centimètres et l’on peut admettre qu’à celte distance les escargots le sentent, puisque c’est à partir d’elle qu’ils s’en écartent.
- Pour le chou, l’odeur n’est perçue qu’à une très courte distance qui ne va pas au delà de 15 à 20 centimètres : par conséquent, ceux qui dévorent les choux dans les jardins ne sont pas guidés par leur sens olfactif.
- La laitue n’est perçue de certains escargots qu’à la distance maximumrde 5 à 0 centimètres. La majorité de
- De toutes les substances végétales mises en expérience par M. Yung, c’est le melon dont l’attraction a été le plus manifeste : douze escargots sont disposés sur la périphérie d’un cercle de 1 mètre de diamètre au centre duquel est placée la moitié d’un melon mesurant 15 centimètres de diamètre et répandant un fort parfum. Un quart d’heure plus tard neuf escargots sont dans le cercle, trois n’ont pas bougé. Une heure après sept individus sur les neuf qui ont exécuté un mouvement centripète ont atteint le melon et en mangent. Il ne peut ici être question de hasard, d’autant moins que dans la suite de la journée les trois individus demeurés d’abord immobiles se sont mis à ramper tous trois dans la direction du melon et deux d’entre eux ont réussi à l’atteindre 5 heures environ après le début de l’expérience. Quant aux trois autres individus, ils s’en sont définitivement éloignés après s’en être rapprochés l’un de 30 centimètres, le second de 25 centimètres et le troisième de 15 centimètres ; ces trois escargots- n’avaient sans doute pas l’odorat aùssi fin que celui de leurs camarades. Henri Courra.
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- STÉRILISATION DES EAUX D^ALIMENTATION PUBLIQUE PAR L’OZONE
- Les appareils installés à l’usine des Eaux de la Ville de Paris, à Saint-Maur, sont de véritables appareils industriels qui peuvent traiter par heure jusqu’à 150 et 200 mètres cultes; à raison de 100 litres par jour et par habitant, une semblable installation permettrait d’alimenter une ville de 40 à 50 000 habitants. Nous avons étudié, en collaboration avec Ogier pour le Conseil supérieur d’hygiène publique de France, cette installation. Miquel et Lévy l’ont examinée pour la Ville de Paris.
- Les expériences ont porté sur l’eau de Marne brute ou dégrossie ou lilfrée sur les libres à sable de Saint-Maur.
- Les appareils comprennent essentiellement (fig. 1 ) :
- duction de l’air ozonisé dans le stérilisateur est facilitée par l’interposition d’un injeeteur Gilfard. Au sortir des stérilisateurs, l’air contenant encore de l’ozone rentre dans les ozoniseurs en traversant :
- 1° Un séparateur constitué par un tambour horizontal en Ionie muni de deux tamis verticaux en celluloïd perforé qui débarrasse l’air ozonisé récupéré de l’eau entraînée à l’état vésiculaire;
- 2° Un dessiccateur lormé par une caisse en toile où sont disposées des grilles chargées de chlorure de calcium qui retient la vapeur d’eau.
- Une, soupape d’aspiration, placée sur l’entrée du séparateur, laisse pénétrer l’air nécessaire.
- Ozoniseurs. — L’ozoniseur horizontal du système
- Vue d’ensemble d’installation de stérilisation d’eau.
- Fig. 1. —
- Machine à vapeur de 45 chevaux ; pompe centri-luge capable d’élever par heure 150 mètres cubes d’eau à la hauteur de 15 mètres; dynamo fournissant un courant alternatif à 100 périodes; transformateur qui porte ce courant à la tension de 40 000 volts ; séparateurs dessiccateurs ; ozoniseurs (grands et petits) ; stérilisateurs; pompes aspirantes et refoulantes (dont une de réserve).
- Le cycle du traitement est le suivant : l’eau circule dans les stérilisateurs d’une façon régulière et continue ; l’air est ozonisé, puis mis en contact avec l’eau; l’excès d’air ozonisé non entraîné par l’eau est récupéré.
- La marche du traitement est la suivante :
- Une pompe aspirante et refoulante maintient l’air ozonisé en circulation ; elle l’aspire dans les ozoniseurs, le comprime et le refoule dans les stérilisateurs où il agit sur l’eau à stériliser. L’intro-
- de Frise, dont la figure 2 représente une élévation et les figures 3 et 4 une coupe, consiste en une auge métallique reliée à la terre et munie d’une chemise à circulation d’eau pour le refroidissement. Elle est fermée, aux deux extrémités, par des fonds portant des tubulures d’entrée et de sortie d’air, et à la partie supérieure par un couvercle en verre à glace. Ce couvercle porte les électrodes reliées au transformateur. Ces électrodes sont des demi-scies circulaires placées en travers de l’auge ; leur diamètre est de 40 millimètres, celui de l’auge étant de 100 millimètres ; elles reçoivent chacune leur part d’énergie par une résistance liquide qui déborde et coupe le courant si un court-circuit parvient à s’établir. La résistance consiste en un tube en verre ouvert au sommet et dans le fond fermé duquel se trouve soudé un fil de platine qui transmet le courant à la vis de suspension de l’électrode. Le tube
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- Fig. 2 cl 5. — Vue d’ensemble d’ozoniseur et coupe latérale.
- est rempli de glycérine diluée à laquelle le courant à haute tension arrive par un fil de platine trempant dans la couche supérieure du liquide. La perte de charge due aux résistances est d’environ 10 pour 100. Les parois métalliques intérieures de l’ozo-niseur et ses demi-scies sont peintes au sidérosthène, un produit de la distillation de la houille, qui les protège très bien.
- Les effluves jaillissent en couronnes semi-annulaires entre les dents des scies et les fonds des auges ; l’air qui les traverse s’ozonise, s’échauffe et se re-
- froidit sur la paroi de chaque auge; ce refroidissement se complète périodiquement dans des condenseurs interposés à faisceaux tubulaires autour desquels circule de l’eau. La température de l’air électrisé est maintenue au-dessous de 25°, la température la plus favorable pour la production do l’ozone étant de -f- 21°.
- La partie active, au point de vue photo-chimique, est constituée par les bulles lumineuses qu’on remarque aux pointes des dents de scie sur la photographie des grands effluves (fig. 5) et non par le/bcl
- Fig. 4. — Coupe d’ozoniseur et réfrigérant.
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- Fig. 5. -
- effluve violet : l’expérience démontre que c’est à ces bulles brillantes que l’on doit vraisemblablement attribuer la transformation de l’oxygène en ozone.
- On peut faire varier le nombre des électrodes demi-circulaires ; dans certaines de nos expériences,ce nombre a atteint 900. On a également mis en service des ozoniseurs de même nature que les précédents, mais de plus grandes dimensions (diamètre des demi-disques 290 mm. , espace entre les électrodes 50 mm., diamètre de l’auge métallique 550 mm).
- Les ozoniseurs sont installés dans une chambre obscure ; les appareils étant en marche, il est facile de voir que tout l’espace entre les demi-disques et les auges '[est rempli d’effluves violets.
- C’est dans cet espace que circule l’air qui doit être ozonisé.
- Stérilisateurs. — Le stérilisateur est l’organe dans lequel l’eau est mise en contact avec l’air ozonisé ; le contact — qui est une condition du problème la plus difficile à réaliser — doit être assez intime pour que tout germe de l’eau soit atteint par l’ozone. Chaque stérilisateur est constitué par une tour recouverte d’un dôme que
- Effluves.
- traversent l’eau et l’air ozonisé dans le même sens, de bas en haut (fig. 6).
- La hauteur de la colonne d’eau est de 8 mètres, capacité est suffisante pour que l’eau et l’air mettent quelques minutes (environ 5 à 15) pour traverser cette colonne divisée par des cloisons horizontales en celluloïd perforé d’un grand nom-lire de trous de 0,7 mm. de diamètre. L’eau et l’air arrivent ensemble dans le compartiment inférieur où l’action de l’ozone est déjà favorisée par la pression de la colonne d’eau qui représente environ 8/10 d’atmosphère et par celle produite dans l’injecteur Gilïard interposé. En accomplissant la traversée verticale de la colonne, l’air ozonisé réagit sur l’eau et le contact intime est assuré par les brassages successifs et multiples provoqués par le passage à travers les cloisons perforées.
- L’eau stérilisée sort par un orifice latéral noyé, situé à la hauteur de 8,25 m. ; l’air qui s’en dégage en grosses huiles et qui contient encore de l’ozone s’échappe par un tube débouchant au centre du dôme.
- Des regards en verre permettent, en outre,
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- d’observer si le barbotage s’effectue régulièrement.
- À la sortie des stérilisateurs l’eau ozonisée est dirigée dans un bassin à 5 compartiments muni d’un déservoir à nappe libre permettant d'effectuer la mesure du débit. L’expérience a montré qu’il y a avantage — au point de vue économique et de l’efficacité — à ne traiter que des eaux préalablement purifiées par filtration; dans ce but un filtre dégros-sisseur à gros débit est annexé à l’installation.
- Les résultats de l’examen bactériologique sont très satisfaisants. Les résultats de l’analyse chimique montrent que l’ozonisation n’apporte que des modifications favorables.
- Les concentrations en ozone ont varié dans des limites assez étendues, de 0,88 gr. à 1,6 gr. d’ozone par mètre cube d’air. La stérilisation a été obtenue, pour 1 mètre cube d’eau de Marne brute, avec 1,557 litre d’air contenant en tout 1,16 gr. d’ozone. La stérilisation de 1 mètre cube d’eau de Marne filtrée, plus pure que la précédente, a été réalisée dans une autre expérience avec 851 litres d’air contenant 1,18 gr. d’ozone dans la première partie de l’expérience, et avec 0,59 gr. d’ozone seulement dans la seconde partie (débit environ 100 mètres cubes à l’heure). On voit qu’en général une bonne stérilisation peut être réalisée, pour des eaux moyennement contaminées, comme celles de la Marne, avec des doses d’ozone voisines de 1 gramme par mètre cube.
- Les ozoniseurs de Frise sont robustes et ont montré une grande sécurité de fonctionnement. Les diagrammes de wattmètres enregistreurs, relevés pendant cinq séries d’expériences de marche continue chacune de 6 jours et 5 nuits consécutives, n’ont montré aucune interruption.
- L’énergie consommée dans l’installation de Saint-Maur a été de 5,5 kilowatts ou 4,8 chevaux pour stériliser environ 100 mètres cubes d’eau à l’heure.
- Les expériences effectuées par Miquel et Lévy sur la demande du préfet de la Seine, de janvier à mars, et en décembre 1905, ont donné des résultats aussi satisfaisants.
- Enfin, la 6e Commission du Conseil municipal de Paris, en décembre 1905, s’est vivement préoccupée de la stérilisation des eaux de l’usine de Saint-Maur par ce procédé. Il y aurait un véritable intérêt, en effet, à utiliser l’eau insuffisamment épurée sortant des filtres à sable. Cette eau, après avoir été pompée et distribuée sur les filtres, est actuellement, la plupart du temps, rejetée soit en attendant le « mûrissement )) du filtre, soit lorsqu’elle recèle le coli-bacille après filtration. Il y aurait également intérêt à stériliser les eaux de certaines sources aux époques ou l’on est obligé de les mettre en décharge par suite de leur contamination. L’ozonisation permettrait aussi de remettre en service certaines adductions d’eaux de sources actuellement condamnées en raison de leur contamination permanente. Cette solution aurait le double avantage de donner en abondance des eaux pures et d’une température à peu près constante.
- Edmond Bonjean.
- LA DISPARITION
- DES CHUTES DU NIAGARA
- Un groupe d’amis des silos naturels, l’American Civic Association, de Philadelphie, fait depuis peu une active propagande en faveur de la préservation des chutes du Niagara et répand, dans toute l’Amérique du Nord, un feuillet où sont exposées les raisons de cette propagande et intitulé Destruction prochaine des chutes du Niagara.
- Il paraît, en effet, que les célèbres chutes sont en train de disparaître, non pas de leur belle mort naturelle et lente, par érosion en reculant vers l’amont, mais d’une mort brève, sans éclat... et ridicule! faute d’eau.
- L’industrie a fini par prendre tant d’eau en amont des chutes pour faire marcher ses turbines et elle se propose1 d’en prendre tant encore, qu’il n’en restera bientôt plus une goutte pour faire ce saut majestueux de 47 mètres que l’on venait admirer des quatre coins du monde.
- En réalité, une partie seulement des chutes est menacée. Comme le montre le plan (fig. 2) l’ensemble des chutes comprend deux cataractes séparées par l’Ue de la Chèvre (Goat Island) : l’une touchant à la rive canadienne à l’ouest et désignée sous le nom de Chute du Fer-à-Cheval (llorseshoe Falls) à cause de la forme qu’elle a en plan, l’autre touchant la rive des Etats-Unis, à l’Est, et désignée sous le nom de Chutes américaines (American Falls). C’est cette dernière seule qui, pour l’instant, est menacée, parce que la crête de la falaise de laquelle les eaux se précipitent est de 3 mètres plus haute que la crête des chutes canadiennes; il y passe donc moins d’eau. On comprend aisément d’après cela pourquoi les inquiétudes ont pris naissance surtout du côté des Etats-Unis.
- Les protestataires, n’espérant, point loucher la fibre sensible de leurs compatriotes en faisant appel à leurs sentiments et à leurs goûts artistiques, ont préféré envisager le côté purement économique de la question pour rallier autour d’eux de nombreux adhérents.
- Or, au point de vue économique, la disparition des chutes serait désastreuse. Il est certain tout d’abord que lorsqu’il n’v aura plus de chutes, une source importante de profits disparaîtra ; celïë qui résulte des dépenses faites dans la région par les touristes qui y accourent de toutes parts. Mais cette perte est minime à côté de celle qui résulte du gaspillage d’énergie, et par conséquent d’eau, auquel l’utilisation de la force motrice des chutes donne lieu. Cette utilisation est des plus mauvaises; elle a été faite presque sans soin et, en tout cas, sans aucun souci de l’intérêt public, lequel jusqu’à un certain point pouvait être invoqué pour justifier la destruction des chutes.
- Dix concessions ont déjà été accordées pour l’installation d’usines hydroélectriques, six sur la rive canadienne, quatre sur celle des États-Unis; cinq d’entre elles sont déjà en exploitation et trois autres sont en voie d’achèvement. Or, d’après les évaluations faites par les protestataires, quand les dix usines seront en marche simultanément elles ne fourniront en temps normal que 35,25 pour 100 seulement de l’énergie totale disponible des chutes. Le Dr Clark, ingénieur-géologue de l’État de New-York, évalue à 224 000 pieds cubes (8300 mètres cubes environ) par seconde le débit moyen du Niagara en amont des chutes avant sa séparation en deux bras par l’Ile de la Chèvre; il estime que quand on aura pris 40 000 pieds cubes il n’y aura presque plus d’eau à la chute américaine et quand on en aura pris 80 000, le bras correspondant pourra être traversé à pied sec. Or les cinq Compagnies actuellement en exploitation sont déjà autorisées à prendre
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- 48 000 pieds cubes; comme elles n’exercent point tous leurs droits, elles laissent encore à la chute américaine 12 pour 100 du volume d’eau qui y passait autrefois, s’il leur plaît de les exercer c’est presque sa mise à sec.
- Il y a pire : l’abaissement du plan d’eau en amont, môme sur la rive canadienne, a conduit à des difficultés imprévues. On se demande même si les usines non encore exploitées trouveront assez d’eau pour fonctionner norma-
- Fig. 1. — Coupe de la elnilo.
- lement et selon leurs prévisions. La Nature a même signalé récemment de quelle façon originale avait été construit un barrage submergé en pierres sèches dans le but de gonfler le Ilot en amont d’une ancienne prise d’eau.
- Les concessions ne rapporteront pas un centime à l’Etat de New-York, bien que cet Etat ait déjà dépensé 12 millions de francs pour l’aménagement des chutes et de leurs environs comme curiosité naturelle. En comptant très largement, on estime qu’elles rapporteront tout au plus 1 200 000 francs par an au gouvernement du Canada.
- Quant au gain du public il serait plutôt maigre. Les brillantes prophéties qu’on se plaisait à faire au début ne se sont pas réalisées : l’énergie fournie par le Niagara reste coûteuse. 11 y a quelques années on voyait déjà des centres urbains éloignés, New-York par exemple, profitant largement de cette énergie ; il a fallu en rabattre, bulfalo est la seule grande ville (250000 habitants) qui utilise largement cette énergie pour ses services publics et privés; pourtant elle n’en consomme guère que 24 000 chevaux, et elle n’est pas à plus de 48 kilomètres des chutes. La lumière électrique y coûte plus cher qu’à New-York, et le tarif des tramways électriques y est le même, bien qu’à New-York il faille employer les moteurs à vapeur et brûler du charbon pour produire l’énergie électrique. Un chiffre fixera l’étendue du gaspillage : à Buffalo, le cheval-an électrique est vendu 125 dollars (625 francs environ) aux consommateurs, alors qu’à Lyon il n’est vendu que 400 à 500 francs et bien que l’usine de Jonage sur une dérivation du Rhône, en amont de la ville, ait demandé un aménagement bien plus considérable qu’au Niagara.
- C’est en théorie seulement qu’il est possible de transporter électriquement l’énergie gratuite aussi loin qu’on le veut; pratiquement, la distance est limitée par les frais d’installation, la nécessité d’entretenir et de surveiller soigneusement les canalisations et de payer pour elles un droit de passage qui est souvent fort élevé. D’ailleurs, les pertes d’électricité en route dans les conducteurs (10 pour 100 jusqu’à Buffalo) et dans les appareils de transformation sont aussi assez élevées. En fait, la plus grande distance à laquelle l’énergie des chutes du Niagara a pu
- être transportée est de 65 kilomètres (sous-station de 500 chevaux à Olcott), chiffre bien inférieur aux 500 kilomètres qui séparent New-York du Niagara.
- Les seules industries utilisant la force motrice des chutes qui soient vraiment prospères et qui seraient avantageuses, pour le public s’il était appelé à en profiter, sont les industries électro-chimiques; au nombre d’une trentaine, elles sont actuellement groupées pour la plupart autour de la ville de Niagara Falls.
- 11 faut remarquer, d’ailleurs, qu’on peut trouver au voisinage des chutes, sans détruire celles-ci, une quantité d’énergie considérable. Le Niagara, qui rachète la diflé-rence de niveau entre les lacs Erié et Ontario, soit 100 mètres, coule sur 45 kilomètres de longueur; or dans la gorge en aval des chutes, sur 4 kilomètres le fleuve, s’abaisse de 50 mètres. Cela représente une énergie égale à la moitié de ce que pourrait fournir la totalité des chutes, et cette énergie serait facilement utilisable, prétend M. A. 1). Adams.
- Les « destructeurs » ont vainement invoqué la destruction des chutes quand même par la seule érosion. Le docteur Clark a montré que celte opinion est erronée. Il est vrai que les chutes reculent lentement vers l’amont, cela résulte, comme le montre la figure 1, de ce que les couches inférieures du terrain sont constituées par des schistes très friables qui s’excavent, mettent en surplomb le calcaire dolomitique qui les recouvre et en provoquent la chute. Mais comme les couches s’inclinent vers l’amont, il arrivera un moment où les schistes n’apparaîtront plus sur la face de la falaise ; à partir do. cet instant, la destruction et le recul seront extrêmement lents, car le calcaire est très dur, peu altérable et il s’use très peu par le frottement, de l’eau. Comme en outre les
- 3 à 6 Etablissements
- hyâro électriqu es
- Fig. 2. — Plan.
- rives en remontant vers l’amont forment des falaises dont la hauteur va en augmentant, la cataracte à mesure qu’elle vieillira gagnera en hauteur; le docteur Clark estime que, quand le schiste n’apparaîtra plus, sa hauteur sera supérieure de 50 mètres à ce qu’elle est maintenant. Elle aura alors une centaine de mètres.
- En résumé donc, si l’on détruit les chutes le grand public n’aura rien gagné au point de vue pécuniaire et il aura perdu un spectacle de grande beauté dont la vue était toute gratuite. Les admirateurs de la nature ont raison d’avoir jeté le cri d’alarme, mais ce cri sera-t-il entendu? A. Gilchkist.
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- LA NATURE.
- LES ALTÉRATIONS DES BOIS
- Les bois gras
- Pour acquérir leur maximum de valeur, les bois industriels doivent, on le sait, remplir un certain nombre de conditions indispensables. Leur tissu ligneux présentera toujours une grande homogénéité et une certaine densité; il sera, en outre, dépourvu d’irrégularités et de défectuosités qui rejailliraient défavorablement sur sa beauté et sur sa résistance.
- Malgré les précautions prises et les soins appor-
- tation du peuplier régénéré dans le département de Seine-et-Marne, nous avons pu constater combien la présence de cette altération végétale était fréquente dans un certain nombre de localités. Notre gravure 1, véritable reproduction photographique d’une planche de peuplier du Canada provenant de la vallée du Morin, donnera les caractères les plus saillants des bois gras. Le bois, au lieu d’avoir sa compacité ordinaire, présente de longues esquilles ligneuses ayant
- Fig. 1. — Morceau de planche de peuplier du Canada provenant d’un terrain humide (bois gras).
- tés dans les plantations forestières, les arbres sont malheureusement trop souvent le siège d’altérations dues à des parasites animaux ou végétaux, à des causes accidentelles, à des influences atmosphériques ou à un état particulier du sol. La plupart de ces affections sont bien connues actuellement, et on peut en déterminer les causes sans aucune difficulté. Il en est cependant un certain nombre qui, quoique assez faciles à expliquer au point de vue physiologique, sont assez peu connues du vulgaire et ne sont meme pas signalées dans la plus grande partie des traités de sylviculture et de pathologie végétale. Tel est le cas du bois gras, affection particulière qui occasionne dans certaines régions de sérieux préjudices aux marchands de bois et aux propriétaires.
- Ayant eu, il y a quelques années, l’occasion de nous occuper d’une façon toute spéciale de l’exploi-
- plutôt quelque vague ressemblance avec des morceaux de charpie. Il est impropre à tout usage industriel et sa valeur marchande devient absolument nulle.
- Cet état particulier du tissu ligneux est assez facile à expliquer si on se rappelle les lois physiologiques qui président au développement des végétaux .
- Chez les végétaux, de même que chez les animaux, la vie est due à des dissolutions nutritives qui pénètrent dans l’organisme, y circulent, s’y élaborent, s’y transforment en tissus, et dont les éléments inutilisés sont rejetés au dehors. De là un certain nombre de fonctions : absorption, circulation, respiration, nutrition, transpiration et sécrétion.
- Les aliments puisés dans le sol et tenus en dissolution dans l’eau sont distribués dans toutes les par-
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- ties du végétal par l’intermédiaire des vaisseaux dont le diamètre dépend de la quantité de liquide à transporter. Ils subissent ensuite des modifications chimiques et, sous l’inlluence vitale des cellules, se combinent entre eux de laçons différentes. Ces fonctions physiologiques assurent, dans les espèces arbuslives, la nutrition et le développement des libres ou cellules fusiformes allongées parallèlement à l’axe de la moelle. L’agencement de ccs libres et
- calcaire de Beauce. Lorsque, au contraire, l’arbre se développe dans un milieu très humide, il présente des caractères opposés et accuse une texture très poreuse. Ces particularités résultent des conditions mômes dans lesquelles le végétal est placé. Les matières nutritives pénètrent dans les racines à l’état de dissolution très étendue, la sève est pauvre et se trouve dans l’impossibilité d’élaborer beaucoup de matière ligueuse. Les racines privées d’air n’ont pas
- l’épaisseur de leurs parois constituent le principal élément de résistance des espèces ligneuses.
- Les arbres, à l’instar de toutes les plantes cultivées, exigent pour donner de bons produits des terrains d’une nature déterminée; ils ont une prédilection marquée pour les terres d’al-luvions légères, substantielles, profondes et humides sans excès. Dans de semblables sols la plupart des éléments minéraux se trouvent réunis et chaque espèce y puise les aliments qu’elle préfère, quels que soient ses goûts particuliers. Partout ailleurs les sujets souffrent, et le tissu ligneux est en quelque sorte le reflet du sol qui l’a produit. Avec des terres peu profondes, reposant sur un sous-sol aride, impénétrable aux racines, la végétation forestière 11e consiste généralement qu’en taillis et broussailles peu développés.
- Dans les terrains secs, qui permettent la culture des grands arbres, les racines.absorbent un liquide
- riche en matières nutritives, mais en quantité très faible. Les vaisseaux ayant alors peu de sève à transporter sont peu nombreux et très fins. Il en résulte un bois à grain serré et d’une très grande densité. Les photomicrographies 2 et 5 en donnent une idée. Elles représentent une coupe longitudinale et une coupe transversale grossies à 100 diamètres d'une tige d’un peuplier du Canada se trouvant aux environs de Montargis, à proximité de l’École d’Agriculture du Chesnoy, dans un terrain calcaire sec et peu profond qui appartient au groupe géologique du
- une très grande vitalité et 11’impriment à la sève qu’une force ascensionnelle des plus réduites. L’arbre s’organise alors tout un système de défense pour pouvoir lutter avantageusement contre des influences aussi défavorables ; il forme des vaisseaux plus nombreux, d’une capacité plus grande, capables, par leur constitution, de permettre le déplacement d’une quantité de liquide plus importante. La sève, à cause de sa pauvreté, 11e peut déposer autant de ligneux dans les libres qui, insuf-reslent toujours peu épaisses.
- Les tissus ligneux subissent alors, du fait de cet état de choses, les modifications anatomiques profondes qu’accusent bien nettement les gravures 4 et 5. Celles-ci sont des photomicrographies d’une coupe longitudinale et d’une coupe transversale de l’échantillon de planche représenté en 1, et poussées au meme degré de grossissement que les coupes 2 et 5, c’est-à-dire à 100 diamètres.
- La cause de la production des bois gras réside donc entièrement dans l’excès d’humidité des sols.
- Dès lors, il est possible de lutter efficacement contre cette affection : là où elle est à craindre, il suffit, pour la prévenir, de recourir à un assainissement général du sol dans lequel on se propose d’entreprendre les plantations.
- Albert Vilcoq.
- Fig. 4. — Section transversale. Fig. 5. — Section longitudinale,
- l’hotomicrograplnes de bois de peuplier du Canada récolté dans un terrain humide (Bois gras). Grossissement : 100 diamètres.
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- RATS ET SURMULOTS
- Dans un des derniers bulletins du Muséum d'Histoire naturelle, notre éminent collaborateur, M. llamv, a publié une très intéressante communication sur le surmulot (mus decumanus).
- On sait (pie notre rat ordinaire (mus ratius), introduit d’Arabie en Occident à l’époque des croisades, est une race nègre, descendant directement du rat d’Alexandrie (M. Alexandrin-us); l’acquisition de cette coloration noire s’est laite graduellement au lur et à mesure que l’espèce primitive s’avançait vers le Nord et elle était déjà parfaitement caractéristique au xvi® siècle. Les observations faites sur le surmulot ont ceci d’intéressant qu’elles montrent en voie d’accomplissement sur cette espèce une transformation du même type et d’autant plus curieuse que le surmulot tend graduellement autour de nous à prendre la place du rat ordinaire.
- Rappelons d’abord que le surmulot, originaire de la région persique et amené chez nous au début du xix® siècle à la suite des -armées russes, est deux ou trois fois gros comme son prédécesseur et qu’il se multiplie dans nos ruisseaux et dans nos égouts avec une elïroyable rapidité. Voici maintenant quelles sont les observations faites par M. Ilainy sur ces animaux au Jardin des Plaides.
- Sur quinze individus, cinq appartenaient à la variété mélanienne, les autres étant gris brun. Tous ces individus noirs présentent nettement, surtout chez les mâles, une tendance marquée à un accroissement de la longueur totale du corps ainsi que de la longueur de la queue ; de même il y a parmi eux tendance à la braehycéphalic, c’est-à-dire que la largeur du crâne augmente plus rapidement que sa longueur, et augmentation du volume total du crâne; enfin ils présentent un sensible développement des membres dans toutes les dimensions; tous ces faits sont en somme d’accord pour montrer que dans son nouveau milieu, le surmulot est en train de former une variété noire, remarquablement plus grande et plus forte que l’espèce souche. A la suite d’observations analogues, Milne Edwards avait en 1872 évalué que la proportion des individus nègres chez le surmulot était d’environ 1 /5 ; d’après les données de M. Hamy elle serait d’un tiers ; en trente ans il y aurait donc un fort accroissement de cette proportion, et si l’on osait se baser sur ces observations, un calcul fort simple permettrait d’estimer à environ 150 ans le temps nécessaire à la disparition totale des types gris et à la formation définitive du type noir. 11 va de soi qu’un tel calcul serait trop conjectural ; d’ailleurs les chiffres qui lui servent de hase sont un peu sujets à caution, comme résultant d’un dénombrement trop restreint.
- Ce qui semble certain, c’est que, pour le surmulot comme pour le rat, il y a formation rapide d’une race noire et que cette formation a son origine dans une migration de l’espèce.
- Quant aux facteurs mêmes de cette évolution si l’on ne veut pas se contenter de la formule vague changement des conditions de vie, ils sont jusqu’aujourd’hui inconnus; on peut affirmer toutefois que le mode de vie parasitaire des rats et des surmulots les rendait particulièrement aptes et pour ainsi dire prédestinés à ces modifications rapides, l’observation ayant révélé comme un fait général chez tous les parasites une grande faculté d’adaptation et de variation. Jean Lafitte.
- CHRONIQUE
- La médecine égyptienne. — Au cours de fouilles pratiquées au village de Hoir el Rahari, sur l’emplacement de l'ancienne ville de Thôbes, le professeur Reissner a fait la découverte d’un manuscrit sur papyrus, récemment publié dans les publications de l’Université de Californie et (pii, joint aux documents précédemment publiés, vient ajouter quelques données à nos connaissances sur l’ancienne médecine égyptienne. Cette science était très en honneur. Les médecins, nombreux au dire d’Hérodote, étaient spécialisés, s’occupant chacun soit des yeux, soit du ventre ou de la tète, etc. L’origine des maladies était attribuée à des spectres ou à des esprits malfaisants qui pénétraient dans le corps de l’homme, et la guérison complète ne pouvait être obtenue que par l’emploi de formules magiques et l’intervention d’un exorciste. En même temps, d’ailleurs, intervenait un traitement thérapeutique consistant surtout en remèdes de lionne femme, produits plus ou moins naturels, que l’observation avait conduit empiriquement à considérer comme efficaces : végétaux, minéraux magiques ou non, chair vive, cœur, foie, fiel, sang frais, poil ou corne de cerf, lait de femme, fiente de lion, cervelle de tortue, bouquins bouillis dans l’huile, urine, etc. L’invention de ces remèdes était attribuée soit aux dieux, soit
- aux rois des anciennes dynasties. La plupart de ces remèdes empiriques étaient d’ailleurs efficaces, et les connaissances des Egyptiens sur certains sujets au moins étaient assez avancées : c’est ainsi qu’ils connaissaient la circulation du sang, redécouverte en Europe au xvi® siècle, par Michel Servet. 11 est intéressant de constater que ces documents ont trait à une période de beaucoup antérieure à celle des médecins grecs, puisqu’ils datent de la XYI11® dynastie, c’est-à-dire d’environ 1500 ans avant l’ère chrétienne, au moment du maximum de puissance de la domination thé-haine.
- Cuirassé anglais à turbines. — 11 est intéressant de montrer que la turbine à vapeur appliquée à la navigation fait son chemin même pour la marine de güerre. C’est ainsi que l’énorme cuirassé nouveau qui est en construction sur les chantiers de l’Arsenal de Portsmouth, et qui portera entre autres pièces 10 canons de 505 millimètres, va être doté, par MM. Yickers and Maxim, d’une machinerie propulsive formée de quatre turbines pour la marche avant; c’est donc dire qu’il possédera quatre arbres de couche et quatre propulseurs, un par turbine, la puissance totale devant être de 23 000 chevaux environ, et la vitesse de 20 1/2 à 21 nœuds. Sur chacun des arbres on montera une turbine de marche arrière, pour donner toute facilité de manœuvre. Des dispositions spéciales, de compoundage, pour ainsi dire, permettront de recourir économiquement aux turbines pour les croisières à vitesse modeste.
- La production de l’acide sulfurique dans le monde. — Qu’on ne s’étonne pas si l’on cherche si ardemment à perfectionner le mode de production de cet acide : il fait l’objet d’une consommation et d’une industrie vraiment prodigieuses. L’Angleterre à elle seule on produit 1 100 000 tonnes, l’Allemagne bien près de 000 000, les États-Unis un peu moins, la France 500 000, l’Italie 200 000, l’Autriche autant, la Belgique 105000, la Russie 125 000 et enfin le Japon 50 000, la production des autres pays étant pratiquement négligeable.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 juin 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Phosphorescence. — M. Haller dépose une Noie de M. Urbain, relative à la phosphorescence cathodique de l'europium dilué dans la chaux, et à un système phosphorescent ternaire, chaux, gadoline, europium.
- La maladie des platanes en 190G. — M. (!. Bonnier présente une Note de M. Beauverie, concernant la maladie qui sévit cette année, d’une façon tout particulièrement intense, sur les platanes par suite de l’ilumidité du printemps. L’auteur continue les bons résultats obtenus par la taille des petites branches, selon la méthode préconisée par M. Leclerc du Sablon. Mais ce remède s’est trouvé insuffisant dans un cas tel que celui de l’année 190G. Pour l’avenir, M. Beauverie conseille de soumettre, dans les [(épinières, les jeunes plants à un traitement spécial.
- A l’aide de bouillies cupriques et par d’autres moyens, 011 arrive à produire des plants indemnes et qui resteront indemnes.
- Gisement aurifère en France. — M. Moissan présente une Note de M. Laur sur la présence de l’or et de l’argent dans le trias de Meurthe-et-Moselle. Ces deux métaux y existeraient d’une façon normale à des profondeurs de 250 mètres environ non seulement en France, mais encore au delà de la frontière.
- Un vestige du continent antarctique. — M. Albert, Gaudry remet, un mémoire intitulé les Fossiles de la Patagonie; Etude sur une portion du monde antarctique. Ces animaux ont été tellement différents en Patagonie qu’ils ne peuvent rentrer dans nos classifications. D’ailleurs ce ne sont pas seulement des différences que l’on note, mais une évolution différente de la vie. Aucun des animaux de Patagonie n’est devenu ruminant, pachyderme à doigts pairs, solipède, proboscidien, carnivore placentaire, singe anthropomorphe. Ils seraient absolument inexplicables si l’on se refusait à admettre que la Patagonie est le dernier vestige d’un continent antarctique dont le reste est enseveli sous les glaces du pôle. 11 faut en outre admettre que dans l’hémisphère Nord la vie présente son plein développement, tandis que dans l’hémisphère Sud elle a subi un arrêt, car en Australie on trouve également les traces d’une évolution arrêtée.
- Propriétés du café, du thé et du chocolat. — M. Edmond Perrier présente une Note de M. Fauvel relative aux effets physiologiques du café et du chocolat. Ces aliments agissent par la caféine et la théobromine qu’ils renferment. Ces substances modifient l’excrétion xantho-proléine en rendant l’acide urique soluble.
- Les mouvements d'un polype. — M. Edmond Perrier , expose ensuite que M. Gravier a étudié les mouvements du polype connu sous le nom de virgulaire. Ce polype présente un type excellent de la vie en colonie, car en réalité il se compose de plusieurs organismes absolument indépendants accrochés comme des rameaux à une tige droite. A marée basse le virgulaire s’enfonce dans le sable au point de disparaître; à marée haute, au contraire, il émerge du sable et laisse flotter dans l’eau ses rameaux. M. Gravier a voulu voir ce qui arrive lorsque, après avoir déterré le virgulaire à marée basse, on le pose sur le sable. Dans ce cas s’il y a de l’eau on ne larde pas a voir le virgulaire prendre une position inclinée, enfoncer sa tigè dans le sable et tendre à s’enfouir.
- Le vaccin de la tuberculose. — M. Aiioing expose les résultats de ses recherches sur les bacilles tuberculeux. 11 a réussi à faire vivre, au sein d’un bouillon, le bacille humain. Au bout de quelques générations ce bacille perd Ion pouvoir f/uberculigène. 11 est alors arrivé à un état fixe presque parfait constituant une variété. Cette variété, M. Aiioing l’a accoutumée progressivement à subsister dans des milieux de [dus en plus chauds, atteignant ainsi la température de 43°. Le bacille est alors devenu bien qroins actif. Des injections sur un lapin laissent survivre l’animal 90 jours de plus que des injections du premier bacille. M. Aiioing a inoculé la dernière forme de bacille à des veaux sans déterminer la tuberculose. 11 ajoute qu’il les a ainsi immunisés. A l’autopsie 011 constate que l’organisme a réagi, de telle sorte qu’il a obtenu un véritable vaccin.
- La rapidité de l’érosion torrentielle.— M. E.-A. Martel signale l’extrême rapidité de certains cas d’érosion, notamment à Bramabiau (Gard), qui a subi de profondes modifications depuis 1884.
- Le bassin houiller de Saarbruck. — M. Zeiller expose ([ue MM. J. Bergeron et P. Weiss ont étudié l’allure du bassin houiller de Saarbruck et de son prolongement en Lorraine française, où l’on a reconnu récemment la présence de la houille. Ces dépôts houillers appartiendraient à une nappe de recouvrement qui reposerait dans sa partie méridionale sur un anticlinal intéressant : le houiller et le permien. Des érosions antérieures au charriage de cette nappe ont enlevé dans la partie sud-ouest le permien et le houiller supérieur. 11 on résulte que la nappe, à partir de la vallée de la Sarre jusqu’en Lorraine française, repose sur un anticlinal uniquement houiller. D’autres érosions, celles-ci postérieures à la formation de la nappe, ont enlevé la partie qui reposait sur le flanc sud de l’anticlinal. Cette nappe venant du sud, ce serait dans cette direction qu’il y aurait lieu de rechercher sa racine. C11. de Yilledeuil.
- LA DÉROULEUSE
- DES PAPYRUS D’HERCULANUM
- Le 5 novembre 1755 on trouvait sous les laves vésuvienues qui, le 25 août 79, ensevelirent Hercu-lanum, une bibliothèque de 1756 volumes dans les armoires carbonisées d’une somptueuse demeure, dite d’Aristide ou des papyrus; car ces volumes n’étaient autres que des rouleaux (volumina:) de longues bandes de papyrus, manuscrites d’un seul côté et partagées en pages à côté les unes des autres. C’étaient les livres d’un riche érudit, ensevelis depuis près .de dix-sept siècles.
- À la différence de ceux de Pompéi, entièrement calcinés par les matières brûlantes et généralement meubles qui recouvrirent cette ville, les papyrus d’Herculanum, enclos dans des laves mêlées de vapeur d’eau, netaient en général endommagés qu’à leur surlace. Seuls, les premiers tours des rouleaux sont brûlés et indéchiffrables ; à l’intérieur ils restent, malgré leur friabilité, plus ou moins nettement lisibles. Le problème, en apparence insôluble, de
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- leur déroulement a été ingénieusement résolu par une machine très simple qu’inventa, à la lin du xvm° siècle, le P. Antonio Piaggi. Lors du grand remaniement général que subit en 1905 le musée national (museo Borbonico) de Naples, cet appareil a reçu une place d’honneur dans la galerie où l’on a réuni les papyrus ; ils ne sont d’ailleurs pas encore tous déchiffrés et ceux qu’on a déjà lus sont des remarques de Philostrate (sur l’orgueil), de Métrodoye (sur les sensations), de Philodème, surtout, poète et philosophe épicurien contemporain de Cicéron, enfin d’Epicnrc lui-mème ; la suite du déchiffrement per-
- le même procédé, sur toutes les parties du papyrus. Elle constitue une sorte de couvercle complet pour les papyrus, qu’on en revêt pour en garantir le contenu ; on détache la baudruche dès que la feuille gélatinée est devenue sèche en dessous et peut se maintenir toute seule. » Ainsi l’on rend la cohésion, et l’on peut dire l’existence, aux voluniina plus ou moins détériorés par la chaleur : iragment par fragment ils recouvrent leur continuité comme on le voit sur la photographie ci-contre, qui montre, en outre, les accessoires du minutieux travail elle portrait du P. Piaggi. Ensuite les déchiffreurs viennent
- La dérouleuse de papyrus (photographie communiquée par le Musée de Naples).
- mettra de fournir d'importantes données nouvelles.
- La direction du musée National de Naples a bien voulu nous envoyer, sur notre demande, la photographie de la machine de Piaggi et les explications suivantes sur son mode d’emploi ; sans entrer dans une description détaillée du mécanisme qui permet de soutenir le papyrus, au fur et à mesure de son déroulement, à grands renforts de fils de suspension, boutons, châssis, ieuilles d’ouate, etc., le dérouleur de l’atelier technique du musée, M. Alfonso Cozzi, résume ainsi la méthode de déroulement :
- « On humecte d’abord, avec délicatesse, et à l’aide d’un menu pinceau trempé clans la gélatine liquide, une petite partie du papyrus, et on y applique tout de suite un morceau de membrane de baudruche. Cette membrane s’applique successivement par
- pâlir sur la reconstitution et la traduction d’un texte trop souvent illisible dans le fond roussi du papyrus. C’est une sensation profondément impressionnante que la juxtaposition, au musée Bourbon, de cette riche bibliothèque si antique, — de ces cylindres de charbon qui sont les volumina, — du délicat dispositii qui a annulé leur destruction, — et des spécimens de la traduction, que la patience des érudits a su effectuer, en remontant, malgré les siècles et le feu souterrain, jusqu’à l’œuvre du vieil Epicure, le moraliste matérialiste (si antinomiques que semblent ces deux termes) trépassé depuis 2275 ans !
- D1 OuADIÎ.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiüre, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1727. — 30 JUIN 1906
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- On sait que Gènes tient aujourd’hui une place des plus importantes parmi les grands ports du monde : son trafic, qui atteint 5 600000 tonnes à l’heure présente, égalant presque celui de Marseille par conséquent, a triplé h peu près depuis 1880. Et la progression va s’accentuer très nettement avec l’ouverture du tunnel du Simplon. Cette expansion énorme que réellement cet établissement lime soit doté, à aucun point de vue, comme il le devrait être, pour les échanges commerciaux qui sont appelés à s’y faire. Assurément, de 1876 à 1890 notamment, on y a exécuté beaucoup de travaux ; c’est ainsi que, pour protéger l’ancien port naturel en demi-cercle qu’on retrouve encore au milieu des quais et des môles actuels, et aussi pour augmenter les espaces mis à la disposition des navires, on a commencé par exécuter ce qu’on nomme le Molo Vecchio, le Vieux Môle, qui avait le tort de ne donner qu’un abri imparfait et d’empiéter sur la surface du port proprement dit; ce fut ensuite le Molo Nuovo, qui venait chevaucher en avant de l’autre. L’établissement du Molo Giano a été bien plus heureux, et enfin le Môle dit du duc de Galbera, parce que c’est au Duc que l’on doit une bonne partie des fonds qui ont été nécessaires, est venu complètement assurer la sécurité des navires entrés dans le port, tout en leur offrant une passe facilement praticable pour leur entrée. Mais les quais présentent un développement fort insuffisant pour le tralio actuel, et, de plus, on ne dispose que de trop peu de voies ferrées sur les terre-pleins pour amener les wagons recevant ou apportant les marchandises.
- 11 devenait urgent d'offrir des installations mieux comprises et plus vastes au commerce, et d’autant, encore une fois, que la nouvelle voie du Simplon va certainement accroître considérablement le rôle du port de Gênes. 11 est bon de dire que le développement commercial de ce port est favorisé par l’organisation administrative toute spéciale dont on l’a doté, et qui lui permet de fonctionner presque à l’instar d’une entreprise privée, avec une bonne partie des avantages dus à l’initiative individuelle. Le port est en effet confié pour une durée de 60 années à une administration locale à peu près autonome, qui rappelle ce qu’on rencontre dans les ports anglais. Cette administration, c’est ce qu’on nomme le Consorzio, qui comprend du reste des membres nommés par le gouvernement, mais une majorité représentant les chemins de fer, les cham-
- 34e année. — 2e semestre.
- bres de commerce, les villes, les départements intéressés, les armateurs, capitaines de navires, et même les ouvriers du port. L’administration dont il s’agit touche les taxes qui étaient autrefois payées à l’Etat, elle peut contracter des emprunts, et l’Etat lui verse une subvention, Et c’est elle qui, en collaboration avec l’Etat, s’est résolue à exécuter le vaste programme d’améliorations dont nous voulons donner une idée.
- À cause même de son importance, ce plan ne sera exécuté que par étapes, et l’on commencera par établir un bassin, dit Bassin Victor Emmanuel III, qui sera naturellement un bassin à flot, puisque nous sommes dans une mer pratiquement sans marées, et que l’on destine au commerce des charbons. Il faut dire que, dès maintenant, il se fait un trafic énorme de charbons à Gênes. Cette darse, prise sur la mer, se trouvera à l’abri derrière un vaste môle de 1700 m. de long, partant de l’angle du Môle Duc de Galbera et courant à peu près parallèlement à la côte. On pénétrera dans le bassin nouveau par une brèche qu’on ouvrira dans le môle actuel sur une largeur suffisante. Ce môle doit être prolongé de 200 m. vers le large, afin de mieux abriter le port, et surtout le nouveau bassin. Celui-ci présentera une profondeur de 12 m., suffisant pleinement aux besoins de la navigation d’ici sans doute bien des années ; ses quais auront un grand développement et rien ne sera plus facile que d’y établir de nombreuses voies ferrées. Au moyen de
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- travaux accessoires, on compte augmenter un peu les surfaces de terre-pleins et les longueurs de quais dont dispose la navigation à l’intérieur du port primitif; c’est ainsi qu’on construira un nouveau môle de déchargement parallèlement à la digue appelée Molo Nuovo, en supprimant d’ailleurs un petit môle secondaire implanté perpendiculairement à ce Molo Nuovo; d’autre part, on élargira le Molo Vecchio, et l’on aura de la sorte la place pour créer une grande gare maritime, avec quais verticaux le long du terre-plein élargi du côté de la mer.
- Ce sont là les travaux principaux à mener à bien tout d’abord. Mais, comme on peut s’en rendre
- être plus justement, devra être construit dans des conditions particulières de solidité : c’est que, sous l’inlluence du sirocco, la mer devient souvent des plus violentes dans les parages de Gènes, et l’on a vu parfois les vagues déplacer des blocs de 1000 tonnes.
- Pour donner une idée de l’importance de ces travaux, qui vont modifier complètement le port de Gênes, au moins au point de vue des facilités oiïèrtes au commerce, nous dirons avant de finir que ce programme est prévu comme devant entraîner une dépense de 00 millions de francs. On estime que, une ibis transformé de la sorte, ce port pourra
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- CfSsS l exécutions . Fdoje.tcis.
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- Fig. 2. — Le port de Gênes et les nouveaux travaux d’agrandissement. Plan d’ensemble.
- compte en examinant les tracés en pointillé marqués sur le plan que nous donnons, on a des ambitions plus vastes, et avec raison, semble-t-il. Cette digue de 1700 m., qui va former le bassin nouveau Victor Emmanuel 111, sera quelque jour prolongée dans l’ouest, toujours à peu près parallèlement à la côte, sur une longueur de 1300 m. environ; puis la digue s’infléchira, suivant une direction perpendiculaire, jusqu’à rejoindre le littoral. Et de la sorte on aura enfermé et pris sur la mer une surface énorme qui • comprendra trois autres darses en outre du bassin Victor Emmanuel, réuni alors aux autres, et dont l’entrée servira pour tous les navires devant venir s’amarrer et ooérer chargements ou déchargements à l’abri de la digue. On aura finalement une superficie qui atteindra presque 120 hectares, et la longueur de quais à la disposition de la navigation sera énorme. La digue formant ces darses successives, ou le brise-lames, comme on l’appelle aussi et peut-
- sufiire à un trafic de 10 millions de tonnes, l’équivalent du mouvement actuel de Rotterdam ou d’Anvers. Daniel Bellet.
- LA PIERRE A PLATRE A PARIS
- Paris, c’est la ville du plâtre; il y a même des érudits qui affirment que son vieux nom deLutèce (Lutécia) n’est qu’une corruption de Leucotetiam qui lui-même viendrait de Aeuxott]?, blancheur-, — « à cause, disent-ils, de la blancheur que le plâtre donnait aux maisons dont il revêtait la façade1 ». Sans rechercher si cette étymologie ingénieuse est aussi légitime que séduisante, on peut ajouter que la célébrité du plâtre de Paris est universelle. Encore
- 1 Dr G. Ollivicr. Le vieux Montmartre, dans le Bulletin de la Société d’Histoire et d’Arcliéologie du XVIIIe arrondissement, 1898.
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- aujourd’hui ou eu exporte d’Argenleuil jusqu’au bout du monde et, aux Ktals-IJnis, on désigne, sous Je nom de plasler of Paris les meilleures qualités du gypse.
- il est presque inutile de rappeler que celle substance est essentiellement constituée par du sullale hydraté de chaux, mais il ne faut pas perdre de vue que, dans tous les échantillons examinés, ce sel si bien défini pour les chimistes, est toujours mélangé d’autres substances auxquelles on ne se gène pas pour infliger la dénomination de « matières étrangères » et même celle d’ « impuretés ». Ce sont du calcaire, de l’argile, du sable et beaucoup d’autres corps qui se retrouvent jusque dans l’intérieur des cristaux les mieux conformés.
- Il est sans doute superllu aussi de mentionner que le gypse constitue des couches entières dans le sol des environs de Paris et qu’on y trouve des fossiles, ou vestiges d’animaux disparus, coquilles, écailles, dents, ou ossements variés, parfois squelettes entiers. Dans cette l'aune les mammifères ont acquis une célébrité incomparable pour avoir tixé l’attention de notre immortel Cuvier lequel, en les étudiant, a établi les fondements de l’une des branches les plus fécondes de la science, la Paléontologie.
- Depuis l’époque de ces inoubliables découvertes, ' l’histoire du gypse s’est enrichie d’une série innombrable de faits nouveaux et l’on ne peut mieux faire, dans l’intérêt de nos lecteurs, que de leur signaler ; le beau mémoire dans lequel trois travailleurs du : laboratoire de géologie du Muséum ont résumé : l’état actuel de la question. 11 s’agit du travail que i MM. Àug. Dollot, P. Godbille et G. Ramond viennent de publier sur Les grandes plâlrières d'Argenteuil et qui comprend l’historique, la genèse et la distribution des formations gypseuses de la région parisienne1.
- Tout naturellement, le sujet qui attire le plus la curiosité dans l’histoire entière de la pierre à plaire, c’est l’origine d’où celle-ci dérive et le mode de formation qu’on doit lui attribuer. Ici, des hypothèses fort nombreuses ont été proposées et tout le monde n’est pas du même avis sur tous les points. La nié- ' thode qui promet les résultats les plus certains consiste à étudier directement les localités où à l’heure actuelle la pierre à plâtre est en voie de formation : i on peut espérer très légitimement d’en tirer des 1 notions applicables à l’histoire des roches tertiaires.
- Sans entrer dans le fond de ce sujet qui peu à peu. est devenu fort complexe, il suffira de constater que, de toutes les hypothèses mises en avant successive- t ment, la plus vraisemblable voit dans le gypse stra- ‘ tifié un dépôt lagunaire. Partout où l’eau de la mer ! est soumise à une évaporation suffisamment active, on la voit, avant de laisser cristalliser son sel, donner
- 1 Celle étude ouvre le 1“' volume de la 4e série des Mémoires de la Société géologique de France. 11 comprend 47 pages in-4° avec plusieurs ligures dans le texte, 2 planches en héliogravure et 2 grandes coupes stratigraphiques hors texte.
- lieu à des dépôts de gypse. Parfois, ce sont des encroûtements plus ou moins slalagmiliques d’apparence, parfois ce sont des cristaux isolés ou groupés qui sont disséminés au sein d’une argile ou d’une marne. Quand on a étudié ces dernières roches on trouve qu’elles contiennent du sulfate de chaux disséminé en particules invisibles dans toutes leurs parties et il résulte de celle remarque que les cristaux résultent sans doute du travail très lent de concentration, autour de certains centres d’attraction, de la matière gypseuse préalablement répandue partout.
- Malgré la lumière résultant de ces découvertes un point reste sans explication; c’est la question de savoir comment le gypse de Paris a acquis sa structure si particulière. Un l’a exprimée en disant qu’elle est saccharoïde, c’est-à-dire analogue à celle du sucre en pain, résultant comme elle de l’enchevêtrement de très petits cristaux allongés. Or, on ne retrouve pas une semblable manière d’être dans les formations actuelles qui viennent d’être rappelées. Aussi me parait-il indiqué de résumer ici des expériences qui éclairent le sujet d’une façon d’autant plus satisfaisante qu’il en résulte une confirmation de l’origine marine, en révélant des propriétés spéciales du sel.
- D’après cè qui vient d’être dit, on peut admettre que la mer qui alimentait, à P époque dite éocène supérieure, de vastes lagunes autour de Paris a abandonné un dépôt-épais de gypse précipité de sa dissolution aqueuse à l’état de line poussière, en mélange avec des substances argileuses et calcaires, c’est-à-dire marneuses. Dans la masse de ce magma complexe, les éléments soumis aux liquides d’infiltration et obéissant aux attractions que les différentes matières exercent sur elles-mêmes, se répartirent en lits alternatifs gypseux et marneux qui devaient d’ailleurs être à grains lins les uns et les autres.
- Au cours des temps, des assises de plus en plus récentes se superposèrent les unes aux autres et cela ne put se faire sans que la température des fils que nous avons spécialement en vue ne soit notablement élevée. Dans ces nouvelles conditions les eaux souterraines chargées comme elles le sont si souvent de principes salins, exercèrent sur les roches une puissance minéralisatrice spéciale et tout porte à penser que c’est alors que se déclara la structure saccharoïde.
- En effet, rien n’est plus facile que d’imiter par l’expérience les principales circonstances qui viennent d’être mentionnées et d’en examiner les effets. Tout d’abord pour imiter la finesse des dépôts gypseux initiaux et, en même temps, pour les amener à un état de, cohérence comparable à celui des roches naturelles,, nous pou vons nous adresser à du plâtre, cuit. Celui-ci sera gâché dans de l’eau ordinaire avec une consistance analogue à celle qu’on réalise dans les opérations de moulage. La masse fluide sera versée dans de petits ballons de verre et abandonnée à elle-même jusqu’à prise complète.
- Après consolidation, on brisera les ballons et on
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- aura des petites boules de plâtre tout h fait homogènes et bien régulières de forme. Ces boules (fig. 6) sont très cohérentes, et si on les brise avec un marteau, on leur trouve une texture absolument homogène dont
- Fig. 1. — Lame mince taillée dans la boule de la lig. 4 et montrant au microscope la structure saccharoïde du gypse parisien * (50 diamètres).
- le microscope seul peut faire reconnaître la cristalli-nité.
- Pour pouvoir faire agir sur cette matière, qui est exactement le plâtras ordinaire, l’inlluence minéra-lisatrice et cristallogénique des solutions salines con-
- Fig. 2. — Un des globules de la boule de la fig. 5 vu au microscope (30 diamètres).
- venablement choisies, il faut commencer par les dessécher complètement et, pour cela, il ne suffit pas de les abandonner à elles-mêmes, il faut les mettre à l’étuve et les laisser longtemps (une vingtaine d’heures environ) à une température un peu supérieure
- à 100°. Dans la nature où le temps ne manque pas et où des actions plus lentes mais plus longtemps continuées doivent amener le même résultat, il est probable que cet écbaulfement n’est pas nécessaire.
- Quoi qu’il en soit, quand les boules ainsi traitées se sont bien refroidies et sont bien revenues à la température ordinaire, on les place dans une dissolution froide et saturée de sel de cuisine. On les voit d’abord flotter sur le liquide et il s’en dégage des myriades de petites bulles d’air, ce qui indique que le liquide pénètre dans la masse. Peu à peu les boules plongent et finissent par tomber au fond du vase.
- 11 faut alors les retirer sans larder et, en y louchant, on s’aperçoit qu’elles ont perdu toute consistance. Au bout d’un moment, elles tomberaient en pâle et l'expérience serait manquée : le fait tient à la grande solubilité du sulfate hydraté de chaux dans
- Fig. 3. — Boule de plaire où ludion du sel a déterminé une structure cristalline, globulilere et rayonnée (grandeur naturelle).
- l’eau salée, sujet qui a été étudié spécialement il n’y a pas si longtemps par M. Charles Cloëz1.
- Les houles, retirées de l’eau salée où elles ont séjourné seulement quelques minutes, sont placées sur des doubles de papier à filtrer et abandonnées à la dessiccation spontanée. Au bout d’un temps variable suivant la température et l’état hygrométrique de l’air, on les voit se recouvrir d’efflorescences cristallines composées de sel rejeté à l’extérieur. Certaines d’entre elles (fig. 4) ne tardent pas à se crevasser, ce qui indique qu’elles changent considérablement de volume et subissent une énergique contraction.
- Quand ce travail interne a pris lin, c’est-à-dire après quelques jours, les boules ont repris une consistance notable quoique peu inférieure à celle du plâtre moulé. En les brisant, on reconnaît qu’elles sont entièrement cristallines et je répète que ce résultat imprévu est tout à fait remarquable. Dans beaucoup de cas la structure est très analogue à celle du gypse saccharoïde de la nature et c’est ce dont
- 1 Bulletin de la Société chimique de Paris, 3e série, t. XXIX, p. 107, Paris, 1903.
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- on peut se convaincre par un coup d’œil sur la ligure 1 ci-jointe où est représentée une lame mince prise dans le produit d’expérience. Une lame mince, prise de la même façon dans la pierre à plâtre d’Àr-genteuil, présente rigoureusement la même structure.
- L’application de ce résultat à l’histoire de la roche semble d’autant plus légitime que cetle dernière manifeste en beaucoup de circonstances une association avec le sel marin. Le fait le plus saillant dans cette voie est la rencontre, dans la masse de marnes gyp-seuses, de certains accidents de structure (fîg. 5) qui, observés déjà par Desmarcls et Constant Prévost en 1809, ont été, après quelques hésitations, assimilés à la trace que donnerait le moulage des trémies de sel.
- On peut croire que la cristallisation du gypse est d'autant plus accusée que la quantité de sel qui est intervenue a été plus considérable, c’est-à-dire que sa dissolution a été plus concentrée. 11
- tives de l’écorce terrestre. Ce qui résulte de son témoignage, c’est que la profondeur du sol, au lieu d’être, comme on se l’imagine volontiers, le domaine de l’immobilité et du silence, une sorte de magasin où s’accumulent des productions de tous les âges destinées à s’y conserver indéfiniment, — est au contraire un milieu d’une incessante activité. Tout y est sans relâche en voie de modification progressive; à peine déposé, un sédiment commence déjà à s’y transformer et, au bout d’un temps très court, des caractères ainsi acquis viennent s’ajouter aux traits initiaux et parfois même les masquer et les faire disparaître. Nous ne saurions insister sur ce point de vue général dont l’adoption est de nature à procurer à la géologie de considérables accroissements : il nous suffit de le signaler, mais c’est parce que notre sujet devait comme conclusion nous amener fatalement, à des remarques de ce
- Fig. i. — Une boule semblable à celle de la fig. 6 mais que son séjour dans l’eau salée a rendue cristalline et a crevassée.
- Fig. 5. — Trémie de marnes gypseuses parisiennes.
- Fig. 6. •— Boule de plâtre à mouler préparée dans un petit ballon de verre qu’on a brisé après la prise.
- arrive, en effet, que l’on peut dépasser l’état de cris-tallinité ordinaire du gypse saccharoïde et obtenir une structure globulifère et rayonnée dont la figure 3 donne très exactement l’idée. La fig. 2 indique l’apparence du produit examiné en lame mince au microscope. Le résultat, malgré de grandes différences et surtout malgré sa dimension très réduite, peut faire prévoir qu’on trouvera un jour les conditions favorables à l’apparition des « pieds d’alouettes », c’est-à-dire dé lits entiers de grands cristaux de gypse rangés parallèlement les uns aux autres, avec leur grande longueur verticale et qui donnent à certains niveaux de la formation gypseuse un aspect si particulier.
- Dans tous les cas, les faits qui viennent d’être résumés très succinctement mettent en relief un nouveau cas oîi la méthode expérimentale est intervenue efficacement dans une question purement géologique. En nous procurant la reproduction artificielle d’une roche normale, dont les conditions de gisements sont bien connues et depuis très longtemps, elle nous permet de concevoir l’allure des phénomènes naturels d’où résultent les masses constitu-
- genre que nous avons pensé que l’histoire de la pierre à plâtre pouvait offrir quelque intérêt aux lecteurs de La Nature. Stanislas Meunier.
- LA QUESTION DU BLANC DE CÉRUSE
- La question du blanc de céruse est à l’ordre du jour et depuis plus de cent ans. Mais les hygiénistes vont enfin triompher. La volonté des pouvoirs publics s’affirme et la prohibition totale de ce poison est bien proche.
- La céruse, vulgairement nommée « blanc de Clichv », est un hydrocarbonate de plomb dont ia formule se rapproche de 2C05 + Pb (OH)2. Comme tous les composés du plomb elle est très toxique pour ceux qui la manient. Son emploi universel et journalier dans la peinture des murs et des boiseries en fait un danger social.
- Ce blanc de plomb est obtenu industriellement. Jadis les ouvriers des fabriques de blanc de céruse, les céru-siers, la fabriquaient à sec. Aucune précaution n’était prise contre les poussières et la mortalité était énorme. Maintenant qu’elle est broyée humide ou en présence d’huile le danger est moindre. Il reste malheureusement le même pour la seconde catégorie d’ouvriers qui manient le produit, les peintres en bâtiments: ils sont 70000 en France!
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- Selon les paroles mêmes du délégué de la Fédération nationale des Syndicats d’ouvriers peintres, « il n’y a qu’un seul remède, radical, inévitable : la prohibition du poison comme mesure de salut public et professionnel )).
- Le peintre absorbe du plomb de trois façons :
- 1° Kn respirant des poussières de. céruse : soit qu’il fasse du ponçage, opération qui consiste à frotter avec une feuille de papier de verre une partie déjà recouverte de peinture, avant de badigeonner une seconde couche ; soit qu’il racle de vieilles peintures; soit simplement qu’il vive, marche et travaille dans un « milieu de peinture )).
- ‘2° En résorbant des sels de plomb par la peau : dans le travail du badigeonnage, ses mains et sa ligure sont sans cesse tachés île céruse ; dans le masticage il est obligé de tenir et de malaxer dans la paume de sa main gauche le paquet de mastic (composé de blanc de Meu-don, de blanc, de céruse. et d’huile); dans l’enduisage enfin il est encore plus exposé ; pour être un bon ouvrier il faut aller vite et « mettre la main à la pâte». Cela consiste à prendre l’enduit à pleine main.
- 5° En avalant de la peinture : Sans doute l’ouvrier peut se garantir un peu. Il peut se placer un bandeau sur la bouche pour n’avoir pas les lèvres ou les moustaches éclaboussées, ne jamais fumer en travaillant, se nettoyer les mains et, les ongles avec le plus grand soin avant de prendre ses repas et ne jamais les prendre dans l’atelier. Mais tous cela est un peu théorique. Devant un danger habituel tout homme, surtout ignorant , se laisse, aller aux imprudences.
- Dans ce métier de la mort, l’ouvrier peintre est condamné d’avance, et pour vivre il lui faut accepter de s’empoisonner. Il est évident que, tant que l'employeur aura le droit de choisir le blanc, de céruse, ce n’est pas l’employé qui pourra refuser de s’en servir; et pourtant ce, ne sont pas les tristes exemples qui lui manquent. Souvent, lui-même, est pale, a le teint terreux. Ses gencives sont, bordées d’un liséré bleuâtre et son haleine est fétide. Il a fréquemment du tremblement, des troubles étranges de la sensibilité, une, impression pénible de lassitude. Mais ce qui l’épouvante le plus ce sont les accidents suraigus, douloureux et dramatiques, souvent fort graves qui brusquement frappent ses camarades, le frapperont sans doute un jour lui-même.
- C’est surtout, la colique, de plomb, le plus fréquent de. tous, celui pour lequel les peintres sont le plus souvent admis dans les hôpitaux, le, plus tenace, le moins grave, cependant, mais le, plus douloureux. Elle débute généralement en pleine santé apparente. Le malade est angoissé, la face très pâle. L’abdomen est contracté, sensible à la plus légère pression. Il n’y a pas de fièvre, mais des vomissements. Cette première colique dure généralement peu. On la calme facilement avec de la morphine. Mais elle récidive et finit par durer. Certains ouvriers ont un « chômage d’empoisonnement » plusieurs mois par an.
- Et cet empoisonnement prend mille autres formes : c'est tantôt un accès de goutte saturnine; cette maladie de riche s’abat sur des misérables, dont le plomb a perturbé tous les échanges organiques; successivement elle envahit toutes les articulations, les accès deviennent de plus en plus longs, torturent le malade des semaines, des mois, déforment ses articulations — tantôt une crise délirante ou convulsive d’encéphalopathie saturnine : ce sont les cas où le poison « préfère » le cerveau. C’est la mort en peu d’heures — tantôt des paralysies, des tares nerveuses indélébiles. Ces lésions nerveuses sont infiniment fréquentes. Elles sont très spéciales au plomb, et transforment, parfois en peu de temps, les plus solides ouvriers
- en infirmes incurables. Ce sont les muscles les plus utiles à l’ouvrier qui sont les premiers pris, naturellement, parce que ce sont les plus surmenés. Le type clinique de la paralysie saturnine chez les ouvriers peintres est la paralysie des muscles extenseurs des doigts et du poignet. Au début cette paralysie n’atteint que le médius et l’annulaire. Le malade peut relever l'index et l’auriculaire : il « fait les cornes ». Puis tous les doigts sont fermés sur la paume et la main fléchie sur l'avant-bras. Tous les muscles peuvent être pris successivement, ou d’emblée.
- Contre un tellïéau, il semblerait que depuis longtemps l’accord eût dû se faire. 11 y a cent vingt ans déjà Guyton de Morveau plaidait la cause des ouvriers peintres décimés par la céruse et pas un pays au monde n’en a encore interdit l’emploi.
- C’est de 1900 que, date le dernier effort des anticéru-siens. 11 aboutissait bientôt à un premier résultat : le 18 juillet 1902, un décret réglementait très précisément l’emploi de la céruse dans la peinture en bâtiment. Dès ce moment commençait l’énorme contre-elfort des partisans de, la céruse : chambres syndicales des entrepreneurs de peinture et fabricants de céruse. Dans cette lutte acharnée contre l’évidence, tous les moyens furent bons. Le 1" août 1902, la Chambre syndicale de la Gironde si1 réunissait en assemblée extraordinaire. Elle demandait que le décret du 18 juillet 1902 fût rapporté, et que « les décrets régie.mentant les détails du travail afférent à chaque méfier, ne fussent édictés qu’avec les plus grandes précautions afin de sauvegarder la liberté industrielle et la liberté de chacun », —la liberté,de s’empoisonner apparemment.
- Mais toute cette agitation ne valait guère contre le grand courant d’opinion publique qui s’était formé. Le 30 octobre, 1902, trois mois après le premier décret, le Ministre déposait un projet de loi sur le bureau de la Chambre : dans le délai d’un an, à partir de la promulgation, l’emploi du blanc de céruse et de l’huile de lin lithargirée devait être interdit dans tous les travaux d’impression, de, rebouchage et d’enduisage, — dans un délai de trois ans cette, interdiction devait s’étendre à tous les travaux de peinture, de quelque nature qu’ils fussent,, exécutés à l’intérieur des bâtiments, — enfin sur simple règlement d’administration publique, rendu après avis du Comité consultatif des Arts et Manufactures, et de, la Commission d’hygiène industrielle, cette, interdiction pouvait être étendue aux travaux exécutés à l’extérieur des bâtiments et à l'emploi des autres produits à base de plomb. M. J. L. Breton était, nommé rapporteur.
- Loin de se décourager, les Chambres syndicales organisèrent un plus vaste effort encore : une circulaire fut envoyée à tous les entrepreneurs de France, ;. c’était, un questionnaire habile, que chaque patron devait remplir et faire remplir à ses employés. Pour bien organisée qu’elle fût,, cette pression ne devait donner qu’un résultat médiocre. D’abord elle n’apporta que fi à 7000 réponses sur 70 000 peintres et la valeur de ces réponses était jugée pour tout homme de bonne foi. C’est ce que pensa M. Breton qui écrivait dans son rapport : « Il est évident que nous ne pouvons tenir compte que dans une mesure très restreinte de ces nombreuses signatures ouvrières, recueillies directement par les patrons ; chacun sait que, dans ces conditions, il arrive trop souvent que l’ouvrier est forcé, sous peine de renvoi, de partager l’opinion de son employeur. »
- Le projet de loi fut.voté. 11 est maintenant devant le Sénat. La commission sénatoriale, chargée de l’étudier, nomma rapporteur M. le sénateur Treille. Si invraisem-
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- blable que cela soil,, M. le sénateur Treille, si désintéressé pourtant dans la question, est, contre l’évidence même, un partisan acharné de la céruse, acharné et habile. Dans un volumineux rapport il s’attacha passionnément à interpréter les résultats de l’enquête des Chambres syndicales d’entrepreneurs de peintures.
- On comprendra que nous ne nous arrêtions pas aux réponses des ouvriers. Selon l’opinion môme de M. Breton, il faudrait en déduire que « la profession de peintre est de beaucoup la moins insalubre » ! Mais quelques opinions d’employeurs valent une publicité. L’un déclare « que ses ouvriers, et surtout les plus anciens, ont toujours eu une santé des plus florissantes ! )) — un autre, qui exerce depuis cinquante-trois ans, n’a jamais connu de collègue, ayant travaillé comme ouvrier et d’ouvrier, malade de l’emploi de la céruse — un autre, depuis 18-44, sur 150 000 journées de travail, n’a eu que 10 journées de maladie! — Un patron ose écrire « qu’il n’a jamais vu que des mauvais ouvriers, sales, alcooliques ou fumeurs invétérés se plaindre de semblants de coliques pour se faire apitoyer »! semblant de colique est sinistre pour une des pires douleurs qui puissent tordre un pauvre corps humain. Enfin où l’accord est unanime, c’est pour rejeter tous les méfaits du plomb sur l’alcool.
- Un des répondants a résumé la formule en une phrase lapidaire. « En interdisant l’alcool on supprimera la colique de'plomb. » Nous ne le croyons pas. L’alcool a bon dos. Si les alcooliques résistent moins à l’empoisonnement par le plomb, sans doute aussi les saturnins résistent moins à l’alcool. On leur dira qu’ils n’ont qu’à ne pas boire. En fait c’est un peu le raisonnement d’un cocher qui répondrait : je n’écrase que les sourds. C’est encore trop.
- Enfin, après de minutieuses enquêtes et contre-enquêtes, après interprétation de statistiques innombrables d’hôpitaux et hospices, après signalement de quelques heureuses trouvailles de nonagénaires qui se souvenaient avoir été peintres, M. Treille concluait très fermement en faveur de la céruse. llàtons-nous de dire que ces conclusions n’auront, pas de suite.
- Déjà, devant le désarroi de l’opinion publique, le Ministre du Commerce avait chargé, à la date du3 novembre 1905, M. Mosny, médecin des hôpitaux de Paris, de faire une dernière enquête, durant une année, dans les hôpitaux de France. Devançant, ses conclusions, la Commission sénatoriale, dans sa séance du 16 mars 1906, s’est ralliée au texte voté par la Chambre, et M. Pedebidou, sénateur des Hautes-Pyrénées, fut chargé du nouveau rapport.
- La prohibition de l’emploi de la céruse est, dès maintenant, virtuellement acquise. C’est une bonne action. Nous sommes bien incompétent, pour discuter les mérites du blanc de zinc et autres composés inoffensifs qu’on pourra substituer au blanc de plomb. Mais beaucoup d’ingénieurs et d’entrepreneurs estiment que cette substitution peut s’accomplir. S’il y a des inconvénients on cherchera le moyen de les éviter et on trouvera.
- Dans cette question si passionnément discutée, c’est l’erreur de, tous de s’adresser aux intéressés, patrons et ouvriers, ou à leurs représentants. Les uns sont trop partiaux, les autres trop insouciants ou ignorants. Seuls, les hygiénistes, les savants doivent avoir la parole.
- Ils sont unanimes. Napias, membre de l’Académie de médecine, directeur de l’Assistance publique, déclarait que « chaque année la céruse envoie à la mort des centaines d’ouvriers et en estropie des milliers »; — Laborde affirmait que, « à Paris, sur 30000 ouvriers peintres, il faut compter près de 1500 malades plus ou moins infir-
- mes et professionnellement incapables, et comme chiffre annuel de mortalité 150 ».
- Cela n’esl rien encore. Ce qui fait de la céruse un poison social, ce sont les troubles organiques qu’elle engendre qui gardent un caractère banal. M. le professeur Brouardel, avec sa haute compétence, l’a très précisément mis en lumière, devant les Commissions parlementaires : « A partir du moment où un individu est intoxiqué par le plomb, toute son économie, foie, rein, moelle1, cœur, artères, tout est pris. On ne meurt pas, ou du moins l’on meurt rarement de coliques de plomb ou de paralysie saturnine, et l’on ne porte, comme morts de saturnisme sur les sta-Jistiques que les morts par coliques de plomb et par paralysie saturnine. Mais on meurt par dégénérescence cardio-vasculaire, par lésion du rein ou d’autres organes, 4 ou 5 ans après que le malade a abandonné sa profession ».
- La céruse tue comme l’alcool, autre poison social, lentement, à petite dose, jour par jour, sûrement. Elle crée un « terrain saturnin ». Elle modifie la nutrition, trouble» à jamais la vie cellulaire.
- A ceux <pù signaleraient quelque heureuse exception, un cas de longévité, nous répéterions la phrase même de M. Brouardel: « Nous trouvons quelquefois des alcooliques qui atteignent 90 ans sans que cela prouve que l’alcool n’en a pas moins tué un grand nombre d’autres. Il y a des gens qui portent bien l’alccol. 11 se peut qu’il y en ait qui portent bien le plomb ».
- Il faut encore apporter, pour ceux qui seraient tentés de douter, l’affirmation des chimistes et des histologistes.
- Chez tous ceux qui ont, longtemps travaillé des composés de plomb, on trouve du plomb en quantité appréciable, dans tous les viscères. Une fois dans l’organisme il se fixe, sur la cellule à l’état d’albuminate très stable. 11 persiste des mois, des années. On comprend quelles transformations pathologiques il peut produire dans les organes. Parfois brusquement il se solubilise, cause un empoisonnement aigu.
- Ces lésions, le microscope nous les signale dans toutes les autopsies et l’expérimentation nous permet de les retrouver chez les animaux. Le rein, organe d’élimination, est naturellement un des premiers attaqués. La néphrite interstitielle saturnine est une des raisons de mort la plus fréquente chez les peintres. Les lésions de la moelle épinière et des nerfs sont très spécifiques dans les empoisonnements chroniques par le plomb et le Dr Gombault les a reproduites chez les animaux en leur faisant absorber du blanc de céruse. Les artères des hommes de trente ans sont des artères de vieillards. Enfin à l’analyse du sang, on constate que le nombre des globules rouges s’abaisse de 4 millions et demi à 2 millions et demi, en faisant des proies faciles pour la tuberculose.
- Maladie fatale pour l’individu, la maladie de la céruse est encore fatale pour la race. Il y aune hérédité de plomb, comme il y a une hérédité de l’alcool, comme il y a une hérédité de toutes les grandes maladies chroniques.
- Que pourrions-nous ajouter? Toutes les déclarations optimistes ne peuvent rien contre de pareilles constatations. S’il fallait des preuves extra-médicales, sait-on que les assurances refusent d’assurer les accidents provenant de la céruse? On n’assure pas le suicide en France.
- Et qu’on ne vienne point par une dernière et mauvaise querelle objecter que les pays étrangers ont la « liberté de la céruse », que seules la Belgique et l’Allemagne ont depuis peu une réglementation assez anodine. Cela nous importe peu. Dans la voie du progrès la France n’a jamais craint de passer la première. D' Poncettûn.
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- Fig. 1. — Métier à tisser sous une (ente de nomades.
- La régulation des tapis de Kairouan est universelle, l’harmonie de leurs dessins et la fixité de leurs couleurs les font rechercher. Kairouan est la ville sainte où ils sont lissés et lancés dans le commerce.
- L’Européen qui visiterait la ville chercherait en vain les ateliers où sont fabriqués ces merveilleux tapis, enréa-lité il n'y en a point.
- Mais, s’il lui est permis de visiter quelques habitations indigènes, il est presque certain de trouver dans chacune d’elles, soit dans un coin de la cour intérieure, ou patio, soit dans quelque chambre d’apparence misérable au sol battu cl, recouvert d’une natte plus ou moins effritée, le fameux métier, métier tout primitif à l’aide duquel la femme de la maison tisse, à ses heures de loisir, le tapis si renommé.
- Oh ! ce métier ! c’est tout un poème de simplicité et de rusticité : deux madriers sommairement équarris, parfois tordus, sont dressés verticalement
- contre la muraille. Le sol et le mur sur lesquels appuie n t leurs extrémités sont creusés de façon à les maintenir en place dans la position inclinée. À leur tour ils soutiennent les deux ensouples : une traverse supérieure sur laquelle est enroulée la chaîne formée par des ficelles et une traverse inférieure retenue à quelques décimètres au-dessus du sol sur laquelle s’enroulera le tapis à mesure de sa confection.
- Les outils peu nombreux gisent çà et là sur la natte : c’est un peigne en fer à longues dents, à manche courbe qui servira à tasser la laine fixée à la trame ; puis des
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- ciseaux à lames larges un peu courbes et d’une étrange longueur. Peigne et ciseaux évoquent par leur forme et leur façon les outils archaïques
- Fig. 5. — Type de lapis de Kairouan.
- que l’on retrouve dans les collections de nos musées industriels. Puis c’est un morceau de bois dur luisant et dressé qui permettra de tondre les laines du tapis à la longueur voulue et uniformément; enfin, quelques dévidoirs primitifs et des couffins d’où émergent des écheveaux de laine diversement colorés, mais de teintes généralement sombres, complètent l’outillage.
- Assise derrière le métier, la mère travaille aidée de ses filles qui lui apprêtent les bouts de laine et apprennent ainsi peu à peu tous les secrets du travail. Presque tous les Arabes du Sud tunisien fabriquent des tapis, nous avons vu le métier installé sous la tente d’une famille nomade. Lorsque la tribu se déplaçait, le métier plié, chargé sur le dos d’un âne au milieu d’objets les plus disparates, sui-
- vait la longue théorie de chameaux portant les lentes et les ustensiles de toute la colonie. Au nouveau campement le métier était déplié, réinstallé et l’ouvrière reprenait la confection du tapis arrêtée durant le voyage.
- La laine dont on se sert est rude au loucher et offre une grande résistance à l’usure. Elle est teinte par les procédés anciens. Les couleurs d’aniline, dont la fugacité est connue, sont proscrites; aussi la gamme des couleurs est-elle restreinte. Elle comprend le jaune, le bleu, le vert, le rouge, le brun plus ou moins clairs et foncés, enlin une couleur noire. Le blanc est rarement employé.
- Le tapissier est assis par terre à la mode arabe,
- jambes croisées devant le métier, sur lequel la chaîne est fixée aux ensouples. Il noue aux ficelles de la chaîne des bouts de laine de couleur choisie, laissant aux extrémités libres une longueur d’en-
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- viron 25 millimètres. Il pose ainsi plusieurs rangées horizontales de bouts de laine, en les séparant par une duile formée de bouts de laine neutre et en croisant la chaîne à chaque duite. Puis, à l’aide du peigne à longues dents, il tasse les points posés, régularise leur horizontalité. Enfin, armé du calibre et des ciseaux, il tond à hauteur voulue les bouts bottants, ce qui lui permet déjuger de la régularité de son dessin ainsi que de l'clfet obtenu. A mesure que la confection du tapis avance, le tapissier l’enroule sur l’ensouple inférieure de façon à maintenir le « champ du travail » à peu près à la môme hauteur. Le procédé est simple, il est le même dans toutes les maisons, pour tous les métiers. L’Arabe le tient de son père, il le transmettra à ses enfants sans le modifier. Le tapissier, d’ailleurs, travaille sans modèle, il a son dessin dans « l’œil et dans la main », il fait toujours le même tapis ou répète les mêmes motifs. Les hésitations que l'on découvre jdans son travail, les rapprochements parfois criards des couleurs témoignent du sentiment souvent rudimentaire qu’il a du dessin des formes qu’il représente et de son goût douteux de l’harmonie des couleurs.
- L’industrie des lapis est une industrie lamilialc et c’est pourquoi les tentatives faites pour la réhabiliter n’ont donné que peu de résultats. Il y a quel-
- Fi^. 5. — Tontn' île* la laine.
- ques années nous avons vu à Tunis de jeunes enfants travaillant au métier sous la direction d’un excellent contremaître indigène, ils savaient relever les points, dessinés sur bande, on corrigeait ainsi le tracé un peu relâché du dessin, on éduquait l’œil, on corrigeait le sentiment du coloris. Cet atelier n’existe plus, l’industrie du tapis n’est pas sortie du domicile de l’Arabe. Si c’est là une garantie pour l’amateur, c’est aussi la cause de la rareté des beaux travaux et de leur cherté.
- Plus de 450 familles kairouanaiscs fabriquent des tapis, on évalue à 225 000 francs leur produit annuel. Ces tapis sont des Zerbia, des Merghoum, des lveliià, des Klim. Les Merghoum, tapis brodés à points serrés par un lil de colon blanc, les Ketifa à longue laine et les Klim ou tapis pour tentures sont les plus répandus.
- On lai trique encore des tapis dans tout le sud
- r
- Fiff. 0. — Lavas** fie la laine.
- Tunisien, dans les oasis du Djérid, dans l’Arad et au pays des Troglodytes. Ceux du Sahel et de l’Arad sont parfois aussi beaux que ceux de Ivairouan.
- G. Cl 1ERTOCS.
- ^sSS»
- SUR QUELQUES POINTS
- des théories chimiques
- Ces théories sont celles qui cherchent à interpréter la composition de certains corps de la chimie minérale à l’aide des principes admis en chimie organique. M. Wyrou-hofï, professeur au Collège de France, a montré, dans une conférence, faite le 10 mars dernier à la Sorbonne, qu’une pareille interprétation est légitime et féconde et ne peut apporter que des résultats satisfaisants.
- La chimie minérale étudie des corps qu’on a appelés « corps complexes », hases, acides ou sels, et dont la constitution ne rentre pas dans les formules ordinaires ; on les a longtemps considérés comme des exceptions. M. Wyrouboff en fait des analogues aux éthers composés de chimie organique, en remarquant qu’un éther est une combinaison de corps neutre et d’acide avec élimination d’eau.
- Sous cette forme générale, la définition peut passer en chimie minérale.
- On s’expliquera qu’un corps puisse tour à tour, suivant qu’il a ou non de l’eau de constitution, donner un éther ou n’en plus [donner avec".un acide; cela revient à assimiler le sel hydraté à un alcool.
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- El tous les sels seront hydratés, quoique le nombre des sels anhydres connus soit considérable, car il n’est question que des sels dissous dans l’eau ; on verra un seul et môme corps, le sulfate d’alumine, précipiter par l’acétate de baryte en solution étendue, et se comporter différemment en solution concentrée. Cette exception est bien connue depuis longtemps déjà.
- 11 résulte de là que les hydroxydes métalliques peuvent avoir la fonction basique ou la fonction alcoolique, suivant qu’ils conservent ou éliminent tout ou partie de leurs oxhydriles, c’est-à-dire de leur eau de constitution. On peut objecter qu’il est difficile qu’un corps dont les valences sont satisfaites, comme l’un de ces hydroxydes, par exemple l’hydrate ferrique, puisse se combiner et cela avec un grand dégagement de chaleur, à la suite de la combinaison.
- Mais cette objection est fondée sur un malentendu qui domine toute la chimie minérale : on confond la valence avec l’énergie chimique, et l’on suppose que la première étant satisfaite, la seconde est épuisée; et pourtant le sulfite neutre de sodium, qui, par définition, a toutes ses valences satisfaites, dégage 2 calories 5 en se combinant à l’eau; le sulfate vert de chrome, avec 3 molécules d’acide sulfurique, forme un acide qui peut encore se combiner à la potasse.
- Ce qui se sature dans un sel n’est pas la valence du radical métallique, mais le radical hydroxyde, métal -f eau de constitution.
- Un sel est donc en réalité un composé saturé par addition, mais si on remplace par substitution ses oxhydriles, il donne des composés qui sont entièrement comparables aux éthers.
- Si les hydroxydes sont ou peuvent devenir des alcools, comme il vient d’être dit, il faut qu’ils soient susceptibles de former comme les alcools organiques des éthers simples, c’est-à-dire résultant de la condensation de deux molécules d’alcool avec élimination d’eau.
- C’est en effet ce qu’on observe.
- Que sont les. anhydrides plus ou moins incomplets sinon des soudures de molécules avec élimination d’eau, et quelle différence y a-t-il entre les deux réactions?
- et
- 2 C-H5. Oïl
- Alcool ordinaire.
- 2 Fe. (OH)3
- C2ll3.0.C2ll3 +
- Éther ordinaire.
- II2 0
- Eau.
- Fe2 (OH)2.0. FeOH2 + IPO.
- Hydrate ferrique.
- Seulement en chimie minérale ces sortes de condensations vont beaucoup plus loin, sont plus faciles à produire, et il est extrêmement vraisemblable que tous les hydroxydes à l’état solide ne sont que des corps formés par départ d’eau de constitution ; cela est démontré pour l’hydroxyde de zinc (M. de Forcrand) et doit être généralisé.
- Que la théorie précédente soit vraie ou fausse, c’est une tentative, nécessaire à l’avenir de la chimie minérale, d’explication de ces « corps complexes », souvent négligés jusqu’ici.
- 11 est absolument impossible actuellement à la chimie minérale de rester à ses anciennes conceptions; la fonction'chimique doit être une notion commune aux deux branches de la chimie générale, et il nous a paru intéressant d’attirer particulièrement l’attention sur ce point spécial de philosophie chimique. A. L.
- L’ARTILLERIE AUTOMOBILE
- L’Amirauté britannique a fait essayer, tout dernièrement, à Whale Island, une voiture automobile armée d’un canon Maxim. On a fait grand bruit, chez nos voisins d’oulre-Manche, autour de celte application, très pratique d’ailleurs, de la locomotion mécanique à l’artillerie. Elle rendra avant peu de grands services aux compagnies de débarquement de la marine anglaise.
- L’utilisation de l’automobilisme par les divers services de la guerre, n’est pas chose nouvelle; dès que le moteur à explosions fut appliqué à la locomotion sur route, aussitôt on comprit, dans les milieux techniques militaires, l’importance du rôle que l’automobile devait jouer au point de vue de la défense nationale. On commença, tout de suite, à employer les voitures automobiles pour le transport des officiers supérieurs; on les utilisa, en plusieurs circonstances, pour la transmission des ordres et on les mit, à cet effet, à la disposition des généraux commandant les grandes manœuvres et des officiers d’ordonnance des divers états-majors. Mais celte première application devait être suivie de plusieurs autres beaucoup plus pratiques, ayant une importance très grande.
- L’industrie fabriqua de lourds camions à traction mécanique; l’armée les utilisa aussitôt. Dans un avenir très prochain, nous verrons certainement le train des équipages, ainsi que certains services de l’artillerie et du génie, se servir de voitures et de chariots automobiles, construits spécialement poulies besoins militaires. En attendant, dans plusieurs pays, on construit des voitures spéciales automobiles munies de canons.
- Il faut que les armées suivent les progrès industriels, sous peine de se mettre dans un état d’infériorité qui pourrait avoir les plus funestes conséquences. En ce qui concerne l’automobilisme, la question est sans doute plus grave que pour bien d’autres progrès. Une transformation s’est produite, en ces dernières années, dans les modes de transports en commun des principales villes du globe : la traction mécanique remplace partout la traction animale. En temps de guerre, les gouvernements réclament aux grandes compagnies de tramways et .d’omnibus les chevaux dont ils ont besoin pour leurs troupes. D’ici peu ces compagnies n’auront plus de chevaux, ces bêtes ayant été remplacées par l’électricité, la vapeur ou l’alcool. Il faut donc que les administrations militaires fassent comme l’industrie civile, quelles renoncent au cheval, qu’elles le remplacent par la traction mécanique, quelles emploient la voiture automotrice.
- Nous n’en sommes pas encore à la fin du cheval ; mais avant peu il pourrait bien y avoir disette — le mot a été dit — et cela serait fort dangereux pour la sécurité nationale. Le cheval est, en effet, un facteur important. Le gouvernement militaire de Paris
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- réclamerait à lui seul, en cas de mobilisation, plus de 20000 chevaux, pour ses divers régiments d’artillerie.
- L’artillerie automobile devient donc un problème très urgent; sa solution est à l’ordre du jour des préoccupations modernes. 11 y a longtemps, d’ailleurs, qu’on s’en occupe. Lorsque les Anglais firent la campagne de l’Égypte, ils se servaient déjà des trains blindés, arme's de canons et de mitrailleuses; ces engins, précurseurs du canon automobile actuel, rendirent de grands services. L’idée n’était déjà pas nouvelle à cette époque; elle avait été mise en pratique, bien des années avant, puisque, à la fin du siège de Paris en 1871, on avait imaginé de faire sortir des locomotives blindées. Ces forteresses à vapeur circulèrent sur les voies des chemins de fer de l’Est et du Nord ; elles avaient pour mission de rcconnaitre les travaux d’approche et les ouvrages de fortifications construits par les Prussiens.
- Mais c’est même bien avant 1871 qu’il faut faire remonter l’apparition de la première artillerie sans chevaux. Les mémoires de Grimm disent que, il y a environ cent trente-cinq ans, on expérimenta « une machine à feu adaptée à un chariot pour le transport de l’artillerie avec une rapidité extraordinaire ». La machine en question n’était autre que le « fardier » de l’ingénieur français Cu-gnot, cette voiture à feu qui est l’ancêtre en ligne directe de l’automobile d’aujourd’hui.
- Vers 1770, on songeait donc déjà à tirer de la locomotion toute une utilisation militaire. Cugnot expérimenta un premier type de voiture; il reçut 20000 livres pour en construire un second plus perfectionné, qui ne fut jamais essayé. L’exil de M. de Choiseul fit abandonner le projet.
- Aujourd’hui la voiture de guerre automobile préoccupe tous les ingénieurs militaires et dans plusieurs pays, en Europe et en Amérique, on expérimente avec beaucoup d’attention des canons automobiles.
- Les essais faits, à l’École d’artillerie de Whale-Island, ont été très concluants. Le canon Maxim automobile, dont nous avons parlé au début de cet article, est un engin de guerre nouveau qu’on expérimente et transforme depuis plus d’un an. On con-
- sidère qu’il est appelé à rendre de grands services. Le War Office en a commandé un grand nombre, qu’il compte faire utiliser dans les Colonies Britanniques, et la Navy Admiralty en donnera d’autres aux compagnies de débarquement de la marine. Cette voiture, très légère, servira dans les reconnaissances ou les explorations à terre.
- Il s’agit, dans le cas qui nous occupe, plutôt d’une application que d’une invention : un canon Maxim du dernier modèle ou une mitrailleuse est installé sur une voiture construite, à l’effet de recevoir l’une ou l’autre de ces pièces, avec certains aménagements spéciaux.
- Le canon n’a rien de particulier; mais la voilu-rette est intéressante par les dispositions spéciales qu’on lui a données. C’est le véhicule, d’ailleurs, qui est le facteur principal de cet instrument de combat. Le moteur dont il est muni lui permet de transporter le canon avec une grande rapidité et, après le tir, de battre en retraite et de revenir à toute vitesse. Ce moteur, à pétrole ou à alcool, est placé à l’avant de l’auto dans un coffre spécial, recouvert de 1 lindages en acier qui le préservent contre les coups de l’ennemi. Grâce à lui, la voiture peut faire aisément 40 kilomètres à l’heure, en dépit du poids des charges et des projectiles que porte ce véhicule militaire.
- Trois hommes seulement sont attachés à cette pièce. Un sous-officier et un canonnier de la flotte prennent place à l’avant de la voiture, à droite et à gauche du canon ou de la mitrailleuse, derrière un blindage en tôle d’acier. Un troisième marin, faisant fonction de servant de pièce, se tient à l’arrière, formé d’un compartiment clos qui sert de magasin aux projectiles. Cet homme a pour mission unique de passer les munitions au canonnier d’avant, au fur et à mesure qu’elles sont nécessaires.
- Le sous-officier est le chef de la pièce. Il commande les tirs et fait manœuvrer lui-même la voiture. C’est lui qui tient la manivelle, et qui dirige l’auto, qu’il conduit et tient dans la direction du tir avec la vitesse qu’il juge utile. Le marin, assis à l’avant, charge la pièce avec les projectiles que lui passe l’homme de l’arrière. Il pointe suivant les instructions qui lui sont données directement par le chef de
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- pièce et l'ait leu au commandement de ce dernier.
- Le canon automobile de Whale Island peut être tiré indistinctement, au repos ou en marche; le tir sur place ne fait éprouver qu’un faible recul à la voiture ; le tir en marche, à une vitesse de 25 à 40 kilomètres, ne modilie en rien l’allure du véhicule, si rapides ou rapprochés que soient les coups de canon.
- La mitrailleuse et le canon Maxim sont disposés sur une colonne en bronze à pivot tournant, ce qui permet de tirer soit en face, soit à droite, soit à gauche, sans modifier la direction de la marche. Une échancrure, pratiquée sur le montant blindé de l’avant, rend le tir possible dans un rayon déterminé.
- ment et qui, grâce à son moteur, se rend avec vitesse aux emplacements qui le réclament.
- Dernièrement, en Allemagne, il a été fait des essais très curieux de canons automobiles sur voitures blindées. Les résultats de ces expériences, faites en présence de hautes personnalités militaires, sont restées secrètes.
- En Autriche, il y a quelques mois, on a fait au contraire grand bruit autour d’une voiture cuirassée automobile, munie d’une tourelle-barbette et armée d’un canon. Les particularités qui caractérisent ce véhicule militaire sont les suivantes : canon à tir rapide ; possibilité de marcher à la fois sur roules et à travers champs. Le moteur d’une puissance de
- Fig. 2. — Forteresse blindée automobile de construction française.
- L’engin de guerre anglais, dont nous venons de parler, se signale surtout par sa légèreté. Tout autre est l’automobile cuirassée que construisit dernièrement un officier du génie des États-Unis, et qu’il baptisa « Captain Dayton’s automobile fort ». Cet instrument — cette machine de guerre — ressemble aux trains blindés de la guerre d’Égypte et aux locomotives du siège de Paris. Il est en progrès sur eux cependant puisque le véhicule en question peut, en quelques minutes, se transformer en une sorte de petite forteresse et étendre sa façade cuirassée sur plus de 9 mètres de front. L’emploi de l’auto du capitaine Dayton a pour objet principal la protection des soldats travaillant à construire des fortifications, creusant des tranchées ou établissant un pont de bateaux. C’est un fort mobile qui se déplace rapide-
- 40 chevaux est, comme la voiture et son artillerie, de fabrication autrichienne. Cette forteresse ambulante peut rouler avec une vitesse de 50 kilomètres sur route, et de 55 à 40 kilomètres dans les terrains de culture ou les prairies, suivant la nature du sol.
- Dernièrement, les constructeurs de Puteaux, MM. Charron, Girardot et Yoigt ont convié le ministre de la guerre et diverses personnalités militaires aux essais d’une forteresse automobile blindée, armée d’une mitrailleuse Hotchkiss, destinée, paraît-il, au gouvernement russe. Cette nouvelle voiture, montée sur un châssis de 30 chevaux, pèse 5 tonnes. Elle semble très pratique, à cause de son blindage, delà casemate tournante où se trouve une mitrailleuse ; et de la vitesse — 40 kilomètres — avec laquelle cet engin peut se déplacer. Un dispositif spécial per-
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- met à cette voilure de guerre de franchir vallons et fondrières; les ornières des terrains de culture n’effraient pas plus ses pneus que les durs cailloux des routes.
- Pour compléter celte étude rapide des essais si divers d’artillerie automobile, il faut citer le wagon blindé de "la « First Sussex Ardllery Volunteers », qui porte un canon — 40 pounder gun — monté sur une colonnelte à pivot tournant et installé au milieu d’une voilure blindée, qui, elle-même, est nlacée sur une plate-forme.
- Lord Charles Beresi'ord, dans une de ses tournées d’inspection, après avoir examiné le véhicule en question, et fait tirer son canon, a constaté que cet « utile engin peut être considéré comme une véritable forteresse montée sur roues ».
- Tous les essais que nous avons cités, sont fort intéressants ; mais ces tentatives isolées ne marquent pas encore la transformation définitive de l’artillerie, quoique leurs diverses applications indiquent cependant une tendance vers une évolution très sérieuse et encore plus complète.
- La transformation de l’artillerie actuelle à traction animale en artillerie automobile a été envisagée par de hautes personnalités militaires, qui ne voient pas ce projet comme impossible. L’idée n’est plus une utopie; elle est enLrée, au contraire, dans le domaine des réalisations pratiques. 11 se pourrait même que, sans songer pour le moment à la création d’engins nouveaux, on arrivât, dans un avenir peu lointain, à transformer successivement les bouches à feu actuelles. La solution n’est guère compliquée; elle réside tout entière dans le remplacement, très facilement réalisable, des avant-trains actuellement en service par d’autres avant-trains automoteurs montés sur quatre roues.
- Rien ne serait changé à la pièce ni à son affût, deux éléments qui ne peuvent être séparés. Le nouvel avant-train serait relié au canon par le système de suspension en vigueur ou tout autre moyen d’attache assurant l’indépendance indispensable de la pièce et de son tracteur.
- Il est fort possible que nous ne soyons pas éloignés delà solution de ce grave problème de la transformation de l’artillerie. En Angleterre, en Autriche et aux États-Unis, on étudie très sérieusement F avant-train automobile, après avoir examiné et essayé toute une série de systèmes de chariots devant recevoir et porter le canon ainsi que son affût. Tout le monde travaille en secret. Espérons qu’en France, le pays par excellence de l’automobile, la question n’est pas négligée non plus !
- En attendant la transformation automobile de l’artillerie, il faut considérer les diverses voitures blindées avec mitrailleuses ou canons comme le point de départ de l’évolution. Ces engins, dans les guerres modernes, rendront déjà des services pour l’offensive aussi bien que pour la défensive ; il faut les considérer comme des torpilleurs terrestres, de rapides et hardis éclaireurs. Wiu. Darvillé.
- CHRONIQUE
- L’électricité à bord d’un grand transatlantique. — 11 est curieux de constater le rôle que joue l’électricité dans les grands navires à passagers. Sur le Lusilania, un des géants que se l'ait construire la Compagnie Cunard, on installera une station génératrice comportant 4 turbo-générateurs Parsons produisant 4000 ampères sous 110 volts. Des moteurs électriques actionneront les machines auxiliaires du bord, dont 10 ventilateurs pour les cales ou les chambres frigorifiques, puis une soixantaine d’autres destinés aux aménagements des passagers. Electriquement seront actionnés deux ascenseurs pour les passagers et deux autres pour les bagages ; d’autres moteurs auront charge de mettre à l’eau les embarcations, de manœuvrer la sonde, de commander les divers appareils des cuisines, des offices, de la boulangerie. Ajoutons que l’éclairage intérieur sera assuré par 5000 lampes à incandescence, sans parler des feux réglementaires et de 4 puissants projecteurs. Le sifflet et la sirène seront actionnés électriquement, de même que les portes de cloisons étanches.
- La saison favorable pour l’abatage des arbres.
- — En dépit des affirmations de praticiens, on a souvent prétendu que la saison de l’abatage des arbres était bien loin d’avoir l’importance qu’on aurait voulu lui attribuer. Notre confrère Scienlific American vient de publier les résultats curieux d’expériences comparatives qu’on aurait faites à ce propos, et qui auraient justement accusé tics différences extraordinaires entre des bois abattus à des époques diverses. On avait pris quatre pins de môme âge et de meme vigueur, ayant poussé dans le même sol et les mêmes conditions : on en abattit un lin décembre, un autre fin janvier, le troisième fin février, et le dernier fin mars. Ils furent équarris et séchés de la même manière. A la flexion, l’arbre abattu en décembre accusa une résistance double de celui qui avait été abattu en mars; des pilotis coupés dans l’arbre de décembre étaient demeurés parfaitement sains au bout de 16 ans, tandis que ceux tirés de l’arbre de mars se brisaient aisément au bout de trois ou quatre années seulement. D’autre part, on a expérimenté, au point de vue de la porosité, des bois de chêne abattus à ces mêmes époques respectives, et l’on a constaté que le bois d’hiver seul est vraiment réfractaire à la porosité.
- Les sauterelles en Indo-Chine et au Cambodge.
- — Une invasion de sauterelles, qui s’est produite en Co-chinchine à la fin de l’été 1905, sans causer d’ailleurs de dégâts considérables, parce que les rizières étaient encore inondées, a donné lieu à d’intéressantes observations à M. Ivrempf, naturaliste attaché à la mission d’exploration scientifique permanente d’Indo-Chine. Le criquet cochin-chinois est différent de l’espèce algérienne et tunisienne, et plutôt à rapprocher des nombreuses formes de sauterelles américaines du Texas et des abords des Montagnes Rocheuses. C’est très probablement une espèce indigène, dont la région permanente d’habitat reste à déterminer.
- Soupapes aérifères pour métropolitains. —
- C’est sur le Métropolitain de New-York que l’on veut réaliser cette idée. On parle d’installer dans le plafond des galeries, à mi-chemin entre les stations, des soupapes automatiques qui seraient mues par le déplacement ou le passage des convois. La plus grande densité de l’air en avant d’un convoi, par suite du refoulement causé, for-
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- cerait la soupape à s’ouvrir en donnant issue à l’air intérieur, et elle se refermerait ensuite automatiquement. On compte du reste recourir à des ventilateurs durant la nuit, quand les trains sont peu fréquents.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i5 juin 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Association internationale des Académies. — L’Académie de Vienne, qui remplit cette année; le; rôle directeur dans l’Association internationale des Académies, fait savoir qu’une Académie ayant pour objet le progrès des sciences vient d’ètre fondée au Japon par un récent décret du gouvernement impérial. Les membres du nouveau corps savant seront au nombre de 40, dont 15 nommés par le gouvernement et 25 élus. Le corps a demandé à être affilié à l’Association internationale des Académies, c’est pourquoi chacune de celles-ci est consultée sur cette affiliation.
- Les fêtes de VUniversité d’Aberdeen. — L’Université d’Aberdeen (Ecosse) annonce que la fête du quatrième centenaire de sa fondation aura lieu le 25 septembre prochain et invite l’Académie à envoyer un représentant. M. Janssen est délégué pour aller à Aberdeen.
- Le rôle de la vapeur d’eau en géologie. - — M. A. Gau- ’ tier pense que les phénomènes volcaniques peuvent être soumis au contrôle de l’expérimentation. 11 a déjà étudié l’action de la vapeur d’eau sur les silicates, à haute température. Il a montré que la vapeur d’eau les oxyde en mettant en liberté de l’hydrogène; elle exerce une action analogue sur l’oxyde de carbone qu’elle transforme en acide carbonique. Il étudie aujourd’hui l’effet produit sur ' les sulfures. A la température du rouge vif le sulfure de plomb donne du soufre et du plomb; enfin, si l’on prend du protosulfure de cuivre, la vapeur d’eau donne de l’acide sulfureux, de l’hydrogène et du cuivre. Enfin, au rouge blanc, l’eau agit sur l’hydrogène sulfuré qui donne de l’acide sulfureux et de l’hydrogène en même temps que des traces d’acide sulfurique.
- La sérothérapie tuberculeuse. — M. Lannelongue expose que, depuis sept ans, il expérimente sur le cobaye une toxine provenant du bacille humain. Cet animal a été choisi parce qu’il réagit à 'peu près comme l’homme et qu’il a montré une très grande réceptivité pour le bacille humain. On crée chez lui la tuberculose pulmonaire, puis on le soumet au traitement curatif. Tout porte à croire que si l’animal guérit, l’homme guérira comme lui. Dans une première série d’expériences, on a comparé 4 lots de 50 cobayes, inoculés chacun dans le poumon avec la même dose de culture virulente. Le premier lot servait de témoin par rapport aux trois autres. Le second avait été, en effet, inoculé avec du sérum d’âne normal, le troisième avec du sérum d’âne présumé antituberculeux ; le quatrième l()t avait reçu ce sérum, d’une façon préventive, avant l’inoculation de la maladie. Or, plus d’un an après les inoculations de la maladie, la mortalité était de 90 pour 100 pour le lot témoin, 87 pour 100 pour le lot traité avec le sérum normal, et seulement de 40 pour 100 pour le lot traité avec le sérum antituberculeux. Pour le troisième lot d’animaux traité préventivement, la mortalité fut de 04 pour 100. Dans une seconde série d’expériences, on a cherché à immuniser un cheval. Deux lots ont été pareillement inoculés dans les poumons; le premier lot a servi de lot d’animaux témoins, le deuxième, d’animaux
- soumis à l’expérience. Après vingt mois et demi, la mortalité dans le premier lot a atteint 90 pour 100, et dans le deuxième lot, 00 pour 100. On a fait les autopsies de tous les animaux; elles ont montré que les lésions généralisées l’emportaient chez les témoins, tandis que chez les autres elles restaient circonscrites, et peu avancées. Un certain nombre d’animaux traités n’avaient que des lésions à peine visibles à l’œil nu, d’autres présentaient des cicatrices de guérison, d’autres enfin 11e présentaient rien. Il paraît opportun d’appliquer à l’homme le sérum d’âne immunisé; quelques expériences ont, d’ailleurs, montré qu’il est très bien toléré par l’organisme.
- La différenciation des trypanosomes. — MM. La-veran et Mesnil déposent une iNote relatant une méthode pour l’identification de certains trypanosomes. Cette identification est souvent très difficile faute de caractères morphologiques différents existant entre les types. Cette méthode consiste à mélanger le sérum d’un animal immunisé pour un certain trypanosome avec Je sang contenant les trypanosomes inconnus. Le sérum est actif contre les trypanosomes pour lesquels l’animal qui l’a fourni a été immunisé, il est inactif avec les autres trypanosomes pathogènes.
- La vaccination tuberculeuse des jeunes ruminants. — M. Chauveau expose que M. S. Arloing a fait ingérer à 14 chevreaux, à cinq reprises, en l’espace d’un mois, diverses variétés de bacilles de la tuberculose (de l’homme, du bœuf, du cheval, de la poule). Conservés 7, 8 et 15 mois ces chevreaux ont été à l’autopsie trouvés exempts de lésions tuberculeuses visibles à l’œil nu, sauf celui qui avait ingéré des bacilles bovins - très actifs, et dont l’appareil digestif était tuberculisé. Bien que ces organes fussent sains en apparence le microscope montrait cependant certains changements attestant une réaction des ganglions lymphatiques ainsi que du tissu lyinphadé-noïde des poumons. O11 voit donc que l’organisme des jeunes chevreaux se défend très efficacement contre l’infection intestinale par les bacilles tuberculeux. La voie digestive s’offre donc à nous pour immuniser activement contre la tuberculose les jeunes ruminants. Leur vaccination peut être réalisée à l’aide de bacilles humains ou bovins d’une virulence convenablement choisie.
- Élection. — M. Gernez est élu membre de l’Académie, pour la section de physique, en remplacement de M. Curie.
- Cil. DE VlLLEDEUIL.
- CHEVREAU ECTROMÈLE
- adapté à la station verticale
- Nous avons eu l’occasion de suivre pendant 5 mois l’évolution d’un chevreau né sans membres antérieurs à Sa venues, dans les environs du Mont-Dore. De la meme portée était née une chèvre bien conformée. Notre chevreau fut renié par sa mère qui refusa obstinément de lui laisser prendre le sein, et il fut nourri au biberon. L’animal s’éleva très bien et à l’âge de 4 mois commença à manger du foin. Toutes ses fonctions s’exécutaient très bien.
- 11 était couché dans une caisse où il commença à se lever -droit en s’aidant de coups de tète donnés contre les parois; puis il sortit de la caisse et se mit à marcher.
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- Sa démarche était instable, indécise; il ne parcourait des distances de plusieurs mètres qu’après avoir oscillé plusieurs fois et s’ôtre redressé en prenant appui sur le sternum. Lorsqu’il voulait se recoucher, il cherchait un point d’appui, mur, clôture, arbre, allait s’y adosser, y prenait contact par un de ses plans latéraux, et, après plusieurs oscillations en sens vertical, il s'accroupissait sur les métatarsiens, puis laissait aller son thorax contre le sol; jamais il ne se couchait d’un seul coup, il iléchissait successivement et lentement, en hésitant, les diverses articulations tibio-tarsiennes, fémoro-tibiales, iléo-fémorales.
- Durant son dernier mois d’existence, l’animal se levait très bien, sans prendre de point d’appui avec sa tète ; il marchait à petits pas rapides et, après avoir parcouru une distance d’une vingtaine de mètres, s'arrêtait, oscillait pour reprendre son équilibre et repartait dans une autre direction. 11 se recouchait en s’adossant contre un appui queleonque et restait un moment essoufflé. 11 s’alimentait avec du foin, avait appris à boire seul dans une terrine, tandis qu’au début du sevrage il fallait lui faire prendre l’eau, encore dans un biberon.
- Au cours des vacances il mourut de froid ou d’indigestion, sans avoir présenté de symptômes de malaise bien accentué.
- A travers la peau on se rendait très bien compte de l’existence des deux omoplates, mais il ne paraissait pas y avoir de trace d’autres portions squelettiques. La dissection nous a permis de voir que les deux omoplates sont normalement constituées; du côté gauche l’épine de l’omoplate se termine en dehors par une extrémité arrondie à surface lisse; apres s’être séparée du restant de l’os elle présente au niveau de l’extrémité elle-même un point de soudure. A la place de la cavité glénoïde existe une saillie convexe dans tous les sens, plus étendue en sens transversal qu’en sens antéro-postérieur, produite sans doute par les glissements sous la peau.
- Du côté droit, l’épine de l’omoplate n’est nulle part détachée du restant de l’os ; elle a une extrémité légèrement tubéreuse ; il n’y a pas de cavité glénoïde ni de saillie convexe la remplaçant, l’angle externe de l’omoplate est pointu, émoussé à son sommet.
- Le plexus brachial comporte deux gros troncs nerveux et plusieurs branches plus grêles; les unes vont aux muscles de la peau, d’autres se terminent
- brusquement dans le tissu sous-cutané. La musculature du bassin et du membre inférieur est remarquable par son importance.
- 11 n’y a pas de modilicalions du squelette. La verticalité de la station était obtenue par l’agrandissement de l’angle iléo-fémoral, et de l’angle tibio-tarsien. Le point d’appui sur le sol avait lieu par les deuxièmes et troisièmes phalanges.
- Ce cas d’cclromélie bi-thoracique rentre dans une des catégories les moins fréquentes d’anomalies des membres, car on observe le plus souvent de la pho-comélie ou de rbémimélie à des degrés variés. Néanmoins la bilatéralité est plus fréquente que l’unilatéralité de la malformation.
- Le fait le plus intéressant consiste dans l’adaptation fonctionnelle des membres inférieurs, déjà arrivée à un degré assez avancé de perfectionnement et qui certainement aurait donné des résultats très curieux. Les ectromèles étant généralement des sujets exempts d’autres malformations et en particulier de mallormations viscérales il n’est pas étonnant de voir survenir chez eux des adaptations toutes intéressantes.
- Palmieri ( Tlt. de Paris, 1902) signale le cas d’une chèvre qui, privée des deux membres thoraciques, était parvenue à s'habituer à la station verticale et marchait debout sur ses deux pieds postérieurs. Lesbre et Forgeât ont rapporté (Journal de VAnatomie, 1902) l’observation d’un chien ectromèle qui, comme notre chevreau, était originaire du Puy-de-Dôme, et n’avait pas de vestiges de membres antérieurs; les seapulums étaient bien conformés, mais l’épine était peu saillante et la cavité glénoïde n’existait pas. Cet animal marchait à la manière d’un kanguroo; il se tenait dressé sur ses membres postérieurs écartés l’un de l’autre et appuyait sur le sol comme les animaux plantigrades, c’est-à-dire depuis le bout des doigts jusqu’au talon. Il se déplaçait par bonds plutôt qu’en marchant. On connaît cnez l’homme les curieuses adaptations des membres inférieurs dans les cas d’ectromélie (ouvrages minutieux pratiqués avec le seul aide des pieds). Toutes ces anomalies sont accompagnées d’une telle résistance du sujet que des modifications profondes peuvent se produire et avoir le temps d’atteindre une haute perfection fonctionnelle. Dieulafé et Herpin.
- Le Gérant : P. Massois.
- Chevreau eclromèle dans l’attitude de la marche.
- Paris. — Imprimerie Lauuke, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1728. - 7 JUILLET 1906.
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- LA NOUVELLE TORPILLE
- Bien ([ne des essais se poursuivent constamment sur la direction des torpilles à distance, et que dernièrement des expériences aient été laites en la matière, dans la Méditerranée, au moyen de vagues hertziennes et d’appareils rappelant ceux de la télégraphie sans lil, les torpilles automobiles sont toujours celles que l’on emploie couramment.
- Le type de torpille le plus ordinairement utilisé est la torpille Whitehead, due à l’inventeur mort tout récemment; mais les Américains, qui se préoccupent de plus en plus des questions militaires, viennent de
- AUTOMOBILE AMÉRICAINE
- blement à la Whitehead; mais elle en diiïère d’abord comme taille (ce qui contribue certainement à augmenter sa vitesse et son rayon d’action), et également comme dispositions secondaires et mécaniques. Cet engin Blisse Leavitt se fait en deux tailles, c’est-à-dire en deux diamètres : tantôt 18 pouces, ou 46 centimètres à peu près, tantôt 21 pouces, ou 55 centimètres : jusqu’à présent, les tubes lance-torpilles étaient faits pour un diamètre maximum de 46 centimètres.
- Si nous décomposons un de ces engins, nous y
- Nouvelle torpille automobile américaine. — 1. Vue d’ensemble. — 2. Turbine.
- doter leur Hotte d’un nouveau type de torpille, la torpille Bliss Leavitt, imaginée par un ingénieur Yankee comme le rappelle Scientific American qui vient de donner une étude complète sur cet engin. Jusqu’à présent la marine des États-Unis se servait d’une torpille Whitehead dont la portée pouvait être soit de 1100 mètres, soit de 1800 m., avec des vitesses de marche respectives de 28 ou de 22 nœuds. Si nous en croyons ce qu’on affirme du nouvel engin, sa vitesse, pour une portée de 1100 m., atteindrait 56 nœuds, ce qui nous semble beaucoup, et en réduisant la vitesse à 28 nœuds on serait encore assuré d’un parcours de 5100 mètres au moins. Dans son apparence générale du reste, de meme qu’au point de vue de la distribution intérieure et des dispositifs de contrôle, la torpille Bliss Leavitt ressemble considéra-34e année. — 2e semestre.
- trouvons trois sections; une tête qui contient la matière explosive, un corps central où est emmagasiné l’àir comprimé qui sert à la propulsion, et enfin une partie arrière où se trouvent la turbine destinée à actionner les hélices propulsives, puis la chambre d’immersion ayant pour rôle de régler la profondeur sous l’eau à laquelle doit se déplacer l’engin, enfin l’appareil gyroscopique grâce auquel la torpille est maintenue dans sa ligne de visée et est gouvernée. Lors des tirs en temps de paix, tirs d’essai faits ordinairement sans explosif, on munit l’engin d'une tête spéciale, mais la tête employée en temps de guerre ou pour les tirs effectifs, contient une charge de 60 kg à peu près de coton-poudre humide, cette charge se présentant sous la formé de disques percés au centre d'un trou dans lequel on enfile
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- une cartouche—détonateur en coton — poudre sèche. À l’avant de la tête, est un petit propulseur spécial qui se met à tourner quand la torpille commence à se déplacer dans l’eau, et qui, en tournant, dégage un manchon : ce mouvement donne toute liberté d’action au percuteur, qui jusqu’alors était demeuré immobilisé (afin d'éviter l’inllammalion inopinée de la charge). — Le corps central représente comme longueur un peu plus de la moitié de la longueur totale, il est fait d’acier forgé, tout comme la tête, mais il est terminé par alésage et passage au tour, de manière que son épaisseur soit seulement de Il millimètres; on le charge d’air à une pression initiale de 156 kg par centimètre carré.
- Naturellement, l’air qu’il contient est destiné à fournir la puissance motrice ou plus exactement le lluide moteur à l’appareil que renferme la queue. Ce qu’il y a de particulièrement intéressant ici, c’est que la machine motrice est une turbine, turbine à air, du type Curlis, qui est assez employée déjà aux Etats-Unis pour la vapeur; cette turbine est du genre compound avec deux couronnes mobiles dont les diamètres respectifs sont de 282 et de 304 millimètres. La propulsion est assurée par deux propulseurs qui tournent en sens inverse, et qui sont montés Lun sur un arbre plein, l’autre sur un arbre formant manchon autour du premier; la turbine tourne à raison de 10 000 tours par minute, mais des engrenages convenables réduisent cette allure extraordinairement rapide à 900 tours pour les hélices. A cette vitesse, on affirme que la puissance développée est de 160 chevaux, et que l’allure de déplacement de l’engin pourrait atteindre 40 nœuds.
- La régulation de la profondeur à laquelle va se maintenir la torpille est assurée par la chambre dont nous avons parlé ; il s’y trouve un diaphragme vertical sur l’une des faces duquel arrive l’eau, par des trous percés à cette fin dans l’enveloppe; sur l’autre face, sont des ressorts à boudin qui pressent sur ce diaphragme en sens inverse de la pression exercée par l’eau. On peut régler les ressorts de façon que leur action soit exactement égale à la pression de l’eau à la profondeur où l’on désire faire naviguer l’engin. Et comme, au centre du diaphragme, sont 'fixés des leviers se reliant à des tiges qui vont se rattacher d’autre part aux deux gouvernails horizontaux disposés à l’extrémité arrière, il suffit que le diaphragme s’incurve dans un sens ou dans l’autre, suivant la prédominance de l’action de l’eau ou des ressorts, pour que les gouvernails soient mis en jeu dans un sens ou dans l’autre. 11 en résulte immédiatement une déviation horizontale qui ramène automatiquement et rapidement la torpille dans le plan où l’on veut qu'elle avance. Quant à l’appareil de direction proprement dit, il est basé sur l’action gyroscopique bien connue, en vertu de laquelle le gyroscope tend constamment à se maintenir dans son plan primitif de rotation. Le gyroscope n’est pas mis ici en mouvement, en rotation, par un ressort libéré au moment du lancement de. la torpille, mais
- bien par une petite turbine à réaction, fonctionnant comme de juste à l’air comprimé. Si par hasard, ou plutôt par suite d’inlluences extérieures, l’engin commence à dévier de la ligne de tir et du plan de rotation de la turbine formant gyroscope, le déplacement de la torpille par rapport à ce plan met en action un ingénieux petit mécanisme qui, suivant le cas, incline le gouvernail vertical à droite ou à gauche, et cela corrige rapidement la déviation. Il faut dire que cette turbine secondaire tourne à une allure vertigineuse de 18 000 tours à la minute, et c’est cela qui lui permet de remplir admirablement son rôle de gyroscope.
- Nous aurions encore à noter connue disposition intéressante, assurant un bon rendement à tout le mécanisme propulseur, que l’air comprimé est réchaulfé par un petit brûleur qui s’allume automatiquement au moment du lancement; on sait que ce réchauffage de l’air pour les moteurs à air comprimé s’impose en particulier sur les tramways.
- Il y a là un engin très intéressant, même au seul point de vue mécanique ; et sa complication explique facilement que son prix dépasse 25 000 francs pour la plus petite taille. I). Lncois.
- LA RECHERCHE DU NIVOMÈTRE
- Les divers éléments composites de la météorologie sont à peu près tous dotés de leur instrument spécial, en général enregistreur, qui en assure l’étude : thermomètre pour la température, — baromètre pour la pression atmosphérique, — hygromètre et psyehromètre pour la vapeur d’eau, — anémomètre pour la vitesse du vent, — héliographe pour la mesure de l’insolation, — pluviomètre pour celle de la pluie, etc. Mais il est un de ces éléments (et ceci étonnera plus d’un lecteur) qui ne possède point son outil inlerprétateur approprié : c’est la neige.
- Le nivomètre n’existe pas. Jusqu’à présent on n’a su combiner aucun dispositif qui permette à la fois de connaître la hauteur de la neige tombée et de calculer sa densité, c’est-à-dire lë poids d’eau auquel elle correspond, facteur essentiellement variable; dans les pays seulement où les précipitations neigeuses sont très faibles, il est possible de les mesurer; en montagne, où une seule chute peut atteindre à plusieurs décimètres, et où les successions et superpositions de chutes forment des accumulations de plusieurs mètres d’épaisseur, ce n’est que par des procédés indirects que l’on obtient des évaluations trop approxima ti ves.
- On a cherché à adapter à cet objet les ordinaires pluviomètres décuplateurs, enfermés dans une boîte de bois où l’on dispose des lampes à pétrole, qui fondent la neige au fur et à mesure qu’elle est recueillie; mais les résultats ont été peu satisfaisants, la fusion s’opérant mal à l’orifice de réception, qui ne tarde pas à s’engorger, puis à être complètement obstrué par la neige qui cesse alors de pénétrer à l’intérieur.
- Bref, le champ reste ouvert aux inventeurs pour la découverte du bon et pratique nivomètre, et le chercheur qui trouverait la solution rendrait un réel service.
- Prochainement, le Ministère d’agriculture fera essayer aux Observatoires de montagnes du Puy de Dôme, de l’Àigoual, du Ven toux, du m'ont Mounier, du Pic du Midi
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- de Bigorre, un appareil fort simple dont l’idée a été fournie par M. Angot, chef du bureau central météorologique et que nous aurons occasion de décrire ultérieurement si les résultats en sont satisfaisants.
- La mesure de la neige, en volume surtout et quant à son rendement hydraulique, est d’une importance bien plus grande qu’on ne le pense en général : depuis de nombreuses années en France, ce météore atmosphérique est en fâcheuse diminution ; on pense qu’il y a là une répercussion partielle tout au moins mais directe sur la diminution du débit des sources et l’abaissement du niveau des nappes phréatiques; on sait, en outre, qu’il en résulte le retrait ou même la disparition des glaciers. Le gros intérêt de la question est de préciser si cet état de choses est temporaire, passager, conformément aux vues du professeur Brückner et de sa fameuse loi (nullement prouvée d’ailleurs) de l’intermittence (quinze à dix-sept ans) des périodes sèches et des périodes humides, — ou au contraire s’il deviendra normal, constant, pérenne et s’il conduira les montagnes, les plaines, la terre en somme, à un dessèchement progressif de plus en plus accentué. Comme toutes les observations des phénomènes naturels, il faudra multiplier les relevés nivomélriques précis pendant de longues années pour arriver à formuler des lois ou simplement des règles ; et ces lois ou règles, il est indispensable de les connaître pour savoir si des mesures et quelles mesures doivent être prises, soit contre le retour offensif des neiges et des glaciers, soit contre les désastres de leur réduction prolongée, selon que l’une ou l'autre des deux hypothèses ci-dessus sera vérifiée.
- Et voilà pourquoi les météorologistes praticiens auraient besoin du nivomètre ! I)r Ouaué.
- L’ÉPIDÉMIE DE SUETTE MILIAIRE
- des Charentes
- On fut fort ému, il y a quelques semaines, par l’explosion soudaine et le développement précipité, dans la partie occidentale du département de la Charente, d’une épidémie de suette miliaire, maladie terrifiante par ses manifestations, mal connue quant à son étiologie et qui, assez rare de nos jours, ravagea l’Angleterre, les Flandres et le nord de la France du xiv“ au xvnie siècle.
- Caractérisée par des sueurs extraordinaires et une éruption de vésicules grosses comme des grains de mil (d’où le nom), elle fait monter la température du corps aux environs de 40°, à 42° dans les cas mortels.
- La dernière épidémie grave de suette miliaire en France et précisément dans la même région, remonte à 1887.
- Le 50 mai 1906 le ministère de l’Intérieur était télégraphiquement avisé par une petite commune, tout à fait affolée, de la Charente, que la suette miliaire avait atteint 150 personnes et causé 9 morts sur 671 habitants dans cette seule localité, et que dans toute la région le fléau menaçait de sévir tout aussi cruellement qu’en 1887.
- Grâce aux mesures énergiques immédiatement prescrites parle ministère, et spécialement grâce aux diligences faites par M. Mirman, directeur de l’hygiène et de l’assistance publique, le mal a pu être victorieusement combattu. Délégués sur place sans délai, M. le professeur Chante-messe, inspecteur général des services sanitaires, et M. le Dr Renault, membre du Conseil supérieur d’hygiène publique, trouvèrent toute la population terrorisée; en hâte, ils rédigèrent et distribuèrent les instructions de tous
- côtés, prirent les mesures nécessaires et trouvèrent, dans l’autorité militaire, le concours le plus efficace, particulièrement en la personne de M. le médecin-major Or y, qui fut chargé du contrôle de toutes les précautions prescrites; conformément à une circulaire inspirée par Proust et Brouardel en 1887, on interdit formellement les foires, marchés, fêtes patronales et autres réunions publiques (en dépit de toutes les protestations des intéressés, et en faisant au besoin verbaliser par la gendarmerie), — on entrava du mieux que l’on put la circulation des chemineaux, — on suspendit toutes convocations de réservistes et même toutes permissions militaires : bref on mit tout en œuvre pour arrêter la diffusion d’une maladie si essentiellement transmissible que, selon une constatation aussi formelle que curieuse, elle ne franchit pas les cours d’eau là où il n’y a pas de pont. Six étuves à désinfection furent expédiées à Angoulème, et tandis que les services sanitaires de la Seine, dirigés par le Dr A.-J. Martin, prêtaient le personnel nécessaire à leur maniement, des internes en médecine arrivaient aussi de Bordeaux.
- La Charente-Inférieure à son tour était atteinte dans sa portion orientale et ce ne fut que le 15 juin que la diminution fut évidente. Grâce à la mobilisation sanitaire générale heureusement effectuée, on peut dire qu’à la date du 2 juillet la maladie parait éteinte dans la Charente et tout à fait-bénigne dans la Charente-Inférieure.
- Voici son bilan au 50 juin.
- Charente : 2000 cas (environ), — et 60 décès; Charente-Inférieure : 2700 cas (environ), — et 28 décès seulement. On a noté que les villes restaient indemnes (Angoulème, 1 cas; Saint-Jean d’Angely, 5 cas bénins; Cognac et Saintes, aucun). En 1887, dans la même région, il y avait eu 15 560 cas et 470 décès! Ces chiffres démontrent éloquemment quels progrès a faits l’hygiène publique depuis vingt ans et quel bienfait serait la loi du 15 février 1902, si on l’appliquait toujours et partout avec la même énergie et le même bon vouloir que dans les cas caractéristiques que nous venons d’analyser. C’est conformément à l’article 26 de cette loi que les dépenses encourues pour lutter contre la suette miliaire seront supportées à la fois par l’État, les départements et les communes. Même, si l’épidémie n’eût pas cédé aussi vite dans le combat qu’on lui a livré, l’article 8 de la loi donnait au Président de la République le pouvoir de prescrire, par décret spécial et après avis du Conseil supérieur d’hygiène publique, des mesures immédiates spéciales.
- Il y a peu de temps, nous citions ici même1, comme un exemple à suivre, les moyens mis en œuvre avec tant de succès, en 1905, par l’Allemagne, pour la défense contre le choléra. C’est une vigilance de même ordre qui vient de faire si vigoureusement échec à l’épidémie des Charentes : il n’est que juste d’en louer et d’en remercier qui de droit.
- Reste à étudier, et l’on s’en occupe, l’étiologie, si mal connue de la suette miliaire ; pour y parvenir on cherche en ce moment à s’éclairer complètement sur son évolution locale. Le problème est obscur : déjà on sait que les malades subissent une secousse du système nerveux si profonde qu’elle aboutit à un véritable effondrement, — et que le collapsus cardiaque a emporté certains malades en 2 à 5 heures, — il semble même que, comme effets extérieurs, c’est à la fois de la rougeole et de la rage que la suette miliaire se rapproche le plus ! Mais sur ce point on n’en est encore qu’aux hypothèses. A. Stehyal.
- 1 Vov. nu 1709, 24 lévrier 1906, p. 200.
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- LE NOUVEAU MÉTROPOLITAIN DE LONDRES
- Encouragées par l’exemple de Paris, les capitales des deux mondes entreprennent résolument, depuis quelques années, la construction de vastes réseaux souterrains qui, tout en augmentant la rapidité des communications, puissent diminuer l’encombrement des rues. New York fut la première à suivre notre exemple ; et l’on sait que la métropole du Nouveau Monde a dépensé les millions sans compter pour creuser dans ses assises, à travers la roche vive, un passage à ses trains électriques, tout le long de l’étroite île de Manhattan où elle est construite.
- Gagnée à son tour par le contagieux amour de la vitesse, Londres hésita quelque temps devant l’importance de la tache. Déjà dotée d’un réseau de chemins de 1er souterrains — cet épouvantable underground qui lut si longtemps le désespoir des voyageurs — la capitale anglaise avait fini par s’habituer à ces gouffres enfumés où les trains circulaient lentement dans une atmosphère irrespirable.
- Enfin, un audacieux millionnaire américain,
- M. Yerkes, réussissait à secouer l’apathie de nos voisins, à leur démontrer qu’un réseau de voies souterraines, où circuleraient à toute vitesse des trains électriques, serait, à tous les points de vue, préférable à leur système suranné. 11 obtenait les concessions, groupait plusieurs financiers new-yorkais, et la United Electric Railivays of London Limited prenait naissance.
- Les travaux étaient commencés sans retard. Malheureusement, le promoteur de l’œuvre ne devait pas assister à son achèvement; en janvier dernier, il mourait presque subitement, à New York. Cet événement n’exercera aucune influence sur la marche des travaux, déjà si avancés, qu’un tronçon important, celui qui relie Baker Street au pont de Waterloo, a déjà été livré au public.
- Les constructeurs ont voulu que le nouveau métropolitain réunisse tous les derniers progrès. Il est à peine besoin de dire que des Comités d’ingénieurs étaient venus étudier sur place notre réseau parisien, au double point de vue de la construction et du fonctionnement. Le métropolitain new-yorkais n’avait pas échappé davantage à leur attention. Les lamen-
- tables accidents restés présents au souvenir de tous, et que nous ne rappelons que pour mémoire, furent, de la part des ingénieurs anglais, l’objet d’une enquête approfondie.
- Il importait avant tout de diminuer autant que possible les risques d’incendie. Pour arriver à ce résultat, la Compagnie a fait construire des voitures en acier ; le bois n’est employé qu’avec une extrême parcimonie, et simplement pour les boiseries ornementales. Les voitures sont plus légères que celles du métropolitain de Paris, ce qui ne peut qu’ajouter à la vitesse des trains.
- Les fondations sont en béton; les traverses reposent sur un lit de ballasts. Celle mélhode, dont cinquante ans d’usage ont démontré l’excellence,
- assure un minimum de vibrations et un maximum de solidité.
- Le service des signaux a reçu des perfectionnements importants; il se fait exclusivement d’une façon automatique ; la maison Westinghouse a imaginé, pour la circonstance, de nouveaux signaux pneuma-tiques-électriqucs qui diminuent de beaucoup les chances d’accidents. Les constructeurs croient pouvoir affirmer dès à présent que le « télescopage » de deux trains courant dans le même sens et sur la même voie est devenu une impossibilité.
- Ces signaux sont munis d’un appareil qui, dès que la lumière marque « danger », projette en l’air un « bras » couché entre les rails et qui vient heurter un levier disposé sous le moteur. Le courant est renversé; les freins fonctionnent; le train s’arrête instantanément.
- À l’instar du Métropolitain de Paris, les boites à signaux sont disposées non sur les plates-formes des gares, mais bien à l’intérieur des tunnels. Un diagramme brillamment illuminé montre automatiquement une lumière sur la partie exacte de la voie où se trouve un train dans le moment précis. De cette façon, l’employé préposé au service des signaux connaît toujours, et avec une exactitude parfaite, la position et la marche des différents trains en circulation.
- En outre, chaque moteur est muni de ce que les
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- ingénieurs anglais appellent un dead man controUer. Le levier du moteur est construit de telle façon (pie, dès que le watman cesse de le tenir en main, le train s’arrête automatiquement. Pour répéter ici l’image amusante dont se servit M. Palrymphe Hay, l’ingénieur en chef, dans l’interview qu’il a bien voulu accorder à notre correspondant de Londres, si le watman éprouve Y irrépressible (irrésistible) besoin de chasser une mouche égarée sur son appendice nasal, le .train s’arrête instantanément.
- Nous avons signalé plus haut la préoccupation des constructeurs de diminuer par tous les moyens les risques d’incendie. Le bois et les matières inilam-mables, sévèrement exclus dans la construction du matériel roulant, n’entrent pas davantage dans celle des gares. Les plates-formes sont entièrement construites en béton ; les guérites des distributeurs de tickets et des marchands de journaux sont en plaques de tôle. El même les affiches apposées sur les murs des gares cl des ({liais sont en émail. Défense absolue de coller sur ces murs des affiches de papier ou de toile.
- Le service de l’éclairage a reçu de notables perfectionnements.
- Il est assuré par des usines situées loin du réseau, et absolument indépendantes des usines qui fournissent la force motrice. Des globes incandescents sont disposés tous les quarante pieds (environ 15 mètres) le long des tunnels, dans toute l'étendue du réseau.
- Signalons une innovation qui a sa valeur incontestable, et que nous souhaitons voir appliquer dans le Métropolitain de Paris. Chaque gare est peinte d’une couleur différente. Par exemple, celle de Baker Street est verte; celle de Kennington, chocolat; toutes les nuances et sous-nuances de l’arc-en-ciel y ont passé. Les voyageurs apprendront rapidement la signification de ces teintes, et les erreurs de direction en seront d’autant diminuées, ce qui ne peut qu’améliorer le service et faciliter la tache des employés.
- Autre innovation des plus heureuses. On sait que les nouvelles lignes électriques, les tubes, selon le surnom familier que leur a déjà décerné le public londonnien, sont creusées sous les voies déjà existantes du chemin de fer souterrain à vapeur. C’est dire qu’elles sont situées à une plus grande profondeur que notre réseau parisien.
- 11 a fallu employer, comme à New York, le système des ascenseurs. Le même lift sert aux entrées et aux sorties. Mais, grâce à une disposition préconisée par M. Ycrkes en personne (qui, jusqu’à sa mort, s’occupa des moindres détails), l’ascenseur comporte deux issues. Sans quitter sa place, l’employé pousse tantôt un boulon, tantôt un autre, selon qu’il veut ouvrir la porte d’entrée ou la porte de sortie, et le public, sans autre explication, s’écoule par l’issue offerte.
- C’est grâce à ces différentes innovations — lime• saving, sauveuses de temps, comme disent énergiquement les Anglais — que le nouveau réseau, tout en offrant aux voyageurs tout le confort désirable, leur permettra de traverser rapidement l’immense ville, et dans toutes les directions, grâce aux ascenseurs qui relieront les différentes lignes, et qui les mettront en communicafion avec les tramways de
- surface.
- P e n d a n t les heures de presse, les trains se succéderont toutes les 75 secondes, et l’on pourra se rendre de Baker Street à « Eléphant », soit un trajet de près de 7 kilomètres, en moins d’un quart d’heure.
- Les deux photographies £qui accom pagne ni; cette notice nous transportent dans les chantiers du Métropolitain de Londres. L’une d’elles, la figure 2, nous montre les ouvriers occupés à assembler les segments du tube; dans l’autre, la figure 1, qui représente la gare terminus de Barow’s Court, nous constatons rune des difficultés qu’eurent à affronter les ingénieurs.
- A cet endroit, la nouvelle voie passe sous celle du District Bailway, et les traverses qu’on aperçoit au-dessus des deux tubes servent précisément de support à la voie de celte ligne.
- Dans les quelques lignes ci-jointes, nous pensons avoir donné un aperçu des difficultés sans nombre qui se sont présentées dans la construction du Métropolitain de Londres. Il faut avouer aussi que les conditions qui ont été rencontrées étaient loin d’être favorables.
- Rappelons que des difficultés analogues s’étaient présentées à New York. Durant les travaux nécessités par la construction du réseau souterrain, les eaux d’égout furent détournées dans des tubes de fonte suspendus au-dessus des trottoirs à la bailleur du premier étage. Y. Fournis.
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- UNE NOUVELLE ÉTAPE DE LA
- Au commencement de 1892, il n’y a donc pas beaucoup plus de 14 ans, M. Gaudry, notre savant collègue de la Société des ingénieurs civils, et une autorité en matière de navigation maritime, parlant des paquebots à très grande vitesse, des transatlantiques (pour employer le mot consacré) qui font le service entre l’Europe et l’Amérique du Nord, faisait remarquer que « l’Angleterre s’affirmait avec une désespérante supériorité dans la concurrence internationale », et que son City of Paris ne pouvait guère être dépassé avec les errements suivis jusqu’alors dans la navigation à grande vitesse. Aujourd’hui, le City of Paris devenu le Paris tout court et passé sous pavillon américain, est à peu près complètement oublié, nous entendons comme navire remarquable; et nous avons pu décrire ici toute la série des nouveaux navires qui ont été successivement mis en service, notamment ce Kaiser Wilhelm II dont les Allemands sont si fiers, et qui file normalement 25,5 nœuds, atteignant parfois plus de 24 nœuds. Il s’agit là d’un transatlantique énorme comme dimensions, car, pour donner des vitesses semblables, il faut une machinerie iormi-dable; et si l’on construit couramment des bateaux de la classe intermédiaire, faits pour porter une forte cargaison et un grand nombre de passagers, qui ont 215,220 m. et plus de long, les grandes dimensions s’imposant pour le bon marché des transports même à vitesse relativement réduite, il faut des proportions encore bien autrement gigantesques pour les allures de 25 nœuds et plus. Mais voici que le Kaiser Wilhelm II est lui-même dépassé par un navire, anglais de pavillon, destiné également à assurer un service de voyageurs des plus accélérés ; et l’occasion nous semble bonne, en étudiant les caractéristiques principales de ce navire, qui est lancé, mais non encore achevé, de jeter un Coup d’œil en arrière sur les étapes successives parcourues dans cette voie des transports transatlantiques extra-rapides.
- Nous ne rappellerons que d’un mot les débuts proprement dits de cette navigation, avec le Gréai Western, long de 64 m., le premier navire à vapeur (construit par Brunei) qui eût traversé l’Atlantique. Mais il est intéressant de citer le nom du Britannia, qui, en 1840, inaugurait le service de cette fameuse Compagnie Cunard dont le nouveau transatlantique, le Lusitania, le géant du jour, atteste la vitalité. Le Britannia, d’une longueur de 65 m., marchait à moins de 9 nœuds, et il disposait pour cela d’une machine de 740 chevaux ; c’était malgré tout assez satisfaisant pour l’époque, puisqu’il ne manque pas encore de services où l’on se contente de cette allure, absolument ridicule en elle-même à notre époque. En 1856, un progrès important avait été réalisé avec le Persia (de la même Compagnie), qui avait 117 m. de long et filait à 12 nœuds! On s’en était tenu jusque-là aux aubes, et ce fut seulement en 1865
- NAVIGATION TRANSATLANTIQUE
- que l’on comprit la supériorité de l’hélice et qu’on y eut pleinement recours.
- Mais auparavant on avait vu lancer un navire surprenant, qui était dû à ce même Brunei dont nous citions le nom. tout à l’heure, navire où l’on faisait appel tout à la fois à l’hélice et à la roue, et où se trouvait indiqué en germe, grâce au génie de son créateur, tout ce qui devait faire plus tard la fortune de la navigation transatlantique, après les perfectionnements indispensables de l’art de la construction même. On a bien souvent parlé de ce Great Eastern ; mais il nous semble indispensable de' rappeler aujourd’hui ce qu’il était, afin de mieux faire apprécier par comparaison avec le Lusitania, lancé en 1906, ce transatlantique datant de 1858, et aussi pour montrer comment les progrès de l’art de l’ingénieur permettent aujourd’hui d’obtenir, dans les meilleures conditions, des résultats qui semblent invraisemblables auprès de ceux que donnait le Great Eastern, avec ses dimensions énormes et la complication de ses appareils propulseurs, etc.
- Au surplus, nous mettons sous les yeux du lecteur deux sortes de graphiques parlants, qui montreront les proportions successives des principales unités mises en service pour la traversée rapide de l’Océan, et qui accuseront bien, en particulier, l’effort surprenant, mais malheureux, fait très prématurément par Brunei, effort qui devait forcément être suivi d’un retour en arrière, assez étonnant pour qui ne pénètre pas les causes de l’échec. Le fait est que le Great Eastern n’avait pas moins de 210,91 m. de long, et tirait environ 7,60 m., ce qui suffisait pour lui interdire l’entrée de tous les ports à peu près. Son déplacement atteignait au moins 28 000 tonnes, il pouvait s’élever à 52 000 tonnes quand son chargement était particulièrement considérable et lourd, et, comme nous lavons laissé entendre, pour lui imprimer une vitesse de 14 nœuds 1/2, il avait fallu y installer une machine à hélice, avec 6 chaudières, 72 foyers et 5 cheminées, et une machine à roues comportant 4 chaudières, 42 foyers et 2 cheminées. Dans la coupe longitudinale que nous donnons du Great Eastern, et qui a la valeur d’un document historique éloquent, on aperçoit précisément la place énorme que tenaient ces deux installations motrices, sans que vraiment la puissance développée fût considérable, puisque cette double machinerie ne représentait que 8000 chevaux-vapeur. Et si 14 nœuds 1/2 étaient beaucoup pour l'époque et par rapport aux 12 nœuds du Persia, du moins il fallait consommer une puissance énorme et 'brûler des monceaux de combustible .pour arriver à un résultat assez médiocre ; les machines marines étaient en effet bien imparfaites, et, tout concourait, depuis l’utilisation de la chaleur dans la chaudière jusqu’à celle de la vapeur dans les cylindres, à en faire des instruments dispendieux. Le Great Eastern, con-
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- sommait 300 tonnes de charbon par jour pour cette puissance que nous considérons aujourd’hui comme modeste de 8000 chevaux ; nous allons voir que le Lusitania, en dépit de ses 70 000 chevaux, ou pas beaucoup moins, ne brûlera pas plus de 1000 tonnes par jour. La relation a étrangement changé. Certainement la conception de Brunei était admirable, bien qu’on ail cru longtemps qu’on ne reviendrait point; à de semblables proportions dans la eon-s t r u c t i o n d e s transatlantiques ; et, comme le disait en 1868 un écrivain de grand talent qui connaît admirablement ces questions, et qui a été pendant bien longtemps un des collaborateurs les plus précieux de ce journal, M.
- nard, tout ce qu’on pouvait reprocher au Great Eastern, c’était d’avoir devancé son heure; il y avait, par suite, des inconséquences forcées dans sa construction, et pratiquement il ne pouvait réussir. Il a été démoli en 1888, sans avoir
- 7 années qu’une évolution caractéristique se produisît avec le Servia, qui était tout en acier et dont la longueur dépassait 161 m. Son déplacement s’élevait à 11 000 tonnes, ce qui était bien peu par rapport au Great Eastern; mais, par contre, il lui suiïisait d’une machinerie de moins de 10 000 chevaux pour réaliser une allure approchant de
- 17 nœuds. L’étonnement fut bien plus grand encore quand, en 1884, YUmbria (dont pourtant bien peu de gens connaissent maintenant le nom), avec ses 14 500 chevaux, réussissait à effectuer la traversée en 6 jours, avec une vitesse de plus de 19,5 nœuds.
- En 1895, c’étaient la Lucania et la Campania qui portaient la vitesse de marche à 22 nœuds, moyennant deux hélices et une puissance de 50 000 chevaux ; mais on était encore bien loin des dimensions réalisées par Brunei, puisque leur longueur notamment n’était que de 188 mètres. Depuis lors, les
- PIEDS 1840* Britiania 1855 Persia 1858 G.Easter 1862 n China 1881 Servia 1893 Lucania 1899 Océanie 1900 Deutchd 190.1 Celti 1903 KaisWillh 1905 frovenee 1906 Lusitan Tour Eiffel METRES
- ÎOOO 900 800 700 600 500 400 300 200 100 -300 -200 -100
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- Fig. 1. — Plans des principaux transatlantiques de 1840 à 1900.
- Fig. 2. — Coupe longitudinale du Great Eastern.
- guère rendu d’autres services que de poser des câbles sous-marins.
- Et c’est pour cela que, après cet insuccès, les Compagnies de navigation en revinrent à des proportions beaucoup plus modestes. Avec le Baltic, de la White Star Line, Compagnie îpii a eu son heure de célébrité, là durée des traversées descendait à 9 jours environ ; c’était un événement dans le monde des voyageurs. Un peu plus tard, en 1874, on lançait le JBothnia, long de 152 m. ; et il fallait attendre
- progrès se sont étrangement accusés, grâce en partie aux perfectionnements des moteurs et des générateurs de vapeur, et aussi à ce fait que la grande vitesse répond de plus en plus aux besoins des passagers, qui consentent (quand leurs moyens le leur permettent) à payer très cher pour être transportés aussi rapidement qu’il est possible. Les Allemands se sont mis de la partie, et ils sont arrivés à faire aux Anglais une concurrence qui a été victorieuse jusqu’à aujourd’hui. Leur flotte s’enrichit, en 1897,
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- du Kaiser Wilhelm der Grosse, filant 25 nœuds avec 50000 chevaux; ce fut ensuite h Deulschland, donnant souvent un demi-nœud de plus, en recourant à une machinerie de 56 000 chevaux. Et tandis que les Anglais « se recueillaient », dans la crainte que ces grandes vitesses fussent incapables de payer; tandis que la France ne pouvait
- Mauritania, dont le lancement est proche), s’est fait consentir un prêt énorme sans intérêt par le Gouvernement anglais, en arguant des risques de cette tentative destinée à satisfaire l’amour-propre national. Quoi qu’il en soit, le Lusitania est un navire admirable; et bien que depuis déjà quelques années la longueur du Gréai Easlern ait été dépassée par certains des transatlantiques dont nous avons parlé, et aussi par des navires intermédiaires comme le Ballic, il est curieux de se reporter par la pensée à l’œuvre de Brunei, en admirant celle des chantiers John Brown, d’où sort le Lusitania. Sa longueur totale est de 259,26 m., et de 251,64 ni. entre per-
- Fig, 3. — Élévations de quatre grands transatlantiques.
- 190 mètres delà Provence, en partie à cause de la mauvaise conception de nos grands ports, l’Allemagne lançait encore le Kaiser Wilhelm II, long de plus de 215 mètres, de 26000 tonnes de déplacement et de plus de 40 000 chevaux de puissance, arrivant souvent à dépasser l’allure de 24 nœuds.
- Aujourd’hui il va être distancé, et les Anglais reprennent leur suprématie : notons toutefois que la Compagnie Cunard, pour s’engager dans la construction et la mise en service du Lusitania (et aussi du
- pendiculaires ; la largeur au fort est de 26,82 m. et le creux de 18,45 m. Le tirant d’eau s’élève à 10,05 m., ce qui dépasse étrangement ce que l’on considérait comme un maximum il y a encore quelques années. Quant à la jauge brute, elle est de 52 500 tonneaux, le tonnage de déplacement étant de 58 000 tonneaux, ou plus exactement devant être de ce chiffre lorsque le navire sera complètement armé. Cet énorme bateau ne peut guère prendre de cargaison, son chargement à ce point de vue se limite à
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- 1500 tonnes, mais, par contre, recevra à son bord 5500 passagers ; il est l'ait essentiellement pour le transport dos voyageurs, aussi n’a-l-on pas hésité à
- Mais pour s’en tenir à des limites pratiques, en même temps que pour tirer parti des économies qu’assure'da turbine'à vapeur, on a doté 1 e Lusitania
- Fig’. 4. •— Coupe transversale du Lusitania.
- le doter de la machinerie propulsive nécessaire pour réaliser des allures extraordinaires ; on compte qu’il marchera, et c’est ce à quoi les Anglais veulent parvenir pour faire pièce aux transatlantiques allemands, à une vitesse d’environ 25 nœuds.
- de 4 jeux de turbines marche avant, commandant en conséquence 4 propulseurs : ainsi qu'on le remarquera certainement sur la figure que nous donnons du bateau, deux hélices sont reportées très en avant et pour ainsi sur le flanc du navire, tandis que les
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- deux autres se trouvent à l’arrière, la place accoutumée des hélices jumelles qui entrent aujourd’hui dans la construction courante des navires. Les arbres porte-hélices sont entièrement noyés dans la coque, ce qui les protège beaucoup. Les 4 turbines marçhe. avant (comme les 2 de marche arrière) fonctionnent suivant le principe compound ; les turbines à basse pression se trouvent à l’intérieur, et sont montées sur le même arbre que les turbines marche arrière. Elles ne pèsent pas moins de 450 tonnes, ce qui parle en faveur de leurs dimensions ; leurs ailettes arrivent jusqu’à une longueur de 0,56 m. Sans pouvoir insister davantage, nous ajouterons que la vapeur est fournie par 25 chaudières (chauffées par 192 foyers), dont la surface de grille est de 560 m2 et la surface de chauffe de 14 400 m2. Ce sont des chiffres absolument énormes, qui s’expliquent par ce fait que la puissance motrice augmente démesurément au fur et à mesure qu’on veut augmenter quelque peu la vitesse, du moins au delà de ce qu’on pourrait appeler maintenant des allures tranquilles. C’est ainsi que, pour atteindre 20 noeuds, il y a une vingtaine d’années, on se contentait d’une puissance de 14 000 chevaux environ; aujourd’hui, pour réaliser 25 nœuds, ce qui ne correspond qu’à une augmentation de 25 pour 100 il faut accroître la puissance des machines de bien près de 400 pour 100.
- Et si alors, pour essayer d’avoir une impression d’ensemble sur les progrès de la navigation transatlantique presque depuis ses débuts jusqu’à nos jours, nous recherchons quelles étaient les conditions de fonctionnement de ce Britannia dont nous avons voulu faire reparaître ici la silhouette oubliée depuis plus de 60 ans, nous arrivons aux différences les plus extraordinaires. Le Britannia se contentait de quelque 700 chevaux de puissance, et il ne brûlait que 570 tonnes de houille par traversée, bien qu’à cette époque la pression des chaudières ne dépassât pas 6,70 kg. Le Persia brûlait déjà 1400 tonnes dans sa traversée, la Lucania 2900, et quant au Lusitania il en consommera 5000. Ce total est d’autant plus considérable qu’on est parvenu peu à peu à porter la pression à 14 kg. ; ce qui réduit considérablement la consommation de vapeur ; si bien qu’à bord du merveilleux paquebot, on ne brûlera plus que 660 grammes de charbon par cheval-heure indiqué, au lieu des 2500 grammes et plus que brûlait le Britannia. Enfin le Lusitania recevra 2550 passagers, au lieu des 115 du Britannia, et il les emportera à travers l’Atlantique, à une vitesse de 25 nœuds, en leur donnant un confort, un luxe et aussi une sécurité qu’on n’aurait jamais osé espérer voir se réaliser vers 1840.
- Il est du reste inadmissible de supposer qu’on s’en tiendra là. Sans doute n’est-ce pas demain qu’on va oser construire un navire plus rapide; mais des perfectionnements mécaniques nouveaux se feront quelque jour. Et, en tout cas, il semble que le navire de 500 mètres soit une réalité prochaine.
- Daniel Bellet.
- COMMENT ON EXPLOITE L’OR
- à Madagascar
- Madagascar a produit l’année dernière pour plus de sept millions de francs d’or. C’est peu de chose, sans doute, dans les 1800 millions de la production mondiale, mais nous pouvons espérer n’en être encore qu'à un début. D’ailleurs, même ce chiffre modeste n’est pas négligeable; surtout pour nous, Français, que la fortune n’a guère gâtés aux colonies au point de vue de l’or. Il est donc intéressant de savoir où sont les gisements actuellement exploités, en quoi ils consistent et comment se fait leur exploitation. C’est ce que le présent article a pour but d’exposer sommairement. L’or se trouve un peu partout dans l’ile. On aurait peine à citer une région qui n’en renferme pas. Mais trois d’entre elles en donnent beaucoup plus que toutes les autres ensemble, et, en définitive, font la production. La plus importante s’étend de Fénérive à Mananjary, le long de la côte Est, jusqu’à une centaine de kilomètres dans l’intérieur ; la seconde est dans l’Ouest, autour de Miandrivazo et d’Ànkavandra ; la troisième, au Centre, de part et d’autre de la ligne Tarianarive-Fianaranlsoa. Les limites de ces régions sont naturellement imprécises, et il y a, dans chacune d’elles, des districts riches, d’autres plus pauvres, d’autres encore complètement sans valeur; mais, sur toute leur étendue, se rencontrent des gisements exploités.
- Ces gisements sont des alluvions, c’est-à-dire des couches plus ou moins argileuses de graviers ou de sables, qui se trouvent dans les vallées, ou môme sur les flancs des collines, tantôt presque à fleur de terre, tantôt recouvertes d’une épaisseur variable d’autres couches analogues, mais stériles. Tout l’ensemble provient de la destruction par les agents atmosphériques, air, pluie et soleil, des roches composant les hauteurs avoisinantes. Dans ces alluvions, l’or est en grains et en pépites ; on l’en retire par simple lavage.
- Le premier venu n’a évidemment pas le droit de se mettre à laver où bon lui semble sans prévenir personne; il faut avoir une concession du gouvernement, ce qu’on appelle là-bas un permis. Il y en a de deux sortes : le permis de recherche et le permis d’exploitation. Le premier ne vaut que pour un temps limité, trois ans au maximum. Le second est d’une durée indéfinie à condition que les taxes qu’il comporte soient régulièrement payées; il constitue un véritable titre de propriété sur le territoire auquel il s’applique. Ce territoire a la forme d’un rectangle, c’est pourquoi le permis d’exploitation est communément désigné sous le nom de « rectangle ». Le permis de recherche est appelé « piquet », parce qu’il est valable pour un cercle dont le centre est marqué par un poteau-signal, ou piquet, planté par le demandeur. Un rectangle d’exploitation est toujours inscrit dans un cercle de recherche,
- Les titulaires de piquets ou de rectangles s’ap-
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- pcllent des prospecteurs. Mais ils n’ont de commun que le nom avec les véritables prospecteurs, ces passionnés de mines d’or, éternels errants qui poursuivent leur rêve d’une extrémité du monde à l’autre, toujours pleins d’espoir et d’ardeur malgré les fatigues, les privations, les désillusions de toute sorte. Les prospecteurs de Madagascar ne travaillent pas eux-mêmes; c'est sur des renseignements indigènes spontanés ou provoqués, vrais ou faux, qu’ils plantent leurs piquets, demandent leurs permis et commencent leurs lavages. Cela s’explique par les conditions particulières où ils se trouvent. L’île n’est pas très salubre; même dans sa partie centrale, l’Imerina, cependant très élevée, l’Européen doit prendre garde h son hygiène ; sur les deux versants, à l’est comme à l’ouest, où le climat est beaucoup plus chaud, il ne pourrait supporter beaucoup de fatigues et de privations ; il lui serait notamment impossible d’extraire et de laver lui-même les terres à or, et c’est en cela que consisterait justement son métier de prospecteur. Il faut ajouter que le choix de l’emplacement et la conduite de travaux de prospection sont choses fort délicates à Madagascar, parce qu’il y a de l’or à peu près partout, de telle sorte que le fait d’en trouver quelque part n’est pas une indication précise de la présence ou du voisinage d’un gisement sérieux.
- Pas plus qu’il n’est prospecteur, le détenteur de permis n’est exploitant. Il est simplement l’acheteur privilégié, au prix de 2 francs le gramme, de l’or que recueillent sur ses terrains les indigènes qu’il y a fait venir et qu’il y laisse travailler à leur guise.
- Le taux de son bénéfice ne dépend, ni de la valeur plus ou moins grande du gisement qu’il possède, ni de son habileté ou de sa science personnelles, mais seulement du nombre de ses indigènes. Aussi ne s’occupe-t-il que d’en avoir le plus possible. Du gisement il ne se soucie guère; il ne le connaissait pas quand il en a demandé la concession ; il ne cherche pas à le connaître une fois qu’il en est devenu propriétaire. Cette attitude paraît surprenante, mais elle lui est imposée par les caractères des dépôts aurifères : leur teneur fort irrégulière et la grande dissémination de leurs parties riches font qu’ils ne pourraient pas être exploités avec bénéfice d’une manière méthodique au moyen de la seule main-d’œuvre humaine; il faudrait des études attentives et des appareils mécaniques, c’est-à-dire en un mot, des capitaux. Le prospecteur n’en a pas, et le système qu’il a adopté n’en nécessite précisément aucun, ou à peu près aucun, car les frais de premier établissement se réduisent à de faibles sommes et le fonds de roulement est nul : l’or, presque pur, pouvant se réaliser immédiatement pour sa pleine valeur.
- ! Il s’agit donc pour le prospecteur d’avoir des indigènes. Il en recrute, ou en fait recruter par des gens à ses gages, dans l’Imerina et le Betsileo, seules parties de l’ile où la population soit relativement dense. Les recruteurs vont de village en village, faisant des discours les jours de marché, dans lesquels ils
- vantent les concessions qui vont être ouvertes, leur grande richesse en or, l’abondance et le bon marché du riz, la personnalité du blanc qui sera le chef, etc. Les Malgaches, grands amateurs d’éloquence, se pressent autour de l’orateur; à la lin, quelques-uns se présentent pour être engagés. Ils hésitent d’autant; moins qu’on ne leur demande pas de partir tout de suite, mais seulement trois ou quatre mois après, une fois la récolte du riz faite et la saison des pluies terminées, et, surtout, qu’on leur accorde assez facilement une avance pour les aider à payer l’impôt. Malheureusement, tous les engagements ne sont pas tenus, d’où mécomptes et perte sèche pour le prospecteur; s’il veut; rentrer dans son argent, il
- Cap d'Ambre
- .s> Baie de j&JDiego Suarez
- ® Comores
- so $?•
- I. Nossi-Bé
- * Nlaj
- Tamatave
- TANANARIVE
- lAndevorcmte*
- OCEAN
- INDIEN
- Régions aurifères
- . Kilomètres. ,
- Fig. 1. — Carte générale des exploitations aurifères à Madagascar.
- doit s’adresser à la justice française, lente, formaliste, et infiniment trop coûteuse pour qu’on puisse y recourir vis-à-vis de gens qui ne possèdent à peu près rien.
- A partir d’avril, les engagés arrivent sur les concessions. Ils sont accompagnés de leur famille, ou au moins de leur femme. Chacun se construit une case, et ainsi est créé, autour de l’habitatioii de l’Européen, le village ou camp minier, le « toby », selon l’appellation malgache. Il y a des « toby » importants ; ceux de 200 à 500 hommes, soit au total de 800 à 900 âmes, ne sont pas rares. Les « toby » sont placés sur des hauteurs afin d’éviter autant que possible les fièvres et les épidémies. Dans l’Est, où les collines sont très;j. .abruptes, ils occupent des crêtes, et consistent alors en une longue rue.
- Au mois d’octobre, quand approche le moment de
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- Fig-. 2. — Vue d'ensemble d’une oxploilation aurifère à Madagascar.
- repiquer le riz, les « loby » commencent à se vider. son suivante à cause des pluies fortes et continues Dans l’Est, beaucoup sont abandonnés jusqu’à la sai- de l’hivernage et des difficultés considérables de eir-
- Fig. 3. — Malgaches lavant les sables aurifères à la bâtée.
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- culation et de ravitaillement qui en sont la conséquence ; du reste, tout travail devient à peu près impossible. Dans le Centre et l’Ouest, où il pleut moins lort et moins longtemps, il n’en est pas de même, et il s’est formé, dans certains camps, particulièrement bien placés au milieu de bons gisements aurifères, un noyau de population très stable. Les. indigènes travaillent où ils veulent et comme ils veulent sur la concession, s’installent [dans le lit meme de la rivière
- aucune autorité
- sur eux ; il jouit seulement d’une influence et d’un prestige plus ou moins considérables selon sa personnalité. 11 règne, mais ne gouverne pas. Quand par hasard il fait acte de gouvernement, c’est par l’intermédiaire des « Commandeurs ». Ces commandeurs sont des indigènes
- Fig. 5. — Le repos îles ouvriers.
- aussi, mais connus, posés. Chacun d’eux a avec lui un groupe d’hommes dont il est en quelque sorte responsable, qui sont de son village ou des environs, qu’il a souvent engagés lui-mème, et sur lesquels il exerce un
- Fig. ü. — Le travail eu famille.
- les autres attaquent les berges, sous lesquelles se prolonge en général la couche aurifère. Ceux-là ont à détourner et à épuiser l’eau; ceux-'ci à enlever un recouvrement stérile, dontl’épaisseur augmente à mesure qu’ils s’éloignent de l’axe de là vallée. Tous vont à l’aventure, sans méthode et sans plan. Le prospecteur ne se préoccupe pas de leur imposer
- l’une ou l’au- „ .
- , , Fig- 8. — Lavant a la bâtée,
- tre ; il ne leur
- donne aucun ordre; il n’a proprement, du reste, |
- Fig. 7. — La tranchée; ouvriers avec le tsolo et l’angady.
- certain ascendant. Le travail commence, en théorie, le lundi matin et se continue sans interruption jusqu’au samedi soir. En fait, les chantiers ne sont guère en train avant le mardi assez tard dans la matinée, et les journées sont courtes, à peine sept heures effectives : les indigènes rentrant
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- chez eux très tôt l’après-midi. Le samedi seulement ils restent davantage, parce qu'il faut achever le lavage de toutes les terres extraites et nettoyer complètement l’or pour l’apporter à la pesée du lendemain et en recevoir le prix. Les outils qu’ils emploient sont : 1’ « angady », qui est une bêche longue et étroite, excellente pour les terrassements et maniée avec une dextérité surprenante; le « tsolo », simple pointe d’acier, souvent fixée à l’extrémité du manche de F « angady », qui sert à désagréger les graviers trop compacts ; enfin la bâtée en bois pour les lavages. Celte hâtée est d’une contenance moyenne de dix litres; elle a la forme d’un segment de sphère dans les districts du Centre ; elle est conique dans ceux de l’Est et de l’Ouest.
- La devise des orpailleurs malgaches est certainement : chacun pour soi. Ce n’est pas qu’ils essaient de se chasser réciproquement des meilleures places, ou ne respectent pas les travaux du voisin ; au contraire, l’absence de disputes et de contestations est un fait remarquable et tout à leur honneur. Mais l’association est chose inconnue. Du moins l’association poussée jusqu’au bout, telle que nous la comprendrions. On voit bien des chantiers occupés par plusieurs travailleurs, soit que le recouvrement stérile ait une puissance trop forte, soit que l’eau arrive en trop grande abondance; mais l’union des efforts cesse dès qu’elle n’est plus absolument nécessaire : la couche contenant l’or mise à découvert, chacun s’en adjuge un coin et le travail individuel recommence.
- L’indigène a cependant toujours un associé : sa femme. Lui failles fouilles; il cherche et extrait les terres aurifères; elle les lave. Si la tâche du mari est plus dure à cause de l’effort physique à fournir, celle de la femme n’a rien d’agréable : il lui faut rester tout le jour, sous le soleil ardent, dans l’eau boueuse jusqu’aux genoux, courbée sur sa hâtée, avec souvent un bébé attaché sur son dos. Ni pour l’un, ni pour l’autre, le métier n’est pourtant aussi pénible qu’il en a l’air, car il faut tenir compte des habitudes et de l’endurance. Mais il est malsain. Les lièvres sont fort répandues. Dans les premiers temps, alors que Hovas et Betsileos n’étaient pas acclimatés encore dans ces pays de l’est et de l’ouest où se trouvent les meilleurs gisements, les hécatombes ont élé terribles. Le gain nous semble très faible : on peut l’estimer à 50 centimes par jour en moyenne ; c’est en réalité beaucoup pour un Malgache qui dépense à peine trois ou quatre sous par jour. 11 ne suffirait pas cependant à attirer assez d’amateurs, s’il n’y avait pas la liberté du travail et surtout l’espoir de tomber un jour sur une poche riche dont profitera seul celui qui l’aura trouvée, puisque l’or, quelle qu’en soit la quantité, se vend toujours le même prix au Diane.
- Telle est à l’heure actuelle l’industrie aurifère à Madagascar : fort primitive comme on voit. Mais elle va subir bientôt des transformations profondes. Les gisements alluvionnaires capables de supporter une
- exploitation aussi désordonnée s’épuisent rapidement ; on n’en trouvera pas toujours de nouveaux. Pour continuer à produire de l’or, il faudra des appareils mécaniques. On a commencé, d’autre part, à s’occuper des liions, pour lesquels aussi il faudra des machines. Le travail indigène décousu et gaspilleur disparaîtra bientôt, laissant la place aux procédés méthodiques des Européens, bien autrement puissants et efficaces. L. Gascuel.
- CHRONIQUE
- Une station hydro-électrique de 300 000 chevaux. — Pour expliquer la puissance énorme que l’on veut donner à cette station, il faut dire qu’on compte distribuer le courant qu’elle fournira dans toute la vallée du Sacramento et la banlieue de San Francisco, autant pour la traction des trains que pour la force motrice des usines ou l’éclairage. On veut utiliser dans ce but les eaux de la Feathes River, au moyen d’un réservoir géant, le courant pourra être distribué au moyen de deux lignes de 280 km de développement chacune, l’une ne servant que de canalisation de secours au cas d’avarie à la première.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 juillet 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Le tremblement de terre de San Fancisco. — M. de Lapparent résume devant l’Académie les conclusions du rapport préliminaire publié par la commission sismologique californienne, relativement au désastre du 18 avril 1900. 11 ressort de ce travail que la catastrophe est due au mouvement relatif des deux lèvres d’une cassure reconnue par les géologues de Californie et qui s’étend, sur 000 kilomètres, à peu près parallèlement au rivage de la pointe Arena au mont Pinos. Cette cassure, déjà ancienne, a rejoué le 18 avril, le compartiment occidental subissant, relativement à l’autre, une poussée horizontale qui l’a déplacé vers le Nord-Est de 2 mètres en moyenne. C’est exactement sur cette ligne que se sont concentrés les principaux effets désastreux, encore faciles à suivre sur au moins 300 kilomètres. On voit par là, dit M. de Lapparent, ce qu’il faut penser des explications fantaisistes qui attribuaient le désastre à une explosion interne ou à une vague lançant la surface du noyau igné contre une partie de l’écorce terrestre. Il s’agit là d’un tassement survenu dans une, croûte disloquée avec mouvement relatif des compartiments en contact.
- L’unité de la race nègre. — M. Edmond Perrier expose les grandes lignes d’une intéressante Note de M. Louis Lapicque, de la Sorbonne, sur « l’unité de la race nègre ». Suivant M. Lapicque, qui a fait de nombreux voyages d’études, les nègres ont autrefois constitué une population continue et presque homogène sur tout le pourtour de l’océan Indien, de l’Afrique à l’Océanie. Les races à peau noire que l’on sépare généralement des nègres, les Ethiopiens par exemple, sont en réalité des métis. Le type primitif était caractérisé non seulement par la pigmentation cutanée, les cheveux crépus et le nez cainard, mais encore par une conformation particulière du corps qui se retrouve chez tous les nègres actuels et chez les popula-
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- tions métisses avec l’atténuation qu’y a apportée le métissage lui-même.
- Les greffes de corps thyroïde. — La physiologie du corps thyroïde, connue depuis peu, est des plus curieuses. On sait que si l’on supprime cette glande située au-devant du cou, une singulière maladie se développe, le myxœ-dème; les tissus, la peau, le cerveau s'infiltrent d’un liquide épais, et l’activité des fonctions, spécialement celle de l’intelligence, s’atténue, etc. Or, il suffit d’ingérer, sous une forme quelconque, du corps thyroïde emprunté à un animal pour ramener l’état normal. Toutefois, il y a là un assujettissement et, chose plus grave, une possibilité d’accoutumance empêchant l’effet utile. Aussi bien souvent a-t-on essayé de greffer sous la peau des fragments de glande thyroïdienne, mais jusqu’à ce jour on avait échoué. Le professeur Lannelongue annonce qu’en modilianl la technique et en employant des greffes minuscules, très nombreuses et empruntées à la même espèce, que l’on inserrait avec une extrême célérité, le professeur Charrin, du Collège de France, et M. Cliris-tiani sont arrivés à la solution de ce problème. .11 ressort de la Note qu’ils adressent à l’Académie qu’une jeune femme privée de corps thyroïde, myxœdémateuse, était condamnée à prendre chaque jour 54 gouttes d’une solution thyroïdienne. Après avoir reçu en deux fois, 58 greffes, deux ans après, elle put pendant plusieurs journées s’en passer et se contenter de‘2 ou 4 gouttes — en poids 0gr,10 au lieu de lgr,50. Bien plus, elle put accoucher d’un enfant normal et, comme à l’état physiologique chez la femme grosse le corps thyroïde augmente, on constata que les greffes s’étaient aussi développées. Cette constatation étrange montre donc incontestablement que ces greffes avaient, elles aussi, conservé leur nature glandulaire. 11 y a là, dit le professeur Lannelongue, plus qu’une simple observation clinique; on semble plutôt se trouver en présence d’une méthode nouvelle.
- Communications diverses. — M. Émile Picard présente à l’Académie le tome 11 de son traité sur « la théorie des fonctions algébriques de deux variables » où sont rassemblés les travaux qu’il a publiés depuis dix ans sur cette partie importante et difficile de l’analyse mathématique. M. À. Lacroix étudie la composition chimique et minéralogique des produits de la récente éruption du Vésuve. Il fait remarquer notamment que les petites pierres qui ont écrasé une partie de la ville d’Ottoyana n’ont pas la même composition que la lave épanchée. Elles sont constituées par des matériaux anciens du volcan, lien est de même de la poussière fine de la fin de l’éruption. M. Armand Gautier continue l’exposé de scs recherches sur l’origine des gaz des eaux minérales. Il fait voir que l’hydrogène sulfuré se forme de toute pièce dans le sol.
- Élection. — L’Académie a procédé, au cours de la séance, à l’élection d’un correspondant pour la section d’astronomie en remplacement de M. Samuel Pierpont Langley, de Washington, décédé. La section avait présenté : en première ligne : M. Vogel, de Potsdam; en deuxième ligne : M. Pickering, de Boston ; en troisième ligne : M. Riceo, de Catane. Au premier tour de scrutin M. Vogel, astronome à Potsdam, a été déclaré élu par 5G voix contre 4 à M. Pickering sur 40 votants. M. Vogel est l’auteur de nombreux travaux astronomiques et d’études remarquables sur la speclroscopie qui lui ont valu une juste réputation dans le monde scientifique.
- Cm. de Villedëuil.
- MACHINE
- A RECTIFIER LES COLLECTEURS
- dans les machines électriques
- On connaît tous les avantages que présentent les machines dynamos à courant continu. On sait aussi que s’il est nécessaire d’aller au loin chercher l’énergie hydraulique, la transformer en énergie électrique sur place, la transmettre sous formes diverses, le plus souvent sous forme de courants alternatifs simples ou polyphasés, on est également obligé presque toujours d’avoir recours à la transformation en courants continus pour la distribution. Et cette transformation s’obtient très facilement grâce au collecteur des machines dynamos. Cet organe est parfait en lui-même, tel qu’il est sorti des mains de Gramme. Sans doute des perfectionnements ont été apportés au modèle primitif; mais on doit bien reconnaître que rien n’a été changé au principe qui a guidé l’inventeur dans sa construction.
- Un tel appareil en pratique a besoin d’être soigné et entretenu. On a imaginé de nombreux systèmes de balais et porte-balais pour éviter toute trace d’étincelle aux points de contact des balais. On en est arrivé aujourd’hui à adopter presque exclusivement le balai à charbon qui prend régulièrement la forme du collecteur, et semble glisser à sa surface tout en la maintenant complètement lisse et cylindrique.
- Malgré tous ces avantages, et malgré toutes ces précautions, il arrive cependant que les lames du collecteur subissent quelques atteintes, soit par suite d’étincelles, de poussées diverses ou par suite de toutes autres causes. 11 arrive donc un moment, après les longs services d’éclairage d’hiver, où il est nécessaire de réparer le collecteur. Nous parlons à dessein de réparation du collecteur, et non de tournage, parce que nous allons expliquer ci-après les différences que nous établissons. Mais nous désirons rappeler tout d’abord que malgré tous les soins que l’on prend aujourd’hui pour les collecteurs, malgré les balais en charbon, il y a toujours des étincelles qui laissent traces de leur passage, des particules de charbon qui restent soit sur l’isolant, soit sur les lames de cuivre et qu’il faut faire disparaître à tout prix.
- Jusqu’ici, pour rectifier les collecteurs, on avait recours au tournage. On transportait chez le tourneur des induits de diamètres et de poids élevés, et celui-ci soumettait le collecteur à l’action d’un outil tranchant et bien affûté qui avait pour mission d’enlever une épaisseur très faible, aussi faible que possible, des lames de cuivre, séparées par des lames de mica. C’était une opération très délicate qui présentait de grandes difficultés. Souvent l’outil rencontrait une pointe de métal ou de mica; il arrachait cette pointe et la brisait. Cette pratique du tournage des collecteurs avait d’autres inconvénients que nous
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- ne pouvons énumérer ici; ils étaient nombreux.
- 11 existe aujourd’hui une machine Phiiipps qui permet de rectifier les collecteurs en soumettant leur surface à l’action d’une meule ; celle-ci agit sur eux par usure et lait disparaître toute trace d’imperlec-
- machine montrant le dispositif de fixation qui convient pour le montage sur les paliers de porte-balais. L’arbre de la meule est commandé directement au moyen d’une roue à friction en caoutchouc roulant sur le collecteur ; il est porté par une longue glissière, et est d’une grande rigidité. Les paliers sont longs; l’arbre et le tambour sont équilibrés pour tourner à une grande vitesse angulaire sans donner de vibrations. L’arbre de la meule se déplace longitudinalement devant le collecteur, cl ce mouvement est inversé automatiquement à chaque extrémité de la course; des butées sont établies pour meuler la surface du collecteur depuis l’arrivée des fils de connexion jusqu’au bord extérieur du collecteur. L’ouvrier n’a donc qu’à surveiller l’avance et à la régler.
- Les dispositifs varient nécessairement suivant les modèles de machines dynamos. Lorsqu’il n’y a pas de, porte-balais, la machine est placée sur le palier extérieur. Des bagues d’espacement sont employées quelquefois pour l’ajustage à différents diamètres de porte-balais.
- Pour quelques dynamos, la machine est boulonnée sur des consoles fixées au palier; si le collecteur a un grand diamètre, les consoles sont ^relevées au moyen de pièces d’écartement. C’est le ^casquemontre la figure 2, où la machine à rectifier
- est fixée au palier principal. Un peut également monter la machine au-dessus d’un collecteur de grand diamètre, en la maintenant par des consoles en fonte fixées à la carcasse de l’inducteur, ou à la couronne porte-balais.
- 11 existe enfin d’autres machines à rectifier que nous tenons à faire connaître en raison des applications auxquelles elles [(cuvent se prêter.
- Nous mentionnerons d’abord un modèle très compact, pouvant rendre de grands services à bord des navires, puis une machine légère à avance à la main, employée pour des collecteurs de 225 millimètres de diamètre cl de 150 millimètres de longueur ; une machine [dus destinée à des collecteurs millimètres de diamètre. Sur un banc de tour ordinaire avec poupée et contre-poupée, esL fixée une machine, montée sur un bâti ; elle est employée pour meuler les collecteurs des moteurs des tramways et chemins de fer électriques.
- Enfin signalons encore une machine montée sur une lunette faite pour s’ajuster pour toute hauteur du centre du collecteur et que l’on peut adapter sur un tour.
- Gette nouvelle machine à rectifier les collecteurs
- nous paraît de nature à rendre de grands services dans l’industrie électrique, où il est de toute importance de ne laisser jamais fonctionner un collecteur défectueux. J. Laffargue.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laihjre, rue de Fieurus, 9.
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- N° 1729. — 14 JUILLET 1906
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- Dans tous les travaux de terrassements, le machinisme est aujourd’hui triomphant sous la l’orme d’excavateurs, de dragues; et il serait intéressant, spécialement à propos de ces derniers appareils, d’indiquer les dispositions diverses qu’ils alléclent pour répondre aux différentes natures des travaux et de sols auxquels ils doivent s’attaquer. Mais nous nous contenterons, pour cette lois, de montrer l’extraordinaire puissance qu’on est parvenu à donner à cet outillage, dont les services ont commencé surtout de se révéler à l’occasion du creusement du canal de Suez.
- Nous prendrons comme exemple le genre de drague le plus puissant, nous le reconnaissons tout de suite, la drague à succion, qui, au moyen de pompes et d’un long tuyau dont l’extrémité vient s’enfoncer dans la masse à attaquer, aspire les matériaux qu’elle arrache au fond de la mer, par exemple, en même temps qu’un courant d’eau. C’est surtout aux bancs de sable qu’on s’attaque avec les dragues à succion : du moins faut-il que le terrain soit essentiellement meuble, pour qu’il se laisse mettre en mouvement par le simple effet d’entraînement d’un courant d’eau aspiré par une pompe. Il est bon du reste de rappeler que la force d’aspiration d’une pompe peut être considérable, comme le disait si bien M. Massalski, qui est un spécialiste en la matière, puisqu’on en a vu aspirer non seulement des boulets, des obus (qui font jusqu’à un certain point clapet dans le tube d’aspiration), mais encore des roues de wagonnets pesant 55 kilogrammes.
- 34e année. — 2e semestre.
- La drague suceuse aspire de l’eau servant de véhicule aux déblais, en même temps que ces déblais, mais on s’arrange de manière à ce que cette eau sorte des trémies où s’emmagasinent les produits de dragages, complètement débarrassée du sable qu’elle tient en suspension, celui-ci tombant au fond des trémies par décantation ; et c’est bien du sable que la drague emporte ensuite dans ses lianes pour aller le déverser au loin (s’il s’agit d’une drague porteuse), ou dépose dans les chalands chargés du transport.
- On a mis en service à l’embouchure de la Mersey, pour creuser et entretenir les passes, un type remarquable de ces dragues aspiralrices qui sort des chantiers Vick ers Sons and Maxim. Cette drague, longue de 101,50 m. pour une largeur de 16m., est munie de deux pompes et de deux tuyaux d’aspiration. C’est une porteuse, et ses trémies ont une contenance totale de 4500 tonnes de sable. Pour donner une idée de la rapidité avec laquelle le sable est aspiré et accumulé dans les trémies, nous pouvons dire d’abord que souvent il suffit d’un quart d’heure pour (pie les trémies aient leur plein de 4500 tonnes : ce qui revient à dire que le dragage se fait à raison de 18 000 tonnes à l’heure. Naturellement, pareille rapidité de travail ne pourrait se maintenir, car lors même que la drague enverrait les déblais dans des chalands accostés le long de ses flancs, il n’en faudrait pas moins le temps normal nécessaire pour éloigner les chalands pleins et en amener d’autres vides. Ce taux de dragage ne saurait se poursuivre que s’il y avait refoulement direct
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- dans des conduites : et c’est impossible, car cette drague travaille presque en pleine mer, en résistant d’ailleurs parfaitement au mauvais temps, grâce à ses dimensions. Et comme les déblais sont déposés dans ses lianes mêmes, il faut très souvent qu’elle s’arrête de travailler pour aller porter au large ces déblais et les déverser par ouverture des portes inférieures de ses trémies. Le bateau est muni d’une machine propulsive et d’une hélice qui lui permettent de marcher à pleine charge, à une allure de
- 10 nœuds.
- Or, même dans ces conditions, en dépit des déplacements et des arrêts de trav ail ainsi imposés, une semblable drague parvient couramment, dans l’espace d’un mois, à enlever du fond de la mer et à emporter au large, là où les courants ne peuvent point le reprendre de façon dangereuse pour la navigation, un volume formidable de 600 000 tonnes et plus de sable. A ne considérer (pie ce chiffre de 000 000 tonnes, comme le sable humide olfre une densité d’environ 1900 kilogrammes au mètre cube, on peut dire qu'une drague de ce genre extrait dans son mois de travail 515 000 à 520000 ni3 de sable. Ceci correspondant à une période effective de travail de 500 à 520 heures, le travail se poursuivant jour et nuit, et n’étant interrompu que par des avaries ou réparations, ou encore par un trop violent mauvais temps. Ainsi donc, la puissance d’extraction ressort à 610,615 m3 à l’heure, tout compris, en tenant compte de la perte de temps énorme qu’entraîne le transport des déblais.
- Si nous supposions un appareil de ce genre (pour fixer les idées et les matérialiser) travaillant sans interruption sa journée de 24 heures, nous verrions que le volume de sable qu’il a extrait dans cette journée de travail représente une masse assez coquette de plus de 14 700 m3 de sable : et en admettant que l’on puisse disposer ce sable sous la forme parallélipipédique d’une maison d’habitation comme celles qui bordent les rues des grandes villes,
- 11 formerait un tas formidable correspondant au
- volume extérieur d’une maison ayant une façade de 25 mètres, sur une profondeur de 10 mètres (ce qui est assez bien proportionné), mais ne comptant pas moins de 18 étages, sans parler du rez-de-chaussée1. P. de Mériel.
- UN NAVIRE DU SOLEIL D’ÉGYPTE
- L’été, sur nos plages, une des grandes joies de l’enfance est de construire de beaux navires faits de sable, de galets et de goémon assemblés. Il en est de merveilleux, pourvus de banquettes et de gaillards, plantés de drapeaux, dont la masse imposante sait défier, plusieurs marées durant, l’assaut de la mer montante.
- 1 Vers 1840, une bonne drague enlevait 408 ni3 par jour
- On ne s’attendait guère à voir les vieux Egyptiens se livrer à ce jeu. Cependant, les touristes qui ont passé rimer dernier sur les bords du Nil, ont pu voir à Abousir, à 2 heures à peine des grandes Pyramides, l’étrange construction que voici (lig. 5). Encore mal dégagée du sable, qui la submergeait entièrement, avant les fouilles de M. de Bissing1, une énorme coque de navire, longue de 50 mètres, s’étale à l’entrée du désert, à côté des ruines du temple d’Ousirniri. Les deux édifices sont du meme monarque, l’un des Pharaons de la Ve Dynastie, et le navire d’Abousir a été conslruil, par conséquent, vers l’an 5900.
- Rarement s’ingénia-t-on autant à faire d’une construction de briques la copie scrupuleuse d’un bateau. Les assises des matériaux jouent l’apparence et le dispositif des boites de roseaux dont étaient faites les vieilles pirogues égyptiennes. Assouplies en courbes savantes, elles se relèvent en gerbes et pointent vers les extrémités (lig. 5). Mieux encore, leur section transversale imite les sinuosités d’une membrure de navire réel. Si bien qu’aujourd’hui encore, la couleur blanche de la coque a bien pu disparaître à quelques parcelles près, et rien ne subsister plus du gréement : même en cette détresse, la barque d’Abousir est autre chose qu’une suite de pans de mur à demi ruinés. C’est bien un navire, ainsi vu de l’arrière (fig. 5), et c’est ce qu’acheva de prouver, au cours des fouilles, la découverte de débris significatifs : fragments de bois peints ou dorés, débris de métal ou de brique stuquée, etc. Au reste, et pour des égyptologues tout au moins, l’évidence résultait moins encore des contours caractéristiques de l’étrange édifice que des piliers dressés au centre de la coque (voir même figure et le plan fig. 4). On ne pouvait s’y tromper, en effet, tant le tout s’ajustait bien au signalement des navires du Soleil, tels que la peinture égyptienne les a figurés plus de mille fois. On sait comment le Soleil d’Égypte, monté sur une pirogue, parcourait sans cesse le monde sur le lleuve céleste qui entoure notre terre. L’esquif était d’aspect primitif, large de « façons », assez bas sur l’eau, très relevé aux pointes, ainsi qu’il convenait pour une barque en roseaux, aussi vieille que l’Univers. Conçue par les premiers habitants de la vallée du Nil sur le modèle de leurs propres embarcations, la pirogue solaire avait, depuis lors, gardé des contours immuables. L’iconographie les avait scrupuleusement respectés, et les modèles sacrés qu’en possédait jadis le temples d’Héliopolis, la ville Sainte, avaient dû en être, eux aussi, la copie minutieuse. On eut même la chance, en 1897, de retrouver des réductions en bois de barques du Soleil (fig. 5). Déposées dans les tombes d’El Bershile (2800 av. J.-C.). Mais qui aurait pensé qu’il y avait eu, et surtout qu’il existait encore quelque part en Égypte, un vaisseau de ce genre, de 50 mètres de long, édifié en briques et en bois, à la surface du sol?
- 1 Von Hissing'. Der Reheiligtum von Wse nie lié, 1906.
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- La reconstitution du navire est donc aisée, grâce à toutes les représentations que nous ont laissées les Egyptiens, et le meilleur guide est la ligure de barque solaire que nous reproduisons ci-contre (lig. 2). C’est le signe hiéroglyphique de ce navire, dans les plus vieux textes sacrés de l’Egypte ; gravés dans les couloirs des Pyramides de Saqqarali, ils sont contemporains, à très peu près, de notre vaisseau d’Àbousir.
- D’abord, à l’avant, une sorte de « château-gaillard » dont la plate-lbrme se hérisse d’une Irise lancéolée. Puis un pont de 20 mètres sur 40 au au maîlre-bau. Le plancher posait sur des poutres transversales dont on voit encore les emplantures à l’intérieur de la « muraille ». Au lond des « logements », des débris de bois calciné attestent la façon
- donL fut consommée, voici tantôt six mille ans, la ruine de l’étrange navire. La barque du Soleil péril par incendie !
- Dissimulés sous le pont, les gros piliers qui s’entassent à l’intérieur servaient de piédestaux cachés à une série de lourdes superstructures, images ou emblèmes, dont chacun avait sa légende ou sa vertu magique nécessaire. Laissons ce que l’on appelle en
- marine 1’ « accostillage » dont les magnitiques modèles de navire retrouvés par Naret, en la « Vallée des Rois » doivent donner probablement une idée assez exacte : échelles, escaliers, superbes bas-reliefs peints et dorés, etc. Quelques fragments de bois, l’un encore couvert de sa dorure, les autres simplement stuqués, sont tout ce qu’il en reste aujourd’hui. Tenons-nous en donc aux trois grands motifs qui se dressent sur leurs socles (fig. 2). Au centre, une hampe recourbée à sa pointe, chargée à mi-mât d’une sorte de paquetage, d’où sort la lame d’un couteau. Je m’en voudrais d’infliger à mes lecteurs un exposé de symbolique : la hampe est un signe d’écriture, le shasun. Les Égyptiens maniaient leurs hiéroglyphes avec assez d’aisance pour en faire, à leurs yeux, des choses vivantes ; et il leur paraissait aussi naturel de dresser au ciel une syllabe de bois qu’à nous de figurer en statues le Commerce, la Guerre ou une Exposition. Où nous ne voyons qu'un mât et son paquetage, ils lisaient un mot, et leur cœur le transposait en une série d’idées mystiques. Ils voyaient se lever, en armée d’Esprits, les fantômes de leurs ancêtres fabuleux, ces shasun qui jadis avaient conquis l’Égypte à la pointe de leurs piques et qui, à présent, au ciel, escorte fidèle des « sa-
- Fig. 1.-—lina raine du Musée du Caire (XII0 Dynastie, an 2500 environ).
- murcii » du Soleil, montent la garde du roi des dieux sur le pont de son navire.
- De part et d’autre de l’emblème, deux statues colossales d’Epervier. Elles ressemblaient, à fort peu
- Fig. 2. — Le signe de lu Darquc du Soleil dans une inscription des Pyramides (an 5700 environ).
- près, à celle du bronze doré, retrouvée à Hiéracon-polis, et qui est sensiblement du même temps : étrange pièçe de sculpture, moi lié fondue, moitié battue au marteau ; clouée sur âme de bois à grands clous de bronze — (on en a retrouvé un dans le sable) ; des yeux de quartz enchâssés et tenus ciment dans les orbites. L’un de ces Eperviers est Râ, le Soleil, l’autre est Harmakhis, son fils, ou son aspect au malin, sa forme quand il renaît à l’Orient.
- La poupe se relevait ensuite fortement sur l’arrière. La massive subslruclion qu’on aperçoit à l’intérieur (fig. 4) soutenait tout le bâti des rames à gouverner. On sait que les vaisseaux égyptiens ignorèrent longtemps notre gouvernail unique. Ils évoluaient au moyen de deux rames placées latéralement de part et d’autre de la poupe et dont le haut s’amarrait sur deux mâtereaux à tête d’éper-vier. La manœuvre, trop longue à décrire ici, sc faisait en actionnant ces avirons jumelés, du pont arrière, au moyen d’un attirail assez compliqué. 11 faut déplorer la perte des rames du navire d’Àbousir. Celles des Musées du Caire et de Berlin nous montrent le luxe déployé par les Egyptiens dans la décoration de ces accessoires du navire : manches à tête d’épervier, pelles décorées au centre d’yeux mystiques, sur les bords de gprbes de fleurs et de plantes d’eau (fig. 1). On peut s’imaginer par la, richesse de ces jouets funéraires, ce que pouvaient être les avirons du Soleil.
- Le croirait-on? Ce n’était pas assez encore. Et des lits de briques peintes en bleu, striées de noir imitaient autour de la coque les flots du Nil céleste, les moires et les cernes qui se jouent à la surface de ses eaux...i
- Le spectacle, au total, ne devait pas manquer de grandeur; de cette masse éclatante, bariolée, dorée, tranchant sur le gris des sables, sa proue orientée à l’Ouest, et à toucher presque les premières ondulations du désert. Aux vieux Égyptiens qui la virent jadis en sa splendeur il dut sembler que c’était l’astre du jour lui-même et son navire. Ils étaient là, échoués soudain, par disgrâce à l’orée de l’autre monde, au moment même de quitter le nôtre, et
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- d’entrer, par la désolation des collines lybiques, dans les territiantes solitudes de l’Au-delà.
- Mais la raison d’ètre de ce monument bizarre? Un caprice de roi? Non, les inscriptions en décrivent plusieurs au Ires tout semblables.
- Un ex-voto, un hommage au Soleil, ancêtre fabuleux des Pharaons? Les for-m u1e s et 1e s prières de la pri-mitive Egypte montrent quelque chose de beaucoup plus curieux. Notre barque était uu talisman gigantesque.
- L’était l’application logique des idées sur la magie. Tout objet façonné à la ressemblance exacte d’un être, animé ou non, homme, bête, arbre ou navire, devient, ipso facto, un réceptacle prêt à recevoir la personnalité et la vie de cet être, il suffit de l’évoquer par les moyens appropriés. Les moyens, le sacerdoce en avait, dès les premières heures, codifié le répertoire : cérémonial préparatoire qui attire l’attention des « Esprits », l’encens, la flamme, les effusions d'eau; incantation rythmée et mélopée où une seule faute suffit à tout faire manquer; paroles qui décrivent l’opération, et l'obligent par là même à s’accomplir; noms mystérieux enfin, qui, dûment prononcés, font de l’être évoqué l’esclave, la chose de l’opérateur, parce que le nom est l’entité suprême, l’essence intime des êtres. Et qui le connaît, sait le prononcer, s’en rend le maître absolu. Faire ici bas une copie du navire qui porte l’Astre du jour, c’est donc être prêt à s’emparer, littéralement du Soleil, et chaque objet figuré contribue, pour sa part, à rendre inévitable l’effet magique. 11 suffira, ensuite, d’évoquer le Soleil par les noms et les formules mystérieux, pour que Je bateau devienne réellement celui de l’Astre, avec toutes ses vertus. Désormais, commander que certaines choses s’y accomplissent, c’est, aussitôt, les faire se répercuter magiquement à bord du Soleil. Aussi, en plaçant près de son temple un pareil navire,
- à la limite du désert, frontière du monde des dieux, le lioi forçait le vrai navire solaire (que l’on me passe de parler en égyptien), à passer par ce point. Tout ce qu’il fera sur la copie s’accomplira là-haut.
- Or le cérémonial nous a été décrit dans des chapitres mystérieux des Pyra-devenus soudain clairement intelligibles. Le roi montait à bord, affirmait s’unir au et devenir un des deux Eperviers divins dressés à bord ; il prenait possession du navire, y faisait le simulacre de gouverner et de vider l’eau à fond de cale ; il nommait les parties de l’esquil de leur nom secret, et elles devenaient siennes. 11 était désormais un « double » du Soleil. A sa mort terrestre, le vaisseau solaire devait prendre l’âme royale à son bord. Lhaque nuit, elle parcourrait le lieuve céleste ; chaque matin, elle réapparaîtrait à l’Orient, et lui reverrait son empire d’Egypte « pour la durée des siècles sans limite ».
- Un moyen magique de se changer en Soleil, tel est donc, en fin de compte, l’explication de l’extraordinaire navire d’Abousir. Et ce qui était vrai du Soleil et de son vaisseau l’était du reste de l’univers, tel que se le figura l’Héliopolis de la préhistoire. Pour diriger de terre les dieux et les choses de l’autre monde, il n’y avait qu’à en fabriquer ici-bas des copies ou des réductions. Si étrangement puéril
- ou étangs jouant, au diminutif, les lacs et les fourrés où les dieux vivent, pêchent, chassent là-haut, et où les astres piroguent leurs esquifs ; chapelles ou stations avec autels qui reproduisaient la géographie politique du ciel; obélisques recevant sur leurs
- que nous semble la donnée, tout prouve qu’il faut bien l’accepter. L’Héliopolis primitive, la mystérieuse et célèbre « cité du Soleil » a été un microcosme de ce genre : couloirs et escaliers imitant les dédales que l’astre parcourt toute la nuit ; bassins
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- pointes dorées les premiers feux, du jour et canalisant sur cette terre le lluide vital émané d’eux. Tout ce qui était fait sur ces répliques du monde divin se répercutait immédiatement là-bas. Ainsi le sacerdoce d’Héliopolis était-il maître de l’Au-delà et de ses forces.
- Pareils concepts déconcerteront un peu ceux qui ne connaissent de l’Égypte que le décor imposant de son âge classique. Ces croyances nous tirent soudain à plusieurs mille ans en arrière, au delà de l’histoire écrite. Spéculations à la fois grossières et subtiles, dont on notera certainement l’analogie avec d’autres, presque pareilles, qui subsistent encore çà et là, dans les sociétés humaines restées à demi
- que tout le monde n’est pas apte à le réaliser, et que l’interruption de toute communication avec le sol (par un isolant tel que le verre) empêche parfois sa réussite. Tant de personnes aujourd’hui utilisent avec succès ce procédé qu’il ne paraît pas inutile de revenir sur une des « pratiques » les plus controversées qui existent.
- 11 y a deux ans, la question a élé étudiée en détail par M. E. Chahrand1 qui la résout par l’affirmative prohlahle. 11 faut dire que son exposé historique omet complètement le sourcier le plus célèbre qui ait jamais opéré, l’ahhé Richard. On me permettra de combler cette lacune, grâce aux circonstances locales, spéciales et toutes personnelles qui me mettent à même de le faire. Je les crois de nature à éclairer considérablement la discussion. Tout le monde, dans la fharente-Inférieuro, a entendu parler de l’ahhé
- Fig. 5.
- Barques trouvées à El Bersbrôlr.
- Long, moyenne
- 0,90 (de l’an 2800 environ).
- — Au centre le navire du Soleil.
- sauvages. Si singulièrement barbares qu’elles nous apparaissent, que Ton suppute cependant ce qu’il a fallu de siècles pour les élaborer, puis les traduire, et quelle route il avait fallu déjà parcourir, depuis les premiers balbutiements de la pensée religieuse.
- George Foucart.
- LA BAGUETTE DIVINATOIRE
- des sourciers
- D’une communication adressée à La Nature (Boîte aux lettres, 5 janvier 1901, n° 1441, p. 22, par M. Gast), il résulte que la découverte de sources à l’aide de la fameuse baguette divinatoire n’est pas un fait imaginaire, mais
- Richard, et aussi du lameux secret pour découvrir les sources qu’il avait, déposé à l’Académie des Sciences
- L’ahhé Pierre Richard est né à Tesson, près Saintes, le 2 février 1822. En 1859, guidé par l’Art de découvrir les sources, de Paramclle, il parcourt la (région et étudie pendant deux ans toutes les fontaines des environs de Montlieu. Il publie dans l’Indépendant de Saintes du 14 mars 1861, un article fort élogieux sur ses découvertes, où il se dit hydroscope, et disciple de Paramellc à l’invitation duquel il se rend le 29 juillet 1861 à Saint-Céré (Lot).
- Dans le cours de ses premiers voyages, il conseille à la municipalité de Trieste (27 décembre 1861), d’atteindre la Recca au fond d’un aven profond de 350 mètres et
- 1 La baguette divinatoire, le blélonisme Bull. Société, d’ethnologie et d’anthropologie de Grenoble, juillet 1904 (p. 120-150) et aussi par le docteur Surbled, de Paris, qui lui est franchement favorable.
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- déjà visité avant lui1, mais il faut un canal horizontal de 4000 mètres de long. La ville de Trieste ne s’est jamais décidée à faire creuser, sur la simple autorité d’un hv-droscope de passage, ce tunnel de 4 kilomètres. L’archiduc Maximilien, depuis empereur du Mexique, qui fait alors construire tout près de là son magnifique château de Miramar, mande aussi l’abbé Richard pour procurer de l’eau à son domaine. Toutes ses pérégrinations, durèrent plus de vingt ans, tant, en France qu’à l’étranger.
- A Rochefort, les travaux qu’il conseilla au mois d’octobre 1800 furent exécutés et lui procurèrent le succès le plus brillant de sa carrière, puisque la ville put se procurer l’eau à trois ou quatre kilomètres de là, au lieu d’aller la chercher à trente kilomètres, comme on était décidé à le faire auparavant ; et l’approvisionnement persiste' encore. Son système, que Richard ne voulut jamais révéler, périt avec lui; et, quelques années après sa mort, il était presque entièrement oublié. Le 2 juillet -18(Mi il avait déposé à l’Académie des Sciences, sous pli cacheté, l’exposé sommaire de sa théorie scientifique sur l’art de découvrir les sources. Ce pli ne fut ouvert qu’après sa mort.
- i (( Toute faille, déclare-t-il, fente, fissure, vallée, pli ou dépression de l’écorce terrestre devient le passage ou le réservoir d’un courant d’eau apparent ou caché, permanent ou temporaire, ascendant ou descendant, proportionné à l’étendue du bassin, et d’une nature, en rapport avec celle du sol ou avec la profondeur.
- Le moyen de connaître les courants d’eau ou d’huile, ajoute Richard, consistera à trouver la faille et fente d’une formation donnée. De même que le mineur trouve leh filons métalliques avec son cadran d’orientation, de môme l’hydrogéologue, armé des mêmes instruments, peut découvrir les courants d’eau et les gisements d’huile.
- Ce qui donne une grande valeur à ce système, et ce qui le différencie de celui de l’abbé Parainelle, c’est, que celui-ci exige une dépression pour trouver le point de la source, tandis qu’avec les failles et fentes on en trouve dans les coteaux et les montagnes. Si, en creusant, vous ne tombez pas tout, à fait sur la fente ou faille, vous l’atteindrez bien vite à l’aide d’une excavation horizontale, perpendiculaire à la direction des failles ou fentes. »
- C’est là tout le secret dont on a fait tant de mystères, la loi des failles, ou des fissures régulièrement orientées. J’ai tenu, il y a trois ans, à soumettre moi-même cette loi à MM. A. de Lapparent, membre de l’Académie des Sciences; De Launay, professeur à l’Ecole des Mines; Martel, le spéléologue, bien connu, et, Auscher, ingénieur hydraulicien fort expérimenté.
- Eh bien, ces quatre savants spécialistes ont été unanimes à déclarer formellement que la loi Richard est inexacte, qu’elle confond les failles avec rejet et les simples fissures, que les sources thermales peuvent bien venir de la profondeur par les failles, mais que les eaux superficielles circulent à travers les fissures irrégulières et entremêlées du sol. Les gisements de pétrole sont soumis à de tout autres lois. Ces messieurs ne font pas de difficultés, surtout MM. de Lapparent et Martel, à admettre comme moi qu’il peut exister chez certaines personnes une sensibilité hydroscopique particulière, leur faisant reconnaître la présence de l’eau souterraine, mais ils n’ont jamais approfondi la question.
- M. Martel m’autorisait même à déclarer en son nom « qu’il a toujours été convaincu que la faculté hydrognomonique est une propriété d’ordre physiologique, spéciale à cer-
- 1 C’est le gouffre de Trebic, profond de 521 mètres, Voir La Nature, n° 770, 14 avril 1888 (Réd.).
- tains individus, sorte de médiums de l’humidité, particulièrement sensibles aux manifestations hydriques du sous-sol ; il y aurait là, selon lui, un phénomène analogue à la sensibilité nerveuse ou rhumatismale par rapport à l’état météorologique de l’atmosphère ». C’est la thèse que je veux défendre ou plutôt exposer.
- Cependant, M. Auscher, dans la réédition de son livre1 (1905) se refuse à croire à cette sensibilité personnelle des sourciers, tout en prenant acte de ma propre conviction.
- Cette faculté de sentir plus ou moins confusément l’eau, est niée, ou du moins méconnue, par la généralité des savants officiels. Pour moi, je considère comme établie cette possibilité d’une sensation de l’eau chez certaines personnes. En ce qui concerne Richard, beaucoup de ceux qui l’ont approché de près ont eu, de son vivant, cette conviction qu’il était un hydroscope sensitif.
- Richard mourut en 1882 au cours d’un dernier voyage en Italie, léguant au séminaire, de Montlieu les fameux papiers contenant son secret ; c’est là que j’ai pu les consulter, sans y trouver autre chose de spécial que la fausse (( loi des failles » ; c’est là que j’ai pu trouver les détails nouveaux dont on n’a pas encore parlé. — Antérieurement, ces papiers avaient été communiqués à l’abbé Ilippolyte Caudéran, né le 26 février 1855, à Caudéran, près bordeaux, qui s’institua aussitôt successeur de Richard, et fit paraître en cette qualité une Notice scientifique, soutenant cette thèse tant soit peu paradoxale que Richard était un vrai savant, mais un savant volontairement muet, et tenant à conserver pour lui seul son secret de sourcier technique, sans aucune allusion d’ailleurs à une sensibilité spéciale, qu’il ne lui a, je crois, reconnue que plus tard quand, découragé, il abandonna lui-même la recherche des sources.
- Caudéran en effet parcourut diverses parties de la France ainsi que de, la Relgiquc (1885, 1887, 1888) et de l’Algérie (1889), mais avec moins de succès, je pense, que de mécomptes. Il est mort le 16 décembre 1899.
- Chacun sait que la sensibilité hydroscopique et son principal symbole, la baguette divinatoire, sont vus d’un très mauvais œil par le monde scientifique officiel.
- Le véritable auteur responsable de cet ostracisme n’est autre que l’illustre Chevreul, car c’est la conclusion de son rapport qu’on invoque comme ayant définitivement, et scientifiquement ruiné la baguette divinatoire.
- En 1855,un modeste savant d’Hyères, nommé Riondet, soumit à l’Académie des sciences un Mémoire sur la baguette divinatoire employée à la recherche des eaux souterraines, mémoire qui fut renvoyé à une commission composée de Chevreul, de Roussingault et de Rabinet. Chevreul, élu rapporteur, avait, dès 1812, fait quelques expériences sur le pendule oscillateur, et en avait conclu, fait très probable, que l’oscillation est due, non au pendule lui-même, mais à des mouvements inconscients de la main qui le tient : il avait publié ces faits et conclusions en mai 1855 dans la Revue des Deux Mondes. Aussi se borna-t-il à étudier de seconde main l’historique de la question ; puis, sans paraître avoir lu les deux mémoires de Riondet, auxquels il ne fait nulle allusion, dont il ne relève aucune allégation, sans avoir JAMAIS VU un sourcier faire tourner la baguette, il étend à la verge mobile cette explication d’un instrument inerte actionné par un moteur vivant, plus ou moins volontaire, la généralise pour les. tables tournantes qui venaient justement d’entrer en danse; et, en fin décompté, ensevelit les bacillogires et leurs adeptes sous le poids
- 1 L’art de découvrir les sources et de les capter, p. 155.
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- d’un rapport académique dont ils n’ont encore pu se relever1.
- Je le répète, Cbevreul avait toute raison de croire que le pendule ne remue pas seul, que la baguette ne tourne pas •d’elle-même; mais pourquoi ne cherchait-il pas à établir si le fait était vrai ou non, et comment ces instruments se mettaient en branle sous l’action de forces nerveuses encore méconnues?
- Car, pour la baguette, elle tourne toujours en dépit de l’Académie, mais chez les seules personnes prédisposées, lesquelles d'ailleurs ne sont pas très rares.
- Son histoire est très suffisamment exposée dans VHistoire du merveilleux, de Louis Figuier (tome II), et dans les Mystères de la science, du même auteur, 1800. Mais si le savant vulgarisateur admet le. fait peu niable de la rotation de la baguette et des succès qu’elle a à son actif, il en donne cette explication que rien ne justifie : les sourciers professionnels, dit-il, la mettent en branle d’une façon plus ou moins consciente, quand des indices superficiels, leur propre expérience, leur permettent de deviner la présence de l’eau souterraine.
- Qu’y a-t-il cependant d’irrationnel à admettre que certains organismes humains soient doués d’aptitudes particulières, et puissent percevoir par les sens, même inconsciemment, ce que les autres ne perçoivent pas, comme l’eau à travers la terre?
- 11 y a des diversités pour ainsi dire pathologiques, que les médecins rencontrent à chaque instant : celui-ci, baromètre vivant, prédit à coup sûr les changements de temps à l’aide de ses rhumatismes ; celui-là est pris d’asthme quand la neige va tomber, ou quand les foins mûrissent ; un officier sentait 24 heures à l’avance la venue du sirocco ; tel buveur d’eau, homme ou femme, trouve dans un seau d’eau entier la saveur d’une seule goutte de vin; l’odeur ou même la vue de telle fleur suffit pour incommoder tel autre ; tous exemples qu’il serait facile de multiplier.
- Mais si celte sensation existe, si elle peut être employée pour chercher l’eau souterraine, elle ne saurait suppléer, même de loin, aux connaissances techniques, à l’expérience, à l’art des ingénieurs. C’est ce qui explique le disbrédit, dans lequel elle est tombée chez ceux-ci, qvii ne sauraient y puiser des indications suffisantes pour approvisionner d’eau, en quantité et qualité convenables, une ville populeuse, et ce qui explique aussi les échecs relatifs éprouvés dans cette partie de ses indications par l’abbé Richard, dont la sensibilité hydroscopique était sans doute la principale qualité pi'ofessionnelle.
- J’ai étudié personnellement plusieurs sourciers sensitifs, à baguette ou à pendule. Les uns illettrés, les autres intelligents et instruits, quelques-uns presque enfants tous très peu suspects de charlatanisme, et je suis demeuré convaincu qu’il y a quelque chose chez eux qui fait marcher la baguette d’une façon automatique et inconsciente.
- La forme, l’essence même de la baguette varient beaucoup selon les opérateurs ou rabdomantes qui l’emploient. Les uns se servent indifféremment de toute espèce de bois, vert ou sec : ce sont les plus puissamment doués; les autres, moins’sensibles sans doute, préfèrent un bois particulier, souvent un jeune rameau de chêne, d’orme ou de noisetier; ils le choisissent et le coupent avec son écorce intacte, bifurqué en forme de Y ouvert.
- Ils le tiennent ordinairement la pointe en haut, les
- 1 Cbevreul, De la baguette divinatoire, du pendule dit explorateur, et des tables tournantes au point de vue de l’histoire, de la critique et de la méthode expérimentale. Paris, 1854, 258 pages in-8°. M. Maxwell a étudié ce mémoire dans les Annales des sciences psychiques 1904, pp. 27G et 337.
- deux extrémités légèrement courbées et serrées entre les paumes de mains tournées en l’air; ils parcourent ainsi lentement le terrain à explorer; à certains points, le long d’une bande de terrain, ils sentent nettement que la baguette va tourner. En effet, celle-ci s’abaisse de 180 degrés environ, quelquefois davantage, et avec une force que le sourcier estime se rapporter à la profondeur et à la quantité de l’eau sous-jacente. On peut objecter qu’il ne semble pas difficile de faire ainsi basculer volontairement un rameau de cette forme et tenu de cette façon. Mais, et je l’ai maintes fois constaté moi-même, si un assistant non doué prend en même temps les deux bouts de la baguette, il la sent très nettement tourner entre les mains de l’opérateur, et comme malgré lui, ce qui n’a pas du tout lieu dans le cas d’impulsion purement volontaire.
- Il en est chez qui la baguette fait plusieurs révolutions, jusqu’à ce qu’elle se brise à force de se tordre, fût-elle en osier vert ou même en fil d’archal. Ce sont des sujets qui seraient excellents pour impressionner un public extra-scientifique, mais que, après vérification sévère sur l’un d’eux, Huilier, de Léoville, j’en suis arrivé à croire bien plus faillibles que les individus moyennement doués. En elfet, leur impressionnabilité est trop forte, et telle, que tout les fait vibrer, les courants souterrains, et d’autres circonstances encore mal définies.
- 11 est d’autres personnes qui ressentent assez nettement l’impression de l’eau souterraine sans avoir besoin de la baguette comme indice révélateur. Ce sont peut-être les meilleurs sujets, surtout quand ils sont intelligents, instruits, et capables d’analyser leurs sensations. Mais on est obligé de s’en rapporter à leurs dires, et on ne peut les prendre comme exemples qu’en étant déjà convaincu de leur véracité et de la réalité des faits.
- La baguette divinatoire est, chez les personnes moins douées, comparable à l’aiguille d’un galvanomètre qui manifeste en les amplifiant l’intensité des courants électriques. Seulement les courants qu’elle révèle sont d'ordre biologique. La nervosité générale du sujet n’est pour rien dans la faculté hydroscopique, il est des névrosés, des hystériques, qui y restent insensibles, et d’autres, réputés très calmes qui en sont vivement impressionnés.
- D’autre part, l’hydroscopie ne peut être un phénomène purement électrique, parce que l’isolement ou la conductibilité des supports de l’opérateur ne semble pas avoir une action constante, surtout quand on les modifie à son insu; et parce que, jusqu’à présent du moins, les électromètres les plus sensibles n’ont pas réussi à révéler l’eau souterraine, sans l’intervention d’un organisme vivant.
- J’expliquerais bien plus volontiers encore la mise en train de la baguette et du pendule par l’action de ce que le Dr Grasset appelle le psychisme inférieur l, et qu’il a déjà appliquée aux phénomènes qui nous occupent.
- Mais ceci nous entraînerait trop loin et je dois arrêter ici ces quelques considérations condensées à l’extrême : pour moi l’hydroscopie sensitive, et sa forme tangible, la baguette, sont des phénomènes au moins probables', il faudrait les étudier dans un esprit non systématiquement hostile et prévenu et l’on y découvrirait peut-être un nouveau chapitre de physique et de physiologie.
- D' Ch. Yighn.2
- 1 Voir à ce sujet les ouvrages du célèbre professeur de Montpellier. L’hynoptisme et la suggestion, 1903, p. 22 ; Le spiritisme devant la science, 4904, p. 105, 250. Revue des Deux-Mondes, du 15 mars 1905: Le psychisme inférieur, 1906, p. 80-84.
- 2 Pour plus de détails voir mon travail sur L’abbé Richard, hydrogéologue, publié dans la Revue de Saintonge.
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- LA NATURE.
- LA RUE DES MASQUES PRÈS DE MONTDAUPHIN (HAUTES=ALPES)
- Le voyageur qui, sous un ciel d’une pureté encore toute provençale, remonte d’Embrun vers Briançon le cours de la Durance, chemine tout d’abord près de Chàteauroux et de.Saint-Clément, entre des monts maigrement boisés, aux assises bizarrement contournées.
- 11 n’est pas peu surpris de voir, en amont des roches du Plan de Phazy, cette vallée s’élargir momen-
- peine le style suranné des ouvrages de Vauban. C’est le fort de Montdauphin qui dérobe à nos yeux les « étroits » du Guil et le bourg de Guillestre proche de quelques kilomètres et situé dans une sorte d’amphithéâtre morainique, oasis de verdure au milieude monts rocheux et brûlés.
- Le torrent du Guil qui se joint h la Durance dans les champs de graviers buissons qui s’étendent
- tanément en un vaste bassin, au voisinage du con-lliient du Guil. La plaine caillouteuse dans laquelle il pénètre. alors et qu’encombrent de grands cônes de déjections étalés en larges éventails est dominée, près de la gare de Mont-Dauphin-Guillestre, par un promontoire que couronne une vieille citadelle
- Fi<;. 1 à 3. — Piliers isolés de conglomérais.
- Fig. 4. —' Le Gnil dans la rue des Masques.
- aux murailles géométriquement disposées, auxéchau-guetlcs multiples, dans laquelle on reconnaît sans
- Cette pittoresque gorges grandioses du
- inféconds et stériles un peu en aval de la gare, pour lui apporter, avec ses eaux écumantes, son contingent de blocs et de cailloux roulés, débouche d’une gorge étroite et profonde qu’il s’est entaillée dans le promontoire de Montdauphin, en isolant ainsi la petite ville fortifiée du pays de Guillestre.
- coupure, très différente des Guil et de l’alpestre et ver-
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- LA NATURE.
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- doyant Queyras auxquels elle fait suite vers l’aval, est remarquable, tant par les aspects curieux qu’elle otlre au touriste, que par sa constitution géologique et par les enseignements que fournit son étude sur 1‘histoire de la région pendant l’époque quaternaire ou pléistocèue.
- Connu dans une de ses parties, sous le nom de « rue des Masques », ce couloir rocheux au fond duquel bouillonne le Guil, est remarquable par les blocs énormes de conglomérats qui l'encombrent en un pittoresquechaosainsi que par la présence de colonnes rocheuses que l’érosion a isolées et sculptées dans les parois qui l’encaissent; ces aiguilles se dressent comme de gigantesques sentinelles, et c’est, sans doute à leur vague analogie avec des
- connu dans toutes les régions alpines sous le nom de a Flysch », et c’est en attaquant ces schistes que les flots du torrent déterminent actuellement encore le « déchaussement » des bancs de conglomérats qui,
- Fig. 5. — La rne dns Masques.
- privés de leurs points d’appui, minés par leur base, s’effondrent alors en blocs massifs vers le thalweg qu’ils encombrent de leurs entassements (fig. 5). A droite et à gauche du défilé, les parois de ce
- Fig. 6. — Los Masques.
- silhouettes humaines qu’est due la significative appellation de « rue des Masques » dont l’imagination populaire a décoré le couloir dont elles semblent garder les abords.
- Point n’est besoin d’ètre géologue pour reconnaître que toutes ces roches aux formes bizarres, comme du reste celles qui constituent le soubassement de la colline de Mont-dauphin sont des alluvions anciennes du Guil cimentées en un conglomérat, sorte de béton tilanesque dans lequel on reconnaît aisément de gros galets de serpentines, de gabbros, à la teinte verte, et de diverses roches des montagnes du Queyras, amenés là sans doute par un Guil jadis dIus puissant et plus fort que le torrent qui roule aujourd’hui ses eaux dans la gorge.
- Ces puissantes assises de conglomérats reposent sur un substratum facilement affouillable de schistes brunâtres et gréseux, datant de l’époque tertiaire et
- Fig. 7. — Pente sous Monldauphin.
- béton naturel sont surmontées ^ par d’épais dépôts glaciaires, boues à blocaux contenant en abondance ces cailloux finement striés et burinés dans lesquels tout géologue tant soit peu familiarisé avec la nature alpestre reconnaît sans hésiter — et malgré certaines affirmations contraires exprimées récemment, — des
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- LA NATURE.
- dépôts morainiques abandonnés par d’anciens glaciers ; se livrer à cet énorme travail d cette présomption se transforme en certitude à la vue des blocs erratiques qui jonchent le sol dans l’enceinte
- llidielle au 20000 100® 0 500
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- Fig. 8. — Carie du confluent du Guil et de la Durance. (Extrait des minutes de la carte d'Etat-major.)
- même du fort de Montdauphin, aux alentours de l’église monumentale qui s’élève inachevée depuis plus d'un siècle dans la petite ville militaire. À Eygîiers, et de l’autre côté de la gorge vers Guillestre, des blocs analogues dont la provenance ne peut faire l’objet d’un doute (noires amphibolites et vertes serpentines du Queyras, marbres gris triasiques de la Chapelue, quartzites roses du Veyer, etc., mêlés aux proto-gines (granités) bigarrées du Pelvoux), sont autant de témoins laissés par les glaciers.
- Il est dès lors évident que la coupure dans laquelle coule actuellement le torrent de Guil est creusée dans une succession de dépôts qui sont de haut en bas (fîg. 9) : a) des boues cà blocaux glaciaires; b) des alluvions déposées par un Guil préglaciaire ancien et puissant; c) des schistes du « Flysch » éogène.
- Pourquoi donc ce Guil moderne, si faible et si petit à côté de ce que devait être le Guil ancien, a-t-il ainsi approfondi son lit au point d’entamer si profondément ses propres alluvions anciennes, et même d’atteindre les schistes éogènes qui les supportent, creusant ainsi son thalweg bien au-dessous du niveau (AA, fîg. 9) qu’avait atteint son prédécesseur alors que, semble-t-il, rien ne l’obligeait à
- érosion et d’alfouil-lement? Telle est la question qui s’impose à qui cherche à se rendre compte de ce qu’il voit.
- Il est intéressant de résoudre ce petit problème et d’indiquer les causes qui ont ainsi amené un « rajeunissement » de l’énergie de ce vieux torrent, et en réveillant son activité éro-sive provoqué la formation de cette étroite « rue des Masques » qui fait aujourd’hui l’admiration des touristes et l’instruction des géologues. Ce phénomène est tout simplement une conséquence du « surcrensement » de la vallée de la Durance.
- On sait, en effet, et c’est chose banale que de le rappeler encore, que pendant l'époque quaternaire, les Alpes ont été le siège d’un développement considérable des appareils glaciaires dont les glaciers actuels ne donnent qu’une très imparfaite idée. Il y eut des moments où les anciens glaciers alpins poussèrent leurs moraines jusque vers les plaines subalpines ; dans le bassin du Rhône et de l’Isère, ils ont atteint Lyon et Vienne, ainsi que l’ont démontré MM. Faisan et Chantre; dans le bassin de la Durance, leur Iront a laissé des vestiges jusque près de Sisteron où Ch. Mar-tins et, après lui, nombre d’observateurs les ont reconnus. C’est le mérite de MM. Penck, du Pasquier et Brück-ner, d’avoir irréfutablement établi que celte ancienne et vaste extension des glaciers alpins ne s’est pas effectuée en une seule fois, et qu’elle se décompose en une série de ruaxima ou de glaciations séparés par des périodes d’extension minima ou phases interglaciaires durant lesquelles, entre deux récurrences, les appareils glaciaires se sont retirés dans les hautes vallées et se trouvèrent
- 0-N.O. E.S.E.
- Gare de, Forteresse,de, Guillestre
- MontdaupMrv Mbntdaxqokm, ^
- ! ! Guil |
- î I 1 I
- Fig. 9. — Coupe géologique théorique de Guillestre à la gare de Montdauphin.— a-, Alluvions modernes de la Durance ; Gl. dépôts glaciaires ; AA, surface de l’ancien cône de déjection du Guil ; a1, alluvions interglaciaires du Guil (cimentées en poudinguos)."
- à plusieurs reprises réduits à des dimensions voisines de leur actuelle médiocrité.
- Les phénomènes dont nous retrouvons la trace dans la gorge du Guil remontent à une de ces époques interglaciaires et très probablement à la
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- LA NATURE.
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- fan
- dernière, la plus rapprochée de nous, à la phase de retrait qui a suivi les glaciations anciennes dont nous admirons les moraines bien plus en aval, aux environs de Sisteron et de Thèze dans la vallée de la moyenne Durance.
- A ce moment les événements suivants se déroulèrent dans la partie de la haute Durance à laquelle appartiennent les alentours de Montdauphin :
- 1° Retrait des anciens glaciers en amont, jusque dans les hautes vallées de la Durance et de la Clarée (amont de Briançon) et du Guil (haut Queyras).
- 2° Les cours d’eaux puissamment alimentés par la fonte de ces glaciers, parcourent les vallées et y déposent des alluvions (alluvions interglaciaires) torrentielles en assises épaisses ; ces dépôts sont encore visibles aujourd’hui sous forme de terrasses dominant de 80 à 100 mètres le Thalweg actuel, à Villard-Meyer, Châteauroux et à Embrun dans la vallée de la Durance (en ce dernier point ils recouvrent des restes morainiques, boues glaciaires, anciens datant de la glaciation antérieure).
- Dans la vallée du Guil ces alluvions interglaciaires, dont les restes se reconnaissent encore à plus de 100 mètres au-dessus du Thalweg actuel près de la ferme de Montgovi non loin de « la Yisle « en avant du défilé de la rue des Masques, s’étalaient près de leur confluent avec celles de la Durance en un puissant cône de déjections, dont les matériaux constituent les conglomérats, cimentés postérieurement par des inliltrations, qui forment les parois de la gorge actuelle et la plus grande partie du promontoire qui supporte le fort de Montdauphin.
- 5° Retour des glaciers de la Durance et du Guil ; ils envahissent les environs de Montdauphin et s’avancent bien en aval jusque dans le Gapençais, où MM. David Martin et llaugen ont décrit les vestiges, charriant les matériaux des belles moraines et des boues à blocs striés qui couronnent le promontoire d’Eygliers à Montdauphin et qui tapissent l’amphithéâtre de Guillestre.
- 4° Retrait définitif de ces glaciers qui abandonnent derrière eux des dépôts morainiques et les blocs dont il vient d’être question.
- 5° Le glacier de la vallée de la Durance subsiste seul alimenté par l’amont (Yallouise, Massif du Pelvoux).
- 6° Le glacier de la Durance se retire à son tour et laisse en se retirant la vallée principale approfondie (surcreusée), — soit, comme le pense la majorité des glaciéristes que ce surcreusement que l’on constate dans la plupart des grandes vallées alpines jadis occupées par des glaciers, aif été effectué par la seule action de la glace, soit, comme le pensent quelques observateurs (dont nous sommes), que cet approfondissement soit attribuable aux eaux de fonte d’autant plus abondantes que le glacier qui les fournit est plus considérable. Il en résulta une sorte de seuil ( « gradin de confluence » ) au débouché de la vallée du Guil, qui n’avait pas subi de surcreusement comparable à celui de la vallée principale de la Durance.
- 7° Obligé de se raccorder à son confluent avec
- celte vallée principale notablement approfondie, qu’il devait d’abord rejoindre par une cascade en franchissant le seuil nouvellement formé, le torrent du Guil s’est alors trouvé sollicité de se creuser progressivement une coupure profonde, de s’encaisser dans son cours inférieur en entamant les dépôts glaciaires, les alluvions du Guil inlergiaciaircs et de pénétrer même jusqu’aux schistes du Flysch (près du pont d’Eygleers notamment).
- 8° La gorge creusée, par suite de l’aflouillement de ces schistes par les eaux du torrent, les conglomérats interglaciaires minés et déchaussés par les bas commencèrent à s’ébouler et donnèrent naissance à ces entassements de blocs, et aux aspectsétranges (fig. 1 à 7) que nous signalions plus haut et qui attirent aujourd’hui l’attention du voyageur et du naturaliste.
- Telles sont les intéressantes considérations qui se déduisent aisément de l’examen attentif des faits géologiques réunis dans cette curieuse « rue des Masques » ‘; on a vu que l’analogie des conditions dans lesquelles a dû nécessairement se produire cet étroit défilé et sans l’intervention desquels on ne saurait en expliquer la structure, nous révèle un épisode assez complexe des phénomènes fluvioglaciaires dont les Alpes françaises ont été le théâtre pendant la fin des temps quaternaires. L’intérêt de cette histoire ne le cède en rien à celui des problèmes tectoniques plus retentissants que suscite, ainsi que nous l'avons montré dans une autre occasion, l’étude des sommets dénudés mais grandioses qui environnent le modeste monticule de Montdauphin. W. Kilian,
- Professeur à la Faculté des sciences de Grenoble.
- TORPILLES A PÉTROLE
- C’est, une invention qui est encore à ses débuts, et qui est due à la maison Armstrong. Nous dirons tout de suite que le pétrole ou un hydrocarbure est employé ici à la propulsion de l’engin, mais en combinaison avec l’air comprimé classique. On se propose d’augmenter le rendement en travail de l’air comprimé enfermé dans le réservoir d’une torpille Wilehead, et, dans ce but, on envoie à l’air comprimé du pétrole ou de l’alcool lancé par un ajutage de pulvérisation, ce jet étant, enflammé par une bougie ad hoc peu de temps après que la torpille a commencé de fonctionner. L’alimentation progressive, en liquide combustible dépend de la chute de pression dans le réservoir à air. Le, combustible est enfermé dans deux réservoirs, et, comme l’un s’épuise avant l’autre, il en résulte une réduction dans l’alimentation, qui empêche une température dangereuse.
- 1 La partie de la gorge à laquelle est plus spécialement réservée la dénomination de rue des Masques est une fissure étroite du flanc gauche supérieur et amont, résultant du démantèlement des poudingues : c’est un couloir étroit et long, assez élevé au-dessus du Thalweg et séparant deux masses de l’assise de conglomérats intcrglaciaires. Ce couloir n’est parcouru par aucun ruisseau. Un mollusque, Pupa pagodula Buk, a ici son unique station dans les Hautes-Alpes. M. David-Martin l’y a signalé et recueilli en nombreux exemplaires; Hélix obvoluta y est abondant au dire du même savant auquel nous devons tant de précieux renseignements sur les montagnes du bassin de la Durance.
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- LA NATURE.
- LA QUESTION DU COTON COLONIAL
- La spéculation américaine sur les colons bruts avait fortement éprouvé l’industrie cotonnière européenne en surélevant du double le cours normal de cette matière première, qui tient une place si importante dans la vie des humains. Mais elle ne constituait pas à proprement parler péril de mort. Il n’en est pas de même du développement accentué et rapide de l’industrie cotonnière en Amérique. L’augmentation du nombre des filatures et des lissages menace, en effet, directement l’industrie européenne par la transformation at home de tout le coton produit en Amérique, et ce dans un temps relativement rapproché. Le tableau ci-dessous permettra d’en juger.
- ÉTATS DU SUD
- années production (balles) filatures broches consommation locale (balles) 0/0 de b récolte
- 1850 2.469.093 168 245.810 80.300 3 ,3
- 1896 7.161.094 354 2.867.333 857.835 12,0
- 1901 10.401.453 581 5.590.783 1.576.786 15,2
- 1903 10.630.945 640 7.100.292 1.925.954 18,1
- Or, cette consommation du coton américain dans les Etats du Sud ne fait que s’ajouter à celle qui a lieu aussi dans les États du Nord en donnant, sur une production de plus de 12 millions de balles, un total de 5 968 564 balles transformées dans les filatures américaines. Les industriels américains ne déguisent nullement, du reste, leurs visées économiques, et conseillent narquoisement aux industriels européens de n’avoir plus à se préoccuper de filature ou de tissage.
- C’est maintenant que l’on peut mesurer, disons mieux, peser les avantages pratiques de la politique d’expansion coloniale, car c’est elle qui va
- sauver de la ruine l’industrie cotonnière européenne.
- Il faut toutefois noter que la Russie avait trouvé au Turkestan des terres à coton qui produisaient, en 1905, 560 000 balles environ. De son côté, l’Angleterre avait l’Égypte et la vallée du Nil où elle est parvenue, la même année, à produire 500 millions de kilogrammes d’un coton spécial valant 600 millions de francs et vendu dans tous les pays pour des usages spéciaux.
- Mais, pour remplacer les cotons américains dont l’emploi est si important, l’Allemagne, l’Angleterre et la France cherchent des terrains cotonniers dans leurs colonies africaines.
- Ce sont des Associations d’industriels cotonniers et de commerçants coloniaux, auxquels est même venu le concours de quelques Associations ouvrières, qui ont entrepris le développement de cette culture dont le premier profit enrichira les indigènes. Ceux-ci, en retour, deviendront de meilleurs clients des industries métropolitaines,
- Disons quelques mots de l'Association cotonnière coloniale, présidée par M. A^ Esnault-Pelterie et dirigée par un Comité où l’on relève tous les grands noms de l’industrie cotonnière française, parmi lesquels MM. Ancel-Seitz, Berger, Maigret, Marande, Motte, Roy, Waddington, etc., etc.
- Elle fut fondée en 1905 pour six ans, c’est-à-dire que ses fondateurs supposaient qu’en six années son œuvre serait, sinon achevée, du moins très près de l’être. 11 est probable qu’elle devra, proroger son existence. Son budget annuel qui dépasse 140 000 fr. est alimenté par les cotisations plus ou moins élevées de ses 700 membres et les subventions des
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- LA NATURE.
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- villes et des Chambres de commerce. Ces ressources sont employées comme suit : l’A. C. C. envoie dans les colonies des agents techniques chargés de l'aire l’éducation pratique des indigènes par l’installation de champs d’essais où sont recherchées les variétés de coton qui conviennent le mieux au pays. Ces agents enseignent aussi des méthodes de culture plus rationnelles et, par conséquent, plus productives; ils distribuent les graines importées des pays cotonniers et sélectionnées; ils installent, pour les mettre à la disposition des indigènes, des machines à égrener ou à presser le colon.
- Ainsi, l’A. C. C. avait, à la lin de l’année 1905, distribué plus de 50 000 kg de graines, expédié 28 machines à égrener et installé 5 usines d’égrenage mécanique. C’est là, on le voit, une œuvre éminemment pratique et utilitaire.
- Quels en sont les résultats?
- L’action de cette association a porté plus spécialement sur le Soudan, le Dahomey, l’Algérie et Madagascar. Au Soudan et au Dahomey, l’indigène qui s’adonnait déjà à la culture du coton pour son compte a accueilli avec la meilleure volonté les enseignements qui lui étaient donnés. Mais il a iallu compter dans ces colonies avec des imprévus du climat. .4 Madagascar, l’œuvre en est encore à
- Notons ici ce l'ait intéressant, queFama Mademba, de Sausanding, a exporté du Soudan, pour son compte, en 1905, vingt-cinq halles d’un très beau coton qui a obtenu au Havre le cours élevé de 75 francs.
- Deux choses sont essentielles dans la poursuite du but. Tout d’abord, au fur et à mesure que grandira la production indigène, il faudra assurer à cette
- Fig. 2.
- l’iuululion du coton.
- Fig. 3. Champ de coton du domaine de l’Habia, le 2 août Opération du 2“ binage.
- production le marche d'achat. 11 y aurait de grands risques à courir pour l’avenir si, après avoir excité l’indigène à la culture extensive du cotonnier, on lui laissait pour compte sa récolte.
- 11 laudra ensuite mettre à sa portée les machines à égrener .et à presser le coton. Non pas que l’A. C. C. doive, durant ce qui lui reste de temps à vivre, continuer à les acheter et les installer sur le budget de son œuvre, mais par une mise en train judicieuse de l’initiative privée et des intérêts particuliers. On compte en Amérique 58 000 égrenoirs, disséminés dans tous les centres de production, à portée des récoltes, tels nos anciens moulins à huile. Ce sont, en général, de petites usines. 11 y en a cependant d’importantes. Les possibilités de la culture coloniale, aussi bien que les besoins de notre industrie, ne permettent pas d’entrevoir l’installation d’un aussi grand nombre
- 1905.
- ses débuts. En Algérie, la culture du coton paraît devoir remédier en partie aux pertes occasionnées par la mévente des vins.
- La production de coton colonial, en provenance des possessions françaises, qui avait été de 18000 kg en 1904, s’est élevée, en 1905, à 50 000 kg dont la répartition est approximativement la suivante : Algérie, 8000; Dahomey, 50 000; Soudan, 12 000.
- Nous sommes encore loin des 250 000 tonnes nécessaires à l’industrie cotonnière française. Mais il est écrit qu’il y a pour toutes choses un commencement.
- d’usines dans nos centres de production cotonnière. Cependant elles constitueront un jour un appoint très appréciable à la prospérité de notre domaine. On peut prévoir que le nombre des stations d'égrenage et de pressage pourra, dans un temps qu’il faut souhaiter le plus rapproché possible, s’élever à 4 ou 5000, comprenant chacune, en moyenne, trois machines à égrener.
- La conséquence en pourrait être un développement nouveau donné à l’industrie métropolitaine. En effet, s’il est vrai que c’est actuellement l’industrie
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- LA NATURE.
- étrangère qui fabrique les machines à égrener, il n’est pas impossible que la fabrication française exploite un jour ou l’autre celle nouvelle branche et utilise cette source de revenus. Pour en apprécier l’importance, il faut savoir que le matériel des usines à égrener est soumis à une usure rapide. 11 peut arriver aussi que l’usine soit détruite par l’incendie (ils sont fréquents en Amérique), à cause de la grande iniïammabilité du produit. On calcule, en général, que le renouvellement du matériel a lieu tous les cinq ans. Ce serait donc pour notre industrie une moyenne de 12 à 15 000 machines à fabriquer et à vendre par période quinquennale.
- Quant aux stations d’égrenage, elles seront mues par des moteurs à huile lourde ou à pétrole lampant. Et ce sera de la force motrice répandue dans des régions où, jusqu’ici, la force de l’homme se trouvait livrée à elle-même en face des forces de la nature, incapable, dès lors, de lutter avec avantage ou de produire utilement.
- On le voit, l’œuvre poursuivie par l'A. C. C. ne peut avoir que des résultats excellents. Instituée en vue d’un but directement et pratiquement utilitaire, au profit de l’industrie cotonnière, elle aura les plus heureuses répercussions tant sur la mise en exploitation méthodique de notre domaine colonial, que sur le développement de l’industrie métropolitaine. Et elle aura pour conséquences particulières, d’un côté l’accession des populations indigènes qui peuplent nos colonies au mouvement économique qui entraîne les nations dans une concurrence toujours plus élargie, et, d’un autre côté, une sécurité plus grande donnée au travail national libéré de tous les à-coups d’une spéculation qui manœuvrait sûrement, puisqu’elle détenait le quasi monopole de la production.
- Au résumé, nous assistons en ce moment à une modification profonde dans les relations économiques de l’Amérique et de l’Europe, en môme temps qu’à une transformation heureuse de notre production coloniale. Les 500 millions de francs que la France payait tous les ans à l’Amérique cotonnière, iront porter la richesse dans nos colonies — africaines principalement — et nous pourrons enregistrer l’essor définitif de celles-ci. Paul Bouudaiue.
- CHRONIQUE
- Chemin de fer électrique américain. — La
- Compagnie New-York, New Haven and Hartford River s’apprête à électrifier complètement non seulement ses lignes suburbaines, mais encore sa ligne de New-York à Boston. Les locomotives employées (car la traction se fera ainsi) pèseront-72 tonnes et pourront traîner un train de 200 tonnes à 41 kilomètres à l’heure pour le service local, ou à une vitesse de 75 kilomètres pour les longs parcours.
- La rapidité du tir des canons de marine. — Nous voulons parler de la rapidité atteinte à bord d’un de ces nouveaux cuirassés japonais dont nous avons donné ici une descriptiôn complété : il s’agit de grosses pièces
- montées en barbette et du calibre de 254 millimètres. Des améliorations considérables sur les dispositifs précédemment employés y ont été apportées par la maison Vickers, au point de vue du mécanisme de culasse, de fallut, et aussi du système ayant pour but d’amener les munitions à la pièce. Si bien qu’on peut tirer en 2 minutes 8 secondes 2/5, 5 coups de ce calibre énorme.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 juillet 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- La minou des tremblements de terre. — M. de M01:-tessus de Ballore a cherché à expliquer comment les catalogues des tremblements de terre semblent faire ressortir une fréquence légèrement plus grande du phénomène pendant la saison froide. E11 classant par régions de latitude supérieure ou inférieure à 45°, les catalogues relatifs à plus de fit) 000 tremblements, il a reconnu, dit M. de Lapparent, qui entretient l’Académie de cette question, que, pour les régions septentrionales, il y a 90 cas de maximum en saison froide contre 10 en saison-chaude. Au contraire, les pays méridionaux paraissent absolument indifférents à cet égard. Or, les secousses faibles, beaucoup plus fréquentes que les violentes, sont bien plus facilement perçues dans les habitations que quand 011 est dehors en pleine activité. D’autre part, dans la saison froide des hautes latitudes, la plus grande partie du temps se passe à l'abri des maisons et dans une inactivité relative. Cela seul doit suffire pour rendre les secousses plus sensibles et enlever à la différence observée tout caractère de réalité.
- Géologie de la Tunisie. — M. de Lapparent rapporte encore que M. 'fermier a observé en Tunisie, dans le massif de l’Ouenza, des traces indéniables de recouvrement. On y voit, de tous côtés, le terrain crétacé s’enfoncer sous les trias. La Tunisie serait donc, comme la Sicile, un pays de nappes, et la même conclusion devrait s’étendre à tout le littoral algérien.
- Pour doser la caséine des fromages. — M. Houx présente au nom de MM. Trillat, de l’Institut Pasteur, et Sauton, une note concernant un nouveau procédé pour doser la caséine des fromages. Le principe que les auteurs ont appliqué consiste à insolubiliser par l’aldéhyde formique la matière albuminoïde qui 11’a pas encore subi faction des microbes. L’application de ce procédé peut permettre de se rendre compte de la valeur alimentaire des fromages et d’établir, à n’importe quel moment de leur fabrication, le coefficient de maturation.
- Recherches expérimentales sur la respiration. — M. le professeur N. Gréhant, du Muséum, s’est, demandé <( comment se comporte un animal qui respire des mélanges titrés d’air et d’acide carbonique à 5 et à 10 pour 100? )) Il ressort de ses expériences, très longues et très minutieuses que le savant physiologiste relate en détail devant l’Académie, que la composition des gaz du sang est à peine modifiée mais que l’on constate qu’à la suite de la respiration des mélanges d’air et d’acide carbonique, les mouvements respiratoires augmentent de fié-quence et d’amplitude. M. Gréhant démontre ainsi que l’organisme se défend contre l’action de l’acide carbonique à faibles doses.
- L’histoire des sciences. — M. Berthelot offre à f Académie un travail dont il est l’auteur intitulé Archéologie
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- et Histoire des Sciences. L'éminent secrétaire perpétuel y étudie les origines de la chimie et de l’astronomie chez plusieurs peuples anciens. 11 y établit notamment que les Chinois auxquels on attribue à tort plusieurs grandes découvertes dans cet ordre d’idées n’ont l'ait qu’emprunter aux autres nations les conceptions purement scientifiques. Leurs connaissances en astronomie sont dues aux bouddhistes en relation avec des grecs et surtout aux jésuites qui au xvi® et au a vu* siècle importèrent chez eux les instruments d’astronomie que l’on voyait encore naguère à leur observatoire et qui, à la suite de la dernière guerre, oui été, on lésait, transportés à Berlin.
- Communications diverses, — M. Fabre de Connnentry, correspondant de l’Académie, adresse à l’Académie, par l’entremise de M. Labbé, une note relative aux phénomènes d’intoxication dus aux piqûres îles abeilles, des guêpes et d’autres insectes du même genre. M. Violle analyse une étude de M. Villard intitulée « l’aurore boréale ». M. Janssen communique un travail de M. Millo-chausur « une mesure préliminaire des raies du spectre solaire dans les radiations inlVa-rouges ». 11 termine sa communication en faisant la description d’un héliomèti’e imaginé par M. Milan Sléi'anik. Cn. du A'Uxkdeuil.
- PRISES D’EAU EN MARCHE
- des locomotives anglaises
- La Compagnie des chemins de fer anglais, London and Norlh Western, fut la première qui étudia, puis appliqua un système pratique d’alimentation d’eau pour les machines, sans qu’il soit nécessaire d’imposer aux trains un arrêt quelconque. Les premiers essais de prises d’eau en marche furent faits, en 1857, par M. Ramsbottom, ingénieur anglais; depuis, des perfectionnements ont été réalisés graduellement jusqu’à l’adoption du système, très simple, dont nous allons parler et qui compte un grand nombre d’installations complètes, effectuées en différents endroits sur les principales lignes du réseau du Norlh Western HaiJway.
- Les avantages des prises d’eau en marche sont nombreux ; les plus caractéristiques peuvent se résumer comme suit : diminution dn poids du (entier, dont le réservoir d’eau peut être de moindre capacité; suppression des arrêts inutiles et des pertes de temps qu’ils entraînent. Les installations dont il s’agit remplacent avantageusement le remplissage aux grues hydrauliques d’alimentation, qui n’est pas sans avoir de grands inconvénients. Le point fixe où se trouvent ces appareils oblige la machine à stationner à une place exactement déterminée et empêche d’arrêter un express à un endroit quelconque d’une gare.
- Grâce à ses installations de bacs à eau et d’appareils de prises en marche, la Compagnie du London and Norlh Western peut faire parcourir une ligne, d’un bout à l’autre, à certains de ses trains sans arrêt, et c’est ainsi que, partant à 8h45m du matin de la station d’Euston, à Londres, un train peut filer droit jusqu’à Carlislè, marcher pendant
- plus de quatre heures et demie et parcourir une distance de 480 kilomètres sans arrêt aucun. S’il l'allait faire ce parcours en traînant la provision d’eau indispensable, il serait nécessaire de construire des leaders spéciaux; les dimensions de ceux-ci et leur poids-mort considérable en. rendraient la traction tellement onéreuse et difficile, que celle opérat’on dc viendrai t impossible.
- Les prises d’eau en marche sont des installations fort simples; elles consistent en un certain nombre de bacs étroits, établis entre les deux rails des voies et ayaul leur axe dans le milieu même de la voie.
- Les conduites en fonte venant quelquefois de fort loin, alimentent un réservoir, qui, avec un dispositif automatique et des jeux de vannes de commande, assure l’alimentation constante de ces bassins, devant toujours être remplis d’eau. Les locomotives, même lorsqu’elles marchent à la plus grande vitesse, puisent, en passant au-dessus de ces bacs, l’eau nécessaire à leur consommation.
- Les bacs à eau du London and Norlh Western mesurent 45 centimètres de largeur et 15 à 20 centimètres de profondeur. Leur longueur varie, suivant les emplacements, entre 500 et 600 mètres. A chaque extrémité, la profondeur sur 60 mètres est réduite graduellement; le radier ou fond de ces ouvrages est établi à ces endroits avec une pente de 5 millimètres par mètre.
- Les bassins d’alimentation des prises d’eau en marche sont toujours établis dans une section de voie en palier. Ce sont tantôt des rigoles en maçonnerie enduites en ciment, tantôt des cuves en tôles rivée ou en Jonle boulonnée. La tôle rivée a le plus d’acceptation. Cuves ou rigoles sont toujours installées au-dessus des traverses.
- Les locomotives puisent dans les bassins au moyen d’une écope métallique, portée sur le tender et que le chauffeur abaisse au moment précis du passage de la locomotive sur le bac. L’appareil monté sur des pivots, est manœuvré par une bielle qui le relie à la plate-forme du mécanicien; l’extrémité supérieure du tuyau affleure au fond du tender, et l’extrémité inférieure est façonnée en écope, l’orifice courbé vers l’avant, ouvert dans le sens de la marche.
- Dans sa position de repos, en marche ordinaire, l’appareil de prise est horizontal ; son orifice se trouve maintenu au-dessus du niveau des bassins à eau et du ballast. Quand il est nécessaire de s’en servir, la bielle est actionnée à l’approche du bac, l’écope plonge et son orifice est abaissé au-dessous du niveau de l’eau.
- Nous avons dit que les prises en marche sont établies dans des sections de voie en palier. Sur les chemins de fer anglais, les deux files de rails qui courent parallèlement aux bacs à eau sont disposées .avec une inclinaison qui suit la pente des bacs. 11 faut, en effet, que la locomotive, à son arrivée à l’entrée de l’ouvrage, puisse progressivement être abaissée jusqu’à ce que la bouché de l’écope soit
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- complètement noyée dans le bac, sans cependant en toucher le fond. 11 est nécessaire aussi que l’opération inverse se produise à la sortie et que la machine puisse, en remontant la petite rampe, retirer graduellement l’appareil hors de l’eau, si le mécanicien a oublié de le faire après le remplissage du tender.
- Cela doit arriver parfois, s’il faut en croire notre gravure qui montre le trop-plein débarquant un immense Ilot d’eau écumeuse, alors que la machine traverse encore l’emplacement d’un bassin de prise en marche.
- 11 existe, à l’intérieur du réservoir du tender, un second tuyau qui, installé immédiatement à la suite du tuyau plongeur ou écopeur, forme la continuation
- sure 20 centimètres de largeur et 5 centimètres de hauteur, soit une section d’un décimètre carré, l’appareil emmagasinera 2000 litres sur un parcours de 200 mètres.
- 11 semble inutile d’ajouter, car tout le monde le comprendra, que, lorsque la locomotive marche à grande vitesse, l’introduction de l’eau est très rapide et qu’il suffit de très peu de temps pour renouveler la provision de la cuve à eau du tender.
- La Compagnie du London and North Western Railway fait parcourir, annuellement, à ses 2900 locomotives, un total de près de Tl G millions de kilomètres, pour lequel elle dépense environ Tl millions de mètres cubes d’eau. Une importante partie de ce
- Prises d’eau en marche des locomotives anglaises.
- de^ce dernier. La partie supérieure de ce tube intérieur est recourbée vers l’arrière, en sens inverse de la marche; elle débouche au-dessus du niveau le plus élevé que peut atteindre l’eau.
- L’appareil de prise en marche est basé sur un principe très simple : l’utilisation de la hauteur à laquelle l’eau peut arriver dans un tuyau, quand il a été imprimé au liquide une vitesse déterminée à son entrée h la partie inférieure de ce tuyau. La vitesse suffisante pour faire fonctionner l’appareil, avec la hauteur des tenders ordinaires, a été pratiquement fixée à environ 40 kilomètres à l’heure. Quant au volume de l’eau embarquée par l’écope, on peut dire qu’il est égal au produit de la section plongeante du bec par la longueur parcourue pendant son immersion, c’est-à-dire que, si l’écope me-
- volume est utilisé par le canal des bassins pour prises en marche.
- Les tenders des machines pour rapides — types « La Frànce » — peuvent transporter 2000 gallons d’eau, soit un peu plus de 9 mètres cubes. L’appareil de prise d’eau en marche, dont ces locomotives sont munies, permet à la Compagnie, sans parler du tour de force cité au début de cet article, de réaliser, sans arrêt aucun, des parcours de 250 et 275 kilomètres et de faire communiquer Londres avec le nord de l’Angleterre et les grandes villes de l’Ecosse dans des conditions de vitesse tout à fait remarquables. Will Darvillé.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fieurus, 9.
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- N° 1730. - 21 JUILLET 1906.
- LA NATURE.
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- LA LEGENDE DU SINGE CHAUSSE
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- L’ouvrage, trop vanté tout d’abord et trop négligé par la suite, que Thomas Huxley publiait en 1865 sous ce titre : Evidence as to Mans Place in Nature1 a consacré quelques lignes à un fragment d’une des planches du Congo, de Pigafelta, publiée dans les Grands Voyages des De Br y. « Le dixième chapitre de cet ouvrage, dit Huxley, est intitulé l)e Animalibus quæ in kac Provincia re-jieriunlur, et contient un court passage où il est dit que « dans les pays de Songan, sur les rives du Zaïre, il y a une multitude de singes qui procurent de grandes distractions aux nobles en imitant les gestes de l’homme.
- Gomme ceci peut s’appliquer à presque toutes les espèces de singes, continue Huxley, je n’y eusse point fait grande attention, si les frères l)e Bry, dont les gravures ornent
- l’ouvrage, n’avaient jugé Fig. i.
- convenable dans leur onzième argumentum, de figurer deux de ces simiæ magnalum deliciæ. La partie de celte gravure, qui représente les singes, est lidèlement copiée dans la ligure 1, et l’on remarquera qu’ils sont sans queue, qu’ils ont des bras longs, de grandes oreilles et sont à peu près de la taille des chimpanzés. »
- « Il se peut, dit toujours Huxley, que ces singes soient le produit fictif de l’imagination de ces frères ingénieux, comme le dragon bipède et ailé à tête de crocodile, qui orne la même gravure ; mais il se peut aussi que les artistes aient tracé leur dessin d’après quelque description essentiellement fidèle du gorille ou du chimpanzé.... Dans l’un ou l’autre cas, ces dessins méritent d’être remarqués en passant.... »
- 1 Thomas Henry Huxley. Evidence as to Mans Place m Nature, London, 1863, in-8°, p. 12, fi g. 1. — Cet ouvrage a été traduit en français par le Dr E. Daily sous ce titre : De la place de l’homme dans la nature. Paris, 1868, in-8°.
- Voy. p. 98*99, fig. 1.
- 34e année. — 2e
- Fis. 2.
- Huxley poursuit son discours,' sans plus s’occuper des simiens, dont il vient d’évoquer le souvenir.
- J’ai été plus curieux que le célèbre anatomiste anglais; j’ai voulu avoir la solution du problème iconographique ainsi posé par lui. J’ai analysé minutieusement non seulement les éléments de la scène qu’il avait reproduite, mais encore les autres figures de la grande planche dont il l’avait tirée, et voici les résultats de cette petite enquête.
- L’image, reproduite par Huxley (fig. 1) représente, comme on voit, un dattier des deux côtés duquel sont trois personnages. A gauche, s’avance un homme de teint clair, avec un grand nez aquilin, vêtu d’une jupe serrée à la taille, coiffé d’un haut bonnet de plumes, un car-, quois à l’épaule. C’est la reproduction d’un de ces sauvages d’Amérique qui reviennent si souvent dans l’iconographie du xvi° siècle. Il s’avance un peu penché, les bras en avant, comme pour saisir un singe assis au pied de l’arbre et entrant son pied gauche dans une courte botte à revers, tandis qu’un autre singe, qui a chaussé des bottes semblables, cherche à s’échapper vers la droite dans une course grotesque. Les deux animaux sont tout aussi conventionnels que le chasseur et ils ont leurs prototypes dans bon nombre de manuscrits du moyen âge. Huxley n’a vu, dans ce petit tableau, que les caractères physiques, assez obscurs, assignés aux deux simiens par le graveur. Je suis bien plus lrappé, pour mon compte, de l'action qu’ils représentent ; ils mettent, en effet, tout simplement en scène la célèbre histoire du Singe chaussé, qui a défrayé pendant des siècles tous les livres d’histoire naturelle, depuis les classiques de l’antiquité jusqu’aux naïfs bestiaires du moyen âge.
- Solin, dont la compilation était le manuel scientifique de tous les escholiers de nos vieilles Univer-
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- sités (presque toutes les vieilles bibliothèques dont nous avons les catalogues en possédaient un exemplaire) parlait déjà de l’empressement avec lequel le singe imite les actions des chasseurs. Et Richard de Fourni val, reprenant, dans son Bestiaire cl Amour une histoire de l’auteur du De Naturel Berum, contait curieusement comment « h sage venéor (veneurs), qui par engin les veulent prendre, espèrent (attendent) qu’ils soient en tel lieu que h singes les puist veoir. El donc se cliaucent et deschaucent devant eus et puis s’emparlent d’iluec ; si i laissent un soler (soulier) a la mesure del singe ; si veut ainsi l'aire et prend ces solers, si les chauce por sa malaventure. Àinçois qu’il les puist deschaucier saut h venerres et h coures sus et h singes chauciés ne peut fuir, ne en arbre monter, ne remper, ensi es pris. » Et Four-nival de comparer ce singe, que son instinct d’imitateur a livré aux mains du chasseur, à l’homme imprudent qui se laisse prendre aux faux semblants de la dame qu’il recherche....
- Et le miniaturiste qui a illustré ce curieux livre de morale nous montre la contre-partie du petit tableau de genre du Congo de Pigaletta, en mettant en scène (fig. 2) le chasseur qui se déchausse et le singe qui de loin le contemple avec admiration. (Bibl. Nat. ms. fr., n° -412, f°258 v0)..,.
- Dans l’une des images comme dans l’autre, la bête est un singe sans queue. C’était, en effet, une opinion courante au moyen âge que les Singes étaient ainsi faits.
- Chief a, mes de coe ri a mie
- dit Guillaume de Normandie, il a une tète, mais n'a pas de queue.
- Non pas, comme l’assure Hippeau, que nos naturalistes aient attendu la découverte de l’Amérique, pour attribuer aux singes, et par extension au diable, la queue qui leur manque généralement dans les ligures des siècles précédents, mais parce que le singe classique des Anciens est le magot, c’est-à-dire le seul des simiens de l’Ancien Monde, qui ait, à la lapon de l’homme, une queue rudimentaire.
- La planche des De Dry, comme les figures des Bestiaires d'Amour et autres, se conforme à la croyance commune, et point n’est besoin d’invoquer, comme Huxley était tenté de le faire, l'intervention de quelque anthropoïde, comme le Congo en nourrit d’ailleurs plusieurs espèces.
- Au surplus, les autres groupes qui complètent le De Animalibus des frères de llry dans leur édition de Pigaletta, sont également empruntés à l’iconographie des auteurs de Bestiaire s ou d’autres recueils analogues, comme le Livre des Merveilles de 1551, par exemple, que l’on peut admirer à la Bibliothèque Nationale (ms. fr., n°2810). Le loup qui fuit emportant sur son dos le produit de ses rapines, le dragon qui épie les éléphants au bain, le bœuf aux longues cornes en croissants etc., etc., composent des scènes qui étaient tout à fait courantes dans l’ancienne iconographie animale, où l’éditeur de 1578
- est allé les chercher, afin de soulager, comme il dit si bien, la fatigue de ses lecteurs en les aidant ainsi à fixer dans leur cerveau des formes d’animaux lointains et d’ailleurs ignorés! E.-T. Hamy.
- Membre de l’Institut.
- QUELQUES TRADITIONS BULGARES
- On sait avec quel soin la science étudie aujourd’hui les vieilles traditions populaires, les superstitions, les coutumes funéraires, etc., pour y retrouver parfois, en dépit de leurs déformations, des débris extrêmement anciens de mythes primitifs, qui établissent le point de départ des peuples aux époques nébuleuses de là préhistoire, leurs contacts réciproques et leurs itinéraires. A ce titre, les traditions les plus bizarres d’une nation sont parfois les plus intéressantes, parce que, si on les retrouve ensuite chez une autre nation, il y a bien des chances pour que toutes deux ne les aient pas imaginées chacune de son côté, mais les aient empruntées à une commune origine. C’est, par exemple, de cette façon que l’on a pu établir l’antique point de départ altaïque des Bulgares et leurs rapports extrêmement anciens avec les Magyars et les Turcs. Certaines de ces traditions bulgares ont la prétention de faire comprendre des phénomènes naturels et peuvent, dès lors, présenter quelque intérêt pour l’histoire de la science : elles sont, en général, à rapprocher de mythes persans. Ainsi, pour expliquer les tremblements de terre, les Bulgares ont arrangé à leur manière un symbole emprunté aux Perses. Dans la religion persane, il existe une mer d’où émerge un taureau portant la terre sur ses cornes. Les Bulgares racontent de même que la terre est sur deux colonnes portées par des bœufs et .que, lorsque ceux-ci secouent les oreilles, elle tremble. Ils donnent d’ailleurs, des tremblements de terre, une autre explication : « Dieu, disent-ils, a attaché la terre avec des quantités de cordes dont , il tient les bouts dans sa main gauche; malgré leur nombre, il sait fort bien à quel point chacune d’elles correspond et, quand les hommes sont mauvais, il les punit en tirant la corde qui, au-dessous d’eux, fait trembler la’terre ».
- De même, dans les mythes primitifs, le mariage de l’Orage et du Soleil produit des cataclysmes. Chez les BuL gares, voici le conte : « Le Soleil, voulant se marier, demanda à Dieu comment faire. Et celui-ci, embarrassé, envoya Judas prendre conseil du Diable : « Tu es Dieu, (( répondit Satan, c’est à toi de savoir ». Alors Dieu envoya l’abeille épier le diable et celle-ci entendit le mauvais qui, monté sur son âne au passage d’une rivière, causait avec sa bête, disant : « Bois, mon ami, bois : on (( va avoir soif; Dieu veut marier le Soleil, la Terre va « brûler. Il est pourtant Dieu et il lui faut des conseils; « alors que faudra-t-il aux hommes? »
- Simplement, à titre de curiosité, je cite encore la création de la femme, que, peu galamment, les Bulgares supposent faite de la queue arrachée au diable en fuite par un archange. « Les tziganes sont, disent-ils, pauvres et nomades parce qu’ils ont été maudits par saint Grégoire pour l’avoir faussement accusé d’impudicité ; ils se rasent la tête parce qu’un jour où un archange les avait entendus causer avec des Valaques, en ayant l’air, comme toujours, de se disputer, il a coupé la tête aux deux partis, puis, sur l’ordre de Dieu, les a recollées, en se hâtant, à l’envers, de sorte que les tziganes veulent se débarrasser des cheveux étrangers. Les moutons sont dociles parce que leur
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- berger a donné à boire à Dieu, quoique si occupé alors à courir après eux, qu’il n’avait pas eu le temps de renouer les bandes autour de ses jambes. »
- La médecine populaire attribue mi rôle essentiel à des guérisseuses, dites Bajutskas, qui, pour avoir du crédit, doivent; comme les sybilles antiques, prophétiser dans une sorte de délire. Ces femmes ont des formules d’incantation transmises d’àge en âge, où l’on retrouve encore une forme asiatique.
- Ainsi, pour guérir le mal d’yeux, il faut, au soleil couchant, aller se laver les yeux dans le ileuve en disant : « Soleil derrière le bois; mal d’yeux hors de l’eau; deux buffles se battent, le noir triomphe du rouge ».
- Ou encore, quand un enfant est malade, on lui frappe trois fois le front en disant : « Au nom de la mère de Dieu, que le mauvais s’en aille où les coqs ne chantent pas, où les chiens n’aboient pas, où l’arbre ne pousse pas, où le soleil ne luit pas, où la lune n’éclaire pas, dans les bois déserts, les lieux déserts, les rocs déserts ! »
- Pour la diphtérie, point n’est besoin de recourir au sérum du D' Roux ; en prononçant une formule semblable, on insuffle à l’enfant de la poussière de tabac dans la gorge, et on lui fait boire de l’eau-de-vie mêlée d’ammoniaque.
- Pour empêcher les esprits d’entrer dans une maison, on dispose à l’intérieur de la porte un réseau d’innombrables fils, afin que les esprits soient d’abord obligés de les compter un à un avant de passer le seuil.
- Dans les cérémonies funéraires, on retrouve des rites antiques. C’est ainsi que l’on dépose dans la chambre du mort des fruits pour qu’il les emporte en cadeaux à ceux qui l’ont précédé dans la tombe. Du beurre et du vin y sont apportés chaque soir pendant trois jours pour nourrir les âmes errantes. Le troisième jour après la sépulture, des femmes vont, sur la tombe, allumer des cierges, brûler de l’encens, répandre de l’eau et du vin. Enfin, c’est le 40e jour seulement que l’àme quille la maison du défunt, et c’est ce jour-là aussi que l’on va poser la pierre définitive sur sa sépulture. L. De Launay.
- LE MÉTAMORPHISME DE LA HOUILLE
- en Nouvelle-Calédonie
- En général le voisinage d’éruptions porphyriques a pour effet de changer la nature des dépôts de houille. 11 y a perte en matières volatiles et transformation du combustible gras en charbon maigre ou en anthracite. Le fait est connu pour certains petits bassins houillers du centre de la France. L’anthracite de Hongay au Tonkin est considéré comme résultant d’un tel phénomène de transformisme.
- 11 n’en va pas ainsi en Nouvelle-Calédonie.
- Dans le bassin houiller de notre colonie qui s’étend sur presque toute la longueur de la côte ouest, on observe des éruptions de mélaphyre et, au voisinage de ces méla-pliyres, le charbon est bien maigre, conformément à la loi générale. Les mélaphyres traversent d’ailleurs les couches sédimentaires et le contact est plus immédiat qu’en France, où les éruptions se trouvent parfois en dehors du bassin houiller.
- Mais, à côté de ces mélaphyres, existent en Nouvelle-Calédonie d’autres roches éruptives; ce sont les roches serpentineuses au milieu desquelles se trouvent les amas bien connus de garniérite, cette roche nickélifère. Or
- l’action de transformisme sous l’influence des serpentines est parfois nulle, contrairement à ce qui se passe pour leurs camarades, les mélaphyres.
- Dans la vallée de la rivière Nondoué et dans les vallées aftïuentes situées à une vingtaine de kilomètres de Nouméa, on trouve à 2 kilomètres du massif serpentineux du charbon anlhraciteux, tandis qu’au contact de ce massif serpentineux, le charbon est de nature cokèfiable. Les premières couches sont voisines d’une venue de mélaphyre, tandis que les autres se trouvent à une très faible distance de la serpentine.
- Au lieu dit Val Suzon existe une couche, la couche Salouet, dont le charbon colle au feu, bien qu’on l’ait extrait à quelques mètres de la serpentine. Tout un bassin de houille grasse a même été trouvé dernièrement par les travaux de recherche entrepris dans cette région.
- Un peu plus loin, au lieu dit les Bruyères, près du col de Tonghoué, on observe un amas de charbon (pii est en contact immédiat avec la serpentine, cette serpentine formant le toit de la couche. La couche n’est pas exploitable bien entendu, mais elle est composée de charbon de nature plutôt grasse.
- Aux environs de Nouméa, aux Portes de fer, c’est-à-dire assez près du massif volcanique qui compose tout le sud de l’ile, on a exploité par un puits de faible profondeur une houille grasse à courte flamme qu’une analyse de l’École des mines de Paris caractérise de cokèfiable.
- Ceci confirmerait l’idée assez naturelle que l’effet de métamorphisme de la houille ne doit pas être le même avec des roches éruptives de nature différente. Colomer,
- Ingénieur civil des Mines.
- L’ÉLEVAGE ARTIFICIEL
- des abeilles
- L’élevage artificiel des reines ou mères d’abeilles est aujourd’hui une opération courante en apiculture.
- 11 a pour but de pourvoir au remplacement de celles dont la ponte affaiblie par l’àge, ne comporte plus guère que des œufs de mâles, ou de celles qui ne présentent pas les qualités requises de fécondité et de vigueur. On y a recours aussi pour introduire dans la ruche un sang nouveau et remédier ainsi aux inconvénients de la consanguinité, ainsi que pour répandre les races de qualité supérieure.
- Il est basé sur ce lait bien connu que les abeilles, privées de leur mère ou reine, s’en procurent une autre en agrandissant une cellule ordinaire (qui devient cellule de sauveté) et en élevant la larve d’ouvrière qu’elle contenait au moyen de la nourriture spéciale, gelée royale, qui lui donnera la fécondité.
- En enlevant aux abeilles leurs mères au fur et à mesure qu’elles en élèvent de nouvelles, on peut donc s’en procurer ainsi un certain nombre, mais l’élevage artificiel peut en donner bien davantage.
- Doolitle, apiculteur américain, a eu le premier l’idée de fabriquer, au moyen d’un petit bâton arrondi (fig. 1, n° 5) trempé à plusieurs reprises dans de la cire fondue, de petites cupules qu’il fixait ensuite à la traverse supérieure d’un cadre d’une ruche avec de la cire fondue, ces cupules représentant le
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- fond d’une cellule royale. Sa méthode a été suivie et modifiée par divers apiculteurs, M. Giraud-Uabou en Europe, par exemple, et Pratt en Amérique, sur les indications duquel on fabrique aujourd’hui mécaniquement les cupules de cire. On les introduit ensuite dans de petits cylindres creux eu bois, munis d’une pointe qui sert à les fixer à la barre des cadres, ce qui est plus rapide et plus commode (lig. 1, n°* 1,2,
- 5).
- Dans chacune de ces cupules on met, au moyen d’un petit instrument, le greffoir (iîg. 1, n° 7), une parcelle, gros | Mais il est
- cadres garnis de couvain, une tôle perforée séparant le magasin du nid à couvain, à moins qu’au préalable on ait privé cette ruche de sa mère et au besoin de son couvain.
- Les abeilles, sur ces cupules greffées, vont de suite édifier des cellules royales (fig. 1, n° 4 et lig. 2) et, dès qu’elles sont operculées, on peut les enlever et les remplacer par de nouvelles cu-
- +rf^ÀT.
- it.—
- A.l . Clem.’ ii H
- Fig. 1. — 1. Coupe d’un cylindre en bois destiné à recevoir une cupule de cire (grandeur naturelle) ; 2. Le même avec sa cupule ; 3. Vue extérieure du n° 2 ; 4. Cellule maternelle construite par les abeilles sur la cupule ; 5. lient de râteau en bois employée par Dooletle pour fabriquer les cupules ; (3. llâton de bois destiné au même usage ; 7. Greffoir.
- On a pu ainsi faire élever à certaines colonies jusqu’à 500 mères pendant une môme saison, bon de ne donner à chaque ruche que
- Fig. 2. — Cadre portant des cupules acceptées par les abeilles et construites en cellules maternelles.
- comme une tête d’épingle, de gelée royale prise dans une cellule normale de reine, qui suffit pour en garnir une vingtaine et, sur cette gelée, on dépose une petite larve d’abeille qui. ne devra pas être âgée de plus de trois jours, et doit provenir d’une mère de bonne qualité. (Une telle mère, pendant la bonne saison, époque où l’on opère, pond 2 à 5000 œufs par jour). Cette opération doit se faire à une température d’au moins 25°.
- Le cadre, ainsi garni de ses cupules greffées, est mis dans le magasin d’une forte ruche bien nourrie, entre deux autres
- cupules à la fois. Au bout d’une dizaine de jours, les cellules operculées peuvent être données à une colonie dont la mère, devant être remplacée, a été préalablement enlevée. On emploie pour ce remplacement les méthodes connues en apiculture.
- Toutefois M. Titoff a inventé une cage en toile métallique (fig. 4, n° 1) dans laquelle on peut placer la cellule fixée à son support en bois, et que ses dimensions permettent d’introduire entre deux cadres. Quand la production des mères est assez considérable (pour la vente par exemple) on
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- Fig. 4. — Cage Titoff :
- [. Vue d’ensemble ; 2. manière d’y placer la cellule maternelle 5. bloc de bois fermant la partie inférieure de la cage.
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- ! les cages Tito If dans des cadres nourriceries (lig. 4) ou dans de petites ruchettes dites ruches miniature, ou boîtes de fécondation (fig. 5).
- La partie inférieure de la cage est formée d’un bloc de bois pivotant sur deux clous, et percée d’un trou, qu’on remplit de sucre ; il est fermé extérieurement par une petite porte à coulisse (fig. 4, n° 3).
- Quand la mère est éclose, on enlève la cellule vide et on ouvre celte porte, les abeilles mangent le sucre et la délivrent. Elle sort normalement pour sou vol nuptial, et, quand elle en est rentrée fécondée, on place devant la petite porte de la ruchelle une grille qui ne permet que la sortie des ouvrières. Les rucbeltes sont disséminées dans le rucher et à
- Fig'. 5. — Ruchelte miniature de Prall.
- Ou y introduit la mère soit par en bas avec la cage, soit par en haut avant l’éclosion.
- nie. On peut aussi les garnir directement de 100 à 200 abeilles. C’est le contenu d’une tasse à café, il est facile d’en faire la mesure après les avoir enfumées. On les laisse enfermées 72 heures pour leur
- enlever l’idée de retourner à leur ruche.
- On reconnaît que la mère a été fécondée, à sa ponte, elle peut alors être utilisée ou vendue.
- L’élevage chez nous n’est peut-être pas assez intensif pour engager la plupart de nos apiculteurs à faire l’essai de telles méthodes.
- Elles présentent pourtant un réel intérêt et méritaient certainement d’y consacrer ces quelques lignes. Elles commencent à se répandre en Europe et, avec les modifications de détail que comportent les différences de milieu
- Fig. 6. — Rucher de ruchettes d’élevage, d’après Root G".
- l’ombre (fig. 6). Ordinairement chaque ruchette miniature contient deux petits cadres de 106 millimètres sur 141, dont 6 remplissent un cadre de ruche ordinaire ; ce qui permet de les faire construire d’alvéoles et garnir de couvain par une bonne colo-
- et de climat, nul doute qu’elles puissent trouver partout une intéressante et utile application.
- A.-L. Clément.
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- LA NATURE.
- LES TREMBLEMENTS DE TERRE
- de la Calabre
- Le tremblement de terre du 8 septembre 1905, qui a de nouveau :jeté dans le deuil une notable partie de la Calabre, est un des phénomènes communs dans cette pittoresque et fertile -contrée de l’Italie, qui fut jadis une des plus prospèr s du bassin méditerranéen, mais qui attend toujours une résurrection économique pour se placer au même niveau que les autres régions du Royaume. Les secousses consécutives à la première et plus terrible ont contribué à maintenir le pays dans un état d’alarme, en causant de nouveaux dégâts, encore favorisés par les pluies d'automne, de manière à retarder forcément l’application des remèdes pour redonner des habitations stables et ramener le calme parmi ces pauvres populations si rudement éprouvées.
- Les études et les recherches faites sur place par bon nombre de savants envoyés par le gouvernement ou agissant de leur propre initiative, et les enquêtes de nombreux fonctionnaires ont commencé à débrouiller les nombreuses questions scientifiques et techniques relatives aux effets du tremblement de terre ; malheureusement le manque d’unité et d’un plan systématique n’ont pas encore permis d’atteindre à des résultats satisfaisants pour les habitants et pour les lieux endommagés : de môme le projet de loi pour subvenir aux besoins de la Calabre est toujours à l’état de projet et il n’a pas encore été soumis à la discussion des Chambres, de sorte qu’on ne peut pas prévoir à quelle époque les travaux définitifs pourront commencer.
- Même aujourd’hui nous ne possédons pas tous les éléments nécessaires pour tracer une histoire exacte, quoique courte et abrégée des principaux événements et de leurs effets à tous les points de vue. Je tacherai, au moins, de donner une idée de la manière dont les principaux phénomènes se sont produits, en choisissant des exemples typiques, parmi les observations que j’ai faites au mois de décembre dernier dans une excursion en Calabre.
- Quoique toutes trois les provinces de Cosenza, Catanzaro et Reggio aient été éprouvées par le dernier tremblement de terre, on peut dire que le plus grand nombre de dégâts ont eu lieu dans la partie occidentale de la province de Catanzaro, à l’ouest du méridien de cette ville, et dans la partie sud-ouest de la province de Cosenza : du reste, beaucoup d’endroits du littoral occidental de la province de Reggio ont éprouvé aussi de notables dégâts, surtout de Gioja Tauro à Reggio. Un des arrondissements les plus frappés est celui de Monteleone de Calabre (partie sud-ouest de la province de Catanzaro), où sur 46 communes, 4 seulement n’ont pas de dégâts, tandis que 18 en ont eu presque dans chaque maison et 14 dans la plus grande partie; les villages de Piscopio, Stefanaconi, Zammarô (commune de S. Gregorio d’ip-pona), Triparni (Monteleone), Favelloni (Cessaniti), Par-ghelia et plusieurs autres ont été entièrement détruits, ainsi que des parties notables des villes de Mileto et Monteleone : le nombre des morts pour l’arrondissement s’est élevé à 446 et celui des blessés à 1854 et ces chiffres auraient été encore plus grands si beaucoup des habitants n’avaient pas été éparpillés dans les campagnes pour les travaux de l’agriculture.
- C’est ici le cas de dire que la technique de la construction doit s’appuyer sur la technique de la lithologie ou sur la connaissance exacte de la formation et composition géologique du terrain. Les observations faites avec soin
- dans tous les pays sujets aux actions sismiques ont prouvé que la résistance plus grande gît dans les terrains anciens, en commençant par les granités, et la moindre dans les terrains modernes (alluvions, plages) et quaternaires (terrasses marines, gros sables et conglomérats rouges). Mes recherches personnelles en Calabre m’ont démontré l’exactitude de cette proposition, qui souifre pourtant quelques exceptions, surtout dans les roches anciennes autrefois compactes et qui ont subi un morcellement plus ou moins complet du fait des agents modificateurs de la surface, tels que les pluies, les vents, le gel et le dégel, l’action des eaux courantes, etc. Presque tous les centres habités qui ont notablement souffert du tremblement dernier se trouvent sur des terrains récents, surtout dans des terrains quaternaires, qui couvrent de leur manteau les schistes cristallins, soit par larges bandes ou à la façon d’iles éparses ou groupées, même à des hauteurs assez considérables au-dessus du niveau de la mer, soit comme fonds d’anciens lacs, par exemple à Serra San Bruno (au centre de la presqu’île et à 800 m. de hauteur absolue) : après les terrains d’alluvion et quaternaires, ceux du pliocène (supérieur, moyen, inférieur) ont ressenti l’effet des ondes sismiques et provoqué des ruines plus ou moins grandes.
- Des cas assez caractéristiques se rencontrent presque partout. Ainsi dans la ville même de Monteleone de Calabre (chef-lieu d’arrondissement), à la hauteur moyenne de 520 mètres et à 4 kilomètres du golfe de S. Eufemia, on observe en bas des quartiers qui ont beaucoup souffert, parce qu’ils sont bâtis sur des terrains quaternaires (terrasses marines) ou sur des grès désagrégés, tandis que la partie haute, construite sur des terrains plus stables (gneiss compacts ou gneiss granitoïdes) a résisté bien mieux. A Parghelia, sur le littoral de la mer Tyrrhé-néenne, presque à 2 km vers l’est de la ville de Tropea, le village se trouve sur une étroite et longue bande de terrain quaternaire parallèle à la côte et séparée de celle-ci et de l’intérieur par des granités, au milieu desquels il y a, à 1 km vers l’intérieur et à 246 mètres de hauteur, la fraction de Fitili : la destruction des deux centres a été presque complète, tandis que les maisons construites en dehors des terrains quaternaires n’ont pas souffert du tremblement. L’esquisse ci-contre, extraite de la grande carte géologique de la Calabre à l’échelle de 1/100000° du Bureau géologique du Royaume1, montre les formations dans cette partie nord de l’éperon montueux qui s’avance à l’ouest vers le Cap Vatieano. La ville de Tropea a aussi fort souffert du tremblement, quoique bâtie en grande partie sur un promontoire de grès presque à pic sur la mer ; presque détruites ont été Spi-linga et Caria (fraction de Drapia) sur deux îlots de quaternaire au milieu du miocène qui couvre le granit, et des grands dégâts se sont produits à Brattirè et Gasponi (deux autres fractions de Drapia).
- Ces exemples, pris au hasard, démontrent la nécessité qui s’impose d’adopter un plan rationnel et scientifique dans la reconstruction des habitations : il ne serait pas difficile de réédifier des centres sur des terrains plus résistants, sans s’éloigner beaucoup de leur site actuel : adoptant le système de construction qui avait été jadis conseillé par le gouvernement des Bourbons lors des tremblements de terre de la fin du xvm° siècle ou ceux qui
- 1 Carta geologica délia Calabria, scala di 1 100 000, rilevata e pubblicala per cura del R. Ufficio Geologico, Roma, 1001 : 20 feuilles et 3 tables de coupes. A'oir la feuille 245 (Palmi), d’après les levées de l’ingénieur E. Cortese, 1888-1890,
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- LA NATURE.
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- ont été prescrits par une loi spéciale après le rapport sur le tremblement de terre d’ischia (juillet 1883) i, voir môme ceux qu’on emploie au Japon, on assurerait enfin un avenir plus stable à des populations déjà trop éprouvées par les sismes.
- En dehors des grands ravages faits dans les habitations, dus aussi en partie à leur mauvaise construction, le tremblement de terre du 8 septembre n’a pas produit des modifications morphologiques très sentibles, comparables à celles d’autres phénomènes du même genre, ainsi que les tremblements du 5 février et du 28 mars 1783. Quelques éboulis, des fentes de peu de centimètres d’ouverture dans le terrain, presque aussitôt ressoudées, une crevasse dans un petit lac côtier près de l'embouchure de l’Angitola (au nord-est de Pizzo), quelques anomalies de courte durée sur le débit de quelques rivières ou ruisseaux, dont les eaux sont devenues très chaudes, le tarissement momentané de quelques sources, voilà ce qu’on a relevé en parcourant une grande étendue de pays : un peu plus considérables sont les deux éboulemenls de Gessaniti (entre Monteleone et Tropea) et d’Ajello (province de Cosenza, arrondissement de Paola), le premier dans des gros sables incohérents quaternaires, le deuxième constitué par l’éboulement d’un grand bloc de grès, mais qui se serait aussi probablement détaché sans le tremblement de terre. Du reste, on n’a observé aucun effet réel dans les mines, dans les tunnels de chemins de fer, ni des raz de marée ou des déplacements des lignes de rivage. D’après un certain nombre d’observations, la direction générale du tremblement de terre a été du nord-ouest au sud-est.
- Parmi le peu d’observations physiques qui ont été faites, il faut noter celles d’un phénomène lumineux, qui serait apparu connue un éclair suivi d’une lumière diffuse, venant non des régions supérieures de l’atmosphère, mais de la partie basse ou au raz du sol : le phénomène aurait eu lieu avant la première et grande secousse du 8 septembre ou presque en même temps. Les témoignages que j’ai recueillis de toutes parts ne me permettent pas encore de rien affirmer ou nier quant à l’existence de cette luminosité, qu’on assure avoir observée aussi à l’occasion de tremblements de terre d’autres pays, mais qu’on ne peut appuyer sur aucune base scientifique ; mais par cela même c’est une observation à recommander pour des circonstances analogues. Quant aux bruits souterrains, quelques personnes, à l’occasion du dernier tremblement, parlent de tonnerres souterrains d’une grande intensité, tandis que d’autres personnes n’ont entendu que des bruits sourds.
- Il faut dire aussi, pour l’amour de la vérité, que le grand phénomène sismique a été très imparfaitement observé lors de sa première et plus grande intensité. Le manque d’observatoires ou de postes pourvus des instruments nécessaires, l’absence des personnes plus particulièrement aptes à saisir l’importance de telles observations (on était alors dans la période des vacances scolaires) ont empêché de recueillir à l’instant le plus remarquable certaines données qu’on aurait pu avoir dans toute autre partie de l’Italie, surtout du centre et du nord, où le service géodynamique est satisfaisant.
- De là la nécessité de prendre sans tarder des dispositions sérieuses pour l’avenir sur ces lieux, où les tremblements de terre sont presque à l’ordre du jour — d’autant plus que malheureusement les secousses continuent encore maintenant1 2. Établir quelques observatoires de
- 1 Voir à cet égard le Cosmos di Guido Cora, vol. VIII (Turin, 1884-1885), nos 3, 4 et 6.
- 2 Les journaux annoncent que le 11 février 1906, de 3h 45 du
- premier ordre, reliés à d’autres de ‘second et troisième ordre, un ou plusieurs maréographes, étendre le nivellement géodésique dans la Calabre, qui en a été jusqu’ici exclue, et placer en môme temps des signaux pour les observations des bradisismes à l’intérieur des terres ainsi que des déplacements des lignes de rivages, vérifier les éléments magnétiques déjà déterminés autrefois et pousser plus loin l’étude de la gravité terrestre, voilà toute une
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- Q = alluvions. q = cjiuiiernairo.. m = miocène. Gr =grcuniAes~ Edielle=l :100000e
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- Tremblements de terre de 1905.
- série d’observations qui s’imposent à l’attention du gouvernement italien et du monde savant pour étudier les phénomènes de dislocation de cette extrême presqu’île de l’Italie et en faire des applications pour la vie pratique et l’amélioration de la région. Guino Cora.
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- LE PHOSPHORE ÉLECTRIQUE
- On a commencé de fabriquer industriellement le phosphore au four électrique en Allemagne et aux États-Unis : le four employé dans ce but est composé d’un tube vertical en tôle revêtu intérieurement d’un garnissage réfractaire. Un arc électrique à la partie inférieure du four fond continuellement un mélange de phosphate acide de chaux et de charbon, que l’on charge parle haut de l’appareil. C’est aussi par le haut que le phosphore se dégage avec les gaz.
- matin on a eu une nouvelle secousse verticale très violente, de la durée de plusieurs secondes, dans la moitié ouest de la province de Catanzaro, depuis Catanzaro, Nicaslro et San Mango d’Aquino au nord, jusqu’à Monteleone au sud, en passant par Francavilla Angitola et Pizzo : la secousse a causé de nouveaux dégâts et produit beaucoup d’alarme, surtout à Pizzo et Monteleone. On peut dire que le mouvement sismique de cette partie de la Calabre, commencé il y a dix mois, 11e s’est pas encore apaisé.
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- LA NATURE.
- L’INAUGURATION DES FILTRES A SABLE
- de la Compagnie des Eaux de la Banlieue de Paris
- Le dimanche 27 mai 190(5, M. de Sehes, préfet, r ~ de la Seine, auquel s’étaient joints MM. Barbier jv
- Fig. 1. — Un filtre à sable plein fonctionnant; un second avec les briques perforées formant le radier drainant.
- Deux autres en remplissage et au centre la chambre des régulateurs commandant les quatre filtres
- président du Conseil général, Defrance, directeur des Affaires départementales à ^la Prélecture de la Seine, Bruman, directeur de l’Administration départementale au ministère de l’Intérieur, etc., a présidé, route Charles IX, à Nanterre, à l’inauguration des bassins filtrants de la Compagnie des Eaux de la banlieue de Paris.
- Ces filtres sont destinés à alimenter les huit communes suivantes de la presqu’île de Gennevilliers : Asnières,
- Bois-Colombes, Colombes, Courbevoie, Gennevilliers, Nanterre, Su-resnes, Rueil, soit au total une population de près de 160 000 habitants.
- Leur taille est prévue pour une consommation journalière de 35 000 m3, soit 218 litres par tête et par jour.
- Jusqu’à présent ces huit communes étaient alimentées en eau de rivière brute. L’eau était prise directement à la Seine, en amont du barrage de Suresnes, et amenée, au moyen d’un canal voûté en maçonnerie, dans un puisard situé dans la cour de
- Fig. 2. — Cascade dos eaux dégrossies à la sortie des préliltres et avant l’admission sur les filtres proprement dits.
- l’usine de la Compagnie à Suresnes. Là, l’eau était sommairement décantée, puis refoulée par de puissantes machines élévatoires sur les lianes du Mont Yalérien dans des réservoirs.
- L’administration préfectorale du département de la Seine s’était efforcée, depuis un certain nombre d’années, de décider la Compagnie des Eaux de la nanlieue de Paris, à substituer à cette alimentation en eau de Seine, très préjudiciable à la santé publique, une alimentation présentant des garanties hygiéniques comparables à l’alimentation assurée à
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- Fig. 3. — Régulateur automatique de débit.
- 60 autres communes du département de la Seine et de Seine-et-Oise, par les filtres à sable de Choisy-le-
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- Roi et de Neuilly-sur-Marne, appartenant à la Compagnie générale des Eaux. Diverses solutions furent étudiées et rejetées l’une après l’autre. En fin de
- par an, qui irait en diminuant de 1/10e chaque année à partir de 1904. Celte épuration devait consister essentiellement en une filtration par le sable, après passage préalable de l’eau au travers de dé-grossisseurs Pueeh. C’est à l’inauguration de cette
- I
- Fig. 4. — Vue dos Filtres proprement dits et des chambres de régulation.
- compte, le 21 décembre 1901, le Conseil général de la Seine approuva, sur la proposition de M. Gré-bauval, un traité par lequel la Compagnie des Eaux de la banlieue s’engageait à épurer les eaux puisées en Seine par le procédé appliqué par la Ville de Paris à l’usine d’Ivry.
- D’après les termes de ce traité, le Conseil géné-
- l'ij;. 5. — Vue des degrossisseurs, allée centrale.
- installation filtrante que M. le Préfet de la Seine
- Fig. 6. — Plan d'ensemble de l’installation filtrante : a, 1” cascade; 1, 1erdégrossisseur; b, 2" cascade; 2, 2" dégrossisseur; c, 3° cascade; 3, 3° dégrossisseur; d, 4" cascade, 4, 4° dégrossisseur. Les parties hachurées indiquent les réservoirs au-dessous des filtres ; les traits ponctués, les agrandissements futurs.
- ral de la Seine accordait, à la Compagnie concessionnaire, une subvention de 55 000 francs
- procéda le 27 mai dernier.
- L’établissement des plans de cette installation ainsi que la surveillance de l’exécution des travaux furent confiés par la Compagnie des Eaux de la banlieue à M. H. Chabal, ingénieur E. C. P., directeur du Bureau d’études pour la filtration des eaux, fondé à Paris par M. Armand Puecb, de Mazamet (Tarn).
- L’idée générale que poursuivit M. Chabal fut de dégrossir aussi complètement que possible, tant au point de vue des matières en suspension que des substances dissoutes, l’eau à admettre sur les filtres à sable, afin de rendre la marche de ceux-ci absolument indépendante des variations de l’eau de la Seine, soit au point de vue physique, soit au point de vue chimique et bactériologique.
- À cet effet l’eau, au sortir de la conduite de refoulement, traverse une série de dégrossisseurs Puech, des cascades d’aération et des préfiltres et ne se rend sur les filtres à sable qu’après avoir subi un traitement préalable intense.
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- LA NATURE.
- Les dégrossisseurs sont au nombre de quatre, fractionnés chacun en quatre éléments identiques afin de permettre les nettoyages et les réparations (fig. 5). Ce sont des bassins remplis de graviers filtrants où l’eau se débarrasse de ses premières impuretés. Chacun d’entre eux contient des graviers de diamètre sensiblement uniforme, mais d’un dégrossisseur au suivant, les diamètres des graviers vont en diminuant et les dimensions au contraire en augmentant.
- Les préfiltres ne sont pas autre chose que des filtres à sable demi-fin que l’eau traverse avec une vitesse 6 à 7 fois supérieure à la vitesse généralement admise pour les filtres à sable. Entre chaque élément de traitement préalable, dégrossisseurs ou préfiltres, sont intercalées des cascades d’aération.
- Si l’on suit la route suivie par l’eau depuis le premier dégrossisseur jusqu’au dernier préfiltre on voit qu’elle traverse, avec des vitesses de plus en plus
- Bassins. — Les parois des bassins ont été recouvertes d’un enduit granuleux afin d’empêcher l’eau brute de glisser sans filtration entre la masse du sable et les parois du bassin.
- Sable. — Le sable, au lieu d’être constitué par un sable tout venant de la Loire comme aux premiers filtres de la Ville de Paris, est constitué par du sable de Seine passé à la claie de 2 mm.
- Appareil Drainant. — Le radier du filtre est constitué par un sol uniformément drainant formé par des briques spéciales (fig. 1) perforées, afin de permettre à toutes les parties du filtre de travailler à la même vitesse.
- Couverture des filtres. — Sur 18 filtres, 2 seront couverts : il pourra être établi ainsi des comparaisons très instructives entre la marche des filtres couverts et découverts ayant à traiter la même eau.
- Réglage. — Le réglage du débit s’obtient d’une
- NATURE DE LÉLÉMENT ÉPAISSEUR DE LA COUCHE FILTRANTE DIMENSI DE LA nature 0N S DES ÉI COUCHE FII. passant dans un anneau de mm jÉMENTS TIIANTE ne passant pas dans un anneau de mm S1JPE1 DE I.’l totale m2 IFICIE ÉLÉMENT considérée comme pouvant être en service m2 VITESSE DE PASSAGE DE L’EAU EN MÈTRES CUBES. PAU JOUR OBSERVATIONS
- I. Traitement préalable. 1er dégrossisseur. 0“,30 gravier. 20 mm 15 mm 200 m2 150 m2 233 La vitesse de l’eau est calculée: 1° en tablant sur
- 2“ — 0m,35 la mm 10 mm 300 m2 225 m2 155 le débit maximum de
- 3» — 0“,40 - 10 mm 7 mm 450 m2 338 m2 103 35 000“3 par jour ; 2° en supposant que, pour chaque
- 4" — 0m,40 — 7 mm 5 mm 650 m2 488 m2 72 dégrossisseur, 1 élément
- Préiillros. 0“,60 Sable. claie de 4"“" » 2160 m2 1800 m2 10 sur 4 est en nettoyage, pour
- II. Filtration. Filtres. 0”,90 claie de 2"1"' 12600 m2 11200 m2 3,1 le préliltre 2 éléments sont en nettoyage, pour les filtres I élément est en net-
- loyage et 1 en maturation.
- faibles, des couches de plus en plus épaisses de graviers également de plus en plus fins (pour les dégrossisseurs), ou de sable (pour les préfiltres) et s’aère de en plus. (Voir le plan général de l’installation, fig. 6.
- À la sortie du dernier préfiltre l’eau traverse une nouvelle cascade et se rend sur les filtres (fig. 5). Ceux-ci ont une surface utile de 12 600 mètres et sont divisés en 18 compartiments égaux de 700 m2 de surface. Leurs dimensions ont été calculées de telle sorte que l’eau, lors du maximum de débit, n’ait pas une vitesse de filtration sensiblement supérieure à 3 mètres par jour.
- Le tableau précédent montre les dimensions données à chacun des éléments de traitement préalable (dégrossisseurs et préfiltres) ou de traitement définitif (filtres proprement dits) ainsi que la vitesse de l’eau dans ces différents bassins..
- Tel est donc le principe qui a été adopté pour l’aménagement de ces filtres. En outre, M. Chabal a appliqué lors de leur construction tous les perfectionnements connus jusqu’à ce jour dans la science de la filtration. Citons les principaux.
- façon uniforme au moyen du régulateur automatique système Didelon, appareil nouveau qui vient d’être adopté par la Ville de Paris. Cet appareil dont nous donnons ci-contre un croquis (fig. 3) consiste essentiellement en un siphon supporté par un flotteur de telle façon que la différence de hauteur entre les deux niveaux d’eau en amont et en aval du siphon reste constante et, par suite, que la charge et le débit restent constants.
- Laboratoire. — Un laboratoire de surveillance a été construit par les soins de la Compagnie des Eaux de la banlieue. Chaque jour l’effluent de chaque filtre est analysé séparément. En outre, des analyses de contrôle sont faites chaque semaine par les soins du département.
- Cette installation a été mise en service le 17 novembre 1905. Depuis cette époque, c’est-à-dire depuis cent quatre-vingts jours, il n’a pas été nécessaire une seule fois de procéder au décroûtage, c’est-à-dire au nettoyage des filtres. Seuls les dégrossisseurs et préfiltres sont nettoyés à intervalles réguliers.
- L’eau de Seine, grâce au traitement préalable qu’elle subit, arrive tellement débarrassée d’impu-
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- LA NATURE.
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- retés sur les filtres proprement dits que la perte de charge de ces filtres n’a pas cessé d’osciller entre les chiffres excessivement restreints de 0m,05 et 0m,20.
- On peut donc dire que cette installation filtrante est vraiment exécutée, ainsi que M. Chabal se proposait de le faire, de façon à rendre la marche des filtres complètement indépendante des variations de l’eau de ^Seine, soit au point de vue physique, soit au point de vue chimique et bactériologique.
- Il y a là une amélioration considérable dans l’alimentation en eau des 8 communes considérées. Cette amélioration n’a pas tardé à avoir un effet des plus utiles sur la santé publique, car la morbidité typhique de la population de ces 8 communes, qui avait été en moyenne de 180 pour 100000 habitants pendant les trois mois de février, mars, avril des années 1901 à 1905, est descendue, pour la môme période de 1906, au chiffre de 45, chiffre inférieur au taux de la morbidité constatée à Paris à la môme époque, ce taux étant à Paris de 67 pour 100000 habitants.
- M. Le Couppey de la Forest.
- LES ENNEMIS DE LA CHÈVRE
- Croirait-on que la chèvre ait des ennemis? Honnie et écartée de toutes nos grandes solennités agricoles, dans la nature elle est reléguée aux sites incultes, sauvages, là où tout autre bétail serait fatalement condamné à mourir de famine et où elle trouve cependant encore le moyen de vivre. C’est tout au plus si on ne la classe pas au nombre des animaux nuisibles, et certainement beaucoup d’agronomes décréteraient volontiers son extermination progressive. On lui reproche de créer l’aridité partout où elle se nourrit et comme pour le cheval d’Attila, l’on prétend que l’herbe ne repousse point là où elle est passée.
- Quelques auteurs affirment qu’il faut rendre cet animal responsable de l’état désertique des steppes de l’Asie ou du centre de l’Afrique où ses bandes dévastatrices émigrent en innombrables troupeaux. Et de fait, il n’est guère de plante ou d’arbuste dont les jeunes pousses trouvent grâce devant elle.
- Cependant, c’est aller beaucoup trop loin que de prétendre assigner un rôle nuisible à la chèvre et de la ranger parmi les animaux à détruire. La vérité, c’est qu’au contraire, possédant déjà par elle-même de très belles qualités, la chèvre peut devenir entre de bonnes mains un animal de première utilité, et supporter aisément la comparaison avec les types les plus prisés du bétail domestique. Nous nous faisons un plaisir de résumer ici à ce propos quelques-unes des précieuses indications assez éloquemment groupées par M. J. Crépin dans un travail présenté à la Société nationale d’Acclimatation A
- Que pour avoir servi de nourrice à Jupiter, la chèvre ait eu sa page glorieuse dans les annales de l’humanité, nous avouons que c’est là peu de choses à nos yeux et, sans lui souhaiter male mort, nous consentirions à la voir disparaître avec ses dieux, si elle n’avait pas d’autres titres à notre attention ! Heureusement, ce ne sont pas les arguments plus solides qui font défaut !
- Tout d’abord, la chèvre laitière, bien soignée, donne
- 1 J. Crépin. La question caprine. Bull, de là Soc. Nat. 4’Acclimatation de France, mars 1906.
- proportionnellement à sa taille beaucoup plus de lait que la vache de meilleure race et, comme cette dernière, elle est capable d’en produire en toute saison ; une lactation peut fournir en moyenne 900 litres; en demandant à la vache un produit égal, proportionnel à son poids et à sa valeur vénale, on devrait exiger d’elle pour le même temps 5400'litres, chiffre dont pas une au monde ne saurait approcher même de loin.
- Le lait de vache présente à la consommation plusieurs dangers, dont l’infection tuberculeuse ; le lait de chèvre échappe normalement à cette infection et peut être consommé à l’état cru; tous ceux d’ailleurs qui ont goûté à cet aliment savent qu’il possède une fluidité, une finesse et une légèreté qui lui donnent une grande utilité pour les malades et pour les enfants.
- On fait de ce lait des fromages exquis, notamment le Mont-d’Or, le Saint-Marcellin, le Sassenage et le Roquefort, où il entre en surplus du lait de brebis. Le beurre d’Alep, le plus réputé de l’Orient, est du beurre de chèvre. La chair de chèvre bien soignée ou de chevreau constitue une excellente viande de boucherie. Le duvet de la chèvre du Thibet sert à fabriquer les châles et les tapis en cachemire des Indes, celui de la chèvre d’Angora donne l’étoffe dite mohair, si appréciée pour sa beauté. Quant à son cuir, c’est assurément celui qui possède la plus haute valeur pour la ganterie de luxe, la maroquinerie et la fine cordonnerie.
- Si l’on ajoute à toutes ces qualités, celle, inappréciable, de pouvoir servir de nourrice et d’excellente nourrice aux enfants privés du sein maternel, il faut bien reconnaître que la chèvre présente quelque intérêt et qu’il y a lieu de regarder à deux fois avant de la proclamer bonne à tuer.
- Il y aurait au contraire, dans la chèvre, la matière d’une très prospère industrie pour des éleveurs qui sauraient l’entreprendre avec intelligence et méthode. Le premier point serait de renoncer catégoriquement aux anciens errements qui ont fait d’un trop grand nombre de nos chèvres françaises un animal abatardi, presque dégénéré, la maigre bique confinée aux mauvaises terres et mal nourrie. 11 faudrait parquer la chèvre comme on parque les autres animaux domestiques — et par exemple le mouton, cet autre dévastateur que personne cependant ne songe à détruire et pour cause ! Par là, les dégâts très réels causés par la chèvre se trouveraient fortement diminués, et, en même temps, la valeur propre de ses produits très augmentée, surtout si on la nourrissait à l’étable, comme la vache, le mouton, etc. !
- L’œuvre de régénération de la chèvre et, pour ainsi dire, de recaprinisation de l’Europe et de la France, présentera certainement quelques difficultés. Mais il n’y a pas de doute que, par l’étude consciencieuse des propriétés de chaque race et grâce à des sélections et à des croisements intelligents, on n’arrive assez rapidement à déterminer l’apparition d’un type excellent, capable de devenir une race agricole de haute valeur.
- M. Crépin, qui ne se contente pas d’avoir raison sur le papier, mais qui prêche d’exemple, a eu l’excellente idée d’importer en France divers types de chèvres orientales et il a, grâce à leur présence, obtenu des individus métis dont la productivité est très satisfaisante. On ne saurait trop encourager le public agricole français à s’intéresser à ces recherches et à tenter résolument des essais. Il y a là une source de produits très appréciable et peut-être de fortune pour ceux qui sauront prendre l’avance en temps opportun. A. Dumesnil.
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- LA NATURE.
- SIGNAUX SONORES SOUS=MARINS
- On signalait récemment, à bord de nouveaux grands steamers, l’installation non pas seulement d’appareils de télégraphie sans fil, mais encore d’appareils de signaux sonores ou acoustiques sous-marins. C’est notamment le cas pour le Carmania, magnifique transatlantique à turbines, dont il a été parlé ici, et aussi pour YAmerilm, que la Compagnie hambourgeoise-américaine vient tout dernièrement de mettre en service sur les États-Unis. Nous aurions à ajouter que plusieurs compagnies, comme la Cunard ou le Norddeutseher Lloyd, munissent de ces mômes signaux sonores leurs grands navires, qui sont pourtant déjà dotés de cette télégraphie sans fil si précieuse assurément. C’est que ces signaux ont un autre rôle à remplir, ou du moins ils peuvent heureusement suppléer la télégraphie sans fil, dont l’installation est fort coûteuse, et, déplus, ils ont cet avantage de pouvoir être montés à peu de frais sur des navires un peu quelconques, en les avertissant de l’approche de tous les bateaux qui en seront eux-mêmes munis, et aussi du voisinage des côtes ou des écueils, quand des postes de signaux y sont établis suivant les principes qui font la hase de cette invention. Nous avons attendu qu’elle ait fait ses preuves et qu’elle commence de recevoir des applications véritablement pratiques pour la signaler.
- Voici bien longtemps que des recherches se poursuivent dans cette voie, tout particulièrement grâce aux efforts de M. Mundy, et aussi du célèbre professeur Gray. On sait combien l’eau est bonne conductrice des sons, et on connaît les expériences de Col-ladon, décrites dans tous les cours de physique. Depuis, des essais purement scientifiques, que rappelait récemment M. Millet, ont été faits pour utiliser l’eau comme véhicule des sons que recevrait un microphone ou téléphone; dans ces essais, on recourait toujours à un récepteur attaché à l’extérieur de la coque du navire ou même immergé librement dans l’eau, sans songer que la carène pouvait jouer un rôle utile dans la transmission des sons et, par suite, des signaux. Et pourtant les gens de mer savaient qu’on perçoit parfaitement, en collant son
- oreille soit à l’intérieur de la coque, soit même sur le pont du navire, le bruit de l’hélice d’un autre bateau qui passe à distance. Sans vouloir faire tout un historique qui nous entraînerait beaucoup trop loin, nous citerons des expériences exécutées vers 1894, à Portsmouth, par M. Blake, expériences qui montrèrent précisément avec quelle facilité le bruit d’avirons frappant l’eau arrivait dans la cale d’un vieux bateau dont les murailles n'avaient pas moins de 0,50 m. d’épaisseur. Un peu plus tard, M. A. Mundy, de Boston, se lança dans la même voie, et, croyant qu’un microphone immergé lui donnerait la solution rêvée, il lit appel au concours d'Elisha Gray. Durant quatre années ils ont poursuivi la
- solution du problème, au double point de vue de l’appareil destiné à envoyer les signaux et du récepteur. Pour le premier, ils avaient adopté une cloche, dont le battant pouvait être mû de diverses façons, et à cet égard les appareils maintenant employés ne diffèrent pas très sensiblement de céuxqu’ils avaient combinés. Pour le récepteur, ils s’entêtaient dans l’idée d’immerger et de disposer, par conséquent, extérieurement au navire, un appareil micro-téléphonique, ce qui entraînait des complications et pour ainsi dire des impossibilités, surtout quand il s’agissait d’un navire en marche, ce qui est le cas le plus fréquent. Et pourtant M. Mundy avait fait certaines observations de laboratoire qui laissaient pressentir que la vérité était de placer l’appareil récepteur dans la cale du bateau devant recevoir les signaux, et le long même de la carène, du bordé intérieur. Aujourd’hui, on peut dire que le problème est résolu, c’est l’impression que nous avons retirée des opinions qui nous sont venues de divers côtés, et c’est ce que prouve l’adoption du système par un grand nombre de compagnies de navigation. Du reste, les appareils sont construits commercialement par une compagnie dite submarine Signais C°, qui a poursuivi des essais préparatoires et démonstratifs dans les conditions les plus diverses. Sir William White, qui est une autorité dans le monde des constructeurs anglais, a donné
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- son plein assentiment à l’adoption des dispositifs de ce genre.
- Il y a dans toute installation deux appareils, car un navire muni d’un récepteur doit être, comme de juste, également à même d’envoyer des signaux. C’est tout d’abord le transmetteur, où nous retrouvons l’excellente idée de cloche à laquelle nous avons fait allusion plus haut : cette cloche est suspendue dans l’eau, le long du navire, à un câble qui peut servir de conducteur pour l’énergie destinée à manœuvrer le marteau. Celte énergie peut être le courant électrique, dont on dispose maintenant
- sur presque'tous les bateaux, et alors rien n’est plus simple que de iixer, sur la monture de la cloche, une boîte étanche contenant des électroaimants qui commanderont les mouvements du battant de la cloche : battant dont la meilleure forme est celle d’un marteau à deux pointes. La commande peut se faire aussi à l’air comprimé, à la rigueur à la vapeur, ou même à main si l’on se trouve sur un bateau de modeste construction.
- Quant à la forme de la cloche, elle n'est pas sans importance : elle n’a nullement besoin de qualités musicales, mais il importe qu’elle présente des bords tout particulièrement épais et s’évasant fort peu.
- On fait ces cloches en des poids divers, le meilleur type est celui qui ne pèse pas plus de 70 kg : il s’entend à une distance considérable de 16 milles, sans doute par suite du rapport très élevé entre la puissance du coup de marteau et la masse de métal.
- Le récepteur (qui est du reste double, ainsi que nous allons le voir) comprend d’abord un récipient
- Les deux appareils récepteurs en cale.
- Fig. 5. — Disposition schématique du poste et montage des fils à bord.
- métallique, dont la forme peut être un peu quelconque, mais qui doit être complètement plein d’une solution à densité déterminée, supérieure à celle de l’eau de mer, et appliqué à l’intérieur de la coque du bateau, comme l’indiquent les figures que nous
- donnons. C’est dans ce liquide qu’est immergé l’appareil microphonique, àl’abri d’une enveloppe étanche, naturellement : dans ces conditions, les ondes sonores qui viennent frapper l’extérieur de la coque traversent celle-ci, puis le liquide où baigne le microphone, et arrivent à ce dernier. De là, elles suivent des fils conducteurs disposés ad hoc, et parviennent dans le poste d’observation installé en un point convenable du bateau, le plus souvent sur la passerelle ou dans la chambre de timonnerie. Le timonnier
- ou capitaine n’a donc qu’à porter à son oreille le récepteur téléphonique relié à l’appareil de cale, il va être averti des sons, des signaux de cloche qui lui arriveront sur un rythme convenu ou non, et il saura qu’il est dans le rayon d’un bateau, d’un phare, d’une bouée, d’un bateau-feu muni d’un appareil de signaux sonores sous-marins. Mais nous avons dit que l’on comptait deux récepteurs disposés de chaque côté du bateau, et reliés chacun à un écouteur téléphonique dans la chambre de timonnerie. De la sorte, le capitaine peut porter simultanément aux oreilles les deux écouteurs, et comme le son provient plus intense au récepteur et à l’écouteur placé du côté de la source sonore, ou plus rapproché de cette source sonore, on arrive, avec une certaine pratique, à localiser le point de l’horizon d’où vient le signal. On comprend qu’il y a là une particularité précieuse, qui a été reconnue dans
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- de nombreux essais, notamment sur la côte des États-Unis. Notons que, pour permettre mieux la comparaison entre l’intensité des sons provenant respectivement des deux bords, on dispose d’un commutateur qui donne la possibilité de faire arriver successivement et presque instantanément le son envoyé à l’un ou l’autre des récepteurs.
- On a suffisamment saisi l’essence de l’appareil pour que nous n’y insistions pas davantage. Nous nous contenterons de donner rapidement quelques indications sur les divers essais qui en ont été faits aux États-Unis et au Canada, et qui justifient le succès qu’il semble rencontrer. Il faut dire que, pour les États-Unis en particulier, la Compagnie Submarine Signais avait obtenu d’installer des dispositifs transmetteurs, des cloches, dans des phares et des bateaux-feux de la côte, et un service de bateau à vapeur côtier servit à des expériences sur les conditions dans lesquelles on percevait à bord les signaux, en reconnaissant parfaitement les signaux de convention qui correspondaient à un alphabet ou à la désignation spéciale d’un phare. Et qu’on remarque que les bruits propres du navire ne s’entendent pour ainsi dire pas du tout dans les récepteurs, et ne troublent nullement la perception des signaux de l’extérieur ou même du mouvement des hélices d’autres navires passant à une certaine distance.
- Les signaux acoustiques sous-marins servirent, par exemple, au capitaine du Saint-James à localiser sa position dans les parages dangereux des récifs dits de Nantucket, en pleine nuit, par un coup de temps, au milieu de la neige, et à 5 milles de distance des écueils : ce qui laisse supposer qu’une combinaison de ce genre eût été précieuse pour le navire anglais qui s’est perdu dernièrement à l’entrée de Saint-Malo. Notons que le capitaine du Saint-James ne pouvait entendre la sirène, le signal acoustique aérien qui est émis par un poste dans ces parages. Il nous est impossible d’indiquer comment on arrive pratiquement à acquérir une telle habitude de l’appareil, qu’on peut dire avec une exactitude surprenante le point de la rose des vents où se trouve un bateau dont on perçoit le son de l’hélice ou des signaux. Récemment, la Lucania a pu entendre la cloche de Fire Island et celle de Sandy Ilook (car on en a monté en ces deux points) à une distance de 4 à 5 milles, et alors que la vue cl l’ouïe étaient complètement bouchées pour les signaux ordinaires par un brouillard intense.
- Il y a donc là une découverte véritablement importante, et qui nous a semblé mériter que nous y insistions un peu longuement. Daniel Bellet.
- CHRONIQUE
- Électrométallurgie du fer. — Le Canada se préoccupe vivement à l’heure actuelle d’introduire sur son territoire les méthodes électriques pour le traitement
- des minerais de fer et la production du fer et de l’acier : une Commission a été envoyée en Europe qui a étudié de très près les divers procédés imaginés en France, en Suède, en Italie ou ailleurs ; et le 1)' llaanel a, dès maintenant, installé une sorte de petite usine électrométallurgique expérimentale qui donne de bons résultats. Elle fonctionne à Sault-Sainte-Marie, et elle a permis de tirer des conclusions intéressantes, spécialement en ce qui concerne les minerais canadiens. Ces minerais sont principalement de la magnétite, et l’on a reconnu qu’ils peuvent être économiquement réduits par le courant électrique; d’autre part, les minerais contenant une forte teneur en soufre se transforment facilement en une fonte ne renfermant que quelques millièmes de soufre; on a la possibilité, toujours par cette méthode, de faire varier comme on le veut la teneur en silicium ; enfin le procédé réussit également avec les minerais titanifères.
- Cuirassé japonais. — Le Kashima, dont il a été parlé antérieurement, vient de subir ses essais de réception; nous rappelons qu’il est long de 129,25 m. pour une largeur au fort de 25,77 m., et que son déplacement atteint 10 050 tonnes (avec un approvisionnement de 800 tonnes de combustible dans ses soutes). La machinerie à triple expansion reçoit la vapeur de vingt chaudières à tubes d’eau du système Niclausse. Avec 5030 chevaux seulement, l’allure sur base était de 11,13 nœuds; elle a atteint 10,52 n. avec 9100 chevaux, et 19,2-4 avec 17 280 chevaux indiqués.
- Les barrages creux. — Pour pouvoir se hasarder à les construire ainsi, surtout quand ils doivent supporter une charge d’eau notable, il est essentiel de trouver un moyen de leur donner une homogénéité parfaite, et de les ancrer de la façon la plus solide dans la roche sur laquelle ils s’implantent inférieurement comme à leurs extrémités. On estime qu’on peut parvenir à ce résultat en faisant ces ouvrages 'en ciment armé, mais en ciment armé formant seulement une enveloppe qui épouse la forme extérieure du barrage. La face d’amont d’un tel barrage est inclinée d’environ 45 pour 100r de manière que la résultante des poussées des eaux tombe dans la hase de l’assise : les fondations doivent naturellement être établies de façon à empêcher tout glissement. On peut constamment visiter l’intérieur du barrage et y constater, pour les réparer, les fuites ; on a aussi la possibilité de percer le plancher de la chambre intérieure pour laisser échapper les eaux qui tendraient à lormer pression hydrostatique par en dessous. La large base qu’on peut sans inconvénient donner à l’ouvrage, permet de l’installer môme sur un mauvais sol. Enfin rien n’est plus simple que d’utiliser la chambre intérieure pour y installer des turbines hydrauliques, si le barrage est, destiné a une installation de génération de force. Nous n’avons pas besoin de dire qu’une construction de ce genre est peu coûteuse et fort rapide.
- Les maladies de l’air comprimé. — L’emploi de l’air comprimé, qui rend tant de services pour les travaux sous l’eau ou en terrains aquifères, demande à être surveillé de très près pour les ouvriers qui travaillent dans les caissons, en ce sens que la compression et la décompression surtout peuvent amener des maladies et des accidents plus ou moins graves, si des précautions spéciales ne sont pas prises. Aussi s’occupe-t-on déjà depuis longtemps de savoir exactement quelles sont ces précautions et dans quelles conditions les dangers possibles sont réduits au minimum. MM. L. Ilill et Grcenwodd viennent
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- d’examiner le problème de très près en Angleterre, et ils ont fait des constatations fort intéressantes. Ils ont vu, par exemple, que les maladies sont nombreuses, surtout quand la pression est comprise entre 1,68 et 2,11 kg par centimètre carré, et principalement durant les mois de septembre et d’octobre ; il importe, d’autre part, que l’air envoyé dans les caissons soit aussi pur que possible et fourni en abondance. Pour eux une durée de travail de quatre heures est suffisante, pleine quand on ne dépasse point une pression de 1,50 à 1,70 kg. L’àge le plus favorable pour ce genre de travail est compris entre 20 et 50 ans, et d’une façon absolue il faut refuser les ouvriers atteignant la quarantaine.
- La clinique et l’infirmerie d’un jardin zoologique. — C’est au Jardin de Philadelphie qu’on vient de les installer : il s’agit en réalité d’un laboratoire de pathologie fort intéressant en lui-même et où l’on espère réaliser des découvertes, notamment en matière de sérothérapie, qui seraient utiles à la pauvre humanité souffrante. Dans cette clinique un peu spéciale, on trouve à la fois un laboratoire proprement dit, une salle d’examens et de dissection des animaux morts, puis une infirmerie, et enfin une salle dite de quarantaine, où l’on peut mettre en observation, un certain temps, les animaux nouveaux qui arrivent au Jardin, quand ils ne sont pas de taille trop grande. Dès maintenant, on a pu faire des observations fort intéressantes dans cette clinique, et des éludes curieuses sur les tissus animaux, notamment au moyen de coupes microscopiques.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 juillet 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Pour noircir les cheveux et la barbe. — Le professeur Bouchard développe une note qui, dit-il, offre un réel intérêt scientifique et que, sous le titre de « repigmentation des poils, cheveux et barbe sous l’influence des rayons X », le I)1' A. Imbert, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier, chef du service ï électro-thérapique et radiographique des hôpitaux de cette ville, adresse à l’Académie. 11 ressort, en somme, de ce travail dont les conclusions sont appuyées par le témoignage probant d’une série de photographies représentant le sujet avant, pendant et après l’expérience, que, sous l’action des rayons X, les cheveux et la barbe qui ont blanchi depuis des années redeviennent noirs et que la teinte des cheveux blonds se fonce. Celte pigmentation nouvelle ou, suivant l’auteur, cette repigmenlation peut être obtenue sans chute préalable des poils. Bien mieux, la coloration du cheveu persiste pendant de longs mois, et, après chaque taille, les poils repoussent avec la même teinte foncée. Une des photographies envoyées à l’appui de sa note par le professeur Imbert, montre, chez un malade atteint de lupus de la face, cette repigmentation manifeste du côté qui était exposé à l’action des rayons X qui sont, on le sait, employés dans le traitement de cette affection. La teinte dite « poivre et sel » des poils de ce côté de la barbe ainsi que celle des cheveux de la tempe a disparu pour faire place à la teinte naturelle et primitive d’une nuance légèrement plus foncée. Le professeur Bouchard ne tire aucune conclusion pratique de ce travail. 11 se contente, dit-il, d’attirer l’attention sur cette action qui
- est signalée aujourd’hui pour la première fois par une personnalité scientifique bien connue.
- Les mélanges gazeux des sources. — M. Charles Moureu, professeur à l’école de pharmacie, a fait connaître dernièrement à l’Académie, d’après ses expériences sur un grand nombre de sources thermales appartenant à diverses régions de la France et de l’étranger, que l’argon et l’hélium étaient présents dans la quantité dés mélanges gazeux issus du sein de la terre. En collaboration avec M. Robert Biquard il présente aujourd’hui le résultat de ses récentes études sur 22 sources en vue de la recherche du néon, cet autre gaz de l’air. La méthode suivie est basée sur la propriété que possède le charbon de bois, d’après les travaux de M. Dewar, d’absorber très inégalement les différents gaz suivant leur nature propre et suivant la température. MM. Moureu et Biquard ont opéré tantôt à la température de l’air liquide (—185°) tantôt comme l’a fait M. Ramsay pour l’étude des gaz de l’atmosphère à —100°, température de solidification de l’éther. Dans ces conditions en faisant passer la décharge .électrique sous une pression de quelques millimètres de mercure à travers le résidu gazeux non absorbé, ils ont observé au spectroscope les raies du néon à côté de celles de l’hélium. Parmi les sources étudiées, citons Eaux-Bonnes, Eaux-chaudes, Ogen, Cambo, Cautcrets, Bagnères, Dax, Ax, Xéris, Plombières, Spa, etc. La présence du néon semble générale parmi les gaz des sources thermales. Ces faits intéressent directement le problème si obscur de la médecine thermale, auquel ils apportent de nouvelles données positives, et aussi la connaissance des terrains traversés par les eaux minérales dans leur trajet à travers les profondeurs de la terre.
- Communications diverses. — M. Bertlielot entretient l’Académie du phénomène de coloration en violet du verre, sous l’action du radium et de celui de l’oxydation des sels de manganèse que l’on constate alors. M. Lœwv met en relief les avantages de la lunette photographique de M. Lippmann, qui permet d’éviter les erreurs dans l’observation des grosses planètes. M. de Lapparent analyse une note de M. Jean lierbette, sur la structure des cristaux mixtes de chlorure et de bromure de baryum. Enfin, MM. Chauveau, Lacroix et Haller déposent sur le bureau quelques autres notes, toutes d’ordre trop technique pour être analysées.
- C11. de Yilledeuil.
- LA MACHINE A VAPEUR
- d’un navire de commerce et d’un torpilleu|;
- On sait que les navires de guerre, pour une même puissance, ont en général de plus grandes exigences que les navires du commerce. Mais il est difficile de bien expliquer le plus souvent ces diverses exigences. Une circonstance, qu’a su relever, il y a quelque temps, notre confrère Prometheus, de Berlin, nous permet de donner quelques explications sur les différences des machines à vapeur employées par les deux navires. Dans la salle de construction des machines d’une compagnie à Kiel, se sont trouvées en même temps à côté l’une de l’autre une machine de torpilleur et une machine de navire de commerce.
- La figure ci-jointe représente à droite au premier
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- LA NATURE.
- plan trois machines de torpilleur, d’une puissance de 5000 chevaux chacune; deux de ces machines servent à l’équipage d’un torpilleur de 426 tonneaux, et peuvent lui communiquer une vitesse de 166 kilomètres par heure environ. En arrière, au deuxième plan, sont deux machines à vapeur de 5000 chevaux chacune, qui actionnent un navire du commerce à 2 hélices de 15500 tonnes et l’entraînent à la vitesse de 15,5 nœuds par heure ; on sait que le nœud est égal à 1852 mètres. Nous pouvons résumer en quelques lignes les constantes et caractéristiques de ces diverses machines. Les machines à vapeur
- pression de la vapeur à l’entrée dans la machine est de 17 atmosphères, le poids de la machine est de 16,4 tonnes, soit 5,4 kg par cheval, les dimensions sont de 1,6 m. sur 4 m. pour une hauteur de 2,65 m. La machine du navire de commerce est en acier Siemens-Martin, la machine du torpilleur en acier spécial. Un peut se demander, ajoute Prome-theus, pourquoi on n’a pas adopté, pour les navires à vapeur du commerce, non pas des machines aussi légères que pour les torpilleurs, mais au moins des machines d’un poids de 50 à 55 kg par cheval. Car avec des machines légères, la charge utile peut être
- Machine à vapeur d’un torpilleur et d’un navire de commerce.
- du navire de commerce ont 4 cylindres de diamètres respectifs de 600, 875, 1275, 1875 mm; la course du piston est de 1570 mm, le nombre de tours de l’hélice est de 80 par minute, la vitesse de déplacement du piston est de 5,65 mètres par seconde, lé: poids total de la machine est 210 tonnes, soit 70 kg par cheval, les dimensions sont de 4,1 m. sur 9,4 m. et une hauteur de 7,01 m. ; la pression de la vapeur à l’entrée dans la machine est de 15 atmosphères. La machine a vapeur du torpilleur a les constantes suivantes. Ces trois cylindres ont respectivement pour diamètres 540, 810, 1190 mm; la course du piston est de 500 mm, la vitesse angulaire de 550 tours par minute, la vitesse de déplacement du piston de 5,85 mètres par seconde, la
- plus élevée, et par suite les frais de cargaison peuvent être compensés. L’objection est certainement sérieuse. Mais les petites machines pour torpilleurs sont à course rapide, à vitesse rapide; les courses des pistons sont faibles. Toutes ces conditions donnent de grandes vibrations au navire, et ne lui permettent pas d’atteindre une grande durée à la mer. 11 faut également considérer les frais de réparations qui sont considérables. Les turbines à vapeur, qui ne donnent aucune vibration et occupent de faibles espaces, deviendront bientôt la machine à vapeur des navires de commerce. J. Laffargue.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1731. - 28 JUILLET 1906.
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- L’ŒIL DU S0US=MARIN
- Le sous-marin- est né aveugle. On peut affirmer un instrument excellent, et quînfaïïlres se voient
- qu’il serait resté, si perfectionné que pût être rendu son mécanisme, si aisée qu’ait pu devenir sa manœuvre, un joujou inutilisable, un instrument de vitrine si l’on n’était arrivé à le munir de l’organe indispensable qui, en lui permettant devoir au-dessus de l’eau, lui donne le moyen de diriger sa roule.
- Cet organe est le périscope, dont le but est suffisamment défini parsonnom(7t£pt, autour ; <7xo7reiv, voir).
- En principe, le périscope se compose d’un tube de petit diamètre placé verticalement sur la partie supérieure du sous-marin. Son extrémité inférieure pénètre dans le bâtiment, pendant que son extrémité supérieure vient dépasser de quelques décimètres la surface de l’eau.
- Son fonctionnement repose sur l’application du plus simple principe d’optique, l’emploi des miroirs. IJn miroir placé à la partie supérieure du tube et incliné à 45° sur l'horizontale reçoit les images des objets qui flottent sur l’eau et les renvoie calement sur un second miroir pareillement incliné à 45° fixé à l’autre extrémité du tube, celle qui se trouve dans l’intérieur du sous-marin.. Le commandant qui a l’œil fixé sur le miroir voit ainsi exactement la .surface de la mer et ce qui s’y trouve dans la partie qu’embrasse le miroir supérieur.
- Voilà toute la théorie du périscope. Mais, comme il arrive souvent lorsqu’il s’agit de passer de la théorie à l’application, l’instrument construit d’après ce principe très simple ne vaut que par les soins apportés à sa fabrication, et la façon plus ou moins ingénieuse dont ce principe est appliqué.
- C’est ainsi que chaque nation maritime ayant adopté pour scs sous-marins un principe basé sur la même théorie, les unes, c’est notre cas, possèdent
- retardées dans l’utilisation des sous-marins par l’insuffisance et l’inefficacité de leurs appareils de vision.
- On conçoit par conséquent que chaque marine conserve jalousement les petits secrets de confection, les détails des dispositions qu’elle applique à
- la fabrication de ses périscopes; ce secret a une grande importance puisque c’est de lui que dépend en majeure partie la plus ou moins grande efficacité des sous-marins.
- Sans vouloir le dévoiler en quoi que ce soit, nous pouvons donner cependant, sur l’installation du périscope à bord des sous-marins français, quelques détails qui en feront mieux comprendre le fonctionnement.
- Nous dirons tout d’abord que les miroirs, dont nous avons parlé plus haut, sont remplacés par des prismes. L’arc d’horizon réfléchi par le prisme supérieur est d’environ 90°. Le périscope est composé de
- deux tubes dont l’un, de faible longueur est fixe et traverse la coque du bâtiment. Un presse étoupe soigneusement garni empêche les rentrées d’eau. Un second tuhe, mobile celui-là, glisse dans le premier. 11 est poussé à volonté jusqu’au-dessus de la surface ou rentré si le commandant n'éprouve pas le besoin de savoir ce qui se passe au-dessus de lui.
- La manœuvre de montée ou de descente du tube supérieur se fait au moyen d’une crémaillère, d’un contrepoids, ou même d’un petit moteur électrique comme sur nos derniers modèles de sous-marins. C’est à la partie supérieure du tube mobile . qu’est fixé le prisme qui reçoit les images extérieures. C'est à l’extrémité inférieure du tuhe fixe qu’est placé le prisme qui reçoit les images réfléchies par le prisme supérieur.
- Certains dessins de fantaisie récemment parus ont
- Fig. 2. — Schéma d’un périscope : 1-1, miroirs inférieur et supérieur;
- 2-2, tube formant le corps du périscope ;
- 5, surface de la mer ; 4, navire à l’horizon ; 5, image réfléchie à l’intérieur du sous-marin.
- 34e aimée. — 2° semestre.
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- LA NATURE.
- généralisé l’idée que les images renvoyées dans le périscope par le prisme ou le miroir placé au-dessus de l’eau se reproduisaient sur une table horizontale sous les yeux du commandant. C’est une erreur. Le commandant ou l’homme qui est placé à la barre a l’œil fixé à un oculaire simple ou double au travers duquel il voit la mer et les objets qui s’y promènent exactement comme peut le faire avec sa jumelle le camarade de quart sur la passerelle d’un cuirassé d’escadre.
- Lorsque la nécessité s’impose au commandant du sous-marin d’examiner l’horizon dans ' une autre direction que l’avant, ou meme tout autour de lui il saisit deux poignées fixées sur le tube du périscope et lui imprime un mouvement de rotation dans le sens voulu. Le prisme supérieur ainsi promené circulaircment lui rend un compte fidèle de la situation extérieure. Quant à la qualité de la vision, tous nos commandants de sous-marins s’accordent à la trouver excellente. Les images sont nettes et claires, d’ailleurs directes et au risque de nous répéter nous ne pouvons mieux les comparer qu’à celles que fournit une très bonne jumelle.
- Mais, dira-t-on, la mer est bien rarement calme et le prisme qui se promène à quelques décimètres au-dessus des lames doit être à chaque instant couvert par les embruns, et ne fournir en conséquence que des images bien troubles.
- 11 n’en est rien, parce que les gouttelettes d’eau glissent sur la surface très inclinée du prisme et n’y séjournent pas. De plus si quelques-unes y restent attachées au point de devenir gênantes, une manœuvre très simple permet de l’en débarrasser.
- D’un geste très facile on plonge l’extrémité du périscope dans l’eau et on l’en ressort aussiloL; le miroir est net et propre.
- Le périscope est donc bien à proprement parler l'œil du sous-marin, sans lequel celui-ci reste une arme absolument inutilisable. Mais s’il est un organe indispensable il constitue aussi le seul signe par lequel la présence du sous-marin puisse être décelée. En elfet, ce tube, si mince soit-il, laisse sur la mer, sous l’ellort de la vitesse avec laquelle il est entraîné, un sillage qui attire l’attention de tous ceux qui ont intérêt à signaler l’approche du terrible ennemi.
- C’est un mal sans remède et dont il ne faut d’ailleurs pas exagérer la gravité. Que fera le navire à bord duquel on aura aperçu à faible distance le mince objet dominant à peine la crête des lames? Cherchera-t-on à le détruire à coups de canon? Difficile besogne, en raison du peu de temps dont on disposera, et bien vainc car le périscope détruit ne compromettera nullement l’existence du sous-marin. Celui-ci se rira des projectiles sous la couche de 4 ou 5 mètres d’eau qui le protégera mieux que toutes les cuirasses.
- Et d’ailleurs, rien n’empêche, comme on le fait dès à présent sur nos sous-marins des derniers modèles, d’avoir un second périscope qui sortira de sa gaine si le premier est détruit.
- On peut du reste se figurer de quel énervement seront frappés en temps de guerre l’équipage et les officiers de navires qui sentiront autour d’eux la menace des sous-marins. Tous les corps ilottanls, les moindres débris, une bouteille, une bouée de pêcheurs, seront signalés comme des périscopes et rien n’empêchera la grêle des projectiles de s'abattre sur les objets les plus inollênsifs, alors que le véritable ennemi passera inaperçu. Le fait s’est déjà produit au cours de maints exercices et il est à présumer que les sous-marins aideront à ces erreurs en semant eux-mêmes des corps Ilottanls quelconques, au milieu desquels leur périscope aura bien des chances de se dissimuler.
- Nous terminerons cette brève description du périscope en disant que l’appareil excellent que possède la marine française est dû à deux de ses officiers les plus distingués MM. Daveluy, capitaine de frégate, et Violette, lieutenant de vaisseau.
- Nos périscopes sont construits par l’habile et savant opticien Carpentier, membre du,‘ Bureau des Longitudes. A. Sauvaike Jourdan.
- Ancien ol'licier de marine.
- LE CAOUTCHOUC DANS LE MONDE
- Nous avons, à plus d’une reprise déjà, entretenu nos lecteurs de l’industrie du caoutchouc, l’une des [tins intéressantes parmi les industries exotiques et de celles qui s’annoncent avec le plus brillant avenir, à cause de l’utilisation de jour en jour en jour croissante de ce produit. Nous voudrions aujourd’hui encore revenir sur celte question et résumer les principales données économiques que MM. Brenierel Claverie, l’un sous-directeur de l’Agriculture et du Commerce de l’Indo-Chine et l’autre sous-inspecteur d’Agriculture, viennent de réunir dans un des récents numéros du Bulletin économique.
- 11 sied tout d’abord de remarquer et les auteurs n’y manquent pas, que si l’ensemble des chiffres parait exact, l’inégale valeur des renseignements obtenus en divers points du globe, la variété des rubriques douanières suivant les pays et d’autres causes accidentelles peuvent entraîner quelques réserves sur les points de détail.
- La production mondiale du caoutchouc est le résultat de la collaboration de l’Amérique du Sud (Brésil, Pérou, Bolivie, Colombie) de l’Amérique Centrale (Mexique, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Costa-Rica, Panama), de l’Afrique (Congo, Côte d’ivoire, Guinée française, Sénégal, Dahomey, Congo français, possessions anglaises de la côte occidentale, côte orientale et côte sud-est, Madagascar), de l’Asie (Inde, Péninsule malaise, Siam, Indochine, Iles de la Sonde) et des îles du Pacifique (Hawaï, Samoa). Naturellement la production est très différente suivant les points. Actuellement elle monte au total au chiffre de 57 000 tonnes qui se répartissent comme suit :
- Amérique du Sud .... 35 000 T
- — Centrale. . . . 300 T
- Afrique.................. 22 000 T
- Asie..................... 1 500 T
- ' 50 800 T
- Sur les 53 000 tonnes de l’Amérique du Sud, le Brésil
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- entre à lui seul pour 51 8Ü0UUÜ tonnes. C’est donc et de beaucoup le principal centre producteur1; la production y est d’ailleurs en voie constante d’augmentation. Dans les autres régions de l’Amérique du Sud, les richesses naturelles sont tellement énormes qu’il n’est môme pas à envisager la nécessité de plantation ; toutefois les résultats sont jusqu’ici peu brillants et il y aurait certainement beaucoup à faire.
- En Amérique Centrale le plus fort contingent est celui du Nicaragua, qui atteint 240 tonnes, chiffre assez considérable pour une petite région. Les plantations sont très nombreuses au Mexique, mais on n’a sur leur production que des données sans valeur, qui semblent faussées dans un but de spéculation.
- Sur les 122 000 tonnes d’Afrique, le Congo arrive à fournir près de 5000 tonnes, nos possessions de la Côte occidentale donnent 10 000 tonnes, les possessions anglaises 1800, les portugaises 2700. À Madagascar la production n’atteint que 00 tonnes, soit environ une valeur à l’exportation de 550 000 francs.
- En Asie, tandis que l’Inde est en baisse très rapide depuis dix ans (90 tonnes en 1904) Ceylan prend un grand développement et les plantations toutes récentes donnent déjà 50 tonnes. Mais c’est surtout la péninsule malaise et Singapour qui sont les plus productives (total — 88t5 tonnes en 1905). Dans nos possessions d’fndo-Chine, le Laos fournit à lui seul la presque totalité de 177 tonnes obtenues en 1904.
- Les essences productrices sont aussi très variées : lleveas dans l’Amérique du Sud et l’Amérique Centrale, lianes en Afrique et, dans les îles de la Sonde et la péninsule malaise, Ficus en Asie, sans que d’ailleurs cette répartition soit ainsi parfaitement définie, les différents producteurs végétaux pouvant cohabiter, ainsi que les lleveas et les lianes en Malaisie.
- Le chiffre de la consommation est en ! 904 de 57 000 tonnes, c’est-à-dire égal à la production2. Si l’on remarque que l’exploitation naturelle est en certains points, notamment en Afrique, en voie très nette de diminution, et que la culture n’est pas encore à môme de la remplacer, que l’emploi du caoutchouc se développe sans cesse, les chiffres ci-dessus confirment la crainte que nous manifestions récemment de voir se produire une hausse considérable sur ce produit. Déjà manifeste de 1902 à 1904 (le prix du kilogr. à Anvers est passé de 7r,',50 et 8tr,75 à 10fr,12 et lltr,15). Cette hausse pourrait même devenir un sérieux obstacle au développement d’une industrie appelée au plus bel avenir si elle sait à temps augmenter sa production. Le danger, en effet, serait pour elle que le prix trop élevé du caoutchouc permit de substituer au caoutchouc des produits artificiels ; dont la concurrence pourrait devenir mortelle à celui-ci. C’est à la culture de résoudre le problème et le plus rapidement possible. Ajoutons que nos possessions françaises auraient tout intérêt à pratiquer cette industrie,, destinée à donner d’excellents résultats dans la plupart d’entre elles. P. Loncoche.
- 1 Ces chiffres se rapportent.à l’année 1904. Ils diffèrent un peu de ceux que nous avons nous-même donnés dans une note sur le caoutchouc dans l’Amazonie (n° 1697, du 2 décembre 1905, p. 11). L’écart d’ailleurs peu considérable, mesure la réserve qu’il y a lieu de faire au sujet de statistiques très difficiles à établir.
- 2 États-Unis : 26470; Allemagne : 12 794; Angleterre : 10 029; France : 4153; Autriche-Hongrie : 1319; Belgique : 748; Italie : 588; Hollande : 1218.
- LE MOUVEMENT DES GALETS
- sur les côtes de la Manche
- Les hautes murailles de craie qui bordent les côtes françaises et anglaises de chaque côté de la Manche sembleraient avoir été tranchées par un cataclysme. Au contraire, l’érosion lente, d’autant plus énergique qu’elle se poursuit sans relâche, est seule cause de cette destruction. 11 est meme probable qu’on lui doit la rupture de l’istlnne qui, aux temps reculés, réunissait l’Angleterre à la France.
- Deux genres d’érosion concourent à la désagrégation des falaises : celle qui provient de l’infiltration des eaux intérieures provoquant des glissements, des cavités, des effondrements et celle plus évidente de l’action des vagues, sapant là base friable.
- Du cap d’Antilér à la baie de la Somme, le courant de marée venant de l’Océan frôle la base de ces falaises au moment de la haute mer. La vague favorisée par le. vent dominant du Sud-Ouest projette le galet. Celui-ci arraché par dissolution de la masse de craie tombée précédemment provoque un cylindrage contre cette base, pénètre dans les interstices, détruit les saillies, pendant le moment relativement court de l’étale de la marée.
- — Ce travail, exécuté sans vigueur apparente dans les temps calmes, acquiert une ampleur sauvage dans les tempêtes. En une heure, la vague furieuse a broyé, dissous, transporté à la place qui lui convient chacun de ces matériaux si divers en densité, élaborés par les grandes forces hydrauliques dans l’atelier de l’érosion.
- La substance môme de la falaise est dissoute par le malaxage obtenu par le choc; elle consiste en silex arrachés à la masse, en particules sablonneuses et en craie lévigiée communiquant à l’eau une teinte laiteuse. ;
- La partie la plus légère est emportée par le courant littoral et ses diramations vers les fonds éloignés ; du haut des escarpements on voit une zone de teinte laiteuse se détachant sur l’eau bleue de la mer. Les matériaux les plus lourds : grains de sable de tout calibre, s’étendent au bas de la plage jusqu’à la limite des basses mers ; remués par le mouvement tourbillonnaire provenant de la rencontre de la houle avec le courant littoral, les sables s’étalent en pentes insensibles. Les gros matériaux restent, en vertu de leur densité, agglomérés par zones à la limite supérieure de la plage et par suite à la base des falaises.
- Or les silex incorporés d’abord dans la masse de craie, agissent, une fois qu’ils en ont été arrachés par l’érosion, contre cette même masse par percussion provenant du choc répété des vagues. Ils représentent le galet « vivant ». Ils poursuivent leur œuvre de destruction jusqu’à ce que les forces qui l’ont mis en mouvement, les conduisent, après avoir accompli leur œuvre, jusqu’à l’endroit où, définitivement échoués, ils restent inactifs, faisant partie
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- Fig. 1. — Flèche do galets projetée sur le saille par la rencontre des courants.
- intégrante d’un amas littoral. Ils représentent le galet « mort ».
- Dans la Manche le courant de flot prédomine sur le courant de jusant. Cette prédominance se manifeste par une
- translation opé- ; ........
- rée toujours dans le meme sens depuis le cap d’An-tii'er jusqu’au llourdel, à l’entrée de la haie de la Somme.
- Poussé de proche en proche, le galet n’apparait que relativement rare au pied des falaises, mais abondant sur les plages plus vastes des haies formées par les rivières qui se jettent dans la Manche et dont les vallcuses aboutissent toutes perpendiculairement à la cote. Dans les anfractuosités ainsi tonnées à Etretat, à Yport, à Fécamp, à Dieppe, à Criel, au Tréport, la vallée est endiguée par un banc de galets qui aurait fait obstacle à
- l'écoulement des eaux de l'inférieur, si l’ou~n’y avait pourvu artificiellement.
- L’amoncellement se produit à la lois normalement à la côte et en même temps obliquement dans la
- direction du Sud-Ouest, direction
- nuellement pour les utiliser dans l’industrie.
- Les violentes tempêtes rendant le courant plus énergique leur fait franchir une partie de ces
- Fig. 2. — Partie île la falaise détruite par érosion, mettant à,découvert la craie polie et striée par le mouvement, des galets.
- qui est celle du courant de flot. En examinant les épis transversaux en charpente érigés perpendiculairement au rivage, on voit du côté du Ilot un aflbuillement et un amoncellement du côté opposé.L’encombrement est surtout manifeste dans le voisinage des jetées en maçonnerie contre lesquelles le galet s’arrête
- définitivement. Il est tel sur certains points 'que Ton est obligé de le retirer conti-
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- obstacles naturels et artificiels pour les charrier plus loin le long de la côte. Un galet arraché au cap d’An-tifer mettra plusieurs années à atteindre son point d’arrêt; mais arrivé à la pointe du Hourdel il s’y fixera sans pouvoir la dépasser.
- Depuis Onival jusqu’au Hourdel, l’amoncellement est progres-sivement plus abondant. Cayeux lui doit son nom (en picard : cayeux, caillou). En elfet, le bourrelet qui, le long des dernières falaises, n’altcinl qu’une faible largeur, se développe à ce point sur une largeur approxima-livedefiO mètres.
- Le remblai opéré par les apports sur la plage de Cayeux a été tel, qu’il a permis à la Domanialité maritime de mettre en vente des relais de mer sur une bande de plus de 100 mètres de large; de nouvelles constructions ont été élevées en façade sur la
- mer, laissant derrière elles celles qui s’y trouvaient un demi-siècle auparavant.
- Aux environs du [lourde], ce n’est même plus une bande régulière, mais une plaine de galets entrecoupée de vallonne-— ments, de dépressions et de reliefs sur lesquels restent gravées les phases d’agitation ou de calme pendant la période du dépôt. Le galet s’est ajouté au galet au moment dos tempêtes ; repoussé d’après sa densité à la ligne extrême de la haute mer, il s’est fixé pour toujours hors des nouvelles atteintes de l’agitation.
- A la pointe même du Hourdel les « coulées » de galets s’ajoutent les unes aux autres et gagnent sur le chenal du port. Aussi lulLe-l-on contre cet envahissement par des fascinages compartimentés chargés de galets plus gros, pour mieux résister aux
- Côté du flot. Côté du jusant.
- Fig-, 5. — Modo d'amoncellement sur un épi en charpente.
- Fig. 4. — Coulées de galets fixées par des fascinages.
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- divers mouvements successifs et variés de la mer.
- Celle pointe forme la limite extrême du cheminement,; il ne dépasse jamais cet estuaire parce que la haie de la Somme, emmagasinant un volume d’eau «onsidérable au moment du ilôt, provoque au moment du jusant une chasse plus énergique que la marée. Il se produit une dérivation entre le courant littoral allant vers le Nord et celui qui sort de la haie. Depuis ce point jusqu’aux côtes de Hollande, sauf près du cap d’Alprech et au Gris-Nez les plages sont uniquement sablonneuses : on n’y rencontrerait pas un galet. Le Marquenlerre qui s’étend jusqu’aux falaises calcaires du cap Gris-Nez est une région littorale spéciale, formée d’une plaine abritée derrière des dunes où les cultures ont été conquises sur les relais de mer.
- Les repères datant à peine d’un siècle, ajoutés à des traditions écrites et à des documents topographiques confirmant les accroissements des alla viens dans la haie de Somme, où la mer remontait jusqu’aux environs d’Abbeville. Si le galet est arrêté par des circonstances hydrographiques spéciales à l’entrée de la haie, il n’en est pas de même des vases (pii, amenées par le courant atténué dans les étiers extrêmes, étendent le colmatage progressif sur les parties éloignées du rivage. Ainsi ont été formées les « mollières » qui obstruent la partie supérieure de l’estuaire.
- Le triangle de la plaine des Bas-Champs s’étendant depuis Onival jusqu’au, Hourdel et d’un autre côté vers Saint-Valéry offre un caractère spécial contrastant avec l’ondulation des régions voisines par l’uniformité de sa surface. Les Bas-Champs aujourd’hui couverts de cultures sont une conquête sur la mer; ils présentent un exemple frappant des transformations littorales où se combinent l’érosion et les dépôts des matériaux élaborés. La falaise détruite a constitué cette plaine et obstrué en partie la haie de la Somme qui, à l’époque gallo-romaine, était plus vaste qu’aujourd’hui. La montagne travaillée par les eaux s’est transformée en plaine.
- Jules Girard.
- LA LOI ET LES FALSIFICATEURS
- La lutte entre les législateurs, soucieux de l’intérêt de la société, et les commerçants peu scrupuleux qui, poussés par l’appât du gain, cherchent à augmenter leurs bénéfices en trompant sur la qualité et la nature des marchandises mises en vente, rappelle celle des .industries métallurgiques des canons et des plaques de blindage. A mesure que les perfectionnements apportés par les progrès de la science permettent de réaliser un acier plus dur et plus résistant pour la défense, on est obligé d’imaginer et de créer des engins de destruction de plus en plus perfectionnés capables de le rendre inutilisable. 11 en est de même vis-à-vis des fraudeurs en fait de matières alimentaires. Très au courant des conquêtes de la chimie moderne, ils arrivent peu à peu à dérouter les recherches de ceux qui ont le devoir de s’opposer à la mise en circulation de produits dont l’usage plus ou moins prolongé
- peut être une cause d’atteinte à l’hygiène publique.
- La loi promulguée le 5 août 1905 a pour but de réprimer cette tendance à la falsification des denrées alimentaires; elle punit de peines plus sévères que les règlements antérieurs, et atteint, dans des cas plus particuliers, ceux qui auront trompé ou tenté de tromper sur la nature, les qualités substantielles, la composition et la teneur en principes utiles de toutes marchandises; sur leur espèce ou leur origine ; sur la quantité des choses livrées.
- Des poursuites pourront être exercées : contre ceux qui auront falsifié les denrées servant à l’alimentation de l’homme ou des animaux, les boissons et les produits agricoles ou naturels destinés à être vendus; contre ceux qui auront exposé ou mis en vente ces denrées, boissons, produits agricoles ou naturels falsifiés, corrompus ou toxiques.
- La nouvelle loi étend son action répressive contre ceux qui exposeront, mettront en vente ou vendront, sous forme indiquant leur destination, des produits propres à effectuer la falsification de ces denrées, boissons, produits agricoles ou naturels; elle poursuivra également ceux qui auront provoqué à leur emploi par le moyen de brochures, circulaires, prospectus ou autres moyens de publicité.
- Les peines seront plus sévères, mais, dans l’intérêt de tous, les opérations des prélèvements d’échantillons et d’expertises seront entourées de toutes les garanties possibles, afin de rester dans le domaine de la justice.
- Les anciens règlements sont abrogés par la nouvelle loi et des décrets d’administration publique viendront régler et définir exactement les détails nombreux et compliqués de la procédure à suivre.
- Le Ministère de l’agriculture est chargé de les élaborer; les commissions nommées se sont réunies pour étudier les différentes questions à résoudre, et probablement, on procédera de la manière suivante : un certain nombre de laboratoires seront désignés pour vérifier la qualité des marchandises mises en vente. Ces laboratoires qui seront choisis parmi les laboratoires municipaux ou agricoles existant déjà dans un grand nombre de villes de France, ne s’occuperont que de l’examen des échantillons qui leur seront envoyés. Ces échantillons arriveront sans noms de commerçants et ne porteront que des numéros d’ordre.
- Jusqu’à présent, à Paris, le Laboratoire municipal avait un service spécial pour la visite des débitants et le prélèvement des échantillons. Celte façon de procéder ayant donné lieu, à ce que l’on dit, à des abus, des agents spéciaux, tels que les commissaires de police ou autres fonctionnaires désignés par les réglements d’administration publique à l’étude, auront le droit de demander des échantillons des marchandises en vente ou en circulation ; cette opération ne devant pas être considérée comme une marque de défiance envers le débitant, mais comme une mesure d’ordre général prise dans l’intérêt de tous.
- Les échantillons prélevés en quadruple exemplaire seront transportés dans des bureaux d’hygiène spécialement créés; ils y seront classés, ne seront plus désignés que par des numéros d’ordre, et l’un d’eux sera envoyé au laboratoire de la circonscription. Les deux services de prélèvements et d’analyses seront donc distincts.
- L’analyse effectuée par les soins du personnel technique du laboratoire régional fera l’objet d’un bulletin qui déclarera le produit examiné marchand, ou bien falsifié ou altéré. , .
- Dans le premier cas, les échantillons saisis seront rendus ou remboursés. Dans le deuxième, en cas de falsification
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- ou de tromperie, le bureau d’hygiène enverra les trois échantillons mis en réserve, ainsi que le dossier, au préfet qui saisira la justice.
- Le parquet commencera son enquête, fera au besoin prélever de nouveaux échantillons et commettra un expert en demandant à l’intéressé d’en choisir.un second sur la liste des experts assermentés près le Tribunal.
- I/experlise pourra ainsi être contradictoire, comme le désire la loi, et, si cela est nécessaire, un troisième expert sera nommé pour départager les deux premiers, en cas de discussion. On espère ainsi contenter tout le monde.
- Préoccupé de ce fait, que souvent il y a des dilïérences entre les analyses d’un même produit, parce qu’elles n’ont pas été faites dans des conditions ou au moyen de méthodes identiques, le ministre de l’Agriculture a nommé une commission, qui restera permanente, pour pouvoir
- Par l’application de la nouvelle loi, on pourra (du moins on l’espère) mettre un frein à l’audace des fraudeurs qui, dans leur impunité, progressaient dans des proportions dangereuses pour la sécurité des consommateurs. M. F.
- LE MUSÉE DES COCHES ROYAUX
- à Lisbonne
- Une collection aussi précieuse qu’originale a été ouverte, il n’y a guère plus (l’un an, à la curiosité des habitants et visiteurs de Lisbonne. C’est le Musée des coches royaux de Portugal.
- Par la gracieuse intervention de M. Strauss, direc-
- Fig. 1. — Musée des coches royaux de Portugal.
- profiter des découvertes nouvelles, et des perfectionnements à désirer, et qui sera chargée de réunir et d’exposer les méthodes d’analyse les plus simples, les plus rapides et les plus économiques, afin qu’elles puissent être appliquées uniformément dans tous les laboratoires qui seront désignés pour l’examen des échantillons transmis par les services compétents.
- Cette commission fixera également la façon de procéder au prélèvement des échantillons, à leur emballage et donnera des instructions pour l’interprétation des résultats analytiques. Étant permanente, elle pourra modifier ses décisions suivant les circonstances et suivant les découvertes les plus récentes.
- Présidée par M. Berthelot, elle a pour vice-présidents MM. le docteur Bordas, directeur des Laboratoires des Finances, Haller, professeur à la Faculté des sciences et Maquenne, de l’Institut.
- leur des travaux du port de Lisbonne, le conservateur du Musée, M. le colonel Albuquerque, a bien voulu nous adresser et nous autoriser à reproduire les photographies inédites de .ces magnifiques carrosses; ces vues, exécutées par M. Leal jeune, sont destinées à illustrer une monographie officielle en deux volumes, actuellement en préparation, et qui sera intitulée : Description analytique, des coches nobles de la maison royale portugaise et de ses carrosses de gala.
- Propriété personnelle des souverains de Portugal, cette série unique de voitures royales, qui n’a de rivale en aucun pays du monde par la variété, la richesse et la conservation des objets qui la composent, était, jusqu’à ces derniers temps, cachée aux regards et disséminée en diverses remises fermées.
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- Fig. 2. — jN0* 1 à G. Chars triomphaux de 171G
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- Fig. o. — 7 à 9. Char triomphal da 171(5. 10. Coche de Dona Maria de Savoie. 11. Coche de Don Jean V
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- C’est seulement lors des grandes fêtes et des réceptions de chefs d’État, que run ou l’autre des somptueux véhicules voyait le jour pour une lente promenade par les rues de Lisbonne. C’est ainsi qu’en
- 1905 M. Loubet, président de la République, l’empereur d’Allemagne elle roi Edouard Vil furent successivement voiturés à travers la belle capitale portugaise, parmi ces fastueuses dorures d’un autre Age.
- Le roi Dont Carlos a voulu doter sa Lisbonne d’une attraction complémentaire, en abritant et concentrant au faubourg de Belem (tout près du fameux cloître) les coches royaux dans l’ancienne salle des Picadors du Palais royal de Belem.
- Deux parties divisent le Musée : le Vestibule et la Salle des Coches. Le Vestibule renferme des armes et des voitures anciennes, servant jadis aux infants et aux infantes.
- C’est un véritable éblouissement que le coup d’œil d’ensemble tout à fait féerique, de la Salle des Coches (fig. 1). En deux rangs sont alignées les vingt monumentales châsses de bois précieux, d’or, de velours et de brocart que, depuis trois siècles, on entretient avec un soin méticuleux.
- Mentionnons-en quelques-unes.
- La plus ancienne et la plus simple (non la moins curieuse) est la voiture de Philippe II (fig. 4) presque entièrement ouverte,-et tout en cuir ouvragé à clous de métal et suspensions de cuir et bois.
- La berline processionnelle de Notre-Dame du Cap est un bijou d’élégance et de légèreté (fig. 5).
- Le char triomphal (fig. 2 nos 1 à 5) qui servit à la réception du marquis de Fontes par le pape Clément XI en 1716, sous le règne de Don Jean VI, est le premier d’une série de carrosses, où l’art du sculpteur sur bois s’est épuisé à fouiller et à dorer toutes les parties de Vedifice, surtout le siège du cocher et le fond, compositions de figures
- allégoriques plus grandes que nature : par devant l’Amour, l’Héroïsme et rimmorlalité (1) ; par-derrière l’Alma Lnsitania entre la Félicité et la Renommée, avec deux hérauts à leurs pieds (5).
- Pour la meme cérémonie ( 1716) fut construit le carrosse de la fig. 2, (nos 4 «à 6) : sur le siège, entre Minerve et l’Espérance, Silène conduit un hippocampe (4) ; derrière, le dieu marin Palémon olfre une boussole à Uranie, et Bellone domine les attributs de la guerre (6). Idem, le char de la figure 5 (nos 7 il 9) : on remarquera les détails des roues et des portières (8), — les figures de l’Automne et de l’Hiver par •devant (7) et, à l’arrière, le merveilleux groupe statuaire du Printemps et de l’Été, encadrant Apollon an-dessus de deux personnages figurant la découverte du Nouveau Monde (9) !
- Le coche de Jean V (fig. 5 n° 11 ) est orné de bronzes finement ciselés, et les peintures des portières montrent Neptune parcourant l’empire des mers et Cérès recueillant les fruits de la terre.
- Le carrosse de Doua Maria de Savoie est le plus remarquable au point de vue de la décoration peinte : il fut offert par Louis XIV à l’épouse de Don Alphonse‘VI (fig. 2 n° JO).
- Comme spécimens de l’art ornemental des xvue et xviii0 siècles il est difficile de trouver rien de plus parfait que ces merveilles, dont la photographie est plus explicite que tout autre commentaire.
- Ajoutons que, sur tout le pourtour de la royale remise, de luxueuses vitrines abritent les jeux complets de costumes, ornements, étriers, harnais, rênes etc., des cochers, écuyers, postillons, chevaux de ces invraisemblables équipages !
- E.-A. Martel.
- Fig. 5. — Berline de Notre-Dame du Cap.
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- UNE STATION BIOLOGIQUE DANOISE
- au Groenland
- Nous avons annonce sommairement dans nos Informations (n° 1710) la création, très prochaine, d’une importante station scientifique danoise dans les régions polaires. C’est là une tentative intéressante sur laquelle il y a lieu 'de s’appesantir un peu plus longuement. I.'organisation en est confiée au professeur Morlen T. Possild, de Copenhague, qui resterait, après l’inauguration, comme directeur de cet établissement.
- M. A. llolck, conseiller de Justice, a fait à cette œuvre scientifique le don d’une somme importante qui en assure la vitalité. Le gouvernement du Danemark a promis une subvention annuelle de 10 000 kroners, soit 14 000 francs environ.
- Cette station, qui fonctionnera dès l’été prochain, aura pour but l’étude de tous les problèmes scientifiques relatifs aux régions arctiques, les recherches biologiques ethnologiques et autres. Elle sera admirablement située pour cela ; l’emplacement choisi est file Disco, dans les possessions danoises du Groenland. Cette station se mettra en rapport avec les divers Musées et Laboratoires d’Europe et d’Amérique, qui voudront lui demander des envois de spécimens quelconques.
- L’installation en question doit être aménagée d’une manière très complète; elle sera très intelligemment outillée et rien ne lui manquera pour que les savants puissent s’y livrer à un travail sérieux. Il y aura un vaste laboratoire, comprenant les instruments les plus récents, installé surtout en vue des recherches biologiques, et des salles de travail très confortables pour les professeurs et les savants attachés à l’établissement et aussi pour ceux de leurs confrères, danois ou étrangers, qui viendront les visiter, pendant quelques mois, et travailler avec eux. On dit que la bibliothèque qui sera attachée à l’établissement sera amplement pourvue et qu’elle se composera des.principaux ouvrages qui ont traité à ce jour des questions scientifiques relatives aux régions polaires.
- Les visiteurs pourront faire usage du laboratoire, la bibliothèque sera à leur disposition, ainsi que les vêtements qui seront nécessaires pour les excursions. L’établissement les logera gratuitement dans des chambres que les organisateurs rendront aussi confortables que possible; les savants hospitalisés par l’établissement, n’auront donc que la pension à payer pendant leur séjour au poste scientifique de file Disco.
- Les organisateurs croient qu’ils seront en mesure de recevoir les premiers directeurs en 1907.
- A partir de août ou septembre 1906, l’établissement fonctionnera déjà; mais il ne pourra abriter que le professeur Morlen Possild, avec son sous-directeur et le personnel.
- Rappelons que file Disco est située dans la mer de Baffin, sur la côte ouest du Groenland, au nord-ouest de la baie de Disco. La localité principale de cette île danoise est Godhavn, port fréquenté par les pêcheurs de baleines, qui ne compte que 215 habitants.
- Des Notices et Avis, relatifs au texte d’études scientifiques en question, seront envoyés un peu partout, et des services spéciaux de paquebots, avec des tarifs réduits pour les savants, seront organisés entre Copenhague et l’île Disco. Wiu Daivvii.i.k.
- LES INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES
- de Schaffhouse
- Schalfhouse, chef-lieu du canton suisse de meme nom, est une ville bien connue des touristes à cause de sa proximité de la fameuse chute du Rhin et des nombreux souvenirs du moyen âge que l’on y rencontre; elle n’est pas moins connue des ingénieurs à cause de ses installations hydroélectriques très importantes.
- L’idée d’employer, pour fournir de l’énergie à la ville, la force des eaux du Rhin est une idée déjà ancienne, et elle avait conduit, au milieu du siècle dernier, à une transmission de force par câbles télédynamiques, qui fut longtemps considérée comme une des plus belles manifestations de l’art de l’ingénieur, qui servit pendant plusieurs années et ne lut définitivement abandonnée qu’en 1900 pour faire place à des systèmes plus modernes de transmission électrique; l’installation électrique n’a d’ailleurs fait en grande partie que remplacer littéralement les locaux de production de forces antérieures, utilisant les mêmes chutes, et remplaçant simplement les trains d’engrenages actionnant les roues sur lesquelles s’enroulaient les câbles par des moteurs électriques. Nous rappellerons en quelques mots les grandes lignes de l’ancienne transmission.
- Un barrage reliant la rive droite à la rive gauche provoquait un exhaussement artificiel du niveau des eaux ; un canal d'amenée sur la rive gauche aboutissait à une usine avec turbines et un canal d’évacuation creusé dans le lit du Rhin permettait d’avoir une chute utile de 4,50 m., trois turbines de 200, 260 et 300 chevaux pouvaient fonctionner. Rien que le projet primitif ne comptât que sur 500 chevaux, la puissance obtenue de 760 devint bientôt insuffisante, et vingt ans après la mise en marche de la première installation, on commençait à construire une seconde usine en aval avec 5 turbines de 300 chevaux ; le tout terminé en 1891 était donc capable de 2260 chevaux.
- Les turbines actionnaient par renvoi d’engrenages de grandes roues jumelles sur lesquelles des câbles transmetteurs de puissance s’enroulaient ; des pylônes placés de distance en distance supportaient des roues analogues faisant office de relais ou de stations secondaires de force; dans ce cas l’arbre sur lequel étaient montées les roues actionnait par engrenages des arbres fonctionnant comme moteurs pour des usines, filatures, scieries, etc. Le système donna longtemps satisfaction ; il nécessitait bien des frais élevés d’entretien et de surveillance, les câbles de transmission pouvant se rompre ou subir des allongements, les arbres secondaires cassant fréquemment à cause de la mauvaise résistance du métal initial, les consommations d’huiles et de graisse étant grandes, mais tant que les installations électriques ne furent pas arrivées au degré de perfection qu’elles ont aujourd’hui, on eut la sagesse de s’en contenter.
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- LA NATURE.
- Un premier essai électrique fut tenté en 1897, quand la ville de Schalfhouse, entrant comme bien d’autres villes suisses, dans le socialisme municipal, résolut de créer une usine électrique; elle loua dans ce but deux des turbines de 500 chevaux de la Société hydraulique et monta, à la place des poulies de transmission, des alternateurs; le courant obtenu sous 2000 volts était conduit à divers postes de transformation par câbles souterrains et servait pour l’éclairage public et privé et pour des distributions de force motrice à des particuliers. Les bons résultats de celte entreprise amenèrent les autorités municipales à reprendre à la Société hydraulique ses deux usines et son barrage pour le prix de 64000 francs et à refondre en grande partie les installations préexistantes. Les turbines primitives répondaient peu, en ell'et, à la commande des moteurs électriques; des
- sur l’axe concentriquement, une seule sert aux basses eaux, les deux aux hautes. Deux des turbines font tourner par engrenages une poulie actionnant par courroie des dynamos louées à une usine particulière et donnant du courant continu sous 725 volts en consommant environ 500 chevaux; les trois autres commandent directement des alternateurs h courant monophasé, 2000 volts, 50 périodes, nécessitant,, également en pleine marche, 500 chevaux ; un de ces trois alternateurs qui sert de réserve peut aussi fonctionner en triphasé, il porte pour cela un enroulement spécial, il pourra donc servir de secours à l’usine d’amont que nous allons étudier maintenant.
- L’usine d’amont utilise une clin te moyenne de 4 mètres, elle comprend 5 turbines de 550 chevaux analogues aux pre'cédentes; l’une d’elles l’ait tourner, un moteur triphasé à tension composée de 400 volts,
- Fig. 1. — Usine hydraulique.
- plus anciennes et démodées, leurs rendements n’étaient pas remarquables. Une difficulté dans ce remaniement consistait à ne pas interrompre la distribution de puissance pendant la transformation, on sut la vaincre, et le 16 juin 1900, après trente-quatre années de service, la transmission télédynamique fut démontée. En lin 1901, l’installation complète telle qu’elle fonctionne aujourd’hui était totalement terminée. Elle commence à être insuffisante et on étudie actuellement le remplacement de certaines turbines par des turbines plus avantageuses encore de façon à faire rendre à tout l’ensemble sa puissance maxima.
- L’usine d’aval où la hauteur moyenne de chute est de 4,60 m. comprend 5 turbines horizontales, le débit de chacune est de 7 à 8 mr> à la seconde, et en tournant à 60 tours, chacune peut donner 550 chevaux; à cause des variations de niveau du Rhin en été et en hiver, les turbines ont deux couronnes montées
- 51 périodes, 420 ampères par phase.: ce moteur est affecté spécialement au service d’une usine de ficelles et de câbles; les deux autres turbines donnent du triphasé sous 2000 volts et 50 périodes, les alternateurs correspondants pouvant être accouplés à celui de l’usine d’aval. Tous les alternateurs sont ici commandés par engrenages.
- En marche ordinaire, les deux usines ont à assurer le service de l’éclairage, celui des moteurs particuliers et des groupes convertisseurs pour les tramways; à l’éclairage sont affectés les deux moteurs monophasés de la station d’aval, les deux triphasés de l’usine d’amont assurent la force motrice ; le générateur monolriphasé d’aval servira de secours aux deux services si besoin est.
- Le réseau de distribution monophasé n’a pas d’ailleurs simplement pour but l’éclairage, mais aussi le service des appareils de chauffage et des moteurs de faible puissance (moins de 10 chevaux),
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- demandés par des particuliers ; des kiosques transformateurs abaissent pour cela la tension à 120 volts. Quant au courant triphasé, il se divise dès la sortie de l’usine en deux circuits ; le premier se rend au groupe convertisseur des tramways situé dans l’usine d’aval elle-même, où l’on obtient du courant continu sous 500 volts, et qui nécessite 500 chevaux; le second circuit se rend à divers transformateurs donnant du triphasé sous 200 volts, et employé- dans des fabriques ou usines, soit dans les stations municipales de pompes qui vont chercher dans les périodes de sécheresse l’eau d’alimentation de la ville dans la nappe d’eau de Merishausen; cette nappe d’eau en temps normal sort naturellement du sol pour se rendre par canalisation aux réservoirs, il n’en est pas de même en été et il faut aller y chercher l’eau : ce service de pompes peut exiger 185 chevaux sous 2000 volts. Quant aux moteurs à 200 volts, ils sont très employés par les industriels, on en trouve depuis la puissance d'un demi-cheval jusqu’à celle de 40 chevaux. Certaines usines emploient aussi directement du courant à 2000 volts, avec des moteurs de 00 à 150 chevaux.
- Les tarifs de vente (1905) varient suivant le réseau; pour les petits moteurs du circuit monophasé, employés en dehors des heures d’éclairage, on donne le courant pour 0lr,02 l’hcctowatl-heure, tarif très réduit; si les moteurs doivent travailler aux autres heures, on traite de gré à gré; la consommation est
- et cheval si le moteur tourne à 200 volts, 125 s’il fonctionne sous 2000; le courant triphasé n’étant fourni que de 6 heures du matin à 7 heures du soir.
- Les Irais totaux de l’installation, canalisations comprises, peuvent être estimés à 050 000 francs pour
- Fig. 5. — Intérieur d’usine.
- estimée soit par des compteurs d’électricité, soit par compteurs de temps. L’éclairage, qu’il soit fait par lampes à incandescence ou par lampes à arc, coûte 0fl,06 riicctowalt-heure avec minimum par abonné de 56 francs par an, des bonifications sont accordées en tin d’année suivant le compte total de l’abonné, elles peuvent atteindre 20 pour 100 et même plus pour des comptes au-dessus de 5000 francs. Sur le réseau triphasé, on prend 150 francs par an
- Fig. 2. — Ancien pylône lélédvnuiniquc.
- le réseau d’éclairage, à 1 500000francs pour celui de force, y compris les sommes versées pour la reprise des anciens locaux et matériel de la Société hydraulique. Cela met le cheval moyen à 760 francs, chiffre relativement peu élevé.
- Les installations électriques municipales de la ville de Schalfhouse se complètent par le tramway reliant Schalfhouse à Neuhauscn avec lignes accessoires de la gare des chemins de fer fédéraux au stand et de la gare an dépôt, d’une longueur totale de 4000 mètres.
- Le profil est peu accidenté, aucune pente ne dépasse 50 pour 1000; la tension de service en courant continu est de 550 volts, et la traction se fait par trolley; chaque voiture est actionnée par deux moteurs de 24 chevaux, le retour de courant se fait par le rail.
- Avec le matériel roulant, le tramway municipal a coûté 500000 francs, soit 140 000 par kilomètre. A. ÏMokeai'.
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- LA NATURE.
- CHRONIQUE
- Emploi du sélénium pour l’étude des variations de la lumière, pendant l’éclipse du 30 août 1905. — Ou sait que la conductibilité électrique du sélénium augmente avec l’exposition à la lumière et que ce corps est particulièrement sensible aux rayons les moins réfrangibles. Celte propriété a été utilisée par les P.-P. Wolf et J'.-D. Lucas, lors de l’éclipse du 30 août 1905 pour enregistrer les variations de la lumière solaire, pendant l’éclipse et plus particulièrement en vue de déterminer avec exactitude les moments du commencement et de la lin de la totalité. Les observations furent laites à
- l’observatoire de l’Ebre, à Tortosa (Espagne). Les éléments au sélénium étaient placés en série avec une batterie de -piles et un galvanomètre à réflexion très délicat. Le rayon lumineux réfléchi formait son image sur une pellicule photographique. Les courbes obtenues sont d’un haut intérêt en dépit du ciel nuageux durant l’éclipse. L’aiguille du galvanomètre commença à se mouvoir immédiatement après le premier contact, bien qu’à l’œil nu, aucune diminution de lumière ne lut sensible. La résistance augmenta très uniformément pendant environ une heure. L’éclat de la lumière pendant la totalité était égale à l’illumination générale du ciel environ 35 ou 40 minutes avant le lever du soleil.
- Second contact . Troisième contact . Durée de la totalité
- Temps calculé
- lh16"'30s, 18 lh 19-20% 54 2“50s, 33
- Pile au sélénium
- 11116 m 15a, 6 1M9” 0%9 2“51% 3
- Les résultats, obtenus relativement à la durée de la totalité et aux instants des 2° et 3° contacts, sont le plus satisfaisants, comme on peut s’en rendre compte par les chiffres ci-dessus.
- Une machine à calculer les heures de marées.
- — Le CoastSurveij des Etats-Unis possède, à Washington, une machine qui prédit, c’est-à-dire qui calcule, les heures de haute ou de basse mer une année à l’avance si on le veut, pour une localité déterminée : elle est commandée à la main, une fois qu’elle a été réglée, et remplace une série de calculateurs, en tenant compte de 19 facteurs différents. Mais on annonce que M. le professeur William Ferrel a inventé une nouvelle machine du même genre, qui, elle, tient compte de 59 facteurs, et fait le travail d’une quarantaine de calculateurs ; elle est commandée par un mouvement d’horlogerie, et peut donner l’état de la marée à une heure quelconque si on le désire. On compte la doter d’un dispositif d’impression qui lui permettra de fonctionner automatiquement, sans le moindre employé pour transcrire les résultats de ses calculs.
- Une station génératrice à gaz peu ordinaire.
- — Elle est en montage pour la California Gas and Electric Co, et elle est destinée à former station de secours pour une usine hydroélectrique de transport de courant à longue distance. Elle comportera trois unités génératrices de 4000 kilowatts chacune, et ces unités sont destinées à être commandées par moteurs à gaz. Ces moteurs sont disposés avec cylindres en tandem, mais suivant le cycle à 4 temps; leurs cylindres ont 1,06 m. de diamètre pour 1,52 m. de course. Le gaz employé et les alimentant sera fabriqué au moyen d’huile minérale brute.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du î3 juillet 1906. Présidence de M. Poincaré.
- Les câbles et les ancres des nouveaux cunar-ders. —• Nos lecteurs ont été tenus au courant de la construction pour la Compagnie Cunard de ces deux transatlantiques géants, Lusitania et Mauritania, dont nous avons donné une description complète, et dont la longueur est de quelque 240 mètres. On prépare actuellement leur matériel et leurs apparaux : c’est ainsi qu’on met la dernière main à leurs câbles, qui auront chacun un poids de 125 tonnes, et nous n’avons pas besoin de dire que ce sont des câbles métalliques, et du meilleur métal. D’autre part, on achève leurs ancres, qui ne pèseront pas moins de 10 000 kg chacune.
- La souris blanche et la sécurité des mineurs.
- — C’est M. Macaulay et M. lrvine qui viennent de présenter à ce sujet les observations les plus sérieuses devant le Congrès de la Chemical, Metallurgical and Mining Society of South Africa. La souris blanche est particulièrement susceptible à l’action du gaz oxyde de carbone : ses échanges respiratoires sont extrêmement rapides, ce qui a pour conséquence d’amener très vite la saturation de son sang. Ainsi, avec une simple teneur de 0,4 pour 100 d’oxyde de carbone dans l’atmosphère où elle se trouve, une de ces souris blanches donne des symptômes d’empoisonnement en 1 1/2 minute, et au bout de 5 minutes elle tombe, perdant absolument connaissance. Dans les mêmes circonstances un homme ne se sentirait incommodé qu’au bout d’une demi-heure. On comprend donc que, si l’on avait des souris blanches en cage dans les galeries des mines, on serait vite averti des dangers que pourraient courir les ouvriers par suite de la présence d’oxyde de carbone dans l’air.
- Séance publique annuelle. — L’Académie charge M. Émile Picard de prendre la parole en son nom à la séance publique annuelle des cinq Académies qui se tiendra le 25 octobre.
- Direction de VObservatoire de Bordeaux. — Chargée de dresser une liste de deux candidats au poste de directeur de l’Observatoire de Bordeaux en remplacement de M. Rayet décédé, l’Académie présente, à la presque unanimité des suffrages, en première ligne : M. Luc Picart; en deuxième ligne : M. Henry Bourget.
- La graisse des vins. — MM. Kayser et Manceau ont continué leurs recherches sur cette maladie appelée communément la « graisse des vins ».
- Ils ont stérilisé à froid du vin blanc, additionné de divers sucres : glucose, saccharose, lévulose et l’ont réparti entre diverses bouteilles. Ces vins sucrés ensemencés avec un ferment gras étaient tous filants après un mois, à l’exception du témoin qui n’avait reçu aucune addition de sucre: C’est le lévulose sucre disparaissant plus difficilement par fermentation alcoolique qui a le plus favorisé le ferment gras. Aussi préconisent-ils pour les régions exposées à avoir des vins gras, l’ensemencement des cuves de vendange avec une levure énergique de lévulose qui contribuera à donner des fermentations alcooliques complètes.
- Maïs ressemblant à un chou-fleur. — M. Gaston Bonnier présente une Note de M. Blaringhem qui a réussi à obtenir, chez diverses plantes, des transformations considérables par traumatisme, c’est-à-dire en les sectionnant à un moment donné de leur développement. L’un des cas les plus curieux est la transformation du maïs en
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- une plante à l’aspect de chou-fleur. Fait très important, les grains données par ces nouvelles formes paraissent maintenir les nouveaux caractères acquis par hérédité.
- Dégagements d’acide carbonique. — Dans une Note que présente M. de Lapparenl, M. Glangeaud signale l’abondance des dégagements d’acide carbonique dans les sources de Monlpensier (Puy-de-Dôme), où l’on commence à utilise]' ce gaz en le liquéfiant. Le même auteur a reconnu que les dégagements en question ont produit, depuis l’époque quaternaire jusqu’à nos jours, de nombreux phénomènes d’asphyxie.
- Géologie. — M. de Lapparenl annonce encore que M. Blayac a reconnu le développement que prennent, dans le bassin de la Haute Seybouse, les formations fossilifères de l’albien et du cénomanien. La zone de passage entre les deux étages, ce qu’on appelle le uraconnien, s’y trouve bien caractérisée.
