La Nature
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- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- 35e ANNÉE. — N° 1749.
- 1er DÉCEMBRE 1906.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LES CAISSONS ET LA CONSTRUCTION DES PHARES
- La construction des phares en mer est toujours d’une très grande difficulté : pour en convaincre, nous n’aurions qu’à rappeler le nombre de campa-
- saires à l’implantation de tiges de fer qui assure la solidarisation de la maçonnerie avec la roche. Si les besoins de la navigation réclament un phare dans des
- . La construction du nouveau phare des Diamond Shoals.
- 1. Le caisson amené en place. — 2. Coupe au début de l’enfoncement. — 5. Travaux de fonçage.
- gnes, c’est-à-dire d’années, qui ont été nécessaires pour mener à bien les fondations et la base du fameux phare d’Àr Men, sur les côtes de Bretagne. Et encore ces fondations sont-elles toujours établies sur une masse rocheuse découvrant partiellement à basse mer, pour qu’on puisse forer les trous néces-35° année. — 1er semestre.
- parages où il n’existe pas de haut fond émergeant au moins à mer basse, on est forcé de reporter la construction à une certaine distance, là où l’on rencontrera les circonstances de lieu favorables ; ou alors on mouille un bateau-feu, un feu-flottant dans le voisinage des écueils à signaler. C’est ce qui s’est pro-
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- duit, par exemple, sur le plateau de Rochebonne, au large de la Vendée; le feu-flotlant a du reste été remplacé ensuite par une bouée lumineuse.
- Mais ces bouées lumineuses ont des inconvénients, tout comme les bateaux-feux; et à Uochebonue précisément, le Service des Ponts et Chaussées a entrepris l’édification d’un phare véritable, en immergeant sous l’eau des massifs de béton, qui se souderont au plateau rocheux, et constitueront peu à peu la fondation pour le phare à élever. Une telle façon de procéder, si intéressante qu’elle soit, est bien lente, et les travaux de Rochebonne se poursuivent déjà depuis fort longtemps : aussi est-il curieux de signaler un procédé tout différent et extrêmement ingénieux, qui va être mis eu pratique, dans des conditions d’ailleurs fort particulières, aux États-Unis.
- Voici bien des années que l’on cherche à signaler de manière plus effective à la navigation les écueils que l’on nomme Diamond Shoals, qui s’étendent à 18 milles en mer en avant du célèbre cap flatteras, sur le littoral de la Caroline du Nord. 11 existe un phare, mais trop près de la côte, et un bateau-feu, dont la lumière n’est pas visible d’assez loin, et trop en haute mer. On a tenté, sans y réussir, d’édifier un phare sur les récifs mêmes, et l’on estime du reste qu’une construction de ce genre, faite suivant les errements classiques, n’entraînerait pas une dépense de moins de 8 millions de francs. Or, un capitaine américain M. Eels, de Boston, aidé de MM.Harriman, vient de dresser un projet tout à fait original, pour lequel il a été appuyé par une foule de sociétés d’assurance, et le Parlement américain lui a donné l’autorisation de construire un phare dans les parages que nous venons d’indiquer, à ses frais ; il devra, de plus, l’entretenir en bon état et le l'aire fonctionner normalement durant une année, toujours à ses dépens. Et au bout de quatre autres années, le phare ayant été remis au Service d’Etat dit Uighthouse Roard, si tout est en bon état, il recevra une somme globale de 5 800 000 francs. C’est un forfait dans des conditions que nos administrations françaises jugeraient sans doute tout à fait incorrectes ; mais il est bien sûr que le Service des phares des États-Unis se trouve ainsi à l’abri de tout mécompte. Quant aux procédés que M. Eels et MM. llarriman vont employer, pour mener à bien à si peu de frais une entreprise jugée avec raison des plus difficiles, il consiste tout simplement à recourir au système de fondation par caisson flottant, fort analogue à celui qui est employé en ce moment pour les tunnels du Métropolitain parisien : à cela près que c’est sur le caisson, et non dans le caisson qu’on établira l’ouvrage définitif pour lequel on recourt à la méthode. On comprend, en se souvenant de ce qui s’est fait et se fait encore pour les caissons de la Seine, qu’il est relativement simple de construire à sec un caisson de forme tron-oonique, devant servir de fondation et de base au phare projeté, de le mettre à l’eau, de le conduire sur le lieu de la construction à faire, où du reste la
- profondeur d’eau est assez faible, comme dans tous les parages des Diamond Shoals, et de l’immerger ensuite pour le descendre peu à peu et l’implanter dans un sol résistant. On édifiera ensuite, par-dessus sa partie supérieure émergeant suffisamment de l’eau, une tour métallique qui sera le phare proprement dit.
- Le caisson de fondation aura 55 m. de diamètre à la hase pour 15,5 m. au sommet, et une hauteur de 24,40 m. Il doit être muni naturellement d’une double enveloppe, constituée par deux séries de plaques d’acier distantes de 1,80 m. l’une de l’autre, et maintenues, solidarisées par des poutres obliques qui partageront l’espace intermédiaire entre les deux coques en 24 compartiments étanches. Ces dispositions sont précieuses au point de vue de la flottabilité du caisson, dans son voyage jusque sur les lieux de construction et de fonçage. Le bas du tronc de cône forme un couteau, comme c’est le cas pour tous les caissons, et on le dotera aussi d’un plafond, qui se trouvera à 2,10 m. à peu près en contre-haut du couteau; ce plafond sera douille et soutenu par des poutres disposées radialement. Le centre du caisson forme un véritable puits métallique, dont les tôles devront être soutenues par des poutres horizontales qui formeront des planchers superposés.à l’intérieur du caisson. Comme on peut s’en rendre compte d’après la coupe que nous donnons de ce caisson, ce sont là des dispositions ingénieuses qui assureront à l’ensemble une solidité remarquable; le puits central constituera du reste un passage naturel fort avantageux pour les tuyaux d’épuisement de l’eau durant le travail.
- Les différents étages intérieurs du caisson, de la hase du phare, fournissent des emplacements tout trouvés pour l’installation des chaudières et des divers moteurs à vapeur nécessaires aux opérations de fonçage, et de remplissage ultérieur du caisson : pompes, grues, appareils à faire le béton; et on y peut en outre déposer une masse d’approvisionnements qui, de la sorte, sont mis à l’abri de la mer durant la construction première. Et ce caisson formera bateau de transport pour amener matériaux et équipement de la terre ferme jusqu’au lieu d’édification du phare. Pour le lancement, on remplira de béton une portion du fond du caisson et de la chambre comprise entre les deux coques, de manière que le tirant d'eau soit de 6 m. ou un peu plus, ce qui contribuera du resle à donner à l’ensemble une grande stabilité; au point même où l’on compte le foncer, on l’amarrera par de solides ancrages, et on remplira d’eau certains de ses espaces intérieurs formant compartiments séparés, ce qui l’amènera à reposer sur le fond de sable du banc, par une profondeur de 7,50 m., tandis que le sommet de cette énorme boîte métallique se trouvera encore à une hauteur de 17 m. au-dessus du niveau de la mer. On a choisi l’emplacement de telle façon que les fonds n’y soient guère susceptibles d’érosions, et un peu en arrière de la ligne première où brise la mer,
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- du bord du plateau que constituent ces récifs, atin que ce ne soit pas la violence entière des vagues de haute mer qui vienne heurter la hase du phare.
- * Nous n’avons pas besoin d’indiquer longuement la méthode suivant laquelle le caisson sera descendu peu à peu dans la masse du terrain sous-aquatique, et avec le secours de l’air comprimé; mais les débuts de l’opération de fonçage se feront à l’air libre, en draguant, ou plus exactement en aspirant eau et sable, tant que cela sera possible, par le puits central dont nous avons parlé; ensuite, on introduira de l’air comprimé dans les chambres de travail du bas qui entourent le puits, et les ouvriers auront pour mission, au moyen de jets d’eau et d’outils spéciaux, de pousser le sable vers la base du puits, où les appareils d’aspiration le reprendront. Pendant ce temps, des chalands apporteront continuellement les matériaux nécessaires à la confection du béton, qui sera coulé au fur et à mesure dans les espaces ad hoc, en augmentant rapidement le poids delà masse et en la rendant de plus en plus difficile à déplacer pour la mer. Aussi bien, on commencera le travail au printemps, à une époque où les vents viennent presque toujours de terre et n’ont par conséquent qu’une force très réduite. Le sal.de de ces parages peut supporter une surcharge de plus de 100 tonnes par mètre carré, et la pression exercée par le phare une lois construit n’atteindra pas la moitié de ce chilfre.
- Bien entendu, quand le caisson sera complètement descendu, on immergera tout autour de sa base des blocs formant brise-lames ; le puits central sera rempli de béton, sauf à sa par Lie supérieure, où il formera une citerne pour les gardiens; le reste du caisson sera également rempli, sauf des magasins à approvisionnements. Heskv Bougeois.
- LE CANON RIMAILHO
- On se souvient qu’après la guerre de 1870, la France dut se constituer au nord-est une frontière artificielle jalonnée par de puissants ouvrages de lortilicalion permanente, de Verdun à Toul, Epinal et Belfort. Mais, en même temps que le général de Rivière et ses continuateurs barraient par des forts et batteries tous les chemins venant d’Alsace-Lorraine, les artilleurs prussiens étudiaient, eux, les moyens de faire rapidement brèche dans notre muraille de Chine et de s’ouvrir à coups de canon la route de Paris. C’est de cette préoccupation d’offensive foudroyante qu’est née l’artillerie lourde d’armée.
- Le grand état-major prussien avait admis dès 1890 que les troupes et le matériel d’artillerie à pied pourraient intervenir dans la guerre de campagne. On créa, en conséquence, des groupes d’attelages destinés à traîner à la suite des corps d’armée mobilisés'des pièces singulièrement plus puissantes que les carions de campagne en service.
- Après quelques tâtonnements et à la suite d’expériences exécutées en 1900 au camp de Munster, l'empereur Guillaume décida que l’obusier de siège de 15 centimètres s’appellerait à l’avenir obusier lourd de campagne et (pie le. mortier de, 21 centir mètres entrerait également dans la composition des formations de campagne. Ce sont ces pièces qui, conjointement avec les canons longs de 15 et de
- 10 centimètres, sont destinées à faire brèche dans notre muraille fortifiée du nord-est, quelque part vers Liouville-Gironville sans doute.
- La création, par les Allemands, d’une artillerie d’armée devait avoir pour conséquence l’organisation chez nous de formations analogues.
- Nous avons tout d’abord constitué notre artillerie lourde par le groupement en batteries, de canons de 120 millimètres et de canons de 155 millimètres sur affûts plates-formes. Mais le matériel de 120 n’est plus, depuis longtemps, à hauteur des perfectionnements réalisés dans l’armement. Son tir manque de précision et sa puissance n’est pas en rapport avec son poids (2400 kg).
- Quant au matériel de 155 sur affût plate-lbrme,
- 11 ne peut que très difficilement sortir des roules, sur lesquelles sa vitesse de marche est d’ailleurs fort réduite; enfin sa mise en batterie exige un temps relativement assez long.
- 11 fallait donc trouver une pièce à tir rapide n’exigeant pas de plate-forme pour sa mise en batterie, à la fois puissante et relativement légère. Réaliser ces conditions quelque peu contradictoires n’était pas chose facile; mais la difficulté ne rebute pas nos officiers d’artillerie : l’un d’eux, le capitaine, aujourd’hui chef d’escadron, Rimailho, arriva bon premier et résolut élégamment la question. Au lieu de diminuer le poids du canon proprement dit, ce qui lui eût enlevé de la solidité et de la puissance, l’inventeur imagina de scinder en deux fractions les éléments indispensables à l’exécution d’un tir rapide, c’est-à-dire le canon proprement dit, l’affût et le frein. Il créa, en un mot, un canon démontable, dont les deux parties ne dépassent pas le poids de 2400 kg, charge très admissible, même à travers champs, pour des attelages de six chevaux. On voit par ces chiffres que le canon Rimailho est non pas une pièce de siège comme on le croit généralement, mais une véritable pièce de campagne.
- Le nouveau canon se compose d’un tube en acier fretté, du calibre de 155 millimètres, qui peut glisser sur un berceau. Celui-ci est relié au tube par un frein hydropneumatique qui remplit à la fois le rôle de tampon de choc et de récupérateur d’énergie; il fait, d’autre part, corps avec l’affût grâce à deux tourillons horizontaux. Enfin chaque roue est munie d’uu patin à crampons et l’affût porte une bêche de crosse.
- Au départ du premier coup, le tube recule sur les glissières du berceau et comprime l’air contenu dans le frein hydropneumatique; en vertu de son élasticité, cet air reprend peu à peu son volume
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- primitif, et ramène le tube à sa position initiale. En même temps et par l'effet du choc, les crampons ou socs des patins s’enfoncent dans le sol ; il en est de même de la bêche de crosse. Une fois le premier coup tiré, l’affût est fixé; la pièce est assise; le tir
- continuera désormais sans crainte de dépointage.
- Le canon Rimailho, à la position de batterie, pèse 3200 kg. Il peut donc encore, lorsque c’est nécessaire, être remorqué au pas, à travers champs par un attelage de six chevaux. Mais l’artillerie lourde d’armée sera souvent maintenue, pour la route, à la queue des colonnes et au moment du besoin, les gros canons devront prendre le trot pour gagner les emplacements de tir.
- Le commandant Rimailho a obtenu la mobilité nécessaire en démontant son canon pour la route. Le tube et le berceau sont placés sur un léger chariot porte-corps ; l’affût voyage seul, et, comme nous l’avons vu, chaque voiture ne dépasse pas, avec son avant-train, le poids de 2400 kg.
- L’opération du montage et du démontage de la pièce est extrêmement simple; elle ne dure pas plus de deux minutes et s’exécute pendant que le commandant de la batterie fait sa reconnaissance du terrain à battre.
- Le canon Rimailho, officiellement le 155 R, peut tirer jusqu’à cinq coups par minute. La vitesse de tir est donc décuple de celle du 155 court ordinaire de l’ancienne artillerie lourde d’armée. Cet accroissement de vitesse provient en partie de ce que la culasse s’ouvre automatiquement après chaque coup et se met d’elle-même à la position de chargement. Elle tient,
- d’autre part, à ce que, une fois la pièce assise, il n’y a plus lieu de s’occuper du pointage.
- Pour atteindre un but déterminé, on sait qu’il faut en effet pointer en hauteur et pointer en direction. Le pointage en hauteur s’exécute avec une extrême facilité. Une manivelle de pointage,® maniée par un servant, donne à [la pièce l’inclinaison prescrite par le capitaine; un ressort à air comprimé, placé entre l’extrémité antérieure du berceau et l’affût, fait sans cesse équilibre à la pesée exercée par le tube et le berceau. Le canonnier pointeur n’a qu’à amener le trait de repère porté par la manivelle en contact sans la moindre fatigue avec la division prescrite par le capitaine et qu’il lit sur un arc gradué supporté par le berceau. Celui-ci est en outre muni d’un niveau, ce qui permet de le maintenir constamment dans une position invariable.
- Quant au pointage en direction il se donne avec une sûreté étonnante lors même que des obstacles empêchent le pointeur de voir l’objectif.
- Le commandant du groupe détermine les éléments du pointage initial à l’aide de deux petits théodolites extrêmement précis et tout à fait pratiques. Le tir est ensuite rectifié d’après les observations faites par un officier. En trois ou quatre coups, les points de chute sont ramenés dans un rayon de 25 mètres autour du but à battre.
- Un mot, en terminant, sur les effets du tir du 155 R. Un obus de ce calibre pesant 43 kg, chargé
- de 13 kg de mélinite, produit dans le sol un entonnoir de 4 mètres de diamètre et de 1 mètre de profondeur. Ses éclats, ceux des pierres qu’il projette, sont meurtriers dans un rayon de 80 mètres. Enfin le Rimailho a une justesse exceptionnelle jusqu’au delà de 5 kilomètres. L^colonel Cn. B.
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- CANOT AUTOMOBILE INSUBMERSIBLE
- Des expériences du plus haut intérêt ont eu lieu à Londres, sur la Tamise, durant la première semaine d’octobre : elles se recommandent à l’attention des ingénieurs, des sports-men et des sociétés de sauvetage tout à la fois.
- Depuis 2 ou 5 ans, la Royal National Lifeboat Institution (Institut Royal et National de sauvetage) s’efîorçait de stimuler l’activité des inventeurs et constructeurs anglais en leur demandant de perfectionner les modèles de canot de sauvetage actuellement en usage et qui ne répondent pas toujours au courage et à l’esprit de dévouement des sauveteurs. On se rappellera qu’il y a quelques années,
- cet automne par les fameux constructeurs de torpilleurs de haute mer et de yachts à vapeur, MM. John
- Fi”1. 1. — Le canot complètement chaviré, montrant, les détails de la quille.
- J. Thornycroft et O, dont les ateliers, situés à Cbiswick, sont bien connus de tous les Français qui ont visité Londres dans un autre but que le plaisir... ou le changement d’air.
- Décrivons sommairement le nouvel engin, dont l’apparition fera
- Fi<;. 2. — Le Michael-Henry soulevé par un palan.
- un canot lancé au secours d’un navire en perdition sur les côtes anglaises chavira sous le choc d’une lame furibonde et que les malheureux sauveteurs furent presque tous noyés.
- Quand les canots automobiles eurent fait leurs preuves dans des matchs livrés en mer, dans les eaux anglaises ou françaises, la même Société de sauvetage précisa ses desiderata : elle demandait un type de canot mû par un moteur sur lequel l’action des vagues resterait sans effet.
- En d’autres termes, elle cherchait un canot automobile de sauvetage dont le moteur ne fût pas complètement mis hors de service, même après chavirement complet.
- Le défi, car c’en était un en l’espèce, découragea de nombreux chercheurs. Il ne devait être relevé que
- Fiff. 3. — Le canot se couche et le moteur s’arrête.
- date dans les annales de là construction navale.
- Le Michael-Henry, destiné aux sauveteurs du port de Newhaven, ne diffère pas, quant à sa forme apparente, des canots de sauvetage ordinaires ; à quelque distance, on le prendrait pour un canot à
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- rames. Le moteur à pétrole de 4 cylindres, d’une puissance de 2-4 chevaux-vapeur, est enfoncé profondément, et à mi-longueur du bateau, de façon à ne pas gêner les mouvements des rameurs. Le Michael-Henry, en etfet, est d’un système mixte; l'action du moteur s’unit à celle des rames, mais sans les remplacer. Pour employer le propre terme, dont se servit le représentant de la maison Thornycroft en causant avec notre collaborateur, le moteur est Y auxiliaire des rames.
- Les essais auxquels avaient été conviés les dignitaires de la Royal National Lifeboat Institution, ainsi qu’un délégué de l’amirauté et les correspondants de journaux, étaient de différente nature. Ceux qui concernaient la stabilité et la vitesse furent rapidement terminés. Sous la direction du capitaine Nepeau, inspecteur en chef du service des canots de sauvetage, le Michael-Henry fournissait la vitesse prévue, soit 7,5 nœuds, en ne se servant que de son moteur. Pour rendre l’expérience plus décisive, on l’avait muni de tous ses accessoires ; en outre, des sacs de sable représentaient le poids de l'équipage prévu, soit sept hommes.
- Les essais qui suivirent présentèrent un intérêt plus grand. Il s’agissait de voir si la caisse de la machine à combustion interne était imperméable à l’eau, et surtout de prouver que le moteur, ainsi que le demandait l’Institution de Sauvetage, s’arrêterait automatiquement quand le canot serait complètement chaviré, la quille en Pair.
- Il est à peine besoin d’insister sur ce point; on comprend qu’une hélice qui continuerait ses révolutions dans un pareil moment menacerait la vie des matelots et des naufragés, ou, tout au moins, pourrait les blesser. En outre, les cordages courraient le risque de s’enchevêtrer dans les ailes de l’hélice et d’empêcher son fonctionnement. Et c’était avec une certaine anxiété que spectateurs et constructeurs attendaient la dernière partie des essais.
- Disons, sans plus tarder, qu’elle donna entière satisfaction. A l’aide de palans suspendus à la vergue d’un navire, le Michael-Henry fut couché sur le liane, puis, chaviré complètement, ainsi que le montre notre photographie. Dès les débuts de l’opération, c’est-à-dire quand le bateau commença à s’incliner, le moteur, qui fonctionnait une seconde plus tôt à toute vitesse, s’arrêta automatiquement. Et ce fut encore de lui-mcme qu’il se remit en marche dès que le canot eut repris sa position normale.
- L’épreuve fut recommencée une seconde fois, et avec des résultats tout aussi satisfaisants. En somme, ce nouveau canot automobile de sauvetage, qui réalise un progrès incontestable et semble appelé à rendre les plus grands services à la navigation en général, aux sauveteurs et aux naufragés en particulier, fait honneur à ses inventeurs, MM. John J. Thornycroft et Cie.
- I). Lfjjois.
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- LES FORÊTS
- ET L’INDUSTRIE DU BOIS
- en Westralie
- La colonie anglaise de Westralie [ West Auslralia, Westralia), avec ses 2 527 655 km5, couvre, entre 14° et 55° lat. S., une superficie presque égale à 5 fois la France. Cet immense territoire, occupé tardivement (1825), et dont le développement ne date guère que de la découverte des champs d’or de Coolgardie et de Kalgoorlie (1892-1895), est encore imparfaitement connu. Trois régions bien distinctes le constituent : le désert sablonneux ; la brousse (seneb) à plantes épineuses, parmi lesquelles domine le terrible spinifex ou herbe porc-épic (Triodia irritans); enfin la forêt, seule partie exploitable, qui couvre les districts maritimes et toute la pointe Sud-Ouest du Continent. C’est dans les clairières, naturelles ou artificielles, de celte vaste forêt (pie se sont établis les rares colons (recensement de 1901 : 182 555 habitants) et que se pratiquent les cultures (blé, avoine, fourrages, vigne, arbres fruitiers) ainsi que l’industrie pastorale (moulons). Certaines régions en outre, particulièrement le triangle Sud-Occidental, sont très riches en arbres dont le bois ou les gommes, résines et huiles qu’il secrète possèdent une grande valeur commerciale.
- La flore forestière de l’Australie de l’Ouest appartient presque exclusivement aux familles végétales suivantes : Myrlacees (genresEucalyptus, Melaleuca, Agonis), Légumineuses (Acacia), Proteacées (Bank-sia), Gasuarinées (Casuarina), Conifères(Frenela), Sanfalacées (Santalum), Loranlhacées (Nuytsia). Les Eucalyptus sont de beaucoup, comme dans les autres colonies australiennes, les arbres les plus nombreux, les plus caractéristiques et les plus exploités.
- Quatre essences ont, dès aujourd’hui, une importance industrielle et commerciale de premier ordre.
- Ce sont : le jarrah, 1 ekarri, le iuart et le Santal.
- 4° Le jarrah (Eucalyptus marginata, Mahogany gum, acajou australien) est indiscutablement le premier arbre à bois de toute l’Australie. Son nom botanique exprime que le bord épaissi de ses feuilles simule un véritable bourrelet.
- Le jarrah ressemble au végétal connu dans les autres colonies australiennes, sous le nom de stringy-bark. Son écorce est persistante, ce qui est assez rare chez les Eucalyptus ; elle est très fibreuse et de couleur gris sombre. L’arbre en général n’est pas très beau ; sa forme est trop irrégulière. Un jarrah vigoureux et de belle venue n’a pas plus de 10 à 15 m. de hauteur et de 0,75 m. à 1 ra. de diamètre à la base. Mais en certains points ses dimensions sont beaucoup plus considérables. Dans les forêts considéréés comme de première catégorie, il n’est pas rare de rencontrer des jarrahs atteignant une hauteur de 50 m., avec des troncs de 1,50 m. de diamètre et des branches seulement à 10 m. du
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- sol. L’arbre esl bon à être abattu de 40 à 50 ans.
- Le jarrah semble confiné dans la région Sud-Ouest, entre 51° et 55° JaL. S. et 115° et 110° long. E. Greenwich, sur une profondeur de 600 km. Nord-Sud et de 150 Est-Ouest. Les précipitations y varient de 0,85m. à 1 m. On ne le rencon Ire ni dans les districts très secs de l’intérieur ni sur la côte très arrosée. Son habitat favori est le double versant des Darling Ranges.
- La valeur pratique du jarrah réside dans sa résistance à l’action de l’eau et des animaux perforeurs (,larels, termites, etc.) ; en particulier sa résistance aux fourmis blanches est incroyable. Les maisons construites en jarrah sont presque indestructibles et on en a vuen parfait état de conservation pendant près de 100 ans. Le jarrah devient remarquablement dur avec l’àge; il est impossible d’y enfoncer même de gros clous et, quand on le frappe, il résonne comme une cloche. Sa couleur est rouge, il se travaille avec facilité et est susceptible d’un très beau poli.
- Les principaux emplois de cette précieuse essence sont les suivants : pavage, pilotis, jetées, ponts, constructions maritimes, traverses de chemins de fer, poteaux pour les barrières en fil de fer des stations d’élevage, ameublement. 11 rend en particulier de grands services dans les travaux des ports. On conserve à Perl h des pilotis immergés pendant 60 ans; quand on les a retirés ils ne présentaient pas la moindre trace de pourriture. De nombreuses traverses de chemins de fer, posées il y a 25 ans, sont encore aussi bonnes qu’au premier jour. C’est en raison de ces qualités que le jarrah s’exporte aujourd’hui un peu partout.
- Poli, le jarrah ressemble à l’acajou ancien. On en fait des meubles, précieux dans les pays infestés par les termites, des coupes, des boites, etc.
- 2° Le barri (Eucalyptus diversicolor, White g uni) est l’arbre géant de l’Australie Occidentale. Son nom botanique lui a été donné par Ferdinand von Mueller parce que la face inférieure de ses feuilles est beaucoup plus claire que la face supérieure. C’est le plus-bel arbre des forêts australiennes ; à cet égard il surpasse de beaucoup le jarrah. Il pousse remarquablement droit et, jusqu’à une grande hauteur,.est dépourvu de branches. Un bouquet de karris fait songer à des cierges dressés. L’exploitation se fait vers 50 ou 40 ans.
- L’écorce est lisse et d’une couleur jaune blanc; elle n’est pas persistante comme celle du jarrah, elle tombe par écailles chaque année et le tronc présente presque toujours un bel aspect blanc, net et brillant. La hauteur du karri est tout à fait remarquable. Un arbre de'taille moyenne a environ 60 m. de haut; le diamètre à la base atteint 1,20 m. et la première branche se trouve à 40 ou 45 m. Mais il n’est pas rare de rencontrer des spécimens de 90 à 100 m.
- Le domaine géographique du karri s’étend de 54° à 55° lat. S. et de 115° à 118° long. E. Greenwich. C’est la région la plus humide de la partie tempérée de la colonie ; les précipitations y attteignent de 0,90 m. à 1 m. Comme la plupart des Eucalyptus, les karris
- deviennent, près de la mer, fourchus, branchus et irréguliers. Ce fait constitue un obstacle qui augmente sensiblement les frais d’exploitation.
- Le bois du karri est rouge et ressemble beaucoup à celui du jarrah. Il est très dur et très résistant, sans valoir cependant le jarrah pour les constructions souterraines ou sous-marines. 11 est surtout approprié aux travaux de superstructure. On l’emploie pour la construction des wagons et des voitures, le planchéiage des ponts, le parquetage. Il sert aussi beaucoup au pavage des rues de Londres et au boisage des galeries dans les mines sud-africaines.
- 5° Le tuart (Eucalyptus gomphocephala) tire son nom scientifique du rendement et de l’apparence surplombante de l’opercule du calice. C’est un bel arbre à l’écorce gris blanc, droit et bien fourni de feuilles vert clair qui ressemblent à celles du karri ; il atteint parfois une cinquantaine de mètres. Son habitat est surtout la côte entre Perlh et Busselton. Les individus vivent isolés. L’exploitation se fait vers 50 ou 40 ans. Dans plusieurs colonies australiennes on plante le tuart comme arbre monumental.
- Le bois du tuart est très dur, ce qui le rend difficile à travailler, el très résistant. On l’emploie pour la construction des wagons, des butoirs, des supports de machines, des carlingues de navires, des piles de pont, des portes de bassins, pour le charronnage, etc.
- 4° Le Santal (Santalum Cycnorum) est un arbuste dépassant rarement 5 à 6 mètres, branchu, lourdement chargé et portant des branchettes tombantes. On le trouve un peu partout dans l’intérieur, sauf au Sud-Ouest, particulièrement vers Southern Cross, sur la ligne des champs d’or de Coolgardie. On l’exporte par Albany et Fremantle vers Singa-pore et la Chine.
- En dehors du jarrah, du karri, du tuart et du santal, essences de tout premier ordre et d’une valeur que l’on peut qualifier de mondiale, l’Australie occidentale produit une grande quantité d’arbres et d’arbustes, utilisés comme bois ou fournissant divers produits industriels. Nous allons passer rapidement en revue les principaux d’entre eux :
- 1° Le Wandoo, les Gommiers (York gum, Floo-ded gum, Yale gum, Morell gum, Bine gum, Salmon gum, Gimlel gum), le Blackbultel les Pins natifs fournissent surtout des bois de charpente ou d’ébénisterie.
- Le Wandoo (Eucalyptus redunca, white gum) est abondant dans l’intérieur, particulièrement sur les champs d’or de Coolgardie. Avec ses 20 ou 25 m. et son écorce jaunâtre, tachetée et comme pustuleuse, il n’a ni l’aspect majestueux, ni la belle couleur blanche du karri; cet extérieur peu agréable lui vient de la gomme d’un blanc jaune qui suinte de son tronc. Mais son bois clair, dur et résistant, est utilisé pour tous les travaux qui réclament beaucoup de solidité : boisage des galeries de mines, construction des wagons et des butoirs, fabrication des brancards, des jantes, des moyeux, des rayons.
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- Sur les champs d’or plusieurs scieries ont été érigées pour les besoins des mines ; faute d’autres arbres, le wandoo rend ainsi des services auxquels rien ne pourrait suppléer. 11 fera un jour certainement con-
- désertiques de l’intérieur. C’est incontestablement le meilleur bois de charronnage de l’Australie et on commence à l’exporter en quantité à Melbourne. Le Flooded gum est probablement le plus abondant des
- Fig. 1. — Scierie et transport du bois.
- currence au tuart. Somme toute, c’est un arbre de haute valeur et de grand avenir.
- Le groupe des gommiers produit des gommes de
- Eucalyptus australiens; il est indigène dans toutes les colonies. Pourtant, il présente plusieurs variétés et on distingue Y Eucalyptus decipiens, YEuca-
- couleurs et de propriétés diverses ; en outre la plupart d’entre eux fournissent un excellent bois. Le York gum (Eucalyptus loxophleba), sauf que son écorce est sombre et raboteuse, ressemble beaucoup au wandoo, qu’il accompagne dans les régions semi-
- lyptus rudis et Y Eucalyptus rostrata ; son bois est d’un beau rouge et suinte de la gomme également rouge. Le Yate gum (Eucalyptus cornuta, white ironbarlt) abonde dans le district du Sud-Ouest, ainsi que le Morell gum (Eucalyptus longicornis) et
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- LA NATURE.
- le Blue gum (Eucalyptus megacarpa) ; celui-ci tire son nom populaire de sa ressemblance avec l’arbre à gomme bleue de Tasmanie (Eucalyptus qlobulus), si connu dans les pays méditerranéens. Le morell gum a, comme beaucoup d’eucalyptus, un bois très rouge. Contrairement aux arbres précédents, le Salmon gum (Eucalyptus salmonophloia) et le Giuilet gum (Eucalyptus salubris) aflêction-nent les districts secs de l’intérieur et abondent, avec le wandoo et le york gum, sur les champs d’or de Coolgardie. Le premier doit son nom à son écorce grise et légèrement pourprée et le second à l’apparence fortement cannelée ou à l’enroulement en torsade que présente la surface extérieure de son tronc ; ce cas très curieux est unique dans le genre Eucalyptus. A l’exception du gimlet gum, qui est un bois d’ébénisterie, tous les gommiers sont employés à la charpente et au charronnage, en raison de la résistance de leurs fibres et de leur gomme résineuse, qui les empêche de s’altérer dans le sol humide et d’être attaqués par les termites. Les principaux objets construits ou fabriqués avec le bois des gommiers sont : les ponts et ponceaux, les jetées, les pilotis, les membrures de navires, les barrières des stations d’élevage, les traverses de chemins de 1er, les poteaux télégraphiques, les boisages des mines, les instruments agricoles, les manches d’outils, les poulies, les brancards, les jougs, les jantes, rayons, moyeux, etc.
- Le Blackbutt (Eucalyptus païens) a son principal domaine dans l’angle sud-occidental de l’Australie. Son bois de couleur claire, dur et résistant, est particulièrement apprécié pour le pavage.
- Les Pins natifs poussent surtout dans les districts intérieurs, pauvres et sablonneux. Le plus répandu est le pin cyprès (Frenela verrucosa) dont le bois dur, légèrement teinté et d’une odeur agréable, possède le grand avantage d’être absolument inattaquable aux fourmis blanches. C’est pourquoi le gouvernement sud-australien l’a employé pour les (rares et les autres bâtiments du chemin de fer de
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- Port-Darwin à Pine-Creek. On s’en sert également en ébénisterie (meubles, panneaux de portes, lambris, cadres, etc.).
- 2° Le Bed gum, Y Acacia Badjong et le Framboisier constituent un groupe très différent du précédent. Peu estimés, en général, pour leur bois, ils fournissent des gommes, résines, essences et huiles de valeur. On peut, à cet égard, en rapprocher le morell gum, déjà cité, dont les feuilles sont riches en huile.
- Le Bed gum (Eucalyptus calophylla) forme d’immenses forêts au sud-ouest de la Westralie, où son tronc rouge et son feuillage épais en font un des traits caractéristiques du paysage. C’est un des rares eucalyptus qui donnent de l’ombre. Les colons aiment à le planter autour de leurs demeures et récoltent le miel contenu dans ses grandes fleurs blanches. Son bois, sujet aux attaques des termites et sillonné de veines gommeuses, est médiocre et
- n’est utilisable que pour de petits objets. Sa valeur vient de la gomme qu’il secrète et qui possède de grandes qualités pharmaceutiques. En été elle s’écoule en longs rubans rouges du tronc et des maîtresses branches. On la récolte liquide ou sèche et on la vend sur le pied de 625 à 750 lr. la tonne *. Elle sert en Australie à la tannerie.
- Le Badjong (Acacia microbotrya, Watlle gum), arbre des régions sèches, secrète abondamment une gomme aromatique. Accessoirement, son bois assez tendre et bien flexible est utilisé pour la fabrication des douves.
- Le nom de Framboisier désigne vulgairement
- Y Acacia acuminata, dont le bois a l’odeur de la framboise. En le distillant, on obtient une huile parfumée. En raison de sa belle couleur, sombre dans le milieu avec une marge blanche de chaque côté, il est employé dans l’ébénisterie et il sert à fabriquer des pipes et des cannes.
- 5° 11 convient de citer encore tout un groupe d’arbres ou d’arbustes, n’ayant que bien peu de valeur industrielle ou commerciale, mais plus ou moins utilisés comme arbres d’ornement et tenant leur rôle dans l’ensemble du paysage géographique de la Westralie. Ce sont : le Wattle, la Menthe, les Banksias, les Casuarinas, le Malice, le Crimson flowering gum et le Ghristmas bush.
- Le nom de Wattle s’emploie communément en Australie pour désigner n’importe quelle espèce du genre Acacia ; mais on l’applique particulièrement à
- Y Acacia Saligna (d. leiophylla MuelL), qu’on appelle aussi mimosa et dont l'écorce renferme du tanin. Abondant dans le sud-ouest et produisant de magnifiques fleurs jaunes tombant en grappes, il sert comme arbre d’ornement, beaucoup d’avenues dans les villes en sont plantées.
- La Menthe (Agonis flexuosa, Willoiv Myrlle) est un arbre côtier, dont le feuillage épais et retombant et les fleurs blanches qui le couvrent comme de la neige font une belle plante ornementale. Plusieurs avenues à Bunbury, à Busselton et à Perth en sont bordées. On extrait aussi de ses feuilles une. huile antiseptique.
- Les Banksias sont tous de gracieux végétaux. Le Banksia de rivière en particulier (B. verticillata) présente un aspect magnifique quand il est en fleurs, avec ses cônes rouges dressés et ses feuilles vert pâle. Il sert à la décoration des rues et des jardins des villes. En outre, son bois, tendre et légèrement teinté, est utilisé en ébénisterie.
- Les Casuarinas ou She-Oaks (chênes femelles) sont nombreux, surtout au sud-ouest. Leur principal usage est l’ornementation des parcs et jardins. Le C. Fraseriana sert aussi en ébénisterie.
- Le Mallee (Eucalyptus oleosa), riche, d’après F. von Mueller, en une huile encore inexploitée,
- 1 La tonne, dont il est ici question, est la tonne anglaise de 1015,7056 kg. Elle se divise en 2240 livres-avoir-du-poùis, valant 453,44 gr.
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- abonde dans les fourrés de l’Australie intérieure. Sur les frontières de Sud-Auslralie, il forme une brousse diflicile à franchir (Malle-Scrub). Dans la même région, une variété demallee, le lied flowering Malice ( Encah/pluspgriformis), consLitucdesfourrés nains, mais qui sont cependant rendus très beaux par ses grandes Heurs rouges, largement épanouies.
- Le (Jrivison flowering gum (Eucalyptus ficifolia) est sans conteste le plus joli arbre à Heurs de la Westralie. Il n’a du reste qu’une valeur purement ornementale.
- Le Chrislmas bush (Nuytsia floribunda) est admirablement lleuri vers la fin de l’année, circonstance qui lui a fait donner son nom populaire. Les Heurs, d’une couleur orange vif et tombant en grappes, sont magnifiques.
- Il faut faire une place à part au Melaleuca Leu-eodendron, appelé vulgairement paper bark. Son écorce, composée de plusieurs couches ayant la consistance du papier, sert à l’empaquetage des fruits destinés à l’exportation.
- L’idée de la valeur forestière de l’Australie occidentale ne remonte qu’à une date assez récente. Auparavant on croyait plutôt que les forêts ne seraient jamais qu’une gêne pour la colonisation et les concessions de terre en terrain boisé se donnaient pour rien.
- Tout cela a bien changé aujourd’hui. De nombreuses Sociétés Limited se sont fondées et d’abondants capitaux, en augmentation chaque année, sont consacrés à l’industrie forestière.
- Sans doute, sur l’immense territoire, si peu peuplé, de la Westralie, les obstacles à l’exploitation régulière des bois sont considérables. La côte est pauvre en beaux arbres et les forêts riches sont parfois à de grandes distances dans l’intérieur. La main-d’œuvre est rare et chère, les approvisionnements sont difficiles et coûteux, surtout les voies d’accès et de débouché font défaut; il y a peu de lignes de chemins de fer et on peut dire qu’aucune rivière n’est navigable. Les Compagnies forestières ont dû faire établir à leurs frais de nombreuses lignes de tramways (log-tramways). Partout ailleurs le transport des bois doit se faire au moyen d’attelages qui sont formés de 6, 8, 10 paires de bœufs ou chevaux.
- Par contre, les forêts de l’Australie occidentale offrent aux exploitants certains avantages. La plupart des essences utiles (commerçai tinibers) affectent la disposition que les forestiers australiens appellent grégaire (gregarious), ce qui veut dire que, sur de grandes étendues, on ne trouve que la même sorte d’arbres. C’est ainsi que tout le district du sud-ouest est un vaste bois composé, suivant les points, de red gums ou bien de jarrahs et de karris mélangés et que, sur les champs d’or, s’étend une immense forêt de wandoo, de york gum, de salmon gum et de gimlet gum. On comprend dès lors très facilement combien cette disposition naturelle
- permet de diminuer notablement les frais d’exploitation.
- Le gouvernement xveslralien a fait de son côté les efforts les plus méritoires pour développer une industrie qui sera un jour vitale pour le pays. Il a créé une Direction des P>ois et Forêts; il donne à peu près gratuitement les concessions forestières, estimant que les droits de douane payés par les objets importés en paiement des bois suffiront à l’indemniser de ses frais; sur les railways, qui appartiennent presque tous à T Liât, il favorise les transporteurs de tarifs exceptionnellement avantageux ; il a même fait construire plusieurs lignes de chemins de fer dont pendant longtemps le seul trafic important sera celui du bois.
- Actuellement, les concessions forestières, qui ne sont d’ailleurs pas toutes exploitées, s’étendent sur 20400000 acres (environ 8 160000 hectares, soit 15,5 pour 100 du territoire français). La plupart sont situées dans le district sud-ouest et le jarrah à lui seul couvre 1 /5 de la superficie concédée. Plusieurs de ces domaines dépassent 100 000 acres (approximativement 40 000 hectares). Certaines réserves ont été établies pour permettre aux sections déjà exploitées de se reconstituer; la révision de la lisle des réserves est faite régulièrement tous les deux ans.
- D’après une statistique officielle publiée en 1900, après une enquête approfondie, l’industrie forestière est représentée en Westralie par 2580 hommes (ce qui représente, avec leurs familles, 8 à 10 000 personnes vivant de cette industrie, soit 1/20 de la population) par 1847 chevaux et bœufs, 40 scieries d’une puissance de 2254 chevaux-vapeur, 402 km. de trams ou railways privés, 25 millions de francs de matériel (scieries, bâtiments divers, railways et trams, locomotives, wagons et wagonnets, bétail, etc.). Le produit de l’exploitation en 1899 a atteint 50 millions. Et il est presque certain que ces chiffres auront encore été de beaucoup dépassés.
- L’Australie occidentale devient chaque jour davantage un pays exportateur de bois. Les diverses colonies australasiennes, l’Europe et surtout l’Angleterre, l’Amérique, l’Inde, l’Afrique du Sud, la Chine et le Japon en reçoivent de grandes quantités. Il faut noter que ce bois sert surtout à l’étranger pour les constructions maritimes, les mines et le pavage.
- Il n’y a pas de doute que, dans notre monde où le bois s’épuise rapidement, l’Australie occidentale ne soit destinée à devenir une des grandes réserves forestières de l’avenir. Déjà on travaille au reboisement des parties exploitées trop vite et d’une manière trop peu méthodique. La pépinière gouvernementale de Drakesbrook s’efforce même, depuis quelques années, d’introduire en Westralie des essences européennes ou américaines susceptibles de s’y bien développer. Paul Privat-Desckanel.
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- LA FABRICATION DES CONSERVES ALIMENTAIRES
- Bien que les moyens de transport se soient étrangement perfectionnés, et permettent d’apporter dans telle région les produits qui surabondent dans telle autre; bien que la frigorification donne maintenant le moyen de conserver bien longtemps à l’état frais et sans préparation telle substance alimentaire; il s’en faut de beaucoup que l’industrie des conserves alimentaires ait perdu de son importance. Quoique la découverte d’Appert, qui était un réel précurseur des théories microbiennes, ait subi des modifications importantes, on doit dire que c’est toujours le pro-
- de conserves par an, dont plus de 8 millions dans cette région parisienne dont nous visiterons tout à l’heure une usine; parmi les autres régions françaises où l’on fait de la conserve, et en dehors de celle de Nantes, qui se livre surtout à la conserve de sardine, nous citerons d’un mot Bordeaux et ses environs, le Mans, le Périgord, certains pays méridionaux et la Lorraine. Pour ce qui est de la Confédération américaine, la production annuelle y est certainement de plus de 700 millions de boîtes. On sait, par les scandales notamment auxquels elles
- Fig. 1. — Le triage et la mise en boites.
- cédé Appert qui met à notre disposition, hors de saison, une foule de légumes ou de fruits; qui assure la consommation à bon compte, dans des pays peu privilégiés, de poissons, de viandes, de produits particulièrement abondants dans certaines contrées. Créée en France, la conserve (pour employer le mot générique) ne pouvait manquer de se développer partout où il y avait surabondance d’aliments; aussi n’avons-nous pas l’ambition de passer en revue tous les pays où cette industrie s’est répandue, depuis l’Espagne ou l’Angleterre jusqu’à la France ou les États-Unis. Toutefois, c’est la France et la Confédération américaine qui tiennent la première place en la matière, l’une par l’excellence de sa fabrication, l’autre par la production énorme à laquelle elle se livre. Et, bien que nous ayons perdu le quasi-monopole de fait dont nous jouissions autrefois, notre pays produit au moins 120 millions de boîtes
- ont donné lieu, la place que tiennent dans la fabrication, et aussi dans la consommation américaines, les conserves de viandes de Chicago et d’ailleurs. On met tout en conserve aux Etats-Unis, où les ménagères aiment bien la cuisine toute faite, depuis les huîtres et les coquillages, jusqu’au saumon, aux fruits et au maïs. Sans vouloir décrier la fabrication américaine, qui souvent fournit d’excellents fruits par exemple, on doit reconnaître que, le plus fréquemment, les produits yankees sont faits pour les palais peu délicats. Quant aux conserves de viandes, ce sont les industriels américains qui en ont été les vrais initiateurs, alors qu’elles jouent un rôle assez modeste dans nos usines françaises. Aussi bien, nous voudrions nous occuper plutôt ici de la conserve des légumes, telle que nous l’avons vu se faire dans une des plus grandes maisons du genre, la maison Félix Potin, qui fabrique directement pour
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- ses énormes magasins de veille dans toutes les villes.
- D’une façon générale, la technique suivie pour les diverses matières alimentaires se ressemble beaucoup, et nous pouvons rapidement indiquer les principes généraux. Pour arriver à ce que légumes, fruits, etc., se maintiennent en bon état de conservation, il faut qu’ils soient soumis à la stérilisation dans un récipient absolument étanche où ne pourra pas se produire une rentrée d’air ramenant de nouveaux germes, après que la stérilisation a détruit ceux qui existaient primitivement. Du reste, la conserve subit souvent une cuisson véritable, en dehors de la stérilisation, pour que le consommateur se trouve en présence d’un aliment tout cuit, de préparation culinaire pour ainsi dire instantanée. On comprend que le récipient, la boîte, doit présenter des propriétés particulières d’étanchéité. Le plus généralement, on emploie la boîte de fer-blanc, qui est résistante aux chocs, et qui se ferme facilement, soit par simple sertissage, avec interposition ou non d’une matière malléable assurant un meilleur joint, soit par soudure, et qui, de plus, coûte fort bon marché; le flacon de verre présente les défauts inverses, mais il ne se laisse jamais attaquer par le contenu. Ce serait tout un matériel des plus intéressants à étudier que celui qui sert à la fabrication
- Fig. 2. — Le traitement des framboises.
- du corps cylindrique, et aussi des fonds emboutis des boîtes, en même temps que pour la soudure mécanique ou la fermeture à la machine; nous nous contenterons de dire un mot tout à l’heure de la machine très simple qui est employée dans les usines Potin. On a du reste inventé un nombre considérable de modes de fermeture. Pour ce qui est de
- la stérilisation des conserves, elle se fait par chauffage aune température comprise entre 100 et 120°, la durée et aussi la température variant d’après les substances à conserver et la grosseur des boîtes; les hautes températures ont du moins cet avantage de réduire considérablement la durée de l’opération.
- Fig. 5. — L’écossage mécanique des pois.
- Généralement, on recourt à un autoclave cylindrique, les boîtes étant placées dans un panier cylindrique qu’on descend dans le cylindre ; la fermeture se fait au moyen d’un couvercle à charnière, et le chauffage est assuré par un serpentin disposé au fond de l’appareil. À la sortie, les boîtes ont leurs extrémités bombées par suite de la dilatation du contenu, mais au refroidissement les deux fonds doivent prendre une légère concavité. S’il survenait ensuite un bombage, c’est que des gaz se produiraient et que la conserve se décomposerait partiellement. 11 est rare qu’on élimine l’air de la boîte au moment de la stérilisation, ce qu’on fait au moyen d’un petit trou percé dans le couvercle et qu’on referme au moment où sort de la vapeur de la boîte, chauffée sans être immergée complètement. Mais, après celte description, faisons une visite à une de ces usines alimentaires. Il faut s’y rendre du commencement de la saison des asperges à la fin de septembre, c’est-à-dire pendant les mois où les maraîchers peuvent fournir des fruits ou des légumes susceptibles d’être mis en conserve. Nous voici au milieu des petits pois ; les maraîchers ont apporté,
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- durant toute la nuit, des pois que l’on emmagasine au premier étage des batiments ; on jette leur contenu dans la trémie supérieure de l’appareil à écosser, où se tient un homme; si les arrivées se ralentissent, on fait descendre des pois du magasin par un conduit ad hoc. Les cosses pleines tombent toutes dans un cylindre perforé allongé suivant l’axe de la machine, où des batteurs disposés sur un arbre central viennent les projeter contre les parois du cylindre; sous ce choc, la cosse s’ouvre et les grains se détachent tous. Et tandis que les cosses vides tombent à un bout de la machine, où on les reprend pour les expédier chez les éleveurs de bestiaux, les grains glissent par l’ouverture longitudinale qu’on voit à la partie inférieure de l’appareil, en rencontrant une toile sans lin qu’une ouvrière mouille constamment, et qui remonte en sens inverse du mouvement des pois ; elle retient toutes les impuretés, les débris, qui se déchargent par derrière. Les pois, eux, tombent dans une sorte d’auge en bois placée devant le bas de la machine ; ils sont repris et livrés à un cylindre présentant des toiles métalliques à perforations de diamètre variable, qui classe les pois en gros, moyens, lins. Le rendement d’une machine à écosser atteint le chiffre énorme de 750 kg à l’heure.
- Parfois, les pois sont cuits ù l’étouffé, dans des marmites qui en contiennent 80 kg, et ils sont mis ensuite en boîte pour être soumis à la stérilisation ; parfois ils sont au naturel, simplement stérilisés après lavage et mise en boite. Tout cela se fait avec une rapidité surprenante qu’explique la pratique. Plus curieux encore, c’est l’habileté des soudeurs qui ferment au fer les grandes boîtes, et la vitesse extraordinaire avec laquelle l’ouvrier sertisseur sertit le couvercle des boites qu’on lui apporte. Ce sertissage est fait par des rouleaux tournant avec une rapidité vertigineuse, et qu’il approche successivement, et en trois passes, du bord du couvercle; ils rabattent et scellent pour ainsi dire le rebord du couvercle embouti qui se trouvait simplement placé sur l’ouverture de la boîte pleine de pois.
- La mise en boîte des autres légumes ou des fruits ressemble à ce que nous venons d’indiquer pour les pois. Mais ce que l’on veut conserver, c’est le jus, qui servira ultérieurement, quand la saison productrice est finie et que l’on n’a plus de fruits frais à traiter, à faire des gelées de framboises et aussi des sirops. Ce jus s’extrait à froid par pression, et à l’aide d’un traitement double, à cause de l’ente-tement que le fruit met à ne point se laisser écraser et à abandonner son jus. On le charge d’abord en vrac dans des treuils ù vin, ou à peu près, d’où il s’échappe une certaine quantité de jus. Mais le marc en renferme encore une proportion considérable, et, dans la masse, on trouve un grand nombre de fruits qui sont demeurés entiers, en dépit de l’énorme pression exercée par la vis du treuil, et comme conséquence de l’élasticité du fruit placé au milieu d’autres fruits semblables. Aussi ce marc
- est-il repris, disposé par couches dans des poches en toile, ces couches étant séparées par des sortes de matelas de paille; le tout est disposé sous une presse hydraulique, et c’est seulement ainsi qu’on tire des framboises la plus grande partie du jus qu’elles contiennent. Quand elles sortent de ce traitement, elles sont reprises encore une fois et traitées par l'alcool pour donner des alcoolats destinés à la parfumerie ou à la confiserie.
- Multiples sont les opérations secondaires qui se poursuivent pendant la « saison » dans une usine de. conserves, au milieu d’une bâte fébrile, parce que l’on ne peut travailler qu’au moment où la matière première donne, période bien courte, quand il s’agit de fruits et de légumes. Daniix Bi:li.i:t.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 novembre 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Altérations organiques occasionnées par l'insolation. — M. Laveran présente une Note de M. Marinesco exposant les recherches expérimentales de l’auteur, relative aux altérations de l’organisme sous l’inlluence de l’insolation. 11 a exposé au soleil de jeunes animaux, chiens, chats, cobayes, lapins, pendant l’été de 1905 et pendant celui de 190(3. Tous les animaux succombaient après une heure d’exposition en moyenne; leur température rectale atteignait 47°. A l’examen microscopique il a toujours trouvé des lésions profondes dans les cellules nerveuses de Taxe cérébro-spinal. Les éléments chroma-tophiles ne peuvent plus être décelés dans les différentes espèces cellulaires ; avec un fort grossissement on découvre des granulations fines disséminées dans le corps cellulaire; la lésion parait plus accusée à la périphérie de la cellule et son contour est parfois déchiré ou déchiqueté. Le noyau est tuméfié. Dans les cas de lésions plus intenses il se produit une espèce de désorganisation plus sensible à la périphérie, qui donne naissance à des vacuoles. Les neurofibrilles résistent mieux à l’action de l’insolation. En résumé, l’hyperthermie, comme l’insolation, supprime les phénomènes de la vie de la cellule nerveuse peut-être par la coagulation de la neuroglobuline à la température de 47°. Les expériences de M. Marinesco s’accordent avec celles effectuées par MM. P. Regnard et Laveran, en 1894, sur le phénomène du coup de chaleur.
- Un nouveau toxique végétal. — M. Maquenne présente une Note de M. Gabriel Bertrand relative à un nouveau toxique végétal, la vicianine, contenu dans la graine d’une plante sauvage de nos pays, la vesce sauvage. On a tenté cette année l’utilisation de cette plante pour la nourriture du bétail. M. G. Bertrand montre que la vicianine se décompose en donnant environ 7 1/2 pour 100 de son poids d’acide cyanhydrique quand les graines sont mâchées ou broyées au contact de l’eau. Une telle production d’un toxique aussi violent doit faire proscrire de l’alimentation du bétail la graine de vesce sauvage.
- Uaudition chez les poissons. — M. Yves Delage résume un travail de M. Murage concernant l’audition chez les poissons. La question est très controversée; les expériences sont d’ailleurs très difficiles à organiser efficacement, car si les animaux sont dans des bacs on peut
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- objecter que le sou est réfléchi par les parois et que. l’animal, ne sachant dès lors d’où, vient la vibration, n’est h'cité à l'aire aucun mouvement de fuite. Si les poissons sont à l’état libre, les expériences sont encore plus difficiles à instituer, mais on a l’opinion des pêcheurs qui résout affirmativement la question des facultés auditives des poissons. M. Marage a employé connue source de bruit les voyelles synthétiques ou, a, e, i, o, émises sur des notes comprises dans l’intervalle de quatre octaves (nia à ulu) avec une énergie capable d'impressionner les sourds-muets regardés comme des sourds complets. De plus, le son était conduit dans l’intérieur du liquide par l’intermédiaire d’un tube de caoutchouc muni d’une membrane vibrante, de manière à laisser passer les vibrations tout en interceptant la sortie de l’air. Les expériences ont été effectuées sur des animaux en captivité et sur des animaux à l’état de liberté. Dans ce dernier cas un plongeur, installé à 80 mètres, entendait et distinguait parfaitement tous les sons émis par la sirène à voyelles. Jamais les vibrations n’ont paru exercer aucune impression sur les poissons. Or, si l’on considère combien un son émis dans l’atmosphère passe diffi-' ileinent dans l’eau à cause de la réflexion qui se produit à la surface du liquide, on comprendra aisément que les paroles prononcées par les pécheurs ne doivent pas exercer une influence appréciable sur les poissons. Mais il faut se rappeler que si ces animaux entendent peu ou point, ils ont en revanche la vue et le tact très développés.
- Croissance des fausses plantes. — M. d’Arsonval résume un travail de M. Stéphan Leduc relatif à un cas de multiplication de cellules artificielles. L’auteur constitue une fausse graine; c’est un globule de sulfate de cuivre et de sucre. Il sème cette fausse graine sur une plaque de gélatine additionnée de ferrocyanure de potassium et d’un peu de chlorure de sodium. Peu après le globule est le point de départ d’une pseudo-plante et qui, dans certains cas, peut atteindre la dimension de (),o() m. L’auteur montre de nombreuses photographies de ces pseudo-plantes; il fait même circuler plusieurs tubes qui en contiennent des spécimens avant 12 à 15 centimètres de longueur. On se trouve donc en présence de cellules artificielles qui se sont organisées successivement avec les éléments du support de manière à donner l’impression de la croissance. Comme les véritables plantes, la pseudo-plante est sensible à la lumière et à la chaleur. On observe, qu’en répétant des conditions de chaleur et de lumière identiques, on provoque la production de pseudo-plantes de formes constantes. Enfin, par une analogie curieuse, les pseudo-plantes sont sensibles à l’action de certains toxiques et anesthésiques.
- Nouvel eudiomèlrc. — M. le professeur Gréhant du Muséum donne lecture d’une description d’un nouvel eudiomètre de son invention, qui est constitué par une cloche graduée fixe. Tantôt il fait passer en une seule fois un courant d’accumulateurs, tantôt il fait passer des centaines de fois le môme courant et transforme T eudiomètre en grisoumètre. Comme application M. Gréhant termine sa communication en démontrant que pour de faibles pro-protions d’oxyde de carbone dans l’air, la quantité de gaz combustible absorbée par 100 cm3 de sang, au bout de 5 heures et de 9 heures, dans un mélange à 1/5000, s’élève à 5,1 cm3 et dans un mélange au 1/10 000 à 1,42 cm3. L’auteur opère un rapprochement entre les résultats obtenus pour l’oxyde de carbone et ceux obtenus pour l’empoisonnement par l’alcool. Ch. de Viuædeuil.
- LE FAHAKA
- Parmi les poissons qui vivent dans le Nil, l’un des plus curieux est un pleelognathe de la famille des Gymnodontes, genre létrodon. Les Arabes l’appellent fahaka ; les Grecs et les Romains le connaissaient sous le nom de plnjsa. C’est le télraodon linealus de Linné.
- Son corps, de lorme oblongue à l’état normal (lig. 1J n’excède pas 50 cm. de longueur. Sauf la région abdominale, hérissée de nombreux piquants, dirigés d’avant en arrière, toutes ses parties sont couvertes d’une humeur visqueuse. Ce poisson a une grosse tête, un large front, des yeux saillants; ses nageoires, la dorsale et l’anale, opposées l’une à l’autre, sont petites, circulaires, transparentes, la caudale est plus grande et d’un jaune orangé. Les mâchoires, formées d’une matière éburnéenne assez dure pour faire feu au briquet, possèdent une suture médiane divisant chacune d’elles en deux parties d’où le nom de tétrodon ou plutôt télraodon, quatre dents1, donné à ce genre d’individus.