- Mort de M. Brouardel. — L’Académie en était là de ses travaux lorsque le président, se levant, prend la parole et annonce qu’il vient d’èlre avisé de la mort du professeur Brouardel, membre filtre de la Compagnie, membre de l’Académie de médecine, ancien doyen de la Faculté de médecine de Paris, etc., etc. Il prononce quelques paroles à la mémoire de ce savant, « qui fut un galant homme, un parfait homme de bien », et déclare la séance levée en signe de deuil.
- Cn. dk Yilledeuil.
- L’ASSAUT AU PISTOLET
- (Balle Devillers)
- Voilà deux ternies qui semblent jurer entre eux. On comprend sans peine qu’il soit possible de faire assaut avec des épées convenablement boutonnées, mais on ne voit guère le moyen de boutonner des balles de façon à les rendre inolfensives. Que l’extrémité antérieure du projectile soit ronde, pointue, aplatie ou creuse, le projectile n’en pénétrera pas moins au grand dommage de celui qui sert de cible vivante. Comment faire pour confectionner des balles qui puissent atteindre à volonté l’adversaire et qui cependant ne le blessent point, des balles qui, au lieu d’entrer sans frapper, frappent (légèrement) sans entrer?
- Tel était le problème que se posait, il y a quelques années, un escrimeur parisien hanté par l’idée de faire mouche sur un adversaire réel.
- Au point de vue balistique le problème paraissait insoluble. Un projectile lourd (et par suite dur) eût été forcément vulnérant. Un projectile léger ne pourrait conserver sa vitesse et manquerait absolument de précision. Un projectile mou se déformerait au départ sous le choc des gaz de la poudre et décrirait en l’air les trajectoires les plus fantastiques. Voilà ce que prédisaient les idoines.
- Le Dr Devillers ne se laissa point émouvoir par ces critiques anticipées et se mit résolument à l’œuvre. Sa première idée fut d’appliquer le procédé classique des duels pour rire :
- Ses pistolets étaient de Liège,
- Ses balles en seraient aussi.
- Mais il s’aperçut bientôt. que, si ses projectiles n’étaient pas vulnérants, cela tenait surtout à ce qu’ils n’atteignaient pour ainsi dire jamais le but. Un pareil résultat, bien que désirable en duel, n’était point celui que recherchait notre inventeur et ce dernier renonça aux balles de liège. Cet essai malheureux ne lui fut cependant point inutile ; il avait constaté que l’un des inconvénients de la matière employée par lui était de ne point obturer suffisamment le canon et de laisser filtrer irrégulièrement les gaz, et il fut amené tout naturellement à remplacer le liège par une matière plastique, sorte de bourre grasse qui se moulait exactement dans l’àme. Les résultats obtenus, sans être très satisfaisants, devinrent cependant un peu meilleurs; ils devinrent môme suffisants du jour où l’on employa, dans des pistolets à bascule se chargeant par la culasse, des cartouches confectionnées de la façon suivante :
- Dans une douille1 de laiton du calibre 44, préalablement amorcée, on place une charge de 0,15 gr de poudre noire sur laquelle on comprime fortement une bourre en feutre de 4 mm d’épaisseur. On coule ensuite sur la bourre un mélange de cire et de suif fondu et quand ce mélange est figé, par un tour de main spécial, on donne à la balle une tète sphérique.
- Les cartouches ainsi confectionnées fournissaient à 25 pas (20 mètres), une proportion de 60 à 70 pour 100 de touchés. C’était déjà raisonnable; mais les tireurs exercés ayant déclaré ce résultat insuffisant, force fut à l’inventeur de chercher à accroître la précision, d’autant plus que les balles relativement lourdes (2 grammes) cognaient parfois d’une façon désagréable.
- L’irrégularité du tir paraissait surtout provenir de la composition hétéroclite du projectile, assemblage assez mal lié d’une bourre en feutre avec un cylindre de cire et de suif. Le projectile, dont l’adhérence aux parois de la cartouche était éminemment variable, et dont la vitesse changeait par suite d’un coup à l’autre, avait en outre l’inconvénient de se fragmenter de temps à autre ou de basculer une fois en l’air. On revint alors tout simplement à la balle ronde qu’on tira d’abord dans la même cartouche que précédemment, puis, lorsqu’on se fut aperçu que la halle, beaucoup plus légère, (0,75 gr.) prenait, sous l’influence de la plus minime charge de poudre, une vitesse désagréable à l’arrivée, on se contenta de placer la balle sphérique en cire dans une fausse cartouche d’acier munie d’un simple appareil d’amorçage (fig. 2). Les résultats furent excellents, et l’on put dès lors loger couramment, à 20 mètres, 24 balles de suite dans un rectangle de 20 à 22 cm de côté ; il devenait impossible de manquer son homme à 25 pas.
- h'assaut au pistolet si longtemps rêvé par le Dr Devillers était désormais réalisable et l’on a pu
- 1 Douille américaine de Y Union melallic carlridge G° (U. M. G.) de la maison Winchester (W. U. A. C°) tirant une halle de Mram,05.
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- LA NATURE
- Fig. 1.
- voir pendant six jours de suite aux Tuileries1 (7 au 1 2 mai 1906) le spectacle suivant :
- Dans un stand en toile de 25 mètres de long, deux tireurs sont placés en lace l’un de l’autre à 25 pas. Ils portent chacun un solide masque d’escrime muni d’une glace épaisse à hauteur des yeux et sont armés d’un pistolet de combat chargé comme nous venons de l'indiquer. Une garde lixée au pistolet garantit leur main droite’2 (lig. 1). Le directeur du combat, l’œil iixé sur un métronome qui bat à la cadence de 80 à 100 par minute, lait, comme dans un duel réel au commande men/,l'indication : Êtes-vous prêts?
- A la réponse oui des deux adversaires, il commande, en observant la cadence du métronome :
- Feu — un — deux — trois.
- Au commandement feu, les adversaires ont le droit de lever la main et de tirer. Les deux coups doivent être partis avant le commandement trois.
- On conçoit que ce tir soit assez difficile. Cependant comme les tireurs qui s’étaient engagés pour ces épreuves étaient tous plus ou moins exercés, la proportion des touchés a été très considérable.
- C’est ainsi que sur 7 balles tirées, dans une poule de 8, chaque tireur atteignait en général G ou 7 fois son adversaire et cela quelle que fût l’arme employée, pistolet de combat, revolver Smith et Wcsson 44, ou revolver d’ordonnance 92, car il y avait une épreuve à chacune de ces armes, la dernière étant réservée aux officiers.
- Ajoutons que sur plus de seize cents balles tirées, il ne s’est pas produit le moindre accident. Il est vrai que les tireurs étaient astreints à revêtir un pardessus de façon à éviter tout contact trop brutal avec les balles de cire.
- 1 Ces séances de tir faisaient pallie des épreuves de la Grande semaine des armes de France, organisée annuellement par les Sociétés françaises d’escrime et de tir.
- 2 La ligure 1 représente deux tireurs faisant assaut au pistolet dans un jardin de Neuilly.
- Vassaut au pistolet a-t-il une autre portée que celle d’une distraction sportive? Nous le croirions volontiers. Cet exercice constitue en elï'et une excellente école de sang-froid et d’adresse. Il faut être parfaitement maître de ses nerfs pour pouvoir, au commandement, et dans un espace de temps inférieur à 2 secondes, mettre en joue et toucher un adversaire placé à 20 mètres, sans être dérangé par
- la vue du pistolet braqué sur soi, et, le cas échéant, par le choc de la balle adverse. C’est là un genre de tir autrement pratique que le banal tir au visé. Non point que nous voulions déprécier ce dernier genre de tir qui exige un entrainement, une adresse et une maîtrise extrêmes , quand il s’agit d’obtenir les résultats réalisés par les grands Waller
- Deux tireurs luisant assaut au pistolet de combat avec balles inolfensives.
- Fig. 2. — 1 et 2, fausse cartouche en acier pour le tir de la balte Dovillcrs; 3, balle de cire et suif, calibre 44 (ll'"‘"0o); 4, appareil d’amorçage pour douille de chasse.
- tireurs,
- Winans, Ira Paine, Carver, Bennett, les commandants Py et Chauchat, le capitaine Moreaux, Cau-rette, Fouconnier, etc. Mais le tir au visé n’a point l’utilité pratique du tir rapide au commandement, et tel tireur fameux pourrait se trouver embarrassé par l’attaque imprévue de quelques apaches. Pareille chose ne saurait arriver à celui qui a quelque peu pratiqué l’assaut au pistolet, véritable tir de guerre ou de défense personnelle.
- 11 semble qu’à ce point de vue l’assaut au revolver d’ordonnance serait de nature à rendre des services dans l’armée, où tant d’hommes sont armés du revolver, qui seraient incapables d’en l'aire utilement usage. Ajoutons que si l’on veut faire du tir au visé dans un appartement, la balle de cire permet de transformer facilement un revolver de guerre ou un pistolet quelconque en arme de salon non bruyante et d’une précision parfaite à 6 ou 8 mètres, sans présenter aucun des nombreux inconvénients de la balle de plomb de petit calibre.
- Majôr Sauvage.
- Le Gérant : P. Masson.
- l'avis. — Iqipvimcvic Lauukiî, vue de Fleurus, 9.
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- N» 1732. — 4 AOUT 1906.
- LA NATURE.
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- LE SERPENT DE MER
- Serpent de mer de 500 pieds arrachant des hommes à un navire (d'après Olaus ülagnus).
- Deux naturalistes anglais, MM. Nicoll et Meade-Waldo, voyageant en vue des cotes du lïrésil à bord du yacht Valhalla, le 7 décembre 1905 au malin, ont cru apercevoir le serpent de mer à quelque cent mètres du vaisseau. 11 leur a semblé que l’animal pouvait avoir une longueur de 6 à 8 mètres, un cou de 2 mètres terminé par une tête ressemblant à celle de la tortue, et une nageoire dorsale verticale. D’ailleurs l’animal plongea aussitôt et ne reparut plus. Les observateurs crurent néanmoins devoir signaler ce qu’ils avaient vu à la Société zoologiquc de Londres. Si vagues que lussent les termes de leur description, la vieille et toujours pendante question du serpent de mer se trouva encore une fois ranimée.
- Il est impossible de discuter l’observation ci-dessus. Sa seule valeur, qui est réelle, est d’avoir été faite par des gens instruits et d’éducation scientifique, mais on ne saurait en tirer aucun enseignement qui permette de ranger l’animal observé en quelque endroit de la classification des vertébrés. Elle confirme simplement l’existence d’un animal vaguement serpentiforme, qui nous est d’ailleurs inconnu et qui est vraisemblablement très rare.
- La plus ancienne mention du serpent de mer que nous* connaissions remonte au xvie siècle. Elle se trouve dans les compilations du fameux philologue et naturaliste zurichois Gesner qui, sous le nom de Conradus Gesnerus, a publié un volumineux ouvrage intitulé : Pandeciorum sive partitionum univer-salium (à peu près : dictionnaire universel) (MDXLYIII). Dans cet ouvrage, qui n’est d’ailleurs pas illustré, toute une section est consacrée à la nomenclature des animaux qui ont été décrits par
- 34° aiiuré. — 2“ semestre.
- l’auteur, avec des dessins faits d’après nature, dans son histoire des animaux (Titulus nostrae anirna-lium historiae, quam cum ftguris ad vivum depic-tis par amas). On n’est pas peu surpris de trouver dans cette liste un certain serpens marina qui n’est autre que le serpent de mer. Si l’on en croyait sur parole le naturaliste suisse, il y aurait là des documents de premier ordre. Mais Gesner est de ces naturalistes qui travaillaient en chambre et avant tout un compilateur. Pour le serpent de mer, il donne simplement l’indication iconographique suivante : serpent de mer de 500 pieds de long qui arrache des hommes d’un navire, dans l’Atlas d’Olaus Magnus (Serpens marinus trecentos pedes longus, homines e navi rapit, in Mappa Olai Magni). L’image du serpent de mer figure en effet dans les écrits du célèbre archevêque d’Upsal et nous en donnons ci-contre la reproduction. On voit, Sans qu’il soit besoin d’insister, que l’on est encore en pleine période légendaire.
- 11 faut sauter deux siècles pour retrouver une image du serpent de mer. Elle se trouve dans la Description et histoire naturelle du Groenland par l’évêque Egede qui affirme avoir vu l’animal de ses propres yeux et qui donne un dessin fort chimérique, inspiré du morse; en 1755, Pontoppidan, évêque de Bergen, publie une nouvelle image, dans son Histoire naturelle de Norwège, image tout aussi fantaisiste, en dépit du témoignage de plus de 100 marins invoqué par l’auteur.
- Vient ensuite un nouveau silence jusqu’en 1848. A cette époque, le capitaine Mc Quhal, commandant le Dædalus, de la Hotte anglaise, et ses officiers, causèrent une vive émotion en Angleterre en signalant la présence du mystérieux animal dans l’Allan-
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- LA NATURE.
- tique. Depuis lors, les observations, ou tout au moins les altirmations se multiplièrent et le serpent de mer fut signalé au Groenland, vers Sainte-Hélène, sur le trajet New-York-Liverpool, vers Oporto, au sud du cap de Bonne-Espérance, près du Texas, en vue du Brésil, sur la Sicile, aux Canaries, versLong-lsland, dans le détroit de Malacca. 11 serait fastidieux d’examiner une à une toutes ces découvertes sensationnelles. La plupart ont autant de valeur que les premières descriptions que nous avons signalées.
- Enfin, tout récemment, il a semblé que la question venait de faire tout à coup un grand pas et qu’elle entrait dans le domaine de l’observation scientifique. Ce fut d’abord le lieutenant de vaisseau Lagrésille, commandant Y Avalanche, qui aperçut, ainsi que tout son équipage, en juillet 1897, et dans la baie d’Along (Tonkin), un animal dont la présence fut signalée à nouveau dans les mêmes eaux le 24 février 1898; l’observation présentait assez de rigueur pour que M. Bacovilza pût la signaler à la Société zoologique de France qui a inséré la description dans son bulletin. Quelques années après, en 1904, M. Vaillant, professeur au Muséum d’histoire naturelle, notait, dans le bulletin de cet établissement, qu’un animal en tout semblable au précédent avait été observé dans des conditions non moins indiscutables d’authenticité, toujours dans les eaux de celte même baie d’Along. Ensuite, M. Alf. Giard donnait lecture à l’Académie des sciences (séance du 27 juin 1904) du rapport du lieutenant de vaisseau l’Eost, commandant la Décidée, rapport concernant l’observation de février. Voici les passages essentiels de ce rapport : « ... je vis émerger successivement, par une série d’ondulations verticales, toutes les parties du corps d’un animal, ayant l’apparence d’un serpent aplati, dont j’estimai la longueur à une trentaine de mètres et la plus grande largeur à 4 ou 5 mètres.... Le diamètre qu’indiquent les témoins pour la partie la plus large delà tête varie de 40 à 80 cm. Ce diamètre était légèrement supérieur à celui du cou. La tête soufflait deux jets d’eau vaporisée.... La peau était lisse. Personne n’a vu de nageoires. Les détails de la tête n’ont pas été observés. »
- La lecture de ce rapport produisit une assez vive sensation qui trouva sa répercussion même dans le grand public. Dans son numéro du 28 juin, après avoir rendu compte de la séance de l’Académie, Le Temps donnait, sous forme d’interview, quelques aperçus du savant professeur qui avait fait la communication. Pour M. Giard, le serpent de mer sortait du coup de la légende pour entrer dans la réalité. Les descriptions de l’animal de la baie d’Along indiquaient nettement un reptile, reptile que selon lui on ne pouvait ramener à aucun des groupes actuellement connus. Il lui semblait que c’était parmi les fossiles qu’il fallait chercher des groupes auxquels on pût le rattacher : « on trouvait dernièrement en Afrique un animal terrien, l’okapi, que nous supposions depuis longtemps disparu. Pour-
- quoi ne pourrait-on retrouver aussi le mosasaure ou l’ichlyosaure qui, s'ils exislenl encore, ne peuvent vivre qu’à de très grandes profondeurs dans la mer et n’apparaître à la surface que très rarement et comme par accident? »
- Cette idée de la survivance possible d’une forme que l’on croyait depuis longtemps disparue, n’a rien en soi d’inadmissible. Il faut bien admettre cependant que la survivance d’un mosasauriis serait singulièrement plus surprenante que celle de l’okapi. En effet, l’animal fossile dont l’okapi se rapproche le plus, YHelladotherium de Perse et de Pikermi, si magistralement étudié par M. A. Gaudry, date de la fin des temps miocènes, tandis que les grands reptiles au groupe desquels appartenaient les mosa-saures ont disparu ou passent pour avoir disparu à la fin des temps crétacés, ce qui lait une différence de temps considérable. De plus nous connaissons de très nombreux gisements de terrains marins de l’ère tertiaire, beaucoup'plus et beaucoup mieux que les gisements de vertébrés terrestres ; il serait fort étonnant qu’un animal de l’ampleur d’un mosasaure ait pu passer aisément inaperçu. Si intéressante que puisse être la constatation d’une survivance de type prétendu fossile, c’est trop se liàter que de l’admettre sans des preuves irréfutables. Les observations faites dans la baie d’Along présentaient vraiment trop d’incertitude pour autoriser de telles conclusions. On commettrait, en les adoptant, une faute analogue à celle qui ferait voir dans les éolithes une preuve assurée de l’existence d’un homme tertiaire; la science n’a rien à gagner à ces conclusions prématurées. Il va de soi d’ailleurs que les vues ci-dessus, relatives au serpent de mer, n’étaient avancées qu’à l’état de pures hypothèses et sans que personne se fit illusion sur ce qu’elles pouvaient présenter de hasardé.
- Depuis 1904, aucun fait nouveau n’est venu apporter la solution du problème. 11 nous semble en clï'et que, dans l’état où était dès lors la question, l’observation de MM. Nicoll et Meade-Waldo ne fait rien avancer. En la tenant pour parfaitement valable, il est clair que l’animal qu’ils ont pu voir n’a pas de ressemblance avec celui de la baie d’Along. Cela fait deux problèmes au lieu d’un. Il n’y a d’ailleurs rien de désobligeant pour les naturalistes anglais cités plus haut à constater que les observations successives des deux marins français ont jusqu’à présent plus de valeur.
- Quel est exactement l’animal observé dans la baie d’Along? Où le ranger dans la systématique? L’accord ne semble pas fait à ce sujet. Après lui avoir cherché une place parmi les reptiles disparus secondaires, on a cru pouvoir tenir pour certain que ce reptile devait se rapprocher des lézards ou crocodiles, au moins par la présence de pattes. Mais dans une étude publiée dans la Revue des Idées de novembre 1904, M. Perez a montré que, dans le silence où le lieutenant l’Eost se tient au sujet des nageoires, on n’est pas du tout en droit de refuser au, serpent de
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- mer une place parmi les Ophidiens; défait, d’ailleurs, il existe des ophidiens marins, parfaitement dépourvus de membres et très abondants dans l’océan Indien, en un mol de vrais serpents de mer, ne différant du type fabuleux que par leur petite taille, qui n’excède guère un mètre.
- D’autre part, M. Perez observe fort justement qu’il est peut-être injustifié de voir meme un reptile dans l’animal de la baie d’Along. Rien ne s’oppose par exemple à ce qu’on voie en lui un cétacé, c’est-à-dire un mammifère marin. L’aspect squameux de sa peau, signalé par les personnes qui entouraient le lieutenant de vaisseau l’Eost, n’est pas, il est vrai, un caractère connu parmi les cétacés actuels, mais il existe chez quelques types fossiles une véritable armure de plaques dermiques. De plus, les deux jets d’eau vaporisée que décrit le rapport ci Lé, semblent bien militer aussi en faveur des cétacés. On sait, en elï'et, que les narines de ces animaux s’ouvrent au sommet du front par un ou deux orifices nommés évenls qui livrent passage à l’air expiré, souille qui, au contact de l’atmosphère froide ou humide, détermine souvent la formation d’un panache simple ou double d’épais brouillard, qui a pu faire croire bien des fois à un jet d’eau sorti des évents.
- Ce n’est pas à nous de prononcer entre ces hypothèses. Bien que la dernière nous semble la plus probable, elle a besoin de vérification et il faut attendre qu’on ait retrouvé l’animal de la baie d’Along. Ce qui semble presque certain, c’est qu’il existe.
- Si cela est, avons-nous à faire un mea culpa et devons-nous reconnaître que les premiers naturalistes qui ont cru au serpent de mer avaient raison? Certainement non. Il est trop évident que l’animal auquel on donne aujourd’hui le nom — provisoire — de serpent de mer, n’a aucune espèce de rapport avec l’ètrc fabuleux dont nous avons reproduit la naïve image, et que celui-ci doit à jamais rester dans la vitrine des facéties de compilateurs ou des histoires de nourrices.
- Jean Lafitte.
- FABRICATION
- A SEC DE L'ACÉTYLÈNE
- Le procédé habituel de fabrication de l’acétylène est fondé sur l’extrême affinité du carbure de calcium pour l’oxygène et l’hydrogène. Cette affinité est telle que le carbure, pour ainsi dire, brûle dans l’eau. L’hydrogène de l’eau s’unit au carbure pour former l’acétylène, et l’oxygène avec le calcium donne de la chaux. Malheureusement la réaction n’est pas toujours aussi simple que nous venons de le dire, d’abord parce que le carbure de calcium du commerce est plus ou moins impur, qu’il contient du soufre et du phosphore qui eux aussi se combinent avec l’hydrogène de l’eau, et ensuite parce que cette réaction est accompagnée d’une élévation de température assez sensible grâce à laquelle prennent naissance d’autres car-
- bures d’hydrogène de compositions plus ou moins compliquées.
- On a réussi, parait-il, à remédier à ces inconvénients en remplaçant l’eau par un sel, le carbonate de soude, qui le décompose très facilement en présence du carbonate de calcium, même à sec et donne un gaz beaucoup moins chargé d’impuretés.
- La réaction est la suivante :
- 9 La C* + 2 Na2 C O310 U2 O = 9 L2 II2 + 4 Na 11 O + 2CaC03 + 7Ca2HO + 211*0.
- La chaleur dégagée ne dépasse pas 95°; elle n’est pas assez élevée pour amener la formation d’hydrocarbures liquides ou gazeux. Il ne se produit pas non plus d’hydrogène sulfureux ou phosphoreux. Si le carbure de calcium contient des phosphures, ils sont transformés en phosphates de soude et restent dans le résidu. Un chimiste anglais, M. J. Ilarry Slanger, a trouvé que l’acétylène fabriqué à sec ne contient pas plus de 1 centigramme de soufre, 82 milligrammes de phosphore et 560 milligr. d’ammoniaque par litre. Enfin, un dernier avantage, c’est que le gaz ne contient presque pas de vapeur d’eau et qu’il n’y a pas de condensation dans les conduites.
- La Sure Gaz C° Uinited de Londres, qui exploite ce procédé, emploie un générateur très simple pour la production du gaz. C’est un tambour en acier qui peut tourner horizontalement autour de son axe. Ce tambour est divisé intérieurement en trois compartiments par deux cloisons métalliques. Dans le premier compartiment on verse la charge de carbure, dans le second, celui du milieu, qui est le grand, se trouve le carbonate de soude; le troisième compartiment, contient du coke en menus morceaux.
- Le carbure et le carbonate sont chargés en proportions égales dans leurs compartiments respectifs qui communiquent l’un avec l’autre par un orifice disposé de manière à ne laisser passer qu’une petite quantité de matière à la fois. L’acétylène produit passe par des trous percés dans la cloison du compartiment au coke qu’il traverse en se débarrassant de ses impuretés; il subit ensuite un lavage dans un bain d’huile puis se rend au gazomètre.
- Dans des expériences comparatives faites îivec le gaz d’éclairage ordinaire et l’acétylène préparé à sec, on a constaté que le premier donne en brûlant 4,8 fois, plus d’acide carbonique et 14,7 fois plus de vapeur d’eau que le second. En outre, le gaz d’éclairage consomme 5,2 fois plus d’oxygène et donne 8 fois plus de chaleur. L’acé-tvlène préparé à sec n’est pas toxique; il possède d’ailleurs une odeur très caractéristique qui permet de s’apercevoir des fuites dès qu’elles se manifestent et bien avant que la quantité de gaz répandue dans l’atmosphère devienne dangereuse.
- Au point de vue du pouvoir éclairant on a trouvé que 625 becs de gaz ordinaires, consommant 100 mètres cubes par heure et équivalant à 7457 bougies peuvent être remplacés par 413 becs à acétylène qui donnent le même éclairage, mais ne dépensent que 5 mètres cubes par heure. Comme prix de revient, l’économie réalisée avec l’acétylène, dans les conditions que nous venons d’indiquer, serait de 7 francs par heure environ.
- L’acétylène peut aussi être avantageusement employé pour la soudure du fer et de l’acier. Mélangé avec l’oxygène dans la proportion de 1 volume d’acétylène pour 1,7 volume d’oxygène, il brûle en donnant une flamme dont la température atteint 5500° ; le fer entre en fusion sans se carburer ni s’oxyder. L'-colonel Jeakuel.
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- CONSTRUCTION DES LOCOMOTIVES AUX ÉTATS=UNIS
- La construction des locomotives américaines a subi, dans ces dernières années, des modifications intéressantes que nous allons passer en revue.
- La chaudière et le foyer sont toujours construits entièrement en tôle d’acier, mais leur forme a changé. D’une part, certains constructeurs tendent à abandonner la chaudière à virole conique du type « wagon-top » pour la chaudière cylindrique, seule employée eu Europe. D’autre part, l’adoption des loyers à grille large, débordant par-dessus les roues du dernier essieu, est devenue la règle générale. Notons également que certaines Compagnies ont muni leurs dernières locomotives de boîtes à feu Belpaire, suivant la pratique européenne.
- Les cylindres sont encore coulés le plus souvent selon la méthode américaine typique, (pii consiste à fondre en une seule pièce un cylindre, la boîte à
- Fig. 1. — Locomotive compouml système Cote.
- ordinaire aboutit à des pièces extrêmement compliquées. Le type de locomotive compound à quatre cylindres qui est encore actuellement de beaucoup le plus répandu sur les réseaux américains est le type Woolf-Vduciain : de chaque côté de la machine, un cylindre HD et un cylindre BD sont superposés, et ont leurs liges fixées à une môme crosse : un seul tiroir cylindrique dessert les deux cylindres conjugués, et sa cavité intérieure tient lieu de réservoir intermédiaire. Dans ce type de locomotive, les cylindres et le support de boîte à fumée sont encore moulés en deux pièces : chacune d’elles comprend donc un cylindre IID, un cylindre BD, leur boîte à tiroir commune (très compliquée puisqu'elle comporte sept couronnes de lumières) et la moitié du support de boîte à fumée. On conçoit que le moulage d’une pareille pièce soit délicat : de plus, une avarie
- Tiroir correspondante, et la moitié du support de boîte à fumée, contenant les conduites de vapeur (admission et échappement). Ces deux pièces symétriques sont boulonnées ensemble dans le plan médian de la locomotive; l’assemblage avec les longerons se l’ait au moyen de quelques boulons verticaux, et de clavettes horizontales, qui pénètrent dans des logements pratiqués sur les barres des longerons.
- Au contraire, au Pennsylvania Railroad, on a adopté, sur plusieurs séries de nouvelles machines, une disposition qui se rapproche beaucoup de1 la pratique européenne : au lieu de construire en deux pièces les cylindres et le support de boite à fumée, on fait trois pièces en coulant séparément le support de boite à fumée, et chacun des cylindres avec sa boite à tiroir. Dans ce cas, les longerons se terminent à l’avant par des plaques verticales amincies, sur lesquelles on fixe les cylindres et le support de boîte à fumée au moyen de nombreux boulons horizontaux. Ce mode de construction a Davantage de faciliter les moulages et de rendre plus faciles et moins coûteuses les réparations ou les remplacements de pièces avariées.
- C’est surtout pour les machines compound à quatre cylindres que la construction américaine .
- partielle peut entraîner la mise au rebut de la totalité de cette pièce coûteuse.
- La construction des locomotives Woolf-Vauclaiii, qui s’était ralcnLie dans ces dernières années, semble aujourd’hui définitivement abandonnée : les ingénieurs américains ont reconnu préférable d’adopter les machines compound'à quatre cylindres séparés, qui, nées en France, ont d’abord conquis l’Europe, et envahissent actuellement le Nouveau Monde. Les avantages des compound françaises ont été assez souvent mis en lumière pour que nous puissions nous dispenser de revenir sur ce sujet : nous noterons seulement que les Américains les désignent sous le nom de compound équilibrées, indiquant par là ce qui constitue, à leurs yeux, l’une des grandes qualités de ce type de machine.
- On trouve actuellement, aux Etats-Unis, deux systèmes bien distincts de locomotives compound équilibrées : le type Vauclain construit par les ateliers Baldwin de Philadelphie, et le type Coie, construit par Y American Locomotive C°, de Schenec-tady.
- Dans les compound équilibrées des ateliers Baldwin, on a cherché à se rapprocher le plus possible de la construction américaine antérieure. A cet effet,
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- les quatre cylindres sont placés en ligne, et l’on fond en une seule pièce un cylindre 111* intérieur, un cylindre HP extérieur, leur boîte à tiroir commune, et la moitié du support de boîte à fumée (tig. 2) : celle pièce de moulage ressemble donc beaucoup à celle des compound Woolf-Yauclain construites précédemment. Les ingénieurs américains vantent la simplicité de ces machines, résultant de l’adoplion d’un seul mécanisme de distribution pour les deux cylindres placés d’un môme côté de la locomotive : en réalité la complication est reportée sur le tiroir (lig. 2) et la boîte à tiroir.
- Celte dernière est munie d’un manchon rapporté (lig. 2) exécuté avec la plus grande précision; il semble néanmoins dillicile d’assurer l’étanchéité dans des pièces aussi compliquées et ayant à supporter de grandes inégalités de dilatation dans leurs différentes parties.
- Au contraire, dans la locomotive Cole (lig. 1) on s’est rapproché beaucoup plus de la construction européenne : les quatre cylindres sont coulés séparément; ; chacun d’eux vient de fonte avec sa boîte à tiroir. Les cylindres BP sont placés extérieurement dans l’axe du bogie; les cylindres HP sont à l'intérieur des longerons et en porte-à-faux à l’avant du bloc formé par les cylindres BP et le support de boîte à fumée ; ils se trouvent ainsi au-dessus du premier essieu du bogie. Bien qu’il y ait quatre tiroirs distincts, il n’v a que deux mécanismes de distribution, les tiroirs HP étant montés en tandem des tiroirs BP (les tiroirs HP sont nettement visibles sur la fig. 1).
- Avec les compound à quatre cylindres séparés, les essieux coudés ont fait leur apparition dans la construction américaine (on fait, en effet, qu’aux Etats-Unis, les locomotives à simple expansion, aussi bien que les compound Woolf-Yauclain, ont toujours leurs cylindres à l’extérieur des longerons). Les Américains ont d’ailleurs essayé plusieurs types d’essieux coudés :
- aux ateliers Baldwin, on conslruit des essieux à coudes droits, soit en acier forgé d’une seule pièce, soit en neuf pièces distinctes, usinées séparément, puis forcées les unes dans les autres à la presse hydraulique ; à P American Locomotive C°, on a, au contraire, construit des essieux coudés en Z. Les compound équilibrées sont encore de construction trop récente, aux Etats-Unis, pour que les ingénieurs américains aient pu se prononcer sur les avantages ou les inconvénients de ces différents types
- d’essieux coudés.
- Au point de vue de la construction du châssis, nous ferons les remarques suivantes : on a conservé le type traditionnel de longeron en barres carrées, mais la fabrication a complètement changé par suite de la substitution de l’acier moulé au fer forgé ; on conçoit que l’on a pu réaliser ainsi une économie de main-d’œuvre assez importante. Les longerons en acier coulé restent bruts de moulage, sauf les faces destinées à porter les plaques de garde qui sont rectifiées au moyen de grandes morlai-seuscs pouvant travailler sur une pile de 8 ou 10 longerons. Nous signalerons enfin une tendance marquée à, la division des longerons en plusieurs pièces; cette pratique a été introduite d’abord pour certaines machines des types Atlantic et Prairie1, où l’on a rapporté des longeronnets extérieurs pour les boîtes de l’essieu porteur arrière.
- Actuellement on construit souvent les longerons en plusieurs pièces, môme lorsque tous les essieux ont leur boîte à l’intérieur : les différentes parties du longeron se terminent alors soit par des barres assemblées au moyen de boulons et de clavettes, — soit par des plaques amincies fortement; boulonnées entre elles. Dans certains cas, ces plaques amincies
- 1 Yoy. notre article sur l’emploi des dilïërenls types de locomotives aux États-Unis, dans le n° 1720 du 12 mai 1900, p. 580, de La Nature.
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- ont pris un tel développement qu'elles donnent au châssis une apparence mixte, intermédiaire entre le châssis américain typique composé exclusivement de barres carrées, et le châssis européen en tôle.
- LES PÉTROLES DES CARPATHES
- L’industrie pétrolifère des Carpathcs est très ancienne ; mais elle a longtemps végété, paralysée par diverses causes et surtout par un vice fondamental de la loi minière qui, en Autriche, attribue la propriété du pétrole au propriétaire de la superficie au lieu de le concéder d’une manière rationnelle. Il en résultait, avec le morcèlement extrême des exploitations, le manque de capitaux, l’impossibilité de tenter des recherches profondes et de créer des débouchés commerciaux. Depuis quelques années, cette industrie a pris des développements considérables, aussi bien en Roumanie sur le versant sud de la chaîne, qu’en Galicie sur le versant nord, et elle est en train de conquérir dans l’Europe centrale un marché qui, géographiquement, lui appartient, mais où de très puissants concurrents s’étaient depuis longtemps établis en maîtres. Bien qu’il ait été question à diverses reprises ici de tel ou tel point de détail, et spécialement de l’exploitation de ces pétroles carpa-Ibiques, un bref tableau général de cette zone industrielle pourra avoir son intérêt.
- Une remarque tout d’abord. La première impression, quand on examine une carte de la zone carpathique où les gisements pétrolifères ont été mis en évidence par un artifice quelconque, est qu’il y a là une grande traînée presque continue sur le versant externe de la chaîne à l’exclusion des régions comprises à l’intérieur de cette chaîne, courbée, comme on le sait en un S renversé. Les gisements sont, en effet, très nombreux, surtout dans certaines régions et l’avenir en fera sans doute découvrir d’autres encore; mais leur continuité apparente n’est qu’une illusion, même si l’on envisage les choses d’un point de vue strictement géologique et, à plus forte raison, si l’on considère le coté industriel. En réalité, les gisements pratiquement utilisables sont à des 50 ou 100 kilomètres les uns des autres et la presque totalité de la production vient, en ce moment, de deux points seulement : Boryslaw, qui fournit les 6/7 du pétrole galicien, et Prahova qui donne les 9/10 du pétrole roumain. Il ne faut pas s’imaginer un horizon pétrolifère dans les Garpathes comme présentant une continuité et une constance analogues à celles que les gisements du même genre peuvent offrir, Ires exceptionnellement, en Pensylvanie et qui, même pour les couches de combustibles, où elle est plus fréquemment réalisée, ne doit encore être présumée avant la démonstration expérimentale qu’avec de fortes restrictions.
- Le pétrole, qui donne lieu parfois à de grandes richesses, est, en même temps, un élément quelque peu inconstant et aléatoire. Un puits le rencontre, son voisin le manque.
- C’est ce qu’on verra mieux et d’une façon plus précise en parcourant la longueur des Garpathes de l’ouest à l’est et rappelant rapidement les principaux points d’exploitation, dont quelques-uns ont eu, surtout dans ces dernières années, une très brillante fortune.
- En partant de l’ouest (voir la carte ci-jointe), on rencontre d’abord, près de Gorlice, la ligne pétrolifère de
- Krvg, Libusza, Lipinki, Kobylanka, Dominikowice, Siary, Sekowa.
- C’est à Kryg que la maison Mac Garvey a tenté, en 1884, le premier sondage canadien exécuté en Galicie, et le succès de ce sondage a fait de Kryg, pour plusieurs années, le centre de l’industrie galicienne, passé ensuite vers 1888 à Sloboda Rungurska, près Kolomea (à l’autre bout des Garpathes).
- Non loin de là, vers l’est, se trouve l’ancienne région de Jaslo, Krosno, Dukla et Sanok. Le sondage de Bobrka au sud de Krosno a été, vers 1885, un des plus productifs de la Galicie; puis, sur la même ligne, on a fait en 1886 les forages de Wietrzno et de Rowne. Tout cet ensemble constitue le champ pétrolifère de Rogi, qui vient de prendre, avec les sondages nouveaux à grande profondeur, beaucoup d’importance.
- Également près de Krosno se trouve NVeglowka, où l’on a trouvé en 1887 un premier niveau superficiel et où des sondages plus profonds ont donné, en 1901, près de 18 000 barils par an et, à l’ouest de la ville, Potok et Toroszowka, où l’on a foré de 1890 à 1893.
- Dans cette région de Rogi et Krosno, les terrains présentent une poussée générale vers le nord et des chevauchements qui introduisent de nombreuses lacunes avec discordances dans la série. Pourtant la majeure partie des sondages de la région, et notamment ceux de Rogi, paraissent placés sur des anticlinaux de schistes à ménilite (oligocène tongrien), au-dessous desquels l’éocène doit être représenté par des argiles rouges superposées au crétacé.
- En ce point de Rogi, où l’on avait exploité autrefois un premier niveau presque superficiel, la Naplita Gesellschaft a atteint récemment, vers 600 à 650 mètres de profondeur, un niveau pétrolifère qui a donné d’abord un wagon par jour et s’est rapidement épuisé. On a alors approfondi de 60 mètres et le débit est monté de 3 wagons; ce débit ayant également baissé assez vite, on s’est décidé à descendre jusqu’à 900 mètres, et l’on a obtenu, paraît-il, jusqu’à 15 wagons. 11 n’est guère douteux que le pétrole provienne là au moins de l’éocène inférieur masqué sous les schistes à ménilite.
- Environ 120 kilomètres plus à l’est se trouve le district célèbre de Boryslaw. Boryslaw a passé longtemps pour un type de gisement hydrocarburé dans les argiles salifères du salzthon-gruppe miocène. On n’v exploitait alors que l’ozokérite, qui peut être considérée comme un produit d’oxydation superficielle du pétrole, concentré dans les fractures de ce terrain supérieur; en 1889, M. Mac Garvey a eu le premier l’idée d’v faire un sondage profond. Le pétrole a été rencontré alors à 650 mètres avec une abondance inconnue jusque-là dans le pays; puis, quand le niveau s’est, épuisé, on est descendu à 900 mètres, et aujourd’hui on est à plus de 1200 mètres avec des niveaux de plus en plus riches.
- Le district arrive actuellement à produire 40 000 wagons de pétrole par an. Là encore, il n’est guère douteux que le pétrole provienne de l’éocène caché par les niveaux supérieurs du tertiaire (ou même de terrains plus anciens).
- À 10 kilomètres environ de Boryslaw, le district de Schodnitza paraît également trouver le pétrole dans Téo-cènc.
- On a exploité là d’abord, jusqu’en 1885, un premier niveau pauvre entre 80 et 200 mètres. Puis, en 1895, des sondages profonds découvrirent, entre 500 et 700 mètres, de très riches venues pétrolifères, qui donnèrent
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- lieu à une industrie considérable et tirent monter la production galicienne de 215 000 tonnes en 1896 à 340000 tonnes en 1890. Sur la meme traînée se trouvent les gisements de Pereprostyna et Urycz. Il y a eu des moments, vers 1890, où Scliodnilza et Urycz fournissaient seuls les six dixièmes de la production galicienne. Aujourd’hui ces venues sont épuisées à leur tour et l’on entreprend des forages à 1200 mètres.
- Environ une centaine de kilomètres pins à l’est1, le district de Sloboda, près de Kolomea, a été, vers 1885-1890, le centre le plus important de la Galicie. On y exploitait alors trois niveaux principaux dans l’éoeène jusqu’à 500 mètres de profondeur. On n’a plus fait de sondages à Sloboda
- Galicie. Comme en Galicie cependant, le pétrole se rencontre à peu près dans tous les étages affleurants au jour ou atteints par les travaux là où ceux-ci offrent des conditions favorables à l’impi'égnation : son origine est en profondeur et son apparition superficielle adventive. On a des traces de pétrole jusque dans le pliocène (Buzeu) et plus bas dans le sarmatique; les affleurements politiques donnent, avec la Prahova, la majeure partie de la production ; puis le pétrole apparaît encore dans le miocène salifère; et enfin, en Moldavie, les districts de Neamtzu et de Bac.au, sont, comme en Bukowine et en Galicie, à la base de l’oligocène ou dans l’éoeène supérieur.
- une
- douzaine d’années; néanmoins, en 1901, les puits de Sloboda fournissaient encore 5 à 0000 tonnes par an.
- En résumé, on voit bien que, sur les grands centres productifs comme Rogi,
- Boryslaw, Scliodnilza, Sloboda, où l’on a exploré la profondeur, on trouve en descendant une série de niveaux, que l’on divise un peu artificiellement en deux ou trois horizons séparés par des nappes d’eau salée. Du haut en bas, fluide présente, sur le même point, certaines propriétés analogues, par exemple l’abondance de paraffine à Boryslaw et, à mesure que l’on descend, les niveaux gagnent très habituellement en abondance, tandis que le pétrole perd de sa densité. 11 est infiniment vraisemblable que l’origine du pétrole est à chercher ici partout au moins dans l’éoeène; peut-être plus bas encore.
- De la Qalicie à la Roumanie, il y a actuellement une lacune dans la série des exploitations .de pétrole. Mais la lacune n’existe pas géologiquement ; car, dans cet intervalle, à environ 100 kilomètres de Kolomea, se trouve l’ancien centre d’exploitation de la Bukowine, RussMoldavitza, où, à deux reprises déjà, de 1885 à 1890, puis après 1898,.on a exploité des niveaux superficiels, qui, d’après l’expérience acquise dans le reste du pays, peuvent laisser supposer la présence d’autres niveaux plus profonds. Après quoi, au bout de 80 kilomètres, on trouve le premier centre pétrolifère roumain, Neamtzu, puis, encore 80 kilomètres au delà, Bacau; et un peu plus loin, Moinesti. 100 kilomètres au sud de Moinesti vient Buzeu; et, enfin, après un dernier intervalle de 60 kilomètres, le riche district de Prahova (Boustenari, Gampina, Poiana) suivi, presque aux limites de la Transylvanie, par Rimnie Valcea.
- Ces districts roumains sont de très inégale valeur et la zone de la Prahova, qui atteint 40 kilomètres de largeur, les prime tous de beaucoup. En général, les sondages roumains sont encore peu profonds et l’on ne dépasse pas d’ordinaire 350 à 400 mètres. Un peu sans doute en raison de cette circonstance, niais aussi par suite de la nature des étages géologiques représentés, le pétrole de Roumanie semble, en majeure partie, se trouver dans des terrains plus récents qu’en'
- 1 Dans l’intervalle se trouvent, près de Boryslaw, les ozo-kérites de Truskawice et, vers Kolomea, celles de Dwiniacz et Starunia.
- Pour conclure, le tableau ci-joint montre les progrès de la production galicienne et roumaine et sa répartition.
- 1900 1901 1902 1903
- — — — Approximatif
- Tonnes. Tonnes. Tonnes. Tonnes.
- 1 District de Drohobycz
- (Boryslaw, Schod-
- \ nitza)) 221 696 331 750 457100 603000
- 'O ( District de Jaslo (Rogi) 93594 108700 108 760 110000
- 03 J District de Stanislau
- ' (Sloboda, Dwiniacz,
- 1 Starunia) 11 244 11690 10200 15000
- 526334 452200 576060 728000
- f District de Prahova
- (Campina-Boustenari-
- é 1 Poiana) 207 000 220000 267000 545913
- n 1 87 p. 100 de la pro-
- B ) duclion roumaine.
- P c f Dambovitza 9737 11950 15373 22469
- CS f Bacau 5966 8703 11639 10000
- \ Buzeu 929 5209 4050 5920
- 222 012 256004 298138 384302
- L. De Launav.
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- LA NATURE.
- LE RECENSEMENT DE LA FRANCE EN 1906
- C’est en 1801 que l’un elïèclua pour la première fois le recensement général de la population fran-
- llollerith, pourtant très en vogue aux Etats-Unis depuis plusieurs années. Avant de décrire cette originale invention, examinons les opéra-lionspréliminairesqui précèdent son emploi comme organe de dépouillement mécanique et voyons d’abord à l’œuvre les recenseurs. A Paris et dans les villes, ce sont des agents agréés par l’administration : expéditionnaires de ministère, secrétaires de prélectures ou de mairies, modestes rentiers ou gens sans profession définie toujours à l’allût. de quelques travaux et que les gavroches de la capitale surnomment « Egyptiens » dans leur langue imagée.
- Dans chaque arrondissement urbain, un chef de bureau dirige les opérations cl indique à chaque recenseur Yilol ou pâté de maisons dont il est chargé; en outre, il lui donne un carnet dit « de prévision » sur lequel il note approximativement le nombre des individus et des immeubles à recenser d’après les renseignements fournis par les concierges.
- Fig. 1. — ATue d’ensemble de la salle des classicompleurs ou machines à recenser.
- çaise. Actuellement, et depuis \ 831, c’est tous les cinq ans que l’on procède régulièrement à cette opération. Elle ne présentait jusqu’ici rien de remarquable, sinon son extrême lenteur. Une fois les bulletins arrivés, au service de la statistique, une armée d’employés s’en emparait, passait des mois, voire des années à lire, à classer et à pointer ces monceaux de papier : travail pénible qui exigeait un temps énorme et par suite une forte dépense. Mais pour le dénom-lirement de la population française actuellement en cours d’exécution, on se sert du classicompteur imprimeur, inventé par M. Lucien March et qui réalise un important progrès sur les appareils similaires. Il évite, en particulier, la perforation des fiches qui rend onéreux l’usage de la machine
- Fig. 2.
- Le
- classicompteur « March ».
- A la fin de février dernier, après avoir mis sur chaque enveloppe le nom d’un chef de ménage et, à l’intérieur de chacune, une feuille bleue (bordereau de ménage) et autant de feuilles blanches (bulletins individuels) que la famille comprenait de
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- LA NATURE.
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- membres, le recenseur déposa les paperasses nécessaires chez les concierges. Puis, le 5 mars 1906, il arpenta à nouveau les rues de son îlot afin de recueillir les enveloppes avec les feuilles remplies
- de la commune de recensement. On sépare alors les bulletins des gens sans profession de ceux des personnes qui travaillent. De jeunes dames, — car le personnel du service est presque exclusivement féminin, — comptent les uns et les autres, en distinguant le sexe cl l’année de naissance. Afin d’empè-cher les erreurs, les employées frappent chaque feuille d’un numéro fourni par un appareil qui avance d’une unité à chaque coup. Le dernier chilire apposé indique le nombre des bulletins griffés.
- Vient maintenant la partie nouvelle du recensement : le dépouillement au classicompleur imprimeur March. Celle machine se compose d’un clavier de 60 touches réparties en 6 rangées disposées sur un plateau portant l’indication du renseignement à laquelle chacune d'elles correspond. Le classicompleur doit, en effet, reproduire, totaliser et imprimer les indications figurant sur le bulletin individuel (commune de recensement, sexe, date cl lieu de naissance, résidence, profession, etc.).
- La machiniste met donc, sur le pupitre placé à sa gauche, une série de bulletins d’une môme catégorie et appuie sur les touches correspon-
- Fig. 5. — Un coin des archives du service de recensement.
- par les intéressés. Des mains des recenseurs urbains, les dossiers passèrent dans celles des controleurs qui se chargèrent de les faire parvenir aux bureaux du recensement installés au quai d’Orsay. De leur côté, les maires des communes rurales de toute la France centralisèrent les fiches de
- leurs administrés à la préfecture de leur département respectif. Enfin cette avalanche de papier s’engouffra dans les vastes halls du service de la statistique.
- A leur arrivée, les bulletins contrôlés et classés par départements s’amoncellent sur les casiers puis ils. reçoivent un indice correspondant à la population
- Fig. 4. — Le rouleau calculateur Billtcrcr.
- dant aux renseignements portés sur chacun d’eux qu’elle déchiffre successivement. Les touches restent abaissées lorsqu’elle n’agit pas sur la manette sise à gauche du classicompleur. Mais,quand l’opératrice manœuvre ce levier, elle relève les touches abaissées
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- LA NATURE.
- et 6 compteurs correspondant chacun h une de ces touches s’avancent d’une unité. Elle dépouille de façon identique un second bulletin et ainsi de suite.
- Une fois la pile de feuilles épuisée, l’employée abaisse le cadre mobile constitué par une série de rouleaux horizontaux vus au-devant de la machine sur notre photographie de détail. Les totaux de la tablette chiffrée s’impriment alors sur le papier. Pour remettre au zéro le classicompteur, il suffit de tourner la manivelle placée en arrière delà manette. D’autre part, un ingénieux dispositif permet de vérifier le travail exécuté. Pour cela, en meme temps que le compteur s’avance d’un cran, une aiguille correspondant à chaque inscription perfore une feuille de papier. Après un dépouillement, on met le papier troué sur un châssis et il passe devant une réglette divisée qui porte des inscriptions concordant aux renseignements des fichés. On lit une ligne de trous comme des signaux Morse et la traduction doit être conforme au bulletin. Ces vérifications subissent elles-mêmes un second contrôle par épreuves afin de réduire au minimum les chances d’erreurs.
- Grâce aux classicompteur s, les opératrices du recensement parviennent à dépouiller par heure environ 1500 bulletins renfermant une moyenne de 9000 indications. Comme on le voit, ce classement mécanique est rapide et partant très économique. Tout le service qui comporte une centaine d’hommes ou de femmes,' sous la direction de M. March, coûte seulement'à l’État 200 000 francs par an. Une bagatelle dansle.formidable budget français! Après ce premier dépouillement, d’autres employées forment des dossiers paig département. Voilà donc les personnes sans profession recensées.
- Pour les bulletins des gens qui exercent un état, on les répertorie suivant le lieu de travail ; ils reçoivent à la main un numéro correspondant à l’industrie exercée et un indice donnant la situation de l’individu considéré dans l’entreprise. On fait ensuite un classement par sexe et situation, un contrôle et enfin le comptage au numéroteur. On exécute alors un premier dépouillement au classicompteur, ce qui donne le recensement professionnel. Ces bulletins sont encore repris, classés par sexe et par année dp naissance, comptés et soumis à nouveau à un dépouillement mécanique. Après vérification, on en constitue des dossiers par département. Quant, aux feuilles de ménage, elles sont inventoriées par durée de mariage et nombre d’enfants. On les compte et le dépouillement à la machine fournit l’âge de l’époux et de l’épouse, la durée de l’union conjugale et le nombre des enfants. On range à part les ménages comprenant des aveugles ou des sourds-muets.
- Enfin les bordereaux d’immeuble sont catalogués suivant la population des villes et par étage. On compte mécaniquement les maisons, les logements occupés ou vacants, les ateliers, le nombre des pièces et des occupants.
- Tous ces chiffres vérifiés et calculés à l’aide du rouleau Billterer ou de l’arithmomètre Thomas
- fourniront la matière de la prochaine publication du recensement français ! Puisse-t-elle montrer un accroissement sensible de notre population. Si effectivement notre natalité suit la même progression que depuis trente-cinq ans, en 1950, la France passera au sixième rang des puissances européennes avec 41 millions d’habitants environ ; tandis qu’il y aura 170 millions de Busses, 95 millions d’Allemands, 65 millions d’Austro-Hongrois, 62 millions d’Anglais et 50 millions d’Italiens. Jacques Boyek.
- PATINS ET PATINAGE AUTOMOBILES
- Il y a déjà un certain temps que l’idée est dans l’air, et elle est aujourd’hui réalisée d’une manière qui semble satisfaisante au point de vue mécanique; nous dirons tout à l’heure d’un mot si elle nous paraît réellement pratique. L’invention est française, elle est duo à M. Constantini, et il est bien certain qu’une grande ingéniosité a été dépensée par lui dans la construction des deux types de patins qu’il a imaginés.
- Nous donnons une photographie qui fait bien comprendre l’apparence extérieure et même un peu de la disposition mécanique de ces patins, qui sont du type indépendant ; chaque jambe du patineur est appuyée sur une sorte de voilure automobile minuscule, et les deux petits véhicules s’associent pour ainsi dire, afin d’assurer le transport de notre homme, autant que possible à la même allure (car autrement il risquerait quelque peu d’être écartelé). Chaque voiturette est montée sur quatre roues à bandages pneumatiques, les deux roues avant et directrices étant folles sur leur essieu, et la direction se faisant naturellement par l’inclinaison que le patineur imprime au patin au moyen de son pied. Les roues arrière et motrices sont actionnées par le moteur, qui est à essence et doté de soupapes commandées. Toute la construction est robuste, et chaque patin, avec ses divers accessoires, pèse quelque 6 kg : il était indispensable que ce patin offrît un certain poids et une certaine inertie, afin de donner toute sécurité au patineur. On affirme du reste que les moteurs peuvent imprimer aux roues motrices une vitesse variant entre 6 et près de 55 km; nous imaginons qu’il faut une habileté et une pratique consommées pour se tenir en équilibre sur ces deux étroites plates-formes en dépit de cette vitesse extrême, et des à-coups résultant des inégalités de la surface où l’on roule. Bien entendu, le pied est fixé sur la plate-forme proprement dite par des courroies et des lames métalliques recourbées, un peu comme cela se passe pour les patins ordinaires. En arrière de l’appareil, est une boîte métallique qui renferme la petite batterie électrique et la bobine assurant l’inflammation et les explosions du mélange détonant dans le cylindre. Quant au réservoir à essence, il est fixé à une ceinture que porte autour du corps et sous son vêtement le patineur, ou l’automobiliste, comme on voudra l’appeler. Naturellement il faut
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- amener l’essence de ce réservoir au carburateur logé dans le patin près du moteur, et aussi mettre la mise en marche, l’avance à l’allumage, l’arrêt, sous la main du patineur. C’est pour cela que de sa ceinture et par derrière partent des lils électriques, et aussi des tubes assurant la descente de l’hydro-carburc. On voit la main du patineur posée sur un commutateur auquel aboutissent précisément les fils électriques dont nous venons de parler, et qui lui donnent le moyen d’établir, de rompre le courant, etc. Les tubes parlant du réservoir accroché à la ceinture du patineur sont tlexibles, comme de juste, mais ils sont disposés et traités de manière que le passage de l’essence ne les détériore point. Un disposait de contrôle fixé également à la ceinture, donne le moyen de régler l’arrivée de l’essence aux carburateurs. Le réservoir a une contenance d’environ deux litres d’hydrocarbure, et cela suffit à un parcours assez long, puisque chaque moteur est évalué ne pas consommer plus d’un litre par 60 km.
- Nous ne prétendons pas donner en quelques lignes un manuel de la conduite et de l’emploi d’engins de cette sorte; seule la pratique peut l’apprendre, et encore certainement après bien des chutes. On comprend notamment que si l’on ne se penche pas convenablement en avant, au moment d’une mise en marche même très lente, on risque aisément de tomber sur le dos, l’inertie aidant. Pour partir,, on laisse arriver l’essence, puis on agit sur un levier de décompression, et on se lance en faisant rouler les patins comme des patins à roulettes ordinaires ; cela met en marche le piston, et il n’y a plus qu’à établir la connexion du courant pour que le moteur commence à fonctionner normalement, néanmoins avec un à-coup qui constitue précisément un des dangers à éviter en prenant une position convenable. Pour s’arrêter, on coupe le courant, et l’on peut aussi (les semelles du patin présentant une certaine flexibilité) se soulever de manière à ne plus rouler que sur les roues de devant, qui ne sont pas motrices, le frottement
- ayant bientôt fait d’absorber la puissance vive, la vitesse acquise. Bien entendu, et comme nous l’avions laissé pressentir, il faut veiller à ce qu’un des patins ne prenne pas une vitesse très supérieure à celle de l’autre; on a la ressource, si cela se présentait, avant même de manœuvrer le commutateur ou arrêter l’arrivée d’hydrocarbure, de ramener en arrière le pied monté sur le patin qui s’emporterait; on pourrait encore le charger davantage, en lui faisant porter la plus grande partie du poids du corps.
- Probablement pour remédier à cet inconvénient,
- M. Conslanlini a imaginé | un type de patins auto-
- 1 mobiles un peu difïe-
- I rent, et qui fournit plutôt
- au voyageur une plate-' forme roulante où il
- prend appui par ses deux pieds. Dans cette nouvelle combinaison, en effet, les deux patins sont reliés par une tige munie | d’une articulation uni-
- ! verselle à chacune de ses
- | extrémités, et qui sert à
- ! transmettre à l’un des
- | patins le mouvement du
- moteur unique qui commande déjà directement la rotation des roues de l’autre patin; il n’y a donc qu’un seul moteur, qui est sensiblement plus puissant que dans le cas précédent, le patin étant lui-même plus large et plus robuste. Sur le patin qui ne comporte point de moteur, sont disposés le réservoir à essence (qui a une capacité beaucoup plus grande), puis la batterie et la bobine d’inflammation, les connexions avec le patin moteur se faisant le long de la tige de liaison dont nous avons parlé. Avec cette disposition, l’inventeur estime qu’on peut marcher à de grandes vitesses sans aucune chance d’écartement des patins, comme cela pourrait arriver avec des patins indépendants. Cette fois, du reste, on avait assez de place sous le patin moteur pour y adapter une combinaison d’engrenages et de cônes d’embrayage permettant l’usage de deux vitesses différentes. Ce mode de patinage est évidemment curieux, mais il n’est pas démontré qu’il puisse devenir un moyen de locomotion à la portée de beaucoup de gens.
- P. de M.
- Le patineur automobile.
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- LA NATURE.
- L’ALPHA ET L’OMÉGA DANS L’ART DE MITRAILLER
- En 1050, Jean Appier, pins connu sous le nom de llanzelet, « maître d’artillerie de S. A. de Lorraine », imprimait à Ponl-à-Mousson un ouvrage |
- Fig. 1. — Les premières machines à mitraille.
- ayant pour titre : La Pijrolechnie de llanzelet Lorrain.
- La pyrotechnie, à celte époque, se réduisait à peu de chose ; cependant, diverses machines à leu ingénieuses et assurément plus bruyantes que dangereuses, avaient déjà été imaginées dans tous les pays, Le mousquet était devenu insuffisant : on sent que l’action de la poudre peut être plus productrice, pourrions-nous dire, qu’elle l’est en réalité. Ilanze-let, fils lui-mème de jean Appier, ingénieur du duc Charles 111, s’est donc trouvé tout naturellement porté à l’étude des questions de pyrotechnie au service desquelles il mit son esprit inventif et prime-sautier.
- Les instruments qu’il a imaginés, « lesquels estons pratiqués à propos peuvent tailler de mal agréable besongne à i’ennemy », bien que peu pratiques, sont néanmoins chacun l’expression .d’une idée neuve, et cette idée n’a cessé de régner, sous différentes formes, dans l’art militaire. Nous retrouvons l'une d’elles dans les mitrailleuses.
- llanzelet était surtout préoccupé par l’idée de dissimuler ses engins meurtriers aux ennemis. Il charge un âne ou un petit cheval d'un bât approprié sur lequel on installe « quatre ou cinq arquebuzes à croc ou chevrettes qui y seront arrestées avec crochets faits à propos y observant une tramée à l’endroit des lumières, au bout de laquelle sera arresté un rouet avec un assez long cliquet, y attachant une cordelette pour le faire décliquer quand vous voudrés. » On couvre les arquebuses d’un tapis, ce qui donne à la charge l’aspect de bagages bons à piller. Les ennemis, pour détrousser l’âne, enlèvent le tapis et actionnent, par cette manoeuvre ordinairement peu dangereuse, le déclic qui met le feu aux poudres. C’était là plutôt une ruse de guerre à
- 1 D’après les Mémoires de la Société Pliiloteclmiqiie de Ponl-à-Mousson, communiqués par M. le chanoine Yver.
- laquelle l’adversaire ne devait pas être trompé deux fois. C’était là aussi la première mitrailleuse.
- llanzelet n’était jamais à court de procédés, pas plus que d’arguments, d’ailleurs. Un marchand français qui faisait le commerce des étoiles « du costé de lranc-fort », avait été volé à plusieurs reprises par les soldats, et par le fait se trouvait à peu près ruiné. 11 eut recours à l’ingéniosité du grand maître d’artillerie de Charles IV pour punir ses voleurs, llanzelet lui conseilla de construire une charrette .semblable à celle qui lui servait pour le transport de ses marchandises, mais dont le colfre serait rempli « de grenades, barils, pelottcs et bonne quantité de poudre ». Ainsi fut fait et les soldats « furent que tuez que bruslez, de vingt à trente ».
- Entre l’âne chargé de mousquets et la mitrailleuse de notre seconde figure, la charrette qu’observe si placidement le baudet malgré les décharges, nous semble être l’appareil intermédiaire. 11 est bon d’observer, qu’étant donné le rudimentaire mode d’attache, les canons ont été faits à section extérieure rectangulaire, sans quoi il eut été bien difficile de les maintenir avec des cordes.
- La vraie mitrailleuse de llanzelet porte le nom d'Orgue et est utile « pour se retrancher dans les rues ou autres places ». Ce sont, cette fois, des canons de mousquet maintenus sur fallut par des pièces de bois. On peut faire partir un rang à la fois, soit le premier, soit le dernier, en tirant les coulisses qui recouvrent les lumières. « L’invention de ces orgues a esté fort pratiquée en flandrc par le Comte Maurice et sert de grande dclfense contre la Cavalle-rie », ajoute llanzelet.
- L’idée première de la mitrailleuse semble donc
- Fig. 2. — La mitrailleuse de llanzelet Lorrain.
- bien appartenir à notre auteur qui, d’ailleurs, a à son actif d’autres conceptions également modernisées par les progrès de la métallurgie et de la pyrotechnie. H indique, en effet, la manière de charger les canons par la culasse dans son chapitre : Comment il faut recharger les arquebuzes par le derrière » et le principe du revolver dans le suivant : Comment on
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- LA NATURE.
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- peut tirer plusieurs coups d’une arquebuse à croc sans la retirer de la canonnière ». Ces chapitres renferment un exposé très complet des principes <pic notre outillage perfectionné a permis d'appliquer h l'armement moderne.
- Trois siècles presque nous séparent de llanzelet. Qu’est devenue sa mitrailleuse? Notre photographie — l’art du dessin aussi a suhi une évolution — établit bien ce double contraste. Le Mussipontain grand maître d’artillerie y retrouverait difficilement ses idées, et cependant elles y résident tout entières. Car ce colosse bardé de fer n’est autre chose qu’une mitrailleuse dernier cri inspiré, quoi qu’on pense,
- les roues. À l’avant, une ouverture est ménagée dans le volet pour permettre au chauffeur de se diriger; à l’arrière l’officier voit le but par une sorte d’objectif serti dans le blindage. La provision d’essence est de 120 litres, celle d’huile de 60 litres et le moteur (50 chevaux) peut être mis en marche de l’intérieur.
- Ce véhicule n’est pas seulement destiné à courir sur les grandes roules; il peut aussi, autre progrès, se promener à travers champs, franchir des fossés et escalader des tains. Pour ces deux derniers exploits deux rails mobiles l’accompagnent, attachés de chaque coté de la caisse, et lui servent provisoirement de voie lorsqu’un accident de terrain se présente
- Fig. 3. — La nouvelle mitrailleuse automobile construite par la maison C. G. V. pour le gouvernement russe.
- de l’époque de transition où T armure luttait contre le mousquet. Le soldat a abandonné la cotte de mailles, mais le canon s’en empare pour se protéger et abriter ses servants. Et puis la traction mécanique s’en est mêlée, et, de ces éléments heureusement associés, nous avons fait la mitrailleuse automobile, véritable forteresse ambulante à laquelle nous devons bien quelques lignes.
- Le premier modèle de cet instrument de combat figura au Salon de 1902, où il reçut la visite intéressée des officiers... étrangers. C’éla.il la un essai timide auquel les encouragements .donnèrent de l’assurance; aussi les études, poussées avec ardeur, ont-elles abouti à la création de cet engin menaçant. Des tôles l’environnent de toutes parts, protégeant le conducteur, les servants, le mécanisme et même
- pour arrêter sa chevauchée.
- Au-dessus de la « carrosserie », on voit émerger une tourelle à éclipse, d’un système spécial, armée avec une mitrailleuse llotcbkiss capable de tirer 600 coups à la minute! L’officier et les servants se tiennent sur la banquette adossée à celle du conducteur. Devant eux se trouvent les appareils de manœuvre de la mitrailleuse.
- En ordre de marche la voiture pèse le respectable poids de 5000 kg, ce qui n’est nullement exagéré étant donné l’individu. Dans ce total sont compris les cinq hommes qui forment son personnel et les munitions. Elle coûte environ 80000 francs; c’est le premier modèle d’une série de 56 qui doivent être livrées à la Russie en 1906, 4907 et 1908.
- Les expériences auxquelles a été soumise cette
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- LA NATURE.
- mitrailleuse automobile ont dépassé les prévisions. Elle a évolué le plus souvent eu dehors des routes, et quelle que lut la nature du terrain, à une allure atteignant jusqu’à 50 km à l’heure, franchissant des fossés larges et profonds. Une manœuvre ayant été tentée contre un bataillon d’infanterie, la mitrailleuse tira exactement 1800 coups en trois minutes! Les essais de tir contre le blindage ont été tout aussi surprenants, car les plaques sont d’un métal léger, assez souple, mais d’une résistance invraisemblable. Ces plaques ont environ 6 mm d’épaisseur, et des balles Lebel, tirées à 100 mètres, n’ont pu produire qu’une dépression; à 50 mètres, elles sont demeurées enchâssées dans le blindage; à 50 mètres, elles l’ont enfin traversé.
- Les pneumatiques sont également d'une facture spéciale; percés de dix balles ils peuvent encore rouler pendant vingt minutes, c’est-à-dire pendant le temps suffisant pour permettre à la voiture de gagner un abri. Enfin, l’auto-mitrailleuse est capable de fournir une course de 000 km avec les moyens du bord et elle emporte une provision de 10000 cartouches.
- Voilà ce que trois siècles d’efforts ininterrompus ont pu faire de la mitrailleuse de llanzelet. Ce rapprochement s’imposait; il est utile, parfois, d’opposer à notre civilisation celle des siècles écoulés, car nos plus merveilleuses découvertes appartiennent de fait à nos ancêtres, à qui les moyens mécaniques faisaient défaut. Le progrès réside donc presque uniquement dans la mise au point du bagage scientifique accumulé par d’illustres savants, dont le nom même n’est pas toujours parvenu jusqu’à nous.
- Lucien Fournier.
- FORÊTS ET RAMIERS
- Dommages causés dans une forêt par un passage de ramiers
- Les ramiers, lorsqu’ils s’abattent en automne dans une forêt par vols considérables, peuvent y causer d’importants dommages. A cet égard, M. Savreux, inspecteur adjoint des forêts à Saint-Gobain, fournit une très intéressante observation.
- En novembre dernier, arrivait dans la forêt de Saint-Gobain, un passage extrêmement abondant de ces pigeons, 10 000 pour le moins.
- Le ramier est, comme on sait, très friand de faînes, (fruits du hêtre), aussi bien ces énormes bandes d’oiseaux, grattant et retournant la couche des feuilles mortes qui recouvrait le sol des hêtraies afin de trouver leur nourriture dévorèrent-elles entièrement ces fruits clans toute l’étendue du massif forestier de Saint-Gobain.
- Par suite de ce pillage le repeuplement des massifs de hêtres dans lesquels sont pratiquées des coupes de régénération se trouvera sensiblement retardé. Sur la valeur du préjudice causé à la forêt de Saint-Gobain par ce passage extraordinaire de ramiers, M. Savreux publie dans la Revue des Eaux et Forêts de très intéressantes données numériques. D’après cet excellent observateur, un ramier absorberait par jour pas moins de 150 faînes, ce qui ferait par jour pour 10000 oiseaux, 1500000 faînes, soit 10 hecto-
- litres, un litre contenant environ 1500 de ces fruits. L’hectolitre étant estimé 25 francs, le séjour des ramiers dans la forêt de Saint-Gobain pendant le mois qu’ils y sont demeurés a donc entraîné pour l’Etat propriétaire de la forêt une perte de 7500 francs. En trente jours les oiseaux ont dévoré une quantité de faînes suffisante pour ensemencer 50 hectares. Cn. R.
- CHIRURGIE SUR POISSONS
- iNos lecteurs savent qu’on se préoccupe beaucoup, à l’heure actuelle, de trouver des pêcheries à exploiter par nos pêcheurs sur une partie de la côte occidentale d’Afrique, et notamment sur le banc d’Arguin : M. Gru-vel, qui a été étudier la question, a rapporté une foule de renseignements curieux sur la pèche telle qu’elle est pratiquée par les Canariens dans ces régions, et particulièrement sur les goélettes à vivier qui vont pêcher aux environs du cap Juby ou du cap Bojador. Elles sont destinées à rapporter les captures à l’état vivant jusqu’aux Canaries, et spécialement au port de Las Palmas, et comportent dans la portion centrale de leur coque un vivier de 4 à 5 mètres de profondeur, dont les parois sont percées de trous permettant à l’eau de se renouveler continuellement. Les poissons qui sont mis dans ce réservoir sont pris au moyen de nasses, ils ne sont donc pas blessés, et sont susceptibles de se conserver vivants pendant longtemps.
- Mais le poisson qui est ainsi capturé l’est le plus souvent par des profondeurs de 40, 50, 00 brasses, c’est-à-dire de bien près de 120 mètres; et si nous en croyons M. Gru-vel, ce poisson, fait pour vivre par ces profondeurs, se gonfle lorsqu’il est ramené à la surface, sa vessie natatoire se dilate, et si on le mettait tel que dans le réservoir, il surnagerait sans pouvoir s’enfoncer, demeurerait inerte à la surface et mourrait rapidement. Les Canariens, pour tourner la difficulté, ont imaginé de faire subir à ces pauvres poissons une opération chirurgicale assez originale, au moyen d’un petit instrument qu’ils ont combiné et qu’ils nomment la pica. Cette pica est tout uniment une espèce de Irocart, tube de cuivre de 5 à 4 millimètres de diamètre, ouvert à ses deux extrémités, mais dont l’une est taillée en biseau et aiguisée. Bien entendu, le tout est emmanché dans un morceau de bois qui en rend le maniement facile et sans danger pour les mains du pêcheur, ou plus exactement des mousses qui sont le plus ordinairement chargés d’opérer chaque poisson. Au fur et à mesure qu’un poisson est sorti d’une nasse, l’opérateur le prend aussi rapidement que possible, pour le laisser peu de temps hors de l’eau, et- immédiatement, d’un coup brusque et net de la pica, il lui perfore le côté, à l’aplomb de la vessie natatoire, et aussi cette vessie. Le gaz qui se trouvait comprimé dans celle-ci s’échappe à l’extérieur, et le poisson est jeté dans le vivier : il supporte assez gaillardement l’opération, puisqu’il vit facilement une quinzaine de jours dans ce vivier ou dans le réservoir flottant qui le reçoit à l’arrivée au port, quand on débarque les captures et qu’elles ne sont pas immédiatement vendues. P. de M.
- CHRONIQUE
- Explosions de poussières. — Le récent et terrible accident survenu à Courrières est venu montrer combien il faut redouter les explosions de poussières dans les
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- LA NATURE.
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- mines; mais il n’y a pas que là que les particules ténues en suspension dans 'l’air soient susceptibles de lbnner un mélange détonant. ' M. Watson Smith a étudié cette question tout dernièrement dans le Journal of Ute Society of Chemical hui mtr y, et il a montré que les poussières de farine, de riz, de sucre, de coton, de résine, de garance, de noir de fumée, de suie, sont, au moins aussi dangereuses ; il a mènie rapporté l’opinion d’un ingénieur qui [(référerait manipuler de la dynamite plutôt que les poudres de liège entrant dans la composition du linoléum. Des poussières peu combustibles d’ailleurs, comme celles de bleu de Prusse, s’entlannnenl parfois au cours de leur trituration. M. Smith, qui a été, paraît-il, le premier à signaler la facilité d'inflammation d’un mélange de farine et d’air, aflirme qu’on peut diminuer considérablement les dangers en employant les séparateurs du type « cyclone » au lieu des chambres à poussières ; les Compagnies d’assurances américaines en particulier abaisseraient les primes d’incendie dans une proportion très élevée, correspondant à 2,50 pour 100 de la police, pour les usines se servant de ces séparateurs.
- Sur le développement de l’industrie des sels de potassium. — L’agriculture fait depuis quelque temps un emploi croissant du sulfate de potassium; la préparation de ce sulfate, qui se lait généralement par double décomposition en liqueur aqueuse entre le chlorure de potassium et le sulfate de magnésium, consomme environ 80 pour 100 du chlorure natif, contre 20 pour 100 utilisés pour l’industrie chimique.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3o juillet 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- La photographie directe des couleurs.—M.Lippmann indique un système nouveau de photographie des couleurs. Voici la description qu’il en donne : L’image à reproduire est projetée sur une trame lignée de photographie ; elle est reprise par un objectif muni d’un prisme et projetée sur une plaque sensible. Celle-ci est développée, transformée en positif et remise en place dans l’appareil. Il suffit alors d’éclairer l’épreuve en lumière blanche pour voir l’image primitive se reformer avec ses couleurs sur la trame photographique.
- La superficie de la Russie d’Asie. — M. le colonel russe, Jules de Schokalsky, président de la section de géographie physique de la Société impériale russe de géographie, présente un important ouvrage sur la superficie de la Russie d’Asie. Cette superficie, mesurée très exactement d’après une méthode perfectionnée, est de J 6 U 3 200 km-, soit 4 millions de kilomètres carrés de plus que l’Europe entière.
- L’observatoire du Mont Blanc. — M. Janssen entretient l’Académie de l’Observatoire du Mont Blanc. Il annonce qu’il compte se rendre, dans quelques jours, à Chamonix pour rejoindre MM. Millochau et Stefanik, astronomes, qui sont en ce moment au sommet du Mont Blanc pour faire des études de spectroscopie. M. Baudoin, architecte du gouvernement, chargé par lui depuis deux ans des modifications et améliorations apportées à l’Observatoire du sommet, est revenu ces jours derniers lui rendre compte des travaux qu’il a dirigés avec succès.
- Le refuge destiné aux touristes et séparé des pièces consacrées aux travailleurs est construit, et permettra, on l’espère, aux voyageurs de respecter la demeure des savants. Les travaux de nivellement exécutés en 1904 et en 1900 par M. Baudoin, l’ont amené à conclure que l’Observatoire n’a pas subi de mouvements appréciables pendant ce laps de temps. MM. Guillemard et Moog, élèves de M. Armand Gautier, viennent de faire un séjour de plusieurs jours au sommet pour la continuation des études biologiques qu’ils ont entreprises l’an dernier. Enfin, M. Alexis Ilansky, astronome à l’observatoire de Dulkowo, viendra prochainement de Saint-Pétersbourg pour continuer au Mont Blanc les études d’astronomie physique qu’il poursuit depuis plusieurs années avec tant de persévérance et de succès. M. Janssen se propose de présenter ultérieurement à l’Académie les résultats obtenus par ces diverses missions.
- Un sucre artificiel. — M. Maquenne pré: ente un travail de MM. Gabriel Bertrand et Lanzenberg sur un sucre artificiel qu’ils ont obtenu à l’état cristallisé et qui porte le nom de lévo-idile. Ce sucre est l’antipode optique de la sorbiérile isolée antérieurement du jus de sorbe par M. G. Bertrand. Les auteurs insistent à cette occasion sur un fait curieux : c’est la possibilité de faire cesser la sur-saturation des solutions d’un sucre de la série droite par l’introduction d’un cristal de la série gauche, et inversement. Cil DE VlLLEDEL’lL.
- P. BROUARDEL
- Le professeur P. Brouardel, qui vient de mourir à soixante-neuf ans, en possession d’une pleine activité intellectuelle, à peine ralentie par l’àge, était sans conteste une des plus significatives personnalités médicales de notre époque. Depuis les temps de la Renaissance jusqu’à nos jours, le métier de médecin et son rôle dans la vie des peuples civilisés ont subi une évolution dont il sera un jour curieux de décrire les étapes, lorsqu’elle sera arrivée à un état définitif. Jadis, le médecin était essenfellement le guérisseur; son office se bornait à combattre une maladie déclarée et reconnue, dans l’individu qui en était atteint ; aujourd’hui au contraire, la préoccupation de prévenir les maladies au moyen d’une hygiène entendue, et une pins juste compréhension des rapports d’homme à homme, même au point de vue de la santé personnelle, ont forcé le modeste pratic’en d’autrefois à élargir sa fonction, qui, d’individuelle, est devenue véritablement sociale. Aussi, dans la société contemporaine, la place occupée par la médecine est-elle beaucoup plus considérable qu’elle n’a jamais été à aucun moment de notre histoire; la Faculté tendra d’ailleurs de plus en plus à tenir auprès des nations modernes cette charge de conseillère intime que les médecins de jadis tenaient simplement auprès des individus. Ces considérations sont nécessaires pour se représenter, comme il faut, le mérite du lf Brouardel, et pour comprendre l’importance de son rôle dans la médecine contemporaine, il faut surtout l’envisager au point de vue social.
- Ce n’est pas tant en effet par la haute et indiseu-
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- LA NATURE.
- table valeur de son œuvre scientifique, ni par l’imprévu de scs cures ou la singularité de ses découvertes, que le professeur Brouardel mérite d’entraîner après soi tous les regrets, mais par la façon dont en tout temps et en toutes circonstances, il a su vaillamment payer de sa personne dans la lutte publique entreprise contre tout ce que notre société présente de défectueux, pour la santé générale. C’est au milieu des commissions, des conseils supérieurs, des comités et des Sociétés scientifiques les plus divers, pourvu qu’elles cherchassent à réaliser une action sur les mœurs publiques, bien plutôt qu’à l’hôpital, à l’école ou dans son cabinet de consultant, que M. Brouardel a parcouru les successives étapes d’une carrière riche en honneurs et prolilabié à tous. 11 serait fastidieux d’énumérer ici toutes les organisations de ce genre auxquelles son absorbante activité lui a permis de prendre part ; ce qu’il faut dire pour toutes c’est qu’il apporta, à chacun des postes où il se trouva placé, des remarquables qualités de travailleur, d’administrateur et de diplomate.
- Paul Brouardel, né à Saint-Quentin le 15 février 1857, était, en 1859, interne des hôpitaux, docteur en médecine en 1865, agrégé de la Faculté de Paris en 1869 et médecin des hôpitaux en 1875. Enfin, en 1879, successeur de Tardieu, il inaugura dès lors à la Faculté de médecine la série de ces leçons de Médecine légale, qu’il devait continuer sans interruption pendant plus de vingt-cinq ans, et où, par la clarté de son exposition, il arrivait presque à l’éloquence. La même année, il fut appelé au Comité consultatif d’hygiène publique de France (aujourd’hui Conseil supérieur d’hygiène publique), qu’il présida depuis 1884, jusqu’à ce que cet office revînt au professeur Debove. Dans ce milieu, il ne s’épargna pas et donna de ses forces à toutes les bonnes causes; on le trouve dans toutes les missions chargées d’étudier et de réfréner les épidémies, choléra, peste, suette miliaire, et dans toutes les conférences sanitaires internationales, Rome, Dresde, Venise, Paris, etc. Fondateur en 1876 avec quelques autres, de la Société de médecine publique. et d’hygiène professionnelle, l’œuvre d’hygiène publique fut toujours le véritable centre de son activité : après ^voir employé dix ans de sa vie à lutter
- contre la propagation de la fièvre typhoïde par l’eau contaminée, il employa un temps égal jusqu’à ses derniers jours à l’organisation de l’hygiène militaire et du combat social contre la tuberculose. Sa plume, vaillamment au service de la môme cause, tanlôt s’employait à des rapports sur les questions qu’il avait été chargé d’étudier, tantôt à des œuvres de haute vulgarisation, par lesquelles il s’efforçait de répandre, dans le public intelligent, les saines idées dont il s’était fait le champion ; c’est ainsi que, dans les dernières années, il assumait la direction du remarquable Traité d'hygiène. Membre de l’Académie de médecine et doyen de l’école en 1881, de l’Académie des sciences en 1892, M. Brouardel était encore grand Officier de la Légion d’honneur, et
- décoré d’un
- 1res
- grand
- M-. Brouardel.
- nombre d’ordres étrangers, que lui avaient valus ses nombreuses missions loin de France. Enfin, c’est à lui que l’on doit pour beaucoup l’élaboration de la Loi sur la santé publique, que le parlement a volée en 1902 et qui commence à entrer en vigueur.
- Faut-il ajouter — mais ceci est connu de tous — que sa souplesse d’esprit, son pouvoir de conciliation et de concorde, sa patience ont toujours beaucoup contribué, dans les nombreuses commissions qu’il fut appelé à présider et partout où il a
- joué un rôle prépondérant, à éclairer les plus arides controverses et à mener vers une conclusion facile les plus irritantes et les plus dangereuses des discussions? A l’Association générale des médecins de France, à l’Association des médecins de la Seine, à l’Alliance d’hygiène sociale et à l’Académie, il savait toujours trouver à propos le mot conciliateur. Le souvenir de M. Brouardel restera certainement comme représentatif d’une époque où le rôle des médecins a tendu à s’élargir d’une façon extrême, ouvrant les ailes à une
- ambition qui serait sans doute excessive, si elle
- ne s’accompagnait, comme d’une condition le plus souvent nécessaire à sa pleine satisfaction, de ser-. vices de premier ordre rendus à la chose publique.
- D1' Desplein.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1733. — II AOUT 1906.
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- LES POISSONS SAUTEURS
- Los moyens employés par les êtres vivants, plantes ou animaux, pour s’adapter au milieu dans lequel ils se trouvent, formeraient une liste inépuisable. Chacun des cas, où la lutte pour l’existence a eu ainsi comme effet de modifier les caractères primitifs d’un être ou d’une espèce, parfois d’un groupe tout entier, est d’ailleurs le plus souvent si ingénieux en lui-même qu’on ne se lasse point d’en rencontrer de nouveaux. Ils sont naturellement d’autant plus curieux que le milieu où il faut s’adapter est plus imprévu.
- On sait, par exemple, que nos mammifères actuels sont les descendants d’animaux plus anciens qui étaient comme eux adaptés à une vie uniquement terrestre ou plus rarement amphibie. Cependant, parmi ces vertébrés terrestres d’origine et par l’anatomie, un certain nombre, comme les cétacés et les Siréniens, ont dû se faire à un mode d’existence non seulement aquatique, mais marin. C’est un des plus curieux chapitres de l’anatomie comparée que celui où sont exposées les conséquences de cette adaptation ; sans insister sur le détail, on peut dire qu’elle est marquée par une sorte de convergence, qui donne à des animaux supérieurs des caractères de forme et, jusqu’à un certain point, de structure, analogues à ceux d’animaux beaucoup plus bas situés sur l’échelle biologique : telles les nageoires des cétacés qui les rapprochent des Poissons.
- Voici un cas contraire qui n’est pas moins curieux et où la convergence se fait en sens inverse, rapprochant les inférieurs des supérieurs. Ce sont des poissons que les hasards de l’évolution ont astreints à une existence amphibie, une grande partie de celle-ci se passant en effet hors de l’eau, sur le sol. Ces êtres singuliers se rencontrent, fréquemment en divers points du littoral de la péninsule hindoue et ils sont bien connus, notamment à Bombay, où l’on en vend des quantités considérables sur les marchés; les pêcheurs les emploient aussi très fréquemment dans l’Inde pour servir d’appâts vivants. Ils ont été dernièrement fort bien étudiés par les zoologistes anglais de la péninsule et c’est à leurs 34e auuce. — 2e semestre.
- travaux que nous empruntons les détails qui suivent.
- C’est pour subvenir à leur nourriture que ces poissons doivent demeurer sur les plages, à la marée descendante. Ils s’alimentent en effet presque exclusivement de petits crustacés, de mouches et de divers insectes. Pour les chasser commodément, ils sautent de place en place à la surface des endroits vaseux où ils se tiennent de préférence, et s’aventurent ainsi jusque sur les vieux débris de bois qui se trouvent à la cote. Lorsqu’ils ne se livrent pas à cet exercice, ils demeurent tranquillement au repos sur le sol, inspectant soigneusement les alentours pour se garder de tout accident; ils sont en effet très craintifs el, dès qu’on les approche, ils se
- retirent précipi-, » » <f - *> ? , | tamment vers les
- » «„* ? ‘ r trous où ils se
- blotisscnt, par petits bonds successifs, très rapides, ce qui rend leur capture peu facile.
- Le mécanisme de cette progression est assez simple. L’animal reploie vers sa gauche la partie postérieure de son corps qui se bande ainsi à la façon d’un ressort. Pais il redresse brusquement tout son corps, ce qui déteiminc un mouvement en avant. En même temps, il s’enlève en l’air en faisant effort sur le sol au moyen de ses deux nageoires pectorales, dont il se sert en somme d’une façon analogue aux membres antérieurs du phoque. Cet emploi des membres antérieurs pour la saltation est déjà un pas fait vers des caractères d’animaux plus élevés. La convergence ne se borne pas là, elle se marque encore dans leur slructure même, la longueur des os étant très exagérée. Enfin, au repos même, ils les utilisent d'une manière inédite chez les Poissons, en s’appuyant dessus — on dirait volontiers en s’accoudant — pour se hausser et inspecter plus à l’aise ce qui les entoure.
- Un autre trait remarquable de leur organisation est la disposition de leurs yeux. On a plus d’une fois relaté la grande influence du milieu sur ces organes, soit que, par exemple chez beaucoup de poissons, ils se développent à l’excès et jouissent du pouvoir d’éclairer dans les grandes profondeurs, soit que,
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- chez de nombreux habitants de cavernes, ils s'atrophient au contraire. Ici, ils sont très proéminents à la partie supérieure de la tète, comme s’ils étaient sortis de leurs orbites et cette disposition facilite beaucoup pour l’animal la recherche de ses aliments. Lorsque celui-ci rentre dans l’eau, sou véritable élément naturel, les yeux reprennent eux aussi leur position normale et sont recouverts d’une membrane de protection.
- Ces poissons, comme beaucoup d’autres, ont reçu des noms particuliers des naturalistes, ils appartiennent au genre Gobius et font partie, parmi le vaste groupe des Acanthoptérygiens, de tout un ensemble de formes très abondantes dans les mers, sur les côtes et dans les principales rivières de l’Inde, de Birmanie, des Iles Àndaman et de Mélanésie. On ne les rencontre sur aucune des cotes américaines, pas plus sur l’Atlantique que vers le Pacifique. Par contre, une espèce est connue sur la côte occidentale d’Afrique. Leur corps est généralement d’un brun olive, marqué de points bleus ou blancs, bien que, le plus souvent, par suite de leur situation dans la lumière, ils apparaissent avec une magnifique couleur vert émeraude.
- Ajoutons encore, pour être complet, que ces intrépides chasseurs ont à leur tour un ennemi qui les guette souvent du fond de l’eau lorsqu’ils vont attraper un crabe ou un insecte : c’est un de ces serpents marins, du petit groupe des Hydrophidés, qui sont, comme on sait, particulièrement abondants dans les parages de l’océan Indien et.qui remontent souvent jusque dans le cours des fleuves.
- André Du vies vu,.
- COMMENT ON ÉCRIVAIT LES LETTRES
- il y a cinq mille ans
- line récente mission de l’Université de Chicago aux mines babyloniennes de Bismya a amené la découverte de plus de deux mille tablettes d’écriture cunéiforme, dont la plupart datent de cinq mille ans avant Jésus-Christ.
- Elles présentent toutes les variétés possibles de forme, et de taille. Les plus anciennes offraient l’aspect d’une petite orange sur laquelle le scribe peignait grossièrement les caractères d’écriture, puis que l’on mettait sécher au soleil. Cette forme incommode fut bientôt remplacée par des disques plus plats, circulaires, et enfin, vers 4000 ans avant Jésus-Christ, on arriva au type plat, rectangulaire ou carré, que l’on ne devait plus abandonner. Il est curieux de signaler qu’en architecture la forme des briques suivit une évolution parallèle ; celles-ci présentaient, en effet, tout d’abord des faces piano-convexes, et ce fut seulement par la suite qu’on pensa à les aplanir sur toutes leurs faces. C’est ainsi une excellente occasion de constater, une fois de plus, combien sont longs quelquefois certains progrès qui, vus à distance, sembleraient avoir dû se réaliser en une demi-heure et qui ont cependant demandé des siècles ! A côté de la orme rectangulaire des tablettes à écrire, on en ren-
- contre naturellement quelques autres plus spécialement adaptées à des destinations particulières. Ainsi, celles qui servaient aux écoliers pour faire leurs pages d’écriture — à peu près comme les ardoises de nos écoles maternelles — étaient toujours rondes. Une îles plus remarquables de ces formes spéciales est celle que l’on employa dans la correspondance, à partir de 2-400 ans avant Jésus-Christ. L’argile de la lettre était préparée et l’inscription faite comme pour tous les documents ordinaires, puis, lorsque ce travail était fini, on la recouvrait d’une mince enveloppe, d’argile aussi, de façon à protéger le contenu contre toutes les indiscrétions. Ensuite, cette, enveloppe était marquée au sceau de l’expéditeur ou, parfois, portail une suscription de quelques mots, puis on la mettait sécher au soleil ou dans un four. Toutes ces opérations devaient être un peu longues et il fallait sans doute de graves circonstances pour que l’on se décidât à faire son courrier. Nous sommes assurément bien loin du moderne petit bleu! F. de C.
- MINEURS PRÉHISTORIQUES
- On sait, par expérience, que le silex récemment extrait des couches de craie qui le renferme et imprégné de son « eau de carrière », se débite et se taille avec beaucoup plus de facilité que celui qui s’est peu à peu desséché à l’air libre. Telle est, sans doute, la raison principale qui a décidé les peuplades de la fin de l’époque néolithique, c’est-à-dire robenbansienne ou de la pierre polie, à effectuer des travaux souterrains, parfois importants, pour l’extraction des rognons de silex, base prépondérante de leur outillage et de leur armement.
- Dans divers pays, dans le Nord de la France, en Angleterre et en Belgique, certains grands ateliers de taille sont accompagnés d’anciens travaux d’extraction du silex sous forme soit de larges excavations à ciel ouvert, peu profondes, soit de tranchées de 3 à 5 mètres de hauteur, soit de puits pénétrant dans le sol jusque 12 à 14 mètres de profondeur, puits reliés' parfois entre eux par des galeries souterraines.
- C’est actuellement en Belgique que l’on a retrouvé le plus grand nombre de ces travaux et tous les types d’exploitation y sont représentés ; c’est ainsi que le grand atelier de Spiennes, près de Mons, bien connu de tous les préhistoriens, était bordé, vers l’Est et vers l’Ouest, par une quantité de puits profonds pénétrant dans la craie sénonienne dite « Craie de Spiennes » ; que l’atelier d’Obourg montre, à proximité, des tranchées à ciel ouvert reliées par des galeries; qu’à Strépy d’anciennes tranchées ont aussi été découvertes.
- D’autre part, d’anciens travaux ont également été. reconnus dans la Hesbaye, notamment près d’Avesnes et à NVanzin, et enfin, sur la rive droite de la Meuse, dans le Limbourg hollandais, de vastes excavations peu profondes ont fourni la matière première aux occupants de l’important atelier de Ste-Gertrude.
- Il est donc bien prouvé qu’à l’époque de la pierre polie, des tribus de mineurs et de tailleurs de silex s’étaient établies à proximité des principaux gisements, et l’on sait très bien que ces populations industrieuses ne travaillaient pas pour elles seules, mais qu’elles envoyaient à la ronde des colporteurs chargés d’écouler, parmi les nombreuses tribus habitant en dehors de la zone fournissant la matière première utilisable, les produits de leur fabrication.
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- LA NATURE.
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- En France!, 1’al.clier du Grand Pressigny a jonc un rôle absolument semblable.
- A certains moments, l’extraction du silex a donc dû cire active; des mineurs, assez nombreux, creusaient des
- Fig. 1. — Coupe relevée dans la iraiidiéc de Spieimes, en 1808, cl montrant une série de puits et de galeries creusés par les mineurs néolithiques pour l’extraction du silex : A. Terre à briques; U. Limon sableux stratifié, dit Ergerorr, C. Cailloutis du Diluvium avec instruments néolithiques et paléolithiques mélangés et ossements d’animaux de la l'aune du mammouth; 1). Sable landenien marin (Thanelien) ; E. Craie blanche à silex gris, dite craie de Spiennes ; 1’. Puits et galeries creusés iusqu’à 12 mètres de profondeur par les mineurs néolithiques.
- excavations et des tranchées, ou bien fonçaient des puits aux points reconnus les plus favorables.
- Mais ces travaux, effectués par des primitifs peu expérimentés, dépourvus d’un matériel satisfaisant, usant de procédés rudimentaires, étaient loin d’offrir toute la sécurité désirable ; c’est ainsi qu’on n’y rencontre jamais de moyens de soutènement contre les poussées du terrain, et dès lors, on comprend aisément que, grâce à maintes imprudences, les accidents étaient nombreux et souvent, sans doute, mortels.
- Puits, tranchées ou galeries souterraines s’éboulaient sur les malheureux mineurs au travail, et alors quels secours efficaces pouvait-on attendre des compagnons munis d’un outillage aussi simple que celui que nous leur connaissons?
- À Spiennes, l’outillage du mineur comprend des pics à une ou à deux mains en bois de cerf; des ciseaux en os, et des pics à main en silex. A Obourg et à Strépy on ne se servait que de pics en bois de cerf. Nous ignorons les moyens employés pour l’enlèvement des déblais de l’extraction ; ceux-ci étaient vraisemblablement emportés dans des paniers.
- Le fait que les accidents n’étaient pas rares est prouvé par la découverte de squelettes humains dans les principaux centres d’extraction du Hainaut, et ces squelettes sont bien ceux de mineurs ensevelis par des éboulements, car ils sont accompagnés invariablement des instruments dont se servait la victime au moment de l’accident.
- Les plus beaux travaux d’extraction ont été découverts à Spiennes, vers 1868, lors du creusement des tranchées de la voie ferrée de Mons à Binche. L’extrémité Est de là tranchée de Spiennes a recoupé une douzaine de puits de douze mètres de profondeur environ, du fond desquels partent des galeries.
- Nous donnons un croquis de ces travaux qui ont pu être très bien étudiés par les participants au Congrès international d’anthropologie tenu à Bruxelles en 1872. Dans les puits et galeries remblayés par des fragments de craie et des déchets de fabrication, on a trouvé de nombreux
- pics en silex et des pioches en bois de cerf; mais on y a aussi rencontré des restes humains que nous avons retrouvés au musée de Bruxelles dans la collection Neyrinck. Ce sont une mâchoire inférieure d’homme et des ossemenls d’enfant. La découverfe la plus imporlanle a élé faite en 1891 à Obourg. M. E. de Munck a extrait d’une galerie souterraine, reliant deux tranchées, le squelette complet d’un mineur préhistorique renversé sur le côlé par un éboulement ou plutôt par l’effondrement d’une poche de sable et tenant sa pioche en mains.
- Celte pièce remarquable se trou ve actuellement dans les nouvelles galeries du Musée royal d’Jlisloirc naturelle de Bruxelles.
- Tout récemment, fin 1905, j’ai été appelé à Strépy pour y examiner un squelette humain rencontré dans une exploitation de craie, à 5 mètres de profondeur sous le sol.
- J’ai pu constater que ce squelelle d’homme, accompagné du squelette d’un enfant de 4 à 5 ans et de deux pics en bois de cerf, gisait, couché sur la face, au fond d’une ancienne tranchée éboulée.
- Là comme à Obourg la cause de l’accident était visible. La tranchée avait été ouverte sur un terrain en pente, dans le sens des courbes de niveau.
- Naturellement la poussée du terrain avait agi selon la pente et la tranchée’ s’était refermée.
- 11 est probable que bien d’autres découvertes semblables ont été passées sous silence.
- La race à laquelle appartiennent ces mineurs est bien connue; le crâne est entièrement brachycéphale; les mâchoires sont fortes et les dents complètement aplanies par l’usure.
- Cette race ne représente pas un type pur, elle
- 1
- Fig. 2
- Outils employés à l’extraction du silex par les mineurs néolithiques : 1. Pic en silex utilisé à Spiennes avec les pics en bois de cerf ; 2. grand pic à deux mains, utilisé dans tous les centres d’extraction; 5. Petit pic à une main, utilisé principalement à Obourg et à Strépy.
- révèle un métissage ainsi que l’a montré le Dr iïouzé.
- Tous ces intéressants vestiges sont visibles dans les galeries du Musée royal d’ilisloire naturelle de Bruxelles.
- A. Rütot.
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- L’AÉROPLANE VUIA
- l'ig'. 1. — L’aéroplane Vuia.
- La navigation aérienne par le plus lourd que l’air passionne un grand nombre de chercheurs. Ce fait tient à une cause qu’il n’est pas bien difficile de déterminer : l’absence presque complète de toute théorie. Puisque les savants n’en savent pas plus long que les ignorants, ceux-ci ont autant de chances que les premiers de trouver une excellente solution, n’est-il pas vrai?
- Bien des gens n’ont pas vu plus loin ; leur raisonnement ne dépasse pas cette limite et ils ont enfanté, sur le papier heureusement, toutes sortes de projets plus étourdissants les uns que les autres.
- Ces chercheurs ne peuvent être considérés autrement que comme des idéologues peu dangereux à leurs semblables et à eux-mêmes. De ceux-là nous ne nous occuperons jamais.
- Quoi qu’on dise, il existe une théorie de la navigation aérienne par le plus lourd que l’air, un embryon de théorie si vous voulez : mais cet embryon
- Les antennes et leur tendeur.
- se développe chaque jour grâce à la méthode expérimentale qui n’est pas aveugle puisqu’elle précise à
- chaque instant les données entrevues, les modifie, les développe, les dirige. Par les expériences constamment répétées on finira, non pas par se rendre maître des conditions atmosphériques, mais par les connaître et en dégager les lois de l’aviation; ce fait étant acquis, les appareils seront construits en connaissance de cause.
- L’aviation est peut-être la plus belle école du progrès qu’il ait été donné à l’homme de créer ; il y apprend à réprimer ses exagérations naturelles, à raisonner sur des faits qu’il ne connaissait pas et qui lui sont révélés, brutalement parfois, et à en tirer profit. Lorsque l’inexpérience conduit à un accident on peut être sûr que la cause
- Fig. à. — Système de direction horizontale.
- en sera soigneusement déterminée et plus soigneusement encore évitée.
- O €£
- Fig. 2. — Mode d'attache de l’armature des plans.
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- LA NATURE.
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- 11 nous faut ajouter aujourd’hui à. la liste des chercheurs sérieux en matière de navigation aérienne le nom de M. Yuia. Cet inventeur ne s’écarte pas beaucoup des sentiers nouvellement tracés par les pionniers de l’aviation ; il nous présente, en effet, un aéroplane constitué par un plan porteur fait de deux surlaces s’étendant comme deux grandes ailes de 8,70 m. d’envergure et de 22 mètres carrés de surface, au-dessus de la partie mécanique de l’appareil. Ce plan est démontable; les tubes qui en forment l’ossature sont reliés à deux plateaux a (lig. 2) — un plateau par aile — par l’intermédiaire de chapes et maintenus par des haubans à deux autres tubes, sortes d’autennes réunies à leur
- mets sont reliés par un axe, lequel supporte le bâti mobile. Ce dispositif a été imaginé pour permettre la direction verticale du système, ainsi que nous le verrons plus loin.
- Le moteur est un moteur Serpollet à simple effet et à tjuatre cylindres auquel l’inventeur a fait subir quelques changements. Il présente une particularité essentielle qu’il importe de souligner. On sait que les moteurs Serpollet sont des moteurs à vapeur; ici l’eau est remplacée par l’acide carbonique que l’on emporte liquide et que l’on vaporise. Ce système présente cet avantage de permettre une pression constante d'au moins 60 kilogrammes par centi-timèlre carré en utilisant une chaudière très légère,
- Fig. S. — Partie mécanique de l’aéroplane Yuia.
- sommet par un filin pourvu d’un tendeur c (fig. 3). Si on détend ce filin, les deux ailes s’abaissent immédiatement ; on peut alors les enlever et les plier ensuite comme un parapluie pour le transport.
- À l’avant de l’appareil se trouve une hélice à deux ailes de 2,20 m. de diamètre; elle est montée directement sur l’arbre du moteur. Enfin, le gouvernai], qui est à l’arrière, a une suriace de 0,60 m2.
- Les parties essentielles de l’aéroplane : plan sustentateur, hélice, moteur et gouvernail, sont fixées à un bâti mobile fait de tubes d’acier surmontant une sorte de quadricycle. Notre photographie (fig. 5) montre bien comment est disposée toute cette mécanique. Le châssis du quadricycle est pourvu, de chaque côté, de deux tubes partant des essieux et se réunissant au sommet. Les deux som-
- la chaleur nécessaire à la vaporisation de l’acide carbonique liquide étant égale, d’après l’auteur, environ au dixième de celle nécessaire à la vaporisation de l’eau.
- Le gaz pénètre dans la chaudière à l’état liquide ; la transformation en vapeur ne s’opérant pas dans le réservoir, la pression n’y peut baisser et aucune congélation n’est à craindre. Le dispositif employé permet en même temps de refouler le liquide dans la chaudière à l’aide d’une pompe et d’obtenir ainsi une pression supérieure à 100 kilogrammes. La chaudière est tubulaire; elle vaporise le gaz et le surchauffe à 250 et 500° centigrades. La chaleur est fournie par le pétrole lampant alimentant 9 brûleurs capables de consommer au maximum 5 kilogrammes de pétrole à l’heure. Cette nouvelle utilisation du
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- LA NATURE.
- moteur à vapeur est extrêmement intéressante, et elle constitue une des principales originalités de l’invention.
- Le volant de direction est disposé comme celui des voitures automobiles : on dirige la machine, en ell'et, à l’aide de ce volant, aussi bien pendant le lancement, c’est-à-dire aussi longtemps que le planeur reste sur le sol, que lorsqu’elle a pris son élan. Deux leviers e (fig. 4) solidaires de l’arbre g transmettent le mouvement au gouvernail d’arrière par des poulies de renvoi en même temps qu’agit la direction ordinaire sur les roues d’avant. Ce$; deux mouvements sont donc simultanés. Pour obtenir la direction dans le plan vertical on actionne un second volant semblable au premier, et l’arbre de ce volant agit, non plus sur un secteur denté, mais sur un pignon entier. L’arbre de ce pignon a reçu une roue de chaîne, et cette dernière, qui est lixée d’autre part à l’avant du bâti mobile, en modifie la position horizontale. Les plans sustentateurs, l’hélice, le gouvernail et le moteur suivent donc le mouvement de bascule qui est imprimé au bâti, et prennent tous la même position par rapport à l’horizontale.
- Le poids total de la machine, y compris 10 kilogrammes d’acide carbonique liquide, 3 kilogrammes de pétrole, et 56 kilogrammes représentant le poids du pilote, est de 260 kilogrammes.
- Diverses expériences ont déjà été effectuées et elles ont donné des résultats très encourageants. Le 18 mars, M. Vuia a pu soulever son aéroplane de 60 centimètres à 1 mètre de hauteur après avoir pris l’élan voulu sur le sol. 11 s’est posé à une distance de 12 mètres du point où il s’était élevé, l’hélice s’étant ralentie par suite de la mise au point mort de l’arbre à cames du moteur qui règle la distribution et la détente.
- ( Les résultats obtenus jusqu’à présent sont tout à tait encourageants. La machine s’est élevée par ses propres moyens ; la force motrice est donc suffisante ainsi que l’efficacité des plans sustentateurs. Au moment où elle a quitté le sol la puissance du moteur n’était que le tiers environ de sa puissance normale.
- Il serait encore prématuré de dire que cet appareil, tel qu’il est construit, résoudra la question de la navigation aérienne ; d’ailleurs aucun de ceux que nous connaissons ne peut émettre une telle prétention. Tous ne doivent être considérés que comme des jalons à l’aide desquels on trace sa route et qui sont des. points de repère. M. Vuia transforme actuellement son intéressant moteur à acide carbonique; il espère, nous dit-il, parvenir à en réduire le poids d’au moins 50 kilogrammes tout en lui permettant de développer une plus grande puissance. Cela lait, d’autres expériences suivront qui poseront encore d’autres problèmes, et ainsi, petit à petit, apparaîtront les conditions que doit remplir tout appareil qui tente la conquête des airs. Lucien Fournier.
- LE MÉTROPOLITAIN
- La ligne n° 2 circulaire. — Partie sud.
- On vient récemment de livrer à la circulation la seconde section de la « ligne circulaire par les anciens boulevards extérieurs » du chemin de fer Métropolitain de Paris, dont la première section, représentée par la ligne circulaire partie Nord « de la Porte Dauphine à la Place de la Nation » est exploitée depuis le commencement de l’année 1903. Une station voûtée à quai unique, juxtaposée à la station souterraine « Etoile » de la ligne n° 1 « de la Porte de Yineennes à la Porte Maillot », et située au sommet d’une boucle terminale en forme de cœur qui contourne la place de l’Etoile, constitue l’extrémité Ouest de la ligne circulaire Sud ; de là cette ligne emprunte le tronçon « Etoile-Trocadéro-Passy » exploité depuis octobre 1900 entre ces deux premiers points et depuis novembre 1903 entre les deux extrêmes, puis franchit la Seine à l’emplacement qu’occupait la passerelle de Passy ; elle suit ensuite les anciens boulevards extérieurs de la rive gauche : de Grenelle, Garibaldi, Pasteur, de Vaugi-rard, Edgar-Quinet, Raspail, Saint-Jacques et d’Italie et atteint enfin la place d’Italie, son terminus provisoire,- d’où elle se trouvera ultérieurement prolongée par la ligne n° 6 « du Cours de Yineennes à la place d’Italie par Bercy » dont la construction est actuellement très avancée. Ainsi complétée, la ligne circulaire Sud aura son véritable terminus Est à la place de la Nation, où une boucle terminale de vaste envergure permettra à la fois le retour des trains et le remisage du matériel roulant pendant les heures creuses ou de cessation d’exploitation. Trois stations sous la place de l’Etoile, correspondant aux trois lignes en présence : de la Porte de Vincennes à la Porte Maillot, circulaire Nord et circulaire Sud, ont reçu des dispositions propres à assurer l’échange des voyageurs ; trois autres stations sous la place de la Nation, desservant les mêmes lignes, seront pourvues des mêmes moyens d'intercommunication, de telle façon que, le contact étant établi en chacun de ces points entre les extrémités respectives des deux semi-circulaires Nord et Sud, la ligne circulaire à l’étage moyen de Paris se trouve réalisée.
- Primitivement, la ligne circulaire Sud avait au delà de la place d’Italie, un tracé beaucoup moins excentrique que celui représenté par la ligne n° 6 : après avoir suivi le boulevard de l’Hôpital et traversé la Seine en viaduc en amont du pont d’Austerlitz, elle empruntait le boulevard Diderot et pénétrait dans la station « Gare de Lyon », de la ligne « Porte de Yincennes-Porte Maillot », spécialement construite en vue de ce raccordement ; de là et jusqu’à la place de la Nation, le même souterrain devait servir à la ligne n° 1 et à la ligne circulaire Sud. Mais aussitôt après la mise en exploitation de la première fraction du réseau (juillet 1900), l’impossibilité
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- d’admettre sur un meme tronçon de ligne des trains de différentes provenances devint vite évidente, par suite de l’intensité immédiatement atteinte d’un trafic nécessitant une succession de trains à intervalles très courts. On dut donc admettre le principe de l’isolement absolu des lignes, les pourvoir chacune d’une exploitation « en navette ,» sans intrusion d’aucune sorte de la part des autres lignes métropolitaines et remanier le projet initial en conséquence.
- L’inconvénient signalé aurait pu être facilement évité, en ce qui concerne la ligne circulaire Sud, en l’arrêtant au contact en plan avec la ligne n° 1, à proximité par conséquent de la station « Gare de Lyon » où une intercommunication aurait assuré aux voyageurs la continuité du parcours de part ou d’autre ; mais l’impossibilité matérielle d’établir en ce point une boucle terminale a conduit à l’adoption
- répartition des sommes nécessaires à la construction de l’infrastructure des lignes métropolitaines, elle a été effectuée de façon à cadrer avec les tracés prévus dans cette loi; c’est ainsi que les 45 785 000 francs correspondant à la dépense totale à la charge de la Ville de Paris pour l’établissement de la ligne circulaire Sud et l’exécution des travaux préparatoires indispensables, comprennent la succession d’ouvrages construits entre la place du Trocadéro1 et la place d’Italie d’une part, la place d’Italie et l’extrémité du pont d'Austerlitz sur la rive droite d’autre part. La longueur de ce parcours étant d’environ 9,400 km, la dépense au mètre courant ressort donc à 4658 fr., chiffre fort élevé mais non excessif, puisque dans sa composition entre la construction d’ouvrages d’importance ou de difficultés exceptionnelles, tels que les deux ponts sur la Seine, l’un à Passy, l’autre à
- 'Sant
- ZjMox/eU' G-j;,
- Fiff. 1. — Plan de la liane n° 2 circulaire. — Partie Sud.
- des dispositions suivantes : la ligne n° 5 « du Boulevard de Strasbourg au Pont d’Austerlitz » fut prolongée au delà de la Seine sur la rive gauche par le boulevard de l’Hôpital jusqu’à la place d’Italie, où elle se termine par une boucle comportant à son sommet une station qui communique avec la station correspondante de la ligne circulaire Sud1. Cette dernière ligne qui de ce fait aurait eu son terminus Est reporté à la place d’Italie, fut, nous l’avons dit, purement et simplement prolongée par la ligne n° 6 de façon à ne former avec elle qu’une seule et même section d’exploitation. Enfin les lignes nos 1 et 5 furent raccordées par une galerie de service à double voie partant de la station « Gare de Lyon » pour aboutir à la place Mazas (Voir lé plan, fig. 1). Telles sont les considérations qui ont conduit à diviser le réseau métropolitain en sections d’exploitation bien en rapport avec les besoins du service et sans rien modifier à l’ensemble des tracés définis par la loi déclarative d’utilité publique. Quant à la
- 1 La section « Gare d’Orléans-Place d’Italie » qui constitue le prolongement de la ligne n° 5 sur la rive gauche, a été ouverte au public dès les premiers jours du mois de juin.
- Austerlitz, la traversée aérienne de la gare du chemin de fer d’Orléans, le passage au-dessous de la ligne de Paris à Sceaux et Limours, la consolidation de carrières anciennement excavées, etc.
- De la place de l’Etoile à la place d’Italie, la longueur de la ligne circulaire Sud est d’environ 9 km, sur laquelle le tracé rencontre une grande diversité de conditions topographiques. Après un souterrain de 2175 mètres jusque sous le coteau du Trocadéro, il comprend successivement : une partie aérienne qui correspond à la traversée de la Seine devant Passy et aux quartiers bas de la rive gauche jusqu’au boulevard Pasteur (2546 m.), une partie souterraine du boulevard Pasteur à la place Saint-Jacques (2750 m.)., une autre partie aérienne à la traversée du vallon de la Bièvre (866 m.), enfin, une seconde partie souterraine (650 m.) sous la butte qui couronne la place d’Italie. Dix-neuf stations se trouvent réparties sur ce trajet; 10 sont souterraines et
- 1 Le tronçon « Étoile-Trocadéro » n’cnlrc pas dans ce compte, ayant été construit en même temps que la première fraction et compris dans les frais d’établissement de cètte dernière.
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- voûtées, 6 sont établies en viaduc, 2 se trouvant placées aux points de passage du souterrain au viaduc sont h. ciel ouvert, l’une, la station « Place Saint-Jacques » en tranchée ouverte, l’autre, la station « Rue Cor-visart » en élévation ; une dernière, la station « Quai de Passy » présenlecettepar-ticularité qu’elle est souterraine sur la moitié de sa longueur et
- aérienne sur Pau- Fig. 2. — Pont de
- tre moitié. L’espacement moyen de ces stations est de 500
- Dans son parcours, la ligne circulaire Sud traverse
- la Seine à Passy au moyen d’un pont* à 2 étages livrant le passage non seulement aux trains du Métropolitain, mais encore aux piétons et aux voitures; immédiatement après, un uont « en béquille » lui permet de franchir la ligne « des Moulineaux aux Invalides » du réseau des chemins de fer de l’Ouest, puis, dans la partie en
- viaduc qui suit, à l’intersection du boulevard de
- Passy. Traversée du grand liras de la Seine.
- mètres ;
- Coupe transversale suivant G H
- Coupe longitudinale suivant K L
- E^Morjeu-, C&r.
- Fig. 3. — Consolidation d’une station franchissant un fontis de carrière.
- l’espacement est maximum entre « la Place du Tro-cadéro » et le « Quai de Passy » (759 m.) et minimum entre « l’Avenue de la Motte-Picquet » et la « Place Cambronne » (525 m.).
- Grenelle et de l’avenue de la Motte-Picquet, elle
- 1 Ce pont a fait de la part de M. Bonnin l’objet de plusieurs articles. Nous n’y reviendrons donc pas. Voir les n05 1582, 1585 et 1688 de La Nature,
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- croisera la ligne métropolitaine souterraine n° 8 « d’Auteuil à l’Opéra, par Grenelle » non encore construite. Touchant à la gare Montparnasse, à la
- partie comprise entre le boulevard Edgar-Quinet et le boulevard Saint-Jacques, elle rencontre la ligne métropolitaine n° k « de la Porte de Clignancourt à
- B^ô'arÛmlB B^-Pasteur B*} Vuxxxjh'ani B*}jpdgar Quinei- B?RaspcuL
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- Fig. 5. — Profil en long de la ligne n° 2 circulaire Sud, entre l’avenue de Suffren et le boulevard St-Marcel, indiquant la position des carrières souterraines anciennement excavées, qui ont donné lieu à de très importants travaux de consolidation.
- place du Maine, la ligne circulaire Sud devenue souterraine, passe en tranchée couverte sous le pont du chemin de fer de l’Ouest (rive gauche) établi en ce point; ensuite, sous le boulevard Raspail, dans la
- la Porte d’Orléans ». Primitivement, les deux tracés devaient sur cette section se confondre en un seul souterrain, mais, pour éviter les inconvénients déjà signalés à propos de la section « Lyon-Nation », on
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- a dû les séparer : de la station « Boulevard Ras-pq.il » qui est constituée par deux stations voûtées du type ordinaire, exactement juxtaposées et communiquant entre elles, les deux souterrains se dirigent parallèlement vers la place Denfert-Roche-reau où ils ont atteint une ditïérence de niveau suffisante pour permettre à la ligne n° 4 de franchir la ligne circulaire Sud ; ils pénètrent alors chacun dans une station voûtée, indépendante cette fois, mais assez peu distante de sa voisine puisque des couloirs d’intercommunication l’y relieront.
- Avant de s’engager sous le boulevard Saint-Jacques, la ligne circulaire Sud passe sous la gare souterraine « Paris-Denfert » du chemin de fer de Sceaux et Limours appartenant à la Compagnie d’Orléans. Cette gare est constituée par une tranchée couverte sous chaussée, dont le tablier métallique est supporté par une double lile de colonnes en fer disposées le long des quais. La présence de carrières souterraines et la nature instable du sous-sol imposèrent à la Compagnie d’Orléans, lors de sa construction, l’exécution de consolidations importantes consistant à faire supporter le radier de la gare par une série de voûtes irrégulières reliant les blocs de roche calcaire restés en place, et à établir les colonnes de support du tablier métallique sur des piliers en béton prenant assise sur le sol même des anciennes galeries exploitées. Obligé de passer entre le radier de la gare et les carrières inférieures, l’ouvrage du Métropolitain a provoqué dans cet ensemble déjà si laborieusement édiiié, un bouleversement profond et c’est au prix de mille difficultés qu’on a pu rescinder et reprendre en sous-œuvre les fondations des colonnes rencontrées par le tracé, de façon à les faire supporter par la voûte du tunnel considérablement renforcée pour la circonstance.
- Enfin, dans la seconde partie en viaduc, la ligne croise la canalisation de la Bièvre vive à l’intersection du boulevard d’Italie et de la rue Edmond-Gondinet.
- Des raccordements de service à voie unique disposés aux points où la ligne circulaire Sud rencontre les autres lignes du réseau, c’est-à-dire sous la place de l’Etoile (raccordement avec les lignes n° 1 et circulaire Nord), aux abords du boulevard Raspail (raccordement avec la ligne n° 4) et sous la place d’Italie (raccordement avec la ligne n° 5), donnent à l’exploitation toutes facilités pour l’approvisionnement en matériel roulant. En plus, une galerie de garage à voie unique pour trains en détresse a été construite parallèlement à la ligne entre les stations « Edgar-Quinet » et « Raspail. »
- Tandis que les sinuosités du tracé ont obligé à l’emploi fréquent de courbes égales et même inférieures à 100 m de rayon, le profil en long grâce aux viaducs, est au contraire d’une grande régularité; la seule déclivité importante est celle qui relie la place du Trocadéro au quai de Passy : elle accuse 25 mm de pente par mètre sur une longueur de 570 m. Même dans les ouvrages de passage du souterrain au viaduc (composés comme on sait d’une
- partie en tranchée ouverte et d’une partie en élévation percée de voûtes transversales facilitant la circulation des piétons, longues ensemble de 200 à 250 mètres et toutes deux entourées d’une grille protectrice), où on a intérêt à employer une forte pente de façon à réduire le plus possible la longueur de l’emprise sur la voie publique, les conditions topographiques s’y prêtant, on n’a pas eu à employer de pentes supérieures à 25 mm par mètre. Nous sommes donc loin des 40 mm par mètre employés dans les ouvrages correspondants de la ligne circulaire Nord.
- Les parties en viaduc sont composées de travées indépendantes variant de 15 à 48 mètres de portée, en tout semblables à celles employées sur la ligne circulaire Nord1. La voie est sans aucune exception posée sur ballast et les poutres de rive des travées d’une portée supérieure à 50 mètres, sont jumelées. Colonnes en fonte et piles en maçonnerie soutiennent alternativement les travées du viaduc, et les piles, dont la fréquence d’emploi est généralement de 1 couple pour 5 couples de colonnes, ont reçu en section horizontale des dimensions sensiblement inférieures à celles des piles de la ligne circulaire Nord assez justement critiquées.
- Les stations en viaduc de la rive gauche présentent sur leurs sœurs de la rive droite cette seule ditïérence qu’elles sont pourvues d’une toiture vitrée les recouvrant entièrement et que la disposition de leurs accès a été très heureusement simplifiée : du guichet de distribution des billets établi sur la chaussée, part d’abord un escalier central, conduisant à deux escaliers latéraux aboutissant eux-mêmes aux quais d’embarquement.
- Les stations souterraines ont été munies d’accès spacieux comportant, en plus d’une vaste salle de distribution des billets le plus souvent recouverte par un plafond en béton armé, des couloirs et escaliers combinés et agencés de façon à ce que les divers mouvements de circulation ou d’intercommunication soient nettement séparés2.
- Le souterrain courant a été construit suivant la méthode ordinaire de fouille avec boisage que nos lecteurs connaissent3, mais les difficultés ordinaires du travail se sont trouvées augmentées du fait de la rencontre d’anciennes carrières qu’il a fallu consolider, ce qui a donné lieu à des travaux préparatoires très minutieux dont nous voulons, en terminant, donner un aperçu.
- Sur le tiers environ de son étendue, la ligne circulaire Sud traverse une zone ayant été autrefois l’objet d’une exploitation souterraine de pierre à bâtir sur un ou deux étages. En vue d’assurer la stabilité et la durée d’un ouvrage aussi important que le Métropolitain, dont le radier en général est établi à une distance verticale variant de 1 à 15 mètres
- 1 Voir Description et procédés de montage, n° 1552 de La Nature.
- 2 Ces dispositions ont déjà été adoptées dans la construction des accès de la ligne n° 5. Voir le n° 1641 de La Nature.
- 5 Voir n° 1697 de La Nature.
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- du ciel de carrière (ce qui correspond h une profondeur de 8 à 25 mètres au-dessous du sol de la voie
- Fi-, fi.
- Consolidation normale du souterrain courant et des stations en carrière en bon état, de conservation.
- publique), il convenait d’exécuter préalablement des travaux de consolidation, suivant l’état des anciennes excavations, et des fondations spéciales suivant la nature des terrains superposés aux carrières.
- Dans une bonne partie du tracé, les explorations ayant révélé la bonne tenue des couches au-dessus des anciennes galeries, il a suffi d’édifier, de part et d’autre de l’axe de la ligne, des piliers rectangulaires transversaux reliés par des murettes longitudinales, prenant appui sur le sol de la carrière et en soutenant le ciel : dans les régions où deux étages de carrière avaient e'té exploités, on a simplement appliqué aux deux étages le même type de consolidation, en superposant les piliers et en donnant aux piliers de la carrière inférieure des dimensions un peu plus grandes que celles des piliers de la carrière supérieure.
- (La figure 6 montre des consolidations de ce genre effectuées sous le souterrain courant et sous des stations).
- Mais, en de nombreux points de la ligne, les recherches ont fait découvrir des dislocations des terrains surmontant les carrières. Les procédés de consolidation adoptés ont varié avec
- la nature des accidents rencontrés. Lorsque la galerie de recherche vint heurter des bancs effondrés, on a cherché d’abord à entourer l’effondrement d’un anneau de maçonnerie de 1 mètre d’épaisseur ; lorsque la surface de l’effondrement ne dépasse pas une dizaine de mètres carrés environ, l’anneau de maçonnerie suffit pour arrêter la propagation de la dislocation et dans ce cas le souterrain de la ligne métropolitaine a été exécuté sans tenir compte du « fontis »; tout au plus, par mesure de précaution, a-t-on placé quelques fers dans le béton des piédroits de façon à former un véritable pont au-dessus du fontis bien limité. 11 en a été de même lorsqu’on a trouvé un ancien puits d’exploitation : on l’a entouré à sa base et les entrepreneurs du souterrain ont lancé une voûte au-dessus de l’ouverture du puits lorsqu’ils l’ont rencontré dans leurs travaux de déblais. Lorsque au contraire l’affaissement était de plus grande étendue, il devint nécessaire de foncer en outre un ou plusieurs puits auxquels on a généralement donné 1,20 m de diamètre, qu’on a remplis de béton et qu’on a reliés par des arcs formant un viaduc souterrain sur lesquels s’appuient les piédroits du
- Fig. 7. — Consolidations de l’ouvrage du métropolitain en carrière. A gauche : consolidation du souterrain sur fontis entouré.
- A droite : consolidation du souterrain traversant un lonlis.
- tunnel et même le radier (Voir fig. 7 à gauche). Lorsque enfin Détendue de l’affaissement était trop
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- grande pour être entourée efficacement par un mur de maçonnerie, il fut indispensable de renforcer les murs du tunnel lui-même. Les bancs étant disloqués, ou pouvant se disloquer jusqu’à la surface du sol, les poussées latérales de la voûte elliptique très applalie du souterrain risquaient de s’exercer contre des terrains inconsistants; on les a appuyées en conséquence par des contreforts en maçonnerie soutenus eux-mêmes par des colonnes de béton reposant sur le bon sol de carrière (fig. 7 à droite). C’est ainsi qu’on a procédé notamment au coin du boulevard Raspail et de la place Denfert-Rochereau, où l’on s’est trouvé en présence d’un effondrement général du sol.
- Lorsque l'affaissement correspondait à l’emplacement d’une station, les puits destinés à soutenir les piédroits ont reçu la forme d’un carré de 2 mètres sur 2 mètres, et sous le radier on a exécuté deux lignes de puits de 1,20 m. de diamètre, reliés tantôt par des voûtes, tantôt par des dalles en ciment armé. En cas d’affaissemen t particulièrement important, on a renforcé encore les piédroits de la station par des contreforts supportés comme dans le cas du souterrain courant par des puits de 1,20 m. de diamètre (fig. o).
- 11 est arrivé quelquefois aussi que les « cloches de iontis » rencontrées étaient vides, ou ne contenaient que quelques déblais, les terres qui les remplissaient ayant été entraînées par les infiltrations d’eau et ayant coulé dans les vides des carrières. Au lieu de remplir ces cloches de terre comme dans le cas habituel et de percer au centre un puits en béton, on les a soit remplies par en-dessous en maçonnerie lorsqu’elles avaient peu de hauteur, soit conservées vides et soutenues par des parois et des voûtes en maçonnerie1.
- Ces travaux de soutènement particulièrement délicats et dangereux ont englobé, à eux seuls, le joli denier de 4171000 francs. E. de Loyselles.
- L’EXPOSITION DE MILAN
- L’Exposition internationale de Milan, qui a ouvert ses portes le 28 avril dernier, et qui a été si cruellement éprouvée par l’incendie du o août,
- 1 Extrait d’un rapport de M. Wickerslieimer, inspecteur général des carrières de la Seine.
- n’est pas simplement une commémoration de l’achèvement du Simplon; elle marque surtout une date dans l’histoire de l’industrie italienne et permet d’en apprécier les énormes progrès. Parcourons donc ces palais qui couvrent une superficie de plus de 200000 mètres carrés et abritent tant de merveilles.
- Primitivement, l’exhibition lombarde devait se limiter aux moyens de transport mais, vu les propositions faites au cours de l’organisation, le Comité élargit peu à peu le cadre du projet qui se transforma en une exposition internationale occupant 840 000 mètres carrés en deux endroits de la ville : le parc de l’ancien forum Bonaparte près du château et la nouvelle place d’armes. On répartit en dix sections plus ou moins hétéroclites, les objets exposés. La première comprend les moyens de transport terrestres et aériens ; la seconde, les modes de locomotion fluviaux et maritimes; la troisième embrasse
- la prévoyance industrielle et ouvrière ; la suivante, les arts décoratifs ; puis viennent les machines et l’industrie tandis qu’avec le sixième groupe réapparai ssent les moyens de transport mais rétrospectifs cette fois. On rangea dans la septième classe la pisciculture qui voisine avec les industries agraires. Enfin, l’hygiène publique et les beaux-arts terminent la nomenclature officielle d’un classement plutôt bizarre comme on s’en rend compte.
- Pénétrons dans l’enceinte de l’Exposition milanaise par l’entrée principale, cour elliptique qui nous amène à la reconstitution du tunnel du Simplon. Accordons un coup d’œil aux perforatrices, outils divers et souvenirs historiques de ce gigantesque travail que nous quitterons pour l’aquarium, consacré naturellement aux choses piscicoles.
- L’exposition rétrospective des moyens de transport l’emporte de beaucoup sur celle de Paris en 1900, car plusieurs musées ont généreusement prêté d’intéressantes collections; en particulier, le Musée archéologique de Florence et le Musée métropolitain de New-York. Le palais de l’architecture réalisé dans le style gréco-romain et le pavillon de la ville de Milan, copie de l’hôtel de ville bâti par Galeazzo Alessi en 1555, nous changent un peu des monotones édifices réservés aux Beaux-Arts ou aux Arts décoratifs.
- Mais nous voici sur la nouvelle place d’armes, en face des pavillons de l’Aérostation et de la Métro-
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- logie, embrassant à eux seuls, avec le parc-pour les ascensions libres et autres expériences d’aviation, une surface de 40 000 mètres carrés. Le Comité milanais a voulu réunir ensemble les instruments mé-trologiques de toute sorte et il a recueilli les échantillons des multiples, sous-multiples et imités fondamentales du système métrique avec les appareils servant à déterminer lesdiles unités.
- A coté de ces édifices, se dressent le Palais de la Marine que surmonte un phare de 57 mètres de hauteur et la galerie du Travail dont la façade se développe sur
- 250 mètres de wwwy?* * „
- long.Aproximité, se trouvent les Palais du Cyclisme, de .1* Automobilisme et de la Carrosserie et une enceinte réservée à la navigation de plaisance. Là, on peut voir les modèles récents de canots automobiles italiens qui concurrencent sérieusement les yachts de marques anglaises et françaises. Un peu plus loin, notre pays prend sa revanche avec les produits de fabrication artistique pour lesquels la France distance encore de loin ses rivales.
- Ne pouvant nous appesantir sur toutes les attractions qu’on rencontre à Milan : panorama oriental, jardin zoologique, cinématographe, mos- ; quées, inévitable rue du Caire, terminons notre rapide excursion, par le « clou » de ces solennelles assises du progrès, la section des chemins de fer. Afin de sortir des sentiers battus, la Commission exécutive a réalisé, sur 45000 mètres carrés, une exploitation de voie ferrée. Elle a concentré en ce court espace tout ce que l’on possède de plus perfectionné comme moyens de transport terrestre. Le matériel des Compagnies italiennes, françaises, allemandes, anglaises, belges, etc., se trouve rassemblé là, de manière à donner une idée du fonctionnement des principales lignes du monde. Les locomotives
- électriques ou à vapeur marchent, les grues élèvent des marchandises, les signaux de tout genre obéissent aux aiguilleurs, l’Autriche a môme représenté une de ses gares les plus modernes.
- Jacques Loyer.
- LE TÉLÉGRAPHONE
- Nous savons qu’il suffit de placer un morceau d’acier dans un champ magnétique, pour qu’il s’aimante et conserve son aimantation.
- Sous l’action du courant électrique ousimplemenld’un aimant, les molécules de l’acier s’orientent, et l’acier n’étant pas du fer pur, les molécules ne peuvent reprendreleur groupement primitif.
- Si, par exemple, nous introduisons dans un tube de verre delà limaille, et si nous faisons passer un courant dans quelques spires de fil de cuivre entourant ce tube, cette limaille constitue un aimant qui l’este stable jusqu’au moment où l’on ne remue pas vivement le tube. Dans l’acier la déformation apportée à la texture moléculaire est permanente.
- On peut ainsi enregistrer de l’écriture ou des dessins quelcon -ques, en se servant d’un crayon magnétique, c’est-à-dire de la pointe d’un électro-aimant, et en écrivant ou dessinant sur une feuille mince d’acier. Les traits, qui sont absolument invisibles, apparaissent dès que l’on projette de la limaille sur la feuille d’acier.
- Les parcelles de limaille adhèrent aux endroits touchés par la pointe d’aimant. Pour rendre plus visibles les caractères produits, on peut recouvrir la feuille d’acier, d’une feuille de papier.
- Cette écriture ou les dessins produits magnétiquement peuvent l’ester visibles pendant plusieurs mois.
- C’est la base du télégraphone, c’est-à-dire de cet appareil permettant d’inscrire la parole, de la conserver et de la reproduire à volonté, comme on le fait avec le
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- phonographe. On utilise pour cela les changements magnétiques, produits dans la texture d’une feuille d’acier que l’on fait passer entre les pôles d’un électro-aimant dont le circuit d’enroulement contient un microphone. Lorsque l’on parle ou chante devant la membrane du microphone, les vibrations diverses sonores déterminent dans la texture de la feuille d’acier des changements qui s’y fixent. 11 suffit alors, pour reproduire les sons impri-
- A
- mes, de refaire passer la même feuille d’acier entre les pôles d’un électro-aimant intercalé dans le circuit d’un téléphone.
- Le microphone sert, comme on sait, à amplifier les sons produits assez simplement. Si, dans un circuit parcouru par un courant, on intercale un téléphone T (tîg. 1) et un crayon de charbon G pointu aux deux bouts, placé verticalement entre 2 contacts AB de charbon également, on observe que les moindres mouvements ou les puis légères vibrations imprimées au crayon de charbon modifient suffisamment la conductibilité des points de contact, et en conséquence l’intensité du courant engendré par la pile P, suffisamment, dis-je, pour produire le fonctionnement d’un téléphone.
- Ce dispositif permet de déceler à l’oreille le plus faible son produit sur une tablette creuse et formant ré-sonnateur T. Toute vibration fait osciller le bâton de charbon et fait, par conséquent-, varier la résistance du circuit; et il y correspond dans le téléphone des sons considérablement amplifiés.
- Dans le télégraphone ce microphone a pour but de renforcer les vibrations, afin que des variations suffi-
- santes se produisent dans le circuit de l’électro-aimant et, par suite, dans l’aimantation et dans les traits gravés magnétiquement dans la feuille d’acier. Le schéma 2 permet de se rendre compte du dispositif employé.
- On parle devant le microphone M (fig. 2) et en même temps on fait se dérouler la feuille d’acier F en face de laquelle se trouve les pointes effilées d’un électro-aimant E.
- Toutes les vibrations produites en M s’enregistrent donc magnétiquement; c’est-à-dire aimantent plus ou moins profondément l’acier de la feuille mobile, tout comme s’il s’agissait d’un simple phonographe.
- 11 suffit alors, si l’on désire entendre les paroles ouïes
- sons enregistrés, de refaire passer le rouleau après avoir remplacé le microphone par un carnet téléphonique.
- 11 va sans dire que l’on peut transmettre à distance la communication imprimée sur le rouleau d’acier.
- En se reportant à l’écriture magnétique dont nous avons parlé, on voit qu’il est encore possible non seulement d’enregistrer et de reproduire les sons à distance, mais encore de transmettre l’écriture et les dessins à distance, .en se basant sur le principe des inscriptions magnétiques produites par un électro-aimant sur une feuille d’acier. À. Bueydel.
- CHRONIQUE
- Le bétel et la noix d’Arec. — La Société industrielle de Rouen a publié, dans un de ses récents bulletins, une intéressante Notice de M. Picquet au sujet du cachou, colorant astringent bien connu de nos lecteurs. On indique généralement comme source principale de ce produit le bétel ou noir d’arec. M. Picquet fait justement observer que le bétel n’est pas du cachou brun, mais un masticatoire. Voici comment on prépare le bétel à cet usage. On prend une feuille de bétel proprement dit (c’est une sorte de poivrier) sur laquelle on étale un peu de chaux provenant de l’incinération de coquillages. Ensuite on coupe l’amande d’une noix d’arec en trois ou quatre morceaux et l’on en place un au milieu de la feuille, en ajoutant si l’on veut une petite pincée de tabac à fumer ; après quoi, l’on roule la feuille, et il ne reste plus qu’à mâcher la « chique » ainsi confectionnée. Le produit que l’on vend en Europe sous le nom de cachou et dont se servent certains fumeurs, pour se parfumer la bouche et masquer l’odeur du tabac, est obtenu avec de la noix d’arec séchée et pulvérisée, puis infusée dans de l’eau de rose, roulée dans une petite feuille de bétel, et enfin séchée au soleil. On vend aussi d’autres produits sous le nom de cachou ; ce peut être un mélange de cachou ordinaire et de suc de réglisse, aromatisé à l’essence de menthe, de l’ambre, ou avec du musc, etc. La noix d’arec est le fruit d’un palmier (areca cale chu) remarquable par son lut droit et svelte, se dressant fréquemment jusqu’à une hauteur de 12 ou 15 mètres, tandis que le diamètre n’excède pas 25 centimètres ; il porte trois régimes de fruits (environ 1500 fruits par arbre) de forme ovoïde, gros comme un œuf de pigeon. Comme les régimes ne mûrissent pas en même temps, dans une plantation d’aréquiers, on peut récolter des fruits en toutes saisons.
- Les avenues à deux étages de Londres. -
- Avec l’intensité que prend la circulation dans les grandes villes et la nécessité où l’on est de ménager l’espace disponible, une transformation s’impose dans l’établissement des rues. A ce point de vue, il est curieux de signaler les nouvelles avenues de Kingsxvay et d’Aldurjch, qui ont -été percées au cœur de la Cité, ces temps derniers. Elles présentent d’abord cette particularité d’une largeur de plus de 50 mètres, tout exceptionnelle dans cette portion de Londres ; mais surtout on y note cette caractéristique qu’elles sont à deux étages. Le long des maisons et en avant d’elles, sous les trottoirs, sont d'immenses caves particulières, par où pénètrent du reste toutes les canalisations nécessaires à la vie des habitants ; au delà d’un massif de terre donnant place aux racines des arbres dont est plantée l’avenue, et dans le bas-côté de l’avenue, est une large galerie en tunnel où l’on peut
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- loger et réparer sans peine les conduites d’eau ou de gaz, tubes, câbles téléphoniques, etc. Sous ce tunnel sont établis les égouts, auxquels on peut dès lors effectuer des travaux sans loucher à la chaussée ni gêner la circulation. De l’autre côté de l’avenue, nous rencontrons naturellement la même disposition symétrique ; au centre, et toujours soulerrainement (car l’étage intérieur seul nous intéresse) est un vaste tunnel à plafond plat aménagé pour recevoir une double ligne de tramways électriques, et décharger d’autant la circulation superficielle. La conception est audacieuse par sa nouveauté, mais parfaitement pratique dans son ensemble, et des exemples antérieurs ont montré l’urgence qu’il y a à transporter les tramways dans le sous-sol des rues.
- Destruction d’un récif sous-marin. — 11 s’agit d’une explosion qui rappelle assez bien la fameuse destruction dellell’s Gâte. Un récif de 120 mètres de largeur, nommé llenderson’s Point, gênait considérablement le passage des navires de guerre dans le port américain de Portsmoulh : on résolut de le déraser à une profondeur de 10,60 m. au-dessous du niveau de l’eau à mer basse. On commença par dérocher la plus grande partie du cube à sec et à l’abri d’un batardeau; mais il restait ensuite à détruire la ceinture rocheuse sur laquelle portail le batardeau, ceinture représentant un volume de près de 27 000 mètres cubes, et aussi quelques masses rocheuses avoisinantes et qu’on avait dû laisser en dehors du batardeau. En attaquant à l’intérieur de l’enceinte, suivant une inclinaison de 1/10 environ, on a creusé dans la ceinture de rocher une série de plus de 200 trous de mines ayant de 15 à 24 mètres de profondeur. Qu’on remarque cette profondeur tout exceptionnelle, qui est au moins douille de celle qu’on pratique ordinairement; les Irons de mines avaient 0,05 m. de diamètre à leur extrémité, et ils descendaient à 0,30 m. au moins au-dessous du niveau de dérasement qu’on entendait réaliser. Ces trous étaient à 1,50 m. les uns des autres; on y a logé des cartouches de dynamite de 0,60 à 0,75 m. de long entourées de deux couches de papier paraffiné, destinées à les protéger de l’humidité durant le temps qu’elles devaient attendre. On ne perça que quelques mines verticales; puis, tous les fils d’inflammation placés, on ouvrit une brèche dans le batardeau, pour constituer un matelas d’eau au-dessus de toute la surface minée; et, au moyen d’un'courant de 75 ampères sous 110 volts, on lit déflagrer simultanément 38000 kg de dynamite. L’opération réussit pleinement, et l’on n’eut plus ensuite qu’à draguer les déblais.
- Poteries à reflets métalliques. — Les Arabes, qui ont fabriqué des chefs-d’œuvre en cette matière, appliquaient d’abord, pour y parvenir, un composé spécial sur l’émail préalablement cuit, composé formé de sulfure de cuivre, de sulfure d’argent et d’ocre rouge; puis ils produisaient, dans le four où recuisait la poterie, une fumée intense avec du genêt vert : c’est ce même bois qui a continué d’être employé en Provence, en Italie, en Espagne.
- L’utilisation d’un sous-produit. —- Les efforts actuels de l’industrie tendant à constamment abaisser les prix de revient, on s’efforce dans toutes les voies d’utiliser les sous-produits et déchets, afin que leur vente vienne en déduction des frais de fabrication. On a, dans cet ordre d’idées, un exemple bien caractéristique pour le sulfate de ter. On s’est aper’çu que ce sulfate, additionné d’une faible quantité de sulfate de cuivre, peut rendre de très grands services pour la filtration et la purification des eaux : il agit comme coagulant et a l’avantage de ne coûter que
- peu, et à coup sur beaucoup moins cher que le sulfate d’aluminium, qui était employé jusqu’ici. Or, tant qu’on n’avait pas songé à cet usage possible du sulfate de fer, on se trouvait en présence de quantités considérables de cette matière, produites dans certaines usines métallurgiques où l’on traite les aciers au bain de décapage pour enlever les baltitures avant passage au laminoir pour le finissage ou à la filière. Voici donc les métallurgistes surs de vendre ce sous-produit qui les encombrait, et, grâce à cette utilisation d’un déchet, le traitement des eaux voit son prix abaissé d’au moins 40, peut-être même de 70 pour 100.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 août 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- La déshydratation de l’albâtre. — MM. E. Leduc et Maurice Pellel adressent une Note relative à une relation existant entre la température de déshydratation de l’albâtre et la prise du plâtre produit dans l’opération. Si la température de déshydratation est de 600° à 650° le plâtre ne prend plus.
- Propriétés des aciers au cuivre. — M. Maurice Lévy présente une Note de M. Pierre Breuil, sous-directeur du laboratoire d’essai des matières du Conservatoire des Arts et Métiers. L’auteur, dans un précédent travail, avait déjà indiqué les modifications des points critiques de l’acier à teneurs diverses de carbone lorsqu’on y introduit du cuivre. Il a continué ses recherches et communique aujourd’hui les nouveaux résultats auxquels il est parvenu. 11 a en outre étudié la résistance à la traction des aciers contenant du cuivre.
- Chimie minérale. — M. Ditte dépose un travail de M. Ouvrard dans lequel l’auteur expose un mode de reproduction des boro-slannates de cuivre, de strontium et de barium.
- Les réactions de la diasiase. — M. Roux dépose une Note de M. Jacques Duclaux relative à l’erreur que l’on commet en appliquant aux diaslases les lois de la chimie. On raisonne en effet comme si les diaslases étaient des substances chimiques ordinaires; or, elles sont analogues aux matières colloïdales. Ch. de Villedeuil.
- PHOTOGRAPHIES
- D’AURORES BORÉALES
- On sait qu’.une expédition russo-suédoise séjourna au Spitzberg, de 1899 à 1902, dans le but d’y effectuer la mesure d’un arc de méridien terrestre. Mais, indépendamment de ces opérations géodésiques importantes, divers travaux à poursuivre parallèlement constituaient un programme scientifique très étendu et très complet. Les rapports qui ont été publiés (il y a peu de temps, relativement) par les Suédois, contiennent des documents fort intéressants; dans la section de météorologie, entre autres, où le mémoire concernant les aurores boréales est accompagné de photographies de ce beau phénomène. Ces
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- photographies, obtenues par M. J. Westman, le distingué météorologiste de la mission suédoise, méritent de retenir notre attention à plusieurs points de vue.
- Pendant le séjour de l’expédition à la haie Treu-renberg (au nord deSpitzberg, laL. 79° 55'), M. West-man fit des essais pour photographier les formes caractéristiques des aurores à l'aide d’un appareil spécialement établi dans ce but. La chambre noire portait un objectif de Yoigllander et Sohn, composé de deux lentilles en verre, dont l’antérieure est simple et la postérieure double; avec un diamètre de 7,9 cm cet objectif a 24 cm de loyer, il est donc
- temps, mais l’instabilité et les déplacements du phénomène s’opposent à une telle durée de l’exposition. 11 faut donc choisir un moyen terme.
- A première vue, ces images ne semblent pas correspondre aux aspects habituels des aurores polaires telles qu’elles nous sont présentées par les descriptions et les dessins qui les accompagnent. 11 faut d’ailleurs remarquer que l’on nous montre surtout les formes les plus riches et les plus éclatantes. Mais, en majeure partie, ces phénomènes se manifestent comme des taches lumineuses plutôt indécises dans leur contour, et dont la clarté mystérieuse parait vaciller sous l’inllucnce d’un souille puissant.
- Quiconque a pu les observer dans nos climats, où clics ne sont pas d’une rareté exceptionnelle, et où elles se présentent principalement sous l’aspect que je viens de décrire, se rendra compte de la diff’i-
- Fig. 1. — l’holographie d’une aurore boréale,
- 4 janvier 1900, à 8h58, pose 2 minutes.
- très lumineux. Pour l’exposition à l’aurore boréale, l’objectif a été muni, suivant les cas, de diaphragmes de 65 ou 58 mm d’ouverture.
- On sait que l’aurore boréale possède généralement une coloration jaune verdâtre assez accusée : aussi les plaques Lumière, dont on s’est toujours servi, ont été préalablement sensibilisées pour ces radiations en les passant dans une solution d'érythrosine..
- Parmi les plaques exposées, cinq seulement ont mérité d’être publiées dans le mémoire précité. Celles que nous reproduisons ici sont les plus caractéristiques.
- En général, les temps de pose ont varié de 2 à 4 minutes. Ces poses sont trop longues et trop courtes en même temps. Voici pourquoi :
- Les aurores sont généralement animées de fluctuations importantes et rapides dans leur intensité lumineuse, leurs formes et leurs positions. A cause de leur éclat relativement faible il serait utile de pouvoir exposer la plaque pendant un assez long
- Fig. 2. — Photographie d’une aurore boréale, 5 janvier 1900, à 71' üO, pose 2'" 45 secondes.
- culté du problème lorsqu’il s’agit de photographier ces étranges apparitions. Il faudrait guetter, si possible, les instants de calme relatif; ou mieux il faut avoir la chance de tomber sur une forme suffisamment stable et lumineuse, tout à la fois.
- En définitive, ce que l’on obtient est la résultante d’une heureuse combinaison de ces deux facteurs essentiels.
- Aussi les belles photographies de M. Westman viennent-elles enrichir notablement une précieuse documentation, trop rare jusqu’à présent.
- Lucien Ruiuux.
- . Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1734.
- 18 AOUT 1906.
- LA NATURE.
- \7f
- AVERTISSEUR HAUGER PESCHEUX
- contre les explosions, l’asphyxie et l’incendie
- Les terribles catastrophes qui proviennent de la présence du grisou dans les mines, les asphyxies qui résultent des fuites de gaz d’éclairage dans les habitations, ou de la production de gaz délétères poêles à combustion lente, rendent toujours intéressants les appareils destinés à indiquer que l’air est vicié et devient un milieu dangereux .
- L’avertisseur de MM. llauger et Pescheux est d’une très grande sensibilité et il a donné aux essais dans les appartements des résultats pratiques incontestables.
- 11 se compose (iig. 1), d'une balance de précision très sensible portant à l’une des extrémités du lléau un récipient A, contenant de l’air de composition normale, et à l’autre extrémité un plateau B, de surface égale à la partie supérieure de ce cylindre.
- L’appareil est réglé de telle sorte que l’équilibre a lieu lorsqu’il se trouve plongé dans l’air remplissant les conditions normales de respirabi-lité. Mais, en vertu du principe d’Archimède, cet équilibre est rompu si le milieu dans lequel se trouve l’appareil change de densité, et c’est ce qui a lieu si l’air vient à être mélangé à un autre gaz.
- Dans le cas où les éléments étrangers à l’air sont plus légers que celui-ci, le cylindre A tend à tomber et le fléau s’incline dans le sens de cette chute ; c’est le contraire qui a lieu quand la densité dépasse celle de l’air normal..
- Dans un cas comme dans l’autre, on obtient donc un mouvement de bascule qu’on utilise pour fermer
- un circuit électrique, en faisant plonger des fils de platine dans des godets à mercure G ou D. Le courant peut être lancé dans une sonnerie placée à un
- endroit quelconque, aussi loin qu’on voudra, ou bien sur un verrou automatique qui l'ait tomber le châssis mobile d’une fenêtre dès que le besoin d’aérer se fait sentir.
- Mais pour un appareil aussi sensible qu’une balance de précision, il fallait prévoir que les changements de température e t de pression atmosphérique auraient une influence non négligeable sur l’équilibre, et les inventeurs ont paré à cet inconvénient d’une façon très ingénieuse, en plaçant sur le fléau de la balance, en P et en T, un baromètre et un thermomètre dont le détail est représenté (lig. 2). Le baromètre anéroïde P commande un levier L, portant un contrepoids dont la position varie avec les mouvements de la membrane du baromètre. Les choses sont disposées de telle sorte qu’il y a toujours compen-sation et que l’équilibre se rétablit automatiquement. Il en est de même pour le thermomètre métallique T, dont la spirale tend à se dérouler ou à s’enrouler, suivant les variations de la température, et dont les mouvements commandent un système de réglage semblable au précédent.
- L’appareil peut également servir d’indicateur d’incendie s’il y a production de fumée, car ccllc-ci modifie la composition de l’air ambiant et l’équilibre
- 12
- Fig. 1. — Appareil llauger et Pescheux avertissant quand l’air est vicié.
- Fig. 2. — unnpensatcurs do pression et de température.
- 34e aimée. — 2e semestre.
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- LA NATURE.
- se trouve rompu. Les expériences l'ai Les avec le gaz d’éclairage et le grisou ont démontré que l’appareil est sensible dès que l’air ambiant renferme 1/500“ du premier et 1/500e du second.
- Cet avertisseur a sa place marquée, non-seulement dans les mines, mais aussi dans les habitations. G. GMALMARÈS.
- LES VAGUES DE LA MER
- Leur formation
- et leur mode de propagation au large
- À l’état normal la surface de la mer est horizontale. Mais, lorsque le vent a soufflé pendant un certain temps, il se produit des ondulations plus ou moins grandes qui persistent même après la cessation du vent et qui forment ce qu’on appelle la houle. Au large, ces ondulations se produisent sous la forme de sillons parallèles de môme creux et de môme longueur, marchant avec une vitesse uniforme. Mais, en réalité, cette vitesse n’est qu’apparente, si on considère les molécules qui constituent la masse d’eau. Si, en effet, au sommet d’une vague, on jette un flotteur, on verra ce flotteur progresser dans le sens de la marche de la houle, s’arrêter, puis rétrograder avec une vitesse progressive qui sera maximum lorsqu’il se trouvera dans le creux de la vague pour s’arrêter à nouveau et reprendre ensuite sa marche directe qui deviendra maximum lorsqu’il reviendra au sommet de l’ondulation. Celte observation montre donc que les molécules d’eau dans la houle ne progressent pas avec celle-ci, mais ne subissent qu’un mouvement orbitaire d’amplitude plus ou moins grande, suivant la hauteur de l’ondulation produite par le vent.
- C’est la combinaison seule de ce mouvement orbitaire avec la vitesse apparente de la propagation de la houle qui donne aux vagues leur forme ondulée bien connue, comme nous allons l’expliquer.
- Supposons un cercle AB (fig. I), roulant sans glissement et d’une vitesse uniforme sur un fd tendu AC, dans le sens F" tic la propagation de la houle et où le mouvement orbitaire F des molécules d’eau esL suppose inverse du mouvement réel F' tle celles-ci. Si nous prenons sur le rayon AO un point quelconque F, intérieur au cercle AB et qui sera une molécule d’eau, ce point E, qui occupe Je sommet de l’ondulation, passera par un point bas F pour revenir de nouveau au point haut G, en suivant la ligne ondulée EFG, pendant que le cercle AB, dont le centre est en O, se sera déplacé, après une rotation complète, jusqu’en OC La courbe ondulée ainsi obtenue, que les mathématiciens appellent une trochoïde, est bien la représentation exacte de la forme générale des vagues au large. La hauteur de celles-ci est représentée par le diamètre du cercle EU parcouru par la molécule d’eau et sa longueur par la distance 00' qui correspond au développement du cercle AB.
- Si, au lieu de prendre le point E qui engendre la trochoïde à l’intérieur du cercle AB, nous prenons le point A du cercle, nous obtiendrons alors une forme de vague représentée par la figure 2, dont le sommet A, au lieu d’être ondulé, sera très aigu. Si, enfin, nous prenons le point générateur de la trochoïde en dehors du cercle AB, nous obtiendrons une courbe représentée par la figure 5
- où les molécules d’eau qui se dirigent suivant /', rencontreront en M les molécules se dirigeant suivant f, c’est-à-dire en sens inverse. 11 y aura donc déferlement de la crête de la vague. La théorie démontre que cet effet doit se produire lorsque la hauteur de la vague atteint le tiers de sa longueur. C’est à ce dernier fait qu’on peut attribuer ces écumes nombreuses qui s’aperçoivent souvent à la surface de la mer, môme par de grandes profondeurs et qu’on exprime en disant que la mer moutonne.
- Toutefois, dans les grandes houles du large, la hauteur des vagues n’atteint jamais le tiers de,la longueur de celles-ci. En réalité, cette hauteur ne dépasse guère les 5 ou 0 centièmes de la longueur de la vague, comme nous le verrons tout à l’heure. Les écumes qu’on remarque sur la crête des vagues dans les fortes boules sont dues à la pression du vent qui, par suite de sa vitesse supérieure, le plus souvent, à celle des vagues, les fait déferler.
- En outre de leur hauteur et de leur longueur les vagues se différencient par deux autres caractéristiques également importantes. La première a trait à leur périodicité, c’est-à-dire au nombre de secondes qui s’écoule entre le passage au même point de deux crêtes ou de deux creux qui se suivent. La seconde se rapporte à leur vitesse de propagation.
- La théorie démontre et l’observation confirme qu’il existe un rapport déterminé entre la longueur des vagues, leur vitesse et leur périodicité. Ainsi, la périodicité des lames est le 0,8 de la racine carrée de leur longueur, et la vitesse de propagation de cette vague est 1,25 de la racine carrée de la longueur de cette même vague, étant bien entendu qu’il s’agit de vagues produites au large, par de glandes profondeurs et non près du rivage où les conditions sont complètement modifiées, comme nous le verrons par la suite. Nous reviendrons, du reste, sur cette périodicité des vagues qui a une importance très grande au point de vue des constructions navales.
- La hauteur et la longueur des vagues dépendent de l’intensité du vent qui les soulève, du temps pendant lequel il a soufflé dans la même direction, ainsi que de la distance du point considéré à la côte la plus voisine qui sert d’abri dans la direction d’où souffle le vent, ce que les Anglais appellent le felch ; elle dépend également de la profondeur d’eau. C’est donc dans les endroits où l’étendue de mer libre est la plus grande et, par suite, exposée aux tempêtes les plus violentes et de plus longue durée que se produisent les plus grandes vagues.
- Les plus hautes vagues observées par des marins dignes de foi, ne dépassent pas une hauteur de 15 à 18 mètres et, encore, sont-elles tout à fait exceptionnelles. Au cap de Bonne-Espérance, le point le plus exposé du globe et entouré de la plus vaste étendue d’eau, et dans le Pacifique les plus grandes vagues atteignent une hauteur de 14 à 15 mètres et une longueur variant entre 2 et 500 mètres. Leur périodicité varie de 11 à 14 secondes et leur vitesse de propagation de 17 à 21 mètres par seconde.
- Dans l’océan Atlantique, les plus grandes vagues ne dépassent pas 12 mètres de hauteur avec une longueur de 170 à 200 mètres, correspondant à une périodicité de 10 secondes et une vitesse de propagation de 16 mètres.
- Dans le golfe de Gascogne, les vagues atteignent une hauteur de 7 mètres et, dans la Manche, elles ne dépassent pas une hauteur de 5 mètres avec une longueur de 100 mètres, une périodicité de 8 secondes et une vitesse de propagation de 12 mètres.
- Nous avons dit que la connaissance de la périodicité des
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- vagues était d’une importance très grande au point de vue des constructions navales. On sait, en effet, les graves inconvénients du roulis des navires, tant pour les passagers et l’équipage qu’au point de vue de la conservation du navire. Or, pour réduire l’amplitude de ce roulis, il faut éviter tout synchronisme entre la durée d’oscillation de la vague, c’est-à-dire sa périodicité, et la durée d’oscillation propre du navire. La connaissance de la périodicité des vagues les plus fortes que pourra rencontrer le navire à construire, est donc un facteur important qui permettra
- -f---
- au constructeur de modifier les conditions de stabilité du navire, de manière à obtenir pour ce dernier une durée d’oscillation plus grande ou plus petite que celle de la vague, mais non isochrone avec celle-ci. L’est d’après cetle théorie que sont actuellement construits les grands transatlantiques. L’est cette même théorie qui a permis au service des phares français de construire des feux flottants d’une stabilité suffisante, même dans les endroits les plus exposés, comme le feu de Sanditlié, au large de Dunkerque et celui de Rochebonne à 40 milles au large de l’ile de Hé par des profondeurs de 48 mètres. Des bateaux feux basés sur le même principe ont été construits récemment par la Trinity llouse en Angleterre et, par l’administration des phares allemands.
- Nous avons vu que c’est la combinaison du mouvement orbitaire des molécules d’eau avec celui apparent de la propagation de la boule, qui produit la forme ondulée des vagues. Lette forme ondulée ne se manifeste pas, comme bien on pense, seulement à la surface de la mer. Elle se retrouve également au-dessous de cette surface. Mais, alors, si les ondulations conservent la même amplitude comme longueur, la hauteur de ces mêmes ondulations,
- A
- toujours dues au mouvement orbitaire des molécules d’eau, va en diminuant à mesure que la profondeur s’accroît, comme le montre la ligure 4. 11 se trouve donc un point où ces ondulations deviennent imperceptibles et même nulles, et ce point dépend naturellement de la hauteur et de la longueur de la vague à la surface. Comment donc varient ces ondulations avec la profondeur et quelle est celle à laquelle l'influence des lames de surface s’annule. Il est bien difficile de répondre à cette question d’une manière bien positive. M. Bénazet, ingénieur des constructions navales, a admis pour la houle du large qu’à une profondeur égale à la longueur d’une vague, l’amplitude verticale de l’oscillation n’était plus que de la demi-hauteur de l’oscillation de surface. Du reste, l’in-lluence sur le fond varie suivant qu’il s’agit de la houle du
- large ou de vagues progressant sur un fond à pente inclinée et où celles-ci peuvent déferler. Elle dépend aussi du poids des matières rencontrées par l’ondulation sous-marine et de la profondeur où elles se trouvent au-dessous de la surface.
- Dans les premières digues construites, pour la défense des rades, suivant le système mixte, c’est-à-dire composées d’enrochements surmontés d’une superstructure maçonnée, on établissait et on établit même encore les fondations de cette superstructure au niveau des basses mers de vive eau et on les protégeait contre le choc des lames, du côté du large, par de gros blocs de déboise. Pendant les tempêtes les vagues entraînaient ces blocs, à moins de leur donner un poids considérable, ainsi que ceux de l’enrochement formant l’infrastructure jusqu’à une profondeur beaucoup plus grande que celle qu’on pensait être la limite des perturbations sous-marines. Plus lard on descendit, en Angleterre, ces fondations à 3,50 m. au-dessous des plus basses mers, profondeur à laquelle on croyait être assuré que l’iniluence des lames serait suffisamment atténuée pour ne plus avoir à craindre l’entraînement des blocs d’enrochement. On s’aperçut, cependant, que l’action des vagues était encore suffisante, dans certains endroits exposés, pour entraîner les blocs supérieurs des enrochements. Actuellement on descend ces fondations jusqu’à une profondeur de 15 mètres au-
- dessous des plus basses mers dans les endroits les plus exposés, comme au nouveau port de Pelerhead que le gouvernement anglais construit en ce moment sur la côte Est de l’Ecosse. On voit donc combien est encore importante l’influence des vagues à des profondeurs relativement grandes, surtout lorsque celles-ci viennent à modifier leur forme et leur mode d’allure en se transformant en vagues de translation à mesure qu’elles se rapprochent d’un obstacle, soit naturel, soit artificiel contre lequel elles viennent se briser.
- Lorsqu’il s’agit de matériaux ténus, l’action des vagues se fait encore sentir à des profondeurs importantes, variables, cependant, suivant la densité des matières. Ainsi le sable fin pur paraît être soulevé, pendant les fortes tempêtes, à des profondeurs de 40 mètres dans la Manche, de 50 mètres dans la Méditerranée et même de 200 mètres dans l’Océan. Mais nous ajouterons que ces données sont encore bien hypothétiques et que l’iniluence des lames, suivant la profondeur et les matériaux rencontrés, est encore, comme nous l’avons dit, un problème loin d’être résolu.
- L’est à l’influence de ces ondulations sous-marines, jointes aux courants, que sont dus, pendant les tempêtes, surtout lorsque les fonds sont formés de terrains peu résistants, les transports sur l’estran de matières arrachées de ces fonds et, souvent même, de blocs de gros volume et encore entourés des algues qui les recouvraient.
- Dans un prochain article nous examinerons les modifications que subissent les vagues lorsqu’elles s’approchent du rivage et viennent se briser sur un obstacle.
- R. Bonnjn.
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- LA NATURE.
- NOUVELLE MACHINE A COMPOSER : « LA ROTOTYPE »
- Lorsqu’on voit abonder les médicaments destinés à soigner une seule maladie, ou les machines s’appliquant à un seul genre de travail, on ne doit pas toujours en conclure que les résultats auxquels on est arrivé ne sont pas encore satisfaisants ; on peut se dire avec autant de vraisemblance que la maladie est grave, qu’il importe de lutter contre elle, que le travail à exécuter est d’importance. Précisément, en matière de composition d’imprimerie mécanique, les inventions se sont étrangement multipliées, depuis plus de 80 ans que l’Anglais Churcli parvint à faire fonctionner de façon à peu près satisfaisante une
- la composition, c’est-à-dire renvoient les caractères à leurs magasins respectifs. Les autres, tout en procédant par caractères indépendants, les fondent elles-mêmes dans un appareil annexe, mais ne les utilisent jamais deux fois (ce qui supprime la complication de la distribution), et les renvoient au creuset, quand le tirage est lait, pour que le métal serve à une autre fusion. Certaines machines composent bien en caractères mobiles et individuels, mais en choisissant successivement les matrices qui doivent donner les caractères nécessités par la composition, puis en fondant ces caractères au fur et à
- Fig. 1. — Élévation en bout et élévation latérale de la machine.
- machine employant des caractères fondus d’avance.
- Nos lecteurs pourraient aisément retrouver trace, dans la collection de La Nature, des inventions les plus typiques en la matière1 ; mais, en dehors des machines à composer dont les noms sont généralement connus, Linotype, Typographe, Monoline, Monotype, Galendoli, Graphotype, Electro-typographe, Dyotype,Thornc, Simplex, Empire, Dow,etc., il y en a bien d’autres qui n’ont pas du tout réussi, en dépit de l’ingéniosité remarquable de leur mécanisme. Du reste, les diverses machines se partagent en catégories assez nettement tranchées. Les unes composent au moyen de caractères fondus à l’avance, suivant les méthodes ordinaires, et placés dans les magasins de la machine ; elles distribuent ensuite
- 1 Voir notamment les nos 1064, du 21 octobre 1893, p. 323, 1432, du 3 novembre 1900, p. 357. 1465, du 22 juin, 1901, p. 56 et 1509, du 26 avril 1902, p. 327.
- mesure, et en les plaçant à la suite les uns des autres, pour les envoyer ultérieurement à la refonte. Parfois la conduite de la machine, des mécanismes commandant les matrices, se fait par une bande de papier perforée à l’avance, un peu à l’instar des cartons du métier Jacquard, les perforations s’obtenant à l’aide d’une sorte de machine à écrire spéciale ; sous la direction de ce carton, la composition proprement dite se fait ensuite automatiquement. Enfin, nous ne pouvons non plus oublier les machines à préparer une série de matrices représentant les divers signes ou lettres d’une ligne entière, et fondant toute la ligne d’un seul bloc, pour renvoyer, comme de juste, le métal de cette ligne au creuset, après emploi de la composition et tirage.
- En dépit de perfectionnements multiples, ces machines ne sont pas, les unes et les autres, sans présenter des défauts, et nous ne sommes pas au bout
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- des inventions nouvelles. C’est ainsi qu’un Autrichien, M. Schimmel, a imaginé une machine à composer, qui se nomme la Rolotype (et qui mérite bien ce nom), intéressante à toutes sortes d’égards, d’autant qu’elle est naturalisée française : c’est en effet un imprimeur de Metz, M. Délia, et deux imprimeurs de Nancy, MM. Hinzelin et Bergcret, qui ont lancé et construisent celle machine, après l’avoir mise au point. Celte Rototype donne une ligne fondue d’un seul hloc, mais dans des. conditions particulières ; on peut voir du reste que son aspect est bien caractéristique : ses principaux mouvements sont circulaires ou cylindriques, peut-on dire, on se trouve en présence d’un système rotatif amenant la ligne composée à la coulée, puis la ramenant de la coulée au collecteur. Et c’est pour cela que Ion remarque immédiatement la grande roue médiane qui ressemble à un volant ordinaire, et qui porte à sa périphérie, à intervalles égaux, et suivant deux diamètres se recoupant (par conséquent à -45°), quatre collecteurs transporteurs. À la situation de repos, un des transporteurs se trouve exactement au point le plus élevé de la course de la roue, un autre est exactement en avant de la machine et en position pour recueillir les matrices détachées par la pression des touches du clavier. Disons tout de suite que ces matrices rappellent un peu celles de l’Électrotypographe, qui a été décrite ici : ce sont des disques affectant une forme décagona'e à leur périphérie, et présentant une perforation pour le repérage. On voit également le trou rond percé au centre de la matrice : il a pour but de permettre à celle-ci d’accomplir un mouvement rotatif dès qirune broche est engagée dans ce trou pour former son axe. Ces disques reçoivent dix caractères, dix empreintes en creux à leur pourtour ; ce sont des lettres différentes, mais de même épaisseur: les matrices les plus minces portent, par exemple, le point d’exclamation, les lettres i, 1, etc,, tandis que les matrices les plus larges portent les majuscules larges M, W, etc.
- Le réservoir des matrices a la forme d’un angle aigu, il est très apparent sur les ligures que nous donnons ; d’ailleurs il est transparent et laisse voir au moins partiellement ces matrices, qiii descendent ou roulent par leur propre poids le long des canaux. Détachées ou déclanchées du récipient qui les contient, et amenées dans le collecteur par l’abaissement des louches, elles reçoivent dans ce collecteur, au moyen d’une petite roue à friction, un mouvement de rotation rapide ; puis elles sont arrêtées dans la position voulue et exacte par l’une des 12 goupilles qui se trouvent dans la paroi du collecteur et, sous la commande d’un piston, elles sont engagées dans le porte-lignes qui est contigu au collecteur. L’opérateur peut corriger une matrice déclanchée par
- erreur ; cepen -dant la ligne de ces matrices ne se trouve pas face à lui, mais une glace grossissante ingénieusement disposée lui permet de bien voir la préparation de la composition. La Rototype est munie d’un magasin double, et elle peut composer avec du caractère mixte, en romain et en italique.
- Si nous considérons la machine dans ses dispositions schématiques , nous voyons en cl, c2, co et c4 les 4 transporteurs, les 4 porte-lignes de matrices dont nous avons parlé, et à 45°. A chaque position, la roue est arrêtée par une goupille conique soumise à l’action d’un ressort et pouvant être ramenée à l’aide d’un levier : à chacune de ces positions un porte-lignes est donc toujours en regard du collecteur des matrices, et peut par conséquent recevoir de lui une charge de matrices. Celles-ci se trouvent primitivement dans le magasin G, et elles seront respectivement extraites quand on appuiera sur une des touches du clavier F, qui comporte 96 touches (ce qui est peut-être beaucoup pour la simplicité de la manipulation). Toute matrice sortie du magasin est amenée dans le collecteur E, pour être introduite ensuite dans le porte-lignes, comme nous l’avons dit. Quand une ligne entière de matrices a été composée de la sorte, on agit sur un levier d’embrayage spécial, qui se trouve en D, et cela met
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- en rotation la roue par l’intermédiaire d’une petite roue à dents Z qui en est solidaire ; d’ailleurs, les choses sont combinées de telle sorte que l’embrayage cessera automatiquement d’élre en prise après un quart de tour. La rotation se fait suivant la direction des flèches courbes, par suite en sens inverse des aiguilles d’une montre, et la pièce H, destinée h fermer la ligne, se ferme eflèciivement par passage devant une butée fixe et avant que la rotation ait commencé réellement de se faire. Nous noterons d’un mot seulement que les espaces des mots sont élastiques et sont resserrées par la machine pour la justification convenable. La roue transporteuse a donc été amenée dans la position 11, tandis qu’un autre porte-lignes est venu dans la position 1. Un nouveau quart de tour se fait après la composition d’une seconde ligne, et la première ligne de matrices est amenée dans la position 111, qui est la position de fusion. Le pot à fondre est en J, et la série des matrices, (pii va former moule, est en L; il s’est du reste produit une rotation d’un quart de tour de cette série de matrices. Comme, d’autre part, l’arbre B tourne grâce à sa came M, qui est fixée sur lui, il vient presser le pot contre le moule, la fonte s’effectue, et le pot peut être ramené en arrière, il est même reporté vers la gauche de la roue transporteuse ; alors l’ébarbage et le rognage de la ligne peuvent se faire, cette ligne est expulsée de son moule, et, tandis que le compositeur continue de préparer une troisième, ligne de matrices, la ligne fondue tombe sur un tablier transporteur qui la l’ait avancer et sortir par l’ouverture N, où un ouvrier pourra la prendre pour la placer sur une galée à la suite des lignes précédentes déjà composées. L’arbre B, après avoir fait un tour, est débrayé automatiquement, et le compositeur a terminé la préparation d’une nouvelle série de matrices, qui vont être entraînées dans un premier quart de la roue volant.
- Mais, quand ce quart de tour se produira, tout naturellement la première ligne de matrices va venir prendre la position IV, en haut de course, si l’on peut dire, et c’est à ce moment que les matrices seront distribuées, renvoyées à leurs magasins. Dans ce but, la pièce II, de fermeture de la ligne, bute contre une butée fixe et s’ouvre, les matrices tombent sur un plan incliné qui se raccorde à la roue transporteuse, leur chute étant provoquée par un piston à ressort qui avait été bandé au moment de la composition des matrices (et qui est disposé dans le porte-matrices). Ces matrices, en bas du plan incliné, rencontrent des dispositifs spéciaux qui assurent leur répartition dans leurs canaux respectifs.
- Celte Rototype présente un ensemble de particularités avantageuses ou curieuses : le compositeur peut faire revenir la roue en arrière, afin de s’assurer avant la fonte qu’il ne s’est pas trompé ; il peut fondre plusieurs fois de suite une même ligne (si cela est utile pour le travail de l’impression), et cela au moyen d’un levier qui remet à plusieurs reprises en mouvement le mécanisme de fonte sans que la
- roue porte-matrices bouge. Le magasin de la machine contient 60 matrices de chaque sorte, ce qui permet à l’opérateur de disposer en tout de 1200 caractères. La machine ne représente pas un prix très élevé, ce qui en facilite l’usage un peu partout. Elle n’emploie pas d’eau pour refroidir les lignes après fusion, et, ce qui a bien aussi son avantage, le moule et le pot à fondre sont éloignés du compositeur, qui n’est pas exposé à la chaleur rayonnante. La Rototype compose 6000 lettres à l’heure sans demander plus d’un huitième de cheval de force ; les brûleurs du pot à fondre sont réglés automatiquement, et la température du métal est toujours la même; du reste, la fusion peut être effectuée au moyen de lampes à pétrole là où l’on n’a pas le gaz à sa disposition. Et il est certain (pie cette nouvelle machine est susceptible de contribuer puissamment au développement de la composition mécanique et de l’impression à bon marché. Daniel Rellkt.
- ÉLABORATION DES SOURCES
- par les montagnes et forêts
- Au milieu du siècle dernier, des inondations désastreuses posèrent en France, plus impérieusement qu’il ne l’avait encore été, le problème de la « lutte contre l’eau. » La reconstitution de nos anciennes forêts montagneuses, à la source de nos rivières torrentielles, se présenta comme l’unique solution : elle est encore bien incomplète et le reboisement en est resté, sinon le seul, du moins le principal élément.
- 11 y a cinquante ans, la résistance matérielle que la végétation ligneuse oppose à la force vive des pluies ruisselantes, le feutrage hygroscopique superficiel qu’elle développe, expliquait suffisamment la stabilité du sol boisé, l’emmagasinement de ses eaux ruisselantes ; il semblait en outre que la domestication de ces eaux exigeât le reboisement intégral des versants montagneux. Ces conceptions exagérées d’inertie et d’imbibition, éveillèrent des doutes dans certains esprits, et l’on craignit que la pléthore des reboisements en montagne n’engendrât des inondations en plaine ; on pensa qu’il devait exister une limite à la capacité en eau du sol boisé et qu’il y avait danger à outrepasser cette limite. « L’éponge » sursaturée par le fait humain, pouvait déchaîner de nouveaux déluges !
- Avant d’être conquis par la végétation, le sol, inerte par lui-même, s’étale indéfiniment sous l’action des eaux élaboratrices du sol végétal. Dans les régions désertiques, le sol. « s’ensevelit sous ses propres débris » (A. de Lapparent), mais partout où accèdent les pluies en quantité suffisante (200 mm de pluie annuellement), elles sèment et utilisent des germes aériens, élaborateurs eux aussi de résistance organique, de vie végétale; la végétation devient le correctif spontané de l’érosion. La lutte mécanique de la terre et de l’eau n’a qu’une durée limitée au
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- bout de laquelle la terre « armée » végétalement est stabilisée et conquise. Les eaux n’y seront superficiellement emmagasinées qu'en vue de leur utilisation par l’action souple et progressive de la végétation.
- C’est ce double facteur physiologique et géographique qu’on négligea trop longtemps d’introduire dans la mise en équation du problème complexe des inondations et du reboisement des montagnes.
- 11 n’existe aucune limite à la capacité en eau d’une terre « qui reste couverte de bois, de mousses et de gazons » (Ë. Imbeaux) ; pas plus qu’il n’y a de formule rigoureuse, déterminant le « taux de boisement » susceptible d’assurer la régularité du régime des eaux montagneuses; qu’il n’est permis de concevoir le suicide d’une foret par surproduction d’eaux superficielles. La naissance ou la persistance d’érosions en montagne, la fréquence ou la soudaineté des crues torrentielles sont les seuls critériums de l’insuffisance de l’armature du sol à la source des eaux.
- Au point de vue physique, la masse aérienne des plantes et surtout des grands arbres fonctionne comme écran condensateur ; elle provoque dans une certaine mesure le phénomène des pluies soit par son relief propre sur le sol, soit par l’atmosphère humide qu’elle entretient au-dessus d’elle; elle atténue la force vive des chutes, garantit le sol arrosé de l’évaporation, de la lixiviation; immobilise les neiges; substitue le régime de l’inliltration lente à celui du ruissellement superficiel. Elle restitue à l’atmosphère, rapidement et par évaporation directe, une grande partie des eaux qu’elle en a reçues1. Elle soustrait les végétaux microbiens, délicats, aux extrêmes de l’intempérisme et à l’oxydation de la pleine lumière.
- Au point de vue chimique, les dépouilles périodiques, aériennes et souterraines des arbres approvisionnent superficiellement la matière hydro-carbonée, génératrice de l’humus hygroscopique et en grande partie de la vie microorganique.
- Au point de vue physiologique, l’appareil foliacé des arbres fixe le carbone, sous l’influence de la lumière et dans une certaine mesure l’azote de l’air; il restitue à l’atmosphère par transpiration physiologique la plus grande partie des eaux qui ont élaboré dans les tissus les matières minérales assimilées; enfin il assure une fonction vitale essentielle, celle de la respiration.
- 1 Sous les climats de l’Europe centrale, on estime que les orôts évaporent directement ou transpirent physiologiquement les 4/5 de la pluie tombée sur elles. Le pouvoir asséchant des forêts qui épuisent les nappes phréatiques superficielles immobiles dans le sol est très observé aujourd’hui dans les plaines de l’Europe. En montagne, l’observation, beaucoup plus délicate, est pour ainsi dire impossible vu la multiplicité des contingences hydro-géologiques : toutefois, l’absence complète d’érosion naissante et par conséquent de ruissellement superficiel sur des sols montagneux couverts de 1 orôts ou de pelouses alpines, traduit manifestement l’influence physiologique de l’armature végétale.
- A la surface immédiate du sol abrité végète une population cryptogamiquc d’algues qui participent aux vies chlorophyllienne ou microbienne, et peuvent capter, soit l’azote de l’air, comme certaines bactéries, soit le carbone atmosphérique comme la masse des autres végétaux aériens.
- Dans le sol même, prolifie tout un monde microbien, client de l’aristocratie aérienne. C’est à ces prolétaires infimes, en même temps qu’aux agents chimiques d’oxydation, qu’il appartient de « digérer » les dépouilles végétales accumulées superficiellement, de les transformer en « humus » assimilable pour les végétaux supérieurs, qui les ont fournis et qui s’en alimentent. Ces transformations sont facilitées par le « travail » de la faune souterraine, lombrics et autres invertébrés qui peuplent le sol abrité, y vivent, le fouillent, le labourent et l’aèrent, y assurant une permanente circulation de l’air et des eaux1.
- Tous ces organismes vivent étroitement solidaires, en « associations naturelles », pour ainsi dire syndiqués en vue de la plus grande utilisation des eaux superficielles ; l’un aidant l’autre pour conquérir la terre à la vie, à l’industrie humaine.
- Les manifestations de cette vie seront éclatantes dans la foret haute et dense qui couvre les premiers ressauts montagneux où les vents marins dépouillent leur charge de vapeurs. Par contre, dans les zones alpines, steppales, « l’armature » rasée multipliera ses organes souterrains, réduira son appareil aérien pour mieux puiser et moins évaporer les eaux souterraines. Dans les zones sèches, nivales, arctiques, ou sahariennes, l’armature se réduit à une avant-garde de plantes, lancée en éclaireurs sporadiques pour cramponner la vie à la matière inerte : toutes les formes végétales s’organisent en vue de la lutte pour l’eau, par de longs sommeils, des reprises de vie soudaines, répétées, au gré des vents pluviaux.
- Du sommet à la base des montagnes, comme du Spitzberg au Sahara, la végétation spontanée distribue ainsi sur le sol l’eau, le carbone et l’azote : les trois grandes énergies y gisent étroitement associées et solidaires.
- Pour exploiter les gisements, l’industrie agricole commence par dissocier l’association qui les a constitués. Elle dénude systématiquement les terres riches en plaine, pour y installer des cultures monotypes très sélectionnées et fréquemment dépaysées ; sur les terres pauvres des montagnes, le feu et le troupeau sont les instruments habituels de culture. 11 est inutile d’insister sur la désharmonie violente que le mal dit « nécessaire » des cultures apporte à la vie du sol. Ce dernier, fatalement déshumifié, dénitrifié et décalcifié par sa désarmature redevient la matière inerte qu’il était autrefois; il se reprend à lutter contre l’eau.
- En fait, les cultures de nos pays de l’Europe
- 1 Notons sans insister que c’est à ce slruqgle vital permanent que les sols boisés doivent leur salubrité bien reconnue et si exploitée aujourd’hui.
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- occidentale, soumise au régime irrégulier des vents océaniques, des pluies de reliefs et automnales, sont perpétuellement à court d’eau ou n’en ont pas au
- aujourd’hui; ceux que traduisent accidentellement les inondations de plaines1 n’en sont que des manifestations complexes, lointaines et violentes : pour en bien saisir les causes, il faut remonter aussi haut que possible à la source des eaux torrentielles.
- Le 18 juillet 1904 au soir, à la suite d’un violent orage qui s’était déchaîné sur le mont Jouvel (2000 m.), le paisible ruisseau du lkm-Rieux, subitement grossi, dévastait en quelques minutes le joli bourg de Bozel-en-Tarentaise (Savoie). Onze victimes (une d'elles n’avait pas encore été retrouvée au moment de ma visite, le 15 août 1904), la moitié du village ou rasée ou noyée sous des laves compactes et des blocages monstrueux, des routes et ponts coupés, tel fut le bilan de cet instant de fureur du torrent, ci-devant ruisseau, source d’ac-
- Fii. 1. — Ravin Pausky var. District de Ivro-lovez, gouvernement de ïchernigov; au début des travaux de correction.
- moment opportun. En France, les grands travaux d'irrigation sont absolument entravés par l’accroissement de la torrentialité de nos rivières ou de l’enfouissement des eaux superficielles inutilisées et contaminatrices des sources appauvries. Aussi la science du « travail du sol » par les façons et artifices culturaux el surtout les « cultures dérobées » a-t-elle pour principal objectif d’approvisionner à l’aide des eaux fluviales les
- zones superficielles de ce sol où s’alimentent les cultures. Le sol dénudé lutte contre l’eau, le sol armé par la végétation lutte pour l’eau.
- Les faits actuels de cette double lutte sont légion
- Fig. 2. — Haut bassin do l’Espufîa. Cordons et banquettes de rectification.
- tivité, de travail et de bouille blanche. L’examen attentif de son bassin de réception est très instructif. En amont d’une zone forestière traversée par le canal d’écoulement du Bon-Ricux, et où le boisement protégé par
- 1 La France est certainement le pays qui solde les dîmes torrentielles les plus effrayantes. De 1846 à 1875, les dommages causés aux propriétés particulières par les inondations ont été évalués à 414560000 fr., ceux causés aux digues, ponts et autres propriétés publiques se sont montés à 71 710 OtO l‘r., soit au total 486270 000 fr. en 60 ans. C’est par centaines qu’on compte les victimes laites pendant la même période dans nos bassins torrentiels. L’exportation nitrique de nos rivières qui drainent une grande partie de l’azote des fumures automnales était de 75 millions de Iran es en 1903.
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- Fig. 1. — ltaviu du district du liogmitcliar,'gouvernement de Voronèje. Correction par clayonnages.
- le régime forestier protège à son tour immédiatement l’agglomération de Bozel, la culture agricole a
- rcaux, en partie exploités comme feuillards, sont les restes de l’ancienne association forestière protectrice
- Fig. 5. — Commune de Brusquet (Basses-Alpes). — Bassin moyen de la Durance.
- Terres noires (lias) peu accidentées et antérieurement ravinées. Premiers reboisements. Le début des travaux remonte à 1877.
- commencé la dénudation, en élageant des terrasses aujourd’hui converties en herbages. De nombreux arbres isolés, tilleuls, frênes, érables, épicéas, su-
- du sol ; ce dernier a, de loin, l’aspect d’un verger. Plus haut, dans la zone subalpine, une forêt d’épicéas couvre la partie gauche du bassin. Elle est
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- d’abord très dense, dans la limite de protection que lui assure le Régime foreslier : au delà, le massif, abandonné à la libre jouissance des habitants, n’a plus de forêt que le nom, c’est une épave, un lambeau de boisement pantelant et raviné, où l’érosion des gypses et cargneules du sous-sol entaille de profonds et blancs ulcères. Leurs ramilications ultimes remontent bien haut sillonner l’Àlpe. Sur le liane droit du bassin, des restes de taillis d’aunes verts et de génevriers, dont le feutrage constituerait une cuirasse végétale à toute épreuve pour le sol, sont exploités et incendiés avec acharnement parles bergers. Malgré la chasse formidable où 18 juillet, beaucoup de ces ravins sont encore, à leur origine, gorgés de matériaux meubles, réserves disposées pour la prochaine mobilisation torrentielle. 11 eût fallu pouvoir expliquer aux sinistrés cette lumineuse leçon de choses, qui n’est pas spéciale aux régions de haute mon-
- tagne.
- On ne saurait citer des faits plus démonstratifs du dérèglement des eaux, consécutif à la mise en culture du sol, que ceux très étudiés aujourd’hui dans la grande plaine russe.
- En 1861, un ukase libérateur affranchit le serf russe et allotit à son « mir » (commune), sous un régime spécial, des terres seigneuriales prises dans les steppes du tchernoziom. Cette riche proie culturale était abritée sous un manteau herbacé qui avait mis de 2 à 6 mille ans (Ryprecht) pour y accumuler un humus estimé alors inépuisable. Il serait probablement resté tel pendant de longs siècles encore, si le fait violent de la désarmature du sol parla culture n’avait profondément modifié le régime des eaux superficielles. Sur un sol plan, relativement filtrant, où les précipitations atmosphériques se font surtout sous forme de neiges, l’érosion du sol s’est subitement manifestée avec des proportions Saisissantes (fig. T>) ; les sables volants provenant d’une terre lœs-soïde alluvionnent aujourd’hui des millions d’hectares autrefois cultivés, ils menacent les agglomérations; les cours d’eau s’assèchent, le sol se stérilise. La disette ligneuse est telle dans ces plaines glacées par les vents polaires, que le moujik chauffe ses poêles avec la paille de ses récoltes ; à 50 kilomètres de part et d’autre du Transcaspien, ses constructeurs ont brûlé les moindres touffes de « saxaones » fixatrices des sables : on cherche aujourd’hui à arrêter par des travaux de correction (fig. 1 et 4) et des reboisements la progression des ravins et de l’ensablement (fig. 5). Il n’est pas douteux que le dépècement actuellement projeté des terres russes, sans aucune réserve pour les boisements existants, n’ouvre une ère nouvelle de dévastation du sol.
- Dans le Far-West, la vie intense et sauvage du , pionnier nomade déchaîna au siècle dernier la « lutte pour et contre l’eau » sous « l’inondation vivante » du troupeau : elle a pris des proportions désastreuses avec la fabrication de la pâte à papier. Aussi les pluies torrentielles se dessinent-elles comme frappées à l’emporte-pièces au milieu de clairières forestières
- rapidement dévastées et bien vite abandonnées (fig. 2). Le président Roosevelt s’est énergiquement élevé contre ce pillage organisé du sol, réclamant une « action fédérale » pour y mettre fin : chaque Etat a rigoureusement fait la part du feu... et du mouton, dans les régions montagneuses, pour garantir les sources de l’eau, la sécurité des populations de plaine et la fertilité du sol.
- On sait combien est ardente la réaction organisée en Espagne, restée si longtemps la proie du mérinos, par les ingénieurs de montagne, contre la dénudation des sierras. La faillite des barrages-réservoirs atterris ou rompus dans ce pays de la « Politique hydraulique »,lcs inondations désastreuses et périodiques, la propagande des Fêtes de l’Arbre ont facilité les grands travaux de restauration du sol montagneux aux régions de sources, des canaux d’irrigation qui alimentent les riches vegas et huertas du littoral méditerranéen.
- Il serait facile de suivre, chez tous les peuples civilisés, le mouvement qui s’organise aujourd’hui, moins pour se défendre des inondations accidentelles, qu’en vue de l’utilisation permanente et progressive des eaux.
- Après la doctrine de Licbig sur la nutrition minérale des plantes, une série de révélations culturales se fait jour par l’étude des matières organiques du sol, de son « humus ». Puis avec le génie de Pasteur s’élargit de plus en plus l’horizon sur « le rôle gigantesque des infiniments petits » (L. Grandeau) principaux élaborateurs de cet humus. « Le règne des engrais azotés finit, celui des bactéries commence » disait P.-P. Déhérain, sans se douter que, peu d’années après, d’illustres bactériologistes et hydrau-liciens réussiraient à domestiquer le travail des nitro-bactéries, à capter par la houille blanche l’azote de l’air, à créer ainsi une profusion de richesses nouvelles qu’on entrevoyait, il y a peu d’années, comme susceptibles de « révolutionner l’économie du monde » (Helbriegel et Willfarlh).
- En réalité, cette révolution ne saurait être réalisée que le jour où les physiciens et météorologistes auront trouvé dans les montagnes de nouveaux rochers d’Horeb, où les agriculteurs pourront aller puiser de l’eau à volonté.
- La question des montagnes, sources des eaux, se dégage ainsi avec sa vraie valeur économique à l’aurore du « siècle de l’eau» (Schwab). Tel le cerf-volant de Franklin allait chercher la foudre au sein des nuages, telle la montagne puisera sans cesse dans les nuages l’énergie, la fertilité, la vie pour la distribuer au loin, si en protégeant la parure spontanée de ses pelouses et de ses forêts, on sait développer et domestiquer la houille blanche. L.-A. Fabre.
- 1 En France notamment il y a lieu d’applaudir à l’initiative remarquablement utile qu’a prise en 1905 M. Ruau, ministre de l’Agriculture ; par l’institution d’un comité d’études scientifiques près la direction de l'hydraulique agricole, nombre de questions importantes sont sorties du domaine trop étroit de l’initiative privée pour entrer dans celui du développement officiel et des applications matérielles.
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- NOTES SUR LA SISMOLOGIE
- La sismologie ou science des séismes s’occupe de toutes les secousses et ébranlements qui se produisent à la surface de la terre, et de leur enregistrement par des appareils spéciaux, qui s’appellent des sismographes ; les dessins automatiques, obtenus par ce dernier moyen, se nomment des sismo-grammes et permettent de se rendre compte de toutes les circonstances dans lesquelles le phénomène s’est produit, heure exacte, direction, intensité. Les observations les plus complètes ont été faites, depuis plusieurs années, sous les auspices de l’Association b r i t a il n i q u e pour l’avancement de la science, d’abord au Japon, et ensuite dans le monde entier, en particulier à Strasbourg, qui. est une des stations les mieux installées.
- 11 paraît aujourd’hui démontré (jue, le nombre total des secousses perceptibles étant de plus de 50000 par an sur toute la terre,
- 500 environ ont une importance assez grande pour pouvoir être enregistrées par des appareils appropriés, sur tout l’ensemble de la surlace terrestre. Il semble établi par un grand nombre d’observations concordantes que, pour tout ébranlement lointain, la propagation comporte au moins deux séries d’ondes vibratoires ; la première, se propageant par l’intérieur de la terre, avec
- une vitesse moyenne variable selon la distance; la seconde, et la plus sensible, cheminant par l’écorce solide avec une vitesse constante. La différence entre l’heure d’arrivée des deux séries au même poste ferait présumer la distance du foyer initial ; la combinaison des observations recueillies sur plusieurs points permettrait alors d’établir l’emplacement de ce foyer. Il importe donc de multiplier le plus possible les stations d’observation.
- L’instrument le plus parfait pour les observations sismiques est actuellement le pendule triple horizontal de Rebeur-Ehlert, à enregistrement photographique, fabriqué par la maison Bosch, de Stras-
- Pile
- Fig. 1. — Sismographe Kilian-Paulin.
- bourg, et fonctionnant un peu partout, en Allemagne, en Belgique, en Russie, etc. 11 faut citer aussi les microsismographes italiens. Malheureusement le prix du premier, 2500 francs, et les frais d’entretien et d’observations constantes, que l’on peut évaluer à un minimum de 1400 francs par an, constituent une grosse dépense que peuvent seules supporter quelques stations de premier ordre, largement subventionnées ; cela nécessite un personnel que l'on ne
- trouverait sans doute pas gratuitement dans les Facultés françaises.
- Les microsismographes italiens sont moins précis cl de plus demandent une installation compliquée et coûteuse, à cause de leurs pendules verticaux à très longue tige. Il existe, à côté de ces appareils de premier ordre, d’autres instruments moins parfaits, mais pouvant rendre cependant de grands services, tels que le pendule léger de Milne, le pendule lourd, dit de Strasbourg (une paire de pendules horizontaux, orientés à 90°), les sismographes avertisseurs du P. Cecchi, de M. Agamemnone ou de M. Angot, tous d’un prix plus abordable que les appareils de premier ordre, surtout les trois derniers. Pour leur description qui dépasserait le cadre de cet article, je renvoie aux ouvrages des spécialistes. Je m’occuperai seulement de donner une idée d’une modification apportée au sismographe du système Angot, et qui fonctionne, d’une façon satisfaisante, actuellement à la Faculté des sciences de Grenoble.
- Le géologue bien connu Ch. Lory, qui occupait autrefois la chaire de géologie à l’Université de notre ville, avait fait installer, il y a de nombreuses années, un appareil Angot, à trois pendules (un pour les secousses N.-S., l’autre pour celles E.-O., le troisième pour les secousses de hases hautes ou verticales) qui ne donna pas les résultats attendus, malgré de forts tremblements de terre ressentis dans la région (Vienne, 1892, etc.). M. le professeur
- u, (r<-
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- W. Kilian, qui lui succéda, se rendant compte de l’importance de la fixation de l’heure initiale des secousses sismiques, indications que le mouvement d’horlogerie qui sert à mettre en marche les rouleaux enregistreurs du sismographe Angot, ne peut iournir que d’une façon relativement peu précise, imagina, avec le concours de MM. Radier et Paulin, constructeurs à Grenoble, d’annexer au sismographe de la Faculté un instrument qui semble compléter d’une façon assez heureuse l’enregistreur Angot. Cet appareil se compose (voir le schéma fig. 1) :
- 1° D’un point A suspendu par des ressorts à boudins R 1\' et pouvant glisser le long d’une tringle T. La partie inférieure de ce poids est en relation avec un levier L, équilibré par un ressort h boudin;
- 2° D’un pendule conique B sus-. pendu par un fil d’acier de 1 mm de diamètre; ce pendule peut se mouvoir dans tous les sens :
- 5° D’un mouvement d’horlogerie C, mû par un ressort et pouvant indiquer l’heure, la minute et le cinquième de seconde avec exactitude. Cette horloge est semblable à celles qui sont employées dans la marine.
- Les aiguilles de cette horloge sont toutes les trois à 0, lorsque l’appareil est au repos et l’échappement est enclanché par un arrêt très sensible. ♦
- Le poids A et le pendule B sont indépendants l’un de l’autre et peuvent agir simultanément ou séparément, le premier sous l’in-lluence de mouvements verticaux, le second par l’effet d’oscillations latérales. Le .poids A lient en suspension, au moyen d’une série de pointes placées en quinconce sur le levier L, un marteau disposé verticalement, de façon à ce que son poids n’occasionne que peu de frottement sur les goupilles en quinconce. Les moindres oscillations verticales du poids détermineront donc la chute de ce marteau, qui déclanchera, en tombant, la pendule C; celle-ci se mettra en marche aussitôt. Une sonnerie électrique avertit en même temps le personnel de la Faculté.
- Le pendule conique B est muni, à son extrémité, d’une lige en laiton i, entourée d’un cercle de platine. A l’état de repos, cette tige occupe le centre d’une bague K, garnie également d’un cercle intérieur de platine. L’espace vide laissé entre la pointe du pendule et la bague est d’environ 1,5 mm. Le
- pendule conique est en communication avec une pile et la bague isolée est reliée à un électro-aimant, dont l’armature tient en suspension un marteau.
- Dans ces conditions, les moindres oscillations latérales, quel que soit leur sens, déterminent le contact de la tige I et de la bague K; le courant électrique actionne l’éleclro-aimant; l’armature est attirée, et le marteau, en tombant, déclanche l’horloge qui se met en marche, ainsi que la sonnette d’avertissement. L’appareil est fixé sur le même pilier que le sismographe Angot, pilier construit sur des fondations spéciales, qui malheureusement reposent sur les terrains d’alluvions qui forment le sous-sol de la ville de Grenoble; il est certain que s’il pouvait être établi sur le rocher, notre appareil enregistrerait plus de secousses par suite de la dureté du sol qui transmettrait mieux les vibrations. On conçoit aisément que, le chronomètre C mis en marche par la première secousse, il est facile, en se procurant, par un moyen quelconque, l’heure exacte, de remonter, par un calcul très simple, à. l’heure initiale du phénomène; on peut augmenter la rigueur de l’observation en tenant compte du temps, un tiers de seconde environ, que mettent à tomber et à déclancher le chronomètre, les marteaux actionnés par le poids A ou le pendule B.
- Ajoutons que le chronomètre C est mobile et portatif, de façon à pouvoir être transporté dans un observatoire.
- On voit qu’avec la modification Kilian-Paulin du sismographe Angot, on peut reconnaître : \°Yheure exacte initiale du phénomène sismique; 2° l'ordre de succession des secousses verticales et latérales ; 5° la direction des secousses; 4° leur durée et leur forme, tout en bénéficiant en plus d’une économie de temps et de personnel. En outre, au moyen de la sonnerie d’avertissement, l’appareil, que possède la Faculté des sciences de Grenoble, rend possible une étude plus attentive des phénomènes qui suivent le premier ébranlement.
- Remarquons enfin que, tel qu’il est, notre appareil est loin de donner des renseignements complets sur la mobilité du sol. Les études effectuées au Japon ont démontré l’influence de la longueur des pendules sismographiques et de leur poids sur leur sensibilité. En effet, certaines secousses ne mettent
- Sismographe Kilian-Paulin.
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- en mouvement que des pendules d'une longueur déterminée et restent sans action sur d’autres ; il laudrait donc que le sismographe lut pourvu de toute une série de pendules de longueur et de poids divers. Actuellement la station la plus perfectionnée est celle de Strasbourg (Alsace), qui est pourvue d’appareils divers se contrôlant les uns les autres, et de la plus grande sensibilité.
- Parmi les secousses enregistrées par le sismographe Kilian-Paulin, de notre Faculté, je relève les suivantes :
- 5 novembre 1895, oscillation dirigée N.-S. Heure initiale du phénomène 4h 12m 50s malin (temps moyen de Paris). Quelques jours après, M. Fouqué, qui avait bien voulu transmettre les observations de de M. Kilian à l’Académie des sciences, nous communiquait deux notes de M. le professeur Eschenhagcn de l’observatoire de Polsdam, signalant un ébranlement sismique S.-O. le 5 novembre à 5h 4m50s malin (heure de Polsdam). Ce professeur se base sur les indications fournies par notre sismographe (lesiiuii en France, à notre connaissance, qui ait enregistré le 5 novembre la secousse ressentie à Polsdam) pour calculer la vitesse de propagation du phénomène (1,94 km par seconde).
- 22 mars 1894, oscillation N.E.-S.O, à 10h 49,n 5S matin (temps moyen de Paris) qui a eu son maximum d’intensité au Japon.
- 14 avril 1895, secousse à 10h29in30s soir; 18 mai 1895, secousse à 8h 8m 31s soir.
- En 1897, deux légères secousses, le 15 juin et le 50 juin à 111128“' matin.
- En 1898, 4 mars, oscillation à 9ll17m55s soir N.-S. ; 6 mai à lh 25m 17s soir N.-S. et 22 juin à 7h lm 5S malin N.-E.
- En 1899, 10 septembre à 10h5m40s soir et 25 novembre à 10h 10m50s N.-O.
- En 1900, 24 novembre 8h 20"“ malin, ressentie à Laybach à 9h 10,u (heure de l’Europe centrale); à Strasbourg à 91' 8m 15s (heure Europe centrale). En ramenant l’heure de Paris à l’heure Europe centrale la secousse aurait donc été observée à la même heure que les deux précédentes soit 9*“ 10"“ 59s.
- En 1901, le 15 mai à 81'21m50s matin N.-E., secousse ressentie dans toute la région de Valence; Crest, Saillans. Le 8 novembre secousse N.-S. à 3h5m 22s soir.
- En 1902, 6 mai à 5h4m49s N*-E. ressentie à
- Bordeaux et le long de la côte méditerranéenne orientale d’Espagne. D’après les observations recueillies, cette secousse affecterait l'effondrement en ovale méditerranéen, qui a découpé la côte orientale d’Espagne. 11 est intéressant de remarquer que c’est également le long d'un effondrement en ovale méditerranéen, celui des Petites Antilles, que le surlendemain 8 mai a eu lieu la terrible catastrophe de la Martinique.
- En 1904, 27 février à 7h8m29s soir, secousse N.E.-E., ressentie vers 8 heures à Modène, Florence, Urbino et plusieurs stations italiennes; 4 avril à 10'“ 18m 48s matin, secousse ressentie entre midi et une heure à Bucarest N.E.-S.O., avant midi à Belgrade et en Serbie, entre midi et midi 50 minutes à Sofia; 12 juillet, très iorte secousse à 5h 40m 55s matin N.E.-E., ressentie avec dégâts autour de Briançon (Hautes-Alpes) .
- En 1905, 29 avril à lh59m 15s matin. Cette secousse a été la plus forte que nos appareils aient jamais enregistrée (maximum de longueur d’onde qu’ils puissent noter). Voir le schéma (fig. 4); 8 septembre à lh57m35s matin S.-E. correspondant aux désastres de Calabre entre Beggio 2h 44"“ matin, Messine 2h 45"' et Catan-zarro 2'“55 (heure italienne) ; 8 décembre, secousse verticale très forte, la seule de cette forme qui ait jamais affecté nos appareils à 9h 52m 50s, indiquant le rapprochement de l’épicentre du séisme.
- Enfin, en 1906, lorte secousse le 51 janvier à 4h 4"“ 50s soir
- S.-S.E.
- Par contre, le terrible ébranlement de San Francisco du 8 avril, qui s’est fait ressentir presque par le monde entier, Los Angeles, Washington, Manille, Barcelone, Melbourne, Wellington, etc., n’a pas été remarqué à Grenoble; trois ans auparavant, en 1905, la série violente et prolongée de tremblements de terre de San Francisco, à la suite de laquelle Pile de Guam s’était élevée, n’avait pas non plus été ressentie à Grenoble. Je dois faire observer que les heures que je donne ci-dessus sont approximativement exactes, à quelques secondes près, temps moyen de Paris. Quant au nombre des secousses enregistrées, il est relativement faible en comparaison de la Iré-quencc de celles qui ébranlent constamment l’écorce terrestre; mais nous le trouvons suffisant pour
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- une station comme la nôtre, outillée sommairement et ne disposant pas d’un service spécial; d’ailleurs nous nous demandons s’il serait d’une très grande utilité d’enregistrer toutes les secousses, même les plus petites?
- Comme conclusion de tout ce qui précède, il ressort qu’il y aurait une grande utilité à multiplier les
- Fig. 4. — 2‘J avril 1905. 1" secousse, F'oO' lo” malin ;
- "2" secousse, WW malin. Évolution de 45““ direction N.-S. et E.-O.
- observations sismologiques dans deux buts disLincts : 1° pour ce qui concerne la France, où les tremblements de terre sont rarement désastreux, afin de faciliter l’étude scientifique des phénomènes et la solution des problèmes généraux relatifs à la constitution interne du globe et l’équilibre de son écorce; 12° pour les pays sujets à des séismes violents et dévastateurs, afin d’aider à adopter des règles spéciales pour la construction des habitations et à établir des courbes isosisles, pouvant faire connaître les endroits les plus menacés dès le début des ébranlements1. Paul Reboul.
- Consocvatcui' des collections géologiques cl minéralogiques de la Facullé des sciences de Grenoble.
- CHRONIQUE
- Rôle des œufs dans l’alimentation des insectes. — Les œufs sont, comme chacun sait, un des meilleurs aliments dont sc nourrisse l’espèce humaine. Toutefois, ce serait une erreur de croire qu’à l’homme seul revient le mérite de ce genre de parasitisme spécial qui consiste à vivre au dépens d’un autre animal avant même qu’il ne soit formé dans l’œuf. Ainsi, le D1' P. Marchai a montré, dans un travail récent, par de curieuses observations, que cette nourriture est très appréciée par certains insectes. Yoici les faits. On sait que l’orme a un ennemi dans un petit coléoptère, dit galénique de
- 1 N. B. Des renseignements pour cet article ont été puisés dans de Lapparenl : Rapport à l’Académie des sciences du 12 juillet 1903 et W.Kilian : Notes sur le, sismographe Kilian-l’aulin ; Travaux du laboratoire de géologie de la Faculté des sciences de Grenoble, 1892, etc.
- l'orme, dont les larves vivent en dévorant ses lénifies. Par un juste retour, à parasite parasite et demi, la gale-rucella luleola est à son lotir mise en coupe réglée par un autre insecte, du grand groupe des hyménoptères, le Tetraslichus xanthomelanœ. Ce minuscule insecte utilise dans un double dessein les œufs de la galénique, il s’en sert comme nourriture et comme couveuse pour ses propres œufs. Comme la plupart des hyménoptères, le tetraslichus est armé d’une tarière aiguillon; c’est avec cet instrument qu’il perfore l’enveloppe de l’œuf, après avoir soigneusement choisi sa place par tâtonnements; cette opération, qui demande une lionne minute, se fait par un mouvement de va et vient de la tarière; sitôt qu’elle est terminée, l’insecte, ayant retiré la tarière, place sa tète au point oit celle-ci se trouvait tout à l’heure et lèche avec avidité la plaie qu’il a faite et par laquelle s’écoule la substance de l’œuf; puis il recommence son travail de sondage et ensuite à nouveau son léchage. Lorsqu’il a fait ce manège plusieurs fois, il va faire un tour de promenade sur la feuille pour, revenir bientôt à nouveau vers l’oeuf attaqué et continuer à le dévorer. Le repas peut être très long et nécessiter jusqu’à 25 visites et 'léchages en 45 minutes. La môme opération qui sert à la nourriture du tétrastichus sert en même temps à sa ponte : dans l’œuf perforé, il dépose sou œuf à lui qui dès lors se développera dans lasubslanee de l’hôte et à son détriment. Le tetraslichus cause donc de graves préjudices à la galénique, mais en même temps, par là même, il rend de très sérieux services à la santé des ormes, et lorsque ceux-ci seront de nouveau en proie à l’infection des galéniques, nos sylviculteurs sauront, grâce à M. le IF Marchai, où chercher le soldat mercenaire, tout indiqué pour les combattre et s’enrichir de leurs dépouilles.
- L’origine de la vie dans les lacs. — Les jeunes et belles Annales de biologie lacustre, dont le premier fascicule est paru au commencement tle 1906, contiennent, entre autres choses intéressantes, un remarquable travail de MUo Rina Monti, qui apporte quelque lumière sur l’origine de la faune et de la ilore des lacs. M110 Monti a demandé la solution de la question aux lacs alpestres. Dans cette région en effet les lacs sont tous d’origine très récente et quelquefois même comme pour le lac des Séracs le souvenir de leur formation s’est conservé chez les hommes qui en ont été témoins. M"° Monti montre fort clairement que les premières formes vivantes que l’on rencontre dans un lac sont uniquement des végétaux; ainsi le lac des Séracs ne comprend que des diatomées et une palmellacée, en tout cinq espèces vivantes. Puis on trouve des lacs — lac supérieur d’Ong, lac Tignaga, près le Mont-Rosa,— où des organismes animaux se rencontrent en surplus des algues : ce sont des rhizopodes, qui font précisément leur nourriture des diatomées. Les premiers stades de peuplement de ces lacs sont donc : 1° adaptation de diatomées, qui vivent en absorbant l’acide carbonique dissous dans l’eau; 2° adaptation d’organismes animaux inférieurs à qui la présence d’une population végétale assure le vivre. Comme bien entendu il ne saurait s’agir de génération spontanée, ces premiers habitants des lacs y viennent par colonisation. Tantôt ils émigrent par voie d’eau d’un lac voisin vers le lac nouveau, tantôt ils arrivent par les ruisseaux qui s’échappent de celui-ci, et en remontant leur cours; enfin dans le cas des lacs isolés, il faut faire intervenir uniquement un transport passif, dissémination des germes par les vents, les insectes, les oiseaux plongeurs, le chamois.
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- Stations hydro-électriques dans l’Inde. — Un
- s'apprête, paraît-il, à distribuer la force motrice sous forme de courant électrique dans le plus grand nombre des filatures de Bombay et de la région : cela constitue un progrès des plus importants, car les moteurs électriques ont pu déjà faire brillamment leurs preuves dans l’industrie textile. Un se propose d’utiliser les eaux courantes qui sont en abondance dans les Gbats, et l’on va poser une canalisation sous pression qui donnera une chute d’une hauteur de 520 mètres.
- Hôtels ouvriers pour mineurs. — Nous prenons ce titre un peu bizarre pour faire comprendre qu’il s’agit là de quelque chose d’analogue aux maisons ouvrières et aux corons, à cela près qu’on fournit des chambres au lieu de maisonnettes aux ouvriers, qui sont des ouvriers non mariés, et que le service est compris dans le prix de pension, les célibataires ne pouvant, guère « faire leur ménage ». Une installation de ce genre existe aux charbonnages du llazard, près de Liège, une autre au charbonnage allemand de (lueisenau; la plus récente que nous connaissions est celle des charbonnages Dahlbusch. Les chambres des ouvriers contiennent chacune un lit en fer avec paillasse et matelas, un oreiller, deux draps, deux couvertures, une chaise et une armoire en fer; cette chambre est absolument indépendante et ferme à clef. Mais les diverses chambres sont disposées dans une vaste salle d’ensemble qui leur constitue un plafond commun situé à une hauteur suffisante pour que l’aération soif excellente; dans la chambre même, sur le haut des cloisons, qui montent, à 2,50 m., est tendue une solide toile métallique qui isole matériellement la chambre. Les cloisons laissent d’autre part au niveau du sol, et sauf à l’aplomb des appuis indispensables, un espace libre de 0,20 m. facilitant nettoyage et aération. Tout est chauffé par la vapeur à basse tension et éclairé à l’électricité, l’une et l’autre venant du siège d’extraction voisin. Dans le milieu du bâtiment, sont les lavabos où les ouvriers vont faire leur toilette; les cuvettes sont à bascule et tout est entretenu avec une scrupuleuse propreté. Ajoutons que les ouvriers pensionnaires ont à leur disposition un réfectoire où ils peuvent s’installer pour manger, la Société leur fournissant môme des objets de consommation à prix coûtant; puis un séchoir pour vêtements, une salle de désinfection, et, une salle de lecture. Même en faisant également porter les calculs sur les logements plus confortables créés de façon analogue pour les employés, et en tenant compte de la vaisselle et du linge aussi bien que des meubles, les frais d’installation n’ont pas dépassé 815 francs par tète; l’entretien journalier par ouvrier ne dépasse pas lfr,50. Ce n’est guère quand on compare ces sommes à celles que l’Administration dépense pour le moindre asile hospitalier.
- Remarquable vitalité de 1’ « Amphioxus lan-ceolatus ».— U Amphioxus est ce singulier petit animal auquel le naturaliste allemand llœckel, dans ses ouvrages de vulgarisation, proposait d’élever un temple où on aurait célébré son culte comme les Orientaux célèbrent celui des ancêtres. La plaisanterie est sans doute excessive, mais l’Amphioxus n’en est pas moins un des êtres les plus intéressants de toute la série animale. N’étant déjà plus un invertébré, il n’est pas encore un vertébré et il marque le passage d’une de ces deux grandes sections, de l’animalité à l’autre. Il est fort probable que dans la suite des temps le passage effectif des invertébrés aux vertébrés a dû se faire par des formes analogues sinon identiques aux Prochordés. actuels, dont Y Amphioxus lanceolatus est le
- type le plus connu. M. K. Yung a présenté à la Société de physique et d’histoire naturelle de Genève, dans sa séance du 5 avril, huit échantillons de ce petit animal provenant de Messine et très remarquable par la vitalité. Depuis six semaines qu’ils étaient dans la même eau de mer, peu abondante, et sans nourriture, ils n’avaient rien perdu de leur agilité. L’un d’eux, blessé au cours du voyage, avait le corps en deux tronçons qui tenaient ensemble uniquement par la chorde dorsale (analogue à la colonne vertébrale des vertébrés); il survécut cependant pendant un mois. Un autre a pu se ranimer après avoir été mis en observation sous le champ du microscope, dans de l’eau contenant un tiers d’alcool. Enfin un troisième, dont on avait détruit la moelle au moyen d’un fil de verre très fin, a pu subsister quatre jours encore après cette grave lésion.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i3 août 1906.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Musique. — M. Maurice Gandillot adresse une Note sur les lois de la musique.
- Les aciers au cuivre. — M. Maurice Lévy envoie un nouveau Mémoire de M. Pierre Breuil sur les aciers au point de vue de la torsion et de la corrosion ainsi qu’au point de vue micrographique.
- U irrigation des sols. — MM. Munfz et Faure présentent un travail sur les conditions du développement du système des irrigations. L’eau est le facteur le plus puissant de la fécondité des terres, elle peut doubler et tripler le rendement de certaines terres, rendre fertiles des terres stériles. La France est en retard sur certains pays voisins au point de vue de l’irrigation des terres. Un a donné pour cause de cet étal de choses, l’ignorance des cultivateurs, leur manque d’esprit de discipline, la lenteur des formalités administratives à remplir avant de construire de grands canaux. Toutes ces raisons sont exactes et il faut même y ajouter l’insuffisance de rendement financier des entreprises de construction de canaux. Toutes ces entreprises ne sont productives qu’à longue échéance. Il suit de là que seul l’Etat peut s’en charger. Il y a d’ailleurs intérêt,, car il augmente les ressources qu’il tire de l’impôt foncier des terres et celles qu’il tire directement des produits de ces terres. Le véritable moyen de rendre les irrigations très productives, c’est de donner aux terres les véritables quantités d’eau dont elles ont besoin et non une quantité d’eau uniforme qui charge d’un excès de dépenses, sans rendement proportionné, les terres trop arrosées et qui ne permet pas de tirer tout le parti possible des terres insuffisamment arrosées. Pour fixer celte quantité, l’élément essentiel à considérer, c’est la perméabilité des sols. Mais la perméabilité de terres de constitution géologique identique est variable. L’expérience a été. faite par les auteurs sur les alluvions de la vallée de l’Ariège, de la vallée de la Garonne et dans la plaine du Forez. Un peut toutefois acquérir aisément une indication approximative très suffisante de cette perméabilité en recourant pour l’évaluer à un appareil fort simple imaginé par les auteurs. Ils ont constaté que, même dans des périmètres peu étendus, elle peut varier du simple au décuple et même au centuple. Ces faits expliquent certains insuccès et sont en réalité la cause de l’hésitation des agriculteurs à souscrire des abonnements. Avec le système proposé la charge
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- LA NATURE.
- cl’eau se trouverait proportionnée à la valeur du sol et aux bénéfices tirés de l’arrosage, et les cultivateurs n’hésiteraient plus, comme ils le font aujourd’hui, a souscrire des abonnements d’irrigation. MM. Muntz et Faure se proposent d’établir, à l’aide de leur procédé, une échelle de perméabilité dans laquelle on pourra faire entrer tous les sols. A. chacun des degrés de celte échelle correspondrait l’emploi d’un certain volume d’eau moyen. On pourrait de a sorte, en présence d’un sol donné, déterminer à l’avance, par quelques recherches très simples, dans quelle catégorie il doit être rangé et par suite le volume d’eau qui lui est nécessaire. Ou. de Yii.i.edeuil.
- BATEAUX ELECTRIQUES
- Il est certainement intéressant de suivre les évolutions d’un petit bateau sur une grande nappe d’eau. Mais il faut cependant que le bateau se déplace à une certaine vitesse ; il faut qu’il soit poussé par le vent, mieux encore par la vapeur, disons en effet le dernier mot, par l’électricité.
- Depuis longtemps déjà, les bateaux électri -ques sont connus.
- Qui ne se souvient des canots électriques de Trouvé en 1889?
- le moteur électrique pendant 4 heures. Notre ligure ci-jointe montre à la partie inférieure la forme complète du bateau de course. Au milieu de celui-ci, on voit la disposition adoptée : une pile constituée par 5 lames de charbon entourant 2 zincs amalgamés montés en quantité fournit au moteur la puissance électrique nécessaire pour marcher pendant 4 heures. Le moteur électrique est à attraction magnétique ; ce système est lent et fort, et il peut être attelé directement à l’arbre de l’hélice, sans développer de grandes vitesses. Ajoutons encore que l’entrainement de l’hélice se fait à l'aide d’un toc, sorte de replis de chacun des deux arbres qui se touchent, et celui-ci permet aux 2 axes de ne pas être dans le prolongement l’un de l’autre et d’éviter le coinçage. On peut du reste voir ces diverses pièces à la partie supérieure de notre dessin.
- Le halcau électrique. La pile et son moteur.
- 11 est intéres-
- sant de fixer les
- constante: s de
- notre bateau ainsi
- arrangé. La pile
- donne 2 volts
- environ et con-
- somme 0,5 am-
- père, soit 1 walt
- en pleine mar-
- che; à la fin des
- 4 heures, elle
- aura pro dui t
- 4 watts-heures.
- Le volume de
- liquide utilisé
- sera de un hui-
- tième de ] litre ;
- la dépense sera
- environ 9 cen-
- times.
- Et à côté de ces
- véritables canots, tout le monde connaissait aussi les petits modèles que l’on pouvait voir marcher sur les bassins des jardins des Tuileries, du Luxembourg. Mais tous ces petits modèles de bateaux électriques marchaient fort bien dans toutes les directions ; malheureusement, après quelques instants, on les voyait s’arrêter. Et infailliblement la cause de ces arrêts était toujours la même; la pile électrique au bichromate de potasse ne pouvait plus fonctionner. On la regardait de tous côtés, on arrangeait le zinc, on le frottait un peu, on essayait de l’amalgamer. Parfois, on arrivait à réparer un des bateaux; mais le plus souvent il fallait arrêter, et remplacer le bateau par un autre, si l’on voulait continuer le jeu nautique. En tout, l’expérience avait duré peut-être un quart d’heure.
- M. Brianne, constructeur électricien, dont le nom n’est pas inconnu de nos lecteurs, nous présente de nouveaux bateaux électriques, de 29 et 58 centimètres de longueur; et ils sont mus par une simple petite pile au bichromate qui peut alimenter
- 11 existe aussi
- un plus grand modèle, maté avec des haubans élastiques qui permettent d’abattre la mâture et de faire contenir le tout dans une petite boite; il représente très coquettement le yacht de plaisance.
- 11 importe de renouveler de temps à autre l’attention de nos petits lecteurs sur des appareils de ce genre.
- Us ne peuvent sans doute pas les construire complètement; mais en les maniant sans cesse, ils arrivent à atteindre une grande habileté, à modifier telle ou telle partie qui n’est pas de leur goût et à la remplacer par un aulre système qui constitue un véritable perfectionnement.
- Nous avons trouvé intéressante cette petite fabrication, et nous signalons avec plaisir ce véritable progrès dans l’art des petites constructions navales.
- J. L.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1735. - 25 AOUT 1906.
- LA NATURE.
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- CHASSIS=MAGASIN PHOTOGRAPHIQUE POUR CHAMBRE DE TOURISTE
- Les châssis servant à emmagasiner les plaques sensibles, et à escamoter celle qui vient d’être impressionnée pour la remplacer par une autre, sont surtout destinés aux appareils à main ; on en a peu construit pour les appareils de touriste ou d’atelier, qu’on emploie surtout sur pied, avec des objectifs à long loyer, qui nécessitent un tirage important du soulllet. M. Canton a pensé qu’il était cependant intéressant de pouvoir utiliser, surtout en voyage, des magasins de ce genre, et il a imaginé un appa-
- un soulllet à long tirage (n° 1); à l’arrière se trouve un second soulllet. Celui-ci, étant replié sur lui-même, laisse passer le châssis-magasin venant s’accrocher sur uu cadre, qui porte le verre dépoli 1) (n° 3), monté sur deux tourillons et qu’on peut, de l’extérieur, faire tourner sur lui-même en manœuvrant la manette M.
- Lorsqu’on a mis le magasin en place, on dégage les deux verrous qui y maintiennent le couvercle, et celui-ci devient alors solidaire du soulllet. 11 suffit
- Appareil photographique avec magasin.
- 1. Chambre munie du magasin. — 2. l.e magasin ouvert et son couvercle. —5. Dispositif du verre dépoli tournant. —4. La chambre fermée
- reil d’un mécanisme très original, qu’il dénomme « Idéal Touriste ». C’est le magasin qui constitue la partie principale de son invention ; il consiste en une boîte carrée C (n° 2) dans laquelle on met, les uns sur les autres, des châssis porte-plaques P ; un couvercle vient fermer ce magasin.
- Vers le milieu des grands côtés de la boîte se trouve un système de grillés, les unes solidaires de la caisse C, les autres du couvercle. Elles se manœuvrent de l’extérieur, quand le couvercle est fermé, au moyen de leviers Y V, de telle sorte que le couvercle peut entraîner avec lui, lorsqu’on l’enlève, une ou plusieurs plaques, suivant qu’on aura manœuvré les leviers V Y une ou plusieurs lois.
- Pour employer ce châssis il fallait une chambre spéciale. Elle est de forme carrée et porte à Lavant 34° aimée. — Ie semestre.
- donc de le tirer en arrière pour que la plaque qui esta la partie supérieure du magasin soit découverte. En même temps, on a obtenu la place nécessaire pour que le magasin puisse tourner sur lui-même (n° 1), et vienne présenter la surface sensible à l’objecLif.
- Lorsque celle-ci a reçu l’impression voulue, on remet, au moyen de la manette M, le châssis dans sa position primitive et on repousse le soufllet; le couvercle vient refermer le châssis qu’on peut alors enlever si on n’a qu’une seule plaque à impressionner. Mais si on veut utiliser immédiatement la suivante, on appuie sur les leviers Y Y, puis on tire à nouveau le soufflet en arrière : le couvercle entraîne avec lui la plaque qui a été déjà utilisée, et c’est la suivante qui viendra se placer en face de l’objectif quand on
- lo
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- fera tourner le magasin. Les choses peuvent se répéter ainsi jusqu’à la douzième plaque, et on a toujours la faculté de retirer du châssis les plaques impressionnées pour les développer au fur et à mesure des besoins.
- 11 est important île remarquer qu’on n’est pas obligé d’attendre que toutes les plaques aient été utilisées pour procéder au développement.
- Pour la mise au point, on enlève le châssis, bien entendu, et on peut utiliser le soufllet d’arrière en guise de voile noir; le verre dépoli est enlevé et remis automatiquement en position, on n’a jamais à s’en occuper.
- La planchette d’objectif est montée d’une façon toute spéciale; elle ferme une ouverture circulaire d’assez grand diamètre, et peut glisser dans tous les sens sans démasquer cette ouverture ; l’objectif qu’elle porte peut ainsi prendre une position excentrée telle que son axe coïncide avec tel point de la plaque qu’on désire.
- Cette façon d’obtenir le décentrement diffère complètement de celle qui est habituellement employée et permet de trouver la meilleure mise en plaque du sujet par une manœuvre rapide.
- Quand l’appareil est replié (n° 4), il présente l’aspect d’une chambre de touriste ordinaire.
- G. Maüeschal.
- L’AUTRUCHE
- dans la civilisation égyptienne
- Haute d’environ deux mètres et pesant quelquefois jusqu’à 40 kilogrammes, l’autruche est le plus grand et le plus gros de tous les oiseaux; elle a l’ouïe très fine ; la vue perçante, mais le goût et l’odorat si obtus, qu’elle met peu de discernement dans le choix de sa nourriture ; quoique herbivore elle avale, en outre des substances végétales, tout ce qu’elle trouve : fer, brique, bois, etc. ; ces corps sont en partie décomposés par l’action d’un suc dissolvant combinée avec celle des chocs et des frot-l'ig. 1. — L autruche, ges jambes, longues
- et robustes, lui permettent de parcourir environ 280 kilomètres en moins de 10 heures, aussi dépasse-t-elle à la course, les chevaux les plus rapides. « Quand il en est temps, dit l'Ecriture, elle prend un fier essor et se rit du cheval et du cavalier2. » Le mâle a les plumes du corps d’un noir intense, celles des ailes et de la queue d’un blanc pur; le cou,presque nu, est rouge
- 1 Vieillot. Galerie des oiseaux, t. II, p. 70.
- * Job. XX XIX, 21.
- ainsi que les cuisses, l’œil brun, le bec jaunâtre, les pieds gris.
- Ainsi qiu; le chameau, l’autruche préférant les régions arides et solitaires, les anciens l'appelaient strulhio camcluü', elle était connue dits Hébreux sous le nom de Bat-hayydànâh, la fille des cris.
- Parfois, en effet, au sein de vastes solitudes perdues de ténèbres, elle fait entendre un grognement plaintif et si lugubre que les écrivains sacrés l’ont comparé à un gémissement : « Je ferai une lamentation comme le chacal, s’écrie le prophète Miellée et un cri de deuil comme les autruches1. » Elle évoquait aussi l’idée de désolation : « Les épines croîtront dans ses palais, les chardons et les buissons dans ses forteresses, et (die sera le repaire des dragons et la retraite des autruches2. »
- Fig. 2. — D’après un papyrus funéraire.
- Prudente, suivant certains auteurs, l’autruche serait au contraire, d’après le plus grand nombre, fort stupide, « car Dieu l’a privée de sagesse et ne lui a point départi d’intelligence3 ». Pline rapporte que, forcée par le chasseur, elle se borne à cacher sa tête, croyant ainsi se rendre invisible4. Lorsqu’on la poursuit, elle se sert de ses pieds comme d’une fronde, pour lancer des pierres de la grosseur du
- poing3. .
- Cet oiseau, célèbre dès la plus haute antiquité, pond ses œufs dans le sable et ne les couve que la nuit, la chaleur du jour suffisant à les faire éclore. Il vit par troupes non loin des oasis, dans les sables
- de l'Afrique et de l’Arabie ;
- Les deux Muà.
- le rencontre à travers le Sahara, depuis l’Atlas jusqu’aux bords du Nil, dans les sables de
- Fig. 4. — Maâ.
- la Libye, de l’Egypte centrale, dans le désert au sud-ouest d’Alexandrie6. Les monuments pharaoniques nous le montrent souvent conduit par des Ethio-
- 1 Miellée. 1. 8. Prophéties contre les royaumes dIsraël et de Juda.
- 2 Isaïe, XXXIV. 13. Contre Babyloue.
- 3 Job. XXXIX, 20.
- 4 Ilist. nat, X. 1.
- s Diodore de Sicile. 111, 27.
- 0 SlielJey. Oiseaux d’Egypte
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- pions (lig. 1) en compagnie de lions, de panllières et autres animaux de la même région.
- Cet oiseau est tellement spécial aux saldes arides, que la laide le l'ait intervenir, de préférence à tout autre animal, pour sauver Dionysos lorsque celui-ci, se rendant aux Indes, conduisait son armée à travers les déserts de la Libye. Tourmenté par la soif, il implore Je secours de son père Jupiter qui lui montra une autruche; l’ayant suivie, elle lt; conduisit dans un endroit où, creusant le sol de son bec, elle en lit jaillir uni1, source.
- Dès les temps les plus lointains, l'autruche a été l’objet de chasses très actives. Pour s’en emparer, les slruthiopbages se couvraient do la peau de Tune d’elles, passaient leurs bras dans le cou et, imitant tous les mouvements de l’oiseau, ils pouvaient aisément l’approcher et le surprendre. Sa chair leur servant de nourriture, ils utilisaient la peau pour en faire des boucliers, des vêtements ou des couchettes1. Les œufs n’étaient pas moins recherchés malgré le danger auquel on s’exposait à les vouloir prendre. Abandonnés sur un sable brûlant infesté de reptiles, il arrivait parfois qu’un dipsade, s’élançant tout «à coup sur le ravisseur, le mordait, distillant dans la plaie un poison si violent qu’il putréliait les chairs et amenait dans tout le corps une ardeur dévorante.
- Le malheureux ne tardait pas à expirer en proie à mille tortures causées par une soif inextinguible2. Les œui's arrivait à re-
- étaient mangés
- qu on cueillir
- et une fois vidés on en faisait des vases et des coupes ; quand ils étaient assez grands, on les Fig. 5. —
- transformait en chapeaux après les avoir fendus en deux, chaque moitié pouvant couvrir une tète humaine. Une peinture égyptienne nous montre deux indi vidus emmenant une autruche qu’ils viennent de capturer ; de sa main droite l’un des chasseurs l’appréhende au cou et de la main gauche la retient à l’aide d’une corde. L’autre suit, portant trois plumes et une corbeille contenant
- 1 Hérodote. Liv. IV, 175; Diodorc de Sicile. Liv. lit. 27.
- * Lucien de Samosate. Les dipsades.
- des œufs. De nos jours encore, quelques indigènes de l’Afrique se nourrissent de la chair, de la graisse et des œufs de l’autruche ; ils en vendent les plumes ou s’en servent pour orner leurs coiffures. L’animal lui-même est utilisé comme bête de somme.
- L’usage de chevaucher des autruches était déjà fort répandu dans l'antiquité. Suivant Pausanias, on voyait sur Lllélicon une statue d’Arsinoé, femme do Ptolémée son frère, portée par une autruche de bronze1, et d’après Athénée, dans la pompe triomphale que PhiladeJphe donna aux habitants d’Alexandrie, il y avait huit attelages de deux autruches chacun2. Une scène bachique, peint»; sur un vas»1, nous montre une théorie de six autruches montées par des jeunes gens, au devant desquels danse un homme masijué pendant »jue, dtTrière lui, un musicien marche à reculons en jouant d»1 la double flûte.
- On raconte que Firmus Marcus, tyran d’Egypte, montait d’énormes autruches; assis sur hoir dos, elles l'emportaient avec une vitesse tellement vertigineuse, tju’il semblait voler. U était, dit-on, strulhiophage et en mangeait une chaque jour3. Héliogabale fil servir une fois sur sa table, la cervt'll»; de 600 autruches. Moïse au contraire, tenant »>n abomination la chair d»; col oist'au, en avait interdit l’usage au peuple d’Israël. Dans un tableau égyptien, deux personnages sont en train de plumer un»1 autruche destinée sans doute à qucl-»pie plantureux festin.
- A Aiiiive, l’autruche fut employée, et souvent d’une manière lorL heureuse, dans les compositions décoratives. Affrontés et harmonieusement combinés avec la pal mette, des boutons de lotus et autres ornements, deux de ces oiseaux sont parfois traités Aiüinon-ïta. en élégantes broderies
- sur des tuniques assyriennes. Quelques monnaies de Byzance portent au revers une autruche passant à gauche harcelée par un chien.
- A cause de sa forme, tenant à la fois de l’oiseau et du quadrupède, l’autruche inspira les anciens con-
- 1 Béotie. L. IX, cliap. XXXI.
- - Alliénéc. Liv. V, cli. VIII.
- 5 Flavius Yopiseus. tlist. Auguste. Les (jualre tyrans. Fir-nius. III, 4.
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- leurs de son pays. Parmi les labiés libyques arrivées jusqu’à nous, l’une d’elles, l'Autruche de Libye, nous montre comment cet oiseau sut tirer parti de sa double nature pour se sortir d’allàire : « 11 y avait une bataille entre tous les oiseaux et tous les quadrupèdes. Une autruche de Libye ayant été prise trompa les deux partis, disant aux uns qu’elle était
- égales1 2. Jamais témoignage ne fut confirmé par d’aussi nombreux exemples.
- Dans l’écriture hiéroglyphique, la plume d’autruche a deux valeurs phonétiques différentes, rnaâ et shou. La première sert à écrire le mot vérité, mais, par suite d’un enchaînement d’idées propre à la philosophie égyptienne, maâ signifiant aussi jus-
- Fig. C. — Le sceptre d’or de Nowré-Toum.
- xr
- oiseau, aux autres qu’elle était quadrupède. Aux premiers elle montra sa tête, aux seconds elle montra ses pieds1. » 11 serait difficile de ne point reconnaître, dans ce récit, l’origine d’une fable de La Fontaine, La chauve-souris et les deux belettesl, dans laquelle l’oiseau de nuit est substitué à l’autruche, mais dont la moralité reste la même.
- Ces rôles multiples de l’autruche sont cependant bien peu de chose si on les compare à celui que joua, comme emblème et comme ornement, la plume de cet oiseau. Elle occupe, dans les mythes de la vallée du Nil, une place peut-être plus importante encore que celle du scarabée. Voilà pourquoi parmi les tributs imposés par les pharaons
- aux peuples de l’Ethiopie, nous voyons fréquemment, mêlés aux sachets de poudre d’or, dos plumes et des œufs d’autruche en quantité considérable.
- Suivant Iiorapollon, les Egyptiens représentaient par une plume d’autruche l’homme qui rend équitablement la justice à tout le monde parce que, dit-il, cet oiseau est le seul dont les plumes soient
- 1 Fables ésopiques de Babrias. L. II, f. CXYI.
- 2 La Fontaine. II, 5.
- =£
- Fig. 7. — La grande salle de Vérité.
- tice, la plume d’autruche était l’emblème de Maà déesse de la Vérité et de la Justice. Nous la voyons quelquefois représentée par une plume d’autruche, tenant lieu de tête, sur un corps féminin (fig. 2) ; le plus souvent elle nous apparaît sous les traits d’une femme élégante vêtue d’une étroite
- tunique, le chef orné de la plume d’autruche, les bras, les chevilles cerclés de bracelets, portant d’une main le signe de la vie et de l’autre le sceptre. Symbole de Vérité et de Justice, Maà était double, il y en avait donc deux, souvent placées côte à côte et munies parfois de longues ailes aux éclatantes diaprures (fig. 5).
- La tête toujours surmontée de la plume, Maà nous est aussi montrée accroupie et parfois les yeux bandés (fig. -4). C’est habituellement dans cette pose que les souverains en font hommage aux différentes divinités du panthéon pharaonique. Une figurine semblable, en pierres précieuses, était suspendue à la chaîne d’or portée par le président du
- 1 Liv. II. 111. L’aulrudic, dit Butïon, n’a pas, comme la plupart des autres oiseaux, des plumes de plusieurs sortes', (toutes sont de la même espèce). Voir Buffon, Œuvres complètes, l’Autruche,
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- tribunal égyptien ; et c’est au moment où il se parait de cet emblème que commençaient les plaidoyers 1.
- Tout défunt était considéré comme ma-kherou, vrai de parole, justifié, la vérité lui ayant été communiquée dans llébït par la vertu de l'huile d’embaumement.
- Compagne d’Osiris dans l’autre monde, c’est Ma à qui, sous sa double forme de Vérité et de Justice, recevait les âmes à l’entrée de l’Amenti; cherchait à les rassurer, les exhortant à avoir confiance.
- En chassant les ténèbres, la lumière exprime le triomphe du bien sur le mal et permet à Dieu, source de toute vérité, de la communiquer à la matière inerte.
- À ce titre, sous le nom de shou, la plume d’autruche sert à désigner le dieu Shou, personnification de la lumière vibrante du soleil, aussi voyons-nous cette divinité la tête habituellement ornée d’une ou de plusieurs plumes d’autruche.
- Shou repré -sentait encore la bienfaisante brise perpétuellem e n t en lutte contre les vents embrasés du désert.
- Voilà pourquoi, à la voûte des temples, sont figurés des vautours agitant en cadence des plumes d’autruche pour éloigner les influences malignes.
- Évoquant à la fois des idées de splendeur, de lumière, de vérité, de justice, la plume d’autruche fut surtout l’emblème de l’Être suprême, unique, possédant seul la vérité. « Ne regarde comme vrai que l’Éternel et le juste, dit Hermès Trismégiste, l’homme n’est pas toujours, donc il n’est pas vrai, l’homme n’est qu’apparence, et l’apparence est le suprême mensonge. Quelle est la vérité première? Celui qui est un et seul2. »
- 1 Diodorc de Sicile. I, 75.
- 2 Hermès Trismégiste. IV. 9.
- En vertu de ces maximes, on voit fréquemment les dieux coiffés d’une ou de plusieurs plumes d’autruche; mais la double plume est spécialement le caractère distinctif d’Ammon-Ra (fig. 5), d’Osiris et de Nowré-Toum, le maître des enchantements. Les souverains arboraient aussi la plume d’autruche pour l’accomplissement de certains rites. Ce symbole, souvent conçu en émaux cloisonnés, constituait parfois un beau travail d’orfèvrerie. Le sceptre d’or de Nowré-Toum, porté dévotement par les pontifes dans la panégyrie funèbre de Plha-Sokharis, était
- formé de deux plumes d’autruche émergeant d’un lotus épanoui (fig. 6).
- Afin de nous rendre compte des différents aspects de la plume d’autruche, dans son rôle symbolique , descendons un instant aux enfers et, pénétrant dans la grande salle de Vérité (fig. 7), où se fait la pesée des âmes, assistons à un jugement d’Osiris.
- Au fond d’une noire galerie, sous un naos dressé contre le mur faisant face à l’entrée, siège Oun Nefer1, le puissant dieu des morts, maître de l’Éternité. Coiffé de l’atef accoté des plumes de lumière, il est revêtu d’une cuirasse d’airain hérissée d’imbrications couleur de feu. Sa face, d’une immobilité extrême, est animée par l’éclat de ses yeux qui, pareils à des charbons ardents, brillent dans leurs orbites. Une barbe soyeuse orne son menton, et dans ses mains le flagellum et le pedum attestent sa puissance. Mais, chose merveilleuse, incroyable mystère, ô prodige! Tout ici est plongé dans la nuit la plus profonde, mais si grande est la sagesse du seigneur de justice, qu’émanant de son être en nombreux rayonnements, elle illumine l’Amenti de lueurs phosphorescentes.
- En avant du tabernacle, s’élève umautel d’or sur
- 1 L’Être bon, l’un des noms d’Osiris.
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- lequel, pêle-mêle, sont jetés des pains, des viandes, des grenades, de l’encens embrasé et des lotus en Heurs.
- Vient ensuite, la gueule béante, une bête monstrueuse tenant à la Ibis du crocodile, du lion et de l’hippopotame; c’est la hèle de l’Amenti, la Dévorante de l’Enler1 2. Son rôle consiste h dévorer les mânes criminels ennemis d’Osiris.
- Chaque fois qu’apparaît une âme dans le sombre séjour, croyant voir une proie1 assurée, elle pousse un rugissement tellement effroyable, qu’il n’y a point de terreur plus grande que l’appréhension d’entendre, à nouveau celle voix d’épouvante.
- Voici le dieu Thot dont la parole fait la vérité ; compagnon fidèle d’Osiris, il préside il ses conseils tenant le calam et les tablettes sur lesquelles sont inscrites, en leur heure, les irrévocables sentences. Derrière lui, se dresse la balance fatale qui porte la vérité en elle chaque jour, Ilorus et Anubis sont préposés à sou fonctionnement; le premier examine le poids, surveille l'équilibre, le second proclame le résultat final. A droite et à gauche de la salle divine sont assis, côte à cote, la tète surmontée de la plume d’autruche, les princes de lumière. Génies redoutables, sortis de tous les coins des enfers, du ciel et de la ferre, ils assistent Osiris dans ses fonctions de justicier.
- Tel est. l'aspect de ce prétoire où, depuis l’origine des mondes, se tiennent en permanence les assises infernalesâ.
- C’est là que, sous sa forme corporelle et pressant contre son cœur la plume d’aulruche, l’âme est introduite par les deux Maâ. A la vue de cet imposant appareil de la justice suprême, pénétrée de crainte religieuse, élit»- cherche à se concilier ces juges inexorables :
- « Salut à vous, dieux de la double retraite qui habitez l’Amenti; salut à toi Osiris, seigneur de lumière, résidant dans la grande demeure au sein des ténèbres absolues. Je t’invoque, très vénéré maître des maîtres, illuminant le Tiaou de ta splendeur. Sois en protection derrière moi contre mes péchés. Je n’ai lait de mal à aucun homme, je n’ai point fait de mensonge, je n’ai pas fait avoir faim, je n’ai pas éloigné le lait de la bouche du nourrisson, je n’ai pas tué, je n’ai rien fait de ce que détestent les dieux, etc., etc. 11 ne se produira donc pas de mal contre moi en cette terre de vérité, car je suis pure, pure, pure. »
- Cependant nul écho ne répond à ces protestations d’innocence, aucune voix ne vient rompre le mystérieux silence du ténébreux Amenti. Pleine d’anxiété,
- 1 On a vu dans ce monstre le prototype du cerbère grec.
- 2 On remarquera (tig. 7) au dessus de la balance, et de chaque côté, une pierre rectangulaire d’où sort une tête humaine; cet emblème représente le passage de la matière inerte à l’intelligence, à la vie. Comparer cette image avec une sculpture de Itodin ce La Pensée » actuellement au musée du Luxembourg et traitant le même sujet. S’il n’y a là qu’une simple coïncidence on ne peut manquer de la trouver extraordinaire. Cette tête est d’ailleurs tort belle.
- en proie à une violente angoisse, s’agenouillant alors devant chacun des grands juges, l’âme les interpelle tour à tour et recommence sa confession négative :
- « 0 Enjambent* sorti de An ! Je n’ai pas fait de mal.
- « 0 Mangeur d’Ombres sorti des Cataractes! Je n’ai pas volé.
- « O Double lion sorti du ciel ! Je n’ai pas diminué les offrandes.
- « 0 Visage de flamme sorti d’iléliopolis ! Je n’ai pas ravi les choses divines.
- « 0 buveur de sang, sorti du lieu d’immolation! Je n’ai pas tué les animaux sacrés.
- « 0 Dévoreur d’entrailles sorti de la demeure des Trente ! Je n’ai pas commis de perfidies. »
- Continuant ainsi jusqu'au quarante-deuxième, elle l’interpelle en ces termes : « O Celui qui amène son bras sorti de Auker ! Je n’ai pas méprisé Dieu à sa lace. » Puis les invoquant d’une façon collective : « Hommage à vous, dieux (pii habitez la salle de Vérité, délivrez-moi du dieu du mal ; il n’y a ni péché ni souillure, ni impureté en moi. Je me suis concilié dieu par mon amour, j’ai donné du pain à celui qui avait faim, de l’eau à celui qui avait soif, des vêtements à celui qui était nu, un asile à celui qui était sans abri. Protégez-moi en ne m’accusant pas devant le seigneur des momies, car ma bouche est pure, mes mains sont pures. »
- Cette prière terminée : « Avance, lui dit Thot, viens que je t’interroge. Quelles sont tes qualités? » « Je suis pure de tout mal, je suis pure, je suis protégée contre les maléfices de ceux qui sont en leur jour L »
- L’heure fatale, est arrivée, le cœur, déposé dans un plateau de la balance, doit égaler le poids de la plume d’autruche placée du côté opposé ; l’âme va enfin savoir quel sort lui sera dévolu dans ses palin-génésies futures, moment suprême s’il en fut, car ici chaque faute reçoit dix fois sa peine et chaque bonne action dix fois sa récompense.
- Nous voyons la plume de vérité tenue en équilibre sur l’un des bateaux enchantés qui, dans l’autre monde, précèdent la barque du soleil. L’occident était désigné par une plume d’autruche, des cartouches royaux, des coffrets funéraires, des rames, des gouvernails, des objets sans nombre, ayant un caractère sacré portaient également cet emblème.
- Indépendamment de son rôle symbolique, la plume d’aulruche servait aux plus divers usages. Montée en chasse-mouches, elle était un signe distinctif des princes de la maison royale et des hauts dignitaires. Elle servait à confectionner des éventails, des lambrequins courant autour du parasol du monarque, des panaches flottant sur la tête de ses chevaux (11g. 8), nous la trouvons surtout, fréquemment employée comme accessoire de coiffure ; combinée avec la perruque bleue ou noire, dont les
- 1 Voir le chapitre CXXV du Livre des morts, lig. 1 à 63,
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- LA NATURE.
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- Égyptiens se couvraient le chef, elle constituait pour eux un embellissement d’une élégance rare.
- La panégyrie de Kliem1 sculptée et peinte dans le temple de Médinel-Abou, nous offre la synthèse des attributions de la plume d’autruche comme emblème et comme objet de parure (lig. 9). C’est un jour de grande, de très grande fêle, au cours de laquelle la reine chante un cantique à la gloire d’Ammon, pendant, qu’armé de la faucille d’or, pharaon moissonne les premiers épis, forme lui-même la première gerbe.
- Voici d’abord, enrichi de vipères, de lions et de sphinx, le palanquin royal où, sur un trône magni-
- officicrs porteurs de l'escabeau, le lecteur des prières liturgiques, les joueurs de flûte et de tambour ont également arboré les plumes éclatantes. Le disque d’or du taureau blanc, les mâts symboliques, où vont s’accomplir des rites solennels, portent de même les plumes de jusVce qu’agitent mollement la brise. On en voit partout, partout, partout; les unes sont multicolores, les autres cærulées, vert émeraude, jaune safran ou blanches comme neige; celles-ci sont d’un noir d’ébène, celle-là d’une teinte sanglante. 11 y en a une telle profusion que leur masse ondoyante fait songer à ces nuées légères qui, à l’aurore et au couchant, diaprées des plus vives couleurs, flottent
- Htppolyte î>Sc?<?
- Fig. 9. — Le palanquin royal.
- tique, siège le roi casqué d’airain, vêtu de la cala-siris et tenant ses insignes. Debout derrière lui, la Vérité et la Justice l’abritent de leurs ailes, protègent sa personne. Portée par des chefs militaires et précédée de prêtres brûlant des aromates devant le fils du soleil2, cette châsse somptueuse occupe la place d’honneur d’une longue théorie composée de tout ce que renferme d’illustre et de superbe la ville de Thèbes Hécatompyle. Chacun des personnages, ses attributs en évidence et couvert de brillants atours, s’y montre avec deux plumes d’autruche fixées dans la chevelure; aussi voit-on de toutes parts surgir cet ornement. Il frissonne sur la tête et aux mains des princes royaux, des familiers de pharaon et des flabellifères ; les douze naophores, les
- 1 Khem ou Min, Ammon-générateur.
- 2 Tout pharaon se proclamait. « Fils du soleil, sorti de son liane. » C’est ici Ramsès lit.
- autour de l’astre de lumière et lui font mie resplendissante auréole.
- Les œufs d’autruche, colorés en bleu ou laissés dans leur ton naturel, furent aussi- maintes fois employés, surtout dans les sanctuaires, comme accessoire ornemental.Disposés en guirlandes ou en longs chapelets, nous les voyons fréquemment relier entre elles les élégantes colonnettes supportant le couronnement des tabernacles1.
- De nos jours encore, dans les églises coptes, affectés à un usage analogue, ils entourent, percés de part en part, les lourds cordons de soie auxquels sont suspendues les lampes de vermeil ou autres luminaires qui nuit et jour brûlent devant l’autel.
- P. Hippolyte-Boussac.
- 1 Origine probable des oves de l’architecture grecque.
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- LA NATURE.
- ACTION DES VAGUES DE LA MER SUR LE RIVAGE
- Leur puissance
- Dans un précédent article1 nous avons indiqué comment se forment les vagues et comment elles se propagent au large. Dans ce second article, nous examinerons les modifications qu’elles subissent en se rapprochant du rivage et les effets qui se produisent lorsqu’elles viennent se briser sur un obstacle, soit nature], soit artificiel qui s’oppose à leur propagation.
- A mesure que les lames du large atteignent de moins grandes profondeurs en se rapprochant du
- dure. C’est en se basant sur ce fait d’expérience que, dans nombre de chenaux d’entrée de port exposés aux vents violents du large, on a établi, de chaque côté de ces chenaux d’entrée, des bassins latéraux où les vagues, venant du large, viennent s’épanouir et donnent dans l’avanl-port un calme relatif.
- Les vagues se modifient à nouveau lorsqu’elles se rapprochent du rivage, par des fonds dont la profondeur va progressivement en diminuant. Leur longueur devient moins grande, leur crête devient
- Fig. 1. — L'ancien phare d’Eddystone pendant line tempête.
- rivage, elles se modifient, comme forme et comme longueur. Le mouvement orbitaire des molécules d’eau au lieu d’être un cercle, comme dans les vagues du large, devient une ellipse dont le petit axe vertical diminue à mesure que la profondeur augmente.
- Lorsque la houle pénètre dans une baie ayant la forme d’un entonnoir (fig. 6), la crête des vagues devient plus aiguë, leur hauteur augmente, tandis que leur longueur diminue ; la vitesse de propagation se ralentit également. Si, au contraire, la boule pénètre dans une baie allant en s’élargissant à partir de son goulet, comme le montre la figure b, l’effet inverse se produit, la hauteur de la vague diminue et la longueur augmente. La mer devient moins
- 1 Yoy. n° 1754 du 18 août 1903, p. 178.
- plus aiguë en s’inclinant vers le rivage. Puis, lorsque la hauteur de celles-ci devient sensiblement égale à la profondeur d’eau, elles déferlent (fig. 11). Cette déformation des vagues est d’autant plus sensible que la pente du fond est plus forte; c’est ce qui explique pourquoi la mer est plus courte et plus brisante sur les plages de galet que sur les plages de sable.
- Les mêmes effets se produisent également lorsque la houle rencontre au large des hauts fonds ou des bancs de sable, recouverts d’une grande épaisseur d’eau. C’est à cette cause qu’il faut attribuer les brisants qu’on rencontre, pendant les grandes tempêtes, sur le banc de Terre-Neuve où la profondeur d’eau atteint, cependant, plus de. 170 mètres.
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- LA NATURE.
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- Lorsque lu vague a déferlé sur une plage, elle s’y étale en formant ce qu’on appelle la lame directe. Celle-ci perd progressivement de sa vitesse
- les érosions des cotes dont les débris forment la plus grande partie des matériaux recouvrant la plage, ayant traité cette question assez longuement dans de
- en entraînant les matérieux qu’elle roule les uns contre les autres en les réduisant de grosseur et en donnant, à la longue, à certains d'eux la forme arrondie des galets des plages. Elle accumule les plus gros à la limite supérieure de l’eslran, en formant un bourrelet qui indique sur les plages, surtout celles à galet, la limite supérieure atteinte pendant les tempêtes. Puis, en se retirant vers la mer, la lame de retour entraîne avec elle les matériaux plus légers, en les classant par ordre de grosseur jusqu’à la limite inférieure de l’eslran où, le plus souvent, on ne rencontre que du sable mêlé à quelques graviers.
- On remarque souvent que, parmi les lames qui s’élèvent sur l’eslran, il s’en produit périodiquement une qui monte plus haut que les autres. On peut expliquer ce fait en admettant que les vagues
- , Fig. 2. — Fort du Socoa.
- précédents articles1.
- Puissance des vagues. — La puissance des vagues est proportionnelle à leur longueur et au carré de leur hauteur. Celle puissance estla somme de deux efforts : l’un dynamique dû au mouvement orbitaire des molécules d’eau, l’autre statique (fig. 7) dépendant de la hau-
- Fig. 3. — Digue du Socoa à Saint-Jean de Luz.
- ne sont pas simples, mais composées de plusieurs lames superposées (fig. 9). \/a périodicité de la lame plus forte tiendrait alors à une onde très longue a b sur laquelle s’en développeraient d’autres plus courtes.
- Si les vagues, comme c’est le cas le plus fréquent, progressent vers la plage suivant une direction oblique a b à celle-ci (fig. 10), la lame directe charrie les matériaux en b, au sommet de l’eslran. Puis, les plus légers sont ensuite ramenés en c par la lame de retour qui, tout naturellement, tend à suivre la ligne de plus grande pente, c’est-à-dire celle normale à la plage. Ceux-ci, à leur tour, seront repris par la lame directe suivant cd et tous les matériaux qui recouvrent la plage, ainsi que ceux amenés pendant les coups de vent par les ondulations sous-marines, avanceront ainsi le long de celle-ci suivant la forme en dents de scie indiquée sur la figure.
- Nous ne reviendrons pas sur les effets produits par ce transport des matériaux, non plus que sur
- Fig. 4. — Côte de Saint-Jean de Luz à Bidart.
- leur II du centre de gravité de la masse d’eau soulevée par rapport au centre de gravité de cette
- 1 Yoy. n08 1686, du 16 septembre 1905, p. 246, et 169J, du 21 octobre 1905, p. 524.
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- même masse à l’élal normal. La théorie et l’observation semblent démontrer que la puissance totale
- des vagues se répartit également entre ces deux efforts statiques et dynamiques.
- Si une lame vient rencontrer la paroi d’un ouvrage, il se produit un choc, et ce choc qui est le plus violent à la surlace va en diminuant à mesure que la profondeur augmente ainsi que nous l’avons vu précédemment. Au moment du choc il se produit verticalement des gerbes d’eau qui atteignent parfois de très grandes hauteurs, variables toutefois suivant les dimensions de la vague. Ainsi, à l’ancien phare d’Eddystone (lîg. 1) des gerbes d’eau d’une hauteur de 25 mètres passaient au-dessus de la coupole qui couronne la lanterne. A la digue de
- d’ell’orts concentrés d’une puissance parfois énorme sur les parois de l’ouvrage.
- La recherche de la puissance maximum des vagues est une question étudiée depuis longtemps, mais sans toutefois avoir été jusqu’ici résolue d’une manière bien positive. Elle est, du reste, comme celle de l’ellort du vent sur les ouvrages soumis à son influence, très complexe. Cette puissance, tout en étant variable suivant l’exposition et les conditions locales, est, malgré tout, très grande dans certains cas. Ainsi, au brise-lames du port de Wick, sur la cote nord-est de l’Ecosse, un monolithe de béton, pesant 1550 tonnes a été déplacé, en 1871, pendant une tempête et renversé sur des enrochements qui lui servaient de support. En 1877, à ce même brise-lames, un autre monolithe de béton pesant 2600 tonnes et qui avait remplacé le premier a été également déplacé par les lames. A la digue de Cherbourg, en 1836, pendant une tempête,
- Centre, de gravité de la masse soulevée .
- — ^ Centre de ffrcutùd pràtàtif*
- des blocs de pierre pesant près de 4 tonnes ont été projetés dans la rade au-dessus de la digue et de gros blocs de béton ont été déplacés de près de 20 m., quelques-uns de ceux-ci ayant été complètement renversés. Pendant la construction du phare de Dhuhearloch, achevé en 1872, quatorze blocs de pierre pesant chacun 2 tonnes reliés ensemble au moyen de ciment de Portland et de queues d’aronde ont été précipités dans la mer, quoique placés à une hauteur de près de 15 m. au-dessus de son niveau. Au port d’Ymuiden qui sert d’entrée au canal d’Amsterdam, un bloc de pierre de 20 tonnes a été soulevé d’une hauteur de 3,60 m. et transporté
- Cherbourg, on a souvent observé des gerbes d’une hauteur de 56 m., au fort Boyard de 50 m. et à la Hague de 25 m. Lorsque ces gerbes d’eau retombent, leur vitesse s’accélérant, elles produisent au pied de l'ouvrage un ressac qui amène, même lorsque la profondeur d’eau est assez considérable, des affouillements qui, souvent, lorsque le sol est de faible consistance, sont la cause de sa ruine (fig. 12). C’est notamment le cas des murs de mer, dont nous avons parlé dans notre article sur les érosions. C’est également le cas des enrochements qui supportent les digues de défense des rades. Il se produit également, au moment du choc de la lame sur la paroi, des ondes réflexes qui, par leur interférence avec celles venant derrière elle, annulent les unes et augmentent l’intensité des autres et sont la cause
- f; r n fi p
- ,i !i :! a i!
- sur le sommet de la digue. Nous pourrions faire suivre ces exemples de beaucoup d’autres.
- On a tenté, en se basant sur ces faits, de calculer la puissance des vagues qui avait déplacé ces
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- blocs. Mais les résultats obtenus ne peuvent avoir rien de concluant. Ces calculs, en elï'et, se basent sur des hypothèses, soit de frottement, soit de résistance des mortiers, plus ou moins exactes, eL sur des formules de résistance des matériaux, dont l’application devient douteuse lorsqu’il s’agit, principalement, comme ici, de forces dynamiques.
- Une autre méthode a été employée dès 1842 par l’ingénieur anglais Thomas Stevenson. Elle consiste à se servir d’un dynamomètre se composant (fig. 8) d’un disque faisant face à la mer porté par quatre liges B fixées à sa partie postérieure. Ces tiges traversent un cylindre attaché latéralement par des saillies G à un rocher ou au mur. Lorsque le disque est frappé par une lame, les tiges sont refoulées, à
- Fifï. fl.
- travers le cylindre, en tirant un ressort fixé, d’une part, au couvercle du cylindre et, d’autre part, vers le milieu des liges. Une rondelle de cuir T entoure chaque tige et, avant l’expérience, se trouve placée contre le fond du cylindre. Elle peut donc reculer sur sa tige au moment du choc, tandis qu’elle revient librement en avant avec elle lorsque le ressort ramène le disque dans sa position normale. Alors la distance entre le fond du cylindre et les rondelles mesure la déformation du ressort qui a été calibré d’avance et permet de calculer l’effort exercé par la lame sur le disque. Cet appareil ne donne que la pression maximum de la vague sur le disque à un moment donné, c’est-à-dire sur une surface très faible et on sait combien les pressions locales obtenues, dans ces conditions, diffèrent de celles qui s'appliquent à une surface frappée de plus grande étendue. Le choc d’une vague sur une paroi n’a pas, au même moment, la même intensité sur les différentes parties de cette paroi. Les chocs maximum se produisent successivement sur de faibles parties de la paroi distantes les unes des autres. 11 en résulte que, dans le cas d’une digue dont toutes les parties sont reliées ensemble, les endroits qui supportent le choc maximum de la lame trouvent dans les autres, moins violemment frappés, un appui qui augmente
- Limite supëriezire' de l ertr'an.
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- / X
- x X /
- / Ix
- Fig. 10.
- la résistance de la digue. L’appareil ne peut pas déterminer ces lois de la succession des pressions et, par conséquent, les pressions maximum, minimum et moyenne. Le seul moyen de rendre cet appareil vraiment utile serait de le rendre enregistreur ; on obtiendrait ainsi des courbes permettant d’étudier
- les variations successives de pression des lames en un point donné. Un appareil de ce genre a été construit, il y a quelques années, pour le gouvernement: japonais par Sir Williams Baisley, de Manchester.
- Fig. 11.
- M. Gaillard, capitaine au corps des ingénieurs des États-Unis a également, ces dernières années, construit des dynamomètres permettant de mesurer, soit les pressions statiques, soit les pressions dynamiques des vagues. Les résultats importants de ces observations, faites pour la plus grande partie, à Dululh, sur le Lac Supérieur, ont été publiés par lui dans un ouvrage ayant pour titre : Wave action in relation to Engineering structures. Sa conclusion, relative à l’effort produit par le choc d’une lame qui déferle contre une paroi verticale, est que celui-ci peut être considéré comme le même (pie celui produit par un courant d’eau ayant même surface que celle frappée, et ayant pour vitesse la vitesse de propagation de la vague augmentée de la vitesse orbitaire des molécules d’eau.
- Une dernière méthode, mais purement comparative, et dans laquelle on renonce à chiffrer la puissance
- des lames, peut également être employée. Elle est basée sur le principe, indiqué précédemment, que la puissance des lames est proportionnelle à leur longueur multipliée par le carré de leur hauteur. Si, donc, en différents points du littoral, on installe des postes où seront mesurées, en gros temps, par observations méthodiques, la longueur, la hauteur, la vitesse de propagation et la périodicité des lames, il sera possible d’établir une échelle permettant de se rendre compte, par comparaison, de la puissance des vagues en ces divers points du littoral. C’est à cette méthode comparative que semble s’être arrêtée l’administration des phares français qui, depuis plusieurs années, fait faire des observations méthodiques aux divers feux flottants du littoral.
- On voit donc, d’après ce que nous venons de dire,
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- combien il est difficile de préciser, d’une manière tant soit peu exacte, la puissance des lames. M. Stevenson, à la suite de ses nombreuses expériences, avait indiqué des pressions maximum de 50 tonnes
- Fig. 15. — Digue de Saintc-Iiarbe à Saint-Jean de Lu/,.
- par mètre carré au phare de Skerryvore sur là côte ouest de l’Ecosse, pendant les fortes tempêtes. Mais, pour les raisons indiquées plus haut, ces chiffres ne paraissent pas devoir être admis sans discussion.
- M. Quinette de Rochemont, inspecteur général des Ponts et Chaussées, dans son ouvrage sur les travaux maritimes, estime que, sur les côtes de France et d'Algérie, même dans les endroits les plus exposés, cette pression ne doit pas excéder 20 tonnes. Les lames produisant des pressions par mètre carré de
- 15 à 18 tonnes sont rares et ne se rencontrent que sur les côtes accores et rocheuses de l’océan Atlantique, dans le fond du golfe de Gascogne (fïg. 2, 5, 15, etc.) et sur les côtes d’Algérie.
- 11 ajoute que, lorsque la lame a dû se développer sur un fond sous-marin en pente douce et que sa force s’est atténuée, sa puissance ne paraît pas devoir dépasser 8 à 10 Lonnes par mètre carré. Enfin, dans les parages où sont situés la plupart de nos ports, les accidents, survenus aux ouvrages, peuvent s’expliquer, en général, en admettant des lames de 4 à 6000 kg par mètre carré. Il est bien
- Fig. 14. — Côte de Saint-Jean de Luz à Bidart.
- entendu que ces chiffres ne s'appliquent qu’au cas où le choc est normal à la surface frappée; car, dans le cas d’un choc oblique, ce qui arrive le plus souvent, la force de la lame est notablement atténuée.
- R. Bonnin.
- LES VOITURES AUTOMOBILES DE LA COMPAGNIE D’ORLÉANS
- Leur titre officiel est « automotrices » ; mais nous avons préféré celui d’automobiles, parce qu’il traduit bien mieux tout de suite cette entrée de l'automobilisme dans le domaine des chemins de fer, dont nous espérons beaucoup pour l’avenir. Ce n’est point d’ailleurs le premier essai que la Compagnie d’Orléans fasse dans cette voie ; et c’est même ce qui donne son véritable intérêt et toute sa portée à la mise en service des voitures automobiles dont nous allons parler. Des 1905, cette Compagnie avait fait circuler sur certaines de ses voies une voiture Purrey, qui, notamment sur la ligne de la Flèche à Sablé, venait remplacer, avec une remorque ou non, toute une série de trains pour lesquels on employait auparavant des locomotives d’un vieux type assez faible pourtant, mais encore trop puissant pour le trafic à assurer* et beaucoup trop coûteuses. Cette automobile ou automotrice était certes loin d’être parfaite ; et cependant ce premier essai permit de constater
- que, d’une manière générale, les automotrices à vapeur peuvent assurer un service régulier de trains, et que, d’autre part, la substitution de ces véhicules automobiles à des convois traînés par des machines, abaisserait d’un tiers le prix de revient de la traction. On comprend quelles sérieuses économies il en résultera pour les lignes secondaires, et combien on pourra multiplier les convois, au grand avantage de la clientèle des voyageurs, et finalement avec un bénéfice net plus élevé pour la Compagnie.
- C’est dans cet esprit que l’Orléans se fait construire actuellement une dizaine de voilures automotrices, devant remplacer des trains déjà existants, ou permettre la création de trains nouveaux. Dans ces nouveaux véhicules, on a mis en pratique une excellente idée qui est suivie également par une Compagnie anglaise, et qui évite d’immobiliser toute la voiture quand des réparations s’imposent à sa partie motrice : le système moteur n’est pas indissolublement
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- lié au châssis. En eiï'et, toute voilure est constituée d’abord de la caisse môme, portant à l’arrière sur un bogie ou un essieu, puis, à l’avant, sur le truck moteur; celui-ci se démonte aisément, comme les trucks de ce genre; il est à deux essieux et supporte la chaudière, le moteur, les approvisionnements, les appareils d’alimentation et de freinage. Le désaccou-plement se fait aisément, l’avant du châssis de caisse étant appuyé sur des vérins, et le truck peut sortir de dessous la voilure proprement dite par ses propres moyens, si la chaudière est en l’eu. Nous donnons deux gravures qui montrent respectivement le véhicule dans son entier, puis le truck séparé du reste.
- Le châssis du truck moteur repose sur deux essieux
- moyen d’un petit robinet ad Jioc. La manœuvre au démarrage est du reste simplifiée au maximum. Tout le mécanisme est renfermé dans un carter plein d’huile, où barbollent les tètes de bielles. Le mouvement du moteur est transmis à l’essieu arrière du truck par deux chaînes, dont on peut régler la tension en faisant varier la position de l’essieu dans les plaques de garde, à l’aide de coins.
- La chaudière a naturellement ici une grande importance (on a préféré la vapeur au pétrole, suivant un sentiment qui domine encore dans bon nombre de Compagnies de chemins de fer; nous aurons pourtant occasion de montrer que certaines entreprises commencent d’adopter des automobiles à essence). La chaudière est du système Purrey, que nos lecteurs
- Les nouvelles automobiles (le la Compagnie d’Orléans : en service ou démontées.
- distants de 5,20 m. d’axe en axe; long de 4,91 m., il est fait de deux longerons, et sa traverse centrale porte le pivot et les glissières d’appui de la voiture. Le moteur est à 4 cylindres compound montés en tandem; le diamètre en est de 160 et de 220 mm, pour une course commune de 225 ; les petits cylindres et leur boîte à vapeur forment un bloc fixé en porte-à-faux sur les cylindres de détente. La distribution est du type Stephenson ; le secteur du levier de changement de marche comporte une encoche correspondant au point mort, puis 5 encoches pour chacune des marches avant et arrière. On peut aborder de très grandes vitesses de rotation, grâce au bon équilibrage de toutes les pièces en mouvement. Le démarrage peut se faire dans les positions les plus difficiles, et même avec pression peu élevée, tout simplement parce que l’on peut envoyer de la vapeur vive dans les cylindres basse pression, au
- connaissent, puisqu’il a été décrit ici; sa capacité totale est de 45.0 litres, sa pression de régime de 20 kg; la série des tubes de ce générateur comprend des vaporisateurs et des surchaulfeurs ; la surface de chauffe est de 24,56 m2, cl, la surface de surchauffe de 7,48 m2, pour une surface de grille de \ ,08 m2. Le chauffage se fait au coke, grâce à une trémie contenant 6 hectolitres et d’où le coke s’écoule naturellement, mais en plus ou moins grande abondance, suivant le degré d’ouverture d’une trappe spéciale. L’eau est approvisionnée dans deux caisses qui en contiennent ensemble 1250 litres, quantité suffisante pour un parcours de 50 km, comme l’approvisionnement en coke. Une des caisses à eau est sous la trémie, l’autre au-dessus de l’essieu avant. Elles peuvent se remplir aux grues à eau des gares. Deux pelites pompes à vapeur assurent l’alimentation de la chaudière.
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- Pour ce qui est de lu voiture proprement dite, la description sera rapide. Notons tout d’abord connue bizarrerie la balustrade qui entoure la toiture : c’est qu’en effet on met des colis sur cette toiture, en les montant par un escalier ménagé à l’arrière du véhicule, disposition qui avait été complètement abandonnée depuis les débuts des chemins de fer, où l'on avait eu l’ambition de loger tous les bagages sur l’impériale, comme dans les diligences. La caisse repose sur un châssis en acier profilé; elle est partagée en compartiments séparés, avec portières latérales. l)e la sorte, on dispose d’un nombre de places assez élevé, bien que l’empattement de la voiture soit seulement 11,40 m. On y trouve 2 compartiments et demi de première classe, olifant 25 places, puis 5 compartiments de troisième destinés à prendre 50 voyageurs. Le demi-compartiment de première peut recevoir le convoyeur de la poste, et l’automobile à elle seule forme un train complet répondant à tous les besoins, car elle comporte à l’avant un fourgon fait pour contenir 1500 kg de bagages, et dont le plancher a une surface de 10 mètres carrés (sans parler delà toiture pour les colis longs). Du fourgon, une large porte permet le nettoyage des tubes de la chaudière; déplus, une ouverture de communication facilite les relations entre le mécanicien et le conducteur du train, qui peut lui apporter son concours en cas de besoin ; du reste une sonnerie d’appci est sous la main du mécanicien. La voiture est chauffée à la vapeur d’échappement durant la marche, et à la vapeur vive durant les arrêts, ce qui donne un grand confortable. La conduite de la voiture est très facile : sa marche est rendue très sure, grâce aux deux freins à air et à main qui agissent sur les roues du truek, et au freinage à air des roues arrière de la voiture proprement dite. Des trappes ménagées dans le plancher du fourgon permettent la visite et le graissage du mécanisme.
- Ce type de voiture a été essayé sur une ligne qui présente des rampes fréquentes de 5 à 8 mm, et encore on lui a fait remorquer soit un wagon dynamomètre de 17 tonnes, soit en même temps une deuxième remorque pesant 10 tonnes, soit enlin trois remorques pesant ensemble 53 tonnes. Or, on a pu atteindre une allure de 70 km à l’heure avec une seule remorque, et de 65 avec les 5. On comprend quels services peuvent rendre ces automotrices, en assurant des transports relativement rapides et peu coûteux.
- Pierre de Méiuel.
- CHRONIQUE
- Variations de l’Écureuil d’Europe. — On
- admet généralement que les écureuils de l’Europe moyenne appartiennent tous à une seule espèce, Sciurus vulgaris de Linné. Dans le Bulletin de la Société nationale (Vacclimatation de France, M. Troucssart relève les différents types de variétés locales de cette espèce. Elles ont été distinguées par les naturalistes descripteurs
- sous des noms particuliers qu’il est inutile d’indiquer ici. 11 y a ainsi six types d’écureuils : 1° dans les régions sub-arctiques, l’animal est d’un beau gris clair dessus, blanc dessous; 2° en Suède, gris plus foncé que le type ordinaire de France; 5° en Angleterre, écureuil roux, à queue se fanant et devenant blanche en été; 4° en France, Espagne et Europe centrale, écureuil d’un roux vif à pelage uniforme; 5° Alpes et Pyrénées, type gris foncé, tiqueté de blanc en toute saison; 0° Italie et Alpes suisses, type bran foncé, presque noir dessus, blanc dessous. — C’est le second de ces types qui est la bonne espèce Sciurus vulgaris de Linné; c’est le premier qui fournissait autrefois le vair, fourrure très recherchée.
- La plasticité du béton. — On ne se ligure pas volontiers du béton bien sec et bien pris, bien durci, comme une matière plastique susceptible de se déformer sous une charge, ainsi que le ferait un morceau de plomb par exemple : et pourtant des expériences dont rend compte Engineering News, et qui avaient été faites dans un tout autre but, sont venues démontrer la vérité de ce que nous avançons. On avait rempli de béton fin des tuyaux d’acier de 0,10 m. de diamètre, et dont les parois avaient 5 mm d’épaisseur environ; puis on les soumit à une charge de 54 tonnes suivant l’axe du tube. Pour une longueur de tube de 50 cm, on est arrivé à un tassement de; 82 et même de 89 mm, et à un accroissement de diamètre de 25 mm. On a ensuite scié l’enveloppe, pour constater si le béton était bien désagrégé comme on le supposait a priori ; et l’on a été fort étonné de voir que ce béton avait épousé fort exactement la forme du tube, et que sa résistance n’était nullement altérée. Il faut donc se délier des déformations possibles des fondations en béton sous des charges exagérées.
- Les projectiles à coiffe. — On sait, car il en a été
- question ici, qu’on emploie de plus eu plus les projectiles coiffés pour traverser les cuirassements particulièrement résistants : on dispose sur leur pointé un petit massif d’un métal relativement mou, et c’est par ce tampon, cette coiffe, que le premier choc se fait sur la cuirasse. On a donné ou tenté de donner beaucoup d’explications pour motiver les résultats certainement excellents que vaut cette disposition. On a dit que le métal mou joue le rôle d’un lubréfiant; on a dit aussi que le petit massif forme comme un tampon de wagon, absorbant l’énergie qui autrement causerait la destruction du projectile. Enfin maintenant on donne une autre explication qui nous sourit, car elle rappelle le phénomène bien connu de l’aiguille à laquelle on fait traverser un sou, à condition qu’elle soit logée dans un bouchon et soutenue par lui de manière à ne pouvoir « flamber », c’est-à-dire fléchir dans le sens de sa longueur. On dit que, grâce à ce massif de métal qui l’entoure, la pointe du projectile n’est pas déformée dès le premier choc, et elle vient agir bien plus facilement sur le métal où elle pénètre.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 août 1906.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Un diptère exotique dans la région parisienne. — M. Giarcl rappelle qu’en 1901 il a signalé la découverte sur un abricotier des environs de Paris d’un diptère exotique très répandu sur les bords de la Méditerranée, dans les
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- LA NATURE.
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- plantations d’orangers où il cause les [dus graves dégâts, et au cap de Bonne-Espérance où ses ravages atteignent la proportion d’un lléau. L’insecte, le Ceritalis capitata, découvert il y a cinq ans sur un abricotier, était encore l'are à cette époque ; il pouvait encore être à peu près anéanti par des mesures convenables, appliquées avec persévérance et vigilance. Un peut donner comme preuve de cette assertion, les résultats obtenus en Allemagne pour le doryphora, insecte qui s'attaque aux pommes de terre et dans la région d’Argenteuil, [tour, une mouche qui menaçait de détruire les cultures d’asperge, 1 eplaly-parca pœciloplera. Aujourd’hui le Ceritalis est devenu très abondant, on le trouve sur les pêchers; il menace donc une industrie agricole très prospère dans la région parisienne. M. Giard, en 1901, a déjà indiqué les moyens propres à combattre les ravages de l’insecte. Ces moyens sont ceux employés au Cap; ils sont parfois coûteux. Quoi qu’il en soit, il est nécessaire d’entreprendre de nouvelles recherches biologiques sur l’insecte, en raison de son adaptation à un milieu différent du milieu habituel, de savoir en particulier sous quelle forme, œuf, nymphe ou insecte parfait, il passe l’hiver. Il importe que les cultivateurs intéressés dans la question, fournissent leur part contributive d’observations.
- Oscillations du soi à Paris. — M. Bigourdan annonce que les bandes d’enregistrement des écarts des pendules horizontaux constituant le sismographe de l’Observatoire de Paris portent la trace de mouvements ondulatoires du sol, à la date du 17 août vers 1 heure du matin. On note trois maximum, l’un à lh4m; un autre à F1 18m et le 5e à l'123"'. Les durées des maximum ont varié de !m20‘ à à 3"'ÜS. Depuis cette époque, le sismographe n’a plus accusé aucun mouvement. Or, si l’on considère que la longitude de Valparaiso est de 4'155'" à l’ouest de Paris, on conclut qu’au moment où les ondulations sont parvenues à Paris, il était respectivement 8h 9m, 8'125"’ et 8h 28“ de la soirée du 1(5 août. Les journaux ont annoncé que la catastrophe a eu lieu le 16 au soir. On peut, d’après cela, voir que la vitesse de translation se rapprocherait assez de celle admise, 3 à 5 kilomètres par seconde, ce qui semble établir la corrélation entre les données de l’instrument de Paris et le phénomène de Valparaiso. En outre, l’observation des bandes paraît indiquer qu’il y aurait eu deux transmissions des secousses, l’une par les couches super-licielles, l’autre par les couches profondes de l’écorce terrestre.
- Une maladie des pommes de terre. — M. Priilieux présente une Note de M. Delacroix sur, une maladie bactérienne de la pomme de terre qui n’avait pas encore été observée en France, bien que très répandue en Allemagne, en Russie, en Hollande, en Angleterre. Elle est due à un bacille, le bacillus phytophtorus et présente une grande analogie avec une autre maladie que M. Delacroix a précédemment décrite et qui est due au bacillus solanin-cola. Ces deux maladies ont en effet pour caractère commun d’attaquer la tige au niveau du sol et de causer le brunissement et l’altération de sa partie inférieure où les vaisseaux s’obstruent par la production de gomme, de blessures et de thyles; les feuilles jaunissent ensuite et tombent. Dans les parties envahies par les bactéries se développe d’ordinaire le mycélium d’un champignon, mais le fait n’est que secondaire. La maladie causée par le bacille phytophtorus se développe plus rapidement que celle du solanincola ; la première se montre à la fin du printemps ; la deuxième à la fin de l’été ou au commencement de l’automne. Elles se distinguent surtout par les
- caractères des bacilles que contiennent les tissus malades. Le bacille phytophtorus est une bactérie très courte qui gélifie rapidement la gélatine ; le bacille solanincola est au contraire un bâtonnet et ne liquéfie pas la gélatine. Des cas isolés de ces maladies sont sans doute assez fréquents dans les cultures sans y être signalés. L’alternance des cultures a pour effet d’empêcher l’extension du mal qui peut causer d’importants dommages là où la pomme de terre est cultivée tous les ans dans le même sol, surtout quand on y apporte avec abondance l’eau et les matières azotées, comme cela a lieu dans les cultures arrosées à l’eau d’égoùt, à Achères où la maladie a été observée par M. Delacroix. En. on Yillediîuil.
- RICINS A HUILE
- et ricins ornementaux
- Le Ricin, probablement originaire de l’Afrique tropicale, est une des plantes les plus sensibles aux influences de milieu et les formes variées qu’il a fournies, suivant les conditions de climat et de sol, dans les régions où, après introduction, il est devenu subspontané, ont pu toutes, grâce à l’existence de transitions ménagées, être rattachées à une seule espèce botanique, le Rie inus commuais. Ces nombreuses formes, considérées dans leur ensemble, oscillent autour de quelques types d’une certaine fixité, qu’on peut qualifier de races. Les Ricins cultivés aux Indes anglaises présentent généralement une ramification touffue et des fructifications abondantes et peu denses ; on distingue parmi eux un type minor et un type major, qui diffèrent par les dimensions des divers organes de la plante; ceux-ci sont à peu près proportionnés aux graines qui pèsent deux fois plus environ dans la deuxième variété que dans la première; le type sanguin est remarquable par la coloration rouge sang des tiges, des pétioles, des nervures des feuilles et môme du tégument de la graine; le type inerme paraît issu du type minor, dont il possède les dimensions, le port et la plupart des caractères ; seulement ses capsules sont complètement lisses, alors que dans toutes les autres sortes de Ricins, les fruits sont couverts de pointes molles. Les Ricins de la côte occidentale d’Afrique sont généralement verts dans toutes leurs parties et même d’un vert un peu cru, car la surface de l’appareil végétatif ne présente nulle trace du revêtement cireux qu’on trouve au contraire fort abondant chez les Ricins de l’Inde ; leurs inflorescences sont particulièrement longues et denses, leurs graines petites et d’un gris noirâtre ; ils rentrent dans le type viridis.
- Bien différents sont les Ricins de la partie orientale du continent africain qui possèdent un port majestueux et sont un peu les géants de l’espèce ; la ramification est souvent peu touffue; les inflorescences rares, portent un petit nombre de fleurs et présentent une forme ramassée, intermédiaire entre le corymbe et la grappe; les fruits sont gros et renferment des graines à tégument richement coloré ; c’est le type Zanzibar inus.
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- LA NATURE.
- Alors que, dans les régions chaudes, le Ricin est vivace, au moins pendant quelques années et devient un véritable arbuste, sous les climats tempérés il est incapable de résister aux froids de l’hiver, et sa végétation est annuelle; ce n’est plus qu’une grande plante herbacée, dont les tiges sont à peine lignifiées.
- Dans les pays subtropicaux, le but de sa culture est la production aussi abondante que possible des graines; on en retire une huile dont les usages médicinaux sont connus de tous, quoique ses emplois industriels, presque ignorés, soient beaucoup plus intéressants ; on l’utilise, en effet, dans la fabrication des matières de graissage pour les machines, en teinture comme mordant sous forme d’acide sul-foricinique, dans l’industrie des savons durs,comme huile d’éclairage, etc., etc.
- Dans les régions tempérées, le Ricin n’est plus qu’une plante d’ornement ; il n’y a plus lieu de rechercher les formes donnant un fort rendement en graines, comme celles des Indes; on doit surtout se préoccuper des qualités esthétiques de coloration et de port. Si certaines variétés, de petite taille, sont adoptées pour la beauté de leur feuillage, comme le Ricin de Gibson, dont la frondaison se colore d’une teinle bronzée, rouge et chaude, il faut bien reconnaître que les formes puissantes du type zanzibarinus offrent un tout autre intérêt.
- Parmi elles, il n’eu est peut-être point de pins belle que la forme ælhiopicus', dont la gravure ci-jointe ne donne qu’une idée bien imparfaite. Cette plante est cultivée en Abyssinie, oh elle paraît naturalisée dans la région du Musa Ensele, bananier géant exploité pour ses fibres. Un petit lot de semences parvint, il y a quelques années, au Jardin
- Düuaiui el EuiiwiAiiBT. Sur deux formes de Ricins cultivées en Abyssinie. Bulletin du Jardin colonial, noS 16 el 32.
- colonial de Nogent-sur-Marne, où ce Ricin, cultivé en pleine terre pendant la belle saison, fait l’admiration des visiteurs. En sol riche la tige principale s’élance à plus de b mètres de hauteur, en restant absolument droite; ses ramifications latérales prennent unlaible développement et ne donnent point de fleurs; chaque pied ne fournil qu’une grosse inllo-rescence terminale; les lénifies, portées par un long-pétiole, étalent sous une inclinaison de 45°, un limbe extrêmement large, superbement ondulé, découpé en une douzaine de lobes; les plus inférieures viennent s’appuyer à la surface du sol ; celles de la partie supérieure forment une sorte de bouquet qui entoure la grappe et couronne élé-g a m m eut la grosse tige fisLu-leuse ; le limbe est d’un vert assez foncé et complètement dépourvu de cérosie; la tige, les pétioles et les nervures des feuilles sont d’une belle teinle-carminée; la graine est très grosse et mouchetée de brun, elle pèse environ 1 gramme, soit environ 8 fois plus que les semences des petites variétés indiennes.
- M al heureuse-in en l le Ricin d’Ethiopie mûrit difficilement ses graines sous notre climat, avant l’arrivée des premiers froids et l’on doit recourir chaque année à des semences de provenance directe, que l’on obtient difficilement et en petite quantité. Aujourd’hui, cette plante est cultivée au Jardin d’essai de Hann, au Sénégal; elle y trouve un climat favorable, et d’ici peu de temps, les horticulteurs français sauront où s’approvisionner ; le Ricin d’Éthiopie pourra conquérir alors la place qu’il mérite dans l’ornemental ion de nos jardins. Marcel Duhard,
- Maître de conférences à la Sorbonne. Le Gérant : P. Massox.
- Un pied de Ricin d’Éthiopie (Cultures du Jardin colonial).
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1736. — I" SEPTEMBRE 1906.
- LA NATURE.
- LES MINES SOUS=MARINES DU CROISEUR « IPHIGENIA »
- Le croiseur cuirassé lpliigenia, de la marine anglaise, a élé aménagé, tout récemment, pour servir à des opérations militaires maritimes particulièrement dangereuses, qui réclament une attention de tous les instants et des précautions infinies. Nous voulons parler du lancement et de la mise en place des mines ou torpilles sous-marines.
- Tout le monde se souvient encore du rôle important que ces redoutables engins jouèrent, lors de la dernière guerre, à Dalny, à Port-Arthur et dans divers autres endroits, et personne n’a oublié le ré-
- Nous avons prouvé déjà ici même, en plusieurs circonstances, par des exemples frappants, avec quelle rapidité et quel sens pratique les Anglais ont su tirer parti des leçons données aux marines de guerre modernes par les combats livrés en Extrême-Orient. La transformation du croiseur cuirassé lpliigenia est une nouvelle preuve des enseignements, si nombreux, que l’Amirauté britannique est allée chercher dans les lutLes navales dernières. Les mines sous-marines ont été employées en très grand nombre par les deux armées ennemies, elles ont
- Croiseur cuirassé Iphigeina, de la marine anglaise.
- cit tragique des terribles explosions, causées par leur présence à proximité des côtes, dans les passes, à l’entrée des baies ou des golfes, et dans quantité d’autres emplacements, où ils causèrent la perte, en quelques instants, de superbes navires de guerre.
- La guerre russo-japonaise a remis l’usage des mines sous-marines à l’ordre du jour. À la fin du siècle dernier, l’emploi des canons à longue portée semblait devoir rendre peu fréquente l’utilisation de ces hypocrites instruments; mais on reconnut aussitôt que, si d’une part les progrès de l’artillerie permettaient de tenir en respect les forteresses bottantes loin des côtes, la puissance des explosifs modernes d’autre part devenait un facteur dont l’importance ne pouvait être négligée dans la défense des frontières maritimes.
- causé des désastres terribles ; l’importance de leur rôle est donc nettement marqué, pour le moment du moins, dans les guerres maritimes futures.
- L’Angleterre veut pouvoir employer utilement ces très redoutables engins à la défense de ses côtes et, malgré les fortifications de Douvres, elle a pensé que le navire qui viendrait poser rapidement toute une série de torpilles ou de mines sous-marines dans le détroit du Pas de Calais, à l’entrée même de la nier du Nord, jouerait, le cas échéant, un vilain tour à la flotte allemande, qui, une guerre européenne étant déclarée, chercherait à pénétrer dans la Manche.
- C’est pour cela qu'lpliigenia est devenu un navire semeur de mines — a mine-sowing vessel— et que, de simple croiseur cuirassé qu’il était, ce vais-
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- 34“ aimée. ‘— 2“ semestre.
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- LA NATURE.
- seau de guerre a été transformé en un très dangereux instrument, portant sur lui de quoi l'aire sauter ou couler, les uns après les autres, torpilleurs, cuirassés, destroyers et sous-marins, tous les navires d’une Hotte.
- Notre gravure montre l’arrière d'Iphigenia tel qu’il est disposé pour lancer et mettre à l’eau les torpilles sous-marines. Une double charpente en fer, composée d’un palier et d’une rampe d’extrémité, est aménagée sur le pont du navire. Les deux paliers horizontaux reçoivent chacun dix torpilles ; vingt de ces engins sont donc disposés prêts à être débarqués, placés à la file sur les rails des voies qui surmontent chacun des appareils. Le lancement peut se faire très rapidement, le navire marchant à toute vitesse. Les torpilles sont successivement roulées sur le palier, puis elles glissent sur le plan incliné, d’où elles passent à la mer, la rampe débordant à l’arrière du croiseur. Quand les dix torpilles de la charpente de bâbord ont été mises à l’eau, l’opération se continue avec celles de tribord, et, pendant que celle-ci se poursuit, on recharge à nouveau la charpente de bâbord, afin que dix autres engins puissent être prêts à être lancés, dès que le premier approvisionnement sera épuisé. L’opération se poursuivant ainsi sans solution de continuité, il est facile de juger avec quelle rapidité une ceinture d’explosifs peut être placée à l’entrée d’un détroit, d’une rade, d’une passe ou d’une haie quelconque.
- On a disposé, sur Iphigenia, un magasin spécial, où sont entassés avec soin les dangereux engins dont nous venons de parler ; un outillage mécanique d’une grande précision, à la construction duquel il a été apporté une attention toute particulière, permet d’en faire le transport rapide jusqu’au pied des bâtis métalliques de lancement, sur lesquels les torpilles sont hissées, puis roulées et déposées en attendant la mise à l’eau.
- Toutes les manœuvres doivent se poursuivre avec les plus grandes précautions; car, au milieu de tant d’explosifs réunis en si grande quantité sur un espace aussi restreint, la moindre faute, la plus petite imprudence, la plus faible maladresse pourraient causer — on le comprend aisément — un épouvantable désastre. Les matelots de ce singulier navire, qui sème sur son sillage la destruction et la mort, naviguent sur un véritable volcan.
- Les mines sous-marines sont de deux espèces ; il y a les torpilles vigilantes, dites aussi mines de blocus, et les torpilles dormantes ou mines de fond. Les navires du type Iphigenia doivent être aménagés pour faire le transport et le lancement de ces deux sortes d’engins explosifs ; mais ils auront surtout à opérer avec les torpilles de la première catégorie. Leur rôle, en effet, en dehors des attributions dont nous avons déjà parlé, consistera à enfermer les flottes ennemies dans les rades, grâce à l’installation d’une ligne de mines vigilantes, et à faire, de la sorte, le blocus des ports de guerre. Dans ces conditions, il est facile de comprendre les motifs qui |
- ont décidé, pour les opérations dont il est question ici, du choix d’un croiseur à grand rayon d’action, muni de puissantes machines lui permettant, par la vitesse de sa marche, de faire la nique à l’artillerie des forts de la cote et aux canons des cuirassés qui voudraient déranger Iphigenia et ses semblables et les empêcher d’accomplir leur œuvre nuisible.
- Les torpilles sont mises à la mer avec tout leur appareil de mouillage, et, grâce à un dispositif spécial, l’immersion se lait spontanément à la profondeur voulue. Le travail se poursuit sans danger pour le vaisseau chargé de l’opération; car les mines ne deviennent ollènsivcs qu’un certain temps après leur plongée. Cependant il arrive parfois que le mouillage de l’engin manque; cette immersion incomplète constitue alors un réel péril pour le navire poseur de torpilles et tous ceux qui circulent dans la région, les engins explosifs n’étant plus maintenus sur le fond et nageant à la dérive. C’est ainsi, dit-on, que furent coulés, sur les côtes de Mandchourie, deux navires de la marine impériale russe, VIenisseï et le Bujarin, un croiseur-transport et un éclaireur rapide, qui heurtèrent leurs propres torpilles vigilantes llotlant à la dérive1.
- L’effet des mines sous-marines est terrible. Tout le monde se souvient de la perte du cuirassé russe, Petropaolosk, et de la catastrophe, non moins désastreuse, du navire japonais, Hatsuse, pour ne citer que ceux-là parmi les nombreux vaisseaux des deux flottes ennemies, victimes des redoutables engins qui nous occupent. Dans ces conditions, si l’opération de lancement et de mise à l’eau des torpilles intéresse très sérieusement les marines militaires, il en est une autre, celle contraire, qui mérite tous leurs soins attentifs.
- Les mines sous-marines doivent être posées rapidement; mais il faut qu’elles puissent être retirées avec une grande célérité et par n’importe quel temps, afin de ne pas être un obstacle et un danger même pour ceux qui les ont installées.
- S’il est dangereux de poser des mines, on s’en tire encore, sans trop d’accidents, surLout avec des navires spécialement aménagés à cet effet, comme par exemple Iphigenia ; mais le déblaiement et l’enlèvement de ces engins dans les rades, les entrées de ports, les passes, et tous les emplacements où ils ont été semés, constituent des opérations délicates, entourées de toutes sortes de dangers. La marine britannique a dressé l’équipage de certains navires à ces périlleuses manœuvres, indispensables pour le déblocage des ports. Ces exercices spéciaux enseignent les moyens à employer pour faire sauter, draguer ou repêcher ces redoutables engins, qui, en quelques instants, peuvent perdre, corps et biens, les plus puissants navires de guerre.
- Will Darvillé.
- 1 Au mois de juin dernier, le transport japonais Toyotomie-Maru heurta une mine égarée dans la mer de Corée; il coula presque aussitôt et 50 hommes périrent.
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- LE MICROSCOPE
- et la méthode rotative
- L’élude des objets microscopiques d’histoire naturelle a lait depuis quelque trente ans des progrès immenses. On poursuit cette étude dans une multitude de laboratoires, et les savants accumulent découvertes sur découvertes. Malgré ce travail, on doit constater que la presque totalité du genre humain ignore presque complètement l’étendue et la nature de ces découvertes. L’aspect microscopique des choses n’est connu que d’un très petit nombre de personnes, naturalistes, médecins, pharmaciens, agronomes. En dehors de ce cercle, le reste du public ne possède que des notions vagues et souvent erronées sur la constitution microscopique du monde.
- Kn attendant que nous soyons arrivés au niveau des Etats-Unis d’Amérique, où les cours élémentaires de zoologie et de botanique se donnent dans des laboratoires munis de microscopes, la vulgarisation de ces sciences pourrait être entreprise chez nous par les musées.
- Jusqu’ici on pouvait certes exposer des microscopes avec des préparations fixées à la table de J’inslrumcnl par des valets, mais il l'allait pour cela un microscope par préparation. C’était, vu le prix élevé de l’appareil, immobiliser un gros capital pour un maigre résultat; aussi la plupart des directeurs de musées reculaient devant la dépense, ou bien exposaient seulement quelques préparations que l’on changeait périodiquement.
- En Angleterre, le professeur Grant Ogilvie, d’Edimbourg, lit breveter un appareil qu’il appelle le muséum microscope, permettant au visiteur de faire défiler sous ses regards une douzaine de préparations microscopiques; c’était déjà un progrès marquant. 11 permettait d’amener sous l’objectif un espace de vision comprenant 12 fois le champ d’un microscope. C’était mieux certes, mais encore bien insuffisant. C’est pour combler cette lacune que j’ai fait construire le microstéréoscope représenté dans la ligure 1. Cet appareil permet de faire déliler, sous les yeux de l’observateur, cinquante préparations microscopiques en série continue, et il permet d’amener dans le champ de l’instrument toute la surface visible de la préparation.
- L’appareil est constitué de trois parties : 1° un microscope binoculaire monté sur deux platines mobiles ; 2° une chaîne portant les préparations microscopiques ; 3° une boite contenant ou supportant les deux premiers dispositifs.
- 1° Le microscope que j’ai choisi est le binoculaire de Zeiss. J’ai donné la préférence à cet instrument pour plusieurs motifs. 11 donne tout d’abord une vision stéréoscopique des objets à examiner et, de plus, étant construit pour de faibles agrandissements la distance entreOe front de l’objectif et la préparation était suffisante pour permettre une révolution complète de la préparai ion, de 180°, sous les yeux
- de l’observateur. La petite dimension de tube de ce microscope, et sa mise au point par une simple crémaillère me l’ont fait préférer aux autres s ta tifs à longs tubes qui auraient nui à l’aspect d’ensemble de l’appareil. Les deux manettes antérieures commandent deux platines mobiles l’une sur l’autre. La supérieure porte le microscope, elle l’entraîne dans un mouvement de gauche à droite et vice versa, l’inférieure porte la supérieure avec le microscope et entraîne les deux oans un mouvement antéro-postérieur et vice versa. Ces deux mouvements combinés à celui de la crémaillère du microscope permettent d’atteindre n’importe quel point des trois dimensions de la préparation, longueur, largeur et profondeur.
- 2° La chaîne articulée qui porte les préparations ressemble aux chaînes analogues construites pour recevoir les clichés photographiques des stéréoscopes dits américains, ou ceux du Yérascope Richard. Elle en diffère par les caractères suivants : elle porte 50 petits châssis métalliques de dimension appropriée au format des préparations microscopiques le plus en usage, le format anglais 76 x26 mm. Us permettent pourtant un déplacement de l’objet sur le châssis de quelques centimètres dans le sens de la longueur et de la largeur, pour laisser amener l’objet à examiner au milieu du champ du microscope. De cette façon, le microscope étant immobilisé à un endroit déterminé, toutes les préparations portant un objet dans leur milieu se succèdent régulièrement sous l’objectif au milieu du champ visuel. La chaîne est mue par la manette médiane adaptée à un moyeu quadrangulaire qui amène, après une révolution de 90°, la préparation microscopique dans un plan parallèle au front de l’objectif du microscope.
- La chaîne est inclinée de 45° sur l’horizon, pour permettre de prendre la lumière au moyen d’un miroir commandé par la manette postérieure, et placer le microscope dans la meilleure et la plus commode position pour l’observation.
- 5° La boîte en bois est divisée en trois compartiments : le supérieur contient la chaîne articulée inclinée; sous celle-ci, le second compartiment est divisé en petits tiroirs qui peuvent contenir environ 250 préparations microscopiques; enfin dans un compartiment inférieur, on peut remiser le microscope avec ses accessoires objectifs et oculaires.
- Au moyen de cet appareil on peut donc faire défiler, sous les yeux d’un même observateur, cinquante préparations microscopiques les plus variées, et parcourir toutes ces préparations sur toute leur surface. 11 convient, pour la démonstration de petits animaux tels qu’infusoires, flagellés, petits insectes, larves de Cœlentérés, Arachnides, Acariens, Vers, etc., etc., dont les caractères spécifiques et la structure anatomique sont visibles sous un grossissement de 70 diamètres maximum.
- Il conviendrait aussi très bien pour l’étude de séries de coupes faites à travers le système nerveux, ou à travers des embryons, pour y suivre le développement et l’étendue des organes, la distribution des
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- cellules nerveuses, et toutes autres parties, etc., etc.
- Le dispositif précédent ne comporte aucun appareil condensateur de lumière, aucun objectif à courte distance frontale, ni à immersion. Toutes ces parties essentielles ont du être tenues à l’écart de l’appareil pour permettre à la préparation microscopique de format anglais une révolution complète de 180° autour de l’axe de rotation de la chaîne articulée. Pour pouvoir faire circuler les préparations microscopiques entre le front d’un objectif puissant et le condensateur de lumière, celles-ci ne doivent pas sortir d’un même plan.
- J’ai atteint ce résultat en construisant une table
- tourne. Ce mouvement de rotation est provoqué dans un sens ou dans l’autre au moyen de la main gauche. Le disque est susceptible d’un autre mouvement que l’on détermine avec la main droite au moyen de la vis que l’on aperçoit en arrière et à droite de la table, et qui fait mouvoir un chariot portant l’axe de rotation et le déplace en arrière depuis l’appareil condensateur de lumière jusqu’à l’extrémité de la table, amenant successivement sous l’objectil tous les [Joints du rayon du disque.
- En combinant ces deux mouvements, l’un circulaire, l’autre radial, on peut amener, sans difficulté, sous l’objectif n’importe quel point de la préparation.
- Fig. 1. — Microstéréoscope.
- Fig. 2. — Microscope avec disque.
- nouvelle de microscope sur laquelle un disque de verre ou d’autre substance étant placé peut tourner dans un même plan sous l’objectif. On peut voir l’appareil dans la ligure 2.
- Sur la préparation discoïdale qui se trouve placée sur la platine du microscope, des coupés micro forniques ont été distribuées en série continue suivant une spirale, depuis la circonférence jusqu’au centre, disposition obtenue au moyen d’un microtome nouveau dont il sera question plus loin. On peut utiliser l’espace libre sur le disque de verre, en y distribuant les objets à examiner en cercles concentriques et en spirales.
- Le disque est percé d’un trou central par où il s’articule avec une pièce axiale autour de laquelle il
- Deux échelles graduées, l’une en degrés et l’autre en millimètres, permettent de repérer exactement chaque point de la préparation.
- Le microtome nouveau chargé de la distribution spiralée des coupes nous a été suggéré par la pensée de raccourcir les manipulations longues et fastidieuses, de débiter en longs rubans rectilignes les objets à étudier. Recueillir ces rubans découpés, les découper en segments, les arranger sur les porte-objets, toutes ces manipulations de coupes fines et presque impondérables, exposent l’opérateur à perdre des coupes, à les faire s’envoler sous la respiration, à les déchirer en coupant la série en segments, à recourber ou retourner la série des coupes et à en intervertir l’ordre.
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- Notre microtome recueille directement le ruban des coupes, au fur et à mesure qu’elles se produisent, sur un disque tournant situé sous le couteau. Dans la figure 5, le ruban est déjà en partie étalé sur le disque au pourtour de la circonférence et est porté dans la partie restante par le couteau.
- Pour obtenir une distribution spiralée des coupes, il faut nécessairement changer la forme de celles-ci. On s’efforce actuellement à donner au bloc de paraffine à découper une forme rectangulaire pour que les coupes s’ajoutant l’une à la suite de l’autre forment un ruban rectiligne. Avec mon appareil, il faut découper le bloc de paraffine de telle façon qu’une série de coupes en s’accolant forme un cercle parfait.
- Les coupes ont donc une forme trapézoïdale dont le grand côté esL tourné vers la périphérie du disque.
- L’enroulement concentrique spiralé du ruban s’obtient par le mouvement de deux chariots mobiles au moyen de
- la manière déjà indiquée plus haut en forme de trapèze ; avec un peu d’habitude et à l’aide d’un couteau spécial, on donne sûrement et rapidement la forme voulue à la paraffine, pour que toutes les coupes en s’accolant déterminent la formation d’un cercle. On amène alors le bord du disque immédiatement sous le couteau à l’endroit où le ruban des coupes viendra pendre en s’incurvant. Les premières
- manivelles actionnant une vis, et qui ont ^ chacun
- Fig. 4. •— Série de coupes d’un læma obtenue et mise en place par l’appareil ci-dessus.
- une direction perpendiculaire à celle de l’autre ; de telle sorte que l’axe de la petite table supportant le disque de verre puisse se déplacer dans toutes les directions sous le couteau.
- Le disque de verre ayant été enduit au préalable, sur sa face supérieure, d’une couche très mince d’albumine de Mayer, au-dessus de laquelle on ajoute une couche d’eau distillée, il est prêt à recevoir le ruban qui va se former aux dépens du bloc de paraffine qui enrobe un embryon. Le bloc a été taillé de
- Fig. 5. — Microlome en action.
- coupes s’étaleront sur le bord du disque, et au fur et à mesure que de nouvelles se succèdent, on imprime, au moyen de la main gauche, un léger mouvement de rotation au disque qui entraîne le ruban aussitôt qu’il est formé. Si l’on continuait dej faire fonctionner l'appareil dans cette position, on accumulerait des séries circulaires de coupes microtomiques les unes au-dessus des autres dans le même espace, car le ruban tomberait toujours à la même place. C’est pourquoi il faut alors déplacer, au moyen de la manivelle inférieure, le disque de manière que le ruban vienne tomber à l’intérieur du premier cercle formé. Pour donner au second cercle une direction appropriée, il faut s’y prendre à temps, c’est-à-dire immédiatement après la formation du premier demi-cercle. On pousse donc à chaque demi-tour le disque en avant, sur une distance égale à la dimension de la coupe, jusqu’à ce que finalement le ruban atteigne le centre du disque.
- Il est facile de comprendre les multiples avantages des dispositifs qui viennent d’être décrits. L’arrangement des coupes microtomiques sur le porte-objet, toujours si long, se trouve beaucoup simplifié, raccourci et moins hasardeux. D’autre part on pourrait facilement utiliser les coupes ainsi disposées en spirale pour l’enseignement visuel dans
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- Jcs musées et salles de cours, le spectateur ayant devant lui toute la série successive des coupes d’un meme objet, qu’il peut laire défiler à volonté par le .jeu des vis. l)1' Hector Lebrun,
- Du musée (i’Ilistomi naturelle de Druxelles.
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- L’ÉLECTRICITÉ EN 1881
- Lorsque l’Exposition d’Ëlectricité de 1881 eut mis en lumière les merveilles de l’éclairage électrique, lorsqu’elle eut démontré tout le parti que l’on pouvait tirer de cette petite ampoule de verre à filament incandescent, de nombreuses Sociétés se formèrent aussitôt pour exploiter cette nouvelle lumière et la propager de par le monde.
- Naturellement ce furent les endroits publics, les salles de théâtres qui les premières en reçurent l’application.
- Le public, en contemplation devant des lampes qu’on pouvait toucher avec la main, qui s’allumaient en les vissant, ne se doutait guère des difficultés que l’on avait à vaincre pour assurer sa sécurité si gravement éprouvée par le récent et terrible incendie de l’Opéra-Comique.
- Tant bien que mal, dans les caves, dans les cours, quelquefois même dans un hangar voisin on installait machines à vapeur, dynamos, accumulateurs et, tout d’abord, la lustrerie électrique n’existant aucunement, on se contentait, à l’aide d’un petit raccord, de doubler chaque bec de gaz d’une lampe électrique, conservant précieusement l’éclairage mixte de crainte d’accident. Ah! la vie n’était pas drôle pour les « Ingénieurs des théâtres » de ce temps-là. Pas d’ouvriers électriciens, pas de chefs de chantiers capables, un matériel déplorable, voilà quel était le bilan! Quand on pense que les fils, les moulures de bois, jusqu’aux ampoules effilées destinées à faire de-lampes venaient d’Amérique! Bien que faites à l’emporte-pièce, sans procédés suffisamment étudiés, elles valaient 15 francs, ces lampes, à leur apparition, puis bientôt leur prix tomba à 5 francs où longtemps il se maintint et plus longtemps encore à 5r‘,50. — C’était cher, mais en revanche, quel rendement désastreux! Au début de leur fonctionnement elles exigeaient bien 5 à 6 watts par bougie; mais après 100 heures d’éclairage il eût été... imprudent d’en constater le chiffre.
- D’ailleurs pas ou presque pas d’étalonnage. A 10 volts près qu’est-ce que cela pouvait bien faire! Aussi quel gaspillage, quelle consommation ! que de lampes « brûlées » instantanément! Par exemple celles qui résistaient plus de 200 heures — rari nan tes — prouvaient ensuite qu’elles avaient la vie dure. Elles ne blanchissaient pas en vieillissant, c’est vrai, mais si elles n’éclairaient plus, elles s’obstinaient à vivre avec des exigences progressives, une véritable boulimie de volts et d’ampères.
- On ne fabriquait couramment, d’une manière satisfaisante, que des lampes de 50 à 60 volts et des lampes de 100 à .120; les premières plutôt destinées à l’éclairage par accumulateurs, les secondes pour le service courant sur dynamos à 110 volts.
- Mais souvent aussi on se servait des premières pour cela parce que l’on savait mieux les fabriquer, et que leur consommation était légèrement plus faible. Alors c’était toute une histoire. Le montage en tension par 2 était évidemment fort simple, mais il fallait avoir le soin d’essayer au préalable les lampes deux par deux afin d’être sûr qu’elles pourraient ensuite bien fonctionner avec la même intensité sans quoi l’une des deux aurait « brûlé » de
- suite. Cette complication en entraînait une deuxième plus ennuyeuse, encore. Quand une des deux lampes était usée, il fallait changer les deux, une neuve ne pouvant aller avec une vieille!
- Et les Dynamos! on n’en connaissait alors que bien peu de modèles et quels modèles! Presque toutes avaient de bien mauvais caractères. Tantôt elles s’excitaient, « s’amorçaient », tantôt elles ne s’amorçaient pas!
- Le magnétisme rémanent refusait avec énergie de « rémaner ». Et l’on supprimait tout circuit en service, et l’on faisait emballer la machine à vapeur, et l’on faisait « court circuit » aux balais!... Alors, après un temps plus ou moins long — toujours plus que moins, — la lampe témoin placée sur la dynamo commençait à rougir. On ne cessait de l’examiner, de la contempler, cette lampe, avec anxiété et l’on poussait un soupir de soulagement quand le filament avait atteint l’intensité normale.
- Quand on avait deux dynamos à sa disposition c’était plus simple ; on avait au moins la chance d’en avoir une où les masses polaires étaient suffisamment rémanentes. Alors on excitait l’autre avec celle-là! Mais ce n’était pas toujours le cas. C’était, d’ailleurs, le temps où la mise en quantité, en parallèle, était une affaire d’état.
- A chaque dynamo de l’installation était joint un « tableau de lampes », c’est-à-dire un tableau sur lequel étaient installées autant de lampes électriques que la dynamo pouvait en alimenter; car on comptait alors la puissance des dynamos en lampes. Et Ton allumait soigneusement sur chaque tableau ,1e même nombre de lampes (( poussées au même voltage » — du moins, d’après les indications du voltmètre, — ou mieux, d’après l’intensité des lampes. Cela fait, après s’ètre assuré que le ou les mécaniciens étaient à leur poste, prêts à manœuvrer dans un sens ou dans l’autre leur prise de vapeur, une énergique « attention » était lancée pour les rappeler à la réalité et l’on mettait rapidement les broches couplant les dynamos. Si rien d’anormal ne se produisait on se sentait le cœur plus léger.
- Malgré tout il arrivait quelquefois des à-coups. Une machine à vapeur ralentissait, alors l’autre « prenait » tout, cognait sous l’eflort supplémentaire et injuste qu’on lui demandait et Ton manœuvrait ferme les leviers des rhéostats d’excitation. En général, l’harmonie se rétablissait assez vite, mais le crachement des balais, l’appréhension de l’inconnu ou du peu connu, la crainte de« brûler l’armature » donnait chaud. Il faut dire aussi qu’on avait bien soin, sous le fallacieux prétexte d’éviter les poussières ou autres microbes propagateurs de courts circuits, d’enca-puchonner solidement l’armature, ce qui lui conservait admirablement sa chaleur, au lieu de la ventiler jusqu’au centre comme il eût fallu le faire et comme on le fait actuellement.
- Et les lampes à arc qu’on décorait du nom de « régulateurs » !
- Rares aussi les modèles en usage et tous plus défectueux les uns que les autres.... Il y en avait qui s’obstinaient à ne pas vouloir « démarrer », puis les charbons « collaient » pendant que la deuxième lampe en série (car on n’utilisait guère alors que le courant continu à 110 volls) devenait éblouissante, passait du rouge au blanc et du blanc au violet jusqu’à ce qu’un bruit de castagnettes se produisît, abominable, par la danse effrénée des charbons l’un sur l’autre! Et cela jusqu’à ce que le régulateur voulût bien s’arrêter. C’est la lampe qui « règle », disait-on ! C’était charmant! Alors on réglait à coups de pouce, vissant par-ci, dévissant par-là, déplaçant, centrant les
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- charbons ou même... à coups de poing quand le résuif al restait négatif malgré une demi-heure et plus d’efforts laborieux.
- D’ailleurs, on était si bien fixé sur le fonctionnement de ces engins meurtriers pour la vue, mais qui n’éclairaient pas, que l’on avait soin, puisqu’ils marchaient par deux, d’en croiser l’emplacement dans les installations. Comme cela, sur quatre lampes on était à près sûr qu'il y en avait deux qui éclairaient... ; mais ce n’était pas toujours les mômes.
- Et les accumulateurs! Que d’ampères-heures consommées à faire tomber les pastilles de matière active, à fabriquer inutilement et dangereusement de l’hydrogène ! Les plaques mal comprises se gondolaient avec ivresse, se livrant ainsi à un petit jeu de courts circuits inquiétant pour leur santé ; l’oxydé de plomb tombait au fond des récipients, en grès, en bois doublé de plomb — le verre ne vint que plus tard — et contribuaient à la destruction rapide de l’appareil en réunissant les bords inférieurs des plaques.
- Aussi, que d’heures employées au chargement; mais, en retour, combien rapidement s’opérait la décharge de tes précieux engins. « Ils ne tiennent pas le courant », disait un de nos forts ouvriers électriciens de ce lemps-là qui avait remarqué, lui, que les accumulateurs marchaient bien mieux lorsque, quelques minutes avant leur mise en service, on les remettait en charge, ne fût-ce qu’un instant, parce qu’alors, « ça remuait le courant au lieu de le laisser en place ». Certes, pour lui, les ampères étaient des particules matérielles qu’il voyait collées aux plaques et il fallait bien les secouer de peur qu’elles n’y moisissent. Hommes et matériel, on le voit, n’étaient pas fameux; heureusement l’idée était géniale et T’a prouvé depuis. Tous les mois, au plus, il fallait procéder au nettoyage des bacs; on enlevait et on remplaçait les plaques positives, on jetait la boue, on remettait de l’acide, on refaisait les connexions. Pendant une semaine on était à peu près tranquille et puis c’était à recommencer, les accumulateurs ne « rendaient » plus rien.
- Ah! s’il avait fallu, comme l’enseignait la Préfecture de police que les .« lampes de secours » fussent « branchées » dessus, point n’eût été besoin d’écrileau pour les distinguer des autres, mais qui diable eussent-elles secouru !
- D’ailleurs, il faut bien le dire, il y avait d’autres raisons que la mauvaise qualité intrinsèque des accumulateurs. Les installations ne pouvaient être soigneusement exécutées; on ne possédait aucun instrument de contrôle, et, pour en connaître les défauts, on se contentait de munir le tableau de distribution d’un « indicateur de terres » avec une lampe rouge et une lampe bleue et de plus une sonnerie, signaux acoustiques et optiques, qui naturellement ne fonctionnaient que lorsqu’il y avait une « terre franche ». Pour toutes les autres dérivations on en était averti par le crachement des balais. On cherchait à l’aveuglette en allumant circuit par circuit et alors le procédé le plus simple consistait à « faire sauter » la terre en provoquant un court circuit à l’aide d’un petit fil 12/10 réunissant un pôle, et puis l’autre à une terre franche connue par un contact rapide.
- On risquait bien de mettre le feu, on fondait quelquefois des tiges de lustres, mais alors on n’y regardait pas de si près. Quelquefois même on se trouvait averti d’une terre par des lampes restant allumées, tout étant coupé. Cela nous arriva, à nous-même, en plein après-midi. Les machines à vapeur étaient arrêtées, les accumulateurs
- coupés aux deux pôles au table?’» de distribution; cependant, il y avait deux lampes d’un lustre qui, vaillamment, donnaient « cette obscure clarté qui tombe des étoiles, mais enfin qui brûlaient ».
- Les accumulateurs ayant un pôle à la terre (toujours, quoi qu’on fasse) il s’étail, en plus, établi des dérivations par les connexions humides derrière le tableau de distribution (en bois, placé dans une cour) et en avant de ces connexions. L’autre pôle de ces lampes se trouvait, par hasard, aussi mal isolé, d’où circuit fermé. Vu notre incrédulité primitive à ce sujet, appuyée d’un pari, cela nous coûta un dispendieux déjeuner, nullement regretté d’ailleurs.
- Il n’était guère question de secteurs dans Paris à ce moment, ou du moins ils n’étaient pas installés.
- Les principaux monuments publics — pour éviter les dangers d’incendie— contenaient dans leurs souterrains chaudières à haute pression, machines à vapeur, dynamos, accumulateurs; tout ceci disposé comme l’on pouvait, très mal !
- Témoin, pour ne pas le nommer, lTIôlel de Ville de Paris où (c’est encore ainsi) les machines sont disposées en 5 salles différentes sans aucune communication directe de l’une à l’autre et qui servaient cependant jusqu’à ces derniôtcs années à assurer le service des bals et des fêles, marchant au plein, sans aucune réserve, sans aucun secours en cas d’avarie.
- C’était le temps des tours de force, puisqu’on ne pouvait faire autrement; et c’est ainsi qu’en juin 1889 (on avait déjà pu former des électriciens, la période préliminaire était terminée), afin d’éclairer le palais de l’Industrie — de si laide mémoire, — on installa en 14 jours, 5 machines à vapeur, 6 dynamos, une énorme batterie d’accumulateurs, 500 lampes à arc et 2000 lampes à incandescence.
- Aujourd’hui ce serait un jeu, mais en ce temps-là !! Il faut dire, cependant, qu’on était puissamment aidé par le téléphone. Cet appareil, alors à ses débuts, fonctionnait admirablement bien! Ce n’était pas l’Etat qui s’en occupait.
- Dès l’Exposition de 1889, lorsque les Picou, Rechniewsky, Labour, Desroziers, et tutti quanti, eurent construit les admirables dynamos que l’on connaît; dès que — la pratique aidant— on se fut aperçu des véritables dangers de l’énergie électrique mal employée, tout changea, heureusement .
- Nos jeunes collègues en électricité ignoreront toujours les vicissitudes par lesquelles nous avons passé pour leur ouvrir la voie si vaste du domaine électrique et frayer un petit sentier qui aujourd’hui encore commence à peine à devenir un grand chemin. M. Lecomte Di nis.
- UNE CARAVANE HINDOUE
- au Jardin d’Acclimatation
- Les Parisiens qui fréquentent au Jardin d'Acclimatation sont depuis longtemps habitués aux intéressantes exhibitions ethnographiques de cet établissement.
- Cette fois les nombreux étrangers et provinciaux qui affluent en ce moment vers la capitale seront de moitié avec les visiteurs ordinaires pour jouir du spectacle.
- Les Hindous, auxquels le Jardin d’Acclimatation
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- accorde jusqu’en octobre l’hospitalité de sa grande pelouse, sont des individus de diverses origines, mais surtout de l’Inde méridionale. Parmi eux, h côté
- naissent à leur stature élevée en môme temps qu’à leur chevelure ondulée et noire, à leurs yeux foncés, à leur peau d'un brun clair et à leur nez étroit,
- Fi”-. 1. — Danse de femmes hindoues.
- de prestidigitateurs, de jongleurs et d’acrobates de la région de Travancore, se mêlent Tamouls de Ma-labare, danseuses et musiciens de Tangore, fakirs, charmeurs et dresseurs de serpents, complétant cet ensemble un peu confus mais où l’on vérifie facilement les principaux caractères de ceLte race dravidienne qui, avec la race indo-af-gane, constitue le noyau ethnique principal de la grande presqu’île anglaise. Ces deux races d’ailleurs sont loin d’être restées pures dans l’Inde et elles ont subi des abâtardissements de divers degrés ; d’une manière générale, toutefois, on peut dire que les Indo-Af-gans habitent la partie nord-ouest du pays et les Dravidiens dans l’autre.
- Physiquement, tandis que les Indo-Afgans — non représentés dans la caravane du Jardin — se recon-
- droit ou convexe, —les Dravidiens sont au contraire de taille relativement plus restreinte, et possèdent
- des cheveux sombres frisés ou ondulés, une peau foncée d’un noir brunâtre, et un nez souvent fort large. Il convient d’ailleurs de distinguer parmi eux deux types fondamentaux , mais très métissés, comme on le voit fort bien ici, l’un à nez fin, l’autre à nez large et à tête plus courte. Les photographies qu’a bien voulu nous communiquer le distingué directeur du Jardin d’Acclimatation, M. Porte, montrent d’ailleurs mieux que de longs commentaires, les caractères essentiels de ces types, et permettent de constater la réelle beauté physique des hommes et des femmes.
- Il se mêle au plaisir purement anthropologique un sentiment d’admiration esthétique à voir tous ces
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- hommes déployer agilité et assurance remarquables dans d’étourdissantes gymnastiques. Notre ligure 2 donne une idée des exercices d’assouplissement auxquels ils se livrent comme à un jeu; mais pour se représenter exactement ce qu’ils sont capables de réaliser dans ce sens, il faudrait s’imaginer que ces longues perches de bambous, auxquelles ces corps ....*
- sont suspendus de '* ^
- façon si imprévue, sont animées de
- dont les oreilles et les ailes du nez étincellent de pierreries, et qui, en balançant leur télé avec d’étranges grâces, ondulent et penchent harmonieusement toutes les lignes de leur corps? Il n’est pas jusqu’à des spectacles plus familiers, celui de l’bomme combattant un ours, qui ne donnent, eux aussi, une impression | de beauté impré-
- vue.
- Ensuite,l’étude du petit village hindou n’est nas
- Fig. 5, 4 ol 5. — Eu liaul, le peintre potier au travail. — A gauche, les charmeurs de serpents. — A droile, les brodeurs sur étoffes.
- mouvements rythmiques d’oscillation qui balancent souplement dans l’espace ces étonnants équilibrisles. L’un d’eux pousse même encore plus loin l’audace non content de balancer ainsi son corps à quatre ou cinq mètres au-dessus du sol, à l’extrémité de la baguette flexible, il se charge de plusieurs lourds pots de terre qu’il étage savamment sur son large turban, et c’est toute celte instable pyramide qui oscille lentement en équilibre, devant les yeux émerveillés. Que dire aussi des danses, à la fois discrètes et savantes, de ces bayadères, aux bras et à la gorge admirables,
- moins féconde en plaisirs et en enseignements. Nous donnons ci-contre la photographie de deux brodeurs :
- l’un travaillant sur les étoffes blanches, l’autre ayant au contraire pour spécialité de broder l’or et l’argent. Le peintre céramiste qui les accompagne est un habile artiste improvisant d’é-clatanles décorations et fort capable de dessiner d’impromptu un tigre, un éléphant, ou un lion sur les cartes postales qu’il vend aux visiteurs. Un potier qui lui tient compagnie, un chaudronnier sur cuivre, des tourneurs, des graveurs et un excellent cuisinier ne sont pas
- Fig. 6. — L’ccole.
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- moins curieux h examiner. Nous allions oublier l'Ecole et les Charmeurs de serpents. Ces derniers, du simple son de leur llùte indienne, plongent leurs redoutables Copra-Capello dans une sorte d’hypnose et manient sans danger leurs corps engourdis et inertes.
- Mieux d’ailleurs que d’inutiles descriptions, un examen de visu permettra à chacun de tirer de cette exposition tous les enseignements qu’elle comporte.
- Animé Dumesnil.
- UNE PERFORATRICE DE CARRIÈRE
- Il semble au premier abord peu rationnel de recourir aux services d’une perforatrice dans une carrière, là où l’on n’a point à descendre de sondages et de puits d’extraction à grande profondeur, puisque, pour la pierre de taille, meme quand on exploite souterrainement, ce n’est pas à grande profondeur. Dans une exploitation de ce genre, il s’agit toujours de séparer des blocs de pierre suivant les lits, en détachant chaque bloc de la masse d’un même lit, par des coupes verticales successives. Les lits sont constitués par les stratifications superposées, ce sont
- autant de nappes de pierres, dont l’ensemble se clivera assez aisément suivant ces stratifications ; d’autant que l’introduction, dans ces joints, de coins de bois que l’on mouille les élargit et facilite étrangement l’isolement des lits superposés. Mais chacune de ces lames a une étendue considérable, et il faut en séparer une partie plus ou moins grande, correspondant tout au plus à la suriace de l’exploitation, en faisant une coupe dans le banc parallèlement à sa lace antérieure, et aussi deux coupes aux extrémités. On ne peut naturellement songer pour cela à employer une scie ; car non seulement il lui faudrait des dimensions énormes, mais encore on n’aurait pas la place, aux deux extrémités, pour lui donner le mouvement d’oscillation longitudinale qui s’impose avec cet instrument.
- Pour ce travail, le fil hélicoïdal rend des services particuliers qui ont été expliqués ici. Le fonctionnement de ce fil, de ce câble, comme on le nomme parfois, est dû à son déplacement longitudinal continu,
- Fifr. 1. — Les cylindres de pierre sortis des puits.
- accompagné de torsion à la surface de la pierre ; cela fait pénétrer peu à peu dans celle-ci, où, les particules pierreuses aidant, il produit un efi'et rodant et scie véritablement la [lierre. Il donne une rapidité de débit considérable, et il va sans dire qu’il est autrement plus économique que la pratique des coins enfoncés péniblement de place en place, et arrosés d’eau ensuite pour que leur gonflement fasse éclater la pierre; procédé qui entraîne un déchet énorme.
- Nous rappellerons d’un mot que, pour guider et porter le câble hélicoïdal, de manière qu’il vienne s’étendre et courir le long de la ligne suivant laquelle se doit faire l’attaque de la pierre, et qu’il pénètr peu à peu au furet à mesure qu’il creuse son chemin dans le massif, on fait usage d’armatures assurant le double mouvement de déplacement longitudinal et d’enfoncement vertical. Chaque armature
- consiste en un châssis tubulaire portant deux poulies à gorge (jni forment renvoi pour le câble : l’une est montée sur un support fixe à la partie supérieure du châssis,et l’autre sur un support mobile coulissant sur toute la hauteur de tube : le déplacement de ce support mobile et de la seconde poulie est produit par la rotation d’une longue vis parallèle au tube,
- que l’on fait tourner au lur et à mesure que progresse le sciage, mais de manière qu’elle donne toujours au fil la pression nécessaire pour qu’il attaque la pierre. Pour le sciage d’un bloc détaché, si long qu’il soit, le montage des armatures se fait très aisément des deux côtés ou aux deux extrémités du bloc : mais il n’en est plus de même quand on veut scier un banc naturel, comme on dit dans le langage technique, et que ce banc ne présente aucune solution de continuité où loger les armatures. Il faut pratiquer alors aux deux bouts de la ligne suivant laquelle on veut faire agir le fil hélicoïdal, c’est-à-dire aux extrémités du banc que l’on veut scier, des puits présentant une ouverture suffisante pour qu’on y puisse descendre les armatures. Ces puits, qui doivent avoir 0,90 m. de diamètre s’ils sont circulaires, demandent naturellement un travail assez pénible quand il s’agit de les creuser au pic, et c’est pour cela que la Société des ateliers de constructions électriques de Charleroi a eu l’idée heureuse de coin-
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- biner une perforatrice spéciale, d’ailleurs électrique, (pii permet le creusement de ces puits avec une rapidité très grande et à un prix très peu élevé. On s’est inspiré de la disposition des mèches de trépans circulaires, ou plus exactement cylindriques, qui, généralement armées de diamant noir à leur partie inférieure et coupante, détachent, dans le sol où s’exécute le forage, un cylindre de diamètre correspondant à celui de l’intérieur du trépan. Du reste, le diamant noir lui-même coûtant cher à l’heure actuelle, on a cherché un peu de tous côtés à utiliser des couleaux entièrement métalliques, laits des aciers si durs que l’on sait fabriquer couramment, etun inventeur australien,
- M. Davis, a eu l'idée encore plus originale de compléter le couteau du trépan par de la grenaille d’acier très menue, qu’il laisse tomber au fond du trou de forage, et qui vient jouer le rôle de matière rodante entre la mèche et la roche.
- C’est de cette disposition cylindrique que s’est inspirée la Société de Charleroi, mais sur des proportions beaucoup plus grandes, et en comptant sur l’homogénéité des bancs de pierre où il s’agit de travailler. La perforatrice employée ici comprend une tôle cylindrique de 5,50 m. de haut et de 0,92 m. de diamètre, à la hase de laquelle est monté un couteau de 0,50 m. de hauteur. Celui-ci (qui est naturellement cylindrique) forme à sa partie inférieure des espèces de dents alternées sur des circonférences concentriques : c’est-à-dire qu’il présente deux rangées de dents mordant bien la pierre; les choses sont disposées de telle sorte, que l’espace cylindrique déterminé par les dents extérieures est plus large que le diamètre de la tôle, et, quand le puits est terminé, on peut sans coincement retirer la tôle et le noyau intérieur de pierre qui s’y trouve. Tout le système de perforation reçoit un mouvement
- circulaire à raison de 50 à 70 tours par minute, par l’intermédiaire d’une tige carrée à l’extrémité supérieure de laquelle est calée une roue hélicoïdale. Primitivement, on avait essayé d’une transmission télédynamique pour assurer ce mouvement ; mais le rendement était mauvais, et la commande manquait de la rigidité indispensable dans un forage de cette espèce. Avec un moteur électrique, il en est tout différemment. C’est l’arbre même du moteur électrique qui attaque la roue hélicoïdale dont nous avons parlé, par une vis sans fin reliée à cet arbre.
- La réaction de la vis se fait sur des billes en acier, sans bruit ni usure anormale : latige carrée d’entraînement agit sur le cylindre porle-couteau, par un manchon qui permet à la lôle de s’enfoncer au fur et à mesure que pro -gresse le décou-pement de la pierre; le poids de la tôle est utilisé pour assurer la continuité de l’attaque.Le manchon est maintenu axialement par un guide mobile, glissant dans trois montants en fer en U qui forment charpente de l’appareil. Pour le creusement, on projette de temps à autre, dans la rainure, soit du sable fin et de l’eau, soit de l’eau et de la grenaille d’acier, comme dans le système Davis que nous signalions en commençant. Le moteur électrique est du type hermétique ; il est d’une puissance de 20 à 25 chevaux. Pour enlever la tôle, le forage une lois terminé, on recourt à un treuil à main fixé sur un des montants de la charpente, et dont le câble vient saisir le haut de la tôle ; pour le cylindre de pierre, on enfonce d’abord dans sa partie supérieure une tige à crochet qui donnera prise pour le soulèvement, puis on le sépare du massif auquel il reste encore relié par sa base, en enfonçant des coins dans la rainure de la tôle.
- Dans la pierre dure, comme on ne peut pas donner une très grande portée au fil hélicoïdal, on fore
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- les puits à une distance ne dépassant point 4 5 mètres ; pour la pierre tendre, celte distance peut atteindre 40 mètres. Généralement, on ne dépasse pas une profondeur de 7 à 4 0 mètres, bien que, en superposant une seconde lôleàlapremière, puis une troisième, une quatrième môme, on puisse arriver à une quinzaine de mètres. Dans la pierre bleue de llelgique, on arrive à un avancement de 40 centimètres à l’heure.
- Le procédé semble étrange au premier abord,en ce sens que les énormes cylindres de pierre qu’on détache n’ont aucune utilisation pratique : on les casse généralement en plusieurs morceaux suivant leur hauteur, on ne les découpe que pour former des puits cylindriques où loger les armatures et poulies permettant l’installation et le fonctionnement du fil hélicoïdal. D. B.
- LES CARRIÈRES DE SÉLINONTE
- (Sicile)
- Les lignes qui précèdent rappellent une singularité de la Sicile antique, qu’il m’a paru curieux de
- apprécier, et pas uniquement pour dire qu’ils y ont été, savent trouver le temps d’aller visiter, près de Castelvelrano les carrières d’où l’on a extrait les
- matériaux de la vieille colonie hellénique.
- Sélinonte, en effet, — dont les ruines font depuis .de longues années l’objet des fouilles lructueuseseldes déductions sagaces du professeur Salinas, le savant directeur du musée de Païenne, — Sélinonte a été construite (de 628 à 409 av.
- avec les pierres de ce tuf coquillicr solide, d’àge pliocène (étage sicilien) qui abonde dans toute la Sicile. Un banc particulièrement propre à la construction affleure h Campobello à 10 kilomètres N.-O. de Sélinonte. C’est là qu’on voit encore, de la plus nette et surprenante manière, comment travaillaient les carriers italo-grecs il y a 2500 ans.
- En approchant du gisement, qui n’est d’ailleurs plus exploité, on aperçoit, abandonné sur le sol herbeux de ce qui fut jadis une chaussée reliant Sélinonte aux carrières, d’énormes cylindres de pierre plus ou moins enfoncés dans la terre. Pareils aux tambours, dont la superposition composait les grandes colonnes des temples, ces cylindres pour une
- Fig. 2. — Temples couchés de l’acropole de Sélinonte.
- mettre en parallèle avec les gravures des pages 218 et 249.
- Seuls les touristes qui voyagent pour voir et pour
- cause ou une autre (soit parce qu’une imperfection les avait mis hors d’usage, soit plutôt parce que les travaux furent brusquement interrompus en 409
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- et 265 par la chute de la ville entre les mains des Carthaginois) reposent là depuis vingt-trois siècles : ils sont trop lourds pour (pie les Siciliens actuels songent à les déplacer pour une utilisation quelconque. Et c’est déjà un problème que de savoir exactement par quels moyens de savante mécanique, ou par quelle multiplication de muscles humains ou animaux, s'effectuait le voyage de pareilles masses. L’Égypte et Baalbeck d’ailleurs ont suffisamment exercé à ce sujet l’ingéniosité des archéologues.
- Plus énigmatique encore est la taille remarquablement régulière de ces cylindres qui, dès la carrière meme; recevaient leurs formes à peu près définitives, sinon leur ornementation de cannelures latérales. En arrivant au front du banc de tuf, on voit l’énigme se résoudre subitement, du moins partiellement.
- Comme le montre notre figure i, l’un des cylindres est encore en place, terminé mais non détaché. (Il y en a d’autres, mais moins caractéristiques que celui que nous représentons).
- Entièrement séparé du ras de la carrière, il en est isolé, sur les deux tiers environ de son pourtour, par une sorte de couloir circulaire assez large (60 à 70 centimètres) pour livrer aisément passage à une personne. Au premier aspect de la surface convexe du cylindre et de la surface concave du rocher à l’intérieur du couloir, on aperçoit tout de suite les stries hélicoïdales qui rayent les deux surfaces; le pas de l’hélice paraît ne pas être uniforme du haut en bas du cylindre, ni même de sens unique. Sans se lancer dans des hypothèses aussi faciles qu’inexactes, on peut du moins affirmer que c’était à l’aide d’outils animés de mouvement rotatoire en hélice que les anciens ont creusé le sillon, isolant le cylindre de la carrière; dans le pays d’Archimède
- ceci n’est point pour nous étonner. Mais on reste stupéfait du diamètre (jusqu’à 5,41 m.) du cylindre; nous voici loin des 90 centimètres du procédé moderne qui a combiné l’acier, le diamant et l’électricité pour obtenir des résultats singulièrement identiques. Gomme nos industriels du xxe siècle, les constructeurs de Sélinonte savaient extraire du rocher même des cylindres monolithiques ; seulement ils les faisaient quatre lois plus gros (du moins pour le temple de la Nécropole, dit de Jupiter, resté inachevé et auquel étaient destinés les tambours de Campobello) ; celui qu’ils nous ont laissé ici, en témoin si éloquent de leur prodigieuse adresse et de leur triomphante patience, mesure 4 mètres de hauteur. Pour le sectionner à sa base, il est probable qu ils se servaient de coins de bois, qu’ils mouillaient pour les gonfler et les faire éclater. Le procédé, selon le dicton, est vieux comme le monde, du moins comme les Grecs; mais le premier qui l’appliqua n’était certes dépourvu ni d’intelligence ni de raisonnement. Si fiers que nous soyons de toutes nos inventions modernes, nous devons réserver quelques coups de chapeau pour ces antiques génies, ès arts, qui, sur tant de choses, nous ont ouvert la marche et préparé les voies.
- Les carriers de Sélinonte étaient bien des maî-
- tres consommés, car il faut ajouter que ces fameux tambours ne sont en réalité point de vrais cylindres ; leur réelle figure est plutôt tronconique, parce que les colonnes de l’ordre dorique, non seulement diminuaient, on le sait, de diamètre, de la base au sommet, mais encore étaient affectées dans leur partie inférieure d’un léger renflement nommé ïentasts ; dans certains cas exagérés, la diminution du diamètre supérieur est de 58 centimètres ; au Parthé-non de 27 centimètres.
- Or, c’est à la carrière même, que, pour Sélinonte, la diminution et l’entasis étaient calculées d’avance.
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- Nos ligures 1 el 2 montrent nettement la diminution de bas en haut de ce qui devait être un lut de colonne. On n’a pas le droit de traiter en ouvriers vulgaires ceux qui, de telle manière, détachaient la pierre des carrières.
- Dans la cité on retrouve, mis en oeuvre et cannelés, — et en nombre qui confond l’esprit, — les milliers de blocs tronconiques qui ont constitué les tambours des colonnes : mais c’est sur le coté et non sur leurs bases que maintenant ils s’allongent de champ, dissociés par le tremblement de terre qui acheva la destruction de la grande ville à une date ignorée ; de tous ses temples, toutes les colonnes ont été allongées par le séisme, dans la direction uniforme de l’ouest à l’est, fauchées comme épis sur le sol, dans un parallélisme si rigoureux que l’œil les relève aisément pour leur rendre leur primitive élévation.
- Mais, dans leur état de prostration, les puissantes colonnes sont plus impressionnantes peut-être que dans leur posture normale; presque rien ne leur manque, en ellet, depuis leur socle jusqu’à leur chapiteau, si ce n’est d’être debout. Comme à Olympie, la ruine est vibrante ; il semble que d’hier seulement tout cela s’est abattu dans ces deux villes rasées jusqu’aux pieds. Avec tant de science, d’art et de force l’homme les avait édifiées, qu’il a fallu, pour les coucher, non pour les détruire, un paroxysme de la nature ; et le temps lui-même a dû respecter ces restes surhumains, sur lesquels il ébréche sa faux. — Pompéi a ressuscité l’intimité de la société romaine; quand on parcourt la voie sacrée d’Olym-pie, ou quand on suit la grande rue de Sélinonte, renversées jusqu’à hauteur d’homme, on n’en voit plus assez, certes, pour y revivre la vie antique, mais on en retrouve trop encore pour y sentir la mort des ruines. Il jaillit de cet intermédiaire sentiment, une impression indéfinissable, profonde comme la mer et grande connue le temps !
- Nous la devons à des ouvriers qui coupaient des pierres en rond ! E.-À. Mahtei..
- CHRONIQUE
- Un nouveau grand port en Angleterre. — 11
- ne semblait pas qu’il fût possible de créer de toutes pièces un grand établissement maritime en Angleterre : c’est [tourtant ce qui vient d’ètrc réalisé à Sealiam. Le port en question a été établi par un particulier fort riche, le marquis de Londonderry, en partie pour assurer l’exploitation des richesses minérales que contiennent ses vastes propriétés, et ce, le long d’une côte des plus exposées aux violences de la mer, et où il n’existait auparavant aucun abri naturel : c’est de la côte du comté de Durham qu’il s’agit. À la vérité, un des ascendants du marquis actuel avait antérieurement créé en ce point un [tort pour voiliers; mais il était devenu tout à fait insuffisant pour la navigation moderne, bien qu’il eût nécessité autrefois 5 millions de dépenses. Cette fois on a fait les choses aussi largement que possible. On a construit des jetées de protection de 422 et de 208 mètres de long, puis on a
- creusé dans le roc un bassin dont les quais en béton ont plus de 10 mètres de hauteur ; sur le seuil de l’entrée de ce bassin, la profondeur d’eau est de bien près de 8 mètres, le bassin a 4 1 /2 hectares, et les navires y trouvent un tirant de 8,38 m. Et comme de vastes couches houillères se rencontrent aux environs de Sealiam, il va se créer là un port charbonnier d’importance.
- Une grande station hydro-électrique dans l’Inde. — L’Inde anglaise du Nord-Ouest va posséder bientôt une station hydro-électrique qui n’aura pas moins de 200 000 chevaux de puissance. Elle empruntera l’eau de la rivière Jlieiuin, dans le Kaslunir; l’usine proprement dite se trouvera à Rainpur, à 80 km de Srinagar ; la dérivation lui amenant l’eau aura un développement de bien près de 10 kilomètres, et la hauteur dé chute sera de 120 mètres. Le courant engendré sera destiné à divers usages, et notamment à assurer la traction du chemin de fer de la vallée de Jlieiuin sur une longueur de 200 km.
- L’élevage de l’émeu en France. — Différents ornithologistes ont tenté à plusieurs reprises d’acclimater en France et de faire s’y reproduire le casoar émeu, ce curieux animal d’Australie, dont nos lecteurs pourront voir deux beaux types à la ménagerie du Muséum, et qui avec les Aptéryx de Nouvelle-Zélande permet le mieux de se faire une idée approchée des anciens Moas ou Di-nornis dont il a déjà été question ici. M. Debreuil a fait part dernièrement à la Société d'acclimatation de la réussite, partielle tout au moins, de ses dernières tentatives. Après cinq ans d’insuccès, il est arrivé à obtenir des œufs fécondés qui seront couvés. On sait que pendant cette opération, dont la charge incombe au male, il faut enlever la femelle qui le tourmente sans cesse et qui bat ou tue les jeunes lorsqu’ils sont éclos. C’est le père seul qui élève les petits et qui leur enseigne à prendre leur nourriture en les appelant par un claquement de bec. Cette nourriture, au début, consiste en pain haché, salade, chou haché et œufs durs.
- De la réduction, à l’état de carbone, de l’acide carbonique combiné, par action électrolytique.
- — Le chlorure de baryum peut être considéré comme un véritable électrolyte solide susceptible d’être électrolysé 400° déjà au-dessous de son point de fusion. Si, au chlorure de baryum, on ajoute du carbonate de baryte, on obtient, par électrolyse, à la cathode un rendement quantitatif en charbon, provenant de la réduction du carbonate. Cette réduction résulterait, d’après MM. llaber et Tolloczko à qui est due cette expérience, de l’action du baryum formé tout d’abord à la cathode sur le carbonate de baryte. Il y a là une action réductrice des plus énergiques qu’il nous a semblé intéressant de signaler.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 août 1906.
- Présidence de M. Chauveau.
- La liquéfaction de l’empois de fécule. — M.Maquenne présente une Note de MM. Fernbach et Wolff relative à l’influence des matières étrangères sur la liquéfaction de l’empois de fécule. La saturation exacte de l’empois par un acide facilite sa liquéfaction par la chaleur. Inversement les sels alcalins entravent cette liquéfaction. Les sels neutres sont sans aucune action.
- Détermination des irrégularités de figure de la terre.
- — M. Darboux rappelle qu’au printemps de cette année
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- M. Brillouin niellant à prolit une interruption d’exploitation du tunnel du Simplon a transporté dans ce tunnel l’appareil qu’il a combiné pour la mesure des déviations latérales dues aux masses rocheuses. M. Eotvos a, en effet, indiqué en 1890 le moyen de mesurer les dérivées secondes du potentiel newtonien à la surface de la terre. Kn particulier, la différence des courbures principales du géoïde et leur direction se déterminent en observant les déviations d’un balancier rectiligne horizontal suspendu à un fil de torsion, pour diverses orientations de l’appareil, lin principe c’est une balance de Cavemlish dont les masses attirantes constituées par les inégalités du sol sont fixes. On change leur action sur le balancier en faisant tourner la balance sur son axe vertical au lieu de faire lourner les masses autour du balancier. Le tunnel du Simplon a *20 km de long; de 5 en 5 km des chambres de 4 m. sur (i sont creusées dans le roc le long de la voie. Dans chacune de ces chambres ainsi qu’en deux points de l’axe de la voie, M. Brillouin a opéré un ensemble de mesures composant le travail d’une station. L’appareil est si sensible qu’il est influencé par les cavités que constituent les chambres ménagées le long de la voie, le tunnel et le garage central. M. Brillouin a déjà annoncé qu’en celte région l’elleplicité du géoïde dépasse de 50 fois à 100 fois, selon les points, celle de l’ellipsoïde; elle est d’ailleurs différente à l’extérieur du tunnel. M. Brillouin vient de discuter ses observations dans un mémoire que l’Académie décide de publier dans le Recueil des mémoires des savants étrangers a VAcadémie.
- Multiplication des globules sanguins.—M. Bouchard rappelle que c’est un fait bien connu que le sang d’un animal qui a subi une saignée subit peu à peu une restauration. Il expose ensuite que M. P. Carnot a essayé d’inoculer le sang, puis le sérum du sang d’un animal qui a subi une saignée à un animal normal. 11 a vu alors le nombre des globules croître rapidement et passer par exemple de 5 millions à 12 millions par millimètre cube. Jj’expérience réussit même sur un animal anémié par des lièvres. La propriété est bien le fait de la substance en dissolution dans le sérum, car elle disparaît si l’on chauffé le sérum à 55°. Sur des animaux qui ont subi plusieurs hémorragies, l’expérience ne réussit pas.
- Cil. DE Yl 1,1.FUEL'IL.
- LA BICYCLETTE MODERNE
- Le temps n’est pas encore très éloigné où la principale différence qui existait entre ' les diverses marques de bicyclettes, consistait; dans la l'orme du cadre ou du guidon; les constructeurs d’alors persuadaient à leurs clients que la mode exigeait un changement de machine à peu près tous les ans. Aujourd’hui, et depuis quelques années déjà, la forme est à peu près définitive et tout l’intérêt réside dans des perfectionnements plus importants au point de vue des services qu’on peut attendre de la machine : la roue libre et le changement de multiplication, tels sont les points sur lesquels se porte aujourd’hui l’attention des constructeurs. La bicyclette de tourisme doit en effet comporter ces deux dispositions, si l’on veut qu’elle puisse servir à tous. Nous ne doutons pas <pie nombre de cyclistes jeunes et très entraînés considèrent que ce sont là des compli-
- cations inutiles; mais on peut répondre d’abord que certains systèmes ne sont pas du tout compliqués et qu’en outre ils ouvrent la route à toute une catégorie de personnes qui, par leur âge, ou le manque d’entraînement, sont obligées de renoncer au tourisme avec la machine ordinaire. 11 y a donc un grand intérêt à favoriser l’élude et la construction de nouveaux types et le Touring-Club de France l’a bien compris en organisant l’an dernier le concours de bicyclettes de voyage. Des médailles d’or lurent décernées à MM. Terrot et C'"', de Dijon; à Y Hirondelle, de Sainl-Ktienne; à MM. Magnai et l)ebon, de Grenoble-; à la Touricyclelle, de Paris. Deux médailles d'argent et quatre médailles de bronze lurent égale-• ment décernées à d’autres constructeurs. Le résultat de ce concours, où une vingtaine de machines avaient été engagées, fut de démontrer qu’il est possible à tous de faire du tourisme dans tous les endroits où peut passer une voiture légère, pourvu qu’on utilise une bicyclette, bien comprise. Aujourd’hui, un assez grand nombre de constructeurs semblent bien décidés à adopter le changement de multiplication.
- Est-il bien nécessaire de pouvoir faire varier celui-ci dans de grandes limites? Cela dépendra de la solution employée. Celle qui est la plus séduisante, et donne un changement tout, à fait progressif, en utilisant toutes les vitesses intermédiaires entre les deux extrêmes, est la levocyclelte Svéa, construite aujourd’hui par MM. Terrot et Cie, qui a été décrite ici1. Elle peut passer du développement de 7,60 m. à celui de 2,55 m. ; et rien n’empêcherait de reculer plus loin encore ces limites sans qu’il en résulte aucune complication dans le mécanisme. Dans ce cas, il n’y a pas de raison pour ne pas avoir, en réserve, pour des cas exceptionnels, une très petite multiplication, on en sera quitte pour ne l’utiliser que très rarement.
- 11 n’en est plus de même dans les autres systèmes, à chaîne ou à engrenages, où l’on en est réduit à choisir 2, 5 ou -4 multiplications déterminées et où l’on sera toujours forcé de passer brusquement de Tune à l’autre. Si l’on se limite à deux vitesses on devra, bien entendu, s’en tenir à des moyennes de 5,50 m. et 5 m. par exemple. Nous ne pensons pas, en effet, qu’il soit souvent avantageux de se servir d’un très petit développement parce que, si l’effort est moindre, le nombre des coups de pédale est en revanche beaucoup plus considérable; on tricote, comme on dit, et c’est un exercice qui amène assez vite l’essoufllement.
- Le système le plus simple en fait de changement de multiplication est celui qui consiste à avoir deux jeux de pignons et une chaîne se démontant facilement. En deux ou trois minutes on peut faire le changement ; mais il faut descendre de machine et on ne le fera qu’en présence d’une très longue côte; on y renoncera pour une côte de 500 mètres ou même d’un ou deux kilomètres, et cela suffira cependant pour
- 1 Yoy. n° 1698, du 9 décembre 1905, p. 29.
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- fatiguer sensiblement. Aussi est-il, à notre avis, indispensable de pouvoir faire le changement par un mécanisme se manœuvrant sans descendre. Une solution intermédiaire consisterait à avoir, comme en cas, sur une machine à deux multiplications moyennes, un système à pignons et chaîne démontable qu’on utiliserait seulement dans les côtes de plusieurs kilomètres, cela vaudrait alors la peine de descendre quelques minutes de machine pour installer ce très petit développement.
- On donne pour le moment la préférence aux machines à une seule chaîne, dans lesquelles on obtient le petit développement par conlrepédalage ; cela paraît en elfet plus simple et plus robuste que la plupart des systèmes à engrenages. Il y a cependant jpour ceux-ci des exceptions et de ce nombre nous trouvons le Forward du lieutenant H. de Huty (lig. n° 2) qui donne la grande vitesse en péda-lage direct et la petite en rétro. 1 Dans le premier cas, on voit que le grand pignon A entraîne la chaîne comme à l’ordinaire. Dans le second cas un petit pignon B, qui est fixé sur le cadre, entre en jeu; il est actionné par un autre pignon G qui devient solidaire des pédales, grâce à une came spéciale, dès que celles-ci tournent dans le sens rétro.
- Le petit pignon B agit sur la denture intérieure du grand pignon A et il y a démul-liplication dans le rapport des dentures de A et de C.
- D’autres machines, qui figuraient au dernier Salon de l’Automobile, méritent aussi d’être citées, bien qu’elles n'aient pas encore la consécration de la pratique. Celle du capitaine Cornu notamment est d’un mécanisme très ingénieux, car elle réalise les avantages d’une levocyclette tout en conservant le pédalage circulaire. Elle permet, comme la Svéa, un changement de développement continu et présente ceci de particulier qu’on peut faire tourner les pédales dans un sens ou dans l’autre, qu’on peut même leur donner seulement un mouvement de va-et-vient, comme à la levocyclette, et que, dans tous les cas, la machine continue à avancer. C’est un mécanisme des plus intéressants sur lequel nous reviendrons avec plus de détails quand il sera construit industriellement.
- Un autre système, dû encore à un officier de 1 armée française, le capitaine Delacroix, consiste
- 1. Bicyclette A. lley 2. Changement eC vitesse For
- simplement à avoir un pignon ovale au pédalier ; au moyen d’un galet tendeur convenablement placé sur la fourche arrière, on arrive à avoir une tension à peu près constante de la chaîne. Les manivelles sont calées suivant le petit axe de l’ellipse, de façon que la multiplication est minimum quand elles sont verticales, c’est-à-dire quand les jambes travaillent dans la position la plus défavorable, et qu’elles sont, par suite, dans la position la plus favorable quand c’est le grand axe qui tire sur la chaîne. Enfin, par un tout autre procédé, M. A. Bey a cherché à faciliter la montée des côtes sans aucun changement dans le développement, en modifiant le cadre de la machine.
- L’inventeur indique comme principe : « le report du poids du cycliste sur la roue arrière et le raccourcissement alternatif de la distance d’axe en axe des deux roues, proportionnellement à l’effort exercé sur les pédales ». La fourche qui enserre la roue arrière
- est articulée à ses deux extrémités B et C (fig. il0 1) ; en outre, la fourche inférieure qui va du point C au pédalier est terminée par une glissière roulant sur un galet; un ressort B est interposé entre le moyeu articulé et un point fixe du cadre. D’après les essais faits avec cette machine, l’effort moteur serait réduit à 25 pour 100 par le fait du jeu du ressort et des articulations; dans tous les cas on a le bénéfice d’une suspension élastique qui permettrait même de remplacer sans inconvénient le pneumatique de la roue arrière par un caoutchouc plein.
- On peut dire que la bicyclette est entrée depuis quelques années dans une ère nouvelle; on a reconnu enfin que la roue libre, à laquelle est liée la question des bons freins, et le changement de vitesse sont des perfectionnements nécessaires qu’il est possible d’obtenir sans grandes complications; qu’on doit même à la rigueur accepter les complications plutôt que de s’en passer. Les inventeurs et les constructeurs se sont mis à l’œuvre et aujourd'hui la « bicyclette moderne » est créée; désormais le touriste n’en acceptera plus d’autre.
- G. CliALMARÈS.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- à cadre articulé. ward par coutrepédalage.
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- N° 1737. - 8 SEPTEMBRE 1906.
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- ESCALIER MOBILE
- Système Hocquart
- Les économistes ont vu, dans l’exode des populations rurales vers les grands centres, une cause d'affaiblissement pour les nations chez lesquelles ce déplacement se produit. En se plaçant à un autre, point de vue, on constate que ce fait a occasionné
- puisqu’il est fonction, pourrions-nous dire, des laci-lilés que l’on apporte à la satisfaction de nos besoins.
- Quels moyens procure l’industrie pour aider à l’écoulement de ces foules? Le plus souvent un escalier long et étroit est chargé de véhiculer en un
- Fig. 1. — 1. Escalier mobile système llocquarl. — 2. Fonctionnement d'une marche. — 5. Schéma de l’escalier.
- un encombrement général dans la circulation à l’intérieur des villes, à tel point que les moyens de transport, imaginés il y a quelque vingt ans, sont devenus tout à fait insuffisants. La surpopulation transforme les conditions d’être des agglomérations et nous lui devons, à Paris, le chemin de fer métropolitain où se rue la masse des employés et des ouvriers pour se rendre rapidement au bureau et à l’atelier. De même les théâtres, les grands magasins, attirent la foule à certaines heures de la journée. L’encombrement se fait donc sentir un peu partout 34e auucc. — 2e semestre.
- temps très court des centaines et des centaines de personnes qui se poussent, se bousculent, s’injurient parfois. Les ascenseurs sont venus en aide à l’escalier, mais leur rendement est beaucoup trop limité, ces appareils n’étant capables de transporter que fort peu de personnes à la fois ; de plus la place qu’ils occupent est inutilisée pendant tout le temps que dure le voyage. Un ascenseur centenant 12 personnes et atteignant la vitesse de 1 mètre à la seconde ne peut guère faire que 15 voyages, aller et retour, en une heure, ce qui représente un débit —
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- que l’on nous permette l’expression — de 560 personnes seulement. Les rampes mobiles ont été ensuite imaginées. Ces engins fonctionnant sans arrêt parviennent à dégager assez rapidement leurs abords ; mais ils sont incommodes, trop encombrants et incapables d’elï'ecluer un service chargé. C’est, d’ailleurs, la raison pour laquelle ils sont peu répandus.
- M. llocquart, ingénieur, a imaginé de remplacer ces diverses installations par un système d’escalier mobile, supérieur comme rendement aux précé-
- égal à leur épaisseur. Les sections supérieures de ces plans sont rigoureusement horizontales, et, malgré les vides, leur assemblage donne tout à l'ait l’illusion d’une marche pleine. Pendant l’ascension, toutes les marches sont animées de la même vitesse ; on gravit l’escalier comme un antre qui serait soulevé d’un seul bloc. Chaque marche est ensuite soumise en haut et en bas à un renversement qui s’opère sous les planchers et demeure, par conséquent, inaperçu du public.
- Les planchers des deux étages reliés par l’esca-
- Fig. 2. — Vue d’ensemble de l’escalier système llocquart.
- dents, appareils et qui, de plus, présente sur eux cet avantage de pouvoir être utilisé comme un escalier ordinaire au cas où le mécanisme s’arrêterait. Deux modèles de cette ingénieuse invention ont été installés récemment aux magasins du Bon Marché et ils ont fait ressortir, en même temps qu’un fonctionnement irréprochable, des qualités productrices étonnantes.
- C’est là une nouveauté très intéressante que nous allons décrire dans ses grandes lignes.
- Les marches sont constituées par une série de plans verticaux de 1 cm. environ d’épaisseur, dont la tonne est indiquée par notre dessin, et placés les uns à côté des autres en laissant entre eux un vide
- lier sont pourvus d’un peigne métallique de même largeur que les marches mais dont les vides se présentent en face des pleins de ces dernières. Au rez-de-chaussée, en admettant que l’escalier conduise à un premier étage, chaque marche sort du peigne dans toute sa largeur et soulève, par conséquent, toute personne qui est venue s’y placer ; lorsqu’elle atteint l’étage, elle pénètre dans le peigne en conservant la position horizontale et, la pénétration étant complète, elle s’ahaisse en déposant sur le peigne la personne qu’elle a entraînée. Celle-ci fait un pas en avant et se trouve sur le plancher.
- Etudions maintenant la partie mécanique de l’engin. '
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- Chaque marche, conslruile comme nous l’avons indiqué, est cnlraînée par deux chaînes Gall sur un double chemin de roulement sur lequel elle repose par quatre galets : deux de chaque côté. Les galets d’avant À (lîg. 1, n° 2) sont montés sur un axe solidaire à la lois de la chaîne et de la marche ; ceux d’arrière I! sont indépendants de la chaîne. D’autre part la chaîne est entraînée par une roue dentée actionnée par un moteur électrique placé à l’étage; la roue du rez-de-chaussée sert seulement de guide et des paliers tendeurs lui permettent de rattraper le jeu de la chaîne.
- 11 nous est facile de suivre l’ascension des marches sur notre figure. On voit que chaque galet repose sur le rail ou chemin de roulement; mais ce rail ne suit pas constamment une direction parallèle à celle de la chaîne; parvenu à la hauteur de la roue, il se courbe et se termine brusquement. Pendant (pie le galet avant À accompagne la chaîne dans sa course, l’autre B s’engage sur le rail courbe et maintient ainsi la position horizontale de la marche lorsqu’elle pénètre dans le peigne. Dès qu’elle a disparu, elle commence son mouvement de bascule, toujours entraînée par ses deux galets d’avant À. Ceux d’arrière subissent alors un léger temps d’arrêt et ils seraient rejetés hors du rail avant d’avoir atteint son extrémité si une portion de rail ne les maintenait dans une position rigoureusement déterminée. La chaîne continuant à avancer, la chute de la marche s’achève et le galet B demeure suspendu.
- En même temps intervient un autre galet, plus petit que les deux précédents et qui, jusqu’ici, était demeuré sans emploi. 11 rencontre la contreporlion du chemin de roulement ascendant qui prend naissance à la périphérie de la roue. Ce rail épouse la courbe de la roue sur une certaine longueur d’arc et se rapproche ensuite du rail qu’il suit parallèlement jusqu'au rez-de-chaussée presque. Le petit galet remplit donc les mêmes fonctions que B sur toute la portion oblique; il cesse d’être utile à l’instant même où une partie du rail devient parallèle, c’est-à-dire au moment où la marche peut de nouveau reposer, renversée sur ses deux galets A et B. Ce changement de galet s’opère sans à-coup grâce au rail qui continue à suivre jusqu’à ce que le galet B ait atteint le rail.
- L’escalier étant renversé pendant la descente chaque marche reprend sa position normale en passant sous les roues inférieures de la manière suivante. Le rail s’arrête dans les mêmes conditions qu’il s’est formé à l’étage supérieur, c’est-à-dire par une portion courbe concentrique à la roue ; mais il est continué par l’arc initial plus petit et également concentrique à la même circonférence. Les galets, et en particulier B qui est libre, ne peuvent donc quitter le chemin de roulement qu’au moment où le rail leur assure un point d’appui. La marche accomplit alors une simple demi-révolution autour de la roue • pour reprendre sa position
- horizontale à l’instant précis où elle va s’engager dans le peigne, position quelle conserve ensuite jusqu’à sa disparition à l’étage supérieur.
- La plus grosse difliculté à résoudre, dans cet intéressant problème, résidait dans le système culbuteur. Chacun des galets de la marche a été amené à décrire une circonférence de même rayon et dont la distance des centres est égale à celle des axes dés galets À et B.
- Lorsque les marches arrivent en présence des peignes, il faut qu’elles présentent leurs pleins rigoureusement en face des vides de ces peignes, sans quoi le système s’arrêterait immédiatement. Pour cela chacune d’elles a été pourvue, sur les faces extérieures de ses joues extrêmes, d’une sorte de. came qui, au moment favorable, vient appuyer contre un galet fixe, lequel oblige la marche à s’orienter toujours dans le même sens. C’est là un système d’aiguillage très simple auquel obéissent toutes les marches avant leur pénétration dans les lames du peigne.
- Cet escalier est complété par une rampe également mobile constituée par une lame flexible d’acier portant de distance en distance des taquets de guidage. Cette lame maintient la rampe proprement dite qui est faiLe en liège suivant la forme habituelle et recouverte de peluche. En dispositif spécial communique à l'ensemble une très grande souplesse. Cette rampe est actionnée par la roue supérieure que met en mouvement le moteur, la roue inférieure sert de guide.
- Ce nouvel appareil élévateur pour les personnes fonctionne d’une manière absolument parfaite et en n’absorbant qu’une force très faible. À vide il prend 5 chevaux seulement tandis qu'une rampe mobile de 0,70 m. de largeur ne peut être actionnée que par un moteur de 7 chevaux dans les mêmes conditions. En charge maximum sur l’escalier (50 personnes), un moteur de 6 chevaux suffit.
- Mais il ne faut pas voir dans ce fait le côté le plus intéressant de l’invention; il réside surtout et presque uniquement dans la capacité. Etant installé dans un grand magasin où, certains jours, la foule est énorme, on a pu se rendre compte de sa valeur pratique : à plusieurs reprises il a servi au passage de 15 000 personnes en une seule journée : en une heure il enlève jusqu’à 4000 personnes, c’est là un rendement que les rampes ne pourront jamais atteindre. La largeur utile des marches est de 1,20 m., mais rien ne s’oppose à ce qu’elle soit augmentée si les nécessités de l’exploitation l’exigent. Normalement 2000 à 2500 personnes peuvent être transportées en une heure à une vitesse de 0,50 m. à la seconde.
- Pour toutes ces raisons l’escalier mobile Hocquart peut être mis en service aussi bien dans les théâtres (|ue dans les grands magasins, il serait certainement bien accueilli par les voyageurs du métropolitain obligés souvent de sortir des gares trop profondément enfouies en elfectiiant une ascension des plus pénibles. Lucies Eournier.
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- LA MISSION LEMAIRE DU CONGO AU NIL
- Fig. 1. — Les rapides Slruueli ; phénomène d’érosion des roches.
- M. le commandant belge Charles Lemaire qui, de | léorologiques ont été faits pour une longue période.
- 1898 à 1900, avait accompli, dans le Ka-Tan-ga, une exploration des plus fructueuses par ses résultats géographiques et scientifiques, avait été chargé, en 1902, par l’Etat indépendant du Congo, d’une mission politique dans les Territoires à bail, en même temps que de la reconnaissance des pays situés sur son itinéraire. Parti de la cote occidentale, le commandant Lemaire remonta le Congo, puis l’Ouellé, passa dans le bassin du Nil et revint par ce fleuve, en août 1905, ayant ainsi effectué une nouvelle traversée d ’ Afri-q ue, de Banana à Alexandrie. Le voyage avait duré plus de trois années.
- La mission consigna sur une carte à grande échelle plus de 4000 km d’itinéraires; 155 positions astronomiques fixent ces itinéraires, et 14 ont été déterminées en longitude absolue. Des relevés mé-
- La faune et la flore économique ont été particulièrement étudiées. La mission n’a pas construit moins de seize stations avec bâtiments, dépendances, jardins et plantations. Au cours de cette longue et délicate mission, qui mit les Belges en contact avec les autorités anglo-soudanaises du Bahr-el-Ghazal, le commandant Lemaire lit preuve de nouveau des plus éminentes qualités comme soldat, diplomate et savant.
- A son arrivée au Congo, le commandant Lemaire prit la route du Haut Fleuve et gagna l’Ouellé par la voie de lTtimbiri ou Roubi. En chemin, il fit un certain nombre d’observations astronomiques, fixant des positions nouvelles ou vérifiant celles précédemment observées par MM. Delporte et Gillis. 11 arriva à M’Bima, sur l’Ouellé, en décembre 1902,
- Fig. 2. — Développement remarquable d’une racine adventive de liguier du diable.
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- et remonta celte rivière jusqu’au poste de Doungou, puis la rivière du même nom jusqu’à Faradje. Il résulte de l’ensemble des observations de la mission
- Fig. 5. — Un arbre à beurre dont la croissance a été gênée au début et qui a repris sa l'orme normale.
- que le cours entier de l’Ouellé, entre Bomokandi et Doungou, doit être reporté plus au nord.
- A Faradje, la mission prit la route de terre et, par Aba, gagna les sources du Yé-Yi, affluent du Nil. Elle franchit la ligne de faîte Congo-Nil par 1055 mètres d’altitude. De ce point, où est le gîte d’étape d’Àngourouba et que le commandant Lemaire appela Terrasse Elisée Reclus, on découvre vers l’est, un superbe panorama. Arrivée au poste du Yé-Yi, la mission en explora les environs en rayonnant vers le massif du Ko-Robé et les sources de la Lôri, l’affluent du Nil qui débouche dans le fleuve entre Redjaf et Lado. Remontant le Yé-Yi, elle passa au confluent de la rivière Toré (poste de Wandi).
- Au delà de la station, aujourd’hui abandonnée, de Raflai, la mission arriva, en juillet 1905, aux rapides qui se trouvent sur le Yé-Yi, au nord du territoire de Lado. Le commandant Lemaire leur donna le nom de rapides Lambermont.
- La mission laissa le poste des rapides Lambermont, le 14 novembre, et se dirigea vers le nord, le long du Yé-Yi.
- En cours de route, elle dut châtier les Azandc, dont les razzias dévastaient les pays voisins. Se portant vers l’ouest, le commandant Lemaire atteignait le 25 novembre le village de M’Volo, sur le lalo,
- affluent du Bahr-el-Ühazal, en aval des rapides auxquels il donna le nom de rapides Slrauch; il y fonda un poste.
- Les rapides Strauch se précipitent au milieu de roches granitiques très dures. La force des eaux y est très grande et le commandant Lemaire a observé un très surprenant effet d’érosion produit par le choc des pierres que le courant entraîne aux hautes eaux.
- Les rochers qui garnissent le lit de la rivière portent les traces plus ou moins profondes de ce travail naturel qui se continue chaque année.
- Les énormes blocs qui se voient dans toute la région ont fourni aussi à l’explorateur de fort curieux sujets d’observation relativement à leur action sur le développement de certaines plantes.
- Voici, par exemple, que, tout au haut d’une énorme roche de gneiss, une graine de figuier étouf-feur, ou figuier du diable, apportée par le vent ou par un animal, est venue germer. Plante parasite, elle recherche les terrains riches ; se trouvant peu favorisée dans celte fente où il y a à peine de terre, la plante, guidée par un surprenant instinct, a lancé une racine qui descend tout le long de la roche par le plus court chemin et vient plonger dans le sol riche où elle pourra se développer.
- Signalons, en passant, que ce ficus donne un abondant latex caoutchoulier dont on n’a pas trouvé jusqu’ici l’utilisation. Quand on le recueille, il se coagule en une masse de bonne élasticité, mais
- Fig. i. — Un indigène lôri, monté sur des éehasses en bambou.
- cette qualité se perd vite; l’état élastique se transforme en une sorte d’état pâteux, de sorte que le caoutchouc demeure étiré. Un a proposé de le Ira-
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- vaillôr avec des essoreuses à i'orce centrifuge qui > chasseraient l’humidité et en sépareraient le latex proprement dit; on espère lui conserver ainsi son élasticité. Généralement, le figuier du diable se développe sur d’autres essences, comme le palmier élaïs ; alors les racines adventives se ramifient et forment un véritable feutrage autour du palmier dont le tronc a pour ainsi dire disparu.
- Voici un second exemple, observé aussi près des rapides Strauch, d’un arbre qui triomphe de l’obstacle que lui oppose la pierre. Nous voyons comment un arbre à beurre (Bcmia butyrospermuni), a pu'recevoir son complet développement;, bien que sa graine ait été germer dans une étroite fissure d’un bloc de granit. L’arbre a commencé à pousser, comprimé entre les deux lèvres de celle, mâchoire ;
- jours des entassements imposants. Souvent, dans les grands arbres, on aperçoit de singuliers paniers très allongés, en lianes tressées; ce sont des ruches pour les abeilles sauvages. Elles n’ont pas moins de 2,50 m. de longueur, et sont ouvertes à l’une de leurs extrémités. On y recueille un miel excellent. Les indigènes le conservent dans des pots fermés au moyen d’un tesson qu’ils adaptent de lcnr mieux et qu’ils lu lent comme le faisaient les anciens Egyptiens. Les indigènes mangent non seulement le miel, mais aussi le gâteau de miel, et même la cire et les larves.
- Le 11 f ’évrier 1904, le commandant Lemaire se trouvait sur le Yé-Yi, à la latitude d’environ 6° 28'. Dans l’un des villages qu’il traversa, les huttes étaient circulaires avec de curieuses entrées ovales ;
- Fig. 5. — Arbre portant une ruche pour les abeilles sauvages, dans la région de M’Volo.
- puis son tronc, en s’accroissant, les a plus ou moins écartées pour reprendre à sa sortie son libre essor et sa forme normale. On sait que les indigènes mangent la pulpe du fruit de cet arbre et qu’ils extraient de l’amande un corps gras comestible. Cet arbre donne aussi, par incision, une gomme qu’on a cru jadis pouvoir employer comme un succédané de la gutta-percha. La vallée de la rivière Iâlo est habitée par des indigènes de race lôri, qui firent bon accueil à la mission. Tout comme des Landais, ils montent sur des échasses. Ils les font avec du bambou à nœud, ou bambou d’Inde, que l’on trouve dans toute la région en forêts naturelles ou en galeries le long des ruisseaux, mais à l’état sporadique. Les indigènes utilisent aussi ces bambous pour les constructions, mais ce sont là les seuls emplois qu’ils en font.
- C’est à peu près à 50 km au nord de M’Volo que le commandant Lemaire a pris le contact de l’itinéraire Marchand. Les blocs de granit forment tou-
- les parois étaient en pisé avec de la paille hachée. Les graines se gardent à l’intérieur de greniers très vastes, dans de grands récipients en pisé, affectant la forme d’amphores dépourvues d’anses.
- La mission quitta le 5 juin les rapides Strauch pour revenir aux rapides Lambermont où elle fut le 8 juin, puis à Wandi où elle arriva le 7 septembre. De Wandi elle suivit la rivière Toré jusqu’à la station des Tulipiers, ainsi nommée à cause de la présence en cet endroit de magnifiques tulipiers du Gabon, aux énormes Heurs rouge-orange en forme de lis, qui pouvaient compter parmi les plus beaux spécimens de la flore congolaise. De la station des Tulipiers, la mission vint rejoindre Faradje.
- Une série de reconnaissances furent faites ensuite au nord de la ligne de faîte Congo-Nil, dans la région située à l’ouest du Ialô. Au mont Ba’n’ginzé, l’itinéraire du commandant Lemaire a bouclé celui de Schweinfurth. Les travaux astronomiques prirent fin
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- à la station des Lophires. Le commandant Lemaire laissa cette station le 16 avril 1905 pour passer une inspection des différentes stations, puis. gagner le Nil, et, par celte voie, l’Europe. Il rentra à Bruxelles le 8 septembre 1905’. Gustave Regelsuehger
- FABRICATION INDUSTRIELLE
- DU CHLOROFORME
- Les applications chaque jour plus nombreuses du chloroforme ont forcé l’industrie à fabriquer ce produit à bon marché et en quantités importantes. Elle-y arrive en faisant réagir l’acétone sur le chlorure de sodium, sous l’influence de l’éleclrolyse.
- L’appareil usuellement employé se compose d’une cornue de fonte émaillée, chauffée par la vapeur circulant dans un double fond. Les produits destinés à entrer en réaction sont introduits par un trou d’homme que ferme un tampon fixé par un système analogue à celui du couvercle des autoclaves. Une tubulure, placée à la partie supérieure de l’appareil, conduit les vapeurs de chloroforme et d’eau dans un serpentin où elles se condensent. Les électrodes sont constituées : la positive par un arbre vertical sur lequel sont disposées en quinconce des baguettes de charbon en communication avec le pôle positif de la dynamo génératrice (cet arbre est mobile autour de son axe et tourne en servant d’agitateur) ; la négative par un cylindre de cuivre disposé parallèlement aux parois verticales de la chaudière. Dans certains appareils, de modèle, un peu ancien, et dont le fonctionnement est, d’ailleurs, moins satisfaisant, les deux électrodes sont constituées par des plaques de plomb isolées des parois au moyen de cales en verre ou en porcelaine.
- On introduit dans la cornue 500 litres d’une solution à 20 pour 100 de chlorure de sodium : on fait circuler la vapeur dans le double fond de manière à porter le liquide à l’ébullition, puis on fait passer un courant de 120 volts et 0,2 ampère par centimètre carré de surface anodique. En même temps, au moyen d’un tube traversant la paroi de la cornue et débouchant au sein de la masse liquide, on fait arriver l’acétone d’une façon continue. La réaction se produit, et, au fur et à mesure qu’il prend naissance, le chloroforme se dégage et va se condenser dans le serpentin. L’appareil est réglé de façon que, au bout de deux heures environ, il soit arrivé 80 kilogrammes d’acétone. L’opération est alors arrêtée, et la cornue purgée.
- Le liquide qui s’écoule du serpentin est recueilli dans un condenseur où il se sépare en deux couches : au-dessus, du chloroforme à peu près pur et tel qu’il est nécessaire qu’il soit pour les usages courants de l’industrie; au-dessous, de l’eau, mélangée d’une certaine quantité d’acétone entraîné mécaniquement : cette eau, décantée suivant le principe du récipient florentin, sert, au cours d’une nouvelle opération, à dissoudre le chlorure de sodium. Quant au chloroforme, qui pourrait, à la rigueur, être employé tel qu’il est produit, un ou deux lavages à l’eau le débarrassent de la plupart de ses impuretés, de celles tout au moins qui gêneraient les industriels. En tout cas, il ne renferme aucun des composés chlorés étrangers qui troublent souvent la pureté des produits obtenus par les procédés anciens. Le rendement est de 85 à 90 pour 100. Francis Marre.
- 1 Les gravures qui accompagnent cet article reproduisent de.s photographies prises par le commandant Lemaire.
- LE DÉBORDEMENT
- DU TORRENT DU CHARMAIX
- près Modane (Savoie)
- Ses causes et ses enseignements
- Si cruellement éprouvée, ces dernières années, par les catastrophes de Sainl-Gervais et de Bozel, la région des Alpes Savoisiennes vient de subir un nouveau désastre. À la suite d’un violent orage, accompagné de pluie et de grêle, le 25 juillet dernier, le torrent du Charmaix, roulant des blocs énormes, envahissait le village des Fourneaux, près de Modane. Il pénétrait dans la scierie Gotteland, démolissait les bâtiments, enlevant tout ce qu’ils contenaient, entrait dans l’église, y déposant plus de 0,50 m. de « lave » (expression consacrée), enlisait le cimetière, recouvrait la voie ferrée — rendue impraticable sur près de 100 m., — enfin, détruisait ou endommageait de nombreux corps de bâtiments. Les malheureux habitants avaient à peine le temps de fuir devant le Ilot envahisseur, et bon nombre d’entre eux durent se réfugier précipitamment aux étages supérieurs des habitations. Après le passage du torrent, le village présentait un aspect de désolation dont nos photographies ne peuvent donner qu’une faible idée. Le cône de déjection produit peut être figuré par un immense triangle dont le sommet domine le village et dont la base s’élend parallèlement à la route nationale.
- Les circonstances dans lesquelles s’est produite cette catastrophe ont été plus ou moins inexactement rapportées. 11 nous a semblé utile d’en dégager les causes par l’étude du régime des cours d’eau de la région, pour rechercher les moyens d’en empêcher le retour, ou tout au moins en atténuer les elïèls.