- Le fahaka est en outre remarquable par l’éclat de ses teintes et leur harmonie. R’un bleu noirâtre sur le dos, il a les flancs rayés de bleu et d’orangé, le ventre jaunâtre, la gorge d’un blanc de neige.
- Ce curieux animal possède la singulière particularité de pouvoir se gonller comme un ballon en absorbant une grande quantité d’air, laquelle s’accumule dans une poche placée sous l’abdomen et communiquant avec la cavité des branchies. 11 nage à la manière des autres poissons, toutefois quand un danger le menace, il monte rapidement aspirer l’air à la surface de l'eau. Bientôt la région ventrale se développe d’une façon considérable jusqu’à acquérir un volume supérieur à celui des autres parties du corps, mais infiniment plus léger (fig. 2). Dès lors, le poids du dos venant à l’emporter, le poisson bascule et flotte le ventre en l’air, au gré des vents et des vagues. Continuant à se gonller,
- 1 aspect général olïrc celui d’un globe hérissé de dards aigus très dangereux. Cette métamorphose est le seul moyen de défense du fahaka ; ainsi transformé, les aiguillons se dressent de toutes parts dans un état constant d’agitation, menaçant quiconque oserait le saisir. Garanti de la sorte, peu de poissons cherchent à s’en emparer; aussi, après l’avoir chassé un instant, ne tardent-ils point à abandonner leur poursuite. Une fois le danger passé, le fahaka laisse échapper l’air en produisant un léger sifflement ; il se dégonfle peu à peu, et, revenu à son état normal, il peut à nouveau user de ses nageoires pour se diriger. Outre ses aiguillons, il se défend en mordant avec rage.
- On trouve le fahaka dans certains fleuves de 1 ouest de 1 Afrique, mais plus particulièrement dans le Nil où il se montre surtout à l’époque des
- 1 Du grec tbtpa, quatre; oôuiv, dent.
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- LA NATURE.
- grandes des catar
- eaux. Entraîné par le courant, d’au delà actes1, il est dispersé dans les golfes et les
- minutes, le second au bout de vingt minutes1. De semblables effets, produits par des espèces marines, nourries sans doute de certains polypes ou de médusaires, ne pourraient point, semble-t-il, être imputés au tétro-don fahaka. Si ses œufs passent pour vénéneux, sa chair, mangée, durant plusieurs semaines de suite, par les habitants les
- Fig. 1. — Le fahaka.
- canaux, créés par l’inondation, où il ne tarde pas à se multiplier rapidement. Là se croyant en pleine sécurité, il apparaît souvent à fleur d’eau.
- Quand arrive le retrait du fleuve, la plus grande partie de ces animaux reste abandonnée au milieu des terres où elle forme des amoncellements assez considérables pour nourrir non seulement la population des campagnes avoisinantes, mais encore une multitude d’oiseaux de toute sorte, attirés par cette proie abondante.
- Petits et grands se réjouissent de leur arrivée. Les enfants jouent avec eux chassant de tous côtés ces sphères renversées sur l’eau; ils s’amusent à les crever ou s’en servent comme de ballons lorsqu’elles sont sèches2.
- Quelques té-trodons ont des propriétés toxiques susceptibles d’occasionner la mort par empoisonnement.
- Entre autres exemples, on cite celui de deux matelots américains qui, voulant expérimenter sur eux-mêmes la violence de ce poison, mangèrent le foie d’un tétrodon du Gap et moururent, le premier au bout de dix-sept
- 1 Le fahak remonte parfois de la Méditerranée dans le Nil où on l’observe alors avec beaucoup d’abondance. JJiiehm, les Poissons. Le Fahak ou Fakalka, Irad. franc., p. b96.
- 2 Descrip. de l’Égypte. Hist. nat. des poiss., par Geoffhoy Sai.vi-IIilaihe; t. XXIV, p. 20 et suiv. Allas, PI. I, n° 1.
- Fig. 3. — Fahaka d’après un bas-relief de Deïr-el-Bahari.
- Fig. 2. — Fahaka en étal de défense.
- plus pauvres des bords du Nil, n’a encore provoqué aucun accident grave dû à l’usage de cette nourriture.
- Jusqu’à présent, rien ne permet d’établir si le fahaka a joué un rôle quelconque dans les vieux mythes de l’Égypte ; mais nous n’en avons pas moins son image, deux fois reproduite, sur les parois du temple de Deïr-el-Baha-ri. Les couleurs ont disparu ; toutefois l’aspect général du poisson, la place qu’occupent les yeux, la disposition, l’une par rapport à l’autre, de la dorsale et de l’anale, la caudale entièrement distincte
- de la queue, tout nous révèle, chez l’artiste pharaonique, une parfaite connaissance de son sujet (fig. 5).
- . P. Hippolyte Boüssac.
- 1 Fonssagrives, Traité d’hygiène navale, 2e cd., 1877, p. 633.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie. Lauuue, rue de Fieurus, 9.
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- N" 1750. — 8 DÉCEMBRE 1906.
- LA NATURE.
- LE DIEU VIVANT DES SAIOTES
- La race des Saïotes habite une partie de la Mongolie septentrionale, que la chaîne des Saïans sépare de la Sibérie, et elle s’étend sur un territoire de plus de 120 000 verstes carrées qui relève administrativement du gouverneur mongol de Ouliasoutaï. Cette race se rattache, par les traits de la physionomie, à la race mongolique ; on pense qu’elle a dû former à l’origine une même famille avec les Bouriales du Baï-kal et les lval-mouk des Altaï, chez lesquels on trouve beaucoup de pratiques communes et une grande similitude de langage.
- Situé en dehors des grandes voies asiatiques, le pays des Saïotes a été longtemps ignoré et, jusqu’à la fin de 1905, aucun Européen autre que les Busses n’y avait pénétré. À ce moment, cette contrée fut visitée par un ingénieur français,
- M. Chalon, qui en a étudié les ressources minières et a rapporté de curieuses observations sur les mœurs de ses habitants.
- Les Russes avaient commencé, avant la guerre qui leur lut fatale, à absorber le pays des Saïotes, dans lequel ils avaient trouvé un accès par le haut Iéniséi. C’est de ce pays que, par les deux branches du Beikem et du Koua-kem, sort le grand fleuve qui y porte le nom d’Ou-loukem. Les Russes avaient établi des factoreries chez les Saïotes, ils avaient commencé à exploiter les mines de la région et ils avaient étendu leur influence politique et commerciale jusqu’à Kobdo, Ouliasoutaï et Ourga, quand leur défaite a amené un revirement complet dans les dispositions des Saïotes à leur égard. Leur gouverneur, ou naïone, qui jadis tremblait devant les Russes et les laissait s’immiscer dans les affaires du pays, est devenu un
- fonctionnaire autoritaire et despotique et n’a pas craint d’interdire aux Russes, en même temps qu’à tout étranger, d’entrer sur son territoire. L’ingénieur du district de Minousinsk, qui avait voulu y excur-sionner avec une vingtaine de cosaques, a été obligé de rebrousser chemin précipitamment.
- Les factoreries qui avaient été fondées ont dû être abandonnées et ce pays, que les Russes se croyaient
- sur le point d’annexer, est aujourd’hui un pays fermé. Nous apprenons aussi qu’un ingénieur français, bien connu pour sa participation à l’expédition Charcot dans les régions antarctiques, M. Pléneau, n’a pu parcourir la vallée de la Ivemtchik, et qu’il a dû, malgré les recommandations que lui avait données M. Chalon , quitter le pays, devant les menaces du tout puissant naïone.
- On doit regretter d’autant plus ce changement dans l’état d'esprit des Saïotes que les richesses minérales de la contrée peuvent avoir quelque intérêt. M. Chalon y a signalé des minerais de fer et de cuivre, des quartz aurifères, de l’asbeste, des pierres de construction, des pierres à chaux et à plâtre, du sel gemme.
- Les Saïotes ont pour principale ressource l’élevage. C’est un peuple nomade et chasseur, qui se nourrit de thé, de laitage, de graisse et de viandes hachées. Ils portent des vêtements en peau de mouton.
- Quoique bouddhistes, ils ont des pratiques superstitieuses et fétichistes, auxquelles président les chamanes ou sorciers. Suivant une théorie propre au bouddhisme, ils admettent l’existence de dieux vivants, incarnations de Bouddha, qu’ils tiennent
- Le dieu vivant des Saïotes.
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- LA NATURE.
- en grande vénération. Le guiguiène, ou dieu vivanl, dont nous donnons ici le portrait d’après une curieuse photographie communiquée par M. Chalon, parcourait le pays des Saïoles au moment où ce voyageur s’y trouvait lui-même. Le guiguiène recevait, les jambes croisées sur de riches coussins ; il était coillê
- d’un haut bonnet jaune et tenait un chapelet à la main. Les lidèles s’approchaient humblement et lui remettaient leurs olï'randes. A Djiacoul, les présents qu’il avait reçus représentaient plus de 5000 roubles.
- Gustave Hkgki.spbrgek.
- LA FAUNE DU CAP DE BONNE-ESPÉRANCE AU XVIIe SIÈCLE
- Mais les deux espèces de carnassiers, contre lesquels les
- L’élevage du bétail constitua l’occupation principale des Européens cpii colonisèrent le Cap de Bonne-Espérance pendant la seconde moitié du xvu° siècle. Les fonctionnaires de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, laquelle s’était attribué ce point du globe, puis les colons libres créèrent des parcs à bestiaux et des bergeries, à proximité de la forteresse fondée en avril 1052, sur le rivage de la baie de la Table, à la baie de Saldanha, à Hottentots Holland et ultérieure-ment aux lieux nommés Stellen-boseh et Draken-stein (carte 1). Mau ils rencontrèrent des adversaires imprévus : les bêtes fauves. Autour des troupeaux, les carnassiers rôdaient constamment, et les documents de l’époque contiennent des preuves multiples de la lutte que les premiers pionniers eu-rent à soutenir contre ces pillards redoutables1.
- Les civettes, ces petits quadrupèdes qui ressemblent à des martres et qui portent des glandes secrétant une substance à forte odeur de musc, étaient si nombreuses autour du fort du Cap, qu’on avait peine à défendre les oies, les canards et les pigeons de leurs attaques. Un jour même, le 12 juin 1055, l’une d’elles poussa l’audace jusqu’à s’introduire dans la chambre du gouverneur de la colonie, le commandeur Johan van Riebeeck.
- Des loups, « d’horribles loups », ainsi que ne manquent jamais de les qualifier les rédacteurs des documents, pénètrent aussi dans les parcs à bétail.
- 1 Tous les laits cités dans celle élude soûl extraits des .« l'recis ol‘ tlie Archives of the Cape of Coud Hope », collection de documents publiés au Cap par M. H. C. V. Leibbrandt.
- Européens eurent principalement à se défendre, furent les lions et les panthères. D’un grand nombre de faits, détachons quelques exemples. Le 10 juin 1050, le commandeur van Riebeeck se promenait dans son jardin; tout à coup un lion bondit à 40 mètres, puis s’en alla d’ailleurs fort tranquillement. Mais habituellement les lions étaient moins inoffensifs-. Le 27 octobre 1058, une vache est enlevée au colon Jan Rey-n i e r s z o o n ; le 15 août 1005 deux bœufs de trait appartenant aux attelages de la Compagnie (car dès l’origine les Européens du Cap se servirent des chariots, actuellement encore en usage parmi les Boers) sont dévorés. Le 28octobre,lel7 novembre, le 11 dé-cembre de la même année, des bœufs et des vaches sont attaqués par des lions. Le 22 juin 10 71, le colon Wouter Mostaert se voit ravir en plein jour deux de ses meilleures bêtes à cornes et le 25 septembre trois lions se jettent sur son troupeau et entraînent chacun un mouton. En septembre 1072, le troupeau que la Compagnie entretenait près de la baie de Saldanha est ravagé par deux lions, qui, en deux jours, tuent cinq moutons et trois bœufs.
- Les panthères, que les Hollandais, par analogie avec les animaux qu’ils avaient appris à connaître dans les Indes orientales, désignaient à tort sous le nom de « tigres », ne le cédaient pas aux lions en audace. Le 2 mai 1055, elles pratiquent un trou dans le mur de la bergerie du fort et tuent six moutons. Le 28 avril 1004,14 moutons, appartenant au colon Jacob Rosendaal, sont -égorgés. Le
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- Le Cap de Bonne-Espérance au xvii” siècle.
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- LA NATURE.
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- 5 octobre 1609, une panthère tue 25 moutons et une autre 9, le 50 septembre 1071.
- A nous, qui habitons un pays dans lequel on n’a rien à redouter des hèles sauvages, ces faits divers peuvent paraître d’importance minime. Mais il faut se représenter l’état précaire de la petite communauté européenne isolée, au xvu° siècle, à l’extrémité de l’Afrique. Le bétail constituait le meilleur de son avoir et pour le colon Rosendaal ou Revnierszoon, la destruction de quelques bœufs ou de quelques moutons par un carnassier représentait une grosse perte.
- S’ils s’en prenaient de préférence au bétail, les fauves n’hésitaient cependant pas à attaquer l’homme, quand celui-ci prétendait leur disputer leur proie. Le 18 avril 1007, deux panthères se jettent sur le berger Jan Staels, pendant qu’il gardait ses moutons au pied du mont de la Table, et lui déchirent le liras et la main gauche, blessures (pii furent mortelles. Le ‘20 septembre 1009 le berger Barlel Rarentse est grièvement mordu par une panthère et le ‘29 avril 1074 le berger Stenkes est tué par un lion.
- Cependant si les fauves faisaient fréquemment des irruptions heureuses au milieu des troupeaux, ils étaient parfois obligés de reculer devant les bestiaux, qui se formaient en demi-cercle, les cornes menaçantes, protégeant les veaux groupés par derrière.
- Plus souvent encore ils étaient reçus par les colons ou leurs bergers à coups de mousquet et payaient leur audace de la vie. Le gouvernement en encourageait la chasse et allouait par bète abattue une prime de 10 à ‘25 florins.
- Dans les documents de l’époque les succès remportés sur les fauves sont relatés sèchement. On rencontre cependant parfois des détails vivants, tels que ceux-ci :
- Le ‘20 novembre 1004, des ouvriers agricoles fauchaient de l’herbe au lieu nommé « mont des tigres », quand un lion débucha. Tiré par l’un des faucheurs, il veut s’élancer sur lui. Mais celui-ci, conservant son sang-froid, appuie son arme sur l’épaule d’un camarade et loge à dix ou douze pas une balle entre les yeux du lion, qui roule, essaie de se relever, mais retombe percé d’autres balles. C’était un bel animal ; sa tète était aussi large que celle d’un taureau : « Des oreilles à la poitrine il étaçL couvert d’épais flocons de laine, preuve de ses habiludeS^j|çil-lage et de gloutonnerie. » Trop lourd pour être-transporté, il fut écorché; la peau, la tète, la queue et les jambes furent apportés au fort, dont la grande salle fut décorée par ces trophées cynégétiques.
- Cependant si la faune sauvage causa des déboires aux premières générations de colons européens établis au Cap, elle leur valut simultanément des avantages matériels et des satisfactions de curiosité.
- Les poissons qu’on péchait en abondance dans la baie de la Table, les pingouins qui peuplaient les îles Dassen, l'ilc Robben et la baie de Saldanha (carte 1), constituèrent dans le début une ressource précieuse pour-les Hollandais, souvent menacés par la famine. « Ce soir, écrit le ‘29 janvier 1655 dans son Journal le commandeur van Riebeeck, le Tout-Puissant nous a envoyé un beau banc de poissons : quatorze à quinze cents muges. » Et le 6 avril 1654, il dépêche le navire Roode Vos à la baie de Saldanha pour y chasser des pingouinsœt en,rapporter promptement au Cap les œufs et la chair,.;
- Pour fournir à leurs familles un supplément d’alimentation, les colons allaient chasser des élans, des cerfs, des chevreuils et même dos rhinocéros et des hippopotames. Jan Coenraad Visser et Willem van Deventer, par exemple,
- revinrent le 1Ü juillet 1669 avec trois grands hippopotames, amphibies très abondants à cette époque dans les rivières R erg et Rreecle (carte 1).
- Parmi les animaux du Cap, deux espèces excitèrent principalement la curiosité des Hollandais, l’autruche et le zèbre. Le 18 février 1664, les cuisses d’une autruche, qu’on venait de tuer, sont accommodées et servies sur la table du gouverneur, qui goûta fort ce mets nouveau. En 1665, pour cultiver l’amitié du roi indigène de Ceylan, on lui envoya du Cap deux autruchons qu’on venait de capturer.
- Lors de leur établissement au Cap, les Hollandais n’y trouvèrent jais de chevaux indigènes, et ceux dont ils se servirent furent importés de Batavia. Aussi, dès qu’ils découvrirent le zèbre, y firent-ils, espérant le dompter à leur usage, grande attention. Le 16 novembre 1658, un officier, Jan van llarwarden rapporte d’un voyage dans l’intérieur du pays deux fragments de peaux « extraordinairement marqués », dont les indigènes Gorachouquas « fabriquaient des sandales analogues à celles portées par les capucins ». Deux ans plus tard, le 8 novembre 1660, des indigènes Soaquas « apportent deux ou trois tètes empaillées rayées de la manière la plus élégante, avec des oreilles aussi longues que celles des ânes et dont la tète et la bouche ressemblaient exactement à celles d’un cheval ».
- Les tentatives de capture restèrent longtemps infructueuses, mais enfin le 1er décembre 1666, Jan Coenraad Visser ramena au fort un poulain « rayé d’une façon particulièrement élégante », qu’il avait pris auprès de Riebeeck’s Kasteel.
- Ces diverses circonstances eurent des conséquences lointaines. l*ar nécessité, les premiers Européens établis au Cap durent se servir avec habileté des armes à feu. Leurs descendants, les Boers, à mesure qu’ils se répandaient à l’est du Cap, au xviiù siècle, puis sur les plateaux traversés par l’Orange et le Vaal au xix°, eux aussi, se défendirent contre les fauves et chassèrent les herbivores. Tirer juste devint l’une des supériorités des Boers. Ils ont montré, dans la guerre récente, qu’ils l’ont conservée. Or celte habileté héréditaire et traditionnelle remonte aux origines mêmes de l’occupation du Cap, aux temps où les premiers colons blancs devaient tenir sans cesse le mousquet à portée pour abattre le lion ou la panthère. Henki Deuékain.
- LE CANON DE CAMPAGNE ITALIEN
- L’armée italienne possède un nouveau canon de campagne de 76, en acier Martin Siemens, dont il est intéressant de donner quelques caractéristiques, que nous trouvons dans Y lllusirazione MilUarc llaliana. Ses roues ont un diamètre de 1,295 rn., et son affût est à déformation; la longueur maxima du recul est de 1,168 m. Le poids du canon proprement dit est de 268 kgs, tandis que la pièce en batterie en pèse 969. H en faut compter 785 pour l’avanl-train avec 52 projectiles, et 1652 pour la voiture-pièce sans les servants; le caisson à munitions, sans servants toujours, pèse 1652 kgs lui aussi. La limite-horizontale du tir est de 8 gradesj elle est de 22 pour la verticale. Le projectile pèse 6,50 kgs, et, sous forme de shrapnel, il contient 288 balles de 11 gr. ; avec une charge de cordite de 0,47 kg, il prend d’abord une vitesse de 605 m., qui est encore de 198 m. à 5700 m. La vitesse du tir est de 20 coups à la minute; sous l’angle de 20 grades, la portée est de 6600 m., et à 5700 m. 50 pour 100 des coups arrivent dans un rectangle de 20 m. sur 2,40 m.
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- LA NATURE.
- NAVIRES POUR EXPÉDITIONS POLAIRES
- Ce qui se rapporte aux expéditions polaires a repris ces temps derniers un regain d’actualité : non
- Fig. 1. — Vue de l’arrière du « Discovery ».
- d’attirer de hardis explorateurs; mais les tentatives se sont multipliées de toutes parts, et elles se font dans des conditions mieux étudiées encore que jadis, au point de vue du matériel. D’une manière générale, sinon môme absolue, les navires qu’on employait autrefois à ces expéditions étaient des navires d’une très grande solidité, assurément, mais des baleiniers qui n’avaient pas été construits expressément pour la mission qu’on allait leur confier. Aujourd’hui, au contraire, cela devient la règle d’établir de façon toute spéciale les bateaux destinés aux expéditions polaires; et cela a été l’occasion d’études fort intéressantes, de dispositions fort ingénieuses, répondant aux conditions particulières en présence desquelles on est appelé à se trouver.
- Nous ne dirons pas grand’chose du Français, qui a pourtant été dans ce cas d’être construit expressément pour conduire le Dr Charcot et ses compagnons dans les mers polaires, mais qui ne présentait rien de très nouveau; par contre, nous insisterons sur le bateau anglais Discovery, portant un nom déjà célèbre dans les « Annales des Pôles », et sur le navire américain Roosevelt, qui a été lancé pour emporter, vers le pôle Nord, une nouvelle expédition scientifique commandée par l’illustre Peary.
- Le Discovery a été étudié par un constructeur des plus distingués, M. W.-E. Smith, mais avec les conseils précieux et autorisés de Sir Cléments Mar-kham, et aussi de Sir Francis Léopold Mac Clintock, dont personne s’occupant de géographie polaire ne peut ignorer le nom. Au reste on avait décidé de suivre, sur les points généraux, dimensions, voilure, etc., les données qui avaient assuré d’excellents résultats pour le premier Discovery (de 1875), en y apportant toutes les améliorations possibles de détail. Le navire serait naturellement en bois (le métal se trouant trop facilement sous le choc des icebergs), on ne lui donnerait pas la maîtresse-section du Fr uni, destinée à faciliter le soulèvement
- sous la poussée des glaces, mais bien les formes classiques qui assurent une bonne tenue à la mer. On installait à bord un vaste laboratoire rappelant celui du Challenger ; les aménagements devaient adoucir la vie des hommes à loger; la machinerie aurait une puissance de 450 chevaux, et l’on pourrait embarquer 535 tonnes de charbon, au lieu des 190 du vieux Discovery. Les dispositifs les plus simples et les plus rapides étaient combinés pour enlever ou mettre en place l’hélice du pont de navire, sans le secours d’un scaphandre; de même pour le gouvernail, que bien souvent l’on doit rentrer pour lui éviter le choc des glaces. Enfin, comme on voulait installer à bord un observatoire magnétique, sans pouvoir cependant supprimer toute influence magnétique dans la construction du bateau, il fallait du moins exclure formellement fer et acier dans un rayon de 9 mètres tout autour du laboratoire en question; même dans les
- Fig. 2. — Palans de relevage de l’hélice et du gouvernail du « Discovery ».
- meubles on remplaça les boutons et poignées de fer par d’autres en étain.
- La longueur totale du Discovery à la ligne d’eau est de 52“',40, mais l'avant présente une très forte inclinaison, et, par suite, un porte-à-faux énorme au-dessus de l’eau; les formes d’arrière sont éga-
- pas que jamais ces dangereux voyages aient cessé
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- LA NATURE.
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- lement très rentrantes, ce qui a l’avantage de créer un excellent abri pour le gouvernail et aussi pour l’hélice, dont la position est nettement indiquée par le dessin que nous donnons de l’arrière du navire. Cette disposition s’est montrée fort avantageuse. En dépit des services que rendent les quilles à roulis, on a renoncé à y recourir ici, car elles auraient augmenté très notablement les chances de la coque d’être bloquée dans la glace ; on a constaté que le dispositif un peu spécial qui constitue une crosse à l’arrière de l’hélice suffisait à amener la formation d’un bloc de glace qui alourdissait considérablement la carène. Puisque nous parlons du gouvernail, nous devons insister sur les dispositions prises pour faciliter le montage et le démontage, opération qui doit se faire très fréquemment durant les expéditions polaires. C’est un travail fort diflicile, pour peu que la mer soit agitée, que d’engager les aiguillols dans les ferrures, c'est-à-dire de faire rentrer l’un dans l’autre les organes formant la charnière. Avec la disposition adoptée et grâce à des guides ingénieusement disposés, une fois que le gouvernail est engagé ver ticalemen t sous le palan, dans le trou ménagé dans le pont, il descend de manière que sa mise en place se fasse automatiquement et sûrement. On dispose, du reste, d’un gouvernail de fortune qui ne comporte qu’un aiguillot, en cas d'avarie au gouvernail ordinaire. Quant au démontage de l’hélice, dont nous avons parlé tout à l’heure, il s’effectue par un système très original; d’autant qu’il évite toute poussée de l’arbre de couche sur le montant supportant le gouvernail. Rappelons d’un mot que le propulseur a ici un diamètre de 5m,19, le tirant d’eau moyen du bateau ressortant à 4m,88; cette hélice est à deux branches seulement.
- Pour pouvoir la soulever, il faut naturellement qu’elle ne soit plus solidaire du bout de l’arbre de couche. Dans ce but, une section de ce dernier, celle précisément qui porte dans les paliers de butée, est mobile; on peut la déboulonner de la partie avant de l’arbre et de la partie arrière, et la soulever à une certaine hauteur. A ce moment, on comprend qu’il est facile de retirer à l’intérieur du bateau le bout extrême de l’arbre de couche, qui
- pénètre normalement dans le moyeu de l’hélice et vient s’y claveter à l’aide d’un pas-de-vis carré, en formant corps avec un autre bout d’arbre qui s’appuie sur le montant du gouvernail. Si l’on a pris soin auparavant de frapper un palan sur l’hélice, quand elle se trouve libre du bout d’arbre qui la traversait, on la haie en haut, au moyen du palan qui se relie à un mât de charge.
- 11 serait curieux de jeter un coup d’œil sur les autres aménagements du Riscovery. On y trouvait un waler-ballast pour son retour à vide, ou à peu près, une fois l’expédition terminée ; le fourneau de la cuisine avait été soigneusement revêtu d’amiante, ce qui réduisait au minimum la consommation de combustible. Tous les vitrages des claires-voies étaient doubles, les portes aussi, avec matelas d'air; le dessous du pont supérieur était matelassé
- d’une épaisseur de près de4centimètres d’amiante. Des poêles à feu continu chauffaient les postes de l’équipage et le carré des officiers, avec des appels pour l’air vicié ; toutefois la ventilation naturelle ne se fait jamais très bien avec les circonstances atmosphériques changeantes que l’on rencontre dans les régions polaires. Enfin n’oublions pas de dire que la machinerie comprenant deux chaudières cylindriques et un moteur à triple expansion, était aidée du suppléée au besoin par une voilure assez puissante pour imprimer parfois au bateau une allure de 11 nœuds.
- Ce type de bateau polaire, qui s’est fort bien comporté, est quelque peu différent du Roosevelt. Celui-ci a une longueur de 48m,80 à la ligne d’eau, mais pour une largeur de 9m,75 à la flottaison, alors que la largeur du Discovei^y est de 10m,36 au fort. La section transversale de ce navire met en évidence sa forme particulière (autant que ses contreforts intérieurs); sa largeur en haut atteint 10“’,81. On a choisi cette forme spéciale pour donner tendance au navire à se soulever dès qu'il est fortement pressé latéralement par les glaces.
- D’ailleurs, les élançons obliques et les solides pièces de pont transversales lui permettent de subir des pressions énormes ; les couples ne sont qu’à 60 centimètres les unes des autres, et elles ont une hauteur de 40 centimètres au pied. On a voulu aller
- Le « Roosevelt.
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- plus loin, et, pour donner à la coque une grande résistance dans le sens longitudinal, on a disposé un lattis de liens métalliques obliques, solidarisant les couples. Le bordé est double, lait d’une épaisseur de chêne blanc et d’une de pin jaune, séparées par une toile goudronnée; et ce, sans parler naturellement du vaigrage intérieur. Nous pourrions ajouter encore que des pièces obliques réunissent et conlre-butent les poutres des ponts, et des épontilles verticales sont munies d’un dispositif permettant de raidir une partie de la charpente là on du jeu se manifeste.
- La coque du Roosevelt (dont la constitution assure à l’équipage un bon isolement contre le froid) est protégée contre l’usure des glaces, à l’avant, à l’arrière et à la flottaison, par un épais revêtement de ce bois si dur qu’on nomme du greenheart, sans parler d’une puissante lame d’acier qui défend la tranche de l’étrave et une partie de la quille. Le pont porte deux grands roufs, mais l’un d'eux présente cette particularité curieuse d’être mobile : on compte, en effet, le descendre à terre ou sur la glace pour servir de quartiers d’hiver quand le bateau aura poussé aussi au nord qu’il aura pu. La machinerie est faite-pour donner une allure de 41 nœuds en mer libre; L'approvisionnement en combustible est de 500 tonnes ; nous n’avons pas à insister sur le gréement, que montre suffisamment la photographie que nous reproduisons de ce bateau. Le navire est chauffé à la vapeur et éclairé électriquement ou au moyen de lampes à huile au besoin.
- 11 y a là deux bâtiments fort intéressants, qui accusent des progrès considérables dans le matériel de ces expéditions polaires, où les courageux explorateurs restent néanmoins exposés à. tant de dangers et à tant de souffrances. Piekre de Mékiel.
- LA PROHIBITION DE L’OPIUM
- en Chine.
- La question de l’opium a été remise à l’ordre du jour par un décret récent de l’empereur de Chine prohibant la consommation de cette substance, qu’elle vienne de l’étranger ou qu’elle soit de production chinoise; dans dix ans, son emploi doit avoir cessé. La culture du pavot sera peu à peu restreinte. Les fonctionnaires récalcitrants qui ne renonceront pas à leur funeste passion seront révoqués. Cette fois cela paraît sérieux.
- Depuis quelque temps on entend beaucoup parler de l’opium. Les Européens en empruntent, paraît-il, de plus en plus l’usage à l’Extrême-Orient, Il y a, nous dit-on, des fumeries d’opium dans nos colonies; il y en a dans nps ports militaires, il y en a à Paris. Londres n’est pas à l’abri du fléau et possède aussi ses fumeries. Les Congrès coloniaux lancent leurs foudres et il n’est pas jusqu’à l’un de nos députés qui ne prépare un projet de loi pour interdire les fumeries d’opium en France et dans les colonies françaises. Rien de mieux, d’ailleurs; ne nous laissons pas envahir par un vice nouveau,
- Mais que les Finnois eux-mêmes, dont le pays est l’un des foyers de consommation les plus étendus de cette substance et où elle est devenue pour la population un besoin impérieux, consentent, sur l’ordre de leur empereur, à renoncer aux rêveries que leur procure le funeste narcotique, il est encore permis d’en douter.
- L’édit a beau condamner l’usage de l’opium en termes rigoureux et ordonner au Conseil d’État d’élaborer des règlements destinés à empêcher la culture du pavot et la vente de l’opium, il s’attaque à une habitude tellement enracinée qu’elle ne pourra sans doute pas être extirpée facilement du Céleste Empire.
- Un trait que rapporte le l)r Ernest Martin, ancien médecin de la légation de France à Pékin, montre à quel point l’opium est une substance devenue pour ainsi dire familière et nationale pour le Chinois. Dans l’Ouest, le vovageur n’emporte pas d’argent, ; c’est l’opium qui le remplace et en tient lieu pour les frais de route et d’entretien. Les étudiants qui vont à Pékin pour passer leurs examens, emportent, sous forme d’opium, les fonds nécessaires à leur séjour dans la capitale.
- Pendant des siècles, les Chinois n’avaient employé l’opium que. comme une drogue pharmaceutique. Puis, à une époque assez difficile à préciser, ils prirent l’habitude de le mâcher et de le fumer. Le gouvernement chinois, frappé des désastreux effets de l’abus de l’opium, tenta d’en défendre l’usage, mais ses efforts furent toujours vains. H lui fallut surtout lutter contre l’importation étrangère. En particulier, la compagnie des Indes, qui avait vu dans ce vice des Chinois une source de profils considérables, contribua de tout son pouvoir à en favoriser le développement. Mais les prohibitions impériales ne mirent pas fin à l’affluence de l’opium qui pénétra en Chine par contrebande. Les pénalités n’avaient pas eu plus de succès, et la peine de mort n’avait pas intimidé les fumeurs d’opium dont le nombre allait croissant chaque jour.
- En 1859, la Chine se décida à frapper un grand coup contre les trafiquants anglais. Un décret impérial, publié le 5 janvier 1840, supprima tout commerce avec l’étranger et une loi déclara que tout colporteur d’opium dans U Empire chinois serait décapité ou étranglé, selon son rang. C’est alors qu’éclata la guerre d’opium; il y eut des résistances sérieuses, mais la Chine fut vaincue et, après le traité de Nanking, il y eut un accroissement effrayant du chiffre des importations anglaises. La progression s’est ensuite ralentie par suite de l’extension de la production indigène et des importations delà Perse et de la Turquie, mais elle s’est beaucoup relevée depuis. De 1860 à 1880, l’importation indienne a doublé et, comme la culture indigène s’est accrue elle-même, la consommation de l’opium a augmenté dans le même laps de temps. En 1904-1905, le chiffre d’exportation de l’opium indien, qui est pour la plus grande part dirigé vers la Chine, s’est élevé à 106 234442 roupies, chiffre qui surpasse de 2 millions celui de 1905-1904.
- Si la Chine parvenait vraiment à détruire l’usage de l’opium, ce serait certainement un coup porté au commerce de l’Inde, mais il n’est pas douteux que ce commerce se continuerait en grande partie sous la forme d’une contrebaude effrénée, surtout s’il arrivait que la culture du pavot, qui a pris en Chine une importance considérable, y soit sérieusement prohibée. Ce n’est d’ailleurs pas de sitôt qu’on cessera de fumer l’opium dans le Céleste Empire. Le peuple, qui va dans les fumoirs publics, sait que les riches ont chez eux de somptueux boudoirs
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- pour l’opium, et que mandarins, lettrés et employés en sont de passionnés consommateurs.
- À Formose, les Japonais ont lait de grands cflbrls pour enrayer le fléau, mais ils ne paraissent pas avoir réussi. Ils ont prohibé l’importation de l’opium dans l’ile, puis ils en ont fait l’objet d’un monopole. Si un monopole de
- ce genre était créé en Chine, comme le voudraient les hauts, fonctionnâmes chinois, la funeste habitude ne serait nullement enrayée et les bénéfices qui passaient dans les caisses des Anglais passeraient dans celles des fermiers de l’opium. G. H.
- SUR LE RAIL DANS LE FAR=WEST
- A travers les solitudes infinies du Far-West américain, il n’y a guère qu’une route de grande communication : la voie ferrée ; les autres, fréquentées par de rares chars à bœufs, auprès desquels les
- de frais, le monopole de la voie ferrée au profit de ceux qui l’ont construite.
- Ici, nous ne concevons guère un voyage en chemin de 1èr comme une promenade de touriste ; là-
- « Coach houses » de Hicks Chicago.
- Fig. 1. -
- chars de la campagne romaine ou les « carros » de Madère sont des objets de luxe, n’intéressent guère le monde civilisé.
- La voie ferrée suffit : c’est presque la voie publique, cà tel point que les troupeaux de bestiaux l’obstruent quelquefois. On n’a rien trouvé de mieux, pour les empêcher d’y stationner, que de surmonter les traverses de pointes triangulaires en bois garnies de tôle : ,ces appareils, appele's « cattle guards », sont d’un emploi fréquent sur certaines lignes ; leur fabrication s’effectue en grand à Monroe, petite ville de l’Etat d’Arkansas ; grâce à leurs angles métalliques, l’animal égaré sur la voie ferrée n’éprouve nulle envie d’y rester : ainsi se trouve assuré, à peu
- bas, il n’en va pas de même. Les richissimes Américains se consolent d’être privés, par le mauvais état de leurs routes, des plaisirs de l’automobile : pour leurs grandes promenades à travers l’Union, ils ont généralement leur wagon, vaste maison roulante, qu’ils possèdent en toute propriété, et où ils jouissent de tout le confort moderne.
- J’ai visité quelques-uns de ces palais mouvants : j’en ai vu de magnifiques, comprenant un cabinet de travail, un salon, une salle à manger, une cuisine, une salle de bains, le tout muni d’appareils de chauffage à la vapeur et d’éclairage à l’électricité. A l’avant se trouve quelquefois un poste d’observation disposé très judicieusement pour permettre au
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- voyageur d’admirer à loisir les sites parcourus. Dans les stations on trouve de ces wagons installés sur une voie de garage, pendant que leurs propriétaires vont excursionner aux environs. Je me souviens d’avoir, lors d’une visite à l’exposition de Saint-Louis, aperçu un certain nombre de « cars » de luxe installés aux abords de la gare ; leurs habitants y logeaient, ayant ainsi l’avantage d’être il la porte même du World’s Pair.
- L’usage de ces wagons particuliers est si répandu, que toute une industrie très prospère vit de leur fabrication : nous représentons dans la gravure ((îg.’ 1, p. 25) un groupe de « coach houses » emmagasinés
- Boston Smith, résolurent de catéchiser sur la voie ferrée ces pays perdus. Avec l’appui du « Chapel Car Syndicale », ils firent construire un matériel qui compte à l’heure actuelle une dizaine de wagons-chapelles.
- Ces wagons — nous représentons l’un d’eux en construction — sont sans compartiments; très modestement meublés de bancs au milieu desquels circule un couloir et au dossier desquels sont fixés les livres de piété nécessaires pour suivre l’office, ils possèdent, installés à l’une des extrémités, un harmonium, quelques pupitres [tour des musiciens d’occasion, et... un phonographe. Ils portent les
- Fig. 2. — Un wagon-chapelle en construction.
- dans une grande usine de Chicago, connue pour cette spécialité.
- Une autre spécialité de wagons plus curieuse encore et plus inattendue, est celle des wagons-chapelles.
- Voici quinze ans qu’un groupe de fervents méthodistes — Rockefeller était du nombre — fonda à New-York le « Chapel Car Syndicate ». Le but de ce syndicat, bien américain, était de porter la parole divine aux populations disséminées dans le Wild West : celles-ci sont en effet peu groupées ; à peine, aux stations du chemin de fer, trouve-t-on quelques maisons éparses, le plus souvent assez misérables. Des baptistes fervents, ayant à leur tête un convaincu,
- noms significatifs de : « Evangel », « Messenger of Peace », « Good will », « Herald of Hope », etc.... Chacun d’eux manœuvre dans un secteur qui lui est réservé : Ouest, Sud-Ouest, Pacifique, frontière du Nord. Le syndicat a obtenu de la plupart des compagnies de chemins de fer le transport gratuit des wagons-chapelles et de leurs officiants, ainsi que divers autres avantages, grâce auxquels ils ont pu, dans tout l’Ouest, organiser une propagande des plus actives ; et les fidèles accourent sur la voie de garage où stationne, pour l’office, la chapelle roulante.... Marcel Plessix.
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- LA LIQUÉFACTION DE L’ACIDE CARBONIQUE NATUREL
- EN AUVERGNE
- On vient de tenter en Auvergne à l’exemple de l’Allemagne une curieuse expérience industrielle : la liquéfaction de l’acide carbonique naturel.
- On sait que l’Auvergne, principalement le Puy-de-Dôme, a son sol imprégné d’acide carbonique et que ce gaz se dégage en de nombreux points, par des cassures que recherchent soigneusement les géologues.
- Le dégagement de ce gaz constitue une des dernières manifestations de l’activité volcanique dont ce pays a été pendant longtemps le théâtre. Toutes les sources minérales de celle région en renferment en quantité notable; c’est grâce à lui, en partie, qu’elles viennent au jour. C’est à sa présence et à son abondance que la plupart des eaux minérales du Massif Central doivent d’ètre bicarbonatées. 11 se dégage, par jour, dans le Puy-de-Dôme, des milliers de mètres cubes de ce gaz, qui se répand dans l’atmosphère où il se mêle à l’air. J’ai appelé, depuis plusieurs années, l’attention sur ce fait qu’on laissait perdre ainsi inutilement un élément de richesse appréciable. Mais il existe quelques points plus privilégiés, sur lesquels je désire dire quelques mots pour montrer l’importance du phénomène.
- Tout d’abord je n’aurais pas parlé de la Grotte du Chien de Royal, bien connue des touristes et même du public si je n’avais eu à signaler une trouvaille curieuse, faite dans les fouilles de cette grotte, sur le flanc de la coulée de lave du Petit Puy de Dôme.
- Il s’agit de la découverte de vases gallo-romains et surtout d’un buste en pierre des plus originaux, car il représente, dit-on, saint Mart tenant, d’une main, le livre de la science et se bouchant le nez avec l’autre main enveloppée d’un coin de l’étoffe qui drape sonporps (fig. 1). Saint Mart se serre le nez, pour ne pas respirer l’acide carbonique qui se dégage précisément, en ce point. Je ne connais aucun spécimen de statue, représentant le même geste : mais je ne peux pas cependant en affirmer l’ancienneté.
- Dans toute la vallée de Royat, très fracturée, on
- trouverait de nombreux points de dégagement d’acide carbonique. Les sources minérales de cette coquette station thermale en laissent échapper plus de 1000 litres à la minute. On l’utilise pour des bains qui produisent un effet salutaire dans certaines maladies, notamment dans les maladies de l’appareil circulatoire.
- Souvent le gaz carbonique joue de mauvais tours aux personnes qui creusent le sol aux points où il se trouve; il les suffoque, les renverse et parfois malheureusement les asphyxie. J’étais appelé dernièrement chez un grand marchand de vins du Puy-de-Dôme, pour visiter son cellier où il ne pouvait plus, pénétrer sans risquer sa vie, car ce cellier avait été envahi par le maudit gaz. Comme le négociant avait fait de grosses dépenses pour construire sa cave, il aurait bien voulu trouver un moyen de chasser le fluide dangereux. La chose était d’une simplicité enfantine. Le cellier se trouvant sur le flanc d’un coteau, je lui conseillai de creuser un petit conduit en pente, partant du sol et débouchant dans la vallée. « Le gaz, lui dis-jé, plus lourd que l’air, coulera comme de l'eau, et vous serez débarrassé de votre gênant voisin ». Mon commerçant ne pouvait pas croire que la chose fût si aisée. « Rien que cela à faire, disait-il, ce n’est pas possible. » Encore l’histoire de Christophe Colomb. Comme il avait deux craintes : celle de mourir un jour asphyxié, ou de construire un autre cellier, il m’aurait fait boire, s’il avait pu, tous ses vins pour me remercier.
- Je pourrais citer plus de cent exemples de méfaits semblables de l’acide carbonique. Dans les mines de plomb de Pontgibaud (celles de Pranal) qui sont installées, comme je l’ai montré, sur des cassures par lesquelles sont sorties plusieurs fois des laves volcaniques, il y a eu, à diverses reprises, de véritables inondations d’acide carbonique, à la suite de travaux ayant ouvert d’anciennes fractures par lesquelles se dégageait ce gaz. En 1857, un tremblement de terre amena la réouverture de ces fissures et la sortie de
- Fig. 1. — Buste en pierre (l’une statue dite de saint Mart, découverte dans les fouilles de la Grotte du Chien de Royat. (Propriété de la grotte.)
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- flols de gaz si rapidement que les ouvriers surpris faillirent périr asphyxiés, et, pendant plusieurs jours, on put voir, au milieu de la Sioule, rivière qui traverse les liions, des bouillonnements considérables d’acide carbonique. En beaucoup de points, le gaz se dégage sous l’eau, comme dans une cuve de laboratoire. A Sainte-Marguerite, on peut suivre nettement, au milieu de l’Ailier, par les bulles gazeuses, la direction des fissures ouvertes dans le granit et amenant le gaz.
- Quand le temps est orageux, le dégagementdc l’acide carbonique es tpi us abondant, en raison de la diminution de la pression atmosphérique.
- A Vesse, près de Vichy, l’apparence d’un geyser est produite par l’accumulation momentanée et périodique de l’acide carbonique dans des cavités souterraines. La colonne d’eau minérale s’élance dans l’air à 7 mètres de haut et, mélangée au gaz carbonique, prend l'aspect d’une colonne de lait mousseux. Le j aillissement dure une heure environ, puis il y a un arrêt de plusieurs heures et le phénomène se renouvelle de la même façon. Le volume de l’eau rejetée à chaque éruption est d’environ 20 000 litres.
- Ces quelques exemples montrent l’abondance de ce gaz en Auvergne et sa sortie par toutes les fissures visibles et invisibles, seul ou accompagné d’eaux minérales.
- J’avais donc raison d’être surpris de ne pas voir liquéfier ce gaz qui est une richesse, car il ne coûte rien à préparer et il est plus pur que celui que l’on fabrique artificiellement, alors que de nombreuses fabriques sont installées depuis longtemps, dans le même but, dans diverses régions de l’Allemagne.
- Aujourd’hui, la construction de la première usine française de liquéfaction d’acide carbonique volcanique à Montpensier, dans le Puy-de-Dôme, est terminée, et bientôt elle fournira le précieux liquide réfrigérant et antiseptique, dont les applications deviennent chaque jour beaucoup plus nombreuses.
- On emploie, en effet, le gaz liquéfié dans la fabrication des vins mousseux, le transvasement des
- vins de Champagne, la fabrication des limonades, sodas, sparklets, la mise en bouteille et le soutirage des bières, dans la conservation des viandes et de nombreux produits alimentaires. 11 est utilisé aussi dans l’extinction des incendies, dans plusieurs préparations médicinales, et, avec grand succès,dans nombre d’usines métallurgiques. La seule u si n e Krupp, d’Essen, en consomme à elle seule plus de kg. par jour. Cette énumération bien incomplète montre l’importance croissante du produit. Jusqu’ici on fabriquait l’acide carbonique par le procédé primitif de la calcination de la pierre à chaux, ou bien par la combustion du coke. On utilisait aussi les déchets de la fermentation de l’alcool. Dans tous ces cas, l’acide carbonique ainsi produit n’est jamais aussi pur que celui que l’on recueille dans le sol. 11 renferme parfois des produits toxiques (oxyde de carbone, acide sulfurique, arsenic, etc.); aussi les limonades et les produits alimentaires, auxquels on l’associe, ne peuvent-ils être utilisés sans danger. Il n’en est plus de même avec le gaz naturel, qui est chimiquement pur, ne renferme que de l’azote et de l’oxygène favorables à l’organisme, ne possède et ne communique aucun goût aux produits auxquels on le mélange.
- En Allemagne, dans l’Eifel, le Taunus, la
- Fig'. 2. — La source minérale intermittente (petit geyser) de Montpensier (Puy-de-Dôme). (Photograplne.de M. Sclileiclicr.)
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- Westphalie, la Hesse, qui on!; élé autrefois des régions volcaniques analogues à l’Auvergne, on fabrique journellement des millions de kilogrammes d’acide carbonique liquide. L’usine de Montpensier va pouvoir, au premier jour, utiliser six sources, dont le débit primitif de 200 0U0 litres est aujourd’hui de 1 500 000 litres de gaz : quantité qui augmentera encore, comme je l’ai indiqué à maintes reprises. C’est l’amorce d’une nouvelle industrie.
- Ces sources de Montpensier, situées en pleine Li-magne, à 2 km. d’Aigueperse, sont alignées sur des cassures de direction W.-E. Une seule de ces sources était connue jusqu’ici sous le nom de fontaine empoisonnée. Les animaux, qui venaient se désaltérer ou se réfugier dans le creux où elle jaillit, étaient rapidement asphyxiés par l’acide carbonique qui s’y est toujours accumulé. On y recueillait fréquemment des cadavres d’oiseaux, de lièvres, de lapins, de fouines, de chiens, de moutons, etc. Des. enfants faillirent meme, plusieurs fois, y trouver la mort.
- Aux alentours, on remarquait des taches où l’herbe ne poussait pas, taches qui s’alignaient à travers les champs cultivés, dans la direction N.-E. Ces taches étaient dues à l’asphyxie, plus ou moins complète des plantes, par l’acide carbonique qui se dégageait en ces points. Si les végétaux ont besoin de gaz pour vivre, la trop grande quantité les asphyxie, comme les animaux.
- Sur mes indications, le propriétaire du champ, M. Margeridon, fit des sondages provisoires en tous ces points et partout il trouva, en effet, des venues abondantes d’acide carbonique.
- Ajoutons que trois de ces sources offrent des particularités curieuses. L’une d’elles est intermittente (fîg. 2) ; elle jaillit, puis s’arrête comme la source de Yesse, près de Vichy ; les deux autres sourdent au fond de cavités (fig. 3) de plusieurs mètres de profondeur, au milieu d’une boue argileuse consolidée, à certains endroits, par des filons d’aragonite. Or, dans les travauxde captageon a recueilli, à 4,50 m. de profondeur, des vases gallo-romains très bien conservés, puis un squelette humain complet, plusieurs squelettes de bœuf, de- cheval, de mouton, un peu fossilisés. A 5 m. on a trouvé un squelette de mammouth avec ses molaires et des défenses qui avaient près de 3 m. de long, ce qui dénote un animal de taille considérable. 11 était accompagné de débris d’ossements attribuables au bison, qui vivait dans nos pays à l’époque du mammouth. Ces poches n’ont pu être, malheureusement, complètement vidées, en raison du danger que présentaient les travaux. Je le regrette, car on eût trouvé vraisemblablement d’autres fossiles. Elles résultent de l’élargissement local de la cassure par laquelle arrivent l’eau minérale et l’acide carbonique.
- Leur profondeur, d’après les sondages, atteint au moins 20 m. Elles ont dû être d’abord remplies par des dépôts de ruissellement, par une sorte de lœss plus ou moins argileux, à travers lequel l’eau et le gaz se faisaient jour. Puis les dépôts d’aragonite
- ont consolidé la boue et les sources sont devenues accessibles à l’homme et aux animaux qui, à diverses époques, depuis l’époque lointaine du mammouth et les temps romains jusqu’à aujourd’hui, ont continué de la visiter, mais qui ont payé de leur vie l’impru-
- tltî
- Fig. 5.—Croquis de la |>oehe, dans laquelle jaillit la fontaine empoisonnée. Elle est creusée dans des calcaires marneux oligocènes m et remplie de bouc argileuse et de bancs d’aragonite a. Les veines de gaz et d’eau minérale suivent les trajets ¥, 1,2,3,4. — F, point où l’on a trouvé les squelettes de mammouth et de bison.
- dence d’aller boire à la fontaine empoisonnée. Aujourd’hui que l’on utilisera le gaz qui s’en dégage pour prévenir ou guérir des maladies, cette fontaine ne devrait plus s’appeler fontaine de mort mais fontaine de vie. Pu. Glangeaud,
- Professeur de géologie à la Faculté de Clermont-Ferrand
- L’ACIDE GYMNÉMIQUE
- et les Médicaments Amers
- C’est souvent une grande difficulté pour les médecins que de faire absorber — aux enfants par exemple, et aux personnes nerveuses — des médicaments amers. L’enrobage dans le gluten, ou l’insertion en azymes n’est pas toujours possible, certains malades déglutissant avec peiné, et les excipients les mieux choisis sont souvent incapables de masquer la saveur amère de certains remèdes.
- Il est permis, dès lors, de se demander pourquoi la thérapeutique ne fait pas un usage plus fréquent de l’acide gymnémique qui est l’agent actif de la gymnema syl-vesiris, et dont la formule chimique est C32HS5018. Cet acide se présente sous la forme d’une poudre vert blanchâtre, de saveur acide, âcre, bien soluble dans l’alcool dilué, très peu soluble dans l’eau et l’éther.
- Quand on frotte la langue avec de l’acide gymnémique, il survient une agustie complète pour le sucré et l’amer, et les sujets sont incapables de distinguer la quinine d’avec le sucre, tandis qu’ils continuent à reconnaître, sans altération aucune, la saveur des substances acides, salées, astringentes et piquantes. Si l’on ajoute que l’acide gymnémique n’est nullement toxique et que son emploi peut être pendant longtemps continué sans aucun inconvénient (expériences de Quirini), on voit qu’il y aurait un réel intérêt, avant l’administration des médicaments amers, à se rincer la bouche avec une solution à 12 pour 100 d’acide gymnémique dans l’eau alcoolisée. F. M.
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- LA CONFECTION DES PLUMES D’AUTRUCHE
- Fig. 2. — Battage « à la Magdeleine ».
- D’où viennent d’abord les diverses sortes de plumes d’autruche, qu’on classe commercialement selon leur lieu d’origine ou plus exactement de transit? Les plumes d’Alep arrivent du Soudan oriental; celles dites « de Barbarie » du Soudan central et occidental; celles du Cap de l’Afrique australe qui alimente les trois quarts du négoce mondial. Quant aux plumes dénommées « de Ja-mani », on les trouve dans l’Afrique orientale. Londres monopolise les plumes de ces différentes provenances et elles s’y vendent publiquement.
- A leur arrivée dans une fabrique française, les plumes brutes subissent un premier triage et des ouvrières les enfilent par leurs tiges. Les lots sont alors prêts à passer au savonnage, qui s’exécute dans un appareil en bois animé d’un mouvement de rotation. Cette opération a pour but d’enlever les corps gras
- ainsi que les matières étrangères adhérant après la plume. Ensuite, après lavage et rinçage à grande eau, les plumes sont blanchies ou teintes. 11 faut, en effet, décolorer au moyen de l’eau oxygénée les plumes naturellement noires et grises. Elles deviennent après d’un blanc éclatant. On les conserve ainsi ou on les trempe dans les cuves de teinture. Le noir s’obtient avec une solution de bois de campêche, les autres nuances avec des couleurs d’aniline. Pendant le bain, dont la durée varie selon la qualité de la marchandise et la gamme désirée, les ouvriers agitent le liquide à l’aide d’un bâton. Toutes les plumes d’autruche peuvent se teindre en noir, mais ce sont spécialement les plumes blanches qui fournissent un beau noir brillant et un duvet développé. D’ailleurs on parvient à réaliser aujourd’hui tous les tons, les nuances les plus délicates soit unies, soit ombrées.
- Lorsque les plumes sortent du blanchiment ou de la teinture, on les plonge dans un bain d’eau additionné d’amidon. On les met ensuite au séchoir, puis on les bat à la main afin de leur rendre l’aspect naturel. Dans les usines perfectionnées, le battage s’opère à la Magdeleine, grand tambour sur lequel on accroche les plumes qui, par suite de la rotation de l’appareil, viennent frapper sur le rebord d’une table. Cette machine se nomme « Magdeleine » parce que,
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- à l’ancienne maison Viol et Duilot de Nogent-sur-Marne, la première femme chargée d’y attacher les plumes s’appelait ainsi. Depuis lors, les plumas-siers français ou étrangers lui ont conservé ce nom.
- Les plumes passent ensuite à l’atelier de décolage ou parage. On enlève au couteau la matière corneuse de la tige, ce qui permet de coudre ensemble plusieurs brios. Chaque plume employée par une modiste se compose, en réalité, de divers débris ou morceaux habilement assemblés qui constituent un tout épais et matelassé. Comme le commerce demande que les plumes soient à peu près de même taille, chaque ouvrière a devant elle une planche de bois graduée et elle les coud ensemble sur une tige ar tilicielle jusqu’à ce qu’elles atteignent la longueur voulue.
- Les plumes étant teintes, séchées et cousues se trouvent froissées par tant de manipulations. Aussi les ouvrières doivent les présenter devant un jet de vapeur qui leur fait reprendre leur forme primitive en redressant les brins.
- Enfin, après son passage à la vapeur, la plume subit une dernière toilette : la frisure que des femmes exécutent en appuyant à l’aide d’un couteau non tranchant son extrémité contre leur pouce. Cette opération, qui paraît si simple a priori, exige un habile tour de main qu’une longue pratique permet seule aux intéressées d’acquérir. Les plumes d’autruche sont alors prêtes pour les couturières et les modistes.
- Mais on n’en fait pas seulement aujourd’hui des panaches où autres accessoires de chapeaux et de robes. On en confectionne également des boas et des étoles, si à la mode depuis plusieurs années. Pour les boas, les premières opérations sont identiques à celles décrites plus haut avec l’exception toutefois que les
- plumes se cousent à plat, de manière continue, sur une longueur de \ m. à 2 m. et demi environ. Après avoir assemblé ainsi les plumes, les unes à la suite des autres, on attache une des extrémités du cordon central à un rouet. Puis une ouvrière tourne la manivelle de l’instrument tandis que sa compagne maintient tendu l'autre bout de la bande de plumes. Le boa se trouve fabriqué par le simple fait de la torsion. Quant aux étoles, elles se composent chacune de plusieurs petits boas étroits assemblés dans
- le sens de la longueur.
- Notons pour terminer que les « aigrettes » constituent un article inséparable des plumes d’autruche. Elles sont fournies par un genre d’oiseaux échassiers, voi-hérons et qui vivent dans les régions tropicales, surtout dans l’Amérique du Sud. Des ouvrières les montent simplement sur une tige en fil de fer : c’est de la sorte que les modistes les utilisent pour donner une allure élancée aux couvre-chefs de leurs clientes.
- Les aigrettes les plus estimées s’appellent commercialement de la « crosse » et, lorsqu’elles sont bien recourbées et d’un joli blanc pur, valent jus-kilogramme c’est-à-dire plus Jacques Boyer.
- LES MANGEURS DE TERRE
- et l’ankylostomiase
- La géophagie, ou habitude de « manger de la terre », se rencontre dans toutes les parties du monde ; elle se pratique sur de grandes quantités et non pas seulement par petites parcelles comme servant d’assaisonnement. Déjà. Pline nous apprend que les Romains mélangeaient
- sins des
- Fig. 5. — Savonnage des plumes brûles.
- qu’à A000 francs le que leur poids d’or !
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- au blé de la craie des environs de Pouzzoles. Les terres sigillées de Lemnos et d’Arménie étaient employées en médecine. Dans l’Amérique du Sud, l’argile sert d’aliment pendant les inondations. A Bornéo et dans l'Indo-Chine, la terre est employée comme condiment en pâtisserie. Sur la Cote d’Or, une argile blanche tient lieu de plat sucré. On sait môme que la « stéatite » sert d’appât pour attirer les loups, rennes et autres animaux.
- Le « steinbutter », beurre de pierre, est connu des travailleurs allemands ; une terre salée est en usage en Perse. Au Sénégal, la terre d’ocre est mêlée au riz.
- Depuis longtemps, il est établi qu’aux Indes spécialement la géophagie symptomalise un état morbide, antérieur ou consécutif à cette habitude. Dans l’Amérique du Sud, paraît-il, on mettrait des masques aux enfants la nuit pour les empêcher d’arracher le plâtre des murs et de le manger.
- La quantité de terre ou d’argile consommée est souvent considérable. Un Ottoman peut en absorber une demi-livre par jour; au Bengale on en prend 0 onces. Souvent on donne à la terre ou à l’argile la forme d’objets et de figurines, comme pour nos sucreries, pâtisseries et pains d’épices, etc. : au Bengale, en Bolivie, des figures de saints ; des figures d’hommes et d’animaux à Java. Mais la forme la plus répandue est la poudre.