- Le torrent du Charmaix coule en une gorge étroite et pittoresque, près de son débouché dans la vallée de l’Arc. Il est formé par la réunion de petits cours d’eau dont deux sont particulièremenls importants et peuvent être considérés comme les branches principales; c’est à l’est, le torrent de « La Comba » ou des « Mouillettes », qui descend des cimes du Grand-Vallon et de Fréjus; et, à l’ouest, le torrent de la Grande-Montagne qui s’unit au précédent non loin et un peu en aval de la chapelle de Notre-Dame du Charmaix1.
- Le torrent de la Grande-Montagne prend sa source à l’ouest du col de « Vallée-Étroite » ; il reçoit à droite une série d’aflluents, qui sont, en allant du nord au sud : le ruisseau d’Arrondaz, le ruisseau du col de Fréjus et le ruisseau du col de la Boue. Le bassin supérieur de ces divers cours d’eau forme de vastes cirques limités par des arêtes, dont quelques* unes dépassent 5000 m. (Cimedu Grand-Vallon 5154, la Belle Plinier 5091). Les pentes supérieures sont formées par des assises éminemment délitables
- 1 Cette chapelle est un lieu de pèlerinage, dont la réputation s’étend à une partie de la Savoie, du Piémont et du Briançounais.
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- Fig. 1. — Les Fourneaux et le Charmais. Vue d’ensemble.
- que les géologues alpins désignent sous le nom de | En Schistes lustrés (les « schistes lustrés» embrassent dans un aspect uniforme une série continue de dépôts appartenant au Trias supérieur et au Lias), tandis que, un peu en amont des confluents, les pentes moyennes sont formées par des couches de Gypses ou de Car-gneules jaunâtres (calcaires magnésiens va -cuolaires) sujettes aussi à être particulièrement aflouillées.
- Deux de ces torrents : celui de « La Comba » et celui « d’Àr-rondaz » ont été
- les causes du dé- Fig_ 2 _ L>usme do pâte à papiers Fourneaux, sastre, et l’étude
- de leurs berges est particulièrement instructive. | qui
- amont des chalets de « Pontet », le premier
- montre sur ses deux rives des cônes de déjection de formation récente. Un autre cône se trouve sur la rive droite, en contre-bas des chalets de « Mcl-zet », et les eaux qui ont creusé le ravin ont déposé des matériaux dans le lit du torrent. De plus, à quelques mètres en amont de la chapelle du Charmai x, le torrent •— dont le lit présente une série d'élargissements et de resserrements, suivant la nature des terrains traversés — offre un amoncel lement de blocs d’un énorme volume l’ont, à un certain moment, entièrement barré,
- Clichéi P- Mangin. à la sortie do la gorge du Channaix.
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- Fig. 5. —* Les Fourneaux. Envahissement de la place de l’Eglise.
- produisant une diminution momentanée du cours
- inférieur, puis
- une débâcle dont
- les effets ont été
- terrifiants.
- Non moins intéressante est l’étude des rives du ruisseau d’Àr-rondaz. Les ravages produits ne sesontmanifestés que dans le cours moyen, en aval de la bande de Gypses. Des ébou-lis anciens ont été subitement afïbuillés et il s'est produit une avalanche de blocs,de graviers, et de vase qui a emporté le pont établi sur le ruisseau, et coupé la route militaire conduisant au col de Fréjus.
- Les, gl OS blocs Fig. 4. — Les Fourneaux. La tranchée
- amenés par ces
- deux cours d’eau sont restés dans le voisinage des
- points de confluence. C’est ensuite dans la gorge
- meme du Char-maix, et en contre-bas de la prise d’eau Matus-sière que d’autres blocs, précédemment entraînés ou éboulés et encombrant le lit du torrent, ont été repris mêlés aux graviers et aux vases provenant des bassins supérieurs. Une cabane en planches, construite près de cette prise, est restée absolument indemne, ce qui n’aurait pas eu lieu si le torrent avait entraîné, lors de la crue, des fragments rocheux d’une certaine dimension. Sans décrire à nouveau le rôle des eaux de ruissellement dans les régions montagneuses — rôle
- Clichés P. Mangin du chemin de fer envahie par le torrent..'
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- LA NATURE.
- plus redoutable encore lorsque survient la grêle, car il s’opère alors un déchaussement soudain des matériaux rocheux qui, perdant subitement leur assiette, se précipitent dans les thalwegs —- nous insisterons sur un point : c’est qu’en très peu d’instants tous les ravins situés dans un certain périmètre entrent alors en fonction et de la même manière1. De véritables avalanches liquides se précipitent dans les gorges, entraînant les matériaux des berges, ainsi que ceux encombrant les lits. La puissance destructive est fonction de la nature du terrain, de la largeur du cours d’eau, de la pente, de la régularité et de la solidité des versants. C’est pour cela que le
- dations de toutes sortes ont leur champ d’élection; tandis que certains territoires sont fréquemment ravagés, d’autres restent indemnes. La région du Charmaix est caractéristique «à ce point de vue : la partie gauche est formée par des bancs de grès (terrain houiller) où aucun glissement d’ensemble ne peut se produire, la partie droite, au contraire, présente une série de terrains particulièrement déli-tables (schistes argileux houillers, gypses et car-gneules triasiques, schistes lustrés).
- Nous nous permettrons d’appeler sur ces points l’attention de l’Administration des eaux et forêts qui a déjîi rendu de si grands services à nos régions
- Fig. 5. — Carte de la région de Modane et du Charmaix.
- ruisseau de « La Comba », dont le lit est très encaissé, a produit, des effets aussi désastreux. Ce lit, qui est aujourd’hui partiellement encombré, demande à être désobstrué.
- Dans les moyens de défense à employer il n’est pas suffisant de s’occuper des bassins supérieurs, mais la consolidation des berges — surtout dans les points où celles-ci sont constituées par des matériaux meubles — l’élargissement et le curage des lits méritent également de fixer l’attention. On sait que les éboulements, les avalanches et les dégra-
- 1 Le même jour et au même instant le ruisseau de Rieu-roux, en amont de la gare de Modane, coupait la route nationale. Ce ruisseau, qui traverse un cône d’éhoulis, demande à être surveillé.
- montagneuses1, et effectué des travaux de « corrections » de torrents, qui lui font le plus grand honneur. J. Ré vil,
- Président de la Sociçté d’histoire naturelle de Savoie.
- 1 En particulier, dans la vallée de l’Arc, l’Administration forestière a effectué des travaux d’une certaine importance pour « corriger » les torrents de la Grollaz, de Saint-Martin-de-la-Porte et de Saint-Jullien. Celui-ci était particulièrement dangereux, car tout un versant s’éboulait, et c’était à bref délai la perte entière d’un village.
- Sous la pression d’un versant tout entier de montagne aucun barrage n’eût pu résister, aussi la solution adoptée par l’Administration lut-elle de dériver le torrent par la berge gauche en creusant une galerie d’environ 200 m. Ce travail remarquable fut terminé au mois d’août 1890, et les résultats ont répondu à ce qu’on en attendait. D’après M. Mougin, ils permettent d’espérer que cette méthode de dérivation pourra être fréquemment utilisée.
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- LES CHAUDIÈRES GRILLE A TUYÈRES SOLIGNAC
- Voilà bien des années que nous avons décrit les premières chaudières réalisées par Solignac1 qui accumulait expériences sur expériences pour trouver toujours un perfectionnement nouveau. Ce brave ami est parti sans avoir dit le dernier mot.
- Mais, à côté de lui, se trouvait son collaborateur de la première heure qui a suivi ses excellents conseils, et aujourd’hui la chaudière rêvée par Solignac est la chaudière Grille.
- Cette nouvelle chaudière apporte dans l’état actuel de nos chaudières des progrès très remarquables , et nous désirons en donner une description complète.
- Un industriel, qui a besoin d’une puissance de 500 chevaux, trouve• facilement la machine à vapeur, mais il est fort embarrassé pour la chaudière. Aura-t-il la place nécessaire pour loger la chaudière, pour arranger la distribution d’eau?
- La chaudière Grille, elle, se place toujours ; la
- 1 Voy. n° 1186, du 22 lévrier 1896, p. 191; n° 1229, du 19 décembre 1896, p. 47; n°1422, du 25 août I960, p. 197.
- figure 1 nous donne une vue d’ensemble de cette chaudière et la figure 2 nous montre les détails intérieurs. La chaudière Grille comporte un appareil évaporatoire compre -liant : 1° un réservoir cylindrique d’eau et de vapeur R, d’un diamètre suivant les besoins; 2° des collecteurs C en acier juxtaposés rivés sur le réservoir; 3° un faisceau tubulaire en forme d’U en tubes d’acier étiré sans soudure. Chaque tube porte à son extrémité inférieure une tuyère Solignac t ayant la forme d’une cartouche dont le culot est percé d’une ouverture d’un diamètre notablement moindre que celui du tube, et dont le rôle est de régulariser la circulation dans le tube. En face de l’extrémité inférieure de chaque tube se trouve un bouchon cône B en bronze, fileté, vissé dans la face du collecteur et portant une lanterne évidée qui permet l’alimentation du tube en empêchant l’expulsion de la tuyère. En face de chaque tube dans le collecteur supérieur est vissé un bouchon analogue mais sans lanterne.
- Fig. 2. — Vue d’ensemble de la chaudière.
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- L’alimentation de la ehaudière se fait dans le réservoir cylindrique; le niveau d’eau dans le réservoir peut etre quelconque, pourvu que les collecteurs inférieurs soient alimentés . L’eau descend dans les collecteurs inférieurs, entre dans les tubes où elle se vaporise, et la vapeur produite ainsi que l’excès d’eau sont évacués par l’extrémité supérieure des tubes et les collecteurs du haut, au-dessus du plan d’eau ; la prise de vapeur est munie d’un
- tube recourbé T qui va prendre la vapeur sèche à la partie la plus haute du réservoir. La méthode de
- Fig. 3. — Chaudière fixe, vue basculée.
- L’ensemble des nombreuses qualités et avantages que présentent ces chaudières sont tout à fait remarquables. Nous citerons t o u t d’abord le bascu-lage du faisceau tubulaire.
- Comme le montre la figure 5, l’appareil éléva-toire comprenant Je réservoir, les collecteurs et les tubes, est monté sur deux jambes de basculage, articulées au niveau du sol dans des chapes, autour desquels elles peuvent pivoter. Celte disposition permet la visite complète des tubes ou leur remplacement. Les tubes peuvent également être nettoyés automatiquement même pendant la marche ; on peut facilement expulser les boues et les dépôts calcaires. Comme on le voit dans la ligure 4, chaque collecteur inférieur reçoit son alimentation par une tubulure que l’on peut fermer à volonté par un clapet À manœuvré par une tige et un levier extérieur; il y a également pour chaque collecteur un robinet de purge. Pendant que la chaudière est en pression, on ferme le clapet À et l’on ouvre la purge 11 ; aussitôt la vapeur traverse les tubes en
- Fig. 4. — Schéma du nettoyage automatique.
- circulation exclusivement appliquée aux chaudières Grille, repose sur la loi suivante, démontrée par Solignac : la circulation dans un tube de chaudière a toujours lieu entre deux points présentant d’inégales résistances à l’écoulement de la vapeur, et le dégagement se fait du côté de la moindre résistance, en prenant appui sur la résistance la plus forte. Ce double effet crée une circulation régulière et constante, quelle que soit l’allure de chauffe, et permet aux chaudières Grille, aux essais officiels de la marine, aux allures de combustion de 550 kg de charbon par mètre carré de grille, de vaporiser 90 kg d’eau par mètre carré de surface de chauffe, avec des rendements supérieurs à 8,5 kg de vapeur sèche par kilogramme de charbon brut. C’est le seul caractère du prototype de Solignac qui ait été conservé dans les chaudières Grille, mais il est capital :
- Fig. 5. — Chaudière marine Grille de 1000 chevaux.
- sens, inverse et à une vitesse qui peut atteindre 500 mètres par seconde et expulse les boues et les dépôts. La siccité de la vapeur est presque absolue. Cela
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- tient d’une part il ce que la vapeur ne barbote pas dans l’eau, et d’autre part à la disposition du collecteur supérieur qui agit comme la chicane d’un séparateur. Dans les essais officiels de la Marine, pour des allures variant entre 29,6 kget 88,2 kg par mètre carré de surface dis chauffé, l’eau entraînée, mesurée à l’appareil Daleau, n’a pas dépassé 2 pour 1000 de l’eau vaporisée, alors que le cahier des charges prévoit 2,5 pour 100.
- L’une des conséquences pratiques de cette siccité de la vapeur est la surface de chauffé réduite sur des chauffeurs accouplés aux; chaudières Grille, ces appareils n’ayant plus à agir comme sécheurs avant de jouer leur rôle de surchau(leurs.
- La chaudière Grille comporte également une haute chambre de combustion, une voûte réfractaire V (fig. 1), placée au-dessus de la grille. 11 y a également des chicanes et des écrans F qui iorment des chambres de réallumage et allongent le parcours des gaz dans l’étendue du faisceau. La combustion est
- Fig. 8. — Chaudière Grille sur locomobile agricole de 12 chevaux.
- très complète et à très haute température. La fumivorité de ce foyer, avec des charbons demi-gras, est presque absolue.
- Fn ce qui concerne les rendements obtenus avec ces chaudières, nous ne pouvons mieux faire que
- citer les résultats obtenus en 1905 pendant plusieurs mois de marche par M. Hart, ingénieur des services maritimes de la Compagnie des chemins de 1er du Nord.
- La vaporisation par kg de combustible a été généralement élevée ; elle a été supérieure à 10 kg, pour des allures de combustion de 80 à 100 kg par mètre carré de grille.
- La vaporisation par mètre carré de surface de chauffé totale et par heure a varié de 55 kg à 75 kg; elle a été de 45 kg
- Fig. 7. — Chaudière locomobile Grille pour la stérilisation des vignobles au lysol.
- à l’allure de 100 kg de charbon brûlé par mètre carré de grille, ce qui est considéré comme l’allure normale en service courant.
- La vaporisation par mètre carré de surface de grille a varié de 770 à 1600 kg.
- Une autre particularité des plus importantes de la chaudière Grille est la faible variation de son rendement, quelle que soit l’allure. Entre l’allure à 100 kg de combustible brûlé par mètre carré de grille et l’allure à 500 kg, le rendement ne baisse guère que de 10 pour 100. Les applications pratiques de ceci sont nombreuses et intéressantes; bornons-nous à remarquer seulement ici qu’avec la chaudière Grille, le réglage du tirage permet de parer instantanément et simplement à des à-coups très notables dans la demande de vapeur, et cela
- Fig. G. — Chaudière Grille de 60 chevaux sur châssis pour traction.
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- d’imc manière très économique. Cetle propriété est précieuse dans toutes les industries et tout particulièrement dans les stations centrales d’électricité pour éclairage, force motrice ou traction.
- Ajoutons (pie la chaudière Grille est inexplosible, qu’elle occupe le plus faible emplacement et qu’elle peut cependant être disposée pour fournir un grand volume d’eau et de vapeur.
- Les chaudières Grille que nous venons d’étudier se prêtent encore avec toutes facilités à la marine. Sous un volume très restreint, elles représentent une grande puissance. La figure 5 nous montre une chaudière de 1000 chevaux ; c’est le type employé dans les torpilleurs de la marine française. Grâce à son système de basculage de l’appareil évaporatoire, le montage, les réparations s’exécutent par la façade. La chaudière produit de la vapeur absolument sèche, et la stabilité du niveau d’eau est absolue. Le ramonage des suies dans la chaudière s'effectue complètement avec la plus grande facilité. La chaudière présente une grande commodité de nettoyage, grâce au dispositif de basculage de l’appareil évapo-raloire. Toutes ces chaudières sont employées en quantité dans les navires; nous mentionnerons en particulier les chaudières du type marine Grille à grand volume du transatlantique la Provence ; les paquebots de la Compagnie des chemins de fer du Nord, le Nord et le Pas de Calais représentant 16 800 chevaux, vont être munis de chaudières Grille, actuellement en construction.
- Les chiffres que nous avons cités plus haut pour les essais et les rendements s’appliquent également aux chaudières marines ; nous n’y revenons donc pas.
- Il reste cependant encore de nombreuses applications auxquelles les chaudières Grille peuvent convenir, notamment en ce qui concerne la traction. La Société du Creusot, dans les nouvelles chaudières de locomotives à foyer à tubes d’eau, inspirées par M. Du Bousquet, ingénieur en chef des chemins de 1er du Nord, a appliqué le système de nettoyage par renversement de vapeur des chaudières Grille. Des chaudières sont également étudiées pour les chemins de fer d’Orléans et la Compagnie P.-L.-M. La figure 6 nous fait voir une chaudière de 60 chevaux disposée sur un châssis pour la traction à vapeur.
- Nous trouvons aussi (fig. 8) une chaudière Grille montée sur une locomobile agricole de 10 à 12 chevaux à vapeur surchauffée. Cette locomobile rend de grands services aux travaux agricoles. À côté se trouve une chaudière Grille (fig. 7) qui permet la stérilisation des vignobles par la vapeur ou par la vapeur saturée de lysol. On peut alimenter plusieurs lances à la fois et répandre ainsi facilement le lysol dans les rangées de ceps de vigne.
- L’utilisation de la chaleur dans les chaudières Grille permet de faire de telles chaudières locomo-biles disposées pour être chauffées à la paille, aux copeaux, aux sarments de vigne, etc. On obtient facilement 2 kg de vapeur et 220° de surchauffe par kilogramme de paille brûlé.
- Ces quelques notes nous montrent que l’industrie française dispose aujourd’hui d’un nouveau générateur de vapeur, puissant, inexplosible, d’un faible encombrement, d’une très grande élasticité, d’un rendement très élevé et offrant le maximum de sécurité.
- Ces avantages sont, à un degré moins marqué, ceux de toutes les chaudières multilubulaires, mais le nettoyage intérieur des tubes par renversement de vapeur, le basculage, la constance du rendement à toute allure industrielle, et la circulation assurée, forcée même, qui permet à la chaudière Grille de supporter les plus hautes allures de combustion, sont autant de particularités spécifiques qui classent ce type de chaudière parmi les engins les plus perfectionnés et le plus en harmonie avec les machines motrices si étudiées dont dispose l’industrie moderne. J. Laffahuui;.
- LES EMPOISONNEMENTS
- par les gâteaux à la crème
- Tous les ans, à celte époque, c’est-à-dire pendant les grandes chaleurs, les journaux quotidiens signalent de nombreux cas d’empoisonnement par les gâteaux à la crème. L’an dernier, quarante-quatre personnes furent atteintes à Saint-Mandé; cette année un grand nombre furent intoxiqués à Villeneuve-Saint-Georges.
- Ce sont toujours les gâteaux à la crème qui produisent ces accidents toxiques, spontanés, mystérieux encore pour la science et dont le Dr Charles Baize vient de faire une élude complète que nous nous proposons de résumer ici.
- Les crèmes utilisées en pâtisserie sont de diverses sortes; mais il rfy en a qu’une qui se soit montrée ainsi spontanément toxique : c’est celle dite crème de SailU-flonoré, d’un usage très fréquent, qu’on trouve dans les meringues, les gâteaux de Saint-Honoré, les choux et charlottes à la crème, les éclairs, les caroUnes, les parfaits, les financiers, les marignans, les duchesses, etc.
- Ce sont précisément ces gâteaux qu’on retrouve à l’origine de tous tes empoisonnements par les pâtisseries.
- Cette crème de Saint-Honoré est assez complexe; elle est obtenue par le mélange : 1° d’une crème cuite; 2° d’une neige de blancs d’œufs crus.
- La crème cuite est obtenue en délayant ensemble et mettant ensuite sur le feu les ingrédients suivants : 16 jaunes d’œufs ; 500 gr. de sucre; 125 gr. de farine; 1 litre de lait bouillant dans lequel on a préalablement dissous 2 à 4 feuilles de gélatine; vanille, q. s. pour parfumer.
- Pendant la cuisson de cette bouillie, trente blancs d’œufs sont battus en neige dans un bassin de cuivre rouge, après addition d’une pincée d’alun. Quand cetle neige a acquis une consistance très ferme, on lui incorpore vivement la crème bouillante et le mélange est aussitôt réparti entre les divers gâteaux- auxquels on la destine. 11 faut opérer vite, pour éviter la production de sels de cuivre qui, malgré tout, demeure inévitable.
- De toutes les crèmes utilisées en pâtisserie, la crème de Saint-Honoré est la seule qui renferme du blanc d’œuf cru. La crème bouillante qu’on lui mélange ne suffit pas en effet pour le cuire. D’autre part les crèmes cuites n’ont jamais empoisonné.
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- LA NATURE.
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- Un csl donc amené à penser que la toxicité de la crème Saint-Honoré est due à la présence de blanc d’œuf cru.
- Sous quelle influence cette crème devient-elle toxique? On a tour à tour incriminé Y action des saisons chaudes, la chaleur orageuse, l’exposition au grand air, une fabrication défectueuse.
- Cette dernière influence, défendue parle I)1' Peytourcau, s’appuie sur le fait incontestable de la coïncidence habituelle des cas d’empoisonnement avec les jours de fête qui imposent aux .pâtisseries une surproduction entraînant des négligences.
- Si l’exposition au grand air et la température lourde des journées orageuses jouent un rôle, Y influence des saisons chaudes est certainement la cause d’ordre générale la plus fréquente : les empoisonnements ont toujours lieu en mai, juin, juillet, Août; on a constaté de rares cas en mars, septembre, novembre. Un ne connaît aucun cas durant les mois d’hiver.
- L’ingestion de la plus minime quantité de la crème toxique suflit pour provoquer l’intoxication d’autant plus grave cependant que la quantité absorbée est plus grande.
- La toxicité de la crème a été attribuée soit à des sels métalliques provenant des ustensiles de fabrication, soit à Y un des éléments constitutifs de la crème.
- L’étain, le plomb et surtout le cuivre ont été incriminés, mais on n’a jamais pu trouver que des traces inlimes des sels de ces métaux, et les symptômes des empoisonnements observés n’ont aucun rapport avec ceux que l’on observe lors de l’intoxication par un de ces sels.
- Parmi les éléments constitutifs de la crème, la farine et le sucre ont toujours été reconnus de très bonne qualité. L’ébullition du lait, indispensable à la préparation de la crème cuite, oblige à écarter cette cause d’intoxication. La vahilline produit des empoisonnements présentant les mêmes symptômes que ceux dus aux gâteaux à la crème; mais nombre de gâteaux ayant provoqué des intoxications ne contenaient pas la moindre trace de vanilline ; ensuite seule la vanilline impure est toxique et la vanilline est employée dans nombre de gâteaux qui n’ont jamais produit d’intoxications. La gélatine renferme bien toujours quelques germes pathogènes mais qui sont détruits par la cuisson.
- Seul l’œuf peut être incriminé : pour les uns l’intoxication est due à des poisons microbiens élaborés dans l’œuf; pour d’autres, elle est due à la production de poisons aux dépens de l’albumine de l’œuf.
- L’empoisonnement dù aux gâteaux à la crème, évolue, d’après le Dr Baize, en trois périodes :
- 1° L’incubation d’une durée moyenne de. 12 à 36 heures; plus elle est brève, plus les accidents qu’elle prépare sont graves;
- 2“ La période d’état durant 2, 6 ou 10 jours, caractérisée par trois grands symptômes : des vomissements, des douleurs abdominales d’intensité très variable et une diarrhée ;
- 3° La période de déclin durant 1, 5 ou 5 jours. En outre, l’empoisonnement laisse après lui, dans la moitié des cas, des troubles qui durent de une semaine à un mois.
- Disons enfin qu’il existe des formes graves amenant fréquemment la mort.
- 11 résulte donc de l’intéressante étude du I)r Baize qu’il est prudent de renoncer à manger des gâteaux à la crème durant les mois d’été. D1 G. IL Niewenglowski,
- Chargé de service médical à la Sorbonne.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3 septembre 1906.
- Présidence de M. Chauveau.
- L’éruption du Siromboli. — M. le Ministre de l’Instruction publique transmet une Note d’un agent consulaire français qui signale les efforts faits par le directeur de l’Ûbservatoire de Messine pour noter tous les phénomènes de la dernière éruption du Siromboli qui a causé de grands dégâts à Messine. Depuis le mois de février dernier le Siromboli était très calme et ne se manifestait que par une colonne de fumée blanche. Ce calme est assez rare et était d’autant plus digne de remarque que le Vésuve, au contraire, accusait une période d’activité croissante. Puis l’inverse se produisit, le Vésuve se calma et le Siromboli se réveilla. Le 11 juillet eut lieu une projection de quelques pierres accompagnée d’une pluie de cendres qui causa de grands dommages. 11 paraît probable que d’anciennes bouches se sont rouvertes, mais il a été impossible jusqu’à ce jour de vérifier le fait, car l’accès du cratère est impossible.
- Un niveau de précision sans bulle. — M. Bouquet de la Grye expose que l’inconvénient de tous les niveaux employés jusqu’à ce jour, dans les opérations de nivellement géométrique, est de reposer sur le déplacement d’une bulle. Dr, de ce fait, on introduit une cause d’incertitude notable. MM. Driancourl et Claude ont pensé que l’on pouvait adapter à la construction d’un niveau le principe sur lequel ils ont construit leur astrolabe qui donne de si bons résultats pour la mesure rapide des latitudes. Le nouvel appareil qu’ils ont imaginé porte le nom de niveau auto-collimateur; il a été essayé par la Commission du nivellement général de la France, car il convient spécialement aux opérations géodésiques, et M. l’ingénieur en chef Lallemand, président de cette Commission, a déclaré l’essai tout à fait heureux. Il est à noter que la longueur des portées pouvant ainsi être beaucoup augmentée sans diminuer la précision, on diminue lè travail des observateurs.
- Synthèse de minéraux. — M. Lacroix présente une Note de M. de Schullen relative à l’isomorphisme de la norlhapile (sullbcarbonate de magnésium et de sodium) et de la lychile (chlorocarbonale de magnésium et de sodium) découverts dans les lacs boratés de Californie et dont il a fait la synthèse. Ch. oe Yilledeuil.
- SUR LA LONGUEUR
- DES RACINES DES PLANTES
- On sait que la racine est l’organe souterrain de la planLe et quelle lui permet d’absorber, par l’intermédiaire des poils radiculaires qu’elle porte, les matières minérales et peut-être certaines substances organiques en dissolution dans l’eau du sol; cette solution passe ainsi dans le végétal et va alimenter ses différents organes.
- Ces racines, en dehors de leur'forme particulière : pivotante, chevelue, etc., ont des dimensions plus ou moins considérables selon l’espèce du végétal et
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- LA NATURE.
- selon diverses circonstances spéciales que nous allons signaler; mais si l’on se borne à les arracher, on n’en extrait qu’une fraction insignifiante. Quand on veut connaître au juste la longueur des racines, il faut avoir recours au procédé préconisé par Dehérain : on cultive diverses graines sur un talus élevé de 12 mètres, puis, au moment voulu, on coupe la terre à la bêche au ras d’une rangée; les racines sont ensuite débarrassées de la terre adhérente à l’aide de quelques lavages exécutés avec une seringue de jardinier ; on peut alors les examiner facilement.
- Par ce procédé, on a constaté que les racines du blé à la fin de l’hiver atteignent 1,50 m. à 2 mètres et que celles du trèlle de quinze mois vont jusqu’à une profondeur de 1,10 m. L’une des causes qui tendent à donner aux racines des dimensions plus considérables consiste dans la pauvreté du sol en eau ; il y a là pour la plante un moyen efficace de se défendre contre la sécheresse, car elle va ainsi chercher l’humidité dans le sous-sol, aussi profondément qu’il est nécessaire.
- Une autre cause qui amène encore mie exagération dans les dimensions des racines consiste dans la pauvreté du sol en matière nutritive.
- A ce sujet, nous avons efiêctué une expérience des plus démonstratives ([ue nous voudrions rapporter ici.
- Nous avons pris trois éprouvettes à pied de 50 à 40 centimètres de longueur et nous les avons remplies, l’une avec du sable bien lavé, la seconde avec une terre épuisée provenant d’une parcelle de culture restée depuis quinze ans sans engrais, enfin la dernière avec de la bonne terre franche.
- Nous avons semé dans chacun de ces vases cinq graines de colza et nous avons maintenu les sols dans un bon état d’humidité par des arrosages à l’eau distillée qui, par suite, n’apportaient aucune matière nutritive. L’expérience, commencée le 15 juin, a été arrêtée le 28 juillet; on a enlevé la terre des éprouvettes sans endommager les racines au moyen d’un courant d’eau et on a photographié les plantes obtenues dans les trois cas; c’est le résultat de cette expérience que nous reproduisons dans la figure ci-dessus. On y verra de suite que les racines des colzas cultivés dans le sable atteignent 55 à 40 centimètres de longueur, tandis que dans la terre épuisée, elles
- s'arrêtent à 25 ou 50 centimètres et dans la bonne terre à 15 centimètres environ. Le développement des parties aériennes suit d’ailleurs une marche inverse. 11 y a, dans ces phénomènes, une question non pas d’humidité puisque tous les végétaux étaient arrosés régulièrement, mais de nutrition, les racines étant obligées de chercher loin leur nourriture dans le sable et la terre épuisée, tandis quelles la trouvaient tout près dans la bonne terre.
- Les plantes ont été ensuite séchées et on y a déterminé la matière organique et la matière minérale. Le tableau suivant donne les résultats obtenus pour la totalité des cinq pieds de colza cultivés dans les trois sols mis en expérience.
- Ces résultats permettent de constater que le rapport du poids des racines à celui de la tige va en diminuant à mesure que la qualité du sol devient meilleure ; les récoltes dans les deux terres : bonne et mauvaise, sont sensiblement égales, mais avec prédominance de la racine sur la tige dans le cas du sol épuisé. Ces récoltes totales sont d’ailleurs doubles de celle fournie dans le sable.
- 11 y a donc là une cause et une explication des plus nettes de la diversité de longueur des racines d’une même plante suivant la qualité des terres. Plus le sol est pauvre, plus la racine est obligée de s’élen-dre pour y chercher sa nourriture. La lutte pour la vie se manifeste dans toute la nature, aussi bien dans le règne végétal que dans le règne animal; l’expérience que nous citons en est une nouvelle preuve.
- PLANTES MATIÈRE SÈC1IE
- cultivées dans Organique. Minérale. Tolale.
- Le 1 Tiges. . . j Racines. . f Ensemble. . ' 44 8 52
- sable. 20 64 10 18 50 82
- La 1 Tiges. . y Racines. . 85 15 100
- terre . ’Sô • 32 65
- épuisée. ( Ensemble. . 448 47 165
- La 1 Tiges. . . t Racines. . 94 21 115
- bonne 26 25 49
- terre. f Ensemble. . 120 44 164
- A. Hébert.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1738. — 15 SEPTEMBRE 190(5. LA NATURE.
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- LE MASCARET DE LA RIVIERE TRENT (ANGLETERRE)
- Pour la production du phénomène bien connu qu’on nomme le mascaret, certaines conditions sont nécessaires. 11 faut d’abord une l'or le marée jointe à un lbrt courant de jusant. 11 faut ensuite que P embouchure du. lleuve ail la forme d’un entonnoir dont les bords convergent vers l’amont, et que des bancs de sable obstruent l’estuaire en ne laissant qu’une faible profondeur d’eau à l’heure de la basse mer, au moment où Fonde marée pénètre dans le lleuve. Alors le mascaret apparaît en tète du Ilot, sous la forme d’une vague qui déferle avec fracas. Derrière elle se produisent un certain nombre d’ondulations, auxquelles on a donné le nom d'éleules et le courant du lleuve qui se dirigeait vers l’aval est brusquement
- grande importance où les conditions énoncées précédemment se rencontrent, comme la Trent, par exemple, un des affluents de Fllumber, qui se jette dans ce lleuve, à 26 km en amont de llull et à 64 km de l’embouchure de ce lleuve dans la mer du Nord.
- La ligure ci-jointe représente le mascaret dans celle rivière, tel qu’il a été observé par M. Wheeler, à qui nous devons celle photographie, à Gainsborough, pendant une marée d’équinoxe d’octobre 1905.
- Au moment de l’arrivée du mascaret, auquel on a donné, dans le pays, le nom d'œyer, le courant de jusant avait une vitesse de 0,90 m. par seconde. La profondeur d’eau dans le chenal qui sert d’écoulement au jusant entre Gainsborough et l’ilumbre
- renversé et se dirige vers l’amont en surélevant les eaux. Puis, dès que celui-ci rencontre une eau profonde, il se transforme, en une onde allongée qui cesse de déferler. C’est ce qui se produit, notamment en Chine dans le Tsien-Tang-Kiang, dans l’Amazone où le mascaret atteint une hauteur de 4,50 m., dans l’Hoogly, dans la Garonne, dans la Dordogne, dans la Seine et dans la Severn.
- Dans les Jleuves, au contraire, où on rencontre dans l’estuaire des profondeurs d’eau suffisantes au moment de la basse mer, le mascaret ne se produit pas. C’est pour cela que nous ne l’observons ni dans la Gironde, ni dans la Loire, ni dans la Tamise, ni dans l’Humber, ni dans la Mersey, ni dans la Clyde.
- Mais ce phénomène curieux, dont la véritable cause n’est pas encore bien définie malgré les nombreuses théories émises et les expériences fort remarquables faites, il y a quelques années, par M. Bazin, n’est pas particulier aux grands fleuves dont nous venons de parler. Il se produit également, quoique sur une moins grande échelle, dans les rivières de moins 3D aimée. — 2e semestre.
- était, en moyenne, de 1,80 m., tandis que sur les bancs qui obstruent la rivière, dans cette même partie, celle profondeur variait entre 0,60 m. et 0,80 m.
- Le mascaret, dont le bruit semblable au roulement du tonnerre, s’entendait à plus de 800 m., s’est avancé avec une vitesse de près de 7 m. par seconde sous la forme d’une vague déferlante de 1,50 m., en moyenne de hauteur et s’étendant sur toute la largeur de la rivière qui, à cet endroit, est de 60 m. Cette vague déferlante était suivie, comme le montre la figure, de cinq ou six éteales de hauteur moins grande, suivies elles-mêmes sur une longueur de 100 m. de tourbillons d’eau d’intensité décroissante vers l’aval.
- Aussitôt après le passage du mascaret le courant dans la rivière s’est trouvé renversé, en prenant vers l’amont une vitesse variant entre 1,90 m. et 2,20 m. au moment de la mi-marée.
- Quatre minutes après le passage du mascaret le niveau des eaux de la rivière s’est trouvé surélevé de 1,20 m. ; une demi-heure après, ce même niveau
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- LA NATURE.
- atteignait une hauteur de 1,50 m. et, après 2 heures, la hauteur maximum de 2,40 m. était atteinte. C’était le moment du plein. R. Ro.nmw
- LA PLUIE ET LA VIE
- L’un des traits qui semblent le plus particulier à ce qui est animé est cette inlassable tendance à l’expansion, cette humeur envahissante, ce désir de conquête, que l’on rencontre d’un bout à l’autre des deux grandes séries végétales et animales.
- Chaque race, chaque espèce tendent à sortir du coin de terre ou de mer qui a vu leur naissance et de là à rayonner sur les régions avoisinantes. C’est peut-être dans ce sens que se vérifie le plus exactement la parole du
- bryologistes ont montré que l’on retrouvait toujours au commencement de l’évolution d’un être, aujourd’hui cantonné sur la terre ferme ou dans l’eau douce, des signes parfaitement clairs d’une origine marine, c’est-à-dire de lointains ancêtres n’ayant pas connu d’autre existence que celle des océans.
- À ces conclusions, la paléontologie est venue apporter une confirmation précise. Aujourd’hui tout le monde des naturalistes s’accorde sur l’origine marine de la vie. C’est au sein des mers qu’elle est apparue sans doute la première fois, pour gagner les eaux douces des fleuves et des rivières, et, franchissant un nouvel intervalle, passer ensuite de l’eau douce à la terre ferme.
- Nous voudrions montrer ici, d’après un travail récent, de quelle façon et grâce à quel ordre d’idées on peut arriver à comprendre une telle histoire. Il faut tout d’abord observer que les formes vicieuses et trop arti-
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- Carte des densités marines dans les zones tempérées et tropicales.
- Les taches noires indiquent les régions de pénétration maximum des organismes marins dans les systèmes d’eau douce
- philosophe allemand qui prétendait trouver de la volonté de puissance à la hase de tous les phénomènes biologiques.
- Il est naturel que cette conquête du monde ne se fasse pas sans peine ni sans dépens. Sa condition la plus habituelle est de contraindre les envahisseurs à se transformer pour s’accorder au nouveau milieu où ils se trouvent. De même qu’après la conquête romaine, la Grèce domptée sut à son tour dompter son fier vainqueur, de même lorsqu’une espèce animale ou végétale, d’origine marine, remonte à l’intérieur des continents par le trajet des fleuves, elle est transformée par l’eau douce. Ce phénomène d’ adaptation au milieu est aujourd’hui l’un des mieux constatés des sciences naturelles.
- Au point de vue de la facilité des recherches, il a ceci de fâcheux qu’il complique l’obscurité sur les origines des espèces. Fort heureusement, l’adaptation présente des degrés et elle a laissé souvent subsister assez de caractères primitifs pour qu’il soit possible de reconstituer par la pensée l’historique d’une forme vivante à travers ses modifications successives. Les anatomistes et les em-
- lîcielles du langage sont pour beaucoup dans la difficulté que présente d’abord à la pensée cette évolution à travers trois milieux aussi différents que l’eau de mer, l’eau douce et la terre ferme. C’est en effet le langage seul qui impose à l’esprit la croyance que ces trois milieux sont nettement séparés. Il y a, au contraire, entre eux toute une série complète d’intermédiaires, par la suite desquels, en partant de l’un, il est possible de passer de proche en proche jusqu’aux plus éloignés, de même qu’au long d’une route la menue variation des villages conduit graduellement aux plus diverses régions d’un même territoire. Les recherches dont M. Paul Pelseneer. a fait l’exposé vont permettre de saisir la vérité de cette comparaison en ce qui concerne l’eau de mer et l’eau douce ë'f de comprendre la possibilité de l’origine marine des animaux d’eau douce1.
- 1 Nous ne pouvons donner l’analyse méthodique du travail de M. P. Pelseneer. Nos lecteurs le trouveront dans le Bulletin de la classe des Sciences (Ac. Roy. de Belgique) 1905, n° 12. Voir aussi notre résumé de ce travail dans la Revue des Idées, du 15 août 1906.
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- LA NATURE.
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- La différence essentielle entre l’eau de mer et l’eau douce est, comme chacun sait, celle de leurs teneurs en matières minérales dissoutes, c’est-à-dire qu’il y a entre les êtres d’eau douce et les êtres marins la différence que ceux-ci sont adaptés à un milieu riche en sels minéraux et surtout en chlorure de sodium. Origine marine des animaux d’eau douce, cela veut dire passage d’un milieu salé à un milieu non salé et adaptation à ce dernier.
- lin tel passage serait impossible si ces milieux étaient séparés par une sorte de barrière et s’il n’existait pas de transition entre eux. Mais cela n’est pas. Chacun de nous a pu constater en se baignant à l’embouchure d’un ileuve qu’il se produit à cet endroit un mélange d’eau douce et d’eau salée tel qu’en allant du Ileuve vers le large, on peut constater toute une série de salures et de densités différentes. Dans cette région également les formes marines et Jiinicoles (d’eau douce) voisinent, se mêlent et les premières tendent à pénétrer dans le domaine des secondes. Ce qui se passe ainsi en petit est l’image de ce qui se produit en plus grand sur la surface des mers. Un coup d’œil jeté sur la carte ci-jointe permet de se rendre compte que la densité des mers, en relation directe avec leur degré de salure, n’est pas uniforme pour toute l’étendue de notre globe. On observe tout d’abord que dans la zone intertropicale il existe à l’entour du globe une véritable ceinture d’eau de mer moins dense et moins salée que celle des zones, tempérées. D’antre part, sur un fort petit espace, dans la région du golfe du Bengale et des mers de Chine et de la Sonde, on observe également un écart extrême entre les densités et les salures des diverses régions. Leur minimum est atteint à proximité des côtes, là où l’eau de mer, par suite de l’apport considérable des fleuves, est mélangée à une énorme quantité d’eau douce et fait une transition entre le milieu aquatique marin et le milieu aquatique fluvial.
- Or, si l’on fait un dénombrement des formes animales qui habitent les eaux douces des régions baignées par les mers indiquées ci-dessus, c’est-à-dire de toute la partie sud-est de l’Asie, on constate que cette faune est caractérisée par la présence d’un certain nombre d’organismes marins, dont la réunion à l’intérieur des cours d’eau ne se présente nulle part ailleurs. Pour ne parler que des mollusques, M. Pelseneer fait observer que c’est dans cette région du globe que plusieurs familles et ordres de cet embranchement, exclusivement océaniques partout ailleurs, ont leurs seuls représentants dans les fleuves.
- 11 semble bien qu’il y ait ici une sorte de parallélisme entre une variation du milieu marin et une variation du milieu terrestre. Tandis que les eaux douces venues du continent envahissent la mer, dans la même contrée, par balancement, la faune des mers envahit à son tour le domaine de la faune des eaux douces et modifie celle-ci. On peut d’autant moins douter qu’il y ait là autre chose qu’une coïncidence, on doit d’autant plus reconnaître le rapport qu’il y a entre ces deux ordres de phénomènes que les mêmes variations concomitantes du milieu aquatique marin et de la faune limicole se produisent identiquement dans une autre région du globe. Nous avons sur la carte ci-jointe — et d’après M. Pelseneer — indiqué la chute de densité et de salure des mers sud-asiatiques en laissant en blanc l’espace qu’elles occupent ; en même temps nous avons marqué par des taches noires à proximité de ces mers les régions où la pénétration des orga nismes marins est bien observée. On voit de même que dans la région de la mer Noire, il existe une relation analogue entre l’état des eaux et de la faune avoisinante.
- On est donc en droit d’affirmer que, lorsque dans une région côtière il se produit un abaissement de la densité et de la salure de la mer, en même temps il se produit un accroissement de la population marine dans les cours d’eau des terres avoisinantes. C’est, à l’échelle près, le même phénomène qu’à l’embouchure d’un fleuve.
- Tout le monde sait que l’Epinoche passe indifféremment de l’eau de mer dans l’eau douce et inversement, sans paraître supporter l’un de ces milieux moins bien que l’autre et que, par contre, une écrevisse ne peut pas vivre dans de l’eau de mer, pas plus qu’un oursin ne peut vivre dans l’eau douce. Tous les animaux ne supportent donc pas de la même façon les modifications de salinité du milieu où ils se trouvent. Si l’on considère les animaux marins à ce point de vue on distinguera ceux qui ne les supportent pas (sténohalins) et ceux qui les supportent le mieux (euryhalins). Il va de soi qu’ici comme toujours la nécessité humaine de penser par catégories exagère l’indépendance de ces deux groupes et qu’il y a toute une série de types intermédiaires. On observe aussi qu’un même type animal, pris aux divers moments de son évolution, ne supporte pas toujours de la même manière ces modifications de salinité : ainsi un certain nombre d’embrvons ou de larves sont elles aussi euryhalines, susceptibles de subir des écarts de salure assez importants.
- C’est naturellement parmi ces types euryhalins, qu’on trouve les espèces marines dont la présence est signalée à l’intérieur des fleuves, à proximité des mers dessalées dont nous avons parlé plus haut. Quant à ce qui permet à certains types de préférence à d’autres, de s’adapter à des milieux diversement salés, autrement dit ce qui fait leur euryhalinité, c’est par-dessus tout le degré de perméabilité que leurs membranes respiratoires présentent à l’eau douce. Si cette perméabilité est très grande, l’eau douce pénètre par endosmose dans le sang des animaux marins que l’on a placés en elle, les gonfle et les tue ou les frappe d’infériorité qui leur rend impossible l’adaptation. Si, au contraire, les membranes respiratoires sont peu perméables, la différence de densité et de pression osmotique qui existe entre le milieu extérieur et le milieu intérieur n’a pas de conséquence fâcheuse pour l’animal, et sa vie, son adaptation sont possibles dans la nouvelle ambiance.
- Si l’on se rappelle combien les phénomènes d’osmose jouent un rôle considérable dans toute la physiologie individuelle, il est curieux de les retrouver ici encore à la hase de la physiologie des espèces, lorsqu’on essaye de se rendre compte du mécanisme de leur évolution. On voit d’autre part que, contrairement à ce qu’on aurait pu croire, ce n’est pas par son action chimique que le chlorure de sodium a une importance pour l’évolution des animaux marins en animaux d’eau douce, mais par son action physique.
- 11 reste à dire la raison qui, dans le monde actuel, a déterminé le choix pour points de pénétration de la région indo-chinoise et de la région politique. Cette raison n’est autre que le régime des pluies. Sur l’est delà mer Noire, il tombe annuellement plus de 2 m. de pluie, et, d’autre part, le sud-est de l’Asie est, de toute la terre, la province naturelle la plus arrosée de pluies. Il est donc tout naturel que dans ces régions la salure et la densité de la mer soient beaucoup plus faibles que partout ailleurs. En môme temps, l’importance du réseau fluvial se trouve naturellement aussi accrue par ces fortes précipitations, de sorte que la nature, déterminant en un point de la terre des conditions de milieux telles que le passage soit facile, pour la vie, de la mer vers l’eau douce, prépare justement à cette opération les voies les plus larges et les plus lointaines. Jean Lafitte.
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- LA NATURE.
- LE NOUVEAU GRAND PONT SUSPENDU DE NEW=YORK
- Tout le monde connaît de réputation le pont suspendu de Brooklyn, réunissant New-York à son faubourg : sa construction a jadis été un événement, par suite de ses dimensions, de la hauteur de son tablier, et aussi de ce fait qu’il s’agissait de ce type d’ouvrage, aujourd’hui un peu délaissé, le pont suspendu. Or, New-York non seulement possède maintenant un nouveau pont suspendu de proportions gigantesques, mais on se prépare à en construire deux autres sur East River, et nous voudrions tout au moins donner quelques détails sur le nouvel et magnifique ouvrage qui . va rendre plus faciles les communications entre Manhattan, la partie centrale de la grande agglomération, et Brooklyn, dont les relations avec le centre de New-.
- York deviennent de plus en plus intenses. Il y a bien les fameux lerry-hoats, mais ils ne sont pas sans présenter bien des inconvénients, et ne permettent qu’une circulation intermittente.
- On se fera immédiatement une idée des proportions de ce pont de Williamsburg, ainsi qu’on le nomme, quand on saura qu’il comporte une travée suspendue et centrale de 488 mètres; les quatre câbles principaux qui supportent cette travée ont une résistance suffisante pour soulever 16 grands cuirassés simultanément, ou 2000 grands wagons à marchandises chargés. Un des massifs d’ancrage des câbles pèse deux lois autant que cet immense bâtiment de Park Row qui a jadis été décrit dans ce journal. Pour donner une solidité à toute épreuve au pont, on a constitue la poutre que soutiennent les câbles de telle façon, et si solidement, qu’elle pourrait présenter suffisamment de rigidité par elle-
- même, sans le secours du moindre câble la suspendant, pour franchir un vide de 240 mètres au moins : on comprend que, dans ces conditions, la mission confiée aux câbles n’est pas particulièrement pénible. Il sera curieux également, autant pour les profanes que pour les amoureux de détails techniques, de savoir que le milieu de la grande travée suspendue subit une montée ou une descente de
- 115 millimètres sous les différences de températures extrêmes, et que les appuis de dilatation à rouleaux sont faits pour se déplacer longitudinalement de 127 millimètres.
- Tout a été intéressant dans le dessin et la construction de cet ouvrage, dont la travée centrale est complétée, de part et d’autre, par une travée de rive longue de 182,6 m., qui s’étend pour la plus grande partie de sa longueur au-dessus des quais, et qui repose sur ceux-ci par une colonne métallique formant appui intermédiaire. La largeur du tablier du pont est de 55,96 m., si bien qu’on a pu y installer six voies ferrées, puis deux voies charretières de chaque côté, et enfin, à un étage supérieur, des passages pour les piétons et les cycles. Les approches de ce pont couvrent naturellement un développement linéaire et une surface considérables, où se trouvaient auparavant quelque 250 maisons abritant au moins 15 000 personnes; aujourd’hui on a créé des parcs, des squares sur ces emplacements. Comme dans tous les ponts suspendus, les câbles vont passer en haut de tours, qui ont dû être établies assez près de la rive pour ne pas gêner la circulation des bateaux dans East River. Les piles en maçonnerie de ces tours ont été fondées dans l’eau au
- Fig. 1. — Le pout achevé de construira.
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- LA NATURE.
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- moyen de caissons à air comprimé, mais de caissons en Lois, ce qui semble un peu étrange pour les habitudes européennes ; l’un de ces caissons, celui qui se trouve à Brooklyn du côté nord, a été descendu de manière à avoir son sommet à plus de 14 m. au-dessous de la haute mer ; il a du reste une hauteur propre de 10,15 m., et sa longueur est de 24 m. environ pour 19 de largeur. Bien entendu, ces parois de bois ont dû être calfatées soigneusement pour éviter les fuites par les joints, et le couteau inférieur a été armé de pièces métalliques. Les hausses permettant l’établissement de la maçonnerie sur le toit du caisson, au fur et à mesure que celui-
- Les tours de support des câbles, dont on peut juger par les dessins que nous donnons, pèsent chacune 5000 tonnes ; elles ont grossièrement une forme pyramidale, sont faites d’acier rivé, et s’élèvent à une hauteur de 89,40 m. au-dessus de la pile en maçonnerie, dont le sommet est lui-même à 7 m. au-dessus du niveau moyen d’East, River ; les piles ont, de plus, une hauteur moyenne de 50 m. au-dessus de leur base : cela donne en tout une hauteur énorme.
- En réalité, chaque tour se compose de deux grands montants solidarisés par des pièces transversales, dont une a pour rôle de supporter l’cxtré-
- Fig. 2. — Les passerelles aériennes pour la pose des câbles.
- ci descendait, étaient en bois elles aussi. Chaque pile a employé plus de 5890 m3 de pierre. Nous pourrions ajouter que la mise en place des caissons a été gênée considérablement par le courant violent que cause la marée dans ces parages, et qui atteint souvent près de 10 km à l’heure. Un détail qui montrera encore dans quelles conditions l’ouvrage s’est fait, par suite en partie du haut prix de la main-d’œuvre aux Etats-Unis : vers la fin du creusement à l’air comprimé, les travailleurs fournissaient seulement deux périodes de travail de 45 minutes, et ils recevaient par jour 5,75 dollars, autrement dit à peu près 19fl’,50 ; il faut dire qu’on était arrivé alors à une profondeur de 52,60 m. au-dessous du niveau de l’eau, et que la besogne était à la fois pénible et dangereuse.
- mité de la travée centrale du tablier et aussi de la travée de rive. En haut des montants sont les selles venues de fonte, qui pèsent 55 à 56 tonnes et supportent les câbles de suspension. Il fallut, comme de juste, des dispositions compliquées et puissantes pour mener à bien l’édification de ces immenses tours.
- Comme nous devons nous borner, nous ne dirons qu’un mot des ancrages destinés à retenir les câbles. On a dû foncer quelque 5000 pilotis pour leur assurer une fondation solide, et l’ancrage du côté de Brooklyn, par exemple, ne comporte pas moins de 55 900 m3 de maçonnerie et de 1600 tonnes d’acier, sous la forme principalement de chaînes à maillons allongés et plats pour transmettre la réaction des câbles, de la charge du tablier, etc., aux
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- LA NATURE.
- massifs, et de poutres métalliques grâce auxquelles l'effort est transmis à toute la masse de ce dernier.
- La pose des câbles a été une affaire difficile, et, pour l’effectuer dans de bonnes conditions, on a dû établir tout d’abord, de part et d’autre de l’ouvrage, une sorte de passerelle suspendue provisoire, jouant le meme rôle que les charpentes dans les constructions ordinaires, s’étendant dans le plan vertical des câbles, et suivant à peu près la même courbure que ceux-ci devaient présenter une fois mis en place. C’étaient de véritables petits ponts de service suspendus, allant d’un ancrage à un autre, à double tablier en réalité, et distants de centre en centre de 20,55 m. Ces ponts étaient formés chacun de deux plates-lormes longitudinales en bois, supportées par des câbles temporaires qu’il avait fallu monter et l'aire passer sur le. sommet des tours, et rattacher à des ancrages provisoires. On avait disposé partout des garde-fous; dans les parties très inclinées de ces
- passerelles, le plancher ordinaire était remplacé par des marches d’escalier. Du reste, les accidents ont été assez rares durant toute la construction, qui a demandé beaucoup de temps. Pour tendre les câbles supportant ces ponts de service, un bateau portant l’un d’eux (en réalité chacun était fait de trois brins pour lesquels on opérait de même) arrivait au pied d’une des tours, et le bout du câble était hissé en haut de celle-ci, puis redescendu vers la rive pour être amarré à un ancrage ; le bateau s’éloignait avec le bout libre, et gagnait le pied de l’autre tour, en dévidant derrière lui le câble, qui se trouvait couler au fond de l’eau ; par mesure de précaution, la navigation était arrêtée pendant ce temps sur l’East River. Quand le bout libre était parvenu au pied de la seconde tour, on le hissait comme l’autre, et mécaniquement bien entendu; puis, au moment opportun et en quelques minutes seulement, on pouvait raidir partiellement le câble de manière à le faire sortir de l’eau d’abord, et enfin atteindre une hauteur de 52 m. au-dessus du niveau de l’eau, où il venait former la courbe convenable correspondant à la courbe qu’on voulait donner à la passerelle de service et aux câbles de suspension définitifs.
- Pour ce qui est des câbles définitifs dont nous
- venons de parler, ils sont les plus gros qu’ont ait jamais employés jusqu’ici. Chacun d’eux a une longueur totale de 914 m., pour un diamètre de 477 millimètres, et un poids de 1 154 000 kg ; le prix en est de 1 709 000 francs, ce qui correspond à une assez belle somme pour toute la suspension. Chaque câble esL formé en réalité de 7096 fils d’acier ayant chacun un diamètre de 4,7 millimètres. Une enveloppe imperméable faite de feuilles de tôle d’acier protège ces câbles ; mais, aux points d’ancrage, les (ils se séparent et vont se rattacher isolément aux diverses chaînes d’ancrage. Les câbles secondaires verticaux, qui font porter aux grands câbles de suspension le poids du tablier du pont, reposent sur eux par l’intermédiaire de selles en acier. Nous ne pouvons indiquer toutes les précautions qui ont été prises pour que le métal des fils fût aussi parfait que possible, ni les essais auxquels on a soumis des échantillons nombreux pour s’assurer de ces qualités. La pose, c’est-à-dire le dévidage des fils devant composer les câbles en travers de l’East River, se fit au moyen de machines, et l’on arrivait à tendre quotidienne-ment jusqu’à 400 fils.
- La construction de ce magnifique ouvrage s’est compliquée encore d’un incendie qui a débuté en liant d’une des tours, dans les charpentes de montage, et qui formait une torche géante à une très grande hauteur au-dessus de l’eau; les câbles en furent quelque peu endommagés et nécessitèrent des remplacements de fils; les ponts de service furent mis en désarroi complet par le glissement partiel de leurs câbles propres.
- On mettait en place le tablier en l’accrochant peu à peu aux câbles secondaires de suspension, qui descendaient verticalement des câbles principaux ; sur la partie déjà établie du tablier, avançait une sorte de charpente mobile munie de hautes grues, et qui venait présenter en place les divers éléments du tablier.
- Pour donner encore une idée du développement de l’ouvrage tout entier, avec ses approches, et des voies qu’il porte, nous dirons que les voies ferrées qu’on y a installées, soit pour les chemins de fer elevaied, soit pour les tramways, ont une longueur cumulée de bien près de 10 kilomètres; pour chaque rail, on a ménagé un joint de dilatation assez considérable à chaque extrémité de la travée centrale.
- Ce pont est certainement un des plus intéressants qu’on ait jamais construits, et il fait grand honneur à celui qui en a dressé le projet et dirigé l’exécution, M. L. Ruck, auquel on doit beaucoup d’autres ouvrages très intéressants, comme la reconstruction du pont suspendu du Niagara.
- Daniel Bellet.
- Fif>\ 5. — Coupe du nouveau pont.
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- HISTOIRE D’UN CHAPEAU DE SOIE
- Le chapeau de soie naquit sans doute à Florence, vers le milieu du xvme siècle; mais la nouvelle création n’eut alors aucun succès et ne reparut effectivement qu’en 1824. Ces couvre-chefs « hauts-de-forme » sortaient alors de l’usine de John Wilcôx, anglais domicilié à Bordeaux. Ils étaient constitués avec de la gomme laque sur laquelle on appliquait la peluche de soie au fer chaud. Toutefois ils mirent longtemps à s’implanter et à devenir d’indispensables accessoires du vêtement masculin.
- Voyons comment ils se fabriquent aujourd’hui.
- En dépit des progrès de l’outillage moderne, on a peu utilisé jusqu’ici les machines dans cette pittoresque industrie qui comporte comme phases principales : la confection de la « galette », le montage, la tournure, la couture de la peluche et le garnissage.
- Le galettier réalise la carcasse au moyen de formes en bois, copies [exactes du chapeau, ; variables selon la mode de l’année. On enroule successivement sur elles plusieurs couches de mousseline très fine ayant subi au préalable un apprêt spécial à la gomme laque.
- Une fois la carcasse faite et séchée, on la vernit en vue du collage ultérieur de l’étoffe. L’ossature ainsi obtenue joint à une légèreté extrême et à une imperméabilité absolue, la dureté du bois. Afin que la galette épouse le moule de façon exacte, l’ouvrier
- Fis. 1.
- coupe en biais la première mousseline. Il ajoute ensuite au cylindre, réalisé de la sorte, le fond en satin ou en moire pour les garnitures adhérentes. Luis sur ce dernier, il colle une ou plusieurs mousselines apprêtées au pinceau, comme on l’a fait pour le flanc. Après ces opérations, on porte la galette au séchoir.
- D’autre part, on a préparé les bords en collant ensemble 2 ou 5 épaisseurs de toile forte apprêtée. Une machine, que représente à l’œuvre une de nos photographies, sert en ce moment à les lisser. Elle se compose de deux rouleaux de fonte montés sur un lourd chariot de fer et chauffés au gaz. L’ouvrier les passe plusieurs fois sur la couronne de toile mise à plat afin de lui faire acquérir la rigidité nécessaire, puis il les met dans l’estampoir, sorte de pupitre en bois percé au milieu d’une ouverture, un peu plus large que la circonférence intérieure d’un chapeau. Une feuille de zinc également ajourée est montée à charnière sur l’es-tampoir. On insère alors la couronne lissée entre la partie en bois de ce dernier appareil et son couvercle métallique. Enfin le chapelier, introduisant un fer annulaire de forme spéciale dans le trou de l’estam-poir, replie verticalement l’extrémité interne des bords tandis que plusieurs de ses compagnons les décollètent après au couteau afin d’enlever les irrégularités produites par le fer.
- Cartons de conformateurs réduits.
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- Les bords sont alors emboîtés sur les flancs du chapeau et lissés, toujours au moyen d’un fer chaud. À cet instant, le galetlier applique, sur la carcasse entière, une nouvelle couche de vernis à la gomme laque, et, dès qu’elle est sèche, la galette endosse sa parure délinilive. La peluche qu’on va jeter sur ce squelette dénudé se compose de deux pièces (un losange eL un cercle). La dessinatrice marque à la craie, sur l’envers de l'étoffe, les contours h suivre selon les formes à recouvrir ; une apprenLie les découpe et une couseuse habile les assemble. C’est effectivement une opération des plus délicates, car il faut qu’on n’aperçoive, une fois la
- monteur mouille alors le chapeau uniformément et le passe au fer afin de le rendre brillant.
- De là, on dirige le futur « tuyau de poêle » sur le tour ou machine mue par la vapeur et qui tourne avec rapidité. On y adapte le chapeau qu’on serre au moyen d’une bande de velours; ce lustrage nettoie complètement la soie dont il augmente l’éclat.
- Arrivons au potençage, ainsi nommé parce qu’on l’exécute en tournant le chapeau autour d’un instrument disposé en potence et fixé lui-même cà une table solide. Ce nouveau passage au fer chaud efface les gonflements produits par les deux épais-
- Fig. 2. — Lissage cl ilccollo!ago des bords à la machine (Ateliers de MM. Cassé et Laureau, à Essonnes).
- peluche posée sur la galette, aucune solution de continuité. Le monteur colle ensuite du cachemire sur le dessous du bord et de la peluche sur le dessus. Puis il prend une des formes en cinq morceaux qui a servi tout à l’heure à confectionner la galette, la recouvre de deux manchons de coton afin de tendre complètement l’ossature du chapeau qu’il revêt d’une coiffe de peluche. Il s’agit maintenant de coller le fond et à Laide d’une petite brosse en fer, d’une éponge mouillée et d’un fer chaud, de retourner le poil de la peluche.
- Vient ensuite le difficile problème à résoudre : unir ensemble les deux lèvres encore entr'ouvertes de la coilfe, de façon à rendre invisible la jointure. Mais voici la peluche collée et la soie tendue ; le
- seurs de manchons et les inégalités tenant à la division en cinq morceaux du moule en bois de la galette. Aussi le potençage exige de bons biceps.
- De l’établi de montage, le chapeau passe aux mains du « tournurier » qui, après l’avoir soigneusement entouré de papier pour éviter de froisser la peluche, donne aux bords plats la cambrure convenable. Puis, à l’aide d’un appareil en deux parties dit « lissoir à brider », il les façonne une première fois et en amincit les arêtes au moyen d’un rabot et d’un couteau. La bordeuse s’empare alors du chapeau pour coudre le galon de soie tout autour et le rend de nouveau au tournurier qui en relève les bords, suivant la tête du client.
- On voit, d’après le tableau de la page 2-47, représen-
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- tanl, réduits au sixième environ, les carions de diverses conformations crâniennes, combien les types varient depuis l’adulte nain jusqu’au géant! Quelle physionomie étrange ne doit-il pas avoir le propriétaire de l’extraordinaire couvre-chef de la dernière figure de gauche! À propos de ces a coupes )) de célébrités, ouvrons une parenthèse anthropométrique. Commençons d'abord par lepréfel de police, tout indiqué en la circonstance. L’axe du chapeau deM. Lépine est fortement incliné; celui du peintre Edouard Détaillé légèrement. Les coi Hures du poète François Coppée et de l’acteur Mounet-Sully symbolisent, au contraire, la symétrie; celles du ministre de France au Maroc, Saint-René Taillandier et du leader socialiste Mille-rand, voisinent l’une avec la circonférence, l’autre avec l’ellipse. Quant aux « huit relïels » du grand duc Paul de Russie, du prince Ferdinand de Bulgarie et du général de Négrier, leurs contours semblent tourmentés. Enfin
- Fig. A. — Montage des chapeaux. (Ateliers de MM. Cassé et. Laureau, à Fssonnes.)
- Fig. 5. — Coupe de la peluche.
- nous ne nous permettrons pas de formuler une remarque quelconque sur l’élégant « gibus » du roi d’Angleterre, Edouard VIL Là pourtant réside peut-être le secret de l’entente cordiale !
- Laissons aux anatomistes le soin dë tirer des conclusions de ces curieux documents et revenons dans les ateliers de MM. Cassé et Laureau, d’Es-sonnes, pour assister au « bichonnage », ultime toilette du chapeau de soie. Notons en outre qu’il faut, avant d’emmagasiner ce dernier pour la vente, poser encore le cuir intérieur et les garnitures mobiles en soie, en moire ou en marceline. Le chapeau de soie vient d’achever ses métamorphoses. Il peut affronter désormais la pluie et le soleil ! Si d’élégants panaches ou de majestueuses plumes ne l’ornent pas, comme son ancêtre en feutre souple du temps de Louis XIV, il l’emporte incontestablement sur lui pour la solidité et la légèreté.
- Jacques Boyer.
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- LES TREMBLEMENTS DE TERRE
- Le sinistre qui, le 16 août 1906, a désolé la ville de Valparaiso et ruiné la côte chilienne en faisant plusieurs milliers de victimes, vient de rappeler une fois de plus l’attention sur la question des tremblements de terre. Un article récemment para1 a montré par quels appareils on étudie et enregistre les vibrations terrestres. Nous voudrions aujourd’hui résumer rapidement ce que l’on sait ou présume sur l’origine de ces cataclysmes.
- 11 y a une vingtaine d’années, à la suite de tremblements de terre désastreux en Andalousie, l’Académie des Sciences avait décidé d’envoyer une mission de savants étudier les effets extérieurs d’un phénomène mystérieux qui, à cette époque, commençait à peine à faire l’objet d’observations précises et suivies. L’un des jeunes membres de la mission, fort sceptique en ce temps-là pour toutes les hypothèses destinées à expliquer les grands phénomènes de la géologie, alla voir, avant de partir, un vieux savant très fameux, ou du moins mis très en évidence par sa situation officielle : « Notre but, lui dit-il en souriant , n’est pas de chercher la cause des tremblements de terre. )) Il entendait par là que cette cause était impossible à découvrir. (( Non, répondit l’antre doctorale-ment ; la cause, on la connaît depuis longtemps! )) Deux générations scientifiques se peignaient dans ce court dialogue. Aujourd’hui on n’est plus ni si incrédule ni si naïvement affirmatif et, en accumulant les observations, on a cherché à serrer les phénomènes internes, tels que les tremblements de terre, d’assez près; on a accumulé à leur sujet des documents assez complets pour espérer arriver à une explication réellement scientifique.
- C’est ainsi que toute une série de travaux, parmi lesquels on peut citer spécialement ceux de MM. Michel Lévy et Fouqué, ont permis de connaître le mode de propagation et la vitesse variable des déplacements vibratoires. Par les enregistrements méthodiques des appareils sismographiques on a bien mis en évidence, au moyen des courbes de propagation, l’origine relativement superficielle du phénomène. Le point de départ des ondes vibratoires, qui ébranlent la superficie et qui peuvent, dans certains cas, se transmettre d’un hémisphère à l’autre2, est, en général, à 7 ou 8 kilomètres delà superficie, jamais à plus de 30. Et, comme, d’autre part, on a reconnu l’indépendance fréquente entre les phénomènes séismiques et les manifestations volcaniques superficielles, la plupart des géologues ont renoncé à faire intervenir, du moins directement et uniquement, la fluidité interne; il est devenu difficile de penser, comme autrefois, à des marées de ces matières fluides sous l’influence des attractions lunaires, ou même d’imaginer des explosions de vapeur d’eau au contact de roches en ignition (quoi qu’on ait peut-être affirmé un peu vite l’impossibilité d’avoir, dans certaines zones séismiques non volcaniques en apparence, des magmas granitiques pâteux à 10 ou 20 kilomètres de profondeur). Mais il est permis de vouloir dépasser ces conclusions négatives et c’est à quoi on vise maintenant en s’attachant à enregistrer minutieusement les tremblements de terre constatés dans toutes les régions. Quand, ensuite, on classe ces régions d’après leur
- 1 Voy. n° 1754, du 18 août 1906, p. 187.
- 3 Les vibrations produites par le tremblement de terre de Valparaiso ont été enregistrées par un grand nombre de sismographes européens (voir une communication de M. Bigour-dan, à l’Académie des sciences, le 20 août 1906).
- fréquence (qui, expérience faite, correspond également à leur intensité) on voit apparaître, entre les aires séismiques ainsi définies et la géologie, une habituelle corrélation, assez naturelle d’ailleurs à prévoir. Les tremblements de terre sont, en résumé, de simples vibrations internes et ces vibrations, qui se propagent très loin, ont leur point de départ dans les zones faibles de l’écorce, zones caractérisées de toutes façons par la géologie, puisqu’elles coïncident forcément avec les zones récemment plissées et, par un contre-coup fréquent, quoique non nécessaire, avec celles où le volcanisme, résultat incident de ces dislocations, se fait également sentir.
- Parmi les derniers travaux de ce genre, il y a lieu de citer, pour l’attention persévérante avec laquelle il a été poursuivi, celui de M. de Montessus de Ballore1, qui paraît avoir montré la marche à suivre pour arriver à des conclusions tout à fait, positives et complètes, le jour où les observations seront plus généralisées en dehors des pays civilisés et surtout des grandes villes, où les effets désastreux du phénomène en font d’ordinaire exagérer l’importance. La conclusion de M. de Ballore, entièrement adoptée par M. de Lapparent, consiste à envisager les tremblements de terre (en laissant bien entendu de côté les secousses volcaniques et les éboulements superficiels) comme de simples épisodes dans le seul plissement des chaînes montagneuses, avant, pendant ou après les grandes vicissitudes de la vie du globe. Les régions où les tremblements de terre sont les plus fréquents, ne sont pas, d’après ces deux savants, celles où les volcans dominent, ni celles où se sont produits de vastes effondrements récents; et il paraît, en effet, résulter des observations que les zones séismiques sont plutôt des zones plissées que des zones disloquées : soit des chaînes montagneuses récentes, soit, en avant de celles-ci, des sillons faibles de l’écorce, sur lesquels l’on peut, pour d’autres raisons, s’attendre à voir surgir des plissements futurs. Au premier chef, les aires ainsi troublées, dont le centre d’ébranlement se trouve.souvent sur des dépressions marines, correspondent à la zone que nous appelons Alp-IIimalayenne et aux deux bords du Pacifique. Par contre, les grands massifs anciennement consolidés, comme la Scandinavie ouïe Canada, qui sont précisément ceux où de lents plissements d’écorce se traduisent le mieux par les déplacements des rivages, jouissent, en ce qui concerne les tremblements de terre, d’une stabilité toute particulière.
- En même temps, on constate une curieuse relation entre la fréquence anormale des tremblements de terre dans quelques régions qui n’accusent aucun indice d’un plissement semblable et les anomalies de la pesanteur, reconnues par de tout autres méthodes, par exemple en Russie ou dans l’Atlantique entre Lisbonne et Bahia. Les deux procédés semblent ainsi concorder pour faire soupçonner là quelque dislocation invisible entre deux compartiments de l’écorce en mouvement relatif l’un par rapport à l’autre.
- C’est par là surtout que ces récentes études sont intéressantes. Car, en ce qui concerne les grandes régions séismiques depuis longtemps célèbres et pour lesquelles les vibrations intenses du sol sont assez nettes et connues sans aucun appareil enregistreur, on n’avait pas attendu les travaux de M. de Ballore pour admettre une relation entre les séismes et les zones faibles, manifestées, d’autre part, par les plissements récents ; et la conclusion de ce savant, qui consiste à regarder tous les tremblements de terre comme uniquement produits par des mouvements
- 1 Les tremblements de terre. Paris. Armand Colin, 1906.
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- tectoniques internes, paraît être Lien absolue et discutable quand on la généralise à ce point. Tout d’abord, il y a lieu de considérer le caractère assez localisé des centres vibratoires, qui a peu de rapports avec la disposition linéaire d’un plissement et fait plutôt penser à quelque choc intérieur. Puis il semble bien que, si les vibrations étaient produites par des séries de petits abaissements brusques, ces affaissements devraient à la longue, dans les régions où les tremblements de terre sont presque constants, comme la zone méditerranéenne ou la côte ouest de l'Amérique, se traduire par des déplacements généraux dans les lignes de rivages, autrement manifestes que ceux des massifs anciens comme la Scandinavie elle Canada, où ces mouvements, incontestablement tectoniques mais lentement et continûment poursuivis, sont depuis longtemps remarqués et étudiés.
- Enfin et surtout, il est un peu hardi d’affirmer que les séismes ne peuvent avoir aucun rapport avec l’existence de matières ignées internes : celles-ci n’avant pas nécessairement la forme de manifestations éruptives superficielles souvent liées aux dislocations, mais pouvant également se présenter à l’état de roches de profondeur, telles que les granités, dont le décapage produit par l’érosion fait plus tard apparaître les noyaux le long des chaînes plissées. Les grands désastres récents, dont il a déjà été question ici1 à diverses reprises, ceux de San Francisco, du Vésuve et, tout dernièrement, de Yalparaiso, semblent, avec toutes les manifestations corollaires enregistrées dans toutes les parties de la Terre, accuser, au contraire, une relation, dont ils ne sont point le seul indice. Et ce n’est pas une raison suffisante pour contredire aussi absolument la possibilité d’une telle relation que d’avoir cru remarquer au Japon une certaine indépendance entre les centres séismiques et les centres volcaniques superficiels, alors que le Japon tout entier est si évidemment à la fois agité par les secousses internes et superposé à des magmas ignés qui s’épanchent au jour en se localisant par de très nombreux évents.
- Ainsi, quoique là question ait fait un pas sérieux depuis quelques années, on ne peut pas dire qu’elle soit encore tout à fait résolue. Quand il y a tout à la fois zone faible, zone plissée, zone séismique et zone volcanique (ce qui est, en somme, le cas le plus ordinaire) on voit bien que tous ces caractères doivent être, d’une façon ou d’une autre, corrélatifs. Là se trouvent, suivant toutes vraisemblances, les régions de la Terre où des plissements futurs et des surreetions de chaînes montagneuses, analogues à celles que l’histoire géologique a enregistrées dans les temps anciens, ont le plus de chances pour se produire : par exemple, suivant la Méditerranée prolongée vers le golfe du Mexique et suivant la côte américaine du Pacifique. Mais, comme l’a fait remarquer M. Michel Lévy, il ne faut jamais oublier, dans les spéculations théoriques, l’extrême minceur de la portion que nous sommes susceptibles d’aborder dans l’écorce terrestre et cette observation peut conduire à mettre quelque réserve dans nos distinctions entre les zones certainement faibles et les massifs, auxquels nous attribuons peut-être une stabilité exagérée, parce qu’ils se sont trouvés avoir jusqu’ici une stabilité provisoire.
- L’enregistrement méthodique des séismes a amené, en outre, à reconnaître certaines anomalies, sur lesquelles il y a lieu d’insister, parce qu’elles peuvent aider à débrouiller la complexité ordinaire des phénomènes. Ainsi, il est deux vastes régions dans le inonde où, si l’on se
- O g 7
- 1 Voy. n° 1718, du 28 avril 1906, p. 350.
- fiait à la seule géologie, on serait tenté de prévoir un grand plissement futur de l’écorce et où les manifestations séismiques devraient donc être particulièrement fréquentes ; c’est la fosse d’elïondrement si rectiligne des lacs africains et c’est l’axe atlantique jalonné par une remarquable série d’évents volcaniques. 11 est très curieux que, suivant ces deux zones, les séismes soient assez faibles, notamment dans le plateau volcanique abyssin et sur le socle également volcanique de l’Ascension, de Sainte-Hélène et Tristan da Cunha : soit parce que le mouvement interne n’en est pas encore à la phase de brusques dénivellations où se produisent les tremblements de terre, soit parce que ce mouvement commencé aurait avorté. La carte des séismes révèle, au contraire, à l’Est de Madagascar, dans la direction de l’Inde, une zone instable, que, par la seule géologie, on eût été tenté de supposer un peu plus occidentale. P. Salliou.
- LA QUESTION DE LA CHÈVRE
- Nous avons signalé dernièrement1, le dédain injustifié dans lequel est laissé l’élevage de la chèvre en France et, à l’occasion d’un travail de M. Crépin, qui s’est fait l’apôtre de la récaprinisatiùn, on a dit ici tout l’intérêt d’une telle œuvre. La sous-section d’études caprines de la Société nationale d’Acclimatation travaille en ce moment à l’établissement d’un livre d’origine des races caprines. En attendant la mise au jour de cet ouvrage de longueur, nous sommes heureux de résumer, d’après M. Crépin, les résultats de l’enquête poursuivie l’année dernière, pour établir la situation caprine du monde entier. Cette situation n’est pas brillante. Nulle part — sauf en Allemagne, en Suisse, en Belgique et en Angleterre — on n’accorde à l’élevage de la chèvre la moindre attention. H existe cependant de grands et riches troupeaux en de nombreuses régions, steppes du nord de l’Asie, abords de l’Himalaya, Indes anglaises, Turquie d’Asie, Palestine, Soudan, Egypte, Marina, Abyssinie, etc., et dans toutes ces contrées, les peaux de chèvre font l’objet d’un commerce considérable, de plus en plus recherchées pour l’industrie des cuirs de luxe. En Allemagne, il y a actuellement 5 millions de chèvres, rapportant annuellement 260 millions de francs ; ce nombre marque un accroissement de 500 000 têtes, effectué au cours de ces dernières années, et encouragé par les subventions de l’Etat, et par l’établissement de fréquentes conférences scientifiques et économiques. La qualité a augmenté avec la quantité et actuellement en Saxe, une chèvre laitière vaut 100 francs et un bouc 125 francs. Les statistiques rurales soulignent d’ailleurs ce succès en montrant que les petits propriétaires ont plus de chèvres que de porcs (208 contre 172). La Belgique possédait, dès 1895, 250 000 chèvres, surtout nombreuses dans les plaines flamandes, où la création de laiteries coopératives au lait de chèvre contribue à l’extension de cet animal. Enfin, en Angleterre, l’élevage de la chèvre est très en honneur et pratiqué d’une façon rationnelle. Toutefois elle est encore peu abondante, par suite de la prohibition à la frontière de tout bétail étranger, prohibition qui, dans ce cas au moins, est un réel obstacle au développement d’une industrie d’avenir. A. 1).
- 1 Voy. n° 1730, du 21 juillet 1906, p. 123.
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- TRUCS D’UN PRÉTENDU SPIRITE
- Nous n’oserions pas entamer ici la discussion des divers laits qui ont été, depuis quelques années, apportés par de très bons esprits comme des démonstrations des phénomènes dits de spiritisme ou d’électricité évoluée, ainsi (pie les appelait un savant technicien dont les lecteurs de La Nature connaissent le nom et avaient pu à plusieurs reprises apprécier les travaux scientifiques, M. de Rochas. À toutes sortes d’égards, nous serions fort troublé de rechercher la vérité absolue au milieu des affirmations contraires qui ont été lancées à propos de ces phénomènes.
- On se rappelle les discussions passionnées qui se sont élevées, il y a fort peu de temps, au sujet des photo graphies spirites faites par un physiologiste des plus distingués : car ce qu’il y a de curieux, à propos des rotations de tables, des mouvements suscités sans contact, « sous l’in-fl u e n c c d’une force émanée de l’organisme humain », comme disait Monsieur Albert de Rochas, c’est que des noms illustres se trouvent à chaque instant mêlés aux expériences « d’extériorisation de la motricité », pour employer encore une des expressions favorites de ceux qui s’occupent plus particulièrement de ces questions. On pourrait citer les noms de M. de Gasparin, de M. Thury, professeur à l’Université de Genève, de sir John Luhhock, de Crookes, et de bien d’autres. Au reste, la plupart des livres et mémoires faits sur le spiritisme par les gens de bonne foi sont intéressants, parce qu’on y trouve des vues curieuses sur cette extériorisation de la motricité et sur beaucoup d’autres propriétés, que les adeptes de ces théories considèrent le plus souvent comme caractéristiques d’individus plus avancés dans leur évolution psychologique, mieux doués que le commun des mortels. Nous pourrions rappeler à ce propos une communication faite en 1897 devant l’Association médicale britannique, et où l’auteur parlait tout à la fois de la télépathie, de la clairvoyance et du spiritualisme, et les considérait comme des fa-
- cultés naissantes, des facultés qui ne sont encore l’apanage que de personnes particulièrement bien partagées par la nature. 11 admettait parfaitement, qu’un jour ces facultés devinssent universelles, c’est-à-dire se répandissent dans l’ensemble des humains, si la sélection agissait dans ce sens.
- Quoi qu’il en soit, il n’en est pas moins vrai que l’on trouve fréquemment des preuves, des constatations de supercheries commises par de prétendus médiums qui se faisaient passer pour avoir une puissance, une de ces facultés anormales auxquelles nous venons de faire allusion : il a été prouvé amplement pour eux qu’on était en face de véritables
- fraudes, de tours de prestidigitation, dont les auteurs abusaient pour tirer de leur auditoire ou de leur clientèle un profit pécuniaire. Nous pourrions rappeler le fameux Allan Kar-dec, dont l’histoire fit tant de bruit. Il serait évidemment intéressant (à un point de vue fort terre à terre du reste) de pouvoir connaître tous les artifices que ces fraudeurs en spiritisme emploient pour tromper leur auditoire, encore plus qu’il n’est intéressant de pénétrer les trucs des prestidigitateurs ordinaires, puisque les tours exécutés sous couleur d’expériences psychologiques ou psychiques réussissent souvent à donner l’illusion absolue aux gens mêmes qui viennent les observer, avec le dessein bien arrêté de découvrir une supercherie.
- Précisément, un incident vient de se produire en Angleterre, qui nous permet de mettre sous les yeux de nos lecteurs le bagage, les accessoires et trucs d’un soi-disant médium qui faisait beaucoup parler de lui dans la région de Nottingham. Il s’agit d’un certain Charles Eldred, qui donnait depuis assez longtemps des séances spirites où s’étaient rendus des savants, et notre homme avait fait apparaître un fantôme, un individu mort depuis fort longtemps, dont il avait pu être pris des photographies, ce qui paraissait bien démontrer la réalité de l’apparition,
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- sa matérialité, puisqu’elle impressionnait la plaque photographique. Des sceptiques avaient été, sinon complètement convaincus, du moins absolument mystifiés, ils avaient pu suivre l’opération photographique et constater que c’était bien un corps ou au moins un simulacre de corps que l’on photographiait suivant les procédés classiques, sans aucun truc apparent dans l’appareil. Les séances d’Eldred étaient fort bien organisées pour frapper l’auditoire, et pour développer cette atmosphère spéciale de crédulité si nécessaire aux prestidigitateurs ordinaires. Un certain nombre des gens de l’assistance, des
- se montrait dans la même chaise que ce bon John King.
- Un beau jour deux assistants, pourtant adeptes des doctrines spirites, à ce qu’on • dit, mais flairant une supercherie dans le cas d’Eldred, voulurent examiner devant tout le monde, et en pleine lumière, la chaise en étoffe et à dossier plein où apparaissaient les esprits. Et l'on s’aperçut aisément que ce dossier était creux, qu’il ouvrait par devant au moyen d’un truc simple, et que le dos de la chaise constituait un réceptacle où se trouvaient accumulés tous les accessoires destinés à habiller et à composer l’appa-
- Fiy. 2. — Le dossier du fauteuil ouvert
- enthousiastes qui venaient d’un peu partout, même des pays étrangers, et qui avaient foi en notre homme, se mettaient à chanter des hymnes appropriés, et le médium, dans un état de grande excitation apparente, se préparait à l’évocation; on baissait les lumières (comme presque toujours dans ces séances), puis, au bout de quelques minutes, on voyait une petite lumière sautiller en haut de l’armoire dans laquelle le médium s’était enfermé à l'abri de rideaux. 11 tirait alors les rideaux, et l’on apercevait une tête blafarde dans le fond de l’armoire, puis un corps, et c’était l’esprit évoqué et matérialisé, celui d’un certain John King, mort 500 ans auparavant ; parfois aussi c’était le général Mac Donald qui
- el une partie du matériel qu’il contient.
- rition, depuis un masque blafard fait d’étoffe peinte, où était découpés des yeux, une bouche, figuré un nez, jusqu’à des draperies de toutes sortes, des perruques, des fausses barbes, des tiges de métal pour donner la rigidité voulue aux draperies et aux vêtements : tout ce qu’il fallait en un mot pour « monter » tout un personnage, lui donner de la tenue, et l’apparence falotte qui convient à une apparition, surtout quand elle représente un individu disparu de la terre depuis 500 ans.
- Eldred ne fit pas de difficultés pour reconnaître la supercherie, qui lui avait rapporté gros, car on payait cher pour être admis à ses séances de prestidigitation colorées de spiritisme. D. D.
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- LA NATURE.
- CHRONIQUE
- La rouille du fer. — On sait que la rouille du fer constitue un phénomène assez complexe, dans lequel interviennent un grand nombre de facteurs et qui a été étudié par divers chimistes. Des savants anglais viennent de reprendre systématiquement l’étude de ces réactions, dans le but d’éclairer ce phénomène. Dans la rouille ordinaire du fer, trois facteurs peuvent intervenir : 1° l’oxydation directe qui dépend de l’action sur le fer de l’oxygène en même temps que de l’eau liquide ; *2° l’action de l'acide carbonique atmosphérique et 5° l’action électrolytique engendrée par les impuretés. En étudiant successivement l’action sur le fer des gaz secs et humides, de l’oxygène et de l’eau, l’effet des sels et autres substances sur le processus de la rouille, la formation d’eau oxygénée pendant l’oxydation des métaux, l’oxydation spéciale due à l’air, la composition de la rouille, la réaction entre le fer et l’eau à haute température, l’influence de l’acide carbonique sur la rouille, la formation de la rouille par action électrolytique, on a été amené à une nouvelle théorie de la formation de la rouille sur le fer, théorie qui serait résumée par les équations suivantes :
- Fe + O2 + Ha 0 = Fe O = 11* Ua
- For. Oxygène. Eau. Oxyde Eau
- ferreux, oxygénée.
- 2 Fe O + U2 O2 = Fe2 ü2 (0 U)2
- Oxyde Eau Hydrate de fer.
- ferreux, oxygénée.
- L’action de l’acide carbonique humide sur le fer en l’absence d’oxygène produit un dégagement d’hydrogène et il se forme du carbonate ou du bicarbonate ferreux. En présence d’oxygène, le sel ferreux est ensuite oxydé à l’état de sel ferrique. Enfin il y a action électrolytique quand le fer est impur ou en présence d’un autre métal ; le métal électropositif est oxydé et il se dégage de l’hydrogène. A. JE
- La réduction des oxydes métalliques par le carbure d’aluminium. — Un savant anglais, Pring, a fait, dans ces derniers temps, l’étude détaillée des réactions qui se passent entre le carbure d’aluminium et les oxydes métalliques et les métaux, dans le but d’éclairer certaines préparations métallurgiques industrielles. Le carbure d’aluminium peut s’obtenir par réduction directe de l’alumine par le carbone ; ce carbure se comporte comme un agent de réduction très puissant. Si on le fait agir sur un oxyde métallique à 1400°, l’aluminium et le carbone sont simultanément oxydés en formant de l’alumine, de l’acide carbonique et le métal de l’oxyde. À de plus hautes températures cependant, la réduction sélective devient apparente, car la réduction s’effectue de plus en plus par l’intermédiaire du carbone du carbure et on obtient alors des alliages de l’aluminium et du métal réduit. Comme exemple, on peut citer la réaction qui se passe avec l’oxyde de fer :
- Fe2 O3 + APC3 = Fe2 AP + 5C 0
- Oxyde de Carbure Alliage for- Oxyde de
- fer. d'aluminium, aluminium, carbone.
- Le carbure d’aluminium réagit avec les métaux à des températures supérieures au point de fusion du platine pour former des alliages d’aluminium, avec mise en liberté de carbone; à de plus hautes températures, la réaction a lieu avec violence. Sur le calcium' métallique, le carbure d’aluminium provoque la formation de carbure de calcium à toutes les températures supérieures au point de fusion
- du platine. D’autre part, l’aluminium agissant sur le carbure de calcium en produisant du carbure d’aluminium, la réaction est probablement réversible. A. II.
- Modifications récentes dans l’aile des perdrix.
- — Le dernier bulletin de la Société nationale iVacclimatation insère une lettre très curieuse d’un habitant de Janville (Eure-et-Loir), M. Fayolle, d’après laquelle l’aile des perdreaux, aurait, depuis une trentaine d’années, subi d’importantes modifications. Tandis qu’au-trefois, au dire des vieux chasseurs, l’aile, au moment de l’ouverture de la chasse, était peu étendue et présentait des plumes arrondies, elle est aujourd’hui, à la même époque, longue et pointue et le guidon déjà effilé. Est-ce l’usage des armes employées de nos jours qui a déterminé ce changement en forçant l’oiseau à des vols plus fréquents et plus étendus? Est-ce, comme le pense M. Fayolle, et peut-être avec raison, un croisement qui s’est opéré en Beauce entre nos perdrix indigènes et la Roquette, petite perdrix grise qui voyage en bandes? La question n’est pas résolue, naturellement, mais l’observation est très intéressante et tous les vieux chasseurs interrogent volontiers leur souvenir pour la vérifier.
- Génie civil expérimental. — A l’occasion des envasements assez marqués qui se produisent depuis un certain temps au débouché du fameux canal Kaiser Wilhelm dans l’Elbe, à Brusbuttel, l’Administration du canal a voulu s’assurer les conseils du professeur Engels, de l’École polytechnique de Dresde, et dans ce but ce dernier a entrepris des expériences de laboratoire très complètes et fort curieuses. On a reproduit, à l’échelle de 1/400, la disposition du chenal de sortie où se produisent les envasements, puis on a branché sur ce canal principal deux canaux secondaires dirigés en sens inverse l’un de l’autre, afin qu’ils fussent sous l’influence opposée d’un même courant chargé d’entraîner les particules solides qui devaient figurer les vases. C’étaient des poussières de lignite, tamisées du reste très fin. On a fait de la sorte des constatations très édifiantes, et l’on a été également à même de voir les effets produits par des épis divers sur l’accumulation ou, au contraire, l’entraînement des vases. 11 y a là une idée fort intéressante, et certainement des expériences de laboratoire de ce genre empêcheraient bien souvent d’exécuter un peu au hasard des travaux coûteux qui ne donnent finalement aucun des résultats qu’en faisait attendre la théorie.
- Un batardeau de 650 mètres. — Les Américains, un peu audacieusement, mais souvent avec succès, recourent à des batardeaux qu’ils appellent des « eribs », et qui sont constitués de caissons en bois lestés de moellons; ils viennent d’employer ce système sur le cours du Niagara, en amont des chutes, pour exécuter les travaux en rivière et à sec d’une nouvelle usine hydroélectrique qui s’est montée sur la rive canadienne. Notons que les difficultés étaient d’autant plus grandes que le lit de la rivière est parsemé d’énormes blocs que l’on ne pouvait guère localiser. La vitesse du courant était de 5 mètres et plus à la seconde, et alors qu’on avait compté sur une profondeur de 2,50 m., on trouvait souvent 8 mètres et plus. En réalité, on a formé le batardeau, sur son énorme développement, qui enserre une surface de plus de 4 hectares et'demi, d’une double rangée de ces cribs, de ces caissons, l’espace intermédiaire étant rempli par un corroi d’argile. 11 fallut du reste descendre sous l’eau, entre les cribs, des parois de bois, puis boucher les interstices au moyen de sacs et de bâches^
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- LA NATURE.
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- Une machine à fumer les cigares. — Il ne
- semble pas, au premier abord, que le besoin s’en fasse absolument sentir, puisqu’on rencontre pas mal de gens toujours disposés à fumer un cigare, lors même qu’il ne serait pas de la qualité la plus fine. Mais la machine en question a été imaginée et est employée par le Bureau technique spécial américain, dit Bureau of Plant Industry, dépendant du Ministère de l’agriculture ; et cela dans le but d’essayer les divers types de cigares et de tabacs, leur arôme, leur rapidité de combustion, etc. La machine est fort curieuse et un peu compliquée, car il faut d’abord un organe pour tenir « en bouche » le cigare sur lequel les succions méthodiques et alternatives doivent se produire ; un mécanisme doit assurer ces succions ii intervalles réguliers, tout comme si le cigare était dans la bouche d’un fumeur non mécanique. Quatre cigares sont essayés simultanément, ils sont placés dans quatre embouchures de verre rappelant assez bien les porte-cigares classiques. Les tubes de verre se recourbent à angle droit et pénètrent à travers un bouchon dans une bouteille, en plongeant par leur extrémité au-dessous du niveau du liquide contenu dans la bouteille. Un second tube relie cette dernière à une autre bouteille, et se rattache par un tube en forme de T à un aspirateur fait d’un récipient muni d’un siphon. Un troisième tube s’élève au-dessus de la seconde bouteille et emporte la fumée tirée par l’aspiration. Chaque cigare se profile devant un écran blanc, qui permet de bien comparer les cendres et la fumée. 11 va de soi que la fumée accumulée par une première (( bouffée » dans l’aspirateur en est chassée par l’arrivée d’une certaine quantité d’eau venant d’un réservoir ad hoc, et sans qu’elle puisse revenir au cigare, à cause de l’eau de la première bouteille qui forme soupape d’arrêt; le siphon entre en jeu et vide très rapidement l’aspirateur, l’appel causant précisément l’aspiration voulue qui fume le cigare. On avouera que la combinaison est amusante, en dépit de son caractère parfaitement sérieux.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 septembre 1906.
- Présidence de M. Chauveau.
- Déviation de la verticale aux environs d'Alger. — M. le général Rassot présente un travail de M. le lieutenant-colonel Bourgeois, chef de la section de géodésie du service géographique relatif à l’existence d’une déviation importante de la verticale au point de Yoirol près Alger, dont on est parti pour calculer les coordonnées géographiques de tous les sommets de la triangulation Algérienne. Les coordonnées géographiques de Voirol ont été déterminées avec des instruments perfectionnés et par les méthodes tes plus précises; les formules trigonométriques qui ont servi à calculer de proche les coordonnées des autres sommets de la triangulation sont très exactes. Néanmoins on relève en diverses localités où les coordonnées géographiques ont été déterminées directement par l’observation, des différences entre les coordonnées calculées en partant de Voirol et les coordonnées observées qui sont trop fortes pour être attribuées aux observations. On avait donc été conduit à soupçonner que les coordonnées déterminées à Voirol avaient subi l’effet de quelque anomalie de la constitution du sol sous l’influence de laquelle
- la verticale est déviée. Le nouvel Observatoire de la Bouzarea placé à la cote 545 m., au centre d’un massif schisteux cristallin dont la densité est 3, fournissait un point où les coordonnées avaient été mesurées expérimentalement avec une grande précision et qui pouvait être rattaché par un triangle au point de Voirol dans des conditions telles que les erreurs des observations géodésiques sont sans influence sur la comparaison des coordonnées. Or il est arrivé que les coordonnées de Yoirol, ainsi transportées à Bouzarea, ont révélé une différence de — 55",9 en latitude et — 16",2 en azimut. Or Voirol est placé en plein tertiaire dont la densité peut être fixée à 2, et à une faible altitude ; il est naturel de supposer que la verticale est attirée par le massif de Bouzarea, puisque celte hypothèse explique les écarts des observations. Poursuivant l’analyse plus loin, le lieutenant-colonel Bourgeois a déterminé ou choisi trois autres points, l)eli Brahim, Chéragas et le phare d’Alger occupant des positions opposées par rapport au massif. 11 y a déterminé ou fait déterminer la valeur de l’intensité de la pesanteur. A Bouzarea on a ainsi trouvé <7 —9m,8049, à Voirol <7 = 9,8009, à Deli Brahim g = 9m,8025, à Chéragas 9m,8020, au phare d’Alger 9,7996. On note donc à Bouzarea un notable renforcement de l’intensité de la pesanteur et à Voirol un notable déficit puisque g y est plus faible qu’aux points de Deli Brahim et Chéragas. Comme dans un si petit espace il 11e devrait pas y avoir de variation de g, on est bien obligé de conclure que le massif exerce une action manifeste. Un nouveau calcul des coordonnées géographiques des sommets de la triangulation fait en partant de Bouzarea, avec les coordonnées mesurées dans cet Observatoire, permet d’obtenir une concordance bien plus satisfaisante entre les résultats du calcul et les coordonnées mesurées directement.
- Origine des trochilisques. — M. Albert Gaudry présente un mémoire de M. Karpinsky, directeur général du service géologique de Russie sur les trochilisques. U y a plus d’un demi-siècle que Bander a signalé les trochilisques, petits corps qui affectent la forme d’urnes calcaires ornées élégamment, et cependant on 11e savait point encore ce que sont les trochilisques. Mais l’on savait qu’ils se trouvent par milliers dans certaines couches et qu’ils sont très utiles aux géologues, parce que n’ayant, encore été découverts que dans le dévonien ils servent à caractériser ce terrain. A force de recherches, l’éminent géologue russe a pu établir que les trochilisques sont analogues aux organes des Chara. Ces derniers végétaux isolés dans la nature actuellement sont les descendants de nombreuses espèces des temps tertiaires; on les connaissait dans le jurassique, mais on ne pouvait les suivre dans les époques plus anciennes. Les trochilisques s’ils sont leurs parents, doivent être des parents très éloignés, car ils sont bien différents; M. Karpinsky en décrit deux genres principaux, : trochiliscus et sicydium ; son mémoire est accompagné de très belles illustrations.
- Constitution de l’atmosphère solaire. — M. Deslan-dres présente une Note de M. Ricco, directeur de l’Observatoire de Catane et expose les expériences auxquelles il s’est livré lors de la dernière éclipse totale du 50 août 1905, dans le but de reconnaître s’il existe ou s’il n’existe pas de particules lumineuses incandescentes dans l’atmosphère solaire. L’auteur conclut affirmativement; il en existe une notable quantité là où il y a une protubérance intense. C11. de Villedëuil.
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- LA NATURE.
- ALBERT TISSANDIER
- M. Albert Tissandier, Irère de M. Gaston Tissandier, dont le souvenir est encore présent à toutes les mémoires, est décédé subitement le 5 septembre à Jurançon, près de Pau, dans une propriété où il s’était retiré.
- Né à Paris en 1859, M. Albert Tissandier a été le lidèle compagnon et le collaborateur assidu de son frère. Architecte distingué, il a eu à s’occuper de plusieurs travaux que nous allons rappeler.
- Il s’adonna, tout d’abord, à l’aéronautique, et le 8 novembre 1868, il effectuait, par une tempête de neige entre Melun et Paris, sa première ascension aéronautique. Pendant le siège de Paris, M. Albert Tissandier conduisit un des premiers ballons-poste. 11 quitta Paris le 14 octobre 1870, dans la nacelle du ballon le Jean-Bart, emportant avec lui deux voyageurs confiés à ses soins, MM. Ranc et Ferrand, et 400 kilogrammes de dépêches, c’est-à-dire, comme il le disait lui-même, cent mille souvenirs envoyés de Paris par cent mille familles anxieuses. Sa vaillante conduite lui valut la Médaille militaire.
- Quelques années après,
- M. A. Tissandier prépara et accomplit avec son frère l’ascension de longue durée du ballon le Zénith, dé Paris à Arcachon (Gironde), ascension qui eut lieu les 25 et 24 mars 1875. Dans celte ascension, il dessina, d’après nature, les paysages aériens et reproduisit notamment le curieux spectacle de la déformation de la lune qui venait au-dessus des nuages dont la surface supérieure était unie comme celle d’un lac. Celte ascension de longue durée précéda de quelques jours à peine l’ascension du ballon le Zenith, où le 15 avril 1875, à 11'155m du malin, Gaston Tissandier, Crocé-Spinelli et Sivel avaient pris place dans la nacelle dans le but de s’élever à une grande hauteur pour continuer leurs observations. Ces deux derniers furent victimes de leur dévouement à la science, et Gaston Tissandier lui-même lut gravement atteint dans cette catastrophe.
- M. A. Tissandier contribua en 1881, avec M. Gaston Tissandier, à l’Exposition d’électricité, au premier modèle de ballon dirigeable mû par l’électricité. C’est à la suite de ces premières expériences qu’en collaboration avec son frère, ils firent construire en
- grand le modèle qui avait été exposé. M. Albert Tissandier dessina l’épure, et le constructeur fut M. Lachambre. L’ascension du premier aérostat dirigeable électrique cul lieu le 8 octobre 1885. Un deuxième essai fut elfeclué le 26 septembre 1884 ; il donna tous les résultats attendus.
- M. Albert Tissandier était également écrivain et voyageur passionné. En 1886, il effectua en Amérique un long voyage, dont il a laissé lui-même le compte rendu dans son estimé ouvrage Six mois aux États-Unis, à la librairie Masson et Gie. En 1888, il visita les Indes, Ceylan et plusieurs autres villes d’Asie dont il rapporta de magnifiques illustrations qui ont paru dans La Nature. En janvier 1890, il lut chargé par le Ministère de l’instruction publique et des beaux-arts d’une mission archéologique dans l’Inde, la Chine et le Japon. Ces voyages occupèrent M. Albert Tissandier pendant les années 1890 et 1891. Il a fait un récit complet de tous ses voyages, et il a donné en même temps des illustrations d’une réelle beauté et d’une exactitude remarquable.
- En 1895 et 1894, il visita le Cambodge et Java, et toutes les ruines Khmères et Javanaises. 11 rapporta encore de cette mission un ouvrage de toute beauté, avec des illustrations magnifiques d’une réelle valeur, toutes laites par lui-même. Il a rapporté de ces longs voyages des collections d’objets de toutes sortes des plus remarquables.
- A la suite de tous ces voyages, il revint enfin à Paris et collabora assidûment à La Nature. On sait depuis cette époque quels événements douloureux eurent lieu. M. Gaston Tissandier mourait le 50 août 1899. M. Albert Tissandier restait avec nous à la Rédaction de La Nature, puis il se retirait lui-même, il y a quelques mois à peine, à Jurançon, dans sa propriété, où la mort est venue le frapper brusquement. Le souvenir de M. Albert Tissandier restera attaché à La Nature et MM. Gaston et Albert Tissandier seront unis dans notre pensée comme ils le furent eux-mêmes dans leur vie. J. Laffargue.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1739. — 22 SEPTEMBRE 1906.
- LA NATURE.
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- es cadrans de l’église de Saint- Rom-baut, à Mali nés , peuvent, jecrois, passer pour 1rs plus grands d’Europe — et peut-être du inonde.
- " fi 4ÎV'
- LES PLUS GRANDS CADRANS D’EUROPE
- 87-4. L’horloge
- La Tour Saiul-Rombaut, à Matines.
- sions et cotes principales. Les grands cercles ont 11,72 m. de diamètre et les petits 7,52 m.1. La couronne laissée libre entre les deux cercles est large de 2,10 m. C’est dans cette couronne que sont logées les heures dont les chiffres ont 1,96 m. de hauteur avec une largeur de 25 centimètres.
- Les demi-heures sont marquées entre les heures par des points de 60 centimètres de hauteur sur 42 de largeur extrême.
- Les aiguilles — il n’y a pas d’aiguilles de minutes — mesurent 5,62 m. de longueur et atteignent 86 centimètres dans la plus grande largeur.
- Ces cadrans sont au nombre de 4. Ils ont été installés en 1708. Ils ont subi des réparations
- 1 Cela représente un développement de plus de 36 m. en circonférence, de sorte que chaque heure est marquée par un arc de cercle de 3 m. de longueur.
- 34e aimé». — 1° semestre.
- en 1775, en 1825 et enfin en 1871 construite en 1527 par Yrancke-Wauters les a actionnés jusqu’en 1861, époque à laquelle ils furent pourvus d’un système de déclanchement électrique par le chanoine Michiels.
- Cette horloge est particulièrement intéressante parce qu’elle est accompagnée d’un des plus anciens carillons flamands. L’histoire de ce carillon a été écrite il y a quelques années par un savant archéologue malinois, le Dr Van Dorslaer.
- Actuellement il se compose de 45 cloches réparties sur 4 octaves. Le poids total de ces cloches est voisin de 55 000 kilogrammes. 51 ont été fondues en 1674 par le célèbre Pierre llémony, le plus illustre des fondeurs de cloches européens. Excellent musicien et profondément versé dans l’acoustique, Pierre llémony, d’Amsterdam, a laissé derrière lui un grand nombre d’accords de cloches remarquables par leur justesse et leur harmonie. Et on peut dire qu’aucun fondeur n’a réussi à l’égaler.
- Sur les autres cloches de Malines nous retrouvons les noms d’autres fondeurs connus, quoique moins célèbres que Pierre llémony : les Waghevens qui florissaient à la lin du xvc siècle et au commencement du xvie, Melcliior de llaze, à la fin du xvne siècle, Georges Duméry, de la première moitié du xvme et surtout Andréas Van den Gheyn, de la dynastie des Van den Gheyn qui ont illustré la fonderie campa-naire depuis 1450.
- La plus grosse des cloches de Malines, qui donne le Si bémol pèse 8884 kilogrammes. Elle est récente et date de 1844. La seconde qui donne le Do date de 4696. Elle est signée de Melcliior de llaze et pèse La troisième, Ré,
- 6000
- ki-
- logrammes
- en
- en
- pese
- 1498
- 4255. Et la quatrième, fondue par Simon Waghevens, 5000.
- Depuis l'installation de son premier carillon qui ne comptait qu’une huitaine de cloches, Malines possède un carillonneur officiel.
- Depuis 4 881, le titulaire de celte fonction est M. Joseph Denyn, qui s’est fait une réputation par de nombreuses installations de carillons et dont les concerts d’été sont fort appréciés.
- La gravure ci-jointe représente la tour de Sainl-Rombaut et montre deux des cadrans découpés appliqués sur ses faces et dont le système permet de voir l’heure sans détruire l’ordonnance architecturale du monument.
- Elle a été faite d’après une photographie prise spécialement à cette intention par M. Moren, photographe à Malines. L. Revekciion.
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- LA NATURE.
- LE NOUVEAU CANAL DE TELTOW
- en Allemagne
- L’empereur d’Allemagne a inauguré, le mois dernier, en grande pompe, le nouveau canal de Teltow, qui, reliant la Sprée supérieure à l’Uavel, aflluent droit de l'Elbe, est appelé à rendre de très grands services au trafic d’une certaine partie de l’Allemagne. Tout ce qui se passe chez nos voisins d’au delà du Rhin doit nous intéresser, et nous devons examiner de près ce qui, comme le nouveau canal, touche à leur commerce et à leur industrie; car ces deux facteurs de la prospérité germanique se développent constamment depuis quelques années et atteignent de telles proportions qu’ils deviennent de plus en plus menaçants pour les autres nations de l’Europe.
- Le canal de Teltow, dont la construction n’a pas duré moins de six années, a donné lieu à une dépense de 50 millions de francs, entièrement couverte par les particuliers et les œuvres d’initiative privée. L’État n’a pas apporté le moindre secours pécuniaire; la ville de Rerlin, la province de Brandebourg et surtout le district de Teltow ont seuls contribué par leurs subsides à l’exécution des travaux importants qui ont dû être exécutés.
- Le canal de Teltow, qui relie Copenick à Polsdam, a 45 km de longueur; il fait communiquer l’Uavel, une importante rivière de 501 km, avec son affluent, la Sprée, qui mesure 205 km.
- Le nouvel ouvrage a pour objet de rendre plus facile la navigation fluviale aux abords de Berlin et d’établir une communication plus directe entre les canaux et rivières de l’est et de l’ouest de la Prusse.
- Le réseau des canaux et l’ensemble des voies navigables de l’Allemagne forment un tout très remarquable, qui, avec un système de chemins de fer admirablement compris au point de vue commercial, facilite le développement de l’activité industrielle du pays et permet le mouvement des marchandises vers les ports d’exportation et sur les divers points du pays. 11 n’est pas inutile de dire, pour donner une idée de l’importance prise par les transports, (pie l’Allemagne possédait, l’an dernier, 25500 km de voies navigables, fleuves, rivières et canaux, et plus de 47 000 km de chemins de fer en pleine exploitation.
- Après 1870, dès qu’elle projeta de développer son commerce et son industrie, l’Allemagne commença tout de suite par soigner ses cours d’eau navigables, qu’elle relia entre eux par des canaux nouveaux fort bien outillés. Elle s’occupa, en même temps, de ses voies ferrées, qu’elle dirigea en lignes directes vers les plus importants de ses ports maritimes marchands; car c’est l’extension du commerce d’exportation que l’empire germanique rêvait surtout. Aussi, sans perdre de temps, modifia-t-on l’outillage des ports et créa-t-on une flotte commerciale qui, aujourd’hui, avec 5700 navires battant pavillon allemand, occupe une place fort enviable parmi les marines marchandes des grandes nations du monde.
- Mais, après cette parenthèse nécessaire, il nous faut revenir aux canaux allemands et plus particulièrement à celui de Teltow, dont le but principal est de « décongestionner » Berlin, le plus important des ports fluviaux de l’intérieur de l’Allemagne après les grandes villes commerciales situées sur le Rhin.
- Le port de Berlin est trop encombré; le nouveau canal va lui enlever la clientèle des bateaux, péniches et chalands, qui vont de la Baltique sur l’Elbe et l’Uavel à destination des divers ports de la Sprée, en amont de
- Berlin, et vice versa. La navigation trouvera dans la nouvelle voie un parcours moins long; elle y gagnera plus d’accélération dans sa marche, car le passage par Berlin lui faisait perdre un temps, toujours précieux, qu’il lui était impossible de rattraper.
- Le nouveau canal a son confluent avec la Sprée, presque en face de Copenick, ville industrielle de 14 000 habitants, qui fabrique du verre et du linoléum et fait beaucoup de sucre avec les betteraves de la région. Cet emplacement a été choisi, non seulement à cause des industries de la Ville, mais sans doute parce qu’il est voisin du confluent de la Dahme et de la Sprée.
- La jonction du canal de Teltow avec l’Uavel s’opère à peu de distance de Polsdam, ville industrielle et militaire, située à 20 km seulement de Berlin, comptant une population de 59 800 habitants. Cette ville est très laborieuse; ses nombreuses usines donnent une grande activité à la navigation fluviale. Les industries y sont très diverses, puisqu’on rencontre, dans cette grande agglomération, des soieries, des fabriques de toiles cirées, tics raffineries de sucre, des brasseries, des scieries et des filatures.
- Dans tout son parcours, le nouveau canal traverse une région surtout agricole. Teltow, qui a donné son nom à l’ouvrage, est une petite ville de 2800 habitants environ, qui ne s’occupe que de culture maraîchère; elle est arrosée par une rivière, le Dolgeii-See, qui contribue à l’alimentation du canal.
- Les travaux ont réclamé la forte dépense de 50 millions, dont nous avons parlé, à cause du peu de solidité du terrain et des fondations importantes qu’il a fallu faire pour recevoir le nouvel ouvrage. Le canal traverse, en effet, une partie de cette région de la Prusse, sablonneuse et humide à la fois, qui a été surnommée « Sand-büelise », c’est-à-dire « la boîte à sable ».
- De nombreux travaux d’art ont été rendus nécessaires ; entre autres, il faut citer la construction de 50 ponts et viaducs permettant le passage sur le canal des routes et chemins de fer. Certains de ces ponts ont 500 cl même 550 m. de longueur.
- Le canal mesure près de 22 m. de largeur, et sa profondeur moyenne est calculée pour que la navigation soit possible à des bateaux jaugeant 600 tonneaux avec un tirant d’eau de 2 m. environ.
- L’outillage du canal, tant pour l’éclusage que pour le lialage, est.tout à fait remarquable. Le système de traction électrique qui y a été installé est unique en Europe à cause de ses perfectionnements ; des locomotives électriques à trolley fonctionnent sur les deux berges, pour remorquer, à la montée et à descente, les diverses embarcations qui naviguent sur le nouveau canal.
- WlLL DaKYILLK.
- LES MIGRATIONS DU HAMSTER
- Nous signalions ici naguère, d’après les travaux du Dr Ilamy, l’histoire intéressante des rats et des surmulots, et la marche envahissante de chacune de ces espèces, se répétant à quelques siècles de distance suivant un même parcours. M. le Dr Trouessart, professeur au Muséum d’Histoire naturelle, retraçait dernièrement, devant la Société d’Acclimalation, les migrations du hamster (Cricelus frumentarius). Ce petit rongeur, connu depuis assez peu de temps en Europe, est lui aussi d’origine asiatique. Venu de Tartarie, il se rencontre actuellement depuis la Sibérie occidentale jusqu’à Paris, des Alpes au Caucase. C’est l’invasion allemande qui l’a
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- LA NATURE.
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- introduit clic/ nous au cours de la dernière guerre, car avant 1870, s’il existait dans le Limbourg et en .Alsace, il ne dépassait pas les Vosges. Signalé en 1874 en Lorraine et en Champagne, à Paris en 1885, il continue depuis son extension vers l’Occident. On sait que cet animal emmagasine dans son terrier des quantités importantes de graines, notamment de blé (de 50 à 100 kg), aussi ses dégâts sont très préjudiciables, d’autant plus qu’il se reproduit très rapidement. M. Trouessart rappelle, en terminant, les divers moyens de détruire le hamster; ce sont : 1° le déterrage, long, mais excellent et qui permet de retrouver les graines; — 2" l’asphvxie par combustion d’une mèche soufrée, qui détruit à la lois l’animal et les graines; — 5° l’inondation, le poison, les pièges, le furetage. Le soufrage employé en Limbourg semble le meilleur procédé connu jusqu’ici. Jean L.
- LOCOMOTIVE DES CHEMINS DE FER
- DE L'ÉTAT BELGE
- à surchauffeurs et à groupe électrogène
- On sait que les locomotives des chemins de 1er de l’Etal Belge sont en général pourvues de surchauf-ieurs, c’est-à-dire de faisceaux de tubes, permettant de transformer la vapeur saturée en vapeur sèche et de réduire ainsi la condensation subie par cette vapeur. Comme les surchauffeurs ne sont pas encore entrés en pratique courante sur le continent, il est intéressant de signaler la faveur avec laquelle ils ont été accueillis sur les chemins de fer Belges, et d’appeler aussi l’attention sur la facilité avec laquelle ils s’adapteront aux locomotives françaises, en raison même des soins apportés à leur construction, de l’emploi des valves à pistons, des distributions com-pound, etc.
- La figure 1 ci-jointe représente un des modèles courants des chemins de 1er de l’État Belge, construit aux ateliers de Tubize par la Société anonyme la Métallurgie. 11 a les caractères généraux des machines d’express, à deux essieux couplés, des chemins de 1er belges ; mais il s’en distingue par une innovation tout à fait récente, et qui en constitue le principal intérêt : c’est l’adjonction d’un petit groupe électrogène destiné à l’éclairage du train, visible à la partie supérieure de la figure 1, au-dessus de la partie arrière de la chaudière et auprès de la cabine du mécanicien.
- La figure 2 en représente une vue séparée, et l’on voit que l’appareil comporte en principe un simple moteur à vapeur, à deux cylindres, commandant une petite dynamo. L’intérêt principal du système réside dans le mode de distribution employé et dans les dispositions éminemment simples qui en résultent pour le matériel : la locomotive comporte simplement son groupe électrogène et un appareil de mise en marche et d’amorçage, que nous allons décrire ultérieurement en quelques mois.
- Les voitures comportent chacune un circuit, des lampes à osmium, à tension réduite par conséquent, pouvant être mises en parallèle avec une batterie
- d’accumulateurs, de poids également réduit, en raison de l’économie des lampes, et surtout de leur alimentation normale par le groupe électrogène mentionné ci-dessus. L’éclairage du train est, en règle générale, entièrement fait par ce groupe électrogène, que le mécanicien met en marche ou à l’arrêt, mais c’est seulement en cas de rupture du train ou de décomposition de celui-ci que les lampes sont séparément alimentées par leurs batteries respectives, et que les voitures reprennent leur éclairage autonome.
- Chaque voiture représente un ensemble déterminé de lampes à 50 volts, et une batterie d’accumulateurs, en parallèle avec ce circuit, lui donne du courant en cas d’arrêt ou en reçoit de la machine en cas de marche. Dans ce dernier cas, la batterie joue le rôle d’un régulateur ou d’une batterie tampon donnant une parfaite stabilité au voltage des lampes, mais ce qui distingue essentiellement ce système, c’est la distribution en série qui en constitue l’originalité et les avantages propres : c’est-à-dire que la ligne, partant de l’un des pôles de la génératrice, revient à l’autre pôle de celle-ci, après avoir traversé toutes les voitures et pour ainsi dire embroché en série tous les circuits de ces voitures.
- On conçoit dès lors qu’un train composé de 10 voitures identiques nécessitera, pour la même intensité par voiture, deux fois plus de volts qu’un train de cinq voitures identiques et cinq fois plus de volts qu’un train de deux voitures (exclusion faite pour le moment du fanal d’avant et de la lampe de cabine de la locomotive, alimentés aussi par le petit groupe électrogène). Dans une distribution en dérivation, ce serait l’intensité qui varierait en proportion du nombre de voitures, et la distribution nécessiterait la marche en parallèle des batteries, qui donne toujours de mauvais résultats en raison des inégalités entre éléments, la ligne fonctionnerait constamment à plein voltage et les fils des voitures seraient proportionnés pour une intensité beaucoup plus élevée.
- Ici, au contraire, il suffit que la ligne porte le courant d’une des voitures et que l’isolement soit suffisant pour le voltage de l’ensemble des voitures, condition qui est facilement réalisable, surtout avec les lampes à basse tension dont on fait emploi, mais le plus grand avantage qui en dérive est celui de la régulation automatique, qui ne comporte aucun organe régulateur sur le moteur à vapeur; celui-ci marche, en effet, à pleine admission et proportionne simplement sa vitesse à la charge de sa dynamo, dont les couples moteur et résistant sont en équilibre à une vitesse donnée. L’insertion de cinq nouvelles voitures provoquera immédiatement une chute de courant, c’est-à-dire une chute du couple résistant qui équilibrait le couple moteur. La prépondérance de celui-ci se traduira par une accélération de la machine, accélération qui fera donner plus de volts aux bornes de la dynamo, jusqu’au moment où l’équilibre sera à nouveau élabli entre le couple moteur variable et la valeur nouvelle du couple résistant qui est double delà première dans le cas considéré, c’est-à-
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- dire que la dynamo donnera le même courant aux voitures, que la tension sera double, et que la vitesse sera montée automatiquement au double de sa valeur primitive, aux frottements près, qui altèrent légèrement la proportion.
- Une réduction du nombre des voitures aura l’effet opposé ; il en résultera immédiatement pour le courant une tendance à augmenter, ce qui augmentera le couple résistant et ralentira la machine, et la vitesse se réglera pour rétablir l’intensité nécessaire aux lampes sous la tension qui correspond au nombre de celles-ci.
- L’automaticité intrinsèque de cette régulation
- connexions à douille, munies de baïonnettes, qui assurent un bon contact des joints malgré les vibrations. Un joint de sécurité est d’ailleurs inséré sur le 111 conducteur reliant deux voilures successives, joint simplement lait d’une douille et d’une licbe à frottement dur, recouverte d’un tube de caoutchouc, de sorte que la rupture, au lieu de briser les pièces de prise de courant, arracherait simplement ce joint de sécurité. Les batteries d’accumulateurs sont placées sous le châssis de la voilure, elles sont de dimensions réduites et suffiraient cependant pour assurer l’éclairage autonome pendant trois heures.
- La locomotive est encore pourvue, ainsi qu’on le
- Locomotive à groupe électrogène pour l’éclairage électrique des trains par le système L’LIoesl-Piepcr. 1. Le groupe sur la locomotive. — 2. Le groupe électrogène.
- explique l’absence de tout régulateur sur le groupe électrogène représenté figure 2, et dont les spécifications générales sont les suivantes :
- Le moteur à vapeur est une petite machine à mouvement alternatif, à simple effet, à grande vitesse et à deux cylindres, commandant directement une dynamo. Celle-ci est du type tétrapolaire, dont la construction présente quelque similitude avec celle des moteurs de tramways. Les exigences sont en effet les mêmes, et l’étanchéité constitue un des premiers desiderata de son emploi. L’ensemble tourne à 1000 tours par minute, et, quand le petit moteur a été mis en marche, il ne nécessite aucune surveillance, étant muni de purgeurs automatiques et n’exigeant ni manœuvres ni même le jeu d’un régulateur.
- Les circuits de la voiture se terminent par des
- voit, d’un fanal lumineux à l’avant et d’un éclairage de cabine, que d’ailleurs les mécaniciens désirent aussi réduit que possible pour les aveugler moins et leur rendre plus facile la surveillance de la voie et la vue des signaux. Ce système n’a pas figuré seulement à l’Exposition de Liège, où il a été l’objet d’une grande attention et d’un légitime succès, mais il est depuis quelque temps en essais sur deux trains de la ligne Verviers-Bruxelles, où son service donne toute satisfaction. Il a été inventé par l’ingénieur en chef des chemins de fer, M. L’Iioest, et le constructeur bien connu, M. Pieper, directeur de la Compagnie internationale d’électricité, qui a exécuté la construction et les travaux d’éclairage des deux trains en service, ainsi que du train et de la locomotive qui avaient été exposés. P. Letheule.
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- LES CHINOIS AU TRANSVAAL
- Quoique l’émigration chinoise à l’étranger se soit produite sur une grande échelle depuis fort longtemps, ce ne fut qu’en 1859 qu’elle reçut la sanction légale des autorités chinoises du Kouang-loung, agissant alors à l’instigation des Anglais et des Français qui occupaient militairement Canton, la capitale de celte province. Plus lard, celte sanction, de locale qu’elle était, devint générale à la suite des traités de 1800; mais ce ne fut que le 5 mars 1860 qu’une Convention en 22 articles, arrêtée entre Sir Kuthcrlbrd Alcock, ministre d’Angleterre à Pe-King, M. de Bellonel, chargé d’Affaires de France, et le prince Koung, établit des règlements suivant lesquels était autorisée l’émigration des coolies. 11 est juste de dire que cette Convention n’a été ratifiée ni par le gouvernement anglais, ni par le gouvernement français.
- Le problème redoutable de la main-d’œuvre au Transvaal se posa à la fin de la guerre boer. Devant l'insuffisance de cette main-d’œuvre, le peu d’empressement des noirs enrichis à reprendre leur ouvrage, et l’indolence des agents
- ordonnance pour l’importation du labeur étranger fut passée par le Conseil législatif le 10 février 1904 et entra en vigueur le 19 mai.
- Il paraîtrait qu’avant de songer à la Chine pour se procurer les travailleurs qui lui étaient nécessaires pour ses chemins de fer d’abord, ses mines ensuite, le Transvaal s’était adressé ensuite au gouvernement de l’Inde, mais que celui-ci avait refusé à cause de « l’attitude générale envers ses sujets »,
- c’est-à-dire à cause du rapatriement obligatoire des coolies à la lin de leur contrat. D’une lettre écrite au Times le 29 janvier 1906 par M. Edward Grubb,
- je note en effet que lord Millier, en expliquant la politique des propriétaires de mines à la députation de la Ligue des Blancs (Whiie League), qui, en juin 1905, était venue protester contre le projet des capitalistes d’introduire le travail chinois dans les mines, parla des chemins de fer comme « du premier article de son programme » et « de la pierre fondamentale de tout l’édifice », et déclara que le gouvernement de l’Inde, auquel on avait demandé de permettre à un certain nombre de travailleurs indiens de venir au Transvaal pour construire l’une des nouvelles lignes, à condition d’être rapatriés à la fin de leur engagement, avait refusé « owing to our general attitude towards its sub-jects » (Blue Book, Cd 1895, p. 45). Naturellement on ignore quelle aurait été la réponse de l’Inde, si la clause du rapatriement obligatoire n’avait pas été stipulée.
- Les règlements pour l’introduction des travailleurs chinois au Transvaal ont été faits en juin 1904 en vertu de la section 29 du « Labour Importation Ordinance » 1904 et ils comprennent 42 articles d’où nous tirons les renseignements suivants : les travailleurs chinois ne pourront être recrutés pour le Transvaal que par des personnes munies d’une licence (art. 1) remise par un fonctionnaire désigné sous le titre de « Transvaal Emigration Agent » représentant le gouvernement du Transvaal (art. 2) qui assistera à la signature du
- chargés du recrutement du travail indigène, une
- Fig. 2. — Agents de police Chinois à Geldenlmis.
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- contrat d’engagement ; les coolies qui auront signé leur contrat seront embarqués en Chine ou h Hong-Kong pour Durban; à leur arrivée ils subiront une visite médicale et seront vaccinés1 (art. 15 et 16); on leur remettra un passeport (un billet en étain) portant leur nom et celui de leur patron (art. 20) ; tout patron sera tenu de donner du travail à chaque travailleur six jours de la semaine, à moins de mauvais temps ou de causes imprévues, excepté les dimanches, le jour de Noël, le Vendredi Saint et les l'êtes chinoises stipulées au contrat (art. 22 et 25); les coolies doivent dix heures de travail par jour (art. 25) et leurs gages seront payés tous les mois en monnaie courante sans réduction (art. 24 et 25).
- Les contrats sont laits pour une période de trois ans à dater de l’arrivée du coolie dans le district du Witwatersrand, et, à l’expiration du contrat, les coolies devront être rembarques sans délai aux frais de leur patron; ces coolies seront payés à raison de un shilling par journée de travail de dix heures; après six mois de leur arrivée, les travailleurs à la pièce qui n’auront pas réussi à se faire 50 shillings par 50 jours de travail, seront augmentés de 1 shilling à 1 shilling 6 pence par jour; les coolies sont logés, chauffés, ont l’eau et les soins médicaux gratuitement et reçoivent en plus comme rations quotidiennes : 1 livre 1 /2 de riz, 1 demi-livre de poisson séché ou frais ou de viande, une demi-livre de légumes, une demi-once de thé, une demi-once d’huile de noix, dn sel.
- Les agents d’émigration du Transvaal en Chine, suivant les instructions de mai 1004, devaient faire payer dix dollars pour chaque licence remise aux recruteurs, qu’ils pouvaient révoquer dans le cas où ils emploieraient des moyens peu convenables pour assurer l'engagement des coolies; les contrats doivent être signés en duplicata devant l’agent et devant l’inspecteur chinois, chaque coolie recevra une copie certifiée de son contrat en chinois, un droit de 5 dollars mexicains par tète de. coolie jusqu’à 10 000 et de 2 dollars au-dessus de ce chiffre devra être versé par l’agent du patron dans la Banque des Douanes avant le départ du navire, mais' aucun paiement ne doit être fait à l’inspecteur chinois ou à tout autre fonctionnaire chinôis.
- L’importation d’un coolie au Transvaal revient à £ 11,10 environ et son rapatriement à £ 6 à la fin de son contrat.
- Le premier vapeur amenant des Chinois, le Twed-dale 2800 tonneaux, Cap. Milne, arriva, après un bon voyage, à Durban le 18 juin 1904, à 5 heures du malin; il avait embarqué à Hong-Kong 1054 coolies dont deux se sauvèrent avant le départ et trois moururent du hcri-heri (il y en eut 40 cas) au cours de la traversée, il en restait donc 1049; sur ce chiffre, 1006 furent reconnus bons, trois moururent pendant que le vapeur était à l’ancre et 40 qui souffraient du beri-beri furent renvoyés en Chine par le môme vapeur ; avant de transporter les coolies au Rand dans des voitures fermées de 5e classe, on eut
- la précaution de prendre leur photographie elTempreinte de leurs doigts.
- Les trains de coolies quittent Durban une fois par jour à 8h 40 du malin, jusqu’à ce que la cargaison du navire ait été épuisée ; ils arrivent le lendemain à Tl heures du malin au Rand, où en général on débarque les travailleurs au compound de la mine à laquelle ils sont affectés. En cours de route, on leur sert dans le train un dîner à Pietermaritzburg, un souper à Estcourt et un déjeuner à Stan-derton; ces repas se composent de riz, de viande et de légumes, de pommes de terre; chaque homme reçoit en plus un pot de thé et un pain.
- J’ai vu les Chinois travailler à la mine de Jumpers Deep, à Cleveland, et j’ai visité leur compound à Celdenhuis : je les ai trouvés extrêmement bien traités ; leurs chambrées ne sont pas trop encombrées, les cuisines sont vastes, la nourriture est abondante et les réfectoires et les cours sont immenses. Jamais ils n’ont connu semblable bien-être dans leur pays ; quand les coolies sont au travail, on leur sert deux bons repas par jour : déjeuner et souper. Dans l’hôpital, dont les salles sont élevées et bien aérées, les lits sont bien espacés. Les malades qui se trouvaient dans l’hôpital quand .je l’ai visité, souffraient de rhumatismes et surtout de fluxions de poitrine; je crois que c’est la pneumonie qui fera le plus de victimes parmi ces Asiatiques : d’une part, la différence de température entre les mines et l’air extérieur; d’autre part, la poussière de Johannesburg sont les principales causes de la maladie. La poussière rouge de Johannesburg, qui parfois se transforme en nuages opaques qui obstruent la cir-culation dans les rues, est désastreuse pour la santé, elle transporte dans la ville la saleté des usines et des compounds et je n’ai été nullement surpris d’apprendre d’un médecin des mines que 65 pour 100 des habitants, tant européens qu’indigènes, recé-laient dans leur bouche le pneumocoque, bacille de la pneumonie. Pour en revenir aux Chinois, beaucoup toussaient à fendre l’iime; j’ai interrogé quelques-uns d’entre, eux : ils souffraient de la rigueur d’un climat également pénible pour les blancs, mais non de mauvais traitements. La vérité, c’est que les coolies chinois du Transvaal ne sont pas plus mal traités que les travailleurs de l’Assam dans les plantations de thé.
- Il me semble que de tous les renseignements se dégagent certains faits pour l’observateur impartial : il eût été folie d’abandonner les mines : on ne pouvait perdre le fruit du labeur pénible de tant d’années; il fallait de toute évidence continuer ou reprendre le travail, et dans ce but se procurer la main-d’oeuvre nécessaire. Le blanc ne réussit pas, le noir répond mal aux appels, on refuse l’hindou, il ne reste donc que le Chinois.
- Le Chinois accomplit le travail qui lui est demandé ; il n’appauvrit pas le pays, puisqu’il y dépense la plus grande partie de son salaire; il est discipliné et ses vices ne paraissent pas dépasser
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- ceux des ouvriers qu’on aurait pu trouver dans la meme classe que la sienne dans d’autres pays. 11 s’est glissé parmi les Chinois quelques brebis galeuses, cela n’a rien de surprenant dans une grande collectivité d’individus et cela montre qu’il y a sans doute place pour un recrutement fait avec plus de soin.
- Le Chinois coûte plus cher que le noir : ce n’est donc pas par économie sordide, mais par nécessité que les gens du Transvaal qui n’ont jamais passé pour des sots ont eu recours à la main-d’œuvre jaune.
- 11 ne reste qu’un argument sérieux, et il est très sérieux, contre l’introduction des Chinois au Transvaal. Une grande lutte de races se prépare dans l’Afrique australe : il y avait le péril noir, qui deviendra de plus en plus aigu, grâce à l’active propagande des missionnaires protestants nègres qui af-lluent maintenant des Etats-Unis et qui enseignent aux gens de couleur les doctrines de revendications et de liberté qu’ils ont puisées de l’autre côté de l’Océan. 11 existe depuis quelques années un péril hindou, causé par l’influx considérable demigrants, qui, venus de Madras et de Ceylan, se sont emparés comme boutiquiers, surtout à Durban, du petit commerce et font concurrence aux nègres comme domestiques; il faut se méfier du péril jaune. Contre ces trois périls, l’union des deux fractions de la race blanche, lloers et Anglais, est indispensable si ceux-ci ne veulent pas succomber dans une lutte très inégale par le nombre.
- 11 y a maintenant plus'de 50000 Chinois au Transvaal qui ne compte guère plus de 500 000 blancs, c’est-à-dire environ le sixième. Le Chinois avec sa grande facilité à former des associations, sa tendance à faire j)artie de sociétés secrètes, son inaptitude à l’assimilation, peut aisément constituer un état dans l’État; à certains moments, il pourra faire courir de réels dangers à ceux qui l’ont accueilli, témoin la conjuration des émigrés chinois contre les Hollandais à Batavia en 1740. Aussi, autant je trouve indispensable à l’heure actuelle l’emploi de la main-d’œuvre jaune au Transvaal, autant je considère comme nécessaire de surveiller le recrutement des Chinois, d’observer attentivement la conduite des travailleurs, de punir les crimes avec sévérité et non avec une indulgence qui ne sera pas comprise, et enfin, de limiter, dans une proportion à étudier, l’importation des coolies : c’est par cette restriction que je terminerai cette étude sur la question chinoise au Transvaal. Henri Cordier.
- LE MOUTON AUSTRALIEN
- La laine — La viande congelée
- La principale richesse de l’Australie consiste dans l’élevage du mouton, en vue de la production de la laine et aussi, quoique à un moindre degré, de la |
- viande. Le développement de celle forme de l’industrie pastorale tient an caractère du milieu géographique. Du fait du climat trop sec, une infime partie seulement de l’énorme territoire australien esL utilisable pour l’agriculture : en dehors des côtes on ne trouve que l’interminable forêt d’eucalypLus, des pâturages maigres et clairsemés et même, dans le centre, le désert de sable et de brousse épineuse. Ce sont là des conditions très favorables pour les moutons, dont la laine prend une grande finesse. En outre, la douceur de l’hiver permet aux éleveurs d’éviter la dépense des bergeries. Les mêmes caractères se retrouvent dans les grandes régions d’élevage, comme le Cap et la République Argentine, au lieu que la rigueur des hivers a été funeste au développement de la production lainière aux Etats-Unis et plus encore sur nos hauts plateaux algériens.
- C’est en 1797 que le capitaine Mac Arthur introduisit en Australie les premiers mérinos d’origine espagnole. Ces animaux se développèrent merveilleusement. En 1792 il n’y avait que 105 moutons en Australie; en 1891, un siècle après, ils étaient 106 200 000. Depuis, il est vrai, des sécheresses prolongées ont considérablement réduit le troupeau, tombé en 1902 à 54 millions de têtes ; mais il est ensuite remonté à 72 millions, dont 42 en Nouvelle-Galles du Sud, 11 en Victoria, 10 en Queensland. L’Australie occupe ainsi, à l’heure actuelle, le second rang, après la République Argentine (92 millions) et avant la Russie (70 millions).
- La principale région d’élevage1 est l’immense plaine, deux fois grande comme la France, qui s’étend sur l’intérieur des colonies de Nouvelle-Galles, de Victoria et de Queensland, et qui est arrosée par le Murray et ses grands affluents, Murrumbidgee, Lachlan et Darling. La forêt d’eucalyptus et la prairie se partagent le pays et les pâturages gagnent chaque jour sur la forêt. Les éleveurs, en effet, font activement disparaître les arbres, qui consomment trop d’eau. Les déraciner serait difficile, long et coûteux; c’est pourquoi on se contente d’ordinaire de pratiquer l’opération appelée ringbarking (ring, anneau ; betrk, écorce) et qui consiste à entailler le bois jusqu’aux vaisseaux et à détacher l’anneau ainsi délimité. L’arbre ne tarde pas à mourir.
- Dans les pâturages australiens, on trouve des végétaux particuliers, les herbes et buissons salés, que les Anglais désignent sous le nom collectif dé saltbushes. La plupart appartiennent aux genres Atriplex, C/ienopodium, Kochia et Rhagodia. Leur valeur, pour l’industrie de l’élevage, est considérable. En effet, outre qu’ils sont très hygiéniques et développent beaucoup les qualités de la viande, ils résistent merveilleusement à la sécheresse, grâce aux propriétés hygrométriques du sel. Au cours des
- 1 Pour sc rendre compte de la division de l’Australie en région agricole, région d’élevage et région désertique, on pourra consulter la carte qui accompagne notre travail sur La pratique de l’irrigation en Australie (La Nature, n° 1714, 31 mars 1906, p. 279-283).
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- sécheresses prolongées, alors que les autres herbes périssent toutes, les saltbushes résistent et sauvent la vie de nombreux animaux; ils rendent l’élevage possible dans des régions qui, sans eux, seraient inutilisables. Herbes et arbrisseaux de ce groupe se
- 700 000 hectares, c’est-à-dire plus de la moitié d’un de nos départements.
- Le nombre des moutons est naturellement en rapport avec la surface des exploitations pastorales. On peut en moyenne compter un mouton par hectare.
- Fig. 1. — Usine frigorifique,
- reconnaissent facilement à leur couleur générale, vert bleu, due à la présence de petits cristaux de sel. L’élevage en Australie se fait en grand. La nécessité de grands capitaux pour parer aux per tes effroyables causées par des sécheresses presque périodiques, pour faire l’avance des frais de transport de la laine parfois sur des centaines de kilomètres, a maintenu l’industrie de l’élevage dans les mains de quelques riches particuliers (pas-toralists, squatters) ou de Sociétés financières. Le caractère ultra-extensif de l’élevage, imposé par la nature du sol et par le climat,
- rend au reste obligatoire la possession d’immenses propriétés. En 1891, l’Australie nourrissait autant de moutons qu’il lui était possible; or il fallait compter 130 ares par mouton.
- Ces grandes propriétés portent le nom de stations. Dans l’intérieur, elles ont en moyenne 50 000 hectares. Plusieurs dépassent 100 000 et même 200 000. L’une d’elles, en Australie méridionale, atteint
- Darliag-Ilarbour, Sydney.
- Les troupeaux de plus de 50 000 tètes sont fréquents. La station de Buckiinguy avait, avant 1905, 120 000 moutons. Nous connaissons deux stations
- qui, à la meme époque, possédaient respectivement 160 000 et 250 000 bêles. En Australie mé-ridionale, on pourrait, paraît-il, trouver un ou deux troupeaux mon Lan t à k ou 500000 tètes. Mais il est prudent de se défier de ces chiffres ; les moulons vivant librement et sans surveillance ni contrôle, leur recensement exact es impossible.
- Ces immenses terrains de parcours ou runs sont le plus souvent loués à la Couronne, propriétaire de droit de toutes les terres coloniales vacantes. Dans la région du Darling, le prix de location est généralement de 25 centimes l’hectare. La location, outre quelle épargne l’immobilisation d’un capital considérable, n’a pas pour l’élevage les mêmes inconvénients que pour l’agriculture, puisque la terre ne réclame aucune avance et que le troupeau s’accroît sans frais
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- de lui-même. Partout, en Australie, la prédominance I Les moutons vivent librement sur les runs. Nul de l’élevage et celle de la location vont de concert. | besoin de bergeries ni même de gardiens. 11 suffît
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- d’entourer la propriété de barrières en fil de ter. De la sorte, sur la plupart des stations, 15 ou 20 employés seulement assurent le service. Ces surveillants ont peu à s’occuper des animaux ; mais ils doivent inspecter fréquemment le domaine. Toujours à cheval, leur grand fouet à la main, munis de boites de conserves et de l’indispensable billy ou théière, ils parcourent incessamment les paddocks, divisions du run, réparant les barrières endommagées par les kangaroos et les lapins et donnant la chasse aux aigles, qu’ils empoisonnent en plaçant des substances vénéneuses dans le cadavre évenlré d’un mouton.
- Le chef de la station est le squatter. En général il vit, au moins une partie de l’année, dans les grandes capitales ; dans ce cas, la propriété est directement administrée par un régisseur appointé (manager). Propriétaires et régisseurs habitent une maison (homestead), simplement et économiquement construite, mais toujours bien adaptée aux conditions du climat local. Des planches de pin, brutes ou vernies, en constituent les murs; le toit est en tôle ondulée. La construction est basse et ne comprend qu’un rez-de-chaussée, un peu surélevé et autour duquel court une véranda de bois, qui maintient dans les appartements une ombre fraîche.
- L’air circule librement à travers des portes grillagées, défense contre l’invasion des moustiques. A côté de la maison, un vaste réservoir de fer galvanisé recueille l’eau du toit, ressource pariois précieuse.
- Aux alentours du homestead sont éparpillées, largement et sans ordre, les dépendances de la propriété : logements du personnel, remises et hangars, charronneric, atelier pour la tonte des moutons; jardin potager, yards, c’est-à-dire prairies encloses de barrières d’eucalyptus et destinées aux chevaux et aux vaches.
- Les éleveurs ont malheureusement à lutter contre bien des difficultés : hostilité des pouvoirs publics, aujourd’hui sous le contrôle du parti ouvrier, nombreuses grèves des tondeurs de moutons, invasion des lapins, fléau de la sécheresse. Les lapins, introduits comme gibier, ont pullulé dans des proportions fantastiques ; partout où ils pénètrent, l’herbe est rongée au ras du sol et les troupeaux meurent de faim.
- On a essayé tous les remèdes : même la méthode pasteurienne de l’inoculation de la peste, essayée pendant plusieurs années par un éminent savant français, le D1' Loir, n’a pas donné de résultats décisifs1.
- Aujourd’hui le moyen le plus communément employé consiste à protéger les propriétés ou les districts encore indemnes par des grillages enfoncés de
- 1 Voir sur ta question des lapins, et aussi sur les maladies infectieuses des troupeaux, la très intéressante brochure du l)r Adrien Loir, La Microbiologie en Australie, Paris, Stcinheil, 1892.
- 50 centimètres. En Nouvelle-Galles et en Queensland on en a déjà construit plus de 27 000 kilomètres, au prix moyen de 900 francs le kilomètre. Les sécheresses sont un lléau encore plus redoutable. Presque périodiques et souvent très prolongées (7 années : de 1897 à 1905), elles causent, faute d’herbe, la mort de millions de moutons. De 1891 à 1902, elles ont réduit le troupeau australien de 100 à * 54 millions de tètes. On les combat par la construction de barrages sur les rivières et par le forage de puits artésiens. Ceux-ci, en 1905, fournissaient déjà un débit journalier de 2 581 955 m\ L’eau ainsi obtenue sert à la culture de la luzerne par l’irrigation, ce qui assure la vie des animaux pendant les périodes sèches.
- Le travail essentiel dans les stations est la tonte (shearing) qui se fait de juillet à septembre, suivant la latitude. Elle commence daiis le Queensland, traversé par le tropique, continue par la Nouvelle-Galles, l’Australie méridionale et Victoria et finit en Tasmanie et dans l’ile sud de la Nouvelle-Zélande.
- La première opération est le lavage des animaux (washing, dtp ping) qui a pour but à la fois le nettoyage de la laine et la destruction des parasites, qui endommagent les toisons. Dans les stations bien organisées, le bassin (ivashpool), très allongé, est bordé de murs réguliers en pierre ; conduites par un bélier, les bêtes descendent à l’eau par une pente très rapide, qui ne leur permet pas de se dérober ; chacune passe à son tour et des hommes, placés sur les murs et armés de perches, l’obligent à plonger à plusieurs reprises sa tête dans l’eau.
- La tonte se fait dans un hangar appelé shearing-shed. Les moulons, rassemblés dans de vastes paddocks et divisés en groupes égaux, pénètrent dans le hangar par un couloir central et sont enfermés dans des boxes, s’ouvrant d’une part sur le couloir central et d’autre part sur l’un des deux couloirs latéraux. Le long de ceux-ci opèrent les tondeurs; ils tirent les moutons un à un des boxes, les tondent et les rejettent au dehors dans des paddocks, où l’on reforme les troupeaux.
- Autrefois la tonte était toujours faite à la main, au moyen de grands ciseaux à ressort (sheep shears). Aujourd’hui, dans les stations bien aménagées, on pratique la tonte mécanique, au moyen d’un appareil, sorte de tondeuse, mue par, la vapeur ou l’air comprimé. L’avantage des machines, une fois faits les frais d’installation, est indiscutable; à la main il est rare de dépasser 100 moutons à la journée; à la machine on a atteint et parfois même dépassé 200.
- Les tondeurs (shearers) sont des ouvriers nomades. Pendant la saison, ils s’en vont, par bandes de 10 à 20, se louer dans les stations de l’intérieur; ils voyagent généralement à pied, ne portant pour tout bagage qu’un sac (swag) contenant quelques vêtements et la gamelle de fer, ou billy, qui sert à faire le thé. On. les appelle communément swaggers ou swagsmen. Pendant toute la durée du travail, ils sont logés et nourris à la station, moyennant une
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- légère retenue sur leur salaire. Celui-ci est de 25 lrancs par 100 moulons. En deux mois et demi, sur une ou plusieurs stations, un tondeur peut se faire de 1500 à 2000 francs, somme qui lui est payée en un chèque sur les banques des grandes villes.
- Après la tonte, on procède au triage puis au lavage de la laine. Le séchage est extrêmement rapide, grâce à l’emploi du séchoir mécanique. Celui-ci est formé de deux cylindres concentriques; l’extérieur est fixe et a des parois pleines; l’intérieur est mobile et criblé. Celui-ci reçoit la laine humide; on lui imprime, au moyen de la vapeur, un mouvement rotatoire très rapide; sous l’action de la force centrifuge, l’eau est projetée dans le cylindre extérieur, par la partie intérieure duquel elle s’écoule au dehors.
- La laine est mise dans des sacs de jute mesurant lm X 0m,70 X 0m,70 et pesant 500 livres anglaises de 455=',50, soit entre 156 et 157 kg. Four arriver à ce résultat, on emploie une presse composée essentiellement de deux caisses. L’une est tixe et d’avance garnie de toile de jute ; l’autre est mobile et peut se rabattre sur la première; toutes deux sont chargées de laine. Alors, au moyen d’une chaîne, on fait passer la caisse mobile sur la caisse lixe; puis, par l’intermédiaire d’un levier et d’un treuil, on fait descendre le plafond de la caisse supérieure, jusqu’à ce que toute la laine soit entrée dans l’inférieure.
- Les halles sont ensuite cousues, marquées et, par un plan incliné, chargées sur des chariots traînés par 12 à 18 chevaux ou bœufs, qui les conduisent soit au chemin de fer, soit aux ports des rivières. Pendant la saison, les grands fleuves australiens, le Murray, le Darling, sont sillonnés de barges, remplies de halles de laine et traînées par des remorqueurs.
- Autrefois les laines étaient envoyées en consignation à Londres. Aujourd’hui, les acheteurs européens et américains viennent traiter leurs affaires aux grands marchés de Sydney, Melbourne, Geelong, Adélaïde. La saison des ventes dure de la mi-août jusqu’à la fin de décembre. Le matin, les laines sont exposées dans de grands magasins (stores) où les acheteurs les visitent, et, l’après-midi, vendues aux enchères à la Bourse.
- La quantité de laine produite par l’Australie varie beaucoup (568 millions de kilogrammes en 1891, 289 millions en 1902, 580 millions en 1905). Les prix sont encore plus variables que les quantités ; en 1905, l’exportation a représenté 450 millions de francs. L’Angleterre est le principal client de l’Australie ; mais la part de. la France est considérable (70 à 80 millions de kg).
- Le mouton ne donne pas que de la laine et quelques produits accessoires, corne, suif, etc. 11 fournit aussi de la viande. Grâce à des abreuvoirs publics, les troupeaux peuvent parcourir les longues distances qui séparent souvent les stations d’élevage du chemin de fer. Une fois arrivés, on les embarque dans des wagons-bergeries à deux étages, pouvant contenir de
- 200 à 250 animaux et fermés seulement par un grillage; sans cette précaution pour assurer l’aération, beaucoup d’animaux périraient.
- La plus grande partie du bétail est destinée à l’exportation, soit comme bétail sur pied, soit à l’état de conserves salées ou de viande fraîche congelée. Cette dernière industrie est la plus importante de beaucoup.
- Les premiers essais de transport de viande congelée remontent à 1870 et l’initiative en est due à un Français, M. Tellier. Pendant plusieurs années, le Frigorifique a transporté à Bordeaux la viande gelée des bœufs et des moutons argentins. L’Australie, entrée dans la môme voie en 1880, a fait des progrès extrêmement rapides; en 1880, elle exporta 400 carcasses; en 1900, plus d’un million.
- La congélation s’effectue dans des usines appelées freezing-works, appartenant à des particuliers ou aux divers gouvernements coloniaux. Toutes les viandes y sont manipulées : bœuf, veau, lapin, poulets, dindons, poissons, etc. Mais le mouton occupe de beaucoup le premier rang. Le froid est produit par la détente de l’ammoniaque liquéfiée dans des tuyaux qui circulent dans des chambres aux murs épais et aux portes de bois massif. L’air intérieur est ainsi refroidi à 18 ou 20 degrés au-dessous de zéro et les animaux congelés prennent la rigidité du bois. Une fois congelées, les viandes sont transportées, dans des wagons spécialement aménagés (refrigeralor cars), aux navires frigorifiques, munis de chambres froides. On en comptait, en 1905, 80 dont 66 vapeurs, jaugeant de 4000 à 7000 tonneaux, représentant une capacité de transport de 2 500 000 moulons et, au taux de 5 voyages par an, pouvant transporter dans l’année 7 500 000 animaux. Les petits se chargent de 25 000 et les grands de 70 000 carcasses. Beux grandes compagnies anglaises se consacrent surtout à ce commerce, la Shaw Savill Albion C° et la New Zealand Steamship C".
- La perte de saveur de la viande par la congélation complète et la diminution de prix qui en est la conséquence ont incité les industriels australiens à limiter la congélation à la surlace de l’animal ; de la sorte, la partie intérieure n’est pas atteinte, reste fraîche et conserve tout son goût. A côté de la viande gelée (frozen méat) il existe aujourd’hui la viande glacée (chilted méat). La carcasse est brusquement refroidie et maintenue à 2 degrés de froid. Ce système est suivi depuis longtemps aux États-Unis ; mais il n’est pratiqué en Australie que depuis 1895. 11 convient d’ajouter qu’âpres l’opération le transport doit avoir lieu à froid, dans l’air sec et stérilisé ; il faut des wagons spéciaux et, sur les navires, des chambres spécialement aménagées. Le meilleur système est celui du D1 Perkins, utilisé en grand sur certaines lignes américaines : c’est le surplus de l’air du frein Westinghouse qui fournit le milieu sec dont la viande a besoin. Paul Privat-Deschanel,
- Professeur au Lycée Condorcet, chargé de mission en Australie.
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- STÉRILISATION DES BOITES DE PANSEMENT
- Afin de donner au chirurgien une sécurité complète, au point de vue aseptique, les boîtes de pansement doivent être rigoureusement stériles et se conserver telles indéfiniment. Or les préparations qu’on rencontrait jusqu’à présent dans le commerce remplissaient mal ces conditions primordiales. La stérilisation par les antiseptiques a fait son temps, car on a reconnu que le sublimé, par exemple, efficace contre un germe, restait sans grande action sur d’autres virus. L’expérience démontre également que la chaleur sèche ne saurait assurer l’asepsie parfaite du matériel chirurgical. En particulier, les étuves sèches présentent le grave défaut d’agir de façon insuffisante sur tous les points de la substance à stériliser. Certaines spores résistant à une température de 160° et la pénétration éLant très défectueuse, il faudrait, en effet, chauffer les récipients au delà de 160° et les y maintenir assez longtemps. Aussi l’inconvénient de cette manière d’opérer est d’altérer la ouate et la gaze dont les parties les plus extérieures sortent alors complètement roussies de l’étuve. L’eau bouillante ne paraît pas non plus posséder un pouvoir stérilisant absolu; en outre, elle donne des pansements mouillés et partant privés de toute capacité d’absorption, ce qui restreint leur emploi dans la pratique. Reste la vapeur surchauffée, gaz plus ou moins sec justiciable des mêmes reproches que l’air chaud et d’une action bactéricide inférieure à la chaleur humide, comme l’ont prouvé les travaux d’Esmarch.
- Pour parvenir à terrasser les infiniment petits, MM. Robert et Lescurre se sont adressés à la vapeur saturée sous pression, seule méthode d’une efficacité incontestable. Cette vapeur agit d’abord par son humidité qui facilite la destruction des spores, orga-
- nismes microbiens très vivaces, grâce à leur enveloppe membraneuse résistant à tous les agents physiques et chimiques. L’humidité augmente la perméabilité de cette membrane, facilite l’accès de la chaleur qui tue alors le protoplasma. En second lieu, la puissance calorifique de la vapeur lui assure une pénétration parfaite dans les différentes parties du corps à stériliser. Prenons une boîte remplie d’ouate et ouvrons-la dans une enceinte contenant de la vapeur d’eau saturée. Celle-ci, au contact de
- l’ouate plus froide qu’elle, se refroidit et se condense en gouttelettes dans une zone d’une certaine épaisseur ; cette vapeur, en se condensant, restitue à l’ouate la chaleur quelle avait absorbée pour se transformer de liquide en vapeur. Celte condensation produit un vide relatif immédiatement envahi par une nouvelle quantité . de vapeur , laquelle traverse sans se condenser la pre-mière zone (échaulfée tout à l’heure), et pénètre dans une nouvelle couche plus profonde où elle se condense en dégageant sa chaleur latente de vaporisation, et ainsi de suite, de proche en proche. La pénétration de toute l’ouate se trouve donc assurée par ces condensations successives.
- Décrivons maintenant les procédés et les appareils imaginés par MM. Robert et Leseurre pour se conformer aux indications théoriques précédentes.
- Après avoir garni les boîtes métalliques de ouate, gaze, toile et autres produits à stériliser, des ouvriers disposent, sur l’ouverture de chacune d’elles, une rondelle épaisse d’ouate ordinaire et une autre de gaze. Ils mettent ensuite un anneau métallique serrant à force sur la calotte ouatée et introduisent, entre les griffes de l’anneau, le couvercle qui est ainsi maintenu en face de l’ouverture de la boîte.
- l'ig. 1. — Autoclave Robert et Leseurre pour la stérilisation des boîtes de pansement.
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- L’autoclave Hobert et Leseurrc se compose d’un cylindre plongeant dans un autre plus grand et communiquant avec lui par un robinet. L’espace compris entre les deux récipients forme double enveloppe et reçoit la vapeur d’un générateur placé en contrebas. Sur la porte de l’appareil est monté un piston à vis qui, mû par une manivelle, fait enfoncer à volonté un plateau. Enfin un robinet, servant à la sortie de l’air et à la détente, complète l’ensemble.
- On introduit dans l’autoclave les boîtes ouvertes, et un support les y maintient horizontalement, puis on ferme la porte, on remplit la double enveloppe de vapeur saturée .à 125° (5 atmosphères). L’appa-
- à haute pression. Le mécanisme du séchage s’explique aisément. À la fin de l’opération, les boîtes sont à 152°. Une fois le robinet d’entrée de la vapeur fermé et le robinet purgeur ouvert, la pression s’abaisse de 5 à 1 atmosphère. L’équilibre de température devrait s’établir à 100° mais, à cause de la double enveloppe toujours à 152°, la chaleur absorbée par les boîtes qui ne peuvent pas se refroidir par rayonnement se porte sur l’eau condensée dans les pansements et l’évapore.
- Pour conserver les produits rigoureusement aseptiques jusqu’au moment de leur emploi, on les bouche dans l’autoclave même. Après stérilisation
- Fig. 2. — Découpage de l’ouate et de la gaze.
- reil fonctionne comme étuve sèche et chauffe rapidement les produits. A ce moment, on ouvre les robinets, la vapeur rentre brusquement dans le cylindre intérieur, l’air plus lourd s’échappe en bas, l’entrée de la vapeur s’effectue librement dans la boite largement ouverte. Le machiniste ferme le robinet quand la vapeur sort franchement. Une vingtaine de minutes suffisent pour achever la stérilisation. Il faut maintenant procéder à la dessiccation. Pour cela, on prend d’abord soin de purger la vapeur avant son entrée dans l’autoclave, puis on réduit, le plus possible, les condensations par le chauffage préalable des boîtes à pansement, à l’aide de la double enveloppe, en reliant l’appareil à une puissante chaudière de capacité très grande par rapport à ce dernier, et en introduisant de la vapeur
- et dessiccation, on actionne la manivelle. Le plateau vient s’appuyer sur le couvercle de la boîte, et le repousse jusqu’à ce que sa surface extérieure parvienne au niveau de l’extrémité libre des grilles de Panneau. Dès lors ce dernier, poussé en même temps que le couvercle, lui prépare le chemin en sertissant fortement le joint d’ouate. L’ouvrier ouvre l’autoclave, retire la boîte et enlève Panneau devenu inutile. Pour permettre le débouchage, au moment de l’usage, on passe une clef à conserves dans la languette placée sur le côté du couvercle. Le chirurgien n’aura plus qu’à dérouler une partie de la bande latérale pour avoir ses objets de pansement, juste au moment de jouer du bistouri. Jacques Boyer.
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- LE POUVOIR DES GRANDS INSTRUMENTS
- M. l\ Lowell, directeur de l’observatoire de Flagstalf, a donné, dans les Monthhj Notices de la Société royale astronomique les résultats de la comparaison de trois
- Le rapport des éclats de deux grandeurs consécutives d’étoiles étant ‘2,5 et le rapport des ouvertures des objectifs de Lick et de Flagstalf de ‘2,‘25, ces chiffres montrent
- Fig. 1. — Carte de l'Observatoire naval des États-Unis (Washington) laite avec un objectif de 0",61 par E.-S. llohlcu.
- cartes de la région entourant l’étoile o Ophiuehus. Ces cartes ont été faites indépendamment, endos observatoires divers, par des observateurs différents. M. Lampland,
- que, toutes choses égales, on doit voir une grandeur de moins avec l’objectif de Flagstalf.
- Comme ce dernier a révélé plus d’étoiles que celui de
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- Fig. 2. — Carie de rObservaloirc Lick (Mont Uauiiilon) laite avec un objectif de 0n',9i par U.-11. Tucker.
- astronome à l’observatoire Lowell, avait trouvé que les plus faibles étoiles visibles, à l’aide du réfracteur de 0,91 m. de l’observatoire Lick, sont de la 17° grandeur.
- Lick, on est amené à conclure que l’atmosphère au-dessus des deux observatoires joue un rôle très important dans la qualité des images. La comparaison des
- Fig. 5. •— Curie de l'Observatoire Lowell (Flagstalf) laite avec un objectif de 0'".(>(> par P. Lowell
- Toutes furent parfaitement visibles avec le réfracteur de 0,0b m. de l’observatoire de Flagstalf.
- Les figures ci-dessus sont la reproduction des trois cartes publiées par M. ,Lowell. Celle de M. llolden remonte déjà à une vingtaine d’années et celle de M. Tucker est de 1894. Le tableau suivant donne la répartition des étoiles suivant la grandeur et le nombre total pour chaque carte.
- 0RSERVAT01KES
- Washinoto; s. Lick. F LA U
- Réfracteur. <)"',61 0“,91 0“
- Altitude. 15™ 1280“ 2210“
- Toiles de la grandeur :
- 8-9 1 1 1
- 10-11 5 5 5
- 12-15 19 19 19
- 14-15 58 42 40
- 10-17 » 94 101
- 05 TÔT Ï72
- altitudes des trois observatoires montre que c’est sans doute à sa grande élévation au-dessus de la mer que celui de Flagstaff doit son avantage optique.
- Em. Touciiet
- CHRONIQUE
- Les épreuves du fusil de guerre anglais. —
- Le fusil de guerre anglais du calibre 8 millimètres est toujours minutieusement éprouvé avant que d’être mis en service, c’est-à-dire fourni aux troupes. 11 doit envoyer 5 coups consécutifs dans un rectangle de 25 sur 52 millimètres, à une distance de 50 mètres. Notons à ce propos un détail curieux qui fait pressentir combien les facteurs imprévus jouent parfois un rôle important dans le tir. Il arrive que brusquement un fusil essayé dans ces conditions met une balle à 10, 12 millimètres en dehors de ce carré, et sans que l’on puisse accuser la poudre d’une variation relativement aussi considérable.
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- Ajoutons do plus, d’après les observations du lieutenant-colonel sir 11. Barlow, que la régularité du tir d’un fusil à 50 mètres n’est aucunement proportionnelle à son exactitude à une distance de 550 ou 900 mètres.
- Le cuivrage «Lune gare. — Entendons le cuivrage de toute la charpente métallique de son hall. L’opération est en train de se faire pour l’immense gare de Pennsylvania Railroad à Jersey, Etat de New-Jersey. Cela rappelle le doublage des coques de navires, et la raison de ce travail est également de lutter contre des corrosions. Dans cette gare, comme partout où la surveillance est effective, on s’est aperçu que les gaz s’échappant des foyers des locomotives corrodent de façon terrible le métal des fermes et des halls métalliques, en dépit de dépôts galvaniques de zinc, et malgré la ventilation fort effective à laquelle est soumise la gare de Jersey. Aussi maintenant fixe-t-on des lames de cuivre sur toutes les parties de la construction qui accusent une alla pie marquée, et l’on compte recouvrir ainsi peu à peu toutes les surfaces métalliques de l’édilice, ce qui entraînera d’ailleurs une dépense d’au moins ‘2 millions et demi.
- Une drague curieuse. — Sa particularité tout à fait intéressante consiste en ci; qu’elle peut creuser en une seule fois une tranchée 'de G, 10 m. de largeur au plafond. Longue de 7G m. et large de près de 14, son avant est divisé en trois proues séparées entre lesquelles sont disposés les appareils de succion; et chaque appareil est double, comportant deux ajutages d’aspiration, qui peuvent être munis de couteaux tournants et désagréga-teurs, quand la nature du terrain commande leur emploi.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du tj septembre 1906.
- Présidence de M. Troost.
- Le déplacement du pôle terrestre. —- M. le secrétaire perpétuel Darboux rappelle que les astronomes ayant cru constater que la latitude subissait des variations dans le môme lieu, c’est-à-dire que le pôle se déplaçait à la surface de la terre, l’Association géodésique internationale avait organisé un système d’observations de groupes d’étoiles en des stations convenablement choisies, dans le but de mettre .en évidence la variation et d’en fixer l’amplitude. Les observations ainsi faites ont été remises à M. le professeur Albrecht, elles ont conduit à affirmer le phénomène soupçonné. De plus M. Albrecht a publié des courbes représentant les déplacements successifs du pôle. 11 est à remarquer que ces déplacements n’atteignent guère plus de 12 ou 15 m. sur la terre; d’où la difficulté d’opérer la mesure d’une semblable quantité par des observations astronomiques. Aussi les astronomes ne considèrent-ils pas la question comme vidée définitivement. M. Marcel Brillouin vient de reprendre l’examen des courbes publiées par M. Albrecht. 11 a remarqué que ces courbes constituent une sorte de spirale dans l’espace et qu’elles présentent des cassures. Or, lorsque le pôle ou l’une de ses cassures subit un brusque déplacement, on note des coïncidences de tremblements de terre. 11 ressort de là que la variation des latitudes à la surface de la terre aurait pour cause les phénomènes sismiques.
- Le Congrès international des explorations polaires. — M. Bigourdan résume les travaux du Congrès inter-
- national d’exploration des régions polaires qui vient d’être tenu à Bruxelles. Le Congrès a décidé la constitution d’une Société permanente sous le nom de Commission. Le règlement intérieur de cette Commission procède de celui de l’Association internationale pour l’étude des glaciers et de la Société de sismologie. Le président est élu pour six ans et la Commission aura son siège dans la capitale du pays auquel appartiendra le président. Les matières sur lesquelles porteront les fravaux ont été réparties en six sections plus une section de bibliographie. Le premier président en date a été élu; c’est M. Beernaert, associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques.
- Un insecte transmetteur de la Irijpanosonùase. — M. Laveran présente une Note de M. Cazalbou qui, ayant observé les trypanosomiases dans la région du haut Niger, a eu l’idée de rechercher si une mouche glossina très abondante n’est pas un agent de transmission d’une trypanosomiase qu’il n’a pas encore pu déterminer. Ayant constaté qu’un foyer de maladie existait dans la région du Bani, affluent du Niger, il captura des glossines et les transporta à Ségou, où il les enferma dans des cages fermées d’un côté par une mousseline, au travers de laquelle elles pouvaient aisément piquer. 11 mit la mousseline en contact avec le corps de chiens et put ainsi noter que 2 mouches sur 7 avaient infecté les animaux avec lesquels elles avaient été en contact. Ces deux mouches avaient donc jiiqué récemment des êtres atteints de la trypanosomiase. Un voit donc quel rôle actif les glossines jouent dans la diffusion de la maladie.
- Action du fluor sur le chlore. — M. 11. Moissan présente une Note de M. Lebeau relative à l’action du fluor sur le chlore et signale un nouveau mode de formation de l’acide hypochloreux. En faisant réagir le fluor sur le chlore à une température de — 50°, on n’obtient aucune combinaison. Le gaz fluor se dissout abondamment dans le chlore liquide et se sépare quand on fractionne. Ces faits vérifient l’affirmation de M. Moissan dans son mémoire sur le fluor, qui avait annoncé que le fluor ne fournit pas de combinaison avec le chlore. Mais en faisant réagir le fluor sur l’eau de chlore, M. Lebeau a obtenu de l’acide hypochloreux et de l’acide fluorhydrique.
- U hématopoïèse produite par le sérum. — M. Bouchard présente un nouveau travail de M. P. Carnot et de Mlle Deflandre sur l’hématopoièse. Ils ont déjà établi que la régénération du sang, après une abondante saignée, paraît être provoquée par une substance qui se trouve dans le sérum et qui sur un autre animal est capable de produire l’hématopoièse. Or les humeurs ne sont que ce que h's cellules les font; partant de ce principe, ils ont recherché si l’on ne pourrait pas provoquer l’hématopoièse en injectant un tissu déterminé et non plus le produit des cellules. Après divers essais ils ont constaté que l’injection de moelle osseuse produisait un accroissement du nombre de globules atteignant 2 000 000 par millimètre cube.
- Cil. HE VlLLEHEUlL.
- Une invasion
- DE SERPENTS A SONNETTES
- Le lecteur français n'apprendra pas sans étonnement que les serpents à sonnettes, qui comptent, non sans raisons, parmi les reptiles les plus dangereux, pullulent encore dans les environs immédiats
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- de New-York. Nos trois instan'anés ont été pris récemment sur les bords de l’Hudson, à moins de 6 kilomètres du centre de la grande ville, près d’un
- et n’échappèrent à la mort que grâce à la rapidité des secours médicaux; — il fallut bien se rendre à l’évidence. On proposa un moyen radical : mettre le feu h la brousse. Mais une ligue influente, qui s’est donné pour mission de protéger les bois de la région new-yorkaise, protesta contre ce quelle appelait déjà un acte de vandalisme.
- La municipalité se rabattit sur un procédé plus efficace. Elle fit venir du Far-West des make-catchers, gens experts en l’art de capturer les reptiles les plus dangereux, qu’il s’agisse du serpent à sonnettes, si commun dans l’intérieur des Etats-Unis, ou du terrible copper-head des régions chaudes.
- L’équipe se mit à l’œuvre. Tandis
- Fi". 1.— La battue.
- site bien connu de tous ceux qui ont visité la Cité-Empire, et qu’on appelle les « Palissades ».
- Dès les premiers jours de l’été, les journaux new-
- Fitr. 2. — La capture.
- yorkais eurent à enregistrer les plaintes de nombreux promeneurs qui avaient failli se faire mordre par les redoutables rçilllesnakes. Nos confrères signalèrent une véritable invasion de ces reptiles, et l’on écrivit qu’ils exagéraient. Plusieurs enfants furent mordus
- Fig. 5. — La mise en sac.
- que plusieurs hommes, armés de longs bâtons flexibles, battaient les buissons, leur chef se tenait prêt à bondir sur le reptile et à le clouer au sol en emprisonnant son cou dans une fourche de bois. Il pouvait alors saisir par la tête le serpent réduit à l’impuissance et l’enfermer dans un sac. La campagne réussit au delà de toute espérance. En trois semaines, les snake-calchers capturèrent une moyenne de quarante serpents par jour, dans un rayon de moins d’un kilomètre.
- Et l’on a reconnu depuis lors que la presse new-yorkaise n’avait commis aucune exagération en parlant d’une invasion de serpents, d’où un relèvement de son prestige ! Y. Forma.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1740. - 29 SEPTEMBRE 1906
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- LES HAUTS FOURNEAUX DE LA METALLURGIE MODERNE
- Nos lecteurs savent quel râle de premier ordre I haut fourneau ; et comme il faut ici, de même qu’en joue la fonte dans la civilisation moderne, encore 1 toute matière, diminuer au maximum les frais de
- Le haut fourneau de 1848 cl celui d’aujourd'hui, avec la représentation de leur production quotidienne.
- bien plus comme produit intermédiaire entre le minerai et le fer ou l’acier, que comme matière directement utilisable. Or la fonte se fabrique dans le 34e aimée. — 2e semestre.
- production, on a, depuis quelques années, étrangement perfectionné cet appareil. Nous tenons à n’envisager cés perfectionnements qu’au point de vue
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- LA NATURE.
- des dimensions gigantesques et de la production lormidable de matière, auxquelles on arrive aujourd’hui avec ces hauts fourneaux.
- Rappelons que le liant fourneau a été imaginé vers le xm® siècle, dans le pays de Siegcn, et qu’il offrait, presque dès ses débuts, les qualités qu’il possède. À la vérité, il ne méritait pas encore le nom de « haut fourneau », mais de four souillé. Et ce fut un événement qui lui valut le qualificatif de « haut », le jour où, en Alsace, on osa porter sa hauteur à 5 mètres. Sans doute, depuis cette audacieuse transformation qui remonte au xivc siècle, on ne fut pas sans perfectionner le haut fourneau, et même sans accroître ses proportions; et il 11e faudrait pas oublier, si nous nous occupions de ce côté de la question, qu’on réalisa une véritable révolution en remplaçant le charbon de bois par le combustible minéral, le coke qui présentait toutes les qualités requises en la matière. Mais, jusque vers la moitié du xixe siècle, ce que l’on pourrait considérer comme hier pour une industrie qui remonte si loin, les dimensions du haut fourneau étaient demeurées curieusement minimes. C’est surtout depuis 1850 qu’on a commencé de créer des appareils bien plus grands, de capacité beaucoup plus élevée, produisant des centaines de tonnes, alors que les anciens fourneaux en donnaient tout au plus quelques dizaines ; ce qui amenait M. Pourcel à dire sans exagération, il y a quelques années, que les appareils vraiment modernes présentent, sur les hauts fourneaux datant de quarante ans, un progrès plus marqué que ces derniers sur ceux qui remontaient à plusieurs siècles.
- Le fait est que, à ne considérer que la France, qui nous intéresse plus particulièrement, nous voyons qu’en 1848 les hauts fourneaux au combustible minéral (qui représentaient forcément le progrès) n'avaient généralement que 8 mètres de hauteur, exceptionnellement 10 à 12; c’était du reste à l’exemple de l’Angleterre qu’on avait osé aborder semblables proportions. Leur volume intérieur ne dépassait guère 20 à 50 mètres cubes, et l’on pouvait tenir pour énorme un haut fourneau anglais (qui a continué de fonctionner jusque vers 1890), dont la capacité était de 45 mètres cubes. Le plus souvent la production de fonte par 24 heures, dans un appareil de ce genre, n’était que de quelques tonnes, et, dans ce haut fourneau anglais auquel nous venons de faire allusion, et qui avait de grandes qualités, puisqu’on l’a conservé si longtemps en activité, la production quotidienne était de 10 tonnes!
- Aujourd’hui, nous sommes bien loin de ces chiffres. Si nous examinons les errements suivis dans les usines européennes, nous ne trouverons pas des exemples de hauts fourneaux aussi gigantesques qu’aux Etats-Unis : en partie parce que la Confédération américaine a la bonne fortune de posséder et de traiter des minerais et des cokes qui s’accommodent plus aisément d’un empilement sur une hauteur énorme; en partie aussi, parce que nos industriels
- sont un peu timides dans les transformations qu'ils opèrent et les méthodes nouvelles qu’ils adoptent. Toujours est-il (pie, si nous rencontrons encore couramment en France, en Belgique ou ailleurs, des hauts fourneaux, de construction déjà un peu ancienne il est vrai, dont la hauteur ne dépasse pas 20 à 25 mètres (ce qui est d’ailleurs énorme par rapport à ce que nous avons indiqué plus haut), par contre il est constant de voir installer aux Etats-Unis des appareils qui ont 50 et plus de 50 mètres de hauteur pour une capacité de 700, de 750 mètres cubes. C’est formidable si l’on songe aux dimensions que nous avons indiquées tout à l’heure. Assurément on trouve dans certaines usines métallurgiques du Vieux Monde des appareils ayant une hauteur de 52 mètres et une capacité de près de 700 mètres cubes; mais leur marche laisse à désirer, justement à cause des produits qu’on y traite.
- Il va sans dire que, pour donner de pareilles dimensions à un haut fourneau, une hauteur de 52 mètres correspondant à un diamètre de 7 mètres environ au ventre, il a fallu modilier la façon d’établir l’appareil même. Et non seulement on est arrivé peu à peu à monter le haut fourneau sur des piliers en fonte supportant la maçonnerie extérieure de la cuve, à la place de l’ancien massif, mais encore 011 a linalement supprimé celte enveloppe extérieure, celle-ci se trouvant réduite à une chemise réfractaire; une charpente métallique en treillis ou eii métal plein supporte cette cuve, et aussi les dispositifs de chargement qui sonl à la partie supérieure du haut fourneau. On a donc pu alléger considérablement les fondations, et l’on a supprimé le revêtement qui empêchait un refroidissement suflisanl de la chemise réfractaire disposée à l’intérieur du haut fourneau.
- Si l’on a adopté des appareils énormes comme ceux que nous avons cités, c’est pour produire la fonte par grandes masses, et l’on y réussit surtout en travaillant à marche forcée : ce qui a l’inconvénient d’entraîner une usure plus rapide du haut fourneau, et de donner également des produits moins bons. Cela n’est pas pour effrayer les Américains, puisque ce sont eux qui ont généralisé l’emploi du haut fourneau à dimensions gigantesques. D’ailleurs, la transformation s’est imposée partout, quoique parfois dans des proportions plus modestes, et il faut mettre en parallèle le haut fourneau français de 1848 ou 1850, fournissant tout au plus 6 tonnes dans ses 24 heures, et celui qui représente à l’heure actuelle le dernier mot du progrès, et qui produit dans sa journée 700 tonnes de fonte : autrement dit autant que ce qui sortait des flancs de l’autre dans le tiers d’une année.
- Qu’on ne s’étonne pas, après cela, si la France, qui fabriquait en 1848 moins de 500 000 tonnes de fonte, en fabrique maintenant près de 5 millions, et si la production des États-Unis dépasse 18 millions de tonnes par an. Daniel Beli.et.
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- LA NATURE.
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- LES PREMIÈRES
- MESURES SYSTÉMATIQUES
- de températures et de densités à la mer
- l,c comte de Marsigli, né à Bologne en 1 65X, mort en 1750 et qui passa une grande partie de sa vie en France, est considéré à juste titre comme le véritable créateur de l'océanographie. Avec un zèle infatigable, il ne cessa de se livrer à l’élude de, cette science à travers les péripéties d’une existence terriblement agitée. Successivement oflicier au service, de l’Empereur, eu Autriche, esclave en Turquie, colonel, ambassadeur, général, condamné à mort et déposé de toutes ses charges et honneurs, de nouveau général d’armée, voyageur, il resta toujours océanographe. De 1700 à 1750, il étudia la mer le long des cèles de Provence et de Languedoc en prenant pour centres de ses opérations Marseille et Cassis. Ses travaux lire,ni, l’objet d’un grand nombre, de publications résumées dans son Histoire physique de lu mer, ouvrage imprimé en français, en 1725, aux frais de l’Académie dos Sciences de Paris dont l’auleur était membre.
- 11 ne saurait èlre, queslion ici d’analyser même sommairement ce livre, premier traité didactique complel d’océanographie; nous nous bornerons à en extraire ce <pii se rapporte à l’emploi du thermomèlre et de l’aréomètre, instruments dont Marsigli, dès le début, comprit l’immense intérêt au point, de vue des données numériques qu’ils permet lent de recueillir et, qui, à leur tour, servent à expliquer toute l’économie thermique de l'Océan ainsi (pie les mouvements de ses (‘aux.
- Une des planches de l’IIistoire physique de la mer représente le thermomètre en grandeur naturelle ainsi qu’un tableau des résultats des mesures prises. Malheureusement, comme aucune description n’accompagne le dessin, il est difficile de se rendre compte avec une parfaite exactitude de la construction et du mode d’emploi de l’instrument.
- Il se compose d’un réservoir sphérique de, 20 mm. de diamètre continué par un tube étroit, long de 154 mm., terminé lui-mème par un anneau en verre. Le'liquide soumis à la dilatation n’est pas mentionné. A sa teinte foncée, il semble que ce soif du mercure ou plutôt, de l’alcool coloré. Le ménisque qui, par sa forme, fournirait, une indication utile, n’est pas indiqué. Il est probable que 1’appareil était à maxima car, dans l’inférieur du tube, on distingue un index au centre duquel un point rond ligure peut-être un fragment de 1er doux destiné, comme dans certains : de nos instruments'modernes, à être, après chaque opération, ramené au contact du liquide au moyen d’un aimant. Dans ce cas, Marsigli serait l’in-venleur tle ce procédé si commode que, pour ma part, je n’ai nulle part trouvé mentionné à une date antérieure. La graduation dont le principe demeure inconnu est faite dans les deux sens, en 55 degrés égaux et marqués sur une planchette à laquelle est fixé le thermomètre et non sur la tige elle-même.
- Marsigli se servit de son instrument en 1706 et 1707 pour prendre des températures à la surface de l’eau et en profondeur jusqu’à 120 brasses. Un jour qu’il travaillait devant Cassis, un corsaire algérien apparut subitement et, lui donna la chasse. Comme il n’avait nulle envie de recommencer le méfier d’esclave qu’il ne connaissait, déjà que trop, on se liàta de plier bagage et dans la bagarre qui s’ensuivit, le thermomètre fut brisé. Les expériences ainsi arrêtées ne furent, jamais reprises. Malgré les défauts
- de l’instrument, trois lois importantes de la thermique de la Méditerranée, la dernière surtout, avaient cependant été découvertes.
- 1° L’élévation de température de l’eau superficielle de la mer, constamment maximum à midi, présente un léger abaissement le soir, toujours supérieur, on valeur absolue, à la température du matin.
- 2° La température reste la même entre 10 et 120 brasses de profondeur.
- 5° La température de l’eau profonde, en janvier et eu mars, dates dos expériences, est plus chaude et, plus froide que celle de l’air, mais elle demeure constante à 10 1/2 degrés {= 12,6° C.). .«
- AivoimMiv. Tlieniionièl it.
- Marsigli pressentit aussi l'importance que devait prendre dans la suite, l’aréomètre et la mesure, des densités dans les recherches océanographiques. Il donne un dessin de son instrument quoique, cette fois encore, il se dispense de, le décrire et nous sommes dans l’impossibilité do bien comprendre sa construction. 11 présentait l'aspect d’un double, ballon sphérique, l’inférieur lesté probablement avec du sable, le supérieur se continuant par un col allongé. L’instrument était évidemment creux et le dessin semble indiquer qu’il était ouvert. Il y a certainement là une erreur du dessinateur car, dans ces conditions, on ne voit pas trop quel aurait pu être son fonctionnement et l’ouvert,lire devait en être fermée. On h* faisait alors enfoncer dans l’eau jusqu’à son sommet après l’avoir convenablement surchargé avec un ou plusieurs dos anneaux métalliques figurés à côté de, lui et dont les poids respectifs sont indiqués. C’était doqc un aréomètre à poids variable et à volume à peu près constant, car l’immersion des anneaux modifiait légèrement celui-ci.
- L’instrument servit à prendre, un certain nombre de densités d’eaux douces et salées, superficielles et profondes, sans pourtant qu’aucune conclusion nette ait pu être tirée de ses mesures, ce dont, il n’v a pas lieu de s’étonner, le problème à résoudre étant d’une extrême, complexité. 11 n’en reste pas• moins établi que Marsigli. membre de la Société royale de Londres et membre de l’Académie des Sciences de Paris, exécuta sur les côtes françaises de Provence et de Languedoc, les premières mesures systématiques en série, à la surface et, en profondeur, des températures de la mer et des densités de ses eaux. J. Thoui.et.
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- L’INDUSTRIE DE LA PÊCHE AUX HAWAÏ
- La Commission des Pêcheries américaines vient de consacrer une de ses belles publications aux pêcheries des Hawaï ; et comme cette industrie présente encore du pittoresque et des particularités curieuses, nous en voudrions dire quelques mots.
- En réalité, ce n’est guère la pêche de haute mer qui se fait dans cette région, sauf peut-être en ce qui concerne un groupe de bateaux japonais; il y aurait à exercer toutes sortes d’industries dans ces mers, puisque la tempête rejette par exemple souvent des éponges, parfaitement marchandes. Aussi bien, la population qui se livre à la pêche aux Hawaï est assez mélangée, par suite d’immigrations diverses, et les affiches du marché au poisson d’Honolulu doivent être rédigées simultanément en anglais, en hawaïen, en chinois, en japonais et en portugais ; les indigènes sont néanmoins de bea u-coup les plus nombreux, et c’est surtout d’eux et de leurs méthodes que nous voulons parler. Les Hawaïens emploient uniquement pour la pêche des canots, dont certains sont construits avec une habileté remarquable : nous entendons les vieux, car on les établit maintenant sans les raffinements de jadis. Le corps de l’embarcation est ordinairement creusé dans le tronc d’un acacia Koa, de 15 à 18 mètres; on le complète, après creusement, par un plat-bord de 15 centimètres de hauteur, lait en bois d'Ochrosia sandwicensis. Ce canot classique a la même disposition et la même apparence que chacune des embarcations formant le canot double que nous reproduisons ici, tout simplement parce qu’un canot double est obtenu par une combinaison temporaire, pour la pêche de la bonite, au moyen de deux canots simples débarrassés du balan-
- cier qu’ils comportent d’ordinaire, et solidarisés par deux bois transversaux placés à 2 mètres de distance. Cela leur donne une bonne tenue à la mer, en dépit de leur étroitesse ; et c’est pour obtenir à peu près le même elfet sur les canots simples, qu’on dispose en travers du canot, de manière quelles débordent de lra,80 à 2 mètres, deux perches un peu flexibles accusant une convexité par en haut et supportant par leurs extrémités libres un petit tronc d’arbre qui touche l’eau et se trouve parallèle à l’axe de l’embarcation. De la sorte, il est impossible que celle-ci puisse chavirer. Du reste, elle ne porte qu’assez rarement une voilure, et normalement la propulsion est donnée par une pagaie. Les canots se font pour un ou trois hommes,les plus grands ayant 10 mètres environ sur un peu plus de 50 centimètres.
- Si l’on reconnaît sûrement ce qu’on peut appeler les articles d’importation dans le matériel de navigation des pêcheurs hawaïens (car certains commencent d’abandonner le classique canot de leurs pères), la chose est moins facile pour ce qui est des filets. 11 est bien assuré que lès engins primitifs se sont transformés très sensiblement depuis le temps, déjà assez lointain, où des étrangers sont arrivés dans l’archipel.
- Souvent les indigènes emploient, comme du reste les Chinois, des sennes de 50 brasses de long, dont la partie inférieure est garnie d’anneaux où passe une corde qu’on peut tirer pour faire coulisser le filet et former une sorte d’immense poche. Fréquemment aussi, les sennes n'ont que 75 mètres de long environ et sans dispositif de fermeture dans le bas. On recourt aussi, dans les milieux indigènes, aux filets verticaux dans lesquels le poisson vient se
- Fiy. 1. — Types d'hameçons des Hawaï 1, en bois avecpointe en os; 2. en écaille; 5, en os; 4, lait d’un clou courbé; 5, pour.la pêche de la tortue;
- 6, lait de cauries et d’un morceau de coquille; 7, en ivoire et bois.
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- mailler par les ouïes, mais ce sont là des procédés qu’on trouve un peu partout ; notons que les indigènes se fabriquent des filets de ce genre avec des cordes tirées de l’écorce de l’arbre connu sous le nom de Touchardia latifolia, écorce qui est mise longtemps à tremper dans l’eau courante pour assurer la dissociation des fibres intérieures, qu’on racle avec un instrument d’os. On n’a pas idée de la variété innombrable de filets à main, en forme de poches, d’épuisettes, que les indigènes ont imaginée; ils ont même combiné de véritables chaluts, des sortes de madragues à proportions modestes, il est vrai, qu’ils traînent au fond de l’eau, en s’attelant sur les cordes de tirage au moyen de plusieurs canots, et en capturant tout ce qui se trouve sur la route du filet. 11 y a aussi le filet en demi-cercle, dont l’ouverture est maintenue béante par une sorte d'arc, fait d’un bois spécial, et qu’on approche des trous où se réfugie le poisson, tandis que le pêcheur y fouille avec une longue baguette flexible qui en chasse le poisson.
- 11 y a encore une série de pièges en bois mince, analogues aux casiers homards qu’on emploie sur les côtes de France. Qu’on ne s’étonne pas de la multiplicité des engins de pèche aux Hawaï : la mer s’y présente de toutes parts, et l’indigène passe dans l’eau une bonne partie
- il a également recours aux poisons, quoique ce soit maintenant interdit, pour capturer « simultanément une masse de poissons : il emploie surtout dans ce
- but une herbe vénéneuse appelée dans la langue du pays ahuhi, et dont le nom savant est Craçca pur-purea. Enfin il ne faut pas oublier non plus la pêche
- à la ligne, ou plus exactement aux lignes, dormantes ou non, pour lesquelles l’indigène savait et sait encore fabriquer des hameçons un peu primitifs, mais fort originaux. On taille ces hameçons dans des dents de chien, dans des os humains ou autres, dans de l’ivoire, de l’écaille, l’hameçon de fer ou de cuivre étant d’un usage assez rare, même à l'heure actuelle. Fréquemment, pour les lignes dormantes, on adopte une disposition assez curieuse : une corde principale, lestée par un morceau de lave, descend à toucher le fond, puis, de cette corde, partent, à divers niveaux, des cordelettes munies à leur extrémité d’un hameçon, et soutenues horizontales au milieu de l’eau grâce à un morceau de bambou sur lequel elles sont fixées.
- Mais nous ne saurions oublier un genre de pêche très intelligemment organisé : ce sont les bassins à poissons, étangs communiquant avec la mer, canaux creusés dans les plantations de bananes, dans lesquels on élève ou laisse se multiplier naturellement
- de son existence. L’Hawaïen sait pêcher à la lance;
- Fig. 5. — On canot double des Hawaï.
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- LA NATURE.
- les poissons, el où parfois on se contente d’établir des réserves pour conserver à l’état vivant le poisson qu’on a capture et qui ne pourrait être consommé tout de suite. L’établissement de beaucoup de ces bassins a certainement exigé un travail énorme, et plusieurs d’entre eux ont une origine qui se perd réellement dans la nuit des traditions locales. Le plus souvent, du reste, ces réservoirs ou bassins ont été pris sur la mer, et l’on a isolé de la mer une petite baie en maçonnant un mur au moyen de blocs de lave de toutes dimensions apportés de la terre ferme. On les a aussi parfois creusés en pleine terre, en établissant un chenal pour amener l’eau de mer, ou encore on a utilisé des cratères de volcan se trouvant à bonne hauteur et en situation d’ètre mis aisément en communication avec la mer. Ce sont surtout des mulets et des dorades que l’on trouve dans ces bassins.
- Mais les traditions s’en vont vite aux Hawaï, étant donné surtout que la population indigène décroît avec une terrible rapidiLé; on abandonne de plus en plus ces bassins, on ne les entretient plus, de même qu’on renonce aux anciennes méthodes de pèche, pour suivre les procédés que pratiquent les étrangers. P. ne Méiiir.i,.
- L’ENVAHISSEMENT ÉOLIEN
- en Gascogne
- On a récemment contesté, contre tonte évidence, que le littoral gascon ait jamais subi la moindre modification 1 ; on a affirmé que son imnmabililé résultait de tous les témoignages du passé; qu’à l’époque romaine les dunes littorales étant fixées — ce qui paraît exact el que nous avons toujours admis — les traditions régionales sur les récentes formations lacustres ne sont que des légendes; que, du reste, des routes romaines (qu’on n’a malheureusement pas retrouvées et qui ne figurent sur aucun itinéraire) témoignent de la fixité littorale2.
- Me promettant de revenir sur les diverses modifications littorales de Gascogne au cours de la période historique la plus récente, dont je pense avoir plusieurs fois donné la preuve depuis quelques années, je in’en tiendrai, celte fois, à la permanence de la marche séculaire des Dunes en Gascogne, marche enrayée, mais point arrêtée, dont un témoin indiscutable, vieux de deux siècles, vint m’aider a déterminer la vitesse il y a quelques années.
- A la solde de Yauban un ingénieur cartographe, qui ne laissa que des œuvres inédites et d’un grand fini, dressa de 1G79 à 1708 à la grande échelle de 1 : 28 000 (près de trois fois l’échelle de l’E.-M.) toute la topographie de la région girondine et plus tard, de 1712 à 1724, en collaboration avec un de ses fils, toute celle du Bas-Poituu, de l'Aunis et de la Saintonge3.
- Cette dernière partie de son œuvre fut judicieusement mise à contribution par M. A. Pawlovcsky, au cours de savantes études sur les modifications subies par ces régions. M. le lieutenant de vaisseau ilautrcux, un des
- 1 Saint-Jours.
- - Saint-Jours.
- 3 La carte manuscrite de Claude Masse, par Charles Dulïart, llutlelin de géographie hislorigue el descriptive, 1905, nu 2.
- découvreurs de CI. Masse, et moi, appelâmes à notre tour ce contemporain de Louis XIV à témoigner des modifications survenues au sud de la Gironde, en Gironde et sur la Côte.
- Cette région de la France est de celles que les effets de la mer et des vents ont le plus transformées. D’année en année les rivages y changent d’aspect. Les pointes du Ferret et de Graves y subissent des périodes d’extension et de régression que ni la science ni l’art des ingénieurs n’ont pu enrayer. Or les cartes en couleurs de Claude Masse, si complètes dans les plus petits détails topographiques, si parfaites d’exécution, si bien orientées et trigonométriquement si exactes, étaient seules capables d’établir de combien et comment s’étaient modifiés le littoral, la région des dunes et les lacs gascons, en deux siècles écoulés, depuis les explorations géographiques exécutées par ordre de Yauban.
- Malheureusement, dans les collections recueillies, il manquait trois feuilles, toute une partie littorale du Médoc, la plus importante : celle qui de la presqu’île de Graves, passant par Soulac, s’étend jusqu’au sud du lac de Lacanau.
- J’eus la bonne fortune de les découvrir, en mai 1898, dans un carton de la Conservation des forêts de Bordeaux et, avec elles, d’autres qui complétaient ainsi la précieuse collection déjà déposée à la Bibliothèque Municipale de Bordeaux. Leur comparaison avec les diverses phases delà topographie du xix" siècle dans cette contrée fut une révélation. Bar elle se vérifièrent une foule d’hypothèses sur les modifications littorales, pour le plus grand profit non seulement de la science, mais de la sauvegarde littorale.
- Car, il ne faut pas perdre de vue que, contrairement à l’opinion générale, le système de plantations forestières n'arrête point /’envahissemen t areneux éolien. Les dunes littorales sont toujours envahissantes etl’on n’en ralentit la marche désastreuse que si des conditions hydrographiques et éoliennes de la côte permettent au mur de sable d’empiéter sur l’Océan par la surélévation des plages. Quand ces conditions ne sont pas remplies, — chose assez rare aujourd’hui en Gascogne, — l’invasion éolienne déborde dans la direction du vent, atteint, puis engloutit à l’Est les bois protecteurs ; la dune alors s’exhausse et marche vers l’orient, comble les lèdes profondes et atteint les dunes voisines; la marche éolienne suit alors son cours normal et ne peut être enrayée ou atténuée qu’en arrière, assez loin de la mer, mais jamais sur le rivage.
- C’est ce qui se passe à la dune du Sablouev au Sud d’Arcachon, en un des rares points provisoirement défavorables à la formation des dunes littorales protectrices, par suite de l’action érosive due au rejet des passes d’Arcachon vers la pointe du Sud. C’est une situation exceptionnelle.
- La cote gasconne, pour peu que la nature soit aidée, vaut mieux que sa réputation; s’il y existe des centres oscillatoires d’érosion et d’atterrissement, comme celui de l’entrée d’Arcachon qui passe du nord au sud en un siècle, pour revenir brusquement au nord éroder le cap Ferret, comme celui, enfin, de la presqu’île de Graves, il est une foule de points de cette côte où, grâce à l’aide humaine, Y atterrissement protecteur peut aujourd’hui devenir la règle. Des atterrissements protecteurs naturels et par contre plusieurs phases d’érosion se produisirent au cours du xvm” siècle. Ils sont établis par la comparaison des feuilles de la carte de Masse, comme en môme temps, et par-dessus tout, cette comparaison rend appa-
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- rente la marche d’occident vers l’orient, de toute la masse aréneuse qui, de 1700 aux premiers travaux de fixation des Dunes au xix° siècle, parcourut 800 mètres, acheva de couvrir Soulac et les bocqueleaux, restes des anciennes forêts, encore intacts à la fin du xvn0 siècle.
- Un simple coup d’œil sur la carte suivante est démonstratif.
- L’exactitude des levés de Claude Masse est admise par tous les savants qui ont eu son œuvre sous les yeux. Elle distance comme valeur documentaire les plus appréciés des travaux similaires avant l’Etat-Major. Les cartes du chevalier de Clairville, de De Lille ou de Bellême, pas plus que celles de Cassini, en ce qui regarde la région ingrate des Landes, ne sauraient lui être comparées. Les lieux qui n’ont point changé — et ils sont nombreux — y sont bien à leur place ; quelques bois qui recouvraient des dunes primitives ainsi que ce qui restait des forêts de Cartignac et de Lacanau, s’y retrouvent avec des détails précieux ; la battymétrie des lacs y est indiquée par des centaines de chiffres ; le village de Soulac, enseveli depuis avec près de 50 foyers et son église, y est porté. L’exactitude de ces détails est facile à vérifier ; elle permet de dater certains phénomènes éoliens et lacustres. Par conséquent, la ligne orientale de la masse aréneuse envahissante étant, au témoignage de la carte de Claude Masse, à la moyenne de 800 mètres, plus à l’occident que de nos jours, il faut en conclure que les dunes littorales sur la côte du Médoc et probablement sur la majeure partie de la côte de Gascogne, — avancèrent de près d’un kilomètre en un peu plus d’un siècle, c’est-à-dire depuis l’exploration de Masse en Médoc, vers 1690 jusque vers 1820.
- Ainsi se trouvent vérifiés en ce qui concerne la vitesse annuelle de la vague aréneuse envahissante, les calculs de Charlevoix de Yilliers, dont Brémonlier s’attribua la paternité. Ainsi se trouve confirmée, enfin, l’hypothèse de la durée du dernier envahissement éolien en Gascogne que, d’accord avec la tradition locale, j’ai fait remonter au xive siècle.
- Mais les Dunes modernes, édifiées par cet envahissement et que l’administration forestière a boisées pendant le xixe siècle, ont affecté des formes plus grandioses et une orientation généralement assez différente, en les recouvrant, des Dunes anciennes qui les précédèrent et dont les témoins, merveilles forestières, existent encore presque entiers dans les forêts de Lacanau, de la Teste et du sud du lac de Léon, ainsi que dans la ville d’hiver d’Arcachon. Tandis que les Dunes modernes orientées nord-sud marchaient d’ouest en est, ces Dunes anciennes, en partie boisées jusqu’au milieu du moyen âge, nous apparaissent comme des manifestations éoliennes, superposées elles-mêmes sur des formations pré-existantes déjà boisées, ayant eu souvent une orientation franchement ouest-est et semblant être les dernières manifestations d’envahissements éoliens quaternaires dont de nombreuses Dunes continentales qui recouvrent le plateau landais sont la preuve vivante.
- Les successives dénudations pyrénéennes et du plateau central, ayant amené à la côte de grands transports détritiques par les deux fleuves Dordogne et Garonne, sont l’indéniable cause des diverses formations aréneuses éoliennes du plateau landais et du littoral gascon. En tout cas la grande déforestation historique des Pyrénées qui commença après les derniers passages des Barbares, avec le système des abatages de Charlemagne et de ses successeurs, avec, enfin, les intenses exploitations métallur-
- giques dans l’Aquitaine, causa le dernier envahissement des Dunes modernes, envahissement qui persiste toujours, quoique avec moins d’intensité qu’aux xvf et xvn® siècles, enrayé seulement par les plantations de pins maritimes, guidé par l’action humaine, mais point arrêté.
- Une seule chose en marquerait l’arrêt sans retour : l’afforestation complète, absolue et sans exception de toutes les têtes d’eau des réseaux hydrographiques de la Loire et de la Garonne dont les débris solides portés à la mer et incomplètement décantés, entraînés par les cou-
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- Carie de l’envahissement éolien en Médoc (Gironde) de 1700 à l'ensemencement des dunes, d’après la carte de Claude Masse comparée aux cartes modernes par Charles Duflarf.
- rants côtiers le long du golfe de Gascogne, y ont constitué l’élément aréneux de toutes les formations éoliennes depuis les premières manifestations jusqu’à nos jours1.
- Cette afforestation, protectrice hydrographique et hydrologique des bassins de la Loire et de la Garonne, ne tarderait pas à faire réaliser à l’État l’économie des dépenses qu’entraîne, en ce moment, la protection littorale, demeurée précaire parce qu’on s’en prend à l’effet et non a la cause. Ciiaiu.es Duffaut.
- 1 La déforestation, péril mondial, par Charles Duffart. Revue (ancienne Revue des Revues), 15 novembre 1905.
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- LES HÔPITAUX AU DÉSERT
- Il y a quelque temps, sir Ernest Cassel lit don h l’administration khédiviale d’une somme de un million et demi dans le but de créer des hôpitaux ophtalmologiques ambulants sur la vieille terre des
- Pharaons, ce pays si tristement privilégié sous le rapport des maladies d’yeux.
- Le gouvernement du Caire accepta l'offre avec empressement et la commission sanitaire du Ministère de l’inlérieur chargea le D1' Mac Callan, oculiste londonien des plus distingués, d’organiser le service. 11 ne faudrait pas croire que la clinique automobile du praticien anglais soit aussi confortablement aménagée que la roulotte construite jadis par M. Jean-laud pour le prince d’Oldembourg.
- Lorsque M. Mac Callan et ses aides voyagent, leur caravane ressemble plutôt, en effet, à un campement de militaires ou de bohémiens comme les photographies ci-contre l’indiquent.
- Ils emportent avec eux des tentes qu’ils dressèrent, pour la première fois, aux abords de la populeuse ville de Menoufieh, dans le delta du Nil, et ils soignent principalement les ophtalmies dues à la poussière impalpable soulevée par le terrible A7m?nsm, vënt brûlant qui souffle avec violence en Égypte durant les cinquante jours qui avoisinent l’équinoxe.
- L’hôpital ophtalmologique ambulant, tel que l’a organisé le I)1 Mac Callan, se compose de douze tentes. Dans la plus vaste d’e ître elles, le chirurgien pratique les opérations ; une seconde lui sert d’habitation et les autres abritent son aide indigène, les malades et les infirmiers. Le climat de l’Égypte rend d’ailleurs parfois pénible la vie nomade. En janvier, le froid est beaucoup plus vif sur les bords du Nil
- qu’en France ou en Angleterre tandis qu’en juin la chaleur fait fondre le beurre dans les pots où on le conserve; aussi ne peut-on songer à Faire toujours de la chirurgie en plein air. C’est pourquoi le D1' Mac Callan dut abandonner momentanément sa clinique automobile en juillet alors qu’il passait à Damiette et soigner sa clientèle à l’hôpital du gouvernement. La vbite s’opérait rapidement, car plus de 200 patients attendaient quotidiennement l’ophtalmologiste, rangés le long du mur de l'établissement. Un docteur indigène passait ensuite devant celte longue théorie signalant les cinquante cas les [tins urgents et renvoyant les autres au lendemain.
- Une lois le soleil redevenu moins ardent, le diligent praticien reprit son ophtalmoscope et ses autres instruments, non sans avoir organisé une deuxième roulotte médicale qu’il envoya à Calioub dans la Basse-Egypte. Actuellement, comme nous l’apprend une information de notre excellent confrère le (.aducée, l’hôpital ambulant que dirige personnellement le Dr Mac Callan se trouve dans la merveilleuse oasis
- de Medina-el-Fayoum et, au cours de l’année dernière, 18 945 Égyptiens y sont accourus pour se faire soigner, qui une conjonctivite, qui une iritis ou une blépharite, qui une cataracte ou un glaucome.
- D’autres hôpitaux automobiles sont en voie de formation et cette institution a reçu sa consécration officielle par la visite de Lord Cramer, le représentant de l’Angleterre en Égypte.
- Jacques Boyer.
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- LA NATURE
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- GRAVURE SUR BOIS AU BURIN ET A LA MACHINE
- Fi". 1. — Manœuvre du burin à la main, et manœuvre de la machine à graver.
- Nous avons expliqué jadis ici les procédés de gravure chimique qu’on appelle photogravure, à cause
- Fig. 2. — Ensemble de la machine et détail du chariot porte-burin.
- de la part importante qu’y prend la photographie; ces procédés, grâce à leur bon marché, occupent une
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- LA NATURE.
- place considérable dans 1 impression moderne. Mais, pour qu'ils donnent, d'assez bons résultats, il est essentiel qu’on leur confie à reproduire un document qui ne demande aucune interprétation, une photographie qui n’ait pas besoin d’étre retouchée, et qui soit même tout à fait lionne, si l’on ne veut pas finalement se trouver en face d’un cliché déplo-rablement « mou », et sans valeur. D’ailleurs, qu’on n’oublie pas que, dans les gravures par photogravure, il n’y a jamais de blancs absolus, et que l’énergie des contrastes manque.
- Aussi la gravure sur bois existe-t-elle en meme temps que la photogravure, comme on peut s’en convaincre en examinant ce journal (bien qu’elle coûte sensiblement plus cher en moyenne) ; elle seule permet des effets vraiment artistiques quand il y a lieu; elle seule permet au graveur, doublé d’un dessinateur, d’interpréter les documents qu’il a entre les mains ; elle seule donne les valeurs relatives, les noirs ou les blancs intenses avec toutes les dégradations possibles.
- Toutefois, il faut dire que, tout comme la photogravure, elle fournit un cliché en relief, c’est-à-dire où les traits qui doivent venir en noir dans le tirage sont en relief dans le cliché, de façon que l’encre s’y dépose au moment de l’encrage, pour se reporter ensuite sur le papier; au contraire, les parties qui doivent demeurer blanches, sans encre, sur le papier et dans la gravure tirée, sont entaillées en creux dans le cliché, dans le bois, puisque ce cliché se grave sur du bois; les noirs absolus correspondent donc à une surface laissée intacte et plaine, les blancs purs à un creux et à une absence complète d’encre, tandis que les demi-teintes diverses résultent de traits noirs plus ou moins minces ou plus ou moins larges, plus ou moins éloignés ou rapprochés. L’œuvre du graveur consiste donc à enlever le bois partout où l’on veut que l’encre ne prenne pas, et à ménager dans la surface du bois les traits, les contours divers et plus ou moins compliqués du dessin : lequel dessin est fait directement sur le bois préparé en conséquence, ou photographié s’il s’agit du dessin d’un artiste que le graveur doit reproduire. Le bois employé est généralement du buis, qui est particulièrement compact et dur, et qui se travaille à « bois debout » ; il est rare qu’on emploie du poirier, qui a pourtant cet avantage de coûter beaucoup moins cher; les instruments dont se sert le graveur, et qu’il tient à la main suivant une technique assez difficile à posséder, sont le burin et l’échoppe, lé premier étant une sorte de lame à section quadrangulaire, taillée obliquement de manière à former un losange et à attaquer le bois par un de ses angles aigus. L’échoppe sert à creuser de larges blancs, tandis que le burin, qui varie du reste de forme suivant l’angle que présente le biseau, trace les « tailles » plus ou moins fines pour laisser les reliefs, plus ou moins larges et plus ou moins rapprochés, qui donneront au tirage les valeurs et l’appparence voulues parle dessin. C’est précisément
- une des difficultés du métier de graveur sur bois, de disposer et de combiner les tailles pour arriver à ce que le tirage du cliché reproduise finalement l’effet voulu. Nous ne pouvons insister sur les dispositions diverses imaginées dans ce but : quelques-unes sont devenues classiques par la pratique, et en tout cas nos lecteurs pourront essayer de juger des procédés employés en la matière, en examinant de près les innombrables gravures sur bois que contient La Nature dans ses numéros successifs. Nous ferons remarquer seulement que, surtout dans les dessins techniques, qui sont plus réguliers dans leurs effets et leurs valeurs, bien souvent les tailles peuvent être menées parallèlement sur une assez grande longueur, tout simplement parce que les tons de meme valeur s’étendent sur une surface relativement grande, que les dégradés se font sans imprévu. Et l’on comprend que, dans ces cas, le graveur pourra obtenir des traits noirs minces dans la gravure tirée, en traçant parallèlement, ainsi que nous le disions, de larges tailles qui arriveront à voisiner de très près en ne laissant entre’elles qu’un mince filet de bois épargné, ce qui donnera une teinte claire sur le tirage. On pourra tout aussi bien tracer parallèle-lement des tailles peu larges et plus profondes, s’il s’agit de laisser à la surface du bois de gros filets de bois en relief, devant venir par l’impression sous l’apparence de gros traits. Et ces tailles peuvent se faire soit toutes droites, soit ondulées, pour traduire tel ou tel effet, soit concentriques, pour les ombres de corps sphériques, soit concourantes en cène pour les ombres d’un objet affectant cette forme.
- C’est justement cette régularité de certaines tailles qui a donné l’idée de la gravure à la machine, pour les gravures d’ordre technique, et pour les parties de gravure où le burin, la pointe comme on dit parfois, n’a pas à suivre des contours fantaisistes. Et nous voudrions précisément décrire une de ces machines à graver, dont les résultats sont des plus curieux, et qui constitue véritablement un mécanisme intéressant en même temps que fort utile. L’outil qu’elle dirige et fait agir sur ou plus exactement dans le bois, c’est bien encore le burin, ou les divers types de burins; mais elle assure mécaniquement leur enfoncement plus ou moins marqué et parfois graduel, ou au contraire leur relèvement, et leur fait tracer à volonté soit des sillons concourant ou circulaires, soit des ondulations variables.
- La machine que nous mettons sous les yeux du lecteur comprend tout d’abord un plateau circulaire sur lequel le bois à graver se fixe suivant les procédés classiques, au moyen d’écrous glissant et s’immobilisant au point voulu dans des chemins creusés dans le métal du plateau; dans les figures que nous donnons, un bloc de bois est en place, et c’est sur ce bois que va être amené à tracer ses tailles le burin que l’on voit en B, et qui est fixé par une vis à molettes à la hauteur et suivant l’inclinaison voulues, de façon qu’il s’enfonce dans le bois à la profondeur convenable relativement, à l’écartement et à la lar-
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- geur dos laillos, Au reste, lo graveur possède un moyen absolumenl exact, de régler constamment, cl par conséquent de faire varier cet enfoncement : c’est la vis molotée horizontale V, que l’on lait tourner à la main en lace d’un doigt indicateur, qui révèli* immédiatement à quelle profondeur le burin pénétrera dès qu’on le mettra en mouvement. Au-dessus de la.vis V, est un cylindre métallique qui fait simplement office de poids pour lester le burin, l'obliger à entrer dans le bois, burin et vis sont on réalité solidaires d’une monture en fonte M, qui os! vissée et rattachée de façon fixe à une sorte de chariot très simple composé d’une plaque métallique allongée glissant sur des glissières cl : du moment où le chariot glissera de gauche à droite, immédiatement le burin sera entraîné de même et mordra le bois en y creusant son sillon. Quant à l'entraînement, il est assuré à la main par la manivelle Mm que tourne le graveur de la main droite : celte manivelle porte sur son axe une petite roue à empreintes peu profondes, qui viennent en prise avec les filetages d’uni* vis sans fin couchée à la partie supérieure du chariot, dont elle est naturellement solidaire, (lotie disposition assure une commande très effective, mais très douce, d’autant qu’en fait le burin se trouve relié au chariot d’entraînement avec intermédiaire de ressort. C’est même ce ressort qui fait que, dans le mouvement de recul, quand on veut ramener le burin en arrière pour commencer une autre taille sans qu’il louche le moins du monde la surface du bois, le chariot parcourt d’abord à vide, si l’on peut dire, un certain chemin, assez court, de manière que le plan incliné pl vienne soulever une vis dont est solidaire le poids du burin, ce qui permet à celui-ci de se relever sans plus toucher le bois : le mouvement de recul peut alors se faire sous l’influence de la rotation de la manivelle Mn en sens arrière. Sans doute, quand le graveur entame une taille, il faut qu’il soulève le burin pour le laisser retomber exactement au point où cette taille doit commencer, et il est nécessaire qu’il s’arrête à point nommé de tourner la manivelle pour arrêter burin et taille là où le veut le dessin à graver; mais, avec un peu d’attention, on atteint aisément ce résultat, et la taille se trace avec une rapidité surprenante, sans cet effort pénible qu’exige la gravure à la main.
- Naturellement il a fallu prévoir un dispositif assurant l’écartement convenable des tailles successives, et, dans ce but, le plateau (qui peut tourner sur lui-même, mais qui est normalement immobilisé par un arrêt à levier, se trouve monté sur un châssis Cha, qui est traversé par une vis sans fin Ys; cette vis peut être mise en rotation au moyen du rochet Ro, qui la fera tourner d’une quantité quelconque suivant la position donnée au préalable au levier du rochet, et par suite avancer le chariot et le plateau d’une longueur variable : ce sera l’écartement que l’on entend donner aux tailles, d’après la technique que doit posséder parfaitement le graveur. Et
- quand alors on remettra en mouvement la manivelle Mn, et que le plan incliné pl se retirera en laissant porter le burin sur le bois pour qu’il commence sa nouvelle taille, celle-ci se fera à point nommé. Disons tout de suite qu’un petit artifice ingénieux permet de tracer des tailles perdant de leur profondeur, et par suite de leur largeur, au fur et; à mesure que chemine le burin : on fixe sur le bâti de la machine, et notamment au moyen de la vis et du logement qu’on voit en Y, un parallélogramme articulé que nous n’avons pas voulu faire voir monté pour plus de simplicité, et dont une des branches vient se fixer au bout de cette lige métallique ti qui, dans des circonstances diverses, sert au graveur à relever à la main le burin; au fur et à mesure que chemine le chariot, un des bras du parallélogramme soulève le bout de //, qui s’éloigne et fait tourner la roue moletée, si bien que le burin est peu à peu relevé jusqu’à ne plus toucher le bois.
- Pour graver des tailles circulaires, on déverrouille le plateau, ce qui lui permet de prendre un mouvement de rotation ; on fixe le bois au point le plus convenable par rapport au centre des courbes que l’on veut tracer, et l’on fait tournera la main le plateau sous le burin. Pour tracer des tailles concourantes, formant des ombres coniques, le bois est monté sur le plateau de manière que le point où doivent aboutir toutes ces tailles concourantes soit au centre du plateau, et il suffira de faire tourner successivement celui-ci d’une portion de tour plus ou moins faible pour tracer des traits également écartés les uns des autres à leur point de départ et aboutissant au point choisi comme sommet du cône; cette fois la rotation du plateau (toujours sollicité par un ressort antagoniste), se fait par l’intermédiaire d’une petite transmission à rochet ro, qui actionne le pourtour du plateau par une vis sans fin, et qu’on règle suivant le besoin, suivant l’angle dont on veut faire tourner le plateau. Un détail encore, avant de finir, sur cette machine si intéressante. Nous avons dit qu’elle trace des ondulations : en effet, en On, est un cylindre de cuivre dont la surface est lisse suivant certaines génératrices, et au contraire présente des ondulations en creux suivant d’autres ; et comme la monture porte-burin est toujours en contact avec ce cylindre dans son déplacement, si on tourne le cylindre (qui est mobile sur son axe), suivant que se présente sous le passage de cette monture telle ou telle surface plus ou moins ondulée, le burin gravera une taille dont les ondulations seront elles-mêmes plus ou moins marquées. Ajoutons qu’en traitant d’abord la surface du bois par des ondulations, puis en traçant des tailles droites, on obtient des effets de moirés curieux.
- Sans doute, il faut toujours l’intervention directe de la main du graveur pour les tracés compliqués et irréguliers, mais cette machine simplifie étrangement la gravure sur bois et la rend moins coûteuse en la faisant plus rapide. Henri Rougeois.
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- LA NATURE.
- TÉLÉPHONIE AUTOMATIQUE
- appareil à paiement préalable1
- Les appareils téléphoniques à paiement préalable ne jouissent pas d’une excellente réputation en France. Je ne vous dirai pas pourquoi, ce serait trop long. Toujours est-il que depuis l’expérience malheureuse du système de L., installé pendant l’Exposition de 1900 au bureau central de l’avenue Rapp, nous n’avons plus entendu parler d’essais analogues. Cependant la question n’est pas enterrée, puisque dans certaines villes de Suisse : Râle, Zurich, Lucerne, Rerne, Winterthur, les abonnés peuvent, en versant dix centimes dans leur appareil, recevoir en échange1
- passe. Le bras de ce levier repose sur un contact l relié à la terre par Z et E; l’extrémité /‘de l’enroulement de l’inducteur J se trouve donc aussitôt en communication avec le sol, mais l’autre extrémité de cet enroulement reste en communication avec la ligne a aussi longtemps que le récepteur téléphonique de gauche est suspendu à son crochet; on voit de suite qu’en donnant deux ou trois tours de manivelle à l’inducteur on appellera la station centrale.
- Pour converser il sullira alors de mettre les appareils dans le circuit en décrochant le récepteur de
- Fi”'. 1. — Poste de téléphone automatique.
- — I t t t- - h
- çU
- Schéma dns communications électriques du téléphone automatique.
- une communication qui est donnée par la téléphoniste du bureau central.
- Cet appareil est représenté par notre première figure. Si l’on met une pièce de 10 centimes dans l’ouverture que l’on voit en haut et à droite, cette pièce suit une glissière G (fig. 3 et 4) et tombe dans une sorte de godet À, faisant suite à la glissière, et monté sur un levier C mobile autour de son axe et prolongé par un contrepoids. La pièce fait basculer ce godet qui vient prendre la position A'. Laissons-le un instant dans cette position et voyons ce qui se
- 1 D’après tes documents qui nous ont été aimablement communiqués par M. b. Yanoni, du Journal télégraphique, à Berne.
- gauche. Mais la tige 13 de la fourchette, dans son mouvement de descente que régularise un frein à air P (fig. 3) agit sur un petit levier l (fig. 5 et 4) qui bascule et découvre le fond du godet À où attend toujours la pièce de monnaie; celle-ci tombe donc au moment où l’opérateur prend à la main l’appareil récepteur pour demander le numéro ou le nom de son correspondant à la téléphoniste. Le godet, débarrassé de sa charge momentanée, reprend sa position normale; le contact électrique est rompu en t, mais il s’en établit un autre en m avec la ligne par l’intermédiaire d’un électro-aimant dont nous verrons plus loin l’usage.
- Un appareil de ce genre est évidemment très
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- intéressant puisqu’il n’exige d’autre manœuvre supplémentaire que l’introduction préalable d’une pièce de monnaie; mais une objection vient de suite à l’esprit : si, pour une cause quelconque — non réponse, pas libre — la communication ne peut être donnée? Dans ce cas l’appareil rend l’argent. Voici comment.
- lin sortant du godet À, la pièce de monnaie est tombée dans une glissière verticale G' (fig. 5 et 4)
- Caisse
- Fig'. 5. — Coupe longitudinale de l’appareil automatique.
- se terminant par deux autres glissières qui se dirigent : l’une vers la caisse, l’autre vers une petite soucoupe placée hors de l’appareil. Au moment où la pièce s’apprête à s’engager dans l’une ou l’autre de ces deux canalisations elle est retenue par un crochet c et une goupille d. La goupille est solidaire. de l’armature d’un électro-aimant 1) (lig. 2) et le crochet c termine une longue tige T mobile autour d’un axe i. On comprend de suite que si l’armature de l’électro-aimant est attirée la pièce d s’éloignera et laissera tomber la pièce de 10 centimes dans le canal s qui la conduira dehors où elle sera reprise par son possesseur. Pour obtenir ce résultat la personne intéressée n’aura qu’à appuyer sur le bouton F (fig. 2) fixé sur la boîte de l’appareil ; elle mettra ainsi les deux fils de ligne en communication avec l’électro D dont la sortie est reliée en permanence avec la terre. La téléphoniste du bureau central appuiera à son tour sur le bouton O et enverra sur les deux fils à la fois le courant de la
- pile M. L’électro D accomplira alors la restitution demandée. Ajoutons encore que ce courant agit en même temps sur un électro N du bureau central, ce qui indique à la téléphoniste que la pièce de monnaie est rendue.
- Mais lorsque la communication a été établie la taxe est acquise et cependant la pièce de monnaie reste toujours eu suspens dans sa glissière jusqu’à ce qu’une nouvelle communication soit demandée. Que se passe-t-il alors? En basculant une seconde Ibis, sous l’action d’un second versement, le godet A entraîne, par l’intermédiaire d’un petit levier q qui fait corps avec lui, une pièce n disposée à mi-h auteur du levier T et (jui occupe alors la position indiquée dans notre figure o. Lorsque la personne enlèvera le récepteur de la fourche pour parler à la station centrale, le bras D viendra d’abord frapper contre cette pièce n avant d’atteindre le petit levier / qui produit l’ouverture du godet; la tige T sera poussée vers la droite et le crochet c découvrira la glissière U par laquelle la pièce tombera dans la caisse. Le décime qui aura produit ce résultat se trouvera, un instant après, arrêté dans sa chute par les deux mêmes obstacles c et d. Ce procédé est réellement très ingénieux.
- La manœuvre des appareils téléphoniques est encore trop peu vulgarisée pour que personne n’ou-
- Fig. 4. — Coupe transversale de l'appareil automatique.
- blie de donner le signal de fin de conversation. 11 était important de prévoir cet oubli, car l’introduction d’une taxe serait alors sans effet, l’annonciateur d’appel étant hors circuit. Tout courant envoyé sur la ligne actionnerait seulement l’annonciateur de « fin », c’est-à-dire que la communication précédente serait seulement rompue.
- Pour éviter tout ennui de ce côté l’inventeur a imaginé d’obturer l’entrée des pièces de monnaie
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- LA NATURE.
- entre le moment où la pièce est introduite et celui où le signal de tin de communication est donné. On voit, sur noire schéma des communications électriques (lig. 2), ([ne le bras 0 du godet établit, en meme temps qu’un contact avec O un second contact avec lr, un circuit local constitué par la pile du microphone et par un électro-aimant 11 se trouve ainsi fermé. J,'armature de cet éleclro 11 est donc attirée et elle soulève une lame (j dont la partie supérieure ferme l’ouverture U de la glissière G. L’extrémité inférieure de cette lame est, en même temps, engagée contre la tète d’un ressort r; la lame demeure donc dans cette position tant (pie le ressort n’a pas été déplacé.
- Mais un autre électro-aimant, K, sollicite également celle armature; il obéit au signal de lin de conversation et attire l'armature dans le sens opposé à l’éleclro II ; le ressort r est repoussé, la pièce (j tombe et l'ouverture U se démasque. Si donc on trouve fermée l’entrée de la pièce, il suffira de donner deux ou trois tours de manivelle qui constitueront le signal de « tin » oublié par le prédécesseur, et l’appareil sera prêt à fonctionner une seconde fois.
- Ajoutons encore pour calmer les susceptibilités des administrations — qui ont horreur des pièces fausses — que le fond de la glissière G est évidé sur un certain parcours d’une largeur presque égale à celle d’une pièce de dix centimes; de sorte que toute pièce d’un diamètre légèrement inférieur serait immédiatement expulsée hors de l’appareil.
- On remarquera (pie ce système de téléphonie automatique ne comporte aucun dispositif destiné à mesurer la durée des conversations. 11 a été combiné, en effet, par et pour l’administration suisse. En Suisse la durée des conversations est fixée à trois minutes, et cette règle est suivie partout où la cabine publique est confiée à la surveillance d’une personne qui inscrit les conversations, encaisse les taxes, et reçoit comme indemnité 5 centimes par conversation. Mais comme les stations automatiques ne comportent pas de surveillant et que l’encaissement des taxes se fait par l’appareil lui-même, les 10 centimes restent acquis en entier à l’administration qui, dans ce cas spécial, renonce au contrôle et à la limitation de la durée des conversations.
- Un tel système serait impraticable en France, mais chez nos voisins, il fonctionne à merveille et l’administration n’a jamais eu à répondre à des réclamations motivées par des abus. Lucien Fou h ni ion
- CORROSION ET NETTOYAGE
- d’antiquités métalliques
- Dans un des derniers numéros du Bulletin de la Société Chimique, on trouve relaté un travail, de M. Lebelieu qui cite un certain nombre de faits intéressants ayant trait à la corrosion des métaux. Lorsqu’on expose à l’air humide un mélange de chlorure de sodium
- et de tournure de fer, magnésium, plomb, zinc et cuivre, on constate une attaque rapide de ces métaux qui sont transformés, sauf dans le cas du fer, en un mélange de chlorures, d’oxydes et de carbonates basiques. Dans les mêmes conditions, l’élain, le nickel et l’aluminium présentent une résistance beaucoup [dus grande.
- Un revanche, le fer n’est pas attaqué par l’eau renfermant de l’air en dissolution, pourvu qu’on ait éliminé l’acide carbonique; en conséquence, les solutions de potasse, de borax, de phosphate disodique aident à la conservation du métal; il en est de même du ferricya-nurc de potassium. Mais si, à celte dernière solution, on ajoute du chlorure de sodium, la surface du fer bleuit instantanément; et en prolongeant l’attaque, on obtient un dépôt de petits filaments creux, bleu foncé.
- L’auteur recommande l’emploi de zinc et de soude pour décaper les objets rouillés ; on met à nu le métal en quelques points en le limant, puis on entoure l’objet de bandes de zinc, et on plonge le tout dans la lessive de soude à 5 pour 100. Au bout de 24 heures, le décapage est complet, on lave à l’eau, à l’alcool, on sèche et on enduit de paraffine dissoute dans du pétrole. Il y a là, comme on le voit, un mode opératoire assez simple qui pourra sans doute être mis à profit par plusieurs de nos lecteurs. A. II.
- GAZ DISSOUS DANS LES MINÉRAUX
- Lin grand nombre de minéraux chauffés, après pulvérisation, à une haute température, laissent dégager uni' certaine quantité de gaz, dont les uns préexistent tandis que les autres se forment par suite de réactions secon • claires. Le phénomène a été étudié par un auteur allemand, M. llüttern, qui chauffe les minéraux pulvérisés dans un tube de porcelaine vers 800-850°, l’air de l’appareil ayant été préalablement chassé par l’acide carbonique sec. Les gaz dégagés sont entraînés par un courant du môme gaz et analysés.
- On trouve généralement dans ces gaz de l’oxyde de carbone et de l’hydrogène, qui, d’après l’auteur, se formeraient en chauffant dans l’acide carbonique des minéra^v contenant de l’eau ; l’hydrogène proviendrait aussi de faction de corps réducteurs, tels que les combinaisons ferreuses ou mangancuses, contenus dans les minéraux, sur la vapeur d’eau.
- La quantité de gaz fourni par les différents minéraux est très variable. Avec certains d’eux, comme la gado-linile, elle atteint jusqu’à 25 fois le volume primitif du minéral. Les proportions relatives d’azote, cl’oxyde de carbone et d’hydrogène dans les gaz dégagés sont également très variables. La présence de l’oxygène dans ces gaz est assez rare. A. II.
- V
- CHRONIQUE
- La Trempe de l’or, de l’argent et du cuivre.
- — Nous donnons la nouvelle telle qu’elle nous arrive par la publication Work, et sans pouvoir en répondre personnellement. Un M. Z. F. Yaughn, de Los Angeles, en Californie, aurait trouvé un moyen d’obtenir une trempe parfaite des métaux ductiles en général ; et particulièrement de l’or, de l’argent et du cuivre, pour lesquels son procédé donnerait de la dureté en augmentant l’homogénéité et la densité. Le tranchant fait d’un métal ainsi traité
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- LA NATURE.
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- serait plus aigu que celui d’une lame d’acier, et sérail également plus durable. l/inventeur s’est mis à fabriquer des instruments de chirurgie en or trempé, spécialement des aiguilles hypodermiques, et les médecins et chirurgiens qui s’en sont servis les apprécieraient grandement notamment à cause de la facilité avec laquelle on peut les stériliser et de l’impossibilité où ils sont de se corroder. Les aiguilles en particulier pénètrent dans les tissus avec une aisance remarquable. Pour le cuivre trempé suivant sa méthode (qui paraît résider dans le liquide, la solution qu’il emploie), il en aurait fait des ressorts non sujets à celle cristallisation qui se produit dans l’acier sous l’influence des vibrations répétées ; ces ressorts auraient, en outre, plus d’élasticité et de force que les ressorts d’acier. La densité que prendrait le cuivre trempé et le poli qu’on pourrait en conséquence lui donner, recommanderaient son usage pour des coussinets, où le frottement serait tout à fait négligeable et la surchauffe à peu près impossible.
- Ce qu’a coûté le port d’Anvers. — Nous ne pouvons donner que les dépenses faites pour l’aménager, de 1850 à l’époque présente, la somme est déjà fort ronde. Durant celte période, l’Etat a consacré 127 millions et demi à cet établissement maritime, et la Ville, de son côté, a fourni une somme également considérable de 80 millions de francs. Cela fait un joli total; et cependant comme, un port doit continuellement se transformer pour se tenir à la hauteur des besoins du commerce et des transformations de la navigation maritime, on a engagé assez récemment des travaux nouveaux qui entraîneront une dépense de 50 millions pour le budget* de l’Etat et de 15 pour celui de la Ville.
- L’industrie des conserves alimentaires en Espagne. — La loi nouvelle votée pour empêcher partiellement la concurrence que font les conserves espagnoles, particulièrement de sardines, aux produits analogues français, est venue attirer l’attention sur l’importance prise par cette industrie chez nos voisins, dont le développement industriel général est si faible. Les usines qui se livrent à celte fabrication dans la péninsule sont au Nombre de 270 environ, dont 150 à peu*près se consacrent aux sardines, tandis que les autres traitent les fruits et les légumes. Ces dernières se trouvent plutôt à Majorque et à Logrono, dans le district de la Rioja, l’industrie des sardines étant localisée dans le nord-ouest, dans les environs de Vigo. On affirme que la valeur des sardines en conserve exportées par l’Espagne approche bien près de 60 millions de francs! En tout cas, les usines diverses de la Péninsule dépensent annuellement 10 millions pour l’achat des légumes à traiter, 14 millions pour les sardines, 15 millions en huile, autant en salaires et enfin 18 en feuilles de fer-blanc ou en soudure.
- La culture de l’écorce de quinquina. — Un
- savant anglais, M. David Howard, vient de publier assez récemment une intéressante étude sur la culture du quinquina. La quinine et les alcaloïdes de cette famille se rencontrent dans le quinquina croissant sur le versant est des Andes. On rapporte que l’écorce de quinquina fut introduite en Europe vers 1658 par la femme du gouverneur, comte de Cinchon, qui fut guérie des fièvres par ce médicament. Un Portugais,. Gomès, isola la cinchonine en 1816 et Pelletier et Caventou en 1820 y découvrirent la quinine. La culture du quinquina fut introduite dans les Indes, après de grandes difficultés, les indigènes des Andes interdisant l’exportation de ces plantes fraîches ou
- de leurs semences sous peine de mort. De là, la culture s’étendit à Cevlan, à Java et aux îles hollandaises voisines. Dans le quinquina, l’écorce seule contient des alcaloïdes et celle de la racine est plus riche que celle qui dépen des parties aériennes. On est arrivé par la culture à avoir des écorces contenant plus de 10 pour 100 d’alcaloïdes. Comme le bois est sans usage, on pratique des incisions et on enlève l’écorce par lanières sans toucher au cambium; la partie ainsi inutilisée se cicatrise et l’écorce se reforme rapidement. Cette nouvelle écorce est plus riche que l’ancienne. La production de java atteint jusqu’à 12 millions de livres d’écorces par an.
- Le bureau de télégraphie privé de Berlin. —
- La ville de Berlin, où a existé pendant bien longtemps une poste privée qui n’est disparue que depuis peu, possède maintenant, grâce à la puissante maison Siemens llalske, un bureau de télégraphie privée, relié aux domiciles d’un certain nombre d’abonnés pouvant communiquer soit avec ce bureau central, soit avec leurs coabonnés. L’essentiel est naturellement de mettre entre les mains de chaque abonné un appareil manipulateur, un transmetteur ne nécessitant qu’un apprentissage facile et une manœuvre très simple : on a adopté une sorte de machine à écrire télégraphique, qui sert du reste également de récepteur, et qui comporte 28 touches; les télégrammes sont reçus en lettres ordinaires, tout comme ils sont expédiés. Chaque touche de la machine actionne une lige à mouvement vertical, pourvue d’un ressort antagoniste, qui ramène cette louche à sa position normale dès qu’on cesse d’y appuyer. Sans insister sur le dispositif électrique, qui ressemble du reste à beaucoup de systèmes analogues, nous dirons que les roues des caractères du transmetteur et du récepteur sont immobilisées simultanément sur la même lettre, qui se trouve ensuite imprimée sur un papier, grâce à l’action d’un électro. La puissance motrice nécessaire au mouvement de la roue de caractères, est fournie par un petit moteur recevant son courant d’une batterie d’accumulateurs installée chez l’abonné, et qui donne aussi le courant de transmission agissant sur les électros,, et laissant échapper d’une dent la roue des caractères, ou appuyant le papier au moment voulu.
- Le bureau-central, qui a pour mission de relier les abonnés qui le demandent, et qui peut aussi leur télégraphier des dépêches individuelles ou des dépêches communes, est installé tout à fait comme un bureau central téléphonique. On y utilise les commutateurs avec jacks, cordons et clapets; chaque abonné est relié à un jack. Les communications entre abonnés s’établissent à i’aide de fiches; la fin des communications est indiquée par un galvanoscope. Tout est simplement combiné et semble rendre de réels services.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 septembre 1906.
- Présidence de M. Chauveau.
- L’existence du contralizé. — M. Mascarl présente une Note de MM. Teisserenc de Bort et Rotch relative à l’existence du contralizé dans l’Atlantique. Ils ont, dans une précédente exploration, étudié les hautes régions de l’atmosphère dans la partie de l’Atlantique s’étendant jusqu’aux
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- LA NATURE.
- Açores; ils ( viennent cette année d'employer les ballons cerfs-volants dans le même but ; leurs recherches ont porté sur une aire plus étendue, car elle descend jusqu’à l’île de l’Ascension qui est située dans l’hémisphère australe, vers le 8e degré de latitude. Les constatations qu’ils ont opérées les conduisent à affirmer de nouveau l’existence du contralizé. De plus, les lectures faites sur les thermomètres portés par les cerfs-volants ont fourni sur la haute atmosphère de la région équatoriale des données précieuses; elles ont montré notamment qu’à partir d’une certaine hauteur, la température est la même au-dessus de cette région qu’au-dessus de la zone tempérée.
- Cn. de Yilledeuie.
- & .
- LE TRAVAIL DU VENT AU CAP BLANC
- Les résultats généraux de la mission Gruvel ont été exposés ici même (n° 1705, p. 129). Nous n’y reviendrons pas.
- Mais il m’a paru intéressant d’extraire du rapport de la mission1 quelques données concernant la géologie de la région et plus particulièrement les phénomènes actuels d’érosion vraisemblablement
- éolienne. M. Gruvel a bien voulu me fournir à ce sujet quelques renseignements inédits et m’autoriser à extraire de son ouvrage si bien documenté la ligure ci-dessus. La presqu’île du cap Blanc est bordée de falaises hautes d’une trentaine de mètres, qui vont en s’abaissant au nord, à mesure qu’on s’avance vers le fond de la baie du Lévrier. On trouve alors des monticules de sable plus ou moins élevés, avec quelques dunes qui barrent l’horizon. Généralement, au nord de chaque monticule, se trouve une touffe de plantes, salicornes ou autres, qui constitue un abri derrière lequel le sable s’accumule de plus en plus. La touffe grossit, le monticule de sable la suit dans sa progression, et finalement il s’est formé une petite dune.
- Les falaises, qui occupent même l’intérieur de la presqu’île, sont entièrement gréseuses, tantôt en lames schistoïdes plus ou moins horizontales, parfois redressées, tantôt à ciment calcaire plus abondant et alors à texture grenue. On y trouve des
- 1 A. Gruvel et A. Bouyat. Les pêcheries de la côte occidentale d’Afrique. Paris. Challamel, 1906, in-8°, 280 p.,3 cartes et 21 planches.
- llelix fossiles qui son! cn ce moment à l’élude. Sous l’action des vents violents qui régnent parfois, il se produit peu à peu des érosions extrêmement curieuses. Le vent chargé de sable use les blocs gréseux et découpe des sortes de champignons, qui atteignent jusqu’à 8 mètres de hauteur1. Le vent et le sable les corrodent de plus en plus sur les bords, de façon à laisser à la partie supérieure un plateau qui est relié au sol par un pédoncule de forme plus ou moins régulièrement conique, dont la partie la plus étroite est, ordinairement, située à égale distance de la base et du sommet. L’usure s’accentuant, la partie supérieure finit elle-même par s’écrouler. Les falaises sont aussi corrodées par les vents, percées de trous de formes variables, parfois curieuses, ce qui leur donne l’aspect d’une véritable dentelle.
- Entre ces falaises se trouvent des dépressions qui sont comblées de sable fin souvent très coquiller ;
- les arches y dominent, on y rencontre également des Murex, des Cardium, des lurritellesjdescé-rilhes, des fuseaux. Notons enfin que sur toute la côte de Mauritanie s’échelonnent de nombreuses salines naturelles situées entre les dunes. L’eau de mer s’y introduit aux fortes marées et grâce à l’intensité de l’évaporation elle a tôt fait de déposer une couche de sel à gros cristaux, de 5 centimètres d’épaisseur en moyenne. Des sondages, pratiqués dans la saline de Marsa, ont montré une succession de couches de sel et de vase tout à fait comparable à ce qu’on observe dans les mines de sel gemme. Ces salines ont donc un grand intérêt parce quelles permettent de comprendre le mode de formation des dépôts géologiques de sel. Elles cn ont un autre, au point de vue pratique. En effet, les expériences de M. Gruvel et de ses compagnons ont montré que ce sel, quoique légèrement souillé par des particules terreuses, notamment par de l’oxyde de fer apporté par le vent du désert, peut parfaitement être utilisé pour la conservation du poisson. Dr L. Laloy.
- 1 Sur l’action érodante du vent, voir E. Philippt, U cher Windwirliungen, Zeitschrift der deutsehen geologischen Gesellschaft, LYI, 3, 1904, p. 04-67. . . .
- Le Gérant : P. Mâssox.
- Paris. — Ihiprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- Champignons de grès sculptés par le vent.
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- N° 1741. — 6 OCTOBRE 1906.
- LA NATURE.
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- L’AEROPLANE- SANT0S=DUM0NT
- La navigation aerienne au moyen des ballons est arrivée aujourd’hui à un résultat que l’on peut considérer comme déjà important, avec les dirigeables de M. San-los Dumont, avec surtout les voyages accomplis par le Jaune que MM. Lebaudy ont offert à notre armée; mais il ne faut pas se dissimuler qu’on est encore loin de la solution . définitive. Le champ des recherches reste ouvert aussi bien aux partisans du ballon qu’à ceux de la machine volante. Pour ces derniers la journée du 13 septembre 1900 sera désormais historique, car, pour la première lois, un homme s’est élevé dans
- cès, en Amérique ; mais les renseignements précis sur les résultats obtenus publiquement font défaut. Nous avons pu constater de visu, et trois cents personnes ont ipu le faire avec nous, que sur la pelouse de Bagatelle, au Bois de Boulogne, M. Santos Dumont s’est soulevé à environ 1 m. de terre sur un espace de 7 à 8 m. C’est bien peu évi-
- 1. La nacelle, le moteur et le tricycle
- 3. Vue d’ensemble par l’avant montrant le gouvernail.
- l’air par ses propres moyens. M. Santos Dumont, sans cesser ses travaux sur le « plus léger que l’air », fait aussi de très importantes éludes sur le « plus lourd que l’air », et c’est lui qui est parvenu à « voler » en ce jour mémorable, devant un publie nombreux. Nous croyons bien qu’en Europe c’est la première fois que le fait se produit. On a parlé dernièrement d’expériences semblables, faites même avec plus de suc-34e anuée. — 2e semestre.
- 4. L’appareil au moment oii il vole.
- (Photographies de M. Roger Aubry.)
- 2. Vue d’ensemble par l’arrière montrant l’hélice.
- demment, mais c’est suffisant pour prouver qu’on peut emporter avec soi une source d’énergie qui permet d’évoluer dans l’air.
- Son appareil est formé d’un assemblage de cerfs-volants du système Margrave, sortes de caisses légères en toile et bambou, ouvertes aux deux bouts.. Il y en a trois de chaque côté (fig. 2 et 3), et, perpendiculairement à celles-là, une plus longue qui, à son extré-mité, en supporte une autre mobile, pouvant prendre des inclinaisons diverses et faire ^ ‘ . l’office de gouvernail.
- L’ensemble a la forme d’un T ; mais, contrairement à ce que nous supposions, c’est la queue de ce T qui lorme l’avant de l’appareil-C’est au point de raccordement des branches du T que se trouvent la nacelle et le moteur à pétrole à 4 cylindres, d’une puissance de 50 chevaux, construit par M. Leva.
- 19
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- LA NATURE.
- vasseur. 11 actionne une hélice métallique, à deux branches, de 2 ni. de diamètre, placée derrière les cerfs-volants. Le tout est supporté par trois roues au moyen d’une suspension élastique (fig. 1) et l’ensemble pèse 500 kg environ, avec le voyageur; la superficie totale des surfaces horizontales est évaluée à 80 m2. En cas d’arrêt du moteur , une fois l’appareil dans l’espace, c’est donc 4 kg par mètre carré qu’il aurait à porter; ce chiffre est normal d’après les expérimentateurs compétents et, abandonné à lui-même, il tomberait doucement sur le sol, à condition qu’il soit convenablement équilibré. Ce n’est pas, croyons-nous, tout à fait le cas de l’aéroplane en question, et c’est probablement ce défaut d’équilibre qui a mis fin, un peu trop rapidement, à l’expérience du 15 septembre.
- L’hélice ayant été mise en mouvement, à une vitesse de 1000 à 1200 tours à la minute, alors que normalement elle devait en donner 1600, l’appareil fut entraîné sur ses roues à raison d’environ 50 km à l’heure, sur un espace de 200 m. ; puis, obéissant à l’inclinaison du gouvernail, il s’éleva sur la couche d’air; les deux roues d’avant quittèrent d’abord le sol, puis, quelques mètres plus loin, la troisième en faisait autant. C'est alors que, ne reposant plus par aucun point sur la terre, l’appareil, après avoir parcouru 7 à 8 m., s’inclina assez fortement en arrière; l’hélice vint rencontrer le sol et se brisa. Les roues reprirent contact avec le sol un peu brusquement, mais sans secousse dangereuse pour le voyageur. Nous avons dit plus haut que l’aéroplane avait‘été entraîné, sur le sol, à une vitesse de 50 km à l’heure par la seule action de l’hélice agissant dans l’air. A ce sujet, nous devons signaler une expérience qui avait été faite la veille par M. Ernest Àrchdeacon, président de la Commission d’aviation de l’Aéro-Club, et fondateur du prix (une Coupe d’une valeur de 2000 francs) qui doit être décerné à l’aviateur qui aura parcouru 25 m. en l’air par ses propres moyens.
- M. Archdeacon, dans le but de se rendre compte de l’action d’une hélice travaillant dans ces conditions, avait fait installer sur une motocyclette, munie d’un moteur de 6 chevaux, une hélice en aluminium de 2 m. de diamètre. Une transmission par courroie la réunit au moteur et permet de la l'aire marcher à 900 tours à la minute ; les roues de la motocyclette ne sont plus, bien entendu, motrices ni l’une, ni l’autre, et servent simplement de support. Dans ccs conditions, avec un cycliste pesant 80 kg, soit au total 150 kg, la machine fut entraînée sur une route très plate, à raison de 80 km à l’heure, alors qu’en ordre normal, sans hélice et avec la roue d’arrière motrice, la machine fait 90 km. On voit, par cette très intéressante expérience, que le rendement est presque le même dans les deux cas, on pense même qu’il devrait être supérieur avec l’hélice ; mais l’expérience doit être refaite prochainement et nous en reparlerons avec plus de détails.
- Quant aux essais de l’appareil de M. Santos Dumont, ils doivent être repris dès que les réparations et modifications reconnues nécessaires seront terminées. Pour le moment, il reste un lait acquis, c’est qu’il s’est élevé dans l’espace, sans ballon, et c’est une victoire importante pour les partisans du « plus lourd que l’air ». G. Cualmauès.
- A PROPOS
- DU CINQUANTENAIRE DES PALAFITTES
- La baisse extraordinaire des eaux du lac de Neuchâtel, a révélé, cet hiver entre Gudresin et Port-Alban, frontière lïibourgeoise, à 400 mètres de la rive, un palalitte qui couvrait 4500 mètres carrés, et qui paraît avoir été détruit par le feu. Les pilotis en chêne sont carbonisés à leur extrémité. On y a recueilli de nombreux instruments et objets de bronze, soixante-deux épingles, bracelets, etc., de la poterie et des débris d’animaux domestiques qui classent cette station lacustre dans l’âge de bronze comme contemporaine du Brolliet, près Gudresin, et de Morges.
- Nous saisissons cel te occasion de rappeler que, dans une récente conférence [le Jubilé des palafilles, 87° an. de la Soc. lielvét. des sciences naturelles à Winlerlhur, 1904) M. le professeur F. Ai Forel (de Morges) a condensé ce qui concerne le curieux sujet des palafilles. En voici le court résumé :
- Dans l’hiver de 1855, les eaux du lac de Zurich étant très basses, on exécuta divers travaux sur ses bords. A Dollikon, près de Meilen, on rencontra ainsi des bois travaillés, pilotis verticaux et poutres couchées en terre, des outils et des armes de pierre, des poteries, des ossements d’animaux. Le maître d’école de Meilen, Johannes Aeppli, apporta ces objets à la Société des Antiquaires do Zurich dont le président, le l)r Ferdinand Relier, conclut tout de suite à la preuve de l’habitation de l’homme sur les eaux mêmes, dans des maisons construites sur pilotis, et qu’il nomma Pfuhlbau. Le D' Relier ayant affirmé de toute son autorité que la trouvaille de Meilen n’était pas un fait local, on fouilla sur les rives de tous les lacs suisses, qui tous livrèrent des. ruines de palaliltes.
- Leur existence d’ailleurs était connue depuis longtemps, mais sans qu’on en comprît l’importance. M. le D1' A. Forel notamment avait souvent vu une vraie forêt de pilotis soifs 3 mètres de profondeur d’eau à Morges (lac Léman) ; et en 1825 on avait extrait là un canot en bois de chêne, considéré alors comme un bassin de fontaine, L’interprétation et l’intuition dé Relier fournirent la clef de ces trouvailles inexpliqûées et conduisirent aux récolles merveilleuses faites depuis im demi-siècle dans la vase et entre les pieux de palafittes. En 1879 on connaissait 101 palafittes en Suisse et il y en a dans tous les lacs des, Alpes.
- (( L’étude des palafittes, dit M. Forel, nos Pompéq lacustres, a fourni tous les éléments de la vie des populations antiques; on a appris à connaître leur ménage, leur alimentation, leur agriculture, leur costume, leurs; parures, leur armement, leur industrie, leurs arts, leurs mœurs ; et, en même temps, la faune cle l’époque, la' flore, la climatologie, la géologie nous ont été révélées par des déductions légitimes des faits constatés. L’âge' néolithique, l’âge du bronze, le premier âge du fer, celui-ci par les trouvailles de la Tène, nous sont mieux failli-
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- LA NATURE.
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- fiers, quant à leur histoire naturelle, que bien des périodes de l’antiquité barbare ou du moyen âge. )) 11 subsiste, il est vrai, bien des lacunes relatives à ces habitants des lacs. « Nous n’avons aucune constatation assurée de leur mode de sépulture : leurs cimetières sont douteux, et les crânes trouvés dans les palalittes étant peut-être des trophées conquis sur leurs ennemis, ne nous apprennent rien de positif sur la race des indigènes. D’autre part, nous n’avons pas un mot de leur écriture ; nous ignorons leur langue; quand je les ai appelés les Palafilteurs, mot tiré de pala/Ule de Desor, tiré lui-même en passant par l’italien palafdla de Pfahlbau de Keller, je leur ai donné un nom paléontoiogique, et non un nom de peuple appartenant à l’histoire de l’humanité. »
- Les palalittes ont grandement contribué à établir la chronologie archéologique primitive. Après Keller et avec Troyon, de Morlot, Ü. lleer, llutimeyer, Desor, (à Kobenhausen-Zurich), etc., M. le professeur Forel a été l’un des plus actifs révélateurs des palalittes. Nul n’est mieux qualifié pour en parler et son étude conclut « (pie l’ère des palalittes a été très longue ; que c’est par siècles et par dizaines de siècles qu’ont duré les diverses phases de son histoire. Et comme, avant cette ère des palalittes il y a eu les âges paléolithiques, séparés eux-mêmes des âges néolithiques par la grande « lacune archéologique )) (l’hiatus des auteurs), nous sommes obligés d’attribuer une énorme durée à ces premiers développements de l’humanité dans les époques antéhistoriques. Dans nos appréciations très générales, nous pouvons affirmer qu'entre l’homme de Thaïngen et nous, il s’est écoulé plus de dix mille ans et moins de' cent mille ans. »
- Tout ce (pii précède est bien connu : mais, pour les jeunes générations, il n’est pas inutile de rappeler le souvenir et les chiffres des études de leurs devanciers.
- Au surplus, la conclusion qui précède nous paraît un peu absolue : on sait que l’hiatus est encore un grand sujet de controverse entre les préhistoriens : beaucoup (et notamment le regretté Piette) prétendent avoir trouvé, au moins dans certains pays, des transitions formelles entre le paléolithique et le néolithique. Je partage formellement cet avis. D’autre part toute évaluation en années, même avec l’approximation de 90 pour 100 des chiffres ci-dessus, est scientifiquement impossible. A propos des fameuses peintures préhistoriques des grottes d’Altamira et de la Dordogne, qu’on tient en général pour paléolithiques, les archéologues qui s’en occupent en ce moment avec une véritable passion, n’osent plus parler que de 10 000 à 15 000 ans pour ces œuvres d’art les plus vieilles connues. Nous y reviendrons dans un prochain article. Cela nous rapproche singulièrement des simples civilisations historiques d’Égypte et de Chaldée (Tello) authentiquement datées jusqu’àplus de 4000 ans av. J.-C. Il y aurait donc tendance formelle au rajeunissement plutôt qu’au vieillissement des divers âges préhistoriques.
- De toutes manières il importe, à l’heure actuelle, de se garder des conclusions précises; il faut réagir contre les abus et les méprises causés par des classifications trop systématiques et trop généralisées; il faut proclamer surtout que les synchronismes préhistoriques n’ont pas l'universalité qu’on tend à leur prêter; il faut reconnaître qu’une foule de circonstances locales géologiques, géographiques, climatologiques, humaines mêmes, infiniment diversifiées ont pu, dans le temps et dans l’espace, faire complètement obstacle aux chronologiques unifications à outrance de certains classificateurs. N’oublions point qu’au début du xx° siècle divers autochtones arriérés de l’Océanie
- en sont encore à l’époque de la pierre, que l’âge du renne n’est pas fini en Laponie et que les Groenlandais rappelaient les mœurs des troglodytes « magdaléniens •» de la Vézôre. E.-A. Martel.
- UN DOCK FLOTTANT
- pour sous-marins
- Un nouveau type de dock lloflant vient d’être construit à Barrovv-in-Furncss, sur les chantiers maritimes Yickers-Maxim ; les essais ont donné les meilleurs résultats. Cet appareil se différencie de ses semblables par sa destination spéciale et par certains points caractéristiques qui lui sont particuliers. Les ingénieurs sont MM. Clark et Standlield.
- 11 s’agissait d’établir un dock bottant pour les sous-marins, destroyers et navires de guerre de petit tonnage, destiné à compléter l’outillage du port militaire de Portsmoulh, qui est une véritable merveille du genre. Le problème a été parfaitement résolu.
- Les appareils de levage dont l’engin dispose ont une force nominale de 1000 tonnes. C’est un destroyer, Gala, qui servit aux essais. Ce navire jauge 500 tonnes de déplacement. 11 prit le large ; le dock flottant alla le rejoindre et en vingt minutes, le destroyer lut « centré » — centered —, pris entre les deux cloisons métalliques et soulevé sur le plancher. Huit minutes après, la quille du Gala était complètement à sec, et une partie du plancher du dock apparaissait hors de l’eau.
- L’expérience fut répétée plusieurs fois. Le programme lui accordait une heure comme dorée rni-nima. A chaque reprise, les 28 minutes ne furent jamais dépassées. C’est un beau résultat.
- vVvec un dock flottant du type ordinaire de la marine anglaise, plus puissant, la dépense, pour une opération de ce genre, demeure presque la même, soit qu’il hospitalise un sous-marin léger ou un cuirassé de fort tonnage ; le déplacement et la manœuvre sont les mêmes pour un navire de 500 tonnes (pie pour une forteresse maritime de 1200 tonnes. Le « petit » dock flottant de Vickers et Maxim, en dépit de scs > dimensions fort respectables, est déjà beaucoup moins volumineux que les autres; il se déplace" donc avec plus de rapidité et de facilité.
- Le dock flottant d’Jlaslar — c’cst ainsi qu’il est officiellement désigné — se compose d’une double carcasse verticale formant deux appontements métalliques, de 65 mètres de longueur, flottant parallèlement, réunis entre eux à leur base par un plancher horizontal de 82 mètres de longueur sur une largeur de 16 mètres. La hauteur totale de l’engin, du dessous du plancher au sommet des caissons-murailles, est d'environ 9 mètres.
- Les deux appontements, qui ont o mètres de largeur, sont tout entoùrés de balustrades en fer rond supportées par des montants rivés: ils sont munis, de distance en distance, de balcons en saillie sur la mer et, à l’intérieur, d’échelles les faisant communiquer avec le plancher, ou cale sèche. Un pont
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- LA NATURE.
- tournant mobile relie les deux quartiers du chantier llottant.
- Sur le quartier de droite, appelé appontement de tribord, setrouvent la machinerie, le sémaphore, les signaux et la timonerie. Une maison métallique — tout est en acier dans celte île llottante — donne asile aux moteurs, pompes et dynamos, qui sont au rez-de-chaussée, s’il est permis de s’exprimer ainsi lorsqu’il s’agit de 9 mètres au-dessus de la mer ; les appareils électriques de commande des pompes, des valves, des vannes et des divers engins sont au premier étage, où est situé le poste de l’officier-ingénieur et de son second.
- C’est sur cet appontement que se trouve, en un
- dessert des lampes à arc et à incandescence, grâce auxquelles il est possible de faire les réparations en pleine nuit, et même de procéder à la mise en cale sèche d’un navire, après la chute du jour.
- À côté de la maison, à tribord, il y a un sémaphore, manœuvré électriquement de l’intérieur, pour correspondre, au moyen de signaux et de la télégraphie sans fil, avec la terre ou les navires du large.
- En dehors des appareils spéciaux dont nous avons parlé, le dock llottant est muni de tous les accessoires que réclament ses semblables. Son plancher est une véritable cale sèche à laquelle il ne manque absolument rien, pour asseoir le navire hospitalisé dans ses lianes et le mettre à son aise. Les ouvriers tra-
- Le lancement du dock flottant d’ilaslar.
- mot, le cerveau de l’appareil; car toutes les manœuvres — et cela constitue une innovation sérieuse — se font de cet endroit au moyen de commandes électriques. L’officier peut, de là sorte, tout diriger de son poste, en même temps qu’il suit tous les mouvements, puisque les hommes qui l’entourent, transmettent les ordres aux autres postes ou les exécutent directement par la simple manœuvre d’une poignée de commutateur.
- Sur le quai de bâbord, circulent, sur une voie ad hoc, une grue électrique et deux grues à bras permettant d’utiliser l’équipage du navire en réparation.
- De nombreux cabestans et des anneaux d’amarrages sont fixés, de distance en distance, sur les deux appontements, où s’alignent dans tous les sens de nombreux fils électriques. Une partie de ceux-ci
- vaillant aux réparations ont leurs coudées franches comme dans un véritable atelier ; ils peuvent circuler et agir librement tout autour du sous-marin, du destroyer ou du torpilleur, et ne sont pas plus gênés que s’ils opéraient dans le bassin de radoub d’un port.
- Le nouveau dock llottant va être transporté, avant peu, par un navire de guerre qui le remorquera jusqu’à son port d’attache. L’emplacement qui lui est désigné est situé près de l’hôpital maritime d’Haslar, sur le côté ouest de l’entrée du port de Portsmouth. Il sera ancré et amarré à cet endroit, dans une sorte de bassin en ciment armé, que l’on construit spécialement pour ce réparateur en pleine mer des navires de -guerre de faible tonnage.
- Will Darvillé.
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- LA NATURE.
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- CYCLES DES POMPIERS ÉTRANGERS
- Les pompiers de Londres et ceux de la plupart des villes anglaises font un usage très fréquent de la bicyclette, qu’ils emploient pour se rendre sur le lieu des sinistres signalés comme étant de peu d’importance. On rencontre souvent un ou plusieurs pompiers pédalant sur leurs cycles, la hache au côté, un cordage attaché autour de la ceinture ; quelquefois, on remarque le cylindre rouge vif de l’extincteur que le firernan .porte sur son dos, connue un sac de soldat. 11 s’agit d’un très faible
- dispositions, et arrêter le plan de combat, qu’il exécutera, sans perdre un instant, dès l’arrivée des pompes, échelles et engins divers. Il n’est pas besoin de s’étendre davantage sur l’avantage qui résulte de cette rapidité; car tout le monde sait que, dans la lutte contre le feu, les secondes sont précieuses et que le gain de quelques minutes peut souvent enrayer de grandes catastrophes.
- Les pompiers suisses et belges font également beaucoup usage de la bicyclette ; mais ce sont sûre-
- Quadricycle de M. Merryweatlier pour pompiers.
- incendie, d’un feu de cheminée, pour lequel il n’est pas nécessaire de déplacer un matériel plus important.
- Les pompiers allemands sont aussi des cyclistes très habiles.
- A Altona, près de Hambourg, ils emploient un type de- motocyclette, construit exprès pour eux, qui leur rend de grands services. Cette machine, qui est surtout utilisée par le chef de la brigade et son état-major, est munie d’un moteur de 3 chevaux. Elle transporte deux hommes avec une telle vitesse, que, grâce à cet appareil, le commandant et un sapeur peuvent arriver sur le lieu du sinistre, bien avant les appareils de secours. Le chef de la brigade peut, en conséquence, examiner la situation, prendre ses
- ment les firemen d’Angleterre, qui emploient le plus cette machine à laquelle ils font subir toutes sortes de transformations, afin d’en tirer le plus grand parti possible et lui faire répondre, dans la plus large mesure, à leurs besoins spéciaux. Dans les brigades provinciales et à la campagne, la bicyclette est utile aux pompiers encore plus que dans les villes, où les postes de secours sont généralement nombreux et rapprochés les uns des autres.
- L’ingénieur Merryweatlier, qui compte à son actif toute une série de constructions automobiles appliquées à la lutte contre l’incendie, est l’inventeur du quadricycle que représente notre gravure. Cette machine, très pratique, peut être employée dans des
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- LA NATURE.
- circon s lances lorl, nombreuses; elle permet, le transport; rapide de quatre pompiers avec des outils, des tuyaux en toile et des engins de poids légers, h une certaine distance par des chemins montants, des routes malaisées ou des voies peu entretenues, tels que les chemins ruraux ou les sentes en terre battue qui passent à travers champs. (>t appareil répond parfaitement aux besoins des Compagnies, dans les campagnes, les petites villes et les colonies. La brigade chinoise de Hong-Kong en compte plusieurs parmi ses engins de secours.
- Cette machine demande une description; nous la ferons rapide. 11 s’agit de deux tandems parallèles, réunis entre eux par des traverses, entre lesquelles se trouve un grand coffre en bois avec frelt.es en acier. L’ensemble de ce véhicule est établi aussi fort et résistant que possible, à cause de l’elfort et du travail dont il doit être capable, afin de porter des secours rapides à travers des routes spéciales. 11 est construit en vue des besognes pénibles ; ce n’est pas un quadricycle de luxe, ni même de course ; c’est, au contraire, un rude et robuste engin, appelé à transporter, en même temps que les quatre pom-piers-pédaleurs, Lout un outillage dont le détail donnera une idée du poids relativement lourd.
- Dans le coffre, il y a des seaux de toile, 200 m. environ de boyaux en toile de Saxe avec leurs raccords connecteurs, deux ou trois lances avec jets, un trépied en aluminium, des clefs, des outils et un jeu complet d’instruments spéciaux. Ajoutons que les quatre cyclistes portent leur hache à la ceinture et qu’ils peuvent se ceindre de cordages ou en porter en bandoulière ; il leur est facile aussi d’em-porler quelques extincteurs. W. D.
- STÉRILISATION PRATIQUE DU LAIT
- l.e journal La Nature du 31 mars 1900 a signalé le travail du professeur Jansen, directeur du laboratoire national de laiterie, à Berne, relatif à Faction du chauffage sur la digestibilité du lait.
- ; Ce travail conclut à un chauffage pour la destruction des microbes pathogènes ; mais ce chauffage doit être très restreint. Il ne doit pas excéder la pasteurisation de 30° à 70° et, en tout cas, une très courte ébullition.
- Le lait stérilisé par le chauffage est indigeste, dit M. Jansen. Le lait amené aux villes sans pasteurisation préalable est surchargé de lactique, d’une digestion difficile et, le plus souvent, il tourne au feu. C’est là un fait connu. Mais ce qui est peu connu c’est que le lait pasteurisé aux fermes, n’arrive aux villes que malsain. La pasteurisation a tué, en même temps que les microbes pathogènes, les ferments lactiques et le lait se conserve plus longtemps. Mais après la disparition des lactiques, les tyrothrix se multiplient et rendent le lait malsain sans que rien en prévienne.
- Il n’y a donc pas de bon lait dans les villes puisque, pasteurisé ou non, le lait y arrive surchargé soit de lactiques, soit de tyrothrix. Le procédé de M. L. Clerc, ingénieur, consiste à pasteuriser, sous pression d’oxygène, le lait à peine trait. Le lait pasteurisé à peine trait n’a plus
- de microbes pathogènes; il n’a plus que quelques tyrothrix. C’est le lait à l’état idéal. Mais cet état dure peu, vu la multiplication des tyrothrix. Au contraire il se maintient, si la pasteurisation se fait sous pression d’oxygène, car dans un milieu oxygéné les tyrothrix ne se multiplient pas. Mais pour maintenir son milieu oxygéné il faut approfondir les conditions du problème.
- Si du lait est au repos, l’oxygène sous pression tend à pénétrer dans le liquide, mais vu son peu de solubilité, la dissolution est lente. Or dans le lait pasteurisé il reste des tyrothrix, tant aérobies qu’anaérobies. Les tyrothrix aérobies tendent à absorber de l’oxygène. De plus, le lait a des matières oxydables. Si les tyrothrix aérobies et les matières oxydables absorbent plus d’oxygène qu’il n’en pénètre à travers le liquide, les couches profondes se désagrègent et les tyrothrix anaérobies s’y multiplient, altérant le lait. Seulement, cela n’est possible qu’au repos. Avec la moindre agitation, il ne peut y avoir désoxygénation de couches et, la conservation est indéfinie. C’est le cas sur les bateaux. Les docteurs G. Roux et Ch. Richet, qui ont donné à M. Clerc cette explication indiscutable, croient que la conservation au repos qui est constatée après une période donnée d’agitation tient à ce que les matières oxydables une fois oxydées grâce à l’agitation, l’action désoxygénante des tyrothrix aérobies est inférieure à l’action pénétrante de l’oxygène à travers le liquide, si bien qu’il n’y a plus de désoxygénation. L’agitation, pour être efficace, n’a pas besoin d’être maintenue. 11 suffit de retourner des bouteilles trois à quatre fois par jour pour empêcher la désoxygénation en même temps que pour empêcher l’agglomération de la crème.
- Comme on le voit, la solution L., Clerc du lait-nectar, répond aux désiderata du professeur Jansen. Le lait est peu chauffé et il a peu de tyrothrix puisque ceux-ci ne peuvent s’y multiplier. En outre la vente sous pression rend la fraude impossible. . J. C.
- LES DISTRICTS AURIFÈRES
- de l’état de Nevada
- L’État de Nevada est un pays aride et désertique ; ses mines sont la source la plus importante de sa richesse. Le pays est formé par des chaînes de montagnes étroites et longues, qui courent du nord au sud. Elles sont séparées par de larges vallées, sans aucun relief. Montagnes et vallées sont complètement dénuées de végétation ; elles offrent un paysage monotone et cependant grandiose. Le mirage y est fréquent. À midi, lorsqu’un soleil de feu est au zénith d’un ciel d’azur foncé et sans un nuage, l’atmosphère étouffante, le manque d’omhres, fait perdre la notion des distances, et des montagnes éloignées semblent toutes proches.
- Le soir, au contraire, les rayons obliques du soleil mettent successivement eii relief une chaîne après l’autre; ils font ressortir chaque détail, jusqu’au moment où le crépuscule apparaît et où les chaînes ne montrent plus que leurs silhouettes hardies baignées dans un horizon de pourpre et d’or.
- Ce pays désolé n’était, il y a trois ou quatre ans, traversé que par la ligne principale du chemin de fer de l’Union Pacifique. Après les années fastueuses, durant lesquelles les mines du Çomstock avaient
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- produit en une décade plus d’un milliard, le pays était entré dans une période de torpeur engourdie. D’autres Etals des Montagnes Rocheuses, le Colorado surtout, attiraient chefs et soldats de l’industrie minière et, pendant une vingtaine d’années, la production en métaux précieux du Nevada était tombée au quart de ce qu’elle avait été. Elle s’est complètement relevée depuis, entre mai 1900, date à laquelle James L. Butler découvrait Tonopah, et en février 1900, quand le district minier de Manhattan était découvert, ce nouveau-né des champs d’or du Nevada comptait plusieurs milliers d’habitants après une semaine et il y règne un enthousiasme et une lièvre de l’or dignes des plus beaux jours de la Californie.
- Les quatre districts aurifères les plus importants sont ceux de Tonopah, de Goldfield, de Bulllrog et de Manhattan ; ils sont entourés d’un nombre assez grand de satellites, qui tous prétendent à un futur extraordinaire, mais qui n’ont pas produit une quantité de métaux précieux suffisante pour justifier leurs prétentions, du moins jusqu’à présent. Dans le sud de l’Etat, un camp vieux d’une dizaine d’années, celui de Searchlight jouit d’un renouveau, grâce à l’enthousiasme qui a donné une forte plus-value temporaire à toutes les mines du Nevada.
- Aujourd’hui, un chemin de fer descend au sud de Reno et relie Tonopah et Goldfield avec la ligne principale de l’Union Pacifique. Une autre ligne, construite de Salt-Lake à Los Angeles traverse la partie méridionale de l’Etat. De nombreux automobiles ont remplacé la lente et pittoresque diligence et courent sur la surface sablée ou rocailleuse du désert le long d’une piste à peine indiquée. Ils mettent en communication rapide les différents camps miniers. Rien n’est plus étrange que d’arriver à un détour de la route sur quelque éminence d’où l’on découvre soudain une ville de tentes de plusieurs milliers d’habitants, perdue au milieu du désert et remplie des cris et du mouvement d’une activité fiévreuse.
- Tonopah a cinq ou six grandes mines. C’est une contrée de roches éruptives. Il y a deux venues différentes d’andésites, suivies d’éruptions rhyoli-tiques, qui ont déposé d’abondants tufs dans un lac miocène. Les cheminées de ces volcans ont résisté à l’érosion et ce sont elles qui forment les hautes collines escarpées qui dominent Tonopah. Les veines les plus importantes recoupent les andésites de la première venue et on ne les rencontre pas dans les roches plus récentes qui les ont recouvertes. Quelques Compagnies ont été rechercher la prolongation de veines connues sous celles-ci et leurs efforts ont été couronnés de succès dans plusieurs cas.
- Les fissures qui forment les veines sont de longues et étroites zones de laminage, épaisses d’un mètre en moyenne. Les faits observés démontrent que les métaux ont été déposés par des eaux surchauffées, ascendantes, riches en gaz, qui sont montées lors de la période solfatarienne, qui a suivi
- l’éruption des anciennes andésites. Cette période solfatarienne caractérisée par le dépôt de métaux précieux était terminée lorsque les. andésites de la seconde venue sont montées à la surface, suivies par les rhyoliles.
- Le minerai est très riche; lors des débuts de l’exploitation le minerai valant plus de 500 francs par tonne était le seul envoyé aux fonderies. Aujourd’hui l’on extrait tout le minerai valant plus de 120 francs par tonne. L’or représente 4-3 pour 400 et l’argent 57 pour 100 de la valeur totale du minerai. La zone d’oxydation a une profondeur variable et il ne semble pas que le minerai change de valeur en passant de cette zone à la zone profonde. Les mines les plus profondes ont atteint plus de 400 m.; mais les colonnes de minerai principales ont été exploitées seulement entre la surface et 100 m. de profondeur et elles sont exploitées à présent entre 100 et 200 m. de profondeur.
- Le district minier de Tonopah a produit durant les cinq premières années de son existence la somme de soixante-cinq millions. C’est un camp minier jeune et important, mais où les travaux sont limités à un petit nombre de mines appartenant à des Compagnies puissantes, dont une surtout produit plus de la moitié du minerai du camp. En dehors d’une étendue restreinte, les travaux de recherches, obligés d’aller presque au hasard et de traverser une forte épaisseur de mort-terrains ne peuvent être entrepris que par des Compagnies riches.
- Le district de Goldfield est situé à 40 km au sud de celui de Tonopah. Il a été découvert au printemps de 1905; comme il était voisin d’un autre champ aurifère important, la nouvelle de sa découverte a été immédiatement suivie par une invasion de prospecteurs, qui ont couvert de leurs concessions toute la surface du désert sur bien des kilomètres.
- L’étendue du territoire limité par les mines qui ont produit au moins 100 000 francs de minerai est huit ou dix fois plus grande qu’à Tonopah. Il y a trois ou quatre grosses mines et un nombre considérable de mines de moindre importance, jusqu’aux prospects, concessions qui ne possèdent ni minerai, ni même de veine mise à découvert.
- Néanmoins, le district est extrêmement riche et des colonnes de minerai importantes ont été exploitées jusqu’à la surface du sol. Durant les trois premières années de son existence, le district a produit 55 millions. 11 est situé au centre d’un massif de roches éruptives; ce sont des andésites et des rhyo-lites très semblables à celles de Tonopah. Mais ici les veines métallifères sont postérieures aux dernières éruptions et elles se rencontrent indifféremment dans les rhyolites aussi bien que dans les andésites. Les veines sont plus irrégulières qu’à Tonopah. Elles se subdivisent fréquemment, changent de direction, s'arrêtent brusquement. Les colonnes de minerai ne sont pas longues. Elles sont souvent larges ou bien elles forment des chapelets et elles sont souvent extraordinairement riches.
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- La zone d’oxydation est peu profonde et le minerai dans la zone profonde est tout aussi riche; il ne semble pas qu’il y ait eu un enrichissement secondaire des parties oxydées de la veine de quelque importance. Comme le camp est jeune, les mines
- blissement d’une ligne de chemin de fer qui est presque achevée. ;
- Le camp de Manhattan est situé sur le flanc d’une chaîne ancienne de terrains paléozoïques, qui a été le siège d’une série d’éruptions tertiaires, auxquelles
- Fig. 1. — La mine Jauvary à Goldtield.
- les plus profondes ont à peine atteint 200 mètres de profondeur et la majorité des mines extraient encore leur minerai entre 100 mètres et la surface.
- La géologie des deux camps de Bullfrog et de Manhattan n’est pas encore bien connue. 11 semble que Bullfrog est situé au cœur d’une région entièrement volcanique. Les veines y sont larges et bien marquées.
- Le minerai en général est beaucoup moins riche que celui des districts aurifères voisins, avec parfois une partie peu importante de la veine localement très riche. Les veines sont de larges veines de quartz, souvent accompagné de la meme fluorine violette, qui est si caractéristique de certaines veines très riches de Crippîe Creek. Le camp est bien arrosé et son avenir dépend en partie de l’établissement d’usines de concentration et de l’éta-
- les venues aurifères sont dues. C’est le seul des quatre districts qui soit quelque peu boisé. Les veines y sont larges, assez bien définies, et, il semble,
- contiennent du minerai extrêmement riche.
- L’Etat du Nevada est parcouru dans tous les sens par de très nombreux groupes de prospecteurs, en bandes de deux ou trois ensemble, et chaque semaine les journaux locaux publient l’histoire de la découverte de quelque nouveau district aurifère encore plus merveilleux que ses aînés. Il n’y a pas de doute qu’un certain nombre d’entre eux subsisteront quand la première ébullition de la fièvre de l’or aura cessé et que l’Etat du Nevada est appelé à fournir une brillante carrière minière durant la prochaine décade. E.-k. Ritter,
- Ingénieur Conseil des Mines.
- Fig. 2. — Transport du minerai de la Mine Denver entre Bullfrog et le chemin de fer situé à 200 kilomètres de distance.
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- TABLEAUX PYRÉNÉENS (LE PIC DE TUQUEROUYE)
- Fig. 1. — Pic de Tuquerouye, versant méridional. (Clichés Lucien Briet.)
- Fig. 2. — Profil de la crête d’Eslaubé, vue du sommet du pic de Tuquerouye. (Côté de l’Astazou.)
- La vallée d’Estaubé se termine par un cirque dont le pic de Tuquerouye est un des fleurons. Le pic de
- Tuquerouye est compris entre deux brèches qui le délimitent très franchement, la brèche des Deux-
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- Bornes à droite, et la brèche de Tuquerouye à gauche, cette dernière plus large, plus évasée et plus profonde. Deux couloirs rapides aboutissent à ces brèches. L’un d’eux forme la fameuse Echelle de glace de Tpquerouye, car l’étiquette de Tuquerouye Hotte à la' fois sur le pic, le couloir, la brèche et la borne assemblés sur ce point. Tue ou tu que rouye, en patois lo'eal, signifie « escarpement rouge » et non « mont rouge », comme l’a traduit Bamond, les Barégeois employant à l’occasion le mot mont ou mount toujours tel quel : Mont-Arrouye, Mont-Herran, etc. Le nom de Tuquerouye est du reste assez commun dans la région. Il existe, par exemple, au fond de la vallée de Campbieil, un pan de falaise ainsi qualifié.
- Le pic de Tuquerouye se compose d’une stratification à peu près debout, et dont les bancs, épais de 1 mètre environ, vont en se dégradant successivement du Sud au Nord, ce qui explique le mur inaccessible existant d’un côté et les facilités d’approche que l’on trouve de l’autre, en escaladant le versant français de la montagne. On se heurte à un entassement de blocs, qui se surmontent comme les pierres de taille d’une pyramide, et avec cette différence que ces degrés cyclopéens se penchent sur vous, prouvant que vous (( rebroussez » ainsi, littéralement, l’affleurement étagé des strates. Parfois, des cassures interrompent ces escaliers, parmi lesquels il faut louvoyer, au petit bonheur ; un affaissement en manière de coupe s’est même produit à un endroit que la neige emplit et où elle persiste sous l’aspect d’un petit névé suspendu.
- Ce qui surprend d’abord, quand on livre assaut au pic de Tuquerouye, ce sont les couches de roche grise, déchiquetées et lardées de rognons de silex, sur lesquelles on s’évertue, quitté la piste muletière qui mène au pied de la borne. Ces nœuds jaunâtres sont généralement très saillants ; la plupart ont été écornés, et pour cause; leur nature et leur configuration ouvrent le champ à bien des conjectures scientifiques. Sont-ce des fossiles, des concrétions ou simplement des cailloux empâtés là, lors de la formation du Mont-Perdu? On se trouve ensuite parmi des blocs sous lesquels bruit une eau invisible, et on entre sur la neige, de façon à passer le col ouvert entre la Borne et la muraille dont elle a été détachée. Lorsque cette neige est suffisamment fondue, on s’embarrasse au milieu d’un amas de gravats où détonnent des fragments de grès rouge.
- Il n’y a pas que du grès rouge, j’en ai ramassé du bleuâtre, d’un grain solide et compact, aussi fin que celui dont on fait nos pavés. Par contre, au pied de la Borne, le grès est pour ainsi dire pourri et piqué d’alvéoles, comme si on avait tiré dessus avec des chevrotines. Bamond raconte que les débris de la couche rouge lui offrirent un véritable grès très grossier, mêlé de petits grains ferrugineux qui y constituaient des dépôts d’une ocre vivement colorée et employée par les bergers espagnols pour marquer leurs moulons. Ce grès est plutôt rose, et son escarre révélatrice tranche à même l’escarpement qui fait
- vis-à-vis à la Borne.. C’est là Tuque-Rouye, qui a donné son nom à tout l’ensemble. L’arête du petit col, qui domine la dépression de l’Echelle de glace, consiste en grès jaunâtre très décomposé.
- Du haut en bas de la cheminée que l’on prend ensuite, la verdure est très abondante et mérite d’être examinée par les botanistes, qui pourront y cueillir de nombreuses plantes alpines, notamment la dryade à huit pétales, la potentilîe fausse alchémille, la raiponce hémisphérique et quelques pieds-de-lion dont certains n’ont presque pas de tige. Notons également un saule nain ; ses branches courtes et noueuses rampent sur le roc comme si un ouragan allait le déraciner et l’anéantir. On longe ensuite le faîte des parois jusqu’à ce que la piste, jalonnée de marques, rentre dans le couloir, puis on prend résolument à droite, en utilisant une corniche horizontale qui brave le vide. On atteint ainsi une sorte de niche, au fond de laquelle un filet d’eau tombe en pluie : c’est l’égout du petit névé supérieur. Cette eau touche terre non loin de la Borne; on l’a tout à l’heure entendue bruire sous les blocs des alentours. Il y a lieu de remarquer ici que toutes les eaux de ce recoin du cirque d’Estaubé s’infiltrent aussitôt en bas, pour aller créer des sources dans la vallée ou ailleurs; le gave d’Estaubé descend directement du Port-Vieux.
- On ne trouve plus, durant la dernière partie de l’ascension, qu’une plante unique et très rare, la renoncule des régions glacées, jolie fleur d’un blanc violacé ou mauve, qui s’épanouit au bout d’une queue de 10 à 12 centimètres de long, et dont les feuilles se découpent comme des doigts. Beprésen-tant l’épaisseur d’une strate, le sommet du pic de Tuquerouye est oblong et étroit. Altitude : 2822 mètres. Les intempéries ont jauni et éteint sa roche calcaire, d’un beau gris clair, lorsqu’elle est fraîchement éclatée. Cette roche est de la même nature que celle du promontoire des bords du Lac Glacé, où Bamond trouva des polypiers ; du reste, il y existe des fossiles. Du sommet du pic, les couches géologiques, qui composent la crête d’Estaubé, n’ont plus de secret : on les voit de pied en cap, presque verticales, sabrées par un fendillement oblique et dessinant, en avant, d’énormes tuyaux d’orgue agglomérés, qui se transforment dans le lointain en fines rayures, semblables à celles qui décorent la conque de certains coquillages (fig. 2). A gauche de cette scène bizarre, la partie supérieure du glacier du Lac se montre, ainsi que le col d’Astazou.
- A l’encontre du célèbre couloir qui le flanque, le pic de Tuquerouye n’a pas d’histoire. Brulle en fit la première ascension en 1891, avec Célestin Passet, de Gavarnie, et l’entreprit par la rampe des Deux-Bornes que Bamond avait jugée « absolument inaccessible ». Cette rampe, en effet, se montra très raide, coupée de trous ; les rochers polis de part et d’autre n’offraient aucune aide. J’ai escaladé moi-même ce pic, dix ans après, par un chemin beaucoup plus simple, qui m’a permis de me rendre
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- compte de la structure de la crête d’Estaubé, dont le pic de Tuquerouye est le point central.
- Tirons maintenant sur la carte des hautes Pyrénées une ligne allant de la Munia au pic d’Otal. On retrouvera cà et lit, sur cette ligne, le même hérissement abrupt du calcaire, au port de la Canaou, dans l’arête du Marboré, dans la crête des Sarradets et dans le couloir de la Fourni, en dépit des vallées et des cirques qui s’interposent; aussi, je n’hésite pas à affirmer qu’il y a là un alignement remarquable dont les savants devront s’inquiéter sérieusement lorsqu’ils tenteront d’expliquer la formation du Mont-Perdu. Lccuîn 1 >nit:r.
- LE CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE
- de Fribourg-Morat-Anet (Suisse)
- Il existe déjà un grand nombre de chemins de fer à troisième rail. Il n’en existe guère qui présentent autant de particularités que celui qui ligure au titre et qui ait donné lieu à de telles difficultés dans sa construction.
- Le profil de la voie est, en effet, très accidenté. La différence de niveau entre Fribourg et Anet n’est que de 195 mètres, mais la rampe depuis Anet jusqu’à Fribourg n’est pas continue et le profil présente des contre-rampes assez importantes. La rampe maximum atteint 50 pour 1000 et la moyenne 20 pour 1000 sur une longueur de 5km,7.
- Cette installation est un exemple remarquable qui montre que l’emploi de la traction électrique n’a pas seulement des avantages au point de vue de la vitesse, comme on le croit généralement, mais qu’elle l’emporte de beaucoup sur la traction à vapeur, par ses avantages économiques.
- L’adoption de la traction électrique sur la ligne Fribourg-Morat-Anet a, en effet;, été décidée en vue de réduire les frais d’exploitation qui, sur le tronçon Fribourg-Morat, étaient très élevés avec la traction à vapeur, à cause des fortes rampes que présente la ligne. L’exploitation semble bien donner ce qu’on en attendait et promet de bons résultats financiers. Le trafic des voyageurs et des marchandises a sensiblement augmenté depuis le remplacement de la traction à vapeur par la traction électrique.
- La longueur totale de la ligne est de 55km,5, dont 11 kilomètres, le tronçon Morat-Anet, sont nouvellement construits. La partie entre Fribourg et Morat, soit 24km,5, existait déjà et était exploitée avec la traction à vapeur. On n’a eu qu’à la transformer et à l’équiper pour la traction électrique. Le service à vapeur n’a pas été interrompu jusqu’au jour de l’inauguration du nouveau système. L’installation tout entière a été exécutée par les ateliers de construction d’Œrlikon (Suisse), sauf la voie et les bâtiments.
- Bien que le système de prise de courant par le troisième rail ne soit pas nouveau, on a eu, lors de
- l’exécution, de nouveaux problèmes à résoudre et ces solutions originales sont l’une des caractéristiques de l’installation.
- Le l'ail conducteur est posé, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre de la voie de roulement, suivant les conditions locales. Dans les passages à niveau, on a été obligé de l’interrompre totalement sur une distance dépassant 12 mètres. Les voitures motrices étant munies de quatre frotteurs, en deux paires distantes de 14m,50 l’une de l’autre, l’interruption de 12 mètres n’occasionnait pas d’interruption dans l’amenée du courant. Les rails des deux côtés d’un passage à niveau sont connectés entre eux au moyen de câbles isolés posés dans un tuyau de fer. Le retour du courant se fait par les rails de roulement, munis, aux joints, de connexions en cuivre de 100 millimètres carrés de section.
- Le rail conducteur est muni, pour éviter les accidents, d’une protection avec planches en bois couvrant le rail et ne laissant que l’espace strictement nécessaire pour le passage du frotteur. Dans les stations, il a fallu établir des quais élevés masquant en partie le troisième rail. Toutefois, pour éviter des modifications aux gares existantes de Fribourg et Morat et à quelques autres, on y a prévu une ligne aérienne avec prise de courant par archet, et on y a supprimé le troisième rail. Contrairement à ce qui se fait d’ordinaire, les sous-stations de transformation ne sont pas pourvues de groupes de réserve.
- La vitesse admise pour la marche d’un train de 70 tonnes sur la rampe maximum de 50 pour 1000 est de 25 kilomètres à l’heure. La vitesse est plus grande sur les faibles rampes, en vertu de l’autorégulation des moteurs à excitation en série, et elle atteint en palier 55 kilomètres. En pente, on admet même une vitesse de 45 kilomètres à l’heure.
- On peut, du reste, faire fonctionner le moteur avec une charge double pendant une courte durée, sans provoquer des étincelles nuisibles. A la charge normale, le collecteur ne dépasse pas une température de 40° et il ne se produit pas d’étincelles.
- On disposait, à proximité de la ligne, de courants triphasés à 8000 volts fournis par les stations génératrices hydro-électriques du canton de Fribourg. On a toutefois préféré le système de traction à courant continu à 750 volts, avec moteurs de traction à excitation en série dans les voitures motrices. Ce système permet, en effet, l’emploi dans les sous-stations de batteries tampons régulatrices pouvant servir de réserve. Les moteurs à courant continu avec excitation en série ont, en outre, de précieux avantages d’autorégulation; ils ralentissent sur les fortes pentes avec l’accroissement de la charge. Un troisième rail de 25 kilogrammes le mètre courant et 5200 millimètres carrés de section se prête, d’autre part, mieux que des fils de cuivre à l’amenée du courant de grande intensité nécessaire pour l’alimentation d’un train lourd.
- Pour transformer le courant triphasé à 8000 volts en courant continu, il a, bien entendu, fallu établir
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- deux sous-stalions; l’horaire des trains est calculé de façon que chaque sous-station n’ait à alimenter qu’un train à la fois. Les croisements de trains se font vers le milieu de la ligne. Dans ce cas, chaque sous-station ne supporte donc encore que la moitié de la charge totale. A cet effet, chaque sous-station est pourvue d’un groupe transformateur de 100 kw. et d’une batterie de 400 éléments, ayant une capacité totale de 207 ampères-heure pendant une heure de décharge. Chaque train nécessite au maximum 204 chevaux effectifs «à la jante des roues.
- Les groupes de transformation sont constitués par un moteur synchrone, directement couplé d’un coté à une génératrice à courant continu de 100 kw. enroulée pour 800 volts et marchant à 500 tours : minute; de l’autre à une excitatrice à courant continu de 50 volts et 180 ampères. Les moteurs synchrones ont normalement 155 kilowatts à 500 tours.
- Ils sont enroulés en vue d’être alimentés de courant à 8000 volts.
- Chaque sous-station est pourvue d’un tableau constitué par un bâti en fer avec six panneaux en marbre, dont deux sont réservés à un groupe supplémentaire.
- Corail de prise de courant est du type Yignolede25 kilogrammes et de 20 mètres de long. 11 est en acier très doux. La résistance électrique ne dépasse pas 0,15 ohm par m et mm2 de section. Il est muni aux joints de connexions en cuivre de 100 millimètres carrés de section et d’une éclisse à deux boulons. 11 est posé sur des isolateurs composés d’une hase de fonte sur laquelle s’emmanche un cylindre en ambroïne. Sur ce cylindre isolant est posée librement une pièce de fonte destinée à porter le rail conducteur.
- Un disque en linoléum est placé entre le cylindre d’ambroïne et la pièce de fonte portant le rail. Il a pour but d’amortir les chocs. La pièce de fonte portant le rail est disposée de manière à permettre la dilatation longitudinale du rail et à empêcher son
- déplacement transversal. Ces isolateurs sont posés sur des traverses en bois intercalées entre les traverses ordinaires et distantes entre elles de 4 mètres.
- l/arêle supérieure du rail est à 155 millimètres au-dessus du niveau des rails de roulement. La distance d’axe en axe est de 6G0 millimètres du rail le plus rapproché. Des joints de dilatations placés tous les 100 mètres permettent la dilatation longitudinale et le rétrécissement des rails conducteurs. H y a là un espace libre de 15 centimètres. Les rails restent toutefois guidés entre des éclisses plus longues, de manière à éviter une interruption sur le sabot de prisede courant. Lacontinuiléélectriquey est
- assurée par deux câbles de cuivre de 100 mm2 de section enroulés en spirale.
- A la suite des fortes pentes, on a été obligé, pour éviter le glissement du rail sur les isolateurs, auxquels il n’est pas lixé, de l’ancrer de distance en distance au moyen de deux fils d’acier de 6 millimètres. Ces fils sont fixés, d’un côté, au rail conducteur ; de l’autre, aux traverses des rails de roulement.
- Les trains sont composés d'une voiture automotrice à quatre essieux et de voitures remorquées. Le poids inaximum d'un train est de 70 tonnes. L’automotrice mesure au total 17m,50 de long; la caisse a 16m,20, la largeur maximum étant de 5m,055 et la hauteur au-dessus des rails 5m,75. Le poids total est de 55 tonnes. Le rayon minimum des courbes 160 mètres. L’automotrice a cinquante-six places assises et un compartiment de bagages (5m,98 X 5m,055).
- La cabine du wattmann ménagée à chaque exlrémité est fermée et vitrée. Chaque cabine contient un tableau de marbre portant un interrupteur automatique, un interrupteur à main, pour interrompre la connexion avec les sabots, lorsqu'on se sert de la prise de courant par archet, les fusibles, les coupe-circuits et interrupteurs pour l’éclairage et le chauffage.
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- Un tableau spécial placé devant le conducteur porte un ampèremètre et un voltmètre; il permet de contrôler le bon fonctionnement de l’équipement électrique.
- Les contrôleurs sont du système série-parallèle. Leur construction a été totalement modifiée à cause des intensités de courant bien plus fortes qu'on a à manier sur les trains que sur les tramways. Le soufflage des étincelles est très énergique. Il est obtenu par un flux magnétique engendré par deux bobines en série dans le circuit principal. Les contrôleurs sont à six touches pour la marche en série ; cinq sont pourvues de résistances de démarrage. Ils ont, en outre, quatre touches pour la marche en paral-
- des essieux. Elle est articulée de manière à permettre aux sabots de se mouvoir librement dans un plan vertical passant par l’axe longitudinal du troisième rail et de suivre ainsi les irrégularités et les pentes de la voie. Le déplacement latéral est impossible. L’isolement est obtenu par un bloc de bois.
- Ces prises de courant alimentent, dans chaque voiture automotrice, deux moteurs (Erlikon de 150 à 150 II. P. Ils sont enroulés pour 750 volts. La construction est analogue à celle des moteurs de tramways électriques, mais leur puissance est cinq fois plus élevée. Le rendement combiné du moteur et de l’engrenage de transmission est de 80 à 85 p. 100.
- Le collecteur de ces moteurs a 420 millimètres de
- Fig. 2. — Sous-slalion et gare de Censier.
- lèle, dont trois avec résistances, et trois pour le freinage électrique. Les résistances sont réparties en douze boîtes et placées sous le plancher de la voiture.
- Les voitures sont munies d’un frein à air comprimé, d’un frein à main et d’un frein électrique déjà cité. La pompe du compresseur pneumatique est actionnée par l’essieu. Le frein à main et le frein Westinghouse agissent sur seize sabots, soit deux sur chaque roue. Le freinage électrique s’obtient en faisant fonctionner les moteurs comme génératrice sur les résistances de freinage.
- L’alimentation des moteurs se fait par quatre sabots frotteurs en acier doux. La pression sur le rail conducteur est due au poids même du sabot. La suspension de ces sabots se fait sur les coussinets
- diamètre et 185 millimètres de largeur utilisable. 11 se compose de quarante-sept lames de cuivre dur, isolées entre elles par une couche de mica de 0mni,8.
- La carcasse de l’induit, formée de tôles laminées, a 550 millimètres de diamètre et 500 millimètres de longueur. L’enroulement est logé dans quarante-neuf encoches fraisées sur la périphérie de l’induit. Chacune d’elles contient’douze conducteurs composés chacun de deux fils de cuivre de 5mm,4 à 5mm,8 de diamètre, connectés en parallèle. La résistance ohmique de l’induit n’est que de 0,12 ohm.
- L’inducteur est en acier coulé. 11 constitue en même temps l’enveloppe extérieure. 11 se compose de deux parties, dont le plan d’assemblage est horizontal. Les quatres pôles en tôles laminées sont munis chacun d’une bobine de champ, contenant soixante
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- CA NATURE.
- spires de 7, 7m“',4. Les quatre bobines connectées en série accusent une résistance de 0.07 ohm.
- Depuis son inauguration, le nouveau matériel a donné des résultats 1res satisfaisants, et, comme nous l’avons dit plus haut, l’exploitation semble devoir être des plus profitables.
- Lmilk Guaiîim.
- LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- dans l’armée allemande
- L’armée allemande a étudié très sérieusement, en ces derniers temps, lors des dernières manœuvres, les moyens pratiques d’utiliser la télégraphie sans fd. C’est le moment de jeter un coup d’œil rapide sur l’organisation des services de télégraphie et de téléphonie militaires chez nos voisins et de dire comment ils ont pratiquement appliqué l’invention de Marconi, qui, lors de la guerre dernière, en Extrême-Orient, rendit de si grands services à la marine japonaise.
- Les premiers essais de télégraphie sans fil, laits par l’armée allemande, remontent à 1902, époque à laquelle le capitaine von Siegsfeld étudia les moyens d’appliquer cette invention aux besoins d’une armée en campagne. Les expériences que fit cet officier prussien, entre Berlin et le polygone de Jiiterborg, furent des plus concluantes, lai distance entre ces deux points est de 80 km environ.
- Le capitaine Von Siegsfeld, qui appartenait au bataillon des aérostiers, créa tout un matériel spécial et modifia, afin de l’y installer, les voilures du train des équipages, celles surtout qui servaient au service de l’aérostalion militaire. L’installation des stations roulantes fut des plus simples.
- Les stations roulantes étaient composées de voitures à deux trains. Dans l’avant-lrain étaient les appareils récepteurs, alors que l’arrière-train était aménagé pour recevoir les appareils d’émission des ondes. La source électrique était fournie par une dynamo actionnée par un moteur à benzine. Un ballon captif sans nacelle ayant la forme allongée d’un cigare, servait de porte-antennes; un câble, s’enroulant autour d’un tambour cylindrique, servait à descendre mécaniquement et à guider dans son ascension le ballon avec son réseau de fils, les antennes et les divers accessoires nécessaires à la propagation des ondes électriques à travers l’espace.
- Le ballon est un facteur important dans cette opération de la transmission électrique aérienne sans fil, puisque, grâce à lui, la hauteur nécessaire est obtenue. Il faut donc pouvoir l’alimenter sans cesse, ce ballon, et avoir pour cela constamment à sa disposition le gaz nécessaire ; c’est à cet effet que des tubes d’hydrogène de fi mètres cubes sont chargés sur les voitures. Des cerf-volants en toile montés sur des antennes font également partie du matériel des stations roulantes; ils ont pour mission de remplacer le ballon, lorsqu’un vent trop violent ne permet pas d’employer ce dernier.
- Les stations roulantes sont traînées par six forts chevaux, attelés comme les chevaux des canons et conduits par trois soldats montés en postillons. Le chef de la station — souvent un lieutenant — et les hommes de sa section prennent plàce sur les diverses parties de la voilure.
- L’organisation que nous venons de décrire est celle des débuts, en 1902; le principe est resté le même, sauf des modifications de détails faites progressivement d’après
- les résultats de. l’expérience acquise de jour en jour. Les progrès se sont réalisés plutôt dans la construction des appareils que dans les changements de dispositifs intervenus dans l’installation des stations.
- Les services techniques allemands sont arrivés à des résultats fort concluants, puisque, grâce aux moyens d’action dont ils disposent aujourd'hui, ils peuvent communiquer, et cela dans d’excellentes conditions, à des distances de 150 ou 100 km, et même davantage. Les expériences faites au cours de la guerre contre les llerreros, en Afrique, donnent aux ingénieurs militaires allemands la conviction qu’ils pourront avant peu communiquer à des distances encore beaucoup plus grandes, ils pensent arriver, pour les manœuvres de l’année prochaine, à transmettre des communications à plus de 250 km avec l’appareil enregistreur, et ils comptent même, en remplaçant le récepteur enregistreur par un appareil auditif, pouvoir, à 350 km, lire très distinctement les dépêches au son, comme cela se passe avec un téléphone ordinaire.
- Le service militaire de télégraphie sans fil s’appelle, en Allemagne, la Compagnie de télégraphie à étincelle, Funkenlelcgraphie Abtheiiung. Ce détachement, qui a été rattaché aux troupes dites de communication, se compose de : 8 officiers de divers grades; 20 sous-officiers de toutes catégories ; 95 soldats et 60 chevaux. Cet effectif est affecté aux 8 stations roulantes de campagne, réparties entre les principales villes de l’Empire, où il y avait déjà un dépôt important de télégraphie électrique militaire.
- En dehors de ces postes mobiles, l’Élal-Major allemand a muni les forts et certains points de l’Allemagne, principalement les frontières, d’un réseau très étudié de télégraphie sans fil. Les Allemands ont, d’ailleurs, un service de télégraphie militaire admirablement organisé, qui, depuis 1808, a fait d’année en année des progrès constants.
- La télégraphie électrique de campagne fut employée pour la première fois par les armées françaises, en 1859, au cours de la guerre d’Italie; mais les services étaient assurés par des agents civils. C’est- pendant la guerre de Sécession, en Amérique, de 1801 à 18(55, que fonctionna le premier corps de télégraphistes militairement organisé. L’idée est donc française; l’application américaine. Mais il ne s’agissait alors que de tentatives incomplètes ; les essais réellement sérieux et donnant un commencement de résultats tangibles, furent faits par la Prusse : d’abord, en 1864, lors de la guerre contre le Danemark; puis, en 1866, au cours de ses campagnes contre l’Autriche.
- En octobre 1899, l’Etat-Major allemand groupa, sous le commandement direct d’un général inspecteur particulier, les télégraphistes et les aérostiers ainsi que les troupes des chemins de fer, et forma une section technique spéciale qu’elle retira au génie et désigna sous le nom de (( troupes de communication ». C’est dans cette organisation qu’ont été incorporés les « télégraphistes à étincelles ».
- En temps de paix, les troupes allemandes de télégraphie comprennent trois bataillons, ayant leur résidence à Berlin, Fi’ancforl-sur-l’Oder et Coblentz.
- Deux compagnies supplémentaires, une pour le Wurtemberg et l’autre pour la Bavière, complètent ce corps technique, qui, à l’annonce d’une guerre, se disloquerait pour donner une section de télégraphistes à chacun des quartiers généraux d’armée et de corps d’armée. Les équipes volantes de télégraphie à étincelles seraient alors distribuées suivant les besoins des services, entre les armées qui auraient le plus à attendre de leurs concours. V.-D. IIolt.
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- LE CONCOURS DE JOUETS DE 1906
- Ce n’est pas seulement le jouet qui fait l’objet de ce concours, c’est aussi l’article de Paris et toutes ces petites inventions et bibelots ingénieux qui font la caractéristique de l’industrie parisienne.
- C’est pourquoi, à côté des drolatiques jeux de courses dits « circuit de Montmartre » et « coupe de Saint Antoine » qui feront la joie des petits enfants, on trouve la « moderne trotteuse électrique » et la cornue rôtissoire » qui feront le bonheur des ménagères ; le « nouveau confetti » en forme de boule creuse, 1’ « idéal support » pour rideaux, voisinent avec le « boulon indesserrable » et la « carte postale en plumes multicolores ».
- C’est un heureux mélange où chacun peut puiser à loisir, il y en a pour tous les goûts. C’est le sixième concours qui a lieu depuis celui de 1901 dû au Préfet de police. La Société des petits fabricants et inventeurs français*, qui se charge de l’organisation chaque année, a particulièrement insisté cette fois auprès des petits inventeurs.
- Cette œuvre, essentiellement philanthropique, compte plus de 000 adhérents: elle vient en aide à ceux qui, ayant imaginé un perfectionnement ou une nouveauté, ne disposent pas de ressources suffisantes pour les faire connaître; elle les groupe, facilite leurs rapports avec les fabricants ou les marchands et les protège contre les surprises de la contrefaçon. L’admission à ces concours est des plus faciles : il suffit d’élre français; les objets exposés sont garantis, comme par un brevet, pendant trois mois après la fermeture de l’exposition par application de la loi du 25 mai 1808, sur une simple demande de certificat gratuit à la Préfecture de la Seine.
- 11 y a là un très sérieux encouragement pour nos petits inventeurs qui savent créer toutes ces ingénieuses nouveautés qu’on rencontre à chaque pas entre les mains des camelots sur nos boulevards ; ainsi que pour les inventions relatives à des objets de ménage, de toilette, d’hygiène, etc., et on peut môme trouver dans ces expositions le germe d’une idée nouvelle s’appliquant à la grande industrie.
- Nous avons remarqué cette année un assez grand nombre d’objets qui sont de nature à avoir un certain succès dans l’avenir, aussi bien dans la catégorie des jouets que dans celle des objets de ménage et autres articles divers; nous nous proposons de les faire connaître à nos lecteurs en les décrivant dans le supplément du journal à la rubrique de « Science appliquée ». G. C.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du ier octobre 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- L’analyse des gaz. — M. Berthelot présente un ouvrage qu’il vient de publier sous le titre : Traité pratique de l’analyse des gaz. Cet ouvrage représente l’ensemble de scs expériences et de ses travaux. Il détruit une erreur que l’on a longtemps commise au sujet du manque de certitude et de précision des résultats fournis par l’analyse des gaz. On y voit notamment que l’extrême précision à laquelle on peut atteindre, dans les recherches qui reposent sur les pesées, soit le 1/500 de milligramme, est de môme ordre que la précision que l’on peut obtenir dans
- 1 Siège social, 187, me du Temple, à Paris.
- des expériences où l’on effectue des mesures de volume gazeux, soit le millimètre cube. M. Berthelot ajoute qu’il décrit dans cet ouvrage un procédé d’application de la speclroscopie aux gaz, dans lequel on opère à la pression ordinaire et sur la cuve à mercure, c’est-à-dire dans des conditions essentiellement pratiques alors que le'procédé décrit par Bunsen nécessite l'emploi du vide des tubes de Gessler.
- Session de T Association géodésique internationale. — M. Poincaré rend compte que plusieurs membres de l’Académie ont assisté au Congrès de l’Association géodésique internationale qui vient de se réunir à Buda-Pesth. La session a été très intéressante. Le Congrès a entendu notamment le rapport détaillé des délégués français sur les opérations géodésiques poursuivies en Amérique pour la mesure du degré de l’arc méridien dans la région de l’équateur; il a entendu également le rapport des délégués russes sur les opérations géodésiques poursuivies au Spitzberg par les géodésiens russes. Le délégué des Etats-Unis a donné connaissance d’un travail indiquant la répartition des masses pesantes dans le sous-sol des Etats-Unis, d’après la discussion des observations faites dans ce pays sur les déviations de la verticale. D’autre part, les membres du Congrès ont pu voir l’appareil avec lequel M. Eotvôs, savant hongrois, mesure les déviations de la verticale. Ils ont pu examiner les résultats obtenus dans la plaine de Hongrie. Celte plaine est superposée à un énorme lac aujourd’hui comblé; M. Eotvos a déterminé en différents points la profondeur de ce lac en s’appuyant sur les résultats fournis par son appareil.
- Secousses sismiques. — Une communication officielle apprend que de fortes secousses sismiques ont été ressenties à Rio de Janeiro dans la soirée du 16 au 17 septembre. Ces secousses ont été plus intenses que celles éprouvées lors du tremblement de terre de San Francisco ; elles ont été enregistrées à l’observatoire. Le phénomène a commencé à 9h 55m du soir, a été en croissant jusqu’à 10h2m puis, après une courte période maxima, a duré jusqu’à 10'‘29m et s’est alors évanoui.
- L’acide cyanhydrique dans les plantes. —M. Guignard expose que la présence de l’acide cyanhydrique dans certaines plantes de la famille des rosacées est connue depuis longtemps. On avait trouvé cet acide dans les plantes de la tribu des amygdalées qui portent des fruits à noyau : pêcher, cerisier, etc. M. Guignard vient de découvrir l’acide cyanhydrique dans vingt plantes appartenant à des genres différents. Quelques-unes contiennent autant d’acide cyanhydrique que le laurier-rose qui passait pour un des plus riches en cette substance.
- Les eaux des sols calcaires. — M. A. Gaudry présente une Note de M. Martel sur le défaut d’étanchéité des zones imperméables dans les sous-sols calcaires. En effet, ces couches ont participé aux mouvements qui ont produit les diaclases et les eaux ont pu les crever. Rarement la fente s’est fermée par des éboulis d’argile qui ont opéré un colmatage. Le cours d’eau souterrain n’est donc pas protégé efficacement. Les villes qui n’ont pas à leur disposition des eaux de vraies sources doivent s’imposer la dépense d’organisation du filtrage ou de la stérilisation.
- Germination de spores de champignons. — M. G. Bonnier présente une Note de M. G. Odin qui a obtenu diverses formes de levures en faisant germer certaines spores de champignon entre autres celles de l’aspergillus fumigatus. Les levures de cette dernière espèce sont toxiques comme le champignon lui-même. C11. de Yilledeuil.
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- LA NATURE.
- LES ODEURS VÉGÉTALES
- Tout corps dont les particules se volatilisent et viennent frapper notre odorat peut éveiller en nous la sensation appelée odeur ; cette dispersion des particules a lieu de deux manières différentes, dont l’une relève de la physique, l’autre de la physiologie.
- Dans le premier cas, les particules odorantes émanent de corps solides ou liquides : tels le camphre, les huiles essentielles. Ces corps, une fois formés, demeurent odorants tant qu’ils ne sont pas détruits. Un fait physiologique existe à leur hase : celui de leur formation dans les tissus du végétal; mais ensuite l’odeur n’est plus qu’un attribut accessoire, qui persiste après la mort de la plante.
- C’est ainsi que les bois de sassafras, de rose, de sandal, r ^ ~ ^ conservent encore leur parfum ' ‘*
- après bien des années, tant que la substance odorante existe dans leurs tissus desséchés. '
- Mais les plantes non aromatiques prennent, en se desséchant, une odeur de foin, et la fleur elle-même, si délicieusement odorante sur sa branche, n’échappe pas à cette règle.
- C’est que l’émission d’un parfum par la fleur n’est pas un fait physique, mais un fait physiologique. Ce parfum est dû à une matière qui s’exhale au moment même où elle se forme, et dont l’élaboration est liée à la vie de l’organe.
- L’odeur des essences est sous la dépendance de certaines conditions physiques; la chaleur l’exagère, comme on l’a constaté pour les huiles essentielles d’oranger, de myrte, de labiées. L’odeur des fleurs, au contraire, en tant que fonction vitale, est réglée par l’activité de l’organisme, et peut être intermittente.
- C’est pour cela qu’un certain nombre de fleurs sont plus odorantes le soir, ou même ne le sont qu’à ce moment. C’est le cas, par exemple, du melcm-drium dioicum, de plusieurs œnothères, du datura arborea, et surtout des Heurs d’un brun jaunâtre sombre, comme celles du pélargonium triste, de Yhesperis tristis, du gladiolus tristis, etc.
- D’une manière générale, l’obscurité parait lavo-rable au dégagement des odeurs florales ; cette particularité est peut-être due à une accumulation, pendant l’activité de la végétation diurne, de substances que la Heur transforme en parfums à la faveur de sa végétation nocturne. Il faut aussi remarquer que le parfum des fleurs peut paraître plus fort le soir, au moins dans une certaine mesure, parce qu’il
- existe à ce moment un état particulier de l’atmosphère favorable au transport de toutes les odeurs.
- Les odeurs un peu fortes de certaines Heurs sont spasmodiques, et en général les parfums très concentrés peuvent être pénibles et même dangereux. Les odeurs de l’oranger, de la violette, du narcisse affectent souvent les personnes sujettes aux migraines et aux maux de nerfs. On a même rapporté que l’odeur des Heurs du nerium et celle des feuilles du niancenillier peuvent faire mourir des personnes dormant sous leur influence.
- Les parfums des fleurs, dont l’étude chimique est toute récente, sont des produits volatils, de composition très complexe, et souvent formés par le mélange de plusieurs parfums primitifs fort difficiles à séparer. Us sont généralement altérables par la chaleur, par l’eau et par l’oxy-ngôe de l’air.
- Quelquefois plusieurs parfums existent simultanément dans la même plante; l’oranger, par exemple, n’en fournit pas moins de trois : les feuilles et les jeunes fruits donnent le petit grain, les fleurs le ne'roli, l’écorce une huile essentielle dite Portugal.
- On sait quelle extension a prise depuis quelques années dans le midi de la France, surtout aux environs de Nice et de Grasse, la culture en grand, pour les besoins de la parfumerie, des Heurs odoriférantes. La cueillette des fleurs parfumées y occupe les cultivateurs pendant les trois quarts de l’année, depuis celle de la violette en février jusqu’à celle du jasmin, de la tubéreuse et du géranium rosat, qui a lieu en septembre et octobre.
- L’extraction des parfums se fait par distillation, par macération, par expression ou par enfleurage (contact prolongé des fleurs avec une couche d’axonge).
- La distillation s’emploie pour les fleurs d’oranger, de rose, les feuilles du géranium rosat, les parties herbacées de la menthe, de la mélisse, etc. La rose, la cassie, la violette, le réséda, la lavande, le thym se traitent par macération.
- L’enfleurage s’applique au jasmin èt à la tubéreuse. L’essence de citron, de bergamote, d’orange s’obtient par expression.
- À coté de la classification chimique des odeurs végétales, les botanistes en ont institué une autre d’après leurs analogies avec des odeurs connues : le musc, l’ail, l’odeur de marée, de bouc, etc.
- A. ÀCLOQUE.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- Le melandrium clioicum, , doul les fleurs ne sont odoraul.es que le soir.
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- N° 1742. - 13 OCTOBRE 1906.
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- L’ORIGNAL *
- L’orignal ou élan d’Amérique est le plus remar- petits et enfoncés ; quant à leurs oreilles longues et quable représentant actuel de la famille des Cervi- poilues, elles ressemblent à celles de mailre Aliboron.
- Fig. 1. — Un orignal de 1700 livres.
- dés. Lourd et naut sur jambes, le « moose-deer », comme l’appellent les Yankees, se distingue de l’élan h crinière par des bois larges à dentelures profondes et par un pelage plus foncé.
- Selon Ilamiltoii Smith, qui a vu des mâles en liberté dans toute la plénitude de leur développement, peu d’animaux offrent un aspect plus saisissant, et la photographie ci-contre, représentant un orignal du poids de 1700 livres, tué récemment au Canada, justifie cette assertion. La télé des plus beaux spécimens de l’espèce mesure 66 centimètres environ. Leurs bois, longs de 88 centimètres et larges de 75 centimètres en moyenne, pèsent jusqu’à 37 kilogrammes. Les yeux de ces ruminants sont 34e année. — 2e semestre.
- Comme les élans à crinière tendent à disparaître des forêts septentrionales de l’Europe, les orignaux, répandus jadis de l’Alaska jusqu’au nord deNew-York,
- deviennent aujourd’hui de plus en plus rares aux Etats-Unis et dans le Dominion. Les Indiens, en particulier, les chassent avec frénésie, car ils croient qu’après avoir mangé de leur chair, ils courent trois fois plus vite que s’ils s’étaient alimentés avec d’autres viandes. Pour les capturer, ils emploient diverses méthodes. Tantôt ils les tirent à l’affût, tantôt ils les poursuivent en hiver au milieu des steppes couvertes de neige et les acculent sur la glace où ils s’en emparent aisément. Mais le plus souvent, ils préfèrent les pousser dans l’eau afin
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- Fig. 2. — Canot indien en usage au Canada pour la chasse à l’orignal.
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- de pouvoir les atteindre en canots et les tuer sans danger. Sitôt que l’orignal c%t abattu, les Indiens se mettent en devoir de le dépecer et de fumer sa chair qu’ils conservent pour se régaler. Sur les bords du Missouri, un de leurs rendez-vous de chasse, la « prairie des cornes de cerfs » jouit meme d’une célébrité séculaire. Les descendants de Bas-de-Cuir et d’Œil-dc-Faucon, les béros des romans de Feni-more Cooper, y ont édifié une pyramide formée de milliers de bois de Cervidés.
- Maintenant, du reste, les Peaux-Rouges ne sont plus les uniques chasseurs d’orignal de ces parages. Des agences canadiennes ont organisé depuis plusieurs années des caravanes d’amateurs qui vont y passer sous la tente plusieurs semaines de la belle saison. Conduits par d’habiles trappeurs, ces nouveaux disciples de saint Hubert se livrent au carnage de ces pauvres bêtes dont ils rapportent la tôle comme trophée. L'orignal pourtant ne commet pas grands dégâts : on pourrait le laisser tranquille ou tout au moins ne pas en exterminer complètement l’espèce, car les quelques pousses de saules, de bouleaux, de peupliers ou de conifères qu’il broute ne sauraient porter préjudice aux vastes forets américaines, autrement décimées par les bûcherons. 11 faut, en effet, que le malheureux élan soit poussé par la nécessité pour aller chercher sa nourriture dans les champs ou les pâturages. Jacques Loyer.
- L’ALCOOLISME
- chez nos pêcheurs de haute mer
- Le lléau de l’alcoolisme sévit de longue daté chez nos pécheurs de Terre-Neuve et d’Islande: mais ses ravages ont pris parmi eux, depuis quelques années, une si regrettable importance, qu’ils ont appelé l’attention publique et semblent à la veille d’exiger une intervention officielle des pouvoirs compétents.
- Le mal n’est pas d’ailleurs spécial à nos nationaux ; il atteint aussi les pécheurs étrangers, et c’est même en grande partie contre lui qu’ont été fondées, en Angleterre, les œuvres d’assistance sur mer (Mission lo the deep-sea fishermen), qui ont obtenu d’excellents résultats en propageant parmi les marins le pledge, ou promesse avec serment de ne plus boire une goutte d’alcool ; cette promesse est généralement observée, de la part des adhérents qui l’ont formulée, avec une scrupuleuse obstination.
- En France, une institution fondée sur le modèle de l’œuvre anglaise, la Société des Œuvres de mer, reconnue d’utilité publique, a également engagé la lutte par la création, à Saint-Pierre-Miquelon et en Islande, de maisons de famille où les pêcheurs trouvent, pour occuper leurs loisirs, des distractions honnêtes qui tendent à leur faire oublier le chemin du cabaret.
- L’est une opinion fermement accréditée chez les pêcheurs et chez les capitaines que, pour résister aux intempéries des mers où se pèche la morue et aux fatigues de cette pèche, l’alcool est indispensable. Contre cette opinion les armateurs, quelle qu’ait été leur bonne volonté, n’ont pu jusqu’ici réagir.
- Grâce à ce préjugé, la ration quotidienne en spiritueux prévue à l’embarquement, pour chaque homme, est telle
- qu’elle suffit à en faire rapidement un incurable alcoolique.
- A Terre-Neuve, la moyenne de consommation chaque jour comporte, en elfet, deux quarts de vin, du cidre à discrétion, et un minimum de six boujaronsd’eau-de-vie.
- Mais cette dose est fréquemment dépassée : pour obtenir de ses hommes un travail inaccoutumé, comme de virer au guindeau ou de pêcher l’encornet, ou même si la morue donne d’une façon exceptionnelle, le capitaine a recours à des distributions supplémentaires.
- Et dans ce cas, il n’est pas rare que la quantité d’alcool absorbée par chaque pêcheur s’élève par jour à dix boujarons. Or, le boujaron vaut 4 centilitres.
- Une pareille quantité serait déjà nuisible pour un individu bien portant, bien nourri et non surmené. On conçoit les ravages qu’elle peut causer chez des hommes soumis à une fatigue constante et ne recevant qu’une nourriture, sinon insuffisante, du moins mal préparée, peu reconstituante et trop uniforme.
- Sans compter que dans les relâches ceux qui ont le goût de l’alcool savent se procurer encore des « extras )) chez les cabaretiers de Saint-Pierre, de même qu’aux Islandais, les navires chasseurs qui viennent chercher la première pêche apportent les « caisses » envoyées par la famille, et contenant de nombreuses bouteilles d’alcool qui servent à provoquer une ivresse générale.
- Pour donner une idée de la quantité d’alcool ingérée à Saint-Pierre au cours des relâches de pêche, il suffira de. rappeler que ce port reçoit en six mois, en dehors du vin, du cidre et de la bière, environ 20 000 litres de vermout et madère, où 000 litres de hitter et absinthe, 5000 litres de cognac, et plus de 100 000 litres d’eau-de-vie, rhum, genièvre et wisky.
- Et dans ces chiffres n’est pas compris l’alcool destiné aux besoins de la colonie et aux goélettes armées à Saint-Pierre. Il est bon de noter aussi que les navires armés en France emportent au départ la plus grande partie de leur approvisionnement en spiritueux. Pour remédier à un pareil état de choses, ce n’est pas trop du concours actif et réuni de l’initiative privée et des pouvoirs publics.
- La première doit tendre, par les moyens de moralisation dont elle dispose, à faire déserter les cabarets dans les relâches, et aussi à faire perdre le goût de l’alcool durant le séjour hivernal dans la mère-patrie.
- Quant aux seconds, leur mission, toute de coercition, est de prendre des mesures pour abaisser la ration quotidienne en alcool, en limitant strictement la quantité à embarquer à l’armement, en empêchant tout ravitaillement clandestin, et surtout en proscrivant les distributions à jeun.
- Sous les climats froids où travaillent nos pêcheurs, une petite quantité d’alcool, mêlée à du café ou à du thé chauds, ne peut qu’être bienfaisante. Il serait bon aussi de faire accepter des hommes, qui s’y opposent pour ne pas abandonner une partie de leur gain à une bouche mutile, la présence à bord d’un cuisinier, au lieu de laisser au mousse le soin de préparer les repas.
- Mieux nourris, ils sentiraient moins le besoin de cet aiguillon factice de l’alcool, qui après une courte excitation les fait retomber plus bas.
- Les pêcheurs américains, avec lesquels nos nationaux se rencontrent dans les eaux de Terre-Neuve, leur donnent -l’exemple : bien nourris, bien habillés, montés sur île fines goélettes d’une méticuleuse propreté, ils s’abstiennent complètement d’alcool, et cependant leur pèche n’en est pas moins bonne que celle de nos compatriotes, quoique « boettés » d’eau-de-vie. A. Acuoquu.
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- LES ABATTOIRS PUBLICS
- Le grand publie a frémi en apprenant, par les récents scandales de Chicago, les procédés indélicats des beefpackers américains. Désormais, la nécessité d’un contrôle rigoureux, pour ce qui louche le commerce de la viande, apparaît impérieuse à tout consommateur. Aux Etats-Unis, cette industrie ne fut envisagée, jusqu’ici, qu’au point de vue exclusivement commercial. Les Yankees, libres de traditions, créèrent, à la place de nos abattoirs publics, d’immenses tueries industrielles, dont les 134 principales usines se répartissent inégalement dans 55 centres, puisque Chicago, à lui seul, en possède 21.
- Rien ne serait plus parlait, au point de vue de la facilité des échanges, de l’économie de la main-d’œuvre, de l’utilisation des sous-produits, que cette centralisation industrielle si, d’un autre côté, l’hygiène et la police sanitaire y trouvaient également leur compte. Malheureusement, les beefpackers, avides de lucre, n’attachèrent de l’importance qu’à la partie mécanique de l’installation. Suivant une lâcheuse habitude, trop répandue en Amérique, ils construisirent tous ces établissements en bois. Le choix d’un matériel aussi éminemment défectueux pour de pareilles applications, qui se fendille, s’imprègne de liquides organiques, rend la désinfection impossible, et ne larde pas à exhaler les odeurs les plus infectes, a été pour beaucoup dans les terri-liantes descriptions des romans-feuilletons et des rapports olficiels sur les tueries du Nouveau Monde.
- Pour ce qui touche l’installation proprement dite de ces établissements, ces descriptions, allégées à peine de quelques détails répugnants, donnent un tableau assez fidèle de l’état lamentable de la grande majorité de nos abattoirs français.
- Partout, autour de nous, et plus spécialement dans les pays du centre de l’Europe, l’abattoir est devenu un établissement industriel et sanitaire par excellence; chez nous, il est resté une simple agglomération de tueries malpropres. Ailleurs, on paye un ticket d’entrée pour visiter ces superbes installations; en France, touristes et promeneurs en écartent leurs pas, comme d’un lieu maudit.
- Il est cependant intéressant de constater que c’est bien la province française qui a donné le prototype de l’abattoir moderne. Nous avons été le premier à mettre en relief ce fait, en recherchant et reproduisant les plans des établissements que les villes de Mois, de Grenoble, d’Orléans, etc., ont créés à la tin du xvine siècle1. A l’étranger, on a amélioré nos premières créations, tandis que, par un regrettable recul, nous nous en sommes de plus en plus écartés, pendant tout le xixe siècle. C’est à peine si, actuellement, nous commençons à y revenir.
- Au point de vue industriel, l’abattoir peut être considéré comme une usine, dans laquelle on met à
- 1 J. de Loverdo. Les Abattoirs publies. Vol. I, pag. Il et suivantes.
- mort les animaux, on les dépouille, on les dépèce, on conserve leurs viandes, on traite leurs issues et on transforme leurs déchets.
- A l’étranger, la mise à mort, le dépouillement et le dépeçage s’effectuent dans de grands ateliers collectifs ou « halles d’abatage », vastes et belles pièces, abondamment éclairées et ventilées, parfaitement outillées à l’aide d’appareils mécaniques appropriés (fig. 2 et 5) qui permettent aux bouchers et charcutiers de sacrifier, dépouiller et vider leurs bestiaux sans peine et avec une notable économie de main-d’œuvre.
- La viande des animaux sains est amenée dans un local propice à sa conservation et à l'amélioration de son goût, dans Y installation frigorifique, le garde-manger de l’établissement; tandis que les viandes reconnues inférieures ou malades, mais comestibles, avec ou sans l’intervention de la cuisson, sont vendues à bon compte, crues ou cuites, dans un local spécial de l’abattoir même, appelé Freibank; elles sont achetées et consommées par les classes nécessiteuses de la population.
- Les organes intérieurs et les tripes sont dégraissés, échaudés et apprêtés très rapidement dans des ateliers spéciaux ou triperies, munis de canalisations d’eau, de vapeur, etc., et très fortement ventilées.
- Enfin les viandes saisies, mais tout à faiL impropres à la consommation, sont incinérées dans des fours crématoires, ou encore transformées, à l’aide d’appareils appropriés, en suif industriel et en engrais! Ces dernières installations servent également au traitement du sang, des nivels, des déchets de boucherie, etc.
- En France, les choses se passent beaucoup plus sommairement. L’abattoir, au lieu d’être une usine mécaniquement agencée, où toutes les manipulations sont méthodiques, où les viandes et les abats sont à l’abri des altérations, où tous les sous-produits sont transformés d’une façon inodore, où tous les déchets sont utilisés..., il est tout simplement formé par la réunion d’un certain nombre de compartiments qui seraient comme la réédition des eschorcheries du moyen âge.
- Les bœufs, les moutons, les veaux, sont mis à mort, dépouillés et dépecés non pas dans de grands ateliers communs (fig. o), mais dans une infinité de petits réduits, improprement appelés échau-doirs, locaux, sombres et malpropres, d’un agencement suranné, où les dépouilles d’animaux s’entassent dans un encombrement indescriptible (fig. 1) rendant les opérations coûteuses, les manutentions pénibles, l’inspection très difficile.
- Le traitement des porcs n’est pas moins répugnant. On sait qu’en France on procède à l’épilation de ces animaux rarement en les échaudant dans de grandes cuves et, le plus souvent, en les grillant, les charcutiers estimant que les porcs grillés se conservent mieux et ont meilleur goût que les porcs échaudés. Or, dans la grande majorité de nos abattoirs,
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- on exécute ce flambage d’une façon barbare. Après avoir immolé ces animaux, au prix de mille luttes — en plantant et replantant le coutelas dans la chair jusqu’à ce que la lame ait atteint le cœur — on les étend par séries de 4 ou 5 sur les voies intérieures de l’établissement. Ce supplice à peine terminé, on couvre les bêtes d’un matelas de paille où l’on met le feu. La flamme fait grésiller le poil et la peau. Lorsque la dernière fascine est consommée, on retourne les cadavres et le flambage recommence. Une fumée épaisse et aveuglante ne tarde pas à envahir tout l’établissement. Comme, pour faciliter le raclage, on est obligé d’arroser les animaux gril-lés avec une grande quantité d’eau qu’on jette en pleins seaux, les endroits où l’on opère sont bientôt transformés en une mare de boue noire, au milieu de laquelle les porcs ilambés gisent lamentablement.
- Dans tous les autres pays — et bientôtaussi dans certaines villes françaises — on procède à ce flambage à l'aide de brûloirs métalliques, très rationnels, très expéditifs, analogues à celui représenté dans la ligure 41. Le porc à flamber, porté au bout d’une chaîne, disparaît dans une cheminée métallique contenant un foyer circulaire ; au bout de deux ou trois minutes, il en sort ayant les soies complètement grillées. Le travail s’opère dans des conditions de rapidité et de propreté parfaites.
- La partie frigorifique, qui constitue l’apanage obligatoire de tous les abattoirs bien installés de l’étranger, ne se rencontre dans les nôtres que dans de très rares exceptions (seulement dans les villes de Dijon et de Chambéry) et sous forme de dépendances incomplètes. Il en est de même de la
- 1 Ce grilloir de notre invention a été breveté dans tous les pays (Brevet français : 366 019).
- triperie et des usines de traitement des viandes insalubres, des déchets et du sang.
- Les exigences de l’hygiène moderne, de la santé publique et même de la dignité nationale, imposent la rénovation de tous nos abattoirs français. 11 est vrai que, jusqu’ici, on ne possédait aucun document sur la question. Cependant, désormais, la lacune est comblée1. Un mouvement très accentué, du reste, se manifeste en faveur de cette rénovation, puisque 94 villes françaises, grandes et petites, projettent
- actuellement la reconstruction de leurs abattoirs.
- Considéré comme établissement sanitaire, l’abattoir doit être constamment soumis à une surveillance scientifique sévère. Faute d’une inspection rigoureuse, des viandes insalubres peuvent se faufiler dans l’alimentation. On sait que ces viandes sont susceptibles de transmettre à l’homme soit des parasites dangereux, tels que le ténia, la trichine, le kyste du foie, etc., soit des substances nuisibles et toxiques suivant qu’il s’agit, par exemple, d’animaux atteints de la peste bovine, de rouget, d’hydrohémie, etc., ou encore de viandes fiévreuses, surmenées ou altérées. Celles-ci peuvent produire des troubles analogues aux fameux empoisonnements des canards à la rouennaise. Enfin certaines viandes de boucherie envahies des germes mortels de la tuberculose, du charbon bactéridien, de l’actinomycose, de la morve, etc., seraient capables des plus grands méfaits.
- 1 Les Abattoirs publics. Vol. I. Construction et agencement des abattoirs, par J. de Lovelido, 902 pages, 375 tig.,
- 9 planches. — Vol. IL Inspection et administration. Marchés aux bestiaux, par Henri Martel, chef du service vétérinaire sanitaire de Paris, J. de Loverdo, ingénieur ; Mallet, directeur de l’abattoir d’Angers. 650 pages, pl. col. Paris. Dunod et Pinat, édit. 1906.
- Fig. 1. — Un compartiment de l’abattoir de la Villette (Paris), pendaut le travail.
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- Quoique la cuisson diminue considérablement les chances de pareils dangers, il n’est pas moins vrai que, dans l’intérêt de l'hygiène publique, tous les endroits où l’on abat les animaux et manipule les
- le simple aspect de la viande ne peut permettre un diagnostic précis.
- Malheureusement, la huitième partie de nos 900 abattoirs français ne connaît même pas la pré-
- Fig. 2. — Mise à mort d’uu bœuf dans une halle d’abatage moderne (Roumanie).
- viandes devraient être soigneusement inspectés par [ sence de l’inspecteur ! Dans quelques grandes villes des vétérinaires compétents. La disposition des | seulement, celui-ci y reste à demeure. Ailleurs, on
- Fig. 3. — La halle commune ci-dessus pendant le travail.
- locaux devrait rendre commode la surveillance ; des moyens d’investigation appropriés (laboratoires) devraient permettre au vétérinaire de se prononcer d’une manière motivée dans les cas nombreux, où
- rétribue mal ses rares visites. Les échaudoirs encombrés et mal éclairés, le défaut de moyens d’investigations scientifiques entravent l’accomplissement de ses fonctions. Par contre, ses collègues, à l’étranger,
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- opérant au grand jour de la halle commune, disposant de laboratoires bien installés, sont à môme d’agir, d’une façon efficace et bienfaisante pour la santé publique.....
- L’édification d’abattoirs modernes est très cou-leuse. Nos municipalités françaises ne semblent pas s'ôtre rendues compte de la nécessité de ces dépenses. Par contre, en Allemagne, les frais d’établissement vont toujours en augmentant. De 20 à 25 francs par habitant, en moyenne, ils ont passé à 40 dans l’abat-
- Fig. 4. — Brûloir mécanique servant au grillage des porcs.
- toir modèle d’Offenbach, un des derniers en date, et voilà qu’une petite ville prussienne, de 20 000 habitants, fixe pour l’édification de son abattoir 2 millions de francs, soit le meme chiffre que Nancy dont la population est de 5 à 6 fois plus élevée! Sans oublier qu’eri Allemagne la main-d’œuvre est moins chère et le prix des matériaux et des appareils de beaucoup moins élevé. Sans vouloir imiter le luxe de nos voisins, nos Municipalités devront renoncer aux combinaisons hybrides d’où vont naître bientôt des abattoirs incomplets. On ne saurait trop encourager celles qui, pénétrées du véritable rôle que l’abattoir joue au point de vue hygiénique, ne reculent — à l’exemple de la ville de Compïègne — devant aucun sacrifice pour doter notre pays d’établissements modèles, quoique installés avec la plus stricte économie. J. de Loveudo.
- LE GAZ SULFUREUX
- et la conservation des matières périssables
- Nos lecteurs n’ont certainement pas oublié un-article fort intéressant du J)r Loir sur l’emploi de l’acide sulfureux, produit à l'aide d’un appareil Clayton, pour préserver les cargaisons de maïs contre les moisissures et les avaries diverses qui atteignent assez facilement ce grain. À l’heure actuelle on tente, et le J)r Loir en particulier, d’appliquer le gaz sulfureux, obtenu, il est vrai, d’une façon un peu différente, à la conservation de certaines matières périssables, notamment des poissons d’appât, harengs, capelans ou autres bouetlcs, employés dans diverses pèches, et entre autres dans celle de la morue.
- Voici déjà un certain temps que l’on se préoccupe de cette conservation de la bouetle, qui viendra aider à la transformation de la pèche, à la morue, et l’on a installé dans ce but : à terre ou à bord des bateaux morutiers, des chambres frigorifiques qui permettent d’accumuler à l’avance une quantité énorme d’appât. On sait en quoi consistent ces chambres, qui ont donné de bons résultats dans des cas nombreux que nous pourrions citer. Mais il est des bateaux où elles n’en ont au contraire donné que de mauvais. C’est que la frigorification, pour conserver les matières décomposables, doit être appliquée de façon ininterrompue, sans que la machine s’arrête : dès qu’il y a arrêt dans l’abaissement de température, il peut se produire un commencement de décomposition, que ne ferait point disparaître ensuite le froid le plus intense. El malheureusement l’homme chargé de la machine frigorifique est trop souvent un alcoolique dont la surveillance sera intermittente. Voilà pourquoi certains armateurs n’ont pas été satisfaits de la frigorification, et pourquoi on a songé à soumettre le hareng, la bouetle, à l’action du gaz sulfureux. Il s’agit plus spécialement du gaz dit gaz Marot, obtenu au moyen d’anhydride sulfureux liquide, que l’on fait évaporer et traverser par des étincelles électriques, dont on donne l’action comme très importante : il a d’abord été essayé, concurremment avec le gaz sulfureux obtenu par la combustion de soufre en canon dans l’appareil Clayton, pour la désinfection des navires, la destruction des rats, et il semble assurer d’aussi bons résultats. Pour conserver la bouette avec ce gaz, par exemple du hareng, on place celui-ci dans une chambre bien close où l’on fait dégager des vapeurs sulfureuses. Il se produit une légère dessiccation dans les tissus du hareng, mais qui est bien loin de lui donner l’aspect d’un poisson sec, il garde presque l’apparence de poisson frais.
- En tout cas, non seulement il se conserve très bien et pendant longtemps, les vapeurs sulfureuses qui l’imprègnent, s’opposant à la multiplication des germes, mais encore la morue, qui a le « nez fin », si l’on nous permet cette expression proverbiale des pêcheurs, et qui est très difficile sur la fraîcheur des appâts qu’on lui offre, la morue accepte admirablement les poissons ou encornets traités au gaz sulfureux d’après le procédé Marot. Et pourtant il semble que le traitement pénètre toute la masse du poisson, puisque l’on songe même à recourir à cette méthode pour certaines préparations anatomiques.
- bien que M. Loir nous ait dit avoir consommé, sans en ressentir le moindre inconvénient, du poisson traité au gaz sulfureux, et bien que ceux qui ont pris part avec lui à ce repas n’aient trouvé aucun goût particulier au poisson convenablement préparé et cuisiné, il n’est naturellement pas démontré que pareil procédé conservatoire
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- puisse s’appliquer aux substances fît denrées entrant directement dans noire alimentation. Mais l’application seule que nous avons indiquée est déjà des plus intéressantes. Et nous demanderons la permission de rappeler que fM. Tellier, qui a joué un rôle si important dans l’industrie de la conservation de la viande et des autres substances alimentaires, avait signalé, il y a bien longtemps, l’influence conservatrice de l’acide sulfureux. P. dk M.
- L’INDUSTRIE MODERNE DE LA SOIE
- Née dans l’extrême Orient, l’industrie de la soie, transportée ensuite à Byzance, en Perse, en Égypte, puis pratiquée avec succès par les Arabes et les Italiens, est devenue bien française depuis la création par Louis XI, en 1466, de la manufacture royale de Lyon. À partir de cette époque, elle n’a pas cessé de prospérer en France où elle a été maintenue jusqu’à
- Chaque année, le musée Galbera organise ainsi une exposition spéciale tendant à encourager telle ou telle branche de l’art industriel et à en mettre en lumière les transformations et les progrès. La première de ces expositions spéciales, en 1902, fut consacrée à la reliure; puis vinrent celles de l’ivoire en 1905, du fer forgé, du cuivre et de l’étain en
- 1904, des dentelles, guipures et broderies ajourées en
- 1905. En 1907, ce sera le tour de la porcelaine. En outre, il est fait au musée Galbera des expositions générales, comprenant toutes les branches de l’art appliqué, qui sont ouvertes chaque année au moment où sont closes les expositions spéciales et pour lesquelles les envois sont soumis à un jury permanent d’admission. Par celte double série d’expositions figurant à côté des collections lui appartenant en propre et dont le nombre s’accroît d’année en année, le musée Galbera constitue une sorte de salon de
- Kig. ï. — La l’Iilox. (Exposition Gliale], Tassimii'i et, C.1'.)
- nos jours à un haut degré de perfection, tant en ce qui concerne les tissus d’habillement que les étoffes d’ameublement. Pour ces dernières en particulier, la collaboration des meilleurs artistes décorateurs a valu, aux diverses époques, aux productions françaises une supériorité incontestable. Aujourd’hui les soieries françaises d’ameublement se distinguent plus que jamais entre toutes par leur cachet de bon goût et leur valeur artistique, et certains de nos industriels ont tenté même de rénover l’art de la décoration de la soie en créant des motifs nouveaux et en cherchant un style ne dérivant pas des styles anciens. On ne saurait trop encourager ces efforts, jusqu'ici un peu timides, qui peuvent être le point de départ d’un essor nouveau donné à l’une de nos industries d’art les plus vraiment nationales.
- Une exposition de la soie et du velours ouverte cette année au musée Galbera, montre l’état actuel de cette industrie en France et permet de constater les progrès qu’elle a réalisés et les tentatives de rajeunissement et de modernisation qui ont été faites en ce qui concerne les décors et dessins des étoffes.
- l’art industriel, sans cesse renouvelé, au moyen duquel les artistes peuvent se mettre constamment en rapport direct avec le public. Cette organisation permet au musée do contribuer à la réhabilitation et au développement de l’art industriel, de provoquer l’émulation artistique, de soumettre les formules nouvelles à la critique du public, de révéler et de consacrer des talents qui risqueraient de ne pouvoir se faire jour. Le distingué conservateur du musée Galbera, M. Eugène Delard, un littérateur doublé d’un artiste, a su, avec un réel talent, remplir ce programme tracé par le conseil municipal de Paris, dont la réalisation doit avoir une haute portée artistique et économique; il en a donné une preuve nouvelle par l’exposition de la soie.
- On est vite convaincu, par un coup d’œil d’ensemble' sur l’exposition, que l’industrie française de la soie est restée digne de son ancienne réputation, tant par la perfection de la fabrication que par la beauté des dessins et l’éclat des couleurs. C’est un véritable enchantement des yeux que ce chatoiement d’étoffes aux nuances gaies et claires, qui se fondent
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- dans le plus harmonieux ensemble. M. Delard a su les grouper d’une façon très habile et très artistique pour éviter les contrariétés de tons ou les dispositions qui auraient pu rappeler celles des devantures de magasins.
- Les divers exposants ont en général continué à interpréter dans le décor des étoiles les documents et motifs anciens, mais la plupart y ont ajouté, quelques-uns timidement, d’autres avec plus de hardiesse, des compositions modernes ayant la lleur pour principal motif. C’est ainsi qu’à côté de très belles productions d'après les styles anciens, les maisons Com-bé et Delaforge,
- Hamot, Lamy et Gautier, Albert Martin, J. A. Henry et d’autres ont fait de très heureuses tentatives dans le genre moderne.
- Certaines maisons, très réputées d’ailleurs pour leurs inter-prétations anciennes, se sont même très nettement orientées vers le décor iloral, et ont fait des envois d’une grande originalité; il nous suffit de rappeler les belles expositions de MM. Cornille frères, E. Bouvard, Chatel et Tassinari.
- Fig. 2. — Les Angéliques, velours de Gênes. (Exposition Cornille frères.)
- Certes les styles anciens conservent toujours leur
- noblesse ou leur grâce. Les derniers siècles écoulés ont laissé en France les traces ineffaçables de certaines formes caractéristiques constiluantun style propre à chaque époque. Après la Renaissance durant laquelle la France avait subi l’influence italienne, des styles français se sont succédé, donnant leur empreinte à l’architecture, à l’ameublement, à la décoration des étoffes.
- Au style Henri II, puis au style Henri IV, tout de transition, succéda le style Louis XIII, aux formes sévères, aux lignes sobres. Ce fut Louis XIII qui introduisit d'Italie en France 1 e s somptueux brocarts. Sous Louis XIV, la décoration ornementale prit un caractère grandiose. La fabrication des soieries brochées et des riches damas prit à Lyon, Tours et Paris une extension considérable.
- La formule du décor s’égaya à la fin du règne de Louis XIV et une aimable fantaisie se mon Ira au temps de Louis XV. Ce fut l’époque où les merveilleux lam-pas brochés firent leur apparition; ils se conti-
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- nuèrent sous Louis XVI. On revint aux grandes traditions artistiques à la fin du règne de Louis XV avec Philippe de la Salle dont les riches compositions fournirent de splendides applications de l’art décoratif aux tissus. Ses plus beaux sujets, comme le Fai-san, les Perdrix, le Panier fleuri, sont des chefs-d’œuvre de coloris, de grâce et de distinction.
- Sous Louis XV comme sous Louis XVI, la flore fut le principal élément du décor tissé, mais c’était une flore plutôt en dessous de la nature. Cependant un élève de Lebrun, Jean Revel, transporta sur l'étoffe de superbes interprétations de fleurs dans le Marché de Paris et Vile de Cythère. Sous Louis XVI dominent les fleurettes et les emblèmes pastoraux rappelant les idylles champêtres du Petit Trianon, mais le dessin s’affine et un style plus pur se fixe.
- Puis la Révolution. arrive et, avec Napoléon Ie1', on tombe dans un style rigide et froid, pastiche de l’antiquité.
- Le xixe siècle se borna à faire la récapitulation des siècles qui l’avaient précédé.
- La Restauration copia maladroitement l’ancien régime; sous Napoléon III, on ne fit que des adaptations des styles antérieurs. Mais des époques passées, il était resté
- des traditions qui ont continué jusqu’à notre époque à guider les fabricants. Nous pouvons admirer les belles interprétations, données de nos jours encore,
- des dessins de Philippe de la Salle et ce sont toujours les étoffes de style qui sont le plus demandées pour l’ameublement.
- Sans renier le passé, fallait-il cependant s’en tenir là? Nos artistes ne l’ont pas pensé et, recherchant une formule nouvelle leur permettant de ne pas se borner à des redites, c’est à l’école de la nature qu’ils puisèrent leurs inspirations. Us s’ingénièrent à trouver des compositions ayant la plante pour principe, mais en ne prenant pour guide que l’observation sincère et attentive de la nature. Plus de choix entre les plantes passant pour décoratives ou non, rien de conventionnel ou d’arrangé; toute plante peut fournir un motif à l’artiste et il la reproduit telle qu’elle se présente dans son milieu ordinaire, dans sa position naturelle et sous son aspect vrai. L’art japonais contribua poui-partie à cette direction d’idées en montrant le charme imprévu et pénétrant que peut offrir le décor tiré de la nature. Ce fut donc la stylisation de la fleur qui parut définitivement fournir la formule cherchée ;
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- on doit encourager les artistes dans celte voie à condition qu'ils apportent dans leurs créations les qualités d’exactitude, de clarté, de bon goût et d’élégance qui sont la marque de la majeure partie des œuvres françaises et qu’ils ne s’égarent pas dans des formes lantasques et excentriques, fausses déformations de la plante, qui compromettraient le succès de cette évolution.
- C’est en s’inspirant de ces idées que les premières maisons irançaises de soieries, après avoir interprété avec talent les meilleurs types des genres anciens, ont cherché à rénover le décor des étoiles par la stylisation de la lleur. S’adressant à des arlisles de valeur, Alexandre Sandier, Mlle Rault, Karbowsky,
- Giraldon, Félix Aubert, etc., elles ont pu donner sur leurs tissus, en des tons divers, des dessins d’un gracieux effet ornemental et d’un superbe coloris.
- Les coquelicots, lilas, glycines, angéliques, cyclamens, pavots représentés sur les étoffes de la maison Gornille, au Musée Ralliera, et en particulier les splendides orchidées aux brillantes couleurs dessinées par Alexandre Sandier, imitation sincère de la nature, ont un charme qui attire et séduit. MM. Chatel et Tassinari ont trouvé dans les mûres, le phlox, les ronces, des modèles d’où ils ont tiré aussi les effets les plus heureux. C’est toute une flore que la maison E. Bouvard expose sur ses tissus : boutons d’or, chardons, roses, soleils, iris, narcisses, colchiques, tulipes, crocus. Une superbe liliacée, la couronne impériale, a fourni à M. J. À. Henry un majestueux décor d’une remarquable vérilé. Ce style de la plante vivante, pourrait-on dire, sera assuré du succès lorsque l’architecture
- de nos habitations cl l’industrie du meuble en bois se seront arretées à des formes nettement déler-minées avec lesquelles il pourra s’harmoniser.
- La belle exposition de Ralliera aura été pour beaucoup une révélation. Gustave Kkgkusi'kiuuui.
- t
- LA RÉPARTITION
- des permis de chasse, et des chasseurs
- Au moment où la chasse bat son plein dans toute l’étendue du territoire de la France, il nous a paru intéressant de compter combien il y a en France de chasseurs, combien rapportent à l’Etat et aux communes les permis de chasse et comment se répartissent nos chasseurs surlesdilfé-rents points de notre pays.
- Aux termes de la loi du 3 mai 1844, la délivrance d’un permis de chasse donne lieu au paiement de deux droits, l’un au profit de l’Etat, l’autre au profit de la commune. Ce second droit a toujours été de 10 francs; le droit perçu au profit de l’Etat, fixé tout d’abord à 15 francs, avait été doublé par la loi du 23 août 1871. Celle du 20 décembre 1872 l’a diminué, et fixé à 18 francs.
- En 1844, on a compté 125 000 chasseurs : bien entendu l’administration n’a pu relever, comme de juste, le nombre des personnes qui chassent sans permis et des braconniers. En 1850, il y en avait 150 000, et, en 1860, il yen avait 250000. Comme on le voit, le nombre de chasseurs augmentait de 10 000 à peu près tons les ans : en 1869, il y en avait eu 330 000, mais l’année de la guerre, ou n’en avait plus compté que 50 000, et pour cause : l’appel sous les drapeaux, les malheurs de la guerre, l’envahissement des Allemands expliquent facilement cette diminution en 1870. Mais, après la guerre, le nombre des permis de chasse se relève de suite, et augmente jusqu’à 404 000 en 1884.
- Depuis une vingtaine d’années, le nombre des permis diminue petit à petit, et n’est plus aujourd’hui que 340 000. Faut-il dire par là que le nombre des chasseurs sans permis ou les braconniers augmentent? Nous ne voulons pas le croire, nous préférons dire que le gibier diminue, et que c’est là qu’il faut voir la cause de la diminution du nombre de permis délivrés. Toujours est-il qu’annuellement les permis de elqisse délivrés aux chasseurs l’apportent à peu près 10 millions de francs, à l’Etat et aux communes.
- Sur 39 millions d’habitants qui sont en France, on compte un peu moins de 1 chasseur (un permis de chasse, pour mieux dire) pour 100 habitants. Telle est la moyenne générale, on ne la trouve que dans la Seine-Inférieure, le Jura, la Dordogne et la Haute-Garonne.
- La proportion des permis de chasse est de 1,8 pour 1000 dans la Corse : on sait que, ici, tous les campagnards, et beaucoup de citadins ont leur fusil, et ce n’est pas toujours pour la vendetta. C’est-il là qu’il convient de compter le plus de braconniers? La proportion la plus faible est
- ir, dK
- Carte des chasseurs en France.
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- ensuite dans la Seine, et cela se comprend : les chasseurs (pii habitent la Seine sont relativement peu nombreux, noyés dans une population travailleuse, et aussi beaucoup de provinciaux habitant Paris tiennent à prendre leur permis dans la commune où ils vont chasser.
- Voici le classement des départements, d’après la proportion des permis pour 1000 habitants.
- Proportion des permis de chasse pour ÎOÔO habitants.
- 1 ;t 2. Corse.
- 2 à 3. Seine.
- 3 à 4. Finistère, Côtes-du-Nord, Morbihan, Nord, Haute-
- Savoie, Savoie.
- 4 à 5. Haute-Loire,
- 3 ii Ü. llle-et-Yilaiuc, Manche, Lozère, Puy-de-Dôme, Corrèze, Cantal, liasses-Pyrénées, Hautes-Pyrénées, Ariège.
- (i à 7. Loire-Inférieure, Mayenne, Pas-de-Calais, Vosges, Lot, Aveyron, Ardèche, Loire, Pyrénées-Orientales, Hautes-Alpes.
- 7 à 8. Vendée, Meurthe-et-Moselle, Creuse, Rhône.
- 8 à 9. Doubs, Saône-et-Loire, Allier, Haute-Vienne, Tarn,
- Landes.
- 9 à 10. Seine-Inférieure, Jura, Dordogne, Haute-Garonne
- (France entière).
- 10 à 11. Belfort, Cher, Nièvre, Haute-Saône, Ain.
- 11 à 12. Orne, Saillie, Maine-et-Loire, Deux-Sèvres, Tarn-et-
- Garonne, Indre, Ardennes, Somme, Isère, Aude, Tarn-et-Garonne.
- 12 à 13. Lot-et-Garonne, Meuse, Drôme.
- 13 à 14. Vienne, Loiret, Marne.
- 14 à 15. Calvados, Aisne, Gers, Charente, Basses-Alpes,
- Alpes-Maritimes.
- 15 à 10. Côte-d’Or.
- 10 à 17. Loir-et-Cher, Charente-Inférieure, Gironde, Yonne, Haute-Marne, Gard.
- 17 à 18. Indre-et-Loire, Aube, Hérault.
- 18 à 20. Oise, Bouches-du-Rhône.
- 20 à 25. Eure, Eure-et-Loir, Seine,-et-Oise, Seine-el-Marne, Vaucluse.
- 25 à 30. Var (29,8 pour 1000 habitants).
- Le groupement des populations qui chassent peu (ou du moins où il y a le moins de permis), se trouve en Bretagne, en Auvergne (et dans le Massif Central), dans les Alpes et les Pyrénées.
- Au contraire, la proportion des chasseurs est nettement dessinée dans tout le bassin du Rhône, en y comprenant les départements baignés par la Méditerranée, Provence et Languedoc, et plus particulièrement le Var, qui est le département qui compte le plus de chasseurs. La proportion des chasseurs est plus forte également dans les départements baignés par la Garonne, la Charente et tout le Bassin de la Seine. Alors que la Seine compte peu de chasseurs, 26 pour 1000 habitants, l’on trouve, faisant cercle autour de la Capitale, un grand nombre de chasseurs, dans l’Oise, 19 pour 1000 habitants, dans la Seine-et-Oise, 21 pour 1000 habitants, dans la Seine-et-Marne, 25 pour 1000 habitants, Eure-et-Loir et Eure qui comptent plus de 20 chasseurs pour 1000 habitants. Le Nord et l’Est comptent relativement peu de chasseurs.
- Nous donnons d’ailleurs, indiquant mieux que je ne saurais le faire, la carte des chasseurs en France, avec teintes plus ou moins fortes correspondant aux régions qui comptent le plus de chasseurs.
- C’est au premier abord autour de Paris, Marseille, Toulon, Bordeaux que l’on chasse le plus. Tout cela, bien entendu, en faisant des réserves sur le nombre des braconniers, qui échappent à la statistique ; nous n’insisterons pas, ne voulant froisser aucun département. Mais il nous a paru intéressant pour nos lecteurs de faire un peu de géographie des chasseurs en France. V. Tukquan.
- RÉGULATEUR
- de tirage et de combustion.
- La recherche d'un appareil permettant de régler dans les chaudières à vapeur le tirage et la combustion de façon que ces deux opérations soient solidaires et marchent d’une façon rationnelle, a donné lieu à de nombreuses inventions. La plupart cherchaient en outre à y adjoindre la fumivorité, aussi étant trop compliqués, ces appareils n’ont pas donné les résultats que l’on en attendait, et ont été abandonnés.
- L’un d’eux, qui nous a paru être une solution élégante de la question, est plus simple et a été imaginé par un ingénieur de Pierrefonds, M. Bœttiger, qui a laissé de côté la partie fumivorité, et qui lui a donné le nom de Régulateur américain.
- Employé dans un certain nombre d’usines du Nord, de la région parisienne, de Saint-Etienne, il a élé très apprécié par les industriels qui tout en utilisant des charbons de différentes origines, ont reconnu qu’il procurait une économie appréciable de combustible.
- Le régulateur américain a pour but le réglage du tirage, qui se fait automatiquement, et qui, soigneusement étudié et commandé permet d’utiliser d’une façon plus rationnelle le combustible employé.
- Lorsqu’un foyer de générateur a reçu une charge de charbon, il est nécessaire*'d’avoir en même temps un grand afllux d’air aün d’opérer la combustion des gaz produits, qui sont en grande quantité aussitôt après la charge; mais lorsque la première phase de combustion est passée, lorsque le fort débit des gaz combustibles a diminué, il n’est plus nécessaire de laisser arriver l’air en aussi grande quantité. Au contraire, de l’air froid s’ajoutant aux gaz chauds amènerait une diminution de température.
- Si donc, lorsque le feu est éclairci, que la fumée due à la charge est dissipée, on vient à fermer d’une façon quelconque le registre aux trois quarts de sa course, par exemple, la chaleur restera en contact avec les bouilleurs, au lieu d’être entraînée vers la cheminée; l’air froid pénétrera moins et ne causera pas de refroidissement funeste. Quand le feu est tout à fait clair, si ce même registre se ferme complètement, ce feu se soutiendra beaucoup plus longtemps que s’il était ouvert, et lorsque le chauffeur ouvrira le foyer pour le charger, le registre étant chargé, il n’y aura pas de perte par la cheminée, et les tôles ne seront pas refroidies brusquement.
- Tel est le principe du régulateur américain : il règle le tirage de façon à empêcher ou à supprimer les pertes de chaleur par la cheminée, et éviter que les tubes des générateurs se refroidissent trop brusquement lorsque l’on charge le foyer. La partie principale de l’appareil (fîg. 1), est scellée sur le devant du générateur au-dessus du foyer. La figure 2 donne l’aspect général.
- Le cable du registre fait un tour sur la poulie à
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- gorge visible sur la figure 1, puis est attaché au contrepoids qui est plus lourd que le registre.
- La poulie h gorge est folle sur l’arbre de l’appa-
- en se vissant ou se dévissant au gré du chauffeur, régler les charges selon la nécessité du débit de vapeur, et en diminuer ou augmenter le nombre à l’heure.
- La marche du régulateur est obtenue à l’aide d’un excentrique calé sur une transmission de l’établissement; on peut y suppléer par le va-et-vient d’une machine quelconque : la force employée est insignifiante.
- Dans les installations à tirage forcé, le régulateur peut agir à la fois sur le registre et sur le robinet de vapeur du souffleur. L’économie obtenue sur la dépense de vapeur s’ajoute à celle réalisée sur le combustible. Nous avons vu fonctionner cet appareil, les industriels qui l’emploient en sont contents, et l’économie en combustible réalisée peut aller jusqu’à 25 pour 100. Nous croyons utile de le signaler aux lecteurs de La Nature qui peuvent s’y intéresser. Fonctionnant automatiquement et mécaniquement, sa marche échappe totalement à l’initiative du chauffeur tout en facilitant son tra-
- Fig. 1. — Régulateur américain pour le tirage et la combustion dans les chaudières industrielles.
- reil, mais elle est munie d’une griffe qui s’emboîte dans une autre griffe calée sur cet arbre. Lorsque l’arbre tourne entraîné par la roue à rocliet, la poulie suit son mouvement, et fait fermer le registre en remontant le contrepoids. Lorsque le registre est presque fermé, l’appareil s’arrête, et un timbre prévient le chauffeur : c’est à ce moment qu’il doit alimenter sa chaudière en y introduisant une charge de combustible.
- La charge faite, la porte du foyer en se refermant tire sur le bras qui se trouve à côté de la poulie, et celle-ci se trouve repoussée hors de la griffe de l’arbre, et devenant libre, le contrepoids l’entraîne et fait ouvrir le registre, de façon que le tirage soit ouvert en plein pour brûler les gaz qui se dégagent du combustible chargé. Le ressort qui se trouve à l’extrémité de l’arbre repousse la poulie à gorge dans la griffe fixe et l’appareil recommence son travail, fait refermer le registre au fur et à mesure de la diminution de la fumée et du passage du charbon à l’état incandescent.
- Un petit volant placé à droite de l’appareil peut,
- Fig. 2. — Régulateur américain. Application à deux chaudières conjuguées.
- vail; il est toujours libre de régler le registre à la main si certaines circonstances l’y obligent, mais l’outil est simple, robuste, indéréglable, et ne demande aucun entretien. Maxime Forest.
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- L’HYDROLOGIE DE LA
- Le plateau sans eau de la Dobroudja, entre Varna, le Danube et la mer Noire, a laissé un lamentable souvenir à tous ceux qui se rappellent les débuts de la guerre de Crimée. C’est là qu’en 1854 des troupes françaises, lancées vers Mangalia sous un soleil torride, sans rencontrer ni un puits ni une source suides kilomètres, perdirent du choléra près du tiers de leur elï'ectif. Quand on la voit aujourd’hui au printemps toute verte de blés en herbe, cette plaine ad-
- DOBROUDJA BULGARE
- courir à des puits tout à fait profonds, ayant souvent : dans la Dobroudja proprement dite, 60 à 80 mètres de profondeur et, un peu plus à l’ouest, dans ce qu’on appelle le Deli-Orman, ou la Foret sauvage, atteignant même 150 à 200 mètres suides terrains géologiques d’un âge et, par conséquent, d’une nature physique un peu différente. Ces deux types de puits, qui, par leurs proportions, deviennent de vrais puits de mines et qu’actionnent
- Cuscalelles de Mihulvé près Kavarna (Bulgarie), montrant la sortie des eaux souterraines suivant un plan de contact très précis.
- mirablement fertile n'évoque pas d’abord de si tristes souvenirs; pourtant la question de l’eau s’y pose toujours, sans avoir en temps normal l’acuité qu’elle a pu présenter pendant un passage d’armée. Elle est ici analogue à ce qu’elle peut être dans la Beauce; c’est-à-dire qu’à la surface il n’existe aucun cours d’eau, aucune source : toute la partie haute du sol géologique étant formée par des calcaires fissurés perméables, à travers lesquels l’eau s’infiltre et se perd en profondeur, après avoir suffisamment séjourné à la surface dans la terre arable pour y maintenir le degré d’humidité nécessaire aux cultures, mais pas assez pour alimenter, par des nappes ou des courants souterrains, des puits ordinaires de 10 à 20 mètres de profondeur. Il a donc fallu re-
- des moteurs plus ou moins savants, animés ou mécaniques, tendent chaque jour à se multiplier davantage, grâce à la richesse agricole de tout ce pays et leur emploi permet le développement de la grande culture, dans des conditions dont on aura une idée si je dis qu’il m'est arrivé de loger chez un fermier possédant à lui seul 5000 hectares de terres en froment avec 500 vaches, 150 bœufs, 50 chevaux et 2000 moutons (ce qui ne l’empêchait pas, du reste, de mettre bravement la main à la pâte et de vivre en paysan dans sa ferme). Le foncement de ces puits très nombreux a permis de faire, sur la circulation des eaux souterraines dans les terrains calcaires, diverses observations, qui présentent un réel intérêt général pour tous les pays du même genre, où la
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- LA NATURE.
- présence d’un sous-sol calcaire amène pénurie d’eau à la surface.
- Par une simple coïncidence, la région bulgare, dont il s’agit en ce moment et qu’il ne faut nullement se représenter comme un désert, mais, au contraire, comme un territoire riche et fertile où manque seulement l’eau nécessaire à l’alimentation des bestiaux en été, doit cette pénurie d’eau à la présence de deux terrains calcaires tout à fait dilférents l’un de l’autre par leur nature et leur constitution comme par leur allure géologique, dont l’un occupe la partie Ksi ou Dobroudja, tandis que l’autre forme, à l’ouest, le Peli-Orman. Sans entrer dans des détails techniques qui intéresseraient peu nos lecteurs1, il suffit de dire que, dans l’est, on a un calcaire tertiaire assez peu épais superposé à des marnes imperméables : ce qui détermine la pénétration des eaux à travers le calcaire fissuré jusqu’à ce qu’elles rencontrent les marnes et s’y arrêtent dans leur descente, créant ainsi une sorte de niveau aquifère que vont rechercher les puits de 80 mètres au maximum. Dans l’ouest ou le Peli-Orman, on a, d’antre part, des calcaires crétacés caverneux, spongieux, perforés de grottes et de cavités innombrables, comme les calcaires de l’istrie, de la Dalmatie et du Monténégro, où rien ne vient arrêler la pénétration des eaux jusqu’à la profondeur où un niveau hydrostatique général se trouve établi par le drainage à grande distance que réalise la vallée du Danube. 11 faut alors, par des puits beaucoup plus profonds, des puits qui atteignent 200 mètres, pénétrer jusqu’à ce niveau hydrostatique et y recueillir l’eau au moyen de machines. Les travaux qui ont été faits sont curieux en ce sens qu’ils permettent de caractériser, de démontrer dans une certaine mesure et, en meme temps, de préciser ces idées théoriques. On peut ainsi apprécier, indépendamment des explorations directement réalisées par les spéléologues, dont les conclusions se trouvent du même coup vérifiées et étendues, la distribution réelle de ces soi-disant nappes ou niveaux d’eau souterrains, dont une ancienne école hydrologique continue à affirmer la continuité absolue, la dissémination dans toute l’épaisseur d’une strate et, par suite, la filtration, l’épuration nécessaires, avec une obstination qui a eu, dans certains cas (à Paris, par exemple), de graves conséquences pour l’hygiène publique.
- Prenons d’abord le premier cas, celui de calcaires perméables peu épais et horizontaux avec marnes imperméables à la base. 11 en résulte, comme je l’ai dit, un niveau d’eau entre les calcaires et les marnes. L'existence de cette nappe aquifère est prouvée par la comparaison des divers puits entre eux et, en outre, par la réapparition de ces eaux profondes en sources, là où les falaises de la côte ou quelque ravin mettent à jour le. contact en question. C’est ainsi que, sur certains points, on voit les eaux affluer au jour avec une abondance curieuse, exactement sui-
- 1 L élude détaillée paraîtra liienlot dans les Annales des mines, 10° série, t. X.
- vaut le contact théorique, à partir duquel elles tombent, le long de petites falaises, en cascalelles, comme ces cascades artificielles de nos jardins publics, amenées par d’invisibles conduites en forme de lames d’arrosoirs. Notre figure en donne une idée d’après une photographie prise à l’ouest de Kavarna, dans le ravin de Mihalvé.
- En cette même région, on peut voir comment celte alimentation des sources se fait par véritables courants souterrains, analogues aux rivières qui coulent au jour et, comme celles-ci, absolument localisés. Les sources, si abondantes et si théoriquement distribuées en un point, font défaut à côté, puis reparaissent un peu plus loin; ce sont là des filets d’eau, analogues aux rares rivières souterraines dans lesquelles la pénétration humaine est possible et qu’on avait voulu, de ce chef, considérer comme un cas très exceptionnel. En même temps, ces sources, très fréquentes du côté de la vallée qui représente l’amont de ces sortes de rivières et par lequel se fait l’afflux des eaux, manquent totalement suivant le même contact sur l’autre rive : le drainage a été opéré, l’eau souterraine a été évacuée, le contact est asséché.
- On peut, en reportant sur une carie topographique les cotes absolues où l’eau se rencontre ainsi, soit dans les puits, soit sur les affleurements à l’état de sources, tracer par lignes de niveau la forme du contact géologique qui fournit l’eau à tout le pays, afin de pouvoir ensuite, en un point quelconque, par la comparaison de cette surface aquifère avec la surface topographique, prévoir à quelle profondeur un puits nouveau rencontrera l’eau. Suivant la remarque précédente, cette prévision ne peut être absolue, comme elle le serait si la surface en question était réellement continue; il s’agit de rei|-contrer, dans le calcaire, une fissure aquifère locale, qui, à quelques mètres près, peut se trouver plus ou moins bas, ou même faire défaut totalement; mais, avec des calcaires très fissurés, cet aléa est faible en pratique. D’autre part, cette surface aquifère, qui correspond à un niveau géologique, est très loin, même dans ces plateaux tertiaires qui semblent bien horizontaux, de se présenter comme un plan géométrique; c’est une surface gauche compliquée, dont les ondulations, ainsi bien connues, peuvent être d’un utile enseignement pour apprécier les mouvements récents des terrains géologiques.
- Dans le second cas, qui est celui de calcaires crétacés épais sans couche imperméable, la comparaison des puits profonds montre le rôle prépondérant de la grande vallée danubienne. Si l’on poussait les choses à l’extrême et si l’on supposait la masse calcaire entièrement homogène et entièrement poreuse, on devrait penser que toutes les eaux situées au-dessus d’une certaine surface courbe raccordée en pente douce avec le Danube, doivent s’écouler rapidement vers ce fleuve, tandis que les eaux situées au-dessous de ce niveau hydrostatique ont un mouvement infiniment plus lent et plus indirect. Toute la partie supérieure tend donc à s’assé-
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- cher très vite et à évacuer de suite les pénétrations pluvieuses, tandis que, pour alimenter des puits d’une façon permanente, il faut descendre au-dessous. C’est à peu près exactement ce que l’expérience démontre; mais, ici plus encore que dans le cas précédent, on doit prévoir et l’on constate, en elï'et, que l’eau circule par filets localisés, séparés et, souvent, indépendants. Un puits, descendu jusqu’à la surface théorique où l’eau devrait se rencontrer, peut très bien être obligé de pousser 20 ou 50 mètres [dus bas pour arriver à une tissure aquifère; deux puits voisins peuvent obtenir l’eau à des profondeurs assez sensiblement différentes et, bien qu’en général, une fois le puits foncé, l’équilibre tende à se rétablir d’une façon plus théorique, il arrive même que ces deux puits, alimentés par deux tissures distinctes à communication assez lointaine, semblent, dans les limites pratiques, presque indépendants l’un de l’autre.
- Ce dernier tait peut être également observé sur des sources thermales, dont les grillons sont en terrain calcaire fissuré; bien que la venue d’eau initiale soit unique, ses branchements dans ces calcaires peuvent acquérir assez d’indépendance pour constituer de véritables individualités, non seulement par leurs vertus thérapeutiques, mais encore par leur allure hydrologique. Le même fait, qui, en réalité, n’est pas borné exclusivement aux calcaires, mais qui se présente à un degré moindre dans tous les terrains et jusque dans les sables réputés les plus poreux, peut expliquer aussi certaines anomalies des recherches pétrolifères. L. De Launay.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 octobre 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Le tremblement de terre du Chili. — M. Lœwy présente une Note de M. Obreeht sur le tremblement de terre du 1 fi août dernier à Santiago. Les premières secousses ont été ressenties à 7h5111140s du soir, temps moyen de Santiago (minuit 44 minutes à Paris). Le sol a subi un mouvement ondulatoire bien caractérisé dont l’amplitude est de un décimètre et la période 1 /2 seconde à peu près. Les ondulations ont duré jusqu’à S'1 om 50% puis un calme s’est produit pendant 5 minutes suivi d’une reprise des secousses pendant 20 secondes. Peu après le phénomène prenait fin complètement.
- La teinture des gemmes. — M. Berthelot expose ses recherches sur la coloration naturelle des gemmes. Si l’on chauffe l’améthyste à 500° elle devient incolore et très transparente. La coloration étant due à des traces d’oxyde de manganèse, il arrive alors que la chaleur décompose cet oxyde et, comme le cristal a une structure lamelleuse, le gaz oxygène peut s’échapper. Mais si l’on soumet cette améthyste décolorée aux radiations du radium tamisées par une épaisseur de verre, elle se recolore en violet. Le quartz artificiel, exposé pareillement à l’influence des sels de radium, se colore en violet. Le verre également se colore en bleu, puis se décolore parla chaleur. On sait d’ailleurs,- par l’examen des ampoules, que les rayons cathodiques colorent le verre en violet. Or, dans les radia-
- tions du radium, il y en a qui ont les mêmes propriétés que les rayons X qui sont la transformation des rayons cathodiques. La fluorine violette se comporte comme le quartz améthyste, mais il n’en est pas ainsi du quartz enfumé et de la fluorine verte. Ces gemmes se décolorent par la chaleur, mais elles 11e reprennent pas leur teinte sous l’action des substances radioactives. Or, on observe que sous l’eflet de la chaleur, elles exilaient une odeur rappelant celle du pétrole. La matière qui les colore est donc de nature organique, et c’est parce que les radiations ne peuvent reconstituer cette dernière, que la reprise de couleur n’a pas lieu. Le corindon violet ou rouge 11e subit pas de modifications analogues. 11 y a lieu de remarquer que la restitution de la teinte se produit dans l’obscurité; or, dans le sein de la terre, les matières radioactives abondent, ainsi que le démontrent les eaux minérales. On est donc conduit à penser qu’une voie nouvelle est ouverte aux savants disposés à porter leurs recherches sur la coloration des gemmes.
- L'alimentation des plantes par les sucres. — M. G. Bonnier expose les expériences elïectuées dans son laboratoire de Fontainebleau par M. Lubimcnko. Il en résulte que les plantes vertes peuvent être nourries directement au moyen de sucres absorbés par leurs racines. Lne lumière très faible favorise énormément l’incorporation de ces sucres qui doivent donc être surtout assimilés pendant les crépuscules du soir et du matin Cn. de Villkdeuil.
- LE FUSIL AMÉRICAIN MODÈLE 1903
- Ce nouveau fusil, qui vient d’être adopté pour l’armée des Etats-Unis, est appelé communément le « Springtield », du nom de l’arsenal où il est labri-qué. Succédant au Krag-Jorgensen, il en dillêre sensiblement et présente sur ce dernier quelques améliorations notables qui, à l’heure actuelle, pourront cependant être considérées comme insuffisantes pour justifier l’abandon de l’ancien modèle et la réfection, toujours coûteuse, d’un nouvel armement.
- Le Springtield est un fusil court, car sa longueur n’est que de 1,102 m., tandis que partout ailleurs elle oscille entre 1,25 m. et 1,50 m. ; en conséquence, il servira également à l’armement de l’infanterie et de la cavalerie. Son calibre, 7,02 mm., est le même que celui du Krag; en revanche, sa pénétration eL sa vitesse initiale sont plus grandes.
- La culasse mobile C (fig. 2) est pourvue de deux tenons de fermeture £ et d’un tenon de sûreté latéral. L’extracteur est fixé sur le cylindre par un anneau À. Les différentes parties de la culasse sont réunies par le manchon B ; celui-ci est pourvu de deux tasseaux latéraux qui, venant en contact avec la boîte de culasse, l’empêchent de suivre le mouvement de rotation de la culasse mobile. Le cran de sûreté 1), tourné à gauche, ne produit aucun effet ; tourné à droite, ce qui ne peut se faire que si le fusil est armé, il empêche la rotation du cylindre C et repousse légèrement le chien E en arrière en immobilisant le percuteur. La culasse s’ouvre et se ferme comme à l’ordinaire par un mouvement de rotation et de translation.
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- LA NATURE.
- Dans le cas où, au moment du tir, la culasse ne serait pas entièrement fermée en pressant sur la détente, la force du ressort de percuteur est consacrée tout entière à achever la fermeture de la culasse au lieu de lancer le percuteur sur l’amorce. Le fusil peut être armé en tournant le levier de droite à gauche et le rabattant ensuite ou, simplement, en tirant le chien en arrière.
- Le magasin M, placé dans la boite de culasse, contient cinq cartouches, disposées en zigzag; il est muni d’un arrêt de. fermeture portant sur l’une de ses faces le mot ON (ouvert), sur l’autre, le motOFF (fermé). Le mot ON est poli, ce qui permet de recon-
- originale par l’adaptation d'un viseur au moyen duquel on peut corriger la dérive et portant le cran de mire auquel on peut d’ailleurs substituer un œilleton fixé sur une plaque mobile.
- Quatre genres de cartouches sont employées avec cette arme : 1° la cartouche à halle, chargée de 2,8 gr. de poudre ù la nitroglycérine et munie d’une halle formée d’un noyau de plomb et d’étain renfermé dans une enveloppe de cupro-nickel ; 2° la cartouche à blanc, munie d’une balle en papier contenant 0,52 gr. de poudre sans fumée pour en assurer l’éclatement au sortir de l’àme; 5° la cartouche de tir réduit, à halle courte et charge réduite ; 4° la cartouche ù deux
- Vue d’ensemble du lusil américain 1903.
- naître d’un coup d’œil si l’arme est prêle pour le tir à répétition. Pour garnir le magasin, on opère h la main ou au moyen d’un chargeur qui est éjecté quand on ferme la culasse. Quand l’arrêt est tourné vers le bas (OFF), le magasin est fermé; la culasse ne peut être ouverte entièrement, et sa partie antérieure, recouvrant le culot de la cartouche supérieure du magasin, empêche cette dernière de remonter et
- balles sphériques, pour le service de garde, qui ne peut être employée dans le magasin. Pour ne pas la confondre avec les précédentes, la fausse cartouche ou cartouche d’exercice, est étamée, munie de six cannelures longitudinales et percée de quatre trous au culot.
- Au début, le Springfield fut d’abord muni d’une baguette-baïonnette logée dans le fût; on pensait
- Fig. 2. — Coupe longitudinale, le couj) prêt à partit1.
- de venir se placer devant le cylindre. Le mécanisme du magasin se trouve immobilisé et on peut tirer en chargeant coup par coup. Quand l’arrêt est levé (ON), le magasin est ouvert; la culasse peut se tirer entièrement en arrière, permettant à la cartouche supérieure de venir faire saillie devant la tranche antérieure du cylindre pour êlre poussée dans le canon lors de la fermeture. Après le tir de la dernière cartouche, dès que la culasse a été ouverte, l’arrêt se soulève et la maintient en arrière pour faire voir que le magasin est vide.
- Le canon est recouvert d’un manchon M en bois (fig. 1). Le guidon G, fixé par une bague sur le canon, est percé de deux trous (fig. 1) qui servent à l’alléger et à fixer un couvre-guidon. La hausse II (fig. 1 et 2) présente une construction tout a fait
- alors que le rôle de la baïonnette serait désormais peu important sur le champ de bataille. Les événements de Mandchourie ont amené un revirement dans les idées et les Américains ont adopté un sabre-baïonnette long de 0,406 m. en remplacement de la baguette.
- La vitesse initiale, assez faible pour une arme récente, n’est que de 670 mètres; la portée atteint 4571 mètres. 11 faut noter que le recul est considérable et l’intensité de la détonation très aiguë; d’autre part l’usure du canon est rapide et, après 1500 coups, la précision de l’arme laisse à désirer. L. G.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1743. — 20 OCTOBRE 1906.
- LA NATURE.
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- LE TEMPLE OSCILLANT DE CHEYTEYO
- (Birmanie)
- Les roches oscillantes, branlantes ou qui remuent au contact, plus ou moins fort, de la main humaine, voire au simple souffle du vent, sont un phénomène bien connu, même très fréquent : toujours ce sont des fragments d’assises rocheuses, presque isolées ou détachées de leur support par l’érosion aqueuse, la corrosion pluviale ou la déflation éolienne ; ils ne reposent plus sur l’assise inférieure que par un seul point, si hasardeusement et heureusement combiné par rapport au centre de gravité, que l’équilibre est assuré quoique avec une légère instabilité. C’est en général dans les granits et les grès, plus facilement arrondis-sables, que cette bizarrerie se rencontre. Les Anglais les nomment rocking stones.
- Deux sont classiques, connues et citées partout : à Fontainebleau, la Roche qui Remue du Mont-Chauvet, et le Roc de Tandil dans la République Argentine (Piedra Movede-za, bloc de granit de 270 tonnes que le vent fait remuer)1. On en connaît en Bretagne, Lot, Corrèze, etc.
- La plus originale de toutes a été signalée récemment par Ylllustraled London News : c’est en Birmanie que la superstition a fait de la pierre oscillante de Clieyteyo un temple religieux; la pierre, branlante au vent violent, a été surmontée d’une petite pagode qu’on a nommée la Pagode du Sampan (du bateau) à cause de la forme de l’ensemble. On ne nous a point dit la nature de la roche : ses formes lisses et adoucies dénoncent le granit.
- Dans le Sidobre (Tarn), les étranges rivières de
- 1 Yoy. E. Reclus, t. XIX, p. 743.
- 34e auuée. — 2e semestre.
- rochers et rocs isolés, qu’on connaît trop peu, recèlent aussi, selon M. R. Nauzières, une trentaine de roches branlantes remarquables (Sept-Faux, Camp-soleil, Lascombes, la Rouquette, Peyro-Clabado, Casse-Cailloux, Peyremouyrou, etc.).
- On en trouvera la description fort bien faite dans les études que cet auteur a consacrées au Sidobre1 ;
- asurément il n’est pas de point sur le globe où les roches branlantes soient réunies en aussi grand nombre sur un si petit espace. La plupart sont très faciles à visiter (de Castres) par de bonnes routes ou des chemins aisés. Mais dans le dédale du Sidobre un guide, ou tout au moins la bonne carte de M. Nauzières, est absolument indispensable. D’ailleurs certaines de ses roches branlantes ont été, par leurs propriétaires, attachées avec des chaînes cadenassées, pour que leur mise en mouvement ne soit pas loisible à tout venant. Une des plus curieuses est encore le Logan-Rock, voisin du Cap Land’s End à l’extrémité de la Cornouaille anglaise : en granit, comme ceux du Sidobre, il pèse 70 tonnes. En 1824, un jeune officier de marine, le lieutenant Goldsmith, eut la fantaisie de vouloir le renverser : bien qu’il n’eût réussi qu’à le déplacer de quelques décimètres, il lui en coûta 50 000 francs pour le remettre (à peu près seulement) dans sa position première, — et cela par ordre de l’amirauté anglaise, qui n’avait point goûté cette dégradation infligée au littoral britannique! A. Steryal.