- Quant à l'étiologie de la géophagie, voici ce que l’on peut en croire actuellement. On ne doit pas confondre l’habitude, qu’ont eue de tous temps certains peuples d’assaisonner leur nourriture avec des substances minérales variables, et la maladie que présentent certains individus, surtout dans des régions déterminées, et qui consiste à avaler une quantité considérable de terre.
- Certaines affections peuvent déterminer cette tendance pathologique, par exemple telles formes d’hystérie, de folie, de manie se montrant au cours de la grossesse.
- Mais les malades, chez lesquels on trouve plus volontiers cette tendance, sont ceux qui présentent des troubles d’estomac et se plaignent d’une impression de gêne, de vide, de brûlure au creux épigastrique : ils croient qu'un corps étranger très lourd calmerait leurs douleurs par sa présence dans l’estomac; c’est une forme spéciale de la boulimie.
- Il est intéressant de constater que, parmi les maladies de nos régions donnant parfois une exagération de l’appétit, une boulimie douloureuse, une tendance à absorber des substances solides même non alimentaires, se trouve Yankylostomiase, affection dont on s’est tant occupé depuis quelques années et qui est due à la présence de petits vers plus ou moins nombreux accrochés à la muqueuse intestinale • au niveau du duodénum. Cette affection n’atteint dans nos contrées que les mineurs (anémie des mineurs), les ouvriers travaillant dans des tunnels, dans certaines briqueteries; chaleur, humidité paraissent les conditions essentielles de développement ; car, si le ver vit et pond dans l’intestin de l’homme, la larve, transformation de l’œuf, se développe facilement dans la boue tiède; elle rentrera, si l’occasion s’en présente, dans le corps humain, soit par la voie cutanée, soit par la bouche.
- Or cet helminte, qui chez nous ne se développe que sobrement et dans les conditions sus-indiquées, foisonne dans les régions chaudes et humides.
- On a constaté, par exemple, la présence des anky-lostomes en Egypte et sur presque tout le littoral de l’Afrique; les nègres sont atteints d’ankylostomiase sous une forme souvent très violente et c’est parmi eux qu’on
- a trouvé des mangeurs de terre porteurs d’ankylostomes.
- Si l’on veut bien admettre que la terre qu’ils mangent est farcie de ces animalcules, on comprendra sans peine à quel degré d’infestation ils peuvent arriver.
- 11 ne serait pas impossible que des recherches futures nous montrassent un rapport assez étroit entre les régions où se développe l’ankylostome et celles on l’on rencontre les mangeurs de terre.
- Ceux-ci se trouvent nombreux aux Indes et l’ankylostome y pullule. De même en Chine, en lndo-Chhe, au Siam, au Japon. En Amérique, la répartition géographique de l’ankylostome a été bien étudiée par Stiles : elle correspond en partie aux régions où se trouvent les mangeurs de terre. Or, ceux-ci ne sont pas seulement des Indiens, mais des nègres et des blancs.
- Les mangeurs de terre d’Amérique meurent presque fatalement, nous dit-on, en présentant des signes d’anémie île plus en plus accentués; c’est ainsi que meurent les victimes de l’ankylostome. Une dernière remarque ; on constate que l’anémie précède souvent l’habitude de manger de la terre; elle en serait, dit-on, la véritable cause. Cette théorie inexplicable, s’il s’agit d’anémie simple, se conçoit très bien s’il est question d’anémie due à l’ankylostome. Dr Émile Reymond.
- CHRONIQUE
- La pêche de la baleine au filet. — C’est la publication américaine San Francisco Chronicle qui signale cette industrie un peu invraisemblable au premier abord; cependant, comme San Francisco est un centre baleinier, nous admettons la chose comme réelle. On recourt à ce procédé, paraît-il, sur la côte nord-est de la Nouvelle-Zélande, aux environs de la petite baie de Wangamumu. En mai et en juin, on voit passer dans ces parages des troupes de baleines sans doute antarctiques, qui cherchent des eaux plus chaudes, et doublent une pointe rocheuse à assez peu de distance de terre. C’est précisément sur leur passage qu’on tend, perpendiculairement au littoral, un filet fait de câble d’acier de près de 2 cm. de diamètre; on ne peut songer à nouer un pareil câble, et les mailles, qui ont 1,80 m. d’ouverture, sont composées de bouts de câbles fixés à des anneaux métalliques reliant les mailles voisines ; le haut du filet est maintenu flottant par de grosses futailles. On met les embarcations à l’eau dès qu’une baleine est signalée, mais on la laisse se mailler elle-même, et s’engager de plus en plus en fonçant, au lieu de revenir en arrière.
- .-Souv.eni,..elle.arraché—le., filet..de ses ancrages; mais
- comme elle traîne derrière elle cette masse pesante, avec les énormes flotteurs, que, de plus, son instinct la pousse à se précipiter contre ces mailles qui l’enserrent, elle se trouve bientôt empêtrée de toutes parts et on peut l’approcher pour la harponner, même pour la tuer à la lance. Il va de soi que bien souvent les baleines passent trop au large pour se prendre dans ce filet.
- La plombagine électrique. — On sait quelle importante place la plombagine tient dans l’industrie, depuis la fabrication des crayons ou le graissage, jusqu’à la préparation des creusets réfractaires. Il paraîtrait que M. Àcheson, l’ingénieur connu des usines clés Chutes du Niagara, celui-là même qui jadis inventa le carborundum (aujourd’hui si complètement entré dans la pratique), vient de réussir à produire au four électrique du graphite mou, une substance absolument semblable à la plomba-
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- giue. Les usines du Niagara n’avaient encore obtenu de la sorte que le graphite dur.
- Les stations centrales électriques en Angleterre en 1906. — D’après The Eleclrical Rewiew, le nombre des stations centrales électriques en Angleterre, au commencement de 1900, était de 423, d’une puissance totale de 080 050 kilowatts, dont 508 à courants continus de 280101 kilowatts, 55 à courants alternatifs simples de 87 305 kilowatts, 0 à courants triphasés de 20 010 kilowatts, 40 à courants continus et alternatifs simples de 215 514 kilowatts, 8 à courants continus et courants triphasés de 77 000 kilowatts. Dans ces 423 stations, 329 utilisent la vapeur comme force motrice à l’aide de machines à vapeur, 25 à l’aide de machines à vapeur et de turbines à vapeur, 9 à l’aide de turbines à vapeur. 11 y a 4 usines hydrauliques, 25 usines à moteurs à gaz, 0 à moteurs électriques, 5 à vapeur et à moteurs hydrauliques, 2 à moteurs à gaz et à moteurs hydrauliques, 8 à moteurs à gaz et à vapeur, 10 à moteurs Diesel. Les appareils d’utilisation sont 10 849 500 lampes à incandescence de 50 watts, 25 938 lampes à arc de 10 ampères, 57 700 moteurs d’une puissance totale de 202 710 chevaux.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3 décembre 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- U Association internationale des Académies. — M. le Président annonce que la 5e réunion générale de l’Association internationale des Académies sera tenue à Vienne le 29 mai 1907.
- Chambre respiratoire calorimétrique. — M. Chauveau dépose une Note de M. Letulle et M110 Pompilian relative à un appareil permettant de faire simultanément la mesure des échanges respiratoires et celle de la chaleur dégagée par l’homme. Cet appareil a été installé par les auteurs dans leur laboratoire de physiologie pathologique à l’hôpital Boucicaut. Comme calorimètre, il est constitué essentiellement par une chambre étanche, dont on maintient la température constante à l’aide d’un courant d’eau. Des dispositifs spéciaux permettent de simplifier beaucoup les opérations de colorimétrie. La lecture de deux thermomètres et la mesure d’un débit d’eau suffisent à ce point de vue. De ces données on déduit aisément le nombre de calories dégagées. Comme chambre respiratoire l’appareil représente une enceinte fermée. L’air de cette enceinte est pris par une pompe et envoyé sur des matières absorbantes qui retiennent l’eau et l’acide carbonique. Une autre pompe envoie dans la chambre de l’oxygène de remplacement. La quantité d’eau exhalée et l’oxygène fixé sont ainsi obtenus en poids. La durée du séjour d’un homme dans la chambre peut être très longue, plusieurs jours et plusieurs nuits sans interruption.
- La propagation de la lumière dans les cristaux. — M. Poincaré présente une Note de M. Jean Becquerel sur une théorie de l’absorption et de la propagation de la lumière dans les cristaux placés à l’intérieur d’un champ magnétique. L’auteur a complété une théorie par laquelle M. Voigt a expliqué les particularités observées dans le phénomène de Zeeman pour le cas des vapeurs métalliques et, plus généralement, des corps isotropes présentant des bandes d’absorption fixes; cette théorie a été étendue aux corps cristallisés qui présentent des bandes plus ou
- moins larges dont les propriétés optiques varient suivant l’orientation de la vibration lumineuse et qui possèdent, dans le cas général, trois spectres principaux d’absorption. 11 est possible de se rendre compte théoriquement des phénomènes que M. Jean Becquerel a observés dans certains cristaux, et, en particulier, d’expliquer les formes dissymétriques que prennent dans certains cas les bandes d’absorption sous l’influence du champ magnétique.
- La télépholographie. — M. Poincaré dépose une Note deM.Korn donnant la description d’un appareil qui permet d’obtenir la photographie d’un objet à plusieurs centaines de kilomètres de distance1.
- IJ attraction de la matière. — M. Poincaré présente une Note de M. Urémieu relative à des expériences comparées sur les efl'els de l’attraction dans les gaz et dans les liquides. Les résultats obtenus par l’auteur jusqu’à ce jour semblent démontrer que les milieux liquides ont une influence quand la distance entre les corps attirants est très faible.
- Prophylaxie du cancer prostatique. —M. A. Guépin, chirurgien-chef de service à l’hôpital Péan, adresse un mémoire sur la prophylaxie du cancer glandulaire prostatique. Ce cancer qui frappe tous les âges, l’enfant comme l’adulte, est cependant plus fréquent chez ce dernier. 11 revêt souvent la forme glandulaire décrite pour la première fois par l’auteur en 1894, et qui a été de sa part l’objet de travaux ultérieurs présentés à l’Académie de médecine de 1897 à 1899. Cette forme clinique du cancer otfre le caractère spécial de succéder à une hypertrophie de l’organe déjà en voie d’évolution. Or, comme l’ablation de la prostate cancéreuse donne, de l’avis de tous les chirurgiens, des résultats décourageants, il faut faire ici, plus qu’en toute autre circonstance, de la préservation. L’auteur décrit longuement les causes qui favorisent l’éclosion du cancer. C’est à elles qu’il convient de s’attaquer pour éviter, s’il est possible, l’hypertrophie et la terrible complication qui souvent s’v ajoute.
- La vie latente des graines. — M. G. Bonnier présente une Note relative aux manifestations vitales des graines à l’état de repos. Ces expériences confirment les résultats obtenus à ce sujet par MM. Van Tieghem et Gaston Bonnier. L’auteur les étend à un grand nombre de graines en déterminant les influences très importantes de la lumière et de la chaleur. Il résulte de toutes ces expériences qu’il n’v aurait jamais dans la nature une vie latente absolue des graines susceptibles de germer.
- L’origine de l’anthracnose. — M. Calmelte lit une Note sur l’origine de l’anthracnose. La pénétration dans le poumon d’une importante quantité de charbon se lie avec l’origine intestinale de la tuberculose. Les conclusions des récents travaux exposés à l’Académie ont déterminé M. Calmelte à elfectuer de nouvelles expériences sur des animaux. Les premiers ont eu pour point de départ l’introduction du charbon dans foi’ganisme par inhalation, les secondes ont porté sur les effets du dépôt du charbon dans le péritoine, dans l’anse intestinale, et sur son apport par ingestion. M. Calmette a constaté que, dans les deux modes d’introduction, les lésions pulmonaires sont différentes. Dans le premier cas, il y a dépôt de charbon à la surface des alvéoles, mais pas de pénétration dans le parenchyme; dans le second cas, au contraire, il y a pénétration du charbon dans le parenchyme et pas du tout dans les alvéoles. Ch. de Villedeuil.
- 1 Voy. Informations, il0 1749. du 1er décembre 1906, p. 1.
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- LA RIVALE DE LA TOUR EIFFEL
- Il s’agit d’une rivale malheureuse, puisque la Wembley Tower connaît depuis quelques jours les hontes du déboulonnement.
- Rappelons les faits. Dès que le projet de M. l’Ingénieur Eiffel eut été publié, c’est-à-dire plusieurs années avant l’Exposition Internationale de 1889, on se préoccupa dans plusieurs pays de disputer à l’industrie métallurgique française le brillant record qu’elle allait conquérir.
- Pour leur part, les ingénieurs anglais en perdaient le sommeil : serait-il dit — nous ignorions encore
- l’Angleterre avait été purement platonique. Les fonds n’aiiluaient guère dans les caisses de la Société. Et l’ordre vint de suspendre les travaux. Celte Tour-de-Babel moderne, qui devait faire flotter le drapeau national à 400 mètres au-dessus du sol, qui devait proclamer aux yeux du monde la supériorité de l’industrie britannique, n’alla jamais plus haut dans les nues qu’à sa première plate-forme, — soit une mesquine altitude de 50 mètres.
- L’arrêt des travaux ne devait pas être définitif; on espérait encore un regain d’enthousiasme. Et
- La Tour do Wembley, en voie de démolition.
- de part et d’autre les douceurs de l’Entente Cordiale — serait-il dit que l’Angleterre, patrie de l’industrie du fer, se laisserait éclipser par sa voisine?
- Une société se constitua dans le Imt d’élever une construction qui dépasserait de 100 mètres la hauteur du monument du Champ-de-Mars et la surpasserait également « en luxe et en confort ».
- Après de longues hésitations, la Société acceptait les plans d’un ingénieur bien connu, Sir Edward Watkins, et les travaux commencèrent. Ils furent d’abord menés activement, et l’ardeur des constructeurs provoqua des espérances enthousiastes : la Tour Wembley, avec ses multiples ascenseurs, ses restaurants, ses théâtres, ses music-halls, serait terminée avant quatre années.... llélas! Il fallut en rabattre. L’enthousiasme de
- un industriel obtint la concession d’établir et d’exploiter quatre restaurants aux quatre coins de la plate-forme, llélas ! quatre fois hélas ! Les London-niens refusèrent d’apprendre le chemin de ces hinch-rooms trop éventés.
- Celte fois, l’ordre est sans appel : la structure de la rivale de la Tour Eiffel a été vendue au prix de la vieille ferraille. On pourra le constater par notre photographie: l’un des restaurants, livrés tous quatre à la clé du déboulonnement, n’est déjà plus qu’un squelette.
- Et la Wembley Tower elle-même ne sera bientôt plus qu’un souvenir. J. Durand.
- Le Gérant : P. Masson. •
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fieurus, 9.
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- N* 1751. — 15 DÉCEMBRE 1906. LA NATURE.
- LES CELLULES ARTIFICIELLES
- après un temps variable, on voit se former un bourgeon qui s’entoure de même d’une enveloppe bru-
- Fig. 1. — Piaule artificielle. La graine se trouve au-dessous des deux tiges principales.
- Tout dans la nature s’enchaîne par des gradations insensibles. Pour se faciliter l’étude de la nature, l’homme a établi, entre les êtres et les choses, des lignes de démarcation, des classifications, des catégories; mais l’esprit humain ne. doit pas rester prisonnier de règles qui existent plutôt dans son entendement que dans la nature.
- Il est possible d’imaginer qu’il existe un intermédiaire entre les êtres vivants et la matière inerte, de même qu’il existe des intermédiaires entre les animaux et les végétaux ; à la suite de divers autres chercheurs, tels que MM. Raphaël Dubois, Bénédikt, etc.,
- M. Stéphane Leduc, professeur de physique à l’Ecole de médecine de Nantes, s’est attaché récemment à reproduire, par le seul jeu des forces physicochimiques, un certain nombre des formes et des fonctions, qui, aux yeux du vulgaire, sont caractéristiques de la vie. Il est arrivé à des résultats fort curieux.
- Si, dans une solution Très étendue de sulfate de cuivre, on fait tomber une goutte de sirop de sucre contenant des traces de
- Fig. 2. — Plante artificielle. Au milieu se trouve la graine.
- ferrocyanure de potassium, on voit se produire la suite des phénomènes suivants; la goutte se recouvre d’une enveloppe brunâtre ; elle gonfle, se dilate ; 35e aimée. — lor semestre.
- nôtre, bourgeonne à son tour, quelquefois se dichotomise. Bref on assiste à l’apparence d'une germination comparable à celle d’une graine placée dans un milieu approprié : la goutte bourgeonne, émet des prolongements analogues aux radicules et aux gemmules, prolongements que l’on voit croître lentement à la façon des tiges et des racines. En variant les conditions de l’expérience, en constituant une goutte plus ou moins riche en sucre, en choisissant un milieu plus ou moins riche en sels, bref en modifiant dans les, limites des expériences la constitution intime de ce qui représente ici la graine artificielle et le terrain, on obtient des formes différentes, rappelant plus ou moins certaines algues, certaines mucédinées ; une de nos cultures artificielles a été prise, après examen à la loupe, par un naturaliste distingué pour un aspergillus 1.
- On parvient non seulement à obtenir des cultures en surface, en boîtes de Pétri par exemple, mais on peut obtenir des cultures en hauteur ; nous avons vu, dans le laboratoire du professeur Leduc, des cultures artificielles en tubes à essai, où des gouttes à graines artificielles, déposées au fond d’un liquide nutritif approprié, avaient donné naissance
- 1 On se rappelle, dans le même ordre d’idées, les phénomènes classiques de l’Arbre de Saturne et des Dendrites de manganèse.
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- à des tigelles minces et longues de plusieurs centimètres, dont quelques-unes s’épanouissaient en folioles.
- Nous reproduisons (fig. 1 et 2) deux photographies prises dans le laboratoire même du professeur Leduc.
- Le mécanisme producteur de ces cultures est assez simple. La goutte de solution concentrée de sucre constitue comme une graine véritable, un milieu de forte pression osmotique et de forte cohésion; le milieu ambiant possède une tension osmotique beaucoup plus basse ; la réaction du ferrocyanure de potassium de la goutte et du sulfate de cuivre du milieu donne naissance, sur la périphérie de la graine-goutte, à une mince membrane semi-perméable de ferrocyanure de cuivre, à travers laquelle vont pouvoir s'effectuer les échanges osmotiques. Sous l’in-iluence de la différence de pression osmotique entre la goutte et le liquide ambiant, l’eau pénètre à travers la membrane imperméable au sucre; la cellule grossit; la membrane distendue cède en un point; un bourgeon apparaît,;qui s’entoure immédiatement d’une membrane de ferrocyanure de cuivre,, à travers laquelle les mêmes phénomènes d’osmose; se produisent; le bourgeon bourgeonne à son tour et ainsi de suite : d’où la formation de tiges, de rameaux, etc.
- M. Leduc est arrivé également à reproduire expérimentalement les aspects que présentent les œufs dans les premiers stades de leur évolution et qu’on appelle les ligures de karyokinèse1.
- Si, dans un plasma donné, on place une goutte de ce même plasma pigmentée de sang ou d’encre de Chine et, de part et d’autre de cette goutte, deux gouttes hypertoniques8 légèrement teintées et qu’on
- laisse s’exercer la diffusion, on obtient, après quelques minutes, les ligures 5 qui ont été photographiées dans le laboratoire du professeur Leduc.
- On y voit des fuseaux de tous points comparables à ceux des divisions nucléaires ; h leurs extrémités, des pôles constitués par les gouttes hypertoniques, pôles entourés de radiations Aster ; ces pôles, sur la préparation, se repoussent et s’éloignent à la façon des centrosomes au moment de la karyokinèse. Il parait impossible de ne pas trouver, dans ces ligures obtenues par simple diffusion, une ressemblance parfaite avec les figures achromatiques de la karyokinèse.
- Ces recherches expérimentales sont des plus intéressantes; elles permettent de serrer de plus près les conditions mécaniques et physico-chimiques de la vie. I)IS P. Desfossks et A. Martinet.
- APPLICATIONS INDUSTRIELLES DU TANTALE
- Le tantale est un métal assez rare qui, il y a quelques années encore, passait pour être sans aucune utilité. A vrai dire, on ne connaissait alors qu’un métal assez impur, souillé d’oxyde tantalique et dont les propriétés, toutes différentes cle celles du métal pur, ne pouvaient faire soupçonner combien celles-ci sont précieuses.
- Propriétés du tantale. — Le tantale est un métal très dur, de densité 16,8, qui ne fond qu’au-dessus de 1800°. Sa dureté et sa résistance à la traction sont bien supérieures à celles de l’acier. Sa dureté devient plus grande encore quand il renferme de petites quantités de carbone, 0,1 pour 100 environ. On peut lui incorporer facilement ce carbone en l’ajoutant au métal quand il est en fusion ou bien en opérant par cémentation, en le chauffant longtemps au rouge sombre dans un bain de poussier de charbon de bois comme on le fait dans certains cas pour carburer le fer et le transformer en acier dit cémenté. Des additions de silicium et de bore produisent le même effet de durcissement.
- Le tantale acquiert surtout sa dureté quand on le travaille mécaniquement. Ainsi, quand on le lamine en feuilles, il devient si dur et si cassant que le laminage cesserait d’être possible si on ne le recuisait pas apres
- chaque passe. La dureté que le métal peut acquérir ainsi est telle que, d’après von Bolton, une perceuse à diamant, marchant à 5000 tours par minute pendant 3 journées consécutives de 24 heures, peut à peine entamer une tôle de tantale convenablement durcie, alors qu’au contraire, les diamants de la perceuse sont fortement émoussés.
- On conçoit combien une semblable propriété est précieuse pour la fabrication de burins et d’outils destinés au travail des métaux. Aussi y songe-t-on malgré le prix encore très élevé du métal et des difficultés de façonnage résultant de certaines propriétés chimiques du tantale, plutôt fâcheuses.
- A la température ordinaire, en effet, et même jusqu’au rouge sombre, le tantale est parfaitement inattaquable par les acides (sauf l’acide lluorhydrique), l’eau régale, les alcalis caustiques, l’humidité et l’oxygène de l’air, mais à température plus élevée il se comporte comme un métalloïde à réactions très énergiques et se combine
- 1 Karyokinèse : de haryoii, noyau et kinésis, mouvement. Mode de division des cellules par voie indirecte.
- 2 Hypertoniques : de huper, au-dessus et tonus, tension. Gouttes dont la tension osmotique est supérieure à celle du milieu environnant.
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- très facilement à presque tous les éléments ; en particulier à l’azote, à l’hydrogène et surtout à l’oxygène. On ne peut donc le chauffer à l’air sans craindre de l’oxyder ; aussi le réchauffage pour recuit doit-il se faire avec beaucoup de précautions et de préférence dans le vide, au moyen d’un four électrique à résistances. Ces précautions sont d’autant plus nécessaires que la moindre trace d’oxyde tantalique dans le métal suffit pour en modifier radicalement toutes les propriétés.
- Les combinaisons du tantale avec l’azote et l’hydrogène donnent des produits extrêmement fragiles. Celui que donne l’hydrogène a été étudié par von Pirani; il se casse et se pulvérise comme du verre et renferme 740 fois son volume d’hydrogène; 550 de ces 740 parties peuvent être éliminées en chauffant le métal à l’incandescence dans le vide; le reste ne disparaît qu’aprôs fusion.
- La fusion paraît d’ailleurs être le seul moyen pratique de purification dont on dispose. Le tantale qu’on préparait autrefois n’avait pas passé par la fusion, on s’explique ainsi pourquoi les propriétés qu’on lui avait attribuées étaient si différentes de ce qu’elles sont réellement.
- Préparation du tantale. — À l’état naturel, le tantale se trouve presque toujours mélangé au niobium dans différents minéraux. La tantalite, la columbile, l’yltro-lanlalitc, la microlilhe, la tapiolite et l’hielmite sont les principaux de ses minerais : ce sont des niobo-lantalales de fer et de manganèse plus ou moins purs renfermant plus ou moins de tantale et de niobium.
- Certains minerais nouvellement découverts aux Etats-Unis, en Suède, en Laponie renferment jusqu’à 85 pour 100 de tantale.
- Ces Corps, inattaquables aux acides, sont chauffés dans une marmite en fonte avec du bisulfate de potassium. On reprend la masse fondue par l’eau et par l’acide chlorhydrique : les oxydes niobique et tantalique restent inat-laqués ; ils sont recueillis et transformés ensuite par l’acide fluorhydrique et le fluorure de potassium en lluo-tantalate el__.fluoxyniobate de potassium de formulées K2 Ta F7 et h- N b O F3. Comme ce dernier sel est très soluble dans, "l’eau tandis que le fluotanlalale de potassium l’est très peu, on sépare facilement les deux sels à l’état de pureté. Il suffit ensuite de réduire le fluotanlalale de potassium par le sodium métallique pour obtenir le tantale.
- On recueille alors une poudre noire, qui prend un aspect métallique sous le brunissoir, mais qui n’est point du tantale pur, car cette poudre renferme de fortes proportions d’oxyde tantalique. La fusion au four électrique, dans le vide, permet seule d’obtenir un métal cohérent, compact et homogène.
- La poudre est fortement tassée dans un creuset qui sert d’anode; la cathode peut être en tantale ou en tout autre métal peu fusible pourvu que sa surface et son volume soient assez grands et permettent d’éviter sa fusion par réchauffement que produit le passage du courant. La cathode est placée au-dessus du creuset, le courant passe de l’un à l’autre sous la forme d’un arc électrique. Le métal pur, fondu, se rassemble au fond du creuset.
- Pour fabriquer des objets de forme quelconque ou des lils de tantale, on agglomère la poudre impure avec de la paraffine ou par simple compression en donnant la forme voulue, soit à la presse, soit à la filière. On intercale ensuite l’objet desséché dans le circuit résistant d’un four électrique fonctionnant dans le vide ; on ne va pas jusqu’à la fusion.
- Lampes électriques à incandescence à filament de
- tantale. — Les lampes électriques à incandescence dans lesquelles le filament de charbon est remplacé par un fil de tantale sont la première application industrielle du métal. Ces lampes offrent plusieurs avantages sur la lampe ordinaire.
- La consommation d’énergie électrique à égalité d’intensité lumineuse est beaucoup plus faible qu’avec la lampe au charbon; elle est comme 2,20 est à 5,70 par rapport à celle-ci. Comme pour la lampe ordinaire à filament de charbon, le pouvoir éclairant eroîtou décroît avec le voltage, mais beaucoup moins vite: il en résulte qu’il n’y a aucun intérêt à pousser une lampe au tantale, c’est-à-dire à la faire fonctionner à un voltage supérieur à celui du régime normal (qui est ici de 1,5 watt par bougie) pour augmenter le rendement lumineux. Celle pratique, qui a l’inconvénient avec la lampe au charbon d’abréger sa durée, n’en a d’ailleurs aucun avec la lampe au tantale ; car, à l’inverse du carbone, la restivité du tantale croît rapidement avec la tension, ce qui réduit dans une certaine mesure l’intensité du courant quand la tension aux bornes vient à augmenter. Il en résulte que des variations accidentelles de voltage ne produisent que des variations insensibles d’intensité lumineuse et sont sans danger; souvent en pareil cas, une lampe au charbon serait infailliblement détruite. Une lampe construite pour 110 volts en supporte facilement 150 pendant quelque temps et ne se brise qu’à 250. Cette absence de sensibilité est d’autant plus précieuse que, malgré l’économie de son fonctionnement, la lampe au tantale reste toujours d’un usage assez coûteux en raison de son prix d’achat encore assez élevé.
- Fabrication des plumes à écrire en tantale. — Le tantale employé pour la fabrication des plumes à écrire offre à la fois les avantages de l’acier et de l’or. C’est en quelque sorte le métal idéal pour cette application. Comme l’or, il est inaltérable et inattaquable par toutes les encres ; il peut donc se substituer économiquement à lui pour les stylograplies, d’autant plus qu’il a la raideur et l’élasticité de l’acier, tandis que la plume d’or est molle et ne permet qu’une écriture sans pleins ni déliés. Comme la plume d’acier, plus qu’elle-même, la plume de tantale est indéformable, élastique et inusable au frottement. Sa dureté est même telle qu’il n’y a pas avantage à employer du tantale pur, assez difficile à travailler comme on l’a vu : il serait inutilement trop dur. On fait des alliages à 95-98 pour 100 de tantale, le reste étant du tungstène ou du fer, qu’on lamine, découpe au poinçon et estampe presque aussi facilement que de l’acier doux et que l’on durcit ensuite par cémentation au carbone. Comme c’est la pointe seule de la plume en acier qui s’émousse et se déforme par suite du frottement contre le papier et surtout de la corrosion par l’encre, il est fort probable que la plume dont la pointe seulement est en tantale est appelée à un plus grand succès que la plume tout en tantale. Son prix sera, en effet, beaucoup moins élevé. Celle-ci restera donc un article de luxe réservé au stylogra-phe, dont le prix, d'ailleurs, sera notablement abaissé et la qualité augmentée.
- Attendons-nous enfin à voir apparaître sous peu sur le marché les outils en tantale, qui ne présenteront aucune des difficultés de la trempe puisqu’ils seront naturellement très durs. Pour le recuit de ces outils aux basses températures, on paraît déjà avoir évité l’emploi du four électrique dans le vide en mettant simplement la partie à recuire en contact avec une surface métallique chaude et, par conséquent, à l’abri de l’oxygène de l’air. A. Gilchiust,
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- LES TEMPÊTES DES GRANDS LACS AMÉRICAINS
- Des catastrophes récentes montrent bien que ces lacs méritent le nom de mers intérieures par la violence des tempêtes qui s’y déchaînent ; et les navires qui les fréquentent doivent offrir autant de solidité que des bateaux de mer; d’autant plus que le froid est intense dans cette partie des Etats-Unis, et que les vagues, soulevées par la force du vent et lancées contre les lianes et sur le pont des navires, risquent souvent de s’y congeler en énormes glaçons.
- Précisément, un capitaine ingénieur du corps spécial de l’armée des États-Unis vient d’étudier, dans les rapports du Corps, d’une façon intéressante et très développée, l’action des vagues sur les constructions élevées dans l’eau ou sur le bord de
- Nous ne ferons pas du reste de comparaison précise avec les vagues de l’Océan, car les opinions varient assez largement à ce sujet; mais on considère une hauteur de 6 m. comme assez rarement dépassée. Or, le 24 septembre 1901, toujours à l'entrée du canal de Duluth, et sur le Lac Supérieur par conséquent, on a relevé des hauteurs de 25 pieds, ce qui fait un peu plus de 7 m., pour des vagues qui n’avaient guère que 09 m. de longueur et une période de 7 à 8 secondes. Qu’on ne s’étonne pas de nous voir insister sur ces vagues observées de la terre ferme, et dans des parties des lacs où le peu de profondeur relative de l’eau peut inlluer sur la hauteur et la longueur des vagues; c’est que, eu
- Fig. 1. — Une vague brisant à l'entrée du canal de llulutli.
- beau ; et nous extrairons quelques données de son volumineux mémoire. Elles mettront sous les yeux du lecteur des preuves de la force surprenante des vagues de ces lacs américains.
- On s’explique aisément la puissance de cos vagues par l’étendue de la nappe d’eau où peut souffler le vent. Nous voici, par exemple, dans le canal, ou plus exactement à l’entrée du canal de Duluth, et nous y voyons se former, sans que pourtant le temps soit véritablement à la tempête, une vague de 5 m. de haut et de 65 m. de long environ, qui ne serait point déplacée à l’entrée d’un port de mer; un autre jour en voici une de 5,60 m. de hauteur, beaucoup plus courte d’ailleurs, suivant une relation fréquente, et qui se forme par des fonds de 8 m. Mais ce sont encore des vagues relativement modérées dans leur action, et il est courant d’en voir venir se briser sur le môle du canal de Duluth, qui vous donnent tout à fait l’impression de paquets de mer déferlant sur une jetée de port.
- pleine eau, nous allions dire en pleine mer, les capitaines des navires fréquentant les Lacs peuvent être induits en erreur dans leurs évaluations par le déplacement même du navire qui les porte, par le manque d’horizontalité du pont, etc. Quoi qu’il en soit, il est intéressant de noter que, sur le lac Supérieur, et pendant des tempêtes particulièrement redoutables, il est vrai, les capitaines se sont accordés à dire que l’horizon était complètement masqué pour l’homme de barre et le capitaine se tenant dans la chambre de timonerie, sur la passerelle de navigation, et cela supposerait des vagues atteignant jusqu’à 7,62 m., pour une longueur de 85 à 98 m. Nous devons dire que c’est sur le lac Supérieur, à cause de son étendue, que soufflent les tempêtes les plus violentes et que se forment les vagues les plus monstrueuses.
- Tout en passant malheureusement sous silence une partie très intéressante, mais par trop technique, du rapport du capitaine Gaillard, celle où il étudie,
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- an point de vue du calcul, la forme des vagues, nous signalerons d’un mot les détails qu’il donne sur les 11 uctualions du niveau de l’eau, c’est-à-dire sur les seiches qui se produisent; c’est là le nom consacré pour les lacs, mais ce sont presque des raz de marée dans ces sortes de mers intérieures. Ces seiches se forment quand le vent souffle très violemment suivant le grand axe de la nappe d’eau. Durant une tempête de novembre 1900, pendant laquelle le vent souillait à raison de 150 km à l’heure à Buffalo, on a vu le niveau du lac monter de 2,55 m. au-dessus du plan d’eau normal, pour ne reprendre son plan ordinaire que 10 heures plus lard. A l’aulre houl du lac, à Ahmerslherg, l’eau
- immergé par plus de 9 m. de profondeur, caisson rempli de pierres, et présentant 50 m. de long sur 7,50 m. de large et un peu plus de 6,70 m. de haut. A Buffalo, en 1899, la vague, en déferlant, brise comme verre des poutres de 50 cm. d’équarrissage et n’offrant qu’une longueur de 5 m. entre appuis. Dans le môme port, en 1900, un coup de temps découronne complètement, en enlevant un poids de plus de 200 tonnes de béton, la partie supérieure du brise-lames ; pendant une de ces tempêtes, on avait vu l’eau sauter à une hauteur qu’on évaluait au moins à 22 m., et que certaines personnes affirmaient dépasser 50 et 55 m. Citons, pour finir avec ces tours de force de la vague, trois
- Fig'. 2. — Values do «-laçons sur un ouvrage dos Grands Lacs.
- était descendue en môme temps de 1,58 m. environ, ce (fui faisait une belle dénivellation au total. Pour le lac Supérieur, les seiches ont rarement une amplitude de plus de 1,20 m.* mais elles se produisent en 10 à 15 minutes.
- On ne saurait se contenter de se préoccuper de la hauteur des vagues pour apprécier leur violence, et il a été fait également ce que nous appellerons des constatations directes; on a examiné d’une part les dégâts causés par les lames sur des ouvrages construits à l’entrée des ports ou le long du rivage, et, d’autre part, M. Gaillard s’est livré à des observations au moyen d’un dynamomètre à diaphragme1. Comme dégâts, voici quelques exemples assez caractéristiques : à Milwaukee, dans le Wisconsin, les vagues retournent complètement un caisson de bois
- 1 Yoy. n° 1735, du 25 août 1906, p. 200.
- énormes blocs de pierre, qui ont été lancés sur la terre ferme, dans le parc appelé Presqu’île Park, à Marquette, et dont la plus grosse, pesant un peu plus de 6 tonnes, a été projetée à une distance de 58 m. Comme nous l’avons dit, des observations sur la puissance des vagues des Grands Lacs ont également été faites au moyen d’un dynamomètre à diaphragme et aussi avec un dynamomètre à ressorts, à l’extrémité d’une des jetées de ce chenal de Duluth dont nous avons déjà parlé. Nous ne pouvons donner aucune indication sur la construction des appareils employés, mais nous noterons qu’ils ont enregistré une pression de 12200 kg à peu près par mètre carré. Ce qui, d’ailleurs, est un maximum.
- Nous reviendrons enfin d’un mot sur ce que nous disions en commençant du froid qui règne souvent sur les Grands Lacs, et qui fait que ce n’est plus seulement de l-’eau que la vague projette durant
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- certaines tempêtes, mais aussi des blocs de glace. Il arrive alors que la partie supérieure des jetées, des brise-lames, est couverte d’un manteau énorme de glace accumulée, qui accroît étrangement la surface sur laquelle la violence de la lame peut s’exercer, qui surcharge en même temps de façon très dangereuse l’ouvrage, quand il s’agit d’un ouvrage en bois. Nous citerons l’exemple de la jetée sur pilotis de l’entrée du canal dit de Portage Lake, sur le Lac Supérieur, et qui, en 1902, était recouverte d’une masse de glace s’étendant sur une longueur de 60 m. et une largeur de 9 à 12 m. suivant les endroits, et qui s’élevait à plus de 7 m. au-dessus de la plate-forme. Cela représentait une surcharge de plus de 70 tonnes par mètre courant.
- On le voit, les mers intérieures américaines sont redoutables, et l’on ne s’étonnera pas que les bateaux construits pour y naviguer, et pour répondre aux conditions spéciales qu’on y rencontre, soient susceptibles de tenir la mer et d’affronter l’océan Atlantique et ses colères. Hknny Bouc,cois.
- UN VOYAGE EN AUTOMOBILE
- de 54000 kilomètres
- 11 s’agit d’une sorte de voyage autour du monde, ou dans les diverses parties du monde, que sont en train d’accomplir deux automobilistes connus en Angleterre, MM. Edge et Glidden,ce dernier Américain et accompagné de sa femme. Ils ont commencé leur voyage en '1901, et, depuis lors, ils ont couvert un peu plus des 54 000 kilomètres indiqués, dans 35 pays différents. Ils ont monté jusqu’au cercle Arctique en Suède, et sont descendus jusque dans le sud de la Nouvelle-Zélande. Ils ont du reste fait avec leur voiture même un parcours original sur rails, sur la ligne ferrée canadienne Soo and Canadian Pacific Railway : ils avaient enlevé pneumatiques et roues ordinaires, et doté leur véhicule de roues à boudin d’une construction un peu spéciale. Ils ont été de la sorte de Minneapolis à Vancouver, en circulant sous signaux et annonces télégraphiques, comme un train spécial, et en donnant une vitesse supérieure à celle des express fréquentant cette ligne.
- L’EXPLORATION HYDROGRAPHIQUE
- des côtes du Maroc
- Le Maroc est certainement un.des pays dont les côtes sont entrées depuis l’époque la plus reculée dans le domaine de la géographie. Dès l’époque phénicienne, les hardis marins de Tyr et de Sidon ont indubitablement atteint les colonnes de Baal Melkarth, c’est-à-dire le détroit de Gibraltar; dès lors ont existé, à tout le moins pour certaines parties des côtes méditerranéennes, des périples dont — à en croire M. Victor Bérard, qui voit dans l’île de Kalypso le petit îlot de Pérégil1, et dans 1 Atlas d Homère le mont aux Singes des environs de Ceuta le grand poète
- 1 Y. L. de Launay. La Spéléologie d’Homère (voy. n°1548, du 24 janvier 1903, p. 116).
- n’aurait fait que donner dans son Odyssée une admirable et rigoureuse adaptation. Quelques siècles plus tard, au temps d’Hérodote, la côte africaine1 du détroit de Gibraltar n’est plus la seule partie explorée du littoral marocain; à leur tour, les plages atlantiques sont visitées et entrent dans le domaine de la colonisation méditerranéenne, d’abord avec l’amiral carthaginois Hannon, probablement vers le ve siècle avant notre ère, puis, trois siècles plus tard, avec l’historien grec Polybe qui accompagne une expédition envoyée par les Romains, après la destruction de Carthage, pour reconnaître et soumettre à leur domination les établissements puniques du Maroc occidental. Quant à la côte méditerranéenne proprement dite, entre les Colonnes d’Hercule et la Moulouia, elle semble n’avoir été explorée que plus tard, à peu près au début de Père chrétienne.
- Mieux connus et plus fréquentés, pendant toute la période impériale romaine, que les sauvages côtes du Rif, les rivages atlantiques du Maroc, —sur lesquels il est possible de glaner dans les auteurs de l’antiquité un certain nombre de renseignements intéressants, — ne furent nullement, durant tout le moyen âge, abandonnés par les marins ni par les négociants européens de la Méditerranée occidentale. Un certain nombre de ports marocains, situés, soit sur le littoral septentrional, soit sur la côte occidentale du pays, continuèrent alors d’être visités par des navires de commerce que montaient des chrétiens : Catalans, Provençaux, Italiens. Les pilotes qui conduisaient ces bâtiments possédaient-ils, comme les marins de l’antiquité, des descriptions nautiques du Maroc? Il est impossible de le dire.
- Les cartes, dans tous les cas, les portulans que nous avons conservés de la Méditerranée occidentale, ne sont pas antérieurs au xiu° siècle, et ce ne sont nullement des représentations des rivages susceptibles de faciliter à des navigateurs l’approche des endroits où ils se proposaient d’accoster. Pour trouver de semblables documents, même pour des pays autrement fréquentés que le Maghreb-el-Àksa, il faut descendre jusqu’à une époque véritablement moderne, c’est-à-dire jusqu’au moment où, par suite de la grande révolution cartographique réalisée dans la seconde moitié du xvie siècle, les Flambeaux de la-Mer, les Pilotes, les Neptunes groupent et juxtaposent les unes aux autres, dans un ordre systématique, de véritables cartes marines, aïeules de celles dont nous nous servons aujourd’hui.
- Mais ce n’est naturellement pas du Maroc qu’on a commencé par dresser des cartes nautiques; aussi faut-il, pendant longtemps, se contenter des cartes générales de la contrée signées des noms d’Ortelius, de Sanson, de d’An ville.... On peut sans, doute, en cherchant bien, rencontrer quelques plans manuscrits ou gravés de la baie de Tanger, exécutés en Angleterre entre 1662 et 1680, alors que Tanger appartenait à Charles II ; mais, pour de véritables cartes marines, c’est autre chose : on n’en rencontre réellement que dans la seconde moitié du xvme siècle. De cette époque datent les cartes espagnoles de Thomas Lopez (détroit de Gibraltar, 1762; îles Zaffarines, 1788), la carte anglaise d’un auteur du nom duquel nous ne connaissons que les premières lettres : Breg... (détroit de Gibraltar, 1786), la carte française de Borda (îles Canaries et partie avoisinante des côtes occidentales de l’Afrique, 1780), d’autres encore ; mais combien toutes ces cartes sont insuffisantes! Sans doute celle du rivage d’Arzila à Tétouan, gravée en 1804 à notre Dépôt de la Marine d’après les plans soigneusement levés en 1786 parTofino, présente déjà un
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- très réel progrès sur les travaux antérieurs; sans doute encore, les plans des baies de Coûta et de Télouan, œuvre du capitaine J. Knighl (1800) sont précieux; par contre, a carte des côtes de Portugal, d’Espagne et du Maroc, (du cap Saint-Vincent à Mogador) dressée en 1812 par le capitaine llurd, celle du littoral d’Espagne (et du Maroc) publiée en 1833 par le Dépôt Hydrographique de Madrid sont très imparfaites. C’est cette grosse lacune dans la connaissance de côtes toutes voisines de l’Europe que les services hydrographiques de l’Angleterre et de la France ont travaillé à combler à partir du second quart du xixe siècle.
- Aux xvu° et xvin° siècles, des flottes françaises ou anglaises avaient à plusieurs reprises, pour réprimer les pirateries des corsaires salétins, fait des démonstrations navales sur la côte occidentale du Maroc; mais d’aucune de ces expéditions n’était résultée une étude hydrographique du littoral. C’est à deux officiers de la Marine Britannique, le lieutenant W. Arlett, commandant le hrick Y Etna, et le lieutenant H. Kellett, commandant le cutter le Raven, que revient le mérite d’avoir exécuté le premier travail de ce genre sur la côte atlantique du Maghreb-el-Aksa.
- Partis d’Angleterre le 12 novembre 1834 pour explorer les plages africaines entre les caps Spartel et Bojador, ainsi que les îles de l’archipel canarien qui en sont les plus rapprochées, ces deux officiers débutèrent par faire l’étude de quelques-unes des Canaries (Grande Canarie, Allegranza, Lan-zerote, Fuerteventura) ; gagnant ensuite Mogador, ils exécutèrent en cinq mois consécutifs (mars-août 1855) la reconnaissance hydrographique du littoral entre Mogador et le cap Bojador, puis entre le cap Spartel et la même rade de Mogador, sur un espace de 750 milles géographiques. Alors furent effectuées d’intéressantes observations sur les courants marins, et même parfois sur les richesses ichlvologiques de ces parages de l’océan Atlantique ; alors aussi en fut dressée la première carte hydrographique un peu détaillée (1855-1844, 5 feuilles).
- Au même moment, le commandant du brick français le Voltigeur, le capitaine de corvette Le Saulnier de Vauhello, levait le plan de la rade de Tanger (1835); et bientôt après d’autres officiers de notre marine ajoutaient aux cartes du lieutenant Arlett les plans détaillés de certains points importants du littoral atlantique. Mais c’est surtout sur la côte méditerranéenne du Maroc que nos officiers ont fait porter leur effort. Après avoir soigneusement repris l’étude de tout le littoral maghrébin du détroit de Gibraltar, ils se sont attaqués à cette côte « presque inconnue » du Rîf, dont, écrivait Renou en 1845,
- « nous ne connaissons ni le détail du bord de la mer, ni les montagnes qui l’avoisinent ». L’ingénieur hydrographe Vincendon-Dumoulin, le capitaine de frégate Philippe de Kérhallet, ont, avec l’aide des ingénieurs hydrographes Boutroux et Ploix, attaché leur nom à cette œuvre
- considérable, qui n’alla ni sans difficultés ni sans péril, nos officiers n’ayant pas obtenu du gouvernement chérifien l’autorisation de travailler à terre, et les Rîfi les ayant attaqués huit fois entre les îles Zaffarines et Ceuta. L’œuvre exécutée dans ces conditions sur l’aviso le Phare (déc. 1854; août, sept.,ocl. 1855) n’en est pas moins absolument remarquable, si remarquable que telle amirauté étrangère n’a pas hésité à reproduire les cartes de l’hydrographie française sans même citer les noms de leurs auteurs.
- Est-ce à dire que cette œuvre ne peut pas être précisée, améliorée ni complétée? Non sans doute. Les observations effectuées en 1883 par la commission espagnole nommée pour étudier les ports de la côte occidentale du Maroc entre Santa-Cruz de Agadir et El Bouïda, —celles de pur détail,
- qu’a exécutées en 1905 M. Renaud sur différents points du littoral, — les travaux persévérants d’un naturaliste comme M. Gaston Buchet sur les richesses ichtyologiques des côtes occidentales du Maroc, fournissent la preuve du contraire ; et notre incertitude du gisement des points principaux, caps et embouchures d’ouadi, entre l’ouad Chibika et l’ouad Sous, notre ignorance de la véritable position de l’ouad Noun ou Assaka, plus haut encore les constatations de M. René de Flotte de Roquevaire sur le débouché direct de plusieurs petits cours d’eau dans l’Atlantique entre Larache et l’ouad es Sahel, sur la côte du Rîf le changement profond noté par M. de Ségonzac dans le régime de la Sebkha de Bou Erg, témoignent de l’utilité d’une révision d’ensemble, conçue de manière systématique et exécutée avec tous les instruments de précision nécessaires, des cartes marines existantes du Maroc. C’est d’un travail de ce genre que la mission, dirigée par le lieutenant de vaisseau A.-H. Dyé sous les auspices du Comité du Maroc, a eu le grand mérite de commencer l’exécution au cours de ses campagnes hydrographiques, riches en constatations nouvelles et en résultats précieux, des années 4905 et 4906. Henri Froidevaux.
- Les reconnaissances hydrographiques au XIX“ siècle (1850-1905).
- Les noms des ingénieurs hydrographes, des marins et les dates de leurs travaux sont en italiques.
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- LE MÉTROPOLITAIN
- Les travaux de la Place Saint-Michel
- Ayant à répondre à une nécessité de premier I vallées doivent être franchies par des viaducs et aussi ordre : diminuer l’intensité d’une circulation devenue ! pour éviter des oscillations trop prononcées dans le
- Fig. 1. — Le grand caisson central de la station « Place Saint-Michel ».
- dangereuse en certains points de la voie publique particulièrement fréquentés, le caractère essentiel imposé au chemin de fer Métropolitain de Paris est d’être souterrain. Exceptionnellement, pour satisfaire à ce principe admis en travaux publics que les
- profil en long, le viaduc est employé aux points où, disposant de larges contre-allées, dans des quartiers excentriques et peu animés, la gêne apportée de ce fait à la circulation est pour ainsi dire nulle; mais, par contre, et pour ne donner lieu à aucun encombre-
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- Fig. 2. — Le-puit.s elliplique’d’extrémité actuellement en cours de fonçage à la Place Saint-Michel.
- nient, l’emploi d’ouvrages à niveau ou en tranchées ouvertes est absolument banni du réseau, leur présence se limitant à quelques ouvrages de passage,
- Fig. 5. — Vue prise de l’intérieur du caisson central.
- indispensables pour le raccordement du souterrain au viaduc et inversement.
- Le but poursuivi par les constructeurs du Métro-
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- politain est d’arriver h transporter économiquement et rapidement les voyageurs, d’un point quelconque de la Capitale vers n’importe quel autre. Mais la réalisation d’un tel projet, comportant obligatoirement la création de communications entre la rive gauche et la rive droite de la Seine, devait, on le conçoit, rencontrer dans ce fleuve la principale difficulté à vaincre. Dans le réseau actuellement concédé, la Seine est traversée six fois : à Bercy, par la ligne N° 6 devenue le prolongement de la ligne circulaire Sud; à Austerlitz,par la ligne N°5; à l’ile de la Cité, par la ligne N°4; à la Concorde, par la ligne N° 8; à Passy, par la ligne Nu 2 circulaire Sud ; enfin, à Auteuil, par la ligne Nu 8 pour la seconde fois, sans compter la traversée à la Concorde de la ligne Nord-Sud concédée à l’ingénieur Berlier. Or, pour effectuer ces passages, deux moyens sont offerts : le pont connu depuis toute antiquité et le souterrain, -dont l’emploi dans ces circonstances remonte à 18251. 11 est évident que, partout où il n’y a pas d’inconvénients à établir les lignes en viaduc, il y a intérêt à faire usage du pont en raison de l’économie qu’il
- Fig. 4. — Plan de la station « Place
- présente sur tout autre procédé, mais que partout où une irruption sur la chaussée serait désastreuse aussi bien au point de vue de la gêne apportée qu’au point de vue esthétique, l’hésitation n’est plus permise : il faut poursuivre le souterrain. C’est ainsi que ce qui est possible à Bercy, à Austerlitz et à Passy où on a élargi ou construit des ponts, devient totalement impossible au Châtelet, par exemple, où, pour réaliser le passage actuellement en construction de la ligne N° 4 (de la Porte de Clignancourt à la Porte d’Orléans) sous la Seine et l’île de la Cité, on a dû prendre les dispositions spéciales que nous avons précédemment décrites2.
- Parmi ces travaux, il en est qui ont été tout particulièrement remarqués; tout d’abord le défonce-ment de la Place Saint-Michel et de la Place Saint-André-des-Arts, dont il ne reste plus guère que les trottoirs, a ému les âmes sensibles ou artistes, puis l’édification dans une excavation de 6 mètres de pro-
- 1 Ce fui l’ingénieur français Brunei qui le premier eut l’idée de construire un tunnel sous un fleuve. Avec un bouclier rectangulaire de son invention, il mit près de 18 ans (de 1825 à 1845) pour percer un souterrain sous la Tamise.
- 2 Voy. n° 1667, du 6 mai 1905. Yoy. aussi n° 16o9, du 7 octobre 1905.
- fondeur, d’énormes squelettes d’acier qui se sont élevés à la hauteur d’un troisième étage, a fixé l’attention du public qui, généralement assez mal disposé lorsqu’on le gêne dans ses habitudes surtout lorsqu’on lui dissimule ce qui a se passe derrière la palissade », supporte ici cette épreuve avec la plus grande patience en raison de l’intérêt qu’il trouve au spectacle de ce travail de Cyclope qui l’étonne et l’émerveille. Nous pensons donc satisfaire sa curiosité en lui fournissant les éléments capables d’éclairer son investigation et de le mettre en mesure de suivre ces travaux en connaissance de cause.
- Pour passer sous la Seine et l’ile de la Cité, on a dù, sur une longueur de 1092 m. comprise entre la Place du Châtelet et le boulevard Saint-Germain, substituer au revêtement ordinaire maçonné du souterrain du type courant, un revêtement métallique formé par des voussoirs en fonte assemblés par des boulons. Dans les parties sous-fluviales, correspondant au passage sous le grand bras et le petit bras du fleuve, le tunnel ainsi conslituéest de plus emprisonné par sections de 40 et 20 m. de longueur dans des
- caissons métalliques de forme semi-cylindri -ques, construits sur berge, amenés au-dessus de l’emplacement définitif, lestés et foncés verticalement jusqu’à ce qu’ils Saint-Michel ». aient atteint un
- niveau tel que la
- distance entre les rails et le niveau moyen des eaux soit de 11,15 m. Pour la traversée des terrains non situés sous la Seine, également envahis par les eaux, on procédera à la confection du tunnel métallique par cheminement horizontal, à l’abri d’un bouclier spécial et au moyen de l’air comprimé. On aura, en outre, recours à un procédé d’exécution tout à fait curieux pour le passage au-dessous du chemin de fer d’Orléans à la Place Saint-Michel : la congélation préalable du terrain permettra de livrer passage à la ligne métropolitaine sans avoir à craindre d’affaissements dans l’ouvrage supérieur. Quelques personnes se sont étonnées qu’on n’ait pas utilisé le bouclier sur toute la longueur du tracé, ce procédé étant à leur avis beaucoup plus expéditif et beaucoup moins coûteux, ce qui est exact; mais il est bon de leur faire remarquer qu’en plus de l’in-destructibilité des blocs immergés sous les deux bras de la Seine, on a pu, grâce à l’emploi de caissons, relever très sensiblement le profil de la ligne, au point que la partie la plus élevée de l’ouvrage affleure presque — à 0,50 m. ou 0,60 m. près — au lit du fleuve, et éviter ainsi l’emploi de pentes et rampes très accusées; pareil résultat ne pouvait évidemment être obtenu avec un bouclier.
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- Le projet de la traversée de la Seine comportait, en plus, l’établissement de deux stations : l’une au Marché aux Fleurs, l’autre à la Place Saint-Michel ; destinées à reposer dans un sol imprégné d’eau, elles ne pouvaient ctre ni constituées, ni construites comme les stations ordinaires. En raison de leurs trop grandes dimensions, il ne l'allait pas non plus dans cette circonstance songer pouvoir faire usage du bouclier; on a donc eu recours à l’emploi de caissons foncés verticalement. Nous ne pensons pas devoir insister sur le fonctionnement de cet engin très fréquemment employé aujourd’hui, supposant que nos lecteurs le connaissent parfaitement.Rappelons simplement que le caisson se présente sous l’aspect d’une boîte sans couvercle, le plus souvent métallique et à parois absolument étanches, enveloppant entièrement l’ouvrage à construire, montée sur berge lorsque le caisson doit être foncé en rivière, montée sur le lieu du fonçage lorsqu’il n’a à traverser que des terrains mouillés et munie à sa base d’une chambre de travail permettant aux ouvriers de préparer le chemin au caisson et à son contenu qu’ils ont à descendre à un niveau déterminé et qui s’enfonce par son propre poids, progressivement au fur et à mesure de l’avancement des déblais. Pour s’opposer à l’envahissement de cette chambre de travail par l’eau, on y comprime de l’air sous une pression qui augmente avec la profondeur; chambre supérieure et chambre de travail sont donc séparées par une cloison horizontale très résistante, rendue absolument imperméable à l’air par l’application d’une épaisse couche de béton. Le passage des hommes et des matériaux de l’air libre à l’air comprimé et inversement se fait par des cheminées verticales, prenant naissance dans le plafond de la chambre de travail, traversant l’ouvrage supérieur, d’autant plus élevées que la course du caisson doit être plus longue et aboutissant à un sas à air où s’opère Véclusée. Ce qui caractérise les caissons employés pour la traversée des deux bras de la Seine par la ligne N° 4 et l’établissement des stations « Cité » et « Saint-Michel », c’est qu’ils sont intimement liés à l’ouvrage qu’ils enserrent et qu’ils doivent s’enfoncer peu à peu, puis disparaître complètement avec lui sous les Ilots ou sous les remblais dont on les couvrira, les cheminées qui établissent le contact entre le front d’attaque et l’extérieur émergeant seules.
- Chacune des stations en question, toutes deux en courbe, « La Cité » de 600 m. de rayon, « place Saint-Michel » de 500 m. de rayon, est composée de trois caissons (fig .4) formant un ensemble de 118 m. de longueur et disposés de la façon suivante : au centre, un caisson de 68 m. de longueur contenant la station proprement dite, et à chaque exlrémité un puits elliptique reliant la station au souterrain, d'une hauteur égale à la distance existant entre un point situé à 2,50 m. en contre-bas de la partie inférieure de la station et le niveau de la chaussée et devan t contenir, outre une salle de distribution des billets, les moyens d’accès aux quais d'embarquement :
- | escaliers et ascenseurs. Les travaux en cours à la place Saint-Michel se rapportent donc à la conslruc-tion de la station de ce nom ; le caisson elliptique côté Seine et le grand caisson central sont prêts à être foncés, sans le secours de l’air comprimé tant que l’eau ne sera pas rencontrée; le montage du second caisson elliptique, qui doit compléter cette station, ne sera entrepris qu’après fonçage du premier, de façon à éviter un trop grand encombrement.
- Le grand caisson central construit par la maison Baudet, Ronon et Cie, de forme semi-cylindrique, a 12,50 m. de hauteur et 16,50 m. de largeur totale; sa charpente métallique est formée par des fermes transversales en arc de cercle placées à 1,20 m. les unes des autres et reliées par des entreloises sur • lesquelles viennent s’assembler des plaques de tôle jointives qui constituent l’enveloppe extérieure de l’ouvrage. La station proprement dite se présente en section transversale sous la forme d’une voûte en plein cintre de 12,50 m. d’ouverture, reliée à un radier elliptique par des piédroits très courts (fig. 5) ; sa hauteur dans oeuvre atteint 8,50 m. Elle sera pourvue de deux quais latéraux à voyageurs, laissant entre eux un espace de 5,50 m. réservé à la circulation des trains, de 5,50 m. de largeur par conséquent (les quais des stations ordinaires ont 4,10 m. de largeur) et d’une longueur égale à celle de la station, soit 75 m. Ses parois sont constituées par des plaques de tôle de 8 mm. d’épaisseur, rivées aux armatures extérieures, et raidies intérieurement par des cornières percées de trous destinés à recevoir de nombreux fantons qui formeront une paillasse servant à retenir un crépissage de béton sur lequel sera appliqué, comme dans les autres stations, un revêtement continu en carreaux de grès cérame émaillé blanc. Tout autour de cette enveloppe intérieure, on coulera un manchon de béton de 1 m. d’épaisseur à la clef et de 2 m. aux naissances de la voûte, noyant entièrement les fermes transversales ; de plus on remarquera que les tôles de l’enveloppe extérieure, au lieu d’épouser la forme arrondie du caisson (voir fig. 1), se redressent verticalement sur ses côtés et sont soutenues par des élançons d’acier qui serviront d’âme à deux murs de soutènement parallèles en béton également. Ce dispositif a pour but d’éviter tout mouvement des terres pendant le fonçage, mouvement qui pourrait fort bien entraîner l’affaissement des immeubles du boulevard Saint-André-des-Arts bordant le chantier.
- La chambre de travail de ce caisson central de 1,80 m. de hauteur, est séparée sur sa longueur par une cloison médiane qui la divise en deux chantiers distincts desservis chacun par quatre cheminées ; la descente de cet engin d’excessives dimensions, susceptible, en raison de l’inégalité de résistance du sol, de défauts d’aplomb ou de verticalité, même de dislocation, pesant 18 000 tonnes au moins (11 000 t. d’acier et 7000 t. de béton), se trouvera ainsi mieux régularisée. Après fonçage, lorsque le caisson aura
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- atteint son niveau définitif, une distance de 15,55 ni. correspondant h 06 marches environ, séparera les quais de la station place Saint-Michel du sol de cette place. '
- Les deux caissons d’extrémités, d’une structure absolument identique, présentent une section intérieure elliptique dont le grand axe mesure 26 m. et le petit axe dirigé dans le sens du tracé 18,50 m. Celui actuellement en cours de fonçage (lig. 2) doit reposer à 23 m. environ au-dessous de la place Saint-Michel; sur 20 m. de hauteur, scs parois étanches sont constituées par un double cuvelage en acier d’un poids de 650 t., laissant un intervalle de 1,50 m. garni de contreforts et d’entretoises qu’on a rempli de 2500 t. de béton; une fois en place, l’anneau continu ainsi formé sera surmonté d’un couronnement de maçonnerie de 2 m. de hauteur qui supportera un plancher métallique très résistant obturant complètement l’ouvrage et sur lequel la chaussée sera rétablie. Sauf une légère différence de hauteur, le caisson elliptique de la place Saint-André-des-Arts est exactement semblable; il convient cependant d’ajouter que le caisson côté Seine a reçu des dispositions propres à rendre possible la pénétration de la ligne de Sceaux et Limours, dans le cas où son prolongement éventuel jusqu’à la gare du quai d’Orsay serait décidé. Ces caissons doivent, nous l’avons dit, servir l’un et l’autre, de raccordement entre la station et le souterrain, ils sont donc pourvus, face à la station, d’une amorce de môme section que cette dernière et face au souterrain, d’une alvéole, où du côté de la Seine s’achèvera la pose du revêtement métallique par congélation et du côté du boulevard Saint-Germain se terminera la course du bouclier. Pour éviter l’envahissement de la cavité intérieure des caissons elliptiques et du caisson central par l’eau pendant le fonçage, les sections réservées au passage de la ligne sont obturées par des bouchons, cloisons étanches et démontables, métalliques pour les premiers, en bois, nous a-t-on dit, pour le second, qui, après le fonçage de ces trois caissons et leur raccordement entre eux seront démontées afin d’assurer la continuité du tunnel. Puits d’extrémités et caisson central sont en effet séparés par un intervalle de 1,50 m., réservé à dessein pour obvier aux irrégularités qui pourraient se produire pendant le fonçage et éviter toute chance de choc ou de rencontre, et qui constitue un joint à raccorder pour lequel on emploiera un procédé fort ingénieux dont nous rendrons compte plus tard lorsqu’il aura été mis en exécution. D’un caisson elliptique h l’autre, la station mesure ainsi exactement les 75 m. qu’elle doit avoir. Le rivetage de toute cette partie métallique a été effectué avec les riveuses à marteau pneumatique de la marque américaine bien connue Inger-soll and C°, et a donné au point de vue de la rapidité d’exécution et de la qualité de la rivure, les meilleurs résultats. E. r>E Loyselees.
- LES MACHINES DES STEAMERS
- transatlantiques
- La performance des machines à vapeur de dimensions géantes servant à la propulsion des grands paquebots transatlantiques peut être mise en relief d’une façon saisissante par les comparaisons suivantes :
- Une locomotive semblable à celles qu’on emploie sur les chemins de fer de l’Etal, en Allemagne, pour la traction, sur de fortes rampes, de lourds trains de marchandises, est munie de quatre paires de roues motrices; avec son tender, elle pèse 85 tonnes. Cette locomotive peut entraîner 60 trucks à charbon chargés, à deux essieux, du poids de 18 tonnes, à la vitesse maxima d’un paquebot rapide des grandes compagnies transatlantiques, soit à raison de 43,5 km par heure. Pour fixer les idées, faisons remarquer que le poids du steamer rapide « Kaiser Wilhelm 11 », du Norddeutcher Lloyd, avec toute sa charge, est de 26 500 tonnes. Or, comme les trains de marchandises précités pèsent chacun 1080 tonnes, il faudrait environ 24 trains pareils pour égaler le poids du steamer : c’est dire que 24 locomotives de trains de marchandises seraient nécessaires pour entraîner ce dernier, s’il était placé sur rails. Or, chacune de ces locomotives produisant environ 800 chevaux-vapeur, la puissance de ces 24 locomotives serait de 19 200 chevaux. D’autre part, les machines du steamer doivent, pour propulser ce dernier à la vitesse précitée, développer 46 000 chevaux.
- Si, par contre, le hateau à vapeur n’avait à marcher qu’à une vitesse moitié moindre, soit à celle de 12 nœuds ou de 22,250 km par heure, il pourrait se contenter d’une force motrice de seulement 6100 chevaux en chiffres ronds. Or, pour faire marcher ces mêmes trains de marchandises à la vitesse réduite de 22,250 kilomètres, des locomotives moins puissantes, d’environ 285 chevaux, seraient amplement suffisantes. Ces 24 locomotives produiraient une puissance totale de 7000 chevaux environ, supérieure à la puissance des machines maritimes. C’est dire que les conditions se trouvent renversées dans le cas de la petite vitesse. Voilà ce qui prouve les proportions énormes dans lesquelles s’accroît la résistance éprouvée par le vaisseau à mesure que sa vitesse augmente.
- Si les locomotives étaient installées dans les salles des machines du steamer, actionnant les arbres des hélices au moyen de dispositifs appropriés, il faudrait 57 à 58 locomotives pour la grande vitesse, et 7 à 8 pour la petite.
- La longueur de chacun des 24 trains ci-dessus mentionnés serait d’un peu plus de 500 mètres, ce qui donnerait à ces trains disposés à la suite les uns des autres, une longueur totale de 13 kilomètres. Cette distance est parcourue par un bon marcheur en 2 heures environ.
- Les machines du paquebot rapide « Kaiser Wilhelm II » ont une puissance indiquée de 46 000 chevaux. Chaque cheval étant la puissance nécessaire pour soulever un poids de 75 kg à la hauteur d’un mètre pendant une seconde, ces machines sont capables de soulever à la hauteur de 1 mètre le poids de 3 450 000 kg, pendant chaque seconde. En d’autres mots, elles soulèveraient pendant une heure ce même poids (qui est à peu près celui d’un steamer de charge moyen d’une longueur de 80 mètres environ, à l’état complètement chargé) à la hauteur considérable de 3600 mètres. Pour donner une idée de cette hauteur, rappelons que celle de la Zugspitze, cime la plus haute des Alpes Bavariennes, est de 3000 mètres. Dr Alfred Gradettwitz.
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- LA NATURE.
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- PRODUCTION ET CONSOMMATION DE L’ÉTAIN
- La cassitérile, ou oxyde d’étain, est à peu près le seul minerai de ce métal ; ou en rencontre des gisements en divers points du globe; mais, après la région de Malacca qui est le principal centre de production, le comté de Cornouailles, dans le Royaume-Uni, contribue pour un chiffre très important.
- On sait combien l’extraction de l'étain esL simple, à cause de la facilité avec laquelle le minerai est réduit par le charbon. Aussitôt son extraction, le minerai cru est trié, bocardé et lavé alin d’en séparer les gangues pierreuses, généralement formées de quart/, de spath iluor et de mica. Lorsqu’il provient de liions, il est ensuite grillé dans le but d’en séparer le soulre et l’arsenic. Cette opération, qui dure généralement sept heures, est effectuée dans des lours h réverbère munis de trois portes, l’une pour la charge, l’autre pour la chauffe, la [troisième pour brasser la masse et faire sortir les scories. La sole de ces fours est légèrement concave ; de sa partie la plus déclive part un conduit, fermé pendant la fonte par un tampon d’argile, et qui amène l'étain dans des bassins de réception. On mélange le minerai avec de la houille, et parfois avec de la chaux, et l’on prend bien soin d’opérer de façon que la réduction de l’étain ait lieu avant que la gangue ne soit fondue, sans quoi il se formerait un émail d’une dissociation difficile; pour cela, après cinq à six heures de chauffe, on jette sur la masse quelques pelletées de houille sèche et en poudre, ce qui rend les scories moins fusibles. L’étain qu’on a fait couler dans les réservoirs est puisé avec des poches et versé dans des moules en fonte pour le soumettre au raffinage. La liquation s’opère dans un four à réverbère semblable au précédent, et que l’on chauffé modérément; l’étain fond alors et coule dans des bassins d’affinage où on l’agite avec des bûches de bois vert. Les scories et lès crasses, qui sont formées d’un alliage très ferrugineux, sont réunies et affinées à nouveau.
- Les minerais d’alluvion, qui sont beaucoup plus purs, n’ont pas besoin d’être traités à chaud; il sont
- seulement lavés dans des cuves à fond plat et à large surface. On ne soumet à la fonte au charbon de bois, dans des fours à tuyère, que les meilleurs d’entre eux, destinés à fournir un métal très pur.
- Après une longue période durant laquelle leur production lut peu intense, les mines d’étain de Cornouailles ont récemment repris une activité nouvelle dont on peut se faire une idée par cette constatation que le cours moyen de leurs actions a passé, en quelques mois, de 14fI ,50 à 22 francs. Pendant longtemps, le prix marchand de l’étain est demeuré très bas; les bénéfices d’exploitation étant peu considérables, les salaires étaient nécessairement peu élevés ; aussi, les meilleurs ouvriers avaient-ils émigré dans l’Afrique du Sud pour chercher dans les
- exploitations aurifères un travail plus rémunérateur ; avec la hausse croissante de l’étain, ils recommencent à revenir et trouvent aux gisements d’étain des salaires qui s’élèvent en moyenne à 30 shellings (37fr, 50) par semaine. Tout porte à croire que l’industrie de l’étain est en voie de reprendre son importance passée.
- Les demandes affluent sur les marchés, et le prix moyen du métal, qui avait déjà subi une hausse très sensible en 1905, oscille maintenant entre 4925 et 5410 francs h Aussi les mines de cassitérile présentent-elles le spectacle d’une activité considérable. A titre d’exemple, on peut citer la mine de Dolcoalh, près de Camborne, qui a une profondeur de 946 mètres et que l’on travaille à creuser plus profondément encore, à la suite de la découverte d’un important filon ; dans le courant du siècle dernier, cette mine a payé plus de 25 millions de francs de dividendes à ses actionnaires; malgré les grands travaux d’aménagement, d’approfondissement et de perfectionnement d’outillage qui y sont actuellement poursuivis, elle paie dès maintenant plus cher aux actions qu’elle n’a jamais payé, toutes proportions gardées bien entendu.
- Cette prospérité des mines d’étain s’explique aisément quand on examine les documents publiés par M. Fabre dans la Revue générale de Chimie, docu-1 Cours du 1er décembre 1906.
- l'ig. 1. — Vue du l'installation du grillage à Dolcoalh, prise au point où soûl installés lus ateliers de lavage.
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- monts qui présentent un très vif intérêt economique. On apprend par eux que la consommation mondiale d’étain brut a passé de 70615tonnes en 1897 à 76219 tonnes en 1900, et 82969 tonnes en 1904. La progression que marquent ces chiffres répond à des causes variées, parmi lesquelles la principale est l’augmentation continuelle de la fabrication du fer-blanc. Cette fabrication est surtout faite en Angleterre, aux Etats-Unis et en Allemagne, et l’Angleterre en exporte 565 263 tonnes en 1904 contre 247 485 en 1905 et 317 201 en 1902; l’accroissement de l’exportation anglaise tient à de plus fortes importations faites aux Etats-Unis; 70 806 tonnes en 1904 contre 48 154 seulement l’année précédente.
- iniques, etc., sont autant de débouchés de plus en plus importants. Enfin, dans toutes les applications de l’électricité, l’étain trouve encore un emploi nouveau, puisqu’il entre dans la composition des alliages fusibles.
- En somme, la consommation de l’étain a subi, depuis quelques années, un accroissement qui peut nôtre que le prélude d’une augmentation plus considérable encore dans l’avenir. D’autre part, les gîtes stannilères sont assez peu nombreux bien que la hausse du métal, si elle continue, doive nécessairement amener la remise en valeur d’une foule de gisements connus et actuellement inexploités. Un escompte donc un accroissement du prix et, de
- Fig. 2. — Vue générale de la mine d'étain de Dolcoalh. (Cette mine occupe 1200 hommes, et environ 40 femmes.)
- A cause de l’emploi de plus eu plus répandu des conserves alimentaires, tant pour les usages domestiques que pour la nourriture des troupes de la guerre, de la marine et des colonies, la production du fer-blanc ne peut que se développer grandement. Elle dépasse 950 000 tonnes à l’heure actuelle, et, comme l’étain entre en moyenne pour 5 pour 100 dans le poids du fer-blanc, on se rend aisément compte de la quantité qui en est annuellement employée pour ce seul usage.
- 11 est, d’ailleurs, impossible de suivre l’étain dans toutes ses applications industrielles; la plus considérable, celle qui absorbe les plus grandes quantités de métal, consiste dans la préparation des alliages. Les soudures, l’étain en feuilles, l’étamage, la mise en tain des glaces, la poterie, les produits chi-
- ce chel, ou s’est ingénié à utiliser les anciens déchets. Depuis longtemps déjà, des industriels se sont occupés de trouver les moyens pratiques de retirer l'étain des vieilles soudures, et surtout de l’extraire du fer-blanc. Ils y sont parvenus, sans résultats bien brillants d’ailleur.s au point de vue économique, en traitant par l’acide chlorhydrique additionné de quelques gouttes d’acide azotique les rognures et les déchets que les chiffonniers leurs fournissent à bas prix, puis en attaquant la solution de sel stanneux par un oxydant et dissociant ensuite le sel stannique formé. L’électrolyse permet une récupération beaucoup plus aisée et, en même temps, beaucoup plus rémunératrice. Des usines importantes ont été récemment créées dans ce but; elles réalisent, jusqu’ici, des bénéfices intéressants. Francis Marre.
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- CHRONIQUE
- Exploitations houillères américaines. — En
- Lien des circonstances et pour diverses causes, l’industrie des combustibles minéraux jouit d’avantages particuliers aux Etats-Unis. C’est ainsi qu’il existe, dans le centre et l’est de la Pensylvanie, des lits d’anthracite qui se trouvent à très faible profondeur dans le sol. L’épaisseur de terre recouvrant ces lits descend couramment à 15 m. et même beaucoup moins. Pour les exploiter, on a eu tout simplement recours aux excavateurs et pelles à vapeur : les terres ont été enlevées rapidement et à peu de frais, et l’anthracite est exploitée dans les plus heureuses conditions.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i o décembre 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Polarisation rotatoire magnétique. — M. Poincaré présente une Note de M. Jean Becquerel sur la polarisation rotatoire magnétique dans les cristaux. L’auteur a donné une théorie des expériences qu’il a précédemment réalisées et montre aujourd’hui qu’il existe dans certains cristaux des électrons positifs qui n’avaient été mis en évidence jusqu’à présent dans aucun phénomène et des électrons négatifs d’un autre ordre de grandeur que les corpuscules cathodiques.
- Distribution des végétaux fossiles. — M. Zeiller fait hommage à l’Académie, en son nom personnel et. en celui de M. Michel Lévy comme directeur du service des topographies souterraines, de l’ouvrage qu’il vient de publier dans les Éludes des gîtes minéraux de la France sur la flore fossile du bassin houiller et permien de Blanzy et duGreuzot. Il a été amené, par l’élude de cette flore, à classer les gisements houillers de ce bassin, comme précédemment ceux de Commentry, à l’extrême sommet de la formation stéphanienne. Parmi les très nombreux échantillons recueillis par les ingénieurs de ces mines, il ne s’est rencontré qu’un petit nombre d’espèces nouvelles, et on a récolté des spécimens remarquablement complets de certains types spécifiques déjà connus, mais qui n’étaient représentés jusqu’ici que par des débris très défectueux. M. Zeiller signale comme présentant un intérêt particulier des frondes fertiles de fougères du genre sphœnopleris, certaines frondes de pteridosper-inées, des épis bien conservés de lycopodinées et enfin des rameaux de conifères du genre permien Ullmannia qui n’avaient pas encore été observés en France.
- Recherche d’un toxique végétal. — M. Guignard présente une Note de M. Gabriel Bertrand et de MIle Roockind relative à la recherche dans différentes plantes d’un glucoside toxique qu’il a extrait récemment de la Vicia angustifolia, légumincuse très commune et qu’il a appelé, à cause de son origine, vicianine. De plus, comme ce glucoside était sous l’influence d’une diastase, il était intéressant de rechercher aussi la répartition de cette diastase dans les diverses graines de légumineuses. 11 ressort des travaux de l’auteur que la vicianine est peu répandue chez les légumineuses où on 11e la trouve que chez le vicia angustifolia et le vicia marricarpa. C’est pour cette raison que l’année dernière M. Guignard avait eu l’occasion de constater que la graine de la dernière
- plante fournit du cyanogène. La diastase spéciale, au contraire, a été trouvée dans la plupart des espèces examinées qui se rapportent à 40 genres différents. Par conséquent, elle existe dans un grand nombre de cas où le glucoside fait défaut.
- La division du travail chez les abeilles. — M. G. Bonnier donne les conclusions auxquelles l’ont conduit une série d’expériences sur les abeilles, effectuées au cours de l’été dernier. Afin de suivre les évolutions des insectes soumis à l’expérience, il les marquait avec de la poudre de talc colorée de différentes façons. La poudre pouvait s’appliquer sur le dos velu de l’insecte, sur la tête, sur le ventre, de telle sorte que les insectes étaient identifiés comme s’ils avaient répondu à des noms. M. G. Bonnier a observé que lorsqu’une abeille chercheuse (ou rôdeuse suivant l’expression des apiculteurs) venait à découvrir un bloc de plantes mellifères, elle retournait immédiatement à la ruche et revenait comme butineuse avec plusieurs abeilles butineuses. Il s’établit ensuite un va-et-vient entre le bloc de plantes et la ruche. De plus, l’observation a permis de noter, en faisant varier le nombre de plantes mellifères, que le nombre de butineuses est sensiblement proportionnel au travail d’enlèvement, de telle sorte qu’il faut conclure que, si les abeilles ne savent point compter, elles savent du moins apprécier le nombre d’entre elles qui sont nécessaires pour opérer un travail donné. Il a noté également que la charge portée par les insectes varie en raison de la distance à laquelle ils vont opérer les récoltes, qu’en pays de montagne elle est plus forte pour les insectes qui vont butiner à une altitude supérieure à celle de la ruche que pour les insectes remontant la récolte recueillie sur une région placée à un niveau inférieur à celui de la ruche, d’où il suit que le travail produit par l’animal reste en l’apport avec l’effort qu’il doiL développer. Enfin il a été constaté qu’une abeille, occupée à un travail pour lequel elle est comme commandée, ne s’emploie jamais à un autre travail. Celles qui vont prendre l’eau 11e se dérangent pas pour puiser dans un sirop de miel qu’on met à leur portée; inversement, celles qui récoltent le nectar au fond des corolles 11e louchent pas à l’eau, même en temps de sécheresse, alors que l’eau fait besoin dans la ruche pour l’élevage des larves. Il s’établit donc une sorte d’entente générale pour la recherche des butins.
- Mode d'action des rayons X. — M. d’Arsonval présente une Note de MM. J. Bergonié et L. Tribondeau sur l’action des rayons X sur les cellules des différents tissus. On a observé qu’ils peuvent tuer les cellules des tissus cancéreux tout en laissant subsister les cellules des tissus sains, mais qu’ils peuvent également déterminer sur ceux-ci la production de tumeurs cancéreuses. Les auteurs établissent ce principe, que les rayons X agissent d’autant plus puissamment sur les cellules vivantes, que leur activité de reproduction est plus puissante. Ils se servent de ce principe pour expliquer tous les faits observés. Les petites doses répétées sont à proscrire comme pouvant provoquer la transformation de cellules saines en cellules cancéreuses. Lorsque deux tissus, dont l’un est à détruire et l’autre à conserver, ont la même activité reproductrice de leurs cellules, la radiothérapie est contre-indiquée. Les auteurs insistent sur la nécessité de connaître la constitution histologique des tumeurs à traiter par la radiothérapie. Et, comme les radiations X ne sont pas simples, ils ajoutent qu’il sera nécessaire d’étudier le mode d’aclion de chacune des radiations élémentaires.
- Cil. DE VlLLEDEUIL.
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- LA NATURE.
- NOUVEAU STÉRÉOSCOPE DE M. L. PIGEON
- Nous avons signalé l’an dernier1 une communication faite à l’Académie des sciences par M. L. Pigeon à propos d’un stéréoscope dièdre h grand champ et à miroir bissecteur dont il est l’inventeur. Depuis cette époque l’idée a été mise sur pied industriellement et on trouve aujourd’hui dans le commerce des appareils de ce système dont nous rappelons brièvement le principe.
- Les deux images, provenant bien entendu de clichés stéréoscopiques, sont placées l’une à côté de l’autre; entre elles deux, sur un support approprié, est monté un petit miroir ; l’observateur place sa tète dans une position telle que l’œil droit voit directement l’image qui est devant
- n'empêche de construire des dimensions supérieures.
- En dehors de ce stéréoscope de laboratoire, MM. Roux et Marchet, de Dijon, construisent l’appareil à très bon marché destiné à être répandu dans le public; il est entièrement en carton (n° 2) les plans À et B destinés à recevoir les images sont munis de cases ménagées dans l’épaisseur du carton, qui permettent de placer l’image en longueur ou en hauteur; le plan bissecteur M qui porte le miroir
- Stéréoscope de M. L. l'iyeou. — 1. Appareil de grand l'ormal destiné à la radiographie. — 2. Appareil destiné aux caries postales.
- lui et qu’en même temps l’œil gauche voit, dans le miroir, l’autre image. Comme cette dernière a été tirée à l’envers, elle se trouve redressée par le miroir; les deux yeux voient donc une image de même sens et la fusion se fait en une seule image donnant le relief stéréoscopique.
- Pratiquement on a réalisé l’appareil en deux modèles différents. Le premier, plus spécialement destiné aux images radiographiques, est construit par MM. Radiguet et Massiot. Il se compose de deux cadres (n° 1) D et E, réunis par une charnière et munis d’un support disposé de façon à pouvoir être tenu à la main ou placé sur un pied ; ils sont garnis de verres dépolis qui permettent l’examen des images par transparence. Entre ces deux cadres, et formant le plan bissecteur, se trouve un troisième cadre qui supporte le petit miroir M ; deux coulisses A et B, munies de vis de pression, permettent de régler l’écartement des châssis. Le principal avantage de cet appareil étant de permettre l’examen direct d’un champ étendu, sans grossissement par un système optique, on a adopté le format 18x24 et rien 1 Yoy. n° 1693, du 4 novembre 1905, p. 435.
- est en carton plein et l’ensemble est d’une grande solidité; replié il a l’aspect d’un album à dessin. On a adopté un format qui est destiné aux cartes postales et à une dimension voisine du 13 X 18.
- Les constructeurs ont édité déjà toute une série de vues de villes ou de musées. Ce nouveau senre de
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- stéréoscope contribuera certainement à vulgariser cette branche de la photographie en permettant de faire le tirage des épreuves positives en très grand nombre et à bon marché par les procédés typographiques. Ce mode de tirage comporte, en effet, une trame très fine, qui n’est pas visible à l’œil nu, mais que rend très apparente le système optique, donnant un grossissement plus ou moins important des stéréoscopes actuellement en usage. L’effet produit par cette trame ainsi grossie nuit beaucoup à l’image, ce qui explique le peu de succès obtenu jusqu’à présent; tandis qu’avec le nouveau stéréoscope de M. Pigeon la trame reste invisible et l’image conserve tout son charme. G. M.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie) Laiiuuk, rue de Fleuras, 9. ’
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- l-'iy. 1. — Élal-major de la compagnie experimentale.
- Un olficier supérieur de l’armée anglaise, le colonel Pollock, du régiment d’infanlerie de Somersels-
- de six mois, l’éducation militaire totale d’un groupe d’Anglais quelconques, pris au hasard, sans sélec-
- Fig. 2. — Exercice militaire. L’école de compagnie aux baraquements de llanslow.
- hire, vient de mener à bien une entreprise très hardie, grâce au succès de laquelle il prétend démontrer qu’il est facile de faire, dans une période 3d° année. — 1er semestre.
- lion aucune. Cette expérience mérite d’èlre signalée non seulement à cause de son caractère original, mais aussi parce que plusieurs personnalités mili-
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- LA NATURE.
- t.aires et des notabilités civiles et politiques anglaises * lui ont accordé leur appui matériel et moral. Les conditions particulières dans lesquelles l’essai a été tenté et les sommes importantes qui ont été recueillies, en peu de temps, pour permettre la réalisation de l’opération, montrent la toute-puissance de l’initiative privée aux Iles-Britanniques et indiquent combien les questions militaires y passionnent certaines personnes.
- La presse britannique s’est beaucoup intéressée à celte tentative, qui a été lancée par un journal, Speciator, dont le directeur, M. Slrachey, a été le principal collaborateur du colonel Pollock, en ouvrant une souscription publique dans le but de recueillir les 90 000 francs que les organisateurs demandaient comme nécessaires à l’expérience.
- Les fonds ne se firent pas attendre. Aussitôt que les guichets du Spectator furent ouverts, les souscriptions affluèrent. 11 y en eut de très modestes à côté d’autres très importantes, qui permirent d’arrêter la liste, au bout de trois jours, sur un total dépassant 100 000 francs. La facilité, avec laquelle cette tentative militaire trouva les fonds utiles à son fonctionnement, est d’un intérêt capital; elle est très caractéristique et mérite, comme nous l’avons dit, d’être signalée.
- Le duc de Bedford, un des colonels les plus appréciés de la milice britannique, se fit inscrire un des premiers parmi les patrons dé l’œuvre et versa 25 000 francs. Pareille somme fut également souscrite par Sir Astor, bien connu en Angleterre par le grand intérêt qu’il porte à tout ce qui touche à la défense nationale, au double point de vue militaire et maritime. L’appui 'matériel et moral de ces deux personnalités assura le succès de la souscription; Lord Dysart et d’autres commanditaires de marque s’inscrivirent pour des sommes variant entre 1000 et 5000 francs. La Compagnie expérimentale du Spec-talor ne manqua pas du « nerf de la guerre » ; elle eut rapidement tout l’argent nécessaire à son fonctionnement et à l’entretien de son effectif.
- Le Ministère de la Guerre britannique — The War office — ne voulut pas, devant tant de zèle, rester en arrière. 11 trouva, d’ailleurs, l’expérience intéressante; il lui donna son appui. Comme part de contribution, le Ministère mit à la disposition de la Compagnie expérimentale l’habillement nécessaire aux hommes ; il lui prêta, en outre, certains baraquements dans le camp de cavalerie de Hanslow-lieath, la plus importante agglomération militaire de Middlesex. Le War office désigna même un officier de l’Etat-Major pour suivre les manœuvres, les exercices et les diverses phases de l’instruction militaire du détachement ; mais, pour laisser aux organisateurs toute leur liberté et leur entière responsabilité, cet officier reçut l’ordre express de ne donner ni conseils, ni appréciations. Spectateur muet, ce contrôleur, cet inspecteur platonique eut pour mission de tout regarder et de réserver ses observations pour le rapport à présenter par lui aux services
- techniques de l’armée. Si nos renseignements sont exacts, il paraît que, les six mois d’instruction écoulés, cet officier adressa au Ministère un rapport enthousiaste, très favorable à la méthode du colonel Pollock et rendant hommage aux résultats obtenus avec ces soldats improvisés.
- Les fonds en caisse, les casernements, l'habillement et l’armement assurés, il fallait trouver les 100 hommes devant constituer la Compagnie S. E.C. (Spectator Experimental Company) ; on procéda donc aux enrôlements. Tous les hommes sains, de 18 à 50 ans, qui se présentèrent, furent pris sans sélection aucune; on leur demanda toutefois de justifier qu’ils n'avaient jamais été soldats et qu’ils étaient bien de nationalité britannique.
- L’àge de la majorité des enrôlés varia entre-18 el 22 ans; la plupart de ces hommes n’avaient reçu qu’une instruction élémentaire. Toutes les classes de la société étaient représentées; mais le recrutement se fit surtout parmi les employés et ouvriers sans emploi, heureux de pouvoir signer un engagement de six mois qui les mettait, pendant cette période, à l’abri du besoin. C’était une véritable aubaine pour ces gens d’exercer un métier hygiénique, au grand air, fortifiant et salutaire, en touchant la solde élevée du militaire anglais.
- Bans ces conditions, il suffit de quelques jours pour réunir le contingent de ce détachement. Le colonel Pollock en prit le commandement ; il conserva scs galons et son grade, quoiqu’il ne remplit, dans la circonstance, que les fonctions de capitaine. Son état-major se composa de : 1 lieutenant, 1 sergent-major, 4 sergents et 1 instructeur de gymnastique et d’escrime.
- Les méthodes d’éducation militaire employées par le colonel Pollock ne diffèrent guère du programme d’instruction des fantassins de la milice anglaise ; les exercices physiques, le tir et la gymnastique tiennent seulement une place plus grande dans l’entraînement des hommes ; une part très large est faite aux exercices relatifs aux troupes en campagne, aux manœuvres pratiques et à tout ce qui peut développer l’initiative du soldat.
- Le deuxième mois après la formation de la S. E. C., le roi Edouard V1.I se rendit aux baraquements d’Hanslow, d’où il revint émerveillé de la souplesse des hommes et de leur adresse comme tireurs. Quatre mois après, lorsque la Compagnie fut sur le point d’être licenciée, elle eut à subir toute une série d’épreuves, qui montrèrent l’endurance des soldats et prouvèrent que leur éducation militaire était complète.
- C’est avec regret que ces militaires de six mois virent arriver l’expiration de leur engagement; pour la plupart, ils résolurent de conserver le métier provisoirement exercé par eux, et ils firent presque tous des demandes pour entrer dans les divers régiments d’infanterie britannique. Will Darvili-é.
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- LES CHEMINS DE FER ET LA NAVIGATION A L’EXPOSITION DE MILAN
- Quand, en août 1898, commencèrent les travaux de percement du Simplon et que l’on put espérer.
- l’Italie avec les pays jdu Nord-Ouest de l'Europe, on eut l’idée de célébrer l’inauguration de la route si
- longtemps désirée par une Exposition qui montrerait les progrès successifs accomplis dans les procédés de transport depuis le commencement du xix*' siècle.
- Mais l’Exposition, dont on décida le siège à Milan, ne put se tenir dans un cadre aussi étroit, et, de fil en aiguille, on arriva à faire une véritable
- Fig. 1.
- N“ 1. Locomotive grue. — K° 2. Locomotive italienne. — N° 5. Locomotive grue.
- exposition universelle, où presque toutes les industries se trouvèrent représentées. Il faut dire pourtant que les transports tinrent toujours une place prépondérante et c’est le but de cette notice d’indiquer succinctement les principaux types exposés dans la section des chemins de fer et dans celle des transports maritimes.
- La France, l’Allemagne, l’Autriche et la Hongrie, la Belgique, la Suisse et naturellement l’Italie, étaient les nations les mieux représentées ; l’Angleterre et la Hollande n’exposaient que des appareils de signaux et des accessoires de trans-
- voir
- voie
- s’ouvrir, dans un avenir rapproché, une nouvelle ferrée à travers les Alpes faisant communiquer
- port. Mais les diverses expositions particulières n’étaient pas toutes réunies dans des mêmes locaux .: la.Suisse avait un pavillon spécial, où, à côté de wagons et de loco-
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- motives destinés à l’exploitation de la nouvelle ligne du Simplon, elle avait une série de salles destinées aux syndicats d’initiative de ses divers cantons; la Hollande et l'Angleterre exposaient, à coté de signaux, des appareils postaux et télégraphiques. La Belgique et l’Autriche avaient réuni leurs chemins de 1er à leurs autres sections dans de luxueux bâtiments. La France, l’Italie, l’Allemagne et la Hongrie, au contraire, occupaient la secLion proprement dite des chemins de 1er d’une surlace totale de 40000 ms.
- Cette section était essentiellement composée de deux corps de bâtiments contenant sept galeries couvertes, dont cinq à deux voies et deux à une voie; d'auLres parties renfermaient les expositions annexes, signaux, appareils téléphoniques et électriques, salle de projections de vues de France organisées par les chemins de fer français, concours pour attelages automatiques, etc.
- L’Exposition française était une des plus importantes ; à côté de constructeurs privés comme les forges de Douai, qui avaient envoyé un de leurs grands wagons de 57 tonnes de charge destinés aux chemins de 1er russes, comme les ateliers de Blanc-Misseron, dans le Nord, qui avaient exposé des locomotives du Damas Jlamah, les grandes Compagnies étaient à peu près toutes représentées.
- Le P.-L.-M. avait une voiture du nouveau type de 5l! classe dont il doit munir prochainement ses trains rapides et dont le confort est particulièrement remarquable et une voiture pour touristes de modèle nouveau destinée à la ligne du Fayet à Chamou-nix; le Nord, une locomotive système Mallet articulée à deux trains de 5 paires de roues accouplées destinée à la remorque des plus lourds trains de marchandise et des wagons pour le transport des houilles ou des fers capables de porter 40 tonnes; les chemins de fer de l’Etat exposaient des voilures «à voyageurs; le 1L-L.-M. algérien une locomotive à tubes d’eau Robert.
- L’Exposition italienne était presque entièrement occupée par les chemins de fer de l'Etat; on sait, en elfet, que l’Italie a racheté les anciennes grandes Compagnies de la péninsule, Adriatique et Méditerranée, et si l’exploitation ne se fait pas actuellement sans difficulté dans du matériel antique et démodé, on peut espérer voir cet état de choses se modifier si l’on en croit les modèles envoyés à Milan. Il faut aussi signaler un clfort considérable fait par l’Italie dans les études de traction électrique ; le manque absolu de combustibles minéraux force, en effet, les Italiens à aller chercher à l’étranger, Angleterre ou Allemagne, les houilles destinées à leurs consommations et le prix s’en ressent naturellement; par contre, les chutes d’eau sont assez abondantes et puissantes ; si celles des Apennins sont souvent taries en été, il n’en est pas de môme de celles des Alpes, dont la puissance se maintient toujours très grande, quelles que soient les saisons. On avait donc un moyen de remédier à l’absence des houilles et le problème de la traction électrique a été sérieusement
- [iris en considération. Aussi voyons-nous aux portes de Milan les lignes électriques à voie normale vers Callarale et Porlo-Ceresio ; dans la Haute Italie les lignes de la Yalteline; bientôt la traction électrique limitée aujourd’hui au Simplon, à Fexploilalion du souterrain, se prolongera d’Iselle sur Domodossola et peut-être même sur Milan.
- H ne faut pas croire que, pour cela, la traction à vapeur ne soit sérieusement étudiée. La locomotive de l’ancien type de la Compagnie de l’Adriatique, que nous reproduisons (lig. 1, n° 2) et qui a reçu de nombreux perfectionnements de détail en ces toutes dernières années, était là pour b rappeler; les avantages du mécanicien loul à l’avant du train avec, à portée de la main, tous les appareils de service, appareil de mise en marche, ireins à action lente et rapide, sablière, silllet, etc., un tirage du foyer favorisé, puisque les coudes du circuit de l’air et des fumées sont en partie supprimés, un approvisionnement en eau plus considérable (20 tonnes) qui permettrait des arrêts moins prolongés et surtout des approvisionnements en eau moins fréquents, sont parmi les caractéristiques principales de ce type. La charge en charbon est de 8 tonnes, Je poids total en marche des deux véhicules, locomotive et lender, esL de 107 tonnes 500.
- L’Allemagne avait naturellement réexposé la locomotive électrique Siemens el llalske qui, sur la ligne de Marienlèld à Zossen, a réalisé la vitesse de 200 km. à l’heure; le Hannoversche Maschinenbau Aktiengesellschaft montrait une locomotive du type Atlantic à soupapes Leutz commandées; la maison Borsig avait exposé la locomotive des chemins de fer anatoliens (lig. 2, n°5) et une locomotive grue pour service de gare ou d’ateliers (lig. 1, nos 1 et 3), ainsi que des locomotives sans foyer. La locomotive compound des chemins de fer anatoliens est à 4 paires de roues couplées avec jeu latéral pour permettre le passage dans les courbes de faible rayon du réseau d’Asie Mineure; elle pèse à vide, tender compris, 70 500 kg, en pleine charge 93 450 kg, la force de traction atteint 8100 kg, les contenances des soutes sont : eau 12 m3, charbon 5000 kg.
- La Suisse avait, comme nous l’avons dit, une exposition particulière; mais ce qu’il y avait de plus intéressant chez elle, c’était les plans de la locomotive électrique du Simplon dont nous donnons une photographie prise en gare de Brigue (lig. 2, n° 1). Cette machine a été construite par la maison Brown Boveri, de Baden, avec la collaboration des ingénieurs de la fabrique suisse de locomotives à Win-terlhur; elle est à cinq essieux, trois moteurs et deux porteurs; les deux moteurs de traction sont placés entre les roues motrices et agissent sur celles du milieu au moyen d’une barre les reliant rigidement; la roue du milieu entraîne les autres roues motrices au moyen d’une bielle d’accouplement. Le courant nécessaire est du triphasé à 2700-5000 volts ; ces moteurs donnent normalement 900 chevaux,
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- mais peuvent être p'oussés à 2500. Le poids total est de 62 tonnes dont 28 pour la partie électrique.
- La longueur entre tampons est de 13,520 m. et le poids adhérent de 42 tonnes, les vitesses varient de 54 à 68 km. à l’heure et l’e(fort de trae-
- par archets, une phase revient par le rail. Remarquons aussi que, dans la voie équipée électriquement du Simplon, les rails sont connectés sans cuivre, les éclisses ordinaires servent pour relier les rails contigus. Pour ce faire, on décape avec un jet do sable projeté par une soufilerie spéciale toute surface au travers de laquelle doit passer le courant, on les enduit de pâle empêchant toute oxydation et on boulonne ensuite comme à l’ordinaire les éclisses sur les rails : ce système très simple a donné d’excellents résultats.
- Les ateliers de Saint-Léonard, en Belgique, présentaient le type le plus récent de locomotives pour trains rapides belges, à trois paires de roues
- Fig. 2.
- 1N° 1. Locomotive électrique du Simjdon. — K* 2. Locomotive pour rapides de l’Btal lietge. JN° 5. Locomotive des Chemins de 1er Anatoliens.
- lion de 5500 à 14 000 kg. La puissance nécessaire à la production du courant électrique est demandée, du côté suisse, à Brigue au Rhône, du côté italien, à lselle à la Diveria, à deux turbines Escher Wyss de 600 chevaux, ou à une turbine double Picard et Pictet de 1500 chevaux. Deux phases sont prises
- couplées et boggie à l’avant, fonctionnant sous 15 atm. 2, pesant sans tender à vide 69 620 kg, en charge 74100 avec un effort de traction pratique de 7580 kg (%. 2, n° 2).
- Dans l’exposition autrichienne, nous signalerons de nombreuses voilures de la Compagnie infer-
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- nationale des wagons-lits et une voiture-resLaurant pour lignes à voie étroite destinée à la Compagnie suisse du Montreux-Oberland Bernois, dont les lignes électriques assurent les communications entre le lac de Genève et le lac de Thun.
- Il faut ajouter, pour compléter ce qui avait trait à Milan aux chemins de fer, l’exposition des wagons sanitaires allemands et italiens, une gare allemande pour petite localité, des transbordeurs, etc. Parmi ces derniers, citons le transbordeur électrique destiné aux chemins de fer de l’Etat italien et construit par les ateliers de Savigliano ; la prise du courant se fait par trolley et le chariot transbordeur d’une longueur de 18 m. est capable de porter 50 tonnes; il repose sur 7 paires de doubles roues.
- Les ciments de la Porte de France à Grenoble montraient les résultats favorables obtenus avec des traverses en ciment armé employées en particulier sur le tramway de Voiron à Saint-Béron dans l’Isère; très flexibles, tout en restant très résistantes, ces traverses du système Gilbaud pèsent 103 ou 72 kg suivant les modèles pour voies de 1 m. et ne coûteraient que 5 francs à 6r',50 pièce suivant les régions de fabrication : leur durée semble très grande.
- L’exposition des transports mariLimes occupait, dans l’Exposition milanaise, une place très importante : un pavillon spécial de 15 000 m2 était dominé par un phare à projecteurs électriques ; parmi les expositions annexes était celle de la Navigazione generale Italiane qui avait reproduit lé pont supérieur d’un de ses paquebots de luxe. Dans le pavillon principal, la place prépondérante était prise par les marines de guerre italienne, allemande et anglaise. La première avait réuni les types de ses divers bâtiments, depuis ses anciens cuirassés, comme le Duilio et le Lepanto aux énormes canons, jusqu’aux plus récents modèles de cuirassés modernes, comme le Regina Elena; l’Allemagne élait surtout représentée par Krupp qui avait, entassé des canons et des projectiles de marine autour d’une énorme tourelle de deux canons jumelés de 28 cm. et par les chantiers de construction de Kiel et de Dantzig qui reproduisaient des appartements ou des hôpitaux de croiseurs cuirassés; l’Angleterre avait envoyé quelques types de navires et un énorme canon de 18 m. Les machines marines étaient exposées soit dans le pavillon des transports maritimes, soit dans les bâtiments édifiés par des Sociétés industrielles comme les établissements Armstrong ou les chantiers italiens Ànsaldo. Les dragues étaient l’apanage de la Hollande, ou de la France, qui avait un modèle construit par les forges et chantiers de la Méditerranée pour le compte de la Compagnie du Canal de Suez. Cette drague, de type nouveau, a une force de 1000 chevaux; elle peut excaver jusqu’à une profondeur de 13,50 m., ce qui permettra d’approfondir le canal de manière à ne plus donner, pour les navires faisant actuellement le service de l’Extrême-Orient, de limites de tirant d’eau aussi
- réduites que maintenant, et transporte immédiatement les terres ramenées, jusqu’à une distance de 100 m., au moyen d’un long couloir incliné, supporté en partie par un chaland auxiliaire; celte disposition a pour but de renvoyer les déblais provenant de l’approfondissement du canal à une distance des berges suffisante pour ne pas gêner les installations ultérieures.
- On constatait, parles publications de l’Exposition, un développement très rapide de la puissance maritime des divers pays; la France, l’Italie et l’Espagne étaient seules parmi les nations stationnaires ou reculantes; l’Angleterre, l’Allemagne, les Etats-Unis et le Japon voyaient au contraire s’accroître leurs Hottes marchandes dans des proportions considérables. C’est, ce que les résultats suivants, extraits des derniers tableaux, publiés par le Lloyd Register, rqonlrent d’une manière frappante.
- Puissances 1905 1900 Augmentations
- Angleterre. TONNES 15 305 180 TONNES 10 381 850 TONNES 578 080
- Allemagne . 3 504 798 5 810 355 245 555
- États-Unis . 3 990 488 5241 589 245111
- Norvège. . 1 770 218 1 837 879 01 001
- France . . 1 728 058 1 741 105 15 157
- Italie. . . 1 189 000 1 204 428 15 502
- Japon. . . 875 552 1 000 095 120 541
- Russie . . 802 909 913155 50 224
- Suède . . 804 549 850 098 52 549
- Espagne. . 751 581 722 517 — 9 004
- Hollande . 701 754 719 295 + 17 541
- Danemark. 020 512 000 301 53 789
- Autriche . 018 194 050 477 12 285
- Ces 13 pays accusaient donc une augmentation totale de 1 443 323 tonneaux de jauge. L’Allemagne, les États-Unis, l’Angleterre et le Japon se réservaient à eux seuls 1 195 887 de ce total, soit 83 pour 100, desquels l’Angleterre prenait 48,7 pour 100, soit près de la moitié. La France ne participait à l’augmentation générale que pour moins de 1 pour 100, exactement 0,91 pour 100; elle garde encore néanmoins le cinquième rang parmi les flottes marchandes; mais l’accroissement énorme du Japon, qui a augmenté en 1905 sa flotte de 14 pour 100, menace de lui ravir celte place.
- La section de la marine italienne, indépendamment des exposilions de la flotte de guerre et de la flotte marchande, contenait aussi l’exposition des Compagnies de navigation sur les lacs de la Haute Italie, et l’on pouvait voir en outre celle des Compagnies suisses. Les appareils de démonstration de télégraphie sans fil, des brochures relatives aux diverses écoles techniques du Ministère de la marine italienne complétaient les expositions diverses de l’Italie, qui avait fait dans cette section un grand effort suivi d’ailleurs d’une réussite complète.
- Mais le pavillon des Transports maritimes n’était pas le seul qui contînt des choses se rapportant à la marine; il nous faut citer le pavillon édifié en
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- commun par les aciéries de Terni, les chantiers Orlando, l’usine de Savonc, les mines et liants fourneaux de l’île d’Elbe et; celui de la firme Armstrong. Dans le premier, les aciéries de Terni avaient envoyé des plaques d’acier au nickel éprouvées sur les polygones et destinées à la marine de guerre italienne et des reproductions d’élambols et d’éperons. Les chantiers Orlando avaient, en particulier, les modèles des croiseurs cuirassés Argentins vendus au Japon au commencement de la guerre russo-japonaise et qui, sous les noms de Kamga et de Nisshin, ont su tenir une place des plus brillantes dans les combats livrés sur mer. Dans le pavillon Armstrong, les filiales italiennes de cette maison à Sampiardarena, près de Gènes, ou de Pouzzoles, non loin de Naples, exposaient des types de navires ou des modèles de canons, de projectiles et de chaudières. Telles étaient, dans leurs grandes lignes, les expositions milanaises des Chemins de fer et de la Navigation. Mais celte description ne serait pas complète si nous ne parlions pas de ce qui avait trait au tunnel du Simplon.
- On sait (pie le tunnel du Simplon se compose en réalité, tant à cause des nécessités de la ventilation |
- pendant la période des travaux, que pour éviter l’élargissement immédiat à deux voies, de deux galeries juxtaposées destinées chacune à recevoir une voie, mais dont une seule est terminée complètement actuellement, la seconde ne devant servir que quand le trafic sera suffisamment développé; les deux galeries parallèles, distantes de 17 m. d’axe en axe, sont reliées tous les 200 m. par des galeries transversales. On avait reproduit à Milan le portail d'entrée Sud du tunnel et deux parties des galeries ; on y voyait successivement les différentes phases du travail, depuis les perforatrices en marche au pont de taille jusqu’au muraillement définitif, la ventilation et l’éclairage étaient fidèlement représentés. 11 n’était pas jusqu’aux puissantes sources d’eau rencontrées dans le percement qu’on n’avait reproduites. A ceci était annexée une exposition complète de toutes les machines ayant servi au creusement, turbines, locomotives à vapeur et à air comprimé, wagonnets de déblai et de transports, compresseurs, appareils de réfrigération, etc. Des salles spacieuses contenaient les plans du tunnel et permettaient aux intéressés de consulter les brochures diverses publiées en tous pays sur la question du Simplon. P. N.
- L’INVERSION ORGANIQUE CHEZ LA ROSE
- Certains individus de l’espèce humaine présentent une disposition anatomique vraiment singulière : ils ont le cœur battant à droite, la rate à droite, le foie et l’appendice à gauche. Ils sont atteints de cette anomalie que l’on connaît en médecine sous le nom à’inversion organique, d'inversion splanchnique ou de si tus inversas. Les exemples n’en sont pas très rares. L’un des plus célèbres a été observé à Paris dans la seconde moitié du xvir siècle; les médecins de l’époque se sont beaucoup chamaillés à ce propos et leurs querelles, quelque peu ridicules, ont excité la verve de Molière.
- En dehors de l’espèce humaine et des animaux domestiques, l’inversion viscérale est très peu connue chez les Vertébrés ; autant dire qu’on ne la connaît pas chez les Invertébrés.
- Existe-t-il chez les végétaux quelque disposition qui puisse être interprétée de cette même manière ? Jusqu’à présent, on n’en a signalé aucun cas; mais je pense qu’une disposition que j’ai observée chez la Rose est justiciable de cette explication.
- On n’ignore pas que le calice de la Rose offre une disposition très remarquable : deux des sépales sont simples, deux autres portent de chaque côté deux petits lobes foliacés, chargés de chlorophylle, le cinquième est simple sur l’un de ses bords et orné de deux folioles sur l’autre bord. En curieux de la nature a caractérisé ce fait dans le distique suivant :
- Quinque sumus fraires, unus barbalus et aller,
- Imberbesque duo, sum semiberbis ego.
- Or, en voulant démontrer cette disposition à mes fils, dans le courant de l’élé dernier, j’ai constaté que les folioles latérales faisaient défaut chez certaines races de Roses, soit sur toutes les Heurs d’un même pied, soit seulement sur un certain nombre de fleurs. J’ai remarqué en outre que, dans les nombreuses races ou espèces, tant cultivées que sauvages, où leur présence est constante, elles n’étaient pas toujours placées de la même
- façon.
- Par1 exemple, sur 20 Roses provenant d’un même pied, la disposition A s’observait 1i fois et la disposition R se notait 9 fois. La fréquence proportionnelle de l’un et l’autre type était sensiblement la même sur les Roses d’aulre provenance; je n’ai jamais observé d’autre disposition.
- Les deux types que je viens de signaler, et dont la figure ci-contre donne une notion suffisante, semblent donc être les seuls qui soient communément réalisés.
- Leur fréquence est à peu près égale. Ils sont symétriques, dans le sens anatomique du mot, c’est-à-dire que l’un d’eux représente exactement le silus inver sus de l’autre.
- I)r R. Rlanchard,
- Professeur à la Faculté de médecine de Paris, Membre de l’Académie de médecine.
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- MISE EN SERVICE DU CUIRASSÉ ANGLAIS « DREADNOUGHT »
- Les lecteurs de La Nature connaissent déjà, par l’article que nous lui avons consacré dans notre n° 1709, du 24 février 1906, le cuirassé anglais Dr eadnou g ht, qui venait d’être lancé à cette époque.
- Le tour de force exécuté par le chantier de l’Arsenal de Portsmouth, qui est arrivé à construire le bâtiment en 4 mois 1/2, a été continué par les services de l’arsenal qui l’ont mis en état de procéder à ses essais en 7 autre mois.
- Voilà donc un navire de dimensions inusitées Ü86000 tonneaux), conçu suivant un plan tout à lait nouveau et dans l’exécution duquel quelques tâtonnements auraient été bien excusables, qui se présente aux essais 11 mois exactement après le
- vais temps ont permis de constater l’excellente tenue du bâtiment qui évolue admirablement, n’est aucunement impressionné par les lames, et gouverne très bien. 11 est muni de deux gouvernails placés sur 2 élambols et manœuvrant indépendamment, de telle sorte que le grand danger présenté, dans le cas d’un gouvernail unique par les chances d’avaries toujours nombreuses d’un appareil à gouverner, sont largement amoindries.
- Contre les abordages et les explosions de torpilles on a pris les précautions suivantes : une double coque, et môme peut-être en certaines parties une triple coque, appuyée sur des séries de cellules très nombreuses, localiseront dans un espace minimum
- lift cuirassé anglais Dren/hioiight de 18 600 tonnes el, 22 nœuds.
- Fig. 1. -
- jour où la première tôle de sa quille a été placée sur la cale de construction.
- Que nous voilà loin, hélas ! des 5 années qu’exige chez nous, au minimum, la mise au point d’unités moins importantes.
- Encore était-il permis de penser qu’il y avait eu peu de 'bluff dans l'affaire du Dreadnought et que les essais d’un matériel, si hâtivement mis en place, seraient laborieux.
- 11 n’en a rien été. La rapidité avec laquelle ces épreuves ont été menées, leur sévérité, et enfin le succès auquel elles ont abouti, démontrent la puissance et la précision de l’organisation des constructions navales chez nos voisins. Voici quelques renseignements sur ces essais sensationnels.
- Ils ont porté sur 5 points principaux : les qualités générales du navire et de la coque; les machines; l’artillerie.
- Les premiers essais faits à la mer par mail-
- les effets des explosions de torpilles qui ne pourront ainsi compromettre la sécurité du bâtiment. Par ailleurs, aucune porte n’a été percée dans les cloisons étanches qui offrent ainsi une résistance plus considérable et donnent l’assurance qu’en cas d’envahissement de l’eau dans un des compartiments aucune ouverture, restée ouverte par mégarde, ne permettral’envahissementdes compartiments voisins.
- Il va de soi que ce système gêne considérablement les communications dans l’intérieur du navire, lesquelles sont constantes à bord d’un bâtiment de guerre où 800 hommes sont entassés. On a remédié, mais partiellement seulement, à cet inconvénient en établissant dans chaque compartiment étanche des ascenseurs qui hissent, jusqu’au sommet des cloisons, les hommes et les choses qui ont à passer d’un compartiment dans l’autre. Le moyen est ingénieux; mais on paie ainsi d’une perte de temps appréciable la sécurité que donnent les cloisons pleines.
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- Les épreuves des machines du Dreadnonght excitaient dans les milieux maritimes un intérêt tout particulier. C’était la première fois, en effet, que le système des turbines était appliqué h un navire de guerre de grand tonnage, eL aucun navire à flot s pour le moment de dimensions plus considérables n’en est muni.
- essais, conduits avec une grand prudence, ont donné des résultats excellents. Le système des turbines pour les grands bâtiments s’est révélé si supérieur qu’on pourra désormais considérer comme rétrograde une marine qui ne se déciderait pas à l’employer.
- Voici les avantages que les turbines ont montrés à bord du Dreadnonght.
- Les mouvements ont une extrême douteur. Les vibrations, si fatigantes pour le personnel et le matériel à bord des navires munis de machines à mouve-
- de place que les machines ordinaires et le poids qu’elles représentent peut être placé plus près des
- .t"..- ' V, » : '
- ’V
- fonds du navire, ce qui est favorable à la stabilité. Toute la machinerie peut être installée au-dessous de la flottaison, ce qui supprime Je danger couru par les cylindres d’être détruits par un projectile qui aurait traversé la cuirasse de flanc et le pont cuirassé.
- À aucun moment on n’a, dans les essais du Dreadnonght,, cherché à forcer les machines, et, malgré le doute que l’Amirauté sur la valeur du rendement de ses 4 hélices, on a obtenu avec la plus grande facilité les résultats suivants :
- Fig. 5. — L'arrière <lu Dreadnonght.
- Temps. Puissance.
- Pendant 30 heures 5000 chevaux
- — 50 — 16950 —
- — 8 — 24712 —
- Vilesse.
- 15" 19",5 21",25
- J'-W
- I -4 û
- ments alternatifs, y sont inconnues. La surveillance est très simplifiée, et le graissage est réduit à sa plus simple expression. Les turbines occupent moins
- D’après l’opinion des mécaniciens, on pourra obtenir 25 ou 24 nœuds en poussant les machines. La consommation de charbon a été à toute puissance de 0,681 kg par cheval et par
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- heure. Avec 5000 chevaux cette consommation s’élève à 1,240 kg.
- Dans l’armement de son Dreadnoughl l’Amirauté a également marché avec hardiesse dans des voies nouvelles. Contrairement aux bruits qui avaient en effet couru, lorsque la construction fut commencée et d’après lesquels il porterait 2 calibres différents, le Dreadnoughl ne porte qu’un seul genre de canons, abstraction faite de ses nombreuses pièces légères destinées à le défendre contre les torpilleurs. Son artillerie de combat se compose donc uniquement de 10 canons de505 mm. accouplés par paires dans 5 tourelles cuirassées placées deux aux extrémités avant et arrière, deux sur les lianes et une au centre.
- Je ne reviendrai pas sur les particularités de ces curieuses pièces très exactement données dans le n° 1709. Il est bon cependant de dire qu’elles appartiennent au genre appelé Wire gnns, c’est-à-dire qu'elles sont fabriquées en enroulant sur un tube d’acier un ruban également d’acier de 6 mm. de largeur sur 1 mm. 1/2 d’épaisseur. Ce fil est enroulé au moyen de machines qui assurent une tension considérable et à tous moments égale. Un jackef, ou autre tube, est placé par-dessus le tout. Pour une pièce de 505 mm. on emploie 228 800 m. de fil pesant 15 000 kg.
- Les essais de cette grosse artillerie ont été particulièrement sévères. Chaque pièce tira successivement 2 coups à charge réduite et 7 coups à charge de combat laquelle comporte, je le rappelle, 118 kg de cordite et un projectile de 585 kg. Chaque paire de pièces d’une même tourelle fut ensuite tirée simultanément au pointage positif maximum, c’est-à-dire avec les volées aussi élevées que le permet la hauteur du sabord. Dans cette position des pièces, il est facile de voir que les plates-formes sur lesquelles sont montés les affûts supportent un effort énorme. Aucune partie, cependant, du matériel relativement délicat que renferment les tourelles n’a décelé de traces de fatigues sous le terrible ébranlement produit par ce tir simultané des deux pièces. Mais ce ne fut pas tout. L’Amirauté voulait encore être assurée que la coque et les diverses installations de bord supporteraient sans avaries graves le tir également simultané de 8 de ces canons de 505 mm. qui peuvent faire feu d’un même bord. 11 y a vraiment peu de chances pour qu’une pareille hypothèse se présente jamais en cas de combat. On a voulu cependant la prévoir, et, au moyen d’une installation électrique, on' a procédé au déchaînement de ce tonnerre, dans lequel 924 kg de cordite furent enflammés à la fois et lancèrent dans les airs 5072 kg d’acier sous la forme d’obus. Comme les précédentes cette épreuve n’affecta en rien la solidité du matériel. Tout au plus eut-on à enregistrer quelques dégâts dans les vitres et les lampes électriques les plus voisines.