- 1 Yoy. R. Nauzières, Annuaire du Club alpin pour 1898 et Le Sidobre, Castres, imp. du Progrès, mars 1905, in-8°, 74 p. et 2 pl., 1 f'r.
- 21
- Le temple oscillant de Clieyteyo (Birmanie).
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- LA NATURE.
- EXTINCTION DES LOUPS EN FRANCE
- Nous pouvons dire aujourd’hui qu’il n’y a plus de loups en France; leur destruction est d’ailleurs arrêtée, faute de loups à tuer. Nous allons examiner, maintenant qu’il n’y a plus de ces fauves, combien il y en avait et comment ils se répartissaient sur le territoire français.
- Mais, allez-vous dire, comment peut-on savoir combien de loups, et combien dans chaque partie de la France? C’est bien simple : grâce à une prime, instituée en 1882, l’administration de l’Agriculture a pu relever, année par année, et par département, la destruction des loups.
- Cette prime est de 200 fr. par loup ou louve s’étant jetés sur un être humain, de 150 fr. par louve pleine, de
- 100 fr. par loup ordinaire, ou louve non pleine, et enfin de 40 fr. par louveteau.
- A l’aide des relevés faits par les comptes du Budget, il nous a été possible de trouver que sur les 8215 fauves qui ont été détruits, on a tué 15 loups s’étant jetés sur des êtres humains, 150 louves pleines, 4500 loups et 5752 louveteaux. Cette hécatombe immense a rapporté aux chasseurs, aux hommes ayant pris part aux battues, une somme de 605 180 fr., dont 2600 fr. pour les loups s’étant jetés sur des êtres humains (on voit que leur nombre a été bien restreint), — 22 500 fr. pour la destruction de louves pleines, — 450 000 fr. pour des loups ou louves non pleines, — et enfin 150 080 fr. pour les louveteaux. Comme on le voit, la France était encore, à la fin du xix° siècle, infestée de loups, et la prime qui avait été instituée en 1882, a rendu de grands services : certains chasseurs, des paysans de bonne volonté, et des lieutenants de louveterie avaient bien jusqu’alors contribué à diminuer le nombre des loups ; une petite remarque, un peu chagrine, mais humoristique, pouvait être faite auparavant : on primait des chasseurs qui présen-
- taient des queues de loup, oubien des pattes de loup, la suite a montré que l’on a tué des loups n’ayant pas de queue, ou n’ayant que trois pattes. Aujourd’hui, il faut déposer à la mairie la peau d’un loup pour avoir droit à la prime....
- C’est au lendemain de la loi établissant la prime, que la destruction des loups a été la plus forte, 425 primes dans le dernier trimestre 1882, et 1516 primes en 1885. En 1885, la destruction est tombée à 1655, fautc.de loups sans doute, et chaque année le nombre d’animaux détruits diminuait de 206 et 566, ce qui, pour toute la France, n’accusait qu’une destruc tion de quelques centaines de loups, par exemple, 760 loups en 1887, 466 en 1891, 245 en 1894, 160 en 1897, et finalement quelques loups seulement chaque année maintenant.
- Nous avons dit plus haut que 8215 loups en vingt ans ont été détruits, ou pour mieux dire primés, mais nous pouvons considérer ces deux mots primés et détruits, comme équivalents.
- Nous donnons ci-contre (tableau nu 1) la destruction de 8215 loups pour chaque département.
- Ce tableau est fort instructif, car il montre qu’un certain nombre de départements n’ont jamais eu de loups, jamais, bien entendu, depuis 26 ans. Le nombre de ces départements a été de 17. Ils se trouvent surtout dans le Nord de la France, par exemple, la Seine, l’Eure-et-Loir, la Somme, l’Oise, le Pas-de-Calais, le Nord, l’Aisne. Les loups semblent en avoir été extirpés plus vite qu’autre part et dans le Sud de la France, dans la Gascogne et le Languedoc.
- Ont vu tuer un loup chacun, neuf départements, parmi lesquels il faut noter la Seine-et-Oîse, le Rhône, à côté de grandes villes.
- Trois départements ont vu tuer deux loups; six départements ont vu tuer trois et quatre loups ; sept départements ont vu tuer sur leur territoire de cinq à neuf loups en vingt années; six départements en ont vu tuer de dix à dix-neuf, dans la même période.
- Telle est la première moitié de la France, où l’on a détruit moins de'266 animaux, faute de loups.
- Voyons maintenant (tableau n° 2) comment se répartissent les 8666 autres loups tués dans les quarante autres départements.
- En examinant de plus près ce classement, nous trouvons que onze départements ont tué de 26 à 49 loups; que six départements ont tué de 56 à 166 loups; que dix départements en ont tué de 166 à 266 et que deux départements ont tué de 266 à 566 loups.
- Ces départements se trouvent répartis en Bretagne, dans l’Est et dans le Centre de la France jusqu’à la Gironde. A noter au Sud-Est, en Provence, un centre de loups, dans le Var, notamment dans les forêts des petites Alpes.
- Mais les trois quarts des loups étaient dans deux régions bien déterminées, au Nord-Est, la Lorraine et la Champagne, surtout la Meuse, 656 loups tués en une vingtaine d’années, et dans le Centre-Ouest, c’est' dans la Charente que l’on a trouvé 841 loups, la Haute-Vienne, 759 loups, et par-dessus tous les autres départements, la Dordogne, qui a tué 1158 loups. Tous ont-ils été tués? l’avenir le dira.
- Carte de l'extinction des loups on France.
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- TABLEAU N” I
- Destruction des loups en France par département depuis 20 ans.
- Ain 1 Loiret 38
- Aisne Lot 14
- Allier . 78 Lot-et-Garonne . . . . )>
- Basses-Alpes . 10 Lozère 18
- Hautes-Alpes .... 6 Maine-et-Loire 2
- Alpes-Maritimes . . . 3 Manche 1
- Ardèche. 8 Marne . 188
- Ardennes . 58 Haute-Marne . 367
- Ariège 1 Mayenne 47
- Auhe . 166 Meurthe-et-Moselle. . . , 328
- Aude Meuse . 650
- Aveyron . 27 Morbihan . 127
- Bouches-du-Rhône. . 8 Nièvre . . .' . . . . 8
- Calvados Nord »
- Cantal 36 Oise )>
- Charente . 841 Orne 5
- Charente-Inférieure . ., 99 Pas-de-Calais .... . »
- Cher . 127 Puv-de-Dôme .... . 57
- Corrèze . 289 Basses-Pyrénées. . . , . 28
- Corse Hautes-Pvrénées. . . . 4
- Côte-d'Or . 160 Pyrénées-Orientales . 2
- Côtes-du-Nord. . . . . 118 Territoire de Belfort. . 11
- Creuse . 510 Rhône 1
- Dordogne . 1158 Haute-Saône, .... . 199
- Doubs . 45 Saône-et-Loire. . . . . 105
- Drôme 1 Sarlhe 4
- Eure 2 Savoie 9
- Eure-et-Loir .... Haute-Savoie .... »
- Finistère . 146 Seine »
- Gard . 11 Seine-lnlérieure. . . 3
- Haute-Garonne . . . )) Seine-et-Marne . . . . 25
- Gers Seine-et-Oise .... 1
- Gironde 6 Deux-Sèvres .... . 125
- Hérault Somme . »
- Ille-et-Vilaine .... . 35 Tarn 1
- Indre . 285 Tarn-el-Garonne. . . , »
- Indre-et-Loire. . . . 16 Var . 100
- Isère 1 Vaucluse . »
- Jura . 39 Vendée . »
- Landes Vienne . 440
- Loir-et-Cher . 23 Haute-Vienne .... . 759
- Loire . 30 Yosges 547
- Haute-Loire 9 Yonne . 67
- Loire-Inférieure. . . 3
- Total général : 8215
- TABLEAU N" 2
- Le classement ci-dessous- indique cette répartition : Aucun loup tué : Aisne, Aude, Calvados, Corse, Eure-et-Loir, Gers, Landes, Lot-et-Garonne, Nord, Oise, Pas-de-Calais, Haute-Savoie, Seine, Somme, Tarne-et-Garonne, Vaucluse, Vendée.
- 1 loup : Ain, Ariège, Drôme, Isère, Manche, Rhône, Seine-et-Oise, Tarn.
- 2 loups : Eure, Maine-et-Loire, Pyrénées-Orientales.
- 3 à 4 loups : Alpes-Maritimes, Loire-lniérieure, Orne, Hautes-Pyrénées, Sartlie, Scine-lniéricurc.
- 5 à 9 loups : Hautes-Alpes, Ardèche, Bouches-du-Rhône, Haute-Loire, Nièvre, Orne, Savoie.
- 10 à 19 loups : Basses-Alpes, Gard, Indre-et-Loire, Lot, Lozère,' Territoire de Belfort.
- 20 à 49 loups : Aveyron, Cantal, Doubs, llle-eL-Vilaine, Jura, Loir-et-Cher, Loire, Loiret, Mayenne, Basses-Pyrénées, Seine-et-Marne.
- 50 à 100 loups : Allier, Ardennes, Gharente-Inlérieure, Puy-de-Dôme, Var, Yonne.
- 100 à 200 loups : Aube, Cher, Côte-d’Or, Côtes-du-Nord, Finistère, Marne, Morbihan, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Deux-Sèvres.
- 200 à 300 loups..: Corrèze, Indre.
- 500 à 500 loups : Creuse, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Vienne, -Vosges.
- 500 à 1000 loups : Charente (841 loups), Meuse (650 loups), Haute-Vienne (739 loups).
- 1000 loups et au-dessus : Dordogne (1158 loups tués).
- Toujours ost-il que telle est la véritable répartition des loups en France; l’étal numérique ci-dessus des départements, leur classement d’après le nombre de loups tués est intéressant, mais nous croyons faire œuvre plus
- instructive en montrant à nos lecteurs une carte de France indiquant, par des teintes graduées, la manière dont s’est trouvé réparti le loup dans notre pays.
- Cette carte montre quatre taches principales : dans le Centre-Ouest, région qui renferme la Charente, le Limousin, le Périgord ; dans l’Est, qui renferme la Champagne, la Lorraine (c’est du Luxembourg, de l’Alsace, de l’Allemagne que semblent venir les loups de ces régions) ; deux régions secondaires, dont il a été question plus haut, la Bretagne et la Provence.
- Telle est, pour le lecteur, la physionomie de notre travail sur les loups. A souhaiter que pour la période qui va suivre, la carte des loups reste en blanc, c’est-à-dire que le loup soit définitivement extirpé en France, au grand désespoir des lieutenants de louvelerie, qui sont maintenant titulaires de sinécures et à la grande joie des campagnes dans les régions qui jusqu’à ce jour avaient été infestées. V. Turquan.
- LA BROUSSE A INTISY
- (Madagascar)
- Occupant une partie du sud et tout le sud-ouest de Madagascar, sur une superficie d’environ 20 000 km2, s’étend une région très curieuse, constituée par des plateaux desséchés, où plusieurs mois, plusieurs années même peuvent s’écouler sans qu’il tombe la moindre pluie. Ce vaste territoire présente une végétation extrêmement bizarre, formée de plantes charnues ou épineuses, affectant un port de Cactées, adaptées d’une manière étroite aux conditions si particulières du climat. Cette formation, d’un caractère singulier, a reçu le nom de brousse à Inlisy, à cause de l’Euphorbiacéc qui y domine et contribue peut-être le plus à l’aspect impressionnant du pays.
- La brousse à lntisy commence à environ 60 km à l’ouest de Fort Dauphin et se révèle déjà lorsque, partant de cette localité, on a franchi le cours de la Manampanza et les collines d’Andrahombe dirigées à peu près exactement du sud au nord. Le paysage, qui était empreint d’une fertilité relative, orné de forêts riches en végétaux caoutchoutifères arbres ou lianes, en essences précieuses variées, parmi lesquelles dominent les ébènes et les palissandres, prend brusquement un aspect impénétrable : la végétation semble se débattre contre l’inclémence du ciel et l’aridité du sol par le jeu de toutes ses ressources d’adaptation. Sous la contrainte implacable de conditions précaires d’existence, les espèces ont dû disparaître ou revêtir une sorte d’uniformité, qui vient confondre au premier abord les représentants des groupes les plus différents et déroute même l’œil exercé du botaniste.
- La brousse inextricable, où les individus serrés les uns contre les autres, enchevêtrés même, semblent se prêter un appui et un abri réciproques, atteint ainsi au sud la côte Antandroy, à l’ouest les côtes des pays Masikora et Mahafaly et couvre à peu près toute la région comprise entre ces rivages et une ligne sinueuse partant de Tullear, s’élevant
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- au nord jusque vers le 25e parallèle, pour redescendre ensuite obliquement suivant une direction sud-est et atteindre la côte méridionale au niveau de la baie des Galbons. Cette région est loin d’être parfaitement connue, par suite des obstacles naturels qui s’opposent à la pénétration dans un pays où l’on n’avance que péniblement, en se frayant un sentier avec le sabre d’abatis et où la pacification n’a pu faire que des progrès très lents.
- Les principaux explorateurs, auxquels sont dues nos connaissances actuelles sur la brousse à Intisy, sont MM. Prud'homme, dire c- r • teur de l’agriculture à Madagascar, Àlluaud,
- Decorse, G. Gran-didier et Geay1, chargés de mission par le Muséum. « Le sol, écrit M. Prud-homme 2, composé de sable quartzeux et micacé est presque partout d’une aridité complète ; certains endroits sont même entièrement couverts de pierres et de blocs de rocher. Dans cet étrange pays, la végétation ne perd cependant ses droits nulle part ; profitant des anfractuosités les plus petites, des fentes les plus imperceptibles et de la moindre trace de terre, elle arrive à tout envahir, jusqu’aux affleurements de gneiss qui cachent parfois la terre sous un véritable dallage. »
- Les rivières sont rares et presque toujours à sec; au voisinage de celles qui continuent toute l’année à charrier une petite quantité d’eau, s’établissent des sortes d’oasis constituées par des bois de tamarinsj les tribus éparses dans la brousse, retranchées derrière leurs remparts hérissés d’épines, sont sauvages et paresseuses et vivent misérablement de l’élevage
- 1 M. Geay effectue en ce moment même dans cette région Un nouveau voyage d’exploration qui promet les plus fructueux résultats.
- 2 Revue de Madagascar.
- de quelques bœufs, des fruits de cactées, ainsi que des maigres ressources qui leur arrivent par la côte.
- Ce pays déshérité est cependant capable de produire des richesses; l’Intisy compte parmi les plantes à caoutchouc les plus intéressantes; la gomme qu’il fournit n’est connue des Européens que depuis 1891. « Le jeune fils d’un créole de Fort Dauphin, raconte Drake del Castillo, vit un jour, entre les mains d’un petit indigène, un tambour, dont la peau lui parut d’une élasticité merveilleuse. 11 demanda à l’enlant d’où lui venait un pareil
- instrument. 11 y a dans la brousse, répondit le petit malgache, un arbre d’où coule une gomme que nous recueillons ; nous l’étalons sur notre ventre et, quand elle est sèche, elle nous donne la peau de tambour que voilà. Lejeunecréole rapporta le fait à son père, qui alla s’enquérir lui-même de l’existence de cet arbre et trouva le curieux végétal et le remarquable produit que l’on sait. » Mais cette découverte fut soigneusement tenue secrète et le produit fut vendu en Europe, sous le nom de caoutchouc de Kilua, comme provenant de la côte d'Afrique, jusqu’à ce que, un an plus tard, la véritable origine en fût connue à Hambourg.
- Le latex de l’Intisy est très épais et très riche en caoutchouc; il se coagule spontanément à l’air au bout de quelques heures, et plus rapidement sous l’action de certains agents chimiques, en particulier du jus de citron. Le produit commercial se présente généralement en boules d’un brun jaunâtre, constituées par de petites lanières pelotonnées, douées d’une grande élasticité, entourant un noyau central trop souvent falsifié par l’addition d’une notable proportion de terre. Préparé avec soin,le caoutchouc antandroy constitue une sorte excellente et il est vraiment regrettable que la cupidité et l’impré-
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- voyance des indigènes conduisent rapidement à la destruction complète des Intisy, la seule ressource de cette région désolée.
- La croissance de cet arbuste est en effet très lente et peu faite pour encourager des essais de culture; il faut une trentaine d’années pour obtenir un sujet adulte et c’est à ce moment seulement que la récolte du latex peut devenir vraiment rémunératrice. Dans la brousse, les Intisy sont généralement clairsemés et atteignent environ 6 à 7 m. de haut, avec une ramification parfois abondante dès la base et une cime grêle et irrégulière dépassant la plupart des végétaux voisins; les plus jeunes branches sont
- à section transversale arrondie, dont la paroi extrêmement épaissie, envahissant même complètement la cavité cellulaire chez les rameaux plus âgés, est constituée par de la cellulose presque pure ; ce sont ces fibres qui communiquent aux différentes régions delà plante leur rigidité. Les formations secondaires libéroligneuses sont précoces et la moelle, très abondante au début, éprouve rapidement une compression qui en diminue considérablement le volume.
- Les racines sont constituées par des chapelets de tubercules séparés entre eux par des étranglements ; elles forment le principal réservoir d’eau de la plante ; sous l’influence de la turgescence, les cellules de la
- groupées sans ordre bien défini et s’enchevêtrent les unes dans les autres; les feuilles, dépourvues de pétioles, sont en forme de spatule et extrêmement étroites ; elles tombent de bonne heure, de telle sorte que la fonction chlorophyllienne est dévolue aux ramuscules, de couleur vert clair, riches en pigment assimilateur; ceux-ci sont charnus, cylindriques sur presque toute leur longueur et renflés à l’extrémité : l’épiderme qui les revêt est recouvert d’un enduit cireux qui s’oppose à l’évaporation; il porte des stomates enfoncés dans de petites dépressions circulaires, disposition destinée à limiter les pertes d’eau.
- L’écorce est parcourue par le système sécréteur formé de laticifères continus devenant de plus en plus abondants dans les régions profondes de ce tissu ; elle renferme également de nombreuses fibres,
- moelle et du parenchyme ligneux secondaire acquièrent des dimensions énormes et donnent un tissu spongieux qui renferme un liquide légèrement sucré ; les indigènes savent d’ailleurs en tirer parti à l’occasion, car ils sucent les racines de l’Intisy, lorsque l’eau vient à leur manquer; les vaisseaux ligneux forment à l’intérieur des tubercules un lacis extrêmement compliqué dont on ne peut comprendre l’organisation qu’ensuivant le développement de ces organes ; il en résulte un véritable système absorbant interne qui permet à la plante d’utiliser ses réserves aqueuses, pendant les longues périodes de sécheresse.
- ; MM. Costantin et Gallaud, après avoir étudié de près la structure de cette plante curieuse, ont pu se servir des caractères qu’ils avaient observés pour délimiter un nouveau groupe du genre Euphorbia, la
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- LA NATURE.
- sous-section lntisy. On y range une douzaine d’espèces appartenant toutes h la même aire géographique, dominées par un complexe de caractères anatomiques, différant seulement entre elles par des détails secondaires de structure. Une seule espèce de ce groupe, YEuphorbia Tirucalli, semble s’étendre à une région beaucoup plus considérable, car on l'a signalée en outre à Zanzibar, dans l’Inde, jusqu’aux Moluques et aux Philippines.
- D’autre part, les Euphorbes les plus voisines par leur organisation du groupe de l’intisy sont à peu près localisées dans l'Afrique orientale et dans l’Afrique du Sud et c’est là une nouvelle preuve, ajoutée à tant d’autres, de l’existence d’un ancien continent rattachant la côte d’Afrique à Madagascar; les Euphorbes de la sous-section lntisy descendent donc vraisemblablement de types continentaux dont elles ont divergé peu à peu, sous l'influence de conditions spéciales de milieu, sans cependant qu’on puisse méconnaître leur origine.
- Si l’intisy est inerme ainsi que quelques autres Euphorbes de la brousse, on y rencontre aussi pas mal de plantes épineuses comme Y Euphorbia steno-ckula et surtout Y Euphorbia cirsioides, qui doit son nom spécifique à sa ressemblance avec un gigantesque chardon ; ces deux espèces appartiennent au groupe de l’intisy ; mais d’autres sections fournissent également des représentants à la flore de cette région et presque partout croît en abondance le Songo-Songo ou Euphorbia splendens, plante cacléi-forme, à tiges charnues, côtelées et épineuses, dont les involucres brillamment colorés en rouge communiquent aux inflorescences le plus bel effet ornemental. Lorsqu’on blesse la plante, il s’en écoule un latex abondant qui se concrète en une matière résinoïde dénuée d’application, rappelant la sécrétion de Y Euphorbia resini/era du Maroc.
- Au milieu des Euphorbes et des Cactées, émergent cà et là des plantes bizarres les Fanscyllus qui ont particulièrement exercé la sagacité des botanistes; les espèces connues sont aujourd’hui rapportées à deux genres Didierea et Alluaudia, qui forment un petit groupe autonome placé au voisinage dçs Sapin-dacées. Ce sont tantôt des arbres d’assez grande taille comme Y Alluaudia procera qui s’élance à 15 m de hauteur et présente l’aspect d’un faisceau de trompes d’éléphants, tantôt des plantes buisson-nantes, peu élevées au-dessus dü sol, très ramifiées dès la base. Les feuilles sont généralement fort peu développées et les tiges portent presque toujours d’énormes épines, provenant de la transformation de rameaux avortés et groupées sur des organes spéciaux ou coussinets disposés en spirale.
- Ajoutons encore à cette nomenclature quelques Asclépiadées qui ressemblent à s’y méprendre à certaines Euphorbes du groupe de l’intisy ; c’est là un phénomène de convergence très remarquable, qui rend les diagnoses particulièrement délicates, lorsque les documents dont on dispose ne sont pas absolument complets et explique bien des erreurs de
- détermination. Enfin dominant l’ensemble de cette végétation étrange, épars au milieu de la brousse, s’élèvent quelques baobabs au tronc épais et lourd, à la cime disgracieuse, qui semblent jalonner cette immense et monotone solitude. Marcel Dubard,
- Maître de Conlmviices à la Sorbonne.
- NOUVEL EXPLOSIF « LA VIGORITE »
- Un nouvel explosif, dont la composition et le mode de fabrication sont tenus secrets, vient d’être inventé par le docteur G. Schultz de Munich et l’ingénieur Fritz Gehre des usines de Pullach (Bavière). On sait seulement du nouvel explosif que ce n’est point un mélange mais une combinaison chimxque définie et que ses propriétés, reconnues par des experts de toutes sortes, sont bien celles qu’avaient annoncées les inventeurs.
- La vigorite, tel est le nom qui a été donné au nouvel explosif, ne fait explosion ni par le frottement, ni par le choc, mais seulement au moyen d’une étoupille électrique spéciale. L’eau et l’humidité sont également sans aucune action sur elle : on peut donc la transporter par eau el par terre sans aucune précaution spéciale. Au contact du feu, comme un grand nombre d’explosifs modernes, elle brûle en fusant tranquillement jusqu’au bout, assez lentement et sans explosion. Comme les produits gazeux qu’elle donne par sa décomposition ne sont pas délétères, son emploi est tout indiqué pour le tirage des coups de mines dans les travaux souterrains difficiles à ventiler. C’est la difficulté d’aérage qui, en effet, en retardant le retour des ouvriers mineurs à l’avancement après le tirage des mines, est souvent la cause que dans certains travaux on ne peut tirer des perforatrices perfectionnées tout le profit qu’on serait en droit d’attendre de la rapidité de leur fonctionnement. Ainsi, au percement du Simplon, il s’est écoulé presque autant.de temps entre le moment où on tirait les coups de mines et le moment où on recommençait à percer une autre série de trous que pendant le percement même de ces trous ; pourtant on avait pris des précautions pour abattre rapidement les fumées.
- Tous les produits explosifs nitrés employés actuellement donnent comme produits gazeux, de l’azote, de l’oxyde de carbone ou du gaz carbonique, quelquefois les deux derniers gaz ensemble. Les acides picrique et crésylique qui forment la base des explosifs de guerre brisants, connus sous le nom de mélinite, lyddite, roburite, etc., donnent une forte proportion d’oxyde de carbone, gaz très toxique comme on sait, et dont la production suffirait à faire rejeter l’emploi de ces explosifs dans les mines et même en plein air, si leur prix n’était pas si élevé ; la dynamite est beaucoup moins dangereuse à cet égard; quant à l’ancienne poudre noire elle était surtout suffocante en raison du produit solide légèrement caustique, le sulfure de potassium, qui se trouvait dans la fumée. On pouvait, d’ailleurs, abattre facilement ces fumées par un arrosage copieux qui avait pour effet d’entraîner le sulfure de potassium qui est très soluble dans l’eau.
- La vigorite peut donc remplacer la dynamite pour les travaux de mines ; elle peut remplacer également les explosifs à base d’acide picrique pour le chargement des obus de rupture. Dans ce dernier cas, elle reviendrait de 155 à 140 francs les 100 kilogr. alors que ceux qui sont actuellement employés coûtent plus de 350 francs. Pour tous les autres emplois, son prix ne serait pas supérieur à 85 francs. Elle est d’ailleurs moins dense que les explosifs qu’elle remplace. E. L.
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- LES INSTALLATIONS MECANIQUES D’UN GRAND HOTEL
- La machine s’introduit partout, et dernièrement on donnait ici un exemple bien curieux de ce qu’elle peut faire pour le lavage de la vaiselle; mais ce n’est pas lîi le seul service qu’elle est susceptible de rendre dans, les immenses hôtels modernes, où tout doit être fait pour simplifier le travail, pour l’accélérer, pour économiser sur la main-d’œuvre, tout en répondant aux exigences de la clientèle. Et il est
- Le New Savoy Hôtel présente immédiatement cette particularité qu’il possède sa propre usine de force motrice, comportant 4 chaudières à tubes d’eau et h surchauffe, montées dans les caves, et dont la surface de chaulfe est de 210 mètres carrés environ par générateur. Toute l’alimentation est assurée mécaniquement, le charbon étant déversé de la rue dans des trémies, d’où il coule par gravité sur un
- cha rbon
- Tablés,
- Bassin
- d'eaux
- J'égouts
- Table
- ula ; su
- lee chemises
- Magasins à bois
- Menuiserie
- Chambre i
- réfrigérantes
- Atelier
- iënérati îeles
- des machines
- Chambre de congélation
- Salle des machines
- Fig. 1. — Le sous-sol d’un grand hôtel.
- intéressant de voir les applications mécaniques multiples qui sont maintenant nécessaires dans un hôtel bien installé, et le rôle que l’ingénieur est appelé à y jouer, concurremment avec l’architecte.
- Nous ne voudrions pas avoir l’air de faire de la réclame à tel ou tel hôtel ; cependant, il est indispensable que nous localisions les indications que nous allons donner, et nous prendrons nos exemples, d’une part en Angleterre, dans les nouvelles constructions du Savoy Ilotel, qui est un établissement aussi luxueux qu’on peut l’imaginer, et, d’autre part, aux Etats-Unis, dans l’hôtel Gotham. Il s’agit de deux'installations toutes récentes, dont la seconde n’a pas coûté moins de 15 millions, en réunissant ce qu’on pouvait inventer de plus complet pour satisfaire aux goûts des millardaires américains.
- transporteur l’amenant à la trémie de chargement de chacune des chaudières ; à la sortie de la trémie de chargement, le combustible est pesé au fur et à mesure qu’il est entraîné par un autre transporteur électrique l’amenant à un chargeur automatique et électrique. Notons que l’eau chaude que l’on emploie dans l’hôtel est chauffée par la vapeur d’échappement des machines. Il faut abondance de courant électrique dans cet hôtel, qui possède 6000 lampes à incandescence et d’innombrables moteurs réclamant une puissance de 500 chevaux. Les machines génératrices sont des turbo-génératrices, d’une puissance totale de 600 kilowatts, donnant du courant continu sous 100 volts seulement; mais on a prévu une batterie de 50 accumulateurs Tudor donnant 700 ampères durant une heure. Nous n’entrons naturellement
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- pas dans les détails, qui n’auraient pas d’intérêt au point de vue auquel nous nous plaçons.
- A côté de la distribution de courant pour l’éclairage, voici des prises de courant pour les chauffe-plats, pour le chauffage des fers à repasser, et une série de connexions innombrables, l’hôtel ne possédant pas moins de 4000 commutateurs de toutes proportions. Nous n’avons pas à insister sur le réseau des sonneries, et aussi des communications téléphoniques, qui desservent toutes les chambres et relient entre eux les divers services de l’hôtel, les appels de nuit se reproduisant dans le bureau central de l’établissement. Comme de juste, les ascenseurs sont fort nombreux, tous du système Otis : il y en a sept pour les voyageurs, 4 monte-charge pour les bagages, et 10 ascenseurs pour le service, chose rare jusqu’à présent. Le courant nécessaire aux ascenseurs et monte-charge est fourni par les canalisations d’éclairage ; le mécanisme de ces appareils est particulièrement simple et robuste, et il permet la marche à allure lente pour les voyageurs ou les voyageuses qui détestent se sentir emportés à trop vive allure.
- La ventilation et le chauffage sont assurés eux aussi mécaniquement, peut-on dire, et ils sont intimement solidaires. Si, en effet, nous considérons l’ensemble des pièces de l’hôtel, mettons des chambres, nous voyons que l’air pur qui leur est destiné est appelé du dehors par un ventilateur électrique, disposé en haut d’un puits se ramifiant par des conduites à la partie supérieure de chaque
- chambre ; l’air qui arrive ainsi est amené au contact d’un radiateur chauffé par la vapeur d’échappement dès chaudières, et traverse, de plus, une sorte de fdtre qui l’humidifie et le nettoie ; et son entrée dans chaque chambre est réglée par des fermetures à lames de persiennes donnant une section plus ou
- | moins large. D’autre part, au ras du plancher, est I une ouverture analogue qui débouche dans un con-
- Fig. 2. — Les buffets glacières.
- duit aboutissant à un puits d’appel au sommet duquel est un ventilateur, également électrique, pour l’aspiration vers l’extérieur; en fait, il y a trois de ces puits, dont l’un est chargé principalement d’aspirer l’air des cuisines.
- Mais on n’a pas oublié non plus l’installation frigorifique, qui est particulièrement utile pour la conservation des matières alimentaires. Cette installation peut fournir par jour 10 tonnes et plus de glace, et assurer une température convenable dans des magasins frigorifiques dont la capacité est de près de 600 mètres cubes; le système auquel on recourt, pour le refroidissement comme pour la fabrication de la glace, est basé sur l’emploi de l’ammoniaque et d’une circulation de saumure, complétée d’une circulation d’air dans les chambres froides. La glace se fait uniquement avec de l’eau distillée, ce qui assure de la glace parfaitement salubre. A divers étages de l’immense hôtel sont des réserves glacières, et, détail mécanique curieux, on se sert d’une ingénieuse machine pour découper en petits cubes la glace qui est servie sur les tables. Notons, comme indication pratique, que la condensation est facilitée par le refroidissement de l’eau au moyen du courant d’air énorme qui se fait dans les puits de ventilation des chambres. Comme de juste, les glacières .ou plus exactement les magasins frigorifiques sont soigneusement ventilés. On a disposé des buffets pour le refroidissement des vins, et d’immenses placards sont
- Fig. 3. — Un coin de la lingerie mécanique.
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- prévus aux divers étages de l’iiotel où des mets sont mis en réserve. Les aménagements mécaniques de
- l’hôtel Gotham ne sont pas moins intéressants. On peut déjà s’en rendre compte en parcourant les sous-sols, où sont installés chaudières, machines diverses servant à des usages multiples, générateurs électriques, et où se trouvent également les chambres de réfrigération, la blanchisserie et la lingerie, où le repassage se fait en grande partie à la machine. Ici le combustible des chaudières est simplement amené par un petit chemin de fer, et jeté à la main sur les foyers. Les générateurs sont au nombre de 5 et d’une puissance unitaire de 200 chevaux ; la vapeur se rend aux machines motrices d’une part et, de l’autre, aux pompes des ascenseurs. Les génératrices électriques sont au nombre de 4, dont 3 de 150 kilowatts et 1 de 75 kilowatts; elles sont reliées directement aux machines à vapeur et elles fournissent du courant continu sous 240 volts ; la distribution pour la lumière comme pour la force motrice se fait à deux lîls et sous 225 volts.
- Le service électrique est divisé méthodiquement en trois sections : l’une correspond à la cave et au sous-sol, et s’applique aux cuisines, magasins d’approvisionnements, blanchisserie, etc.
- La deuxième division comprend le restaurant, le café, les salons, le palmarium, les boudoirs divers, et tout ce qui se trouve en dehors des chambres et appartements proprement dits, qui occupent à peu près complètement
- 18 étages, l’hôtel en comptant 20. On a monté dans l’hôtel quelque 6000 lampes, toutes à incandescence, et de 16 bougies généralement. Les moteurs électriques sont extrêmement nombreux, particulièrement dans le sous-sol; tel, par exemple, le moteur actionnant une calandre pour lingerie; quatre autres, chacun d’un cheval, commandent des machines à laver, et un autre de 5 chevaux distribue sa puissance à diverses machines à repasser, à glacer. Dans les cuisines, c’est encore le courant électrique qui fait tourner une glacière, qui actionne une râpe à glace, un hachoir à viandes, une machine à laver la vaisselle, une autre à nettoyer l'argenterie.
- Pour la ventilation de l’hôtel, on dispose de 18 ventilateurs au moins, de toute taille, et répartis au mieux sur divers points. Et ce sont des installations de détail sans nombre, que l’on rencontre un peu partout, et où l’on a fait appel presque toujours au bienfaisant courant électrique, comme pour les 525 appareils de chauffage des fers à friser
- dans les cabinets de toilette des principales chambres. Nous avons parlé tout à l’heure des pompes des ascenseurs ; elles alimentent 5 de ces appareils pour les
- Fig. 4. — Les pompes à nettoyage par aspiration.
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- voyageurs, et en outre 5 autres pour le service. Nous aurions h citer encore la canalisation d’incendie, sur laquelle agissent des pompes spéciales dans les caves, puis la canalisation de vapeur vive qui monle jusqu’aux toits pour y fondre la neige en cas d’accumulation particulièrement abondante. Enfin nous signalerons pour terminer les pompes à vide et h poussière, qui sont installées dans les caves également, et qui permettent de l'aire aspiration dans des canalisations se ramifiant à tous les étages de l’hôtel ; avec un tuyau flexible monté sur un raccord de prise, on peut rapidement procéder à ce nettoyage hygiénique qui a été décrit ici et qui est particulièrement utile dans les chambres d’hôtel.
- Pierre de Mériee.
- «Si*
- L’OLIVE DE MER
- Au mois de juin dernier, la mer rejeta sur le littoral tunisien un fruit curieux que les Arabes de la côte s’empressèrent d’utiliser de différentes façons : ils les appelaient « olives de mer ».
- Ce fruit a l’aspect d’une grosse olive, d’abord verdâtre, il noircit rapidement, s’ouvre et laisse voir une sorte d’amande charnue, farineuse, qui exhale une odeur de marée désagréable. Les Arabes ramassaient ces fruits sur la plage et de la pulpe, souvent ouverte et desséchée après quelques jours d’exposition au soleil, se détachaient les amandes. Les uns les distribuaient telles quelles aux animaux qui s’en montraient friands; les autres, par une mouture plus ou moins fine, en faisaient des galettes pour leur propre consommation.
- Le caïd de Monastir, intéressé par la récolte de ce fruit peu commun, en adressa quelques échantillons à la direction de l’Agriculture, à Tunis, pour en savoir et le nom et les propriétés alimentaires1.
- M. le Professeur Bœuf reconnut aussitôt le fruit de la Posidonie, plante de la famille des Zostéracées qui fournit le varech. C’est une sorte d’algue, dont les feuilles linéaires ont 1 centimètre de large sur 1 mètre de long. A certains jours les plages sont couvertes de ces feuilles, qui forment des tas de plusieurs mètres de largeur sur 500 à 600 mètres de longueur. Les Provençaux utilisent cette « paille de mer » comme engrais, litière.
- La Posidonie ne fleurit pas régulièrement tous les ans. C’est pourquoi ses fruits sont rares, et, dès lors, très favorablement accueillis lorsque quelque tempête les amène sur les côtes.
- Le varech de la Méditerranée est beaucoup moins riche en principes fertilisants que celui de l’Océan. Aussi l’emploie-t-on surtout en litière, pour garnir les pail-1 asses ; il supporte longtemps l’humidité sans pourrir.
- Le fruit, rare, a été peu étudié. L’expérience faite dans la région de Monastir prouve qu’il ne contient pas de principes nocifs et que son usage répété ne présente aucun inconvénient. Le bétail se montre friand de ces amandes dont la salure les appète beaucoup. On prétend que les animaux engraissent aussi facilement.
- V. Brandicourt.
- 1 Cf. Couston. Journal d'agriculture pratique.
- UN REMORQUAGE PEU ORDINAIRE
- Tout le monde connaît de nom les Pilot Charts publiées mensuellement par le département de la Marine des États-Unis. Elles sont une émanation directe et une continuation précieuse des magnifiques travaux de Maury; elles donnent tout à la fois la direction prédominante des vents, celle des courants océaniques, le parcours suivi par les épaves ou les icebergs que l’on est susceptible de rencontrer, etc. Or, la « Pilot Cliart » du mois d’avril 1906 portait une mention et un tracé rouge exceptionnels, qui attiraient l’attention sur un danger d’une nature toute particulière ; « Attention. — Le 28 décembre 1905, le dock de carénage américain Dewey a quitté les Iles Solomons, dans la baie de la Chesapeake, en remorque pour les Philippines par la voie du canal de Suez. Le convoi remorqué a atteint Las Palamas des Canaries le 25 février, et a repris sa route le 17 mars; il est passé à Gibraltar le 25 mars. En raison de la longueur et du peu de maniabilité de ce remorquage, les marins sont priés de prendre les plus grandes précautions en approchant de ce convoi et en le dépassant. » Comme nous l’avons dit tout spécialement ici, à propos des chalands de mer, les remorquages en pleine mer sont délicats, souvent même dangereux; il doit en être bien autrement encore pour une construction aussi lourde et aussi peu marine qu’un dock flottant. 11 est donc curieux de voir dans quelles conditions se fait ce remorquage, qui est bien près de se terminer au moment où nous écrivons ces lignes, car nous avons voulu voir comment il s’accomplirait avant que d’en parler.
- À la vérité, de moins en moins on redoute les remorquages en haute mer, tout à la fois parce qu’on a imaginé pour les rendre plus faciles et plus sûrs des treuils de remorque formant amortisseurs, et évitant presque toujours les ruptures de remorques sous les tractions violentes que causent les coups de mer ; et aussi parce que l’éducation se fait en la matière. De grands chalands de mer ont été menés d’Europe en Amérique, et d’autres ont fait tout le tour du continent sud-américain, par le passage d’ailleurs si dangereux du cap llorn; et l’on s’est demandé si le chaland n’était pas appelé à supplanter le cargo-boat.
- Pour ce qui est des docks flottants, ce n’est pas la première fois qu’on en emmène à longue distance en leur imposant une traversée de pleine mer ; et, sans vouloir faire un historique de cette question, nous pourrions rappeler celui qui a été conduit d’Europe, à Cuba. Mais cette fois le parcours est autrement long, et il prend un intérêt nouveau du fait qu’il fallait faire passer par le canal de Suez ce bateau d’un genre tout particulier. Aussi bien, le dock auquel on a donné le nom du triomphateur facile de Cavité, est de dimensions tout à fait considérables, ce qui n’est pas pour diminuer les diffi-
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- cultes du remorquage, les risques de la traversée du canal de Suez et les effets des lames déferlant par mauvais temps sur cette haute construction.
- Ce dock, qui est justement destiné au port de Cavité, à titre d’essai et avant sa mise en route, a servi à caréner le croiseur Colorado, qui a plus de 150 m de long et pèse quelque 15500 tonnes; pour le faire entrer, il avait fallu enfoncer à 8,84 m sous l’eau la ligne des tins du dock ; puis on remonta le croiseur à sec sur le pont du dock, à plus de 0,75 m au-dessus de la surface de l’eau. On laissa cette charge énorme en place pendant 24 heures, sans que la portion du dock la supportant accusât une flexion de plus de 20 mm, qui disparut du reste complètement, par l’élasticité de la construction, quand le navire sortit du dock. Dans ces conditions, on pouvait estimer que ce dock supporterait vaillamment les efforts causés par une longue traversée et par le mauvais temps possible.
- L’ouvrage a une longueur totale de 210,10 m pour une largeur de 42 m; la hauteur de ses compartiments latéraux formant murailles est de 20,50 m, et en réalité il pourra caréner, c’est-à-dire recevoir et soulever des bateaux d’un déplacement de 18 000 tonnes. 11 fallait naturellement prendre des mesures pour que ces compartiments latéraux, par mauvais temps, n’offrissent pas toule leur hauteur à la mer, qui aurait déferlé sur eux et exercé des effets très nuisibles sur la charpente de la construction. Et, bien que l’on ait fait des arrêts, quand cela était possible, en certains points de stationnement qui s’offraient sur la route, il faut songer que le parcours total à effectuer représentait un développement de 14 000 milles, que par suite, dans l’Atlantique, la Méditerranée, l’océan Indien ou la mer de Chine, on était exposé à bien des coups de temps qui pouvaient menacer le convoi constitué par le dock et par ses remorqueurs. On avait donc décidé que, tant que la mer serait calme, on limiterait l’enfoncement du dock à 2,14 m : c’est qu’en effet, dans la résistance au déplacement, l’importance du couple immergé joue le plus grand rôle, et que, pour une caisse métallique de ce genre, aussi large, avec l’immersion même la plus faible, ce couple est encore considérable. Mais dès que la mer devenait houleuse, comme la sécurité importait plus que la vitesse de déplacement ou que la puissance demandée aux remorqueurs, on portait l'enfoncement à 5,50 m, ce qui augmentait étrangement la stabilité du dock et réduisait la surface hors de l’eau sur laquelle les vagues pouvaient déferler. (On sait que les docks flottants sont munis, dans leurs compartiments latéraux, de machines d’épuisement à vapeur, qui peuvent aisément épuiser l’eau introduite dans les compartiments à water-ballast pour assurer l’enfoncement à un moment donné.) On
- avait même prévu, pour les plus mauvais temps, et au cas où la solidarisation des vapeurs remorqueurs et du dock remorqué serait devenue dangereuse, l’enfoncement de ce dernier jusqu’à une profondeur comprise entre 9,15 m et 12,20 m, seules les parties les plus hautes de la superstructure du dock dépassant et donnant prise à la mer, tout en formant abri flottant et brise-lames pour les remorqueurs. La remorque, dans son développement maximum, n’avait pas moins de 2515 m; on a attelé sur elle les deux croiseurs auxiliaires César et Brutus, navires ayant des puissances motrices de 1500 et 1250 chevaux, complétés au besoin par le charbonnier Glacier, qui formait convoyeur quand il était inutile autrement; la puissance de ce dernier était de 5000 chevaux. De plus, le convoi était escorté, pour plus de sécurité, par deux cuirassés et par un croiseur de 5e classe, le Tacoma, qui jouait le rôle d’éclaireur et de mouche pour cette escadre d’un nouveau genre; le fait est que c’est le Tacoma qui s’est détaché du convoi, 250 milles à l’avance, pour annoncer l’arrivée de l’énorme machine flottante à
- l’entrée du canal de Suez; le Tacoma et le dock sont demeurés continuellement en communication par télégraphie sans fil. À l’annonce de l’approche du dock Dewey, la Compagnie du canal de Suez avait envoyé au-devant de lui le puissant remorqueur Titan, qui aida à le mettre à l’ancre dans l’avant-port du canal, en un endroit où il ne gênât point le passage des autres navires, et où il pût attendre l’instant favorable pour sa traversée de la grande voie maritime.
- Si cette traversée n’a pas été sans difficultés, la navigation en plein Atlantique n’avait pas été sans danger ; et si l’on veut bien se reporter à l’extrait de la « Pilot Chart » d’avril que nous avons fait reproduire ici, spécialement pour y montrer le parcours suivi par le dock, on constatera que, en un certain point, un peu avant le passage du 45e degré de longitude, le Dewey s’est livré à une sorte de vagabondage à la surface de la mer, pour ne reprendre qu’au bout de six jours sa route à peu près directe.
- Les remorques s'étaient cassées, et il se trouvait bel et bien perdu pour ses convoyeurs et remorqueurs ; ce ne fut pas sans peine qu’on le retrouva, et qu’on captura cette épave d’un nouveau
- O C E A N
- iuw-York
- T JANV, 1906
- 25 iFàv
- AFRIQUE
- A TLANTIQUE
- Cuba'
- Extrait de la « Pilot Chart » indiquant une partie du parcours du dock.
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- genre, qui eût constitué un danger terrible pour la navigation ordinaire. Le passage dans le canal de Suez a entraîné des difficultés d’un tout autre ordre.
- Il est évident que le remorquage de constructions maritimes de cette espèce à pareille distance est chose très rare, surtout aujourd’hui que les chan-
- Fig. 2. — Le dock Dewcy voyageant des États-Unis aux Philippines.
- Il a fallu du reste, pour faciliter la traversée, pro- tiers de constructions métalliques et navales se mul-céderà l’élargissement de cette voie sur deux points, tiplient un peu dans toutes les parties du monde;
- Fig. 5. — Le dock flottant de Cavité.
- afin de créer des garages supplémentaires, et que la circulation de cette énorme masse ne vint pas arrêter le trafic des navires. La Compagnie n’a demandé guère plus de 125 000 francs pour les taxes de passage du dock et de ses bateaux convoyeurs.
- mais il y a là une expérience particulièrement édifiante, qui montre bien, comme nous le disions en commençant, qu’il ne faut pas s’exagérer les difficultés ni les dangers des remorquages en haute mer. Henry Bougeois.
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- LE VIAGRAPHE ET LA
- Au fur et à mesure que, du lait de l’automobilisme principalement, les transports sur routes se font à une allure plus rapide, il devient de plus en plus nécessaire, en dépit de ces fameux mais coûteux pneumatiques, qui « boivent » les obstacles, que les routes présentent une surface très unie. Du reste, il est toujours important d’être exactement informé de l’apparition de dépressions à la surface des chaussées, parce que les petites dépressions permettent à l’eau de séjourner et de détériorer
- SURFACE DES ROUTES
- de remorque. 11 porte un appareil qui peut enregistrer sur un papier un profil en long de la route parcourue, et, de plus, fournir un index numérique correspondant à ce qu’on peut appeler le coefficient d’inégalité de cette voie. En réalité, du reste, la moitié postérieure du traîneau peut se replier, les deux extrémités arrière du traîneau étant reliées par charnières avec les moitiés antérieures, et pouvant s’y rabattre quand l’instrument n’est pas en service. Cela le rend beaucoup plus aisément transportable.
- Le viagraphe. — 1. Vue en coupe. — 2. Vue en plan. — 3. Vue
- peu à peu, mais profondément l’empierrement.
- C’est pour donner un véritable enregistrement de l’état de la surface de roulement des routes de terre, de façon qu’il n’y ait pas de discussion possible en présence d’un graphique relevé avec toute l’exactitude désirable, qu’un ingénieur anglais, M. J. Brown, a imaginé l’appareil qu’il nomme \iagraph, désignation que nous francisons sous le nom de Viagraphe. Cet appareil est ingénieux en lui-même, et il va nous permettre de rendre manifestement visibles les inégalités un peu surprenantes d’une route en mauvais état. Il consiste, comme le montrent les figures que nous donnons, en une sorte de traîneau à semelles bien droites, qui s’applique sur la route autant que celle-ci est bien unie, et qui s’y ; traîne à l’allure du pas, au moyen d’une corde
- générale extérieure. — 1. Graphique d’uue roule en mauvais étal
- Entre les deux patins, et à l’abri d’une glace, est le mécanisme enregistreur : on peut suivre la description que nous allons en donner dans l’élévation, où Ton suppose un des patins enlevés, et dans la vue en plan que nous en avons fait dresser. Des petites entretoises C D E et F solidarisent les deux patins. Une de ces entretoises, D, porte une goupille horizontale qui sert de pivot aux oscillations d’un pivot G ; celui-ci est libre, par son autre extrémité, de se lever ou de s’abaisser par rapport au châssis du petit traîneau, et cette extrémité se termine par une fourche H, qui supporte à son tour un autre pivot horizontal sur lequel tourne une roue à dents de scie J. Tandis que le châssis se déplace sur la route et fournit un plan suffisamment régulier, la roue J s’enfonce dans toutes les dépressions du sol,
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- remonte sur tous les ressauts, et elle imprime en conséquence des mouvements alternatifs au levier G. Nous n’avons guère à insister sur le rôle du ressort X, qui force constamment la roue à demeurer en contact bien intime avec le sol. Mais on remarquera que le levier G porte vers son milieu une sorte de biellette qui le relie à la pièce P ; et l’on comprend que, dans ces conditions, comme l’extrémité de P est munie d’un crayon, qui vient frotter sur le papier se déroulant sur le tambour N, finalement on a sur ce papier une ligne qui traduit et enregistre tous les mouvements du levier, à une certaine échelle résultant des relations des leviers, et par suite les descentes et les montées de la roue, c’est-à-dire les dénivellations de la route. 11 a fallu naturellement prévoir un entrainement du tambour et du papier, afin que les tracés ne se recouvrent pas et, au contraire, viennent continuellement se faire sur une portion nouvelle de la feuille. Ce tambour est tout simplement mis en rotation par une vis sans tin engrenant avec une roue à dents qu’il porte; cette vis sans fin est calée sur un petit arbre parallèle à l’axe du traîneau, et qui reçoit son mouvement de la roue J de contact avec le sol, par l’intermédiaire de deux roues d’angle K et L. Les rapports d’engrenages sont tels que la vitesse périphérique du tambour est à celle de la roue J comme 1 est à 96. Il va de soi que l'enregistrement accuse beaucoup les dénivellations par rapport aux longueurs parcourues; c’est ce qu’on fait pour tous les profils en long de ce genre.
- Les choses sont fort ingénieusement disposées pour le déroulement de la bande de papier, qui ne fait que passer sur le tambour d’inscription ; ce papier, en effet, vient du rouleau-magasin R, fait deux tiers de tour seulement sur N, pour recevoir l’enregistrement, puis s’enroule sur le troisième tambour S, qui est commandé par frottement par le tambour N lui-même; le frottement nécessaire est assuré par un ressort spirale qui attire constamment le bras T portant ce tambour S. Quand on veut enlever le diagramme, et j supprimer le frottement entre les deux tambours, on agit sur la vis de rappel U, et l’on déroule la bande de papier. (Bien entendu, on a prévu sur le tambour-magasin un ressort V, qui règle la tension du papier dans son déroulement.) On dispose d’un second crayon qui peut se déplacer verticalement dans sa monture et se fixer dans telle ou telle position, pour tracer une ligne continue sur le papier; c’est une ligne de base et de comparaison qu’il tracera, parce qu’on le règle pour tracer effectivement une ligne correspondant à celle que tracerait le premier crayon, si l’on promenait l’appareil sur une route absolument plane. On peut donc mesurer, par rapport à cette ligne de base, les dénivellations positives ou négatives accusées par les déplacements de ce crayon et les inscriptions qu’il fait sur le papier. C’est la somme de toutes ces dénivellations qui donne le coefficient d’inégalité de la voie sur laquelle se fait
- l’épreuve, et l’index numérique en question est précisément indiqué sur le compteur décimal c, commandé de façon fort curieuse. Une corde e, attachée au bout libre du levier G, passe sur une poulie guide n, puis autour d’une poulie à gorge, et se fixe enfin à un gros fil de caoutchouc tendu s, prenant appui par un piton dans le patin gauche de l’appareil. Quand le levier G descend parce que la roue J vient à s’enfoncer elle-même dans un creux de la chaussée, la corde fait tourner la poulie, le caoutchouc cédant sous la traction. Si, au contraire, la roue remonte, la corde glisse en arrière sur la poulie, tirée par le caoutchouc, tandis que la poulie est immobilisée par un frein qui consiste, lui aussi, en un autre fil de caoutchouc passant dans une gorge spéciale et se fixant convenablement. Finalement, la poulie c tourne de façon intermittente dans une seule direction, mais d’une quantité totale proportionnée à la somme de toutes les inégalités sur lesquelles est passée la roue J. Ce total peut être bien simplement indiqué par le compteur en chiffres absolus, ou au contraire en centimètres par kilomètre, ce qui sera précisément l’index numérique du bon ou du mauvais état de la route.
- Pour comparer deux routes au point de vue de l’état de leur surface, il est indispensable de faire porter l’opération de relèvement sur une même longueur de chaussée. La longueur type est mesurée automatiquement par un petit dispositif qui est installé à l’intérieur du tambour N, et qui fait résonner un timbre quand on arrive au bout de cette distance. Au sommet du pivot, sur lequel tourne le tambour N, est une monture à deux bras que l’on peut fixer au moyen d’un écrou à oreilles dans une position quelconque sur ce pivot; à l’extrémité d’un des bras est un timbre, à l’autre une pièce en forme d’ergot portant trois dents ; à l’intérieur du tambour se trouve une dent unique, qui rencontre les trois dents de l’ergot dans trois passages successifs, c’est-à-dire dans trois rotations complètes du tambour, si l’ergot a d’abord été placé dans une position convenable. C’est donc au troisième tour seulement que l’ergot oscillera, sous l’action de Ja dent du tambour, de manière à repousser la queue du marteau destiné à frapper le timbre et à le faire ensuite retomber sur ce timbre, qui sonnera en avertissant le conducteur de l’appareil que l’on a parcouru la distance type correspondant à trois tours du tambour.
- Ce viagraphe demande à être manœuvré intelligemment; en le tirant, il faut prendre une corde de longueur pour éviter de le soulever du sol; et l’on fait bien de relever successivement deux ou trois diagrammes d’une même partie de route, afin de posséder ainsi une moyenne vraie de l’état de la chaussée. En tout cas, et sans prolonger cette description, on peut juger, d’après le graphique reproduit ici, quelles différences il y a entre une bonne route et une route en mauvais état. Daniel Bellet.
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- CHRONIQUE
- Légion d’honneur. — Dans les listes des décorés à l’occasion des Expositions de Liège, Saint-Louis, Lille et Arras, nous relevons avec plaisir les promotions et nominations suivantes : Commandeur : M. Cheysson, membre de l’Institut, qui conduit si vaillamment la lutte contre l’alcoolisme. — Officiers : M. Compère, direc-teur de l’Association parisienne des propriétaires d’appareils à vapeur; M. Frager, directeur de la Compagnie pour la fabrication des compteurs à gaz; M. Ilarlé, administrateur de la maison Sautter, Ilarlé et Ci8; M. Alexis Laliure, l’imprimeur bien connu de Lu Nature ; M. A. Lévy, directeur de l’Observatoire de Monlsouris; M. Claude A. Lumière, fabricant d’appareils photographiques; M. Panhard, administrateur de la Société Panhard et Levassor. — Chevaliers : M. Bancelin, ingénieur; M. Clerc, chef d’exploitation des usines électriques de la Compagnie Edison; M.'G. Niclausse, ingénieur-constructeur; M. Azaria, ingénieur; M. lléroult, administrateur de la Société électro-métallurgique de Froges; M. llolz-schuch, inspecteur de l’exploitation au chemin de 1er du Nord.
- Les charbons fossiles. — 11 est dit partout que les charbons fossiles proviennent de matières organiques soumises à certaines inlluences au sein de la terre et pouvant dériver les unes des autres par diverses transformations plus ou moins bien expliquées et sur lesquelles la discussion est encore ouverte. On a récemment cherché à apporter une nouvelle contribution à l’étude de ce problème. M. Donath, par des recherches systématiques, dont le Bulletin de la Société chimique donne des extraits, a pu arriver aux conclusions suivantes qui sont intéressantes à différents points de vue. La lignite peut, après un temps très long de carbonisation, se transformer en houille. Le lignite et la houille proviennent de transformations chimiques de matières diilérentes. Le lignite provient de la transformation de tissus ligneux ; il est très probable que la houille provient de substances non ligneuses ou pauvres en tissus ligneux, et presque certainement de matières protéiques d’origine animale. La bouille résulterait, dans la plupart des cas, de la distillation de ces matières sous une pression plus ou moins grande, les produits formés s’étant en grande partie polymérisés et condensés sous une forme chimique indéterminée à côté d’autres produits de carbonisation. La quantité de goudron que fournit une houille à la distillation est en rapport avec les quantités d’azote et de soufre qu’elle renferme. Il y a là comme on le voit, quant à la formation de la houillè, des notions nouvelles qu’il convenait de signaler et qui demanderont sans doute à être confirmées plus directement.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i5 octobre 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Vérification de la division des cercles. — Dans toutes les opérations de physique et d’astronomie comportant des mesures de haute précision, on a introduit des moyens d’investigation nouveaux, d’une perfection imprévue et souvent surprenante. Mais, depuis près d’un siècle, un problème fondamental ayant des applications très nombreuses et très variées est resté en dehors de toutes les
- améliorations : il s’agit de l’étude rigoureuse des divisions d’une échelle quelconque. M. Maurice Lœwy, directeur de l’Observatoire, après cette constatation, remarque que cependant, pour l'astronomie en particulier, ce problème présente un intérêt capital ; car, pour fixer la position des astres et pour déterminer les constantes des phénomènes astronomiques les plus importants, il est indispensable de connaître, par rapport à une origine donnée, la distance des divisions des cercles verticaux dont se trouvent munis les instruments méridiens. Les méthodes, encore actuellement en usage pour l’étude des positions des traits sur les limbes graduées, 11e donnent point d’ailleurs des résultats satisfaisants. De nombreux efforts, tentés par plusieurs astronomes éminents pour les perfectionner, sont restés sans effet appréciable. Four procéder à l’étude en question, il faut encore aujourd’hui accomplir un labeur immense et très long, qui pour cette raison est à peu près inabordable pour les observatoires dotés de ressources modestes. D’autre part les résultats obtenus au prix de tant d’efforts sont illusoires, dans un grand nombre de cas. M. I.œwy a imaginé une méthode qui permet d’opérer avec rapidité et précision. Les règles pratiques à suivre sont simples et commodes. Par suite les travaux destinés à fournir des indications sur les erreurs de division d’un cercle deviendront abordables pour tous les observatoires, même les moins bien dotés et les résultats offriront des garanties d’exactitude toutes nouvelles.
- Structure des cristaux. — M. de Lapparent présente une Note de M. AVallerant dans laquelle l’auteur expose un procédé permettant de reproduire artificiellement des enroulements hélicoïdaux de cristaux.
- Philosophie des mathématiques. — M. de Lapparent présente un ouvrage de M. Santerre intitulé Physiologie du nombre et des opérations de l’arithmétique.
- Les raies telluriques. — M. Janssen présente une Note de M. Milan Stefanik sur les raies telluriques. L’auteur donne la suite de ses travaux sur le spectre infra-rouge, qu’il a réussi à rendre visible par la méthode des écrans colorés décrite précédemment par lui devant l’Académie. 11 a recherché les effets produits par l’atmosphère dans la région du spectre que l’on peut étudier ainsi. 11 a mis à profit, dans ce but, la position exceptionnellement favorable que présente l’observatoire du sommet du Mont-Blanc où il a effectué un séjour prolongé. A l’aide de son spectroscope spécial il a pu montrer l’existence de nombreuses raies telluriques dans le spectre infra-rouge.
- Ch. de Yilleheuie.
- UN CHEF=D’ŒUVRE DE DISSECTION
- Au temps déjà lointain des corporations, 011 exigeait de celui qui voulait passer maître la production d’un travail de haut goût et de longue patience, d’un chef-d’œuvre. Il faut peut-être se féliciter que cette époque soit passée, car sans doute le nombre de nos docteurs en médecine se trouverait singulièrement diminué, si, au lieu de l’examen d’anatomie qui clôt aujourd’hui leurs études de première année, on exigeait de chacun d’eux un exploit analogue à cette splendide dissection du système nerveux que représente notre figure. Ceux qui seraient venus à bout d’une telle entreprise ne trouveraient pour ainsi dire plus rien de secret dans l’anatomie humaine
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- et pourraient se vanter de connaître notre corps dans tous ses mystères. Mais il faut bien avouer qu’une connaissance de ce genre n’aurait été acquise qu’au prix d'efforts de nature à décourager les plus opiniâtres volontés.
- Le D1' Rufus B.Weawer, professeur d’anatomie au Ilannemann Gotlege, de Philadelphie, n’a pas mis, en effet, moins de huit mois à effectuer son œuvre, à raison de 10 heures de travail par jour. Lui-même d’ailleurs était loin de s’être rendu compte de la durée probable de l’œuvre au moment où il l’entreprenait, et croyait en elfet qu’il en viendrait à bout en un mois. Ajoutons que le travail de dissection, s’il a été effectivement le plus long, n’était cependant pas le seul à effectuer; le montage qui l’a suivi a lui-même demandé un temps considérable.
- Comme le montre la figure, il s’agit de la dissection d’un système nerveux, monté ensuite avec soin pour servir de sujet de démonstration.
- Cette pièce unique au monde est absolument complète et les nerfs qui la constituent appartiennent au même individu, une femme de 55 ans. On voit que l’on est loin ici des tableaux démonstratifs de cire ou autres, représentant tantôt des détails, tantôt un schéma d’ensemble du système nerveux, aussi bien que des dissections partielles d’un organe choisi. C’est, nous le répétons, une dissection absolument complète et qui mérite bien le nom de chef-d’œuvre que nous prononcions tout à l’heure.
- M. Weawer a d’ailleurs suivi la méthode ordinaire de tous les anatomistes. Il a choisi un nerf important, dans l’espèce un de ceux de la jambe, et après l’avoir soigneusement dégagé sur un petit
- espace, il s’est appliqué soigneusement à le suivre' jusqu’à l’extrémité de son parcours soit du côté où il s’éparpille en branches et en filaments de plus en plus ténus, aboutissant aux corpuscules sous-cutanés, soit du côté où, par l’intermédiaire des nerfs rachidiens, il se rattache aux centres sensitifs et moteurs de la vie nerveuse, moelle épinière, bulbe, cervelet et cerveau.
- Le procédé de l’opération est aussi simple que son
- principe; il suffit, en effet, au scalpel de dissocier et d’enlever un à un tous les muscles et tous les tissus qu’il rencontre sur son trajet. Mais l’on peut se figurer aisément ce qu’une conception si simple exige de sûreté de main et d’esprit pour être mise à exécution, puisque la moindre imprudence, mouvement de vivacité ou de distraction, peut compromettre irrémédiablement le travail de lon-gues journées. Ceux-là seuls qui, en plus petit, sont passés par des épreuves analogues, peuvent comprendre et partager les sentiments qui traversent l’âme du travailleur lorsqu’il arrive à entrevoir la possibilité de la réussite, vers le quatrième ou le cinquième mois! Aussi, l’on comprend que M. Weawer déclare ne vouloir pour rien au monde recommencer un tour de force aussi remarquable. Ce sont de ces travaux où l'habitude ne joue aucun rôle, et que, seule, la volonté d’accomplir un chef-d’œuvre et de gagner une incroyable gageure, peut rendre capable d’accomplir, lorsque d’avance on possède toute la maîtrise du praticien. Ch. Blot.
- Le Gérant : P. Massox.
- Dissection du système nerveux.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1744,
- 27 OCTOBRE 1906
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- L’ALIMENTATION D’EAU DE NEW=Y0RK
- Bien qu’il ne faille pas toujours croire les Américains, quand ils prétendent posséder des installations,
- considérable du service des eaux, ou plus exactement une captation nouvelle qui doit complé-
- Fig. 1. — Vue générale du barrage el du déversoir de Croton.
- des appareils, des travaux plus gigantesques que ce que l’on trouve dans la vieille Europe, il est bien certain que New-York vient d’être doté d’un service de captation et de distribution d’eau aux proportions énormes, et dont les installations méritent d’être décrites : au surplus, à peine cette œuvre est-elle menée à bien, qu’on prépare le plan d’une extension 34e auuéc. — 2e semestre.
- ter l’alimentation de l’agglomération Newyorkaise.
- C’est principalement au moyen d’un • immense barrage en travers de la vallée de la rivière Croton, que New-York est aujourd’hui alimenté en eau; dès le printemps de 1905, on avait fermé les portes de cette digue et commencé de mettre en eau le réservoir ainsi formé, mais la maçonnerie n’était pas
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- encore terminée, et c’est seulement il y a peu de temps qu’on a pu poser la dernière pierre et de la digue et des ponts qui la complètent, en créant une belle route carrossable autour du réservoir. Nous pouvons dire tout de suite qu’il s’agit là d’un lac dont la capacité est de plus de 455 milliards de litres. L’exécution de la digue, commencée il y a plus de 15 années, a été poursuivie au milieu de difficultés réelles résultant de la nature du sous-sol; elle aura coûté plus de 40 millions de francs, avec le réseau de routes qui parcourt la région du réservoir, et sans tenir aucunement compte de la valeur du terrain occupé.
- Voici bien longtemps que New-York a recours aux eaux de cette rivière Croton, mais dans des conditions n’assurant qu’un approvisionnement fort insuf-iisant, et qui le devenait naturellement de plus en plus au fur et à mesure qu’augmentait la population : c’est qu’en eiï'et on ne faisait pour ainsi dire pas de réserves, et l’on utilisait les eaux au fur et à mesure que la rivière les débitait. C’est en 1850 qu’on avait pour la première fois songé à emprunter l’eau de cette rivière, afin de remédier à l’insuffisance des conduites de bois qui apportaient de la mauvaise eau aux habitants ; on choisit un point où le cours d’eau avait 56 m. de large et seulement 1,20 m. de profondeur en moyenne, et l’on éleva une digue qui nous semble quelque peu enfantine aujourd’hui, bien qu’elle ait à relever le niveau de l’eau en formant un lac allongé ayant au total 6 km de long, mais une largeur essentiellement variable et en général peu considérable, par suite de la forme de la vallée; la surface en était de 160 hectares environ et la profondeur moyenne de 1,80 m. On trouvera aisément sur la carte que nous donnons et cette digue et l’ancien aqueduc de Croton, qui venait se terminer dans un réservoir à Central Park, après avoir franchi la riviève Harlem sur un pont. Tout le travail fut exécuté en 5 années, et entraîna une dépense de plus de 60 millions de francs. Ce réservoir (puisqu’il y en avait néanmoins un) devait devenir rapidement insuffisant, car les 545000 habitants de New-York allaient doubler de nombre avant 1860. On avait compté se procurer et l’on se procurait, en effet, à peu près 155 millions de litres par jour, et il semblait qu’on ne dût pas prévoir davantage; mais dès 1860, il fallait établir une conduite supplémentaire, qui assurait l’arrivée quotidienne de 270 millions de litres environ, puis un nouveau bassin dans Central Park, bassin destiné à pourvoir à des interruptions complètes dans la canalisation venant du Croton, et offrant une capacité de plus de 4 1/2 milliards de litres. Peu de temps après, on établissait une digue nouvelle sur le bras ouest de la rivière Croton, formant une retenue de 11 à 12 milliards de litres au point qu’on nomme Boyd’s Corner, dans le haut du cours d’eau. Et cependant, chaque fois qu’un été exceptionnel se faisait sentir (et ils sont particulièrement violents à New-York), on constatait que les approvisionnements et
- les ressources en eau devenaient de plus en plus insuffisants, et des solutions partielles étaient apportées : on mettait à contribution les rivières Bronx et Byram, en établissant des digues de retenue, puis on créait un lac dit de Kensico, et l’on construisait une conduite supplémentaire qui amenait ses eaux dans le grand bassin de Williamsbridge. En 1884, les besoins continuaient de s’accentuer; et comme on était arrivé peu à peu à l'aire passer jusqu’à 450 millions de litres dans l’aqueduc de Croton, quand les réserves accumulées dans les retenues le permettaient, on parlait tout à la fois d’augmenter considérablement ces retenues et de refaire complètement l’aqueduc, de manière que l’alimentation journalière atteignit 900 millions de litres. 11 fallait naturellement, pour arriver à ce résultat, accroître les dimensions de l’aqueduc, et aussi modifier étrangement l’étendue et la capacité des retenues.
- Ce qui peut paraître bizarre au premier abord, mais ce qui s’explique parfaitement à la réllexion, c’est qu’on a commencé par construire l’aqueduc, car cela permettait toujours de bénéficier des précipitations atmosphériques qui se produiraient dans le bassin du Croton. Le nouvel aqueduc, qui est à lui seul un ouvrage des plus intéressants, part de l’emplacement où devait s’élever la nouvelle retenue du Croton, s’étend sur une longueur de 58 km, et aboutit à un réservoir que l’on vient d’achever récemment, le bassin de distribution, peut-on dire, de Jerome Park, dont nous ne dirons rien (puisqu’il sera décrit ici en détail ultérieurement), sinon qu’il a une capacité de plus de 8 milliards 600 millions de litres. La conduite se continue vers l’aggloméra-Lion et notamment vers les bassins, devenus secondaires maintenant, du Central Park. Toute la première portion de cet aqueduc n’est pas sous pression, elle a une section dont la surface correspond à un cercle de 4,27 m. de diamètre.En fait cette conduite principale, sensiblement plus grosse que celle qui continue vers le centre de l’agglomération, est faite pour un débit quotidien énorme de 1 milliard 560 millions de litres d’eau. 11 a fallu un peu plus de 5 années pour achever cet aqueduc, au milieu d’assez nombreuses difficultés, et en faisant détoner par explosions successives un pois respectable de plus de 2 1/2 millions de dynamite. Le revêtement de briques de l’aqueduc a nécessité quelque 165 millions de briques.
- Nous avons dit que l’on avait décidé d’élever une nouvelle digue en travers de la vallée du Croton pour augmenter la retenue, cette digue devant être en aval de la première et beaucoup plus haute ; mais, comme cette construction ne devait être terminée qu’au bout de plusieurs années (elle vient d’être achevée, alors que l’aqueduc est fini depuis 1890), on construisit entre temps quatre retenues d’importance assez faible, mais qui pouvaient poürtant, dans leur ensemble, épargner un.rationnement aux habitants de New-York. Ce furent les réservoirs de retenue de East Branch, Tilicus, Carmel et Àmawalk, le
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- premier étant en réalité composé des deux réservoirs de BogCrook et de Sodom. Ces travaux avaient bien leur importance, puisque les deux réservoirs d’East Branch, par exemple, présentaient une capacité de 60 millions de litres, celui de Tilicus de 52 millions, celui de Carmel de 46; les digues ont été établies souvent partiellement en terre, avec mur central en maçonnerie, et toujours dans des conditions intéressantes.
- Nous passons certains autres réservoirs secondaires, formés parfois par des lacs préexistants.
- Ceci une lois fait, on pouvait prendre un peu mieux son temps pour établir le nouveau grand barrage dit du Croton, qui devait naturellement entraîner la submersion complète de l’ancienne digue, puisqu’on relevait étrangement le niveau de l’eau pour créer une sorte de lac allongé
- X, o
- NEW
- iservom.
- YORK
- 1 Réservoir de Jérome Park
- JERSEY
- . NORD
- lervoir
- EW-YORK
- Kilomètres
- Fig. 2. — La région d’alimentation de New-York.
- et irrégulier s’étendant sur des kilomètres et des kilomètres dans la vallée de ce cours d’eau. La digue comprend en réalité trois parties, que l’on trouve en allant de l’ouest à l’est : d’abord un déversoir fait en
- maçonnerie et présentant une série de marches destinées à briser la violence de l’eau ; il est long de 300 m., et l'ait un angle de 80° avec la digue principale et pro-
- prement dite; sa crête est à la cote 59,80 m., tandis que la crête de la digue de retenue est à 62,78 m. Cette dernière a un développement linéaire de 185 mètres, sa hauteur au-dessus des fondations est de 72,54 m., et de 45,72 m. au-dessus de l’ancien niveau du lit de la rivière, les excavations ayant eu à être poussées profondément pour qu’on pût rencontrer la bonne roche sans fissures. La troisième partie delà digue, qui se trouve par une profondeur d’eau assez faible, et supporte en conséquence une pression réduite, devait être faite primitivement d’un mur englobé dans un massif de terre; et ce fut bien ainsi qu’on la construisit d’abord, avec une longueur de 167 m. et une hauteur de 56 m. environ pour les massifs de terre et de 68,50 m. pour la muraille intérieure ; mais on s’aperçut ensuite à temps (et un peu par hasard) que la muraille reposait sur un massif de roche fissurée et susceptible de glissements, et l’on reprit le tout pour continuer la maçonnerie pleine comme au centre de la digue. La construction même de l’ouvrage fut des plus intéressantes, notamment pour les trois câbles aériens de plus de 450 m. de portée, qui servirent à la manutention des déblais comme à celle des matériaux, et en particulier du granit qui a été employé à la maçonnerie; dans la partie la plus épaisse de la digue, on a maçonné avec des éléments énormes dont les joints étaient faits ou plutôt dont les intervalles étaient remplis par du béton dammé soigneu-
- Carmel
- Amawalk
- Branche Est
- 'iticus
- Fig. 5. — Retenues diverses du service des ceux de New-York.
- Fig. 4. — La région des projets nouveaux de captation.
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- sement ; on est arrivé de la sorte à obtenir un massif pour ainsi dire unique qui constitue la digue, et qui, s’implantant solidement dans le roc, a une largeur de quelque 55 m. à la base pour 6 environ à la crête ; le sommet de cette digue donne passage à une route carrossable qui franchit le canal de fuite du déversoir, au moyen d’une arche en maçonnerie de 00 m. d’ouverture.
- Nous faisons grâce au lecteur de la description de tous les travaux secondaires qui ont dû être effectués, déviations de voies ferrées, expropriations et
- la région appelée des Catskill, très au nord de la région du Croton, et sur l’autre rive de l'IIudson. On capterait tout à la fois les sources d’Aesopus, de Rondhout, de Schonaricet de Catskill, ce qui correspondrait bien à un débit quotidien d’au moins 5 milliards de litres. Toutes ces eaux viendraient s’accumuler dans un grand réservoir dit d’Ashokan, d’où l’eau se rendrait au réservoir même du Croton, par l’intermédiaire d’un aqueduc traversant l’IIudson et fait pour un débit quotidien à 2200 millions de litres. Mais le réservoir du Croton pourrait envoyer
- •Ctiute de Croton
- rnciën Barrage de Croton
- tedewluscoot
- Nouveau barrage de Croton
- Fig. 5. — Coupe du nouveau réservoir de Croton.
- démolition de villages qui se trouvaient dans la région que l’eau devait envahir, ou au moins dans le périmètre de protection du nouveau bassin.
- 11 faut espérer que ces immenses travaux vont répondre longtemps à tous les besoins de New-York ; mais il s’agit spécialement de New-York, c’est-à-dire de Manhattan et de Bronx, et l’alimentation de Brooklyn et de Stalen Island n’est pas encore assurée dans de très bonnes conditions ; et c’est pour cela qu’on étudie en ce moment un nouveau projet dont nous voulons au moins dire un mot. Il a pour but d’aller chercher de l’eau beaucoup plus loin, dans
- directement une partie de son contenu dans le bassin de Kensico, qu’on agrandirait considérablement, et un aqueduc aussi puissant que celui que nous venons de citer amènerait les eaux dans un immense bassin de filtrage et dans un autre bassin de distribution, d’où l’eau serait distribuée particulièrement à Brooklyn et aussi par siphon à Staten Island. 11 est probable qu’avant peu l’on s’attaquera à cette entreprise nouvelle, qui ne le cédera certainement pas en intérêt à celle ' que nous venons d’étudier brièvement. Pierre de Mériel.
- LE SAUVETAGE DE L’EPAVE DU « MONTAGU »
- Un superbe cuirassé de la Hotte britannique de la Manche, Monlagu, alla s’échouer, il y a environ 4 mois, sur les rochers granitiques de l’ile Lundy située à l’entrée du canal de Bristol. Le brouillard était épais et les courants violents. La sirène du phare, au nord de l’ile, la puissante des côtes anglaises, ne fut pas entendue à bord.
- Cet événement fit grand bruit en Angleterre; car il s’agissait d’une perte d’environ 30 millions de francs. On en parla aussi beaucoup, en France, parce que cet accident ressemblait sur certains points à l’échouage du Sully.
- Dès le lendemain de l’accident, les ingénieurs maritimes les plus experts de l’amirauté britannique furent délégués pour examiner dans quelles conditions le sauvetage de.ee navire pouvait être opéré. L’entreprise fut tout d’abordreconnuecomme presque impossible, comme une œuvre en tout cas des plus difficiles, en raison de la position que le cuirassé occupait sur la pointe même de certains rochers. Notre gravure (lîg.- 1) montre très clairement comment le navire s’était échoué.
- A marée haute, le navire llottait dans une cage de rochers, contre lesquels une tempête risquait de briser ses lianes, d'augmenter ses avaries ou même de causer sa perte définitive. Le danger était encore plus grand à marée basse; certaines parties reposaient sur des pointes granitiques, alors que d’autres, précisément les plus chargées, étaient suspendues au-dessus des flots. Cette situation donnait de graves préoccupations à cause de la fatigue extrême des parties non soutenues ; le poids énorme de celles-ci menaçait de provoquer une rupture, ce qui aurait amené une situation encore plus difficile.
- L’amirauté décida qu’on commencerait par décharger le navire de tout ce qui pourrait lui être enlevé, pour diminuer, de la sorte, le poids et par conséquent la fatigue de toutes les parties n’ayant pas de point d’appui.
- Cette opération, très délicate, a été confiée à la Société de sauvetage de Liverpool — The Liverpool Salvage Association—qui jouit, en Angleterre, d’une renommée, méritée d’ailleurs, en raison des nombreuses entreprises de ce genre qu’elle a accomplies,
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- avec succès, sur des navires de tous genres échoués.
- Le capitaine de celle compagnie, M. Young, a dirigé les travaux du sauvetage partiel avec une mé-
- plein de grandes difficultés et de dangers sérieux.
- Le capitaine Young, comme le montre notre seconde gravure, a manutentionné les volumineux canons simplement avec des moufles, i des palans, des poulies, des cordages, des chaînes, savamment disposés, et des pièces de hois. Il a pu ainsi sauver du désastre 1200000 francs, la valeur de chacun de ces canons étant environ 500000 francs. L’entreprise très hardie a été admirablement menée. Nos lecteurs en comprendront toute la difficulté, en se rendant compte qu’il fallait sortir ces pièces
- Fig. 1. — Épave (lu MonUitju sur les rocliers de Lundy-lsland.
- thode, un sang-froid et une hardiesse qui méritent d’être cités. 11 com-
- Fig. 2. — L’amarrage d'un canon de 12 pouces.
- de 48 000 kg des tourelles barbettes, vraies casemates d’acier, où elles Yv.C étaient logées, les manipuler pour les
- U
- Fig. 3. — Soulèvement d’uu canon.
- mença par faire enlever les 12 canons de 132 mm., le filet pare-torpilles et tous les agrès dont le débarquement était relativement facile; le poids du cuirassé en fut diminué très fortement.
- Restait, pour alléger le Montagu très sérieusement, à le priver de ses quatre canons de 12 pouces — 152 millimètres—qui pesaient plus de 49 tonnes chacun et dont l’ensemble représentait par conséquent près de 200 tonnes. L’œuvre n’était pas commode; car il fallait l’exécuter avec le concours seul d’appareils de levage portatifs. S’il avait été possible d’aborder l'épave avec une de ces puissantes grues flottantes que possèdent les marines de guerre, le travail eût été plus praticable, quoique
- Fig. 4. — Descente d’un canon dans le chaland. (Phot. Twiss brol.hers.)
- amener contre les bordages, les descendre ensuite dans un chaland spécial de 500 tonneaux. Les travaux furent pénibles et longs ; car les vaillants sauveteurs
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- ne pouvaient travailler que dans des conditions de marée particulières, lorsque la position du Montagu leur permettait de poursuivre leur œuvre.
- Cette opération terminée, l’épave du Montagu va courir moins de risques. Pourra-t-on sauver le reste? On l’ignore encore. La solution du problème réside dans la mise à Ilot du cuirassé, dont le déplacement est de 14000 tonneaux, avec ses puissantes machines de 18 000 chevaux. Il parait que tout espoir n’est pas perdu; mais, si l’opération réussit, une autre difficulté se présentera : le tirant d’eau sera tellement grand qu’il n’existe pas de cale sèche flottante pouvant recevoir le Montagu. 11 sera alors nécessaire, pour exécuter les réparations, de faire venir des Bermudes le seul dock flottant capable de recevoir cette volumineuse épave métallique.
- Ce dock flottant est le plus fort de la marine anglaise; il mesure 176 m. de longueur et peut soulever environ 18 000 tonnes. Le transport demandera 4 mois et réclamera le remorquage par 2 forts cuirassés. Wnx Darviixu.
- LE MÉTROPOLITAIN DE PARIS
- Traversée de la gare d’Orléans-Austerlitz.
- La ligne N° 5 dite : « du Boulevard de Strasbourg au pont d’Austerlitz » s’étend en réalité de la gare du Nord à la place d’Italie. Outre le report de son origine à la place de Roubaix, devant la gare du Nord, prescrit par la loi du 26 juin 1903 autorisant la Ville de Paris à contracter un deuxième emprunt s’élevant à 170 millions de francs (le Premier emprunt était de 165 millions), pour la construction des lignes du réseau concédé restant à exécuter, on a, en effet, annexé à cette ligne, pour en faciliter l’exploitation, la fraction de la ligne n° 2 circulaire Sud (par les anciens boulevards extérieurs de la rive gauche) allant de la place d’Italie au quai de la Râpée, d’où, par le boulevard Diderot, elle devait aller s’embrancher sur la ligne n° 1 de la Porte de Yincennes à la Porte Maillot, par l’intermédiaire de la station « gare de Lyon » construite spécialement en vue de cette jonction actuellement abandonnée. La ligne n° 2 circulaire Sud qui devait ainsi avoir l’un de ses terminus à la place de l’Étoile et l’autre à la place de la Nation, tous deux en contact avec la ligne circulaire Nord, aurait eu, avec la nouvelle combinaison, son terminus Est reporté à la place d’Italie, si la ligne n° 6 du « Cours de Vincennes à la place d’Italie », placée dans son prolongement, n’était venue former avec elle une seule et même sèction d’exploitation. Grâce à cette disposition, les extrémités de la ligne circulaire Sud ne varieront pas, mais son parcours se trouvera considérablement augmenté puisqu’au lieu de traverser la Seine à Austerlitz, elle la franchira à Bercy1.
- Après avoir desservi les gares du Nord et de l’Est
- 1 Voy. n° 1733, (lu 11 août 1906, p. 166.
- et suivi en souterrain les boulevards de Magenta, Voltaire et Ricliard-Lenoir, la ligne n° 5 traverse la place de la Bastille, où elle passe sous la ligne en exploitation de la Porte de Vincennes à la Porte Maillot et emprunte le boulevard Bourdon ; elle s’infléchit ensuite à l’angle du quai Henri IV pour franchir le canal Saint-Martin à l’aval de la première écluse, puis, après avoir passé devant le pont d’Austerlitz, se relève rapidement, au moyen de deux travées métalliques en courbe et en rampe d’un type tout à fait nouveau, de façon à franchir la Seine sur un pont métallique spécial de 140 mètres d’ouverture et situé à 190 mètres en amont du pont d’Austerlitz. Elle se poursuit alors en viaduc, traverse le quai d’Austerlitz, s’implante sur les dépendances de la Compagnie du chemin de fer d’Orléans et pénètre à angle droit dans le grand hall de la gare d’Austerlitz où elle franchit d’un seul jet les voies de l’Orléans, par une travée double de 52,55 m. de portée et de 17,10 m. de largeur totale. Cette traversée effectuée, elle s’engage dans la cour d’Arrivée, gagne, toujours en viaduc, le boulevard de l'Hôpital, passe devant la Salpêtrière, puis redevient souterraine au droit du boulevard Saint-Marcel et continue ainsi jusqu’à la place d’Italie sans abandonner le boulevard de l’Hôpital.
- Dans les plans primitifs, la ligne avait, aux abords de la gare d’Austerlitz, un tracé un peu différent de celui que nous venons d’indiquer : elle contournait en viaduc la gare et les bâtiments de la Compagnie d’Orléans situés en bordure du boulevard de l’Hôpital et de la place Valhubert, puis gagnait le quai d’Austerlitz et de là franchissait la Seine. Mais, sur la proposition de la Compagnie d’Orléans, les dispositions actuelles ont été définitivement adoptées.
- II est en effet à remarquer qu’en outre de la condition essentielle, fondamentale, qu’il a à remplir : suppléer à l’insuffisance des moyens de transport, en commun à la surface du sol en desservant à peu près intégralement la superficie de la capitale, et en particulier les quartiers éloignés du centre, au moyen de lignes possédant une zone d’attraction théorique de 800 mètres de largeur totale, le Métropolitain doit se plier à certaines exigences propres à développer son trafic. C’est ainsi qu’en raison de l’utilité incontestable de desservir promptement et aisément les gares des grandes Compagnies et de faciliter l’échange des voyageurs entre les grands réseaux et le réseau urbain, on a non seulement infligé au tracé des lignes métropolitaines des orientations locales spéciales, mais encore ménagé aux points de contact des couloirs d’intercommunication; témoins les galeries qui, à la gare de Lyon, à la gare de Vincennes et à la gare Saint-Lazare, relient la salle des Pas-Perdus à la salle de distribution des billets des stations métropolitaines correspondantes. A la gare d’Orléans, le rapprochement est encore plus intime, puisque la double travée qui traverse le grand hall central soutient à la fois la double voie métropolitaine et les quais d’une station dénommée « gare
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- d’Orléans » qui, occupant toute la largeur des bâtiments de la gare d’Austerlitz, ne mesure pas moins de 89 mètres de longueur.
- Ces bâtiments se présentent sous la forme d’un gigantesque U en maçonnerie dont la base, monumentale, s'élève en façade sur la place Valhubert et qui, dans l’espace réservé entre ses branches, contient le grand hall vitré destiné à abriter les quais d’embarquement. En outre de ce dernier, le Métropolitain traverse donc une partie des locaux affectés au dépôt des bagages au Départ (bâtiment côté Seine) et à la consigne à l’Arrivée (bâtiment côté Salpêtrière). 11 va sans dire que des dispositions toutes différentes de celles ordinairement adoptées pour les ouvrages en viaduc du type courant, ont dû être prises pour réaliser ce passage, aussi les ouvrages qui le précèdent et le suivent immédiatement, précisément en viaduc du type courant et de ce fait non susceptibles de continuité, ont-ils été interrompus au contact avec les bâtiments de l’Orléans : un couple de colonnes en fonte dans la cour du Départ, un autre dans la cour d’Arrivée, implantés de façon qu’ils affleurent au nu des murs de façade de la gare, soutiennent l’extrémité des poutres de la dernière travée d’approche de part et d’autre.
- C'est dans la traversée de la partie centrale, c’est-à-dire du hall vitré, qu’en raison de l’importance et surtout de la laboriosité d’exécution de l’ouvrage qu’elle nécessite, résidait la principale difficulté à surmonter. Un double pont de 52,55 m. de portée et de 17,10 m. de largeur totale franchit, nous l’avons dit, les voies et les quais du chemin de fer d’Orléans. 11 se compose essentiellement de quatre poutres de rive, identiques et parallèles, supportant deux tabliers sur chacun desquels sont établis l’un des quais et l’une des voies. Les poutres de rive mesurent 6,45 m. de hauteur, laissent entre leur semelle inférieure et le quai le plus élevé de la Compagnie d’Orléans une hauteur libre de5,76 m. correspondant à une distance minimum de 7 mètres entre les rails des deux voies ferrées et reposent à chacune de leurs extrémités, par l’intermédiaire d’appareils d’appui à rotule et balanciers, fixes du côté de l’Arrivée, mobiles du côté du Départ, sur une file de trois piliers (le pilier central proportionné en conséquence reçoit deux appuis) composés d'un caisson en acier laminé rempli de béton de ciment ; neuf montants verticaux relient les deux membrures en T, rectilignes et parallèles de chacune de ces poutres qui se trouve ainsi divisée en 8 panneaux garnis de diagonales disposées en croix de Saint-André, et dont six ont 6,45 m. de longueur alors que les deux extrêmes mesurent 6,925 m.
- Les deux tabliers, qui ont chacun une largeur égale à l’écartement de 8,50m., laissé entre les poutres de rives extérieures et intérieures à la partie inférieure desquelles ils sont fixés, supportent l’un et l’autre un quai de 4,50 m. de largeur utile et une voie de 1,44 m. de largeur, posée sur ballast, à 0,85 m. encontre-bas du quai, au milieu de l’espace
- qui lui est réservé. Ces tabliers sont constitués par une série d’entretoises — simples et de 0,80 m. de hauteur au droit des montants verticaux, simples également mais de dimensions réduites dans les positions intermédiaires, jumelées et renforcées au droit des appuis où elles sont de plus surbaissées de 0,40 m. ainsi d’ailleurs que les poutres de rive— que des voûtelettes transversales en brique, sur lesquelles repose le ballast de la voie, relient entre elles. Quant aux quais, chacun d’eux directement assujetti d’un côté sur la poutre de rive extérieure, contre laquelle est appliquée en outre une grille protectrice, est soutenu du côté de la voie par une cloison métallique verticale qui règne sur toute la longueur de l’ouvrage et prend appui sur les entreloises. Enfin des entretoises de contreventement, formées par des barres de treillis en N et parallèles aux entretoises du tablier, relient transversalement les montants verticaux à leur partie supérieure : les sept barres intermédiaires sont simples, les barres d’extrémité sont doubles.
- Un intervalle de 0,50 m. sépare les deux poutres de rive intérieures, et afin de rendre solidaires les deux ponts ainsi accolés, non seulement les montants verticaux de ces poutres ont été reliés par un treillis en croix de Saint-André, mais encore les semelles des membrures supérieure et inférieure de l’une ont été élargies de façon à constituer les semelles des membrures de l’autre.
- Les bâtiments latéraux, qui ont une largeur de 21,57 m. du côté du Départ et de 15,11 m. du côté de l’Arrivée, se trouvent traversés chacun par une travée spéciale établie au môme niveau que celle du hall central, disposée comme elle également en palier et en alignement droit, mais dont les frais d’exécution n’ont plus été supportés par la Ville de Paris comme dans le cas précédent, mais par la Compagnie d’Orléans. L’emprise occupée par le Métropolitain sur ces bâtiments s’étend sur une largeur de 20 mètres correspondant à deux travées du hall et laissant, entre de légers murs d’isolement, un espace libre de 19,45 m. sur lequel 7,85 m. sont réservés à la double voie et 5,80 m. à chacun des quais. Un tablier, constitué par des entretoises reliées par des voûtelettes en briques, supporte la double voie posée sur ballast, dans la traversée de chacun de ces bâtiments ; ce tablier est fixé à la partie inférieure de deux poutres longitudinales à âme pleine de 2 mètres de hauteur, qui prennent appui d’un bout sur les colonnes en fonte accolées à la façade, de l’autre bout sur la dernière entretoise jumelée de la travée centrale et qui reçoivent le côté intérieur des quais que des poutres parallèles aux précédentes, mais de plus faibles dimensions, soutiennent du côté opposé.
- En raison de la largeur exceptionnelle des quais dans ces deux travées, 5,80 m., on a pu sans inconvénient y faire déboucher les escaliers d’accès : deux de ceux-ci par* quai (c’est-à-dire un à chaque extrémité où il occupe une largeur de 2,80 m., réduisant à 5 m., sur une longueur de 9,50 m., la largeur de
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- l’espace réservé à la circulation des voyageurs) ser- i ment de 20 mètres de longueur sur une profondeur vent l’un uniquement pour la sortie — coté Départ de 9,50 m. Ces chambres ne communiquent qu’avec — l’autre à la fois pour la sortie et l’entrée du | l’extérieur : une baie centrale les met en relation,
- Fig'. 1. — Coupe en travers de la station métropolitaine « Gare de Lyon »
- public — côté Arrivée. Le mouvement dés voyageurs i l’une avec la cour d’Arrivée, l’autre avec, la cour de dans la station « Garé d’Orléans » s’opérant donc | Départ. Intérieurement et de chaque côté de la baie,
- Fig. 2. — Vue intérieure du hall central de la gare d’Orléans-Auslerlilz.
- par ses extrémités, les moyens d’accès ont été enfermés de chaque côté dans une chambre adossée intérieurement au mur de façade et occupant, au niveau des quais de la Compagnie d’Orléans, un emplace-
- se trouvent deux volées d’escaliers disposées symétriquement et conduisant à un palier intermédiaire où, du côté réservé à l’entrée — côté de l’Arrivée — les billets sont distribués ; de ce palier partent enfin
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- des escaliers superposés aux précédents et aboutissant aux quais. Dans ces conditions, les voyageurs descendant des trains de la Compagnie d’Orléans à
- Départ, puis de longer cette dernière pour pénétrer enfin dans la Salle des Pas-Perdus de. la gare d’Austerlitz. Il y a certainement là une lacune (pie M. Nei-
- Fig. 3. — Aspect actuel de la cour d’Amvée de la gare d’Orléans-Austerlitz.
- la gare d’Austerlitz, doivent, pour gagner la station métropolitaine, sortir complètement de la gare et se diriger par la cour d’Arrivée vers l’entrée du Métro-
- gon, ingénieur en chef de la voie et des travaux de la Compagnie d’Orléans, semble vouloir combler le plus promptement possible, des études ayant été
- Fig. 4. — Vue d’ensemble de la station métropolitaine.
- politain ; ceux qui, au contraire, désirent passer du Métropolitain aux quais d’embarquement de la Compagnie d’Orléans sont obligés d’évacuer la station par les escaliers de sortie débouchant sur la cour du
- entreprises par ses soins, dans le but de faire communiquer directement les quais des deux lignes en présence par des escaliers' et couloirs aménagés à l’intérieur même de la gare d’Austerlitz. Quant aux
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- voyageurs en provenance ou à destination de l’extérieur, ils ne peuvent également accéder au Métropolitain que d’un seul côté et après avoir traversé la cour d'Àrrivée, tandis que leur sortie peut s’effectuer indifféremment et suivant leurs besoins, du côté du Départ ou du côté de l’Arrivée.
- La construction de la ligne métropolitaine a évidemment nécessité la démolition des murs de façade de la gare d’Orléans-Austerlitz sur une largeur d’environ 20 mètres et cette distance correspondant à deux travées du hall central vitré, les piliers intermédiaires qui, l’un d’un côté, l’autre de l’autre, supportaient la ferme de la couverture (dont la portée atteint 52,55 m.) située au-dessus du passage du Mé-
- Les difficultés les plus sérieuses venaient autant de la nature du sous-sol constitué par les alluvions de la Seine et de la Bièvre, lesquelles surmontent le calcaire grossier, que de la proximité des fondations de la gare, établie sur ce terrain tourbeux et marneux. La charge des piliers de la station métropolitaine pouvant atteindre 800 tonnes, il a fallu descendre les fondations sur le calcaire grossier à 12 mètres environ au-dessous du niveau des quais de la gare. Cette opération, contrariée par d’abondantes infiltrations, a nécessité l’installation de 5 pompes centrifuges actionnées par deux locomo-biles de 50 chevaux. Elle a pu néanmoins être menée à bien sans autres dégâts que quelques fissures et
- Fig. 5. — Coupe longitudinale et plan de la traversée des bâtiments de la gare d’Orléans-Austerlitz par le chemin de fer Métropolitain
- tropolitain, ont dû être compris dans cette démolition. Des étais provisoires en charpente ont maintenu cette ferme pendant la construction des appuis du Métropolitain, puis des supports métalliques, reposant sur la fondation des piliers servant d’appui aux poutres de rives intérieures de la double travée centrale, ont' définitivement remplacé les piliers de maçonnerie primitifs. On a de plus cherché, dans la limite du possible, 'à donner un peu d’esthétique à cette « trouée » en l’encadrant extérieurement de motifs d’architecture; les personnes difficiles prétendent qu’on y a bien peu réussi ! Enfin le montage de la double travée.centrale aétéexécuté au moyen d’un pont de service en charpente établi de façon à n’apporter aucune gêne à la circulation fies trains de la Compagnie d’Orléans.
- quelques tassements dans les bâtiments de la Compagnie d’Orléans.
- Avant même d’être livrée entièrement à la circulation, la ligne n° 5 a déjà reçu le surnom de « Métro des Gares ». Il est de fait que quatre gares sont directement desservies par elle : les gares du Nord, de l’Est, de Vincennes et d’Orléans ; et quatre autres après un seul transbordement : P.-L.-M. par la ligne n° 1 à la Bastille, Montparnasse et la ligne de Sceau, par la ligne n° 2 Sud à la place d’Italie et Ouest-St-Lazare, par la ligne n° 5 à la place de la République. Depuis le mois de juillet dernier, la fraction de la ligne n° 5, comprise entre la place d’Italie et la Place Mazas, est livrée à l’exploitation et, en attendant le prolongement du terminus provisoire jusqu’à la place de la Bastille, les trains
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- sont temporairement dirigés, par une galerie de ser-viee à double voie qui raccorde les deux lignes, vers la station « Gare de Lyon » de la ligne n° 1.
- Ë. un Loyseu.es.
- ÉTUDES SUR LES ALLIAGES
- Depuis quelque temps, un certain nombre d’auteurs, surtout en Allemagne, ont effectué des recherches systématiques sur des alliages de différents métaux et ont pu arriver, par l’étude des courbes de fusion des mélanges de ces métaux, par l’examen microscopique et par la détermination des constantes thermiques, à fixer la composition des principales combinaisons que forment entre eux ces métaux. Sans entrer dans des détails à ce sujet, nous donnerons la liste des alliages ainsi déterminés.
- L’aluminium et l’argent peuvent former les composés Àg3 Al et Ag2Al fondant respectivement à 771° et 721°. Les alliages renfermant de 7,72 à 11,3 pour 100 d’aluminium se laissent bien polir; ceux renfermant de 0 à 7,72 pour 100 d’aluminium ne s’altèrent pas à l’air.
- Le fer et le manganèse ne donnent pas de combinaison définie, mais forment une série continue de cristaux mixtes; le fer et le silicium sont susceptibles de former les corps FeSi et Fe2Si fusibles respectivement à 1443° et 1251°.
- L’étain et le sodium fournissent cinq combinaisons, toutes très altérables : Sn Na4, Sn Na2, Sn3 Na4, Sn Na et Sn2Na. La troisième constitue l’alliage le plus dur et le plus brillant ; la dernière constitue l’alliage le plus mou.
- Le mélange magnésium-étain donne naissance au corps SnMg2, cristallisé, brillant, mais altérable à l’air. Le magnésium et le thallium donnent les composés Tl3 Mg8, ïlMg2 et Tl2Mg3, facilement oxydables à l’air, surtout le dernier. Avec l’étain et le plomb, le magnésium forme les combinaisons Mg2 Sn et Mg2Pb.
- Enfin l’or et l’étain donnent naissance aux corps AuSn, Au Sn2 et Au Sn4, fondant respectivement à 418°, 508° et 252°. Le premier est dur et fragile, conduit bien l’électricité et se présente sous forme d’une masse gris argenté. A. II.
- LE MOTEUR A LA FERME
- Qaz pauvre de foin et de feuilles mortes
- Nous avons eu à plusieurs reprises l’occasion de dire tous les services que peut rendre le gaz pauvre pour l’alimentation des moteurs tonnants, qui donnent ainsi la puissance motrice à très bon marché; nous avons cité notamment les résultats si remarquables au point de vue de la consommation, et de la consommation de charbons très maigres, des gazogènes Pierson. Mais il est bien des circonstances, à la campagne, par exemple, où le combustible minéral coûte cher, parce qu’on se trouve dans des régions écartées, dans des fermes isolées des voies ferrées ; et si le gazogène gazéifiant du charbon maigre assure une économie sur les moteurs à vapeur, où le cheval-heure revient aisément à O1'1',50 et exige 3 à 4 kg
- de charhon, il est encore un peu coûteux lui-même.
- Aussi est-il bon de signaler les applications de plus en plus nombreuses que l’on fait de moteurs utilisant du gaz pauvre, fabriqué avec des produits végétaux qui n’ont pour ainsi dire aucune valeur, et constituent souvent des déchets encombrants. Parmi les plus intéressantes de ces applications, un assez grand nombre sont dues b l’emploi du gazogène du système Hiché, le gazogène étant ici l’organe principal. Le système Hiché se présente en réalité sous deux formes : les fours à gaz à distillation renversée, où l’on chaulïè au moyen d’un combustible quelconque une cornue contenant les matières dont on veut opérer la distillation ; et le gazogène auto-réduc-leur à double combustion, qui est l’appareil plus particulièrement employé dans les essais et dans les installations dont nous voulons parler. Sans en donner une description complète, nous rappellerons que la production du gaz est basée dans cet appareil sur le passage d’air atmosphérique au travers d’une couche de combustible incandescent, ce qui donne un mélange d’oxyde de carbone et d’azote; il se produit également évaporation d’une certaine quantité de vapeur d'eau qui, se décomposant sur le charbon incandescent, forme du gaz à l’eau, mélange d’oxyde de carbone et d’hydrogène. Dans ce gazogène à double combustion, les produits de combustion incomplète se rendent sous une colonne de charbon de bois, et, au contact de ce charbon fortement chauffé, les produits non encore dissociés se décomposent. Notons que, quand on emploie des matières contenant de l’eau, comme les déchets agricoles dont nous allons dire un mol, il se trouve naturellement dans l’appareil de la vapeur qui se forme et se décompose d’elle-même. Ces gazogènes sont du reste munis d’un gazomètre, mais de dimensions modestes.
- Or, ces appareils, qui permettent naturellement d’utiliser les charbons maigres, les anthracites, les cokes, les tourbes, s’accommodent aussi fort bien des déchets de bois, des sciures, des copeaux, des branchages contenant une proportion élevée d’humidité, des grignons d’olives, des écorces d’amandes, des pailles et débris végétaux de toute nature. Nombreuses sont les usines qui les utilisent déjà pour tirer parti de la façon la plus effective de leurs sciures, copeaux; et, sur certains points d’Espagne, par exemple, où le charbon manque, on met à profit avec avantage les forêts voisines pour produire la force motrice à bon marché. Mais il est évident qu’il est beaucoup plus intéressant, au point de vue agricole, de pouvoir recourir aux mauvais foins que refuse le bétail, aux pailles dont on ne sait trop que faire par suite des frais de transport, aux feuilles mêmes qui encombrent les forêts et qui causent souvent des incendies sans constituer un engrais bien utile. Nous savons déjà quelques fermes recourant à cette méthode pour avoir les avantages du machinisme, sans cependant se heurter à des dépenses hors de proportions avec les résultats obtenus. Telle est, en Roumanie, la grande ferme de Barca, où un moteur
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- de 60 chevaux, fait du reste pour brûler du gaz de ville, est alimenté par un gazogène utilisant simplement de la paille hachée. Le moteur commande un moulin à blé qui moud pour la clientèle, puis une machine à battre à grand rendement, traitant par heure la récolte en blé de 2 hectares et demi. On avait pu relever que, pour atteindre ce résultat, on brûlait ou plutôt on gazéifiait quelque 2 kilogrammes de paille hachée par cheval-heure.
- Mais les expériences faites récemment aux usines Menier, à Noisiel, ont été beaucoup plus caractéristiques, et nous pouvons donner à leur sujet des indications très précises qui nous ont été fournies par M. Bordenave, l’ingénieur des usines. Il faut dire que les usines de Noisiel possèdent déjà une installation de gaz pauvre Riché, fonctionnant avec les déchets de bois. Cette fois il s’agissait plus particulièrement de rechercher les services que les moteurs alimentés avec des gazogènes de ce genre pouvaient rendre dans les travaux de la ferme, et en utilisant par conséquent ces déchets agricoles auxquels nous a-vons fait allusion plus haut. Les essais ont porté sur des pailles de blé et d’avoine, des foins inférieurs, des feuilles de peuplier, de platane, de marronnier, de hêtre, sur des roseaux mêmes et des joncs ; et les résultats ont été fort encourageants au point de vue du rendement effectif et du bas prix du cheval-heure produit. On ne consommait point de combustible autre, sauf une quantité extrêmement minime de coke ou de charbon de bois, qui ne représentait qu’une dépense négligeable pratiquement.
- On a utilisé des foins provenant de prairies marécageuses et contenant des herbes acides que les animaux refusent généralement de consommer ; le cheval-heure effectif était obtenu avec un peu plus d’un kilogramme de cette matière, et le prix de revient total en était de 0,056 francs, en tenant compte largement des frais de conduite et d’intérêt ou d’amortissement de l’installation. Et même avec des foins employés normalement à l’alimentation des bestiaux, et dont la valeur peut atteindre 36 francs, le cheval-heure ne ressortirait encore qu’à 76 mil-limes. Encore le mâchefer friable qui se forme sous la grille est-il un engrais utilisable. Au point de vue
- de l’alimentation du gazogène, il suffisait de charger sans aucune précaution particulière, simplement en tassant avec une perche. On s’est servi de même de pailles, que l’on hachait, il est vrai, par passage entre deux cylindres armés de couteaux; cela assure la descente régulière de la charge. Avec des pailles qui étaient estimées valoir 22 francs les 1000 kilogrammes, mais qu’il est de plus en plus difficile de vendre, surtout quand on est éloigné delà voie ferrée, on a obtenu le cheval-heure à 0,063 fr. et même à 0,057 fr., quand il s’agissait de paille d’avoine. Les gazogènes ont marché avec des feuilles tombées, et il suffisait d’une consommation de 0,590 kg pour donner le cheval-heure avec les feuilles de hêtre, de 0,600 avec les feuilles de marronnier, de 0,560 avec les feuilles de platane. La seule dépense de matière première est représentée ici par les frais de récolte et de compression, puis de transport; et en
- tablant assez lar-gement à cet égard, on ne trouve pas que la dépense par cheval-heure dépasse 0,043 lr. Nous n’insisterons pas sur les sciures et les copeaux de bois, qui ne relèvent plus spécialement de ce domaine agricole où l’absence du moteur mécanique se fait encore si vivement sentir ; mais nous noterons qu’on utilise également des mousses, des roseaiix, qui doivent, à la vérité, être séchés avant emploi ; il en faut un peu plus de 1200 grammes par cheval-heure. Et l’on pourrait tout aussi bien recourir aux ajoncs, aux genêts, aux mille-plantes qui sont peu utilisées et qui poussent à l’état sauvage souvent sur de vastes étendues. Dans toutes ees expériences, faites à Noisiel, on a pu obtenir le cheval-heure avec 2600 à 2800 calories, ce qui est très bas, et ce qui tient sans doute à la grande surlace offerte à l’air par le produit à gazéifier. La seule impossibilité dans laquelle on se soit trouvé, a été de produire du gaz avec des foins dont la teneur en humidité dépassait 40 pour 100.
- En tout cas, ce n’est pas là de quoi infirmer l’intérêt considérable que présente pour les installations agricoles ce mode si économique et si simple d’alimenter des moteurs, en utilisant des matières dont l’agriculteur ne sait guère comment tirer parti.
- Henry Bougeois.
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- LES TURBO=ALTERNATEURS A L’USINE D’ÉLECTRICITÉ DE SAINT=DENIS
- (Seine)
- Nous avons déjà1 donné une description générale I dépôts en acier a été disposé à la partie inférieure, de l’immense usine d’électricité de Saint-Denis. I Deux tubes de dégagement de vapeur permettent de
- Fig. 1. —Groupe éleclrogène turbo-alternuteur, système Brown, Boveri, l’arsous de 600Ü kilowatts à courants triphasés à 10 500 volts.
- Notre collaborateur, M. Lecomte Denis, nous a fait connaître2 les dispositifs ingénieux utilisés pour la manutention des charbons. Pour compléter le sujet, il nous reste à parler de l’usine proprement dite.
- La salle des chaudières comprend en principe plusieurs groupes de chaudières Babcock et Wil-cox, type marine à monture extérieure métallique avec garniture réfractaire, à fermeture des collecteurs, avec enveloppes extérieures, à surchauffeurs et à économiseurs.
- Chaque générateur a une surface de chauffe de 420 mètres carrés et une surface de grille de 11,20 mètres carrés. Le faisceau tubulaire est formé par 55 sections tubulaires de 14 tubes en hauteur; la longueur de ces derniers est de 5,1 mètres et leur diamètre extérieur est de 82 mm. lin collecteur de
- 1 Yoy. n° 1690, du 25 novembre 1905, p. 402.
- 2 Voy. n° 1725, du 10 juin 1906, p. 39.
- relier la partie supérieure du collecteur d’arrière au réservoir d’eau et de vapeur.
- Nous ne pouvons insister ici sur tous les détails
- un peu techniques de cette installation; qu’il nous suffise d’indiquer qu’elle renferme les derniers perfectionnements.
- En sortant des surchaufïèurs la vapeur, à la pression de 12 kg par centimètre carré, et à 500°, se rend aux groupes générateurs formés de turbo-alterna-t e u r s, dont la figure 1 nous donne une vue d’ensemble. Ces groupes sont du système Brown-Boveri-Parsons donnant en courants triphasés une puissance de 6000 kilowatts, à la vitesse angulaire de 750 tours par minute, et une différence de potentiel de 10 500 volts, à la fréquence de 25 périodes par seconde. Tls ont une longueur de 14,50 m, une largeur de 4,75 m et une hauteur de 5,50 m.
- Fig. 2. — Vue d'une turbine Brown, Boveri, Parsons. A la partie supérieure, arbre mobile avec ailettes. A la partie inférieure, couvercle de la turbine.
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- Dans les turbines la vapeur est envoyée contre les aubages d’une roue à ailettes et lui communique un mouvement de rotation. Dans la turbine Parsons, les ailettes sont disposées sur un arbre mobile en acier, où leur ensemble se présente sous l’aspect d’une série de couronnes successives, comme le montre la gravure à la partie supérieure de la figure 2. L’arbre doit tourner sous l’influence de la vapeur ; mais celle-ci doit être admise à une pression élevée, et doit avoir une direction convenable à sa rencontre avec les aubages. Pour assurer cette direction on a disposé dans la turbine Parsons un deuxième système d’aubages groupés également en couronnes successives, et placés dans l’intérieur d’un cylindre fixe creux. La vapeur est admise à l’une des extrémités du corps cylindrique et met en mouvement les ailettes mobiles. À la traversée de la première couronne directrice, la vapeur subit, une détente partielle qui agit sur la première couronne mobile et l’entraîne. La vapeur change de direction dans cette couronne mobile, se détend, et passe dans la deuxième couronne. En examinant plus profondément le mécanisme de l’action de la vapeur, il serait très facile de prouver que la combinaison la plus logique des principes d’action et de réaction est appliquée dans la turbine Parsons.
- Les turbines fonctionnent à condensation, et l’eau de condensation, exempte d’huile puisque le graissage de la vapeur est inutile, est utilisée de nouveau pour l’alimentation des chaudières. Les condenseurs à surface sont disposés au-dessous des turbines et sont raccordés directement. L’eau de circulation est admise par une des faces de l’enveloppe cylindrique des tubes ; ceux-ci sont entourés par la vapeur à condenser. La sortie de l’eau se fait à la face opposée de l’enveloppe, après un trajet de trois fois la longueur. La décharge d’eau du condenseur est assurée par une conduite noyée qui travaille en siphon et permet de diminuer le travail de la pompe de circulation. Il y aurait encore toute une série de détails intéressants à faire connaître; mais ils sont un peu techniques. Ajoutons cependant que la consommation des turho-alternateurs de 6000 kilowatts est de 6,8 kilogrammes de vapeur par kilowattheure utile à la charge de 5000 kilowatts. La consommation s’élève à 8,25 kilogrammes de vapeur par kilowatts-heure à la charge de 2500 kilowatts.
- A côté des groupes électrogènes, qui comprennent 7 turho-alternateurs de 6000 kilowatts en courants triphasés à 25 périodes par seconde à 10 500 volts, Se trouvent aussi 5 turho-alternateurs à courants diphasés de 42 périodes par seconde et à 12 300 volts. Il nous faut ajouter qu’il y a encore un turbo-dynamo à courants continus de 300 kilowatts à 230 volts, une batterie d’accumulateurs de 126 éléments Tudor d’une capacité de 1500 ampères-heures, et deux convertisseurs de courants triphasés en courants continus. Chacun de ces convertisseurs est formé d’un moteur synchrone à courants triphasés entraînant sur son arbre une
- dynamo shunt à courants continus génératrice à 250 volts. En résumé, l’usine de Saint-Denis, qui a été établie sous les auspices de la Compagnie Electromécanique, est une des plus grandes usines électriques du monde entier, construite avec tous les perfectionnements modernes, dans les meilleures conditions économiques, sur les bords de la Seine, avec un matériel de chauffage, et de mécanique hors ligne, avec un matériel électrique des plus parfaits, et cette usine peut distribuer à volonté, selon les circonstances, locales ou autres, l’énergie électrique sous la forme de courants triphasés à 25 périodes par seconde pour la traction, sous la forme de courants diphasés de 42 périodes par seconde pour la force motrice et l’éclairage, - sous la forme de courants continus à 550 volts pour la traction, à 250 volts pour les besoins de l’usine.
- L’usine de Saint-Denis esL établie rationnellement et fort judicieusement et ne peut donner, au point de vue économique pour la production de l’énergie électrique, que des résultats remarquables. Il en résultera inévitablement des prix de vente auxquels nous sommes loin d’être encore habitués ; alors commencera la véritable utilisation pratique de l’énerg'e électrique. J. Laffakguk.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 22 octobre 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Les hématozoaires du paludisme. — M. Laveran présente une Note de M. Thiroux, médecin-major des troupes coloniales, relative à l’unification de l’hématozoaire du paludisme. On admet généralement qu’il existe plusieurs hématozoaires distincts occasionnant le paludisme. M. Laveran ne partage pas cet avis ; il pense qu’on décrit comme des espèces particulières des variétés d’un même parasite. M. Thiroux vient d’efl’ectuer au Sénégal des recherches qui confirment cette dernière manière de voir. Ce médecin a pu, pendant deux ans, suivre les enfants indigènes de villages contaminés par le paludisme. Il a examiné le sang de certains d’entre eux aux différentes époques de l’année. Or, il a constaté pendant la saison particulièrement insalubre, c’est-à-dire pendant la saison chaude et pluvieuse, qu’on y trouvait l’hématozoaire caractéristique du paludisme tropical. Au contraire, pendant la saison sèche et salubre, le sang ne contient plus qu’une proportion de un tiers de cet hématozoaire, les deux autres tiers étant remplacés par des parasites revêtant les grandes formes amiboïdes caractéristiques de la lièvre quarte. Or on ne peut admettre qu’il y ait deux types de paludisme dans le môme lieu : le type tropical pendant la saison chaude et le type de la fièvre quarte pendant la saison sèche. On est donc amené à conclure que l’on est en présence d’un même parasite dont l’évolution est modifiée par les inlluences saisonnières. M. Thiroux pense que la fréquente rénovation du parasite à l’époque de la saison humide, par suite de reproduction sexuée dans le corps des anophèles, lui confère à cette époque une activité plus grande qui s’atténue ensuite.
- La température du soleil. — M. Janssen présente un travail de MM. G. Féry et G. Millochau intitulé : Contri-
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- billion à l’étude de l’émission calorifique. Les auteurs ont utilisé, pour la détermination de la température du soleil, un télescope pyrliéliométrique. Les études ont été faites à l’observatoire de Meudon (altitude 150 m.), à Cliamo-nix (1050 m.), aux Grands-Mulets (5050 m.) et au sommet du Mont-Blanc (4810 m.); elles ont été exécutées pour chaque station à différentes distances zénithales du soleil, de façon à fournir des données sur l’absorption atmosphérique. L’appareil a été étalonné en prenant comme sources calorifiques un four électrique à résistance de platine chauffé à 1075° absolus et le cratère d’un arc électrique (5575°). La température la plus élevée obtenue pour le centre du soleil a été celle observée au Mont-Blanc : elle a été de 5590° en adoptant l’étalonnage sur le four ou 5000° en adoptant l’étalonnage sur l’arc. Une correction approximative, pour tenir compte de l’absorption due à l’atmosphère, porte le premier nombre à 5020°.
- Télémécanique. — M. de Lapparent présente ensuite une Note de M. Branly décrivant un dispositif de sécurité pour garantir les appareils de télémécanique contre des étincelles accidentelles éclatées dans le voisinage. Ce dispositif consiste dans un interrupteur que cette étincelle met en marche et qui fonctionne de manière à opérer automatiquement la réouverture périodique du circuit que l’action de l’étincelle sur le radioconducleur aurait fermé. Le fonctionnement de cet interrupteur ne pourrait être mis en défaut que si, dans un groupe d’étincelles, il s’en trouvait qui éclatassent juste dans les intervalles spéciaux de 1 /50 de seconde pendant lesquels le jeu de l’interrupteur cesse. Bien entendu, cet appareil de sûreté ne s’applique qu’aux étincelles fortuites et il n’existe pas de moyen de garantir la télégraphie sans fil contre des tentatives systématiques et continues de perturbation.
- Les insectes de l’ambre. — M. de Lapparent présente une Note de M. Ferdinand Meunier qui a étudié les insectes diptères de l’ambre de la Baltique qui appartiennent à la famille des dolichopodidæ. On y trouve beaucoup d’espèces à faciès paléarctique, quelques-unes voisines des formes de la région néarctique sans aucun type néotropical.
- La natation du peclen. — M. Delage présente une Note de M. Fréd. Ylès sur le moyen employé par le peclen (coquille Saint-Jacques) pour se déplacer. Cet animal nage sur des espaces dépassant souvent plusieurs mètres en chassant, par des battements répétés de ses valves, l’eau contenue dans sa coquille ; or, la progression se fait de telle sorte que l’ouverture des valves est en avant. M. Vlès a démontré, par une série d’expériences, la raison de cette apparente contradiction. Sur le bord de chaque valve existe une sorte de repli du manteau qui forme valvule et empêche l’eau de sortir ailleurs que par un endroit silué très près du bord des valves, dans le voisinage de la charnière. L’animal est donc repoussé vers le coté opposé à la charnière. Si l’on cisaille ce repli de manière à l’annihiler le pecten ne peut plus nager qu’à reculons.
- La désinfection des pommes à cidre à l’aide du formol. — M. Haller résume un travail de M. Perrier sur la recherche du formol dans les moûts de pommes. On sait qu’afin de régulariser la fermentation des moûts de pommes on peut laver Les pommes avec une solution de formol à 8 pour 1000, avant de les écraser. On obtient ainsi un moût qui fermente normalement, mais l’on peut se demander si le cidre obtenu ne contient pas une quantité appréciable de formol. Celte crainte est d’autant plus fondée qu’une circulaire ministérielle interdit la formoli-sation des moûts. M. Perrier a recherché le formol dans les moûts de pommes lavées avant l’écrasement. L’emploi !
- de la méthode de dosage de Voisenet lui a permis de doser des traces de formol : 1/300 000 à 1/500 000. Cette teneur est importante à noter en présence de l’interdiction ci-dessus rappelée, car il s’agit de moûts non additionnés de formol. En présence de ce résultat, M. Perrier a entrepris de rechercher si certaines substances alimentaires ne renfermeraient pas naturellement du formol. Il a pu doser des traces très appréciables de cette substance dans le hareng saur, le jambon fumé, la saucisse et la poitrine de porc famées. Dans ces conditions, l’emploi du formol doit-il être prohibé si rigoureusement ?
- Cil. DE VlLLEDKl'lL
- UNE OREILLE MUSICALE
- extraordinaire
- Il s’agit ici d’une enfant qui, au point de vue de l’oreille, du discernement de la valeur et de la relativité des notes, est douée de la façon la plus extraordinaire. Elle est âgée de près de sept ans; mais ce qu’elle fait actuellement, elle le faisait déjà à l’âge de quatre ans, et c’est là vraiment ce qui est surprenant.
- C’est tout à fait par hasard que les parents d'Yvonne Borderon se sont aperçus de sa faculté si précoce. Un jour, le chat de la maison, voulant grimper sur le piano, toujours accordé au diapason, et pour cause, comme nous le verrons, pose la patte sur une note qu’il fait résonner; aussitôt Yvonne, pourtant au jeu, s’arrête et annonce que le chat vient de jouer un fa dièze : bien entendu, elle a déjà appris le solfège, puisqu’elle connaît ce que nous appellerons le langage de la musique. Son père veut s’assurer de la justesse de cette appréciation, et, sans oser se lier à son oreille, lui qui est pourtant musicien et bon musicien, il s’approche du piano et appuie sur le fa dièze. C’est bien la note « jouée » par le chat. C’était une première indication de la i'acilité et de la sûreté, en même temps que de la rapidité avec laquelle cette enfant de quatre ans reconnaissait la valeur des notes. Qu’on frappe un verre de cristal, et instantanément, sans réflexion, par une sorte de réflexe, ainsi que nous le faisait remarquer M. Fragnaud, chez lequel nous avons rencontré ce petit prodige d’une espèce si rare, Yvonne vous dit qu’il donne le si bémol. Ayec la même précision et la même instantanéité, elle vous indique le ton d’une trompe d’automobile, d’une corne de cycliste, d’un timbre électrique, d’un sifflet de locomotive, aussi bien que des cloches de l’église. La question du timbre lui est aussi indifférente que celle de la hauteur du ton; elle perçoit immédiatement la relativité, comme nous l’expliquerons tout à l’heure et le prouverons.
- Un beau jour, après lui avoir fait entendre quelques harmoniques élevées sur le violon, quelques notes aiguës de flûte et de hautbois, quelle avait, suivant sa coutume, nommées instantanément, son père prend une contrebasse à quatre cordes et attaque la quatrième corde. Yvonne tout de suite traduit le son en disant : ré bémol. Les auditeurs,
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- LA NATURE.
- tous musiciens, sont déconcertés et croient à une erreur, car d’ordinaire la quatrième corde de la contrebasse est mi. Mais on vérifie par rapport au piano accordé, et l’on constate que la contrebasse ne l’était point, elle, ce qu’avait reconnu l’oreille de l’enfant en trouvant impeccablement la note donnée; et il est vraiment curieux de voir une oreille d’enfant de cet âge reconnaître ce ré bémol, en dépit de sa gravité. Cette note s’écrit :
- mais, sur la contrebasse, elle représente en valeur réelle l’octave au-dessous.
- Que la mère de notre petit prodige se mette au piano et joue à une allure, pas trop lente, un air pourtant modulant,
- Yvonne nommera au for et à mesure toutes les notes ; n’essayez pas de la dérouter, et ne craignez pas de passer brusquement par les dissonances les plus fortes, du plus grave au plus aigu ; nous lui avons joué des accords pris au hasard et à grande distance les uns des autres, et constamment elle les décomposait tout de suite, en énonçant les notes qui les composent et qu’elle perçoit avec une netteté et une sûreté surprenantes. Qu’un assistant se mette à chanter sans être sûr de la justesse des sons émis, l’enfant l’arrêtera par un éclat de rire, en lui disant que son la bémol est toujours trop bas par exemple ; elle ne comprend pas qu’on puisse ne pas avoir cette justesse d’ouïe qui fait précisément notre étonnement chez elle. Un jour, sa mère a voulu la tromper et a marqué fortement un do dièze au piano en solfiant « sol ». Yvonne s’approche d’elle, fronçant le sourcil, et lui dit d’un ton de reproche : « Petite mère, ce n’est pas bien de mentir ». Le mot est curieux, parce qu’il caractérise bien l’impression que fait une note sur son oreille ; ce n’est pas se tromper, c’est porter atteinte à la vérité que de ne pas donner à celte note sa désignation véritable. C’est une constatation de lait, et c’est à cela qu’elle se livre en traduisant à haute voix les accords que vous lui jouez successivement. Elle ne se méprend point sur les positions, et ne vous indique pas comme étant à l’état fondamental un accord que vous aurez attaqué dans son oremier renversement.
- C’est le sentiment de la relativité qui la guide constamment, sans que du reste elle s’en rende aucunement compte. Elle a dans l’oreille la base, le la du piano de ses parents, qui sont des musiciens de talent et des professionnels : amenez-la dans une maison (comme c’était le cas lorsque nous l’avons entendue) dont le piano est un peu désaccordé, a baissé d’ensemble, et, si vous lui jouez des notes et des accords, elle aura une légère hésitation, durant quelques minutes, pour se retrouver au milieu de cette relativité et de cette basse faussée; elle a évidemment l’impression que le piano ment un peu; mais bientôt elle reprend pleine possession de sa curieuse faculté, elle se met pour ainsi dire d’accord avec le nouveau piano, et elle répond alors aux
- notes avec la soudaineté qui la caractérise. Ajoutons qu’elle conserve le « la » dans l’oreille, même après des jours d’isolement en pleine campagne, là où elle n’entend ni ne fait aucunement de musique et se livre seulement aux jeux de son âge.
- Ce nous est une occasion d’insister sur un fait important. Il n’y a rien chez elle de maladivement ni d’exagérément développé; son équilibre est parlait au point de vue mental comme au point de vue physique; elle a une intelligence générale vive, un caractère enjoué, et passe tout de suite d’un exercice musical à quelque jeu bien enfantin. La musique ne la fatigue point, elle l'aime, mais ce n’est pas une passionnée de musique. Elle joue bien du piano, par exemple La lettre à Élise, de Beethoven, et, au violon, rend la Berceuse de Jocelyn de façon agréable; elle est bonne lectrice, a un jeu correct, retient facilement par cœur, mais elle n’improvise pas, elle n’étonnera pas le gros public, notamment par l’exécution de difficultés et d’acrobaties musicales. Elle possède un rythme parfait; mais ce qui la caractérise, c’est une maturité extraordinaire du sens auditif. N’oublions point de dire que l’atavisme doit y être pour beaucoup. Son père joue fort bien du violon, sa mère est un professeur de piano remarquable, et son grand-père maternel, M. Ritl-berger, est un violoniste de très grande valeur.
- D. B.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuhe, rue de Fleuras, 9.
- Une merveille de sens audilii.
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- N° 1745. — 3 NOVEMBRE 1906.
- LA NATURE.
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- LE TRIOMPHE DU CIMENT ARME
- On peut voir en ce moment, à Tunis, une curiosité sensationnelle, dans l’art de la construction.
- l’ensemble bascula du côté le plus large, et, chose remarquable, aucune fissure ne fut constatée dans les murailles.
- Sans se laisser émouvoir par cette pente, les ingénieurs se mirent à l’ouvrage pour redresser le bâtiment, en chargeant le côté élevé avec du sable et des lers de toutes sortes ; en vingt jours l’aplomb était repris, et on construisait l’étage final, ce qui porte la hauteur à 24 mètres. Notre photographie fait voir les silos
- Fig. 1. — L’aile droite (silos) inclinée avril 1906.
- Fig. 2. — Minoterie du port à Tunis.
- L’aile droite (silos) redressée.
- C’est une minoterie immense qu’on vient d’édifier sur les terrains rapportés du nouveau port; vu la nature mobile du sol, les ingénieurs ont préconisé l’emploi du ciment armé; la construction, qui se compose de trois bâtiments rectangulaires, s’est élevée rapidement, et l’on se trouvait à une hauteur de 20 mètres, quand le bâtiment de droite, destiné à servir de silos, s’inclina brusquement, jusqu’à présenter une flèche de 5m,50; cette partie de la minoterie mesure 56 mètres de longueur sur 15 mètres de large, 3ie année. — 2° semestre.
- Fig. 3. — État actuel. L’aile gauche non redressée.
- avant leur redressement. Ces faits remontent à six mois, et, depuis, les bâtiments avaient été terminés
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- LA NATURE.
- sans aucun accident, quand, il y a quelques semaines, la construction de l’aile gauche se pencha rapidement en sens inverse des silos ; en quelques heures l’inclinaison devint telle que la flèche accusa 5m,90 et que, malgré la hauteur de 22 mètres, on pouvait voir d’une certaine distance le sol de la terrasse.
- Les ingénieurs ont commencé le même travail de redressement, l’inclinaison est arrêtée, et au moment où paraît cet article, le batiment de l’aile gauche est complètement redressé.
- De même que pour les silos, la construction ne présente pas une seule déchirure, les vitres qui garnissent les fenêtres sont intactes et aucune déformation n’a eu lieu dans les planchers.
- Cet étrange accident forme une réclame méritée pour l’excellence des constructions en béton armé.
- G. Ghertous.
- L’HYGIÈNE
- DES MÉTROPOLITAINS SOUTERRAINS
- L’accroissement considérable des villes a fait naître toute une série de circonstances inconnues dans les anciens groupements d’hommes et proposé à la sagacité des hygiénistes un grand nombre de problèmes à résoudre.
- Parmi ceux-ci, l’un des plus intéressants et des plus importants est à coup sûr celui qui se pose au sujet de la circulation souterraine qui, par la création multipliée de chemins de fer métropolitains, tend à devenir chaque jour un dérivatif plus grand de la circulation extérieure. Si déjà le développement énorme de cette dernière a conduit à se préoccuper des meilleures conditions de la rue, jusqu’au point de métamorphoser en quelques lustres l’ancienne physionomie de nos cités, à plus forte raison il y a lieu d’étudier de très près les conditions d’admission, de circulation et de renouvellement de l’air — première matière de l’existence — au long de ces immenses dédales où s’engouffrent à chaque instant des milliers de créatures humaines.
- Notre excellent confrère, le Dr Lucien Graux, rédacteur en chef de la Gazette des Eaux, vient, avec la haute compétence qui lui est ordinaire, de consacrer à ces queslio îs d’ordre vital, une petite brochure1 du plus grand intérêt et dont nos lecteurs nous sauront certainement gré de leur présenter ici un résumé succinct.
- t Les chiffres suivants permettront tout d’abord d’apprécier l’importance de la question. En 1905, le nombre des voyageurs qui ont fait usage du métropolitain parisien s’est élevé à 178 784* 767, dont 17 654 000 de première classe et 161 150 000 de seconde. Au 1er janvier 1906, le nombre des voyageurs transportés depuis l’ouverture atteignait le chiffre respectable de 582 959 108. 11 faut ajouter d’ailleurs que, si élevés que soient ces chiffres, ils ne font encore que croître rapidement, et croîtront certainement à l’avenir sans que l’on puisse en rien prévoir à quel total ils arrêteront cette ascension pour réaliser une sorte de régime moyen.
- Or il est trop certain que le milieu hygiénique, où se trouvent plongés les individus de cette vaste armée, laisse
- 1 Hygiène des métropolitains souterrains, par le Dr Lu ciiîx Giuux. Paris, Jules Roussel, éditeur, 1906.
- à désirer sur un grand nombre de points. M. Jolibois le disait dernièrement à la tribune du Conseil municipal : « On est pris à la gorge, dès la descente de l’escalier, par une' série d’odeurs innomables, d’émanations irrespirables, mélange de sueur, de goudron, d’acide carbonique, de poussières métalliques, etc., le tout d’une tiédeur lourde analogue à celle des jours d’orage. » Que l’on considère en plus les risques — trop réels — d’incendie, de panne, de déraillement, le fait que beaucoup de voyageurs, atteints de maladies contagieuses, sont de véritables véhicules de germes pathogènes, qu’on se rappelle que le nettoyage par l’eau n’existe pas et que le mouvement même des trains contribue d’une façon permanente à rejeter sur les quais, vers le public, toutes les poussières dangereuses qu’ils soulèvent sur leur passage!
- M. L. Graux s’occupe tout d’abord de la ventilation, question qui est la clef du problème,-puisque toutes les améliorations ne sauraient avoir d’efficacité que celle-ci ne soit d’abord parfaitement établie. Actuellement — et malgré l’incontestable progrès réalisé par l’adoption, d’ailleurs restreinte, de nouveaux types de voitures — la ventilation est tout à fait insuffisante. Elle ne sera bonne que le jour où aura été accomplie cette triple réforme :
- 1° Ventilation des tunnels au moyen de cheminées, de baies d’aération et de ventilateurs électriques;
- 2° Etablissement de ventilateurs électriques dans chaque voiture ;
- 5° Suppression de l’encombrement dans les voilures.
- L’auteur fait justement observer qu’un certain nombre de questions, la plupart essentielles, ont été en réalité fort mal posées en ce qui concerne l’hygiène.
- Ainsi, il ne suffit pas, pour conclure à l’innocuité de l’air du métropolitain, d’observer qu’il ne contient pas •— et à beaucoup près heureusement! — une proportion d’acide carbonique de nature à occasionner le moindre danger même pour les organismes les plus débilités ou les moins résistants. Si cet air est en réalité malsain, c’est bien plutôt, selon la judicieuse remarque de M. A. Gautier, parce que l’acide carbonique, dans l’atmosphère confinée des voilures, est accompagné de produits gazeux et miasmatiques, versés par la peau, le système respiratoire et l’appareil digestif et d’autant plus désagréables et dangereux que la vapeur d’eau presque à saturation dans les souterrains les condense de suite et les transporte sur tous les objets, de bouche en bouche.
- Viennent ensuite un certain nombre de très judicieuses remarques que nous allons résumer rapidement et qui portent surtout sur les points suivants : .
- Critique du système absurde de grilles et de barrières, destinées à parquer les voyageurs et dont le seul avantage est de semer des obstacles sur le chemin de la sortie, lui-même d’un caractère labyrinthé vraiment exagéré. Critique du mode d’entrée et de sortie des voitures, qui donnent lieu pour chaque train à des terril)les bousculades : on a compté sur la courtoisie'française pour les éviter; il eût été plus avisé de disposer les stations de telle sorte que les voitures s’ouvrissent de deux côtés, sur un quai d’accès d’une part, sur un quai de sortie d’autre part. C’est une solution coûteuse, mais elle est strictement nécessaire.
- Insuffisance de l’éclairage tenant au nombre trop restreint des lampes et à la parcimonie qui préside à leur remplacement. De plus, les affiches trop nombreuses absorbent la lumière, sans, compter qu’elles rendent difficile la lecture du nom de la station.
- Absence de waters-closets et même d’urinoirs! Absence
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- de crachoirs dont la présence s’impose par ces temps de tuberculose et d’aulres maladies! Nettoyage tout à fait défectueux, toutes les saletés étant rejetées sur la voie, ce qui revient à dire tous les germes nocifs jalousement collectionnés à Vintérieur du métropolitain pour être remis le plus tôt possible en circulation. IJ faudrait qu’après arrosage, on répandît sur les quais de la sciure de bois qui serait balayée et incinérée. Le nettoyage des voitures est également défectueux. Il serait à souhaiter qu’on employât à cet effet des appareils à nettoyer par le vide, qu’on fit cette opération dans un garage spécial, et que la désinfection fut pratiquée d’une façon absolument régulière, à des intervalles rapprochés.
- Toutes les poussières dangereuses qui entrent journellement dans le métropolitain n’en sortent jamais, sinon dans l’organisme des voyageurs. Ce grave danger tient pour beaucoup à la façon dont a été établie la voie sur ballast, celui-ci devenant un vaste réceptacle de poussière, en même temps que la vapeur d’eau abondante va se condenser et s’accumuler sous lui à la surface concave du radier en béton qui lui sert de support, déterminant ainsi des nappes aqueuses d’eau infecte, qui constituent un véritable fond d’égout et facilitent d’autre part les phénomènes d’électrolyse. Si l’on ne peut supprimer le ballast, il faudrait tout au moins recourir à un revêtement en asphalte qui le rendrait moins redoutable, en permettant pour la première fois un nettoyage réel de la voie.
- On ne peut que souscrire à toutes ces requêtes, proposées au nom de d’hygiène publique, et nous sommes pleinement d’accord avec notre confrère pour les requérir.
- Enfin, à côté de la foule des voyageurs, l’administration du métropolitain assume encore la responsabilité de la bonne santé d’un autre contingent moins nombreux, mais par contre beaucoup plus exposé. Près de 5000 employés qui risquent l’anémie et la tuberculose ont certainement droit, eux aussi, à ce qu’on leur accorde les meilleures conditions d’hygiène. On nous dit qu’une excellente bonne volonté règne dans les milieux dont dépendent les réformes demandées. Nous voulons le croire et nous y avons d’autant moins de difficulté que leur exécution, même au prix de gros sacrifices momentanés, serait, tout le monde le sait bien, après tout, un excellent placement. Dr Desplein.
- Le
- NOUVEL AQUARIUM DE BRUXELLES
- L’aquarium pour poissons d’eau douce, qui vient de s’ouvrir à Bruxelles, est situé dans la merveilleuse avenue Louise et à l’entrée même du superbe bois de la Cambre (lig. \, en bas, à droite).
- La faune d’eau douce n’étant, nulle part, représentée sous une forme complète, Bruxelles va donc posséder bientôt le seul établissement de ce genre. Ce ne sera pas un aquarium quelconque que le public admirera sous peu en Belgique, c’cst-à-dire de simples bassins au sein desquels circulent ou végètent, plus ou moins bien, des animaux aquatiques; mais il pourra y suivre, pas à pas, si l’on peut s’exprimer ainsi, toutes les manifestations de la vie des êtres qui habitent le fond de nos fleuves, rivières, étangs, etc. La flore y est en effet représentée d’une façon aussi complète que possible; il nous sera donc donné de pouvoir assister mainte-
- nant tà ce spectacle encore unique de la faune et de la flore d’eau douce réunies dans un aquarium et mises en lumière sous une forme aussi artistique que scientifique et instructive. Si nous croyons devoir insister plus particulièrement sur ce dernier point, c’est qu’il constitue la grande innovation de l’aquarium de Bruxelles; innovation qui peut être considérée comme un important événement, parce qu’elle contribuera, pour beaucoup, au développement de nos connaissances en aquiculture.
- Est-il besoin de dire que pour atteindre un pareil résultat, c’est-à-dii'e pour créer de toutes pièces cet établissement modèle, il a fallu vaincre bien des difficultés et joindre à une science consommée une persévérance digne du plus grand éloge.
- Les promoteurs et créateurs de l’œuvre sont deux personnalités de haute valeur, bien appréciées en Belgique et à l’étranger, ce sont : M. le baron A. Goffinet, ministre plénipotentiaire de Sa Majesté le roi des Belges et M. Charley Poutiau.
- M. le baron Goffinet est propriétaire du remarquable domaine de Freux, près de Libramont (Belgique) où il possède l’établissement modèle, si renommé, de pisciculture méthodique, un des plus importants de l’Europe pour l’élevage des salmonidés.
- M. Charley Poutiau, propriétaire de l’établissement d’aquiculture, de pisciculture et d’hydro-biologie scientifique de la Grande Barrière, à Lommel (Belgique), qui fait autorité dans tous les pays, a été la cheville ouvrière et le directeur technique de l’aquarium de Bruxelles.
- Préliminairement à la création de l’établissement, les promoteurs ont visité et étudié en détail les aquariums de toute l’Europe, ainsi qu’un grand nombre d’établissements d’aquiculture, etc.
- Pénétrons dans l’aquarium. Une entrée monumentale donne accès dans la grande salle, représentée ici par la figure 1. Cette salle, d’une superficie de 1000 m2, offre l’aspect d’un élégant jardin d’hiver, d’une simplicité riche et de bon goût. De même que l’ensemble des bâtiments, cette salle est chauffée et ventilée d’après les méthodes les plus perfectionnées et répond à toutes les exigences modernes.
- De tous côtés on voit le fond de nos rivières avec leurs végétations intenses et leurs poissons, crustacés, etc., dont les mouvements, les allures, les couleurs vives, chatoyantes et parfois aux reflets métalliques, attirent et fascinent le regard.
- Cette salle contient toutes les variétés de poissons, appartenant aux familles des Salmonidés, des Cyprinidés, des Siluroïdés, des Percidés, des Éocidés et des Ànguilidés1. Signalons également un bassin qui est réservé aux Crustacés, Mollusques, Batra-
- 1 Par analogie avec les termes employés en Botanique pour désigner les familles végétales, on substitue aujourd’hui les mots « Salmonidés, Cyprinidés », etc., aux appellations « Salmonidés, Cyprinidés », etc., précédemment employées pour les familles des poissons. Quant aux termes « Salmonoïdés », etc., employés maintenant à la place des mots « Salmonoïdés », etc., ils servent à désigner les Classes, c’est-à-dire les groupes de plusieurs familles ayant entre elles des liens de parentés.
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- LA NATURE.
- tiens, Reptiles, Vers, Insectes et Plankton, et un autre bassin qui est utilisé pour les études hydrobiologiques, études qui tendent à trouver de nouveaux spécies, et à connaître la vie du poisson.
- Nous ne pouvons clore cet aperçu d’ensemble de la grande salle sans mentionner, tout particulièrement, le bassin contenant les Catfish (Ameirus nebulosus), parce que ce poisson est celui de l’avenir pour le repeuplement de nos rivières. Tout le monde sait que M. Charley Poutiau est le premier pisciculteur qui a réussi à acclimater, en Europe, ce très intéressant poisson américain. La Nature', ainsi que de nombreuses revues et des journaux élran-
- d'épaisseur et sur celle-ci reposent successivement une couche d’argile de 0,10 m., une couche de limon de 0,10 m. et une couche de sable de 0,15 m. Les plantes variées qui s’épanouissent dans le bassin prennent leur nourriture dans les trois couches inférieures, la couche sableuse de surface n’étant utile que pour les poissons qui viennent s’y frotter et par conséquent se débarrasser — ce qui est indispensable au point de vue sanitaire — de toutes les matières qui seraient adhérentes à leur corps. 11 est à noter encore ici que la présence de la flore dans rAquarium n’a pas seulement pour but de montrer la réalité des choses, mais elle est nécessaire, voire
- Fig. 1. — Nouvel aquarium de Bruxelles, La grande salle. Eu bas, à droite, entrée du bois de la Cambre.
- gers s’étant déjà occupés du Catfish, nous n’avons pas à refaire, à nouveau, la description de ce poisson.
- Analysons maintenant l’un des bassins de la grande salle afin de mettre en lumière le problème de réunion de la flore et de la faune, si magistralement résolu par M. Poutiau et dont le résultat est d'offrir au public l’image de la réalité (fig. 2).
- Le récipient ci-dessus a la forme rectangulaire; il est garni de trois côtés par des enrochements, qui varient de nature suivant les récipients. Le quatrième côté est occupé par la glace, au travers de laquelle nous pouvons étudier tout ce qui se passe au sein de l’élément liquide. Le fond du bassin contient d’abord une couche de tourbe de 0,50 m.
- 1 Yoy. u° 1532, du 4 octobre 1902, p. 283.
- même indispensable à la vie et au développement des animaux aquatiques.
- L’eau contenue dans les bassins est celle de la canalisation de la Ville. Après purification dans des récipients souterrains, cette eau est amenée, au moyen de pompes actionnées par un moteur de 10 chevaux, dans des conduites d’étain de grande dimension, finissant dans un tube en bronze pur avec ouverture étroite. L’eau arrive ainsi dans le fond des bassins avec une notable quantité d’air et cette circulation oxygénée est ininterrompue, jour et nuit.
- L’éclairage du bassin se fait par le dessus, et la lumière, qui peut être modérée au moyen d’un disr positif spécial, est tamisée par des verres jaunes.
- De la salle principale on pénètre dans la salle du
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- fond où l’on remarque, comme dans la première, un grand bassin, orné d’enrochements avec plantes variées qui contient de multiples poissons. A droite et à gauche s’alignent les aquariums pour poissons exotiques et d’ornements, qu’il serait trop long de décrire ici. De cette salle on a accès aux deux laboratoires qui s’allongent à droite et à gauche de la grande salle.
- Dans les sous-sols, en plus de locaux h divers usages, nous devons citer l’hôpital à poissons, lequel est complètement isolé des aquariums, de manière à éviter toute cause de contamination.
- Une partie spéciale des locaux est réservée aux ennemis des poissons, puis aux engins de pêche, depuis ceux si rudimentaires de nos peuplades
- LE CANAL DE PANAMA
- et la fièvre jaune
- A l'heure où les questions de prophylaxie et de police sanitaire sont si soigneusement étudiées, il peut paraître intéressant de signaler quel était le rôle défensif de l’isthme de Panama dans la diffusion de la fièvre jaune et quel danger redoutable l’établissement du canal va bientôt créer. Jusqu’à ce jour, la fièvre jaune, « un des maux les plus terribles qui désolent l’humanité » suivant la parole même de Patrick Manson, était restée à peu près cantonnée aux rivages atlantiques du Centre et du Sud américains. Du jour où le canal central américain sera percé, une catastrophe d’une importance telle menacera le sud asiatique, que les conditions d’habitabilité dans nos colonies d’Extrême-Orient seront transformées.
- primitives jusqu’aux plus perfectionnés. L’établissement contient encore une très belle bibliothèque spéciale, des animaux fossiles, etc., en un mot tout ce qui peut être utile au développement de l’aqui-culturc.
- En terminant ces lignes nous croyons pouvoir affirmer que l’Aquarium de Bruxelles ne servira pas seulement de distraction au public —comme c’est bien souvent le cas — mais qu’il sera un établissement de vulgarisation et qu’il donnera, à nombre de personnes, le goût du repeuplement de nos rivières. Il est de toute évidence que l’enseignement en profitera dans une large mesure et l’on ne saurait par conséquent assez louer la généreuse initiative des deux personnalités à qui la science est redevable de cet établissement modèle et unique en son genre. E. Rahir.
- On sait que la fièvre jaune est une maladie infectieuse et qui se transmet du sujet malade au sujet sain par l’intermédiaire d’un moustique, le Siegomia fasciala. Depuis l’origine des découvertes microbiennes on imaginait facilement que tout insecte piqueur était capable de transmettre une infection et tout récemment il a été prouvé que la puce joue un rôle de première importance dans la diffusion de la peste. Mais elle agit tout mécaniquement. Elle infecte comme le ferait une punaise, un autre animal piqueur, comme infecterait une aiguille trempée dans du sang pesteux. Rien de plus.
- Dans la fièvre jaune il en est tout autrement. Il ne s’agit plus là d’un insecte piqueur quelconque, mais très précisément d’un moustique d’une espèce très spéciale. Là où ce moustique n’existe pas, il ne peut y avoir d épidémie de fièvre jaune. C’est l’agent spécifique de sa transmission. Vingt ans, Finlav soutint cette théorie à la Havane. Ce ne fut qu’en 1901, après la guerre hispano-américaine, que les États-Unis, effrayés des ravages causés par la fièvre jaune à Cuba, envoyèrent une mission d’étude. Ses résultats contrôlés par les missions de l’Institut de médecine tropicale
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- LA NATURE.
- de Liverpool et de l’Institut Pasteur ne laissent aucun doute : tout cas de fièvre jaune est produit par la piqûre d’un Stegomia.
- C’est une cause nécessaire, mais heureusement elle est loin d’ètre suffisante. Le moustique ne peut transmettre la maladie que lorsqu’il a déjà piqué un malade. Une femelle de Stegomia qui n’a pas encore piqué (les males ne piquent pas, ne sont pas dangereux), une femelle qui n’a piqué que des hommes sains, ne peut donner la fièvre.
- Bien plus, l’insecte est un agent de transformation du virus, c’est un hôte intermédiaire. 11 n’est dangereux pour l'homme que douze à dix-huit jours après s’ètre lui-même infecté sur un malade. Quelle est la nature exacte de ce virus qui existe dans le sang des malades? Nous ne le savons. Est-ce un parasite animal : trypanosome ou spirochète? Est-ce un microbe, bacille ou microcoque? Le fait qu’il faut de douze à dix-huit jours pour que le germe absorbé par le moustique se soit transformé avant que la piqûre devienne dangereuse, le fait qu’il existe dans le sang des malades seulement les trois premiers jours, puis disparaît brusquement, ce que nous savons du paludisme et des maladies à trypanosomes permettent seulement de soupçonner qu’on a affaire à un parasite animal. Il est seulement certain qu’il est chez l’homme infiniment petit, car il traverse la bougie Berkefeld.
- Voici l’enchaînement des faits. La remelle, à peine éclose, se précipite et pique. Elle est très affamée et pique meme le jour pour ce premier repas, ce qu’elle ne fera jamais dans la suite. Mais elle est parfaitement inoffensive, même née d’un moustique contaminé, infectant. Si nous supposons qu’elle ait piqué un malade au lor, 2° ou 5e jour de sa maladie elle s’est infectée. Pendant douze à dix-huit jours elle va continuer à piquer, sans danger. Elle est en incubation. Puis brusquement elle devient infectante et le restera jusqu’à sa mort. A dater de ce jour, sa piqûre a toute chance de transmettre la fièvre jaune et le virus transmis a même une tendance à s’exalter avec le temps.
- Ce Stegomia infectant peut vivre trois mois. C’est là un maximum sans doute, mais lui-même il ne serait pas trop à craindre en dehors d’un petit rayon. Car il est casanier, même citadin. Il est prolifique mais très fragile. Il lui faut une température, un climat, une altitude choisis. Mais le grand danger d’épidémies vient du bateau où il s’acclimate admirablement, et de l’homme lui-même qui transporte dans son sang le virus et va infecter les stegomia vierges d’une autre région.
- Le domaine géographique du stegomia est assez restreint mais très dispersé. C’est tout le golfe du Mexique et les Antilles, l’istlnne de Panama, les Guyanes, l’est du Brésil et de l’Argentine. En Europe l’Espagne et le-Sud de l’Italie. En Afrique des foyers sur la Côte occidentale, l’ouest de l’Australie et enfin en Asie le Japon, Formose, quelques points du littoral chinois, surtout l’Indo-Chine et l’Inde. Ce sont là les points où il fourmille. Mais partout il peut vivre entre le 40e degré de latitude nord et sud. Il nous faut donc distinguer :
- 1° Des climats chauds où la fièvre jaune est à l'étal endémique, où le stegomia est actif toute l’année et où il y est infecté. Perpétuellement le stegomia contamine l’homme, et l’homme le moustique. La graine se conserve. 11 y a des périodes où les conditions climatériques sont telles, que la pullulation se ralentit, où les cas restent disséminés, où le virus peut-être s’atténue. Mais vienne un temps propice, particulièrement chaud et humide et sur ce terrain endémique naît une épidémie terrible. Tels sont le golfe du Mexique, la côte occidentale d’Afrique.
- 2° Des climats chauds à stegomia vierges. Là, toutes les conditions propices à un développement violent de fièvre jaune sont réunies. Mais la graine manque. Le ste-gomia est actif toujours et pullule, mais pour l’instant sa piqûre n’est pas plus redoutable que celle du Culex de France : ainsi l’Inde et l’Indo-Chine; ainsi autrefois la Côte occidentale d’Afrique.
- 3“ Des climats tempérés à stegomia. Ceux-ci sont à la merci d’une épidémie d’importation. Mais, elle sera toujours saisonnière : si un bateau apporte dans ce pays des stegomias infectants, ils se répandent dans le port, piquent les premiers habitants. Ceux-ci gagnent l’intérieur, puis brusquement sont malades. Ils infectent à leur tour d’autres moustiques autochtones. Une épidémie1, violente peut éclater et ravager le pays. Ce fut bien souvent le cas pour l’Espagne. Mais aux premiers froids tous les moustiques meurent. Au printemps’suivant, leur descendance naît vierge de tout virus. La race des stegomia dans tout le pays s’est stérilisée. Jusqu’à la prochaine importation le pays n’a plus rien à craindre de la fièvre jaune.
- Enfin, dans les ports des pays tempérés dépourvus de stegomias, de petites épidémies de lazaret peuvent éclater pendant la belle saison. Mais les malades ne peuvent disséminer l’épidémie. Quant aux pays où la température nocturne de l’été est inférieure à 18°, ils n’ont même pas à craindre cet accident.
- La maladie était endémique dans le golfe du Mexique et les Antilles à l’arrivée de Colomb et décima les premiers Européens. Ce fut à l’époque où une absence absolue d’hygiène et des communications très fréquentes créaient les meilleures conditions de propagation, que la graine fut transportée en Afrique, par les navires négriers probablement. Sur la côte occidentale d’Afrique se développèrent des foyers endémiques où périodiquement encore éclatent des épidémies. Mais elles frappent surtout les Blancs. Les Noirs sont extraordinairement réfractaires à la fièvre jaune. C’est là une cause de protection merveilleuse pour l’Afrique coloniale. L’endémie n’a guère de tendance à gagner le centre, à s’implanter dans l’intérieur.
- Malheureusement, cette immunité relative, si remarquable, est très spéciale à la race noire. La race jaune est infiniment sensible au virus de la fièvre jaune, aussi sensible que la race blanche. On le vit bien dans une épidémie qui décima les Chinois employés à des travaux au Soudan. De plus, elle n’a jamais réagi au virus de la fièvre jaune. C’est une loi que les habitants d’un pays à fièvre jaune sont moins exposés que les nouveaux venus. Peut-être' cela s’explique-t-il simplement par une sorte de vaccination. 11 est hors de doute qu’une seule piqûre d’un seul insecte infecte à l’ordinaire assez légèrement. Peut-être faut-il penser que dans les grands centres endémiques, il est difficile d’élever un enfant sans qu’il soit piqué au moins une fois par un moustique infectant. Ainsi beaucoup d’habitants de pays à endémie auraient eu, dans leurs premières années, une fièvre jaune assez légère pour passer inaperçue et suffisante pour immuniser.
- On voit quelle effroyable catastrophe s’abattrait sur les pays de race jaune et de race indoue, pays où le stegomia pullule, pays purs de tout virus de fièvre jaune, le jour où la graine serait importée. Jusqu’à ce jour, la contamination du sud asiatique n’a pas pu se produire.
- Le golfe du Mexique, le centre d’expansion de la fièvre jaune, est trop isolé. Par l’Atlantique et l’océan Indien, aucun danger n’est possible. Le continent noir seul" est
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- exposé et il est protégé par sa race. L’Inde et l’Jndo-Chine sont trop loin. Tout navire se stérilise avant d’aborder. Les hommes meurent ou guérissent. Les moustiques meurent. Du côté du Pacifique les communications sont trop rares, trop difficiles pour créer une menace. Le grand foyer redoutable, ce sont les côtes basses du golfe du 'Mexique et les Antilles. Tout le mouvement commercial avec l’Asie s'effectue par les ports des Etats-Unis, plus au nord, par une côte où le slegomia ne vil pas ou vit très mal.
- Après le percement de l’isthme de Panama, non seulement des ports du golfe du Mexique, des Antilles, de la Louisiane, de l’Amérique du Sud, pays à endémicité de fièvre jaune, mais dos Etats-Unis, d’Europe, d’Afrique, convergeront vers ce point d’innombrables routes mari-
- traitement de la fièvre jaune, et le médecin est réduit à en combattre les symptômes. Mais ce qui rend ce danger encore plus redoutable, c’est la surpopulation des régions menacées, parfaitement ignorantes de toute hygiène. Quand une épidémie les aura ravagées, l’endémicité sera établie, et pour toujours. Aucun effort de prophylaxie ne sera lenlable, comme à la Havane, par exemple1, pour limiter le fléau, stériliser de grandes villes. Aucune puissance ne pourra rien contre l’immensité de ces régions, leurs marécages et le fatalisme de leurs: millions d’hommes. Ces terres déjà redoutables par le paludisme, la peste et le choléra, deviendront aux Européens aussi peu habitables que le golfe du Mexique. C’est un avenir peu rassurant pour nos colonies.
- Contre un pareil danger, il faut que les pays d’Asie
- GLACIAL
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- HMH ./hÿj à endémie, — Stegomya. infectés tonte, L armée .
- émïœZmA Pat/s ci épidémie saisonnière— Stegoiruja, tantôt infectés, tantôt inoffènsifs. Pat/s purs de tout virus — Stegomya, vierges.
- times. De tout le bassin atlantique les navires viendront s’engouffrer dans cet entonnoir.
- Ils y feront escale, déchargeront et chargeront des marchandises, simplement y séjourneront. A traverser ce sol d’endémie jaune, il est " impossible, tout au moins à la première épidémie, qu’une multitude ne s’infeste pas. Toutes les circonstances seront bonnes pour transporter la maladie : température, climat, courte traversée. Et toute désinfection paraît bien illusoire : il suffit d’un insecte protégé par hasard, il suffit qu’il pique à la fin de la traversée : les matelots, pendant quatre ou cinq jours, en pleine apparence de santé, peuvent transporter le virus. Ils descendront à terre : brusquement, en pleine faune de slegomia asiatiques, la fièvre peut éclater. Pour toute la race des stegomia, ils seront infectants. Or l’énorme mouvement commercial rendra ces possibilités de plus en plus fréquentes. Alors l’endémie asiatique sera établie.
- Peu de maladies s’abattent aussi brutalement, peu ont une mortalité aussi élevée : un tiers en moyenne, 75 pour 100 dans certaines épidémies. Enfin, en face de ce mal nous sommes parfaitement désarmés. Il n’existe pas de
- s’organisent dès maintenant. Il faut aussi que les métropoles les aident. Plus que tout autre l’Indo-Chine est menacée, et c’est là un grave problème pour la France. Le Japon discipliné et instruit se défendra facilement. Dans l’Inde, on peut être sûr que l’organisation sanitaire des Anglais saura mettre à l’abri la colonie, et n’hésitera pas devant les mesures préventives. 11 ne faut pas qu’avec l’excellent corps médical dont nous disposons en Indo-Chine, nous nous mettions, par défaut de préparation et d’organisation, à la merci d’une telle catastrophe. Surtout il ne faut pas s’apprêter à lutter contre ce fléau comme contre toute autre épidémie. Le laisser s’implanter, c’est perdre la partie d’avance. 11 faut le prévenir, et que, le jour où le canal de Panama sera ouvert à la navigation, fonctionne dans notre Indo-Chine le service de prophylaxie contre la fièvre jaune. 11 ne faut pas seulement s’organiser pour la combattre : il ne faut pas même qu’elle aborde. Dr Poncetton.
- 1 Yoy. La Nature, n° 1637, du 8 octobre 1904, p. 289 et 1664, du 15 avril 1905, p. 314.
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- LES RUINES DE NACUN
- Entre deux provinces du Mexique, celle de Chiapas où sont situées les ruines de Palenque, de Piedras
- me rendis donc à Benque Yiejo, puis à El Cayo dans le Honduras britannique, le village le plus proche de ces ruines.
- Un Mexicain, Don Benigno Siloa, eut la complaisance de m’envoyer l’un des rares Indiens connaissant le chemin et je partis avec ce guide et deux porteurs pour mes bagages réduits au strict nécessaire et mes vivres, à pied. Nous rentrions dans le Peten, et, après quatre jours de marche monotone et lassante à travers la forêt dans la houe et dans l’eau, nous arrivions à Nacun. A coup de « machete » il fallut déblayer un coin de terrain à proximité d’une petite rivière appelée Ya-Ya et construire des « chiam-pas », abris faits de larges feuilles de palmier sous lesquels on pend son hamac.
- Je fus étonné, après quelques jours de recherches, de l’importance des ruines. C’était une ville entière enfouie sous les arbres, avec des temples, un castillo, des maisons d’habitation avec de vastes cours intérieures, de nombreux monticules, sans doute des
- Negras, et celle du Yucatan contenant des ruines également admirables,
- Chichen Itza, Uxmal, Kabah, Labna,
- Aké, se trouve une vaste région couverte de forêts vierges, peu peuplée, en certains endroits complètement inexplorée, le Peten. Elle appartient à la république du Guatemala dont elle forme un district spécial. Il était intéressant de trouver le trait d’union entre ces anciennes cités habitées jadis par des peuples appartenant certainement à la même race, de retracer à travers cette région la migration de ces peuples primitifs.
- Aussi plusieurs explorateurs y ont-ils pénétré, et par des voies différentes : le chevalier Morelet, Maler par l’ouest venant de Tnosique, Cari Sapper par le nord, et par l’est Mandslay qui découvrit la grande ville de Tical. J’y pénétrais moi-même l’an dernier par l’ouest en remontant en canot le Rio San Pedro pour arriver à Florès, la capitale du Peten. Je n’y restais que quelques jours et continuais à la recherche de Nacun un point dans la forêt où quelques Indiens, fort peu, avaient aperçu en passant, à travers les arbres, une pyramide et quelques constructions en pierres. Personne n’y était venu pour les étudier. Je
- Fig. 2. — Stcle à hiéroglyphes.
- tombeaux. Comme à Chichen Itza, à Uxmal, les bâtiments sont construits au sommet d’immenses pyra-
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- mides variant de 30 à 50 mètres de hauteur. Ils sont en général simples, sans aucun ornement, mais imposants parleurs proportions. Je n’ai malheureusement pas eu le temps ni surtout les ouvriers qui m’auraient été nécessaires pour abattre ces arbres cen-
- intactes. Particularité assez bizarre que j’ai remarquée pour la première fois dans des ruines mayas : au pied de chacun de ces temples, à quelques mètres de l’escalier, se trouve un immense bloc de pierre nlanté en terre de 2 à 5 mètres de hauteur. Sur
- Ruines de Nacun. L’escalier du second temple.
- Fig. o. —
- tenairès, mettre à découvert tous ces monuments.
- J’ai réussi pourtant , à en déblayer deux, les plus importants. Ce sont deux temples. Peu élevés, massifs, ils sont construits sur une pyramide quadran-gulaire de 40 à 50 mètres de hauteur ; on accède au sommet par un large escalier très raide, dont j’ai retrouvé un certain nombre de marches absolument
- l’un est sculpté un guerrier (fîg. 1), sur l'autre sont gravés des hiéroglyphes (fîg. 2). Que signifient-ils? Le nom du dieu que l’on vénérait dans ce temple, le nom du grand prêtre? Mystère.
- Disséminés un peu partout, gisant à terre, j’ai trouvé d’autres blocs immenses, ronds ou rectangulaires. Peut-être en les retournant retrouverait-on
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- aussi des inscriptions. Les autres édifices, castillo et maisons d’habitation, élevés à une certaine distance entre eux, n’ont pas le luxe d’ornementation des grandes ruines du Yucatan, ils sont simplement construits, en pierre et en terre, couverts d’un revêtement uni de blocs de pierre calcaire, surmontés d’une corniche également en blocs détachés. Comme je l’ai dit, les proportions sont vastes, les appartements nombreux, ce qui prouverait l’importance de la population de Nacun. Dans tous ces appartements, malheureusement délabrés, envahis par les racines, on retrouve l'arche triangulaire, caractéristique de l’architecture maya, et aussi des poutres.
- Quant à l’origine et à l’ancienneté de cette ville, il est bien difficile de se prononcer. Elle fut certainement construite par des peuples appartenant à la même race que ceux du Yucatan. Fut-elle bâtie au moment de la migration de ces peuples du Chiapas vers le Yucatan ou bien à l’époque de la retraite des Itzas vers le Peten ? Malheureusement les documents découverts jusqu’ici ne permettent aucune affirmative. Comte Maurice de Pékigxv.
- L’AMBIDEXTÉRITÉ
- Il s’est fondé il y a quelque temps, à Londres, une société pour le développement de l’ambidextérilé « ambi-dexlral culture Society ». Les membres doivent s’efforcer, par la propagande et j’imagine aussi par l’exemple, d’amener les enfants, les adultes à se servir également des deux mains. On ne comprend guère, en effet, pourquoi nous n’utilisons pas, à un degré égal, la main gauche et a main droite; il n’y a aucun obstacle insurmontable puisque nous voyons, dans maintes professions, l’homme ou la femme utiliser à volonté l’une ou l’aulre main. Les pianistes acquièrent une dextérité similaire de la main gauche et de la droite, bien qu’en général la main droite ait à traduire la partie la plus compliquée. Le violoniste développe au contraire, à un degré inouï d’agilité, les doigts de la main gauche ; je ne crois pas, mais la chose n’aurait rien d’impossible, qu’il y ait des violonistes tenant le violon à droite et maniant l’archet de la main gauche. Les dactylographes arrivent à pianoter leurs composteurs de lettres avec les deux mains, quand ils ont acquis une certaine habileté et tant d’autres exemples dans l’industrie, dans les professions les plus diverses, où une main gauche est devenue, par nécessité, plus habile que la droite ou, au contraire, toutes les deux sont utilisées avec une égale précision.
- Mais, en dehors de ces conditions professionnelles, combien voyez-vous de gens utiliser les deux mains. Nous sommes tous droitiers, quand je dis tous, c’est une façon de parler; mais sur 100 sujets on compte 2 à 5 gauchers, 97 à 98 droitiers et à peine par-ci par-là quelques ambidextres.
- Pourquoi cette tendance à se servir de la main droite, tendance qui semble remonter aux origines les plus anciennes? l’homme n’est pas nécessairement unidextre ; il y aurait donc été conduit graduellement et pour certaines causes. Si l’on étudie les squelettes les plus anciens, on trouve, par la mensuration des os, une différence de lon-
- gueur et de grosseur entre les deux bras et les deux mains en faveur du coté droit, c’est une indication que l’on se servait déjà, aux premiers âges, plus communément du bras droit que du bras gauche; la fonction fait l’organe et l’usage plus fréquent du membre en a augmenté la force, la résistance et accru les proportions.
- Que nous ayons, par atavisme et par habitude, hérité de nos ancêtres cette tendance à nous servir de la main droite de préférence à la gauche, rien de plus naturel. Mais aux premiers âges, au début de l’humanité, pourquoi s’est-on fait droitier? Cette question d’atavisme est bien nette; j’ai connu une famille où le père était gaucher, la mère ne l’était pas; mais probablement par imitation, elle était arrivée à se servir aussi aisément de la main gauche que de la main droite; l’enfant, le seul qui ait survécu de trois, les deux autres étant morts en bas âge, était gaucher.
- Sir James Sawyer, qui est un des protagonistes de la Société dont je parlais, estime que l'homme n’est pas fatalement et nécessairement unidextre, que la transformation qui s’est faite au profit du côté droit tient dans l’antiquité à la manière de combattre, plus tard et de nos jours, à l’écriture. Ce serait donc pour lui une question de première éducation et d’habitude. L’homme, se protégeant le côté le plus dangereux, en raison de l’organe qui y est placé, le cœur, portait le bouclier de la main gauche et maniait les armes, épée, sagaie, hache de la main droite. Pour l’écriture, qui saura jamais pourquoi le premier homme qui traça des caractères sur la pierre ou le papyrus se servit plutôt d’une main que d’une autre. 11 est clair qu’en s’exerçant on peut arriver à écrire aussi bien avec la main gauche qu’avec la main droite; les amputés du bras droit en sont la preuve. Mais si l’on remarque l’écriture de la main gauche, on constate qu’elle a de la tendance à se rapprocher de l’écriture en miroir, c’est-à-dire de se trouver en quelque sorte en sens opposé à l’écriture droitière.
- J’ai connu un ambidextre, c’était un des chirurgiens de Paris les plus renommés, le Dr Gusco. Il opérait indistinctement de la main gauche et de la main droite et ne se préoccupait pas, à ce point de vue, de la situation du malade sur la table d’opération. 11 enlevait une cataracte avec autant de dextérité de l’une et de l’autre main; il excellait du reste en tout, chirurgien, musicien, graveur, dessinateur et cependant je ne lui ai jamais vu l’édiger une ordonnance ou écrire une note de la main gauche. C’est, du reste, le cas des plus grands pianistes, leur virtuosité bimanuelle s’arrête au clavier et je ne crois pas que beaucoup sachent écrire des deux mains; c’est une enquête curieuse à faire pour ceux que passionnent les questions de statistique.
- Un savant allemand, le professeur Merkel, a cherché à élucider ce problème. Pour lui, il n’y a pas une question de hasard dans le choix de la main droite, sans cela on pourrait voir, chez certains peuples, des légions de gauchers au lieu de droitiers. C’est l’habitude et l’éducation qui ont perpétué cet usage jusqu’à nous ; mais pour les premiers hommes, qui les a conduits à être droitiers? M. Merkel pense que la droiterie tient à un développement plus prononcé de l’hémisphère cérébral gauche que de l’hémisphère droit. Il se rattache à ce fait d’observation de Gratiolet que les circonvolutions de l’hémisphère gauche sont plus développées, plus larges et, dans certains cas, ont des plicatures plus nombreuses que du côté droit. Or, l’entre-croisement des faisceaux conducteurs nerveux fait que le cerveau gauche commande au côté droit et le
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- •cerveau droit au côté gauche. Le premier étant plus développé, plus perfectionné, il n’y a rien d’étonnant à ce que la fonction droite ait prévalu sur la fonction gauche. Sans atavisme, sans éducation préalable, l’enfant est incité, de par la différence de développement cérébral, à se servir de la main droite.
- Je ne pense pas que l’hypothèse de M. Merkel soit admise sans contestation. Les inégalités de développement cérébral constatées par Gratiolet l’ont été chez des sujets de temps récent chez lesquels la fonction droite existait certainement. Or ne peut-on pas dire que celle inégalité des hémisphères, loin d’être la cause initiale, est au contraire le résultat de l’entraînement continuel; droitiers par habitude, les sujets de Gratiolet ont créé, à leur insu, par la fonction, l’inégalité de forme et de développement des circonvolutions. C’est l’histoire si connue de l’oeuf et de la poule. Mais, en fait, en prenant les animaux, on ne constate pas cette tendance à se servir d’un membre d’un côté de préférence et presque à l’exclusion de l’autre. C’est donc que le cerveau chez eux est symétrique et rien ne prouve qu’à ce point de vue l'homme primitif n’ait pas eu ses deux hémisphères similaires. Je sais bien que les localisations sont parfois unilatérales, le centre du langage, de la parole, par exemple, et ce serait peut-être là un argument en faveur de l’opinion de Merkel appuyée sur Gratiolet. Mais ce seront toujours là des hypothèses et, pour en revenir au côté pratique, on ne peut que souhaiter bonne chance aux fondateurs de 1’ « ainbi-dextral culture », car il n’y aura qu’avantage pour tous à savoir et pouvoir se servir, à volonté, de ses deux mains pour tous les usages de la vie. U'' A. Caiîtaz.
- c(§TN&^î,S£j
- LES CONSOMMATIONS
- D’UN GRAND TRANSATLANTIQUE
- Voici quelques chiffres qui compléteront ce que nous avons pu dire dés dimensions des deux nouveaux steamers anglais, ces géants que l’on nomme le Lusitania et le Mauritania, chiffres qui sont basés sur les calculs les plus vraisemblables. Pour mettre en mouvement les turbines de ce bateau, il ne faudra pas moins de 435 tonnes de vapeur par heure, et cela correspond à une consommation de 50 tonnes de charbon dans le môme temps. Pour un bon et économique fonctionnement des turbines, il est essentiel qu’un vide assez élevé soit maintenu : et c’est pour cela qu’il faudra fournir aux appareils de condensation 5 fois plus d’eau environ qu’il n’y passera de vapeur : par heure, ces condenseurs demanderont quelque 22 000 tonnes d’eau. Enfin, pour assurer la combustion dans les foyers du poids énorme de houille que nous avons indiqué, il devra arriver quelque 700 tonnes d’air, ce qui représente plus de 590 000 m3.
- «S&n-
- LE CARAT MÉTRIQUE
- La transition entre l’ancien carat d’usage, de 205 milligrammes environ, et les mesures métriques, a été, on s’en souvient, facilitée par la décision du Comité international des poids et mesures, d’autoriser l’emploi du nom « carat métrique », pour désigner, dans le commerce des pierres précieuses, la masse de 200 milligrammes destinée à se substituer à l’ancien carat.
- En reproduisant ici même1 cette décision, d’après les Procès-verbaux du Comité international, j’ajoutais que l’adhésion des intéressés manquait seule pour que la réforme fût un fait accompli.
- Dans l’année écoulée depuis la réunion du Comité international, la question a fait, dans ce sens, un progrès sensible, et même décisif.
- Les premières adhésions sont venues des Associations françaises les plus directement intéressées. La Chambre syndicale de la Bijouterie, joaillerie, orfèvrerie, et la Chambre syndicale des négociants en diamants, perles fines, pierres précieuses, et des lapidaires de Paris, invitées par leurs présidents respectifs, M. Léon Aucoc et M. J. Falco, à délibérer sur celte question, ont pris isolément la résolution suivante :
- « Le Conseil,
- « Considérant les avantages qui résulteraient, pour le commerce international des pierres précieuses, de l’emploi d’une unité uniforme de poids, basée sur le système métrique,
- « Emet le vœu de voir universellement adopter le carat métrique, d’une valeur de 200 milligrammes. »
- L’intention des puissantes Associations parisiennes est ainsi nettement exprimée. Mais dans ce vœu tel qu’on vient de le lire, il est un mot sur lequel il faut tout particulièrement insister ; c’est le mot « universellement ». Réduit d’abord à son sens exact, il signifie : « dans les pays réellement intéressés au commerce des pierres précieuses », les autres comptant peu, ou étant obligés de se rallier à la majorité. Mais ainsi compris, le désir est formel. Le commerce parisien, ou plus généralement français des pierres précieuses est prêt à adopter le carat métrique, mais y verrait surtout un intérêt si les autres pays l’adoptaient aussi. Autrement, aux avantages réels de l’emploi d’une unité métrique, s’opposerait l’inconvénient de posséder une unité isolée, à l’égard des Associations étrangères qui auraient conservé l’ancien carat.
- Cette restriction bien compréhensible est presque tombée aujourd’hui, grâce aux résolutions votées récemment par la Fédération des bijoutiers, joailliers et orfèvres allemands, et par la Chambre de Commerce d’Anvers,, le deuxième centre mondial pour la taille du diamant. Voici le texte de la résolution, votée le 5 août dernier àEisenach.
- « La fédération allemande considère comme utile et nécessaire le remplacement de l’ancien carat par le carat métrique de 200 milligrammes, et autorise son président à faire les démarches nécessaires auprès du Gouvernement de l’Empire, du Bureau international des Poids et Mesures et des Associations étrangères, afin que le carat métrique soit introduit le plus tôt possible dans tous les pays. »
- La Fédération allemande réunit tous les syndicats de l’Empire, et constitue le véritable groupement national des intéressés à la réforme du carat. Son adhésion est d’autant plus importante et caractéristique que c’est elle qui avait soulevé la première la question du carat, en décidant de demander au Gouvernement allemand de conférer l’existence légale au carat usuel.
- L’adhésion de groupements des plus considérables étant ainsi acquise, celle des autres associations nationales n’est; guère douteuse. L’action n’attend plus, pour être complète, que l’autorisation par décrets d’employer le nom de carat métrique, c’est-à-dire la simple addition de cette appellation au tableau des poids et mesures, et l’intérdiê-
- 1 Voy. n° 1676, du 8 juillet.1905, p. 82.
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- tion définitive de l’emploi de l’ancien carat. Cette interdiction est, il est vrai, suffisamment contenue dans les législations existantes. Mais cette vieille unité a subsisté par une tolérance due à ce qu’elle avait une existence en quelque sorte internationale.
- Aujourd’hui cette tolérance n’a plus aucune raison d’ètre. Cii.-Ed. Guillaume,
- Directeur adjoint du Bureau international des poids et mesures.
- LES OPHRYS PORTE=INSECTES
- Si nos orchidées indigènes sont loin d’égaler leurs sœurs des pays chauds pour la grandeur des fleurs ou l’éclat du coloris, quelques-unes ne leur cèdent en rien pour la bizarrerie. À ce point de vue, les ophrys méritent une mention spéciale, en raison de leur labelle qui, diversement conformé et varié de plusieurs nuances, imite différents insectes.
- Les fleurs du porte-mouche [Ophrys muscifera), par exemple, simulent absolument ce diptère; l’abdomen est représenté par le labelle oblong, velouté, d’un noir marron avec une tache d’un blanc bleuâtre; l’illusion est complétée par les deux divisions internes du pé-rianlhe, étroites et divergentes comme des ailes. Il est peu de personnes qui, rencontrant cette plante pour la première fois, ne s’imaginent voir quelque mouche posée sur un brin d'herbe; un botaniste même, non prévenu, peut s’y tromper.
- Chez le porte-abeille (0. api fer a), dont nous donnons le portrait d’après nature, le labelle imite l’abdomen velouté et bigarré d’un hyméno-ptère ; il est d’un brun pourpre, marqué d’une tache glabre verte à sa partie moyenne, et divisé en trois lobes dont les latéraux, très veloutés, sont infléchis. Les trois divisions extérieures du périanthe sont roses avec la nervure verte, les deux intérieures petites, sont d’un rose verdâtre; au-dessus du labelle le gyno-stème (colonne des étamines et du style) avance son long bec flexueux. On croirait voir un bourdon posé sur une fleur dont il sucerait le nectar; les deux lobes latéraux figurent des pattes et complètent l’illusion.
- Dans d’autres espèces, la fleur, ou plutôt , le labelle, imite un papillon, une guêpe, une araignée.
- Vophrys apifera, qui n’est pas très rare à la lisière des bois, au bord des pâtures ou sur les talus herbeux, a fourni à Ch. Darwin le sujet de curieuses observations biologiques.
- On sait que, par suite de la structure de leurs fleurs, le pollen ne pouvant être porté directement au stigmate, la fécondation chez les Orchidées exige l’intervention des insectes. Ceux-ci visitent les fleurs,
- attirés par le nectar qui se trouve au fond, se chargent de masses polliniques et vont les porter sur le stigmate d’autres fleurs, qui ainsi se trouvent fécondées.
- Or, le porte-abeilles fait exception à cette règle. Ses masses polliniques, en forme de massue, sont atténuées à la base en un filament très long, non point raide et ferme comme d’ordinaire, mais au contraire grêle et flexible. Ce filament (caudicule) se termine par une glande visqueuse, ainsi que chez les autres orchidées.
- Mais tandis que chez les autres espèces c’est cette glande qui s’attache aux insectes et y fixe la masse de pollen qu’elle traîne après elle, ici elle reste toujours dans la bourse qui la renferme.
- A la floraison, les deux loges de l’anthère s’ouvrent spontanément, et laissent sortir les extrémités claviformes des pollinies ; le filament grêle qui porte ces extrémités, faiblissant sous le poids, s’incline vers le stigmate, retenu à sa base par sa glande visqueuse.
- Les pollinies alors se balancent au moindre mouvement de la plante, attendant qu’un choc les lance vers le stigmate, qui est placé juste au-dessous d’elles. Le choc ne se fait pas attendre longtemps : le vent, le passage d’un animal parmi le gazon où croît l’orchidée, suffisent à fournir l’impulsion nécessaire.
- Le résultat de cette possibilité d’une fécondation directe est que souvent l’épi de Y ophrys apifera porte autant de fruits que de fleurs, tandis que chez Y ophrys muscifera, par exemple, où la fécondation exige la visite d’un insecte, beaucoup d’ovaires restent stériles. Dans celte espèce, Darwin a vu 49 fleurs ne produire que 7 capsules.
- Darwin rapporte encore à ce propos un fait bien curieux. Sur un coteau escarpé, voisin de la mer, croissaient ensemble des Orchis pyramidalis et des Ophrys apifera. Contre l’ordinaire, ceux-ci étaient plus nombreux que ceux-là. Cette inégalité était due au fait que l’ophrys, n’ayant pas besoin de l’insecte pour sa fécondation, pouvait se multiplier à l’aise, tandis que l’orchis, astreint à cette nécessité, se reproduisait mal, les papillons venant en petit nombre sur le coteau, dont l’exposition leur plaisait peu.
- Quant au phénomène de mimétisme que présentent les fleurs des ophrys, on n’est pas d’accord sur la nature de son utilité. Robert Brown a .émis l’idée que la ressemblance des fleurs du porte-abeille avec un hyménoptère était destinée à éloigner les insectes. Mais cette hypothèse est difficile à admettre si l’on considère que ces bestioles visitent les fleurs des autres ophrys, qui sans leur intervention ne seraient pas fécondées. A. Acloque.
- L’ophrys porte-abeille, Ophrys apifera.
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- LES RESSORTS DE TRACTION
- Si nous en croyons Buffon, la plus noble conquête que l'homme ait jamais faite, serait celle du cheval.
- Sans nous laisser illusionner par la noblesse d’une conquête que l’observation même superficielle de nos haridelles de fiacres ou de nos percherons de camions suffirait à dissiper, nous devons reconnaître cependant que le dressage du cheval a rendu à l’humanité d’immenses services et que, depuis la plus lointaine antiquité, le cheval a été le collaborateur incon-
- que le cheval pourrait satisfaire à la recherche du a maximum de rendement » pour le « minimum d'efforts ». Utiliser avec méthode les forces du cheval devait être pour l’employeur une source d’économie réelle bien plus positive que celle réalisée sur la ration journalière de paille ou d’avoine.
- Quiconque a vu démarrer par des chevaux, des camions pesamment chargés, ou tirer des chariots embourbés, a pu remarquer combien l’effort du cheval était, parfois, immédiatement paralysé par la
- 1. Ressort de traction. Coupe transversale. — 2. Chariot muni de ressorts de traction. — 5. Camion muni de ressorts de traction. &. Différents modes d’attache de ressorts de traction. — 5. Rouleau muni de ressorts de traction.
- scient de l’homme dans son œuvre de progrès et de civilisation. En effet, que ce soit pour porter ou traîner des fardeaux, pour faire fonctionner des manèges ou pour labourer, l’homme s’est adressé à la « force vivante cheval » comme étant la plus commode, sinon la plus puissante, celle dont l’entretien demandait le moins de connaissances et dont l’emploi offrait le plus de commodités. Trop souvent même cet entretien (dont la négligence ne se traduit pas toujours par un dommage immédiatement appréciable) se trouve réduit à sa plus simple expression. Le cheval a été et est encore malmené, surmené et de rares considérations, d’ordre généralement sentimental, sont les seules raisons qui aient amené quelque adoucissement dans le régime qui lui était imposé. On n’avait pas suffisamment pensé
- résistance de l’obstacle, résistance qui rebutait l’animal et pouvait détériorer le matériel.
- Cependant en 1874 M. Marey avait déjà démontré que l’emploi des ressorts de traction procurait une économie de travail assez considérable. Ses expériences reprises dans l’artillerie en 1897, à Vin-cennes, par MM. Machart et Ferrus, capitaines à la 19e brigade, avaient mis hors de doute que pour « des attelages à deux chevaux, traînant du matériel ordinaire d’artillerie, l’emploi des ressorts de traction permettait d'augmenter de 20 à 25 pour 100 le poids des voitures, la longueur des parcours restant la même. »
- En 1904, M. Marey, dans une nouvelle communication à l’Académie des Sciences1, revient, en la
- 1 C. R. 18 janvier 1904.
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- LA NATURE.
- confirmant, sur cette économie de 25 pour 100 et en même temps qu’il témoigne sa satisfaction de voir le système de traction élastique adopté par f avinée, il ne peut s’empêcher de manifester un douloureux étonnement en constatant combien l’application pratique d’une théorie exacte rencontre d’opposition ou, pour le moins, d'indifférence.
- Aujourd’hui, heureusement, on est sorti de cette apathie et l’usage des ressorts de traction a tendance à se généraliser.
- Voyons en quoi consistent ces ressorts de traction.
- Les protecteurs à billes, c’est le nom qu’ils portent dans le commerce, se composent de deux fortes spirales en acier, associées l’une à l’autre (lig. 1). Ces spirales entourent un tube protégeant une tige métallique glissant et pivotant sur billes. l)e cette façon les frottements durs se trouvent supprimés. La tige intérieure porte un crochet muni d’un anneau, au moyen duquel on lixe le ressort à la voilure. Le tube se termine par un crochet (pie l’on relie aux chaînes de bouts de traits.
- 11 résulte de nombreux essais que l’usage de ces ressorts constitue une économie véritable portant sur une augmentation du travail utile, la suppression des blessures d’épaules, la conservation des traits, etc.
- L’effort de démarrage qui a tendance à agir trop exclusivement sur les traits qui peuvent se rompre ou sur les épaules du cheval qui peuvent se blesser, se porte sur le ressort qu’il tend. Cette force emmagasinée, qui se trouve immédiatement restituée lorsque la voilure a démarré, supprime les à-coups et transforme l’elfort brutal du cheval en un effort progressifh'mi plus utile que la secousse violente et le choc brusque.
- La ligure 4 montre que ces ressorts s’adaptent à tous les systèmes de traction chevaline.
- Nous devons dire pour terminer que les « ressorts de traction » ont été expérimentés avec succès dans plusieurs stations agronomiques et adoptés pour le matériel de guerre en Allemagne, en Autriche, en Suède et au Danemark.
- Tant que le cheval-crinière n’aura pas été complètement détrôné par le cheval-vapeur, et cela n’est pas encore pour demain, il y aura lieu de le ménager et de chercher, par l’emploi raisonné et méthodique de ses moyens, un rendement plus scientifique et mieux en rapport avec ses efforts. G. Loucheux.
- L’AÉROPLANE SANTOS-DUMONT
- Nous avons donné récemment1 la relation de la mémorable expérience dans laquelle, le 15 septembre dernier, M. Santos-Dumonl a, pour la première fois, accompli par ses propres moyens un vol plané de quelques mèIres avec un appareil plus lourd que l’air. Le peu d’importance du parcours avait laissé des doutes dans l’esprit de quelques-uns; pour nous le succès était certain et, le 25 octobre, l’expérience reprise, après réparations et légères modifications à l’appareil, réussissait pleinement. Après avoir
- 1 Yoy. n° 1741, du 6 octobre 1906, p. 289.
- parcouru environ 75 mètres sur ses roues l’aéroplane s’est élevé à 2 mètres de hauteur et s’y est maintenu pendant plus de 50 mètres, c’est bien là le véritable vol plané, M. Sautos-Duinont, craignant de ne pas pouvoir virer convenablement, a arreté le moteur et l’appareil est venu reposer sur le sol, un peu trop vivement pour la solidité des roues, mais sans que l’aviateur ait ressenti aucun mal.
- C’est donc maintenant la victoire complète du plus lourd que l’air ; M. Santos-Dumont a démontré de façon indiscutable qu’il est possible de s’enlever du sol par ses propres moyens et de se maintenir en l’air. Nul doute, si l’espace eût été suffisant, qu’il aurait pif planer pendant beaucoup plus longtemps, car l’équilibre de la machine était parfait. 11 reste encore à étudier les moyens de la rendre facilement dirigeable ; c’est à cela que va maintenant s’appliquer son inventeur. G. C.
- CHRONIQUE
- Le gaz naturel à Bakou. — 11 faut dire à fiala-khani, pour être plus exact, fine des grandes Compagnies de ce centre pétrolifère poursuit depuis longtemps des recherches et des forages autour du célèbre Temple du Feu, et elle a réussi à ouvrir un puits qui lui fournit 8401) mètres cubes de gaz par jour. En employant ce gaz, elle a réussi à économiser 48 000 tonnes sur les 78 000 tonnes de pétrole qu’elle employait auparavant exclusivement dans ses usines, et cela se traduit par un gain de plus de 900 000 francs chaque année. La Compagnie Nobel a foré également un puits qui lui donne encore plus de ce gaz, et il y aurait le plus grand avantage à ce qu’on l’utilisât complètement, en gardant pour la vente toute l’huile que fournissent les forages ordinaires.
- Les progrès de l’hygiène et des services sanitaires dans les guerres modernes. — Le baron Takaki, haut fonctionnaire des services de santé de l’armée du Japon, a donné récemment des renseignements intéressants sur les mortalités comparées, dans la guerre sino-japonaise et dans la récente campagne russo-japonaise. Durant la première, on avait compté 82,77 cas et 50,86 morts par 1000 soldats du fait du choléra; lors de la seconde guerre, ni un cas, ni une mort. Pour, la typhoïde, la morbidité avait été la première fois de 57,14 et la mortalité de 10,98 ; la seconde fois, les chiffres correspondants ont été de 9,26 et 5,16. Enfin la fièvre paludéenne, qui avait donné dans la campagne sino-japonaise 102,58 cas et 5,29 morts, n’a plus donné cette fois que 1,96 pour 1000 de morbidité et 0,07 de mortalité.
- Le phonographe et les études linguistiques. — 11 paraîtrait qu’on poursuit toute une campagne à Guernesey et à l’île de Man pour conserver des souvenirs précis du vieux langage local au moyen du phonographe et de phonogrammes de gens du pays ayant bien l’accent et parlant tout à fait la vieille langue indigène. A l’île de Man, la Manx Language Society a déjà envoyé des phonographes dans les coins les plus reculés du pays et auprès de vieilles gens que l’on a fait parler devant l’appareil ; on a ainsi les dernières manifestations de ce vieux dialecte gaélique, qui sera disparu avec la génération actuelle. A Guernésey, où l’on parle un vieux français normand que l’on employait en Angleterre au temps de la Conquête et même après., l’on recueille des poèmes locaux, des traditions, des chants, et tout cela dans l’ancienne langue. ‘
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- LA NATURE.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 octobre 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- La dernière éruption du Stromboli. —M. le Ministre de rinstmcüon publique Iransmet un travail de l’agent consulaire français à Messine sur la dernière éruption du Stromboli. Ce travail relate les hypothèses émises par plusieurs savants italiens sur les causes (pii ont déterminé le cataclysme.
- Présentations d'ouvrages. — M. le Président présente un ouvrage de M. G. Lebon sur la dissociation de la matière sous l’inlluence de la chaleur et de la lumière. M. le Secrétaire perpétuel Uarboux présente un ouvrage de M. Henri Laurent intitulé Géométrie analytique générale. M. de Lapparent fait hommage de la 6° édition de son Abrégé de géologie dans lequel on trouvera développé pour la première fois l’exposé didactique, mais succinct, des dislocations alpines.
- Effets physiologiques de l'altitude. — M. A. Gautier résume un travail de MM. Guillemard et Moog relatif aux effets physiologiques de l’altitude. Les auteurs ont utilisé pour ce travail leurs observations faites pendant un séjour de six jours à l’Observatoire du sommet du Mont-Blanc. On savait déjà que l’altitude provoque l’hyperglobulie, qu’elle diminue puis exagère les secrétions. Ils ont vérifié sur le lapin la multiplication des globules qui passent de 5 000 000 à 7 800 000. L’accroissement numérique atteint donc la proportion de 50 pour 100. L’intérêt spécial du travail de MM. Guillemard et Moog réside dans la précision avec laquelle ils ont vérifié un fuit connu d’une façon quelque peu vague. Les globules en surnombre sont bien de véritables formations; leur apparition coïncide avec une augmentation du poids du sang e-ntraînant une augmentation du poids du corps. La quantité d’hémoglobine diminue dans les globules, mais par contre il y a fixation de l’eau corrélative de la diminution de volume de l’urine.
- Le rayonnement cathodique. — M. Yiolle présente une Note de M. Yillard signalant l’existence de radiations cathodiques dues à des particules d’hydrogène électrisées positivement qui forment une colonne rose très distincte de la lumière jaune.
- Vitesse de propagation de l’onde explosive. — M. Yieille présente une Note de M. Dautriche relative à la mesure de la vitesse de propagation de l’onde explosive dans diverses substances. Le procédé de l’auteur a cette originalité qu’il ne comporte aucune chronométrie; c’est un procédé comparatif dans lequel il utilise comme instrument de mesure la vitesse de propagation dans un cordeau, vitesse très régulière et bien connue par les expériences de la Commission des substances explosives. La méthode consiste à lancer l’onde simultanément dans deux rameaux de cordeau croisant à leurs extrémités et à constater le point où se produit l’arrêt du phénomène par la réunion des deux détonations. Or, la vitesse de propagation dans le cordeau est de 6500 m. par seconde. Par suite tout retard de 1/1000 de seconde dans la marche de fonde à travers l’un des rameaux se traduit par le déplacement énorme de 6,50 m. dans la position du point d’arrêt de la détonation sur l’autre rameau. Un retard de 1/1 000 000 de seconde ne correspond donc qu’à un déplacement de 0,0065 m., quantité très aisément et sûrement mesurable. La méthode est donc-susceptible de fournir des résultats d’une extrême précision. C11. de Yileedeuil.
- L’AÉROPLANE
- dans l’armée anglaise
- Un de nos lecteurs de Londres nous adresse la lettre suivante, avec deux photographies à l’appui. L’importance de ces documents 11’écliappera pas aux lecteurs de La Nature.
- Monsieur le Directeur,
- « Les journaux français, si occupés qu'ils étaient avec nos propres manœuvres annuelles, ont accordé quelque attention aux grandes manœuvres qui se sont déroulées en septembre dans le Sud de l’Angleterre. Ils ont noté, sans toutefois descendre aux détails précis, qu’elles avaient été marquées par plusieurs innovations intéressantes.
- « Je suis en mesure de parler d’une de ces innovations : le lancement d’un kyte militaire inventé par le capitaine Cody, officier anglais qui poursuit depuis des années la construction d’un type d’aéroplane susceptible de rendre des services à l’armée, comme à la marine.
- « Je rappellerai (ju’il y a trois ans, le même officier exécuta des essais fort remarqués avec son premier modèle d’aéroplane. 11 lut expérimenté dans la rade de Portsmouth, loin des regards indiscrets du public. Quelques personnes purent apercevoir à distance une demi-douzaine d'aéroplanes qui, emportés par le vent au-dessus du pont d’un croiseur, maintenaient dans l’air, à 20 à 50 mètres, une sorte de nacelle où un marin avait pris place.
- « Cette fois encore, les journaux anglais n’avaient pas été mis dans le secret; personne, dans le public, ne savait que l’armée « bleue )) (celle qui jouait le rôle d’envahisseur pendant les grandes manœuvres) mettrait à l’essai le nouveau kyte du capitaine Cody, sous la direction de plusieurs officiers du génie (Royal Engineers).
- « Un heureux hasard voulut que l’automobile qui m’emportait à travers la campagne avec un journaliste ami, passât à trois ou quatre cents mètres de l’endroit où les essais avaient lieu, à Goodwood Park. L’étrange aspect de l’appareil excita notre curiosité, et, sans entendre la défense qu’un factionnaire nous criait à tue-tête, nous finies un crochet et réussîmes - à nous approcher au moment précis où la nacelle, et l’officier qui y avait pris place, se soulevait du sol.
- « Après quelque hésitation, l’ascension parut s’effectuer franchement; mais le vent faiblissait, et la nacelle retomba, heurtant le sol. Au même moment, la corde qui liait entre eux les cinq aéroplanes se tendit violemment, et la nacelle s’éleva, sans secousses apparentes, à 50 mètres du sol, où elle se maintint. La voix de l’aéronaute nous parvint assez nettement : il signalait la présence d’un détachement ennemi au delà d’une colline boisée.
- « Je n’eus pas le loisir d’en observer plus long. Les officiers venaient de remarquer notre présence, et le chauffeur remettait l’automobile en mouvement, j’eus le temps de braquer trois fois mon objectif.
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- LA NATURE.
- « J’ai appris depuis que l’aéronaute, le lieutenant Wright, avait failli être victime d’un grave accident. Au cours d’une nouvelle ascension, la corde à gra-
- du sol, et il en était quitte avec quelques égratignures.
- « Espérant que cette communication pourra intéresser quelques-uns de vos lecteurs, je vous prie
- L’aérojiluue dans l’armée anglaise. L’ascension du Lieutenant Wright. En haut, l’aéroplane élevé; en bas, l’aéroplane au lancer.
- pins (yrappling rope), suspendue sous la nacelle, s’était accrochée aux branches supérieures d’un arbre. Le lieutenant lut projeté hors de la nacelle par la violence du choc. Par bonheur, la fourche de deux branches arrêtait sa chute à quelques mètres
- d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mes sentiments respectueux. » J. Lourand.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N# 1746. — 10 NOVEMBRE 1906.
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- Lorsqu’il s’agit de construire un pont métallique destiné à la circulation des piétons et de véhicules traînés par des chevaux, on a soin de donner aux pièces qui constituent l’ossature de ce pont, ainsi qu’à celles du tablier servant à la circulation, des dimensions suffisantes pour que, sous la charge
- tablier du pont. C’est cette seconde condition que nous envisagerons plus particulièrement.
- En France le règlement de 1891 fixe cette surcharge à 400 kg par mètre carré, ce qui correspond, en admettant que le poids moyen d’un piéton est de 70 kg, à 5,70 personnes par mètre carré de tablier.
- Fig. 1 à 4. — Le poids d’une foule.
- maximum que ce pont doit supporter, le travail du métal ne dépasse pas un effort par unité de surface fixé à l’avance.
- Cette charge maximum est considérée le plus souvent sous deux aspects différents; soit, sous la forme d’une charge roulante composée de véhicules dont le nombre et le poids sont fixés par les règlements ; soit, sous la forme d’une charge permanente représentée par le nombre maximum de piétons pouvant être répartis sur la surface totale du 34e année. — 2e semestre.
- Ce même poids est également celui généralement admis à l’étranger.
- Ce sont, le plus souvent, ces mêmes hases de surcharge qu’on admet lorsqu’il s’agit de construire des planchers de maisons d’habitation, de théâtres ou de salles de réunion. Aux États-Unis, cependant, ces chiffres sont un peu supérieurs.
- Mais, depuis quelque temps, une question s’est posée. Celte surcharge de 400 kg par mètre carré, représentant 5,70 personnes sur cette même surface,
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- correspond-elle bien au nombre maximum de piétons pouvant, dans une foule compacte, être réparti sur un mètre carré?
- 11 y à quelques années un ingénieur, M. Sloney, avait repris Ja question et, à la suite de différentes expériences, avait, montré qu’il était possible de répartir, par mètre carré de surface, Il ,90 personnes pesant chacune, en moyenne, 60 .kg, ce qui représente un poids de 785 kg par mètre carré.
- En 1904, M. Lewis Johnson, professeur à l’Université de llarward, fit une série d’expériences et démontra que, dans une foule compacte, il était possible de répartir, par mètre carré de surface, 11,50 personnes pesant chacune, en moyenne, 69 kg, ce qui correspond à un poids par mètre carré de 780 kg.
- Ces dernières expériences, dont les résultats étaient de beaucoup supérieurs h ceux généralement admis, furent accueillies avec beaucoup de scepticisme par un grand nombre d’ingénieurs américains qui continuaient à soutenir que, dans une foule compacte, le poids maximum par mètre carré ne dépassait pas 585 kg.
- Entre temps, un certain nombre d’expériences nouvelles furent entreprises. M. Spolford, professeur à l’Institut de Technologie de Massachusetts, trouva dans ses expériences un poids maximum de surcharge de 695 kg; M. llunschiedt, de Bonn, un poids de 700 kg et, enfin, M. Kernot, professeur à Melbourne, un poids de 697 kg. Tous ces derniers chiffres, quoique inférieurs à ceux trouvés par M. Lewis Johnson, semblaient, cependant, bien indiquer que les chiffres admis par les ingénieurs américains étaient notablement trop faibles.
- En présence de ces divergences et, surtout, de l’opinion récemment émise par les deux éminents ingénieurs américains Schneider et Cooper que, dans une foule compacte, le poids maximum possible par mètre carré était compris entre 196 et 220 kg, M. Lewis Johnson crut devoir reprendre à nouveau ses expériences.
- 11 fit construire une caisse en bois de 1,855 m. de côté et ayant, par conséquent, une section horizontale intérieure de 5,57 m2. Un des côtés de cette caisse pouvait s’ouvrir extérieurement afin d’en permettre l’entrée aux personnes qui devaient servir à l’expérience et un verrou assurait la fermeture de cette porte pendant cette même expérience. Au-dessus de la caisse, sur un ba'tis'en bois se trouvait un appareil photographique dont l’objectif, disposé verticalement, permettait d’obtenir des clichés représentant exactement le nombre et la disposition des personnes pendant l’expérience. Ces reproductions sont représentées sur les figures 1 à 4, dans les différents cas.
- Une première expérience (fig. 1 ) a été faite en faisant entrer dans la caisse dix personnes d’un poids moyen de 69 kg, ce qui correspond à 2,97 personnes par mètre carré. Après leur avoir fait prendre toutes les positions possibles dans la caisse on obtint comme résultat un poids moyen par mètre carré de surface de 204 kg, correspondant au chiffre admis par
- MM. Schneider et Cooper. Un remarquera que, dans cette expérience,, les personnes ne subissaient aucune gêne et pouvaient se déplacer sans aucune difficulté. Il était donc possible de faire pénétrer dans la caisse un nombre plus considérable .dé personnes. .
- On introduisit alors dans cette caisse et successivement ; vingt personnes (fig. 2) pesant en moyenne 6.8j,5 .kg, soit 5,94 personnes par métré, carré,; donnant un poids par mètre carré de surface de 407 kg; 24 personnes pesant, en moyenne, 68 kg, soit 7,12 personnes par mètre carré donnant un poids par mètre carré de surface de 484 kg; 28 personnes pesant, en moyenne, 75 kg, soit 8,50 personnes par mètre carré, donnant un poids par mètre carré de 622 kg; enfin 57 personnes (fig. 5) pesant, en moyenne, 68 kg, soit il personnes par mètre carré, donnant un poids de 748 kg par mètre carré.
- Dans ce dernier cas le maximum semblait devoir être atteint. Toutefois, si, au lieu de laisser chacun prendre une position quelconque dans la caisse, on oblige chaque individu à regarder dans la même direction, comme cela arrive dans une foule qui se dirige vers un point donné ou regarde passer un cortège (fig. 4), M. Lewis Johnson est arrivé à placer dans la caisse 40 personnes pesant, en moyenne, chacune 74 kg, soit 11,87 individus par mètre carré, donnant un poids de 878 kg par mètre carré.
- De ces diverses expériences M. Lewis Johnson conclut, dans son mémoire publié en janvier 1905 dans le Journal of the Association of Engineering Socielies, que, si cette surcharge extrême de 878 kg par mètre carré ne paraît se présenter que dans des circonstances exceptionnelles, il n’en est pas moins vrai que la surcharge de 685 kg par mètre carré est très fréquente et que c’est ce chiffre qui semblerait devoir être accepté comme minimum dans le calcul des divers ouvrages destinés à supporter une foule au repos. Quant au chiffre de 400 kg, admis généralement, il est, dans la plupart des cas, trop faible et, à plus forte raison., celui de 196 à 220 kg proposé par MM. Schneider et Cooper. R. Bonnin.
- LA LIQUÉFACTION
- DE L’EMPOIS D’AMIDON
- Tous nos lecteurs connaissent l’empois d’amidon ou de fécule qui s’obtient en faisant bouillir dans l’eau une certaine proportion d’amidon pulvérisé ou de fécule en ayant soin de bien agiter avec une cuiller ou une palette quelconque. Selon les quantités d’amidon employées, l’empois obtenu après refroidissement est solide ou seulement pâteux ; en opérant avec les proportions de 5 gr. d’amidon pour 100 gr. d’eau, le produit obtenu est quasi-solide.
- Cet empois d’amidon, dont la formule est C6HI005, peut se transformer aisément en glucose CÜ1I120° et recouvrer par suite la fluidité habituelle aux solutions, sous l’influence des agents hydratants les plus divers. Ces expériences sont intéressantes en ce sens qu’elles fixent l’une des principales propriétés de l’amidon.
- Liquéfaction au moyen des acides. — C’est la plus
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- rapide à réaliser; pour cela on prendra dans un tube à essai quelques fragments d’empois d’amidon semi-solide, on y ajoutera quelques gouttes d’acide chlorhydrique ou sulfurique et on chauffera; au bout de très peu de temps, la masse pâteuse sera devenue complètement liquide, indice certain de la transformation de l’amidon en glucose.
- Liquéfaction au moyen de l’extrait de malt. — On commencera par préparer l’extrait de malt en prenant une petite quantité de malt quelconque que l’on trouve dans le commerce à l’état moulu et en le faisant digérer dans l’eau froide ou mieux à peine tiède. Après quelque temps, on versera quelques centimètres cubes du liquide surnageant dans un vase, un bol par exemple, dans lequel on aura mis préalablement de l’empois d’amidon solide et froid et on agitera. Au bout d’un quart d’heure ou d’une demi-heure, on verra cet empois se fluidifier de plus en plus et devenir complètement liquide.
- Celte transformation est due dans ce cas à un ferment soluble, la diastase, qui s’est développé dans le malt ou orge germée. Cette diastase possède des propriétés hydro-lysanles très nettes et agit en fixant les éléments de l’eau sur l’amidon pour le transformer en glucose. Ce sont d’ailleurs ces propriétés qui sont mises à profit dans la brasserie et la distillerie pour amener l’amidon de l’orge, des céréales ou des pommes de terre à l’état de glucose avant de lui faire subir la fermentation alcoolique.
- Liquéfaction au moyen de la salive. — La môme transformation peut être provoquée sous l'influence d’un autre ferment soluble, la ptyaline, contenu dans la salive. Pour la produire, on dispose l’empois d’amidon solide après refroidissement dans un vase largement ouvert, comme un bol, et — qu’on nous pardonne ce détail naturaliste, mais indispensable — on crache dans cet empois et on agite. Au bout de 20 ou 50 minutes, le ferment a produit son effet et commence à fluidifier l’empois.
- Cette expérience nous montre l’influence qu’exerce la salive sur les aliments féculents que nous absorbons, connue le pain, les pois, les haricots, etc. ; la ptyaline de la salive agit sur leur amidon et, en l’hjdratant, la transforme en glucose soluble et par suite facilement assimilable par l’organisme. A H.
- NEMOURS D’ALGÉRIE
- La ville de Nemours, en Algérie, qui a été menacée, tout dernièrement, d’une destruction presque complète, mérite quelques lignes de description. Elle est située exactement à 104 km. nord-ouest de Tlemcen et à 54 km. de la frontière marocaine.
- Pour se rendre de Tlemcen à Nemours, il faut prendre une diligence traînée par six chevaux ; cette voiture, qui ressemble en tous points aux vieilles pataches de France, fait le trajet en douze heures. Un service quotidien assure le transport régulier de la correspondance et des voyageurs. Les relais se font à Turenne, centre agricole nouvellement créé, A Lalla-Maghrnia, marché important qui fait beaucoup d’affaires avec le Maroc, et enfin au posle des Deux-Frères, gîte d’étape voisin de Nédromah qui, situé à 18 km. de Nemours, est une ville indigène ayant conservé le cachet de son origine et toute sa couleur locale.
- Nemours est une ville de plein exercice, c’est-à-
- dire qu’elle est administrée ; par, un maire. Nedro-mah, la seule ville de son canton, est une. commune mixte; elle est gouvernée par un administrateur. Les autres localités dépendent des territoires militaires ; elles sont sous la dépendance du lieutenant-colonel commandant du Cercle.
- Nemours occupe une superficie de 2221 hectares. La ville s’étend sur une plage unie, le long de la côte de la Méditerranée, sur une longueur de 500 mètres environ; l’ensemble de ses constructions forme à peu près un trapèze. Deux artères principales, avec chaussées empierrées et trottoirs, traversent la ville, parallèlement à la mer, dans toute sa longueur ; elles sont plantées d’arbres et bordées de petites maisons basses, construites à l’européenne et élevant leur unique étage au-dessus d’un rez-de-chaussée avec boutique. Quantité de ruelles, chemins et petites avenues transversales coupent les deux rues principales et relient entre eux les divers points de la ville.
- La population de l’agglomération est d’environ 2100 habitants; avec celle des douars voisins, elle représente 5310 habitants, dont un millier seulement sont des Français. Les pêcheurs et les débardeurs sont des Espagnols; les commerçants sont des israélites de toutes nationalités. Quant aux indigènes, ils se livrent tous aux travaux agricoles. Ces derniers appartiennent à la famille des Oulad-Ziri, ils sont de race Kabyle cl très sédentaires; tous habitent les douars environnants, car ils ne sont pas tolérés à Nemours après dix heures du soir.
- La montagne du Touent et le plateau de Sidi-Amar, où ont été construits trois fortins, dominent Nemours, qui s’étale en pleine horizontalité, enceinte, comme toutes les cités algériennes de fondation française, d’une muraille crénelée destinée à défendre la ville contre les surprises et à la mettre à l’abri des attaques possibles des indigènes révoltés.
- La vallée, où coulent deux cours d’eau, l’oued Touent et l’oued Razaouanah (plus communément dénommé oued Mersa), est d’une fertilité surprenante. On y cultive, même en hiver, les,bananiers, les palmiers, les figuiers et les amandiers, ainsi que des produits maraîchers et des arbustes de toutes sortes qui donnent à la région un aspect verdoyant, riant et gai.
- L’oued Razaouanah arrose, aux environs de ,Ncn mours, un territoire qui a été justement nommé : la Vallée des Jardins. Comme la plupart des cours d’eau de l’Algérie, il est à peu près à sec et ne, s’emplit guère qu’en octobre ou novembre, lors de la saison des pluies. L’oued Touent ou Ayadna qui, avec le précédent, fut l’auteur de la récente catastrophe de Nemours, vient, comme lui, se jeter dans la Méditerranée, après avoir aidé à-la fertilisation de la contrée; mais, tandis que le premier arrive à la mer d’une manière normale, l’autre ne s’y jette qu’après avoir franchi un tunnel de 200 mètres environ percé dans la montagne. Cette dérivation a été pratiquée par les ingénieurs français, il y a quelques
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- années seulement, dans le but d'éviter les inondations dans la partie Est de la ville et de mettre, en même temps, les habitants à l’abri de la fièvre.
- La montagne ainsi traversée par l’oued est le promontoire de Touent, que montre l’une de nos gravures. C’est un ancien repaire, très remarquable en son temps, des pirates barbaresques de celte région de la côte. Il subsiste encore des ruinée fort importantes de ce refuge de brigands, qui n’était autre que le récent douar des Djemmah-Ra-zaouet, détruit depuis l’occupation française et qui fut, en somme, en même temps que le berceau de Nemours, le premier nom que porta cette ville.
- La garnison de Nemours est exclusivement composée de troupes indigènes, commandées par des officiers français. Deux compagnies de tirailleurs algériens ont leur résidence dans la ville ou sont détachées sur les fortins du Touent et du plateau de Sidi-Amar ; elles fournissent, en outre, les divers postes placés le long de la frontière marocaine, depuis l’embouchure du Kiss jusqu’à Berguent. Ces soldats indigènes,
- des « Nass », •
- sont très dévoués à la France; ils ont, en maintes circonstances, donné des preuves réelles de leur attachement et de leur dévouement à leur patrie adoptive.
- Le port de Nemours n’éxiste en quelque sorte pas ; c’est une rade foraine où viennent faire escale les quelques vapeurs qui, partis de Marseille, font le service des messageries entre Oran, le Maroc et le Sud de l’Espagne, c’est-à-dire desservant Tanger, Malaga, Carthagène et Gibraltar. Quelques autres navires viennent également dans la baie pour y laisser les marchandises nécessaires au commerce de la contrée ou y prendre les produits de la culture et des mines relativement importantes de la région.
- Le port de Nemours ne se développe pas, et c’est grand dommage. Il se passe ici ce qui se produit dans beaucoup de nos ports algériens : les autorités locales et les habitants sont hostiles à l’exécution des travaux d’amélioration et à l’étahlissement d’un outillage, qui priverait, il est vrai, de son travail une importante population de débardeurs et de manœuvres, mais qui amènerait ici une activité commerciale et maritime très importante. On ne voit que le fait immédiat, sans prendre la peine de trouver à la question une solution économique. Aussi Nemours voit, chaque jour, grandir à son détriment son voisin et déjà son rival, Port Say, sur la frontière marocaine. Le créateur de ce port, M. Say, ex-officier de marine, a su, en n’employant que le concours de ses finances particulières, et la collaboration d’entreprises privées, rapidement pourvoir cet établissement de tous les organes nécessaires à un centre maritime moderne, à un port commercial bien outillé.
- L’exportation de la région de Nemours est très importante. Les basses-cours des tribus kabyles
- fournissent des quantités considérables d’œufs, qui sont dirigés sur les marchés de Londres et de Paris. Les produits des mines de calamine, de plomb et de zinc sont pris par des cargo-boats, qui les transportent en Espagne mais surlouten Belgique. Les fabriques allemandes viennent acheter ici quantité de crin végétal, fourni par le palmier nain très abondant dans la région ; ce produit est utilisé pour la confection de la literie militaire des soldats allemands.
- Il y à encore beaucoup de choses à dire sur cette intéressante région de l’Algérie ; nous en avons cité les principales. Nous sommes heureux d’avoir fait connaître à nos lecteurs un petit coin dë notre France transméditerranéenne. Capitaine E. Feld.
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- LA PÊCHE DES VERS DE VASE
- Les pécheurs à la ligne désignent communément, sous le nom de « vers de vase », des bestioles ver-miformes d’un beau rouge sanguin, dont les petits poissons de nos rivières sont excessivement friands.
- Lorsque ces minuscules animaux frétillent au bout d’un hameçon, gardons et ablettes se jettent dessus avec empressement et viennent s’y enferrer. Mais beaucoup, parmi les gens qui emploient ces appâts vivants, ignorent comment les marchands qui leur vendent se les procurent! Ils ne se doutent pas non plus, que ces soi-disant vers sont des larves de Diptères.
- Ayant eu la bonne fortune d’interviewer un pêcheur de vers de vase, nous l’avons suivi dans son expédition et photographié avec plusieurs de ses confrères, en train de se livrer à leur originale profession, en Seine, près de Port-Marly.
- Quelques mots, d’abord, sur la nature et les mœurs de ces êtres rampants, dont M. Monpillard
- a bien voulu faire le portrait reproduit page suivante, agrandi deux fois environ. Comme nous le disions plus haut, les vers de vase sont des larves de plusieurs espèces d’insectes du genre Chironome. D’un rouge sanguin, elles possèdent un instinct social prononcé et habitent, au fond des eaux, des demeures formées simplement de feuilles en décomposition, peu éloignées les unes des autres et de figures irrégulières. Elles se servent de fils de soie pour les fixer au lit de la rivière ou à quelque brindille. Chaque larve se construit ainsi un fourreau tortueux, et la réunion de plusieurs de ces tuyaux constitue un ensemble terreux dont la surface se trouve percée de trous voisins les uns des autres. Grâce à ces orifices,
- Pèche des vers de vase en Seine, près de Port-Marly.
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- les bestioles peuvent sortir, de temps en temps, leur tête et la partie antérieure de leur corps hors de leur cellule, tandis que leur extrémité postérieure reste cramponnée dans l’intérieur. Elles quittent parfois leur sinueux logement pour s’en construire de plus grands ; elles nagent alors dans l’eau assez près de la surface, et, en se contournant vivement comme des vers, elles se portent à l’endroit désiré. Elles se transforment ensuite en nymphes dans les tuyaux mêmes où elles ont achevé de prendre leur accroissement. Elles viennent enfin ù la surface de l’eau pour subir leur dernière métamorphose et devenir d’agiles Tipules, aux ailes nerveuses, aux pattes allongées et fragiles.
- Comme le montre nos photographies, l’attirail d’un pêcheur de vers de vase est peu compliqué. 11 se compose simplement d’une puisette en fer emmanchée d’un long bâton et d’un crible muni d’une anse. Avec le premier instrument, notre homme,. monté sur une barque, drague le fond de la rivière
- Fig. 5. — Vers de vase grossis. (Microphotographie Monpillard.)
- aux endroits que son llair lui indique; il jette la vase retirée de la sorte sur un tamis, puis saisissant celui-ci des deux mains, il l’agile dans l’eau. Les substances terreuses passent alors au travers des mailles, tandis que les petits vers rouges restent sur le crible. A chaque coup, il verse les bestioles dans un panier garni de linge mouillé et, le soir venu, il porte à un marchand de Paris sa pêche de la journée. Le détaillant doit se débarrasser, le plus rapidement possible, de ses rouges bestioles qui ne tardent pas à périr.
- Il existe ainsi, à Paris et dans la banlieue, une petite flottille armée presque uniquement pour la pêche... aux vers de vase. Puis, quand la Seine ne donne plus une moisson assez ample de larves rubicondes, nos pêcheurs s’en vont vers les ondulantes rivières des environs de la Capitale. Chaussés de longues bottes d’égouttiers, ils entrent dans l’eau jusqu’aux genoux, raclent le fond du ruisseau et criblent les matières terreuses retirées, de la même manière que précédemment, afin d’en dénicher les vers de vase, si recherchés, en tout temps, des Parisiens qui aiment à taquiner le goujon.
- Jacques Boyer.
- LA RECONCILIATION DE LA SCIENCE
- et de l’Industrie
- A quelques exceptions près, il existe en France un divorce fâcheux pour incompatibilité d’humeur entre l’industrie et la science. Les industriels traitent les savants de théoriciens et de songe-creux; la plupart des savants semblent craindre de se salir les mains en touchant à l’industrie. La conséquence, qu’il serait puéril de vouloir dissimuler, est l’avance prise par l’Allemagne dans une foule de questions touchant à la chimie industrielle, où notre génie national d’ingéniosité, d’adresse, d’invention et de clarté aurait dû nous assurer la supériorité. On voit des matières premières, dont chacun se rappellera des exemples, sortir de France pour aller se faire traiter en Allemagne et revenir en France sous une forme élaborée. Sans doute on constate, depuis quelques années, un effort pour réagir, et de grands progrès ont été réalisés chez nous; mais le vice fondamental, qu’il faudrait avant tout réformer, semble résider dans l’état d’esprit ordinaire des industriels et des savants, en partie maintenu par des préjugés d’éducation, de milieu social et de caste. Tout effort pour amener une transformation, si inaperçu et insignifiant qu’il puisse être par lui-même, a donc son utilité pour notre pays.
- Quand nous imitons les étrangers, c’est généralement, contre le principe de Molière, par leur mauvais côté; je ne prêche donc point ici l’imitation de l’Allemagne. Cette imitation a consisté surtout, jusqu’ici, pour la science, dans l’accumulation des notules, des coupures bibliographiques, dans un fatras d’imprimés au milieu duquel les idées importantes sont noyées, dans la spécialisation à outrance amenant le savant à ne rien vouloir connaître en dehors du menu fait observé avec persévérance et myopie pendant toute une existence. De môme, quand nos industriels se passionnent pour le génie anglo-saxon, la conséquence ordinaire est d’emprunter aux hommes d’affaires anglais ce dédain de toute science, cette conception purement empirique de l’éducation, qui amènent précisément aujourd’hui la supériorité croissante de l’Allemagne par rapport à.l’Angleterre, avec les craintes économiques de l’Angleterre, cause de trouble pour la paix mondiale et les efforts plus utiles que beaucoup d’Anglais tentent maintenant de faire pour revenir vers la science, au moment où ceux qui croient les imiter en France s’entêtent à l’abandonner. Mais, sans aucune pensée d’imitation, l’étude des étrangers met souvent en relief les déformations qu’a subies la pensée nationale par une série de circonstances accidentelles. Je n’apprendrai rien à ceux qui ont un peu étudié la question, en notant quelques-uns des faits principaux sur lesquels repose l’avantage actuel des Allemands en matière de science industrielle.
- C’est d’abord — et de ce côté nous ne pouvons prendre modèle sur eux sans modifier complètement notre tempérament, sans risquer même d’en annihiler les qualités — leur esprit incarné de discipline. La science française possède des généraux sans soldats ; la science allemande a d’innombrables soldats gouvernés par des caporaux et des sergents. Pour les grandes découvertes d’inspiration le système français peut suffire ; toutes les fois qu’il s’agit d’attaquer une question par toutes les faces, d’entasser les observations minutieuses et méthodiques, une fois l’impulsion donnée, le système allemand réussit beaucoup mieux. Un maître allemand a de nombreux étudiants, dont il dirige le travail, comme les peintres de la Renais-
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- sauce avaient un atelier qui préparait leurs toiles et leurs fresques; des étudiants français, dont un chef absorberait ainsi le labeur, se considéreraient comme indignement exploités; ils veulent garder leur initiative et leur indépendance. Nos ouvriers d’art agissent de même. C’est ce qui nous assure, par contre, la supériorité, toutes les fois que l’homme ne doit plus être une machine, ne doit [dus suivre aveuglément un plan tracé : par exemple aujourd’hui dans l’industrie des autombiles; aussi, sur ce point qui ne me paraît pas modifiable au moins sans danger, je n’insiste pas.
- Mais il n’y a aucun avantage à ce que les industriels craignent de s’attacher des chimistes, des électriciens, des métallurgistes, qui soient de véritables inventeurs, des savants; il n’y en a aucun non plus à ce que des inventeurs, des savants, rougissent un peu quand les circonstances les amènent à accepter, dans une industrie, une position rémunérée. Le mouvement a commencé chez nous; il est bon qu’il s’accentue. L’industriel, qui sait comprendre ses rapports avec le savant, peut mettre à la disposition de celui-ci les capitaux nécessaires pour faire patiemment, longuement, des recherches, qui ne réussissent pas toujours, mais qui, le jour où elles réussissent, payent de nombreux insuccès préalables; et, ce qu’on oublie trop, il peut lui assurer la juste rémunération de son travail, qui lui permet de vivre honorablement pendant ce temps, avec une prime sur les produits de ses découvertes, encouragement bien prosaïque mais très humain aux ellbrts.
- Le savant, d’autre part, trouve, dans ces conditions, l’indépendance, la sérénité d’esprit, le laboratoire, les instruments, les ressources de l’usine et ne néglige en aucune façon ce but supérieur de la recherche humaine qui est la découverte tic la vérité scientifique. Il n’est pas nécessaire qu’une vérité soit immédiatement utilisable pour être belle ; mais il serait vraiment excessif de la considérer comme diminuée parce qu’on l’utilise.
- C’est ce qu’on a compris en Allemagne et aux Etats-Unis beaucoup mieux qu’en France. Dans notre pays, quand par hasard un industriel recourt à un savant, c’est (souvent dans un cas in extremis) pour lui demander tout simplement de la magie blanche et de la sorcellerie. 11 faut que le chimiste attaché à l’usine ait résolu dans l’année courante la question posée et payé ses frais et émoluments par un résultat palpable ; il faut que la galerie recommandée par un ingénieur ait rencontré du minerai exactement à l’instant précis. Ce n’est pas ainsi que les choses peuvent se passer raisonnablement et, si les administrateurs de Sociétés n’étaient pas quelquefois d’une ignorance aussi fondamentale pour tout le côté technique des affaires qu’ils dirigent, on ne songerait jamais à émettre une telle prétention. 11 est donc temps, si nous ne voulons pas être définitivement distancés, que, de part et d’autre, on surmonte certains préjugés, que la science consente à dépouiller ses arcanes pour se faire pratique, que l’industrie veuille bien être scientifique et, pour finir comme un conte de fées, qu’un bon mariage les réconcilie. • P. Sallior.
- LA RÉSISTANCE DU CATGUT
- Nos lecteurs connaissent sans doute cette sorte de filament que la médecine emploie avec grand avantage pour faire des ligaments, et qui a l’utilité de se résorber admirablement. 11 est fait avec les boyaux de mouton. Dernièrement, des expériences ont été faites sur cette
- matière, qui ont bien accusé la résistance toute particulière qu’elle présente à la traction, et par comparaison avec le bois, le chanvre ou le cuir. Cette résistance est de trois fois celle du bois, de douze fois celle du cuir, et de quatre fois à peu près celle du chanvre. On a expérimenté sur du catgut qui servait en réalité de corde à violon et donnait la note mi; son allongement avant rupture avait pu atteindre 15 à 20 pour 100.
- L’AVALANCHE TORRENTIELLE
- de Betpouey.
- L’été vraiment exceptionnel que nous venons de passer aura laissé un peu partout sa trace surtout comme dommages causés par la grande sécheresse; mais du fait de cet état de choses encore, et plus ou moins directement, certaines régions ont subi des dégâts qui auraient pu devenir de très graves accidents : je veux parler de l’orage qui a, partiellement, ravagé le 9 septembre dernier le village de betpouey (Hautes-Pyrénées), désastre signalé en son temps par les journaux quotidiens, et dont j’ai été témoin. En cette qualité je pense qu’il ne sera pas sans intérêt pour nos lecteurs de revenir un peu sur cet événement, avec des photographies et dés détails sur les rapides circonstances dans lesquelles il s’est produit.
- Le village de betpouey, à mille mètres d’altitude environ, est composé de quelques maisons groupées sur une sorte de promontoire dominant la route montant de Luz vers barèges et à mi-chemin, à peu près, entre ces deux localités. Au-dessus la montagne s’élève en pentes herbues, sans escarpements brusques ni masses rocheuses à découvert. Cependant il existe dans la situation de ce village un défaut notoire; ce groupement d’habitations est traversé, sur presque toute sa longueur, par un petit ruisseau qui cascade fort pittoresquement au milieu des inégalités du sol et finalement vient s’écouler sur la paroi rocheuse surplombant la route. L’origine de ce torrent minuscule — désigné sous le nom de ruisseau de Soubralets — se trouve à 1700 mètres au milieu d’un plateau concave dont les pentes se, relèvent fortement vers le sommet de la montagne (sommet de Montégut 2000 m.) ; sa ravine est creusée dans les dépôts semés de roches de toutes dimensions constituant superficiellement presque toute celte partie de la montagne.
- Tout le mal est donc venu de cette situation, de l’état même du sol à cette époque, où une énorme quantité d’eau a été précipitée avec soudaineté par l’orage du 9 septembre. Mais il n’y a pas eu éboule-ment, ni glissement de terrain ; il ne s’est produit là, en réalité, aucune modification de quelque importance, à part le ravinement plus accentué de certaines portions du sol.
- Voici maintenant les faits :
- Je me trouvais à barèges, à quelques kilomètres et au-dessus de betpouey, pendant cette journée du
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- 9 qui fut particulièrement menaçante. Mes amis et collaborateurs, MM. Bacbim et Thévenin, campés alors à 2100 m. dans le massif du Néouvielle, où je ne pus les rejoindre ce soir-là, observèrent, vers 7h 30 du soir, trois amorces de trombes, nettement caractérisées, se suivant à la base d’un même nuage ; elles devaient se trouver au-dessus des montagnes dominant au nord la vallée de Barèges. L’une d’elles s’accentua beaucoup et parut descendre sur la vallée; malheureusement il faisait déjà trop nuit pour essayer de la photographier. Presque au même moment l’orage éclata avec une violence extrême, et vu de Barèges le spectacle fut d’une beauté terrible : les parties basses de la vallée, ainsi que celle de Luz, apparaissaient sous l’illumination brusque de formidables éclairs, comme la bouche d’un cratère
- leurs, comme beaucoup d’orages en montagne. Ce peu de temps avait suffi néanmoins, pour causer le désastre qui miraculeusement n’a pas fait de victi-
- rempli de nuées incandescentes, tordues en tous sens. Puis ces nuées se condensèrent en véritables nappes d’eau, déchaînement des éléments vite calmé d’ail-
- Fig. 1. — Sur la route de Luz à Barèges.
- mes, mais a matériellement frappé bien des pauvres gens.
- Ainsi que je l’ai dit, les pentes de la montagne, au-dessus de Betpouey, couvertes d’une petite herbe courte et sèche, forment autour de l’origine du petit torrent un vaste entonnoir, qui suivant les renseignements qu’a bien voulu me fournir M. Burin-Des-roziers, garde général des Eaux et Forêts, ne doit pas mesurer loin de 70 hectares. La hauteur d’eau tombée n’a pas été moindre de 30 mm. sans doute, car c’est cette quantité qui a été recueillie à l’Observatoire du Pic du Midi ; la région qui nous occupe, plus au centre de l’orage, en a probablement reçu davantage encore. Mais admettons ce chiffre. Il est facile maintenant de se rendre compte de ce qui a pu survenir, car cette très forte quantité d’eau (30 litres par mètre carré) tombée très rapidement sur le sol herbu, durci et desséché, a dû s’écouler tout de suite sans avoir le temps de pénétrer beaucoup. Par suite de la disposition du terrain, la plus grande partie de cette eau s’est concentrée vers le bassin de réception du ruisseau, qui, soudainement grossi de façon plus qu’anormale, est devenu un formidable torrent, entraînant les roches dont son lit était semé, déracinant les arbres riverains. Le tout s’est précipité sur le village pas encore endormi à cette heure peu avancée — heureusement. — Mais les maisons
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- qui se trouvaient en bordure du torrent, l’enserrant à certaines places dans un passage de quelques mètres seulement, furent en un instant dévastées, ou très endommagées. I/unc d’elles est anéantie,
- d’arbres ou débris quelconques a formé là une accumulation très étendue (fig. 1) nécessitant d’importants travaux de déblaiements et sans doute, par la suite, de réfection de cette voie.
- Les travaux à entreprendre pour éviter le retour d’un pareil désastre seraient de deux sortes. En premier lieu, le reboisement du plateau de Montégut s’imposerait évidemment, pour empêcher la concentration rapide de telles masses d’eau ; malheureusement l’étal d’esprit de la population s’y oppose absolument. D’autres travaux, sans empêcher la formation de la masse d’eau, pourraient au moins la rendre inofTensive. Ce serait, dans la zone à inclinaison forte, où se produisent les affouillements, la construction de petits barrages diminuant la pente du lit du torrent, en la ramenant à une inclinaison de 30 %, au-dessous
- Fig. 3. — Roche de dix mètres cubes arrêtée devant la maison d’école.
- une autre coupée en deux. Des troncs d’arbres complètement dépouillés de leur feuillage et de leurs branches même, entrèrent comme des béliers, défonçant les murailles, opérant de concert, dans cette œuvre de destruction, avec les blocs entraînés. Certains de ces blocs étaient énormes, tel celui montré par notre figure 3, masse de granit d’un volume d’une dizaine de mètres cubes environ. Quelques faits curieux se sont produits, naturellement : ainsi dans l’une des premières maisons atteintes, une
- grosse roche est entrée par la porte sans entamer l’encadrement, mais tellement juste que c’est avec peine que l’on trouva le sens permettant de la faire ressortir dans les mêmes conditions !
- L’aspect des décombres était des plus lamentables, semés de débris d’objets mobiliers, quand ceux-ci
- n’avaient pas été entraînés au loin, ou noyés sous les boues provenant de l’alfoùillement des berges. Cette vase, très abondante, atteignait dans les pièces de rez-de-chaussée le rebord des fenêtres ou le niveau des lits.
- Enfin, après la traversée du village, où bien des matériaux entraînés se sont trouvés arrêtés, ce torrent est venu s’abattre sur la route, creusant au milieu des arbres une gorge profonde (fig. 4) et la quantité de roches, de terre,
- Fig. 4. — Ravin par lequel l’avalanche s’est précipitée sur la route.
- de laquelle, on l’a reconnu, les alfouillements et les transports de matériaux ne se produisent plus. Il faut donc espérer qu’au moins ces derniers travaux pourront être entrepris. Lucien Rudaux.
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- LA GROTTE DE ROSÉE
- à Engihoul
- À propos do la trouvaille d’uue très jolie grotte près Seraing (Belgique), effectuée le 15 septembre 1906, par M. E. Doudou, nous recevons la lettre suivante de M. E. Van den Broeck, l’éminent géologue belge, qui l’a visitée le 10 octobre.
- « Si, comme étendue et comme intérêt spéléologique proprement dit, la nouvelle grotte d’Engihoul n’a rien de remarquable, elle est au contraire du plus haut intérêt au point de vue des concrétions qu’elle renferme. Elle est située en face d’Engis et dans le ravin pittoresque et boisé allant d’Engihoul à Neuville-en-Condroz, en une région faillée, où le calcaire carbonifère constitue de grands plis serrés entre la faille d’Yvoz et la grande faille eifélienne. Dans ce même vallon, M. Doudou avait déjà trouvé ou exploré diverses grottes, notamment le Trou des Néolithiques, le Trou des Bohémiens, le Trou des Corbeaux et l’Abri du Rhinocéros. Enfin elle est à proximité immédiate de ce que l’on appelle la grande caverne d’Engihoul qui, naguère, visitée et étudiée par Lycll, Schmerling, Spring, Malaise et enfin par Fraipont, a fourni à ce dernier une quantité considérable de squelettes d’ours des cavernes, des silex, etc.
- Une grande carrière de pierres à chaux, exploitée par la Société anonyme, des fours à chaux de la Meuse, entame le massif viséen dans lequel se trouve la grande caverne d’Engihoul. On avait respecté, jusqu’ici, le petit pointement rocheux donnant sur la route et qui contient ladite grande caverne classique. Mais malheureusement, en ce moment même, les déblais de la carrière vont bientôt arriver à boucher l’une des ouvertures de l’ancienne grotte bien connue.
- Dans la carrière même, il existe un trou situé à environ 2,50 m. à 3 m. au-dessus du plancher actuel de l’exploitation ; ce trou se continue plus ou moins verticalement par une fissure qui n’a pas un mètre de large, mais qui a 2 à 3 m. d’étendue; cette tissure descend, par une pente de 75°, à une douzaine de mètres en dessous et constitue actuellement l’entrée, peu commode, de la nouvelle grotte. Le trou est actuellement masqué par un' énorme rocher détaché, reposant sur quatre pierres superposées, grosses comme des pavés et qui sont maintenues par le grand poids du gros bloc supérieur. Le tout a l’air très instable et doit paraître assez effrayant d’aspect à l’explorateur novice; mais, cependant, l’expérience a montré qu’il n’y a point de réel danger, le tout formant bloc à cause de la pression. On place un rail des wagonnets de la carrière au-dessus de la grosse pierre et on y attache les cordes de descente (corde à nœuds et corde de sûreté, attachée à la ceinture de gymnastique de l’explorateur). Il faut dire encore que, lorsque le plancher de la carrière était au niveau du trou, on a utilisé celui-ci pour y déverser des terres et des déchets, et plus d’une centaine de wagons ont été ainsi accumulés, remplissant l’une des salles, celle qui se trouve en prolongation sous-jacente à la cheminée d’accès. On voit émerger, au milieu des déblais de cette première salle comblée, une énorme stalagmite, dont la partie inférieure se perd dans les matériaux du remblai. Dans la carrière, on tire des mines tout autour de l’ouverture et à proximité même de celle-ci, pour désagréger la roche devant servir à alimenter le four à chaux. Ce tir de mines est assez dangereux et les exploitants de la carrière ne permettent pas que l’on s’approche de la nouvelle grotte
- pendant la semaine.. C’est à titre tout à fait exceptionnel et après de longs palabres que nous sommes^parvenus, à quelques-uns, à forcer la consigne; à l’avenir, ce sera seulement le dimanche que nous pourrons faire le complément d’exploration et d’observations.
- La grotte, actuellement accessible, se compose d’une seule grande salle, pouvant avoir 40 m. de long et à peu près autant de large; elle forme comme une grande lentille oblique, dont le plancher, incliné, est constitué par une accumulation considérable, ici de blocs écroulés, là de cailloux roulés, d’énormes dimensions parfois, et représentant l’apport des anciens aiguigeois du plateau. La partie basse de la grotte doit être à une vingtaine de mètres au-dessus du niveau de la Meuse et ses parties les plus hautes s’élèvent de 18 à 19 m. au-dessus du fond accessible, soit jusqu’à proximité très immédiate du plancher actuel de la carrière. Voici maintenant les diverses particularités qui caractérisent cette grotte.
- Tout d’abord, on y constate un développement remarquable de marmites eide dômes à surfaces arrondies, correspondant aux débouchés inférieurs des aiguigeois de plateaux, bouchés aujourd’hui inférieurement par de la stalagmite, et qui ont donné heu à l’introduction des cailloux. Rarement, on voit aussi bien caractérisées ces surfaces à marmites qui feraient le bonheur de M. Brunhes, le savant qui, le premier, a signalé leur rôle et leur importance dans la genèse du creusement souterrain des massifs calcaires. Du haut de la salle descendent de magnifiques cas-cadesde stalactites, formant de véritables monuments, d’une blancheur immaculée et d’une beauté de forme et d’aspect sans rivale; devant ces très réelles splendeurs, s’élèvent isolément une série de grandes et belles stalagmites, dont quelques-unes de formes curieuses et peu banales. La principale atteint à peu près 2,80 m. de haut avec un diamètre de 60 cm. Ce sont de belles chandelles isolées, merveilleusement blanches, dont on peut compter certainement une dizaine sur une étendue correspondant à 10 m2 ; d’autres, plus petites, s’observent aux alentours et il en est des quantités, grosses comme le poing, qui n’ont que 1 ou 2 décimètres de haut et qui s’observent à des niveaux un peu inférieurs du plan incliné. Mais autour de celles-ci, il y a un phénomène curieux. Ces stalagmites sont entourées d’un plancher concrétionné glacé blanc, formant une auréole et, autour de celle-ci se trouvent de curieuses petites concrétions libres ressemblant absolument à de la neige fraîchement tombée et qui sont non adhérentes au sol, en un mot analogues entièrement ,à de la neige ; on peut en remplir aisément des boîtes, car cette substance n’a d’adhérence ni avec son substratum ni avec elle-même. Ces régions neigeuses sont assez développées et constituent un point assez particulier de l’intérêt de la grotte. Mais voici le clou :
- Dans presque toute l’étendue de la caverne, et indépendamment des grosses et belles stalagmites blanches ordinaires, il existe de stupéfiantes « draperies », cristallines èt transparentes, constituées par des tubes isolés les uns des autres, moins gros qu’un crayon ordinaire, lesquels tubes sont si serrés et si nombreux les uns derrière les autres qu’il est impossible de rien distinguer, qu’une espèce d’extraordinaire grêle en baguettes qui, au magnésium, fait un merveilleux effet. Ces baguettes sont seulement à quelques centimètres les unes des autres ; elles présentent un diamètre uniforme et en disant qu’il en existe peut-être 10 ou 15 000, je ne crois pas exagérer. Certaines partent de la voûte pour reposer sur le sol, en restant parfaitement cylindriques et régulières,
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- sur des longueurs énormes. La plupart pendent à 1 ni;,
- 1,50 rn., \ ,80 ni., 2 m., du point d’attache, certaines ont été constatées, paraît-il, sur 3 m. de longueur; c’est cependant l’exception. Toutes sont en fonctionnement actuel et dénotent un travail chimique récent et bien distinct de celui qui a fourni les grandes concrétions. Toutes, d’ailleurs, sont creuses et l’enferment de l’eau à l’intérieur ; une goutte limpide se balance à leur extrémité inférieure. A la cassure on constate que la texture est strictement cristalline, car toutes les coupes des cassures, si irrégulières qu’elles soient, montrent les faces nettes et brillantes de cristaux rhomboédriques nettement marqués et jamais de structure concentrique concrétionnée. On a beau prendre des précautions, il y a tellement de ces tubulures cristallines que, certainement, chacun des visiteurs de notre groupe a sur la conscience d’en avoir brisé plusieurs dizaines. Le sol est d’ailleurs jonché de débris résultant de ce qu’il était impossible de pénétrer les premières fois dans cette impénétrable forêt de fils argentés sans en briser un grand nombre.
- Mais ceci n’est encore rien en présence des formes de certaines autres de ces cristallisations, autrement disposées et de dimensions plus petites. Tout ce que l’imagination peut rêver d’extraordinaire comme formes bizarres et tourmentées de cristallisations soustraites aux lois de la pesanteur se trouve représenté ici. 11 y a, dans les parois rocheuses du plafond et des murs, des fentes et des points de sortie des eaux suintantes, qui ont donné lieu aux contournements et appendices les plus étranges, les plus inattendus, les plus déconcertants, le tout s’appliquant aux petites stalactites de cette catégorie, soit du type de celles que nous avons vues déjà, sur une très petite échelle, dans la nouvelle grotte de Binant. Les capricieux serpentins de nos feux d’artifice en donnent une assez bonne idée, et parfois, d’un même point, il en part dans toutes les directions. Je ne crois pas exagérer en disant que l’on pourrait aisément récolter 10 000 de ces petites cristallisations très souvent remontantes, horizontales, obliques, soudées,-généralement serpentantes et variables à l’excès.
- Ce serait une curieuse monographie à faire que de photographier et d’étudier en détail ces étranges cristallisations. 11 y a des niches du calcaire qui sont remplies des choses les plus bizarres, les plus tourmentées, les plus inattendues. 11 y a des boucles, des tire-bouchons, des excentricités que nulle parole ne saurait décrire; il faut voir pour croire-, et tout cela présente un développement énorme dans cette curieuse grotte, qui semble, dans une partie au moins de ses concrétions, avoir été soustraite aux lois de la pesanteur. Mon impression est d’ailleurs que nous sommes en présence d’une lutte entre celles-ci et les forces de l’action cristallisante, qui Ta emporté haut la main ! Je n’en dirai pas plus long, mais on comprend combien ces caractères sont curieux et déconcertants.
- Maintenant, voici le revers de la médaille. Les exploitants voulaient, paraît-il, anéantir la grotte, ou tout au moins continuer à l’utiliser comme déversoir pour leurs déchets. Certains de leurs ouvriers, mécontents d’être dérangés, ont menacé de tout casser, le lendemain même de notre excursion. Ayant heureusement rencontré, quelques heures après notre visite, M. David, l’aimable gérant des propriétés du baron de Rosée, l’un des propriétaires de la carrière, je l’ai prié de prendre des mesures, ce qu’il a promis de faire d’urgence. Je suppose que c’est fait, car M. Doudou m’écrit que l’accès de la grotte est soigneusement interdit ; on a même clôturé l’entrée, dit-il, par de solides
- grilles et personne ne peut plus descendre dans la grotte. Seulement, est-elle encore telle que nous l’avons vue? Je n’oserais le garantir et, par ce même courrier, je m’en informe auprès du conducteur des travaux de l’exploitation, M. Léon Llioist, d’Engis. Une nouvelle expédition aura lieu un de ces dimanches avec le concours de M. W. Prinz, de l’Université et d’un de ses amis, qui photographieront la grotte et ses curieux détails. J’ajouterai encore que la grotte a ses parties inférieures bouchées par du limon et des cailloux, mais il est fort probable qu’elle se continue inférieurement dans le massif, épais de 20 mètres, qui la sépare du niveau de la Meuse. Le ruisseau du ravin de Falmigneul se perd dans le calcaire, à diverses places échelonnées dans le thalweg du même massif rocheux, notamment au Trou des Bohémiens pendant les crues d’hiver et il fournit aussi une belle résurgence dans le parc du château d’Engihoul, où il alimente des pièces d’eau avant de se jeter dans la Meuse. 11 y a certainement, dans cet ensemble, à prévoir une extension de découvertes ultérieures.
- Nous avons nommé cette grotte la « grotte de Rosée » comme hommage envers l’amabilité du propriétaire. Si vous désirez signaler les noms des premiers observateurs, ce sont, outre M. Doudou qui nous Ta indiquée, le capitaine commandant du génie Rabozée, M. Emile Deladrier, Jules Bonnner et moi-même. » E. Van den Broeck.
- INDICATEUR DE VITESSE LUC DENIS
- Les indicateurs de vitesse qui n’étaient guère connus autrefois que des ingénieurs et des mécaniciens de profession, sont devenus aujourd’hui d’un usage courant par suite de leur application aux voitures automobiles. Le chaulïêur, grisé par le plaisir de se sentir emporté à grande allure, ne se rend pas bien compte de la vitesse, souvent exagérée, à laquelle il marche : un témoin fidèle, insensible aux émotions, lui sera pour cela nécessaire et il a installé, bien en vue, le cadran qui doit lui indiquer à tout instant le nombre de kilomètres qu’il couvre dans une heure. Mais bien souvent l’aiguille qui doit le renseigner manque de stabilité; par suite des cahols de la voilure elle se livre à une danse désordonnée, ses indications deviennent incertaines. Dans l’indicateur du système Luc Denis, construit par MM. Ra-diguet et Massiol, on obtient une très grande stabilité. Le principe sur lequel repose cet appareil est tout dilLérent de ceux qui ont été employés jusqu’ici, il est des plus ingénieux et, malgré la difficulté qu’on rencontre nécessairement à faire comprendre un mécanisme un peu compliqué, nous avons pensé qu’il ne serait pas impossible d’en faire saisir au moins le principe avec quelques figures théoriques.
- Comme tous les appareils du même genre l’indicateur Luc Denis comporte un transmetteur et un récepteur ; le transmetteur ne présente aucune complication ; il se compose seulement d’un petit soufflet commandé par une came qui se monte,, par un dispositif approprié, sur le mobile à étudier. Quand il s’agit d’une voiture automobile le constructeur a prévu un système de montage, sur l’une des roues de la voiture, qui ne nécessite aucun perçage et pré-
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- sente le maximum de simplicité. Les pulsations de ce soufflet sont transmises par un tube souple h 'un second soufflet identique qui est renfermé dans l’appareil récepteur.
- Pour faire comprendre le principe sur lequel repose
- cet appareil considérons un balancier M N (fig. 1) que fait osciller, autour du point 0, une bielle placée en un point quelconque, reliée par un bouton de manivelle P à la roue dont on veut connaître la vitesse de ro-
- Fig. 2.
- tation; dans ces conditions nous obtiendrons des oscillations qui seront égales au nombre des tours de roue. Considérons maintenant un second balancier semblable au premier (fig. 2), mais qui oscille sous
- l’influence d’un ressort R. Le nombre des oscillations que pourra faire ce balancier sous l’influence du ressort, dans un temps donné, sera proportionnel cà la distance 0' R. Il sera toujours possible de trouver pour ce balancier un point d’application de R tel que le nombre des oscillations soit égal à un nombre déterminé d’avance, par exemple au nombre
- des oscillations données par le premier balancier : nous pourrons alors considérer que la distance 0' R nous indique une certaine vitesse de la machine et, si la vitesse de celle-ci varie, nous serons obligés de faire varier aussi le point d’application R ; la distance
- 0' R sera augmentée ou diminuée et, empiriquement, nous pourrons sur chaque point d’application de R inscrire une vitesse differente.
- 11 s’agissait donc de réaliser ces deux balanciers, en donnant au second la faculté de modifier son bras de levier proportionnellement à la vitesse de la machine. Pour y arriver pratiquement on leur a donné des formes telles que tous les mouvements qu’ils sont susceptibles de prendre soient des mouvements sphériques, échappant par cette propriété aux per-
- turbations occasionnées par les trépidations, les chocs, etc
- Le balancier oscillant sous l’action d’un ressort, et dont le bras de levier doit être modifié à chaque instant, est constitué par un système à la cardan (fig. 3) formé de deux anneaux; l’un C est fixé au bras D et pivote en 0 0', l’autre B pivote à l’in-
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- térieur du premier autour de l’axe a:' y'. Cet ensemble est traversé par un axe A, sur lequel agit le ressort qui imprime au balancier son mouvement d’oscillation ; à cet effet l’axe À porte un doigt M qui passe dans une coulisse circulaire N et imprime à l’anneau B son mouvement autour de x' y'.
- Si nous considérons (lig. 4) deux positions de l’anneau B .l’une suivant x'y', l’autre Bt suivant x\y\, le bras de levier d’action du doigt M, par rapport à cet anneau, sera donné par les deux droites ni n et m nt qui représentent la plus courte distance du point M au plan méridien de l’anneau; le ressort qui agit sur l’arbre À a pour effet de ramener l’ensemble à la position moyenne : l’action de ce ressort sur l’anneau B est proportionnelle au bras de levier in n et, pour une tension déterminée de ce ressort, l’amplitude des oscillations est inversement proportionnelle à ce bras du levier.
- Voyons maintenant comment on a réalisé le premier balancier, celui auquel la roue motrice donne son impulsion par l’intermédiaire dessouf-llets.
- 11 se compose d’un secteur S (lig. 5) qui repose sur le soufflet ; il peut prendre un mouvement ascendant et, de plus, peut osciller autour de l’axe 00'. 11 est relié au brasD du premier système qu’il entraîne par suite dans son mouvement. Au-dessus de lui se trouve un régulateur F en forme de Y renversé, pivotant en G et dont les deux pointes v v' reposent sur sa face finement striée pour leur donner plus de prise (fig. 4). Ce régulateur F est relié par un système de leviers Ktf'Hàl’axeA et, par suite, à l’anneau B par l’intermédiaire du doigt M (fig. 5).
- Les choses étant ainsi disposées, examinons comment va fonctionner l’appareil. Quand, sous l’influence du transmetteur, le soufflet se soulèvera, il entraînera dans son mouvement ascensionnel le secteur S et le régulateur F en lui communiquant une vitesse initiale I qui correspondra au mouvement propre de la machine. Par l’intermédiaire de leviers K tl', ce mouvement est transmis à l’arbre A et imprime à l’anneau B un mouvement oscillatoire
- dont la période correspond à la vitesse initiale I. Un butoir arrête le secteur S dans son ascension, mais les autres organes continuent leur mouvement primitif. Si la machine continue à tourner au même régime, lorsque, après une oscillation complète, l’ensemble des organes en mouvement reviendra à sa position initiale, les positions relatives des diverses pièces resteront les mêmes et l’aiguille indicatrice restera fixée sur la même division de son cadran.
- Si, au contraire, le mouvement de la machine s’est modifié, le secteur S recevra une impulsion dont la vitesse initiale It sera différente de I ; il en résultera une désarticulation des leviers K11' qui aura pour effet de faire incliner dans un sens ou dans l’autre
- le régulateur F, de façon que l’un des pieds v ou v' vienne avant l’autre toucher le secteur S, et il en résultera que celui-ci sera poussé vers la droite ou vers la gauche. C’est dans ce mouvement qu’il entraîne avec lui la barre I), l’anneau G et l’anneau B dont la coulisse N glisse dans le même sens et modifie la distance in n (fig. 3 et 4). La loi d’oscillation de B prend donc une nouvelle valeur qui est indiquée par l’aiguille. Les mêmes mouvements se reprod uisent, dans le même ordre, lors des pulsations suivantes, jusqu’à ce que le synchronisme se rétablisse entre les oscillations du secteur S et celles de l’anneau B, ce qui aura lieu quand la machine aura repris un régime constant : l’aiguille indicatrice prendra de nouveau une position fixe.
- Tous les mouvements se produisent dans l’intervalle d’un tour de roue, c’est-à-dire entre deux pulsations du soufflet; on n’enregistre que des variations de vitesse progressives d’assez faible amplitude et, dans la pratique, il suffit d’une seule touche d’un des pieds du régulateur pour rétablir l’équilibre des deux systèmes oscillants. L’appareil tend d’une manière constante au rétablissement de cet équilibre et la position qui y correspond n’est jamais dépassée, ce qui assure la fixité de l’aiguille indicatrice. Dans les voitures automobiles la graduation du cadran en kilomètres à l’heure doit être faite d’après le d!a-
- Fig. 0. — Indicateur de vitesse Luc Denis. — D, premier balancier (secteur S des figures schématiques) ; A, pivot qui doit porter l’aiguille indicatrice ; P, deuxième balancier ; C ce, régulateur (F v v' des figures schématiques) ; E, F, organes de réglage initial.
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- moire des roues, el celui-ci peut varier légèrement suivant la grosseur des pneumatiques employés; c’est pourquoi (lig. 6) on a disposé en K F, sur le coté de la boite renfermant le mécanisme, un système de réglage qui permet d’obtenir des indications exactes.
- Les constructeurs ont offert, au Conservatoire des Arts et Métiers le; modèle de démonstration à grande échelle qui a figuré à diverses Expositions, et sur lequel ceux de nos lecteurs que la question intéresse pourront se rendre compte, mieux que sur des gravures, de la position des différentes pièces et de leur action les unes sur les autres. G. Ciiauiaiîès.
- EXPÉDITION LONGSTAFF
- DANS L’HIMALAYA
- (Encore le record des ascensions)
- Le numéro d’août de VAlpine Journal renferme un captivant récit de M. T. G. Longstalï, Six mois de promenades dans VHimalaya (1905); promenades de haut vol qui se sont élevées à environ 7500 m. dans le massif du Nanda-Dévi (7821 m. ; Kumaon, à l’est du Nopal). L’auteur remet une fois de plus à l’examen la fameuse campagne de M. Graham en 1883 et la question du record des ascensions qu’on ne peut venir à bout d’élucider1. Les chiffres exacts rappelés par M. Longstaff méritent d’ètrc rapportés, parce qu’ils reviennent immanquablement faussés2 dans toutes les revues géographiques qui, périodiquement, ressuscitent cette controverse.
- En 1855, les frères Schlagintweit atteignent (5784 m. dans leur tentative à l’ibi Gamin ou Kamet (7755 m. ; 7781 m. selon Reclus, t. Ylll, p. 163) du côté du Tibet; ultérieurement, sur la même montagne, des officiers du service trigonométrique de l’Inde s’élevèrent à 6705 m. seulement (et non pas aux 6900 que Reclus, t. YM, p. 45, attribue à Johnston).
- Graham parvint à 6865 m. au montMonal et à 7300 m. au lvabru, dont l'extrême pointe a 7516 m. C’est ce record qui a été si âprement contesté, d’abord par les topographes officiels, puis par M. Conway (monté à 7010 m. au Pioneer Peak, glacier de Raltoro, Himalaya occidental) et par le Dr Ilunter Workmann, parvenu à 7132 m. au Chogo-Lungma. M. Frescfield persiste à soutenir la véracité du récit Graham et M. Longstaff fait de même. Quant à celui-ci, il a, sur les lianes du Gurla Mandhata (7726 m. et non pas 7879 m.) passé avec ses deux guides une nuit entière à 7019 m. (25 000 pieds), après une chute de 1000 m., miraculeusement sans mal, dans une avalanche sur le glacier de Gurla ; mais l’insomnie et la faim (les vivres étaient épuisés) le firent échouer le lendemain au moins à 450 m. du sommet, soit au-dessous de 7300 m.
- Il n’a donc pas encore battu M. Graham; et, dans la suite du voyage, les pluies l’ont empêché d’entreprendre à son tour l’ascension du Kabru. A propos des hauts faits, fort contestables d’ailleurs, de M. Savage Landor, en 1897,
- 1 Voy. La Nature, n° 1682, 19 août 1905, p. 186, etc.
- 2 La plupart du temps parce que la conversion des pieds anglais en mètres s’effectue en multipliant par le chiffre rond 0,505 m. au lieu de 0,30479 m., ce qui pour 20 000 pieds fait 4 m. d’erreur !
- lequel a prétendu avoir gravi, en 15 heures de temps, aller et retour, et avec des souliers sans clous, un pic de 7159 m. (en partant de 4145 m.)1, M. Longstaff a constaté que nulle cime n’atteint cette altitude dans les parages où Landor dit l’avoir escaladée! Et il était conduit par les deux guides mêmes de ce dernier !
- Ayant brisé son baromètre et ne pouvant affirmer la justesse de l’altitude atteinte au Gurla, M. Longstaff a la modestie de ne pas môme formuler qu’il a sans doule dépassé l’altitude de l’expédition Ilunter Workmann2. Tel paraît cependant être le cas réalisé; de toutes manières sa performance doit être tenue pour remarquable et ne saurait être passée sous silence; le récit mérite d’en être lu. 11 se plaint que, par suite d’indiscrétions malhabiles, des comptes rendus très inexacts en aient été fournis par un publiciste italien à divers journaux illustrés de France, Angleterre, Italie. En résumé, M. Longstaff atteste l’authenticité de l’escalade Graham à 7300 m. au Kabru en 1885 et s’est élevé lui-même presque à la même hauteur. Sans un fâcheux accident, et par une autre voie qu’il désigne, il atteignait aisément à 7726 m. !
- E.-A. M.
- LE CÂBLE TRANSATLANTIQUE
- de la « Commercial Cable Company »
- L’une des plus grandes compagnies télégraphiques du monde entier, la Commercial Cable Cy, a effectué en 1905 la pose d’un nouveau câble télégraphique sous-marin entre l’Europe et l’Amérique. Ce conducteur a été fabriqué par la Telegraph Construction and maintenance Company de Londres et posé par le steamer Co-lonia qui appartient à cette Compagnie.
- La Colonia est un des plus puissants navires câbliers de la flotte télégraphique. Partie d’Angleterre avec 2360 milles de cable, elle atteignit les côtes de la Nouvelle-Écosse le 16 août et l’atterrissement d’une des extrémités du câble était effectué le 18. Mais, en s’éloignant du rivage, elle vint donner contre une roche et les avaries qu’elle éprouva la forcèrent de se rendre au bassin de Halifax. Les réparations faites, la Colonia reprit la mer; elle quittait Canso le 25 septembre, filant du câble. L’opération se poursuivit ensuite très régulièrement, malgré une tempqte qui sévit en plein Atlantique. Le 3 octobre, la Colonia Atteignait Am point situé à 187 milles de la côte irlandaise où l’épissure finale fut effectuée avec le câble d’atterrissement qui avait été posé auparavant par la Cambria entre ce point et Wattervilie.
- Dans la construction du câble il entre environ 700 000 kg de cuivre, 550 000 kg de gutta-percha, et 700 000 kg de fils de fer, de cuivre, de chanvre et de matières préservatrices diverses constituant les armatures du câble.
- D’après les essais effectués, la Compagnie propriétaire assure que la transmission des signaux télégraphiques s’effectue, sur ce nouveau câble, avec une vitesse supérieure de 15 pour 100 à la propagation des mômes signaux sur les autres câbles.
- Ce conducteur porte à cinq le nombre de câbles que possède la Commercial Cable Company entre l’Europe et l’Amérique. A ce propos il ne nous semble pas inutile
- 1 Aroy. Alpine Journal, t. XIX, p. 277 et 564, et l. XXII, p. 406 (février 1905, n° 167), où il est dit : « Nous croyons que les allégations de M. Landor sont des hallucinations. »
- 2 Les expéditions Jacot-Guillarmod n’ont pas dépassé 6700 m.
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- de rappeler que celte Compagnie a posé, en 1902, le premier câble transpacifiqiïe, opération que l’on croyait extrêmement difficile et qui réussit à merveille. Pour compléter son réseau dans le Pacifique, son directeur, M. Glarcnce 11. Maekay, vient d’obtenir le privilège d’atterrissement d’un câble de Manille en Chine et d’un autre de Guam au Japon. Ces deux câbles qui sont en cours de construction seront terminés en 1906.
- Lucien Fouuniek.
- CHRONIQUE
- Grands moteurs à gaz. — Comme les succès toujours grandissants du gaz pauvre attirent de plus en plus l’attention sur les moteurs à gaz, nous signalerons à l’attention les moteurs à gaz de très forte puissance qui deviennent de construction presque courante, et qui étaient récemment fort bien étudiés par notre confrère S laid und Eisen. La fabrique de moteurs à gaz Deulz, par exemple, a livré, à la Compagnie des Mines et Fonderies de llorder, un moteur de 2000 chevaux qui lui donne pleine satisfaction, pour sa simplicité et sa sûreté de fonctionnement en particulier. De son coté, la Société Alsacienne de constructions mécaniques a construit à Mulhouse, pour les usines de Diflérdingen, deux machines soufflantes à gaz du type tandem, qui ont cet avantage de se mettre en marche et de fonctionner avec la plus grande douceur.
- La diminution des richesses aurifères du Canada. — Un des principaux districts de ce pays est naturellement le district du Yukon, qu’on appelle plus volontiers le Klondyke : il a donné, en effet, une valeur d’environ 42 millions de francs d’or, tandis que les autres n’en ont fourni en tout que moins de 51 millions. Or, il se produit une dépression notable dans le rendement en or du Canada, et cela principalement du fait du Yukon. En 1896, avant que cette région fût mise en exploitation, tout le Canada donnait 14 millions d’or; le total correspondant atteint 69 millions en 1898, puis 140 en 1900. C’est le maximum obtenu, et depuis lors la diminution est constante. La production n’a plus représenté qu’une valeur de 107 millions en 1902, de 82 en 1904 et enfin de 72 en 1905.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 novembre 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Le tremblement de terre de Valparaiso. — M. le ministre de l’Instruction publique transmet une Note de M. Ramoger, consul de France à Valparaiso, relative au tremblement de terre qui s’est fait sentir dans la nuit du 16 au 17 août dernier et pendant les jours suivants au Chili. L’auteur du rapport croit devoir signaler cette particularité, qu’un capitaine de la marine chilienne, qui a étudié la question des mouvements sismiques, les a rattachés aux phénomènes de conjonction de planètes et que cet officier, longtemps avant l’accident, avait annoncé dans les journaux locaux que la nuit du 16 au 17 août serait dangereuse pour Valparaiso.
- . Transformation profonde d’une roche. — M. Lacroix signale dans une Note un cas de transformation profonde dans une roche volcanique qu’il a observé sur des échantillons de roches recueillis à San Thome, tout petit îlot
- visité par M.' Gravier. Cet îlot désert est le refuge de troupes innombrables d’oiseaux de mer qui le recouvrent de déjections. Sous l’influence de ces résidus d’origine organique, le roc trachytique se transforme peu à peu en phosphate d’alumine.
- L’enchaînement des organismes. — M. G. Bonnier fait hommage à l’Académie d’un ouvrage qu’il vient de publier sous le titre : L’enchaînement des organismes. L’auteur y expose, de manière à être compris de tout lecteur et sans développer aucune théorie, les faits qui établissent des liaisons entre les êtres vivants et les fossiles animaux ou végétaux.
- Propriétés toxiques de certains oxydes métalliques. — M. A. Gautier présente une Note de M. Hébert relative aux propriétés toxiques des oxydes métalliques classés sous la dénomination de terres rares. Ces oxydes sont inactifs sur les animaux à sang chaud; au contraire, ils sont très actifs sur les animaux à sang froid. A ce point de vue les métaux suivants ont un pouvoir décroissant: zirconium, thorium, lanthane, cérium. Ils agissent énergiquement sur les ferments figurés et, à ce point de vue, peuvent être ainsi rangés en ordre décroissant : zirconium, thorium, didyme, cérium. Les ferments solubles, peu sensibles aux actions des substances vénéneuses, sont impressionnés par les terres rares.
- Propriétés d’un cristal liquide. — M. de Lapparent présente une Note de M. Wallerant signalant une propriété singulière des cristaux liquides d’oléate d’ammonium; ces cristaux, lorsqu’ils sont soumis à une trépidation produite par les chocs d’une pointe d’aiguille, donnent naissance à des plages qui en lumière polarisée convergente offrent la figure d’interférence des cristaux uniaxes. Cette figure persiste même quand on comprime la séparation de manière à déterminer l'isolement de la plage observée. C’est une preuve nouvelle que ses caractères optiques dépendent non du réseau mais de la particule cristalline.
- Télémécanique. — M. de Lapparent présente ensuite une Note nouvelle de M. Branly sur la commande des appareils à distance, sans l’intervention d’un fil. 11 a perfectionné son appareil de sûreté pour la commande des moteurs à distance. Par une nouvelle disposition l’appareil transmetteur peut choisir exactement celui des postes récepteurs sur lequel on veut agir et il est de suite averti que l’action s’est produite.
- Les travaux de M. Ricco. — M. Janssen rappelle que l’Académie a décerné, dans une de ses précédentes séances solennelles, la médaille qu’il a fondée, à M. Ricco, de Païenne. Il dépose une Note sur les travaux de M. Ricco.
- Géologie de la Grèce. — M. A. Gaudry présente un travail de M. Négris sur la géologie de la Grèce. L’auteur a observé les superpositions suivantes : gris vert inférieur avec jaspe correspondant aux schistes que M. Cayeux a découverts dans le Kimméridgien ; au-dessus, des calcaires crétacés et les calcaires nummulitiques de Tripolitza ; au-dessus le grès du flische éocène, puis les calcaires miocènes et enfin les terrains pliocènes. L’auteur a observé, en outre, les intersections de plissements de couches des trois époques cétacé, éocène et pliocène; enfin, il a pu observer des renversements de couches de telle sorte que la couche la plus ancienne occupait le niveau supérieur. M. A. Gaudry rappelle que dans sa jeunesse, lorsqu’il est allé chercher des fossiles dans le calcaire nummulitique de Tripolitza, on ignorait presque tout de la géologie de la Grèce; aujourd’hui la Connaissance du sous-sol de ce pays est très avancée. Cm de Yilledeuil.
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- UN NOUVEL APPAREIL DE SAUVETAGE
- Est-ce la fréquence des désastres maritimes qui sti-
- Gilcl île sauvetage.
- de semaine, qu’un n’oflre au public un nouvel appareil de sauvetage. Soyez certains que la lamentable catastrophe du Lutin nous vaudra avant peu des engins plus perfectionnés — au dire des créateurs, tout au moins — que les précédents. Voici, à ce propos, la curieuse anecdote que nous signale un lecteur london-nien. C’était dans les premiers jours de septembre. De . nombreux promeneurs s’abritaient sous les frais ombrages de Hydc-Park, sur les rives de la Serpentine, lorsque des cris d’émoi retentirent : un homme venait de se jeter à l’eau, tout habillé, et coiffé !
- Déjà, l’agent de la Humane Society, stationné de jour et de nuit sur les rivages de la Serpentine, détachait son canot, bien inutilement du reste, pour voler au secours du « désespéré », quand celui-ci, avec un sourire malicieux, sortit de sa poche un journal qu’il se mit à lire, interrompant bientôt sa lecture pour allumer un cigare.
- L’énigme ne tarda pas à s’éclaircir. Il ne s’agissait pas d’un acte de désespoir, mais simplement de l’expérience d’un inventeur, M. Schwab, anxieux d’essayer en public, et par une profondeur de cinq à six mètres, l’appareil qu’il appelle un balloon waistcoat (littéralement gilet-ballon).
- En apparence, le gilet ne diffère pas de ceux qui complètent une toilette de ville. La seule différence consiste en ceci : la doublure est constituée par une étoffé imperméable ; elle forme une sorte de poche qui fait le tour du buste et que l’on gonfle à l’aide d’un petit tube de caoutchouc fixé dans le gousset.
- Le goniïement s’effectue avec rapidité (moins de trois minutes, aux dires de M. Schwab). Ce « gilet pneumatique » a ce grand avantage sur les ceintures de sauvetage qu’il maintient hors de l’eau la partie supérieure du buste, laissant aux bras la plus parfaite liberté d’aclion. Un naufragé peut donc aisément „ saisir ou la bouée que lui lance un sauveteur, ou l’épave qui passe , à sa portée.
- Il faut croire : que le « bal-
- loon waistcoat» représente un progrès appréciable, puisque, à la suite des essais de la Serpentine, une grande compagnie de na-
- ^ $rr -ÿ •
- ^ h Expéri
- Expériences avec le gilet de sauvetage.
- vigation a prié l’inventeur de les renouveler en pleine mer, devant une commission spécialement constituée. V. Forbin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiidre, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1747. — 17 NOVEMBRE 1906.
- LA NATURE.
- LE RENFLOUEMENT DU « VARYAG
- L’opération qui consiste à remettre à flots un bâtiment coulé est toujours délicate, mais les difficultés qu’elle présente varient considérablement avec les conditions et le milieu dans lesquels elle doit s’effectuer et surtout avec l’état de l’épave qu’il s’agit de ramener à la surface.
- Je ne crois pas qu’en cette matière, on ait eu à surmonter des obstacles plus grands que ceux qui entouraient le sauvetage du croiseur russe Va-ryag, coulé à Chemulpo au début de la guerre russo-japonaise. Je ne reviendrai pas sur les détails de ce drame maritime, le premier de la longue série où s’effondra peu à peu la puissance navale russe en Extrême-Orient.
- Je rappellerai seulement que le croiseur protégé Varyag de 6500 tonnes, portant 12 pièces de 150 m/m et filant 22 nœuds et la petite canonnière Koreietz se trouvaient au mouillage dans la rade de Chemulpo, sur la côte occidentale de Corée au moment où la corde cassa entre la Russie et le Japon.
- Le 9 février, sans déclaration de guerre, une escadre japonaise, composée de 6 grands bâtiments et de 6 contre-torpilleurs, apparut à l’entrée de la rade de Chemulpo, et quoique ce port fût neutre, mit les navires russes en demeure de sortir, faute de quoi ils seraient bombardés dans la rade même.
- Le Varyag et le Koreielz appareillèrent bravement
- A
- équipages, sur les bâtiments étrangsm^assistaient impuissants à ce drame, coulait son navire et donnait l’ordre au Koreietz de se faire sauter.
- • ;;
- Fig. 2. — Le Varyag remis à flot par les ingénieurs japonais après un séjour de 18 mois sous l’eau.
- et affrontèrent seuls le feu de la puissante escadre japonaise. Une heure après, criblés de projectiles, le Varyag atteint dans ses œuvres vives, les deux navires retournaient tant bien que mal au mouillage de Chemulpo. Le Commandant du Varyag ayant fait évacuer les nombreux blessés, et le reste de ses 34e année. — 2e semestre.
- Fig. 1. — Le croiseur protégé russe Varyag, avant le combat du 9 février 1904.
- Dès le lendemain de cette affaire, les Japonais étudièrent les moyens de relever le Varyag pour s’en faire un trophée. L’entreprise était fort malaisée et elle le devint de plus en plus à mesure que le temps passait, au point qu’après quelques mois écoulés, les personnes averties en matière de renflouement la considérèrent comme tout à fait impraticable.
- On comptait sans la ténacité qui fait le fond du caractère japonais et aussi, il faut bien le dire, sans l’ingéniosité de leurs ! officiers.
- Les difficultés à vaincre provenaient principalement : 1° de la vase molle qui forme le fond de la rade de Chemulpo, vase sans cesse amenée par les rivières qui y aboutissent, et dans laquelle le Varyag s’était profondément enfoncé ;
- 2° De la violence des courants qui dépassent souvent 5 nœuds ou 8 kilomètres à l’heure ;
- 5° Des grandes dénivellations produites dans la rade par les marées. Ces dénivellations atteignent 11 mètres. Le Varyag étant sous une couche d’eau de 13 mètres mesurée à basse mer, il en résultait que la distance à laquelle les scaphandriers se trouvaient de la coque variait sans cesse entre 13 et 24 mètres.
- Il faut tenir compte encore du manque absolu de ressources qu’offrait Chemulpo, pour une opération de renflouement, et de la grande distance de Sasebo, port japonais le plus voisin d’où il fallut faire venir
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- LA NATURE.
- tout le matériel nécessaire. Aucune de ces difficultés ne rebuta les ingénieux nippons. Un jeune officier italien, le garde-marine Belloni, qui a pu suivre les intéressants travaux qu’ils surent mener à bonne fin, en a publié dans la Ilivista Mari-tima une relation dont j’ai tiré les renseignements qui vont suivre.
- Le Varyag reposait, comme je l’ai déjà dit, sur un fond de vase molle dans lequel il s’est par la suite peu à peu enfoncé. 11 était couché sur son flanc bâbord, son inclinaison étant de 90° (fig. 1).
- Dès le 20 février un personnel spécial, venu de l’Arsenal de Sasebo, procéda à l’enlèvement de tout le matériel mobile, grues, embarcations. Un canot à vapeur ainsi tiré des Ilots put être aussitôt armé et fut mis en service.
- En mai et juin on travailla à retirer de la coque la plus grande partie de l’artillerie, à l’exception des quatre pièces de la batterie de bâbord qui étaient déjà trop enlisées. Cheminées, mâts furent également
- précautions nécessaires pour empêcher que le Varyag ne chavirât de nouveau sous l'effort des courants et jusqu’en avril 1906 on se contenta d’étudier de plus près la question de renflouement'et de préparer un nouveau plan de campagne.
- On décida de construire autour de la coque une sorte de second navire en bois, qui renfermerait le croiseur et qui aurait des dimensions suffisantes pour qu’une fois pompée l’eau qui le remplirait, il eût une force ascensionnelle suffisante pour soulever le Varyag qu’on viderait d’ailleurs, en même temps, autant qu’il serait possible.
- Dans les premiers jours d'avril en conséquence, on se remit à l’œuvre. 11 fallut tout d’abord déblayer la vase qui avait à nouveau envahi le navire. Puis on commença la construction du caisson sur le flanc tribord. Ceci fait on acheva de redresser le bâtiment en employant encore le procédé qui avait si bien réussi au début des opérations, et enfin on termina l’énorme forme en bois qui renferma
- n. Niveau moyen des basses mers aux quadrals ordinaires. b. — dos hautes mers —
- r. — des basses mers aux sizigies ordinaires.
- cl. — des hautes iners —
- e. Niveau de la basse mer du 9 août 1905.
- /'. — de la haute mer —
- g. — de la plus basse mer de l’année.
- h. — de la plus haute mer —
- sciés et enlevés. Vers le milieu de juillet commencèrent les opérations de relèvement proprement dites.
- Pour remettre le bâtiment droit on procéda de la curieuse façon suivante. Au moyen de pompes qui aspiraient la vase on creusa sous le flanc échoué une sorte de souille ou de lit dans laquelle le Varyag se laissa glisser en se relevant une première fois de 25° (fig. 2), une seconde fois de 41°, ce qui l’amena à 24° de la verticale et permit l’enlèvement des quatre dernières pièces de canon (fig. 5).
- Restait à redonner à la coque, ainsi remised’aplomb, la flottabilité nécessaire pour remonter à la surface. Vers la mi-août, toutes les ouvertures de la coque furent fermées ou bouchées. Deux tentatives d’épuisement de l’eau qu’elle contenait, faites au moyen de pompes, échouèrent . Des caissons destinés à donner un supplément de flottabilité par leur juxtaposition contre la coque ne donnèrent non plus aucun résultat. L’hiver approchant, on décida de suspendre les travaux.
- Ce qui fut fait le 50 octobre 1904. On prit les
- bientôt le Varyag. Il restait à vider ce caisson que l’on avait rendu soigneusement étanche et qui était fermé par le haut tout aussi bien que sur les côtés.
- Trois grandes pompes ayant chacune un débit de 5600 tonnes à l’heure, construites à Sasebo spécialement dans ce but, furent installées, avec le personnel destiné à les manœuvrer dans trois compartiments étanches ménagés dans l’intérieur du caisson en bois. Le 27 juillet tout était prêt pour une tentative définitive.
- Le 8 août, où avait lieu une des plus fortes marées de l’année, on tenta le relèvement. Chacun et chaque chose était à son poste. Les navires chargés de fournir la vapeur aux grandes pompes étaient prêts, les pompes auxiliaires chargées de puiser l’eau dans le Varyag également. Tous les moyens furent mis en action simultanément; bientôt la coque du malheureux croiseur russe se détacha du fond et apparut à la surface. On put séance tenante l’étancher complètement, boucher les dernières voies d’eau et assurer la flottabilité définitive.
- L’opération si laborieuse, difficile au point qu’on
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- y eût peut-être renoncé si elle n’était devenue une question d’amour-propre, avait réussi et faisait le plus grand honneur au personnel qui en avait assumé la charge. Ce personnel comprenait un lieutenant général, quatre majors et deux capitaines, tous appartenant au corps du Génie naval. Les ouvriers et scaphandriers, au r.omhre de 150 à 500, étaient tous japonais et provenaient de l’Arsenal de Saseho. Ils furent aidés par des coolies Coréens dont le nombre varia de 200 à 400. La dépense totale atteignit 2500000 francs, y compris celle des trois grandes pompes dont j’ai parlé et qui coûtèrent chacune 51000 francs.
- Le Varyag une fois relevé, le trophée était conquis. Restait à le présenter d’une manière glorieuse. Ce fut l’occasion d’un autre tour de force où se donna carrière l’activité nippone. Le bâtiment fut si bien réparé, sa machine si bien remise en état, qu’il put faire par ses propres moyens la traversée de Chc-mulpo à Sascbo où ses réparations furent complétées.. Il porte actuellement le pavillon de l’Empire du Soleil Levant. À. Sauvaire-Jourdan,
- Officiel' de marine en retraite.
- DISSÉMINATION DES PLANTES
- par les poissons
- Ici même, à différentes reprises, nous avons décrit différents modes de dissémination des plantes. Les poissons concourent, eux aussi, à celte grande oeuvre de la propagation des espèces végétales. Ainsi, Darwin, dans l’Origine des espèces, signale que les poissons d’eau douce absorbent certaines graines, parfois même d’une notable grosseur, telles que celles du potamogeton et du nénuphar. Les oiseaux de marais, les hérons et autres, oiseaux qui engloutissent certainement du poisson, rejettent au loin, sous formes d’excréments ou de boulettes, les graines contenues dans ces derniers.
- M. llochreutiner, de l’Université de Genève, a entrepris des recherches assez délicates sur les qualités germinatives des graines ingérées par les poissons.
- Il expérimenta sur la perche, le vengeron et le poisson rouge qui passent tous pour être herbivores et comme plantes, le menyanthe, le ruban d’eau, le nénuphar, le sagittaire, le plantain d’eau.
- L’expérimentation consistait à comparer deux séries. D’une part, des graines avalées par les poissons et recueillies dans leurs excréments, puis semées dans des flacons remplis d’eau. D’autre part on constituait un témoin en semant un certain nombre de graines fraîches. Les flacons étaient placés dans la serre chaude du jardin botanique, dans les conditions les plus favorables à une germination rapide. « Comme on le pense bien, les poissons n’étaient pas toujours très empressés pour avaler les graines que nous leur présentons, raconte M. llochreutiner, aussi avons-nous dû parfois employer la force. »
- Toutefois nous devons remarquer que la gent ichtyolo-gique possède une remarquable facilité pour rejeter les aliments introduits de trop brusque façon dans son tube digestif; et il est bon, après chaque gavage, de placer le sujet dans un bocal bien propre, où Ton retrouve facilement les graines qui ont été expectorées.
- Mais c’est là seulement une mesure de prudence, car ce qui doit être rejeté Test presque toujours dans l’espace de 2 à 5 minutes.
- Quant aux graines digérées, on les retrouve dans les excréments, après deux ou trois jours, si Ton garde les poissons dans un aquarium à part.
- Nous ne donnerons pas le détail des quatorze expériences faites par notre patient et savant auteur. Nous en rapporterons seulement une à titre de spécimen.
- Deux graines de Meni/anllies trifoliaia ont été happées, puis digérées par un vengeron (Leucicus rutilus), elles y ont séjourné un jour et demi.
- Au bout d’un mois et demi, aucune n’avait germé. Au bout de deux mois et demi, les deux graines avaient germé.
- Deux graines témoins.
- Au bout d’un mois et demi, aucune n’avait germé. Au bout de deux mois et demi, les deux graines avaient germé.
- De ces expériences il nous paraît légitime de conclure que les poissons peuvent concourir à la dissémination de graines de plantes aquatiques. Lorsqu’elles sont un peu résistantes, elles peuvent traverser facilement leur tube digestif sans être attaquées par les phénomènes de la digestion qui paraît du reste peu active chez cette classe d’animaux. Virgile Brandicourt,
- Vice-président de la Société Linnôcnne du Nord de la France
- L’ILE DES ALBATROS
- Perdue au milieu de l’océan Pacifique, à 1600 km. d’Honolulu, la petite terre de Laysan est un véritable paradis pour les oiseaux de mer, car rarement des visiteurs humains s’y aventurent. Par contre, on y voit d’innombrables coloniesd’albatros. Parmi ces Palmipèdes à l’aspect robuste, on distingue d’abord les albatros hurleurs à la tête grande, au cou gros et court, au bec fort et crochu, à la queue légèrement arrondie et qu’on appelle vulgairement « moutons du Cap » parce qu’ils ont le corps d’un blanc pur à l’exception des ailes variées de noir et de gris. Ils mesurent 4 mètres d’envergure et 1,30 m. de longueur. Leurs pattes sont blanc rosé et leur bec possède une teinte identique, légèrement jaunâtre à l’extrémité. Un cercle verdâtre entoure leurs jolis yeux brun foncé. Les jeunes ressemblent beaucoup à leurs parents mais un fin duvet recouvre encore une partie de leur corps et, comme l’extrémité même des plumes le constitue, il disparaît par l’usure des barbes terminales.
- Une autre espèce, Y albatros fuligineux, est d’un gris de suie foncé avec la tête et les ailes brunes. On rencontre très communément ces deux types de vautours marins, entre le 40° et le 60° de latitude Sud. Ils couvrent de leurs troupes nombreuses les rochers des mers d’Okhotsk et du Kamtschatka, les îles de Kerguélen, de Campbell et ils pullulent en particulier à Laysan. Je ne conseillerai pas aux amateurs de musique le séjour de tels pays, car les navigateurs comparent le chant de ces bipèdes ailés au braiement de l’âne !
- Jusqu’en ces dernières années, les albatros vivaient heureux à l’île Laysan. Mais une Compagnie
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- LA NATURE.
- anglaise se forma pour exploiter le guano accumulé sur ce roc désert. Dès lors, la quiétude de ce lieu de délices fut troublée. Comme le montre une de nos photographies, les agents de la Société s’emparent périodiquement de la plus grande partie des œufs. Des gamins les entassent sur des brouettes, puis sur des wagonnets que des chevaux traînent jusqu’au port d’embarquement; de là, des navires les transportent à llonolulu. Naturellement les œufs n’arrivent pas très frais à destination, mais ils n’en constituent pas moins un vrai régal pour les Hawaïens.
- Les albatros se nourrissent exclusivement de
- vitale, il faut, pour le tuer, lui enfoncer une forte aiguille dans la tête ou mieux lui asséner uh coup de bâton sur la nuque. D’ailleurs sa chair coriace et huileuse possède une odeur désagréable. Les insulaires océaniens ne la mangent eux-mêmes qu’en cas d’extrême disette d’aliments frais. Ils doivent la mettre au préalable pendant vingt-quatre heures dans l’eau de mer et l’exposer ensuite, durant le même laps de temps, à l’action du vent.
- Les albatros se reproduisent au mois de novembre et de décembre. Leur nid, ainsi que l’indique une de nos illustrations, consiste en une simple
- Fig. 1. — Colonie d’albatros hurleurs sur la grève de l’île Laysan (Océan Pacifique).
- petits crustacés, de mollusques marins et de méduses; ils n’ont pas assez d’agilité pour s’emparer des poissons. Contrairement aux mouettes et aux goélands, ils ne fondent pas sur les objets qui flottent à la surface des eaux, bien qu’ils nagent aisément, s’ils plongent maladroitement. Pour se reposer ou déguster les mets de leur choix, ils s’installent confortablement sur l'élément liquide.
- Les navigateurs mettent à profit la voracité des albatros pour s’en emparer. Ils déroulent d’un navire, qui ne doit pas filer plus de 4 à 5 nœuds, une longue et forte corde, à l’extrémité de laquelle ils fixent un hameçon. Comme appât, ils emploient un morceau de porc salé et cru. Lorsque l’oiseau s’est enferré, ses compagnons l’entourent en poussant des cris perçants. Vu sa grande résistance
- excavation pratiquée dans le sol et garnie parfois de roseaux brisés ou d’herbes sèches. Chaque femelle n’y dépose qu’un seul œuf blanc, long de 13 cm., épais de 10 cm. et pesant, en moyenne, 860 gr. L’éclosion se produit en janvier et les parents ne soignent pas longtemps leur progéniture puisque vers mars ou avril, ils partent en excursion maritime jusqu’en octobre. Chaque couple retourne alors à son ancien nid, et, après avoir tendrement caressé son rejeton, le prie poliment de déguerpir ! Malheureusement, le jeune abandonné a pris, durant l’absence maternelle, des idées d’indépendance. Il cède seulement à la force, non sans gratifier de nombreux coups de bec les auteurs de ses jours que, sans rancune, il suivra du reste vers l’Océan, l’année suivante.
- Les albatros planent en mer à une grande hau-
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- LA NATURE.
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- leur, et, décrivant parfois une courbe gracieuse, ils viennent effleurer la crête des vagues. Puis soudain, ils s’abattent complètement sur les Ilots, les ailes au
- et là déploient de nouveau leurs robustes ailes. Chose exlraordinaire, cet oiseau si bon voilier au-dessus des Ilots, se montre d’une insigne gaucherie sur la
- corps, la tête ramenée en arrière et ils rament avec leurs pattes. Une fois reposés, ils quittent brusquement l’élément liquide par la seule force de leurs muscles. D’un bond, ils atteignent souvent 60 m.
- terre ferme. Comme l’a dit superbement Ch. Baudelaire dans un sonnet fameux :
- Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
- Jacques Boyer.
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- LA NATURE.
- LA MISSION FRANÇAISE
- DE LA MALADIE DU SOMMEIL
- Dans un récent article le Dr E. Brurnpt nous a fait connaître1 l’état actuel de la science sur la question de la maladie du sommeil, si grave pour l’avenir de la colonisation européenne en Afrique.
- Le 25 octobre est partie de Bordeaux pour Brazzaville une Mission française d’études spéciales, qui remet à l’ordre du jour ce sujet si exceptionnellement important et fournit l’occasion d’exposer le côté pratique du problème.
- Toutes les puissances coloniales se préoccupent maintenant de cette énigme à la fois humanitaire et économique ; le Portugal s’y était attaqué le premier.
- Depuis, l’Angleterre a créé des laboratoires permanents confiés au major Ross; l’Empereur d’Allemagne a alloué 100 000 marks au professeur Koch, en ce moment dans l’Ouganda; le Roi des Belges vient de fonder un prix international de 500 000 francs et de constituer un fonds de recherches de 200 000.
- En France enfin, c’est la Société de Géographie de Paris qui a organisé la Mission d’études dont nous voulons parler ici.
- A l’initiative et au dévouement infatigable du président de la Société, M. Le Myre de Yilers, sont dues la réussite de cette idée et la réunion des 200 000 francs nécessaire à sa mise à exécution. L’Association scientifique internationale lui a prêté son concours pour dresser le programme scientifique des travaux de la mission.
- A cet effet elle a prié trois éminents spécialistes, membres de l’Institut, MM. Bouvier, Giard et Lavcran, de rédiger les instructions techniques à remettre aux membres de la Mission d’études de la maladie du sommeil, qui sont :
- M. le Dr Martin, des troupes coloniales, auteur de travaux sur les Trypanosomiases à la Guinée ; M. le DrLebœuf, des troupes coloniales; M. Rambaud, agrégé ès sciences naturelles ; M. Weiss, aide-naturaliste au Muséum ; M. Muny, sapeur du génie.
- Tous les médecins en résidence au Congo français ont été invités à communiquer leurs observations personnelles au Dr Martin, dont les études acquerront ainsi un caractère de généralisation et de synthèse sur les possessions françaises du 15e degré de latitude nord au 5e degré de latitude sud.
- La Mission est d’ailleurs placée sous le haut patronage du ministre des colonies et du commissaire général du gouvernement français au Congo. Yoici le résumé des « instructions )) élaborées par MM. Bouvier, Giard et Laveran, dont la Société de géographie a bien voulu nous communiquer le texte.
- On sait que l’agent pathogène de la maladie du sommeil est un trypanosome,Trypanosoma gambiense, et que la maladie est propagée par les mouches piquantes dites tsélsé et en particulier par la Glossina palpalis. Dutton, Castellani, Bruce, Todd, Christy, Nabarro, Greig, sont les premiers travailleurs du redoutable mal2.
- « La maladie du sommeil menace de dépeupler l’Afrique équatoriale. » Il faut donc absolument rechercher les moyens de traitement et étudier les mesures propliylac-
- 1 La Nature, n° 1718, 28 avril 1906.
- 2 Yoy. encore Keiîmorgant, La maladie du sommeil au Congo, Ann. d’kyg. eide méd. colon., 1906.—Bkumpt, Con- . grès d'hygiène de Bruxelles, 1903; Soc. de Biologie, 27 juin et 28 novembre 1905. — Chali.aye, Revue de Paris, 1er décembre 1905.
- tiques à conseiller. Yoici quel sei'a le programme des travaux ; d’aboi'd, d’après M. Laveran, pour la partie micro-biologique et médicale.
- I. Répartition de la trypanosomiase humaine et des Glossina au Congo français. Cartes adresser. — L’étude étant intimement liée à celle des Glossina, il faudra tout d’abord dresser deux cartes comme celles établies pour l’Ouganda par les observateurs anglais :
- 1° Carte des localités infectées avec notation spéciale! des localités reconnues indemnes;
- 2° Carte de distribution des Glossina, ces espèces diverses observées dans chaque localité et ces localités où elles ont été recherchées en vain.
- II. Diagnostic précoce de la trypanosomiase. — Le diagnostic de la maladie devra être fait à sa première période, avant l’apparition des symptômes graves qui la caractérisent réellement. L’examen histologique du sang s’impose sur ce point. On se demande déjà si l’on ne confond pas, sous l’appellation de maladie du sommeil, des étals morbides tout différents : paludisme, filariose, ankylostomiase, etc.
- III. Étude des trypanosomiases animales. — Le try-panosoma gambiense étant inoculable à un grand nombre de mammifères, on se demande encore si des animaux domestiques ou sauvages ne contribuent pas à le propager. La mission étudiera donc les trypanosomiases animales qui doivent régner au Congo français comme elles régnent déjà dans l’Etat Indépendant du Congo. Au besoin elle enverra à Paris, à l’institut Pasteur, des animaux infectés.
- IV. Le rôle des infections bactériennes secondaires, qui sont fréquentes chez les malades atteints de trypanosomiase, n’a peut-être pas toute l’importance que lui attribue notamment P. Manson. Néanmoins leur élude s’impose à la dernière période de la maladie.
- Y. Le rôle des Glossina, dans la propagation de la trypanosomiase humaine, comporte les problèmes suivants :
- 1° Les différentes espèces de Glossina peuvent-elles, comme Glossina palpcdis, propager la trypanosomiase humaine ?
- 2° D’autres mouches piquantes que les Glossina ont-elles aussi ce pouvoir?
- 5° Le rôle des Glossina est-il purement mécanique dans le transport et l’inoculation de Trypanosoma gambiense, ou bien certaines phases de Révolution du Trypanosoma gambiense s’accomplissent-elles dans le corps de la tsétsé.
- La divergence, sur ces points, d’opinions émises par d’excellents observateurs, prouve combien les expériences sont difficiles à faire et à interpréter. On ignore pendant combien de temps une mouche, nourrie sur un animal infecté de Trypanosoma gambiense, est capable de transmettre l’infection à un animal sain. Si le rôle de la mouche n’est "que mécanique, elle le remplit certes d’autant mieux qu’ellèVpiqué depuis moins’" longtemps ; au contraire, si le trypanosome évolue chez elle, la mouche ne doit être infectante qu’au bout d’un certain délai et doit le rester quelque temps. Bref, il faut connaître là-dessus ce qu’on a appris sur le Stegomyia fasciata par rapport à la fièvre jaunq.
- Yl. Les recherches concernant le traitement de la trypanosomiase humaine consisteront à expérimenter à fond les deux médications qui, jusqu’ici, ont donné les meilleurs résultats : 1° traitement mixte par l’acide arsénieux et le trypanroth; 2° traitement par l’atoxyl.
- Yll. Prophylaxie. — « Tous les essais d’immunisation
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- artificielle contre les trypanosomiases ont échoué jusqu’ici, et nous pensons qu’on a très peu de chances d’aboutir de ce côté, surtout en ce qui concerne la trypanosomiase humaine. » (Laveran.) Les mesures pratiques à essayer concernent : d’une part, les malades infectés; d’autre part, les Glossina elles-mêmes.
- La maladie du sommeil étant souvent importée par des indigènes à la première période de l’infection, il faudrait empêcher cette importation. Dutlon et Todd recommandent des postes d'arrêt, où tous les sujets suspects seraient examinés par un médecin.
- Les individus infectés pourraient être envoyés dans des régions sans tsélsé, où la maladie ne saurait pas se propager et où on créerait des sanatoriums.
- Certains villages fortement infectés seraient à déplacer, les habitations européennes tout au moins seraient à protéger mécaniquement contre l’entrée des mouches piquantes.
- Pour détruire les Glossina on préconise l’incendie de la brousse autour des centres habités, la suppression du gros gibier, etc.
- Les populations du Congo devront être éclairées sur le mode de propagation de la maladie du sommeil, et cela par une publicité spéciale ; une courte instruction à l’usage des Européens résidant au Congo est indispensable.
- Quant aux recherches zoologiques MM. Bouvier et Giard les divisent en cinq parties :
- VIII. . Histoire de la Glossina palpalis. — 11 y a lieu de reprendre toutes les recherches biologiques effectuées1. C’eA-à-dire : la distribution exacte de la Glossina pal-palis; les lieux qu’elle habite de préférence ou exclusivement; ses habitudes; ses refuges avant et après la piqûre; les époques où elle prédomine ; les espèces sauvages auxquelles peut-être elle s’attaque; enfin et surtout son mode et ses habitudes de reproduction.
- IX. T ’ransmission éventuelle par d’autres insectes piqueurs. — 11 est nécessaire d’étudier les diverses Glos-sines, les Slomoxys, Lyperosia, Hœmolabia, etc.), peut-être même les Tabanides, Moustiques, Punaises, etc.2. Les taons, en effet, propagent la trypanosomiase des dromadaires en Algérie et au Soudan, etc.
- X. Autres hôtes naturels du Trypanosome. — On est en droit de se demander si certains Vertébrés sauvages et même les poissons ne sont pas containinables par le Trypanosome, et ne seraient pas la source où viendraient se ravitailler, pour ainsi dire, les agents « propagateurs de l’affection ».
- « Parmi les espèces que des expériences ont montré fort sensibles, MM. Laveran et Mesnil citent : tous les Macaques, divers Cercopithèques, l’Ouistiti, plusieurs Lé-murs, les Chiens, les Chats, les Marmottes, le Hérisson.
- « Parmi celles où la sensibilité est moindre et où se produit une guérison : le chimpanzé, le cobaye, le lapin, les rats et surtout les souris, les chèvres, les moutons, les chevaux, les ânes.
- « Parmi les espèces réfractaires, MM. Laveran et Mesnil citent quelques Cercopithèques, les Cynocéphales et les Porcs. D’après les recherches de Bruce, les Bovidés seraient tout à fait réfractaires; pourtant, divers expérimentateurs ont obtenu des résultats positifs chez le bœuf. »
- 1 Yoy. E.-E. Austen, A Monograph of lhe Tsetse-flies, Londres, 1903, et Laveran et Mesnil, Trypanosomas et trypanosomiase, Paris, Masson, 1904.
- 2 Yoy. E.-L. Bouvier, Annales de l’Institut Pasteur, 1906 : Récolte et conservation des Diptères particulièrement des espèces qui piquent pour sucer le sang.
- XL Modification du 'Trypanosome chez Vinsecte propagateur. — Les réactions de l’insecte sur le Trypanosome sont à rechercher à la fois par la zoologie et la microbiologie.
- Pour cela il faudra suivre, chez divers insectes infectés à la même source, la vitalité et les modifications du trypanosome, tant sur la trompe qu’à l’intérieur de l’insecte.
- Xll. Les ennemis des insectes propagateurs et surtout de la Glossina palpalis, sont, à l’heure actuelle, inconnus. Ils existent sûrement néanmoins comme champignons parasites, insectes entomophages, animaux insectivores.
- « De tous ces ennemis, le plus terrible pourrait à coup sûr être l’Homme, si l’on arrivait à bien connaître les lieux où s’effectue le dépôt et le développement des Glos-sines.
- « Dans ce cas, il y aurait lieu de chercher une substance capable de tuer l’Insecte au gîte, avant son complet développement, et d’entreprendre contre les Glossines une lutte analogue à celle qu’on a menée, avec tant de succès, contre les Moustiques du paludisme et de la fièvre jaune.
- « Enfin, s’il était établi que certains Vertébrés sauvages servent à entretenir et à propager le Trypanosome, il conviendrait de faire une chasse continue à ces espèces, dans les régions où sévit la maladie du sommeil. »
- Nous avons tenu, malgré son caractère hautement scientifique, à résumer assez complètement le programme de la mission française de la maladie du sommeil. L’œuvre qui lui incombe est d’ordre à la fois géographique, politique, commercial, zoologique, hygiénique, ce qui lui donne des titres multiples à l’attention des moins spécialistes des lecteurs. Ceux-ci surtout doivent bien remarquer que si la tâche d’élucider ce qui concerne les infiniment minuscules trypanosomes est écrasante, énorme, sa grandeur répond à celle du service qu’elle est appelée à rendre et à la France et à l’humanité.
- Souhaitons-lui donc heureuse chance et pleine réussite!
- D1' Ouadiî.
- LES GRANDS APPAREILS DE LEVAGE
- On se souvient peut-être d’une Digue énorme et de puissance formidable que nous avons signalée, il y a déjà un certain nombre de mois, comme installée dans l’arsenal anglais de Chatham : cet appareil peut soulever une charge de 180 tonnes, dans les meilleures conditions. C’est sans doute le plus puissant engin du genre qui existe ; mais même quand on le connaît, il est intéressant de jeter un coup d’œil sur d’auLres plus modestes. Aussi bien quand, ces temps derniers, dans les milieux maritimes français, on s’est préoccupé des plongées de sous-marins par grandes profondeurs, et des moyens de secours à employer en cas d’avaries leur arrivant dans ces plongées, ce sont des grues beaucoup moins puissantes dont a constaté l’absence sur les points où se font ces essais.
- Certains appareils de levage ont été décrits ici antérieurement1, et notamment les appareils de levage de 160 tonnes que nous trouvons à Toulon et à Brest; une grande innovation s’est faite dans ce
- 1 Voy. nos 1056, du 26 août 1893, p. 197 et 1471, du 3 août 1901, p. 145.
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- domaine grâce aux secours si précieux en toute matière de l'électricité. Celle-ci joue maintenant un rôle constant dans les instruments de levage, et nous pourrions tout aussi bien citer les grues électriques qui bordent les quais trop solitaires de Calais, que les appareils à portiques montés sur les quais de Naples, et fort analogues aux précédents. Gênes lui aussi possède une multitude de petites grues électriques, de force très modeste d’ailleurs ; de même Southampton, etc. Ces grues sont du type courant bien connu, avec un bras en porte-à-faux incliné obliquement, auquel fait plus ou moins contrepoids la culasse de l’appareil. Mais le plus ordinairement, les instruments de soulèvement de très grande puissance ne présentent pas cette disposition : tantôt ce sont des bigues proprement dites, avec leurs jambes caractéristiques en forme de trépied, tantôt la partie arrière de la grue est munie de sortes de tirants qui la protègent contre toute tendance au déversement, ou enfin elle présente l’aspect d’un immense T dont les bras se font sensiblement équilibre, avec adjonction d’un contrepoids sur celui où ne s’accroche par la charge.
- Cependant, et surtout à titre de comparaison, nous mettrons sous les yeux du lecteur une grue électrique qui reste tout à fait dans le type classique, quoiqu’elle présente une force de 50 tonnes et même un peu plus, ce qui permet bien de la classer sous le titre que nous avons adopté ici. Elle se trouve à Southampton, et a été construite pour les besoins de la Compagnie de chemin de fer London and South Western. Tous ses mouvements sont électriques, elle comporte un moteur électrique pour chaque manœuvre; qu’on remarque, car c’est une rareté pour une grue de cette force, qu’elle peut circuler d’un point à un autre, en roulant sur une voie ferrée ad hoc, qui n’a pas moins de 7,76 m. d’écartement, par l’intermédiaire de 20 roues à houdin central, chaque rail étant double et présentant une gorge centrale ; ces roues sont munies de ressorts pour atténuer les chocs provenant des dénivellations de la voie. La grue proprement dite repose et peut tourner sur une plate-forme munie d’un chemin de roulement circulaire où elle est entraînée par une crémaillère circulaire. Nous n’insisterons pas sur le fonctionnement de cet appareil, car nous voulons nous en tenir aux généralités : qu’on remarque toutefois que le sommet du bras oblique est à 18 m. de terre quand ce bras donne à la grue un rayon d’action de 26,50 m. Le contrepoids est formé, à l’arrière de la cabine de manœuvre, d’une sorte de grand bassin métallique plein de pierres et pesant un poids de 70 tonnes.
- Comme type tout différent, du reste beaucoup plus puissant et répondant un peu aux conditions que nous indiquions tout à l’heure pour les appareils destinés à lever de lourdes charges, voici une grue électrique de 100 tonnes qui fonctionne le long du bassin dit Scotts’Dock, à Greenock. Elle est montée sur un piédestal et comporte deux tirants obliques qui l’assurent absolument contre l’effort oblique
- s’exerçant au bout de son bras de soulèvement. Elle ressemble bien, par ses éléments constitutifs, à ces grues américaines dites derricks qui ont été jadis signalées dans La Nature, et qui rendent tant de services, sur des proportions bien moindres, dans les chantiers Yankees. Sa construction même (et c’est un avantage sérieux) fait que son centre de rotation peut être placé tout à fait sur le bord du quai; et comme son rayon d’action absolu est de 21,30 m., en réalité elle peut prendre ou descendre une charge à 19,20 m. du bord du quai, de l’autre côté d’un très grand navire. Ce qui serait un mât, dans un derrick ordinaire et de faibles dimensions, est ici une immense boîte faite de plaques d’acier et de pièces venues de fonte, boîte maintenue verticalement et pouvant pivoter sur le pivot central de l’instrument. Nous n’avons guère besoin d’insister longuement sur les autres détails de construction : on voit notamment les jambes obliques faites de treillis qui vont prendre appui sur des massifs de maçonnerie au delà des voies de circulation des wagons sur le quai. L’emploi du fluide électrique assure une extrême simplicité dans la construction de cet appareil, comme dans son fonctionnement; tous les mouvements sont commandés par l’électricien, qui se tient dans une cabine collée le long de ce que nous avons appelé le mât de la grue, à une hauteur de 17 m. au-dessus du quai.
- Voici à Newport News, aux Etats-Unis, une grue également électrique, mais de puissance bien supérieure, qui différé assez sensiblement de la précédente par sa construction, et qui présente cet intérêt d’avoir un rayon d’action maximum de 33 m. et même un peu plus. Pour cette grue comme pour les autres du même genre, on dispose toute une série de crochets de levage, parce que l’on recourt à telle ou telle combinaison suivant le poids que l’on veut soulever : il s’en faut en effet qu’on travaille continuellement à pleine charge, et l’on a des moteurs pour répondre aux divers besoins.
- Nous serons très bref sur la grue de 150 tonnes qui a été construite à Bremerhafen par la Benrather Maschinen fabrik, pour l’Amirauté allemande, et dont il a été parlé antérieurement ici. Ce qui démontre éloquemment la résistance de ces appareils, c’est que celui-ci a été soumis à une charge d’essai de 200 tonnes, pour éprouver sa résistance. La disposition de la grue de Bremerhafen et la construction en T dont nous avons parlé antérieurement, se retrouvent dans la plupart des grues de construction récente et de commande électrique que nous aurions à signaler. Voici, par exemple, celle du port de Dublin, qui, comme bien d’autres, a été construite par une des grandes maisons d’électricité de l’Allemagne. Elle a une force de 100 tonnes, mais on trouve maintenant que c’est assez peu! Elle est d’ailleurs intéressante à tous égards, et l’on y peut remarquer les caractéristiques mécaniques qui semblent s’imposer dans la constitution et la charpente de ces appareils. Le pilier central de cette grue, qui vient
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- 1. L'appareil de Barro\v-in-Furness. •— 2. La grue de Newport-News. — 5. Appareil roulaul de Soulhamploii.
- 4. La grue de 100 tonnes de Greenoek.
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- reposer et tourner sur un pivot logé dans la maçonnerie du quai, l'orme un cône très pointu qui se loge dans la charpente de support; son mouvement de rotation est guidé par un chemin de roulement installé en haut de cette charpente. Dans toute celte construction on sent un équilibre parfait. Quant au treuil de soulèvement delà charge, on le voit rouler et se déplacer à la partie supérieure du hras horizontal le plus long du T. Toute la charpente métallique, notamment les poutres cantilever de la portion supérieure du T, est fort légère, et cela a permis d’équilibrer le bras horizontal et la charge à l’aide d’un contrepoids relativement fort léger. C’est à côté de ce contrepoids qu’est installée la cabine qui renferme tous les moteurs assurant les divers mouvements de l’appareil. Le mécanicien est dans une petite cabine qui se trouve vers le centre.
- On peut juger à première vue de l’énormité d’une grue de ce genre; le fait est que le crochet de soulèvement, pour son compte, peut monter à une hauteur de 21 m. et plus au-dessus du quai. La grue peut faire des rotations complètes, ce qui facilite étrangement les manœuvres, et cela en 8 minutes.
- Avant de linir, nous montrerons une grue électrique également, et fort analogue de construction et de fonctionnement, mais qui est représentée dans une opération des plus intéressantes, eu égard aux préoccupations actuelles. En dépit de sa puissance de 150 tonnes, ce n’est point à un établissement public, mais tout uniment à un constructeur particulier qu’elle appartient : il est vrai que nous sommes chez un des plus grands constructeurs d'Angleterre, la Maison Yickers Sons and Maxim, deBarrow-in-Furness. La hauteur totale de cet appareil au-dessus du niveau de l’eau est de 54,75 m. et la longueur de son bras atteint 45,20 m. On voit avec quelle aisance un instrument de ce genre est à même, non pas seulement de soulever un sous-marin alors qu’immergé encore partiellement il perd de ce chef une portion de son poids, mais de le sortir tout à fait de l’eau, et de le promener à bout de bras, pour le déposer où il est nécessaire. Henry Bougeois.
- LES FERMES A AUTRUCHES
- C’est à peu près exclusivement dans la colonie du Cap que les autrucheries ont pris un réel développement, et ce n’est que sur une échelle bien réduite qu’on en rencontre et qu’on en peut faire prospérer dans les autres colonies anglaises de l’Afrique du Sud. Des efforts ont été faits pour implanter cette industrie en Egypte, en Nouvelle Zélande, en Australie, dans l’Amérique du Sud, en Californie (et il serait injuste de ne pas rappeler ici le nom et les efforts de M. Forest) ; mais les résultats n’ont été qu’assez peu heureux. Tout au contraire, au Cap, les progrès en ont été continus; et tandis que, en 1880, l’exportation des plumes n’était que de 165 000 livres (livre anglaise de 453 grammes), dont une partie était même fournie par des oiseaux sauvages, cette exportation a pu atteindre 470000 livresen 1904, fournies, on peut dire uniquement, par les fermes à autruches. Celles-ci possèdent
- un troupeau énorme de 558000 animaux, alors qu’il n’en existait encore que 154000 en 1891. Les hèles se portent admirablement au Cap; tout au contraire, elles sont assez facilement décimées par la maladie dans les autres régions où l’on a tenté l’élevage. 11 faut dire que l’on n’a rien négligé pour se procurer au Cap des oiseaux présentant des qualités exceptionnelles à tous points de vue : on a vu une paire d’autruches, un couple s’entend, se vendre jusqu’à 25 000 francs, et il est constant de payer de 7000 à 8000 francs pour une belle paire. De 1880 à 1893 ou 1894, le prix de la livre de plumes s’est abaissé très considérablement, en même temps que la production augmentait dans une proportion énorme, et à peu près suivant la même loi : si bien, qu’on aurait pu supposer que cette industrie n’assurerait pas plus de bénéfices avec une production intense qu’au temps de la production modeste de 1880; mais, depuis lors, les choses se sonlmodi-liées, il semble que les divers marchés du monde absorbent avec la plus grande facilité toutes les plumes produites, et le prix de cette marchandise se maintient toujours aux environs de 56 à 57 francs la livre anglaise. (En 1880, le prix correspondant atteignait 85 francs en moyenne.)
- Au début de l’élevage, on recourait à l'incubation artificielle pour faire éclore les œufs; et cela surtout parce qu’on possédait peu d’oiseaux en âge de couver. Mais, comme, on constata que ce procédé entraînait chez les élèves une tendance très marquée à la maladie (pie l’on nomme la fièvre jaune, on a totalement abandonné ce procédé d’incubation, et les œufs de chaque couvée sont confiés uniquement aux parents, père ou mère, se relayant, le premier pendant la nuit, l’autre durant le jour (sauf pendant les pluies, où le male couve jour et nuit). La couvaison dure six semaines, le nombre des œufs est de 12 à 16.
- Le rendement le plus considérable en plumes se produit chez les oiseaux nourris dans la région du « vcldl » tendre, comme on dit, où l’herbe est meilleure par suite de la présence naturelle de l’eau, ou grâce à des irrigations; le rendement est minimum au contraire dans les régions élevées. Il faut du reste que la chute de pluie annuelle ne dépasse point 50 centimètres environ, que le territoire soit abrité des grands vents, qu’il ne présente pas de températures extrêmes. Et l’on estime qu’à l’heure actuelle toutes les parties réellement propres à l’élevage de l’autruche au Cap sont suffisamment occupées.
- Il y a deux procédés bien distincts d’élevage. Parfois on laisse les oiseaux trouver par eux-mêmes leur nourriture, mais alors il est nécessaire de leur offrir de vastes espaces d’un seul tenant atteignant une superficie de 1000 à 1200 hectares, sur le pied d’au moins 4 à 8 hectares par animal ; dans ces conditions, beaucoup d’oiseaux subissent des accidents, et l’on est bien en peine pour assurer leur alimentation en cas de sécheresse. C’est pourtant la méthode que l’on suit dans l’ouest de East London, et en remontant dans les vallées jusqu’à une hauteur de 800 à 900 mètres. L’élevage dans les terrains irrigués se fait principalement dans les parages de Oudtshoorn, où se trouve réuni un quart de tout le troupeau des autruches du Cap : il est nécessaire de semer de la luzerne sur ces terres pour la nourriture des oiseaux, mais on arrive à faire vivre 5 oiseaux sur moins d’un demi-hectare. Irrigations et amendements coûtent fort cher; il est vrai qu’ils rapportent. Bien des précautions ont du reste à être-prises pour défendre le troupeau contre les maladies. Celles-ci comprennent d’abord la fièvre jaune, que nous
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- avons déjà citée : c’est une maladie infectieuse qui peut s’attaquer aux poussins tant qu’ils n’ont pas atteint 4 mois, et qui est principalement redoutable quand ils sont trop exposés à l’humidité. C’est ensuite ce qu’on appelle le Strangylus Douglasii, sorte de ver intestinal qui s’attache aux glandes gastriques de l’autruche; quand ces vers se sont suffisamment multipliés, ils empêchent complètement l’animal de digérer. On n’a encore trouvé aucun remède contre ce parasite. Pour lutter contre le ver solitaire, il suffit de donner deux fois par mois une dose de térébenthine aux oiseaux, tant qu’ils n’ont pas deux ans. Enfin, en dehors de multiples parasites qui envahissent les plumes des oiseaux qui ne sont pas bien soignés, il y a aussi la mouche de l’autruche, qui est apparue il y a une vingtaine d’années, et qui cause de temps à autre des ravages considérables : pour en défendre les troupeaux, il faut recourir à des pulvérisations faites avec 5 pour 100 de paraffine dans de l’eau, ou les baigner dans une décoction de nicotine. 1). Bellet.
- NOUVEAUX EMPLOIS DE L’OXYGÈNE
- en métallurgie
- Depuis quelque temps l’oxygène est employé dans certains établissements métallurgiques pour le coupage des tôles et des plaques de blindage. Nous avons indiqué ici môme comment se pratique cette opération; rappelons simplement que le procédé est basé sur la facilité avec laquelle se fait la combustion des métaux dans l’oxygène, pourvu que ces métaux aient été bien chauffés, et sur l’élimination facile, et à l’état liquide, de l’oxyde métallique résultant de la combustion ; cet oxyde est en effet maintenu lluide grâce à la quantité considérable de chaleur qui se dégage pendant sa formation.
- De nouvelles applications du meme procédé viennent d’être signalées par M. de Schwarz dans une communication faite par lui, en mai dernier, à la réunion de Vlron and Steel Imtilule. Il s’agit ici du dégorgement des obstructions qui se forment souvent dans les fours métallurgiques soit aux trous de coulée, soit à l’extrémité des tuyères de souftlage du vent. Ces obstructions sont produites par une accumulation de métal solidifié ; elles empêchent la marche régulière des fours, gênent les opérations métallurgiques et sont souvent, quand elles se prolongent, la cause d’accidents graves : tel est le cas, par exemple, de certaines explosions de hauts fourneaux.
- Jusqu’ici, quand une semblable obstruction se produisait, on n’avait comme ressource que de percer un trou dans la partie solidifiée, par des moyens mécaniques. Ou bien, on taillait le trou au burin et à la masse, mais le burin se brisait souvent et restait engagé, ou bien, on essayait de pousser le bouchon métallique avec une sorte de bélier suspendu à une chaîne et poussé brusquement par cinq ou six hommes agissant simultanément. Il arrivait fréquemment que, l’ouverture étant pratiquée, celle-ci donnait issue à un métal pâteux qui se solidifiait en masse, presque aussitôt après sa sortie : le remède était alors pire que le mal.
- Plus lard, on essaya, avec un peu plus de succès, de faire fondre le métal au moyen d’un chalumeau alimenté soit au gaz d’éclairage, soit à l’acétylène, soit encore au pétrole ; mais l’opération était longue, coûteuse, incertaine et, s’il s’agissait d’une tuyère bouchée, son succès ne s’achetait que par la destruction presque complète de cette tuyère.
- Le docteur E. Meune, ingénieur aux Müsener Berg-werke, à Kreuzlhal en Wcslphalie, qui a essayé tous ces procédés, s’est arrêté enfin à l’emploi de l’oxygène tel que le décrit M. de Schwarz dans sa communication.
- On emploie un chalumeau oxyhydrique d’une assez grande longueur, 5 m. à 5,50 m., formant comme une sorte de lance (flg. 1 ). L’oxygène arrive par un canal central, l’hydrogène par un canal circulaire entourant le premier; comme les gaz sont utilisés sous très haute pression et proviennent de cylindres réservoirs où ils sont fortement comprimés, les conduites souples d’amenée doivent être solidement blindées.
- On donne d’abord l’hydrogène qu’on allume et dont on dirige le dard sur la partie du métal à percer ; on donne ensuite l’oxygène : le point chaulïé atteint bientôt le rouge blanc. On fait alors arriver l’oxygène en quantités de plus en plus grandes de façon à brûler le fer ; on s’aperçoit que cette combustion a commencé à l’apparition des étincelles brillantes qui se font ensuite de plus en plus nombreuses. On diminue l’arrivée d’hydrogène progressivement jusqu’à la faire cesser; en même temps, on augmente celle de l’oxygène qui, finalement, doit sortir à la pression minima de 50 atmosphères. L’oxyde produit fond et est chassé du trou par le jet de gaz sous forte pression ; en quelques minutes, le bouchon est percé, le trou de coulée dégorgé.
- M. Richards, qui a adopté le procédé pour scs cubilots à fonte, obtient le dégorgement de leurs trous de coulée en 25 secondes. 11 faut en moyenne 250 à 500 litres d’oxygène par opération; dans les cas exceptionnels, la consommation peut aller jusqu’à 600 et même 1200 litres; celle de l’hydrogène est extrêmement minime. Dans tous les cas donc, la dépense de gaz est insignifiante, inférieure souvent à 1 franc.
- En raison des nombreuses étincelles qui sont projetées très loin et de tous côtés, l’opérateur doit être muni d’un masque et revêtu d’un costume incombustible en tissu d’amiante.
- Pour produire le chauffage préalable, il n’est point nécessaire de recourir à l’hydrogène. Si l’on dispose déjà du gaz d’éclairage ou de l’acétylène, ces gaz conviennent parfaitement et on n’a besoin alors que d’une réserve d’oxygène comprimé ; l’action est évidemment moins rapide qu’avec l’hydrogène. Quant aux brûleurs à pétrole, il faut y renoncer absolument.
- L’hydrogène étant de tous les corps celui qui, à poids égal, dégage le plus de chaleur en se combinant à l’oxygène, il peut paraître paradoxal à prc-
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- Fig. 1. — Perçage d’un trou au moyen do l’oxygène dans un bloc d’acier.
- mière vue de ne pas conserver le chalumeau oxyhy-drique pour faire fondre le fer et, en définitive, de brûler du fer au lieu de brûler de l’hydrogène. Un kilogramme d’hydrogène donne bien, il est vrai, en brûlant dans l’oxygène, 15 000 calories, alors qu’un kilog. de fer n’en donne que 750, mais le 1er occupe un volume 87000 fois plus petit que l’hydrogène de sorte que, dans un f même espace, la
- chaleur dégagée < “ -
- est 5000 fois plus grande de ce seul fait ; d’où une plus grande élévation de température. Celle-ci est même plus haute encore par suite des moindres pertes par rayonnement et par conductibilité qui sont considérablement diminuées puisque les surfaces exposées au refroidissement sont très restreintes.
- Une démonstration expérimentale de l’excellence de la méthode a été faite à l’issue de la réunion de l’Iron and Steel Institute. Un bloc d’acier de section carrée (150 mm. de côté) sur 400 mm. de longueur (fig. 1) a été percé de part en part dans toute sa longueur en 75 secondes, la durée étant comptée depuis le moment de l’allumage de l’hydrogène. Le trou avait 50 mm. de diamètre, il était régulier et ses bords étaient sans bavures. L’opération avait été faite si rapidement que le bloc n’avait pas eu le temps de s’échauffer à l’extérieur et qu’on pouvait le toucher avec la main sans ressentir autre chose qu’une simple tiédeur.
- Cette expérience prouve qu’on peut utiliser le procédé pour percer des trous très réguliers dans les tôles ou dans les plaques de blindage, celles-ci fussent-elles parmi les plus dures et les plus épaisses. Dans ce cas, il y a avantage, pour abréger la durée de l’opération et pour diminuer la dépense d’oxygène, à faire le chauffage préalable au moyen de l’électricité. A cet effet, on utilise un courant de 4 à 6 volts et de 200 à 220 ampères, fourni par une batterie d’accumulateurs : un des pôles est relié à la plaque, l’autre à un rhéophore en charbon de cornue qui est amené en contact avec le point à chauffer. Tout compris, on perce ainsi une plaque de 100 mm. d’épaisseur en 18 secondes; il faudrait 55 secondes si le chauffage préalable se faisait au chalumeau oxyhydrique et... deux à trois heures
- FiK. 2.
- Lingot d’acier présentant une soufflure.
- si l’on employait les moyens mécaniques ordinaires.
- Si, dans ces expériences, on a placé derrière et en contact avec la plaque d’acier une plaque de cuivre, le trou peut être percé dans la première, sans que la deuxième soit entamée, si le courant d’oxygène est bien réglé. Cela résulte de ce que le cuivre brûlant beaucoup moins facilement que le fer, dégage
- moins de chaleur i et que, étant
- ' aussi meilleur
- conducteur que le fer, cette chaleur se dissipe plus aisément. La combustion s’arrête donc. Ceci explique comment le dégorgement des tuyères peut se faire sans les détériorer puisqu’elles sont le siège d’une active circulation d’eau qui en amène le refroidissement. Il convient d’ailleurs de remarquer que, dès que la combustion cesse, l’oxygène exerce une action refroidissante très énergique. Il provient, en effet, de réservoirs dans lesquels il était fortement comprimé et en route il s’est détendu à 50 atmosphères, puis à la pression atmosphérique, dès qu’il est sorti du chalumeau; il est donc très froid. En fait, on observe presque toujours un dépôt de glace sur la canalisation qui l’amène du cylindre-réservoir au chalumeau.
- L’oxygène peut être également employé en métallurgie pour remédier aux inconvénients des soufflures a (fig. 2) qui se forment dans les lingots d’acier coulés quand on ne prend pas certaines précautions pour les éviter. Ces soufflures proviennent de ce que le volume du lingot solide et froid est plus petit que le volume d’acier liquide qui l’a fourni et de ce que la solidification se fait d’abord par la périphérie du lingot; la diminution de volume porte donc sur la partie interne et il se fait un vide, ou soufflure, en a. Quand on dispose d’oxygène, on procède comme suit pour la faire disparaître. Aussitôt qu’il est démoulé, le lingot, encore rouge, est redressé; un jet d’oxygène est envoyé sur la croûte b qui fond en une minute; on n’a plus qu’à verser dans le trou, mis ainsi à découvert, de l’acier fondu identique à celui du lingot. La soudure est parfaite, car l’intérieur du lingot est encore pâteux. E. Lemaire,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
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- ECHELLES D’INCENDIE AUTOMOBILES ET AUTOMATIQUES
- Fig. 1. — Échelle automobile en marche.
- Du moment où l’on a compris les avantages de l’automobilisme pour les pompes à incendie, il est assez naturel d’étendre ce mode de propulsion ou de déplacement aux échelles de sauvetage, qui sont si utiles dans bien des sinistres.
- C’est surtout en Allemagne et en Autriche que l’on trouve les applications les plus nombreuses de 1 ’ automobilisme dans le matériel d’incendie; mais on ne s’est pas contenté de recourir au machinisme pour le déplacement du chariot portant l’échelle: on s’est dit qu’il était aussi rationnel de s'aider d’une machine pour soulever les parties successives d’une échelle télescopique, que pour actionner les pistons d’une pompe. Et l’on est en train de généraliser actuelle-
- ment ce que nous appelons l’échelle automatique, ce qu’on pourrait également appeler l’échelle mécanique, si ce mot ne prêtait pas à confusion. Au point de vue général, il est assez curieux dénoter qu’il existe en Allemagne un nombre véritablement imposant de maisons se livrant à la construction des. échelles d’incendies ; grandes échelles qui méritent ce nom de télescopiques que nous leur donnions tout à l’heure, en raison de la disposition bien connue des sections successives qui les composent, et qui glissent les unes dans les autres, dans tel ou tel sens, suivant qu’on allonge ou au contraire qu’on replie l’échelle.
- Ces maisons poursuivent depuis longtemps le perfectionnement de ce matériel, et nous croyons bien
- Fig. 2. — Mécanisme d’une échelle automobile et automatique allemande.
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- LA NATURE.
- que l’on a doté un certain nombre d’échelles d’un dispositif mécanique permettant de relever l'échelle couchée sur son chariot et de la développer, avant que de penser à la propulsion mécanique du chariot même; actuellement on rencontre bon nombre de ces engins qui arrivent sur le lieu du sinistre traînés par des chevaux, mais qui possèdent des bouteilles d’acide carbonique liquéfié, fournissant la force motrice pour le développement de l’échelle. Telle est, par exemple, l’échelle Biberach, dont nous ne décrirons pas le fonctionnement, car on peut le pressentir aisément. Nous ferons toutefois remarquer que, le plus ordinairement, les échelles allemandes sont montées sur une sorte de plaque tournante formant leur hase, et grâce à laquelle elles peuvent s’orienter dans tou tes les directions sans qu’on .déplace le chariot qui les porte.
- Nous pourrions signaler des types bien divers, même à ne parcourir que les ateliers d’une maison de spécialistes, la maison Braun, de Nuremberg. Il y a des échelles automobiles et automatiques où c’est un moteur à vapeur que l’on utilise à tout ; d’autres où un moteur à essence commande alternativement les roues, ou bien le treuil relevant l’échelle et faisant coulisser ses diverses sections; souvent du reste le relèvement; s’opère, un peu comme dans certains ponts mobiles, au moyen d’un secteur denté faisant corps avec le bas de l’échelle. Quelques engins sont mus et développés par l’air comprimé.
- Ce qui a certainement contribué aux perfectionnements curieux et très marqués des grandes échelles en Allemagne, c’est qu’on les emploie de façon courante pour bien d’autres choses que les incendies. On les utilise pour la pose des fds télégraphiques ou téléphoniques, pour le nettoyage des façades et des fenêtres des étages supérieurs des maisons, on y recourt assez normalement dans les travaux de construction; et même l’armée s’en sert pour improviser des postes d’observation. 1). Lebois.
- UN NOUVEAU MODE DE FABRICATION
- du verre à vitres
- Nos lecteurs savent, au moins d’une manière générale, comment se fabrique normalement le verre à vitres : on souffle une énorme bouteille cylindrique dont on supprime le haut et le bas, ce qui donne un cylindre de verre, puis on fend ce cylindre suivant une génératrice, on l’ouvre, on l’étale, on aplatit la feuille de verre qui formait la paroi cylindrique. Mais ces opérations sont coûteuses, parce qu’elles exigent et de la main-d’œuvre et du combustible, le cylindre de verre ayant à repasser plusieurs fois au four pour présenter la plasticité nécessaire à l’étendage.
- Le monde industriel belge (la Belgique se livrant sur une très grande échelle à la fabrication du verre à vitres) se préoccupe beaucoup d’une méthode nouvelle due à M. Fourcault, et qui est intéressante à tous égards. Le principe en est assez simple à comprendre, et fort ingénieux. Dans le creuset contenant la masse plastique, le verre en fusion, on place une sorte d’auge en terre réfractaire dont le fond est percé d’une étroite fente
- longitudinale : celui-ci porte le nom d’étireuse ou de débiteuse, et l’on va voir pourquoi. A l’état d’équilibre, par suite de la forme de ce fond, le niveau du verre liquide se trouve à quelques centimètres des lèvres de la fente ; mais si l’on enfonce le bac flotteur dans le bain de verre, et qu’on le maintienne dans cette position, le verre liquide va jaillir par la fente, comme d’une fontaine, par suite de la pression. Donc, si au moment où l’on enfonce ce flotteur, on fait pénétrer dans la fente une pièce d’amorce, une feuille de verre armé, cette amorce se collera au verre fondu, et quand la soudure sera bien établie, on pourra soulever l’amorce, qui alli-rera derrière elle le verre liquide. Bar suite de la visco-sitié de la matière, le verre liquide suivra le mouvement ascendant, de la substance plastique sortira de façon continue du creuset, en se laminant à la largeur et à l’épaisseur voulues, suivant la largeur ou plus exactement la section complète de l’ouverture pratiquée dans le fond de l’étireusc.
- La base de la feuille ne se rétrécit point, car elle est constamment alimentée de verre malléable, et la feuille produite peut se continuer pour ainsi dire indéfiniment : à condition que l’étirage se fasse assez lentement pour que la première partie de la feuille ait le temps de se solidifier, afin de jouer à son tour le même rôle que l’amorce dont nous avons parlé en commençant.
- Bien entendu, il a fallu combiner des dispositions pratiques pour arriver au résultat, mais l’inventeur est parvenu, une fois au moins, à étirer une feuille continue de 755 mètres de long! L’opération de l’étirage, qui s’effectue dans des conditions spéciales, de chaleur notamment, se fait dans une sorte de puits vertical ou de cheminée qui s’élève au-dessus de l’étireuse proprement dite. Cette cheminée assure un recuit particulièrement important de la feuille de verre. Elle est en tôle et garnie d’un calorifuge quelconque; à l’intérieur, et de place en place, sont disposés des rouleaux deux par deux, dont le plan de tangence est vertical et passe par la fente de l’étireuse ; la rotation en sens inverse de ces rouleaux attire la feuille de verre vers le haut et assure l’étirage. Ces cylindres sont faits de rondelles d’amiante enfilées sur un arbre métallique. C’est le dispositif mécanique d’entraînement qui, mû en sens inverse de sa marche pour l’étirage, descend l’amorce dans la fente de l’étireuse et permet le commencement de l’opération. La température du puits d’étirage est de 500 à 550 degrés, et le verre est déjà suffisamment solidifié quand il atteint les premiers rouleaux d’étirage ; il ne peut subir, par conséquent, aucune impression et se présente ensuite avec un poli excellent; il n’est du reste pas trempé (ce qui aurait de nombreux inconvénients) parce qu’il se refroidit graduellement.
- On peut débiter ce verre au fur et à mesure qu’il atteint la partie supérieure de la cheminée, et le procédé donne des verres dont l’épaisseur varie entre 2 et 10 millimètres. Cette épaisseur est naturellement proportionnelle à la largeur de la fente, en même temps qu’inver-sement proportionnelle à la vitesse de l’étirage et à la température de la matière mise en œuvre. Comme de juste, au fur et à mesure de la fabrication, il faut introduire de la matière nouvelle dans le creuset ou le four de fusion, afin de maintenir le niveau invariable et d’assurer la constance du débit de l’étireuse.
- On estime qu’avec ce procédé nouveau on abaissera de 50 pour 100 les frais de production du verre à vitre, et le verre étiré pourra servir aussi à la fabrication des glaces.
- ’P. de Mi'iuki.;
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- CHRONIQUE
- Sur la coloration rose du chlorure de chaux.
- — On sait que lorsqu’on chauffe vers 50° le chlorure de chaux., il se colore en un rose plus ou moins accentué; le même effet est obtenu quand on traite ce chlorure de chaux par l’acide carbonique. On attribue communément cette coloration aux sels de manganèse. Il y a quelque temps, un auteur italien, M. Tarugi, a montré qu’en réalité, cela était impossible, car un hypochlorite étant additionné de permanganate de potassium et traité par l’acide carbonique ou chauffé vers 50°, on voit disparaître totalement la couleur rose du permanganate. La coloration rose violacée observée serait due à la présence d’un fer-rate. En effet, de la chaux chimiquement pure, soumise à l’action du chlore, donne un hypochlorite de chaux qui ne rosit pas ; l’addition de sel de manganèse à cet hypo-chlorile est sans action, tandis qu’une trace d’un sel de fer détermine la coloration rose violacée. Il y a là l’explication exacte d’un fait depuis longtemps constaté.
- Les stations de télégraphie sans fils en Allemagne. — Si nous en croyons la publication Nord-deuische A llgemeine Zeitung, l’Allemagne possède actuellement 13 stations de télégraphie sans fils : dans le chiffre se comptent les stations navales, qui se trouvent à Àrcona, Marienleuchte, Bulk, HeligoJand, Kuxhaven et sur le feu flottant de Auszenjade. Les stations de Borkum, du feu flottant de Borkum Riff et de Norddeitch sont sous l’autorité de l’administration des Postes. L’administration du Canal de Kiel a une station à Brunsbultelkoog, et d’autre part les villes de Hambourg et de Brême et la Compagnie Norddeutscher Lloyd ont des stations à elles.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du J z novembre j 906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Caractère personnel des empreintes digitales, — On sait que les empreintes digitales constituent l’un des éléments utilisés par l’anthropométrie pour l’identification des indices. Des doutes s’étant élevés sur la valeur de cet élément, le garde des sceaux demande à l’Académie de faire étudier la question. Une Commission, composée de MM. Dastre, d’Arsonval, Darboux et Troost, est constituée à cet effet.
- Éludes de produits volcaniques. — M. Lacroix communique le résultat de ses recherches sur les fumerolles chaudes qui sortaient des flancs du Vésuve lors de la récente éruption. Il a reconnu le sulfure d’arsenic (réal-gar), fondu ou cristallisé, rappelant celui des houillères embrasées du Plateau central de la France, et le sulfure de plomb (galène) pour la première fois trouvé dans ce volcan et qui résulte de la réaction de l’hydrogène sulfuré sur la vapeur de chlorure de plomb.
- Comparaison des étalons lumineux. — M. Violle dépose une Note de MM. Pérot et Laporte donnant les résultats de la comparaison des étalons lumineux à flamme : carcel, Hefner, Vernon Harcourt.
- Visibilité des infiniment petits. — M. Violle présente un ouvrage de MM. Cotlon 'et H. Mouton intitulé les Ultramicroscopes. Les auteurs décrivent le moyen d’apercevoir
- des infiniment petits qui échappent sous le microscope ordinaire. C’est ainsi que l’on peut constater des déplacements de un millimicron, voir notamment le mouvement Brownien et étudier les colloïdes.
- Chimie du molybdène. — M. Moissan dépose une Note deM. Guichard signalant un procédé de l’acide molybdique en solution par le molybdène, ainsi que le titrage des solutions réductrices par le permanganate.
- Chimie du chrome. — M. Moissan dépose ensuite un travail deM. Binet de jassoneix sur la réduction de l’oxyde de chrome et la préparation du borure de chrome. Il résulie de ce travail que la réduction de l’oxyde de chrome par le bore, au four électrique, dans des creusets de magnésie, permet d’obtenir des fontes qui contiennent de 5 à 17 pour 100 de bore combiné. Au-dessus de cette limite le bore existe dans ces fontes à l’état de borure. Le borure de chrome est attaquable par les acides chlorhydrique, lluorhydrique et sulfurique et ne présente pas de forme cristallisée nette.
- Géologie de la Corse. — M. Michel Lévy présente une Note de M. Deprat relative à des porphyres alcalins existant en Corse et à un gisement de cristaux d’arthose découvert en un point qui occupe sur la feuille de Vico le coin N. E.
- Uémission calorifique du soleil. — M. Jansscn présente un Iravail de MM. Féry et Millochau sur l’émission calorifique du soleil. Les auteurs indiquent les résultats obtenus par eux au Mont-Blanc dans l’élude de la répartition de l’émission calorifique suivant un diamètre de l’image du soleil. Des recherches du même genre ont été faites déjà par Henri en 1845, puis reprises par Secchi et enfin par Wilson en 1894. Les nombres obtenus par ce dernier, quoique déduits d’un procédé différent, conduisent à une courbe identique à celle obtenue par MM. Féry et Millochau. En admettant l’hypothèse que le soleil est constitué par un noyau central chaud se comportant comme un corps noir entouré d’une atmosphère absorbante, cette atmosphère produirait une absorption de 57 pour 100 et la température du noyau central serait voisine de 6100°. Or, cette proportion de 37 pour 100 est indépendante de l’action de l’atmosphère terrestre, puisque les mesures relatives opérées sur un diamètre solaire à diverses altitudes sont superposables. La méthode sera dès lors précieuse pour étudier les variations probables de l’absorption de l’atmosphère solaire et par suite l’émission même du soleil, si, comme les auteurs le supposent, la température du noyau reste sensiblement constanle.
- Cil. DE VlLLEDEUIL.
- CURIEUSE TRANSFORMATION
- d’une pince de homard
- Sans avoir la prétention d’égaler en sonorité le moins authentique des Stradivarius, le violon de M. Benjamin Carlton n’en est pas moins remarquable. Ce luthier, qui habite les États-Unis, est, en même temps qu’un virtuose distingué, un fervent des sciences naturelles. Possédant dans sa collection un homard géant, il s’avisa que ses pinces, énormes, monstrueuses, pourraient servir à l’occasion de boîtes sonores.
- Après quelques tentatives, il réussissait à fixer
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- LA NATURE.
- sur une de ces pinces le manche à volute et le cor-dier d’un instrument hors d’usage, et à présenter un violon qui, certes, est unique au monde .v Prudemment, rapportons-nous-en aux journaux locaux sur les résultats des essais exécutés devant un public choisi : à en croire nos confrères du Nouveau Monde, M. Carlton sut tirer de son lobster-violin des sons exquis.
- Il est à peine besoin de dire que le crustacé mis à contribution est de l’espèce américaine (.homarus Americanus), qui, au point de vue des dimensions, produit de véritables monstruosités. Il n’est pas rare de voir exposer à la devanture des poissonneries de New-York et de Boston des homards longs de plus d’un mètre. L’aquarium de Battery Parle possédait récemment un spécimen vivant qui mesurait 1,25 m. Il est bon de rappeler que la longueur de notre homard ordinaire, celui que nous consommons en Europe, le Homarus vulgaris, dépasse rarement 40 centimètres.
- En transformant une pince de homard en un instrument musical, M. Benjamin Carlton, l’ingénieux luthier de Philadelphie, n’a fait que rajeunir un très vieux procédé qui eut ses siècles de vogue parmi nos lointains ancêtres de l’Europe préhistorique, et qui est encore appliqué communément parmi les races primitives des deux hémisphères.
- Tous les peuples sauvages empruntent directement à la Nature animée, sans y apporter de notables modifications, leurs instruments de musique. J’ai assisté fréquemment à des fêtes indiennes, dans l’intérieur de l’Amérique du Sud, et j’ai pu constater que les Peaux-Rouges savaient tirer un ingénieux parti des crânes et des tibias des fauves.
- Leurs flûtes, qui variaient beaucoup de longueur, de grosseur et de son, étaient fabriquées avec des os de jaguars ou de chevreuil. Et l’aigle des Andes — ou du moins son squelette — tenait, lui aussi, sa place dans l’orchestre.
- Emmanchée dans un tronçon de bambou, la boîte crânienne d’un jaguar émettait des notes rauques, et des becs de toucans, enfilés sur une cordelette et accrochés au cou des danseurs, produisaient à chaque bond un étrange bruit de clochettes fêlées.
- A coup sûr, l’instrument le plus bizarre que j’aperçus aux mains des musiciens indiens fut un crâne de fourmilier, avec sa longue protubérance osseuse. Les sons qu’en tiraient les exécutants étaient tour à tour rauques et stridents.
- Outre leurs tambours creusés dans un tronc d’arbre et garnis d’un morceau de cuir brut, les nègres des Antilles ne connaissent d’autres instruments de musique que la calebasse remplie de grains de maïs. Car il convient d’écarter ici le cosmopolite accordéon, ce piano des classes pauvres et des races peu raffinées, qui est en train de conquérir le lepee du Peau-Rouge et le kraal de l’Africain.
- Nous pourrions multiplier ces exemples, et sans sortir d’Europe, si nous nous en rapportons au professeur Ridgeway. Parlant l’autre jour à York devant la British Association, le savant anthropologiste, qui avait pris pour sujet de sa conférence l’origine des instruments de musique, fut amené à constater que la guitare fabriquée d’une écaille de tortue est encore en usage dans plusieurs régions méditerranéennes.
- D’après lui, les peintres et sculpteurs qui représentent Orphée jouant avec une lyre fabriquée d’une écaille de tortue font preuve d’exactitude historique, car tous les instruments à corde, et surtout la guitare et le violon, ont eu pour ancêtres cette lyre primitive.
- M. Ridgeway estime même que l’échancrure qui entaille de chaque côté le coffre de la guitare, du violon, et autres instruments similaires, a pour origine la forme même de l’écaille de tortue, qui se rétrécit légèrement en son milieu.
- En construisant leurs instruments, nos luthiers modernes ne feraient donc que continuer une « routine » aussi vieille que le monde.
- Et, puisqu’il est maintenant prouvé que les violons les plus parfaits ne sont, en somme, que des carapaces perfectionnées, nous sentirons-nous le droit de rire du virtuose américain et de son stradivarius en patte de homard? J. Durand.
- Le Gérant : P. Masson.
- Le lobster-violin d’un luthier américain.
- Paris. — Imprimerie Laiiuiie, rue de Fleurft, 9.
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- N° 1748. - 24 NOVEMBRE 1906.
- LA NATURE.
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- LA PHOTOGRAPHIE DES COULEURS
- par dispersion spectrale prismatique
- 11 y a peu de questions plus séduisantes, dans le domaine de la physique, que celle de la photographie des couleurs. En cherchant, un peu acciden-
- couleurs, résultant de la décomposition de la lumière par suite d’un phénomène constant, parfaitement connu et facile à produire, remplaceraient
- Fig. i.
- tellement, une nouvelle solution du problème, je ne disposais d'abord que d’instruments assez grossiers ; aussi les résultats que j’ai obtenus depuis un an, bien qu’intéressants pour la démonstration du principe, sont-ils encore très incomplets.
- Ainsi qu’il arrive d’ailleurs souvent en pareils cas, j’ai appris dernièrement que je n’étais pas le seul à avoir eu l’idée du procédé en question, M. Julius Rheinberg en ayant exposé les grandes lignes en janvier 1904 dans un article du Brilish Journal of Photography, qui passa malheureusement inaperçu en France, ainsi qu’en témoigne une intéressante communication à l’Académie des sciences de M. Gabriel Lippmann en date du 30 juillet dernier.
- C’est en observant les spectres qu’un encrier de
- l'in- O.
- avantageusement et naturellement les écrans colorés et les teintures pigmentaires qu’on utilise d’une façon toute artificielle dans le procédé trichrome pour la coloration d’épreuves noires et blanches.
- Fig. 2.
- Fig. i.
- cristal taillé projetait parfois sur ma table de travail que j’eus l’idée d’un procédé de photographie des couleurs basé sur le principe de la dispersion prismatique. Il me semblait, en eifet, que ces belles 3ie aimée. — 2e semestre
- U y avait, de plus, quelque chose de particulièrement séduisant à se servir delà riche palette du spectre, qui n’est due cependant qu’à des jeux de lumière à travers un prisme parfaitement transpa-
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- LA NATURE.
- rent et incolore pour animer un positif d’apparence ordinaire, éclairé par quelques rayons de lumière blanche, des couleurs vives et chatoyantes du vitrail ou du bouquet qu’il représente.
- Enfin la chose semblait théoriquement réalisable. En effet, puisque tout rayon lumineux traversant un prisme subit une déviation qui varie suivant sa couleur, il est bien évident que le prisme constitue un excellent instrument d’analyse qui permet d’enregistrer sur une plaque photographique les différentes déviations de chaque rayon coloré, comme on enregistre ses différentes longueurs d’ondes dans le procédé interférentiel, ou comme on sépare trois de ses teintes arbitrairement choisies sur trois plaques distinctes dans le procédé trichrome.
- Voici pratiquement comment, après d’assez longues recherches, j’ai pu opérer cette analyse et comment il est possible, une photographie en noir d’aspect à peu près normal étant obtenue très facilement et replacée dans l’appareil, de la voir éclairée avec ses couleurs vraies grâce au principe énoncé ci-dessus.
- Le procédé consiste à former avec un premier objectif, sur une trame, c’est-à-dire sur une plaque de cristal gravée de traits opaques et parallèles séparés par des intervalles transparents, l’image de l’objet à photographier. Cette image, ainsi divisée en une série de lignes, est reprise par un second objectif suivi ou précédé d’un prisme et projetée sur une plaque photographique de façon que chaque ligne forme un spectre dans l’intervalle compris entre les spectres des lignes voisines. Pour simplifier l’explication, supposons que, dans la figure 1, une petite partie de la trame, considérablement grossie, soit représentée en T. Nous y voyons quatre intervalles transparents a, b, c, d, séparant des traits opaques beaucoup plus larges. Supposons également qu’en raison de l’image formée sur la trame T par un premier objectif, non représenté sur la figure, le rayon a soit rouge, le rayon b jaune, le rayon c blanc et le rayon d bleu. Le rayon a, étant d’une couleur supposée simple, ne formera naturellement pas un spectre complet, il subira seulement la déviation de la couleur rouge et viendra impressionner la plaque photographique en a'. 11 en sera de môme des rayons b et d qui subiront, en passant à travers le prisme, la déviation de leurs couleurs respectives et viendront impressionner la plaque en b' et d'. Seul le rayon c étant blanc formera un spectre complet qui impressionnera la plaque dans tout l’espace C'. Le négatif une fois développé, nous en tirerons un positif qui ne sera transparent qu’en a', b', d' et dans tout l’espace C'. Si nous remettons ce positif dans l’appareil exactement à la place qu’occupait le négatif et si nous projetons de la lumière blanche sur la trame, les rayons a, b, c, d donneront des spectres complets qui se juxtaposeront sur la plaque en À'B' C'D'. Pour l’observateur placé à une petite distance derrière la plaque, seul le spectre C' sera visible en entier, et (îa figure étant très grossie) ce
- spectre sera si petit qu’il donnera par le mélange de ses couleurs l’impression du blanc.
- Au contraire, les autres spectres A'lf D' seront masqués par l’opacité du positif, sauf toutefois, comme nous l’avons dit, en a', b1, d'qui sont les seules parties transparentes du positif avec l’espace G'. Mais, comme ces parties transparentes se substituent exactement aux parties impressionnées par les rayons rouge, jaune et bleu, sur le négatif, ils ne laisseront passer que les rayons des spectres A' B' D' ayant subi à travers le prisme une môme déviation, c’est-à-dire exactement des rayons de mômes couleurs. L’observateur placé derrière la plaque photographique verra donc en a' du rouge, en // du jaune, en G' du blanc et en d'du bleu, qui sont justement les couleurs de l’objet photographié dont l’image avait été primitivement formée sur la trame.
- N’ayant pas, au début, de trame convenable, je me suis servi, pour les premières expériences, d’un miroir que j’avais rayé tous les 5 millimètres de traits parallèles d’environ 1 millimètre d’épaisseur, formant ainsi des lignes transparentes entre les parties du tain non attaquées et c’est avec cette trame rudimentaire, contre laquelle j’appliquais directement des morceaux de; verre ou de gélatine de couleurs, que j’ai obtenu les clichés reproduits aux figures 2 et o. Le déplacement latéral des lignes, résultant du phénomène de la dispersion à travers le prisme, est encore très sensible à l’œil nu, dans ces photographies. Pour la première (fig. 2), j’avais appliqué contre mon miroir rayé un verre rectangulaire rouge dans le haut (B), et un verre vert dans le bas (V), laissant une région blanche (B) entre les deux, ce qui formait une image composée de trois bandes superposées, rouge, blanche et verte. Sur la photographie, tandis que les lignes, dans la région rouge, sont complètement déviées vers la droite, dans le prolongement du rouge des spectres complets de la région centrale, il est très sensible que les lignes, dans la région verte, ont subi une déviation moindre et se trouvent dans le prolongement du vert des mêmes spectres. L’original du positif, reproduit figure 5, représentait un iris rouge, une tige et une feuille verte, une feuille jaune et une mouche bleue, découpés dans des feuilles de gélatine.
- Le porLrart (reproduit figure 4) a été pris normalement, c’est-à-dire en formant sur une trame (dont les traits opaques de 5/50 de millimètre étaient séparés par des intervalles transparents de 1/50 de millimètre) l’image du sujet photographié et en reprenant cette image au moyen d’un second objectif suivi d’un prisme, comme il est expliqué ci-dessus. j
- La trame ayant été projetée à taille égale sur la plaque, les lignes sont très fines et peu visibles, mais celles-ci ont interféré avec les lignes de la trame de similigravure employée pour la reproduction de la photographie dans ce journal et l’image ci-contre est un peu gâtée par un effet de franges qui, naturellement, n’existe pas sur le positif. Les couleurs des étoffes et des fleurs sont particulière-
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- ment bien venues ; seul le teint, toujours si délicat à réussir, est moins exactement reproduit.
- En ce qui concerne la portée pratique du procédé, je crois qu’il serait très possible de construire un appareil, de préférence stéréoscopique, qui servirait d’abord à prendre les négatifs, aussi facilement que s’il s’agissait de photographies ordinaires. Le même appareil permettrait ensuite de regarder les positifs, un châssis spécial pouvant s’adapter à l’arrière pour assurer la substitution des positifs sur verre exactement h la place qu’occupaient les plaques négatives, condition essentielle pour la reproduction fidèle des couleurs. Ce repérage délicat est obtenu, dans mon appareil actuel, en faisant avancer ou reculer la trame, de distances infimes, au moyen de vis micro-métriques, et le changement progressif des couleurs dans l’image permet d’assurer la mise au point : toutes les couleurs prenant l’aspect réel de l’original dès qu’on s’est assuré qu’il en est ainsi pour l’une d’elles.
- On peut ainsi obtenir une photographie sans aucune manipulation spéciale, en un seul temps de pose relativement court, et sur une seule plaque, dont on peut tirer un nombre indéfini de positifs qui, remis dans l'appareil, reproduisent exactement les couleurs de l’original, sans que celles-ci soient naturellement jamais susceptibles de s’altérer.
- Peut-être est-il intéressant de remarquer en terminant que si (comme le prétend M. Rothé dans un récent article sur la photographie interférentielle1) une méthode de photographie des couleurs doit, pour être satisfaisante, remplir les conditions fondamentales de durée, de fidélité et de multicopie, celle que nous venons d’examiner résoud justement ces trois problèmes. André Chéron.
- LE VIADUC HÉLICOÏDAL
- d’Austerlitz
- La ligne du chemin de fer Métropolitain, qui relie la place d’Italie avec la place de la République, franchit la Seine, à quelques mètres en amont au pont d’Austerlitz, sur une travée en arc d’une disposition particulière et qui a été précédemment décrite dans La Nature. Sur la rive droite de la Seine celte travée métallique est prolongée (fig. 2 et 3) par une voie d’accès traversant les quais au moyen d’une courbe très accentuée, formant presque un angle droit, et ayant 75 mètres de rayon. Comme il était indispensable de conserver la libre circulation des piétons et des voilures sur ce quai, cette voie d’accès a dû être établie sur un viaduc métallique à deux travées. Ces dernières eussent pu être construites au moyen de poutres principales droites indépendantes, prenant appui sur la pile intermédiaire, en augmentant l’écartement de ces poutres de manière à permettre l’inscription de la voie curviligne dans le contour polygonal du tablier. Mais cette disposition, déjà adoptée par les ingénieurs du Métropoli-1 Voy. La Photographie des Couleurs, n° 5. Novembre 1906.
- tain sur les boulevards extérieurs, présentait un certain nombre d’inconvénients techniques et, au point de vue esthétique, laissait beaucoup à désirer. On a donc préféré, au pont d’Austerlitz, employer des poutres de rive courbes entièrement parallèles aux rails de la voie, comme le montre la photographie (fig. 1). C’est, croyons-nous, la première application d’une pareille disposition, tant en France qu’à l’étranger. On obtient ainsi un ouvrage métallique plus agréable à l’œil et dont le seul inconvénient est d’entraîner une dépense plus considérable due aux frais d’usinage plus grands qu’avec des poutres droites.
- La théorie des poutres courbes est assez complexe et il nous serait difficile, étant donné le peu d’espace dont nous pouvons disposer, de la développer même brièvement. Nous nous contenterons de résumer succinctement ce qui différencie la poutre courbe de la poutre droite, en indiquant les efforts supplémentaires auxquels elle est soumise.
- Lorsqu’une travée droite (fig. 4) A B, composée de deux poutres de rive a b et c d, est chargée d’un poids uniformément réparti sur toute la portée A B, chacune des deux poutres de rive est soumise aux mêmes moments fléchissants et aux mêmes efforts tranchants. Les efforts (ju’elles ont à supporter sont donc égaux et, par suite, ces doux poutres de rive sont identiques au point de vue des sections à leur donner.
- Lorsque, pour franchir la portée A R, on remplace la travée droite par une travée courbe ayant pour axe A m B et dont les poutres de rive, également courbes, sont parallèles à l’axe de la voie Am B, et que celle travée est chargée d’un poids uniformément réparti sur toute sa longueur, celle-ci, par suite de sa courbure, subit un elfort de torsion tendant à faire tourner la travée autour de son axe longitudinal A m B, en surchargeant la poutre extérieure a' m' b' et en déchargeant la poutre intérieure c'm"d', comme le montre la figure 5. Les moments fléchissants et les efforts tranchants des deux poutres de rive ne sont donc plus les mêmes et, par suite, les efforts qu’elles ont à supporter ne sont plus identiques. On est donc amené à leur donner des sections différentes, contrairement à ce qui a lieu avec une travée droite.
- Par suite de la courbure de la travée, les poutres de rive tendent à se voiler vers l’extérieur de la courbe, comme l’indique la figure 5. Pour éviter ce déversement, on est amené à donner aux montants des poutres de rive et aux enlreloises qui supportent la voie des sections suffisantes et on assemble ces pièces entre elles de manière à former un tout très rigide et capable de supporter tes efforts de déversement et d’éviter toute déformation de la partie métallique dans le sens transversal.
- Lorsque, comme à Austerlitz, les poutres courbes, au lieu de ne franchir qu’une travée, en franchissent deux, et sont continues sur toute la longueur du viaduc et, de plus, sont encastrées avec les piles métalliques de support, les'efforts supplémentaires,
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- LA NATURE.
- dus à la courbure des poutres de rive, se reproduisent ; mais, dans le calcul, il y a lieu, en plus, de faire entrer en ligne de compte cette continuité des poutres ainsi que leur encastrement avec les piles, ce qui rend le problème encore plus complexe.
- Le viaduc hélicoïdal .d’Austerlitz (fig. 2 et 5), en
- l’avons dit plus haut, continue d’un bout à l’autre du viaduc et, de plus, solidaire de la pile intermédiaire B D et d’une seconde pile également métallique À E adossée contre les maçonneries de la culée du viaduc sur la Seine. À l’autre extrémité G du viaduc hélicoïdal, ces poutres de rive prennent appui, au
- pente de 40 millimètres par mèLre vers le quai, se compose de deux travées courbes de 75 mètres de rayon, dont la première, celle la plus voisine du viaduc sur la Seine, a une portée de 37m,8G, mc-
- moyen de rouleaux, sur la partie supérieure d’une pile en maçonnerie adossée à la partie maçonnée qui prolonge le viaduc hélicoïdal, comme le montre la ligure 2. De plus, les deux piles métalliques de sup-
- Fig. 2. — Élévation <lu viaduc.
- surée suivant l’axe du viaduc, et la seconde une portée de 52"‘,44. La longueur totale de la partie métallique est donc de : 70m,30 d’axe en axe des points d’appui.
- Le tablier sur lequel reposent les deux voies du Métropolitain est supporté par deux poutres de rive courbes espacées d’axe en axe de 8 mètres. Chacune de ces poutres de rive AG est (lig. 6), comme nous
- port reposent, à leur base, sur des rotules, formant articulation, dont les sabots prennent appui,' pour la pile métallique extrême A E, sur les maçonneries de la culée du viaduc sur la Seine et, pour la pile intermédiaire BD, sur un massif en maçonnerie fondé à l’air comprimé à la profondeur de 14 mètres au-dessous du sol. La figure 7 montre la disposition, dans le sens transversal au viaduc, de la pile intermédiaire.
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- Les poutres de rive courbes, d’une hauteur de 3 mètres, sont en forme de caisson dont les semelles
- des effets résultant de la dilatation et de ceux dus au freinage des trains, soit en cas d’arrêt, soit en cas de ralentissement de ceux-ci.
- Le tablier qui supporte la voie du Métropolitain se compose d’enlretoises reliées solidement, au moyen de goussets, aux montants verticaux des poutres de rive, afin de résister aux effets de voilement de ces poutres. Ces
- supérieures et inférieures sont reliées par un système de montants verticaux et de diagonales. Chacun des montants verticaux est renforcé de manière à pouvoir résister aux efforts transversaux dus à la courbure de la poutre, dont nous avons parlé au début, et qui tendent à voiler ces poutres.
- Pour les raisons indiquées plus haut, les deux poutres de rive sont dissemblables, quoique de même hauteur et de même largeur, et les sections données
- entretoises sont réunies entre elles par des voûtes en brique servant de support au ballast et à la voie.
- Le viaduc hélicoïdal d’Austerlitz, très intéressant au point de vue technique, puisqu’il est, comme nous l’avons dit, la première application de poutres courbes, au lieu de poutres polygonales, à un viaduc courbe de faible rayon,
- aux diverses parties qui les constituent, telles que semelles inférieures et supérieures, montants et diagonales, ont été calculées de telle sorte que l’effort maximum supporté ne dépasse pas 10 kg par millimètre carré, en tenant compte du poids mort du viaduc, des différents cas de surcharge résultant du passage des trains, des suppléments d’effort dus à la courbure de la poutre, des efforts résultant du vent, j
- Fig. 6.
- 3,j3----->j<-j-----(1,27
- (n,43)
- Fig. 7. — Coupe transversale sur la pile intermédiaire.
- a été étudié dans tous ses détails et construit par MM. Daydé et Pillé, les constructeurs bien connus
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- LA NATURE.
- et qui ont également étudié et construit, pour le Métropolitain, le viaduc de Passy, sur la Seine, précédemment décrit dans La Nature. R. Ronnin.
- PARASITISME ET MUTUALISME
- dans la nature
- Nous avons montré, dans un récent article publié ici même1, quelle sorte de rapport il existe entre les diverses formes de la vie et le milieu aquatique où ces formes sont appelées à se développer et à se nourrir. On a vu que des types vivants appartenant à un même ensemble assez étroitement limité, des mollusques, par exemple, se présentaient avec des caractères différents suivant qu’on les considérait dans des eaux fortement salées, saumâtres ou douces. Il y a donc variation, transformation des formes vivantes, parallèlement aux variations et aux transformations de leur milieu aquatique. Et comme les caractères anatomiques des animaux d’eau douce, l’histoire de leur développement individuel, présentent en grand nombre des rappels d’ancêtres ayant connu une existence marine, comme la paléontologie montre que les ancêtres des formes actuelles ont apparu dans les mers, nous admettions logiquement que les êtres qui habitent actuellement l’eau douce ne sont que les descendants modifiés d’êtres ayant habité autrefois la mer.
- Le principal facteur de cette transformation, dont nous nous efforcions de montrer l’action, à la suite du savant M. Pelseneer, était le degré de salure de l’eau, salure qui, nous l’avons dit, avait surtout de l’importance par son action physique. Nous n’avions pas à nous occuper alors de rechercher d’autres causes modificatrices des formes vivantes. Ces facteurs ne laissent pas cependant que d’exister et d’être très nombreux. De même que nous avons vu la vie varier avec les conditions de salure, de même nous aurions pu indiquer des faits analogues pour les variations de lumière, de chaleur, ou des différents états de l’eau ou de l’air considérés dans leurs rapports avec les organismes vivants.
- On a pu distinguer par exemple'2 les végétaux et les animaux par la façon dont ils réagissent à l’action de la lumière, les premiers présentant le plus souvent de la chlorophylle, et les seconds un appareil visuel, c’est-à-dire « deux choses qui sont un intermédiaire direct entre le soleil et la nature vivante ». On a étudié aussi les effets de l’absence complète ou partielle de lumière, que l’on a fait intervenir comme facteur capital dans la formation des caractères qui distinguent les faunes de grandes profondeurs marines, de cavernes, etc. De même, on a étudié l’action de la chaleur et montré la façon
- 1 Yoy. n° 1758, <fu 15 septembre 1906, p. 242. La plaie et la vie.
- 2 Yoy. A. Giard. Fadeurs primaires de VEvolution. Cro-villc Moranl, éditeur.
- différente dont les animaux résistent aux modifications qu’elle peut suhir, étude qui a conduit à des constatations et à l’emploi de termes très prochains de ceux que nous avons signalés dans notre précédent article au sujet des types eury- et sténohalins. On a appelé eurythermes les organismes susceptibles de supporter des grandes variations de température et sténothermes ceux qui sont au contraire étroitement soumis à des conditions thermiques déterminées. L’eau, dont nous avons déjà eu occasion de parler, a été envisagée tantôt au point de vue des variations de son chimisme, tantôt au point de vue de son état physique, considérée tantôt à l’état de repos, en petites surfaces ou en vastes étendues, tantôt à l’état de mouvement et agissant par sa seule action mécanique: cette étude a montré, elle aussi, pour chaque variation du milieu, un nombre considérable d’adaptations, représentant autant de modifications dans la forme de la matière vivante. L’air, à l’état de repos ou de mouvement, agissant tantôt par les gaz qu’il tient en suspension, tantôt par son action mécanique, ne s’est pas révélé comme un facteur de moindre importance dans le modelé extérieur de la vie.
- Ainsi les êtres vivants ne nous apparaissent pas comme isolés au milieu de la nature. Un sculpteur peut s’attarder pour approcher son œuvre de ce qu’il conçoit comme la perfection ; un jour cependant la statue lui deviendra étrangère, — et sera finie. La création, elle, n’a jamais achevé. Elle retravaille sans cesse les formes admirables dont elle s’est plu à animer la tristesse ou la beauté de nos paysages. Le plus intime rapport unit à chaque instant l’ensemble de tout ce qui est vivant à l’ensemble de tout ce qui est mort et chaque variation du monde inanimé a son retentissement dans le monde animé. Lumière, chaleur, air et eau sont les éternels ouvriers de cette tâche quotidienne et séculaire, — et, tandis qu’au cours des âges se transforme la physionomie de la terre, la physionomie de la vie évolue parallèlement.
- Cependant les modifications de la vie, telles que les révèle l’observation du passé et du présent, n’ont pas pour causes uniques celles dont nous venons d’esquisser rapidement le tableau. À côté de l’action du monde inanimé, il faut en effet, pour comprendre beaucoup de phénomènes biologiques, faire intervenir en surplus l’action du monde animé sur soi-même, c’est-à-dire des êtres vivants sur leurs semblables — action des êtres vivants en tant que tels et abstraction faite d’ailleurs de leur action en tant que matière brute.
- On peut se placer à deux points de vue pour étudier cette action des êtres vivants les uns sur les autres, — soit que l’on considère les rapports d’individus ou de groupes d’individus appartenant à une même espèce, soit que l’on s’attache aux rapports d’espèce à espèce. Le premier point de vue est celui de la sociologie, étude des sociétés aussi bien humaines qu’animales et même que végétales, le second est celui de Y éthologie. Ce sont deux do-
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- LA NATURE.
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- maines également curieux et qui lourmillent de faits suggestifs pour les esprits réfléchis et observateurs. Nous voudrions donner ici quelques aperçus des enseignements que comporte l’étude éthologique du monde animé, et nous ne saurions mieux faire dans un tel exposé que de nous laisser guider par l’excellent ouvrage de très haute vulgarisation et de grande érudition que vient de publier notre collaborateur M. le D1' Laloy, sur ce qu’il appelle Le parasitisme et le mutualisme dans la nature1, synthétisant en ces deux formules, empruntées au vocabulaire des sociétés humaines, deux des principaux rapports qui existent soit entre les individus, soit entre les espèces.
- La grande question c’est de vivre ; le moyen c’est de manger. Les rapports d’être à être, d’espèce à espèce, sont dominés par cette nécessité, la nourriture, — préoccupation immédiate, à sanction rapide, à peine masquée de sentimentalisme parmi les hommes, toute nue dans le reste du monde. Pour trouver le vivre, les animaux s’entre-dévorent2 ou s’entr’aident3, — bref ils vivent tous aux dépens les uns des autres; car, il est bon de l’indiquer de suite, parasitisme et mutualisme ne sont pas deux choses essentiellement différentes dans le monde vivant, mais deux réalisations extrêmes d’une même chose, l’exploitation d’autrui. De plus, il faut remarquer aussi, une fois pour toutes, que pas plus que dans les sociétés humaines, il n’est nécessaire de supposer un pacte conscient, un contrat social à la base des relations d’espèces. On peut les considérer comme des résultantes mécaniques de situations données, situations qui peut-être dans certains cas sont conscientes, sans que d’ailleurs cela change rien à ce qu’elles sont.
- M. Laloy commence son livre par l’étude des parasites. Il nous montre d’abord les plantes qui vivent en parasites sur d’autres plantes, telle par exemple la cuscute qui vit aux dépens de la luzerne et qui cause à celle-ci des dégâts souvent considérables. Nous ne pouvons naturellement pas suivre l’auteur pas à pas dans son exposition gorgée de faits. Cependant il est intéressant de signaler ce qu’il dit des effets du parasitisme sur le parasite ; celui-ci — et le fait reste vrai pour les parasites animaux — est très souvent caractérisé par des régressions et des atrophies considérables qui peuvent Jui donner l’apparence d’un type appartenant à un groupe beaucoup plus inférieur.
- C’est ainsi qu’on ne saurait reconnaître une phanérogame à l’anatomie de l’orobanche. Il faut aussi mentionner ce qui a trait aux moyens de défense mis en œuvre par les plantes contre leurs parasites végétaux ; les plus fréquents sont la formation de mem-
- 1 I)1' L. Lat.oy. Pqrflsitisyie et Muluçilisme dans la nature, Paris, F. Alcan, lOOff
- 2 F. Le Dautec. La lutte universelle. Paris 1906, E. Flammarion, éditeur.
- 5 Pierre Kropotkine. L’entraide. Un facteur de l’évolution. Paris, Hachette, 1906.
- branes capables de résister à l’action des sécrétions digestives et toxiques de l’envahisseur ou encore la formation d’un liège imperméable limitant le péril ; ce processus peut aller jusqu’à déterminer une em veloppe close enfermant le parasite, c’est ce qu’on appelle une galle.
- Les plantes ne se bornent pas à se parasiter entre elles. On sait trop qu’elles s’attaquent aux organismes animaux et sous des formes bien redoutables puisqu’il s’agit ici des champignons et des microbes. Ici encore la défense est extrêmement intéressante : on observe par exemple, dans l’intimité du système circulatoire, une véritable lutte corps à corps entre les cellules sanguines et les spores du cryptogame. M. Metchnikot a admirablement exposé ces phénomènes dans son ouvrage sur l’Immunité l.
- À leur tour, les espèces animales vivent fréquemment à la charge des espèces végétales. Ce sont par exemple les nombreux ennemis de nos arbres fruitiers, les pucerons, le phylloxéra, les cochenilles, etc. ! Un des principaux moyens de défense est la formation des galles ou cécidies; signalons en passant leur étroite ressemblance avec des fruits ; elle se comprend, d'ailleurs aisément, si l’on observe que le fruit est en réalité lui-même une sorte de galle isolant de l’organisme les appareils de dissémination de la plante qui en attendant la maturité vivent à ses dépens, comme de véritables parasites.
- Parmi les parasites animaux d’animaux, on peut distinguer les parasites organiques, vivant directement de la substance même de l’être qu’ils habitent, et les parasites, tels que les nématodes de l’homme, qui vivent simplement en prélevant leur part sur la nourriture de l’hôte ou bien sur ses sécrétions. Les uns et les autres présentent d’ailleurs en commun ces prodigieuses régressions qui sont le signe distinctif des parasites. On trouve parmi eux de nombreuses variantes dans le genre de vie. Tels seront fixés ; ainsi les crustacés cirripèdes qui vivent sur d’autres crustacés, sur des méduses, des requins ou des cétacés et dont certains types ne sauraient être reconnus pour crustacés si l’étude de leur développement n’avait montré qu’ils en possèdent nettement les caractères à leurs premiers stades. D’autres, au contraire, ont besoin de plusieurs hôtes pour parcourir en entier leur cycle évolutif, ainsi les tænias de Phpmme qui vivent d’abord à l’état de cysticerque l’un sur les cochons ladres, l’autre sur le bœuf, ou le distome du mouton, qui passe par le foie d’un mollusque du genre lymnée avant de parasiter le foie du mouton ; ces animaux présentent tous des types de formes spéciales adaptées à chacun des hôtes successifs. Enfin faut-il faire mention ici de quelques parasites bien connus de nos lecteurs, et qui sont responsables de maladies terribles : ankylostome ou ver des mineurs, trypanosomes de la maladie du sommeil, hématozoaires des fièvres paludéennes et intermittentes, etc. ?
- 1 E. Metciknikof. L’Immunité. Paris, Masson et Cie.
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- Fig. 1. — Cette planche groupe différents faits de parasitisme.
- 1. Puce chique (Pulex penetrans), différenciée en femelle énorme b, et en mâle petit a. — 2. Orobanche, plante phanérogame dégradée par le parasitisme. — 3. Phases successives du Dislomum hepalicum (douve du foie) : a, lymnée à l’intérieur de laquelle pénètre l’embryon infusoriforme b, qui s’y transforme en un sac (sporocyste) c, rempli de récites d, qui, arrivées à maturité, se dispersent dans l’eau, sont avalées par des moutons, et se transforment en distome e, qui donnera à son tour des embryons b. — 4. Même histoire avec un Tænia : a, cysticerque dans les muscles d’un porc ou dun bœuf; b, idem, isolé; c, le même avec la tête sortie de son fourreau; d, œuf avec embryon; e, tænia adulte chez l’homme. — S. Diverses formes microbiennes : a, microcoque; b, bactérie; c, vibrion; d, bacille; e, • spirochœte ; f, leptotriche; g spirille; h, cladotriche; i, l, m, n, o, p, stades de multiplication; r, s, t, u, phagocytoses. — 6. Feuille de peuplier avec des galles. — 7. Le crapaud Pipa Porsigera, femelle parasitée par sa progéniture.
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- Organisation collective de la propriété chez les
- oiseaux républicains . de
- l’Amérique du Sud (Philælcrus socius).
- Les cultures de
- graminées des fourmis Pogonomyrmex.
- Les fourmis à parasol {Alla) de l’Amérique centrale à la récolte des feuilles destinées à faire un terrain artificiel pour la culture des champignons.
- Mvcorlnzes. ou symbiose d’une racine et d’un thallophyte.
- Fig. 2. — Cette planche groupe des faits de mutualisme.
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- Les faits que M. Laloy réunit dans la seconde partie de son ouvrage sous le titre de Mutualisme ne diffèrent pas, nous l’avons dit, essentiellement des précédents. Ce sont des associations ou. des groupements dont les membres se font de réciproques concessions et se prêtent un mutuel appui qui leur facilite l’obtention de la nourriture. Au point de vue qui nous préoccupe et qui domine tout cet article, c’est-à-dire au point de vue des modifications imposées aux formes vivantes par le milieu vivant où elles se trouvent, elles ne sont pas moins considérables que celles qui résultent du parasitisme,
- Les groupements d’espèces en sociétés peuvent se faire entre espèces du règne végétal, entre espèces animales et espèces végétales, entre espèces du règne animal. 11 est bien entendu qu’ici encore ces distinctions en grands groupes sont des nécessités d’exposition bien plus que des catégories naturelles. On observera dans ces groupes diverses modalités dos rapports d’espèce à espèce, depuis de simples agglomérations ou associations déterminées par les conditions cosmiques, telles que la nature du sol, le climat, etc., jusqu’à des symbioses réalisant de véritables fusions organiques entre les êtres en présence, en passant par des sociétés où sans qu’il existe une intimité aussi grande, ce sont néanmoins les raisons d’utilité réciproque qui déterminent les rapprochements et les maintiennent.
- C’est ainsi qu’on peut distinguer les flores des toundras arctiques, des prairies tempérées, des savanes tropicales, des steppes, des déserts, des laudes, des marais et des tourbières, des régions littorales, des forêts, des cours d’oau ou des eaux immobiles et des mers, chacune de ces flores constituant un grand type d’agglomération, à l’intérieur de laquelle les services mutuels sont évidemment nombreux, mais où la cause principale de rapprochement est le facteur cosmique,
- Par contre, le groupement en vastes superficies de certaines plantes dont le pollen est transporté par le vent (graminées, oupuhfères, conifères, etc.), est une condition indispensable à la facilité de leur reproduction. Ce sont des nécessités biologiques comparables qui astreignent les plantes grimpantes à employer le support d'arbres voisins pour se hisser jusqu’à la lumière ou qui, dans l’intérieur des forêts tropicales, contraignent de nombreuses fougères et orchidées à se fixer à la cime des arbres au lieu de prendre leur nourriture et leur support dans un sol dangereux. On arrivera aisément à la notion de symbiose si l’on imagine qu'une plante ainsi sup= portée par une autre lui concède, en quelque sorte à titre de paiement, quelques-uns des éléments dont elle est dépourvue. C’est ce qui se passe, par exemple, dans le célèbre cas des mycorhizes, association intime des filaments mycéliens de certains champignons avec les racines de certaines plantes, l’arbre profitant de l’azote qui lui est fourni par son hôte.
- Parmi les services rendus aux plantes par les animaux qui leur demandent la nourriture ou qui en
- recherchent les sécrétions, certains sont très connus ; ainsi l’on sait que la fécondation croisée de bien des plantes n’est possible que par l’intermédiaire des insectes et des oiseaux, que les animaux disséminent également les graines une fois formées, etc. Le chapitre des relations des fourmis et des plantes sera toujours.un des plus divertissants des sciences naturelles. Il semble que chez elles l’instinct ait épuisé à l’avance toutes les plus subtiles roueries que puisse imaginer l'intelligence. Les fourmis moissonneuses, par exemple, recueillent et emmagasinent dans leur nid les petites graines de graminées, etc., elles arrêtent leur germination en rongeant la jeune plan-tule qui est en train de sortir, les mettent ensuite sécher au soleil, les emmagasinent à nouveau, se nourrissent des parties molles et sucrées, et rejettent l’enveloppe au dehors sous forme de son. D’autres, des américaines du genre Pogonomyrmex « sarclent tout le terrain qui entoure leur nid, en égalisent la surface, et n’y tolèrent qu’une seule plante, une graminée, qui prospère tout autour du nid ». Les Atta de l’Amérique tropicale se livrent à la culture des champignons ! Elles préparent à cet effet un milieu absolument artificiel composé de fragments hachés et mâchonnés de rondelles de feuilles découpées aux arbres du voisinage et de diverses autres matières ; c’est sur ce substratum que se dé-loppe un champignon, toujours le même, le Rozites gongylophora. 11 faut dire d’ailleurs que les moyens de défense employés par les plantes contre les fourmis ne sont pas moins curieux — nous allions dire pas moins ingénieux — que les faits ci-dessus. L’un des plus étranges est une façon d’alliance contractée par la plante avec une espèce de fourmi contre une autre espèce. Certains acacias présentent des épines stipulaires creuses, à l’intérieur desquelles les fourmis « de garnison » trouvent à la fois nourriture et logement. Les Cecropia de l’Amérique tropicale offrent aux Azteca qui protègent leurs feuilles contre les Atta des logements plus parfaits encore : ce sont les cavités qui existent à l’intérieur creux du tronc et qui sont mises en rapport avec l’extérieur par un trou situé au-dessus de chaque insertion foliaire. Dans cette demeure, les fourmis pratiquent l’élevage des pucerons et elles sortent de temps à autre pour aller chercher des sécrétions fournies par la plante-support et qui leur servent de nourriture.