- L’épaisseur de cuirasse que ces pièces de 505 mm. sont capables de traverser à bout portant est de
- 1,50 m. Quant à leur portée elle est telle que placées sur les hauteurs de Douvre, leurs projectiles atteindraient sans peine Calais.
- J’ajoute que les dispositions des affûts et. des tourelles limitent celle portée et que la distance de 12 000 m. est considérée comme la plus grande à laquelle ces pièces pourraient être tirées utilement.
- Mais le Dreadnoughl avec son appareil formidable n’aura pas détenu longtemps le record de la puissance navale.
- Les Japonais viennent en effet de lancer à Yokosuka un cuirassé qu’ils ont nommé Satsuma qui jauge 19200 tonnes, soit 1200dc plus que le Dreadnouglh et portera 4 pièces de 505 mm., 10 de 254 mm. et 12 canons légers. Il reproduit dans les détails de sa construction la majeure partie des dispositions du cuirassé anglais. A. Sauvaiue Jourdan,
- Officier de marine on retraite.
- BRUXELLES PORT DE MER
- En matière de progrès technique, commercial, industriel, il n’est point permis de s’arrêter et de se montrer satisfait des résultats obtenus, si l’on ne veut pas se voir devancer bientôt par des concurrents : et c’est pour cela que les Belges, qui ont pourtant déjà un trafic maritime extraordinaire, eu égard à la faible superficie de leur territoire, veulent constamment donner à la navigation de nouvelles facilités. Nous avons parlé de ce qu’on a fait à Bruges ; nous voudrions dire quelques mots maintenant du programme, assurément bien moins grandiose, dont l’exé-culion se poursuit à Bruxelles.
- On veut faire arriver à Bruxelles des navires de mer. À la vérité, la capitale de la Belgique n’est pas très loin de la partie maritime de l’Escaut et même de la mer, ainsi qu’on peut s’en convaincre par un coup d’œil sur une carte ; et, d’autre part, on y voit arriver depuis longtemps non seulement des vapeurs venant d’Anvers, et rappelant la construction marine, mais encore des steamers arrivant de Londres et de Hollande sans rompre charge, c’est-à-dire de véritables bateaux de mer. Toutefois le tirant d’eau de ces bateaux ne peut dépasser 5,10 m., et leur largeur 7,25 m. G’est qu’en effet la voie d’eau artificielle qui réunit Bruxelles avec la partie maritime de l’Escaut date de bien près de trois siècles et demi. Dès 1477, Marie de Bourgogne autorisa la commune de Bruxelles à creuser une « rivière nouvelle » pour ne plus avoir à faire passer ses bateaux par Malines. Le premier coup de pioche ne fut donné à l’œuvre qu’en 1550, et il fallut dix années pour mener à bien le travail. Le canal demeura pour ainsi dire dans le même état jusqu’à l’époque actuelle, en dépit de nombreux projets dressés depuis 1850.
- Telle qu’elle était, cette voie, qui part du pont Léopold à Bruxelles, et prolonge le canal de Charleroi pour se terminer dans la partie inférieure du Rupel, au point appelé petit Willebroeck, est longue de 28 km ; son mouillage n’est que de 5,20 m., elle est dotée de quatre écluses intermédiaires, sans parler de l’écluse d’accès au Rupel, qui a seulement 59 m. de longueur utile. Le mouvement de la navigation y a été en moyenne, ces dernières années, de 1 600 000 tonnes pour la navigation intérieure, et de 180 000 tonnes seulement pour la navigation maritime.
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- domine ou voulait beaucoup mieux pour celle-ci, c’est-à-dire qu’on désirait attirer un commerce sérieux de cabotage, on a résolu l’exécution d’un canal donnant passage à des navires de mer d’un tonnage bien plus considérable; et pour cela il fallait totalement transformer le canal, en installant un nouveau port à Bruxelles ou dans sa banlieue, pour faciliter les opérations commerciales, (l’est cette œuvre qui se poursuit actuellement, et qui se terminera probablement en 1908.
- des travaux vont coûter une somme assez ronde de 24 millions, et ils sont faits pour le compte d’une Société anonyme dont les actionnaires sont à la fois l’Etat, la Province et la Ville de Bruxelles, et aussi toutes les communes intéressées; et cette Société n’a pas seulement pour but de réunir les fonds nécessaires, c’est elle aussi qui exploitera canal et poids. Pour le canal, on se contente d’abord de lui donner une profondeur de 5,50 m., avec une largeur minima au plafond de 18 m. ; mais, quand le trafic cl le succès justifieront cette nouvelle mesure, les dimensions correspondantes seront portées à 0,50 m. et 20 m. Quant à la largeur à la flottaison, elle varie entre 40 et 00 m. en section courante, entre 70 et 100 m. dans les garages. Remarquons que tous les talus sont défendus par des maçonneries inclinées ou par des quais, ce qui permettra aux bateaux de marcher relativement vite sans détruire ces berges. On a évité que les courbes descendent au-dessous d’un rayon de 875 m., toujours pour faciliter la navigation à allure assez rapide, au contraire de ce qui sc passe dans les canaux ordinaires à faible section, à talus en terre et courbes raides. Enfin les écluses sont prévues avec une longueur utile de 114 m. Nous n’avons pas besoin de dire que toutes les traversées de routes ou de-chemins de fer sur le canal se font par des ponts mobiles, comme c’est l’usage courant aujourd’hui. Le nouveau canal est destiné, lui aussi, à déboucher dans le Rupel, avant sa jonction avec l’Escaut; mais naturellement on va améliorer celte partie inférieure de la rivière, afin qu’elle donne aux bateaux les mêmes conditions de navigation que la voie artificielle.
- Le port d’arrivée des bateaux venant de la mer doit être aménagé à la fois pour leur faciliter les manœuvres, présenter des profondeurs convenables partout, et offrir aux marchandises toutes commodités pour leur embarquement ou leur débarquement, leur passage des bateaux sur des wagons, ou inversement. En fait, et sans nous étendre longuement sur les ports intermédiaires qui seront aménagés le long du canal, là où il traverse des agglomérations suffisamment importantes, nous devons dire que Bruxelles va posséder deux ports pour desservir ce canal.
- Un avant-port est destiné au grand cabotage et au transit; il se trouve en aval, comme de juste, et en avant de Laeken, un faubourg de Bruxelles, le long de la gare de Schaerheek, connue de tous ceux qui ont été en chemin de fer de Bruxelles à Liège; l’autre est le port intérieur, placé plus près de l’agglomération bruxelloise, dans la plaine de Tour et Taxis, près des établissements industriels et commerciaux existants ; il est fait principalement pour le petit cabotage et le trafic des grands bateaux de navigation intérieure. Au point de vue maritime, c’est évidemment 1 premier qui est le plus intéressant. Il offre un mouillage de 6,50 m., largement suffisant pour les bateaux pouvant remonter le canal, et sa Largeur est de 110 m.; on doit y trouver un développement de 2000 mètres de quais, accostables directement par les navires; et ces quais, qui se continuent en arrière, par un terre-plein large de 110 m., seront munis des appareils de manu-
- tention les plus perfectionnés; ils seront sillonnés par des voies ferrées venant directement de la gare de formation de Schaerheek. 11 y a là d’immenses terrains permettant d’élever des entrepôts et des magasins, si le port répond aux espoirs que l’on a conçus.
- Le mouillage du port intérieur est réduit à 5,50 m., puisqu’on ne veut y recevoir (pie les petits caboteurs et les bateaux de navigation intérieure. Le bassin de ce port n’aura pas moins de 900 m. de long pour 120 m. de-large, et il offrira un développement de quais de 1700 m., utilisables pour les chargements ou déchargements directs ; derrière ces quais, seront des terre-pleins dont la largeur variera entre 55 et 75 mètres, où l’on installera grues, hangars, voies ferrées, etc. Il faut dire qu’on est là tout près de la gare à marchandises de Tour et Taxis, et que
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- Le nouveau porl de Bruxelles et ses accès.
- l’arrivée comme le départ des wagons seront étrangement facilités de ce fait. Ce bassin, qui sera effectivement un bassin maritime, se rattachera au canal de Charleroi par un bassin de batelage de 700 m. de. long sur 42, bassin qui est, lui aussi, desservi par des voies ferrées et doté de-grues.
- Ce sont là des travaux considérables ; et sans croire que la remontée des navires de mer très loin dans les terres soit toujours avantageuse, il semble du moins, étant donné le trafic qui se faisait déjà sur le vieux canal du Rupel, que la nouvelle voie créera un. mouvement très important1. Pierre de Médire.
- 1 Nous tenons à remercier M. Dufourny, ingénieur en chef des Ponts en Belgique, pour les renseignements qu’il a bien voulu mettre à notre disposition sur ces travaux.
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- NOUVEAU GRAND
- La construction des ponts de dimensions exceptionnelles est toujours chose fort intéressante : non pas seulement parce que les œuvres gigantesques excitent notre étonnement et notre curiosité, mais parce que c’est surtout dans ces travaux exceptionnels qu’on peut bien juger des progrès accomplis dans la technique moderne; s’agit-il spécialement de ponts métalliques, c'est en les étudiant que l’on constate les qualités extraordinaires de résistance et de légèreté (lue le métallurgiste est parvenu à donner au métal.
- On est précisément en train, au Canada, d’effectuer le montage d’un pont cantilever gigantesque qu’il importe de faire connaître à nos lecteurs. Nous n’avons guère besoin de rappeler ce que sont les ouvrages en cantilever, dont le prototype connu et décrit ici même est le fameux pont anglais du Firlh of Forlb. Le mot « cantilever » (qui est du reste aujourd’hui francisé) correspond à notre qualificatif d’équilibre, et le fait est que la caractéristique du
- PONT CANTILEVER
- ainsi dire d’une rive à l’autre du Saint-Laurent. Cela, tout à la fois parce que l’eau était trop profonde pour qu’on songeât à foncer des piles vers le milieu du lit, et aussi parce que le tablier du pont devait être à bonne hauteur au-dessus du niveau des rives : de la sorte, la partie « rive » du cantilever, celle qui est du côté de la terre, pouvait former un porte-h-faux suffisant pour équilibrer la longueur du porte-à-faux qui devait se trouver du côté du milieu du lleuve.
- Ce magnifique pont est, construit pour le compte et pour les voies de la compagnie Québec Bridge and Railway C°, et par les soins de deux ingénieurs des plus distingués, MM. E. S. Iloare et The. Cooper. 11 est situé à un peu plus de 9 kilomètres au-dessus de Québec, en un point où le lit de la rivière, à mer basse, n’a même pas 600 m. de large (il va de soi que c’est une distance autrement considérable que doit franchir l’ouvrage, par suite des circonstances de terrain, et aussi de la largeur de la nappe d’eau à
- Fig'. 1. •— Vue il’easemble du pont de Québec terminé.
- pont cantilever consiste en ce que, sur chaque pile, vient reposer une travée affectant grossièrement la forme d’un énorme T, à la branche supérieure démesurément large, et dont les deux moitiés se font équilibre, l’ensemble demeurant lui-même dans une position stable en dépit de la base d’appui très réduite que le T prend sur sa pile. Généralement, les extrémités voisines de deux travées équilibrées ne se raccordent pas directement, mais une petite travée intermédiaire, formée d’une poutre métallique, les relie en s’appuyant sur chaque extrémité, comme une passerelle jetée dans le vide d’un porte-à-faux à un autre.
- Pour plus d’explications, nous renvoyons le lecteur à ce qui a été publié ici antérieurement, et l’examen rapide du nouveau pont jeté sur le Saint-Laurent lui fera retrouver les éléments constitutifs que nous venons d’indiquer.
- A première vue, on peut remarquer une particularité du pont dont il s’agit : sa travée centrale, celle qui se trouve comprise entre les deux piles — puis-qu’ici il n’y a que deux points d’appui dans le lit de la rivière pour soutenir l’ouvrage — s’étend pour
- mer haute). En amont de ce point, on ne trouve pas un pont jusqu’à Montréal, c’est-à-dire sur une distance de 260 kilomètres environ. 11 ne fallait guère d’ailleurs songer à établir un semblable ouvrage plus en aval, par suile de l’expansion que prend le lit du Saint-Laurent. Ce pont va être le bienvenu, puisqu’il sera un trait d’union pour d’importants réseaux ferrés qui demeuraient isolés sur l’une et l’autre rive, et il reliera d’une partie Great Northern Railway, le Québec and Saint-John Railway et le Canadian Pacific; d’autre part, le Grand Trunk Railroad, la ligne dite Intercoloniale et le Québec central Railway. Ajoutons que ce sera encore une précieuse voie de communication pour voitures ordinaires et pour tramways, le pont comportant également des voies charretières.
- La travée centrale, qui n’a pas moins de 548,65 m. de large, est formée des deux demi-cantilevers et d’une partie dite « suspendue », reposant sur les extrémités des porte-à-faux, ainsi que nous l’avons dit, offrant une longueur de 205,73 m., et s’élevant, en son centre, à une hauteur de 59,62 m. au-dessus de l’eau. Les porte-à-faux de rive, les secondes
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- moitiés des « cantilevers », ont une longueur de 152,-40 m. Enfin il a fallu prévoir des travées d’approche, reliant l’extrémité du cantilever avec la terre terme au point où elle se trouve au niveau convenable : ces travées complémentaires ont 64 m. Elles ont pu se tenir dans des proportions assez modestes, grâce à l’élévation des rives du fleuve à peu de distance de la baisse des basses eaux, et bien qu'il fallût obtenir un tirant d’air de plus de -45 m. (exactement 45,71 m.) sous le pont, pour le libre passage des grands navires qui remontent le Saint-Laurent. La rampe que l’on trouve sur le pont n’excède pas du reste 10 pour 100.
- La gravure que nous donnons lait bien saisir la disposition assez particulière de la triangulation des poutres qui forment les deux cotés du pont : ces
- des hautes eaux ordinaires. Les deux éléments du montant ont une largeur de 3,05 m. pour une profondeur de 1,22 m. ; à leur base, ils reposent sur un cylindre d’articulation ayant 600 millimètres de diamètre.
- Nous n’avons guère besoin de dire que toutes les pièces métalliques ont ici des dimensions considérables, par suite des proportions memes de l’ouvrage.
- Les pièces de pont n’ont, pas une hauteur de moins de 3 m., les cordes des poutres ont une profondeur de 1,37 m. pour une largeur de 1,72 m. Bizarrerie ou du moins particularité à noter, on n’emploie aucune pièce venue de fonte dans celte construction, et les patins, les massifs d’appui, d’articulation ou autres, sont faits de plaques laminées, de profilés
- deux poutres sont du reste distantes de 19,80 m., et c’est entre elles que seront installées les deux voies ferrées destinées à la circulation des nombreux trains qui emprunteront ce pont. Mais les poutres transversales, constituant les pièces de pont et supportant ces voies, se prolongeront en encorbellement de part et d’autre, de manière à supporter, en aval et en amont, une de ces voies charretières dont nous avons parlé tout à l’heure. Si nous considérons le pont au droit de ses appuis sur les piles, nous voyons que les grands montants métalliques, formant l’axe vertical du cantilever, présentent un certain fruit dans leur partie tout à fait inférieure, puis se composent de deux pièces parallèles et convenablement entretpisées au-dessous et à une certaine hauteur au-dessus du tablier. La hauteur du montant au-dessus de la pile en maçonnerie est de 100 m., ce qui correspond à environ 106,68 m. au-dessus du niveau
- d’angle assemblés convenablement. Comme conséquence, ces pièces ont des poids énormes, et un morceau long seulement de 20 m., d’un grand montant, ne pèse pas moins de 7-4 à 75 tonnes ; la pièce d’appui des membrures verticales et diagonales, destinée à leur permettre de reposer et de s'articuler sur une des piles, représente, avec les premiers éléments des membrures, et pour la moitié seulement du pont, un poids de 242 tonnes. Pour manœuvrer ces pièces et les mettre facilement en place, on dispose d’un échafaudage mobile très ingénieux, à commande élcclrique. Le travail se poursuit activement, et, une fois terminé, ce pont du Saint-Laurent éclipsera quelque peu celui du Forlh, puisque sa travée centrale dépassera de 27 m. à peu près celle du fameux pont d’Ecosse.
- 11. Bougkois.
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- MOTOCYCLETTES ET BICYCLETTES
- au Salon de 1906
- Nous avons constaté avec plaisir que cette année le Comité d’organisation a enfin pris une mesure que nous réclamions depuis longtemps : l’exposition des voitures occupe le rez-de-chaussée, tandis qu’on trouve au premier étage ce qui concerne la bicyclette et la motocyclette. Chacun peut donc visiter, sans perte de temps et sans crainte d’omission, la partie qui l’intéi'tsse; on ne saurait trop féliciter le Comité d’avoir enfin obtenu ce résultat.
- Nous avons remarqué plusieurs nouveautés intéressantes dont nous parlerons en détail ultérieurement.
- Pour le moment, nous les signalons seulement à ceux que la question intéresse plus particulièrement et qui pourront les voir chez les fabricants.
- En ce qui concerne la bicyclette, il y a beaucoup de machines à changement de vitesse, mais une seule présente une particularité tout à fait originale, c’est la machine Peugeot qui passe automatiquement d’une vitesse à l’autre par l’action de la force centrifuge.
- La motocyclette légère prend encore cette année un peu plus de place que l’an dernier ; nous retrouvons, bien entendu, la îlerdllé Bruneau, la Molosacoelie, la Terrot, la Motobécane ; mais il faut noter des nouvelles venues très intéressantes : la Moto-rêve, qui a un moteur à deux cylindres et l’allumage magnéto; la moto K. 1). avec un seul cylindre et un carburateur spécial; la de Ronzière avec magnéto à rupture ; toutes trois peuvent s’adapter très facilement à toutes les bicyclettes. Parmi les machines toutes faite? du type Pécourt, l’Albatros, qui se fait avec ou sans magnéto et ne dépasse pas 50 kg; entin, quelques machines à prise directe sans courroie, la Vira telle et la Bruneau-Richard, pour ne parler que des plus légères ne dépassant pas 55 ou 40 kg, car c’est à celles-là seulement que nous nous intéressons. G. Cualmauks.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance publique annuelle du 17 décembre 1906. prix de l’anxée 1906
- Présidence de M. Poincaré.
- M. le Président ouvre la séance par un discours consacré à l’éloge des membres et correspondants des sections morts dans l’année. La plus grande part de ce discours est par suite consacrée à Curie. 11 caractérise en ces termes l’originalité d’esprit de ce savant :
- « Les vrais physiciens comme Curie ne regardent ni en dedans d’eux-mêmes, ni à la surface des choses, ils savent voir sous les choses.
- « Les Mathématiques sont quelquefois une gène, ou même un danger quand, par la précision même de leur langage, elles nous amènent à affirmer plus que nous ne savons. Ceux qui ont cet instinct dont je vous parle savent mieux s’en servir. Ils n’y voient qu’un moyen de mieux exprimer cette symétrie qu’ils sentent dans les choses. C’est par ce sentiment de la 'symétrie que Curie fut amené à la découverte de la piézoéleclricité du quartz, travail où se révélèrent pour la première fois ses rares qualités.
- « Son attention fut ainsi attirée sur les cristaux; quelle est la raison mystérieuse qui donne à ces corps cette régularité géométrique qui nous _ étonne ; pourquoi se développent-ils symétriquement et ont-ils toujours la
- même forme qu’ils reprennent, même quand on les mutile, pourvu qu’ils puissent continuer à s’accroître? Curie avait sur toutes ces questions des vues originales que la mort ne lui a pas laissé le temps d’approfondir. »
- Puis, après avoir mentionné les travaux de Curie sur le magnétisme, il arrive à la découverte du radium et aux problèmes que ce corps a soulevés : « Plus on étudiait le nouveau corps, plus on trouvait de laits inattendus qu semblaient démentir tout ce que nous croyions savoir de la matière. On en voyait sortir de mystérieuses émanations dont les transformations successives paraissaient la cause de la chaleur produite et qui, finalement, aboutissaient à l’hélium, un gaz très léger qu’on a trouvé dans le Soleil bien avant de le rencontrer sur la Terre. Le rêve des vieux alchimistes était-il donc réalisé? Etait-011 en présence de la transmutation des éléments? Ceux qui s'effrayent des nouveautés auraient tort de s’alarmer trop vite. Il est probable que les chimistes réussit ont finalement à faire rentrer ces phénomènes étranges dans les cadres qui leur sont familiers; on s’arrange toujours en clfet, et si les éléments sont, par définition, ce qui demeure constant dans toutes les transformations, il faudra bien qu’ils soient immuables. Toujours est-il que ce sont là des réactions bien différentes de tout ce que nous connaissions et qui mettent en jeu d’invraisemblables quantités d’énergie. O11 a peut-être été trop vile, mais de ce que l’on a rêvé il restera toujours assez pour que toute la Physique demeure bouleversée. »
- Après un souvenir attendri donné aux qualités de cœur du célèbre physicien si brusquement enlevé à la science, M. le Président rappelle les services rendus au développement des travaux astronomiques par M. Bischoffsheim. Il met ensuite en lumière le double rôle rempli avec tant de science et de tact par M. Brouardel, comme médecin légiste et comme hygiéniste. Il résume ainsi l’action exercée par Brouardel à ce dernier titre : « La civilisation serait exposée à périr par son excès même si l’hygiéniste ne veillait; contre des ennemis nouveaux il nous fournil de nouvelles armes et surtout il nous apprend à leur opposer non plus des efforts isolés et sans cohésion, mais une action systématique et disciplinée; l’hygiène n’est plus une affaire individuelle, mais municipale, nationale ou internationale.
- « Ce rôle nouveau de l’hygiène, Brouardel a été un des premiers à le comprendre dans toute sa largeur. Il y a des maladies évitables, disait-il, et non seulement il le disait, mais il le prouvait en nous montrant les résultats obtenus à l’étranger. »
- Puis M. le Président rappelle les noms et les principaux travaux des correspondants disparus : MM. Boltzmann, de Vienne; Langley, de Washington; Rayct, directeur de l’Observatoire de Bordeaux, et Sire. 11 adresse enfin un hommage au commandant Massenet mort au cours des travaux géodésiques de la Mission chargée de la mesure de l’arc méridien équatorial et à deux militaires morls également en Amérique pendant ces ti avaux, les soldats Roussel et Pressé.
- Il est ensuite donné lecture de la liste des prix figurant ci-dessous :
- Géométrie. — Grand Prix des sciences mathématiques : Partagé, en parties inégales, entre MM. II. Padé, R. de Montessus, Auric. — Prix Francœur : M. Émile Lemoine. — Prix Poncelet : M. Guichard.
- Mécanique. —- Prix Monlyon : M. Georges Marié, ingénieur, chef de division en retraite de la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée. — Prix Boileau : M. Edmond Maillet,
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- ingénieur des Pouls el Chaussées, pour ses travaux d’hydraulique.
- Navigation. — Prix extraordinaire de la marine : Partagé entre M. Daveluy, capitaine de frégate; M. Kollef. de l’isle, ingénieur hydrographe en chef de la marine; \|. le capitaine de génie J.-Th. Saconney et M. J.-B. Gi-lard, mécanicien-inspecteur de la marine en retraite. — Prix Pliuncy : M. Stodola, du Polyleclmicum de Zurich. Astronomie. — Prix Pierre Guzman : Non décerné. Prix Lalande : Partagé entre MM. U.-G. Ailkcn et William-J. llussey, astronomes à l’Observatoire Lick. __ Prix Valz : M. Palisa. — Médaille Janssen : M. A. Ilirco, directeur des Observatoires de Catane et de l’Etna.
- Géographie. — Prix Tchihalchef : M. et M“° Pierre et M. Belpy. — Prix Binoux : M. le capitaine N. Barras; 11. le capitaine Larminat. — Prix Delalande-Guérineau : M. L. Seurat.
- Physique. — Prix Hébert : M. G. Gourée de Ville-montée. — Prix Hughes : M. Daniel Berthelol.
- Chimie. —Prix Jecker : M. Grignard. —Prix Cahours : M. Martine.— Prix Monlyon (Artsinsalubres) : M.V. Georgel.
- Botanique. — Prix Desinazières : M. Jules Cardol. — Prix Montagne : M. Emile Boudier. — Prix de Coincy : 11. K.-G. Camus et M"° A. Camus.
- Anatomie el zoologie. — Prix Savigny : M. Paul Pal -lurv. — Prix Thorc : M. C. lloulbert. — Prix da Gaina Machado : Partagé entre M. Antoine-Henri Mandoul et M. Pierre Slephan.
- Médecine el chirurgie. — Prix Monlyon : Trois prix sont décernés : à MM. Poirier et Cliarpy; à M. Albarran; à M. Porcher. Trois mentions : à M. Robert Lœwy; à M. Adolphe Javal; à MM. Guillemard et Moog. Des citations sont accordées : à M. Lucien-Graux; à MM. Louis cl Paul Murat; à M. A. Gougcnheim. — Prix Barbier : M. Adrien Lucet. Une mention est accordée à M. J.-V. Detrove. — Prix Bréanl : Non décerné. Une somme de mille francs est attribuée, à titre d’encouragement, à M. Rémy. — Prix Godard : M. L.-1I. Farabeuf. — Prix Pu baron Larrey : M. le Dr Morel. —» Prix Bellion : M. Georges-G. Paraf. Une mention est accordée à M. le 1)’ Jean Toy. — Prix Mège : M. le Dr Turchini.
- Physiologie. — Prix Monlyon : M. le IF E. Meyer.
- I ne mention est accordée à M. le IF J. Sellier. — Prix Philipeaux : M. Stéphane Leduc. Une citation est accordée au capitaine Cauberl. — Prix Lallemand : M. André Péri. — Prix Pourat : M. Georges Bohn. — Prix Martin-Damouretle : M. Lucien Butte. Une mention à M. le D‘
- Pierre Sée.
- Statistique. — Prix Monlyon : M. le D' Ausset. Men-tion à M. le D' Butte et à M. le D' Oit.
- Prix généraux. — Médaille Lavoisier : M. S.-M. Jor-gcnsen. — Médailles Berthelot : M. S.-M. Jorgensen; M. Martine. — Prix Trémont : M. Charles Frémont. — Prix Gegner : M. J.-11. Fabre. — Prix Lannelongue : Mrae Beclard, dont le mari fut doyen do la Faculté do médecine de Paris et M“* Cusco, veuve du célèbre chirurgien. — Prix Jérôme Ponti : Partagé entre M. Ofl’ret et M. Gruvel. — Prix Wilde : M. Fermier et M. Massau. — Prix Sain tour : Partagé entre M. A. Man-
- de et M. L. Laurent. — Prix lloullevigue
- Partagé entre
- M. G. André, M. E. Bataillon et M. A. Pizon. — Prix Cuvier : M. le ür Ralfray. — Prix Jean Reynaucl :
- M. Pierre Curie. — Prix du baron de Joëst : M. Demou-lin. — Prix de Laplaee (les Œuvres de Laplace) : M. Pierre-Paul Lévy, sorti premier de l’École Polytechnique. — Prix Félix Rivot : Partagé entre MM. Pierre-Paul Lévy,
- Alexandre-André Bélugou, René Petit et Raymond-Emile Lane.
- M. Berthelot prend ensuite la parole et lit une notice sur la vie et les travaux de Ferdinand Fouqué. De la vie de Fouqué il y avait peu de choses à noter, car ce ne fut pas une vie agitée et l’on pourrait dire qu’elle fut heureuse, s’il n’avait connu la douleur causée par la perte d’un fils parvenu à l’âge d’homme. M. Berthelol nous apprend qu’il lit connaissance de touque sur les bancs du lycée Henri IV. Il mentionne les missions scien-liüques successives, au Vésuve, à Sanlorin dans l’archipel grec, à Terceira dans les Açores, remplies par Fouqué de 18ül) à 1875, missions avant donné lieu à de remarquables travaux sur les phénomènes volcaniques'.
- Les phénomènes que Fouqué constata se résument ainsi :
- « Les mouvements du sol qui ont donné naissance à Georgios et à Aphrocssa sont nés silencieusement : ils résultent d’éruptions à la fois sous-marines et subaériennes, se développant selon des fentes parallèles du sol, et ayant provoqué l’érection graduelle d’amas pierreux sans cratères proprement dits, à la façon des anciens dômes trachytiques. Après plusieurs semaines, ont apparu les explosions et projections de matières incandescentes, puis les bouches cralériformes et la vision d’un cône recouvert d’un manteau de pierres et de cendres, l’émission d’îlols el de laves épanchées au sein des eaux, avec soulèvements et affaissements alternatifs, (les eifels multiples sont d’ailleurs localisés, et relativement faibles, constamment en dehors de toute proportion comparable aux grands cataclysmes qui ont présidé à la formation des montagnes. ))
- M. Berthelot note que « dans son premier séjour à Sanlorin il éclaircit une question importante et demeurée jusque-là controversée : celle de l’existence réelle de flammes ardentes au sein des éruptions volcaniques. On V aperçoit la nuit des apparences lumineuses mobiles : mais, tandis que quelques-uns croyaient voir des flammes véritables, d’autres attribuaient ces apparences aux reflets de matières solides incandescentes, projetées par le volcan ; se refusant à y voir les produits réels de gaz et de vapeurs inflammables.
- « Fouqué étudia ces apparences et il y constata l’existence positive de gaz en combustion, notamment celle de l’hydrogène. Profitant de la simultanéité d’éruptions sous-marines, il recueillit les gaz non enflammés, parce qu’ils ont été dégagés à travers l’eau : opération périlleuse, car elle ne peut s'effectuer sans exposer le savant et son bateau à l’action corrosive des eaux échauffées presque à l’ébullition. Fouqué constata ainsi, je le répète, par des analyses précises, l’existence de l’hydrogène. »
- M. Berthelot termine en rappelant les travaux si importants de MM. Fouqué et Michel Lévy sur « la synthèse de différents minéraux isolés et des roches constituées par leur assemblage : roches et minéraux reproduits conformément aux conditions normales de leur formation naturelle )). L’opération s’exécute surtout par voie de fusion ignée suivie de recuit et aboutit à la synthèse des minéraux suivants : oligoclase, labrador, anorthite, amplii-gène, néphéline, grenat, mélanile, pyroxène, hypersthène, peridot, spinelle, feroxydulé, fer oligiste, etc. Les roches reproduites par les mêmes savants, dans des conditions inusitées et qui causèrent, à l’époque, une sensation profonde, sont : les andésites (laves de Sanlorin, des Andes), les labradorites (laves de l’Etna et d’Islande), les basaltes (plateau d’Auvergne), les ophites (roches des Pyrénées el d’Islande), les porphyriles, etc. Gu. du Yilluduuil.
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- UN AUTOMATE EN CONTRAVENTION
- La mode des automates a passé, et c’est dommage. Nos ancêtres du xvm° siècle devaient trouver un plaisir réel à voir manœuvrer les merveilleux androïdes que de savants mécaniciens livraient à la curiosité publique. Mais rien ne prouve qu’ils 11e reviennent jamais en vogue. Pour obtenir ce résultat, il subirait de quelques « Euigmarelles » aussi habilement machinés que celui qu’exhibait l’été dernier, à l’Hippodrome de Londres, un constructeur américain, M. lreland.
- L’impresario de cet « humain de 1er et d’acier » peut s’attribuer une bonne part dans l’énorme succès que son mystérieux « élève » rencontra auprès de la population londonienne. Jamais lanceur plus ingénieux n’apparut dans le lirma-ment des théâtres et music-halls. Et je 11’hésiterai pas une minute à avouer que je lus de ceux qui se laissèrent convaincre par son habile réclame.
- Je me promenais un matin, vers dix heures, dans Piccadilly, en compagnie d’un confrère,
- M. George Austin, du Daily Mirror, quand un attrou-p ement nous barra le passage.
- Cent badaudscontemplaient, avec une curiosité où perçait une sensation de malaise, une automobile qui venait de s’arrêter le long du trottoir.
- Le véhicule n’était pour rien dans cet émoi : ce qui ameutait la lbulc, c’était l’aspect d'un des voyageurs. Yètu d’une élégante livrée de velours grenat, relevée de broderies d’or et garnie de fines dentelles, le « monsieur » promenait sur les passants ses regards vitreux et le sourire imbécile de ses lèvres entr’ouvertes.
- • Un des hommes qui l’accompagnaient se pencha derrière lui et glissa sa main dans une fente de la tunique. Les personnes les plus rapprochées entendirent le carillon d’une sonnerie électrique. Et, soudain, l’être étrange se dressa d’un sursaut de la banquette où il était assis, et, se tournant face aux maisons, avança une jambe vers le marchepied, en un geste sec, et descendit.
- Sans recourir à l’aide de ses trois compagnons, vêtus à la façon des chauffeurs, l’être se mit à
- arpenter le trottoir, les bras ballants. Une claudication très accusée secouait ses longues mèches blondes. Et toujours cet agaçant sourire, figé sur sa face immobile! 11 n’avait pas parcouru 20 mètres que la rue devenait impassable. Omnibus, autobus, cabs, charrettes, retenus en place par la curiosité de leurs conducteurs, encombraient la chaussée.
- C’est à ce moment que M. George Austin, braquant son appareil sur celle étrange scène, obtint la photographie que nous reproduisons. L’expression des visages des spectateurs nous dispense de tout commentaire. Mais il convient de signaler l’altitude du polieeman, qui, déjà, estime que le mystérieux personnage en prend trop â son aise. Quelques minutes
- plus lard, il lui dressait un procès-verbal..., et Londres eut la joie d’apprendre le lendemain que, pour la première fois depuis que le monde existe, un automate était cité par-devant un tribunal de police pour « désordres sur la voie publique! »
- En effet, dès le lendemain, les journaux du matin contenaient le communiqué de l’Hippodrome annonçant les prochains débuts d ’ Enigmarelle, le « sensationnal aulomaton doll ». Et je ne fus pas des derniers à me rendre à l’invite. En présence d’un public nombreux, Enigmarelle marcha, courut, dansa, joua même du violon. Avant chaque exercice, l’imprésario appuyait sur un déclenchement placé sous la tunique de l’androïde, tantôt dans le dos, tantôt sur la hanche, ou encore sur l’épaule, et, delà salle; nous percevions le ronronnement d’une petite dynamo qui se mettait en marche. Après chaque passe, l’homme enlr’ouvrait la tunique, et l’intérieur du « corps » apparaissait, illuminé par plusieurs petites lampes incandescentes.
- J’ajouterai ce détail qui a son importance : l'impresario détacha plusieurs fois, successivement, les bras, les jambes et même la tête de l’automate, qui, raccommodé, se mettait aussitôt en marche.
- V. Forbin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiurk, rue de- Fieurus, 9.
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- N° 1753. — 29 DÉCEMBRE 1906.
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- ANIMAUX FOSSILES D’AMÉRIQUE
- Nous ne sommes pas de ceux qui croient toute occasion bonne d'affirmer que tout ce qui se passe au delà de l’Atlantique ou tout ce qui nous en vient par les cables, les paquebots, etc., est « the best in the world », mais nous nous reprocherions de ne pas signaler aux lecteurs de La Nature l’œuvre entreprise et menée à bien depuis quelques années par le célèbre paléontologiste américain M. II. F. Osborn, conservateur de Y American Muséum of Natural History. Elle manifeste parfaitement cet esprit positif, qui caractérise les savants américains et les porte de préférence à l’étude de questions concrètes, plutôt qu’à la recherche, si souvent aventureuse, de ces grandes lois biologiques où se complaît le travailleur européen, — différence qui n’a d’ailleurs rien d’éton-nant, si l’on songe que notre formation
- ment de l’évolution de la vie des vertébrés sur notre planète, surtout si l’on joint à leur travail les résultats des remarquables recherches qui ont été récemment ôffecluées sur les vertébrés de l’Amérique du Sud et notamment de la Patagonie.
- Au cours de cette exploration qui fut surtout l’œuvre de la génération de Cope et de Marsh, des collections énormes se fondèrent rapidement et nécessitèrent la création de divers Musées qui sont aujourd’hui parmi les plus remarquables du monde entier, du moins en ce qui concerne les sciences naturelles : Muséums de la Princeton University, de l’Université de Californie, de Pittsburgh (musée Carnegie), Field Columbian Muséum de Chicago, collection de la Yale University, etc. La section de paléontologie des vertébrés de Y American Muséum of Natural His-
- Fig. i. — Diplodocus.
- intellectuelle est le résultat d’une très ancienne culture, et qu’au contraire les conditions mêmes de la conquête de l’Amérique par l’homme blanc ont dû assez fortement tremper sa mentalité au contact des réalités pour que ses descendants apportent aujourd’hui au travail scientifique beaucoup plus d’amour des choses que des idées. Nous sera-t-il permis aussi d’ajouter que, si les conditions matérielles — et, disons franchement le mot, financières. — de fa science française étaient autres qu’elles ne sont, nous ne serions pas en dessous de nos rivaux du Nouveau Monde?
- Depuis le grand travail du professeur Marsh, publié en 1878, sur les vertébrés dans l’Amérique du Nord, jusqu’à nos jours, les paléontologistes américains ont dépensé à la fois beaucoup d’activité et beaucoup d’argent pour explorer le vaste territoire presque vierge qu’ils avaient à leur disposition et d’où ils ont fait sortir des monceaux de squelettes, qui leur ont permis de ressusciter des mondes entiers disparus et de compléter ainsi le tableau d’ensemble que nous pouvons nous faire actuelle- 35e aimée. — ier semestre.
- tory, dont nous nous occuperons plus spécialement, fut fondée en 1891, à New-York, sous , la direction de M. Osborn. Primitivement sa tâche était limitée à la paléontologie des mammifères ; mais, dès 1896, elle prit la destination plus générale qu’elle n’a plus jamais abandonnée. C’est actuellement un véritable dépôt de trésors paléontologiques, parmi lesquels nous signalerons 9875 fossiles de mammifères des États occidentaux de l’Union, et notamment tous ceux qui ont fait partie de la splendide collection du professeur Ed. Cope, qui a d’ailleurs également laissé au Muséum de New-York sa collection de reptiles et d’amphibiens fossiles.
- Ce sont ces inestimables richesses qui ont permis aux administrateurs de mener à bien la belle œuvre dont nous avons parlé plus haut et que nous allons exposer en détail. Non contents, en effet, d’avoir constitué pour l’étude un magnifique ensemble, représentatif de toute la faune ancienne des États-Unis, les administrateurs du Musée ont compris qu’il était du meilleur intérêt de leur science d’en faire profiter le plus largement possible ceux-là même qui ne
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- Fig'. 2. — Agalhaurnas ophenocerus.
- pouvaient aller les visiter sur place, et, dans ce dessein, ils ont créé toute une série de moules en plâtre et de photographies, donnant la reproduction exacte des pièces originales. Cet ensemble comprend quatre séries de pièces, dont chacune est destinée à la vente, selon des prix minimes, simplement équivalents aux frais de fabrication et de transport, ou à l’échange avec les musées étrangers.
- Ce sont d’abord des moulages en plâtre, pur ou mélangé de gomme arabique, montés sur des armatures métalliques et soigneusement finis et coloriés, — puis des photographies des squelettes montés desprincipaux types éteints, — enfin, — admirable procédé d’enseignement populaire par l’image concrète —, des moulages et des photographies de statuettes et d’aquarelles exécutées par le peintre et sculpteur animalier M. Ch. Knight sous la direction de M. Osborn; c’est de quelques-unes de ces magnifiques restaurations que nous avons pu, grâce à la bienveillance de M. Osborn pour La Nature, faire la meilleure partie de cette étude, l’illustration.
- Avant toutefois d’arriver à leur description, quelques mots des deux premières séries signalées dans le paragraphe précédent. Les moulages de pièces originales isolées ou de squelettes montés sont particulièrement précieux, à cause du grand nombre des objets qui ont été ainsi reproduits, de sorte que se trouve mise à portée des travailleurs européens la représentation scrupuleuse des principaux échantillons qui ont été choisis comme types par les nomenclateurs américains dans la création des nombreux genres ou espèces nouvelles où ils ont été contraints. Cette large diffusion, presque équivalente à celle des
- originaux eux-mêmes, permettra des identifications précises avec une facilité que ne peuvent donner les meilleurs livres. C’est d’ailleurs un service du même genre — mais seulement par l’image, — que les jeunes Annales de Paléontologie, récemment fondées en France, rendent au monde savant, en mettant à portée de tous les travailleurs la reproduction en héliogravures admirables des échantillons qui ont servi de types à d’Orbigny pour ce Prodi orne de paléontologie stratigraphique universelle, qui est avec sa Paléontologie française la pierre angulaire de la paléontologie des invertébrés. L’histoire de l’évolution du cheval, aujourd’hui si parfaitement connue, celle des Camélidés, sont particulièrement bien documentées dans les séries américaines et depuis le Mesohippus bairdi de l’oligocène jusqu’à YEquus complicatus du pleistocène, 17 types intermédiaires sont représentés par des moulages, permettant de suivre pour ainsi dire d’un seul regard à travers les temps tertiaires, cette évolution que peut-être nous résumerons ici un jour et qui, partant de petits animaux de la taille du renard, aboutit à nos chevaux acLuels.
- Comme nous l’avons dit, la partie la plus curieuse du musée est l’ensemble des statues, dont quelques-unes atteignent jusqu’à un mètre de Ion-, gueur, qui reproduisent les principaux types fossiles d’Amérique et dont des moulages à bon marché doivent populariser les formes jusque dans nos musées européens. C’est ainsi qu’en 1907, grâce à des échanges, M. Boule fera placer leur série complète dans la belle galerie de paléontologie du Muséum d’histoire naturelle de Paris. Ces modèles représentent surtout des reptiles, du jurassique à l’éocène et des mammifères tertiaires. Nous avons joint à l’ensemble des statuettes, dans nos gravures, une reproduction réduite d’une des belles aquarelles de M. Knight. Elle réunit dans le même tableau deux types de ces magnifiques di-nosauriens sau-ropodes, dont nous avons
- Fig. 3. — Diclonius mirabilis.
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- Fig, F. — Celle figure reproduit une aquarelle de M. Knighl. A droite un Bronlosauris, au fond un Diplodocus longits. Le même dans le cartouche, d'après une slaluelte.
- La ligne qui donne l’échelle représente 2 mètres.
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- déjà parlé ici et qui lurent la gloire des temps jurassiques. Celui du fond, reproduit aussi ligure 1, est un Diplodocus longus, reconstitué d’après la moitié postérieure d’un squelette appartenant au muséum de New-York et le remarquable squelette du Carnegie Muséum, envoyé en moulage au British Muséum. C’est un sauropode à jambes longues et minces, à cou extraordinairement allongé, à tête très petite et délicatement formée, enfin armé d’une queue longue et puissante, terminée en pointe. Ses mœurs amphibies sont parfaitement indiquées par l’aquarelle et par la statue, tandis que la statuette reproduite en cartouche (fig. 4), indique d’une manière frappante ses dimensions énormes et le montre dans une posture familière : la queue fait équilibre à la partie antérieure du corps et celle-ci se dresse en l’air les membres libres. Cette queue servait également pour la nage. Le Diplodocus longus appartient à la partie la plus inférieure du terrain crétacé, et se trouve surtout dans les couches de Como et de Morrison.
- Son compagnon sur l’aquarelle (lig. 4), le Brontosaurus, appartient aux mêmes gisements géologiques; il fait un plein contraste avec le Diplodocus par sa grandeur massive, son cou plus court et moins fin, ses membres plus pesants, sa queue moins allongée, cl
- topsidés, dont l’apogée est marquée par le Triceralops du crétacé de Laramie. À l’inverse de VAgalhaumas, le Triceralops a deux petites cornes antérieures et une paire de plus fortes au-dessus des yeux. On sera frappé d’ailleurs de la différence d’aspect que ce dernier dinosaurien présente avec les précédents. C’est qu’en effet, tandis que la grande masse des dino-sauriens s’est éteinte avec le monde jurassique, nous nous trouvons ici en présence d’un type qui a survécu jusqu’au crétacé supérieur, réalisant des formes absolument inconnues à ses lointains parents.
- Avec les deux types de la figure 5 nous abordons les mammifères par ces curieux amblypodes dont il ne reste plus de trace dans le monde actuel. Après le petit Pantolamobda bathmodon, de l’éocène inférieur du New Mexico vient le Coryphodon testis, déjà plus évolué, mais qui est encore un de ces types synthétiques où se trouvaient réunis des caractères
- Fig. 5. — Amblypodes de l’éocène inférieur du New-Mexico. A gauche : Pantotambda bathmodon. — A droite : Coryphodon testis.
- tout semble indiquer qu’il ne jouissait pas comme lui de la possibilité de se dresser sur son train de derrière. Ces reptiles superbes, qui sont disparus sans laisser de descendance, ont été les plus grands types d’animaux terrestres connus.
- Le Diclonius de Cope (ou Hadrosaurus mirabilis) (fig. 3) est beaucoup plus proche des iguanodons et se range à côté d’eux dans la famille des Iguano-dontidés. Toutefois il en diffère notamment par une beaucoup plus grande expansion de la partie distale du bec. De plus, le professeur Osborn nous signale que, dans la statuette reproduite ici, d’après un très remarquable spécimen qui se trouve à New-York, la queue a été probablement figurée avec un caractère trop massif. On rencontre principalement les Diclonius dans le crétacé supérieur du New-jersey, du Dakota et du Montana.
- La figure 2 représente encore un dinosaurien, mais d’une famille bien différente qui vient se ranger auprès des Iguanodontidés dans le sous-ordre des prédentales, opposés aux théropodes et aux sauro-podes. Mais tandis que les iguanodons ont une station bipède, l'Agalhaumas se lient sur les quatre membres. C’est un des types les plus primitifs de ces céra-
- aujourd’hui éparpillés dans des ordres bien séparés. Cet amblypode sans corne — forme ancestrale du redoutable Dinocéras — avait cinq doigts à chaque pied, les dents antérieures de l’hippopotame, le cou court, le corps long présentant plus d’un caractère archaïque, le cerveau très petit. C’était vraisemblable^ ment un animal amphibie, et bien qu’il n’ait absolument aucun équivalent dans le monde actuel, on retrouve combinés en lui des caractères d’animaux aussi distants les uns des autres que Tours, l’éléphant et l’hippopotame, le tout joint à beaucoup de particularités qui lui sont propres.
- La figure 6 nous amène enfin vers des types plus connus, et celui de droite est immédiatement reconnaissable. 11 a fallu cependant, pour arriver jusqu’à lui, que la vie animale se réalisât en des formes analogues à ce mastodon primitif ou Trilophodon (Mas-lodon productus) dont la reconstitution, par M. Ch. Kniglit, a été faite grâce à un squelette incomplet qui se trouve à New-York et surtout grâce à l’étude magistrale que M. Al. Gaudry a consacrée au Tr. Angus-lidens. Comme on le voit, ces ancêtres miocènes des mastodontes et des éléphants étaient beaucoup moins spécialisés que leurs tardifs descendants ; on remar-
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- quera notamment leurs quatre défenses courtes, qui présentent quelque analogie avec les incisives des rongeurs. 11 n’est pas sans intérêt de noter que la première apparition des proboscidiens dans l’Amérique du Nord s’est effectuée plus tôt qu'en Europe ; en effet, le M. produclus apparaît pour la première fois en Amérique dans les couches de miocène moyen, tandis (jue ces animaux sont seulement représentés en France dans le miocène supérieur par le M. Lon-girostris. Quant à VElephas imperalor du Texas, c’est un type au contraire pleinement évolué et, dans le sud de l’Amérique du Nord, il tient une place équivalente à VElephas primigenius ou mammouth dans la région septentrionale, tandis que les états du centre sont habités par un E. colurnbi, rappro-chahle de notre E. anliquus européen.
- S’il nous est évidemment impossible de résumer en un seul article la marche de l’évolution animale dans la moitié septentrionale du Nouveau Monde, du moins, les quelques types que nous avons signalés montrent suffisamment la diversité que la vie a atteinte dans cette autre région de notre globe, à la même époque où s’épanouissaient les formes superbes qui ont fait le légitime orgueil de nos paysages européens des temps jurassiques jusqu’à la fin des temps tertiaires. Toutes ces formes se répartissent suivant un ordre de descendance généalogique qui est le même dans l’Ancien Monde et dans l’Amérique du Nord. Si les espèces diffèrent, les genres sont analogues et les familles et les ordres sont identiques. Aussi l’on pouvait croire, jusqu’à ces dernières années, que l’évolution des vertébrés s’était faite sur le globe tout entier avec une majestueuse unité. Ce ne sera pas une des moindres gloires de M. Al. Gaudry, au soir d’une vie consacrée à l’étude des grands mouvements de la vie sur notre planète, d’avoir montré que cette simplification était excessive et que l’histoire des mammifères manifeste, au contraire, autant de complexité que de grandeur et d’harmonie dans les plans de la création. lia su, en effet, le premier établir qu’une scission a séparé de bonne heure l’Amérique australe de l'Amérique du Nord et que, dans ce milieu à pari, la \ic a évolué séparément pendant toute la durée des temps tertiaires. Il nous suffit, pour aujourd’hui, de cette indication, car nous reviendrons prochainement sur les travaux de celui que M.
- Boule a si justement appelé « le plus philosophe des paléontologistes ».
- Nous espérons qu’un
- jour s’élèvera, dans une
- cité privilégiée de la
- vieille Europe ou de la
- jeune Amérique, un
- musée unique en son ,
- , , 1 . . m. 0. — A gauche
- genre. Là, des artistes et a
- des savants, dans une communion parfaite, auront reproduit les formes sacrées des êtres qui ont, au cours des Ages, animé la tristesse de la terre. Ce sera comme un fleuve au cours immense, s’étalant en delta gigantesque — et, sur le front de celui-ci, se dresseront sur des socles de marbre, les statues de ceux qui furent les plus grands parmi les hommes. Ce beau rêve, jadis pensé par M. Gaudry, dans la notice qu’il a écrite sur d’Orbigny au lendemain de sa mort, on nous permettra de le reprendre ici — puisque aussi bien nous savons trop combien il est irréalisable — et puisqu’à plusieurs fois le nom d’un maître vénéré est venu sous notre plume, on nous laissera terminer celle étude par quelques-unes de ces lignes qui mettent tout à coup, au milieu de ses ouvrages les plus scientifiques, comme un accent magnifique de religieuse élévation. Ce sont celles qui terminent son Essai de paléontologie philosophique : « Depuis le jour où la première créature reçut le souffle de la vie, combien d’êtres sont tombés, que de naissances, d’amours, d’épanouissements, dont la trace s’est effacée! Le changement paraît être la suprême loi de la nature. 11 y a quelque mélancolie dans le spectacle de ces inexplicables disparitions. L’Ame du paléontologiste, fatiguée de tant de mutations, de tant de fragilité, est portée facilement à chercher un point fixe où elle se repose ; elle se complaît dans l’idée d’un être infini qui, au milieu du changement des mondes, ne change point ».
- .. .P-P. Lafitte.
- # :
- : Maxlodon produclm, prohoscidien primitif du Texas, droite : Klephas imperalor du Texas
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- LA NATURE.
- LA THÉRAPEUTIQUE IONIQUE
- On sait qu’un courant électrique, passant dans une solution saline, détermine la décomposition de ce sel ; le métal se dégage au pèle négatif ou cathode, le radical acide se dégage au pôle positif ou anode. C’est celte action des courants électriques sur les solutions salines qui produit la galvanoplastie.
- Cette solution saline décomposable par le courant électrique s’appelle électrolyte. Les acides et les bases sont également des électrolytes ; les acides peuvent être considérés comme des sels dont le métal est l’hydrogène, les bases peuvent être considérées comme des sels dont l’acide est l’hydroxyle 011.
- Faraday a donné le nom d’ions (du grec tw, je vais), à ces parties constituantes des électrolytes qui se dégagent aux électrodes sous l’influence du courant électrique, il a appelé anions (ava, en haut, iw, je vais) ceux qui se
- Fig. 1. — Schéma de la migration des ions.
- Entre le corps humain et les plaques métalliques où aboutissent les fils électriques, on a interposé l’électrolyte Kl, iodure de potassium ; si on l'ait passer le courant, le potassium K pénètre dans le corps à l’anode, l’iode I pénètre dans le corps à la cathode.
- dégagent au pôle positif, cathions (xaxa, en bas) ceux qui se dégagent autour de la cathode.
- Les tissus du corps humain sont imprégnés do solutions salines ; ils peuvent être considérés comme des électrolytes, la conductibilité du corps humain pour le courant électrique n’est aulre qu’une conductibilité électrolytique1.
- Si l’on fait passer à travers le corps .de l’homme un courant électrique, les molécules électrolytiques, en l’espèce principalement le chlorure de sodium, dont est constitué la plus grande masse de nos tissus, sont disso-
- 1 Lire : Stéphane Leduc. Les nouvelles théories des solutions dans leurs rapports avec la médecine. Les Ions. Les médications électrolytiques. La Presse médicale, 1906, septembre, n“ 70, 72, 74, 76.
- eiées; Fanion —Cl vient se dégager sous l’anode, le calhion + Na sous la cathode. Si l’on s’est servi pour l’introduction du courant d’électrodes inattaquables, d’aiguilles en platine par exemple, Fanion —Cl, après avoir abandonné sa charge au contact de l’anode, devient l’anhydride Cl qui, pour reconstituer l’acide correspondant, enlève, en les détruisant, l’hydrogène aux tissus sous-jacents à l’anode 2C1 -f- II2 0 = 2 II Cl -f 0. C’est sur celte propriété qu’est basée la pratique déjà ancienne de Félectrolyse des tissus vivants.
- Supposons, pour fixer les idées, que l’on veuille faire disparaître, sans cicatrices appréciables, au moyen d’un traitement électrolvlique, une petite tumeur vasculaire. On enfoncera dans la tumeur une ou plusieurs aiguilles en or ou en platine, isolées par un vernis sur la plus grande partie de leur longueur, sauf une petite portion de la pointe laissée nue ; puis on fera passer le courant en se servant desdites aiguilles comme anode ou électrode positive et en se servant comme cathode d’une vaste électrode indifférente constituée par exemple par une solution d’eau salée dans laquelle on fera plonger la main; dans ces conditions Fanion Cl se dégagera à l’anode, donnera lieu à une destruction partielle du tissu et coagulation intra-vasculaire, le cathion -f- Na se dégagera à la cathode constituée par la solution saline dans laquelle il se dissoudra sans exercer d’action sérieuse sur les tissus.
- Tel est le type de Félectrolyse médicale ancienne.
- Toute autre est Faction si l’on emploie comme électrodes des électrolytes, c’est-à-dire des solutions de sels, d’acides ou de hases; par le passage du courant il se produit des échanges ioniques entre le corps et les électrodes.
- Plaçons, par exemple, de chaque côté du corps humain deux électrodes spongieuses imprégnées d’iodure de potassium. Au pôle positif, le potassium de l’électrode, qui est un cathion, traversera la peau de dehors en dedans; au pôle négatif, l’iode, qui est un anion, pénétrera dans les tissus (fig. 1).
- Ce simple fait peut être le germe d’une révolution thérapeutique. Jusqu’à une époque récente, l’introduction médicamenteuse par le courant électrique était considérée comme nulle ou insignifiante ; cette introduction, on le sait aujourd’hui, est facile et régulière, susceptible de déterminer à volonté des actions locales sur la peau, des actions générales toxiques ou thérapeutiques sur l’organisme suivant la solution électrolytique employée, l’intensité et la durée de l’application.
- M. Stéphane Leduc en a fourni maintes preuves expérimentales, nous n’en rappellerons que trois qu’il a répétées sous nos yeux et que nous avons reproduites nous-mêmes.
- En se servant comme électrodes d’une solution de permanganate de potassium, en les appliquant à la partie interne des oreilles d’un lapin, on constate, après l’expérience, à l’électrode de sortie du courant ou cathode, un pointillé brun régulier, impossible à enlever par lavage et constitué par infiltration des glandes sous-jacentes de la peau par de l’oxyde de manganèse, ion négatif, résultant du dédoublement de la molécule de permanganate de potasse, et introduit dans les glandes par la charge négative de la cathode; aucun changement marqué de la peau ne se constate à l’électrode positive.
- Si l’on se sert comme cathode, d’une solution de
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- LA NATURE.
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- cyanure de potassium, on provoque rapidement la mort; le cyanure de potassium à l’anode ne produit aucun effet.
- Si l’on se sert comme anode d’une solution de sulfate de strychnine on détermine rapidement des crises téta-
- Lapin A.
- Lapin B.
- Fig. 2. — D’après Zimmern.
- niques typiques suivies de la mort; employée comme cathode la même solution ne provoque aucun résultat.
- Pour mettre en évidence l’influence du sens du passage du courant, M. Stéphane Leduc a adopté un dispositif élégant et très démonstratif. 11 prend deux lapins L et les place dans un circuit électrique en série.
- Comme électrodes, on se sert de coton hydrophile imprégné de solutions salines (sulfate de strychnine et chlorure de sodium), sur lequel on applique des plaques métalliques reliées au courant électrique. Les électrodes sont appliquées de telle sorte que le courant, considéré comme se dirigeant du pôle positif vers le pôle négatif, entre par le flanc gauche de l’animal À, sort par son flanc droit, entre ensuite dans le flanc gauche' de l’animal B et sort par son flanc droit. Les électrodes extrêmes, c’est-à-dire l’électrode d’entrée du courant dans l’animal A et l’électrode de sortie de l’animal B, sont imprégnées d’une solution de chlorure de sodium ; les deux autres ont été plongées dans une solution de sulfate de quinine. Si l’on fait passer le courant, la strychnine étant un cathion se dirigera vers le pôle négatif, les ions strychnine pénétreront dans le corps du lapin B, qui succombera bientôt dans des crises tétaniques. Le lapin A, au contraire, qui porte la strychnine à la cathode, ne recevra aucun ion strychnine et restera indemne.
- Ces notions sont applicables à l’homme et il est facile d'introduire êlecirolytiquement, dans l'organisme humain, un médicament, un ion déterminé.
- Stéphane Leduc a guéri des tics douloureux de la face ayant résisté à plusieurs opérations chirurgicales par l’introduction loco dolenli de l’ion salicylique (fig. 3).
- Une des actions les plus constantes des traitements électrolytiques est leur influence résolutive sur les formations scléreuses et cicatricielles en se servant de cathodes formées par une solution de chlorure de sodium. Leduc cite à ce propos l’observation d’un jeune soldai qui, à la suite d’un phlegmon de la main, eut une ankylosé complète des doigts ; ce blessé fut soumis dans un hôpital militaire, sans aucun résultat, à des traitements divers, parmi lesquels des mobilisations forcées sous le chloro-
- forme; réformé pour infirmité permanente, il fut traité par l’éleclrolyse ; sa main malade étant dans un bain d’une solution de chlorure de sodium servant de cathode, il reçut trente milliampères pendant trente minutes ; au boni de deux séances, la guérison était complète.