- Il nous faudrait maintenant esquisser un tableau rapide de ce que M. Laloy appelle la vie sociale dans le règne animal, montrer les diverses faunes, leurs Origines et leurs modifications, décrire les sociétés animales, si prodigieusement organisées chez les insectes, parler des cités formées parles oiseaux, de la famille, du troupeau et du clan chez les mammifères, et aussi des associations d’animaux d’espèces différentes, pénétrer à nouveau dans les fourmilières tropicales, voir quels sont les hôtes qui y sont admis, en hôtes, en amis, en parasites ou en esclaves, etc. La place, malheureusement, nous est bornée.
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- Cependant nous croyons en avoir assez dit pour montrer quel peut être le profond et captivant intérêt du sujet qui a tenté le beau talent de M. Laloy. Encore que nous n’ayons l'ait pour ainsi dire que courir à travers son livre, on a vu combien il est rempli de faits singuliers et d’aperçus ingénieux. On a pu surtout se persuader à chaque instant, et une étude plus détaillée, faite page à page, ne ferait que le faire plus profondément sentir, on a pu, disons-nous, se persuader de toute l'importance du facteur-
- vie sur la forme que revêt le phénomène-vie. Ce n’est pas seulement entre les espèces vivantes et la matière brute qu’il y a un perpétuel mouvement d’action et de réaction, se traduisant par des modifications et des adaptations ; la même loi est vraie pour les rapports des espèces les unes avec les autres. Toutes les formes d’êtres que nous connaissons sont les résultantes du conflit de la matière vivante avec ces deux grands ordres de causes modificatrices.
- Jean Lafitte.
- LES APPLICATIONS DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE DANS L’AGRICULTURE
- Les applications de l’énergie électrique dans l’agriculture n’ont pas encore pris jusqu’ici un grand développement. On ne peut nier toutefois que l’énergie électrique n’ait rendu déjà de grands services en agriculture dans de nombreuses circonstances.
- Nous avons déjà cité et mentionné des applications de toutes sortes où un moteur, à vapeur ou à pétrole, actionnait une machine dynamo, qui effectuait ensuite, dans des limites très restreintes, une distribution d’énergie électrique à divers moteurs électriques actionnant les appareils de toutes sortes utilisés à la campagne. Le matériel agricole se prête fort bien d’ailleurs à l’utilisation, directe ou à l’aide de petites transmissions, des moteurs électriques. Et nos grands constructeurs de machines agricoles offrent aussi bien des machines à battre, des batteuses à élévateurs, des machines à trier, des élévateurs, des batteuses à ébourrer et à égrener, etc., commandées par des moteurs électriques ou des moteurs à vapeur. Toutes nos maisons de construction françaises possèdent donc aujourd’hui tout un matériel à commande électrique. Le moteur électrique est du reste un appareil très perfectionné qui peut se prêter à toutes les utilisations dans les meilleures conditions industrielles. C’est un point sur lequel nous dési-
- rons fixer tout d’ahord très nettement les idées.
- Mais pour actionner les appareils électriques dont nous parlons, il a fallu jusqu’ici avoir recours à la machine à vapeur, à des loconiobiles, à des moteurs
- à vapeur ou à pétrole. On n’a pu le plus souvent établir que des groupes, des stations centrales portatives qui fournissaient l’énergie électrique dans des conditions défectueuses.
- En juin 1904, il s’est formé à Voyennc, dans le département de l’Aisne, sous les auspices de M. Gentilliez, sénateur, une société pour l’utilisation de 3 chutes d’eau situées sur deux petits cours d’eau, la Serre et le Vilpion, donnant une puissance d’environ 200 chevaux, à laquelle s’ajoute la puissance d’une machine à vapeur de 100 chevaux. Cette société a peur but d'effectuer la distribution de l’énergie électrique dans toute la contrée pour permettre l’alimentation des installations d’éclairage, de force motrice, et de tous autres appareils électriques. Nous devons à l’obligeance des Administrateurs de la Société et à M. A. Dufour, ingénieur, de pouvoir donner des renseignements sur l’installation et l’exploitation de cette intéressante distribution.
- La figure 1 nous donne la carte du département sur laquelle sont tracées les différentes lignes électriques actuellement en service, ainsi que les vil-
- Thiernu
- Usineffde Tissagt
- Haudreville (Ferme) ia
- la Plaine
- Autremencourt
- Toufis
- Sucrerie
- deToulis
- Froidmont-CoharfiUe
- ( ’sincs df éJxefy'icilé-
- œjsss Lignes du r.és'ç.a,u'
- • ViU(\ç(V desservis.
- Kiloinètrcs
- I--------u---------------------J--------1
- O 1 2 3 f .5
- Fig. 1. — Carie du département de l’Aisne. Distrihvtliap électrifpip dp Ypyenne.
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- lages desservis. L'installation comprend 5 usines, dont la principale est établie à Yoycnne, et les deux autres à Erlon et à Marey. Les villages desservis
- basse tension (110 volts) aux divers points d’utilisation à l’aide de transformateurs. La ligure 5 nous fait voir le poste de transformateur installé à l’ex-
- sont au .nombre de 13 : Voyenne, Erlon, Froidmont-Cohartille, Toulis, Marcy, Ilaudreville, Thiernu, Montigny-sous-Marle, Autrcmencourt, Cuirieux, Cau-mont, Chatillon, Sons. Dans chaque usine se trouvent des turbines hydrauliques actionnant des alternateurs à courants triphasés à 5200 volts et 50 périodes par seconde. Les 5 usines sont couplées en quantité de façon que chacune d’elles peut alimenter le réseau tout, entier: les autres usines sont mises en marche ou arrêtées suivant les besoins. La fig. 2 nous montre les alternateurs dans la salle d’usine de Voyenne. Tout
- le matériel élec- Fig.
- trique a été fourni
- par la Société Alsacienne de constructions mécaniques de Belfort, dont la réputation est universellement reconnue.
- Les canalisations sont aériennes et maintenues par des isolateurs en porcelaine sur des poteaux placés de distance en distance ; l’énergie est canalisée à haute tension (5200 volts), et transformée en
- trémité de Voyenne. Une cage en bois ventilée est montée sur des poteaux, et renferme les transformateurs à l’abri des intempéries du temps.
- Les travaux d’aménagement ont été commencés en juillet 1904; en septembre on commençait à distribuer de l’énergie, et en novembre et décembre les trois usines étaient successivement mises en route. Ces travaux ont pu être menés très rapidement, grâce à la bienveillance de MM. Limasset, ingénieur en chef des ponts et chaussées de l’Aisne, et Bertrand, ingénieur à Laon.
- L’utilisation de
- l’énergie éleclri-
- Inslallalion d’une ferme à Vovenne.
- que a commence ' en janvier 1905. Il y a actuellement 24 moteurs installés, dont 17 actionnant des batteuses, aplatisseurs de grains, concasseurs, tarares, brise-tourteaux, etc., 5 dans les sucreries, 1 chez un charron et 1 chez un boulanger, 2 chez des minotiers. Les administrateurs ont cherché de préférence les commandes des batteuses. M. Gentilliez, dans sa ferme, pos-
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- sède une batteuse, qui est actionnée par un moteur à courants triphasés de lo chevaux, tournant à la vitesse angulaire de 950 tours par minute. Cette batteuse comprend la batteuse proprement dite, composée du batteur monté à billes, des se-coueurs et d’un tarare à hélice faisant subir au grain un premier nettoyage. Un élévateur transporte le grain au deuxième tarare, qui est muni de cribles et nettoie définitivement le blé pour le rendre propre au commerce. Le grain tombe dans un grenier où il s’ensache de lui-même. La menue paille est expulsée du premier tarare dans un grenier au moyen
- Les figures 4 et 5 représentent l’intérieur d’une ferme à Yoyenne. La figure 6 nous donne la vue d’une batteuse installée chez M. Bâche liez, à Sons; le
- moteur électrique attaque par courroie l’arbre principal de la batteuse qui tourne à 700 tours par minute. On a pu employer un moteur à courants triphasés normal tournant à 1500 tours par minute. Cette disposition a permis d’utiliser directementla batteuse sans aucun changement. Celle-ci peut faire 100 quintaux en 12 heures ; la dépense d’énergie électrique est environ de 27 centimes par quintal, le prix de vente de l’énergie étant de 40 centimes le kilowatts-heure.
- Fig. 5. — Vue intérieure d’une ferme.
- Fig. 6. — Ballcusc actionnée par un moteur électrique de 4 chevaux, dans la ferme de M. Bachellez à Sons.
- d’un ventilateur; c’est de là qu’elle est prise pour être chargée dans les voitures. Cette batteuse est munie d’une lieuse mécanique.
- Nous mentionnerons encore Y installation deM. Col-tart, boulanger à Voyenne. Cette installation comprend un moteur de 2,5 chevaux, qui actionne un
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- pétrin mécanique. Le boulanger fait par jour 4 fournées en moyenne de 114 kg chacune, soit 456 kg. La dépense journalière d’énergie électrique est de 9 hectowatts-heures ; le prix de l’unité étant 0,05 fr. la dépense est 0,45 fr*, soit 0,10 fr. par 100 kg de pain.
- 11 est intéressant maintenant de connaître les ré-sultats de l’exploitation et de savoir quels sont les prix de revient des battages effectués à l’électricité, à la vapeur, ou à la main. Le tableau ci-joint nous donne tous les renseignements sur les battages qui ont été effectués au mois de septembre dernier à
- quintal : liage à la machine, prix de main-d’œuvre journalière 0,55 fr., Ocelle de liage 0,14 fr., charbon, huile, chauffeur 0,22 lr., amortissement, entretien et nettoyage 0,27 fr., soit au total 0,96 fr. Actuellement, avec les moteurs électriques, M. Gen-tilliez bat 50 quintaux par jour. Ses dépenses par quintal sont : main-d’œuvre 0,29 fr., ficelle 0,14 fr., énergie électrique 0,51 fr., amortissement, huile, entretien 0,055 fr., soit aü total 0,775 fr. L’économie atteint environ 20 pour 100.
- Ajoutons que, dans la contrée, les entrepreneurs de battage demandent 1,25 fr. et 1,50 fr. par quintal.
- 4000
- 3000 _
- 2000 ..
- 500 -
- 4oùL Sept Oct. Nov. Dec. Janv. Feo. Æclvs Avril Æai Juin/ Juil. Aowt>
- 1006
- Fig. 7. — Courbe donnant fa consommation d'énergie électrique en Kwli jiar mois en 1005-0(1, suivant le nombre des moteurs et leur puissance.
- l’aide de machines actionnées par des moteurs électriques.
- Prix de revient de battages avec machines actionnées électriquement.
- ÉNERGIE ÉLEÔTRIQ'UK
- 1 * G 25 05 Quantités battues en quintaux. .Consommation ’ totale en lnvli. a 0 Pî 0 s & & u a es s * •5 (T! — ^ a â 1 £ S, ® •> c? 1 *| ’! £ s** <75 % *1 c Ç3 § a? n, ^ |f % f S s §j •§ ~3 "“2 «s • p r"3 & ES
- 17 41 380 9,27 0,37 0,37 0,15 0,89
- 18 56 426 7,60 0,30 0,29 0,15 0,74
- 19 52 329 6,32 0,39 0,39 0,13 0,77
- 20 29 333 . 11,50 0,46 0,43 0,15 1,04
- 21 45 402 8,93 0,33 0,30 0,14 0,77
- 22 48 403 8,40 0,33 0,34 0,13 0,80
- 24 58 422 7,27 0,29 0,50 0,13 0,72
- 25 41 335 9,40 0,37 0,30 0,14 0,81
- 26 65 415 6,60 0,26 0,32 0,13 0,71
- Mojenncs par quintal 7,95 0,31 0,34 0,14 0,79
- Nous pouvons également établir une comparaison directe entre le battage à la vapeur et le battage électrique à l’aide des chiffres suivants. M. Gentilliez autrefois, à l’aide de la machine à vapeur, battait 45 quintaux par jour. Ses dépenses étaient par
- En dehors des économies que procure l’emploi de l’électricité, il faut remarquer également que la mise en marche est instantanée ; une machine à vapeur ne peut être mise en pression qu’après une heure. Enfin une machine à vapeur représente une dépense élevée que les petits Cultivateurs ne peuvent faire, tandis qu’ils n’hêsitcront pas a acquérir un moteur électrique d’un prix beaucoup moins élevé. Il faut également considérer que l’électricité permet aux cultivateurs de mieux utiliser leur personnel, surtout par les mauvais temps quand les ouvriers rentrent des champs au cours d’une demi-journée.
- Les prix que nous avons indiqués plus haut ont été établis sur la base de 0,50 fr. le kilowatts-heure pour une consommation annuelle de 800 kilowatts-heures ; au-dessus de ce chiffre le prix est réduit de 5 pour 100 par fraction de 800 kilowatts-heures.
- Les prix de revient que nous avons cités pour diverses installations appellent encore une autre remarque au point de vue économique. La plupart des moteurs électriques installés actionnent en général une transmission sur laquelle sont montées les différentes machines à Commander. Dans beaucoup de cas, le moteur électrique a remplacé simplement le
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- LA NATURE.
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- cheval qui effectuait autrefois le travail. 11 est certain que dans ces conditions une partie notable de l’énergie électrique est perdue dans les transmissions. Les moteurs électriques sont des appareils facilement déplaçables et qu’il convient d’établir dans les meilleures conditions de commande à l’aide de transmissions bien comprises. 11 y a encore de ce côté de grandes améliorations à apporter dans les installations électriques chez nos paysans.
- La ligure 7 nous donne la courbe de la consommation d’énergie électrique en kilowatts-heures par mois, de juin 1905 à août 1900. En chaque point sont indiqués le nombre des moteurs en service et leur puissance en kilowatts. Nous trouvons qu’au mois de juillet 1905, avec 5 moteurs d’une puissance de 41,5 kilowatts, soit 56,5 chevaux, la consommation a atteint 5095,7 kilowatts-heures; le mois de juillet 1905 a été un mois de travail. La consommation a ensuite baissé tous les mois, bien que le nombre des moteurs ait augmenté successivement; elle ne s’est relevée qu’au mois de janvier 1906, où avec 19 moteurs d’une puissance totale de 97,95 kilowatts, soit 153,5 chevaux, elle a atteint 4145,5 kilowatts-heures. Ensuite les travaux dans les champs ont occupé les cultivateurs, et le travail dans la ferme a diminué pour ne reprendre qu’en juillet 1906.
- Toutes ces nouvelles applications, faites dans des conditions très rationnelles, et avec une distribution d’énergie électrique très heureusement adaptée aux besoins de l’agriculture, nous paraissent des plus intéressantes et de nature à apporter de grands progrès dans l’art agricole. J. Laffakgue.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 19 novembre 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Physique mathématique. — M. Boincaré dépose une Note de M. Jean Becquerel sur une théorie de la propagation et de l’absorption de la lumière dans les cristaux placés dans un champ magnétique.
- L’hélium dans les eaux thermales. — M. Moureu, professeur agrégé à l’Ecole supérieure de pharmacie de Paris, et M. Biquard exposent qu’ils ont dosé l’hélium dans les eaux provenant d’un grand nombre de sources thermales de France et de l’étranger. Ils ont employé, à cet effet, la méthode du fractionnement par le charbon imaginée par sir James Dewar. Ils ont opéré tantôt à la température de l’air liquide (—185°), tantôt à celle de l’éther en fusion (—100°) selon le procédé inauguré par sir William Ramsay pour l’élude des gaz rares de l’atmosphère. Les autres gaz demeurant retenus par le charbon, l’hélium et une partie du néon restaient libres. On pouvait les extraire et les doser quantitativement. Les teneurs en hélium des diverses sources ont été trouvées très variables. Dans certaines, la proportion est de moins de 0,001 pour 100, c’est-à-dire moindre de 1/100 000, alors que plusieurs sources renferment plus de 1 pour 100 d’hélium. Dans l’une d’elles, la proportion atteint 5 pour 100 ! Des quantités considérables de gaz rares sont ainsi
- continuellement déversées par les sources dans l’atmosphère, Ces expériences apportent des données précises et nouvelles au problème si complexe de la thérapeutique et de la géologie thermales; car il est bien certain que la richesse des sources en hélium dépend de celle des terrains traversés par les eaux dans leur cours souterrain.
- Les grès du bassin de Paris. — M. Michel Lévy présente un ouvrage de M. Cayeux sur les grès du bassin tertiaire de Paris. L’auteur montre que tous ont été des grès à ciment calcaire. Dans ceux qui contiennent aujourd’hui de la calcédoine, la calcite a été épigénisée.
- L’hydrologie de la Dobroudja bulgare. — M. Michel Lévy présente une Note de M. L. de Launay sur l’hydrologie de la Dobroudja bulgare. Dans celte région il existe deux parties distinctes, où une môme pénurie d’eau à la surface résulte de leur infiltration profonde dans deux terrains calcaires fissurés differents. Dans un cas, cette eau s’arrête en profondeur à la hase des calcaires sur une strate marneuse ; dans l’autre, elle forme une vaste surface courbe raccordée à la vallée de drainage du Danube. On peut, par les puits et les sondages, tracer exactement ces deux surfaces aquifères. On constate que l’eau y est localisée en filets distincts dans des fissures et ne forme nullement, suivant les anciennes théories, une nappe continue nécessairement filtrée et épurée par son passage dans une strate poreuse.
- Notice sur les travaux de Piette. — M. A. Gaudry présente, au nom de M. Henri Fischer, chef des travaux pratiques à la Faculté des sciences, les dernières œuvres de son regretté beau-père Piette avec une notice nécrologique écrite par M. 11. Fischer. Piette est l’homme de notre époque qui a le plus contribué à jeter la lumière sur les arts et l’industrie de nos ancêtres. M. Ilomolle, parlant au nom des Musées nationaux, déclare que la collection donnée si généreusement à l’Etat par Piette est un incomparable monument de notre préhistoire. M. S. Rei-nach écrit : « Elle sera désormais comme un lieu de pèlerinage pour les curieux du passé le plus lointain de l’humanité. Malgré ces hommages, ce n’est que quelques mois avant la mort de Piette que. l’Académie des sciences et celle des Inscriptions et Belles-lettres lui ont donné chacune un prix et il s’est éteint dans sa 84° année sans avoir reçu d’autre marque d’honneur. »
- Les poussières de charbon et l’organisme. — M. le professeur Chauveau présente une Note de MM. G. Kuss et Lobstein sur les effets des deux modes de pénétration des poussières de charbon dans l’organisme. Cette pénétration peut avoir lieu par inhalation et par déglutition. Les auteurs montrent que, conformément à la théorie classique, les poussières fines de charbon parviennent avec la plus grande facilité jusque dans les alvéoles pulmonaires. L’an-thracnose pulmonaire est réalisée sûrement chez le cobaye, en plaçant l’animal pendant quelques heures dans une, atmosphère de fumée très peu dense (moins de 15 centigrammes de noir de fumée par mètre cube). L’anthracnose, qui se contracte dans ce cas, atteint la même intensité lorsqu’on pratique au préalable la ligature de l’œsophage ou du pylore ou bien lorsque l’état de réplétion de l’estomac empêche, dans une expérience de courte durée, les poussières dégluties d’arriver jusqu’au duodénum. La théorie de l’origine intestinale de l’anthracnose pulmonaire est donc inexacte. Les poussières qui se localisent dans les poumons sont inhalées, elles ne sont pas dégluties. Cn. de Villedeuil.
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- LA NATURE.
- L’AQUEDUC DE TUF DE REMOLLON (HAUTES=ALPES)
- Le tuf est cette amusante pierre qui, déposée en pellicule de carbonate de chaux par les sources (très chargées de cette substance) dites incrustantes, recouvre tout ce qui se trouve à son contact. On connaît bien l’exemple classique de la fontaine Sainl-Allyre à lloyat (Puy-de-Dôme) : pour la distraction des visiteurs on y incruste les plus divers objets : œufs, nids d’oiseaux, paniers d’osier, etc., voire mannequins grandeur nature d’hommes ou d’animaux; très rapide se réalise ici le recouvrement solide de calcite, qui transforme en pierre très dure les objets naturellement les plus mous.
- Les sources incrustantes sont légion en tous les pays du monde, et leur origine est des plus simples. En circulant dans les fissures, galeries et rivières intérieures des terrains calcaires, les eaux souterraines, presque toujours chargées d’acide carbonique, y dissolvent, par le phénomène chimique de la corrosion, une quantité prodigieuse de calcite ou carbonate de chaux, dont elles se sursaturent. Dès qu’elles arrivent au dehors, et surtout quand elles s’y précipitent en cascades, elles abandonnent de nouveau à l’air libre leur excès de résidu solide ; cela s’opère par une série d’actions physiques et moléculaires (précipitation, évaporation, etc.) qu’il serait trop long d’expliquer ici. Il y a même de simples cascades extérieures qui, loin de toutes cavernes, construisent d’imposantes terrasses de tuf, par exemple celles de Tivoli (Italie) et de la Kerka (Dalmatie) ; et sur tout objet à portée de ces eaux qui se débarrassent ainsi de leur pléthore de calcite, le tuf se dépose, véritable stalagmite aérienne, en couches concentriques de plus en plus épaisses : herbes, feuilles, brindilles, troncs d’arbres, vieux bois ouvragés, insectes, coquilles, etc., rien n’échappe à l’encroûtement. Aussi l’étude scientifique des tufs, des matériaux de toutes sortes qu’ils ont momifiés en quelque sorte a-t-elle déjà appris bien des choses : mais elle est si délicate que beaucoup reste à faire encore dans cet ordre d’idées, particulièrement quant à la chronologie paléontologique des tufs, problème qui n’a encore été qu’ébauché.
- On n’a pas de certitude sur l'époque géologique précise à laquelle a commencé le dépôt des immenses amas de tufs, atteignant ou dépassant même 100 à 150 mètres d’épaisseur, de Tivoli, près Rome, et de Salles-la-Source (Aveyron) ; en Provence, les Bouches-
- du-Rhône, le Var, les Alpes-Maritimes en renferment aussi des amas prodigieux, donnant lieu à des sites extrêmement pittoresques (Cotignac, Barjols, Sil-lans, etc.), et sur lesquels le dernier mot n’est pas dit.
- Dans les Alpes françaises, beaucoup de tufs sont considérés comme très anciens, au moins de la fin du tertiaire, par le géologue David Martin, conservateur du musée de Gap, qui m’a fait voir, en 1904, un caprice des plus singuliers de la fantaisiste pierre.
- A Remollon, au sud de Gap, sur la rive droite de la Durance, une source incrustante avait été dérivée par un canal de bois, pour le service d’une roue de moulin ; au passage d’une brèche, pratiquée comme porte dans le mur qui, précisément, portait le rudimentaire aqueduc, une longueur d’environ 2 mètres de la rigole en bois faisait pont, comme le montre
- notre figure; à l’origine, la conduite assez mal jointe laissait perdre beaucoup d’eau, et toujours les planches étaient mouillées au dehors comme à l’intérieur. La pourriture du bois s’effectua donc assez vite, activée par les intermittences du fonctionnement qui soumettait le bois aux alternatives destructrices de l’immersion complète et du dessèchement solaire.
- Seulement maître lui était à l’œuvre. Et en peu d’années (le chiffre exact n’a pu m’être fourni) la calcite s’était si abondamment déposée entre et sur les planches que, après la disparition de celles-ci, un bel et bon aqueduc depierre, étanche à souhait, s’est substitué au mauvais conduit de jadis (voy. la fig.). Le bois a fait support, avant de disparaître, au naturel travail ainsi effectué : le meunier certes n’avait point prévu pareille économie. Mais sans doute il ne songe pas davantage qu’avant longtemps son bel aqueduc s’oblitérera lui-même, le tuf continuant à pousser dans le creux de la rigole. On sait qu’à l’intérieur de l’aqueduc du Pont du Gard, près Nîmes, une épaisse couche de tuf tapisse le tuyau d’amenée de l’eau et n’aurait point manqué de l’obstruer à la longue, si d’autres causes n’avaient mis hors de service le fameux travail romain.
- Si donc le tuf est bon et habile architecte, il a le défaut de ne pas savoir se limiter et, comme toutes les forces de la nature, il faut que la main de l’homme le réfrène et le conduise. E.-A. Martel.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9,
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- LA NATURE
- TRENTE-QUATRIÈME ANNÉE — 1906
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abattoirs publics (Les), 307.
- Abeilles (L’élevage arliliciel des), 115.
- Aberdeen (Les l'êtes de l'Université d’), 79.
- Académies (Association internationale des), 79.
- Acétylène (Fabrication à sec de F), 147.
- Acide carbonique combiné, par action élcctrolylique (Delà réduction, à l’état de carbone de F), 222.
- Acide carbonique (Dégagement d’), 143.
- Acide cyanhydrique dans les plantes (IF), 503.
- Acide phospliorique et des phosphates de soude (Action physiologique de F), 40.
- Acide sulfurique dans le monde (La production de F), 62.
- Aciers au cuivre (Les), 191.
- Aciers au cuivre (Propriétés des), 175.
- Aéroplane dans l’armée anglaise (IF), 567.
- Aéroplane Santos-Dumont (L’), 289, 366.
- Aéroplane Vuia (L’), 164.
- Agriculture (Les applications de l'énergie électrique dans F), 411.
- Air comprimé (Les maladies de F), 126.
- Albâtre (La déshydratation de F), 175.
- Albatros (L’ile des), 587.
- Album lloral, 51.
- Alcoolisme chez nos pêcheurs de haute mer (L’), 506.
- Alimentation des plantes par les sucres (IF), 319.
- Alizé (Existence du contre-), 15.
- Alliages (Études sur les), 347.
- Altitude (Elïêts physiologiques de F), 567.
- Ambidcxlérilé (IF), 562.
- Ambre (Les insectes de F), 351.
- Amphioxus lanceolalus (Remarquable vitalité de F), 191.
- Angles horizontaux (Appareil pour la mesure des), 15.
- Antiquités métalliques (Corrosion et nettoyage d’), 286.
- Anvers (Ce qu’a coûté le port d’), 287.
- Aquarium de Bruxelles (Le nouvel), 355.
- Aqueduc de tuf de Remollon (L’), 416.
- Arbres (La croissance des), 46.
- Arbres (La saison favorable pour l'abatage des), 75.
- Artillerie automobile (IF), 75.
- Supplément au n° 1748 de La Nature
- Asphaltes du Gard (Les), 45.
- Association géodésique internationale (Session de F), 503.
- Atmosphère solaire (Constitution de F), 255.
- Aurifères du Canada (La diminution des richesses), 383.
- Aurores boréales (Photographies d’), 175.
- Automobiles de la Compagnie d’Orléans (Voitures), 204.
- Autruche dans la civilisation égyptienne (L’), 191.
- Autruches (Les fermes à), 394.
- Avalanche torrentielle de Betpouey (L’), 375.
- Avenues à deux étages de Londres (Les), 174.
- Avertisseur llauger Pescheux contre les explosions, l'asphyxie et Fineendie, 177.
- B
- Baguette divinatoire des sourciers (La),
- 101.
- BaLou (Le gaz naturel à), 567.
- Balle Devillers (L’assaut au pistolet), 143.
- Barrages creux (Les), 126.
- Bateaux électriques, 192.
- Batardeau de 650 mètres, 254.
- Bétel et la noix d’arec (Le), 174.
- Béton (Plasticité du), 206.
- Bicyclette moderne (La), 225.
- Bisons d’Europe (Les derniers), 15.
- Bois (Les altérations des), 60.
- Brpuardel (Mort de M.), 143.
- Brouardel (P.), 159.
- Bulgares (Quelques traditions), 114.
- c
- Câble transatlantique de la Commercial Cable Company, 582.
- Câbles et ancres des nouveaux cunar-ders (Les), 142.
- Cadrans d’Europe (Lesplus grands), 257.
- Café, du thé et du chocolat (Propriétés du), 63.
- Campanile de Saint-Marc (Le), 47.
- Canal de Teltow en Allemagne (Le nouveau), 258.
- Canons de marine (La rapidité de tir des'i,
- 110.
- du 24 novembre 1906.
- Caoutchouc daus le monde (Le), 150.
- Carat métrique (Le), 363.
- Carrière (Une perforatrice de), 218.
- Carrières de Sélinonle (Les), 220.
- Caséine des fromages (Pour doser la), 110.
- Catgut (La résistance du), 375.
- Cercles (Vérification de la division des), 335.
- Céruse (La question du blanc de), 69.
- Champignons (Germination des spores des), 503.
- Chapeau de soie (Histoire d’un), 247.
- Charbon et l’organisme (Les poussières de), 415.
- Charbons (La manutention moderne des), 39.
- Charbons fossiles (Les), 535.
- Cbarmaix près Modane (Le débordement du torrent du), 231.
- Châssis magasin photographique pour chambre de touriste, 193.
- Chaudières Grille à tube Solignac (Les), 235.
- Chemin de fer électrique américain, 110.
- Chemin de fer électrique de Fribourg-Morat-Anel (Le), 299.
- Cheveux et la barbe (Pour noircir les), 127.
- Chèvre (Les ennemis de la), 123.
- Chèvre (La question de la), 251.
- Chevreau cetromèle adapté à la station verticale, 79.
- Chimie minérale, 175.
- Cbinois.au Transvaal (Les), 261.
- Chirurgie sur poissons, 158.
- Chlore (Action du lluor’sur le), 171.
- Chloroforme (Fabrication , industrielle du), 231.
- Chlorure de chaux (Sur la coloration rose du), 399.
- Chocolat (Propriétés du café, du thé et du), 65.
- Chrome (Chimie du), 599.
- Cigares (Une machine à fumer les), 255.
- Ciment armé (Le triomphe du), 553.
- Cleveland (La voie roulante de), 49.
- Coches royaux à Lisbonne (Les), 135.
- Conformaleur pour la ligure (Un), 45.
- Conserves alimentaires en Espagne (L’industrie des), 287.
- Continent antarctique (Un vestige du), 63.
- Gontralizé (L’existence du), 287.
- 27
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Copernic (Les précurseurs de), 42.
- Corps thyroïde (Les greffes du), 95.
- Corse (Géologie de la), 599.
- Coton colonial (La question du), 108.
- Couleurs par dispersion spectrale prismatique (Photographie des), 401.
- Cristal liquide (Propriétés d’un), 585.
- Cristaux (Structure des), 555.
- Croiseur lpkighvia (Les minés sous-marines du), 209.
- Cuirassé anglais à turbines, 02.
- Cuirassé japonais, 120.
- Cuivrage d’une gare (Le), 271.
- D
- Décharge électrique dans le vide, 15.
- Désinfection des pommes à cidre au au moyen du formol (La), 551.
- Diaslases (Les réactions des), 175.
- Diptère exotique dans la région parisienne (Un), 200.
- Dissection (Un chef-d’œuvre de), 555.
- Dissémination des plantes par les poissons, 587.
- Districts aurifères de l’Etat de Nevada (Les), 294.
- Dobroudja bulgare (L’hydrologie de la), 517.
- Dock flottant pour sous-marins (Un), 291.
- Drague curieuse (Une), 271.
- Draguemodcrne(Travailquotidien d’une), 97.
- E
- Eaux alimentaires( La stérilisa lion des), 20.
- Eaux d’alimentation par l’ozone (Stérilisation des), 55.
- Eaux des sols calcaires (Les), 505.
- Eaux (La conservation des), 51.
- Echelles d’incendie automobiles et automatiques, 597.
- Ecureuil d’Europe (Variations de ]’), 200.
- Egypte (Un navire du soleil d’). 98.
- Election à l’Académie des sciences, 79,95.
- Electricité. — Voir : Agriculture.
- Électricité en 1881 ( L’), 214.
- Emeu en France (L’élevage de U), 222.
- Empois d’amidon (Liquéfaction de 1’), 570.
- Empoisonnements par les gâteaux à la crème (Les), 258.
- Empreintes digitales (Caractère personnel des), 599.
- Energie électrique dans l’agriculture (Les applications de U), 411.
- Erosion torrentielle (La rapidité de U), 05.
- Escalier mobile, système Uocquart, 225.
- Escargot sent-il ses aliments ? (A quelle distance E), 54.
- Étalons lumineux (Comparaison des), 599.
- Everglades de la Floride (Les), 51.
- Expédition Longstaff dans l’ilimalaya, 582.
- Explorations polaires (Le congrès international des), 271.
- Explosif « La Vigoritc » (Nouvel), 327.
- Exposition de Milan (L’), 172.
- F
- Fécule (La liquéfaction de l’empois de),
- 222.
- Fer (Eleclrométallurgie du), 120.
- Fermes à autruches (Les), 391.
- Filtres à sable de la Compagnie des eaux de la banlieue de Paris (l/inauguration des), 120.
- Floride .(Les everglades de la), 51.
- Forêts et ramiers, 158.
- Foule (Le poids d’une), 509.
- Fusil américain modèle 1903 (Le), 519.
- Fusil de guerre anglais (Les épreuves du), 270.
- G
- Galets sur les côtes de la Manche (Le mouvement des), 151.
- Gascogne (L’envahissement éolien en), 278.
- Gaz dissous dans les minéraux, 280.
- Gaz (L'analyse des), 503.
- Gaz peu ordinaire (Une station génératrice à), 142.
- Gaz sullureux et la conservation des matières périssables (Le), 310.
- Gemmes (La teinture des). 519.
- Gênes (Les transformations du port de), 05.
- Génie civil expérimental, 251.
- Géologie, 143.
- Géologie (Le rôle de la vapeur d’eau en), 79.
- Géologie de la Grèce, 383.
- Gisement aurifère en France, 65.
- Glaciaires en Norvège, phiné (Les variations) Globules sanguins 223.
- Suisse et Dau-
- , Ô<)
- des),
- Gravure sur bois au burin et à la machine, 281.
- Grès du bassin de Paris (Les), 415. Grotte de Rosée à Eugihoul (La), 578. Grues. — Voir : Levage.
- O
- H
- Hamster (Les migrations du), 258.
- Hauts fourneaux de la métallurgie moderne (Les), 275.
- Hématopoïèse produite par le sérum .(!/), 271.
- Hélium dans les eaux thermales (L’), 415.
- Hématozoaires du paludisme (Les), 350.
- Herculanum (La dérouleuse de papyrus d’), 03.
- Hindoue au Jardin d’acclimatation (Une caravane), 215.
- Homard (Curieuse transformation d’une pince de), 599.
- Hôpitaux au désert (Les), 280.
- Hôtel (Les installations mécaniques d’un grand), 527.
- Hôtels ouvriers pour mineurs, 191.
- Houille en Nouvelle-Calédonie (Le métamorphisme de la), 115.
- Houiller de Saarbruck (Le bassin), 03.
- Hygiène et des services sanitaires dans les guerres modernes (Les progrès de U), 300.
- Hydrologie de la Dobroudja bulgare, 415.
- I
- Incendies. — Voir : Echelle.
- Insectes (Rôle des œufs dans l’alimcn talion des), 190.
- Instruments (Le pouvoir des grands), 270.
- Inlisy à Madagascar (La Brousse à), 523.
- lpkigénia (Les mines sous-marines du croiseur), 209.
- J
- Jardin zoologique (La clinique et l'infirmerie d’un), 127.
- Jouets de 1900 (Le concours de), 503.
- L
- Lacs (L’origine de la vie dans les), 190.
- Lait (Stérilisation pratique du), 294.
- Larve parasite (Une), 47.
- Légion d’honneur, 535.
- Lettres il y a cinq mille ans (Comment on écrivait les), 102.
- Levage (Les grands appareils de), 591.
- Locomotives anglaises (Prises d’eau en marche des), 111.
- Locomotives aux Etats-Unis (Construction des), 148.
- Locomotives des chemins de fer de l’Etat belge à surchaulfeurs et à groupe éleelrogène, 258.
- Loups en France (Extinction des), 522.
- M
- Machine à composer « La Rololype » (Nouvelle), 180.
- Machine à vapeur d’un navire de commerce et torpilleur (La), 127.
- Machines électriques (Machine à rectifier les collecteurs dans les), 95.
- Madagascar (Les habitations indigènes à), 52.
- Maïs ressemblant à un chou-fleur, 142.
- Maladie du sommeil. — Voir : Sommeil.
- Manganèse (La crise des minerais de), 7.
- Marées (Une machine à calculer les heures de), 142.
- Mascaret de la rivière Trcnt (Le), 241.
- Masticatoires (Les), 11.
- Mathématiques (Philosophie des), 555.
- Médecine égyptienne (La), 62.
- Mer (Les premières mesures systématiques de températures et de densités à la), 275.
- Métallurgie.— Voir : Oxygène.
- Métropolitain de Londres(Lc nouveau),84.
- Métropolitain de Paris (Le). Traversée de la gare d’Orléans-Austerlilz, 542.
- Métropolitain. La ligne circulaire. Partie Sud (Le), 166.
- Métropolitain (Soupapes aurifères pour), 78.
- Métropolitains souterrains (L’hygiène des), 553. .
- Microphone Adams Randall (Le), 59.
- Microscope cl la méthode rotative (Le),
- 211.
- Milan (L’Exposition de),. 172.
- Minéraux (Synthèse de), 239.
- Isificaleurs (La loi el les), 154.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Mineurs préhistoriques, 102.
- Massion Lemaire du Congo au Nil (La), 228.
- Mitrailler (L’alpha et l’oméga dans l’art de). 156.
- Molybdène, (Chimie du), 509.
- Monazile (Les sables de), 50.
- Moiilayu (Le sauvetage de l’épave du), 540.
- Moteur à la l'erme (Le). Gaz pauvre de loin et de touilles mortes, 347.
- Moteurs à gaz (Grands), 383.
- Motocyclettes légères, 30.
- Mouton australien (Le), 263.
- Musée des coches royaux à Lisbonne (Le), 155.
- Musique,, 191.
- Mutualisme dans la nature (Parasitisme et), 406.
- N
- Nacre et la perle aux îles Tuamotu (La), 5.
- Nacun (Les ruines de), 560.
- Navigation transatlantique (Une nouvelle étape de la), 86.
- Navires (L’augmentation des dimensions des), 31.
- Navire du soleil d’Egypte (Un), 98.
- Nécrologie, 46.
- Nègre (L’unité de la race), 94.
- Nemours d’Algérie, 371.
- Nettoyage des wagons de voyageurs par le vide, 12.
- New-York (L’alimentation d’eau de), 557.
- Niagara (La disparition des chutes du), 58.
- Nitrification intensive (La), 14.
- Niveau de précision sans bulle (Un), 239.
- Nivomèlre (La recherche du), 82.
- O
- Observatoire de Bordeaux (Direction de 1’), 142.
- Observatoire du Mont Blanc (La'grande lunette de U), 23.
- Observatoire du Mont Blanc (I/), 159.
- Odeurs végétales (Les), 504.
- Okapi (1/), 14.
- Olive de mer (L’), 530.
- Onde explosive (Vitesse de propagation de U), 367.
- Ophrys porte-insectes (Les), 564.
- Or à Madagascar (Comment on exploite
- n, «O.
- Oreille musicale extraordinaire (Une), 351.
- Organismes (L’enchaînement des), 583.
- Orignal (L’), 505.
- Oxydes métalliques (Propriétés toxiques de certains), 383.
- Oxydes métalliques par le carbure d’aluminium (La réduction des), 254.
- Oxygène en métallurgie (Nouveaux emplois de U), 595.
- Ozone (Stérilisation des eaux d’alimentation par U), 55.
- P
- Palalitles (A propos du cinquantenaire des), 290.
- Panama et la lièvre jaune (Le canal de), 557.
- Papyrus d’Herculanum (La dérouleuse de), 63!
- Parasitisme et mutualisme dans la nature, 406.
- Pâtes (La fabrication mécanique des). 51.
- Patins et patinage automobiles, 154.
- Pèche aux Hawaï (L’industrie de la), 276.
- Peclen (La natation du), 351.
- Perdrix (Modifications récentes dans l’aile des), 254.
- Perforatrice de carrière (Une), 218.
- Périscope. L’œil du sous-marin (Le), 129.
- Perle aux îles Tuamotu (La nacre et la), 5.
- Permis de chasse et des chasseurs (La répartition des), 314.
- Petits (Visibilité des infiniment), 599.
- Pétroles des Carpathes (Les), 150.
- Piette (Edouard), 46.
- Pistolet (L’assaut au), 143.
- Phonographe et les études linguistiques (Le), 566.
- Phosphore électrique (Le), 119.
- Phosphorescence, 65.
- Photographie des cou hoirs par dispersion totale prismatique, 401.
- Photographie directe des couleurs (La), 159.
- Photographie la nuit, 22.
- Physique mathématique, 415.
- Platanes en 1906 (La maladie des), 63.
- Platine au-dessous de son point de fusion (Sur la sublimation du), 14.
- Plâtre à Paris (La pierre à), 66.
- Pluie et la vie (La), 242.
- Poissons (Dissémination des plantes par les), 587.
- Poissons sauteurs (Les), 161.
- Pôle terrestre (Le déplacement du), 271.
- Polype (Les mouvements d’un), 63.
- Pommes de terre (Une maladie des), 207.
- Pompiers étrangers (Cycles des), 293.
- Pont suspendu à chaînes de Budapest (Le), 1.
- Pont suspendu de New-York (Le nouveau grand), 244.
- Port de Gènes (Les tran-formations du), 65.
- Port en Angleterre (Un nouveau grand),
- 222.
- Potassium (Développement de l’industrie des sels de), 159.
- Poteries à reliefs métalliques, 175.
- Poussières (Explosions de), 158.
- Q
- Quinquina (La culture de l’écorce de), 287.
- R
- Racines des plantes (Sur la longueur des), 239.
- Raies telluriques, 535.
- Raisin (La pourriture grise du), 46.
- Ramiers (Forêts et), 158.
- Bats et surmulots, 62.
- Rayonnement cathodique (Le), 367.
- Rayons X (Guérison d’une tumeur profonde par les), 46.
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- Recensement de la France en 1908 (Le), 152.
- Récif sous-marin (Destruction d’un). 175.
- Régulateur de tirage et de combustion, 515.
- Remorquage peu ordinaire (Un), 550.
- Renflouement du Varyag (Le), 385.
- Respiration artificielle (Nouvelle méthode de), 19.
- Respiration IRecherches expérimentales sur la), 110.
- Ressorts de traction, 365.
- Ricins à huile et ricins ornementaux, 207.
- Roche (Transformation profonde d’une), 583.
- Rouille du fer (La), 254.
- Rue des Masques, près de Monl-Dau- phin (Hautes-Alpes) (La), 104.
- Russie d’Asie (La superficie de la), 159.
- S
- Saarbruek (Le bassin Rouiller de), 63.
- Sainl-Marc (Le campanile de), 47.
- Sauterelles en Indo-Chinc et au Cambodge (Les), 78.
- Sauvetage (Un nouvel appareil de), 58 i.
- Schalfouse (Les installations électriques de), 159.
- Sciences (l’Histoire des), 110.
- Science et de l’industrie (La réconciliation de la), 574.
- Secousses sismiques, 503.
- Sélénium pour l’étude des variations de la lumière (Hhnploi du), 142.
- Sérothérapie tuberculeuse, 79.
- Serpents à sonnettes (Une invasion de), 271.
- Serpent de mer (Le), 145.
- Signaux sonores sous-marins, 124.
- Singe, chaussé (La légende du),. 115.
- Sismologie (Notes sur la), 187.
- Soie (L’industrie moderne de la), 511.
- Sol à Paris (Oscillations du), 207.
- Soleil (La température du), 550.
- Soleil (L’émission calorifique du), 599.
- Sols (L’irrigation des), 191.
- Sommeil (La mission française de la maladie du), 590.
- Sources (Les mélanges gazeux des), 127.
- Sources par les montagnes et forêts (Elaboration des), 182.
- Sourciers (La baguette divinatoire des),
- 101.
- Souris blanche et la sécurité des mineurs (La), 142.
- Sous-marins anglais (Nouveaux), 2.
- Sous-marin (L’œil du), 129.
- Sous-produit (L’utilisation d’un), 175.
- Spectre infra-rouge (Photographie du). 47.
- Spirite (Les trucs d’un prétendu), 252.
- Station biologique danoise au Groenland (Une), 159.
- Station hydroélectrique dans l’Inde (Une grande), 122.
- Stations hydroélectriques dans l’Inde, 191.
- Station hydroélectrique de 300 000 chevaux (Une), 94.
- Stérilisation des eaux d’alimentation par l’ozone, 55.
- Stérilisation des boites de pansement, 268.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Slromboli (La dernière éruption du), 567.
- Slromboli (L’éruption du), 239.
- Sucre artificiel (Un), 159.
- Suelte miliaire des Charcutes (L’épidémie de), 85.
- Surmulots (Rats et), 62.
- Synthèse (Produits de), 51.
- T
- Tapis de lvairouan (Tunisie), 72.
- Télégraphie privée de Berlin (Le bureau de), 287.
- Télégraphie sans lil dans l’armée allemande, 502.
- Télégraphie sans fils en Allemagne (Les stations de), 599.
- Télégraphone (Le), 173.
- Télémécanique, 351, 585.
- Téléphone de San Francisco à New-York (Le),. 18.
- Téléphonie automatique. Appareil à paiement préalable, 284.
- Temple oscillant de Cheyteyo (Le), 521.
- Terre (Détermination des irrégularités tic ligure de la), 222.
- Thé et du chocolat (Propriétés du calé, du), 65.
- Théories chimiques (Sur quelques points des), 7-4.
- Tissaudicr (Albert), 2,76.
- Torpilles à Pétiades, 107.
- Torpille automobile américaine (La nouvelle), 81.
- Torpilles (Protection des navires contre les), 14.
- Torluc trois l'ois centenaire (Une), 52.
- Tourmaline de l’ile d’Elbe (Les carrières de), 17.
- Traditions bulgares (Quelques), Tl5.
- Transatlantique (L’électricité à bord d’un grand), 78.
- Transatlantique (Lesconsommations d’un grand), 563.
- Travaux de 51. Ricco (Les), 583.
- Travaux de l'ielle (Notice sur les), 415.
- Tremblements de terre de la Calabre (Les), 418.
- Tremblement de terre de bau-Francisco (Le)’ 94‘
- Tremblement de terre de Yalparaiso, 583.
- Tremblement de terre du 29 mars 1906 (L’ile d’Uslica et le), 50.
- Tremblement de terre du Chili (Le), 519.
- Tremblements de terre (La saison des),
- 110.
- Tremblements de terre (Les), 250.
- Trempe de l’or, de l’argent et du cuivre (La), 286.
- Troehilisques (Origine des), 255.
- Trypanosomes (La différenciation des), 79.
- Trypanosomiase (lin insecte transmetteur de la), 271.
- Tuamotu (La nacre et la perle aux iles), 85.
- Tube du monde (Le plus grand), 21.
- Tuberculose (le vaccin de la), 63.
- Tumeur profonde par les rayons X (Guérison d'une), 46.
- Tunisie (Géologie de la), 110.
- Tuquerouye (Tableaux pyrénéens. Le pic de), 297.
- Turbo-alternateurs à l’usine d’electrieilé de Saint-Denis (Les), 549.
- U
- Uslica (Ue d’), 50.
- Université d’Abardine, 79.
- V
- Vaccination antituberculeuse, 47.
- Vaccination tuberculeuse des jeunes ruminants (La), 79.
- Vagues de la mer. Leur formation et leur mode de propagation au large (Les), 178.
- Vagues de la mer sur le rivage (Action des), 200.
- Vallées glaciaires (Surcreusemcnl des),
- 14.
- Yaryag (Le renllouement du), 585.
- Vent au cap Blanc (Le travail du), 288.
- Vers de vase (La pèche des), 573.
- Verticale aux environs d’Alger (Déviation de la), 255.
- Viaduc hélicoïdal d'Austerlitz (Le), 405.
- Viagraphc et la surface des roules (Le), 553.
- Vins (La graisse des), 142.
- Vitesse Luc-Denis (Indicateur de), 579.
- Vitres (Un nouveau mode de fabrication du verre à), 598.
- Voie roulante; de, Clevelaml (La). 49.
- Volcaniques (Etudes de produits), 599.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Aci.oqde (A ). — Los odeurs végétales, 504. — L’alcoolisme cliez nos pécheurs de haute mer, 500. — Les Oplirys porte-insectes, 504.
- Au.mu (P. n’). — Les suides de. monazilo, 50.
- Aniontillado (E.). — Le plus grand tube du monde, 21.
- Bki.let (Damei.). — Les transformations du port de Gênes, 05.
- — Une nouvelle, étape de la navigation transatlantique, 86.
- — Signaux sonores sous-marins, 124. — Nouvelle machine à composer « la Rololype », 180. — Une perforatrice de carrière, 218. — Le nouveau grand pont suspendu de New-York, 244. — Les trucs d’un prétendu spirite, 252. — Les hauts fourneaux de la métallurgie moderne, 275. — Le viagraphe et la surface des routes, 555. — Une oreille musicale extraordinaire, 551. — Les fermes à autruches, 594.
- Bi.or (Cii.). — Un chef-d’œuvre de dissection, 555.
- ItoNJEAN (En.). — La stérilisation des eaux alimentaires, 20.
- — Stérilisation des eaux d'alimentation par l’ozone, 55.
- Bonnin (IL). — Les vagues de la mer. Leur formation et leur
- mode de propagation au large, 178. — Action des vagues de la mer sur les rivages, 200. — Le mascaret de la rivière Trenl, 241. — Le poids d’une foule, 509. — Le viaduc hélicoïdal d’Austerlitz, 405.
- Bougeois (IL). — Un confurmaleur pour la ligure, 45. — Gravure sur bois au burin et à la machine, 281. — Un remorquage peu ordinaire, 550. — Le moteur à la ferme. Gaz pauvre de foin et de feuilles mortes, 547. — Les grands appareils de levage, 591.
- Bourdarie (P.). — La question du coton colonial, 108.
- IIoussac (P.-ILE — L’autruche dans la civilisation égyptienne, 194.
- Boyer (J.). — Le recensement de la France en 1906, 152. — L’exposition de Milan, 172. — Histoire d’un chapeau de soie, 247. — Stérilisation des boîtes de pansement, 268. — Les hôpitaux au désert, 280. — L’orignal, 505. — La pêche des vers de vase, 575. — L’ile des albatros, 597.
- Branricourt (Y.-). — L’olive de mer, 550. — Dissémination des plantes sur les poissons, 587.
- Breydei, (A.). — Le télegraphone, 175.
- Briet (L.). — Tableaux pyrénéens. Le pic de Tuquerouye, 297.
- Caritêne (F. ce). — Les précurseurs de Copernic, 42.' — Comment on écrivait les lettres il y a cinq mille ans, 162.
- Cartaz (Dr A.). — Les masticatoires, Tl. — L’ambidextérité, 562.
- Cmalmarès (G.). — Motocyclettes légères, 50. — Avertisseur llauger-Pcscheux contre les explosions, l’asphyxie et l’incendie, 177. — La bicyclette moderne, 225. — L’aéroplane Sanlos-Dumont, 289. — Le concours de jouets de 1906, 505. — Indicateur de vitesse Luc-Denis, 579.
- Cuiîiiox (A.). — La photographie des couleurs par dispersion spectrale prismatique, 401.
- Ciiertous (G.). — Tapis de Kairouan (Tunisie), 72. — Le triomphe du ciment armé, 555. — Stérilisation pratique du lait, 294.
- Clément (A.-L.). — L’élevage artificiel des abeilles, 115.
- Colomer. — Le métamorphisme de la houille en Nouvelle-Calédonie, 115.
- Cora (Guido). — L’île d’Ustica et le tremblement de terre du 29 mars 1906, 50. — Les tremblements de terre de la Calabre, 118.
- CoRciKR (Henry). — Les Chinois au Transvaal, 261.
- CouriN (Henri). — A quelle distance l’escargot sent-il ses aliments? 54.
- Darvillé (YYii.l).— Nouveaux sous-marins anglais, 2. —L’artillerie automobile, 75. — Prise d’eau en marche des locomotives anglaises, 111. — Une station biologique danoise au Groenland, 159. — Les mines sous-marines du croiseur Iphigmid, 209. — Le nouveau canal de Tellow en Allemagne, 258. — Un duck Bottant pour sous-marins, 291. — Cycles des pompiers étrangers, 295. — Le sauvetage de l’épave du Monlagu, 540.
- De Launay (L.). — Les carrières de tourmaline de l’île d'Elbe,
- 17. — Quelques traditions bulgares, 114. — Les pétroles des Karpathes, 150. — L’hydrologie de la Dohroudja bulgare, 517.
- Desclein (Dr), — P. Brouardcl, 159. — L’hvgiène des Métropolitains souterrains, 554.
- Dieulafé et IIeriun. — Chevreau cctromèle adapté à la station verticale, 79.
- Duuahu (M.). — Ricins à huile et ricins ornementaux, 207.
- — La brousse à lntisv (Madagascar), 525.
- Duffart (Cii.). — L’envahissement éolien en Gascogne, 278.
- Domesnil (André). — Les poissons sauteurs, 161. — Les ennemis de la chèvre, 125. — Une caravane hindoue au Jardin (l’Acclimatation, 215. — La question de la chèvre, 251.
- Durand. — Curieuse transformation d'une pince de homard, 599.
- Faure (L.-A.). — Elaboration des sources par les montagnes et forêts, 182.
- Fei.d (E.) Capitaine. — Nemours d'Algérie, 571.
- Forüin (Y.). — Les derniers bisons d’Europe, 15. — Une tortue trois fois centenaire, 52. — Le nouveau Métropolitain de Londres, 84. — Une invasion de serpents à sonnettes, 271. — Un nouvel appareil de sauvetage, 584.
- Forest (Maxime). — Régulateur de tirage et de combustion, 515. — La loi cl les falsificateurs, 154.
- Foucart (G.). — Un navire du soleil d’Égypte, 98.
- Fournier (L.). —Le téléphone de San-Francisco à New-York,
- 18. — Le microphone Adams Randall, 59. — L’alpha et l’oméga dans l’art de mitrailler, 156. — L’aéroplane Vuia, 164. — Escalier mobile système Hocquart, 225. — Téléphonie automatique. Appareil à paiement préalable, 286.
- — Le câble transatlantique de la Commercial Câble Company, 582.
- G. (L.). — Le fusil américain modèle 1905, 519.
- Gilchrist (A.). — La disparition des chutes du Niagara, 58.
- Girard (Jui.es). — Le mouvement des galets sur les côtes de la Manche, 151.
- Grandidier (G.). — Les habitations indigènes à Madagascar, 52.
- Guarini (E.). — La voie roulante de Clevcland, 49. — Le chemin de fer électrique de Morat-Fribourg-Anct, 299.
- Goascuei. (L.). —Comment on exploite l’or à Madagascar, 90.
- Guillaume (Ch.-Ed.). — Le carat métrique, 565.
- IIamy (E.-T.). — La légende du singe chaussé, 115.
- Hébert (A.). — Sur la longueur des racines des plantes, 259.
- — Corrosion et nettoyage d’antiquités métalliques, 286. — Gaz dissous dans les minéraux, 286. — Études sur les alliages, 547. — La liquéfaction de l’empois d’amidon, 570.
- Holt (Y. D.). — La télégraphie sans fil dans l’armée allemande, 502.
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- LISTE DES AUTEURS.
- Jeanuet. (L'-Coi.oneu). — Fabrication à soc de l’acétylène, 147.
- J. (M.). — Conslriiclioii des locomolivcs aux Etats-Unis, 148.
- Kilian (W.).,— La rue des Masques, 104.
- L. (A.). — Sur quelques points des théories chimiques, 74.
- Lafitte (Juan). — Le campanile de Saint-Marc, 47. — Rats et surmulots, 62. — Le serpent de mer, 145. — La pluie et la vie, 242. — Les migrations du hamster, 258. — Parasitisme et mutualisme dans la nature, 406.
- Laffaugue (J.). — Machine à rectifier les collecteurs dans les machines électriques, 95. — La machine à vapeur d'un navire de commerce et d’un torpilleur, 127. — Bateaux électriques, 192. — Les chaudières Grille à luhes Solignac, 235. — Albert Tissandier, 256. — Les turho-allernaleurs à l’usine d’électricité de Saint-Denis, 549. — Les applications de l’énergie électrique dans l’agriculture, 411.
- Laloy (D1' L.). — Le travail du vent au cap Blanc, 288.
- L. (E.). — Nouvel explosif « La Yigorite », 526.
- Lebois (I).). — Le pont suspendu à chaînes de Budapest, 1.
- — La nouvelle torpille automobile américaine, 81. — Echelles d'incendie automobiles et automatiques, 597.
- Lebrun (l)r IL). — Le microscope et la méthode rotative, 211.
- Lecomte-Denis (M.). —La manutention moderne des charbons, 59. — L’électricité en 1881, 214.
- Le Coui'pey de i.a L'ouest (M.). — L'inauguration des filtres à sable do la Compagnie des eaux de la banlieue de Paris,
- ' 120.
- Lemaire (E.). — Nouveaux emplois de l’oxygène en métallurgie, 595.
- Letiieüi.e (P.). — Locomotive des chemins de fer de l’État belge à surchaulfeurs et à groupe électrogène, 259.
- Loxcocre (P.). — Le caoutchouc dans le monde, 130.
- Louciieux (G.). — Les ressorts de traction, 365.
- Loua and (J.). — L’aéroplane dans l’armée anglaise, 367.
- Lovseu.es (E. de). — Le Métropolitain. La ligne circulaire, partie Sud, 166. — Le Métropolitain de Paris. Traversée de la gare d’Orléans-Auslcrlitz, 542.
- Loveudo (J. de). — Les abattoirs publics, 307.-
- Maresciial (G.). — Photographie la nuit, 22. — Châssis-magasin photographique pour chambre de touriste, 193.
- Marre (Francis). — Fabrication industrielle du chloroforme, 231.
- Martel (E.-A.). — Edouard Piclle (nécrologie), 46. — Les éverglades de la Floride, 51. — Le musée des coches royaux à Lisbonne, 135. — Les carrières de Sélinonte (Sicile), 220. — A propos du cinquantenaire des palafittes, 290. — Expédition Longstalf dans l’Himalaya, 382. — L'aqueduc de tuf de Remollon, 416.
- Mériel (P. de). — Le gaz sulfureux et la conservation des matières périssables, 510. — Travail quotidien d’une drague moderne, 97. — Patins et patinages automobiles, 154. — Chirurgie sur poissons, 158. — Voitures automobiles de la Compagnie d'Orléans, 204. — L’industrie de la pèche aux Hawaï, 276. — Les installations mécaniques d’un grand hôtel, 527. — L’alimentation d’eau de New-York, 337. — Un nouveau mode de fabrication du verre à vitres, 598.
- Meunier (St.). — La pierre à plâtre à Paris, 66.
- Miu.ocheau (G.). — La grande lunette de l’observatoire du Mont-Blanc, 25.
- Moreau (A.). — Les installations électriques de Schaffouse, 159.
- Nansouty (M. de). — Nettoyage des wagons de voyageurs par le vide, 12.
- N'icou (P.). — La crise des minerais de manganèse, 7. — Les asphaltes du Gard, 45.
- Niewknglowski (l)1' G. IL). — Les empoisonnements par les gâteaux à la crème, 238.
- Ouadé (D1). — La dérouleuse de papyrus d’Herculanum, 65.
- — La recherche du nivometre, 82. — La mission française de la maladie du sommeil, 390.
- Perigny (Comte M. de). — Les ruines de Nacun, 360.
- Poncetton (D1). — La question du blanc de céruse, 69. — Le canal de Panama et la fièvre jaune, 557.
- Privat-Desciianei, (P.). — Le mouton australien, 263.
- Rabot (Cu.). — Les variations glaciaires en Norvège, Suisse et Dauphiné, 55. — Forêts et ramiers, 158.
- Raiiir (E.). — Le nouvel aquarium de Bruxelles, 355.
- R. (L.). — Nouvelle méthode de respiration artificielle, 19.
- Reisoul (P.). — Notes sur la sismologie, 187.
- Rkgei.srerger (Gustave). — La nacre et la perle aux îles Tuamotu, 5. — L’École pratique du Parangon à Joinville-le-Pont, 28. — La mission Lemaire du Congo au Nil, 228.
- — L’industrie moderne de la soie, 311.
- Revercuox (L.). — Les plus grands cadrans d’Europe, 257.
- Revu. (.1.). — Le débordement du torrent du Charmaix près Modane, 231.
- Putter ( E. - A. ). — Les districts aurifères de l’État de Nevada, 294.
- Ruraux (L.). — Photographies d’aurores boréales, 175. — L'avalanche torrentielle de Bctpouey, 575.
- Rutot (A.). — Mineurs préhistoriques, 162.
- Sai.uor (P.). — Les tremblements de terre, 250. — La réconciliation de la science et de l’industrie, 574.
- Steryai. (A.). — L’épidémie de suetle miliaire des Charcutes, 83. — Le temple oscillant de Cheyteyo, 521.
- Sauvage (Major). — L’assaut au pistolet. Balle Dcvillers, 145.
- Sauvaire Jourdan (A.). — I/œil du sous-marin, 129. — Le renllouement du Varyag, 585.
- Tiioui.et (G.). — Les premières mesures systématiques de températures et de densités-à la mer, 275.
- Touciiet (Em.). — Le pouvoir des grands instruments, 270.
- Turquan (V). — La répartition des chasseurs et des permis de chaise, 514. — Extinction des loups en France, 522.
- Vax den Broeck (E.). — La grotte de Rosée à Engihoul, 578.
- Vigen (Dr Cu.). — La baguette divinatoire des sourciers, 101.
- Vii.coq (A.). — Les altérations des bois, 60.
- Vu.i.EDEun. (Cu. de.). — Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, 14, 31, 46, 63, 79, 94,110, 127, 142, 159, 175, 191, 206, 222, 239, 255, 271, 287, 5u5. 319. 335, 351, 367, 383, 399, 415.
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- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. - ACTES OFFICIELS.
- Sociétés savantes. — Expositions. Musées.
- Comples rendus des Séances de l’Académie des Sciences (Ch. me Yiecedeuil), 14, 51, 46, 65, 79, 94, 110, 127,
- 142, 159, 175, 191, 206, 222, 259, 255, 271, 287,
- Les fêles de l’Université d'Aberdeen.................. 79
- Associai ion internationale des Académies............ 79
- Election à l'Académie................................. 95
- L'histoire des sciences...............................110
- Mort de M. Brouardel ........................... 145
- L'exposition de Milan.................................172
- Légion d'honneur......................................555
- II. — SCIENCES EXACTES.
- Astronomie et mathématiques.
- La grande lunette de l’observatoire du Mont Blanc
- (G. MlU.OCIiEAU)..................................
- Les précurseurs de Copernic.(F. de Cariténk).........
- Le pouvoir des grands instruments (Km. Touciiet). . .
- Le carat métrique (Ch.-En.-Guiu.au.me)...............
- Appareil pour la mesure des angles horizontaux. .
- Direction de l'observatoire de Bordeaux..............
- L’observatoire du Mont Blanc.........................
- Constitution de l’atmosphère solaire.................
- Déviation de la verticale aux environs d'Alger. . .
- Le déplacement du pôle terrestre.....................
- Philosophie des mathématiques........................
- Vérification de la division des cercles..............
- La température du soleil.............................
- L’émission calorifique du soleil.....................
- Physique mathématique................................
- 23
- 42
- 270 363
- 15
- 142
- 159
- 255
- 255
- 271 355 335 550 399 415
- III. — SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. — Physique et chimie.
- Sur quelques points des théories chimiques (A. L.). . 74
- La loi et les falsificateurs (M. F.).....................134
- Fabrication à sec de l'acétylène (Ll-Colonel Jeanuel). . 147
- Fabrication industrielle du chloroforme (F. Marre). . 251
- Gaz dissous dans les minéraux (A. 11.)...................286
- Corrosion et nettoyage d’antiquités métalliques (A. H.). 286
- Le gaz sulfureux et la conservation des matières périssables (P. de M.).......................................... 510
- Nouvel explosif « La Yigorile » (E. L.)..................326
- Études sur les alliages (A. M.)............................347
- La liquéfaction de l’empois d’amidon (A. H.).............371
- Sur la sublimation du platine au-dessous de son
- point de fusion.......................................... 14
- La nitrification intensive 14
- Produits de synthèse................................. ,"1
- Action physiologique de l'acide phosphorique et des
- phosphates de soude............................... 4(j
- La production de l'acide sulfurique dans le monde. 62
- Phosphorescence...................................... 63
- Pour doser la caséine des fromages.....................HO
- Le phosphore électrique...............................118
- Les mélanges gazeux des sources.......................127
- Emploi du sélénium pour l’élude des variations de
- la lumière.........................................142
- Une station génératrice à gaz peu ordinaire. . . . 142
- La graisse des vins...................................142
- Dégagement d'acide carbonique.........................143
- Explosion de poussières...............................158
- Développement de l’industrie des sels de potassium. 159
- Un sucre artificiel...................................159
- Poteries à reflets métalliques........................175
- L’utilisation d'un sous-produit.......................175
- La déshydratation de l’albâtre........................175
- Propriétés des aciers au cuivre.......................175
- Chimie minérale.......................................175
- Les réactions de la diaslase..........................175
- Les aciers au cuivre..................................191
- Musique...............................................191
- De la réduction à l'étal de carbone, de l'acide carbonique combiné, par action éleclrolytique. . . . 222
- La liquéfaction de l’empois de fécule.................222
- Synthèse de minéraux..................................259
- Un niveau de précision sans bulle.....................259
- La rouille du fer.....................................254
- La réduction des oxydes métalliques par te carbure
- d'aluminium........................................254
- Action du fluor sur le chlore.........................271
- La trempe de lior, de l'argent et du cuivre. . . . 286
- L'analyse du gaz......................................503
- La teinture des gemmes................................519
- Baies telluriques.....................................535
- Télémécanique.........................................551
- Vitesse de propagation de l'onde explosive............567
- Le rayonnement cathodique.............................567
- Sur la coloration rose du ch'orure de chaux. . . . 599
- Chimie du molybdène...................................599
- Chimie du chrome......................................599
- Comparaison des étalons lumineux......................599
- Hélium dans les eaux thermales (L’)...................415
- 2. — Électricité.
- Le téléphone de San Francisco à New-York (L. Fournier). 18
- Le microphone Adams Randall (L. Fournier)............. 59
- Machines à rectifier les collecteurs dans les machines
- électriques (J. Laffargoe)......................... 95
- Les installations électriques de Schalfouse (A. Moreau). 139
- Le télégraphone (A. Breydel)........................ 173
- Bateaux électriques (J. L.)...........................192
- L’électricité en 1881 (M. Lecomte Denis)..............214
- Téléphonie automatique. Appareil à paiement préalable (L. Fournier). ............ 284
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- 424
- TABLE DES MATIÈRES.
- La télégraphie sans fil dans l’année allemande (Y.-J).
- Hou)..............................................59 2
- Les lurbo-allernatcurs à l’usine d’éleelricilé de Saint-
- Denis (J. Laffaugde)................................349
- Le câble transatlantique de la Commercial Cable Company (Lucien Fournier)..............................382
- Décharge électrique dans le vide....................... 13
- Une station hydro-électrique de. 300 000 chevaux. . 90
- Electro-métallurgie du fer.............................120
- Stations kgdroéleclriques dans l’Inde..................191
- Une grande stat'on hydroélectrique dans l’Inde. . 222
- Le bureau de télégraphie privée de Berlin..............287
- Les stations de télégraphie sans fils en Allemagne . 390
- 3. — Photographie.
- Photographie de la nuit (G. M.)........................ 22
- Photographies d’aurores boréales (L. Ruraux)...........175
- Châssis-magasin photographique pour chambre de touriste (G. Makesciial)...............................193
- La photographie des couleurs par dispersion spectrale
- prismatique (A. Cueron).............................401
- Photographie du spectre infra-rouge.................... 47
- La photographie directe des couleurs...................159
- IV. — SCIENCES NATURELLES.
- 1. — Physique du globe. — Géologie.
- Minéralogie. — Météorologie.
- L’île d’Ustica et le tremblement de terre du 29 mars
- 1906 (G. Coha).................................... 50
- La pierre à plâtre à Paris (St. Mednick) 06
- Les tremblements de terre de la Calabre (Guido-Cora). . 118
- Le mouvement des galets sur les côtes de la Manche
- (J. Girard)....................................... 131
- Les vagues de la mer. Leur formation et leur mode de
- propagation au large (11. Bonnin).................178
- Notes sur la sismologie (P. Reuoüi.).................187
- Action des vagues de la mer sur les rivages (H. Bonnin). 200 Le débordement du torrent du Charmai* près Modane
- (J. Revu.).........................................251
- Le mascaret de la rivière Trent (R. Bonnin'..........241
- Les tremblements de terre (P. Saluer).................250
- Le travail du vent au Cap Blanc (l)r L. Lai.oy)......288
- Nemours d’Algérie (Capitaine E. Feu»).................371
- L’avalanche torrentielle de Belpoucy (L. Ruraux) . . . 375
- Surcreusement des vallées glaciaires.................. 14
- Existence du contre-alizé............................. 15
- La rapidité de l'érosion torrentielle................. 63
- Le rôle de la vapeur d’eau en géologie............... 79
- Le tremblement de terre de San-Erancisco.............. 94
- Géologie de la Tunisie................................110
- La saison des tremblements de terre...................110
- Une machine à calculer les heures de marée. . . . 142
- Géologie........................................... 143
- Oscillations du sol à Paris...........................207
- L’éruption du Stromboli...............................239
- L’existence du contre-alizé....................... 287
- Secousses sismiques ..................................303
- Les tremblements de terre du Chili....................319
- Structure des cristaux................................335
- Le gaz naturel à Bakou................................367
- La dernière éruption du Stromboli.....................367
- Études de produits volcaniques..........."...........399
- Géologie de la Corse..................................399
- Les grès du bassin de Pans............................415
- 2. — Biologie. — Zoologie. — Paléontologie.
- Élevage, Acclimatation, Pêche et chasse.
- La nacre et la perle aux îles Tuamotu (G. Regelsperger). 5
- Les derniers bisons d’Europe (Y. Forbin).............. 15
- Une tortue trois fois centenaire (Y. Forbin)......... 32
- A quelle distance l’escargot sent-il ses aliments?
- (H. Coupix)............................................ 54
- Rats et surmulots (.1. Lafitte)........................ 62
- Chevreau cetromèle adapté à la station verticale (Dieu-
- lafe et Herpin)........................................ 79
- L’élevage artificiel des abeilles (A.-L. Clément). . . . 115
- Les ennemis de la chèvre (A. Dumesnil).................123
- Une station biologique danoise au Groenland (\Y. Rar-
- yili.é)................................................139
- Le serpent de mer (.1. Lafitte)...........................145
- Chirurgie sur poissons (P. de M.).........................158
- Les poissons sauteurs (A. Dumesnil).......................161
- L’autruche dans la civilisation égyptienne (P.-II. Boussac). 194 Le microscope et la méthode rotative (IP 11. Lebrun). . 211
- La pluie et la vie (Jean Lafitte)......................242
- La question de la chèvre (A. D.).......................251
- Le mouton australien ( P. Privat-Desciianei.).............203
- Une invasion de serpents à sonnettes (Y. Forbin). . . 271
- L’industrie de la pêche aux Hawaï (P. de Méiuel). . . 276
- L’orignal (J. Boyer)......................................305
- La répartition des clias-eurs et îles permis de chasse
- (Y. Tukqdan)...........................................314
- Extinction des loups en France (Y. Tukqua.n) . . . . 322
- Le nouvel aquarium de Bruxelles (E. Rahir).............355
- La pêche des vers de vase (Jacques Royer)..............375
- Dissémination des plantes par les poissons (Y. Brandi-
- coukt).................................................587
- L’tle des Albatros (J. Boyer).............................587
- Les fermes à autruches (D. Beli.et).......................594
- Curieuse transformation d’une pince de homard(J. Durand). 599 Parasitisme et mutualisme dans la nature (J. Lafitte). . 406
- L’Okapi................................................... 14
- Une larve parasite. ...................................... 47
- Un vestige du continent antarctique....................... 63
- Les mouvements d’un polype................... .... 63
- Les sauterelles en Indo-Chine et au Cambodge. . . 78
- L'origine de la vie dans les lacs.........................190
- Bôle des œufs dans l’alimentation des insicles. . . 190
- Remarquable vitalité de l'amphioxus lanceolalus. . 191
- Variations de l'écureuil d'Europe.........................206
- Un diptère exotique dans la région parisienne. . . 206
- L’élevage de l’émeu en Erance.............................222
- Modifications récentes dans l'aile des perdrix . . . 254
- L’hématopoièse produite par lé sérum......................271
- Les insectes de l'ambre...................................351
- La natation du peclen........................ ... 551
- Visibilité des infiniment petits..........................399
- 3. — Botanique. — Agriculture. Cultures coloniales.
- L’école pratique coloniale du Parangon à Joinville-lc-
- Ponl (G. Regelsperger)............................. 28
- Les altérations des bois (A. Vilcoq)............... 60
- La question du coton colonial (P. Boürüarie).......108
- Le caoutchouc dans le monde (P. Loncociie).........130
- Forêts et ramiers (Ch. R.).........................158
- Ricins à huile et ricins ornementaux (M. Dubard). . . 207
- Sur la longueur des racines des plantes (A. Hébert). . 239
- Les odeurs végétales (A. Acloque)..................504
- La brousse à lntisy à Madagascar (Marcel Dubard). . . 523
- L’olive de mer (V. Branricourt)........................550
- Les Ophrys porte-insectes (A. Acloque).................564
- Les applications de l’énergie électrique dans l’agriculture (J. Laffargue)...................................411
- Album floral.......................................... 51
- La pourriture grise du raisin......................... 46
- La croissance des arbres.............................. 46
- La saison favorable pour l’abatage des arbres. . . 78
- Maïs ressemblant à un chou-fleur. .................142
- Le bétel et la noix d’arec.........................174
- Une maladie des pommes de terre. ........ 207
- Origine des trochisliques............................. 255
- La culture de l’écorce de quinquina....................287
- Germination des spores de champignons..................503
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-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 425
- L'acide cyanhydrique dans les plantes. . L'alimentation des plantes par les sucres
- V. — SCIENCES GÉOGRAPHIQUES.
- 1. — Géographie. — Exploration.
- Les évergladcs de la Floride (F.-A. Martel).........
- La disparition des chutes du Niagara (A. Gilchkist) . .
- La rue des Masques (W. Kilian)......................
- Le recensement de la France en 1900 (J. Lover) . . . La mission Lemaire du Congo au Nil (G. Regelsperger). L’envahissement éolien en Gascogne (Ch. Ruffart). . .
- Le pic de Tüquerouyc (L. IhtiE'r)...................
- Le temple oscillant de Cheyteyo (A. Sterval) .... Expédition Longslatf dans l’Himalaya (E. A. M.) ....
- La superficie de la Russie d’Asie...................
- Destruction d’un récif sous-marin...................
- Détermination des irréyularilés de figure de la terre. Le congrès international des explorations polaires . Session de l’Association géodésique internationale.
- 2. — Hydrologie. — Spéléologie.
- Océanographie.
- La recherche du nivomèlre (Dr Üuadé)................
- La baguette divinatoire des sourciers (I)1' Ch. Vigen) . . Élaboration des sources par les montagnes et forêts
- (L.-A. Faure)....................................
- Les premières mesures systématiques de températures
- et de densités à la incr (J. Tiioulet)...........
- L’hydrologie de la Dobroudja bulgare (L. de Launay). . La grotte de Rosée à Engihoul (E. Van den Rroeck) . .
- L’aqueduc de tuf de Remollon (E. A. Martel).........
- La conservation des eaux............................
- L’irrigation des sols...............................
- Les eaux des sols calcaires.........................
- U hydrologie de la Dobroudja bulgare................
- 3. — Ethnographie. — Préhistoire. Archéologie.
- Le campanile de Saint-Marc (Jean Lafitte)...........
- Les habitations indigènes à Madagascar (G. Grandidiek). La dérouleuse de papyrus d’ilereulanum (R1 Ouadê) . .
- Un navire du soleil d’Egypte (G. Foucart)...........
- La légende du singe chaussé (E.-F. Hamy)............
- Quelques traditions bulgares (L. de Launay).........
- Comment on écrivait les lettres il y a cinq mille ans
- (F. DE C.).......................................
- Mineurs préhistoriques (A. Rutot)...................
- Une caravane hindoue au Jardin d'acclimatation (A. Du-
- mesnii.).........................................
- Les carrières de Sélinonte (E.-A. Martel)...........
- Les Chinois au Transvaal (H. Courier)...............
- A propos du cinquantenaire des palalittcs (E.-A. Martel).
- Les ruines de Nacun (Cte M. de Périgny).............
- L’unité de la race nègre............................
- Le phonographe et les études linguistiques..........
- Caractère personnel des empreintes digitales. . . .
- VI. — SCIENCES MÉDICALES
- Médecine. — Physiologie. — Hygiène.
- Les masticatoires (DrA. Cartaz)....................
- Nouvelle méthode de respiration artificielle (L.-1U). . . La stérilisation des eaux alimentaires (Eu. Ronjean) . .
- Un eonformateur pour la ligure (11. R.)............
- Stérilisation des eaux d’alimentation par l’ozone (E. Ronjean) .............................................
- La question du blanc de céruse (Dr Poncetton) .... 09
- L’épidémie de suctle miliaire des Charentes (A. Stf.ryal) . 83
- L’inauguration des filtres à sable de la Compagnie des eaux de la banlieue de Paris (Le Courrey de la
- For est)........................................... 120
- Avertisseurs llauger Pc.seheux contre les explosions,
- l’asphyxie et l’incendie (G. Chalmarès).............177
- Les hôpitaux au désert (J. Royer)......................200
- Les empoisonnements parles gâteaux à la crème (R‘ G.-
- 11. Nieyvenglowski)..................................238
- Les trucs d’un prétendu spirite (R. R.)................252
- Stérilisation des boîtes de pansement (J. Royer). . . . 208
- Stérilisation pratique du lait (J. C.)..................294
- L’alcoolisme chez nos pêcheurs de haute mer (A. Acloque). 305
- Les abattoirs publics (J. de Loverdo)...................307
- Un chef-d'œuvre de dissection (Cn. Rlot)................335
- Une oreille musicale extraordinaire (I). Rellet). . . . 551
- L’hygiène des métropolitains souterrains (IF Desrlein) . 354
- Le canal de Panama cl la lièvre jaune (IF Poncetton). 357
- L’ambidexlérilé (l)r A. Cartaz).........................302
- La mission française de la maladie du sommeil (Ur Ouaué). Guérison d'une tumeur profonde par les rayons X . 40
- Vaccination antituberculeuse............................ 07
- La médecine égyptienne.................................. 02
- Propriétés du café, du thé et du chocolat.............. 03
- Le vaccin de la tuberculose............................. 05
- La sérothérapie tuberculeuse............................ 79
- La différenciation des trypanosomes..................... 79
- La vaccination tuberculeuse des jeunes ruminants . 79
- Les greffes du corps thyroïde........................... 95
- Recherches expérimentales sur la respiration........... 110
- Les maladies de l'air comprimé..........................120
- La souris blanche et la sécurité des mineurs. . . . 142
- Pour noircir les cheveux et la barbe....................127
- La clinique et l'infirmerie d'un jardin zoologique . 127
- Modification des globules sanguins......................223
- Un insecte transmetteur de la trypanosomiase . . . 271
- L’industrie des conserves alimentaires en Espagne . 287
- Les hématozoaires du paludisme..........................550
- La désinfection diS pommes à cidre à l'aide du
- formol...............................................551
- Les progrès de l'hygiène et des services sanitaires
- dans les guerres modernes............................500
- Effets physiologiques de l’altitude.................... 507
- Les poussières de charbon et l'organisme................415
- VII. — SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. — Mécanique. — Industrie. Arts industriels.
- La voie roulante de Cleveland (E. Guarini)............... 49
- Tapis de lvairouan (G. Chertous)......................... 72
- Nouvelle machine à composer « la rololype » (Daniel
- Rellet).....................................*. . . . 180
- Une perforatrice de carrière (R. Rellet).................218
- Escalier mobile système Hocquart (Lucien Fournier) . . 225
- Les chaudières Grille à tubes Solignac (J. Laffargue) . 235
- Histoire d’un chapeau de soie (J. Royer).................247
- Les plus grands cadrans d’Europe (L. Reverchon) . . . 257
- Gravure sur bois au burin et à la machine (11. Rougeois). 281
- Le concours de jouets de 1900 (G. C.)...................303
- L’industiie moderne de la soie (G. Regelsrerger) . . . 511
- Régulateur de tirage et de combustion (M. Fokest) . . 515
- Les installations mécaniques d’un grand hôtel (P. de
- Mériel).................................................527
- Le moteur à la ferme. Gaz pauvre de foin et de
- feuilles mortes (II. Rougeois)..........................547
- Les ressorts de traction (G. Loucheux).....................505
- Le poids d’une foule (R. Ron.mn).......................... 509
- La réconciliation de la science et de l’industrie (P. Sal-
- lior).................................................. 574
- La résistance du catgut..................................575
- Indicateur de vitesse Luc-Denis (G. Chalmarès) .... 379
- 503
- 519
- 51
- 58
- 104
- 152
- 228
- 278
- 297
- 521
- 382
- 159
- 175
- 222
- 271
- 503
- 82
- 101
- 182
- 275
- 517
- 578
- 416
- 51
- 191
- 503
- 415
- 47
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- 05
- 98
- 115
- 114
- 101
- 102
- 215
- 220
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- 290
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- 426
- TABLE DES MATIÈRES.
- Grands moteurs à gaz.....................................383
- Un nouvel appareil de sauvetage..........................384
- Les grands appareils de levage (11. Bougeois)............391
- Echelles d’incendie automobiles cl automatiques (11. Le-
- uois).................................................597
- Un nouveau mode de fabrication du verre à vitre (P. de
- Mériel)...............................................598
- La fabrication mécanique des jiâles...................... 51
- Une machine à fumer les cigares..........................255
- 2. — Mines. — Métallurgie. Industrie minérale.
- La crise des minerais de manganèse (P. Nicou) .... 7
- Les carrières de tourmaline de Elle d’Elbe (L. de Launay)..................................................... 17
- Les sables de monazile (P. d’Ai.liek).................... 50
- La manutention moderne des charbons (M. Lecomte
- Denis)................................................ 59
- Les asphaltes du Gard (P. N.)............................ 43
- Comment on exploite l’or à Madagascar (L. Guascuke) . 90
- Le métamorphisme de la houille en Nouvelle-Calédonie
- (Coiomeu)............................................ 115
- Les pétroles des Carpallics (L. de Launay)...............150
- Les liants fourneaux de la métallurgie moderne (1). Bel-
- iet)..................................................273
- Les districts aurifères de l’Etat de Nevada (E.-A. Bitter). 294 Nouveaux emplois de l’oxygène en métallurgie (E. Lemaire)...................................................595
- Le bassin /touiller de Saarbruch......................... 65
- Gisement aurifère en France.............................. 63
- Les charbons fossiles....................................355
- 3. — Art militaire. — Marine.
- Nouveaux sous-marins anglais (W. Daiivili.é).......... 2
- L’artillerie automobile (W. Darvii.lé)................... 75
- La nouvelle torpille automobile américaine (I). Leuois). 82 Une nouvelle étape de la navigation transatlantique
- (D. Beli.et).......................................... 86
- Travail quotidien d’une drague moderne (P. de Méiuei.). 97
- Signaux sonores sous-marins (1). Beli.et)................126
- La machine à vapeur d’un navire de commerce et d'un
- torpilleur (J. Laffargue).............................127
- L’œil du sous-marin (A. Sauvaire Jouiiuan)...............129
- L’assaut au pistolet (balle Devillers) (Major Sauvage) . 143
- L’alpha et l’oméga dans Part de mitrailler (L. Fournier). 154 Les mines sous-marines du croiseur Iphigénia (W. Par-
- ville ................................................209
- Un dock Boitant pour sous-marins (W. Darvu.ié). . . 291
- Le fusil américain modèle 1903 (L. G.)................519
- Un remorquage peu ordinaire (11. Bouueois)...............550
- Le sauvetage de l’épave du Monlagu (W. Darvii.lé) . . 540
- Le renflouement du Varyag (A. Sauvaire Jourdan) . . . 585
- Protection des navires contre les torpilles.............. 14
- JL augmentation des dimensions des navires .... 51
- Cuirassé anglais à turbines.............................. 62
- L’électricité à bord d’un grand transatlantique. . . 78
- Torpilles à pétrole......................................107
- La rapidité du tir des canons de marine...............110
- Les câbles et les ancres des nouveaux 'canarders . . 145
- Projectiles à coiffe. ...................................206
- Les épreuves du fusil de guerre anglais..................270
- Une drague curieuse.................................... 271
- Les consommations d’un grand transatlantique. . . 563
- VIII. — ART DE L INGÉNIEUR. — CONSTRUCTION. TRAVAUX PUBLICS.
- Le pont suspendu à chaînes de Budapest (D. Leuois). . 1
- Le plus grand tube du monde (K. A.montiu.ado) . . . . 21
- Les transformations du port de Gènes (1). Beli.et). . . 65
- Le nouveau métropolitain de Londres (V. Foriiin). . . 84
- Le métropolitain. La ligne circulaire. Partie Sud (E. de
- Loyselle)............................................166
- Le nouveaugraudpontsuspendude New-York (D. Beli.et). 244 Le nouveau canal de Teltow en Allemagne) Wii.l Darvii.lé). 258 Le viagraphe et la surface des routes (D. Bellei) . . . 533
- L'alimentation d’eau de New-York (P. de Mériel). . . 537
- Le métropolitain de Paris. Traversée de la gare Orléans-
- Austerlitz (E. de Loyselle)..........................342
- Le triomphe du ciment armé (G. Ciiertons) .... 353
- Le viaduc hélicoïdal d’Austerlitz (II. Bon.nin).........403
- Soupapes aérifères pourmétropolitains................... 78
- Cuirassé japonais.......................................126
- Les barrages creux......................................126
- Les avenues à deux étages de Londres....................174
- Hôtels ouvriers pour mineurs............................191
- Plasticité du béton.................................... 206
- Un nouveau grand pont en Angleterre.....................222
- Génie civil expérimental.........................' . 254
- Un batardeau de 650 mètres..............................254
- Ce qu’a coûté le port d’Anvers..........................287
- IX. — TRANSPORTS. — MOYENS DE COMMUNICATION.
- Chemins de fer. — Automobilisme et cyclisme. Aéronautique.
- Nettoyage des wagons de voyageurs par le vide (M. de
- Nansouty)............................................. 12
- Motocyclettes légères (G. Ciial.maiiès).................. 50
- Prise d’eau en marche des locomotives anglaises (\Y. Par-
- ville .................................................111
- Le musée des coches royaux, à Lisbonne (E. A. Martel). 155 Construction des locomotives aux Etats-Unis (M. J.) . . 148
- Patins el patinage automobiles ÎP. de M.).................154
- L’aéroplane Vida (Lucien Fournier)........................164
- Voitures automobiles de la Compagnie d’Orléans (P. de
- Mériel)................................................204
- La bicyclette moderne (G. Chai.mares).....................223
- Locomotive des chemins de 1er de l’Etal belge à surchauffeurs et à groupe électrogène (P. Letueui.e) .... 259
- L’aéroplane Sanlos-Dumonl (G. Ciiai.marèj)................289
- Cycles dos pompiers étrangers (W. D.).....................293
- Le chemin de fer électrique de Morat-Fribourg-Anel
- (E. Guarini) ‘.........................................299
- L’aéroplane Santos-Dumonl (G. C.).........................366
- L’aéroplane dans l’armée anglaise (J. Lourand) .... 367
- Chemin de fer électrique américain........................110
- Le cuivrage d’une gare................................... 271
- X. — NÉCROLOGIE.
- Edouard Pielle (E. A. M.)................................. 46
- P. Brouardel (IPDesdi.ein). .............................159
- Albert Tissandier (J. Laffargue)...................... . . 256
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- ERRATA
- Page 01, ligures. Au lieu de : Section transversale (lig. 2 et lig. 4) Il faut : Section longitudinale.
- Au lieu de : Section longitudinale (lig. 5 et lig. 5 Il faut : Section transversale.
- Paris.
- Imprimerie Lahure. rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E.-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, "Paris (Y1e)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cu, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (ŸP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1723 (2 JUIN 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Institut océanographique à Paris. — On sait que S. A. S. le prince Albert Ier de Monaco s’est consacrée au développement de la science de la mer et que, pour assurer la perpétuité et la suite des résultats de ses travaux, et pour contribuer dans l’avenir au progrès de cette science, elle a fondé un institut océanographique qui portera son nom. Grâce à sa libéralité, cet établissement est pourvu des plus larges moyens d’action; il possède le très beau musée laboratoire de Monaco, d’une valeur de 5 millions ; il dispose d’un capital de 4 millions, dont le revenu est affecté aux dépenses annuelles de son fonctionnement. En ces dernières années, le prince a organisé à Paris des cours d’océanographie. Le succès de ces cours, qui n’ônt.pas de similaires en France, T’a décidé à établir définitivement à Paris l’institut qu’il a fondé. Les organes en seront complétés par la construction d’un laboratoire sur une portion des terrains faisant partie du domaine de l’Université de Paris, entre la rue Saint-Jacques et la rue d’Ulm, à l’acquisition desquels le prince a généreusement contribué par une importante subvention. A la suite d’un rapport adressé par le Ministre de l’Instruction publique au Président de la République française, le Journal officiel a publié le 16 mai 1906 un décret par lequel l’Institut océanographique {fondation Albert Ier, prince de Monaco) dont le siège est à Paris, est reconnu comme établissement d’utilité publique, et par lequel sont approuvés les statuts de ladite fondation tels qu’ils sont annexés audit décret.
- Fouilles d’Alésia. — A la séance du 18 mai de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, M. S. Reinach, président, a annoncé, d’après une lettre de M. le commandant Espérandieu, que les fouilles d’Alésia, reprises le 14 mai, avaient donné d’excellents résultats. On a trouvé une cave contenant 60 kg d’outils en fer, de monnaies, une statuette en bronze de Mercure et surtout un grand peson en bronze représentant un buste de Silène qui est un morceau de premier ordre. M. Reinach a fait observer que ces découvertes prouvent que l’Alésia gallo-romaine a été détruite subitement et que le sous-sol est resté intact. M. le duc de Loubat, correspondant de l’Académie, dès qu’il a eu connaissance de ces résultats, a donné 1000 francs à la Société de Semur pour la continuation des fouilles.
- Fouilles près d’Aix. — M. Vasseur envoie des photographies d’objets découverts dans l’arrondissement d’Aix. En igo3,.M. Vasseur avait déjà fait les plus curieuses trouvailles ; pendant ces deux dernières années il a exploré un hameau détruit probablement au il0 siècle avant notre ère et resté depuis lors ignoré sous
- la couche de terre et de broussailles qui le recouvrait. 11 a recueilli les objets brisés et enfouis dans les décombres et les a presque tous reconstitués. Les plus petits remplissent aujourd’hui deux vitrines du musée de Longchamps. Les cases dans lesquelles ils se trouvaient, brûlées sans doute par l’ennemi, servaient d’ateliers et de magasins. On a découvert ainsi tout le mobilier d’une population agricole, amphores et doliuiiis, quelques-uns d’une grande dimension, vases de conserves, marmites, terrines, œnochoés, coupes, entonnoirs même et jusqu’à un fourneau. Les formes les plus anciennes de la céramique ancienne y sont.représentées. D’après M. Vasseur, ces poteries ont une double origine ; les unes, plus fines, mieux cuites, de façon plus parfaite, sont grecques ou marseillaises; les autres, plus grossières, mal cuites, sans élégance, sont indigènes. A côté d’elles on a trouvé aussi quelques objets en bronze, des fragments de bracelets, une lampe, une râpe, puis des serpettes, une hache à deux tranchants, un fer de lance. Tout se réunit donc pour donner à la découverte du savant professeur le plus haut intérêt et une importance exceptionnelle.
- École des Beaux-Arts. — M. Georges Maneuvrier, agrégé des sciences physiques et naturelles, docteur ès sciences physiques, est nommé à la chaire de physique, chimie et géologie de l’Ecole nationale des Beaux-Arts.
- Bassins filtrants de Nanterre. — L’inauguration des nouveaux bassins filtrants de Nanterre a eu lieu le 27 mai, sous la présidence de M. de Selves, préfet de la Seine, accompagné de M. Barbier, président du Conseil général. Ces bassins sont destinés à l’épuration des eaux de Seine puisées au barrage de Suresnes et servant à l’alimentation des communes situées autour de Genne-villiers : Asnières, Courbevoie, Colombes, Bois-Colombes, Nanterre, Suresnes et Rueil.
- Société helvétique des sciences naturelles. — La
- Société helvétique des sciences naturelles organise en ce moment sa 89e session annuelle qui aura lieu du 29 juillet auJer août, à Saint-Gall. Différentes sections de géologie, botanique, zoologie, chimie, etc., tiendront leurs séances pendant les journées du 3i et du icr, et se réuniront ensuite pour des excursions aux environs.
- La consolidation de File d’Helgoland. — Pour enrayer les progrès de la destruction de cette île (Voir T,a Nature, n° i65o, 7 janvier igo5), un nouveau projet de dunes est proposé par M. Liebeman du côté nord-est de l’île. Cette digue serait assise stirdes masses de ciment
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- INFORMATIONS
- coulé dans des trous profondément forés à la mine dans le rocher.
- Tremblements de terre. — Le 18 mai, dans la matinée, une secousse de tremblement de terre a été ressentie à San-Francisco, ainsi qu’à Oakland. Le 20 mai, à ib3om de l’après-midi, à Santiago en Galicie (Espagne), des secousses d’une durée de deux secondes ont eu lieu. Le 22 mai, au Ferrol, en Espagne, de légères secousses ont également été ressenties.
- Exportation des mouches au Brésil. — Le Petit Journal maritime et colonial nous informe qu’une étrange cargaison a été déchargée, aux docks de Londres, tout dernièrement. Il s’agissait de sacs remplis de mouches mortes adressées par un exportateur brésilien à une grande firm de grains de Londres.
- Ces mouches, originaires du Brésil, avaient été expédiées pour être mélangées aux graines servant à la nourriture des poulets, des canards, des oiseaux en cage, etc. Ces insectes avaient été capturés aux abords de l’Amazone. Les indigènes qui se livrent à cette chasse, circulent sur le fleuve dans des embarcations à fond plat. Ils se servent de filets en gaze, grâce auxquels ils prennent par millions les mouches, qui voltigent en nuages épais au-dessus des marais. Les mouches sont étouffées, séchées au soleil et mises en sacs. Le prix varie entre ifr,8o et 3r,',6o le kilogramme. Le gouvernement ne voit pas cette exportation d’un bon oeil; il menace d’en prononcer l’interdiction.
- Les ballons à l’École des Beaux-Arts. — L’aéronautique vient de faire son entrée à l’Ecole des Beaux-Arts ; les ballons y ont fait leur apparition à l’Exposition annuelle du Concours Chenavard. Le prix a été remporté par M. Henry Bans, architecte diplômé‘du gouvernement, qui avait envoyé un projet d’aéro-club érigé sur la pelouse de Bagatelle. Au milieu de tout le luxe et le confort moderne, l’auteur a imaginé une installation aéronautique idéale avec abris pour ballons dirigeables, hangars pour dirigeables et appareils d’aviation, tribunes pour le public, pelouses, pistes d’entraînement, etc.
- Un explorateur bicycliste en Asie. — Le lieutenant G.-M. Routh, de l’Artillerie royale britannique, est arrivé à Douvres, après avoir fait aux Indes une série d’excursions cyclistes. Il a parcouru l’Asie Mineure, la Palestine, la Turquie sur sa bicyclette, une machine qui pèse 70 livres. Cet explorateur, qui a fait 65oo miles — c’est-à-dire 10400 kilomètres — portait avec lui une tente en toile et un réservoir d’eau fixé sur le cadre.
- Ports d’Anvers, de Bruxelles et de Rotterdam. — Il résulte des dernières statistiques que le trafic des ports d’Anvers et de Bruxelles a augmenté, pendant 1905, dans de notables proportions. La navigation maritime a augmenté de 57 pour 100 et la navigation fluviale intérieure de 16 pour 100. A Bruxelles, les recettes du port se sont élevées à 1 3ooooo francs, donnant une augmentation de près de 75 000 francs sur l’année antérieure. Pendant le premier trimestre de 1906, il est entré à Anvers 1538 navires marchands avec un tonnage total de 2620005 tonnes, représentant une augmentation de 3o8 584 tonnes sur le total de la période correspondante de 1905. The Daily Mail, à qui nous empruntons ces chiffres, fait une comparaison entre Anvers et Rotterdam. Ce dernier port a un trafic inférieur au premier, puisque Rotterdam, en janvier, février et mars 1906, n’a pu enregistrer que 675952 tonnes, comme tonnage total des vaisseaux qui l’ont visité. Ce chiffre représente néanmoins une augmentation de i3i 255 tonnes sur le premier trimestre de 1905.
- Expédition arctique anglo-américaine. — Le capitaine Ejnar Mikhelson, qui doit commander une expédition anglo-américaine au Pôle Nord, s’occupe activement de l’organisation de cette campagne. Cette expédition sera faite aux frais et sous les auspices de la « Royal Geographical Society » de Londres et de P « American Geographical Society » ; elle partira au printemps prochain de Victoria, traversera le détroit de Behring, naviguera dans l’océan Arctique jusqu’au cap Bathurst pour atteindre ensuite l’île de Banks. Le navire restera au cap Kellett, tandis que les membres de l’expédition iront à l’île du Prince Patrick pour s’y livrer à des explorations géographiques et ethnographiques.
- Les fruits italiens en Allemagne. — Le marché de Berlin, l’un des mieux achalandés de toute l’Europe en fruits frais, est pour ce commerce le plus important
- débouché de l’Italie. Cette exportation présente quelques, particularités assez remarquables; elle semble échapper en quelque sorte à la loi de l’offre et de la demande, car’ les expéditeurs italiens envoient leurs marchandises sans savoir ni à qui ni à quel prix ils les vendront. Une fois arrivées à la frontière de lvufstein, ces marchandises sont taxées et leur quantité indiquée aux négociants allemands qui, selon leurs besoins et selon la quantité disponible, règlent leurs prix d’achat en conséquence. A Berlin, la vente à lieu soit à l’amiable, soit aux enchères publiques, par le soin de maisons de commission. Ces exportations consistent surtout en raisin de table.
- Les plus grandes pluies du monde. — Les plus grandes pluies du monde atteignent jusqu’à 12 mètres par an à Cherrapunji dans l’Inde (Assam). Selon M. Fraun-berger le mont Kamerun (3g6o m.) dans la colonie allemande africaine du même nom, au fond du golfe de Guinée, atteindrait peut-être au même chiffre. On y a déjà constaté des précipitations annuelles de 10000 millimètres, qui seront sans doute surpassées dans la suite des observations. L’abondance des pluies du Kamerun est due à la prédominance des vents du sud-ouest, qui accumulent les nuages dans l’entonnoir du golfe de Guinée, et à la condensation produite par la grande altitude du massif montagneux.
- Décret concernant la destruction des rats. — Le
- président de la République, sur le rapport des ministres de l’Intérieur et des Finances, a décrété le 4 mai 1906 tout un ensemble de prescriptions ayant pour fin la dératisation ou destruction des rats à bord des navires et dans les ports. Cette destruction doit être effectuée — et exclusivement au moyen cl’appareils dont l’eflicacilé ait été reconnue par le Conseil supérieur d’hygiène publique de France — pour tout navire provenant d’un port contaminé de peste, ou y ayant fait escale, pour tout navire ayant pris en transbordement plus de 5o tonnes de marchandises provenant d’un pays contaminé. L’opération est obligatoire pour l’admission dans les ports français. On sait quels agents redoutables par leur efficacité les rats constituent dans la propagation de la peste ; on ne saurait donc trop se féliciter des mesures rigoureuses qui viennent.d’être prises. Ajoutons que le décret prévoit un certain nombre de dispenses inévitables et qu’il autorise la dératisation au large, en cours de route, pour les navires français possédant un médecin sanitaire maritime et la dératisation à des conditions pécuniaires déterminées de tous les bâtiments pour lesquels une demande de ce genre serait faite.
- Le riz au Japon en 1904. — Quelle a pu être l’influence de la guerre récente sur les opérations commerciales japonaises? A défaut d’un tableau complet des importations et des exportations que l’on ne possède pas encore, voici d’intéressantes données à ce sujet en ce qui concerne le riz pendant l’année igo4- Les importations totales de riz ont été cette année-là de 883 902 tonnes (valeur 149 179 77^ francs) contre 729744 tonnes en 1903 et 270 544 en 1902 — d’autre part, les exportations se sont montées à 46 259 (valeur 11 812 147 francs). contre 5oi68 tonnes en igo3 et 77409 tonnes en 1902. Ainsi, en vue ou à cause de la guerre, augmentation considérable de l’importation, et diminution sensible de l’exportation qui continue néanmoins à la faveur de l’excellente récolte de 1904.
- Bernard Renault. — Une touchante cérémonie vient d’avoir lieu à Autun pour l’inauguration du monument que la Société d’histoire naturelle de cette ville a élevé à son fondateur,^ Bernard Renault. Plusieurs discours ont été prononcés en l’honneur de ce grand naturaliste, auquel on n’a pas donné de son vivant des distinctions proportionnées aux services qu’il à rendus à la science.
- M. Bischoffsheim. — M. Bischoffsheim est décédé à Paris le 20 mai; ses obsèques ont eu lieu le a3 mai au milieu d’une grande affluence. M. Bischoffsheim fut 1 un des principaux participants à la souscription qui fut ouverte par le gébéral de Nansouty pour fonder 1 observatoire du Pic du Midi de Bigorre dans les Hautes-Pyrénées. M. Bischoffsheim avait fait tous les frais, environ 3ooooo francs, du grand équatorial de l’Obsefvatoire de Paris, étudié entièrement par M. Maurice Loewy. Enfin il avait créé l’Observatoire de Nice, l’avait fait construire par Charles Garnier, l’avait doté d’un outillage .astronomique de premier ordre, et en avait fait don à 1 Etat.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Électricité
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- Ventilateur électrique. — Depuis quelques années, l’emploi du ventilateur électrique s’est généralisé dans le monde entier, non seulement dans les théâtres, les cafés, mais également dans les appartements et dans les bureaux. Les premiers ventilateurs dont on s’était servi étaient volumineux, lourds, d’un prix élevé et consommaient une grande quantité d’énergie électrique. On a trouvé aujourd’hui de petits ventilateurs, de la grosseur d’une lampe à incandescence ordinaire, comme celui que représentent les ligures ci-jointes, et dont nous allons
- Fig. i. .— Ventilateur monté a la place d’une lampe à incandescence.
- donner la description. Le poids léger et le petit volume de ce nouvel appareil permettent de l’adapter sur les supports des lampes à incandescence elles-
- Fig. 2. — À droite, le ventilateur et la douille ; à gauche, la tige de suspension.
- mêmes. Dans l’ampoule métallique de la ligure i est placé un petit moteur électrique ; entre deux parties métalliques fermées sur elles-mêmes et portant les bobines inductrices pour former le champ magnétique est fixé un support. Ce dernier laisse passer l’axe de l’induit ou bobine convenablement enroulée en tambour qui, en recevant le courant électrique dans le champ magnétique, produit le
- teint pas io° au-dessus de la température ambiante, même après une marche continue de ioo heures. — Le nouveau ventilateur électrique se trouve chez M. Kralz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Sonnerie électrique simplifiée. — Des progrès ont été accomplis en électricité, et la sonnerie électrique peut elle-même profiter de ces progrès. La pile Le-clanché, au chlorhydrate d’ammoniaque, sans être changée dans ses éléments, a subi cependant quelques modifications ; on a construit des piles sèches qui n’occupent qu’une place restreinte et assurent le fonctionnement de la sonnerie. Celle dernière, à son tour, a été modifiée. L’electro-aimant, avec son frappeur, a été de plus en plus réduit et on est arrivé*à pouvoir le placer à l’intérieur du timbre sur lequel il vient frapper. La pile a été placée dans la petite boîte qui renfermait l’électro-aimant. Pour effectuer aujourd’hui le montage d’une sonnerie, il suffit de poser la sonnerie ; un pôle de la pile a été relié à l’électro-aimant sous le timbre. Ce fil en quittant la bobine de l’éleclro vient rejoindre un autre fil qui sort du deuxième pôle de la pile, et il suffit de faire communiquer ensemble ces deux fils pour obtenir
- Sonnerie électrique simplifiée.
- le fonctionnement de la sonnerie. On a pu éviter ainsi la manipulation des piles qui, bien intéressante par elle-même, embarrassait souvent de jeunes électriciens. Dans la figure ci-jointe, on voit à gauche en cartouche la sonnerie avec le bouton de commande ; vers la droite se trouve installée une sonnerie qui ne laisse voir qu’un fil; la traditionnelle boîte de piles est absente. — La sonnerie électrique simplifiée se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14» rue Martel, à Paris.
- Mécanique ^
- mouvement. Cet axe, d’un côté, porte les hélices qui, en sè déplaçant, mettent l’air en mouvement, et de l’autre côté est muni du dispositif qui permet de recueillir le courant à l’aide d’une douille de lampe à incandescence. Le collecteur est formé d’une série de secteurs isolés les uns des autres et montés sur Une partie cylindrique isolante qui se trouve fixée sur l’arbre moteur. A une très faible distance est place un disque portant sur un même diamètre deux tiges en charbon à ressort et au milieu un trou qui permet de fixer l’extrémité de l’arbre moteur. La douille est muuie d’un contact au centre et d’un anneau à Impartie périphérique. Ces deux contacts viennent appuyer sur les ressorts dont nous avons parlé plus haut. Én plaçant la douille aux points, de contact ordinaires de la lampe à incandescence, sur les supports même de cette dernière, le ventilateur fonctionne, en consommant un dixième d’ampère. L’échauffement n’at-
- Pour improviser une boîte à sable sur une petite locomotive. — Nous supposons une locomotive de peu d’importance, car les gros engins sont toujours dotés de cet appareil au moment de leur construction. De chaque côté de la machine, on dispose' sur la plate-forme un entonnoir métallique de grandeur suffisante pour qu’il puisse contenir au moins deux ou trois pelletées de sable : nous n’avons guère besoin de dire que ce sable doit, être tout à fait sec et gardé par exemple dans une boîte en fer, de préférence sur la machine même,- afin que ses grains se séparent bien et coulent sans peine dans les deux tubes qui continuent la boîte à sable, et sous la seule influence de la gravité. De cette boîte, de cet entonnoir, puisque c’en est un, part un tuyau de gros diamètre qui se divise ensuite en deux tubes suffisamment inclinés de façon régulière pour que le sable y trouve une pente convenable à son écoulement : l’un de ces
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- tubes s’en va déboucher en arrière de la roue motrice, à quelques centimètres seulement et à l’aplomb du rail,
- Boîte à sable sur une petite locomotive.
- tandis que l’autre déboüche de façon identique en avant de la même roue. De la sorte, le sable peut assurer l’adhérence de cette roue sijr le rail, quel que soit le sens de la marche.
- "Dessin
- Appareil pour le tracé des ellipses. — Cet appareil est assez primitif, mais il donne suffisamment d’exactitude pour le tracé des ellipses dans les travaux courants. Il est signalé par M. Urquhart, et, comme il est de confection simple, nous avons cru utile de le faire connaître. Il faut naturellement se conformer exactement aux indications que nous allons résumer ici.
- Tout est en bois, sauf pourtant les pointes métalliques, qui peuvent être fixées au moyen d’une sorte de manchon les laissant coulisser sur la règle dont l’extrémité est munie du crayon servant au traçage ; l’immobilisation de ces manchons, et par suite des pointes, est obtenue à l’aide de vis de pression d’un type très courant et comme il est facile de s’en procurer n’importe où. Ajoutons tout de suite, bien que ce soit un détail secondaire, que le çrayon qui est inséré dans le bout de la règle, et qui donne le tracé, doit être immobilisé solidement dans le sens vertical, et le mieux, pour arriver à ce résultat, est de faire passer une petite goupille dans un trou perpendiculaire à celui où pénètre le crayon, de manière que cette goupille, taillée en forme de coin dans ce but, vienne frotter contre le crayon même. Au point de vue de l’emploi de l’appareil, nous noterons, ce que l’on pouvait déjà pressentir, que la distance entre la pointe du crayon et la pointe métallique la plus voisine, détermine la longueur du rayon du petit axe de l’ellipse que l’on va tracer, tandis que la distance entre ce crayon et l’autre pointe correspond au rayon du grand axe.
- Il s’agit de guider le déplacement des deux pointes pour que l’ellipse se trace avec ces deux rayons. Dans ce but, il faut un cercle où les pointes se meuvent en suivant deux diamètres de ce cercle se coupant à angle droit. Et voici comment on y arrive. Dans un cercle de bois, on trace ces deux chemins normaux l’un à l’autre, mais en leur donnant à chacun une forme trapézoïdale ou en queue d'aronde (en section transversale bien en-
- Apparcil pour le tracé des ellipses.
- tendu) ; chaque pointe vient pénétrer et demeurer dans un petit bloc de bois qui présente une section correspondante, en y formant comme un assemblage à mortaise, mais avec possibilité pour chaque bloc de glisser dans le chemin sans en pouvoir sortir. En réalité, pour la facilité du creusement de cette rainure, le plateau circulaire de bois n’est pas fait d’une seule pièce : il est constitué d’un premier plateau d’un seul morceau, sur
- lequel on rapporte quatre quarts d’un plateau superposé, les rebords des quatre secteurs ayant été taillés de manière à former par leur rapprochement les rainures à bords inclinés. On fixe naturellement de façon solide les morceaux du plateau supérieur sur le plateau inféi'ieur, et l’appareil est prêt quand on a inséré dans les rainures les deux petits blocs d’appui des aiguilles métalliques. On comprend comment on emploiera l’appareil, qui devra être fixé lui-même solidement sur la surface où Ton veut tracer une ellipse.
- Divers
- Une coquetière. — L’œuf à la coque, tout le monde le sait, est l’aliment nutritif par excellence qui convient surtout aux enfants et aux malades. Mais il est indispensable que l’œuf soit cuit convenablement. Le petit appareil, que représente la figure ci-dessous, permet de cuire un œuf à la coque avec i gramme d’eau, i gramme d’alcool, en trois minutes exactement. A cet effet, on verse dans la coquetière le contenu d’eau de la petite mesure
- Une coquetière.
- qui se trouve à gauche, soit environ i gramme, on place l’œuf sur le support, dans la coquetière, on fixe le manche et on ferme la coquetière. Il suffit ensuite de plonger dans l’alcool la rondelle d’amiante qui se trouve sur le même support que la petite mesure. La rondelle absorbe régulièrement i gramme d’alcool, on la place dans ses encoches sous la coquetière ; on allume, la combustion dure trois minutes, l’œuf est cuit. — Cette nouvelle coquetière se trouve chez M. G. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Coupe-œufs. — Il n’est pas très facile de bien couper un œuf à la coque ; c’est une opération qui demande une certaine dextérité. Le coupe-œufs, dontnous allons parler, peut nous être utile dans cette circonstance. Il se compose de deux ronds en métal réunis par une charnière et s’adaptant l’un dans l’autre ; le rond inférieur est muni de petites griffes. On cher-cheà briser la coque de l’œuf, en appuyant le premier rond de l’appareil sur l’œuf, et en faisant pression avec le rond supérieur. Ce dernier fait alors entrer les griffes autour de la coquille et la découpe régulièrement. — Le coupe-œuf se trouve chez M. G. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
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- LA MÉTÉOROLOGIE NOUVELLE DES OBSERVATOIRES EIFFEL
- On suit que depuis 1889 un observatoire météorologique étudie avec le plus grand succès au sommet de la Tour Eiffel les phénomènes de la haute atmosphère de Paris. Non content d’avoir ainsi édifié pour la science ce magnifique piédestal d’observations, et mis en goût parles résultats qu’il a procurés, M. G. Eiffel a institué, pour son compte, et dans ses propriétés privées, une série d’études analogues qui apportent la plus précieuse contribution à la climatologie de la France. H a établi en des points très différents de notre territoire, à Beau-lieu (près Nice), aux Bruyères de Sèvres (près Paris) et à Yacquey (près Bordeaux) trois observatoires complets qui, dirigés par lui-même avec une curiosité passionnée et une expérience consommée, ont déjà fait connaître de fort importantes choses. D’autant que M. Eiffel, grâce à une originalité de vues tout à fait profitable, n’hésite pas à recommander, pour les observations courantes de la météorologie, beaucoup de simplications pratiques et d’innovations fondamentales en même temps : certes les météorologistes de carrière ne manqueront point de
- les vents océaniques et qui, permettant de tracer des combinaisons de routes nouvelles pour les navires à voiles, ont abrégé la durée des voyages au point de réaliser des milliards d’économies!
- Les instruments des abris météorologiques peuvent se limiter à un thermomètre à maxima de Negretli, un thermomètre à minima de Rutherford, un psychromètre, deux enregistreurs Richard pour température et humidité, deux baromètres enregistreurs et à mercure, des pluviomètres et des anémomètres.
- Pour l'établissement des températures moyennes M. Eiffel rompt nettement — et très rationnellement — avec les errements actuels et officiels : il n’admet plus qu’une journée, un mois, une saison, une année soient caractérisés par leurs températures moyennes. Ce sont les écarts extrêmes, le minimum de la nuit et le maximum de la journée qui sont, au contraire, les vrais éléments d’appréciation. Un exemple formel est convaincant à ce sujet : New-York a une température moyenne annuelle à peu près égale à celle de Paris (qui est situé
- DÉCEMBRE
- FEVRIER
- OCTOBRE
- B ÇA IJ U E U
- 10 2 0 31 10 2 0 31 10 20 28 10 2 0 31 10 20 30 10 20 31 10 20 30 10 20 31 10 20 31 10 20 30 10 20 31 10 20 30
- SÈV
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- PARC ST MAUR (1873-1902) Moyenne de 30 années.
- 3! 10 20 28 10 20 31 10 20 30 10 20 31 10 20 30 10 20 ' 31 10 20 31 10 20 30 10 20
- considérer comme véritablement révolutionnaires certaines de ces propositions ; mais c’est là un avis que nous serons loin de partager. Comme il arrive en bien des cas, M. Eiffel nous donne l’exemple d’un amateur qui, peu à peu éduqué par l’empirisme, instruit par les faits naturels eux-mêmes, n’est point entravé, dans la recherche de la réelle vérité, par un bagage encombrant de didactiques principes, de classiques formules, de pédagogiques théories, qui trop spuvent font marquer le pas à la routine. Dégagé des règles étroites, affranchi des cadres clos, l’indépendant, qui a su s’instruire lui-même à la lumière des constatations matérielles, parvient souvent à des synthèses auxquelles n’atteint point le savant professionnel. Et c’est ainsi que M. Eiffel nous apprend ou nous propose ce qui suit. Son désir est « de rendre les observations plus simples, plus accessibles a toutes les bonnes volontés, afin de propager la création de petits observatoires particuliers 1 ».
- Ainsi, on pourrait mieux rechercher s’il existe, pour les déplacements de l’atmosphère sur le continent, des lois régissant les températures et les pluies et permettant de les prévoir; lois analogues à celles que le lieutenant américain Maury a révélées il y a un demi-siècle pour
- 1 y°y. pour plus de détails : G. Eiffel Les observatoires courants en météorologie. Bull. Soc. Astronomique de France. (Conférence du 4 janvier igo5.)
- d’ailleurs plus au Nord), mais les écarts en sont beaucoup plus considérables ; si bien que, d'après la moyenne, les deux villes auraient même climat, tandis que, d’après les minima et maxima, Paris jouit d’un climat moyen, alors que New-York souffre d’un climat absolument extrême !
- Ce premier point est capital ; et il faut souscrire formellement à la nécessité de définir un climat non par ses moyennes, mais par ses extrêmes.
- Seulement, pour y parvenir, il faut renoncer, à cause de la fréquence insoupçonnée des variations de la température et de ses différences entre des points même très rapprochés, aux lectures visuelles faites toutes les 3 heures ou même toutes les heures ; l’emploi des enregistreurs s’impose; la suspicion dont ils sont l’objet de la part de certains météorologistes est tout à fait injustifiée : en fait; il est acquis que leur prévision est bien moins illusoire que celles des lectures faites à des moments déterminés. De plus, ils éliminent le facteur toujours éventuel de l’erreur subjective ou personnelle. Notre figure reproduit l’une des planches de M. Eiffel : elle montre comment les courbes construites à Beaulieu, Sèvres, et Yacquey (pour igo3) au moyen des enregistreurs de minima et de maxima, comparées à celle du Parc Saint-Maur, bâtie d’après les moyennes, établissent que la moyenne des maxima et minima rténacon la
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- LA METEOROLOGIE NOUVELLE DES OBSERVATOIRES EIFFEL
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- moyenne vraie d’une quantité globale, nullement négligeable, soit environ o°,5.
- En définissant l’évolution de la température d’une localité par la double suite des minima et des maxima, M. Eiffel reconnaît très bien que cette comparaison de deux variables se présente assez complexe pour l’esprit : aussi prend-il comme un premier degré d’approximation la moyenne des minima et des maxima; mais il y ajoute les écarts extrêmes (en -f et en —) rapportés à cette moyenne, ce qui donne la demi-amplitude : aussi pour un maximum de -j- 20, un minimum de -j- 10 et par conséquent une moyenne de -f i5, il faut dire que la demi-amplitude de 5° donnera une expression de température égale à 15° ± 5°.
- Les enregistreurs démontrent l’extrême et perpétuelle mobilité de la température, l’indépendance relative des filets ou masses d’air, « ce qui rend illusoire la détermination rigoureuse au dixième degré, de la température ambiante à un moment déterminé.... Le simple passage d’un nuage devant le soleil détermine des variations presque immédiates ». Aussi les oscillations sont-elles plus faibles pendant la nuit, et ce sont encore les enregistreurs qui nous l’apprennent : il va sans dire qu’il convient de les contrôler au moins une fois par jour. Les enregistreurs ont l’inconvénient de coûter cher, mais leur multiplication amènerait la baisse de leur prix ; on pourrait combiner trois instruments sur un tambour dérouleur unique ; et la photographie permettra sans doute de projeter sur un tambour kpapier sensible l’image directe de la colonne de mercure.
- M. Eiffel demande encore que l’on revienne à Y heure locale pour régler les enregistreurs, puisque l’heure légale (dont les chemins de fer ont fini par nécessiter 1’adoption générale) peut en différer au point « que la température au lever du soleil à Nice, est comparée avec celle prise à Brest trois quarts d’heure avant ce lever; or il est évident qu’au point de vue climatologique, ces deux températures ne sont nullement comparables pour les deux stations ». La logique du raisonnement privé nous paraît préférable ici au règlement administratif.
- Notre auteur n’est pas moins bien inspiré dans les <leux désidérata, si radicaux qu’ils puissent paraître, d’employer une année météorologique qui commencerait le i°r décembre, et de partager les mois en décades au lieu de semaines. L’année civile (ior janvier1) ne coïncide certes avec aucune vraie subdivision climatique ; les gelées sont, en France du moins, souvent en avance sur le 21 décembre. L’hiver pour décembre, janvier, février; le printemps pour mars, avril, mai, etc., sont encore bien plus concordants avec les phénomènes météorologiques, que le règlement des saisons d’après la position du soleil. Quant aux décades, elles permettent des groupements d’observations dont « ne sont pas susceptibles... des semaines qui tombent d’une façon quelconque par rapport au mois ».
- L’humidité atmosphérique recèle encore bien des inconnues : par exemple le mode originaire de la condensation de la vapeur d’eau dans l’air ; on ne peut plus l’attribuer à un simple abaissement de la température ; les poussières, les ions ou centres électriques y concourent; la formation de la brume reste mal expliquée. Les expériences sont, sur ces points, en cours à la Tour Eiffel. L’espace nous manque pour suivre ici M. Eiffel sur ses manipulations de l’hygromètre, du psychro-mètre, du pluviomètre (enregistreurs, bien entendu), etc. : disons seulement qu’il arrive à cette conclusion, d’apparence paradoxale et cependant explicitement démontrée :
- Beaulieu reçoit plus de pluie que Sèvres, et pourtant son climat est plus sec, surtout l’hiver, ce qui en fait le charme et la salubrité !
- A propos de la pluie il est excessif de considérer comme jour de pluie météorologique les 24 heures qui auront reçu 1 dixième de millimètre de hauteur d’eau! 11 faudrait au moins un demi-millimètre et cette correction ramène les jours dits pluvieux à 1 sur6 pour Beau-lieu et à 1 sur 3 pour Yacquey et Sèvres. Mais l’eau, on vient de le dire, tombe plus drue à Beaulieu (79 centimètres par an, comme à Yacquey, d’ailleurs) qu’à Sèvres (57 centimètres).
- A son tour le baromètre établit la constance du climat de Beaulieu.
- Quant à la nébulosité, ses données et méthodes sont, à l’heure actuelle, tout à fait nuageuses. Aucun instrument ne permet de la mesurer et les divers observateurs ne sont pas d’accord sur la notation des diverses sortes de nuages. Trois états bien simples seraient cependant suffisants : beau, nuageux, couvert, « tout caractère absolu devant être ici systématiquement écarté ». En igo3, il y a eu, sur 100 observations : ciels beaux à Beau-lieu, 40; Sèvres, 25; Vacquey, 22 ; ciels couverts, Beau-lieu, 27 ; Sèvres, 43 ! Vacquey, 3o. Pour Paris, la comparaison avec les observations du Parc Saint-Maur donnerait 3o ciels beaux et 5o couverts ! etc., etc.
- Les mesures de l’insolation par les héliographes Campbell, Jordan (à papier au ferro-prussiate) pèchent souvent par suite de l’obliquité et de l’inar.tinité du soleil proche de son lever et de son coucher. Cependant elles reposent sur une base plus précise, moinssubjective, que les relevés de nébulosité. En igo3, il y a eu 2769 heures d’insolation à Nice, contre 1914 à Paris, au bénéfice de l’hiver surtout. Dans la mesure du vent il faudrait remplacer la vitesse en mètres-seconde par le parcours diurne en kilomètres.
- Parmi ses autres voeux, M. Eiffel suggère la publication annuell’e, en France, par le Bureau central, d’un atlas météorologique, et aussi une entente internationale pour la comparaison des études. Sur ce second point, la réalisation d’un bureau météorologique central européen vient d’être proposée par M. R. de Saussure, et nous en avons dit un mot [La Nature, n° 1714, 3i mars 1906, Informations p. 137). Sur le premier point, la double difficulté est d’obtenir les crédits budgétaires voulus et de faire accepter par la météorologie officielle les utiles modifications dont nous venons de donner un trop sommaire aperçu.
- Pour en bien comprendre la nécessité, pour apprécier à leur valeur toutes les ingénieuses idées de M. Eiffel, même dans le plus minutieux détail (papier pelure pour la superposition des diagrammes, éosine ajoutée à l’encre des enregistreurs pour assurer sa fluidité, etc.), il est indispensable de se reporter aux publications elles-mêmes de M. Eiffel, luxueux volumes et atlas in-4°, qui justifient totalement, à notre sens, l’application des principes précédents1. Ils témoignent aussi du patient et efficace labeur des aides de M. Eiffel, MM. Barbé et Chelles, à Sèvres; Colomas et Bourdon, à Beaulieu; Combey, à Vacquey. Dr Ouadé.
- 1 Dix années d’observations météorologiques à Sèvres 1892-1901,
- ] fase. et 1 atlas, Paris 1904. Etude comparée des stations de Beau-lieu, Sèvres et Vacquey pour 1902, Paris 1904. Etudes pratiques de météorologie et étude comparée id., pour 1903, I vol. in 4°, 377]). et ) atlas, Paris 1905. Etude comparée... de Beaulieu, Sèvres, Vacquey. pour 1904, 1 f’asc. et 1 atlas, Paris 1905. Types généraux de comparaisons météorologiques, Paris igoS.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Enlèvement des taches d’acide pyrogallique. —
- C’est un peu une recette photographique, car les taches de ce genre qu’on fait sur les vêtements sont dues le plus ordinairement à un bain de développement. On se trouve bien, pour les faire disparaître, d’employer une solution à 1/2 pour 100 de persulfate de potassium; il faut ensuite laver le tissu ainsi nettoyé, dès que la tache disparaît. On peut aussi recourir, quand la première méthode échoue, à de l’hypochlorite de soude.
- Encre en feuille. — Il est toujours assez risqué
- ..*v......... v — -—“11 <r>.'*•». v» c,on r|p_
- voyage/c’est pourquoi M. Plateau a eu l’idée de mettre à la portée de tous un moyexi très simple de fabriquer une encre d’une couleur quelconque. Il a fixé par un procédé spécial des couleurs d’aniline d’un puissant pouvoir colorant sur des feuilles de papier, de petits carrés de 6 centimètres sur xo centimètres qui sont livrés, absolument secs, dans une enveloppe. Il suffit de tremper l’un de ces cari'és dans un verre d’eau, environ 170 cm5, pour avoir aussitôt une encre excellente. Le procédé est simple, pratique, économique et il aura certainement du succès. — Encrigène Plateau, chez tous les papetiers.
- ................ G. M.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres La Rédaction publie les laits d'uu intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Kilo répond également, dans la mesure du possible, aux demandes do renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que ,lans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. —L'OEuvre des Orphelins des industries du livre nous envoie le compte rendu de son assemblée générale du 6 mars 1906. Cette association, dont le siège social est à Paris, 117, boulevard Saint-Germain et qui a .été reconnue comme établissement d’utilité publique par un décret du 5 septembre 1905, a été fondée il y a plus de six ans dans un but philanthropique suffisamment indiqué par son titre. Elle reçoit l’enfant dès son plus jeune âge, le met en nourrice, lui fait donner l’instruction primaire complète et le met en apprentissage après l’âge de quatorze ans.
- M. le D' Adrien Guébhard, agrégé de physique, de la Faculté de Médecine de Paris, nous envoie un intéressant essai d'inventaire des enceintes préhistoriques du département du Var. (Le Mans. Imprimerie Monnôyer. 1906). Ce travail, qui a dû demander beaucoup de temps à son auteur, est une liste faite par compilation et repérée sur la carte d’Étai-major au 3'ioooo®; elle comprend près de i5o noms et constitue une très intéressante tentative, au moment surtout où une carte archéologique de Provence est en train de s’élaborer par les soins de la Société archéologique de Provence sous la vivante impulsion de M. Vass^eur. A la suite de cette liste vient un travail renfermant des documents inédits sur les Castelars du Yar. C’est l’étude un à un des sites énumérés dans l’inventaire, avec un certain nombre de croquis très clairs et complets.
- Renseignements. — M. L. Fournier, à Perpignan. — 1" Nous ne pensons pas qu’il se produise un courant électrique par suite d’une pile thermo-électrique. Nous, croyons plutôt que l’érosion rapide du condenseur est due à l’attaque par l’eau de mer. — 20 Le tube de cuivre juxtaposé avec la coque de fer formera le couple voltaïque dont vous parlez. Il faudrait peindre la coque de fer juste au point de la juxtaposition et bien surveiller l’état de la peinture. — 3° Le groupe électrogène que vous indiquez vous conviendrait parfaitement.
- M, Guillemot, à Bordeaux. — i° Pour détruire les guêpes et les abeilles dans un local où l’on fait cuire des sucreries, le meilleur moyen est d’enduire de miel frais deux planchettes disposées l’une au-dessus de l’autre et maintenues par une simple baguette. Lorsque les planchettes sont recouvertes de guêpes, on les fait tomber les unes sur les autres en tirant la baguette à l’aide d’une ficelle et on les écrase toutes de la sorte. — 20 Un des meilleurs moyens de détruire les fourmis, consiste à enduire au pinceau le pied de chaque arbre avec un mélauge de 5oo grammes de graisse, 60 gr. de goudron et 120.gr. de térébenthine. On fait fondre d’abord la graisse et le goudron, puis, après refroidissement, on ajoute la térébenthine.
- M1'11 Lucie Farré, à Boissette. — La multiplication des souris blanches est très.facile à réussir. Il suffit d’en acheter un couple, ce qui se trouve aisément, et de les mettre dans une boîte avec du son.
- M. II. Maurice, à Grenoble, — Veuillez vous reporter à un traité de zoologie, Perrier ou Delage, que vous trouverez à la bibliothèque universitaire de Grenoble ; la question ne saurait être traitée ici et vous la trouverez exposée tout au long dans ces ouvrages.
- M. Z., à Cambrai. — Pour former plus rapidement les plaques d’accumulateurs au plomb, on peut, ainsi que. l’a proposé M. Planté lui-même, plonger les lames de 24 à 48 heures dans un bain d’acide azotique étendu de la moitié de son volume d’eau. M. Parker a indiqué un autre procédé qui consiste à immerger les plaques dans une solution formée de 1 partie d’acide azotique,
- 2 parties d’acide sulfurique, et .de 17 parties d’eau.
- M. Deguilliem, à Monbahus. — Nous ne croyons pas que les cerfs-volants de MM. Teisserenc de Bort et Le-
- cornu se trouvent dans le commerce. Mais vous pourriez facilement entrer en relation avec ces Messieurs en vous adressant au Secrétariat de l’Académie des Sciences, à l’Institut.
- M. R. P.,A Amiens. — Vous trouverez ces différents calculs élémentaires dans le Manuel de l’ouvrier monteur électricien, à la librairie B. Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, Pai'is.
- M. Gl. F arène, à Lavaur. — Au sujet des rayons X, nous vous conseillons l’ouvrage de E. Bouty. Electricité. Ondes hertziennes. Rayons X. 1 vol. 3fr,5o (20 supplément au cours de Physique de l’Ecole polytechnique, par J. Jamin et E. Bouty).
- M. A. I. G., à Turin. — Pour les cheminées radio-incandescentes, système Delage, veuillez vous adresser aux établissements Gremberg, Léon et Cie, 49> rue de Tanger, à Paris (XIX0). Cette adresse a été donnée en tête de la Boîte aux lettres du n° 1711 du 10 mars 1906,
- M. P. Garnier, à Nancy. — La ligue nationale, contre l’alcoolisme a son siège, à Paris, 5o rue des Ecoles. C’est là que doivent être adressées les signatures pour adhésion à la pétition contre l’absinthe. Nous vous remercions de l’initiative que vous prenez en réunissant des signatures à ce dessein, et nous serions heureux de voir votre exemple suivi par plusieurs de nos lecteurs.
- M. A. Leyret, à Rio-de-Janeiro.— L’adresse que vous nous demandez nous est inconnue, mais vous pourriez sans doute l’obtenir en vous adressant à la direction des diverses Compagnies qui sont indiquées au cours de l’article où il est question des distributeurs automatiques de billets.
- M. F. AUiaume, à Paris. — Avec les courants alternatifs simples et triphasés, il est nécessaire de prendre quelques dispositifs pour la charge des accumulateurs. Nous avons fait connaître un des appareils employés dans la Science appliquée du n° 1708 du 17 février 1906, P- 9'-
- M. Ch. Dayot, à Combourg. — Pour Fessai des huiles et le dosage des acides gras, vous trouverez des renseignements précis dans Y Agenda Danod [Chimie), chez Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris, 1 vol. 2fr,5o.
- M. Ch. Magnan, à Champigny. — Vous trouverez tous les renseignements que vous désirez dans l’ouvrage de M. ; Raphaël de Noter, L’escargot, son histoire, ses mœurs et son élevage, chez O. Bonnemann, éditeur, 15, rue de Tournon, à Paris.
- Dr A. Turenne, à Montevideo. — Pour le tricycle mototri Comtal, adressez-vous à M. Comtal, 7, i‘ue Voltaire, à Levallois-Pcrret.
- M. Louis IL, à Menton. — Contre le zona, on peut employer la solution d’acide picrique en solution aqueuse-à 1 pour xoo. Des compresses de tarlatane ou de singa-lette, ou même d’ouate hydrophile sous une faible épaisseur, sont imbibées de celte solution, appliquées directement sur la plaie et fixées au moyen d’un gâteau d’ouate sèche et d’une bande. Il ne faut pas se servir d’étoffes imperméables comme le caoutchouc, le taffetas ciré, qui, en empêchant l’évaporation de l’eau, permettraient le ramollissement de l’épiderme et retarder&iént la cicatrisation.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. P. Dumont, à Lyon. Nous avons bien reçu votre projet; votre appareil ne saurait être utilisé ; d’autre part, votre formule renferme une erreur dé calcul. — M. P. L., à Nantes. Nous ne pensons pas que la dynamo indiquée puisse fonctionner dans les conditions où elle se trouve.
- — M. Rabaud, â Paris. Vous trouverez ces renseignements dans le Formulaire de l'électricien, à la librairie Masson et Clc, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- — iH/Ue Mosso, à Saint-Cloud. Veuillez consulter à ce su jet les volumes 2 et 3 des Recettes et procédés utiles, à la même librairie. — M. Paderewski, à Prague. Voyez le même ouvrage, 20 et 5e séries, même librairie. —-M. Guebliard, à Paris; FOEu-vre des orphelins de l'industrie du livre, à Paris. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th..Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- VENT PLUIE EN
- OBSERVATIONS THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE ÉTAT DU CIEL OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 7 HEURES DU MATIN DE 0 A 9 MILLIUÉ l Klfib
- Lundi 21 mai .... 8°,3 N. W. 2. Pluie. 8,8 Couvert ; pluie le matin.
- Mardi 22 9" ,9 N. N. W. 1. Couvert. » Nuag. de 12 h. à 18 h. ; couv. avant et après; halo.
- Mercredi 23 11°,7 . S. E. 2. Peu nuageux. 1,2 llosée ; beau on nuag. jusqu’à 11 h. ; couv. ensuite ; plui, à partir de 17 h. 30; halo.
- Jeudi 21 1S',0 S. 3. Nuageux. .1,8 Pluie de 0 h. 15 à 1 h. 45; halo; nuageux.
- Vendredi 23 11°,9 W. S. W. 2. Nuageux. 0,2 Rosée; nuageux; quelques petites averses.
- Samedi 2(i ...... . 12°,9 S. W. 2. Couvert. 4,7 Rosée; couvert; gouttes dans l'après-midi; pluie dans hi soirée.
- Dimanche 27 li°,0 . S. W. 1. . Gouttes fines. 0,2 Couvert ; pluie lino dans la matinée; gouttes à diverses
- reprises.
- MAI 1906. — SEMAINE DU LUNDI 21 AU DIMANCHE 27 MAI 1906.
- La courbe supérieure indique la nébulosilé de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques tbaromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince,, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. —- Le temps a été frais et pluvieux dans la semaine du 21 au 27 mai. Le 21 mai, la situation atmosphérique était troublée sur le Centre et l’Ouest du continent. Le vent ‘était fort du Nord sur le Pas de Calais, la mer très houleuse sur les côtes de la Manche et de la Méditerranée, agitée sur les côtes de l’Océan. La pression barométrique était 754,8 mm à Paris. Il est tombé 36 111m d’eau à Lyon, 34 mm à Dunkerque, 29 mm à Belfort, 16 mm à Paris. La température était le matin 0° à Lyon, 8° à Paris, io° à Toulouse, 180 à Alger, o° au Pay de Dôme, —20 au mont Aigoual, — io° au Pic du Midi. Le 22 mai, à Paris, le ciel a été couvert, pendant la matinée, de nuages bas, presque immobiles, et l’atmosphère a été très brumeuse. Le thermomètre a marqué le matin 70 à Belfort, 8° à Nantes, io° à Paris, 170 à Alger, —5° au mont Yentoux, —6° au Pic du Midi, — 70 au mont Mounier; la température moyenne à Paris a été de 9°,3, inférieure'de 4°,7 à. la normale. Il a plu à Belfort (8 mm d’eau), à Limoges (6 mm), à Toulouse (5 mm), à Brest (2 mm), à Paris (1 mm). Le 23 mai, le baromètre marquait 761 mm en Bretagne et .767,2 mm à Paris; un vent d’entre Est et Sud soufflait sur toutes nos côtes; il est tombé 5 mm d’eau à Brest. Le thermomètre marquait i5° à Paris, i5° à Toulouse, i8° à Alger, 20° à Biarritz, ii° au Puy de Dôme, o° au Pic du Midi. On a observé à 2 heures à la Tour Eiffel un maximum de i8°,5. La température moyenne à Paris a été de x6°, supérieure de i°,8 à la normale, qui est de i4°>2- Le 2 \ mai, la pression barométrique est restée basse dans l’Ouest de l’Europe, un minimum de 748 mm a
- persisté près de l’Irlande ; à Paris, la pression presque çonstante était de 758 mm. On a recueilli i3 mm d’eau à Cherbourg, 6 mm à Paris, 5 mm à Dunkerque, 3 mni à Toulouse, 2 mm à Brest. La température a été i3° à Nantes, i5° à Paris, 220 à Alger, 70 au Puy de Dôme, 5I! au mont Aigoual. Le 25 mai, la pression barométrique est devenue (Supérieure à 765 mm sur la France; elle atteignait 766,9 mm à Paris. Des pluies sont tombées à Perpignan (10 mm d’eau), à Biarritz (9 mm), à Lyon (5 mm), à Cherbourg (5 mm), à Brest (1 mm). On a observé 120 à Paris, 120 à Lyon, 120 à Toulouse, 180 à Alger, 3° au Puy de Dôme, 20 au mont Yentoux, —3° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de i3°,i, inférieure de i°,3 à la normale. Le maximum observé à la Tour Eiffel a été i3° à 2h 3om du soir. Le 26 mai, un vent assez fort,du Sud-Ouest avec mer agitée a soufflé sur la Bretagne et sur la Manche. On a recueilli i3 mm d’eau à Brest, 10 mm au Havre; il n’a cessé de tomber de faibles averses à Paris depuis 3 heures de l’après-midi. La température est restée sensiblement la même; on notait i3° à Paris, Lyon. Toulouse, 5° au mont Aigoual, —4° au Pic du Midi. Le 27 mai, on a signalé une dépression sur les Iles-Britanniques et sur la mer du Nord. Il est tombé 19 mm d’eau à Dunkerque, 14 mnO Boulogne, 12 mm à Cherbourg, 5 mm à Paris, 3 mm à Brest, 1 mm à Nancy. Le thermomètre, dans la matinée, était à 120 au Havre, 12° à Lyon, i4° à Paris, 200 à Perpignan, ii° au Puy de Dôme, 5° au Pic du Midi, 20 au mont Mounier.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 23 à 8 h. 10 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à P Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne fa Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (YJe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM, Masson et Cio, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de * La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N* 1724 (9 JUIN 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- INFORMATIONS
- Congrès national d’hygiène et de salubrité publiques à Marseille. — Un Congrès national d’hygiène et de salubrité publiques aura lieu à Marseille, du 7 au i3 octobre 1906, à l’occasion de l’Exposition coloniale. Les organisateurs de ce Congrès ont pour but de faire appel à toutes les compétences pour rechercher en commun les meilleures méthodes de vulgarisation et d’application des principes d’hygiène publique. Pour tous renseignements, s’adresser à M. de Montricher, secrétaire général, 7, rue Grignan, à Marseille.
- Cinquième Congrès du Sud-Ouest navigable. — Le
- cinquième Congrès du Sud-Ouest navigable aura lieu à Bergerac du 6 au 9 juillet 1906 sous le haut patronage de M. Ruau, ministre de l’Agriculture, et de M. Dou-mergue, ministre du Commerce et du Travail. Le secrétaire-trésorier du Congrès estM. J. Laval, à Bergerac.
- Académie de médecine. — Dans sa séance du 29 mai, l’Académie de médecine a nommé membre titulaire dans la section de médecine vétérinaire M. Kaufman, professeur à l’Ecole nationale d’Alfort. Il est l’auteur de nombreux travaux distingués, parmi lesquels il faut citer une étude sur la vipère, son venin et de traitement de la morsure des serpents de nos climats.
- Nominations. — M. Lecomte, professeur de sciences naturelles au lycée Henri IV, est nommé professeur de botanique au Muséum d’histoire naturelle, en remplacement de M. Bureau, admis à la retraite. M.le DrTroues-sart est nommé professeur de zoologie au Muséum.
- Les mines en Angleterre. — A la suite de la catastrophe de Courrières, le roi d’Angleterre vient de nommer une commission présidée par lord Montkwell, et qui est composée de députés, anciens mineurs, de représentants des industries minières et d’ingénieurs, pour faire une enquête sur le fonctionnement de la loi sur les mines, la sécurité et la santé des mineurs. La Commission remplira un questionnaire qui comprend les mesures contre les accidents, les maladies, la. ventilation, la discipline, le mode de recrutement des ingénieurs et la nécessité d’un diplôme spécial pour tout directeur d’exploitation.
- Tremblements de terre. — On a fait connaître qup cinquante-sept secousses de tremblement de terre ont été ressenties le 26 mai à Houghton et Hancock(Michigan, Etats-Unis). Des maisons ont été violemment ébranlées, et des fissures se sont produites en terre. Le 29 mai, une forte secousse a eu lieu à Fort-de-France.
- Ouragans à San-Francisco et à Reno. — Des pluies torrentielles sont tombées à San-Francisco du 24 au
- 28 mai. Et ce dernier jour est survenue tout à coup une averse formidable qui a duré 6 heures. Le vent enlevait tout, brisant tout, de sorte que la ville présentait un aspect lamentable. Le même jour, une trombe d’eau a causé de grands dégâts à Golconda, non loin de Reno (Nevada). Environ vingt personnes ont été tuées; tous les trains ont été arrêtés sur le Southern-Pacific-Rail-road, par suite de l’état de la voie.
- Station allemande de télégraphie sans fil. — La
- Compagnie allemande de télégraphie sans fil prépare l’installation d’une station nouvelle et géante à Nauen : elle se composera d’une tour unique de 98 mètres de haut d’où descendront des fils obliquement jusqu’à terre, de manière à donner à l’ensemble l’aspect d’un immense parapluie. On compte de la sorte pouvoir communiquer aisément avec toute l’Europe centrale, atteindre Brindisi ou Saint-Pétersbourg aussi bien que Dublin, et établir des communications régulières dans un rayon de i5oo km environ.
- L’électricité dans les mines. — La Compagnie Powell Dyffrin est en train de monter une station génératrice électrique de 4o° chevaux pour fournir le courant à toutes ses exploitations minières aux environs d’Aberaman. Déjà des ventilateurs et une série de treuils de traînage sont montés électriquement, et l’on va commander de même une série de machines d’extraction.
- Traitement des eaux d’alimentation. — La ville allemande de Salzwedel vient de créer toute une installation pour son alimentation d’eau; et comme la teneur en fer du liquide obtenu était assez forte, on a procédé ainsi qu’il suit. Tout d’abord l’eau est traitée par une aération énergique, elle est soumise à un ruissellement sur des colonnes de coke, de telle manière que les sels de fer contenus dans l’eau sont oxydés et deviennent par conséquent insolubles ; on lui fait subir ensuite une filtration qui la débarrasse de ces sels en suspension.
- Locomotive à surchauffe. — La Compagnie anglaise North British liailway est en train d’essayer une nouvelle machine à vapeur surchauffée assez originale, qui est appelée New Century, et est due à MM. Field et Morris. Le surchauffeur spécial est fourni d’une quantité réglée d’air comprimé au moyen de pompes commandées par manivelles ; les cylindres de pompes ont environ le huitième du volume des cylindres à vapeur, et l’air est comprimé un peu au-dessus de la pression de la vapeur. Le surchauffeur est du reste placé dans la boîte à fumée, et le mélange d’air et de vapeur est envoyé directement aux cylindres par les soupapes de ré-
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- gulalion. Quand la machine est mise en marche, la vapeur occupe tout le volume intérieur du surchauffeur, mais, au fur et à mesure que l’engin prend de la vitesse, la vapeur est graduellement et partiellement déplacée par l’air comprimé ; la régulation du mélange est automatique.
- Réservoirs d’eau en bois. — Les Améiûcains font grand usage du bois, et ils ont certainement raison, car le bois offre des avantages que ne donne pas sans compensation le meilleur métal. Tout dernièrement VEngineering News citait les excellents services que rendent des réservoirs, des châteaux d’eau en bois de cyprès cerclés de fer reposant sur une plate-forme en béton armé, qui repose à son tour sur un pylône métallique. Le bois protège bien mieux l’eau contre la gelée, et de plus on évite la rouille qui ne manque pas de se produire avec les tôles d’acier.
- Chauffage au combustible liquide. — On a essayé, à la station génératrice électrice du Clyde Trust, en Angleterre par conséquent, un nouveau système de chauffage des chaudières par brûleurs au pétrole du système Lucal. Avec eux, sur un générateur marin, on est arrivé à évaporer 14 livres d’eau (livres de 453 grammes) par livre d’huile minérale, en prenant de l’eau à ioo° C.
- Destruction des ordures ménagères et stations électriques. — La ville de Birmingham vient de mettre en exploitation un destructeur d’ordures ménagères où la chaleur développée par la combustion des immondices sert à produire du courant électrique ; les cendres et mâchefers des foyers sont utilisées à faire du béton, du mortier, et à recharger les routes dans de bonnes conditi ons.
- Station d’essai de locomotives. — De plus en plus on tend à suivre cette pratique, qui permet de juger des qualités ou des défauts d’une machine beaucoup mieux que la marche libre en pleine voie. C’est ainsi que les fameux ateliers de Grunewald vont installer une station de ce genre, sur les plans généraux qui avaient été adoptés à Saint-Louis, et sous la direction du professeur von Borries.
- Stations portatives de télégraphie sans fil. — La
- Compagnie allemande de télégraphie sans fil de Berlin vient de combiner une station portative bien étudiée. Pour porter les antennes, au lieu de recourir à des ballons ou à des cerfs-volants, on emploie des tubes d’acier qui peuvent télescoper pour la facilité du transport : dans la position de transport, ils m’occupent qu’une longueur de 3,8o m. de long, et, développés, ils font io mètres. Ils sont munis inférieurement de plaques métalliques formant plateau de pose, et ils sont dotés également de haubans métalliques. Le courant de bobine primaire est donné par une dynamo montée sur un châssis de cycle.
- Forme et usure des rails. — M. T. Andrews' a présenté une intéressante communication sur ce sujet à la Société anglaise des Civil and Mechanical Engineers, en se plaçant surtout au point de vue des rails posés sur les ponts ou dans les tunnels. Il voudrait voir employer des rails à forte section, notamment du type Vignole, et placés sur des longrines ; il a bien moins de confiance dans les rails à double champignon disposés dans des coussinets. Il voudrait aussi voir les Compagnies faire des analyses chimiques et des essais physiques sur des morceaux de rails absolument finis et après réception des fabricants.
- Moteur à gaz Mees. — Il est étudié et donné comme fournissant de bons résultats par la publication allemande Zeitschrift fur Elektrotechnik. Ses particularités résident dans l’admission du gaz et de l’air et dans la compression du mélange. Sa consommation en gaz ne varie que fort peu suivant qu’il tourne à vide ou au contraire sous lourde charge, et cela grâce à ce qu’on maintient constantes les surfaces d’admission du gaz et de l’air, l’action du compresseur d’air cessant quand le fonctionnement devient normal.
- Tramways souterrains. — Il semble qu’on tend de plus en plus, et avec raison, à descendre les tramways des grandes villes dans le sous-sol des rues. C’est ainsi qu’on annonce que l’on va reconstruire souterrainement les lignes de tramways de Berlin entre Potsdam Platz et Donhofï Platz, le long de la rue de Leipzig : cela ne
- coûterait pas moins de 75 millions de francs, et les Compagnies, en échange de cette amélioration, obtiendraient une prolongation de concession de 90 ans.
- Chemin de fer électrique de montagne. — Les touristes vont trouver cette année en Suisse une nouvelle ligne de montagne à pentes très raides et à traction électrique, l’adhérence étant complétée par l’emploi d’une crémaillère. C’est la ligne qui va de Brunnen â la terrasse de Morschach, au-dessus du lac de Lucerne. On y utilise du courant polyphasé à 700 volts, mais qui arrive d’abord à une tension de 8000 volts pour passer ensuite par des transformateurs. La ligne a un peu plus de 2 kilomètres de long, avec des courbes naturellement fréquentes, dont le rayon descend souvent à 80 mètres ; la pente moyenne est de 12,6 pour 100 en tenant compte des gares, et autrement de i4,5; en un point, on atteint 17. La traction se fait au moyen d’une locomotive de io5oo kg qui peut remorquer une charge de i5 5oo kg à une allure de 9 km sur la pente la plus rapide. O11 a prévu un freinage électrique spécial pour les descentes, et du reste les moteurs de la machine fonctionnent alors comme générateurs.
- Automobiles de chemins de fer. — L’Argentine imite à cet égard ce qui commence de se faire dans les pays d’Europe ou aux Etats-Unis : elle vient de commander (du jinoins le Great Western Railway argentin) une série de wagons automobiles à une maison anglaise.
- Les marais et l’empaillage des chaises. — La présence de marais peut quelquefois devenir une source de revenus pour toute une région. Ainsi dans l’arrondissement de Villefranche de Rouergue, on a imaginé d’exploiter les produits végétaux qu’ils fournissent naturellement (carex, joncs, massette, rubaniers, scirpus), que l’on classe, sèche et trie et que l’on vend aux fabricants de chaises de Toulouse, comme succédanés de la paille de seigle. M. Gège, ingénieur agronome, donne à ce sujet d’intéressants détails dans un des derniers bulletins de la Société Nationale d’agriculture de France. L’industrie toulousaine utilise cinq produits pour l’empaillage des chaises : le jonc proprement dit (juncus) qui vaut 10 francs les 100 kilogrammes; le menu, petit sesquil ou sarrette, valant de 20 à 3o francs et qui est formé par diverses espèces du genre Carex; la massette (Typha latifolia) qui vaut de 12 à 14 francs; le rubanier (Sparganium) qui vaut de 3o à 40 francs; la feuille de maïs ; ces produits sont généralement recouverts de paille de seigle, celle-ci valant de 75 à 110 francs les 100 kilogrammes. Les marais de Villefranche fournissent principalement les carex. Leur rendement, assez variable avec la chute d’eau pendant l’année, est en moyenne de 25oo kilogrammes de paille sèche par hectare, ce qui donne un revenu moyen brut de 5oo francs, ou net de 25o francs. Il est à peu près certain qu’en se donnant la peine d’aménager les eaux et de transplanter les meilleures espèces, on arriverait aisément au chiffre de 700 francs comme bénéfice net. On pourrait, s’inspirer dans ce sens de ce qui a été réalisé par les Suisses pour la même industrie. On voit qu’il n’y â rien de perdu dans la nature !
- Chauffage des solutions salines. — M. Steel est arrivé à des résultats curieux en étudiant l’ébullition de solutions salines chauffées à la vapeur. Il a constaté de la façon la plus manifeste qu’on peut élever une solution saline à une température supérieure à celle de la vapeur-employée au chauffage.
- Essais d’un contre-torpilleur. — Le contre-torpilleur Claymore, qui a été construit au Havre, a été essaye le 3o mai à Cherbourg. Le fonctionnement des appareils a été très satisfaisant. A l’essai officiel en route libre, la vitesse moyenne a été de 3o,o3 nœuds; la vitesse demandée n’était que de 28 nœuds.
- Préservation du bois contre les tarets. — On a
- imaginé aux Etats-Unis des tubes de béton en deux pièces dont on peut habiller après coup les pilotis, même quand toute la charpente d’une estacade est montée sur ces pilotis. Les deux demi-cylindres sont assemblés au moyen de clavettes, et l’espace annulaire qui peut demeurer entre le pilotis et cette enveloppe est rempli de sable. On peut du reste parfaitement armer ces sortes de coquilles, que l’on fait au moyen d’un ciment composé de 3 parties de sable pour une de ciment PortlancL
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- C{§TNi, Mécanique
- Perceuse automatique. — Celte perceuse, qui se fait dans des tailles, et par conséquent à des prix extrêmement variables, qui peut par suite pénéti'er dans les ateliers les plus divers sous des échantillons dilférents, est fabriquée aux Etats-Unis par la Maison Sibley and Ware ; mais on peut la voir fonctionner dans les magasins de la maison Markt à Paris, 107, avenue Parmentier, et peut-être même ailleurs. Tout y est ingénieux, et elle répond aux besoins les plus variés et les plus pratiques certainement.
- Elle comporte un bâti vertical dont on voit la disposition, et dont le pied supporte l’arbre sur lequel tournent les diverses poulies assurant la commande de l’appareil à différentes vitesses, ou même le désembrayage, au moyen d’une fourche qui ne se voit pas sur la figure, et qui est sous la dépendance d’une pédale qu’on aperçoit à gauche et en bas du bâti. Le plateau circulaire, sur lequel peuvent se fixer aisément les pièces à travailler, peut se monter à telle ou telle hauteur, au moyen de la manivelle M, des renvois par engrenages, et de la vis sans fin qui pénètre dans un écrou solidaire du collier supportant le plateau. Cela n’empêche pas du reste celui-ci de pouvoir tourner librement autour de la colonne du bâti, de façon à s’excentrer plus ou moins par rapport au porte-mèche. Nous n’insisterons pas sur les renvois et roues d’angle qui assurent la rotation de la mèche dans ce porte-mèche. Ce qui est intéressant à noter, c’est qu’on a à sa disposition trois moyens de régler la descente ou la position, en hauteur de la mèche. En effet, il y a d’abord une roue à manivelle qui entraîne une vis sans fin, cette vis mordant dans une roue à empreintes r qui assure le déplacement vertical du porte-mèche, et par conséquent de la mèche. Pour les grands déplacements, et pour les déplacements qui peuvent par conséquent se faire vite, on agit sur le levier l : dans sa position normale, il est relevé, mais, ce qu’il y a de plus important, c’est qu’il est fixé dans une douille qui se rattache à un manchon ma qu’on voit peu dans la figure, et qui est solidarisé par une denture venant en prise d’autres dents, avec la roue à empreintes dont nous avons parlé. Dans ces conditions, le levier n’a aucune action sur elle ; mais, si l’on tourne le manchon qui forme manche de ce levier, la prise des dents cesse par l’éloignement de celles que porte le manchon auquel se rattache le levier, et si l’on, tire à soi ce deimier, on fait alors tourner rapidement la roue à empreintes, c’est-à-dire que rapidement on abaisse le porte-mèche. Ajoutons que, bien entendu, en état normal, on laisse le mouvement de descente de celui-ci se faire graduellement et suivant 'l’avancement du perçage, grâce à ces renvois par roues d’angle et tige qu’on voit derrière le levier dont nous avons parlé.
- Ce qui est fort intéressant, c’est qu’on peut laisser la perceuse travailler seule, puisqu’on a la possibilité d’arrêter l’enfoncement au point où on le désire, c’est-à-dire de ne pas permettre à la inèche de s’enfoncer au delà d’une certaine profondeur dans le métal. Dans ce but, une bague qui est montée sur le porte-mèche, et qu’on fixe à la hauteur, au point voulu, vient rencontrer le bout d’un doigt qui normalement maintient la vis sans fin qui est en Y en prise avec la roue à empreintes; mais cette pièce, de même que la roue R du reste, est montée sur un petit bâti sur articulation, si bien que, le doigt à chien qui la maintient venant à soulever, elle tombe sous l’influence de son poids, et toute prise cesse, ce qui arrêté toute descente du porte-mèche et de la mèche. y '
- Cet outil est vraiment bien conçu et peut rendre de grands services.
- Pour enrouler une lame de fer. — C’est une opération que l’on a bien souvent besoin d’effectuer dans les mille travaux de l’amateur, et aussi dans une foule de petites constructions ou réparations mécaniques. Pour mener à bien cette opération, il suffit de deux appareils qu’on peut facilement se fabriquer, pour peu qu’on ait l’habitude de la forge. D’abord une sorte de fourche dont la hauteur et l’écartement des dents doivent être quelque peu proportionnés à la largeur et à l’épaisseur de la bande de fer qu’on veut traiter ; le bas de la fourche, la douille, doit présenter un trou carré permettant de la fixer solidement sur un établi, au moyen d’une pièce carrée. En second lieu, il faut un levier à deux dents affectant, comme le montre la figure, l’apparence d’une F, dont les deux branches transversales doivent être égales, tandis que la branche longitudinale sera proportionnellement très longue : elle est en effet destinée à faire bras de levier. On commence par former, au marteau et à chaud, au bout de la lame métallique, un petit retour, un commencement d’enroulement de cette lame; puis on chauffe le fer à la suite, sur une longueur d’une quinzaine de centimètres seulement, on le place dans la fourche au point où il est nécessaire d’obtenir la courbure de la lame, et l’on fait effort au moyen de la clef à levier que l’on met à cheval sur la bande métallique en un point où elle est demeurée froide. On peut ainsi procéder peu à peu et méthodiquement, de manière à faire progresser l’enroulement régulièrement et avec facilité.
- Nouveau joint en fonte. — Le nouveau joint, que représentent les figures ci-dessous d’ensemble et en coupe intérieure, est utilisé dans les canalisations pour l’air comprimé, la vapeur, le gaz et l’eau qui nécessitent de nombreux et rapides démontages et remontages. Ce raccord, dénommé « Dart», est construit pour toutes les dimensions de tubes en fer jusqu’à 90 mm de diamètre. Le joint est en bronze ; l’un des sièges est concave et l’autre convexe, de forme sphérique, et ils sont sertis dans chaque partie en fonte du raccord. Quand les joints sont sertis, les raccords sont montés sur une machine spéciale afin Nouveau joint,
- d’y être rodés par Tue d’ensemble. Coupe intérieure, paire. De nombreux
- essais ont montré l’étanchéité parfaite du raccord « Dart » ainsi que sa résistance aux pressions élevées, résistance qui atteint jusqu’à 140 kilogrammes par centimètre carré. La forme sphérique du joint permet l’accouplement de tubes dont les axes ne sont pas exactement dans le prolongement l’un de l’autre. On construit également des brides pour toutes dimensions de tubes jusqu’à 25o millimètres de diamètre. — Le nouveau joint en fonte se trouve à la Fairbanks Company, 55, quai de Valmy, à Paris.
- cjg'ïsi. ‘Dvueî's ^§33
- Utilisation des vieux fûts de bière. — Quand on possède des petits fûts à bière qui ne présentent plus les qualités voulues pour contenir ce liquide, on peut les démonter et en utiliser les douves à faire des supports, des pieds, pour les pots de fleurs et les plantes d’appartement. Ces douves ont en effet une résistance considérable, et leur courbure dans la longueur et la largeur n’est nullement gênante, si l’on donne au support
- Fourche et levier à deux, dents. Mode d’enroulement.
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- une disposition en coupe horizontale correspondant à celle que nous figurons. On insère un plateau entre les douves, à bonne hauteur, et ces dernières y sont fixées par des vis et des tasseaux vissés eux-mêmes sous les
- Utilisation des vieux fûts de bière.
- planches du plateau. L’assemblage des douves dans les quatre coins sera assuré de façon suffisamment solide par des vis enfoncées obliquement, et dont la tête pourra être noyée dans le bois si on le veut. A la rigueur, des ferrures d’angle sommaires pourraient être prévues pour consolider le tout.
- Tendeur pour pantalons. — Tous les pantalons, après un usage plus ou moins prolongé, prennent de mauvais plis, par suite des mouvements des jambes. Le tendeur que nous présentons permet de remédier facilement à ces inconvénients. Il se compose de deux presses de serrage, entre lesquelles on pince le bas et le haut du pantalon et que l’on éloigne au moyen d’une tige nickelée en deux parties à système coulissant, à ressort et à tension automatique. En quelque temps, le pantalon est mis de forme, et les mauvais plis disparaissent. L’appareil se démonte facilement et se loge dans une boîte de dimensions ordinaires. — Le tendeur pour pantalons se trouve chez M. Iiraiz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Porte-montre universel. — Le porte-montre est certainement un objet utile, et cependant on n’en rencontre que très peu qui répondent réellement aux besoins. Le modèle que nous présentons à nos lecteurs a d’abord l’avantage d ’ offrir une très grande stabilité. Il possède de plus un petit mécanisme très ingénieux pour maintenir la montre. Quatre griffes à ressort commandées par un bouton qui est placé au dos de l’appareil enserrent et fixent dans la position normale la montre que l’on y place. On peut diminuer ou agrandir le cercle formé au centre en retournant d’un seul mouvement les griffes; le même appareil peut donc servir pour les montres de dame et les montres d’homme, en un mot pour toutes les montres. Le porte-montre se trouve à la même adresse que ci-dessus.
- Passoire universelle. — La passoire universelle est destinée à fournir un moyen pratique pour découper ou écraser les différents légumes que l’on emploie pour les purées ainsi que les fruits pour les confitures ou marmelades. Cette nouvelle passoire se compose d’une passoire ordinaire, d’un double couteau mû par une mahi-
- Porte-montre universel.
- velle et de six disques de rechange percés de trous dont le diamètre varie suivant les besoins. Le fond de la passoire est divisé en deux parties égales par une cloison métallique au-dessous de laquelle se meut le double couteau. On choisit le disque convenable, on le fixe et on place les fruits ou légumes dans l’appareil. En tournant la manivelle, les denrées contenues dans la passoire sont découpées, prises èt serrées entre la face oblique du couteau, le fond et la cloison verticale. Elles passent
- Passoire universelle.
- à travers le tamis, tombant en masse pulpeuse d’autant plus fine qu’on aura choisi un disque plus fin. La passoire ne laisse passer que les parties pulpeuses à l’exclusion des parties mauvaises, telles que peau, noyaux, pépins, fibres. En quelques minutes on peut ainsi réduire en pulpe une grande quantité de légumes, pommes de terre, haricots, ou de fruits, cerises, pommes, poires. — La passoire universelle se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Porte-allumettes de poche.— On recherche beaucoup, pour porter dans la poche, une boîte d’allumettes plate. L’appareil que représente notre dessin est carré, ne mesure que 5 centimètres de côté et a une épaisseur de 5 millimètres. Cette boîte est destinée aux allumettes-bougies que l’on place dans des compartiments et que l’on allume au frottoir pratiqué à l’intérieur; elle est d’une fabrication soignée et un petit anneau permet de l’accrocher à la chaîne de montre pour la porter en breloque. — Le porte-allumettes de poche se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Couteau à pain. — L’habitude se répand de plus en plus de servir le pain en tranches minces ; il semble que sous cette forme le pain acquiert une saveur particulière et soit, dit-on, aussi d’une nutrition plus facile. Le cou-
- Porte-all«mettes de poche.
- Couteau à pain.
- teau à pain, que nous présentons à nos lecteurs, permet de tailler le pain très mince. La figure ci-dessus nous montre un couteau à lame ondulée ; il existe également un autre modèle à lame dentelée qui peut couper les viandes froides. — Le couteau à pain se trouve chez M. G. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
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- HYGIENE ET SANTE
- Balancements rythmiques du sommeil. — La fillette d’un de mes amis intimes, jolie bi’unette de cinq ans et adorable enfant, avait pris, en revenant de sa promenade quotidienne aux Tuileries ou aux Champs-Elysées, la singulière habitude de faire, disait-elle, le mandarin, en balançant la tête sur un rythme régulier et tirant la langue. Intrigué de cette mimique bizarre, le père en trouva assez facilement la cause : en passant rue Royale, l’enfant contemplait avec ravissement dans un magasin de thé (qui a du reste disparu) deux magots de porcelaine dont la tête se balançait en salutations rythmées et en tirant la langue. L’enfant, en rentrant chez ses parents, copiait les deux poupées.
- Le souvenir de cet incident curieux m’est remonté à la mémoire en lisant le travail du Dr Cruchet sur ce qu’il appelle le balancement rythmique du sommeil. Cet état singulier est caractérisé par les manifestations suivantes. Un jeune enfant est endormi, couché sur le dos ou sur le côté; sa tête, qui repose sur l’oreiller, est animée d’un mouvement isochrone et sè balance latéralement d’un côté à l’autre sur un rythme parfaitement égal et presque régulier, à l’image d’un pendule. Parfois, au balancement de la tête, viennent s’ajouter des mouvements des épaules, des-bras, ou des jambes. Ce mouvement est silencieux chez les uns ; chez d’autres, au contraire, il s’accompagne de fredonnement ou d’un bruit d’effort, rappelant en petit le geignement du boulanger pétrissant son pain.
- Quand l’enfant est assis, le balancement n’est plus latéral ; il se fait dans le sens antéro-postérieur et devient une salutation, comme chez les deux magots chinois de la rue Royale. Il est rare que le balancement, latéral ou antéro-postérieur, soit absolument continu. Il se produit en général par crises, séries de mouvements, avec des poses de deux à trois secondes ; mais leur caractère rythmé est tout à fait remarquable et les médecins qui l’ont observé le regardent comme aussi régulier que le pendule d’une horloge, que le battement du métronome.
- Chaque sxijet, du reste, offre des modalités spéciales au point de vue du nombre des mouvements, de leur amplitude et de leur intensité. Très calme d’ordinaire,
- le balancement peut atteindre une intensité telle que le lit en est ébranlé.
- Tous les moyens mis en œuvre pour arrêter ces mouvements sont nuis ; vous avez beau changer l’enfant de position dans le lit, l’appeler, le pincer, le réveiller, l’enfant geint, grogne, proteste à sa manière, plus ou moins maussade, mais aussitôt tranquille reprend son exercice jusqu’au réveil complet. De quelques minutes à quelques heures, le mouvement ne se prolonge pas; cependant pendant toute la durée du sommeil.
- Cet état bizarre qui tient sans nul doute à un léger trouble nerveux, sans pouvoir être classé parmi les tics, se rencontre chez les enfants jeunes de 3 à 12 ans, mais on peut l’observer à un âge plus avancé et le D* Mayet a eu à traiter une jeune fille de 18 ans qui, sur le point de se marier, désirait être débarrassée de cette demi-infirmité. Depuis le jeune âge, elle était prise, quelques minutes après s’être endormie, d’une crise de balancement rythmé, la tête se portant de droite et de gauche avec une amplitude extrême, un demi-tour de circonférence. La crise durait de vingt à quarante minutes et le reste de la nuit se passait tranquille, le balancement devenant de moins en moins fort au fur et à mesure que le sommeil devenait plus profond.
- Le Dr Cruchet rattache cette singulière habitude à ce qu’il appelle des rytlimies, mouvements simples ou combinés se reproduisant, identiques à eux-mêmes et à intervalles égaux. La cause est vraisemblablement d’origine nerveuse, sans que les enfants atteints de cette habitude soient affectés d’une tare névropathique grave. Les traitements les plus divers ne donnent pas grands résultats et le trouble va disparaissant peu à peu avec l’âge. Ce qui confirmerait l’idée d’une fatigue nerveuse, d’un état névropathique, c’est que ces balancements se-rapproclient par certains côtés des tics, des contractions chroniques; ils en diffèrent par le rythme, la cadence, mais ce sont des mouvements indociles. Autre point, c’est que les antispasmodiques, les calmants, comme le bromure, la valériane, les agents modificateurs, comme l’hydrothérapie et surtout la suggestion, amènent la guérison de ce singulier état.
- Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Photographie
- Tableau de mise au point. — On appelle mise au point automatique, dans les appareils à main, l’absence de mise au point. En général, ces appareils sont munis d’objectifs à foyer assez court pour que tous les plans soient nets sur la plaque sensible, à partir d’une distance de 5 ou 6 mètres. Il est préférable d’avoir des objectifs à foyer plus longs, si l’on veut éviter une exagération de perspective très désagréable à l’œil et qui équivaut à une véritable déformation. Mais il faut alors s’astreindre à mettre au point et, pour ne pas avoir à se servir d’un voile noir et du verre dépoli, on s’en rapporte à une échelle graduée d’avance pour les distances les plus usuelles, depuis i mètre jusqu’à io ou 12 mètres, distance pour laquelle la mise au point devient inutile, tous les plans étant nets à partir de là. Mais il faut aussi savoir apprécier les distances à l’œil pour pouvoir placer rapidement l’index de l’échelle en face de la bonne graduation. Il ne fàut pas croire cependant qu’une précision absolue soit nécessaire dans l’appréciation de la distance, car les objectifs, surtout s’ils sont un peu dia-phragmés, laissent une assez grande latitude et donnent une image pratiquement nette pour des plans assez éloignés les uns des autres. On peut calculer à l’avance
- cette latitude et se faire un tableau donnant, pour les-distances les plus usuelles, comme 3, 5, 7 mètres par exemple, le champ de netteté sur lequel on peut compter cela sera très utile à ceux qui font souvent des instantanés dans la rue.
- On utilise pour faire ce tableau des formules très
- 2 y
- simples. D’abord D=(ioo /)2X-ÿr> dans laquelle
- lX
- représente le diaphragme en fonction du foyer. Tous les objectifs ne portent pas cette graduation telle que le Congrès l’avait cependant décidé ; mais on peut toujours demander au constructeur de donner une table de concordance, et l’on trouvera cette table établie, pour les principaux objectifs dans les annuaires de photographie, et notamment dans VAnnuaire général, où elle a été donnée par M. E. Wallon. On verra, par exemple, que sur les objectifs de Zeiss nouveaux le n° i56 gravé sur
- la monture correspond à / : 4 ; le n° 64 à / : 6,3, etc_
- Nous supposerons donc qu’on a, pour son objectif, la valeur des diaphragmes en fonction de foyer. Il n’est pas nécessaire d’en avoir un grand nombre ; troi& suffiront pratiquement ; par exemple f : 6,3, f : 10 et /: i5. Si nous avons un objectif de 0,11 m. de foyer, notre formule sera
- D = (100 X 0,11)2 X
- 121
- —-tt= 19,20 m.
- 6,0 T
- -âSfli 13 JS&-
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- JÀ
- C’est la distance hyperfocale de notre objectif pour le diaphragme f : 6,3 et nous trouverons, avec la même formule, qu’elle sera 12,10 m. et 8 m. respectivement pour le diaphragme f: 10 et / : i5. Quand nous aurons établi ces valeurs, nous pourrons calculer facilement la tolérance que peut supporter l’appréciation dans la distance entre l’objectif et un point choisi. En appelant p ce point, la limite de netteté en avant de lui sera
- D -f f ......... _ D — f
- L. r— p ——r-L. et la limite derrière lui sera L0 = p 77--
- ' D+/> " * D — p
- Avec notre objectif diaphragmé à / : 6,3, pour un objet situé à 7 mètres par exemple, nous aurons
- L. = 7
- iq,20 4- 0,11 „ „
- -Al-------’— = 5,i5 m.
- 19,20 4- 7
- et
- Ls = 7
- 1 û , 20 — 0,11
- —------------== 10,9 ;
- 19,20 — 7
- on pourra donc dire que cet objet pour lequel nous avons fait la mise au point à 7 mètres sera encore net sur notre plaque s’il 11’est qu’à 5,15 m. ou s’il est à 11 mètres. Cette tolérance augmentera encore si nous diaphragmons, ainsi qu’il est facile de s’en rendre compte en appliquant les formules ci-dessus.
- On pourra donc facilement dresser pour l’objectif de son appareil un petit tableau à deux entrées sur lequel on indiquera dans la colonne verticale la valeur des diaphragmes employés, dans la colonne horizontale la distance approximative de l’objet à photographier et à l’intersection de ces deux coordonnées la valeur du champ de netteté. G. M.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Animal Baudry de Saunier 1906. 1 vol. in-8. En vente, 20, rue Duret, à Paris. Prix : 18 francs; franco.
- Sous ce titre, notre confrère Baudry de Saunier vient de publier un ouvrage auquel il travaille depuis longtemps. Il s’agit d’un volume de 800 pages et qui renferme 900 gravures ; il se compulse comme un dictionnaire. Cet ouvrage renferme, par ordre alphabétique, l’explication des expressions et des termes employés dans les industries et les arts de la locomotion; il donne les adresses des industriels, des raisons 'sociales, des marques de fabrique qui s’y rattachent ; la liste des membres des automobiles-club de France et de la province; il fait connaître les nouvelles inventions et les résultats des principales épreuves sportives de l’année.
- Le bréviaire du chauffeur. Anatomie, physiologie, pathologie, thérapeutique et hygiène de la voiture automobile et des motocycles, par le Dr R. Bommier. i vol. in-8°. Paris, H. Dunod et Pinat, éditeurs, 1906. Prix broché : 5 francs. Cartonné : 6 francs.
- Ce nouvel ouvrage s’efforce de bien faire connaître tous les organes des automobiles pour indiquer ensuite les moyens de prévenir et de guérir les accidents. Le programme comprend une première partie relative au châssis, aux ressorts, aux essieux et aux roues. Dans des parties suivantes viennent les études sur le moteur, le carburateur, l’allumage, le refroidissement, la transmission, les freins, la direction, les tableaux synoptiques des pannes de moteur -et renseignements divers.
- Manuel pratique du télégraphiste et du téléphoniste, par H. de Graffigny. i vol. in-8. H. Desforges, éditeur, 3g, quai des Grands-Augustins. Paris. Prix : broché, 5 francs ; relié percaline, 6 francs.
- Le tachéomètre et ses applications aux levers des plans et aux tracés de chemins de fer. Autoréduction. Photo-grammétrie, par Joseph d’Angelo, ingénieur civil. 1 vol. in-8°. Ch. Béranger, éditeur. Paris. Prix : broché, 10 fr.
- « Le tachéomètre est désormais le seul instrument de précision universellement employé pour les levers des plans et pour les études des tracés de chemins de fer. Le besoin s’est fait sentir d’un traité visant exclusivement cet instrument et son emploi, au point de vue théorique et pratique. C’est le but de cet ouvrage qui sera très utile aux ingénieurs, géomètres, agents-voyers et à tous les techniciens qui s’occupent des opérations du lever. »
- J-Aude thermométrique de la grotte de Remouchamps (Belgique), .par E. Rahir. Extr. de Ciel et Terre, mars 1906 ; 17 p. et 1 pl. Très curieuses variations de température confirmant que celle-ci n’est ni constante ni uniforme même dans les diverses parties d’une seule caverne.
- Précis cle chimie physique, par M. Em. Pozzi-Esgot, professeur de chimie à l’Ecole nationale d’Agriculture et de Médecine vétérinaire de Lima (Pérou). 1 vol. in-8°. Jules Rousset, éditeur. Paris. 1906. Prix : 6 fr.
- Annales de glaciologie (Zeitschrift für Gletscherkunde). Organe de la commission internationale des glaciers; sous la direction de M. Eduard Bruckner. Berlin, Verlag von gebrüder Borntraeger. 1906.
- Cette nouvelle publication, dirigée par M. le professeur Briickner, est destinée à concentrer tout ce qui concerne la glaciologie, cette branche de la géographie physique si importante notamment pour l’utilisation industrielle de la houille blanche. Elle est entière ment, internationale et le premier fascicule renferme des notes et mémoires en français, anglais et allemand, par MM. Girardin, Geikie, Oyen, Blümcke, Finsler-walder, Drygalski, Forel, Philippson, etc., sur la glaciation en général et notamment sur celle de la Maurienne, de l’Ecosse, de Norvège, du MontArgée (Turquie d’Asie), de l’Antarctique, etc. L’illustration esl, soignée et la bibliographie détaillée.
- Fortschritte in der Anwendung der Rôntgenstrahlen, von Dr. Joseph Rosenthal. i brochure in-8. München. J.-F. Lehmann’s Yerlag. 1906. Prix : 1,20 mark.
- Lectures scientifiques, par Jules Gay , docteur ès sciences, professeur honoraire au lycée Louis-le-Grand. Extraits de mémoires originaux et d’études sur la science et les savants. Physique et Chimie. 2° édition. Paris. Hachette et Cie. 1906. 1 vol. in-16. Cartonné. Prix : 5 francs.
- Atlas colorié de la flore alpine (Alpes françaises et suisses, Jura, Pyrénées), par J. Beauverie et L. Fau-cheron, de l’Université de Lyon. 1 vol. in-8°. 3o planches en couleurs. Paris. J.-B. Baillière et fils. 1906. Prix : 7fr,5ô.
- Exploration du Tian-Schan central, par le Dr Gottfrifd Merzbacher (supplément n° 149 aux Petermanns.Mittei-lungen, Gotha: Justus Perthes, décembre 1904)- In-4°, 100 pages, 1 carte et 2 panoramas. Prix : 10 francs. Explorations de 1902 à 1903 aux glaciers du Khan-Ten-gri (hauteur 7200 mètres) qui atteignent 60 kilomètres de long.
- Esquisse du développement et de la situation de la car-togravhie en Europe (Allemagne exceptée) (en allemand, par W. Stavenhagen, supplément n° 148 aux Petermanns Mitteilungen, Gotha : Justus Perthes. Juin 1904). In-4°, 378 pages, prix : 20 francs.
- Etude capitale sur toutes les cartes des divers pays d’Europe et leurs éléments astronomiques, géo-désiques, historiques et bibliographiques.
- Distribution par courants alternatifs, par W. E. Golps-borough, professeur à l’Université de La Fayette, Purdue (États-Unis). Traduit de l’anglais par H. de Yorges, ingénieur des arts et manufactures. 1 vol. in-8. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, 4g> quai des Grands-Augustins. Paris, 1906. Prix broché : 10 francs.
- Manuel de Vapprenti et de Vamateur électricien . 4e partie, traction électrique, tramways et chemins de fer, par Robert Marie, r vol. in-16. Paris. Librairie Bernard Tignol. Prix : 2 francs.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boi'tc aux lettres La Rédaction publie les faits d’uu intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. Eu raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que daus un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La
- motocyclette en 1906 (n° 1719, du 5 mai 1906) : moto-sacoche, a0.9, boulevard Pereire, Paris; et Dulaux, 10, rue des Caroubiers, Genève; auto-fauteuil, quai Henri Chaviguy, à Blois, et Dubois, 46, faubourg Saint-Martin, Paris ; motobécane N. Saint-Germain, 29, rue des Archives, Paris; moto K. D. Keller Dorian, 29 bis, rue du Dauphiné, Lyon; tractocyclette Journaux, 54, rue des Cévennes, Paris.
- Communications. — M. Paul Buffault, inspecteur des eaux et forêts, nous envoie une petite brochure où il a réuni quelques conférences faites à l’Ecole normale d’instituteurs de Rodez sur le Rôle des forêts au point de vue physique, économique et social. Il faut savoir gré à un fonctionnaire de l’Etat d’avoir su épargner sur ses occupations assez de temps pour effectuer un tel travail. La question est de première importance et tant que la victoire sur la déforestation n’aura pas été définitivement remportée, il ne faudra pas se lasser de signaler au public des ouvrages tels que celui-ci. M. Buffault a très clairement écrit sa démonstration.
- M. Xavier Raspail nous adresse un récent travail, extrait des Mémoires de la Société zoologique de France, et relatif à Une station ornithologique dans l’Oise; Nouvelles observations sur les oiseaux ayant niché dans le périmètre du territoire de Gouvieux.
- M. A. Jaccard Rod, à Sainte-Croix (canton de Vaud), nous signale, à propos de l’article de M. Rahir (Voies antiques dans les rochers, n° 1719, du 5 mai 1906, p. 356), que près de Sainte-Croix il y a un chemin très ancien connu sous le nom de chemin romain et dont on voit encore les rainures dans le roc pour le passage des chars.
- M. A. Ladiesse, à Toulon, nous écrit la lettre suivante au sujet de notre chronique sur Y Etirage des fils fins : « Afin de mieux éclairer vos lecteurs, je me permets de mettre ci-joint un échantillon de fil fin en cuivre argenté pour galon. Le fil, argenté tout d’abord, est étiré dans des filières en rubis tout simplement, et, chose curieuse, l’argent se diminue en même temps que le cuivre et continue toujours à couvrir entièrement ce dernier. Mon fil spécimen, bien loin d’être pris dans les plus fins, passe au n° 4 de la filière ; un cheveu bien fin dans le sens de son plus 'petit diamètre passerait au 3. L’échantillon a plus de 10 mètres et pèse o,3 gr.,ce qui laisse bien loin les 21 kilomètres au kilogramme! » D’autre part, sur le même sujet, M. Paul Jacqueson, à Paris, nous écrit : « Vous mentionnez un fil de 8/10 de millimètre. Je crois, monsieur, que l’on fabrique couramment des fils plus fins. Ne serait-ce pas plutôt 8/1000 de mm. que vous avez voulu dire ? Car, avec un diamètre de 8/10 de mm. et 21 kilomètres de longueur, ce fil de cuivre pèserait, je crois, non pas 1 kg mais 92,929 kg, en admettant que la densité 8,8 pour le cuivre n’ait pas été augmentée du fait du laminage qui peut la porter à 8,95 et même 9. »
- Un de nos lecteurs de Mouy (Oise) nous envoie cette intéressante communication : Ayant dans une basse-cour des poules et des lapins, une poule s’était mise à couver près d’un endroit choisi par une lapine pour mettre bas ses petits. A peu près à l’époque de l’éclosion des œufs, la poule remarquant sans doute les petits lapins qui venaient de naître, abandonna ses œufs et se mit à les accouver. De sorte que les petits lapins se nourrissaient à la mère et se chauffaient sous la poule. Actuellement les jeunes lapins commencent à courir dans la basse-cour et ils savent bien rentrer, surtout le soir, sous la poule qui continue à les réchauffer. Ces lapins sont visiblement plus gros que des lapins de même âge qui n’ont pas joui de ce mode de chauffage.
- Renseignements. — M. X., à Gaillae. — Veuillez
- vous adresser à la librairie Ch. Bérenger, i5, rue des Saints-Pères, à Paris, en spécifiant avec précision quel genre d’ouvrage vous désirez.
- M. Ricord, à Antibes. — Nous vous remercions de votre communication et nous souhaitons avec vous que d’énergiques mesures soient prises contre les ravages que l’absinthe cause de tous côtés.
- M. Ricard, à Le Val (Var). — 11 est bien difficile de vous donner une explication du phénomène certainement électrique que vous nous signalez; en effet, il faudrait examiner les lieux et chercher la cause sur place. Peut-être y a-t-il un trolley de tramway souterrain ou aérien ?
- Fernand Vandeputte, à Hesdin. — Notre collaborateur M. Henri Blin vient justement de faire paraître un ouvrage où tous ces renseignements sont réunis dans un esprit très pratique : Vente et débouché des produits de la ferme, librairie Laveur, à Paris.
- M. M. de Tr., à Moustier. — Pour conserver du tabac sans qu’il se dessèche, et qu’il devienne cassant et désagréable à fumer, le meilleur moyen et le plus simple est de verser dessus de temps en temps quelques gouttes d’eau qui suffiront à entretenir la fraîcheur.
- M. Malaquet, à Nantes. — Les corrections barométriques sont de deux sortes : la correction d’altitude est d’environ 1 mm pour 10 mètres d’altitude au-dessus du niveau de la mer, et la correction de température qui atteint 1 mm par 7°,5 de variation de température. L'Annuaire du bureau des longitudes (librairie Gautliier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris) donne d’excellentes tables de correction et même un graphique pour la réduction à zéro.
- M. II. Varennes, à Orléans. — L’ouvrage de MM. Boule, Vernière, Glangeaud et Rouchon : Le Puy de Dôme, guide du touriste, du naturaliste et de l’archéologue, conviendrait très bien à votre désir; c’est à la fois une monographie et un guide. Ce livre se trouve à la librairie Masson et Ci0, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris (Collection des guides Boule, r vôl. 4n,5o).
- Ligue contre Valcoolisme. — Le siège social de la Ligue nationale contre l’alcoolisme est à Paris, 5o, rue des Ecoles. C’est là qu’il faut adresser les signatures à la pétition contre Vabsinthe (Voir notre n° 1720, du 12 mai 1906, p. 370).
- M. L. Gourinski, à Buenos-Aires. — Pour les carburateurs décrits dans le n° 1711, du 10 mars, veuillez vous adresser à M. Hennebutte, 16, rue de Chartres, à Neuilly-sur-Seine.
- M. Garric, à Paris. — Nous avons lu avec intérêt vos observations au sujet de la destruction des corbeaux. Elles sont assurément très judicieuses en ce qui concerne l’abus des proscriptions en masse trop souvent décrétées sans un examen sérieux de la question. Il nous semble cependant que dans l’ensemble le vœu de la Société française des agriculteurs est très justifié. Les services rendus par les corbeaux sont peu de chose au prix des dégâts dont ils se rendent coupables.
- M. Zryd, à Montreuil-sous-Bois. Veuillez vous adresser à l’Observatoire météorologique, à Montsouris.
- Fr. Charpentier, à Marseille. — Une liste même incomplète des ouvrages relatifs à l’Indo-Chine sériât extrêmement longue; nous ne saurions donc vous donner une bibliographie de cette question ; mais vous la trouverez toute faite dans : Larriez. Choix de lectures de géographie. Ané, 2e partie, à la librairie Belin, S2, rue de Vaugirard, Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. Martel, à Monlagna. Nous ne pouvons pas décrire le procédé que vous nous indiquez; ce n’est qu’un tour de prestidigitation qui n’a rien de commun avec les travaux sérieux qui ont été faits. — M. Henri L., à Blaye. Veuillez vous adresser à un architecte. — Mme Luc. Charles, à Sainl-Gaudens. Vous trouverez ces renseignements dans le recueil de Recettes et Procédés utiles, 20 et 3e séries, à la maison Masson et C‘°, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — MM. Buffault, à Rodez; Ladiesse, à Toulon ; Jacqueson, à Paris; A'., à Mouy. Remerciements pour I vos communications.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5o“,3o). Bureau central météorologique de France.
- . ONSKHV ATIONS 7 HEURES DU MATIN THEUMOMÈTUli VENT milKCTION HT KOUCIC 1)K 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 mai 19", 1 S. 2. Nuageux. » llosée; nuageux ; halo à 13 h.
- Mardi 29 20°,3 S. W. 2. Peu nuageux. 0,8 Pluie de 2 h. la à 3 h. 40; nuageux; halo à 9 ii.
- Mercredi 30 12",9 N. W. 2. Couvert. » Rosée; couvert jusqu’à 10 h. ; peu nuageux ensuite.
- Jeudi 31 18",2 Calme. Beau. » Rosée; peu nuag. le matin; nuag. le soir; halo à 14 h. ; tonnerre de la h. la à 1(> h. 45 du S. W. au S. E.
- Vendredi l” juin. . . 10",3 W. S. W. 3. Couvert. 1,8 Rosée; très nuageux; pluie par intervalles.
- Samedi 2 10°,8 W. N. W. 3. Très nuageux. O Très nuageux; pluie à diverses reprises.
- Dimanche 5 11°, 3 N. W. 3 Beau. 0,2 Un peu de pluie vers 1 h. 30; peu nuageux.
- MAI-JUIN 1206. — SEMAINE DU LUNDI 28 MAI AU DIMANCHE 3 JUIN 1906.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direct ion du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, Lhermomèlre à l'abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du 28 mai au 3 juin, le temps a été chaud et pluvieux. Le 28 mai, la pression barométrique était supérieure à 765 mm sur toute la France. Un vent d’entre Sud et Ouest a souillé sur les côtes de la Manche, et un vent faible de l’Ouest sur les côtes de l’Océan. La température était le matin i3° à Brest, 190 à Paris, 200 à Lyon, 220 à Perpignan, i5° au Puy de Dôme, 70 au mont Ventoux, 70 au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été 2o°,7, supérieure de 5°,9 à la normale ; le maximum observé à la Tour Eiffel a été 24°,2 à 4 heures du soir. Le 29 mai, la pression barométrique était 766 mm à Dunkerque et 769 mm à Biarritz; c’est entre ces deux limites qu’elle avarié pour toute la France. La température s’est également élevée dans les régions du Sud et de l’Est; elle était 120 à Brest, 200 à Paris, 22° à Lyon, 24° à Perpignan, 17O au Puy de Dôme, 17° au mont Aigoual, 70 au Pic du Midi. Les pluies ne sont tombées que dans le Centre et l’Ouest du continent; on a signalé seulement quelques ondées à Nancy, à Calais et à Dunkerque. A Paris, le ciel s’est couvert dans la soirée du 28 mai, et des averses donnant au maximum 1 mm d’eau sont tombées dans la nuit du 28 au 29 mai, après 1 heure du, matin. Le 3o mai, un vent faible a soufflé sur toutes nos côtes, de l’Ouest sur la Manche, et du Nord-Est sur l’Océan. Le temps a été généralement beau en France; la pression barométrique est restée supérieure à 765 mm. La température était le matin 110 au Havre, i3° à Paris, 14° à
- Nantes, 210 à Lyon, 25° à Perpignan, 160 au Puy de Dôme, 90 au Pic du Midi, 6° au mont Mounier. La température moyenne à Paris a été i6°,7, supérieure de i°,7 à la normale. Le 3i mai, la baisse barométrique s’est accentuée surtout en Europe. A Paris, la pression, en baisse modérée, était 754,8 mm. Le thermomètre marquait le matin à 7 heures : 120 à Brest, 180 à Paris, 2i° à Nantes, 25° à Clermont, 170 au Puy de Dôme, 8° au Pic du Midi, 6° au mont Mounier. Ii y a eu des orages à Perpignan, et à Paris dans la soirée. Le ier juin, une série de basses pressions a couvert l’Europe ; on a noté un minimum de 745 mm sur la mer Baltique. La température était le matin io° à Paris, u° à Nantes, 160 à Limoges, 210 à Toulouse, 160 au mont Aigoual, 12° au Puy de Dôme, 90 au Pic du Midi. Le 2 juin, un vent soufflait avec force du Nord-Ouest sur les côtes de la Manche et de la Méditerranée. Un centre de dépression barométrique se trouvait le matin sur la Finlande (740 mm); la pression en Irlande était 768 mm. Des pluies sont tombées en Europe; on a recueilli, en France, 2 mm à Paris, 3 mm au Havre, 4 mm à Dunkerque, 10 mm à Nancy, 16 mm à Besançon. La température était le matin 8° à Belfort, 90, à Calais, 1 i° à Paris, 170 à Perpignan, 28° à Alger. Le 3 juin, la pression barométrique atteignait 769 mm en Gascogne, et 766,7 mm à Paris. II est tombé i5 mm d’eau à Besançon et 3 mm à Dunkerque. Le thermomètre marquait le matin i4° à Toulouse, 140 à Clermont, 140 à Paris, 21° à Alger, 3° au Puy de Dôme.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 3<> à 6 h. J 5 m. du matin.
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- LA NATURE
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L- DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, "Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘°, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1725 (16 JUIN 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Concours de la Société d’encouragement à Fart et à l’industrie. — Un concours avait été ouvert par la Société d’encouragement à l’art et à l’industrie entre les écoles de dessin, de beaux-arts, d’art décoratif et d’art industriel de France. On avait donné aux concurrents à dessiner une lanterne d’antichambre alimentée par le gaz ou l’électricité, et destinée à distribuer la plus grande quantité de lumière. Le Jury, désigné par le Ministre de l’Instruction publique, s’est réuni le 8 juin, sous la présidence de M. Roty, membre de l’Institut, à l’École nationale des beaux-arts, et a décerné io prix et 3 mentions. Parmi les lauréats étaient : Ier prix M. Desroches (élève des beaux-arts de Lyon), 2e prix M. Curenier (élève des beaux-arts de Lyon), 3e prix M. Desbarbieux (élève des arts industriels de Roubaix), 4e prix Mlle Manger (élève des beaux-arts de Rouen), 5e prix M. Lambert (élève des beaux-arts de Lyon).
- La Société protectrice des animaux. — La Société protectrice des animaux a célébré le 4 juin, au Cirque d’Hiver, sa fête annuelle. M. Compayré, inspecteur général de l’Instruction publique, représentant le ministre, présidait. Le prix du Président de la République, consistant en un vase de Sèvres, a été décerné à Mme Séverine, journaliste, et le prix du Ministre de l’Instruction publique a été décerné à M. Merlet, proviseur du lycée Michelet, à Vanves.
- Tremblement de terre à San-Francïsco. — Une
- secousse de tremblement de terre, d’une durée de dix secondes, a encore été ressentie à San-Francisco dans -la nuit du 4 au 5 juin ; il n’y a pas eu de dégâts.
- Tremblements de terre. —A la date du 7 juin, on a signalé plusieurs secousses de tremblement dfr terre dans le Rhône. A Saint-Nizier d’Azergues, une secousse de deux secondes a ébranlé les maisons à 10 heures et demie. A Lamure-sur-Azergues, le même fait s’est produit une demi-heure plus tard avec violence du côté de la montagne de Soubreau ; plusieurs fermes environnantes ont eu leurs vitres brisées. Des secousses ont aussi été ressenties à Grandris, à Ranchal et dans un rayon d’une trentaine de kilomètres. A Lyon, on n’a rien ressenti et les appareils sismiques n’ont rien enregistré. Le 10 juin, à 2h45“ du matin, une secousse de tremblement de terre du 6e degré a été ressentie à Pizzo, en Italie, et une secousse du 5e degré à Tropea. Des secousses ont également eu lieu à Monte-Leone, à Messine et à Reggio-de-Calabre.
- Trombes et cyclones aux États-Unis.— On annonce que de violents cyclones se sont abattus le 7 juin sur
- les Etats de Minnesota et de Wisconsin, aux Etats-Unis et ont causé les plus grands dégâts.
- Cyclone à Arpajon. — Le i<ir juin, pendant dix minutes, un cyclone a dévasté la vallée de l'Orge, entre Arpajon et Dourdan, du Nord-Ouest au Sud-Ouest, sur une largeur de 60 mètres environ, renversant des arbres fruitiers, saccageant récoltes, granges et fermes. Les toits d’un grand nombre de maisons ont été enlevés. Les dégâts ont été considérables.
- La pisciculture en Suède et en Norvège. — M. Ra-
- veret-Wattel a fait à ce sujet d’intéressantes observations au cours d’un voyage récent dont il donne un compte rendu dans le Bulletin de la Société nationale d’acclimatation de France. Dans les fjords norvégiens, il s’établit, par suite de leur pénétration profonde dans les terres et de l’arrivée abondante d’eau de rivière, un régime spécial caractérisé par une salinité très basse et par le mélange d’une faune marine avec une faune fluviale ainsi, les morues sont souvent très abondantes dans ces sites. Par contre, dans les lacs de l’aquarium de Bergen, garnis de morues, merlans, d’églefins, de maquereaux, de soles, on trouve en même temps de très belles truites communes conservant leur livrée de rivière. Les poissons qui figurent sur les marchés sont peu variés mais très abondants ; on y remarque notamment le.Flétan (hippoglossus vulgaris), poisson plat de grande taille (jusqu’à 2 mètres de longueur et x5o à 200 kilogrammes.,/; il se vend; 70 centimes le kilogramme (56 œre). Les lacs représentent en Suède une surface de 3 millions d’hectare, la pêche y est très importante, abusive même, car le rendement a diminué et il a fallu recourir à la pisciculture ; ainsi on a créé des établissements pour la multiplication artificielle du saumon, surtout dans la partie ouest de la province de Halland. On s’occupe aussi activement de la propagation des poissons d’été, dont les œufs sont recueillis dans des frayères artificielles et menées à éclosion à l’abri de causes destructrices. La carpe, introduite au xvie siècle, a été longtemps assez peu répandue; c’est seulement dans ces dernières années qu’un propriétaire en a tenté l’élevage systématique; dès lors, leur nombre s’est accru considérablement et dans les exploitations de Gustafsberg (64 étangs, 1000 hectares) on pêche annuellemeut de i5 à 20 tonnes de ce poisson, vendu surtout à Stockholm, à Lübeck et à Copenhague à 70 centimes la livre. Toutefois, les con-ditions climatériques seront toujours un grand obstacle au développement complet de cette industrie. — En Norvège des travaux de même ordre ont été entrepris ; leurs résultats sont jusqu’ici assez médiocres.
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- INFORMATIONS
- Manœuvres sur les chemins de fer du Midi. —
- Des manœuvres de chemins de fer ont lieu en ce moment, depuis le 9 juin, sur le réseau du Midi, entre Nérac et Mont-de-Marsan.
- Aérostation. — On a signalé que deux commerçants de Milan et un capitaine sont partis, le 3 juin, de l’Exposition de Milan à bord d’un aérostat ; ils ont traversé les Apennins et ont été vus par le personnel du sémaphore d’Ancône, en danger au-dessus de la mer. L’aérostat s’est éloigné, pùis, dans l’après-midi, ils’estappro-ché de la côte de Tirolo, près d’Ancône. Un torpilleur parti au secours n’a pu sauver que l’aérostat; le,s commerçants et le capitaine étaient noyés.
- Aéronautique. Le grand-prix de l’Aéro-Cluh. — Le concours de distance de l'Aéro-Club de France a eu lieu le 7 juin au-parc des coteaux de Saint-Cloud. Dix ballons sont partis et ont été poussés vers l’océan Atlantique. Les points d’atterrissage ont été les suivants : le Sphinx (M. Barbotte), aux Sables-d’Olonne; Y Albatros (M. Leblanc), à la plage du Petit-Rocher, en Yéndée ; le Griffon (M. Cormier), à la place de Croix-de-Vie (Vendée); l'Oural (M. Bachelard), près des Sables-d’Olonne; Au Petit Bonheur (comte de Castillon de Saint-Victor), près de Vannes, au bord de la mer; la Libellule (M. Maison) et Archimède (M. Blanchet), en Vendée ; Eole-II (M. Gasnier), à Pornic. Il semble que le Sphinx doit se classer le premier dans le concours.
- L’électrolyse et les compteurs d’eau. — Il se forme souvent dans les compteurs d’eau des dépôts adhérents et des altérations du métal : le dépôt contient une notable proportion de carbonate du métal, en même temps que du carbonate de chaux. M. Passai s’est livré à des expériences qui montrent qu’il s’agit là d’une électrolysation lente due à la présence de métaux différents au contact de l’eau. L’oxygène de l’air dissous et aussi l’acide carbonique du bicarbonate de chaux attaquent le métal, et il se produit par suite; deux carbonates ; et, pour les surfaces frottantes, l’usure devient très marquée, parce que le métal est constamment mis à nu et débarrassé des dépôts adhérents qui le ^protégeraient en partie. Il serait donc important, dans ces appareils, d’isoler convenablement les divers organés dès compteurs, et d’employer un métal pur de préférence aux alliages.
- Couleurs d’aniline et microbes. — En versant avec précaution le mélange, désormais classique, de 2 pour 100 de bleu de méthylène et de 1 pour 100 d’éosine en solution dans l’alcool méthylique, dans un tube contenant une culture de bactéries charbonneuses, M. Marino a constaté une réduction du bleu au contact de la culture microbienne, la teinte de l’éosine devenant apparente. Avec le bacillus anthracis, la réaction se produit, quoique plus lentement, si bien qu’on a là le moyen de déceler des microbes invisibles d’autre manière.
- Estacade en béton armé. — On vient de construire aux environs de Gravesend, par conséquent sur la Tamise, une estacade on peut dire entièrement en béton armé, qui forme maintenant comme un monolithe. A.la vérité, la fondation en est constituée par des pilotis en bois; mais'ces pilotis ont. été enveloppés complètement par des cylindres métalliques qui s’enfoncent jusqu’au sol, et qui ont été ensuite remplis de béton. Ces cylindres-piliers sont réunis, immédiatement au-dessus du niveau de marée basse, par des poutres en béton armé, et enfin le tablier, qui les solidarise tous par leur partie supérieure, est lui aussi fait de béton armé.
- Les incendies de théâtres. —L’Union des ingénieurs et architectes autrichiens a effectué des expériences fort intéressantes sur les incendies de théâtres, dont la publication Centralblatt %des Bauwervaltung a commencé de rendre compte. Ces expériences se sont faites dans des conditions de réalités très curieuses et très instructives, au moyeu d’un petit théâtre en béton armé présentant une scène de 7,60 m. de large sur 7,70 m. de haut, armée de ses décors, avec une salle comportant différents modes d’éclairage, des hublots vitrés et des appareils enregistreurs permettant de suivre ce qui se passait dans la salle. On a constaté notamment qu’un rideau de fer n’empêche point des poussées de flammes de se faire vers la salle, dont l’air devient irrespirable, si des ouvertures ne sont pas largement ouvertes sur la scène pour en faire une cheminée d’appel. Tout au contraire, sans que les rideaux soient baissés, si toutes les ouver-
- tures de la scène sont dégagées et celles de la salle fermées, tout le feu se concentre sur la scène, et la salle me souffre que de la chaleur rayonnante.
- Incinération des immondices. — La Suisse en vient à son tour .à ce procédé qui a tant d’avantages, qui est .couramment pratiqué en Angleterre, aux Etats-Unis, et dont n’ont pas voulu les ingénieurs de la Ville de Paris. Zurich a mis en service une usine de cette sorte, et la chaleur de combustion des immondices chauffe des chaudières dont la vapeur alimente-une turbine actionnant à son tour une génératrice électrique. Une partie de l’énergie produite est employée à éclâirer l’usine et à faire marcher certains engins ; le surplus est envoyé -dans le réseau électrique de la ville. Gomme toujours, les scories et mâchefers sont utilisés dans la construction, les cendres fines servant même à la fabrication de briques.
- La traversée de l’Océan. — Le paquebot-poste La Provence, de la Compagnie généralë'transatlantique, est arrivé le 6 juin à sept heures du soir au Havre, venant de New-York,,après une traversée de six jours et deux heures, à une vitesse moyenne d’environ 22 nœuds. Le paquebot allemand Deutschland est parti de New-York presque en même temps que La Provence ; mais il n’est arrivé à Cherbourg que le 6 juin à huit heures du soir.
- Production de l’étain. — La production de ce métal si utile atteint actuellement les environs de 95 000 tonnes, et la consommation s’élève à peu près à 96 000, l’excédent étant fourni par les stocks. De ce chiffre les Etats-Unis consomment plus de 4» pour 100, la Grande-Bretagne un peu moins de 17, l’Allemagne pas tout à fait 16, la France, l’Italie, l’Espagne et la Russie ensemble en prennent près de 19 pour 100.
- Le riz aux États-Unis. — On ignore généralement que les États-Unis figurent à un excellent rang parmi les pays producteurs de riz. Pendant l’année fiscale igo5, l’exportation du riz par cette république s’est élevée à 5 36i 641 dollars, ce qui représenté 26 millions de francs. Ces chiffres représentent un décuplement réalisé en cinq ans, depuis 1900. Ce développemènt tient à l’extension de la culture du riz au Texas et en Louisiane et de plus aux relations nouvellement nouées avec Porto-Rico, Hawaï, Cuba. Actuellement, voici la liste des pays producteurs de fiz, classés suivant leur ordre d’importance (les États-Unis sont au quatrième rang) : Indes, Siam, Indo-Chine, États-Unis, Japon, Indes néerlandaises, Japon, Italie, Corée, Espagne.
- Explosions de chaudières. — M. Morison, un ingénieur anglais, a étudié l’influence des huiles de graissage sur là résistance des tôles de chaudières. Il a constaté que, avec des générateurs de.vant fournir la vapeur à 14 atmosphères,, beau ne dépasse pas 2000, tandis qu’il suffit d’un simple enduit provenant des huiles de graissage pour diminuer la transmission de la chaleur et porter les tôles à 35o°, température à laquelle elles perdent de leur élasticité. L’importance et la nature des dépôts proviennent de l’envoi direct daus le condenseur des échappements des machines secondaires, graissées avec de mauvaises huiles, et de la trop grande abondance de l’huile employée au graissage des cylindres. Pour éviter l’entraînement d’huile par vaporisation sôus l’influence de la,vapeur d’eau à haute température, on fait bien de n’utiliser que des huiles minérales de bonne qualité.
- Murs de soutènement. — La publication Engineering News rend compte d’expériences curieuses faites sur l’écoulement du sable hors des boîtes à sable classiques, au moyen d’ouvertures diverses pratiquées dans leurs parois : on a constaté notamment que les ouvertures horizontales ne laissaient pas écouler le sable, et que cette sortie ne se faisait qu’assez péniblement même par des ouvertures percées suivant un angle de 3o°. On semble pouvoir en conclure que, si un remblai derrière un mur de soutènement est compose de sable'bien sec, les surcharges du terre-plein n’auront guère d’influénee sur les poussées latérales ; si bien que, pour donner de la solidité à des ouvrages de ce genre, le plus simple et le moins coûteux serait de bien drainer ’le massif derrière le mur. ' 1 !!
- Gisements de tungstène. — Il paraîtrait qu’on a découvert en assez grande abondance des minerais de tungstène dans l’Etat de Washington, dans le nord du comté d’Okanogan.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- **> Outillage <*
- Ventilateur-soufflet de forge à coup de pied. —
- Le système est appliqué surtout, sinon même exclusivement, aux petites forges portatives ; il est des plus ingénieux, non pas précisément parce que le soufflet est un
- petit ventilateur, tenant fort peu de place et fournissant un grand volume d’air à chaque tour, mais plutôt à cause du mode de commande de la rotation de ce ventilateur. C’est bien en apparence une pédale, mais une pédale très curieuse--ment disposée et dont le fonctionnement par saccades a valu à l’appareil sa désignation de forge à ventilateur à coup de pied.
- En effet, la pédale est montée en bas d’un bras courbe affectant, comme on peut le voir, un peu la forme d’un S ; la partie inférieure porte le petit plateau strié où s’appuie le bout du pied, tandis que le haut de l’S comporte, à sa partie gauche et inférieure, un secteur denté intérieurement. Avec cette denture intérieure engrène un pignon monté sur l’arbre d’un petit volant-poulie, et sur cette poulie passe une courroie qui va actionner Ventilateur soufflet (le forge. le ventilateur. Quand un coup
- de pied est donné, le secteur se déplace de droite à gauche, et le volant est mis en action ; et, tandis que le secteur revient en arrière et que la pédale retourne à sa position, par suite d’un dispositif analogue à la roue libre, le volant continue de tourner, et l’on entretiendra son mouvement par des coups de pied successifs. — C’est dans la Maison Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris, que nous avons trouvé cet appareil.
- Scie pliante. — La scie est certainement un outil fort utile sinon indispensable à tout le monde. Beaucoup de gens cependant se privent des services que pourrait leur rendre une bonne scie parce que cet outil est d’abord très encombrant et surtout parce qu’il est excessivement dangereux; les dents de la lame, en effet, sont toujours prêtes à mordre l’imprudent qui les frôle, et produisent
- Fig. i.‘ — Vue d'ensemble de la scie.
- des blessures très mauvaises. Pour cette raison, d’ailleurs, il est interdit de monter dans une voiture publique, omnibus, wagon de chemin de fer, etc., avec une scie dont la lame n’est pas protégée par une bande d’étoffe enroulée ou de toute autre façon. La nouvelle scie pliante dont nous nous occupons aujourd’hui ne présente aucun de ces inconvénients. Elle est construite de telle façon que, étant pliée, non seulement elle ne tient aucune place, mais encore la lamé est complètement renfermée dans les fentes pratiquées dans la monture et devient par suite inoffensive. Cette disposition permet de loger
- la scie sans difficulté et dans n’importe quel coin, de la placer dans une malle, un tiroir, une caisse, ou de l’emporter sous le bras sans avoir à craindre de se blesser ou de blesser les autres. Ceci est d’une extrême importance, non seulement pour les ouvriers obligés d’emporter leurs outils en se rendant sur leurs chantiers, mais encore et autant pour l’emploi de la scie dans les ménages et les ateliers d’amateur. Le montage se fait en quelques secondes. La corde de serrage est rem-
- Fig. 2. — La scie pliée<
- placée par une tige de fer dont l’extrémité porte un pas de vis muni d’un écrou. Le bandage de la lame se fait en serrant l’écrou et on n’a plus à craindre, en forçant, la rupture de la corde qui se produit assez fréquemment avec les scies ordinaires. La scie pliante vient d’être ajoutée par plusieurs pays d’Europe au matériel de campagne et le ministère de la Guei*re suisse a décidé d’en distribuer un modèle réduit à dix soldats par compagnie. La figure 1 donne une vue d’ensemble de la scie, et la figure 2 une vue de la scie pliée. — La scie pliante se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Cyclisme <7*
- Un appareil rustique pour repiquer les pistes cyclables. — C’est pour cet usage un peu spécial qu’il a été combiné par un entrepreneur belge ; mais on pourra l’utiliser dans des allées de jardins, des avenues de parcs, etc. Disons tout de suite que, traîné par un cheval, cette sorte de charrue (car c’en est une) traite facilement 3 kilomètres par jour, ce qui ne met certainement pas le kilomètre à plus de 5 francs; à bras
- ffi-- ~ jy
- Appareil pour repiquer les pistes cyclables.
- d’hommes, la dépense correspondante atteindrait bien 9.5 francs.
- On enlève le soc d’une charrue et on le remplace par une sorte de herse trapézoïdale ayant o,5o m. de largeur à l’avant et 0,70 à l’arrière, pouro,5o m. de long; elle est armée de 7 dents d’acier de 0,10 m. de long et de o, 025 m.X 0,025 m. de section. Tout l’ensemble pèse environ 75 kg, et cela suffit le plus ordinairement pour assurer la pénétration voulue dans le sol à ameublir, sans demander un trop grand effort au cheval. On laisse à l’avant de la charrue une tige verticale qui réglera l’enfoncement. L’ameublissement réussit au mieux avec cet appareil après la pluie, mais surtout après un dégel.
- . *»> Divers <-#
- Machine à laver. — Nous pourrions mettre ce nom au pluriel, car les machines à laver sont maintenant légion, nous entendons les machines domestiques (car la blanchisserie mécanique est couramment pratiquée partout); c’est encore surtout aux Etats-Unis, au Canada qu’on les emploie. Mais il faudrait en voir se multiplier
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- l’usage, car elles rendent de grands services, diminuent la main-d’œuvre, et épargnent les besognes pénibles. Le principe de ces machines est d’agiter mécaniquement le linge mis à baigner dans une eau savonneuse.
- Mais un des meilleurs exemples que nous puissions donner d’un appareil de ce genre, est celui que nous mettons sous les yeux du lecteur, et que nous avons pu personnellement conduire ; il se fait remarquer par un de ces dispositifs mécaniques si curieux qui sont légion dans les créations américaines. Tout naturellement, pour bien agiter le linge dans l’eau, il faut que les bras de battage tournent tantôt dans un sens, tantôt dans un autre. Dans certaines machines, cela était, obtenu au moyen d’une crémaillère entraînée dans un mouvement horizontal alternatif un peu analogue à celui du piston d’un moteur à vapeur, parce qu’elle était reliée à une roue à denture extérieure engrenant avec la denture intérieure d’une autre roue beaucoup plus grande, mise en rotation continue par la manivelle de la laveuse.
- Ici, voici d’abord une petite roue dentée (mise en rotation par la manivelle) qui engrène, par sa partie supérieure, avec la roue à chevrons montée sur l’axe du plateau de bois portant les bras agitateurs et batteurs du linge. Mais, qu’on remarque bien que la denture, les chevrons ne se continuent pas sur tout le pourtour de la roue : celte denture manque sur presque la moitié de ce pourtour. Et quand, dans le mouvement de rotation, par exemple, de gauche à droite, la partie évidée est atteinte, non seulement la prise cesse, la manivelle ne transmet plus son mouvement de rotation constamment dans le même sens,, mais encore, la roue à chevron, qui est montée à glissement sur son arbre, tombe brusquement, et d’une hauteur calculée exactement telle que ses chevrons se trouvent à un niveau convenable pour venir engrener, dans un instant, avec le bas de la roue à dents solidaire de la manivelle. L’entraînement de la roue à chevrons est assuré jusqu’à ce que cette prise s’effectue : et il va de soi que, à ce moment, la roue à chevrons prend un sens de rotation inverse à celui qu’il présentait tout à l’heure, et bien que la roue dentée de commande garde toujours son même sens de rotation. On le voit donc, on fait faire constamment aux batteurs un tour à gauche, un tour à droite et inversement; une disposition très simple étant prévue (sous la forme essentielle d’un chemin ad hoc) pour remonter la roue à chevrons, au commencement du troisième tour, de telle manière qu’elle remonte pour présenter ses chevrons à la partie supérieure de la denture de la roue à engrenages.
- Les batteurs sont fixés sur un plateau en bois qui peut glisser sur l’axe métallique le portant; tout l’inté-
- Machine à laver.
- rieur de la laveuse est en bois, avec des stries pour retenir partiellement le linge et faciliter torsion et battage. Le couvercle se soulève d’une seule pièce avec le mécanisme tout entier et le plateau. Tout cela est robuste, et surtout d’une ingéniosité extraordinaire. Nous avons vu et essayé cette machine chez MM. Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris.
- Bidon pour essence. — La manipulation de l’essence exige de grandes précautions, et on ne saurait trop en prendre. Le dispositif de fermeture automatique, utilisé dans le bidon qui est représenté par la figure ci-jointe, peut être très utile à ce point de vue. On voit que cette fermeture est constituée par une petite cuvette dans la-
- Bidon pour essence.
- quelle se trouve emprisonnée une bille. Si on incline le bidon pour verser, cette bille se déplace d’elle-même et roule en avant en découvrant franchement l’ouverture du récipient. Dès que l’on repose le bidon, la bille reprend sa place et ferme l’ouverture. — Le nouveau bidon pour essence se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Dispositif pour la lubrification des cylindres de machines. — Ce dispositif a été imaginé et est mis en pratique par la Compagnie Prouty Pierce Locomotive Manufacturing, de Kansa City. Il consiste, une fois le piston terminé, à tracer à sa surface, avec une machine à pointe de diamant, de fines rayures, presque imperceptibles ; on écrase ensuite, à la surface de ce piston, du graphite, qui pénètre dans les rayures et s’y maintient de façon surprenante. De la sorte, ce lubrifiant, dont les qualités sont bien connues maintenant, graisse la surface du cylindre et l’empêche en réalité de venir directement en contact avec celle du piston : d’où une diminution d’usure surprenante, qui ferait que des moteurs travaillent des années sans avoir besoin d’être de nouveau alésés.
- Un copie de lettres sans presse. — L’invention, due à une maison de Philadelphie, est sans doute brevetée sous sa forme perfectionnée ; mais il semble qu’il est possible de se fabriquer pour son usage personnel quelque chose de grossièrement approchant. Le registre copie de lettres est fait de feuilles de papier du type ordinaire, mais les plats de sa couverture sont flexibles, et le dos comporte un rouleau de bois : cela va permettre de rouler le registre sur lui-même entre les mains, et cette opération obligera les feuilles du registre à se serrer les unes contre les autres sous la seule action des mains. /
- La lettre, étant écrite comme de coutume avec de l’encre à copier, est placée sous la feuille du registre où doit se tirer la copie, mais on dispose par dessous elle, pour l’isoler du reste du registre, une feuille imperméable, mettons caoutchoutée ou huilée. D’autre part, par dessus la feuille qui doit recevoir la copie, et pour l’humidifier, on étend un linge de mousseline mouillé et suffisamment égoutté, que l’on recouvre également d’un tissu imperméable ou d’un papier huilé, pour empêcher l’humidité de gagner les autres feuilles de copie. On comprend que, si l’on ferme le volume et qu’on le replie en le roulant sur lui-même, en quelques secondes la copie est faite : peut-être avec quelques bavures résultant du déplacement relatif des feuilles par rapport les unes aux autres, mais dans des conditions suffisantes, par exemple pour un voyageur de commerce.
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- LA RÉFECTION DES MONNAIES FRANÇAISES
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- Le rapport de la Commission de contrôle de la circulation monétaire au Pi'ésidentde la République française pour l’exercice 1905 nous apprend ce qui suit :
- En igoS la Monnaie a frappé ou émis pour .>.39 400000 francs de monnaies pour la France, l’Indo-Chine, la Tunisie, l’Ethiopie, le Maroc et le Vénézuéla. Dans ce chiffre, la France est comprise pour ai 1 812 926^,5o de pièces d’or (dont 10000 pièces de cent francs), d’argent, de nickel et de bronze.
- Depuis 1880 la production annuelle des pièces françaises, coloniales ou étrangères a été la suivante :
- NOMBRE VALEUR
- ANNÉES des pièces. Millions de pièces. des pièces. Millions (le francs.
- -1880 . . 2.5 0.2
- 1881 . 15.3 13.8
- 1882 . 39.8 17.5
- 1883 . . 32.2 11.7
- 1884 . . 8.2 17.8
- 1885 . . 11.4 8.5
- 1886 . . 15.1 45.7
- 1887. ...... . . 23.8 53.5
- 1888 22.5 12.5
- 1889 . 7.3 24.5
- 1890 6.5 23 »
- 1891 . 30.1 45 »
- 1892 . . 26.2 30 »
- 1893 . . 17.5 61 »
- 1894 33.3
- 1895 . 54.3 158 »
- 1896 . . 62.5 259.9
- 1897. ...... . . 111 » 344-. 5
- 1898 . . 97.9 269.2
- 1899 . . 93 » 140.3
- 1900 . . 62.6 120.9
- 1901 . 78.2 126.8
- 1902 126.7 97.1
- 1903 . . 75.7 167.3
- 1904 . 59.7 225.5
- 1905 . . 98.1 239.4
- En 1906 on s’est occupé aussi de refondre 254570 francs de pièces d’or et de transformer en pièces de 20 fr., 455 470 fr. de pièces d’or de 5 fr., le tout au prix de 8 325fr,78, qui ont été imputés sur le crédit budgétaire ordinaire.
- On a continué aussi la réfection des pièces, de 5o centimes, en jetant au creuset 5o6ooo5 pièces de 5o centimes à l’effigie laurée de Napoléon III et 3 526 pièces de 1 fr. altérées par le frai (Y. ci-contre). Au 3i décembre 1905, les 3 526 pièces de 1 fr. et 2 38o86i pièces de 5o centimes avaient été refaites; la perte de poids subie par suite du frai a nécessité l’addition de 463 k. 235 845 d’argent fin valant 59036^,29.
- En outre, ona fabriqué des pièces de 2 fr. et de 1 fr., par la refonte d’écus anciens, et cela pour 10 millions de' francs au moyen de 9 410 45‘.>.fr,5o en anciens écus.
- C’est l’abaissement du titre (835 millièmes au lieu de 900), qui a permis de produire 10 millions de francs, soit une différence de 589 547fr,5o, mais les frais de fabrication montant à 101 025fr,27 la réduisent à 488 522fr,23
- Le rapport rappelle ensuite les tolérances admises. D’abord celles dites de fabrication :
- MONNAIES FRANÇAISES POIDS
- NATURE DES PIÈCES > Poids droit. Tolérance en plus ou Poids fort. Poids faible.
- OR Pièces de 100 f. 52*r 258 06 en moins. 1 millième. 52**290 52 32**225 81
- — de 50 f. 16 129 03 1 — 16 145 16 16 112 91
- — de 20 f. 6 451 61’ 2 millièmes. 6 464 51 6 438 71
- — de 10 f. 3 225 80 2 — 3 232 25 3 219 36
- ARGENT
- Pièces de 2 f. 10 000 » 5 — 10 050 » 9 950 »
- — de 1 f. 5 000 » 5 — 5 025 » 4 975 »
- — de 50 c. 2 500 » 7 — 2 517 50 2 482 50
- Quant au titre, la tolérance est de 1 millième (sur 900) en plus ou en moins pour les pièces d’or, et de 3 millièmes en plus ou en moins (sur 835) pour les pièces d’argent.
- Puis le frai, ou tolérance de perte de poids par circulation due aux frottements continuels, diminue leur valeur intrinsèque.
- La tolérance de frai est la suivante :
- NATURE DES PIÈCES TOLÉRANCE de frai au-dessous
- 1 Pièces de 20 francs. . . . . . } Pièces de 10 francs. . de la tolérance de fabrication. . 5 millièmes.
- Or .... . 5 —
- [ Pièces de 5 francs. . . 5 —
- [ Pièces de 5 francs. . . 10 —
- \ Pièces de 2 francs-. . . 50 —
- Argent . . . . . . < Pièces de 1 franc . . . 50
- / Pièces de 50 centimes. . 50 —
- ( Pièces de 20 centimes. . 50 —
- La proportion des diverses catégories de pièces de 20 fr. françaises (lourdes, bonnes ou légères) serait la suivante :
- p. 100.
- Pièces lourdes (au-dessus de la tolérance en fort). ... 0.0
- Pièces bonnes (dans les limites de la tolérance de l'abri- .
- cation)................................................... 43.0
- Pièces bonnes (dans les limites de la tolérance de frai). 49.8 Pièces légères (au-dessous de la tolérance de frai). . . 6.0
- Total.................................... 100.0
- En ce qui concerne les pièces de io fr., la proportion serait :
- Pièces lourdes (au-dessus de la tolérance en fort). 0.0 p. 100 Pièces bonnes (dans les limites de la tolérance de
- fabrication)........................................ 8.0 —
- Pièces bonnes (dans les limites de la tolérance de
- frai).......................................• 0.0 —
- Pièces légères (au-dessous de la tolérance de frai). 92.0 —
- Total.......................100.0 p. 100
- Il en résulte que la réfection des pièces d’or de 10 fr. est très désirable de même que la refonte des pièces de 5o centimes légères, afin de supprimer toutes les pièces tombées au-dessous de la tolérance de frai.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Ctg^si. Chimie
- Préparation du lactose. — Nous signalerons aujourd’hui une préparation qui est tout à fait « de saison », si l’on peut dire, par les temps chauds et orageux que l’on subit en été.
- Le lactose, en effet, est un sucre particulier qui se trouve dans le lait à la dose de 5o grammes par litre et qui reste dans le petit-lait. Or, en été, dans nombre de
- ménages, le lait « tourne », ou mieux se caille, parfois en moins d’une journée, au grand désespoir des ménagères qui l’ont conservé. Ce phénomène consiste dans la coagulation de la matière azotée du lait, de la caséine ; le lactose restant dans le liquide qui baigne ce caséum. Ce petit-lait peut être avantageusement employé à préparer le lactose qui s’obtient d’ailleurs industriellement ainsi, en Suisse et dans les pays de pâturages.
- Pour faire cette préparation, on prendra tout le petit-lait dont on peut disposer et on le concentrera sur un feu
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- doux dans une capsule ou un vase émaillé jusqu’à consistance sirupeuse. Si on abandonne alors le tout au repos dans un endroit frais, il se dépose du lactose •en cristaux plus ou moins volumineux, mais toujours un peu jaunes, par suite de la cuisson qu’a subie le sirop.
- Si l’on veut obtenir ce produit à l’état pur et blanc, •on redissoudra les cristaux obtenus, après leur égouttage, dans une très petite quantité d’eau chaude, on fera bouillir quelques instants avec une petite cuillerée de noir animal dans le vase où a eu lieu la dissolution et on filtre chaud sur un filtre en papier disposé sur un entonnoir, en recueillant la liqueur qui s’écoule dans un plat ou un vase à large ouverture dans lequel on le laisse cristalliser de nouveau. Ces cristaux doivent alors •être blancs, craquant sous la dent et de saveur légèrement sucrée.
- Au sujet de cette préparation et de plusieurs autres dont nous parlerons parla suite, signalons à nos lecteurs les supports en bois pour les entonnoirs, vendus par les fabricants d’appareils de chimie et dont le prix est des plus modiques puisqu’il oscille autour de 2 francs, suivant que l’on a affaire à des supports à un ou deux entonnoirs et de taille plus ou moins grande. Ces supports rendront service aux amateurs dans nombre de préparations et c’est à ce titre que nous avons cru devoir les mentionner ici.
- Préparation du glucose. — Le glucose est un sucre extrêmement répandu dans' la nature ; tous les végétaux en contiennent une plus ou moins grande quantité provenant, soit du dédoublement du saccharose ou de.sucres analogues, soit de l’hydrolyse d’amidon ou d'hydrates de carbone semblables. On en rencontre aussi dans le règne animal, notamment dans le miel produit par les abeilles et qui est un mélange de glucose et de lévulose et parfois malheureusement dans l'urine de l’homme atteint de la maladie du diabète, dans laquelle le glucose peut s’élever couramment à la teneur de 40 à 5o grammes par litre d’urine. O11 peut préparer le glucose par divers de ces procédés. Nous étudierons ici son obtention au moyen du miel ou par transformation de l’amidon.
- I. On se servira avantageusement du miel cristallisé de Narbonne que l’on trouve chez tous les épiciers à des prix très abordables. 5oo grammes de miel, par exemple, seront délayés avec une palette ou une cuiller, dans un vase émaillé ou dans une capsule de porcelaine avec de l’alcool froid qui dissout la lévulose sirupeuse interposée sans toucher notablement aux cristaux de glucose. On filtrera sur une bonne toile disposée sur entonnoir de verre ou de métal ou sur un cadre en bois, comme celui dont nous avons déjà indiqué l’emploi dans plusieurs de nos préparations. Quand les cristaux sont égouttés, on presse fortement dans la toile le résidu cristallin, de façon à éliminer autant que possible le liquide retenu.
- La masse de glucose cristallisée qui reste est alors remise dans le vase émaillé avec 200 cm3 d’alcool environ et on chauffe ce vase au bain-marie, suivant le dispositif dont nous avons parlé dans l’obtention de la xylose. Il convient de surveiller de très près cette opération pour éviter toute chance d’inflammation des vapeurs d’alcool. Quand l’alcool est chaud et presque à l’ébullition et que toute la masse de glucose est à peu près dissoute, on filtre Ghaud sur un filtre en papier placé dans un entonnoir en se plaçant loin du feu. La liqueur qui passe est recueillie dans un vase à large ouverture ; par refroidissement, le.glucose cristallise en aiguilles et peut même se prendre en masse. On décante alors ces cristaux et on les fait passer sur des doubles de papier à filtrer qui absorbent l’excédent d’eau mère, et on les laisse se dessécher à l’air. Les cristaux obtenus doivent être sensiblement blancs si la préparation a été bien conduite.
- IL Si l’on veut opérer par transformation de l’amidon, on prendra, par exemple, 25o grammes d’amidon pulvérisé, qui coûte moins de 1 franc le kilogramme, on le délayera dans 1 litre d’eau et on y ajoutera peu à peu, en agitant, 5o cm3 d’acide sulfurique qu’on peut se procurer chez les marchands de produits chimiques. Cette opération se fera dans une capsule ou dans un grand vase émaillé ; on fera bouillir doucement et directement sur le feu pendant 5 ou 6 heures en remplaçant de temps en temps le liquide évaporé par une nouvelle addition d’eau. On constate au cours de cette ébullition que
- l’amidon se solubilise et disparaît peu à peu. Après refroidissement, on sature peu à peu le liquide acide par addition de carbonate de chaux ou blanc de Meudon qu’on trouve partout à très bas prix. On doit conduire lentement et en agitant cette partie de la préparation pour éviter que l’acide carbonique dégagé par la liqueur acide ne forme une mousse trop rapide ou trop abondante qui déborde du vase ; aussi, est-il bon d’opérer dans un vase de grande dimension. Quand l’adjonction de blanc de Meudon ne produit plus de dégagement de gaz, on filtre la masse sur une toile placée sur un cadre de bois ; le sulfate de chaux formé reste à l’état insoluble sur le filtre, et la liqueur passe neutre, mais colorée. Quand la toile est bien égouttée, on remet le liquide dans la capsule ou le vase émaillé et on chauffe directement pendant quelques minutes avec une petite cuillerée de noir animal destiné à le décolorer. On filtre ensuite sur un filtre en papier disposé sur un entonnoir et la solution recueillie est alors concentrée à très petit feu dans le vase émaillé jusiju’à consistance sirupeuse. On enlève ensuite du feu et on abandonne le sirop à lui-même dans un endroit frais. Au bout d’un temps plus ou moins long qui atteint plusieurs jours, on obtient une masse cristalline de glucose que l’on essore et que l’on sèche, comme nous avons dit dans l’extraction au moyen du miel. Les cristaux obtenus doivent être blancs, solubles dans l’eau et l’alcool, et d’une saveur sucrée assez marquée.
- Il y a là, comme on le voit, deux moyens assez simples de préparer ce sucre. Seul le premier demande quelque surveillance en raison de l’alcool chaud qu’on est amené à employer; quant au second procédé, il a l’avantage de représenter d’une façon exacte la production du glucose dans l’industrie, et, à ce titre, il était intéressant de le signaler.
- ctgTNi. Cyclisme
- Pour loger les batteries dans les motocycles. —
- On ne saurait prendre trop de précautions à la fois pour immobiliser, aussi bien que possible, ces batteries, afin d’empêcher les projections de liquide, et aussi pour arrêter ou prévenir les corrosions, au cas où une projection se ferait néanmoins. Pour obtenir- le premier résultat, il vaut mieux recourir à un bourrage, essentiellement élastique, de déchets de coton et de chiffons, plutôt qu’à des attaches fixes maintenant les accumulateurs au fond de la boîte. D’autre part, on doit tapisser le compartiment des batteries d’un revêtement intérieur fait de feuilles de liège, ou encore de caoutchouc, en, passant par-dessus une peinture-émail résistant aux acides. Et il ne faut pas oublier que les corrosions sont particulièrement à redouter dans tous les coins du compartiment.
- Redressement des fourches de bicyclettes. — Si
- c’est le tube principal qui, est faussé, on le chauffe au •rouge, mais uniquement au point où s’est produit le coude, puis on serre l’un des bouts de ce tube dans un étau (avec les précautions d’usage), et Ton fait levier pour ie redresser, en introduisant daüs l’autre bout une des branches d’une pince. Lorsqu’il s’agit des branches de fourche, ou si le tout était faussé, et qu’on ait commencé par redresser le tube de la direction, on chauffe la branche de fourche également au point où elle est faussée, on prend son extrémité dans un étau et l’on fait levier avec le tube de la direction. On peut vérifier lé parfait redressement des fourches en faisant passer une tige métallique bien droite dans les portées de la roue, en bas des branches de fourche, puis en disposant une autre tige suivant le plan de la tête de fourche, et en examinant si les deux tiges paraissent bien dans le même plan. Pour vérifier le redressement de la tige de direction, on peut fixer une tige métallique de façon à ce qu’elle soit tangente à la jante de la roue, et voir ensuite, en inclinant la roue à droite ou à gauche d’une même quantité, si le tube de direction se présente symétriquement par rapport à cette tige. Si, en chauffant tube ou branches de fourche, on a porté le métal au rouge en dehors de la portion même qui devait être redressée, on n’a qu’à refroidir le métal au delà de ce point en y versant de l’eau froide; cette précaution est absolument nécessaire, car autrement on risquerait de faire faire un autre coude au tube.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS — Diius la boîte aux lettres La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnes. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. —M. J. Obalski, surintendant des Mines à Québec, nous envoie un exemplaire du rapport qu’il a adressé à M. J. Prévost, ministre de la colonisation, des Mines et des Pêcheries, sur les opérations minières dans la province de Québec pour Vannée 1905. D’après ce travail la production a augmenté d’environ un million de dollars sur celle de Tannée dernière. La valeur totale de cette production a été de 3^50 300 dollars; le nombre d’ouvriers employés de 5ooo et leurs salaires de 1 634 000 dollars. Il y a eu deux ouvriers tués dans des accidents de mine. Le rapport est suivi d’une petite étude intéressante sur le district de Chibogomo. La région de la province de Québec, située aux environs du lac Wakonichi, renferme dans son sous-sol surtout, des roches éruptives et les dépôts de minéraux industriels semblent n’appartenir qu’à une classe de celles-ci , celle du rocher diabase et ses produits altérés, schistes verts et serpentine, avec association de leurs conglomérats et arkore, le tout probablement de l’époque huronienne. La principale richesse est l’amiante qui a été trouvée dans toutes les bandes de serpentine découvertes jusqu’ici.
- Renseignements. — M. C. B., à Évreux. — i° La composition de l’alliage antifriction le régule est la suivante : cuivre, 10; étaiu, 80 ; antimoine, 20. —: î° Pour la fonte d’objets délicats, le plâtre peut en effet remplacer le sable pour la confection du moule. Voyez à ce sujet le Manuel Roret du Fondeur, 2 vol., librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. Ch. Maurïcet, à Lyon. — Le rosier se multiplie par les procédés suivants : le semis des graines, en mars, suivi du repiquage en vert des jeunes arbustes déjà munis de deux ou trois feuilles ; le drageonnage, marcottage naturel de certaines tribus ; le bouturage par rameau; le greffage. Vous trouverez des détails techniques sur ces opérations dans La greffe et la taille des rosiers, par Ch. Ballet, chez Masson et C‘e, 120, boulevard Saint-Germain.
- ' M. Ch. X., à Mende. — On s’est, en effet, déjà occupé de ces questions. On a même tenté d’établir pour l’évolution des astres ayant la période animée une série de stades analogues à nos étages géologiques terrestres. Ainsi, sir Nortnann Lockyer, dans son ouvrage Vévolution inorganique, indique les états suivants caractérisés par leur température : Argonien (3oooo°), Alnitamien, Achermien (25 ooo°), Algolien, Markabien (20000) (i5ooo°), Sirien, Procyonien (100000), Arcturien, Piscien (5ooo°). Cet ouvrage se trouve chez F. Alcan, 108, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. II. Vogt, à Mantes. — i° La naphtaline se présente en grandes lamelles brillantes solubles dans l’alcool chaud et dans l’éther; 20 Vous pourriez vous adresser à la maison Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris, on à MM. Chenal, Fèrron, Douilhet et Cie, marchands de produits chimiques, 22, î-ue de la Sorbonne, à Paris.
- M. Girod, à Joinville. — Il n’est pas possible de calculer, dans une installation semblable, la dépense de charbon par kilowatt-heure utile; il faut, pour une durée de 10 à 12 heures, observer l’énergie électrique produite aux bornes «de la machine, et peser pendant ce même temps la quantité de charbon consommée dans la chaudière. " ' > .
- Mma Louise P., à Menton..— Nous vous prions de vouloir bien consulter un- médecin.
- M. Eberrhdrt, à Villeneüve-Saint-Georges, — Vous trouverez à ce sujet Un. ouyrage très bien fait intitulé : J.es Anomalies mentales chez l'es écoliers, à la librairie Alcan, 108, boulevard'Saint-Germain, à Paris (2fr,5o).
- M. P. Fourcat, • à ;Villaines-ia-Juhel. — H ne nous appartient pas de donner une réponse à votre lettre; nous l avons transmise à la Faculté de médecine de Paris,'.
- M. Combes, à Vauvert. — Pour les fraisiers remontants à gros fruits, veuillez vous adresser à M. Louis Gauthier, rue de Maltat, à Caen, ou à MM. Millet et fils, à Bourg-la-Reine, Seine.
- Dr Z. P. Bouman, à Amsterdam. — L’appareil Marot pour la désinfection des navires par le gaz sulfureux, (n° 1694 du 11 novembre 190$, p. 36g) se trouve chez’ M. Marot, 60, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris.
- M. F. Crépy^k Lambersart. — Vous trouverez d’excellentes jumelles de voyage chez M. L. Huet, 114, rue du.. Temple, à Paris ou chez M. Lollier, 47, rue de Turbigo, à Paris.
- M. G. C., à Paris. — La question est d’ordre trop technique pour que nous puissions vous donner réponse. Veuillez vous adresser à un constructeur, tel que la Compagnie des Chaînes Simplex, 43, rue Lafayette, à Paris, ou Clavel, 74, rue Amelot.
- M. Ch. Decaux, à Lisieux. — Les trois types d’appareil domestique à nettoyage par le vide dont vous nous donnez les noms sont excellents et présentent des avantages égaux.
- M. Z., à Metz. — La réponse qui vous a été faite dans-la « Boîte aux lettres » du n° du 19 mai ,1906 dit : « A notre connaissance, on n’a jamais essayé d’imprimer directement sur les caractères avec des presses rotatives. » Depuis lors nous avons eu un renseignement nouveau à ce sujet. L’imprimerie du journal Le Temps, à Paris, a « tiré du mobile sur rotative » il y a trente ans déjà- : mais elle n’y a pas persisté pour les raisons indiquées, usure rapide et prix de revient élevé; néanmoins, il n’y a pas d’impossibilité effective a opérer ainsi. Nous devons ce renseignement à l’obligeance de notre collabô-teur M. de Nansouty, du journal Le Temps.
- M. J. Plassard, à Paris. — Il est impossible de répondre précisément à votre question; c’est une question de tempérament extrêmement variable d’individu à individu. On peut en tout cas se préserver par des isolants tels que tapis, gants de caoutchouc, etc., ce qui constitue d’excellentes précautions.
- M. Léger, à Bercy.— i° Oui, le ventilateur électrique, décrit dans notre n° 1723, du 2 juin, peut se placer en lieu et place d’une ampoule électrique ordinaire et £ur le même support. — 20 II peut fonctionner avec le courant ordinaire fourni par les secteurs parisiens. — 3° Veuillez vous adresser à la maison de vente dont l’adresse est donnée dans les dernières lignes de l’article.
- M. Silvio Paoletti, à Spegia, — Votre projet est intéressant, mais il ne présente pas de nouveauté, car on a déjà réalisé à plusieurs reprises des dispositifs analogues.
- M. B. Cottin, à Paris. — Les adresses que vous nous demandez ont été données en tête de la Boîte aux Lettres de notre dernier n° 1724, du 9 juin. Nous vous prions 4e vous y reporter.
- M. Ch. Armangeaud, à Montevideo. — Les deux ouvrages de Delbœuf dont vous voulez parler sont probablement : Prolégomènes philosophiques de la géométrie et solution des postulats et les Essais de logique scien-tifique.
- M. L. Mangin, à Lille. — Ce que vous dites est en effet exact : en lumière polarisée convergente, les corps isotropes (corps amorphes et cristaux du système régulier) sont monoréfringents dans toutes les directions ; un éclairement du champ de vision avec les niçois croisés est donc impossible en lumière polarisée convergente il y a obscurité constante pendant une rotation entière de la platine.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. Ver-not, à Auxerre. Veuillez vous adresser à une agence de brevets. —Mme Henri D., à Mondrepuits. Le plus simple serait de soumettre le liquide à l’analyse en vous adressant à un chimiste. — M. Lebon, à Marie. Nous avons indiqué plusieurs procédés de ce genre dans nos Recettes et Procédés utiles, 20 et 4° série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. A. de H., à Lille. Voyez ce même recueil, i,e série, même librairie. — M. J. Obalski, à Québec. Remerciements pour votre communication^
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 juin 13°,3 S. W. 1. Beau. » Rosée ; nuageux.
- Mardi 5 9°,3 N. E. 3. Nuageux. i> Rosée; nuageux le malin; Beau le soir.
- Mercredi 6 10°, 7 E. N. E. 2. Beau. )) Rosée; beau. *
- Jeudi 7 14°,5 14°,9 N. E. 1. Beau. Quelques nuages. Rosée ; beau. Rosée; peu nuageux; halo et parhélies.
- Vendredi 8 N. N. E. 2. »
- Samedi 9 14°,2 N. N. E. 2. Quelques nuages. >) Rosée ; peu nuageux.
- Dimanche 10 12\0 N. N. E. 3. Couvert. ” Très nuageux. .
- JUIN 1906.— SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 JUIN 1906.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
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- t3555m555m353535553355333333m555555353555535535535555555555535555555533335535m3mm35551
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les (lèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince% thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée,
- Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été beau dans la semaine du 4 au xo juin. Le 4 juin, la pression barométrique était élevée dans l’Ouest de l’Europe; elle était égale à 770 mm dans le Nord de la France, et à 769,4 mm à Paris. Le vent soufflait du Nord sur les côtes de l’Océan, et des régions du Nord sur les côtes de la Méditerranée et de la Manche. Il est tombé 2 mm d’eau à Besançon, 1 mm à Lyon. La températux-e était i5° à Toulouse, 2i° à Alger, 6° au Puy de Dôme, 4° au mont Yentoux, 4° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de i4°,i. Le 5 juin, une aire de forte pression persistait sur le Nord-Ouest de l’Europe. Le vent était faible ou modéré, d’entre Nord et Est, et la mer était belle sur toutes les côtes. On n’a pas signalé de pluie en France. La température était le matin io° à Paris, 12° à Clermont, 160 à Toulouse, 220 à Nice, 200 à Alger, 8° au mont Aigoual, 5° au Pic du Midi, 5° au Puy de Dôme. La température moyenne à Paris a été de ii°,i. Le 6 juin, la pression s’est abaissée dans le Sud-Ouest; à Paris, la pression était 769,2 mm. Le thermomètre marquait le matin 11° à Paris, i2°à Clermont, 160 à Toulouse, 2i° à Alger, io° au mont Aigoual, 8° au Pic du Midi, 6° au Puy de Dôme. Le 7 juin, un vent faible ou modéré des régions Est régnait sur les côtes de la Manche et de l’Océan; la mer était belle ou peu agitée. Une aire de pression supérieure à 765 mm couvrait le Nord et l’Ouest de l’Europe; dans le Sud-Est du continent au contraire persistait une dépression. En France, le temps a été sec; il a plu en Autriche et en Russie. La température était i5° à Paris, 160 à Toulouse, 190 à
- Alger, 90 au mont Yentoux, 70 au Puy de Dôme, 3° au Pic du Midi. —20 au mont Mounier. A Paris le baromètre est monté à 766,4 mm; la température moyenne a été de i7°,i avec un maximum de i9°,7 à la Tour Eiffel Je 7 juin à 4 heures du soir. Le 8 juin, la température a été généralement élevée en France; on notait i5° à Paris, i5° à Clermont, 160 à Toulouse, 190 à Alger, 8° au mont Yentoux, 8° au mont Aigoual, 70 au Puy de Dôme, 4° au Pic du Midi. Le 9 juin, la pression barométrique était voisine de 760 mm sur le continent. On ne signalait aucune pluie en France. Le thermomètre marquait le matin 140 à Paris, 160 à Clermont, 160 à Toulouse, 20° à Alger, io° au Puy de Dôme, xo° au mont Aigoual, 20 au Pic du Midi. Dans la région parisienne, le matin, il y a eu une nébulosité assez forte, des courants modérés des régions Nord soufflaient à toutes les altitudes. La pression barométrique, à midi, atteignait 766,1 mm. La température moyeixne était i6°,7 supérieure de o°,7 à la température normale. Le 10 juin, la pression barométrique a été haute sur la France; sur nos côtes le vent a été faible. La température était élevée dans le Sud de la France ; mais elle était normale dans les diverses régions. On a noté, le matin, 120 à Paris, i4° à Nantes, 170 à Toulouse, 170 à Marseille, 220 à Perpignan. A Paris, dans la matinée, le ciel était couvert de nuages bas modérés; près du sol, on trouvait des courants constants des régions Nord. La température moyenne a été i3°,8, inférieure de 2°,3 à la normale; on remarqxxera les variations successives et élevées des températures moyennes. La température maxima observée à la Tour Eiffel le 10 juin était x4°,6 à 6 h. du soir.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 6 à 9 h. 21 111. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- j 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (YTe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de * La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1726 (23 JUIN 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Océanographie. — La Ligue Maritime française, qui a pour but de développer le « Sens marin » dans toutes les classes de la société, et sous toutes les formes, a organisé une série de cours publics. Parmi ceux-ci une large part a été réservée à l’Océanographie. La Ligue Maritime a constitué une Commission permanente d’océa-nogrgphie, destinée à vulgariser les applications pratiques à l’industrie des pêches par la démonstration des méthodes les plus rationnelles. La question la plus importante pour cette commission est de se procurer le matériel nécessaire à cette science dispendieuse, qui consiste en un bateau spécialement aménagé et muni des appareils scientifiques. Les principales nations du nord de l’Europe ont adhéré dans une entente commune à un programme d’observations simultanées,' d’après lesquelles on groupé les renseignements nécessaires à l’étude des migrations du poisson. En combinant la température, la densité, la quantité de plankton, etc., on a des documents pour signaler les meilleurs endroits de pêche. Le gouvernement français n’ayant pu allouer des fonds indispensables pour ce genre d’études, l’initiative privée s’est adressée aux bonnes volontés de ceux qui ne sont pas restés indifférents à ce mouvement scientifique, susceptible de relever l’industrie périclitante de nos pêches côtières.
- Histoire de la torpille automobile. — A propos de la mort encore assez récente de M. Whitehead, le véritable créateur de la torpille automobile (dont le principe lui avait du reste été apporté par le capitaine Lupuis, de là Marine autrichienne, en 1864), il est assez curieux de rappeler l’opinion qui avait été énoncée au sujet du nouvel engin" par le Comité que la Grande-Bretagne avait nommé pour l’examiner : « Une nation maritime qui manquerait à se doter de ces torpilles sous-marines locomotives (sic), négligerait une source formidable de puissance au point de vue défensif comme offensif ».
- Tremblements de terre. — Le i3 juin, une légère secousse de tremblement de terre a eu lieu à Catanzaro (Calabre). Le même jour, à midi 7 minutes, plusieurs secousses jdans le sens vertical se sont produites à la Canée, en Crète., , ; .
- Salon de photographie. — Le onzième Salon international de photographie de Paris est ouvert cette année au Palais de Glace, aux Champs-Elysées, depuis le 16 juin. Il restera ouvert, tous les jours de 10 heures du matin à 6 heures du soir, jusqu’au x5 juillet.
- Traitement des minerais; — Un brevet récent allemand, qui.a été signalé par le Times, donne un procédé assez ingénieux, pour séparer lès minerais métallifères
- lourds de la gangtie. Le minerai pulvérisé est mélangé bien complètement avec une solution savonneuse, puis on traite par un acide minéral, de telle manière que les acides gras qui sont ainsi précipités entraînent au fond les éléments métallifères lourds, tandis que la gangue est enlevée par lavage dans un appareil à lixiviation^ On traite alors le résidu par l’alcali caustique, ce qui'régénère le savon, nous entendons la solution savonneuse, et l’on obtient les minerais lourds dans le précipité final.
- Métallurgie américaine. — La production de la fonte aux Etats-Unis a atteint le chiffre imposant de 22 990000 tonnes de fonte en 1906 ; on a fabriqué, d’autre part, 10960000 tonnes d’acier Bessemer et 8980000 tonnes d’acier sur sole ; enfin les rails fabriqués ont représenté un poids de 3 38o 000'tonnes. - r
- Bandages pneumatiques. — On se préoccupe actuellement en , Angleterre, où les omnibus automobiles semblent se multiplier rapidement, de savoir quel peut être le montant de la dépense quotidienne du fait , des bandages pneumatiques : d’après des j renseignements qui ont été fournis à la Commission du' London Traffic par des Compagnies d’omnibus, cette dépense ressortirait à 1 1/2 penny par mille, ce qui correspond à peu près à 10 centimes du kilomètre. . . ,‘r - ' ; ,
- Cuivre électrolytique. — La moitié du cuivre se produit électrolytiquement aux Etats-Unis, et quelques-unes des installations qui se livrent à cette industrie sont des plus remarquables : c’est le cas pour l’usiné de Tacoma. On y traite des minerais de cuivré (et aussi de plomb, plus ou moins argentifères ou aurifères), qu’on fond d’abord dans un four : le cuivre très impur que cela donne est bessemérisé, puis fondu au réverbère tournant et coulé en anodes pour le traitement électrolytique, d’où il sort sous forme de cathodes de cuivre pur fondues finalement en lingots. L’électrolyte est constitué par une solution de 16 pour 100 de sulfate de cuivre et de 5 pour 100 d’acide sulfurique : l’opération se fait lentement, car il faut de 20 à 24 jours pour transformer une feuille de cuivre en une cathode de 120 kilogrammes. L’intensité du courant varie de 100 à 160 ampères, la tension est d’un demi-volt.
- Une expédition au pôle Nord en ballon. — Nos
- lecteurs ont pu lire naguère dans notre Boîte aux lettres le résumé d’une note de M. Godard sur le' dirigeable avec lequel un Américain, M. Wellmann, se propose de tenter une exploration vers le pôle nord (n’ 17x2 du 17 mars 1906. Supplément, p. 127). Sur l’invitation de 'The Wellmann Chicago Record Herald Polar expédition et de M. L. Godard, nous avons pu visiter le 11 juin le
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- INFORMATIONS
- matériel de cette expédition, aux ateliers aérostatiques du Pont de Saint-Ouen. Le ballon mesure en longueur 5o mètres, 16 mètres de diamètre maximum; il pèse au total à vide 2400 kilogrammes et présente une force ascensionnelle de 7000 kg. Il est mû par deux moteurs de Dion : l’un, d’une puissance de 55 chevaux, commande l’hélice située à l’avant; elle a 5,5o m. de diamètre, tourne à raison de 260 tours à la minute et donne une vitesse de 3o à 35 kilomètres à l’heure; l’autre de a5 chevaux, actionne l’hélice arrière (4,5o m. de diamètre, i85 tours à la minute), capable de donner une vitesse de 17 à 20 km. L’aérostat est muni en outre de plans stabilisateurs mobiles, d’un gouvernail à l’arrière, de deux ballonnets compensateurs gonflés par un petit moteur spécial. Il empox'te 3 m3 d’essence en provision, quatre traîneaux automobiles sous la nacelle des machines, dans une nacelle d’osier, un dispositif d’arrêt progressif, assez original, mais encombrant (constitué par de gros caissons de cuivre, sur lesquels sont soudés des crampons qui s’arracheront lentement, en faisant frein sur la glace), un guide-rope en acier de 45o à 5oo mètres, un canot. Il est muni de cinq soupapes, deux à air, pour la commande des ballonnets, et trois à gaz, dont une dans la partie haute et les autres dans le bas. Entre le ballon proprement dit et la nacelle supérieure, une poutre de bois armée, jointe à une poutre analogue située dans l’intérieur même du ballon, doit donner à l’ensemble la rigidité suffisante. L’expédition doit comporter six personnes. Gomme nous l’avons dit des essais doivent être exécutés, au préalable, au Spitzberg. Suivant leurs résultats, le départ aura lieu immédiatement ou sera reculé, pour faire les mises au point nécessaires. Tout semble d’ailleurs bien calculé et permet d’espérer, sinon la réussite, du moins qu’il n’y aura pas d’accidents fâcheux.
- Chemin'de fer du Cap au Caire. — Ce vaste projet continue d’avancer assez régulièrement. Tout dernièrement l’entrepreneur anglais qui est chargé d’une partie des travaux au nord du Zambèze, pouvait annoncer que le rail était posé sur une distance de 23o kilomètres environ plus loin que ce fleuve, et que sa maison allait rapidement assurer la jonction du réseau du sud avec les chemins de la Rhodésie, jusqu’aux mines de zinc et de plomb connues sous le nom de Broken Hill, et à 600 kilomètres environ du grand cours d'eau africain.
- Essai des locomotives. — A l’instar de cette installation que l’on a pu voir à l’Exposition de Saint-Louis, et que nous avons étudiée dans le corps du journal, la Compagnie anglaise de chemin de fer Great Western Railway a fait disposer, dans ses ateliers de Swindon, une fosse d’essais pour locomotives, qui lui permet tout à la fois de roder et d’équilibrer les machines neuves, tout en constatant leurs consommations diverses. Dans la fosse, comme à Saint-Louis, sont des paliers sur lesquels portent les roues de la machine, et tous les paliers peuvent être animés d’un mouvement de rotation propre sous l’action de courroies. Cela permet de faire tourner même les roues porteuses.
- Perçage électrique de l’acier. — La publication Zeitschrift des Vereins Deutscher Ingenieuren a rendu compte d’une expérience fort intéressante de perçage d’une plaque de cuirassement, au moyen du courant électrique et d’oxygène. Un des pôles d’une batterie d’accumulateurs de 400 ampères fut relié à la plaque, et l’autre à'un tube de cuivre (avec intercalation d’un commuT tateur, comme de juste),. Un tube flexible susceptible de supporter une pression de 3o atmosphères, et réuni d’autre part à un récipient plein d’oxygène, fut rattaché au tuyau de cuivre, qui le continuait par conséquent ; un robinet d’étranglement permettait de faire varier l’arrivée du courant d’oxygène. En approchant de la plaque l’extrémité du tuyau de cuivre, puis en l’éloignant un peu, on forma un arc, le commutateur ayant permis de faire passer le courant : cet arc porta le métal à une certaine température et en même temps enflamma le courant d’oxygène; si bien que bientôt le métal se mit à brûler et à couler, en laissant un trou là où s’était fait sentir l’action du jet d’oxygène.
- Portes flottantes de cales de radoub. — On recourt de plus en plus aux caissons-portes pour ces ouvrages, et même pour des écluses, car la manœuvre en est simple et sûre, et avantageuse quand on opère sur .de .grandes
- dimensions. Le port de Kiel va posséder une forme de radoub de 175 mètres de long, dont la dimension peut être réduite à 140 mètres seulement, par déplacement de la porte, quand 011 veut faire passer au dock un navire de dimensions modestes, et éviter un épuisement inutile. Le caisson-porte est manœuvré au moyen de câbles actionnés par des treuils électriques, et en trois minutes il est effacé ou mis en place. Ce caisson a une hauteur de près de i5 mètres, et une longueur de 3i mètres environ en haut et de 17 mètres à la partie inférieure. Son épaisseur maxima approche de 6 mètres; il est constitué de tôles embouties placées sur une charpente métallique.
- Nouveau type de navire. — La Maison anglaise Doxford and Sons, qui est bien connue déjà pour ses navires du type turret deck, vient d’imaginer une nouvelle combinaison de construction de coque qui augmente beaucoup la capacité d’un bateau avec une même coque. On y supprime les pièces de ponts transversales supportant le pont, et on établit latéralement, de place en place, des sortes de piliers verticaux au sommet desquels se détachent des espèces de bouts de poutres métalliques en cantilever destinées à soutenir le pont et à lui assurer la résistance voulue, notamment contre les coups de mer. La cale est beaucoup moins encombrée. L’espace libre est plus considérable, les panneaux peuvent être plus largement établis eux-mêmes, et le poids mort est plus faible relativement au poids utile.
- La navigation du Rhin à Bâle. — On poursuit depuis un certain temps déjà des efforts pour améliorer le Rhin jusqu’à Bâle, afin de le rendi’e pleinement navigable : sous peu on va commencer des travaux ayant pour but de créer un port à la frontière alsacienne.
- Une grande cale de radoub au Japon. — On vient de temniner à Nagasaki uixe cale sèche de radoub qui fait honneur aux ingénieurs japonais. Elle ne mesui'e pas moins de 220 mètres de long pour une largeur de 37 mètres et son senil est à 10,40 m. sous le niveau des hautes mers.
- Production de la térébenthine. — Le consul général d’Allemagne à Calcutta a signalé, d’après un l'apport officiel de l’administration' indienne des forêts, le nouvel horizon qui paraît s’ouvrir pour la production de la térébenthine dans les forêts de conifèi'es du Kumaon, Himalaya. Dans le courant de Tannée 1904-1905, 62 000 ai'bres environ ont été saignés dans le district forestier de Naini Tal, et ont produit i5g 760 kilogi'am-mes de résine brute. La fabrication a rendu plus de 22712 litres de térébenthine et 123750 kilogrammes de colophane, produits qui feraient l’objet d’une bonne demande. Les frais d’exploitation se sont élevés à environ 33 260 fx’ancs et le produit de la vente à un peu moins de 71 271 francs. On fonde de grandes espérances sur le développement de cette nouvelle branche d’industiûe, qui, cependant, n’en est encore qu’à ses débuts, et l’on doit maintenant s’occuper d’expériences, pour déterminer l’influence exercée par la saignée sur la cx'oissance de l’ai'bre, la qualité du bois, son poids, et l’intensité qu’il y a lieu dè donner à la production de là résine.
- Un nouveau produit contre la poussière des routés.
- :— C’est une question de premier ordre que là suppression de la poussière, et aussi de l’usure dés routes . aussi signalerons-nous un nouveau produit, que l’on nomme l’akonia, dont on ne donne naturellement pas la composition, mais qui a été essayé avec succès dans divers parcs publics et promenades de Londres. Les municipalités de Brighton, d’Arcot, de New-Market, de Harrow, de Wembley en ont fait usage et ont pu véri-fier les, effets du produit,, qui donne des routes lisses et sans poussières, mais ne les rend pourtant pas glissantes.
- Le pétrole en Allemagne. — Une activité considérable se manifeste en ce moment dans la région pétrolifère allemande de Lüneburger Haide, entre Berlin et Hambourg; on y a découvert de nouveaux gisements exploitables, et l’on se prépare à pousser des recherches un peu dans tout ie pays.
- Dépôts de potasse. — Il paraîtrait que des forages viennent de faire reconnaître des dépôts de potasse fort importants dans la Hesse : du reste le gouvernement se pi’épare à les confisquer à son profit, ainsi qu’oxx l’a fait sur plusieurs autres points: d’Allemagne.
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- 'Eclairage
- Bec à incandescence à essence minérale. — Nous avons eu dernièrement l’occasion de voir fonctionner pour l’éclairage un nouveau bec à incandescence à essence minérale. L’installation en est très simple, la manipulation très facile ; l’éclairage obtenu est très intense dans les conditions les plus économiques. Nous nous empressons de faire connaître l’appareil à nos lecteurs. Gomme le montre la coupe d’ensemble au bas de la figure ci-jointe, le bec consiste en un dispositif que nous allons examiner en détail et dont une coupe intérieure, est à droite ; tout autour se trouve un manchon à incandescence ordinaire, puis un verre ; au bas est une clef pour régler l’éclairage. Des tubes de conduite de 2 et 3 millimètres de diamètre relient le bec au récipient où se trouve l’essence. Ces récipients sont de simples réservoirs avec robinets et manomètres ; on les remplit d’essence, et à l’aide d’une pompe de bicyclette on a toujours soin d’introduire une quantité d’air suffisante pour atteindre une pression variable suivant les modèles, et qui atteint 200 grammes pour le modèle que nous avons examiné. On peut également, suivant les cas, mettre le réservoir en élévation, lorsque la hauteur est :suffisante.fL’essence ainsi sous pression arrive à gauche -dans le bec, passe dans un circuit spécial, se volatilise, s'enflamme et fournit bientôt la température nécessaire pour porter à l’incandescence le manchon qui est tout autour. L’allumage du bec est facile ; on chauffe la base du bec en y plaçant une fourche d’amiante imbibée d’alcool et allumée. Lorsque cette fourche est près de s’éteindre, on la présente au-dessus du verre et on ouvre, en tournant progressivement et très doucement, le pointeau à bouton de fibre placé au bas de l’appareil, jusqu’à ce que le bec s’allume et que le manchon soit blanc. Pour un bec alimenté par un réservoir à pression, on ouvre de 3 ou 4 tours le robinet à‘pointeau du réservoir, ainsi que le robinet d’arrêt de la conduite, s’il y en a un.
- Ce nouveau bec, ainsi que toute l’installation, a été complètement étudié. , Des conditions de bon fonctionnement ont été déterminées; nous ne pouvons y insister ici. Nous résumerons les avantages du nouveau bec en disant qu’il peut être adapté aux appareils d’éclairage avec la plus grande facilité. Gomme le fait voir notre dessin, il peut même être installé sur un reverbère à placer sur .la voie publique. Les conditions de fonctionnement sont des plus économiques. Pour un bec n° 2, d’une intensité lumineuse moyenne de 200 bougies, la dépense est de 1 litre d’essence environ en 12 heures.
- Le nouveau bec ,à incandescence à essence minérale se trouve chez. MM. de Yignet, Demandre et Gie, y3, avenue de la République, à Paris (XIe).
- ÿlffecaTit^fae
- Nouvelle, pompe rotative. — M. G. Anceaux, l’ingénieur bien connu, vient de construire une nouvelle pompe qui offre- de grands avantages sur toutes les pompes semblables par sa construction simple et robuste;, ?
- et par la multiplicité des applications auxquelles elle se prête. Elle est entièrement métallique; elle convient donc aussi bien à la manutention des liquides chauds, des essences, du pétrole, des acides, etc., qu’à l’arrosage et au transvasement des vins et spiritueux. Ce modèle de pompe a déjà été adopté par les principales Compagnies de transport de vins et alcools en wagons-réservoirs. Comme le montre la figure ci-jointe, le piston
- Pompe rotative Anceaux.
- est formé par deux secteurs À A' venus de fonte avec l’arbre qui porte le levier de manœuvre. Les chambres d’aspiration et de refoulement B B' B" B'" sont séparées par les cloisons C C'. Ces dernières communiquent avec la boîte à clapets D par des canaux ménagés dans les plateaux avant et arrière. Les clapets sont constitués par de simples sphères en caoutchouc ou en métal selon le liquide à manutentionner. Chaque oscillation du levier provoque un travail d’aspiration et de refoulement pour chacune des faces des secteurs A A'. On remarquera que cette pompe peut également être actionnée par volant ou par poulie. —- La nouvelle pompe rotative est construite par M. G. Anceaux, 10., rue de Lyon, à Paris (XIIe).
- Massage
- Masseur électrique. — Il est reconnu aujourd’hui que divers appareils de massage peuvent rendre des services, à Commencer par les boules japonaises, dont il a été longuement parlé ici ; les Américains ont voulu faciliter l’emploi de ces massages locaux et personnels, peut-on dire, en combinant de minuscules moteurs électriques pour faire vibrer, au contact de la peau et des muscles sous-jacents, des dispositifs variés en caoutchouc, animés d’une sorte de mouvement de tremblement, que l’on donne comme assurant d’excellents résultats. La gravure que nous mettons sous les yeux du lecteur lui montre quelques-unes de ces formes, étudiées pour un appareil tout spécial du reste, que l’on nomme le » United States Vibrator » , et qui est fabriqué par une grande fabrique, la U. S. Standard Elèctrical Works, de Racine ; mais nous avons vu l’appareil et nous l’avons essayé à Paris, dans les ateliers de la Maison Markt, 107, avenue Parmentier. Nous devons reconnaître que la vibration des petites têtes de caoutchouc sur un muscle de la main par exemple, cause très rapidement une sensation de chaleur intense, bien que très facile à supporter longtemps, qui résulte évidemment d’une intensification marquée dë la circulation sanguine. Ce qu’il-y a de curieux, à remarquer c’est que, comme l’appareil de massage est partiellement en caoutchouc, on a beau appuyer très fortement sur la main ou le muscle que l’on veut masser, jamais cette pression n’arrêté lé
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- moteur, par suite de l’intermédiaire élastique qui se trouve entre le moteur et le point d’application.
- Le moteur électrique est de toutes petites dimensions, et tout l'appareil, qui ressemble grossièrement, avec son manche, à certains écouteurs d’appareils téléphoniques, n’a guère plus de 3o centimètres de longueur; ce moteur peut fonctionner avec le courant fourni par des piles. On le fait également de façon à pouvoir fonctionner sur un courant d’éclairage, et soit au courant continu, soit au courant alternatif; un régulateur de vitesse est intercalé, et l’on peut obtenir ce que nous appellerons une intensité très variable de massage. La prise de courant se fait sur un culot de lampe électrique, par le
- Masseur électrique.
- moyen d’un petit dispositif ad hoc, et aussitôt, quand on appuie sur le bouton logé dans la manche du masseur le moteur se met à tourner à l’allure que l’on désire, sans que du reste la main qui tient le manche ressente la moindre vibration. La transmission du mouvement de rotation et sa transformation en mouvement oscillatoire sont réalisées d’une manière fort simple ; sur l’arbre du moteur §st üxée une petite came, et celle-ci se loge dans une sorte de coulisse ménagée à l’extrémité aplatie d’une tige qui peut osciller autour d’un axe parallèle à l’arbre du moteur. Au fur et à mesure que tourne ce dernier, la tige prend un mouvement alternatif de peu d’amplitude, qui donne une véritable vibration de ce bout de tige qui supporte la tête formant instrument de massage.
- Tout fonctionne sans le moindre bruit et avec une sûreté très intéressante dans sa simplicité.
- Divers
- Cuisinière mécanique. — L’appareil se vend en réalité sous le nom de pâtissière universelle, à la fois parce que la marque de son fabricant est bien le mot anglais de Universal, et aussi parce que l’instrument peut être considéré comme s’appliquant universellement aux préparations de la pâtisserie ; mais ce nom de cuisinière mécanique nous a semblé plus exact, en ce sens que l’appareil pétrisseur, batteur, brasseur en question, peut servir à autre chose que la pâtisserie, puisqu’il fait tout aussi bien de la pâte de pain que des omelettes ou des mélanges culinaires de toute sorte.
- Voici tout d’abord le récipient, qui est fait fort intelligemment par emboutissage, c’est-à-dire d’une seule pièce, en tôle d’acier étamé : donc pas de fuite et aussi une grande solidité de ce récipient, ce qui permet justement de prendre sans inconvénient appui sur ses bords pour le fixer à la table sur laquelle on opère, et aussi pour monter la traverse métallique qui soutient le pivot de l’organe mélangeur et batteur, dont la rotation est assurée par une manivelle. La fixation sur la table
- s’obtient à l’aide d’une de ces attaches à écrou qui sont bien connues maintenant par suite de leur présence dans le bas des hachoirs mécaniques ; le bas de la paroi de la casserole (casserole sans queue et à parois toutes droites) porte une lame recourbée dans laquelle vient entrer, en forçant suffisamment, une traverse dépendant de la monture de l’écrou crampon. De la sorte le récipient est maintenu de la manière la plus solide sur la table, sans que la cuisinière ait à perdre la liberté d’une de ses mains immobilisant la casserole. L’instrument ordinaire de battage est fait d’une tige se logeant dans un trou de la traverse emboutie qui se fixe solidement elle-même en travers de la casserole, au moyen d’un ergot d’une part, et, d’autre part, d’une vis moletée fixant l’autre bout de la traverse sous le rebord de la casserole ; normalement la commande des batteurs n’est pas directement assurée par la manivelle, qui fait pourtant tourner la tige dont nous venons de parler, et qui se fixe sur le bout de cette tige à l’aide d’une petite clef très simple et ingénieuse pénétrant dans une rainure ménagée dans ce bout de tige (qui présente d’un côté un méplat). La tige sert d’axe à une roue à dents, et cette dernière, qui n’est pas étroitement solidaire de cet axe, sert tout simplement à entraîner dans un mouvement planétaire deux petites roues à dents qui engrènent avec la première, mais sont emportées dans un mouvement de rotation général autour de l’axe du système par deux bras, ou plus exactement un bras d’une seule pièce, traversé par l’extrémité de la tige principale. Cette complication apparente, qui m’empêche pas ces organes d’être simplement faits, permet aux roues secondaires de tourner à une allure telle que, pour un tour seulement de la manivelle que tient en main la cuisinière, les petites roues tournent 5 fois Cuisinière mécanique, sur elles-mêmes, et il en est comme de
- juste autant des ailes de battage, qui sont montées sur les axes des petites roues. Ces ailes doubles sont faites d’un fil galvanisé en U dont la base vient raser d’aussi près que possible le fond du récipient : cela a cet intérêt qu’on peut, avec cet instrument, battre une épaisseur extrêmement faible, et par exemple traiter deux blancs d’œufs seulement. Avec la rapidité considérable de battage que donne la disposition que nous avons indiquée, des blancs d’œufs sont convertis en neige avec une vitesse étourdissante; et, si l’on ajoute ensuite les jaunes, en quelques tours seulement de manivelle ils seront mélangés intimement à la neige. Jetez ensuite du sucre en poudre, de la farine dans le récipient, ils vont s’amalgamer avec une surprenante célérité au reste, et de la façon la plus parfaite ; on réussit tout aussi bien avec du beurre, pourvu qu’il soit un peu mou. Nous n’avons pas besoin de citer toutes les applications culinaires que cela permet en un tour de main, avec une propreté absolue, puisque les mains ne touchent point aux ingrédients, et les pâtes se font sans aucune peine.
- Si l’on veut préparer une pâte épaisse, comme celle des macaroni, même du pain, on recourt à un brasseur mélangeur un peu plus simple, et donnant à la pâte un double mouvement de rotation dans l’intérieur du récipient, et aussi de rotation sur elle-même : cela, grâce .à une forme parfaitement bien étudiée du bras métallique courbe unique qui est représenté également ici. Le brassage se fait moins vite, d’autant qu’une pâte épaisse offre plus de résistance, mais néanmoins tout se passe avec une rapidité surprenante : il suffit de quelques minutes pour pétrir parfaitement une pâte.
- Nous devrions ajouter que naturellement tout ce matériel peut s’entretenir aisément en parfait état de propreté, puisque casserole ni brasseur n’offrent de parties qui ne soient galvanisées ou étamées, et qui ne puissent être facilement soumises à un lavage à l’eau bouillante.-—C’est chez M. Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris, que nous avons vu fonctionner de la façon la plus complète, devant nous, la pâtissière ou cuisinière universelle.
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- RESUME METEOROLOGIQUE
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- Observations faites à l'Observatoire du Parc Saint-Maur, en mai 1906, par M. Th. Moureaux
- La période froide survenue dans la seconde quinzaine d’avril prend fin le a mai. La température est ensuite à peu près normale, avec, toutefois, un léger excès du 6 au 9 et du 12 au 14. Le refroidissement qui se produit fréquemment en mai vers la fin de la première quinzaine, ne se manifeste cette année que le x5 et persiste sans interruption jusqu’au 22 par un régime de faibles pressions et de vents du Nord. Le maximum du 2i n’est que de n°,3, nombre très faible, inférieur même à la moyenne normale du jour, et absolument rare à cette date. Temps beau et chaud du 28 au 3i. On n’a observé qu’une faible gelée blanche le 2, et le thermomètre sous abri n’est pas descendu une seule fois à o°, en sorte que la dernière gelée de la saison froide est du 28 avril. La pluie est tombée presque sans interruption du 20 à 20h au 21 à i4h; elle a fourni dans cet intervalle 17““,7 d’eau; comme en avril le total mensuel est en excès.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 2.4 heures, 754““,86; minimum absolu, 743mm,7 le 17 à i4h3om; maximum absolu, le 5 à 22h3o™ ; écart
- extrême, 2imm,4-
- Températui'e. — Sous l’abri : moyenne des minima, 70,89 ; des maxima, i9°,6o ; du mois, i3°,75 ; des 24 heures, i3°,4i ; minimum absolu, o°,8 le 2; maximum absolu, 29°,4 le 3i. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, 6°,01 ; des maxima, 4x°>44 ; minimum absolu, — 2°,i le 2; maximum absolu, 52°,4 le 28. — Dans le sol gazonné, moyenne du mois. Profondeur o’",3o : à 9 heures, i2°,76; à 21 heures, i3°,43. Profondeur om,65 : à 9 heures, n°,66; à 21 heures, 110,71. Profondeur 1 mètre : à 9 heures, io°,83; à 21 heures, io°,9o. De la Marne : moyenne le matin, 14°>57 ; le soir, i5°,o6; minimum, 90,52 le 2; maximum, i90,2O le 3i.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 8mm,89; minimum, 4mm,7 le ier à iih-i2h; maximum, i6mm,o le 3i à i5 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 78,3; minimum, 34 le 5 à 16 heures; maximum, 100 en 9 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 6,49; moyenne diurne la plus faible, 0,8 le 6 ; la plus forte 10,0 les 21 et 27.
- Insolation : durée possible, 471 heures ; durée effective, 20i\i en 3o jours; rapport o,43.
- Pluie : Total du mois, 55mi“,7 en 4o‘‘,3.
- Nombre de jours : de pluie, 18 ; de pluie inappréciable, 1 ;• de gelée blanche, 1; de rosée, 20; de brouillard, 2; de brume, 2; d’orages, 7, les 1, 3, 8, 9, 10, 14 et 31 ; de halos, 14 ; de grêle, 2. Couronne lunaire le 6.
- Fréquence des vents : calmes, 3i.
- N........38
- N. N. E. . 59
- N. E . . . 36
- E. N. E. . 23
- E. . . . . 20
- E. S.E . . i5
- S. E . . . 20
- S. S. E. . 3o S. . . . 53
- S. S. W. . 121 S. W. . . 100 W. S. W. 47
- W .... 4o
- W. N. W. 22
- N. W . . 41 N. N. W . 48
- Vitesse : moyenne des 24 heures, 3m,i; moyenne diurne la plus grande, 6”,8 le i5 ; la plus faible, im,5 le 9; vitesse maximum en i5 minutes, i2m,8 le 14, de 19 heures à X9hi5m par vent N. N. E.
- Electricité atmosphérique : moyenne des 24 heures (17 jours), 80 volts; moyenne diurne la plus grande, 148 volts le 5 ; la plus faible, 46 volts le 15 ; amplitude diurne, 0,76 ; amplitude nocturne, o,65.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2m,79 ; minimum, 2ra,56 le 3i ; maximum, 3m,o5 le 6.
- Comparaisons aux valeurs normales : Baromètre, — 2mm,23; température, + o°,5g ;• tension de la vapeur, F imm,25; humidité relative, + 8,4; nébulosité, + 0,91; pluie, -f iomm,4.
- Taches solaires : on a suivi i3 taches ou groupes de taches en 25 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques : faibles, les 8-9, i5, 19-
- 21.
- Floraisons : le Ier, érable champêtre, spirée ; le 2, morbier des bois; le 3, fusain à larges feuilles, sorbier des oiseleurs, minette; le 4. narcisse des poètes, épine blanche, barbeau vivace; le 5, belle d’onze heures, mu-
- guet; le 6, cytise faux ébénier, ancolie, pivoine en arbre; le 7, herbe à Robert, vipérine, glycine; le 8, arbre de Judée, épine-vinette ; le 9^ arum ; le 10, épine rose double; le 11, sceau de Salomon, iris germanique, angélique; le 12, cotoneaster, pimprenelle ; le i3, fumeterre, thym;* le 14, lychnis des champs, weigélia, alisier, rhubarbe, julienne, chèvrefeuille; le 16, polémoine, leucanthemum des prairies; le 17, framboisier; le 18, pivoine herbacée, fusain verruqueux; le 21, scabieuse colombaire, verveine vivace; le 23, réséda des chemins ; le 2.4, geum urbanum, érigeron, rose de Bengale; le 25, sauge officinale, campanule à fleurs en tête, églantier; le 26, sauge des pi’és, acacia blanc; le 27, sureau commun; le 28, tradescantia de Virginie, seringa, douce-amère; le 29, buisson ardent, coquelicot, sureau à feuilles panachées ; le 3o, cornouiller, hémérocalle jaune; le 31, muflier, digitale, mélilot, pivoine odorante.
- Premier chant du loriot le 2, de la tourterelle le 6. — On n’a vu que quelques rares hannetons à partir du 5.
- Variétés <«*
- Le mascaret. — Notre confrère Ciel et Terre publie, dans un de ses derniers numéros, une élude fort inté-l'essante de M. Sti’oobant sur le mascaret. Si connu que soit le phénomène, nous croyons devoir résumer ici le travail, très complet de cet auteur.
- On sait que la cause première du phénomène des marées réside dans l’attraction que les astres, tels que le Soleil et la Lune, exerceixt sur la masse liquide des mers ; cette alti’action se manifeste par des dénivellations d’amplitudes variables suivant l’époque et les lieux. Le maximum d’amplitude est atteint lorsque les actions de la Lune et du Soleil s’additionnent, c’est-à-dire au moment des syzygies (nouvelle lune et pleine lune) et notamment à l’époque des équinoxes, lorsque le soleil se trouve au voisinage de l’équateur.
- Si la terre était complètement enveloppée de liquide, le flot de marée serait animé d’une marche continue autour d’elle. La bai’rière des continents convertit ce mouvement en une oscillation allant d’un rivage à l’autre, tantôt de l’est à l’ouest, tantôt de l’oùest à l’est. La vitesse de propagation des oixdes qui produisent le flot dans les marées dérivées (résultant de la propagation aux mers voisines du flot de marée des océans) croît avec la profondeur de la mer, proportionnellement à la racine carrée de cette profondeur. Il résulte de là que le flot de rnai’ée des océans peut se diviser, à la faveur des conditions de profondeur, en différents flots secondaires qui pourront arriver en un même point de la côte soit à des heui'es successives, soit en même temps. Si ce dernier cas, c’est-à-dire la convergence de diverses ondes de marée, se produit à l’emboucbure d’un fleuve, il en l’ésulte à cet endroit un relèvement instantané du niveau, la formation d’une barre ou mascaret coupant le fleuve dans toute sa largeur et remontant son cours avec une vitesse qui peut être considérable. Sous l’aspect d’une mui'aille liquide, haute, rapide et tumultueuse, la mer envahit le fleuve et le refoule.
- Le mascaret se pi’oduit en France sur la Seine et sur la Dordogne. Sur la Seine, sa vitesse est de 46 minutes pour parcourir les 23 kilomètres de Quilleboeuf à Cau-debec. En Angleterre, le phénomène se manifeste px'es-que journellement à l’embouchure de la Severn, où les marées sont considérables ; la barre y atteint parfois jusqu’à 2,75 m. d’élévation. Dans l’Amérique du Nord, le Peticodiac qui se jette dans la baie de Fundy, présente jusqu’au delà de 5o kilomètres de son embouchux’e des marées de 20 mètres. Mais c’est dans le fleuve des Amazones que le mascai’et atteint son maximum. La marée vient au-devant du courant du fleuve jusqu’à Santarem, à 1000 kilomètres du cap du Nord, qui est à Fextrémité de l’embouchui'e ; à l’endroit où se forme la l’encontre entre les deux masses d’eau, la bai’re s’élève jusqu’à une hauteur de 9 mètres ; elle donne naissance à trois ou quati'e flots successifs qui s’avancent avec un grondement tei’rible, que l’on entend jusqu’à une distance de 10 kilomèti'es et que l’on a nommé la pororoca, c’est-
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- à-dire le destructeur. On observe encore le mascaret mais en moins graùd dans lTIougly, bras de mer occidental du delta du Gange, sur le Yang-Tsé-K iang et sur d’autres fleuves où son importance est beaucoup moindre.
- Il ne faut pas confondre le mascaret avec le phénomène beaucoup plus redoutable souvent des raz de
- marée ; ce dernier est dû à un mouvement du sol traduit par un vaste déplacement d’eau; il accompagne les violents tremblements de terre, et cause parfois d’effroyables désastres, ainsi qu’en juin 1896, où 3o 000 personnes trouvèrent la mort en quelques minutes sur les côtes japonaises. A. Dumkskji..
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- La culture à l’électricité. — Il y a quelques années, le professeur Lemstrom, de l’Université d’Hel-singfors (Finlande) ayant observé que la croissance et la vigueur des plantes étaient fortement augmentées quand on les soumettait à des décharges électriques pendant la végétation, en conçut la possibilité d’accroître le rendement des récoltes ; il lit dans ce sens quelques expériences et essais de culture en grand très encourageants que la mort malheureusement l’empêcha de poursuivre. Le courant, produit par une machine à influence à tension relativement basse, était distribué par des fils placés à une assez faible distance au-dessus du champ en expérience.
- Des expériences du même genre, entreprises d’une façon à peu près identique ont été faites l’année dernière en Angleterre par l’ingénieur Newman aux environs de Bristol. Il opérait sur des parcelles en plein air ou sur des cultures sous châssis ou en serre; les plantes essayées étaient très variées : froment, orge, avoine, choux, pois, haricots, fraises, etc. Les résultats obtenus montrèrent que le supplément de dépense occasionné parla consommation d’électricité était largement compensé par l’accroissement du poids et la qualité de la récolte. Ainsi, les céréales donnèrent une augmentation du poids du grain de a5 pour 100, une augmentation du poids de la paille de 25 pour 100 également, comparativement aux parcelles témoins ; la qualité du grain et le rendement en farine avaient aussi augmenté : toutes les dépenses de culture autres que la consommation d’énergie électrique étaient les mêmes.
- Les essais en grand, qui sont actuellement en cours au bourg d’Iron Cross, près d’Evesham, par le même ingénieur, ont été conduits de façon à rendre économique la production de l’énergie électrique. Le courant est fourni par une petite dynamo actionnée par un moteur à pétrole de 3 chevaux situé dans les bâtiments de la ferme ; il est transformé en courant à haute tension et distribué par des fils métalliques, les décharges se faisant à travers le sol et, par conséquent, à travers les plantes qui s’y trouvent. Ces fils sont à 5 mètres de hauteur; ils sont supportés par des poteaux placés tous les 90 mètres. La surface de terrain ainsi soumise à l’expérience dépasse 8 hectares dont 5 emblavés en froment. A. G.
- Sur les usages du carbure de calcium et de l’acétylène. — On sait que la fabrication du carbure de calcium a pris en France une importance très grande et qui pourra sans doute devenir de plus en plus considérable. Les Allemands s’occupent également de favoriser le développement de cette industrie et de lui assurer des débouchés nouveaux.
- Nous citerons à ce sujet une étude récente de M. Vo-gel qui, après avoir constaté le développement progressif de l’industrie du carbure de calcium par suite de l’emploi de l’acétylène comme gaz éclairant, examine quelles sont les autres applications possibles de ces deux composés : carbure de calcium et acétylène.
- Il rappelle d’abord la propriété intéressante que possède le carbure de calcium de fixer l’azote pour donner du cyanamide de calcium, terme intermédiaire de la préparation des cyanures au moyen de l’azote atmosphérique. On a également proposé d’employer ce cyanamide de calcium comme engrais ; mais l’usage s’en est peu répandu par suite de l’incertitude où on se trouve de la toxicité de ce composé pour les plantes,
- L’emploi de l’acétylène comme gaz de chauffage serait vraisemblablement avantageux dans les laboratoires. En employant, soit des becs Bunsen ordinaires, soit des becs spéciaux, on peut atteindre dans la flamme une température de 20000, bien supérieure à celle que produit le gaz de houille.
- La propriété de l’acétylène de se combiner à certains métaux, tels que le cuivre, le palladium, pommait être utilisée pour leur séparation d’avec les corps qui les accompagnent.
- Enfin par l’action du brome ou du chlore sur l’acétylène, on obtient facilement le tétrabromure, ÇaHaBri et le tétrachlorure C2H2C14 dont les densités respectives sont de 3 et de 1,6. Ces corps pourraient servir, seuls ou mélangés en proportions déterminées, à séparer tous les minéraux dont la densité est comprise entre ces deux nombres.
- La consommation du carbure de calcium en Allemagne pour l’année 1905 a été de 24000 tonnes, don! 8000 ont été fabriquées et 16000 tonnes importées. Lc-prix moyen de ce carbure a été de 220 marks (2^5 francs) la tonne. A. H.
- Le fléau des mouches. — Alors que l’on parle tant d’hygiène, d’antiseptiques, de stérilisation, de filtres et de beaucoup d’autres choses plus ou moins compliquées, il est temps vraiment que l’on comprenne que les mouches sont un vrai fléau au point de vue sanitaire. Il ne s’agit pas seulement de les poursuivre parce qu’elles nous importunent durant les journées chaudes, qu’elles tourmentent nos chevaux, qu’elles salissent les dorures de nos cadres, les peintures de nos maisons ; il faut les détruire parce qu’elles servent à propager par leurs piqûres et surtout par leur contact les maladies les plus variées.
- La mouche, bien qu’assez gracieuse avec ses pattes fines constamment en mouvement, ses gestes drôles pour se nettoyer la tête ou « se laver les mains », si l’on nous passe l’expression, est un animal essentiellement sale : elle se pose aussi volontiers sur les tas d’immondices innommables que sur notre table et nos mets ; elle se promènera sur le visage et les mains d’un malade avant que de nous rendre visite. Et ces détails, pour être répugnants, n’en sont pas moins utiles à rappeler, justement pour que l’on comprenne les dangers auxquels nous exposent ces visiteuses importunes. Le seul moyen de les arrêter dans leur rôle de transporteuses de germes et de contagion, c’est de les détruire.
- La chose s’impose d’autant plus qu’une seule mouche pond dans ses quelques mois de vie normale, de mai à octobre généralement, des millions d’œufs, donnant nais sance à des millions de nouvelles mouches, qui viendront prendre part à l’œuvre dangereuse de leurs congénères. Et comme il ne faut pas songer à faire utilement la chasse à l’insecte une fois formé, à la fois par suite de son agilité et aussi du nombre d’ennemis contre lequel nous avons à lutter, le seul moyen effectif de triompher du mal, est de s’attaquer aux œufs ou aux larves qui viennent d’éclore. La mouche pond ses œufs en paquets, peut-on dire, dans les égouts, les fosses d’aisance, les conduites d’eaux sales, les tas de fumier ; et c’est là par conséquent, qu’il faut jeter des substances qui soient susceptibles de tuer les œufs par centaines et par milliers, ou même lés larves à leur sortie de l’œuf.
- On est arrivé à constater qu’un mélange d’eau et d’huile de schiste brute, produit très bon marché, forme dans les endroits peuplés d’œufs de mouches une couche imperméable à l’air qui empêche ces œufs de venir à bien, ou, si l’on veut, à mal, en étouffant la larve qu’ils contiennent. De plus, les mouches fuient les parages où a été répandue cette huile.
- Sans doute les mouches, comme toutes choses, ont bien leur rôle utile dans la nature : elles contribuent à absorber, à détruire les matières en décomposition que nous laissons traîner un peu de tous côtés; mais il ne. nous est pas difficile de rendre leur rôle inutile.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS — Dans la boite aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées- d’une bande d'abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — M. Brothier de Rollière, à Poitiers, nous signale qu’un ballon-sonde, poussé par le vent du N.-E., est tombé le 7 juin 1906, à 3h4i> du soir, dans la commune de Mignaloux, à 9 1cm S.-E. de Poitiers. Ballon et appareils ont été détruits par les enfants et paysans accourus et qui les prirent pour des jouets. La nacelle portait le n°3i7 ou 327. Notre correspondant fait remarquer fort justement que de tels actes de destruction sont fort préjudiciables à la science. On ne saurait trop encourager les particuliers à les empêcher. Les maires des communes, les instituteurs surtout pourraient notamment jouer un rôle fort utile dans la circonstance. Il suffirait sans doute d’une ou deux conférences dans la salle d’école du village ou de quelques mots dits en classe et montrant l’utilité et le désintéressement de ces recherches pour inspirer, à ceux qui en ignorent la portée, tout le respect qu’elles méritent. D’autre part, il ne serait pas mauvais, comme nous l’avons fait nous-même à plusieurs reprises, défaire observer qu’une récompense fort appréciable est acquise de droit à toute personne qui trouve et réexpédie un ballon-sonde, en se conformant aux instructions qui l’accompagnent toujours.
- Renseignements. — M. G. Boucaouris, à Patras. — Les adresses que vous demandez sont données en tête de notre Boîte aux lettres du n° 1724 du 9 juin; veuillez vous y reporter.
- M. Fortin, à Sousse. — Il n’a pas été possible d’utiliser le pétrole lampant dans les moteurs ordinaires.
- M. Ph. Corbeiller, à Paris. — i° Appareils à fabriquer la glace : MM. J. Schaller, 3a2, rue Saint-Honoré, Paris; Geneste, Herscher et Gie, 42> rue du Chemin-Vert, Paris. — 20 Appareils à fabriquer du vinaigre : Allez frères, rue Saint-Martin, Paris ; La Ménagère, boulevard 'Bonne-Nouvelle, Paris. — 3° Pour obtenir des hortensias blèus, arroser les plantes avant leur floraison, avec une «eau chargée de sulfate de fer à 10/1000; il faut cinq ou isix arrosages. (D’après Recettes et procédés utiles, iro série, librairie Masson et Cle, 120, boulevard Saint-Germain). — 4° Phylloxéra : Pour obtenir une destruction complète- du fléau, il faut attaquer l’insecte sous ses deux formes œuf d’hiver déposé sur le cep, au-dessus du sol, et adulte, sur les racines. Vous pourriez essayer des moyens suivants : Préparer une solution de bon savon noir à raison de 35o gr. par litre d’eau, afin d’obtenir une composition épaisse, presque sirupeuse, puis avec un pinceau badigeonner notamment le bois de deux ans et poursuivre ce badigeonnage plus bas si on juge que d’autres œufs puissent s'y trouver. (Dans ce cas, enlever d’abord les plus épaisses des vieilles écorces, et les brûler) ; — de plus, il faudrait traiter la plantation au sulfure de carbone. L’opération se fait au moyen d’un pal injecteur qui se trouve chez tous les marchands d’outils pour horticulture. On injecte dans le sol 20 grammes en moyenne par mètre carré, en trois trous, à environ i5 centimètres de profondeur (il faut que l’insecticide se trouve au-dessus des insectes). Si le sol est compact, augmenter le nombre des trous d’injection. Si le sol est trop' léger, ajouter de 5o à 100 pour 100 de pétrole. Les dates favorables sont en novembre et en juin. Il faut appliquer les deux procédés en même temps et recommencer tant qu’il y a trace d’insectés.
- M. Loubers, à Toulouse. — i° Nous vous remercions de votre observation. Nous avons déjà signalé le fait à nos lecteurs par une lettre d’un de nos abonnés publiée en Communication dans notre n° 1724 du 9 juin. — 20 Nous examinerons votre demande.
- M. L. Morin, à Paris. — Pour les masticatoires, veuillez vous adresser à la Pharmacie centrale de France, 7. rue de Jouy, à Paris. . .
- M. L, Caravanier, à Tucuman. — La Société du gaz Benoît se trouve, 207, rue Saint-Denis, à Courbevoie
- (Seine). Cette adresse a été donnée dans la Boîte aux lettres du n° 1706, du 3 février 1906.
- M. S. B ., à V. — Ces piles travaillent également à circuit ouvert, mais dans des conditions très faibles.
- M. S., à Saint-Amour. —Cette plaque d’accumulateurs finira certainement par se former, mais d’une manière très irrégulière. On reconnaîtra qu’elle est formée à la couleur brune qu’elle prendra au fur et à mesure que s'effectueront les dépôts de peroxyde de plomb.
- Un ancien abonné, à Paris. — Le courant à employer est le courant continu produit par une pile (modèle Gaiffe ou autre, z.inç et bisulfate de mercure) qui permet de mettre en circuit un nombre variable d’éléments au moyen d’un collecteur qui règle l’intensité du courant, A la pile doit être ajouté un milliampèremètre exact. Pour renseignements plus détaillés s’adresser au Dr Leduc, professeur à l’Ecole de Médecine, 5, quai de la Fosse, Naiites.
- M.: Henri Cardignan, à Paris. — i* Le produit colorant que l’on appelle gomme gulte vient du Cambodge en cylindres bruns; onia recueille, comme le caoutchouc, ou la résine, à l’aide d’incisions qui sont pratiquées dans le tronc des guttiers (arbre de la famille des Garcinia). Ces cylindres, bruns extérieurement, sont jaunes à l’intérieur et à cassure nette ils se pulvérisent très facilement, en donnant une poudre jaune, qui ne présente aucune odeur, mais une saveur âcre et qui fond aisément. Emulsionnée avec de l’eau, cette poudre donne une belle couleur jaune, soluble dans l’ammoniaque, l’alcool et l’éther. Elle est vénéneuse et purgative.. — 20 Voyez le: livre récent de H. Pécheux : Les couleurs, les matières colorantes, chez J.-B. Baillère et fils, 1.9, rue Hautefeuille,. à Paris.
- M. André de S., à Poitiers. — Le ministère des colonies publie mensuellement sous le titre Y Agriculture pratique des pays chauds un bulletin du jardin colonial et des jardins d’essais des colonies où vous trouverez tous les documents que vous désirez. Cette publication paraît chez A. Challamel, 17, rue, Jacob. Vous trouverez à la même librairie d’autres publications du même mi -nistère : Revue coloniale, Feuille de renseignements de l'Office colonial, etc.
- Mma M. Chalvin, à Joigny. — On a préconisé de nombreux moyens pour faire poser les essaims d’abeilles qui s’élèvent jusqu’à plus de dix mètres en l’air et font mine de s’enfuir. En voici quelques-uns : par , temps ensoleillé, on peut éblouir les insectes en leur envoyant des rayons de soleil au moyen d’un miroir que l’on fait jouer, le moyen est à peu près infailliblé ; on peut aussi lancer sur l’essaim du sable fin, de la terre, de la poussière, de la cendre, et par-dessus tout un jet d’eau en pluie, en ayant soin que l’eau retombe de haut sur l’essaim. Le plus simple et le moins dangereux pour la vie des abeilles est de préparer à l’avance des reposoirs artificiels ; il suffît pour cela de disposer à quinze ou vingt pas du rucher des piquets de 3 à 5 mètres de hauteur; on y place tout en haut un chapelet d’abeilles mortes enfilées de façon à former une masse de la grosseur du poing, — uné poignée d’herbes sèches contenant un morceau de vieux rayon ou un étui à mère, ayant servi, — un panier d’osier noir contenant un vieux rayon noir, etc. Les abeilles croient voir un essaim déjà posé et se précipitent vers lui. On peut accentuer l’effet en frottant les perches avec de l’eau de mélisse qui plaît beaucoup aux abeilles.
- Accusés de.réception. :— Avis divers. — M'. L. Cor-pet, à Port-Royal. Veuillez vous adresser à un médecin.
- — Mlla de S., à Nantes. Nous ne pouvons pas donner de description de l’appareil dont vous nous parlez, avant qu’il n’ait été essayé et n’ait donné de bons. résultats.
- — M. Ch. Warens, à Lille. Vous trouverez ces indications dans le recueil des Recettes et Procédés utiles, ir0 série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. — 'M. H. Dauguet, à Brest. Voyez ce même ouvrage, 3e série, même librairie. — M. Bro-
- , thier de Rollière, à Poitiers. Remerciements pour votre Communication. ;
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMETRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 juin .... 110,5 N. N. E. 3. Couvert. » Rosée; couvert jusqu’à 11 h.; nuag. de 12 h. à 13 1).; beau ensuite.
- Mardi 12 10°,9 N. E. 3. Couvert. » Rosée; couv. de 6 à 9 b. ; beau ensuite.
- Mercredi 13 10°,0 N. N. E. 3. Couvert. » Rosée ; couvert de 6 à 9 h. ; nuag. à 10 h. ; beau ensuite.
- Jeudi 14 10°, 0 N. N. E. 4 Couvert. » Couvert; éclaircies à 11-12 b.
- Vendredi 13 . . . . . 10°, 1 N. N. E. 3. Couvert. 0,2 Couvert ; pluie fine la matinée.
- Samedi 10 11°,9 E. S. E. 0. Très nuageux. 0,5 . Rosée; très nuageux; pluie line de 9 li. à 13 b.
- Dimanche 17 12°,7 S. 1. Couvert. 5,8 Pluie de 2 b. 13 à 5 b. ; eouv. jusqu’à 8 h. ; puis nuag.; beau après 17 h. .
- JUIN 1906.— SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 JUIN 1906.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi l Vendredi \ Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- c&tns. Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été beau en France dans la semaine du ii au 17 juin. Le 11 juin, la pression barométrique était supérieure à 765 mm dans le Nord-Ouest de l’Europe. Sur nos côtes de la Manche et de l’Océan, le vent a été faible, d’entre Nord et Est; la mer a été belle dans toutes nos stations. La température était le matin ii° à Paris, i3° à Belfort, i5° à Clermont, 180 à Toulouse, 220 à Alger, 70 au Puy de Dôme, i° au mont Mounier, — i°au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été i3°,5, inférieure de 2°,7 à la normale. Le 12 juin, la pression était inférieure à 760 mm dans le Sud et l’Est de l’Europe; elle était supérieure à 765 mm dans le Nord de la France; à Paris, à midi, elle atteignait 764,5 mm. La température était le matin il0 à Paris, 120 à Nantes, i3° à Lyon, 180 à Toulouse, 24° à Alger, 8° au mont Aigoual, 5° au mont Yentoux, 5° au Puy de Dôme, i° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été 15°, 7, inférieure de o°,6 à la normale; on a observé à la Tour Eiffel le 12 juin à 5 heures du soir un maximum de x8°,5. Le i3 juin, la pression barométrique a diminué sur toute l’Europe; on trouvait le matin un minimum de mm sur la Méditerranée. Un vent faible soufflait, d’entre Nord et Est, sur la Manche et sur l’Océan, de l’Est en Provence. Le thermomètre marquait le matin io° à Paris, i5° à Brest, i5° à Limoges, 190 à Toulouse, 200 à Perpignan, 70 au Puy de Dôme, 70 au mont Yentoux, — i° au Pic du Midi. Le 14 juin, la pression n’a subi que de faibles variations en Europe; on notait des minima, 753 mm à Rome, et 754 mm sur la mer Baltique. Le vent a été modéré,
- d’entre Est et Nord sur les côtes de la Bretagne et de la Manche; au Pas de Calais, la mer a été agitée. La température a baissé rapidement; on observait le matin io° à Paris, 160 à Clermont-Ferrand, 180 à Marseille, 220 à Perpignan, 8° au Puy de Dôme, — i° au mont Mounier, — i° au Pic du Midi. A Paris, la température moyenne n’a été que 12°, 1, inférieure de 4°>4 à la normale; le maximum observé à la Tour Eiffel a été io°,6 à 4 heures du soir. Le i5 juin, la baisse de la température a persisté sur nos régions; le thermomètre marquait le matin 8° à Belfort, io° à Paris, n° à Lyon, 160 à Toulouse, 220 à Alger, 70 au mont Ventoux, 20 au Puy de Dôme, 20 au mont Aigoual, i° au Pic du Midi. A Paris, le ciel est resté couvert toute la journée ; il est tombé de faibles ondées à plusieurs reprises. La pression atmosphérique était 761,4 mm à midi. Le 16 juin, la pression barométrique s’est abaissée sur l’Ouest de l’Europe; elle s’est élevée dans le Nord. Il a soufflé un vent faible d’entre Est et Nord sur la Manche, et d’entre Ouest et Nord en Vendée et en Provence. Il est tombé 2 mm d’eau au Havre, 4 mm à Calais, 4 mm à Brest, 6 mm à Lorient. La température était le matin ii° à Belfort, 12° à Paris, 12° à Nantes, 170 à Biarritz, 23° à Alger. Des averses à Paris ont fourni au plus 4 mm d’eau. La température moyenne à Paris a été i2°,4, inférieure de 4°>2 à la normale. Le 17 juin, la pression a été voisine de 763 mm sur le Centre et l’Ouest de l’Europe ; elle était de 763,4 mm à midi sur la région parisienne. La .température était le matin x3° à Paris, i5° à Clermont, 210 à Alger, 8° au mont Ventoux, 5° au Puy de Dôme, o° au Pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE ; D. Q. le i3 à 7 h. 43 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne fa Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- s 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (YJe)
- Tout ce qui concerne l Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, /20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1727 (30 JUIN 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Taxe d’affranchissement pour lettres à destination de la Belgique et de la Suisse. — Par décret en date du 2 juin 1906, la taxe d’affranchissement à percevoir en France pour les lettres à destination de la Belgique ei de la Suisse est de xo centimes par i5 grammes ou fraction de i5_ grammes, lorsque la distaixce, en ligne droite, entre le bureau d’origine et le bureau de destination, ne dépasse pas 3o kilomètres. Les lettres non affranchies, provenant de Belgique et de Suisse, et circulant dans le rayon limitrophe de 3o kilomètres dont il est question, sont taxées à raison de 20 centimes par i5 grammes en cas de non-affranchissement.
- Fête de l’arbre en Algérie. — Le 17 juin a eu lieu, au Jardin d’essai d’Alger, la fête de ’ l’Arbre, organisée par la Ligue du reboisement de l’Algérie. Depuis quelques années des mesures énergiques ont été prises pour éviter les incendies et augmenter les recettes forestières; des résultats très satisfaisants ont déjà été obtenus. Les recettes forestières, de 2 millions en 1901, s’élèvent actuellement à 4,5 millions de francs. La fête a eu pour but de faire comprendre. Futilité des plantations et d’inspirer le respect de l’arbre; elle a été très l'éussie.
- Sur l’existence de nouveaux éléments. — Nos lecteurs savent que, dans ces derniers temps, le nombre des éléments connus s’est augmenté dans une proportion notable à la suite de tous les travaux effectués sur les terres rares et qui ont permis de les décomposer de plus en plus. Une des façons les plus ordinaires de caractériser un nouveau corps consiste dans l’étude de ses spectres ou plutôt de ses raies spectrales obtenues dans des conditions déterminées. Sir William Crookes, mettant encore en pratique cette méthode, aurait pu déterminer dans les terres rares la présénee de deux éléments inconnus qu’il a dénommés ionium et incognitum.
- Descente des gorges de l’Ardèche en bateau. —
- Jusqu’à présent il était assez peu pratique d’opéi’er de Vallon à Saint-Martin-d’Ardèche l’admirable 'descente en bateau des gorges ou caîïon de l’Ardèche, qu’il faut voir, même après le Tarn, à cause du lumineux caractère gx’ec de leurs falaises gris-perle ! Le Syndicat du Viva-rais vient d’organiser un service régulier pour Tous les jeudis du xer juin au x3 septembre. Quittant en voiture à 6h4o du matin la gare de Ruoms-Vallon (emporter le déjeuner soit de Ruoms, soit de Vallon), on s’embarque à 12 kilomètres de Ruoms, à 8h3o, dans des bateaux confortables ; un arrêt permet la visite de la très belle grotte de Saint-Marcel. Arrivée à Saint-Martin-d’Ardèche ^ 4‘‘3o; et à là gare Saint-Just-Saint-Marcel, en voitui;e,
- pour les trains du Teil et Pont-d’Avignon-Nîmes. Prix complet (bateau et voitures), 14 francs par personne. Les billets doivent être pris le mardi soir au plus tard au bureau du Syndicat d’initiative, à Vals-les-Bains. Des barques particulières à dossiers et sièges rembourrés, pour 4 personnes, sont fournies au prix de 35 fraixcs. . .
- Inondations. — Des pluies torrentielles sont tombées le 20 juin dans la région de Sazava, en Autriche-Hongrie, sur plusieurs communes, Selcan, Konopischt, Smichow, etc. Des quantités d’eau considérables ont envahi des communes, rompu les digues, emporté des ponts; des maisons ont été détruites, des champs dévastés.
- Tremblement de terre. —> Le 17 juin, vers 3 heures du matin, à La Canée, en Crète, plusieurs secousses de ti'emblement de.terre, d’une durée de dix secondes, ont eu lieu dans la direction Nord-Sud.
- L’expédition du Ruwenzori (Afrique centrale).
- — Le 16 avril, est partie de Naples une expédition où le duc dés Abruzzes emmène les compagnons de ses précédents exploits au Mont Saint-Élie et dans les logions arctiques (Capitaine Cagni, Vittorio Sella, Dr Caseli, etc., en tout 12 Européens). Il s’agit cette fois d’atteindre le sommet du Ruwenzori, un des trois plus hauts massifs (avec le Ivenia et le Kilimandjaro) de l'Afrique Çentr-ale, entre les lacs Victoria Nyanza, Albert et Albert-Édouard. Le numéro de mai de VAlpine Journal est en grande partie consacré aux mystères de ce problème; M. Fieshfield y a raconté son propre échec (1905) àces ci-devant Montagnes de la Lune, et il expose comment personne n’est d’accord sur leur altitude (5ooo à 7000 m.), ni sur celle qui a été atteinte (4000 à 5ooo m.) par la dizaine de caravanes environ qui ont, depuis 1900, tenté l’ascén-sion, ni sur l’importance des glaciers, ni même sur le nombre des cimes principales. La fréquence des brouillards est le gros obstacle de l’entrepinse. Le Ruwenzori a été découvert, aperçu plutôt, en 1875, par Stanley et reste une énigme, que le duc des Abruzzes saura sans doute résoudre, grâce à la bonne fortune qui fait toujours cortège à son indomptable énergie.
- Les îles Bahamas. —; En 1903, la Société de géographie de Baltimore a envoyé une mission d’études aux îles Bahamas sous la direction de M. Shattuck, qui vient de publier (avec M. Miller) à New-York un rapport complet sous forme d’un fort beau volume. Cette monographie détaillée nous appi’end que les Bahamas se composent de 29 îlesj 661 îlots. [Keys) et 2387 récifs. Leur ensemble est des plus étranges, mêlé de dunes, de for-
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- INFORMATIONS
- mations organiques, d’étangs, le tout d’époque fort récente. Le point culminant n’atteint que 120 mètres. L’archipel est perforé de toutes sortes de trous : les Pot-Holes, tout petits et remplis de terre (sortes de lapiaz),
- — les Banana-lioles, pleins de terre aussi, mais plus grands (jusqu’à 8 mètres de profondeur), et les Ocean-Holes, atteignant 90 mètres de profondèur et 45o mètres de diamètre; ces derniers, en communication souterraine avec l’Océan, sont pleins d’eau saumâtre. L’érosion marine et la corrosion pluviale agissent vigoureusement sur le modelé des îles qui reposent sur une plate-forme sous-marine. Les oscillations ou changements de niveau paraissent s’être produits à diverses reprises entre
- — 5 et -j- 90 mètres par rapport au niveau actuel ; on a établi des repères pour vérifier si la stabilité est réalisée maintenant. La population vit de la pêche et de la culture des fruits. Les salines sont en décadence.
- Lutte contre la tuberculose. — L’Académie de médecine, dans sa séance du 5 juin, sur le rapport de M. Netter, a émis les vœux suivants : le médecin indiquera au malade et à son entourage les mesures nécessaires pour prévenir la contagion. La désinfection des locaux habités par un tuberculeux est spécialement nécessaire en cas de décès ou de changement de domicile. Le développement et l’évolutioû de la tuberculose sont si différents de celles des autres maladies transmissibles, que, pour combattre cette maladie, la loi du i5 février 1902 est insuffisante : il faut une loi spéciale, pour lutter contre elle, contre sa transmissibilité et ses facteurs étiologiques, notamment l’insalubrité des locaux et l’alcoolisme.
- L’Institut antirabique de Hanoï. — Créé en 1898, l’Institut antirabique de Hanoï s’estrapidementdéveloppé. En 1905, le nombre des personnes traitées a été de 3o3, dont seulement 257 pour le traitement complet, les 46 autres étant parties avant la fin, soit par crainte des piqûres, soit parce que l’animal mordeur avait été reconnu sain au terme de la période d’observation. Les résultats se sont montrés satisfaisants ; en comprenant, ce qui ne se fait pas ordinairement dans la statistique des Instituts Pasteur, les décès survenus plus de quinze jours après la fin du traitément, on trouve une mortalité d ensemble de 1,16 pour 100, et ce taux s’abaisserait vraisemblablement si l’on pouvait astreindre les civils traités à une surveillance aussi rigoureuse que les militaires indigènes ou européens. Par contre, il y a lieu de s’inquiéter du nombre chaque jour plus élevé des cas de rage au Tonkin. On jugera de l’importance du service antirabique de Hanoï, par les chiffres suivants donnant le nombre des cas traités par an dans les principaux établissements de ce genre : Bordeaux, 100 cas ; Naples, 120; New-York, i85;Padoue, 61 ; Saigon, 110; Tunis, 120; Tananarive, 4^ ; Hanoï, en 1902, 182; en 1908, 178; çn 1904, 192; en igo5, 257. Malheureusement, l’esprit public, au Tonkin, accueille très mal et fait échouer toutes les mesures un peu sévères contre la rage canine. La seule méthode applicable et acceptable pour la population serait l’immunisation des chiens, tout au moins européens, par le procédé du Dr Marie, de l’Institut Pasteur de Paris.
- Automobiles. — A la suite de divers accidents, M. Lépine, préfet de police, a dû renouveler ses instructions pour que des contraventions soient dressées rigoureusement contre les conducteurs d’automobiles qui laissent échapper de leurs voitures des odeurs incommodes. Dans une récente circulaire, il invite à ne pas hésiter à proposer le retrait du certificat de capacité, par application du décret du 10 mars 1899, contre tout conducteur condamné deux fois dans l’année pour infraction aux règlements.
- Pôrt d’Alger. — Un môle qui doit relier à la terre ferme l’îlot Al-Djefna, situé au milieu du port d’Alger, va être construit incessamment ; la Chambre de commerce d’Alger a pris à sa charge la dépense totale de ces travaux déclarés d’utilité publique.
- Marteaux-pilons et presses à forger. — M. Capron a étudié dernièrement la valeur relative des presses hydrauliques à forger et des marteaux-pilons à vapeur, devant la Société des ingénieurs et métallurgistes de Sheffield. Il s’est élevé contre cette opinion qui a eu cours longtemps, que la presse à forger était faite seulement pour les efforts considérables d’au moins 2000 tonnes, et pour un nombre de coups de marteau no dépassant
- guère i5 à 20 par minute. Aujoux'd’hui on atteint jusqu’à 80 coups, et la presse peut lutter avec le marteau pour ce qu’on peut appeler les travaux légers. Il est malaisé de savoir exactement. quel est l’appareil qui coûte le plus; mais la presse est plus solide, on peut mieux compter sur elle, elle revient moins cher comme entretien, et elle nécessite une main-d’œuvi'e moins habile.
- Égouts en pays tropicaux. — Les conditions hygiéniques de Manille sont demeurées jusqu’ici déplorables : on se prépare à y créer tout un réseau d’égouts où l’on pi'atiquera le système dit séparatif, par suite de l’abondance des précipitations atmosphériques qui se produisent si souvent. Pour les eaux de pluie et d’arrosage, il y aura un premier réseau à grande section et à faible pente; puis un second à petite sectioxx, mais à forte pente, pour les eaux usées, et di’ainant le sous-sol. Chaque secteur comprendra une fosse collectrice, et des usines élévatoires refouleront ces eaux jusqu’à une usine principale située près de la côte, qui enverra finalement le tout dans un gros conduit allant déboucher à plus de 2 kilomètres de la ligne du rivage.
- Locomotives à surchauffe. — On essaye en ce moment, sur la ligne de Breslau à Sommerfeld, une locomotive à vapeur surchauffée du système de M. Garbe, de Bei'lin, qui aurait donné, dans de très bonnes conditions, une vitesse de n5 kilomètres environ avec un convoi de 36 essieux.
- Puits artésiens. — On vient de forer un puits artésien à Londres, dans le quartier de Leadenhall, qui donne d’excellente eau, en abondance, et à une température fort convenable. On l’a fait sur de modestes dimensions, et pourtant il donne plus de xiooo litres à l’heui'e; le foi'age a été descendu seulement à i38 mètres de profondeur.
- Caoutchouc artificiel. —Tout dernièremeiït le Times insistait sur l’importance prodigieuse qu’aurait la découverte d’un procédé pour fabriquer un bon succédané du caoutchouc, il y a là une fortune à faire, attendu que la demande croît suivant une progression hors de proportion avec la production et les régions nouvelles caout-choutières que l’on peut mettre à contribution. On s’essaye à la régénération des débris de vieux caoutchouc, mais c’est insuffisant, de même que les méthodes imaginées poui- donner des huiles oxydées simulant le caoutchouc. Assurément on a inventé et tenté dë lancer des caoutchoucs artificiels, mais ils manquent d’élasticité et de ténacité. Yoici une invention par conséquent à poursuivie.
- Les marcs de vendange. — On désigne sous ce nom le produit x'ésiduel que l’on obtient après l’extraction du sucre par fermentation suivie de distillation ou d’épuisement par lavages. Ces pi'oduits contiennent encore une assez forte quantité d’éléments nutritifs. Cependant comme ils sont très altérables on les jetait jusqu’ici à la voirie où on les employait comme de faibles engrais. M. Chabroisier a tenté de les utiliser d’une façon plus fructueuse, et il faisait récemment part de ses recherches à la Société des Agriculteurs français. lia fait un mélange en poids de 20 parties de sucre pur et de 75 de maie distillé, mélange susceptible de se conserver trois mois sans altération, et il s’en est servi comme d’appoint à la ration alimentaire normale de son bétail. L’emploi de ce produit pour des vaches laitières a donné dès le troisième jour une augmentation de 20 pour 100 dans la quantité de lait, augmentation qui s’est maintenue pendant toute la durée de l’emploi. La valeur alimentaire du produit semble supérieure à celle de l’avoine, et son prix de revient par unité nutritive est moitié moindre que celui du foin. En opérant en plus grand, on pourrait employer le marc distillé et desséché, et par l’établissement de sécheries de ce genre ouvrir aux sucreries un débouché de grande importance immédiate en même temps que réaliser des progrès sérieux dans l’engraissement, la production du lait et l’entretien du bétail.
- Nécrologie. — M. Rayet, directeur de l’Observatoire-de Bordeaux-Floirac, vient de mourir à Bordeaux. Ancien élève de l’Ecole normale, agrégé des sciences physiques, il avait été professeur au lycée de Meaux, astronome adjoint, puis chef du service météorologique à l’Obsex'vatoii'e de Paris; professeur d’astronomie physique à la Faculté des sciences de Marseille, et ensuite,, en 1876, à la Faculté des sciences de Bordeaux,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Photographie
- La montre photographique « Expocatn ». — Sous forme d’une montre on a déjà fuit des appareils photographiques, mais celui-ci diffère des précédents. L’objectif est dans la partie D qui figure le remontoir, et la
- chambre photographique est formée par la cavité figurée sous le mot expo (fig. 1). Il y a, bien entendu, un couvercle qui ferme le tout et qu’on enlève en faisant basculer le levier F pour charger l’appareil. Cette opération se fait au moyen d’une bobine sur laquelle on peut faire *i5 poses ; elle est vendue montée dans un dispositif C (üg. 3) qui comprend également la bobine réceptrice ; il n’y a donc qu’à mettre celui-ci en place de façon à engager le centre de la bobine dans l'axe qui termine la clef H (fig. i), on remet alors le couvercle et on est prêt à opérer. Chaque demi-tour de clé fait passer la quantité de pellicule nécessaire pour un nouveau cliché, ceux-ci ont ai millimètres sur 17 et l’objectif est assez fin pour qu’on puisse très bien lire le titre d’une affiche ou l’enseigne d’une boutique sur l’épreuve. Un compteur automatique indique à tout instant le nombre de vues qui ont été prises. Le viseur clair Y est indépendant et s’ajoute sur l’appareil au moment de l’usage. Les constructeurs ont prévu un appareil complémentaire qui est un cône d’agrandissement muni d’un objectif simple avec lequel 011 peut obtenir facilement des positifs sur papier au bromure. — L’Expocam se trouve chez MM. Clément et Gilmer, 140, faubourg Saint-Martin, à Paris.
- Appareil de mesure
- Le kosmotomètre. r— Cet] appareil est destiné à remplacer le mètre pour la mesure rapide des longueurs et des surfaces. Au lieu de reporter bout à bout, en se baissant ou en se tenant dans une position fatigante, des longueurs mesurées soit avec un ruban, soit avec un mètre en bois, on n’a qu’à promener le kosmotomètre fixé au bout de sa canne ou de son parapluie, sur la par-
- tie’ à mesurer : plancher, mur, plafond, etc. Une roulette, qui a exactement 0,10 ni. de circonférence, entraîne avec elle, au moyen d’une vis sans fin, un disque-portant une graduation dont chaque division correspond à un tour entier de cette roulette, ou 0,10 m. Au bout de 18 m. le disque a fait un tour entier. Jusqu’à ce maximum on n’a donc à s’occuper de rien : une aiguille indique sur la graduation le nombre de mètres et de centimètres
- Montre photographique.
- enregistrés. On peut toujours remettre à zéro en appuyant sur un levier placé sur le côté de l’appareil.
- En somme, c’est le principe du curvimètre, ou même du taximètre, mais il est mis en pratique d’une fayon simple et constitue un appareil robuste et peu encombrant qui est appelé à rendre service aux architectes, entrepreneurs, ingénieurs et à tous les corps de métiers où l’on a souvent des mesures à prendre rapidement. — L’appareil se trouve chez M. Lehmann, $1, rue de Mau-beuge, Paris.
- Appareils divers
- L’allumeur automatique « Clégil ». — Depuis qu’on a trouvé le moyen d’allumer automatiquement le gaz d’éclairage, au moyen d’un corps ayant pour lui une telle affinité qu’il en rougit (comme la mousse de platine pour l’hydrogène), les modèles se sont multipliés. En général on a cherché à isoler la pastille absorbante de l’action de la flamme une fois celle-ci produite. Le modèle que MM. Clément et Gilmer viennent de créer nous paraît très bien imaginé dans ce but. On voit, en effet, sur le croquis ci-dessous que la pastille P est montée à
- Alltir.leur automatique.
- l’extrémité d’une tige qui est solidaire d’une spirale métallique R placée au-dessus de la flamme ; elle se dilatera donc sous l’action de celle-ci et aura tendance à se dérouler en entraînant la pastille avec elle et en la portant hors de la flamme. Quand on aura éteint le bec de gaz, la spirale, se refroidissant, reprendra son enroulement primitif en ramenant la pastille dans sa position initiale au-dessus du bec, prête à un nouvel allumage. — L’appareil se trouve chez MM. Clément et Gilmer, 140, faubourg Saint-Martin, Paris.
- Le « Sécuritas ». Appareil avertisseur automatique d’incendie. — Comme tous les appareils destinés aux mêmes fins, le Sécuritas peut être placé à n’importe quel point à surveiller et sert aussi bien à indiquer la
- I.c « Sécuritas ».
- naissance de température que réchauffement anormal résultant de la mise en tas de certaines substances : graisses, déchets, chiffons, etc. Il est branché sur le circuit d’une sonnerie électrique qu’il actionne dès que la température du milieu où il se trouve s’élève.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- L’appareil se compose d’une partie inférieure de la forme d’une calotte sphérique fermée hermétiquement par un diaphragme barométrique cannelé. Cette calotte est surmontée d’une partie cylindrique portant au centre une vis de réglage complètement isolée de la masse et protégée par un recouvrement. Lorsque la température s’élève l’air contenu à l’intérieur de la calotte se dilate ; la partie centrale du diaphragme se soulève et vient buter contre la pointe d’argent de la vis de réglage. Le circuit de la sonnerie est fermé et celle-ci fonctionne, avertissant ainsi du danger.
- L’avertisseur peut être placé à l’intérieur des matières en tas ou suspendu au plafond d’une chambre par la bélière qui le surmonte.
- Dans un établissement on peut placer plusieurs appareils de ce genre sur un seul circuit de sonnerie ; dans le cas d’une installation de ce genre il faut avoir recours à un tableau annonciateur qui indiquera l’endroit où se trouve l’appareil qui a fonctionné. — On trouve le Sécu-ritas chez M. Gaston Balny, i5, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Sorbetière jumelle à levier. — Nombreuses sont les sorbetières ou, comme on les appelle parfois, les glacières, les appareils servant à faire les glaces par battage d’une crème au milieu d’un mélange réfrigérant. Mais celle que nous voulons signaler mérite bien les honneurs d’une description spéciale; et autant pour les avantages culinaires qu’elle offre, que pour les particularités mécaniques sur lesquelles est basé son fonctionnement. Elle a la propriété curieuse de fournir en une seule opération la matière première, pourtant double, d’une glace, d’une bombe panachée ; elle fera simultanément par exemple, et dans le même récipient, de la glace à la vanille et de la glace au chocolat.
- Pour arriver à ce résultat, elle est munie d’un récipient métallique dou-Lu glacière à deux compartiments, ble fait d’un cylindre en
- tôle d’acier étamée, qui est partagé en deux compartiments par une cloison également métallique et diamétrale ; notons cependant que cette cloison présente une sorte de gouttière verticale pour loger un organe axial supportant les batteurs intérieurs de la crème à transformer en glace. En réalité ces batteurs forment deux jeux, comme le montre une gravure de détail, qui sont suspendus à un axe commun; et le cadre des bras de chaque série de batteurs comporte deux lames en bois taillées en râcleurs, et faisant effectivement office de râcleurs le long des parois intérieures de chaque récipient. Disons tout de suite que c’est le cylindre recevant les crèmes qui se déplace sur un pivot dont il est doté inférieurement, et qui prend appui au fond du seau classique contenant le tout, tandis que les batteurs demeurent immobiles de façon absolue. Il va de soi que, au point de vue du battage de la crème, l’effet est identiquement le même. Les batteurs devaient du reste demeurer dans leur compartiment, et il ne pouvait être question d’un mouvement de rotation complète du récipient cylindrique, par suite de la présence de la cloison. Aussi le récipient est-il animé d’un mouvement alternatif représentant dans chaque sens à peu près une demi-rotation ; et, dans ces conditions, il était plus simple de ne pas actionner ses oscillations (car c’est bien ce qui se produit par rapport à son axe vertical) au moyen d’une manivelle dont on aurait eu à transformer le mouvement. La commande se fait donc par un levier, qui vient faire osciller à droite ou à gauche un axe couché transversalement à la gueule du seau de bois contenant le récipient métallique ; ce mouvement se transmet par des dents à un secteur denté qui est monté à la partie supérieure du récipient des glaces, et c’est ainsi que l’on réalise l’oscillation rotatoire qui assure finalement le battage et la prise des glaces dans leurs récipients respectifs. — Cet appareil est de fabrication américaine, et se trouve à la Maison Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris.
- Anse verseuse. — On est souvent bien embarrassé, à table, quand il faut servir le contenu d’une bouteille de vin qui compte déjà de nombreuses années et qu’il faut manipuler avec grandes précautions.
- Il existe le panier verseur que l’on utilise encore souvent ; mais dans beaucoup de circonstances on semble vouloir le laisser de côté.
- L’anse verseuse, que représente la figure, adaptée à une bouteille, nous semble de nature à rendre ,de nombreux services.
- Elle est évidemment toute simple, et son mode d’emploi des plus faciles.
- L’anse verseuse se trouve chez M. G. Renaut, 4^, boulevard de Strasbourg,à Paris.
- Les applications domestiques des hachoirs mécaniques. — On connaît les hachoirs mécaniques (de fabrication et d’invention américaines), qui ont maintenant fait fortune dans toutes les cuisines petites et grandes, et dont l’organe caractéristique est un couteau à lames circulaires, que l’on dispose de telle sorte que ses lames s’aiguisent au fur et à mesure qu’elles tournent et servent, en frottant sur le cône métallique évidé qui laisse sortir les produits hachés. Mais ce qu’on ignore généi’alement, c’est que ce hachoir peut servir à bien d’autres choses que la viande ou les légumes. On peut parfaitement l’employer, en recourant au couteau convenable, nous ne dirons pas à piler, mais à hacher du sucre, et le transformer rapidement en excellenf**sucre en poudre très fin. On fera tout aussi bien couper et pulvériser pour ainsi dire au couteau et à ses lames des amandes, des noisettes décortiquées, des croûtes de pain, des biscuits, et maintenant on a trouvé^le moyen
- Hachoir mécanique.
- de l’employer à la charcuterie domestique, en le complétant par une sorte d’entonnoir fort allongé, que l’on visse sur la sortie des produits hachés, en entourant la partie du hachoir qui porte les couteaux. Nous donnons une figure qui montre ce dispositif en place, avec un gros boudin de chair hachée sortant de l’appareil : si l’on a eu soin au préalable de coiffer le bout de l’entonnoir du boyau qui doit recevoir la chair à’ saucisse, ou à boudin, ou à saucisson, boudin, saucisse, saucisson vont se fabriquer mécaniquement, sans qu’on ait d’autre peine que de surveiller le remplissage du boyau, de le remplacer par un autre quand besoin est, et surtout d’alimenter le hachoir en lui fournissant la viande qui doit être hachée.
- Notons, ce qu’on ignore souvent, que le mieux est, pour des opérations comme le hachage ou broyage du sucre, de ne fournir que morceau par morceau à l’appareil : il fonctionne beaucoup mieux dans ces conditions. — Les entonnoirs à fabriquer l*es saucisses et boudins qui se montent sur le hachoir « universel », sont vendus par la maison Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1906
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- L’équinoxe d’automne arrivera cette année le 23 septembre, à 231'. A ce moment, pour un observateur situé au centre de la Terre, le centre du Soleil traversera l’équateur céleste. Les jours et les nuits ont alors la même durée.
- Saturne, dans le Verseau, est dans la période la plus favorable pour être observé. Son opposition avec le Soleil aura lieu, en effet, le 5 septembre. L’ouverture de l’anneau qui entoure la planète diminue et l’année prochaine cet anneau sera vu par la tranche. Ce n’est que 7 ans après, en 1914» que l’anneau se présentera à nous avec son maximum d’ouverture.
- IL — PLANÈTES
- Les deux cartes publiées au n° 1701 du 3o décembre igo5 permettent de suivre assez facilement le déplacement des planètes sur le ciel.
- Mercure, de juillet à septembre, traverse les constellations du Cancer et du Lion. Le i5 juillet, il sera à sa plus grande élongation du soir, à 26° 3g' Est du Soleil. Ce sera en même temps la plus grande élongation de l’année. On pourra rechercher la planète cinq ou six jours avant et après cette date. L’élongation suivante se produira le matin, à i8°i2' Ouest du Soleil. De 6",7 le 6 juillet, le diamètre apparent passera à 10",8 le 5 août et descendra à 4'/>7 le 26 septembre.
- Mercure, dans son déplacement sur le ciel, passera en conjonction avec Mars le 5 septembre à 21', à o° 10' et avec a Lion, le 17 septembre, à 8\ à o°5'.
- Vénus, après s’être dégagée peu à peu du rayonnement solaire, brille d’un éclat incomparable le soir au couchant. Elle va se trouver dans les meilleures conditions de visibilité. La plus grande élongation orientale se produira le 20 septembre, à la distance de 4b0 24' du Soleil.
- Cette planète est si brillante qu’elle porte une ombre très sensible. Aussi est-il préférable de l’observer en plein jour ou dans le crépuscule. Quand ou connaît sa position, il est très facile de la suivre à l’œil nu, pendant tout le cours de la journée, malgré l’éclat du Soleil.
- Le 7 août, à 13 li., Vénus sera eu conjonction avec p Vierge, à 0° 15' de distance.
- Diamètre de Vénus : 6 juillet : 14",1 ; 5 août : 17",0 ; 0 septembre : 22".5.
- Mars, en conjonction avec le Soleil le i5 juillet, est inobservable.
- Jupiter sera visible dans la seconde partie de la nuit à partir de juillet. Il se lève le 6 juillet à 21' 44“ >
- 5 août à ih 12m ; le 6 septembre à 23h2gm et le 26 septembre à 22ll22m. Le diamètre équatorial augmente lentement : de 32",4 le 6 juillet, il sera de 33”,6 le 5 août et de 36",o le 6 septembre.
- Bien que la planète se lève fort tard dans la nuit, on pourra observer les phénomènes suivants du système des satellites.
- ÉLÉMENTS DE l’aNNEAU DE SATURNE
- DATES
- HAUTEUR HAUTEUR DU
- DE LA TERRE SOLEIL AU-DESSUS GRAND ANE PETIT ANE AU-DESSUS DU PLAN ' DU PLAN EXTÉRIEUR ENTÉR1EUR DE L’ANNEAU DE l’aXNEAU
- 2 juillet 1906. 40",7 2",5 5° 11' 5° 39'
- 1" août . . . 42",4 2",8 3° 45' 5° 13'
- 10 septembre. 43",2 3",9 5° 8' 4° 39'
- Une lunette de om,io8 permet de voir 4 ou 5 satellites à la planète. L’anneau peut être deviné même avec une petite lunette de om,o4 de diamètre.
- Uranus. dans le Sagittaire, brille comme une faible étoile de 6° grandeur. Son diamètre apparent, de 4" environ, se distingue dans les instruments de moyenne puissance. On trouvera cette lointaine planète, qui fait en 84 ans le tour du ciel, en s’aidant des positions ci-après :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 0 juillet 1906. . . 18 li. 27 m. --23° 37' 4",1
- 5'août............ 18 h. 22 m. —23° 40' 4",0
- 6 septembre. . . 18 b. 20 m. —23° 41' 3",9
- Neptune est inobservable. — La conjonction avec le Soleil se produira le 3 juillet.
- Petites planètes entre Mars trouvera aux positions suivantes : et Jupiter. Vesta se
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON GRANDEUR
- 5 juillet 1906 . . 23 b. 50 m. — 8° 19' 7,0
- 15 — 23 h. 55 m. — 8° 28' 6,9
- 2i 23 li. 58 ni. — 8° 49' 6.8
- 29 — 0 h. 0 m. — 9° 22' 6,7
- 6 août 23 h. 59 m. — 10ü 7' 6,7
- 14 — 23 h. 57 m. —11° 2' 6,6
- 99 25 h. 53 m. — 12° 4' 6,6
- 50 - 23 h. 47 m. — 15° 9' 6,5
- 7 septembre. . . 25 b. 41 m. — 14° 15' 6,5
- 15 — 23 li. 55 m. — 15° 10' 6,5
- 25 — 25 h. 26 ni. — 15° 57' 6,6
- Pallas pourra être recherchée ride suivante : à l’aide de l’éphémé-
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON GRANDEUR
- 6 ROÛI 1 li. 15 m. -h 1° 31 ' 8,8
- 14 - 1 b. 17 m. h- 0° 17' 8,7
- 22 1 h. 17 111. 1<> 12' 8,6
- 30 - 1 b. 16 m. — 2° 55' 8,5
- 7 septembre . . 1 h. 14 m. — 4° 50' 8,4
- 15 - 1 b. 10 m. — 6° 56' 8,5
- 23 — 1 h. 6 m. — 9° 7' 8,2
- III. PHÉNOMÈNES DIVERS
- PHÉNOMÈNES DU SYSTÈME DE JUPITER
- 11 juillet, II. E. c., 3 h, 31 m. 9 s.; 27 II. 0. c., 3 h. 24 m.; III. 0. c., 3 b. 36 m.; I. E. c., 5 h. 58 m. 56 s.; 28, I. 0. f., 3 b. 6 m.; I. P. f., 3 b. 52 m. — 4 août, I. 0. c., 2 b. 45 m.; I. P. c., 5 li. 37 m.; 5, I. Em. 3 h. 7 m.; 7, III. Em., 3 b. 44 m.; 12, I. E. c., 1 h. 54 m. 34 s.; II. E. c., 5 h. 18 m. 21 s.; 13, I. P. f., 2 h. 22 m.; 14, II. P. f., 2 h. 32 m.; III. E. f., 3 h. 54 111. 17 s.; 19, I. E. c., 3 h. 48 m. 5 s.; 20, I. P. c., 2 h. 5 m.; I. 0. f., 3 li.
- 17 m.; I. P. f., 4 b. 21 m.; 21, I. E. m., 1 \\. 34 m.; II. P. c., 2 h. 29 m.; II. 0. 1., 3 h. 8 m.; 25, III. P. f., 21i 46 m.; 27, I. 0. c., 2 h. 56 m.;
- I. P. c., 4 h. 4 m.; 28, II. 0. c., 2 h. 57 m.; I. Em., 5 b. 52 ni.; 30, II.
- E111. 2 b. 57 m. — 1er septembre, III. 0. L, 2 h. 11 m.; III. P. c., 4 h.
- 12 m.; 5, I. 0. c., 4 h. 50 m.; 4,1. E. c., 2 h. 3 m. 18 s.; 5, I. 0 f., 1 h.
- 54 m.; 1. P. f., 2 h. 47 m.; 8, III, 0. c., 5 h. 29 m.; 11, I. E. c., 3 h. 56 m. 41 s.; 12, III. Em., 1 h. 11 m.; I. 0..c., 1 h. 12 m.; I. 1\ c., 2 h.
- 28 m.; I. 0. f., 5 h. 28 m,; I. P. f., 4 h. 44 m.; 13, I. Em., 1 li. 55 m.;
- II. E. c., 3 h. 2 m. 20 s.; 15, H. 0. f., 0 h. 7 m.; II. P. f., 2 h. 40 m.; 18, III. E. i., 23 h. 53 m. 11 s.; 19, III. Im., 2 b. 24 m.; 1. 0. c., 3 li. 6 m.; I. P. c., 4 h. 24 m.; III. Em., 5 h. 19 m.; I. 0. f., 5 h. 22 m.; 20, I. E. c., 0 h. 18 111. 23 s.; I. Em., 3 h. 50 m.; I. 0. f., 23 b. 51 m.; 21,1. P. f.,
- 1 h. 9 m.; II. 0. c., 23 h. 55 m.; 22, II. P. c., 2 li. 29 m.; II. 0. f., 2 h. 42 m.; II. P. f., 5 h. 18 m.; 23, II. Em., 0 li. 25 m.; 26, III. E. c., 1 h.
- 18 m. 39 s.; III. E. L, 3 h. 53 m. 23 s.; I. 0. c., 17 h. 0 m.; 27, I. E. c.,
- 2 b. 11 ni. 45 s.; I. 0. c., 23 h. 29 m.; 28, I. P. c., 0 h. 48 m.; I. 0. f., 1 h. 44 111.; I P. f., 3 h. A m.; 29,1. Em., 0 h. 13 m.; II. 0. c., 2 h. 29 m.; 11. P. c., 5 h. 6 m.; II. 0. f., 5 li. 16 m.; III. P, f., 25 h. 38 m.
- Conjonctions. — Le 24 juillet, Vénus en conjonction avec la Lune, à 1911, à i° 23' Sud.
- Le 6 août, Saturne en conjonction avec la Lune, à 22 h., à 0° 49' Nord.
- Le 5 septembre, Saturne en conjonction avec la Lune, à 3 h., à 0° 54' Nord. Le 5 septembre, Mercure en conjonction avec Mars, à 2 li., à 0° 10' Sud.
- Le 30 septembre, Saturne en conjonction avec la Lune, à 7 h., à 0° 26' Nord.
- Eclipses. — Trois éclipses se produiront pendant ce trimestre, deux de Soleil et une de Lune.
- Toutes seront invisibles de Paris.
- i° Le 21 juillet, éclipse partielle de Soleil. Grandeur o,335, le diamètre du Soleil étant un. On ne pourra la voir que d’uue partie de la Patagonie et de l’océan Austral.
- 2° Le 4 août aura lieu une belle éclipse totale de Lune. Elle sera observable en de bonnes conditions d’une partie de l’Amérique du Nord, de l’Asie, de l’Australie et des îles de l’océan Pacifique. Grandeur i,785, le diamètre de la Lune étant un.
- 3° Le 20 août, éclipse partielle de Soleil. Grandeur o,310, le diamètre du Soleil étant un. Elle sera visible d’une partie de l’Alaska, du Canada, de la Terre de Baffin et de la portion boréale du Groenland et de la Nouvelle-Zemble.
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- HYGIENE ET SANTE
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Cette liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6e grandeur.
- DATE ÉTOILE GRANDEUR COM M F INCEMEN T FIN
- 2 juillet. . . Y balance. 4,1 20 b. 7 m. 21 b. 7 m*
- 3 — '0 Balance. 5,9 0 b. 49 m. 1 b. 46 ni.
- 6 — 33 Sagittaire. 0,0 2 b. 0 m. % h. 25 m.
- 6 — C2 's Sagittaire. 5,5 5 b. 29 m. 4 b. 27 m.
- 16 — f Taureau. 4,5 1 b. 58 m. 2 b. 38 ni.
- 17 Y Taureau. 5,8 2 b. 15 m. 3 b. 9 ni.
- 17 — Aldèbaran. 1,0 12 b. 55 m. Annulsc à 1 0
- du bord.
- 7 août . . . t! Verseau. 4,5 0 b. 40 ni. 0 b. 55 m.
- 11 — Baleine. 1,5 1 b. 21 ni. 2 b. 23 ni.
- 26 — 49 Balance. 5,0 20 b. 6 m. 21 b, 14 ni.
- 29 — Sagittaire. 3,5 18 b. 40 ni. 19 b. 55 m.
- !" septembre. ’o Capricorne. 4,1 0 b. 53 ni. 1 b. 2 m.
- 2 — 1 Verseau. 4,4 0 .b. 55 ni. 3 b. 57 m.
- 9 — 75 Taureau. 5,2 22 b. 22 m. 25 b. 14 ni.
- 9 — 1391 B. A. C. 5,0 25 b. 22 ni. 25 b. 59 ni.
- 10 — A klébnrnn. 1,0 2 b. 42 ni. Appulse à 1 L\7
- du bord.
- 22 — 6 Balance. 5,9 19 b. 16 m. 20 b. 19 ni.
- Etoiles filantes. — Parmi les chutes d’étoiles filantes de cette période de l’année, la pluie des Perséides est la plus remarquable. Elle commence habituellement le 10 juillet, atteint son maximum pendant les nuits du 9,
- 10, ii août et se termine le 20: Le radiant initial se trouve vers l’étoile 0 Cassiopée, se déplace peu à peu pour arriver près de l’étoile rj Persée au maximum et disparaît dans la Girafe.
- Signalons, parmi les autres points du ciel donnant lieu à la chute d’étoiles filantes, les radiants ci-après :
- 23-25 juillet . . p Persée.
- 25-28 juillet. . . 1 Pégase.
- 26-29 juillet . . 5 Poisson austral.
- 27 juillet. . . . 5 Andromède.
- 27-29 juillet . . 3 Verseau.
- 27 juillet—4 aoûl. (3 Triangle.
- 51 juillet a Cygne.
- 7-11 août. . . . X Cygne.
- 7-12 août. . . . 3 Dragon.
- 8-9 août.... a Cassiopée.
- 9-11 août. . . . Tj Persée.
- 9-14 août. . . . jÜ Baleine.
- 12-16 août . . . p Persée.
- 20 et 25 août. . y Pégase.
- 21-23 août... 0 Dragon.
- 25 aoûl-1" sept . a Lyre.
- 25-50 août ...<] Dragon.
- 3 septembre . . 14 Andromède. 3-1 4 septembre . (3-y Poissons. 0-8 septembre . e Persée.
- 8-10 septembre . Ç Taureau. 15-20septembre. Andromède. 15 et 22 sept. . y Pégase.
- 20- 21 septembre. 12 Girafe.
- 21- 22septembre, a Cocher.
- 21 et 25 sept . . J3 Triangle.
- 21 septembre. . a Délier.
- Etoiles variables. — Observer Mira Ceti à partir du ier août. Le minimum calculé de cette curieuse variable doit se produire le 14 août.
- Miniina de l’étoile variable Algol (p Persée) :
- Juillet, 0 (23 b. 3i m.); 27(1 b. 11 m.).;20 (22 b. 3 m.). — Aoûl, l,s (23 b. 42 m.); 21 (20 h. 51 m.). — Septembre, 8 (1 b. 22 m.) ; 10 (22 li. 11 m.) ; 30 (23 b. 51 m.).
- Em. TOUCHE!'
- ><
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Pansement au vin aromatique. — Je faisais remarquer, il y a quelques jours, que l’on revenait peu à peu à l’emploi de vieilles formules thérapeutiques, bonnes à tous les points de vue et qui valaient bien des médicaments nouveaux à noms plus ou moins bizarres. En voici une nouvelle preuve. Le professeur Audry, de Toulouse, recommande pour les pansements de plaies superficielles, d’utiliser le vin aromatique. Or, c’est une préparation absolument abandonnée et qui jadis s’employait en grand dans tous les hôpitaux.
- Si l’on prend la formule des pharmacopées, on remarquera que le vin aromatique forme une macération alcoolique, vineuse, de toutes les plantes à essences, dites balsamiques ou aromatiques. Voici en effet comment on
- le prépare :
- Espèces aromatiques ..... 100 gr.
- Teinture de vulnéraire.......... 100 —
- Vin rouge.......................1000 —
- Faire macérer 8 jours, passez et filtrez.
- La teinture de vulnéraire, qui est déjà un excellent alcoolat à condition de ne pas en boire, est formé avec les plantes suivantes : feuilles fraîches d’absinthe et d’angélique, de basilic, de calamine, de fenouil, d’hy-sope, de marjolaine, de mélisse, de menthe poivrée, d’origan, de romarin, de rue, de sarriette, de sauge, serpolet, thym. Ajoutez-y les sommités fleuries d’hype-ricon et de lavande.
- Ces plantes contiennent des quantités d’essences qui jouissent de véritables propriétés antiseptiques. L’ensemble ne peut donc que constituer un baume parfait.
- Le vin aromatique est, au dire du Dr Aubry, le meilleur des cicatrisants, pour les plaies superficielles, brûlures, ecthymas, petits traumatismes. Il est admirablement toléré par l’épiderme et constitue un pansement simple et peu coûteux. Encore du vieux neuf.
- . Dr A C.
- Un cas rare d’amputation. — L’opération elle-même n ulli’c rien de particulier : il s’agit d’une amputation simple de jambe ; mais ce qui fait l’intérêt de ce cas que je crois bien unique, c’est l’àge de là victime. Le Dr Branch a eu à opérer, au commencement de cette année à l’hôpital colofiial de Saint-Vincent, une malheureuse négresse, à moitié sourde et aveugle qui, n’entendant pas les appels réitérés du conducteur d’un tramway, fut renversée par la voiture et eut une jambe complètement écrasée. On transporta la victime immédiatement à l’hôpital, on l’endormit et on amputa le membre broyé. Au bout de trente jours, la pauvre femme sortait guérie, munie d’une jambe artificielle.
- Jusqu’ici rien que d’ordinaire y compris l’imprudence du wattman, tout se passe comme chez nous. Mais ce qui rend cette opération, comme je le disais, unique, c’est que la femme était âgée de 94 ans. Avoir un accident à cet âge, être opérée, c’est bien ; mais guérir de l’opération et ne pas succomber au choc traumatique, c’est assurément plus rarç. Dr A. C.
- Les pertes japonaises pendant la guerre 1904-1905.
- — Au Congrès médical tenu dernièrement à Tokio, le chirurgien général Koike a communiqué le relevé officiel des pertes subies par les troupes japonaises pendant la dure et longue campagne de 1904-1905. Ces chiffres sont surtout instructifs par la comparaison avec ceux de la guerre sino-japonaise dix ans auparavant.
- Dans la guerre russo-japonaise les pertes ont été :
- Morts sur le champ de bataille. ... 47 387 Morts des suites de blessures. ... n 5oo
- Blessés soignés et guéris............161 926
- Morts de maladies............. 27 158
- Malades soignés et guéris............209 o65
- Soit un total de décès de ..... . 86 o45
- En examinant les statistiques de la guerre sino-japonaise, on trouve que la proportion des décès pour les malades et blessés, donne lès résultats suivants :
- Mort Mort
- de blessures, de maladie.
- Guerre sino-japonaise 1894-1895. r 12,09
- Campagne du nord de la Chine
- I9°°- • ...........-, • • • Y 1 1 >97
- Guerre russo-japonaise ..... 1 0,37
- Graduellement, par la meilleure*OTganisation des services sanitaires, par rintelligente/èt-îàintotieuse application des règles d’hygiène chez les troupes de tout ordre, avant et pendant la bataille, le chiffre des décès est allé en diminuant de plus en plus. Les conditions d’opérations militaires, tout en se passant dans les mêmes régions, n’étaient cependant pas comparables, les efforts demandés aux hommes pendant la dernière campagne, les rigueurs du siège, fimportance des marches et des combats dépassent de beaucoup ceux des guerres précédentes. Il y a même un détail curieux, c’est que l’état sanitaire des troupes, dans la guerre russo-japonaise, a été bien meilleur que pendant l’état, de paix, la vie de grand air contre-balançant largement les fatigues : en effet le pourcentage mensuel des malades durant les vingt et un mois de guerre donne une moyenne de 8,69 de malades alors qu’en 1902 la proportion s’est élevée dans les diverses garnisons japonaises à 10,21. .Dr A. C.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans lu boite aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu .que dans un délai de dix à quinze jours. —n
- Communications. — M. E. Fournier, professeur de géologie à l’Université de Besançon, nous adresse la communication suivante à propos du récent article de M. Zürcher (n° 1722) sur la grande galerie de Gardanne à la mer. « Cette galerie, comme le fait remarquer l'auteur, présente un intérêt considérable au point de vue géologique, puisqu’elle traverse la chaîne principale de la Basse-Provence, qui était considérée par M. Marcel Bertrand et par les partisans de la théorie des charriages comme l’exemple classique le plus indiscutable de nappe de recouvrement entièrement superposée à un substratum plus récent (Voir notamment M. Bertrand, la Grande nappe de recouvrement delà Basse-Provence. Bull. Sciences, carte géologique, n° 68, Paris, 1899, et Bassin de Fuveau. Ann. des Mines, 1898). Or, d’api'ès M. Zürcher, il semblerait que là théorie de M. Marcel Bertrand ait été vérifiée par le percement de ladite galerie alors qu’en réalité la galerie vient de fournir des preuves directes du contraire. En effet, il résulte de la coupe même, publiée à la page 4o4 (flg- 2) de La Nature, que la vérification pratique faite par le forage de la galerie a démontré l’inexactitude des hypothèses de M. Marcel Bertrand sur tous les points et que la théorie des grands charriages a mérité une fois de plus le qualificatif de géomystique dont les géologues Autrichiens et Allemands l’ont à juste raison gratifiée ». Ne pouvant reproduire ici les arguments techniques que M. Fournier donne à l’appui de son opinion, nous reuvei*rons les géologues que la question intéresserait à la longue polémique, que, depuis plusieurs années et jusqu’à ce printemps, M. Fournier a soutenue contre M. Bertrand aux séances et dans les bulletins de la Société géologique de France.
- M. J. H., à Paris, nous donne par lettre quelques procédés pour empêcher le tabac de sécher. Selon lui, la méthode indiquée dans une de nos récentes boîtes aux lettres et qui consiste à humecter le tabac directement, ne donne pas de bons résultats. Ou bien elle humidifie insuffisamment, ou bien elle donne au tabac un goût de moisi. « Cherbuliez, dans la Ferme du Choquand, indique un moyen que je n’ai pas contrôlé et qui serait, paraît-il, employé dans les campagnes. Il consiste à mettre dans le pot à tabac des tranches de carotte fraîches. » (Nous avons employé ce moyen qui donne un goût désagréable au tabac). « La maison Lemaire, fabriquant les machines à cigarettes, a établi une boîte à rafraîchir le tabac qui donne de bons résultats. Elle consiste en un récipient parallélépipédique en terre poreuse que l’on trempe dans l’eau avant d’y placer le tabac à rafraîchir. Ce récipient se place dans une boîte en fer-blanc, elle-même contenue dans une cassette en bois. Son prix est peu élevé. »
- Renseignements. — M. A. Ninot, à Rully. —Comme ouvrage pratique pour l’installation de l’usine électrique dont vous nous parlez, nous vous conseillons le Manuel du monteur électricien, chez Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. F. F. Andreu, à Zurich. — Journaux de sport et d’automobilisme : La locomotion automobile, 15, rue Bouchut, Paris ; La vie automobile, 11, avenue de l’Opéra, Paris; le n° du i5 juin de la Locomotion automobile contient précisément un article sur la construction des canots automobiles.
- M. Cordebart, à Aubervilliers. — Pompes centrifuges : MM. J. Grouvelle et H. Arquembourg, 71, rue du Moulin-Vert; Sulzer frères, 16, avenue de la République; Cie Worthington, 43, rue Lafayette, Paris.
- M. Guyot, à Vesoul. —• Les* renseignements que vous nous demandez nécessiteraient des explications assez longues. Vous les trouverez très clairement exposées
- dans le manuel Roret Vinaigrier et moutardier, librairie Mulo, 12, rue llautefeuille, Paris(i vol. 3fr,5o); ce livre contient de nombreuses formules et recettes.
- M. Guy, à Pons. —Il ne s’agit pas dans l’article d’une brochure de M. Franck, mais d’une conférence. Le texte en sera sans doute donné dans les comptes rendus du Congi’ès, mais nous ignorons quand ils doivent paraître. Vous pourriez obtenir ce renseignement et peut-être entrer en relations avec cet auteur en vous adressant au siège du Comité français du Congrès, i56, boulevard Magenta, Paris.
- M. Aulanier, à Paris. — Pour enlever les taches de permanganate de potasse, laver avec une solution assez, étendue d’acide oxalique et d’acide sulfurique dans l’eau.
- M. O. Dean, à Puerto de Solles. — Veuillez vou& adresser à la librairie Ch. Delagrave, rue Soufflot, Paris.
- M. Tourcat, à Villaines-la-Juhel. — Renseignements pris, il est absolument inexact que la Faculté de médecine achète, comme vous sembliez le croire, moyennant une rente viagère, des sujets pathologiques pour expé-îûences après décès.
- M. Alazard, à Tunis.— i° Votre installation demande une puissance d’environ 2,5 kilowatts, soit 4 chevaux à peu près ; un petit groupe électrogène à pétrole vous donnera satisfaction. — 20 Vous pouvez vous adresser à la Société Gramme, 20, rue d’Hautpoul, à Paris (XIXe arr.), ou à la Société P « Éclairage Électrique », 27, rue de Rome, à Paris (VIIIe arr.).
- M. A. Audebert, à Bordeaux. —i° On a été longtemps sans pouvoir tirer autre chose que de la bourre de soie du cocon du Bombyx Cynthia, ou ailante. Mais actuellement plusieurs procédés industriels permettent le dévidage et l’obtention de soie grège. — 20 Pour des œufs de Bombyx nous ne connaissons pas d’adresse, mai& vous obtiendrez le renseignement chez MM. Deyrolle, naturaliste, 46, rue du Bac, Paris. — 3° Vous pouvez consulter l’ouvrage Fabrication de la soie, par Villon,
- 1 vol. chez B. Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins,. Paris. Voyez aussi l’ouvi'age intitulé VAilante et son bombyx, par H. Givelet, Librairie agricole, 26, rue Jacob, à Paris ; vous y trouverez des détails complets sur la culture del’ailante, l’éducation de son bombyx et la valeur de sa soie.
- M. S. D. N. Vodopianoff, à Djarkent. — Ouvrages relatifs à la topographie : Recherches sur les instruments, les méthodes et le dessin topographique, par le colonel A. Laussedat, 3 vol. in-8°, Paris, Gauthier-Villars, 1898-igo3 ; Traité de géodésie, par Francœur (1895, 1 vol., 12 francs); Etudes théoriques et pratiques sur les levers topométriques, pur le colonel Goulier (1892, Paris, Gau-thier-Villars, 8 francs) ; Les formes du terrain, par De la Noë et de Margerie (1888), chez Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris; Pratique des levers topographiques, par le commandant Clerc (1839-1843), chez Chapelot, 3o, rue Dauphine, Paris; Ecole de levers (Écoles du génie) (1894), Berger-Levrault, 5, rue des Beaux-Arts, Paris. Ce dernier est le meilleur ouvrage élémentaire; ceux des colonels Goulier et Laussedat sont de premier ordre, mais nécessitent une forte préparation mathématique. Vous pouvez aussi consulter : Topographie et Géodésie (Cours de Saint-Cyr), par Moëssard, in-8°, Paris, Delagrave, 1882; Topographie pratique de reconnaissance et d’exploration, par E. de Larminat, chez Lavauzelle, xo, rue Danton, Paris; Topographie,pur L. Muret, in-12, Pax’is, J.-B. Baillière, 1906-
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. Michaux, à Paris. Nous n’avons pas de renseignements ài Ce sujet et nous ne pensons pas que vous puissiez en obtenir, les procédés de fabrication étant tenus seci'ets par les industriels. — Mma Henri de B., à Meaux. Veuillez consulter un ingénieur agronome. — M. Danceny, à Melun. Ces l'ecettes ont été données dans le livre Recettes et procédés utiles, 2e série, à la libraiine Masson et Cie, à Pai’is. — M. Ch. Valmont, à Brest. Voyez le même ouvrage, 4e série, même libx’airie. — M. E. Fournier, à Besançon. Remerciements pour votre communication.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION’ ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 juin . . . . 10°. 9 N. lî. 0. lieau. » Rosée; Brumeux; peu nuageux.
- Mardi 19 13°,2 N. N. E. 2. Beau. » Rosée ; peu nuageux.
- Mercredi 20 15°,9 N. N. E. 2. Beau. u Rosée ; Beau.
- Jeudi 21 16°,9 N. N. E. 2. Quelques nuages. » Rosée; quelques nuages; Balo à 9-10 B.
- Vendredi 22 15°, 9 N. N. E. 1. Couvert. » Rosée ; très Brumeux ; nuageux ; halo à 13 B.
- Samedi 23 18°,0 E. N. E. 2. Beau. » Rosée ; peu nuageux.
- Dimanche 2t 18°.2 N. W. 3. Couvert. » Rosée; couvert le malin ; très nuageux le soir.
- JUIN 1903.— SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 JUIN 1906.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de Où 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au nivec-• de la mer); courbe plus mince, thermomètre boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- indiquent : à l'abri à
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du 18 au 24 juin, le temps a été chaud et beau. Le 18 juin, la pression atmosphérique était supérieure à 765 mm sur l’Ouest de la France et la mer du Nord. Des vents faibles et de directions variables ont soufflé sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. On a recueilli 2 mm d’eau à Charleville et au Mans ; un orage s’est abattu vers 4 heures sur la région de Nancy. La température était le matin i4° à. Paris, 170 à Toulouse, 200 à Alger, ii° au mont Yen-toux, 90 au Puy de Dôme, 90 au mont Aigoual, o° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été 170, supérieure de o°,3 à la normale. Dans la région parisienne, le ciel a été nuageux le matin ; il s’est ensuite éclairci. Le 19 juin, la pression barométrique s'est relevée rapidement dans l’Ouest de l’Europe, et elle a atteint 770 mm. Dans la matinée, le thermomètre marquait i5° à Paris, 180 à Clermont, 180 à Toulouse, 24° à Toulon, 2i° à Alger, ii° au Puy de Dôme, 90 au mont Aigoual, 90 au mont Yentoux. Dans la région.parisienne, en banlieue, les minima de température étaient ,1e matin 70; dans la journée, les maxima ont atteint 25°. La pression barométrique à midi était 768,9 mm. Le 20 juin,’ la pression, était 773 mm sur la Manche, et sur la Bretagne; sur les côtes de la Manche et de l’Océan, le vent était faible, et la mer était belle. Il est tombé i3 mm d’eau à Nancy, et 2 mm à Besançon. La température était 160 à Paris, i8(| à Toulouse, 25° à Toulon, 220 à Alger. Dans la région parisienne, le ciel est resté beau; un vent léger des régions Nord a soufflé près du sol. La
- pression atteignait 772 mm, et le maximum de température 25°. Le 21 juin, les pressions élevées se sont étendues sur le Centre de l’Europe; ona observé sur la Bretagne un maximum barométrique de 773 mm. Un vent faible a soufflé sur toutes les côtes ; la mer a été belle partout. On a recueilli x mm d’eau à Belfort. La température était lé matin 170 à Paris, 200 à Toulouse. 270 à Toulon, 11° au mont Aigoual, xo° au Puy de Dôme, 220 à Alger. La température moyenne a été 20°,3, supérieure de 3°,3 à la normale. Le 22 juin, la pression barométrique reste supérieure à 765 mm sur nos régions; on constate cependant une baisse de 5 mm vers la Manche et la Gascogne. Le temps est resté beau en Finance. Le malin, le thermomètre marquait 160 à Paris, 2i° à Toulouse, 25° à Perpignan, 120 au mont Aigoual, i2° au mont Yentoux, ii° au Puy de Dôme, 6° au Pic du Midi. Le 23 juin, des baisses barométriques rapides ont eu lieu sur le littoral de l’Océan et sur les liés Britanniques. Un vent faible a soufflé sur la Manche; un vent de l’Est a soufflé sur les côtes de la Méditerranée et de l’Océan. Il a plu en France à Chaideville (4 mm d’eau), et à.Nancy (1 mm). La température était le matin 180 à Paris, 20° à Clermont, 220 à Toulouse, 26°; à Toulon, 160 au mont Aigoual, 8° au Pic du Midi. Le 24 juin, des pluies sont tombées dans le Centre et le Nord-Ouest du continent; on a recueilli :a3 mm d’eau à Calais, 10 mm à Cherbourg, 5 mm à Boulogne, 3 mm à: DünkerqUe. Le thermomètre marquait i5° au Havre, 180 à Pax'is, 190 à Toulouse, .12° au mont Ventoux, io° au Puy de Dôme, 8° au Pic du Midi, 28° à Alger. 1
- PHASES DE LA LUNE : N. I.. le' 21 à n h. i5 m..du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E.-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- j 3 0, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
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- La reproduction des illustrations de * La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1728 (7 JUILLET 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- La statue du professeur Nocard. — La statue du professeur Nocard a été inaugurée le a5 juin 1906 à l’École vétérinaire d’Alfort, sous la présidence de M. Ruau, ministre de l’agriculture. M. Nocard avait été professeur et directeur de l’Ecole vétérinaire.
- Incinération des cadavres en temps de guerre. —
- A la séance du 29 mai de l’Académie de Médecine, M. le docteur Matignon, qui a suivi lacampagne de Mandchourie chez les Japonais, a présenté une intéressante note sur l’hygiène des champs de bataille; pour les Japonais, cette hygiène a consisté dans la sûre méthode de l’incinération des cadavres. Les inhumations en masse après les grands combats sont dangereuses ; à la bataille de Sedan, les émanations des cadavres en décomposition nécessitèrent l’assainissement du champ de bataille par le procédé Créteur : il fallut les exhumer, recouvrir de paille, arroser de goudron et incinérer. En procédant à ces mesures avant l’inhumation, les Japonais ont donné l’exemple d’une mesure d’hygiène aussi rapide qu’efficace. Il est certain d’ailleurs que, dans un avenir plus ou moins rapproché, la protection de la santé publique finira par imposer les procédés nécessaires, pour pallier les inconvénients des inhumations en nombre.
- Le blanchiment des farines. — Y a-t-il avantage ou désavantage à blanchir les farines de blé? C’est une question qui a été très discutée. M. Grenier s’est livré à des recherches sur ce sujet et il est arrivé aux conclusions suivantes : le blanchiment n’est actuellement applicable qu’aux farines supérieures et celles-ci n’en ont pas besoin; — il enlève au pain une partie de sa saveur et provoque son émiettement; — il n’assure pas la conservation de la farine, mais au contraire facilite son altération, notamment par suite de la façon défectueuse dont les procédés connus sont appliqués. La Société des Agriculteurs de France a souscrit à ces façons de voir, appuyées sur une étude très consciencieuse et approfondie, et il a adopté le vœu qu’il ne soit admis et employé en France que des farines produites par des procédés mécaniques et que tout procédé de traitement chimique soit interdit, s’il est de nature à altérer la qualité de la farine.
- Tremblements de terre. — Une légère secousse de tremblement de terre dans la direction Nord-Ouest-Sud-Est a eu lieu à Chomakaha, dans la Transcaucasie.
- Deux secousses de tremblement de terre, dont l’une très violente, ont eut lieu le 27 juin à 9h 45 en Angleterre, dans le sud du Pays de Galles. Le choc a duré 3 se-< ondes. Des maisons ont oscillé, des monuments ont été
- ébranlés et ont eu leurs murs fissurés, Dans la nuit du 28 au 29, juin, à la suite de pluies torrentielles, et à la suite d’un violent orage à Londres, des inondations ont eu lieu à Londres et dans les environs. A 2 heures du matin, des secousses sismiques ont été ressenties à Croydon près de Londres ; des secousses ont également eu lieu à Caterham, dans le Carnavonshire, et dans le sud du Lancashire.
- La foudre. — Un violent orage a éclaté le 24 juin à Saint-Pol, près de Dunkerque; la foudre est tombée sur deux ouvriers qui posaient des paratonnerres sur une usine. L’un d’eux a été grièvement brûlé. Le 25 juin, pendant un orage, la foudre est tombée également à Hersin-Coupigny, près de Nœux-les-Mines, dans le Pas-de-Calais ; un mineur a été assez gravement brûlé et la décharge électrique a fortement détérioré l’habita^ tion.
- L’accroissement de la population en Allemagne.
- — L’empire d’Allemagne se classe parmi les pays où la population croît avec la plus grande rapidité : aussi attendait-on quelque peu impatiemment les résultats du recensement de 1905, afin de savoir si cet accroissement s’était maintenu durant les cinq dernières années au même taux élevé qu’011 avait constaté de 1895 à 1900. Nous possédons maintenant des chiffres complets, qui nous permettent d’élucider cette question, et de montrer en même temps le développement des grandes villes allemandes et la densité actuelle de la population dans l’Empire. Le recensement qui a été effectué le icr dé-1 cembre 1905, accuse un total de 6o6o5i85 âmes pour l’Allemagne : mettons tout simplement 60 millions et demi, ce qui est suffisamment exact pour permettre des comparaisons intéressantes quoique plus faciles. Sur cet ensemble, un peu plus de 29 860 000 individus sont du sexe masculin, ce qui, comme dans beaucoup de pays, indique une supériorité marquée de l’élément féminin. Les 83 pour 100 de cette population sont fournis par les quatre seuls royaumes de Prusse, de Bavière, de Saxe et de Wurtemberg, qui ont des populations respectives de 37 300000, de 6 5ooooo, de 4 millions et demi et de 2 3ooooo habitants. Sinous nous reportons à 1871, qui est une époque bien caractéristique dans l’histoire de l’AUe-magne, nous voyons qu’à ce moment sa population ne dépassait guère 41 millions d’individus; en 1875, elle atteignait 42700000 et plus, puis 45 23oooo en 1880,> 46 855ooo en x885 ; c’étaient ensuite les chiffres de 49 43oooo en* 1890, de 62280000 en 1895, enfin de 56370000 à peu près en 1900. Et si l’on veut faire le calcul du taux d’accroissement que cela représente pour
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- chacune des périodes comprises entre deux? recensements, on s’aperçoit que ce taux, qui était d’abord de 4,06, monte brusquement: (ce qui; s’explique) à 5*87 ; il. se retrouve ensuite à 3,59, Pu^s atteint 5,49-5,77, et un maximum de 7,82 entre i8g5 et 1900; pour la* dernière période, il est un peu plus faible, mais il s’élève pourtant encore à y,53 pour 100. Au point de vue de-, cefitl accroissement, nous ferons remarquez'. qu!à> l’heure actuelle il se manifeste surtout dans l’Allemagne du Centre, et plus particulièrement dans lu Saxe, le Brunswick, l’Anhalt. En 1871., la, densité kilométrique de la population n’était que de g5 habitants : aujourd’hui, elle est déplus de 112. Le développement des grandes villes est curieux à suivre ici comznespartout,.étant donné que c.e . mouvement qui attire constamment les populations- rurales dans les milieux urbains n’est point ai'rêté. Il existe en Allemagne 41 villes possédant plus d’e 100000 habitants . En tête naturellement, Bei'lin avec ses 2 040 000 âmes ; puis viennent Hambourg avec. 8no 000, Munich avec 538 000, Dresde avec Sr^toao^.lieipzig avec 5oa aoovBresr lau compte 470000 habitants, Cologne 425 000, Francfort 337000. Nous rappellerons que Bterlih a augmenté de i45ooo habitants, Hambourg de 95 000 et Munich de 39 000, depuis- le- recensement de 1900. Faisons remarquer, avant de finir, que l’Allemagne est un des pays de* civilisation européenne les plus peuplés ; elle vient immédiatement après la Russie (avec ses 126600 000 habitants), et les Etats-Unis, dont la population est de 76 200000 âmes, mais répartie sur un territoire: énormes.
- L’agriculture en Danemark-—Le rapport, annuel de la Chambre de commerce de1 Copenhague montre lès progrès considérables de l’agriculture en Danemark. De 1897 à 1905 inclusivement, les exportations sont passées d’environ 12 millions à 20. millions de. livres sterling,, vers la Grande-Bretagne; surtout-, En Danemark, sur 2 millions et demi d’habitants;, un million, et demi vivent, dans, les districts, ruraux.
- Cantine sociale pour l’amélioration du vin à Ta*-rente. — Le Ministre de l’Agriculture d’Italie a créé en 1905, à Manduria, près de Tarante, un établissement dit cantine sociale avec pressoirs, filtres et maeMnes perfectionnées pour la fabrication du, vin. Son but est de venir en aide, aux petits' propriétaires q,ui n’ont pas à leur disposition desap.pareils- modernes pour la. vinification. L’innovation a rencontré une si grande faveur que l’administration a décidé de. suite d’étendre, cette entreprise à toute laprovince.. Le personnel chargé de la direction des cantines dirige déjà les douze bureaux antiphyl-loxériques de la province. Ce personnel! se compose de gens ayant 'de sérieux diplômes. Les défauts que l’on reprochait jusqu’à ce jour à ces vins de la région étaient de diverses natures. En règle générale, ils étaient mal préparés, aigrissaient facilement et manquaient dè limpidité. La cantine a produïtun vin de qualité supérieure. La majeure partie des frais sont supportés; par l’Etat et une partie par la province.
- Le grandi prix de; l’automobile. — Le grand prix de. l’automobile s’est disputé cette année les, 26 et 27 j-uiu. sur le circuit de la* Sarthev Cet ensemble; de: routes, formait un triangle dont deux côtés, la Fourche à, Sainfi-Cafeis et lb Ferté-Bernard-la-Fourche,. étaient, deux lignes droites. Le; sol était bon, quoique, un peu défoncé en certain endroits. Des constructions; spéciales avaient été faites pour l'organisation parfaite de la route; les traversées de Saint-Calais et. de Vibraye se faisaient; sur deux tronçons de route planchéiés, permettant aux automobiles de poursuivre, leur route sans traverser ces agglomérations. Le circuit comportait un seul virage dangereux, à la Fourche même, à l’extrémité du camp, d?An-v-ours, à l’intersection'.des routes de Saint-Calais au Mans; et de la Ferté-Bernard: au. Mans;. Au départ.des tribunes, les coureurs se sont dirigés vers la Fourche (située à 7 km. du Mans), de là à Saint-Calais, et de Saint-Calais à la Ferté-Bernard , pour revenir aux tribunes ; le tour comporte 1 o3 180 km. Chaque journée comportant six tours du circuit, soit 61:9:080 km, la; distance totale du Grand Prix était de r 238 160- km. Les voitures qui ont pris part au circuit de la Sarthe ne devaient pas peser plus de 1000 kg en ordre de marche, c’est-à-dire, sans les conducteur et mécanicien, sans eau, essence, nihuile, ni graisse. On tolérait une augmentation de 7 kg quand-’ les voitures avaient un aUtan-age par magnéto., Trente-
- quati*e concurrents, ont pris-part aux épi’euves. Les résultats ont été les suivants : x° Sciz (voiture Renault) en ^ ra]' 44m ï:7i (moyenne 10156o à 1! heure:) ; 20 Nazzaro(Fiat), "en i2u 46m 266 2/5 ; 3° Albert Clément (Clément), en
- 12!' 49,'“ 46s 1 /5. ; 4° Barillier{Brasiei*), en 13h 53“' ; 5° Lancia (Fiat), en 14" 22"' n’; 6° 7/eaf/i(Panhard), en i4h 47“ 45s2/5.
- Les. péridots de la Mer Rouge. — Le choix des ' pièri’es coloréës employées en joaillerie est uniquement régi par la mode etilauxt valeur, est, dès lors, à la fois très vai’iable et très conventionnelle. Actuellement, par exemple, certaines pierres que l’ën esPaanûvé à;reconstituer synthétiquement' subissent-une dépréciation, tandis qe d’autres (et le diamant en.premier lieu) ont augmenté e prix dans dès proportions très considérables. Le ‘ péridot n’est pas, jusqu’ici, parmi les 'gemmes les plus ; recherchées; cependant', la.; variété: ditechry&olithe, que î; les-Romains; connaissaient déjà, est depuis longtemps employée dans la bijouterie de fantaisie et,, quand cette pierre, habituellement d’iin. vert’ pâle ou jaunâtre, se trouve être d’un vert foncé, élite peut être très recherchée. Le péridot est un.» silicate, magnésien (avec plus ou moins „ de fer, de: manganèse et, de. nickel) quijjà l’état d’olivine . (ainsi nommée parce que sa teinte est celle de l’huile ( d’olive), est très abondant dans lès. basaltes. On trouve également assez souvent lé périd'ot cristallisé avec le grenat. Mais les minéraux vrararent'- propres» à la joaillerie sont assez rares et leur exploitation, qui tend à se développer irotablement aujourd’hui, n est guère organisée un peu en grand qu’en deux points du monde.
- ; IC un dfeîces points^ découvert depuis 1904, se trouve à Mèsa, près TaMaii dans l’Arizona. (États-Unis). Les : cristaux y atteignent 3 centimètres de long et un poids de 40 grammes. La forme du gisement, que nous allons retrouver a la Mer Rouge, est une péridotite, associée l à deTobsidiènne dans un cailon nommé le Péridot cafïon.
- ! Les cristaux sont recueillis dans les parties poreuses et; altérées de la roche. La production dix- péridot dans l’Arizona a représenté, depuis rgoS’, environ 25 à 3o 000 francs par an tandis que les États-Unis produisaient au total 2 à3o© francs de péridot.dans les années précédenttes-., Toute autre, est,lf importance du gisement de la; Mer Rouge, q;ui. se. trouve environ sur le tropique, un peu a* Sud: du parallèle d! Assouan,, dans File de. Sebir-get où Saint-Jean, sur Le prolongement, dn cap Ras Benas et qui: appartient au vice-roi.d’Egypte. Dans cette petite île,,d’un abordage difficile par suite des. récifs coralliens qui lîèntourent et absolument déserte, auparavant, il. travaille, depuis; deux- ans, une trentaine d’hommes et, bien que la production soit fort, mal connue pour une foule de raisons, dont- la principale est le développement. extrême des vols,, ont peut l’estimer, au. moins- à 4o kilbgitammes de belles pierres valant 25o à 3.ooooo fr. Le gisement primitif est constitué par, une belle péridotite à. grain: fin, avec grands, cristaux isolés, de forme ordinai-; rement tabulaire.; Ualtération, de Gette, roche à.la surface ‘ est; très- intense et particulièrement, accentuée suivant certaines veines, ou fissures,, dans, lesquelles on trouve alors les cristaux isolés de leur gangue, ou du moins à : peine empâtés dans une masse-blanchâtre-presque sableuse | avec r écris taffisation de silice-secandaibe à; leur contact.
- Gomme minéraux accessoiresy on ne- remarque: guère qu’un peu de pyrite ou de- pyrrhotme et des enduits
- » verdâtres qui semblent légèrement nickli-fères-- (la présence du nickel étant un élément tout àtfaifc normal dans ce genre de roches).
- La culture du mûrier à Madagascar. — Le gouverneur général, de Madagascar et Dépendances a. pris dernièrement d’intéressantes mesures, dans le dessein d’encourager les efforts dès personnes qui se livrent à la sériciculture; elles, consistent, notamment dans rétablissement. de primes, annuelles qui seront payées à chaque i village ou à ehaq.ue particulier,, indigène ou européen, pour les mureraies leur appartenant.
- Lavage des band'ages pneumatiques. — L’idéal j serait de se dispenser de tout lavage, puisque l’eau a ! toujours tendance: à pénétrer sous les enveloppes : en ; tout cas il faut laver avec peu,d’eau, employer une éponge ! ou un, paquet de chiffons; bien pressés, afin que tout j excès d’eau soit enlevé... Et surtout s’abstenir de. se ; servir pour ce lavage d.e ce mélange d’eau et d un peu 1 de pétrole que l’on, utilise volontiers, et avec raison, i pour le corps des voitures, les roues,Jes parties peintes.
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- Appareil protecteur pour automobiles. — Les
- piétons, comme les chauffeurs et leurs invités, sont fréquemment les victimes de ces machines à vitesse presque illimitée qui circulent aujourd’hui sur toutes les routes. Le moindre choc a presque toujours des suites funestes parce qu’il se produit sur des organes rigides qui le transmettent intégralement aux voyageurs, lesquels se trouvent projetés souvent à plusieurs mètres de la voiture.
- Il est impossible, je crois, de mettre une automobile à l’abri des accidents parce qu’il y aura toujours des arbres au bord des routes, des murs, des fossés, et aussi des conducteurs imprudents sur les autos. Mais, si l’on parvient à atténuer la violence des chocs, ce sera déjà un important progrès accompli, car il vaut mieux sortir d’un mauvais pas avec des éraflures, voire même
- avec un membre cassé, que de rester définitivement sur le carreau. Quant aux piétons, ile préféreront également, j’en suis convaincu, se tirer d’affaire avec le plus petit dommage possible.
- Le protecteur Ro-Appai eil protecteur pour automobiles, bert a été imaginé dans
- ce but ; et s’il entraîne une complication d’organes dont toute voiture se passerait volontiers, il n’en est pas moins vrai qu’il peut être très efficace dans beaucoup de circonstances.