- Nous avons obtenu nous-mêmes des guérisons remarquables et très rapides dans des cas de raideurs articulaires consécutives à des traumatismes.
- La médication électrolytique est encore dans l’enfance, mais elle semble appelée à un grand avenir.
- Suivant les expressions mêmes du professeur Leduc, « il est difficile de se représenter combien paraîtra absurde à l’avenir la conduite actuelle, par laquelle, pour agir sur une région très limitée du corps, pour guérir un tissu grossier, nous répandons dans tout le « corps une substance nocive, par--« ticulièrement nuisible aux tissus « les plus délicats, les plus impor-« tants, comme ceux des centres nerveux par exemple. Ce doit être un des buts de la médecine de remplacer, toutes les fois que cela est possible, les traitements généraux par des traitements locaux. Pour atteindre ce but, la méthode électro-ionique offre des ressources que ne présente aucune
- Fig. 3. — Application de la thérapeutique ionique dans un cas de tic douloureux de la face.
- L’électrode — est placée sur le côté de la face, l’électrode indifférente -+- est placée au mollet. A, désigne la plaque métallique, C, la couche spongieuse imprégnée de l’électrolyte.
- « autre médication. Elle permet d’introduire, dans chaque « cellule imperméable à beaucoup de substances médi-« camenteuses, toute la série des ions, et d’obtenir autant « d’actions différentes qu’il y a d’ions. »
- Drs P. Desfosses et A. Martinet.
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- LA MISE A L’EAU DES NAVIRES GÉANTS
- Le lancement d’un navire est toujours chose impressionnante et difficile: notre ami et collaborateur Max de Nansouty a expliqué jadis ici1 les difficultés qu’entraîne cette opération pour les gros navires de guerre. Mais, depuis l’époque où il écrivait, les dimensions et le poids des bateaux de guerre ont étrangement augmenté; et, d’autre part, les navires de commerce, les transatlantiques, ainsi qu’on les nomme volontiers, se construisent maintenant dans des proportions qui effacent complètement celles des unités militaires. Comme le poids de ces énormes navires est au moins proportionnel à leurs dimensions, et que, pour prendre possession de l’élément liquide, la coque doit glisser à grande vitesse sur un chemin incliné disposé sur le sol de la cale, on comprend que la niasse même de cette coque est un des éléments le plus à considérer en la matière.
- A cet égard, on vient de procéder en Angleterre à deux lancements bien caractéristiques de notre époque, et des progrès de la navigation ou de la construction maritimes. C’est d’abord celui du cuirassé Aga-memnon, le plus grand navire de ce type qui ait encore été exécuLé : pour le montage même de la coque et des différents organes mis en place, quand elle est encore sur cale, il avait fallu élever une immense charpente de 225 mètres de long, qui formait comme une cage au-dessus de la cale, et permettait la circulation facile des grues apportant les matériaux. En raison du poids du bateau, on avait renforcé le sol même de la cale en y fonçant une série de 1000 pilotis de pitchpin, longs de 12 mètres et de plus de 30 centimètres d’équarrissage ; on avait réuni leurs têtes par des entretoises, et tout ce travail de consolidation avait nécessité un cube de 2400 mètres cubes de bois. La masse énorme de ce cuirassé ne pouvait être lancée sur quille; c’est-à-dire que son poids, durant le glissement vers l’eau, et pendant la période intermédiaire préalable, ne pouvait pas reposer sur la cale par une seule ligne d’appui : on lançait sur couettes, sur deux glissières parallèles, qui se partageaient la charge, et où le bateau s’appuyait et glissait par le 1 Yoy. n° 1011, du 15 octobre 1892.
- moyen d’un berceau en charpente, lui fournissant un lit solide autant que relativement confortable à l’avant comme à l’arrière. Les deux glissières avaient une longueur de 210 mètres, et une inclinaison moyenne de 4 pour 100; elles étaient établies à une distance de 8,07 m. d’axe en axe, tandis que leur largeur propre était de 1,75 m. Nous insistons sur ce détail, parce que la surface considérable que l’on donnait à ces glissières suffit à faire comprendre l’importance de la charge qu’elles supportaient. Le fait est que la pression atteignait 22 tonnes environ par mètre carré sur ces glissières. Nous n’avons pas l’intention d’entrer dans des détails complémentaires, ayant voulu seulement faire saisir à quels efforts doivent résister les dispositifs de lancement pour ces
- navires qui vont devenir de cons--truction courante. 11 y aurait pourtant eu à attirer l’attention sur les sortes de chiens à commande électrique qui servent à maintenir les berceaux, et à les empêcher de glisser en emportant le navire à l’eau, cela jusqu’au moment fixé pour le lancement même. Enfin il aurait été curieux de montrer les chaînes de retenue destinées à amortir la vitesse du cuirassé au fur et à mesure qu’il s’élançait dans l’eau, chaînes représentant un poids de 600 tonnes.
- Mais la mise à l’eau du Mauretania, à peu près comme celle du Lusitania, a été une bien autre affaire : nous rappellerons d’un mot que ces deux transatlantiques nouveaux sont identiques; mais le Mauretania avait été plus avancé que l’autre avant lancement, si bien que son poids était sensiblement plus élevé sur cale. Nous avons déjà eu occasion de dire combien augmente continuellement le déplacement des grands bateaux modernes : en quelques années seulement, il s’est produit en la matière une stupéfiante transformation. Le Kaiser Wilhelm, qui est pourtant une construction qu’on peut donner comme toute récente, a un déplacement de 26 000 tonnes, alors que celui du Mauretania sera, après achèvement complet, de 45000 tonnes; dans la classe des cargo-boats dits intermédiaires, après YOceanic de 1899, qui avait étonné le monde naval, en 1905, le Kaiserin Augusla Victoria atteignait
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- un déplacement de 25 000 tonnes, et c’est également le chilire du bateau anglais Adriatic.
- Comme de juste, ce ne sont pas ces poids que
- plus souvent la coque uniquement, parfois avec les propulseurs, mais pas toujours, qui est lancée, et impose aux cales, aux bers, aux glissières, les efforts
- Fig. 2. — L'arrière du Mauretama sur chantier de lancement.
- pèsent les grands navires modernes au momfcnt où ils quittent les cales de construction : on se garde bien de les aménager, même de les achever de construire tant qu’ils ne sont pas à l’eau ; et c’est le
- formidables dont nous parlions tout à l’heure.
- C’est d’une cale réunissant les derniers perfectionnements que le Mauretania a gagné l’élément liquide, cale dont la longueur pourra atteindre
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- 500 mètres le jour, peut-être pas très lointain, où l’on construira des transatlantiques de ces dimensions; cette cale était entièrement couverte et fermée par des vitrages qui permettaient de travailler par tous les temps. Et quand le Mauretania a été prêt à laisser son lieu de naissance, si l’on peut dire, il pesait déjà un peu plus de 17000 tonnes métriques; alors que le Lusitania, lors de son lancement, ne dépassait point 16000 tonnes : nous avons expliqué quelles étaient les raisons de cette différence. Et qu’on veuille bien noter que, jusqu’ici, aucun lancement n’avait porté sur un’poids aussi considérable même que celui du Lusitania ! Qu’on ne nous parle plus après cela des difficultés de lancement et des poids des bateaux de guerre! Ces 16 000 ou 17 000 tonnes représentent le double du poids correspondant du cuirassé le plus imposant. Que l’on se rende bien compte que cette charge formidable doit parcourir les glissières et descendre d’une hauteur verticale de 12 mètres environ, dans le court espace de deux minutes seulement !
- Il va de soi que la cale avait été renforcée par des pilotis, de façon autrement sérieuse que pour le cuirassé Agcnnemnon ; le ber avait été établi dans des
- conditions de résistance h toute épreuve, et l’on avait pris des mesures pour que la pression moyenne sur les glissières ne dépassât point 27 tonnes par mètre carré. Il avait fallu, pour cela, donner h ces glissières de belles dimensions transversales. Notons que, quand un navire est déjà partiellement à l’eau, et que son arrière flotte, il se produit un pivotemenl qui se traduit par un effort considérable sur le ber supportant l’avant du navire : pour le Mauretania, cet effort était compris entre 5500 et 4000 tonnes. Heureusement que cela ne dure guère, étant donnée la rapidité du glissement.
- Nous ajouterons encore que le magnifique navire a parcouru quelque 250 mètres avant d’être complètement à Ilot ; et, pour l’immobiliser peu à peu ensuite, sont intervenues les bosses cassantes, faites de chaînes pesant dans*leur ensemble un millier de tonnes. Le lancement d’un navire de cette taille est une opération des plus délicates ; mais la technique est tellement perfectionnée aujourd’hui, qu’elle se fait avec une sûreté surprenante, et sans qu’on 'se rende réellement compte de toute la science qui a été nécessaire pour la mener à bien. P. de M.
- LES TÉLÉGRAPHES DANS L’AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE
- Nous aidant tout à la fois d’une remarquable étude parue récemment dans la Dépêche coloniale illustrée, et aussi de notices fort intéressantes dues à M. Binger et à M. Mi-cliaut, commis des postes et télégraphes, nous voudrions jeter un coup d’œil sur les télégraphes de nos possessions d’Afrique occidentale.
- C’est naturellement au Sénégal qu’a débuté la constitution de celui-ci, puisque c’est par là que nous avons pris pied dans cette partie de l’Afrique; en 1862 furent posés quelques kilomètres d’une ligne de Saint-Louis à Dakar; mais on ne procédait qu’assez lentement, notamment par suite des luttes à soutenir contre les indigènes. En 1869, 15 km. de fil reliaient Saint-Louis au poste des pilotes, de la Barre du Sénégal, et ce qu’on pouvait appeler la grande ligne était établie et entretenue dans les conditions les plus pénibles et les plus dangereuses, sur une bande littorale où il fallait continuellement réparer les avaries causées par les pillards ou les insurgés ; notons que c’est cette ligne qui s’est maintenue jusqu’en 1886 pour relier Dakar et Gorée à ce qui était la capitale; mais aujourd’hui on a trouvé naturellement plus simple de poser et d’employer une ligne télégraphique- le long de la voie ferrée qui relie les deux centres principaux du Sénégal. Comme de juste, entre temps, on s’était préoccupé de la direction du Haut Fleuve, où la colonisation s’efforcait de remonter, et un fil, posé d’abord jusqu’à Dagana, arrivait à Podor en 1x77 ; on arrivait seulement à Saldé en 1880, et nous reconnaissons que ce n’était pas aller très vite. Puis, peu à peu, tandis que les colonnes d’expédition remontaient à Bammako, et qu’on établissait une ligne de Bakel à ce point, on réussissait également à relier Saldé à Bakel, ce qui constituait la ligne télégraphique ininterrompue. Depuis lors, ainsi qu’on peut le voir sur la carte que nous donnons, des rectifications ont été apportées à cette ligne, et aussi des doublements résultant des liaisons qui ont été réalisées
- avec d’autres lignes secondaires. Remarquons que, si les communications étaient établies de la sorte dans l’intérieur du pays, c’est seulement à la même époque que Saint-Louis fut relié au monde extérieur par un câble sous-marin entre la côte de notre colonie, les Canaries et l’Espagne : auparavant les télégrammes étaient portés par bateau au Cap Arert. (Disons tout de suite que, plus tard, a été immergé un câble qui relie directement Dakar à Brest, et qui, par un passage continental suivant les lignes terrestres que montre la carte, et par un autre petit câble immergé entre Dakar et Konakry, donne à la France le moyen de communiquer avec Konàkry, puis Grand Bassam, Kotonou et enfin Libreville et le Congo français.) Ultérieurement, un tout petit câble mettait Gorée en relations avec Dakar; d’autre part, on avait établi une ligne télégraphique côtière de Rüfisque à Joal ; puis, en 1895, on poussait les communications jusqu’à Sine, parallèlement à la Gambie anglaise, en lançant de petits embranchements qu’on retrouvera facilement sur les tracés que nous en donnons; les indigènes ne se montraient plus réfractaires à ce mode de pénétration, tout simplement parce qu’ils avaient constaté que la pénétration des Européens se traduisait finalement par un développement du commerce et une porte de sortie, des achats avantageux, pour les arachides qu’ils pouvaient produire ou récolter. En 1896, le réseau vint contourner la Casamance et pénétrer dans cette partie de nos possessions en descendant jusqu’à Carabane. 11 fût ensuite relativement facile, à la même époque, de lancer un fil reliant Sine à Rayes, grâce au concours des populations indigènes, chez lesquelles on trouva un excellent esprit, parce qu’on ne les brusqua pas, et qu’on ne tenta pas de leur imposer ce qu’on pouvait les amener à faire par l’attrait d’une légère rétribution.
- Bien entendu on avait, pendant ce temps, poussé la pénétration et aussi la ligne télégraphique du côté du
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- Niger. On avait, plusieurs années auparavant, posé la ligne de Bafoulabé à Bammako même, en demandant ce travail à une équipe uniquement indigène, dirigée par un indigène, fait digne d’être cité à tous égards. Ce ne fut pas sans avoir à lutter contre les cavaliers du fameux Samory, que les travaux furent menés à bien. Mais peu à peu on poussait la ligne, d’une part vers Ségou, c’est-à-dire le bas cours du Niger et la direction de Tombouctou; d’autre part sur Siguiri, Kankan et la rencontre des lignes de la Cuinée. Nous aurions à signaler les prolongements ultérieurs sur Nioro, sur Faranah, pour compléter la jonction avec les lignes de Guinée. On était en 1896, et l’on se mettait aux lignes de Ségou à Yako, de Ségou à Sokolo, qui étaient les amorces des lils destinés à atteindre et le Niger, le plus loin possible de sa boucle, cl aussi Tombouctou. Le fait est qu’en 1898 on atteignait celle dernière ville en passant par Goundam. On voit dès maintenant que la communication télégraphique s’est ensuite poursuivie de Yako aux lignes du Dahomey, et qu’une seconde ligne, presque parallèle, a mis en relations San avec Dandiagara et le Niger au-dessus de Say, cette dernière agglomération étant desservie et par cette ligne et par celle qui descend du Nord au Sud jusqu’au littoral du Dahomey. On voit aussi que les lignes intérieures sont reliées à celles de la Côte d’ivoire.
- Si nous voulons nous rendre compte rapidement de la construction des télégraphes de Guinée tout d’abord, nous dirons que c’est seulement en 1896 qu’on commença d’établir dans ce pays des communications télégraphiques; on établit d’abord la ligne la plus détournée pour relier cette colonie à celle du Sénégal, mais en utilisant la ligne sénégalaise aboutissant à Kouroussa, et passant par le Haut Fleuve par conséquent ; on poussa également à Timbo au lendemain de la conquête, et un embranchement vint compléter ce petit réseau local. Un peu plus tard on se mit à établir une ligne gagnant Velingara et Sine, c’est-à-dire le réseau côtier sénégalais et celui de la Casamance, par Boffa et Boke : ce qui a eu l’avantage de faire pénétrer le télégraphe dans de nouvelles parties de la Guinée, et aussi de rendre plus rapides les communications avec Dakar et Saint-Louis. Enfin, en longeant d’aussi près que possible la frontière de Sierra Leone et de Liberia, on a lancé un autre fil partant de Faranah pour atteindre Beyla, et, par conséquent, se relier au réseau de la Côte d’ivoire.
- Dans cette colonie, si l’on ne se préoccupa que tardivement des communications télégraphiques (puisque le commencement des travaux date de 1895), du moins on a procédé méthodiquement, en reliant d’abord tous les centres de la région côtière par une ligne qui va de la frontière de Libéria à celle de la Cote d’Or, et se rattache maintenant à un câble qui gagne Kotonu et à des lignes qui se dirigent dans l’intérieur. C’est de 1897 à 1900, qu’on a exécuté la construction de ce qu’on a appelé la grande ligne de Grand Bassam à Dabakabi, par Assikasso etBondoukou; ensuite on reliait Grand Bassam au nouveau chef-lieu de Bingerville, puis, en 1902, on prolongeait jusqu’à Kong la ligne que nous venons de signaler tout à l’heurei Et comme, entre temps, on avait établi le fil Bobo Dioulasso Sikasso, et que l’on avait alors rejoint
- Kong avec ce point de Bobo Dioulasso, la Côte d’ivoire était en relations rapides avec le Sénégal, et la France par conséquent. A mentionner également la ligne de Koury, qui se relie avec le réseau Dahoméen, les relations de la Côte d’ivoire avec le Dahomey pouvant se faire aussi par le fil côtier relié au fil anglais de la Côte d’Or. En 1904 enfin la ligne sur Kong a été doublée à travers le Baoulé, par Tiassalé, et Bouaké, et il a été assez aisé relativement de se relier d’autre part avec la Guinée française par Beyla, cette dernière ligne ne datant du reste que de 1905.
- Il nous reste à dire un mot du réseau télégraphique dahoméen, qu’il était tout naturel, et facile même jusqu’à un certain point, de relier aux diverses lignes existantes dans l’intérieur de nos possessions de la côte occidentale d’Afrique Jusqu’en 1895, il n’existait au Dahomey que des fils provisoires, de Kotonou, Ouida et Grand Popo à Porto Novo. On avait aussi, pour répondre aux besoins les plus urgents du commerce, relié ce petit réseau aux lignes allemandes du Togo. Mais il allait falloir, après la
- conquête, établir le réseau du Haut Dahomey, réseau de pénétration qui s’imposait à tous égards. C’est en 1895 que les travaux ont été commencés; et, au commencement de 1899, la jonction de la ligne nord sud avec celle qui vient du Soudan et de la Côte d’ivoire à Fada N’Gourma, était un fait accompli. On a d’abord posé le fil par Sagou, Savalou, Carnotville, puis on repartait pour Djougou, et l’on poursuivait sur Kuoandé. Il serait du reste intéressant de signaler toutes les difficultés dont eut à triompher notamment M. Michaut, uniquement avec des collaborateurs indigènes, et dans un pays difficile. Plus tard on construisit des lignes secondaires, comme celle reliant Abomey à Kotonou, puis on a doublé partiellement la ligne dont nous venons de parler tout à l’heure, et l’on a lancé un autre fil aboutissant à Say; vce qui porte ainsi à près de 500 km le réseau télégraphique du Dahomey.
- Sans doute, en considérant le développement des communications télégraphiques de nos colonies d’Afrique occidentale, il faut songer qu’une bonne partie d’entre celles-ci sont occupées par nous depuis bien longues années; mais il est certain que nous sommes enfin arrivés à un résultat fort intéressant, et qui contribuera sans doute au développement commercial de cette portion de notre domaine colonial. Henri Bougeois.
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- LE MÉTROPOLITAIN SOUTERRAIN A MARCHANDISES DE CHICAGO
- Comme le disait tout récemment un de nos confrères de la presse technique anglaise, Chicago possède maintenant une des curiosités les plus remarquables dont on soit redevable à l’art de l’ingénieur moderne : un chemin de fer électrique urbain et souterrain, destiné au transport des marchandises et non des voyageurs, et à leur livraison directe dans les caves des maisons se trouvant le long du parcours ; ce chemin de fer, qui plus est, constituant un réseau de près de 70 kilomètres de voie simple, a été établi sous le sol de la ville et sous les maisons sans que les habitants ni les propriétaires s’en doutent. Il y a là une audace qu’on ne pouvait se permettre qu’aux Etats-Unis, où l’on n’est pas gêné par notre timidité et nos traditions. En tout cas, comme l’idée est d’une application parfaitement pratique, que les services qu’elle est susceptible de rendre et qu’elle rend déjà ont conquis l’approbation de tous les propriétaires dont on avait miné les propriétés sans les en prévenir, la chose vaut bien d’être décrite ici.
- Il faut dire que le transport des marchandises, le mouvement des camions, des véhicules industriels de toutes sortes, cause depuis bien longtemps un terrible encombrement dans les rues de Chicago : cela tient et aux dispositions topographiques de la ville, et aussi à ce que 25 grandes lignes ferrées aboutissent dans la ville, sur une superficie très restreinte où se doit faire un camionnage intense. En fait, la circulation se trouvait « bloquée » complètement à certaines heures de la journée, au grand dommage général, et il va sans dire que cette circulation des camions n’était pas sans gêner terriblement celle des piétons et des voitures ordinaires. On estime à près de 40 000 chevaux les attelages qui étaient occupés toute la semaine à transporter charbon, marchandises de toutes espèces, détritus, matériaux de construction, etc. Le camionnage du charbon, des cendres des foyers, des ordures, etc., mettait continuellement en suspension des poussières, évidemment malsaines et désagréables. Et c’est spécialement dans le but de faire disparaître ces charrois qu’on a eu l’idée d’établir les voies souterraines dont
- nous allons parler. Il était tout naturel de songer également à utiliser ces lignes souterraines au transport des correspondances postales, et les galeries creusées devaient en outre se prêter admirablement à la pose, des conducteurs téléphoniques et autres. C’était l’intérêt de la municipalité de voir se constituer un réseau de cette sorte, puisque non seulement cela décongestionnait le trafic des rues et rendait plus rares les démolitions de chaussées pour les canalisations électriques, mais encore diminuait dans des proportions considérables l’usure de ces chaussées. La concession, mettons l’autorisation pour la construction des galeries, a été donnée primitivement et nominalement pour l’établissement de lignes téléphoniques souterraines, afin de colorer d’un motif général le creusement de ce réseau de galeries; et c’est ce qui explique que tant de propriétaires ne se préoccupaient guère de ce qui se passait sous le sol, et ont été tout étonnés ensuite de voir de véritables wagons se présenter aux portes de leurs caves, pour apporter le charbon ou enlever les cendres. C’est dans le même esprit que la Compagnie qui dirige l’entreprise a été fondée, d’abord sous le titre de « Illinois Telegrapb and Téléphoné C° », pour devenir maintenant la « Illinois Tunnel C° ».
- Les galeries de ce chemin de fer, unique dans son genre, forment une énorme boucle, qui dessert et relie les principales gares à marchandises des lignes aboutissant à Chicago; des voies secondaires se détachent des voies principales pour distribuer marchandises, charbons, etc., dans toutes les parties de la ville où le mouvement et les besoins sont dès maintenant importants : on a du reste prévu l’extension possible de ces voies secondaires,, au fur et à mesure du développement des quartiers d’affaires dans la Cité des lacs. Les galeries sont de deux "types différents, pour répondre à la division que nous venons d’indiquer. Les principales ont 3,80 m. de haut pour une largeur de 5,40, tandis que les embranchements ont seulement 1,80 m. sur 2,30 m.; toutes ces galeries affectent Une section sensiblement
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- uvoïde, un peu à l'instar des galeries d’égouts ; elles sont laites de béton englobant des armatures d’acier transversales. Dans les galeries principales, il peut passer deux trains en sens inverse, puisqu’il y a deux voies, au contraire des embranchements.
- Ainsi que nous l’avons dit en commençant, tous les travaux se sont laits sans se manifester aucunement en surface : l’évacuation des déblais et l’apport des matériaux de construction sè faisaient par les galeries déjà menées à bien, où l’on pouvait poser immédiatement des voies de service. Nous devons reconnaître qu’on avait la bonne chance de se trouver en pleine argile résistante ; et d’ailleurs, pour réserver l’avenir et permettre l’établissement
- troisième rail système Morgan pour la distribution du courant; les locomotives employées sont analogues aux machines minières, car l’écartement de la voie est seulement de 0,60 m. ; le troisième rail est une crémaillère figurée dans le cartouche, qui est placée entre les deux rails de roulement, et qui, sans avoir d’inconvénient eu égard à l’allure assez lente des trains, permet de remorquer des charges relativement très lourdes sur des rampes notables. Dans les voies courantes, ces rampes n’excèdent point 1,75 pour 100; mais, aux terminus, là où les voies gagnent la surface du sol pour faciliter les chargements ou déchargements dans les gares-principales, les rampes peuvent atteindre 12 pour 100,
- Fig. 2. — Vue d’un convoi et d’uu tracteur dans les galeries de Chicago.'
- ultérieur de voies métropolitaines pour le transport des voyageurs, si cela devenait utile, la Municipalité de Chicago a exigé que ces voies à marchandises soient établies à une profondeur d’au moins 8 mètres au-dessous du niveau des rues. On a eu recours à l’air comprimé, en particulier, parce qu’on voulait se mettre à l’abri des dangers qu’auraient pu entraîner des arrêts du travail imposés par les grèves, qui sont au moins aussi fréquentes aux États-Unis qu’en Europe; on avait prévu, au commencement des diverses galeries, des écluses à air qui pouvaient donner passage à tout un train de déblais de 10 wagons. L’avancement atteignait près de 6 mètres par jour dans les différents chantiers.
- Comme nous l’avons indiqué, la traction des convois dans ces galeries est électrique : on a recours au
- et l’on comprend qu’alors la crémaillère s’impose. Les courbes sont très rapides dans ce réseau souterrain, elles descendent parfois à 5 m. de rayon. Nous noterons que, sur certaines sections, surtout dans les embranchements, le courant est amené à la locomotive par conducteur aérien. Les machines ont un empâtement de 0,61 m., et, suivant qu’elles possèdent un seul moteur de 75 chevaux de puissance ou au contraire deux moteurs de 80 chevaux, leur poids est de 5 ou 5 tonnes.
- Le reste du matériel roulant comporte un seul type de wagon dit « combinable » ou « combination car )) : c’est qu’en effet ces wagons peuvent se présenter, soit sous la forme d’un véhicule complètement fermé servant au transport des plis postaux, soit d’un wagon découvert, mais avec des parois très
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- hautes qui en font une boîte de belle capacité, soit enfin d’une plate-forme. De toute manière les transports ont à leur disposition une superficie de 5, 15 m. sur 1/20 m., qui est suffisante pour ce qu’on peut avoir à véhiculer dans ces galeries. Tout est métallique dans ces wagons, qui sont en état de porter une charge de 13 600 kg; en acier embouti est la plate-forme, en acier embouti également les deux bogies à quatre roues sur lesquels elle repose par ses pivots, en acier sont les parois de la caisse, et aussi les deux parties du toit à double pente du wagon complètement fermé. Du reste, les grandes parois du wagon fermé peuvent osciller par leur moitié inférieure, de façon à permettre un déchargement facile et quasi-instantané du véhicule ; d’autre part, en 5 minutes, on le transforme en wagon plateforme, en un de ces wagons ouverts que les Américains désignent du nom assez curieux de gondola. Ce ne sont point ees wagons qui avaient servi aux déblais et à l’apport des matériaux durant la construction :
- on avait recours à des véhicules beaucoup plus légers, qui circulaient sur une voie provisoire, et pouvaient être enlevés par une grue disposée en haut des puits d'attaque et d’extraction.
- On le voit, toute cette création est des plus intéressantes et des plus ingénieuses, et l’on comprend que les propriétaires qui se sont aperçus que leurs maisons étaient dès lors desservies par des voies susceptibles de leur apporter charbon ou autres marchandises à bon compte et rapidement, n’aient pas eu envie de se plaindre de la façon un peu cavalière dont on s’était passé de leur consentement pour creuser sous leurs bâtiments. Signalons encore la façon amusante et originale dont on assure la ventilation des galeries de ce métropolitain peu ordinaire : partout où l’on a trouvé des usines dont les cheminées tiraient mal, on s’est entendu avec les usiniers pour leur faire prendre leur appel d’air dans les galeries du métropolitain. Daniel Bellet.
- EXPLORATION DU PLATEAU CENTRAL NIGÉRIEN
- M. le lieutenant Desplagnes expose, dans un récent fascicule des Bulletins el Mémoires de la Société d’au-lliropologie de Paris, les observations qu’il a faites dans la région du Plateau Central Nigérien.
- Le Niger, dans la partie de son cours qui se dirige vers le nord-est, traverse, de Bandiagara à Tombouctou, une immense plaine symétriquement distribuée de chaque côté de son lit principal et qui est le fond du vaste lac que ses eaux occupaient aux périodes géologiques avant d’avoir contourné le massif montagneux au delà de Tombouctou pour se diriger vers le golfe de Guinée. Aujourd’hui encore, le régime ancien a laissé des témoins de son existence dans la série des lacs qui s’éparpillent de chaque côté du fleuve entre les deux villes ci-dessus cl, pendant les fortes crues d’hiver, le régime lacustre se rétablit momentanément sur toute celle étendue de la vallée, pour faire place en janvier au régime fluvial. Cette inondation annuelle possède, comme celle du Nil en Égypte, une action fertilisante considérable sur les terrains qu’elle recouvre et découvre régulièrement. Par là, cette plaine merveilleuse a toujours exercé un attrait puissant sur les hommes, qui semblent l’avoir habitée dès la plus haute antiquité, ainsi qu’en témoigne l’abondance de monuments mégalithiques, de poteries, etc., que l’on a pu y recueillir.
- Aussi, sur le fonds de population indigène primitive, se sont, par flots successifs, superposés des envahisseurs, le plus souvent originaires du nord et du sud, nomades et pasteurs sahariens refoulés parles civilisations plus septentrionales, tribus sauvages des forêts méridionales. Ces conquérants, chasseurs ou pasteurs, sans arts ni industries, soumirent à une sorte de servage les habitants primitifs, qui se trouvèrent ainsi dans la possibilité do subsister sous là domination étrangère et qui sont encore aujourd’hui reconnaissables parmi les gens de métiers, forgerons, tisserands, pêcheurs, etc. D’autres, cependant, de ces mêmes primitifs préférèrent abandonner la place aux vainqueurs et se réfugièrent dans la région montagneuse qui borde la plaine sur sa limite sucLest, et là, accrus périodique-
- ment des noirs chassés delà plaine fertile par de nouveaux conquérants, ils constituèrent une sorte de population métissée appelée les Habbès. C’est seulement dans ces derniers temps, à la faveur d’une diminulion des préoccupations militaires sur la rive gauche du fleuve, que ces peuples ont pu être étudiés.
- Ils sont intéressants à de nombreux points de vue, notamment en ce qui concerne leur organisation sociale, très particulière parmi les peuplades africaines, puisqu’elle n’est pas établie sur le type féodal. Dans chaque groupe de villages, les chefs de famille âgés nomment, par élection, un chef dit IJogon et l’ensemble des hogons de cantons réunis choisit à son tour l’un d’entre eux comme chef supérieur de la confédération et comme président du conseil des vieillards. Autrefois, ce Har-llogon réunissait en ses mains toutes les puissances supérieures, politique, justicière et religieuse, mais non militaire, car, objet, comme beaucoup dé rois-prêtres ou de grands-prêtres, de nombreuses interdictions à caractère riluel, il devait vivre étroitement dans la retraite, près des autels de la patrie. Ce régime théocralique électif, aujourd’hui beaucoup affaibli, mais encore parfaitement discernable, est lié à une conception particulière du monde divin.
- Les Habbès croient, en effet, à une divinité toute puissanle, mais lointaine (Amma), et à une foule d’êtres supérieurs moins puissants et plus proches ; chaque famille est avec l’un d’eux en étroite relation de protégé à protecteur et ce rapport d’alliance est marqué par un signe de reconnaissance dont la possession est soigneusement cachée aux personnes qui sont étrangères à la clientèle du dieu. C’est le hogon qui conserve précieusement tous les signes de reconnaissance auprès de lui et qui les protège.
- La communication de M. le lieutenant Desplagnes donne, en oulre, de copieux enseignements sur le mariage, les rites funéraires, les fêtes religieuses des Habbès.
- F. de Caiutène.
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- LA NATURE.
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- CHRONIQUE
- Sous-marin allemand. — La flotte germanique possède son premier sous-marin. Conslruil sur les Chan-liers Germania, à K ici, il est fait pour porter un équipage de 12 hommes : son déplacement atteint 180 tonnes, et sa vitesse de marche est indiquée comme de 9 nœuds.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 décembre 1906. Présidence de M. Poincaré.
- Homographie. — M. Ch. Lallement, directeur du nivellement général de la France, adresse un mémoire contenant, sous le nom d’abaques hexagonaux, l’exposé d’une méthode rendue générale par le calcul approché des formules, méthode qui, de l’avis de M. Joseph Bertrand, a été l’origine des développements considérables donnés depuis vingt ans, sous le terme générique de Homographie, au problème de la représentation graphique des lois dépendant de plusieurs paramètres. Cette méthode, qui repose sur l’emploi combiné de deux principes nouveaux dits de la multiplication et de l’addition graphiques, est applicable à toute formule dont les variables, en nombre d’ailleurs quelconque, peuvent être séparés en groupes de deux au plus, chaque groupe ou fonction partielle étant d’autre part, soit exprimé algébriquement, soit seulement défini par un nombre suffisant de valeurs numériques particulières, comme ce serait le cas pour une surface topographique. Enfin, entre autres avantages précieux, l'abaque étant établi en vue d’obtenir un certain degré d’approximation, on y lit par réciprocité le degré de précision que doivent présenter les données. De nombreux exemples éclairent la théorie présentée par M. Cli. Lallement.
- Action du magnétisme sur les cristaux. — M. Poincaré présente une Note de M. J. Becquerel sur les modifications dissymétriques des bandes d’absorption d’un cristal sous l’action d’un champ magnétique. L’auteur montre la relation qui peut exister entre ces modifications et le magnétisme moléculaire.
- Précipités tubulaires. — M. G. Bonnier présente une .Note de M. Robert Dollfus relative à de curieux précipités tubulaires analogues à ceux qu’a soumis à l’Académie M. Stéphane Leduc. Ces précipités sont obtenus rapidement en projetant simplement un morceau de cristal de sulfate ferreux dans une dissolution de silicate de sodium. A ce propos, M. Bonnier fait remarquer que celte production de précipités plus ou moins arborescents a été obtenue en 1865 et en 1867 par M. Traube avec les substances qui ont été employées par M. Leduc. 11 ajoute que ces singulières formations n’offrent, en réalité, aucun des caractères des cires vivants. 11 n’y a ni augmentation de la quantité de substance initiale, ni nutrition, ni organisation, ni appareil circulatoire. Le composé chimique formé reste le même en tous les points et le phénomène cesse lorsque la réaction s’arrête.
- Géologie expérimentale. — M. Michel Lévy présente, au nom de M. le Dr llirtz, médecin militaire déjà connu par ses travaux sur les sources de la ville de Dijon, les résultats d’une série d’expériences destinées à reproduire les déformations des couches corticales planétaires. Ces essais sont originaux et ont donné des résultats beaucoup plus complets que ceux obtenus jusqu’à ce jour. L’auteur
- s’est servi de deux ballonnets de caoutchouc concentriques. Le ballonnet intérieur est gonllé et l’on remplit d’air l’intervalle des deux enveloppes. L’enveloppe extérieure est ensuite rendue rigide par.un enduit de paraffine. Lors du dégonflement, l’enveloppe intérieure conserve sa forme géométrique et représente le noyau planétaire; l’enveloppe extérieure s’adapte progressivement par le support par suite du vide sous-jacent ou sous 1’elïèt de surpressions locales. Dans ces conditions, de nombreux plis apparaissent ; ils se groupent en figures polygonales affectant une tendance à la symétrie radiale et rappelant, dans certains cas, d’une façon suggestive, les cirques lunaires. L’auteur a cru pouvoir tirer de ses expériences une théorie géomélrale essentiellement différente de la théorie pentagonale à laquelle on serait tenté de ratla-clier le nouveau système.
- Cristallographie. — Mi de Lapparent résume une Note de' M. Wallerant sur les enroulements hélicoïdaux que l’on observe dans les cristaux. L’auteur a reconnu que ces enroulements se produisent quand, à la substance expérimentée, on ajoute une substance optiquement active. Le sens de l’enroulement dépend à la fois du caractère optique de la substance active et de la nature de celle qui s’enroule.
- Appareil a chloroformer. — M. Dastre décrit un appareil imaginé par MM. Roth Draeger et Guglielminetti en vue de réduire le danger de l’administration du chloroforme au malade. L’appareil se compose d’un tube à air comprimé muni d’un détendeur pour abaisser la pression. Le courant d’oxygène aspire ensuite, par une application du principe de l’injecteur Giffard, une quantité réglable de gouttes de chloroforme et vient s’échapper dans un masque placé sur la figure du patient. Cet appareil, mis depuis deux ans à l’essai dans plusieurs hôpitaux de Paris, constitue, de l’avis de plusieurs chirurgiens, un progrès réel parce qu’il permet d’administrer une quantité déterminée de gouttes dans un temps donné.
- Un mammifère inconnu. — M. Bouvier présente, au nom de M. Trouessart, la description d’un mammifère inconnu jusqu’à ce jour. Il s’agit d’un canidé rapporté de l’Amérique du Sud par le médecin militaire Rivet attaché à la mission de l’arc du Pérou. Cet animal a été doté du nom d’Iclicyon Riveti ; il se rapproche d’un autre animal connu sous le nom d’Icticyon venaticus qui se rencontre également dans l’Amérique du Sud. Il est intéressant parce qu’il offre les caractères que l’on retrouve chez les mammifères primitifs tels que la sarigue.
- Cil. DE VlLLEDEUlL.
- U PROPULSION PAR HELICE
- sur la glace
- Puisque, à plusieurs reprises, des projets ont eu en vue de gagner le pôle, entendons un peu plus modestement des régions polaires fort élevées, au moyen de traîneaux automobiles, c’est-à-dire d’un véhicule mécanique se déplaçant sur la glace, au lieu des classiques traîneaux tirés par les chiens esquimaux ; nous devons signaler une sorte de locomotive à glace où la propulsion est assurée d’une façon toute nouvelle.
- Elle a été imaginée par M. Charles E. S. Burch, de Minneapolis, et décrite par Scientific American. Cette locomotive, mettons ce traîneau automobile à
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- vapeur, est construit et a. déjà fonctionné, et il 11e semble pas donner de mauvais résultats, du moins sur les nappes glacées régulières et planes où il a été essayé. L’ambition de l'inventeur est d’appliquer ce moyen de transport nouveau dans l’Alaska, où les mines d’or donnent lieu à un mouvement de marchandises énorme, qui, l’hiver, .ne peut guère se faire, en dehors de la voie ferrée, que par des traîneaux à chiens ne prenant qu’une charge fort réduite, et devant exiger un fret très élevé. La locomotive à glace ne serait pas en réalité porteuse, mais elle fonctionnerait comme tracteur, en remorquant derrière elle une série de traîneaux qu’on pourrait charger lourdement, à condition que la machine ait, comme tout tracteur (à commencer par la locomotive sur rails) une adhérence suffisante avec la surface où elle se doit déplacer.
- La machine qui a été construite (une seconde, de plus grandes dimensions, actuellement sur chantier) est un peu grossière dans ses éléments; mais elle fonctionne bien et comporte tous les dispositifs qui doivent se retrouver dans un tracteur plus perfectio nné.
- Dans les diverses automobiles-traîneaux qu’on a essayé de combiner jusqu’ici, l’adhérence sur la surface naturellement unie et glissante de la glace, est assurée par des roues à dents aiguës, entrant dans la glace ; mais, pour que le point d’appui trouvé par un tracteur soit suffisant, il faudrait des dents assez hautes, qui risqueraient de se briser au fur et à mesure de la rotation des roues : aussi M. Burch a-t-il cherché tout à fait autre chose. Les propulseurs sont au .nombre de quatre, et ce sont des spirales d’acier à trois volutes, ressemblant à une hélice de tire-bouchon, couchée parallèlement à la surlace glacée, par conséquent horizontalement ; deux des volutes ont 0,68 ni. de diamètre environ, les volutes avant ayant un diamètre plus faible, et constituant par suite la portion extrême du tire-bouchon. Toutefois, la lame métallique formant la spirale est à bords coupants, comme la lame d’un patin, et justement pour que celle lame métallique prenne appui sur la glace dans le mouvement de rotation de la volute, et fasse avancer le châssis, dont les quatre spirales sont solidaires. Ces dernières sont aux quatre coins du châssis, qui porte la machinerie destinée à assurer la rotation des pro-
- pulseurs sur leur axe horizontal. Notons que le pas des spirales considérées deux à deux, à l’avant ou à l’arrière, est opposé, ce qui permet d’éviter toute déviation du châssis sous l’action de leur rotation ; chacune est commandée par une petite machine à vapeur spéciale, recevant sa vapeur de la chaudière installée dans le véhicule; de la sorte, chaque spirale peut être commandée de laeon absolument indépendante; et, grâce à celte combinaison, la machine tourne d’un côté ou de l’autre, recule, avance, pivote rapidement sur elle-même, sa direction étant complétée par deux gouvernails, fini d’avant, l’autre d’arrière. Ces gouvernails sont simplement deux demi-disques coupants, en acier, montés au bout de bras convenables, à l’arrière et à l’avant, et prenant
- appui sur la glace: ils assurent la direction, tout comme cela se fait dans les Iceboats bien connus. Ces d e ni i - d i s q u e s sont lestés, pour mieux entrer dans la glace; ils sont commandés p a r l’air comprimé et équilibrés. Il va de soi que, pour des spirales d’un diamètre relativement grand, les dénivellations de la glace deviennent presque insensibles, lors même qu’elles sont en fait assez fortes, et d’autant que la décroissance de diamètre à l’avant permettra à chaque spirale de « se visser » par-dessus l’obstacle à franchir. Ajoutons encore que la caisse métallique dans laquelle est disposé tout le mécanisme moteur est étanche : si bien que, si,le véhicule traversait une couche de glace trop" mince et venait à tomber dans l’eau, il flotterait et pourrait* tout au moins traverser la nappe glacée, les spirales faisant un peu l’eflèt d’hélices. Toujours est-il que la locomotive à glace de M. Burch a lait des essais sur le lac Calhoun, et qu’elle a donné une vitesse de marche de 28 km. à l’heure, en dépit de dénivellations très marquées, et de véritables obstacles qui se dressaient sur son passage. ' L’inventeur compte employer-des vapeurs d’alcool dans sa chaudière, alin d’éviter, aux arrêts, toute chance de congélation du liquide dans le générateur. H. B.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuru, rue de Fleurus, 9.
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- N* 1754. — 5 JANVIER 1907.
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- LES DANGERS DE LA NAVIGATION SOUS=MARINE
- Les catastrophes du Lutin et du Farfadet ont inspiré à l’opinion publique, pour laquelle les questions de navigation sous-marine ont un attrait quelque peu mystérieux, des appréhensions qu’il est opportun de réduire à leur valeur réelle. Les causes premières de ces deux accidents sont, par essence, fortuites.
- Dans le premier cas, celui du Farfadet, quelques grains de sable, apportés par le vent dans le pas de vis du capot, en ont empêché la fermeture; dans le second, un caillou est venu s’opposer au fonctionnement du robinet de remplissage du water-ballast.
- encore, qui consistera à donner à toutes les tôles formant le caisson du water-ballast la même épaisseur que celle des tôles de la coque.
- L’usage de ces simples moyens aurait donc suffi à prévenir les deux seuls accidents graves que la marine française ait eu à déplorer dans sa flottille de sous-marins, sur les 40 0001 plongées effectuées depuis que celte flottille a été constituée.
- Il est plus sage de supprimer, comme je viens de l’indiquer, les causes des accidents, que de s’ingénier à construire, à grands frais, un matériel destiné à
- Or, ces deux causes sont des plus faciles à supprimer. Dans le premier cas, ce sera en visitant soigneusement l’appareil de fermeture et en s’assurant de son bon fonctionnement avant toute manœuvre de plongée. Dans le second cas, celui du Lutin, on ne commencera les plongées à grande profondeur que lorsque l’indicateur de fermeture de la vanne aura marqué que cet, te vanne est complètement fermée1. Cette précaution se doublera de celle, plus efficace
- 1 11 n’est pas inutile de rappeler ici que le caillou, introduit, on ne sait comment, dans la vanne de communication des water-ballast du Lutin avec la mer, empêcha la fermeture de cette vanne et permit à la pression extérieure de s’exercer sur la tôle intérieure des water-ballast, incapable de la supporter. Ces tôles, en cédant, provoquèrent, une voie d’eau qui détruisit l’équilibre du bâtiment et causa sa perte. La manœuvre du volant qui fermait cette vanne comportait 12 tours, et 1’aigüille d’une sdrt'e de mandmètre indiquait le
- 35e année. —1er semestre.
- repêcher les sous-marins, matériel qui ne se trouvera jamais là où son emploi pourrait être de quelque utilité.
- En dehors de celles dont nous venons de parler, les seules causes de danger que présente la navigation sous-marine ne peuvent provenir que de la manœuvre du commandant.
- nombre de tours donnés. Malheureusement cet instrument était placé trop bas et dans une position telle que l’homme, chargé de la manœuvre du volant, devait se baisser pour le voir. Sûr de lui et d’une manœuvre qu’il avait exécutée nombre de fois sans incident, ce matelot, après un certain nombre de tours du volant, sentit la résistance offerte par le caillou et crut la vanne fermée.
- 1 Depuis dix ans, en effet, une moyenne de 20 sous-marius effectuent sur nos côtes 200 sorties chaque année. Le chiffre de 40 000 plongées, obtenu en supposant que chaque sous-marin n'exécute qu’une seule plongée par sortie, est donc certainement au-désâous de la vérité.
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- LA NATURE.
- Or, il ressort de l’expérience et du chiffre des plongées cité plus haut que la valeur professionnelle de nos officiers et leur mode d’entraînement rationnel et intensif, assurent absolument la correction et la sûreté de leurs manœuvres jsous-ma-rines. 11 n’y a donc pas lieu non plus de garder des craintes de ce côté-là. En dehors de la part afférente au commandement, au coup d’œil, à la présence d’esprit de l’officier qui l’exerce, la sécurité des manœuvres est encore assurée : d’une part par la stabilité de la route dans le plan vertical, obtenue aujourd’hui sur tous nos sous-marins grâce à une invention récente, et, d’autre part, par la sûreté avec laquelle ces bâtiments obéissent à leurs gouvernails de plongée.
- Cependant, il peut se produire, dans les organes intérieurs des sous-marins, comme dans tout mécanisme, si bien étudié et si bien équilibré qu’il soit, des avaries peu redoutables et qui ne compromettent pas immédiatement l’existence de l’équipage.
- Contre ces avaries, les sous-marins sont puissamment protégés par l’existence des plombs ou poids
- Surface de lœ mer »
- Jbnd
- Fi-, t.
- Filets, sur la coque d’uu sous-marin, des lilels d’eau rélléehis sur le Fond
- de sécurité, qui représentent environ le sixième du poids total du bâtiment.
- Mais il est essentiel, et c’est un point sur lequel l’attention des ingénieurs et officiers est très éveillée, que ces poids puissent être abandonnés, quelle que soit l'inclinaison du bâtiment et que la manœuvre très simple qui les déclenche puisse être exécutée du poste même où se tient le commandant.
- Il faut mentionner encore, parmi les causes qui valent à nos sous-marins la rareté presque incroyable des accidents graves, la perfection atteinte par les périscopes. Ces instruments, grâce aux progrès constamment obtenus par l’éminent constructeur M. Carpentier, qui, avec un patriotisme des plus louables, a gardé à la France le bénéfice de ses travaux en dépit de propositions très avantageuses et souvent répétées, dorment aux commandants des sous-marins une vue aussi bonne le jour et la nuit que celle obtenue avec les jumelles les plus perfectionnées ,
- Grâce à tous ces progrès réalisés et actuellement acquis, les commandants des sous-marins plongent hardiment et n’hésitent pas à descendre aussi profondément qu’il le faut pour passer sous la quille de navires en marche. Ces profondeurs sont couramment d’une vingtaine de mètres.
- Ce qui a donné cette sécurité au personnel de notre flotte sous-marine, c’est que ses deux premières imités, le Gustave-Zédé et le Gymnote, ont été deux chefs-d’œuvre. Ces bâtiments sont arrivés
- très rapidement au degré de perfection compatible avec leur tonnage par suite d’une collaboration incessante et très cordiale entre les ingénieurs constructeurs et'les officiers qui ont commandé successivement ces unités.
- Parmi ceux-ci, je dois particulièrement citer, pour le Gymnote, les lieutenants de vaisseau Raudry, Lacantinerie qui fut le premier commandant d’un sous-marin, Darriens, qui, en 1890, démontra l’utilité militaire de ces bâtiments en effectuant des attaques sur des navires en marche et au mouillage, Affaire, Jaurès, et, pour le Gustave-Zédé, les lieutenants de vaisseau Provensal, Chéron, Mottez.
- Le fait que le premier de ces petits bâtiments a exécuté plus de 2000 plongées et le second plus de 1500 sous un grand nombre de commandants différents, sans aucun accident grave, confirme ce que j’ai dit sur la sécurité que présente la navigation à laquelle se livre sans répit la flottille de nos sous-marins, puisque ce sont ces deux bâtiments qui ont servi de base à toute la construction ultérieure.
- Cette sécurité est encore plus grande avec les submersibles de M. Laubœuf, munis d’une double coque, qui constitue une garantie en cas de collision et leur donne une grande réserve de flottabilité.
- 11 me reste â signaler, dans le chapitre de la manœuvre, un fait dont l’importance ne saurait échapper aux commandants des sous-marins lorsqu’ils exécutent des plongées à vitesse sous un angle considérable, par
- grande
- exemple pour passer au-dessous d’un navire.
- Le vice-amiral Fournier, qui a étudié de très près les causes des modifications qui se produisent dans la vitesse d’un bâtiment naviguant en surface et passant de très grands fonds à des fonds moindres (80 à 100 mètres), puis à des fonds petits, a donné, à ce sujet, une très intéressante note à l’Académie des sciences.
- 11 y explique ces modifications par le fait de l'action réflexe que se trouvent exercer, sur la partie immergée de là coque du navire, les filets d’eau que celte coque en marche rapide a déviés de leur route en les forçant à s’infléchir vers le fond et qui, après s’y être butés, se réfléchissent vers la surface.
- L’effort des filets d’eau réfléchis s’exercera sur la partie arrière de la coque et déterminera un changement dans l’assiette du navire en provoquant un soulèvement de l’arrière.
- Ce couple d’apiquage, qui constitue pour les bâtiments naviguant à la surface une simple cause retardatrice, devient, pour les sous-marins plongeant en vitesse et sous une grande inclinaison, une cause de dangers. Son action (fig. 2) devient, en effet, plus énergique à mesure que le bâtiment se rapproche du fond et elle peut arriver à contrarier, voire même à paralyser l’effort de redressement des gouvernails horizontaux et amener ainsi violemment le bâtiment au contact du fond où il pourra se faire des avaries qui compromettront gravement sa sécurité. S. J.
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- LE SALON DE L’AUTOMOBILE
- Nous ne serons pas prétentieux au point de vouloir décrire toutes les nouveautés que renferme le Salon de l’Automobile et cela pour deux raisons : elles sont trop nombreuses d’abord, ensuite beaucoup manquent.
- L’exposition de cette année est particulièrement intéressante au point de vue industriel. On avait reproché à nos constructeurs, avec justes raisons d’ailleurs, leur coupable indifférence en ce qui concerne le poids lourd. La voiture de luxe semblait devoir être l’apanage exclusif de l’industrie française; le camion, l’omnibus, la voiture de livraisons même, étant laissés aux concurrents étrangers. C’eût
- lesquels sont directeurs. Afin d’assurer une répartition convenable de la charge sur les essieux, quelles que soient les dénivellations du sol, les ressorts milieu et arrière sont reliés par des balanciers compensateurs. D’autre part, les roues arrière sont articulées sur leur essieu de telle sorte qu’un obstacle quelconque, en soulevant une des roues, n’exerce aucune influence sur l’horizontalité du châssis. La distance entre les essieux arrière et milieu peut être modiliée suivant les besoins ; il serait même possible de placer l’essieu arrière à la même distance des roues motrices que l'essieu avant. Dans tous les cas la partie arrière tourne toujours dans la zone d’encombrement de la partie avant. Le modèle de châssis exposé aux Invalides mesure 5,50 m. d’axe en axe des essieux extrêmes et la longueur carrossable at-^ teint 6,50 m. ; il pèse 2800 kg et peut effectuer le transport de 5 à 0 tonnes avec une vitesse moyenne de 25 km à l’heure en palier (flg. I ).
- Les châssis industriels de la Société Mors sont aussi des mieux étudiés. Dans ces véhicules le mo-
- Fig. 1. — 1. Carniou Mors. — 2. Châssis à six roues E. Brillié.
- été une faute impardonnable de persévérer dans celte attitude ; elle a été comprise à temps pour permettre d’en réparer les effets. La plupart de nos plus importantes maisons ont consacré aux poids lourds autant d’études, sinon plus, qu’aux belles voitures de tourisme; nous ne pouvons que nous en réjouir.
- Tout le monde connaît maintenant les « autobus », bien qu’ils soient d’application récente à Paris. Les châssis de ces véhicules sont semblables à ceux des camions, lesquels ressemblent à ceux des voitures de grand tourisme avec, en plus, un renforcement de tous les organes. Cependant Eugène brillié a innové un nouveau châssis à six roues particulièrement intéressant. Les roues motrices sont placées entre les deux essieux avant et arrière,
- teur est placé sous le siège du conducteur ; c'est là un dispositif admis depuis longtemps par Eugène Brillié et on remarque que lapluparl des constructeurs l’adoptent dans l’établissement de leurs nouveaux modèles.
- La Société des automobiles Delahaye expose une voiture destinée au service des pompiers de Paris. Le moteur qui actionne cette voiture fait 45 chevaux au frein. La grosse particularité réside dans le freinage représenté par cinq robustes appareils : un sur le différentiel, deux sur les roues arrière et deux dans les pignons de chaînes. La voiture peut transporter 16 hommes; la pompe, placée à l'arrière, est commandée par un arbre terminé par un engrenage que l’on met en prise, au moment voulu, avec un autre pignon calé sur l’arbre de transmission, tout près du volant du moteur. Le poids total du véhi-
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- cale en ordre de marche est de 5000 kilogrammes.
- Il est mutile, pour se faire une idée de l’importance qu’ont prise les poids lourds en France de signaler les productions de chaque exposant, une simple promenade dans l’immense hangar élevé sur l’Esplanade des Invalides sullit à en montrer l’intensité. Aux spécialistes comme Eugène Brillié, Panlz, sont venus se joindre les plus en renom de nos constructeurs.
- Un mot encore, avant de quitter cette section, sur V automotive Purrey, de Bordeaux, qui voisine avec les camions du même constructeur. L’automotive est une voiture destinée au transport en commun sur les voies ferrées; elle permet de supprimer les
- tiques. A la jante sont lixées deux séries de rais espacés suffisamment, pour permettre le libre déplacement d’un cercle mobile lié à la jante par des ressorts en hélice travaillant seulement à l’extension et disposés connue l’indique notre ligure. Des Basques rendent le moyeu solidaire du cercle mobile; elles sont à quatre branches lixées sur chaque face du cercle. La Basque intérieure forme, de plus, le plateau d’assemblage pour le système moteur dans les roues motrices et le tambour de frein.
- Au Grand Palais nous assistons à un étalage presque grandiose du luxe automobile. Ne nous arrêtons à la carrosserie que pour en remarquer la forme élégante, et confortable.
- Fig. 2. — 1. Automobile pour pompiers Uelahaye. —2. Roue Trannoy. — 5. Automotive Purrey.
- inconvénients que présente l’insuffisance des trains, même sur les grandes lignes. Ces véhicules réalisent donc un grand progrès. Ils sont équipés avec des moteurs à vapeur alimentés par des chaudières spéciales du système Y. Purrey. L’approvisionnement d’eau et de charbon suffit pour un parcours de 60 à 100 km suivant les profils delà ligne et la charge de la remorque. Cinquante et même 70 voyageurs peuvent prendre place dans une de ces très confortables voitures dont la vitesse en palier atteint jusqu’à 90 km à l’heure.
- On sait que les véhicules industriels sont montés sur roues garnies de bandes d’acier (gros camionnage) ou de caoutchoucs pleins de formes multiples. M. Trannoy a construit une roue élastique pour eux. Cette roue est composée de deux parties indéformables reliées par des éléments élas-
- La grande nouveauté réside dans l’apparition du moteur à six cylindres. C’est plutôt une réapparition, car il fit sa première entrée au Salon il y a deux ou trois ans, avec le huit-cylindres, sans que, d’ailleurs, l’un et l’autre aient suscité le moindre enthousiasme. Cette fois la rentrée est sensationnelle, les principaux constructeurs semblent s’être donné le mot. Je ne discute pas son utilité, nullement démontrée, je constate seulement que s’il présente des avantages au point de vue du rendement il n’est pas sans offrir les inconvénients que l’on a jadis reprochés au quatre-cylindres et qui se résument dans la complication mécanique. Dans le six-cylindres Brasier, on reconnaît la facture générale du quatre-cylindres sortant des mêmes ateliers. Ce sont des moteurs désaxés, devenus à la mode, et l’on présente ce dispositif comme un perfectionnement tant au point de vue
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- de l’usure que de l’équilibrage. Les soupapes d'admission et d’échappement sont placées du même côté du moteur et commandées par un arbre à cames unique usiné d’une seule pièce avec les cames. L’allumage se fait par magnéto et rup-leurs (système Brasier), l’arbre étant disposé horizontalement sur le côté et h la partie.supérieure des cylindres : Cet arbre porte les cames qui actionnent les palettes du rupteur et sont réglées au montage une fois pour toutes. Cet allumage produit une rupture brusque h vitesse constante quelle que soit l’allure du moteur (fig. 4).
- On voit, en somme, que le six-eylindres n’est autre chose qu’un qualrc-cylindres auquel on aurait ajouté deux nouveaux
- auquel ils reprochaient sa brusquerie. La solution est, à notre avis, un peu trop radicale; il suffisait de porter remède à ce défaut, ainsi que l’a fait M. Serex. Sur le côté du moteur est fixé un frein à air constitué par un cylindre dans lequel se meut un piston. Ce piston est fixé à une des extrémités d’un balancier dont l’axe de l’articulation porte, à l’intérieur du carburateur, un papillon. L’autre extrémité du balancier est en relation par un ressort avec la manette d’accélération. Enfin, Taxe du papillon est relié au.régulateur. On voit de suite que l’action du régulateur sur le papillon, au lieu d’èlre brutale, devient très douce grâce à la présence du frein à air. Le graissage s’effectue à l’aide d’une
- cylindres.
- Le quatre-cylindres conserve tout son pres-lige; les modèles ne dilièrent les uns des autres et de ceux exposés l’an dernier, que par de légères modi-li cations
- Fig. 5. — 1. Moteur Ferber. — 2. Moteur Niclausse.