- A l’avant, et à hauteur de la partie supérieure du radiateur, sont disposés horizontalement deux tubes de •cuivre B d’assez gros diamètre. Chacun d’eux se continue vers l’avant par un autre tube C capable de rentrer à frottement dur dans le premier. Enfin ces deux derniers tubes sont réunis par une liaison courbe métallique D, garnie de cuir. Les deux cylindres constituent les tampons freins ; ils sont, en effet, constamment remplis d’air. Si le cuir vient à heurter un arbre, par exemple, pendant que la voiture est en marche, les cylindres mobiles pénétreront dans les cylindres pleins, et avec une vitesse inversement proportionnelle à la résistance que leur opposera l’air intérieur, laquelle résistance augmente à chaque instant, jusqu’au moment où la violence du choc sera annulée. Il est utile d’ajouter que les réservoirs d’air sont reliés entre eux par une canalisation A qui met constamment l’air emprisonné en relation avec l’atmosphère. Un pointeau réglable permet d’ouvrir plus ou moins l’échappement d’air, de sorte qu’en aucun •cas les cylindres ne peuvent éclater sous l’action d’une rencontre inattendue. En accélérant la vitesse de sa -voiture, le conducteur aura soin d’ouvrir de plus en plus le pointeau, en prévision des chocs dont la violence est, pourrions-nous dire, fonction de la vitesse.
- Sous chaque cylindre est encore disposée une tringle •qui participe au mouvement du piston. Ces tringles se prolongent jusque sous le moteur et actionnent deux fourchettes bloquant cet organe. Cette opération n’est pas facile à réaliser sur un moteur à pétrole ; nous avons demandé à connaître le procédé employé, mais l’inventeur n’a pas voulu nous renseigner plus complètement, n’étant pas encore couvert par les brevets. Un système de leviers agit ensuite sur les freins. Une semblable protection peut être excellente si la voiture rencontre un arbre, mais si l’obstacle est représenté par un piéton ou un animal quelconque, il n’est plus d’aucune utilité. C’est pourquoi on a disposé, au-dessous du tampon, une sorte de grillage qui est, précisément, destiné à la protection des imprudents. Deux cercles métalliques, placés l’un au-dessus de l’autre, sont réunis par une série de cylindres, de fuseaux plus exactement, en bois, et mobiles sur leurs axes. L’animal qui sera atteint par la voiture se trouvera ainsi rejeté de côté grâce à ces
- fuseaux qui remplissent pour ainsi dire le rôle de balais.
- Dois-je ajouter maintenant que les expériences pratiques n’ont pas encore eu lieu? En telle occurrence je ne crois pas qu’il soit possible de trouver des amateurs pour se précipiter bénévolement à 60 kilomètres à l’heure contre une muraille ou pour se laisser tamponner. La prudence étant toujours la mère de la sûreté, le mieux est d’adopter un système protecteur et d’éviter les accidents. Cependant, s’il s’en produit, on pourra alors se rendre compte de la valeur du système et y apporter toutes modifications s’il y a lieu. — Le protecteur Robert se trouve chez M. A Bain, 10, rue Carnot, à Bois-Colombes (Seine).
- Appareil de mise en marche automatique des moteurs à explosions. — Les lecteurs de La Nature connaissent les inconvénients que présentent les manivelles pour effectuer la mise en marche des moteurs à explosions ; ils savent également que les inventeurs cherchent à produire un appareil automatique destiné à remplacer cette manivelle. Ces appareils sont souvent très compliqués ; c’est pourquoi peu de voitures en sont pourvues. Un ingénieux mécanicien, M. Roucher, vient de construire un nouvel appareil de ce genre qui mérite une courte description à cause de sa simplicité.
- L’appareil se compose de trois organes essentiels : i° une partie fixe en deux pièces a et b fixées au châssis par deux brides; i° une tige c, composée de deux corps cylindriques ; 3° une roue à chaîne d montée sur deux couronnes de billes e. La tige c porte, sur toute la longueur de son petit diamètre, entre la roue à chaîne et l’extrémité a, trois gorges longitudinales servant de chemins de roulement à trois billes / placées dans des alvéoles ménagées à l’extrémité du cylindre, vers le point a. Ces billes ont pour but de guider la tige c dans son mouvement longitudinal et de l’empêcher de tourner. D’autre part la pièce cylindrique c est pourvue, sur son autre extrémité, de cinq gorges hélicoïdales d’un pas très allongé et creusées de telle sorte que le diamètre de la pièce, pris au fond des gorges, soit égal au petit diamètre de la tige c.
- Ces cinq gorges servent encore de chemin de roulement à cinq billes placées dans les alvéoles à l’intérieur de la roue à chaîne. Les extrémités des filets formés par
- Appareil de mise en marche automatique des moteurs à explosion.
- les cinq gorges sont arrondies pour obliger les billes à s’engager dans les rainures lorsqu’on imprime à la tige c un mouvement longitudinal dans le sens de la flèche. La pièce h, que porte l’extrémité de d, est un butoir qui, en venant frapper contre l’armature extérieure de l’appareil, limite la course du cylindre d.
- On comprend de suite qu’en actionnant, à l’aide d’un levier, par exemple, la tige cylindrique c, celle-ci conservera constamment la même position grâce aux billes engagées dans les rainures longitudinales; mais, comme d’autre part, cinq billes solidaires de la roue à chaîne s’engagent dans les rainures hélicoïdales, il en résultera un mouvement rotatif de cette roue, mouvement qui sera transmis à l’arbre moteur par l’intermédiaire d’une chaîne.
- Dans ce système, le choc en retour est supprimé parce que, à chaque extrémité de la vis hélicoïdale, le pignon de chaîne est libre et peut par conséquent tourner dans tous les sens. Le pas de vis est fait pour faire faire à l’arbre manivelle un tour complet, ce qui est plus que suffisant dans un moteur à quatre cylindres. — Le nouvel appareil de mise en marche automatique se trouve chez I M. O. Roucher, xo, rue Censier, Paris.
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- Outillage
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- Le cric S. I. T- —Ce nouveau cric comprend une tige verticale à crémaillère actionnée par un petit pignon dont l’axe porte une roue dentée ; cette dernière reçoit le mouvement d’une vis sans fin commandée par une clef de manœuvre. Cet appareil ressemble, on le voit, à tous les autres crics, jusqu’ici du moins. Il en diffère, en effet, par une particularité nouvelle et très ingénieuse. Il est, en-effet, à mise au point immédiate.
- Lorsque l’on veut soulever une charge quelconque avec les crics ordinaires, il faut d’abord les ramener au départ et monter la crémaillère à la manivelle jusqu’à
- ce que l’on ait atteint la pièce à soulever; cette manœuvre n’a, il est vrai, d’autre inconvénient que de nécessiter une perte de temps ; mais, si on peut l’éviter, cela n en vaut que mieux. Et c’est ce qui a lieu avec le nouveau cric. On voit, eii effet, sur notre dessin, que la vis est mobile dans le sens horizontal ; en tirant à soi la clef de manœuvre on l’éloigne de la roue dentée et la crémaillère peut dès lors être levée à la main sans aucun effort jusqu’à ce qu’elle soit en contact avec la pièce à soulever. A ce moment on pousse la vis contre la roue dentée et le cric fonctionne normalement.
- L’appareil présente encore cet avantage d’ètre démontable ; la clef de manœuvre est creuse et la poignée transversale peut se loger à l’intérieur. Enfin les dimensions réduites du cric en font un appareil peu lourd, peu volumineux et par conséquent très transportable. — Le cric S. I. T. se trouve à la Société industrielle des téléphones, a5, rue du Quatre-Septembre, à Paris.
- Nouvelle clef-pince. — Pour mettre en place une bougie sur un moteur ou pour l’enlever, on se sert d’une pince ordinaire ; l’opération est d’ailleurs facile si elle se fait avant le départ, mais il n’en va plus de même en cours de route. Et c’est souvent lorsque le cylindre et la bougie ont acquis une belle température que l’on doit s’en approcher pour vérifier si le fonctionnement de cette dernière est régulier. Pour éviter les brûlures, on a imaginé une clef-pince très ingénieuse que l’on doit recommander sans crainte aux automobilistes. Elle se compose d’une clef ordinaire sur laquelle est placée une
- pince. Lorsque l’on veut dévisser la bougie,on appuie sur les branches de la pince pour entrer la clef ; puis celle-ci ayant fait son office, la pince serre fortement la bougie et la maintient en supprimant par le fait tous les dangers de brûlure. Cette pince supplémentaire ajoutée à la clef n’est rien, et cependant elle rend beaucoup de services. Les objets les plus compliqués ne sont pas toujours les plus utiles. La pince est montée sur une clef à six pans qui correspond aux principaux modèles de bougie; elle se fait en trois grandeurs. — On trouve la clef-pince chez M. J. Pupille, constructeur, 2, avenue Parmentier, à Paris.
- “Elevage des abeilles
- Nouvelle clef-pince.
- Abreuvoir-cressonnière pour abeilles. — Aux
- quelques fervents de cet intéressant élevage, nous serons heureux de décrire l’ingénieux appareil imaginé récemment par M. Francis Bessonet-Favre (de Prémarie, Haute-Vienne).
- Il est d’observation courante que les abeilles, très
- économes de leur temps, viennent s’abreuver indifféremment au bord des bassins, ruisseaux, présentant une certaine profondeur et d’un accès souvent difficile ; beaucoup d’abeilles glissent sur les bords, sont entraînées par le vent, le courant, et se noient; aux alentours des ruchers, de nombreuses ouvrières sont ainsi victimes de leur imprudence.
- Pour faciliter l’abreuvement des abeilles, M. Bessonet-Favre résolut de mettre à proximité des ruches de l’eau peu profonde et couverte de plantes permettant aux insectes ailés de se poser sur les tiges et de puiser de l’eau sans danger.
- Le cresson est la plante-type de ces abreuvoirs ; cette plante se maintient très trapue à fleur d’eau si on a soin de couper les grandes feuilles qui constituent ainsi un léger bénéfice sous forme de salade saine et appétissante.
- Le bassin est construit en ciment armé et contient une couche de terreau sur laquelle Abreuvoir cressonnière pour abeilles, on sème le cresson, ou remplit d’eau et, pour maintenir une humidité constante, on place au centre un réservoir syphoïde qui laisse échapper l’eau nécessaire au remplacement du liquide prélevé par l’évaporation ou par les abeilles. On dissimule ce dispositif à l’aide de rochers d’un effet très pittoresque surtout lorsque les essaims d’abeilles viennent, au retour, s’y poser en grand nombre.
- Cet abreuvoir-cressonnière offre de plus un avantage considérable, on peut faire dissoudre dans l’eau du réservoir des sels nécessaires au traitement des maladies, des réserves nutritives, etc.
- M. Bessonet-Favre a déposé le modèle de ce dispositif au dernier Concours agricole de Poitiers et l’ingéniosité de cet abreuvoir a valu à son jeune auteur une mention spéciale.
- Il s’agit, on le voit, d’un perfectionnement peu coûteux, facile à établir, d’un effet pittoresque indéniable et qui peut rendre les plus grands services aux apiculteurs.
- Divers
- Moulin à sucre. — Le
- sucre remplit un rôle important dans l’alimentation, et beaucoup de personnes sont obligées de sucrer leurs aliments. Il faut un appareil simple, d’emploi commode, et qui permette de l’utiliser très aisément. Le moulin à sucre dont nous donnons la description répond à toutes ces conditions. Il est composé essentiellement d’un fort ressort qui presse les morceaux de sucre sur un cylindre en acier hérissé d’aspérités en forme de râpe. Ce cylindre est actionné par une hélice extérieure, d’un maniement très doux. Il suffit de faire quelques tours pour voir tomber aussitôt une certaine quantité de sucre en poudre. —1 Le moulin à sucre se trouve chez M. G. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Moulin à sucre.
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- HYGIENE ET SANTE
- La vision chez les tireurs. — Pour être un bon tireur, il semble a priori qu’en dehors des qualités acquises par l’exercice et la pratique, il faille avoir une vue parfaite. Or, les recherches de deux médecins, MM. Ginestous et Coulland, prouvent qu’il n’en est rien ou du moins qu’à côté de sujets bons tireurs, à vue normale, il en est un grand nombre aussi adroits, aussi aptes à mettre leurs balles dans le centre de la cible et ayant cependant des irrégularités graves de la vision.
- L’un d’eux, médecin du régiment de sapeurs-pompiers de Paris, a choisi dans cette troupe d’élite :
- i° Les 25 meilleurs tireurs du régiment;
- 2° Les 25 plus mauvais tireurs ;
- 3° Les sujets tirant à gauche soit par habitude acquise, soit par gaucherie naturelle ;
- 4° Les soldats tirant les yeux ouverts.
- Les examens ont porté sur 86 soldats. Une autre enquête, faite auprès de civils, de tireurs professionnels, et de soldats d’autres régiments, donne un total de plus de ioo observations avec notation très rigoureuse de la vision. Les résultats que ces médecins viennent de publier dans la Presse médicale montrent que la vision n’a pour ainsi dire rien à faire avec les qualités de tireur. Assurément un aveugle, un malade atteint de cécité partielle, par cataracte ou inflammation de la rétine ne pourra guère être admis à gagner un prix sur les ehamps de tir. 11 est simplement question des anomalies congénitales de réfraction, myopie, astigmatisme et autres. L’expérience leur montre que le nombre de mauvais tireurs avec mauvaise vue est égal à celui des bons à vision égale. Et comme preuve, ils citent l’exemple d’un officier réputé parmi les meilleurs tireurs, ayant gagné les prix des concours internationaux et qui a cependant une myopie avec astigmatisme des deux yeux, lui donnant une infériorité sur une vision normale de près de deux tiers.
- Qui de nous ne connaît, parmi ses compagnons de chasse, des myopes et même des astigmates qui vous abattent neuf fois sur dix la pièce de gibier la plus difficile à tirer. C’est une condition qui se rencontre des plus fréquentes que ces anomalies de vision. Comment expliquer qu elles ne gênent pas pour la précision du tir. C’est que, pour cette précision, il suffit que l’acuité visuelle soit suffisante pour distinguer même confusément le but à viser, pourvu qu’elle permette la vision nette du guidon. Le point de mire, cible, gibier, peut donner une image un peu diffuse. Si le guidon est nettement perçu, la ligne de visée et par conséquent de tir sera maintenue régulière. Or, le guidon très visible pour l’œil normal, peut l’être aussi pour le myope, s’il a une puissance d’accommodatiôn suffisante. Le guidon est à une distance de l’œil, variable de 88 à 118 centimètres suivant qu’il s’agit d’une carabine ou d’un fusil Lebel. Or, un homme atteint d’une myopie de deux dioptries et même un peu moins est nécessairement obligé de corriger son défaut visuel par le port d’un verre. Le vrai point à rechercher, pour savoir si un homme peut, avec une acuité visuelle anormale, devenir un tireur, je ne dis pas émérite, mais suffisant, c’est de constater si
- la puissance d’accommodation est suffisante pour corriger le trouble causé par l’anomalie. C’est le cas des tireurs, avec myopie, astigmatisme qui visent et tirent très bien.
- Ces recherches ont, au point de vue militaire, une réelle importance. Elles permettent de savoir jusqu’à quelle limite d’acuité visuelle un homme de 21 à 25 ans (âge moyen des soldats) est apte à devenir un tireur. Il ne faut pas que l’acuité du meilleur œil soit au-dessous de un demi. En Allemagne, les règlements sur l’aptitude physique au service militaire adoptent une acuité supérieure à un demi; en France égale à un demi; en Italié à un tiers. Dr A. C.
- Les boissons gazeuses oxygénées. — L’emploi de 1 oxygène a été proposé pour épurer l’alcool ; ce n’esl pas le lieu d’examiner ici quelle est son action à ce point de vue, pas plus qu’il ne convient de parler de ces boissons alcooliques que les prospectus audacieux de leurs fabricants prétendent hygiéniques parce qu’oxygénées. Mais il est, par contre, intéressant de dire un mot d’une utilisation curieuse de l’oxygène comme succédané de l’acide carbonique dans la préparation des boissons gazeuses. En 1774. Priestley, qui venait de découvrir l’oxygène, écrivait : « Qui peut assurer que, dans la suite, cet air ne deviendra pas un objet de luxe fort à la mode? » Igenhouz, de Rotterdam, constata en 1777 que les inhalations d’oxygène le rendaient plus robuste, augmentaient; son appétit et lui procuraient un sommeil plus doux. Mozzo, en 178.4, avançait les mêmes conclusions devant la Société royale de Turin. Depuis, beaucoup de médecins ont expérimenté l’oxygène et, malgré quelques résultats contradictoires, ils sont arrivés à cette conclusion que l’oxygène est un excellent médicament dans les maladies respiratoires et, comme antiseptique, l’oxygène est devenu le médicament des asphyxies, de nombre d’anémies, de beaucoup d’empoi-sonnernents, de l’albuminurie, du diabète, etc. Jusqu’à ces dernières années, l’oxygène 11’était guère sorti du domaine pharmaceutique : c’était un produit assez coûteux, que le commerce n’avait pas pris l’habitude de livrer sous une forme pratique aux consommateurs. Ce n’est que depuis peu qu’on le trouve couramment comprimé en bouteilles métalliques solides, munies de détendeurs : tout récemment enfin, l’invention de l’oxy-lithe (brevets Jaubert) l’a mis à la portée de tous. Aussi commence-t-on à l’employer pour saturer des boissons rafraîchissantes telles que limonades, citronnades, orangeades, etc.... Ces boissons se préparent d’une manière simple, comme l’eau de Seltz ou la limonade gazeuse, avec un appareil analogue à celui de Bartelt. Les boissons se livrent en bouteilles comme la limonade ordinaire. Leur emploi est très hygiénique, surtout en été; elles sont recommandées aux personnes diabétiques, anémiques, etc. Elles stimulent la digestion. Il est infiniment probable que ces boissons gazeuses oxygénées ne tarderont pas à être vulgarisées et que le public les accueillera avec la faveur qu elles méritent.
- Francis Marre.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ctg^ Photographie
- Papier « Takis » se développant à l’eau pure. —
- Nous avons déjà eu l’occasion de parler ici assez souvent du développement physique qu’on applique aux papiers à noircissement direct, tels que les papiers au citrate par exemple. Ce mode d’opérer est commode en ce sens qu’il permet de se passer de la lumière du jour pour mener jusqu’au bout l’opération du tirage d’un
- cliché; pour les beaux grands jours d’été on nous dira que cela n’est pas bien utile ; mais il y a par contre beaucoup de journées sombres dans une année et alors on est heureux de n’avoir à exposer le châssis-presse au jour que juste le temps suffisant pour avoir à peine une trace d’image. On met de côté toutes ces épreuves à peine indiquées et le soir à la lumière du gaz, ou même de l’électricité, on achève tranquillement toutes les épreuves par le développement physique. Nous avons déjà donné plusieurs formules qui conviennent à la plu-
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- part des papiers ; il est indispensable, pour que ce développement agisse, que l’émulsion contienne un excès d’argent soluble qui sera réduit et se lixera peu à peu sur l’image dont l’impression a été commencée par la lumière. MM. Lumière sont parvenus dernièrement à introduire directement la substance révélatrice dans l’émulsion, ce qu’on n’avait pas pu faire jusqu’à présent sans compromettre la conservation du papier ainsi préparé. L’emploi de l’acide sulfureux leur a permis de remédier à cet inconvénient. On fait une solution alcoolique d’acide gallique à 20 pour 100 et on y introduit 10 cm5 d’acide sulfureux liquide pour 100 cm3 de solution. Dans l’obscurité on ajoute 5o cm3 de cette solution à 100 cm3 d’émulsion au citrate d’argent. C’est l’émulsion ainsi obtenue, étendue sur papier, qui se vend sous le nom de Papier Takis ; il se conserve très bien au sec.
- 11 suffit, pour développer l’image amorcée, de mettre le papier dans l’eau pure en petite quantité ; si on en mettait trop, en effet, on enlèverait l’acide gallique. Il suffit de bien mouiller l’épreuve, avec par exemple 100 cm3 pour une feuille i3x 18, puis de rejeter aussitôt la moitié de l’eau; on voit l’image monter peu à peu et on l’arrête quand elle est arrivée au point voulu en la lavant à grande eau puis ensuite en la fixant à l’hyposulfite ; si le ton obtenu ne convient pas, on peut procéder à un virage à l’or ou au platine comme d’habitude. Il est évident que toute trace d’humidité nuirait à la conservation du papier; on peut s’en rendre compte en mettant des épreuves très légèrement impressionnées dans une boîte placée dans une pièce humide, au bout de douze ou vingt-quatre heures on trouvera l’image complètement développée.
- Ce papier rendra certainement des services pour les tirages pressés, surtout pendant les jours courts de la saison d’hiver.
- Divers
- Réparation de l’écaille. — On peut recoller assez facilement deux morceaux d’un objet en écaille cassé, tout en diminuant un peu, il est vrai, la surface totale de l’objet, par suite même de la façon dont se fait l’opération. On taille en biseau, sur une largeur de quelque 5 à 6 millimètres, les bords des deux morceaux qu’il faut réunir. On les dispose de manière que les biseaux se recouvrent, puis on serre dans une presse métallique qui ne craigne pas l’eau, et on laisse le tout plongé un certain temps dans l’eau bouillante. Celle-ci ramollit l’écaille et assure la réunion des deux morceaux. Il ne faut pas chauffer trop longtemps, mais l’expérience seule peut renseigner à cet égard.
- Billes de billard décolorées. — Nous ne parlons pas des billes blanches, puisque le traitement à leur faire subir se confond avec le nettoyage ordinaire de l’ivoire jauni. Pour la bille rouge, on fait un bain de teinture composé de 3o grammes de cochenille et de 200 grammes d’eau, auquel on ajoute quelques gouttes d’ammoniaque, et que l’on met bouillir. On filtre et l’on compense l évaporation en ajoutant ce qu’il faut d’eau non bouillie. On place la bille dans cette solution, et l’on chauffe jusqu’à ce qu’elle ait pris une coloration suffisante ; alors on la rince à l’eau pure et on la fait sécher lentement.
- Pour peindre à l’eau sur parchemin. — Il s’agit de traiter la surface du parchemin de manière que les couleurs à l’eau qu’on étendra largement ne le fassent point plisser. Généralement, il suffit dans ce but de frotter sur le parchemin du blanc d’Espagne très fin; mais si le parchemin a été manipulé beaucoup avant le moment où l’on y peindra, on se trouvera bien de mélanger un peu de fiel de bœuf aux couleurs qu’on emploiera : elles s’étendent bien mieux de la sorte. Du reste, de toutes façons, on doit laisser le parchemin sécher lentement et à plat, sans l’exposer à une source de chaleur.
- Enlèvement des taches d’huile minérale sur les vêtements. — Ce n’est pas chose très facile, tout simplement parce que cette huile minérale n’est pas saponi-fiable. Cependant on peut essayer de faire tomber sur chaque tache un peu d’une huile saponifiable, mettons de l’huile d’olive, et traiter le tout comme de l’huile ordinaire, avec un dissolvant classique en la matière, pour que l’huile minérale soit enlevée en même temps que
- l’autre. On peut aussi faire un emplâtre pâteux de terre à foulon, et le laisser en contact avec l’huile minérale, pour l’absorber, mais en mettant au préalable sur celle-ci de l’huile ordinaire, comme dans le premier cas.
- Pour rafraîchir de l’eau. — Quand on ne possède point la classique gargoulette, on peut recourir à. un moyen plus primitif, mais qui repose sur le même principe et donne à peu près les mêmes résultats. On met l’eau dans un sac de tissu suffisamment serré pour que l’eau ne le traverse pas comme un filtre; malgré tout, le liquide suinte à travers l’étoffé et une évaporation intense se produit, qui amène précisément le refroidissement cherché. Il est essentiel, bien entendu, que le sac soit suspendu de manière qu’il ne touche à rien, car autrement l’eau traverserait rapidement le tissu, tout comme cela se passe pour un parapluie que l’on touche du doigt à l’intérieur tandis que la pluie tombe à sa surface. Du reste, pour la commodité de la chose, on peut employer, au lieu d’un sac ordinaire, une de ces poches en toile qui servent dans les confiseries à faire des biscuits à la poche, et on se trouvera bien de la munir inférieurement d’un robinet permettant de tirer de l’eau au fur et à mesure des besoins.
- Teinture brune pour moulures en bois. — Elle peut donner de très bons résultats pour les moulures en bois comme celles que l’on emploie à faire des cadres de tableaux, par exemple, et tout particulièrement pour le bois de chêne. On prépare une dissolution de xo centigrammes environ de bichromate de potasse dans un demi-litre d’eau de pluie, et l’on ajoute xo centimètres cubes également d’ammoniaque liquide. C’est cette solution qu’on applique sur le bois, en frottant ensuite avec lin chiffon, et toujours dans le même sens, pour ne pas en laisser une couche trop épaisse ; il faut qu’elle pénètre également dans toutes les sculptures du bois, et l’on ne doit pas hésiter à passer plusieurs couches pour foncer le ton.
- Matière susceptible de se mouler et de se polir.
- — Les deux caractéristiques peuvent être souvent utiles à rencontrer dans une même substance. On peut obtenir une composition de cette nature, et de couleur noire, en prenant comme base 8 parties de gomme laque en écailles, que l’on fait fondre avec 12 p. de résine, 2 1/2 p, de craie et 3 1/2 p. de noir de fumée. On peut aussi remplacer la moitié de la résine par de la térébenthine de Venise. Pour avoir une matière analogue, mais rouge, on substituera au noir de fumée et à la craie i5 parties de minium.
- Cuir pour vêtements. — Voici la formule d’une pâte avec laquelle on se trouvei’a bien de traiter le cuir dont ou voudra faire des vêtements, comme c’est maintenant l’usage, sans qu’il menace de se craqueler, et en j>ré-sentant une souplesse nécessaire en la matière. On fait fondre dans un l'écipient en terrç émaillée 60 gr. environ d’asphalte et 90 gr. de cire d’abeille; puis on relire du feu et l’on verse dans la composition deux cuillerées à bouche d’esprit de vin ou d’esprit de bois, et tout en brassant, puis on additionne de même de 2 gr. de bleu de Prusse en poudre, d’autant de noir d’ivoire ou de noir de fumée, et finalement on ajoute assez d’huile de ricin pour donner un enduit de bonne consistance, qu’on appliquera sur le cuir au moyen d’une éponge et bien également sur le cuir à traiter.
- Entretien des pinceaux à vernis. — Quand elles ne sont pas bien entretenues, c’est-à-dire nettoyées, les brosses servant à étendre les vernis deviennent dures et leurs poils cassent facilement. Il faut toujours les laver et les nettoyer complètement au moyen de térébenthine ; on peut aussi les mettre tremper dans un mélange de trois parties de térébenthine et d’une partie d’huile de lin, ce qui leur donne toute souplesse.
- Pour fixer les marbres de toilettes, de tables, &.
- — Ces marbres se déplacent très souvent, et l’on peut désirer les fixer sans avoir recours à l’ébéniste. Pour cela, on met tremper de la colle-forte dans de l’eau froide durant quelques heures, puis on la fait bouillir. Quand elle est bien dissoute, on prépare une pâte fluide de gypse avec de l’eau, on la verse dans la colle et l’on brasse vigoureusement. On applique bien vite une certaine quantité de ce ciment sous le marbre, que l’on charge suffisamment, et on laisse prendre.
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- machines Philipps, à rectifier les collecteurs, se trouvent diez MM. E. 11. Cadiot et CiiJ, électriciens., r», rue Sâiht-i leorges-, à* Paria (IXe )».
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- adresse: une: petite note iktsiiüiriléé; BimiMesi phmpJkims* cent)!s;,.eittoraiite: du bullietSim «te te. Soxdéte die B%a!»nifl«dè:‘dle; Bordeaux. L,’aateuin ai entatepîti» aaat redberches: pouar voir-si: nanprèssibn! Ikmiineuae: fiàâte pasr lie» ba«i31ie» fadnian sur de» pïaqjue» phottognaphaqfue» se: contiàMiaiit même: en eaveloippaaitr ce» plaqjaesi dans dut papier’ msiir;; c«; <gos reveaaÜJ èt se dèmandeir si une hounsieee oargasi£q(u© die; e» genre ne seraiipa» susceptible d^ être: empllayéè; à: lSasplace des rayons: Btentgen. Le- résnÈiadi a été négatii!!';: muai» lie» reelterciiuesunt dîui moins; conduit l'auteur àL realSsear dès; éclairage» intensifs mijenofeièn». SignaLon® une: inter esr-santie: idée êu lhtpiellâ: ce» travaux ont coadiniifc Eaia-teur- :• selon: Hui,, Be»; diflSéeente» lîaanieBe» mienoMenne» (bleues;,, verdiàaîresv,Blsanehe»;)) nfonfebbmi dfesgéciifik|juai.Blin même microbe phosphorescent serait, au moins; virtuel!-le ment, capable dè: Ile». donner toute» si toutefois lè® cou-ditiens. dè* milieu: lie: pœrnreiiteaiL
- M.. Geesnge® Mmlèu,.Si ffiècdeaux;, dbmb -non»; avons. dèjpù meuittiioiMiéi pliosfeur® fois; Bas intéressante® étodteæ am suj et die lia viiniihieatiônv non» asdresse une- nonwellte note; sur : Æ"wetww eomllmfo' dm- BatBumiïîm mèutéèmm llédhsr triché pendant la> fermentation.. Ce' travail,, qui ne se prête pas au résumé et dontFintérêt est trop limité pour que nous, puissions, le donner ici. in. extenso, est la suite très consciencieuse des précédents,
- Renseignements. — M.A.Ghoisy, à Paris. — Ouvrages relatifs aux couleurs d’aniline et à la fuchsine : Matières-colorantes artificielles, par A. Villon (a©.- francs),, Les> couleurs daniline, par Depièrre (40 francs), librairie Béranger1, »£r, rue des Saints-Pères, Vous pourriez, voir sur place à. cette librairie parmi ses- autres ouvrages; sur les matières colorantes, qui sontnomhreux.
- M. J. Barbas-, à Rovno.. — x° Nous; ignorons: s’il sera publié une nouvelle série die cet ouvrage. — 2*- Qn vend dans le commerce des cirages destinés au, noircissement des sabots de chevaux:; pour ce qui concerne leur fabrication vous trouverez des détails, dan® le Manuel Roret Fabrication des cirages, L. M.ulo, éditeur; à Paris,’ 12, rue Hautefeuilîe,
- M. G. Biquet, à May dieu., — Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécialement consacré; au, travail! dubois pour la fabrication dès boîtes rondes. Peut-être pourriez-vous obtenir une indication, às la librairie Tigud,. 53 bis, quai des, G r and s - Au gu s tin s, à; Pari®.
- M. R. A., à Përa. — n° Veuillez vous adresser à l'ad-ministraiion municipale de la- ville de: Zurichi. — 20 Le meilleur ouvrage sur ces questions est Leçons de géor-graphie physique; par A. d© Lapparent, librairie Masson, 120, boulevard: Saint-Germain, & Paris,, 12"francs.
- M. W. Mo s-, à X.. (Hollande). — Pour tous renseignements, complémentaires, sur les travaux de MM». Muntz et Laine, veuillez consulter le texte des Séances de /’Académie des Sciences- (.»$< mai. 1906), chez: Gauthier-Villars, éditeur-, 55, quai; des Grands-Augustins,. Paris:.
- M. H. Lenain, à. Djelfa. — Uaéromoteur décrit dans le n° 1697 du 2 décembre'est construit par MM. Reuter et Schumann, à Kiel. (Allemagne). Vous pourriez peut-
- être vous adresser en France à MM. Durey-Sohy, 17, 19, ru© Le Brun, à- Paris.
- M. le DT Thomas, à Paris. — L’hyposulfile se trouve ’ dans la gélatine du cliché en quantité plus que suffisante pour qu’il n’y ait pas à en ajouter au ferricyanure. Il s’agit donc bien d’une solution d’eau (100) et de ferricyanure (5).
- M. S. de Salvo, à-- Riposta. —Pour les masticatoires, adressez-vous à la Pharmacie centrale de France,, 7, rue de Jouy, à Paris.
- MM. Murer et Duroni, à Milan, — Collage dè peau sur aLuminium : passer sur le métal une couche de. couleur à base de plomb, céruse ou minium ; quand cette couche est sèche, la recouvrir du ciment suivant : colle d’excellente qualité que l’on immerge dans de l’eau froide jusqu’à ramollissement, puis que l’on fait dis-! soude e dan» du. vinaigre à. chaud- et à. laquelle on ajoute , un. tiers en poids, d’essence, de. térébenthine., La pâte s doit être très mélangée et appliquée à chaud ; étendre 1 ensuite' lu peau paar dessus»
- j ML. PL Bkqymmvdl,. & Suny-caii-E&îiè:.. — Votine iidsG: nous ] semblé; nénlisabln:',, mai» sera; peuts-êilne contens©..
- ! ML lie MT Gmomd,, & Ruxy.,—Veuillez: von», adresser-à 1 a ! Pharmacie «entoaBe dfe Ftaanc©,, jJt, rue; die: J!@n,y,. & Phnisi. ; M.. AibEammec,, & Pàarüss.. — La fenmfe: dè lTaeislfe' æaJKu-
- | nuagu^æ: S^OP'HHOlesi:exacte:,, mai® eres& dan® Fànniîm» System© j dte nffitastâoot eni éxçuika&nt®;;; «Ban» Bas systêmief, aetoeb dè. | notîa(&n!ato.mî3(Mie^,lia' formule: est S0M1®. Voyez’à, ce:sujet | an maaueji <fe: miimiie,, tell que* btâroÆmtüm ou LêimÆadk 'lit I cli'imvm, paæ Wuaite&, on> lte Bréèm (fer Ifroos*. (librairie | Masson* et Gie„ ezov, bouitevaEdi Saint-Gèrrnaiki) >. i M.. Æ., Mu-val!, Sx Cniispifitet-lf EsnevaJL — Veuiffléz: vous ; adresser - ài MM.. Ganmont et; C*6,. Sj,. rue: Sofrtth-BsQxrih, à jj Pturfes.
- j M., C. P'..„ Si Bhœe.'d.fejae:.. — Bénir Bai fdtinihaiwjm dite® ci~
- i ewgfis, veuâîllèz1. con®DÉtoc’ Ifoumiîagje die ce tâîtee pnbffie* pair | IL. Mute,, sa;,, rue*. Bamfegfiàenfflte», Pâaii®,. & lb suite du i MaimeV dut Fdhmiamti dèmnt&s (MkuueE Rscetii, e volt I 3P-,3ov j ML. Jk
- j e@n»ervailfeafc et « aEteradibn»; dè»; ®m&:: Mamnmli Bteret ; de- V a liment ai ion (substances et. conserves alimentaires),, chez Muio, i;2, rue i faute feuille (2: vol. 6 francs). Vous pourriez aussi vous renseigner à ce sujet chez J.-B. Bailr Iière, 19, rue Hautefeuilîe. Certains ouvrages de leur encyclopédie agricole doivent contenir des indications de cet ordre:
- M. U. Krafft, à Cartagena. — Les précautions à i prendre varient suivant les dispositions des installations et suivant les, appareils.,
- ; M. Papmdali is-, à L a C anéè.,— 0«va?a ger sur. la Tannerie :
- I Gu&s, et peauæ, par H. Voinesson de LaveMnes, chez ’ J. B., Baillière.* et fils,, éditeurs,, 19, rue Hautefeuilîe,
- 1 Paris.
- M. Leroux,, à Lisieux.. ;— La fabrication de timbres : en caoutehouc: nécessite un outillagé spécial et. m’est guère à lai portée d/un amateur.
- M** de. la Villardière, à La> Fret-te, — x° L’article-sur les bois gra-s, (n° 1^-2fr, du 23* juin '1906) répond à votre question;.. — a0 Qn peut préserver1 le bois de l’atteinte des insectes;, qui y déposent leurs oeufs,, au, moyen de. la peinture: suivante.-; alun, 6o,gr..; sulfate de fer, 6o.*gr..; acide borique, 3o> gr. ;, gélatine1, 19* gr. ; empois,, 6.* gr. ; eau,, iqoo gr. Qn; colore: ensuite à volonté-.
- Accusés die iréceptiou- — Avis, divers. — M: L.
- GJiallèinel, à V. Tous nos regrets, mais il nous, est impossible de revenir sur une-question épuisée, sauf en ce qui. concerne dès points de détail trop particuliers.
- — M^ Fr. Vaxdeh,. àt Paris.. Veuillez vous, adresser à un médecin spécialiste. —M...F. Leroux, à> Constantinople. Get ouvrage existe: sou® le titre Recettes et' procédés utiles-, & séries de* chacune l volume: à 2 francs, librairie Masson et: Gi0,.’i2O.,, boulevard Saint-Germain, à. Paris.
- — ML. Guy Marnèse,. à< Caen.. Veuillez: consulter l’ouvrage ci-dessus, 4? série;.. — M. Quyot, à- Bordeaux. M. G. Buclou, à Bordeaux. Remerciements pour vos communications».
- Mï ÿkgfwi',. Si Médèabi. — Ouvrages; raihiiufe a la
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5o"',3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE- DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OIISEliVATlONS GÉNÉHALES
- Lundi 25 juin .... 17°.0 N. W. 2. Peu nuageux. » Posée; nuageux.
- Mardi 26 . 17“,2 Calme. Peau. 0 Posée; pas trace de nuage.
- Mercredi 27 21°,0 8. 1. Beau. » Posée ; beau.
- Jeudi 28 20°,7 E. S. E. 2. Pou nuageux. 0,4 Posée; nuag. ; trois coups de tonnerre au S. à 8 h. 20: éclairs au S. E. à 21 h. 50.
- Vendredi 29 17°,8 \V. S. W. 5. Très nuageux. 0,0 Presque eoxivcit ; quelquefois des gouttes.
- Samedi 50 11°,1 S. 1. Peu nuageux. » Posée ; très nuageux.
- Dimanche 1" juillet . 11°.5 N. E. 1. Très nuageux. » Posée. ; très nuageux.
- JUIN-JUILLET 1905. — SEMAINE DU LUNDI 25 JUIN AU DIMANCHE 1" JUILLET 1903.
- Lundi
- Mardi
- | Mercredi |
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche | *
- courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent Les courbes du milieu indiquent, 'be épaisse, les .pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, iheimometie a La le sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. ___________________________ |
- Chronique météorologique
- Le temps. —- Le temps a été très chaud pendant la semaine du a.1) juin au ier juillet. Le 2.5 juin, la pression atmosphérique a été très élevée à l’Ouest de l'Europe ; on a observé 770 mm à Nantes. Des vents faibles et modérés de l’Ouest ont soufflé sur les côtes de la Manche, ils étaient plus forts, du Nord-Ouest, sur les côtes de la Méditerranée. Il a plu à Dunkerque, où l’on a recueilli 21 mm d’eau, à Gap (6 mm), à Nancy (5 mm), à Belfort (2 mm). La température était 120 à Calais, 170 à Paris, i8°à Clermont, 210 à Perpignan, io° au Puy de Dôme, io° au Pic du Midi, 5° au mont Ventoux. La température moyenne à Paris a été i7°,6, supérieure de o°,3 à la normale ; on a observé un maximum de 2O0,3 à la Tour Eiffel à 3 heures du soir. Le 26 juin, la pression atmosphérique, malgré une baisse de 5 mm sur la Gascogne est restée snpérieure à 76!) mm sur l’Ouest et le Centre du continent. La température était le matin à 7 heures 16° à Cherbourg, 170 à Paris, 210 à Toulouse, 27° à Toulon, 160 au Puy de Dôme, 110 au mont Yen-toux, io° au Pic du Midi. La température moyenne a été 20°,7, supérieure de 3°,3 à la normale; le maximum observé à la Tour Eiffel a été 26°,2 à 6 heures du soir. Le 27 juin, les pressions supérieures à 765 m-m se trouvent sur le Centre du continent et la Méditerranée. Un vent à l’Ouest souffle sur les côtes de l’Océan et de la Manche. En France, la sécheresse a été générale. Le thermomètre marquait le matin i5° au Havre, 160 à Nantes, 200 à Perpignan, 210 à Paris, 2 5° à Clermont, 9n au mont Mounier, 120 au Pic du Midi, 190 au Puy de
- Dôme. Le 28 juin, des basses pressions dont le minimum atteignait 745 mm s’étendaient vers le Sud-Ouest du continent, à l’entrée de la Manche. Il soufflait un vent faible des régions Sud sur les côtes de la Manche, et sur les côtes de la Méditerranée. Des ondées orageuses ont eu lieu sur le littoral de l’Océan. La température a été 36° à Lyon, 36° à Clermont, 35° à Charleville, 33° à Limoges, 33° à Paris, 25° à Besançon, 24° à Toulouse, 170 à Nantes, 8° au Pic du Midi. L’élévation anormale de la température a amené de violents orages. A Bergerac (Dordogne), vers 4 heures du soir, des grêlons sont tombés, qui avaient la forme d’un œuf de poule, brisant tout. Il y a eu également de très forts orages à Périgueux, à Charleville, à Bordeaux et dans un grand nombre d’autres endroits. Le 29 juin, les basses pressions se sont dirigées vers l’Est; la pression s’cst relevée en Irlande et en Ecosse ; à Paris, nous avons eu 780,8 mm. Un vent fort a soufflé de l’Ouest sur nos côtes de l’Océan et de la Manche. La grêle a causé de grands dégâts dans les Ardennes. La température était le matin i3° au Havre, i5° à Nantes,. 180 à Paris, ix° au mont Ventoux, io° au Puy de Dôme. A Paris, on a observé dans la journée de violents coups de vent et une brume peu épaisse. La Seine présentait elle-même des vagues courtes, d’un aspect tout particulier. Le 3o juin, des pluies sont tombées à Dunkerque (8 mm d’eau), à Nancy (4 mm), et à Boulogne (3 mm). La température était le matin io° à Besançon, xi° à Paris, 140 à Nantes. Le i°' juillet, la pression était 765 mm sur le Nord de la France. Le thermomètre a marqué 120 à Paris, 120 5 Clexunont, 70 au mont Aigoual, 4° au Puy de Dôme.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 29 à 2 h. 28 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, "Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘°, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1729 (14 JUILLET 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Deuxième Congrès international d’assainissement et de salubrité de l’habitation. — Le deuxième Congrès international d’assainissement et de salubrité de l’habitation se réunira à Genève du 4 au IO septembre prochain. Les organisateurs se proposent de faire appel aux hommes les plus compétents, médecins, hygiénistes et architectes de tous pays afin d’étudier les moyens propres à améliorer la salubrité des logements, condition essentielle de santé et de prospérité. — Pour tous renseignements, s’adresser à M. A. Wuarin, avocat, i, rue des Moulins, à Genève.
- Association française pour l’avancement des sciences. — Le 35“ Congrès de VAssociation française pour Vavancement des sciences aura lieu à Lyon du 2 au 7 août, sous la présidence de M. Gabriel Lippmann, membre de l’Institut. La question de la photographie des couleurs, spécialement mise à l’ordre du jour, sera discutée en séance générale. Après des visites scientifiques aux établissements industriels lyonnais, la session se terminera par une excursion à Annecy, Saint-Gervais et Chamonix. Pour les inscriptions et les renseignements, s’adresser au Secrétariat de l’Association, 28, rue Serpenté, Paris (6e); pour jouir de la réduction de tarif sur les chemins de fer, les' demandes doivent être adressées le plus tôt possible.
- La première petite planète au delà de Jupiter. — A l’Observatoire de Heidelberg, M. Kôpff a trouvé, le 22 février dernier, une nouvelle petite planète portant la désignation provisoire de 1906 T. G. Celte découverte, qui à première vue semblerait devoir se confondre avec celles analogues, faisant grossir, d’année en année, le chiffre plus que respectable déjà des astéroïdes, mérite mieux qu’une simple mention. C’est que la nouvelle planète offre la particularité très curieuse de se trouver, à sa moyenne distance au Soleil, plus éloignée que Jupiter : les éléments de 1906 T. G. calculés par M. Ber-berich donnent pour le demi-grand axe de l’orbite le chiffre de 5,248, alors que pour Jupiter on a seulement 5,202. Lorsque Piazzi découvrit la première petite planète, Cérès, le ier janvier 1801, celle-ci se plaçait justement à la distance à laquelle les astronomes recherchaient un astre inconnu, d’après la loi empirique de Bode, qui reçut ainsi une sorte de confirmation éclatante. Puis les découvertes se succédèrent dé plus en plus nombreuses, groupées dans cette région, qui fut désignée jusqu’à nos jours sous le nom de zone des petites planètes comprises entre Mars et Jupiter. Cependant, en 1898, la découverte d’Eros, par M. Witt vint jeter un trouble dans cette harmonie. Eros, en effet, dont l’orbite est très excentrique avec une distance moyenne de i,458,
- est plus rapprochée du Soleil que Mars dont là distance est 1,537. Et voilâ que la nouvelle découverte de M. Kopif vient encore élargir notablement la zone, et surtout en changer complètement les limites d’une façon, inattendue. L’orbite de 1906 T. G., très excentrique, coupe celle de Jupiter de telle façon que, tous les 900 ans environ, les deux astres pourraient se rencontrer. Mais il ne s’agit là que de conjonctions apparentes, qui auraient lieu pour un observateur idéal situé au. pôle de l’écliptique; par leurs inclinaisons très différentes ces orbites ne sont en aucun point très rapprochées.
- Cependant, en présence de ce fait, on peut admettre qu’il n’est pas unique peut-être, et que, des rencontres ayant eu lieu dans des conditions plus favorables, des petites planètes ont été réellement capturées par Jupiter pour venir grossir son cortège de satellites. Telle est du moins l’hypothèse très recevable émise par M. Stroo-bant, et elle s’appliquerait très bien aux derniers et minuscules satellites VI et VII qui ont été découverts autour de la planète géante de notre système.
- Congrès d’aérostation scientifique. — M. Hergesell, président du Comité international d’aérostation scientifique, a annoncé le 28 juin, dans la séance de la Société de navigation aérienne, que le cinquième Congrès bisannuel aura lieu à Milan, dans les premiers jours du mois de septembre. Il y aura des concours de ballons dirigeables. M. Palazzo, directeur du bureau météorologique italien, présidera le Congrès. r
- Conférence polaire internationale. — Nous avons signalé ici même, en son témps, la formation d’une commission belge en vue de l’organisation d’un congrès international pour l’étude des régions polaires. Ce Congrès s’ouvrira à Bruxelles le 7 septembre 1906. Comprenant de droit les délégués des États, des académies et des sociétés savantes, les personnes ayant fait partie de l’état-major d’une expédition scientifique polaire, le Congrès sera accessible en outre à toutes les personnes intéressées moyennant une cotisation minime. La clôture du Congrès aura lieu à Marseille le i5 septembre. Pour tous renseignements, s’adresser à M. Lecoinle, directeur scientifique de l’Observatoire de Belgique, àUccle.Comme nous l’avons déjà annoncé, le but du Congrès consiste surtout dans l’élaboration d’un plan méthodique d’explorations scientifiques et la création d’une Société internationale pour l’étude des régions polaires.) D’autrepart nous avons déjà signalé à nos lecteurs le projet d’expédition polaire publié par M. Arctowsky et qùi' doit être discuté devant le Congrès. M Ch. Bénard, officier de marine, président de là Société française d’océanographie, vient de même de publier un Projet <r/’expédition
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- INFORMATIONS
- océanographique double à travers le bassin polaire arctique. Nous reviendrons, s’il y a lieu, sur. ces travaux, après la discussion qui aura lieu au Congrès et qui sera parmi ses plus intéressantes parties.
- Téléphonie avec Rome. — Des relations téléphoniques ont été installées depuis le xcr juillet entre Paris et Lyon, d’une part, et Rome d’autre part. Par une convention spéciale entre la France et l’Italie, on a également décidé de relier la ligne de Marseille à Turin et à Gênes et d’assurer la communication de ces deux villes à Rome.
- Câble télégraphique au Japon. — Un câble télégraphique vient d’être établi entre Tokio et l’île de Guam. Le circuit de la Compagnie du Commercial Cable est ainsi complété en Extrême-Orient et s’étend de San Francisco à la Chine et au Japon.
- Tempêtes en Espagne. — La vallée de l’Èbre, en Espagne, a été ravagée le 29 juin par un violent orage de pluie et de grêle. Les vignobles ont été détruits dans les villages de Nelda, Isla, Llena et Albelda; les ravages ont été considérables.
- Tremblement de terre. — Le 5 juillet, entre 41* 3' et 711 4‘T, on a ressenti à Sienne (Italie) plusieurs secousses de tremblement de terre ; deux surtout ont été très violentes.
- Tempête sur la Manche. — A la suite de la violente bourrasque du Nord-Ouest qui s’est abattue tout à coup le 29 juin sur la Manche, neuf bateaux de pêche ont été jetés à la côte est de Gravelines ; l’un d’eux a chaviré et les deux hommes qui le montaient ont été noyés.
- La pluie à Rome au XIX0 siècle. — Dans une note des Comptes rendus de VAcademia, dei Lincei, le D‘ F. Eredia donne la hauteur des chutes d’eau mensuelles et annuelles observées au Collegio Romano de 1825 à igo5. La moyenne annuelle est de o,858 m; le maximum des pluies va d’octobre à décembre ; le mois le plus pluvieux de toute la période a été celui de novembre 1878 (o,3g6 m.).
- Une mine de tungstène française. — Le tungstène a un certain nombre de petites applications qu’il serait trop long de rappeler ici ; mais ce sont surtout les qualités de résistance qu’il donne aux aciers et la très forte densité de ses alliages qui le font rechercher. Dans ce dernier ordre d’idées on fait, depuis longtemps, des essais pour augmenter la raideur de la trajectoire avec les balles de petit calibre en y incorporant une certaine quantité de tungstène. D’où l’intérêt qui s’attache aux gisements, rarement assez développés pour être exploitables par eux-mêmes, où l’on rencontre ce métal. La presque totalité de tungstène utilisé dans le monde est un sous-produit des mines d’étain, par exemple de celles du Cornwall. Nous avons en France un gisement de tungstène depuis longtemps connu, mais dont l’exploitation a toujours été assez précaire et momentanée, c’est celui de Puy-les-Vignes, au voisinage de Saint-Léonard, dans la Haute-Vienne. La seule exploitation un peu durable qui y ait été faite de 1884 à 1886 l’a été par uue Société allemande qui a une sorte de monopole pour la vente des produits du tungstène, ferro-tungstène, ferro-wolfram, tungstène métallique, tungstate de soude, etc., la Biermanns Métal Industrie de Hanovre. Etant donné le rôle militaire que pouvait jouer le tungstène dans la fabrication de nos projectiles, la situation 11e laissait pas que d’être un peu bizarre. Précédemment, ce gisement, découvert en 1795, avait été, vers 1809, l’objet de quelques travaux de la part de l’administration des mines qui, en ce temps-là, avait la faculté, aujourd’hui supprimée, d’employer une faible partie du produit des impôts sur les mines en recherches entreprises dans un intérêt national. L’exploitation de la Société allemande n’a pas donné des résultats industriels bien brillants. Commencée en 1884, elle a produit cette année-là une dizaine de tonnes du minerai de tungstène qui est un ferro-tungstate de manganèse appelé le wolfram, le tout valant sur le carreau de la mine environ 12000 fr. En 1885, on obtint i3 tonnes valant x5ooo fr. et, en 1886, la mine fut de nouveau abondonnée. Actuellement on fait une petite tentative de reprise.
- Sur un plateau de micaschistes désagrégés qu’ombragent les châtaigniers affleurent quelques veines de quartz irrégulières qui recoupent les micaschistes avec la tendance ordinaire des filons en semblable terrain à s’interstratifier. Ces quartz, qui se rattachent au groupe des venues pegmatoïdes et granulitiques, sont là dans des
- conditions dont le plateau central “offre d’autres assez nombreux exemples : aux gisements de bismuth de Meymac, aux liions stannifères de Vaulrycieux, des Coletles, etc., liés à une action métamoi’phique profonde qui a produit de tous côtés des injections degranulite ou ou de quartz sans continuité individuelle. Les derniers filons reconnus sont des veines presque horizontales ayant de 3o à 40 centimètres d’épaisseur et où le wolfram est ^régulièrement disséminé avec un peu de pyi'ite cuivreuse et de faibles indices d’étain.
- La destruction des animaux en Australie. — On sait combien l’Australie est intéi'essante pour sa faune. C’est un peu comnxe un musée naturel où se trouvei’aient conservés des types repi'ésentatifs d’espèces, de genres même et de familles animales aujourd’hui dispai’us du reste du monde. La société linéenne de la Nouvelle-Galles du Sud jette à ce propos un cri d’alarme, et, déclarant que ces pi'écieux témoins sont en danger, demande pour eux de sévères mesures de protection. Il est de fait que ces animaux ont à se défendre contre deux sortes de dangers fort sérieux : d’une part les chassexxrs, et de l’auti'e le poisoix, très employé contre les lapins (importation étrangère par l’homme, devenue une véritable plaie), mais qui ,se trompant trop souvent d’adi'esse, devrait être formellement interdit. La pi'otection des types australiens est plus qu’une question locale ; elle doit intéresser tous les naturalistes.
- Le vin d’Algérie. — Les viticulteurs de la Mitidja, en Algéi’ie, désirei'aient voir autoriser chez eux le vinage à la cuve de façon à relever d’un degré la richesse alcoolique des vins. On sait que la loi sur lés sucres autorise le relèvement de richesse alcoolique des vins avec une addition de sucre jusqu’à 3 degrés, mais intei'dit fox-mellement le relèvement par addition d’alcool. M. le gouvenieur général a trouvé très équitable d’accorder aux viticulteurs algériens, conformément au vœu émis par le Conseil supérieur, l’autoi'isation de relever le degré de leui's vins par l’utilisation de leurs sous-pi'o-duits, et il a promis de s’en occuper.
- Une expédition scientifique en Mélanésie. — Notre confrère anglais Nature annonce qu’une expédition biologique et anthropologique est en train de s’organiser ayant pour but la Mélanésie, par les soins de la Royal geographical Society de Londres et sur les projets élaborés par le Dr A. C. Haddson, Les îles de Mélanésie constituent, au point de vue biologique, une des plus remarquables provinces naturelles, et l’on ne saurait dii'e qui doit y trouver le plus de profits, du géologue, du zoologiste, du botaniste, ou de l’anthropologiste, car la tâche reste pi’esque entière à accomplir pour chacun d’eux. Cependant c’est peut-être pour l’etlino-graphie qu’il y a lieu surtout de désirer la réussite prochaine de ce projet, au moment où les anciennes coutumes des peuplades sauvages de Mélaixésie tendent î-apidement à se modifier ou à se déti'uire, par suite de l’influence des civilisés avec lesquels elles entrent de plus en plus en rapport.
- Omnibus automobiles à Paris. — Les omnibus automobiles à Paris ont commencé à fonctionner; nous citerons d’abord la première ligne sur le parcours de Montmartre à Saint-Geiunain-des-Prés. Ces nouveaux omnibus automobiles sont actionnés par des moteurs à explosions ; les bandages des roues sont en caoutchouc, le profil est simple à l’avant, et double à l’arrière. Les dépenses relatives à l’exploitation des nouvelles lignes pour ce qui concerne l’entretien et l’amortissement des véhicules sont assui'ées par les constructeurs des moteurs et les fabricants de caoutchouc. Quelques autres lignes doivent être mises en service dans quelques jours.
- Aérostat. — A la fin du mois de juin, un aéronaute anglais, M. Thomson, faisait une ascension à Aix-la-Chapelle. Mais à peine élevé de terre, il trouva des courants d’air très fort, qui renversèrent tout. L’aérostat put atterrir sur la voie du chemin de fer de Cologne;. M. Thomson fut légèrement blessé dans sa chute.
- Manuel Garcia. — M. Manuel Garcia, le célèbre professeur de chant, est mort le 3o juin à l’âge de 101 ans. Dès sa jeunesse, il s’était adonné à l’étude du chant au-point de vue scientifique et artistique. On lui doit le laryngoscope, le pi’emier appareil qui ait peiunis l’examen des cordes vocales. Lors de son centenaire, nous lui avons du reste consacré une Notice complète dans le n° 1659 du 11 mars igo5, p. 23g.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- JJppareils à dessin
- Nouvel appareil à dessiner. — C’est une sorte de chambre claire rendant le dessin mécanique, et qui peut par conséquent être, des plus utiles pour ceux qui ont besoin de prendre des croquis sans avoir la pratique du dessin, et de la mise en perspective.
- La base de l’invention est toujours le pantographe, qui a rendu tant de services en tant d’ordres divers, mais un pantographe assez spécial. Ainsi que le montre la gravure ci-jointe, le dessinateur place devant lui une planchette presque verticale, sur laquelle il fixe son papier à dessin de façon telle qu elle ne lui masque pas le sujet à reproduire. La planchette est maintenue sur un chevalet, ou tout simplement sur le bord d’une table, par deux écrous à pression. Du haut de la planchette partent deux tiges métalliques obliques, qui concourent à une sorte d’anneau en forme d’oculaire, où le dessinateur vient appuyer son œil, ou plus exactement son orbite, afin que son point de vision ne se modifie pas par des déplacements involontaires de la tête. D’autre part, en travers de la partie supérieure de la planchette, est une tige métallique, recourbée par ses extrémités de manière à pénétrer dans les bords de la planchette : sur elle est enflée et peut courir librement une plaque métallique ayant à peu près la forme d’un losange. Cette plaquette se relève en haut et en bas pour donner appui à une autre tige métallique, celle-ci verticale, qui coulisse
- Appareil à dessiner.
- •ou peut coulisser dans les trous ménagés l’un vis-à-vis de î autre dans les bords ainsi relevés de la plaquette. A la partie inférieure de cette tige, est soudé un petit manchon permettant de maintenir un crayon verticalement à la planchette et au papier ; son autre extrémité peut être amenée dans l’espace en alignement avec l’œil •du dessinateur et les différents points de l’objet que ce dessinateur veut reproduire. Dans ces conditions, on comprend que la partie supérieure de cette tige verticale, appelons-la la pointe de visée, et le crayon, sont réellement animés d’un mouvement universel, par suite de la combinaison du déplacement vertical de la tige et du déplacement latéral de la plaque. Si donc on met le crayon en contact avec la surface du papier, et qu’on conduise la pointe de visée en face successivement de tous les points du sujet à reporter sur le papier, le dessin va se tracer tout seul, et à une échelle correspondant à la distance à laquelle l’appareil se trouve du modèle. — Cet appareil est dû à M. Daly, demeurant 538 West 29 th. Street New-York.
- Un nouveau T à dessin avec équerre mobile. —
- Cet appareil est ingénieusement combiné pour permettre de tracer une foule de lignes avec une rapidité précieuse et suivant des inclinaisons essentiellement variables. En réalité, l’équerre est indépendante du T, mais c’est surtout eu glissant le long du T qu’elle est susceptible de rendre tous ses services : elle constitue la pièce indispensable de la combinaison, et donne le moyen de tracer avec la plus grande rapidité des traits qui ne sont pas parallèles aux bords du papier, et qui sont normaux les uns aux autres.
- Supposons, par exemple, une ligne axiale AB tracée suivant un angle quelconque : l’équerre peut pivoter rapidement autour de son pivot, de façon que son bord vienne se mettre parallèle à AB et qu’on soit à même, <en outre., de vérifier aisément ce parallélisme par glisse-
- ment de la base de la pièce portant l’équerre le long du T. Il faut dire que tout le petit instrument est en celluloïd épais et résistant, ce qui facilite à l’œil la vue de toutes les lignes déjà tracées. Le glissement de l’appareil permettra de tirer d’autres lignes parallèles à AB, ou au contraire une série de perpendiculaires à cette même ligne. La base D de l’appareil est du reste divisée par des traits plus ou moins multipliés, qui correspondent aux divers angles usuels, et qui suppriment la nécessité d’un rapporteur. — Cet instrument, qui se nomme « Simplon », — nous ne savons au juste pourquoi, — est mis en vente par MM. Simpson and C°, 1 Cavendish Street, Barrow in Furness, Angleterre.
- 'Electricité jj
- Bras flexible pour lampe électrique. — Flexible au sens exact du mot, car on peut lui faire prendre toutes les positions, toutes les obliquités. A la vérité, le dispositif n’est pas très élégant, mais il est susceptible d’assurer un excellent éclairage en permettant de toujours approcher la lampe du point où l’on veut faire tomber la lumière. A la base de l’appareil est un trépied métallique suffisamment large et lourd poùr donner l’équilibre en dépit de tous les porte-à-faux. Au centre de ce trépied est un trou dans lequel s’enfonce une cheville de bois creuse dont la partie supérieure vient à son tour s’engager sans aucun jeu dans le bout, l’évidement le plus large d’une sorte de cône en bois très court et évidé; le bout opposé du cône supporte à son tour un autre cône, de bois dur comme tout le reste, qui est lui aussi évidé intérieurement, et ainsi de suite. En enfilant ainsi toute une série de cônes, on constitue finalement une tige plus ou moins longue qui est douée de flexibilité, puisque chaque cône peut se déplacer dans une certaine limite sur le cône inférieur et sur le cône supérieur. Quand on a obtenu la longueur que l'on juge convenable pour l’usage auquel est destinée la lampe, ou plus exactement son support, on fait passer un fil métallique flexible à travers les trous successifs des évidements des cônes, c’est-à-dire qu’011 enfile tous ces cônes, et comme le fil métallique porte un filetage à chacune de ses extrémités, on commence par y visser un écrou sous le trépied (puisqu’il passe naturellement par le trou central de ce trépied) ; ensuite on le visse par l’autre bout dans le culot spécial où l’on montera la lampe électrique. En serrant plus ou moins l’écrou qui est sous le. pied, on arrive à donner plus ou moins de rigidité à la série des cônes, et le frottement des surfaces en bois aidant, on parvient à combiner un bras qui est essentiellement flexible, mais qui pourtant demeurera dans la position où on le mettra, la lampe ne représentant pas un bien grand
- poids à son extré- Bras flexible pour lampe électrique, mité. Des œillets
- sont du reste disposés sur certains des cônes de bois, et l’on y fait passer le fil électrique amenant le courant jusqu’à la lampe.
- On se trouve ainsi en possession d’un appareil d’éclairage dont le bras a une portée horizontale de 90 centimètres à peu près, et d’une lampe proprement dite qui peut se disposer suivant n’importe quel angle. — Les fabricants sont MM. S. Bill and C°, manufacturiers anglais, 56, Guest Street, à Birmingham.
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- Nouveau T à dessin
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Mécanique
- Etau à usiner. — Il porte le nom ou la désignation, mystérieuse en apparence, de « B. O. B. Machine Vice ». Il est construit et a été imaginé, pensons-nous, par MM. Thomas Ashton, de Sheilield.
- L’appareil comporte deux parties : l’étau proprement dit et la base sur laquelle cet étau peut tourner avec ce qu’il maintient dans ses mâchoires ; nous n’avons guère besoin de dire aux praticiens que cette disposition est précieuse, d’autant que le pourtour de la base de rotation, porte une graduation, qui donne par suite le moyen
- Nouvel étau.
- de lixer l’axe de l’étau suivant une direction, un angle déterminés et de travailler la pièce prise dans l’étau suivant une ligne et un angle également déterminés. Il va de soi que les bords de la base, carrés, sont soigneusement dressés normalement l’un à l’autre, car c’est là ce qui fournit le point de repère pour l’angle à adopter dans le travail. Les mâchoires mêmes de l’étau sont susceptibles de tourner autour d’un axe vertical : et cela assure, sur une pièce à côtés non parallèles, une prise aussi solide que sur une pièce régulière à cet égard. Ce qui n’empèche pas du reste de pouvoir disposer les mâchoires dans un parallélisme absolu. On a la possibilité de substituer une mâchoire en Y à une des mâchoires à face plane telle que le montre le dessin, et cela pour saisir énergiquement une surface courbe. Les faces des mâchoires sont toujours faites de plaques d’acier durci qu’on peut renouveler facilement. Les dentelures creusées dans la partie supérieure de l’appareil où portent les mâchoires, ont pour but de permettre le déplacement brusque de la vis de l’étau sur une distance assez considérable, si bien qu’ensuite il suffit d’une faible rotation de la vis pour effectuer le serrage complet. Ajoutons enfin qu’un évidement perce la base de l’appareil de part en part afin de donner passage, en cas de besoin, à une perceuse qui viendra atteindre par en-dessous la pièce serrée dans l’étau. Tout cela est fort bien compris.
- Appareil transportable pour chauffage de Peau.
- — Ce dispositif est intéressant en ce sens qu’il permet de chauffer l’eau ou le liquide quelconque contenu dans un récipient sans qu’on ait à mettre ce récipient sur le feu (ce qui est souvent matériellement impossible), ou sans qu’on ait à verser le liquide dans un autre vase pouvant supporter l’action du feu. Ce réchauffeur, qui a été imaginé spécialement pour élever la température de l’eau
- des tubs, des cuvettes, est disposé sous forme de flotteur ; on le place flottant dans l’eau qu’il faut chauffer, et c’est grâce à sa flottabilité qu’on peut le déplacer dans le liquide, pour assurer plus rapide-
- Chauffage de l’eau. ment l’élévation de
- température de toute la masse. Il consiste essentiellement en une coquille, une demi-sphère de cuivre montée dans un anneau de bois, celui-ci le protégeant des chocs inopinés et augmentant encore sa flottabilité et surtout son équilibre. Un brûleur à gaz, monté au bout d’un tube recourbé qui pénètre dans la coquille, et qui est naturellement relié à une piûse par un tuyau de caoutchouc, descend tout près du fond de la coquille. Du reste, des ouvertures d’arrivée d’air sont ménagées dans la partie arrière du tube, pour mieux assurer la combustion et donner une chaleur plus intense. Tout le pourtour intérieur de la coquille, est entouré d’un enroulement de fils métalliques en cuivre,, qui sont là pour recevoir une bonne partie de la chaleur du brûleur et pour la transmettre à la coquille, celle-ci
- la transmettant à son tour à l’eau dans laquelle elle flotte. En très peu de temps, on peut chauffer de la sorte une masse d’eau assez considérable, et dans le récipient le moins susceptible de subir l’action directe d’un foyer. — Cette combinaison assez curieuse est due à un Américain, M. Charles Daly, qui habite à New York, 538, West, 29 th. Street.
- Ùg'TNS, Divers 'S'C,§}3
- Attrape-mouches. — On se plaint toujours des mouches pendant les mois de forte chaleur. A la campagne comme dans la ville, tout le monde souffre de ces vilaines petites bêtes qui vous agacent et que leur agilité rend si difficiles à attraper. Mais ce n’est là que le moindre inconvénient. En effet les mouches sont les agents les plus dangereux pour la transmission des maladies contagieuses et des matières infectieuses. Aussi, depuis quelque temps, a-t-on ouvert des concours pour combattre ce véritable fléau. A côté des grands remèdes ayant pour but la destruction des œufs, il est utile de signaler les inventions pratiques pour se protéger chez soi des mouches que les mesures préventives n’ont pas empêché d’éclore et le petit appareil simple et efficace que nous allons décrire sera certainement apprécié de tous. Une boîte métallique de petites dimensions est traversée par une bande de tôle percée d’un trou à chaque extrémité. En tirant sur l’extrémité de cette bande, on lui fait complètement Q traverser la boîte. Celle-ci est garnie de glu . 4 5 qui se dépose en mince couche tout le long de \ ^ ^
- la bande. A l’aide des trous des extrémités il -Vjù' &1 ne reste plus qu’à suspendre le piège et cha- * :flv * * que mouche qui vient se poser sur la bande ^
- est retenue prisonnière. Lorsque la bande est suffisamment garnie on n’a qu’à la faire traverser une seconde fois la boite en tirant sur l’autre extrémité. Les insectes englués rencontrent les bords de la fente pratiquée dans la boîte, tombent et la bande sort de l’autre côté munie d’une nouvelle couche de glue et prête à faire de nouvelles victimes. Lorsque la boîte est vide, ce qui demande un certain temps, il suffit de la remplir de glu pour que le même piège puisse servir indéfiniment. — L’atlrape-mouches se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Nouvelle brosse pour souliers. — Les chaussures jaunes, à la mode aujourd’hui, comme les chaussures vernies demandent un soigneux entretien lorsqu’on veut leur conserver le bel aspect du neuf. Jusqu’à ce jour le nettoyage et l’entretien de ces chaussures se faisaient la plupart du temps au moyen de chiffons, car il n’existait aucun appareil pratique remplissant ce but. La nouvelle brosse permettra à l’avenir d’entrètenir ces chaussures à l’état de neuf avec la plus grande facilité et pendant très longtemps. Elle se compose d’une armature en métal nickelé de là forme d’une brosse à manche ordinaire.
- Nouvelle brosse pour souliers,.
- D’un côté de cette armature coulisse une excellente brosse pour le nettoyage préalable. De l’autre côté sont disposés côte à côte un certain nombre de carrés de feutre de 5 mm d’épaisseur. Ce feutre ayant subi une préparation chimique spéciale possède la propriété de rendre au cuir l’apparence et le brillant du neuf. Pour cela il suffit après avoir préalablement nettoyé la chaussure avec la brosse, d’étendre la crème au moyen du pinceau logé dans la poignée et de frotter vigoureusement le cuir avec le côté de la brosse formé par les carrés de feutre spécial. Les résultats obtenus sont surprenants. La monture métallique rend la brosse presque inusable et d’une durée indéfinie, les parties sujettes à usure, carrés de feutre, pinceau et brosse se remplaçant très facilement. — La nouvelle brosse se trouve à la même adresse que ci-dessus.
- Attrape-
- mouches.
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- VARIÉTÉS
- L’auto-hippique. — Depuis qu’il y a, sur la terre, des bœufs et des charrues, on a dissuadé l’homme de mettre la machine avant l’animal. Cette vérité ne serait qu’une regrettable erreur. M. Bonmarchand nous l'affirme.
- Il vient, en effet, d’imaginer un système de locomotion animale qui renverse l’ordre habituel des choses : le cheval est attelé derrière la voiture ! Chacun étant libre d’apprécier l’idée comme bon lui semble, je me contenterai de dire comment elle est réalisée pratiquement.
- L’aulo-hippique est d’une simplicité dont rien n’approche. Un châssis, porté par quatre roues garnies de pneumatiques, reçoit à l’avant une carrosserie sommaire tout à fait semblable à celle d’une voiture automobile à deux places ; le cheval est engagé à l’arrièi-e, à l’intérieur du châssis, et n'intervient que pour pousser le véhicule. La direction, donnée par un volant, agit sur les roues avant. Le conducteur a à sa disposition une pédale au pied à l’aide de laquelle il actionne deuxéperons qui, bien que n’étant pas montés derrière des talons de botte comme ceux des cavaliers, effectuent les changements de vitesse. L’arrêt s’obtient en pressant sur une autre pédale qui fait dresser un disque sous le nez du cheval.
- Celui-ci porte un collier ou de préférence une bricole, sorte de sangle enveloppant le poitrail à laquelle sont attachés les traits fixés d’autre part à l’arrière du châssis. Une ceinture, ou surfaix, entoure le corps du cheval; elle est liée à la sous-ventrière, large courroie bouclée de chaque côté du châssis qui empêche le cheval de tomber. Un licol, prolongé par une courroie reliée à une pédale, est passé autour de la tête ; en pressant sur la pédale, la courroie force le cheval à reprendre le pas
- après le trot et même à s’arrêter. Enfin le disque d’arrêt, qui est constitué par une toile maintenue dans un cadre, peut également servir de mangeoire pendant les haltes.
- Le cheval, ne faisant que pousser le véhicule, ne peut opposer aucune résistance dans les virages ; il est attelé comme à un manège et obéit d’autant plus fidèlement à la commande directrice que les roues arrière adhèrent forcément au sol par la tension de la sous-ventrière qui appuie constamment sous le ventre de l’animal. Cette sous-ventrière peut être suffisamment
- large pour porter entièrement le cheval ; dans les descentes, le véhicule étant alors entraîné par son propre poids, on peut réaliser des vitesses de 5o kilomètres à l’heure. La manœuvre de cette sous-ventrière s’effectue par un levier. En aucun cas le conducteur n’est donc appelé à descendre.
- La partie mécanique est construite en acier, montée sur roulements à billes et pèse environ ioo kg. Un cheval ordinaire, affirme l’inventeur, peut journellement parcourir de 60 à ioo km. En somme le rôle du cheval, dans cette très originale conception, est réduità celui d’un simple moteur. N’étantplus chargé de la direction, on lui a supprimé une partie du harnachement habituel : brides, guides, et divers autres accessoires. Cela n’est pas pour déplaire à la Société protectrice des animaux. Mais la volonté de l’animal n’existe plus ; c’est là, à notre humble avis, un sérieux inconvénient, car maintes fois la bête sait ramener l’homme à la maison alors que ce dernier n’est plus capable de le faire lui-même. Avec Un tel système on en arriverait à annihiler l’intelligence des chevaux et à les réduire à l’état de machines, ce qui est contraire au progrès ! Lucien Fournier.
- L'aiito-hipmqae.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Traité d'hygiène, par Brouardel et Mosny, in-8°. Paris. J.-B. Baillière, 1906. Eascic. III. Anthropologie, Hygiène individuelle, Education physique, par Anthony, Dupré, Ribieriuï, J. Brouardel, Boulay, Morax et Lafeuille. 296 p. et 38 fig. Prix : 6 fr.
- « Etude de la forme humaine ; l’évolution psychique ; le surmenage intellectuel; hygiène du vêtement; propreté corporelle ; hygiène des organes des sens ; exercices et éducation physiques ; respiration, etc. »
- Fascic. X, Hygiène navale, par Duchateau, Jan et Planté, 356 p.,'3pl. et.38 fig., prix : 7r,',5o.
- Les navires de guerre au point de vue de l’hygiène ; hygiène des marins ; l’eâu à bord ; pathologie navale; marine marchande et de commerce.
- Le Tour de France, guide du touriste, in-folio. Paris,, 295, boulevard Raspail (XIVe arr.), i5 francs par an.
- Cette remarquable publication, qui, depuis trois ans, a assumé la tâche de faire connaître tous les beaux paysages et monuments de France, vient de se transformer totalement. Elle paraîtra désormais tous les deux mois par fascicules d’au moins 48 pages, 200 gravures et plusieurs planches hors texte en cou-
- leurs, héliogravure et phototypie. Ce sera, et c’est déjà, un vrai « Musée de la France » d’exécution prestigieuse et de bon marché fabuleux.
- Expériences sur le travail des machines-outils pour les métaux. 20 fascicule : Forage des métaux, par C. Codron, ingénieur, professeur à l’Institut industriel du Nord. 1 vol. in-40. H. Dunod et Pinat, éditeurs. Paris. Prix : 25 francs.
- Dans cet ouvrage fort remarquable, l’opération du forage a été traitée par M. Codron avec tous les éléments techniques que peuvent comporter les forets en leurs formes si variées.
- Eélectricité industrielle mise à la portée de l'ouvrier; par E. Rosenberg. Traduit de l’allemand, par A. Mau-duit. 20 édition. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs. Paris. Prix : cartonné, 10 francs.
- La houille verte. Mise en valeur des moyennes et basses chutes d’eau en France, par Henri Bresson. Ouvrage publié sous les auspices de M. le Ministre de l’Agriculture. in-8°. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs. Paris. Prix : 7fr,5o.
- M. H. Bresson, après avoir tiré personnellement parti d’un barrage pour la production de la lumière
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- et de la force motrice nécessaires à ses besoins personnels, s’est fait l’ardent propagandiste de l’emploi de l’énergie des cours d’eau de plaine, à laquelle il a donné le nom de houille verte.
- La vie carieuse des botes, par Henri Coi pin. Paris. Armand Colin, 1906. 1 vol. in-16. Prix : ilr, 5o.
- Avec son talent ordinaire, M. Coupin a groupé ici sur : les bêles qui font de la gymnastique,— la chasse dans le monde des bêtes, — les comédiens de la nature, — les animaux qui s’habillent, — le chant des petits oiseaux, — les animaux boxeurs, — les bêtes en grève, — les animaux qui ne payent pas leur terme, — la ménagerie qui nous entoure, — les bêtes qui vont en vacances, — tout un ensemble de petits faits exacts, dans un style sans prétention scientifique, qui assureront à son livre un grand succès chez les enfants.
- Parasitisme et mutualisme dans la nature, par le D1' L. Laloy, bibliothécaire de l’Académie de médecine. Préface de M. Giard. Paris. F. Alcan, 1906. 1 vol. ia-8°. Prix : 6 francs (Bibliothèque scientifique internationale).
- J, abbé Richard hydrogéologue, étude sur sa vie et son secret pour la découverte des sources. U hydroscopie sensitive et là baguette, par le Dr Ch. Vigen ;(de Montlieu). La Rochelle. Imprimerie nouvelle, Noël Texier, 1906. 1 vol. in-8°. Prix : 1 franc.
- JJ éducation aidée par la graphologie, par Solange Pellat. Paris. Hachette et CiG, 1906. 1 vol. in-16. Prix : 3fr,5o.
- Le vieillissement artificiel des vins et des spiritueux, par Frantz Mai.vezin. Paris. Jules Roussel, 1906. 1 vol. in-16. Prix : ifr,5o (Les actualités chimiques et biologiques).
- Catéchisme de Vautomobile à la portée de tout le monde, par H. de Grafeigny, ingénieur civil. 1 vol. in-8. Paris. Librairie Bernard Tignol.
- IJ Olivier, par le prof. Théobald Fischer (supplément n° 147 au Petermanns Mitteilungene, Gotha : Justus Perthes, mai 1904.) In-4°, 87 pages et une carte du bassin méditerranéen. Prix : 6fr,25.
- Intéressante monographie botanique et économique de l’olivier dans tous les pays du monde.
- Vaménagement des établissements publics. Application aux sanatoriums et hôpitaux (Chauffage. Ventilation. Eclairage. Alimentation,et stérilisation des eaux. Désinfection). Paris. 11. Dunod et E. Pinal, 1906. 1 vol. in-8°. Prix : 7r,',5o.
- Les Oiseaux d'Europe, tableaux synoptiques, par P. Paris, préparateur de zoologie à l’Université de Dijon. Paris. L. Laveur. 1 vol. in-16. Prix : 8 francs.
- Les couleurs, les matières colorantes, les mordants en teinture, par H. Pécheux, professeur à l’Ecole nationale d’Arts et Métiers d’Aix. Paris. J.-B. Baillière et fils. 1906. 1 vol. in-16. Prix : if*',5o.
- Vente et débouchés des produits de la ferme, par Henri Blin, publicité agricole. Paris. L. Laveur. 1 volume in-3a colombier de xvi-3o4 pages. Prix : broché, 2 francs ; relié, 3 francs.
- Manuel pratique de la fabrication des boissons gazeuses, par J. Fritsch. Paris. H. Desforges. 1906. 1 vol. in-12. Prix : 3fr,5o.
- Album de la nouvelle Flore, par Gaston Bonnier, membre de l’Institut. Recueil d’espèces de plantes photographiées d’après nature. 1 vol. de poche avec 2028 photographies. Paris. Librairie générale de l’Enseignement. 1 vol. in-16. Prix : 4rr?75 (broché) et 5fr,25 (relié).
- L'Islande, par le Dr Th. Thoroddsen (supplément n° 162 aux Petermanns Mittheilungen, Gotha : Justus Perthes décembre 1905). In-40. 161 pages et une carte. Prix : i2r,,5o.
- Première partie, esquisse géographique et géologique d’une complète monographie de l’Islande.
- L’enchaînement des organismes, par Gaston Bonnier (Histoire naturelle de la France. ire partie : Généralités. Introduction à l'Histoire naturelle), Paris. Les fils d’Émile Deyrolle. 1 vol. in-16. Prix : 4 francs.
- La Physique moderne, son évolution, par Lucien Poincaré, inspecteur général de l’Instruction publique. Paris Ernest Flammarion. 1906. 1 vol. in-16. Prix : 3tr,5o (jBibliothèque de Philosophie scientifique dirigée par le D' Gustave Le Bon).
- Les insectes buveurs de sang et colporteurs de virus, par Pierre Mégnin. Paris. F.-R. de Rudeval. 1 vol. in-18. Prix : 3 francs.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Toile à calquer. — On peut préparer soi-même de la toile à calquer de la manière suivante. On fait bouillir ensemble, durant plusieurs heures, 10 parties en poids d’huile de lin bouillie (et blanchie), puis une demi-partie de rognures de plomb, 2 1/2 parties d’oxyde de zinc et enfin 1/4 partie de térébenthine de Venise. On filtre et l’on fait dissoudre dans cette préparation 2 1/2 parties de gomme copal blanche. On retire du feu, et quand cela a commencé de refroidir, on ajoute suffisamment d’huile de térébenthine purifiée pour donner bonne consistance. On prend ensuite la toile, qui doit être très fine, on la trempe dans du benzol, et l’on passe dessus une couche de l’enduit que l’on étend bien sur toute sa surface.
- Vernis pour graveurs. — Il s’agit du vernis dont on enduit une plaque de cuivre, pour y tracer ensuite des traits par enlèvement de l’enduit, et faire mordre un liquide qui attaquera le métal partout où ce vernis a été enlevé. On peut composer un de ces vernis avec 5o parties de cire jaune, 20 d’asphalte de Syrie, et 2S de gomme mastic. On se trouve bien aussi d’un autre vernis fait de 40 parties de chacune des deux premières matières, puis de 20 de résine, 3 de suif, et 10 de poix de Bourgogne.
- Le peroxyde d’argent employé comme agent oxydant. — Parmi les peroxydes métalliques, celui d’argent possède un pouvoir oxydant considérable; il se forme dans la réaction du persulfate de potassium sur une solution d’azotate d’argent qui donne d’abord du
- persulfate d’argent lequel, en présence d’eau, se décompose en acide sulfurique et peroxyde d’argent.
- On peut utiliser le mélange peroxyde de potassium-azotate d’argent pour produire directement les oxydations, et l’argent se réduisant et se réoxydant constamment tant qu’il reste une petite quantité de persulfate, la réaction n’exige qu’une faible quantité d’azotate d’argent et prend une allure catalytique.
- Cette méthode d’oxydation a permis à un chimiste allemand, Krempf, de transformer la benzine CGHU en quinone CcH4Oa, l’acide oxalique C204li2 en acide carbonique.
- Une réaction analogue lui a permis de transformer un mélange de persulfate d’ammoniaque en solution dans l’acide sulfurique dilué, additionné de sulfate d’argent, en acide nitrique, celui-ci provenant intégralement de l’oxydation de l’ammoniaque par le peroxyde d’argent momentanément formé.
- Il y a là une action spécifique assez particulière qui n’a été employée jusqu’ici que dans les laboratoires, mais que nous croyons être suffisamment intéressante pour devoir être signalée.
- Flux pour souder. — C’est celui qu’on emploie dans les arsenaux américains. On le fait avec 1 partie d’une solution de chlorure de zinc, 1 de glycérine et autant d’alcool de bois ; ce fondant réussit très bien pour les soudures molles au chalumeau. La solution de chlorure de zinc se prépare en faisant dissoudre à refus du zinc dans de l’acide muriatique fort.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes do renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’autohippique se trouve chez M. Bonmarchand, 9, rue Condorcet, à Clamart (Seine). — Le conformatour pour la ligure se trouve chez MM. Dixey and Son, opticiens, 3, New Bond Street, Londres YY.
- Communications. — M. Berceron, à Paris, nous adresse une petite note relative à divers procédés expéditifs pour tracer les ellipses. A vrai dire, il s’agit moins d’ellipses au sens exact du mot, que de tracés ovales, destinés surtout à des encadrements de photographies : « 11 est facile de tracer une ellipse (fausse) avec un compas, spécialement pour les photographies, dans lesquelles la largeur est en général les trois quarts de la longueur. Après avoir tracé les deux axes, on décrit, avec un rayon égal au tiers du grand axe, deux arcs de cercle passant par les extrémités de cet axe et se coupant sur le petit axe; de chacun de ces points d’intersection, et avec un rayon double du premier, 011 trace deux arcs de cercle, qui complètent l’ellipse. Le compas peut être remplacé par une épingle ou une punaise et une bandelette de bristol à carte de visite, ou bien un bout de 111 terminé par une boucle. L’épingle sert de pivot et le tracé est obtenu par la pointe d’un crayon tenu bien droit et passé dans la boucle ou dans un trou percé dans le bristol. De ces quatre centres on pourrait tracer des ellipses de plus en plus grandes avec des rayons de plus en plus grands, mais elles ne seraient plus dans les mêmes proportions et elles se rapprocheraient d’autant plus du cercle que les rayons seraient plus grands. On peut aussi construire facilement un petit appareil très simple, basé sur le même principe des quatre arcs de cercle. O11 trace sur un morceau de bristol deux droites se coupant à angle droit et par leur point d’intersection deux cercles concentriques dont l’un ait un rayon double de celui de l’autre. Puis on construit sur le grand cercle un hexagone régulier de façon qu’une des deux droites primitives soit perpendiculaire sur les deux côtés opposés de cette figure. Ensuite on découpe le bidstol suivant les deux circonférences, ce qui donne un disque ajouré. Les deux arcs du petit cercle correspondant aux côtés, opposés de l’hexagone donnent les deux extrémités de l’ovale; les deux arcs du grand cercle homologues donnent les deux côtés de l'ovale. C’est très pratique.
- MM. Chenot et Gencey, employés des postes, à Alençon, nous ont fait parvenir une curieuse photographie; elle représente un nid de merle construit dans un vieux sabot.
- M. G. Agamennone, à Borne, nous adresse une petite brochure extraite des comptes rendus de VAcadémia dei Lincei, et relative à un sismoscope à double pendule horizontal pour tremblements de terre lointains. Nous reviendrons plus tard sur cet intéressant appareil qui rient d’être installé par les soins de l’auteur à l’Observatoire géodynamique de la Rocca di Papa, à Rome.
- Renseignements. — M. le Dr Ch. Gauran, à Toulon. — Il y a diverses façons de préparer le sol d’un tennis. Vous pourriez faire mettre sur le vôtre du petit gravier, attendre une pluie ou arroser et damer de façon à durcir le sol, ensuite ensabler et damer à nouveau. Selon nous, le meilleur serait de vous adresser à un architecte qui dirigerait l’opération; vous auriez, moyennant une faible dépense, un terrain définitif.
- M. Gonzalo del Campo, à Gijon. — i° L’adressé relative aux ventilateurs électriques et les différents renseignements que vous demandez à leur sujet ont été donnés dans l’article qui leur a été consacré (n° 173.3 du 3 juin, page 3 du Supplément). Veuillez vous y reporter. — Fabrication des toiles métalliques : adressez-vous à la Compagnie des chaînes Simplex, 43» rue Lafayette, à
- Paris; MM. Cosset-Dubrulle fils, 45, rue Turgot, à Lille. — 3° Matériel pour tréfilerie : Delattre et C’Y à Ferrière-la-Grande (Nord). — 4° Ouvrages traitant de la métallurgie : ils sont très nombreux, veuillez demander à la librairie Ch. Béranger, i5, rue des Saints-Pères, Paris, en précisant le sujet qui vous occupe.
- Cli. Morel, à Luçon. — Nous ne connaissons pas d’appareil répondant exactement à votre désir, mais vous en trouverez peut-être chez MM. Ivirby, Beard et C'Y 5, rue Auber, à Paris.
- M. A. Ilerzen, à Tliaon-les-Vosges. — Pour débarrasser vos meubles des petits vers et des mites, nous vous conseillons de retirer la couverture de soie verte, qu’il faudra nettoyer de son côté et de changer le rembourrage ou de le lessiver. Nettoyer aussi l’intérieur des meubles, en les passant au pétrole, remettre ensuite le rembourrage, en y semant du camphre en poudre. Les tapissiers ont l’habitude de ce travail.
- M. Delobelle, à Nice. — i° Vous trouverez des renseignements sommaires à ce sujet et une bibliographie complète dans Apollo, histoire générale des arts plastiques, par M. Salomon Reinach, à la librairie Hachette et Cie, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 20 Ces travaux ont été publiés en 1905, dans la revue L'Anthropologie, librairie Masson et C10, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M. L. C., à Paris. — La profession de masseur est absolument libre, aucun diplôme n’est exigé. D’autre part, il existe des cours de massage ou tout au moins un enseignement par la pratique dans divers hôpitaux. Pour renseignements complémentaires, adressez-vous soit à la Faculté de médecine, ou aux hôpitaux.
- - Un groupe de lecteurs, à Paris. — Nous allons chercher à nous procurer tous les documents et s’il est possible nous publierons une étude sur le sujet que vous nous signalez.
- M. D. E. N., à Châteauroux. — Vous décolorerez facilement la cire brune dont vous nous avez envoyé un échantillon en la faisant fondre à nouveau et en y ajoutant a5o gr. de crème de tartre par quintal de cire et mélangeant intimement; vider ensuite dans une cuve emplie d’eau chaude à 8o° où la purification s’achève. Voyez, d’ailleurs, l’excellent Manuel d'apiculture de Hommell, chez J.-B. Baillière, à Paris, 19, rue Hautefeuille,
- M. Julien Candèze, à Tilff. — L’ouvrage que M. Bonnier a présenté à l’Académie des Sciences à la séance du 9 juin s’intitule Album de la Nouvelle Flore. C’est un recueil d’espèces de plantes photographiées d’après nature et contenant toutes celles qui sont mentionnées dans les tableaux de la Nouvelle Flore du même auteur. Cet ouvrage se trouve à la librairie générale de l’enseignement, 1, rue Dante, Paris. Prix itr,75. Les plantes (cryptogames vasculaires et phanérogames) sont classées par familles.
- M. le Dv Don M. Ramos, à Pernambuco. — Ouvrages relatifs à la broderie et à la dentelle : Broderie et dentelles, par E. Lefébure (Bibliothèque de l’Enseignement des Beaux-Arts), 1 vol. 3r’,5o, ancienne maison Quantin, 7, rue Saint-Benoit, Paris. Vous pourriez vous renseigner à la librairie centrale des Beaux-Arts, 13, rue Lafayette, pour des traités plus complets.
- Question. — M. IL. Coupin, 5, rue de la Santé, Paris, désirerait savoir : i° En quoi le caoutchouc des « gommes à effacer » diffère du caoutchouc ordinaire. — 20 Où il pourrait trouver des renseignements sur l’industrie de l’os dans la fabrication des porte-plume, porte-mines, etc.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Ch.
- Manseron, à Paris. Veuillez vous adresser à une agence de brevets. — M. Henri Darboux, à Versailles. Il faut faire effectuer des analyses par un chimiste. — Mm<k IJ. Maréchal, à Sceaux. Ces procédés ont été indiqués dans les Recettes et procédés utiles, ire série, librairie Masson et C’Y 120, boulevard Saint-Germain, Paris. — M. L. Charley, à Tarbes. Voyez le même recueil, 4° et 5° séries, même librairie. — MM. Berceron, à Paris, Agamennone, à Rome, Chenot et Gencey, à Alençon. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Th. Moureaux
- (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION et force DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES 0BSEJÎVAT10NS CÉNÉ11ALES
- Lundi 2 juillet. . . . 15°, 5 Calme. Très nuageux. » Itosèe; nuageux.
- Mardi 5 ....... li>°,0 E. N. E. 1. Très nuageux. 0,ü Kosée ; 1res nuageux; brumeux à 18 h. ; pluvieux l’après-midi.
- Mercredi i 17°,0 E. S. E. 1. Nuageux. 1,5 Dosée; quelques éclaircies; pluie de 12 h. 40 à 13 h. 50 et à 18 li., quelques coups de tonnerre avec pluie à 15 h. Très nuag. jusqu1;! 17 h.; beau ensuite; pluie de 0 h. 23 à 10 il. ; brumeux : tonnerre au S. et au N. l'après-midi.
- Jeudi 5 loVi S. S. W. 1. Couvert. 1,8
- Vendredi 0 15‘,0 N. E. 2. Couvert. Couv. de 01t. ait b.; beau jusqu’à 18 b. ; nuageux ensuite.
- Samedi 7 16°,0 Calme. Très nuageux. “ Dosée; nuageux.
- Dimanche 8 1 7",0 N. N. E. 2. Très nuageux. » Dosée; peu nuageux ; halo.
- JUIN-JU.LLET 1906. — SEMAINE DU LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 JUILLET 1906.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi ! Jeudi I Vendredi [ Samedi
- Dimanche
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du venta Les courbés du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abrt à boule sèche : courbe en pointillé, thermomètre, à Vabri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — La pluie est enfin tombée en assez grande abondance dans la semaine du 2 au 8 juillet 1906. Le 2 juillet, la pression barométrique était uniforme et voisine de 76$ mm en France. Le thermomètre marquait i4° à Paris, 17° à Toulouse, io° au mont Aigoual et au mont Ventoux, 8° au Puy de Dôme, 4° au Pic du Midi. Le ciel est resté nuageux, sans pluie sur la région parisienne. Le 3 juillet, la pression atmosphérique a commencé à baisser lentement à Paris ; elle n'était que de 762,1 mm. La température était 160 à Paris, 180 à Clermont, 220 à Alger, 90 au Puy de Dôme, 90 au mont Aigoual. La température moyenne à Paris a été de i8°,3 avec un maximum de 2i°,2 à midi à la Tour Eiffel. Le ciel est resté nuageux sans pluie sur Paris; mais sur le sol des vents faibles ont soufflé du Nprd-Est. Une petite pluie. donnant quelques gouttes est tombée vers 8 heures du soir. Le 4 juillèt, la pression atmosphérique était 760 mm ; des orages ont eu lieu dans l’Ouest et dans le Sud; il est tombé a5 mm d’eau à Nice, 20 mm à Perpignan, 18 mm à Lorient, 14 mm à Lyon, 5 mm à Bordeaux, 2 mm au Mans. La température était le matin 180 à Paris, 210 à Marseille, 24° à Alger. La pluie a commencé à tomber à Paris vers 11 heures. Puis vers 2 heures un fort orage a éclaté sur Paris; une abondante pluie n’a cessé de tomber tout l’après-midi. Le 5 juillet, une baisse barométrique rapide s’est produite sur le Centre et l’Ouest de l’Europe. Des averses orageuses sont tombées en abondance dans un grand nombre de régions ; il est tombé 90 mm
- d’eau au Cap Croisette, 5i mm à Toulon, 24 mm à Paris, i5 mm à Nice, 12 mm à Besançon, 12 mm à Nantes. La température était, le matin, i5° à Paris, i5° à Toulouse, i5° à Clermont, 24° à Alger, —20 au Pic du Midi, 8° au mont Ventoux, g0 au Puy de Dôme. Au cours de l’orage survenu à Toulon, la foudrç a tué net M. Beausset, conseiller municipal de Toulon. Un violent orage s’est abattu également sur la ville de Saintes et les environs. Une trombe d’eau et de grêle a causé les plus grands dégâts aux récoltes. Le 6 juillet, les pressions ont été supérieures à j65 mm dans le Nord de la France. Il est tombé de nombreuses averses orageuses à Marseille (69 mm d’eau), à Nice (25 mm), à Limoges (7 mm), à Paris (5 mm). La température était 180 à Clermont, i8° à Lyon, 24° à Alger, 5° au mont Ventoux, 8° au Puy de Dôme. La période orageuse a été très violente les 5 et 6 juillet sur les côtes de la mer Méditerranée.. La foudre est tombée sur l’hôpital René-Sabran, à lîyères et a causé un incendie. Un cyclone a éclaté sur Cannes; il en est résulté de nombreux dégâts importants dans la campagne. A Saint-Vaury, dans le département de la Creuse, la foudre a démoli en partie le clocher de l’église et a foudroyé un groupe de cinq enfants à l’abri sous un tilleul. Le 7 juillet, la pression barométrique était 765 mm à Brest, 764,1 mm à Paris; la mer était agitée, à la pointe de Bretagne et sur la Méditerranée. On a recueilli 18 mm d’eau à Limoges, 3 mm à Nancy-Le 8 juillet, la pression barométrique était près de 770 mm dans toute la France. Le thermomètre marquait le matin 15° à Brest, 170 à Paris, 180 à Lyon.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 6 à 4 h. 36 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction do « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
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- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1730 (21 JUILLET 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- JÙD
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- INFORMATIONS
- CSK~
- La production de l’or à Formose.— Dans la dernière série de documents publiés, à Londres, par le Foreign office — Ministère des Affaires étrangères — il existe un rapport, très intéressant, sur les mines d’or de Formose. Depuis lé xve siècle, l’extraction de l’or a beaucoup occupé ce pays ; mais ce n’est que depuis la cession au Japon, en 1895,' que cette industrie a fonctionné d’une manière régulière avec les capitaux suffisants et le matériel nécessaire à une exploitation sérieuse. Il est curieux de suivre la progression constante que la production a suivie, pendant les cinq dernières années; elle a atteint les quantités suivantes : 34 144 onces, en 1901; 48 317, en 1902 ; 38 844, en 1903 ; 53 468, en 1904 ; 68 177, en 1905. L’once étant de 3i,io4 gr., nous devons constater que la production de l’or, en 1901, représentait un poids total de 1062 kg, tandis que, cinq années après, elle s’élevait à 2120 kg. La .production a donc doublé, et tout fait prévoir qu’elle augmentera encore. Le rapport dont il s’agit conclut, d’ailleurs, en disant que, suivant toutes probabilités, Formose produira dans quelques années plus d’or que le Japon qui, en 1905, a donné g5 173 onces, soit un peu plus de 2960 kg.
- Oiseaux pour chapeaux. — L’Angleterre a importé, en 1905, 3o millions d’oiseaux exotiques destinés aux chapeaux des femmes. Un fabricant de Londres a reçu des Indes Orientales, pour les besoins de sa clientèle, 400000 oiseaux-mouches, 600000 oiseaux de paradis, 45o 000 oiseaux de variétés et d’espèces diverses. La revue Animal’s friend, à laquelle nous empruntons ces chiffres, affirme que, tous les ans, de 290 à 3oo millions d’oiseaux sont tués pour faire face aux demandes des modistes des pays civilises, et satisfaire la coquetterie féminine.
- Les boucheries de cheval et de chien en Allemagne. — Le BadiscKe Landes-Zeitung constate que la consommation de la viande de cheval augmente considérablement, depuis quelques années, en Allemagne; ce journal ajoute que, pendant les derniers mois de 1905, la quantité de chiens vendus à la boucherie a été également fort importante. En 1904, plus de 120000 chevaux de toutes catégories ont été livrés par les abattoirs ; en 1905, ce nombre a été porté à près de 180000. Ce sont les États septentrionaux où la boucherie chevaline rencontre le plus d’acceptation; Mecklémbourg-Strelitz. et Mecklembourg-Schwerin marchent en tête des statistiques. Les habitants d’Anhalt et de Lubeck sont les plus hippophages de F Allemagne. Quant à la boucherie canine, elle a trouvé beaucoup de succès en Saxe, en Prusse et en Bavière. En 1904, 7000 chiens furent livrés
- à la consommation, tandis qu’en 190a, les statistiques en accusent 9600.
- Théâtre romain d’Alise-Sainte-Reine. — M. Héron de Villefosse a communiqué à l’Académie des Sciences et Belles-Lettres que remplacement du théâtre romain d’Alise est aujourd’hui reconnu par les fouilles de la Société des sciences historiques et naturelles de Semur. M. Pernet vient de dégager les substructions de la façade et la plus grande partie de Fhémicycle. La construction en petit appareil régulier est très soignée, le marbre paraît avoii’ été très peu employé. La façade présente un développement de 81 mètres et de i35 à 140 mètres. Le théâtre a été retrouvé à l’endroit même où on en avait reconnu la forme le 18 septembre 1905.
- Préservation du caoutchouc. — Selon une récente communication de M. Dybowski à la Société nationale d’Agriculture sur la production du caoutchouc en Afrique occideiitale, les indigènes pratiquent des incisions annulaires sur les lianes, sans souci de ménager la plante. Ils en ont ainsi compromis l’existence même dans les basses vallées du Soudan. Pour la vente, ils ajoutaient au latex des plantes très diverses, de la terre et des morceaux de bois. Ils livraient de la sorte au commerce du caoutchouc gras et poisseux. Aussi l’administration coloniale a-t-elle créé au Soudan et sur la Côté d’Ivoiré des écoles, et imposé l’obligation d’effectuer des plantations. 5ooooo plants ont été expédiés par le Jardin colonial pour assurer l’avenir du caoutchouc. Une Société, dans les Indes néerlandaises, a réalisé de cette manière de gros bénéfices avec le caoutchouc du Para.
- La Société industrielle de Mulhouse. — La Société industrielle de Mulhouse, ayant à décerner cette année le prix Émile Dollfus pour découvertes, inventions ou applications faites dans les dix dernières années, a partagé ce prix entre deux candidats également méritants : M. C. A. Parsons et MM. Brown, Boveri et Cie, pour leur turbine à vapeur, et elle leur a accordé de plus à chacun d’eux une médaille d’honneur. La Société a voulu récompenser en M. C. A. Parsons l’inventeur de la première turbine à vapeur, qui, par ses qualités pratiques, a pu se répandre largement dans l’industrie; elle a voulu récompenser les longs efforts de celui qui a pu mettre ce nouveau mode de production de l’énergie à la disposition de l’industrie. MM. Brown, Boveri et Cie ont gràndément perfectionné la turbine Parsons et l’ont propagée. La Société de Mulhouse a tenu également à distinguer les efforts du constructeur qui n’a cessé de perfectionner la turbine.
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- INFORMATIONS
- Les sous-marins de Toulon. —La flottille dessous-marins de Toulon, composée de dix unités et mobilisée en vue des grandes manoeuvres prochaines, pour la défense du port de Marseille, vient de partir par groupe de cinq pour exécuter quelques plongées au large de Marseille, et essayer le mode adopté de recharge des accumulateurs qu’ils renferment. L’énergie électrique sera fournie par la Compagnie des tramways ; elle sera prise sur les trolleys. Les sous-marins s’amarreront au quai du vieux port au bas de la Canebière ; l’énergie électrique leur sera transmise par une installation spéciale reliée aux trolleys.
- La traversée de Paris à la nage. — La traversée de Paris à la nage, du pont National à Auteuil, soit 11,620 kilomètres, a été effectuée le i5 juillet par plusieurs nageurs, en des temps variables. Bougoin a mis 3h6ra2s; il est arrivé premier. Sont venus ensuite Bil-lington (3h 7"* 6S), Graesley (3h 12“ i5s), Paulus (3b i3m 58*), Burgess (3h 3im 5os), Becker (3h 4im i5s), MUo Frauendorfer (3u5ç)m3os), Miss Kellermann (3h59m4o5), Janssens (4U 6m 45), Miss Herxheimer (4h 58m). Les concurrents étaient au nombre de quinze.
- Nouveau ballon dirigeable. — Il est question en ce moment, en Allemagne, d’un nouveau ballon dirigeable. Il a un volume d’environ 5ooo m5 de gaz ; il a une forme allongée, environ six fois son diamètre. Il a une hélice d’un diamètre de près de 10 m, qui est placée entre l’enveloppe du ballon et la nacelle. Deux ballonnets se trouvent dans l’intérieur, l’un à l’avant et l’autre à l’arrière ; le gouvernail est placé à l’avant.
- La fontaine Subé à Reims. — On a inauguré dernièrement à Reims la fontaine Subé. Cette fontaine est l’œuvre de M. A. Narjoux pour l’architecture et de MM. Paul Gasq, Auban, Baralis,Wary pour la sculpture. Elle est formée d’une colonne massive, en pierre et bronze, couronnée d’un globe sur lequel s’élève une Victoire aux ailes éployées; à la base se trouve un groupe de figures symboliques, représentant le Travail, le Commerce- entourant la République, au pied de laquelle est un fleuve. Le soubassement est carré, les faces sont ornées des génies des eaux ; entre les quatre vasques par où l’eau s’écoule, sont des pentes gazonnées.
- Les réformes postales. — L’application de la loi abaissant la taxe des lettres à 10 centimes date du 14 avril 1906, comme nous l’avons annoncé. En 1905, les produits de la taxe postale pour toutes correspondances avaient été de 19445800 francs pour le mois de mai. Cette année, en 1906, pour le même mois, ils ont été de 16 787 100 francs. Il y a donc eu, par suite de l’abaissement de la taxe, une diminution de 2666700 francs. Le déficit comme conséquence de l’abaissement à 10 centimes de la taxe des lettres était de 2705700 francs, chiffre qui n’a pas été atteint. Les résultats du mois de mai 1906 ne font donc ressortir qu’une diminution, inférieure de 772000 francs au déficit occasionné en igo5 pour la même période par une réduction d’un tiers sur l’ancien tarif. On peut donc conclure de ces données statistiques qu’au mois de mai 1906, la circulation était de 69 millions de lettres, alors qu’au mois de mai 1906 elle était de 75 5ooooo lettres ; il en résultait donc une augmentation de 6 5oo 000 lettres.
- Production de la térébenthine. — On commence à s’inquiéter de l’épuisement des ressources que possède le monde en térébenthine, et l’on cherche à utiliser au mieux la térébenthine que contiennent ce qu’on nomme les bois légers, troncs des arbres traités pour la résine, arbres morts sur pied, etc. On s’efforce d’en récupérer par distillation la résine et l’essence. D’après les expériences de MM. Walker, Wiggins et Smith, en distillant par vapeur d’eau surchauffée, d’abord à 175°, puis à 4oo°, on obtiendrait un produit commercial qui se vendrait bien et ne se distinguerait de la térébenthine ordinaire que par une odeur un peu différente.
- Les charbons des Montagnes Rocheuses. — Les
- exploitations de combustibles des Montagnes Rocheuses ont pris depuis quelques années et sont appelées à prendre encore dans un avenir rapproché un développement considérable dont on aura une idée si nous disons que, de 9500000 tonnes en 1890, ils ont passé à 26 millions de tonnes en 1905, c’est-à-dire augmenté de 282 pour 100. La production totale des Montagnes
- Rocheuses a dépassé ainsi celle de bassins français du Nord et du Pas-de-Calais. En même temps, avec une opulation six fois moindre, la consommation de com-ustible est déjà aussi grande qu’en France par suite de l’importance des industries minières et du profil accidenté des nombreuses voies ferrées. On estime, en résumé, l’étendue occupée par les dépôts de combustibles dans les Montagnes Rocheuses au cinquième du territoire français, leur tonnage exploitable à près de 33 milliards de tonnes et l’on pense que, dès 1920, la production annuelle pourra atteindre xoo millions de tonnes. Ce développement intense est facilité par les conditions d’exploitation particulièrement propices : notamment par le fait que les compagnies, propriétaires du sous-sol, le sont en même temps du sol, ce qui leur permet d’exploiter sans remblai en laissant les effondrements se produire et, par conséquent, d’atteindre une production journalière par ouvrier i,33 à 4.63 tonnes au lieu de moins d’une tonne en France. On a également moins de souci de la vie humaine et, tandis que le nombre des mineurs tués pour 1000 mineurs employés varie de 1,00 à i,3o en France, on va de 8 à 34 pour 1000 en Colombie britannique et de 4 à 8,3o au Colorado. Le peu d’inclinaison des veines qui affleurent à la surface est aussi une circonstance très heureuse. Ces charbons, dont l’âge géologique est intermédiaire entre le crétacé et le tertiaire (groupe de Laramie) ou même tertiaire sur la côte du Pacifique, vont, suivant le degré de métamorphisme produit par le voisinage des roches éruptives, du simple lignite à la houille où à l’anthracite. Leur intérêt économique tient surtout au grand mouvement d’immigration qui se produit depuis quelques années dans ces pays des Montagnes Rocheuses autrefois regardés comme très déshérités et que les procédés d’irrigation artificielle, joints à l’occupation maintenant achevée de la grande plaine des Etats-Unis, ont de plus en plus transformés en un pays agricole en même temps qu’industriel. On peut y distinguer, du sud au nord, quatre groupes principaux, dont M. Ritter a fait récemment une étude détaillée : le groupe du Mexique ; celui du Colorado, avec ses annexes du Nouveau Mexique, de l’Utah et du Wyoming; celui du Montana et de l’intérieur de la Colombie Britannique ; enfin celui de la côte du Pacifique prolongé jusque dans l’île de Vancouver et dans l’Alaska. Le nombre des bassins distincts atteint presque une centaine.
- Tremblements de terre. — De nouveaux tremblements de terré ont eu lieu à Sienne (Italie). Dans la matinée du 10 juillet, les instruments de l’Observatoire ont indiqué 32 secousses.
- Les sous-marins. — Trois sous-marins, Bonite, Anguille et Alose, ont effectué dernièrement une expérience intéressante. Le blocus avait été établi autour des îles d’Hyères par la flottille des torpilleurs de Toulon. Les sous-marins se sont immergés à la sortie de la rade, et, après deux heures de marche en plongée, ont franchi tous les barrages.
- Gaz perdus des hauts fourneaux et des fours à coke. — On ne devrait plus les. appeler gaz perdus, puisque l’on commence d’en tirer parti,, Mais il s’en faut encore qu’on les utilise universellement à la commande de moteurs, ou au chauffage, comme ôn le devrait, étant donnée la puissance calorifique, qu’ils ren-; ferment. C?est pour cela qu’il est intéressant de signaler, d’après M. le Dr Hoffmann, Ingénieur à Bochuni, Ta puissance disponible énorme que représentent, les ,gaz. qui s’échappent plus ou moins librement des fourneaux et fours à coke de la seule Allemagne. Cette'puissance doit approcher de 1 600 000 chevaux-vapeur! “
- L’antique Lutèce. — Les résultats des fouilles récentes amenées par la découverte des remparts de-Lutèce dans les travaux du Métropolitain ont montré: la superposition d’une série de couches non remaniées, parmi lesquelles il en est une intermédiaire qui porte des traces manifestes d’incendie : débris calcinés, bois, bronze, étain fondus, etc. Une constatation analogue avait déjà été faite dans les travaux de l’Hôtel-Dieu. Pardessus cette couche calcinée vient une couche de terre argileuse, avec de nombreuses petites coquilles fluviatiles, ayant jusqu’à 25 centimètres d’épaisseur, qui semblerait correspondre à une période d’abandon avec crues du. fleuve abandonné à lui-même à la suite de l’incendie.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Calcul
- Machine à additionner « Adix ». — Cette petite machine tient peu de place et peut se mettre facilement, en poche. C’est un totalisateur rapide qui sera très utile à ceux qui ont de longues colonnes de chiffres à additionner. Comme on le voit sur le dessin ci-contre, un clavier A porte 9 touches, qui correspondent aux neuf
- premiers nombres ; chaque touche pressée fait apparaître sur le cadran le total obtenu. Le mécanisme est très simple et très ingénieux : il repose sur la course, plus ou moins longue, donnée par chaque touche à une tringle B qui entraîne la roue dentée E correspondant aux unités ; on conçoit que plus la course de la tige B sera longue, plus il y aura de dents de la roue E qui agiront sur le totalisateur. La remise à o s’obtient en agissant sur la roue dentée H, qui correspond aux centaines ; mais elle se fait automatiquement quand on arrive à 999 qui est la limite d’enregistrement de la machine. — La machine à additionner se trouve chez M. Lehmann, 91, rue de Maubeuge, à Paris.
- Stéréoscopie
- Stéréoscope Clégii. — La photographie stéréoscopique est bien à l’ordre du jour et les formats les plus divers sont adoptés; chacun en tient pour celui qui, à son avis, lui donne les meilleurs résultats. On trouve couramment les formats 45 mm X 107 mm, le 60 mm X i3o mm, celui de 85 mm X 170, et enfin le plus ancien 90 mm X 180 mm. Il existe des collections dans tous ces formats et pour les regarder il est préférable d’avoir un
- Stéréoscope Clégil.
- 'instrument approprié à chacune d’elles. Si on a un instrument unique, il e!st très utile que l’écart entre les objectifs puisse varier; cela est même nécessaire quand cét instrument doit servir à plusieurs personnes, car l’écart des yeux n’est pas invariablement le même pour tout le monde et, bien qu’en général on règle les instruments pour 65 à 70 mm, il est parfois nécessaire d’aller au delà, surtout quand les vues à examiner ont été prises avec des objectifs très écartés, comme le sont les collections anciennes. De plus, un stéréoscope peu encombrant et portatif est également très commode, pour le voyage d’abord, et pour aller examiner lés collections d’autres amateurs. Ceux-ci ont évidemment un appareil, mais, si on est deux ou trois, il est préférable d’avoir chacun le sien, bien réglé pour sa propre vue, que de se passer les uns aux autres un appareil dont il faut modifier le réglage suivant la vue de chacun. Le stéréoscope représenté cL.cônlre remplit toutes les conditions requises : la vis M permet de faire varier l’écartement
- des objectifs dans des limites assez étendues ; des volets A et B servent d’abat-jour et laissent voir l’image avec son maximum d’éclairage; enfin, une fois replié, il forme un très petit volume qui peut se mettre facilement dans la poche. — L’appareil se trouve chez MM. Clément et Gilmer, 140, faubourg Saint-Martin, Paris.
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- CjgOvi. 'Electricité <^§Î3
- Accumulateur mixte « P Énergique ». — Les accumulateurs, si employés aujourd’hui par l’industrie automobile, par la médecine, la télégraphie, etc., ont l’inconvénient de se décharger parfois brusquement, par suite d’un court circuit accidentel; en outre, ils arrivent à être épuisés sans que rien n’indique où ils en sont. Lt'Energique donne le remède à ces deux maux : le court circuit ne met pas l’appareil hors d’usage; on sait toujours combien on a encore d’ampères-heure à dépenser. C’est une pile et en même temps un accumulateur ; chaque élément ne comporte que trois plaques : deux positives au peroxyde de plomb, A et B, entre lesquelles se trouve une sorte de panier P en plomb antimonié, percé de petits trous sur toute sa surface et muni d’une ouverture T à sa partie supérieure. Le tout trempe dans l’eau acidulée sulfurique à 200 Baume.
- Les inventeurs, MM. Commelin et Yiau, expliquent ainsi ce qui se passe dans cet appareil : on charge comme à l’ordinaire, mais les plaques positives seules retiennent l’électricité, et l’hydrogène dégagé au négatif ne permet pas au panier de garder la charge ; en fin de compte, la moitié de l’accumulateur seule se trouve chargée. Pour le mettre en fonction, il faut fournir de l’hydrogène au pôle négatif, constitué par le panier qui joue simplement le rôle de conducteur.
- Pour cela, on introduit par le trou T un métal susceptible de dégager de l’hydrogène. Le zinc serait tout indiqué, mais il s’use à circuit ouvert et il donne comme résidu des sels qui nuisent au fonctionnement.
- Les inventeurs se sont arrêtés à un alliage à base de cadmium qui ne présente aucun de ces inconvénients ; il ne se consume qu’à circuit fermé et les résidus ne sont pas nuisibles. Chaque élément est donc accompagné d’une boîte contenant de petits bâtonnets C de l’alliagë en question. La quantité en est dosée pour correspondre exactement à la charge des plaques positives. On ne les introduit qu’un à un, aù fur et à mesure des besoins, dans le panier.
- Il en résulte que, si un court circuit accidentel se produit, on 11e consomme qu’une partie de l’énergie électrique renfermée dans l’accumulateur, puisqu’une fois le petit bâtonnet épuisé le courant cesse. Quand on aura remédié au court circuit, il suffira donc d’introduire un autre bâtonnet pour remettre les choses en état. Le nombre des bâtonnets qui restent dans la boîte indique sur combien d’ampères-heure on peut encore compter. Au repos la batterie peut se conserver chargée pendant plusieurs mois, on dit même plusieurs années. Elle peut être vide de liquide et conserver sa charge quand même, ce qui est précieux pour l’expédition. Enfin, le nombre restreint de plaques permet d’avoir un poids moindre à capacité égale.
- Il y a là une série de considérations qui sont des plus intéressantes et les expériences, qui durent déjà depuis trois ans, confirment bien les prévisions des inventeurs. — L’accumulateur VEnergique se trouve chez MM. Commelin et Yiau, 45, rue de Lévis, à Paris,
- Machine à additionner.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Mécanique
- Tachographe Karlik. — Nous employons intentionnellement ce mot de tachographe et non tachygraphe, parce que c’est la désignation officielle de cet appareil, qui est utilisé assez couramment, dès maintenant, pour mainte machine d’extraction de mines, mais qui peut avoir toutes sortes d’autres usages. L’inventeur et constructeur de cet appareil est M. Karlik, ingénieur à Ivladno, en Bohême.
- Ce tachographe consiste en deux tubes T, placés symétriquement dans le même plan vertical, et communiquant à leur partie inférieure avec un tube plus petit et plus large t. Ces tubes contiennent du mercure, et ils
- Coupc et vue générale du tacliograplic.
- sont portés dans une monture à laquelle un mouvement de rotation peut être communiqué par la poulie P, commandée elle-même par une petite courroie venant de l’arbre de la machine qu’on veut observer au point de vue tachygraphique. Sous l’influence de la force centrifuge, le mercure monte dans les tubes latéraux et descend dans le tube central et vertical t, où se trouve un flotteur dont la descente suit ou indique ce mouvement d’abaissement. La tige du flotteur est reliée à l’extrémité d’un levier glissant L, dont le bout libre commande la pointe S qui trace le diagramme à l’encre bleue sur la bande de papier enroulée autour du tambour R. Celui-ci tourne du reste sous l’influence d’un mouvement d’horlogerie qui se trouve à droite de l’appareil, dans la figure ci-jointe, montrant partiellement la coupe de l’instrument, et qui agit par des roues d’angle què l’on aperçoit très bien. Mais ce qu’il y a de particulièrement intéressant dans la commande de ce tambour, c’est qu’il descend lentement tout en tournant sur lui-même, et cela grâce au pas de vis qui se trouve suivre le filetage de la tige montée verticalement pour former axe du tambour. Une seconde pointe S1 trace une courbe régulière en hélice et à l’encre rouge, qui vient former la base de la courbe du diagramme proprement dit. L’échelle de ce dernier est déterminée de telle façon que la hauteur correspondant à la plus grande vitesse est moindre que le pas de la tige filetée; les courbes ne peuvent donc pas se recouvrir. Bien entendu, on donne au tambour des dimensions spéciales suivant les enregistrements qu’il y a à faire.
- On peut accommoder ce tachographe à donner des indications visuelles. Dans ce but, l’aiguille du flotteur commande, par un levier, une aiguille A qui indique sur un cadran les variations de vitesse. Cette même aiguille de flotteur est munie d’une pointe de contact M qui, en plongeant dans une petite coupe remplie de mercure et placée à une hauteur convenable, ferme un circuit électrique sur une sonnerie, quand la vitesse devient excessive. Du reste, dans le type de tachographe que nous avons fait représenter ici, il y a deux coupes placées à des hauteurs différentes, et qu’on peut amener à recevoir la pointe de signal, en faisant tourner convena-
- blement la tige qui les porte. Cela permet donc de disposer l’appareil pour tel ou tel maximum de vitesse, combinaison très précieuse pour les machines d’extraction de mines, qui doivent marcher bien plus lentement quand elles enlèvent des hommes ou au contraire de la houille dans les cages.
- On remarquera que les tubes latéraux sont munis d’extensions horizontales, et cela pour donner une possibilité de déplacement au mercure, et par suite la faculté de mesurer la vitesse de rotation même pour des allures inférieures à 5o révolutions par minute. L’appareil, se fait dans des types un peu différents, suivant qu’il est destiné soit aux machines à changement de vitesse très brusque, ou soit à celles où ces changements ne sont que lents, et enfin il y a un type particulier pour les machines où l’allure doit être maintenue très régulière.
- Tampon amortisseur à air. — On sait quel excellent et puissant amortisseur constitue l’air comprimé; aussi MM. G. Turton, Platts and C°, de Sheffîeld (Saville Street), ont-ils imaginé, notamment pour les tramways, chemins de fer, etc., un type de tampon où l’on trouve bien le ressort à enroulement classique, mais complété par un dispositif de compression d’air. L’espace à air est ménagé dans le tampon même, et c’est pour cela que l’appareil ne présente point cet encombrement considérable qui avait empêché jusqu’ici les inventions analogues de réussir.
- Qu’on remarque que le plongeur du tampon, qui forme un cylindre fermé en avant et pénètre dans l’autre cylindre, ouvert en avant, constituant l’enveloppe, coiffe véritablement un piston entouré à son pourtour d’une garniture de cuir. Chose curieuse, ce piston n’est pas doté de mouvement propre : c’est, le cylindre, autrement dit le plongeur, qui se déplace par rapport à lui, et il va de soi que, au point de vue de la compression de l’air enfermé dans la chambre qui se trouve entre eux, le résultat sera exactement le même. Le piston, la plaque circulaire à . ganiiture de cuir est bien dotée d’une tige, comme un piston mobile, mais cette tige est fixe elle aussi et boulonnée à l’arrière de l’enveloppe du tampon. On voit aussi que le plongeur porte intérieurement une sorte de retrait dans sa paroi cylindrique, retrait qui forme épaulement pour un disque secondaire portant un rebord ; ce rebord est rattaché à la paroi du plongeur au moyen de vis qui solidarisent le tout. On comprend que, si le plongeur s’enfonce, à un moment donné, sans que l’espace formant chambre à air diminue dans sa longueur, sans que l’air soit sensiblement ou
- Chambre
- Tampon Turton Platts.
- puisse encore être comprimé, il comprimera, par l’intermédiaire du disque-arrêt, le ressort en enroulement que l’on voit à l’arrière de l’appareil, et dans le fond de l’enveloppe. Le disque coulissera du reste sur la tige du piston ; et, d’autre part, par sa solidarisation avec le plongeur, il formera arrêt pour l’empêcher de pouvoir sortir complètement de son logement.
- Si un choc ou une compression quelconque vient à s’exercer sur un tampon constitué de la sorte, le plongeur recule, rentre dans l’enveloppe, et, ce faisant, il commence de comprimer l’air contenu dans la chambre ; le phénomène se poursuit, mais il a une limite : à ce moment, l’action s’exerce néanmoins encore sur un matelas d’air qui présente toujours une certaine élasticité. Il arrive du reste un instant où la résistance se partage plus ou moins également entre l’air et le ressort à enroulement, qui contribue pour son compte à l’amortissement du choc; de plus, il remplit un rôle au début, quand l’air n’oppose guère encore de résistance, et que l’inertie aidant il se produit une certaine compression du ressort.
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- Sur la préparation du lait concentré. — M. Kruli a expérimenté, d’une façon systématique, un appareil spécial pour la concentration du lait, l’appareil de llatmaker. Il se compose de deux cylindres en bois de i,5o m de long et de 0,80 m de diamètre, qui sont disposés parallèlement et séparés par un intervalle de 1 à 2 mm ; ils sont chaudes à l’intérieur par de la vapeur d’eau à 3 atmosphères, et ils tournent avec une vitesse de 7 tours à la minute. A 6o centimètres environ au-dessus des deux cylindres, se trouve un tuyau horizontal de i,3o m de longueur par lequel le lait est réparti sur les deux cylindres. Le lait concentré se rassemble sous la forme d’une bouillie épaisse qui est laminée entre les deux cylindres et fournit une couche adhérente qui est détachée par des couteaux convenablement disposés. Un ventilateur, disposé au-dessus de l’appareil, élimine la vapeur d’eau produite.
- Cet appareil permet d’évaporer 400 litres de lait à l’heure en employant 45o kg de vapeur sous une pression de 3 atmosphères.
- Le produit obtenu est presque exempt d’eau ; c’est une poudre blanc jaunâtre qui, après addition d’eau, présente tous les caractères du lait naturel et peut le remplacer dans tous ses usages.
- Nous donnons ci-dessous la composition de l’un des produits ainsi préparés comparée à la composition moyenne du lait de vache.
- LAIT CONCENTRÉ LAIT DE VACHE
- Beurre .... 29,20 pour 100 4,00 pour ico
- Sucre de lait . 36,48 — 4>5o —
- Caséine. . . . 26,92 — 3,3o —
- Sels........ 6,00 — 0,70 —
- Eau......... 1,40 — 87,00 . —
- On voit que, dans le produit concentré, les différents éléments du lait se sont bien conservés dans leurs rapports normaux. Cette substance pourra certainement rendre de grands services par ses facilités de conservation dans toutes les expéditions qni nécessiteront la mise en réserve de quantités importantes de lait.
- RÉSUME METEOROLOGIQUE
- or
- Observations faites à l'Observatoire du Parc Saint-Maur, en juin 1906, par M. Th. Moureaux
- Le mois de juin présente plusieurs particularités intéressantes. La moyenne barométrique èst très élevée. La température s’est tenue presque constamment au-dessous de la normale jusqu’au 17, et au-dessus, du 19 au 28; les deux derniers jours du mois ont été froids, et le minimum du 3o n’est que de 5°,7, nombre qui, depuis 33 ans, n’avait pas encore été observé après le 20. Le maximum du i5 n’est pas moins remarquable : ce jour-là, le thermomètre n’a pas dépassé i3°; aucune température maxima aussi faible n’a été relevée en juin, même dans les premiers jours, depuis l’origine de la série. Il arrive assez fréquemment que de fortes chaleurs surviennent vers le 28 ; le phénomène a été observé cette année ; les températures moyennes des 27 et 28 sont de 5° plus élevées que la normale de ces dates. La température de la Marne s’est tenue au-dessus de 200 à partir du 21. Il est tombé très peu de pluie, 9mm,i ; depuis un siècle, deux mois de juin seulement, ceux de 1810 et de 1870, ont donné des hauteurs d’eau moindres. Les vents d’entre N. et N. E. sont dominants, et la sérénité du ciel est grande. C’est en juin que les orages sont habituellement le plus fréquents, 6 jours en moyenne ; cette année, aucun orage n’a éclaté sur la station ou dans son voisinage immédiat; on a entendu seulement quelques coups de tonnerre lointain le 28, dans la direction du Sud.
- Pression barométrique (ait. 5oœ,3). — Moyenne des 24 heures, 760“““,3o; minimum absolu; 75omm,i le ier à 17115om; maximum absolu, 767”“,8 le 20 à 8ho™; écart extrême, 17““, 7.
- Température. — Sous l’abri : moyenne des minima, 90,89 ; des maxima, 22^21 ; du mois, i6°,o5 ; des 24 heures, i6°,o8; minimum absolu, 4°,8 le 5; maximum absolu, 32°,5 le 27. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, 8°,35 ; des maxima, 46°,97; minimum absolu, 1 °, 4 le - 5 ; maximum absolu, 6o°,2 le 27. — Dans le sol gazonné, moyenne du mois. Profondeur ora,3o : à 9 heures*
- 16°,49 ; à 21 heures, i6°,92. Profondeur om,65 : à 9 heures, i5°,3o; à 21 heures, i5°,32. Profondeur 1 mètre : à 9 heures, i4°,23; à 21 heures, i4°,3o. De la Marne : moyenne le matin, i9°,o3; le soir, 190,83 ; minimum, i7°,25 le 17 ; maximum, 23°,35 le 28.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 9““,26; minimum, 6mm,o le 5 à 7 heures; maximum, i5mm,i le 28 à 14 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 69,9; minimum, 27 le 21 à i4h 45m ; maximum, 100 le 29.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 4,28; ciel clair les 6, 7, 26 et 27, sans trace de nuages le 26; complètement couvert le i5.
- Insolation : durée possible, 481 heures; durée effective, 283h,9 en 29 jours; rapport 0,59.
- Pluie : Total du mois, 9mm,i en i3h,6.
- Nombre de jours : de pluie, 7; de pluie inappréciable, 1; de rosée, 23; d’orages, 1, le 28; de halos, 3 (avec parhélies le 8) ; de brume, 4-
- Fréquence des vents : calmes, 16.
- N 5 2 S. E . . . 11 W . . . . 37
- N. N. E. . 117 S. S. E. . 29 W. N. W. 26
- N. E . . . 126 S. . . . 25 N. W . . 33
- E. N. E. . 39 S. S. w.. 22 N. N. W . 35
- E 24 s. w. . . 28
- E. S.E . . 16 w. s. w. 18
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne
- du mois, 3m,8 ; moy enne diurne la pl us grande, 6 ”,2 le
- 29; la plus faible, im,6 le 17; vitesse maximum en i5 minutes, 12”,2 le 29, de i3 heures à 13h 15m par vent W.
- Electricité atmosphérique : moyenne des 24 heures (19 jours); 8o*volts ; moyenne diurne la plus grande, 107 volts le 13la plus faible, 5g volts le 10; amplitude diurne, o,25 ; amplitude nocturne, o,35.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2m,42; minimum, 2m,io le 3B.; maximum, 2“,55 le 4.
- Comparaisons aux valeurs normales : Baromètre, -H 2fm,38 ; température, —o°,5o; tension de la vapeur, — o“m, 77 -humidité relative, —2,8; nébulosité, .— 1,43 ; pluië, — 44min,8.
- Taches solaires : on a suivi 20 taches ou groupes de tachesren 25 jours; aucune tache le 18; 9 groupes le 29 êt le 3o. ^
- Perturbations magnétiques : une seule, faible, dans la nuit du ier au 2.
- Floraisons : le Ier, genêt d’Espagne, sureau à feuilles de chanvre; le 2, nerprun; le 3, valériane, oeillet des poètes, rose des quatre saisons; le 4, Clematis erecta; le 5, chardon Marie; le 6, deutzia; le 7, jacée, lavande, potentille rampante; le 8, mauve; le 9, filipendule, Chrysanthemum Parthenium, violette marine; le 11, fragaria stérile; le 12, héraclée, eschscholtzia; le i3, nigelle, tilleul commun; le 17, Galega officinalis ; le 18, bourrache; le 19, coquelourde ; le 20, pavot, croix de Jérusalem; le 22, hémérocalle fauve, troène, ceanothus; le 23, millepertuis; le 24, jasmin, delphinium vivace; le 25, morelle, pois vivace; le 26, sumac de Virginie ; le 27, melongène, lis blanc, vigne de plein vent; le 29, Heliantlius multiflorus, clématite commune; le 3o, œnothère.
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- VARIÉTÉS
- L’industrie des tonneaux en Liège. — La production du liège augmente dans des proportions très notables depuis une dizaine d’années. La Tunisie, qui n’en produisait que très peu, vers 1896, vend annuellement pour 400000 à 5oo 000 francs de liège. En Algérie, la région de Constantine a doublé sa production en cinq ou six ans, et il en est de même dans tous les pays subérifèrès.
- Les progrès de la pénétration européenne au Maroc permettent de prévoir, à brève échéance, la mise en valeur des 3oo 000 hectares de forêts de chêne-liège improductifs jusqu’ici de par les lois de ce pays.
- L’utilisation du liège pour la fabrication des tonneaux et récipients va donner à la production et au commerce du liège une nouvelle impulsion dont il est facile d’apprécier toute l’importance.
- L’industrie des tonneaux en liège est à créer; elle est appelée à un grand développement, si l’on en juge par les premiers résultats acquis, ce produit présentant de sérieux avantages, grâce à ses propriétés : légèreté, non conductibilité de la chaleur et du froid.
- Le procédé de fabrication imaginé par M. Mounaud, de Guelma, consiste à placer sur champ des douelles de liège, au lieu de les placer à plat, comme pour les tonneaux en bois ; de cette façon, les fissures et les trous traversent la douelle dans le sens de la largeur et on obtient une étanchéité parfaite, même avec du liège de qualité inférieure, non marchand et à peine utilisé par le commerce. Avec un outillage ad hoc, il serait même facile d’employer le liège mâle, les rebuts et les déchets.
- Les douelles étant rassemblées et cerclées, on les comprime avec le tour de tonnelier ou tout autre instrument. Les cercles se placent naturellement, sans l’emploi de chasse, ils s’incrustent dans le liège, et leur adhérence est d’autant plus complète que le liège, en raison de son élasticité, tend toujours à se gonfler.
- La compression que les cercles lui font subir rend le tonneau plus solide que le tonneau en bois.
- Les cercles employés sont en fer dit feuillard. Pour donner au fût la forme ronde, on amincit chaque lame de quelques millimètres à sa partie interne, de manière que la partie externe finisse à zéro. On donne au fût la forme •d’un cigare, pointu aux deux extrémités, en amincissant également de quelques millimètres chacune de ses extrémités, de manière à finir à zéro au milieu.
- Des machines spéciales peuvent donner automatiquement ces formes à la douve. Le jâble est pratiqué au moyen du pied à coulisse, à râpe.
- Le fond du tonneau est composé de* bhpdes de1*liège, toujours placées sur champ, et réunies de manière à former une planche de grandeur voulue. Sur cette planche, on trace une circonférence de longueur correspondante à la grandeur du fût. Ce fçmd étant mis en place, la compression que lui fait subir le premier cercle lui donne de la solidité et le rend étanche. La résistaiiee est encore augmentée en plaçant, en travers-, une feuille d’acier ou un fer à T ou une simple traverse de bois dont les extrémités sont reliées au premier cercle.
- Un fond en bois, recouvert ou non d’une plaque de " liège, s’adapte aisément, dans le cas où on n’aurait pas de presse suffisante pour donner au fond du tonneau la compression voulue. * “
- Afin que le trou d’adaptation du robinet ne 4soi| pas exposé à s’agrandir sous l’influence de l’effritement du* liège à la longue, on visse dans un des fonds un carré de bois ou de métal quelconque.
- Les moisissures occasionnant le goût de bouchon sont évitées par la préparation suivante : avant le montage, les douves sont trempées dans de la paraffine bouillante qui immunise le liège et constitue un isolant parfait. L’intérieur du fût est enduit d’un vernis approprié,-analogue à celui qu’on emploie pour les fûts à bière, enduit qui fait office d’isolant entre le contenant et le contenu.
- On préconise un enduit ainsi préparé : On porte à l’ébullition un mélange de colophane et de paraffine, ce mélange est versé bouillant dans le fût, puis ce dernier est fermé hermétiquement.
- L’air échaudé se dilate et fait pénétrer l’enduit liquide dans les pores du liège ; on vide alors le fût et le mélange peut servir à d’autx-es opérations. Enfin, on badigeonne l’extérieur du fût avec du goudron, du coaltar ou autre matière pouvant durcir le liège.
- En juxtaposant, dans le sens de la longueur, des lames de liège taillées en sifflet et en les comprimant à l’aide de cercles, on peut fabriquer des récipients et des cuves de toutes grandeurs.
- Le tonneau en liège pèse en moyenne i5 kilogrammes, soit environ le tiers du poids d’un tonneau en bois. Les douelles ont 4 centimètres d’épaisseur, d’où maniement plus facile et économie des deux tiers dans les transports. Si l’on considère que le poids du tonneau paie comme poids de marchandises, que la plupart des fûts reviennent vides à leur point de départ, et que ces fûts ont, comme pour la bière, le même poids que le contenu, on se rend compte aisément de l’économie réalisée.
- Tel exportateur de vin, payant annuellement, aux Compagnies de chemins de fer et de navigation, i5oooo francs de transport, réaliserait Soooo francs d’économie, du fait de la substitution des tonneaux en liège aux tonneaux en bois.
- On a placé, côte à côte, en plein soleil, à une température de 6o° centigrades, un tonneau en liège et un tonneau en bois remplis d’eau à io°, et d’égale capacité. Au bout de deux heures, le contenu du tonneau en bois avait une température de 180, celui du tonneau en liège s’était maintenu à io°; six heures après le premier avait atteint 4o°, le second 120.
- A l’ombre, l’eau du tonneau en bois était corrompue et imbuvable au bout de deux jours; celle du tonneau en liège était intacte, et elle resta en cet état pendant un laps de temps très long, avantage considérable pour la conservation du vin, surtout dans les pays chauds, le liège pouvant ainsi protéger le liquide contre les fermentations' secondaires.
- Un fût plein, en liège, lancé successivement dans un escalier et d’un premier étage sur le sol, n’a subi aucune avarie. Avec la colle spéciale pour liège, la solidité peut être encore augmentée.
- Pour le nettoyage, un courant d’air chaud suffit; l’enduit de colophane et. paraffine fond, entraînant avec lui tous les dépôts, tartre, lies, etc., matières qui, dans les fûts en bois, adhèrent fortement aux parois et nécessitent un rinçage énergique, souvent même un grattage, opération longue et difficile.
- Une nouvelle couche d’enduit rend le fût en liège propre à ùn nouvel usage.
- Le prix de revient des tonneaux en liège n’est pas «plus élevé que celui des tonneaux en bois. A part le liège, les fournitures sont les mêmes.1 > Le liège employé vaut 3o francs les 100 kilogrammes ; il en- faut 8 à 12 kilogrammes pour fabriquer un fût * d’une"contenance d’un hectolitre, suivant l’épaisseur. Le liège étant facile à travailler, une légère compression au tour de tonnelier supprime tout ajustage à la colombe et suffiUpour donner une étanchéité résistant à plusieurs atmosphères. #•
- J Un couteau circulaire à tailleries douelles, la compression et le s,errage des cercles à l’aide de la machine spéciale, tel est l’outillage nécessaire, et avec 'lequel un seul ouvrier peut fabriquer huit à dix tonneaux par jour.
- ' iCette fabrication spéciale permet d’éviter la chule des \cercles, la disjonction des douelles et les réparalions toujours coûteuses. Il faut ajouter que cette fabrication peut rendre de très grands services non seulement pour lesjliquides, mais aussi pour la conservation de la glace, du beurre, du saindoux, des primeurs, de la viande, du gibier et du poisson.
- Cette industrie paraît d’autant plus intéressanle que la qualité ordinaire des lièges dits minces, bâtards ou épais, c’est-à-dirë celle qui a le moins de valeur et se vend le plus difficilement, remplit toutes les conditions désirables pour la fabrication des tonneaux, industrie qui, bien qu’à l’état embryonnaire, a déjà donné des résultats très encourageants. Henri Blin.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnes. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai do dix à quinze jours. *
- Communications. — M. Jacquot, à Thonon, nous écrit : « La Nature, dans son n° 1728, du 7 juillet, a donné un article intitulé Pour rafraîchir l’eau. En le lisant nous nous sommes rappelé deux ustensiles de ménage employés par les indigènes algériens et destinés au même but : la guerba et la mattara. La guerba est une peau de chèvre garnie de ses poils et généralement goudronnée à l’intérieur. L’eau ne suinte que faiblement mais on provoque l’évaporation par un balancement de l’outre, suspendue à des piquets. C’est le mode de transport de l’eau national en pays arabe, qu’on soit dans le Tell ou dans le Sahara ; en route on l’attache contre le flanc du dromadaire. La maltara n’est guère en usage que dans les oasis de Tuggurt; c’est uu ustensile de sédentaire et nous n’avons eu que des mécomptes quand nous ayons voulu, malgré notre guide, l’emporter avec nous. — Il est fait d’une pièce de cuir souple taillée et cousue de façon à obtenir un tronc de cône de hauteur variable (40 à 60 cm), muni d’un fond soigneusement ajouté et ouvert dans le haut. Comme le cuir, qui est mince, ne se soutiendrait pas debout, on adapte latéralement une solide baguette faite d’une côte de palme de dattier et qui assure la rigidité de l’enveloppe. Tant que la mattara contient un peu d’eau, la baguette fait son office. L’ustensile commence-t-il à se vider, le tuteur se couche en entraînant le cône de cuir. On voit que c’est peu pratique pour le transport. Mais auKsar (village), où on peut l’assujettir, la mattara est utile car l’eau suinte à. travers le cuir, ce qui amène l’évaporation et la fraîcheur. — Ces mattaras n’ont aucun mauvais goût et se nettoient très bien. »
- M. L. Jollivet Castelot, à Douai, nous adresse les premiers exemplaires d’une nouvelle publication, Les feuilles d'hygiène, qui paraît mensuellement à Douai, par les soins de notre correspondant. Le but de cette revue est de vulgariser les principes d’hygiène par le développement de l’instruction populaire, de substituer à l’empirisme des procédés simples, et surtout de faire aimer la vie conforme à la nature. C’est une intéressante initiative en même temps qu’un signe fort heureux de l’attention que le grand public prête à ces Jxêlles questions de santé, physique et morale. '
- Renseignements. — M. 1H., à S. — i° Lés masticatoires indiqués par le Dr Cartaz sè trouvent à la Pharmacie centrale de France, 7, rue de Jouy, à Paris. — 20 Ouvrage sur la tourbe, voyez à la librairie Ch. Béranger, i5, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. E. Chédan, à la Chapelle-Thouarault. — i° L’écart entre le temps réel moyen civil indiqué par les horloges publiques.de la ville de Paris est variable avec les jours de l’aunée- Cet écart est indiqué pour chaque jour par Y Annuaire du bureau des longitudes, Paris, Gauthier-Villars, éditeur^.: en juillet 1906, à midi vrai, il est i2h3m26s le Ier; i2h 3m37s le 2, et ainsi de suite jusqu’au 31, où l’on a X21' 6“ 125, — 20 L’horloge extérieure des. gares marque l’heure légale française, c’est-à-dire le temps moyen pivil dé Paris ; l’horloge intérieure des gares est en retard de quelques minutes, généralement cinq, sur l’heure de Paris. C’est à l’heure indiquée par ces horloges intérieures qu’ont lieu les départs des trains.
- M. L. Penna Teixeira, à Belem-Para. —- Vous trouverez, des mémoires très bien faits relatifs à l’exploitation du caoutchouc à Ceylan à la librairie Challamel, 17, rue Jacob, à Paris.
- M. D. Mocquevis, à Paris. — Vous trquverez peut-être un ouvrage ( comme tcelui que vous cherchez sur la Lutte chez les Grecs, aux librairies Leroux, 28, rue Bonaparte, ôu Klincksieck, 11, rue de Lille.
- M. V. Bourgeois, à Coulours.— Pour la confection des plans en relief, on emploie divers produits suivant la finesse que l’on veut obtenir, argile à modeler, cire,
- pasteline ; vous pourriez vous adresser pour ces produits, si vous ne les trouvez pas sur place, chez Fortin, 59, rue des Petits-Champs, Paris. Le plâtre ne pourrait servir qu’à mouler les modèles obtenus.
- M. David Rowland, à lnterlaken (Suisse). — En France, les portées pour les câbles télégraphiques varient entre 40 et 200 mètres ; elles sont également très variables pour les pays étrangers.
- M. Louis Grammont-, à Montauban. — Les comptes rendus de la mission Chari-lac Tchad, sous la direction de M. Chevalier,n’ont pas encore été publiés. Toutefois M. Decorse a fait paraître son journal de roule sous le titre du Congo au lac Tchad chez MM. Asselin et liouzeau, rue Monsieur-le-Prince. h’Anthropologie a publié de son côté un certain nombre de mémoires du même auteur avec les observations ethnographiques effectuées par lui au cours de sa mission. Tu’Anthropologie se trouve chez MM. Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. II. Vacher, à Sceaux. —- Nous avons publié déjà plusieurs articles sur ce sujet et nous ne saurions "y revenir pour le moment.
- M. R. Simonetton, à Colombes. — Les renseignements que nous avons donnés au sujet de l’expédition polaire de M. Wellmann sont les seuls que nous possédons jusqu’ici. Si quelque nouveau fait intéressant se produit nous ne manquerons pas de le signaler.
- M. L. Simonard, à Avesnes. -— i° La couleur noire que les Orientaux donnent à leurs dents est obtenue avec de la laque. — 20 On a en effet essayé la culture des truffés ; les résultats jusqu’ici n’ont pas été satisfaisants ; nous donnerons prochainement un article à ce sujet.
- M. Hardy, à Montpellier. — Comme guide pour une excursion géologique dans les Ardennes vous pouvez vous servir de la carte géologique de France dont les feuilles sont très bien faites. L‘Esquisse géologique du Nord de la France et de la Belgique, par J. Gosselet, tome I, contient de brefs mais clairs renseignements sur cette région. Cet ouvrage se trouve à Lille, 15g, rue Brûlé-Maison, à la Société géologique du Nord. Enfin l’ouvrage 1 'Ardenne, du même auteur, est une monographie complète et le meilleur travail sur la question. Vous y trouverez une carte géologique au 320 000e. Cet ouvrage est édité chez Bér-anger, i5, rue des Saints-Pères, Paris (coût : 5o francs).
- M. de R., à Roquefixade. — i° Le papillon dont vous nous parlez est fort vi’aisemblablement un piéride, peut-être le piéride du chou. C’est •une espèce des plus banales en Fi'ançe. — 20 Sur le ver de vase, qui n’est autre cnose que la larve du chironome, vous" pouvez consulter*» le livre de Zoologie descriptive, premiei' volume, fiiez O. Dour, éditeur, rue de l’Ecole-de-Méde-cine, à R|ris.
- M. M?Desprez, à Paris. — Les adresses que vous 4 nous demandez ont été données en tête de la boîte aux lettrés du n° 1724 du 9 juin; ce sont : M. Dufaux, 10, mie des Caroubiers, à Genève ; tractocyelette Jouimaux, 54, rue (les Cévennes, Paris; moto K. D. Relier Dorian, 2ÿ bis, rjÿe du Dauphiné, Lyon; motobécané N. -Saint-Gèrmainf%g, rue des Archives, Pai'is. — La bicyclette à Moteur Uu n° 1698, du 9 décembre 1905, se trouve chez M.. Ferrent, à Dijon.
- (M. L. ?Moerman, à Bruxelles. — Le phénomène que vous nous signalez est des plus curieux. Nous ferons dés rechéFches pour essayer d’en trouver la cause, que nous ne voyons pas tout d’abord et qui poui’rrait être, d’ailleurs|une erreur subjective, ou tenir à un défaut des verres dejla lorgnette.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. liée. Méré, à Versailles. Veuillez vous adresser à une agence de brevets. — M. Z. de Sèze, à Paris. Il faudrait faire procéder à des mesures sur place. — M. Ch. Potier, à Haarlem. Vous pourriez consulter à ce sujet le recueil de Recettes et procédés utiles, 2e et 4e séries, librairie Masson et Ci0, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. — M. Jacquot, à Thonon; M. Jollivet Castelot, à Douai. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5o'",3o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES :u MATIN THERMOMETRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES j
- Lundi 9 juillet. . . . 18°,1 N. N. E. 2. Très nuageux. » Rosée ; très nuageux.
- Mardi 10 19°, 9 Calme. Quelques nuages. M Rosée; brumeux; peu nuageux ; pluie de 2l h. 30 à 22 h.
- Mercredi 11 11°, 5 N. N. E. 3. Peu nuageux. 5,8 Presque couvert; pluie de 15 h. 30 à 16 h. 40 ; tournure de 14 h. 50 à 16 h. 45.
- Jeudi 1 2 13°,6 N. E. 1. Très nuageux. 0,4 Rosée ; uuag. ; gouttes à diverses reprises.
- Vendredi 13 12’,4 N. N. E. 0. Beau. )) Rosée ; nuageux ; halo.
- Samedi 11 15\9 . S. 0. Couvert. 0,0 Rosée; presque couv. ; bruine dans l'après-midi.
- Dimanche 15 14”,3 w. 1. Très nuageux. M Rosée ; nuageux.
- JUIN-JUILLET 1906.— SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 JUILLET 1906.
- Lundi
- Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi
- Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0,. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri a boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- c&5s&. Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été lourd et chargé dans la semaine du 9 au i5 juillet. Le 9 juillet, une série de fortes pressions couvraient l’Ouest et le Centre de l’Europe; on trouvait un maximum de 771 mm en Bretagne. Un vent faible soufflait du Nord en Bretagne, du Nord-Ouest sur le golfe du Lion, du Nord-Ouest en Vendée. Des averses orageuses sont tombées à Belfort, à Besançon et à. Nancy. La température était le matin 180 à Paris, 190 à Clermont, 170 à Nantes, 24° à Perpignan, i4° au Puy de Dôme, 4° au mont Mounier. Le ciel a été couvert toute la journée à Paris, et quelques gouttes sont tombées dans la soirée. Le 10 juillet, la pression barométrique était encore de 770 mm en Bretagne, mais il y avait une dépression dans le Sud-Est de l’Europe. Le thermomètre marquait le matin i5° à Nantes, 200 à Paris, 2i° à Clermont, 20° à Perpignan, i3° au Puy de Dôme, i3° au mont Aigoual, 70 au Pic du Midi, 5° au mont Mounier. Un vent faible soufflait du Nord sur la Manche et sur l’Océan, et du Nord-Ouest en Provence. Le 11 juillet, la pression atmosphérique a baissé dans le Sud et le Centre de l’Europe; elle est restée élevée sur l’Ouest de la France. Un vent modéré d’entre Nord et Ouest a soufflé sur les côtes de la Manche et de l’Océan; il a été assez fort dans le golfe du Lion. Quelques averses sont également tombées à Paris. La température était le matin i3° au Havre, i5° à Paris, 190 à Biarritz, 24° à Lyon, io° au Pùy de Dôme, 8° au mont Mounier, 5° au Pic du Midi. Une violente tempête s’est abattue dans l’après-midi sur Saint-Etienne où la séche-
- resse persistait depuis deux mois; la pluie est tombée en abondance. Le 12 juillet, la pression barométrique était élevée sur l’Ouest de l’Europe avec un maximum de 770 mm en Bretagne. Lé vent était faible dans les stations de la Manche et de l’Océan; la mer était houleuse sur la Méditerranée. Il a plu, en France, 9 mm d’eau à Lyon, 7 mm à Besançon, 4 mm à Nancy, 4 mm à Paris. Le thermomètre a marqué 14° à Paris, i5° à Clermont, 180 à Marseille, 70 au mont Mounier, 5° au Puy de Dôme, 20 au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été 13°,5, inférieure de 4°»7 à la normale. Le i3 juillet, les fortes pressions existaient sur le Sud-Ouest du continent; à Nantes, on notait 769 mm; à Paris, 767 mm; à Nice, 758 mm. Des averses sont tombées sur Paris à plusieurs reprises dans la journée. Des vents faibles ont soufflé de l’Ouest sur les côtes de la Manche, et des vents forts du Nord-Ouest dans le golfe du Lion. La température était T i° à Belfort, 120 à Paris, i3° à Clermont, i5° à Toulouse, 4° au Puy de Dôme, 20 au mont Ventoux, 5° au Pic du Midi. Le 14 juillet, à Paris, le ciel a été couvert et très nuageux, de légères averses sont tombées dans l’après-midi. La température â présenté Un maximum de 20°,5 à midi et demi et un minimum de i5° à 2 heures. Le i5 juillet, la pression atmosphérique était y65 mm en Bretagne. Un vent fort de l’Ouest a soufflé sur la Manche. La température est montée sur les régions de l’Est et du Sud; le thermomètre a marqué i4° à Paris,.!-0 à Clermont, 210 à Lyon, 2i° à Alger, io° au Puy de Dôme, 70 au Pic du Midi, 5° au mont Ventoux.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le i3 à 10 h. 22 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VT*)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à JftM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d'origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1731 (28 JUILLET 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- J&D
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- INFORMATIONS
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- Mort de M. le D* Brouardel. — Au moment de mettre sous presse, nous apprenons la mort de M. le L)r Brouardel, décédé le 23 juillet; nous lui consacrerons une notice dans notre prochain numéro.
- Société des agriculteurs de France. — La Société des agriculteurs de France a un prix agronomique à décerner en 1907. Ce prix, consistant en un objet d’art, sera décerné, pendant la prochaine session de la Société, en 1907, à l’auteur de l’étude la mieux conçue, qui lui sera présentée sur la question de la production, du transport et de la distribution de l’énergie et de la lumière dans les exploitations rurales au moyen de l’électricité. Ce travail devra viser la création ou l’utilisation d’une usine centrale, mue par une chute d’eau ou. un autre moteur quelconque, annexe ou non d’une sucrerie, distillerie,ou autre usine déjà existante; cette usine produisant, au besoin, l’électricité nécessaire pour transmettre la force et la lumière dans les exploitations rurales avoisinantes. Cette étude devra être appuyée sur des exemples tirés d’installations déjà existantes et, autant que possible, elle devra viser une application bien déterminée à créer. Dans ce cas, elle en présentera, dans la mesure du possible, les avantages et les difficultés, elle indiquera les prix d'installation et d?exploitation en les mettant en comparaison avec les dépenses des installations antérieures qu’elle serait destinée à. remplacer. Les mémoires devront être adressés au siège, ,de la Société, 8, rue d’Athènes, à Paris, au plus, tard le, 3i décembre 1906. Lès conditions dès concours de la Société sont les suivantes : i° les mémoires présentés aux concours doivent être manuscrits ou à l’état d’épreuves; a0 les auteurs ne doivent pas se faire connaître. Chaque manuscrit doit porter une épigraphe ou devise qui sera répétée sur un pli cacheté joint à l’ouvrage et portant le nom de l’auteur; 3° le lauréat qui obtient un objet d’art peut choisir1 entre cet objet et sa valeur argent. ’ "
- Bibliographie et études astronomiques. — Le
- Comité de bibliographie et d’études astronomiques, de l’Observatoire royal de Belgique, a entrepris de publier une liste des observatoires et des astronomes du monde entier. Une demande, sous forme de questionnaire, accompagnée d’un modèle de réponse relatif au Service astronomique de l’Observatoire d’Uccle (Belgique) a été adressée à tous les directeurs d’observatoire. La liste comprendra aussi les astronomes libres (professeurs d’Université, amateurs, etc.), qui ne sont attachés à aucun observatoire, mais qui s’occupent activement de recherches célestes. Le Comité fait appel aux directeurs
- d’observatoire auxquels la demande ne serait pas parvenue ou qui n’auraient pas encore envoyé leur réponse, ainsi qu’aux astronomes libres et les prie d’envoyer les indications mentionnées ou de signaler...toute omission;> le plus tôt possible, au directeur du Comité : M. le professeur Dr. P. Stroobant, astronome à l’Observatoire royal de Belgique, à Uccle (Belgique). ;
- Comète Finlay. — On vient d’observer à Kœnigstuhl, près d’Edelberg, en Allemagne, la quatrième apparition de la comète Finlay, qui a été découverte en 1886 par l’astronome Finlay. Elle se présente en retard de quelques mois. M. Schulhof, du Bureau des longitudes de Paris a expliqué que ce retard avait eu lieu parce que la comètè avait passé près de Jupiter, ce qui a modifié les éléments de son orbite.
- La télégraphie sans fil. — On sait déjà les résultats obtenus avec la télégraphie sans fil ; mais on connaît aussi les obstacles qui se présentent à chaque instant. Une étincelle quelconque, produite par un appareil quelconque, un interrupteur Morse, un interrupteur quelconque peut agir sur le récepteur, et, dans ces conditions, donner lieu à toutes sortes de contre-temps. Oh assure que M. Branly a trouvé ùn appareil, de construction encore compliquée, permettant dé séparer les différentes émissions d’ondes électriques. Mais cet appareil, pâraît-il, n’est encore applicable que dgns des" opérations pacifiques.
- Tremblements de terre. — Du 15 au 19 juillet, on a ressenti a Socorro (New-Mexico), 52 secousses sismiques qui n’ont pas causé grands dégâts. Socorro se trouve à 16 kilomètres d’un ancien volcan; on craint que les secousses ne soient le prélude de nouvelles manifestations volcaniques. La température de l’eau des sources chaudes près de Socorro s’est élevée à io° depuis quelques jours.
- Les colis postaux.— Le Ministre des finances a pris, en ce qui concerne les colis postaux parisiens, les mesures suivantes applicables à partir du iep août. Les colis postaux expédiés en nombre peuvent être enlevés directement au domicile des expéditeurs ; ces derniers peuvent exiger l’enlèvement des colis, lorsque, ceux-ci atteignent le nombre de 100. Les taxes applicables aux colis postaux de Paris pour Paris, enlevés au domicile des expéditeurs, sont les suivantes : 15 centimes par colis de 1 kg, 20 centimes par colis de 1 à 5 kg, 35 centimes par colis de 5 à 10 kg.
- Sidérurgie japonaise. — Les établissements sidérurgiques au Japon sont au nombre de 2i3 occupant
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- plus de 46 ooo ouvriers ; le principal est situé à Waka-matsu, dans un district minier très riche qui fournit la matière première à profusion. Ces usines, qui ont également le charbon en abondance, possèdent des tours à coke, des hauts-fourneaux, des aciéries Bessemer et Martin, des fonderies, des laminoirs, et aussi des ateliers de construction. Elles vont se mettre à fabriquer materiel de guerre et plaques de blindage, le Japon entendant se suffire à ce pôint 'dé vue.
- Le pétrole dans l’Afrique du Sud. — On est actuellement très occupé dans la colonie d’Orange par des recherches de.pétrole, dont le résultat industriel demeure très problématique, mais qui ont déjà donné lieu à des constatations intéressantes. Un premier groupe travaille dans le district Inhambane (Afrique portugaise). Un second a entrepris des sondages sur la ville de Harri-smith (Orange), où des puits à eau ont déjà trouvé de l’huile minérale. U existe également des suintements pétrolifères près du chemin de fer Harrismith-Bethléem ; puis dans le district de Lindley, quelques indices, ainsi que dans les environs de Kroonstad, où une ferme porte depuis longtemps le nom d’Oilfontein. Là le pétrole se trouverait, dit-on, dans les fissures d’un dyke de dolé-rite. Si l’on n’a pas affaire à des produits locaux en rapport avec les dépôts charbonneux activement exploités dans les terrains triasiques du karo, cette présence du pétrole peut avoir un intérêt théorique dans une région aussi exclusivement constituée d’un soubassement ancien, inébranlé depuis de très anciennes périodes géologiques et aussi profondément métamorphosé. Les détails géologiques font encore défaut.
- Éruptions volcaniques. — L’Observatoire de Catane a annoncé que deux fortes éruptions du Stromboli se sont produite^, l’une, le 15 juillet, à 81'3ora du soir, et l’autre le x6 juillet, à 5h i5m du soir. On a également observé le 18 juillet des flammes, de la fumée et des cendres de l’Etna.
- Le sarcophage de Charlemagne. — On vient d’ouvrir, dans la cathédrale d’Aix-la-Chapelle, en présence de toutes les autorités, le sarcophage de Charlemagne. On a trouvé deux draperies de grande valeur et très importantes aux points de vue artistique et historique ; on doit les photographier.
- Causes du mal de mer. — Deux observateurs et physiologistes, MM. J. Aitken et A. Slang, considèrent que le mal de mer est le résultat uniquement d’impressions visuelles. Ce sont les. changements angulaires de l’œil qui lui impriment une rapide fatigue, et qui entraînent finalement le trouble caractéristique connu sous le nom de mal de mer. Et c’est pour cela que le meilleur moyen d’éviter le mal de mer serait de lire quelque chose d’intéressant, en tenant le livre de manière q*u’il vous cache tous les objets environnants susceptibles de prendre un déplacement apparent par rapport à vos yeux. Il est bien certain qu’on a souvent donné comme remède préventif du mal de mer, de tenir ses yeux uniquement attachés sur une petite glace à main, où l’on contemple sa propre image.
- La respiration artificielle. — La Société centrale de sauvetage des naufragés a mis récemment en service à Dieppe un appareil destiné à opérer mécaniquement les tractions rythmées de la langue, suivant l’excellente méthode, indiquée par le D‘ Laborde. On ramène souvent à la vie des malheureux naufragés ou asphyxiés après deux heures et plus.
- La tuberculose en Allemagne. — Il résulte des statistiques produites au dernier Congrès national de la tuberculose, en Allemagne, que les décès résultant de cette maladie ont diminué de 38 pour xoo depuis i8y5. Les sanatoriums ont rendu à la vie et renvoyé guéris 34 pour too des personnes qui avaient réclamé leurs soins. Dans le cours de l’année 1905, plus de 26 600 malades — presque tous des ouvriers — ont été traités dans les sanatoriums. Pendant la période de 1901 à 1905, les Compagnies d’assurances allemandes ont dépensé près de 48 millions de francs pour lutter contre le terrible fléau. Ces Compagnies ont fondé 36 hôpitaux spéciaux avec 2111 lits pour les femmes et 54i lits pour les enfants; ces diverses fondations ont été créées sous les auspices de l’Impératrice.
- Chemins de fer électriques. — C’est en Italie qu’on va en établir un nouveau, de Milan à Pergame ; le cou-
- rant employé sera du monophasé distribué à haute tension. La ligne sera établie avec des courbes peu nombreuses et aussi peu raides que possible, de manière que la circulation normale s’y fasse à une allure de 90 km. Elle aura du reste un développement de 42 km. seulement.
- Le métropolitain de Paris. — La partie de la ligne 5 du métropolitain, comprise entre Mazas et la gare de Lyon, et qui permet aux voyageurs venant de la rive gauche- (Grenelle, Montpai'nasse, Porte d’Italie) de passer sur la ligne 1 (Porte Maillot-Vincennes), à la gax-e de Lyon, a été i*eçue récemment par la commission municipale du Métropolitain ; elle est sur le point d’être mise en service.
- La traction électrique dans Paris. — On cherche à améliorer la traction dans Paris ; la sous-commission de réorganisation des transports s’est réunie dernièrement à l’Hôtel de Ville et a examiné plusieurs parties du cahier des charges préparé par le ministèi'e des travaux publics. On a longuement discuté la question de l’emploi du trolley dans Paris. Les représentants de la Ville se sont opposés à son emploi, sauf au delà des boulevards extérieurs.
- La charge de l’homme au régiment. —Une commission spéciale, au 4° régiment de zouaves à Tunis, s’occupe en ce moment de chercher un moyen d’alléger le sac en tenue de campagne. Le nouveau sac, inventé par un adjudant du régiment, aui'ait des dimensions restreintes, et, à vide, pèserait 700 grammes de moins que le modèle en usage.
- L’Église Saint-Michel de Hambourg. — Un récent incendie a détruit l’Eglise Saint-Michel de Hambourg qui était un édifice du xviii° siècle. La tour, qui avait une. hauteur de i3o mèti'es, s’est écroulée; trois personnes qui faisaient des réparatioixs dans le clocher ont péri dans le f eu..
- Les fraises en Angleterre.— On sait que les fraises françaises sont très appréciées en Angleterre. Cette année en particulier les acheteurs ont été très nombreux, toutes les fraises ont été expédiées en Angleterre ; le trafic a, dit-on, atteint plusieurs millions de francs.
- Bains publics urbains. — La Ville de Hanovre vient de créer un établissement de ce genre intéressant à beaucoup d’égards. Il occupe 4700 m2, et comporte une double piscine pour les hommes de 10 m. de large avec une longueur respective de 20 et de 25 m., puis une piscine pour dames de 20 sur 10. La profondeur varie de 0,75 m. à 3 m.; les parois sont en béton armé revêtu de carreaux émaillés permettant un excelleixt entretient. Sur le pourtour, sont disposes, en 2 étages, 96 cabines, puis des bains de pied et des douches; le sol des cabines est en pente, ce qui assure l’évacuation des eaux;* le linge sale est jeté directement dans des couloirs verticaux qui l’amènent à là buanderie disposée dans le sous-sol. Chaque cabine comporte deux entrées, et les personnes qui arrivent pour prendre un bain pénètrent par la porte et le couloir extérieurs, de façon à ne pas salir avec leurs souliers boueux le couloir intérieur toujours humide par où passent les baigneurs soi’tant de l’eau. Cés bains comportent également bains de vapeur, buffet, salon de coiffure, salles de lectures et de repos, vestiaires, et aussi des cabines à bains chauds dont les baignoires en maçonnerie revêtue de faïence sont encastrées daixs le plancher.
- Enrochements en béton fretté.— Ce sont des enrochements artificiels de gros volume, ce qui est fort intéressant et d’usage courant pour la défense de berges de talus sous l’eau, etc., et c’est une application ingénieuse, on peut dire, du béton armé. Ces enrochements affectent la forme de cylindres, dont les extrémités se* terminent à peu près en pointes d’obus; ils ont 5 à 6 m. de long pour 1 m. de diamètre. L’armature en est extérieure et constituée par un treillis en fil de fer de fort diamètre, complété du reste de façon curieuse par Un revêtement en jute. Cette armature est montée sur un‘nibule démontable, puis remplie d’un béton maigre fortèment pilonné, et l’on immerge après démoulage, avant même que la prise soit complète. Ces enrochements sont employés en Autriche sur plusieurs cours d'eau, et c’est la publication Oesterreiçhische Wochenschrift qui le signale en en disant grand bien.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- CtgOsi Marine
- Confirmateur d’ordres pour navire. — On doit savoir qu’il est de la plus haute importance, à bord des navires, qu’aucune erreur ne puisse se produire dans les ordres que l’on transmet aux machines, pas plus qu’à l’homme de barre, et il est fort désirable que celui qui donne ces ordres ait une sorte d’accusé de réception, qui sera la confirmation qu’on l’a bien compris, et la manifestation matérielle de la marche imprimée aux machines ou de la position prise par le gouvernail. On a bien combiné dans ce but des transmetteurs en retour, mus électriquement, mais ils coûtent fort cher, et c’est pour cela qu’il semble utile de faire connaître un système analogue pneumatique, qui est fort peu' coûteux. Il est très employé dans la marine danoise ; nous l’avons pu voir dans les ateliers de M. Evershed and Vignoles, de Londres (Acton Lane, Chiswick), qui le construisent couramment.
- Voici d’abord un premier appareil, fort voisin du reste de l’autre, qui peut indiquer le sens de la marche et approximativement la vitesse de rotation d’une machine marine. Sur le cadran enfermé dans le cylindre de cuivre
- Transmetteur de machine. —Transmetteur du gouvernail.
- Mouvement intérieur.
- tourne une large aiguille noire, son sens de rotation et sa vitesse correspondant précisément au sens de marche et à la vitesse de rotation du propulseur : les deux flèches rappellent constamment que la rotation dans le sens des aiguilles d’une montre est la marche avant et l’autre la marche arrière. Le mécanisme intérieur de cet instrument, qui est un récepteur, est identique au mé-‘ canisme transmetteur de commandes, et, par suite, en décrivant l’un, nous ferons comprendre l’autre. Le transmetteur est actionné dans sa rotation par une poulie, qui est placée au dos du cylindre de cuivre et qui reçoit son mouvement de l’arbre de couche. L’arbre de la poulie porté un disque à manivelles à l’intérieur du cylindre : grâce au bouton de cette manivelle, on pourra actionner des petites souffleries qui enverront des poussées d’air successives aux soufflets du récepteur, pour faire tourner la grosse aiguille noire dont nous avons parlé. Au dos du cylindre, et fixés à sa périphérie, sont trois soufflets cylindriques à fond métallique, avec chambre flexible en caoutchouc. Ces cylindres sont placés radialement et le piston formant soufflet se trouve sous la dépendance d’une tige reliée au bouton de manivelle. ' '
- Des dispositions sont prises fort habilement pour forcer les tiges de pistons à se déplacer à peu près en ligne droite. On voit, au pourtour du cylindre métallique, les petits ajutages qui donnent issue aux poussées d’air
- causées par les déplacements des pistons, et qui sont transmises au récepteur par des canalisations ad hoc. Le récepteur reçoit ces impulsions successives dans ses soufflets, et c’est cela qui commande son aiguille, sans qu’il y ait du reste de point mort, ce qui n’est pas sans importance.
- Pour ce qui est du récepteur et du transmetteur concernant la manœuvre du gouvernail, ils supposent d’abord devant les yeux du commandant le cadran que nous faisons figurer ici, et où sont inscrits les mots Port et Starbord, qui correspondent au bâbord et au tribord de notre langue ; puis il existe une aiguille indicatrice qui ne peut se confondre avec celle de la marche de l’hélice, et qui se déplace sur une double graduation de 4o° d’un bord ou d’un autre. Le transmetteur des mouvements du gouvernail est disposé de telle sorte que le bouton de manivelle, que nous retrouvons ici, fait plusieurs révolutions pour un petit mouvement angulaire du gouvernail, le récepteur indicateur étant muni d’un engrenage combiné de façon exactement correspondante. La position de l’aiguille arrive de la sorte à représenter le déplacement du gouvernail.
- Outillage
- Dispositif pour poignées d’outils. — L’application en est très variée, puisque ce petit dispositif accessoire peut venir se fixer sur tous les manches et poignées d’outils, pour fournir une meilleure prise à la main. Nous en donnons un dessin sur un manche de tournevis, qui va faire comprendre tout de suite sa constitution et son rôle. Ce dispositif, vu isolément, tel que le montre également un dessin de détail, se présente sous la forme d’une sorte de levier métallique cintré, dont le bout inférieur offre un trou dans lequel passe une vis ou une tige métallique que l’on enfonce dans le bout du manche de l’outil. Dès lors, quand on voudra se servir de cet outil, la paume de la main ne sera plus obligée de porter uniquement sur l’extrémité du manche, ce qui n’est pas sans être fatigant, sans devenir même pénible au bout d’un certain temps, étant donnée la surface de contact relativement faible entre la paume et le manche. Le levier coudé vient fournir un appui secondaire pour une autre partie de la main, on a un peu l’effet d’une poignée de rabot. Ce petit appareil a été essayé par une foule d’ouvriers, notamment pour la manœuvre des limes, et tous sont d’accord pour le trouver fort commode, et constater qu’il augmente la productivité du travail. — Il a été imaginé par M. Charles Nurse, 181, Walworth Road Londres, S. E., et se nomme « Universal tool handle grip ».
- Appareil à courber les tubes. On sait combien il faut prendre de précautions pour courber, suivant un profil exact, les tubes de toute espèce, en cuivre, fer, acier, et combien l’opération est longue, à cause même des précautions qu’elle exige. C’est pour cela que des ingénieurs de Londres, MM. Edward Le Bas and C° (Dock House Bilter Street, E. C.) ont inventé un appareil qu’ils appellent le Perfect, et qu’ils donnent comme répondant à tous les desiderata des gens de métier. Cette machine traite les tubes même de a5 mm de diamètre sans chauffage; avec chauffage, elle rend les mêmes services pour des tubes de 75 mm : et tout cela sans retouche. Comme on le voit, l’appareil comporte une, embase qui peut se visser sur un établi, ou encore être serrée dans un étau. C’est ensuite une poulie centrale 2 et un bloc de coudage 3, puis un bloc d’immobilisation 4; le tout est complété par le mécanisme de coudage proprement dit. Les choses sont dispo-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- sées de telle sorte que les pièces 2, 3 et 4 sont dotées de deux types de gorge, pour répondre aux diamètres par trop différents de tubes. Pour courber un tube, on commence par disposer les trois pièces de façon qu’elles olïrent à point nommé la gorge convenable. La poulie 2 est du reste disposée sur le boulon 5 de manière que la partie plate que l’on remarque sur sa jante vienne
- juste en face du bloc de retenue 4 ; on la fixe en place dans cette position au moyen du boulon 6. Le bloc de courbage 3 est alors placé sur un boulon du levier inférieur 7, de telle manière que . son bout le plus long, son bras de levier, se trouve vers le bloc de retenue. Le levier intermédiaire 8, qui est pourvu d’un rochet, est alors monté sur le boulon central 5, dont l’écrou 9 est serré. Enfin, le levier principal 10 vient s’enfiler sur les chevilles ou axes 11 et 12. On pousse à ce moment en arrière le mécanisme du levier jusqu’à ce que le bloc 3 vienne dans l’alignement du bloc 4- C’est à ce moment qu’on insère le tube à courber, pour le maintenir ensuite par l’étau i3 ; on laisse ensuite tomber le rochet 14 dans les dents de la jante de la poulie centrale 2, et l’on exerce une pression régulière sur le levier, qui est tiré lentement mais de façon continue. Par suite de ce mouvement, le bout du bloc 3 est animé d’un mouvement partiellement circulaire qui le fait forcer contre le tube, tandis que l’extrémité du levier 8 ne peut pas reculer, par suite de l’appui que lui fournit le rochet 14. Aussitôt qu’on arrive à ce qu’un angle aigu se forme entre le levier 10 et le levier 8, on doit faire revenir en arrière le mécanisme. Alors le bloc 3 avance, on le ramène vers le tube, et l’on recommence l’opération jusqu’à ce que la courbure voulue soit obtenue.
- cfg'ïvS, "Dessin
- L’équerre à miroir Monin. — Tous les arpenteurs connaissent, par expérience, les petits ennuis de leur équerre à alidades. Elle est, de plus, coûteuse, fragile, encombrante et difficile à transporter; enfin, celui qui s’en sert ne peut arriver à la précision nécessaire qu’après un apprentissage assez long, et cela surtout parce qu’elle exige toujours deux visées successives. C’est- là un inconvénient qu’il semble au premier abord impossible de supprimer pratiquement lorsqu’il s’agit de déterminer un angle quelconque. M. Monin, géomètre-architecte à Lyon, est cependant parvenu à supprimer toutes ces difficultés, et notamment, au moyen d’un très simple appareil de son invention, à n’employer qu’une seule visée, tout au moins pour la détermination des angles droits, de beaucoup la plus importante.
- L’appareil se compose, ainsi que le montre la figure ci-jointe, d’une fourchette F, dont la vis Y permet de faire varier légèrement l’angle d’ouverture, et de deux miroirs M et M', plans, et faisant entre eux un angle dièdre de 45°, angle rectifiable aisément. Le miroir M’ est percé en son centre d’un trou circulaire T, situé de telle façon qu’une perpendiculaire au plan du miroir en ce point ne puisse pas rencontrer le miroir M. On tient l’appareil d’une main, de façon que les miroirs soient dans des plans verticaux : le miroir M'tourné vers l’observateur, le miroir M lui tournant au contraire le dos. On regarde dans le miroir M7 l’image réfléchie du miroir M, sans s’inquiéter du trou du miroir M'. Dams ces
- conditions, si l’équerre est tenue l’ouverture tournée vers la droite, on apercevra droit devant soi, dans le miroir M', par suite d’une double réflexion, les objets qui se trouvent à main droite. Dès lors, pour mener une perpendiculaire à une ligne de jalons J, J, J, situés à droite, il suffira de planter une ligne de jalons J' J' J7 dans la direction même où, par réflexion, disparaissent dans le
- j‘ •
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- I.’équeiTC à miroir Monin.
- miroir M' ceux qui sont déjà plantés. Le trou T permet de donner toute sa rigueur à l’opération. La même équerre peut être utilisée aussi, en y adjoignant simplement un fil à plomb comme appareil de nivellement. Une petite mire très voyante, ajoutée à l’instrument, permet aisément un coup de niveau exact à plus de 100 mètres. Il nous semble que, par sa simplicité, son prix modique et sa petite taille, — on peut le mettre dans une poche de gilet — l’instrument de M. Monin, que nous avons essayé avec succès, est appelé à rendre de très grands services et à devenir d’un emploi général. — L’équerre à miroir se trouve chez M. Monin, géomètre-architecte, 172, avenue Félix Faure, à Lyon.
- Divers
- Pieu perfectionné pour attacher le bétail. —
- Ordinairement on croit faire une économie rationnelle, en prenant le premier piquet de bois venu pour attacher les animaux domestiques que l’on met au pâturage, et en fixant tant bien que mal au pieu la corde qui les retient. Mais les Américains considèrent avec raison que les perfectionnements les plus secondaires ont leur importance, quand on peut les réaliser facilement avec le secours de la technique moderne. Et c’est pour cela que nous avons trouvé, dans cette maison Markt, 107, avenue Parmentier, que nous signalons si souvent, parce qu’on y rencontre une foule d’inventions américainés, un piquet-attache pour animaux domestiques, qui nous semble se recommander à toutes sortes d’égards. Il est en acier, mais en acier évidé, tout simplement parce qu’il est formé d’un morceau de tôle allongé que l’on recourbe complètement sur lui-même, dans la partie supérieure du piquet, pour en constituer la tête, tandis que le reste est incurvé et rappelle un peu un appareil pour arracher les asperges. La tôle est d’ailleurs moins large vers le bout . du. piquet, si bien que le tout présente une sorte d’appointissage qui facilite étrangement la pénétration dans le sol. Avec une pareille forme, en effet, le piquet entrera dans le sol aisément sous la pression de la main ou tout au moins du talon, ce qui-n’empêche qu’il offre une grande résistance sous un effort s’exerçant latéralement, comme en peut . lui faire subir un animal à l’attache. On sait que, , ...
- 1 . . 1. ., c métallique
- avec les piquets ordinaires, if faut emporter 1
- un maillet avec soi quand on conduit un animal au pâturage pour l’y attacher. Du reste, le piquet métallique se retire facilement du sol quand on tire bien verticalement. D’autre part, au sommet cylindrique du piquet, est un collier qui peut tourner, et auquel 'se rattache une boucle où l’on fixera la corde, la chaîne servant à retenir ranimai. Dans ces conditions, la corde ne peut point se tordre et s’enrouler autour du piquet, ce qui ordinairement a cet inconvénient de réduire graduellement le rayon du cercle où l’animal peut se déplacer.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le coup de chaleur. — Nous venons de traverser une période de températures excessives et pénibles par leur durée; comme l’été commence à peine, il y a des probabilités pour que nous retrouvions encore quelques journées avec des ascensions thermiques de 3o° et plus. A ce taux et s’il souffle un vent du sud, la chaleur est fatigante et risque de provoquer maints accidents; a fortiori si le thermomètre monte, comme certaines années à 36°, 37° et même 4o° (un été à Bordeaux).
- Les accidents causés par les chaleurs élevées sont de deux ordres et doivent être, au point de vue de 1^ cause, séparés les uns des autres. Il faut distinguer le coup de soleil, l’insolation proprement dite, causée par la radiation intensive des rayons solaires sur la tête mal abritée ou coiffée d’un de ces chapeaux anti-hygiéniques, tel le haut de forme, où s’emmagasine un air chaud. J’ai mesuré jadis la température intérieure d’une pareille coiffure sous l’action du soleil. Un thermomètre fixé dans le haut d’un chapeau de soie, la cuvette de mercure plongeant à vide dans l’interstice entre le haut du chapeau et le sommet du crâne, donnait 5o°, de quoi cuire les méninges les plus récalcitrantes.
- L’insolation, le vrai coup de soleil ne se produit donc guère que par une protection insuffisante ou exagérée de la tête et de la nuque. Le coup de chaleur vrai, qui se confond souvent avec l'insolation, est la conséquence de la chaleur excessive, comme celle que nous avons eue ces jours-ci, la chaleur de temps orageux, ou alors, sans que la température soit exagérée, l’incommodité survient chez des sujets sanguins trop chaudement habillés, qui ont le cou emprisonné dans un’col rigide, comme l’équipement militaire du siècle dernier; le coup de chaleur, comme le coup de froid, frappe aussi les buveurs, les ‘alcooliques. La chaleur excessive trouve dans l’agglomération, la poussière, les appartements mal ventilés, des conditions accessoires qui en déterminent plus facilement l’apparition. C’est ainsi que les troupes en marche, les foules réunies pour une fête ou dans une salle de spectacle fournissent un contingent nombreux d’accidents.
- Le coup de chaleur ne se présente pas toujours avec des symptômes similaii'es ; la forme varie un peu suivant les sujets. Chez les uns, c’est une sorte d’asphyxie, la peau devient sèche, le regard fixe ; le malade titube, vacille, chancelle et tombe parfois comme une masse inerte. Les mouvements respiratoires sont faibles, ralentis, le pouls est également ralenti, le cœur, sans forces, ne donne qu’une impulsion rare et insuffisante.
- Chez d’autres, il s’agit d’un coup de massue qui les abat par une sorte de congestion cérébrale plus £ou moins grave. Le visage, au lieu de la pâleur du cas précédent, est cyanosé, les lèvres violettes, l’œil injecté et pourpre, indiquent une congestion sanguine intense.
- Dans les deux cas, un phénomène est à peu près constant, c’est l’hyperthermie ; la température s’élève en quelques instants à 3g0, 4o°. Au dire de quelques observateurs, ce serait le phénomène prédominant du coup de chaleur.
- Que faire en pareille occurence? Soustraire immédiatement la victime du coup de chaleur, à l’action de cet air vicié ou des radiations caloriques, le transporter à l’abri, dans un endroit frais, le débarrasser des vêtements qui le gênent, en coupant rapidement, si le cas est grave, cravate, faux-col et tout ce qui entrave la respiration. Faire sur le visage des affusions d’eau froide et tâcher de faire absoi’ber au malade un peu d’eau aiguisée d’alcool de menthe.
- Dans les cas de défaillance cardiaque, de faiblesse du pouls, faire des injections sous-cutanées d’éther et pratiquer la respiration artificielle ; en même temps qu’un aide frictionnera énergiquement les membres et le corps avec une serviette imbibée d’un peu d’alcool, d’eau de Cologne, ori fera avec un linge humecté une flagellation énergique.
- S’il y a prédominance des phénomènes comateux, des phénomènes cérébraux, des sinapismes aux membres, des révulsifs sur l’intestin, lavements avec un peu de gros sel. La soustraction d’une certaine quantité de sang, par la saignée, dont on a tant abusé jadis et qu’on pratique trop parcimonieusement aujourd’hui; est un moyen héroïque et qui eii quelques instants fait disparaître les accidents les plus graves.
- Pour éviter d’avoir à craindre pareils accidçnts, portez pendant l’été des chapeaux de paille à larges bord!, garantissez la nuque avec un mouchoir qui, battu par la brise, donne de la fraîcheur à la tête et au cou. Supprimez, en attendant qu’on le supprime tout à fait, le chapeau haut de forme, portez des vêtements légers, amples et peu serrés ; garantissez-vous si vous le voulez, avec une ombrelle. C’est le vrai parasol, le vrai moyen d’éviter les coups de soleil. Enfin, quand il fait chaud, n’usez que des boissons aqueuses, sans alcool, limonades, orangeades, café froid étendu, mais aucune de ces boissons qui n’ont d’apéritifs que le nom et qui pendant l’été sont encore plus nocives que par les temps froids. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UtlLES
- osU
- Sirop pour la fabrication de la limonade. — Les
- limonades deviennent parfois filantes, quelles que soient les précautions que l’on prend pour les préparer. D’après la publication suisse Schweizerische Wochenschrift fur C hernie und Pharmacie, cela tiendrait au sirop employé pour la préparation : il est'essentiel qu’il soit fabriqué avec du sucre de la meilleure qualité et non coloré en bleu au moyen d’outre-mer.
- Pour entretenir les courroies. — La graisse dont il s’agit rend de très grands services pour préserver de l’usure les courroies, et on peut l’employer également pour les courroies déjà usagées, auxquelles elle fait une sorte de seconde jeunesse. Dans ce dernier cas, il faut l’étendre à l’extérieur comme à l’intérieur de la courroie, en passant même plusieurs couches au besoin. Dans un récipient en fer bien couvert, on chauffe, à la température de 5o°, environ un kilo de caoutchouc coupé en petits morceaux et autant de térébenthine rectifiée ; après dissolution, on ajoute 8oo gr. de colophane, on brasse bien jusqu’à ce qu’elle se dissolve à son tour, et l’on additionne de ioo gr. de cire jaune. D’autre part, on a fait chauffer 3 kgs d’huile de poisson et i kg de suif, de
- manière que le suif fonde bien, et l’on verse alors le contenu du premier récipient dans ce second mélange ; on brasse constamment jusqu’à refroidissement et prise.
- Moyen de donner une surface polie aux cloisons de plâtre. —Ce moyen est inspiré évidemment de celui qu’on emploie pour glacer les photographies, et il fournit un excellent résultat, meilleur souvent que l’application d’un vernis, qui coûte fort cher, et ne réussit pas toujours. On fait une préparation avec de la magnésie et une solution de chlorure de magnésium; on'l'étend sur la cloison, puis on applique sur la surface ainsi obtenue des plaques de verre, bien à plat. Cela prend longtemps à sécher, mais donne ensuite une surface très dure et très brillante. D’ailleurs, la seule application de plaques de verre sur le plâtre assure déjà un bon résultat.
- Peinture lumineuse. — Prendre ioo grammes de carbonate de strontium, autant de soufre, o,5 gr. de chlorure de potassium, même quantité de chlorure de sodium, et o,4 gr. de chlorure de manganèse. On fait chauffer pendant î heure et jusque vers i3oo° C. La phosphorescence est violacée.
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- VARIÉTÉS
- Congrès préhistorique de Périgueux (1905). — Le
- -compte rendu de la première réunion du Congrès préhistorique de France, tenu à Périgueux, du 26 septembre au ior octobre 1905, sous la présidence de M. Émile Rivière, vient d’être publié en un volume in-8° de 5oo pages. Trois cents archéologues de tous pays ont adhéré à cette réunion. Nous devons mentionner tout au moins les principales communications qui y ont été faites :
- I. Paléolithique. — Abbé Breuil, Essai de stratigraphie des dépôts de l'âge du Renne en 3 époques : anciennè, ou présolutréenne ; moyenne, ou solutréenne; supérieure ou magdalénienne ; — La question des éolithes résolue si affirmativement par M. Rutot et si négativement par MM. Boule et Cartailhac, est considérée comme admissible mais non encore démontrée par MM. Durdan-Laborie, Capitan, Doigneau, G. Courty, H. Martin qui réclament de nouvelles recherches. — Les peintures et gravures murales des cavernes sont examinées pari’Aimé Breuil, qui propose d’y distinguer cinq phases d’évolution et par M. E. A. Martel qui regarde celles d’Alta-mire comme néolithiques ou au moins de la période de l’hiatus, conteste le synchronisme invoqué par M. Cartailhac, et pense qu’elles ont pu évoluer depuis l’âge du mammouth (moustérien) jusqu’au début du néolithique. MM. Capitan, Breuil et Peyrony étudient diverses grottes du Périgord et notamment les relations entre celles des Eyzies et de Font de Gaume. Les objets préhistoriques provenant de fouilles en Russie et présentés avec v commentaires par le prince Potiatin, ont été particulièrement appréciés ; l’un d’eux serait un éolithe. M. L. Coutil a relevé une importante similitude entre diverses stations paléolithiques de Dordogne, Charente, Saône-et-Loire et Eure. Dans la grotte de Bou-Zaba&uine (Constantine, Algérie) M. Robert a trouvé difficile de séparer nettement les deux époques paléolithique et néolithique.
- IL Néolithique. —; Phil. Lalande, Haches en pierre polie de la Corrèze. Dans le Nord de l'Europe, les objets de la période dite de l'hiatus abondent en Danemark, en Suède; M. Sarauw considère donc la fameuse lacune entre le magdalénien et le robenhausien comme définitivement comblée par le campignien, touranien ou asylien; M. Cartailhac persiste à défendre l’hiatus, dont il est le père. De curieux menhirs gravés à Castello Bianco (Portugal) sont rapportés à l’âge du bronze, par M. Tavares de Provença. M. L. Schaudél invoque l’intervention du travail humain pour des pierres à cupules de la Savoie et adjure les géologues de ne pas les considérer de parti pris, comme des phénomènes naturels d’érosion ou de corrosion! Parviendra-t-il à les convaincre? M. Deydier, Ze néolithique dans la vallée du Largue ( Vaucluse) décrit des maillets en silex, si spéciaux qu’il propose de créer une époque larguienne ; ce sont les maillets de Murs, avec rainures ; ils devaient servir à débiter les rognons de silex. Dr M. Baudouin et G. La-couloumère, Les mégalithes du Bernard (Vendée). Le Dr Guébiiard, fait un inventaire fort complet (64 pages) des Castelars ou enceintes préhistoriques du département du Yar.
- III. Age des métaux. — Avec les dolmens taillés du Caucase Occidental, M. Martel pose un problème des plus énigmatiques sur l’évolution de ces mystérieux monuments. M. le Dr Baudouin, La préhistorique des marais vendéens. De sa mission en Amérique du Sud (Créqui-Montfort, etc.), M. A. de Mortillet a rapporté d’utiles documents sur le bronze de ces pays avant l’invasion européenne, etc., etc.
- Le 13° Congrès international d’anthropologie et d’archéologie préhistorique à Monaco s’est réuni du 16 au 21 avril 1906, sur l’invitation et sous les auspices du prince de Monaco, et sous la présidence du Dr Hamy, membre de l’Institut. Il a compté plus de 400 adhérents. Les étrangers ayant demandé à faire leurs communications en leur propre langue, en place du français obligatoire jusqu’à présent, on n’a satisfait à leur vœu que pour les communications écrites en allemand, anglais, italien. La proposition sera réitérée au prochain Congrès, à Dublin, en 1909.
- Les éolithes ont provoqué une longue discussion ; pour : MM. Rutot, Girod, Ray Lankester, Schweinfurth (télégraphiant qu’il y en a dans la vallée du Nil). Contre :
- MM. Boule, Cartailhac, etc.; la division, à ce sujet, continue à battre son plein.
- Les grottes de Menton (Baumé-Roussé), qu’on appelle parfois maintenant les grottes Grimaldi, ont eu le principal honneur du Congrès : on sait que, étudiées d’abord vers 1860 par le D' Forel (père du savant professeur F. A. Forel, de Morges), elles ont acquis leur célébrité à la suite des longues et heureuses fouilles (1870-1875) de M. E. Rivière, qui y trouva, dès le 26 mars 1872, le squelette entier de ïhomtne fossile de Menton (grotte du Cavillon), puis (en 1873) trois autres squelettes dans la grotte n° 6 (détruite depuis) et. enfin (27 janvier 1876) deux squelettes d’enfants (grottes des Enfants). L’àge solutréo-moustérien attribué à ces restes humains avait été contesté, notamment par G. de Mortillet (Le Préhistorique). Depuis quelques années, les fouilles ont été reprises et poussées à fond, aux frais du prince de Monaco, et avec la plus rigoureuse méthode, par ME. Boule, Verneau et l’abbé de Villeneuve, qui ont fait connaître au Congrès les résultats formels de leurs véritables travaux de précision; la Barma-Grande a donné plusieurs squelettes du type de Cro-Magnon ; ils étaient enterrés intentionnellement et associés aux os du renne; dans la grotte des Enfants, le foyer inférieur a donné deux squelettes où le Dr Yerneau a reconnu des caractères négroïdes assez précis pour en faire un type spécial, qu’il nomme race Grimaldi. Il en résulterait que ces rivages méditerranéens auraient été le berceau de la race humaine la plus antique dont-on ait authentiquement retrouvé les restes. MM. Boule, Verneau et de Villeneuve préparent en ce moment, sur ce sujet, et avec M. * Cartailhac, une monumentale publication, dont le prince de Monaco fera tous les frais : elle reprendra de fond en comble tout ce qui concerne les Boussé-Roussé, avec une mise au point conforme à ce d[ue l’on a appris, en préhistoire, depuis 3o ans.
- MM. l’abbé Breuil, Capitan, Cartailhac, Peyrony, Bour-rinet ont exposé leurs idées sur les peintures et gravures des cavernes du Périgord, etc. ; ils préparent aussi, toujours avec le généreux concours du prince, la monographie de cette curieuse question. M. Flammand a décrit les monuments mégalithiques qu’il a reconnus, parfois avec sculptures, dans le Sahara algérien, et il a fourni la preuve de relations entre la Lybie et l’Égypte à l’époque néolithique.
- L’âge des métaux a fait l’objet de diverses lectures. La plus importante fut celle du D1 Arthur Evans sur les civilisations Égéenne, Minoenne et Mycénienne, dont les fouilles protohistoriques de Crète commencent à éclairer la profonde obscurité.
- Une visite aux trophées d’Auguste, à la Turbie, a prouvé l’intérêt des fouilles entreprises depuis peu en ce point; et l’on a examiné aussi avec M. P. Goby, un certain nombre de retranchements préhistoriques des Préalpes-Maritimes, autour de Grasse.
- Congrès international des mineurs. — Un très important Congrès, réunissant des mineurs du monde entier, vient de tenir ses assises à Westminster Palace Hôtel, à Londres. Il est curieux de voir dans quelles proportions les divers pays étaient représentés. Voici le nombre de délégués envoyés et l’importance des mineurs qu’ils représentaient :
- Grande-Bretagne et Irlande.
- Allemagne.............
- Belgique -.......... . .
- France ..........
- États-Unis d’Amérique. . Autriche. . ...........
- Délégués.
- 85
- i5
- ’9
- 4
- 2
- Mineurs.
- 708,200
- 182,000
- 65,000
- 100,000
- 365,000
- 40,000
- Ces 117 délégués représentaient 1460200 mineurs. Parmi les Anglais, se trouvaient i3 membres du Parlement britannique, au nombre desquels fut choisi le Président du Congrès, M- Enoch Edwards. La principale résolution prise par cette assemblée est relative à la création, dans tous les pays, d’un service spécial d’inspection du travail dans les mines. Ces postes seraient créés par les divers gouvernements ; les titulaires seraient des fonctionnaires, ils auraient une investiture officielle. Ils seraient choisis parmi les ouvriers, et, quoique désignés par ces derniers, recevraient des appointements fixés et payés par les États.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes Je renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que' dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — M. le Dr A. Guébhard, à Saint-Vallier-de-Thiey (A.-M.), vient de faire paraître une intéressante brochure sur le Murum duplex des Gaulois, d’après Jules César. Le grand capitaine au livre II, § 29 de son De Belle Gallico parle, au sujet des Aduatici, d’une partie de leur camp quem locum duplici altissimo muro munierant, ce que presque tout le monde a traduit défendue par une double et haute muraille M. Guébhard établit qu’il ne saurait s’agir ici de deux murailles séparées comme cette traduction semble l’indiquer, mais d’un faîte unique. Selon lui, il faut entendre par l’expression murum duplum un mur doublé : c’est un mur renforcé par l’adjonction d’un ou de plusieurs autres, l'intervalle étant rempli de pierres plus menues. M. Guébhard indique plusieurs exemples de ces sortes de murs dans le Midi de la France, dans les Préalpes maritimes, aux environs de Grasse, etc. Il signale en même temps dans la même région des murs triplés, quadruplés et même sextuplés.
- , La Faculté des Sciences de Rennes nous demande d’insérer, et nous le faisons très volontiers, la note suivante : Destruction des insectes nuisibles : La Station Entomo-logique, annexée au Laboratoire de Zoologie de la Faculté des Sciences de Rennes, fournit gratuitement aux Agriculteurs et aux Horticulteurs tous les renseignements concernant les moyens à employer pour détruire les insectes nuisibles. Il suffit d’écrire à M. F. Guitel, professeur à la Faculté des Sciences de Rennes en lui envoyant le nom de l’insecte à détruire ou, à défaut, quelques échantillons de cet insecte.
- M. L. Dedieu, sous-ingénieur au service maritime de la Garonne à Bordeaux, à propos du résumé relatif au mascaret dans notre n° 1706 du 23 juin 1906, en supplément nous a adressé une lettre fort intéressante. Nous ne pouvons malheureusement que la mentionner brièvement, une étude plus détaillée sur le même sujet devant paraître prochainement. M. Dedieu décrit surtout le phénomène dans la Garonne et dans la Dordogne. Il montre que sur ces cours d’eau, les conditions où se produit le mascaret sont les suivantes :
- i° En vive eau seulement ; 20 dans les parties de rivières à faibles surfaces (ou, ce qui revient au même, à faibles largeurs) ; 3° dans les faibles profondeurs du lit au-dessous des plus basses mers; 4° en l’absence des crues d’amont, et il établit fort clairement l’importance du coefficient de marée comme influençant directement l’amplitude du phénomène.
- M. Ravoux, à Remiremont, nous écrit : « La Nature a souvent signalé à l’attention de ses lecteurs des particularités intéressantes sur la reproduction ou l’élevage des animaux. Je puis en mentionner deux que j’ai observés cette année; au printemps, j’ai vu une chatte qui allaitait parfaitement une nichée d’écureuils pris dans la forêt. Tout récemment, dans un nid de fauvettes, la femelle, au lieu de couver, par les fortes chaleurs de juillet, abandonnait son nid toute la journée, laissant à la chaleur solaire le soin de faire éclore les œufs qui ont très bien réussi.
- Renseignements. — Cercle de V Union, à Mateur. — Yous-trouverez dans les articles récents que nous avons consacrés à la motocyclette l’indication de plusieurs types qui répondent à vos désirs et dont l’adresse a été (Sonnée dans la Boîte aux lettres.
- M. L. Matte, à Morte fontaine. — Le travail in extenso de M. S. Arloing, sur la vaccination tuberculeuse des jeunes ruminants, est paru dans les Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, chez Gauthier-Villars, 55, quai des Gx'ands-Augustins, à Paris (séance du 25 juin 1906).
- M. J. M. B., k Bilbao.. — Bouteilles pour, le lait :
- Mmo Bardot, 90, rue Myrrha, Paris, M. Fleury, 33, rue du Poteau, Paris, Le Tutélaire, 28, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris.
- M. J. T., à Tunis. — Nous ne connaissons rien de tel à ce que vous nous signalez. Il est possible d’ailleurs que cela existe, mais il ne nous semble pas qu’un tel procédé d’études des langues puisse mener loin.
- Un lecteur, à Toulouse. — Le fait que vous nous signalez est curieux. Nous ne voyons pas quelle peut en être la cause et nous la rechercherons si l’occasion se présente pour nous de refaire cette expérience. Tous nos remerciements.
- M.- H. Dauguet, à Paris. — L’adresse relative aux conformateurs pour la figure a été indiquée en tête de la Boîte aux lettres du dernier numéro. Ce sont MM Dixey and Son, opticiens, 3, New Bond Street, Londres W.
- M. Bonnereau, à Versailles. — L’horloge dont vous parlez est probablement l’horloge dite quatre cents jours, qui se trouve à Paris, rue des Pyramides, chez M. Bourgeois.
- M. de Sao, à Philippeville. — L’ouvrage de Darwin, sur l’Origine des Espèces, vient d’être en effet récemment traduit à nouveau en français. Vous le trouverez chez MM. Schleiclier frères, 15, rue des Sainls-Pères, à Paris.
- M. CH. Decouflé, au Kroubs. — i° Vous pouvez vous servir du Manuel Roret de Galvanoplastie, 2 vol., librairie Mulo, 12, rue HaUtefeuille, à'Paris; — 20 Veuillez vous adresser à la librairie Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Ulmar Aelbrecht, à Anvers. —: La Société du gaz Benoit se trouve 207, rue Saint-Denis, à Courbevoie. Cette adresse a été donnée en tête de la Boîte aux lettres du n° 1706 du 3 février 1906.
- M. de Luzy, à Chartres. — On a préconisé divers moyens de grandir, suivant des traitements plus merveilleux les uns que les autres, qui sont surtout exploités par des charlatans. A votre âge, une discipline physique bien établie, avec le conseil d’un bon médecin, sera le meilleur moyen, si la nature s’y prête.
- MM. Vandevyver-Grau, à Gand. — Vex're ordinaire et polychrome dans la construction : maison Champigneulle, à Nancy.
- N° 676-7752, à Rome. — Vous trouverez chez Aula-nier, éditeur, i3, rue Bonaparte, Paris, divers ouvrages ayant trait à la construction de maisons de rapport. Cette même maison publie, dans la Construction moderne, les plans et photographies de nouveautés intéressant cet ordre d’idées.
- M. E. Loirons, à Lorient. — Votre formule est excellente, mais elle a, comme vous dites, le défaut d’être excessivement coûteuse. Vous pourriez remplacer d’abord la benzine par le pétrole, ce qui diminuerait le prix de revient, mais donnerait des tons moins beaux. D’autre part, nous avons indiqué dans nos Recettes et procédés utiles, ire série, quelques excellents procédés bien préférables contre l’humidité des murs. Cet ouvrage se trouve chez MM. Masson et Ci0, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. G. Gauthier, à Paris. — Traité d’horticulture pour amateurs : Le Jardin potager et le Jardin d'agrément par Troncet, à la librairie Larousse et Cie, 17, rue Mont-paimasse à Paris (2 vol. à 3 francs).
- M. D. R., à Paris. — La distribution électrique à Paris a été faite jusqu’ici à no, 220 et 44° volts.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Z.
- Aubert, à Paris. Cette question a été étudiée en détail, nous lui consacrerons prochainement un article. — M..JI. Vaulel, à Mantes. Il faut faire titrer la liqueur par un spécialiste. — M.- M. Quéton, à Sarreguemincs. Voyez notre recueil Recettes et procédés utiles, 3e et 4e séries, librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paiùs. — M. Ch. Albert, à Paris. Voyez le même recueil, même librairie, 3e et 5e séries. — MM., Guébhard, à Saint-Vallier-de-Thiey ; Guitel, à Rennes ; Ravoux, à Remiremont; Dedieu, à Bordeaux. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OESERVATIONS 7 HEURES LU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 juillet . . . 17e,2 N. W. 3. l’eu nuageux. » Peu nuageux. j
- Mai di 17 . K»\l N. N. E.' 1. Couvert. » Rosée; rouvert jusqu’à 11 h.; Beau ensuite.
- Meicredi 18 20°,9 Calme. Beau. B Rosée: peu nuageux; halo à 18 h.
- Jeudi 19 20°,2 W. 1. Beau. » Rosée; brumeux; beau jusqu’à 15 h.; nuag. ensuite.
- Vendredi 20 ..... 13°,5 Calme. Pluie. 15,5 Couv. ; pluie de 0 h. 10 à 8 h. 10 et de 12 h. -10 à 18 h. 20.
- Samedi 21 15°,6 Calme. Couvert. 0,0 Très nuageux; pluvieux à 11 h. et 18 h.
- Dimanche 22 19°,0 S. S. W. 1. Couvert. 0,5 Averse à (> h. ; couvert le matin ; nuageux le soir.
- JUILLET 1906. — SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 JUILLET 1906.
- Lundi | Mardi • | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courba supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ? courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abn a boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Chî onique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du 16 au 22 juillet, le temps a été beau mais un peu lourd et chaud. Le 16 juillet, un vent modéré soufflait de l’Ouest sur la Manche; ce vent était faible sur les côtes de l’Océan et du Nord-Ouest en Provence, où la mer était agitée. La température était 170 à Paris, 190 à Toulouse, 22° à Alger. La température moyenne de la journée à Paris a été 190,6, supérieure de i°,3 à la normale; la pression barométrique était 767 mm. Le 17 juillet, un maximum de pression barométrique de 768 mm réside sur nos régions de l’Ouest. Un vent faible de l’Ouest a régné sur la Manche et la Bretagne, de l’Est sur la Gascogne, du Nord-Est sur la Provence. Le matin, la température était 17° à Paris, 200 à Lyon, 210 à Alger, 120 au mont Aigoual, n° au Puy de Dôme et au mont Yentoux, 90 au Pic du Midi. Le 18 juillet,^une baisse barométrique de 6 à 7 mm s’est produite en Gascogne. La mer était agitée à Cette et au cap Béarn seulement; elle était belle dans les autres stations. Le matin, la température était 210 à Paris, 220 à Clermont, 24° à Nice, 290 à Biarritz, 23° à Alger, 160 au Puy de Dôme, 120 au mont Yentoux, 120 au mont Aigoual, io° au Pic du Midi. La température s’est élevée rapidement à Paris; à 9 heures du matin, on notait 26° à la Tour Saint-Jacques. Dans l’après-midi du 18 juillet, à Paris, pendant près de 5 heures, la température a été supérieure à 3o° ; les maxima ont varié entre 32° et 34°. On a également signalé un maximum de 35° à Limoges, de 34° à Biarritz, à Nantes et au Mans,
- de 33° à Nantes. Le 19 juillet, une zone de pression inférieure à 760 mm s’étendait sur le Nord de l’Europe; la pression était supérieure à 765 mm sur l’Espagne et le Sud-Est du continent. La température était le matin 19° au mont Aigoual, 180 au Puy de Dôme, io° au Pic du Midi. Une forte pluie a, tombé sur la région parisienne dans la nuit du 19 au 20 juillet et a fourni 11 mm d’eau. Le 20 juillet, la pression barométrique est restée basse sur le Nord de l’Europe. Des vents du Sud-Ouest soufflaient sur les côtes de l’Océan et de la Manche. Il est tombé 10 mm d’eau à Besançon, 8 mm à Charleville, 7 mm à Paris, 4 mm A Dunkerque, 4 mm à Cherbourg. Le thermomètre marquait i4° à Paris, 210 à Clermont, 23° à Perpignan, 23° à Alger, 190 au mont Aigoual, i3° au Puy de Dôme, 11° au Pic du Midi. Le 21 juillet, le régime des vents d’Ouest apparaît sur toutes nos côtes. En France, on a recueilli 14 mm d’eau à Nancy, 6 mm à Paris, 6 mm au Havre, 3 mm à Boulogne, 3 mm à Brest, 3 mm à Besançon. La température s’est abaissée au Centre et à l’E%t. Le thermomètre marquait le matin 140 à Paris,-20° à Clermont, 200 à Toulouse, 220 à Alger, 90 au Puy de Dôme, io° au Pic du Midi, 12° au mont Aigoual. La température moyenne le 20 juillet à Paris a été i'4°,5, inférieurë de 3°,8 à la normale. Le 22 juillet, dans le Sud de l’Europe, la pression barométrique a été voisine de 765 mm. Il est tombé 3 mm d’eau à Charleville, 2 mm à Lorient, 2 mm au Havre. La température était 180 à Brest, 190 à Paris, 2i° à Clermont, 20° à Perpignan; à 9 heures du matin, à la tour Saint-Jacques, à Paris, on observait 22°,4.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 21 à 1 h. 8 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industne
- DIRECTION SCIENTIFIQUE L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société dé Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL — J- LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- j 20, Boulevard Saint-Germain, Parii (YJe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Maison et Cio, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (T~Je)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d'origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1732 (4 AOUT 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- INFORMATIONS
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- Chemins de fer électriques japonais. — On vient de mettre en service au Japon, entre Ivobé et Osaka, une ligne électrique qui présente cette particularité, curieuse dans ce qu’on peut appeler encore un pays neuf au point de vue des transports perfectionnés, de doubler une ligne ferrée à traction par la vapeur. Cette nouvelle ligne a une longueur de 5a km et comporte 32 haltes, alors que la ligne ferrée classique ne présentait que 3 haltes entre les deux villes. Il ne circule qu’un train par heure sur le chemin de fer à vapeur, tandis (ju avec la traction électrique on en peut faire circuler cinq ; et le prix du parcours pour toute la distance a été abaissé à 5o centimes, au lieu des 85 centimes que réclament les trains à vapeur. Du reste la durée du parcours n’est guère que la moitié de ce qu’elle est sur le chemin de fer primitif. Autant d’avantages à attribuer à la traction électrique.
- Dilatation permanente du fer. — Nous avons jadis signalé dans ce journal l’exemple curieux d’une grille de l’onte qui accusait une dilatation permanente considérable relativement, après avoir subi un certain temps l’action du feu : c’était comme une croissance définitive du métal. C’est ce terme de croissance que le Canadian Engineer emploie, pour signaler un procédé auquel le Franklin Institute aurait décerné la médaille Elliot Cresson. On chauffe une barre de fer à une certaine température critique, puis on la refroidit; on répète cette même opération un certain nombre de fois, tandis qu’on laisse une barre de fer absolument semblable à l’abri de tout traitement pour la prendre comme témoin. Or il paraîtrait que la barre traitée croîtrait en dimensions cubiques de 4b pour 100, sans que le poids se modifie du reste aucunement. Et des essais à la lime ou autrement n’accuseraient pas de. modification sensible dans la texture du métal !
- Chemins de fer électriques américains. — La
- Compagnie New-York, New-Haven and Hartford Railway vient de décider d’assurer la traction électrique de ses trains par des locomotives munies de moteurs à courant alternatif monophasé : ces machines, pesant 78 tonnes, pourront traîner les convois suburbains à une allure commerciale de 41 km à l’heure, en dépit d’arrêts tous les 3 112 km, et avec une vitesse de 71 km. Pour les express, l’allure sera de 96 à 112 km avec un convoi de i5o tonnes. Chaque locomotive comportera 4 moteurs de 400 chevaux chacun.
- Les prétendus dangers de l’électricité dans les mines. — On a, pendant longtemps, redouté que l’emploi du courant électrique ne causât des accidents redou-
- tables, par suite de l’action des étincelles fortuites, notamment sur les dégagements de grisou. Cette question a été étudiée récemment à la Section des mines de l’Université de Leeds, et M Briggs, qui est un praticien et un directeur d’exploitations minières, est venu affirmer que la plupart des accidents qui ont pu se produire dans les mines du fait de l’électricité, étaient dus uniquement à ce qu’on avait négligé des précautions qui s’imposent manifestement.
- L’industrie du sucre de betterave en Angleterre.
- — Si bizarre que cela puisse paraître, étant données les conditions exceptionnelles de bon marché dans lesquelles l’Angleterre peut acheter le sucre aux producteurs, européens, on parle de créer dans les Iles-Britanniques une industrie du sucre de ' betterave. En ce moment on distribue des semences aux agriculteurs du comté de Lincoln, et l’on dresse des plans pour l’installation d’une usine.
- Régénération du caoutchouc vulcanisé. — Si ce
- procédé réussissait pratiquement, ce serait de la plus grande importance, étant donnée la quasi disette de caoutchouc qui se fait sentir à l’heure actuelle. La méthode de M. Karavodine s’applique également àl’ébonite. On réduit celte ébonite en grains, puis on l’additionne de soufre en quantité convenable, et l’on chauffe sous pression. La matière est moulée, et l’on peut lui donner une solidité presque à toute épreuve, en additionnant auparavant de mica, d’amiante, de goudron, etc.
- Reboisement du Karst. — Depuis plusieurs années, des mesures ont été prisés pour planter d’arbres le plateau du Ivarst, au-dessus de Trieste; on se propose d’abriter la ville du vent du Nord, ou « bora », qui souffle principalement en hiver avec une vitesse dépassant parfois 120 kilomètres. Les résultats obtenus sont très encourageants, la violence de la « bora » se fait déjà un peu moins sentir à Trieste. En igo5, la commission chargée du reboisement a eu à surmonter une série de difficultés : acquisition de 100 000 plants dans les provinces du Rhiu, de recrutement des ouvriers et augmentation du prix de la main-d’œuvre, par suite la construction de la voie ferrée qui doit relier Trieste à l’Allemagne du Sud. Il a été planté So hectares 24 contre 167 hectares 97 en 1904, le nombre d’arbustes mis en terre a été de 3yS 000 contre 1 43o 000 l’année précédente. Les dépenses se sont élevées à la somme de 24i5 couronnes. En vertu d’un accord, les propriétaires du fonds préparent le terrain à leurs frais, la commission fournit les arbres et entretient les plantations au moyen d’une subvention gouvernementale. En 1905, il a été constaté
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- 17 incendies ravageant une surface plantée de 2391 hectares. Pour prévenir le retour des incendies, très souvent dus à la malveillance, des mesures légales sévères ont été édictées, il a été, en outre, procédé à la construction de murs de protection destinés à éviter la propagation du feu (Rapport du Consul général de France à Trieste).
- Les prairies artificielles du Poitou, en 1906. — Cette année tout particulièrement, les prairies artificielles dans le Poitou ont été envahies par deux plantes parasites, bien moins communes les années précédentes. Les luzernes, par une petite composée à fleurs jaunes, du groupe des Chicoracées, la Pterotheca nemausensis signalée pour la première fois en 1872, comme très rare dans le Poitou. D'origine méridionale cette plante, annuelle fort heureusement, que l’on trouve aujourd’hui par myriades dans les prairies artificielles poitevines, a entraîné avec elle dans sa migration, un parasite Clodocera optabilis, superbe papillon du groupe des noctuelles dont la chenille vit à ses dépens. Elle cause 'moins de préjudice à la luzerne *et au sainfoin que sa congénère, l’épervière (hieraciumpillosela) qui, elle, avec ses racines traçantes et vivaces, devient un véritable parasite, que de simples hersages ne sauraient détruire. Le trèfle, aussitôt la première coupe, a été pour ainsi dire couvert par l’orobanche qui lui est toute particulière. Cette plante parasite, ne puisant sa nourriture que de la racine du trèfle même, lui porte un grand préjudice, puisque l’on ne peut la combattre que par le défrichement, et que souvent même on est obligé de suspendre, pendant plusieurs années, toutes cultures artificielles dans les champs envahis.
- L’émigration en Italie. — Les Italiens émigrent de plus en plus. Un récent rapport officiel montre que l’année iqoÔ a donné sur la précédente une augmentation de 255 140 personnes ayant quitté le sol natal pour se fixer sur une terre étrangère. En 1904, le nombre des Italiens qui s’expatrièrent s’élevait à 471 191 hommes, femmes et enfants, tandis que, en igoÔ, les émigrants donnent le total de 726331. Parmi ceux-ci, 279248 sont restés en Europe et 447 683 sont partis par delà les mers, en Amérique, en Australie ou en Afrique. Cette situation cause une certaine inquiétude en Italie, où l’on craint que, si la progression devait continuer, l’agriculture ait à en souffrir d’abord et que le recrutement n’ait à se plaindre avant peu de cet exode d’hommes, pour la plupart jeunes et soumis encore aux obligations militaires. Le pays qui, en igo5, a fourni le plus grand nombre d’émigrants est la Sicile, qui, l’an dernier a vu 97879 de ses habitants abandonner leur patrie, alors que seulement 40016 la quittèrent l’année précédente.
- Inondations au Japon. — Le 17 juillet, de grandes inondations sont survenues au centre du Japon, interrompant toutes communications par chemin de fer. A Matsumoto, 4000 maisons sont sous l’eau. Le district de Kofu n’est plus qu’un immense lac. Les pertes ont été considérables.
- Tremblement de terre. — Le 25 juillet, dans la matinée, une secousse de tremblement de terre a eu lieu à Sienne ; elle a été suivie de plusieurs autres secousses beaucoup plus légères, mais qui ont été ressenties.
- Accident en Savoie. — Dans la nuit du 23 au 24 juillet, une trombe d’eau s’est abattue en Savoie, sur Modane. Des blocs de rochers ont été désagrégés et ont roulé sur le village de Fourneaux-en-Maurienne en causant les plus grands dégâts; les victimes ont été nombreuses.
- La Société industrielle de Mulhouse. — Les renseignements que nous avons donnés dans nos informations du n° 1730, du 21 juillet, au sujet de l’attribution du prix Emile Dollfus par la Société industrielle de Mulhouse, doivent être rectifiés et complétés comme suit. Le prix a été divisé en deux parts, l’une attribuée à MM. C. A. Parsons et Brown Boveri et Cie conjointement et pour les travaux que nous avons indiqués, l’autre à M. Schwoerer, ingénieur industriel à Colmar, inventeur du surchauffeur de vapeur qui porte son nom, et élève de l’illustre savant G. A. Hirn.
- Essais de cuirassés. — Le cuirassé neuf Patrie, de 14 865 tonneaux et d’une vitesse prévue de 18 nœuds à l'heure, a fait récemment à Toulon un essai préliminaire remarquable. Avec 23 chaudières allumées, il a produit 10747 chevaux et a réalisé une vitesse de 17,28 nœuds, avec une consommation de 774 grammes de charbon par
- cheval-heure. Un nouveau cuirassé d’escadre République, de 14800 tonneaux, construit à Brest, a effectué en route libre, sur la grande baie de Douaruenez, un essai de bon fonctionnement de la machine et des appareils évapora-toires. L’essai de la machine a été effectué à 1000 clic vaux, avec les deux machines latérales en marche ; l'autre essai a eu lieu à 10000 chevaux, avec les trois machines en marche. Les résultats ont été satisfaisants.
- Bassins d’essais pour navires. — Les Japonais, qui entendent faire « da se » en matière de constructions navales, en se passant de l’industrie européenne, vont posséder bientôt un bassin d’essais de navires comme ceux qui ont été décrits ici. C’est, croyons-nous, la Compagnie de construction Mitsu Bishi qui vient de commander tout le matériel nécessaire à une maison anglaise, MM. Kelso et Cie de Glasgow, qui sont des spécialistes en la matière.
- Capture d’un aiglon. — On a récemment capturé uu aiglon dans une énorme roche de la vallée de Joute, près de Meyrueis (Lozère). Mais la capture n’a pas été sans présenter quelques difficultés. L’aire se trouvait à 80 mètres du sol et à 4o mètres environ de la cime d’un rocher voisin. On essaya d’y descendre au moyen de cordes. Deux paysans essayèrent d’abord; ils s’attachèrent au bout d’une longue corde et soutenus par des bras robustes, ils se laissèrent aller. Mais ils ne purent pénétrer dans l’excavation. Un berger demanda alors à être descendu, et avec grand courage et grande adresse, il put prendre pied sur l’aire et s’empara de l’oiseau qui a près de 2 mètres d’envergure.
- Les méfaits de la foudre. — Généralement la foudre en tombant cause toujours des accidents quelquefois graves, d’autres fois moins graves. Le 18 juillet une série d’orages se sont abattus sur la France. La foudre est tombée à Lyon, sur le Palais de Justice, et a mis eu branle toutes les sonneries électriques de l’édifice. La décharge électrique a aimanté les électro-aimants et les circuits ordinaires à l’aide du bouton interrupteur ne pouvaient fonctionner.
- Le métropolitain de Paris. — Le tracé du chemin de fer métropolitain de Montmartre à Montparnasse est modifié entre la place de la Concorde et la rue Saint-Lazare, par une loi qui vient d’être promulguée. Le trajet rues Boissy-d’Anglas, de l’Arcade et Pasquier est remplacé par le tracé rues Saint-Florentin, Richepanse et Duphot, Tronchet et du Havre.
- Grues flottantes. — On se prend de plus en plus à construire et employer des instruments flottants de levage de dimensions exceptionnelles. Voici que la maison allemande Bechem et Keetmann, de Duisbourg, vient de fournir aux grands constructeurs anglais Swan et Hunter, une grue flottante pouvant soulever une charge de 140 tonnes, en la prenant ou la déposant à une distance de i3,4o m. du bord du ponton de l’engin. Ce ponton, qui a 27 m. de long, peut se déplacer de lui-même soit dans le sens longitudinal, soit dans le sens transversal. «
- Chauffage à vapeur. — On vient d’installer un nouveau système de chauffage dans certaines constructions du département de la guerre en Grande-Bretagne, système de chauffage qui est assez particulier pour mériter une courte description. On y emploie de la vapeur à basse pression qui est attirée dans les radiateurs par des”pompes à vide. On dit que ce procédé est fort économique, parce qu’il permet notamment d’utiliser toute vapeur d’échappement de machines, et cela non seulement pour le chauffage mais encore pour fournir de l’eau chaude dans les chambres, les cabinets de toilette, etc. Ce système est dû à la Brightside Foundry and Engineering C°, de Sheffield.
- Navires de guerre à turbines. — La marine de guerre allemande, qui possède déjà le Lubeck comme bateau de guerre dont la machinerie soit constituée par des turbines à vapeur, fait construire dans un chantier privé le croiseur Wacht, qui sera mû de la même manière.
- Les moissons aux États-Unis. — Le 18 juillet, la chaleur était grande et accablante ; il fallait ranimer le zèle des moissonneurs, qui opéraient sur les collines de la résidence de Sagamore. M. le président Roosevelt prit une faux, dirigea le travail, et, quand le blé fut coupé, il s’installa sur le haut d’une charrette de gerbes pour revenir chez lui.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- *»> Automobilisme
- Etau d’automobile. — On sait tous les services que peut rendre un bon étau, lorsqu’il est bien compris, et qu’un praticien peut en disposer à volonté. C’est le cas de l’étau dont nous voulons parler, et ajouter qu’il a été spécialement construit en vue des automobilistes. Cet étau, dont la partie à lixer est garnie de cuir, peut s’ajuster sur tous les châssis des automobiles sans les
- Etau d'automobile
- d’encre à tampon dans le petit entonnoir placé au-dessus du disque. Les lettres et signes sont reproduits sur le plat du disque de sorte qu’il suffit d’amener la lettre voulue en face d’une flèche indicatrice. Sur le socle est placé un rouleau d’entraînement à axe carré qu’il suffit de tourner pour entraîner le papier; chaque tour de carré représente une ligne. En abaissant le disque, la lettre ou le signe choisi est amené exactement à l’endroit voulu pour qu’il s’imprime correctement sur le papier. Le disque remonte de lui-même au moyen d’un ressort, et un système à crémaillère le fait avancer en même temps d’un espace à droite ; il en résulte que si l’on abaisse de nouveau pour l’impression d’un nouveau signe, celui-ci viendra s’imprimer juste à sa place à côté du signe précédent. Pour faire les espaces entre les mots, on abaisse le disque à mi-chemin, et on a bien soin de le laisser remonter avant que la lettre n’ait touché le papier ; chacun de ces mouvements produit l’espace d’une lettre. Lorsque la ligne est terminée, il suffit de donner un ou plusieurs tours au rouleau d’entraînement suivant les espaces désirés entre les lignes, et ramener à gauche le disque. S’il y avait trop d’encre dans l’entonnoir, et que les caractères d’impression soient encrassés, on place un morceau de buvard entre le système d’encrage et les caractères, et on fait faire plusieurs tours complets au disque. La machine dans son ensemble donne l’impression d’une machine bien comprise et qui peut rendre de bons services. — La machine à écrire se trouve chez M lvralz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- détériorer; ce qui permet en cours de route de faire toutes sortes de rivures, brasures ou ajustages en cas de panne. Ce petit étau constitue en réalité un petit atelier en plein vent dont on ne peut même prévoir l’importance. On remarquera que la vis servant à fixer l’étau à l’automobile est mobile en tous sens ; on peut donc fixer l'appareil à une pièce quelconque. — Pour l’étau d’automobile, s’adresser à MM. Henri Picard, 121, boulevard Sébastopol, à Paris.
- *5^ 'Ecriture
- Machine à écrire. — Les machines à écrire ont pris aujourd’hui un tel développement qu'il fallait bien espérer qu’on en trouverait enfin une toute simple et de bon fonctionnement à des prix abordables. La machine dont nous allons donner la description nous semble de nature
- Machiné à écrire.
- à donner satisfaction. Un disque métallique, tournant sur un pivot, à l’aide d’un petit manehe porte à sa périphérie toutes les lettres et signes alphabétiques en relief. Si on fait tourner le disque tous les signes passent au-dessous d’un tampon encreur à ressort et sont encrés. Il suffit de laisser tomber tous les 8 â 10 jours une goutte
- Incendie <«*
- Extincteur automatique d’incendie. — Dans son système d’extincteur automatique, M. Yespérant a utilisé le gaz sulfureux qui est un agent extincteur de premier ordre et qui résiste aux températures élevées. Ce gaz sulfureux est produit en employant l’hyposulfite de soude. L’eau de l’appareil, saturée de ce sel, est projetée sur le feu, elle se décompose, libère le sulflte et le sulfure de sodium qui s’allient avec l’oxygène pour former d’autres composés. Une grande quantité d’oxygène est ainsi absorbée et par suite enlevée au feu qui en fait son élément principal. On voit donc que le gaz sulfureux est produit sur le foyer même de l’incendie par la décomposition, sous l’action de la chaleur, de l’hyposulfite de soude. Il restait à projeter automatiquement sur le feu la solution alcaline d’hyposulfite. M. Yespérant a songé à utiliser la détente que produit l’acide carbonique liquide, lorsqu’il passe à l’état gazeux, et il emploie une bouteille d’acide carbonique liquide qui produit 8 litres d’acide carbonique par litre d'eau sous une pression de 12 à 14 kg pat1 centimètre carré. Son appareil de 20 litres donne donc 160 litres d’acide carbonique. En résumé, l’appareil de M. Yespérant se compose d’un cylindre d’un volume de 20 décimètres cubes, comme le représente la figure, présentant trois ouvertures, une à la partie supérieure, une deuxième sur le côté à gauche, et une troisième à droite à la partie inférieure. Le trou de la partie supérieure permet de remplir le grand récipient de la solution alcaline d’hyposulfite de soude. L’espace laissé libre entre le sommet de l’appareil et le trou de niveau d’eau est destiné à servir de chambre à air et à permettre la détente du gaz acide carbonique. A gauche', sur le côté, est fixée, par un raccord spécial et un collier en fer, la bouteille contenant l’acide carbonique liquide; cette bouteille est munie, à sa partie supérieure, d’un volant qui permet l’échappement du gaz acide carbonique dans le récipient. Enfin à la partie inférieure du récipient se trouve un robinet en bronze sur lequel on peut adapter un tuyau métallique flexible, terminé par une lance. Le chargement de l’appareil est
- Appareil
- Vespérant.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- très simple ; on fait fondre l’hyposuliite, et on le verse dans le grand récipient, on place la bouteille d’acide carbonique et on la raccorde par l’écrou du niveau d’eau, on revisse soigneusement le bouchon à la partie supérieure du récipient. Pour le fonctionnement, on tourne le volant de la bouteille pour mettre l’appareil sous pression; on prend l'appareil sur le dos, on dirige la lance sur le foyer d’incendie, et on ouvre. — Pour l’extincteur automatique d’incendie, système Vespérant, s’adresser à M. R. de Fabry, 62, rue de la République, à Marseille
- *»> Divers
- Torche à acétylène. — Il existe actuellement de nombreux appareils à acétylène de toutes formes, portatives ou non ; on n’avait pas encore songé à établir un modèle de torche portatif, qui cependant semble répondre à un réel besoin pour les sociétés de musique, pour les retraites aux flambeaux, etc. Ce petit appareil que montre la ligure ci-jointe comprend un générateur producteur de gaz acétylène se chargeant avec du carbure de calcium dans un vase à alvéoles poreuses ; ce vase à carbure peut être chargé pour 2, 5 heures avec i5o gr. de carbure, ou pour 5 heures avec 3oo gr. Cet appareil a en effet de multiples applications pour travaux de nuit. Il peut se fixer sur Torche tous modèles de lampes à l’aide d’une
- ;i acétylène. douille qui est placée à la partie infé-
- rieure. Le récipient d’eau est inver-sable. La lampe est placée devant un petit projecteur, comme le montre la figure ci-jointe. — La torche à acé-tylène se trouve chez M. F. Alexandre, 53, rue Blanche, Paris (IXe arr.).
- Canne à pêche. — Les pêcheurs à la ligne connaissent les inconvénients des cannes à pêche qu’ils sont obligés d’emporter avec eux. Ces cannes se démontent en plusieurs parties: mais elles sont tout de même encombrantes, surtout en chemin de fer et en voiture. La nouvelle canne, dont nous présentons une vue d’ensemble dans la figure ci-jointe, à la partie inférieure, est d’aspect
- Canne à pèelie.
- élégant, de dimensions restreintes, et de très grande légèreté. Elle est en effet entièrement en aluminium ; elle se compose de plusieurs tubes métalliques rentrant les uns dans les autres, et qui développés donnent une longueur de 4)^5 m. avec grande flexibilité. Le tube extérieur est recouvert d’une couche de vernis. Le développement de la canne se fait en quelques secondes en dévissant le bout extrême; on peut s’arrêter à la longueur voulue. — La canne à pêche se trouve chez M. Ivratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Perce-cigares à hélice. — En toutes choses, il y a progrès et perfection. Nous avons décrit, il y a déjà quelque temps, un simple perce-cigares. Il consistait en un tube de très faible diamètre à bords tranchants ; en appq^-ant avec le doigt, on faisait pénétrer la lame dans le cigare et celui-ci était perforé. On sait que le meilleur cigare ne se fume bien que lorsqu’il est convenablement perforé. Le nouveau perce-cigares, dont la figure de droite de nos dessins donne une vue d’ensemble, a, paraît-il, atteint la perfection. Ce petit appareil, qui peut se porter en breloque; se compose d’un emporte-pièce actionné par un mouvement hélicoïdal dans un tube en métal blanc terminé par un pavillon qui est destiné à recevoir la pointe du cigare. Le mode d’em-
- ploi de ce perce-cigares est des plus simples. Comme le montre la figure de gauche, on tient le cigare de la main gauche, et l’appareil de la main droite, on place la pointe du cigare bien droite et à fond dans la cavité du pavillon; puis, en appuyant, on fait tourner le tube à côtes en avant. L’emporte-pièce pénètre alors dans le cigare doucement et par un mouvement tournant, sans l’écraser, ni l’abîmer. Arrivé à fond de course, on relire
- Pmcc-cigaics à hélice.
- le cigare et il reste dans l’appareil un petit cylindre de tabac, qu’on chasse, on retire ensuite le tube à côtes en arrière à fond de course. Cette petite cheminée que l’on vient de pratiquer dans le cigare facilite beaucoup le tirage. — Le nouveau perce-cigares à hélice se trouve à la même adresse que ci-dessus.
- Ferme-porte à ressort. — Les ferme-portes sont très utiles et rendent souvent de grands services. Mais en général, ils sont compliqués et d’un prix souvent trop élevé. Le ferme-porte à ressort, dont nous voulons parler, et que montre notre figure à gauche, se compose de deux plaques en fonte reliées par une charnière et réunies par un fort ressort en fil de cuivre. Dans la figure du bas, montrant l’intérieur de l’appareil, on distingue le ressort. L’appareil se fixe sur le montant de la porte au moyen d’un encadrement pratiqué pour loger le ressort. A l’aide de trois vis la plaque gauche est placée sur le montant de la porte. La plaque droite est fixée également sur la porte elle-même avec trois vis.
- KïBIEUR
- Ferrne-poi le à ressort.
- On ouvre ensuite, le ressort se tend; reprenant sa position normale, il revient à son point de départ et il entraîne avec lui la porte qui se trouve fermée. On peut maintenir la porte ouverte en lui faisant faire un demi-tour entier ; en dépassant l’angle de 45° on rencontre en effet le point mort du ressort. Pour les portes lourdes, il est bon de mettre 2 et même 3 appareils. — Le ferme-porte à ressort est fabriqué par les établissements Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
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- HYGIENE ET SANTE
- Traitement de la coqueluche. — Le traitement indiqué par MM. de Rothschild et Brunier n’est pas de ceux qu’on peut conseiller d’une façon indifférente, et ne peut être mis entre les mains du premier venu; il faut le concours d’un médecin. Et même, avec toutes les précautions possibles, on ne doit, à mon avis, l’employer que dans des cas déterminés. Il s’agit, en effet, de soumettre l’enfant à des inhalations de chloroforme, de l’endormir, comme s’il s’agissait d’une anesthésie pour une opération chirurgicale.
- Voici comment ces médecins ont été conduits à expérimenter cet agent. On amena au dispensaire une jeune enfant qui avait besoin, pour une opération urgente, d’être endormie. Mais on constatait que l'enfant était atteinte de coqueluche depuis cinq ou six jours. Fallait-il surseoir à l’opération et attendre la guérison de la coqueluche? Fallait-il passer outre ? Après quelques hésitations, on décida d’intervenir. A peine l’enfant était-elle étendue sur la table d’opération qu’elle est prise d’une violente quinte de coqueluche, mais cette quinte s’arrêta presque instantanément dès qu’on eut fait respirer les premières bouffées de chloroforme. L’opération se fit sans encombre, l’anesthésie ne donna lieu à aucun incident; à la grande surprise du médecin et de tout le personnel hospitalier, il n’y eut plus de quinte de coqueluche. La maladie avait été guérie par l’anesthésie.
- Croyant à un simple hasard ou à une de ces variétés de toux spasmodique qu’on rencontre souvent chez les enfants, notre confrère essaya, avec le consentement des parents, le chloroforme chez d’autres petits coquelu-cheux, et les résultats lui montrèrent qu’il n’y avait pas là une coïncidence fortuite, mais une action directe du chloroforme, anesthésique et antiseptique.
- Dans neuf cas soumis au chloroforme, deux enfants furent guéris instantanément ; trois l’ont été en trois ou quatre jours; quatre ont eu une durée qui se rapproche de la durée des coqueluches bénignes.
- Cette action rapide tient autant aux propriétés anesthésiques du chloroforme qu’à ses propriétés antiseptiques : par les unes, on abolit les réflexes laryngo-pharyngés; par les autres, on diminue ou on anéantit même la vitalité des agents microbiens. Mais, comme je le disais, ce n’est pas un traitement à appliquer à l’aveugle. Tout agent anesthésique comporte dans son administration une part de danger, si bien administré qu’il soit. Les enfants tolèrent mieux que les adultes les narcoses de tout ordre, mais on ne doit cependant les appliquer qu’avec grande prudence. Aussi serais-je tenté, si des observations ultérieures confirment les résultats annoncés, de ne conseiller le chloroforme que pour les coqueluches graves, qui mettent la vie en danger parla fréquence des quintes, la répétition des vomissements et l’épuisement du petitmalade.il faut, en effet, se rappeler qu’avec bien des médicaments on a obtenu quelquefois des
- guérisons merveilleuses. Je me souviens, pour ma part, d’avoir préconisé, dès les premièi'es recherches de Michael, les insufflations nasales avec des poudres calmantes et modificatrices, et les premiers cas traités de la sorte furent surprenants. Un tout jeune enfant dans ma maison avait jusqu’à 5o quintes par jour ; dès le premier jour où on insuffla la poudre dans le nez, le nombre des quintes tomba à 6 et trois jours après il n’y en avait plus.
- Et ainsi de quelques autres ; puis vinrent les demi-succès et les insuccès, et il fallut rabattre de ce que l’on regardait comme un traitement sans rival. Souhaitons, pour le bonheur des parents, que la méthode nouvelle soit réellement toujours aussi efficace.
- Radiothérapie en campagne. — Je montrais, il y*a quelque temps, le parti qu’on pouvait tirer de la bicyclette comme transport de blessés. Au moyen d’un appareil très simple, on pouvait utiliser la gentille bécane pour éviter aux malheureuses victimes de la guei’re le cahot des lourdes voitures d’ambulance.
- Un jeune électricien vient d’aller plus loin, il se sert de la bicyclette comme moteur pour produire l’électricité nécessaire à la radioscopie et à la radiothérapie. Les Japonais, dans la dernière guerre, avaient pourvu un certain nombre de leurs hôpitaux de campagne du matériel nécessaire à un examen radioscopique. On sait l’importance de cet. examen pour la recherche des corps étrangers ou pour la détermination du siège précis d’une fracture, du chevauchement des fragments.
- L’appareil du corps médical japonais était composé d’une petite dynamo de 12 cm de diamètre, sur 20 cm de longueur avec une bobine de Ruhmkoriï de 3o cm. La dynamo était montée sur un socle de bois et elle était actionnée à bras par une roue-volant. Quant à la chambre noire, on l’organisait artificiellement dans les maisons des villages en bouchant hermétiquement les ouvertures et les jours au moyen de couvertures.
- M. Audhuy, élève du professeur Bergonié, a imaginé d’utiliser la bicyclette ou le tandem pour actionner la dynamo. On troùve cet instrument partout, même aux colonies, et c’est justement dans ces contrées, éloignées de tout centre industriel, qu’il faut s’ingénier à suppléer à ce qui peut manquer. La bicyclette est montée solidement et immobilisée sur une cale de bois, on la couple à la dynamo et il n’y a qu’à prier un aide complaisant de pédaler avec vigueur.
- Il y a là un moyen pratique de faire en campagne, c’est-à-dire, en temps de guerre, ces examens radioscopiques si nécessaires à la pratique chirurgicale. Les Japonais l’ont si bien compris qu’ils en avaient pourvu quelques-unes de leurs ambulances. M. Audhuy y ajoute un moteur pratique et qu’on rencontre aujourd’hui dans toutes les armées. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Préparation de la mannite. —La manne, qui est employée comme laxatif, surtout chez les enfants, est un suc concret, sucré, fourni par plusieurs espèces de frênes et que l’on peut se procurer facilement chez les pharmaciens ou les herboristes qui la vendent environ 4 à 5 francs le kilogramme, sous la forme de manne en sorte, c’est-à-dire composée de petits fragments unis par une matière molle et gluante. Cette manne est constituée par des sucres et de la dextrine et principalement par de la mannite qui entre pour près de moitié dans sa composition.
- Il est intéressant pour les amateurs d’isoler ce dernier produit, qui cristallise fort bien et qui peut se préparer facilement et à peu de frais. Pour cela, on fait fondre par la chaleur, dans une capsule de porcelaine ou dans
- un vase émaillé, la manne avec moitié de son poids d’eau de pluie ou d’eau distillée (c’est-à-dire par exemple 200 grammes de manne en sorte avec 100 cm5 d’eau) dans laquelle on a battu un blanc d’œuf, qui est destiné à clarifier la dissolution par sa coagulation sous l’influence de la chaleur. On fait bouillir quelques minutes et on filtre le tout bouillant sur une toile disposée sur un entonnoir de verre ou de cuisine, ou tendue sur un cadre, comme nous l’avons indiqué dans la préparation du xylose. On presse la masse égouttée dans la toile pour bien en exprimer tout le liquide qu’elle retient, en faisant attention de ne pas se brûler; on reçoit la liqueur filtrée dans une cuvette ou dans un vase large quelconque. Ce liquide, qui contient la mannite déjà purifiée, se solidifie par le refroidissement; on introduit la masse dans
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- une toile ou dans un sac d’étoffe et on l’exprime fortement pour en chasser les eaux mères qui comportent -encore des impuretés. La masse exprimée est remise "dans la capsule ou le vase émaillé bien nettoyé et est dissoute dans l’eau bouillante additionnée d’une petite -cuillerée de noir animal ; on filtre alors chaud sur un filtre en papier ordinaire placé sur un entonnoir et la liqueur filtrée, reçue dans un récipient quelconque, est remise encore une fois dans la capsule ou dans le vase émaillé et est concentrée à petit feu jusqu’à consistance légèrement sirupeuse. La mannite cristallise par refroidissement.
- Le noir animal que l’on a employé a pour effet de décolorer fortement la dissolution et permet d’obtenir <un produit final plus blanc. Ce noir animal est vendu ofr,6o le kilogramme par les marchands de produits chimiques.
- Après cristallisation, la mannite est égouttée et mise à sécher sur des doubles de papier à filtrer qui en absorbe l’excès d’humidité. Les eaux mères peuvent être -concentrées à nouveau de la même manière pour obtenir une nouvelle fraction de mannite qui est alors moins pure et moins blanche que la précédente.
- La mannite ainsi obtenue se présente sous forme de petits cristaux prismatiques, doués d’un éclat soyeux, 'd’un goût faiblement sucré, et présentant en partie les propriétés laxatives de la manne dont elle provient.
- Moyen de reconnaître la pureté de la cire. — 11
- suffît de prendre une parcelle, grosse comme un pois, de cire vraie, et de la jeter sur une pelle préalablement rougie au feu; si l’on jette ensuite sur la même pelle une parcelle semblable de la cire douteuse que l’on soumet à la vérification, l’odeur spéciale permettra de reconnaître de suite si le produit est pur ou impur.
- Le bronze tache-t-il la pierre? — On attribue généralement au bronze l’apparition de taches dans les monuments en granit et en marbre sur lesquels se trouvent des ornements en bronze. La Revue générale de la construction nous donne-sur cette question des renseignements intéressants. Il est vrai que les taches •apparaissent parfois où il y a du bronze, mais en déduire pour cela que le bronze les a causées est d’un raisonnement spécieux. Il y a trois causes qui produisent des taches sur les travaux en pierre des monuments où l’on a employé le bronze; d’abord, dans l’atmosphère fumeuse entourant les cités industrielles, une fine poussière se dépose sur les parties horizontales ou légèrement inclinées et les saillies de l’ouvrage ; la pluie, venant laver ses surfaces chargées de poussière, y produit des veines sales. Il est évident que des résultats semblables seraient produits dans tout travail présentant par ses saillies la même occasion d’accumuler les poussières et les retenir lorsqu’elles sont charriées par l’eau. Une autre et seconde cause possible est la méthode de -travailler le bronze. Afin de produire de suite l’oxydation •résultant d’une longue exposition à l’air, il est d’usage, •on finissant le travail, d’utiliser à cet effet des acides. 'Ceux-ci font disparaître le neuf et le brillant du métal non altéré et lui donnent l’aspect riche demandé. Le procédé, appliqué proprement, ne présente aucun inconvénient et l’effet produit ainsi artificiellement est sans altération possible et est aussi fixe que s’il était le résultat de plusieurs années d’exposition à l’air. Mais il arrive fréquemment que, dans le procédé de la coulée, U’air pénètre dans, le moule et y produit des bulles qui •donnent au métal une apparence spongieuse. Le liquide acide pénètre dans ces cavités, s’évapore et y laisse un -résidu qui peut être entraîné sur la pierre par la pluie -ou l’humidité et peut, dans le cas de marbres délicats, •occasionner des taches ; mais les chances d’altération ;pour cette cause sont tellement petites qu’elles ne peuvent .guère être prises en considération, car pour la plupart -ces taches sont généralement de courte durée.
- La cause principale d’altération résulte de la façon dont le métal est travaillé à la fonderie. En préparant les vmoules compliqués, comme ceux exigés pour les bustes -et les statues, ou pour tout sujet dans lequel il se produit ce qui est connu techniquement sous le nom de retrait, il est nécessaire, pour enlever le modèle ou le •dessin du moule, que celui-ci soit fait de plusieurs petites parties ; et comme ces parties sont réunies après il’enlèvement du modèle, il est indispensable de les atta-
- cher ensemble pour qu’elles gardent leurs premières formes d’une façon rigoureuse. Ceci est aussi applicable, mais à un degré moindre, dans la portion du moule appelée « noyau », qui est, comme son nom l’indique, le corps en sable autour duquel on coule le métal, et l’espace compris entre le noyau et le moule extérieur détermine l’épaisseur de la pièce coulée.
- Actuellement, les pièces d.u moule sont reliées avec le noyau à l’aide d’agrafes métalliques ; si elles ne sont pas suffisamment ancrées dans la masse du noyau, èt non recouvertes de sable, les bouts des agrafes risquent de venir en contact et par la fusion de prendre corps avec la face interne de la pièce moulée; si elles y sont laissées, ellés se rouilleront après un certain temps et l’humidité formée par les changements de température dans l’intérieur de la pièce sera entraînée au dehors, emportant avec elle l’oxyde de fer, et il se formera infailliblement des taches.
- Il résulte des considérations ci-dessus, que la formation des taches n’est pas due directement au bronze ; c’est une question de grands soins de la part du métallurgiste à apporter à la préparation du moule et dans le coulage.
- CjgTNS. Divers
- Pour recouvrer l’argent des déchets de laboratoires photographiques. — Nous entendons par déchets les photographies dont on ne tire pas parti, les vieilles plaques, les pellicules inutilisables, et enfin toutes les choses où il peut se trouver de l’argent en faible proportion. La publication allemande Journal der Goldschmiede Kunts, conseille de placer tout cela dans un plat de porcelaine où l’on pourra les brûler aisément, en les arrosant au besoin d’alcool dénaturé. On dispose alors les résidus de combustion dans un récipient en agate, dont on couvre le fond d’une solution de salpêtre et d’eau; on place le tout sur le feu, et l’on chauffe jusqu’à ce que l’argent se sépare sous forme de nitrate. On ajoute à la masse un peu d’eau et d’acide chlorhydrique, de manière à obtenir assez rapidement du chlorure d’argent. Celui-ci peut servir admirablement à l’argenture.
- Vernis élastique à l’asphalte. — Préparer d’abord une solution d’une partie de caoutchouc dans 16 d’huile de térébenthine, puis mélanger avec une autre solution de 16 parties de copal dans 8 p. de vernis à l’huile de lin. On additionne enfin d’une solution de 2 p. d’asphalte dans 4 de venus à l’huile de lin, dilué avec 16 p. d’huile de térébenthine. On filtre avant emploi.
- Préservation des cordages. — La recette ne peut guère s’appliquer qu’aux câbles et cordages destinés à rester tendus, parce que le traitement les rend durs et supprime une grande partie de leur flexibilité ; mais il est bien des circonstances où cela ne constitue pas un dé-faùt. On plonge la corde une heure dans une solution de colle forte, on là laisse sécher, et la fait baigner dans une solution de tannin; finalement, après séchage, on plonge dans de l’huile.
- Alliage mou pour la fonte. — Il est de consistance comme il en faut pour des figurines en plomb, des boutons, des petits ornements. On le prépare avec 4 parties d’étain et 3 de plomb, et il prend admirablement les fines empreintes. On pourrait aussi mettre 8 parties d’étain, 6 de plomb et o,5 d’antimoine, mais alors l’alliage, tout en fondant plus facilement, est un peu cassant, en dépit de sa dureté. »
- Nouvel agent de trempe pour l’acier. — Le D’ P.
- Galopini de Genève, recommande pour la trempe un composé du genre suivant. On prend 8 legs de glycérine et 5oo gr. de sel de cuisine, 100 gr. de sel ammoniac, 5o d’acide chlorhydrique concentré, et enfin 10 kgs d’eau. On chauffe l’acier au rouge, cerise avant de plonger dans ce liquide.
- Alliage brillant à base d’étain. — Il présente un brillant qui peut le faire servir à faire des imitations de brillants, de pierres précieuses. On l’obtient tout simplement avec 29 parties d’étain et 19 de plomb. On peut ie faire prendre sur du verre taillé, et des reflets curieux se font sur cette mince lame de métal à travers le verre.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS- — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, anx demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le matériel pour l’élevage artificiel des abeilles se trouve chez M. Bondonneau, 142, faubourg Saint-Denis (maison Root and C") à Paris.
- Communications. — M. Courtial-Villot, à Saint-Saturnin, par Saint-Amand-Taillende (Puy-de-Dôme), nous adresse une petite note intéressante au sujet de La verge de Jacob : « J’ai lu votre article du 14 juillet sur la baguette divinatoire des sources ; on emploie généralement dans cette région, pour faire ces baguettes qui ont la, forme d’une fourche, le bois de coudrier ou noisetier, parce que c’est le plus commode à trouver; on peut prendre également du fil de laiton, de fer, des branches de baleine, etc., suivant les aptitudes de chacun. La difficulté n’est pas de faire tourner la baguette, mais bien de savoir distinguer pour quel objet elle tourne : pour Peau et les sources, mais aussi pour tous les métaux cachés par la main de l’homme, sur les gîtes minéraux, sur les cadavres humains et d’animaux, même sur les bornes des limites des propriétés. »
- Z« Compagnie des Eaux de la banlieue de Paris, à Suresnes, nous adresse la lettre suivante : « Je trouve, dans votre numéro du 21 juillet 1906, sous la signature de M. Le Couppey de la Forest, un article fort intéressant sur l’inauguration des filtres à sable de la Compagnie des Eaux de la banlieue de Paris. Je n’aurais qu’à me louer de la façon très claire dont l’auteur a su présenter à vos lecteurs le but et les moyens d’exécution d’une amélioration si capitale pour les habitants de la banlieue-Ouest, s’il ne s’était glissé dans son étude quelques erreurs, indépendantes de sa volonté assurément, mais qu'il importe de rectifier dans l’intérêt de la vérité.
- i° Il semblerait résulter de l’exposé de la question que la Compagnie aurait opposé du mauvais vouloir aux efforts tentés par l’Administration préfectorale pour organiser le service d’épuration que vous louez à juste titre; alors qu’en réalité, elle avait proposé, dès 1893, de réaliser l’épuration des eaux qu’elle distribue, et qu elle en fut empêchée par le refus d’une des communes intéressées de se prêter à une entente indispensable. Loin de se rebuter, elle n’a cessé, depuis cette époque, de rechercher, d’accord avec l’Administration, le moyen de solutionner une question qui intéressait à un si haut degré les habitants de la banlieue. Elle a pu, grâce aux lourds sacrifices qu’elle s’est imposés, leur donner entière satisfaction, ainsi que vous le reconnaissez.
- 20 Pour rétablir l’exactitude des faits, il convient aussi de rappeler que c’est le personnel technique de la Compagnie qui a fait choix de la solution proposée et adoptée, et qui, avant d’arrêter les dispositions définitives, décrites à l’article, avait eu le soin de visiter et d’étudier. les différents systèmes d’épuration et de filtration réalisés tânt en France qu’à l’étranger. C’est à la suite de cette étude et de l’analyse des résultats obtenus par des expériences d’essai, qu’il a pu être dressé un projet réunissant tous les perfectionnements connus jusqu’à ce jour. Il est exact que le directeur de la Compagnie, ne voulant négliger aucun élément de réussite, se soit attaché comme collaborateur, tant pour l’étude des plans définitifs, que pour leur exécution, M. Chabal, qui s’est spécialisé avec succès dans les travaux de ce genre, mais, on doit répéter que la Coinphgnie n’a jamais.cessé de conserver la direction des études, des expériences préliminaires et de l’exécution des travaux. »
- M. David Martin, conservateur du musée, à Gap (Hautes-Alpes) nous suggère l’excellente idée ci-après. Les cartes postales illustrées représentant des paysages soumis aux variations de climat, comme les pyramides coiffées des formations glaciaires instables ; les forêts des régions élevées ; les glaciers et les névés persistants avec
- les détails de leurs grottes, crevasses, front, confluence, moraines, etc., pourraient acquérir une valeur utile et devenir de vi'ais documents scientifiques, capables de fournir aux générations futures des termes de comparaison au point de vue des oscillations des glaciers, des variations en altitude des limites supérieures des forêts, des modifications survenues dans le relief du sol, etc. Il suffirait pour cela d’ajouter à la légende de ces cartes la date des jour, mois et année où le cliché photographique a été pris. Cette date serait, pour l’avenir un élément de comparaison absolument précieux.
- c#
- Renseignements. — M. G. Escutnaire, à Boussu. — Nous supposons que vous parlez de l’information Zoeo-motive à surchauffe (n° 1726, du 9 juin) ; dans ce cas, veuillez vous adresser à M. Jackson, directeur général du North British railway, 2, Princes Street, Edimbourg.
- M. Deguilhem, à Montauban. — Vous trouverez les renseignements sur la fabrication des feux d’artifice dans le Manuel Roret de pyrotechnie civile, 1 vol. 3 fr. Librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris.
- M. G. de B., à B. — La meilleure époque pour le traitement de la chlorose des plantes par le sulfate de fer est vers la fin d’octobre, avant la chute des feuilles. Voyez d’ailleurs pour des détails circonstanciés l’ouvrage Ennemis et amis des arbres fruitiers, vigne, rosier, etc., à la librairie horticole, 84 bis, rue de Grenelle, à Paris.
- M. A. Lejay, à Charleville. — Pour durcir le plâtre, on le mélange avec de la chaux grasse (1 partie pour 6 de plâtre) et on l’emploie comme à l’ordinaire; quand il est sec, on l’imprègne d’une solution saturée de sulfate de zinc qui lui laisse la couleur blanche, ou de sulfate de fer qui le colore en brun rouge; dans ce cas on lui donnerait une teinte acajou, en l’enduisant d’une couche de vernis à l’huile de lin ou au copal (D’après Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cia, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M. Z. Philibert, à Mantes. — Le remède contre les courbatures est simple : il suffit de faire de fortes frictions à l’alcool camphré, ou a défaut d’alcool avec de l’eau-de-vie ordinaire, du vinaigre, de l’essence de térébenthine ou du pétrole.
- M. H. Cliaix, à Paris.— La description de l’ombrelle dont le manche contenait tout un nécessaire a été donnée dans le supplément du n° 1703, du i3 janvier 1906.
- M. Ch. Mangin, à Lyon. — Vernis à chapeau de paille : vous pouvez en fabriquer un très bon avec 5 parties en poids de sandaraque pâle, i5 de résine peu colorée, 3 de térébenthine épaisse, 10 de copal de Manille, et le tout dissous dans 45 d’alcool.
- M. H. Mesnard, à Paris. — L’adresse que vous demandez est donnée en tête de la Boîte aux lettres de ce numéro.
- M. Durand, à Dijon. — Les balais doivent être bien ajustés sur la machine et ne laisser jamais paraître d’étincelles.
- M. Q. L., à Paris. —Une bonne machine dynamo, conduite avec grands soins, donne toujours d’excellents résultats.
- M. R. L., à Périgueux. — La puissance électrique est égale au produit de la différence de potentiel en volts par l’intensité du courant en ampères.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. Ilau-vette, à Garches. — La question a été étudiée autrefois par une commission législative ; nous ignorons quelle suité a été donnée à ces travaux. — M. S. Gérard, à Paris, Il faudrait vous adresser à un traducteur ou à l’École des .langues orientales, rue de Lille, à Paris. — Mma Ch. Brown, à Cincinnati. Ces indications se trouvent dans les cinq volumes de nos Recettes et procédés utiles, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. —M. H. Vauchelle, à Roubaix. Veuillez voir le même recueil, 3e et 5e séries, même librairie. — MM. Courtial-Villot, à Saint-Saturnin, David Martin, à Gap, Jacquot, à Thonon, Compagnie des eaux, à Suresnes. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES LU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 juiilct . . . 20°,9 Ë. N. E. 1. Peu nuageux. 16,2 Rosée; halo; nuageux le matin; couvert le soir; orage et pluie dans la soirée.
- Mardi 21 « 18°,1 N. N. W. 2. Couvert. 0,8 Pluie cesse à 1 h. ; Brumeux ; presque couvert.
- Mercredi 25 13°, i N. N. E. 2. Beau. i> Rosée; beau.
- Jeudi 26 17°,1 E. 1. Beau. .» Rosée ; beau le matin ; peu nuageux le soir.
- Vendredi 27 .... . 20°,0 S. S. W. 2. Nuageux. 1,5 Pluie de 0 h. à 0 h. 30; halo ; nuageux.
- Samedi 28 15°,3 S. s. w. 1. Beau. » Rosée; beau.
- Dimanche 29 17°, 6 Calme. Beau. » Rosée ; beau.
- JUILLET 1906.— SEMAINE DU LUNDI 23 AU DIMANCHE 29 JUILLET 1906.
- Mercredi
- Vendredi
- Dimanche
- 6 MiN 6 MIDI- 6 MIN' 6.MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6
- |790 m • " ...... ' ’-------:-----------'---'-----------
- 770 ËÈ
- 750.
- 15°
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent, courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- ctg'î'i. Chronique météorologique «^§33
- Le temps. — Dans la semaine du 23 au 29 juillet, le temps a été pluvieux, orageux et lourd. Le 23 juillet, la pression barométrique présentait des minima orageux en Gascogne et dans l’Est. On a signalé des orages dans le Sud-Ouest et l’Ouest; il est tombé 9 mm d’eau à Limoges, 3 mm à Rochefort, 2 mm à Biarritz. La température était le matin 170 à Brest, 210 à Paris, 23° à Toulouse, 270 à Alger, 17° au Puy de Dôme, i3° au mont Ventoux, 8° au Pic du Midi. La température moyenne a été 22°,6, supérieure de 4°,2 & la normale; la température maxima observée à 2 heures du soir à la Tour Eiflel a été 26°,9. Dans la soirée, vers 8 heures, plusieurs orages ont éclaté en même temps sur la région parisienne et la banlieue, dans des directions opposées. Le tonnerre s’est fait entendre fortement, et les éclairs électriques ont été très nombreux. L’eau est tombée en grande abondance sur Paris : 25 mm sur les quartiers Nord-Ouest et Ouest, 38 mm sur la moitié Sud, 3o mm au Nord-Est. Le 24 juillet, des grains orageux ont traversé la France et ont amené des averses à Chàteaudun (3i mm), à Paris (24 mm), à Limoges (14 mm), au Mans (12 mm). Le vent était faible sur toutes nos côtes; il était du Nord-Ouest sur la Manche et la Bretagne. Le maximum barométrique égal à 765 mm avait lieu également en Bretagne. La température était le matin i5° au Havre, 180 à Paris, 21° à Lyon, 24° à Nice, 120 au Puy de Dôme, 110 au mont Aigoual, 5° au Pic du Midi. Le 25 juillet, la pression atmosphérique dépassait 765 mm sir l’Angleterre et le Nord de la France. Un vent très
- faible souillait sur les côtes de la Manche et de l’Océan. Il est tombé 9 mm d’eau à Besançon, 7 mm à Limoges, 5 mm à Clermont-Ferrand, 4 mm à Gap, 2 mm à Belfort. La température était le matin 140 à Nantes, i5° à Paris, 190 à Lyon, 190 à Toulouse, 25° à Alger, 110 au Puy de Dôme, 8° au Pic du Midi, 6° au mont Mounier. Le 26 juillet, une dépression barométrique a eu lieu à l’Ouest de l’Europe; la baisse a été de 8 mm en Irlande, et de 4 mm à Paris. Le temps a été beau en général; dans la matinée, une brume assez intense a régné sur Paris. La température était le matin 210 à Biarritz, 170 à Brest, 160 à Paris, i3° au Puy de Dôme, 8° au Pic du Midi, 6° au mont Mounier. Le 27 juillet, la pression atmosphérique en France est toujours supérieure à 765 mm. Dans la nuit du 26 au 27 juillet, entre 11ll 55 et minuit T 5 il est tombé une faible averse dans le Sud ét la région Est de Paris. On a recueilli 17 mm d’eau à Besançon, 7 mm à Toulouse, 7 mm à Cherbourg, 3 mm à Limoges. La température était le matin 160 à Brest, 20° à Paris, 210 à Lyon, 24° à Perpignan, 120 au Puy de Dôme, io° au mont Ventoux, 4° au Fie <lu Midi. Le 28 juillet, la pression a été élevée sur l'Ouest de la France. Un vent faible a soufflé d’entre Ouest et Sud sur la Manche et la Bretagne. La température a été i4° & Nantes, i5° à Paris, 190 à Biarritz, 25° à Alger, n° au Puy de Dôme, 70 au Pic du Midi, 8° au mont Aigoual. Le. 29 juillet, la pression barométrique était égale à 761 mm sur l’Ouest et le Centre; à Paris, à midi, elle était 760,7 mm. Le thermomètre marquait 180 à Paris, 180 à Clermont, 24° à Nice, 24° & Alger.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 28 à 8 h. 5 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A- MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La .Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (YJe)
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- SUPPLÉMENT AU N° 1733 (11 AOUT 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- INFORMATIONS
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- Le septième Congrès international de zoologie.
- — La session du Congrès international de zoologie, qui s’est tenue en 1904 à Berne, aura lieu cette fois en Amérique, au mois d’août ou de septembre 1907, sous la présidence de M. Alexandre Agassiz.
- Les séances scientifiques se tiendront à Boston, qui sera ainsi le centre de plusieurs excursions dans les environs, notamment à l’Université Harvard. Ensuite, les membres du Congrès se rendront à « Woods Hole », Massachusetts, pour visiter la « Station du Bureau des pêcheries des Etats-Unis », le « Laboratoire biologique de la marine » et divers points de la cote environnante; à New-York, les congressistes visiteront « l’Université de Columbia », le « Musée américain d’histoire naturelle » et la « Société de zoologie de New-York ». De là ils iront à « l'Université de Yale, à celle de Princeton, à la « Station d’évolution expérimentale Carnegie » et enfin à Philadelphie et à Washington. Des excursions seront organisées pour les chutes du Niagara, les Grands Lacs, Chicago et l’Ouest. Pour tout renseignement, s’adresser à G. H. Parker (7e Congrès international de zoologie) Cambridge, Massachusetts, U. S. A.
- Le feu à l’Exposition de Milan. — Nous consaci'ons dans l’intérieur du présent numéro une étude à la belle exposition qui fait tant d’honneur actuellement à la ville de Milan. Un désastre vient d’apporter une note funèbre au milieu des réjouissances et du triomphe d’Italie. Nos lecteurs ont déjà appris par la voie des journaux quotidiens l’incendie qui, dans la matinée du 3 août, a complètement anéanti le palais des Arts décoratifs italiens, occupé par la section italienne et par la section hongroise. Sur une superficie de i5 000 m2, il y avait là réunies les merveilles d’art de 4000 exposants qui ont été en quelques instants la proie des flammes. Les dégâts matériels se montent au bas mot à 10 millions de francs.
- Le métropolitain de Paris. — Le métropolitain de Paris, qui, depuis le 2 juin 1906, possède un réseau en exploitation mesurant exactement 45 km. 688 m. 70 cm, a transporté, pendant le mois de juin dernier, i3 5a3 58o voyageurs, les billets d’aller et retour—2382372 billets — n’étant comptés que pour un voyageur. Le produit brut des trois derniers mois a presque atteint 7200000 francs, ce qui donne exactement une recette moyenne de. 79 120 francs par jour et un produit brut quotidien de 1730 francs par kilomètre exploité.
- L’étoile v] du Navire. — Cette étoile est certainement l’une des variables les plus, curieuses que l’on connaisse.
- A la fin du xvne siècle, c’était un astre de 4e grandeur. En 1751, elle atteignait la 2e grandeur ; 60 ans après, elle était redescendue à sa première intensité pour augmenter de nouveau jusqu’en 1826. Depuis cette date, elle a parfois atteint (en 184B) un éclat extraordinaire, presque celui de Sirius, la plus brillante de toutes les étoiles, puis elle est redescendue, après de nombreuses fluctuations, à la 6e grandeur (1867) et ensuite au-dessous. La courbe de lumière de cette étoile est particulièrement curieuse, et il est bien difficile d’y reconnaître une périodicité quelconque. M. R. T. A. Innés, dans les Monthly Notices,A donné le résultat de ses observations faites en igoÛ à l’aide d’un réfracteur de 108 mm. Le 20 mai, l’étoile était de la grandeur 7,8 et le 24 juin de 7,5 ou 7,6. La grandeur moyenne résultant des observations a été trouvée de 7,67. Il en résulte que le changement depuis 1896, s’il y en a eu un, est tout à fait insignifiant.
- Vitesses radiales de plusieurs étoiles. — M. V. M.
- Slipher a donné, dans V Astrophysical Journal, le résultat de ses observations spectrographiques faites durant l’été et l’automne de iqo5 à l’observatoire Lowell. Le spectrographe a un collimateur de 3o mm d’ouverture, 490 mm de longueur focale et comprend un train de trois prismes de 63° en flint lourd. La chambre photographique a un objectif de 35 mm d’ouverture et 471 mm de longueur focale. La lunette employée est le grand réfracteur de 0,61 m de l’Observatoire. Voici quelques-unes des vitesses trouvées (le signe — indique que l’étoile s’approche de nous et le signe -f- qu’elle s’éloigne).
- Etoile. Vitesse par seconde.
- a Bélier. . a Persée. . ,
- P Lièvre. . . p Gémeaux a Bouvier . p Qphiuchus y Aigle . . s Pégase . y Poissons, y Céphée .
- Détermination spectrographique de la distance
- du Soleil. — Le professeur Künster, de Bonn, a publié, dans les Astrohomisclie Nachrichten, un premier essai, particulièrement étudié, de la détermination de la distance du Soleil résultant de la comparaison des vitesses radiales d’un certain nombre d’étoiles. O11 sait, d’après le principe de Doppler-Fizeau, que lorsqu’une source
- — i4,3 km
- — 2,5
- — i3,o -F 3,3
- -- 4,7
- — x 1,3
- — 2,1
- + 6,1
- — n,3
- — 4i,9
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- s’approche, les raies de son spectre sont déviées vers le violet. Elles le sont vers le rouge si la source s’éloigne. Par suite de son mouvement annuel autour du Soleil, la Terre s’approche d’une étoile donnée pendant six mois, elle s’en éloigne ensuite. Il en résulte une modification dans le spectre de l’étoile considérée, puisque tout se passe comme si, l’observateur étant fixe, la source se déplaçait. Le professeur Künster a appliqué la méthode à la brillante étoile Arcturus et, des spectrogrammes pris en 1904 et 1905, il a pu conclure pour la parallaxe du Soleil (ou angle sous lequel, du Soleil, on voit le rayon terrestre) la valeur 8",844. avec une erreur probable de ± o",017, très voisine de la valeur 8",80 adoptée actuellement. Ces mesures confirment pleinement l’exactitude du principe de Doppler-Fizeau.
- L’organisation des jardins zoologiques et des ménageries. — M. Gustave Loisel, le savant biologiste, directeur de laboratoire à l’École des Hautes-Études, qui a publié dernièrement de fort intéressants projets pour la réorganisation de la ménagerie du Muséum d’hisoire naturelle, vient d’être chargé par le Ministère de l’instruction publique d’une mission scientifique en Hollande, en Belgique et en Angleterre, dans le dessein d’étudier l’organisation des jardins zoologiques dans ces pays.
- Un certificat d’études supérieures d’océanographie. — On sait le bel essor que la science océanographique a pris au cours de ces dernières années. Nous sommes heureux d’apprendre que la Faculté des Sciences de l’Université de Nancy vient d’être autorisée par le Ministère de l’Instruction publique à délivrer à ses étudiants un certificat d’études supérieures de sciences portant la mention : géographie physique et océanographie. Cette intéressante innovation est due à l’initiative de notre collaborateur, M. Thoulet.
- Sénégal, Haut Sénégal et Niger en 1905. —
- L'Office colonial annonce qu’en 1905 le commerce total s’est élevé à 77879133 francs, soit 1888499 francs de moins qu’en 1904. Ce chiffre total se divise en 53 314778 francs pour l’importation (augmentation : 3 468 o3g fr.) et a4 564355 francs pour l’exportation (diminution : 5 356 588 fr.). Dans ce trafic, la France entre pour une part de 59,7 pour 100.
- Le Dahomey en 1905. — Commerce total en 1905 : 18366673 francs (diminution sur 1904 : 3470574 fr.). Importation : 10 732 524 francs (augmentation : 5i 286 fr.); exportation : 7 634 I49 francs (diminution : 3 5ai 860 fr.). Part de la France dans le trafic total : 29,2 pour 100.
- Côte des Somalis en 1905. — Commerce total en 1905 : 3o 148 945 francs (augmentation sur 1904 : 984 528 fr.). Importation : 11 929 941 francs (diminution : 736 397 fr.); exportation : 18219004 francs (augmentation : x 720 925). Part de la France dans le trafic total :
- 11,5 pour 100.
- Madagascar en 1905. — Commerce total en 1905 : 54049002 francs (augmentation sur 1904 : 8 202 45g fr.). Importation : 31 198410 francs (augmentation : 4779025 fr.); exportation : 22 85o 5g2 francs (augmentation : 34*3433 fr.). Part de la France dans le trafic total : 76,8 pour 100.
- La Réunion en 1905. — Commerce total en 1905 : 27890366 francs (diminution sur 1904 : 4998187 fr.). Importation : 18 184824 francs (diminution : 1 121 046 fr.); exportation : 9 705 54a francs (diminution : 3 877 141 fr.). Part de la France dans le trafic total : 72,2 pour 100.
- Les Établissements français de l’Inde en 1905. —
- Commerce total en 1905 : 33 542 204 francs (diminution sur 1904 : 2 630 236 fr.). Importation : 6356207 francs (augmentation : 718 261 fr.) ; exportation : 27 185 997 francs (diminution : 3 343 507 fr.). Part de la France dans le trafic total : 29,8 pour 100.
- L’Indo-Chine en 1905. — Commerce total en 1905 : 4z3 317 932 francs (augmentation sur 1904 : 81 948 581 fr.). Importation : 254 56o 279 francs (augmentation :
- 69564615 fr.) ; exportation : 169757653 francs (augmentation : 12383966 fr.). Part de la France dans le trafic total : 3o pour 100. Par rapport à la moyenne de la période quinquennale antérieure à 1904, augmentation du commerce total : 106673 020 francs.
- La Guadeloupe en 1905. — Commerce total en 1905 : 29075890 francs (augmentation sur 1904 : 2882 239 fr.). Importation: i3 438 4x9 francs (augmentation : 178 13g f'r.) ; exportation : 15 637 471 b'- (augmentation : 2704200 fr.). Part de la France daxxs le trafic total : 73,8 pour 100. Par rapport à la moyexxne de la période quinquennale antérieui'e à 1904, diminution du commerce total 5 983 3o4 francs.
- Saint-Pierre et Miquelon en 1905. — Commerce total en igo5 : 12 558 832 francs (diminution de
- 1 33i 23p francs sur 1904 et de 9 579 737 francs sur la moyenne quinquennale antérieure à 1904). Importation : 5 4I9521 francs (diminution : 791 166 fr.); exportation : 7 119311 francs (diminution : 541 073). Part de la France dans le trafic total : 66,7 pour 100.
- La Nouvelle-Calédonie en 1905. — Commerce total : 21 797035 francs (diminution sur 1904 : 1 723119 fr.). Importation : îo 726657 francs (diminution : 1 752006 fr.); exportation : 11 070378 francs (augmentation : 28 886 fr.). Part de la France dans le commerce total : 44.5 pour 100.
- Cyclisme. — Plusieurs records ou championnats intéressants ont été courus le dimanche 29 juillet. A Genève a eu lieu le championnat du monde pour professionnels sur la distance de 100 km. Le coureur français Darragon est arrivé premier et a été proclamé champion. A Paris a eu lieu le retour de la dernière étape de Caen à Paris Q54 km) du tour de France. Quatre-vingts coureurs étaient partis de Pai'is ; quatorze seulement y sont revenus. Le classement général a été le suivant : i° Pottier ; 20 Passérieu ; 3° Trousselier ; 4° Petit-Breton; 5° Emile Georget; 6° Catteau. Le vainqueur a gagné 8000 francs; il avait aussi gagné la dernière étape de Caen à Paris.
- Les essais du « Dolmen ». — Il est intéressant d'apprendre que le remorqueur Dolmen, dans ses essais officiels, à Brest, a atteint une puissance de 182 chevaux au lieu de i5o prévus, et que la consommation a été de 629 grammes au lieu de 800 par cheval-heure.
- Renversement et redressement de caissons à air comprimé. — On est en train de construix*e un pont de chemin de fer à travée tournante sur le canal de Gaud à Terneuzen; la pile devant supporter le pivot de rotation a été fondée comme les autres à l’air comprimé; mais, durant le fonçage, comme le sol s’était ameubli dans une des directions par suite dix battage de pilots à la lance, le caisson s’inclina de i/5. Il fallait remédier en hâte à l’accident, et l’on commença par amarrer le caisson à l’échafaudage, pour empêcher l’accentuation dxx déversement, en calant et étançonnant les cheminées. Puis on descendit pour déblayer sous la partie du couteau qui était demeurée au niveaxx le plus haut. On avait du reste fixé à la maçonnerie uix câble d’acier de 4 cm. de diamètre allant se rattacher à 100 m. de là à un palan à 7 brins et à un treuil, ce qxxi permettait d’exercer sur le caissoix un effort considérable. Le déblai se fit au moyen d’un éjectexir ; le caisson se mit bientôt en mouvement, et, à l’aide de tractions sur le câble et de creusements successifs, la verticalité se rétablit par rotation de toute la masse.
- Enseignement du tir. — C’est une combinaison fort heureuse, dont oix fait usage dans l’armée allemande, et que nous ne ci’oyons pas usitée dans l’armée française, en dépit de sa simplicité et de son utilité évidente. Elle permet de donner de façon matérielle, et par conséquent aisément saisissable, des notions sur les zones dangereuses dans le tir, le rôle de la hausse, le choix du point à viser, etc. Pour figurer par exemple la trajectoire de 700 m. d’une arixxe de guerre, on dispose en ligne droite, de 5o en 5o mètres, quatorze piquets de hauteur égale aux flèches de la trajectoii’e à 5o, 100, i5o..., 700 m., et ces piquets portent des ellipses ayant pour axes les écarts verticaux et horizontaux aux distances correspondantes.
- Pétroles canadiens. — MM. Mabery et Quayle ont étudié tout particulièrement la composition des pétroles du Canada dans la publication American Chemical Journal. Ces huiles contiendraient, en outre des hydrocarbures saturés, une nouvelle série de composés sulfurés, les thiophanes, et aussi des traces d’hydrocarbures non saturés de la série éthylène. On trouverait même des huiles solubles dans l’âlcool qui pourraient être des terpènes, mais tout spéciaux.
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- *> Outillage <«*
- Rabots cintrables. — Parmi les nombreux types de rabots que doit posséder un atelier de menuiserie ou d’ébénisterie, rabot ordinaire, guillaume, bouvet, etc., il en est Un qui a un défaut marqué, le rabot cintré convexe ou le rabot cintré concave : il manque absolument de plasticité, alors que, par essence même, il devrait avoir la plus grande plasticité. En effet, il est destiné à raboter des surfaces courbes, soit convexes soit concaves, mais très variables dans le rayon de leur courbure : et si l’on veut avoir des outils s’accommodant à peu près aux courbes les plus fréquemment rencontrées dans la pratique quotidienne, il devient nécessaire d’avoir un assortimerit considérable, et par suite coûteux, de rabots, au moins de bois de rabots. Une maison de construction d’outillage spécial, dont nous avons eu occasion de parler plusieurs fois, la maison Stanley, a combiné fort ingénieusement des rabots dont la partie inférieure du fût est remplacée par une lame métallique pouvant prendre à peu près toutes les courbures, et s’adapter, par suite, aux diverses convexités ou concavités que l’on voudra planer, raboter, dresser ou blanchir. Nous nous trouvons en face de trois types de rabots cintrables, c’est-à-dire offrant la plasticité à laquelle nous faisions allusion tout à l’heure. Ces rabots diffèrent légèrement par le mode de cintrage de la lame, mais le principe en est le même. C’est du reste le troisième type que nous recommanderons spécialement, il nous a semblé le plus perfectionné ; il porte le nom de « Victor », et sort comme les autres Les trois types du rabot des usines Stanley. — La mai-cintrablc. son de vente est la maison Mar-
- ket, 107, avenue Parmentier.
- La partie centrale de la lame d’acier qui doit se courber plus ou moins en convexité ou en concavité, vient reposer sous la lumière du rabot, par conséquent au point où sort la lame du rabot, son fer comme on dit. Le fût est remplacé par une pièce métallique un peu en forme de bât, qui porte à chacune de ses bouts en col de cygne un écrou, grâce auquel on agit sur une biellette se rattachant à l’extrémité correspondante de la lame flexible. En agissant plus ou moins sur les écrous, et par suite sur les biellettes, on peut donc incurver convenablement la lame par ses bouts. C’est là un modèle un peu primitif ; le deuxième type est bien plus simple et supérieur. La semelle flexible, qui peut prendre toutes les formes, plane, convexe, concave, est sous la commande d’une vis de réglage que l’on voit en avant du fût ; des leviers de tension transmettent cette commande de la vis aux extrémités de la lame métallique formant semelle du rabot, et les deux secteurs dentés que l’on voit latéralement au fût, et engrenant l’un dans l’autre, empêchent les efforts subis par la semelle de se transmettre à la vis et régularisent le mouvement de cintrage dans un sens ou dans l’autre. Enfin, dans le troisième type, celui que nous avons appelé le type Victor, le fût du rabot se compose, d’une part, de la partie qui donne passage à la' lumière et, de l’autre, d’uné sorte de châssis protecteur des bielles de transmission, ces leviers se trouvant sous la commande d’une grosse vis de réglage verticale, bien mieux placée que dans le type précédent. Tout cet ensemble fonctionne bien et en un instant le rabot est prêt pour n’importe quelle surface.
- Nouveau pal mer. — Le nouveau palmer dont nous parlons ici est très intéressant, parce qu’il présente un dispositif particulier de lecture très précis. Une branche |
- de l’appareil, celle de gauche, reste fixe et la brandie de droite au contraire s’écarte à volonté suivant les épaisseurs à mesurer; la limite pour l’appareil que nous avons expérimenté était de 20 millimètres. En s’écartant cette branche passe sur une roue dentée, et celle-ci fait déplacer à son tour une aiguille sur un cadran gradué de o à 10 divisions; chacune de ces premières divisions est à son tour divisée en 10 divisions représentant cha-
- Nouveau palmer
- cune r millimètre. Une épaisseur de 10 millimètres entre les deux pointes nous donne donc sur le cadran 1 tour complet de l’aiguille représenté par xoo dixièmes de millimètre. De même si nous mesurons une épaisseur de 20 millimètres, nous observerons 2 tours de l’aiguille sur le cadran, et nous pourrons compter 200 dixièmes de millimètre. Ce nouveau dispositif de lecture est en réalité très simple, et il est facile de l’adapter à tous les palmers. Il présente d’un autre côté de très grands avantages au point de vue de la précision qu’il permet dans les lectures. — Le nouveau palmer se trouve chez M. Kralz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Etau pour tuyaux. — Il est une foule de circonstances dans la construction, ou même dans le travail de l’amateur, où l’on a besoin d’immobiliser un tuyau pour divers travaux à lui faire subir, depuis le coudage jusqu’au filetage; et il faut toujours prendre garde que le serrage se fasse autant que possible sur presque tout le pourtour du cylindre que forme le tuyau, car autrement on risque de le déformer, peut-être même de l’aplatir, en lui faisant subir localement une pression qui suffit tout juste à le maintenir immobile, à l’empêcher de tourner, mais qui est exagérée pour sa résistance. Pour arriver au résultat voulu sans inconvénients, il est indispensable que la pression s’exerce sur presque toute la circonférence; et c’est ce que donne l’étau de fabrication anglaise dont nous reproduisons ici deux figures, l’une le figurant ouvei't et l’autre fermé.
- Cet étau est fait pour se monter à poste fixe, autant que possible sur un établi : il comporte deux pièces qui forment embase, et lui donnent l’appui désirjible sur cet établi. L’une est un bout de cornière qui ',se visse sur le dessus de l’établi, tandis que l’autre est un plat de même longueur qui se visse sur le bord vertical
- pour tuyaux.
- avant de cet établi. Ces deux pièces sont renforcées en haut par une lame métallique repliée, et la pièce principale, comme cette lame, présente de chaque côté de l’outil une entaille triangulaire, mais dont les rebords offrent des petites dentelures régulières, dans lesquelles viendra reposer le tuyau à serrer, sur presque la moitié de sa circonférence. Comme le montre la figure où l’appareil est fermé sur un tuyau, on a la possibilité de rabattre sur ce tuyau une seconde partie, qui peut venir appuyer en sens inverse, sur la demi-circonférence supé-
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- rieure du tuyau une pièce massive présentant entaille et dentelures analogues. Il faut naturellement que cette seconde mâchoire de l’étau puisse s’écarter, pour permettre de loger aisément le tuyau en place; et l’on voit, dans la seconde ligure, qu’elle se rabat sur le côté; cela grâce à ce fait qu’un des boulons qui donnent le moyen de la serrer en place, et qui passe à travers une pièce, est rattaché inférieurement à la mâchoire d’en bas par un pivot transversal. D’autre part, pour que ce mouvement se fasse, il suffit de remonter un peu l’écrou du second boulon, et de faire pivoter cet autre boulon autour de l’autre pivot ; la ceinture entourant la mâchoire supérieure présente dans ce but une solution de continuité qui est nettement visible. Tout cet appareil, qui nous a semblé fort bien compris, se vend 5 |. boulevard du Temple, chez MM. Roux, â Paris.
- Scie métallique tout en acier. — Cette scie se vend principalement pour greffer, et elle présente dans ce but une double denture; mais nous avouons que cela ne nous aurait pas fait la citer, quels que soient les services spéciaux qu’elle est susceptible de rendre, si elle ne présentait pas la caractéristique bien curieuse de beaucoup de produits sortant de l’esprit inventif et des usines des Américains. Qu’on remarque en effet qu’elle est tout d’une pièce, le manche et la lame faisant corps de la manière la plus intime, sans qu’il y ait jamais à
- Scie métallique eu acier.
- craindre séparation de l’un et de l’autre ; cela n’empêche pas du reste ce manche, qui est uniquement fait d’une tige ronde continuant la lame, et convenablement courbée et enroulée dans une de ses parties, de tenir bien en main. Il va sans dire que ce manche est pratiquement inusable; et, comme il est en acier de dureté convenable, il n’est guère vraisemblable qu’il puisse se casser. Dans son ensemble, l’outil est très léger, puisque, pour une longueur totale de 2.0 centimètres, il ne pèse pas plus de 155 grammes. Nous ne savons si l'on adopte ce mode de construction pour des scies plus grandes, mais ce serait certainement utile et intéressant. — Cette scie est en vente chez MM. Roux, 54, boulevard du Temple, Paris.
- Appareil à évaser les tuyaux et à les monter dans les colliers et les brides. — Cet appareil est destiné particulièrement à sertir les tubes et tuyaux un peu de toutes dimensions, dans les brides ou colliers, cela avec une rapidité précieuse. Il va de soi que, suivant le diamètre du tuyau, il faut modifier le mandrin et aussi les rouleaux sur lesquels vient buter le métal chassé par le mandrin : mais c’est néanmoins toujours le même appareil qui sert, du moins dans une limite très étendue, et, par exemple, on emploiera un seul et unique instrument pour des tuyaux dont le diamètre sera compris entre 35 et 5o centimètres, ou entre x5 et
- Appareil à évaser les tuyaux.
- 35 centimètres. Le sertissage semble parfait, et les constructeurs garantissent qu’il répond parfaitement aux besoins des conduites sous pression.
- Dans le dessin que nous donnons, on voit tout à la fois l’appareil monté, avec son jeu de trois cylindres entourant pour ainsi dire le mandrin, puis des séries diverses de rouleaux avec des mandrins coniques de diamètre variable (qui rappellent du reste par leur apparence la noix d’un robinet, mais une noix pleine). Les
- rouleaux se montent facilement par enlèvement et revissage d’un écrou sur les trois tiges disposées en triangle autour du mandrin, ou de la place qu’il doit occuper. On comprend très bien le fonctionnement du levier à cliquet qui force le mandrin à tourner dans l’intérieur du tuyau; le levier double, qui se trouve par derrière ce levier à cliquet, sert à enfoncer peu à peu le mandrin, suivant les nécessités de l’opération. — Cet appareil, qui se nomme un tube « expander », en anglais, est fabriqué par la maison Beck, 11, Queen Victoria Street, Londres, E. C.
- **> Divers
- Nouveau casse-noix. — Tous les casse-noix ont le grand inconvénient d’écraser l’amande en cassant la coquille des noix. La forme adoptée dans ces appareils se prête peu en effet à l’opération. Le nouveau casse-noix, que montre la figure ci-jointe, nous semble présenter à cet égard un sensible progrès. La noix est d’abord placée à la partie supérieui'e, si sa grosseur est
- Nouveau casse-noix.
- faible; un léger effort suffira pour casser la coquille. Si la noix est plus grosse, 011 la met entre les pinces placées au-dessous et dont les deux montants glissent l’un sur l’autre avec la plus grande facilité pour saisir le fruit et le casser légèrement, sans bien grande pression. Il semble donc que la nouvelle pince présente à cet égard des propriétés remarquables. — Le nouveau casse-noix est fabriqué par les établissements Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Grenouille sauteuse et nageuse. — On s’exerce de plus en plus, dans la fabrication des jouets, à se rapprocher de la nature. Un jouet deviendra d’autant plus intéressant qu’il se rapprochera davantage de la réalité. C’est l’impression que nous avons ressentie en faisant fonctionner le modèle de grenouille sauteuse et nageuse qui nous a été confié dernièrement. Ce petit jouet est entièrement en caoutchouc et se trouve monté sur une carcasse métallique.
- Il fonctionne à l’aide de la quantité d’air plus ou moins grande qu’on lui envoie intérieurement au grenouille,
- moyen d’un
- tube et d’une poire en caoutchouc. On peut ainsi faire sauter la grenouille, la faire nager dans un petit bassin, soit à la surface, soit entre deux eaux. Tous ces mouvements se font très naturellement. La grenouille semble d’abord se jeter en avant, puis aussitôt les deux pattes de derrière s’écartent et montrent les mouvements bien connus de la grenouille dans l’eau. — La grenouille sauteuse se trouve à la même adresse que ci-dessus.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- Le traitement de la dysenterie. — J’ai indiqué récemment les merveilleux résultats obtenus dans le traitement de la dysenterie bacillaire par le sérum de MM. Vaillard et Dopter. Malheureusement on n’a pas toujours sous la main cet agent précieux. Aussi me paraît-il bon de faire connaître une méthode de traitement fort ancienne et qui a été employée avec succès par nombre de médecins coloniaux ; je veux parler de l’emploi de la racine de brucea.
- La graine du Brucea sumatrana est administrée de temps immémorial par les Chinois et les Annamites pour arrêter les hémorragies internes. Un médecin des colonies, le Dr Mougeot, administrant un jour la fameuse graine, le kho-sam, à une femme atteinte à la fois de métrorragie et de dysenterie, eut l’agréable surprise de voir le médicament arrêter net les deux flux, hémorragique et intestinal. A partir de ce moment il traita par ce même procédé tous les cas de dysenterie qui abondaient à la prison de Saigon ; en cinq ans, il a pu soigner 1260 malades dont près de 900, 879 exactement, ont été suivis régulièrement. Sur ce total, il a obtenu 800 guérisons complètes en trois à six jours, 60 guérisons plus tardives, et une dizaine d’insuccès.
- Le même agent, la même graine importée dans d’autres colonies, administrée en France par des médecins qui avaient pu s’en procurer, a donné dans des cas de dysenteries chroniques un succès égal. Comme avec le sérum pour la dysenterie bacillaire, le kho-sam amène la diminution des douleurs, du ténesme, de la fréquence des évacuations. Il semble que ce soit plutôt contre les formes de dysenterie amibienne que le kho-sam aille plus d’action; la dysenterie bacillaire serait plus réfractaire à la graine de brucea. Mais comme la dysenterie amibienne est des plus fréquentes, il est intéressant d’avoir un médicament d’une efficacité plus
- réelle que le calomel ou l’ipéca et que les lavements de nitrate d’argent.
- Le kho-sam est la graine du Brucea sumatrana qui a la grosseur d’un grain de poivre ; dans la coque est une petite amande huileuse blanchâtre. C’est cette amande que l’on donne au malade après avoir enlevé le suc oléagineux en pressant l’amande dans un linge ou une feuille de papier buvard. Les graines envoyées en Europe par le Dr Mougeot ont été étudiées par MM. Dy-bowski et Heckel et reconnues comme appartenant au Brucea sumatrana, de la famille des Simaroubées.
- Une autre plante porte également le nom de brucea, du nom du botaniste Bruce qui le premier la lit connaître en Europe. C’est la Brucea ferruginea, de la famille des Butacées qui croît en Abyssinie et dont l’écorce très amère est donnée contre la lièvre et la dysenterie.
- La Brucea sumatrana est un arbuste des régions tropicales, Cochinchine, Java, Bornéo, Sumatra, qui peut atteindre deux mètres de hauteur. L’amande donne un glucoside, la kosamine, dont notre regretté collaborateur Phisalix avait étudié les propriétés physiologiques. Le fruit du kho-sam est un éméto-cathartique et un cholagogue.
- Une autre plante tropicale a été employée contre la dysenterie par Fingland ; elle se trouve dans l’Amérique du Sud, VHaplopappus Baylahuen. Au Chili et dans la côte ouest de l’Amérique on la regardé comme un véritable spécilique. Je ne crois pas qu’on ait des observations aussi précises que pour le kho-sam et comme les vertus antidysentériques de ce dernier ont été reconnues par tous ceux qui l’ont utilisée on devra l’employer. Mais, je le répète, son action parait surtout efficace dans la dysenterie amibienne.
- Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour fixer le verre au métal. — Entre plusieurs procédés et ciments, on peut choisir celui-ci, qui est assez simple : faire un mélange de 10 parties de poix de pin avec une de cire blanche.
- Nettoyage des bois polis ou vernis. — On recourt pour cela à une pâte faite de pâte de bois ou de farine de blé dans la proportion de 38 1/2 parties, puis de 45 parties d’acide chlorhydrique, de 16 de chlorure de chaux et de 1/2 de térébenthine. On enduit de cette pâle la surface de bois à nettoyer, on la laisse quelque temps en place, et on l’enlève en frottant avec une peau de chamois ou une brosse. On termine au besoin l’opération en frottant avec un chiffon de laine.
- Revêtement pour bacs à acide. — La publication allemande Chemiker Zeitung recommande de préparer des plaques de revêtement avec 1 partie d’ardoise brune, 2 de verre pulvérisé, et 1 de ciment de Portland, les ingrédients devant être travaillés avec du silicate de soude en quantité convenable, avant moulage et dessiccation des plaques. Pour les faire adhérer à la surface du récipient à revêtir, on emploie un ciment fait d’ardoise broyée et de silicate de soude.
- Paraffine solide. — Si l’on désire l’employer sous cette forme, ou en prend jS parties, auxqùelles on ajoute 10 parties de chaux éteinte et réduite en poudre fine ; on brasse bien et l’on passe à travers un tamis très fin pour arrêter les grumeaux trop gros ; mais on écrase autant que possible ces grumeaux pour les réduire et les faire ensuite passer à leur tour. Il ne reste plus qu’à ajouter i5 parties au moins de résine (en forçant la dose au besoin), et à chauffer après avoir bien remué, jusqu’à ce que le tout se solidifie,;
- Teinture sans danger pour cheveux. — Le danger de la plupart des teintures capillaires réside dans ce fait qu’elles contiennent, comme colorants, des sels de plomb ou d’argent. On peut préparer une teinture noire qui n’en renferme pas, en faisant dissoudre 3o gr. d’acide pyrogallique et 7 à 8 gr. de sulfate de soude dans un mélange de 60 gr. d’alcool et de 180 gr. d’eau. Pour que la teinte soit ensuite bien donnée aux cheveux par contact avec ce liquide, on fait bien de les mouiller d’un peu d’ammoniaque après application de la teinture.
- Patine jaune du cuivre. — Du moins jaune verdâtre, car il ne peut naturellement être question d’un jaune franc. On étend à la brosse sur le cuivre le liquide suivant, en laissant sécher naturellement : un mélange de 25o grammes d’acide acétique dilué (à 3o pour 100 à peu près), de 2,5 gr. d’acide oxalique (sel d’oseille), et de 5 gr. de sel ammoniac.
- Liquide à nettoyer les métaux. — L’un peut réussir quand l’autre échoue, et c’est pour cela qu’il fait bon posséder des formules diverses. Celui-ci est assez caustique, car on le compose d’une partie d’acide nitrique, de 2 p. de tripoli et d’autant d’alun, dans 20 p. d’eau.
- Patinage du bronze. — Il s’agit d’arriver à donner à des objets de bronze neufs la jolie teinte brune douce à l’œil qui ne s’acquerrait qu’après des années d’exposition aux agents atmosphériques, et de faire rapidement disparaître l’aspect de neuf du métal brillant. On étend sur. le métal une solution faite de 4 parties de sel ammoniac et d’une d’oxalate de potasse, dans 200p. de vinaigre. On laisse sécher la première couche, et l’on recommence plusieurs fois, suivant les besoins.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Actions fondamentales de chimie organique, par Ch. Mou-rfu, professeur agrégé à l’Ecole supérieure de Pliar-nncie de l'Université de Paris, i vol. in-8°, 2e édition. Paris, Gauthier-Villars, 1906.
- « Sous ce titre, l’auteur comprend l’exposé des principales théories actuelles et l’étude sommaire et très générale des fonctions les plus importantes. Toutes les questions de détail ou d’intérêt secondaire ayant été volontairement laissées à l’écart, ce livre est, en quelque sorte, la charpente, la trame de nos connaissances en chimie organique.
- « L’unique objectif de l’auteur en écrivant ce petit ouvrage a été d’ouvrir l’esprit de l’élève, en l’initiant graduellement au mécanisme des transformations de la matière et en lui présentant les grandes lignes de la science avec le relief qui leur convient, de le préparer ainsi à suivre avec fruit un cours complet et à faire un usàge profitable des traités proprement dits. »
- Le succès de cet ouvrage, paru il y a trois ans, vient de nécessiter0une réédition que l’auteur a augmentée des dernières découvertes d’ordre général.
- }.' agriculture, par F. Lafont. Masson et Cio, Gautbier-Villar.s. Paris, igo5. 1 vol. in-8°. Prix : broché, 2fr,5o; cartonné : 5 francs [Encyclopédie scientifique des A ide-Mémoire).
- Sous sa forme condensée ce petit livre contient absolument tous les renseignements qui intéressent l’apiculteur, praticien ou amateur : notions sur les insectes mellifères ; champs d’exploitation des abeilles (régions favorables à l’apiculture ; plantes mellifères); l’abeille (organisation sociale, organisation du travail, produits de l’industrie des abeilles) ; cueillette des essaims ; conduite des ruches (nourrissement, essaimage, récolte; maladies et ennemis des abeilles (descriptions, précautions, remèdes); utilisation des produits, conseils pratiques.
- JJ alcool dénaturé, par E. Varenne. Paris. Gauthier-Villars. Masson et Cie. 1 vol. in-8°. Prix : 2fr,5o (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire).
- L’alcool dénaturé, destiné à prendre une place fort importante parmi les matières premières de l’industrie comme source puissante d’énergie, méritait l’étude spéciale faite dans le -présent ouvrage.
- Actions générales de biologie et cle plasmogénie comparées, par le prof. À.-L. Herrera, traduit par G. Renau-uet. Berlin. W. J'unk. 1906. 1 vol. in-8°.
- L’année photographique 1905, par L. P. Clerc. Paris, Ch. Mendel, 1906. 1 brochure illustrée. Prix : 3 francs.
- JJ éclairage clu laboratoire, choix et vérification des écrans inactiniques, par A. Rousseau. Paris. Ch. Mendel.
- 1 vol. (Bibliothèque de la Photo-Revue). Prix : of‘,6o.
- Les industries de la conservation des aliments, par X. Rocques. Paris. Gauthier-Villars. 1906. 1 vol. in-8°. Prix : i5 francs.
- Règles normales de VAssociation des électriciens allemands pour la comparaison et l’essai des machines et transformateurs électriques suivies des commentaires de G. Dettmar, ingénieur en chef. Traduit de l’allemand, par F. Loppé et.A. Thouvenot. i brochure in-16. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs. Paris. Prix : 2fr,5o.
- IJ hinterland Moi, régions sauvages du centre de l’Indo-Chine. Mission Paui. Patte, 1901-1905. Paris. PI011-Nourrit et Cie. 1906. 1 vol. in-16. Prix : 4 francs.
- Evolution et transformisme, par Albert et Alex Mary. Tomes I et II. Chez les Auteurs. Beauvais, 24, rue de l’Infanterie. 2 vol. in-16. Prix : 1 franc et 3fr,5o.
- Le rôle des forêts au point de vue physique, économique et social, par Paul Buffault, inspecteur des eaux et forêts. Rodez. Imprimerie E. Carrère. 1906. 1 vol. in-16. Prix : 2 francs.
- Cours pratique d’alchimie, par René Schwaeblk. Paris, Lucien Bodin. 1 vol. in-8°. Prix : 3 francs.
- JJ action diastasique dans les fermentations industrielles, par E. Diederich, licencié ès sciences. Paris. Jules Rousset, 1906. 1 vol. in-16. Prix : 4 francs.
- Le champignon des maisons, par le Dr G. H. Niewen-glowski. Paris, II. Desforges. 1 brochure. Prix : 5o centimes.
- Les mathématiques et la médecine, par le D1' G. 11. Niewenglowski. Paris, H. Desforges, 1906. 1 vol. in-8°. Prix : 2 francs.
- Les omnibus automobiles, par G. Legrand. Conseils pratiques sur l’organisation des transports en commun par omnibus automobiles. 1 vol. in-8°. Librairie Bernard Tignol. Paris. Prix : if‘,5o.
- Guide Michelin pour la France. Edition 1906. 1 vol. in-16. Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- J.e far-west chinois. Deux années au Petcliouen, par le Dr A.-F. Legendre, directeur de l’Ecole de Médecine impériale de Tchenton (Setchouen). Paris. Plon-Nourrit et C10, 1906. 1 vol. in-16.
- Dictionnaire de botanique générale (Dizionaro di Botanica generale), par le Dott. G, Bilancioni (Manuali Hœpli), Milano. Ulrica Hœpli, 1906. 1 vol. in-18. Prix : 10 lires.
- Recettes économiques et pratiques du « Home », pour la ville et pour la campagne, par G. Lan quest. Paris. Journal le « Home », 7, rue Hégésippe-Moreau. 1 vol. in-16. Prix : ifr,5o.
- Sur les cotes de Meuse, par Jean Saint-Yves. Paris. Edition de Patria, 1906. 1 vol. in-16. Prix : 3fr,5o.
- El microscopio, par E, Cabali.ero. Barcelona. Sucesores de Manuel Soler, 1906. 1 vol. in-16. Prix : ifr,5o (Matinales Soler).
- The clielburne and soutli bend meteorite, par O. C. Farrington (Field Columbian Muséum). Chicago, 1906.
- 1 vol. in-8°.
- The Ponça s un Dance, par G. A. Dorsey (Field Columbian Muséum). Chicago, 1906. 1 vpl. in-8°.
- Contributianto a flora of the bahamian Archipelago, par Ch. Fr. Millspaugh (Field Columbian Muséum). Chicago, 1906. 1 vol. in-8°.
- Field Columbian Muséum., Annal repert of the direclor to the Board of trustées for the year 1904-1905. Chicago, igo5. 1 vol. in-8°.
- I Motori a gas luce e gas povero, par Fosco Laurenti (Manuali Hœpli). Milano. Ulr. Hœpli, 1906. 1 vol. in-16. Prix : 4 lire 5o.
- Carboni fossili inglesi-coke-agglomerati, par le Dotl. Guglielmo Gherardi (Manuali Hœpli). Milano. Ulrico Hœpli, 1906. 1 vol. in-16. Prix : 6 lire.
- Proceeding of the United States National Muséum. vol. XXIX. Washington. Government printing office 1906. 1 vol. in-8° (Smithsonian institution United States National Muséum).
- Domus Vettiorum (maison des Vettii à Pompéi), édité par le comm. N. Lecaldano, 216 via Chiaia à Naples. Un album in-folio de 12 pl. en couleurs avec texte en
- 4 langues. Extrait des Monumenta Pompeiana (Voir La Nature, n° 1715, du 7 avril 1906).
- Report of the U. S. National Muséum, under the direction of the smitsonian institution for the year ending june 3o, 1904. Washington. Government printing office. 1906. 1 vol. in-8°.
- Report of the bureau of fisheries. 1904. George M. Bo-wers, commisoner. Washington. Government printing office 1906. 1 vol.
- Los puehlos hispano-americanos en el siglo XX, par Beltran y Rôzpide. Madrid, 1904. 1 vol. in-8°. Prix :
- 5 francs.
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- BOITE AUX LETTRES
- A.VIS- — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Dans notre n° 1732, du 4 août, p. 75, du supplément, eol. 1, article sur Y Étau d’automobile, au lieu de : 121, boulevard Sébastopol, il faut : i3i, boulevard Sébastopol.
- Communications. — M. Guido Cora, notre collaborateur, nous écrit, à propos de l’article du nu 1730, sur les tremblements de terre de la Calabre, que depuis la préparation de son article, le projet de loi pour subvenir aux besoins de la Calabre a été converti en loi ; la loi ne fait aucune mention des dispositions à prendre pour établir un service géodynamique satisfaisant dans cette partie de l’Italie si sujette aux tremblements de terre. De même aucune publication officielle n’a été faite d’après les enquêtes ordonnées par divers Ministères dans le deuxième semestre de l’année dernière, et le désir exprimé par les commissaires eux-mêmes de réunir tous ces éléments, comme émanation d’une Commission unique et travaillant d’après un plan systématique, n’a pas encore été pris en considération. — Le lecteur aura peut-être corrigé lui-même deux fautes d’impression à la note de la page 118 : la Carta geologica délia Calabria est à l’échelle de x : 100000 (et non 1 100 100) et elle a été publiée en 1901 (non en 1001).
- M. Virgile Brandicourt, d’Amiens, notre collaborateur, nous adresse deux intéressantes brochures. L’une, lecture faite récemment à la Société des antiquaires de Picardie, a trait aux Clochers de Picardie. M. Brandicourt les étudie au point de vue de leurs formes et des événements dont ils ont été le théâtre. Nous ne saurions entreprendre de x'ésumer le travail de notre érudit confrère, aussi disert que bien informé. De jolies photographies rappelleront au lecteur qui connaît la Picardie le charme de cette belle contrée et l’on a un vif plaisir à suivre l’auteur dans les villes et villages où il nous mène : Humbercourt, Monchy-Lagache, Nesle-l’Hôpital, Gouy-l’Hôpital, Blangy-sous-Poix, Hangest-sur-Somme, Conty, Bourdon, Contre, la Chaussée-Tirancourt. L’autre brochure est un travail sur 1 ’Amiénois Delambre et la mesure du mètre (conférences des rosati picards). Ce petit travail de vulgarisation est très complet sur la question.
- M. Jacquot, à Thonon, nous écrit : « Dans son n° 1731 du 28 juillet, sous la rubrique Informations, un des collaborateurs de La Nature signale un projet de diminution de la charge du sac d’infanterie dû à un adjudant du 4° zouaves. Yoici, à ce propos, un autre projet que nous avons présenté au Ministère de la guerre. L’armée des Alpes et l’armée d’Afrique sont nanties de la tente-abri qui consiste, comme on sait, en un rectangle de toile blanche pourvu de boutons et de boutonnières. La réunion de plusieurs de ces rectangles forme une tente sous laquelle plusieurs hommes peuvent s’abriter. — En route, la tente-abri est roulee à plat et posee sur le sac, pardessus les autres effets. S il pleut, la toile est mouillée ainsi que la capote dont 1 homme est vêtu. Dans les troupes à cheval, si on ordonne de « découler les manteaux », les hommes endossent le lourd vêtement à pèlerine fixe qui les abrite, il est vrai, contre l’ondée mais qui — en été surtout — les met immédiatement en transpiration. De plus, il faut plusieurs heures pour sécher le manteau ou la capote. Nous avons imaginé de pratiquer dans la toile de tente une fente assez longue pour permettre de passer facilement la tete et pourvue d’une patte couvre-couture boutonnée. En cas de pluie l’homme enfilerait la toile et aurait ainsi ses vêtements et son corps abrités, sans avoir aucune charge à porter en surplus puisque son abri consisterait dans la meme tente qu’il est obligé, autrement, de porter inutilement sur le sac en cas d’averse. Le couvre-couture, relevé, servirait à protéger le cou. Enfin, les boutons et boutonnières pourraient être, utilisés pour constituer des
- manches de fortune, comme dans les plaids alpins. Pendant les nuits chaudes, ou en cas de surprise possible, les couvre-joinls seraient maintenus ouverts dans les tentes-abris et constitueraient des aérations et des trous d’écoute. En allongeant les toiles elles pourraient servir d’abri pour un homme seul : dans ce cas il faudrait les diminuer en largeur pour retrouver le même poids. La transformation de la toile actuelle en toile-pèlerine ne coûterait presque rien : ouverture de l’étoffe, couvre-joints, 3 boutons... et c’est tout. Et cette modification rendrait, croyons-nous, de réels services. »
- Renseignements. — M. Mélen-Leroy, à Lœuilly. — Il serait préférable, croyons-nous, de faire régler le régulateur automatique pour la marche à vide ; adressez-vous à la personne qui vous a fourni le régulateur.
- M. lî. Gaillard, à Paris. :— i° Veuillez vous adresser à la Société industrielle des téléphones, 25, rue du Quatre-Septembre. — 20 Ces cartouches n’offrent pas autant de dangers d’explosion que vous le croyez.
- M. A. B., à Guise. — Pour obtenir du cirage liquide, vous pourriez appliquer la formule cirage pour harnais noir (Recettes et procédés utiles, ire série, p. 45) en augmentant la quantité de térébenthine. Autre formule : noir d’ivoire, i2§ gr.; mélasse, 225; acide sulfurique, 3i ; huile d’olive 2 cuillerées, vinaigre 100 cm3; mélanger le noir d’ivoire et la mélasse, ajouter l’acide, puis l’huile et enfin le vinaigre jusqu’à la consistance voulue.
- M. X., à Z. — Pour enlever les taches d’huile faites par les autos sur le carrelage, laver à la benzine et savonner le plus tôt possible.
- Mission d'Angola, à Lisbonne. — i° Les tonneaux en liège peuvent parfaitement servir au transport de l’huile à manger. Ils transporteraient sans doute fort bien le pétrole, mais nous ignorons la législation portugaise au sujet de ce liquide qui est peut-être l’objet d’une règlementation spéciale. — 20 Pour tout ce qui concerne l’industrie des tonneaux de liège, veuillez vous adresser à M. Mounaud, avocat à Guelma (Algérie) qui a pris le brevet de fabrication.
- M. Dezaunay, à Nantes. — Vous pourriez ajouter de l’essence de térébenthine ou du pétrole au coaltar, mais le prix de revient de l’enduit serait augmenté.
- M. J. lî., à Paris. — U Atlas de MM. Vidal-Lablache, à la librairie A. Colin et Cie, rue de Mézières, répond bien à votre désir.
- M. J. Bonnafoux, à Bissao. — L’article que vous nous signalez a précisément trait à la sérothérapie de la dysenterie dans les pays chauds et vous verrez en vous y reportant qu’il y est question de la dysenterie chronique, à qui la sérothérapie s’applique parfaitement. Voyez dans le présent numéro un article complémentaire sur la dysenterie
- M. E. D., à Belfort. — i° Vous voulez parler probablement du Monophone décrit dans notre n° 1661, du 25 mars 1905, p.269. Cet appareil se trouve à la Société industrielle des téléphones, 25, rue du Quatre-Septembre, Paris. — 20 Nous avons décrit dans le supplément de notre n° 1701, du 3o décembre 1905, p. 35, un appareil de téléphonie domestique, maniable d’une main. Cet appareil se trouve chez MM. Ch. Mildé fils et C‘°, con-structeurs-électriciens, 56-6o, rue Desrenaudes, avenue Niel, Paris. Des appareils analogues se trouvent aussi à la Société française de téléphonie privée, 12, rue Mont-Thabor, Paris, ainsi qu’à la Société industrielle des téléphones.
- Accusés de réception. — Avis divers. —M. Ch.
- Fanton, à Paris. Veuillez vous adresser à une agence de brevets. — M. E. Dupont, à Marseille. Nous ne décrivons jamais d’appareil avant qu’il ait été construit et que nous l’ayons vu fonctionner. — M. L. Vaucher, à Lille. Voyez cette indication dans nos Recettes et procédés utiles, 2e série, libi'airie Masson et Cîe, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. —M. II. Manceron, à la Rochelle. Voyez le même recueil, 2e et 4° séries, même librairie. —M. G. Cora, à Rome; M. Brandicourt, à Amiens; M. Jacquot, à Thonon. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux
- (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS ‘ 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSEDVATIONS CÉNÉliALES
- Lundi 30 juillet . . . 1,8°,7 E. N. E. 1. Beau. » Rosée; quelques nuages.
- Mardi 31 22',1 S. S. E. 1. Nuageux. 0,1 Dosée ; halo à 7 h. : quelques coups de tonnerc à 14 h. ; petite pluie à 15 h.
- Mercredi 1" août . . 18'',4 E. 1. l'eu nuageux. » Dosée ; éclairs à 2 h. ; halo à 5 h. 50 ; peu nuageux.
- Jaudi 2 ....... . 20°,0 Calme. Beau. 0,1 Dosée; beau jusqu’à 10 h.; couvert ensuite; orage de 18 h. 50 à 24 h. ; pluie de 23 h. 30 à 24 h.
- Vendredi 3 18',8 S. S. E. 2. Pluie. 3,4 Orage de 4 h. à 7 h. 15; pluie le malin et à 13 h. 25;
- Samedi 4 17»,4 w. S. w. 1. Beau. » lllKl^UUX. Dosée ; nuageux.
- Dimanche 0 16°,3 Calme. Beau. » Dosée ; peu nuageux.
- JUILLET-AOUT 1906.— SEMAINE DU LUNDI 30 JUILLET AU DIMANCHE 5 AOUT 1906.
- courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les. flèches in fleures, la direction du vent Les
- be épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au mve, ' de la mer); cour je plus mince, thumomeUe a lab)
- ’e sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. ____________'_______ ________________________________
- Chronique météorologique
- Le temps. ;— Le temps a été beau et chaud dans la semaine du 3p juillet au 5 août. Le 3o juillet, une dépression barométrique a eu lieu eu Irlande. Des vents faibles out soufflé sur la Manche et la Bretagne. Il est tombé 5 mm d’eau à Dunkerque, i mm au Havre, i mm à Nantes. Le thermomèlre marquait le matin 190 à Paris, 20° à Clermont, 220 à Toulouse, 23° à Alger, x6° au Puy de Dôme, 160 au mont Aigoual, 90 au Pic du Midi. Dans l’après-midi, à Paris, on a observé des maximi de 3-2° ; la température moyenne a été 23°,5, supérieure de 5°,2 à la normale. Le 3t juillet, une grande zone de pressions de 760 mm se trouvait sur la moitié méridionale de l’Europe. Le vent était faible et de directions variables sur nos côtes. Oa a signalé des averses à la pointe de Bretagne et des orages dans le Centre et le Sud. La température était le matin. 18° à Nantes, 200 à Nancy, 220 à Paris, 23° à Lyon, 25° à Alger, i8ü au Puy de Dôme, 180 au mont Aigoual, 90 au Pic du Midi. On a signalé un cyclone qui s’est abattu sur les campagnes environnant Popolasca en Corse ; la pluie a été très violente, la foudre est tombée en plusieurs endroits tuant des bergers et des animaux. Le ior août, là pression est égale à 76! mm et uniforme sur toute l’Europe. La mer est belle sur les côtes de la Méditerranée et de l'Océan. Il a plu à Gap (20 mm d’eau), à Dunkerque (1 mm) et à Nice (1 mm); des manifestations orageuses ont eu lieu à Clermont, à Lyon, à Paris. La température était le matin 180 à Paris, 210 à Toulouse, .26° à Nice, 26° à Alger. La température moyenne à Paris à été 2i°,i, supérieure de 2°,8 à la normale ; le maximum 25°,4 a élé observé à 8 heures du soir à la Tour Eiffel. Lé 2 août,
- on a observé un minimum de pression de 760 mm à Biarritz; les fortes pressions étaient sur l’Europe centrale. Le thermomètre marquait le matin 180 à Brest, 20° à Paris, 28° à Lyon, 270 à Biarritz, 2 5° à Besançon, 2i° au Puy de Dôme, 160 au mont Ventoux, 120 au Pic du Midi. Le 2 août, vers 7h 15m du soir, un orage a éclaté avec violence sur Paris et n’a pris lin que le 3 août à 6h35'“ du malin. On a surtout remarqué la fréquence et l’intensité des éclairs. On n’a recueilli que 8 à io mm d’eau sur Paris. Notons que, le même jour, à la môme heure, un orage violent s’est abattu sur Londres; mais l’eau est tombée en grande quantité. Le 3 aoûl, une dépression (746 mm) couvrait les Iles-Britanniques et nos régions. Un vent modéré du Sud-Ouest a souillé sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. En France, les pluies ont été accompagnées de manifestations orageuses ; il est tombé 9 mm d’eau à Paris, 4 mm à Dunkerque, 4 mm à Charleville, 1 mm à Nantes, 1 mm à Brest. La temqïéralure a été très élevée sur toutes les régions; à 7 heures du matin, on notait 160 au Puy de Dôme, 1 i° au Pic du Midi. • La température moyenne à Paris a été de 200.,6, supérieure de 2°,4-à la normale; à la Tour Eiffel, le maximum 22°,i a été; le 3 août à 5 heures du soir. Le 4 août, des pressions inférieures à 76a mm s’étendaient sur le Nord et le Nord-Ouest du continent. Le vent a soufflé avec force sur toutes nos côtes. En Franceil a plu à Besançon (19 mm), à Lyon (4 mm), à Nancy (3 mm), à Paris (1 mm), à Nantes (1 mm). La température était le matin 170 à Paris, 2O0 à Toulouse, 2.5° à Pérpignan, 270 à Alger, 14° âu mont Aigoual, io° au Puy de Dôme, 90 au Pic du Midi. Le 5 août, le temps a été beau et la température très élevée.
- ' PHASES DE LA LUNE : P. L. le /, à 1 b. 9 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A- MARTEL
- Ingénieur électricien, icencié ès sciences physiques.
- - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, "Boulevard Saint-Germain, Paris (YP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C'e, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
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- SUPPLÉMENT AU N* 1734 (18 AOUT 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Tremblements de terre. — Quatre violentes secousses de tremblement de terre ont eu lieu à Fort-de-France, le 4 août.
- Les unités fondamentales du système métrique.
- — Une circulaire du Ministère de l’instruction publique a récèmment rendu obligatoire dans l’enseignement F application'de la loi relative aux unités fondamentales du système métrique datée du 28 juillet igo3. Rappelons les principaux points de cette loi : i° Les étalons prototypes du système métrique, sont le mètre international et le kilogramme international qui ont été sanctionnés par la Conférence générale des poids et mesures, tenue à Paris en 1889, et qui sont déposés au pavillon de Breteuil, à Sèvres. Les copies de ces prototypes internationaux, déposées aux Archives nationales (mètre 11" 8 et kilogramme n° 35) sont les étalons légaux pour la France. — 20 Le tableau des mesures légales annexé à la loi du 4 juillet 1837, est remplacé par le tableau
- suivant, d’application désormais obligatoire écoles : Mesures de longueur. dans les
- Myriamètre. Dix mille mètres. M m.
- Kilomètre. Mille mètres. km.
- Hectomètre. Cent mètres. hm.
- Décamètre. Dix mètres. dam.
- Mètre. Unité fondamentale. m.
- Décimètre. Dixième du mètre. dm.
- Centimètre. Centième du mètre. cm.
- Milimètre. Millième du mètre. Mesures agraires. mm.
- Hectare. Cent ares ou dix mille
- mètres carrés. ha.
- Are. Cent mètres carrés. a. .
- Centiare. Centième de l’are ou mètre
- carré. Mesures des bois. caoum2.
- Décastère. Dix stères. das.
- Stère. Mètre cube. s ou m3.
- Décistère. Dixième du stère. ds.
- Mesures de masse ou de poids.
- Tonne. Mille kilogrammes.’ t.
- Quintal métrique . Cent kilogrammes. q-
- Kilogramme. Unité fondamentale. kg-
- Hectogramme. Cent grammes. hcr.
- Décagramme. Dix grammes dàg.
- Gramme. Millième du kilogramme. 'g-
- Décigramme. Dixième du gramme. dg.
- Centigramme. Centième du gramme. cg.
- Milligramme. Millième du gramme. Mesures de capacité. mg.
- Kilolitre. Mille litres. Kl.
- Hectolitre. Cent litres. hl.
- Décalitre. Dix litres. dal.
- Litre. 1.
- Décilitre. Dixième du litre. dl.
- Centilitre. Centième du litre. cl.
- Millilitre. Millième du litre. Monnaies. ml.
- Franc. Cinq grammes d’argent au titre légal.
- Décime. . Dixième de franc.
- Centime. Centième du franc.
- Ascension du Ruwenzori. — La presse italienne annonce que l’expédition du duc des Abruzzes au Ruwenzori a réussi (V. n° 1727, Information). Le prince aurait atteint le 18 juin le plus haut sommet (élevé seulement d’environ 5ioo m.) en compagnie des capitaines Cagin et Dinspeare, du médecin Cavalli et de M. Vittorio Sella, avec les guides Fonvillet père et fils, et trois porteurs.
- La Côte d’ivoire en 1905. — Commerce total : 21 531 090 francs (diminution de 4 33go35 francs sur 1904 et augmentation de 7 064578 francs sur la moyenne quinquennale antérieure à 1904). Importation : 13895337 francs (diminution de 1 688 o45 fr.). Exportation : 7 635 753 francs (diminution : 684942 fr.). Part de la France dans le commerce total : 3i pour 100.
- La Martinique en 1905. —Commerce total : 33 043 840 francs (augmentation de 5 195 282 fr. sur 1904). Importation : x475g 172 francs (diminution : 228 619 fr.). Exportation : 18069422 francs (augmentation : 5423901 fr.). Part de la France dans le trafic total : 72,45 pour xoo.
- La population de l’AIsace-Lorraine. — On connaît, aujourd’hui, le résultat définitif du recensement fait le Ier décembre 1905 en Alsace-Lorraine. Il en résulte que les provinces annexées comptent une population de 1 814626 âmes. Le dernier recensement accusait 1 million 719470 habitants. Il s’agit donc d’une augmentation de 95 156 personnes ou 5,53 pour 100 en cinq années.
- Démographie japonaise. — On exagère assez volontiers le développement, qu’on dit être extraordinaire, de la population du Japon. Et la preuve en est ce qu’écrit
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- un Japonais même, M. Takano Iwasaburo. Durant les 3o années qui ont précédé 1901, le taux d’accroissement de la population de l’Empire était de bien près de 14 pour 1000; tandis que, à ne considérer que la décade Unissant en 1901, le taux correspondant n’est plus que de 10,2. Toutefois, il faut remarquer que la loi d’accroissement a été plus forte en 1901 qu’en 1899.
- Matériel des Universités américaines. — C’est pour le laboratoire de l’Université de l’Illinois que la lteihlé Testing Machine C° vient de construire une machine à essayer de 11 mètres de haut, qui peut éprouver à la compression des éprouvettes de 7,60 m. de long, et à la traction des échantillons de 6,60 m., pourvu que leur allongement ne soit pas appelé à dépasser 20 pour 100. L’aiguille de cet engin permet de mesurer les efforts exercés au millionième, pour un effort de 227 tonnes. En fait, la puissance maxima de la machine atteint 270 tonnes.
- Le teck à Java. — M. Serre, consul de France à Batavia, signale que le bois de teck constitue la plus grande richesse des forêts de Java. On le coupe vers sa cinquantième année, lorsqu’il a environ 20 mètres de haut. Pour que l’arbre meure lentement et ne joue pas une fois débité, deux ans avant l’époque de l’abatage, on incise circulairement son tronc, jusqu’au delà de l’écorce, à 5o ou 60 centimètres du sol. La superficie des forêts de teck javanaises représente environ 640000 hectares, dont un centième est mis chaque année en exploitation, les parties défrichées étant immédiatement reboisées avec la même essence. En 1904, l’exportation s’est montée à 3 800000 francs, dont 125 000 à destination de la France.
- Le cocotier à Ceylan. — Après le thé, l’exploitation du cocotier et de ses produits est le plus important commerce cynghalais. Elle s’élève chaque année à un minimum de 35 à 40 millions de francs. Sur ce total, il faut compter 3 millions pour une spécialité du pays, la dessicated coconul ou noix desséchée. Ce produit, constitué par l’albumen râpé, concassé et desséché, est de création toute récente. Inconnu presque complètement en France, bien que l’on en vende dans diverses maisons parisiennes, il est très employé dans l’Europe centrale et en Angleterre, où il joue souvent le rôle de beurre dans la pâtisserie, la conliserie et les entremets.
- La banane séchée. — Nous ne connaissons guère en Europe la banane qu’à l’état frais. M. Ammann, ingénieur agronome du Jardin Colonial, signalait dernièrement l’industrie de la banane sèche qui se pratique en grand en Amérique et qui utilise tous les produits inexportables en régimes choisis. Le principe de la fabrication est très simple. Les bananes décortiquées sont enveloppées dans des feuilles de raphia et sont soumises à une forte pression qui les transforme en une sorte de gros saucisson que l’on débite en tranches suivant les besoins. La dessiccation proprement dite se fait soit au soleil, soit au moyen d’évaporateurs à air chaud.
- Traversées de l’Atlantique. — Le steamer à turbines Victorian, qui appartient à la ligne Allan, et qui a déjà fait parler de lui pour son allure, vient de faire une traversée de F Atlantique tout à fait remarquable entre l’Angleterre et le Canada (ce qui est bien différent de la traversée de l’Atlantique telle qu’on la fait ordinairement sur les grands transatlantiques, entre l’Europe et New York). Quittant Moville (Londonderry), le vendredi à 2 heures de l’après-midi, il passait au Cap Race le mardi à 8 heures et demie du soir, puis touchait à Rimouski le lendemain pour laisser les lettres et paquets postaux, et arrivait à Quebec le jeudi matin. C’est donc dire qu’il a mis en tout 4 jours et demi pour la'traversée de l’Atlantique.
- Automobilisme. — Le musée technologique de Vienne, qui a déjà organisé une école pour la formation des contremaîtres électriciens, etc., vient d’ouvrir une école de chauffeurs-mécaniciens pour la conduite des automobiles. On y enseignera des éléments de dynamique et de statique, mais on y insistera sur la construction des moteurs et les principes de l’électricité.
- Le pétrole à la Trinidad. — D’après des renseignements (encore problématiques) qui ont été donnés par M. Cunningham Craig au Royal Colonial Institute de Londres, la Trinidad posséderait un champ pétrolifère d’une étendue d’au moins i25o kilomètres carrés, qui
- n’a jamais été soigneusement prospecté, mais qui serait susceptible de produire commercialement de l’huile sur la plus grande partie de son étendue.
- Grilles mobiles pour arrêter les corps flottants. — Il s’agit d’un dispositif analogue à celui qui a été décrit, et qui se place sur les canaux d’amenée des usines, sur les canaux transportant les eaux d’égouts, etc., pour arrêter les matières en suspension sans que la grille soit obstruée rapidement par un feutrage : cette fois le système est construit par la Maschinen fabrik Buckau de Magdebourg, et il comporte une série de cadres en fer cornières sur lesquels sont vissés des barreaux de grilles; les cadres sont articulés par leurs extrémités sur des chaînes de Galle, qui les entraînent en passant sur deux arbres horizontaux qui font circuler les cadres successifs, un peu à la façon des godets d’une drague.
- Aciers rapides. — On a donné récemment certains chiffres qui parlent éloquemment de la résistance à l’usure des outils en acier à coupe rapide, que l’on sait aujourd’hui fabriquer couramment. Un foret de 25 mm de diamètre, tournant à 275 tours par minute, traverse en 4'2 secondes une plaque d’acier doux de 65 mm de diamètre, et il peut faire, sans réaffutage, 7924 de ces trous, c’est-à-dire traverser à cette allure extra-rapide, dans un métal particulièrement pénible à attaquer, une épaisseur totale de métal atteignant 520 mètres.
- Pour diminuer l’inflammabilité du celluloïd. —
- Cette question a provoqué des études intéressantes dans la publication Zeitschrift fur angewandte Chemie. Pour M. Voigt notamment, ,1e meilleur moyen d’abaisser cette inflammabilité est d’additionner le celluloïd de matières minérales, en particulier d’oxyde de zinc; pour d’autres, le dauger résulte du manque de soins apportés à la fabrication de la nitrocellulose entrant dans la préparation de cette substance.
- Graphite artificiel. — C’est du graphite produit électro-chimiquement aux usines du Niagara. On emploie pour cela un procédé consistant à soumettre un mélange de charbon finement divisé (comme par exemple de l’anthracite) contenant un petit pourcentage de sulfure de fer, à l’action d’une température très élevée durant quelque 24 heures. Ce graphite artificiel est d’une pureté remarquable.
- Flexion des poutres en béton armé. — Le professeur Morsch, de Zurich, a poursuivi deù expériences fort intéressantes à ce sujet. Il a constaté notamment que, à mesure que la charge augmente, l’axe neutre de la poutre se déplace pour se rapprocher de la face supérieure; cet axe est d’autant plus près de la face inférieure que la section métallique est plus grande par rapport à celle du béton. Généralement, les efforts de compression se développant en x'éalité pour les charges admises en pratique sont inférieurs à ceux que donne le calcul. Si longtemps que le béton demeure intact, les efforts de tension réels dans le fer sont également inférieurs à ce qu’indique le calcul, mais ils s’en rapprochent dès que le béton commence de se fissurer.
- Ponts basculants. — Pour compléter ce qui a été dit des ponts basculants, nous signalerons la travée à deux vantaux que l’on établit en ce moment à Washington, sur le Potomac, comme partie intégrante d’un pont dont la longueur totale est de 3oo mètres. Chaque demi-vantail porte sur des tourillons horizontaux et est muni d’une culasse à contrepoids ; le mouvement est donné par un secteur denté. L’ouverture du pont mobile est de 3i,42 m.
- Canaux maritimes. — U est assez curieux, au moment où l’on va se mettre définitivement au creusement du canal de Panama, de donner quelques chiffres sur le développement du trafic sur les divers canaux maritimes existants. En 1895, il ne passait à Suez que 343o navires représentant 8448000 tonneaux; à Corinthe, 25oo navires pour 368ooo tonneaux; à Manchester, 1655 navires jaugeant 770000 tonneaux, et enfin, dans le canal de la Baltique, 4600 bateaux pour 890000 tonneaux. En 1905, les données correspondantes sont 4I][6 navires et i3 i34ooo tonneaux à Suez; 2928 navires et 428000 tonneaux à Corinthe ; 2693 navires et x 800 000 tonneaux à Manchester, et enfin 21 048 navires et 4 784000 tonneaux au canal Empereur-Guillaume (comme on le nomme maintenant).
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- Appareil pour maintenir les fenêtres entrebâillées.
- — Nous disons les fenêtres, parce que c’est surtout pour elles que le besoin s’en fait sentir ; pour les portes c’est assez rare, si l’on en croit surtout le proverbe qui prétend qu’une porte doit être ouverte ou fermée, et qui ne songe pas à s’appliquer aux fenêtres. Aussi bien, avec les habitudes de grand air ou plus simplement d’aération que l’on prend dans une foule de maisons, et qui se recommandent tout particulièrement dans les chambres à coucher, il est important de pouvoir disposer les choses de telle manière que les battants de la fenêtre ne puissent pas tout à coup s’ouvrir largement, pour laisser l’air extérieur et froid (surtout si l’on est en hiver) s’introduire brusquement dans la pièce. Cette même disposition est également intéressante pour les fenêtres qu’on laisse ouvertes en s’absentant, et qui pourraient battre sous l’influence d’un courant d’air, permettre à une averse inopinée de mouiller l’intérieur des pièces. Il est peu pratique d’attacher les battants l’un à l’autre, et du reste cela n’empêcherait pas une ouverture trop grande de se former par rabattement de l’un des vantaux, et ouverture de l’autre en sens inverse.
- C’est pourquoi il nous semble utile de signaler le petit appareil dont nous donnons une double figure, et qui se vend dans la maison Roux, 54, boulevard du Temple. Il comprend, comme on le voit, deux parties : d’abord une tige qui peut osciller autour d’un axe hori-
- Appareil pour maintenir les fenèlres entrebâillées.
- zontal et normal au battant principal de la fenêtre, et se fixant sur ce battant par une plaquette à vis qui se place à cheval sur la tige de la crémone; dans ces conditions, la tige, qui est d’ailleurs nickelée ainsi que tout le reste, et n’offre pas un aspect disgracieux, peut demeurer verticale le long de cette crémone quand elle ne sert pas. Elle porte une série de petites pastilles enfilées sur sa longueur, et ce sont ces pastilles qui forment arrêts successifs pour les différentes positions d’entre-bâillement qu’on veut donner à la fenêtre. Dans ce but, il faut naturellement que la tige oscille autour de son pivot d’extrémité, de façon à venir se mettre horizontale et en travers de la fenêtre. L’une quelconque des pastilles vient alors pénétrer dans la fourche, du moins dans un des évidements de la double fourche qui repose dans une monture vissée à l’autre vantail de la fenêtre; cette fourche peut osciller sur son pivot vertical, et son autre évidement, perpendiculaire au premier, sert à donner passage au corps de la tige. On comprend que, dans ces conditions, et suivant la pastille qu’on engagera dans la fourche, la fenêtre sera maintenue entrebâillée plus ou moins largement.
- Arrêts de porte en caoutchouc. — Tout n’y est pas
- fait de caoutchouc mais seulement la partie qui a pour rôle d’immobiliser le battant dans une position quelconque ; et c’est là précisément qu’est l’idée originale, parce que le contact du tampon en caoutchouc engendre un frot-
- tement parfaitement effectif, immobilisant, on peut dire élastiquement, le bas du battant, et par suite le battant tout entier, tout en ne frottant de manière aucunement nuisible sur le parquet ou le tapis au-dessus duquel se déplace la porte. Ces arrêts de porte (qui s’imposent
- Arrêts de porte eu caoutchouc.
- tout particulièrement pour les portes fermant d’elles-mêmes, pour celles munies d’un ferme-porte automatique, qui deviennent maintenant légion) se font dans deux types différents, qui nous semblent se valoir à peu près; ils sont de fabrication américaine l’un et l’autre, et se vendent 54, boulevard du Temple, dans les magasins Roux.
- L’un, comme on peut le voir, est constitué d’un petit bras qui peut être amené normalement au bas de la porte, s’articulant au bas de cette porte sur une plaque métallique qui s’y visse; il porte à son extrémité une pastille de caoutchouc, qui constitue naturellement l’organe essentiel. Quand on le rabat, il se relève légèrement de façon à ne plus être en contact avec le sol, et par conséquent, pour maintenir la porte ouverte en un point quelconque de son ouverture, on l’amène d’abord en ce point, puis on tire à soi l’arrêt de manière qu’il prenne appui sur le parquet ou le tapis, en immobilisant sur place et instantanément le battant. Ce bras métallique a une quinzaine de centimètre^ de long. L’autre dispositif est vertical, et il se fixe au moyen de 3 vis le long du bord de la porte qu’on en veut doter. La plaque de support comporte une douille métallique, et dans cette douille, de section rectangulaire, glisse une pièce métallique portant à sa partie inférieure le petit tampon de caoutchouc essentiel. Le glissement se fait sous l’action du pied, dont on appuie le bout sur une petite lame de métal que l’on voit déborder par une fenêtre ménagée dans la douille de l’appareil. La longueur de celui-ci n’atteint pas 20 centimètres, et il se pose très facilement, tout comme le premier que nous avons décrit : un simple essai indique tout de suite à quelle hauteur l’on doit le placer.
- Tapis d’acier pliants. — Au moyen de certaines combinaisons ingénieuses, on est parvenu à rendre des lames, des tuyaux métalliques flexibles, pliants peut-on dire, telles les devantures de magasins en tôle d’acier, tels les tuyaux flexibles qui forment gaine protectrice pour les tuyaux ordinaires de caoutchouc ; on fait aussi des tapis métalliques, des tapis gratte-pieds, comme on les nomme, qui présentent suffisamment de flexibilité pour s’adapter à certaines inégalités du sol, et qui sont pour ainsi dire inu- m .
- sables. On vient d’ima- alus aciei ^
- giner maintenant des
- tapis un peu du même genre, mais qui sont tissés en fil d’acier, de telle manière qu’ils présentent une flexibilité suffisante, au moins dans un sens, pour se rouler complètement sur eux-mêmes. Ils affectent
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- SCIENCE APPLIQUEE
- réellement l’apparence d’un rouleau de tapis ordinaire ; et comme ils se font par longueur considérable, aussi bien que dans des dimensions données, ils sont susceptibles de former, pour ainsi dire, une surface inusable dans les passages où une foule est appelée continuellement à circuler ; ce tissu métallique laisse naturellement couler l’eau et la boue que peuvent transporter les pieds, et, avec un tapis de ce genre, on ne se trouve plus exposé à piétiner dans l’eau, comme de coutume là où il se fait une circulation continue de gens venant de l’extérieur et par les temps de pluie. Bien entendu, ils ne se roulent que dans le sens de leur longueur. Le fil d’acier qui les constitue est recuit, très dur et galvanisé. Il est certain que, même dans les locaux industriels où le sol est exposé à continuellement recevoir des projections d’eau, des tapis de ce genre, étendus partout où les ouvx-iers sont exposés à se tenir ou à marcher, les préserve très efficacement de l’humidité et des inconvénients qui en résultent. — Ces tapis sont en vente 54, boulevard du Temple, à la maison Roux, à Paris.
- Divers *^î,§33
- Lampe-allumoir de poche. — Il s’agit d’un appareil allumeur qui fonctionne au moyen de bandes d’amorces et qui allume une petite lampe plate à essence par une simple pression sur un bouton ouvrant la lampe en l’allumant. L’appareil a la dimension d’une jxetite boîte d’allumettes et un fonctionnement instantané, rapide et sûr. Cette nouvelle fMIHIKUB lampe est absolument inexplo-sible, donne une heure et demie d’éclairage environ, et peut se manier d’une seule main. Cette
- ilBIPFHimiJ lampe, dénommée lampe Ful-
- SlilWMW men, rendra des services aux
- ISSwSlIi^'iI' fumeurs, aux cyclistes. — La
- I!________I lampe-allumoir se trouve chez
- M. Kratz-Boussac, 14> rue Mar-Lampe-allunioir de poche. tel, à Paris.
- Maillons de chaîne amovibles. — Ces maillons, dits maillons Iveystone, sont du type renfo.rcé, c’est-à-dire que l’anneau comporte en son milieu un étançon, une traverse, et c’est cette traverse même qui fournit le pivot d’articulation nécessaire pour l’ouverture du maillon. Il existe un certain nombre de ces maillons susceptibles de s’ouvrir, mais généralement pas sous la forme de maillons renforcés ; et pourtant, le fait même qu’ils s’ouvrent les affaiblit notablement : aussi la disposition que nous signalons aujourd’hui doit donner beaucoup plus de sécurité.
- Ainsi qu’on peut le voir dans la figure que nous avons fait dessiner et qui représente le maillon ouvert, il se
- compose de deux parties semblables et symétriques qui pivotent pour s’ouvrir, et pivotent en sens inverse pour se refermer, autour du pivot logé dans leur portion centrale ; les deux extrémités de chaque demi-maillon forment des plans inclinés qui, à la fermeture, viennent reposer sur le plan incliné inverse offert par le bout opposé de l’autre demi-maillon. Mais on remarquera facilement que chacun de ces plans inclinés comporte de plus à sa surface une sorte de moitié d’olive, et, en prolongement, un évidement présentant un creux exactement correspondant à cette moitié d’olive, ou plus exactement à la demi-olive qui se trouve placée à point nommé sur le second plan incliné. Par suite, quand les demi-maillons se rabattent et viennent au contact, chaque demi-olive se loge dans l’évidement, et ce dispositif force les moitiés du maillon à se raccorder complètement, tout en formant une sorte de clavetage. Il est évident que l’idée est originale, et qu’elle pourrait servir dans
- Maillons de chaîne amovibles.
- bien des circonstances analogues pour amener à un contact correct deux surfaces quelconques. En tout cas ces maillons articulés, qui rendent de grands services pour les réparations, les allongements de chaînes, etc., ne peuvent s’ouvrir tant que le maillon travaille, par suite de l’effort qui se transmet partiellement aux olives; ils offrent une très grande solidité, ainsi que nous avons pu nous en rendre compte en les examinant chez M. Roux, 54, boulevard du Temple, où nous les avons trouvés.
- Pose-savon hygiénique. — On a souvent remarqué que les savons de toilette, posés dans les boîtes de savon ordinaires, ne sèchent généralement pas. L’air ne circule pas tout autour et le savon devient bientôt une masse gluante qui présente le grand inconvénient de se dissoudre très rapidement dès qu’elle est au contact de l’eau. Le dispositif que représente notre dessin remédie facilement aux inconvénients dont nous venons de parler.
- Pose-savon hygiénique.
- Il consiste en une plaque de caoutchouc sur laquelle sont fixées des pointes formant support à la partie supérieure et à la partie inférieure. Ce dispositif étant entièrement en caoutchouc peut être facilement taillé à la forme appropriée de la boîte à savon à laquelle on le destine. De la sorte, le savon ne repose plus au fond de la boîte à savon, mais sur une série de petites pointes en caoutchouc laissant entre elles un espace suffisant pour que la circulation de l’air s’établisse sur toutes les faces. Le séchage, dans ces conditions, est rapidement obtenu. Le pose-savon hygiénique se trouve chez M. Mathieu, 29, rue de Valois, à Paris.
- Préservatif contre la nicotine. — On a imaginé divers dispositifs plus ou moins compliqués pour mettre les fumeurs à l’abri des dangers du tabac, non pas en les obligeant à ne pas fumer, seul moyen qui serait radical, mais en recueillant la plus grande partie possible de nicotine en suspension dans la fumée, avant que celle-ci ne soit parvenue aux lèvres. Jusqu’ici ces systèmes, souvent ingénieux, avaient le double inconvénient d’une manipulation et surtout d’un nettoyage ennuyeux et d’un prix relativement élevé. U aiguillette du D* Jean Nicot, comme l’appelle son inventeur, semble résoudre la question de la façon la plus simple et le meilleur marché. Comme le montre la figure ci-contre, c’est tout simplement un petit ruban d’argent flexible et tordu en hélice, susceptible de s’introduire dans toutes les pipes ou porte-cigare ou cigarette. La torsion de la lame fait que celle-ci constitue un véritable filtre pour la fumée, qui dépose sa nicotine sur les portions d’hélice successives. D’ailleurs, sa présence ne s’oppose nullement au culottage, si cher aux fervents du tabac; elle régularise même l’afflux de la fumée, en, ne permettant pas la formation de bouchons accidentels en quelque point du tuyau. De phîs, la fumée se trouve légèrement refroidie par la plus grande durée de son parcours, de sorte qu’une pipe quelconque fait en quelque sorte office de narghilé. Pour nettoyer l’aiguillette, on la sort du tuyau et on l’essuie, ou bien, ce qui est préférable, on la flambe avec une allumette. L’emploi de l’argent évite au fumeur tout goût métallique. En somme, l’aiguillette Jean Nicot, sous son apparence de simplicité enfantine, réalise fort élégamment un problème qui a de tout de temps préoccupé les fumeurs. — On trouve, soit l’aiguillette seule, soit des pipes montées, chez M. Elie Maupral, 5o, rue Fontaine, Paris, IXe.
- Préservatif contre la nicotine
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- Nouveaux anesthésiques. — La médecine possède pour l’anesthésie locale deux agents précieux, la cocaïne et la stovaïne, qui tend à remplacer de plus en plus la première substance en raison de sa toxicité moindre. Avec une solution un peu concentrée, un badigeonnage de quelques minutes amène une insensibilité complète d’une muqueuse et permet de faire une série d’interventions douloureuses, telles que des cautérisations galvaniques, des ablations de petites tumeurs. Avec des solutions faibles, à i pour ioo, mais alors employées en injections sous-cutanées, le chirurgien peut, dans bien des cas, se passer de chloroforme et d’éther et remplacer l’anesthésie générale par une anesthésie locale. Abcès à ouvrir, panaris, petites tumeurs, toutes ces opérations peuvent se faire sans la moindre douleur; le professeur Reclus, qui est un des plus actifs partisans de cette méthode d’anesthésie et qui a fait quelques milliers d’opérations avec la cocaïne, l’emploie même pour des interventions importantes et d’une certaine durée.
- Les deux nouveaux produits introduits dans la thérapeutique ne me semblent pas devoir supplanter la cocaïne et la stovaïne, mais ils pourront parfois être utilement employés et il est bon de les faire connaître. Le premier, l’alypine, qui en chimie porte le nom de chlorhydrate de benzoyltétraméthyldiaminopentanol (pas compliquées du tout les désignations chimiques) l’alypine
- a une action analogue à celle de la cocaïne et de la stovaïne; elle provoque par contact la diminution, puis l’abolition des propriétés vitales, de la sensibilité; à des doses moyennes et avec des solutions étendues, elle amène un abaissement passager de la pression sanguine sans modification du rythme. Cette substance est plus toxique que la stovaïne, surtout en injection intra-veineuse ; c’est en somme un paralysant du système nerveux, mais plus dangereux.
- La novococaïne, trouvée par Einhorn et Uhfelder, est encore un produit analogue. C’est un chlorhydrate acide d’aminobenzoyldiélhylaminoéthanol. C’est un anesthésique local énergique, mais d’une action beaucoup plus fugace que celle de la cocaïne ; pour obtenir des effets à peu près analogues, il faudrait des solutions si fortes que l’on risquerait à chaque fois de véritables empoisonnements. On corrige cette insuffisance d’action en ajoutant une petite dose de solution d’adrénaline au millième. Cinq gouttes ajoutées à ioo grammes d’une solution de novococaïne au millième assurent un pouvoir anesthésique d’une durée prolongée. Au résumé, ces produits nouveaux n’ont pas une supériorité qui doive les faire rechercher de préférence à la stovaïne et à la cocaïne dont tous les médecins ont la pratique et qu’ils sont habitués à manier sans danger.
- Dr A. C.
- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en juillet 1906, par M. Th. Moureaux
- La pression barométrique est très uniforme pendant tout le mois, l’écart entre les extrêmes absolus n’atteignant pas 12 mm. Bien que la température se soit abaissée jusqu’à 6°,5 le ier, la moyenne mensuelle est supérieure à la normale; 10 fois sur 31, la moyenne diurne dépasse 200; la plus élevée, 23°,89, correspond au 18, jour où s’est produit le maximum absolu. Le total de la pluie est faible, malgré deux chutes d’eau importantes : i3mm,3 le 20 en i2h,i, et x6mm,2 en 3h,2 pendant l’orage du 23. L’insolation est grande, et, par suite, la nébulosité faible. Comme en juin, les vents d’entre N. et E. sont encore en proportion nettement dominante, alors qu’en moyenne les vents du S. W. sont plus fréquents. La température de la Marne s’est tenue presque constamment au-dessus de 200 ; elle a même dépassé 24° dans les derniers jours du mois.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 758mm,85 ; minimum absolu, y53mm,o le 26 à 17h35m ; maximum absolu, 764““,3 le 9 à 8h45m; écart extrême, iimm,3.
- Température. — Sous l’abri : moyenne des minima, i2°,67 ; des maxima, 25°,02; du mois, i8°,84; des 24 heures, i8°,69; minimum absolu, 6°,5 le ier; maximum absolu, 33°,2 le 18. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, ii°,o5; des maxima, 48°,4* ! minimum absolu, 4°>o le ier; maximum absolu, 59°,5 le 18. — Dans le sol gazonné, moyenne du mois. Profondeur om,3o : à 9 heures, i8°,7o;à2i heures, 190, i3. Profondeur om,65 :à 9 heures, i7°,7o; à 21 heures, i70,7O. Profondeur 1 mètre : à 9 heures, 160,71 ; à 21 heures, i6°,75. De la Marne : moyenne le matin, 2i°,37; le soir, 22°,29; minimum, i9°,82 le 2 ; maximum, 24°,56 le 3o.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heui'es, nmm,53; minimum, 5mm,8 le 2 à 14 heures; maximum, i8mm,i le 23 à 17 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 73,9; minimum, 26 le 18 à i3’‘5om; maximum, 100 les 12 et i3.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 5,10; moyenne diurne la plus faible, 0,0 le 29; la plus forte, 10,0 le 20.
- Insolation : durée possible, 485 heures; durée effective, 254h,2 en 3o jours; rapport o,52.
- Pluie : Total du mois, 46mm,8 en 24h, 1.
- Nombre de jours : de pluie, 11 ; de pluie inappréciable, 3; de rosée, 22; d’orages, 5, les 4, 5, 11, 23, 3i; de halos, 6; de brume, 7.
- Fréquence des vents : calmes, 24.
- N. . 48 S. E . . . J9 W • • * • 49
- N. N. E. , 77 S. S. E. . 10 W. . N. W. 36
- N. E . . , . 88 S. . . . 3o N. W . . 3o
- E. N. E. • 98 S. s. w.. 37 N. N. W . 42
- E. 65 s. w. . . 36
- E. S. E . • 37 w. s. w. 18
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 2m,4 ; moyenne diurne la plus grande, 4”,4 le 19; la plus faible, om,y le 7; vitesse maximum en i5 minutes, 8ra,3 le 19, de 19 heures à i9hi5“ par vent
- N. N. W.
- Electricité atmosphérique : moyenne des 24 heures (14 jours), 86 volts; moyenne diurne la plus grande, 1x6 volts le 3i; la plus faible, 55 volts le 3o; amplitude diuime, o,38; amplitude nocturne, 0,66.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2m,i2; minimum, im,70 le 15 ; maximum, 2m,49 le 16.
- Comparaisons aux valeurs nonnales : baromètre, -j-omm,85 ; tempéi'atui'e, +o°,47; tension de la vapeur, -j- omm,56; humidité relative, -f *>4; nébulosité, — o,38; pluie, — 5mm,6.
- Taches solaires : on a suivi 22 taches ou groupes de taches en 20 jours ; 2 taches ont été visibles à l’œil nu le 3o et le 3i.
- Pertui’bations magnétiques : une seule, assez forte, le 11-12 ; la déclinaison a varié de 24', et la composante horizontale de o,oo23o.
- Floraisons. — Le 2, gaura ; le 3, spirea fortunei; le 5, chrysanthème d’été ; le 8, passerose; le 10, yucca filamentosa; le 11, corcopsis, mauve d’Alger; le 12, bouillon blanc, fenouil, souci; le 13, verge d’or; le 14, tilleul argenté, hai*palium; le 17, saponaire, tabac commun; le 20, absinthe, leucanthemum lacustre; le 21, mélisse; le 22, phlox vivace; le 24, statice limonium; le 25, échinops ; le 26, bardane ; le 29, althæa ; le 3o, tanaisie ; le 31, sèdum telephium. — Exfoliation des platanes le i5.
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- VARIETES
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- L’appendicite à l’Académie de médecine. — Une
- communication du professeur Dieulafoy faite à l’Académie de médecine, dans sa séance du 29 mai 1906, et relative à l’appendicite, a fait naître une grande discussion entre les divers membres de cette Compagnie, discussion qui s’est étendue à travers des séances successives, qui n’a pris fin que le 3 juillet et qui a éveillé un écho profond dans l’émotion du public. Nous allons essayer d’en résumer ici les diverses phases, d’après les comptes rendus officiels.
- Séance du 29 mai. — M. Dieulafoy, frappé de la la quantité de gens qui, simplement atteints de typhlo-colite muco-membraneuse ou sableuse, sont indûment opérés pour une appendicite qu’ils n’ont pas, et dont le nombre va toujours grandissant, déclare penser que de pareilles erreurs seraient évitées si l’on avait soin de ne poser le diagnostic d’appendicite qu’en présence de l’ensemble symptomatique propre à cette affection. Ainsi, la prédominance des douleurs à la fosse iliaque droite, sur laquelle on base souvent uniquement le diagnostic, est très souvent imputable à la typhlite et non pas à l’appendicite. Cette dernière maladie se présente avec un tableau clinique bien spécial : le malade est presque toujours frappé à l’improviste au cours d’une excellente santé; les prodromes sont rares; au contraire, le malade atteint d’entérocolite a toujours un passé intestinal. Enfin, s’il est vrai que dans la typhlocolite la fosse iliaque droite est douloureuse, cette douleur est très différente de celle de l’appendicite. On ne la trouve pas aussi nettement localisée; en même temps, la défense musculaire et l’hyperesthésie cutanée, accompagnées de nausées, de vomissements et de fièvre, présentent aussi moins de netteté que dans l’appendicite. Ainsi il est possible de distinguer chacune de ces deux affections et, dans la très grande majorité des cas, d’arriver à un diagnostic précis. M. Dieulafoy reste partisan absolu de l’intervention chirurgicale immédiate dans le traitement de l’appendicite, mais il croit qu’on ne saurait trop insister sur le danger d’opérations inutiles, faites à la suite d’ün diagnostic insuffisant.
- Séances du 5 juin et du 12 juin. — Réponses et objections faites à M. Dieulafoy : La plupart des orateurs qui prennent la parole, tout en se déclarant d’accord sur la nécessité de réduire le nombre des opérations, pensent que M. Dieulafoy a exagéré en cherchant à établir un antagonisme entre l’appendicite et la colite muco-membraneuse. Sans doute ces deux maladies sont dans bien des cas indépendantes, mais il est faux que la dernière existant, on n’ait rien à redouter de l’appendicite.
- M. Riciielot cite à ce propos l’auto-observation d’un médecin qui, présentant seulement des symptômes d’entérocolite muco-membraneuse avec une seule crise fébrile de deux jours, se fit néanmoins enlever l’appendice ; celui-ci était parsemé de taches très caractéristiques indiquant la présence d’une appendicite qui menaçait son existence à chaque instant, et ce en dépit de la bénignité apparente de son allure clinique.
- M. Le Dentu déclare, lui aussi, que la coexistence dé l’appendicite et de la typhlpcplite, loin d’être rarissime, est très réelle : il l’a observée plusieurs fois. Sans doute il est très difficile dœtablir qui a commencé, de l’appendicite ou de la typhlocolite ; mais, ce qui est certain, c’est que chez plusieurs malades l’ablation de l’appendice a été suivie par la guérison de l’entérocolite.
- D’autre part, MM. Richelot, Reclus, Cornil insistent sur les rapports de l’appendicite avec les affections intestinales, et concluent également à la possibilité de superposition d’une appendicite et d’une entérocolite. D’autre part, M. Cornil pense que l’on doit attacher beaucoup d’importance aux lésions histologiques dans l’appendicite et notamment à l’accumulv.tion de leucocytes dans la cavité de l’appendice, les glandes, etc.
- Séance du 19 juin. — M. Dieulafoy, répliquant à son tour à ses contradicteurs, affirme que personne plus que lui n’a réclamé l’intervention chirurgicale dans l’appendicite vraie ; il a seulement voulu s’élever contre les
- erreurs de diagnostic, trop fréquentes. Selon lui, et quoi qu’on ait dit, l’appendicite microscopique est une fausse appendicite, cliniquement inexistante. Il admet parfaitement la coexistence de l’appendicite et de la typhlocolite, et il en cite lui-même deux nouveaux cas qu’il a pu constater; mais l’on pourrait citer, d’autre part, des centaines de malades atteints de typhlocolite muco-membraneuse ou sableuse et qui n’ont jamais été atteints d’appendicite. Potain a publié autrefois une statistique, très démonstrative à cet égard, portant sur io3 malades atteints de typhlocolite et n’ayant jamais présenté d’appendicite. Enfin, d’après une statistique personnelle, M. Dieulafoy signale 200 cas de typhlocolite, parmi lesquels il n’a pas trouvé une seule fois l’appendicite.
- Séance du 26 juin. — M. Reclus reprend et discute la statistique de Potain. Il montre qu’on ne saurait pas tabler sur elle pour juger des rapports de l’entérocolile et de l’appendicite. En France et à l’étranger, médecins et chirurgiens sont unanimes à proclamer les rapports qui unissent étroitement entérocolite et appendicite. Le Dr Félix Bernard, de Plombières, estime que sur 1100 cas d’entérocolite, il a rencontré 76 cas d’appendicite démQntrée, soit une proportion de 7 pour 100 environ. Cette proportion est peut-être même trop faible, et, de l’examen de plusieurs statistiques, M. Reclus conclut que sur 5 ou 6 malades il y en a toujours au moins un atteint à la fois d’appendicite et d’entérocolite. M. Reclus s’occupe ensuite de l’appendicite chronique et de l’examen histologique de l’appendice; selon lui, cet examen a une grande importance, puisque bien souvent l’appendicite chronique n’est constituée que par des lésions microscopiques. Enfin, il tient à dire qu’en ce qui concerne le grand nombre des opérations et leur manque fréquent d’à-propos, il est d’accord avec M. Dieulafoy.
- En réponse à nouveau, M. Dieulafoy constate que s’il y a entre lui et ses collègues désaccord sur des points de détail ou sur des questions d’interprétation, sur le point essentiel du débat ils sont au contraire d’accord : ce qu’il a surtout voulu faire et ce qui lui a valu l’approbation de toute l’Académie, c’est demander, au nom de la clinique, qu’on apporte plus d’attention aux diagnostics, afin d’éviter les erreurs opératoires.
- Sur ces sages paroles, la discussion un peu confuse aurait pu être considérée comme close, si, à la séance du 3 juillet, M. Blanchard n’était venu apporter de nouvelles raisons de restreindre le nombre des* opérations aux cas indiscutables. Selon lui, un nombre considérable de cas d’appendicite ont pour cause l’action de vers intestinaux : ascaride, oxyure, tricocéphale ; l’ascaride, généralement hôte de l’intestin grêle, mais très erratique, est, en dépit de l’opinion contraire qui a généralement cours, un parasite très dangereux, susceptible d’attaquer la muqueuse intestinale. L’oxyure agit de même; enfin le tricocéphale, par sa nature même d’animal hématophage, est l’origine constante de plaies de la muqueuse. Toutes ces érosions sont le point de départ de l’infection et la cause immédiate des douleurs à début absolument brusque. M. Metchnikoff a pu, chez plusieurs malades atteints d’appendicite, mettre en évidence, par l’examen de matières fécales, la présence d’œufs de vers intestinaux et guérir les patients par un traitement approprie. M. Guimard a fait aussi dès observations de même ordre. Aussi, selon M. Blanchard, l’examen atlentif.et minutieux des matières fécales est-il indispensable en présence d’un cas d’appendicite et l’emploi d’un vermifuge à instituer tout d’abord.
- A la suite de cette séance, la discussion a été déclarée close. Sauf l’indication d’ordre pratique sur le danger des diagnostics hasardés pouvant entraîner une opération inutile, et sauf aussi les indications de M. Blanchard, attribuant à l’appendicite une origine parasitaire, il faut bien constater qu’il n’a pas été apporté de solution définitive à cette grave question, qui reste ainsi toujours pendante.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui coucerue l’assaut au pistolet (balle Devillers) décrit dans notre n° 1731, du 28 juillet, s’adresser à la Manufacture française d’armes et de cycles de Saint-Étienne, qui se charge de fournir tous accessoires pour ce genre de tir.
- Communications. — M. II. /., à Saint-Dié nous écrit: « La Nature ayant récemment publié divers articles et correspondances relatifs à la Baguette divinatoire, il ne sera sans doute pas sans intérêt pour vos abonnés de trouver dans la collection de La Nature une des plus anciennes figurations de l’emploi de cette baguette. Le n° 845, du 10 août 1889, donne en elï'et à propos de l'invention des tramways et de la brouette, la reproduction de deux gravures de la Cosmographie universelle de Sébastien Muuster, ouvrage édité à Bâle en 1555. Sur l’une de ces gravures on distingue fort bien un rabdo-mancien recherchant, avec sa baguette, les gîtes métalliques de la Vallée de Sainte-Marie-aux-Mines. »
- Un abonné de Boulogne-sur-Mer nous écrit à propos de notre récent article sur le Serpent de mer (n° 1782, du 4 août) : « A ce propos, je vous signalerai un cadre chinois en bois sculpté qui se trouve dans le vestibule du Musée de la marine au Louvre, et qui m’a paru donner une interprétation du fabuleux reptile signalé dans la baie d’Along, de nature au moins documentaire pour le Sujet que vous avez traité. » Nous connaissons en effet le panneau dont parle notre correspondant. La céramique, la sculpture et l’iconographie orientales renferment de même de très nombreuses images du dragon. Nous profiterons de la réflexion de notre abonné pour signaler que, dans les études que la Revue des Idées a consacrées au serpent de mer et que notre collaborateur a signalées, on a émis au sujet du dragon et du serpent de mer quelques intéressantes hypothèses : d’une part, l’origine de la légende européenne du serpent de mer serait orientale, ayant pour principe la description faite par les voyageurs du dragon annamite; d’autre part, ce dragon lui-même ne serait peut-être que la représentation bizarre de l’animal de la baie d’Along. Ce sont là des vues ingénieuses/quoique certainement très aventurées.
- M. J. Lagarrigue, à Sorèze, nous écrit que, le 6 août à 8h, i5 du soir, il a vu passer un bolide de grosse taille, se dirigeant du nord-nord-ouest au sud-sud-est. — M. Huet, à Saint-Maurice, a vu, le même*jour, à la même heure, un météore traverser l’espace au-dessus de la Marne et du plateau de Gravelle en se dirigeant du sud au nord.
- Renseignements. — M. G. Tuffière, à Palissy. — Les adresses que vous demandez ont été indiquées en tête de la boîte aux lettres du n° 1724, du 9 juin 1906. Nous vous prions de vous y reporter.
- ,M. Ch. Guilloud, à Paris. — Destruction des mauvaises herbes dans les allées : arroser avec le mélange suivant, doublé d’eau : eau, 120 litres.; chaux, 12 kg; soufre en poudre 2 kg ; on fait bouillir le tout en agitant, puis on laisse reposer.
- M. G. Richard, à Paris. — Pour les appareils décrits dans l’article sur l’élevage des abeilles (n° 1780) veuillez vous adresser à M. Bondonneau, 142, faubourg Saint-Denis, à Paris.
- M. IL. /., à Saint-Dié. —i° Remerciements pour votre communication et félicitations pour votre excellente mémoire. — 20 Nous ne voyons pas exactement de quelle sorte de gravure vous voulez parler. Pourriez-vous nous citer un exemple connu ?
- Abonné 4I-7I3g, à Paris. — Pour réargenter les parties désargentées des couverts, timbales, etc., en
- ruolz ou en autre métal argenté, vous pouvez employer le procédé d’argenture dit au pouce, au bouchon ou à la pâte. Broyer très finement un mélange légèrement humecté de : chlorure d’argent, 10 gr. ; bitartrate de potasse, 20 gr. ; sel marin, 3o gr. (conserver dans ui^ pot opaque et bien bouché pour éviter l’action de la lumière). Pour l’emploi, délayer une petite quantité de cette pâte dans l’eau, de façon à former uue bouillie que l’on applique au pinceau sur l’objet bien décapé; laisser sécher, rincer à.l’eau fraîche, et frotter au chiffon.
- M. Rocket, à Burgos. — 11 nous est impossible, à notre vif regret, de vous renseigner. Veuillez voir un architecte compétent.
- M. Valadier, à Colombes. — Le seul remède contre les taches qui couvrent les feuilles de vos fusains est de supprimer les feuilles atteintes, de ramasser celles qui tombent et de les brûler toutes avec soin, de façon à arrêter la propagation de la moisissure.
- M. Fr. Massillon, à Mexico. — Nous ne possédons pas l’adresse de M. Hatmaker, inventeur de l’appareil à transformer le lait en poudre. Cet appareil, qui a été exposé pour la première fois à Paris au concours général agricole de 1904, est construit par MM. Escher, Wyss und Cie, à Ravensburg (Allemagne). Cette maison pourrait vous donner l’adresse demandée.
- M. K. V. Z., à Commentry. — i° Manchons à incandescence Ilella : nous ne connaissons pas le fabricant, mais vous pourriez les obtenir aisément par l'intermédiaire de l’usine à gaz de Commentry. — 20 Panier à salade rotatif, chez MM. Allez frères, 1, rue Saint-Martin, à Paris.
- M. Le Bouteiller, àÉvreux. — 1" Les deux systèmes dont vous parlez ont des avantages et l’un doit être préféré à l’autre suivant le cas. Il faudrait pour trancher la question consulter un ingénieur conseil. — 20 Ouvrages sur les turbines, chez Béranger, éditeur, i5, rue des Saints-Pères, Paris, et chez H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, Paris. — 3° Les meules sont fabriquées avec des grès naturels; à moins d’en faire une industrie, il n’y aurait pas économie à les fabriquer soi-même plutôt que de les acheter toutes faites,
- M. X., à Chaux-des-Prés. — Les phénomènes que vous nous signalez sont bien connus des météorologistes et sont consignés dans les divers traités de Météorologie. Tous nos remerciements.
- M. F. Andrieu, à Zurich. — i° Installations pour la fabrication du carbure de calcium : Compagnie des procédés Gin et Leleux, 3, rue Vignon, à Paris.— 20 Fabrication des capsules « Sparklet » : veuillez vous adresser à la Société de l’acide carbonique, à Joinville-le-Pont (Seine).
- M. Dubuisson, au Havre. — Pour le Rôle des forêts au point de vue physique, etc., par P. Buffault, veuillez vous adresser à l’auteur, sous-inspecteur des forêts, à Rodez. Pour l’ouvrage de M. Duffart, à cet auteur, 19, rue Lebon, à Paris. Pour la note de M. Franc sur les Pahouins, à l’Association des étudiants de l’Université de Paris, rue des Écoles, Paris. Nous ignorons le prix de ces travaux, qui sont des tirages à part, sans doute très peu coûteux.
- M. II. Taillefer, à Châteauneuf. — Pour la destruction des blattes ou cancrelats, veuillez vous reporter au recueil de Recettes et procédés utiles, ir* série, à la librairie Masson et Cie, iao, boulevard Saint-Germain, où vous trouverez l’indication de plusieurs procédés.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Ch.
- Laurent, à Meudon. — Veuillez vous adresser à une agence de brevets. —M. L. Vautier, à Paris. Ces objets sont exposés au Musée Guimet où vous pourrez les voir. — Mma S. Gérard, à Vanvès. Veuillez consulter un expert en marchandises. — M. Ch. Desbois, à Brest. Voyez à ce sujet le recueil de Recettes et procédés utiles, ire série, à la librairie Masson et Gie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. — MM. H. I., à Saint-Dié; Un abonné, à Boulogne-sur-Mer; P. Huet, à Saint-Maurice; Laguar-rigue, à Sorèze. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om, 3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS ‘ 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSEltVALIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 août .... ltT ,4 Calme. Couvert. » Rosée , nuageux.
- Mardi 7. . . 17°,5 E. N. E. 1. Beau. » Rosée ; peu nuageux ; brumeux.
- Mercredi 8 18°,8 E. N. E. 0. Beau. 0,4 Rosée; beau; éclairs à TW. dans la soirée; petite averse à 23 li.
- Jeudi 9 17°,2 N. W. 3. l'eu nuageux. 2,8 Pluie de 2 b. 50 à 5 b. avec un coup de tonnerre; pluie de 17 b. 40 à 18 b. 15, très nuageux.
- Vendredi 10 17°,5 S. W. 3. Éclaircies. 1,6 Presque couvert ; pluie de 21 b. à 22 h.
- Samedi 11 16°, 1 S. W. 2. Couvert. 0,1 Nuageux ; pluie fine de 8 b. à 9 b.
- Dimanche 1 2 17°,5 Calme. Éclaircies. » Couvert le malin ; très nuageux le soir.
- AOUT 1906. — SEMAINE DU LUNDI 6 AU DIMANCHE 12 AOUT 1906.
- I La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent :
- courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre 7'amené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à bov’ç sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du 6 au 11 août, le temps a été encore beau et chaud. Le 6 août, la pression atmosphérique était élevée sur l’Ouest de l’Europe; au Havre, on observait 770 mm. Le vent était faible; il a tourné au Nord-Est sur l’Océan. La sécheresse a été générale en France. La température a été le matin 160 à Paris, 180 à Nantes, 24° à Toulouse, 24° à Nice, i4° au Puy de Dôme, 120 au mont Mounier, 120 au Pic du Midi. A Paris, la température moyenne a été i9°,3, supérieure de i°,2 à la normale; le maximum 26°,7 a été observé le 6 août à 2 heures du soir. Dans la région parisienne, le ciel a été nuageux, et une faible averse est tombée sur Villepreux. Le 7 août, la pression est restée supérieure à 765 mm sur le Nord de la France et les Iles-Britanniques. Sur toutes nos côtes, les vents ont été faibles, de l’Est sur l’Océan, du Nord-Ouest en Provence. La température est en hausse, surtout dans le Midi; elle est le matin 170 à Paris, 200 à Brest, 24° à Toulouse, 26° à Perpignan, 270 à Toulon, 170 au mont Aigoual, i4° au Puy de Dôme* i3° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris 20°,2 a été supérieure de 2°,i à la normale. Le 8 août, la pression barométrique varie entre 760 mm à Lorient et 760 mm à Nice. Un vent modéré a soufflé du Nord-Ouest sur les côtes de l’Océan où la mer a été agitée. La température moyenne 220,4 a été supérieure à la normale de 4°.3; la température maxima observée à la Tour Eiffel a été 27°,i le 8 août à 2 heures du soir. Le 9 août, la pression est restée sensiblement voisine de 765 mm dans l’Ouest de la France. Le vent a été modéré des régions Ouest sur les côtes de la Manche et de l’Océan, et dans le golfe du
- Lion. Plusieurs orages ont éclaté en France; on a recueilli 8 mm d’eau à Charleville, 5 mm à Dunkerque, 2 mm à Paris, 1 mm à Nantes. Le thermomètre marquait le matin i5° à Nantes, 17e1 à Paris, 190 à Toulouse, 220 à Marséille, io° au Puy de Dôme, io° au Pic du Midi. Le 10 août, la pression atmosphérique a baissé sur le Nord-Ouest d’Europe ; elle était de 765 mm en Gascogne. Le vent a soufflé des régions Ouest sur toutes nos côtes ; la mer a été houleuse à Marseille, belle sur les côtes de l’Océan, agitée dans la Manche. Il est tombé 3 mm d’eau à Lorient, 2 mm à Brest et à Paris, 1 mm au Havre et 1 mm à l’ile d’Aix. La température était le matin i3° à Belfort, 170 à Paris, 180 à Biarritz, 26° à Alger, 8° au Puy de Dôme. Le 11 août, des centres cycloniques passent sur la mer du Nord et la mer Baltique. Un vent fort a soufflé de l’Ouest sur nos côtes de la Manche. Des pluies sont tombées à Nancy (4 mm), à Cherbourg (3 mm), à Limoges (2 mm), à Paris (2 111m). La. température était ce matin i5° à Brest, 160 à Paris, 180 à Lyon, 22° à Perpignan, 70 au mont Aigoual, io° au Pic du Midi. Le 12 août, on a recueilli 3 mm d’eau à Limoges et à Belfort, 2 à Brest et au Havre, 1 au Mans, 0,1 à Paris. La température a monté légèrement sur nos régions, elle était de t2° à Stornoway, 140 à Belfort, 15° à Dunkerque, 170 à Paris, 200 à Biarritz, 26° à Malte. On notait io° au Puy de Dôme, 90 au Pic du Midi, 6° au Yen-toux. Un régime de vent d’ouest avec temps pluvieux et température normale reste probable. La température moyenne à Paris a été inférieure de o°,2 à la normale ( 170,9). A la Tour Eiffel, maximum i9°,5, le 11 août à 4 heures du soir; minimum i4°)8, le 12 à 6 heures du malin.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 12 à 2 h. Û7 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL — J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « L,a Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
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- SUPPLÉMENT AU N° 1735 (25 AOUT 1906) DU JOURNAL .« LA NATURE »
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- CS*
- Conservatoire national des arts et métiers. —
- M. Carlo Bourlet, agrégé et docteur ès sciences, professeur de mathématiques spéciales au lycée Saint-Louis, professeur* de mathématiques et de statique graphique à l’Ecole des beaux-arts, est nommé professeur de géométrie descriptive au Conservatoire national des arts et métiers.
- Monument à la mémoire de F. Berthoud. — Notre confrère VHorloger a pris l’initiative d’ouvrir une souscription publique pour l’érection d’un monument à la mémoire de Ferdinand Berthoud, qui fut, comme on sait, le premier et le plus illustré des chronométriers français (1727-1807). C’est à Groslay (Seine-et-Oise), lieu où Berthoud est mort et a été enterré auprès des siens, que le monument sera inauguré le 23 juin 1907. Pour les renseignements et souscriptions, s’adresser à Y Horloger, 131, boulevard de Sébastopol, à Paris.
- Concours de l’Association des industriels de
- France. — L’Association des industriels de France ouvre un concours international ayant pour but la création d’une pile primaire et d’un accumulateur, satisfaisant aux conditions exposées ci-après. Tous les types de piles et d’accumulateurs sont admis au concours ; mais les inventenrs devront spécifier l’usage spécial auquel ils les destinent. Cette pile ou cet accumulateur devra être susceptible de développer une puissance aussi grande que possible ou contenir une énergie également aussi grande que possible, sous le minimum de poids ou d’encombrement. La pile ne devra présenter aucun danger pour les ouvriers chargés de son montage ou de son entretien; elle devra être facile à transporter, à installer et à visiter. Dans l’emploi de l’accumulateur, les ouvriers devront être à l’abri de tous accidents, tels que brûlures, respiration de vapeurs et de gaz dangereux, même à la suite dé rupture du récipient contenant l’accumulateur; le récipient doit être robuste et en matières ininflammables. Il sera ténu compte, dans l’examen des types présentés, de la fréquence dans le changement des plaques où de l’électrolyte. Les concurrents devront indiquer spécialement les précautions à prendre pour rendre l’accumulateur inoffensif, même dans les mains d’ouvriers peu expérimentés. Les concurrents devront faire parvenir, avant le 3i décembre 1906, au président de l’Association, 3, rue de Lutèce, à Paris, une notice très complète de la disposition qu’ils présentent au concours, avec dessins à l’appui.
- Tremblement de terre. — Une violente secousse de tremblement de terre a eu lieu le 11 août à ix heures à San Remo ; elle a duré deux secondes.
- Lancers internationaux de ballons sondes. — Le
- lancer de ballons sondes, elïectué le 7 juin 1906 par le service météorologique de Belgique, a donné lieu à quelques intéressantes observations. La hauteur maxima a été de i5 6go m. La température, qui était au lieu de départ de i3°7 (100 m. d’altitude), est allée progressivement en s’abaissant jusqu’à la hauteur de 11 460 m. où elle était de —65°2; puis, de cette hauteur jusqu’à i3 38o m., elle est remontée peu à peu à —57°8. Elle est restée alors stationnaire entre i3 38o m. et 14710 et a continué ensuite à s’élever jusqu’à 10690 où elle était de — 54°6. De même à la descente, avec quelques épisodes d’isothermie, la température est allée en s’abaissant de —54°6 à —62°5 entre i5 690 m. et 11 000, puis en remontant ensuite jusqu’à terre. Ainsi, c’est à une hauteur d’environ 11000 m. que le froid maximum a été atteint.
- Démolition de l’église de Suresnes. — Des raisons très sérieuses nécessitent la démolition prochaine de l’église de Suresnes. L’architecte expert, désigné pour constater officiellement l’état dans lequel se trouvait cette église, a observé que le mur de la nef, côté sud, menaçait de s’écrouler, entre les fermes 2 et 3, que le mur extérieur de la chapelle latérale correspondant à ces fermes présentait un renflement très prononcé, qu’il y avait de nombreuses fissures, crevasses, que la charpente était dans un très mauvais état. L’architecte expert à conclu à la démolition immédiate de l’église.
- Un orage à Milan. — Un violent orage à eu lieu le 10 août à Milan; les dégâts à l’Exposition ont été nombreux. Plusieurs galeries ont été inondées ; les toits des pavillons n’avaient pas été construits solidement. A l’entrée du pavillon de l’art décoratif français, à la place d’Armes, les vitraux ont été jetés à terre, mais n’ont pas été brisés. Divers meubles modernes, des robes, des dentelles, des tapisseries, des broderies de différents exposants ont été mouillés. Dans la galerie du travail, plusieurs machines ont été détériorées ; dans une galerie l’eau a atteint 20 cm de hauteur. Le toit de la section aéronautique s’est effondré.
- La ménagerie du Jardin des Plantes en 1906. —
- Le dernier Bulletin du Muséum d'histoire naturelle donne l’inventaire des animaux qui se trouvaient au 22 mai 1906 dans les ménageries de cet établissement. Voici les principaux chiffres : mammifères, 425 indi-vidùs ; oiseaux, 755 ; poissons, i3g; reptiles, 155. Sur ces animaux 84 oiseaux et mammifères sont entrés à la ménagerie par suite de dons et d’acquisitions.
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- INFORMATIONS
- L’administration de New-York. — Il ressort des derniers rapports officiels que New-York emploie, pour les besoins de ses divers services municipaux, exactement 5i 146 fonctionnaires de toutes catégories, inscrits sur les feuilles d’émargement officielles. En 1905, cette ville a payé 20 millions de francs d’appointements de plus qu’en" 1904 et 40 millions de plus qu’en igo3.
- Le Coran et le phonographe. — L’Université maho-rnétane Al-Azhar, du Caire, vient d’émettre un vœu en f aveur de l’emploi du phonographe pour la récitation de certains passages du Coran. L’invention moderne a été déclarée 11’ètre point faite pour amoindrir la valeur ni le caractère sacré des jiaroles du Prophète. Dans la même séance, cette Université s’est, par contre, élevée contre le principe des assurances contre le feu, les accidents et les risques divers, attendu que ces institutions sont contraires au fatalisme que prêche le Coran.
- Le Kansas manque de bras. —Aune certaine époque, on faisait circuler en France une phrase devenue célèbre : l’agriculture manque de bras ! Les humoristes s’en emparèrent ; le mot circula, dans les revues comiques et dans les journaux amusants, au milieu de l’hilarité générale. Aujourd’hui, le Kansas fait un appel semblable ; mais personne ne rit, et de toutes parts on émigre vers ses champs de blés et ses prairies très vastes. Malgré le nombre considérable de personnes venues de tous les points du globe, cette grande et fertile contrée américaine déclare encore qu’il lui faut actuellement, pour suffire à ses besoins, plus de 25 000 paires de bras.
- Le chien en Allemagne. — Il paraît qu’en Allemagne la consommation de la viande de chien est très répandue. Dans le dernier trimestre de igo5, on a abattu en Allemagne 24o5 chiens. En Bavière, dans le premier trimestre de 1906, on a tué près de 2000 chiens.