- Le moteur Niclaussc présente les dispositions généralement admises, mais comporte un nombre de modifications sur lesquelles il est nécessaire d’insister. Les cylindres sont séparés, comme chez beaucoup de constructeurs, dans le but de régulariser la dilatation et aussi pour permettre une épaisseur suffisante des paliers intermédiaires qui, dans le carter, supportent l’arbre manivelle. La canalisation d’eau, entre la pompe et l’entrée dans les cylindres, est dissimulée en partie à l’intérieur du carter; le tube de cuivre court sous celte protection, et, à chaque extrémité, un tuyau amène l’eau à deux cylindres en se divisant pour se relier aux chemises enveloppantes. Le moteur est donc débarrassé d’une assez longue canalisation, ce qui le rend plus accessible.
- D’autre part, on a pu observer, cette année, que plusieurs constructeurs ont supprimé le régulateur.
- pompe, dissimulée dans le fond du carier du moteur, qui refoule l’huile dans l'arbre manivelle creux dans toute salongueur, d’où elle revient à la pompe après avoir été filtrée. Enfin, un système modérateur, commandé par une manette placée sur le volant de direction, permet de faire varier la levée des soupapes d’admission et même de les laisser au repos. Sous ces mêmes soupapes, on introduit, au moment de la mise en marche, une contrc-came qui laisse évacuer une partie des gaz pendant la période de compression (fig. o, n° 2).
- L’allumage du moteur Niclausse est du type dit à haute tension (fig. 5), mais il diffère essentiellement des autres allumages de ce genre par le mode de rupture du courant primaire, cette rupture se produisant à l’extérieur de la magnéto dans un distributeur séparé où a lieu également la distribution du courant à haute tension aux bougies du moteur. En
- noyau
- m‘
- tourne entre les masses polaires des
- aimants ni1. Sur ce noyau sont enroulés un fil degrosse section l.i.f. et un fil fin 2.2.2. Le courant produit dans le fil 1 est recueilli par le balai N frottant
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- de telle sorte que l’arbre des hélices reçoive sa commande de la partie centrale de l’arbre manivelle. Ce moteur l'ait 28 chevaux ;
- donné
- de poussée ses hélices
- 1. Commande Brasier. — 2. Moteur à 4 cylindres 3. Moteur à 6 cylindres Brasier.
- ailettes.
- sur la b.igue n
- de là il se rend à la vis platinée O, puis à la masse M, dès que la came O2 aura soulevé le galet (f en établissant le contact des platines O4. Un condensateur R est branché sur le circuit primaire afin d’éviter l’étincelle d’extra-courant qui pourrait, sans sa présence, se produire entre les deux platines O4. Au moment de la rupture du primaire, après le passage de la came O2, il naît dans le fil fin 2.2.2. un courant de haute tension qui est recueilli par la bague n et le balai N', puis envoyé au distributeur à haute tension P1,
- P2, P5, P4, calé sur l’arbre Q de la came de rupture M du courant primaire. Le distributeur envoie le courant secondaire successivement dans les bougies d’allumage B1, B2, B3,
- B4, du moteur.
- Parmi les moteurs figure en bonne place le huit-cylindres Antoinette que le capitaine Ferber a fait construire pour son aéroplane. Il se présente sous l’aspect de deux moteurs à quatre cylindres en Y accouplés
- Fig. S.-
- Schéma de l’allumage du moteur Niclaussc
- au point fixe (fig. 5, n« 1).
- Un mot encore sur le quatre-cylindres à refroidissement par ailettes. Cet engin possède l’avantage incontestable de supprimer les sources d’ennui provenant de l’eau, de la pompe, du radiateur, de la tuyauterie.
- Je ne puis plus que signaler les moteurs rotatifs dont nous aurons l’occasion de parler plus tard, l’intéressant moteur Boudreaux, le moteur à quatre cylindres et à deux temps René Legros, le Sphynx, moteur sans soupapes dont la distribution est faite par de petits pistons, etc. Quant aux embrayages, changements de vitesse, différentiels, on peut dire que tous ces appareils, pris dans leur ensemble, n’ont progressé que | our la forme nous retrouvons dans chacun d’eux les principes généraux des appareils similaires antérieurs; le plus généralement ils sont demeurés tels quels. Les embrayages sont toujours soit à cône, soit à ruban intérieur ou extérieur, soit métalliques. Le train balladeur demeure l’organe essentiel du changement de vitesse, on l’a multiplié ces derniers temps... puisqu’on n’a pu le supprimer. René Bonci ères.
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- LES FOUILLES DE CRÈTE
- La barbarie turque, en paralysant tout etï'ort scientifique et industriel dans les pays encore soumis au joug ottoman, a, du moins, cet avantage de ménager des richesses inutilisées pour l’avenir. Le jour où la Crète fut délivrée a marqué une date capitale dans l’histoire des grandes découvertes archéologiques, par lesquelles ont été renouvelées et se renouvellent sans cesse nos idées sur la civilisation et l’art des époques archaïques ou primitives. Aussitôt que le pays fut abordable, des missions anglaises, italiennes, américaines s’y précipitèrent (les Français étant occupés ailleurs, à Délos et à Delphes). Le résultat des recherches anglaises de Mrs. Arthur Evans, Mackensie et Hogarth à Knossos près de Candie, à la grotte du Dikté (Psychro), à Praesos, Paléokastro et Zakro, des fouilles américai-
- . 1. — La Femme aux serpents.
- Fig. 1. — La Femme aux serpents.
- Fig. 2. — Carie des fouilles de Crète au 1:1200000”.
- nés à Gournia, dans la haie de Mirabello, des efforts italiens à Phaeslos et Ha-ghia Triadha, au sud de Candie (voir la carte ci-jointe, fig. 2), a été de révéler toute une civilisation, ou plutôt toute une succession de civilisations vieilles de 15 à 30 siècles, auxquelles on a donné, en souvenir du roi Minos, le nom de Minoen et dont les termes les plus récents, vers 1500 av.
- J.-C., correspondent à cet art de Mycènes, qui, au moment des fouilles de Schliemann, avait déjà causé, dans les idées relatives à l’antiquité, une révolution semblable.
- Les publications relatives à ces découvertes sont nombreuses; il suffira d’en résumer ici les traits principaux et d en faire îessortir Inscription linéaire sur un palais de Knossos. les conclusions, sans aborder des chronologies d’ordre un peu trop technique et sur lesquelles on discute encore1 : la conséquence la plus nette de ces changements à vue, que produit d’année en année chaque campagne de fouilles, étant
- d’inspirer de la modestie et du scepticisme aux anthropologistes et archéologues.
- En deux mots, on peut dire que le Minoen, où l’on a tenu à établir, d’une façon bien artificielle, neuf périodes successives1 pour concorder avec les neuf années du règne de Minos, dont parle l’Odyssée, représente, dans la mer Egée, l’âge du bronze, entre le néolithique (retrouvé à la base des terrains de Knossos) et l’âge du fer importé, avec la pratique de l’incinération, au xie siècle av. J.-C., par l’invasion dorienne. Un résultat essentiel pour l’histoire a été de réduire ou de reculer (jusqu’à nouvel ordre) le rôle des Phéniciens, pour faire connaître une grande civilisation minoenne, directement influencée par l’Égypte dès la première dynastie, puis développée par un essor indépendant, où l’on connaissait déjà l’écriture, une écriture que nous ne savons pas
- encore déchilfrer, mais qui a fourni des monuments nombreux (contrairement à la conclusion qu’on avait tirée des fouilles de Mycènes, de Théra et de Troie, à peu près complètement dépourvues de toute trace écrite). On pense aujour-crétoise a été le plus tard,
- 1 Un excellent résumé, dû à M. R. Dussaud, a paru dans le Bulletin de la Société d’Anthropologie du Ie1' mars 1906.
- d’hui que l’écriture égéenne ou point de départ, d’où les Phéniciens, auraient, par un travail d’élimination, tiré l’alphabet (fig. 5). Les Cretois ont commencé par construire des navires sur le modèle des Égyptiens, par emprunter à l’Égypte la faïence, la peinture à fresque, des modèles décoratifs ; mais ils ont eu leur part d’invention propre et les palais de Crète, que nous reproduisons ici, ne ressemblent ni à ceux d’Égypte, ni à ceux de Mésopotamie.
- A Knossos, la capitale de Minos, où les fouilles de M. Evans ont été si fructueuses, on a trouvé, comme dans la plupart de ces ruines antiques, à Troie, etc., plusieurs villes superposées représentant
- 1 Minoen ancien, moyen, récent, chacune divisée en trois phases, I, II, III,
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- une série de civilisations dont nous allons d’abord rappeler l’ordre en deux mots. La première, où furent construits les palais de Knos-sos et de Phaestos (après le minoen ancien, encore voisin du néolithique, mais riche en objets égyptiens), représente le minoen moyen II, carac- 1 térisé par les beaux vases découverts dans la grotte de Kamarès sur le mont Ida et par une écriture, dite hiéroglyphique1, succédant aux premiers signes dits pictographiques de la fin du minoen ancien. Sur ces premiers palais ruinés furent réédifiés, à l’époque dite minoen moyen III, les seconds palais de Knossos et de Phaestos, dont les ruines, maintenant déblayées, sont, en partie, celles que représentent quelques-unes de nos figures* (5 et 6)
- 1 Ces hiéroglyphes ne sont pas celles de l’Égypte.
- 2 Nous devons les figures qui ornent cet article à une obligeante communication du « Cretan Exploration fonds ».
- et sur lesquelles nous allons revenir. De ce temps sont les curieuses figures en faïence dont nous donnons plusieurs spécimens (fig. 1, A et 12) : une étrange statue de femme coiffée d’une haute tiare, avec deux serpents enroulés autour de la ceinture et des serpents autour des bras, une chèvre allaitant son petit, des poissons, coquillages, puis des coquillages votifs sculptés dans la pierre, des vases en forme de tête d’animal....
- Puis, pendant ce qu’on appelle le minoen récent I, la ville de Knossos fournit de beaux vases en bronze travaillés au repoussé, tandis qu’à Iiaghia Triada, près Phaestos, on rencontre (fouilles italiennes) des fresques importantes et des vases en stéatite avec procession de moissonneurs, figures de guerriers, chasse au taureau, etc., qui ont bouleversé toutes les théories sur les fameux gobelets de Vaphio, près Sparte (peut-être d’origine crétoise). À ce moment,
- Fig. 5. — Paléokastro. Rue principale vue du nord-ouest.
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- Fig. (i. — Les Ruines de l'haeslos.
- l’écrilure devient linéaire et les palais de Haghia Triadha, Gournia, Palaeokaslroont donné des tablettes qui en sont couvertes. Le minoen récent II, correspondant à la XVIIIe dynastie égyptienne, voit un dernier remaniement des palais de Knossos et de Phaestos. À cette phase relativement plus moderne remontent naturellement les parties les mieux conservées et les plus frappantes d’aspect : les salles décorées de fresques où l’on voit des défilés de personnages, des courses de taureaux, des dauphins et des dorades, des réunions de femmes parées et décolletées dont le modernisme a causé une stupéfaction; puis les magasins avec leurs rangées de grands vases (fig. 7) et, à coté d’eux, dans une salle éclairée par le haut et munie de bancs le long des murs, ce bizarre siège à dossier ogival en gypse, où l’on a aussitôt voulu voir le trône du roiMinos (fig.B).
- Alors (1500 ans av. J.-G.) un incendie violent, dont les conséquences furent d’autant plus graves que la partie supérieure des édifices était en bois, avec usage notable de la pierre à plâtre, détruisit les palais de Knossos et de Phaestos et l’hégémonie fut
- transportée sur le continent, oà Mycônes existait déjà (tombes à fosse de l’Acropole, probablement du début du minoen récent), mais où le grand essor doit être de la fin du minoen récent (XVIIIe et XIXe dynasties). La civilisation mycénienne, aussitôt reconnaissable dans les fouilles à ses poteries décorées de plantes et d’animaux (fig. 10), domina de 1500 à 1100 (époque de la guerre de Troie, vers 1200), jusqu’à cette invasion' dorienne qu’on a comparée à celle des Barbares dans l’Empire romain. Trois à quatre siècles de cette barbarie, de ce « moyen âge », conduisirent enfin à une « Renaissance » dont Homère, vers 800 av. J.-G., marque le début et qui commença surtout à se développer en Grèce cent ans plus lard.
- On ne peut aborder la Crète sans songer à toutes les légendes de la mythologie antique et sans
- chercher quelle a pu en être l’origine réelle, ultérieurement déformée par la tradition. La Crète c’est, pour nos souvenirs d’écolier, le .labyrinthe ; c’est le taureau né de la mer, qui affola d’amour Pasi-phaé et produisit le Minotaurc dompté par Thésée; c’est la naissance deZeusdans une grotte de l’Ida, avec les
- Fig. 7. — Les Magasins de Knossos.
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- danses guerrières et le tapage des Curètes frappant sur leurs boucliers pour étouffer les cris du nouveau-né que poursuit Saturne; c’est enfin Minos engendrant des serpents par les sortilèges de Pasiphaé.
- Pour le labyrinthe, on a proposé deux théories ; les uns ont tout simplement supposé que la complication des couloirs étroits avait frappé les antiques visiteurs du palais de Knossos. Les autres ont attiré L’attention, d’une façon un peu subtile au premier abord, mais peut-être en réalité plus juste, sur le rôle constant et visiblement symbolique de la hache à deux tranchants, de la « bipenne », dans la décoration mi-noenne; or cette hache, en grec des iles, se nomme AâSpuç (La-brys) : d’où Labyrinthe, palais de la hache. Ce signe de la double hache, on le voit, par exemple, sur les piliers de la figure 9 et l’on conçoit que cette sorte de papillon, sculpté partout dans la pierre, ait étonné les anciens, comme il fait rêver les modernes, bien qu’on tende aujourd’hui à voir, dans ces signes des piliers, de simples marques de tâcherons (?), ailleurs remplacées par un trident ou hident, une flèche, une étoile, une croix : chacun de ces signes ayant dû avoir une signification précise, très probablement alphabétique, peut-être en même temps rattachée à une idée religieuse. Cette double hache, elle est un symbole de Zeus, auprès duquel on la voit figurer très en évidence dans une bague d’or mycénienne; en Crète, on l’a trouvée soit seule, soit associée aux cornes de taureau, autre symbole du dieu, et plantée entre ces cornes dans les petits sanctuaires de Gournia et de Knossos, sur
- l’autel en forme de banquette, avec les ligures votives et les idoles. Il n’est donc guère douteux qu’elle so rattache aux premières idées religieuses des Crétois, comme les autres traditions, dont nous allons parler.
- Le taureau de Pasiphaé et d’Europe, c’est encore le Zeus crétois qui y a directement donné naissance : ce sont ces cornes en emblème votif, ces chasses au taureau sur les fresques et les bagues. Les monnaies
- de Phaestos représentent au revers un taureau, tandis que, sur la face, est un jeune dieu, avec un oiseau (peut-êtreun aigle) posé sur la double hache. En-lin, à Zeus est associé aussi un autre emblème habituel, le bouclier échancré au milieu en forme de 8, qui a provoqué la légende des Curètes le jour où l’on n’a plus compris le sens de danses guerrières ayant simplement pour but de mimer un dieu armé. Quant aux serpents légendaires, ils correspondent aux nombreux objets religieux où l’on trouve des serpents, par exemple la statuette de femme reproduite plus haut (lig. t), ou d’autres ligu-rines trouvées à Palaeokastro tenant des serpents dans leurs mains et qui peuvent re-présenter des charmeuses de serpents accomplissant quelque rite religieux. On arrive donc, en commentant les légendes par le résultat des explorations, à se faire une certaine idée de la primitive religion crétoise. Pas de temples, mais des chapelles dans les palais ou des grottes (antre de Zeus sur l’Ida, grottes de Kamarès et de Dicté); culte d’un dieu agraire (taureau) dispensant la fécondité, dieu de la végétation auquel on consacre, comme à Dodone, des chênes sacrés et qui est, en même temps, un dieu guerrier (double hache et
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- bouclier] ; déesse féminine assimilable à la terre (Terre mère ou Démêler), à laquelle les animaux sont consacrés, qu’on ligure entre des lions, une colombe sur la tète et brandissant des serpents. Quant au culte des morts, il est caractérisé par l’inhumation avec les vêtements les plus somptueux et les armes, par le sacrifice d’un taureau, par les libations qu’une femme accomplit (sur les fresques) entre deux poteaux de bois peints en vert, reposant sur une base de pierre Fig. 9. — Pilier avec signe rouge et blanche et
- de la double hache à Knossos. portant à leur sommet la
- double hache de Zeus, sur laquelle se pose son oiseau, etc....
- Revenons maintenant, en quelques mots, sur l’aspect actuel des fouilles les plus importantes, celles de Knossos, de Phaeslos, de Palaeokastro. Quand on arrive à Knossos par l’est, on aperçoit, au pied d’une colline, les substruclions du palais royal, avec la chambre du trône et, en arrière, les magasins. De
- très larges degrés, près de l’entrée nord-ouest, ont peut-être servi au roi à rendre ses jugements. Puis vient une pièce, au centre de laquelle est un pilier carré, aux blocs marqués, comme nous l’avons vu, de la double hache (fig. 9); une large salle à quatre portes; la salle du trône (fig. 8) et la série des magasins, avec leurs grandes jarres à huile (fig. 7); d’autres galeries, le long desquelles de belles jarres étaient décorées de papyrus et où l’on a trouvé plusieurs centaines de tablettes
- à inscriptions encore indéchil- „
- , , Ç . , . . F ig. 10. — V;isc de
- lrees, évidemment des inventai- s(yl(! mycénimi ;l
- res; des escaliers de pierre, etc. représentation de À Phaeslos, les fouilles italiennes j1™1-1’6' Paleo!ia:5" ont mis à nu un grand palais mieux conservé que celui de Knossos et dont l’aspect pittoresque est encore plus frappant : de larges degrés, de vastes salles dallées, etc. (% 6)- A 5 kilomètres de ce palais, la villa d'Haglna Triadha, fouillée également par M. Halbherr (mission italienne), a donné, dans des salles plus petites et d’aspect analogue, des objets merveilleusement conservés, des coupes de stéalile, un sarcophage peint, des fresques d’une singulière beauté. De magnifiques vases à décoration de poulpes mycéniens sont, avec les vases analogues de Zakro, les
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- plus anciens de ce genre que l’on connaisse av. J.-G.) (lîg. 10).
- À Palaeokastro, une rue que nous reproduisons (lîg. 5) est comparable, comme effet, aux rues pompéiennes ; les maisons y sont petites et l’on n’a pas encore trouvé de palais proprement dit; mais, sur le même point, il a existé, à une époque Ires postérieure, un temple de Zeus, où l’on a mis au jour un hymne rituel gravé sur le marbre. .lie cette époque grecque relative
- ans ment récente
- classique archaïque), on doit encore citer la grande inscription du vie siècle, d’un aspect si frappant, en dehors de son intérêt historique, qu’on a trouvée à Gortyna (fig. 11) et qui contient les lois relatives au mariage, à l’adoption des enfants, à la propriété du sol, avec large développement des « droits de la femme ». Quand on a découvert celle inscription d’un intérêt capital, elle servait de canal à un moulin.
- L. De Launay.
- LA TÉLÉPHOTOGRAPHIE1
- On a appris récemment avec un vif intérêt que le professeur Korn, de 1 Université de Munich, venait de donner une bonne solution, tout à l'ait pratique, du problème de la téléphoto-graphie, c’est-à-dire de la transmission et de la reproduction à grande distance d’une photographie. Nous allons examiner en quoi consiste ce système.
- Au préalable, rappelons rapidement l’historique de la téléphotographie et les tentatives de réalisation qui l’ont précédée ou accompagnée.
- Le problème de la télép holographie. —
- On peut dire que tous ceux qui ont tenté de résoudre le problème de la téléphotographie, et le professeur Korn lui-même, ont commencé par chercher celui de la vision ci distance.
- Ce problème se pose ainsi qu’il suit :
- « Transmettre à distance toutes les impressions lumineuses, toutes les vibrations, qui émanent d’un champ donné. »
- 1 Yoy. n° 1569, du 20 juin 1905, p. 55. Transmission télégraphique des images (Cailletel).
- Nous aurons comme corol-par un procédé de gravure ou de photographie les vibrations, les impressions transmises. »
- Les chercheurs. -— Nombreux et méritants sont les chercheurs qui ont essayé de donner une solution de la question. Ils s’efforçaient de « canaliser » les impressions lumineuses, de façon à produire une action à distance sur « la rétine », comme la canalisation du son produit, à des centaines de kilomètres, une action sur « le tympan ».
- C’est par le tympan que l’on a commencé avec le téléphone ; c’est par la rétine que l’on continuera, avec l’espoir de parvenir plus tard à unifier les deux récepteurs humains dans une certaine mesure, c’est-à-dire à faire voir^ les aveugles avec leurs oreilles, et à faire entendre les sourds-muets avec leurs yeux.
- Mais laissons les espérances, si séduisantes quelles soient et contentons-nous des réalités.
- Dans la liste des expérimentateurs de la trans-
- Supposons-le résolu, lairc : « Fixer à distance
- Fig. 1. — Poste transmetteur.
- a, moteur; b, cylindre; prisme à réflexion totale; d, lampe Nernsl; g, batterie.
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- mission des impressions lumineuses à distance nous trouvons les noms de Tyndall, de Preece, de Bréguet, de Silvanus Thompson, de Dufour, de Siemens.
- Mentionnons tout spécialement les savants Bell et Mercadier, qui, en utilisant la conductibilité électrique du sélénium, ont créé la radiophonie et montré d’une façon évidente la transformation directe ou indirecte de l'énergie lumineuse en énergie mécanique. Il est possible, grâce à eux, d’employer l’oreille pour percevoir les variations d’intensité lumineuse qui se produisent dans un champ déterminé. 11 suffit de faire tomber les rayons qui en proviennent sur des vapeurs d'iode ou sur une plaque de sélénium : le téléphone transmet ces variations.
- Senlicq, Porosino et Minclin ont obtenu des résultats médiocres, mais fort instructifs, en dessinant et en photographiant lentement les images de la chambre obscure.
- Lazare Weiller a fait des expériences pratiques avec son phoroscope, dans lequel il y a, au poste récepteur et au poste transmetteur, un disque tournant, sur la tranche duquel sont disposées 560 glaces argentées; les deux disques sont synchronisés; on recueille, sur l’image à transmettre, un ensemble de lignes formant « un patron » et reproduisant l’image. Les émissions lumineuses successives, dont chacune correspond à un élément de l’image, sont reçues dans une cellule de sélénium. Les variations d’in-
- Fig. 2. — Photographie faite avec l’appareil Korn (17 nov. 1906).
- lensilé électrique sont alors transformées en variations d’intensité lumineuse par l’emploi d’un téléphone à gaz.
- Les précurseurs Caselli et Meyer. — Il convient
- de mentionner, comme ayant obtenu sinon de la téléphotographie, du moins de la télégravure, les précurseurs Caselli et Meyer. Us ont créé le télégraphe autographique entre 1856 et 1865; l’abbé Caselli
- Fig. 5. — Photographie faite avec l’appareil Koru (6 nov. 1906).
- nomma le sien, resté classique, le panlélegraphe.
- L’impression à distance de signaux formant des lignes et transmis par le courant électrique se fait, au poste récepteur de l’abbé Caselli, sur une feuille sensibilisée au cyanure de potassium et de fer. Son appareil est une sorte de « machine à copier » mécanique. Le synchronisme enLre le transmetteur et le récepteur est obtenu au moyen de deux pendules oscillants faisant quarante oscillations par minute : les « styles enregistreurs » tracent des hachures espacées de 1/5 de millimètre.
- L’abbé Caselli ne transmettait ainsi que des dessins ou des gravures au trait, et il ne pouvait songer à la photographie qui était à cette époque dans l’enfance de l’art.
- Meyer, employé des télégraphes français, construisit aussi un pan télégraphe, qui tient à la fois, comme fonctionnement, du Caselli, du Morse, du Hughes. C’est encore le pendule qui assure le synchronisme entre les deux stations extrêmes. L’impression se fait à l’encre grasse sur un papier enroulé sur un cylindre tournant et devant lequel se meut un style porté par un petit chariot. La dépêche est écrite au départ sur un papier métallisé ; toutes les fois que le style du chariot transmetteur rencontre une partie métallique le courant passe et va inscrire au poste transmetteur le négatif de la dépêche à l’encre grasse, un peu comme l’impression d’un phonographe.
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- On trouve, en étudiant tous ees appareils depuis l’origine jusqu’à l’époque actuelle, une tendance remarquable à l'unification des modes divers d’inscription des vibrations, unification qui sera sans doute, un jour ou l’autre, réalisée au grand bénéfice de l’enregistrement des phénomènes vibratoires en général.
- Les premières recherches de téléphotographie proprement dite sont toutes récentes. Elles ne sortirent guère du domaine des laboratoires, car leurs auteurs poursuivaient principalement la vision à distance : les résultats qu’ils obtenaient étaient purement expérimentaux, peu susceptibles de toucher le public, et ils servaient surtout, en principe, de contrôle pour l’enregistrement des vibrations.
- Mentionnons cependant, en 1877, le téleclroscope du physicien français Senlecq d’Ardres, et, en 1879, le téléphotographe de Porosino.
- Puis viennent divers appareils d’expérience de Païva, d’Àyrton et Perry, de Carey, et de Bidwell.
- Le lélégraphoscope français des frères Edouard et Marcel Belin, de Nancy et de Lyon. — Dans la période actuelle, en même temps que le professeur Korn de Munich travaillait, avec les conseils, auxquels il rend volontiers hommage, de M. Poincaré et du savant constructeur-électricien français Carpentier, deux frères, MM. Edouard et Marcel Belin, à Nancy et à Lyon, étudiaient la vision à distance et se rapprochaient, jusqu’à l’atteindre, de l’enregistrement de l’image à distance.
- Voici sur quel principe repose leur lélégraphoscope.
- Une photographie, celle du visage d’une personne par exemple, n’est pas le dessin plat que l’on aperçoit : c’est un relief, c’est une surface mouvementée.
- Cette photographie émet des vibrations plus ou moins intenses suivant la hauteur infiniment petite des creux et des reliefs qui constituent son ensemble. C’est la matière radiante qui agit vraisemblablement : elle exerce une action mécanique, elle détermine des ombres, elle est déviée par un courant ; lorsque l’on fait obstacle à sa marche rectiligne, elle peut produire de l’énergie calorifique. MM. P. Besson et Ancel ont mis expérimentalement ces faits en évidence lors d’une récente communication qu’ils ont faite à la Société des Ingénieurs civils de France1.
- Donc, plaçons une photographie sur un de ces fins réseaux de plaque sensible qui servent à obtenir directement une phototypie : nousaurons, en quelque sorte, prises au filet les vibrations qui émanent de la photographie. Chacune d’elles pourra être transmise à distance par un conducteur électrique et aller impressionner exactement le même point d’une plaque quadrillée sensible, semblable et semblablement disposée à l’autre extrémité du fil.
- Tel est le principe du dispositif de MM. Belin.
- Ils ont obtenu, tout d’abord, après de longues recherches, l’impression d'un point à 480 kilomètres de distance sur le trajet Paris-IIavre-Paris.
- Ayant obtenu un point, ils ont assez aisément
- 1 Société des Ingénieurs civils de France, séance du 2 novembre 1900.
- obtenu une sérié de points, de telle sorte que le visage d’une personne placée à un bout du fil, s’il s’agit de vision à distance, ou la photographie de cette personne, s’il s’agit de télépholographie, seront reproduits à l’autre extrémité du lil, sous la forme d’un pointillé très lin. Cela différencie ce système de celui du professeur Korn, lequel obtient une série de lignes dont l’ensemble donne le relief.
- Le téléphotographe du professeur Korn, dont les essais récents sur une ligne de 40 kilomètres de longueur ont été parfaitement concluants, a pour caractéristiques : le synchronisme mécanique, l’emploi du sélénium et un emploi spécial du galvanomètre. Voici quelle est la disposition de ses deux postes.
- Poste transmetteur. — On y trouve un cylindre en verre tournant autour de son axe et s’élevant verticalement, dont, par conséquent, la surface est animée d’un mouvement hélicoïdal. Ce cylindre est enfermé dans une chambre noire cylindrique de même axe, portant une petite ouverture, par laquelle une lampe électrique Nernst projette un rayon lumineux. La pellicule photographique à reproduire est enroulée sur le cylindre en verre.
- A l’intérieur de ce cylindre se trouve un prisme à réflexion qui renvoie verticalement vers la base du cylindre les rayons lumineux de la lampe, après qu’ils ont traversé les divers points de la pellicule photographique. Chacun de ces rayons a subi une diminution d’intensité dépendant, en quelque sorte, du relief de l’opacité de la photographie au point qu’il a frappé.
- Ces rayons réfractés vont tomber sur une plaque de sélénium placée à la base du cylindre et intercalée dans le circuit d’une batterie de piles électriques.
- On sait que le sélénium a la propriété d’être conducteur du courant électrique seulement lorsqu’il est frappé par un rayon lumineux, par une vibration lumineuse : il se comporte comme une sorte de cohéreur des ondes lumineuses. Sa « conductance » dépend de l’intensité des ondes qui le frappent.
- Donc, la plaque de sélénium va envoyer, dans la ligne qui relie les deux postes Korn, une série de courants électriques.
- Poste récepteur. — Les pulsations parviennent au poste récepteur et y trouvent un galvanomètre influencé plus ou moins suivant leur intensité.
- Ce galvanomètre, nommé galvanomètre à cordes, consiste en deux fils de cuivre, sur lesquels est collée une lame très mince d’aluminium : il est fixé entre les pôles d’un électro-aimant. Lorsqu’un courant passe, les fils sont déviés, et la petite plaque en aluminium change d’orientation : elle joue le rôle de clapet, de soupape, en quelque sorte, pour laisser passer plus ou moins du rayon lumineux d une lampe électrique Nernst exactement semblable à celle du poste de départ et qui lance sur elle sa vibration lumineuse. Qu’arrive-t-il alors?
- Le rayon lumineux, ou plutôt ce qui a passé en intensité du rayon lumineux, trouve un nouveau cylindre de verre recouvert d’un cylindre noir percé
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- d’un trou, animé d’un mouvement hélicoïdal, synchronisé avec le cylindre transmetteur. Ce cylindre de verre porte, enroulée sur lui, une pellicule sensible. Il est évident que chaque point de cette pellicule recevra exactement la quantité de lumière nécessaire pour reproduire le point correspondant de la pellicule photographique placée au poste transmetteur.
- Finalement une série de lignes, légèrement.ondulées, en raison du mouvement hélicoïdal des appareils et du réglage de leur synchronisme, fournit,, au bout de la ligne, une épreuve reproduisant l’image du point de départ de cette ligne.
- L’appareil qui assure ce synchronisme est d’une
- Le professeur Korn triomphe de l’inertie du sélénium au moyen de son compensateur, qui a été tout récemment présenté à l’Académie des sciences1.
- Ce compensateur est constitué par une deuxième plaque de sélénium mise en série avec la première dans le circuit et. par deux accumulateurs correspondant aux deux plaques. L’inertie du sélénium est compensée au. poste d’arrivée par un galvanomètre, lequel illumine, grâce au rayon lumineux d’une lampe, la deuxième plaque et cela d’une façon proportionnellement compensatrice de l’illumination de la première plaque. Grâce à. ce compensateur, le professeur Korn a fait. disparaître « le Hou » et l’indécision qui se trouvaient sur ses premières
- Fig. 4. — «, Moteur; b, cylindre récepteur; d et d", lampe Nernst; e, e' et e", galvanomètre; g, batterie; m, embrayage ; s, cellule de sélénium.
- délicatesse extrême, il consiste en deux roues coniques, emboîtées l’une dans l’autre.
- Le sélénium-compensatetir. — Le professeur Korn a surmonté, avec beaucoup de talent, une autre difficulté qui jusqu’alors avait entravé bien des recherches analogues; c’est ce que l’on appelle l'inertie ou la fatigue du sélénium.
- Ce curieux métal, lorsqu’on le fait « travailler », fait preuve, en effet, au bout de peu de temps, d’une sorte de paresse pour devenir conducteur sous l’action du rayon lumineux et pour laisser passer le courant électrique dans le circuit duquel il se trouve. Il a bien encore cela de commun avec beaucoup de cohéreurs de télégraphie sans fil qu’il faut décohérer mécaniquement et qui ont conduit à l’emploi des cohéreurs « à décohésion spontanée ».
- épreuves photographiques au poste récepteur.
- Conclusion. — Tel est l’état actuel de la téléphotographie. Remarquons, avec ses savants promoteurs eux-mêmes, que, partie des recherches sur la vision à distance, elle y ramène et fournira sans doute l’outillage nécessaire pour la réaliser à bref délai. On peut désormais apercevoir l’époque où le téléphone — probablement le téléphone sans fil —- étant annexé au téléopte, c’est-à-dire à l’appareil de vision à distance, deux interlocuteurs, placés à plusieurs centaines de kilomètres, pourront se voir en même temps que se parler; il y aura ainsi une sorte de transport de « la personnalité », qui paraissait, il y a peu d’années encore, être entièrement du domaine de l’imagination. Max de Nansouty.
- 1 Académie des sciences. Séance du 5 décembre 1906. .
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- UNE CURIEUSE PORTE DE VILLAGE
- Le temps a est pas éloigné oh les villages hovas, à Madagascar, avaient à se défendre contre les incursions continuelles des brigands ou Fahavaios, nom générique que les soldats français appliquèrent plus tard à tous les guerriers insurgés.
- Pour entraver les attaques inopinées et presque toujours nocturnes de ces Fahavaios, les habitants des petites bourgades de File, insuffisamment armés, durent recourir à des secours naturels. Ils entourèrent, sur une largeur de 8 à 10 mètres, leurs de-
- paysans faisaient rouler une énorme pierre plus ou moins cylindrique qui obstruait complètement l’unique issue de leur village. L’alerte passée, un levier puissant soulevait, de l’intérieur, cet appareil primitif de fermeture et la meule, roulant sur elle-même, dégageait de nouveau l’entrée.
- Et, comme les Fahavaios n’avaient en leur possession ni les canons, ni les pétards de mélinite dont durent se servir plus tard les Français pour vaincre ces obstacles, nos villageois malgaches pouvaient
- Entrée d’un village aux environs d’Arimanno.
- meures, ainsi que leurs parcs à bœufs, d’une haie d echinocactus ou de figuiers de Barbarie dont les liges lancéolées traversaient, non seulement les pieds et les mains de ceux qui osaient s’aventurer dans ce dédale, mais encore le cuir des semelles les plus solidement confectionnées. Nos troupiers s’en rendirent trop souvent compte, hélas ! à leur détriment dans leur chasse aux rebelles.
- A l’entrée de chaque hameau isolé, se dressaient, comme le montre la curieuse photographie ci-contre, deux hautes pierres de taille solidement enfoncées dans' la terre ; devant ces véritables rocs, deux autres blocs plus petits étaient également enterrés. Entre ces murailles formant ainsi rainure, à la nuit tombante ou lorsque les Fahavaios- étaient signalés, les
- dormir tranquilles ou tout au moins n’avaient pas à redouter la surprise toujours désagréable d’être attaqués à l’improviste. Louis de Cantilly.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 31 décembre 1906.
- En raison des congés du Jour de l’An, nous sommes obligés de remettre au prochain numéro le compte rendu de cette séance.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauore, rue de Fleurus, 9,
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- N° 1755.
- 12 JANVIER 1907.
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- LE CHEMIN DE FER DU DAHOMEY ET LE HAUT NIGER
- On se préoccupe fort de tous les côtés, en Afrique, de lancer des voies ferrées pour assurer la pénétration des marchandises européennes, et faciliter l’exportation des produits un peu rares encore ([ne les indigènes ont à échanger; et nous voudrions montrer ce qui a été lait jusqu’à présent dans ce but pour une de nos colonies les plus florissantes, la colonie du Dahomey.
- (l’est en 1899 qu’on a commencé de songer à une voie ferrée de pénétration au Dahomey, voie qui devait se prolonger jusqu’au haut Niger, et détourner
- nération). À la lin de 1903, on avait réussi àmeltre en exploitation une section allant de Kotonou à Tolfo, ce qui représente un développement de 88 km ; on exploitait également un embranchement sur Üuidah, d’une longueur de 14 km seulement. La main-d’œuvre n’avait pas toujours été facile à trouver : d’abord parce que le nègre, en général, a peu de besoins, et qu’il a bientôt fait de gagner ce qui lui est nécessaire pour assurer sa vie durant bien des jours ; il se refuse alors à travailler, et ce ne sont guère que les réquisitions qui triomphent
- Fig. 1. — Une voie de transport naturelle du Dahomey.
- une partie du commerce d’importation ou d’exportation qui se faisait dans, cette région par les territoires voisins des nôtres. En novembre 1899, un projet suffisamment complet était dressé pour le tracé Kotonou Ateheribé, et, dès mai 1900, on se mettait à la besogne : nous devons reconnaître (|u’ici on allait plus vile que sur le fameux chemin île fer sénégalais du haut ileuve, et qu’un tronçon a été livré à l’exploitation dans un délai assez bref. La construction de l’infrastructure était exécutée par la colonie, à ses dépens, et la superstructure devait être assurée par un concessionnaire, qui fut d’abord II. Borelli, un colonial de la première heure, lequel fonda ensuite une Compagnie spéciale de chemins de fer au Dahomey. (Depuis lors, les conventions ont été. quelque peu modifiées, et c’est la colonie qui paye tous les travaux, la Compagnie se contentant d’assurer l’exploitation moyennant rému-35° année. — 1er semestre.
- de son amour du farniente. Puis, lorsqu’il travaille, il aime l’effort aussi réduit que possible, et comme on le paye généralement à la tâche sur les chantiers de travaux, il trouve que les salaires sont bien minimes... quand ils sont effectivement proportionnels au travail exécuté. Cependant le Bariba en particulier est bon terrassier, et il apprend assez aisément à se servir des outils qu’il ne connaît point encore.
- Les travaux étaient difficiles au commencement de la ligne, et ils ont été également fort mal commodes dans la traversée de la vaste dépression de la Lama, dépression où la ligne s’étend sur une longueur de 14 km au moins, et où il était nécessaire de ména-r ger des ponts nombreux pour assurer l’écoulement des eaux d’inondation, sans que la ligne fût menacée d’être emportée. Peu à peu, la ligne s’est continuée, mais avec beaucoup moins de rapidité* et l’exploitation ne se fait guère régulièrement, par un
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- Irain montant et un train descendant, que sur une centaine de kilomètres. Bien entendu, les terrassements se sont poursuivis, et on a atteint successivement Atcheribé, au delà d’Abomey, puis un aflluent de l’Ouémé, sur lequel on a lancé un grand pont métallique de 60 m. de long; on a établi la plateforme jusqu’à Agouagou, qui se trouve au delà de Paouignan et à 240 km de Kotonou. La ligne est tracée et préparée, peut-on dire, jusqu’à Parakou, qui est à 400 km du littoral, et il est probable que la seule difficulté sérieuse à laquelle on se heurtera dans ces parages est le pont de 150 m. à construire
- Tchapurou (mil.381 )
- l ° : Carnotvi 1
- . j < J)ad/o
- Afurcu
- Toffo ) p i(,Kil 88) (.§
- I I ^
- Fig. 2. — La voie ferrée du Dahomey.
- sur l’Ouémé, en avant de Savé. En moyenne, le coût kilométrique d’établissement de la ligne ne dépasse point 60000 francs, ce qui ne semble pas exagéré, étant donné surtout que la construction se fait administrativement.
- Nous n’en sommes évidemment pas encore au moment où la ligne sera ouverte de Kotonou à Parakou, et à plus forte raison jusqu’au Niger; mais il n’est pas vraisemblable que la continuation de celte voie ferrée présente des difficultés bien sérieuses. De même que Parakou n’est qu’à une altitude assez modeste de 400 m. environ, qui permettra à la voie de monter insensiblement depuis la côte sur les gradins successifs que forme le terrain ; de même le passage dans le bassin du Niger se fera sans complications techniques. On traverse des plateaux qui ne peuvent pas mériter la qualification de monta-
- gneux, et on redescend ensuite, toujours en pente douce, vers le puissant fleuve africain ; tout au plus faudra-t-il compter avec le caractère torrentiel des cours d’eau à traverser. On suivra sans doute comme direction générale la ligne Parakou Ndaly, Bouay, Kandy, pour aboutir à Molla, sur le.Niger. Boute presque droite sur un terrain facile, et dans une vaste plaine très peuplée.
- Dès maintenant, le trafic a pris une certaine importance sur le chemin de fer du bas Dahomey, sur le.tronçon dont nous avons parlé en commençant; et l’on espère le même succès sur la partie haute, quand elle sera en état de satisfaire aux transports. Assez rapidement, les indigènes prennent l’habitude soit de recourir à la voie ferrée pour se transporter, soit surtout d’achetér davantage les produits étrangers, si le prix de ces produits s’abaisse grâce à des facilités nouvelles d’apport. 11 existe déjà des transactions modestes qui sont comme les germes du commerce futur ; d’ailleurs, ces transactions se font principalement avec le Lagos, aucun marché indigène de notre colonie n’étant, pour l’instant, directement alimenté par le bas Dahomey en produits d’importation européenne. A l’ouest, arrivent les marchandises allemandes par la Voila à l’est, ce sont les marchandises du Lagos, comme nous venons de le dire, qui prennent, d’abord la voie ferrée de Lagos à Stadan, pour remonter ensuite le Niger; nous n’avons encore ni voie naturelle, ni voie artificielle pour atteindre le pays haut de nos territoires, et les transports ne se font que par porteurs, les ballots étant portés sur la tête des hommes; les frais de transport sont tellement élevés, que des indiennes, qui se vendent 5 francs sur la côte, coûtent 20 francs sur le Niger ; le kilo de sel, qui ne vaut que 10 centimes à la côte, vaut déjà 60 centimes à Parakou, et 2fr,50 sur le Niger. Aussi les marchandises mêmes que vendent les marchands Haoussa, qui sont parmi les grands trafiquants de ces pays, sont d’origine étrangère presque toujours, et viennent du Togo ou de la Côte d’Or. Et qu’on ne s’y trompe pas, ce colportage représente un mouvement fort important, et l’on estime généralement que la valeur annuelle en est de plusieurs millions, quelque primitifs que soient les moyens d’action de ces colporteurs.
- El encore faisons-nous abstraction complète des services que la voie ferrée rendra pour le ravitaillement de nos postes militaires du haut Niger, que l’existence du chemin de fer du haut Sénégal ne permet d’effectuer qu’avec des lenteurs qu’explique en partie la longueur du trajet.
- Tout porte donc à prévoir que l’achèvement complet du chemin de fer du Dahomey et du Haut Niger sera une cause d’accroissement considérable dans la vitesse du développement de nos belles colonies de la côte occidentale africaine.
- Damel Bellet.
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- COMMENT ON DRESSE UNE CARTE MARINE
- Les personnes à qui il est advenu de jeter les yeux sur une carte marine ont presque toujours éprouvé un sentiment de surprise et se sont trouvées quelque peu déroulées par l’aspecL inaccoutumé de ce document.
- Les caries terrestres, en effet, sont dessinées de
- On s’attache, en revanche, à donner au profil des cotes une exactitude minutieuse et on retrace avec soin, sur la partie de ces cotes visible du large, les grands mouvements de terrain ou les points remarquables qui peuvent servir aux marins à déterminer la position de leur navire. En langage maritime
- SUD
- Fig. 1. — Spécimen de carte marine (baie de Christiania).
- façon que les terrains se détachent en clair sur les mers qui les baignent. Une teinte sombre étendue sur ces mers ou des séries de traits parallèles tracés en suivant le contour des cotes font alors ressortir le relief des continents et des îles.
- Pour les caries marines, c’est la disposition contraire qui est adoptée. Les mers qui, cette fois, doivent jouer le rôle principal et attirer plus spécialement les regards, gardent la teinte blanche et les terres sont recouvertes d’une couche de couleur plus ou moins foncée.
- ces points reconnaissables du large sont des amers.
- La collection de cartes marines, que doit posséder tout bâtiment accomplissant .un voyage de quelque importance comprend plusieurs espèces de documents.
- Ce sont d’abord les routiers, caries qui s’étendent à toute une partie du globe, ou à toute une mer. Elles servent aux capitaines à tracer, avant le départ, la route qu’ils doivent suivre pour se rendre d’un point à un autre, puis, au cours de la navigation, à porter chaque jour, le point déterminé par les obser-
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- valions des astres, ou Y estime si lesdits astres ne sont pas visibles.
- Puis viennent les eartes dites à petit point qui embrassent une partie importante de côtes et de la mer qui les baigne. Celles-ci, sans être encore très détaillées, le sont cependant plus que les précédentes.
- de marine et portent le nom d’ingénieurs hydrographes de la marine.
- Les opérations qui fournissent les éléments nécessaires à la confection d’une carte marine, opérations toujours délicates, souvent fort difficiles, parfois même dangereuses, quand elles se déroulent le long
- Fig. 2. — Cote de l’Esterel (cap ltoux) vau du navire.
- Elles portent les points remarquables, comme les grands sommets de montagnes, visibles de la mer et qui serviront de points de reconnaissance, les sondages des grands plateaux sous-marins qui ne constituent pas des écueils mais peuvent servir, au moyen des profondeurs, à fixer la position du navire qui alterrit par temps de brume.
- Enfin, lorsque le navire s’est suffisamment rapproché de terre pour que le besoin se fasse sentir de connaître les moindres détails du fond ou des passes dans lesquelles il va falloir l’engager, on sort les cartes à grand point sur lesquelles tous ces détails sont figurés et où les sondes forment un réseau étroit dans lequel la navigation s’opérera en toute sécurité. Les routiers n’étant en somme que la reproduction de caries générales, nous nous bornerons à donner ici quelques indications' sur la manière de dresser les cartes à petit et à grand point.
- Le soin de dresser les cartes marines est confié en France à un corps militaire spécial, dont les membres sortent de l’École Polytechnique, sont officiers
- de côtes malsaines, sous des soleils torrides, ou bien encore dans des mers capricieuses, sont exécutées par les ingénieurs hydrographes envoyés spécialement en missions et par les officiers de vaisseau
- qui leur sont adjoints et que leur instruction professionnelle rend particulièrement aptes à ce genre de travaux.
- Il saute aux yeux que le plus important des renseignements demandés à une carte, par le marin qui la consulte, est relatif à la configuration du fond sur lequel il fera pour son navire et à la hauteur de l’eau qu’il est sûr de trouver sur la route où il va l’engager. Ce sont donc les sondages, au moyen desquels on détermine cette hauteur de l’eau qui constituent l’élément important de la carte marine.
- Voici, dans ses grandes lignes, en quoi consiste la méthode générale employée pour recueillir les données nécessaires à l’établissement de la carte d’une portion de côtes, d’une baie par exemple. On commence par placer sur un certain nombre de points très apparents, choisis dans l’intérieur des terres Pt P2... (fig. 6), des signaux assez importants pour
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- être bien visibles des points voisins. Ces points devront d’ailleurs être portés sur la carte générale terrestre de la région où l’on opère. Les observations que l’on fera à chacun d’eux serviront à relier la carte que l’on veut dresser aux cartes déjà existantes.
- Puis tout le long de la côte, sur le rivage même,
- en Sj par exemple, relève donc avec son théodolite tous les angles horizontaux que font, avec une première direction St Pj par exemple, les autres directions St P2, SjSj, SiSj, P5, etc.
- Les mêmes observations sont renouvelées à chacune des stations P^ P2... S2 Ss..., etc., et l’on con-
- Fig. i. — Côl.<' do l'Estoivl vue du signal du Cap Roux (455 m.).
- on dresse d’autres signaux, perches, tas depierres, etc., que l’on place, le plus en vue possible, sur les accidents de terrains qui donnent à la côte son relief. Ceci fait, un observateur accompagné d’aides se rend successivement à toutes les stations SjSjSs.etc.
- çoit très aisément que l’on puisse ainsi obtenir par le calcul les côtés des triangles, St Pt P2, S21\, SiSjPa..., dont les angles sont ainsi donnés par l’observation, et qu’on pourra sans peine placer sur une feuille de papier où on aura reporté les points
- Fig. 5. — On amer peint (pointe du Mau bois) sur la côte de l’Estcrel.
- 11 est muni d’un théodolite. Cet instrument, le plus précieux auxiliaire de l’hydrographe, se compose de deux cercles gradués portant chacun une lunette et placés l’un horizontalement, l’autre verticalement.
- On çonçoit qu’à l’aide de ces deux cercles on puisse facilement observer des angles horizontaux ou azi-mutaux et des angles verticaux. L’opérateur, placé
- principaux Pd P9..., la position exacte des stations
- Si S2 s5.
- En prenant les angles dont nous venons de parler, l’opérateur a eu soin de relever également, de fusilier, c’est le terme consacré et expressif, les accidents du sol qui avoisinent la côte tels que maisons ou arbres remarquables, collines, ravins, tout ce qui, en un mot, peut êlre utile comme point de recon-
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- naissance, comme amers, et, h ce titre, digne de ligurer sur une carte marine.
- Il en a agi de même pour tous les points saillants du rivage (au besoin rehaussés de peinture blanche, tîg. 5), les roches à fleur d’eau, et tous les accidents, dont la position bien calculée sera dûment portée sur notre embryon de carte.
- Puis, comme ils seront très rapprochés les uns des autres, il suffira de les réunir par un trait qui dessinera ainsi les sinuosités du rivage.
- Pendant que s'effectuera h terre ce travail important, d’autres observateurs opéreront sur l’eau.
- Placés dans la chambre d’une embarcation, petite vedette à vapeur, ou baleinière à l’aviron, ils parcourront la baie dont il s’agit de dresser le plan. Un matelot, la ligne de sonde à la main, relève la hauteur de l’eau à des intervalles réguliers. Les chiffres qu’il annonce sont soigneusement notés, et tous les 8 ou 10 coups de sonde, l’opérateur, qui est muni non plus d’un théodolite, dont l’installation ne serait pas possible sur le plancher mouvant d’un canot, mais d’un cercle gradué muni d’un viseur, fixe la position du canot en prenant les angles S* Ct S,,
- S2 Ci Ps.
- Il aura ainsi le moyen de préciser à son retour à bord, sur le brouillon de la carte en construction, les positions successives de l’embarcation et les hauteurs d’eau correspondantes. Les sondes, prises entre deux observations, seront portées à des distances régulièrement espacées sur la route que l’embarcation aura suivie.
- Il y a donc intérêt h connaître cette route qui devra être rectiligne autant que faire se pourra. On y arrive en suivant un alignement fixé par deux points choisis judicieusement parmi ceux qui ligu-reront sur la carte, signaux placés ou accidents remarquables.
- On arrive ainsi à couvrir la surface de la carte d’un réseau de sondes assez serré pour former une sorte de tableau qui parlera à l’œil du moins et lui fournira tous les renseignements qu’exige une bonne navigation.
- On ne prolonge généralement pas les lignes de sondage au delà de la limite qui intéresse les marins, soit une vingtaine de mètres en profondeur,
- à moins que l’on se trouve en présence de fonds assez irréguliers qui fassent craindre la présence au large de bancs dangereux. Dans ce cas, si le travail ne peut être exécuté par des embarcations, on opère avec le bâtiment lui-même qui sert ordinairement de centre aux opérateurs.
- Le travail des sondages en embarcation se fait la plupart du temps sous un ciel de feu, quelquefois par mer assez mauvaise. 11 est donc fort pénible, eL de plus extrêmement monotone. Quand on l’exécute en baleinière, c’est-à-dire à l’aviron, il exige des hommes qui nagent avec une vigueur et une endurance peu communes.
- On arrive cependant., en ménageant leurs forces, à pouvoir sonder pendant 8 heures sans interruption.
- Un bon équipage de baleinière se compose de
- 6 nageurs, 2 timoniers sondeurs qui se relayent, 1 secrétaire, \ officier observateur. Quatrehom-mes seulement sont aux avirons, 1 des deux autres se repose, le 5 e prend la barre.
- Tel officier sachant entraîner son personnel a pu, dans ces conditions, faire pendant 3 semaines de suite des séjours de 14 heures en baleinière sous un climat fatigant (août en Tunisie) sans avoir un malade. Seulement les hommes des avirons ne pouvaient plus, pendant quelque temps après la fin des travaux, ouvrir leurs mains, coupées sur la poignée des avirons, et leur paume était garnie d’une couche de corne dépassant un centimètre.
- Tous les éléments de la carte une fois rassemblés les cahiers de sonde et de stations, soigneusement repérés et catalogués, sont envoyés à Paris accompagnés de l’embryon, du croquis dressé au fur et à mesure de l’avancement des travaux.
- A Paris, dans un local spécial, situé'rue de l’Université, et pourvu des installations utiles, le travail est repris par un ou plusieurs des officiers qui en ont pris les éléments et qui ont le plaisir de voir bientôt sortir au net, et luxueusement gravée, la carte pour la confection de laquelle ils auront, sans compter, dépensé le meilleur de leur énergie et de leur ténacité. A. Sauvaire Jourdan.
- Fis G. — Placement de signaux.
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- LES MÉTAUX EN 1907
- L’année 1900 a été marquée par une hausse extraordinaire de tous les métaux, symptôme caractéristique d’une prospérité économique et commerciale, qui, particulièrement accentuée en Allemagne, aux Etats-Unis, en Angleterre, s’est également manifestée en France. Suivant le dicton classique, que l’on applique ordinairement au bâtiment, quand la cote des métaux va, tout va. L’activité ndustrielle se traduit* en etl'et, nécessairement par une demande surabondante en métaux, dont les producteurs profitent pour relever leurs prix. Inversement, on a remarqué que le fléchissement des courbes, qui représentent les prix des métaux, était un dés signes avant-coureurs des crises. Le phénomène, qui' intéresse directement toutes les industries, est donc à suivre de près.
- Sans reproduire des détails qui ont trouvé place au jour le jour dans nos Informations, il suffira de signaler quelques faits typiques. Tout d’abord, le grand métal, le fer, est, par pa masse même, par l’étendue de son industrie, par l’abondance des mines qui l’exploitent, etc., plus lent que les autres à se mettre en branle. La hausse de l’acier, plus récente et moins forte que celle des autres métaux, a pris l’acier à U 5 francs fin 1904, pour l’amener à 165 fin 1906, la fonte à 62 pour arriver à 78. Le cuivre, beaucoup plus facile à manipuler pour l’agiotage international, a été singulièrement plus favorisé; il. valait 1500 francs fin 1902; il est monté à 2650 fin 1906. Dans le même laps de temps, le plomb est monté de 275 à 505, le zinc de 580 à 680, l’étain de 5000 à 5570 la tonne; le platine, entièrement livré à la spéculation par son monopole de fait, de 5000 à près de 7000 francs le kilogramme : l’antimoine de 1000 à 50,00 francs la tonne. Même hausse pour le manganèse. L’argent même, qui était tombé, en 1897, aux environs de 90 francs le kilogramme, est remonté à 120 (de24d. à54d. l’once). En même temps, le diamant doublait aussi de prix.
- Tous ces phénomènes ont l’air d’être indépendants et Ton a donné, pour chacun d’eux, des causes spéciales qui sont certainement intervenues : par exemple, pour le cuivre, le développement énorme des industries électriques; pour le fer, les commandes de matériel de guerre et les effets de la guerre russo-japonaise ; pour le manganèse, l’arrêt des mines du Caucase; pour l’argent, le grand accroissement des envois aux Indes à la suite de plusieurs années prospères sans peste ni famine; pour le platine, le syndicat de l’Oural; pour le diamant, l’interruption de la production pendant une année au moment du siège de Kimberlev. Ces causes ont assurément influé; mais il suffit de remarquer la généralité du fait pour en conclure que sa cause est également générale, les causes particulières n’ayant pu être que des occasions ou des prétextes. Le fait général, c’est que l’activité industrielle a passé en 1906 par un de ces points hauts qui, sur les courbes, se reproduisent à intervalles si curieusement réguliers, séparés par les points bas des crises. La marche, l’évolution de ces périodes alternatives d’inflation et de dépression, passent par des phases aujourd’hui bien connues des économistes, qui, plus ou moins vite, se reproduisent dans le même ordre et qui sont commandées par la logique des choses. Les prix montent; on produit bientôt plus et Ton s’ingénie à diminuer la consommation ; le jeu de la spéculation aidant, le krach se produit; après quoi, la production devenant à son tour insuffisante, au bout de quelque temps les prix recommencent automatiquement à monter....
- Une conséquence de la hausse actuelle mérite d'être signalée. Pour l’argent, que le bimétallisme a longtemps main-
- tenu dans un état factice, on devait prévoir que, la crise produite par le renoncement de plus en plus général à l’étalon d’argent une fois subie, l’argent, de par son rôle industriel considérable, se relèverait, comme les autres métaux industriels, parallèlement à eux. Le résultat imprévu a été que le Mexique, dont la piastre d’argent joue en Extrême-Orient le rôle d’étalon monétaire, a vu, le jour où l’argent, a monté de prix, ses piastres drainées au dehors de telle façon qu’il a dû frapper la monnaie d’argent d’un droit de 10 pour 100 à l’exportation.
- Reste à examiner, en jouant le rôle toujours dangereux de prophète, ce que Ton peut attendre pour le cours des métaux en 1907. La hausse se continuera-t-elle, ou la crise va-t-elle arriver? Celui qui aurait, par un heureux don de seconde vue, la connaissance d’un tel secret à date fixe se garderait sans doute d’en faire l’objet d’un article scientifique. Aussi n’altendra-t-on pas une réponse précise à la question posée. Néanmoins, plusieurs des signes, habituellement considérés comme barométriques, commencent à devenir inquiétants pour l’avenir. Nous ne faisons pas ici de finances. On peut cependant remarquer que le taux des reports s’élève actuellement à 6 et 8 pour 100 à la Bourse de Paris, ce qui est l’indice évident d’un jeu immodéré à la hausse. En même temps, le taux de l’escompte s’élève sur les autres marchés à des chiffres inusités. Enfin Ton voit, suivant une loi connue, la courbe représentative des encaisses métalliques dans les grandes banques, descendre peu à peu au-dessous de celle du portefeuille commercial, comme cela s’est produit avant toutes les grandes crises antérieures en 1847,1857,1864, 1875, 1882, 1891, 1900, de neuf ans en neuf ans. Je n’insiste pas sur ces considérations et je me contente d’indiquer un autre symptôme d’ordre plus technique, c’est le cas spécial des métaux, dont, après les succès grisants de Tannée dernière, le marché commence à montrer quelque fatigue et pour lequel les courbes représentatives des cours prennent cette allure horizontale, qui, dans les maxima, annonce la baisse, en même temps que les stocks, là où ils sont visibles, s’accroissent peu à peu. Le plomb, le zinc, l’étain n’étant plus achetés par les spéculateurs moins rassurés sur l’avenir, le jeu, qui cherche toujours sa proie à dévorer, commence à se porter timidement du côté de la baisse. Pour le cuivre, les chiffres suivants sont intéressants à noter. Le stock de cuivre en Angleterre et en France (avec provenances en route d’Australie et du Chili) était de 9000 tonnes en mars dernier; au 51 décembre 1906, il a atteint près de 17 000 tonnes, chiffre qui n’avait jamais été réalisé en 1904 et qui, en 1905, n’avait été que de peu dépassé (18 000 tonnes en avril et juin). L’ensemble des approvisionnements, calculé par la maison Merton de Londres, a passé de 24 500 tonnes en janvier 1906 à 51 000 fin décembre. Il saute aux yeux que des quantités de mines, trop pauvres pour pouvoir exploiter autrefois, se rouvrent et que, dans les anciennes, des masses de minerais, rejetés comme inutilisables en raison de leur basse teneur, sont maintenant fructueusement traités. En même temps, les consommateurs hésitent devant de nouveaux achats. Ce sont des faits que peuvent masquer plus ou moins longtemps les efforts des intéressés, comme TAmalgamated copper Gy, qui, dit-on, s’efforce de faire entrer dans son trust certaines mines de cuivre importantes, mais qui ne peuvent manquer tôt ou tard d’exercer leur effet. P. Sai.uor.