- Le métropolitain de Paris. — Conformément à une récente délibération du Conseil municipal, un concours est ouvert par la Préfecture de la Seine pour l’étude des dispositions et l’exécution des travaux de la ligne métropolitaine n° 8 (Auteuil-Opéra) à la traversée de la Seine : i° en aval du pont Mirabeau ; 20 entre les ponts des Invalides et de la Concorde. Un délai de trois mois est accordé aux concurrents pour présenter leurs projets. Ceux-ci seront alors reçus en séance publique, puis examinés par une commission administrative qui se réunira le 9 novembre à l’Hôtel de Ville.
- Explosions de tubes. — Dans ces derniers temps, on a eu à constater à Paris et à Rouen des explosions de tubes d’acide carbonique comprimé, qui n’ont heureusement causé que des accidents matériels. Cette explosion ne se produit que pour de grandes élévations de température. M. H. Royer, ingénieur de la marine, a fait une étude de ces réservoirs à haute pression. On sait que ces réservoirs sont utilisés pour le transport de l’air comprimé, de l’oxygène, de l’hydrogène, de l’acétylène. Le minimum d’épaisseur de ces bouteilles doit être 3 mm. Il serait, de plus, nécessaii’e de fretter ces bouteilles; les déformations permanentes qui commencent vers 35o kg par centimètre carré pour des récipients ordinaires ne commencent que vers 45o kg par centimètre carré pour des récipients frettés.
- Terminologie aéronautique. — A propos de récentes expériences d’appareils plus lourds que l’air et qui sont appelées à se multiplier, certains mots techniques ont été fort mal appliqués ; leur terminologie a cependant été définie dès 1900 par la Commission permanente d’aéronautique et que nous reproduisons d’après VAéro-phile. On désigne par aéronef, ou appareil d’aviation, un appareil plus lourd que l’air, c’est-à-dire sans gaz. Il y a plusieurs genres d’aéronefs : i° l'hélicoptère, ou aéronef constituée essentiellement d’une ou plusieurs hélices assurant la sustentation et la progression; 2° Vaéroplane ou aéronef, dans laquelle la sustentation est assurée plus spécialement par un ou plusieurs plans ; 3° Vorthoptère, ou oiseau mécanique, aéronef soutenue et propulsée par des ailes battantes. Le mot aviateur, employé souvent improprement, désigne une personne montant un appareil d’aviation, comme un aéronaute désigne la personne qui monte un aérostat.
- Kiosques téléphoniques automatiques en Allemagne. — Le service postal de l’Empire germanique travaille très activement au développement des installations téléphoniques dans les grandes villes allemandes. I
- Hambourg a donné un exemple qui ne tardei'a pas à être imité par beaucoup d’autres cités. On y a installé des kiosques téléphoniques automatiques, qui permettent aux habitants de demander une communication à toute heure du jour ou de la nuit; ces kiosques, en très grand nombre, sont disséminés sur tous les points de la ville.
- Le monument de l’aéronaute Andrée. — La Société suédoise de géographie va ériger un monument, sur une des places de Stockholm, en l'honneur de l’aéronaute Andrée. C’est le sculpteur Eric Lindberg qui est chargé de cette œuvre. L’hommage rendu à la mémoire de l’infortuné explorateur des régions polaires semble un peu tardif, si l’on considère qu'il y a neuf années que le hardi voyageur partit pour son expédition. Le monument représente le ballon d’Andrée s’élevant au-dessus des glaces ; la Suède regarde anxieuse l’aérostat qui s’élève, et des adolescents acclament les explorateurs tandis qu’un vieillard explore l’horizon du regard. Le nom d’Andrée, ainsi que ceux de Strindberg et de Fraenkel, ses infortunés compagnons, seront gravés sur le socle, avec la date du 11 juillet 1897.
- Essais d’un nouveau cuirassé. — Le nouveau cuirassé République a effectué le 10 août, à Douarnenez, ses essais à toute puissance. A 120 tours par minute, il a donné une puissance de 17900 chevaux. La combustion a été de 123 kg par mètre carré de grille-heure ; les machines et chaudières ont très bien fonctionné.
- Accidents au « Jules Ferry ».— A la suite de divers accidents de chaudières, le Jules Ferry devra subir des travaux de visite et de réfection. Un second rapport parvenu à la préfecture maritime indique que le second accident survenu à une des chaudière est dû à un manque d’alimentation et non à une imperfection.
- Expériences aérostatiques. — En ce moment, on n’entend parler de tous côtés que d’expériences aérostatiques, et on ne voit rien surgir. M. Santos-Dumont doit procéder incessamment aux essais de son aéroplane. Il vient défaire installer à Neuilly un fil d'acier aérodrome, le long duquel l’appareil pourra évoluer. Ce 111 sera tendu entre deux pylônes élevés au-dessus du sol (l’un de i5,5o m., l’autre de 6,5o m.) et fournira un parcours de 60 m. à l’aéroplane. M. Eiffel avait déjà proposé d’établir un fil aérodrome entre la première plate-forme de la tour de 3oo m., à 58 m. de hauteur, et un pylône de 20 m. placé à 5oo m. de distance aux environs de la tour; on a parlé aussi d’installations analogues dans la galerie des machines, mais ces projets n’ont pas eu lieu.
- Le centenaire de l’Arc de Triomphe. — Le i5 août dernier, il y a eu 100 ans que fut posée la première pierre de l’Arc de Triomphe de l’Etoile, élevé par Napoléon à la gloire de la Grande Armée. En i8o5, l’Empereur avait déjà fait commencer l’Arc de Triomphe du Carrousel, en souvenir de la campagne d’Allemagne. Après la victoire d’Austerlitz, il voulut un monument plus majestueux, et il désigna comme emplacement un carrefour dominant Paris, et nommé place de l’Etoile, parce que douze grandes allées y prenaient naissance pour se diriger les unes vers lç bois de Boulogne et les autres vers les Champs-Elysées. Le décret de Napoléon Ior ordonnant cette construction a pour date 18 février 1806. Les architectes Chalgrin et Raymond s’occupèrent d’abord des travaux; Chalgrin continua seul, puis il mourut en 1811 et Goust lui succéda. Les travaux furent ensuite interrompus en 1814, 1823, 1829, i83o. L’arc eut à souffrir du siège de 1870; il fut restauré par Normand. De nombreux statuaires furent, à divers époques, chargés des groupes et des bas-reliefs qui décorent l’Arc de Triomphe.
- Léon Vidal. — Nous apprenons avec regret la mort de M. Léon Vidal, secrétaire général de la Société de photographie. Parmi les signalés services qu’il a rendus à la science pratique de la photographie nous devons signaler àu moins la création du Musée de photographies documentaires.
- Le record de la dactylographie. — Une jeune fille, M”116 Weiss, a tout dernièrement battu tous les records dactylographiques. En une minute, elle a fait fonctionner 755 touches, et en trois minutes elle a écrit 3oo mots. Dans l’épreuve de transcription, cette jeune personnè a écrit i3o mots avec seulement 6 fautes ; sous la dictée, en cinq minutes, elle a écrit 272 mots avec 3g fautes.
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- Jlppareils divers
- Petit cric puissant. — llya un peu antinomie en principe dans ces deux termes, mais les chiffres que nous donnerons les justifieront pourtant; du reste le résultat, pour paradoxal qu’il est, n’en est pas moins obtenu très simplement, grâce au double effet du cric, et aussi, on pourrait presque dire surtout, aux matériaux qui entrent dans sa fabrication. Nous avons trouvé et essayé ce cric chez MM. Roux, 54, boulevard du Temple, mais nous ne savons point si sa fabrication est française ou étrangère. Il ne présente du reste aucune
- Petit cric puissant.
- pièce séparée que l’on soit susceptible de perdre; et comme le levier (car il est à levier et à cliquet) est articulé de manière à se relever et à venir parallèlement au corps de l’appareil, il est extrêmement peu encombrant; on l’a étudié spécialement pour l’automobilisme, où il n’est pas possible de traîner avec soi un outillage volumineux. Il se fait en deux tailles, dont l’une peut soulever une charge de i3oo legs et ne pèse que 3,45 kgs; mais le plus surprenant, à notre avis, est l’autre type, qui pèse seulement 6 kgs, a une hauteur minima de 36o mm pour une hauteur maxima de 5qo, et peut lever 2200 kgs. Comme on peut s’en rendre compte en examinant d’un peu près la figure qui représente l’appareil partiellement levé, le levier, tout en entraînant un cliquet qui l’empêche de revenir en arrière, fait tourner une grosse tige filetée munie d’un filetage à pas contrarié; c’est naturellement ce qui assure le double effet, puisque cela fait sortir la partie inférieure du pas de vis de la base de l’appareil et en même temps chasse la partie supérieure, la douille filetée du haut, sur laquelle s’appuie la charge à soulever. On comprend que, dans ces conditions, le soulèvement peut se faire vite.
- Ouvre-caisses et arrache-clous. — Nouvel outil américain qui ne fera peut-être pas oublier les appareils plus compliqués, mais qui se recommande du moins par sa construction très simple, aussi robuste qu’on peut la désirer, et d’un emploi essentiellement facile et pratique. Tout y est combiné de façon curieuse pour donner rapidement le résultat voulu avec des efforts minimes, et on peut dire sans aucune fracture possible. Il faut dire d’abord que cet outil massif, mais non pas lourd, car il ne pèse que 6oo grammes, offre cet avantage,
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- Ouvre-caisses et arrache-clous.
- pour les caisses qui doivent resservir, d’ouvrir complètement sans fracturer les planches.
- La figure que nous donnons fait comprendre la disposition générale de l’instrument, mais nous allons voir aisément que chaque partie est minutieusement étudiée et remplit un rôle bien déterminé. L’extrémité opposéê au manche affecte un peu la disposition d’un ciseau, mais d’un ciseau robuste, et dont la lame épaisse offre
- un biseau à pente rapide, muni du reste en son milieu d’une fente longitudinale. C’est qu’en effet ce ciseau s’enfonce toujours de telle manière entre le couvercle de la caisse et cette caisse même, que l’un des clous de fermeture vienne se loger dans la fente au fur et à mesure que pénètre ce vrai pied-de-biche ; sa forme facilite l’enfoncement, qui se réalise aisément pour peu qu’on sache peu à peu faire levier. Quand la pénétration est complète, on s’attaque au couvercle à l’aplomb du clou voisin, et ainsi de suite tout autour de la caisse. Lorsque le couvercle est uniformément soulevé, on le redescend par petits coups brusques, qui laissent naturellement les têtes des clous à la hauteur où elles avaient été montées. On arrache alors chaque clou au moyen de l’une des entailles postérieures ménagées daim le talon du pied-de-biche, l’extrémité de celui-ci servant de point d’appui. Cet instrument se vend chez MM. Roux, 54, boulevard du Temple, à Paris.
- Étau à tubes Vulcan. — Fabriqué aux États-Unis, tout comme ce qu’on nomme les serre-tubes (ces sortes de pinces à tubes permettant d’avoir prise sur les tuyaux pour les tourner, notamment dans les pas de vis des raccords), cet étau à tubes, qui est en vente dans la maison Roux, 54, boulevard du Temple, à Paris, se monte sur un établi au moyen de trois boulons solidarisant la plaque de base avec la table de l’établi. En réalité il ne comporte qu’une seule mâchoire (double du reste, composée de deux éléments semblables et parallèles) montée sur le porte-à-faux de la plaque de base. On s’en rend très bien compte dans la figure que nous avons fait dessiner et qui représente la double mâchoire vue de face, l’étau pouvant être monté d’une manière un peu quelconque et parfaitement sur un madrier vertical, au lieu de l’être sur la table horizontale d’un établi. La mâchoire présente naturellement l’entaille
- Étau à tubes Yu'lcan.
- triangulaire avec dentelure qui est quelque peu cia s sique dans beaucoup de ces appareils pour objets cylindriques. Le serrage supérieur se fait, la mâchoire supérieure est remplacée, autrement dit, par une chaîne à maillons plats rappelant as-sez bien certaines chaînes de grues, chaînes articulées comme celles des automobiles; un des bouts de la chaîne est introduit dans une entaille ad hoc ménagée dans la base de l’appareil; on la fait passer ensuite par-dessus le tube, puis on vient l’accrocher à un ergot mobile dont le déplacement, assez faible du reste, est sous la dépendance de la rotation d’un pas de vis commandé par le levier pivotant que l’on aperçoit dans une position verticale sous l’appareil. Ce levier est susceptible de se mettre dans une position verticale, si on le fait pivoter de bas en haut, et il foiune clef de serrage pour l’écrou, et, par suite, de tension pour le bout de chaîne. Le serrage est pour ainsi dire instantané, et les maillons viennent épouser la rondeur du tube, qui est serré également sur tout son pourtour, et dans les meilleures conditions. D’ailleurs, comme c’est la pratique si heureuse dans la fabrication américaine, toutes les pièces sont interchangeables, et une fracture, fort improbable étant donné que tout est en acier, no met l’appareil hors d’usage que pour peu de temps.
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- Crochets de sûreté. — Ils sont appelés à rendre les mêmes services que, en marine, les crochets doubles auxquels on amarre par exemple les coins de voiles. Ils sont peut-être un peu plus compliqués, mais ils présentent des dispositions intéressantes qui peuvent trouver utilement leur application dans bien des circonstances. Leur fabricant leur a donné le nom de Iveystone, ce qui est peut-êlre son nom personnel; mais on les désigne couramment en français comme crochets « à boutonnière », et nous allons voir la disposition qui motive cette désignation.
- Un des types est dit « à boutonnière horizontale ». Le fait est que le crochet proprement dit, qui est suspendu à l’anneau principal de liaison avec le câble ou la chaîne par l’intermédiaire d’un anneau secondaire, porte à son extrémité une sorte de bouton métallique venu de forge avec lui. bouton allongé un peu en olive, dont l’axe est perpendiculaire à celui du crochet même. 1) un autre
- côté l’anneau principal porte, accroché à lui, une sorte de manille qui, dans son extrémité libre, comporte une ouverture allongée et suffisante pour donner passage } au bouton : c’est la fameuse boutonnière, qui est ici horizontale, ainsi qu’on peut le voir. Quand une traction s’exerce sur le crochet, elle force le bout de ce crochet à venir pénétrer dans une indentation de la boutonnière, et le bouton en olive est pris de manière à ne pouvoir sortir; le crochet est donc, comme on voit, absolument de sûreté ; si 1 on veut le décrocher, il suffit, après naturellement avoir fait cesser l’effort de traction, de relever un peu le crochet, ce que permet l'articulation constituée par le maillon intermédiaire ; puis, le bouton se trouvant remonté lui-même dans l’olive, on l’y fait passer, et, par suite, on ouvre le crochet de sûreté. Le type dit « à boutonnière verticale » est encore plus sûr. En effet, et comme on peut le voir également sur la seconde ligure, la boutonnière qui est à 1 extrémité de la petite manille se trouve dans le sens de 1 axe du crochet, ainsi que de celui de cette manille ; et comme le bouton en olive, lui, est toujours disposé dans le même sens, pour l’introduire dans la boutonnière ou 1 en sortir, il est absolument indispensable de placer le crochet dans une position perpendiculaire à celle qu il occupe quand une traction s’opère sur lui ; c’est donc dire qu il est impossible que le dispositif de sécurité se détache et s ouv re quand le crochet est en service. — C est chez MM. Roux, 54, boulevard du Temple, que nous avons trouve ce double système.
- Crochets de sûreté
- Divers
- Colle-tube-pinceau. — La colle employée est une rode blanche pour le papier, renfermée dans un tube en élain, comme le montre le dessin ci-joint. Dans l’ouverture du tube se trouve une brosse formant pinceau. En appuyant sur l’extrémité du tube, on fait jaillir la colle
- Colle-tube-pinceau.
- au milieu du pinceau, et il suffit de promener celui-ci sur le papier pour l’enduire de colle. Cette manière de procéder donne de bons résultats. Il faut avoir soin de toujours mettre le chapeau sur le tube; le pinceau reste alors toujours humide. La colle contenue est recommandée pour coller les épreuves, photographiques ; elle est pure et sans acides. — Le colle-tube-pinceau se trouve chez M. Mathieu, 29, rue de Valois, à Paris.
- Fers à repasser à poignée froide. — On sait toutes les précautions qu’il faut prendre pour ne pas se brûler avec un fer à repasser que l’on veut saisir sur le feu, et qu’on veut manœuvrer pour le repassage; 011 doit
- recourir à une poignée qui gêne la prise du fer, et de plus la poignée peut souvent se déplacer suffisamment pour qu’on se brûle la paume ou le côté de la main. Une maison américaine a eu l’idée de doter les fers à repasser d’une poignée amovible, qu’on ne laisse point durant le chauffage, qui peut du reste servir à un jeu de fers, qui par conséquent n’est jamais chaude par elle-même ; comme, déplus, elle est en bois, au moins dans sa partie centrale, indépendamment des montures qui la solidarisent temporairement avec le fer, la chaleur qui pourrait se communiquer de la masse du fer est dans l’impossibilité de se transmettre à la poignée proprement dilc.
- Qu’on remarque que le fer en lui-même présente un certain évidement, pour laisser place au dispositif d’accrochage de la poignée; il comporte même une plaque rapportée à sa partie supérieure, qui vient fermer la chambre où le petit dispositif est monté. Cela diminue la masse de fer que le feu peut chauffer, et par suite le
- Fers à repasser à poignée froide.
- fer se refroidirait trop vite ; aussi lui a-t-on donné une forme beaucoup plus massive que celle à laquelle est habitué notre œil, justement pour que le volume de métal plein restant soit ce qu’il faut pour la conservation de la chaleur. Comme on peut le voir dans les figures que nous avons fait dessiner, la poignée comporte une barre inférieure qui renferme précisément le verrou servant à la solidariser, ainsi que nous le disions, avec le fer. Pour la monter en place, on commence par la présenter bien perpendiculairement dans l’encoche, dans l’évidement de la partie supérieure du fer, tout en tirant sur le bouton qui apparaît au milieu de la barre dont nous parlions à l’instant: puis on la tourne de manière qu’elle se mette perpendiculairement à l’axe du fer, et en lâchant le bouton que l’on tirait tout à l’heure. On comprend que le résultat de cette opération, et de ce quart de tour que fait chaque extrémité de la poignée, est de loger sous le plateau du fer un organe de verrouillage, qui assure parfaitement la solidarisation cherchée. C’est donc par celte opération que l’on saisit un fer sur le feu, sans qu’on ait aucunement à toucher ce fer même ; et quand on voudra le replacer à chauffer, 011 n’aura qu’à faire l’opération inverse.
- On a remarqué sans doute que, dans la position de travail, la poignée se trouve transversale à la direction du repassage, au lieu d’être allongée dans le même sens; c’est sans doute contraire à nos habitudes classiques, mais il y a là un simple petit apprentissage à faire, et, au bout de peu de temps, on constate que cette position est excellente pour le travail. C’est chez MM. Markt, 107, avenue Parmentier, que nous avons trouvé ce produit de l’industrie américaine.
- Planche à repasser sur table. — Ce qu’il y a d’intéressant dans cet ustensile domestique, c’est la façon dont il se monte sur une table : c’est le principe si ingénieux et déjà si utile qui est appliqué pour les hachoirs mécaniques. La planche, qui ne se fait pas dans de très grandes dimensions, à cause de son porle-à-faux, est fixée par son talon sur une sorte de console métallique, et celle-ci à son tour sè complète inférieurement par une Planche à repasser sur table, surface d’appui métallique,
- elle aussi, qui porte sur le dessus de la table où l’on veut placer l’ustensile, et par un écrou de serrage qui vient serrer une rondelle sous la table. En un instant la planche est en place ; en un instant également elle se démontera pour laisser à la table ses usages ordinaires. — L’appareil est en vente chez MM. Markt, 107, avenue Parmentier.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Dermatose par le bois de teck. — J’ai signalé à diverses reprises les éruptions causées par certaines plantes, telles que les primevères, les plantes grasses ou à huiles âcres, irritantes. Yoici, dans le même genre, une variété d’éruption causée par un bois précieux par sa dureté et sa conservation, due vraisemblablement aux essences et aux résines qu’il contient.
- Le Dr Evans relate un cas d’iullammation cutanée chez un charpentier qui venait de débiter et de polir pendant quelques jours du bois de teck. L'éruption, accompagnée de violentes démangeaisons, avait débuté sur les mains et les bras et avait envahi bientôt toute la surface du corps, y compris la ligure et le cou. L’éruption, similaire à un érythème vésiculaire, à une sorte d'eczéma aigu, céda rapidement à des bains et à des lotions calmantes. Chose curieuse, dix ans auparavant cet ouvrier avait été pris d’une dermatite semblable et survenue dans les mêmes conditions. Aussi n’avait-il plus voulu travailler ce bois. ' Quelques-uns de ses compagnons de travail auraient éprouvé avec le bois de teck des irritations légères ; lui seul aurait été atteint aussi profondément, ce qui indique dans l’espèce une certaine susceptibilité du tégument.
- Le teck est un bel arbre originaire de l’Inde, appartenant à la famille des Verbénacées et qui est cultivé à peu près dans tous les pays tropicaux. Le bois est léger, mais très solide, très dur, donnant une odeur de tanaisie qui en éloigne les insectes. Il contient une résine qui a été isolée par Romanis et qui a les propriétés des quinones; il lui a du reste donné le nom de teckoquinone. C’est évidemment ce produit qui est la cause de ces éruptions bizarres. Dr A. C.
- Ce que vaut un nez. — Un proverbe dit que grand clocher n’a jamais déparé son village, et, de fait, pour disgracieux que soit un nez trop proéminent, trop busqué, trop gros, ce n’est pas à vrai dire une difformité. Mais la mutilation du nez le détruisant en partie ou en totalité devient une difformité réelle. De toutes les parties de la face, on peut dire que c’est presque la plus essentielle au point de vue de l’esthétique, même grossier. Les malheureux qui ont subi, du fait d'un traumatisme sur un champ de bataille ou ailleurs, ou du fait, plus fréquent, d’une de ces maladies graves, à marche chronique, lente, mais résistant aux moyens
- thérapeutiques les plus variés, la perte totale du nez, sont condamnés à une vie difficile. L’hôpital Saint-Louis est peuplé d’infirmiers et infirmières de celte catégorie et qui ne pouvaient trouver à se placer! en raison de cette hideuse difformité.
- La perte du nez est donc chose grave; sa destruction partielle, ou une modification importante dans sa structure, fracture, écrasement du cartilage ou des os propres est encore grave. Je parle ici au point de vue esthétique.
- Est-il possible d'estimer le dommage causé à une personne par un accident de ce genre? L’appréciation du dommage mériterait à coup sûr d’être fixée plutôt par des médecins ou des sculpteurs que par des magistrats ; le dommage pour la santé — une fois la blessure guérie — est à peu près nul. Il n’y a donc en fait que le dommage artistique.
- Devant un tribunal anglais, une jeune femme qui avait eu le nez cassé obtint 5oo livres, douze mille cinq cents francs, de dommages intérêts. Le président, en énonçant la sentence, fit spirituellement remarquer qu’on lui paierait moins cher son nez à lui s’il avait été victime du même accident; mais il s’agissait d’une jeune femme : du coup, l’appréciation était différente. Et la preuve, c’est que devant un autre tribunal, à Bradford County Court, un ingénieur électricien n’obtint que i5 livres, 375 francs, pour un nez cassé.
- En France, nos magistrats ne sont pas moins galants que leurs confrères d’oulre-Manche. Ils ont alloué 800 francs à un pauvre homme qui avait eu le nez écrasé par un coup de poing, mais ils ont donné 3ooo francs à une aimable personne qui avait eu le nez un peu endommagé dans un accident d’omnibus. Il est juste d’ajouter que cette victime de l’imprudence des conducteurs de tramways exerçait la profession de modèle, et un nez fêlé ne compte plus auprès des artistes peintres ou sculpteurs. Aujourd'hui cependant, les chirurgiens ont des procédés fort élégants pour réparer ces malformations; une injection de paraffine corrige en quelques instants et d’une façon durable les nez camards, les nez effondrés et pourvu que la charpente ostéo-cartilagineuse n’ait pas été complètement détruite, ou vous refait un nez à la Bourbon, à la Roxelane, conforme en un mot à celui que vous aviez avant l’accident.
- Dr A. C.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Graisse pour cordages en chanvre. — On commence par faire fondre du suif, que l’on verse, en le passant à travers un tamis, dans un autre récipient, de manière à ce qu’il ne renferme aucun grumeau; puis, tout en brassant bien et constamment, on additionne d’un cinquième en poids de vernis à l’huile de lin chaud. Il est nécessaire d’incorporer soigneusement, et finalement on additionne encore d’un quinzième en poids de vaseline. On applique la préparation sur les cordages quand elle est encore tiède, et au moyen d’une spatule en bois. On frotte ensuite avec un chiffon de laine, afin de bien faire pénétrer la graisse dans les torons de la corde.
- Alliage de Blderi. — Il a été imaginé dans l’Inde, et dans la ville de Bider, d’où il tire son nom; il est très résistant et ne s’oxyde point à l’air, même en présence de l’humidité. On le compose de 3i parties de zinc, de 2 p. de cuivre et de 2 de plomb ; il faut s’arranger de manière que l’oxydation ne puisse se produire durant la fusion.
- Pour marquer les outils en acier. — Le procédé est indiqué par la publication 1 ni and Printer. On emploie
- un timbre en caoutchouc et une encre faite de 225 grammes de résine ordinaire, d’une cuillerée à soupe d’huile de lard, de 2 de noir de fumée, et d’autant de térébenthine; c’est la résine qu’on fait fondre, pour y ajouter successivement les 3 autres ingrédients en brassant. On imprime la marque sur l’acier au moyen de cette encre et du timbre ; avec du mastic, ou fait une sorte de cuvette immédiatement autour de cette marque, et l’on verse dans cette cuvette une mixture corrosive faite d’une partie d’acide nitrique, d’une également d’acide muriatique et de 12 d’eau. On laisse agir une minute; on enlève le liquide avec une seringue en verre, on essuie avec une éponge humide, on enlève le mastic, puis on passe sur la marque une solution de potasse et de la térébenthine.
- Peinture émail pour le fer. — On obtient un bon résultat, simplement en faisant dissoudre 40 parties en poids de gomme laque jaune en écailles dans 60 p. d’alcool.
- Résine à soudure. — On recommande, pour la soudure sur étain brillant en particulier, une mixtui'e de 675 gr d’huile d’olive, d’autant de suif, et de 36o gr de
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- résine pulvérisée, mixture qu’on fait bouillir pour la laisser refroidir ensuite et y ajouter 700 gr environ d’eau saturée avec du sel ammoniac pulvérisé.
- Patinage en vert du cuivre. — On fait une solution comprenant 3,7 gr. de sel de cuisine, 7,5 gr d’ammoniaque, un demi-litre de bon vinaigre de vin et 3,7 gr de sel ammoniac. On applique ensuite rapidement et à plusieurs reprises pour atteindre la nuance qu’on désire.
- Essai pour la fonte des objets en argent. — On
- peut avoir à fondre de vieilles matières considérées comme d’argent, et à s’assurer auparavant de leur valeur et de leur pureté. Pour cela, voici comment on peut procéder. Disons d’abord, que si les monnaies, pièces d'argent quelconques que l’on veut traiter sont sales, il faut les laver dans une solution de savon ammoniacal. D’autre part, si elles sont plus ou moins recouvertes de vert-de-gris, on les met tremper dans une solution d’une partie et demie d’acide et de 5o p. d’eau, et pendant 10 minutes. Pour essayer les pièces, on les plonge i5 minutes dans une solution de sel ordinaire, dans la proportion de 3o gr. de sel pour un litre d’eau ; si c’est bien de l’argent, aucune modification ne se produira dans leur apparence ; si elles contiennent du nickel en proportion notable, elles prendront une teinte violette, qui augmentera d’autant qu’elles demeureront plus longtemps dans la solution. Si elles sont faites d’un alliage contenant de l’étain, elles prendront une coloration gris terne.
- Ciment pour canalisations d’eau. — On prépare à chaud un mélange de 3 parties d’huile de lin, de 10 p. de colophane, d’autant de chaux vive, et enfin de 10 également de coton cardé. Cela forme une garniture dont on dit grand bien.
- Graisse pour courroies. — On prépare d’abord un mélange de 5 kg d’huile de poisson et de 2 kg de suif, qu’on fait fondre ; puis on y ajoute, lentement, une solution faite de 2 gr. de caoutchouc dissous dans 2 gr. également d’huile rectifiée de térébenthine, qu’on aura portée à une température de 6o°C,et où l’on aura ajouté 5oo gr de paraffine.
- Alliage au cuivre pour la fonte. — Il se fond particulièrement bien, et présente une grande dureté, sans coloration jaune très prononcée; on le compose de 55 parties en poids de cuivre et de 45 de zinc.
- Alliage blanc au cuivre. — Il s’agit d’un alliage excellent pour la fusion de boutons, de chandeliers,
- d’objets divers qui ne soient pas exposés à des chocs violents, car cet alliage est assez fragile tout en étant très dur. Son avantage est qu’il présente une couleur blanche rappelant un peu celle de l’argent ; 011 le fait de 4b,5 parties en poids de cuivre, et de 35,5 de zinc.
- Préparation contre la rouille. — C'est une formule qui est donnée par la publication Les Corps gras industriels, et qui nous semble bien établie. On prend a5 parties de suif, a3 seulement de cire blanche, 22 d’huile d’olive, puis 25 d’huile de térébenthine et 10 d’huile minérale ; il faut mélanger ces divers ingrédients à leur température moyenne de fusion, et en remuant continuellement.
- Nouveaux matériaux de construction. — Il s’agit de ce qu’on appelle la kremnite, qui est fabriquée en Russie, près de Saint-Pétersbourg, à ce que nous dit Chemiker Zeitung. On mélange de l’argile, du sable et du spath-fluor mis en état de division très fine, et on fond le tout à haute température ; on coule dans des moules la masse liquide obtenue. Elle peut du reste se colorer par addition de pigments, elle se polit, se rode, et porte très bien un émail.
- Bronzage de la fonte. — C’est du moins un procédé très simple pour lui donner à peu près l’aspect d’une surface bronzée sans bronzage réel. On commence par nettoyer et polir avec soin la surface du métal, puis on y passe uniformément une couche d’huile d’olive, et l’on expose à la chaleur, mais de manière à ne point atteindre une température où l’huile serait susceptible de brûler. Il se forme, pendant la décomposition de l’huile, et, par suite de cette décomposition, une couche d’oxyde brun qui adhère fortement au métal, et auquel on donne du brillant par polissage.
- Pour emboutir le métal. — On peut facilement se faire une sorte d’enclume pour emboutir les métaux en feuilles, au moyen d’un tronc de chêne bien sain dans lequel on évide un creux correspondant à la forme qu’on veut obtenir ; on chasse le métal au marteau dans le creux.
- Protection des cordes et tissus de chanvre ou de lin contre la pourriture0 — On les plonge durant 4 jours dans une solution de sulfate de cuivre, faite de 20 gr. de cette substance au litre ; on laisse sécher ensuite corde ou tissu, puis on baigne dans une solution de 100 gr. de savon au litre.
- VARIETES
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- L’emploi possible de l’aluminium contre l’hydrar-gyrisme. — Les ouvriers travaillant dans les mines de mercure ou dans les industries qui mettent en œuvre ce métal ou ses composés, telles que la fabrication des sels de mercure, des glaces, des papiers peints, .des fleurs artificielles, des chapeaux de soie et de feutre, des bijoux, des couleurs d’aniline, la dorure, le damasquinage des fusils, sont soumis à une intoxication spéciale, aiguë ou chronique, qui cause des phénomènes pathologiques très graves (inflammation de la bouche, tremblement, cachexie) pouvant amener rapidement la déchéance et la mort des travailleurs atteints.
- On a donc cherché depuis longtemps les moyens de remédier à ces graves inconvénients sans avoir réussi d’ailleurs, jusqu’ici, à trouver autre chose que des palliatifs bien insuffisants. Assez récemment, M. Tarugi, en Italie, a préconisé l’emploi de l’aluminium comme moyen défensif contre le mercurialisme aigu et chronique.
- On sait en effet que l’aluminium, sous l’influence de traces de mercure, s’oxyde très rapidement en fournissant de l’alumine plus ou moins hydratée ; le processus de cette action consiste d’abord dans la formation d’un amalgame d’aluminium très facilement oxydable qui donne, comme produit d’oxydation, de l’alumine et laisse en liberté du mercure qui se combine à une nouvelle quantité d’aluminium pour former de l’amalgame
- que subit un nouveau cycle d’oxydation; et ainsi de suite, jusqu’à ce que tout l’aluminium ait été oxydé et transformé en alumine.
- Si l’on recherche le degré de sensibilité de l’aluminium, on constate qu’un fil d’aluminium plongé dans une solution diluée d’un sel de mercure, puis séché, s’oxyde à l’air, même lorsqu’il a été soumis à l’action d’un dix-millième de milligramme de mercure. C’est la réaction chimique la plus sensible qu’on connaisse jusqu’ici pour le mercure, dont elle est spécifique.
- De plus, l’aluminium soumis à l’action d’un courant de vapeur de mercure absorbe celui-ci et le retient totalement jusqu’à oxydation complète de l’aluminium.
- Partant de là,M. Tarugi a imaginé un-masque façonné de telle sorte que l’air doive traverser des toiles d’aluminium à mailles très fines avant d’arriver jusqu’aux voies respiratoires, ce métal devant retenir ainsi les vapeurs mercurielles répandues dans l’atmosphère avant d’alimenter les poumons. Les essais ont montre que dans une chambre saturée de vapeur de bichlorure de mercure et de mercure, et dans laquelle un sujet présentait rapidement tous les symptômes d’empoisonnement mercuriel aigu, on pouvait séjourner au contraire fort longtemps sans inconvénient quand on était muni d’un masque à l’aluminium. Il était intéressant de signaler cette amélioration possible du sort de travailleurs nombreux et intéressants. A. H.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, anx demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- châssis-magasin pour chambre de touriste se trouve chez M. E. Couton, 72, avenue Philippe-Auguste, Paris.
- Communications. — M. J. Regelsperger, à Paris, nous écrit à propos de l’article sur les prises d'eau en marche des locomotives anglaises (n° 1729, du 14 juillet 1906). « Depuis quelques aimées déjà ce système d’alimentation d’eau en marche est utilisé en France. Il l’est notamment sur l’État entre Paris et Royan. Sur cette ligne, les rigoles sont disposées tous les 100 km et ont une longueur de 536 m. Leur prix d’installation est d’environ 20 francs le mètre; le remplissage de la rigole se fait automatiquement aussitôt après le passage d’un train. Il en résulte que les trains peuvent faire sur la ligne jusqu'à 23o km environ sans aucun arrêt (Chartres à Thouars). Le système est aussi en usage surleP.L.M. entre Aisy et Monlbard. »
- Renseignements. — M. P. T. 1906, à Aubigny-en-Artois. — i° Il nous semble bien difficile d’apprendre la musique sans maître, à moins d’être extraordinairement doué. — 20 Veuillez vous adresser à un médecin.
- M. Rocket, à Burgos. —Il est impossible de répondre à votre question, les données connues étant insuffisantes. Seule une étude faite sur place par un ingénieur compétent pourra vous renseigner.
- M. Ch. Decaux; à Lisieux. — Nous ignorons où a été publié l’ouvrage de J. Hamelle et Mœbs sur la nage over-arm-stroke. Vous trouverez des manuels de natation à la librairie Lavauzelle, rue Danton, à Paris.
- M. Robbereclit, à Wæreghem. — Les questions que vous nous posez sortent du domaine de La Nature. Vous obtiendriez des renseignements précis en vous adressant au Journal de Pharmacie et de Chimie, 8, place de l’Odéon, à Paris.
- M. V. P-, à Lyon. — i° L’écran fluorescent employé pour l’examen radioscopique est constitué par les cristaux de platino-cyanure de baryum. — 2* Nous ne connaissons pas les statuettes dont vous parlez. — 3° Les corps phosphorescents sont assez nombreux : phosphore, coquilles calcinées, papier, sucre, oxydes et sels de métaux alcalins, terreux, etc.
- M. IL. Delarue, à Reims.— Le renseignement que l’on vous a donné est exact. Vous trouverez dans notre n° 1726, du 23 juin 1906, p. 84, un article de M. Coupin sur Y Escargot.
- M. I. Cordeveau, à Mende. — Nous vous remercions de votre intéressante lettre. Il existe dès à présent des ouvrages analogues à ceux que vous préconisez. Les Guides du touriste, du naturaliste et de T archéologue publiés par la maison Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris, sous la direction M. M. Boule, professeur au Muséum d’histoire naturelle de Paris, donnent, en effet, comme l’indique leur titre d’ensemble, les divers renseignements qui peuvent intéresser le touriste ami de la nature et observateur. Ces guides comprennent dès maintenant : Le Puy-de-Dôme et Vichy, La Lozère, Le Cantal, La Savoie, La ILaute-Savoie.
- M. Lermayer, à Montrée. — Nous vous conseillons l’emploi de la glacière portative de J. Schuller, 332, rue Saint-Honoré, à Paris.
- Mma de S. L., à Paris. — La Mode illustrée, dirigée par Mm0 Aline Raymond, se trouve à Paris, 56, rue Jacob.
- M. Ch. Dewachter, à Amsterdam. — Vous trouverez des recherches dans l’ordre d’idées que vous signalez dans le récent et beau livre de M. L. Couturat : Les principes des mathématiques, chez F. Alcan, 108, boulevard Saint-Germain, à Paris. Vous pourriez aussi relire les Principes de psychologie de Spencer, où la question est effleurée à plusieurs reprises.
- Mm* Wealde-Mingless, à Bognor. — i° Nous ne connaissons pas actuellement de revue qui réponde à votre desideratum ; mais on annonce, comme devant paraître en septembre, une revue mensuelle internationale espéran-tiste intitulée I,a Revuo, publiée par la maison Hachette et Cio, 79, boulevard Saint-Germain, Paris. — 20 II est difficile de répondre à votre question et de se prononcer d’avance sur la réussite d’une tentative aussi intéressante que Vespéranto. L’expérience malheureuse des précédents essais du même genre nous fait douter cependant que ce dernier puisse aboutir. Si les personnes qui ont appris successivement toutes les langues artificielles, lancées depuis vingt ans, avaient consacré leur temps à l’étude des langues vivantes, elles auraient peut-être travaillé plus efficacement à la diffusion d’une langue universelle.
- M. E. Witz, à Marseille. — x° Consultez l’ouvrage de J. Lecornu, La navigation aérienne, à la librairie Nony et Cio, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 20 Adressez-vous à l’Aéronautique, 68, rue Jean-Jacques-Rousseau, à Paris.
- M. Ch. Desmons, à Avesnes. — Les comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences sont publiés par la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris. Vous y trouverez in extenso le texte des communications qui vous intéressent.
- M. F. Déniaisons, à Garches. — Nous avons indiqué dans notre n° 1697, du 2 décembre 1905, en informations, le résultat des expériences de M. Nestor Grehant sur la rapidité de l’asphyxie par submersion. Veuillez vous y reporter. Si cette note ne vous suffit pas, vous pourriez consulter les Comptes rendus de la Société de biologie, de xgoÔ, publiés chez MM. Masson et Ci0, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris, où le travail de M. Grehant figure au complet.
- M. IL. de N., à W. — Il existe, en effet, des bloclc-noles agendas et des agendas comme ceux dont vous parlez chez MM. Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, à Paris.
- M. L. Magnet, à Versailles. — La peinture la majo-lique se trouve à Paris chez M. Bourgeois aîné, 18, rue Croix-des-Petits-Champs.
- M. Vallone, à Boulogne-sur-Mer. — L’appareil de sulfuration de M. Marot, destiné à la désinfection à bord des navires (n° 1694 du 11 novembre iqoS, p. 369) se trouve chez M. Marot, 6o, rue de la Cliaussée-d’Antin, à Paris.
- Mma Z. Delarue, à Meudon. — La bibliothèque Etnalag semble bien répondre à votre désir. Vous pourriez consulter à ce sujet le n° 1484 de La Nature, du 2 novembre 1901 où cette bibliothèque a été décrite ou vous adresser au fabricant, M. E. Galante, 75, boulevard du Montparnasse, à Paris, VI0.
- M. H. Schmeckzel, à Mulhouse. — Les ouvrages relatifs à l’apiculture sont nombreux. La maison Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, vient de publier un excellent petit livre de M. Lafont, L'Apiculture, qui est très complet et très au courant (prix : 2tr,5o). Vous pourriez voir, d’autre part, le Manuel d'apiculture de Girard,, à la librairie J.-B. Baillière, 19, rue Haute-feuille, à Paris, ou le Manuel Roret de Vapiculteur, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. —M. Louis Vauters, à Marseille. Nous avons donné celte communication en résumé dans notre dernier compte rendu à l’Académie des sciences. Veuillez vous y reporter. — M. Ch. Delamarre, à Pau. Il faut faire analyser les liquides douteux par un chimiste, qui indique la marche à suivre ultérieurement. — Mme Henri Berlin, à Vérone. Cette indication est donnée longuement dans les Recettes et procédés utiles, 3° série, à la librairie Masson et C‘e, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. Veuillez vous y reporter. — M. Rom. Colomb, h Civita-Vecchia. Veuillez consulter le même recueil, même librairie, 4° série. — M. le comte Mosca, à Parme. Même réponse, mais ir0 série. — M. Regelsperger, à Paris. Remerciements pour votre communication.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om, 3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES LU MATIN THERMOMÈTRE VENT DJIÎECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 août.... 18".1 S. 0. Deau.] 0,2 Rosée; peu nuageux; tonn. au S. de 10 h. 40 à 11 h. 35 avec petite pluie.
- Mardi 14 19°, ! S. S. E. 1. Couvert. 00,0 Couv. ; orage de 8 li. 19 à 9 h. 20; pluie de 9h. à 14 h. 50, de 19 h. 40 à 22 h. 50.
- Mercredi 15 14",8 . S. W. 5. Couvert. 2,2 Très nuageux ; pluie l'après-midi ; tonnerre au S.-S.-W. à 15 h. 30.
- Jeudi 16 15", 6 s. 2. Couvert. 1,7 Très nuag. ; gouttes et pluie par intervalles; ton. à 19 h.
- Vendredi 17 15V2 W. S. W. 2. Couvert. 0,2 Nuageux; averse à 17 h.
- Samedi 18 15", 4 IV. N. W. 5. Très nuageux. 4,4 Nuageux; pluie de 9 h. 10 à 10 h. 15.
- Dimanche 19 14° 0 S. S. W. 0. Beau. » Rosée , halo ; nuageux.
- AOUT 1906.— SEMAINE DU LUMDI 13 AU DIMANCHE 19 AOUT 1906.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du 13 au 19 août, le temps a été encore chaud et pluvieux. Le i3 août, le baromètre marquait 7d3 mm en Bretagne, et 765 mm sur le centre du continent. Un vent du Sud a soufflé avec force sur les côtes de la Manche et de l’Océan. De fortes averses sont tombées de tous côtés. On a recueilli 1 mm à Lorient, x mm à Nantes, 1 mm au Mans, 1 mm à Nancy, 1 mm à Belfort. La température était le matin 170 à Nancy, 180 à Paris, 23° à Bordeaux, 25° à Toulouse, 26° à Nice, 190 au Puy de Dôme, xo° au Pic du Midi. A Paris, la journée a été très nuageuse ; dans la soirée, des éclairs ont été observés en banlieue. Le 14 août, la situation atmosphérique reste faible sur l’Ouest. Un vent modéré d’entre Sud et Ouest souffle sur nos côtes de la Manche et de la Bretagne. Il est tombé 17 mm d’eau à à Limoges, 12 mm à Nantes,'3 mm à Mantes, 1 mm à Charleville. La température était élevée; on notait 180 à Paris, 22° Nancy, 25° à Lyon, 26° à Nice, i4° au Puy de Dôme, 6° au Pic du Midi. A Pains, le 14 août, la température moyenne 180 a été supérieure de o°,2 à la normale. Le i5 août, sous l’influence de la dépression barométrique qui s’étend de l’Irlande à la Provence, de nombreux orages ont lieu ; on a l’ecueilli 33 mm d’eau à Paris, 29 mm à Lorient, 23 mm à Limoges, 21 mm à Lyon, 16 mm à Dunkerque, 8 mm à Cette. La température a baissé; elle était i5° à Paris, i5° à Clermont-Ferrand, 170 à Toulouse, 26° à Alger, 120 au mont Ventoux. Le 16 août, les pressions remontent à 765 mm sur le continent. Sur les côtes de la Manche et de l’Océan, le vent est modéré des régions Ouest; il est faible du Nord-
- Ouest sur les côtes de la Méditerranée. Il a plu à Cherbourg (9 mm d’eau), à Nantes (5 mm), à Limoges (4 mm), à Brest (4 mm), à Nancy (3 mm), à Paris (2 mm). La température était le matin i4° à Paris, 160 à Clermont-Ferrand, 21° à Perpignan, 26° à Livourne, 8° au Puy de Dôme, 70 au mont Mounier. Dans la journée à Paris, on a observé vers ii'‘45m une averse, et, vers 3 heures le soir, un orage fournissant une pluie assez forte vers l’Ouest. La température moyenne x5°,6 a été inférieure de 20,1 à la normale. Le 17 août, les pressions sont inférieures à 760 mm dans le nord-ouest de l’Europe. Un vent frais a soufflé de l’Ouest sur nos côtes de la Manche. Il est encore tombé 8 mm d’eau à Limoges, 5 mm à Charleville, 5 mm à Calais, 4 mm à. Brest, 2 mm à Paris. Le thermomètre marquait le matin 13° à Paris, 15° à Brest, 170 à Toulouse, 210 à Nice, 5° au Puy de Dôme, 5° au mont Aigoual. Le 18 août, une hausse barométrique de 6 mm a eu lieu en Irlande où le baromètre marquait 767 mm; les basses pressions s’étendaient à travers l’Europe. Un vent du Nord-Ouest a soufflé sur toutes les côtes ; il a été particulièrement fort au sud de la Provence. Il est tombé 9 mm d’eau à Besançon, 8 mm à Toulouse, 6 mm à Limoges et à Boulogne, 4 mm à Charleville, x mm à Nantes; dans la région parisienne, une averse à 4 heures a fourni 7 mm d’eau. La température était le matin 120 au Havre, i3° à Nantes, i3 à Paris, i4° à Lyon, 2 3° à Alger, 6° au Puy de Dôme, 5° au mont Ventoux, 20 au Pic du Midi. Le 19 août, on a noté 770 mm à Lorient, 798 mm à Biarritz. On a recueilli des pluies dans toute la France.
- PHASES DE LA LUNE : Néant.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à T Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (Yl°)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C,a, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d'origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1736 (l r SEPTEMBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- L’association internationale des botanistes et l’agriculture. — Dans son assemblée générale du 16 juin 190b, l’Association internationale des botanistes a décidé la réalisation d’une organisation internationale à dessein de contribuer aux progrès de l’agriculture par la sélection, l'introduction et la distribution de plantes utiles. Une conférence internationale des membres de l’Association aura lieu à ce propos à Paris, à l’hôtel de là Société d’horticulture, pour procéder à la constitution d’une section spéciale qui se mettra immédiatement à l’œuvre. Le cas échéant, nous ne manquerons pas de tenir nos lecteurs au courant des résultats acquis par suite de cette heureuse initiative.
- Une exposition française à Londres. — Une exposition française aura lieu, à Londres, dans le quartier de Shepherd’s bush,. en 1908. Un comité vient de se former à la tête duquel se trouve le duc d’Argyll, beau-frère du roi. Celle exposition, qui rie recevra exclusivement que des produits' français, doit occuper une superficie de 98 acres, c’est-à-dire environ 40 hectares. Plus de 180000 personnes pourront être admises chaque jour à visiter cette exposition.
- Exposition de miniatures à Berlin. — La première Exposition internationale de miniatures aura lieu, à Berlin, en octobre prochain, sous le patronage du D‘ Max Friedlander, directeur des musées royaux, assisté par les principaux administrateurs des musées de l’Empire. Le but de cette exposition, qui restera ouverte plusieurs semaines, est de montrer l’évolution et la transformation de l’àrt de là miniature à travers les époques.
- La châsse en Suisse. — La Suisse dépense, tous les ans, des sommes importantes qu’elle paie, à titre de primes, pour la destruction des animaux nuisibles. Le canton des Grisons a payé, à lui seul, en 1905, près de 6000 francs. D’après une statistique officielle, il a été tué, l’an dernier, dans ce canton : 1160 renards, 10 loutres, 9 aigles, 10 hiboux, 207 éperviers, 106 vautours, 265 martres, 23 putois, 3a6 belettes. Les nemrods de cette région ont abattu, pendant cette même période, 101 chevreuils, i3 cerfs, 4600 marmottes, 35oo lièvres, H5o gallinacés dé diverses espèces. On ne parle pas des chairiois, dont un certain nombre a été tué, caria chasse de ces animaux est officiellement interdite.
- L’Institut agricole international de Beauvais. —
- Un décret du 12 juillet a prononcé la fermeture à partir du ier septembre de l’Institut agricole international de Beauvais, tenu par les frères des Ecoles Chrétiennes et
- placé sous le patronage de la Société des Agriculteurs de France. On ne saurait trop regretter une telle décision. Tous ceux qui s’occupent d’agriculture savent en elfet que l’on est redevable à l’Ecole de Beauvais d’une légion d’excellents agronomes, qui ont rendu et rendent chaque jour les plus précieux services au pays. La disparition de l’Ecole de Beauvais serait une perte très fâcheuse et très inopportune.
- Tempête en Tunisie. — Le 20 août dans la soirée est survenue en Tunisie une violente tempête qui a dévasté Sfax et toutes les régions environnantes. Les pluies sont tombées en grande abondance et ont fait glisser les terrains; des grêlons énormes sont également tombés. La voie ferrée a été emportée; les oliviers, les poteaux, télégraphiques ont été arrachés, les récoltes sont perdues. Des cultivateurs ont été foudroyés.
- Le métropolitain de Paris. — La première décade du mois d’août a donné, pour le mouvement des voyageurs et pour les recettes, les chiffres suivants. Voyageurs : 3350710. Recettes : 58o470fr,5o. Du i4r janvier au 31 juillet 1906, g5 122634 voyageurs'ont utilisé le métropolitain et ont fourni 16 520 i37fr,25 de recettes.
- Emploi du sel marin. — On sait que le sel marin a été employé jusqu’ici pour la fusion de la neigej quand il est tombé une certaine couche de neige, on jette une quantité déterminée de sel marin. La neige fond et il s’en suit, après quelques instants, une grande quantité d’eau. M. Trintzins, directeur des travaux municipaux de la ville de Rouen, fait une étude méthodique de dépous-sièrement des routes au moyen du sel dénaturé. Dans la nuit du 10 au 11 juillet, il a fait arroser des chaussées macadamisées, puis il a fait répandre du sel dénaturé avec les machines sableuses. Le n juillet, dans la soirée, par temps courant,' le macadam était recouvert d’une couche cristalline luisante. Le 12 juillet, le malin, une averse enleva une partie de la couche saline; après dessiccation, les chaussées voisines redevinrent poussiéreuses ; la section salée resta faiblement humide et resta ainsi jusqu’au 17 juillet. Ces essais sont intéressants à poursuivre.
- Le déplacement du Gülf-Streàm. — Depuis quelque temps, iüest donné souvent de constater que le Gulf-Stream se livre à des caprices et qu’il lui arrive parfois la fantaisie de modifier sa course. Tout dernièrement encore, on signalait la déclaration du capitaine John Gard-ner,.commandant le « Philadelphia » de la Dominion Line; cet officier de marine américain prétendait, avec preuves
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- à l’appui, que par 4o° de longitude ouest, il avait trouvé le courant d’eau chaude coulant vers l’ouest au lieu de suivre sa direction normale vers l’est. Cela se passait vers la lin de juin dernier.
- Les nègres aux États-Unis. — Le dernier fascicule de Y Anthropologie donne quelques chiffres sur la population de couleur des Etats-Unis; elle comprend 96 pour too de nègres et 5 pour 100 d’indiens. Le nombre total des nègres dans la région continentale est de 8840000, dont les 9/10 au sud de l’Ohio. On remarque que, de 1890 à 1900, dans les grandes villes la proportion des nègres a augmenté plus rapidement que celle des blancs ; clest l’inverse qui se produit dans les petites villes. Enfin, tandis que le nombre des naissances augmente chez les blancs, il diminue chez les nègres.
- Les navires de guerre lancés en 1905. — La
- Marine Rundschau donne un intéressant tableau des navires de guerre qui ont été lancés au cours de l’année îqoS, non compris les torpilleurs : aux Etats-Unis, 7 navires déplaçant au total 99 880 tonnes (cuirassés : Minnesota, Kansas, Vermont, Missisipi, Idaho, croiseurs cuirassés : Washington, Saint-Louis)-, en Angleterre, 7 navires de 91 190 tonnes (cuirassés : Africa, Ilibernia; croiseurs cuirassés: Cochrane, Acliilles, Natal, Warrior, scout : Skirmisher); au Japon, 3 navires de 46 83g tonnes (cuirassés : Kashima, JYatori; croiseur cuirassé : Tsoukouha)', en Allemagne, 5 navires de 363oo tonnes (cuirassés : Ilannover, Pommern; croiseurs : Leipzig, Dantzig, Kœnigsljerg) £en France, 2 navires de 27450 tonnes (cuirassé : Liberté; croiseur cuirassé : Jules Michelet); en Italie, 2 navires de 22069 tonnes (cuirassé : Napoli, transport de charbon : Sterope) ; en Autriche-Hongrie, 1 navire de 10600 tonnes (cuirassé : Erzherzog E'erdinand-Max) ; en Suède, 2 navires de 833o tonnes (garde-côtes : Oscar 11; croiseur cuirassé -.Fylgia); en Russie, 1 navire de i34o tonnes (petit croiseur : Schisvi-netz). Cela fait au total : 14 cuirassés, 9 croiseurs cuirassés, 7 divers, soit en tout 3o navires pour un déplacement total de 343998 tonnes.
- Le premier port du monde. — La Revue Lndo-chinoise donne, d’après un récent livre bleu britannique, quelques chiffres fort curieux d’où il appert que le premier port du inonde — celui où le mouvement général des entrées et des sorties est le plus important — est celui de Hong-Kong, sur la mer de Chine. Voici les principaux de ces chiffres qui expriment des tonnes (et 11e tiennent pas compte d’ailleurs des nombreuses jonques chinoises engagées dans le commerce international) : Hong-Kong, 19204889; Londres, 18 639 15g ; Anvers, 18 189 184 ; New-York, 17 900 168 ; Hambourg, 16 466 63g ; Liverpool, 14716790; Rotterdam, 13597819. Ces chiffres sont ceux de 1903 pour les colonies britanniques et les pays étrangers, et de 1904 pour le Royaume-Uni.
- L’industrie sucrière aux Hawaï. — M. Hamakers, de la llawaiian Sugar Plantées Association a dernièrement publié un intéressant rapport sur cette question dans Y Écho de Chine. L’industrie sucrière date aux Hawaï de 1876 et fut établie à la suite d’un traité de réciprocité qui assura à ces îles l’entrée libre de leurs sucres dans les ports nord-américains. Aujourd’hui le nombre des usines est de 56, l’une d’elle appartenant à une Société dont le capital social est de 2 millions de dollars (10 millions de francs) et pouvant produire 400000 piculs de sucre. La main-d’œuvre, bon marché, est assurée par des Japonais, à l’exclusion des Chinois dont l’entrée a été autrefois interdite dans la colonie. Elle est d’ailleurs réduite, l’outillage des fabriques étant de tout premier ordre et le plus possible automatique. Dans les conditions actuelles les frais d’usine s’élèvent environ à i3 francs par 1000 kg. Quant aux plantations de canne à sucre, leur prospérité est remarquable. Leur surface totale est de 3y34o hectares.
- Étudiants et étudiantes chinois au Japon. — Le
- Rangoon Gazette retrace dans un récent numéro l’histoire des étudiants chinois au Japon. En 1898, il y en avait en tout huit : actuellement il sont plus de 2600. Le gouvernement céleste encourage d’ailleurs ces études à l’étranger en dispensant ceux qui s’y livrent de certains examens préparatoires à l’examen final qui a lieu à
- Pékin et aussi en admettant comme valables, même en Chine, certains diplômes obtenus au Japon. Les jeunes gens qui se livrent à ces éludes ont même eu dernièrement l’honneur d’être solennemenl reçus par la Cour, à la suite de brillants examens. Enfin, beaucoup d’entre eux reçoivent des pensions du gouvernement central des provinces qui leur permettent de vivre à Tokyo. — D’autre part, une école récemment ouverte à Tokyo a pour oflice de donner des connaissances pratiques aux étudiantes chinoises qui en suivent les cours et qui sont au nombre de 20. Leur enseignement comprend les mathématiques, l’histoire, la géographie, la peinture, la gymnastique, le japonais et le chant.
- Jeunes filles microcéphales américaines à Londres.
- — On fait en ce moment à l’hippodrome de Londres exhibition de trois jeunes filles microcéphales qui sont venues de Mexico. Notre confrère anglais Nature donne quelques détails à leur sujet. Elles rappellent les fameux Maximo et Bariola qui firent le tour du monde voici près d’un demi siècle et que Sir R. Owen décrivit à Y Ethnological Society. O11 a dit que ces trois jeunes filles étaient les ultimes représentants d’une race proche-ment apparentée aux simiens. Il faut cependant observer que la microcéphalie n’est pas un caractère ethnique et que malgré leur apparence simiesque, leurs caractères anatomiques n’autorisent nullement un tel rapprochement qui n’a absolument rien de scientifique.
- L’eau dans le Sud-Ouest de 1 Afrique. — Le journal allemand, Hamburger Nachrichten, annonce qu’un grand nombre de sources ont été trouvées dans les possessions allemandes du Sud-Ouest de l’Afrique à des endroits où rien ne faisait espérer une telle aubaine. C’est le professeur Uslar qui a fait ces découvertes et qui, le 26 juin dernier, avait doté 53 emplacements divers de puits plus ou moins abondants.
- La récolte des prunes en 1906. — La production des prunes a une très grande importance dans la région de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) et chaque année le comice de celte ville se livre à une enquête au sujet des probabilités de la récolte. La moyenne, en igo5, était, dans cette région, de 10 kg de prunes sèches par arbre en plein rapport ; elle sera sensiblement inférieure cette année puisqu’on ne peut guère compter que sur 8,600 kg. Néanmoins on escompte pour l’ensemble du département le joli chiffre de 5o465 tonnes de prunes.
- La situation agricole en Sologne. — M. E. Noffray signale dans un récent numéro du Journal de l'Agriculture, combien la situation agricole laisse actuellement à désirer en Sologne. La prolongation inaccoutumée de l’humidité hivernale et vernale jusqu’à fin mai a tout d’abord retardé les ensemencements et les plantations, puis les chaleurs excessives qui ont brusquement suivi ont aggravé ce dommage initial. Les prairies ne donnent par suite qu’un foin peu abondant et de basse qualité; d’autre part les céréales sont aussi fort médiocres, notamment pour les seigles et froments, les orges et avoines de printemps, tandis que les orges et avoines d’hiver sont assez bonnes. Cette médiocrité tient à deux causes, liées étroitement aux conditions climatériques précitées : i° l’échaudage des plantes dans la plupart des terrains de la région; — 20 l’excessif développement des plantes nuisibles. Enfin les plantes de grande culture, pommes de terre, haricots, betteraves, carottes, topinambours, maïs, ne sont pas mieux partagées et sont aussi ralenties dans leur développement. Seule la vigne prospère et justifie l’ancien proverbe : « La qualité du vin tue souvent celle du grain ». Toutefois l’abondance des vignobles n’est pas assez grande en Sologne pour que cette réussite constitue une suffisante compensation à une très mauvaise situation agricole.
- Tremblement de terre en Irlande. — Une secousse sismique a eu lieu le 22 août dans l’après-midi, dans le nord du Donegal, en Irlande. Une forte secousse a ébranlé les mûrs des édifices et lézardé les plafonds.
- Inondations au Sénégal. — A la suite de pluies prolongées, et d’une crue du Sénégal, de grandes inondations viennent d’avoir lieu dans le Haut Sénégal. . Le 25 août, la ville de Kayes a été complètement inondée.; l’eau atteignait 2 m< dans les rues.
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- *>> Outillage <«*
- Rabot universel Stanley. — Le mot d’universel semble bien ambitieux, mais il est certain qu’en pratique cet instrument (que nous avons vu et t'ait fonctionner aux ateliers Markt, 107, avenue Parmentier), est susceptible d’exécuter tous les travaux que, dans la pratique, on demande aux rabots, aux bouvets, aux planes, aux gouges, etc.; non pas seulement parce que sa forme lui permet de recevoir des lames présentant elles-mêmes des profils très variés; mais encore et surtout parce qu’il peut travailler successivement sur différentes parties
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- Différents modes d’emploi du rabot.
- Éléments variés de moulurage et quelques moulures compliquées.
- d’un morceau de bois, en creusant telle moulure, tel évidement, à côté d’un premier évidement, de façon à donner finalement les profils les plus compliqués, au moyen d’opérations aussi peu nombreuses que possible. Nous pourrions ajouter qu’il peut être manœuvré par deux personnes, un ouvrier le tirant, tandis qu’un autre le pousse à la main, comme cela se fait normalement pour les rabots ordinaires : dans ces conditions, il peut attaquer des surfaces relativement considérables.
- Ainsi que le font voir les figures que nous donnons de cet outil, il est relativement compliqué, en ce sens qu’il comporte un assez grand nombre de parties ; mais elles sont d’un montage facile, et, quand le rabot ne sert pas, on peut les masser de telle sorte que l’outil occupe fort peu de place. Cette division en plusieurs parties s’imposait absolument, puisque le rabot doit pouvoir s’élargir d’après la surface sur laquelle on veut travailler, et aussi suivant les dépressions, moulures déjà obtenues dans cette surface que l’on veut continuer à raboter pour telle ou telle combinaison. On peut dire, du reste, que ce rabot remplace toute une série d’outils divers, et il est dès lors naturel qu’il soit un peu plus complexe qu’un rabot ordinaire ne répondant qu’à un usage. Comment élément essentiel,nous voyons le corps principal A du rabot, qui correspond au fut des outils classiques. Ce fût est extrêmement plat et simplifié, parce que l’instrument comprend d’autres parties qui
- remplissent une part des rôles que l’on confie d’ordinaire au seul fût. C’est sur ce' corps principal que se fixent les divers fers, et il en existe un nombre considérable : nous n’en pouvons donner que quelques-uns avec des exemples de ce qu’ils peuvent fabriquer seuls ou en combinaison. Le corps principal porte une lame verticale à saigner, et un guide de profondeur F. Les fers se-règlent de façon très curieuse à l’aide d’une vis moletée, dont la tige porte un petit ergot qui entre dans un trou de la lame et la tire ou la repousse. C’est une clavette conique à vis qui vient claveler le fer, en le maintenant de la manière la plus solide par un plan ménagé au contact de la partie conique et du fer. Qu’on remarque les deux tiges transversales qui solidarisent les différentes parties du rabot, et qui peuvent être fixées soit par le milieu, soit par les extrémités, ou reportées au contraire à droite ou à gauche du corps principal, suivant le travail à exécuter et la position relative que l’on désire donner à ces diverses parties. C’est sur ces tiges que glissent les organes B et C, et aussi les guides I) et E dont nous allons reparler. Tout cela se fixe à la demande, suivant la largeur du fer employé et aussi celle de la pièce travaillée. En outre de la poignée principale montée sur ce que nous avons appelé par assimilation le fût, nous voyons une poignée à côté de chacune des pièces guides, et sur ces poignées latérales 011 peut facilement attacher une corde de traction, puis une autre poignée sur la pièce B, où la seconde main de l’ouvrier conduisant le rabot vient prendre appui. Il va de soi qu’on peut facilement, si on le désire, supprimer toute la paroi E, quand le travail à faire ne réclame pas sa présence, comme c’est le cas, par exemple, dans la figure dessinée ici pour montrer le rabot servant à moulurer. Dans cette figure justement, on pourra remarquer que la partie B est ajustable en profondeur, ce qui lui permet de descendre dans un évidement du bois obtenu par un premier passage du rabot, quand on est eu train de continuer une moulure, en ajoutant un second profil au premier déjà obtenu. A noter également que le guide C est lui aussi ajustable verticalement : il vient se placer devant le fer et sert, soit de base centrale auxiliaire, soit de guide d’arrêt. 11 est curieux, quand on a en main ce rabot, de constater sa plasticité à s’accommoder à toutes les combinaisons, pat-suite du jeu dans tous les sens de ses divers organes. Quand on a exécuté un commencement de moulure répondant à la fois au fer employé et à la surface qu’on peut attaquer .en une seule fois sans exagérer l’effort du travail, on dispose à nouveau les organes de l'outil pour entamer une taille parallèle, en faisant prendre appui aux divers organes dans les gorges ou sur les surfaces déjà travaillées.
- Etifin, ajoutons que le rabot, qui peut se monter pour chaufreiner, a cette particularité que ses deux guides D et E peuvent osciller autour de leur axe longitudinal, de façon à venir porter et prendre appui sur des surfaces inclinées suivant un angle quelconque, du moins jusqu’à 45°. Le guide D possède en outre une vis de réglage latéral de la semelle, pour les travaux délicats, et le guide E peut se renverser, si l’on a affaire à des pièces fi-ès larges.
- Avec un outil de ce genre, un ébéniste ne se trouvera jamais, au cas de réparation d’un vieux meuble, en face d’un genre de moulure qui lui soit impossible à reproduire.
- ^ Divers <r<%
- Séparateur d’œuf. — Il s’agit d’effectuer cette opération culinaire qui demande un certain tour de main, et qui consiste à séparer les blancs des œufs des jaunes, les uns et les autres ayant souvent une destination spéciale en matière de cuisine. Lors même qu’011 sait effectuer cette séparation, il se produit cet inconvénient que le blanc des œufs traités demeure en partie au doigt, ce qui est désagréable, et n’assure pas toujours une propreté parfaite. Ici la séparation se fait automatiquement,
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- et grâce à ce fait que le blanc, la coquille une fois enlevée, ne présente pas d’homogénéité, tandis que le jaune forme une sphère dont la matière n’a pas tendance à se dissocier, tant qu’on n’a pas porté atteinte à son intégrité, celte résistance à la séparation étant particulièrement in-teuse dans les œufs frais. Tout l’appareil séparateur consiste en une sorte de poche faite de métal embouti, et dans la partie inférieure de laquelle sont percées quelques fentes. Si donc on verse tout i’œuf cassé dans la poche^le blanc va sortir peu à peu par c.es feules; tandis que le jauue, continuant de demeurer en une sphère massive, ne pourra point sortir; et il suffit d’attendre un court instant pour que tout le blanc, en dépit de sa viscosité, tombe dans le récipient qu’on aura placé sous la poche. — L’appareil est de fabrication américaine, il se vend chez MM. Markl, 107, avenue Parmentier, à Paris, et, comme il est inoxydable, il est susceptible d’un très long usage.
- Porte-serviettes pliant. — On pourrait tout aussi bien dire séchoir à linge, ou même séchoir pour toutes espèces d'objets, son grand avantage étant le peu de place qu’il lient, une fois replié, par rapport surtout au grand développement qu’il offre ensuite pour étendre les objets à sécher. 11 comporte d’abord une planche qui se place le long d’une muraille, et qui sert de châssis à l’instrument même, en permettant à une monture qui supporte les extrémités non libres des dix branches, de glisser verticalement de bas en haut ou en sens contraire. Quand cette monture est dans sa position inférieure, les dix branches se trouvent elles-mêmes presque verticales et appliquées le long de la planche : il faut dire que, pour qu’elles soient obligées d’être ramenées
- Porte-serviettes pliant.
- dans celte position par la descente de la monture, elles passent par en haut dans une seconde monture ressemblant à un râtelier, et où chaque branche glisse dans une ouverture ad hoc. Quand ensuite la monture inférieure a glissé jusqu’à sa position supérieure, les branches se trouvent amenées dans une situation horizontale, prenant appui d’une part sur la monture la plus petite autour de laquelle elles pivotent, et d’autre part dans les ouvertures de la monture supérieure, c’est-à-dire celte fois « extérieure ». Ces branches sont radiales, elles s’écartent les unes des autres, de manière à laisser bien circuler l’air autour des serviettes, des objets qu’on placera sur elles pour les faire sécher. Ainsi donc l’encombrement est extrêmement minime quand les branches sont repliées, ou plus exactement ramenées à leur position verticale, tandis que la surface de séchage est très grande après ouverture de l’appareil. Tout est fait de métal galvanisé ou de bois huilé, et l’humidité ne peut rien endommager. Du reste les branches sont résistantes malgré leur porte-à-faux, en raison des deux points d appui qu’elles possèdent.— L’appareil est vendu, 107, avenue Parmentier, à la maison Markt.
- Dispositif pour percer rapidement de grands trous dans des tôles, — On le recommande comme assurant une opération beaucoup plus rapide, et bien moins fatigante pour la machine à percer, que les fraises ordinaires. Nous en donnons, d’après Work, un dessin qui fait bien comprendre la disposition du petit outil, qui doit être fabriqué en acier trempé à l’air, et naturellement de la dimension convenable pour le trou que l’on veut percer. La partie coupante est constituée par les deux lèvres plates A; pour un tro\i de 67 mm. par exemple dans une tôle épaisse de i5 à 16 mm., la lon-
- gueur de ces languettes devra précisément être de i5 à 16 mm. également, et le petit tourillon aura 3a mm. environ. On comprend découper la tôle, sans eu fraiser la matière même, le découpage se faisant suivant l’anneau du pourtour du trou à creuser. On commence naturellement par creuser suivant les procédés ordinaires le petit trou G, qui ne demande ni grand effort ni beau-coupde temps, par suite même de ses dimensions. Et c’est dans ce trou qu’on vient loger le bout de B, qui va servir de pivot jusqu’à la fin de l’opération. C’est en tournant dans ce trou, que les lèvres coupantes, dont la forme est indiquée par la section H, vont venir tracer dans le métal un chemin qui ira continuellement en s’approfondissant, et qui Unira par détacher une rondelle F, le métal étant complètement enlevé en E. On s’aperçoit que le travail est achevé quand la tranche G vient toucher le métal.
- Tondeuse mécanique. — Bien que les tondeuses en elles-mêmes se soient étrangement perfectionnées, et que presque jamais on 11’emploie plus les ciseaux, dont les anneaux meurtrissaient les doigts et imposaient un véritable effort, qui devenait très pénible s’il se prolongeait longtemps, il est évidemment intéressant, utile de commander cet outil mécaniquement, partout où la tonte doit être faite d’un certain nombre d’animaux de façon successive. On a inventé dans ce but des moteurs électriques, mais ils ne sont pas susceptibles encore de se multiplier beaucoup à la campagne; et c’est pour cela qu’il suffit le plus souvent de posséder une tondeuse du type de celle que nous signalons aujourd’hui. La commande en est réalisée au moyen de cet appareil de transmission si commode et si remarquable qu’on appelle un flexible, et dont on est resté si longtemps à ne tirer aucun parti en dehors des cabinets de dentistes. Le câble flexible reçoit son mouvement de rotation, par un bout, d’un pignon solidaire d’une petite roue qui est à son tour actionnée par courroie; l’autre bout du flexible est monté dans la monture de la tondeuse, oi'i son mouvement de rotation se transforme en mouvement alternatif, pour assurer le déplacement alternatif lui-même de la lame active de la tondeuse. Le flexible pouvant tourner quels que soient les coudes qu’il forme, on peut sans peine porter la tondeuse sur toutes les parties du corps de l’animal qu’on désire tondre. Quant à la courroie de commande, elle passe sur une grande poulie à gorge qui est mise directement en rotation par la mani-
- tout de suite qu’il s’agit de
- Vue du dispositif.
- Tondeuse mécanique.
- velle que tourne l’aide du tondeur : l’effort à fournir est suffisam ment faible pour ne pas exiger d’autre engrenage de transmission. Une tige horizontale soutient à son extrémité la roue et l’engrenage d’où partie flexible; et, comme l’appareil est sur pivot et que cette tige comporte à son autre bout une sorte de poignée, par l’intermédiaire de celle-ci, l’aide peut orienter tout l’appareil suivant les besoins. On fait le flexible d’une longueur de 1,80 m., suffisant même pour la tonte des chevaux; la poulie-roue motrice à 0,67 m. de diamètre, et, quand elle tourne à 80 tours à la minute, la tondeuse donne 3ooo coups. — L’instrumént se vend dans la maison Roux, 54, boulevard du Temple, à Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les 1 faits d’un intérêt générai qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — M. J. Castner, à Berlin, nous envoie une Note intéressante, relative à La fermeture de culasse à ris arec obturation plastique et la fermeture à coin arec obturation par la douille métallique. Bans ce travail, l’auteur, se basant, sur des laits et des données numériques certaines, examine les avantages et les désavantages de ces deux modes de fermeture. Il montre que ce sont surtout pour des raisons historiques que l’artillerie de certains pays s’en tient à la fermeture à vis, bien que ses désavantages y soient connus et concédés, et il conclut en faveur de la douille métallique et de la fermeture à coin. Le canon avec cette fermeture comporte, il est vrai, un poids un peu plus élevé du canon et des munitions et une longueur un peu moindre de la partie rayée du canon, mais ces deux défauts sont pratiquement sans importance. Selon lui, les inconvénients de la fermeture à vis, avec obturateur'plastique, comparée avec la fermeture à coin, avec obturation par la douille, ne ressortent jamais si clairement que lorsqu’on discute la question de la sécurité du service. Le principe de construction de la fermeture à vis expose au danger d’un départ prématuré du coup, et l’emploi des gargousses à sachets dépourvues de douilles métalliques à l’inflammation prématurée de la charge, due à des résidus de sachet brûlant encore, inconvénients qui ne sauraient être supprimés dans la construction. Au contraire la fermeture à coin avec gargousse métallique réaliserait entièrement les meilleures conditions de sécurité pour le service.
- Renseignements. — M. J. B., à Beaumont-du-Péri-gord. — Les deux systèmes de manchons à incandescence dont vous parlez, ont tous deux des qualités qui ne permettent pas de préférer l’un à l’autre a priori.
- M. A. Juffiére,, à Palissy. — i° La lettre dont vous parlez ne.nous est pas parvenue. — a0 Les adresses que vous demandez ont été indiquées en tète de la Boîte aux Lettres du n0’1724, du 9 juin 1906'; veuillez vous y reporter.
- Un Lillois. — Les pâtes pour nettoyer les métaux sont nombreuses. En voici une entre autres : 1 kg de glaise soigneusement pétrie et tamisée, a5o gr. de ponce impalpable, a5o gr. de brique finement pilée; pétrir le tout en ajoutant de l’eau contenant de la farine ou de l’amidon délayé; on forme avec cette pâte des pains dont la forme est déterminée par les récipients où on la recueille.
- Maison de santé d’Ettelbruck. — Il existe des couleurs préparées à l’usage que vous indiquez chez tous les marchands de ces produits. Vous pourriez vous adresser à la maison Lefranc et G1", 18, rue de Valois, à Paris.
- M. lîeynaud, à Marseille. — Nettoyage des cadres dorés, prenez : eau de Javel, 20 gr., blanc d’oeuf, 20 gr.; frottez le cadre avec ce mélange, légèrement, puis essuyez avec un tampon d’ouate, en tamponant légère- ; ment.
- M. IL de Thierry, à Paris. — i° Lorsque l’on dit qu’une lorgnette ou qu’un microscope ou tout autre instrument d’optique grossit 20, 10, ou n fois, cela
- signifie qu’une longueur donnée apparaît avec une dimension 20, 10 ou n fois plus grande qu’en réalité. En un mot, l’agrandissement est linéaire et non superficiel. Dans les cas ci-dessus l’agrandissement superficiel serait 202, io2 ou n2. 20 Nous publierons ces renseignements dès qu’ils seront connus, les résultats n’àyant pas encore été publiés.
- M. J. B. Maitey, à Bourges. — Il y a à Paris plusieurs écoles d’électricité, mais elles sont toutes payantes. Les . écoles sont ': Ecole supérieure d’électricité, 14, rue de Staël ; École d’électricité et de mécanique, 5o, rue Violet; Ecole Bréguet, 81, rue Falguière.
- M. Ch. Delécluze, à Meaux. — La préparation de la cire à mouler se fait facilement de la manière suivante : mettre de la cire vierge dans un récipient en terre, que
- l’on place ensuite sur un feu doux ; lorsque c’est bien fondu, on ajoute un peu de céruse en lamelles, en remuant bien, et suivant une proportion de 35 gr. environ de céruse pour 5oo gr. de cire. 11 est recommandé de faire refondre plusieurs fois avant emploi.
- M. M. Mougeron, à Bucilly. — Vous trouverez chez M. Ch. Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas, à Paris, de nombreux ouvrages relatifs à la photographie, ouvrages d’ensemble ou de détail.
- M. J. Cassier, à Concressault. — x° La question que vous indiquez n’a pas été traitée dans La y attire. — 20 Nous n’avons pas trouvé dans votre lettre les timbres annoncés que nous ne pouvons donc pas vous retourner.
- M. L. Waielin, à Campagnac. — Nos renseignements se bornent à ce que nous avons publié en chronique le i3 juillet 1901, p. 110, mais peut-être le D‘ Laborde, 112, boulevard Voltaire, à Paris, pourra-t-il vous donner l’adresse de l’inventéur dont il a présenté l’appareil à l’Académie de médecine.
- M. II. Michel, à Moscou. — i° L’enveloppe annoncée par votre lettre n’y était pas jointe. — a° Pour la persi-caire de Sakhaline, veuillèz vous adresser chez MM. de Wilmorin, 4, quai de la Mégisserie à Paris.
- M. F. Andrea, à Zurich. — Veuillez consulter le Manuel Roret du Tanneur, 2 vol. 6 francs, librairie Mulo, 12, rue ilautefeuille, à Paris.
- M. L. C., à Marseille. — Pour des télémètres, adressez-vous à la maison Barabau, 175, rue Saint-Honoré, à Paris.
- M. Al. Prost, à Paris. — L’article que vous indiquez ne parle pas, comme vous semblez le dire, d’une installation industrielle existante ou projetée, il signale simplement la possibilité d’utiliser des déchets jusqu’ici encombrants. Nous ne pouvons donc vous donner aucune adresse.
- M. Cl. Vares, à X. — Nous avons lu avec intérêt votre observation au sujet de l’aéroplane Vuia. L’équilibre serait évidemment plus stable avec deux hélices, mais ce dispositif aurait pour inconvénient de compliquer le mécanisme et d’augmenter le poids de l’appareil.
- M. V., à P. — i° Vous trouverez à la librairie L. Mulo, 12, rue Ilautefeuille, à Paris, un excellent Manuel de Y Alimentation (2 vol. 6 francs) dont le 2“ volume est entièrement consacré aux conserves alimentaires. — 20 Le traité à.'Apiculture de Hommell (librairie J.-B. Baillière, 19, rue Hautefeuille, à Paris) contient un chapitre entièrement consacré au miel et à la technique de sa fabrication.
- M. Kœchlin fils, à Vallon. — Vous trouverez certainement le moteur électrique que vous désirez aux adresses suivantes : MM. Radiguet-Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris ; M. Brianne, 2 ter, boulevard Saint-Martin; M. Richard Iieller, 18, cité Trévise, à Paris.
- M. A. Valitier, à Naples. — Pour des imitations de porcelaines anciennes, Nevers, Rouen, Sèvres, etc., veuillez vous adresser à la maison Sarnson, 3o, avenue de l’Opéra, à Paris. Pour la cuivrerie d’art, en imitation ou en vrai, renseignez-vous auprès des maisons Garnier frères. 3o, boulevard de la Bastille, à Paris, Bricard, 3g, rue de Richelieu, à Paris.
- M. E. Jamin, à Strasbourg. — Le calendrier perpétuel décrit dans notre n° 1649 du ‘^I décembre 1904, p. 74, est en vente chez M. Bourdilliat, 22, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Ch.
- Matlon, à Fournier. Nous avons signalé ce fait à plusieurs reprises dans notre Bulletin météorologique. Veuillez vous y reporter. — M. L. Magne, à Féiou. La question ne peut être résolue que par examen sur place par un architecte ingénieur. — M. II. Deshons, à Crépy-en-Valois. Voyez cette indication dans le recueil de Recettes et procédés utiles, 2e et 4e séries à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — Mm° Ch. Maudelardot, à Paris. Veuillez consulter le même recueil, 4° série. — M. J. Castner, à Berlin. Remerciements pour votre communication.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5ora,3o). Bureau central météorologique de France.
- VENT PLUIE EN
- OBSERVATIONS THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE ÉTAT DU CIEL ’ OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 7 HEURES IU MATIN DE’O A 9 MILLIMÈTRES
- Luudi 20 août.... ' 10° 5 S. S. E. 1. Beau. » Rosée , Brumeux ; Beau.
- Mardi 21 tr.o S. S. W. .0. Beau. » Rosée; Brumeux; Beau.
- Mercredi 22 iO'hO ' S. E. 2. Beau. » Rosée ; pas trace de nuage.
- Jeudi 23 17°,8 S. 1. Peu nuageux. 0,0 Rosée; Brumeux; Balo; un coup de tonnerre au S.-W. à
- 18 B. 35; gouttes à 23 B. ; Beau. ' a
- Vendredi 24 16 ,0 E. 0. Nuageux. 7,7 Rosée; très nuageux; pluie de 18 h. 40 à 19 li. 05.
- Samedi 25 151 2 S. S. W. 3. , Couvert. 0,3 Couv. jusqu’à 15 B. ; nuageux ensuite ; pluie de 15 B. 10 à 15 B. 25.
- Dimanche 26 n\o S. s. w. 1. Beau. » Rosée ; peu nuageux le matin ; très nuag. le soir.
- AOUT 1906. — SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 AOUT 1906.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent, courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a élé encore assez chaud, dans la semaine du 20 au 26 août 1906. Le 20 août, nue pression barométrique supérieure à 765 mm couvrait l’Ouest et le Centre de l’Europe; ou observait un •maximum de 771 mm eu Bretagne. Un vent modéré de l’Ouest avec mer agiLée a souillé sur toutes nos côtes; en Gascogne et eirProvence, il était faible du Nord-Est. Il n’y a pas eu de pluie en France. La température a baissé dans le Nord; elle était le matin ro° à Paris, io° à Nantes, 220 à Nice, 2,4° à Alger. La température moyenne qui était de i4°,b a été inférieure de '.>.P,8 à la normale. Le 21 août, le baromètre marquait 769 mm à Paris. On a signalé de mauvais temps et des cyclones en Scandinavie. En France, le temps a été beau. La température était 140 à Paris, i5° à Lyon, i.6° à Dunkerque, i3° au mont Aigoual, io° au Puy de Dôme, 3° au Pic du Midi. La température moyenne a été i8°,6, supérieure de i°,4 à la normale; le maximum 23°,3 a été obtenu à la Tour Eiffel le 21 août à 4 heures du soir. Le 22 août, la pression barométrique était en baisse sur nos régions. On a signalé des mauvais temps d’Onest sur la mer Baltique; en France le temps est resté beau. La température a été très élevée; le matin on notait 190 à Brest, 200 à Paris, 210 à Toulouse, 25e* à Biarritz, io° au Pic du Midi, 160 au mont Aigoual, 190 au Puy de Dôme. La température moyenne a été de 21°,9, supérieure de 4°>7 à la normale. De 1’ h. 1/2 jusqu’à 6 heures, ou a observé à Paris plus de 3o°. C’est un maximum qui a lieu' généralement pour la température d’août. Le 23 août, la pression barométrique varie
- mire 762 et' 766 mm sur. la moitié Sud du continent. La nier a été belle sur toutes nos côtes ; un léger vent du Sud-Ouest.a eu lieu sur la Manche. La température a été très élevée; elle était le matin 180 à Paris, 190 à Lyon, 220 à Nice, 24° à Alger, 180 au Puy de Dôme, io° au mont Mounier. Lé 24 août, la pression barométrique se relève daus l’Ouest du continent et atteint 767 mm à Biarritz. La mer a été peu agitée; on a signalé en P’rance des ondées sur le littoral de la Manche et de l'Océan, et des orages en Vendée et à Nancy. Dans la région parisienne, il est tombé quelques gouttes de 8 heures à 11 heures du matin. Le thermomètre marquait 16° à Paris, i9° à Nantes, 210 à Biarritz,, 220 à Lyon, 25° à Al.gèr, i3° au Puy de Dôme, i3° au mont Aigoual, 8° au Pic du Midi. Le. 25 août, sous l'influence d’une dépression sur les Iles Britanniques, un vent fort du Sud-Oupst a soufflé sur les côtes de la Manche ef de la Bretagne. La pression est restée élevée sur les régions du Sud-Ouest, avec vent faible. Il a plu à Paris (8 mm d’eau), à Calais (4 mm), au Havre (2 mm), à Cherbourg (2 mm), à Nancy (1 mm). La température était le malin i5P à Paris, 170 à Brest, 190 à Lyon, 22° à Perpignan, 240 à Alger, io° au Puy de Dôme, xo° au mont Mounier, 70 au Pic du. Midi. Le 26 août,-une forte hausse barométrique s’est produite sur l’Ouest de la France; on note 770 mm à Nantes. Le veut s’est calmé sur les côtes de la Manche et de la Bretagne.. On a signalé beaucoup d’averses dans le Nord de la France. La température était le matin 1.40 à Paris, ï6° à Belfort, 190 à Clermont, 23° à Perpignan, 24° à Livourne.:
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 20 à I h. m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E.-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cio, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1737 (8 SEPTEMBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- INFORMATIONS
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- La coupe du « Matin ». — L’importante épreuve automobile organisée sous ce nom et consistant en un parcours de booo km à uue vitesse non supérieure à i5 km par heure, a été accomplie par 3i voitures automobiles, sur 46 parties de Paris. Les 7 vainqueurs, qui ont à se partager le prix de a5ooo francs, sont MM. Pelle-grin, Bardin, Paquette, Sire, Dumont, Didier et Rénaux. MM. Pellegrin, Bardin et Didier conduisirent 3 voitures de Dion-Bouton, l’une mono-cylindrique de 8 chevaux, la deuxième de 12 chevaux à 2 cylindres, et la troisième de 24 chevaux à 4 cylindres. Nous ne pouvons entrer dans tous les détails de cette course dont les résultats sont merveilleux. Il est en effet dès aujourd’hui nettement établi que l’industrie automobile est une industrie capable de fabriquer des voitures et tous leurs accessoires pouvant circuler sans peine avec des charges relativement faibles et à des vitesses élevées. Ajoutous que cette longue épreuve a permis d’enregistrer les succès des pneumatiques, des anti-dérapants, des roues. L’épreuve des 6000 km a été à tous égards des plus importantes et des plus précieuses pour l’industrie automobile.
- Snkhaline ou Karafuto? —Le Siam Observer signale une curieuse conséquence de la guerre russo-japonaise : la disparition de Sakhaline, tout au moins en tant que uom géographique. L’un des premiers actes du gouvernement japonais, au lendemain de la prise de possession, fut en effet de modifier toutes les dénominations de l’île et de ses parties; ainsi Sakhaline est devenue Karafuto, forme populaire vicieuse dérivée de deux mots Kaba et futo signifiant massif des bouleaux. A propos du détroit de Tartarie qui change également de nom, notre confrère rappelle l’anecdote historique suivante : l’existence de ce détroit qui sépare Karafuto de la terre ferme était si bien tenue secrète par le Japon, alors absolument fermé, qu’en 1855, lors de la guerre de Crimée, la flotte anglaise, opérant sur les côtes sibériennes, s’imagina avoir bloqué la flotte russe dans un cul-de-sac.
- Le collège des sciences de Dulwich. — Le fameux collège des sciences de Dulwich, qui fut fondé en 1619 par Edward Alleyn, va être agrandi dans de vastes proportions. La première pierre des nouveaux locaux vient d’être posée par Lord Rayleigh ; les nouvelles constructions coûteront environ 5ooôoo francs, elles comprendront des salles de physique et de chimie, avec des laboratoires admirablement outillés, des musées, des salles d’exposition, des amphithéâtres qui seront agencés d’une manière toute particulière. Ce collège est un des instituts scientifiques les plus anciens de l’Angleterre ; il contient, en dehors de. ses musées et collections pour
- l’étude des sciences, une splendide galerie de tableaux que lui légua, en 1812, le peintre sir Françis Bourgeois.
- Les migrations des anguilles de la Baltique. — La
- Revue maritime signale que le gouvernement danois a fait entreprendre dans le petit Belt, sur les indications et. sous la direction de M. Pétersen, directeur de la station biologique de Copenhague, une série d’expériences relatives aux migrations des espèces de la Baltique. Ces expériences ont pour but de réaliser un dispositif empêchant les anguilles de passer de cette mer dans l’Atlantique, ce qu’elles font chaque année avant l’époque de la fécondation, au grand préjudice des pêcheurs danois, d’autant plus que cet exode est définitif et qu’elles 11e reparaissent jamais dans la Baltique. ]\I. Pétersen utilise ingénieusement la répugnance que ces poissons manifestent à se déplacer autrement que dans l’obscurité. Une cinquantaine de lampes électriques sont disposées sur un câble immergé entre l’île Fano et la côte de Fionie et allumées dès que le temps est sombre, de façon à constituer une barrière de lumière. Il sera intéressant de connaître le résultat définitif de cctle tentative curieuse, extension du procédé des torches, employé depuis un temps immémorial dans certaines pêcheries italiennes.
- Contre la maladie du sommeil. — Le roi Léopold II vient de fonder un prix de 200000 fraucs attribuable, sans distinction de nationalité, à quiconque découvrira, le remède de la maladie du sommeil. En même temps, un crédit de 3ooooo francs est ouvert en vue d’effectuer et de favoriser les recherches sur cette maladie, au point de vue de son traitement et de sa prophylaxie.
- Le bétail au Cliari. — C’est sur la rive Est du Chari que s’étend la principale région d'élevage de nos possessions, sur une longueur de 35o km. L’élevage est pratiqué par les Arabes et par les Peuls, ceux-ci élevant pour le compte des premiers. Les vaches se répartissent en deux races types, la race Peul, zébu à pelage brun ou noir, quelquefois blanc, et à cornes moyennes, légèrement aplaties et courbées en arc, et la race arabe, présentant les mêmes caractères, mais des cornes courtes, droites, peu arquées; ces deux types, qui sont d’assez petite taille, sont d’ailleurs équivalents comme qualités. M. Courtet, de la mission Chari-Tchad, à qui nous empruntons ces détails, signale que dans le Dekakiré, un troisième type s’adjoint aux précédents, c’est un grand zébu, de la taille de nos plus forts taureaux, avec des cornes longues et fortes et que l’on rencontre également au Sénégal et dans le Haut Sénégal. Enfin, on a observé aussi une autre petite race sans bosse, et un
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- INFORMATIONS
- type de bœuf dit du lac Tchad, sans bosse, à grosses cornes, aussi grand que le grand zébu, et surtout utilisé comme bête de somme. Le principal ennemi de tous ces troupeaux est une mouche tsé-tsé qui pique comme un taon et qui est surtout abondante dans les régions boisées et humides; ils ont aussi à se défendre contre un moucheron qui s’attaque aux paupières du bétail adulte.
- La pêche hollandaise dans la mer du Nord et dans le Zuiderzée.— Le vice-consul de France à Rotterdam a fait dernièrement un rapport intéressant à ce sujet. Dans la mer du Nord, la pêche principale des Hollandais est celle du hareng qui, en 1904, armait 774 bateaux, presque tous à voiles, comportant un équipage de plus de 9500 hommes. La majeure partie de la flotte appareille vers le milieu de juin, et dès juillet toutes les embarcations sont à la mer ; la campagne dure jusqu’au début de décembre. Le premier lieu vers lequel on se porte est le voisinage des îles Shetland, à la hauteur de Lerwick. De juin à décembre 1904 cette pêche a produit : 767830 barils de harengs salés, 3o oa5de harengs frais, total 797 855 barils, ce qui, à 8a5 ou 875 pièces par baril fait environ 674 millions de harengs. L’année 1903 avait été encore plus fructueuse, et avait rapporté 730 millions de harengs. La valeur pécuniaire de la pêche de 1904 a été au total de 7888475 florins (près de 16 millions de francs). En 1902 elle a atteint jusqu’à 23 millions de francs. A côté de la pêche aux harengs, il faut mentionner : la pêche à la ligue de fond, qui tend à diminuer et qui approvisionne le marché de cabillauds, lingues, aigrelins, plies, etc. ; et la pêche au chalut, dont le principal centre est à Ymuiden : elle armait une cinquantaine de bateaux en 1904 et a rapporté pour la même année 1 5ooooo florins, soit plus de 3 millions de francs. Sur le Zuiderzée la pêche est effectuée par plus de 2000 petites embarcations, montées chacune par deux ou trois hommes ; leur principal emploi est la pêche des anchois qui rapporte en moyenne 800000 florins par an (1 700000 francs). Cela représente 7000 ancres (l’ancre égale à peu près 5o kg) par an. Tiennent ensuite le hareng (5ooooo florins par an) qui se vend frais ou fumé, jamais salé, puis enfin le saumon dont il se vend en moyenne de 25 à 3oooo têtes par an.
- Tremblement de terre. — On a ressenti le 28 août, dans la matinée, plusieurs secousses de tremblement de terre à Matloek dans le Derbyshire, en Angleterre. Le
- 30 août, de nouvelles secousses sismiques, ont eu lieu au Chili depuis Tacna et Arina jusqu’à la frontière; la première secousse a duré trente secondes. Enfin le
- 31 août, on signalait que plusieurs secousses de tremblement de terre avaient été ressenties à Addis-Ababa, en Éthiopie.
- La sécheresse. — Le 28 août, à Mende, pour la première fois, le lit du Lot s’est trouvé complètement à sec pendant quelques heures, en amont de la ville, sur une longueur de 200 mètres environ.
- Incendies de forêts. — Plusieurs incendies de forêts, dus à la sécheresse, viennent d’avoir lieu. Les plus importants ont éclaté dans les Vosges et dans la Savoie. La forêt domaniale à Gérardmer a été ravagée sur une surface d’un hectare. L’incendie de la forêt de Bissorte, en Savoie, s’étend sur 10 km ; la voie est encombrée par les troncs de sapins enflammés. On a signalé d’autres incendies dans l’Aude, en Saône-et-Loire, à Toulon et à Pessac près de Bordeaux.
- Fontaine lumineuse gigantesque à Vienne. — Il va
- être inauguré prochainement à Vienne, en Autriche, une gigantesque fontaine lumineuse qui sera certainement la plus grande du monde. Cette œuvre est installée sur la Schwarzenbergplatz ; les travaux hydrauliques et l’installation électrique sont fort remarquables. Les machines élévatoires et celles destinées à produire la lumière sont montées dans une immense chambre en ciment et béton armés disposée sous la fontaine. La puissance d’éclairage est évaluée à 900 millions de bougies; elle est .produite par 27 lampes à réflecteurs pouvant donner 70 effets lumineux différents, à raison de 3 effets à la minute.
- Actions chimiques du radium. — Deux savants italiens, MM. Bellini et Vaccari ont étudié quelques-unes des actions chimiques provoquées par le bromure de radium. Ils ont constaté que, sous l’influence des radia-
- tions de ce corps, les solutions d’acide iodhydrique sont décomposées plus rapidement qu’elles ne le sont d’une façon spontanée; les iodures de propyle et d’isopropyle en solution chloroformique sont décomposés très nettement en plusieurs jours, alors qu’ils ne subissent aucune modification dans les conditions normales ; enfin les radiations n’exercent aucune action sur le nitrate d’uranyle et l’acide oxalique, sur le nitroprussiate de sodium et le perchlorure de fer, ni sur le mélange d’hydrogène et de chlore.
- Le chlorage de la laine. — Le chlorage de la laine est une opération industrielle pratiquée en teinture et en impression; mais on n’avait pas jusqu’ici recherché d’une façon systématique les effets produits par cette opération. MM. Léo Vignon et J. Mollard viennent de constater que la laine soumise, dans certaines conditions, à l’action du chlore, acquiert des propriétés nouvelles : elle perd de son poids; son élasticité et sa ténacité sont en général diminuées. La laine se mouille et se teint plus facilement en donnant des nuances plus foncées et plus brillantes; enfin elle est devenue sensiblement irrétrécissable. Il ne paraît pas y avoir combinaison directe de la laine et du chlore; mais ce dernier agent doit se porter sur la substance organique en donnant naissance à de l’acide chlorhydrique, à des phénomènes d’oxydation, etc., qui modifient la molécule chimique et lui communiquent ses nouvelles propriétés.
- Utilisation des mélasses. — On sait que les jus sucrés renferment différentes substances azotées provenant de la betterave qui les produit; 3o pour 100 de cet azote passent dans les écumes de défécation qui sont utilisées comme engrais; 3o à 40 pour 100 sont entraînés pendant l’évaporation des jus sucrés à l’état d’ammoniaque et sont perdus; 20 pour 100 environ restent dans les mélasses. M. Vincent avait imaginé, pour utiliser l’azote des mélasses, un procédé consistant en principe à en extraire les méthylamines qui étaient transformées ultérieurement en chlorure de méthyle et ammoniaque. M. Dessau vient de préconiser une nouvelle méthode dont le but est de transformer les matières azotées en cyanures et ammoniaques. Les mélasses sont évaporées à sec, puis calcinées ; les gaz qui se dégagent sont surchauffés vers 10000; de cette façon, on obtient des gaz assez riches en acide cyanhydrique et en ammoniac, lesquels proviennent vraisemblablement de la décomposition des méthylamines par la chaleur. La composition des gaz recueillis est la suivante : Acide cyanhydrique, 7 pour 100; ammoniaque 7, carbures d’hydrogène 8, hydrogène 12, oxyde de carbone 18, acide carbonique 24, azote 24 pour 100. L’absorption de l’acide cyanhydrique et de l’ammoniaque se fait par un procédé gardé secret, mais qui consisterait à absorber tout d’abord l’ammouiaque par l’acide sulfurique, puis l’acide cyanhydrique par une liqueur alcaline.
- L’industrie sucrière à Cuba. — Dans une étude assez récente, publiée par le Journal of the Society of Chemical IndusUy, M. W. D. Horne fournit des résultats intéressants sur l’état de l’industrie sucrière à Cuba. La production sucrière du monde est d’environ 12 millions de tonnes de sucre brut; Cuba en fournit environ 1 million. Presque tout le sucre fabriqué dans celte île est envoyé aux Etats-Unis pour être raffiné. L’importation du sucre de Cuba constitue à peu près 40 pour 100 de l’importation totale. Celle-ci se décompose de la
- façon suivante :
- Importation de Cuba. ...............x 101 611 tonnes.
- — de Porto-Rico, Hawaï,
- Philippines.......... 5i5oq8 —
- Importation d’autres contrées. . . . 438 383 —
- Les Etats-Unis fabriquent du sucre
- de canne.........•................ 355 402 —
- Les Etats-Unis fabriquent du sucre .de betterave................. 220722 —-
- 2 63i2x6 tonnes.
- L’industrie de la canne à sucre a eu beau» oup à souffrir de l’insurrection cubaine de x8g5. Avant cette date, il y avait x8o sucreries fabriquant du sucre brut, tandis qu’en 1897, il n’y en avait plus que 77. L’auteur a constaté que les sucreries étaient parfaitement installées et que le contrôle chimique des opéi'ations s’y fait d’une manière normale et scientifique.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- Appareils divers
- Soupape de purge pour conduite de vapeur. —
- Cette soupape a été minutieusement étudiée et soumise à des essais pendant longtemps par ses constructeurs (MM. Baird and Tatlock, 45 Renfrew Street, Glasgow), et elle semble donner d’excellents résultats pratiques. Si l’on se reporte au dessin en coupe et un peu schématique que nous en donnons, on verra en P l'orifice d’entrée de la vapeur ; si rien ne se modifiait dans la position des organes, indiquée par le schéma en question, la vapeur qui pénétrerait par cet orifice viendrait passer par la soupape ou le passage annulaire qui se montre en
- Soupape de purge.
- F, et elle s’échapperait par l’orilice de vidange qui se trouve en O, et qui conduit effectivement à la vidange de l’eau, quand il se collecte de l’eau, comme nous allons le voir.
- Mais le tube sur lequel est montée la valve pouvant fermer l’espace annulaire F, est rempli en réalité d’une matière qui a un coefficient de dilatation remarquable ; et quand ce tube et son contenu sont chauffés par la vapeur, il se produit une expansion suffisante pour fermer complètement la valve annulaire, et empêcher par suite la vapeur d’aller se perdre par O. Y a-t-il, au contraire, entraînement d’eau par la vapeur, et dépôt d’eau dans, la soupape, en avant et autour de la valve annulaire ? la présence de cette eau suffit pour amener un refroidissement notable, et pour faire revenir en arrière et le tube portant la valve, et la valve, qui se trouve laisser passage à l’eau collectée. Cela d’autant plus que l’arrière du tube est muni d’un ressort de rappel qui facilite ce mouvement. L’eau se purge par l’orilice O. Mais dès qu’ensuite l’eau sera remplacée par de la vapeur, le phénomène de réchauffement et d’expansion se produira à nouveau, et la fermeture de la soupape F s’effectuera convenablement. Du reste, les choses sont disposées de telle sorte que la pression de la soupape sur son siège demeure toujours dans des limites raisonnables.
- Nouveau type de robinet. — Ce robinet à boisseau pourrait être appelé du type renversé, comme le montre un simple coup d’œil jeté sur le dessin en coupe que
- nous en donnons. La noix de cet appareil est tronco-nique, comme c'est l’usage, mais le diamètre le plus petit de ce cône se trouve en haut. D’autre part, la noix n’est pas maintenne par une vis, par un écrou, mais bien par un ressort qui vient agir sous la partie la plus large de cette noix. Ce ressort porte, par en haut, sous une virole métallique munie d’une pointe qui prend appui sous le centre du boisseau, et il est logé, par en bas, dans l’évidement d’un chapeau métallique qui vient se visser, comme on le voit, dans un manchon fileté dépendant de la monture du robinet. Les constructeurs affir-meiit que, dans ces conditions, la noix ne saurait se coincer à l’intérieur du boisseau sous l’influence d’une expansion irrégulière du métal du robinet. La forme de la portée de la noix, à l’intérieur de la partie supérieure du boisseau, a du reste été minutieusement étudiée pour empê-
- cher tout autre mode de coincement. Enfin le démontage elle montage du robinet seraient particulièrement faciles, et, comme le frottement est très faible, l’usure serait réduite au minimum. — Les fabricants sont MM. Millar, Dennis and C°, de Bradford, en Angleterre.
- Mandrin à clef de serrage. — Le serrage d’un foret, d’une mèche dans un mandrin, sans être jamais une opération compliquée, du moins demande souvent l’usage des deux mains : et il est bien des circonstances où cette nécessité constitue une vraie gêne. C’est pour remédier à cet inconvénient qu’a été inventé le mandrin
- Mandrin à clef de serrage.
- porte-foret Jacobs, qui est en vente, 54, boulevard du Temple, chez MM. Roux. Comme on peut le voir dans la figure ci-jointe, la bague du mandrin, qui est bien moletée pour le cas où l’on tiendrait à agir à la main, porte à sa partie inférieure une denture ; de plus, en trois points de la périphérie du mandrin, en-dessous de cette bague, sont percés des trous peu profonds, mais juste suffisants pour recevoir le bout de la clef qui est montré à côté du mandrin. L’ouvrier qui veut monter un foret, ou au contraire le démonter, en serrant par suite ou desserrant le mandrin, n’a qu’à introduire le bout de cette clef dans le trou qui se trouve en face de lui, la denture en pignon dont est dotée la clef venant engrener avec la denture du bas de la bague, et permettant par suite de mettre en rotation la bague, et de serrer ou de desserrer avec un minimum d’efforts et une grande rapidité. La prise du foret se fait par l’intermédiaire des trois pièces que l’on voit dépasser le bout du mandrin, et qui sont rapprochées ou éloignées suivant les dispositions classiques.
- Repassage à froid. — Il ne s’agit pas exactement d’un repassage, mais d’un calendrage, qui rend pourtant exactement les mêmes services pour bien des pièces de linge ne demandant qu’un aplatissage des petits plis qui peuvent demeurer après dessiccation suivant lavage. C’est le cas tout particulièrement pour les mouchoirs, les draps, etc. Les Américains, qui aiment beaucoup les besognes rapidement faites, se servent couramment de calendres dans le service domestique, et le type que nous voulons signaler est un de ceux qui
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- semblent donner les meilleurs résultats avec une complication tout à fait réduite et un’ fonctionnement simple. La calendre en question, qui porte le nom de Household, mettons « domestique », comprend un cadre en fonte malléable, qui, au moyen de griffes à écrous, comme tant d’autres appareils, peut se fixer instantanément au rebord d’une table d’office. Le cadre supporte deux rouleaux en bois dur parallèles, dont l’écartement
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- peut être réglé au moyen de deux vis qui se voient aux extrémités du châssis. La commande du mouvement se lait par l’intermédiaire d’une manivelle et de deux engrenages rendant l’effort très peu pénible. Du reste, les roulements des deux rouleaux sont à billes, ce qui diminue encore les frottements. L’appareil réussit particulièrement bien pour le linge qui demande un pliage, et pour lequel la pression du fer est le plus souvent insuffisante. — Celte calendre se vend chez MM. Markt, io~j, avenue Parmentier, à Paris.
- Ustensiles à refroidissement automatique. — Nous allons signaler spécialement un tisonnier et un pique-feu qui jouissent de cette propriété; mais l’oii verra que la combinaison peut s’appliquer à bien d’autres ustensiles de façon tout aussi simple et tout aussi avantageuse. — Le tisonnier et le pique-feu ne présentent en eux-mêmes ri.en de particulier : ils sont faits l’un et l’autre d’une tige d’acier courbée et aplatie du bout comme il convient ; mais, ce qu’il faut remarquer, c’est le manche. Celui-ci est constitué de la manière la plus simple par un ül d’acier de bonne grosseur enroulé en spirale, dont les spires sont plus ou moins rapprochées, pour que l’ensemble tienne bien en main ; or, la constitution même de ce manche évidé à jour, lui assure un refroidissement aussi parfait que possible par circulation d’air, et
- Ustensiles à refroidissement automatique.
- du reste la façon dont la spirale se rattache à la tige même de l’outil rend la transmission de chaleur très faible. —Nous n’avons pas besoin d’insister pour qu’on comprenne le phénomène physique et l’avantage matériel. On pressent d’ailleurs facilement de nombreuses applications pratiques, et c’est ainsi qu’on munit couramment les portes de certains calorifères de tiges d’ouvertures qui sont dotées d’un manche exactement du même genre. Nous ne savons si le dispositif a été breveté : en tout cas c’est la maison Markt, 107, avenue Parmentier, qui vend les pique-feu et tisonnier dont nous venons de parler, et qui sont assurément de fabrication américaine.
- Guide de profondeur pour mèches. — Ce guide sort d’une maison améi'icaine de spécialités représentée en France par la maison Markt, 107, avenue Parmentier. Il sert chaque fois qu’on veut percer un trou au moyen d’une mèche à une profondeur nettement déterminée, sans qu’on ait besoin de mesurer de temps à autre la profondeur à laquelle on est arrivé ; et il est encore bien plus utile quand on veut percer une série de trous de même profondeur. Avec ce guide, qui arrête la mèche et l’ouvrier quand le trou est juste aussi profond qu’il le faut, le travail s’effectue avec une rapidité surprenante. On fait entrer la mèche entre les deux sortes de pieds de biche qui forment les joues du petit appareil, et cela en desserrant l’écrou à oreilles qui solidarise ces 2 pièces au moyen de deux petites traverses. Puis on resserre, un ergot venant pénétrer dans l’évidement du pas de la mèche, sans entraîner du reste aucun frottement notable sur le métal de l’hélice, et on fixe le dispo-
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- Guide de profondeur pour mèches.
- sitif à une hauteur correspondant à la profondeur que I on veut donner au trou à percer. Quand la mèche se sera enfqncée de celte quantité au-dessous des pieds de biche que montre le dessin, il deviendra impossible de continuer le forage du trou.
- Presse à briquettes. — On sait combien les poussiers de coke et de charbon sont abondants. Les fournisseurs de houille prennent toutes les précautions pour les éviter; ils tamisent même leurs charbons; il en reste toujours. Un constructeur, M. H. Vivet, a pensé que,
- pour remédier à cet état de choses, il fallait trouver un moyen pratique, à la portée de tous, pour utiliser ces déchets et poussiers en les agglomérant. Aussi il a élabli la presse à levier que représente la figure ci-jointe, et qui permet, par un procédé très simple, de fabriquer chez soi, à temps perdu, des petites briquettes pleines ou perforants de 1 kilogramme environ pour chauffage domestique. Il suffit de préparer les poussiers en les agglomérant, de les mettre dans des moules spéciaux et de les soumettre ensuite dans la presse à une pression convenable. La presse fonctionne à bras ; un seul ouvrier peut produire environ 400 à 5oo briquettes. Celles-ci donnent d’excellents feux, brûlées
- entières sur des feux de bois; elles ...
- , , . . ., 1.1. Presse a briquettes,
- peuvent egalement etre bruiees en
- morceaux dans des calorifères à feu
- continu. Pour éviter la fumée, on peut faire les briquettes avec un mélange de fines, grosses et maigres; faites en poussiers de coke, anthracite, charbon maigre, elles ne donnent ni odeur, ni fumée, et sont très économiques. — Les presses à briquettes sont construites par M. II. Vi-vel, constructeur, à Chàtillon-Coligny (Loiret).
- Tournevis à griffes. — On a souvent à placer des vis de faibles dimensions dans des endroits peu accessibles, comme dans des angles, au plafond; il faut avouer qu’on est alors très embarrassé et les ouvriers également. Le tournevis à griffes, que montre la figure ci-jointe est un outil fort ingénieux qui devient très utile dans les cas que nous signalons. Cet appareil est formé
- Tournevis à griffes.
- d’un tournevis ordinaire avec lame et manche. Il est muni de deux griffes commandées par un bouton placé sur la poignée ; ces deux griffes enserrent et tiennent fortement ia petite vis placée sur un appareil et qu’il s’agit de fixer. La vis dès lors peut être mise en place avec la plus grande facilité. On dégage les deux griffes par une simple pression sur le bouton dès que leur concours n’est plus nécessaire. — Le tournevis à griffes se trouve chez M. Ivratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Sécateur de poché. — Un sécateur de poche, dans toute l’expression du mot, répondait véritablement à un besoin. Il existe déjà un grand nombre de sécateurs ; ils sont de dimensions réduites et renfermés dans des gaines. Malgré toutes ces précautions, ils ne peuvent se mettre en poche ; on peut les abîmer, et on risque de se blesser. M. Mathieu vient d’établir un nouveau modèle que représente la figure ci-jointe.
- Sa forme générale ne diffère, pas d’un couteau de poche ordinaire, dont ilalesdimensions. C’est un nouveau système de levier qui permet d’ouvrir et de fermer les deux lames du sécateur, qui a toutes les propriétés du sécateur ordinaire. Sur le coi'ps de l’appareil est montée une lame greffoir, qui peut se refermer à la façon d’une lame de canif. Ce greffoir sera un auxiliaire précieux pour l’amateur de jardinage. — Le sécateur de poche se trouve chez M. Mathieu, 29, rue de Valois, à Paris.
- Sécateur de poche
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- VARIÉTÉS
- Automobilisme
- Le commerce des automobiles en Angleterre. —
- L’Exposition de locomotion automobile qui vient d’avoir lieu à Londres, à Agricullural Hall, a été fort brillante rt beaucoup plus importante que les exhibitions précédentes. C’est le moment d’indiquer que le commerce de la France avec 1 Angleterre, en ce qui concerne l’industrie automobile, est particulièrement importante. D’année en année, les produits de nos grandes carrosseries qui traversent la Manche, sont de plus en plus nombreux ; nos fabricants jouissent, sur le marché anglais, d’une prépondérance réelle.
- Les importations des maisons françaises ont donné, eu 1895, une augmentation de 24 millons de francs sur l’année précédente; elles se sont accrues dans la proportion de 60 pour 100.
- L’Angleterre fabrique un grand nombre d’automobiles; mais elle en consomme encore davantage, et c’est à la France surtout qu’elle achète les voilures, les camions, les motocycles et les motocyclettes, dont elle a besoin. Lès statistiques ont établi que l’Angleterre achète pour ^5 millions d’autos dans une année, c’est-à-dire que ce client sérieux se fait livrer chaque jour environ 18 voilures automobiles représentant une valeur de 200 000 francs.
- Un mouvement très sérieux en faveur de l’automobilisme s est produit, depuis quelques années, aux lies Britanniques. 11 s’accentue tous les jours, en dépit d’une législation très sévère, peu libérale et particulièrement restrictive. Pour donner une idée de ce mouvement, il suffit de dire que, l’an dernier, le nombre de chaufleurs a augmenté de 40000.
- Il y a quelque temps, un journal spécial, Autocar, publiait des statistiques fort instructives sur le développement considérable de l’automobilisme aux Iles Britanniques. Il résultait de ces chiffres que nos voisins d’outre-Manche, qui, en 1904, avaient « consommé » 3g86i voilures de plaisance, camions du commerce et motocyclettes, en ont acheté, en 1906, 66703, soit une augmentation de 26 842 d’une année sur l’autre.
- L’industrie automobile anglaise est de plus en plus prospère ; notre confrère, Georges Prade, a estimé que les 18000 voitures et les at3oo motocycles et motocyclettes que fabriqua, l’an dernier, la carrosserie automobile britannique représentent une valeur de 8 millions de livres sterling ou 200 millions de francs.
- C’est donc à tort que nous considérons généralement en France l’indnstrie automobile anglaise comme une quantité négligeable; elle est, au contraire, en voie de devenir très importante, aidée qu’elle est dans son développement par l’Automobile-Club de Grande-Bretagne et d’Irlande et les 24 associations qui gravitent autour du Club central. Ces divers groupements comptent un nombre très respectable de membres : 2706 personnes ont adhéré au Club central et 6575 sociétaires se, répartissent entre les 24 clubs régionaux d’ordre secondaire.
- Les importations faites aux Iles Britanniques, en 1905, se décomptent comme suit, d’après les statistiques officielles des douanes anglaises, publiées en janvier dernier :
- i° 5oio voitures automobiles. . . . 53 311 875 francs.
- 20 Accessoires et pièces détachées . 2i88o35o —
- 3° Motocyclettes................... 378 5ao —
- Total. . . . 75570745 francs.
- La France entre dans ce chiffre, pour les trois quarts environ, soit près de 57 millions de francs. L’Angleterre qui est notre meilleur client au point de vue du commerce général extérieur, constitue pour nos fabricants d’automobiles un débouché de la plus haute importance, un marché plus précieux pour nos constructeurs que le marché français lui-même. Wii.l Da.rvii.li':.
- Agriculture
- Contre la fièvre aphteuse. — En ce moment où la lièvre aphteuse recommence à sévir en diverses régions,
- nous croyons à propos de signaler d’après le Bulletin de la Société des Agriculteurs de France, les procédés curatifs que cette Société avait indiqués aux éleveurs, il y a sept ans. Le traitement préconisé par M. Croque-vielle, qui pensait que .par son application on arriverait en trois jours à la guérison, comprend deux phases : i° nettoyer les pieds et la bouche des animaux malades avec une solution de sulfate de fer à 20 pour 100, répéter l’opération trois fois par jour, en se servant de seringues, de pompes à main ou simplement d’une éponge; 20 administrer en boisson, à raison de deux à trois litres par 24 heures une solution de sulfate de fer à 3 pour 100. — D’autre part, on pourrait faire prendre aux malades des bains dans une mare ou bassin rempli d’un liquide antiseptique. Ajoutons que la Société des Agriculteurs de'France, 8, rue d’Athènes, à Paris, serait très reconnaissante qu’on veuille bien la tenir au conrant de la réussite ou de l’insuccès de ces remèdes.
- Chimie
- La marmaride. — Les progrès toujours croissants de l’hygiène dans l’habitation moderne ont amené la recherche des produits qui devaient être plus particulièrement employés pour le revêtement des parois murales. Tous les produits susceptibles de pouvoir se laver et faciliter ainsi l’enlèvement des poussières ont été préconisés par les hygiénistes dans leur lutte contre les maladies infectieuses, notamment la tuberculose. Nous voyons employer les papiers et les peintures lavables ; la faïence et le marbre, malgré leur prix élevé, reprennent une large place dans la décoration intérieure des habitations et des édifices publics.
- 11 était donc intéressant de signaler aux lecteurs de La Nature un produit nouveau désigné par son inventeur, M. Léon Tornezy, sous le nom de « marmaride », sorte de ciment émail permettant l’imitation des marbres, pierres froides, faïences blanches et décorées, mosaïques, briques polies, etc....
- La marmaride est un enduit qui se gâche à l’eau et se pose comme dernier plâtre sur toute surface revêtue au préalable de plâtre ordinaire, de mortier de chaux grasse ou hydraulique ou de ciment. Par un simple lissage à la truelle, elle prend, en se desséchant, l’aspect et le poli du marbre. Les veinures et le coloris se font sur la surface de l’enduit, avant qu’il ne soit sec, avec des couleurs préparées spécialement qui se combinent avec la couche du fond et forment un tout absolument indélébile. La dureté et le brillant augmentent avec le temps et deviennent complets au bout de i5 à 20 jours suivant le degré de dessiccation.
- La marmaride est impénétrable à l’eau, n’est pas gélive et résiste à la chaleur du soleil. Comme la faïence, elle peut être lavée indéfiniment à l’eau sans se ramollir et sans perdre son brillant; elle résiste au savon et à la potasse. Par l’absence complète de pores autant que par sa composition chimique, elle possède de véritables propriétés de microbifuge et hydrofuge absolues. Son emploi est une garantie contre ia pullulation des germes contagieux, notamment dans les salles d’hôpitaux, sana-toria, écoles, casernes et toutes salles publiques. Des applications faites dans divers hôpitaux, tant à Paris qu’en province, ont démontré sa supériorité comme enduit, car elle s’applique égalemént. sur les plafonds et permet d’obtenir des parois absolument unies, sans aucune solution de continuité, sans joints. Dans l’intérieur de l’habitation, au point de vue de la propreté seule, elle s’impose, puisque, n’étant pas poreuse, - les poussières ne peuvent la pénétrer et qu’il suffit d’un simple lavage pour. lui rendre toute sa fraîcheur. Elle trouve de ce fait son application dans les cuisines, cabinets de toilette, salles de bains et de douches à un prix bien inférieur à celui du marbre et même des carreaux en faïence.
- La marmaride est également très intéressante au point de vue décoratif, et l imitation du marbre et des diverses applications qu’elle permet de réaliser d’une manière parfaite lui a déjà réservé une large place dans la déco-
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- ration des vestibules, escaliers, etc., des églises, salles de spectacles et autres, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, les intempéries n’ayant aucune action sur elle.
- Les colonnes pilastres et panneaux de la magnifique salle de la Brasserie de l’Univers sur la Canebière, à Marseille, sont en effet en marmaride et non en marbre comme le supposent la plupart des personnes qui l’ont vue.
- Il eu est de même de la salle des fêtes du Grand Hôtel de Russie, avec ses imitations onyx et marbres rares, établie sur les plans de M. Bérengier, architecte, et dont l’effet est réellement merveilleux.
- Dans le hall du Winter Palace Hôtel de Menton, où l’effet décoratif principal était réservé à des colonnes isolées en marbre et à des pilastres de même nature, colonnes et pilastres sont en marmaride. La facilité d’adaptation de ce produit sur toutes surfaces, la dureté qu’il prend, la rapidité avec laquelle il est appliqué, enfin la modicité relative du prix (8 fr. le mètre carré, appliqué en blanc, et 12 fr., en couleurs) constituent pour l’architecte de grandes facilités pour les travaux où toutes ces conditions doivent être prises en considération.
- Tous ces avantages réunis et confirmés par l’expérience de plusieurs années font de la marmaride un produit dont la vulgarisation est appelée à rendre de grands services à l’hygiène publique et qui à ce titre méritait d’être signalé. — On trouve la marmaride chez M. Ch. Scotte, 5y, rue Breteuil, à Marseille.
- Pour neutraliser l’odeur de l’iodoforme. — L’iodo-forme est un produit assez employé en médecine et très apprécié pour son efficacité. Il a malheureusement le grave défaut d’exhaler une odeur très désagréable et tenace. Voici une formule qui permettra aisément de la faire disparaître :
- Essence d’eucalyptus, 10 gr. ; salicylate de méthyle, 10 gr. ; alcool dénaturé, x litre; mettre 20 gr. de cette solution dans un litre d’eau, et en asperger les meubles. Faire de même pour le parquet, mais jeter ensuite de la sciure de bois que l’on laissera 24 heui-es et que l’on balaiera ensuite. En quelques jours, l’odeur sera complètement disparue, quelque violente qu’elle ait été au début.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Cyclisme
- Réparations rapides de bandages de cycles. — La
- méthode est indiquée dans la publication spéciale Motor Cycle, et elle pourrait au besoin s’appliquer à de gros bandages. On nettoie comme de juste d’abord le tube, puis la rondelle devant servir à l’obturation ; on enduit bien la chambre de solution caoutchoutée, et l’on en fait de même pour une des faces de la rondelle. Alors on y met le feu au moyen d’une allumette, et on laisse brûler un très court instant, pour éteindre par conséquent quand une première flamme s’est produite. On rallume du reste aussitôt, et on éteint de nouveau, et l’on répète cette petite opération une douzaine de fois. Cela a pour résultat de ne plus laisser sur la pastille qu’un enduit bien collant, et qui va prendre admirablement sur la chambre à air.
- Déplacement d’une valve de chambre à air de cycle. — Le mieux est, quand le siège d’une valve de chambre à air paraît endommagé, c’est-à-dire que le caoutchouc sous le métal semble fatigué, de déplacer complètement la valve en la faisant pénétrer et la montant dans une autre partie de la chambre.
- Pour cela, naturellement, on commence par obturer complètement et soigneusement le trou primitif, au moyen d’une large rondelle de caoutchouc enduite de ciment, ainsi qu’on le ferait pour une crevaison à obturer. Puis on découpe, dans l’axe de l’enveloppe, un trou de 5 mm. de diamètre à peu près, on taille d’autre part une rondelle à l'éparations dans la forme d’un losange allongé de 64 sur 32 mm. Dans ce morceau de caoutchouc, et en son centre, on perce également un trou de 5 mm. Au moyen de pétrole ou de benzine, on nettoie soigneusement les deux faces de cette sorte d’emplâtre en losange, et aussi la face de la chambre à air sur laquelle il doit venir s’appliquer. On enduit de solution de caoutchouc une des faces du losange et tout le pourtour du trou percé dans la chambre à air ; et, quand cette solution est presque sèche, ainsi que cela se fait pour les réparations ordinaires, on rapproche le losange de l’enveloppe de la chambre, de façon que le trou de l’un coïncide avec le trou de l’autre, et l’on presse énergiquement. On mouille ensuite la tête de la valve, pour en faciliter l’insertion dans le trou, et on la met effectivement en place dans la chambre. On enfile ensuite à travers son tube, et de façon qu’il repose à sa base et par conséquent à l’extérieur de la chambre, un petit morceau de toile bien enduit de solution de caoutchouc, on place par-dessus la rondelle métallique, et l’on serre enfin l’écrou de la valve.
- Divers
- Produit plastique à base de caséine. — La prépa-î-ation fait l’objet d’un brevet sous le nom de cornalithe. On prend de la caséine du commerce épurée, puis on la laisse macérer au moins 24 heures dans une solution fortement alcoolique et un peu glycérinée de sulfate de soude ; on peut compléter la matière plastique au moyen de colorants, et on la moule alors à chaud et sous pression. Mais il faut finalement que les objets fabriqués demeurent un ou deux mois à tremper dans une solution étendue d’une combinaison bisulfitée d’aldéhyde formique. L’adjonction de camphre à la masse plastique donne un produit imitant assez bien la nacre, tandis que la présence de blanc de zinc assure un aspect rappelant celui de l’ivoire. Cette cornalithe est supérieure au celluloïd par son peu de combustibilité.
- Coulée de métaux réfractaires. — Pour triompher des difficultés qu’on rencontre en la matière, par suite de la tendance fâcheuse que ces métaux ont à se refroidir bien vite au contact de l’air pendant le transport du creuset au point de coulée, on conseille une combinaison assez ingénieuse, et qui semble pouvoir réussir, si elle est mise en pratique avec les précautions voulues. On place le métal à fondre au-dessus même du moule où il doit s’écouler quand il sera amené à l’état de fusion, le tout étant-disposé dans un l'écipient susceptible de passer sans inconvénient à la température du four de fusion; on enferme enfin le tout dans une masse réfractaire et on le fait pénétrer dans le four à réverbère ou autre : dès que la température de fusion du métal aura été atteinte et se sera maintenue dui'ant assez longtemps, le métal coulera dans le moule, qu’il remplira, l’excès tombant dans le récipient où l’on a logé le tout.
- Garniture économique des joints de conduites. —
- On peut préparer une bonne pâte à base de plomb en prenant une partie de céruse et 2 parties de blanc d’Espagne, puis en en faisant un mastic avec une partie de litharge et 2 parties de sable. De toute manière, on applique d’abord un peu du mastic dans le joint, pour passer ensuite un ou deux tours de fil de caret ou d’étoupe; puis on remet un peu de mastic, de l’étoupe, et ainsi de suite en couches alternatives.
- Turbines à vapeur. — Les.constructeurs anglais bien connus, MM. Denny and Brothers, de Dumbarton, viennent d’imaginer un appareil pour mesurer la puissance des turbines. Il ne faut pas songer à recourir aux cartes d’indicateurs des moteurs ordinaires : la puissance est évaluée électriquement et par la torsion exercée sur l’arbre.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les
- chaudières « Grille » à tuyères Solignac se trouvent chez MM. Grille et Ck\ 67, rue de la Victoire, Paris, et chez M. A. Stollt, constructeur licencié 167, rue d’Allemagne, Paris.
- Communications. —- M. J- Bourgeois fils, viticulteur à pernay, nous adresse une intéressante brochure relative au collage, à Y épuration et au perfectionnement des vins de Champagne mousseux sur lattes (éditée à Épernay, aux bureaux du Vigneron champenois). La manutention des vins de Champagne a été amenée à une véritable perfection, du moins tant qu’il s’agit de traiter les cuvées en cercle, mais dès que le vin a été mis en bouteilles, il est inaccessible à des soins internes et doit se développer lui-même. M. Bourgeois a cherché à réaliser pour nos grands crus des appareils qui permettent d’appliquer aux vins en bouteilles les soins habituellement donnés aux vins en cercles, et tous les traitements nécessaires pour les amener rapidement à maturité. La difficulté à résoudre était d’atteindre le vin à travers le bouchon pour l’épurer et au besoin le corriger. La bouteille à injecter est d’abord amorcée au moyen d’un appareil dit perforateur qui enlève au bouchon une rondelle du liège extérieur toujours un peu souillé et met ainsi à découvert le liège sain sous-jacent, précaution qui a pour but, au cours des opérations suivantes, d’empêcher l’introduction de germes impurs dans le vin. La bouteille est ensuite placée sur le support à chariot d’un injecteur, le repérage du bouchon étant fait de telle sorte que le pal injecteur ne puisse se passer ailleurs que dans la partie amorcée. Ce pal est armé d’une pointe durcie, percée de deux évents qui permettent l’envoi d’un ou de deux liquides choisis à l’intérieur du vin, liquides que l’on dispose dans un compresseur de liquide puissant, mû par un volant portant des graduations correspondant aux doses à injecter. Un levier articulé commande de son côté le mouvement du pal. Enfin, par un dispositif ingénieux, dès que le pal injecteur est retiré, une mince cheville imperméable vient prendre sa place. La déperdition atteint à peine 5oo gr pour i5oo bouteilles. A la suite de la description de ces ingénieux appareils, M. Bourgeois insiste sur la nécessité de perfectionner le procédé actuel du remuage. Il est en eflet trop certain que sous le rapport de la clarification, les grands vins de la Champagne sont au-dessous des petits vins, dont la manutention est si facile. On pourrait sans doute, grâce aux appareils ci-dessus, obtenir une limpidité parfaite en procédant par injection au collage bouteille par bouteille. Suivent ensuite des indications précises sur la préparation des liquides à injecter et une quantité d’autres données intéressantes.
- Renseignements. — M. Masseau, à Crépy-en-Valois. — Les substances les plus employées pour immobiliser l’eau acidulée sulfurique de densité 1,169 (ao>7 degrés Baumé) sont la cellulose, la gélose ouagar-agar.
- M. Em. Light, à Londres. — Le porte-cigarettes en argent auquel vous faites allusion et qui a, en effet, été décrit dans les petites inventions de La Nature se trouve chez MM. Kirby, Beard and C°, 5, rue Auber, à Paris.
- II. Gaucher, à Saint-Cloud. — Vous pourriez consulter le Manuel pratique de Vastigmatisme par le Dr Salis, à la librairie Maloine, 23, 25, rue de 1 Ecole-dc-Médecine, à Paris. Nous vous conseillons toutefois de ne rien entreprendre sans avoir reçu les avis d’un oculiste compétent.
- M. Depépincourt, à Cartignies. — La maison Masson et Cio publie deux périodiques relatifs aux questions d’anthropologie, l’un Y Anthropologie, dirigé par MM. Boule et Verneau ; l’autre, Bulletin et mémoires de la Société d’Anthropologie. C’est certainement l’une de celles-ci
- que vous voulez désigner par les mots Mémoires d'Anthropologie. Nous vous prions de préciser. Il existe aussi chez F. Alcan, éditeur, 108, boulevard Saint-Germain, à Paris, une Bevue de l'Ecole d- Anthropologie.
- M. II. Marlinset, à Blida. — Le dernier Bulletin de la Société d'Acclimatation annonce justement la publication récente d’un petit manuel d’agriculture à l’usage des écoles d’indigènes musulmans de l’Agérie, intitulé le Livre du fellah, qui pourrait sans doute remplir l’office que vous désirez. Cet ouvrage se trouve chez A. Chal-lamel, 17, rue Jacob, à Paris.
- M. G. C.,k L. — Le plus simple serait de vous mettre en relation avec la Société d'Acclimatation, 33, rue de Buffon, à Paris, qui facilite autant qu’elle peut l’échange entre les ornithologistes, et qui consacre à cet effet une partie de la couverture de sou bulletin.
- M. Cl. Sixte, à Lille. — On préconise contre les corbeaux l’emploi d’un produit spécial, la corhine, dont on dit le plus grand bien, mais que nous ne connaissons pas. Vous pourriez faire l’essai qui n’est pas coûteux. Adressez-vous à M. Descamps à Compiègne.
- M. E. Vireu, à Constantinople. — L’éventail ventilateur décrit dans La Nature, n° 1678, du 22 juillet 1905. p. 128, se vend chez MM. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris. Cette adresse a été indiquée en tête de la boîte aux lettres du même numéro.
- M. J. Protat, à Mâcon. — Pour tout ce qui concerne l’industrie des tonneaux de liège, veuillez vous adresser à M. Monnaud, avocat à Guelma (Algérie) qui a pris le brevet de fabrication.
- M. le E E. Dousset, à Gérardmer. — Vous trouverez les balles Devillers et tout le matériel nécessaire à la manufacture française d’armes et de cycles de Saint-Etienne.
- M. M. Dambricourt, à Saglas. — i° Le chaulage est certainement le procédé le plus économique que vous puissiez employer; 20 vous pourriez passer le bas de vos murs au coaltar.
- M. L. Vergniol, à Gensac. — Si vos meubles sont légèrement sales, un savonnage léger à l’eau froide suffira; autrement il vaudrait mieux les confier à un tapissier ou à un ébéniste. L’entretien des meubles cirés est fort simple : il suffit de les passer de temps à autre à la cire et de les frotter chaque jour au chiffon de laine.
- M. E. Bulché, à Anvers. — Le terme estran est un mot parfaitement français, employé surtout sur les côtes de la Manche, où il sert à désigner les plages sablonneuses que le flot couvre et découvre à chaque marée. Estran vient de l’anglais Strand qui a une signification voisine. Par les mots matériaux ténus, notre collaborateur désigne les fines particules minérales qui sont en suspension dans l'eau marine et qui participent pour la majeure partie à la sédimentation.
- M. G. D., h Sainte-Colombe-les-Vienne. — La peinture au ripolin nous semble réunir les qualités que vous demandez : brillant, couvrant et séchage rapide. En tout cas la maison Lefranc et C'e, 18, rue de Valois, à Paris, pourrait vous indiquer un produit convenable si le prix de revient du ripolin est trop élevé.
- M. Mauny, à Cerisy-la-Salle. — Nous ne possédons pas le renseignement que vous cherchez, mais on vous renseignera certainement à la Revue Olympique, 1 1, avenue Malakoff, à Paris.
- M. Héduin, à Paris. — Nous ne possédons pas de renseignements à ce sujet; tous nos regrets.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. J.
- Cordelet, à Paris. Veuillez vous adresser à une agence de brevets. — M. L. Lambert, à Brest. Faites analyser le produit par un chimiste et conformez-vous à ses indications ultérieures. — M. de G., à. X. Nous avons publié plusieurs indications à ce sujet dans nos recueils de Recettes et procédés utiles, 2e et 4e séries, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. Veuillez vous y reporter. — Mmc Fr. Michoud, à Belle-Isle. Voyez le même recueil, 4e série, même librairie. — M. Bourgeois, à Epernay. Remerciements pour votre communication.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5o"',3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES IU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSEUVATIONS CÉNÉBALES
- Lundi 27 août.... 17° .9 N. W. 2. Couvert. » Rosée; 1res nuageux.
- Mardi 28 12° 5 N. E. 5. Beau. » llosée ; Beau.
- Mercredi 29 12°,0 E. 2. Beau. » ltosée ; beau.
- Jeudi 30 15" 0 E. 1. Beau. » Rosée; beau.
- Vendredi 51 15 .2 Calme. Beau. » Rosée; beau.
- Samedi 1" septembre i<;°t Calme. Beau. » Rosée ; beau.
- Dimanche 2 17 1 S. E. 0. Beau. » Rosée; beau.
- AOUT-SEPTEMBRE 1906. — SEMAINE DU LUNDI 27 AOUT AU DIMANCHE 2 SEPTEMBRE 1906.
- Dimanche
- Samedi
- Vendredi
- Jeudi
- Mercredi
- Mardi
- Lundi
- i tUB 'iMB '<>HT»I
- La courba supérieure indique la nébulosité de Où 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ram-né à 0, an niv-ru de la mer); courbe plus mince, thermomètre a labn > boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. ____________________
- Chronique météorologique -5^§ï>
- Le temps. — Le temps a été encore très chaud et très sec dans la semaine du 27 août au 2 septembre 1906. Le 27 août, dans la matinée, une pression supérieure à 765 mm couvrait la France en général; il y avait un maximum de 769 mm en Bretagne. Un vent faible du Nord-Ouest était sur nos côtes de la Manche et de la Méditerranée, et du Nord-Est sur celle de l’Océan. A Paris, le ciel était nuageux, sans pluie, et les venls soufflaient de Nord-Nord-Ouest à Ouest-Nord-Ouest: le baromètre marquait 768,2 mm à midi. La température le matin était 180 à Paris, 190 à Ly >n. 26° à Perpignan, 1 à0 au mont Aigoual, ii° au Puy <1j Dôme, 8° au Pic du Midi. La température moyeu ie a été t8°,4, supérieure de t°,6 à la normale. Le 28 août, la pression barométrique a encore monté dans le centre de la France. Un vent modéré du Nord-Ouest a soufflé sur le golfe du Lion; le vent était faible de l’Est sur nos côtes de la Manche et en Provence. Le beau temps a été général en France. La température était i3° à Paris, i5° à Lyon, 190 à Toulouse, 26° à Perpignan, i5° au mont Aigoual, 8° au Puy de Dôme, 70 au Pic du Midi. Le 29 août, de fortes pressions couvraient le centre de l’Europe; le beau temps a persisté en France. La température était le matin io° à Belfort, 12° à Paris, i5° à Brest, 20° à Marseille, 24° à Toulouse. Le 3o août, une pression élevée avec ciel beau et vent d’Est s’est maintenue toute la journée sur la moitié Sud de l’Europe. Un vent Est a soufflé sur toutes nos côtes, de la Méditerranée et de l’Océan. La sécheresse a été générale en France. Le thermomètre marquait le matin t3° à Paris, 180 à Lyon, 25° à Alger, 28° à Biarritz, 170 au Puy de
- Dôme, io° au mont Aigoual, 8° au Pic du Midi. Le 3t août, la pression atmosphérique est voisine de 770 mm sur la moitié Sud du continent. Les vents sont très faibles sur toutes les côtes. Les pluies sont très rares en Europe; en France, on n’en signale aucune. La température a été très élevée ; on a observé dans la journée 35° à Nantes, 34° au Mans, 34° à Clermont, 33° à Lyon et 33° au Havre. On a noté le matin à 7 heures 15° à Paris, 220 à Nice, 24° à Alger, 180 au Puy de Dôme, et 70 au Pic du Midi. A Paris, le 3o août, la température moyenne, qui était i8°,8, était de 2°,3 supérieure ô la normale. Le 3i août, la température moyenne a été ai0,5, supérieure de 5°,i à la normale. La température maxima observée à la Tour Eiffel a été 3o°,3 le 3i août à 2 heures du soir. Le Ier septembre, la pression barométrique s’abaissait rapidement dans le Nord-Ouest de l’Europe; mais elle restait encore élevée sur le centre du continent. En France le temps a été chaud. Le thermomètre marquait le matin 160 à Paris, 200 à Toulouse, 26° à Biarritz, 24° à Alger, 190 au Puy de Dôme, n° au mont Aigoual, 8° au Pic du Midi. Le 2 septembre, la silualion méféorologique se modifie; une faible dépression barométrique s’est avancée sur le golfe de Gascogne. Les hauteurs barométriques sont supérieures à 765 mm. La température est restée élevée sur nos régions; les maxima d’hier ont été 36° au Havre, 35° à Nantes, 35° à Limoges, 35° à Biarritz, 34° an Mans, 34° à Clermont, 34° à Lyon, 33° à Bordeaux, 33° à Charlc-ville. Le 2 septembre, dans la matinée, le thermomètre marquait i5° au Puy de Dôme, n° au mont Ventoux, 8° au Pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE
- P. Q. le 27 août à o h. 5l rr. du matin. P. Li le 2 sept, à 11 h. 45 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A- MARTEL
- Ingénieur électricien, icencié ès sciences physiques.
- - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne fa Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d'adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C'”, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N* 1738 (15 SEPTEMBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- Jëo
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- INFORMATIONS
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- L’émigration japonaise. — Dans un de ses derniers numéros, la Revue Indo-Chinoise résume quelques données officielles relatives à l’émigration chez les Japonais. Elle va en augmentant régulièrement depuis 1889, et, depuis cette époque, le nombre des émigrants a élé d’environ iü5 000, dont 26 000 femmes. Ces émigrants sont surtout des paysans et des domestiques de la partie Sud de l’Empire, les mieux doués au point de vue physique. Il se dirigent surtout vers les Etats-Unis, les îles Hawaï et les Philippines, et aussi, mais en moins grand nombre, vers la Corée. Le gouvernement japonais, d’accord en cela avec l’opinion publique, favorise d’ailleurs ce mouvement, notamment en dispensant du service militaire les jeunes gens qui s’exilent, ce qui u’empêçhe que, pendant la dernière guerre, beaucoup ne soient volontairement revenus se mettre à la disposition de leur patrie.
- Transport du gibier étranger. — Le 2 septembre, les Halles Centrales ont reçu de l’étranger 3422 kg de gibier contre i6i5 de gibier français et les lièvres étrangers se sont vendus y à 12 francs contre 4fr>5o à i2!r,yi pour les lièvres français, les perdreaux étrangers jusqu’à 4fr,2° contre un maximum de 3fr,6o pour les français. Ce fait exceptionnel lient aux précautions spéciales prises à l’étranger pendant ces très fortes chaleurs, chaque panier étant muni d’une vessie de glace hermétiquement close qui assure sa conservation. Il y aurait là, chez nous, une précaution utile à vulgariser.
- Les phonographes employés de chemins de fer.
- — Pour avertir les voyageurs du départ des trains, certaines Compagnies choisissent des employés à voix retentissante qu’on exerce à bien scander les syllabes, toujours difficiles à reconnaître pour des oreilles inexpérimentées. Une Compagnie américaine, le Pensylvanian Railroad C°, vient d’avoir une idée plus nouvelle qui peut ne pas être mauvaise. Dans les salles d’attente du terminus central de New-York on a placé des phonographes perfectionnés et munis de pavillons multiplicateurs qu’actionne électriquement un courant électrique concordant avec les manœuvres du poste d’aiguillage nécessitées par l’arrivée et le départ des trains. A la condition d’être surveillé et muni d’un système qui avertisse aussitôt le personnel de la gare en cas d’interruption, ce procédé peut rendre des services et réaliser des économies.
- L’alcool dénaturé en 1905. —L’augmentation de la quantité d’alcool soumis en iqo5 à la dénaturation a été <1648678 hectolitres, soit au total 472 23g hectolitres. Les trois quarts de cette augmentation ont porté sur les
- alcools de chauffage et d’éclairage dont la consommation pendant cette même année a été de 316079 hectolitres. Ce chiffre est trois fois supérieur à ce qu’il était il y a sept ans.
- L’acclimatation des papillons. — On a eu dernièrement l’idée curieuse d’acclimater dans les squares de Londres des espèces nouvelles de papillons exotiques d’une particulière beauté en en apportant et lâchant plusieurs centaines. On peut remarquer, à ce propos, que, sans avoir été aussi consciemment poursuivies, d’autres acclimatations de papillons se sont trouvées réalisées, simplement par l’introduction de la plante ou de l’arbre sur lesquels vivent leurs chenilles. Ainsi, le « sphinx à tête de mort », originaire de la Malaisie, a élé amené chez nous au xvme siècle par le développement de la pomme de terre. Le « bombyx de l’ailante », qui est aujourd’hui le plus grand papillon de nos climats, a été amené du Japon dans Paris même par la plantation sur nos promenades de nombreux vernis du Japon.
- Un raid à cheval. —- M. le vicomte de Vaucelles, éleveur aux Genêts (Haute-Marne), a effectué un raid de 2S2 kilomètres, en 60 heures, sur sa jument Lumière, une irlandaise rouanne, âgée de 9 ans. Il est parti à 7 heures et demie et a franchi la distance totale en trois étapes ; il est passé par Maisons-en-Champagne et Esternay, pour arriver à Joinville le surlendemain. La jument a porté avec le cavalier un poids de 70 kg; à l’arrivée, elle était en parfait état.
- Les pluies à Tunis et à Madrid. — Un violent orage a eu lieu le icr septembre dans les régions de Sfax et de Gafsa. Des ponts ont été emportés et des petits ruisseaux transformés rapidement en torrents impétueux. Le 5 septembre, des pluies torrentielles ont fait déborder les affluents du Tage, et ont provoqué des inondations sérieuses aux environs de Madrid.
- L’expédition Wellman au pôle Nord. — L’expédition polaire de M. Wellman, dont nous avons annoncé le départ au Spitzberg où devaient avoir lieu des essais préalables avant le départ définitif, vieut d’être, à la snite précisément de ces essais, reportée à une date ultérieure. Son chef estime, en effet, qu’un certain nombre de perfectionnements sont nécessaires à son matériel.
- Les vignes françaises en 1905. — En 1905, l’étendue actuelle du vignoble français était de 1 768721 hectares, ce qui indique uuc légère augmentation (de 34000 hectares environ), la première constatée depuis
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- INFORMATIONS
- l’invasion du phylloxéra. Sur cet ensemble, il y a, d’une part, 394 899 hectares considérés comme encore indemnes du redoutable parasite, le reste (1 363 82a hectares) comprend au contraire les vignobles en traitement répartis comme suit : replantés avec des cépages américains,
- I 3o8 555; soumis à la submersion, 3i 5n ; traités par le sulfure de carbone, 18 014 ; traités au sulfocarbonate de potassium, 574^*
- Refroidissement de l’air des hauts-fourneaux. —
- II a été fait gi'and bruit autour de la méthode Gayley, qui a pour but de refroidir l’air de souillage des hauts-fourneaux afin de le dessécher; le refroidissement s’y fait au moyen d’une véritable usine frigorifique qui coûte cher. M. Steinhart propose, dans Engineer, d’employer plus simplement un réfrigérant par circulation d’eau, à la température de l’atmosphère, un peu comme cela se passe dans les condenseurs à surface des machines à vapeur.
- Travail mécanique des bœufs. — M. Ringelmann s’est livré à ce propos à des essais fort intéressants : il est arrivé à constater que des boeufs de 4 ans et demi, travaillant par paire, animaux les plus vigoureux qu’il ait pu se procurer, sont capables de fournir en travail normal une puissance mécanique utilisable de 190 kilo-grammètres par seconde, ce qui revient à 2 1/2 chevaux-vapeur.
- L’arsenic dans les matières textiles. — M. Thorpe s’est préoccupé de cette question dans le journal de la Chemical Society, et il a relevé la proportion d’arsenic (en milligrammes par gramme du produit) pour une série de textiles ou de produits industriels divers. Ces chiffres sont curieux. Pour les flanelles en laine naturelle, on trouve o,oo5 ; dans un autre échantillon, la proportion est seulement de 0,009, mais elle se conserve telle quelle en dépit de lavages successifs. Dans de la flanelle usée, elle est de o,oo4; de 0.011 dans de la laine à tricoter non teinte, de 0,001 dans du buvard blanc, autant dans de la soie non teinte, 0,024 dans du papier d’emballage blanc, 0,018 dans du papier de tenture. Enfin on n’en trouve pas dans le papier japon ou dans le lin blanchi.
- Les nitrates de soude dans les conserves. — La
- présence ordinaire en proportion raisonnable (15/1000 environ) du nitrate de soude dans les conserves, notamment dans la charcuterie, où elle maintient la coloration rose de la chair du porc, peut être considérée comme sans inconvénient ; mais, si nous en croyons M. Audouard, souvent les sels conservateurs contiennent du sulfate et de l’arséniate en outre du nitrate, le second de ces sels pouvant représenter parfois jusqu’à 98 pour 100 de l’ensemble. Et il y aurait par suite un danger véritable dans cette pratique.
- Evacuation des eaux d’égouts. — Il est assez curieux, au moment où les diverses villes recourent à de véritables traitements de leurs eaux usées, de constater que la ville de Cologne vient de décider qu’elle jetterait ses eaux dans le Rhin, simplement après les avoir traitées par décantation. On donne comme raison que le volume de ces eaux est effectivement très faible par rapport à celui du fleuve, et que, même non décantées, les eaux d’égouts n’entraînent pas de pollution visible. Il nous semble qu’on oublie que la contamination n’en existe pas moins? Il est évident que les dépenses d’installations sont fort réduites, mais aux dépens de la salubrité.
- Traitement du soufre. — Avec les minerais de soufre de Sicile, on se trouve en présence d’un déchet considérable, parce que ces minerais sont pauvres et renferment moins de 20 pour 100 de soufre. On ne peut les traiter par les méthodes ordinaires, et le professeur Rossi propose de recueillir le soufre, en le dissolvant au moyen de bisulfure de carbone, dans un appareil spécialement construit pour éviter les pertes provenant d’évaporation de cette substance si volatile. On va faire des essais dans cette voie.
- Nouveau système de porte d’écluse. — On vient de l’appliquer au nouveau canal allemand de Teltow, qui relie la Havel, près de Potsdam, à la Sprée, près de Berlin. Chaque porte est unique, et, au lieu de se mouvoir en décrivant un arc de cercle sur des gonds, elle se lève verticalement en sortant complètement de l’eau, à
- une hauteur suffisante pour donner libre passage aux bateaux en dessous d’elle ; elle revient ensuite par un mouvement inverse et vertical dans son logement. Elle est suspendue par des câbles à des poulies disposées en haut de deux tours, de part et d’autre de l’écluse; en une minute la porte monte à une hauteur de 8,20 m.
- Plates formes tournantes pour canons. — Les usines Armstrong viennent de combiner un nouveau moteur pour assurer la rotation des plates-formes de pièces d’artillerie. Le moteur employé est hydraulique; il comporte six cylindres à simple action, disposés symétriquement par rapport à l’arbre de manivelles commun, ce qui donne un effort tournant uniforme. D’ailleurs, comme le moteur tourne à une vitesse 4oo fois plus forte que celle de la plate-forme même, il en résulte que les variations de vitesses du moteur sont pratiquement imperceptibles sur les mouvements de la plate-forme.
- Aciers au vanadium. — M. Kent Smith s’est occupé beaucoup des aciers de cetle composition dans le Journal of the Society of the Chemical Industry. Pour lui, l’introduction du vanadium dans les aciers donne de bien meilleurs résultats avec les aciers quaternaires qu’avec les aciers ternaires. D’autre part, l’emploi du vanadium seul lui semble de beaucoup préférable à celui du chrome seul, mais l’alliage des deux éléments serait encore à préférer.
- Chalands automobiles. — La maison Thornycroft est en train d’essayer sur les canaux anglais un chaland à gaz pauvre, mû par un moteur et un gazogène du système allemand Capitaine. D’après les relevés faits sur un parcours de 900 km et plus, la dépense de combustible ne ressortirait qu’à 40 centimes environ par heure, à une allure de 9 km 1/2, pour une charge de 20 tonnes seulement, il est vrai.
- Un nouvel acier. — Il a été imaginé par MM. Jessop and sons, les industriels anglais, spécialement pour la fabrication des canons de fusils, et des fusils de chasse, dont l’épaisseur de canon est relativement faible. Cet acier, qui ne coûte seulement qu’un peu plus que l’acier fondu ordinaire, est soumis à une pression très élevée alors qu’il est encore fluide et coulé dans le moule. Sa limite d’élasticité est de 3o tonnes, sa limite de rupture de 5o, et son allongement de 3o pour too pour un échantillon de 20 cm.
- Essai des colles et gélatines. — MM. Trotman et Hackford se sont, préoccupés de cette question dans le Journal of the Society of the Chemical industry, et ils estiment que la question à considérer, c’est le rapport entre l’azote total et l’azote précipité par le sulfate de zinc; toutes manipulations qui tendent à augmenter, la quantité d’azote non précipitable, diminuent d’autant la valeur de la colle.
- Embarquement mécanique du charbon. — Il s agit du déversement mécanique et instantané du contenu dès wagons de charbon dans les cales des navires. La Compagnie anglaise dite Tafl Yale Railway est en train d’installer, sur les quais du dock de Penarth, à Cardiff, des estacades qui font monter les wagons à une hauteur de 13,70 m. au-dessus du niveau des quais : et cela pour que la différence de hauteur entre l’estacade et l’ouverture des cales ou le pont des navires soit toujours suffisante même à marée haute.
- Érosion des canons. — Nous avons donné, dans le corps du journal, des exemples de l’intensité avec laquelle cette érosion se produit sous l’influence des poudres modernes. Pour y remédier, M. le Dr Reccbi voudrait voir employer certaines substances comme la nitro-guanidine en vue de calmer la violence initiale des poudres; de son côté, M. Gey van Pillius estime que ce sont les résidus des poudres sans fumée, les cendres, qui, par leur propriété hygroscopique, agissent, surtout sur l ame du canon, et il voudrait que le canonnier donnât tous ses soins au nettoyage absolu de la pièce après chaque tir.
- Véhicules automobiles de chemins de fer. — Ce
- nouveau moyen de transport accuse de plus en plus nettement ses avantages; et voici que les chemins de fer de la Péninsule malaise eux-mêmes vont y avoir recours ; la maison Thornycroft en construit pour eux un certain nombre.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *•> Outillage <*
- L’anatomie d’un rabot métallique américain. —
- Les rabots métalliques ont de grands avantages sur les rabots de bois, même au point de vue général, en ce sens qu’ils sont moins sujets à gauchir, que la semelle peut en être dressée bien plus exactement que celle du fût de bois d’un rabot, que l’usure est beaucoup plus faible. Mais il faut dire aussi que les rabots métalliques ont été particulièrement perfectionnés aux Etats-Unis, •et que, dans tous les détails de ce que nous appelons leur anatomie, on rencontre un ensemble de dispositifs des plus ingénieux. Nous prendrons comme type un rabot Stanley, une des maisons qui se sont spécialisées le plus dans cette fabrication, et dont nous avons pu manipuler et faire travailler tout l’outillage dans les magasins Markt, 107, avenue Parmentier, Paris.
- Le rabot que nous allons examiner de très près est vendu sous le nom de Bedrock, et il ne comporte que des parties aisément démontables, interchangeables, faciles à remettre en place pour quiconque l’a examiné un instant et est un peu au courant de l’usage et du fonctionnement général d’un outil de ce genre. Le fût proprement dit de l’outil se compose d’une semelle métallique, que le dessinateur a représentée ici sous le numéro 1, en y ajoutant deux parties qui ne sont point solidaires de cette partie en métal, mais qui sont au contraire rapportées et en bois ; c’est la poignée principale et arrière, que l’on voit en p, puis le bouton d’avant b qui sert à donner prise à la main gauche dans l’opération de rabotage. Ces deux poignées sont fixées solidement en place par des vis en cuivre s’enfonçant dans leur masse. On comprend que ce fût métallique peut être soigneusement dressé sur ses joues et sur sa semelle. Du reste, il est venu de fonte avec le fût un massif formant plan incliné en pl, et dont la surface est soigneusement dressée à la machine ; le bord inférieur de ce plan vient précisément à l’aplomb de l’ouverture de la semelle qui est destinée à donner passage à la lame et à son contrefer, et à constituer la lumière proprement dite. Nous allons voir que ce plan sert au déplacement d’un bloc que nous avons fait figurer en 2 et en 3 ; dans le premier cas, il se trouve dans sa position naturelle, tel qu’il, se présentera dans le rabot complètement remonté; dans l’autre, il est renversé sens dessus dessous, pour montrer sa surface inférieure, également dressée à la machine, qui vient eu contact avec celle du plan pl. Disons tout de suite que nous avons fait représenter en 4 le rabot monté, mais vu
- partiellement en section longitudinale, avec sa joue enlevée, de façon qu’on aperçoive très nettement les différentes parties de l’outil, et notamment la pièce en coin de la figure 2, mise en place sur le plan incliné. Ce bloc en coin peut venir reposer sur pl, il s’appliquera sur une surface épousant bien sa propre surface inférieure, tout sera d’aplomb, et d’autant mieux que ses arêtes latérales viennent s’emboîter dans une rainure ad hoc du bord de pl. Ce bloc est destiné à venir donner au rabot la largeur exacte de lumière que l’on désire, suivant le travail à faire, et aussi suivant le dépassement qu’on laissera prendre au fer. Toutefoist nous allons voir dans un instant que le fer peut se mouvoir lui-même de haut en bas, c’est-à-dire.sortir plus ou moins, indépendamment de tout mouvement propre de ce bloc. Quant au mouvement de glissement de ce dernier., pour réduire ou augmenter la lumière, ainsi que nous le disions, il résulte d’abord de ce que le bloc est maintenu par deux vis à
- 0 0 3
- Fig, 1. — Vues <le détail.
- rondelles que le dessinateur a représentées sorties de leur logement en 3, mais qui viennent se placer dans ce logement en II, le trou qui les laisse passer dans le bloc et atteindre le plan pl étant une sorte de coulisse qui permet de les fixer en un point quelque peu variable, ou plus exactement de ne les serrer à bloc que quand la pièce 2 a été poussée plus ou moins loin, de façon à empiéter également plus ou moins sur la lumière. Ce déplacement est assuré par une vis à collier v, qu’on
- l'ig. 2. — Vue d’ensemljle avec coupe. Fig. 3.
- Vue générale
- aperçoit dans la figure 1, et qui vient se loger par son collier dans l’évidement de la pièce cl (fig. 3) en entraînant cette pièce, et par conséquent le bloc en coin tout entier (autant naturellement qu’on n’a pas encore serré à force les vis). Si l’on visse v, le bloc avancera en empiétant sur la lumière ménagée naturellement dans la semelle du rabot; si l’on dévisse, il reculera et dégagera cette lumière. De toutes façons ensuite, on serrera les petites vis, et tout sera fixé.
- Une fois le bloc monté, mettons maintenant en place le fer et le contrefer, et aussi le coin qui va les immobiliser, à l’instar de ce qui se passe dans un rabot de bois. Mais auparavant remarquons la vis Y, fixée dans le bloc, puis le levier le qui se trouve en haut de celui-ci, et qui peut osciller un peu à droite ou un peu à -gauche, sous l’impulsion d’un doigt, en s’inclinant de telle manière que la pastille métallique qui est rivée a son extrémité inférieure prend un mouvement forcément excentrique, puisqu’elle n’est pas au point formant axe d’oscillation de ce levier. Notons, de plus, l’ergot er, qui sort du bloc par une ouverture ménagée dans sa masse. Cet ergot peut prendre un mouvement de haut, èn bas ou de bas en haut parce qu’il est relié à un collier ou plus exactement à un étrier solidaire de renfoncement d’une vis moletée qui est au talon du bloc en coin, et qu’on voit en mo dans la figure 3. On monte le fer, qui est solidaire de son contrefer, sous bénéfice, il est vrai, d’un jeu longitudinal de l’un par rapport à l’autre, grâce à une vis dont la tête est en-dessous du fer, et vient du reste se loger en lo (fig. 2), et dont la tige glisse dans une coulisse ouverte dans la longueur et suivant l’axe du fer. Le contrefer porte un trou par où vient passer la tête de la vis V, qui traverse le fer par la coulisse que nous venons d’indiquer. Mais l’ajustement du fer et du contrefer (une fois qu’ils ont été réglés par la vis pénétrant dans lo) s’obtient par le mouvement de l’ergot er, et on peut de la sorte faire rentrer ou sortir l’un et l’autre d’une quantité aussi minime qu’on le désirera. On comprend que cela remplace avantageusement les coups de marteau que le menuisier donue sur le fer et le contrefer d’un rabot ordinaire, en procédant par des tâtonnements successifs fort longs. Ajoutons enfin que, si par hasard le fer (avec le contrefer) ne se présentait pas tout à fait carrément dans la lumière, rien ne serait plus simple que de le redresser par un petit mouvement de côté, et grâce à ce levier le dont la pastille métallique et excentrée vient se loger et se déplacer dans la coulisse à plusieurs fins ouverte dans la longueur du fer. Quand nous aurons dit que le fer et son auxiliaire sont maintenus en place et coincés solidement par un coin métallique, qui s’y applique fortement sous l’action d’un petit levier muni d’un talon formant excentrique en prenant appui sur la vis Y, ou verra que nous n’exagérions pas en disant que ces rabols Stanley sont intéressants pour le technicien en général. Ils sont du reste d’une solidité à toute épreuve.
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- Divers
- Avertisseur d’incendie. — Ce petit appareil est encore un appareil de toute utilité ; c’est uu avertisseur d’incendie. Sou action est souvent très importante. Il est formé de deux pièces métalliques dont l’une très dilatable, qui au moindre changement de température se dilate et se rapproche de la deuxième pièce. Elle ferme ainsi le circuit électrique d’une pile sur une sonnerie.
- L’appareil est très simple et peut être placé dans un coin à l’aide d’un simple clou. On peut également utiliser cet appareil pour éviter les accidents causés par réchauffement, tels que arrêts dans les mouvements, rupture des arbres et des essieux, grippage des pièces, etc. — L’avertisseur d’incendie se trouve chez M. C. Logan, 6, rue Saint-Marc, Paris.
- Utiül Avertisseur (l’iiiccMidie.
- Accrochoir automatique. — Cet accrochoir, que nous avons vu chez MM. Markt, à Paris, 107, avenue Parmentier, et qui est de fabrication américaine, est donné spécialement comme porte-balai, parce qu'il permet d’accrocher instantanément tui balai, en empêchant qu’il ne repose sur scs soies (ce qui lui est; très dommageable); mais il pourrait certainement répondre à des usages multiples, et servir à suspendre bien des outils. On y trouve une application fort ingénieuse,
- comme souvent dans les moindres inventions américaines, d’un principe mécanique : celui de la décomposition des forces, résultant de l’obliquité de l'effort. Comme on le voit, cet accrochoir, ce support comporte d’abord une sorte de petit étrier courbe fixé au mur par vis, et dans lequel peut tourner l’axe terminant une tige métallique qui vient traverser partiellement un anneau allongé, présentant une extrémité poin-
- Accrochoir automatique.
- tue. Cette tige se termine vers le milieu de l’anneau par une expansion olfrant un évidement demi-circulaire. D’autre part, le t a Ion. de l’anneau présente deux pointes qui l’empêchent de jamais venir se coller à plat le long de la paroi où l’étrier le suspend, et l’on peut toujours aisément le saisir. Si on le soulève de manière à le mettre à peu près horizontal, on y introduira aisément d’aplomb le manche du balai, de l’ustensile à suspendre; et si ensuite on le laisse retomber avec sa charge, celle-ci va se trouver tirer obliquement entre l’évidement demi-circulaire et la pointe intérieure de l’anneau ; le manche sera donc coincé solidement, en vertu même du poids de l’ustensile, et celui-ci sera maintenu en place tout en demeurant d’un enlèvement facile et immédiat; il suffît pour cela de soulever un peu le manche, afin que l’anneau reprenne une position à peu près horizontale.
- Tournevis à billes. — On ne pressent pas trop bien au premier abord comment un outil de ce genre peut être muni d’un dispositif de roulement à billes; mais on va rapidement le comprendre, et l’on verra que l’idée
- par l’intermédiaire de laquelle, et des billes qui sont logées sous cette calotte, se fait la réaction de la pression de la lame dans le creux de la main. Quand donc on tourne l’outil tout en poussant, le manche peut suivre le mouvement de la lame sans qu’aucun frottement se transmette à la main, alors qu’avec les tournevis ordinaires ce frottement devient pénible au bout de peu de temps. En somme cet instrument fait l’effet d’un tournevis à cliquet, et il est fort simple de construction. — Cet appareil est en vente chez M. Roux, 54, boulevard du Temple, à Paris.
- Allumoir auto-électrique. — Ce nouvel allumoir présente l’avantage de ne dépenser qu’une faible quantité d’énergie électrique, au moment même où l’on veut s’en servir. 11 est formé par deux tiges d’acier reliées
- l’ig. 1. — Vue d’ensemble.
- aux pôles d’une pile électrique sèche avec une bobine en circuit. Le tout est renfermé dans l’allumoir qui consiste en uu socle de bois surmonté d’une cloche en bronze. Dans l’intérieur de la cloche, en porcelaine d’amiante,
- Fig. 2. — Vue extérieure.
- sont les deux lames d’acier qui prennent contact avec un tube porte-mèche central quand il est retiré. Un petit réservoir à essence minérale est dissimulé dans la partie supérieure de l’allumoir mobile et formant poignée.
- Fig. 3. — Vue intérieure.
- Tournevis à billes.
- est excellente, logique, et rend de réels services. C’est en effet dans la tète du tournevis, c’est-à-dire dans le bout du manche où vient appuyer le creux de la main pour faire effort, pour maintenir la lame de l’instrument dans la tête de la vis, que se trouve ce frottement à billes : il y à là une calotte mobile autour d’un pivot, et
- Lorsque l’on veut se servir de l’appareil, on retire vivement l’allumoir mobile, le frottement des tiges d’acier contre le tube du porte-mèche produit une étincelle qui allume la mèche imbibée d’essence. Dans ces conditions, on comprend que l’action est instantanée et que l’usure de la pile est des plus faibles. — Ce nouvel allumoir est en vente chez M. Mathieu, 29, rue de Valois, à Paris.
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- VARIÉTÉS
- Sg'a-i. Agriculture
- La noctuelle des moissons. — Une véritable invasion de noctuelles des moissons a sévi cet été en Bretagne à la suite de la longue période de sécheresse; ce petit lépidoptère (agrosiis segetum), mangeur de feuilles, a causé des dégâts très préjudiciables, notamment dans les cultures de betteraves. Il est bon de rappeler, d’après le Journal de VAgriculture que, depuis plus de trente ans, on dispose de moyens certains de destruction contre cet insecte, moyens employés avec succès aux Etats-Unis, au Canada et en Australie, et qui sont à recommander d’ailleurs contre tous les insectes phytophages. Ils consistent à employer les toxiques arsenicaux, arséuiles insolubles et colorés, vert de Paris ou de Scheele (arsenite de cuivre), pourpre de Londres (arseniale de chaux teint parla rosaniline). Le vert de Scheele s’emploie en pulvérisations dans la proportion de 240 gr. pour 1 heclo-liire d’eau, en ajoutant de 5oo à 1000 gr. de farine; j kg de ce toxique (soit 4'",4 d’eau) sullit pour un hectare. Rappelons enlin que la nature toxique des produits nécessite quelques précautions très faciles : lavage des mains et du visage, nettoyage des vêtements et des pulvérisateurs, rangement soigneux de l’insecticide.
- Les variations du Solanum Commersoni. — Nous avons signalé dans La Nature, n° 1710, du 3 mars 1906, p. 219, l’intérêt de premier ordre présenté par cette nouvelle espèce de pomme de terre, le Solanum Commersoni, dont un agriculteur de la Vienne, M. Labergerie, a récemment enrichi l’alimentation. Il s’agissait, nous le rappelons, de tubercules sauvages d’une solanée rapportés de l’Uruguay par M. de Saint-Quentin, confiés à M. lleckel, le savant botaniste de Marseille, cultivés par lui sans résultats utilisables et, en 1901, essayés à nouveau par M. Labergerie dans des cultures qui ne tardèrent pas à manifester une richesse extraordinaire de formes. Les photographies que nous donnions alors permettaient de se faire une idée de cette extrême variété. L une d’entre ces formes — la variété violette de 1901, ou pomme de terre de l’Uruguay— présentait l’intéressante particularité d’être fixée, tandis que les autres éiaient au contraire remarquables par leur instabilité. Eu un mot la solanée, dite Solanum Commersoni, se t ouvait, comme disent les botanistes, en pleine période de variations, d’allolement, pour employer un terme très juste et d’ailleurs très à la mode, en manifestant cependant une tendance bien marquée à la formation d’un nouveau type défini ayant ses caractères propres et parfaitement distincts du type père. A côté des questions, très intéressantes au point de vue agricole et économique, sur lesquelles nous avions presque uniquement insisté il ans notre étude consacrée à la précieuse solanée, il y avait matière à de suggestives observations et considérations d’ordre botanique, puisque le Solanum Commer-soni nous permettait de saisir sur le vif le spectacle si rare d’une espèce en pleine évolution au moment même où, sortie des conditions habituelles de son existence, elle semblait chercher comme à tâtons, dans les plus diverses directions, de quelle meilleure façon il allait lui être possible de réaliser à nouveau un état d’équilibre. Quel allait notamment être le sort de toutes ces formes, dont la surabondance faisait songer bien plutôt qu’à des résultats définitifs, à des possibilités, à des sortes d’hypothèses concrètes essayées simultanément parla nature? Parmi elles, lesquelles devaient survivre, se fixer, lesquelles disparaître à jamais ?
- Disons de suite qu’il n’est pas encore possible de donner .une réponse précise à ces questions. Les observations qui ont été faites durant cette dernière année sur le Solanum Commersoni et sur ses diverses formes, ainsi que les résultats des dernières récoltes montrent, ru effet, clairement que cette pomme de terre n’est pas encore sortie de la période d’affolement. Néanmoins, les échanges de considérations auxquelles elle a donné lieu au cours des récentes séances de la Société nationale d’agriculture de France fournissent plusieurs renseignements pleins de valeur, qui permettent de prévoir en partie, l’avenir de la création de M. Labergerie et qui sont en même temps à retenir pour leurs conséquences d ordre pratique. Nous allons les résumer ici, en insistant surtout d’abord sur le côté botanique. Tout ce qui
- suit a trait presque uniquement à des expériences et à des observations effectuées en 1905.
- Tout d’abord, les nombreuses cultures d’essai qui ont été faites dans toutes les régions de la France et par des personnes de la plus parfaite compétence, MM. Bla-riughem, Manteau, de Vilmorin, G. Bonnier, Berthault et Brétiguière, Costautin, etc., s’accordent à confirmer la plupart des excellents caractères que nous avions signalés précédemment et notamment la remarquable immunité du Solanum Commersoni relativement aux maladies.
- Voici maintenant ce qui a trait aux variétés,
- Le type primitif' (Y. La Nature, n° 1710, du 3 mars-190Ü, p. 220, fig. 1, n° 16 et n° 17) ne maintient pas à l’état non modifié les qualités que l’essai en terrain très fertile avait fait espérer et perd ses améliorations en terrains infertiles ou peu fertiles.
- La variété violette 1-01 (pomme de terre de V Uruguay) (id. fig. 4 et 5) dont nous avions signalé la fixation, avait cependant déjà donné en 1904 un retour au type d’origine, à Marseille, dans les cultures de M. lieckel. La même année, dans les cultures de Verrières (Labergerie), le même fait s’était produit et avait été constaté par M. Schribaux. A part ces deux petits faits qui n’ont pas beaucoup d’importance en ce qui concerne l’évolution de cette variété, la fixation de la pomme de terre de l’Uruguay semble de plus en plus certaine, et ses caractères sont restés ceux qu’ils étaient en 1904, plus accentués même. Il était cependant nécessaire de signaler ces deux cas de retour au type signalés simultanément à Marseille et à Verrières. Ils viennent attester d une manière indubitable que la variété violette est bien originaire du Solanum Commersoni, et contrairement à ce que certaines personnes semblaient croire, est parfaitement distincte du Solanum luberosum, notre pomme de terre ancienne. Enfin, il ressort nettement des études de l’année dernière que la variété violette maintient ses brillantes productions dans les terrains très humides, et tend à augmenter ses rendements en terrains secs; elle dépasse de beaucoup sur ce point la pomme de terre européenne à grand rendement dans les terrains très humides et concurrence avantageusement toutes celles des sols secs et moyens.
- La variété jaune 3-o3 (id. fig. 3, n° 20) se présente elle aussi avec des garanties de fixité satisfaisantes, une production intéressante pour terrains secs, excellente résistance aux maladies et richesse considérable en-fécule (18 à 22 pour 100).
- La variété blanche 10-04 (id- fig. 3, n° 21) maintient également ses caractères, de résistance aux maladies, à l’humidité, à la sécheresse, à la gelée et de grande productivité ; elle 11’est cependant pas entièrement lixée.
- La variété 11-04, peu productive, préférant les terrains secs, extrêmement résistante et tardive, dont la fixité paraît acquise, promet de donner une assez bonne espèce de table dès qu’elle sera améliorée par la culture ; la chair est d’un beau jaune.
- La variété rouge 14-04, rappelle par son aspect la merveille d’Amérique. C’est une des productions les plus remarquables du Solanum Commersoni violet ; elle donne i5,8o pour 100 de fécule.
- On voit qu’en somme dans son ensemble le Solanum Commersoni est encore en pleine période de variation. Cependant on peut déjà prévoir un certain nombre de formes appelées à donuer un type définitif et certainement aussi on en trouvera quelques-unes dans les très nombreuses variétés dont nous n’avons pas parlé et qui sont en plein affolement.
- Ce qu’il y a à retenir d’intéressant au point de vue pratique — outre l’avenir certainement très grand de la nouvelle pomme de terre — c’est qu’elle est parfaitement distincte de nos pommes de terre européennes, et notamment de la géante bleue, avec laquelle elle présente seulement par convergence quelques ressemblances superficielles. Il est permis de plus, semble-t-il, d’après quelques récentes notes de M. lleckel, suite et conséquence des belles cultures de M. Labergerie, d’espérer que quelque lumière va être prochainement projetée parle savant botaniste sur la question obscure de l’origine de la pomme de terre. Tous ceux qu’intéressent les questions agronomiques et purement botaniques ne sauraient qu’applaudir à ces résultats.
- A. Dumesxil.
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- BIBLIOGRAPHIE
- JY. IL Abel, sa vie et son œuvre, par Lucas de Peslouan. Paris, Gaulhier-Villars, 1906. 1 vol. in-8° colombier. Prix : 5 francs.
- L’auteur n’a pas cherché dans ce remarquable petit livre à écrire un chapitre de l’histoire des mathématiques. Il a fait une monographie racontant à la fois et analysant la vie et l’œuvre d’Abel, montrant les relations qui déterminent la seconde par la première. Ou lira avec un extrême plaisir, si l’on a reçu une éducation mathématique suffisante, ce travail plein de bonne foi et dont toute la rédaction est faite avec ce soin, ce respect du lecteur et du sujet qui en font un véritable ouvrage d'honnête homme au sens où les contemporains de Descartes et de Pascal, employaient le mot. Des notes copieuses donnent souvent le texte complet et facilitent la compréhension des œuvres du jeune homme de génie qu’une mort prématurée n’empêche pas l’auteur de mettre au rang des plus grands entre les mathématiciens.
- <Guide de Vamateur météorologiste, par Julien Loisel, météorologiste à l’Observatoire de Juvisy. Paris. Gauthier-Yillars, 1906. 1 vol. in-8°. Prix : afr,75.
- Le petit livre de M. Loisel n’est pas un traité de météorologie. C’est un manuel pour les personnes qui
- se livrent à cette science en amateurs et qui trouveront dans ses chapitres des indications fort utiles pour donner toute leur valeur à leurs observations. A la table des matières : Remarques générales, lieu d’observation, heures d’observation, température, précipitations atmosphériques, phénomènes divers, phé -nomènes optiques, état du ciel, vent, humidité atmosphérique, pression atmosphérique, phénomènes de la végétation et observations sur les animaux, registre d’observations.
- Aide-mémoire de photographie pour 1906, publié sous les auspices de la Société photographique de Toulouse, par C. Fabre, docteur ès sciences. 3i6 année, 4e série, tome I. Paris, Gauthier-Yillars, 1906. 1 vol. in-18. Prix : broché, if*',7Î>; cartonné, 2fr,25.
- A la table des matières : Calendrier, liste des Sociétés, journaux, annuaires photographiques, bibliographie, procédés au collodion, gélatinobromure d’argent, photogrammes aux sels d’argent, photogrammes au platine, aux sels de chrome, impressions aux encres grasses, photocollographie, matériel photographique, applications scientifiques de la photographie, astronomie, géodésie, photochromographie, chromophotographie, formulaire.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Décapage du fer noir avant émaillage. — Pour les tôles de fer noir, on se trouve bien, suivant Metailar-beiter, de tremper ces tôles, bien propres, dans une mixture faite d’environ 1 partie d’acide sulfurique pour ao à 22 d’eau, la température devant être de 3o° à 400 ; on emploie, du quartz broyé à angles vifs pour frotter les tôles, et cela trace dans le métal des rayures qui assurent l’adhérence beaucoup plus sure de l’émaillage. On plonge ensuite le métal quelques secondes dans l’eau bouillante, et on laisse sécher. Parfois même on se trouve bien de recuire les tôles à l’abri de l’air.
- Pulpe de bois durcie. — On ignore généralement qu’on peut grandement modifier la résistance et les qualités de la fibre végétale employée à la fabrication du papier, en la soumettant simultanément à une élévation de température et à une très forte pression. Pour cela, on la place entre les plateaux d’une presse hydraulique, plateaux où l’on peut introduire de la vapeur pour donner une élévation de température modérée. On peut aussi faire tremper ce qui est en somme de là cellulose, dans une solution assez faible d’acide sulfurique, ou dans une solution de chlorure de zinc d’une densité de 1,7; on soumet ensuite à l’action d’une presse, on trempe un peu dans de l’eau pure, et l’on presse de nouveau. Enfin on peut également prendre de la pulpe de bois, en faire une pâte avec de l’eau, et y incorporer 10 pour 100 de son poids de blanc d’Espagne. Puis on met tremper dans une solution de silicate de soude faite d’une partie de silicate pour 4 d’eau; on presse jusqu’à durcissement, on fait tremper quelques heures dans de l’eau pour enlever les sels solubles, et l’on presse à nouveau.
- Ciment pour monter des lentilles achromatiques.
- Se procurer du baume du Canada bien pur et ayant consistance de miel; le faire chauffer, et renouveler l’élévation de température par tâtonnement, jusqu’à ce que, en refroidissant, il prenne en masse dure. On le brise alors en morceaux, on met ces morceaux dans un flacon à large goulot; on recouvre de benzol, on. bouche, et on laissé digérer un jour. Alors on chauffe doucement au bain-marie jusqu’à ce que le tout devienne
- fluide, après avoir débouché, comme de juste. On nettoie bien les lentilles à monter, en enlevant toute poussière; on les chauffe doucement devant le feu, puis on fait tomber une goutte du baume chaud au centre de la lentille concave; on applique par-dessus la lentille convexe et l’on appuie avec précaution, jusqu’à ce que le baume se répande et vienne même perler au pourtour de la surface de contact des deux lentilles. On place le tout dans un four légèrement chaud dont on maintient la porte ouverte ; et quand le baume a commencé de durcir, on retire et laisse sécher à l'air. On enlève, avec un chiffon mouillé de benzol, l’excès de baume qui a pu rester sur la tranche des lentilles.
- Soudures sur des tuyaux de plomb pleins d’eau. —
- En réalité, nous avons en vue un petit truc de métier qui n’est pas souvent pratiqué, mais qui peut rendre des services : il sert à arrêter l’eau dans une canalisation à quelque distance du point où se fera la soudure, tandis que cette canalisation continuera de distribuer l’eau dans la portion qui est en avant de la fuite à boucher, de la soudure à faire, de manière à desservir des prises d’eau, des robinets quelconques. Mais pour que la chose réussise, il est essentiel que l’eau dans la conduite ne soit qu’à une assez faible pression. Par un point d’accès quelconque à l intérieur du tuyau, par un robinet ne se trouvant qu’à peu de distance de la soudure à faire, on glisse dans le tuyau, qu’on a vidangé un instant dans ce but, un bouchon provisoire fait d’argile bien pétrie, ou encore de pâte préparée avec aussi peu d’eau que possible, de la mie de pain frais pétrie. Il faut que ce bouchon soit glissé de façon à maintenir l’eau à quelque 20 ou 2S centimètres du point de soudure, pour que la présence de celte eau n’entraîne pas un trop grand refroidissement du métal. On fait la soudure, et quand on ouvre lé robinet du tuyau qui se trouve au delà du bouchon, que la pression peut s’exercer pleinement, la dissolution du bouchon ayant d’ailleurs commencé du moment même où il a été mis en place, peu à peu l’eau filtre, décompose ce bouchon, en entraîne la masse par parcelles, et il arrive un moment où la canalisation est complètement débarrassée de toute obstruction.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS- — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Al. Courtonne, à Barcelonne, nous adresse une intéressante Note sur la substitution de l'oxalale de potasse ou de soude à Voxalate d'ammoniaque dans l'analyse hydrotimétrique, publiée par lui dans le Bulletin de la Société industrielle de Rouen (mai-juin igo5). M. Courtonne montre que les instructions donuées, il y a plus de cinquante ans, par Boutron et Boudet pour l’analyse des eaux par la méthode hy- • drolimétrique et reproduites jusqu’à nos jours sans .modification, excellentes pour classer les eaux en deux grandes catégories, douces ou potables, dures et à rejeter, sont insuffisantes lorsque l’on veut doser dans une eau non seulement les sels de chaux, mais encore les isels de magnésie et l’acide carbonique. Une analyse hy-Idrotimétrique complète comprend en réalité quatre opérations : r prendre le degré de l’eau telle quelle (somme ides actions exercées sùr le savon par l’acide carbonique, je carbonate et les autres sels de chaux, lès sels de magnésie) ; 20 prendre le degré de l’eau après élimination de la totalité de la chaux par l’addition de 2 cm5 d’une solution d’oxalate d’ammoniaque au 1/60° à 5o cm5 (acide1 carbonique et sels de magnésie) ; 3° prendre le degré de l’eau bouillie, ce qui élimine le carbonate de chaux et; l’acide carbonique (sels de magnésie et sels de chaux autres que le carbonate); 4° prendre le degré de l’eau bouillie après élimination comme en 20 des autres sels île chaux (sels de magnésie). Or, on sait que la 20 et la 4“ opération sont fort difficiles à mener à bien, ce qui semble tenir au réactif employé pour précipiter les sels calcaires. Selon M. Courtonne, la substitution de l’oxa-late de soude (à 1 1/2 pour 100) ou de l’oxalate de potasse (à 2 pour 100), permettrait de faire les quatre titrages avec une égale facilité, à moins de 1/4 de degré près.
- AI. A. Carron, à Johannesburg (Transvaal), nous envoie quelques données intéressantes sur La houille blanche en Sud-Afrique. « L’utilisation de la houille blanche a fait un grand pas au Transvaal. Actuellement 3 projets sont en voie de réalisation : i° Aménagement d’une partie des importantes forces hydrauliques constituées par les chutes du Zambèze « Victoria Falls ». Celte première partie aménagée sera absorbée par les nombreuses mines d’or, diamant, et autres de Rhodésia et Transvaal; ainsi qüe par la traction et l’éclairage dans ces deux régions.
- (.Projet de la Generale Electrique de Berlin). — 20 Aménagement du Vaal River, à Vereeniging, par un canal similaire au canal de Touage, près Lyon (Projet de la maison Lewis and Marks, du Transvaal). — 3° Aménagement du Crocodile River, près Préloria. Et aménagement du Zinkerbosch-Rand, près Heidelberg (Projet de M. G. Jacquier, un Dauphinois).
- M. le Dc P. Caries, à Bordeaux, nous adresse une Note intéressante au sujet de la lutte contre la poussière des routes : « En dehors du goudronnage, dit-il on a proposé pour fixer les poussières d’arroser les routes avec de l’eau salée au moyen de sel marin dénaturé. Cette idée repose sur la propriété qu’a le sel, surtout celui qui est en gros grains, d’attirer l’humidité de l’air et d’empêcher ainsi les poussières de se dessécher. Il nous semble qu’il y aurait mieux à faire. Le chlorure de sodium pur n’est pas, en effet, hygrosco-pique par lui-même. Si le sel extrait de la mer se liquéfie dans les salières, c’est parce qu’il est impur et chargé surtout de chlorures de magnésium et de calcium, sels qui provoquent celte liquéfaction. Il semblerait donc logique pour fixer les poussières de ne mettre dans l’eau d’arrosage que ces sels eux-mêmes. Mais, tels que l’industrie les prépare directement ou qu’on les trouve comme résidu d’usine, ces sels ont toujours une valeur marchande élevée. Par contre, il existe un mélange naturel dans lequel ils abondent tous ensemble, et où même parfois ils dominent. Ce sont les eaux mères des
- salines, c’est-à-dire l’eau de mer qu’on a mise à évaporer au soleil d’été en grande surface, et qui, en se desséchant ainsi progressivement, a abandonné au fur et à mesure les diverses combinaisons salines qu’elle contenait en dissolution. Ces sels cristallisent à tour de rôle, chacun selon son ordre d’insolubilité dans la partie d’eau restante. Le chlorure de sodium est un des premiers à se précipiter. Lorsque cette eau arrive à marquer 400' Baumé, elle est plus épaisse que du sirop de sucre, et ne contient guère alors en dissolution que du chlorure de magnésium, sel déliquescent par excellence. En mélangeant quelques litres de ces eaux mères sans aucune valeur, avec une tonne d’eau d’arrosage, on abattrait les-poussières peut-être pendant plusieurs semaines, si ce n’est durant toute la saison estivale. Ce 11’est qu’affaire de proportion.
- Renseignements. — M. Mousseron, à Paris. — 1“ Nous avons répondu directement à votre demande,, mais notre lettre est revenue, avec la mention Inconnu. — 20 Notre collaborateur, M. Bonnin, vous conseille de vous adresser de sa part et de la nôtre, à MM. Barbier,
- . Besnard et Turenne,'constructeurs de phares, 82, rue Curial, à Paris, qui vous donneront des indications précises.
- Dr A. E., à S. :— Nous avons donné dans notre recueil de Recettes wt procédés utiles, librairie Masson et Cio,
- . 120, boulevard Saint-Germain, à Paris, plusieurs recettes-de colles pour la porcelaine, résistant à la chaleur. Vous pourriez employer la suivante : délayer du plâtre en poudre fine dans de l’huile à machine, ajouter du blanc d’œuf (100 gr. pour 5o gr. d’huile), mélanger avec un-pilon sans faire mousser. La pâte doit être employée immédiatement. On l’emploie souvent pour coller verre et cuivre. — 20 Les deux ouvi'ages de M. L. Guillet : Les aciers spéciaux, Etude théorique des alliages métalliques, chez Dunod et Pinat, 4çb quai des Grands-Augustins, à Paris, contiennent tous les renseignements que vous désirez. — 3° Le second des ouvrages ci-dessus contient un chapitre sur la Métallo graphie microscopique où vous trouverez les renseignements techniques demandés et une bibliographie bien faite.
- AI. E. C., à Bruxelles. — L’acide acétique est en effet quelquefois employé dans les opérations de tannage.. Vous trouverez les renseignements à ce sujet dans le Manuel Roret du Tanneur, corroyeur, etc., librairie Mulo, 12, rüe Hautefeuille, à Paris.
- M. Alt). F. Dominiguez, à Montevideo. — Veuillez, vous adresser pour les dragues dont nous avons parlé, à la maison Vickers Sons and Maxim, à Manchester.
- AI. V. Belondrade, à Dakar. — Pour des pétrins mécaniques, veuillez vous adresser à la Société française de meunerie, 1, rue Méhul, à Paris.
- M. A. Thihaudeau, à Pons. — Ce que vous proposez serait sans doute fort intéressant au point de vue scientifique, mais les frais à votre charge seraient considérables et le profit très restreint.
- M. G. R., à Lyon. — Vous trouverez un appareil pour mesurer les résistances d’isolement à la maison J. Carpentier, 20, rue Delambre; il est désigné sous le nom de mégohmmètre. Vous pouvez aussi mesurer l’isolement avec un voltmètre.
- AJ. D. G., à M. — On ne signale aucune pluie et la sécheresse sévit partout.
- AI. Durand, à Lille. — Il est préférable de prendre une solution de sulfate de cuivre à 5o pour 100.
- Accusés de réception. — Avis divers. — Al. Ch.
- Destubidois, à Paris. Veuillez consulter un médecin spécialiste. — AI. L. Dewinter, à Haarlem. Les chiffres donnés sont ceux de la Reçue maritime, publiée par le ministère de la marine, et ils nous semblent mériter toute confiance. — M. II. Vauquelin, à Brest. Voyez ces indications dans Recettes et procédés utiles, 3° série, à Paris, librairie Masson et Cie, 120, boulevard Sainf-Germain. — AI. II. de Sao, à P. Veuillez consulter le petit guide La Lozère, par MM. Viré,-E. et G. Cord, à la même librairie. — MAI. Courtonne, à Barcelonne, Carron, h. Johannesburg, P. Caries, à Bordeaux. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES IU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES 0BSEKVATI0NS GÉNÉBALES
- Lundi 3 septembre . 1 t°,9 S. S. W. 1. Beau. » Dosée; beau.
- j Mardi 4 15°,2 E. N. E. 9. Beau. 0 Bosée; brumeux; beau ; halo à 17 b.
- Mercredi 5 1()°,9 N. 5. Couvert. » Couv. jusqu’à 12 h.; nuageux ensuite; brouill. le matin: brumeux le soir.
- Jeudi G 1 i'M S. S. W. 2. Très nuageux. 0 Bosée ; nuageux ; halo à 8 h. 45 et 10 h. 30.
- Vendredi 7 18 .0 S. W. "2. Couvert. 0 Couvert le malin; très nuageux de 13 b. à 18 b. ; beau ensuite.
- Samedi S 14".7 E. Ü. . Beau. » Bosée; brouillard léger; beau.
- Dimanche 9 ir,8 N. N. E. ?. - Beau. B Bosée ; beau.
- SEPTEMBRE 1906.— SEMAINE DU LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 1906
- . La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mincet thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, .thermomètre à l'abri à boule mouillée.,
- Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été très chaud dans la semaine du 3 au g septembre. Le 3 septembre, la pression est peu élevée à l’Ouest de l’Europe; on note 761 mm à l’entrée de la Manche. Le vent est faible sur toutes nos côtes. La température était toujours élevée; •elle était i3° à Clermont, i5ü à Paris, 210 à Toulouse, 28° à Alger, 180 au Puy de Dôme, io° au mont Aigoual, 5° au Pic du Midi. La température moyenne a élé supérieure de 4°.6 à la normale; à la Tour Eiffel, on a observé un maximum de 290,2 à 2 heures du soir; on a constaté également en plusieurs points des maxima de 33°. Le 4 septembre, la pression barométiique s’est relevée à l’Ouest de l’Europe et atteint y65 mm. La sécheresse persiste en Europe et surtout en France. La température a été encore très élevée dans nos régions, surtout dans l’Est. On a relevé 34° à Charleville, 3g° à Belfort, 3g° à Lyon, 3i° à Dunkerque, 32° à Limoges. Le matin à 7 heures on notait 180 au Puy de Dôme, 1 20 au mont Aigoual, 70 au Pic du Midi. La température moyenne a été 22°,2, supérieure de 6°,2 à la normale. Le 5 septembre, la situation s’est modifiée lentement. Le matin une forte dépression s’est avancée sur les Iles Britanniques, et les fortes pressions se sont retirées sur le Sud-Est du continep’ .Des pluies sont tombées sur le littoral de la Manche; il est tombé 11 mm d’eau à Brest, 5 mm à Cherbourg, 1 mm à Dunkerque. La température était le matin 170 à Paris, 200 à Lyon, 25° à Alger. A midi la température était 21°,4; la pression barométrique accusait 764,5 mm.. Le 6 septembre, une tempête d’Ouest a sévi le matin sur la mer du Nord. Sur la France entière la pression barométrique a éfé
- supérieure «4 765 mm. Un vent modéré de lOuest a soufflé sur la Manche. En France, on a recueilli seulement au Pic du Midi 34 mm d’eau. La température était le matin 12° à Nantes, 140 à Paris, 140 à Limoges, 180 à Lyon, 26° à Alger, 160 au Puy de Dôme, 160 au mont Aigoual, 6° au Pic du Midi. La température moyenne a été i8°,8 supérieure de 3° à la normale. Le 7 septembre, la pression barométrique était élevée à Brest où elle atteignait 768 mm. Un vent faible de l’Ouest a eu lieu sur la Manche ; il a soufflé du Nord sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée. On n’a signalé que quelques ondées dans la banlieue de Paris. Le thermomètre a marqué le malin 180 à Paris, 180 à Nantes, 180 à Lyon, 20° à Toulouse, 26° à Alger, 160 au Puy de Dôme, i2° au mont Ventôux, 5° au Pic du Midi. Le 8 septembre, la pression barométrique sur toute la France a été supérieure à 76a mm. La mer a été généralement belle sur toutes les côtes ; mais on a ressenti un vent faible de l’Est sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée, et un vent variable sur la Manche. Il n’ÿ a pas eu de pluie en France. La température était le malin i5° à Paris, 180 à Perpignan, ig° à Madrid, 3o° à Alger, 90 au Pic du Midi, 17° au mont Aigoual, 180 au Puy de Dôme. La température moyenne a été ig°,5 supérieure de 4° à la normale. Le 9 septembre, la pression atmosphérique était 765 mm sur la France, excepté à l’embouchure de la Gironde. Des orages ont eu lieu à Nantes et à Nancy; on a observé des éclairs à Lyon et à Roche-fort. La température était i5° à Paris, 180 à Nantes, 200 à Clermont, 210 à Toulouse, 8° au Pic du Midi, i4° au Puy de Dôme, 160 au mont Aigoual; à Alger il y a 290 et le siroco souffle toujours.
- PHASES DE LA LUNE : Néant-.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL - J. LAFFARGUE
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- 12 o, "Boulevard Saint-Germain, Paris (YJe)
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- SUPPLÉMENT AU N° 1739 (22 SEPTEMBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE w
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- INFORMATIONS
- CSK~
- Nouvelle comète. — Le 22 août dernier, M. Kopff, astronome à l’observatoire d’Heidelberg, a découvert une nouvelle comète, de ii° grandeur, à la position suivante (pour i4h 17™, temps moyen de Ivœnigstuhl) :
- Ascension droite............. 22’‘5om
- Déclinaison.............. + 200 53'
- Mouvement en ascension droite : — 4^s et en déclinaison : —J— a'.
- Cette nouvelle comète se trouve dans la constellation de Pégase, au-dessous des étoiles p et X, et dans une position très favorable pour être actuellement observée. Malheureusement son faible éclat ne permet pas son étude aux petits instruments.
- Retour de la comète Holmès. — Une dépêche de l’observatoire central de Iviel signale le retour de cette comète, observé par M. Wolf, astronome à l’observatoire d’Heidelberg, Le 28 août, à i3h56m (temps moyen de Kœnigstuhl), l’astre se trouvait à la position suivante :
- Ascension droite............. = 4h 7m
- Déclinaison............. = + 42° 28'
- Son éclat est extrêmement faible : i5e grandeur et demie. La comète se trouve entre les constellations du Cocher et de Persée.
- L’âge de la terre. — La section des sciences physiques, lors du Congrès tenu à York par la British Association, a été amenée, à propos de l'examen du radium et de son influence, à discuter l’âge de la terre. Lord Kelvin a donné à notre planète de 20 à 3o millions d’années, ce qui a amené des protestations.
- Le gouvernement du Transvaal. —• A la suite de la guerre de trois ans contre les Boers, qui coûta à l’Angleterre 25o millions de livres sterling, soit 6 milliards 3oo millions de francs, et la vie de 22 200 hommes, le Transvaal et l’Etat libre d’Orange sont devenus une colonie britannique; mais, depuis leur annexion à l’Empire, le gouvernement leur avait toujours refusé le régime du self government que la Grande-Bretagne accorde à ses colonies. Des craintes sérieuses motivaient ce refus; elles venaient de ce que le petit nombre de résidents anglais, par rapport à l’importance de la population indigène, semblait constituer un danger pour l’influence britannique sous un régime parlementaire. Le ministère actuel eh a jugé autrement puisqu’il propose de donner à la colonie sud-africaine son autonomie, avec un parlement, composé de 69 membres nommés par les habitants, dont les décisions seront contrôlées par une
- chambre haute composée de.i5 membres désignés par le gouvernement anglais.
- La traversée de l’Atlantique en ballon. — Un aéro-naute allemand, M. Joseph Wertscher, projette de traverser l’Atlantique en ballon. Il étudie, depuis plusieurs mois, les côtes américaines de l’Océan et vient de choisir Atlantic City pour point de départ de son audacieuse tentative. Ce hardi voyageur est commandité très fortement par de riches américains ; des aérophiles millionnaires de New-York et de Philadelphie lui ont assuré leur concours financier. On dit que M. Joseph Wertscher, qui n’est âgé que de 28 ans, compte partir vers la lin de septembre : cet aéronaute prétend que, grâce aux appareils spéciaux dont il armera son ballon, sa tentative est facilement exécutable et il compte mener à bien cette audacieuse entreprise.
- Dimensions des vagues. — Le bureau hydrographique de Washington s’est livré à des mesures et observations au sujet de nette question tant controversée des dimensions des vagues. Il a constaté, pour les grandes vagues ordinaires de l’Atlantique, une hauteur moyenne de 9 mètres, tandis que celles qui sont soulevées par de fortes tempêtes arrivent à 12 m. et même i4,5o m. Les plus grandes vagues ont souvent une longueur de i5o à 180 m., avec une période de 10 à 11 secondes; on a pu exceptionnellement en noter une longue de 800 m. et présentant une période de 23 secondes. Généralement, plus la vague est longue, moins est élevé le rapport de sa hauteur à sa longueur.
- Chemins de fer africains. — On poursuit activement l’exécution de la ligne ferrée du Basoutoland ; elle a déjà 29 kilomètres de développement.
- Automobilisme sur les chemins de fer. — L’automobilisme en ces matières fait de plus en plus de progrès : la Compagnie des docks Alexandra, à Newport, vient de se faire construire des automobiles à vapeur où la propulsion est assurée par un moteur recevant sa vapeur d’un générateur type locomotive; l’éclairage électrique de ces automobiles est assuré par une turbine à vapeur de Laval actionnant une petite dynamo.
- Chemins de fer électriques anglais. — On annonce dans le limes que le London Brighton and South Coast Railway, une des grandes Compagnies d’Angleterre, a décidé d adopter la traction électrique, et par courant monophasé, pour ses lignes du sud.
- Les appareils de radoub dans le monde. — Ils se
- partagent en bassins à sec et en formes flottantes. Le
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- INFORMATIONS
- chiffre total de ces divers appareils dans le monde est de 654; dans ce nombre on compte 196 engins flottants. A lui seul le Royaume-Uni possède 1276 lormes fixes et 19 docks flottants.
- Le développement de Hambourg. — Quelques chiffres rapides qui vont bien montrer la curieuse expansion de Hambourg depuis i853. A cette époque, la longueur des quais ne dépassait pas 783 mètres, avec moins de 8000 mètres carrés de surface de docks; aujourd’hui, on compte 23 kilomètres de quais et 38o 000 m2 de docks. Il est juste de dire que la plupart des opérations de déchargement se faisaient jadis en rivière, mais ce système a toutes sortes d’inconvénients, et augmente considérablement la durée et le coût des opérations.
- Plantations des routes. — Les routes de Belgique sont plantées sur la plus grande partie de leur longueur; et, pour un développement de 7700 km à peu près, on trouve plus de 800000 arbres. Au point de vue des essences, on y voit d’abord près de 3ooooo ormes, puis 170000 chênes, 79000 résineux, 76000 frênes, 41 000 érables.
- Les cigares à allumage automatique. — Du moins nous pourrions dire les cigares-allumettes, dispensant le fumeur d’avoir recours à une allumette indépendante. En effet, dans le bout du cigare, est insérée une petite tête d’allumette dépassant légèrement le bout mêine^ du cigare, qui est enduit d’une couche mince de paraffine. L’extrémité du cigare est du reste entourée d’une petite bande de papier qui l’empêche de s abîmer quand on frotte la tête de l’allumette pour l’allumage. Naturellement, c’est la paraffine qui prend feu au contact de l’allumette et qui enflamme à son tour le cigare. On affirme que cela ne laisse aucun goût ni aucune odeur au fumeur, après allumage.
- Moyen rapide d’allumer un fourneau de plombier.
- — Bien que beaucoup de soudures se fassent maintenant au chalumeau, néanmoins on peut souvent encore avoir à allumer un feu pour faire chauffer de la soudure. Une publication américaine affirme que le meilleur moyen consiste à placer au milieu du fourneau, sur la grille, un bout de bougie de 2 centimètres peut-être, puis à disposer autour de lui une sorte de pyramide ou de cône dont il occupe le centre, et qui sera fait de morceaux de charbon de bois. Une fois qu’on a allumé la bougie, en 5 minutes le feu est prêt à servir.
- Décoration des métaux. — C’est un nouveau procédé, basé sur cette méthode de galvanisation que nous avons décrite ici, et qui est appelée shérardisation, du prénom de son inventeur, M. S. Cowper Coles. Rappelons qu’on peut galvaniser du fer, c’est-à-dire le recouvrir d’une couche de zinc, en le chauffant à une température convenable tandis qu’il plonge dans de la poudre de zinc ; or, le même procédé peut donner des décorations, en utilisant cette propriété qu’ont les poussières métalliques chauffées à une température bien inférieure à leur point de fusion, d’émettre des vapeurs qui vont s’unir avec la surface de métal plongée dans la poussière métallique. Il suffit de limiter le dépôt donné par la poussière aux parties que l’on veut décorer, et cela en enduisant d’un revêtement les surfaces qu’on désire préserver de tout dépôt. On obtient des effets très jolis, et cela rapidement en général, les dépôts étant du reste parfaitement adhérents.
- Bacs pour trains. — On sait que le Danemark est un des pays d’élection des bacs pour chemins de fer, de ferry-boats, comme on les appelle le plus ordinairement de leur nom anglais. Ce qui prouve leur succès et le trafic croissant auquel ils doivent satisfaire, c’est qu’on est en train d’allonger l’un d’entre eux pour lui donner des dimensions beaucoup plus grandes. Il s’agit du Princesse Alexandrine, qui va être porté à la longueur de ioi,5o m.
- Traverses de chemins de fer. — Il paraît que le gouvernement russe est en train d’essayer des traverses de chemins de fer faites de cuir. Evidemment cette matière doit donner une grande élasticité de roulement, et l’on sait que le cuir convenablement traité ne craint guère l’humidité, qui est l’ennemie des traverses de bois; mais le principal sera de savoir à combien reviennent ces traverses, et cela à la suite d’expériences prolongées.
- Machines à essayer. — La Compagnie anglaise Cardiff Railway se fait installer à Lloyds Bute une machine à essayer pesant i5o tonnes, et montée sur une fondation de 120 tonnes, qui aura une puissance d’essai de 35o tonnes.
- Matériel de charbonnages. — Les mines du Pays de Galles dites Elders Navigation Collieries viennent d’installer un dispositif très intéressant, pour pousser mécaniquement les wagonnets dans les cages d’extraction. Cela consiste en un châssis muni de deux taquets : on pousse le wagonnet sous le châssis et il est saisi par les taquets. Quand la cage arrive, l'homme chargé de la manœuvre inet en mouvement un levier qui introduit de l’air comprimé dans un cylindre solidaire du châssis : les taquets entraînent en conséquence le wagonnet, qui chasse, par la porte opposée, celui qui se trouvait dans la cage, d’où il fallait le faire sortir. En quatre secondes l’opération est exécutée.
- Ciments et bétons. — Le laboratoire du service géologique des Etats-Unis va.se livrer à toute une série d’essais sur la composition des ciments et des mortiers, leur résistance, ainsi que celle des bétons armés ou non. On recherchera notamment (ce qui est fort intéressant) l’influence des vibrations sur l’adhérence du métal au béton.
- Poteaux de lignes électriques en béton armé. —
- La publication américaine Engineer annonce qu’on commence à employer couramment le béton armé pour établir des poteaux (si on peut conserver ce même nom) supportant les lignes aériennes de transmissions électriques. On les fabrique sur place, en leur donnant une section rectangulaire, et on les fait reposer dans un massif de béton établi dans le sol.
- Produits chimiques dans les fromages. — On se
- demande où s’arrêtera l’ingéniosité des industriels en mal de fraudes. M. Olodoini a constaté, à son étonnement du reste, que souvent la surface des fromages de Gorgonzola est couverte d’une croûte superficielle épaisse de quelque 5 mm, croûte blanche et onctueuse au toucher, qui est faite principalement de sulfate de baryte. Voilà de quoi légitimer la pratique que l’on suit souvent de détacher du fromage toute la surface sur une épaisseur assez considérable.
- Sels de cuivre et sels de végétation.— M. Skinner, chef de laboratoire du département américain de l’Agriculture, est arrivé à la conclusion que, pour les céréales, il suffit d’une teneur d’un sept-cent millionième de cuivre dans les eaux d’irrigation, pour retarder la végétation ; et, pour le blé en particulier, une partie de cuivre dans 800 000 d’eau tue la plante. Les carbonates ou bicarbonates ne suffisent pas pour éliminer le cuivre à l’état insoluble.
- Du choix des colles et gélatines. —Il s’en faut que l’origine, la nature de la gélatine soit indifférente suivant la nature des travaux et des collages que l’on veut mener à bien. Pour la menuiserie et l’ébénisterie, la meilleure colle est la gélatine provenant du traitement des déchets de peaux. Pour les placages, les colles de peaux et d’os se recommandent, ou encore un mélange de gélatine, d’os et de tendons. Pour l’apprêtage du papier, la colle doit être exempte de corps gras, et il faut également éviter l’acidité ou l’alcaliaité.
- L’arsenic dans les vins. -— MM.Gibbs et James ont examiné les vins californiens à ce point de vue de leur teneur en arsenic, et ils ont rencontré celte substance dans plus d’un dixième des échantillons examinés ; la proportion ne dépasse pas du reste généralement un vingt-millionième, mais l’arsenic est bien plus à redouter dans l’estomac en présence de l’alcool. Cet arsenic provient peut-être des bouillies arsenicales employées couramment pour soigner les vignes en Californie.
- Élévateurs à céréales. — Les ports européens ne sont guère encore dotés d’élévateurs à céréales, de greniers-silos comme on en trouve tant aux Etats-Unis : aussi est-il intéressant de signaler le bâtiment du genre qui existe déjà à Manchester, et le nouvel établissement analogue, d’une capacité de 40000 tonnes, qui va être installé dans ce même port. Le second élévateur possédera six appareils distincts de déchargement, permettant de traiter simultanément des lots divers de céréales.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- <*§TnS* Chimie
- Sur un flacon de lavage à écoulement continu. —
- Dans les laboratoires, quand on a à laver un précipité peu volumineux, on se sert généralement de vases particuliers, appelés « pissettes » et qui, comme l’indique la ligure de gauche, se composent d’une fiole à fond plat où l’on met l’eau distillée destinée au lavage, et fermés par un bouchon à deux trous que traversent deux tubes : l’un recourbé en haut et ne dépassant le bouchon que fort peu ; l’autre recourbé en bas et plongeant presque jusqu’au fond de la fiole. L’autre extrémité de ce dernier tube est terminée par un ajutage effilé réuni au tube par un caoutchouc et destiné à amincir le jet d’eau qui sera envoyé pour le lavage. On souille dans cet appareil par le tube le plus court et cet air, faisant pression sur l’eau contenue dans la fiole, la force à monter dans l’autre tube et à se déverser par l’extrémité effilée par laquelle on la dirige sur le précipité à laver.
- Quand, pour des raisons quelconques, le lavage doit être assez prolongé, le souillage continuel dans la « pis-sette » devient fatigant et ne tarde pas à essoulller l’opérateur. On a donc imaginé un certain nombre de dispositifs dans le but d’éviter cette sujétion et de provoquer un écoulement d’eau assez considérable ,»une fois la première insulllation effectuée. Le modèle signalé ici est assez commode sous ce rapport.
- Comme le montre la figure à droite, il est disposé comme une « pissette » ordinaire, sauf pour le tube le plus
- Flacon de lavage Flacon de lavage
- ordinaire. ' à écoulement continu.
- court. Ce tube, qui est dessiné à grande échelle à côté de l’appareil, comporte d’abord un renflement allongé contenant dans son intérieur une pièce spéciale A B terminée par une extrémité plus grosse et disposée de façon qu’au point C, elle puisse fermer hermétiquement le tube extérieur; enfin en O se trouve une petite ouverture bien rodée qu’il est facile de boucher avec le doigt.
- On voit dès lors comment peut fonctionner cet appareil., On saisit avec la main le col de la « pissette » en appliquant le pouce de la même main sur l’ouverture O qui se trouve ainsi bouchée, puis on souille par l’extrémité A; l’air peut passer autour de la pièce A B, se rend dans la fiole et, faisant pression sur l’eau qui y est contenue, la force à s’écouler par l’extrémité effilée, comme dans la « pissette » ordinaire. Mais si l’on cesse de souffler, tout en maintenant l’ouverture O fermée, la pression existant dans le ballon force la pièce A B à remonter et à venir ainsi boucher en C le tube par lequel on faisait l’insufflation; par suite, l’air ne pouvant s’échapper de l’appareil, continue à faire pression sur l’eau et à provoquer sou écoulement jusqu’à ce que la pression intérieure soit ramenée à la pression atmosphérique. A ce moment, il suffit de souffler encore pour
- amener l’écoulement d’une nouvelle quantité d’eau, et ainsi de suite jusqu’à ce que le lavage soit terminé. Quand, pour une raison quelconque, on veut interrompre subitement la projection de l’eau, il suffit de déboucher l’ouverture O en enlevant le pouce qui la tient fermée ; l’air qui faisait pression peut s’échapper au dehors, arrêtant ainsi l’écoulement d’eau.
- Ce genre d’appareil est destiné à rendre des services, surtout dans les laboratoires d’analyses où l’on a souvent à faire des lavages de précipités à l’aide de divers liquides : eau, alcool, éther, etc., tous ces corps pouvant également être introduits dans ces appareils. A. H.
- Un nouveau condensateur double en surface. —
- Dans les distillations des liquides bouillant à des températures allant jusqu’à ioo° environ, et surtout pour ceux dont l’ébullition a lieu à assez basse température, on est obligé d’avoir recours pour condenser les vapeurs dégagées dans le vase distillatoire à des réfrigérants habituellement formés d’un tube de verre autour duquel circule un courant d’eau froide. Ce réfrigérant doit être d’autant plus long et le courant d’eau d’autant plus rapide que le liquide distillé passe à plus basse température et que la distillation est conduite plus rapidement. Aussi se trouve-t-on quelquefois gêné sous ce dernier rapport et est-on obligé de mener doucement la distillation sous peine de ne pas condenser la totalité des vapeurs, ce qui peut avoir un grave inconvénient, surtout si ces vapeurs sont inflammables; et à moins de disposer d’un réfrigérant de grande longueur, qui constitue un embarras sérieux dans les laboratoires où la place est généralement mesurée.
- Aussi a-t-on cherché à créer des modèles de réfrigérants d’une grande surface et d’une grande puissance refroidissante et occupant le minimum d’espèce. L’appareil que nous signalons aujourd’hui remplit bien ces desiderata.
- Comme l’indique le dessin ci-contre, il se compose de trois enveloppes de verre concentriques dont la plus extérieure est indépendante tandis que les deux intérieures sont reliées par une tubulure A qui fait ainsi communiquer l’enceinte extérieure avec l’enceinte intérieure tout en maintenant l’enceinte moyenne isolée ; cette dernière par un tube supérieur en entonnoir O, que l’on ferme avec un bouchon percé d’un trou et traversé par un tube, est mise en communication avec le vase distillatoire chauffé, et se termine à la partie inférieure par un tube T au-dessous duquel on place les flacons où l’on veut recueillir le distillât.
- Enfin l’enceinte intérieure par un tube C, disposé ainsi qu’on le voit sur la figure, reçoit un courant d’eau froide qui déborde ensuite par la tubulure A dans la partie extérieure qu’elle remplit à son tour et d’où elle sort par le tube B. La disposition du reste de l’appareil se comprend aisément à la seule inspection et nous n’y insisterons pas.
- On voit dès lors comment les choses se passent à la distillation. Cet appareil étant fixé à un support au moyen de pinces appropriées et maintenu au-dessus du flacon où doit se réunir le liquide distillé, les vapeurs arrivant du vase distillatoire dans l’entonnoir O passent ensuite dans l’espace annulaire où elles se trouvent laminées entre deux. surfaces considérables refroidies constamment par un courant d’eau. Ces vapeurs se condensent donc de suite et coulent enfin à l’état liquide par le tube T dans le vase destiné à les recueillir.
- Des expériences nombreuses ont montré que cet appareil condensait très facilement les substances les plus volatiles, comme l’éther, le sulfure de carbone, l’acétone et que la condensation est complète même quand la distillation est menée rapidement. Ce dispositif peut ainsi se recommander malgré la délicatesse que présentent certaines de ses parties. A. IL .
- Condenseur double en surlace.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Ctg^ Outillage
- Tournevis à deux lames. — Nous l’avons trouvé chez MM. Roux, 54, boulevard du Temple, et il est tout au moins curieux pour l’idée qui a présidé à sa conception; Il peut servir à visser des vis de largeur de tête très’différente, en ce sens qu’il présente réellement deux lames, qui sont du reste solidaires, et qui sont opposées sur un même corps, ainsi qu’on le voit dans la flgui'e que nous donnons. Dans cette ligure le tournevis est
- Tournevis à deux
- âmes.
- dans une position intermédiaire, aucune lame n étant en place pour le travail. Lu fait, le corps métallique, est maintenu en son milieu par un crochet dépendant d une tige ronde de métal, qui peut sortir ou rentrer à volonté d’une certaine quantité dans le manche, en étant hxée de façon solide dans ce manche quand elle est retirée en arrière. On ne la relire du reste cjue cjuand on a fait tourner le corps du tournevis de telle manièie que la lame dont on ne veut pas faire usage soit du côté du manche, le corps étant naturellement allongé le long de la tige ronde ; la lame inutilisée rentre dans un petit logement ad hoc ménagé dans le manche.
- Fers à souder universels. — On sait que le plus souvent on est obligé de posséder une assez grande variété de fers à souder, pour arriver à souder dans toutes les positions et dans des espaces de formes diverses, le bout du fer devant s’introduire sans toucher ailleurs que là où doit s’effectuer la soudure. C est pour cela qu’un inventeur fort ingénieux a imaginé un fer à souder dont la tête carrée et à pomte carrée peut se fixer dans toutes les positions, depuis la situation normale au manche, jusqu’à celle où le fer est exactement en prolongement de ce manche. Nous, allons, voir du reste que ce fer présente d’autres particularités secondaires qui sont des avantages réels.
- Ainsi qu’on peut le voir assez facilement sur la figure ci-jointe, sa tête, naturellement massive pour ne point
- Fers à souder universels.
- se refroidir aisément, est montée par articulation au bout de sa tige, et cette articulation, faite par un boulon à écrou hexagonal, permet d immobiliser solidement le fer dans la position désirée. Mais ce qui est également intéressant, c’est que la tige, au contraire du fer proprement dit, n’est point massive ; elle est faite d un profilé d’acier en U présentant de plus des trous que montre bien le dessin, et nous n’avons guère besoin de dire que l’air, circulant par ces trous et dans l’évidement du profilé, assure un refroidissement constant de cette tige. Elle se prolonge naturellement dans le manche en bois, mais là encore elle est intérieurement évidée et forme comme un vrai canal circulaire au centre de ce manche ; ici encore se produit un courant d air, et il est impossible que l’on sente à la main la chaleur du
- fer. _ Les fers à souder sont en vente chez MM. Roux,
- 54, boulevard du Temple, à Paris.
- Divers
- Râteau double en fil métallique. — Comme on a pu le remarquer souvent dans les appareils et ustensiles que nous signalons le plus souvent ici, nous cherchons ordinairement des dispositions mécaniques intéressantes, des modes de construction ingénieux ; et on peut les rencontrer dans les plus humbles outils. C’est le cas
- pour le râteau double dont la ngure est ci-jointe. Qu’on remarque d’abord que la monture transversale est faite d’une sorte de canon de fusil, ouvert suivant sa longueur, et qui est obtenu très simplement d’un tube ouvert et convenablement déprimé suivant cette longueur. La douille
- Râteau double en fil métallique.
- où vient se loger le bout du manche est obtenue de fonte, et il est facile de serrer son extrémité libre sur le tube formant la monture transversale dont nous avons parlé. Quant aux dents, elles sont encore plus simples de fabrication. D’un côté du râteau elles montrent les pointes, tandis que de l’autre elles se présentent sous forme d’un Y métallique à extrémité mousse : c’est que l’on a fait pénétrer dans la monture transversale du râteau de grandes épingles à cheveux (si l’on veut nous permettre la comparaison) fabriquées en fil d’acier suffisamment robuste, et chaque épingle vient former d'un côté une des dents mousses, et de l’autre deux pointes du râteau du second genre. Il suffit que ces éléments du râteau pénètrent à frottement dur dans la monture, pour qu’ils demeurent convenablement en place. Et cela d’autant que, comme le râteau sert des deux côtés, suivant le genre de travail que l’on désire effectuer, les dents sont repoussées tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, et les déplacements se compensent. Nous avons dit qu’on pouvait employer l’instrument à deux usages : et le fait est que tantôt on aura besoin d’un râteau rude entrant dans le sol, tantôt, au contraire, comme sur une pelouse où l’on veut ramasser des feuilles, il faudra éviter de pénétrer, et alors les dents mousses répondront admirablement au besoin. — Ce râteau est vendu par la maison Markt, 107, avenue Parmentier, Paris.
- Porte-manteau tournant. — Il existe déjà un grand nombre de porte-manteaux de tous genres et de tous modèles ; mais nous n’en connaissions pas qui présentât à la fois tous les avantages du porte-manteau tournant que représente notre figure. Il se compose, comme on le voit, d’un cadre ovale en bois en deux parties pouvant se rabattre sur elles-mêmes au moyen de petites charnières. Ce cadre est suspendu à un crochet qui lui-même est maintenu à une applique fixée contre le mur.
- Porte-manteau tournant.
- On peut ainsi facilement rabattre l’appareil contre le mur en le pliant ou le développer à volonté. C’est un grand avantage de pouvoir ainsi amener devant soi l’objet suspendu, une robe, un pantalon pour le brosser, le nettoyer et lui faire subir ces mille petits soins dont une ménagère a le secret. Il permet de suspendre un vêtement complètement, en évitant tous les plis et replis qu’on ne peut écarter avec un porte-manteau ordinaire. Il est d’un prix peu élevé; il nous semble susceptible de rendre bien des services dans un petit ménage. — Le porte-manteau tournant se trouve chez M. E. Dubois, place de la Gare, à Baisieux (Nord).
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- Le mouche-bébé. — Le coryza, maladie insignifiante pour l’adulte, quoique fort désagréable, devient chez le tout jeune enfant et le nouveau-né, une cause de danger réel. L’enfant, à cet âge, ne sait pas et ne peut pas se moucher. De ce fait, les mucosités s’accumulent dans le nez, obstruent le passage de l’air des deux côtés et obligent le bébé à respirer par la bouche. Mais au moment des tétées le nez ne servant plus comme canal respiratoire, l’enfant asphyxie littéralement; il se rejette loin du sein, à peine a-t-il fait deux ou trois aspirations et refuse de s’alimenter.
- On comprend l’intérêt qu’il y a à désobstruer le nez des mucosités qui l’embarrassent. Rien de plus simple, dira-t-on : faites passer un courant d’eau tiède dans les fosses nasales, au moyen d’une seringue ou du siphon de Weber et vous viderez le nez en faisant un libre passage. Aucune pratique ne saurait être plus nuisible, vous avez quatre-vingt-dix chances sur cent d’envoyer une partie du liquide et des saletés qu’il a balayés, dans les voies aériennes et surtout dans les oreilles, provoquant une otite aiguë avec tous ses dangers. Nettoyez alors le nez avec un pinceau à aquarelle ou un plumasseau d’ouate; ce procédé, s’il est appliqué avec une grande douceur, n’a pas de très grands inconvénients ; mais on risque cependant dans un nez dont la muqueuse est gonflée, hyperémiée, de faire saigner, d’irriter la muqueuse. Il faut une main exercée pour pratiquer cet écouvillonnage.
- Il reste une autre méthode, c’est d’aspirer les mucosités ; une petite poire, qu’on pressera entre les mains, est maintenue à l’entrée du nez et en laissant se gonfler la poire, l’air entraîne les mucosités et débarrasse le nez, mais l’aspiration, pratiquée ainsi, n’a rien de bien propre, puisque toutes les mucosités viennent tomber dans la poire. Un de nos plus distingués collègues, le D' Escat de Toulouse, a imaginé un petit instrument fort ingénieux et dont le nettoyage et l’asepsie sont des plus
- simples. J’avais eu l’idée, chez un tout jeune enfant qui présentait de violentes convulsions, par suite d’obstruction nasale due à un rhume de cerveau, de vider le nez par le procédé suivant. Je pris un petit ballon à deux tubulures de très faibles dimensions; aux deux tubulures s’adaptaient deux tubes de caoutchouc, l’un et l’autre munis d’un embout en verre ; l’un s’introduisait dans le nez de l’enfant; l’autre servait à la maman à aspirer les mucosités qui venaient tomber dans le ballon. C’était un appareil de fortune que chacun pourra construire à son gré.
- L’instrument du Dr Escat, son Mouche-Bébé, comme il le nomme, est composé d’une simple ampoule ellipsoïdale, en verre, dont le pôle libre se termine par un embout conique, destiné à être engagé dans le nez; le pôle opposé fermé, est traversé par un tube de verre clos à son extrémité pourvu d’un œillet latéral et plongeant dans l’empoule.
- Une poire élastique, destinée à faire le vide dans l’ampoule est adaptée à ce pôle.
- Le maniement en est, on le voit, des plus simples; les mucosités retirées du nez, par le vide, dû à la
- compression préalable de la poire, tombent dans l’ampoule de verre, sans risquer d’arriver à la poire.
- L’ampoule est nettoyée avec de l’eau bouillie salée ou un antiseptique quelconque et est par conséquent toujours très propre. L’avantage de ce petit instrument, c’est qu’il peut être confié à n’importe qui, et ne risque rien. D' A. C.
- Le mouche-bébé.
- VARIÉTÉS
- L’utilisation industrielle de la caséine. — Le petit-lait contient, sauf la crème, tous les principes constitutifs du lait; lactose, matières minérales et caséine. Jusqu’à ces dernières années, il ne trouvait d’emploi que pour la nourriture des porcs, après mélange avec du son, de la farine et des tourteaux ; aussi les beurreries, pour lesquelles il est un sous-produit encombrant, avaient-elles toutes comme annexe une importante porcherie. L’idée de séparer les constituants principaux du petit-lait pour trouver à chacun d’eux une utilisation industrielle est une idée relativement ancienne, puisqu’elle remonte à quinze ans déjà en ce qui concerne la fabrication de la lactose, et à cinq pour la caséine. Mais, au point de vue spécial de ce dernier produit, ce n’est guère que depuis la découverte de la galalith, ou ivoire artificiel, que son extraction a pris un essor considérable.
- La caséine est employée par un grand nombre d’industries : Elle sert dans la fabrication des cartes à jouer et des papiers d’impression de qualité supérieure, dits « papier couchés », en remplaçant la gélatine pour la production de leur brillant superficiel. Les industries textiles l’emploient pour l’apprêt des tissus et pour donner aux fils de laines et de coton l’encollage auquel ils doivent une part de leur solidité. La teinture l’utilise, à la place de l’albumine plus coûteuse, pour fixer les couleurs minérales, et le commerce des substances tinctoriales apprécie grandement les nouvelles laques à la caséine obtenues par le mélange en proportions définies, d’hydrate de chaux, de caséine et de colorants synthétiques. La pharmacie en a fait la base de plusieurs médicaments et les médecins prescrivent souvent des aliments d’épargne dans lesquels la caséine chimiquement pure joue un rôle primordial à cause de sa facile digestibilité et de sa haute teneur en azote. Mais c’est surtout l’ivoire
- | artificiel qui en utilise des quantités considérables.
- Ce produit, appelé aussi galalith ou pierre de lait, est obtenu en traitant la caséine par le formol : il s’effectue entre les deux corps une réaction définie dont le résultat est une substance dure, aussi facile à travailler que le bois, apte à prendre un beau poli, et des colorations aussi brillantes que variées, susceptible en un mot de donner des imitations très belles de l’ivoire, de l’écaille et du marbre.
- La galalith se présente comme un concurrent très sérieux du celluloïd. Elle est, il est vrai, plus lourde que lui, mais elle est ininflammable et d’un prix de revient beaucoup moins élevé que le sien. Ce sont là deux qualités précieuses qui confèrent à la galalith une supériorité certaine sur le celluloïd et permettront sans nul doute à son emploi de se généraliser très vite. Déjà, on l’utilise pour fabriquer une foule d’objets : porte-plumes, peignes, touches de piano, boutons de manchettes et de cols, fume-cigares, manches de couteaux, coupe-papiers, etc., toutes sortes « d’articles de Paris » en un mot; les accessoires pharmaceutiques en galalith sont propres, d’un nettoyage aisé et d’un prix peu élevé. Enfin deux nouveaux débouchés viennent de lui être ouverts; depuis qu’il a été reconnu qu’elle est mauvaise conductrice de l’électricité, les industries de la téléphonie, de la télégraphie et celle de la fabrication des isolateurs vont devenir ses tributaires, et depuis qu’on a trouvé le moyen de faire, pour l’impression, dès clichés en galalith très commodes dont les premiers échantillons ont été exposés à Milan, il faut prévoir que la typographie et l’imprimerie auront tôt fait d’en adopter l’emploi.
- Actuellement, plusieurs caséineries sont installées en France; les deux principales (usine Linkner et Zirn)
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- VARIÉTÉS
- sont à Surgères, dans la Charente-Inférieure; leur production journalière est de 2000 kg, ce qui représente le traitement par la présure de 22 millions de litres de lait par an. La vente du petit-lait à la caséinerie rapporte annuellement aux laitiers xooooo francs de plus que l’utilisation de ce résidu à l’élevage des porcs. Quant à la fabrication de la galalith, elle se fait surtout en Allemagne, à Hambourg et à Levallois-Perret, près de Paris.
- Les nombreuses applications de la galalith vont bien certainement porter un coup terrible à l’industrie du celluloïd, faut-il ou non s’en réjouir? Je laisse à nos lecteurs le soin de répondre eux-mêmes à cette question, en leur faisant simplement remarquer que l’exploitation de la caséine est celle d’un produit agricole national, tandis que le camphre qui est la base de fabrication du celluloïd est une substance qu’il faut exclusivement demander à l’importation. Francis Marre.
- Les pêcheries canadiennes en 1904-1905. —C’est au cours de cette dernière période que la valeur du poisson et de ses produits provenant des pêcheries canadiennes a atteint son maximum (a3 5i6 439 dollars) exception faite de l’année 1901 où la pèche extraordinaire du saumon en Colombie anglaise lit monter le total à plus de 25 millions de dollars. Les espèces les plus productives, financièrement parlant, sont le saumon, le homard, la morue et le hareng. Le personnel pêcheur du Canada comprend près de 80000 personnes et le capital employé à cette industrie représente environ 65 millions de francs. La pêche du homard mobilise à elle seule
- 14000 travailleurs qui, par l’entremise de 733 fabriques de conserves, produisent près de 11 millions de livres de homard en boîtes.
- Sur* F écoulement des résines. — On sait qu’un assez grand nombre de plantes sont susceptibles, quand on les incise, de laisser écouler une certaine quantité de sucs qui, dans divers cas, constituent les résines. Tschirch a constaté que l’écoulement résineux se fait suivant une loi constante qu’il s’agisse de plantes quelconques. L’écoulement primaire est nettement différent de l’écoulement secondaire, c’est-à-dire de l’écoulement proprement dit.
- L’écoulement primaire n’est jamais abondant; il a lieu immédiatement après que la blessure a été faite à l’arbre et il provoque la sortie de la résine par les canalicules normaux ouverts par l’incision. Très peu de sécrétions sont ainsi des produits de l’écoulement primaire; on n’y peut guère citer que le mastic, la soudaraque, la térébenthine de Strasbourg. Cet écoulement n’a jamais lieu chez les plantes qui n’ont pas de réservoirs à sécrétions, comme le styrax benjoin ; chez les autres, il dépend du nombre des canaux existants et de ceux qui sont ouverts par l’incision, de leur diamètre et de leur longueur.
- L’écoulement secondaire est beaucoup plus productif; il dépend en général de la grandeur de l’incision à la suite de laquelle il se fait un bois nouveau, d’origine pathologique. L’incision exerce son action bien au delà de ses dimensions réelles pour provoquer la sortie de la résine. A. H.
- RESUME METEOROLOGIQUE
- osl.
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur, en août 1906, par M. Th. Moureaux
- Gomme en juin et en juillet, la pression barométrique est supérieure à la normale. Il en est de même pour la température, dont l’excès porte exclusivement sur les maxima, la moyenne des minima étant normale; le maximum absolu, 34°,3, est supérieur à celui de juillet, et on a encore observé 310,8 le 3i. Les maxima dépassant 34° sont relativement rares en août, et ne s’y rencontrent guère, en moyenne, qu’une année sur cinq ou six. Le 2, la moyenne des 24 heures a atteint 22°,74, en excès de 7°.5 sur la normale; le maximum ne s’est produit qu’à i6h 4om, et le thermomètre s'est tenu au-dessus de 3o° depuis 11 heures jusqu’à 19 heures; aussi, contrairement à la règle, la moyenne des minima et maxima est, ce jour-là, inférieure à la moyenne vraie, de près de 20. Le ciel a été particulièrement beau du 20 au 23 et surtout du 28 au 3i. On a observé 8 orages dont un seul a éclaté sur la station même, dans la nuit du 2 au 3, pendant laquelle le baromètre a été très agité; il est tombé 6mm,r de pluie en 20 minutes, de 2.3h 4om à 24 heures. La pluie présente d’ailleurs également un excès dû à la forte chute du i4> de 9 heures à i4h5m et de i9h4om à 22ll3o“, et qui a fourni 33mm,3 d’eau en
- 8 heures.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 759""“,29; minimum absolu, 7481"111,1 le i3 à i9'*2ora; maximum absolu, 766mm,8 le 5 à 9’’ 15m ; écart extrême, 18mm, 7.
- Température. — Sous l’abri : moyenne des minima, 12°,61 ; des maxima, 25°,o3; du mois, i8°,82; des 24 heures, 18°,61 ; minimum absolu, 70,1 le 20; maximum absolu, 34°»3 le 2. — Sur'le sol gazonné, moyenne des minima, ii°,20; des maxima, 46°,89 ; minimum absolu, 5°,7 le 20; maximum absolu, 6o°,3 le 2. — Dans le sol gazonné, moyenne du mois. Profondeur om,3o : à 9 heures, i9°,07 ; à 21 heures, 190,46. Profondeur om,65 : à 9 heures, i8°,65; à 21 heures, i8°,59. Profondeur 1 mètre : à
- 9 heures, i7°,95; à 21 heures, i7°,95. De la Marne :
- moyenne le matin, 210,69; s°ir, 22°,54; minimum, 190,42 le 20; maximum, 250,27 2-
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 11mm,43; minimum, 6mm,2 le 28 à i5 heures; maximum, 17“m,8 le 2 à 24 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 73,9 ; mi-
- nimum, 27 le 3o à i5 heures; maximum, 100 en 2 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 4,36; moyenne diurne la plus faible, 0,0 en 5 jours; sans trace de nuage les 22 et 3i ; la plus forte, 9,8 le 14.
- Insolation : durée possible, 442 heures; durée effective, 269h,7 en 3i jours; rapport 0,61.
- Pluie : Total du mois, 64mm,4 en i8h,2.
- Nombre de jours : de pluie, 14 ; de pluie inappréciable, 1; de rosée, 20; d’orages, 8, les 2, 3, 9, 13, 14, i5, 16 et 28; d’éclairs, 2; de halos, 7; de brume, 5.
- Fréquence des vents : calmes, 26.
- N 24 S. E . . . 36 W .... 57
- N. N. E. . 33 S. S. E. . 47 W. N. W. 39
- N. E . . . 48 S . . . . 60 N. W . . 21
- E. N. E. . 5o s. a. w.. 89 N. N. W . 3i
- E 3o s. w. . . 77
- E. S.E . , , 21 w. s. w. 55
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne <
- mois, 2m,6 ; moyenne diurne la plus grande, 4m,8
- 25; la plus faible, om,8 le 3o; vitesse maximum en i5 minutes, 9m,4 le 25 de i4hi5m à i4h3om par veut
- W. S. W.
- Electricité atmosphérique : moyenne du mois (18 jours), 88 volts; moyenne diurne la plus grande, 127 volls le
- 11 ; la plus faible, 56 volts le 13 ; amplitude diurne, o,65; amplitude nocturne, 0,91.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 1m,g5 ; minimum, 1m,76 le 27; maximum, 2“,16 le-4-
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, -j-imm,58; température, + o°,88 ; tension de la vapeur, + omm,46; humidité relative, —o,4; nébulosité, —o,g5 ; pluie, + iomm,o.
- Taches solaires : on a suivi 12 taches ou groupes de taches en 26 jours; l’activité solaire a élé particulièrement marquée dans la dernière semaine du mois. Perturbations magnétiques : assez fortes les 7-8 et
- 12 -13.
- Floraisons. — Le 2, helianthus cucumerifolius ; le 5, persicaire ; le 17, aster bleu hâtif; le 23, dentelaire; le 29, anemone japonica.
- Le dernier martinet a élé vu le 16.
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- BOITE AUX LETTRES
- AYIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — M. Jules Chnetzler, à Salvan (Suisse), nous signale que le 20 août 1906 a eu lieu l’ouverture à l’exploitation de la ligne à voie étroite de Marligny (Valais, ligne du Simplon) à Chàtelard, frontière française. Cette ligne est longue de 18 km 790 m. et l’une des plus belles voies ferrées de montagne de la Suisse, tant par la beauté de la contrée qu’elle traverse que par la hardiesse et la perfection des travaux d’art qu’elle comporte. Le P.-L.-M. a déjà mis en exploitation son chemin de fer Châtelard-Chamonix sur la section Argentière-Chamonix seulement; en effet de très grandes difficultés techniques (torrents d’eau glacée dans le tunnel des Montets long de 2 km) ont retardé considérablement les travaux de la section Chàtelard-Argentière de sorte que l’on ne croit pas que cette section sera exploitée avant deux ans; en attendant, un service de spacieuses voitures couvrent en 2 heures les 11 km qui séparent les deux gares de Chàtelard côté suisse et d’Argentière côté français et font un service régulier de transbordement. La future gare internationale sera à Valorsine. Il est aisé de comprendre les grands avantages qui résulteront de ce nouveau trait d’union entre les deux pays, cette ligne reliera directement les grandes et belles vallées du Rhône et de Chamonix. La ligne de Martigny au Chàtelard n’est exploitée qu’en été et pendant 5 mois et demi par année, soit depuis le milieu de mai jusqu à la lin d’octobre.
- Renseignements. — M. Seynave Dubocage, à Croix. — Nous croyons, en effet, que toute pièce ou tout appareil brevetés doivent porter mention apparente de ce fait, mais nous ne pensons pas que l’oubli ou la négligence de cette précaution constituent une autorisation de droit à fabriquer des objets semblables. Etant donné d’ailleurs la complexité de la législation et les différences qu’elle présente de pays à pays, nous vous conseillons de 11e rien entreprendre sans avoir pris l’avis d’un avoué ou de tout autre homme de loi compétent.
- M. L. J. C., à Paris-Plage. — i° Le domaine scientifique que vous indiquez est extrêmement vaste et il est difficile de vous répondre précisément. Duclauxa publié à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris, un Traité de microbiologie en 4 vol. (60 francs) qui est classique ; cet auteur ne s’occupe pas d’ailleurs de thérapeutique. Vous pourriez aussi lire le remarquable ouvrage sur \ Immunité dans les maladies infectieuses, de Metchnikoff (même librairie, 12 francs). Enfin vous tireriez grand profit des ouvrages de Le Dantec : Traité de Biologie (i5 francs); Introduction à la pathologie générale (i5 francs), chez F. Alcan, 108, boulevard Saint-Germain; Ta lutte universelle, chez E. Flammarion (3fr,5o). — 20 Veuillez consulter le Nouveau dictionnaire des plantes médicinales, par A. Héraud, (librairie J. B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, Paris). — 3° Vous trouverez ces renseignements dans le Traité d’hygiène, sous la direction de Brouardel, même librairie.
- M. Quitte, à Paris. — M. Louis Gauthier, spécialiste en fraises, demeure à Caen, rue de Maltot.
- M. E. Trille, à Agen. — Nous vous remercions vive- . ment des intéressantes questions que vous nous signalez. Nous transmettons votre lettre à un de nos collaborateurs qui les étudiera et vous donnera satisfaction, si possible.
- Abonné 402-6202, à M. — Vous trouverez chez MM. Allez frères, 1, rue Saint-Martin, à Paris, différents types de tuyaux d’arrosage et tous les instruments de jardinage que vous pouvez désirer.
- M. Cardot, à Alger. — La bouteille Thermos servant à conserver les liquides à une température donnée a été décrite dans La Nature. (Petites inventions n° 1687, du
- 23 septembre igoà, p. 67). On la trouve au Bon Marché, rue de Sèvres, Paris.
- M. C. D., le Mans. — i° Ouvrage relatif aux fourrures : Manuel Roret du Pelletier-fourreur, librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris. —20 Ouvrage relatif à l’utilisation des cours d’eau comme source de force motrice ; veuillez vous adresser à la librairie Ch. Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. J. Plassand, à Paris. — Nous avons donné dans La Nature (n° 1717, 21 avril 1906. Science appliquée, p. i63) la description du stérilisateur Cartault, qui répond parfaitement à votre désir pour la campagne.
- M. L. OEuvray, à Cheveney. — Ouvrages relatifs à la fabrication du vernis : Manuel Roret du fabricant de vernis, librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris; Couleurs et vernis, par G. Halphen, librairie J .-B. Bail-lère et fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. P. Malderet, à Aubigny-en-Artois. — i° Vous trouverez dans notre recueil de Recettes et procédés utiles, 2° série, l’indication de divers vernis lumineux à appliquer sur émail ou papier. — 20 La question que vous nous posez n’est pas résoluble en soi, tout dépend de la nature du sol; consultez un jardinier ou un agronome.
- M. A. Thijs, à Blauwput-lès-Louvain. — Il nous semble que le# noircissement n’a d’autre cause que la façon même dont le bec de gaz est protégé; en effet le cylindre de mica qui entoure la flamme constitue une cheminée, où la combustion du gaz détermine un tirage de bas en haut, appelant à l’intérieur l’air environnant et les résidus de la combustion du coke; il se forme donc un dépôt uniquement à l’intérieur du tube.
- M. L. Morache, à Nîmes. — L’article sur le Nettoyage des wagons de voyageurs par le vide est paru dans notre n° 1723, du 2 juin 1906, p. i4- Le nettoyage des tapis et tapisseries se fait très bien avec ces sortes d’appareils ; vous trouverez au Bottin plusieurs adresses.
- M. Polo, à Nantes. — Nous vous remercions de votre lettre au sujet de l’industrie des tonneaux de liège; votre correspondant vous a mal renseigné. Vous pourriez vous adresser avec plus de succès à M. Mounaud, avocat, à Guelma (Algérie), dont nous avons déjà plusieurs fois indiqué le nom à ce sujet dans la « Boîte aux lettres ».
- M. Z. R., à Paris. — Pour l’éclairage au lusol, adressez-vous à Denayrouze, 24, rue Bayen, à Paris.
- M. Durand, à Orléans.— Les moteurs à courant continu peuvent convenir.
- M. L. F., à Brest. — Le watt est l’unité de puissance électrique ; il est égal au produit d’un volt par un ampère.
- M. Delong, à X. — Nous avons publié un article sur la lèpre en Islande dans le n° 1697 du 2 décembre 1905, p. 16.
- M. G. R., à Lyon. — L’adresse que vous demandez est la suivante : M. J. Carpentier, 20, rue Delambre, à Paris.
- M. A. Maligne, à Buenos-Aires. — Il a paru récemment une circulaire au Ministère de l’Instruction publique rendant obligatoire dans l’enseignement l’application de la loi relative aux unités fondamentales du système métrique; nous l’avons publiée dans nos Informations du n° 1734, du 18 août 1906, elle a également été donnée dans les « Comptes rendus de l’Académie des sciences ».
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. Lelong, à Paris. Nous 11e connaissons pas d’appareil semblable à celui que vous décrivez. — M. Godecht, à X. Veuillez consulter une agence de brevets. — M. D. Leroy, à Nantes. Nous désirons nous rendre compte nous-même du fonctionnement de l’appareil. — M. B. J., à Paris. Nous avons donné une formule pour la sensibilisation rapide du papier Artigue dans les Nouvelles scientifiques du n° 1674, du 24 juin 1905. — M. Lyon, à Lille; M. Dubef, à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, ire série, à la librairie Masson et Cie. — M. G. P., h Paris. Remerciements pour votre communication.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES LU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS CÉNÉltAIES
- Lundi 10 septembre il0,9 E. N. E. 2. Beau. » Faible rosée; peu nuageux.
- Mardi 11 9°,5 N. E. 2. Beau. » Rosée ; nuageux.
- Mercredi 12 9°,7 N. E. 1. l’eu nuageux. M Rosée ; peu nuageux.
- Jeudi 13 70,3 E. N. E. 0. Beau. 0,0 Rosée; beau jusqu’à 15 h. ; eouv. ensuite ; gouttes dans la soirée.
- Vendredi 14 14 ‘,2 W. S. VV. 2. Couvert. 0,3 Pluie de 4 h. à 4 h. 50; nuageux.
- Samedi la 14°.9 S. S. W. 3. Couvert. 11,5 Presque couvert; pluie la moitié du temps.
- Dimanche 10 . ... 9',9 W. 3. Beau. 3,3 Nuageux ; pluie à diverses reprises ; un coup de tonnerre au N. à 10 h. 50.
- SEPTEMBRE 1906. — SEMAINE DU LUNDI 10 AU DIMANCHE 16 SEPTEMERE 1906
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ' courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps s’est beaucoup rafraîchi dans la semaine du xo au 16 septembre. Le io septembre, la pressioix barométrique était très élevée dans le Nord-Ouest de l’Europe; elle était égale à 770 mm dans le Nord de la France. Des orages ont eu lieu dans le Sud de la France; il est tombé 6 mm d’eau à Biarritz, 3 mm à Clermont, 1 mm à Lyon. La température était 12° à Paris, i7°à Clermont, 26° à Alger, 140 au montAigoual, i3° au Puy de Dôme, 5° au Pic du Midi. Dans la région parisienne, la baisse.de température a été accentuée. La température moyenne a été 14°>9> inférieure de o°,4 à la normale. Le 11 septembre, on a observé le matin un maximum barométrique de 771 mm vers le Pas de Calais. Par contre, une dépression a eu lieu entre la Corse et la Provence ; à Nice, la pression est descendue à 755 mm. Le matin, la température était io° à Paris, i2° à Lyon, 17° à Toulouse, 90 au mont Aigoual, 3° au Puy de Dôme, i° au Pic du Midi. Le 12 septembre, la pression barométrique a été supérieure à 765 mm sur le continent. Un vent a soufflé très fort du Nord-Ouest dans le golfe du Lion où la mer a été agitée. Il a plu à Nice, où il est tombé 4 mm d’eau. Le thermomètre marquait le matin io° à Paris, ii° à Marseille, 8° au mont Aigoual, 4° au Pic du Midi, 3° au Puy de Dôme, 20 au mont Ventoux. Le i3 septembre, la pression barométrique s’est abaissée de 4 mm sur la Manche. Un vent faible a soufflé du Sud sur la Manche et la Bretagne, de l’Est en Gascogne et en Provence. En France, le temps était beau et sec. La température était le matin 7° à Paris, 8° à Clermont, 140 à Bordeaux, 24° à Alger, 70 au
- Puy de Dôme, 4° au mont Ventoux, 20 au Pic du Midi. La température moyenne a été 14°»7> inférieure de o°,2 à la normale. La journée a été nuageuse. Le 14 septembre, un régime de vents d’Ouest avec averses s’est établi sur nos régions. La mer a été houleuse sur toutes nos côtes. Il est tombé 4 mm d’eau à Charleville, 3 mm à Dunkerque, 2 mm à Cherbourg, 1 mm à Brest. Le thermomètre marquait le matin 140 à Paris, x5° à Lyon, i5° à Toulouse, 190 à Perpignan, 23° à Alger, 8° au mont Aigoual, 70 au Puy de Dôme, 70 au Pic du Midi. La température moyenne a été x5°,8, supérieure de i° à la normale. Le i5 septembre, une série de dépressions barométriques ont eu lieu dans le Nord-Ouest de l’Europe ; la mer a été houleuse sur la Manche et en Bretagne. II est tombé i5 mm d’eau à Cherbourg, i3 mm à Boulogne, 5 mm à Brest, 2 mm à Limoges. La température était le matin i5° à Paris, 170 à Toulouse, 24° à Alger, 90 au Puy de Dôme, 90 au moixt Aigoual, 5° au Pic du Midi. A Paris, de faibles ondées sont tombées de 6 à 9 heures. La pluie a repris à 10 heures avec force et a duré toute la journée ; la température moyenne a été i4°,i, inférieure de o°,6 à la normale. Le 16 septembre, la température était le matin à 7 heures xo° à Paris, io° à Nantes, 120 à Clermont, 4° au mont Aigoual. On a recueilli 16 mm d’eau à Boulogne, 16 mm au Mans, 14 mm à Limoges, x3 mm à Paris, 11 mm à Besançon, 3 mm à Brest. La pression barométrique était 760 mm à midi à Paris; la température moyenne n’a été que 12°,5, inférieure de 20 à la normale. On a observé à la Tour Eiffel un maximum de i2°,9 le 16 à 6 heures du soir et un minimum de 8°,9 à minuit.
- PEA5ES DE LA LUNE : D. Q. le io à 9 h. 3 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne fa Rédaction de « La Nature » doit être adossé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (YP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d'adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘°, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1740 (29 SEPTEMBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- INFORMATIONS
- O0C
- Le concours de jouets. — Le sixième concours de jouets, articles de Paris et inventions nouvelles, dit « concours Lépine », a été inauguré le 20 septembre à l’Àlcazar d’été, sous le patronage du Ministre du Commerce et sous la présidence d’honneur du président du Conseil général de la Seine, du préfet de la Seine et du préfet de police.
- Un typhon à Hong-Kong. — Un violent typhon s’est abattu sur Hong-Kong et a causé de terribles ravages. Il y a eu environ 1000 victimes, 12 navires coulés, 24 échoués, 7 endommagés; la presque totalité des victimes sont des Chinois.
- Tremblements de terre en Sicile et en France. —
- Une légère secousse de tremblement de terre a eu lieu à Palerme le 19 septembre vers minuit; une seconde secousse plus violente a été ressentie à 8h 20"' du matin et a duré 5 secondes. On a signalé d’autres secousses à Marino, Bagheria, mais surtout à Termini et à Trabia. Le 20 septembre, à 3h 45m du matin, il y a eu à Remi-remont une secousse de tremblement de terre qui a duré quelques secondes, de l’Est à l’Ouest et qui a été très nettement ressentie sur tous les points de la ville.
- Essais de cuirassé. — Le cuirassé République vient d’accomplir des essais de 24 heures à la puissance normale de 10000 chevaux. A la puissance exacte de iog65 chevaux, la vitesse angulaire de l’hélice a été de ioo,5 tours par minute et la vitesse de déplacement de 16,79 nœuds. Le 21 septembre, en présence de M. le Ministre de la Marine, des essais officiels ont eu lieu, pendant 3 heures consécutives, toutes les chaudières allumées. La puissance a été de 19626 chevaux; la combustion par mètre carré de grille a été de 117 kg de charbon. Dans différents essais à faible allure, les consommations avaient été de 66-j et 707 gr par cheval-heure. Les machines et les chaudières Niclausse ont fourni des résultats remarquables.
- Un musée de la Tuberculose en Allemagne. — La
- ville de Darmstadt a ouvert un musée d’un genre nouveau, entièrement consacré à tout ce qui touche à la tuberculose. Les organisateurs de cette intéressante exposition permanente considèrent que la.science médicale gagnera beaucoup dans cette réunion, en un même emplacement, de tout ce qui a trait à la terrible maladie. Les hygiénistes y trouveront également leur compte, et le public profane recevra, dans ce musée, des leçons utiles qui, en exposant clairement les règles d’hygiène et de salubrité, contribueront certainement à empêcher
- le développement du mal et faciliteront la prophylaxie. Entre autres choses le musée exposera aux yeux de tous des modèles en. cire, des tableaux et des images, qui expliqueront les divers symptômes de la tuberculose et la montreront sous ses formes les plus diverses ; d’autres tableaux indiqueront, par des textes clairs et dans des dessins facilement compréhensibles, les moyens à employer pour combattre le mal à ses diverses périodes.
- Cette exposition comprendra une section ambulante qui, avec le cinématographe et des projections, parcourra les principales villes de l’Empire allemand, les grands centres industriels et les agglomérations populeuses. C’est donc une véritable croisade contre la tuberculose ; elle est entreprise par des docteurs dévoués, soucieux de la santé publique, qui suivront l’expédition et, à tour de rôle, feront des conférences instructives destinées à frapper l'imagination des populations et à les mettre en garde contre la terrible maladie.
- Bétail suisse en Amérique. — Le Conseil fédéral de la République helvétique vient d’accorder une subvention à un important syndicat agricole qui s’est formé, à Berne, dans le but d’étudier les moyens à employer pour faire l’exportation en grand du bétail suisse et son importation dans les divers états de l’Amérique du Sud. Ce syndicat comprend, nous dit-on, les représentants délégués par les cinq plus importantes fédérations d’éleveurs suisses ; il aura une action très grande en raison des personnalités qui le composent et des capitaux mis à sa disposition. Les premières tentatives vont se faire dans l’Uruguay et la République Argentine et, à cet effet, dix agences, à la fois techniques et commerciales seront avant peu installées à Buenos-Ayres et à Montevideo. Le bétail suisse sera grandement représenté, par les meilleurs produits de l’élevage, à l’Exposition qui aura lieu, dans cette dernière ville, en 1907.
- Les Balkans à Londres. — Une importante exposition aura lieu, l’an prochain, à Londres sur les terrains de Earl’s Court. Il s’agit de la représentation des Balkans, avec toutes les industries qui les avoisinent. Les mœurs des habitants et les paysages de la région seront montrés dans cette exhibition géographique et ethnologique, qui s’organise sous les auspices du duc d’Argyl et de nombreuses hautes personnalités britanniques. Le roi et la reine de Roumanie ont assuré les organisateurs de leur concours; ils ont promis d exposer, dans une section spéciale, une série d’objets et de produits qui expliqueront les procédés employés, dans leur pays, pour la fabrication de là soie. La reine « Carmen Sylva » enverra des documents très curieux sur quantité de
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- INFORMATIONS
- questions auxquelles elle a personnellement consacré des études spéciales.
- Un nouveau canal de la mer du Nord à la Baltique. — Les Anglais et les Danois sont fort inquiets à la pensée que 1 Empereur Guillaume pourrait avoir un jour la fantaisie de fermer à la navigation étrangère le canal de Kiel. Un comité, composé d’ingénieurs, de géographes et de savants, étudie, en ce moment, les moyens de faire concurrence au cours d’eau allemand, en construisant, sur le territoire du Danemark, un second canal. Le nouvel ouvrage permettrait aux navires de tous les pays de passer de la mer du Nord h la Baltique, et réciproquement, sans emprunter la voie allemande.
- Conducteurs électriques en Grande-Bretagne. —
- La nouvelle réglementation arrêtée en Grande-Bretagne pour les lignes aériennes destinées au transport de l’énergie électrique, n’admet pas, pour les poteaux en bois, un espacement de plus de 60 m., avec un (acteur de sécurité de io; les lignes seront à au moins 6,75 m. du sol, les croisements de routes se faisant à 7,5o m. pour les hautes tensions.
- Moteurs du cycle à deux temps. — Devant l’Ame-ricau Street Railway Association, M. A. West est venu exprimer l’opinion que, pour lui, le grand tort des moteurs à gaz à deux temps réside dans leur faible rendement mécanique. Celui-ci arriverait souvent à ne pas atteindre 60 pour 100, tandis que le rendement correspondant serait de 85 pour 100 avec les quatre temps.
- Production intense de rails. — Nous en trouvons un exemple dans une des usines de la fameuse Compagnie américaine Carnegie. Durant un seul mois, l’usine Edgar Thomson a produit 84 200 tonnes de rails d’acier : il s’agit de rails de 4i kg au mètre. Il faut dire que les ouvriers, pendant ce mois, avaient essayé de battre tous les « records » précédents.
- La destruction des rats à Mysore. — Le gouvernement de Mysore a publié dernièrement une Note sur la destruction des rats dans cette cité hindoue. Cette destruction, systématiquement opérée, a eu pour premier et excellent résultat de préserver la ville de la peste en igo5 et 1906, alors que jusqu’ici le terrible fléau ne laissait pas passer une année sans sévir, pour être plus exact il faut dire qu’il y a eu 7 cas et 5 morts contre i?44 et 995 l’année précédente. Le nombre total des rats tués dans la cité depuis le commencement de la campagne, c’est-à-dire depuis le 4 juillet 1905, jusqu’au i3 juillet 1906 est de 28741, dont 12000 femelles. En 1906 le nombre mensuel des tués a été de : 870 (janvier) ; 492 (février); 708 (mars); io5o (avril).
- L’élevage de la Truite arc-en-ciel. —M. Robertson Proschowski, de Nice, ayant reçu un certain nombre des Truites-arc-en-ciel de l’Administration des Eaux et Forêts (en échange de plantes et arbustes) s’est livré sur elles à d’intéressantes expériences sur leur élevage en milieu semi-tropical, c’est-à-dire dans des eaux d’une température moyenne de 23° (régime de l’oranger). Ces recherches ont montré fort nettement que cette variété de truite est capable de supporter des températures beaucoup plus élevées que celles qui conviennent en général à ce poisson. De plus, des conditions accidentelles ayant modifié le débit de l’eau dans le bassin d'alimentation, M. Proschowski a pu constater en même temps que la Truite-arc-en-ciel s’accommodait fort bien d’un faible renouvellement d eau. M. Proschowski nourrissait ses poissons avec de la rate de bœuf, des lombrics et de petits escargots écrasés.
- Soie naturelle et soie artificielle. — On sait combien la soie, la vraie, celle qui provient de l’utilisation des cocons de vers à soie, rencontre de concurrence dans la fabrication de tissus fabriqués avec des fibres spécialement préparés, dont la matière première est la cellulose et qui se vendent sous le nom de soie artificielle. La chambre de commerce de Digne (Basses-Alpes) s’est ému de cette situation qui crée un véritable danger pour la sériciculture. Elle vient de transmettre au Conseil général de. ce département un vœu demandant qu’une loi soit votée pour « empêcher les fabricants de filés issus de la cellulose de désigner leurs produits sous le nom de soie artificielle, celte désignation étant
- de nature à tromper les acheteurs qui veulent réellement acheter de la soie véritable. »
- Automobilisme sur voies ferrées. — Voilà ce qui coulirme ce que nous avons dit à plusieurs reprises des avantages que peuvent présenter les wagons automobiles pour créer des services analogues aux trains-tramways, en s’intercalant entre les convois principaux. La Compagnie anglaise Great Northern Railway vient de commencer à établir pour toute une série de passages à niveau, des quais d’embarquement pour un service d’automobiles à vapeur, qui sera inauguré prochainement, et desservira des agglomérations actuellement isolées des gares existantes.
- Expédition polaire norwégienne. — L’agence Reuier à Copenhague a reçu le 3 septembre de Nome (Alaska) un télégramme annonçant que le Gjoa, navire d’expédition polaire norwégienne, était arrivé à cette localité, ayant ainsi accompli la traversée du passage du Nord-Ouest. L’expédition appareilla au mois de mai 190!, sous les ordres du capitaine Amundsen.
- Perforatrices. — Dans une communication faite à la Société des ingénieurs de Londres, M. Arthur H. Smilli a signalé une perforatrice dite Gazoline Rockdrill, où la puissance motrice est fournie par une sorte de moteur à pétrole à commande directe. L’outil perforateur est lancé comme un bélier contre la roche, grâce à l’explosion d’un mélange carburé dans un cylindre ad hoc.
- Marine de guerre américaine. — Nos lecteurs se souviennent peut-être de l’ancien croiseur Vesuvitts, qui avait été construit spécialement pour porter des canons à dynamite, mais avait rencontré un insuccès absolu. On l’a modifié totalement, et l’on en a fait un bateau-école.
- Ravitaillement en charbon des navires de guerre.
- — L’ingénieur en chef Metcalfe, de la marine anglaise, a inventé un nouvel appareil pour assurer le ravitaillement à la mer des navires de guerre. A une allure de 10 nœuds environ, on pourrait faire passer, du charbonnier sur le bateau à approvisionner, près de 100 tonnes de combustible à l’heure.
- Marine de guerre. —Le Brésil veut augmenter l’importance de sa flotte de guerre : il vient en effet de demander aux chantiers américains Cramp des projets pour l’exécution de 3 cuirassés.
- Presses à forger. — La Compagnie minière et métallurgique de Witkowitz, en Autriche, est en train de se faire construire, par une maison de Sheffield, une puissante presse à forger susceptible d’exercer un effort de 4000 tonnes, et pouvant donner 40 coups (de longueur réduite, il est vrai) à la minute.
- Les briquettes aux États-Unis. — Par une bizarrerie qui s’explique du reste parliellement par l’abondance du combustible à bon marché, les briquettes de charbon sont pour ainsi dire inconnues aux Etats-Unis;, c’est à peine si une fabrique en a été montée récemment à San Francisco, et si quelques fabriques analogues existent au Canada. Tout au contraire, en Allemagne, on en prépare quelque 13 millions de tonnes chaque année, et au moins 3 millions en France. On se préoccupe activement maintenant, en Amérique, d’utiliser de la sorte les menus et les déchets des houillères.
- Locomotives à surchauffe. — Le Canadian Pacific Railway possède déjà un ensemble respectable de 186 locomotives munies de surchauffe, et les résultats seraient reconnus comme fort satisfaisants. Les machines accusent une économie très marquée de combustible, même par rapport aux engins compound. Dans les dernières locomotives à surchauffe, on a ramené la pression de vapeur de 14 à 10,5 kg, et cependant on compte que la puissance de traction demeurera la même, bien que de la sorte on réduise considérablement l’usure de la chaudière.
- Chemins de fer sud-africains. — Il s’agit d’une ligne nouvelle, dite Fourteen Streams Railway, qui raccourcit de 90 km au moins le parcours de Cape Town à Johannesburg, qui rapproche considérablement les champs de diamant du Rand, et qui met en relation la ligne du Cap à Buluwayo et les mines de Kimberley avec les houillères du Natal et du Transvaal. Cette voie a une longueur de 220 km à peu près.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- ctOTsi. Hygiène
- Arrosoir hygiénique. — Ce nouvel arrosoir permet h’aroser tout une surface sans y produire de (laques d’eau dont le principal inconvénient est de former de la boue avec la poussière du sol.
- Le région cylindrique qui contient le liquide se transporte par la poignée G; il repose sur le sol par le siège E E formé de deux tasseaux à section triangulaire rivés suivant les génératrices du cylindre. Le remplissage se fait par l'entonnoir A placé à l’extrémité arrière du récipient. Pour arroser, on saisit l’appareil par la poignée D et on le tient de manière que l’axe du cylindre soit vertical; l’eau s’échappe par la grille F qui est alors parallèle au sol.
- Cette grille est composée d’ajutages coniques LL percés d’un trou de 4 à 5 dixièmes de millimètre de diamètre. Les filets d’eau qui s’en échappent, tout en se rapprochant du maximum théorique du débit, ne se réunissent pas comme ils pourraient le faire s’ils s’écoulaient par des orifices pratiqués dans une paroi mince. 11 en résulte la production d’une pluie très fine, sem-
- A rrosoi r b y g ié nique.
- blable à celle que donne un pulvérisateur, mouillant uniformément le sol sans y laisser d’espaces secs et sans y produire aussi des flaques boueuses.
- Une fine toile métallique disposée en B, c’est-à-dire servant de liaison entre le récipient et l’entonnoir A s’oppose au jaillissement de l’eau par l’ouverture de cet entonnoir lorsque l’on pose un peu brusquement l’arrosoir sur le sol ; cette toile métallique sert en même temps de filtre pour arrêter les corps solides qui se trouveraient en suspension dans le liquide.
- Le niveau de l’eau dans le récipient ne peut pas dépasser la ligne X; il reste donc un espace vide qui s’emplit d’eau violemment lorsque l’arrosoir passe de la position horizontale à la position verticale et empêche la projection hors de l’entonnoir, projection que la toile métallique annule tout à fait.
- Enfin un rebord annulaire M protège les ajutages de la grille F contre les chocs. Cet appareil est construit par MM. Jagot frères, au Mans.
- «g'îss. Construction
- Un nouveau type de pilotis en béton. — Le procédé a été signalé par notre confrère Engineer, de Londres, sans que le nom de l’inventeur ait été donné. La méthode est ingénieuse, et permet en réalité de couler dans le sol un pilot de béton qui arrive à l’état liquide et y fait prise, en s’attachant par conséquent fort bien à la masse des terres environnantes. On commence par foncer et battre dans le sol un tube d’acier creux, de résistance suffisante, et se terminant inférieurement par une partie conique, un chapeau, qui peut s’ouvrir en deux parties, mais qui est fermé durant le fonçage, et qui est maintenu d’autant mieux fermé que la résistance à l’enfoncement est plus grande.
- Quand on a atteint la profondeur désirée, on déverse dans le tube, par l’ouverture supérieure, une masse de béton pouvant y former une hauteur de 0,90 m. par suite du diamètre intérieur du pilot-enveloppe. Alors on soulève ce dernier de 0,60 m., et il va de soi que ce mouvement, par suite du poids de la masse de béton, a pour résultat de faire ouvrir les deux moitiés du cône inférieur, ainsi que le montre la figure que nous donnons. A l’aide d’un mouton de 3oo kg, on pilonne le béton à l’intérieur du tube ; la masse plastique est chassée dans le vide laissé par le soulèvement du tube, et vient adhérer aussi fortement qu’il est possible au sol de l’excavation. On recommence l’opération pour une hauteur de 0,90 m., de béton, en soulevant le tube de 0,60 m., et ainsi de suite, jusqu’à l’achèvement de l’opération. Dans les sables boulants, on arrive à chasser le béton dans les meilleures conditions au moyen d’air comprimé à 20 atmosphères.
- Outillage
- Mandrin à pression à chaîne. — D’une manière générale, quand on perce un trou au foret dans une pièce quelconque avec un outil à main, il est nécessaire pour l’ouvrier de faire effort sur la pièce par l’intermédiaire de l’outil et du foret, de manière que celui-ci morde bien. Et cet effort n’est pas sans être pénible. La combinaison à chaîne que nous signalons remédie complètement à cet inconvénient. C’est qu’en effet, au moment du commencement du travail, on règle les choses, en faisant passer la chaîne derrière la pièce à percer, puis en faisant avancer la tige filetée extérieure du porte-foret dans le collier sur lequel viennent prendre appui les deux bouts de la chaîne, de telle façon que le foret appuie sur la surface à attaquer. La chaîne assure donc l’effort de poussée qu’on demande normalement à l'ouvrier d’exercer. Et cette poussée va se continuer durant tout le travail, au fur et à mesure de l’avancement, c’est-à-dire du creusement du trou : il suffira en effet, dans ce but, que l’ouvrier tourne de
- U11 nouveau pilotis en béton.
- Mandrin à pression à chaîne;
- temps à autre, à la main, la vis dite d’alimentation qui fait descendre le foret avec le mandrin, jusqu’à ce que, dans le fond du trou, se fasse sentir l’effort exercé par la chaîne.
- Cette combinaison est très ingénieuse : nous l’avons vue fonctionner dans les ateliers de la maison de vente Roux, 54, boulevard du Temple, et certains mandrins à chaîne de ce genre, qui peuvent même s’adapter aux vilebrequins, sout dotés d’un dispositif de descente automatique qui dispense l’ouvrier de songer à tourner la vis d’alimentation.
- Poinçonneuse à main. — Tout petit outil qui est en vente chez MM. Roux, 54, boulevard du Temple, et qui est susceptible de rendre de réels services; c’est tout à fait pour le métal l’équivalent des petits outils qui servent à faire les trous à l’emporte-pièce dans le cuir. Naturellement elle n’est faite que pour des feuilles de métal assez minces, comme par exemple les lames de scies, et le
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- soûl examen de la ligure fait comprendre comment on l emploie; on insère le métal entre les mâchoires, puis ou tourne le levier qui fait descendre la vis et le poinçon qui en est solidaire. Bien entendu, pour certaines lames
- Poinçonneuse à main.
- de scies ou pour certaines tôles trempées, il est essentiel de détremper d’abord la partie à percer, car autrement on pourrait tout briser, au lieu d’obtenir un trou net sous la pression de la pointe qui est au bout de la vis.
- Distillation
- Appareil pour recueillir les produits fractionnés de la distillation dans le vide. — Les dispositifs adoptés dans les laboratoires pour distiller dans le vide les substances facilement altérables à leur température d’ébullition à la pression atmosphérique se ramènent en principe, ainsi que l’indique le schéma ci-dessous (fîg. 2) à l’appareil habituellement employé pour la distillation ordinaire; mais l’extrémité du réfrigérant arrive dans un flacon par l’intermédiaire d’un bouchon à deux trous, dont le second trou est traversé d’un autre tube relié il une trompe destinée à faire le vide.
- Si l’on désire fractionner les produits qui passent dans cette distillation, ou, en d’autres termes, si l’on veut recueillir séparément les corps passant aux diverses températures, l’appareil ci-dessus signalé présente un assez grave inconvénient. En effet, aussitôt que l’on a recueilli la première fraction que l’on veut séparer, il faut éteindre le feu pour arrêter la distillation, enlever le caoutchouc reliant l’appareil à la trompe et enlever le flacon dans lequel on a recueilli cette fraction. Ensuite pour continuer l’opération, on substituera un autre flacon à celui qu’on vient d’enlever, on rétablira la communication avec la trompe, on allumera le feu et quand le vide aura été fait de nouveau dans les limites convenables, la distillation reprendra jusqu’à ce que l’on ait obtenu la seconde fraction que l’on veut séparer. A ce moment, on effectuera les mêmes opérations que ci-dessus et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on ait fractionné jusqu’au bout le produit à distiller. Il y a là une perte de temps impor-
- A B C
- Fig ..
- La distillation dans le vide.
- tante par suite de la nécessité où l’on est à chaque fois d’attendre le rétablissement du vide que l’on a interrompu, sans compter les chances de fuites qui se multiplient à chaque manipulation de l’appareil.
- On a donc cherché à éviter ces substitutions fréquentes des flacons où doit être reçu le distillât et un certain nombre de dispositifs ont été imaginés dans ce but. Nous signalerons ici un de ces appareils dont le maniement est assez commode (fig. 1). L’extrémité du réfrigérant
- habituel est adaptée par l’intermédiaire d’un bouchon percé d’un trou à la tubulure R de l’appareil de façon que ladite extrémité débouche au-dessus de l’entonnoir eu verre E qui peut être manoeuvré du dehors par la tige de verre D traversant à frottement le bouchon qui ferme la partie supérieure. Cette tige est tournée de façon que la douille du petit entonnoir F soit au-dessus d’une des tubulures qui se trouvent à la partie inférieure. Ces tubulures A, B, C qui sont ici au nombre de trois, mais qui peuvent être multipliées selon la grandeur et les besoins, sont garnies chacune d’un bouchon percé d’un trou et auquel on adapte de suite les flacons dans lesquels on veut recueillir les produits fractionnés. Enfin une tubulure Y est reliée à la trompe au moyen d’un caoutchouc à vide. Cet appareil est en verre de façon qu’on puisse y voir facilement ce qui s’y passe et qu’on puisse ie nettoyer.
- L’opération de la distillation étant disposée comme d’ordinaire, le feu étant allumé sous le vase distillatoire et le degré de vide convenable étant obtenu, on recueille le distillât dans le flacon adapté par exemple à la tubulure C ; quand cette première fraction est obtenue et qu’on veut changer de flacon, il suffit alors de manœuvrer du dehors la tige D, sans interrompre la distillation, de façon que l’extrémité de l’entonnoir F débouche au-dessus de la tubulure B, le corps distillé se rendant alors dans le flacon adapté à cette tubulure ; et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on ait employé tous les flacons destinés à recevoir les produits de la distillation. On voit ainsi que l’opération peut être conduite beaucoup plus rapidement et sans aucun des aléas que font courir les changements et les manœuvres auxquels on est obligé d’avoir recours avec le dispositif habituel. Si le nombre des fractionnements n’est pas très considérable, on peut même terminer l’opération sans changer aucunement les flacons.
- Sg'tsS, DlVOrS
- Machine à peler les pommes de terre. — D’une manière générale (et les constructeurs en conviennent), les machines à éplucher les pommes de terre ne peuvent opérer qu’un peu sommairement; et en fait, quand il s’agit d’une cuisine soignée où l’on ne veut pas qu’il reste la moindre parcelle de peau du tubercule, il faut reprendre chaque pomme de terre après passage à l’appareil à peler, afin de faire pénétrer une pointe de couteau là où l’appareil n’a pu effectuer complètemeut l’enlèvement de la peau. Mais, pour les établissements où l’on ne cherche pas une cuisine raffinée, l’épluchoir suffit parfaitement, à condition qu’un lavage soigné enlève bien toutes les particules terreuses qui pourraient demeurer dans les petites dénivellations où l’appareil laisse un peu de la surface de la peau du tubercule.
- Nous donnons précisément un des types les mieux établis de ces éplucheuses de pommes de terre, que nous avons trouvé 54, boulevard du Temple, chez MM. Roux, sans que nous sachions où il se fabrique effectivement. Sur un plateau en fer forgé est une trémie fixe en métal perforé formant râpe par sa surface intérieure ; le fond de cette trémie forme lui aussi râpe, mais râpe tournante, ce qui donne le mouvement aux pommes de terre et les oblige à se frotter aux parois qui leur enlèvent peu à peu leur peau. On voit le volant qui fait tourner le plateau par un renvoi d’engrenages d’angle. En fait les tubercules sont entraînés de manière à être râpés sur toute leur surface, et comme on fait couler de l’eau dans la trémie durant toute l’opération, non seulement il y a nettoyage des parcelles de peau qui ne seraient pas enlevées, mais encore les débris du râpage sont constamment entraînés, et les râpes continuent de fonctionner à souhait. En deux minutes on peut nettoyer 2 kg de pommes de terre, qu’il faut finalement passer dans de l’eau pure.
- Machine à peler les pommes de terre.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- OSC.
- 3T
- OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1906
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- L’activité solaire a encore élé considérable pendant le précédent trimestre. Des taches nombreuses et étendues ont élé visibles, quelques-unes à l’œil nu, à la fin de juillet. On poursuivra avec intérêt l’étude de l’astre éblouissant en ayant soin de relever chaque jour la position et l’étendue des taches, leur nombre, etc. Le solstice d’hiver arrivera le 22 décembre, à 18 heures. A ce moment, les jours atteignent leur plus courte durée. C’est en même temps le début de l’été pour l’hémisphère austral.
- IL — PLANÈTES
- Les deux cartes publiées au n° 1701 du 3o décembre iqo5, complétées par les explications ci-dessous, permettent de trouver les planètes sur le ciel et d’en suivre les déplacements.
- Mercure, d’abord dans la Vierge, puis dans la Balance et le Scorpion, n’est pas favorablement placé pour l’observation pendant ce trimestre, vu sa faible hauteur au-dessus de l’horizon résultant de sa déclinaison très australe.
- Le 9 novembre, la planète atteindra sa plus grande élongation du soir, à 22°5i' à l’Est du Soleil. Son diamètre, qui sera à ce moment de 6",o, ira en augmentant jusqu’à la conjonction inférieure. Celle-ci se produira le 3o novembre. Diamètre 9”,3. La planète deviendra ensuite visible le matin, et, le 28 décembre, atteindra sa plus grande élongation à 21°,29 à l’Ouest du Soleil. Diamètre 6",5. Plus grand éclat le 3i octobre.
- A noter, le i3 décembre à 14 heures, une intéressante conjonction de Mercure et Vénus, à o°,49' de distance seulement. Malheureusement, seront très près de l’horizon, se couchant une heure après.
- Vénus, dans le Scorpion, après avoir brillé d’un vif éclat dans l’horizon du couchant pendant tout l’été, se rapproche du Soleil. Elle passera entre cet astre et la Terre (malheureusement pas exactement) le 3o novembre, date de sa conjonction inférieure. A ce moment, le disque aura un diamètre angulaire de 66",2. Il faudra attendre le début de 1907 pour l’observer le matin dans l’aurore.
- Mars, est pratiquement inobservable pendant ce trimestre. Il réapparaît à la fin de la nuit, mais son diamètre de 4",o environ ne permet encore aucune observation utile.
- Jupiter sera en opposition le 28 décembre. Il brille d’un éclat merveilleux dans la constellation des Gémeaux. Le diamètre équatorial atteindra 46",9 le 25 décembre.
- Les plus petites lunettes permettent d’observer aisément cette magnifique et colossale planète et de suivre la marche des quatre principaux satellites. Le tableau suivant contient la liste des phénomènes auxquels donnent lieu ces quatre satellites par leurs passages devant ou derrière la planète, et leurs éclipses dans le cône d’ombre que celle-ci projette derrière elle par rapport au Soleil. E. c. et E. f. signifient le commencement ou la fin d’une éclipse dans le cône d’ombre et le numéro en chiffres romains est l’indication du satellite. P. c. ou P. f. indiquent le début ou la fin du passage d’un satellite devant la planète. I. m. ou E. m. (Immersion ou Emersion), le début ou la fin d’un passage derrière. Enfin O. c. ou O. f. le début ou la fin du passage du disque d’ombre d’un satellite sur la planète. Un observateur qui, sur Jupiter, serait plongé dans cette tache, assisterait à une magnifique éclipse totale de Soleil par le satellite en question. Nous insistons d’une façon toute particulière pour engager les observateurs à suivre ces phénomènes si curieux d’un monde qui est une miniature du système solaire. On sera absolument surpris du
- déplacement rapide des satellites sur le fond constellé du ciel.
- PHÉNOMÈNES DU SYSTÈME lilî JUPITER VISIBLES A PARIS.
- 5 octobre, III. E. c., 5 h. 17 111. 6 s.; 1, I. E. c., 4 b. 5 m. 7 s.; 5, I. 0. c..
- 1 b. 22 m.; I. E. c., 2 h. 42 m.; I. Ü. L, S h. 58 m.; I. P. f., 4 h. 58 m.:
- 6, I. L’in., 2 li. 7 ni.; IL 0. c., 5 li. 5 m.; G, I. P. f. 23 h. 27 m.; 7, III.
- P. c., 0 h. 40 m.; III. P. i., 3 h. 38 m.; 8, II. E. c., 12 h. 8 m. 47 s.;
- 11. Eiti., 5 li. 5li 111.; 9, Il P. I-., 23 h. 46 m.; 10, I. E. c., 5 h. 58 ni. 51 s.;
- 12, I. 0. e., 3 li. 16 ni ; I. P. c., i li. 54 m.; I. 0. f., 5 li. 52 m.; 13, I.
- E. c., 0 li. 26 111. 51 s.; I. Em. 5 li. 59 ni.; I. P c., 23 h. 2 ni.; III. 0 c.,
- 23 h. 22 111.; 14, I. 0. 1., 0 li.; I. P. f., 1 li. 19 111.; III. 0. f. 2 h. 10 ni.; III. P. c., 4 h. 34 111.; I. Ein., 22 li. 27 111.; 15, II. E. c., 2 li. 44 m. 27 s.;
- 16, II. P. c., 23 li. 27 ni.; H. 0. f., 23 h. 42 m.; IV. Im., 23 li. 45 ni.
- 17, IV. Enl., Oh. 12 111.; II. P. I., 2 li. 17 ni.; 19, I. 0. c., 5 h. 10 ni.;
- 20, I. E. c., 2 li. 20 ni. 17 s.; I. E. ni., 5 li. 51 ni.; I. 0 c., 25 Ii. 58 ni.:
- 21, I. P. c.,0 1). 54 111.; I 0. f., 1 h. 51 m.; I. P. L, 3 h. 11 'm.; 111.
- 0. c., 3 1). 21 ni.; III. 0. f., 18 h. 11 111.; 22, I. Em., 0 h. 19jn.; II. E c., o h. 19 ni. 59 s.; 23 II. 0. c., 23 li. 29 m.; 24, II. P. c.,-1 h. 57 m.;
- II. 0. f., 2 li. 16 m.; II. P. f., 4 h. 47 111.; III. Im. 22 h. 4 m.; 25, III.
- Em., 1 h. 3 ni.; II. E111. 23 I). 53 ni.; 27, I. E. c., 4 h. 13 ni. 46 s.; 28, I. 0. c., 1 ii. 52 m.; I. P. c., 2 li. 44 ni.: I. 0. L, 5 b. 48 ni.; I. P. 1., ali. 1 ni ; I. E. c., 22 h. 42 ni. 12 s.; 29, I. Em. 2 h. 9 ni.; I. 0.1., 22 I). 17 in.;
- I. P. f., 23 li. 29 ni.; 31, IL 0. c., 2 h. 5 ni.; IL P. c., 4 li. 24 m.; IL 0. f., 4 li. 51 m.; III E. f. 23 h. 51 ni.-52 s. — 1" novembre, III. Im. 1 li. 46 in.; 111. Em. 4 li. 46 ni.; II. E. c., 21 li. 12 ni. 47 s.; 2, IL Em. 2 li.
- 20 ni.; 3, 1. E. c., 6 h. 7 m. 20 s.; 4; I. 0. c.,'5 b. 26 ni.; I. P. c., 4 li.
- 55 m.; I. 0. I'., 5 h. 42 ni.; 5, I. E. c., 0 b. 55 ni., 48 s.; I. Em., 3 b. 58 ni.: 1. 0. c., 21 h. 54 m.; 1 P. c., 23 b. 1 ni.; 6, 1. 0. I'., 0 b. 10 ni.; I. P. f.. 1 b. 18 m.; I. Em. 22 h. 25 m.; 7, IL 0. c., 4 b. 58 m.; 8, III. E. c., 1 h. 8 ni. 53 s.; III. E. 1'., 3 b. 51 m. 33 s.; III. Im., 5 II. 23 m.; II. E. c.. 23 b. 48 ni. 3 s.; 9, IL Em. 4 b. 44 m.; 10, IL 0. L, 20 h. 44 m.: IL P. L.
- 22 b. 51 m.; 11, IV. P. c., 0 b. 24 m.; IV. P. L, 1 h. 45 m.; I. 0. c., 5 b.
- 19 ni.; I. P. c., 6 b. 22 ni.; III. P. f'., 22 b. 25 ni.; 12, I. E. c., 2 b.
- 29 ni. 28 s.; I. Em. 5 h. 40 ni. 1. 0. c., 23 b. 48 ni.; 13, 1. P. c. 0 b. 49 ni.: I. 0. 1'.. 2 li. 4 in.; I. P. f., 3 1). 6 ni.; I. E. c., 20 b. 57 ni. 5i s.; 14, I. Em. 0 b. 12 m.; I. 0. f., 20 h. 33 in.; I. P. L, 21 b. 32 ni.; 15, III. E. c., 5 b. 7 m. 59 s.; 16, IL E. c., 2 b. 23 m. 13 s.; II. Em., 6 b. 6 m.; 17, II.
- O. c., 20 b. 51 m.: IL P. c. 22 h. 22 m.; IL 0. I'., 23 b. 19 ni.; 18, IL P.
- L, 1 li. 12 ni., 111. 0. f., 22 b. 10 m.; III. P. e., 22 b. 55 ni.; 19, III, I>. L, 1 b. 55 m.; I. E. c., 4 b. 23 ni. 14 s.; II. Em., 20 li. 16 ni.; 20, I. 0. c.;
- 1 b. 42 m.; I. P. c., 2 h. 55 m.: I. 0. L, 5 b. 58 ni.; I. P. L, 4 h. 52 m.,
- I. E. c., 22 b. 51 ni. 40 s.; 21. I. Em., 1 b. 59 ni.; 1. 0. c., 20 b. 10 ni.: I. P. c., 21 b. 1 m.; I. 0. L, 22 b. 27 ni.; I. P. L, 23 li. 18 m.: 22, 1. Em.)
- 20 b. 25 ni.; 11. E. c., 4 b. 58 ni. 18 s ; 24, 11. 0. c. 23 b. 6 m.; 25, II.
- P. c., 0 li. 42 ni.; II. 0. f., 1 b. 55 ni.; II. P. L, 3 b. 32 m.; III. 0. c.,
- 23 b. 14 m.; 26, III. 0. L, 2 b. 10 ni.; 111. P. c., 2 b. 21 m.; III. P. f.;
- 5 li. 22 m.; I. E. c.. 6 b. 17 m. 8 s.; IL Em., 22 b. 54 m.; 27 L 0. c.,
- 3 b. 35 m.; 1. P. c., 4 b. 21 m.: L 0. L, 5 h. 52 m.; I IL L, 6 b. 58 m.,
- 28, I. E. c., 0 b. 45 ni. 55 s.; I. Em., 3 b. 45 ni.; I. 0. c., 22 h. 4 ni.; I. P. c.,
- 22 b. 47 m., 29, I. 0. f'., 0 b. 20 m.; I. P. f'., 1 h. 4 m.; I. E. e . 19 b. Il m. 7 s. ; I. Em., 22 h. 11 m.; 30, I. P. L, 19 li. 30 m. — 2 décembre, II. 0. c.,
- I h. 42 ni.; II. P. c., 5 b. 0 ni.; II. 0. L, 4 b. 31 ni.; IL P. L, 5 h. 50 m.; 5,
- III. 0. c., 5 b. 15 m.; III. P. c., 5 b. 43 ni.; III. 0. f., 6 b. 10 ni.; IL E. c.,
- 20 b. 50 m. 53 s.; 4, II, Em., 0 h. 51 m.; I. 0. c., 5 b. 29 m.; I. P. c., 6 b.
- 5 ni.; 5, I. E. c., 2 h. 39 m. 58 s.; 1. E. m.; 5 h. 29 m.; II. P. L, lg h. 58 ni.; IV. Im., 22 b. 45 ni., IV. Em., 25 b. 57 m.; I. 0. c., 23 h. 58m.. 6, I. P. c., 0 b. 32 ni.; 1. 0. L, 2 b. 14 ni.: I. P. L, 2 b. 49 m.; I. E. c.;
- 21 b. 8 in. 13 s.; III. Em., 22 h. 11 ni.; I. Em., 23 b. 55 ni.; 7,1. P. c., 18 b. 58 ni.; I. 0. L, 20 h. 45 ni.; I. 1L L, 21 b. 15 m.: 9, II. 0. c.,
- 4 b. 17 m.; il. P. c., 5 b. 16 ni.: II. 0. L, 7 h. 7 m.; 10 111. 0. c., 7 b.
- 12 m.; II. E. c., 23 b. 25 m. 47 s.; 11, II. Em., 5 b. 6 ni.; I. 0. c., 7 b. 25 m.; 12, I. E. c., 4 b. 53 m. 50 s.; I. Emf 7 h. 14 ni.; II. P. c., 18 b.
- 24 m.; II. 0. f., 20 h. 25 ni.; II. P. L, 21 b. 14 ni.; 13, 1. 0. c., 1 h.
- 52 m.; I. P. c., 2 b. 15 ni.; I. 0. L, 4 h. 9 m.; I. P. f.. 4 b. 52 ni.; III. E. c., 21 h. 5 in. 27 s.; 1. E. c., 23 ii. 2 m. 27 s.; 14 III. Em., 1 h. 29 ni.,
- I. Em., 1 h. 40 m.; IV. 0. c., 2 li. 52 m.; IV. 0. L, 4 b. 6 m.; IV. P. c..
- 6 b. 10 ni.; I. 0. c., 20 b. 20 ni.; 1. P. c.. 20 h. 41 ni.; I. 0. L, 22 li.
- 37 ni.; I. P. L, 22 b. 58 ni.; 15, 1. Em. 20 h. 6 ni. ; 16, II. 0. c., 6 b. 54 m.;
- II. P. c. 7 b. 32 in.; 18. II. E. c., 2 h. 0 m. 40 s.; IL Em. 5 li. 20 m.; 19,
- I. E. e., 6 li. 28 ni. 11 s.; II. 0. c., 20 h. Tl m.; IL 1L c.., 20 h. 58 m.; II.
- 0. L, 23 h. 1 m.; II. P. f., 23 b. 28 ni.; 20, 1. 0. c., 3 h. 46 ni.; I. P. c.,
- 3 I). 59 m.; I. ü. L, 6 1). 3 m.; I. P. L, 6 h. 16 ni.; 21, I. E. c., 0 h. 56 ni.
- 50 s.; 111. E. c., 1 h. 2 m. 24 s.; I. Em., 3 h. 23 m.; 111, Em., 4 b. 45 m.;
- II. Em. 18 b. 27 m.; L 0. c., 22 h. 14 m.; I. P. c., 22 h. 25 m.; 22, 1. 0.
- f. 0 h. 51 m.; 1. P. L 0 h. 42 ni.; I. E. c., 19 h. 25 m. 23 s.; I. Em.,
- 21 b. 49 m.; 23, I. 0. f.,19 h. 0 m.; I. P. f. 19 h. 8 m.; 24, III. 0. f., 18 h.
- II m.; III. P. 1., 18 h. 50 m.; 25, II. E c., 4 h. 35 m. 32 s.; 26, II. 0. c.,
- 22 h. 48 ni.; II. P. c., 22 h. 53 m.; 27, II. 0. f., 1 h. 33 m.; IL P. f., 1 h. 43 m.; I. 0. c., 5 h. 40 m.; I. P. c., 5 li. 42 m.; 28, I. Im., 2 b. 50 ni.;
- III. Im., 4 h. 59 m.; I. Em., 5 h. 7 ni.; II. Im., 17 h. 50 ni.; II. Em. 20 h. 40 m.; 29,1. P. c., 0 b. 8 m.; I, 0. c., 0 h. 9 m., I. P. f. 2 h. 25 m.; I, 0. g 2 11. 26 m.; I. Im., 21 h. 16 m.; I. Em. 25 h. 33'm.;50, fi P. c., 18 h.
- " 37 mi; IV. P. c., 20 h. 14 m.; IV. 0. e„ 20 b. 46 m.‘, 1. P. f., 20h. 51 m.;
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- I. 0. f., 20Ii. Si in.; IV. P f., 21 h. 18 ni.; IV. 0. f., 22 h. 22 ni.; 51, 1. P.
- I'., 18 h. 1 ni. 29 s.; 111. I». c., 18 li. 50 m.; 111. 0. c., 19 li. 10 ni.; 111. I*.
- I., 21 h. 50 ni.; 111. 0. 1'.. 22 li. 11 ni.
- Saturne, dans le Verseau, est encore en d’excellentes conditions d observation. L’anneau se ferme peu à peu et, 1 année prochaine, se présentera à nous juste par la tranche. Cet anneau peut être reconnu avec une petite lunette, même de om,o4 d’ouverture.
- ÉLÉMENTS DE l’aNNEAU DE SATURNE
- Pallas passera en opposition le 2 octobre
- DATES ASCENSION DROlrlS DÉCLINAISON UiUNDKLR
- 1er octobre. . . 1 b. 0 m. — 11° 18' 8,2
- 9 — 0 li. 54 m. — 15° 22' 8,2
- 17 — 0 li. 48 m. — 15° 14' 8,2
- 25 — 0 b. 42 m. — 16° 50' 8,2
- 2 novembre . . 0 b. 57 m. — 18° V 8,2
- 10 — 0 h. 55 m. — 19° 5' 8,5
- 18 0 b. 51 ni. — 19° 40' 8,5
- 26 0 li. 50 m. - 19° 58' 8,4
- HAUTEUR ’ HAUTEUR DU-
- UE LA TERRE SOLEIL AU-DESSUS
- GltAND AXE PETIT AXE AU-DESSUS DU PLAN DU PLAN
- DATES EXTÉRIEUR EXTÉRIEUR DE L’ANNEAU UE L’ANNEAU
- 10 octobre. , . 42", 5 4",5 6° 4' 4° 15'
- 9 novembre . . 40”, 5 4",5 6° 25' 5° 47'
- 9 décembre . 58",5 4M 6° 5' 5° 21'
- Uranus. dans le Sagittaire, brille comme une faible étoile de 6e grandeur. Il disparaît peu à peu au couchant. Dans les lunettes avec un fort grossissement, il présente un petit disque bleuâtre de 4" de diamètre. On le trouvera aux positions ci-après ;
- DATES
- 6 oclolire 190(3 . 5 novembre . . 5 décembre . . 25 -
- ASCENSION DROITE DÉCLINAISON
- 18 11. 21 ni. —25°41'
- 18 h. 25 ni. —25° 58'
- 18 h. 51 ni. —25° 51'
- 18 b. 56 ni. —25° 50'
- DIAMÈTRE
- 5”,8 5",7 5",7 5",7
- Neptune, à la lin de décembre, sera presque en opposition. Il apparaît comme une étoile de 8e à 9e grandeur avec un petit disque de 3. On le trouvera aux positions suivantes :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 6 octobre 1905 . . 6 b. 55 m. -h 21° 58' w)// O
- 0 novembre . . . 6 b. 51 m. -+- 21° 28' 2'\3
- 5 décembre . . . 6 b. 52 m. + 22° 0' 2",3
- 25 - 6 lu 50 m. + 22" 5' 2",5
- Petites planètes entre Mars et Jupiter. Vesta est
- passée en opposition le 11 septembre.
- HATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON GRANDEUR
- 1er octobre. . . . 25 b. 20 m. — 16° 29' 6,7
- 9 — 25 li. 14 m. — 16° 46' 6,7
- 18 — 25 b. 11 m. — 16° 47' 6.9
- 25 — 25 h. 9 ni. — 16° 54' 7,0
- 2 novembre . . . 25 li. 8 m. — 16° 8' 7,1
- 10 — 25 b. 10 m. — 15° 50' 7,2
- Cérès, la première des petites en opposition le 5 décembre : planètes connues, sera
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON GRANDEUR
- 1er octobre 1906. 5 b. 15 111. -+-18° 16' 8,0
- 9 — 5 b. 18 m. -+- 18° 28' 7,8
- 17 — 5 h. 19 111. -+- 18° 41' 7.7
- 25 — 5 h 19 111. + 18° 54' 7,6
- 2 novembre. . . 5 li. 16 m. h- 19° 8' 7,5
- 10 — 5 li. 12 m. -4-19° 25' 7.4
- 18 — 0 b. 6 111. + 19° 59' 7,4
- 36 — 4 li. 59 111. + 19° 56' 7,5
- 4 décembre. . . 4 b. 51 m. -4- 20° 15' ‘7,5
- 12 — 4 h. 45 m. + 20° 50' 7,5
- 20 — 4 b. 55 ni. + 20° 47' 7.3
- 28 — 4 h. 28 ni. 4-21° 5' 7.3
- III. PHÉNOMÈNES DIVERS
- Conjonctions. — Le 3 octobre, Mars en conjonction avec / Lion, à i3h, à o° 8' Sud.
- Le 27 octobre, Saturne en conjonction avec la Lune, à 11 li., à 0°32' Nord. Le 4 novembre. Mars en conjonction avec ri Vierge, à 22 li., à 0" 10' Sud.
- Le 25 novembre, Saturne en conjonction avec la Lune, à 16 h., à 0° 52' Nord. Le 5 décembre, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 15 h., â 1° 58' Nord. Le 5 décembre, Nepiune en conjonction avec la Lune, à 21 b., à 0°58' Nord. Le 9 décembre, Vénus en conjonction avec J3 1 Scorpion, à 18 li., à 0°0' 4 Sud.
- Le 15décembre, Mercure en conjonction avec Vénus, à 11 h., à 0° 49' Nord.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Celte liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6e grandeur.
- DATE ÉTOILE GRANDEUR COM ME NCEMENT PIN
- 5 octobre . . u Haleine. 4,4 5 11. 49 111, 5 li. 5 m
- 7 .— i> 3 Taureau. 5,9 5 11. 58 1J1. 6 b. 35 ni
- 9 — X5 Orion. 5.5 5 11. 53 ni. 6 b. 54 tn
- 12 — 0 C.a ncer. 5,5 1 11. 28 m. 2 li 14 ni
- 25 — 1 Gapricorne. 4,4 18 11. 48 m. 19 b. 22 m
- 5-6 ! novembre. v. Gémeaux. 4,4 25 h. 50 m. 0 h. 44 m
- 19 — 0 Sagittaire. 5,8 17 b. 45 m. 18 li. 45 m
- 2 d.’.'c- Miibro . 7? Orion. 5,5 17 h. 59 m. 18 11. s 2 ni
- 5 — v Oéineaux. 4,4 7 b. 59 ni. 8 b. 55 ni
- 5 — Gémeaux. var. 5, 7 22 b. 35 ni. 23 li. 26 ni
- à 4,. 5
- 5 — O Ganrer. 4,2 22 h. 5 ni. 22 b. 18 ni
- 19 — 7 Capricorne. 5,8 fo h. 56 m. 17 h. 48 m
- 25- 20 - [j. Haleine. 4,4 25 b. 11 in. 0 h. 25 111
- 28 — . 03 Taureau. 5,9 1 b. 28 in. 2 b. 5'i ni
- 28 — m Taureau, 5,2 21 h. 44 ni. 25 h. 11 ni
- 50 — /.* Orion. 4,8 1 b. 46 111. 5 b. 5 m
- Étoiles filantes. — Trois grandes pluies d’étoiles filantes sont observables en ces derniers mois de l’année :
- Du 18 au 20 octobre, les Orionides. ISadiaut vers v Orion.
- l)u 14 au 18 novembre, averse des Léunides. liadianl vers Ç Lion.
- Du 25 au 28 novembre, averse des Biélides. liadianl vers y Andromède,
- Du 9 au 12 décembre, pluie des Géminides. liadianl près de Castor.
- Ces divers essaims ont donné lieu, anciennement, à des pluies remarquables d’étoiles filantes. Aujourd’hui, leur activité est beaucoup moindre et généralement on ne note plus que quelques météores par heure.
- Étoiles variables. — Suivre avec attention l’étoile Mira Ceti, o de la Baleine dont le minimum doit se produire le 20 décembre. Commencer les observations au début du mois. Cette étoile varie de 3,3 à 8,5 et présente dans sa période de curieuses irrégularités.
- Minima de l’étoile variable Algol ((3 Persée).
- Octobre, 5 (20 b. 59 m.); 21 (1 b 52 m.); 25 (22 h. 20 m.); 26 (19 h. 9 m.) — Novembre, 15 (0 h. 2 1 n. ) ; 15 (20 b. 51 m.); 18 (17 b. 40 m.). — Décembre, 5 (22 h. 54 m.) ; 8 (19 li. 25 ni.); 26 (0 h. 17 m); 28 (21 h. C m.) ; 51 (17 b. 56 m.j.
- Em. T0UC1IET.
- <
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Teinture du crin en noir. —- On fait une préparation composée de 3 parties de litharge, de 2 p. de chaux vive en poudre et d’une p. d’empois. On fait de tout cela une pâte de bonne consistance avec de l’eau, et l’on en enduit le crin en laissant le contact se prolonger quelques jours.
- Pour photographier un bleu. — Nous n’avons guère besoin de dire que, dans son état naturel, un bleu ne présente pas une coloration favorable à la photographie. Pour triompher de la difficulté, on commence par mettre le bleu dans un bassin contenant une solution diluée d’ammoniaque à environ 5 pour 100; la coloration bleue s’évanouit peu à peu et il reste une teinte rose dans les parties foncées réellement. Quand tout le bleu a disparu, on lave bien à l’eau douce, puis on place dans un autre bassin contenant une dissolution.faible d’acide tannique ; à :ce moment tout le dessin va réapparaître en une cou-
- leur rouge ; l’intensité de la nuance dépend de la durée du bain. On lave de nouveau, l’on sèche, et on peut alors photographier. On obtient finalement un négatif qui présente les lignes du dessin en noir et si on place un papier blanc derrière le verre du cliché, on pourra aisément tirer de là un cliché typographique par photogravure.
- Tabac trop sec. — On peut désirer remédier à cet inconvénient, qui rend le tabac cassant. Le plus simple est de placer le tabac dans un petit sac de mousseline qu’on attachera à une tige de fer, et cette tige donnera le moyen de suspendre contenant et contenu dans une casserole au fond de laquelle on versera un peu d’eau, pour mettre ensuite sur le ?feu, la vapeur ne tardant à se produire. Il faut un certain tour de main afin de savoir à quel moment la teneur du tabac en humidité sera suffisante.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — M. Guillemé, à La Roche-sur^ Voit, nous adresse la lettre suivante : « On vient de m’apporter un œuf réellement curieux : il contient un second petit œuf bien plus petit et dont la coque est /année et dure, sauf au petit bout. Il contient de l’albumine et possède un jaune extrêmement petit. »
- Renseignements. — M. Delà-motte, à Paris. — Vous trouverez certainement cette adresse dans le catalogue du Salon d’automobile.
- M. J. L., à Montastruc. — Pour tout ce qui concerne l'escalier liocquart, dont nous avons donné la description dans le n° 1737, du 8 septembre 1906, il faut s’adresser directement à M. Hocquart, ingénieur aux magasins du Bon Marché, à Paris.
- M. Melen, à Lœuilly. — Nous croyons savoir que le régulateur que vous demandez a été construit par la Compagnie générale électrique de Nancy, 47> rue Le Peletier, à Paris.
- M. A. Dassonviüe, à Bruxelles. — Nous avons fait plusieurs recherches et nous n’avons pas trouvé la formule de l’alliage que vous nous demandez.
- M. le Dt Prouvost, à Sadec (Cochinchine). — Ce moteur ne saurait convenir; il ne fonctionnerait certainement pas d’une manière satisfaisante.
- M. G. J., h Nantes. — Le sujet est tellement délicat que nous ne pouvons en parler.
- M. A. llouette, à Paramé. — i° Nous avons indiqué un moyen pour donner au cuivre jaune une patine brune. O11 dissout une partie de nitrate de cuivre dans deux parties d’ammoniaque d’une densité de 0,96 en maintenant la solution froide; on nettoie soigneusement l’objet, puis on l’immerge dans le liquide. Une légère attaque le brunira. — a® L’intensité du courant dépend de la résistance de la pile, de la surface des électrodes en regard.
- M. Rivasseau-, à Poitiers. — i° Nous ne croyons pas que ce produit se trouve dans le commerce. — a0 Nous allons faire quelques recherches eL nous vous eu ferons connaître les résultats.
- M. P. Carlier, à Paris. — Nous ne connaissons pas de méthode pratique de calcul rapide.
- M. G. Denjean, à Verdun. — Nous ne pouvons vous donner ici tous ces renseignements ; consultez un traité de nickelage à la librairie Dunod et Pinat, à la librairie Bernard Tignol, quai des Grands-Auguslins, à Paris. Il existe également un Mauuel dans P Encyclopédie Roret, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- R. P. François de Sales, à Constantinople. — Pour faire disparaître cette odeur de soufre, il n’y a guère d’autre moyen que d’avoir recours à une forte aération.
- M. Ducal, à Lille. — Pour graver sur verre, on recouvre la surface du verre d’un vernis protecteur; puis on dénude à la pointe les parties à graver et on fai L agir l’acide fluOrhydrique qui est un mordant du verre. Dans quelques Cas, on se sert d’une roue enduite de poudre d’émeri et que l’on fait tourner à une vitesse angulaire très élevée.
- M. Marguerie, à Cherbourg. — Nous n’avons pas trouvé d’ouvrage sur ce sujet.
- M. A. Murz, à Paris. — 1° Il n’y a pas de procédé chimique permettant d’extraire l’acide chlorhydrique du sel marin sans passer par l’acide sulfurique. On ne peut utiliser les réactions du procédé Weldon. — a® Nous avons consulté un chimiste ; on ne peut faire réagir le sel marin sur le phosphate tribasique de chaux naturel.
- M. /. Villame, k Dijon. — i° Nous n’avons pas l’adresse du constructeur du nivomètre. — 20 La scie pliante a été décrite dans la Science appliquée du n° 1725 du i5 juin 1906; elle se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Un abonné, à Bône. — Adressez-vous à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. S. R., à Toulon. — Le liquide employé dans les thermomètres est de l’alcool teint avec de l’orseille.
- Un abonné, à Namur. — Nous ne connaissons pas de pile pouvant remplir ces conditions.
- M. E. C., à Bruxelles. Nous vous avons déjà répondu que vous trouverez tous les renseignements à ce sujet dans le Manuel Roret du Tanneur, Corroyeur, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. G. Luire, à Nevers. — L’adresse est donnée à la lin de la notice descriptive.
- M. Durand, à Lyon. — L’enregistreur chronométrique portatif, dont vous voulez parler, est l’appareil que nous avons décrit dans le n° 1629, du i3 août 1904, p. i63. Il faut s’adresser à M. Ditisheim, 11, rue de la Paix, à la Chaux-de-Fonds (Suisse).
- M. L. G,, à Orléans. — Les batteries d’accumulateurs doivent être isolées du sol, comme toutes les parties d’une installation électrique. On peut considérer comme satisfaisant l’isolement d’un mégohm entre fils et terre.
- M. L. Dubois, à Paris. — Nous étudions actuellement le nouveau procédé ; nous ne ferons paraître un article à ce sujet que lorsque nous aurons tous les renseignements nécessaires.
- M. Z. P., à Paris. — Les feuilles d’aluminium se trouvent dans le commerce et peuvent être employées sans aucun inconvénient.
- M. Legrand, à Paris. — On peut très bien mesurer la résistance d’isolement d’une installation avec un voltmètre dont on connaît la résistance. On mesure d’abord la tension en volts aux bornes du circuit, puis entre un des fils et la terre. Une formulé très simple donne la valeur de l’isolement.
- M. L. R., à Lyon. — Nous n’avons pas encore tous les documents que nous désirons pour faire cet article.
- M. Dulot, à Paris. — Nous avons décrit les omnibus automobiles ; nous avons même annoncé les omnibus de Berlin dans une information du n° 1704, du 20 janvier 1906.
- M. D. Augier, à Paris. — Nous avons fait connaître les appareils de sécurité pour canalisations électriques à haute tension de M. Neu dans la Science appliquée (u° 17m, du 10 mars 1906).
- M. G. R., à X. — Pour les agrandissements par l’amplificateur à renversement, adressez-vous à la maison
- L. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. Schmitt, à Paris. — Il n’existe en allemand aucune publication illustrée analogue à La Nature.
- M. Bossy, à Saint-Nazaire. — i° Nous ne pouvons vous donner aucune adresse de fabrique. — 20 Vous pourrez vous procurer du mercure chez tous les marchand s de produits chimiques, par exemple chez MM. Chenal, Douilhct et Cie, 22, rue de la Sorbonne, à Paris. — 3° Les Recettes et Procédés utiles sont publiés actuellement en 5 petits volumes, à la librairie Masson et C'', 120, boulevard Saint-Germain, à Paris ; le prix de chaque volume est de 2fr,5o, broché et 3 francs cartonné.
- M. Rémy, à Paris. — Il doit y avoir erreur de nom ; ce produit n’existe pas.
- M. Le franc, à Paris. — Tous les numéros dans lesquels ont paru les articles précédents ont été indiqués en note ; veuillez vous y reporter.
- M. G. R., à X. — Il faut que l’appareil ait été construit, qu’il fonctionne régulièrement et qu’il donne de bons résultats.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. P. G.,
- h Paris. Vous trouverez ce pulvérisateur chez M. Ch. Vaast, 22, rue de POdéon. — M. D. L., à Nancy. Nous avons déjà décrit cet appareil; remerciements. — M. Du-long, à Limoges. 11 serait nécessaire de soumettre le devis à un ingénieur mécanicien. — M’. Rafer, à Lille. Consultez lès Recettes et procédés utiles 3e série, à la librairie Masson et Cie. — M. J. P., à X. Voyez le même ouvrage que ci-dessus, 40 série, à la même librairie. —
- M. Lamelz, à Metz Votre lettre a été envoyée.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5ora,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL
- Lundi 17 septembre 10°,2 S. W. 2. Pluie.
- Mardi 18 9\0 S. 1. Couvert.
- Mercredi 19 S° 2 N. N. F.. 1. Couvert.
- Jeudi 20 9'*,S N. N. W. 1. beau.
- Vendredi 21 12 ,-i N. N. W. 2. Très nuageux.
- Samedi 22 8°. 7 N. N. E. 2. Beau.
- Dimanche 25 . ... 8".5 N. E. 2. Beau.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 1,7 Quelques éclaircies le soir; pluie le malin.
- 1,8 Très nuag. ; pluie île 4 h. 30 à ti li. ; brouillard léger à (> li. ; halo à 10 b.
- » Rosée; couvert jusqu’à 11 b.; beau ensuite.
- 0,0 Rosée ; léger brouillard ; nuageux; pluvieux à 18 b. i!>.
- 0 Rosée ; nuageux.
- D Rosée ; très nuageux.
- W Rosée; nuageux.
- SEPTEMBRE 1906.— SEMAINE DU LUNDI 17 AU DIMANCHE 23 SEPTEMBRE 1906
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Vendredi
- Samedi
- ======
- ISSBSSI
- SS5S
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en poinl/llé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- à 77J mm a p2rsisté sur le Nord et l’Est de l’Europe. 11 a plu à Nice (14 mot d’eau), à Belfort (8 mm), à Boulogne (3 mm). La température était 5° à Limoges, io° à Paris, io° à Toulouse, 4° au Puy de Dôme, — î" au mont Venloux, — i° au Pic du Midi. A midi, la pression barométrique atteignait 766,4 mm à Paris; la température moyenne était i3°,5 inférieure de o°,5 à la normale. Le 21 septembre, la température s’est un peu relevée sur la France; elle était le matin xo° à Nancy, io° à Nantes, 120 à Paris, 210 à Alger, 4° au Puy de Dôme, 4° au mont Aigoual, o° au Pic du Midi. Des pluies sont tombées en différents points; on a recueilli 9 mm d’eau à Dunkerque, 4 nxm à Besançon, 2 mm au Havre, 2 mm à Clermont. Le 22 septembre, la pression barométrique est restée la même en France; elle a été 760 mm en Autriche et supérieure à 770 mm sur les Iles Britanniques et sur la Scandinavie. La mer a été généralement belle sur nos côtes. La température était le matin y0 à Paris, y0 à Clermont, xo° à Toulouse, 200 à Alger, 70 axx mont Aigoual, 3° au Puy de Dôme, 20 au Pic du Midi. Le 21 septembre, la température moyenne a été 12°,8, inférieure de i°àla normale. 11 est tombé de faibles quantités d’eaxx (x mm) à Nice, Besançon, Nancy. Les vents du Nord ont souillé avec force dans la région parisienne; le ciel était ntxageux. La température s’est abaissée le matin à 70 en banlieue; la pression barométrique à Paris, à midi, a atteint 769,8 mm. Le 23 septembre, la pression barométrique a été sxxpérieixre à 770 mm à l’Ouest et au Nord-Ouest du continent, avec des maxima de 775 mm sur la mer dix Nord. La ruer a été agitée au Pas de Calais et au Cotentin. Le temps a été en général beau en France.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le xS à midi 43 m. du soir. •
- Chronique météorologique
- Le temps. Le temps s’est beaucoup rafraîchi dans la semaine du 17 au 23 septembre, et est devenu mauvais sur quelques points. Le lundi 17 septembre, les côtes de la Manche ont été sous l’inlluence d’une dépression barométrique. On a recueilli 28 mm d’eau à Charleville, 27 mm à Dunkerque, 11 mm à Belfort, 3 mm à Perpignan, 2 mm à Paris. La température était le matin 7° à Belfort, 8° à Lyon, xo° à Paris, 24° à Alger, i° au Puy de Dôme, —3° au mont Ventoux, —4° au Pic du Midi, lia pression barométrique à Paris était 760,7 mm. La température moyenne à Paris a été io°,4, inférieure de 4° à la normale. Le 18 septembre, la pression barométrique s’est relevée rapidement sur le Nord de l’Europe. Le vent a été très fort du Nord sur la Manche. Il est tombé 28 mm d’eau à Boulogne, 21 mm à Paris, 21 mm à Charleville, 21 mnx à Besançon, 5 mm au Mans. La pluie est tombée sur la région parisienne entre 8 heures et 4 heures du matin sans interruption. La température était le matin 4° à Charleville, y0 à Paris, io° à Lyon, 120 à Toulouse, 220 à Alger, i° au Puy de Dôme, —20 au mont Ventoux. On a signalé que les premières neiges sont tombées sur les montagnes de la Tournette et du Salève. Une tempête de Nord-Est a sévi sur les côtes de Cherbourg; plusieurs navires ont. dû relâcher. Le xy septembre, il a plu en France à Clermont (12 mm d’eau), au Mans (10 mm), à Nantes (5 mm), à Dunkerque (4 mm), et à Biarritz (4 mm). La température s’est abaissée généralement partout. Le thermomètre marquait 6° à Charleville, 8° à Paris, 8° à Limoges, y0 à Nantes, y0 à Lyon, 200 à Alger, —4° au mont Mounier. Le 20 septembre, la pression supérieure
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 1 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (YJe)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à JffJtt. Massoit et Cle, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (V7C)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N* 1741 (6 OCTOBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- jteo
- INFORMATIONS
- Correspondances pneumatiques. ,— Sur la décision de M. Bérard, sous-secrétaire d’Etat des postes et des télégraphes, depuis le Ier octobre 1906, le service des correspondances pneumatiques, qui ne fonctionnait jusqu’ici que pour Paris, Neuilly-sur-Seine, Saint-Mandé et Vincennes, a été étendu aux villes suivantes : Asnières, Aubervilliers, Billancourt, Bois-Colombes, Boulogne-sur-Seine, Charenton-le-Pont, Clichy-la-Garenne, Cour-bevois, Levallois-Perret, Les Lilas, MalakolF, Montrouge, Pantin, Le Pré-Saint-Gervais, Saint-Denis-sur-Seine, Saint-Maurice. On peut, dès maintenant, déposer dans les bureaux des correspondances pneumatiques à destination de la zone comprenant Paris et les villes mentionnées.
- Exposition des automates Jaquet-Droz. — La Société d’histoire du canton de Neuchâtel organise au Locle, du 11 au 17 septembre (Hôtel de Ville), puis à la Chaux-de-Fonds, du 19 septembre au icr octobre (Ecole d’horlogerie et de mécanique), enfin à Neuchâtel, du 3 au i5 octobre (salle Léopold-Robert), une exposition des célèbres automates de Jaquet-Droz (xvme siècle), dont nos lecteurs ont entendu parler ici même à plusieurs reprises : l'Ecrivain, le Dessinateur et la Joueuse de clavecin donneront de demi-heure en demi-heure une représentation clôturée par le chant d’un oiseau Jaquet-Droz. Une riche collection de montres anciennes, appartenant à M. C. Marfels, complète ce curieux ensemble.
- Tremblement de terre. — Plusieurs secousses de tremblement de terre ont été ressenties, vers 3 heures, le 22 septembre, à Taschlcend, en Turkestan Russe.
- L’Opium. — On annonce qu’un édit, publié à Pékin, a prohibé la consommation de l’opium; l’èmploi devra avoir cessé dans dix ans. On sait tout l’intérêt que comporte cette mesure, d’abord à cause de ses résultats bienfaisants pour la santé publique, et ensuite en raison des sommes considérables engagées dans le commerce de l’opium. L’Inde anglaise fournissait la presque totalité de l’opium en Chine, soit 2 millions et demi de kilogrammes par an ; ce commerce rapportait en moyenne dans ces dernières années 100 millions de francs.
- La treille du roi à Fontainebleau. — Le raisin de la treille du roi au palais de Fontainebleau vient d’être vendu; il comprenait 79 lots, formés de 17000 grappes, d’un poids total de 2025 kilogrammes. Le produit de la vente a été de 2807,70 lr. ; le prix du kilogramme a donc été de 1,38 fr.
- Indices de réfraction. — M. G. F. H. Smith a pré- j senté à la Société royale de Londres un instrumènt très .|
- simple pour mesurer l’indice de réfraction des pierres transparentes et des liquides. La lumière entre d’abord à travers la surface courbe d’une lentille hémisphérique et est réfractée par derrière, en sortant de la surface plane de cette lentille, suivant un angle variable qui dépend de ce qu’elle rencontre lorsqu’elle en émerge. Une face plane du cristal ou de la pierre taillée à essayer est placée sur ce côté de la lentille, mouillée au préalable, d’un liquide d’indice de réfraction très élevé, pour chasser la pellicule d’air, à craindre autrement. Ce liquide n’a aucun effet sur d’angle de réfraction. La lumière réfractée est amenée par une lentille à une graduation lisible au moyen d’un viseur spécial. On péut ainsi instantanément identifier des pierres précieuses ou les reconnaître, en comparant l’indice de réfraction obtenu avec l’indice de réfraction classique et connu.
- Nouveau mode de production de l’acétylène. —-
- Le procédé a été imaginé en Angleterre par M. Atkins, et il paraît présenter de sérieux avantages. La production du gaz est, en effet, obtenue par réaction de carbure de calcium sec sur du carbonate de soude : cela donne du carbonate de chaux, de la chaux, de la soude, de l’eau et de l’acétylène naturellement; la température de la réaction ne dépasse point g5°. L’acétylène est débarrassé des benzines et autres impuretés qui se produisent avec les températures élevées, et il ne contient ni hydrogène sulfuré, ni hydrogène phosphoré, puisque soufre et phosphore se combinent avec la chaux et la soude; il ne renferme, en outre, que fort peu d humidité.
- Exploitation des sablières. — Dans une immense sablière canadienne, exploitée à Ottawa par la United States Silica C°, comme les méthodes classiques d’enlèvement du sable devenaient beaucoup trop coûteuses par suite de la grande profondeur de l’excavation déjà faite, on a eu recours à des pulsomètres à air comprimé du système Harris, pour pomper le sable, et l’on s’en trouve au mieux. Le pulsomètre est constitué ici par deux réservoirs cylindriques en acier de i,5o m. sur i,5o m., où l’on admet alternativement, par un distributeur approprié, un mélange de sable et d’eau, puis de l’air comprimé, qui refoule ce mélange hors de la carrière. C’est l’eau des sources entourant la carrière qui est lancée en jets sur les parois de celle-ci (un peu à l’instar de ce qui se fait dans mainte exploitation aurifère) ; ces jets entraînent le sable jusque dans un réservoir où a lieu l’aspiration du pulsomètre. On extrait ainsi 5o tonnes de sable à l’heure.
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- INFORMATIONS
- Rendement des machines. — Étudiaut uue station centrale électrique 4e New-York, M. Scott a établi ainsi qu’il suit le bilan thermique de machines en pourcentage de la chaleur totale renfermée dans le combustible brûlé. Pertes en cendres, 2,4 pour 100; à la cheminée, 22,7; rayonnement et fuites des chaudières, 8; rayonnement des tuyauteries, 0,2 ; pompes de circulation, 1,6; pompes alimentaires, 1,4; fuites et purges, 1,1; petits moteurs auxiliaires, 1,4 ; chauffage, 0,2 ; frottements des machines, 0,8; pertes électriques, 0,0; rayonnement des machines, 0,2 ; pertes au condenseur, 60,1 ; aux auxiliaires, 0,2 ; puis restitutions par le réchauffeur d’alimentation, 3,i; par l’économiseur, 6,8. Finalement, l’énergie électrique délivrée au tableau représente 10,3 pour 100 de la chaleur totale du combustible dépensé.
- La construction des navires de guerre. — L’Amirauté britannique s’occupe actuellement de la mise à exécution'd’une idée excellente qu’elle a fait étudier depuis un certain temps par un comité spécial : celle de la « standardisation » des machines et organes mécaniques des navires de guerre. On connaît ce mot de standardisation, qui correspond à l’unification, à l’adoption de prototypes uniformes, comme cela s’est fait par exemple pour les filetages et vis. On compte ainsi mettre un terme aux fantaisies des ingénieurs, qui croyaient toujours nécessaire d’étudier et de faire établir des pièces particulières pour chaque navire mis en chantier, ce qui compliquait considérablement les réparations et remplacements des pièces de machinerie ou des machines, en nécessitant la confection sur mesure, pour ainsi dire, de ces pièces et machines. Il est autrement plus avantageux de pratiquer l’interchangeabilité, qui a été adoptée avec tant de succès par les Américains, pour les machines industrielles proprement dites, et l’on comprend que, les navires étant répartis seulement en quelques catégories bien nettes et peu nombreuses au point, de vue du mécanisme, les réparations peuvent être faites en un tour de main, ce qui a la plus grande importance, surtout en temps de guerre.
- Croiseurs cuirassés. — On vient de lancer en Angleterre le Natal, que l’on considère comme devant être sans doute le dernier des croiseurs cuirassés : c’est un type qu’on abandonnerait pour faire de vrais cuirassés dotés d’une grande vitesse.
- Cyclone, ouragans, tremblements de terre. — Un
- cyclone d’une grande violence s’est abattu le 26 sepembre sur Nemours (Algérie), située-à 34 km du Maroc, et a causé des dégâts importants. Une quantité de boue, souvent d’une épaisseur de 4 m., charriée par les eaux, a pénétré dans la ville. Des maisons et des bâtiments se sont écroulés; le mur d’enceinte a été enlevé sur une longueur de ,5o m. Les victimes de l’inondation ont été au nombre de dix. Des ouragans ont également sévi le 28 septembre en Espagne et en Portugal ; des inondations ont eu lieu ensuite, elles ont détruit les récoltes. Dans la province de Murcie, il y eu a soixante noyés à Santo-Mera; il y a eu également de grands dégâts à Valence, à Tarragone et à Valladolid. En Amérique, on a signalé de violentes secousses de tremblement de terre à Porto-Rico et aux Antilles danoises. Un ouragan a sévi ensuite sur les États du Sud des États-Unis et il y a eu un raz-de-marée à la Nouvelle-Orléans. La pluie est également tombée en abondance à Tunis le 28 septembre et a fait déborder plusieurs cours d’eau, dans la plaine de Kairouan.
- L’inertol. — Le Dr Karl Roth signale-, dans la publication Journal für das Gasbeleuchtung und Wasserver-sorgung, une composition de son invention qu’il nomme inertol, et qu’il affirme donner des résultats remarquables pour enduire les constructions de ciment ou les ouvrages métalliques sous l’eau. Les substances qui entrent dans la composition de cet inertol ne sont pas affectées par l’acide carbonique, elles ne subissent aucun mauvais effet de la part de l’oxygène ou des matières organiques, et résistent de même à l’action mécanique de l’eau. L’enduit obtenu est élastique et mou, neutre et imperméable, autant que durable.
- Réparation des trous dans les objets en fer émaillé.
- — On peut boucher des trous de ce genre en employant des rivets de cuivre avec rondelles. On peut aussi commencer par aléser le trou, puis on place un rivet en fer
- malléable, et on l’écrase de façon qu’il bouche complètement le trou, mais non point au marteau, ce qui ferait' craquer l’émail de toute part; on le serre entre les mâchoires d’un, étau, ce qui donne un serrage sans violence.
- Le cuivrage de Faluminium. — M. Lodiguyne a imaginé dans ce but un procédé qui a été signalé par Work. Il emploie un anode de cuivre pur et une électrolyte d’eau acidulée de quelques gouttes d’acide sulfurique. Quand le courant a pu passer un instant, il se forme un peu de sulfate de cuivre, et c’est de lui que vient le cuivre qui se dépose. Au bout de 3o minutes environ, on lave bien à l’eau, puis dans une solution d’acide chlorhydrique, enfin dans une solution de soude caustique et finalement dans de l’eau pure. On répète l’opération complète plusieurs fois, jusqu’à ce que la plaque d’aluminium soit recouverte d’une bonne couche de cuivre.
- Utilisation des vieux rails. — La solution que nous voulons signaler, et qui est obtenue au moyen d’une machine spéciale et double, imaginée par,M. James E. York, consiste tantôt à relaminer seulement la tête des vieux rails usés, de manière à conserver leur profil primitif dans leur partie basse, mais à alléger leur champignon là où les besoins de la circulation n’imposent pas un rail très large et très résistant. Tantôt, au contraire, on fait passer le vieux rail dans un laminoir spécial qui peut lui donner dans son ensemble une section toute nouvelle. Le second type de laminoir permet même de fabriquer des traverses métalliques avec les rails hors de service.
- Purification des eaux d’égout. — M. F. R. O’Shaugh-nessy a imaginé une méthode intéressante pour constater la valeur d’un procédé de purification des eaux d’égouts, quand celles-ci sont jetées dans une rivière après traitement. Il examine la tendance que l’eau de la rivière a à se putréfier après ou avant réception des-effluents provenant de l’installation de purification. Le-procédé qu’il emploie consiste à observer la quantité d’oxygène absorbée par un volume donné de l’eau de la rivière, durant 3 minutes, à la fois avant et après que l’échantillon a été mis à « se faire », pour ainsi dire, dans une bouteille scellée, et à une température de 26,5° C. (l’oxygène étant fourni par du permanganate acidifié).
- Chemins de fer électriques anglais. — La Compagnie anglaise Brighton Railway annonce définitivement qu’elle va électrifier ses lignes entre Battersea Park et Pecham Rye : elle en attend la démonstration des avantages de l’électrification générale.
- La houille en Grande-Bretagne. — On va mettre en exploitation un nouveau territoire minier d’importance dans le South Lancashire.
- Alimentation d’eau. — La publication allemande Gesundheits Ingénieur a donné dernièrement des renseignements sur la consommation du service des eaux de 5o villes de l’Empire. La moyenne est de 110 litres par jour et par tête, le maximum étant de 33o litres à Fribourg et le minimum de 3i à Plauen. Le chiffre correspondant est de 167 litres pour Hambourg.
- Appareils de carénage des navires. — D’ordinaire, les slips servant au carénage et au radoubage des navires n’ont que des dimensions assez modestes : or, on vient de décider l’établissement à Hong-Kong, par les soins de la maison Morton de Leith, de 3 slifs dç grande puissance. L’un pourra soulever un bateau pesant 2700 tonnes avec le berceau, les deux autres, des navires pesant, dans les mêmes conditions. 2000 tonnes. La force motrice assurant le soulèvement sera le courant électrique.
- Fondations à l’air comprimé. — On est en train de préparer les fondations d’un grand pont à Sunderland, sur la rivière Wear. Une des piles doit être établie en pleine eau, et, pour cela, on est en train de foncer un caisson métallique long de 21,23 m. et large de 10,67 m. ; il doit finalement venir reposer sur le rocher à une profondeur de 22,85 m. Il est destiné à supporter une pile qui pèsera quelque chose comme 3oooo tonnes.
- Minerais de zinc. — On vient de découvrir en Pologne, dans le district de Kielse, des dépôts de minerai de zinc qui paraissent promettre beaucoup.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- Automobilisme
- Amortisseur pour voitures automobiles. — Les
- conditions à remplir par tout amortisseur pour véhicule avec suspension à ressorts sont les suivantes : pour profiter de la douceur des ressorts il y a intérêt à n’avoir que peu d’amortissement dans les faibles oscillations, qui ne sont pas gênantes, et qu’il faut conserver. Il est, de plus, utile d’avoir un amortissement énergique dans les grandes oscillations, et d’autant plus énergique que l’oscillation est violente; mais, cet amortissement ne doit
- pas être égal dans les deux sens ; il doit être beaucoup plus faible dans le mouvement de descente que dans le mouvement d’ascension du châssis, afin que celui-ci puisse remonter lentement, sans trop dépasser son point d’équilibre anormal. De cette façon, on profite de la douceur des ressorts sans subir les nombreuses oscillations rapides et désagréables qui succèdent à un choc quelconque, passage de caniveaux par exemple, de sorte que l’impression est beaucoup plus douce pour le voyageur et la fatigue des ressorts diminuée d’autant. Ces conditions ont été soigneusement étudiées dans la construction de Vauto-amortisseur, dont le dispositif intérieur est le suivant :
- L’appareil se compose (fig. i) d’une boîte ronde en acier A complètement fermée et portant un bras B, qui vient se fixer au châssis de la voiture. Deux plots C, C' diamétralement opposés divisent cette boîte en deux compartiments D, D'. Au centre est pivotée une palette dont l’axe porte le bras E, qui, lui, vient se fixer à l’essieu de la voiture. Ces chambres D, D' sont remplies d’une graisse spéciale et, lorsque le bras E, en suivant les oscillations de l’essieu, montera ou descendra, il entraînera la palette F qui, exerçant une poussée sur la matière consistante, l’obligera à passer autour ou à travers elle, ce qui produira naturellement une résistance. Cette dernière dépendra du passage que l’on aura prévu et sera d’autant plus grande que le passage sera plus petit. A cet effet, des rainures, de profondeur variable, sont pratiquées dans l’épaisseur de la boîte, rainures qui ont leur maximum fie section au centre, soit au point de repos de l’appareil. Il est donc facile de se rendre compte que, plus les palettes F s’éloigneront du centre, plus la
- Châssis
- Fig. ?..
- Montage de l’amortisseur.
- résistance et, par conséquent, le freinage sera fort. D’autre part, pour les petites oscillations, il ne sera que très faible. Pour obtenir un freinage plus énergique pendant la détente du ressort, les palettes F sont munies de deux soupapes G, G' qui, s’ouvrant lorsque le bras E
- remonte, offrent un passage supplémentaire à la graisse, mais qui, par contre, se refermant d’un mouvement inverse, obstruent ce passage et, par conséquent, augmentent la résistance.
- Le poids des voitures, ainsi que la souplesse de leurs ressorts, variant dans de grandes limites, les plots C C' sont percés de trous H H', mettant en communication les chambres DD et D'D'. La graisse pouvant alors passer directement par ces ouvertures, le freinage des appareils est très doux. Cette ouverture pouvant, d’autre part, être réglée au moyen des vis I F, il est facile d’arriver à l’amortissement exact désiré, les appareils étant réglés lorsque les vis 11' sont à fond pour les voitures les plus lourdes et les ressorts les plus durs.
- Lorsque les voitures sont munies d’un troisième ressort arrière, permettant de grandes oscillations latérales, les attaches se fixant sur le châssis et sur l’essieu sont munies de rotules permettant les mouvements dans tous les sens. Comme l’indique la figure i, l’amortisseur est fixé d’une part à l’essieu de la voilure et de l’autre au châssis, au moyen des boulons à portée se trouvant aux deux extrémités des bras de l’amortisseur. — Cette invention est exploitée par la Société d’inventions automobiles, 13, rue Caumartin, à Paris.
- Appareils protecteurs
- Protecteur de scie circulaire système Bouteloud-Lerosier. — En présence des nombreux accidents dont sont victimes les ouvriers chargés du travail du bois à la scie circulaire, on a été amené à construire des
- Protecteur de scie circulaire.
- appareils protecteurs qui ont pour principal avantage d’obliger les ouvriers à être prudents. L’un des plus parfaits de ces appareils, qui est exposé au musée de la Prévention industrielle contre les accidents du travail au Conservatoire des Arts et Métiers est celui de MM. Bouteloup-Lerosier, dont nous allons donner la description.
- Cet appareil se construit pour lames atteignant jusqu’à 60 centimètres de diamètre. Il est monté sur une colon-nette verticale boulonnée sur la table de la scie et se recourbant horizontalement pour servir de support à un couteau diviseur et à une flasque pleine. Cette flasque porte un axe autour duquel peuvent pivoter trois papillons en tôle ajourée destinés à empêcher l’approche de la lame aussi bien à l’arrière qu’à l’avant. L’un de ces papillons sert de contrepoids à celui d’avant ; il supporte une bielle munie d’un galet à sa partie inférieure.
- Sous la table de la scie, en avant de la lame, se trouve une gaine concentrique à cette dernière. Celte gaine, équilibrée par un contrepoids, est actionnée par un système de leviers solidaire d’un taquet; elle se meut dans une rainure pratiquée dans la table et recouvre la partie antérieure de la lame ; c’est elle qui constitue la protection la plus efficace.
- Le masque en tôle A recouvre la partie supérieure de la scie. La visière B est mobile autour de l’axe C et la pièce D lui sert de contrepoids.
- L’ouvrier ayant engagé la pièce de bois vers la scie
- «aBl H7 |§fr
- Amortisseur Gardy-Batault.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- exerce, par cette pièce, une poussée sur le taquet F qui disparaît sous la table en entraînant dans son mouvement le protecteur E, qui s’éclipse. La scie peut alors attaquer le bois ; mais celui-ci rencontre le levier à galet H qui se soulève et en même temps élève le contrepoids D ; la visière B n’étant plus sollicitée par ü s’abat sur la pièce de bois et empêche la main de l’ouvrier de se rapprocher de la scie. Le bois, continuant à avancer, soulève ensuite le protecteur G, mobile également autour de l’axe C.
- Lorsque l’opération est près de sa fin, l’ouvrier pousse le bois à l’aide d’un poussoir pourvu d’une poignée de manoeuvre M qui s’éclipse dans le guide S. Ce poussoir permet du terminer le sciage et de dégager, sans y mettre les mains, les morceaux de bois de chaque côté de la scie.
- A la lin de l’opération, le protecteur inférieur E sort de la table et remonte le long de l’arrière de la pièce de bois de manière à masquer la scie lorsqu’elle commence à émerger. Le levier H s’abaisse ensuite, ce qui permettra au contrepoids D d’agir sur la visière B pour la relever; puis le masque G retombe sur la table en recouvrant l’arrière de la scie.
- Ajoutons encore qu’une tôle est lixée sous la table pour masquer complètement la scie aün de protéger les ouvriers chargés d’enlever les sciures.
- Ce protecteur est en service courant dans les ateliers de la compagnie des chemins de fer de l’Ouest, où il donne d’excellents résultats. Il est construit par la Société anonyme des anciens établissements Panhard et Levassor, 19, avenue d’Ivry, Paris.
- l’aide d’un écrou dans un des deux logements ménagés dans le petit châssis dont nous parlions tout à l’heure, et de manière à être dans le prolongement du chalumeau, ou au contraire à angle droit avec lui; on comprend que la possibilité de réaliser l’une ou l’autre de ces deux positions est fort avantageuse pour le travail de la soudure. Cet appareil est en vente 54, boulevard du Temple, chez M. Roux.
- Pèle-pommes mécaniques. — A regarder de près et à suivre leur fonctionnement, on s’aperçoit que ces appareils remplissent parfaitement leur métier et que, d’autre part, leur mécanisme est tout à fait ingénieux.
- Ils se font du reste suivant divers types ; tantôt, par exemple, il faut surveiller l’appareil d’un peu près, parce qu’il continuerait à peler, nous pouvons dire à raboter, le fruit, quand il a parcouru une première fois sa surface; tantôt, au contraire, l’appareil est disposé de manière à rejeter le fruit lorsqu’il a été traité complètement, complètement pelé. D’autre part, il y en a qui enlèvent toujours même épaisseur de peau, alors que pour d’autres on peut régler l’épaisseur de la pelure.
- Nous donnons deux types différents, dont le n° 1 est le plus simple, le moins perfectionné et naturellement le moins coûteux. Il va de soi que ces instruments ne sont utiles que là où l’on a beaucoup de fruits à peler, car leur débit est considérable, et ce ne serait vraiment pas la peine d’y recourir pour en arrêter presque tout de suite le fonctionnement. Nous les avons vus tous deux
- Divers
- Fer à souder et chalumeau combinés. — Le thermocautère, qui rend tant de services en chirurgie, en dentisterie et en médecine, est susceptible d’applications précieuses en matière industrielle; et c’est sur son principe que sont basés les chalumeaux à essence et les fers à souder à chauffage autogène. On a eu l’idée fort ingénieuse de combiner un chalumeau droit, pouvant rendre les offices ordinaires du chalumeau pour les travaux du plombier, du forgeron, etc., et sur la tête duquel on pourra monter, pour ainsi dire instantanément, un fer à souder à chauffage continu. Nous donnons à la fois une figure du chalumeau sans la tête qui le transforme en fer à souder, puis du fer à souder constitué de la sorte, et enfin de la tête isolée qui forme la partie essentielle
- Fer à souder et chalumeau combines.
- du fer. Nous ne dirons rien du chalumeau, car il comprend les parties ordinaires que l’on connaît généralement: le réservoir à essence et le vaporisateur, l’allumage se faisant par chauffage préalable extérieur au moyen d’une petite quantité d’essence que l’on verse dans un godet et que l’on fait brûler à l’air libre pour amorcer la vaporisation de l’hydrocarbure : c’est ensuite la chaleur même de la flamme du chalumeau qui échauffe le métal de l’appareil et entretient la vaporisation continue. La tête formant le fer à souder comporte une sorte de petit châssis qui vient coiffer la flamme du chalumeau; elle est maintenue en place au bout du chalumeau au moyen d’une tige latérale qui vient par son extrémité libre se loger dans une douille à écrou, que l’on aperçoit très nettement. Quant à la tête même du fer, elle offre encore cet avantage qu’elle est constituée d’une sorte de lame massive isolée, venant se serrer à
- -pommes mécaniques.
- chez MM. Roux, 54, boulevard du Temple : ils sont de fabrication américaine, mais il va sans dire que l’on peut en trouver d’autres qui leui ressemblent plus ou moins. En tout état, dans ces deux types, le couteau est en réalité disposé comme une lame de rabot, et c’est pour cela qu’il n’est pas exposé à attaquer profondément le fruit, et qu’il lève régulièrement la peau (à l'épaisseur voulue et variable dans le type n° 1, plus parfait), tout comme un rabot enlève un copeau d’épaisseur constante. De plus, le couteau est monté sur un bras à ressort, et c’est pour cela qu’il suit toutes les inégalités de la surface du fruit et pénètre de façon curieuse dans toutes les dépressions qu’elle peut présenter, en enlevant bien régulièrement la pelure. La manivelle entraîne une roue dentée qui commande d’une part un pignon sur l’axe duquel est enfilé le fruit dans le type n° 1 ; un autre pignon, monté sur l’axe de la roue principale, entraîne en bas une couronne dentée à dents d’angle, qui donne un mouvement de rotation au bras porte-couteau dans un plan horizontal, et par suite parallèle à l’axe autour duquel tourne la pomme. C’est la combinaison de ces deux mouvements qui fait que toute la pomme est rabotée en surface par le couteau, qui présente du reste une certaine courbure. Dans le type n° 2, l’entraînement, ou plus exactement la rotation de la pomme sur son axe d’enfilage et du bras porte-couteau est assurée par une sorte de commande planétaire se faisant grâce à l’engrenage intérieur dont la roue de manivelle est munie intérieurement : il y a toujours combinaison des deux mouvements de telle façon que, quand le couteau a fait un tour, la pomme a terminé le sien sur elle-même. Mais nous nous trouvons en face d’un dispositif complémentaire bien ingénieux : à la fin du tour, c’est-à-dire quand la pomme est forcément pelée, un excentrique est mis en action qui pousse un doigt, lequel fait glisser la pomme sur l’axe où elle est enfilée, autrement dit la chasse, ce qui empêche, comme nous l’avons dit, le traitement de recommencer par une nouvelle promenade du couteau.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Le microbe de la coqueluche. — Il semble bien cette fois que la découverte de l’agent pathogène de cette vilaine maladie est nette et précise. Elle est due à deux savants belges, MM. Bordet et Gengou, qui ont donné connaissance de leurs premières recherches à l’Académie royale de médecine. Bien des fois, on avait pensé isoler un microbe spécifique et déterminer ainsi d’une façon précise la cause et l’origine de ces contagions nombreuses.
- Le microbe isolé par les auteurs belges est une bactérie de petites dimensions, ayant exactement le même aspect dans les cultures et dans l’expectoration, de forme ovoïde, ne donnant pas de spores et ne résistant pas à une température de 55°. Le milieu de culture qui donne les meilleurs résultats est le sang humain défibriné avec partie égale de gélose additionnée d’un peu de glycérine et de décoction de pommes de terre. Chose curieuse, la première culture fournit peu de bactéries ; mais si on ensemence un peu de cette première culture sur d’autres, on voit les colonies se développer en abondance, formant une couche blanche opaque.
- C’est surtout au début de la maladie qu’on rencontre le microbe spécifique ; dès les premières quintes il est très abondant dans l’expectoration. On le trouve à ce moment à l’état presque pur dans les crachats. Plus tard, il se mêle dans l’expectoration une foule de bactéries buccales ou bronchiques, associations qui ne permettent plus d’isoler facilement la bactérie spéciale. C’est très vraisemblablement à cette cause que sont dues les erreurs de certaius observateurs. La spécificité du microbe de MM. Bordet et Gengou est affirmée par ce fait qu’on le trouve chez tous les coquelucheux, à l’état de pureté presque parfaite et en grande abondance, à la condition de recneillir l’expectoration des premiers jours et chez des sujets qui n’ont pas eu antérieurement de lésions bronchiques ou pulmonaires.
- Une autre preuve, c’est que le sérum des enfants récemment guéris de coqueluche possède un pouvoir agglutinant manifeste. Les recherches ne se bornent pas à celte constatation de l’agent pathogène ; elles portent
- maintenant sur des essais de vaccination et de sérothérapie qui permettraient de guérir plus vite ou de se prémunir contre la maladie; j’en parlerai quand ils seront décisifs. Dr A. C.
- La désinfection par l’acide sulfureux. — De toutes les méthodes de désinfection des locaux, l’emploi de l’acide sulfureux est sans contredit une des meilleures. Qu’on fasse brûler le soufre dans la pièce hermétiquement close ou qu’on projette l’acide sulfureux sous pression, on peut être assuré, si les doses ont été suffisamment bien calculées, que tout germe a été détruit, que tout microbe a disparu.
- Voici un exemple bien démonstratif qui nous en est donné par le D1 Just Championnière : c’est une expérience, je crois, absolument convaincante. En 1887, lorsque le docteur était chirurgien de l’hôpital Saint-Louis, des baraques qui avaient été construites huit années auparavant pour recevoir des cholériques allaient être démolies. Elles avaient servi entre temps d’annexe d’isolement pour varioleux et on prétendait même à l’hôpital et dans le quartier Saint-Louis qu’elles étaient une cause de contagion et semaient la variole dans le voisinage. Le docteur apprenant que ces baraques allaient être détruites, alors que ses malades en occupaient d’autres en beaucoup moins bon état, demanda à l'administration qu’on voulût bien les lui attribuer, mais à la condition qu’il ferait exécuter lui-même la désinfection, ce qui fut accordé.
- Huit journées furent consacrées à la désinfection des salles et des lits par une sulfuration prolongée ; les parquets furent lessivés avec de la solution de chlorure de zinc, à 5 pour 100 : ce fut tout. Les malades furent installés et il ne se produisit aucun phénomène de contagion. Il semblait même que ce service ne connût pas les accidents de septicémie qui se produisaient dans les autres salles.
- On peut conclure, je crois, de cette expérience en grand que l’acide sulfureux donne une désinfection parfaite. Dr A. C.
- VARIÉTÉS
- Nouvelles observations sur laspongiculture. — La
- diminution très sensible de la production des éponges sur les côtes de la Tunisie, et plus particulièrement de l’éponge commerciale du golfe de Gabès, a suscité des recherches et des études en vue de déterminer les causes de cette diminution.
- Les négociants en éponges de Sfax l’attribuèrent à l’appauvrissement des fonds de pêche, par suite de l’interdiction de récolter les éponges au scaphandre et à la gangava durant les mois de mars, avril et mai, considérés comme la période de reproduction des spongiaires.
- L’opinion était basée sur celle de M. Lo Bianco, naturaliste attaché à l’Aquarium de Naples, à savoir que les spongiaires du golfe de Naples paraissent jeter leurs larves principalement au mois de novembre, et que ces larves se fixent quelques jours après. On pensa que l’éponge du golfe de Gabès (hippospongia equina) devait jeter de même ses semences à l’automne et non en mars, avril et mai.
- Toutefois, cette opinion n’était pas unanimement partagée, et, dès lors, il y avait là une question à élucider.
- Les observations recueillies par M. O. Schmidt sur VEuspongia offlcinalis, ou éponge commerciale de l’Adriatique, paraissaient indiquer que ce spongiaire frayait au printemps. D’autre part, le professeur Mariano Gralls, naturaliste du Comité consultatif des pêches au Ministère de la marine, à Madrid, rapporta que, d’après les pêcheurs des cayes de Balabano, à Cuba, les éponges du banc de Bahama se reproduisaient sans interruption pendant toute l’année, et suivant les observations de la
- Commission des pêcheries des Etats-Unis, certaines espèces de spongiaires des eaux américaines frayent en mai.
- Néanmoins, il n’était pas impossible que, dans les eaux chaudes des Cayes de la Floride, la reproduction se fît, dans une certaine mesure, pendant toute l’année, comme sur les bancs de Bahama.
- Le Laboratoire de biologie marine de Sfax, créé en 1903 et placé sous la direction scientifique de M. le Dr Raphaël Dubois, déjà directeur du Laboratoire de biologie marine de Tamaris-sur-Mer, entreprit des études scientifiques sur l’éponge commerciale de Gabès, et M. Allemand-Martin fut chargé plus spécialement de recherches en vue de déterminer les conditions de la reproduction et du développement des éponges ainsi que les principes de la spongiculture.
- Les recherches de M. Allemand-Martin commencèrent en mars 1904; elles portèrent tout d’abord sur la faune et la flore dans le voisinage des hippospongia equina-, puis, en raison des difficultés que présentait l’étude de l’éponge par suite de son habitat dans les fonds sous-marins, il parut indiqué d’entreprendre des essais de culture en bacs ou aquariums. Mais les éponges ne résistèrent pas à l’élévation de la température de l’eau des bacs pendant l’été et en hiver ; elles ne firent que végéter, de sorte qu’il fallut abandonner celte méthode de culture.
- L’étude microscopique de Vhippospongia equina et de sa chimie biologique, c’est-à-dire du tissu de l’éponge et du liquide appelé vulgairement lait d’éponge, fit
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- l’objet de notations en vue delà détermination de l’époque de l’essaimage. Des collecteurs, consistant en pierres de Sicile, et des kerkennah, alcarazas, tuiles, etc., furent placés auprès des éponges, en vue de contrôler pratiquement les découvertes faites sur l’époque d’essaimage, à l’aide du microscope, et de déterminer, au moyen des larves fixées sur ces collecteurs, la rapidité de croissance de cette catégorie d’éponges,
- En même temps furent entrepris des essais de spon-giculture par fragmentation, afin de reprendre, sur Y hippospongia equina, les expériences tentées à Lissa, sur Y euspongia officinalis, par MM. O. Schmidt et G. Buccich, de 1863 à 1872, ainsi qu’à lvey-West et dans les Cayes de la Floride, sur les éponges américaines, par MM. Kesson, Roblin et Monroë, de 1889 à 1891.
- Après de nombreux essais, les appareils de Buccich furent perfectionnés et adaptés au milieu expérimental. Les expériences furent couronnées de succès ; elles furent renouvelées plusieurs fois, en faisant varier les époques de l’année, la fraîcheur des éponges servant aux expériences, etc. ; bref, aujourd’hui, le but est atteint et voici les résultats pratiques auxquels sont arrivés M. le D‘ Raphaël Dubois et M. Allemand-Martin :
- i° Conditions de reproduction de Vhippospongia equina. — Trois stades principaux ont été constatés, correspondant à trois périodes de l’année : Formation des embryons en novembre, décembre et janvier. Maturité des embryons en février et mars. Mise en liberté des larves, du milieu de mars au milieu de juin.
- Des variations annuelles peuvent se produire suivant la rigueur ou la clémence de l’hiver, mais elles ne doivent guère dépasser deux semaines.
- 2° Conditions de développement de Vhippospongia equi-jia. —L’éponge venue naturellement par larve croît très
- rapidement pendant les six premiers mois de sa vie l’hiver le développement se ralentit.
- L’éponge n’atteint la dimension commerciale minimum (3o cm. de circonférence) qu’à la lin de la seconde année.
- La croissance des éponges qui ont dépassé la dimension commerciale minimum est beaucoup plus lente que celle des éponges de dimension inférieure.
- 3Ü Spongiculture. — En eau vive, les fragments de Y hippospongia equina, prélevés sur de jeunes éponges, acquièrent en un an le quadruple de leur volume primitif et se transforment en jeunes éponges semblables aux premières. Si la croissance continue dans les mêmes proportions, ils atteindront la dimension commerciale en quatre ou cinq ans.
- Ce procédé pourrait donc donner des résultats pratiques au point de vue commercial; dans tous les cas, on doit continuer les expériences jusqu’à obtention d’éponges commerciales et l’intérêt principal de ce procédé réside surtout daus son emploi combiné avec le procédé de spongiculture par ensemencement, basé sur la reproduction de l’éponge par les larves et qui, expérimenté jusqu’ici, avec succès, sur une petite échelle, est appelé au plus grand avenir. On pourra sans doute arriver ainsi à déterminer la valeur industrielle de ce mode de culture, fort délicat, mais qui paraît être supérieur au premier, avec lequel, d’ailleurs, il peut être combiné.
- Enfin, il est à souhaiter que l’étude des jihénomènes-intimes qui président au mécanisme de la fécondation, des spongiaires soit poursuivie. Ces phénomènes paraissent rentrer plus spécialement dans le domaine de la. science pure.
- En menant ces diverses études à bonne fin, M. le Dr Raphaël Dubois et M. Allemand-Martin rendront à là. spongiculture et au commerce des éponges d'éminents, services. Il ex ni Bi.in.
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- Emploi de l’alun et du bisulfite de soude dans les bains de fixage et dans les virages. — Il y a longtemps qu’on connaît l’action de l’alun sur la gélatine et qu’on la met à contribution pour durcir la couche de [gélatine des clichés photographiques. Mais cette action n’a jamais été étudiée de près ; on employait indifféremment diverses sortes d’alun, d’alumine ou de chrome et les proportions n’étaient définies qu’empiriquement. MM. Auguste et Louis Lumière se sont livrés à une étude approfondie de la question et sont arrivés à des conclusions pratiques très intéressantes.
- En premier lieu, il semble résulter de leurs expériences que l’alumine forme avec la gélatine un composé défini. En tout cas, les sels qui contiennent le moins d’alumine donnent une température de gélification moins élevée que ceux qui en contiennent davantage; avec l’alun, par exemple, la température de gélification est plus basse qu’avec le chlorure d’aluminium anhydre. Il y a cependant une limite et le point de gélification des solutions de gélatine croît jusqu’à une teneur en alumine d’environ 0,64 pour 100; au-dessus, le point de gélification décroît. C’est dans les bains de fixage et dans les bains de virage-fixage qu’on introduit habituellement de l’alun pour durcir la gélatine des clichés. On a dit souvent que cette pratique est mauvaise parce qu’elle empêche l’élimination ultérieure de l’hyposulfite et aussi parce qu’elle détermine un dépôt de soufre. Mais ces inconvénients 11’existent pas si l’addition d’alun est faite judicieusement. MM. Lumière ont reconnu que la meilleure insolubilisation pour la plus petite quantité d’alun s’obtient avec o,5 gr. d’alun de chrome, ou bien i,5 gr. d’alun ordinaire pour 100 cm3 de solution d’hyposulfite à i5 pour 100. L’alun de chrome est préférable, il en faut moins et l’insolubilisation est plus complète.
- On évite le dépôt de soufre en ajoutant de 10 à i5em5 de bisulfite de soude liquide du commerce à i litre de solution d’hyposulfite à i5 pour 100 renfermant 5 gr. d’alun de chrome. Un excès de bisulfite empêcherait l’insolubilisation de la gélatine. Quant à Télimination ultérieure de l’hyposulfite, elle se fait aussi rapidement et aussi facilement que si le bain ne contenait pas d’alun ; les renforcements, affaiblissements de clichés se font aussi bien et le voile dichroïque a moins de chance de se former.
- Dans les bains de virage-fixage il y a aussi un grand intérêt à ajouter du bisulfite de soude, car il permet d’introduire dans le bain une quantité d’alun suffisante pour insolubiliser la gélatine, ce qui n’est pas le cas avec les formules habituellement employées, dans lesquelles l’insolubilisation n’est qu’illusoii’e par suite de la décomposition rapide de l’alun introduit. Mais contrairement à ce qui a été dit au sujet du bain de fixage, il faut ici employer l’alun ordinaire et non pas l’alun de chrome. La quantité de bisulfite de soude à introduire dans le bain viro-fixateur, renfermant 40 gr. d’alun par litre, sans nuire au virage, est d’environ 10 cm3 d’alun par litre de solution. La formule adoptée, après de nombreux essais, est la suivante :
- Eau...................................... 1000 cm3
- Hyposulfite de soude....................... 25o gr.
- Bisulfite de soude liquide du commerce. 10 cm3
- Acétate de plomb....................... . 2 gr.
- Alun ordinaire ............................. 40 gr.
- Chlorure d’or à 1 pour 100 ................. 60 cm3
- Le virage s’opère un peu plus lentement que dans le bain ordinaire, mais on évite les ampoules et la couche de gélatine des épreuves résiste à une température d’environ 8o°; c’est donc une formule à recommander pour les étés comme celui que nous venons de passer et pour les pays tropicaux.
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- BOITE AUX LETTRES
- , AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt gènéx’al qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le changement de vitesse « Forward «, que nous avons décrit dans le n° 1^36 du i“r septembre 1906, p. 224, on pourra se procurer l’adresse du constructeur en s’adressant à la maison Clément, 38, avenue de la Grande-Armée, à Paris (170).
- Communications. —, M. IL. Pieile, à Paris, en complément à l’article de M. Jules Girard sur le mouvement des galets sur les côtes de la Manche, paru dans le n° 1731 du 28 juillet 1906, p. 131, nous adresse la note suivante : « Ayant eu l’occasion de m’occuper de la même question au cours de nombreuses visites et de séjours sur divers points de la côte normande, je vous adresse, sous la forme concise de propositions, les résultats de mes observations, qui, concordant en général avec celles de l’article précité, peuvent, sur certains points, les com-plétèr, et à ce titre intéresser les lecteurs de La Nature : i° Les galets sont soumis à un mouvement général, d’Antifer comme origine, vers l’est jusqu’aux bancs du Hourdel, d’une part, et de l’autre vers le sud, jusqu’à la pointe du Hoc, dans l’estuaire de la Seine. 20 Ce mouvement est essentiellement côtier et ne se produit que là où les vagues frappent, soit le pied des falaises, soit la barre de galets déjà formée aux débouchés des vallées. 3° Il est produit non par les courants, trop faibles près du rivage pour mouvoir d’aussi gros poids, mais par la violence des vagues, c’est-à-dire par le vent, avec l’intermédiaire de l’eau. La direction des vents de grande tempête étant oblique à celle de la côte, le galet projeté contre l’obstacle retombe un peu plus loin le long de cet obstacle et avance ainsi progressivement. 4° Dans l’état primitif, le galet pouvait voyager .d’Antifer au Hourdel. Dans l'état actuel, il ne peut plus franchir les jetées de Fécamp, Saint-Valéry, Dieppe, le Tréport, et le mouvement est limité entre ces divers points. Les bancs du Hourdel ne sont plus alimentés que par les silex tombés depuis le Tréport. Du côté sud ils ne peuvent non plus franchir les jetées du Havre et c’est pourquoi la pointe du Hoc tend à disparaître. 5° Le silex de la falaise tombe dans la mer à 1 état de bloc, de forme absolument irrégulière. Projetés violemment les uns contre les autres, les morceaux sont brisés, roulés, et s’arrondissent par le frottement. Les galets les mieux arrondis se présentent à peu près de la grosseur du poing. 6° Si on observe des galets plus petits, on remarque qu’en général leur forme, au lieu de rester régulière, tend, au contraire, à présenter des arêtes plus plus ou moins émoussées. Ce sont des fragments brisés, imparfaitement roulés, parmi lesquels les petits galets, bien arrondis, deviennent de plus en plus exceptionnels à mesure que la dimension diminue. 70 Réduits à l’état de sable grossier, les grains deviennent de plus en plus irréguliers, avec aretes de plus en plus vives; c est le « sable de lime » dont on se sert pour la construction, et qu’il ne faut pas confondre avec le sable fin, quartzeux, qui constitue le sol au bas des galets et se développe de plus en plus vers le nord-est, et surtout au delà de la Somme. 8° Ce sable quartzeux ne provient pas de la falaise, qui n’en contient pas, sauf aux environs de La Hève, au-dessous de la craie. On peut admettre qu’il vient de très loin, car sa finesse (40 à 5o 000, je dis bien cinquante mille grains dans un gramme) lui permet d’être transporté par les courants. 90 Les bancs de galets sous-marins qu’on trouve au large, notamment devant les débouchés des vallées, paraissent provenir de débris d’anciennes barres qui fermaient lesdites vallées quand la ligne générale de la côte était de quelques centaines de mètres plus au large. Quelques galets arrachés à ces dépôts pendant les tempêtes peuvent franchir les obstacles artificiels créés par les ports actuels, mais c est un
- mouvement très exceptionnel et indépendant du grand mouvement côtier qui se produit le long des falaises. »
- M. J. Schnetzler, à Lausanne, nous écrit que le maintien de la loi cantonale interdisant la vente au détail de l’absinthe sur le territoire du canton de Vaud a été adopté le 23 septembre 1906, par 23062 voix coiffre 16 o35 voix.
- Renseignements. —- M. G. Bartaumieux, à Paris. — iu Le « Radiotint » n’a pas réussi et ne pouvait réussir. — 20 11 n’y a d’autre moyen pratique que de prendre un pinceau et de mettre les couleurs à la main.
- M. Ch. de Laforterie, à Ronces-les-Bains. — Nous n’avons pu trouver le fabricant des bouteilles en papier paraffiné; mais nous continuons toujours nos recherches.
- M. A. Bustos, à Paris. — L’adresse que vous demandez est précisément celle qui est donnée dans l’article : MM. Reuter et Schumann, à Kiel (Allemagne).
- M. G. de Brissac, à Paris. — Nous avons certainement décrit plusieurs installations semblables ; vous trouverez ces renseignements dans la collection du Journal. ;
- M. Rousseau, à Paris. — 11 est probable que la gomme arabique blanche que vous avez prise pour gommer ces enveloppes n’était pas de bonne qualité. De plus, il nous semble que la colle a été répandue en plus grande quantité sur l’une que sur l’autre.
- M. A. Bourgeois, à Perpignan. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons donnés.
- M. M. Joliot, fils, à Paris. — Nous avons déjà traité tous ces sujets à différentes reprises ; il faudrait consulter les tables des matières de Za Nature.
- M. G. l^illard, à Poix. — i° Marchands de carbure de calcium : Compagnie universelle d’acétylène, 36, rue de Châteaudun, Société du carbure de calcium, 2, rue Blanche, à Paris. — 20 II faut demander ces renseignements aux marchands ci-dessus.
- M. 1). F: S. E. — Ces filtres, dont nous avons publié la description, ont toujours donné de bons résultats.
- ' M. le Dr A. E., à S. — Pour vous procurer tous les renseignements que vous demandez, il est nécessaire de consulter un chimiste ; adressez-vous à la Société chimique de Paris, à l’Hôtel des Sociétés savantes, 28, rue Serpente, à Paris.
- M. A. Bernard, à Lyon. — Pour faire prendre la peinture sur le zinc, il faut recouvrir la surface d’un liquide composé de 1 partie de chlorure de cuivre, 1 p. d’azotate de cuivre, 1 p. de chlorure d’ammonium, 1 p. d’acide chlorhydrique, 64 p- d’eau. Ce liquide sert de mordant; on l’applique à l’aide d’une brosse sur le zinc, qui prend une couleur noire intense. La coloration devient grise ensuite et la peinture à l’huile appliquée sur cette surface grise y adhère fortement.
- M. G. Mouron, à Lyon. — Adressez-vous à l’École supérieure d’électricité, 14» rue Staël, à Paris.
- M. J. Villame, à Dijon. — Le kosmotomètre est un appareil destiné à remplacer le mètre pour la mesure rapide des longueurs et des surfaces. Nous en avons donné la description dans Science appliquée du n° 1727 du 3o juin 1906, p. 35.
- M. Luront, à Marseille. — Il faut éloigner l’appareil de toute masse de fer pendant les mesures.
- M. Gérant, à Paris. — Vous voulez sans doute parler de la Société Gramme. Cette Société existe toujours et a son siège 20, rue d’Hautpoul, à Paris.
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. D. L., à Paris. Nous ne pouvons encore publier l’article dont vous parlez; nous cherchons des documents. — M. J Lerant, à Paris. Un traité d’arithmétique élémentaire suffit. — M. G. F., à Ly$>n. IL y a certainement une erreur dans vos calculs ; le produit est supérieur aux chiffres que vous obtenez. — M. D. Leroy, à Paris; M. Dumont, à Versailles. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 3° série, à la librairie Masson et Ci0, à Paris. — M. H. Piette, à Paris ; M. J. Schnetzler, à Lausanne. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 24 septembre 9°,9 N. E. 2. Beau. » Rosée; nuageux.
- Mardi 25 5°,4 N. E. 2. Beau. » lr0 gelée blanche; peu nuageux; halo à 15 h. 40.
- Mercredi 26 . 4°,2 N. E. 2. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- Jeudi 27 4°, 6 N. E. 2. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- Vendredi 28 (* ’,0 E. N. E. 2. Beau. » Rosée; beau ; halo à 15 h. et de 19 h. à 21 h.
- Samedi 29 7°,2 N. E. 2. l'eu nuageux. » Rosée; peu nuageux; bruineux à 18 h.
- Dimanche 50 . ... 6°,6 N. E. 1. Beau. » Rosée ; léger brouillard à 6 h. ; beau.
- SEPTEMBRE 1906.— SEMAINE DU LUNDI 24 AU DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 1906
- ' ' - 1 - ' ......................—" ii——.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche /
- La courbe supérieure indique ta nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé-, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été frais et beau dans la semaine du 24 au 3o septembre. Le 24 septembre, le baromètre était élevé et un régime du vent d’Est persistait sur nos régions ; à midi, la pression barométrique était 770,3 mm à Paris. La mer était belle sur les côtes de la Manche et de l’Océan. La pluie est tombée à Calais. La température était le matin io° à Paris, 160 à Biarritz, 4° au Puy de Dôme, 20 au Pic du Midi, — i° au mont Mounier. La température moyenne a été 120,6, inférieure de o°,8 à la normale. Le 25 septembre, la pression barométrique était le matin 770 mm au Nord et à l’Ouest de l’Europe. Le vent a soufflé assez fort des régions Est sur les côtes de la Manche et de l’Océan, et a été très faible sur la Méditerranée. Le froid à fait son apparition sur l’Europe centrale; le malin, à 7 heures, le thermomètre marquait 5° à Paris, 8° à Lyon, 12° à Toulouse, 70 au mont Ventoux, 20 au Puy de Dôme, i° au Pic du Midi. Le 26 septembre, la pression barométrique dans le Nord était supérieure à 775 mm. On a signalé des pluies'et des neiges dans l’Europe centrale; mais en France le temps a été très beau. On a noté le matin 20 à Belfort, 20 à Charleville, 3° à Paris, 3° à Lyon, 3° à Clermont, 70 à Nantes, i° au Puy de Dôme, 3° au Pic du Midi, 40 au mont Mounier. Le 27 septembre, les pressions étaient élevées dans le Nord; on notait 778 mm à Dunkerque. Un vent des régions Est a soufflé sur la Manche; il était fort en Vendée et en Gascogne. Le thermomètre marquait le matin, à 7 heures, 20 à Clermont, 5° à Paris, 120 à Toulouse, 20° à Alger, 70 au Puy de Dôme, 4° au mont
- Ventoux, o° au Pic du Midi. Dans la région parisienne, 011 a constaté des minima de i°,8 et au-dessous; la gelée blauche est apparue en de nombreux points. La température moyenne a été io°,3, inférieure de 2°,6 à la nor-> male. Le 28 septembre, la pression atmosphérique était élevée sur la moitié Sud du continent; elle était 777 mm à Dunkerque. Les vents d’Est ont soufflé encore sur toutes les côtes. Le beau temps a persisté. La température était le matin 20 à Clermont, 6° à Paris, i3° à Biarritz, 5° au mont Aigoual, 4° au Pic du Midi. Dans la région parisienne, les maxima de la journée ont atteint i5° et les minima 3°. Le 29 septembre, la pression atmosphérique s’est abaissée en général sur l’Europe ; on a relevé des pressions de 770 mm à 735 mm. La mer a été belle sur toutes nos côtes de l’Océan et de la Manche. La température était 4° à Clermont, 70 à Paris, 70 à Brest, 160 à Toulouse, 170 à Alger, 8° au Puy de Dôme, 3° au mont Aigoual, i° au Pic du Midi. Dans la banlieue de Paris, la température a été fraîche; on a relevé des minima de 3°. Le 3o septembre, le baromètre a baissé, la pression a été 765 mm sur la France. A midi, la pression était 766,8 mm à Paris. Le thermomètre marquait le matin 6° à Clermont, 70 à Paris, 70 à Nantes, io° à Lyon, 170 à Alger, 70 au Puy de Dôme, 70 au mont Aigoual, i° au Pic du Midi. La température moyenne du 29 septembre a été 12°, inférieure de o°,5 à la normale. La température moyenne du 3o septembre a été ii°,i, inférieure de i°,4 à la normale. Pendant toute la journée, près du sol, les vents ont été faibles du Sud ; leur direction avait changé la veille dans la soirée de l’Est-Sud-Est au Sud.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 2.) à 6 h. 20 ni. du mutin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie'
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E.-A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adossé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cu, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des Illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1742 (13 OCTOBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- ,3&D
- INFORMATIONS
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- assc
- Le transport des marchandises sur les tramways.
- — De plus en plus on songe à utiliser pour le transport des marchandises, (aux heures où le trafic des voyageurs s’arrête) les ligues ferrées si nombreuses construites sous le nom de tramways un peu de tous côtés, et inutilisées le plus souvent à cet égard. C’est ainsi que la Compagnie anglaise Mansheld Light Railway, de la région de Derby, s’apprête à transporter régulièrement les marchandises de 8 heures du soir à 8 heures du matin, au .moyen de wagons de 10 tonnes remorqués par des tracteurs électriques.
- Défense des berges de canaux. — Nos lecteurs n’ont peut-être pas oublié, les renseignements que nous avons donnés ici sur le système de revêtement Villa, pour la défense des rives et berges des canaux. Nous pouvons les compléter utilement en indiquant quels excellents résultats 011 a obtenus en Belgique, là où a été appliqué cet ingénieux système. Sur sept points différents les effets ont été reconnus excellents, et d’autant que les herbes poussent entre les joints des briques, et rendent ce revêtement intimement solidaire de la berge ; on l’a vu résister victorieusement aux tempêtes et raz de marées sur l’Escaut maritime et aussi sur les dunes de Wenduyne, où toutefois on ne l’a posé qu’après établissement, à la surface de la dune, d’une couche de béton maigre de sable marin. La seule amélioration à demander au système, c’est une cuisson toujours suffisante des briques qui forment les éléments du revêtement, car autrement elles résistent mal aux agents atmosphériques.
- Graissage sous pression. — M. A. M. Mattice a communiqué à l’American Society of Mechanical Engi-neers les observations intéressantes qu’il a faites sur des installations de graissage de paliers au moyen du système Parsons. Celui-ci fournit l’huile sous une légère pression, variable suivant les cas, mais toujours suffisante pour faire couler l’huile d’un mouvement continu à travers les paliers, en emportant la chaleur engendrée par le frottement. M. Mattice a cité notamment une turbine de 4oo kilowatts, tournant à une allure de 36oo tours par minute, qui a usé seulement 22,5 kg d’huile en 12 mois. L’huile circule constamment dans une canalisation fermée, si bien qu’elle est à l’abri de la poussière, et elle va se refroidir dans un refroidisseur tubulaire, d’autant qu’en quelques minutes elle a accompli tout le cycle et revient au palier.
- Un alliage nouveau. — Il a été imaginé et signalé dernièrement à la Société royale anglaise par M. J. E.
- Stead. Il contient environ 75 pour 100 d’étain, 20 d’antimoine et 5 d’arsenic ; par refroidissement lent, l’alliage fondu forme des cristaux ayant l’apparence d’une coquille hémi-sphérique noyée dans une masse qui se laisse attaquer par les acides dilués, tandis que les cristaux, qui sont plus riches en antimoine et en arsenic, ne sont pas attaqués et prennent un beati poli.
- Chemins de fer électriques autrichiens. — On va
- employer le courant électrique alternatif monophasé pour la traction sur uae ligne suburbaine entre Vienne et l’agglomération de Baden ; la ligne a un développement de 26 km; elle est à 2 voies. Le courant sera distribué à 5oo volts aux moteurs.
- Sous-marins américains. — Le département de la marine des Etats-Unis demande un crédit de 5 millions de francs pour des sous-marins : il compte notamment construire un bateau de ce type présentant des dimensions et une vitesse tout à fait supérieures à ce qu’011 a fait jusqu’ici. Le sous-marin en question aurait un peu plus de 45 m. de long pour un déplacement de 5oo tonnes, et il donnerait une allure de i5 nœuds.
- Constructions navales. —Voici un exemple intéressant de la rapidité à laquelle on arrive en la matière sur certains chantiers anglais : la maison Scotts, de Gree-nock, a réussi dernièrement à construire complètement, à armer, à exécuter tous les aménagements intérieurs (qui ne sont pas les moins longs, et se font quand le bateau est lancé) et à livrer aux propriétaires, en 6 mois, un navire, le Memnon, qui n’a pas moins de 119 mètres de long et une portée en lourd de près de 7800 tonnes.
- Nouveau port Canadien. — On va établir un nouveau port de commerce sur la côte canadienne du Pacifique, auquel on donnera le nom un peu bizarre au premier abord de Prince Rupert. Ce sera le terminus sur ce littoral du Grand Trunk Pacific Railway ; il se trouvera à 5o km environ au sud de l’Alaska, il formera une porte de sortie pour les bois, les minerais, les céréales, les poissons de cette partie du Canada, et il servira aussi de port de transbordement entre l’Alaska et le Klondyke. Il sera du reste de plusieurs centaines de kilomètres plus près des marchés d’Extrême-Orient que tous les autres ports concurrents.
- Chargement des fours à coke. — MM. Coulson and C°, de Spennymoor en Angleterre, ont construit un chariot électrique fort ingénieux pour assurer le chargement d’un seul coup d’un four à coke dû type nid d’abeille. Ce chariot comporte une caisse contenant le
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- INFORMATIONS
- combustible, et il est mû par un moteur électrique auquel le courant est amené par un trolley et une ligne aérienne. Eu passant sous la trémie de chargement du combustible, le chariot l’ouvre automatiquement, puis il la ferme quand il part ; un seul homme suffit à toutes les manœuvres, et le four est rempli eu un instant, sans qu’il ait le temps de se refroidir.
- Fusils de guerre. — On va, paraît-il, distribuer un nouveau fusil de guerre, fusil à magasin et à répétition naturellement, à toutes les troupes des Etats-Unis, cavalerie aussi bien qu’infanlerie.
- Manutention et usure des creusets.— M. Sperry se préoccupe dans le journal Brass World de l'usure des creusets et de la façon de les manœuvrer : et il insiste sur ce fait qu’on les détériore considérablement et qu’on les met rapidement hors d’usage en les manipulant à l’aide des pinces qui servent à les saisir. On les économise au contraire beaucoup, et on les met à même de passer par bien plus de chauffes, là où l’on dispose d’un fourneau à renversement qui permet de vider le creuset sans l’enlever de son appui.
- Travaux d’irrigation. — On poursuit l’exécution, aux Etats-Unis, d’un vaste projet d’irrigation qui a pour but d’utiliser, au mieux de l’agriculture et du pays, le volume d’eau énorme qui se perd actuellement ou du moins qui s’écoule sans être utilisé dans l’ouest de 1 Etat de Nevada. Dès aujourd’hui, on possède un premier canal qui réunit la rivière Truckee à la rivière Carson, et porte le nom de Truckee Canal. Ce canal peut débiter jusqu’à 4° m. cubes par seconde; sur certains points la pente y est de o,333 m. par kilomètre, mais alors il a fallu recourir au bétonnage des berges et de la cuvette entière. Les eaux ainsi apportées à la rivière Carson sont déjà en partie utilisées, de même que celles que roule en propre ce cours d’eau. On compte irriguer dans la vallée de la Carson 8000 hectares ; mais il est possible que l’exécution complète du plan porte à plus de i5oooo hectares la superficie des terres qui bénéficieront de l’irrigation.
- Bois du Japon. — Le Japon septentrional, et particulièrement l’île d’Hokaido, sont susceptibles de fournir en grande abondance des bois excellents. Tout d’abord du chêne, de très bonne qualité, que seule l’insuffisance des moyens de transport empêche de tirer du pays dans des dimensions considérables. Puis les frênes, dont il existe une douzaine de variétés : l’une d’entre elles, qu’on nomme « tamomoku » en japonais, est un frêne frisé. Ce sont ensuite des érables divers, tels que le « itaya moku », et le « liana itaya », qui présentent les veines les plus jolies et les plus variées. Il y a aussi un bois qu’on nomme « sen », d’une dureté très grande, qui prend un beau poli, ne gauchit point et dure fort longtemps : il est couramment employé par les Japonais à la fabrication des meubles. N’oublions pas non plus les cèdres, dont une certaine variété fait des boîtes à cigares parfaites.
- Exploitations houillères. — Les appareils mécaniques d’exploitation du charbon, ne jouent pas encore en Grande-Bretagne un rôle considérable ; cependant, en 1902, on n’en comptait que 433 en service, alors qu’en 1904 le chiffre correspondant a atteint 755; on abandonne de plus en plus la commande par air comprimé pour l’électricité. Quoi qu’il en soit, sur les 232 millions de tonnes extraites en Grande-Bretagne, 6700000 seulement l’ont été mécaniquement.
- Dragages aurifères. — On est en train de dresser un vaste plan pour exploiter méthodiquement, par dragages, les sables aurifères des rivières de l’Alaska. Toutes les dragues réparties sur lès divers points intéressants seront actionnées électriquement; et, dans ce but, une station centrale sera installée à Dawson-City, avec un générateur de 400 kilowatts, commandé par une turbine à vapeur de 600 chevaux ; le courant sera distribué aériennement jusqu’aux postes de dragage.
- Eaux de Vienne. — Les autorités municipales de Vienne songent à utiliser et capter une partie des sources de la rivière Salza, sur les limites de la Basse-Autriche, pour augmenter d’au moins 180 millions de litres par jour les ressources du service des eaux de la capitale.
- Ce que la Grande-Bretagne vend de charbon à
- l’étranger. — Ce sont toujours des chiffres intéressants , parce qu’ils font bien saisir l’importance des industries sur lesquelles ils portent. En 1893, le Royaume-Uni exportait seulement pour une valeur de 371 millions de francs de houille; pendant l’année 1904, l’exportation correspondante a été de 643 millions.
- Docks flottants. — Il s’agit de petits docks destinés spécialement aux torpilleurs, et qui sont intéressants par suite des conditions particulières que leur impose ce service. Ils ont été installés dans le port de lviel, et chacun d’eux a une longueur de 70 m. pour une largeur de x4,35 m. et une hauteur de 7,5o m. Leur stabilité extrême est prévue pour 600 tonnes, mais normalement ils reçoivent des bateaux de 400 tonnes. La durée de la manœuvre de mise à sec pour un torpilleur de 4°° tonnes est seulement de 1/2 heure, ce qui est fort peu, et celte rapidité a une grande importance en matière militaire. Les caissons latéraux, qui sont du reste moins longs que le fond, sont partagés en 20 compartiments étanches, et le plancher est également étanche, si bien que la flottabilité est assurée dans les meilleures conditions. La vidange ou le remplissage des compartiments se fait à l’aide de deux pompes centrifuges, marchant à 600 tours, et actionnées par des moteurs triphasés de 25 chevaux.
- Reprise en sous-œuvre d’une culée de pont. —
- Une culée du viaduc de Pueblo, actuellement en construction, s’étant inclinée de façon inquiétante, on l’a reprise et renforcée en sous-œuvre, principalement dans ses fondations, d’une façon curieuse, qui montre bien le parti qu’on peut tirer en pareille matière du béton armé. Il est bon de dire que la culée, qui a près de 11 m. de haut et plus de 24 m. de largeur, n’est épaisse que de 2,3o m. à la base. La fondation, assez mince, reposait sur un lit d’argile, qui s’était ramolli par infiltration d’eau, et avait cédé partiellement en entraînant un déversement de la culée. Une fois la culée étançonnée, on a creusé des tranchées autour d’elle, et l’on y a battu des pilots en béton armé, puis on a constitué peu à peu, sous le massif de culée, des poutres également de béton armé qui sont venues reposer sur la tête des pilots. D’ailleurs, on a élargi la base de l’ancienne culée au moyen d’une sorte d’éperon de béton armé qui se relie à un prolongement analogue de la fondation.
- Moulins à vent. — Le colonel Sir C. Scott Mozcrieff adonné récemment, à l’Association anglaise pour l’avancement des Sciences, des renseignements sur l’emploi des moulins à vent à l’irrigation. On ne peut compter tirer parti du vent que s’il a une vitesse d’au moins 9 à 10 km à l’heure; si l’on veut irriguer une surface de 0,2 à 6 hectares, il faut un réservoir pour accumuler l’eau; autrement on ne peut compter arroser que 0,12 hectare au plus par moulin.
- L’industrie de la tourbe. — On se prépare à exploiter rationnellement, et de façon intensive, les vastes gisements de tourbe que possède la région de Smaland, en Suède. On assécherait ce territoire, et l’on y établirait une série d’industries utilisant la tourbe comme matière première, à commencer par une grande fabrique d’alcool tiré de cette substance.
- Chemins de fer électriques. — Pour la prise de courant sur ses nouvelles lignes électriques, le New-York central Railway compte adopter un troisième rail où la surface de frottement sera inférieure, au lieu d’être supérieure : et cela, pour réduire les chances d’accident, le rail pouvant alors être beaucoup mieux protégé, et les agents de la voie étant moins exposés à le toucher.
- Confection des mortiers. — Au contraire de l’opinion qui a généralement cours, il semble que l’argile ou le limon mélangés au sable (au moins dans une certaine proportion) n’aient pas une mauvaise influence dans la confection des mortiers; l’influence serait plutôt favorable, autant qu’il s’agit de mortier maigre fabriqué avec du ciment artificiel. Des expériences ont été .faites à ce sujet aux États-Unis, et non seulement avec des sables naturellement argileux, mais encore avec des sables artificiellement additionnés d’argile. Il ne faudrait pas dépasser la proportion de 18 pour 100 pour l’argile, de 10 pour 100 pour le limon, et le pourcentage de 4 à 6 serait le meilleur.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- Chauffage <«#
- Séchage de la vapeur. — Le séchage de la vapeur devient de plus en plus intéressant, car partout l’on s’efforce à réduire le plus possible toutes les dépenses (combustible, huile, etc.) et les frais d’installations en augmentant la vitesse des moteurs. On est dès lors obligé de soigner le graissage des cylindres et de diminuer considérablement l’eau de la vapeur de manière à éviter le lavage des cylindres et l’émulsion de l’huile. M. A. Van Ingelandt de Ronchin-Lille vient de construire un sécheur très simple, et peu coûteux et destiné à rendre de grands services à l’industrie et à la marine.
- Un sécheur de vapeur doit pouvoir donner une vapeur sèche et être suffisamment puissant pour rendre impossible un coup d’eau à une machine. Les causes d’accidents sur les moteurs en général proviennent de coups d’eau des chaudières. Dans la marine, ces coups d’eau
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- série de tubes D de diamètre convenable et calculés suivant la puissance delà machine : l’évacuation de l’eau se fait par la partie inférieure au moyen d’un purgeur automatique. Un sécheur type marine pour 20 000 chevaux de 2,100 m. de diamètre et 2 m. de hauteur. Cet appareil est peu coûteux, et sert d’appareil de sûreté. Il est employé comme récupérateur de sirop en sucrerie, comme déshuileur placé sur le tuyau d’échappement de la machine à vapeur de manière à donner dans le cas de chauffages par ces vapeurs une eau condensée sans huile, permettant son emploi pour l’alimentation des générateurs sans risquer d’avoir de coups de feu aux tôles. — Le sécheur de vapeur est construit par M. A. Van Ingelandt, ingénieur à Ronchin-Lille.
- Mécanique
- Protecteur de toupie système Daussin. — Les
- toupies sont des sortes de rabots utilisés dans le travail du bois pour le rabotage et la confection des moulures.
- Protecteur de toupie. Système JJnussin.
- Sécheur de vapeur de M. À. Van Ingelandt.
- À droite, disposition actuelle des tubes ; à gauche modification de la forme des tubes dans le sécheur.
- sont dus à l’agitation de la mer et très souvent les retards dans les transports sont causés par des bris de machines provenant de ces coups. Dans les chaudières de l’industrie, l’eau, par suite de la concentration des sels, devient sirupeuse et donne une ébullition tumultueuse, elle est mousseuse quand pour une cause quelconque elle renferme des matières organiques ; dans ces deux cas il y a des coups d’eau par paquets qui sont des plus dangereux. Un sécheur doit pouvoir servir également dans le cas de vapeur surchauffée de manière à retenir la poussière produite par les coups d’eau qui surviennent dans le surchauffeur. Ces poussières rendent le graissage impossible. Le principe du sécheur Van Ingelandt est basé sur le ralentissement de la vapeur et son frottement sur des tubes verticaux; pour le démontrer il suffit de lancer un jet d’eau sous pression sur une série de tubes, immédiatement on voit se rassembler à l’arrière le liquide et descendre librement à l’abri de toute pression dans une zone neutre placée à l’avant. Pour l’expérience pratiquée sur l’appareil, il suffit de le réunir à la décharge d’un générateur et l’on constate que toute l’eau est retenue, car il ne sort que de la vapeur par le tubulure opposée. C’est ce que montre la figure à droite dans notre dessin ci-dessus. Le même phénomène n’existerait plus si l’on mettait des cornières ou des fers demi-ronds, le liquide récupéré par frottement serait enlevé et l’effet de l’appareil presque nul, comme on le voit dans la figure de gauche.
- L’appareil se compose d’un cylindre en tôle A dans lequel se trouvent 2 plaques tubulaires B,C portant une
- Le fer de la toupie est très court et cet outil est d’autant plus dangereux que la rapidité de sa rotation, environ 3ooo tours par minute, le rend à peu près invisible.
- Le protecteur Daussin se compose d’une lame flexible en acier ; cette lame a été doublée d’une autre semblable pour que la protection subsiste au cas de rupture de l’une des deux lames. Une des extrémités B de cet ensemble est fixée sur une des branches du compas C et l’autre extrémité, munie d’une poignée D peut coulisser sur la seconde branche du même compas. Les branches de ce compas sont disposées horizontalement et peuvent être rapprochées ou écartées à l’aide d’une vis à deux filetages, l’un à droite, l’autre à gauche, manœuvrée par un volant. On peut ainsi, en agissant sur les lames protectrices et les branches du compas envelopper l’outil du côté où l’ouvrier travaille ; on fixe ces branches à l’aide de la vis V.
- L’ensemble de cet appareil peut être réglé en hauteur, selon l’épaisseur des pièces de bois [à travailler, grâce au dispositif F qui comprend une vis verticale manœuvrable par un volant H.
- On peut, avec ce protecteur, toupiller avec autant de sécurité soit au guide rectiligne, soit au profil. Le con-slructeur du protecteur Daussin, est M. Ollivier, 42, rue de Chalon, à Paris.
- *> Divers
- Conservation de la base des poteaux de bois. —
- On sait que c’est à l’endroit où ils pénètrent en terre que les poteaux de bois ont tendance à pourrir, et de façon déplorable, sans que les enduits et traitements divers remédient à cet inconvénient. Un ingénieur allemand,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- M. E. Lowitt, a imaginé un dispositif qui lui donne d’excellents résultats, et qui semble logiquement combiné.
- 11 dispose, à la base du poteau, de manière qu’elle émerge de 3o cm. environ au-dessus du sol, et qu’elle s’enfonce dans celui-ci à peu près de la même quantité, une sorte de chappe en béton constituée de deux parties rapportées. Chacune par conséquent est comme une gouttière; l’ensemble est tronconique, et épouse aussi étroitement que possible le bois de la base du poteau, en affectant extérieurement l’aspect d’un gros bouchon
- Dispositif pour la conservation de la base des poteaux de bois.
- qui serait percé en son milieu. Il faut boucher:]soigneusement les vides subsistant entre les deux gouttières, et aussi entre cet étui de béton et le potèau, au moyen de ciment suffisamment liquide. On ramène ensuite la terre et l’on dame soigneusement le sol. Le joint est également rempli par du ciment. L’eau de pluie suit la paroi inclinée du tronc de cône au lieu de venir s’accumuler dans la terre au contact du poteau, et la pourriture ne se manifeste pour ainsi dire plus. La disposition est susceptible de subir certaines modifications secondaires, sans que cela nuise au résultat final.
- Contrôleur d’entrées et de sorties des ouvriers. —
- Le contrôle des entrées et des sorties est une chose des plus importantes, étant donnée la perte de temps, et par suite d’argent, considérable que peut entraîner un retard quotidien assez faible considéré individuellement, mais répété constamment et portant sur une population ouvrière importante. Les Américains ont multiplié les appareils permettant de contrôler exactement et simplement entrées et sorties du personnel, sans que l’ouvrier puisse arguer d’une irrégularité dans cet enregistrement. Nous signalerons aujourd’hui un dispositif de ce genre qui semble donner de bons résultats, et qui fournit les enregistrements sous une forme très synthétique et particulièrement commode pour l’établissement des comptes individuels. Il s’agit de l’enregistreur de temps dit « International », qui est vendu en France par la maison Roux, de Paris, 54, boulevard du Temple.
- Fig. T - — Enregistreur de temps.
- Chaque employé fait lui-même son enregistrement biquotidien, ou même quadruple pour la journée, sur une carte hebdomadaire préparée par la direction et portant soit nom et l’indication de la semaine, qui est mise à sa disposition dans un râtelier ad hoc installé près de l’appareil enregistreur et de l’entrée de l’atelier. L’appareil enregistreur se contente en réalité d’imprimer sur la carte qu’on lui présente, l’indication du jour et l’heure à laquelle l’insertion de la carte est faite : il est basé sur un principe analogue à celui de ces balances imprimant le poids que tout le monde connaît, l’ouvrier ayant à pousser un bouton pour que les roues types portant l’heure et les minutes viennent déposer l’inscription à l’encre sur le papier. Il s’agit tout simplement de glisser la carte de manière que l’inscription se fasse sur la colonne du matm ou du soir, ou encore sur l’une des colonnes de l’après-midi, au cas de travail interrompu
- dans la journée. Des repères rendent ce résultat pour ainsi dire automatique. L’ouvrier peut constater tout de suite si l’heure inscrite correspond bien exactement à l’heure que marque la pendule. A la fin de la semaine,
- Semaine finissant le.
- N?....
- (ou Nom).....
- Jour ENTRÉE Supplt Sortie iments Entrée .SORTIE Total
- Matin LUN. Soir 37oo 3007 310 07 312 oo P
- 3 Igq 3600 5b
- Malin MAR. Soir !7o8 112.08 5*
- I loo s £10 5h-io
- Matin MER. Soir !Ü7o* s]2oo y* 56
- s loo ni o £405 Lü’7’ £005 ni p £005 Hk05
- Matin JEU. Soir ^Zoo £î2oo P
- si Jjjo £600 5h
- Matin VEN. Soir >7o9 “|2oi
- £.120 >615 #'S5
- Matin SAM. Soir w7oo w$30 51030 512 00 P
- «105 5 6.05 ô»
- Matin DIM. Soir 0030 o805 5ÎÎ 55 512.15 1h5S
- Total des heures ; ........
- Taux de l'heure : ..........
- Salaire de la Semaine .....
- Fig. 2. — Carte hebdomadaire.
- la carte forme une fiche répertoire de tout le temps; passé par l’ouvrier dans l’atelier, et le relevé est très simple et très rapide; les calculs sont faits sur la fiche, qui tient lieu en réalité de registre de paye.
- Fixe-manche à balai. — On a toujours à se plaindre des balais et des brosses à laver. En effet, à chaque instant, les manches de ces appareils se cassent, se retL rent; ils sont mal fixés et rendent le maniement du balai très incommode. L’appareil que représente la figure ci-jointe nous semble appelé à rendre des services à ce point de vue. Il se compose de deux mâchoires qui enserrent fortement le manche et rentrent dans le loge-
- Fixe-manche à balai.
- ment de ce dernier. Ces mâchoires sont assemblées de façon que plus on enfonce le manche, plus le serrage s’accentue. Après quelques jours, le bois peut sécher, le manche peut avoir un certain jeu ; on l’enfonce davantage et on obtient une attache complète. On arrive ainsi, à l’aide d’une vis exerçant une forte pression, à obtenir une plus grande solidité dans le balai. — Le fixe-manche à balai est fabriqué par M. Kratz-Boussac, i4, rue Martel, à Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Plus de cheveux blancs. — Combien de nous, hommes aussi bien que femmes, à l'âge où la chevelure se parsème de ce que le poète appelait les marguerites de cimetière, se donnent mille peines pour réparer des ans cet irréparable outrage! Teintures capillaires, de tous genres, souvent nocives; traitement par de véritables peintures de la tête et du poil; on essaie de tout, sans se douter qu’on dissimule mal la grille des années et que souvent le masque flétri et ridé du visage ne s’accommode guère d’une chevelure ou d’une barbe d’un beau noir.
- Les rayons X qui avaient déjà donné, entre les mains des médecins électriciens, de si belles promesses thérapeutiques, sont l’agent de recoloration des poils. M. Sa-bouraud guérit, je l’ai raconté, les teignes, fait repousser les cheveux, et voici que le savant professeur de physique de la faculté de Montpellier, le D' Imbert, nous montre que ces rayons ramènent la teinte primitive du cheveu, arrêtent sa décoloration, font en quelque sorte disparaître le cheveu blanc. Je suis, dit M. Imbert, de ceux dont les cheveux ont blanchi de bonne heure, et il y a plus de trente ans que mes tempes sont blanches. La barbe s’est également décolorée avant l’âge. Or, les choses ont changé depuis quelque temps. A son miroir, le docteur trouvait qu’il rajeunissait, une teinte grisâtre estompant les tempes au lieu du blanc trop immaculé. Puis ses amis, d’un air goguenard, lui faisaient compliment de ce retour en arrière, avec des sous-entendus malins, Il n’était cependant question d’aucune supercherie et pas le plus petit artiste capillaire n’était venu, muni d’un produit chimique, transformer la chevelure de M. Imbert.
- Les rayons X qu’il manie d’une façon constante devaient, à son avis, être les seuls auteurs de cette transformation agréable. Une observation d’un malade en traitement pour un lupus de la joue lui en fournit la démonstration convaincante. Le foyer des rayons porté avec préméditation, à une certaine intensité et sans limites de protection, amena avec la guérison de la plaque lupeuse, une épilation complète de la région temporale. Mais les cheveux ont repoussé et au lieu de repousser blancs comme avant, ils sont noirs et depuis des mois restés noirs.
- Autre preuve : deux collaborateurs du professeur sont blonds, de nuances différentes et jeunes tous deux; journellement ils sont exposés aux rayons X; or, la teinte de la barbe s’est modifiée chez tous les deux et est devenue plus foncée.
- Comment agissent ces rayons? détruiraient-ils les chromophages que Metsehnikoff signalait comme la cause du blanchiment des poils! y aurait-il une simple action d’excitation nutritive provoquant la réapparition du pigment? on en est encore réduit aux hypothèses. L’avenir indiquera quel est le rôle exact des radiations sur le poil et les essais de noircissement des cheveux qui ne manqueront pas d’être tentés montreront si tous les sujets se prêtent également à une transformation aussi avantageuse. Mais il ne faut pas oublier que les radiations X sont une arme à deux tranchants ; à un certain degré, ils amènent l’épilation et si leur paissance n’était pas bien calculée, ils pourraient bien, au lieu de vous changer la couleur des cheveux, vous rendre chauve comme un caillou. Ce serait pire que le cheveu blanc. Ce n’est donc pas une tentative à faire à la légère. D' A. C.
- Jndustries coloniales
- Le Kola. — Dans sa publication mensuelle, VAgriculture pratique des pays chauds, le ministère des Colonies a donné dernièrement une fort importante étude de M. Jean Yuillet, chef du service de l’Agriculture du Haut-Sénégal et du Niger, au sujet du kola. Nous en résumons les principaux points.
- Le kola provient d’un arbre spécial nommé le kolatier et qui comprend deux espèces principales : kola vera et kola acuminata. A l’état spontané et cultivé, on le rencontre en Afrique occidentale, entre le 90 de latitude N.
- et le 9° de latitude S., et seulement à l’état cultivé dans les autres pays tropicaux, notamment les Antilles. Les fruits du kolatier, formés de une à six follicules de 10 cm. de longueur, renferment six graines de la grosseur d’un marron; suivant la couleur de celles-ci, on distingue le kola blanc (de l’Anno) et le kola rouge de (l’Achanti).
- Pour la culture du kolatier, — pratiquée depuis très longtemps par les nègres autour de leurs villages, — il faut choisir le kola vera. Il est nécessaire de rester dans les limites de latitude indiquées plus haut, de semer à demeure en une terre soigneusement ameublée et amendée, et d’éviter les transplantations. On plante souvent avec le kolatier, et pour lui donner de l’ombre, des acacias et des bananiers. Les soins sont très réduits; en somme c’est une cullure simple et rémunératrice.
- La présence d’une larve parasite rend assez difficile la conservation des noix de kola. Les indigènes ont cependant divers moyens d’y parvenir : tri sévère, emploi de certaines feuilles comme emballages, immersion dans des jarres d’eau, et, enfin, ce qui est très curieux, enfouissement dans une termitière ; les termites dévorent uniquement le mucilage extérieur,' mais sans attaquer la noix elle-même qu’au contraire ils enrobent de cette glaise battue qu’ils fabriquent sans cesse pour réparer leur fourmilière ; dans cet état, la conservation peut durer des années.
- Le commerce du kola est encore peu important en Afrique occidentale, à cause surtout des difficultés de transport, qui consistaient, surtout dans ces derniers temps, endroits de passage énormes que les caravanes ou les transporteurs devaient payer en nature aux chefs de village et qui multipliaient par 5o la valeur du produit. Ces coutumes sont disparues, mais, jusqu’ici, c’est surtout le kola du Brésil qui est acheté en Europe ; celui d’Afrique est en grande partie consommé sur place où il se vend au prix de 2lr,5o à 3 francs le kilogramme. C’est ordinairement à l’état sec, coûtant de 26 à 55 centimes les 3^5 grammes à Liverpool, que les noix de kola sont introduites en Europe; cependant quelques maisons en reçoivent aussi à l’état frais.
- La noix de kola est remarquable dans sa composition chimique par la présence d’une matière colorante rouge, soluble dans l’alcool et susceptible d’applications industrielles, la kolanine et par celle de caféine (2,35 pour 100). C’est à cette dernière substance qu’il faut attribuer l’estime que les noirs de l’Afrique occidentale possèdent pour le kola ; ils le tiennent pour un don précieux de la nature et s’en servent comme d’un produit nutritif, tonique, antidysentérique. D’ailleurs tous les explorateurs qui en ont usé sont d’accord pour confirmer ces dires. M. Yuillet cite le cas d’un courrier indigène qui fit 135 kilomètres en 26 heures sans autre nourriture que du sucre, des biscuits et du kola : il se disait seulement un peu fatigué « parce que, ajoutait-il, il a bien bouffé kola !»
- Aussi les noix de kola ont une grande place dans la vie sociale africaine : cadeau de fiançailles, gage d’amitié ou d’amour, amulette, offrande, tribut, etc., partout elles sont accueillies avec joie et comme une chose de prix.
- En Europe, c’est seulement depuis i883 que les propriétés du kola sont utilisées en thérapeutique. C’est un excitant et un aliment d’épargne, comme le café ou le thé, et qui semble même plus actif que ceux-ci ; c’est aussi un tonique du système nerveux que l’on emploie pour combattre la neurasthénie ; son emploi a aussi été recommandé pour combattre l hypotension artérielle, — durant certaines périodes de la tuberculose pulmonaire chronique, — en médecine infantile, — contre le mal de mer. Comme le café, l’abus du kola détermine des accidents légers, palpitations et insomnie.
- Ce qu’il faut surtout retenir et ce qui doit fixer l’attention au point de vue pratique, c’est la possibilité d’avenir commercial de cette culture, encore à son début. A côté du cotonnier, du caoutchouc et des autres débouchés agricoles coloniaux dont nous avons déjà parlé ici plusieurs fois, il y a là certainemeut une source importante de profits. P. Loncoche.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Cyclisme <^§ÿ>
- Soins à donner à un frein de bicyclette. — Bien souvent les accidents de bicyclette sont dus au mauvais fonctionnement du frein, et c’est pour cela qu’il est important de surveiller ce fonctionnement, et de bien examiner de temps à autre comment il est monté. Il est important notamment que les sabots du frein quittent juste la jante, en soient à peine éloignés, mais ne la touchent pas du tout, quand le frein est desserré. D’autre part il est indispensable que le frein antagoniste les mette hors de prise dès qu’on cesse d’appuyer sur la poignée du frein. S’il faut toucher à la tige, s’il faut manipuler plus ou moins le levier afin d’obtenir que la cessation’de prise se réalise, c’est que les choses ne sont pas en bon état, soit par suite d’un mauvais réglage, soit parce que l’appareil a besoin d’être nettoyé, soit encore parce qu’il manque d’huile, ce qui rend paresseux bien des organes. Il faut naturellement s’assurer que les sabots ne sont pas dans une position telle qu’ils puissent venir heurter et endommager un rayon ou la valve de la chambre. Si l’on constate qu’ils sont à bonne distance de la jante pendant une partie d’une rotation complète, et que dans le reste de cette rotation ils s’en paraissent rapprocher, parfois jusqu’à la toucher, c’est que la roue ne tourne pas rond, et il faut la redresser. Il importe de ne pas laisser en place et en fonctionnement des sabots manifestement usés : on doit les remplacer, mais souvent oit peut en prolonger les services tout simplement en les retournant, en mettant à gauche celui qui se trouvait à droite, et inversement. En tout cas il serait dangereux que le métal du frein vînt à frotter sur celui de la jante, il est à peine besoin de le rappeler.
- On peut compenser, dans une certaine mesure,l’usure des sabots, en faisant glisser les guides le long de la fourche, de manière à les rapprocher de la jante, ou en recourant à un glissement de la tige de réglage, ou encore en recourant aux deux procédés. Qu’on se rappelle bien que, quand un frein de moyeu accuse de la paresse à obéir, c’est presque toujours qu’il est plus ou moins hjoqué par de la graisse ou de l’huile durcie et mêlée <Te poussière, de cambouis. On fera bien alors de procéder à une injection de paraffine liquide, puis on injecte de même de l’huile de graissage bien fluide. Dans une opération de ce genre, ne pas oublier de placer la machine sur le côté, car autrement la paraffine, qu’on distribue largement, coulerait sur les rayons et la jante : cela salirait les rayons et détériorerait forcément la jante.
- Divers
- Teinture verte pour cuir des meubles. — L’opération de la teinture de sièges en cuir vert dont la nuance a pâli n’est pas toujours facile ; mais on peut essayer de la méthode suivante. On prend i5 gr. de couleur foncée au vert d’aniline, et l’on jette cette couleur dans un demi-litre d’eau où l’on a fait dissoudre 60 gr. de gomme arabique; on additionne de plus d’une petite cuillerée de glycérine, et l’on brasse et mélange bien. On étend ensuite le liquide sur le cuir au moyen d’une éponge. On peut passer par dessus, quand c’est sec, un mélange de blancs d’œufs et de bonne gomme.
- Ciment pour bois et métal résistant à Beau. — Il
- réussit particulièrement bien pour les petits organes de métal qu’on veut fixer à du métal, comme par exemple les viroles de cannes, etc. On fait tout simplement dissoudre x partie de gomme laque en écailles dans 2 p. d’alcool de méthylène. Pour que la dissolution se fasse, il importe que la gomme laque soit concassée et quelle soit bien x-ecouverte d’alcool dans un flacon à large goulot et mainteixu à la tiédeur, en même temps que secouée de temps à autre.
- Fabrication de savon à froid. — On prend 1800 gr. de suif et autant d’huile de graine de colon, puis 600 gr.
- de soude caustique et 2' litres d’eau.. En réalité il faut d’abord faire chauffer les deux matières grasses à une température de quelque 5o0, G, dans un récipient en terre, la solution de sonde caustique dans de l’eau devant elle-même être portée à une température de 25° à peine (ce qu’on peut tenir pour une élévation de température négligeable qui justifie la désignation du procédé). On verse la solution de soude lentement dans le mélange gras, en remuant continuellement, et on mélange soigneusement. Pour la coulée et le moulage-, on emploiera une boîte en bois qu’on revêtira intérieurement d’un linge de coton humide. On recouvrira bien après coulée, et on laissera à une température de ao- à 220 durant 24 heures.
- Blanchiment de l’argent.. — Il s’agit d’argent allié d’un peu de cuivre, comme c’est pour ainsi dire toujours le cas. On-porte au rouge le métal, ce qui a pour résultat de faire se former une pellicule superficielle d’oxyde de cuivre. Alors on plonge le métal dans de l’acide sulfurique dilué et chauffé, et cela dissout l’oxyde en laissant du métal pur et bien blanc apparaître superficiellement.
- Préparation de papier om de carto® à l’émeri. —
- Ou obtieixt une excellente préparation de ce genre, un carton, s’il s’agit d’un carton, qui permettra de roder les surfaces à traiter tant qu’il aura une certaine épaisseur, en répandant l’émeri dans tonte sa masse, et non point en enduisant de cet émeri la surface du earton. On prend de la pulpe de bois bien fine et homogène, que l’on additionne de moitié de son poids d’émeri soigneusement pulvérisé ; on brasse et l’on mêle intimement, afin que î’émeri soit distribué dans toute la masse. On pressera ensuite cette pâte en lui donnant la forme et l’épaisseur convenables, et en s’assurant que la dessiccation va bien se faire.
- Pour chasser les mouches. — On a remax-qué que les motxches n’ont guère tendance à se poser sur les objets soumis à un fort coui-ant d’air envoyé paa? un ventilateur. On peut axxssi, comme cela se fait chez les marchands d’appareils électriques, attacher des î-ubans à la monture du ventilateur : ils s’agiteront sous l’action du vent; et s’ils sont bien disposés, si leur ombre flottante vient se projeter sur les objets à défendre des mouches, comme celles-ci fuient toujours devant des ombres mouvantes, par crainte sans doute de l’animal inconnu dont l’ombre se déplace, elles seront tenues en éveil, et ne viendront point se poser sur les objets ainsi, défendus.
- Réparations des maçonneries de béton. — On conseille pour cela, dans Engineering News, d’employer ce qu’on nomme du mortier regâché, mais dans des conditions toutes spéciales que nous allons indiquer. Il est essentiel de ne pas laisser le mortier faire prise longtemps. Si l’on veut, par exemple, réparer une fissure, un manquant dans la sxxrface d’un trottoir en béton, on ne s’occupe pas de créer des rugosités artificielles pour maintenir le mortier que l’on viendra loger dans le vide. L’important est d’assux-er autant de porosité que possible. On nettoie donc bien, au moyen d’une brosse métallique, la surface à réparer, puis on y répand un acide dilué; on prépare alors la quantité de mortier nécessaire et on laisse reposer une demi-heure à trois quarts d’heure, après quoi on regâche fortement avec addition d’eau; on met en œuvre et on brasse bien à la tnxelle. Jamais le mortier ne s’écaille. Souvent en ajoutant de 10 à 12 pour 100 de chaux au mortier, on lui rend le pouvoir adhérent qu’il pourrait avoir perdu par ce regâchage. La tendance axx retrait se trouve en tout cas diminuée de façon précieuse par ce traitement.
- Taches d’acide oxalique sur les mains.— Cet acide fait sur la peau des taches particulièrement tenaces. Pour les enlever, c’est-à-dire les neutraliser, on recourt à un peu de carbonate de soude (tel qu’on l’utilise au lavage) dans de l’eau tiède. Au reste il faut surtout éviter de faire tomber de l’acide oxalique sur la peau.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux objets décrits. — Les
- concessionnaires à Paris du régulateur américain sont MM. Villemaine et Dufranne, 3a, rue de la Clef. — Les fabricants de soie qui ont bien voulu nous communiquer des photographies de leurs tissus sont les maisons Cornille frères, ai, boulevard Montmartre, à Paris, et Chalel, Tassinari et C‘e, 8a, rue des Petits-Champs, à Paris.
- Communications. — Le cartographe Claude Masse.
- — Comme suite au récent article de M. Dulfart sur l’envahissement éolien en Gascogne (n° 1740, du 29 septembre 1906, p. 278) où il est dit que M. le lieutenant de vaisseau Hautreux a été un des découvreurs de Claude Masse, l’ingénieur cartographe, notre excellent collaborateur le colonel Crouzet, dont nos lecteurs ont pu apprécier la solide érudition en la matière, veut bien nous écrire l’intéressante lettre qui suit : « Permettez-moi non une rectification, cela n’en vaut pas la peine, mais quelques petites critiques, à propos d’un article de La Nature (n° du 29 septembre, p. 278), sur les landes de Gascogne. Les' Masse, le père et le fils, ont subi le sort de bien d’autres plus notables. Ils sont certainement ignorés du public, mais non des personnes, très peu nombreuses, je vous l’accorde, qui s’intéressent à l’histoire de la topographie. Ils sont au contraire très connus dans ce milieu. Le père était ingénieur du Roy, appellation première du corps, depuis ingénieurs militaires, aujourd’hui officiers du génie, ceux de l’Etat-Major particulier. Le fils était ingénieur des camps et armées (depuis ingénieurs géographes versés en 1831 dans le corps de l’État-Major). Les Masse n’étaient pas à la solde de Vauban, pas plus que les officiers de notre temps ne sont à la solde du directeur de leur arme au Ministère. Yauban directeur général, — si tel n’était pas exactement son titre, c’était bien exactement la fonction, — donc Vauban, directeur général des fortifications, était leur grand chef. Il avait réorganisé les deux corps, qui collaboraient souvent à des travaux de topographie, en particulier à un travail considérable, la carte, restée inédite, des frontières du royaume. Masse le père l’a commencée; on y travailla jusque sous Louis XVI, le dernier ingénieur qui a dirigé les opérations fut Michaud d’Arçon également très notable pour qui de droit.
- L’échelle des levés était de 3 lignes pour 100 toises, ce qui est bien plus clair que l’équivalent 1 : 28 800 (et non 1 : 28000). La carte de Cassini est à 1 ligne pour 100 toises, soit 1:86400. Tout ceci encore une fois est monnaie courante, et je n’ai à vous le rapporter d’autre mérite que de l’avoir lu, dans des ouvrages spéciaux, en particulier dans Y Aperçu historique sur les fortifications du colonel Angayat (Spectateur militaire 1859 1863), livre des plus estimables, très connu et très apprécié. Il en a été question dans des ouvrages très récents, comme la Carte de France du colonel Berthaut, 1898-1899. Il est vrai que Masse le père a été plus longtemps ignoré comme fortificateur. Sur ce point il a été découvert, il y a 4o ans, par le commandant de Villenoisy (Essai historique sur la fortification, 1869). »
- Renseignements. —M. M. G., à Paris. — i°Veuillez vous adresser à MM. Lefranc et Cie, 18, rue de Valois.
- — 20 Veuillez consulter un fabricant d’appareils de précision.
- M. Dambricourt, à Saclas. — Les renseignements que vous cherchez sont donnés par la plupart des grands journaux quotidiens et par des publications financières nombreuses.
- M. G. J. L., à Grasse. — Vous pourrez vous procurer des positifs vérascopiques à la maison du vérascope Richard, 10, rue Halévy, à Paris.
- M. A. P., à Mayenne. — La fraise Pie X se trouve à Caen (Calvados) chez M. Louis Gauthier, rue deMaltot,
- et à Bourg-la-Reine (Seine), chez MM. Millet et fils.
- M. P. Suclcer, à Neheim. — Les cheminées radio-incandescentes, système Delage, sont en vente aux établissements Grunberg, Léon et C,e, 49> rue de Tanger, Paris (XIXe).
- M. ]). Jaime Monegat, Caldas delà Malavella. — Vous trouverez dans l’ouvrage Manuel Roret du facteur d'orgues, librairie Mulo, 12, rue llaulefeuille, Paris, tous les renseignements nécessaires à la fabrication des orgues à tuyaux. Cet ouvrage est formé d’un volume grand in-8 jésus et d’un atlas très illustré ; prix : 20 francs.
- M. Bouchet, à Paris. — La Revue de métallurgie vous donnera tous les renseignements que vous désirez.
- M. V. Bourgeois, à C. — Nous vous remercions de votre indication, mais nous pensons qu’il serait prématuré de rien publier actuellement à ce sujet.
- Mme IL. V. Potworowska, a Bozejewice. — Pour le mouche-bébé veuillez vous adresser à la maison Collin, rue de l’Lcole-de-Médecine, à Paris
- M. A. Jollot, à Paris. — Il y a des petits moteurs de 110 volts et x ampère. On en fait même de beaucoup plus petits : un de nos amis nous en montrait dernièrement un de la taille d’une montre; mais c’est une curiosité plutôt qu’un objet de fabrication industrielle. Pratiquement les divers constructeurs de moteurs que vous trouverez au Boitin pourront tous vous fournir des moteurs de puissance et de volume très peu élevés.
- M. Lucien Gaillard, àPai'is. —Nous vous remercions de votre indication et nous nous ferons un plaisir d’insérer la note rectificative ou plutôt complémentaire dont vous parlez si vous voulez bien nous l’envoyer.
- M.José Sellier, à Coruna. —Vous trouverez un excellent traité relatif à la fabrication des savons, à la librairie Ch. Bér-anger, i5, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. Vrevin,k Saint-Maurice. —Vous trouverez dans le Bottin l’adresse de divers constructeurs de gazogènes qui pourront tous également vous donner satisfaction.
- M. R. d’Épinay, à Paris. — Z a Nature n’a jusqu’ici rien publié sur l’intéressant sujet que nous vous remercions de nous signaler. Nous transmettons votre indication à un de nos collaborateurs.
- M. le baron de Forestier, à Vernon-sur-Brenne. — Nous ne possédons pas personnellement les renseignements que vous nous demandez et qui sont un peu hors de notre domaine, mais vous les trouveriez dans le Manuel du Coiffeur, librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. E. Revoux, à Tucuman. — Nous ne connaissons pas de Société industrielle exploitant le train Renard et nous croyons que les tentatives faites pour en constituer n’ont pas abouti.
- M. A. Baltanas, à Haro. — i° La lettre que nous vous avions éciûte le 3 mai 1906 nous revient avec la mention : non réclamé. Nous reproduisons ci-après le renseignement qu’elle contenait : veuillez vous adresser à la Compagnie générale Thomson Houston, xo, rue de Londres, à Paris.
- M. J.C., à P. — i° Ouvrages relatifs à la minoterie : à la librairie Ch. Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris. —20 Vous trouverez de nombreuses adresses dans le Bottin à la rubrique constructeurs.
- M. E. L. Vasselin, à Paris. — Fabricants de baromètres anéroïdes : MM. Naudet et Cie, 2. place de Thorigny, Périllat, 20, rue Clavel ; Richard, 3, rue Lafayette, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. LL.
- Dewambez, à Paris. Veuillez vous adresser directement au Ministère des colonies. — Mma Ch. Dumoulin, à Versailles. Les essais qui ont été effectués il y a un ou deux ans n’ont pas donné de résultats satisfaisaixts. Nous croyons savoir que les recherches ont été abandonnées.
- — M. de Cli., à Paris. Veuillez consulter le recueil de Recettes et procédés utiles, 2e et 3e séries, à la librairie Masson et Ci0, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- — M. L. Simonet, à Versailles. Voyez le même ouvrage, 4e série, même librairie.—M. le colonel Croizet, à Paris. Remerciements pour votre intéressante communication.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1" octobre . . 7°,0 E. S. E. 0. Très nuageux. .. Nuag.; rosée; halo; brumeux.
- Mardi 2. 12°,8 S. 2. Couvert. 2,8 Couv. ; petite pluie à diverses reprises.
- Mercredi 3 16°,1 W. 5. Couvert. 0,2 Couvert; un peu de pluie à 3 h. 15.
- Jeudi -i u°.o Calme. Couvert. 0,1 Presque couvert; rosée; un peu de pluie à 22 h.
- Vendredi 5 16 ,1 S. S. E. 2. Couvert. 1 u> Très nuageux; pluie de 7 h. 50 à 10 h. 15; orage de 7 h. 10 à 8 h. 30.
- Samedi 6 10M S. W. 2. Beau. t Nuageux ; rosée.
- Dimanche 7 7 8 S. 0. Beau. » Rosée; beau.
- OCTOBRE 1906. — SEMAINE DU LUNDI 1" AU DIMANCHE 7 OCTOBRE 1906
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boide sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boide mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été chaud et pluvieux pendant la semaine du ior au 7 octobre. Le ier octobre, les pressions ont été basses à l’Ouest de l'Europe; le baromètre marquait 755 mm en Irlande. Sur les côtes de la Manche et de l’Océan, a souillé un vent modéré. On a signalé en France un peu de pluie à la pointe de Bretagne. La température était le matin 5° à Belfort, 5° à Clermont, 70 à Paris, 140 à Toulouse, 19° à Alger, 70 au Puy de Dôme, 6° au mont Àigoual, — i° au Pic du Midi. Dans la région parisienne, la pression barométrique était 766,1 mm. La température moyenne a été i2°,4, supérieure de o°,i à la normale. Le a octobre, il y a eu un notable changement dans la situation atmosphérique ; une dépression est apparue au Sud-Ouest des Iles Britanniques. Une tempête d’Ouest a eu lieu sur les côtes de Bretagne; la mer était démontée, de nombreux bateaux ont été jetés sur les rochers par l’ouragan. Il a plu dans le Nord-Ouest de l’Europe; en France, il est tombé 6 mm d’eau à Brest, 2 mm à Paris, 2 mm à Dunkerque. La température était io° à Clermont, i3° à Paris, 170 à Nantes, 190 à Alger, 23° à Biarritz, n° au Puy de Dôme, 5° au mont Ventoux, 5° au Pic du Midi. Dans la région parisienne, une pluie est tombée le matin vers 5 heures. Dans la journée, la pluie a été faible; mais il a soufflé pendant la nuit des vents qui ont atteint des vitesses de 33 m. par seconde à la Tour Eiffel. Le 3 octobre, la pression était basse sur tout le Nord de la France et de 1 Europe en général; elle était voisine de 765 mm sur la Méditerranée. Un vent violent a encore soufflé sur la Manche; on a recueilli i5 mm d’eau à
- Dunkerque, 11 mm d’eau à Cherbourg, 7 mm à Nantes, 1 mm à Paris. Le thermomètre marquait le matin j6° à Paris, 160 à Nancy, 170 à Clermont, 200 à Marseille, 210 à Alger, to° au mont Aigoual, 90 au Puy de Dôme, 5° au Pic du Midi. Le 4 octobre, le vent est revenu au Sud, la pression barométrique a baissé sur les côtes de la Manche et de l’Océan. Des pluies sont tombées en France, à Besançon, où on a recueilli 6 mm d’eau, à Rochefort (3 mm), à Brest (2 mm). La température s’est élevée sur les Iles Britanniques et à l’Ouest de la France; elle était le matin 120 à Paris, 160 à Nantes, 160 à Clermont, 200 à Alger, ii° au Puy de Dôme, io° au mont Aigoual, 6° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été égale à i6°,2, supérieure de 4°>3 à la normale. La température maxima observée à la Tour Eiffel a été i8°,5 à 3 heures de l’après-midi. A midi, la pression barométrique à Paris était 762,8 mm. Le 5 octobre, un vent fort du Sud-Ouest a soufflé sur la Manche. La mer était houleuse à la pointe de Bretagne, et très agitée sur la Manche et sur la Méditerranée. Il a plu au Mans (5 mm), à Brest (4 mm), à Limoges (2 mm), à Nancy (1 mm). Un violent orage a éclaté sur Paris dans la matinée, et de fortes averses sont tombées à de nombreuses reprises ; entre 7'“ 4om et 8 heures il est tombé 10 mm d’eau. La température s’est maintenue très élevée; on notait le matin à 7 heures 160 à Paris, 170 à Nantes, 170 à Bordeaux, 180 à Toulouse. Le 6 octobre, la pluie est tombée à Besançon (21 mm), à Paris (i5 mm), à Lyon (6 mm); la température s’est abaissée à io° à Paris, 120 à Nantes. Le 7 octobre, le thermomètre ne marquait le. matin que 5° à Clermont, 8° à Paris, 120 à Toulouse, 170 à Brest.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 2 à midi 58 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à T Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E.-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (YP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1743 (20 OCTOBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- INFORMATIONS
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- Congrès international d’hygiène pratique. — Un
- congrès international d’hygiène pratique, d’un très grand intérêt social, aura lieu à Paris, du 20 au 31 mars 1907, sous la présidence de M. le professeur Raphaël Blanchard, membre de l’Académie de médecine, assisté de MM. le Dr Jeanselme et le Dr Roger, médecins des hôpitaux, Jeannot, inspecteur. Pour tous renseignements, s’adresser à M. Schaer-Vezinot, i5, rue des Petits-Hôtels, Paris (X0).'
- Le radium. — Le radium est-il un corps simple, telle est, en résumé, l’importante question, qui vient d’être discutée très vivement dans les périodiques anglais, à la suite d’unè séance de la British Association de York. D’après lord Kelvin, qui a émis seul cette hypothèse intéressante, les faits extraordinaires constatés pour le radium et généralement expliqués par une sorte de transmutation de la matière, notamment l’apparition d’hélium à la place du radium, pourraient s’interpréter tout naturellement, dans les théories les plus classiques, si le radium était un composé et non, comme on le croit d’ordinaire, un corps simple : si, par exemple, il contenait 1 de plomb pour 5 d’hélium. M. Soddy a proposé de regarder le radium comme un « composé », dont on laisserait momentanément la nature indécise : ce terme de composé ne préjugeant nullement l’idée d’un composé chimique, comme on l’entend d’ordinaire, mais pouvant s’appliquer à un composé d’une nature encore indéterminée.
- Les nitrates du Chili. — En attendant que la fabrication industrielle des nitrates au moyen de l’azote de l’air, dont il a été question ici même, ait pris une grande extension, les nitrates du Chili restent la source principale de ce commerce. Il y a quelques années, on supposait qu’en vingt ans ces gisements seraient épuisés ; ce terme parait trop court d’après les dernières recherches ; mais on est généralement d’accord pour considérer un demi-siècle comme un maximum. Les gisements les plus favorables commencent déjà à s’épuiser et c’est une des causes qui ont amené l’augmentation de prix, dont le tableau suivant donne l’idée. Les 100 kilogrammes de salpêtre ont, en effet, coûté : i8tr,56 en i8g5 ; aofr, 12 en 1900; 20fr,a5 en 1902; 23fr,90 en 1904; 27tr,8i en 1906. D’après de récentes études, cette hausse serait appelée à s’accentuer.
- Bactériologie des eaux. — Dans les études d’eaux courantes et de sources, qui préoccupent de plus en plus vivement et justement les hygiénistes, la tâche est généralement séparée entre le géologue, le chimiste et le
- biologiste, et, dans la pratique courante en France, ces trois catégories de savants travaillent d’ordinaire tout à fait indépendamment. On a fait remarquer, à ce sujet, que la façon dont était prélevée l’eau destinée à l’analyse bactériologique, pouvait avoir une grande influence sur les résultats obtenus et que le rôle du géologue, qui est plus particulièrement compétent pour apprécier les conditions du, terrain et le mode d’émergence du griffon, paraissait dans ce cas souvent très indiqué ; mais le géologue n’est pas biologiste et, d’autre part, si l’on se contente de prélever une eau, même dans des flacons soigneusement stérilisés, pour l’emporter ensuite à un laboratoire, où elle ne sera étudiée que longtemps après, il se produit, dans le milieu, des transformations qu’il est aisé de prévoir, si l’on réfléchit qu’à 200 centigrades il suffit de 20 minutes pour une génération, c’est-à-dire pour la division en deux d’un noyau primitif, qui se divisera bientôt en 4, etc. Il y a donc intérêt à ce que le géologue apprenne à fixer les éléments à étudier sur de la gélatine : ce qui n’empêchera pas, bien entendu, les bactéries de se reproduire, mais ce qui permettra de compter le nombre des centres primitifs par le nombre des colonies. Le professeur H. Jaeger, dans un intéressant article de la Zeitschrift für praktische Géologie (septembre 1906), vient de donner un aperçu de la méthode à suivre et du matériel pratique à employer.
- Tremblement de terre. — Le 4 octobre, à Ischia ont eu lieu successivement à de faibles intervalles trois secousses de tremblement de terre. Dans la nuit du 9 au jo octobre, un tremblement de terre avec grondements a été ressenti dans la région de Pau.
- Observateurs et astronomes. — Le Comité de bibliographie et des sciences astronomiques de l’Observatoire Royal de Belgique est en train de poursuivre l’établissement d’une liste de tous les observateurs et astronomes du monde, en y comprenant même les savants indépendants, mais qui se consacrent régulièrement à la science astronomique.
- L’émigration totale d’une Ville. — Les habitants de la ville de Bejar, dans la province de Salamanque, en Espagne, viennent dladresser une supplique aux gouvernements des Républiques sud-américaines. Ils demandent que ces divers Etats leur fournissent les moyens de quitter leur pays et d’émigrer en masse. Cet exode est un fait assez rare pour qu’on le cite. Béjar a été très réputé pour son industrie textile et pour ses fabriques de drap ; très florissante, il y a quelques années, cette ville a vu son activité décroître graduellement. Aujour-
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- INFORMATIONS
- d’hui c’est une cité morte ; sa population ne compte plus que 9000'habitants, alors que, il y a cinquante ans, plus de 21000 âmes vivaient dans la ville industrielle.
- Un jardin botanique sur une toiture. — 11 existe, à Charlottenburg, en Prusse, une importante école de sciences pour les jeunes lilles. Une construction nouvelle de trois étages, destinée à l’enseignement de la science agricole et de la botanique, vient d’ètre annexée aux anciens batiments. La toiture a été bâtie d’une manière particulière ; elle est disposée de façon à recevoir un jardin botanique. L’accès en sera rendu facile et les élèves pourront passer directement des salles d’étude et des amphithéâtres dans ce jardin suspendu, qui doit servir de lieu de récréation — bien aéré — et de champ d’expériences pratiques. L’aménagement permettra aux jeunes filles de s’installer à cet emplacement pour prendre commodément des croqüis, et même faire des aquarelles.
- Les orchidées des jardins impériaux en Autriche.
- — 11 a été procédé dernièrement, aux jardins de Schôn-brunn, à une vente d’orchidées impériales. C’est la première fois depuis i5o ans que cet événement se produit. La collection est des .plus remarquables tant par le nombre que par la rareté des produits ; on compte plus de 20000 pieds des espèces les plus diverses. Les jardiniers de ces jardins impériaux, après dix années d’expériences, sont arrivés à produire les croisements les plus curieux. Certaines espèces fleurissent deux et même trois fois dans une année. La vente comprenait i4oo espèces d’orchidées, classées en 114 groupes; 900 espèces sont absolument nouvelles et constituent des spécimens d’une grande rareté.
- Les récoltes de froment et de seigle en France en 1906. — L es rapports élaborés par les professeurs départementaux d’agriculture aussitôt après les premiers battages indiquent que ces récoltes, sans être mauvaises, sont inférieures à ce qu’elles ont été de 1903 à igo5. Pour 6479096 hectares ensemencés en froment, il y a 89010485 quintaux de grains et pour 1 a5o 158 hectares de seigle, 13077 63a quintaux de grains.
- Un almanach pour les agriculteurs. — M. St. de
- la Rochefoucauld, duc de Doudeauville, avait légué à la Société des agriculteurs de France une somme de 100000 francs à charge pour cette société d’affecter le revenu de cette somme à la publication d’un almanach, vendu 2.5 centimes, et contenant les résultats les plus pratiques en agriculture et le résumé de toutes les expériences faites chaque année. A la suite de ce legs, la Société des agriculteurs vient d’ouvrir un concours pour la rédaction de l’almanach de 1908, attribuant un prix de 1200 francs à l’auteur du meilleur manuscrit. On trouvera au siège de la Société, 8, rue d’Athènes, à Paris, tous les renseignements nécessaires.
- Les plus grandes villes du monde. — Dans un article sur les grandes capitales du inonde, le Mouvement géographique de Bruxelles donne un instructif tableau des populations, superficie et densité par hectare des plus grandes villes de chacun des grands Etats.
- HABITANTS. SURFACE. DENSITÉ
- Londres. . 4 536 063 3o 5oo hectares 148
- New-York . 3 716 i3g 82 5oo — 45
- Paris . . . 2 731 728 7 802 — 33o
- Berlin. . . 2 o33 900 6 3oo — 322
- Vienne. . . 1 674 957 17 200 97
- Il est à peine besoin de dire que New-York n’a été rangé ici parmi les capitales qu’en raison de l’importance du nombre de ses habitants, la véritable capitale des États-Unis restant en réalité Washington.
- Prix. — Le gouvernement prussien et la Société allemande des Fabricants de ciment Portland, offrent des prix pour une valeur de i5ooo marks et pour des expériences sur les phénomènes qui se passent pendant le durcissement des ciments hydrauliques. Les renseignements complets peuvent être demandés au ministère des Travaux publics, Wilhelmstrasse, Berlin.
- Chemins de fer électriques. — Voici plus d’un semestre qu’on exploite électriquement la ligne suédoise de Vârta; les résultats ont été excellents. Aussi parle-t-on d’effectuer la transformation de traction jusqu’à Stockholm, et d’employer le courant pour les trains même de marchandises.
- Chemins de fer africains. — Voici longtemps qu’on projette une voie ferrée sur le Nyassa dans l’Afrique Orientale allemande. MM. Fuclis et Booth, à la-suite d’un récent voyage, recommandent de choisir comme point de départ Kilwa-lvisiwani, sur la côte, et comme terminus Wiedhafen, sur la baie de Mbongo ; jusqu’à Liwale, on serait en pays plat; des difficultés ne se présenteraient guère qu’au voisinage de Nyassa.
- Minerais de fer. — On vient, paraît-il, de découvrir de nouveaux dépôts de minerai de fer dans la Nouvelle-Galles du Sud : ils seraient remarquablement purs, la composition en comprenant surtout de la magnétite avec un peu d’hématite. Ces dépôts,*situés à 3o km de la rivière Clarence, contiendraient près de 600000 tonnes.
- Exploitation mécanique de la houille. — La Compagnie Brush Electrical Engineering C° vient d’exposer à Londres un appareil électrique à exploiter les veines de houille, qui réussirait, à. ce. qu’on dit, là même où le travail à la main est impossible; on peut le doter de moteurs pour courant continu ou pour courant alternatif : ils sont au nombre de 2 et d’une puissance de i5 chevaux. Tout est enfermé dans une enveloppe étanche aux gaz. •. ;
- Chemins de fer électriques. — L’administration des chemins de fer de l’Etat autrichien s’apprête à installer la traction électrique sur les lignes de la Haute Autriche, de la région de Salzbourg et du Tyrol, en même temps que sur toutes les autres voies des Alpes, et en particulier sur le nouveau chemin de fer des Tauern. On s’est assuré de chutes d’eau en nombre suffisant, notamment sur la rivière Salza, près de Golling.
- Stations hydroélectriques anglaises. — On vient de décider d’utiliser les eaux du fameux Loch Leven, dans le comté d’Argyll, pour créer une puissante station hydroélectrique. On construira dans ce but une digue en béton de 24 m- de haut et longue de 800 m. en travers delà rivière Leven ; l’eau sera ensuite emportée par une conduite en ciment de 5,5 km de longueur, et aboutira dans une chambre de mise en pression qui se trouvera à 270 m. au-dessus du niveau de la mer. Deux conduites forcées en acier porteront cette eau à l’usine qui sera au niveau même de la mer.
- Béton armé.— Le chapitre des applications en devient inépuisable. On construit actuellement de nouvelles voies ferrées dans les Alpes autrichiennes, pour lesquelles on fait emploi de béton armé à tous les points de vue, et pour les ponts, et pour les barrières, et pour les murs de soutènement.
- Alimentation d’eau d’Athènes et du Pirée. — On
- dresse actuellement des plans fort intéressants et particulièrement vastes pour assurer, dans les meilleures conditions, l’alimentation d’eau de ces deux villes. On a l’intention de capter les sources abondantes qui se trouvent à la base de la montagne de Stymphale, dans le Péloponèse.
- La culture du houblon en France. — Le Ministère de l’Agriculture a récemment publié dans sa feuille d’informations une petite note sur la culture du houblon. On y relève quelques chiffres intéressants : la surface totale des terrains occupés par cette culture est de 2989 hectares (Nord : 1x72; Côte-d’Or : 997; Meurthe-et-Moselle : 609) ; la production totale est de 4g 757 quintaux (Nord : 30472; Côte-d’Or : 12412; Meurthe-et-Moselle : 5237). Ces chiffres s’appliquent à l’année igo5.
- Une nouvelle arme dans la marine allemande. —
- La marine allemande vient d’adopter un pistolet automatique, d’un type voisin du pistolet Parabellum des fabriques allemandes, adopté en Suisse comme arme d’ordonnance. L’automatisme de cette arme nouvelle consiste en ce que la pression des gaz de la poudre fait non seulement partir le projectile mais ouvre la exilasse,, rejette la cartouche, arme le percuteur, ' introduit la cartouche et ' referme la culasse. Ce pistolet, dont le canon a une longueur de i5o mm. et dont le poids total chargé est de 915 gr., est muni d’une crosse d’épaule-ment qui permet de s’en servir à volonté comme arme à la main ou comme arme à l’épaule. Le compartiment de charge contient 8 cartouches.
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- LE CONCOURS DES JOUETS 1906
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- Jouets mécaniques
- La petite fontaine. — Le billard. — Une fillette fait agir le balancier d’une pompe et l’eau semble couler dans le seau, illusion d’optique obtenue au moyen d’une baguette de cristal torse animée d’un mouvement de rotation. Tous les mouvements sont provoqués par la manœuvre d’une poire en caoutchouc. C’est également par le même moyen qu’un garçonnet semble lancer une bille dans un petit billard chinois en fer-blanc. La bille passe sous des arceaux, et contourne une série de
- dislocation près d’un endroit déterminé d’avance. C'est un jouet très ingénieux qui aura certes du succès. — Chez M. Blondinat, 12, rue du Grenier-saint-Lazare, à Paris.
- Télégraphinette. — Il s’agit d’un système de télégraphie avec fil mais sans électricité ; c’est du reste très simple comme mécanisme. Deux disques en carton portent sur leur circonférence l’alphabet ; ils sont reliés par un fil qui est embobiné de quelques tours sur l’axe de
- •clous, ou bien se loge dans un des trous numérotés qui forment l’extrémité de l’appareil. Si 011 a mal calculé le coup de poire la bille ne sort pas, ou bien elle sort avec trop de force et va se loger à l’autre extrémité sans rien gagner. Pour la remettre automatiquement en place, prête à être relancée, il suffit d’appuyer sur un levier qui fait basculer le fond et la renvoie à son point initial. — Ces deux jouets sont fabriqués par M. Top, 33, rue Stendhal, à Paris.
- Automobile à catastrophe. — L’industrie du jouet s’est emparée depuis longtemps de la vogue des automobiles pour faire de charmantes petites réductions qui marchent sous l’action d’un mouvement d’horlogerie rudimentaire. Mais il est entendu que le sport de l’auto ne va pas sans amener de fréquentes catastrophes et c’est pourquoi M. Blondinat vient de truquer ses voitures de façon à donner l’illusion complète de la réalité.
- Automobile à catastrophe.
- L auto est en trois parties et comporte 2 voyageurs, en tout cinq pièces ; le montage en est facile au moyen d’agrafes et, une fois montée, rien ne distingue cette voiture d une autre pour ceux qui ne sont pas prévenus. Cependant un ressort, dissimulé sous le châssis, peut à un certain moment se détendre brusquement et, par son choc il fait voler dans des directions diverses les différentes. pièces. L’initié peut à volonté produire cette catastrophe ou l’éviter, il peut même la produire plus ou moins tôt,après la mise en route; pour cela il place 1 extrémité du ressort sur une vis sans fin, actionnée par la marche même de la voiture, et quand le ressort arrive au bout de la vis il échappe et produit son effet ; on comprend donc que suivant le point de cette vis où il aura.'été placé, il échappera plus ou moins tôt. Si on le met en dehors de la vis il n’échappe pas du tout et il n’y a pas de catastrophe. Il y aurait là, si on voulait, matière à un jeu d’adresse consistant à produire la
- chaque disque et un tendeur, constitué par un contrepoids pendu à une ficelle et enroulé en sens inverse sur ie même axe, assure la tension du fil, qui peut avoir a5 à 3o mètres sans inconvénient et même davantage si on veut le soutenir de distance en distance par des supports. On comprend dès lors que quand l’un des disques tourne, l’autre tourne aussi de quantité égale. Une aiguille indicatrice montre la lettre choisie, il y a synchronisme entre les deux disques grâce aux tendeurs, et on obtient en réalité une assez grande précision pour qu’il n’y ait pas d’erreurs dans la transmission. Les poteaux et les 4 fils représentés sur la figure n’ont aucune utilité et servent seulement à donner l’illusion d’une ligne télégraphique. — Chez M. P. Rigaut, 9, rue Moret, boulevard de Belleville, 62, Paris.
- La mare aux grenouilles. — C’est un petit jeu d’adresse qui peut intéresser plusieurs joueurs. Dans une petite caisse sont montées 6 lames de ressort qu’on peut abaisser par leur extrémité libre et lâcher brusquement. Sur chaque lame on place une petite grenouille en métal qu’il s’agit de lancer dans un des godets numérotés fixés sur le haut de la boîte ; si on manque son coup la grenouille tombe dans la mare et on a perdu. Si onréussit on gagne plus ou moins suivant la valeur attri- La mare aux grenouilles,
- buée au godet atteint.
- Il faut un certain doigté, qu’on acquiert par l’habitude, pour sentir quelle tension il faut donner au ressort pour ne pas dépasser le but. — Chez M. Vignes, 122, faubourg Saint-Martin, Paris.
- Auto-rameur. — L’exercice du canot est très hygiénique parce qu’il met en mouvement à peu près tous les muscles; mais pour les jeunes enfants il présente un danger de noyade que les parents préfèrent éviter et ils ne le pratiquent pas. M. Roullot a construit une voiture qui fonctionne au moyen d’un levier qu’on actionne en faisant les gestes du rameur. Le mouvement de va-et-vient ainsi produit est transformé en mouvement circulaire, non pas au moyen de bielles et de manivelles comme cela se fait d’ordinaire, mais au moyen de chaînes qui s’enroulent et se déroulent sur des pignons à cliquets analogues à ceux des bicyclettes à roue.libre.
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- LE CONCOURS DES JOUETS 1906 |
- Il en résulte une très grande douceur et une sûreté de mise en marche qui permet même à de très jeunes entants de se servir de la voiture. La direction est donnée au moyen des pieds reposant sur l’axe des deux roues d’avant
- Auto-rameur.
- qui peuvent prendre une certaine inclinaison. — Construit par M. Roullot, 34, boulevard de l’Ouest, au Raincy.
- La boucle. — C’est un jouet de construction très ingénieuse qui constitue en même temps un jeu de hasard : une petite voiture est mise sur un plan légèrement incliné placé à la partie supérieure, il roule et vient entrer sous la porte qui se trouve à l’autre extrémité ; là il rencontre une trappe qui s’abaisse automatiquement et l’amène en
- La boucle.
- face d’une autre porte placée au-dessous de la première, point de départ de la boucle. Après avoir accompli le parcours de celle-ci dans les conditions ordinaires, la voiture arrive au bout de la piste et rencontre un butoir qui supporte deux billes, celles-ci sont projetées par le choc à la partie inférieure de la boîte où elles rencontrent des quilles qu’elles renversent en plus ou moins grand nombre. — Ce jouet se trouve chez M. J. Yeil, 22, rue des Ecoulfes, Paris.
- Jeux de courses
- Le Circuit de Montmartre et la Coupe de Saint Antoine. — Au concours de cette année il y avait plusieurs jouets basés sur la trépidation et nous avons retenu deux des plus amusants. Le premier, qui, à notre
- Circuit de Montmartre.
- avis, aurait mérité un grand prix, par-sa simplicité et l’elfet d’hilarité irrésistible qu’il produisait, était dénommé par son auteur, M. Wolff : « Circuit de Montmartre », probablement à cause du moulin à vent qui y figure.
- Il se compose simplement de deux planches réunies à l’une de leurs extrémités par une charnière et séparées à 1 autre extrémité par un ressort; sur la planche supérieure sont plantés quelques obstacles, un mât, deux tourniquets et des barrières. On pose là-dessus de petites poupées grotesques, mises en sac et terminées par une calotte sphérique en métal ou en bois à la partie inférieure. On donne une série de secousses à la planche en tapant dessus avec la main; les poupées tendent à descendre vers le moulin, mais elles sont en équilibre instable, quoique toujours debout, grâce au poids de la calotte sphérique mise à leur pied ; il résulte de là une bousculade du plus curieux effet. Bref, l’une d’elles arrive la première au moulin et s’introduit même sous la porte
- Coupe de Saiut Antoine.
- pour aller ressortir de l’autre côté; c’est la gagnante. Elles sont de couleurs différentes et chaque joueur a choisi la sienne.
- Le second jouet, imaginé par M. Roullot, qu’il a baptisé du nom de « Coupe de saint Antoine » à cause des cochons qui figui'ent les coureurs, est aussi basé sur les trépidations, mais celles-ci se produisent dans le sens horizontal. Deux planchettes reposent l’une sur l’autre, mais celle de la partie supérieure s’appuie sur un ressort à l’une de ses extrémités ; en donuant une série de coups rapides à l’autre extrémité on produit la trépidation qui met en mouvement les petits cochons qui glissent dans les rainures d’une troisième planche fixe figurant le champ de couçse. Il est rare que ce soit le même qui arrive deux fois de suite au but. — Le Circuit de Montmartre est construit par M. Wolfï, 14, rue Rosa-Bonheur, à Paris, et la Coupe de saint Antoine par M. Roullot, 34, boulevard de l’Ouest, au Raincy (S-et-O).
- ctg'jss, Divers
- Le Rallie-couleurs. — Ce nouveau jeu peut servir en plein air ou dans un appartement suivant sa taille. Il consiste en un petit chariot à 2 roues qu’on manœuvre au moyen d’un manche tenu à la main. Il porte une série d’anneaux suspendus à une tringle ; chacun d’eux est surmonté d’une boule d’une couleur différente.
- D’autre part on a une série de plots en forme de demi-sphères qu’on peut poser dans divers endroits ; dans chacun d’eux s’ajuste, à frottement très libre, un bouchon surmonté d’un crochet et chacun de ces bouchons correspond comme couleur à une des boules. La hauteur des plots est calculée de façon qu’au moyen des anneaux, en promenant le chariot au-dessus des plots, on peut enlever les bouchons. Diverses combinaisons peuvent être imaginées et le jeu comporte le règlement de quatre différentes : Rallie-couleurs, Course aux couleurs, Collin-Maillard et Cache-Tampon. Suivant les jeux, les joueurs ont à porter de façon apparente les insignes de leurs couleurs. On peut être 2 à 10 personnes et s’installer n’importe où dans un jardin, une cour ; sur le plancher, ou sur une table, si 1 on joue dans un appartement. — Cet appareil se trouve chez M. Sertet, 8, rue de la Cour des Noues, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Instituts Solvay : Travaux de l'Institut de Sociologie. Notes et mémoires : Fascicule I. Notes sur des formules d'introduction à Vénergétique physio et psychosociologique, par E. Solvay, 1906. Prix : 2 francs. — Fascicule 2. Esquisse d’une sociologie, par E. Wax-weiler, 1906. Prix : 12 francs. — Fascicule 3. Les origines naturelles de la propriété : essai de sociologie comparée, par R. Pétrucci, igoS. Prix : 12 francs. — Fascicule 4. Sur quelques erreurs de méthode dans l'élude de l'homme primitif-, notes critiques, par L. Woton, 1905. Prix : 2fr,5o. — Fascicule 5. L'Aryen et VAnthroposociologie : étude critique par le Dr Houzé, 1906. Prix : 6 fraucs. — Fascicule 6. Mesure des capacités intellectuelle et énergétique, par C11. Henry, avec une remarque additionnelle de E. AVaxweiler, 1906. Prix : 4 fraucs. — Fascicule 7. Origine polyphy-létique, homotypie et non comparabilité directe des sociétés animales, par R. Pétrucci, 1906. Prix : 5 francs.
- Tous ces ouvrages, comprenant chacun 1 vol. in-4° sont eu vente à Bruxelles et à Leipzig chez Misch et Thron; à Paris, chez Y. Giard et E. Brière.
- Les Notes et mémoires dont les titres précèdent sont les plus importantes des publications de l’Institut de sociologie (Instituts Solvay), publications qui comprennent, en outre, une série in-8° dite éludes sociales, et une série in-16 d'actualités sociales. Les notes et mémoires ne contiennent que des études originales, ayant trait à la sociologie, c'est-à-dire considérant les êlres étudiés, animaux ou hommes, au point de vue des rapports présentés entre eux par les individus d une même espèce. Ces publications sont faites dans un esprit exclusif d’investigation et d’observation scientiüque, sans tendance réformatrice. C’est l’étude des sociétés animales et humaines effectuée suivant la méthode des naturalistes ; chacun des travaux cités est de premier ordre.
- Le sourire, par Georges Dumas. Paris, Félix Alcan, 1906. 1 vol. in-12 (Bibliothèque de philosophie contemporaine). Prix : 2fr,5o.
- Physiologie et psychologie du sourire. Le sourire est le plus simple des mouvements des muscles faciaux et c’est pour cette raison qu’il est déterminé par toutes les causes susceptibles d’augmenter légèrement le tonus vital. Secondairement, le sourire est devenu l’expression volontaire des émotions légères qui veulent se manifester socialement.
- Les anomalies mentales des écoliers, par Philippe et P. Boncour. Paris. Félix Alcan, 1906. 1 vol. in-12. (Bibliothèque de philosophie contemporaine). Prix : 2f',5o.
- Les révélations de l'écriture, d'après un contrôle scientifique, par Alfred Binet. Paris. Félix Alcan, 1906, 1 vol. in-8°. Prix : 5 francs (Bibliothèque de philosophie contemporaine.)
- Physiologie de la lecture et de l’écriture, par E. Javal, membre de l’Académie de médecine, directeur honoraire du laboratoire d’ophtalmologie à la Sorbonne. Paris. Félix Alcan, 1906. 1 vol. in-8°. Prix : 6 francs (Bibliothèque scientifique internationale).
- La chèvre, son histoire, son élevage pratique, ses bienfaits, ses services, par Joseph Crépin, avec une préface de Ed. Perrier, du Muséum. Paris. Hachette et C‘e, 1906. 1 vol. in-8° écu, avec 14 planches hors texte. Prix : broché, 5o- relié, 10 francs.
- La Nature a signalé à diverses reprises tout l’intérêt des tentatives faites depuis quelques années pour réhabiliter la chèvre et lui faire une large place parmi nos animaux d’élevage. M. Crépin est, nos lecteurs le savent, à la tête de ce mouvement. Son livre, superbement illustré et rédigé par une main d’expert, triomphera certainement de la dernière résistance.
- Le liège, sa production, son utilisation, les industries qui s’y rapportent. Revue mensuelle illustrée. Rédacteur en chef : Max Hilbig. Rédaction et administration, 5a. rue Sainl-Georges, Paris. Prix de l’abonnement : France, 20 francs; Union postale, 25 francs.
- L'Électricité à VExposition de Liège igo5, par J.-A. Montpellier, rédacteur en chef de Y Electricien, avec introduction de M. Eugène Sartiaux, président du Comité français du groupe V à l’Exposition de Liège. Grand in-8° de XXX— 5o6 pages, avec 238 fig. Prix : 18 francs (Iî. Dunod et E. Pinat, éditeur, Paris, VIe).
- h'Électricité à l’Exposition de Liège est une étude technique et pratique dans laquelle sont enregistrés les progrès accomplis depuis l’Exposition universelle de 1900 dans les différentes branches des applications si nombreuses de l’énergie électrique. Dans la première partie, consacrée à la production de l’énergie électrique, M. Montpellier décrit avec détails les nombreux groupes électrogènes, dynamos à courant continu et alternateurs qui ont figuré à cette Exposition, ainsi que les moteurs à vapeur et à gaz qui les actionnaient. La transformation, la canalisation et la distribution de l’énergie électrique font l’objet des deux parties suivantes et les transformateurs, les accumulateurs, le matériel des lignes aériennes et souterraines, les câbles et fils, l’appareillage, etc., présentant des dispositions nouvelles, ont été soigneusement décrits. Les quatre autres parties de l’ouvrage ont été réservées aux applications mécaniques, chimiques, thermiques, aux instruments de mesure, aux applications diverses, etc. Cet ouvrage constitue un véritable répertoire des productions les plus récentes de l’industrie électrique en Belgique, en France et autres pays d’Europe.
- Manuel pratique du Monteur électricien, par J. Laf-fargue, ingénieur électricien. 1 vol. petit in-8, 9e édition. Paris, 1906. Bernard Tignol, éditeur, 53 bis, quai des Grands-Augustins. Prix : cartonné, 10 francs.
- « La 9e édition du Manuel pratique du Monteur électricien vient de paraître. L’auteur cherche toujours à modifier en ajoutant des explications plus claires, en retranchant des parties inutiles ».
- Le carbone et son industrie : diamant, graphite, charbons, noirs industriels, houille, par Jean Escard, ingénieur civil. Paris, 1906. H. Dunod et E. Pinat. 1 vol. gr. in-8 de xvm-784 pages, avec 120 fig. Prix broché : 2.5 francs; cartonné : 26fr,5o.
- Technologie et analyse chimique des huiles, graisses et cires, par le Dr J. Leyvkowitsch, chimiste conseil et analyste, ingénieur, traduit de la 3e édition anglaise, par E. Bontoux, ingénieur chimiste. Tome I. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1906. 1 vol. in-8° de xx-
- 564 pages, avec 53 fig. Prix broché : 20 francs; cartonné : 2if,',5o.
- Les turbines à vapeur, ouvrage suivi de Considérations sur les machines thermiques et leur avenir, ainsi que sur la turbine à gaz, par A. Stodola, professeur à l’Ecole polytechnique de Zurich, traduit d’après la 3e édition allemande, par E. Hahn, ingénieur, directeur du Laboratoire de mécanique appliquée de l’Université de Nancy. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1906. 1 vol. gr. in-8° de viii-636 pages, avec 4^4 fig-Prix broché : 25 francs; cartonné : 26fr,5o.
- Le contremaître mécanicien, par Joanny Lombard, chef d’atelier à l’École nationale d’arts et métiers de Lille, et Julien Caen, inspecteur de l’Association des industriels de France contre les accidents du travail. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1906. 1 vol. in-8° de 5o6 pages, avec 317 fig. Prix broché : 7fr,5o; cartonné : 8fr,75.
- Notions d’arithmétique, de géométrie, de trigonométrie, de physique, de chimie, de mécanique et d’électricité ; procédés et dispositifs assurant le bon ordre et la sécurité des ouvriers.
- Chimie et physique appliquées aux travaux publics (Analyses et essais des matériaux de construction), par J. Malette, conducteur des ponts et chaussées, chimiste à l’École nationale des ponts et chaussées (Fait partie de la Bibliothèque du conducteur de travaux publics. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1906. 1 vol. gr. in-16 de x-620 pages, avec 172 fig. Prix relié en mouton souple : 12 francs.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Dictionnaire des termes techniques employés dans les Sciences et dans VIndustrie. Recueil de 26000 mots techniques avec leurs diüerentes significations, par Henry de Graffigny, avec préface de Max de Nan-souty. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1906. 1 vol. in-16 de 840 pages. Prix : broché, i2fr,5o; cartonné, 14 francs.
- Le travail considérable de M. de Gralligny sera certainement très apprécié de tous, techniciens, industriels, vulgarisateurs, et même simples curieux. Ce catalogue comble une véritable lacune.
- Le celluloïd, camphre, cellulose, nilrocellulose, celluloïd, par F. Bôckmann, ouvrage traduit de l’allemand et augmenté d’un chapitre sur la soie artificielle, par Gustave Keotz, ingénieur-chimiste. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1906. 1 vol. in-8°. Prix : broché, 4f,',5o; cartonné, 5fr,5o.
- Précis d analyse chimique quantitative des substances minérales, par le Dr Cake Friedueim, traduit par le D' L. Gautier. Paris-Liège, 1906. Ch. Béranger.
- 1 vol. in-8°. Prix : i5 francs.
- Transmission de l'énergie à grande distance. Théorie et calcul des lignes à, courants alternatifs, par G. Roesseer, docteur ès sciences, professeur à l’Ecole technique supérieure de Dantzig. Traduit de l’allemand par E. Steinmann, docteur ès sciences, professeur à l’Ecole de mécanique de Genève. 1 vol. in-8°. Paris. Librairie polytechnique, Ch. Béranger, éditeur. Prix : 12 francs.
- T.es piles sèches et leurs applications. Lumière de poche, applications à l’automobile et à l’allumage des moteurs à explosion, par A. Berthier, ingénieur. Paris, H. Desforges, 1906. 1 vol. in-12. Prix : i!r,y5.
- Ltudes sur le climat de la Tunisie, par G. Ginestous (Thèse présentée à la Faculté des Sciences de Paris pour obtenir le titre de Docteur de l’Université de Paris). Tunis. Imprimerie centrale, 1906. 1 vol. iu-8°.
- Traitement de la tuberculose par les courants de haute fréquence et de haute tension, basé sur l'étude du chimisme respiratoire, par le D' II. Tiukeeé, Rouen. Mégard et Cio, igo5. 1 vol. grand in-8°.
- Le Baptême, poème par P. Peessis. Paris, 1906. Lectures politiques et littéraires.
- Inconvénients et dangers des dentiers et autres pièces de prothèse dentaire et Maladies du caoutchouc, par L. Eieertsen. Paris. Jules Rousset, 1906. 1 vol. in-18. Prix : 3 francs.
- /.es signes de la mort réelle en l’absence du médecin, par le D' Liard. Paris. A. Maloine, 1907. 1 vol. in-16. Prix :
- L'unité des forces et de la matière, par le Dr P. Palla-dino. Turin, 1906. 1 vol. in-8°.
- Les abcès du lobe sphéno-temporal du cerveau d’origine otique, par le D1 Wiuart. Paris, H. Paulin, 1906.
- 1 vol. in-8°.
- La Magnéto d'Automobile, par L. B. Fanor, Paris. H. Desforges, 1906. 1 vol. in-12, broché avec lig. Prix : 2 francs.
- Catalogue of the type and dgured specimens of fossils, minerais, rocks and ores (Muséum national des Etats-Unis), par G. P. Merriee. Part 1 : lossils inverlebrales. Washington. Government printing olliee, 190.5. 1 vol. in-8°.
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- RESUME MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en septembre 1906, par M. Th. Moureaux
- La moyenne barométrique est une des plus grandes qui aient été observées en septembre depuis 33 ans. La température est ordinaire malgré les fortes chaleurs des neuf premiers jours; du icr au 4 notamment, le thermomètre a dépassé chaque jour 3i°, mais du 10 au 3o, la moyenne diurne est restée constamment un peu basse. La pluie ne porte que sur 5 jours consécutifs, du 14 au 18, et la hauteur totale d’eau tombée représente seulement le tiers de la normale du mois. On n’a observé aucune manifestation orageuse autre qu’un seul coup de tonnerre lointain dans la matinée du 16. Les premières gelées blanches de la saison sont survenues les 25, 26 et 27.
- Le i5, dans l’après-midi, le baromètre a enregistré une série d’oscillations rapides et de grande amplitude, dont la principale est de i"lm,8 en 6 minutes, de 17''38m à 171144"’; la girouette a suivi les mouvements de la pression. Le phénomène a été signalé dans la partie Nord de la France, depuis Nantes jusqu’à Nancy et Besançon, avec un maximum d’intensité dans la région de Paris.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 761““,92; minimum absolu, 75omm,3 le i5 à i5h25m; maximum absolu, 772”"“,4 le 27 à 9 heures; écart extrême, 22mm, 1.
- Température. — Sous l’abri : moyenne des minima, 8°,97 ; des maxima, 2i°,5o ; du mois, i5°,24 ; des 24 heures, i4°,65; minimum absolu, 2°,7 le 26; maximum absolu,
- 3 i°,6 le 4. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, 5°,64 ; des maxima, 390,H1 ; minimum absolu, —2°,2 le 26; maximum absolu, Si0,9 le ior. — Dans le sol gazonné, moyenne du mois. Profondeur om,3o : à 9 heures, 160,19; à 21 heures, i6°,39. Profondeur om,65 : à 9 heures, 16°,7a ; à 21 heures, 16°,64. Profondeur 1 mètre : à 9 heures, 36°,73 ; à 21 heures, i6°,69. De Marne : moyenne le malin, i8°,3o; le soir, 18°,97 ; minimum, 14°,34 le 3o ; maximum, 2.3°,85 le 4-
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, gmm,io; minimum, 4mm,6 le 26 à 14 heures; maximum, 14,nm,4 le
- 4 à 24 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, q5,5; minimum, 19 le 2 à i5h 45'”; maximum, 100 en 11 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 3,3a ; moyenne diurne la plus faible, 0,0 les 1, 2, 3, 8, 26, 27, 28; la plus forte, 9,2 le 17.
- Insolation : durée possible, 376 heures; durée effective, 23oh,5 en 29 jours; rapport 0,61.
- Pluie : Total du mois, i8mm,6 en i3h,3; le i5, nmm,5 en 5h,5.
- Nombre de jours : de pluie, 5; de pluie inappréciable, 3; de gelée blanche, 3; de rosée, 21; de brouillard, 6; d’orage, 1, le 16; de halos, 6; de brume, 3.
- Fréquence des vents : calmes, 25.
- N........32 S. E ... 23 W .... 23
- N. N. E. . 79 S. S. E. . 10 W. N. W. i5
- N. E . . . 145 S. ... 24 N. W . . 26
- E. N. E. . .34 S. S. W. . 3i N. N. W . 42
- E........48 S. W. . . 28
- E. S.E . . i5 W. S. W. 20
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 3m,o ; moyenne diurne la plus grande, 5m,9 le 17; la plus faible, im,i le 7; vitesse maximum en i5 minutes, i3'n,9 le 17 de x5h3om à i5h45m par vent
- N. N. W.
- Electricité atmosphérique : moyenne du mois (18 jours), 94 volts; moyenne diurne la plus grande, 149 volts le 19; la plus faible, 5g volts le 9; amplitude diurne, o,33; amplitude nocturne, o,54-
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, im,82; minimum, 1m,58 le 4; maximum, 2“,00 le 18.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, -f- 2mm,43 ; température, —o°,i7; tension de la vapeur, — o'mn,g4; humidité relative, —5,o; nébulosité, — 1,95; pluie, —3irara,3.
- Taches solaires : on a suivi 14 taches ou groupes de taches en 27 jours d’observation.
- ' Perturbations magnétiques : 2-3, 4> 26, faibles; 22-2.3, assez forte.
- Floraisons. — Le 2, hémérocalle du Japon; le 3, cataleptique de Virginie; le 6, helianthus rigidus ; le i4> gynérium argenteum ; le 19, aster oeil-de-christ ; le 22, veronica speciosa ; le 23, helianthus orgyalis.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général.qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Le réfraclomètre. — M. P. Delpech (Seine-et-Oise), nous écrit la lettre ci-dessous : « Dans le n° 174 1 » du 6 octobre 1906, p. i45, du Supplément, il est publié aux informations queM. G. F. H. Smith a présenté à la Société royale de Londres, un instrument très simple pour mesurer l’indice de réfraction des pierres transparentes, et des liquides. Permettez à un de vos abonnés de vous signaler qu’il y a au moins i5 ans, un savant français, M. Bertrand, a inventé un réfractomètre portant son nom, dont la construction et le mode d’emploi sont identiquement semblables, à ce que vous signalez nous venir d’Angleterre. La science p’a pas de pays c’est vrai, mais chaque pays peut et doit garder la priorité de ce qui lui appartient. )>
- La chronologie des palafiti.es. — Le récent article de M. Martel, A propos du cinquantenaire des palafittes {La Nature, n° 1741, du 6 octobre, p. ago), nous a valu de la part de M. Louis Perrot, docteur ès sciences, secrétaire correspondant de la Société de physique de Genève, communication d’une intéressante petite brochure. Ce travail, Coup-ci’œil sur les populations lacustres de la Suisse (extrait de la feuille centrale de la Société de Zolingen, en mars 1885) retrace tout d’abord l’historique de la découverte des cités siir pilotis au lac de Zurich, puis des lacs de la Haute Italie et du plateau suisse. Viennent ensuite quelques mots sur ce que l’on peut imaginer de la vie dans ces cités préhistoriques, Sur l’industrie des hommes qui y habitaient. G’est sur la question de leur date que l’auteur s’étend le plus. Pour lui leur disparition se place au moment de l’apparition du fer, c’est-à-dire de la civilisation de la Tène. Cette apparition est d’une époque peu antérieure à la conquête romaine. Cependant quand eut lieu celte conquête, tout souvenir de l’existence des cités lacustres était complètement disparu et ni César, ni Tile-Live, ni Pline n’en font nulle part la moindre mention. Aussi on a voulu parfois reculer jusqu’au delà du x° siècle avant le Christ le temps de l’existence des villages helvètes sur pilotis, et dater de cette époque leur lin, correspondant à celle de l’âge du bronze. M. Perrot trouvait en i885 cette date trop lointaine. Il citait cet intéressant passage d’Hérodote, parlant des habitants du lac Prasias en Thrace : « Leurs maisons sont construites ainsi : sur des' pieux très élevés, enfoncés dans le lac, on a posé des planches jointes ensemble ; un pont étroit est le seul passage qui y conduise. Ils ont chacun sur ces planches leur cabane avec une trappe bien jointe qui conduit au lac ; et dans la crainte que leurs enfants tombent par cette ouverture, ils les attachent par le pied avec une corde », et il ajoutait ne pas voir de raison pour justifier la disparition cinq siècles plus tôt en Helvétie d’un mode d’habitation qui survivait encore en Thrace, au ve siècle, à proximité de l’empire perse et de sa civilisation expansive. — Des travaux récents semblent bien justifier ces conclusions qui étaient fort sensées, bien qu’hypothétiques à leur époque. Au cours d’une récente discussion devant la Société d’anthropologie, M. Zabo-rowsky, représentait la civilisation de la Tène comme coïncidant avec un état d’apogée de la race gauloise, apogée qu’il plaçait, avec beaucoup de preuves convaincantes, vers le v° siècle.
- Renseignements. — Mme Chavanne, à Thonon-les-Bains. — Utilisation des déchets, industriels : voyez l’ouvrage de P. Razous, à la librairie Dunod et Pinat, 4g, quai des Grands-Augustins, Paris, les Déchets industriels, récupération, utilisation. 1 vol. in-8. Prix : izfr,5o,
- M. P. V., à Chalo-Saint-Mard. — Les maisons qUi peuvent vous donner satisfaction sont nombreuses, par exemple Compagnie française d’appareillage électrique,
- 16, rue Montgolfier, Compagnie générale de l’électricité, 5, rue Boudreau, Gramme, 20, rue llautpoul, Société industrielle d’électricité, 45, rue de l’Arcade, à Paris.
- M. Guigna, à Paris. — Veuillez consulter le Manuel du monteur électricien, à la librairie Tignol, 53 bis, rquai des Grands-Augustins, Paris. Vous trouverez tous les renseignements cherchés. Cet ouvrage coûte 6 francs.
- M. J. Liriffa, à Malte. — Pour le phonocarte ou pho-, noposlal, veuillez vous adresser à M. Marotte, 35, rue de Jussieu, à Paris.
- M. Silv. Paolelti, à laSpezzia.— Adresses demandées : Work, Cassell and C°, editor, La belle sauvage, Ludgate hill, Londres, E. C.; Cosmos, 5, rue Bayard, Paris.
- .. M. Ch. Menin. — Nous ne connaissons aucun appareil à projection dont l’image donne l’impression du relief. Pour un traité sur les projections photographiques, vous en trouverez d’excellents chez l’éditeur Ch. Mendel, iï8, rue d’Assas, Paris. - ’
- M. Artus, à Paris. — La rédaction de La Nature est absolument étrangère à l’insertion des encartages dans le numéro et nous ne nous souvenons pas de celui dont vous voulez parler. Peut-être M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, Paris, pourrait-il vous donner une indication précise au sujet de la lampe hygiénique. Vous pouvez lui écrire de notre part.
- M. E. Hennequet, à Paris. — Les chiffres que vous indiquez ne sont pas contradictoires. Le.rapport de 45o à goo francs par an s’entend d’animaux bien traités:; si le chiffre moyen des rapports donnés par la chèvre en Allemagne est beaucoup inférieur, c’est qu’il entre dans le total des animaux dénombrés une grande quantité d’improductifs. Voyez d’ailleurs, sur tout ce qui concerne la chèvre, le récent et beau livre de M. Crépin à la libraire Hachette et C‘e et, au besoin, adressez-vous à l’auteur, praticien et tout à fait compétent.
- MM. Hermann Lachapelle, à Paris. — Nous transmettons votre demande à l’auteur de l’article qui vous répondra directement.
- M. G. E. Forneron, à Bordeaux. — Veuillez vous adresser à un médecin.
- M. E. Germanes, à Bruxelles. — Nous ne possédons pas le renseignement demandé; tous nos regrets.
- Proviseur du Lycée, à Toulon. — Voici, d’après notre recueil de Recettes et procédés utiles, 3° série, librairie Masson et C‘e, à Paris, une préparation de vernis transparent pour instruments d’optique, tableaux, etc. Faire dissoudre environ 65 gr. de gomme laque dans 1 litre d’eau-de-vie rectifiée, ajouter 125 gr. de noir animal bien calciné et préalablement chauffé ; faire bouillir quelques minutes. Si en filtrant une petite partie du mélange sur du buvard gris, on ne le trouve pas suffisamment incolore, ajouter du noir jusqu’à obtention du résultat voulu. Lorsque la transparence est parfaite, filtrer sur un morceau de soie, puis sur du papier Joseph.
- M. Baratoux, à Paris. — La bouteille dont vous parlez dite bouteille Thermos, se trouve aux magasins du Bon Marché.
- Vienne W. — Il nous est impossible de vous donner la liste que vous demandez et qui serait interminable. Vous pourrez d’ailleurs très facilement la constituer vous-même dans une bibliothèque scientifique viennoise, à l’Université ou ailleurs en relevant les titres de diverses publications des Sociétés, instituts et stations biologiques qui y sont adressées de toutes les régions du globe.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Grate-pied, à Meudon. L’auteur est mort depuis quatre ans, votre requête est donc impossible à satisfaire. — M. Ch. Gravais, à Melun. Veuillez vous adresser à un généalogiste et consulter un notaire. — M'n<! V. Bazouffas, à Constantinople. Vous trouverez ces indications dans le recueil de Recettes et procédés utiles, 3° série, à la librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. Saint-Charles, à Maubeuge. Voyez le même ouvrage, 110 série, même librairie. — M. P. Delpech, M. Perrot, à Chambéry (Genève). Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 octobre. . . 12°,2 S. S. E. 1. Très nuageux. 1,1 Rosée; très nuageux; pluie dans la soirée.
- Mardi 9 11°,3 S. 2. Nuageux. 0 Peu nuageux.
- Mercredi 10 13°,8 S. E. 2. Nuageux. » Rosée; peu nuageux.
- Jeudi 11 . 15°, 7 E. S. E. 2. Nuageux. i> Peu nuageux le matin; beau le soir; halo à 12 li.
- Vendredi 12 10",8 S. S. W. 2. Drouillard. » Rosée ; brouill. ; très nuag. le matin ; peu nuag. le soir.
- Samedi 13 11°,8 S. S. W. 2. Couvert. 3,s Très nuageux ; pluie le malin et le soir.
- Dimanche 14 6°,4 N. N. W. 5. ' Nuageux. 0,0 Peu nuageux; gouttes à 16 h.
- OCTOBRE 1906.— SEMAINE DU LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 OCTOBRE 1906
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent • courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été pluvieux dans la semaine du 8 au 14 octobre. Le 8 octobre, un vent assez fort d’entre Sud et Ouest a soufflé sur nos côtes de la Manche et de la Bretagne. Il est tombé quelques pluies dans l’Ouest. La température était le matin 11° à Paris, i3° à Nantes, i3° à Toulouse, i5° à Perpignan, 200 à Alger, io° au Puy de Dôme, 6° au mont Yentoux, 6° au Pic du Midi. La pression barométrique à Paris était 760,6 mm. Le 9 octobre, une dépression dont le centre était près de l’Irlande étendait son action à l’Ouest de la France. On notait un maximum barométrique de 775 mm sur la Baltique. Des pluies sont tombées en France; on a recueilli 14 mm d’eau à Lorient, 11 mm à Nantes, 8 mm à Cherbourg, 2 mm à Boulogne, 1 mm à Paris. La température était le matin ii° à Belfort, n° à Paris, 160 à Perpignan, 210 à Alger. Dans toutes les régions elle a été supérieure à la normale. A Paris, la température moyenne a été 160, supérieure de 4°>9 à la normale. Le 10 octobre, la pression barométrique était encore faible sur l’Irlande et l’Ouest de la France. Le vent a été très faible et très modéré sur toutes les côtes. 11 a plu à Cherbourg (23 mm d’eau), au Mans (12 mm), à Lorient (7 mm), à Calais (4 mm). Plusieurs orages ont eu^lipu à Bordeaux. Biarritz, Nantes, Rochefort. Le thermomètre marquait 140 à Paris, i5° à Bordeaux, 170 à Clermont, 180 à Perpignan, 90 au Puy de Dôme, 5° au mont Yentoux, o° au Pic du Midi. A Paris, le ciel est demeuré sans nuages, les vents ont soufflé du Sud-Sud-Ouest dans les régions élevées. Le 11 octobre, à la suite de violents orages et de cyclones, la pluie est tombée en très grande abondance dans le département des
- Pyrénées-Orientales, ainsi qu’à Marseille, à Toulon et à Tours. Dans l’arrondissement de Prades, douze gros platanes bordant la route nationale ont été déracinés, des meules de paille emportées, des vignes enlevées. A Marseille, l’eau est tombée dans la journée depuis 11 heures du malin; il n’avait pas plu depuis le 5 juillet. Une tempête a eu lieu à Toulon sur le littoral et au large. Des orages se sont abattus également sur le département d’Indre-et-Loire, et ont causé d’importants dégâts. On a recueilli 63 mm d’eau à Biarritz, 34 mm d’eau à Perpignan, 18 mm d’eau à Bordeaux, 17 mm d’eau au Mans. La température était le matin 120 à Bordeaux, 160 à Paris, 180 à Clermont, 200 à Marseille, 90 au Puy de Dôme, o° au mont Mounier. La température moyenne à Paris a été i8°,2, supérieure de 7°,4 à la normale. Le
- 13 octobre une dépression barométrique (742 mm) s’est fait sentir sur les côtes de la Manche et de la Bretagne. Des pluies sont tombées au Mans (5 mm), au Havre (4 mm), à Boulogne (3 mm), à Brest (2 mm), à Paris (1 mm). Le thermomètre marquait le malin 6° à Clermont, 90 à Toulouse, 120 à Paris, 200 à Alger, 6° au mont Aigoual, —3° au Pic du Midi. La pluie est tombée à Paris sans interruption de 4 heures à 6 heures et de 7 heures à 8 heures. A midi, la pression barométrique à Paris était 754,1 mm. La pluie a encore continué à diverses reprises dans la soirée. Des orages ont éclaté à Nantes, Rochefort, Biarritz, Toulouse, Marseille. Le
- 14 octobre, la situation atmosphérique a été très troublée sur le Nord et le Centre du continent. Il est tombé 33 mm d’eau à Lyon, 3i mm à Marseille, 19 mm à Biarritz, i5 mm à Besançon, i5 mm à Boulogne, 9 mm à Brest, 3 mm à Paris.
- PHASES DE LA LUXE : I). Q. le 10 à 3 h. 49 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à T Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de a La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM, Masson et Cio, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’Indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1744 (27 OCTOBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- CSK"
- Congrès. — Le premier Congrès international d’hygiène alimentaire et de l’alimentation rationnelle de l’homme s’est réuni à Paris à la Faculté de médecine du •it au 27 octobre 1906. Un grand nombre de questions des plus intéressantes et des plus importantes ont été étudiées et passées en revue en ce qui concerne la physique biologique, la chimie biologique et la physiologie, l’alimentation rationnelle, la diététique, la chimie analytique, la bactériologie, la toxicologie, la parasitologie, la statistique, l’hygiène appliquée à la technologie alimentaire, l’hygiène alimentaire et l’alimentation rationnelle dans la famille et hors la famille, la coopération et la libre concurrence, l’assistance alimentaire, la prophylaxie sociale de l’alcoolisme et de la tuberculose par l’alimentation, l’enseignement et la vulgarisation de l’alimentation rationnelle de l’homme et de l’hygiène alimentaire à l’Ecole et hors de l’Ecole.
- Expositions d’horticulture et d’aviculture. — La
- Société nationale d'aviculture de France a tenu, aux grandes serres du Cours-la-Reine, à Paris, du 23 au 27 novembre sa 21" Exposition internationale d’animaux de basse-cour et d’oiseaux de sport. — La Société nationale d’horticulture de France tiendra son Exposition de chrysanthèmes, fruits, fleurs, légumes de saison, industries horticoles, aux mêmes serres du 3 au 11 novembre.
- La hausse des métaux. — Les cours de tous les métaux montent, depuis quelque temps, dans des proportions qu’en dépit de tous les raisonnements sur la consommation industrielle il est difficile d’attribuer uniquement à la loi normale de l'offre et de la demande, alors surtout que la production s’enfle simultanément, et par une conséquence toute naturelle, qui ne peut manquer d’accentuer encore son effet. Le cuivre, par exemple, a atteint le cours de 2525 francs (101 livres), qu’il n’avait pas vu depuis bien longtemps, même au moment du fameux krach des métaux, il y a 18 ans. L’étain a atteint 5375 fr. (215 livres), cours qu’on n’avait jamais vu, plus du double de ce qu’il valait en 1902, trois fois ce qu’il valait en 1894. Voici quelques chiffres montrant, pour ces deux métaux, la relation de la production et des cours depuis quelques années. Cuivre. — 1895, 353 000 tonnes, prix moyen, io5o fr. ; 1896,
- 397000 t., n5o fr. ; 1897, 426000 t., 1125 fr. ; 1898,
- 456ooo t., 1275 fr. ; 1899, 491 000 t., i83o fr. ; 1900,
- 5oi 000 t., i83o fr. ; 1901, 529000 t., i65o fr. ; 1902,
- 54o ooo t,, i3oo fr. ; 1903, 58oooo t., i45o fr. ; 1904,
- 639000 t., 1475 fr. ; 1905, 697000 t., 1800 fr. En 1906, le plus bas cours a été de 1900 fr. et l’on a atteint
- 2525 fr. le 16 octobre. On voit donc que, s’il y a fluctuation dans les cours, la production s’élève suivant une courbe continue. L’étain a valu, en i85o, 2000 fr. ; en 1860, 3ooo; en 1880, 2200 fr. pour une production de 37 000 tonnes; en 1884, 1800 à 25oo pour 46000 tonnes. En 1892, on est monté à 25oo fr. et descendu, en 1896, à 1400. En 1900, les cours ont varié de 2700 à 3goo. En 1903, le maximum a été de 35oo; en 1904, de 34oo; en 1905, de 4IOO> et, comme je l’ai dit en commençant, on vient de dépasser 5375 fr. Pendant.ce temps, la production oscille autour de 100000 tonnes et le stock visible est de 14 à 16 oqo tonnes. ......
- Journaliste et « mégathérium ». — Plusieurs
- journaux ont annoncé ces jours derniers la découverte d’un mégathérium dans les chantiers du Métropolitain. L’un d’eux disait que le squelette de cet animal, « une sorte d’ours fossile », avait été exhumé à l’angle de l’avenue Bosquet et de l’avenue de la Bourdonnais. Une pareille trouvaille, si elle avait été confirmée, aurait pu à bon droit être qualifiée de sensationnelle, car le mégathérium, en réalité un édenté de la taille d’un gros pachyderme, appartient à cette grande faune disparue qui peuplait l’Amérique du Sud à l’époque quaternaire. Sa présence en Europe aurait fait révolution dans nos connaissances. Malheureusement le squelette recueilli par les ouvriers du « métro » est celui d’un cheval. Une prudence d’autant plus grande aurait dû être de rigueur qu’en 1889, lors des travaux d’érection de la tour Eiffel; un grand nombre d’ossements analogues avaient été découverts dans le sol du Champ de Mars. M. Boule, aujourd’hui professeur de paléontologie au Muséum, qui se chargea alors de les déterminer, montra que l’on se trouvait en présence de débris de boucherie, accumulés ‘dans un charnier qui avait existé dans ce coin de Paris ^|ers le xvi° ou le xvne siècle.
- La maladie du sommeil. — Une mission organisée par la Société de géographie sur l’initiative de son président, M. Le Myre’de Vilers, et ayant pour objet d’étudier spé.mglçlhent la maladie du sommeil et les origines des diverses trypanosomiases, vient de partir pour Brazzaville. Cette mission, composée des Drs Martin et Lebœuf, et de MM- Rambaud, Weiss et Mûny, séjournera environ deux ans au Con£o avant de rapporter en France le résultat de ses rechéfeches.
- Les aéronautes du Siège de Paris. — La Société des aéronautes du Siège de Paris existe toujours, au début, ils étaient au nombre de 180; il y en a actuellement 35. M. Albert Tissandier était le président de cette
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- INFORMATIONS
- Société depuis plusieurs années ; il vient d’être remplacé par M. Cassiers, colombophile qui sortit de Paris le 27 octobre 1870 dans le ballon le Vauban.
- Travaux exécutés à l’observatoire du Mont-Blanc.
- — M. Jaussen a signalé à l’Académie des sciences, dans sa séance du 8 octobre 1906, les derniers travaux qui ont été exécutés à l’observatoire du sommet du Mont-Blanc, sous sa direction, par les divers savants qui y ont séjourné cette année.
- Un cyclone aux Antilles. — Un cyclone d’une grande violence s’.est abattu le 18 octobre sur la mer des Antilles et a ravagé tout le littoral du Sud, les Antilles et la côte des Caraïbes. Le centre du cyclone était à Cuba; les dégâts ont été considérables. Des maisons se sont effondrées, des péniches, des chalands ont été brisés; on a eu à déplorer des morts. Des pluies torrentielles sont tombées en de nombreux endroits ; les rues étaient transformées en rivières. Le cyclone a surtout souillé sur les provinces de la Havane et de Pinar-del-Rio. Dans l’Etat américain de Eloride, les villes de Key-West, Sainl-Augustin et de Miami ont beaucoup souffert.
- Câbles télégraphiques coloniaux. — Deux nouveaux câbles télégraphiques français ont été mis eu service entre l’île de la Réunion et Madagascar, et entre l’île Maurice et Madagascar. L’île de la Réunion se trouve donc actuellement reliée au réseau général par les voies « Mozambique » et « Maurice », et la nouvelle voie « Maurice » permet également d’assurer les relations avec Madagascar. Des réductions de 15 pour 100 ont été consenties par l’administration des postes et télégraphes dans le montant des taxes applicables aux télégrammes échangés avec Madagascar. La taxe des télégrammes privés a été abaissée de 3rr,975 à 3fr,375 par mot et celle des télégrammes de presse de ifr,6o à 1fl,375.
- Nouvel aéroplane. — MM. Blériot et Voisin ont essayé le 18 octobre sur le lac d’Enghien un nouvel aéroplane de leur construction, formé de plans rectangulaires avec gouvernail et stabilisateur ; deux hélices placées au centre sont mises en mouvement par deux moteurs à pétrole à quatre cylindres d’une puissance totale de 4^ chevaux. L’appareil est actuellement monté sur deux flotteurs; lorsque les hélices sont en mouvement, l’aéroplane doit glisser sur l’eau et s’enlever. Dans les essais que nous mentionnons, il a glissé, mais ne s’est pas enlevé; les inventeurs ont pu vérifier expérimentalement la direction. La vitesse du vent sur le lac d’Enghien n’atteignait que 4 m- Par seconde.
- Lancement d’un torpilleur. — Le. 20 octobre on a procédé au Havre au lancement du torpilleur 3ao, qui a été construit par l’industrie privée pour le compte de l’État. Ce petit navire a une longueur de 38 m., et une largeur de 4>24 m. ; son tirant d’eau est de 2,56 m., et son déplacement est de 99 tonneaux. Il renferme une machine verticale à triple expansion de 2000 chevaux, actionnant une hélice qui peut lui donner une vitesse de 26 nœuds à l’heure. La contenance des soutes est de 11,2 tonneaux; à la vitesse de 10 nœuds par heure, le rayon d’action est de 1800 milles ; à la vitesse maxima, le rayon d’action est de 200 milles. L’armement comprend 2 canons de 37 mm à tir rapide et 3 tubes lance-torpilles aériens ; l’équipage est formé par 2 officiers et 21 marins.
- La pêche du saumon en Hollande en 1905. —
- D’après un rapport fait au Ministère de la marine par le consul de France à Rotterdam, la pêche du saumon qui constitue comme on sait une des sources importantes du commerce hollandais, a donné pendant le courant de l’année dernière, 3i 424 têtes de saumon, soit 3513 de plus qu’en 1904. Le total aurait d’ailleurs été beaucoup plus considérable si la pêche d’hiver n’avait été absolument désastreuse. Rappelons que chaque année le gouvernement néerlandais accorde une subvention de 7000 à 8000 florins (14 à 16000 francs) pour l’achat de jeunes saumons destinés à assurer un repeuplement rapide et fécond des lieux de pêche. Ainsi, en i9o5,il a été lâché dans le Rhin supérieur 2 4 17 5oo jeunes, 1 882000, en 1904. De plus la pêche à la senne est interdite du i5 août jusqu’à fin décembre, de façon à conserver les saumons reproducteurs. Il serait à souhaiter pour la parfaite réussite de ces sages mesures, que l’Allemagne et la Suisse les prissent, elles aussi, à la même époque.
- Transports postaux souterrains. — Le réseau ferré établi à Chicago sous les rues, vient de permettre la circulation des premiers convois postaux réguliers entre le bureau central des Postes et la gare de La Salle Street. On va étendre cette façon de faire à presque toutes les autres gares, et les correspondances y gagneront beaucoup de temps.
- Industrie aurifère russe. — Il paraît que l’extraction de l’or subit une crise dans le centre et le sud de l’Oural, tandis qu’elle prend de l’importance dans le nord de cette région. Du côté de Tcherdynsk, on a extrait, en 1904, 32 à 33 kg du métal précieux, au lieu des 2 kg environ de 1901. Malheureusement les communications sont extrêmement difficiles, on ne peut circuler que dans des embarcations primitives sur les rivières lvolay et Yelsa, et le seul transport d’un poud de farine jusqu’aux centres miniers dépasse souvent 6 et 7 francs.
- Alliages cuivre-acier. — M. Wigham a fait devant l’Institution du fer et de l’acier, en Angleterre, une communication intéressante sur l’action du cuivre dans l’acier. Il est arrivé notamment à ces conclusions que le cuivre est fort difficile à allier à l’acier, si l’on veut obtenir une masse homogène contenant plus de 2 pour 100 de cuivre, et même malgré addition d’aluminium. La proportion de cuivre peut être d’autant plus élevée que ce métal se trouvait dans le fer avant qu’il eu été complètement transformé en acier. Dans de l’acier contenant au moins 5 pour 100 de carbone, il n’est pas utile pratiquement d’employer plus de 6 pour 100 de cuivre. L’acier à 25 pour 100 de cuivre et les alliages jusqu’à 25 pour 100 de cuivre avec haut pourcentage en carbone, donnent une bonne qualité de fil, même sans haut pourcentage de manganèse.
- Les gisements de pétrole de Trinidad. — Les
- champs d’huile de Trinidad commencent d’attirer sérieusement l’attention, et M. Cunnigham Craig, qui a été envoyé officiellement pour les étudier, en même temps que la géologie générale de Tabago, est revenu de son exploration avec des impressions très favorables. Pour lui, l’existence de pétrole abondant n’est pas douteuse, en présence du fameux lac d’asphalte et des sources gazeuses qui émettent du méthane notamment. Les pétroles de Trinidad ont déjà été analysés, et l’on a reconnu qu’ils ressemblent particulièrement aux huiles russes, la région pétrolière rappelant du reste beaucoup celle de Bakou.
- Paratonnerres. — Le Lighting Rod Committee, autrement dit le Comité des paratonnerres de l’Association américaine contre les incendies dite National Fire protection Association, a publié récemment un rapport où il spécifie que les tiges de paratonnerres en cuivre pur doivent peser au moins 600 grammes au mètre courant.
- Sources minérales. — La publication Work signale une source sodique qui vient d’être découverte dans le Nouveau Mexique, et qui est assez curieuse. (Malheurer-sement, notre confrère manque de précision dans ses ind; -cations). Cette source serait absolument saturée de sulfate de soude, et son eau pèserait à peu près m grammes au litre. Par évaporation, elle laisserait un résidu de 400 grammes de matière solide, dont 83, pour 100 serait du sulfate de soude cristallisable et chimiquement pur. Au sortir de la source, l’eau laisserait, en se refroidissant, se former des cristaux de ce sel.
- Brevets américains. — En 1855, le service des brevets n’en délivra que 2013 dans toute la Confédération; le chiffre correspondant était de 4819 en 1860, il dépassait i33oo en 1870. En 1886, on en était à 2a5oo, puis à 23373 en 1896; et finalement le nombre de brevets délivrés s’est élevé à 30299 en iqo5.
- Installation hydroélectrique. — On va capter et utiliser, au moyen d’une usine hydroélectrique, la chute de Dais, à Kragero, dans la région de Christiansand, en Norvège. Le courant sera fourni, d’une part, à une fabrique de carbure de calcium, puis à diverses manufactures électrochimiques, et enfin à la ville de Kragero.
- Béton armé. — On vient de refaire les barrières entourant les pelouses et corbeilles d’un des grands parcs publics de Budapest, et l’on a eu pour cela uniquement recours au béton armé, formant des sortes de balustrades jouant la pierre. On compte que cela durera beaucoup plus longtemps que le métal.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- Mécanique
- Appareil protecteur pour les tondeuses d’étoffes.
- — Les tondeuses pour tissus sont constituées essentiellement par un cylindre garni de lames métalliques enroulées en hélice et tournant devant une lame rectiligne taugentielle. Toutes ces lames sont coupantes ; les couteaux mobiles agissent donc en présence de la lame fixe comme des ciseaux qui tondent les tissus.
- Cette rencontre est une ligne particulièrement dangereuse ; elle se garnit de tontisse qu’il est nécessaire d’enlever à la main de temps à autre. Cette opération doit se faire la machine étant à l’arrêt; mais l’imprudence des ouvriers les empêche de tenir compte des recommandations qui leur sont adressées, et l’on a encore à déplorer bien des accidents.
- On a essayé de garnir les tondeuses de cadres grillagés protégeant l’endroit dangereux et qu’on lève ou abaisse à la main; les accidents sont devenus moins fréquents, mais il s’en produit encore. C’est pourquoi on a cherché à substituer à ce protecteur un appareil automatique qui, pendant la marche de la machine, refuserait l’accès du cylindre.
- Cet appareil comprend un cadre grillagé a, articulé autour de l’axe b. Cet axe est maintenu par deux sup-
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- Appareil protecteur pour les tondeuses d’étoffes.
- ports c fixés à l’extrémité de la tête mobile d qui porte le cylindre porte-lames e. Ce cadre a est disposé de manière à venir se rabattre en avant du cylindre e lorsque celui-ci est en rotation, la tête mobile étant indifféremment relevée ou abaissée, et à permettre à l’ouvrier d’accéder à la table lorsque le cylindre est arrêté.
- Dans ce but l’axe b est relié à une tringle de débrayage r qui produit la mise en marche ou l’arrêt de la tondeuse. Ce dispositif rendant les deux mouvements solidaires comprend un secteur denté f calé sur l’axe b, et qui est actionné par une crémaillère g terminant une tringle h à mouvement de déplacement longitudinal par rapport à la tête mobile de la tondeuse. Cette tringle h coulisse d’une part dans un coude i formé par le support c et d’autre part à l’extrémité d’un guide j qui, étant relié à la barre d’articulation de la tondeuse, permet à ladite tringle h de coulisser dans le prolongement de l’axe de cette articulation et de rendre le déplacement de cette tringle indifférent à la position occupée par la tête mobile d.
- L’extrémité de la tringle opposée à la crémaillère est munie d’une coulisse arquée k dans laquelle s’engage l’axe de l’extrémité d’un levier l, articulé en son milieu sur un axe n fixé au bâti de la tondeuse. L’autre extrémité de ce levier est relié, par l’intermédiaire d’une pièce p à la barre de débrayage r. Cette pièce p est munie d’une coulisse verticale o permettant le libre jeu de l’axe correspondant du levier l lors des mouvements de déplacements que l’on imprime à la barre de débrayage, cette barre se déplaçant toujours dans le même plan.
- Le fonctionnement de ce mécanisme, moins compliqué qu’on pourrait le croire, est le suivant.
- Lorsque le cylindre e de la tondeuse tourne la poi-
- gnée q de la barre de débrayage r occupe la position i ; les axes extrêmes du levier l sont placés également dans la position correspondante indiquée par le tracé plein du dessin. Le grillage protecteur a est, dans cette position, rabattu devant le cylindre porte-lames e alors en rotation.
- Si l’ouvrier agit sur la barre de débrayage r pour produire par l’intermédiaire de celle-ci, du levier l et de la tringle à crémaillère, le relèvement du cadre grillagé a, il produira en même temps l’arrêt du cylindre porte-lames, et il pourra alors, sans crainte de se blesser, enlever la tontisse qui se dépose sur la tablette.
- La protection ainsi obtenue est donc absolument efficace, puisque pendant toute la période de rotation du cylindre de la tondeuse, le cadre grillagé protecteur est rabattu et que ce cadre ne peut se relever qu’autant que la machine est arrêtée.
- Enfin, lorsque le cylindre tourne et que, pour une cause quelconque, le conducteur veut relever le cadre, il lui faut exercer un effort assez sensible qui détermine l’arrêt immédiat de la machine.
- Cette machine est construite dans les ateliers de MM. Blin et Blin, à Elbeuf.
- Rabot-ciseau pour les angles des meubles. —
- Quand on rabote une surface intérieure ou même extérieure d’un meuble, et qu’on se trouve approcher d’une paroi normale à celle que l’on rabote, il est pratiquement impossible de faire pénétrer le rabot, nous entendons sa lame coupante, jusqu’auprès de cette paroi verticale. Et si l’on veut niveler la surface dans l’angle, on doit recourir à un ciseau, qui est susceptible d’en-
- Rabot pour angle des meubles
- lever le bois fort inégalement et de former des dépressions regrettables. Il faut, pour arriver convenablement au but, un rabot qui ait son fer à l’extrémité, et cette disposition est malaisée à réaliser avec un rabot de bois. La maison américaine Stanley, qui s’est fait une spécialité des rabots métalliques, a justement combiné un rabot de bout, si on peut l’appeler ainsi, qui porte le nom anglais de « edge plane », et que nous avons pu voir fonctionner dans les ateliers Markt, 107, avenue Parmentier. Il se présente sous un volume réduit, précisément par suite du travail auquel il s’adapte plus particulièrement, et sa poignée est aussi effacée que possible; du reste ce n’est pas un outil avec lequel on soit appelé à faire un très grand effort. Il n’y a naturellement pas possibilité de travailler ici avec les deux mains. Cet outil est tout à fait intéressant, d’autant qu’on y trouve les dispositifs généraux qui font l’intérêt des rabots Stanley spécialisés à telle ou telle besogne. D. B.
- Procédé rapide de forgeage des pentures de portes. — Nous avons en vue le forgeage de l’extrémité de chaque barre devant fournir le logement au gond ; les deux petites figures que nous donnons d’après un de
- . x Pentures des portes.
- nos confrères étrangers feront rapidement compi'endre le procédé.' On commence par, repousser et relever le métal à chaud au bout'.’de la lame de fer, comme cela est indiqué en A; puis on produit un renflement en B, à bonne distance, de manière que la partie rabattue sur B détermine par sa courbure une sorte de logement cylindrique correspondant au diamètre du gond. On fait bien d’opérer le rabattage sur un mandrin présentant le diamètre convenable, et l’on soude.
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- LE CONCOURS DES JOUETS 1906
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- Jouets mécaniques
- Élévateur militaire. — Ballon ascenseur. — Ce
- jouet est destiné à compléter les boîtes de soldats de plomb et à doter l’armée d’un instrument d’observation et de destruction puissant. Un officier est installé dans une petite guérite blindée qui porte un canon; cette guérite est montée à l’extrémité de tubes télescopiqûes qui peu-
- vent la porter à une grande hauteur ; cette manœuvre se fait au moyen de l’air comprimé par une poire en caoutchouc et d’un robinet à deux voies qui permet
- Ballon ascenseur.
- l’admission ou l’échappement d’air pour régler la hauteur. La guérite porte un petit canon qui permet de canarder l’armée ennemie. Dans le même ordre d’idée pour servir de poste d’observation le ballon fera partie de la suite de l’armée; ici c’est un petit treuil qui le manœuvre; il monte en suivant un mât. Les personnages placés dans la nacelle tournent autour du mât. Cette rotation peut être utilisée pour faire une loterie et, à cet effet, on a placé dans la nacelle 4 personnages portant chacun un numéro , le gagnant s’arrête en face du drapeau placé en haut du mât. —Ces deux jouets ont été construits par M. Gasselin mécanicien, à Puteaux (Seine).
- Le cli-clap. — Ce jeu, imaginé par M. Gasselin, est destiné à être joué sur une table, il conviendra à charmer les soirées d’hiver. Il consiste en une balle qui est montée au bout d’une tige rigide, attachée au centre de
- Le cli-cla
- l’appareil et pouvant se mouvoir dans tous les sens ; la balle vient reposer à volonté sur une palette fixée à l’extrémité dune planchette, et c’est en donnant un coup sec sur cette palette qu’on la lance ; mais elle n’abandonne pas la tige à laquelle elle est fixée de façon immuable, elle vient retomber sur la palette d’un autre joueur qui doit la relancer immédiatement. La tige en retombant rencontre l’arête inclinée d’une garniture montée au centre de l’appareil, ce qui peut la rejeter à droite ou à gauche de la palette suivant la façon dont la
- balle a été lancée ; lorsqu’un joueur a perdu il est mis hors du jeu et, pour que la balle ne puisse plus aller se reposer sur sa palette, on place un arceau qui l’isole. Les planchettes qui portent les palettes se replient et le tout peut se mettre dans une boîte peu encombrante. — Chez M. Jost et Cio, 161, rue des Partants, Paris.
- Sg'jsS, Divers
- Support pour rideaux « l’Idéal ». — Quand on met de petits rideaux aux fenêtres sur des tringles ordinaires on les relève à certains moments, pour regarder dans la rue ou pour donner plus de jour à la chambre, ce qui
- Support pour rideau « l’Idéal ».
- les salit et les froisse : on a imaginé depuis longtemps déjà de les monter sur des tringles mobiles, l’une des extrémités formant pivot; c’est déjà un progrès, mais il faut encore saisir le rideau pour l’écarter de la vitre, en outre il ne reste pas toujours à l’écartement qu’on lui a assigné. M. Paul-Collet a eu l’idée de munir le pivot d’un ressort qui tend à écarter complètement le rideau de la vitre; il attache à l’autre extrémité une cordelette qui passe sur une poulie fixée à la fenêtre. Il suffit de tirer ce cordon, de la longueur voulue, et de le fixer à un crochet pour que l’écartement reste constant. En général on forcera le rideau à s’appliquer sur la vitre et pour voir dans la rue il suffira de détacher le cordon et le rideau s’écartera automatiquement de la quantité qu’on réglera à volonté. Le support « Y Idéal » se trouve chez M. Paul-Collet, 14, rue Mercœur, Paris.
- Lampe pour fer à friser ou onduler. — Pour chauffer un fer à friser, ou à onduler, sur toute sa longueur avec une lampe à alcool ordinaire, il faut le promener dans la flamme bien uniformément afin que toutes les parties s’échauffent en même temps. M. Léopold Girondet a construit une petite lampe munie d’une rampe, semblable à une rampe à gaz, qui permet de chauffer toute la longueur du fer d’un seul coup. Une petite lampe
- Lampe pour fer à friser ou onduler.
- ordinaire sert à échauffer l’alcool qui, au moyen d’une mèche, monte dans la partie supérieure formant la rampe ; c’est seulement le gaz produit par cette sorte de distillation, qui brûle et un robinet permet de modérer la flamme à volonté. L’appareil est peu encombrant, la partie supérieure se démonte et se place dans la boîte, qui peut alors facilement tenir dans une poche. Le réservoir est muni d’un bouchon à vis qui assure l’étanchéité de l’appareil. — Constructeur : M. Léopold Girondet, 11, rue Beautreillis, Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- La cure de déchloruration. — Le chlorure de sodium, sel marin, qu’on retire des salines ou de l’eau de mer, sur les côtes de tous les pays, est une des substances qui joue un rôle considérable dans la nutrition. La plupart de nos aliments en contiennent des proportions notables, et cette proportion naturelle ne suffit pas à la majorité des humains, puisque dans la cuisine on ajoute du sel pendant la cuisson et la préparation des mets; à table, beaucoup ajoutent encore une pincée de sel blanc ün à leurs aliments. Tout le monde n’a pas uu goût égal pour un mets salé; la généralité se refuse à avaler ce qui tient de la saumure. On peut du reste avoir une idée de la consommation de cette substance, consommation qui ne va pas toute à des produits alimentaires, en remarquant que l’octroi de Paris a prélevé, dans ces récentes années, des droits sur près de vingt millions de kilogrammes de sel gris ou blanc par année.
- Gomme les humains, les animaux manifestent une certaine appétence pour l’addition à leur fourrage d’une petite quantité de sel. Mais en revanche on peut citer des peuplades qui, l’ayant en abondance à leur disposition, ne s’en sont jamais servi. Le sel n’est donc pas indispensable à l’alimentation ; mais il y aide quand il est donné dans certaines proportions. Le rein laisse passer, chez ceux qui en consomment beaucoup, l’excès de chlorure de sodium, jusqu’au jour où une altération de son tissu l’empêche de remplir cette fonction. Alors survient dans les tissus une accumulation de matériaux salés qui détermine une hydratation facile, rapide ; d’où formation dans les affections du rein, dans les maladies du cœur ou dans les maladies qui entravent la circulation et ont un retentissement secondaire sur le rein, d’œdème des membres, d’hydropisie, d’ascite, dont la guérison est souvent fort difficile.
- Pour combattre ces hydropisies, le régime lacté, associé aux diurétiques, aux purgatifs, amène parfois en peu de temps des modifications surprenantes ; mais ce régime échoue parfois ou devient à la longue fort difficile à supporter. Partant de ce fait que l’homme absorbe le plus souvent un excès de chlorure qui est sans danger quand les organes sont sains et que leur fonctionnement est normal, mais qui le devient dès que cet état normal se modifie, le Dr Widal a imaginé de traiter ces malades par ce qu’il a appelé et ce que l’on dénomme couramment maintenant le régime de déchloruration.
- La dose moyenne de chlorure fournie par les aliments ordinaires est de deux grammes : avec deux grammes de supplément, on obtient la proportion qui suffit à l’organisme, 3 à 4 grammes par jour. Au delà c’est un excès qui est éliminé par les urines ; or la plupart des gens absorbent au delà de ces 3 ou 4 grammes par jour, supplément sans nécessité physiologique, mais sans inconvénients quand on se porte bien.
- Pour éviter, dans les maladies où lë rein fonctionne mal, l’excès de chlorure, il faut choisir parmi les aliments ceux qui en présentent lé moins dans leur composition, et c’est ainsi que le D1' Widaltet après lui son élève, M. Javal, ont pu donner, l’un au Congrès de Liège, l’autre au Congrès de Cherbourg, des formules d’application pratique de régimes déchlorurés qui amène.ut chez quelques malades de véritables résurrections. Bien entendu, tout malade atteint de néphrite et de cardiopathie n’ira pas, du seul fait de ce régime déchloruré, guérir radicalement; il faudra tenir compte de l’état des organes et du degré de la maladie. Dans certains cas, le régime ne réussira qu’à la condition d’être aidé par certains médicaments spéciaux. Mais souvent, pour ne pas dire toujours, il réussit mieux que le lait, et pour ceux qui ont été condamnés à ne boire que du lait pour toute nourriture, on s’imagine le plaisir qu’il peut y avoir à faire, un repas à peu près similaire à celui qu’on faisait en bonne santé.
- Comme le dit M. Widal, les régimes déchlorurés, en raison de la variété de leur composition, permettent, tout en restreignant la dose de sel ingérée, de proposer aux malades une nourriture que l’on peut modifier, suivant leur goût. Voyons quelques-uns des aliments qui peuvent faire partie de ces régimes.
- Le pain, à la condition qu’on ne prenne pas le pain ordinaire qui contient, par addition par le boulanger, de 8 à io gr. de sel par kilogramme, jusqu’à 16 gr. dans les pains de luxe. 11 faut du pain sans sel ajouté ; on a de la sorte du pain à 0,70 centigr. de chlorure par kilogramme.
- La viande ne contient guère que 1 gr. par kilogramme; donc on peut la prendre grillée, rôtie, sans sel, avec un peu de moutarde, de citron ou de vinaigre. Les poissons d’eau douce contiennent peu de sel; il ne faut pas de poissons de mer qui en ont jusqu’à 4 gr. par kilogramme.
- Les œufs (0,07 centig. par œuf), la crème fraîche, les pommes de terre, le riz, les petits pois, les carottes, les haricots verts, les artichauts, les salades, sont des aliments qu’on peut donner sans crainte, toujours à condition de ne pas mettre de sel dans l’assaisonnement. Les bouillons de légumes, les soupes aux légumes, les soupes au lait, voilà déjà de quoi faire une série de menus des plus variés. Ajoutez-y pour les desserts ou le goûter les sucreries, les pâtisseries, le chocolat, les fruits ; tout cela ne contient pas ou fort peu de sel et constitue des aliments très nourrissants en même temps que très agréables. Pour la boisson, on peut prendre le lait, mais rien n’empêche de boire un peu de vin, du cidre, du thé, du café, des eaux minérales.
- Pour donner uu exemple de ce qui peut être conseillé comme ration moyenne, voici le menu que donne M. Widal à ses malades brightiques, dès le premier jour du traitement, s’ils ont conservé l’appétit. Pain déchloruré, 200 gr., viande 200 gr., légumes 1S0 gr., beurre 5o gr., sucre 40 g1'-, eau un litre et demi, vin 3o centilitres, café 3o centilitres.
- Avec l’habitude, les malades arrivent à reconnaître eux-mêmes, avec assez d’exactitude, les portions suffisantes pour qu’on ne soit pas obligé de les peser. En variant les menus d’après ces données, on a une nourriture qui n’a plus rien d’écœurant par sa monotonie et qui prévient la rétention des chlorures, en facilite l’élimination à tel point que des œdèmes énormes disparaissent en quelques jours, par le seul régime sans addition d’aucune médication. Le régime, ainsi compris, peut être prolongé pour ainsi dire indéfiniment, car il n’a rien de pénible. C’est là une véritable conquête thérapeutique, car la plupart des malades lui doivent un soulagement immédiat et beaucoup lui ont dû une guérison complète.
- Le trypanroth contre le cancer. — Ce nom assez bizarre a été donné à un corps colorant de la série benzo-purpurique : c’est une poudre brunâtre, sans odeur, insipide et soluble dans l’eau. Laveran et Ehrlich l’ont employé avec succès contre la trypanosomiase. Horand et Jaboulay, de Lyon, eurent l’idée en présence des résultats obtenus dans les maladies à trypanosomes, de l’administrer à des cancéreux. Ils le donnèrent d’abord en cachets, mais la substance était mal supportée par l’organisme. Ils l’administrèrent alors en injections sous-cutanées, en solution dans du sérum, 5o centigrammes pour 40 centimètres cubes de sérum physiologique. Le médicament est bien toléré par cette voie, en ce sens qu’il n’y a pas de réaction générale, mais l’injection est douloureuse, et la douleur persiste un certain temps après la piqûre. De plus, après un temps variable, les téguments prennent une coloration d’un beau rose, allant jusqu’au rouge vif. Malgré ces inconvénients, les résultats ont paru assez favorables pour tenter d’autres thérapeutes , et dans une note publiée récemment, le D1' Schoull, médecin de l’hôpital de Tunis, et son assistant M. Vullien ont relaté des faits dignes d’intérêt. C’est ainsi que dans un cas de cancer de l’estomac, la tumeur a peu à peu disparu en même temps que l’état général se transformait.
- Cette action parasiticide se produit sans léser l’organisme, et la médication en dehors de quelques douleurs et de cette coloration de la peau n’offre aucun inconvénient. Il semble donc légitime de continuer ces recherches contre une maladie aussi grave et aussi peu curable. Dr A. C.
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- PHOTOGRAPHIE
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- Photographie des médailles. — M. E. Deroole, de Genève, a communiqué dernièrement à l’Académie des sciences un procédé intéressant qui permet d’obtenir de bonnes épreuves descriptives des médailles anciennes, ce qui n’est pas toujours facile. Il l’utilise pour faire le catalogue du cabinet de numismatique de Genève. Avec la photographie directe de la médaille, il n’est pas toujours possible d’éviter les taches et altérations qui u’offrent pas d’intérêt, ni de faire percevoir nettement les reliefs et les creux. En général, on remédie à ces inconvénients en photographiant un moulage en plâtre de l’objet; mais la confection de ce contretype en plâtre est assez longue et minutieuse. M. Demole procède plus simplement : on emprisonne la pièce de monnaie entre deux feuilles de carton blanc, glacé, très mince et mouillé; on place le tout entre deux feutres épais sous la presse à copier et on donne une pression vigoureuse. On obtient ainsi une empreinte très fidèle, qu’on photographie en l’éclairant au jour frisant, non pas sur plaque, mais sur papier au bromure qu’on développe légèrement. On a évidemment un négatif, mais les légendes sont redressées puisqu’elles sont à l’envers sur le moulage. En outre, l’éclairage au jour frisant aura eu pour but de laisser la surface de la pièce dans une ombre relative pour n’éclairer en plein qu’un côté des objets en relief, la face de la médaille restera blanche, ou grise, comme aussi toutes les parties en relief qui n’auront pas été éclairées ; tandis que les autres viendront en noir. Tout en étant un négatif, l’épreuve ainsi obtenue d’un seul coup aura tous les caractères de l’image positive d’un objet éclairé au jour frisant. On ne cherche pas ici à avoir une image artistique de la pièce de monnaie ou de la médaille, mais une image donnant bien tous les détails nécessaires à la description. C’est un procédé précieux qui permet de mener rapidement à bien un catalogue descriptif d’une collection importante.
- Augmentation de la sensibilité des plaques. —
- Bien qu’on fasse aujourd’hui des plaques extra-rapides
- il y a des cas où leur sensibilité n’est pas encore suffi-sante, lorsqu’on veut faire { ar exemple des instantanés au théâtre sans autre lumière que celle de la scène. M. Arthur Payne a réalisé ce tour de force, nous assure le Britisch journal of Pholography ; l’appareil étant muni bien entendu d’un obturateur de plaque et d’un objectif à très grande ouverture relative F : 3,6; mais cela n’aurait certes pas été suffisant et il fallait avoir des plaques spécialement préparées pour qu’une pose de i/io de seconde, avec une telle lumière, puisse donner une impression suffisante à l’obtention d’une bonne image. Le traitement que M. Payne fait subir aux plaques consiste à les plonger dans une solution d’orthochrome T. On fait d’abord dissoudre i gr. de cette substance dans 100 cm3 d’alcool à go° ; celte solution mère se conserve indéfiniment.
- Le bain sensibilisateur se compose ainsi :
- Eau distillée....................200 cm3
- Solution d’orthochrome T . . . 4 —
- Ammoniaque........................ 3 —
- On filtre avant l’usage et on amène la température à i5 ou i8° centigrades. Les plaques, qui sont des plaques du commerce, Lumière bleues par exemple, sont plongées dans ce bain pendant 3 minutes, en évitant les bulles d’air, puis rincées à l’eau courante pendant un instant et séchées le plus rapidement possible. C’est là la partie la plus délicate de l’opération et il faut évidemment disposer d’une étuve spécialement aménagée pour conserver une obscurité absolue. Il faut employer les plaques une fois sèches aussitôt que possible, elles ne se conservent pas : le bain employé ne peut pas reservir.
- Les plaques de très grande rapidité du commerce ne gagnent pas en proportion de leur sensibilité primitive et l’auteur a employé des plaques de sensibilité moyenne. Le développement s’opère comme à l’ordinaire en opérant dans l’obscurité, au moins pour commencer et en traitant le cliché comme tous ceux que l’on sait être sous-exposés.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Poudre à décalquer au patron. — On fait fondre de la résine ordinaire, puis on y ajoute, tout en brassant bien, du rouge de Venise (si l’on veut un tracé rouge), ou encore de l’outremer ou du bleu de blanchisseuse (si l’on veut au contraire un décalque en bleu) : il faut une proportion de 10 à 10 pour 100 de ce colorant. Quand tout est bien mêlé, on verse le mélange sur un marbre où on laisse refroidir; puis on concasse et l’on pile finement dans un mortier. Lorsqu’on a versé de cette poudre sur le patron, de manière naturellement qu’elle pénètre par les trous de celui-ci jusqu’à la surface où l’on veut obtenir le tracé coloré, on passe un fer chaud sur cette surface, pour y faire adhérer la matière résineuse.
- Une nouvelle matière de construction : la prisma-
- lithe. — Un inventeur ingénieux, M. Coppin, a eu l’idée de fabriquer industriellement, et au moyen de procédés perfectionnés pour la préparation de la pâte et le moulage des lames, des sortes de planches qu’il fabrique pour diverses applications dans la construction, une matière qu’on a utilisée déjà souvent, mais de façon plus primitive. Il s’agit de magnésie arrosée d’une solution de chlorure de magnésium, ce qui donne une pâte durcissant rapidement. Il se forme par ce mélange un hydrate d’oxychlorure de magnésium ; et si l’on incorpore à la pâte de l’amiante, ou tout simplement de la sciure de bois venant donner du « corps » à l’ensemble, on se trouve en présence d’une matière qui a un peu tout à la fois les qualités du bois et de la pierre, mauvaise conductibilité pour -la chaleur, résistance à la
- flexion, à l’écrasement, imputrescibilité, incombustibilité; cette matière se laisse pourtant facilement travailler. Il est évident que des plaques fabriquées soigneusement avec cette matière, présentent des avantages considérables pour des dallages, des revêtements; et c’est ce qu’a poursuivi M. Coppin avec ses plaques de prisma-lithe, d’autant que celui-ci est soumis à une pression très élevée dans la fabrication.
- On estime quç le mètre superficiel d’un revêtement ou dallage de ce genre revient à une dizaine de francs, avec des variations suivant l’épaisseur, comme de juste. La prismalithe se trouve chez M. Coppin, 8, rue Lallier, à Paris.
- Nettoyage de vases ayant contenu du goudron. —
- Cela peut servir pour le cas de poix également. On verse de l’essence dans le récipient, et l’on ajoute du sable fin et à angles aussi coupants que possible. On secoue de temps à autre pour que les grains de sable viennent jouer leur rôle quand le nettoyage semble réussi, on verse le contenu, puis on met dans le vase une nouvelle quantité d’essence pour compléter l’enlèvement des traces de goudron.
- Encre à copier pour machines à écrire. — Prendre i5 gr. de la couleur d’aniline correspondant à la nuance que l’on veut donner à l’encre, puis 60 gr. d’alcool et autant d’eau, additionnés de 120 gr. de glycérine. On peut aussi se passer complètement d’eau, en la remplaçant par son poids en glycérine.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Yachting et océanographie. — M. Hérubel nous adresse de Lisbonne l’intéressante petite note qui suit : « Le petit port de Cascaes, station balnéaire de Lisbonne, est situé juste à l’embouchure du Tage. Le i3 septembre dernier, ses eaux, d’ordinaire calmes, furent subitement agitées. C’était un raz de marée bien caractérisé : plusieurs barques furent désemparées et leurs équipages recueillis sur le yacht royal Amélia. Fallait-il incriminer le vent? Le témoignage des pêcheurs est absolument négatif à cet égard. De plus, ces mêmes pêcheurs ont été unanimes à déclarer — et le journal O Seculo, du i5 septembre, a rapporté leur propos —; « que la mer manquait sous les barques et qu’il s’était, pour ainsi dire, ouvert un abîme ». La cause de ce phénomène serait donc d’ordre sismique. On sait que Lisbonne est construit sur un terrain mobile. Tout le monde a encore présent à la mémoire le tremblement de terre du icr novembre 1755. D’autre part, on doit remarquer que le raz de marée de Cascaes n’a suivi que de peu les secousses ressenties à Païenne. L’hypothèse d’un mouvement sismique s’aflirme donc de plus en plus. M. Marcel Hérubel, préparateur à la Sorbonne, qui effectuait avecM. Glandaz, vice-président du Yacht Club de France, à bord du yacht Andrée, une croisière océanographique précisément à cette époque et dans ces parages, a pris, à l’aide du thermomètre océanographique, toute une série de températures du fond et des couches d’eau comprises entre le fond et la surface libre. Ces mesures ont été faites durant trois marées consécutives, afin d’avoir la température des eaux correspondant aux quatre états de la mer : montante, étale, descendante, basse. Dans ces conditions, à n’importe quelle heure de la journée, les eaux du fond se sont toujours montrées plus chaudes que celles delà surface. Je me contenterai, dit M. Hérubel dans la note qu’il nous adresse, de donner ici la moyenne de mes mesures : surface, i4°,66 ; 10 m., 15°,83 ; i5 m., i5°,66 ; 18 m. (fond), x6°,o6. En terminant cette note, ajoute-t-il, je dirai que, pendant la semaine où s’est produit le raz de marée, la courbe barométrique a été d’une régularité étonnante : de 1 h. du matin à 8 h., 762 mm ; de 8 h. à midi, 763 mm ; de midi à 1 h., 762 mm ; de 1 à 2 h., 761 mm ; de 2 à -6 h.,
- 760 mm; de 6 à 8 h., 761 mm; de 8 à 10 h., monte de
- 761 à 763 mm; de 10 h. à 1 h. du matin, 763 mm. »
- Périscope etpolémoscope. — M. Henri Spel, à Roubaix,
- nous envoie une lettre fort intéressante, au sujet de l’article publié dans La Nature (n° 1731, du 28 juillet dernier, page 129) sur L’œil du sous-marin, dans lequel il est question du périscope. « ....J’ai sous la main un ouvrage ayant pour titre: Le spectacle de la nature ou entretiens sur les particularités de l’histoire naturelle, qui ont paru les plus propres à rendre les jeunes gens curieux, et à leur former l’esprit, dont le tome 5e édité en mdccxlvii (1747) contient à la page 574 la description d’un instrument appelé polémoscope qui ressemble beaucoup à celui décrit dans le numéro du 28 juillet. Voici, du reste, transcrite en respectant le langage du temps, cette description et une copie du dessin explicatif gravé par Le Bas et extraite de la planche XVI dudit tome : « 74. s< Concevez un tuyau qui ait une ouverture latérale en E « et une autre en I, fig. i5 : vis-à-vis chaque ouverture « placez un miroir plan incliné de 4^ degrés ou d’un « demi-angle droit sur le fond. La perpendiculaire qui « tombera sur la surface du miroir formera deux angles « droits. Les rayons extérieurs qui viennent parallèle-« ment tomber au pié de cette perpendiculaire E, force mant avec elle un angle de 45 degrés, se réfléchiront « le long du tuyau sous un pareil angle. Ils recommence ceront le même jeu sur l’autre miroir posé en I, puisée que c’est même inclinaison, même incidence et même <e réflexion. Dans un camp ou dans une place assiégée
- « vous pouvez faire usage de cet instrument. De dedans ee une tour ou de derrière un parapèt allongez le bout E e< en dehors en tournant l’ouverture latérale du côté qui ee vous intéresse dans les environs et appliquant l’œil ee en I, vous pourrez sans risque appercevoir si le mineur ce est à la sape ou quels sont les mouvements de l’ennemi. <e C’est pour cela que cet instrument a piùs le nom de ee polémoscope. Si de dedans votre cabinèt vous voulez ee voir les mouvements d’une place publique située à ee côté de vous, l’ouverture E dirigée sur les vendeurs ee. qui se querellent, vous fera voir en I des altitudes ee pleines de résolution ou des gestes fort expressifs. »
- Conservation des fruits par le gaz sulfureux. — Mme J., à Angers, nous signale, à propos de l’article paru dans ee La Nature du i3 octobre » sur la conservation des matières périssables par le gaz sulfureux, un procédé de conservation de fruits utilisant le pouvoir antiseptique du gaz sulfureux : ee Les fruits auxquels on a ajouté un peu d’eau et de sucre (ia5 gr. pour 5oo gr. de fruits) sont portés à l’ébullition pendant quelques instants, 1 minute à peine, puis introduits avec le jus dans des flacons préalablement désinfectés par le gaz sulfureux (il suflit de retourner les flacons sur de la mèche soufrée en combustion. On bouche immédiatement les récipients avec de la peau de vessie — bien nettoyée — en ayant soin d’introduire souc la peau de vessie, non encore fixée, de la mèche soufrée allumée que l’on retire sitôt qu’elle a cessé de brûler. On ligature solidement. Si l’opération est bien faite, la vessie se creuse sous l’action de la pression atmosphérique; la vapeur d’eau dégagée par les conserves se conduisant par refroidissement, et le gaz sulfureux se dissolvant dans le liquide. » Les fruits ainsi préparés n’ont aucunement l’odeur du gaz sulfureux.
- Renseignements. — M. Br acq-Laurent, à Lens. — Veuillez vous adresser aux constructeurs de la mitrailleuse automobile décrite parM. L. Fournier, MM. Charron, Girardot et Voigt, 7, rue Ampère, à Puteaux (Seine).
- M. Bertrand, à Azillanet. — Vous trouverez l’ouvrage du Dr Roux sur les bouillies farineuses à la librairie Maloine, rue de l’École-de-Médecine, à Paris.
- Direction d'artillerie, à Rome. — Adressez-vous à la Cie Thomson-Houston, 10, rue de Londres, à Paris.
- M. P. W. Ghesquière, à Gand. — Les adresses que vous nous demandez sont très nombreuses. Vous en trouverez beaucoup au Bottin et aussi en feuilletant les articles que nous consacrons aux petites inventions.
- M. Allain Dupré, à Sedan. — L’inventeur du capuchon cuisine, décrit pages 26 et 27 des Recettes et Procédés utiles, 3° série, M. Lecornu du Taillis, à Caen, à qui nous avons écrit pour demander le renseignement désiré, est, d’après la poste, parti sans laisser d’adresse. Nous ne pouvons à notre vif regret vous renseigner davantage.
- M. Bachet, à Nice. — Nous ne possédons pas ce renseignement, bien en dehors du domaine de La Nature. Vous pourriez vous adresser directement aux industriels dont vous trouverez les adresses au Bottin.
- M. Ch. Vassilière, à Paris.—Vous pourriez demander au laboratoire qui a fait l’examen de votre eau de vous indiquer si elle est ou non potable et quels seraient les traitements à lui faire subir. En général, il faut filtrer l’eau destinée à la boisson; nous croyons que pour la vôtre, il serait bon de la faire bouillir avant l’usage. Pour des ouvrages à ce sujet vous pourriez voir dans le Traité d'ILygiène de Brouardel et Mosny publié par J.-B. Baillière, 19, rue Hautefeuille, le fascicule : Le Sol et l’Eau.
- Question. — M. J. Moret, à Lyon, 3o, rue de Sainl-Cyr, demande s’il existe en France une maison s’occupant de soudure électrique.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L.
- de Ch., à Paris. Veuillez vous adresser à un avoué. — M. Ch. Mangin, à Brest. Voyez nos Recettes et procédés utiles, 2e série, librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. — M. Herubel, M. Spel, à Roubaix; Mme J. C., à Angers. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5ora,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES " ' '
- Lundi 15 octobre . . 4°,0 N. 1. Beau. u Faible gelée blanche ; halo ; nuageux.
- Mardi 16 9°,3 S. S. W. 2. Couvert. 1 Rosée ; couvert.
- Mercredi 17 11°,8 S. S. W. 2. Couvert. 0 Rosée ; presque couvert.
- Jeudi 18 9°,3 S. 2 Couvert. » llalo ; nuageux.
- Vendredi 19 12',S S. S. W. 3. Couvert. 2,6 Rosée; couvert; pluie à diverses reprises.
- Samedi 20 9°. 2 S. 1. Couvert. 0T Très nuageux ; pluie de 0 h. à 1 h. 30 et gouttes de 8 h. 30
- à 9 h. 15.
- Dimanche 21 . ... 11 .0 S. 2. Couvert. » Rosée ; halo ; nuageux.
- OCTOBRE 1906.— SEMAINE DU LUNDI 15 AU DIMANCHE 21 OCTOBRE 1906
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps.. — Le temps a été beau mais frais dans la semaine du i5 au 21 octobre. Le i5 octobre, le vent soufflait du Sud-Ouest sur la Manche. Des pluies sont tombées à Belfort (26 mm), à Clermont (18 mm), à Marseille (12 mm), à Biarritz (6 mm), à Dunkerque (4 mm). La température était le matin 40 à Paris, 6" à Toulouse, 160 à Alger, o° au Puy de Dôme, — 4° au mont Ventoux, — io° au Pic du Midi. Dans la banlieue de Paris, on a observé des minima de 20; la gelée blanche était générale. La température moyenne à Paris a été 8°,7, inférieure de i°,4 à la normale. Le 16 octobre, un vent assez fort de l’Ouest, soufflait sur la Manche; il était fort du Nord-Ouest dans le golfe du Lion. On a recueilli 20 mm d’eau à Nice, 5 mm à Marseille, 4 mm à Dunkerque, 2 mm à Brest. La température s’est relevée au Nord et à l’Ouest; elle était 20 à Clermont, 9° à Paris, ii° à Nantes, 180 à Alger, i° au Puy de Dôme, — i° au mont Aigoual, —20 au Pic du Midi. Dans la région parisienne, le ciel était couvert de nuages. La température moyenne de la journée a été ir°,8. Le 17 octobre, les vents du Sud-Ouest ont soufflé avec violence à la pointe de Bretagne. Il est tombé 3 mm d’eau à Brest, 3 mm à Cherbourg, 2 mm à Lorient, 1 mm à Nantes, 1 mm à Dunkerque. La température était le matin 20 à Clermont, 5° à Belfort, 120 à Paris, i3° à Nantes, 190 à Alger, 5° au mont Aigoual, 3° au Puy de Dôme. A Paris la pression barométrique était à midi 763,4 mm. Le jeudi 18 octobre, la pression est restée basse sur le Nord et l’Ouest de l’Europe; le vent était faible d’entre Est et Sud sur la Manche, et modéré du Sud sur la pointe de
- Bretagne. II a plu à Lorient (5 mm), à Brest (1 mm), et à Nantes (1 mm). Le thermomètre a marqué le matin 70 à Clermont, 9° à Paris, i3° à Toulouse, 200 à Alger, 70 au Puy de Dôme, 70 au mont Aigoual, i° au Pic du Midi. Dans la banlieue parisienne, la température a fraîchi, et on a relevé quelques minima voisins de 5°. La température moyenne à Paris a été i3°, supérieure de 3°,4 à la normale. Le 19 octobre, une dépression barométrique s’est produite sur le Pas de Calais et les Pays-Bas. Un vent assez fort de l’Ouest avec mer houleuse a soufflé sur la Manche. Il est tombé 12 mm d’eau à Nantes, 10 mm à Brest, 2 mm en Bretagne. Le thermomètre est remonté; on notait le matin io° à Nancy, i3° à Paris, 140 à Toulouse, 200 à Alger, 70 au Puy de Dôme, 6° au mont Aigoual, —i° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été 120, supériéure de 2°,5 à la normale. La pluie est tombée à Paris dans la matinée et a fourni environ 2 mm d’eau. Le 20 octobre, des pressions inférieures à 755 mm couvraient le Nord-Ouest du continent; les fortes pressions se trouvaient sur l’Est et le Centre de l’Europe. Des pluies sont tombées à Calais (5 mm), à Paris (3 mm), à Nancy (3 mm), à Cherbourg (2 mm), à Lorient (2 mm); la pluie est tombée sans interruption pendant la nuit à Paris. La température était 90 à Paris, i3° à Rochefort,' i'4° à Toulouse, 20° à Alger, io° au Puy de Dôme, 4° au mont Ventoux, o° au Pic du Midi. Le 21 octobre, on a signalé des vents violents sur toutes nos côtes ; quelques pluies sont tombées en Bretagne. La température était i i° à Paris, i5° à Brest, 160 au Havre, 200 à Alger, 4° au Pic du Midi, 20 au mont Mounier.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 17 à loh. 52 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A- MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 12 o, Boulevard Saint-Germain, Paris (V~Ie)
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- SUPPLÉMENT AU N° 1745 (3 NOVEMBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Le ministère du travail. — Par un décret en date du 25 octobre 1906, a été constitué un nouveau ministère; M. Clénienceau, sénateur, ministre de l’intérieur, a été nommé président du Conseil. Nous ne pouvons passer sous silence la création qui vient d’être faite d’un ministèi-e du travail qui doit grouper tout ce qui concerne : i° La réglementation du travail (heures de travail, repos, hygiène et sécurité, etc. ; 20 les relations entre employeurs et employés (contrat de travail, associations professionnelles, différends collectifs et conciliation, etc.) ; 3° lés conditions d’existence des travailleurs en cas de maladie, d’accidents du travail, de chômage, d’invalidité, dé vieillesse et en général les institutions d’épargne et de prévoyance qui les intéressent plus particulièrement; 4° les statistiques et les enquêtes relatives à tous ces objets.
- L’été de la Saint-Martin. — M. C. Millot a présenté dernièrement à là Société météorologique de France un petit mémoire sur l’été de la Saint-Martin à Paris et à Nancy. La Saint Martin a lieu le 11 novembre de chaque année. On sait qu’à ce moment la tradition populaire veut qu’il y ait une sorte d’arrêt dans la venue de l’hiver ét que quelques beaux jours, après les mauvais temps de la Toussaint, constituent alors une sorte d’été tardif, que l’on appelle Pété de la Saint-Martin. Qu’y a-t-il d’exact dans cette croyance? Pour s’en rendre compte, M. Millot a utilisé divers renseignements : i° les observations quotidiennes de température à l’observatoire du parc Saint-Maur, près de Paris, de 1874 à igo3; — 20 les mêmes observations au service météorologique d’Uccle, près de Bruxelles, de i833 à 1886; — les mêmes au service de la Commission météorologique de Nancy, de 1878 à 1905. Avec ces données, s’étendant respectivement sur des durées de 3o, 54 et 28 ans, et en considérant uniquement, les renseignements fournis sur la période du 28 octobre au 3o novembre, M. Millot établit trois courbes moyennes, représentant la marche de la température pendant ce laps de temps à Paris, Bruxelles et Nancy. En superposant ces trois courbes, on voit ; i° que celle de Nancy et celle de Paris, sont analogues, et à très peu près parallèles, la température moyenne de Nancy étant pendant tout le cours de novembre inférieure de 20 à celle de Pai’is ; — 20 que la courbe de Bruxelles est indépendante des deux précédentes, à la fois dans son ensemble qui manifeste une chute moins rapide, et dans ses détails. La chute de température à Bruxelles, du Ier au 3o novembre, est 4°,5; du ier au 8, la température est constante; du 9 au 13, refroidissemént sensible, puis température à peu
- près constante jusqu’à la fin du mois; ainsi pas d’été de la Saint-Martin à Bruxelles, mais froid de la Saint-Martin. A Paris et à Nancy au contraire, la Toussaint est marquée par une chute, de même que le 22 ou 23 novembre ; entre ces deux dates, la température est régulièrement plus élevée ce qui vérifie en ces deux points l’assertion populaire; d’autre part, le jour de la Sainte-Catherine (a5 novembre) est marqué lui aussi par un relèvement qui, d’ailleurs, ne dure pas. M. Millot ajoute que la nébulosité est en général moindre à Paris et à Nancy dans la première moitié de novembre. Somme toute, l’observation populaire de l’été de la Saint-Martin, fausse à Bruxelles, est véi’ifiée à Nancy et à Paris. Toutefois, il convient d’ajouter que le froid de la Saint-Martin qui se produit à Bruxelles semble montrer qu’on ne saurait voir ni dans l’un ni dans l’autre de ces phénomènes, un phénomène cosmique, explicable comme on l’a quelquefois proposé, par un réchauffement résultant de l’irruption de météores dans notre atmosphère, du ix au i3 novembre.
- Commerce de l’encre de Chine. — La plus grande partie de l’encre de Chine est fabriquée en Chine, à Ankin, dans la vallée du Yang-Tsé, d’où l’on en exporte à Shangaï 2 à 3 tonnes par an, valant, suivant la qualité (il y en a douze différentes), depuis 5 fr. jusqu’à 38o fr. le kilogramme. Le noir de fumée, qui en constitue la matière première, est obtenu en brûlant un mélange d’huile, de graisse de porc et de vernis : l’hujle elle-même est tantôt dé l’huile de sésame ou de colza, tantôt le produit des graines d’une plante spéciale au pays. Quand on a le noir, on l’agglomère avec une matière agglutinante pour former une pâte, que l’on bat sur des billots de bois avec des marteaux d’acier. L’odeur très spéciale de l’encre est due à un peu de musc ou de camphre que l’on y incorpore, et son reflet métallique à des paillettes d’or. La pâte une fois préparée, on la façonne dans des moules en bois sculpté et on la laisse sécher. Un kilogramme d’encre de Chine peut représenter 70 à 80 bâtons de dimension moyenne. Les qualités supérieures d’encre sont uniquement consommées en Chine, où, comme on le sait, on n’emploie pas d’autre encre pour écrire.
- La coupe Archdeacotl. — La Commission d’aviation de l’Aéro-Club de France, à Ta suite des expériences de vol plané effectuées par Santos-Dumont le 23 octobre, a reconnu officiellement que le parcours minimum de 25 métrés, imposé pour la coupe Archdeacon, avait été accompli; elle a remis la coupe à M. Santos-Dumont. C’est là une belle victoire dont on ne saurait trop féli-
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- INFORMATIONS
- citer l’intrépide aéronaute qui n’a reculé devant aucun obstacle.
- Augmentation du rendement des moteurs tonnants. — M. C. Roth estime qu’on peut sans inconvénient augmenter le rendement et la capacité explosive de ces moteurs en lançant pour ainsi dire dans leurs cylindres des substances qui fournissent de l’oxygène à la combustion. C’est pour cela qu’il conseille d’ajouter du nitrate d’ammonium à l’alcool (s’il s’agit de moteurs à alcool) dans la proportion de 8 pour ioo. Il s’ignale aussi comme particulièrement heureux un mélange de 80 d’alcool, i5 de benzol, 4 de nitrate d’ammonium et i de dinitrobenzol. La pression de l’explosion serait beaucoup plus élevée.
- Lès fruits aux Expositions. — Les fruits français ont remporté dernièrement un grand succès aux expositions de Cologne et de Hambourg. Nos fruits, cette année surtout, avaient leurs merveilleuses qualités ordinaires ; et présentaient un remarquable état de fraîcheur. Le Courriel* des Halles attribue ces résultats aux compagnies de chemins de fer qui ont fait tous leurs efforts pour accélérer la vitesse de leurs trains et favoriser l’exportation dans les pays du Nord des produits du sol français.
- Éclairage électrique sous-marin. — Si nous en croyons la publication Electricily, la Compagnie américaine Consolidated Pneumatic Tool vient de lancer une lampe électrique à arc et à double enveloppe, fonctionnant fermée par conséquent, qui donne une puissance lumineuse atteignant jusqu’à 2000 bougies, et qui peut être immergée sous forte pression. Les globes en verre peuvent supporter une pression de plus de 7 kilogrammes par centimètre carré, et toutes les parties métalliques sont faites pour demeurer étanches sous une pression double. Les connexions sont à l’abri sous la double enveloppe, et l’on serait particulièrement satisfait de cet appareil dans les flottes de guerre anglaise et américaine.
- L’électricité au Mexique. — Si nous en croyons Industrial World, les villes mexicaines assez modestes de Trajuato et de Guanajuato sont sur le point d’être éclairées électriquement, et cela avec du courant qui viendrait d’une distance de 160 kilomètres environ, des câbles transportant ce courant à 60000 volts. C’est la rivière Duero qui donne la force motrice nécessaire, par l’intermédiaire de roues Pelton représentant une puissance de 54oo chevaux.
- Les mérites respectifs des perforatrices. — C’est dans Engineering and Mining Journal que M. Palmer les a établis, du moins pour les perforatrices électriques ou à air comprimé. Pour l’auteur, la perforatrice qui frappe au moyen d’un marteau pneumatique est bien supérieure à celle où le courant électrique nécessite la conversion d’un mouvement rotatif en mouvement alternatif. Assurément, les perforatrices électriques sont faciles à installer, reviennent bon marché au point de vue des dépenses de premier, éiablissement et accusent une économie importante de force motrice; mais les dépenses d’entretien, les avaries, la difficulté d’isolement de l’appareil, la délicatesse des organes qu’il faut protéger des secousses, compensent largement tous ces avantages. Et finalement on arriverait avec l’air comprimé à un avancement double, sans avaries ni arrêts pour les réparations.
- Evaluation de l’humidité dans le charbon de bois.
- — M. Yan der Bellen a étudié cette question dans la publication des St. Petersburger Polytechnischer Vereins. Il insiste sur ce fait qu’il ne faut pas perdre de vue l’affinité que possède le charbon de bois pour l’oxygène entre la température normale et ioo°. Il à obtenu des résultats nettement différents en opérant par diverses méthodes sur des échantillons de même origine. La proportion notée d’humidité était, par exemple, de 6,85 à 6,95 en exposant le charbon pendant sept jours dans un dessiccateur renfermant de l’acide sulfurique. C’était 6,48 à 6,35 après chauffage durant 4 heures sur le bain-marie, à une température de 970 C. Le chauffage à no0 C. dans une étuve et pendant 24 heures, donnait 4,54, à 4,56. On arrivait à un pourcentage de 7,31 à 7,48 en pesant directement l’humidité absorbée dans un tube de chlorure de calcium.
- Oxydation et productivité du sol. — Cette double question a été étudiée devant la British Association par MM. Darbishire et llussel. Tous les sols possèdent la propriété d’absorber de l’oxygène, et cela serait dû, principalement, à des micro-organismes, bien que pourtant cette propriété subsiste partiellement (au cinquième) dans des sols stérilisés à 1200 C. ou au chlorure de mercure. L’humidité est essentielle à l’oxydation, mais la submersion l’arrête, tandis que le sucre et le carbonate de calcium l’augmentent; certains poisons (même le sulfate de cuivre) l’accroissent également, à condition qu’ils ne soient pas dans une proportion de plus de 0,01 pour 100. Les sols partiellement stérilisés par des antiseptiques volatiles, comme le chloroforme, accusent un taux d’oxydation amélioré qui correspond à une plus grande productivité.
- Brevets américains. — Nos lecteurs doivent savoir que les brevets ne sont accordés qu’avec garantie aux Etats-Unis, c’est-à-dire que le Service d’examen refuse le brevet, s’il considère, par exemple, que l’appareil pour lequel on le demande ne peut pas fonctionner. Dernièrement une demande avait été présentée pour une pompe centrifuge, et, comme les examinateurs estimaient que cette combinaison ne pouvait fonctionner, ils exigèrent qu’on leur fournît un modèle susceptible d’être mis en marche. L’inventeur s’est vengé en leur faisant adresser et livrer dans le local des brevets une pompe de son système, grandeur d’exécution, pompe qui avait déjà effectivement fonctionné, et qui pesait modestement le poids de 7000 kg.
- Graissage des voies de tramways. — Les Américains ont généralement la coutume de graisser les voies de tramways aux déviations, aux tournants, pour faciliter le passage des roues ; et ils emploient pour cela le coaltar; qui n’est pas sans inconvénients. On vient de proposer de recourir à l’eau pour atteindre au même but, et à Sacramento, en Californie, on essaye un dispositif à ce sujet. Il consiste à munir chaque véhicule d’un petit réservoir d’eau dont l’orifice se trouve juste au-dessus des rails et en avant des roues. Quand on arrive à une courbe quelconque, cet orifice est ouvert automatiquement, et un mince filet d’eau coule sur la face intérieure de la voie. On se montré très satisfait de cette combinaison.
- Chemins de fer électriques. — Voici le Canadian Pacific Railway qui parle à son tour d’électrifier ses lignes, ou au moins une partie de son réseau ; il aurait l’intention d’opérer la transformation d’abord sur la ligne Québec Montréal, en employant, pour produire le courant, une usine installée sur les chutes Shawinigan. Cette entreprise attend du reste de juger le coût de la transformation semblable à laquelle se livrent les Compagnies du New-York Central et du New-York, New-Haven and Hartford Railroads.
- Coulées monstres. — Dans un numéro du mois de février, Y American Machinist a décrit la coulée d’un seul jet d’un bâti en fonte de moteur à gaz pesant 80 tonnes : il a fallu employer pour cela trois poches de fonte en fusion de 3o tonnes chacune, et il est bon de dire que le moteur auquel ce bâti est destiné n’a pas une puissance de moins de 5400 chevaux.
- Minerai de fer. — Aujourd’hui qu’on se préoccupe tant de l’épuisement possible des ressources du monde en minerai de fer, il est intéressant de signaler cë qu’en produit pour l’instant la péninsule espagnole. La production, en 1906, à été de g395ooo tonnes, alors qu’elle n’avait atteint, que 7 964 000 tonnes durant la campagne précédente. La Biscaye à elle seule fournit plus des 5o pour 100 de ce total, ses exportations se faisant à peu près uniquement par le port de Bilbao. C’est la Grande-Bretagne qui prend au moins la moitié de toute l’exportation des minerais espagnols, tandis que la France n’en achète pas plus de 25oooo tonnes.
- Ressources en minerai de fer. — On vient de découvrir d’importants gisements de minerai de fer dans l’île de Vancouver, sur la côte ouest; les diverses autres îles de la même région seraient aussi bien dotées à cet égard, et toute la chaîne des Rocheuses serait en état de fournir abondance de fer, autant que de charbon susceptible de produire du coke.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- Appareil *^§Î3
- Contrôleur de temps à autographe. — Cet appareil, qui est destiné à enregistrer le temps de présence des ouvriers, c’est-à-dire les heures d’entrée et de sortie, est basé sur l’emploi d’une pendule avec roues à types imprimant l'heure : ce n’est pas là son originalité. Mais ce qui est tout à fait curieux, et ce qui donne toute autorité à l’enregistrement de ces heures, ce qui les authentique pour ainsi dire, c’est que l’ouvrier appose sa signature sur la bande de papier où est faite cette inscription et à côté d’elle. En effet, les enregistrements successifs se font sur une bande de papier qui se déroule automatiquement, et quand un ouvrier, arrivant ou partant, vient à appuyer sur la tablette qui est au-devant de l’instrument, cela amène le papier à la position convenable pour recevoir et l’inscription de l’heure, et aussi la signature de l’intéressé : une fenêtre est ménagée dans la tablette, et c’est par cette fenêtre que la plume de l’ouvrier peut aposer sa signature sur la bande à inscriptions; l’heure imprimée appa-
- Fig. i.
- Appareil à autographe.
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- Il 39 11 39
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- il 40
- Fac-similé d’enregistrement.
- raît au même instant à travers la glace, et l’ouvrier sait ce qu’il signe. — En vente à la maison Roux, 54, boulevard du Temple, à Paris.
- 'Photographie
- Laveur automatique pour épreuves photographiques. — Le nouveau laveur pour épreuves photographiques se compose d’une cuve, dont le fond est de préférence circulaire, et dans laquelle est disposé un tambour avec parois cylindriques constituées par un grillage. Les deux extrémités du. tambour sont formées par des disques pleins qui sont munis chacun d’un tourillon tournant dans une douille fixe ; le tambour peut donc tourner à volonté dans la cuve. Des dispositions particulières ont été prises pour le tourillon de droite, qui est prolongé à l’extérieur. La douille a été allongée et l’on a placé de l’étoupe lubrifiante entre le tourillon et la douille pour empêcher toute sortie du liquide. La figure i, qui donne la coupe longitudinale de l’appareil, montre ces divers arrangements ; la figure 3 est une coupe transversale. Le tourillon prolongé à droite porte une roue à aubes d’une construction-spéciale destinée à faire tourner le tambour. La roue à aubes est formée par un cercle métallique muni d’une gorge intérieure dans laquelle sont ménagées des ouvertures dont l’un des bords consiste en une lèvre saillante à l’intérieur du cercle, et dont l’autre bord, formé également par une lèvre, fait saillie à l’extérieur de ce même cercle. Toutes les lèvres sont inclinées dans le même sens ; en regard de chacune des ouvertures sont placés des augets sur la périphérie. La figure 2 donne une vue par bout avec demi-coupe dans la roue à aubes. On remarque à l’intérieur du cercle, un peu au-dessus du plan horizontal du tambour, un robinet dont l’orifice d’écoulement est dirigé vers une gorge du cercle devant un auget. Le robinet est placé à l’extrémité d’un tube qui est fixé au fond de la cuve.
- Le mode d’emploi est des plus simples. Pour laver un grand nombre d’épreuves photographiques, on rem-
- plit la cuve , d’eau, on place les épreuves dans le tambour dont on ferme le couvercle, on ouvre le robinet d’alimentation des augets, on fait tourner le tambour à la main au départ. L’eau s’échappe alors parle robinet, et vient s’écouler dans un godet; ce dernier se déplace,
- FIG. 1.
- FIG.2.
- FIG.3
- Laveur automatique pour épreuves photographiques.
- Fig. I. — Coupe longitudinale. — Fig. 2. — Vue par bout.
- Fig. 3. — Coupe transversale.
- et se vide à la partie inférieure, et ainsi de suite. Le tambour tourne ensuite régulièrement, si l’on a soin de maintenir la cuve pleine d’eau. Le mouvement peut être réglé à volonté par le débit d’eau. Les épreuves subissent une action continue de brassage. Les sels provenant du lavage sont entraînés au dehors. — Pour tous renseignements, s’adresser à M. J. Porcheron, photographe, à Le-Grand-Pressigny (Indre-et-Loire).
- dg'ttsL Divers -^§33
- Brosse de poche. — Tout le monde sait combien on se trouve embarrassé pour faire disparaître des petites taches de boue, de poussières qui se répandent si facilement et si rapidement sur les vêtements, les chapeaux, etc. Une petite brosse de poche serait souventnéces-saire. C’est le petit appareil que vient de réaliser M. Mai-trugue et que l’on voit dans la figure ci-dessous. Les soies formant brosse sont montées verticalement sur des petits cadres séparés, et ceux-ci sont disposés en un certain nombre parallèlement au moyen de deux attaches différentes sur deux supports en cuivre glissant l’un sur l’autre. Il en résulte que les soies, par une légère trac-
- Brosse de poche pliée et dépliée.
- tion du support mobile, peuvent être verticales ou légèrement inclinées d’un quart de cercle. Pour se servir de la brosse, il suffit donc d’enlever le couvercle de l’étui qui renferme l’appareil, de tirer légèrement sur la tige de métal placée à l’extrémité ; les soies se redressent, on met le verrou d’arrêt, et la brosse peut être utilisée. Lorsqu’on a terminé, on abaisse le verrou d’arrêt et l’on appuie légèrement sur les soies, qui s’abaissent. Les dimensions de cette brosse atteignent à peine 12 centimètres de longueur sur 6 centimètres de largeur ; l’épaisseur est de 3 centimètres en comptant la longueur des soies qui est de 2 centimètres. — La brosse de poche est construite par M. S. Maitrugue, 52, rue de la Garenne, à Courbevoie (Seine); le prix franco est de 2fr,25>
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- LE CONCOURS DES JOUETS 1906
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- **> Divers
- Porte-savon. — Dans les cabinets de toilette et surtout dans les lavabos qui servent à un personnel d’atelier ou de bureau, le savon s’égare facilement par suite de la négligence de ceux qui s’en servent, ou bien il forme bientôt une pâte inutilisable si on le place dans une soucoupe. M. René Baron a eu l’idée de l’attacher et de le suspendre au moyen d’un piton à vis large qui pénètre facilement assez profondément dans le pain ; on fixe celui-ci à une chaînette qui par le jeu d’un ressort rentre automatiquement dans un support. De cette façon, le pain de savon est toujours au sec et l’on ne peut pas l’égarer ou le laisser dans 1‘orte-savon. la cuvette.
- Le système de ressort qui fait rentrer la chaîne automatiquement n’est pas indispensable, et le piton à vis, muni d’un bout de chaînette, suffirait pour suspendre, après usage,le savon à un crochet quelconque. — Chez M. René Baron, 65, rue Sainte-Anne, Paris.
- on ne peut donner à celle-ci qu’un très petit déplacement; il faudrait, pour qu’on puisse saisir l’écrou, que celui-ci ait 8 ou xo pans. Or, on ne peut pas dépasser 6 pans pour les écrous de dimension moyenne, sans risquer de manquer de prise sur la partie plate, car si celle-ci devient trop petite, la clef glisse et l’on a bien
- Boulon Marquer.
- vite un écrou rond. M. Marquer a tourné ingénieusement la difficulté et il arrive à faire 12 pans sur de petits écrous en taillant ceux-ci en chicane dans l’épaisseur de l’écrou.
- En somme (fig. i), c’est comme si l’on avait deux écrous superposés soudés l’un à l’autre de façon que les parties angulaires de l’un cox-respondent aux parties planes de l’autre. Il n’est pas nécessaire que chaque partie soit très épaisse et l’on peut ariûver à ne pas dépasser l’épaisseur des écrous ordinaires. C’est, par le fait, un moyen très simple d’avoir des écrous à 12 pans sans risquer d’arriver à l’inconvénient de l’écrou rond.
- L’Acti-vent. — Quand un fourneau de cuisine s’allume mal, c’est que le tirage n’est pas suffisant à froid ; cela tient parfois à l’action du soleil sur le haut de la cheminée.
- Pour activer le courant d’air, M. Pierre Berthon a disposé une petite hélice à l’intérieur du tuyau, et l’on peut, en tournant une manivelle placée à l’extérieur, donner à cette hélice un mouvement de rotation rapide.
- Les tuyaux sont de diamètres différents et peuvent s’adapter à ceux qui existent sur les fourneaux de cuisine ; le constructeur les établit du reste du diamètre voulu suivant la demande. — L’acti-vent est construit par M. Pierre Berthon, 17, Cité Dupont, Paris.
- L’acti-vent.
- Réchaud « le Saphyr ». — Ce réchaud, qui fonctionne à l’alcool, ou au pétrole, est destiné à chauffer une chambre ou un cabinet de toilette, et peut être aussi utilisé pour faire la cuisine.
- Le réservoir à alcool est disposé de façon à être toujours refroidi par l’air, qui arrive froid.
- Le brûleur est à plusieurs mèches et sa disposition assure une combustion aussi complète que possible; le constructeur estime que le rendement est d’environ 6000 calories kilogramme-degré par kilogramme d’alcool.
- Un appareil qui consomme 120 grammes à l’heure produit donc 720 calories gramme-degré qui suffisent pour élever la température de 5o mètres de cubes d’air de 12 à 180.
- Une haute cheminée formant radiateur coiffe le réchaud quand on l’utilise pour le chauffage des appartements. — « le Saphyr ». Le Saphyr est construit par M. Bar-bary, 5o, rue Henri-Régnault, à Courbevoie (Seine).
- Boulon Marquer. — Malgré toute la bonne volonté et l’ingéniosité des constructeurs, il arrive souvent que dans une machine ou dans une charpente certains écrous se trouvent placés à des endroits difficilement accessibles à la clef anglaise ; pour ceux qui se trouvent dans les coins et qui ne sont pas recouverts, on a la ressource de la clef à canon. Mais s’il y a une pièce formant couverture, ou est bien forcé d’avoir recours à la clef ordinaire ; il arrive alors que, gêné par les pièces voisines,
- Boulon de sûreté L. E. B. — U y a déjà une quantité considérable de boulons dits de sûreté, c’est-à-dire que les trépidations n’arrivent pas à les desserrer : c’est surtout dans l’industrie automobile que ce genre de boulons peut rendre des services. M. L. Brout a imaginé celui que représente le dessin ci-contre qui est très simple et présente un véritable goupillage d’une efficacité indiscutable.
- Il se compose : i° du boulon proprement dit (fig. 1) qui porte sur toute la hauteur de la partie filetée une rainure longitudinale a de section carrée ; 20 d’une cheville bd de section carrée également destinée à se loger dans la rainure a ; cette cheville est terminée par un ergot b; 3° de l’écou (fig. 2) qui est évasé à sa base par une fraisure circulaire c ; c’est là que se logera l’ergot b
- Boulon de sûreté.
- de la cheville dont il vient d’être question ; cet écrou porte en outre (fig. 3) à sa partie supérieure des fentes ou entailles e, en nombre variable suivant la dimension de l’écrou.
- La cheville ayant été mise en place et l’écrou étant serré, on amène par un dernier effort l’une des fentes en face de l’extrémité de la cheville qui dépasse et, au moyen d’un outil, semblable à un bédane, on rabat celle-ci dans la rainure. On forme ainsi un véritable goupillage qui fixe l’écrou au boulon dans une position immuable, Pour le démontage de la pièce, on n’a qu’à faire sauter la tête repliée de la cheville pour que le boulon puisse être très facilement desserré ; lors du remontage on n’aura qu’à mettre une cheville neuve qui n’a qu’une valeur insignifiante. — L’inventeur est M. L. Brout, 46» rue de la Prévoyance, à Vincennes.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Pain frais et pain rassis. — La question non seulement du pain frais, mais du pain quotidien, s’est posée récemment à Paris et en province à propos de l’application de la loi si bien faite du repos hebdomadaire. Se passer de pain frais est chose facile; se passer tout à fait de pain, ne fût-ce qu’un jour, devient plus compliqué. Plus que tout autre Européen, le Français est gros mangeur de pain; dans certains ménages, le pain constitue la moitié et plus de la ration alimentaire. Paris consomme journellement près d’un million de kilogrammes de pain, soit, en défalquant les enfants, les débiles, les malades, près de 400 à 5oo gr. par tête.
- Le pain est un aliment exquis, d’une digestion facile, et des plus savoureux, quand il est frais. Je ne parle pas du pain sortant du four, qui est absolument indigeste, mais dans le pain cuit le matin, et mangé à dix heures, la croûte craque sous la dent, a un parfum, un arôme qui excite l’appétit. Le pain rassis est moins agréable au goût, mais il est tout aussi nutritif, car il ne lui manque qu’une certaine quantité d’eau perdue par évaporation.
- Le pain ne forme pas un aliment complet; il est même inférieur, même après cuisson, à un certain nombre de légumes secs. Il contient, en effet, moins de principes albuminoïdes, moins de graisse, et moins de sels ; par contre, il a à peu près équivalence des principes hydrocarbonés.
- Si l’on ne prenait du pain que certaines parties, la teneur en ces divers principes varierait encore beaucoup. La mie contient plus d’eau, la partie centrale du pain est en effet soumise à une température moins élevée que la croûte. Celle-ci subit presque directement l’action de la chaleur de i5o° et plus qu’atteint le four; l’eau de
- la partie superficielle du pain est volatilisée, l’albumine coagulée et la transformation des parties féculentes en sucre forme une sorte de caramel, d’où l’aspect doré et la saveur spéciale de la croûte. A poids égal, la croûte est plus nutritive et d’une digestion plus facile.
- Le pain a-t-il une valeur alimentaire bien différente suivant qu’il s’agit de pain blanc fait avec une farine blutée, une farine blanche, ou de pain bis, produit d’une farine ayant subi un blutage moins complet ou d’une farine à peu près brute ? Le son enlevé par le blutage contient un certain chiffre de produits nutritifs azotés, graisse et sels minéraux qui manquent dès lors dans le pain blanc. Aussi a-t-on préconisé les pains dits complets. Mais il faut remarquer que le pain fait avec de la farine non ou peu blutée est moins bien digéré que le pain blanc. Des analyses faites par des physiologistes de valeur, montrent que l’absorption dépasse, pour le pain blanc, de i5 pour ioo celle du pain de seigle noir ou du pain de farine entière. Il n’y a pas en réalité de gain réel. Mais au point de vue de la nutrition, ce pain, renfermant une certaine quantité de son, favorise, par le résidu plus abondant qu’il laisse, les fonctions intestinales et réussit bien aux personnes, si nombreuses, qui sont affligées de constipation.
- Ce qu’il faut retenir, en somme, c’est que le pain est un excellent aliment auquel il faut ajouter pour avoir le type complet une certaine quantité de sels minéraux, un peu de graisse et des albuminoïdes; or, l’alimentation usuelle, viande, œufs, légumes secs de différente nature, vient apporter ce contingent. Quant au choix entre le pain frais et le pain rassis, personne n’hésite: le premier sera toujours choisi de préférence au second, à d’assez rares exceptions. Dr A. C.
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- AGRICULTURE
- A propos du mouillage des vins. — Il existe deux façons de mouiller les vins : l’une qui consiste à additionner d’eau le vin fait, et l’autre à ajouter l’eau à la vendange avant la fermentation du raisin. On croit généralement que la seconde méthode donne aux fraudeurs une sécurité absolue, et que les chimistes sont impuissants à la déceler. C’est une erreur, et, notamment, les travaux récents de M. Surre, directeur du Laboratoire municipal de Toulouse, permettent, au contraire, aux experts de se prononcer avec certitude et de pouvoir affirmer la réalité du mouillage à la cuve, sinon dans tous les cas, au moins dans la plupart d'entre eux.
- M. Surre applique la réaction bien connue des nitrates sur le sulfate de diphénylamine. On a longtemps admis que cette réaction n’avait pas une sensibilité suffisante pour mettre en évidence les traces de nitrates qui existent presque toujours dans les eaux versées sur la vendange dans un but frauduleux : mais, grâce à la technique opératoire instituée par l’auteur, cette sensibilité est accrue à un point qui la rend parfaitement utilisable dans la pratique.
- On décolore au noir animal 5o cm3 du vin à examiner, que l’on filtre ensuite et que l’on évapore en présence d’une petite quantité de chaux vive. Le résidu sec est successivement repris par i cm3 d’eau distillée, puis par 25 cm3 d’alcool absolu. Le tout est jeté sur un filtre, et le filtrat est reçu dans 5 cm3 de la solution sulfurique décinormale de diphénylamine. Il n’y a pas de coloration appréciable avec les vins purs, c’est-à-dire avec les vins ne contenant pas d’eau ajoutée : au contraire, avec des vins mouillés, même à 4 seulement pour ioo, il apparaît instantanément une belle coloration bleue.
- Le point délicat de la méthode consiste en ceci que tous les réactifs et toutes les substances servant aux divers temps de l’opération doivent être absolument exempts de
- nitrates, dont la présence fausserait évidemment les résultats obtenus. Pour la même raison, les instruments, les vases et les filtres doivent être soigneusement lavés à l’eau distillée.
- Le procédé Surre a été, dès son apparition, qui date de quelques mois à peine, accueilli avec faveur par les techniciens : il est aujourd hui admis comme très utile par un grand nombre d’analystes ; son adoption rendra, en se généralisant, un grand service à la viticulture, car de toutes les sophistications du vin, l’addition d’eau est celle qui est la plus insaisissable et la plus redoutable au point de vue économique. Francis Marre.
- La destruction de la cochenille des arbres fruitiers au moyen de l’acide cyanhydrique. — Les
- cochenilles, ou poux des plantes, sont des sortes de pucerons à carapace, qui comptent parmi les plus redoutables ennemis des arbres fruitiers. Elles présentent cependant un mode d’existence qui ne semblerait guère permettre la possibilité de grands ravages puisque, sauf pendant de très courtes périodes de reproduction, elles vivent fixées à la plante support à l’aide de leur rostre ou suçoir; mais ce rostre est justement une véritable trompe garnie intérieurement de stylets perforants longs et minces que l’animal tient constamment plantés à l’intérieur des tissus dont il utilise les sucs nutritifs. Présentant de plus une extrême fécondité, les cochenilles peuvent se multiplier si abondamment qu’elles constituent une véritable croûte continue à l’entour des branches envahies.
- On a préconisé contre ces insectes divers remèdes — insecticides liquides, pulvérisations, badigeonnages — qui tous n’ont jamais donné que des résultats imparfaits, tant à cause de cette carapace coriace sous laquelle les cochenilles abritent elles-mêmes leur ponte, que de la
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- dimension souvent assez haute des arbres en traitement. M. G. Guénau a récemment signalé, à la Société des Agriculteurs de France un procédé extrêmement hardi et très original qui a été inventé par les agriculteurs américains et qui donne d’excellents résultats. Il ne s’agit de rien moins que de soumettre les arbres et les hôtes qu’ils portent à l’action de fumigations d’acide cyanhydrique. On sait que cet acide, dont l’effet est particulièrement redoutable sur les organismes animaux, est au contraire sans action sur les végétaux, dont quelques-uns même sont de véritables fabriques de ce terrible poison. On crée donc à l’entour des arbres une atmosphère d’acide cyanhydrique, obtenue en faisant réagir de l’acide sulfurique étendu d’eau sur du cyanure de potassium.
- L’arbre en traitement est recouvert d’une légère toile, imperméabilisée par une application d’huile de lin bouillie. C’est seulement lorsque cette toile est mise en place, prête à être fermée hermétiquement, que l’on doit effectuer la manipulation chimique : on a disposé dans la partie basse de l’arbre un vase en terre, contenant de l’acide sulfurique, et l’on verse alors dans ce vase le cyanure de potassium, soit soi-même, soit en laissant se vider dans le vase un sachet de papier disposé
- au préalable au-dessus de celui-ci; on peut d’ailleurs supprimer! toute espèce de danger en employant un petit appareil spécial, l’appareil Claylon. En tout cas, la fermeture immédiate de la toile s’impose. La dose de cyanure varie de 2 à 4 gr. par mètre cube d’air ; pour 1 gr. de cyanure de potassium il faut compter 2,25 d’eau et 4,5o d’acide sulfurique. Cet acide est celui du commerce titrant 62° Baumé, et le cyanure est également celui du commerce à 98 pour 100. La durée de la fumigation est d’une demi-heure à trois quarts d’heure; elle doit se faire autant que possible le soir ou la nuit, la vive lumière solaire pouvant rendre l’acide cyanhydrique nuisible à la plante, et par un temps parfaitement sec, de préférence en été.
- Bien mené, le procédé ci-dessus a déjà donné d’excellentes preuves de sa valeur, notamment aux environs de Nice où il a été appliqué au traitement d’orangers violemment attaqués.
- Toutefois, l’habileté qu’il exige, le danger qu’il présente au cours de ses manipulations, ne permettent d’en confier l’application qu’à des ouvriers habiles qui pourraient d’ailleurs avec un peu d’habitude acquérir une aptitude particulière à ce travail et s’en tirer au meilleur profit de tout le monde. A. D.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Pour obtenir l’apparence truitée sur le métal des canons de fusils. — C’est surtout sur les canons d’armes à feu qu’on l’emploie ; mais il va de soi qu’il peut être désirable de réaliser la même coloration, la même apparence spéciale, sur d’autres objets de métal. Voici les deux recettes que l’on recommande généralement dans ce but. On fait dissoudre 60 gr. de sulfate de cuivre dans un litre environ d’eau chaude, et, quand cela est froid, on y ajoute i5 gr. d’eau forte et i5 également d’esprit de nitre dulcifié, puis 3o d’esprit de vin et autant de teinture de chlorure de fer. On applique ce liquide au métal à traiter avec un pinceau dur. On peut également appliquer, sur le métal nettoyé aussi parfaitement que passible, une pâte faite de chlorure d’antimoine mélangé à de l’huile d’olive, avec addition.de 10 gouttes d’acide nitrique concentré. On laisse la pâte sur le métal jusqu’à ce que le brun obtenu soit suffisamment foncé. Il faut généralement pour cela une application se prolongeant 24 heures. De toute manière, on doit toujours frotter par-ci par-là la surface à la brosse-grattoir, puis polir au bois dur, et passer une couche de vernis à la gomme laque.
- Vernis colorés à la gomme laque. — On peut les préparer, en évitant l’évaporation, à chaud, ou mieux à froid, en brassant bien une demi-livre de gomme sanda-raque, trois quarts de gomme laque en boutons, et 4 litres et demi d’alcool de bois. On fait un vernis moins cher en remplaçant un cinquième ou un sixième des deux gommes par de la résine ordinaire blanche; mais la qualité est inférieure. Il faut toujours, du reste, bien filtrer la préparation pour y ajouter le colorant, qui doit être une couleur soluble dans l’alcool. Pour les quantités que nous avons indiquées, on en prend quelque 60 grammes, que l’on fait dissoudre dans un demi-litre d’alcool; et l'on ajoute ultérieurement à la préparation, après décantation, toute la couleur soluble.
- Désinfection d’une chambre au soufre. — Pour arriver au résultat, il faut naturellement que les ouvertures de la pièce soient bien closes, et que notamment les joints des portes et des fenêtres soient couverts de bandelettes de papier collées. Mais il importe aussi que le soufre brûle bien sans danger d’incendie. On prépare d’abord un seau contenant un peu d’eau au fond, et c’est dedans qu’on placera le récipient en terre où se fera la combustion même du soufre, de façon que, si le vase en terre se rompt, le soufre en fusion ne fera point courir de dangers de feu. On place ensuite un peu de fleurs de soufre dans le récipient, puis du soufre en morceaux et enfin on jette sur le tout un charbon ardent
- qui vienne bien en contact avec les fleurs de soufre. On se retire aussitôt et l’on obture bien la porte par laquelle on sort.
- Poudre absorbante pour mettre sur les plaies des animaux. — C’est une composition que nous croyons brevetée, mais nous ne savons son nom ni son lieu de vente. En tout cas voici sa composition, qui semble assez heureuse. — Elle est faite de farine de blé (qui agit comme absoi'bant proprement dit), puis d’alun, qui est un asséchant par excellence, en sa qualité d’astringent; enfin on y trouve du sel d’Epsom, autrement dit sulfate de magnésie. Elle paraît coaguler les matières albumineuses et prévenir les écoulements sanguins, notamment.
- Écran transparent incassable. — Il n’est pas absolument incassable, mais du moins, quoiqu’il renferme une vitre, s’il vient à se briser, les morceaux de verre 11e peuvent tomber ni blesser directement les personnes qui seraient en contact avec cet écran. Il a été inventé spécialement pour l’usage des automobiles, et l’on comprend, par suite, le but qu’on a poursuivi. L’inventeùr est la Société dite Safety Motor Screen, de Swindon, en Angleterre. C’est une combinaison d’une feuille de celluloïd entre deux lames de verre, la première étant cimentée de façon intime aux deux autres. On estime que, si un choc survient qui brise les vitres, les morceaux en demeurent absolument adhérents à la feuille de celluloïd, qui, elle, est préservée des dangers d’inflammation. On nous a affirmé que cette combinaison est assez solide pour résister au choc d’une brique sans se fêler, le celluloïd assurant une élasticité curieuse et précieuse aux deux vitres.
- Liquide à polir les métaux.— C’est un composé qui a cet avantage que les matières en suspension qu’il contient n’ont que faible tendance à se déposer, et aussi que l’on n’y trouve point d’alcool, ce qui a parfois certains avantages. — On le prépare avec 400 g1’- environ de blanc d’Espagne en poudre fine, puis 1,20 litre d’essence et 3 à 4 gr- d’acide oléique. Il faut bien secouer pour obtenir un mélange intime.
- Tournevis multiple improvisé. — On peut le tailler dans une lame de vieille scie, fournissant un métal excellent pour cet usage. On découpe dans le métal une circonférence de diamètre suffisamment petit pour pouvoir se mettre dans une poche de veston par exemple ; puis, au pourtour de cette circonférence, on enlève le métal par des entailles successives, de façon à laisser une série de dents carrées dont la largeur correspondra aux têtes des diverses vis courantes.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Les éclipses de soleil et la santé des yeux: — M. le IL A. Beauvois, ophthalmologiste, à Paris, nous envoie une brochure pleine d’intérêt, intitulée : Accidents oculaires consécutifs à l'observation des éclipses de soleil, parue dans le Recueil d’Ophthal-mologie (mai et juin 1906) et réimprimée en tirage à part (F. Alcan, éditeur). L’auteur a été amené à ces recherches à la suite de l’éclipse du 3o août igo5, visible à Paris, qui fut suivie pour lui d’un grand nombre de consultations de la part de gens se plaignant d’éblouissements et qui en attribuaient l'origine à l’observation de l’éclipse. Des faits analogues ont été notés par les auteurs du siècle dernier et par ceux des temps anciens : M. Beauvois donné d’ailleurs à ce sujet une abondante bibliographie qui va d’Aristote et Lucrèce jusqu’au Congrès de la Société française d Ophthalmo'logie (1906) en passant par les Œuvres de Chirurgie, de Guillemeau (Paris, 1649) autres auteurs.
- Gai.ien disait déjà ( Utilité des parties du corps humain) : « Rappelez-vous comment une lumière vive et brillante fatigue les yeux. Peut-être ignorez-vous à quel point furent incommodés les soldats qui marchaient sous la conduite de Xénophon par des chemins couverts d’une neige épaisse, car je ne serais étonné que vous n’ayez pas souci des écrits de cet historien.. Vous ignorez également, je pense, que Denys, tyran de Sicile, avait fait élever au-dessus de la prison et enduire de plâtre une pièce d’ailleurs très brillante et très éclatante, et qu’après un long séjour au fond des cachots, il y faisait monter les prisonniers. Plongés si longtemps dans d’épaisses ténèbres et revoyant un jour brillant, ils devaient contempler la lumière avec ravissement, mais ils perdaient bientôt les yeux, ne pouvant supporter l’éclat soudain d’une lumière éblouissante.... Cependant, si l’on voulait contempler le soleil même sans cligner des yeux, 011 perdrait bientôt la vue, et, dans les éclipses, beaucoup de gens qui voulaient prendre une connaissance plus exacte du phénomène, eu tenant les yeux fixés sur le soleil, sont devenus complètement aveugles sans s’en apercevoir.
- Enfin, Schirmer décrivit, en 1866, sous ce titre: Ueber Blendung der macula lutea, la très intéressante observation d’un éblouissement qui dura en totalité près de trois mois et s’améliora très lentement.
- Qu’il s’agisse donc de la lumière du soleil observé pendant une éclipse au moyen de verres mal fumés ou de toute autre source lumineuse trop puissante, l’éblouissement qui en résulte est, comme on le voit, relaté par de nombreux auteurs.
- Les principaux symptômes sont : la formation d’un scotome central, c’est-à-dire d’une sorte de tache que l’observateur voit s’interposer entre lui et tous les objets qu’il regarde; Yérythropsie ou vision rouge; la diminution de Vacuité et quelquefois du champ visuels ; la photophobie, ou crainte de la lumière, qui est douloureuse; et même des lésions rétiniennes ! Quant au traitement, il consiste essentiellement dans le repos oculaire, l’emploi de verres jaunes ou de Fieuzal, le séjour dans une demi-obscurité, et quelquefois, s’il y a des phénomènes de céphalée ou de congestion, l’application de sangsues à la tempe et à la mastoïde. Enfin, le plus important est de ne regarder le soleil que d’une façon intermittente, en protégeant l’œil avec un verre bien fumé ou même avec plusieurs épaisseurs de verre. On évitera ainsi des accidents parfois sérieux. Avis aux amateurs d’éclipses!
- . Machine volante. —M. E. Bergmann, de l’Aéro-Club du Rhône, à Lyon, nous adresse, sous ce titre, une intéressante brochure, au cours de laquelle il développe le programme d’un aviateur d’un nouveau modèle.
- Renseignements. —M. Jean Salema, à Castello de Paiya. — Ouvrages relatifs à l’installation des sonneries
- électriques, chez M. Tignol, éditeur, 53 bis, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. Giyois, à Torchamp. — i° Vous trouverez dans La Nature, n° i56o, 18 avril 1903, p. 3 r5, un article (.Briquettes suédoises en sciure de bois) sur le sujet qui vous intéresse. On peut aussi malaxer la sciure de bois avec de l’huile de lin ; d’autre part, le bois-pierre est un mélange comprimé de sciure et de magnésie calcinée en poudre ; enfin, pour les allume-feu, on a recours simplement à un malaxage avec de la résine, puis au moulage. — a0 Veuillez préciser la date de la séance de VAcadémie des Sciences que vous indiquez et nous dire dans quel numéro de La Nature vous en avez trouvé mention (numéro, date et page).
- M. Durand, à Angoulême. — Pour désinfecter une chambre, qui sent l’anhydride sulfureux, le meilleur moyen est un aérage intense, ou, à défaut de celui-ci, l’emploi de parfums en dissolution dans l’alcool, comme le thymol ou d’autres au choix.
- X., à Rambouillet. — Veuillez vous adresser directement à Douai.
- M. Le Lucas, à Concarneau. — Nous ne voyons pas à quelle espèce peut appartenir le lézard dont vous parlez et dont la description est vraiment trop vague. Vous pourriez chercher dans l’ouvrage de MM. Dume-ril et Bibron : ILerpétologie générale, chez J.-B. Baillière, éditeur, 19, rue Hautefeuille, Paris.
- Cercle des officiers, à Poitiers. — Il existe encore des escargotières en France, notamment dans le département de l’Aube; il suffirait d’en relever l’adresse dans le Bottin au mot escargot. Pour les visiter, demander l’autorisation aux propriétaires.
- M. P. Bordi, à Paris. — Nous vous remercions de votre communication au sujet du réfractomètre Bertrand; le fait nous avait déjà été signalé par un lecteur et inséré dans notre « Boîte aux lettres » (n° 1743 du 20 octobre. Communications).
- M. A. G., à Montoire. — Filtres en grès, MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. A. Symonet, à Paris. — Vous pouvez consulter le Dictionnaire des termes techniques employés dans les sciences et dans l’industrie, par H. de Graffigny, Paris,
- H. Dunod et Pinat, éditeurs, 49, quai des Grands-Augustins. Prix : i2fr,5o. Cet ouvrage n’est pas illustré.
- M. F. M., à Mexico. — Pour tous les renseignements relatifs à la fabrication de la soude (constructeurs d’appareil), veuillez vous adresser à MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. L. G. B., à Bruxelles. — Le seul moyen pratique serait de vernir la surface extérieure du produit en ciment .
- M. G. Biquet, à Maydieu. — Veuillez vous adresser à MM. Poulenc frères, dont l’adresse est ci-dessus.
- M. Artus, à Paris. — M. Peccoud, à Annecy, nous communique aimablement que la lampe hygiénique se vend chez M. Berger, 1, place de l’Eglise, à Levallois-Perret.
- M. Hilarion Gmé, à Barcelone. — Le*siège de la Société chimique de Paris est, à Paris, 44, rue de Rennes.
- M. E. Bidard, à Bruxelles. — La moto godille a été en effet mentionnée dans La Nature, n° 1703, du i3 janvier 1905, p. io5. article sur le Salon de VAutomobile.
- M. Pointe, à Neuilly. — Cheminées russes: MM. Allez
- I, rue SainLMartin, à Paris.
- Un abonné, à E. — Les cristaux dont vous parlez sont formés par un composé double de chlorure de zinc et de chlorhydrate d’ammoniaque. On peut les éviter en employant des solutions très étendues.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Delarue, à Passy. Veuillez vous adresser à la maison Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, Paris. — Mme Ch. Mandrouvelle, à Montargis. Ce renseignement a été donné dans la « Boîte aux lettres » du n° 1739, du 22 septembre 1906. Veuillez vous y reporter. — M. H. Chaloni, à Auxerre. Voyez nos Recettes et procédés utiles, 2e et 3° séries, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — MM. Peccoud, à Annecy; Bergmann, à Lyon, Beauvois, à Paris. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 IIEURi-S MJ MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 octobre . . S. S. E. 2. Ti ès nuageux. » Rosée, nuageux.
- Mardi 2j i2\o S. S. w. 1. Nuageux. 0,0 Rosée, nuageux jusqu’à 15 li., Dean ensuile, pluvieux à 8 lu, 9 h.
- Mercredi 21 u°,5 N. E. 0. Drouillard. 15,7 Rosée, couvert, Drouillard, pluie de 15 à 21 h.
- Jeudi 25 1 t°,y N. 4 Pluie. 5,2 Pluie continue jusqu’à 8 h.; couvert.
- Vendredi 2 > 9 ,2 N. N. E. 2. Couvert. tt Rosée ; très nuageux.
- Samedi 27 . . . ." . . 9°.5 Calme. Couvert. 0,1 Rosée; très nuageux; brouillard à 9 li. ; halo à 12 li.; pluie line le soir.
- Dimanche 28 . ... 5".2. S. S. \V. 2 Peau. U Gelée blanche; beau le malin; nuageux le soir.
- OCTOBRE 1906. — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 OCTOBRE 1906
- La courbe supérieure indique la nébulosité de Où 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus milice, thermomètre à l'abri à boule sèche, courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du 22 au 28 octobre, le temps a été brumeux et pluvieux. Le 22 octobre, le baromètre ne marquait que 758 mm en Bretagne, où la mer était houleuse. On n’a signalé que quelques ondées dans le Midi de la France. La température était restée élevée surtout dans l’Ouest et le Nord-Ouest. Le thermomètre marquait le malin 90 à Paris, i3° à Lyon, i5° à Nantes, 16° à Cherbourg, ii° au Puy de Dôme, 3° au Pic du Midi. La température moyenne a été 15° 5, supérieure de 6°,.5 à la normale. Le a3 octobre, la pression est remontée à 765 mm sur presque tout le continent. Un vent faible a souillé d’entre Sud et Ouest sur la Manche. Il est tombé 12 mm d’eau à Calais, 4 nun à Dunkerque, 2 mm à Brest, 2 mm au Havre, x mm à Charleville. La température était le matin 120 à Paris, i3° à Dunkerque, i5° à Marseille, 23° ù Alger, 3° au Pic du Midi, i° au mont Meunier. A Paris, le ciel s’est couvert le matin et quelques gouttes sont tombées. La température moyenne a été i5°, supérieure de 6°,2 à la normale. Le 2'i octobre, la pression barométrique a été très élevée; elle atteignait 765 mm sur le Nord des Iles-Britanniques. La température était le malin io° à Clermont, .12° à Paris, i4° ù Toulouse, 23° à Alger, i3° au Puy^de Dôme, 90 au mont Ventoux. Dans la région pari-siennè,Të ciel s’est couvert le matin de nuages sombres; un brouillard épais limitait la visibilité à 5oo mètres. Dans l’après-midi, vers 1 heure, la pluie est tombée en abondance et a continué jusqu’au lendemain matin 8 heures. Le 25 octobre, la pression barométrique était 770 mm sur le Nord-Ouest de la France: elle atteignait
- 768,7 mm à Paris à midi. Le vent était au Nord sur toutes 1x0s côtes. Il a plu à Charleville (27 mm), à Toulouse (19 mm), à Paris (18 mm), à Clermont (10 mm), à Rochefort (9 mm). Le thermomètre marquait le malin 90 à Brest, 120 à Paris, i3° à Lyon, x8° à Perpignan, 21" à Alger, 90 au mont Aigôual, 70 au Puy de Dôme, — x° au Pic du Midi. La. température moyenne à Paris a été ii°,8, supérieure de 3°,3 à la normale. La pluie tombée à Paris depuis 11 heures du matin à 4 heures du soir. Le 26 octobre, la pression barométrique subissait uue baisse; on observait 767,1 mm à Paris. On a recueilli 22 mm d’eau à Clermont, 12 mm à Limoges, 8 mm à Toulouse, 6 mm à Charleville, 5 mm à Belfort. La température était le matin 4° à Besançon, 4° à Nantes, 90 à Paris, 120 à Biarritz, 200 à Alger, 4° au Puy de Dôme, —3° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été n°, supérieure de 2°,6 à la normale. Le 27 octobre, on a observé le matin deux minima barométriques, voisins de y$8 mm, près de l’Écosse et sur le golfe de Gênes. Le vent a été assez fort d’entre Nord et Ouest au Cotentin, modéré du Nord en Bretagne. Le thermomètre marquait le matin 5° à Nantes, io° à Paris, i3° à Biarritz, 180 à Alger, 20 au Puy de Dôme, 2° au mont Mounier — i° au Pic du Midi. Dans la région parisienne, le ciel est resté nuageux et brumeux. Le 28 octobre, la situation atmosphérique s’est notablement modifiée dans le Nord-Ouest de l’Europe. On a recueilli 3 mm d’eau à Limoges, 2 mm à Nantes, 1 mm à Dunkerque. La température était le matin 20 à Nantes, 3° à Paris, 4° à Clermont, 180 à Alger, o° au Puy de Dôme, o° au mont Aigoual, — 70 au Pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE P. Q. le 24 à 1 h. fiq un du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A- MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- îao, Boulevard Saint-Germain, Paris (YIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d'adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cio, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N* 1746 (10 NOVEMBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- La chaleur terrestre due au radium. — D’après un récent travail de M. Strutt, la teneur moyenne en radium des roches terrestres, le dégagement de chaleur que pi’oduit cette substance et la conductibilité connue de ces roches suffiraient, avec une croûte terrestre assez mince, pour expliquer la chaleur interne. M. O. Fisher, dans Nature, a eu l’idée ingénieuse de calculer, avec le degré géothermique ordinairement admis, quelle quantité moyenne de radium la croûte devrait contenir pour telle ou telle épaisseur variant de 20 à 70 km, en supposant que cette croûte seule fût en jeu. Son calcul, en supposant i° cent, par 33 m. de profondeur, conduit, avec une épaisseur de 24 km à une teneur de 10,27 X io~12 et, avec 70 km, à 3,5gXio“12; la température à la base étant, dans le premier cas, de 7200 cent, et, dans le second, de 21000. Ces chiffres n’ont rien de contraire avec les résultats expérimentaux, tant pour l’épaisseur de la croûte supposée par les géologues que pour les analyses de radium dans les roches. La température des laves de l’Etna est de 10600 ; ce qu’une profondeur assez faible suffirait seule à expliquer, même en n’admettant pas l’hypothèse infiniment probable, et d’ailleurs conforme aux observations, de relèvements locaux dans la température interne, dus à des causes toutes différentes. Mais alors, si le radium, dans les proportions où les roches le contiennent, suffisait seul à expliquer l’accroissement de température interne, non seulement on n’aurait plus besoin, comme on le fait d’ordinaire, de supposer un noyau plus ou moins incandescent ; mais même ce noyau ne pourrait exister, puisque sa présence et l’afflux de chaleur qui en résulterait devraient avoir pour effet d’augmenter le degré géothermique et de le rendre incompatible avec les teneurs en radium observées. La terre ne serait donc plus un globe en train de se refroidir, avec toutes les conséquences que l’on en tire pour les plissements et les déformations toujours continuées, mais un globe arrivé à l’équilibre stable, et ne subissant plus l’influence de ses parties internes, etc., etc. Nous ne donnons pas la théorie comme bien admissible ; mais elle méritait d’être citée pour montrer à quel point nos idées sont encore incertaines sur ces matières obscures et toujours à la merci d’une découverte nouvelle.
- Les Boomlets du Transvaal. — Les industries anglo-saxonnes passent périodiquement par des crises d’engouement spéculatif, que l’on appelle des booms ; le boomlet en est le diminutif. La Revue sud-africaine a récemment résumé l’histoire des boomlets, qui ont « excité » l’industrie minière du Transvaal depuis 1902. Le premier fut, en igo3, causé par la découverte d’un
- nouveau filon aurifère, dit Ëdenkop, plus tard mieux nommé le volage, l’inconstant, le fuyant, etc.... Résultat net : émission de 25 millions d’actions, portées à plus de 100 millions de francs par la spéculation, et tombées aujourd’hui à 7 millions. Puis vint la fièvre du diamant, dans le district de Pretoria, en 1902-1903, après le succès extraordinaire de la mine Premier ; résultat, perte de 16 millions. En igo5, agitation, dans le district de Klerksdorp ; i3 millions de perte. Enfin, en 1905, découverte, ou plutôt mise en valeur de l’étain dans le Bushveld : Tin Boomlet; 100 millions de perte. On peut ajouter la spéculation sur Madagascar, organisée a,u même moment par les financiers de Johannesbourg, à propos des gisements aurifères Lecomte; i5 millions de perte. Actuellement c’est sur le district de Boshof que l’on se jette, avec une ardeur que ces précédents échecs n’ont pas refroidie.
- Le second Congrès préhistorique de France a eu
- lieu à Vannes, du 21 au 26 août, sous la présidence de M. de Mortillet, avec non moins de succès que celui de Périgueux en igo5. Le Dr M. Baudouin, secrétaire général, a demandé la création, en Bretagne, d’un parc national mégalithique et le Dr Guébhard a proposé la construction d’une carte générale des monuments préhistoriques. Les principales communications relatives aux diverses époques et récentes acquisitions de la préhistoire ont été faites par MM. Rutot, Dr Joussel, Sageret, de Ricard, abbé Breuil, Goly, Dr Stjerna, Dr Montelius, de Fillemereuil, etc. Le Congrès de 1907 aura lieu à Abbeville.
- La conférence de la télégraphie sans fil. — La
- conférence internationale pour la télégraphie sans fil, dont le gouvernement allemand a provoqué la réunion le 3 octobre à Berlin, a terminé ses travaux. Une convention spéciale internationale de radiotélégraphie a été signée. Le principe de l’internationalisation et de l’inler-communication de tous les systèmes a été adopté. Des exceptions momentanées ont été faites en faveur de l’Italie et de l’Angleterre qui sont liées par des contrats avec la Compagnie Marconi. Mais tous les Etats se sont engagés à ouvrir des stations à intercommunication par-tout où les stations Marconi ne se départiraient pas de leur principe exclusif. L’article 3 du projet de convention, concernant l’échange de communications obligatoires entre les stations côtières et de navire à navire sans distinction de système, a donc été accepté provisoirement, jusqu’à l’adoption du règlement de service-Sur la proposition de la France, l’entrée en vigueur du nouveau règlement a été fixée provisoirement au 1"' juil-
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- let 1908, Les délégués anglais ont invité la conférence à se réunir à Londres en 1911.
- La comète Kopff (1906 e). — Nous avons annoncé, dans le n° 1739 (22 septembre 1906) la découverte de cette comète faite par la photographie. Les observations ont montré qu'il s’agissait là d’une nouvelle comète péi'iodique à révolution relativement courte. M. Ebell lui attribue une période de 6,61 ans et MM. Crawford et Champreux une période de 6,67 ans. Elle a toujours été très faible, inférieure à la onzième grandeur. Son passage au périhélie a eu lieu le 3 mai 1906.
- Congrès océanographique de Monaco. — Le prince de Monaco a l’intention de provoquer la réunion, à Monaco, d’un premier Congrès international d’océanographie (physique, chimie, biologie, etc. de la mer) et de météorologie marine, et de faire coïncider, si cela est possible, la date de ce Congrès avec celle de l’inauguration du musée océanographique ; cette date n’est pas encore fixée; mais, dès maintenant, les savants de tous les pays sont invités à donner leur adhésion à cette future réunion dans le musée océanographique de Monaco pour y étudier ensemble les grands problèmes de la mer. Toute correspondance à ce sujet devra être adressée à M. le Dr Jules Richard, à Monaco.
- Ouverture d’un gouffre. — Les journaux du Lot ont récemment annoncé que pas très loin du goulfre de Padirac, dans la commune de Puybrun, au village de Mas-de-Borie, un nouveau goulfre s’est ouvert subitement avec 4° m. de circonférence et i5 m. de profondeur dont 9 à 10 m. d’eau. M. Philibert Lalande (de Brive) nous communique à ce sujet les renseignements qu’il a demandés à M. Delvert, instituteur à Puybrun (ligne de chemin de fer de Saint-Denis-lez-Martel à A.urillac) : « C’est dans la nuit du 25 au 26 septembre dernier, brusquement, sans que rien laissât supposer ou prévoir pareille chose, qu’un trou s’est produit au milieu d’un champ, dans la vallée de la Dordogne. Ce trou, le premier jour, avait tout au plus 4 m- de diamètre, 4 ou 5 jours après, il mesurait de 8 à 10 m. de diamètre. Il paraît qu’il a augmenté depuis. La profondeur est de i5 m. ; dès le début, l’eau arrivait à 5 m. du sol environ ; ensuite elle a baissé très sensiblement. Ce trou (car on ne peut l’appeler un gouffre) est à 1 km. de la gare de Puybrun, à 3oo ou 400 m. d’un bras de la Dordogne et à 1 km., peut-être moins, du lit principal de la Dordogne. L’effondrement s’est produit dans une plaine sablonneuse, sans le moindre petit caillou; il est complètement à pic. » Ces faits sont plus fréquents qu’on ne le croit : on en connaît dans le bassin de Paris (Sevran-Livry), à la Clappe (près Draguignan, Yar), à Zagubitza (Serbie), à Toula (Russie), etc. Ils sont produits par les eaux souterraines (Yoy. les publications de la Société de spéléologie, depuis 1895, Spelunca, passim).
- Tremblements de terre en Italie. — Depuis quelques semaines, des mouvements sismiques ont eu lieu dans la province de Palerme ; leur intensité a augmenté le 3o octobre. Plusieurs secousses ont été ressenties à Trabia, Ter mini, Altavilla, Bagheria et à Palerme.
- Tempêtes sur le littoral français. — Une violente tempête de direction variable entre Ouest et Ouest-Sud-Ouest a sévi le 3o octobre sur le littoral français depuis la Manche jusqu’au golfe de Gascogne. Des grains neigeux sont tombés vers le cap Gris-Nez. Les côtes méditerranéennes ont également été éprouvées par le mauvais temps. Le 3i octobre, il s’est produit un raz de marée à Nice et à Toulon. A Nice des montagnes d’eau se sont abattues avec fracas sur le quai du Midi et sur la promenade des Anglais. L’eau s’élevait à une hauteur de 1 m. environ, et s’engouffrait dans les rues à plus de 200 m. du rivage. Les dégâts ont été considérables. A Nice, la Ville offrait un aspect lamentable ; le parapet de la promenade n’a pu résister et la maçonnerie a été enlevée en de nombreux endroits. A Menton, le parapet de la Jetée a été démoli sur une longueur de 20 m. A Cannes, le boulevard de la Croisette a eu beaucoup à souffrir; un grand nombre de bateaux ont été avariés. Le raz de marée s’est abattu aussi à la même date sur la plage des Salins-d’Hyères, et a détruit des maisons d’habitations ; la marée a pénétré profondément dans les terres. Le 3i octobre, à 8 h. 1/2 du soir, une forte tempête du Sud-Ouest s’est déchaînée également sur la Baie de
- Saint-Raphaël; la jetée et la contre-jetée ont subi de graves dégâts. Le pont de la rivière a été emporté.
- Tempêtes en Italie. — De violentes tempêtes, accompagnées de pluies torrentielles, ont sévi pendant les trois premiers jours de novembre sur les régions du Vésuve et du golfe de Naples, et ont causé de grands dégâts; des murs se sont écroulés, des maisons ont été renversées. A Venise, la place Saint-Marc, et les points bas de la Ville étaient recouverts de 35 cm. d’eau. La neige est tombée en grande abondance en Piémont, entre Turin et Suse.
- Mise en chantier de sous-marins. —M. le ministre de la marine a donné l ordre de mettre en chantier 16 sous-marins, dont 3 à Cherbourg, 7 à Rochefort et 6 à Toulon. Comme les types commencés en 1905, ils seront submersibles ; leur déplacement sera de 398 tonneaux, la longueur atteindra 51,12 mètres, la largeur 4,97 mètres' et le tirant d’eau 3,12 mètres. La puissance maxima du moteur sera de 700 chevaux ; un moteur à explosions remplacera le moteur à vapeur. La vitesse à la surface sera de 12 nœuds; ils seront munis de 7 appareils de lancement de torpilles, et leur effectif comprendra 2 officiers et 22 hommes d’équipage.
- Production d’or au Transvaal. — La production d’or au Transvaal a représenté pour le mois de septembre 1906, 53 64oooo francs. Si l’on compare avec la production du même mois dans les six dernières années depuis la fin de la guerre anglo-boer, on a les chiffres suivants : en 1901, i35 000 livres; en 1902, 720000 1.; en igo3, 1 173000 1.; en 190.4, 1326000 1.; en 1905, 1769000 1.; en 1906, 2 i45ooo livres. La main-d’œuvre dans les mines atteint, en ce moment : 77 858 nègres et 54922 Chinois; au total, sans compter les surveillants blancs, i32 780 hommes.
- Automobiles pour chemins de fer. — Ce mouvement si intéressant, dont nous avons signalé l’avenir et l’importance, se poursuit activement aux Etats-Unis. Voici la Cie Delaware and Hudson Railway et celle de l’Union Pacific qui se font contraire des wagons automobiles : la première recourt uniquement au pétrole ; l’autre, au contraire, emploie le système combiné d’un moteur à pétrole produisant du courant électrique au moyen d’une génératrice commandée. On trouve d’autres véhicules plus ou moins analogues sur le Missouri Pacific and Iran Mountain, sur le Chicago and North Western, sur le Kansas and Texas, et Cie.
- Mise en œuvre des chutes d’eau. — On estime que la puissance hydraulique totale qu’on peut tirer, en Norvège, des chutes d’eau est de quelque i25oooo chevaux, et 55oooo seraient déjà vendus, à ce qu’on affirme, à des capitalistes ou à des syndicats étrangers. On devrait du reste s’en réjouir en Norvège, car cette mise en exploitation a nécessité un capital de quelque 5oo millions de couronnes, que le pays aurait été incapable de trouver chez lui. Cela n’empêche qu’on parle maintenant de décider que les chutes d’eau de 3ooo chevaux ne pourront être captées et utilisées qu’après approbation donnée par un décret royal.
- Les ingénieurs en France. — M. Hillairet, président de la Société des ingénieurs civils, a cité récemment quelques chiffres intéressants à projios de la création d’une nouvelle école d’arts et métiers à Paris. Il a dit qu’il y avait en France 16000 ingénieurs sortant des diverses écoles et i38ooo établissements industriels. Il est donc certain que les ingénieurs peuvent facilement trouver des débouchés. En Allemagne, au contraire, le nombre des diplômes est de 76000, et le nombre des places de 55000 seulement. M. Hillairet a approuvé la création de nouvelles écoles et a recommandé de rendre noire enseignement de plus en plus pratique en prenant uniquement pour professeurs des hommes rompus à la pratique industrielle.
- Colis postaux pour les îles Baléares. — Par un décret en date du 16 octobre 1906, les colis postaux ne dépassant pas le poids de 3 kilogrammes, sans déclaration de valeur, pourront être échangés avec les îles Baléares. Les taxes à percevoir dans les services français et colonial pour l'affranchissement des colis postaux sont variables suivant les lieux de dépôts des colis. Pour les colis déposés en France et transmis par voie d’Espagne, la taxe est de i,5o fr.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- Frotteuse électrique pour planchers. — Aujourd’hui qu’il existe presque partout une distribution d’énergie électrique, on peut utiliser des machines pour une foule de travaux d’intérieur qui ne pouvaient auparavant se faire qu’à la main. L’entretien des planchers, leur rabottage ou leur nettoyage à la paille de fer, l’en-causticage, etc., sont des opérations assez longues et M. F. Bourgoy s’est proposé de les rendre très rapides au moyen d’une machine de son invention qu’il dénomme la « Moderne Frotteuse ». Sur un bâti en fonte se trouve placé un moteur électrique qu’on relie à la canalisation de l’immeuble au moyen d’un fil souple enroulé sur un tambour (lig. i). Ce moteur actionne des brosses circulaires qui peuvent se placer à volonté dans la machine suivant les besoins ; brosses métalliques plus ou moins dures, brosses en soies ou en crins, etc. Dans un com-
- Frotteuse électrique pour planchers.
- partiment spécial, on peut placer une brique de cire qui vient s’appuyer sur une brosse chargée de la répartir sur le plancher. On comprend sans qu’il soit besoin d’insister beaucoup que le travail ainsi exécuté, qu’il s’agisse de décrasser ou de cirer un parquet est beaucoup plus régulier et plus rapidement fait qu’à la main ou au pied. D’après les expériences qui ont été faites, on peut poser la cire et faire un lustrage très régulier à raison de io mètres carrés à la minute ; pour les grandes surfaces on peut arriver avec une machine spéciale à 20 ou 26 mètres. Cette machine est en outre hygiénique puisqu’elle est complètement fermée et qu’elle ramasse la poussière sans la faire voler dans les pièces comme cela arrive avec les balais ordinaires. Elle pourrait rendre des services dans les administrations, les musées, partout où l’on a de grandes surfaces de parquet à entretenir. — La frotteuse électrique est construite par M. F. Bourgoy, 2, rue de Turenne, Paris.
- installée une petite courroie plate, souple et de même largeur que la courroie de la motocyclette. La tension de la courroie est obtenue au moyen d’un ressort à boudin C dont l’effort est réglé par un écrou. L’adhérence de la petite courroie est facilement obtenue en
- Courroie pinte pour motocyclettes.
- raison de la grande surface couverte. La courroie de la motocyclette est installée par.dessus; on obtient l’adhérence des deux courroies à l’aide d’une faible tension.
- Objets utiles
- Monture de cravate. — Toujours pour aller rapidement, il existe aujourd’hui des montures de cravates toutes prêtes, semblables à celle que représente le dessin ci-joint, et qu’il suffit d’appliquer directement sur le devant du faux-col, en ayant soin de glisser une monture à ressort sur le bouton du col; celle-ci permet d’en obtenir la fixation. La cravate peut être nouée sur la monture une fois pour toutes ; on fixe alors et on enlève la cravate en un instant, la cravate est toujours bien nouée. On peut également, si l’on veut, enlever et remettre en place la cravate. On passe les extrémités de la cravate à travers le devant des deux coulisses, on croise les deux extrémités sur le devant; on passe ensuite l’extrémité qui se trouve par-dessus, sous l’autre extrémité
- Monture de cravate.
- Cyclisme *^§îi u
- Courroie plate pour motocyclettes. — Nous avons reçu d’un de nos abonnés, M. Fortin, à Sousse (Tunisie), une intéressante communication que nous allons faire connaître à nos lecteurs. Dans les motocyclettes, on emploie exclusivement aujourd’hui la courroie trapézoïdale, à cause de son adhérence à la poulie du moteur. Notre correspondant ajoute qu’elle présente cependant l’inconvénient d’être peu souple, de coûter cher et de se détériorer assez rapidement; il lui a préféré la courroie plate, qui non seulement est souple et peu coûteuse, mais encore est durable. Il obtient l’adhérence à la poulie à l’aide d’un galet A monté sur billes de 4 centimètres de diamètre environ et pouvant être amené en face et aussi près que possible de la poulie mobile B au moyen d’un support mobile. Sur ce galet et la poulie est I
- et autour de la petite tige terminée par une boule. On place après cette dernière extrémité de la cravate pardessus le devant et on la ramène en arrière pour la faire passer par la coulisse et la tirer en avant où elle vient se fixer à travers le coulant de la cravate pour former définitivement le nœud. — La monture de cravate se trouve chez MM. Kirby, Beard et C°, 5, rue Auber, à Paris.
- Col plastron. — Dans ce siècle de vapeur, d’électricité et de métropolitain, on en est arrivé à compter le temps nécessaire à l’habillement. Chaque jour il faut mettre un plastron, un faux-col, des boutons, une cravate, etc., etc. Un inventeur a eu l’ingénieuse idée de tout réunir sur un col plastron, qu’il suffît d’adapter simplement sur la chemise ; quelques secondes seules sont nécessaires. Ce col plastron, que représentent les figures ci-jointes, est formé d’un col fixé au bord du
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- SCIENCE APPLIQUEE
- plastron par l’une de ses extrémités. Une cravate est mise en place et fixée par deux boutons à pressoir, qui assurent en même temps le maintien de la deuxième
- extrémité du plastron. La cravate peut se détacher lors du blanchissage. — Le col plastron se trouve chez M. Rousset, 61, rue Quentin-Barré, à St-Quentin (Aisne).
- Sjj's-S. Divers ^a,§£>
- Filtre perfectionné. — Dans les filtres à pression, placés sur les canalisations d’eau, les bougies filtrantes étaient jusqu’ici enfermées dans un tube en métal qui’ne permettait pas de les voir au dehors. Il en résultait que ces bougies n’étaient pas nettoyées, qu’elles étaient bientôt plus ou moins couvertes des divers dépôts et souvent obstruées. Pour éviter ces inconvénients, la maison Hermann Lachapelle a remplacé le tube en métal
- Filtre perfectionné. Détails. Vue d’ensemble.
- par un tube en verre transparent. Le nouveau filtre se compose donc de la bougie filtrante ordinaire F avec une extrémité reliée au tube G. Cette bougie est placée dans un tube en verre épais C pouvant résister à une pression élevée; aux extrémités du tube de verre se trouvent des bagues D. L’une se visse dans l’écrou B qui lui-même se fixe sur le robinet À ; la deuxième bague se place sur un écrou E à travers lequel passe l’extrémité G de la bougie filtrante. Des rondelles en caoutchouc R interposées aux joints et serrées empêchent l’eau de s’échapper au dehors. — Le nouveau filtre se trouve à la Société des anciens établissements Hermann Lachapelle, 31, rue Boinod à Paris (XVIII0).
- J^OUCtS
- Le profilographe. — Cet appareil, imaginé par M. Marquer, peut être un jouet, mais aussi un instrument de travail qui rendra des services dans des industries diverses. Il permet, en effet, de relever très exactement et rapidement un profil quelconque. On prendra la silhouette de la figure de ses amis, ce qui prêtera à l’amusement, mais on pourra surtout l’employer pour relever une moulure sur un meuble ou une corniche. Le principe du système est très simple : il consiste à empiler les unes sur les autres un très grand nombre de lames minces en carton ou en métal, et à les laisser reposer librement par un de leur bout sur le profil à relever; il est clair que chaque lame va reposer sur la surface qu’elle rencontre à des profondeurs différentes, les unes allant profondément, les autres étant au contraire relevées.
- Pour rendre le système pratique et commode à manier,
- M. Marquer a disposé les lames, qui ont environ i centimètre de large sur u5 de long, entre deux flasques qui, au moyen d’une vis de pression, peuvent les maintenir serrées ou les laisser glisser librement. D’autre part, pour les maintenir dans le sens de la longueur,
- chaque lame est percée d’une fente en son milieu, ainsi qu’on le voit sur le dessin ci-contre, et une tringle traverse l’ensemble ; de cette façon, quand les flasques sont desserrées, les lames peuvent facilement être maniées sans se détacher du bloc. Quand on a posé le profilo-graphe sur le profil à reproduire et que les lames ont épousé sa forme, il n’y a qu’à serrer lavis pour que les lames conservent leurs positions respectives. On peut alors ensuite, en posant 1’appareil à plat sur une feuille de papier, suivre le contour avec un crayon et on a un dessin très fidèle du profil relevé. —L’appareil se trouve chez M. Marquer, 35, rue S‘-Sébastien, Paris.
- Nouveau cirque américain. — L’idée d’un tel jouet ne pouvait nous venir que d’Amérique. Il est connu sous le nom de Cirque Ilumpty Dumpty et se compose de personnages, animaux, et accessoires en bois, incassables, articulés d’une façon toute spéciale qui permet d’obtenir des équilibres vraiment surprenants. Il existe un certain nombre de séries, que l’on peut combiner à volonté pour
- Nouveau cirque américain.
- obtenir les effets les plus variés. Ces séries comprennent des clowns, des écuyers, des nègres, des chevaux, des ânes, des chèvres, des chiens, des éléphants, des léopards, des crocodiles, des girafes, des barils, des échelles, des chaises, etc. Nous ne pouvons mentionner qu’une partie seulement de tous les accessoires. Dans la figure ci-dessus, nous donnons une vue d’une séance d’équilibre que l’on peut obtenir. On voit successivement, en allant de gauche à droite, un clown perché sur le haut du dossier d’une chaise, un éléphant ayant les deux pattes de gauche posées sur deux petits supports en bois, tandis que la patte droite de derrière est placée sur le haut du dossier de la chaise dont il a déjà été question, et que la patte droite d’avant repose sur la tête d’un pauvre pierrot étendu à terre et tout écartelé. A droite de la figure vient ensuite une espèce d’âne qui s’efforce de se tenir, les pattes de devant et les pattes de derrière réunies, sur un tonneau vertical qui est fixé lui-même sur un autre support. Enfin, se trouve un clown faisant de l’équilibre sur deux échelles parallèles, avec un drapeau à la main. On peut à volonté varier les sujets et obtenir les scènes les plus comiques et les plus invraisemblables. — Le nouveau 'cirque américain se trouve chez MM. W. E. Peck et G0, 6, rue Béranger, à Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le thymol vermifuge. — Le D' Guiart a été un des premiers avec Blanchard, Metchnikolf, à signaler l’origine vermineuse de l’appendicite et il a préconisé comme moyen prophylactique pour éviter cette maladie l’emploi d’antiheiminthiques énergiques : le médicament idéal pour lui est le thymol. Alors même qu’on ne serait pas hanté de la crainte d’une appendicite, la plupart des vers intestinaux ne résistent pas à l’action du thymol. Non seulement on débarrasse l’intestin des ankylostomes, mais on arrive à détruire sûrement les ascarides et les oxyures.
- Gomme le fait remarque^ M. Guiart, l’oxyure est un des vers qui résistent le plus longtemps aux médications, parce qu’on se contente d’agir sur le bas de l’intestin, à l’orifice où il se trouve en abondance. Mais l’oxyure passe la plus grande partie de son existence dans l’intestin grêle et à l’orifice intestinal on ne trouve que les femelles prêles à déposer leurs œufs.
- Le ténia est expulsé sous l’action du thymol; bref la plupart des helminthes sont justiciables de cette thérapeutique. Mais le thymol est un agent toxique, dangereux, si on ne le donne pas très strictement comme l’indique M. Guiart. Yoici comment il faut prendre le thymol ; pas de régime lacté préalable, mais abstinence complète pendant le traitement, de vin, d’alcool, d’huile, de glycérine. Le thymol, très peu soluble dans l’eau, l’est beaucoup dans ces liquides et la solution, ainsi absorbée, déterminerait des accidents toxiques.
- Durant trois jours consécutifs, le malade doit prendre à jeun, le matin, deux ou trois cachets de i gr. chaque de thymol pulvérisé. Après chaque prise, boire un peu d’eau. Chez quelques personnes, l’ingestion du thymol est suivie d’une sensation de brûlure de douleur à l’estomac. On les calmera en faisant ingurgiter de l’eau froide ou mieux de l’eau de fleurs d’oranger. Rien à changer à sa vie ordinaire, mais ne boire que de Veau. Si le thymol ne détermine pas d’évacuation on donne dans la journée un léger purgatif salin.
- La médication est des plus efficaces et elle n’offrc de dangers que si on ne se tient pas à la lettre à la prescription de ne boire aucun autre liquide que de l’eau. Ce retour à la vieille pratique des anciens, de combattre les vers intestinaux, n’a rien qui nous surprenne et je [
- crois que bien des gens ont autrefois évité certaines maladies graves parce qu’on les purgeait un peu fréquemment et que dans le jeune âge ils absorbaient du semen-contra ou tout autre produit de ce genre.
- Le gui de chêne. — Au gui l’an neuf, criaient joyeusement nos ancêtres des Gaules lorsque la faux d’or du Druide abattait la plante sacrée. La tradition s’est conservée dans maintes régions d’orner au nouvel an la demeure familiale d’une touffe de gui et personne ne manque en Angleterre à la coutume : le mistletoe doit être à la Christmas, suspendu dans la maison. C’était en effet, dans les temps primitifs, le symbole de la résurrection de la vie, la plante mystique, la plante sacrée.
- Le gui possède-t-il des vertus thérapeutiques ? Les anciens le préconisaient contre l’épilepsie ; de nos jours, à part quelques essais thérapeutiques fort discrets, l’usage de cette plante a disparu. Le Dr René Gaultier a entrepris de la réhabiliter; il avait constaté chez deux malheureux poitrinaires que les crachements de sang étaient arrêtés rapidement par une drogue achetée chez une commère; or, cette drogue n’était autre qu’une décoction de gui de chêne. Il chercha quelles étaient les propriétés physiologiques de cette plante.
- Le gui, viscum album, est connu de tous ; plante parasite, elle s’attache aux arbres fruitiers, aux pommiers, aux saules, aux peupliers et plus rarement se rencontre sur les chênes. Les rameaux du gui forment, lorsqu’ils portent le fruit blanc, une touffe fort pittoresque. L’écorce des rameaux, les baies et presque toutes les parties de la plante renferment un produit résineux d’où on retire le principe actif, la viscine.
- M. Gaultier a préparé un extrait éthéré qu’il administrait aux malades sous forme pilulaire. Dans tous les cas d’hémoptysie où il l’a essayé, le gui a arrêté le crachement de sang. On constate chez les malades une accélération des battements cardiaques et un abaissement de la pression artérielle; les mêmes effets se produisent expérimentalement sur les animaux. En tout cas les propriétés hémostatiques ne font aucun doute et dans cet accident si grave, et malheureusement assez fréquent, on aura un médicament de plus pour les supprimer.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Moyen de rendre l’encre à dessin insensible à l’eau. — Ou du moins, ce qui revient bien au même, moyen de faire une encre à dessin ne craignant pas l’action de l’eau. Pour cela on fait bouillir ensemble a parties de gomme laque en écailles et une partie de borax dans 12 parties d’eau; quand la dissolution est bien complète, on filtre. On prend une portion de ce liquide pour délayer i partie de noir de fumée, et on passe ce liquide au mortier, pour que les particules les plus ténues soient réduites aussi finement que possible et mêlées au liquide; on dilue ensuite avec le reste de celui-ci, en s’assurant que la consistance est bonne pour écrire.
- Préparation des couleurs à Peau. — On les trouve maintenant toutes préparées et à bon marché ; mais on peut avoir le désir de les préparer soi-même. On réussit généralement en recourant à la méthode suivante. On commence par préparer une solution de gomme du Sénégal, et cela en faisant dissoudre une partie de ce produit dans 2 parties d’eau chaude ; après dissolution, on décante, pour séparer toutes les impuretés, qui sont assez nombreuses. Alors on ajoute à la dissolution gommeuse une petite quantité de glycérine, qui empêchera les pains de couleur de trop durcir, et, en forçant la proportion de glycérine, on obtiendra des couleurs molles. On se procure alors les couleurs en poudre qui feront la base de la préparation, et on les broie dans un
- mortier de granit (normalement, chez les fabricants, cela se fait entre des rouleaux) en ajoutant ce qu’il faut du liquide pour donner consistance convenable. Pour les pains durs, on peut les passer à l’étuve ou au four doux, pour faire évaporer la plus grande partie de l’eau.
- Enduit calorifuge pour tuyaux de vapeur. — On
- peut le préparer en prenant 35 litres de terre réfractaire, autant d’argile ordinaire, même quantité également de bouse de vache, puis quelque 18 litres de cendres fines, un peu plus de 2 litres de goudron, et enfin 8 à 9 litres (en volume) d’étoupe de plâtriers. On mélange bien le tout en ajoutant de l’eau en quantité suffisante pour faire une pâte, un enduit. Quand les tuyaux sont chauds, sans être brûlants, on étend une faible couche de l’enduit sur ces canalisations, et on laisse sécher; pour étendre, on se sert d’une brosse ou d’un linge grossier. Quand c’est sec, on pose par-dessus des couches successives de 2 cm à peu près. Mais avant d’étaler la couche suivante, on passe sur la précédente, qui a séché plus ou moins, un peu du mélange éclairci, et même auparavant une brosse mouillée.
- Encre pour machines à écrire. — On mélange 120 gr. d’huile de ricin avec 3o gr. d’acide phénique, puis 3o gr. également d’huile de cassia; et c’est dans ce mélange qu’on fait dissoudre 3o gr. de violet d’éthyle ou d’une autre couleur du même genre, mais d’une nuance différente.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Patine verte et brune du bronze. — Le procédé donne d’abord une patine vert olive qui tourne ensuite au brun, et qui résiste à de fortes températures. Laver premièrement l’objet en bronze dans une solution faite de 2 parties de sel ammoniac et d’une partie de vert-de-gris cristallisé, dans 26 parties d’eau. On sèche devant le feu jusqu’à ce que la couleur verte commence de disparaître. Puis on répète l’opération, avec une solution contenant les ingrédients indiqués ci-dessus, mais dans 600 parties d’eau. Il faut renouveler le bain de 10 à 20 fois, en observant la teinte que cela donne.
- Régulation des moteurs à gaz. — On recommande un procédé original, qui réussit à faii'e varier les proportions de gaz et d’air suivant la valeur calorifique spéciale du gaz employé. Dans ce but, on dispose une lige métallique que la flamme du gaz chauffe, et plus ou moins, naturellement, suivant cette puissance calorifique : elle se dilate en conséquence, et vient, au moyen d’un jeu de leviers convenables, agir sur des soupapes papillons pour l’introduction du gaz et de l’air. On peut aussi concevoir la flamme affectant la résistance électrique d’un 111, et les mouvements des soupapes peuvent être commandés en conséquence.
- Pont mobile provisoire. — L’établissement d'un pont de ce genre peut s’imposer souvent durant les travaux de reconstruction d’un ouvrage au-dessus d’une voie navigable ; et c’est pour cela qu’il est intéressant de signaler le pont tournant provisoire qui a été monté ces temps derniers à Chicago. Ce pont tournant a plus de 3o m. de long. Quand il est fermé, il repose comme de juste sur les palées à ce ménagées; mais, ouvert, il appuie sur un ponton flottant par l’intermédiaire de
- 4 vérins que l’on actionne simultanément à l’aide d'un petit moteur électrique, pour répondre aux oscillations du niveau de la rivière. Par sa culasse formant pivot à une de ses extrémités, la volée tournante roule par une roue en acier de 0,46 m. de diamètre sur un rail disposé en arc de cercle. Quant à la rotation, elle est imprimée parmi tambour commandé électriquement, et sur lequel s’enroulent des chaînes fixées sur la rive de la rivière. L’ouvrage n’a pas coûté plus de 5oooo fr.; la durée d’une manœuvre est d’une minute.
- Pour enlever le laquage du fer-blanc. — On fait dissoudre une partie de soude caustique dans 10 parties d’eau; 011 chauffe la solution, et l’on y plonge les récipients en fer-blanc que l’on veut débarrasser de la laque. Au bout de 5 minutes on peut retirer et frotter avec un chiffon, puis plonger dans l’eau pure.
- Réservoirs rouillés. — Pour préserver les réservoirs en fer des ravages de la rouille, commencer par nettoyer aussi complètement que possible le métal, notamment là où a rongé la rouille ; puis passer une couche peu épaisse de lait de chaux. Laisser sécher, donner une seconde couche semblable, et ne remettre en eau que quançLl’enduit est absolument sec. Le lait de chaux se compose de chaux récemment éteinte, formant une crème peu épaisse avec de l’eau, et additionnée d’un peu de colle.
- Sur la cendre des déchets de liège. — On a constaté assez récemment que les résidus obtenus en grattant le liège constituaient un engrais potassique d’une assez grande valeur; il y a là une utilisation possible intéressante de déchets industriels parfois assez considérables.
- VARIETES
- Une curieuse reproduction de la terre. — Diverses reproductions géographiques de notre planète ont été faites. Dès le jeune âge, elles ont été mises sous nos yeux et nous y sommes tellement habitués qu’il semble impossible de configurer la Terre autrement que par nos sphères classiques ou bien encore sous la forme de cartes représentant deux hémisphères.
- Des tentatives de modification à ces règles ont cependant été faites : c’est ainsi que l’on a établi un planisphère sur la projection de Mercator qui présente la carte du monde sous une forme rectangulaire.
- Depuis, le savant Babinet avait imaginé de reproduire toutes les parties de la surface du globe dans une ellipse à laquelle on a donné le nom de « planisphère Babinet. »
- Aujourd’hui, un artiste, doublé d’un géographe, M. Au-
- pierre, ancien maire de Maillot (Yonne), a eu nieuse idée de reproduire la Terre, sur une
- plane, dans un seul cercle. Il présente cette carte comme si la Terre était vue dans l’espace et que le
- rayon visuel vînt frapper obliquement dans la direction du pôle nord.
- Cette disposition lui a permis de reproduire la plus grande partie des terres du globe jusqu’au 40e degré sud.
- Afin de donner l’illusion de la rotondité, l’artiste a ombré la partie sud. On croirait examiner l’un des aspects d’unë sphère et, en réalité, on a la carte du monde presque complète sous les yeux.
- Cela est à la fois original et intéressant et constitue un véritable effort cartographique qui méritait d’être signalé.
- On peut du reste, en examinant soi-gneusementla figure ci-jointe, se rendre compte des différents aspects dont dont nous venons de
- parler..........
- On remarquera en effet que toutes les parties du globe sont très nettement distinctes et présentent des détails fort précis. Lucien Cornet.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les II faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux objets décrits. — Le
- concessionnaire du laveur automatique pour épreuves photographiques, dont nous avons donné la description dans la Science appliquée du n° 1746 du 3 novembre 1906, est M. Maurice Clemomy, i3, rue d’Hauteville, à Paris.
- Communications. — Contre l'absinthe. — La ligue nationale contre Valcoolisme, 5o, rue des Écoles, à Paris, qui a pris l’initiative, signalée à nos lecteurs, de recueillir des listes de signatures demandant la prohibition de l’absinthe, nous rappelle que le Parlement, dès la rentrée des Chambres, aura à s’occuper du projet de loi contre l’absinthe. Il devient donc urgent de réunir toutes les listes et de les remplir du nombre le plus considérable possible de signatures. Il est inutile de rappeler à nos lecteurs l’importance de la question. Les signatures doivent être adressées au Siège de la ligue.
- La croisière océanographique de V « Andree ». — Comme suite à la communication deM. liérubel ( Yatch-titig et Océanographie) insérée dans notre n° 1744 du 27 octobre, M. Glandaz nous adresse la note suivante :
- « Vous vous souvenez peut-être de la croisière qu’effectua l’an dernier, au large des côtes armoricaines, le yacht « Andree » appartenant à M. Albert Glandaz, vice-président du Yacht Club de France. M. Glandaz a voulu recommencer cet été et, en sa compagnie, M. Marcel liérubel, préparateur à la Sorbonne, professeur à l’Institut Maritime, a poursuivi ces travaux océanographiques à bord de P « Andree ». La croisière a débuté par une série d’observations thermométriques en profondeur dans le Tage, entre Lisbonne et Cascaes. Ce. champ d’études avait été choisi pour cette raison qu’il y avait eu, quelques heures auparavant, un raz de marée dans la baie de Cascaes et que la cause de ce phénomène ne devait pas, de toute évidence, être recherchée dans une perturbation atmosphérique : elle pouvait être d’ordre sismique. Les mesures de températures ont démontré qu’il en était ainsi. (Voir le n° 1744» Communications.) Parti de Lisbonne le a5 septembre, le yacht a mis successivement le cap sur Saint-Vincent, Cadix, le cap Spartel, Gibraltar, Alméria (mais une violente tempête l’obligea à se réfugier à Malaga), cap de Gâte, Cartha-gène, cap Palos, cap San Martin, Barcelone, cap de Creux et la Seyne, où il arriva le 5 octobre et où des vents d’Est le retinrent au port. Mais, le i3 octobre, il lit une sortie dans la baie du Lavandou et au Sud des iles d’Hyères. La campagne a pris lin le 14 octobre à la Seyne. Le but de cette campagne océanographique était surtout d’ordre biologique. D’assez nombreux exemplaires de la faune et de la flore côtières ont été recueillis. Des pêches planktoniques de surface ont été faites nuit et jour. Notons en passant qu’en cette époque de l’année le plankton de l’Atlantique s’est montré plus abondant que celui de la Méditerranée. De plus, grâce à la collaboration de M. le Dr Reynaud, M. M. Hérubel a pu reconnaître une région à peu près complètement inexplorée. Enfin, la mission rapporte quelques fragments de câbles sous-marins perforés par une faune particulière et qu’elle doit à l’amabilité de M. Aug. Pasquion, inspecteur des Postes et Télégraphes. Il n’y a rien de bien remarquable à détacher du livre de bord, si ce n’est la rencontre, au large de l’estuaire du Tage, d’un banc d’au moins 2000 marsouins en train de pêcher probablement la sardine, et, par le travers de Saint-Vincent, de deux souffleurs et de deux bandes de pois-sons-volants. »
- Renseignements. — M. M. Guérin, à Paris. — x° On réduit la résistance intérieure des piles sèches à l’aide d’un charbon de grande conductibilité obtenu par une
- fabrication spéciale dans laquelle le carbone est surtout utilisé. — 20 Pour faire adhérer la matière active sur les plaques d’accumulateurs, on emploie une pâte d’oxyde de plomb malaxée avec de l’oxyde de plomb.
- M. /. Debled, à Paris. — La Construction moderne, publiée par la maison Aulanier, i3, rue Bonaparte, à Paris, publie chaque semaine des plans d’habitations, villas, pavillons, etc., accompagnés de tous les renseignements que vous demandez.
- M. D. R., à Paris. — Le Ivosmotomètre, que nous avons décrit dans la Science appliquée du nû 1717, du 3o juin 1906, n’est en réalité qu’un curvimètre permettant de prendre des mesures partout où le mètre ordinaire ne suffit pas ; la remise à zéro est obtenue à l’aide d’un ressort.
- M. J. P. Guédy, à Lyon. — Nous ne connaissons pas le produit industriel VLridochromatine;, peut-être pourriez vous le trouver chez MM. Lefranc et Cio, 18, rue de Valois, à Paris.
- M. Joliot fils, à Paris.— Toutes les maisons qui fabriquent des moteurs à explosion pourront vous donner satisfaction. Veuillez consulter le Bottin.
- M. Renoult, à Paris. — Il n’existe pas à l’étranger de publications analogues à La Nature ; il faudrait pour en obtenir l’équivalent réunir un grand nombre de revues techniques. En ce qui concerne plus particulièrement l’art de l’ingénieur vous pourriez voir Y Engineering, correspondant à peu près à notre revue française le Génie Civil et qui se publie à Londres, Bedford Street, Strand, W. C.
- M. Tessandier, à Bordeaux. — i° Nous n’avons pas reçu la lettre à laquelle vous faites allusion. — 20 Vous trouverez divers procédés répondant à votre désir dans nos recueils de Recettes et Procédés utiles, à la librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris, 5 volumes à 2fr,5o.
- Le Technicum du Locle. — i° Nacre : pour l’importation veuillez vous adresser à la Columbian rubber C° Ld, 37, rue de Viarmes, à Paris, qui reçoit la nacre des Antilles et de la baie de Panama; d’autre part voyez au Bottin l’adresse de fabricants d’objets de nacre, — 20 Ivoire : vous l’obtiendrez à l’état brut en vous adressant aux diverses sociétés coloniales que vous trouverez au Bottin.
- M. J. Goulin, à Étain. — 1° Pour des publications relatives à Y Art nouveau, veuillez vous adresser à la librairie Lévy (librairie centrale des Beaux-Arts), i3, rue Lafayette, à Paris, qui publie notamment Art et décoration périodique mensuel. —1 20 Minoterie. Veuillez vous adresser à la librairie Ch. Bérenger, x5, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. M., à M. (P.-de-C.). — Vous trouverez aisément l’adresse de la Compagnie Brush Electrical Engineering de Londres, en consultant le London Directory ou même le Bottin de Londres.
- M. Plessard, à Laval. — Il existe beaucoup de marques de lampes à pétrole à incandescence, qui sont excellentes et le plus simple est de choisir vous-même chez le fabricant ou le dépositaire.
- M. C. Delage, à Paris. — Votre trouvaille est intéressante mais ne présente rien d’extraordinaire. Vous pourrez voir des objets analogues au Muséum d’His-toire naturelle du Jardin des Plantes, dans la galerie de paléontologie, ou à Saint-Germain, au Musée d’archéologie nationale. Vous pouvez aussi consulter, à ce sujet, l’album de G. et A. de Mortillet Musée préhistorique, chez Schleicher frères, i5, rue des Saints-Pères, et les travaux des anthropologistes et préhistoriens, MM. Hamy, Cartailhac, etc., chez F. Alcan, éditeur, 108, boulevard Saint-Germain.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M, Dumoulin, à Paris. Veuillez vous adresser à un chimiste. — M. Ch. Bertrand, à Toulouse. Voyez un oculiste. — M. Deprandmanoir, à Meung. Consultez nos Recettes et Procédés utiles, 3° et 4e séries, librairie Masson et Cic, 120, boulevai'd Saint-Germain, à Paris. — M. Glandag, à Paris. Remerciements pour votre communication.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur,.altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATJN 1 THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 octobre . . 7°,5 S. S. W. 2. Très nuageux. 0,2 Averse à 1 h. 45 et à 4 h. 30 ; nuag. ; halo.
- Mardi 50 8°,7 S. 3. Couvert. 0,8 Couvert ; pluie de 18 b. 20 à 19 h^25.
- Mercredi 51 7°, 8 S. S. E. 1. Couvert. 2,0 Pluie de 2 h. à 4 b. 30; presque couvert.
- Jeudi 1" novembre . 7°,2 W. N. W. 0. Couvert. 22,8 Rosée; couvert; pluie à partir de 13 h.
- Vendredi ? 7°,6 S. W. 5. Pluie. 15,5 Couv. ; pluie jusqu a 10 h. ; averse à 17 h. ; pluie de 22 b. à 23 h.
- Samedi 5 6°,8 S. 8. W. S. Éclaircies. -)3 Couvert ; quelques averses.
- Dimanche 4 7°,0 S. S. E. 5. Nuageux. o,t Très nuag.; pluie à 0 h. 15, de 10 b. 35 à 15 h. et quelques averses de 1K b. 30 à 16 li. 25.
- OC'i OBRE-NOVE.ViBRE 1906.— SEMAINE DU LUNDI 29 OCTOBRE AU DIMANCHE 4 NOVEMBRE 1906
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. -Les courbes du milieu indiquent * courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'ohri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- boule i
- Ctg'ï'A. Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été froid, pluvieux et brumeux dans la semaine du 29 octobre au 4 novembre. Le 29 octobre, une dépression est survenue aux Iles-Britanniques et sur la mer du Nord; la situation a été troublée dans le Nord-Ouest de l’Europe. Un vent fort de l’Ouest a soufflé sur la Manche et en Bretagne. On a recueilli 33 mm d’eau à Sicié, 9 mm à Cherbourg, 5 mm à Nantes, 5 mm à Boulogne, 2 mm à Charleville, 2 mm à Brest. La température était le matin 70 à Paris, 8° à Nantes, 90 à Clermont, 90 à Toulouse, 170 à Alger, 20 au Puy de Dôme, — 5° au mont Mounier, — 5° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été 9°,2, supérieure de i°,3 à la normale. La pression barométrique s’est relevée et a atteint à midi à Paris 758,3 mm. Le 3o octobre, la pression atmosphérique a subi une baisse de 14 mm en Bretagne, et de 12 mm en Gascogne. Des pluies sont tombées à Boulogne (3o mm), à Cherbourg (20 mm), à Biarritz (12 mm), à Brest (10 mm), à Besançon (2 mm). La température n’a pas subi de grands changements; on a observé le matin 90 à Paris, 90 à Clermont, 90 à Nantes, io° à Toulouse, 170 à Alger, 3° au mont Aigoual, i° au Puy de Dôme, —5° au Pic du Midi. Une tempête du Sud-Ouest a fait rage dans la Manche ; les bateaux de Douvres pour Calais et pour Ostende ont eu de mauvaises traversées. Le 3i octobre, une dépression barométrique de 14 mm a eu lieu à Marseille. Il a plu à Marseille (81 mm d’eau), à Biarritz (27 mm), à Nantes (19 mm), à Charleville (19 mm), au Havre (14 mm), à Brest (5 mm), à Paris (3 mm). On a eu à enregistrer des abaissements de température; le
- thermomètre marquait le matin 3° à Nantes, 5° à Clermont, 8° à Paris, 160 à Alger, 20 au Puy de Dôme, —8° au mont Ventoux, — io° au Pic du Midi. On a signalé de violentes tempêtes de neige sur les montagnes du Puy, ainsi qu’à Rodez et à Perpignan. Le Ier novembre, la pression barométrique est restée basse sur l’Ouest et le Sud de l’Europe; de très mauvais temps ont sévi sur la Méditerranée. Des pluies très abondantes sont tombées dans le Sud de l’Europe. On a recueilli 91 mm d’eau à Cette, 3g mm à Nice, 38 mm à Toulouse, i3 mm à Clermont, 8 mm au Mans. Le thermomètre marquait le matin 5° à Toulouse, 70 à Paris, —4° au mont Yen-toux, — i2° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été 8°,9, supérieure de o°,6 à la normale. Il est tombé dans la région parisienne depuis 1 heure du soir jusqu’au lendemain matin gh 55, une pluie, qui a fourni 35 mm d’eau. Le 2 novembre, une nouvelle dépression barométrique a eu lieu sur les Iles-Britanniques. Il a plu à Paris (34 mm d’eau), à Toulouse (32 mm), à Limoges (6 mm), à Dunkerque (5 mm). Plusieurs bourrasques ont eu lieu à La Rochelle, à Rochefort; des toitures de maisons ont été enlevées, des clôtures et des arbres arrachés. Le -3 novembre, une dépression barométrique restait encore sur l’Ouest de l’Europe. Un vent faible soufflait d’entre Sud et Ouest sur la Manche et l’Océan. Il est tombé 20 mm d’eau à Rochefort, 12 mm à Toulouse, 8 mm à Boulogne, 6 mm à Paris, et 6 mm à Nantes. La température était le matin 4° à Clermont, 5° à Toulouse, 70 à Paris, 160 à Alger, —i° au Puy de Dôme, —90 au Pic du Midi. Le 4 novembre, le baromètre marquait à Paris 737 mm.
- PHASES DE LA LUNE t P. L. le 1 à 4 h. 55 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- ~ E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- j20, Boulevard Saint-Germain, Paris (YJe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cio, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1747 (17 NOVEMBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- J&D
- SV)
- INFORMATIONS
- >«
- Avis de l’Administration. ;— L’échéance du 3o novembre étant la plus chargée de 1 année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 24 novembre (n° 1748) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant le 1e1' décembre, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892— i8g3 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs.
- Congrès international de géographie. — Le 9e Congrès international de géographie aura lieu à Genève du 27 juillet au 6 août 1908. Une circulaire d’invitation contenant les renseignements et programme préliminaires vient d’être publiée. Pour tous renseignements, s’adresser au Comité d’organisation du 9e Congrès international de géographie.
- Rachat des chemins de fer par l’État. — Par un
- décret en date du 6 novembre 1906, une Commission vient d’être instituée pour l’étude de l’organisation financière et administrative du réseau des chemins de fer de l’État, dans le cas de reprise d’un ou de plusieurs réseaux actuellément concédés. M. Alfred Picard, membre de l’Institut, président de section au Conseil d’État, est nommé président de cette Commission.
- Cours de Mmo Curie. — Le 5 novembre, Mmo Curie, succédant à son mari, le grand savant Pierre Curie, dans la chaire de physique générale créée pour lui à la Sorbonne, a fait sa première leçon ; elle a traité de la théorie . des ions dans le gaz et de la radioactivité.
- Au pôle Nord. — L’expédition polaire du commandant Peary est arrivée le 3 novembre à Battle-IIarbour, dans le Labrador. Elle était partie de New-York le 16 juillet i9o5; elle a atteint 87°,6 de latitude nord, se trouvant à une distance de 325 kilomètres du pôle Nord. L’expédition du duc des Abruzzes, qui détenait jusqu’ici le record, était arrivé à 86°,34’. On annonce que le commandant Peary aurait l’intention de faire une nouvelle tentative pour atteindre le pôle.
- La conférence de télégraphie sans fil. — La convention finale dont nous avons parlé dans les Informa-
- tions du n° 1746, du io novembre 1906, a été soumise à la ratification des différents États. Les Etats suivants ont donné leur signature : l’Allemagne, les Etats-Unis d’Amérique, la République Argentine, l’Autriche, la Hongrie, la Belgique, le Brésil, la Bulgarie, le Chili, le Danemark, l’Espagne, la France, la Grande-Bretagne, la Grèce, l’Italie, le Japon, le Mexique, la principauté de Monaco, la Norvège, les Pays-Bas, la Perse, le Portugal, la Roumanie, la Russie, la Suède, la Turquie et l’Uruguay. Le Monténégro et deux autres petits Étals oui fait les mêmes réserves que l’Italie et l’Angleterre. Le terme de radiotélégraphie a été officiellement adopté pour désigner la transmission des télégrammes sans fil. Le dépôt des actes de ratification devra être fait à Berlin le plus tôt possible.
- Un aéroplane de 1867. — Le Journal des Débats signale, à propos de l’appareil de M. Santos-Dumont, un appareil dû à M. de Louvrié qui fut, en 1867, l’objet d’un rapport favorable de Babinet à l’Académie des sciences et dont le principe consistait dans un moteur à pétrole à explosion ; actionnant un plan incliné à angle très faible sur l’horizon, dont le déplacement horizontal créait une composante verticale suffisante pour contre-balancer la pesanteur.
- Commerce extérieur de l’Algérie. — Les importations de l’Algérie (la plupart ayant pour origine la métropole) se sont progressivement et continûment accrues depuis quelques années : 3i3 millions de francs en 1900; 318 en 1901 ; 325 en 1902 ; 343 en igo3 ; 367 en 1904'383 en igo5. Les exportations ont, au contraire, subi,; de igo3 à igo5, une baisse assez forte tenant à une mauvaise récolte et à la mévente des vins (5 à 10 francs l’hectolitre en igo5). En 1906, l’amélioration de ce chef a été générale. Les excédents budgétaires, qui ont varié chaque année de 3 à .10 millions depuis 1900 indiquent une situation économique favorable, qui se trouve confirmée par l’accroissement de recettes des voies ferrées : 35 millions en igo5 contre 28 en 1900 et 24 en 1891. Les substances minérales jouent un rôle relativement important dans les exportations : minerais de plomb, fer, zinc et cuivre, 3800000 fr. en igo5; phosphates, 1337000 fr.
- Cartes postales pour l’étranger. — Les cartes postales portant les timbres-poste d’affranchissement au verso seront, dorénavant, admises au tarif de 10 centimes dans les rapports avec la Grande-Bretagne et les colonies britanniques. On sait que, jusqu’à présent, des contraventions étaient parfois dressées quand le timbre n’était pas collé au recto de la carte. Pour l’Angleterre
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- INFORMATIONS
- et ses colonies, voici celte tracasserie supprimée : demandons qu elle le soit pour toute l’Union postale.
- Tempêtes sur la Manche et l’Océan. — De violentes tempêtes du sud-est se sont déchaînés les 4 et 5 novembre sur les côtes de Bretagne. Le veut a d'abord souldé, le 4 novembre dans la matinée, en tempête du sud-est, et de l’ouest accompagné d’une trombe d’eau dans l’après-midi. Le vent, la grêle, la pluie ont fait rage et ont causé de graves dégâts dans toute la contrée, s’étendant jusqu’à Lorient, Rennes et Nantes. Un bateau de pêche Y Arche d'Alliance, n° 531 s’est perdu; le patron et un des matelots ont été noyés.
- Tremblement de terre en Islande. — Des secousses de tremblement de terre ont été ressenties le 8 novembre dans la soirée à Akureyri, en Islande. La secousse maxirna a eu lieu dans la nuit du 8 au 9 novembre, à ill‘20m du matin; sa direction était du sud au nord.
- Troubles sismiques en Italie. — Le 10 novembre, un tort tremblement de terre a eu lieu au Vésuve. Il a duré 2 secondes, correspondant avec un éboulement dans le cratère et une pluie abondante de sable.
- Inondations dans le Midi. — À la suite de pluies abondantes, le Yar grossi subitement a débordé le 8 novembre, inondant toute la région. A Puget-Théniers, la digue en amont a été rompue, et toute la ville basse a été inondée. L’inondation a été soudaine et a causé de grands dégâts. Le 9 novembre, la crue du Rhône a atteint 4,8 m. à Tarascon. Le casino de Peiracava, près de Nice, s’est écroulé. La route nationale de Breil à Yintimille a été emportée sur une longueur de 100 mètres environ par les eaux de la Roya.
- Inondations en Italie. — Le 11 novembre, le fleuve l’Adige a débordé dans tout son cours; plusieurs villages du Trentin ont été inondés. La vallée de Zoldano a également été ravagée.
- La production des rails dans le monde. — Le rail a révolutionné le monde en permettant les transports rapides et à bon marché, et étant donné le développement actuel des voies ferrées, qui nécessitent un entretien minutieux de la surface de roulement et son remplacement dès qu’elle présente certains défauts, on pense bien qu’il faut produire chaque année des monceaux de rails, pour assurer ces renouvellements et aussi 1’établissement de voies nouvelles. Naturellement les Etats-Unis sont de grands consommateurs de rails, à raison de l’énormité de leur réseau, et ce sont aussi des producteurs formidables : ils en fabriquent annuellement presque autant que le reste du monde entier. Yers 1878, à une époque d’ailleurs où l’on se servait surtout de rails de fer, et de rails autrement plus légers que cpux qu’on emploie maintenant, la production et la consommation de la Confédération n’atteignaient point un million de tonnes, tandis qu’à l’heure présente, et avec des rails pesant couramment de 48 à 5o kgs au mètre, la production est de 3 1/2 millions de tonnes. Dans ces quinze dernières années, elle a triplé. La consommation nationale n’absorbe pas tout cela, mais on peut se rendre compte de la masse énorme de métal que réclame un réseau comme celui des Etats-Unis, en songeant que pendant 25 années, de 1870 à i8g5, la consommation totale du pays a été dë 58 millions de tonnes. La Grande-Bretagne et l’Allemagne atteignent maintenant le même chiffre, le million environ, au point de vue de la production; pour le premier de ces pays, il s’est manifesté une certaine dépression, parce qu’il est bien loin d’être presque seul, comme jadis, à fabriquer des rails d’acier; le fait est que la production anglaise s’élevait à j 2 55 000 tonnes dès 1882, à un moment où le pays exportait considérablement, surtout sur les Etats-Unis, alors qu’elle ne dépassait point 4°6 000 t. en 1876. En Allemagne, les réels progrès en la matière ne se sont guère fait sentir qu’à partir de 1896. Effectivement, en 1875, la production était de 582 000 t. et elle ne s’élevait encore qu’à 6o5 000 t. en cette année 1896. Depuis lors, un développement brusque se constate, puisque l’on a pu arriver au chiffre imposant de 1080000 t. en 1903, dont 38o 000 environ étaient exportées. La consommatioii intérieure s’est développée de façon surprenante et, à l’heure présente, elle est bien voisine de 760000 t. En France, les statistiques sont
- assez maigres, même aujourd’hui, et la production, qui. était de 4*0000 t. en i883, est retombée à 229000 en 1898. Actuellement, le chiffre moyen est de 3oo 000 t. Les données sont plus élevées pour la Belgique, puisque le chilfre actuel est de 35oooo t. ; en Russie on arrive à 5oo 000 t. Quant aux producteurs secondaires, Canada, Italie, Japon, Chine, Autriche, ils doivent donner ensemble 600000 t. Mais il y a encore place, dans ce domaine, pour un mouvement d’expansion important, étant donné que beaucoup de réseaux sont encore à développer, et que la consommation à titre de renouvellement et d’entretien ne fait que croître chaque année.
- La teneur en acide carbonique de l’air marin. —
- M. A. Gautier a présenté à l’Académie des Sciences, dans sa séance du 8 octobre 1906, une note de M. R. Legendre sur la teneur en acide carbonique de l’air marin. Nous en résumons les principaux points. M. Legendre s’est livré, au large de la côte bretonne, de Concarneau à Saint-Nazaire, à un certain nombre de prises d’air, au moyen d’un appareil imaginé par MM. Albert Lévy et Pé-coul pour l’étude des atmosphères confinées : l’air attiré pâr l’aspirateur barbotait dans une solution de soude à 10 pour 1000, et la prise durait une heure; le dosage de l’acide carbonique fixé par la soude avait lieu aussitôt l’aspirateur vidé, et s’elfectuait au moyeu d’une solution acétique de 7,5 pour 1000. Toutes ces opérations se faisaient flone à bord, sur le vapeur garde-pêche le Petrel, qui avait été mis à la disposition de l’expérimentateur. La moyenne de quatorze dosages effectués est de 33 1, 5 pour 106 mètres cubes d’air. Ces intéressantes analyses seront continuées, le but des recherches étant de vérifier la théorie de Schloesing sur l’équilibre qui se produit entre l’acide carbonique et les bicarbonates, équilibre qui ferait de la mer le grand régulateur de la teneur en acide carbonique de l’atmosphère.
- Les effectifs de la marine japonaise. — L’effectif du cadre actif de la marine japonaise était de 34 463 hommes au ior janvier 1904; les réserves comptaient à la même date 8g55 hommes, soit une flotte totale de 43 418 hommes, officiers et matelots Un an après, au 101' janvier 1905, ces chiffres s’étaient respectivement élevés à 36962, 9037 et 45999. L’accroissement a été plus marqué encore dans l’année 1905, et au ier janvier 1906, l’effectif total de la marine japonaise, a pu, d’après les renseignements communiqués par la i,e section de l’état-major général, atteindre au chiffre de 54ooo hommes et officiers.
- Pilotis en béton. — Un nouveau type de pilotis en béton armé vient d’être imaginé par M. Chenoweth,
- 16, Court Street, à Brooklyn. Ces pilotis sont faits par enroulement autour d’un mandrin d’une sorte de pièce centrale, qu’on place horizontalement pour la confection. Cette pièce centrale est tout simplement un tuyau d’acier autour duquel est enroulée une feuille de métal déployé, ou une toile métallique. Avant du reste que cette feuille ou toile soit enroulée, on la met à plat et l’on y dispose, en les fixant par des brins de fil métallique, des tiges d’acier qui vont former l’armature. Elles prennent naturellement leur position au fur et à mesure que la toile métallique s’enroule autour de la pièce centrale ; nous devons ajouter aussi que la toile (dont un des bords longitudinaux est rattaché au mandrin) a été enduite d’une bonne couche de béton, qui était plastique quand l’enroulement a commencé. Durant que celui-ci se poursuit, de temps à autre, on place des fils métalliques qui ont pour but de maintenir les spires successives en contact les unes avec les autres, et des ceintures de métal sont aussi placées quand toute l’opération est achevée, pour maintenir les éléments du pilotis en contact. On a fait de la sorte des pilotis longs de plus de 18 mètres et de 33 centimètres de diamètre. \
- Longues traversées. — Il est entré récemment à Rotterdam un steamer qui avait fait une traversée exceptionnelle, étant donné le temps durant lequel chaudières et machines avaient fonctionné sans la moindre interruption et sans le moindre accroc. Il s’agit du Goldmouth, qui venait de Singapore par la route du Cap, et dont la traversée avait duré 52 jours. Il est vrai qu’il appartient à la Shell Line, et que, comme les divers bateaux de cette Compagnie, il chauffe ses chaudières au combustible liquide.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- Mécanique
- Une curieuse balance à cadran sans ressorts. —
- •C’est une machine à peser, qui a cet avantage de ne guère présenter d’organes susceptibles de dérangement, puisqu’elle ne possède point de ressorts : ce qui ne l’empêche pas d’indiquer très visiblement les poids sur un grand cadran, devant lequel se promène une aiguille ad hoc. Nous la montrons, dans les diverses ligures qui accompagnent ces lignes, débarrassée complètement de la boîte qui abrite normalement ses organes ; le cadran et l’aiguille qui doit s’y déplacer y sont indiqués seulement en pointillé, pour ne laisser paraître que les parties indispensables aux explications que nous voulons donner. — Disons que cette machine est fabriquée par MM. Avery, Soho Foundry, à Birmingham.
- Le poids de l’objet à peser est contre-balancé par une paire de poids formant pour ainsi dire pendules, et la particularité de l’appareil consiste en ce que ces poids ne sont soumis au frottement d’aucun pivot, en dépit du mouvement qu’ils peuvent prendre.— L’appareil consiste essentiellement en 2 rouleaux A et B, symétriques,
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de la balance.
- et sur lesquels viennent se fixer deux lanières métalliques, également symétriques, CC (fig. 1), qui se trouvent aux deux extrémités du rouleau. Les lanières sont partiellement enroulées sur les rouleaux, du moins quand ceux-ci sont dans leur position primitive; le rouleau aurait tendance naturelle à se dérouler, à tomber ; mais il en est empêché par une troisième lanière qui vient tourner et s’enrouler autour d’un élargissement du rouleau, ainsi que cela se voit en E dans la figure 1 ; cette lanière vient se rattacher (fig. 2) aux leviers que l’on voit sous la table de la machine. Un poids, qui est indiqué de part et d’autre en P, est rattaché à chacun des rouleaux. Dans la figure 4 est indiqué l’état général de la machine, d’une façon schématique, s’entend, au moment où la balance n’est chargée d’aucun objet à peser; et, à cet instant, les contrepoids PP se touchent. Mais, si une charge est suspendue à la balance, la traction exercée en conséquence sur les bandes flexibles EE force les rouleaux à rouler en remontant sur les lanières CC, et les contrepoids viennent dans la position indiquée schématiquement par la figure 5, position où ils équilibrent justement la charge. Mais, en même temps, le secteur que l’on aperçoit très nettement dans la figure 1 et dans la figure 2, prend un mouvement de rotation partielle sous Faction du levier Y, qui est rattaché au rouleau de droite, comme cela se voit en G. Tout naturellement le mouvement de ce secteur fait tourner le pignon J, sur lequel est calé l’arbre horizontal portant l’aiguille indicatrice du cadran. Pour empêcher le retour en arrière, un poids West suspendu à une chaînette qui va passer sur une poulie S. On a prévu également un cylindre pour ainsi dire amortisseur, qui se trouve en L. Il est bon de remarquer que le centre du rouleau, au fur et à mesure qu’il roule en remontant,
- suit une ligne droite, et peut par suite être attaché directement au piston du cylindre. C’est ce qu’on aperçoit très nettement pour le rouleau de gauche. L’action du piston sur la glycérine que renferme le cylindre, donne un mouvement parfaitement doux et régulier à l’aiguille indicatrice. Et, comme on le voit, les frottements sont réduits au minimum dans cet appareil : on en trouve seulement pour le pivot du secteur denté et
- \ Fig. 3.
- Fig. 2, 3, 4, 5. — Détails du mécanisme.
- pour les coussinets de l’arbre portant l’aiguille. Les poids sont assez faibles, et les résistances causées au mouvement libre des rouleaux sont elles-mêmes fort réduites. Toute la combinaison est curieuse au point de vue mécanique.
- Roue Pelton perfectionnée. — Elle est construite, et sans doute combinée par la maison Percy Pitman de Bosbury, près de Ledbury, en Angleterre.
- Cette roue hydraulique Pelton à haute pression est faite pour une pression de 40 hg par centimètre carré,
- ltoue Pelton et détails de construction.
- et, avec une consommation de 0,28 m5 d’eau par minute, à raison de 1000 révolutions (également par minute), elle donne au frein une puissance de a5 chevaux. Le diamètre de cette roue est de 0,76 m, elle est faite d'acier, d’une plaque de ce métal, tournée sur son arbre et soigneusement équilibrée. Les augets sont de bronze phosphoreux, et ils sont taillés expressément et ajustés de façon à venir se placer à cheval sur la jante de la roue ils sont fixés à cette plaque par des boulons d’acier tournés, se logeant dans des trous minutieusement alésés. Du reste, ces augets sont soigneusement polis et, de plus, leurs rebords et même la cloison qui sépare chacun d’eux en deux compartiments, est taillée en lame de couteau, pour réduire au minimum les pertes d’énergie. L’arbre de cette roue a un diamètre de 5o millimètres, et il repose dans deux coussinets en bronze phosphoreux, longs de 127 m, à huilage automatique. On voit dans les, figures que nous avons fait dessiner que la roue est logée sous une enveloppe
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- métallique en acier et en fers cornières, dont les joints gonl soigneusement faits. L’alimentation est fort intéressante. Elle se fait par un ajutage que nous montrons à une échelle assez grande, et qui donne un jet rectangulaire de 2 centimètres carrés, quand il est ouvert en plein. On peut remarquer que cet ajutage est muni d’une languette mobile, montée sur pivot, et qui peut venir étrangler plus ou moins le jet en remontant. Cette languette est en bronze, et ses mouvements sont sous la dépendance du régulateur à boules, qui ferme plus ou moins l’arrivée du liquide quand la vitesse augmente ou diminue.
- Divers -S^§£>
- Rôtisseuse-Pâtissière « La Cornue ». — C’est un tour très portatif qui est spécialement destiné à la cuisson des rôtis et des pâtisseries et qui remplace avantageusement le four du boulanger, ou du fourneau de cuisine, qu’on n’a pas toujours sous la main. « La Cornue » se place directement sur un réchaud à gaz, à alcool ou à charbon de bois.... Elle est formée de trois chambres ABC dans sa partie annulaire, séparées par des cloi-
- Fig. I. — Vue d’ensemble de la rôtisseuse-pâtissière.
- sons en amiante. L’air chaud pénètre dans l’intérieur du four par B et s’y répand de haut en bas, pour remonter par les orifices du bas dans les chambres A et C, et enlin s’échapper à l’air libre par deux sorties dont les ouvertures sont munies de clapets mobiles qui permettent le réglage. L expérience seule indiquera la durée de la cuisson suivant la nature de la viande ou du mets à préparer, mais elle est toujours relativement courte et économique. On ouvre de temps en temps la porte placée à l’avant de la « Cornue » pour surveiller la cuisson. La longueur est de o,35 m., la largeur de 0,24 m. et la hauteur de 0,18 m., dimensions intérieures. Le dessous de l’appareil est garni de toile d’amiante ; à l’intérieur se trouve un plateau mobile posé sur des coulisses qui permettent de le placer à différentes hauteurs ; on a soin de le mettre le plus haut possible, afin que le plat où se fait la cuisson se rapproche de la partie supérieure ;
- B S.
- 2 2
- Fig. 2. — Détails.
- car, comme on l’a vu d’après ce qui précède, le principe et la nouveauté de l’appareil consistent en ce que les gaz circulent de haut en bas, contrairement à ce qui se passe dans les fours ordinaires ; il en résulte qu’on évite ainsi complètement de dessécher les mets ou de les brûler, puisqu ils sont toujours enveloppés de leur vapeur; il en résulte aussi qu'ils conservent toute leur saveur. — Construite par M. Barbary» à Courbevoie, se trouve 5i, rue Cambronne, à Paris, chez M. Barbe.
- Vase verseur à tamis. — Le vase verseur à tamis, dont il est question, consiste en un grand vase de forme tronconique, présentant sur le rebord extérieur un bec spécial disposé pour faciliter l’écoulement des liquides.
- Un tamis, formé d’une plaque métallique percée d’une série de petits trous, peut être fixé devant le bec verseur à l’aide de bandes formant ressort et que l’on place à la partie supérieure à l’intérieur du vase. Ce tamis a pour effet d’arrêter la mousse, et les différentes substances qui peuvent se trouver en suspension dans le liquide à verser. — Le vase verseur à tamis se trouve chez MM. Kirby, Beard et C°, 5, rue Auber, à Paris.
- Épingle pour cravate. — Il n’est rien de plus désagréable que de voir sa cravate se relever et monter sur le col, au lieu de rester franchement appuyée sur l’extrémité, et de laisser apparaître toute la hauteur du col.
- Pour remédier à cet inconvénient, on emploie une petite épingle semblable à celle que représente la figure ci-jointe, à extrémité recourbée en forme de cœur. Cette extrémité est placée derrière le col, et sur l’épingle proprement dite est placée la cravate qui se trouve maintenue à la partie supérieure par une petite perle à peine perceptible. — L’épingle pour cravates se trouve à la même adresse que le vase verseur ci-dessus.
- Billard Vauban. — Ce jeu est susceptible de multiples combinaisons qui peuvent se rapprocher plus ou moins des péripéties d’une guerre de siège. Il est formé d’un plateau sur lequel sont fixées des réglettes en bois, suivant des dessins qui simulent des lignes de forti-
- Billard Vauban.
- fîcation; ces réglettes sont peintes de différentes couleurs pour représenter des bastions, des prisons, des villes.
- Les pions sont de petits morceaux de verroterie, carrés et plats, qu’on fait glisser sur le plateau au moyen d’une tige flexible en porc-épic; ils viennent ricocher sur les réglettes et on peut produire des effets, comme au billard, pour aller toucher un pion ennemi qui serait inaccessible directement. La règle du jeu consiste à assiéger une ville ennemie et à lui prendre ses pions, ou soldats, chaque joueur ayant à son tour le droit de faire avancer un pion. Selon la taille du jeu, qui peut varier depuis 23 X 35 cm. jusqu’à 55 X 55, il y a un plus ou moins grand nombre de villes, plus ou moins protégées par des ouvrages avancés; celui que nous représentons ci-contre a 48 X 48 cm. et comporte 4 villes situées en F. Les cases C G servent à mettre les pions en réserve. En vente chez M. Gauvin, 63, rue de Seine, à Paris.
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- HYGIENE ET SANTE
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- L’artério-sclérose et les courants de haute fréquence — L’artério-sclérose était regardée jadis parles profanes comme l’apanage de la vieillesse, comme l’expression de la sénilité. Sous l’influence de 1 âge, nos tissus font, hélas ! comme toute chose, ils s’usent et subissent des processus de dégénérescence, de sclérose, c est-à-dire d’épaississement et même de calcili-ealion.
- Les artères, qui laissent passer, pendant toute la vie, l’onde sanguine, subissent elles aussi, et presque avant tout autre appareil organique, ce travail de régression ; leur tuuique îibreuse s’épaissit, se sclérose, ses parois s'infiltrent de sels calcaires, bref, il survient uu trouble complet des éléments. D’un tissu élastique souple, le conduit artériel est transformé en un tube rigide. Le premier phénomène pathologique qui amène celte modification est une augmentation de la pression artérielle. La tension, qui à l’état normal correspond à i5 ou 16 cm. de mercure, s’élève peu à pt-u d’abord d’une façon passagère, puis durable et moule à 18, 20 et -24- De là toute une série d’accidents depuis le plus grave, l’apoplexie cérébrale, jusqu’à ces lésions si variées de dilatation de l'aorte, de néphrite interstitielle ; lésions, au début, en apparence insignifiantes et qui amènent graduellement des désordres irréparables.
- Mais 1 artério-sclérose n’est pas toujours, comme on le croit, la résultante des années, une manifestation de la sénilité; elle peut se produire à des âges relativement jeunes et l’on peut dire que depuis un certain nombre d’aunér s, elle atteint relativement plus d’hommes d’àge moyeu que de vieillards. C’est à juste titre qu’un médecin a pu dire que « l’on n’avait que l’âge de ses artères. » Le dicton est très juste en s’en tenant au sens pathologique. Tel sujet de 4° ans, atteint d’artério-sclérose, a des artères de 70 ans ; par contre, un vieillard qui aura conservé une belle santé, ne présentera à 65, 70 ans, presque aucune altération artérielle; ses artères ne seront pas encore, à beaucoup près, sclérosées à l’égal du précédent. De par l’état des artères, le vieillard véritable est l’homme de 4<> ans et ce dernier a toutes chances de succomber avant l’autre. L’aphorisme est donc bien vrai : on a, au point de vue santé, 1 âge de ses artères, en dépit de l’âge que nous donne l'extrait de naissance.
- Les causes qui déterminent cette dégénérescence artérielle a des âges relativement peu avancés sont multiples, maladies générales, infectieuses, surmenages de tout genre, et par-dessus tout l’alcoolisme, amènent rapidement ces modifications des vaisseaux et leur transformation en tissu scléreux. Or, dès les premières manifestations de l’artério-sclérose, on constate un phénomène caractéristique : le pouls bat avec vigueur, il est dur sous le doigt; la pression artérielle est augmentée. Passagère au début, cette hypertension devient peu à peu permanente.
- Jusqu ici la thérapeutique appliquée à la cure de l’artério-sclérose était d’une efficacité douteuse. Bien entendu il faut appliquer tout d’abord un régime approprié; le régime alimentaire, réduction des aliments carnés, application du régime végétarien, suppression des boissons alcooliques ou excitantes, thé, café, vin, liqueurs. L’iodure de sodium est un médicament clas-
- sique et qui a une efficacité réelle, mais en présence d’une hypertension élevée et permanente, on était réduit à des moyens d’une action douteuse.
- Actuellement, il semble, d’après les recherches des électrolhérapeutes, que l’on puisse se rendre maître de l’hypertension et combattre d’une façon efficace l’artério-sclérose, quand elle n’est pas trop prononcée. Les cou-x-ants de haute fréquence découverts par d’Arsonval, ont réalisé ce desideratum; non seulement, comme on l’avait constaté dès le début de leur emploi, ils agissent avec une grande intensité sur la contractilité des vaisseaux et partant sur la circulation, mais ils agissent d’une façon durable. Les expériences du Dr Moutier, contrôlées par la plupart des électriciens, sont des plus probantes et les faits nouveaux relatés dans les rapports présentés au Congrès de l’Association française à Lyon montrent qu’il y a là une méthode thérapeutique nouvelle et d’une énergie que l’on ne soupçonnait pas. On la soupçonnait si peu que les courants de haute fréquence appliqués en effluve amènent une élévation de la tensioix artérielle ; c’est une question de dispositif instrumental sur laquelle je ne peux m’étendre ici.
- Après bien des recherches, M. Moutier et les auteurs qui ont adopté sa méthode, sont parvenus d’une façon régulière à abaisser la tension artérielle. Le malade à traiter est placé dans la grande cage solénoïde à auto-conduction de d’Arsonval, assis sur une chaise. Une bobine de 0,25 d’étincelle, actionnée au moyen du courant de la ville par l’interrupteur Contremoulin-Gaiffe avec un condenseur plan à pétrole d’Arsonval, assure le passage du courant. Une légère odeur d’ozone, comme dans toutes les opérations d’électricité à décharge et le malade est là tranquille, ne ressentant aucune douleur, aucun malaise. Les résultats, comme le disait un des rapporteurs du Congrès, sont indiscutables. Sphygma-nomètre en main, on assiste à l’abaissement de la tensioix artérielle des hypertendus. A la première séance et en l’espace de quelques minutes, M. Moutier arrive à des abaissements de 3, 4 et b centimètres.
- Et l’action du coux-ant n’est pas passagère. Sorti de la cage électrique, le malade ne voit pas sa tension artérielle remonter à 20 ou 24. L’eflêt dure un, deux, ti’ois jours; puis avec une nouvelle application, l’effet se maintient plus longtemps; bref, après un certain nombre de séances, on réussit à ramener la pression artérielle à la normale, i5 cm. de mercure et celle-ci semble y rester après plusieurs semaines.
- Si l’on arrive à diminuer, comme l’a fait le D' Moutier, et coixxme l’ont fait d’autres électiûciens, l’hypertension artérielle, on restreint les dangers de l’évolution de l’artério-sclérose, on retarde son apparition, 011 arrête sa marche. Ce n’est donc plus uixe maladie à évolution fatale; prise à temps, traitée, comme il convient, et par des praticieixs habitués au maniement de ces courants dangereux, l’arlério-scléx'ose pourra, sinon guérir complètement, du moins rester stationnaire. C’est une sécurité et uixe espérance pour ceux qui sex'ont atteints de cette maladie. Mais combien plus sages seront ceux qui mettront à profit les bons conseils d’hygiène pour ne pas avoir à redouter la sclérose de leurs tissus et pour ne la voir survenir qu’à un âge avancé. D‘ A. C.
- VARIÉTÉS
- La poussée des terres. — En étudiant l’augmentation de volume que subissent les corps solides, organiques ou non, sous l’action de l’eau, un savant italien, le pro esseur Gustavo Uzielli. a observé des faits curieux en qui concerne les terres : leur augmentation de volum apparente ne résulte pas seulement de l’augmen-tatio.1 le volume due à l'action de l’eau de chacune des paru nies'qui les composent, mais aussi d’autres phénomènes qui, jusqu’ici, avaient échappé à l’observation.
- Si on comprime de l’argile bien sèche et bien pulvérisée dans un cylindre de verre et si on verse de l’eau tout doucement, oix voit celle-ci disparaître au fur et à mesure qu’oix la verse, et descendre progressivement jusqu’à une certaine profondeur; puis, elle s’arrête, cesse d’être absorbée et, brusquement, toute la partie imprégnée d’eau se soulève d’un bloc et reste en l’air, séparée de la partie inférieure, restée sèche, par une chambre d’air. Si Von introduit un tube de verre fin,
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- fermé à sa partie inférieure par un bouchon qui puisse être poussé d’en haut par une tige, on observe, en mettant cette chambre en communication avec 1 extérieur, que le bloc mouillé s'affaisse et revient au contact de la partie sèche. On peut alors continuer à verser de l’eau, le même phénomène se reproduit, mais à une plus grande profondeur, et ainsi de suite. Si on mesure la pression de l’air enfermé dans cette chambre, on trouve qu elle peut atteindre 3 et 4 atmosphères.
- Le professeur Uzielli explique le phénomène de la façon suivante. L’eau gonfle d’abord les particules et crée entre elles des canaux beaucoup plus étroits que ceux qui existaient quand la matière était sèche ; de ce fait, il y a attraction capillaire de 1 eau par les parties supérieures déjà gonflées: quant aux parties inférieures, •elles attirent 1 eau à la manière de toutes les substances qui augmentent de volume sous son action. Dans ces conditions, l’air enfermé dans les interstices est complètement séparé de l’extérieur, refoulé progressivement vers le bas, en diminuant de volume et par conséquent en augmentant de- pression. Il cesse de se comprimer
- au moment où sa pression est devenue assez forte pour vaincre la résistance qu’oppose le bloc mouillé en frottant contre les parois du cylindre.
- Des phénomènes du même genre doivent se produire sans aucun doute dans les remblais de terre fraîchement l’apportées ; ils expliquent les poussées formidables quelles exercent s’il survient une longue période de pluies, ainsi que l’éboulement des talus, même les mieux renforcés et les mieux protégés. Une pratique excellente consisterait donc à ménager dans les talus, des conduits dirigés dans le sens des poussées maxima. On n’observerait pas ainsi un foisonnement aussi considérable des terres fraîches et leur tassement se ferait beaucoup plus vite par suite de la façon dont on aurait hâté le départ de 1 air renfermé. Les barbacanes disposées souvent dans les murs de soutènement jouent ce rôle d’évents, bien qu’elles soient établies en vue d’assurer l’écoulement des eaux. Quand on dispose de beaucoup d’eau, il est bon également de faire de copieux arrosages et de damer chaque fois qu’une couche de terre fraîche vient d’être mise en place. A. G.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Chimie
- Mode d’emploi de la « Marmaride ». — A la suite de notre article sur la Marmaride, paru dans les « Variétés » du Supplément du n° du 8 septembre 1906,
- p. 117, un grand nombre de lecteurs nous ont demandé le mode d’emploi de ce produit ; nous nous empressons de leur donner les indications nécessaires. — La Marmaride se pose à la truelle sur une épaisseur de 2 mm environ sur tous murs bien dressés au plâtre ordinaire et mouillé avant l’emploi. Elle s’applique aussi sur mortier de chaux et sable, sur chaux hydraulique et sur ciment. La gâchée un peu consistante et bien pétrie de manière à dissoudre complètement les parties actives du produit, devra être laissée dans l’auge quelques minutes en repos avant l’emploi. Lorsque la prise sera assez dure pour qu’on entende grincer la truelle, on lissera en appuyant. Ensuite on redressera par une dernière couche que l’on polira quelques instants après en ayant soin de bien boucher les pores. Les veines et les dessins s’exécuteront au pinceau avec les couleurs spéciales pendant que l’enduit est encore humide. A l’aide de la truelle on les fera ensuite bien entrer dans la couche de fond. L’ensemble du travail sera enfin repoli à la truelle soigneusement. Plus on polira plus on obtiendra de brillant. Quelques jours après, le travail exécuté sera essuyé avec un linge, savonné et lavé, de façon à enlever la fleurette qui résulte de la dessiccation. La Marmaride se pose avec une truelle en celluloïd, les truelles métalliques ayant l’inconvénient de noircir l’enduit. — Pour tous renseignements, s’adresser à MM. Prax et Ci0, 89, rue de la République, à Marseille.
- Procédé pour déterminer la teneur en soufre des cokes et charbons. — La méthode est celle de Eschka, perfectionnée par R. Nowick. On prend 1 gramme du coke ou du charbon à essayer, qu’on a finement pulvérisé, et on mélange avec 2 grammes de carbonate de soude ou de magnésie, dans un creuset de platine, et au moyen d’un fil de platine également; 011 ménage un canal vertical dans la masse, et on chauffe au rouge sombre le bas du creuset. On introduit de l’oxygène par le couvercle du creuset, et, toutes les cinq minutes, on mêle la masse, en ayant soin de rétablir à chaque fois le canal dont nous avons parlé. Au bout d’une trentaine de minutes, la combustion est complète. On traite le contenu du creuset par l’eau, on chauffe, on filtre, on acidifie légèrement et l’on précipite par le chlorure de baryum ; on déduit finalement le pourcentage de soufre.
- Caoutchouc artificiel. — De nombreuses formules en sont données un peu partout, et il est facile de les essayer. En voici une qui est assez simple et qui contient une proportion, très faible il est vrai, de vrai
- caoutchouc. A de la résine de Manille, on mélange 5 pour 100 de bitume d’Auvergne, on dilue dans de la benzine et l’on triture; au bout de deux jours on ajoute 5 pour 100 d’huile de résine; pour donner de la consistance, on additionne, si besoin est, de 4 pour 100 de soufre dissous dans du sulfure de carbone, et enfin on ajoute 5 pour 100 de caoutchouc.
- Liquide à nettoyer le cuivre. — Quand les objets en cuivre ne peuvent être nettoyés au moyen d’une poudre ou d’une pâte, comme c’est l’usage le plus général, on peut recourir à la méthode suivante. On compose un bain de 2 parties d’acide nitrique, et d’une partie de sel ammoniac, ou encore d’une partie de sel ammoniac et d’autant d’acide nitrique, puis d’une partie également d’eau, l’eau devant servir à la dissolution du sel ammoniac; l’objet en cuivre, au préalable dégraissé au moyen d’une solution chaude de soude, et plongé ensuite dans de l’eau pure, est immergé quelques secondes seulement dans le bain préparé, pour être finalement rincé dans de l’eau froide, puis dans de l’eau de savon chaude et enfin séché dans de la sciure.
- Procédé de dissolution de la résine anime. — Cette résine qui s’appelle aussi animi ou gomme animi, est employée particulièrement en pharmacie ; elle présente une couleur jaune soufre et une forte odeur : à ceux de nos lecteurs qui ont à s’en servir et qui échouent peut-être dans des lentatives de dissolution, nous ferons remarquer qu’aucun alcool n’en triomphe à froid Mais, dans les fabriques de vernis où 011 l’utilise, on la fait fondre à la chaleur, pour la mêler ensuite graduellement avec de l’huile de lin bouillie chaude.
- Beurre artificiel. — Nous ne voudrions pas faire l’affaire des fraudeurs, mais il est pourtant intéressant de signaler ce succédané ou cette contrefaçon du beurre véritable ; d’autant que, comme goût, comme apparence, il est assez malaisé à distinguer. Ce beurre artificiel est fabriqué principalement à Moscou et à Saint-Pétersbourg. On peut le faire avec i5o parties de beurre frais de vache, 80 de graisse animale, 4o d’huile de soleil, et enfin 3o d’huile de coco ; mais on peut aussi être plus économe de beurre vrai, et en mettre seulement 5o p. avec i5o de graisse animale, puis 80 d’huile de soleil et 20 d’huile de coco.
- Détermination de la glycérine dans les vins. — Le
- procédé, imaginé par MM. Zeisel et Fonto, consiste à transformer cette glycérine en iodure d’isopropyle par ébullition avec de l’acide iodhydrique aqueux : on sépare par distillation et l’on recueille dans une solution alcoolique de nitrate d’argent. L’iodure d’argent se sépare quantativement, et on le pèse pour déduire de son poids la proportion de glycérine.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les iaits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux objets décrits. — Le dépositaire des ressorts de traction décrits dans le n° 1745 du 3 novembre 1906, p. 365, est M. Edmond Dubois, négociant, à Baisieux (Nord). — Le boulon Marquer, à pans superposés, décrit dans le n° 1745, du 3 novembre 1906, se trouve chez M. Marquer, 35, rue Saint-Sébastien, à Paris.
- Communications. — Les trains Renard. — Nous avons dit dans notre n° 174-Jt du i3 octobre 1906 (Boîte aux lettres, Renseignements) que nous ne connaissions pas de Société industrielle exploitant le train Renard et que nous pensions que les tentatives faites pour en constituer n’avaient pas abouti. Nous faisions ainsi une double erreur que nous sommes heureux de réparer. MM. Ed. Surcouf et 6'i0, 125 et 127, rue de Bellevue, à Billancourt (Seine), nous signalent qu’ils ont entrepris l’exploitation de trains automobiles à propulsion continue, système Ch Renard. Cette Société, qui existe depuis plus de deux ans, a déjà construit de nombreux matériels en exploitation dans diverses contrées de la Erance et dans divers pays d’Europe, et créé en outre des Sociétés filiales jusque dans l’Amérique du Sud. Elle est d’ailleurs en train d’en créer une dans la République Argentine.
- Renseignements — M. René Eymard, à Lyon. — Pour vous affirmer que la contamination que vous redoutez peut se produire, il faudrait absolument examiner les points signalés et faire l’étude géologique du terrain. Veuillez consulter (à la Faculté des sciences) le géologue chargé, pour le Rhône, des études de captages d’eau. En outre, le règlement sanitaire de la ville de Lyon 1(26 mai 1903, titre 11, art. 49)' prévoit l’autorisation spéciale de puisards, dans des cas particuliers de force 'majeure et après examen de l’autorité sanitaire. Il y a lieu pour vous de rechercher, soit à la mairie, soit au bureau d’hygiène de Lyon si, dans le cas qui vous intéresse, ledit règlement a été observé ou non.
- M. Van den Broeck, à Reeth. — Le moyen le plus simple de détruire les algues qui infestent votre réservoir serait, lorsqu’il serait vidé, de le passer au lait de chaux.
- M. C. Routard, à Tunis. — i° La Nature a consacré un article au gaz Benoit. Voyez le n° 1706 du 3 février 1906, p. i55. L’adresse était 207, rue Saint-Denis, à Courbevoie (Seine) ; 20 Nous avons également parlé des lampes à vapeur de mercure. Voyez n° 1689, du 7 octobre 1906, p. 299. — Adresse : Société anonyme Westinghouse, 45, rue de l’Arcade, Paris.
- M. P. Bertrand, à Fort-de-France. —1 Les renseignements que vous demandez ne se trouvent pas, en effet, dans les recueils de Recettes et Procédés utiles. Ce-sont des indications d’ordre purement technique et qui seraient déplacées dans ces ouvrages destinés à la vie quotidienne. Vous les trouverez dans des manuels techniques tel que le Bijoutier, Joaillier et Sertisseur (nacre, perles, corail, pierres, etc.), à la librairie Mulo, 12, rue Haute-feuille, à Paris.
- M. J. S., à Ch. — Vous pourriez essayer d’appliquer, pour écrire sur du papier non collé, la recette indiquée dans nos Recettes et Procédés utiles, 5° série pour marquer le linge. Nous croyons qu’elle réussira également bieu. Faites cepéndant un essai préalable sur une feuille sacrifiée.
- M. Gr Fournier, h Marcdsous. — i# Vçus trouverez à la librairie Doin, rue de l’Ecdle-de-Médeciné, à Paris, ou à la librairie Larousse et Cio, 17, rue du Montparnasse, à Paris, d’excellents manuels pour les manipulations de chimie. — 20 et 3° Vos questions ne comportent pas de réponses absolues; ce sont des cas d’espèce,
- qui peuvent être tranchés seulement par un ingénieur-conseil.
- Mm° Brahe del Castello, à Saint-Cyran, — La Compagnie du gaz Riche est à Paris, 28, rue Saint-Lazare. Vous y trouverez tous les renseignements demandés.
- Un grand-père, à Paris.— Les plantes dont M.Schri-baux a indiqué la richesse en acide cyanhydrique sont principalement des légumineuses, c’est leur absorption en grand surtout par le bétail qui serait dangereuse.
- M. Pradel, à Oran. — Pour le gazogène Riche, veuillez vous adresser à la Compagnie dont nous donnons l'adresse ci-dessus.
- M. le Dv L. Viguier, à Montpellier. — 11 existe plusieurs ouvrages sur Y incandescence t à lalibrairie Tignol, 53 bis, quai des Grands-Auguslins, à Paris.
- M. R. Rosciano, à Paris. —: Les auteurs qui se sont occupés de « l’art ancien et moderne » sont innombrables et leurs éditeurs légion. Veuillez préciser votre question. Nous supposons qu’il s’agit d’arts industriels, mais lesquels ?
- M. F. Augereau, à Zurich. — On a cité dans La Nature (n° 1689, du 7 octobre 1905, p. 3o3) le cas d’un canot automobile, qui, dans une course sur le lac de Garde a parcouru 151 kilomètres en 3h 2m. La vitesse maximum de ces canots irait donc environ à 5o km à l’heure; il s’agit naturellement de records exceptionnels.
- M. Ch. F., à P. — Il vient précisément de paraître chezE. Dunod et IL Pinat, éditeurs, 49» quaides Grands-Augustins, Paris, un petit livre fort bien fait de M. P. Hubert, 7_.e Cocotier (5 francs) où vous trouverez tous les renseignements désirables, notamment sur la fabrication du beurre de coco. Cet ouvrage est suivi d’une bibliographie. Vous pourriez voir aussi Le Cocotier, parL. Prudhomme, chez A. Challamel, rue Jacob, Paris ( 14 francs).
- M. A. Sauve, à Rome. — L’observation que vous nous faites au sujet des hérédités possibles à invoqtier pour expliquer le cas de la petite Yvonne (une oreille musicale extraordinaire, n° 1744) est très intéressante mais non nouvelle. Il y a déjà dans Rabelais ou dans Montaigne et certainement dans des auteurs beaucoup plus anciens, l’idée que les aptitudes artistiques sont le plus souvent des héritages maternels. Il s’en faut bien malheureusement que cela soit le moins du monde prouve. Dans le cas actuel, les deux ascendants sont également musiciens et on ne saurait par conséquent en tirer aucune indication.
- M. L. Vergniol, à Gensac. — Vous trouverez dans nos recueils de Recettes et Procédés utiles (chez MM. Masson et C10, 120, boulevard Saint-Germain, Paris) de nombreux mastics ou ciments susceptibles d’être employés dans votre cas. Vous pourriez prendre du plâtre en poudre, délayé dans de l’huile à machine; ajouter du blanc d’œuf (100 gr. pour 5o d’huile), mélanger au pilon sans faire de mousse ni de neige. Il faut employer ce mélange de suite et le laisser prendre pendant quelques heures.
- M. P. W., à Paris. —Les appareils d’absorption de fumée sont des appareils dans lesquels la fumée est mélangée à une grande quantité d’air avant d’être rejetée au dehors.
- Mr R. Duplessis-Foucaud, à Saint-Émilion. -- Appareils de chauffage au bois : nous ne connaissons pas de maisons spéciales. Vous pourriez vous adresser à la Ménagère, à la Samaritaine, chez MM. Allez frères, 1, rue Saint-Martin, à Paris, etc.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L.
- Dumas, à Huy. Votre observation est intéressante, mais nous ne croyons pas qu’elle soit assez probante pour être publiée. Tous nos remerciements. — M. Ch. Vau-clère, à Madrid. Vous trouverez ces indications dans nos recueils Recettes et Procédés utiles, 4° série, à la librairie Masson et Ci0, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — Mme H. Blâment, à Paris. Veuillez consulter le même ouvrage, 3e série, même librairie. — MM. Ed. Surcouf et Cie, à Billancourt. Remerciements pour votre communication.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude îom,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 novembre . 7°,0 S. S. VV. 3. Beau. » Rosée; nuag. jusqu’à 13 h. ; couv. ensuite; halo à 12 h.
- Mardi G 7°,4 N. E. 2. Couvert. 7,2 Pluie de 0 h. 23 à 3 h. 50 et de 9 h. 45 à 12 h. 30; très nuag. ; halo à 24 h.
- Mercredi 7 8°,8 S. S. E. 1. Couvert. 2,2 ... Rosée ; très nuag. ; halo à 12 h. ; pluie de 21 h. 30 à 24 h.
- Jeudi 8 8°,3 S. W. 2. Pluie. 7,2 Pluie continue jusqu’à 9 h. 15 ; petite pluie à 15 h. 30; couvert.
- Vendredi 9 9°, 3 S. S. W. 3. Très nuageux. 0,8 Petite pluie le matin; très nuageux.
- Samedi 10 8°,2 JN. JS. E. 2. Couvert. 1,2 Gelée blanche ; pluie de 7 h. 30 à 12 h. ; couvert.
- Dimanche 11 0°,5 IN. E. 2. Beau. b Gelée blanche; beau.
- NOVEMBRE 1906. — SEMAINE DU LUNDI 5 AU DIMANCHE 11 NOVEMBRE 1906
- La courba supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ranimé à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du 5 au n novembre, le temps a été pluvieux et froid. Le 5 novembre, un vent violent soufflait sur la Manche. Les pluies ont été très abondantes en France, surtout dans le Nord-Ouest et le Sud; il est tombé 45 mm d’eau à Nice, 4o mm 5 Brest, 29 mm à Cherbourg, 19 mm à Calais, 12 mm à Belfort. La température était le matin 6° à Nantes, 70 à Paris, 90 à Clermont, ii° à Biarritz, 210 à Alger, 5° au mont Aigoual, 20 au Puy de Dôme, —3° au Pic du Midi. La pression barométrique à Paris à midi était 757,1 mm. La température moyenne à Paris a été 90,5, supérieure de 20,7 à la normale. Le 6 novembre, dans la région parisienne, la pluie est tombée depuis minuit jusqu’au matin 3h 45m, et ensuite de 9114ora jusqu’au soir. Une dépression de 7 mm a eu lieu au golfe de Gascogne. On a signalé des pluies dans toutes les régions, à Rochefort (18 mm d’eau), à Gap (i5 mm), à Lyon (8 mm), à Dunkerque (7 mm). La température était le matin 5° à Belfort, 70 au Havre, 70 à Paris, i5° à Toulouse, 180 à Marseille, 8° au Puy de Dôme, o° au mont Ventoux, — 4° au Pic du Midi. Le 7 novembre, des basses pressions ont eu lieu sur l’Ouest de l’Europe. Un vent d’entre Est et Sud a soufflé sur nos côtes de l’Océan, de la Méditerranée, et-au Sud de la Provence. Des pluies orageuses ont eu lieu au Mans (21 mm d’eau), au Havre (17 mm), à Limoges (i5 mm), à Besançon (14 mm) et à Marseille (14 mm). La température était le matin 5° à Nantes, 70 à Limoges, 90 à Paris, i3° à Lyon, 210 à Alger, 20 au Puy de Dôme. Le 8 novembre, le baromètre marquait 748 mm à Brest; un vent modéré souf-
- flait du Nord en Bretagne, du Sud-Ouest en Gascogne. La pluie est tombée en grande abondance, surtout dans le Midi et à l’Est ; on a recueilli 8 mm à Paris, 35 mm à Clermont, 5g mm à Nice, 75 mm à Marseille, 76 mm à Lyon, 83 mm à Gap. La température était le matin 4° au Mans, 70 à Toulouse, 8° à Paris. io° à Marseille, o° au mont Aigoual, — i° au Puy de Dôme, —90 au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été 9°,4. supérieure de 3" à la normale. Le 9 novembre, une dépression atmosphérique est survenue près de Cherbourg; le baromètre ne marquait que 747 mm. Un vent fort avec mer houleuse soufflait au Cotentin et sur la côte Nord de Bretagne. Il est tombé 52 mm d’eau à Cherbourg, 20 mm d’eau au . Havre, 18 mm à Boulogne, 10 mm à Charleville, 9 mm à Rochefort, 3 mm à Paris. La température était le matin 3° à Clermont, 90 à Paris, 90 à Biarritz, 160 à Alger, 20 au Puy de Dôme, — 20 au mont Ventoux, — 8° au Pic du Midi. Le 10 novembre, la pression barométrique a élé inférieure à 755 mm dans une zone qui s’étendait du Nord du continent jusqu’à la Méditerranée. Il y a eu des chutes de neige dans le Nord; on a observé des pluies à Cette (41 mm d’eau), à Nice (57 mm), à Calais (29 mm), à la Coubre (16 mm), à Nantes (7 mm). La température était le matin o° à Limoges, 5° à Toulouse, 8° à Paris, ii° à Biarritz, i° au Puy de Dôme, —4° au mont Ventoux, —70 au Pic du Midi. Dans la banlieue de Paris, on a signalé de la gelée blanche. Le it décembre, le temps a été beau et froid en général. La température était le matin o° à Paris, 4° à Toulouse, i° au mont Aigoual, o° au mont Ventoux, — 70 au Pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 9 à 9 li. 54 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, "Boulevard Saint-Germain, Paris (Yt°)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘e, éditeurs de La Nature, >20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1748 (24 NOVEMBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- INFORMATIONS
- Avis de l’Administration. — L’échéance du 3o novembre étant la plus chargée de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 24 novembre (n° 1748), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant le ier décembre, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — i883 à 1892— 1893 à 1902), au prix de t8 francs au lieu de 26 francs.
- Bureau central météorologique. — M. Mascart, directeur du Bureau central météorologique, prend sa retraite. Il sera remplacé dans ce poste, à dater du icr janvier 1907, par M. Àngot, météorologiste titulaire.
- Le niveau de la mer. — On nous demande souvent ce qu’est le niveau de la mer. Il diffère pour chaque pays, avec des écarts de plusieurs centimètres. Ces divergences tiennent aux variétés de méthodes employées pour déterminer le niveau moyen de la mer. Pour la France, ce niveau est le repère souterrain du marégraphe de Marseille qui est de o,o5 m. plus haut que celui de l ltalie et Gênes. Celui de l’Irlande dans la baie de Dublin est de 2,25 m. plus bas que celui de l’Angleterre à Liver-pool, etc., etc. Voy. : la Grande Encyclopédie (t. XXIV, p. i\45, à l’article Nivellement); Pence, Morphologie der Erdoberflàche (1894) détails donnés t. I, p. 11 à 16; Ch. Lallemand, Sur l’unification des altitudes européennes, Conférence de Berlin en 1890 (Rapport de 1891, p. 181); Tour du Monde, 3 octobre igo3 (Supplément A travers le inonde, p. 316), sur la correction de 3 mètres à apporter au niveau de la Pierre à Niton (lac de Genève) et par conséquent de tout le nivellement de la Suisse.
- Nouveaux résultats des fouilles de Délos. — Les
- découvertes faites à Délos, grâce aux subventions de M. le duc de Loubat et dont M. Holleaux, directeur de l’Ecole d’Athènes, vient de présenter un résumé à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, ont été particulièrement importantes cette année. On a déblayé le grand portique du nord, vraisemblablement édifié par le roi de Macédoine Anligone Gonatas, ainsi que semble l’attester une inscription de l’architrave ; découvert à
- proximité un tombeau mycénien et des débris nombreux de vases, dégagé deux îlots nouveaux du quartier du théâtre, construit deux siècles avant notre ère; recueilli quelques statues, notamment celle de la nuise Polymnie, et cinq lions colossaux de marbre de Naxos, remontant au vme et au vi® siècles. Enfin l’histoire des religions s’est enrichie d’une stèle précieuse où sont énumérés tous les sacerdoces de Délos à l’époque de la seconde domination athénienne.
- Inventaire et carte des enceintes préhistoriques de France. — La Nature a signalé naguère le travail commencé par MM. le Dr Guebhard et Paul Goby, pour dresser un inventaire des Castelars (enceintes préhistoriques) du département du Yar. La Commission d’études des enceintes préhistoriques, créée par la Société préhistorique de France, entreprend, sous la présidence de M. Guebhard, d’étendre ce travail à toute la France, c’est-à-dire de dresser, pour la France entière, l’inventaire et la carte des enceintes préhistoriques. Un questionnaire a été élaboré, que I on peut se procurer en écrivant à M. Guebhard, 4, rue de l’Abbé-de-l’Epée, à Paris, et que les personnes compétentes pourront remplir. Chacune des communications ainsi faite, si du moins elle apporte quelque chose d’inédit, sera signalée dans le bulletin de la Société préhistorique. Nous souhaitons que cette méthode permette à la Commission de mener à bien son œuvre et de donner prochainement un complément au premier relevé sommaire que M. A. de Mortillet a publié, cette année même, des camps et enceintes de F1rance.
- Essais d’un cuirassé. — Le cuirassé 1m Patrie a effectué dernièrement à Toulon des essais remarquables, d’abord avec les trois quarts des chaudières et ensuite avec la totalité des chaudières. La durée des premiers essais a été de 3 heures, la puissance a atteint 17 900 chevaux et la vitesse a été de 19 nœuds. Dans les deuxièmes expériences, qui ont duré 10 heures, la puissance a été également de 17 900 chevaux et la vitesse de 19,1 nœuds. Mais on a pu pousser facilement les chaudières Niclausse, grâce à leur élasticité, et la puissance est montée jusqu’à 19200 chevaux, donnant une vitesse de 19.4 nœuds.
- Mise en chantier de six contre-torpilleurs. — M. le ministre de la Marine a signé récemment des marchés pour la construction de six contre-torpilleurs qui, sous la désignation de M 55 à M 60, ont reçu les noms de Hussard, Voltigeur, Chasseur, Tirailleur, Carabinier et Spahi. Ces contre-torpilleurs seront construits par des chantiers de l’industrie privée. Leur déplacement sera-
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- INFORMATIONS
- de 4oo tonneaux; les uns seront à machines à turbines, d’autres à moteurs mixtes. Ou compte que le prix de revient de chaque contre-torpilleur atteindra presque
- 2 millions.
- Le ballon Milano. — Le II novembre dernier, à
- 3 heures de l’après-midi, deux aéronautes, MM. Usuelli et Crespi, montés dans le ballon Milano, sont partis de Milan, ont effectué un voyage de :>.5o kilomètres de longueur, en s’élevant à 6000 mètres pour franchir le Mont-Blanc, et sont venus atterrir à Aix-les-Bains. Dans leur voyage, la température la plus basse a été de — 22° C.
- Musée national d’art de la Renaissance à Azay-le-Rideau. — A la suite d’un rapport de M. Dujardin-Beaumetz, sous-secrétaire d’Etat des Beaùx-Arts, lé ministre de l’Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes a arrêté qu’un musée national de l’art de la Renaissance, relevant du service des monuments historiques, sera créé dans le château d’Azay-le-Rideau (Indre-et-Loire). Une Commission a immédiatement été instituée pour étudier les mesures relatives à l’organisation d’un musée. Avec ceux de Chinon, de Langeais, du Coudray Montpensier, d’Ussé, de Villandry, de Champigny-sur-Veude, le château d’Azay-le-Rideau est une des merveilles de cet arrondissement de Chinon et de ce pays de Touraine qui en comptent tant. Construit par le financier Gilles Berthelot, parent du grand financier Jacques de Beaune, il fut commencé eni5i8 sur l’emplacement d’un château détruit au xv° siècle, sur les plans d’un architecte inconnu et sous la direction de Philippe Lesbahy. L’oeuvre fut achevée d’un seul jet de x 518 à 1529. Ajoutons qu’en devenant un musée d’art, le château d’Azay revient à une destinée qu(il a déjà connue. Il abritait naguère, en effet, une abondante collection de tableaux, portraits historiques principalement, qui a été malheureusement dispersée.
- Lazarets contre la maladie du sommeil au Congo.
- — Par une circulaire du vice-gouverneur général de l’Etat indépendant du Congo, en date du 24 août 1906, il a été décidé d’établir, outre le lazaret actuellement en construction à Léopoldville, d’autres établissements analogues à Nouvelle-Anvers, à Stanleyville et à Lusambo. Iis seront installés à 600 mètres au moins de toute habitation, étable ou écurie, et dans un endroit dépourvu de tsé-tsé. Tout noir atteint de trypanosomiase constatée sera désormais dirigé sur le lazaret le plus proche. Jamais les malades ne pourront se rendre dans les territoires non encore infectés.
- Les forêts de Birmanie. — D’après des documents envoyés à l’Inspection générale de l’agriculture coloniale (ministère des colonies), la situation forestière bi rmane est en progrès continu et en 1904-1905 le revenu net a été supérieur de 2 400 000 roupies (5 700 000 francs) à celui de l’année précédente. On s’occupe activement d’empêcher la coupe des forêts en montagne et leur déboisement par le feu trop souvent pratiqué pour créer des cultures de riz, et même de reboiser de larges zones desséchées, ainsi que d’ouvrir des routes d’exploitation. Le gouvernement a aussi fait venir de Londres un spécialiste pour installer une fabrique de papier de pulpe de bois.
- Le déboisement au Sahel. — Nous voyons signalés, d’après le D1 Decorse, dans le bulletin du Jardin colonial, les progrès inquiétants du déboisement dans la région du Sahel. Le fléau a une double origine : i° la dénudation à l’entour immédiat des villages indigènes ; — 20 la coupe réglée et méthodique de la brousse, partout les pasteurs nomades mènent leurs troupeaux. De nombreux puits abandonnés, des vestiges de villages disparus, auprès de mares séchées, et le dépeuplement des localités témoignent d’une façon lamentable de l’assèchement progressif du Sahel, dont ces imprudences sont la cause manifeste. Il en résulte un reflux progressif et très marqué des habitants sédentaires, qu’il semble malheureusement presque impossible de combattre.
- Le coton dans l’Inde et le Japon. — Dans une note sur l’industrie cotonnière de Bombay, envoyée au ministère des Colonies, M. Barret, consul de France dans cette ville, attire l’attention sur l’intérêt et le danger de la concurrence faite par le commerce cotonnier japonais au même commerce hindou. Ce sont
- surtout, à vrai dire, des craintes d’avenir que l’on est. en droit d’éprouver, puisque, comme partout ailleurs, la dernière campagne (1904-1905) a été excellente pour le coton dans l’Inde, où la récolte s’est élevée à 6 262 621 quintaux, et notamment à Bombay où 81 usines,, représentant plus de 28 000 métiers et de 2 56o 000 broches ont fourni à l’exportation vers la Chine 190000 balles de plus que pendant l’exercice précédent. Toutefois, le développement de l’industrie cotonnière japonaise suivant de son côté ùue marche encore plus rapide, les appréhensions ne laissent pas que d’être justifiées. Ainsi le Japon envahit littéralement le marché chinois aux dépens des produits hindous ; tandis qu’en 1895 l’exportation nippone de produits filés n’allait qu’à 2 5oo 000 francs, elle a atteint eu 1904-1905 75 millions. D’autre part le Japon a été longtemps un des gros clients de l’Inde pour le coton et encore en 1905-1906, il a reçu jusqu’à 1 115 000 quintaux de cotons hindous, soit plus du quart de l’exportation totale, ou environ 85 millions de francs; mais, comme on peut prévoir que d’ici peu la Corée pourra fournir à elle seule 200 millions, l’Inde risque de voir, de ce fait seul, le débouché nippon lui être tout à coup absolument supprimé.
- Le commerce des céréales en 1906 et en 1905.—
- La direction générale des douanes donne le résumé des importations de céréales en grains pendant les neuf premiers mois de l’année, du ior janvier au >0 septembre. Nous reproduisons ces chiffres d’après le Journal de l’agriculture qui donne eu regard les chiffres de iyo5 à la même époque. Ces chiffres indiquent des quintaux.
- Neuf premiers mois. Stock à fin septembre dans les entrepôts.
- 190G 190a 1906 I ()OD
- Froment . 1 q55 01 2 1 3q6 127 545 00*4 449 49:>
- Avoine. . 3 197 153 2 j 00 491 56 698 32 421
- Orge. . . 439 227 774713 27 066 34 3.12
- Seigle . . 2 9I5 3 458 64 64
- Maïs. . . 2 227 5oo 2 154 381 33-4 o85 1.43 IOI
- Le chemin de fer des Karawanken. — Le 3o septembre a été inaugurée la nouvelle voie ferrée qui, entre la Carniole et la Carinthie sous la chaîne calcaire des Karawanken, raccourcit de beaucoup la distance de Trieste à Vienne. Elle comprend le grand tunnel des Karawan-ken, entre Klagenfurt et Laibach, long de 7972 m., commencé en 1901 et dont le percement a été des plus difficiles; de terribles obstacles surgirent du côté Nord sous forme de considérables venues d’eau; du côté du Sud, l’affaissement de la montagne, des intempéries, enfin une désastreuse explosion qui tua plusieurs hommes, causèrent de considérables retards. Nous décrirons prochainement, d’ailleurs, la vaste et récente extension du réseau des chemins de fer des Alpes autrichiennes.
- La comète Finlay. — Cette comète périodique, découverte pour la prèmière fois au Cap de Bonne Espérance, le 26 septembre 1886, par M. Finlay, a une révolution de 6,56 ans. Son retour était attendu pour cette aimée. Elle fut retrouvée le 16 juillet dernier, à l’observatoiée de Kënigstuhl-Heidelberg, par M. Kopff, au moyen de la photographie, très près de la position calculée par M. Schulhof. Elle apparaissait, au moment de sa redécouverte, comme une nébulosité circulaire, à bords diffus, avec une faible condensation centrale de l’éclat d’Uüe étoile de la douzième grandeur. Les 21 et 2 2 août, elle avait un éclat total de septième grandeur, d’après une observation faite par M. Quénisset, à l’observatoire de Juvisy, Elle était ronde, assez brillante, ayant 6'. à 8' de diamètre. On distinguait un prolongement de-la chevelure, en forme de queue. Le 25 septembre, sou éclat était encore de huitième grandeur environ; mais il diminue rapidement et, à la lin de novembre, la comète cessera d’être visible dans les instruments de moyenne puissance. M. Schulhof a donné, dans les Astronomische nachrichte.il, n° 4106, les éléments de l’orbite de cette comète, éléments basés sur les observations des deux apparitions de 1886 et i8q3 et corrigés des perturbations planétaires jusqu’à la présente année. En 1899 et 1900, la comète, trop voisine du soleil, n’a pu être observée. Le passage au périhélie a eu lieu le 7 septembre au lieu du 8, daté calculée, l’avance étant due à l’action de Jupiter, près duquel la planète est passée dans sa route céleste.
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- JJppareils divers
- Amortisseur à glycérine. — On emploie, depuis quelque temps, eu automobilisme, différents systèmes d’amortisseurs basés sur différents principes : amortisseurs pneumatiques, amortisseurs métalliques, amortisseurs à ressort, etc. Voici un autre genre d’amortisseur qui s’adapte aussi bieix aux véhicules à traction animale qu’à ceux à traction mécanique, c’est un appareil à glycérine. Il se compose d’un carter en forme de secteur dans lequel se meut une palette munie d’une soupape et percée de trous. Le carter renferme un mélange de glycérine et d’eau, mélange effectué dans une proportion déterminée par l’expérience et non sensible à la gelée. La palette est prolongée par un arbre qui reçoit un levier réglable muni d’un joint à rotule; une butée à bille, réglable extérieurement, maintient l’écartement de la palette et une garniture absolument étanche empêche toute fuite de liquide. L’amortisseur peut être posé de différentes manières : intérieurement au châssis, sur l’essieu, sur les ressorts et au-dessous des ressorts, suivant les modèles de châssis. La pose peut se faire en quelques heures par un mécanicien ordinaire.
- Etudions maintenant le fonctionnement de l’appareil.
- A charge normale, la palette se trouve dans le milieu du carter et sépare celui-ci en deux chambres entiè-
- Amortisscur à glycérine
- rement remplies de liquide. Lorsqu’un choc survient, le ressort faiblit et tend à faire varier la position de la palette par l’intermédiaire du levier à rotule; le liquide, qui se trouve comprimé, cherche à passer dans le compartiment voisin par la soupape qui se trouve sur la palette; ce liquide ne rencontre donc aucune résistance empêchant la flexibilité des ressorts. Au moment de la réaction qui tend à lancer en l’air la voiture et surtout son contenu, le ressort, se détendant, agit en sens inverse sur le levier de la palette et tend à faire repasser dans le premier compartiment le liquide qui en a été chassé ; mais la soupape se ferme et la'glycérine n’a plus, pour y pénétrer, que quelques trous où elle se lamine lentement, absorbant la réaction du ressort.
- Les trous, la densité du mélange et une conduite faisant communiquer les deux chambres et qui est plus ou moins obturée par un pointeau, constituent les réglages intérieurs effectués à l’usine une fois pour toutes, suivant le poids des véhicules et que l’on peut cependant modifier pour augmenter ou diminuer l’amortissement. Cependant, il est préférable d’agir uniquement sur le levier qu’il est facile d’allonger ou de raccourcir instantanément. — L’amortisseur à glycérine Y Universel est construit par MM. Dutrieux et Cie, à Le Quesnoy (Nord).
- Diviseur d’angles. — L’appareil, pouvant rendre des services dans une foule de circonstances et un peu dans tous les métiers, nous semble aussi ingénieux que pratique: Il faut naturellement qu’il puisse s’insérer dans n’importe quel angle, et, dans ce but, ses deux côtés sont articulés comme à charnière. Ainsi qu’on peut s’en rendre compte en examinant la figure que nous en donnons, au fur et à mesure que l’angle s’ouvi'e, que les deux côtés s’éloignent, une pièce composée de deux bras articulés en sens inverse se déplace par son angle, et par le pivot qui y est disposé, dans une glissière qui se trouve forcément former la bissectrice de l’angle, grâce
- deux jeux de ciseaux. D’ailleurs, le pivot des petits ciseaux intérieurs est muni d’une vis moletée, qui permet d’immobiliser l’appareil dans une position quelconque. Aussi bien, une graduation donne toujours le moyen de constater l’ouverture de l’angle en degrés. On comprend
- Diviseur d’angles.
- qu’il est aisé, avec un appareil de ce genre, de préparer une moulure pour l’angle le plus irrégulier. Il est tout en métal, tel que le montre la figure dans l’angle formé par deux lames de bois; il est léger et de maniement facile. II peut du reste rendre les services d’un T, avec la possibilité de tracer une ligne oblique faisant un angle déterminé par rapport à la ligne du bord du pied de l’équerre. — En vente à la maison Markt, 107, avenue Parmentier, Paris.
- Epurateur pour phares à acétylène. — On sait que l’épuration chimique est nécessaire pour les becs à acétylène ; autrement ils s’encrassent rapidement, s’obstruent, fument et sont rapidement mis hors.d’usage. Le petit épurateur que représente la figure ci-jointe est destiné aux générateurs d’acétylène pour phares d’automobiles.
- Il est formé par un cylindre de faibles dimensions, présentant deux raccords, l’un à la partie supérieure et l’autre à la partie inférieure. Il se charge avec l’hératol, produit très perméable au gaz et ayant un pouvoir absorbant considérable, qui a déjà donné des résultats remarquables. L’hératol de couleur jaune prend, en s’épuisant, une teinte verdâtre accentuée, que l’on constate facilement au moyen d’un regard vitré fixé sur l’épurateur. Le chauffeur, dès qu’il s’en aperçoit, n’a qu’à ouvrir l’épurateur, à jeter la matière épuisée et la remplacer par de la matière fraîche.
- ; ' L épurateur se trouve à la Société des applications de l’acétylène, 26, rue Cadet, Paris.
- Épurateur d’acétylène pour phares d’automobiles.
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- Nouveau bilboquet. — Le légendaire bilboquet à boule de bois n est pas encore sur le point d’être détrôné, mais on peut cependant lui donner des frères, qui ne lui ressemblent pas tout à fait, et exercent aussi l’adresse des joueurs. M. Vignes a combiné dans ce but le petit appareil représenté ci-dessous. A l’extrémité d’une tige
- Nouveau bilboquet.
- de bois, il a monté un godet en métal pouvant recevoir une petite balle; sur cette tige, il en a monté une seconde, articulée à charnière, et soulevée par une lame de ressort de manière à former un certain angle avec la première. Elle porte également un petit godet semblable au premier. Le jeu consiste à abaisser, avec le pouce, la seconde tige sur laquelle on a placé la balle, à lâcher brusquement de façon que celle-ci soit projetée en l’air et à la rattraper dans le godet fixé à l’extrémité de l’autre tige. Cela paraît très simple, mais cela ûécessite
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- du ressort, que l’on abaisse plus ou moins avec le pouce, n’est pas toujours la même, et qu’ensuite cette manœuvre produit une petite secousse de l’appareil ; il faut donc, pendant que la balle est en l’air, avoir le coup d’œil assez juste pour effectuer le déplacement nécessaire de la main pour que le godet puisse recevoir la balle. — Le nouveau bilboquet se trouve chez M. Vignes, xSa, faubourg Saint-Martin, à Paris.
- Lance-balle « l’Aiglon ». — Les jeux de balle qui sont très nombreux emploient différents moyens pour projeter la balle : la paume de la main, la raquette, le tambourin. Tous nécessitent une grande habitude, beaucoup d’entraînement, pour que la balle ait juste la force nécessaire pour aller au but cherché. M. Sertet a imaginé un instrument qui permet de lancer automatiquement la balle avec une force constante, qu’on peut faire varier cependant dans des limites connues. Pour cela il a disposé un ressort à boudin dans un tube qui est fendu sur une partie de sa longueur et porte vers le haut, au regard de cette fente, un anneau sur lequel on pose la balle. On comprime le ressort en tirant sur une poignée et, lorsqu’on lâche celui-ci brusquement, un taquet, lixé à l’extrémité du ressort et passant par la fente, vient frapper la balle et la lance plus ou moins loin, suivant qu’on aura comprimé le ressort plus ou moins fort. C’est là qu’est le talent du joueur qui doit calculer la quantité de laquelle il devra tirer la poignée Lance-b.illo Pour que sa balle puisse atteindre
- « L’Aiglon ». Ie but; la force du ressort étant constante pour une compression donnée on peut arriver rapidement à une grande précision. Le but à atteindre est un partenaire, muni d’un instrument semblable, et qui doit rattraper la balle dans un filet fixé à l’extrémité du tube. Celui-ci doit déployer aussi son adresse pour ne pas manquer la balle et il la relance ensuite à son partenaire. Ceux qui sont devenus très habiles lancent chacun leur balle au même moment, elles se croisent en l’air et doivent être reçues par chaque joueur en même temps. — Ce jouet se trouve chez M. Sertet, 8, rue de la Cour-des-Noues, Paris.
- Le nuisculateur. — Depuis plusieurs années on a recommandé les exercices qui consistent à exercer des tractions sur des caoutchoucs munis de poignées et fixés à un mur; on fait différents modèles de ces appareils qui, sous différents noms, sont aujourd’hui très répandus.
- Le musculateur poursuit le même but, mais par des voies différentes. Il se compose d’une série de tubes
- Le rnuscula'eur.
- rentrant les uns dans les autres et constituant une sorte de pompe analogue aux pompes à bicyclette; une poignée est fixée à chaque extrémité. Les tubes sont hermétiquement clos, mais un pointeau à vis placé à l’un des bouts permet de laisser passer, si l’on veut, plus ou moins d’air. Si le pointeau est complètement: fermé on éprouve une très grande résistance soit pour, ouvrir,
- plus ou moins le pointeau, on obtiendra un réglage gradué qui diminuera plus ou moins la résistance. Les exercices de traction, et ceux de compression, opérés dans des positions différentes du corps concourrent également à développer les muscles et on peut varier les exercices ainsi que l’indique un tableau joint à l’appareil. Il est facilement transportable et peut être employé n’importe où puisqu’il n’a pas besoin d’être fixé au mur pour être utilisé. — Le musculateur se trouve chez M. Pelletier-Monier, n, rue Le Peletier, à Paris.
- La course aux rubans. — Ce jouet comporte quatre petites poupées qui portent une lance à la main ; elles doivent détacher, d’un portique où ils sont suspendus, des rubans munis d’anneaux dans lesquels doit passer la lance. Chaque poupée est mue par une manivelle placée à l’un des angles du socle de l’appareil et manœu-vrée par l’un des joueurs. Le mécanisme se compose de quatre petits chariots, placés sous le socle, sur lesquels sont montées les poupées, de telle sorte qu’à un moment
- La course aux rubans.
- donné elles peuvent pivoter et diriger leur lance vers un point quelconque ; cela n’a lieu que quand on tourne la manivelle en sens inverse de celui qui fait avancer la poupée en ligne droite. C’est donc au joueur de choisir le moment précis de la course où, en se retournant, la poupée viendra enfiler sa lance dans un anneau. On ne réussira pas du premier coup et il faut un peu d’observation et d’adresse pour trouver le moment opportun où on doit changer le sens du mouvement de la manivelle. C’est le joueur qui a récolté le plus de rubans dans le moins grand nombre de voyages, qui est le gagnant de. la partie. —- Ce jouet se trouve chez M. Mausion, 87, rue d’Alésia, à Paris.
- L’écureuil. — Dans ce petit jouet l’inventëur, M. Nognier, est arrivé à reproduire, par des moyens très simples, le mouvement vrai de l’animal, lorsqu’il fait tourner la roue-cage dans laquelle il est enfermé. Pour cela il utilise un mouvement d’horlogerie rudimeti-taire, enfermé dans la cabane, et destiné à donner à la roue-cage son mouvement de rotation; l’écureuil est
- L’écureuil.
- monté sur une tige qui traverse la roue suivant son axe ; il est maintenu dans sa position par un ressort qui lui permet un petit déplacement ; ses pattes sont assez longues pour venir toucher quelques barreaux de la cage qui ne sont pas tout à fait à l’alignement des autres ; il y a échappement lorsque la tension du ressort est suffisante ; elles viennent alors rencontrer le barreau suivant, et un nouveau bond de l’animal se produit. L’illusion est tout à fait complète et on croirait que c’est bien l’animal
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- Les intoxications lentes par l’oxyde de carbone.
- — L’oxyde de carbone est le plus dangereux et le plus toxique de tous les gaz. J’ai indiqué, il n’y a pas longtemps (Voy. La Nature, p. 178, 18 février 1905) dans quelles conditions se produisaient l’asphyxie et la mort dans les empoisonnements accidentels ou voulus. La dose capable de troubler les conditions vitales est minime. Il suffit d’une proportion de 0,02 pour 100, d’oxyde de carbone pour rendre l'atmosphère toxique. Le gaz d’éclairage contient environ 6 pour 100 de ce gaz délétère; on comprend combien rapide devient l’asphyxie quand le hasard fait oublier la fermeture du bec dans l’appartement.
- Les faits d asphyxie mortelle ne sont, hélas ! pas rares, en 11e tenant pas compte des accidents volontaires, mais ce que l’on connaît moins et ce qui échappe souvent aux victimes elles-mêmes, c’est l’intoxication chronique, lente, à petites doses. Celle-ci peut, par les troubles variés qu’elle engendre, dépister la sagacité du médecin. Qu’il s agisse de poêles fixes ou mobiles, qu’il s’agisse de ealorilères en mauvais état, d’une tuyauterie de cheminée disposée anormalement ; que l’on ait subi les émanations faibles du gaz d’éclairage le résultat est le même. L’absorption répétée et souvent continue de doses infinitésimales d’oxyde de carbone produit, plus ou moins vite, suivant la résistance des sujets, au bout de quelques semaines ou de quelques mois, une véritable accumulation de gaz dans le sang. Habitué à vivre dans les conditions où se produit l’intoxication, le malade ne s’en doute pas ; il continue à respirer cette atmosphère toxique sans se douter des conditions nocives au milieu desquelles il évolue. Il s’est plaint à son médecin de maux de tête, de nausées pas-sagères ; comme il est arthritique, sujet à la constipation, on le croit migraineux et on le traite comme tel. Chez un autre les malaises se traduisent par des troubles visuels, des bourdonnements d’oreilles et l’on cherche à côté sans penser à la vraie origine de tous ces accidents. Ce sera un hasard qui mettra le malade ou le médecin sur la piste de cet empoisonnement. En entrant dans la chambre où vit le malade, on percevra l’odeur si caractéristique de l’oxyde de carbone, du charbon, comme 011 dit vulgairement et l’on cherchera alors d’où provient cette odeur bizarre, fuite de gaz ou cheminée, poêle à ventilation imparfaite.
- Ces intoxications lentes, sur lesquelles le Dr llirlz a récemment appelé l’attention, sont plus fréquentes qu’on ne l’imagine. Il faut, il est vrai, tenir compte de la susceptibilité spéciale des sujets; un explorateur bien connu éprouve de véritables malaises quand il est obligé de travailler longtemps dans une pièce éclairée au gaz. Les nerveux, les névropathes, les surmenés et d’autres
- encore en parfait état de santé, peuvent être plus éprouvés par l’absorption d’une dose très minime de gaz. Les etlets seront différents suivant, comme je le disais, la résistance, mais tout être humain subira, dans les mêmes conditions, un certain degré d’empoisonnement.
- Les premières manifestations ne sont plus du tout celles de l’empoisonnement à hautes doses; au début, dans les premiers temps, l’intoxication est caractérisée surtout par des signes d’anémie. Vous n’avez qu’à observer un certain nombre de repasseuses, de cuisinières travaillant avec de petits fourneaux chargés de braise et de charbon de bois : toutes pâles, avec un teint cireux, souventdes névralgies vagues, des malaises mal déterminés. Si le séjour auprès du foyer délétère ne dure que quelques instants, les malaises sont passagers, ils se dissipent dès l’arrivée au grand air. Mais, à la longue, la viciation du sang se produit, les globules ne fonctionnent plus et l’on voit survenir des accidents plus graves.
- Songez donc à surveiller vos poêles roulants, pour éviter de véritables empoisonnements, mais aussi pour empêcher des intoxications qui, pour n’êtrc pas mortelles, peuvent altérer profondément la santé. Surveillez vos becs de gaz, 11’oubliez pas, cela est de première nécessité, de fermer votre compteur la nuit, mais regardez avec soin les clefs du bec de gaz, les tuyaux de caoutchouc qui. le conduisent au fourneau ; c’est par un joint mal serré, par un tuyau altéré, crevé en partie, ou mal ajusté que se font des fuites, insignifiantes pour provoquer une explosion, mais capables de vous altérer la santé pour de longs mois.
- Pansement au perborate de soude. — L’eau oxygénée est un agent de désinfection de premier ordre, et on l’emploie aujourd’hui de cent manières différentes avec le plus grand avantage. Mais son transport est difficile et, le flacon une fois débouché, l’eau oxygénée perd rapidement la plus grande partie de son gaz.
- Pourobvierà ces divers inconvénients, le Dr Genevrier a eu recours, pour les pansements de ses blessés, au perborate de soude qui se décompose lentement et agit à la manière de l’eau oxygénée. En le pulvérisant en poudre impalpable, on a un agent de pansement sec des plus commodes et des plus simples, ajoutons des moins coûteux, ce sel ne revenant pas à plus de 16 francs le kilogramme.
- C’est un désinfectant et un antiseptique qui n’est ni douloureux, ni toxique, et favorise la cicatrisation des plaies les plus délicates, comme celle des muqueuses. On l’étale en couches minces sur les plaies et on trouve, après quelques jours, sous une croûte à peine adhérente, les tissus en parfait état de réparation. Dr A. C.
- VARIETES
- La pêche en Islande. —La Revue maritime publie, dans un de ses récents numéros, des renseignements sur les diverses pêches pratiquées en Islande. On peut les distinguer en trois groupes : de haute mer, du voisinage des côtes, des lacs et cours d’eau. La pêche de haute mer pratiquée depuis 5oo ans, mais uniquement par des étrangers jusqu’au xix° siècle ne s’est réellement développée en Islande que depuis une quinzaine d’années, au moment où les pêcheurs et les armateurs du pays, généralement peu fortunés, ont pu racheter à bas prix le matériel démodé de la marine anglaise. En 1902, il y avait 164 bateaux employés à cette pêche et montés par 2060 hommes. Ces bateaux de construction danoise, norvégienne et anglaise, très rarement indigène, sont presque exclusivement à voiles. Les trois quarts d’entre eux sont affectés à la pêche de la morue, une trentaine à celle des veaux marins, et une quinzaine seulement à celle du hareng. La première a lieu de mars-avril à fin septembre, en une ou deux campagnes, et surtout dans la région occidentale des eaux islandaises, entre Portland et Melrakhasljetta, dans une zone qui ne s’étend pas au delà d’ùne vingtaine de kilomètres de la côte; elle se pratique avec des lignes à la main, et des harengs
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- d’ailleurs en pleine décadence, par suite de la baisse du prix de l’huile; celle du hareng qui se fait en juillet est au contraire à son début et possède un bel avenir. En 1902, la pêche à la morue avait donné 2581 milliers de grandes morues et 2286 milliers de petites, en même temps qu’on avait recueilli i5oo milliers d’autres poissons et 6472 tonnes de foies de veaux marins et 833 tonnes de foies de morues.
- La pêche côtière, immémoriale, emploie de petits bateaux non pontés, montés de 2 ou 4 rameurs et qui ne s’éloignent guère à plus d’une ou deux lieues des côtes. Elle se pratique à peu près sur toute la côte, sauf en quelques parages particulièrement inhospitaliers, et, en gros, de février à novembre. C’est la morue et le hareng qui forment la part la plus importante des prises ; en 1902, les chiffres atteints s’élèvent à 3332 milliers de grandes morues, et 5165 milliers de petites, les autres poissons (sauf le hareng) à 4665 milliers, le hareng à 37821 tonnes, les foies de morues à 3456 tonnes, les foies de veaux marins à 675 tonnes, les autres foies divers à 388 tonnes. La pêche côtière est donc nettement plus importante que la pêche au large; toutefois, elle présente une régularité très grande suivant les années,
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- plus constants. Pour 1902, l’exportation des produits de la pêche maritime, côtière et hauturière, a rapporté un total de 5 i83 2a2 couronnes, soit, en estimant la couronne à environ 1,39 t’r., un peu plus de 7000000 de francs. La pêche intérieure n’est pas brillante; elle se réduit au saumon qui décline et à la truite qui se maintient faiblement. En 1902, il y a eu 7943 saumons capturés, qui ont donné à l’exportation une valeur de 24ooofr., tandis que les truites, dont 390 000 ont été capturées durant le même laps de temps, rapportaient seulement environ Soooo fr.
- il y aurait lieu d’ajouter à ce qui précède la pêche des cétacés, phoques, etc., dans les mers qui entourent l’Islande. Les indigènes n’y prennent qu’une part restreinte. En 1904, le nombre des vapeurs petits mais rapides qui s’y consacraient, frétés par des armateurs étrangers mais montés par des harponneurs islandais, était de 11; ils ont capturé 4^4 baleines représentant une valeur d’exportation de près de 2 millions de francs, dont 1 65o 000 pour l’huile seule. Uné part seulement de cet argent revient, comme de juste, aux Islandais ; 011 peut l’estimer à 140000 francs. En totalisant les chiffres ci-dessus, on arriverait, pour le produit total des différentes pèches pratiquées en Islande, au chiffre approximatif de 7300000 francs.
- La valeur alimentaire des fromages. — Les fromages comptent, chacun le sait, au nombre des aliments les plus nourrissants. Mais il y a entre leurs différentes sortes des écarts assez grands à ce point de vue. MM. Lin-det, Ammann et Brugière viennent de publier sur la question des chiffres précis qu’il est bon de connaître.
- D’après ces chimistes, voici, au point de vue des calories (pour 100 grammes de fromage), et, par suite de leur valeur alimentaire, l’ordre décroissant des fromages les plus connus : Chester (453), Marolles (423), Gruyère (412), Parmesan (392), Demi-sel (38g), Roquefort (386), Cantal (385), Petit-Suisse (378), Gorgonzola (377), Port-Salut (349), Munster (3ia), Pont-Lévêque (311), Hollande (3og), Coulommiers double crème (3o6), Bondon (3o6), Brie (3oo), Camembert (296), Reblochon (292), Coulommiers ordinaire (290), Livarot (269), Fromage de Troyes (262), Mont-Dore (216), Romatour (209), Fromage de chèvre (171). Ces différences entre le nombre des calories qu’ils peuvent dégager proviennent naturellement des différences que présentent les fromages au point de vue chimique. Voici, en effet, la composition (pour 100) de quelques fromages à pâtes molles, les chiffres entre parenthèses sont successivement ceux de l’eau, des matières grasses et des matières azotées totales : Fromage de chèvre (64, 9, 17), Romatour (60, 11, 19), Fromage de Troyes (58, 18, 14), Mont-Dore (58, 9, a5), Coulommiers double crème (57, 27, 13), Petit-Suisse (54, 35, 7), Bon-don (54, 23, 16), Camembert (53, 22, 17), Brie (53, 20, 19), Coulommiers ordinaire (53, 21, 16), Munster (5a, 24, i5), Livarot (5-a, i5, 25), Pont-l’Evêque (5i, 23, 17), Demi-sel (4g, 34, 11). Yoici les mêmes chiffres pour les frômages à pâtes sèches : Hollande (42, 20, 23), Gorgonzola (41, 29, 19), Cantal (40, 29, 20), Marolles (40, 33, 20), Port-Salut (38, 24, 24), Roquefort (36, 29, 20), Gruyère (35, 28, 28), Parmesan (34), Chester (3i, 3a, 3o). La fabrication a une grande influence sur le rapport entre les quantités de matières grasses et de matières azotées.
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en octobre 1906, par M. Th. Moureaux
- Pour la première fois depuis 33 ans, la température moyenne d’octobre atteint 13°, soit un excès de 3°,2 sur la normale. Le thermomètre s’est élevé jusqu’à 25°,4 le 11 et à 23°, 1 le 22; nos registres ne portent aucune température semblable à des dates aussi tardives, et le maximum absolu n’a été dépassé que. deux fois, en 1886 et 1900. La variation diurne, de 8°,5 en moyenne, monte à 90,3, avec un maximum de i5°,6 le i°‘.
- La moyenne barométrique est au-dessous de la normale, ainsi que l’écart entre les extrêmes.
- Le total de la pluie est également inférieur à la quantité relevée habituellement en octobre, mois en général le plus pluvieux de l’année; il en est tombé i4mm,6 le 5 et 15“*m,7 le 24.
- Malgré un excès de chaleur persistant, les dernières hirondelles sont parties dès le 12; l’année dernière, au contraire, par une température exceptionnellement basse, avec 9 jours de gelée à glace et 16 gelées blanches, leur départ avait été extrêmement tardif, un certain nombre étant restées jusqu’à la fin du mois.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 756mm, 19 ; minimum absolu, 74omm,o le 3o à i7h4o“; maximum absolu, 765““,8 le 2 5 à 21 heures; écart extrême, 25mm,8.
- Température. — Sous l’abri : moyenne des minima, 8°,80 ; des maxima, 180, i3 ; du mois, i3°,46 ; des 24 heures, i2°,98; minimum absolu, 2°,g le 28; maximum absolu, 25°,4 le 11 ; amplitude diurne : moyenne, 9°,33; maximum, x50,6 le ier; minimum. 3°,7 le 23. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, 5°,97 ; des maxima, 27°,52; minimum absolu, —i°,i les i5 et 28; maximum absolu, 87°,o le 6. — Dans le sol gazonné, moyenne du mois. Profondeur om,3o : à 9 heures, i3°,28; à 21 heures, i3°.,4i. Profondeur om,65 : à 9 heures, 13°,85 ; à 2i heures, I3A80. Profondeur 1 mètre : à 9 heures, i4°,o8; à 21 heures, i4°,o6. De la Marne : moyenne le matin, i4°,33; le soir, i4°,78; minimum, i2°,5o le 3i ; maximum, i6°,i6 le 11.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 9mm,32; minimum, 5mm,6 le 28 à 14 heures; maximum, i4mm,i le 4 à 22 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 84,0; minimum, 39 le 11 à i3 heures et à 14 heures ; maximum, 100 en 13 jours.
- ---atT.. X.l-ï_.tr l J. ...... \_
- moyenne diurne la plus faible, 0,0 le 7; ciel complètement couvert les 19, 24 et 25.
- Insolation : durée possible, 333 heures ; durée effective, i4i\8 en 26 jours; rapport 0,43.
- Pluie : Total du mois, 47mm,6 en 36\5.
- Nombre de jours : de pluie, i4; de pluie inappréciable, 2; de gelée blanche, 2; de rosée, 16; de brouillard, 3; d’orage, 1, le 5 ; de halos, 8; de brume, 2.
- Fréquence des vents : calmes, l7-
- N 87 S. E . . . 42 W . . . . 12
- N. N. E. . 34 S. S. E. . 91 W. N. W. 10
- N. E . . . 28 S. . . . 187 N. W . . 22
- E. N. E. . 6 •S. s. w.. i5g N. N. W . i3
- E 1 2 s. w. . . 89
- E. S.E . . J7 ' w. s. w. 18
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 3m,4; moyenne diurne la plus grande, 6m,7 le 25; la plus faible, im,6 lp Ie'; vitesse maximum en i5 minutes, i3ra,3 le 2, de 21 heures à 2ihi5ra par veut S. S. W.
- Electricité atmosphérique : moyenne des 24 heures (i5 jours), 88 volts; moyenne diurne la plus grande, 149 volts le 28; la plus faible, 47 volts le 20; amplitude diurne, 0,60; amplitude nocturne, 1,01.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, im,8i; minimum, im,65 le 8 ; maximum, 2m,n le 27.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, — omm,72; température, —)— 3°, 17; tension de la vapeur, + imm,49 ; humidité relative, —1,2; nébulosité, -j- 0,27; pluie, — i3mm,o.
- Taches solaires : l’activité solaire a subi une importante diminution en octobre; on n’a observé que 3 groupes de taches de faible étendue du Ier au i4; le soleil a paru dépourvu de taches les 7, 8, 12, i3 et du i5 au 29.
- Perturbations magnétiques : faible, les ior et 27 ; un peu plus accentuée le 22.
- Floraisons. —Le 9, aster blanc, le 15, topinambour. Un lilas de pleine terre effectue une seconde floraison.
- La température n’étant pas descendue jusqu’à o°, un grand nombre de plantes délicates, bégonias, coleus, dahlias, liéliotropés, salvias, etc., sont encore en bonne forme dans les jardins à la fin du mois.
- Départ des hirondelles le 12. —Le io à 18 heures et le 11 à i7’‘4om, passages d’oies sauvages se dirigeant
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — ./„’ extinction des loups en France. — M. E. Julien, à Paulhaguet (Haute-Loire), nous signale le petit fait curieux suivant :
- « Comme curiosité et comme suite à l’article paru dans le n° 1763, du 20 octobre sur l’extinction des loups en France, p. 322, je vous signale l’existence, dans une auberge de Gistrières (Haute-Loire), d’un diplôme de médaille d’argent accordé par le roi Louis-Philippe à un habitant de cette commune pour avoir tué quatre-vingt-dix-neuf \0\1ps\ Votre collaborateur annonce qu’en 20 ans il en a été tué neuf en Haute-Loire; la disparition de ces animaux a donc été très rapide en notre région. » 11 serait fort intéressant de posséder des renseignements analogues sur diverses régions.
- Observation du soleil. — M. le D' Fée, à Nantes, nous signale qu’il est très facile d’observer les taches du soleil sans exposer ses yeux à un dommage quelconque. Il emploie pour sa part une longue vue terrestre ordinaire sur l’oculaire de laquelle il place deux disques de verre plans découpés l’un dans du verre à pince-nez d’électricien, l’autre dans du verre fumé de la teinte la plus foncée (le premier disque seul ne suilit pas). Le eouvre-oculaire assujettit, une fois revissé, les deux disques à la place voulue. — On fera bien de marquer, une fois pour toutes, sur le tube de tirage l’endroit de la mise au point. Quant à la visée, on y arrive aisément en tâtonnant un peu sans s’exposer à regarder directement le soleil. — Si l’on veut observer la lune dans son plein, ce qui ne se fait pas sans quelque fatigue, le verre fumé rendra des services employé seul.
- L'office municipal de l'habitation à Stuttgart et à Cologne. — Sous ce titre, MM. A. Lévy-Dorville et d. Fillassier, à Paris, nous adressent un extrait de VHygiène générale et appliquée d’octobre 1906. À Stuttgart, c’est la municipalité qui se charge de renseigner les habitants en quêted’un logement, d’une maison, d’un magasin, et ce conformément à des ordonnances ministérielles qui rendent obligatoire dans les cités du royaume l’installation d’un offce municipal de l’habitation. « Si l’on se rend compte, disent les auteurs, de l’importance du logement dans la vie des peuples, de l’influence qu’il exerce sur la santé, sur la moralité et même sur la mentalité des individus, on trouvera amplement justifiée la prévoyance des municipalités allemandes ; et nous n’éprouverons nul étonnement à voir l’oflice de l’habitation fonctionner dans chaque ville comme une véritable institution d’Etat. » Dans cet esprit, ils exposent ensuite le système ingénieux de fonctionnement de ces offices à Cologne et à Stuttgart et concluent en demandant qu’il en soit créé d’analogue à Paris, adjoint au casier sanitaire.
- Renseignements. — M. J. B. n° 2117. — Nous ne pouvons vous donner une Jfste comme celle que vous demandez. Veuillez la relever vous-même au Bottin (fabricants de papiers, etc.).
- M. H. Lelorrain, à Paris. — Le mieux pour nettoyer un tableau est d’avoir recours à un bon professionnel ; ils sont nombreux à Paris. On peut cependant opérer soi-même. Dans ce cas, frotter légèrement la toile avec un chiffon de laine imprégné d’eau de savon; laisser sécher, puis frotter à nouveau avec un linge doux ou une éponge chargés d’alcool et d’huile de lin en égales quantités ; enfin essuyer avec de la laine ; avoir soin d’opérer très légèrement et de faire au moins un essai préalable sur un objet sans valeur. Si le tableau est très altéré, voir dans nos Recettes et Procédés utiles, 3e série, chez MM. Masson et Ci0, des indications précises trop longues pour être résumées ici.
- M. M. G., 76.—Nous avons fréquemment donné dans La Nature et recueilli dans les petits livres de Recettes
- et Procédés utiles, publiés par MM. Masson et C‘°, des formules pour laquer ou vernir le meuble. Quant à l’opération même du vernissage d’un meuble, elle exige une habileté professionnelle particulière. Le plus simple serait donc de vous confier à un bon ébéniste; cependant, vous trouverez les indications nécessaires dans le manuel Roret Ebéniste et tabletier, chez M. Mulo, éditeur, 12, rue Hautefeuille, Paris.
- M. G. J. Ciganda, à Pamplona (Espagne). — Les ressorts de traction se trouvent chez M. Dubois, à Baisieux (Nord).
- M. Eberh Clemens, à Hambourg. — Pour la moto-sacoche décrite dans notre n° 1720(20 mai 1906), p. 372, veuillez vous adresser à M. Dufaux, 10, rue. des Caroubiers, à Genève, ou boulevard Pereire, à Paris.
- M. A. B., 24. — Un pneu crevé se répare aisément en roule par le procédé classique de la dissolution, mais ce n’est là, en effet, qu’une réparation provisoire, car, pour tenir, la pièce devra être vulcanisée ; le plus simple au retour est donc d’envoyer sa chambre au fabricant. Si vous désirez pratiquer vous-même la vulcanisation, vous trouverez les indications nécessaires et qu’il serait impossible de vous résumer ici, dans l’ouvrage Principes et recettes (bibliothèque du chauffeur), p. 298, par notre collaborateur P. Ravigneaux et J. Izart (t vol., chez Dunod et Pinat, éditeurs, 49, quai des Grands-Augustins, Paris, 7fl'.5o).
- M. P. Amey, à Turin. — A notre vif regret nous ne connaissons aucun moyen d’empêcher coqs ou chapons de chanter la nuit.
- M. Fagon, à Paris. — Nous ne connaissons pas de machine spécialement faite pour enlever les débris métalliques mélangés à des résines, mais l’emploi d’un électro-aimant résoudra parfaitement la question.
- M. J. de Bodard, à la Groye. — L’article dont vous parlez, Utilisation industrielle de la caséine (n° 173c), du 22 septembre, supplément) donne l’adresse que vous demandez : MM. Linkner et Zirn, à Surgères (Charente-Inférieure).
- M. L. Tallet, à Fréjus. — Le plus simple est de vous adresser de notre part à MM. Lefranc et Ci0, fabricants de couleurs, 18, rue de Valois, à Paris, qui ont des préparations toutes faites pour le cas que vous indiquez.
- M. Segrétain, à Poitiers.— Malgré nos recherches, il nous a été impossible de retrouver l’adresse que vous nous demandez. Tous nos regrets.
- M. IL. Lecoq, à Alger. — Nous avons consacré un article, sous la signature de M. Espitalier, au Train Renard dans noire n° i5g8, du 9 janvier 1904, p. 91. De plus, MM. Surcoûtet C10, 127, rue de Bellevue, à Billancourt (Seinej. exploitent ce système de trains et vous donneront tous les renseignements complémentaires.
- M. Laxino de Ténériffe, à T. — Pour l’appareil Clayton, veuillez vous adresser à MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain.
- M. Dominique Corpi, à Louvain. — i° Ouvrages relatifs aux sables de verrerie : nous n’en connaissons pas, mais il y a un chapitre à ce sujet dans Le verre et le cristal, par M. J. lîenrivaux, chez Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris (40 francs). Vous pourriez voir aussi chez Béranger, éditeur, i5, rue des Saints-Pères, à Paris. — 20 Géologie minière de la Turquie, Voyez dans Etude géologique sur la mer Égée, par De Launay, chez Dunod et Pinat, une bibliographie complète du sujet.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Ch.
- Delamarre, à Paris. Voyez un avoué, qui seul peut vous renseigner. — M. II. Vauldemère, à Brest. Nous ne décrivons jamais aucun appareil qui n’eût été expérimenté avec succès. Tous nos regrets. — M. S. Bussy, à Versailles. Voyez ce procédé dans le recueil Recettes et Procédés utiles, 20 série, à la librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. — M. J. Cottreau, à Paris. Voyez le même recueil, même libraiiûe, 4e série. — M. Julien, à Paulhaguet; M. le D' Fée, à Nantes; MM. Lévy, Dorville et Fillassier, à Paris. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 tiEURLïs LU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 novembre. - IM E. N. E. 2. beau. » Gelée blanche; beau.
- Mardi 13 1",0 N. E. 2. Beau. )> Gelée blanche; peu nuageux.
- Mercredi 11 . 0°, t E. N. E. 2. Beau. » Gel. bl. ; pas trace de nuage; brouillard dans la soirée.
- Jeudi 13 - 1°,3 S. S. W. 3. Couvert. Ç> () Gel. bl. ; brouillard le m. ; pluie dans la soirée; couvert.
- Vendredi 10 3\0 S. W. 2. Très nuageux. 2,1 Gelée bl. ; halo ; pluie dans la soirée ; presque couvert.
- Samedi 17 10°,3 S. S. AV. 3. Eclaircies. 2,8 Presq. couv. ; quelq. averses ; deux coups de loim. à 4 h.
- Dimanche 18 0°,0 S. S. W. 5. Eclaircies. 13,0 Très nuageux ; pluie de 2 b. à 3 b. et de 20 b. 30 à 24 h.
- NOVEMBRE 1906.— SEMAINE DU LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 NOVEMBRE 1906
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 fl 10; les flèches inférieures, la direction du vent, Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée„
- ;
- ttg'Ssi Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été beau et froid dans la semaine du 12 au 18 novembre. Le baromètre marquait 773 mm en Bretagne le 12 novembre. Le thermomètre marquait le matin —i° à Paris, o° à Nantes, i° à Clermont, 160 à Alger, 20 au Puy de Dôme, o° au mont Àigoual. A Paris on a observé un léger brouillard vers 9 heures du matin; dans la banlieue, la gelée blanche a été générale et les minima de température se sont abaissés à —4°- La température moyenne de Paris a été 20,9, inférieure de 3° à la normale. Le i3 novembre, la pression est restée élevée sur le Nord-Ouest de l’Europe. Un vent faible de l’Est a soufflé sur toutes nos côtes. On n’a pas signalé de pluies en France. La température était le matin — 3° à Belfort, i° à Nantes, 20 à Paris, i6° à Alger, o° au Puy de Dôme, o° au mont Aigoual, —8° au Pic du Midi. Le 14 novembre, de fortes pressions atmosphéri pies se trouvaient à l’Ouest; à Paris, à midi, le baromètre accusait 770,7 mm. Le temps a été beau, mais froid. La température était le matin —2° à Nantes, —i° à Belfort, o° à Paris, 6° à Toulouse, i5° à Alger, 3° au Puy de Dôme, o° au mont Aigoual, —6° au Pic du Midi. Dans la banlieue parisienne la température s’est, abaissée à •— 20. Le i5 novembre, une dépression barométrique de 10 mm a eu lieu sur les Iles Britanniques et la mer du Nord. Les pressions élevées se sont retirées sur le Sud et le Sud-Est du continent. Un vent faible d’entre Sud et Ouest a soufflé sur nos côtes de la Manche et de la Bretagne; le vent a été du Sud-Est en Gascogne, du Nord-Est en Provence. Il est tombé 2 mm d’eau à Brest. La tempé-
- rature était le matin — 3° à Belfort, —20 à Paris, —i° à Nantes, 5° à Toulouse, i4° à Alger, — io° au mont Mounier, — 4° au Pic du Midi, 5° au Puy de Dôme, 20 au mont Venloux. Dans la région parisienne, le ciel était couvert d’un brouillard général assez intense. Le matin on a observé des minima de —3°, et on a constaté du givre et une forte gelée blanche. Le 16 novembre, la baisse barométrique atteignait 15 mm sur le Danemark ; les fortes pressions couvraient encore le Sud et le Sud-Est du continent. Il a plu à Dunkerque (11 mm d’eau), à Besançon (10 mm), à Limoges (9 mm), à Cherbourg (9 mm), à Lyon (7 mm), à Brest (5 mm), à Paris (3 mm). La température était le matin 5° à Paris, 70 à Nantes, 70 à Clermont, 70 à Toulouse, o° au Puy de Dôme, — i° au mont Aigoual, —4° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a étéi°,9 inférieure de 3°,6 à la normale. Dans la nuit du i5 au 16 novembre, vers 5 heures du matin, on a observé de légers grains de neige. Le 17 novembre, les pluies ont été générales en France; on a recueilli 8 mm d’eau à Cherbourg, 7 mm à Dunkerque,
- 7 mm à Brest, 7 mm à Limoges, 3 mm à Paris, 2 mm à Toulouse. La température était io° à Paris, io° à Toulouse, x3° à Clermont, i5° à Alger, 3° au Puy de Dôme et au mont Aigoual. Le 18 novembre, les pluies ont été abondantes; on a recueilli 22 mm d’eau à Cherbourg, i5 mm à l’île d’Aix, 12 mm à Nancy, 9 mm à Dunkerque,
- 8 mm à Paris. La température était ie matin 6° à Paris, 6° à Toulouse, 8° à Nantes, i3° à Lyon, 170 à Alger, 3° au Puy de Dôme, — 4° au Pic du Midi. La pression barométrique à Paris était 747,6 mm à midi.
- PHASES DE LA LUNE : N. L le 16 à 8 h. 4a ni. du matin.
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- LA NATURE
- TRENTE-QUATRIÈME ANNÉE — 1906
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE DU SUPPLÉMENT
- SCIENCE APPLIQUÉE — HYGIÈNE ET SANTÉ — RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- VARIÉTÉS
- I. - SCIENCE APPLIQUÉE.
- Abeilles (Abreuvoir cressonnière pour)................... 44
- Accrocheurs automatiques................................ 124
- Accumulateur mixte « l’Énergique » ....... . 59
- Acti-vent................................................180
- Allumeur automatique « Clegil » (b’)..................... 55
- Allumoir auto-électrique.................................124
- Amortisseur à glycérine..................................205
- Angles (Diviseurs d’)....................................205
- Anse verseuse........................................... 50
- Apiculture............................................... 44
- Appareil à dessiner (Nouvel)............................. 51
- Appareils de mesure...................................... 35
- Appareils divers......................................... 35
- Arrêts de porte en caoutchouc........................... 91
- Arrosoir hygiénique......................................139
- Automobile à catastrophe................................105
- Automobiles (Amortisseur pour voitures)..................147
- Automobiles (Appareil protecteur pour)................... 45
- Automobilisme............................................ 43
- Autorameur...............................................105
- Avertisseur d’incendie...................................124
- Balai (Fixe manche à)...................... .... 156
- Balance à cadran sans ressorts (Une curieuse)............195
- Balle L’Aiglon (Lance)...................................203
- Ballon ascenseur....................................... 172
- Bec à incandescence à essence minérale................... 27
- Beurre artificiel........................................198
- Bilboquet (Nouveau'......................................205
- Billard (Le) . . . '.....................................163
- Billard Yautan...........................................196
- Boucle (La)..............................................164
- Boulon de sûreté L. E. B.................................180
- Boulon Marquer...........................................180
- Brosse de poche......................................... 179
- Brosse pour souliers (Nouvelle).......................... 52
- Caisses (Ouvre-)......................................... 99
- Canne à pêche............................................ 76
- Caoutchouc artificiel....................................198
- Casse-noix (Nouveau)..................................... 84
- Chauffage de l’eau (Appareil transportable pour le) . . 52
- Cigares à hélice (Perce-)................................ 76
- Circuit de Montmartre et la coupe de Saint-Antoine (Le) 164
- Cirque américain (Nouveau)...............................188
- Clef-pince (Nouvelle).................................... 44
- Clip-clap (Le)...........................................172
- Clous (Ouvre-caisses et arrache-) ....................... 99
- Cokes et charbons (Procédé pour déterminer la teneur
- en soufre des)........................................198
- Col plastron............................................ 187
- Colle lube pinceau.......................................100
- Concours de jouets 1906. ............................. • 180
- Condensateur double en surface (Un nouveau) .... 131
- Contrôleur d’entrées et de sorties des ouvriers .... 156
- Supplément au 11” 1748 de La Nature, du 24 novembre 1906.
- Contrôleur de temps à autographe......................... 179
- Courroie plate pour motocyclette...........................187
- Course aux rubans (La).....................................204
- Cravate (Épingle pour).....................................196
- Cravate (Monture de).......................................187
- Cric puissant (Petit)...................................... 99
- Cric 8. I. T. (Le)............................... 44
- Crochets de sûreté.........................................100
- Cuisinière mécanique....................................... 28
- Cuivre (Liquide à nettoyer le).............................198
- Dessin (Appareils à)....................................... 51
- Distillation dans le vide (Appareil pour recueillir les produits fractionnés de la)................................140
- Eclairage................................................. 27
- Ecureuil (L’)............................................. 204
- Electricité............................................... 51
- Élévateur militaire....................................... 172
- Epingle pour cravate...................................... 196
- Epurateur pour phares à acétylène..........................203
- Equerre à miroir Monin................................
- Etau à tuber Vulean...................................
- Etau à usiner.........................................
- Etau d’automobile.....................................
- Etau pour tuyaux......................................
- Extincteur automatique d’incendie.....................
- Fenêtres entre-bâillées (Appareil pour tenir les). . . .
- Fers à repasser à poignée droite......................
- Fers à souder et chalumeau combinés...................
- Fers à souder universels..............................
- Filtre perfectionné...................................
- Flacon de lavage à écoulement continu (Sur un) . . .
- Fontaine (La petite)..................................
- Frotlcusc électrique pour planchers...................
- Glycérine dans les vins (Détermination de la).........
- Grenouille sauteuse et nageuse...........................
- Hachoirs mécaniques (Les applications industrielles des). Incendie (Appareil automatique « Securitas», avertisseur d’)
- Jouets 1906 (Concours des)............................
- Kosmotomèire (Le).....................................
- Lampe allumoir de poche...............................
- Lampe électrique (Bras flexible pour)....................
- Lampe pour fer à friser et à onduler..................
- Laveur automatique pour épreuves photographiques . .
- Machine à additionner « Ad dix »......................
- Machine à écrire......................................
- Maillons de chaîne amovibles...................... . . .
- Mandrin à clef de serrage.............................
- Mandrin à pression à chaîne...........................
- Mare aux grenouilles (La).............................
- Massage...............................................
- Masseur électrique................................8,
- Mécanique. .....................................27,
- Mèches (Guide de profondeur pour). . ..............
- Mise en marche automatique des moteurs à explosion .(Appareil de).....................................
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- 99
- 52
- 75
- 83 75
- 91 100 148 132 188 131 163 187 198
- 84 36 35
- 180
- 35
- 92
- 51 172 179
- 59
- 75
- 92
- 115 139 163
- 27
- .27
- 52
- 116
- 43
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- TABLE DU SUPPLÉMENT.
- Montre photographique « Expocam »......................
- Mouches (Attrape-).....................................
- Moulin à sucre.........................................
- Musculateur (Le).......................................
- Navire (Confirmateur d’ordres pour)....................
- Nicotine (Préservatif contre la).......................
- Outillage..............................................
- Palmer (Nouveau).......................................
- Pèle-pommes mécaniques.................................
- Pentures de portes (Procédé rapide pour le forgeage
- des)...............................................
- Photographie.....................................35,
- Pieu perfectionné pour attacher le bétail..............
- Pilotis en béton (Un nouveau type de)..................
- Poignées d’outils (Dispositif pour)....................
- Poinçonnerie à main....................................
- Pommes de terre (Machine à peler les)..................
- Pompe rotative (Nouvelle)..............................
- Porte à ressort (Ferme-)...............................
- Porte-manteau tournant.................................
- Poteaux de hois (Conservation de la base des)..........
- Porte-savon ...........................................
- Prolîlographe (Le).....................................
- Rabot-ciseau pour les angles des meubles ..............
- Rabot métallique américain (Anatomie d’un).............
- Rabots cintrables..................•...................
- Rabot universel Stanley................................
- Rallie couleurs (Le)...................................
- Rateau double en fil métallique........................
- Réchaud « Le Saphyr »...............................
- Refroidissement automatique (Ustensiles à).............
- Repassage à froid. .................................
- Repasser sur table (Planche à).........................
- Résine anime (Procédé de dissolution de la)............
- Rideaux a L’Idéal » (Support pour).....................
- Robinet (Nouveau type de)..............................
- Roue Pelton perfectionnée..............................
- Rôtisseuse-Pâtissière a La cornue »....................
- Savon hygiénique (Pose)................................
- Scie circulaire système Bouteloud-Lesorier (Protecteur
- de)................................................
- Scie métallique toute en acier ........................
- Sécateur de poche......................................
- Séchage de la vapeur ..................................
- « Securitas ». Appareil automatique avertisseur d’incendie ..................................................
- Séparateur d’œuf.......................................
- Serviettes pliant (Porte-).............................
- Sorbetière jumelle à levier............................
- Soupape de purge pour conduite de vapeur...............
- Stéréoscope Clegil.....................................
- T à dessin avec équerre mobile (Un nouveau) ....
- Tachographe Karlik.....................................
- Tampon amortisseur à air...............................
- Tapis d’acier pliants..................................
- Telegraphinetle........................................
- Tôles (Dispositif pour percer rapidement de grands trous
- dans les)..........................................
- Tondeuses d’étoffes (Appareil protecteur pour) . .
- Tondeuse mécanique.....................................
- Torche à acétylène..................................... .
- Toupie système Daussin (Protecteur de).................
- Tournevis à billes.....................................
- Tournevis à deux lames.................................
- Tournevis à grillés............................... .
- Tubes (Appareil à courber les).........................
- Tuyaux et à les monter dans les colliers et les brides
- (Appareil à évaser les)............................
- Vase verseur à tamis...................................
- Vins (Détermination de la glycérine dans les)..........
- II. — HYGIÈNE ET SANTÉ.
- Anesthésiques (Nouveaux)...............................
- I Amputation (Un cas rare dj............................. 38
- I Artério-sclérose et les courants de haute fréquence (L’). 197
- Boissons gazeuses oxygénées.............................. 45
- Cancer (Le trypanroth contre le).........................173
- Chaleur (Le coup de) . . ............................. 69
- Coqueluche (Le microbe de la)............................149
- Coqueluche (Traitement de la)......................... 77
- Déchloruration (La cure de)..............................173
- Dermatose parle bois de teck..........................101
- Désinfection par l’acide sulfureux.......................149
- Dysenterie (Le traitement de la) ......... . 85
- Gui de chêne (Le)........................................189
- Kola (Le) ...............................................157
- Lait concentré (Sur la préparation du)................... 61
- Mouche bébé (La). . . . '.............................433
- Nez (Ce que vaut un).....................................101
- Oxyde de carbone (Les intoxications lentes par 1’). . . 205
- Pain frais et pain rassis................................481
- Pansement au perborate de soude..........................205
- Pansement au vin aromatique.............................. 38
- Perles japonaises pendant la guerre 1904-1905 (Les). . 38
- Radiothérapie en campagne................................ 77
- Sommeil (Balancements rhythmiques du).................... 13
- Trypanroth contre le cancer (Le).........................173
- Thymol vermifuge (Le)....................................189
- Vision chez les tireurs (La)............................ 45
- III. — RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES.
- Acétylène (Sur les usages du carbure de calcium et de l’j 30
- Acide (Revêtement pour bacs à)........................... 85
- Alliage au cuivre pour la fonte..........................102
- Alliage blanc au cuivre..................................102
- Alliage brillant à base d'étain.......................... 78
- Alliage de Bideri. .....................................101
- Alliage mou pour la fonte................................ 78
- Argent (Blanchiment de 1’)...............................158
- Argent des déchets de laboratoires photographiques
- (Pour recouvrer V)............................... . 78
- Argent (Essai pour la fonte des objets en) . . .......... 102
- Asphalte (Vernis élastique à U).......................... 78
- Bains de fixage et dans les virages (Emploi de l’alun et
- du bisulfite de soude dans les).......................158
- Béton (Réparations des maçonneries de)..................158
- Beurre artificiel..........................................198
- Bicyclettes (Redressement des fourches de)................. 22
- Bicyclette (Soins à donner à un frein de)................158
- Billes de billard décolorées............................... 46
- Blanchiment de l’argent....................................158
- Bleu (Pour photographier un)...............................142
- Bronzage de la fonte.......................................102
- Bronze tache-t-il la pierre? (Le).......................... 78
- Bronze (Patinage du) ...........................• • 85
- Caséine (Produit plastique à base de)................... 118
- Calquer (Toile à).......................................... 54
- Caoutchouc artificiel......................................198
- Canalisation d’eau (Ciment pour)......................... 102
- Carbure de calcium et de l’acétylène (Sur les usages du) 30 Cendre des déchets de liège . . . ... ...... . 190
- Ciment pour bois et métal résistant à: l’eau. ..... 158
- Ciment pour canalisation d’eau.............................102
- Ciment pour monter les lentilles achromatiques. . . . 126 Chambre à air de cycle (Déplacement d’une valve de) . 118
- Cire (Moyen de reconnaître la pureté de la).............. 78
- Cordages en chanvre........................................101
- Cordages (Préservation- des)............................... 78
- Couleurs à l’eau (Préparation des).........................189
- Courroies (Graisse pour)...................................102
- Courroies (Pour entretenir les)........................... 69
- Cuir des meubles (Teinture verte pour).....................158
- Cuir pour vêtements. ..................................... 46
- Cuivre (Patinage en vert du) . ............................102
- 35
- 52
- 44
- 204
- 67
- 92
- 44
- 83
- 148
- 171
- 179
- 68
- 139
- 67
- 139
- 140
- 27
- 76
- 132
- 155
- 180
- 388
- 171
- 123
- 83
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- 164
- 132
- 180
- 416
- 115
- 100
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- TABLE DU SUPPLÉMENT.
- Cuivre (Poterie jaune du)..........................
- Culture à l’électricité (La).......................
- Cycles (Réparations rapides de bandages de).............
- Décalquer au patron (Poudre à)........................
- Décapage du fer noir avant émaillage....................
- Désinfection d’une chambre au soufre....................
- Eau (Pour rafraîchir 1’)................................
- Écaille (Réparation de 1’)..............................
- Écran transparent incassable............................
- Email pour le fer (Peinture)............................
- Emaillage (Décapage du fer noir avant)..................
- Emboutir le métal (Pour) ...............................
- Emeri (Préparation de papier ou de carton à)............
- Encre à copier pour machines à écrire...................
- Encre en feuille........................................
- Encre à dessin insensible à l’eau.......................
- Encre pour machines à écrire............................
- Enduit calorifuge pour tuyaux de vapeur. ......
- Fonte des objets en argent (Essai pour la)..............
- Frein de bicyclette (Soins à donner à un)...............
- Fusils (Pour obtenir l’apparence truitée sur le métal des
- canons de). . :......................................
- Glucose (Préparation du)..................................
- Goudron (Nettoyage de vases ayant contenu du). . . .
- Graisse pour cordages en chanvre........................
- Graisse pour courroies..................................
- Joints de conduites (Garniture économique des) .... Kremnite (La). (Nouveaux matériaux de construction) .
- l.actose (Préparation du)..............................."
- Laquage du fer-blanc (Pour enlever le)..................
- Lentilles achromatiques (Ciment pour monter les). . .
- Limonade (Sirop pour la fabrication de la)..............
- Manmle (Préparation de la)..............................
- Marbres de toilettes, de tables, etc. (Pour fixer les) . .
- « Mannaride t> (Mode d’emploi de la)....................
- Matériaux de construction (Nouveaux)....................
- Matière susceptible de se mouler et de se polir, . . .
- Métal (Pour fixer le verre au)..........................
- Métaux (Liquide à nettoyer les).........................
- Métaux (Liquide à polir les)............................
- Métaux réfractaires (Coulées de)........................
- Mise au point (Tableau de)..............................
- Motocyclettes (Pour loger les batteries dans les). . . .
- Mouches (Le lléau des)..................................
- Mouches (Pour chasser les)..............................
- Nettoyage des bois polis ou vernis. . ..................
- Nettoyage de vases ayant contenu du goudron ....
- Nettoyer les métaux (Liquide à).........................
- Outils en acier (Pour marquer les)......................
- Oxydant (Le peroxyde d’argent comme agent) .... Papier ou de carton à l’émeri (Préparation de) ... .
- Papier « Takis » se développant à l’eau pure............
- Paraffine solide...................................
- Parchemin (Pour peindre à l’eau sur) . . ...............
- Patinage du bronze......................................
- Patinage en vert du cuivre..............................
- Patine jaune du cuivre.............................
- Patine verte et brune du bronze ........................
- Peinture émail pour le fer..............................
- Peinture lumineuse......................................
- Photographier un bleu (Pour)..............................
- Pinceaux à vernir (Entretien des) . ....................
- Plaies des animaux (Poudre absorbante pour mettre sur
- les).................................................
- Plâtre (Moyen de donner une surface polie aux cloisons de)
- Pont mobile provisoire..................................
- Pourriture (Protection des cordes et tissus de chanvre
- ou de lin contre la).................................
- Prismalitlic (Une nouvelle matière de construction : la)
- Pulpe de bois durcie....................................
- Régulateurs des moteurs à gaz........................... .
- Réservoirs rouillés.....................................
- Piouille (Préparation contre la)........................
- Savon à froid (Fabrication de)............................
- Souder (Flux pour) ,....................................
- Soudure (Résine à)........................................101
- Soudures sur des tuyaux de plomb pleins d’eau. . . . 126
- Soufre des cokes et charbons (Procédé pour déterminer
- Je).................................................. 198
- Tabac trop sec............................................142
- Tache-f-il la pierre.? (Le*bronzc)........................ 78
- j Taches d’acide oxalique sur les mains..................158
- Taches d’acide pyrogallique (Enlèvement des)............... 6
- Taches d’huile minérale sur les vêtements............... 46
- Teinture brune pour moulures en bois.................... 46
- Teinture du crin en noir..................................142
- Teinture sans danger pour les cheveux................... 85
- Teinture verlc pour cuir des meubles......................158
- Tournevis multiple improvisé..............................182
- Trempe pour l’acier (Nouvel agent de)..................... 78
- Turbines à vapeur.........................................138
- Vernis coloré à la gomme laque............................182
- Vernis élastique à l’asphalte............................. 78
- Vernis pour graveurs...................................... 54
- Verre au métal (Pour fixer le).......................... 85
- Virages (Emploi de l’alun et du bisulfite de soude dans les bains de fixage et dans les).....................150
- IV. — VARIÉTÉS.
- Appendicite à l’Académie de médecine (L’).............. 94
- Autohippique (L’j...................................... 59
- Automobiles en Angleterre (Le commerce des) .... 117
- Bibliographie, 14, 53, 86 ....................... 126, 165
- Caséine (L’utilisation industrielle de la)................133
- Chrysanthèmes (Un ennemi des).............................109
- Coccinelles (Utilisation agronomique des).................109
- Cochenille des arbres fruitiers au moyen de l’acide
- , cyanhydrique (Destruction de la)........................181
- Congrès,..................................................110
- Congrès de Lyon de l’Association française pour l’avancement des sciences.................................110
- Congrès international d’anthropologie et d’archéologie
- préhistorique à Monaco (Le 13e)........................ 70
- Congrès international des mineurs. ......... 70
- Congrès préhistorique de Périgueux (1905). ..... 70
- Fièvre aphteuse (Contre la)...............................117
- Fromages (La valeur alimentaire des) .....................206
- Hydrargyrisme (L’emploi possible de l’aluminium contre E) .............................................102
- Iodoforme (Pour neutraliser l’odeur de 1’).............. 118
- Kola (Le).................................................157
- Marmaride (La).................... ....................H7
- Mascaret (Le)............................................. 29
- Météorologie nouvelle des observatoires Eiffel (La) . . 5
- Monnaie française (La). .............................. 21
- Mouillage des vins....................................181
- Noctuelle des moissons (La)..............................125
- Pêche en Islande (La)................................... 205
- Pêcheries canadiennes en 1904 1905 (Les)..............134
- Pyrale de la vigne (Contre le) ..................... • 109
- Résines (Sur l’écoulement des)...........................134
- Solanum Commersoni (Les variations du)...................125
- SpongicultUre (Nouvelles observations sur la)............149
- Terre (Une curieuse reproduction de la)..........• 190
- Terres (La poussée des) . . ..........................197
- Truffes (La culture des).................................109
- Vigne (Contre le pyrale de la)...........................109
- Bulletin et chronique météorologiques, 8, 16, 24, 32,
- 40, 48, 56, 64, 72, 80, 88, 96, 104, 112, 120, 128,
- 136, 144, 152, 160, 168, 176, 184, 192, 200. ... 208
- Résumé météorologique (M. Moureüx), 29, 61, 93, 134,
- 144, 166. .........................................206
- Bulletin astronomique (E. Toochet)............. . 57, 141
- 85
- 50
- 118
- 174
- 120
- 182
- 46
- 46
- 182
- 101
- 126
- 102
- 158
- 174
- 6
- 189
- 189
- 189
- 102
- 158
- 182
- 22
- 174
- 101
- 102
- 118
- 102
- 21
- 190
- 126
- 69
- 77
- 46
- 198
- 102
- 46
- 85
- 85
- 182
- 118
- 13
- 22
- 30
- 158
- 85
- 174
- 85
- 101
- 54
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- 45
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- 46
- 85
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- Page 75, col. 1. Article sur l’Étau automobile. Au lieu de : 121, boulevard Sébastopol.
- Il faut : 131, boulevard Sébastopol.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9,
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