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- FABRICATION INDUSTRIELLE DES PILULES
- Fig-. 1. — Magdaléonier pour la préparation des pilules.
- Selon la définition adoptée par les pharmaciens, les pilules sont des médicaments de forme sphérique et de consistance assez ferme pour ne pas s’aplatir lorsqu’on les manie. On en distingue actuellement quatre sortes : les pilules proprement dites, les bols, les granules et les dragées.
- Les pilules proprement dites ont un volume peu considérable et ne pèsent guère plus de 50 centigrammes. Quant aux bols, ils ne diffèrent des précédentes que par un poids plus élevé et la forme ovoïde qu’on leur donne fréquemment pour faciliter leur déglutition. Mais de toutes façons, une masse pilulaire comprend une substance active et un excipient.
- La matière active est un extrait, une gomme résine, une huile essentielle, une poudre végétale, un sel minéral ou tout autre médicament soit insoluble, soit d’une saveur désagréable qu’on cherche à dissimuler au malade.
- De son coté, la nature dé l’excipient varie selon le rôle qu’il doit tenir dans l’ensemble. On le choisit solide quand il sert à durcir des substances molles; on prend, dans ce cas;' la gomme adragante ou arabique, la mie de pain, le sucre, les poudres de
- guimauve et de réglisse. Tandis qu’on s’adresse à des liquides ou à des corps semi-fluides (glycérine, huile, alcool, essence, miel, etc.) lorsqu’il s’agit de lier des substances pulvérulentes.
- Pour préparer les pilules on triture d’abord les médicaments en y ajoutant, petit à petit, l’excipient jusqu’à ce que la masse offre une consistance convenable et n’adhère plus ni aux parois du mortier, ni aux doigts. Une fois la- masse intimement mélangée, et quand il opère sur de petites quantités, le praticien la divise à l’aide d’un pilulier à main. Cet instrument, en usage depuis longtemps dans les officines, se compose de deux pièces en bois portant chacune une règle métallique dans laquelle se trouvent creusées des cannelures égales et parallèles. L’opérateur met, sur la plus grande de ces plaques qui est fixe, une portion de la substance pilulaire et la comprime en appliquant sur elle l’autre règle mobile sillonnée également de cannelures. Il roule ensuite, entre ses doigts, les pilules réalisées de la sorte et, afin de les rendre régulières, il procède à leur disquage. Cette opéra-
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- tion se pratique au moyen d’un appareil très simple imaginé par M. Yial et qui comporte un plateau de bois à bord élevé sur lequel on met un anneau analogue destiné à recevoir les pilules.
- On presse légèrement sur celles-ci avec un disque qui leur donne rapidement une forme sphérique parfaite. Dans les grandes fabriques de médicaments, comme à la Pharmacie centrale de France où les vues ci-jointes ont été prises, des ouvrières sont employées au disquage des pilules et elles acquièrent, au bout d’un certain temps, une sûreté de mains qui leur permet d’elfectuer ce travail avec dextérité et perfection. Elles se servent parfois d’un
- trop dures, — dans un récipient sphérique en bois renfermant des feuilles d’or ou d’argent et auquel on imprime un mouvement circulaire rapide. On remplace souvent cet ancien procédé par diverses méthodes qui donnent des résultats plus avantageux. Ainsi on verse sur les pilules une solution éthérée de baume de Tolu ou de mastic qu’on répartit uniformément par l’agitation et qu’on laisse sécher à l’air libre. Garot se sert dans le même but d’une solution aqueuse de gélatine et divers praticiens préfèrent le beurre de cacao à tous les enduits, car la couche qu’il forme est imperméable et ne se gerce pas. Dans l’industrie pharmaceutique, on réa-
- Fig. 3. — Fabrication des dragées
- disque à mouvement automatique qui assure encore une plus grande régularité d’exécution.
- Mais, avant d’enfermer les pilules dans les boîtes, il faut y placer de l’amidon, de la poudre de réglisse ou du lycopode qui absorbe l’humidité de leur surface et les empêche de se souder entre elles. Parfois même cette précaution demeure insuffisante et il faut, soit pour les préserver de l’influence des agents atmosphériques, soit pour atténuer la saveur désagréable de certaines pilules, les recouvrir d’une enveloppe.
- L’enrobage, au moyen d’une couche mince d’or ou d’argent, fut, selon M. Andouard, inventé par les Arabes. Il consiste à jeter les pilules, — préalablement enduites d’un peu de sirop, si elles sont
- i. (Pharmacie centrale de France, usine de Paris.)
- lise les pilules à l’aide de moyens mécaniques plus expéditifs.
- Une fois la masse pilulaire bien homogénisée, les ouvriers la convertissent en galettes au moyen du rouleau de boulanger, puis la découpent en morceaux rectangulaires, grâce au magdaléonier. Cette machine, sorte de pilulier perfectionné et automatique, lamine la pâte entre deux plaques cannelées qui la découpent en cylindres longs et minces dits « magdaléons ». Ceux-ci, placés dans la poudre de lycopode, afin de les empêcher d’adhérer entre eux, sont ensuite repris un à un, puis, engagés dans les rainures du magdaléonier, ils s’aplatissent, se transforment de nouveau en cylindre, en passant entre deux galets horizontaux cannelés. Enfin, après
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- découpage en fragments de longueur toujours ('gale, le magdaléon pénètre dans la partie centrale de l’appareil, constituée par deux disques en cuivre portant huit ou douze cannelures hémisphériques dont les cavités se correspondent exactement. Le plateau inférieur reste fixe alors que, par suite de la rotation du disque intérieur, le magdaléon se fragmente en 8 ou 12 petits morceaux exactement, sphériques. L’ouvrière, que la gravure ( 11 g. 1) représente à l’œuvre, fournil de 80 000 à 100 000 pilules par jour !
- Enfin diverses machines ingénieuses terminent la toilette de ces globules médicamenteuses ; les unes les recouvrent d’une couche d’argent, de sucre ou d’un vernis quelconque; après quoi, les autres s’en emparent pour imprimer sur leur surface leur contenu ou le nom de leur fabricant.
- On prépare les granules ou pilules de petit volume en arrosant avec une solution alcoolique médicinale des graines de pavot enrobées de sucre, [mis séchées et enveloppées d’une seconde couche
- de sucre et d’amidon. Toutefois à ces granules, dans chacune desquelles la substance active ne se trouve pas uniformément répartie, le codex substitue des pilules ayant comme excipient le sucre de lait ou mieux, dans tous les cas où cela est possible, les dragées médicinales recouvertes de sucre de la manière suivante.
- On met les pilules dans des bassines sphériques en cuivre tournant sur elles-mêmes avec une vitesse de 50 ù 60 tours il la minute et chauffées à la vapeur. L’ouvrier verse lentement et il diverses reprises du sirop de sucre très concentré dans les récipients en ayant soin de remuer, chaque fois, le mélange.
- L’eau s’évapore graduellement abandonnant sur chaque noyau une mince couche de sucre qui, allant sans cesse en augmentant, finit par le convertir en dragée.
- C’est ainsi que l’industrie moderne fait le plus souvent avaler les pilules ii l’humanité souffrante !
- Jacquks hOYF.it.
- LE MUSÉE D’ETHNOGRAPHIE DU TROCADÉRO
- Quelques incidents récents ont rappelé l’attention trop distraite du grand public sur le musée d’Ethnogra-phie du Trocadéro. Le plus frappant est sa fermeture non maintenue d’ailleurs, suivie de la démission de M. llamy ; mais déjà la fermeture presque constante de quelques salles, la mise « en vacances » temporaire du musée faute de gardiens fixes, avaient manifesté une situation fâcheuse, faite pour alarmer tous ceux qu’attire la jeune science ethnographique, et d’autant plus regrettable que les modifications apportées par l’homme blanc aux civilisations indigènes sont assez rapides pour qu’on prévoie à bref délai la perte de matériaux précieux pour la science. Dans ces conditions, il est intéressant de retracer l’histoire du musée.
- C’est à M. llamy que revient l’honneur de sa fondation en 1878-1879, et d’en avoir fait, dès l’abord, le meilleur musée de ce genre que l’on possédât en Europe. En le créant, M. llamy sut sauver les collections américaines déjà anciennes et celles qu’on put former à l’Exposition de 1878.
- Le manque d’argent — qui en France a paralysé tant de belles initiatives! — vint briser cet essor. L’habileté de M. Flàndrin, malgré le nombre et la rareté des pièces, ne put jamais donner un véritable caractère scientifique à la collection qui concerne l’ethnographie française et européenne. Ni l’intelligente activité de M. llamy, ni le dévouement de M. Hébert, inspecteur des collections, ne pouvaient non plus surmonter des obstacles matériels, indépendants de leur volonté. Aujourd’hui, les plus modestes institutions ethnographiques de l’étranger sont au-dessus de celle qui leur a donné l’exemple.
- Leyde, Oxford, Madrid, Cologne, Brême, Munich, Nuremberg, Saint-Pétersbourg, Copenhague possèdent maintenant des musées franchement supérieurs, au dire de toutes les compétences. Mais l’idée même d’une comparaison devient impossible lorsqu’il s’agit des énormes collections des
- musées américains (American Muséum of Nalural llis-tory, à New York; Field Columbian Muséum, h Chicago; National Muséum, à Washington) ou des collections de Vienne ou de Berlin, le plus considérable du monde européen.
- Partout la cause de la supériorité est évidente, c’est la supériorité des budgets. Nous ne songeons pas à donner ici des chiffres détaillés, mais quelques données numériques feront cependant, plus éloquemment que tout verbe, apprécier les différences.
- En 1906, le budget du musée du Trocadéro était de 23500 francs. Sur ce chiffre, il va de suite 19 770 francs au personnel (conservateur-administrateur, conservateur, inspecteur, un brigadier et trois gardiens, quelques auxiliaires).
- Des 3530 francs qui restent, il en faut 1000 pour le chauffage et le vêtement, et la différence, 2580 francs, est affectée aux emplois suivants : fournitures de bureau, achats de collections, entretien ! La seule mission Foureau-Lamy a rapporté de quoi garnir pour plus que cette somme de vitrines.
- Au lieu de cela, le musée de Berlin a un budget d’environ 172 000 marks, soit 255 000 francs. Si l’on déduit de cette somme le traitement d’un personnel très complet et composé uniquement de spécialistes (1 directeur à 8000 marks, 5 à 6000, 1 sous-directeur pour l’Extrême-Orient à 5000, 1 directeur de l’anthropologie préhistorique à 6000, 11 assistants et auxiliaires de 1000 à 5000 marks, plus une armée de garçons, mouleurs, comptables, commis), il reste près de 100 000 francs disponibles pour la besogne que nous faisons — ? — avec 2580.
- On ne saurait espérer pour le musée du Trocadéro des budgets comme ceux-là, ni comme ceux d’Amérique, où ils se chiffrent par centaines de mille francs! Mais il faut assurément qu’une réforme intervienne et que la bonne volonté — qui jamais ne fait défaut en France — ne soit
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- pas à se ronger les poings faute de moyens d’action1.
- L’ethnographie devient chaque jour une science plus importante — et tous les gouvernements le comprennent, — non seulement comme pure science, mais comme moyen de puissance coloniale, — par les données précises qu’elle fournit aux politiques.
- Aujourd’hui, les populations non civilisées sont en pleine rise. Civilisation croissante, ouhli des usages, des outils, des costumes, tout marque leur déclin. Si l’on ne veut rrémédiahlement perdre les documents qui subsistent, il faut d’urgeuce les recueillir et les classer. Si l’on attend seulement vingt ans, il faudra dépenser des sommes folles pour accomplir une œuvre que l’état actuel de la science rend indispensable et dont la nécessité s’accroît chaque
- année. Augmentation du personnel, de son traitement, augmentation considérable du budget d’achat — qu’il faudrait porter à 90 000 francs, — telles sont les mesures nécessaires. Ainsi seulement la France pourra se faire honneur d’un bureau d'ethnologie qui ne sera pas indigne de ceux de ses rivales dans l’activité scientifique. Nous savons que Comte a cru jadis pouvoir donner comme une loi que les découvertes se font uniquement dans les laboratoires sans argent. Si, en France, beaucoup de découvertes ont été faites ainsi, c’est en ruinant les savants qui y travaillaient. Et encore avaient-ils à leur disposition quelques matériaux, si précaires qu’ils fussent. Au Trocadéro, l’argent est si rare qu’on n’a personne pour montrer ceux qu’on possède. .l,-P. Lafitte.
- LES TRAVAUX GIGANTESQUES DE NEWCASTLE
- Construite dans une région coupée de vallées et de ravines, la ville de Newcastle-on-Tyne, l’une des cités les plus industrielles du Royaume-Uni, voyait son développement menacé par l’état même de son sol. Pour rester en communication avec ses populeux faubourgs, il lui fallait, au prix de dépenses énormes, jeter des viaducs pardessus les vallées avoisinantes. Et ces ponts devenaient bientôt trop étroits pour assurer la rapide circulation des véhicules et des piétons.
- Nécessité est mère de l’invention. Newcastle se vit bientôt obligé de choisir entre deux projets pour améliorer ses communications avec Hatou et Byker, deux faubourgs où vit le quart de sa population : élargir le Byker Bridge ou construire un second viaduc. Ce fut un troisième projet qui l’emporta : le comblement de la ravine de l’Ouseburn, qui, de sa profondeur de 55 m. et de scs pentes Vaides, séparait la ville de ses faubourgs.
- Les ingénieurs anglais n’hésitent pas à reconnaître le caractère grandiose de l’entreprise, entrée en voie d’exécution depuis le mois de mars dernier. Le projet en lui-même date de près d’un demi-siècle;
- 1 Le bureau d’ethnologie de la Smitlisonian Institution reçoit par an 50 000 dollars (150000 francs), dont'54 000 sont aifectés aux traitements, 3000 aux achats, 2700 aux frais de voyage. En plus le Department of anthropology (National muséum) de la même Smitlisonian a un budget annuel, lui aussi, de 50 000 dollars. En 1004, il y a eu 975 000 en-
- il fut conçu par un alderman de Newcastle, mais la municipalité de l’époque s'effraya de la grandeur de la tâche. Enfin, le conseiller Thomas Cairus, déterrant l’an dernier des archives ce projet hardi, triomphait des hésitations de ses collègues en montrant
- que le comble-ment de la vallée rendrait inutile la construction d’un viaduê, et, du même coup, créerait au centre précis de l’agglomération un vaste emplacement, où s’élèverai ont bientôt des maisons de rapport. Le viaduc aurait coûté 100 000 liv. (2500000fr.). Il est vrai que le comblement du ravin d’Ouseburn coûterait près de 170000 liv. (4250000 fr.). Mais les 170000 yards carrés de terrain plan qui se substitueraient à la malencontreuse ravine représenteraient avant quarante ans une fortune de près de 2 milliards (1 900000000 fr.). Qui eût pu résister à la magie de ces chiffres ?
- M. l’ingénieur F. J. Edge, à qui fut confiée l’élaboration du plan définitif, eut à vaincre une première difficulté. La ravine sert de lit à un ruisseau, l’Ouseburn, qui se transforme parfois en un torrent impétueux. 11 importait donc de s’occuper avant
- trées d’objets. En ptus, il y a des budgets, considérables, des institutions citées plus haut, et enliri, en outre, l’apport des Mécènes, espèce trop rare en France : ainsi la seule exploration, qui porte le nom de Jesup expédition, a coûté 700 000 dollars à M. Jesup : 5 500 000 francs. Les résultats ont été publiés en 12 volumes in-folio.
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- tout de l’écoulement de ses eaux jusqu’à la vallée voisine, le Jesmond-Dene. On résolut de détourner l’Quseburn et de remplacer son lit par un cul-vert, ou rigole close, sur lequel on pourrait entasser, sans danger d’infiltrations ou d’irruption, les déblais et terres rapportées. La construction de cet ouvrage marqua le début de l’entreprise; à l’heure où paraîtront ces lignes, il sera très avancé.
- Comme on peut s’en rendre compte, grâce à une de nos photographies (fig. 2), le culvert, au lieu d’être circulaire ou elliptique, a une forme parabolique ; cette disposition lui permettra d’offrir plus
- de tension variant entre 28 et 32 tonnes. La distance maxima entre deux barres consécutives est d’un pied. La quantité d’acier nécessitée pour la construction du tunnel est évaluée à 850 tonnes. Placées bout à bout, les barres formeraient un ruban qui s’allongerait de Newcastle jusqu’à Paris.
- La construction du culvert a commencé en juillet dernier ; fin novembre, il était terminé sur une longueur de 400 pieds. On calcule qu’il ne pourra pas recevoir les eaux de l’Ouseburn avant décembre 1907. Les travaux ont été retardés par la nature du sol; sur une distance de plusieurs centaines de
- Fig. 2. — Vue en élévation de ladite rigole close. Mode de construction.
- de résistance à la pression énorme des déblais, quand il sera enfoui sous une masse de terres épaisse de 35 m., sans parler des maisons de rapport que l’on construira, comme nous l’avons dit, sur l’emplacement.
- Les dimensions seront les suivantes : longueur, 700 yards; hauteur, 23 pieds; largeur intérieure, 32 pieds ; superficie d’une section en coupe, 477 pieds carrés. En dépit du poids énorme qu’elles auront à supporter, les murailles n’ont qu’une épaisseur de 8 pouces à la couronne, de 14 pouces sur les côtés.
- Les constructeurs ont eu recours au procédé du ciment armé. Les baguettes d’acier varient de diamètre entre.5/16 et 1 1/2 pouce, avec un maximum
- pieds, on a rencontré une terre molle qu’il a fallu enlever jusqu’à une profondeur de 13 pieds, pour la remplacer par du ciment armé.
- Nous devons ajouter ce détail que le culvert, qui suit forcément les sinuosités de la ravine, affecte la forme d’une S.
- Dès maintenant, on procède au comblement partiel de la ravine, en ce sens qu’elle est devenue une décharge publique où les charretiers peuvent vider leurs tombereaux de graviers. Mais il faudra beaucoup de ces charges de débris pour combler la ravine ; où trouvera-t-on les trois millions de yards cubiques jugés indispensables? Y. Forbin.
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- CONCOURS INTERNATIONAL DES POMPIERS A MILAN
- Fig. 1. — Mise en batterie des pompes sur la place de l’Arena, à Milan.
- Parmi tous les concours internationaux, qui eurent lieu à. l’occasion de l’Exposition de Milan, un des plus originaux fut celui des pompiers. Le 5 juin 1906, l’élite des '« soldats du feu » d’Italie, de France, d’Angleterre, de Suisse, etc., se trouvait réunie sur la grande place de l’A-rena. Le président de la Confédération Helvétique, M. For-rer, et le lord maire de Londres rehaussaient par leur présence l’éclat de la solennité. On avait construit une haute maison en bois pour servir aux manœuvres des équipes des différents pays. Les spectateurs applaudirent d’abord aux Flg'1 ~ Ex01
- exercices de corde dans lesquels se distinguèrent
- les pompiers lombards et français, d’une vertigineuse agilité. Puis on mit en batterie une vingtaine de pompes à vapeur, et ces grandes eaux d’un nouveau genre eurent beaucoup de succès. Tous ces monstres haletants lançaient des torrents liquides, dans un crachement de fumée et de vapeur !
- Les engins de lutte contre l’incendie ne sont pas aussi uniformes qu’on pourrait le supposer. Chaque nation possède une organisation différente et des machines de tous systèmes. Les longues échelles des équipes parisiennes pèsent jusqu’à 600 kg et, oices de corde. malgré leur poids, il
- suffit de 25 secondes pour les dresser. Les hommes
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- lournenl une manivelle, .la première .fraction de l’échelle, puis la seconde et la troisième montent à 15 et 20 m. de hauteur.
- Ensuite du haut de ces postes, les sapeurs, la lance à la main, combattent le brasier. A Londres, la « Metropolitan lire brigade » dispose de 150 pompes à bras, de 12 pompes à vapeur et de quelques pompes automobiles. A New-York, on est parvenu à obtenir une remarquable promptitude dans les secours. Un millier de boites, peintes en rouge et disposées sur des perches de 16 m. de hauteur, relient les quartiers de la ville au bureau du « lire-department ». Sitôt qu’un signal d’alarme a retenti, hommes, chevaux ou moteurs d’autos s’apprêtent 5 partir. Les pompes pourvues de leurs cloches s’ébranlent et, comme chez nous, tous les véhicules, à l’exception des malles-postes, doivent se ranger sur leur passage. En Allemagne et en Autriche les échelles d’incendie automobiles sont nombreuses et très perfectionnées 1.
- Au concours de Milan, on essaya également le système pour l’extinction des incendies imaginé par Nazari Maltarelli. Mais le « clou » de la réunion internationale fut l’embrasement volontaire de la maison eu bois. En un instant, une fumée dense et noire emplit l’Arena, faisant croire à quelque éruption volcanique calmée d’ailleurs en peu d’instants grâce aux pompiers milanais si bien entraînés et si bien commandés par le chevalier Goldoni. Aussi les trente mille spectateurs de ce sinistre « pour rire » s’en allèrent satisfaits, en commentant les progrès réalisés dans l’art de combattre le leu.
- Malheureusement quelques-uns de ces engins ne tardèrent pas à être expérimentés réellement. Dans la matinée du 5 août 1906, un incendie se déclara dans le Palais des Arts décoratifs qu’occupaient les sections italiennes et hongroises. En peu de temps, et malgré l’organisation rapide des secours, des merveilles artistiques, estimées une dizaine de millions, furent anéanties par les llammes. J. B.
- L’ACOUSTIQUE DES SALLES
- pour la voix parlée
- Le problème de l’acoustique des salles pour la voix parlée est des plus complexes ; il est très difficile de prévoir les qualités acoustiques d’une salle. M. Marage a présenté récemment à ce sujet, à la Société française de physique, quelques considérations 1res intéressantes ainsi que les résultats d’un certain nombre d’expériences.
- Dans une salle où se produit un son continu régulier, on peut entendre : 1° l’onde primaire qui vient de la source ; 2° des ondes diffusées en grand nombre et renvoyées par les parois, produisant le son de résonance ; 5° des ondes réfléchies régulièrement par les parois et donnant naissance à des échos distincts.
- Une salle sera bonne au point de vue acoustique, si elle ne présente pas d’écho, et si le son de résonance est assez court pour renforcer le son qui l’a produit, sans empiéter sur le son suivant. Selon la durée du son de ré-
- 1 Yoy. u° 1747, du 17 novembre 1906, p. 397.
- souance, l’acoustique sera donc bonne ou mauvaise.
- M. Marage a étudié le son de résonance avec la sirène à voyelles qu’il a déjà présentée à la Société. 11 a donc substitué à la voix naturelle une vibration synthétique dont il a pu déterminer exactement la hauteur, l’intensité et le timbre. M. Marage a effectué ses expériences dans six salles differentes, 4 à la Sorbonne, la salle de l’Académie de médecine et la salle du Trocadéro. Dans les amphithéâtres de la Sorbonne, le son de résonance ne dure que 0,9 seconde pour tous les sons. Dans la salle de l’Académie de médecine, le son de résonance était trop grand au moment de l’inauguration; mais les tentures que l’on a mises l’ont amorti en grande partie et sa durée n’est plus que de 0,4 seconde. M. Marage arrive dès lors à déterminer les conditions dans lesquelles doit se placer un orateur pour se faire comprendre dans une salle dont l’acoustique est défectueuse. Au Trocadéro, par exemple, l’orateur doit parler très lentement en espaçant les mots, sans jamais forcer la voix; il ne doit pas parler plus fort que s’il se trouvait dans l’amphithéâtre de Physique de la Sorbonne. La salle du Trocadéro renferme 4500 auditeurs et a un volume de 05000 mètres cubes; l’amphithéâtre de Physique de la Sorbonne contient 250 auditeurs et jauge 800 mètres cubes. J. L.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3i Décembre 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Un mammifère inconnu. — M. Edmond Perrier présente une Note de M. Gravier relative à une espèce d’antilope non décrite jusqu’à ce jour que M. Maurice de Rothschild a rencontrée en Abyssinie. Cet animal offre cette particularité qu’il porte entre les deux cornes une touffe de poiles de telle sorte qu’il paraît avoir trois cornes.
- M, Maurice de Rothschild lui a donné le nom de Cepluilo-phus Leopoldi. C’est une antilope de grande taille.
- jMagnétisme et ferro-magnélisme selon le principe de Curie. — M. Yiolle présente une Note de M. Weiss, professeur au Polylechnicum de Zurich, surlemagnétisme faible et sur le ferro-magnétisme développé selon le principe posé par Curie. 11 arrive ainsi, par des considérations d’ordre purement physique, à des conclusions qui s’accordent avec les faits auxquels ont conduit les éludes chimiques sur les différentes espèces de fer (fers a, p, y, ô) et en particulier avec les résultats des dernières ^recherches de M. Osmond.
- Le traitement du charbon chez certains animaux. —
- M. Roux expose que M. Andrés Llobet, ayant eu l’occasion de constater les heureux effets du traitement de la pustule maligne par des ingestions de solutions iodées, a eu l’idée d’appliquer ce mode de traitement à la maladie bactérienne du charbon. Il a d’abord expérimenté sur le lapin. Deux fois par jour il introduisait, dans l’estomac d’un lapin infecté du charbon, une solution contenant 6 à 8 milligrammes d’iode. Alors que les animaux témoins non traités meurent rapidement, les lapins soignés par l’iode guérissent. Mais il est nécessaire de continuer le traitement pendant trois jours après la guérison si l’on veut éviter que la maladie ne réapparaisse. L’auteur n’a pas obtenu * de résultat favorable sur la chèvre et le mouton. Le fait s’explique si l’on se reporte à la conformation stomacale.
- IJ amertume des vins. — M. Roux résume ensuite un travail de M. Trillat sur la maladie des vins qui leur eom-
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- mimique une saveur amère. Pasteur a démontré que la maladie de l’amertume était occasionnée par un microbe. On croyait qu’elle était due à un produit élaboré par le microbe. L’auteur démontre qu’il n’en est rien. L’amertume est due à la production, sous l'influence du microbe, d’aldéhyde acétique qui, en présence de l’ammoniaque, se transforme et communique au vin la saveur amère. Il a pu donner artificiellement l’amertume à du vin parfaitement exempt de microbe.
- Procédé de conservation et de contrôle de la pureté du chloroforme. — M. d’Arsonval communique un travail de MM. llreteau et Woog, relatif à la conservation du chloroforme et au moyen de constater d’un simple coup d’œil l’état de pureté de cette substance. Le liquide se décompose, en effet, sous l’inlïuence de l’air et de la lumière en acide chlorhydrique et en phosgène, produit très toxique. Les auteurs ont recherché si l’addition de certaines substances au chloroforme ne permettraient pas de le conserver inaltéré à la lumière diffuse, sans qu’il soit nécessaire de le mettre en bouteilles de verre coloré. Ils ont trouvé plusieurs substances qui remplissent ce but, et qui sont efficaces à la dose de 2 à 4 millièmes: l’essence de térébenthine, le blanc de baleine, le menthol, etc. Partant de ce fait que la plus légère altération du chloroforme se manifeste par l’apparition de produits chlorés, ils ont observé que certains produits, le rouge Congo notamment, pouvaient par virage ou décoloration servir d’indicateurs très sensibles. Une seule goutte de solution saturée de rouge Congo, ajoutée à quelques centimètres cubes de chloroforme ayant subi un commencement d’altération, donne aussitôt le virage au bleu, alors que le procédé d’essai par la solution aqueuse de nitrate d’argent ne donne pas encore d’opalescence. MM. llreteau et Woog, après de laborieuses recherches, ont été conduits à introduire dans, des flacons de verre non coloré, contenant du chloroforme en conservation, une rondelle de moelle de sureau teinte avec du rouge Congo. Cette rondelle constitue un indicateur extrêmement sensible, grâce auquel le chirurgien peut utiliser l’anesthésique avec une sécurité plus grande.
- Election. — M. Edmond Becquerel est élu vice-président pour 11)07, par 45 voix.
- Séance du y Janvier 1907.
- Présidence de MM. Poincaré et Chauveau.
- Transmission de la présidence. —Après le dépouillement de la correspondance M. Poincaré donne lecture de l’état des impressions de l’Académie au 31 décembre 1906*, de l’état des changements survenus en 1906 parmi les membres et correspondants ainsi que parmi les académiciens libres. Puis, après un court remerciement, déclare transmettre ses pouvoirs à son successeur. M. Chauveau débute aussi par des remerciements, puis constate que le silence pendant les communications n’est pas la règle habituelle et signale les avantages qui résulteraient d’un changement d’usages.
- Commande d’appareils à distance. — M. Cailletet décrit un nouvel appareil de télémécanique ultra-rapide qui présente un grand progrès dans celte intéressante question. Cet appareil, dû à un ingénieur français M. Gustave Gabet, permet, grâce un à principe électromécanique nouveau, un contrôle des commandes perçues en même temps qu’il donne à l’opérateur le moyen d’annuler tout effet perturbateur provenant d’ondes étrangères. Ce dernier point présente une importance capitale;
- il est l’écueil des procèdes de commande à distance des divers appareils mécaniques, car on sait que les systèmes actuels de télégraphie sans fil 11e protègent pas d’une façon efficace les appareils récepteurs des ondes contre les émissions provenant de postes étrangers. Appliqué à la télémécanique avec fil l’appareil permet de n’employer qu’un seul fil de ligne pour des opérations à distance qui à l’heure actuelle en nécessiteraient plusieurs.
- La conservation des œufs. — M. A. Gautier présente une Note de M. de Loverdo sur la conservation des œufs par le froid. Les poules pondent abondamment pendant la belle saison et 11e ponienl que très peu pendant l’hiver. L’obligation de conserver les œufs de poule s’impose donc. En France on emploie surtout à cet elfet la chaux. Celle-ci n’empêche pas l’altération aussi complètement que le froid. C’est pourquoi la valeur des œufs conservés par le froid dépasse de 50 pour 100 celle des œufs gardés dans la chaux. Les conditions les plus propices sont les suivantes : degré hygrométrique constant et égal à 78, température de —1°. L’œuf 11e gèle qu’à —3°. Il est fort difficile de maintenir le degré hygrométrique constant. Une forte évaporation enlève à un millier d’œufs 50 litres d’eau. Aux Etats-Unis on conserve par le froid un milliard et demi d’œufs; en France ce procédé est loin d’avoir pris cette extension.
- La distillation des (dliatjes d'urgent. — M. Moissan présente, en collaboration avec M. Tosio Watanube, une Note sur la distillation au four électrique des alliages d’argent et de cuivre, d’argent et de plomb, d’argent et d’étain. Si l'on produit la distillation d’un même alliage avec un môme courant dans des temps variables, on reconnaît qu’il se forme un alliage déterminé de cuivre et d’argent à très haute température parce que l’argent distille beaucoup plus rapidement que le cuivre. D’autre part, les auteurs montrent que le plomb est beaucoup plus volatil que l’argent et que le point d’ébullition de l’étain se trouve au-dessus de celui du cuivre et de celui de l’argent, ce qui est inattendu.
- Chimie organique. — M. Moissan présente ensuite une Note de M. Carré sur la réduction alcaline de la para- et de la méta-nilrobenzophénone au moyen de la soude caustique et du zinc. Cette réduction ne peut être complète sans qu’il ne se produise, en même temps, une altération de la fonction célonique.
- La faune du Pôle Sud. — M. Edmond l'errier présente une Note de M. Gravier sur la faune du Pôle Sud. Un pouvait s’attendre à trouver au Pôle Sud une faune analogue à celle du cap Horn. Il n’en est rien et le nombre d’espèces du cap Horn est restreint au Pôle Sud. Mais l’on y rencontre diverses espèces identiques à d’autres propres au Pôle Nord. On ne rencontre ces espèces ni dans les régions superficielles, ni dans les profondeurs abyssales des mers qui séparent les deux pôles, de telle sorte que le lien des deux faunes polaires n’existe pas aujourd’hui.
- Les pseudo-végétations. — M. d’Arsonval dépose une Note de M. Stéphane Leduc dans laquelle l’auteur constate qu’il a rappelé les expériences de Traube dans une précédente communication faite à l’Académie des sciences.
- La prochaine éclipse de soleil. — M. Janssen communique un télégramme daté de Tachkcnd, dans lequel M. Slefanik, chargé de mission de l’Observatoire tle Meudon, annonce que les instruments qui doivent lui servir à l’observation de l’éclipse du soleil du 15 janvier sont arrivés intacts et qu’il va pouvoir s’installer à Ura-tueben. Cu. de Yilledeuil.
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- LA NATURE.
- BAROMÈTRE ENREGISTREUR DE MM. CHAUVIN ET ARNOUX
- Depuis plusieurs années déjà, le baromètre enregistreur tend à se substituer au baromètre anéroïde ordinaire ; il présente, en effet, sur celui-ci de nombreux avantages, notamment d’écrire Yhistoire de la pression barométrique. On sait combien il est important, lorsque survient un tourbillon atmosphérique, trombe ou tornado ou cyclone, non seulement de suivre toutes les variations de la pression atmosphérique, mais d’en connaître aussi la vitesse de variation. 11 est alors permis de déterminer aussitôt l’intensité et la vitesse de progression du mouvement cyclonique, ce qui est une notion essentielle pour l’étude du phénomène, et qu’un baromètre ordinaire ne peut faire connaître, même en ayant l’appareil constamment sous les yeux.
- MM. Chauvin et Arnoux viennent de construire un nouveau baromètre enregistreur, dans lequel ils ont apporté de très heureuses modifications. Ce baromètre, que montre la figure ci-jointe, se compose d’un groupe de 8 boîtes métulli-ques circulaires à fond cannelé, de 4 centimètres de diamètre, vissées les unes sur les autres en colonne verticale, et dans lesquelles on a fait le vide. Elles ajoutent leurs déformations qu’un levier transmet à une longue aiguille portant une plume à son extrémité.
- La pression exercée par l’atmosphère est équilibrée par un ressort en lame d’acier contournée et large ; le ressort est disposé au-dessus des cuvettes, comme on peut le voir à gauche delà figure. Les constructeurs ont pris de nouveau cette disposition d’un ressort antagoniste au dehors qu’avait imaginée Vidi dans son baromètre anéroïde, pour remédier à un grand inconvénicn t.
- lies ressorts de faibles dimensions, placés à l’intérieur des cuvettes, se rendent peu à peu (c’est l’expression consacrée) et s’affaissent sous l’elïort des 12 à 15 kilogrammes que l’atmosphère exerce sur eux. L’instrument est souvent déréglé et on est obligé de comparer fréquemment ses indications à celles du baromètre à mercure. Cet inconvénient est évité en mettant le ressort au dehors ; car on lui donne alors des dimensions suffisantes pour
- qu’il ne se rende, on peut môme ajouter sur le ressort une petite vis qui sert au réglage.
- Avec le baromètre enregistreur, il importe surtout de suivre toutes les phases d’un phénomène, d’inscrire au besoin toutes les variations pendant plusieurs jours de suite sans aucun arrêt ni aucune interruption, afin d’avoir sous les yeux toute la succession des diverses inscriptions sans aucune solution de continuité. MM. Chauvin et Arnoux ont adopté un arrangement particulier qui donne toute satisfaction.
- La bande de papier a été disposée de façon à permettre cet enregistrement. Etant gommée à l’une de ses extrémités, elle peut se coller sur l’autre extrémité et constituer de cette façon une manchette de papier, une sorte de courroie sans fin. Elle est alors tendue entre deux cylindres de petit diamètre ayant une hauteur égale à lalargeur de la bande et dont l’un est actionné par l’axe même du barillet sur lequel il est monté à frottement dur. 11 se déroule a i n s i constamment sous les yeux l’histoire barométrique de 3 jours inscrite sur une longueur de 12 centimètres. On remarquera que le mouvement d’horlogerie est fixe, tandis que l’axe du barillet du mouvement et par suite le cylindre d’entraînement effectue exactement un tour en 24 heures. Les constructeurs en ont profité pour le munir d’un cadran cylindrique mobile qui indique l’heure à son passage devant une aiguille fixe. Le mouvement d’horlogerie est également muni d’une barrette de remontage, que l’on peut voir à la partie inférieure de l’appareil, et qui permet de le remonter à tout moment sans aucun dérangement, ni déplacement pour la bande de papier pendant le remontage. La marche du mouvement est d’une huitaine de jours.
- Ces heureuses améliorations nous semblent de nature à rendre plus précieuse encore, s’il est possible, l’utilisation du baromètre enregistreur pour l’étude des phénomènes météorologiques.
- J. Laffakguf.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- baromètre enregistreur de MM. Chauvin et Arnoux.
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- N0] 1756.
- 19 JANVIER 1907.
- LA NATURE.
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- LES FORÊTS PÉTRIFIÉES DE L’ARIZONA
- Il faut féliciter hautement le gouvernement Américain de s’être cnhn décidé à prendre sous sa protection la fameuse forêt pétrifiée de l’Arizona, cette merveille naturelle du Nouveau Monde dont La Nature a entretenu autrefois ses lecteurs1.
- En eux-mêmes, les arbres pétrifiés ne constituent pas une rareté. On en trouve un peu partout, même en France. Les environs du Caire en présentent de remarquables exemples. Des fouilles récentes en ont mis à jour en Algérie et en Tunisie de beaux spé-
- de troncs pétrifiés que les brusques changements de température firent éclater, les réduisant en fragments dont la longueur varie entre 0,60 m. et 7 mètres.
- Les pièces les plus remarquables sont, à coup sûr, les troncs qui ont bravé, au cours des âges, les intempéries des saisons : on en cite plusieurs qui ont une longueur de 70 mètres, avec un diamètre moyen de 1,35 m. Celui que représente notre photographie est désigné sous le nom de Petrified Bridge. Ses deux extrémités, qui forment pont, reposent sur les bords
- Forêt pétrifiée de l’Arizona.
- cimens. Mais on ne saurait rien comparer de tout cela à ce qu’offre le désert de l’Arizona.
- Ce ne sont pas des cas isolés qu’on y rencontre, mais bien une forêt entière, qui occupe le fond d’une vallée longue de plusieurs lieues, large de près d’un kilomètre, profonde de quinze à vingt mètres.
- La région est désertique ; les pentes de cette vaste excavation ne présentent qu’une végétation rachitique ; le sol est constitué par du sable et de la glaise, et des débris de pétrifications jonchent sa surface.
- On trouve des bois de toutes grosseurs, de toutes dimensions. Çà et là se dressent des buttes formées
- 1 Yoy. n°lli7, du 27 octobre 1894, p. 538.
- 35e année. — 1er semestre.
- d’un précipice assez profond. On l’appelle aussi le « mât de calcédoine » ou le « pont d’agate ».
- Réellement, ces végétaux fossiles ont subi une pétrification si complète que leur cœur s’est transformé en agates et en calcédoines dont la valeur marchande est considérable. On comprend dès lors que les États-Unis se soient préoccupés de protéger ces merveilles naturelles contre la rapacité de certains industriels.
- Les savants américains croient que ces arbres pétrifiés appartiennent à une espèce de conifères qui a disparu depuis longtemps de la surface de la terre. D’après eux, le sol de l’Arizona actuel subit, à une période fort reculée, une dépression qui amena l’invasion des eaux de l’Océan.
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- LA NATURE.
- Les arbres qui couvraieul le sol subirent des destinées diverses. Les essences les plus légères furent emportées au loin par les courants; les autres, plus denses que l’eau salée, jonchèrent le sol; et, peu à peu, le sel et le sable les enveloppèrent d’une concrétion compacte.
- Les centaines de siècles plus lard, le sol se souleva et les eaux se retirèrent. Un nouveau travail des forces naturelles commençait. Sous l’action du froid, de la chaleur, de la pluie et des inondations, le revêtement se désagrégea lentement, et la forme des arbres se dessina de nouveau, sous les débris de leurs cuirasses mulli-séculaires.
- Ajoutons que de récents travaux ont permis de reconnaître que cette vallée avait été jadis habitée par une population qui avait atteint un degré de civilisation assez avancé. On y a trouvé, en 1901, les vestiges de temples dédiés au soleil.
- J. Luka.m).
- LA NON=CONTAGIOSITÉ DE LA PELADE
- Mon ami, le Dr Jacquet, a dù éprouver un sentiment de satisfaction profonde en lisant ces jours-ci le rapport de son collègue, M. Duguet, au Conseil d’hygiène. Depuis tantôt dix ans, en véritable apôtre, il combat avec ardeur et opiniâtreté contre la doctrine ancienne qui faisait de la pelade une maladie éminemment contagieuse. Il a accumulé les expériences, les observations précises; il a contrôlé, vérifié les assertions soi-disant contraires, épluché avec un soin méticuleux les prétendues épidémies. Rares étaient ses partisans au début; peu à peu la phalange des non contagieux s’est augmentée et aujourd’hui le médecin de l’hôpital Saint-Louis voit ses idées adoptées, que dis-je, prônées du haut des tribunes officielles.
- La pelade n’est plus contagieuse et le Conseil d’hygiène a biffé l’article du règlement qui éloignait des écoles, pendant un temps indéterminé, les enfants atteints de cette maladie. C’est une affection tenace, rebelle, très fréquente, mais qui n’est ni parasitaire, ni contagieuse. Elle se manifeste à tout âge, mais surtout à l’époque de l’enfance et de l’adolescence. Sans cause appréciable, il se forme, sur un point du cuir chevelu, une plaque blanche de calvitie, les poils tombent et la peau devient glabre, luisante, comme le crâne des vieux chauves; autour de la plaque, les poils sont plus friables, plus cassants. La plaque peut être unique et rester telle toujours; d’autres fois — et c’est le cas le plus ordinaire — elles sont multiples, de grandeur variable d’une pièce de 50 centimes à une pièce de 5 francs.
- Pendant longtemps, sous l’empire des doctrines formulées par un dermatologiste de marque, Razin, on crut à la nature parasitaire de la maladie. On décrivait le parasite que Gruby avait découvert et dénommé Microscoporon Audhouini ; c’était, à n’en pas douter, l’agent de la maladie. Le parasite pouvait se transmettre ; la casquette d’un peladeux prise par un autre enfant semait, sur sa tète vierge de toute lésion, la semence de la teigne, et le mal pouvait dès lors se propager à foison et constituer ces épidémies d’écoles, de régiments, d’agglomérations.
- Jacquet a eu le mérite de débrouiller la question. La pelade n’a pas pour origine un parasite, c’est une maladie d’origine nerveuse, ce qu’on appelle une tropho-
- névrose. Le surmenage, la fatigue, les mauvaises conditions d’hygiène et d’alimentation préparent le terrain. Survienne une cause irritative locale, et une des plus fréquentes semble être le mauvais état de la denture, et voilà survenir une plaque du cuir chevelu ou de la barbe. A l’époque où j’étais interne à l’hôpital Saint-Louis, un de mes bons amis se découvrit un jour une tonsure superbe et nous tous, ses camarades, de penser qu’il avait pris la teigne dans son service. Mais quelques aimées plus tard, docteur, marié, père de famille, il eut, à trois reprises, à quelques mois d’intervalle, des plaques peladiques de la barbe ; grand fumeur, il avait une stomatite permanente qui devait être l’origine de ces taches décalvantes, vite guéries par les cautérisations à l’acide acétique. Inutile de dire que sa famille, son entourage ne furent jamais contagionnés. Il est un adepte convaincu, de la première heure, des idées de Jacquet.
- Si la pelade était contagieuse, on devrait pouvoir l’inoculer; or, je crois bien que le chiffre des inoculations tentées par Jacquet sur lui-même, sur ses amis, sur des sujets de bonne volonté, dépasse le chiffre de mille, et toutes sont restées négatives. 11 y a eu des épidémies, mais ce sont des épidémies de fausses pelades; nombre de sujets, placés dans des conditions identiques, ont pu voir survenir en même temps des plaques de teigne. Le rapprochement des malades a permis de croire qu’il y avait eu contagion, mais jamais on n’a pu le prouver d’une façon péremptoire.
- La pelade n’a donc rien de contagieux, c’est une maladie à traiter avec le plus grand soin pour éviter une calvitie menaçante et durable; mais on peut renvoyer à l’école, sans danger pour leurs camarades, les enfants atteints de cette maladie. C’est la conclusion du rapport du l)r Duguet et l’abrogation, par suite, des règlements qui interdisaient l’accès de la classe aux petits malheureux affligés de la teigne peladique. l)r A. Cautaz.
- EFFETS DE CERTAINS ÉLÉMENTS
- sur la structure et les propriétés du cuivre
- L’introduction dé certains éléments, même en proportions minimes, altère profondément la structure et les propriétés de certains métaux. Un chimiste anglais, M. Jliorns, a étudié reflet sur le cuivre de la présence de l’arsenic, de l’antimoine, du phosphore, du bismuth et du plomb; quand la proportion de ces éléments est au-dessous de 1 pour 100, le point de solidification du cuivre est abaissé au maximum avec le phosphore, au minimum avec le plomb, qui ne semble former aucun composé chimique avec le cuivre; l’affinité chimique entre un élément et le cuivre abaisse donc le point de solidification en proportion de son intensité. Il se fait un composé avec 14 pour 100 de phosphore, 28,5 pour 100 d’arsenic et 58,5 d’antimoine. Les composés chimiques des métaux étant toujours des corps cassants, la présence d’un constituant fragile dans l’alliage tend à diminuer la malléabilité et le rend plus dur en proportion de sa quantité. On n’a trouvé aucun composé chimique permanent de cuivre et de bismuth; mais, par refroidissement lent, il se sépare de petits globules de bismuth qui interrompent la continuité des cristaux de cuivre et diminuent la malléabilité de l’alliage. 11 eu est de même pour le plomb qui diminue la ténacité.
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- LA SUPPRESSION DU MAL DE MER
- Le mal de mer n’est pas bien dangereux, mais il esl lort désagréable. Gomme on le sait il résulte, surtout, du double mouvement de roulis et de tangage que produisent les vagues sur le navire; d’autres causes cependant peuvent intervenir pour l’atténuer ou le renforcer selon la prédisposition du malade, ce sont : les troubles de la vision occasionnés par la vue inaccoutumée de la mer telle qu’elle se produit à bord du navire, l’inlluence de l’air marin, l’état de nervosité et l’imagination du malade. Jusqu’en ces derniers temps, les remèdes qui ont été proposés pour prévenir le mal de mer ou le guérir ont eu peu de succès. La raison en est qu’ils agissaient presque tous en négligeant quelques-unes de ses causes et en particulier les mouvements du navire. Deux moyens cependant viennent d’être trouvés qui semblent ne point avoir ce vice fondamental ; ils vont redonner quelque espoir sans doute aux terriens endurcis que la crainte du mal de mer, bien plus que les dangers réels de la mer, attache encore au rivage.
- Le premier moyen, imaginé par M. Ollo Schlick, ingénieur en chef du Lloyd de Hambourg, est radical : il supprime complètement les mouvements de roulis et de tangage du navire. M. Schlick utilise la propriété que possède le gyroscope de chercher à conserver son plan de rotation quand une cause perturbatrice quelconque tend à l’en écarter.
- Le deuxième moyen consiste à faire asseoir le malade dans un fauteuil dont le siège esl animé de rapides trépidations verticales. Ce mouvement vibratoire vertical rapide, et de très faible amplitude, se combine avec les mouvements vibratoires lents, et de grande amplitude, du navire pour donner un mouvement résultant très aisément supportable. De plus, comme l’a montré le docteur Ernst Peters, il agit sur toutes les autres causes que nous avons citées.
- Emploi du gyroscope. — Le gyroscope est ici constitué par un volant pesanL (fig. 1) qui tourne rapidement autour d’un axe vertical a placé dans le plan vertical de symétrie du navire; l’arbre a tourne dans des paliers qui font partie d’un cadre b pouvant osciller autour d’un arbre horizontal c dont les paliers font corps avec la coque du . navire et sont situés à peu près à mi-distance de sa longueur.
- Si une vague venant frapper le navire tend à l’incliner, ainsi que le gyroscope, celui-ci en vertu de l’inertie tend à conserver sa position primitive; le moindre déplacement de son axe fait naître alors des réactions dans les supports, c’est-à-dire ici dans la coque, qui s’opposent à l’inclinaison. La résistance au mouvement perturbateur est d’autant plus grande que, toutes autres choses étant égales, la vitesse de rota-.
- lion du gyroscope et son poids sont plus considérables. Comme la vitesse de rotation agit par son carré et le poids du volant seulement proportionnellement à la première puissance, il y a intérêt à augmenter la vitesse du volant plutôt que son poids, de façon à
- diminuer l’encombrement. Malheureusement il y a quelques années, on eût été vite arrêté dans cette voie si l’on s’y était engagé : d’abord par l’impossibilité d’avoir économiquement une grande vitesse de rotation avec des machines motrices à piston ayant un mouvement alternatif; l’emploi de la turbine à vapeur a permis de vaincre celle difficulté. Eût-on arrivé d’ailleurs à de grandes vitesses, elles auraient été dangereuses en raison de la nécessité d’employer des volants en fonte, trop peu résistants, et susceptibles d’éclater aux grandes vitesses sous l’effet de la force centrifuge. Aujourd’hui, l’acier coulé, de forte résistance, remplace avantageusement la fonte, et, à poids égal, permet une vitesse de rotation beaucoup plus grande.
- Les derniers essais de M. Schlick, faits sur un torpilleur déclassé, ont montré que l’emploi du gyroscope ainsi construit était pratiquement réalisable : le gyroscope, actionné par une turbine à vapeur, tournait à 2500 tours par minute; il n’avait qu’un mètre de diamètre et ne pesait pas plus de 470 kilo-
- Gyroseope do stabilisation destiné à prévenir le mal de mer.
- grammes. Le poids mort transporté par le navire parait donc négligeable s’il s’agit d’un paquebot pour voyageurs faisant un trajet très court comme la traversée du Pas de Calais par exemple. Sur un navire de 6000 tonnes, ce poids mort n’excéderait pas 10 tonnes et le diamètre du volant ne dépasserait pas 4 mètres. .
- L’énergie consommée est très faible ; car, en temps normal, quand la vitesse de régime est atteinte, elle ne sert qu’à vaincre les forces passives, c’est-à-dire le frottement des transmissions et des paliers, frottement réduit ici au minimum grâce à l’emploi de paliers à billes ; la douceur du mouvement et l’em-magasinement d’énergie cinétique sont tels que l’appareil, placé à terre, continue à tourner pendant 5 heures après qu’on cesse d’admeltre la vapeur dans sa turbine.
- D’ailleurs les efforts auxquels le gyroscope doit s’opposer lorsqu’il agit pour redresser le navire sont aussi très faibles : on peut s’en faire une idée en remarquant que 20 à 25 hommes, se déplaçant en cadence plusieurs fois de suite d’un bord à l’autre d’un transatlantique, suffisent pour lui donner un mouvement de roulis assez prononcé en eau calme. Il convient en outre d’observer que le roulis se pro-
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- LA NATURE.
- duit sous l’action d’elïbrts beaucoup plus grands que le tangage.
- Les derniers essais de M. Schlick ont montré que l'ellet du gyroscope est immédiat ; dès qu’il est mis en marche, la stabilisation est atteinte; à l’inverse de ce qui se passe pour les fausses quilles, imaginées par M. Thornycrofts, pour combattre le roulis et qui ne commencent à agir que quand l’amplitude et la vitesse d’oscillation sont devenues assez grandes, il agit aussitôt que la perturbation se produit et son action est efficace aussi bien pour le tangage que pour le roulis.
- L’emploi du gyroscope a un inconvénient grave : pour être appliqué sur les navires déjà existants, il exige leur remaniement complet.
- Par lui la suppression du mal de mer est donc bien certaine et complète, mais elle n’apparaît générale que dans un avenir très éloigné.
- Emploi du fauteuil trembleur. — Le fauteuil trembleur ne fournit pas une solution aussi complète que le gyroscope ; car, malheureusement, il reste encore inefficace pour quelques malades, très rares il est vrai; mais il a l’avantage d’être d’une application immédiate sur tous les navires. Ce fauteuil a été imaginé et est construit par l’Ëlecktrizitâtsgesell-schaft Sanitas de Berlin ; il a été essayé avec succès sur le transatlantique Patricia de la Iiambourg-Amerika Linie qui fait la traversée de Hambourg à New-York, et sur le vapeur Peregrine qui fait un service dans la Manche et la mer du Nord.
- Le siège seul est animé d'un mouvement vibratoire; ce mouvement lui est donné par un petit électromoteur placé sous le siège et alimenté par le courant d’éclairage électrique du navire (fig. 2). Le dossier, qui est légèrement incliné vers l’arrière, et les bras sont fixes. Le malade s’assied en appuyant les pieds sur le sol, les avant-bras posés sur les bras du fauteuil et le corps appuyé en arrière contre le dossier. Il dispose d’un commutateur et d'un rhéostat qui lui permettent de mettre très aisément le siège en marche, de l’arrêter et d’en régler le mouvement à sa volonté.
- Le malade s’assied dès quAil ressent le moindre malaise. L’effet obtenu est très différent selon les
- individus : pour la majeure partie d’entre eux, il est immédiat et une séance de quelques minutes suffit pour les débarrasser du mal de mer pendant tout le reste de la traversée. D’autres doivent y séjourner plusieurs heures, et quelques-uns renouveler les séances de temps à autre pour obtenir ce résultat. Il s’en trouve malheureusement pour qui le mal de. mer invétéré caractérise une véritable idiosyncrasie et qui n’éprouvent aucun soulagement. On a pu d’ailleurs rester dix heures de suite sur le fauteuil trembleur, et même plus, sans aucun inconvénient : la trépidation produit une sensation plutôt agréable, assez analogue à celle qu’on éprouve dans une automobile marchant à grande vitesse. Certains malades y ont pris leur repas.
- Le docteur Peters, médecin à bord du Patricia, a étudié soigneusement les effets de ce traitement. 11 ne lui a trouvé aucun inconvénient qui puisse le faire rejeter. Il attribue ses bons effets, non seulement à la composition des mouvements signalée plus haut qui pourrait même n’être que très peu eflicacc, mais ce que le fonctionnement des organes et notamment les perceptions visuelles sont notablement modifiées. On connaît, d’autre part, l’effet anesthésique des mouvements vibratoires (balancement des enfants qu’on veut endormir) ; enfin, l’effet moral produit par les malades radicalement guéris, après une courte séance, agit puissamment aussi sur les sujets très nerveux.
- Le fauteuil trembleur s’adresse donc, plus ou moins, à toutes les causes du mal de mer et atteint simultanément les buts différents que visaient les procédés préventifs ou curatifs essayés jusqu’à présent : l’ingestion de validol, d’anesthésine, d’anti-nausine, de capitol, le port des lunettes à verres rouges, du monocle, les compresses frontales chaudes du docteur Wolff, les instillations d’atropine ou le bandage des yeux du docteur Sharp et même la constriction énergique de l’abdomen par l’emploi d’une forte ceinture, moyen déjà connu au xvie siècle, signalé par Montaigne et préconisé à nouveau par le docteur Legrand. À. GrLcmusT.
- l'io- 2- —Fauteuil trembleur desliné à prévenir le mal de mer.
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- NOUVELLES GRANDES ARCHES EN MAÇONNERIE
- Tool le monde connaît aujourd’hui le pont de pierre de Luxembourg, et l’audace avec laquelle cette arche de 90 m. d’ouverture franchit la vallée profonde que domine l’agglomération luxembourgeoise. Cela a été une admirable démonstration de l'ait des services que peut rendre la maçonnerie en concurrence avec le métal, et alors qu’on la croyait reléguée dans le passé pour les ouvrages de cette importance. Mais maintenant que cet exemple éloquent a été donné par M. Séjourné, l’ingénieur français auteur de ce pont, il semble que, de côté et d’autre, on veuille continuer dans la même voie.
- Tout récemment un de nos lecteurs, M. Costan-tini, de Trieste, nous signalait fort aimablement l’achèvement du chemin de fer transalpin du Tauern, qui raccourcit considérablement la durée du parcours entre Trieste et le centre de l’Allemagne ; et il nous disait son admiration pour un ouvrage de pierre précisément édifié pour donner passage à celte voie ferrée nouvelle : il s’agissait du pont monumental dont nous donnons une vue (fig. 2), et qui se trouve plus exactement sur la section de Trieste à Assling par Goritz, et à la traversée de la vallée de l’Isonzo. Nous avons l’intention de consacrer quelque jour une étude complète à cette ligne ferrée de Tauern; mais nous pensons utile de mettre sous les yeux du lecteur le pont de Salcano en même temps qu’un autre ouvrage de pierre encore plus grand, et qui fait pour- ainsi dire pendant au pont de Luxembourg.
- Le pont de Salcano, qui est volontiers donné par la presse italienne comme la plus grande arche en pierre du monde, en est bien en réalité une des plus grandes, puisqu’il présente une ouverture de 85 m. (lig. 2). On se rend compte de son type de construction, où l’on a eu soin d’alléger l’ouvrage par des arches secondaires multiples, afin de
- diminuer le poids et le volume de la maçonnerie. Celle-ci ne représente pas moins un cube de 1900 m. ; disons, comme détail assez pittoresque, que ce chef-d’œuvre de l’art de l’ingénieur au xxe siècle est entièrement fait de pierre de taille provenant des carrières romaines de Nabresina, près de Trieste.
- Mais voici que la Saxe possède, elle aussi, une arche qui vaut celle de Luxembourg. C’est le viaduc ou pont de Plauen, qui est plus communément désigné par le nom local de pont de Syralhal, de la vallée de Syra, tout simplement parce qu’il franchit cette vallée dans la traversée de Plauen. Si l’on se reporte d’abord à la gravure que nous en donnons (fig. 1), on pourra constater immédiatement que comme aspect général et comme dispositions il diffère très nettement du pont de Luxembourg ; il a du reste son élégance propre, et les petites arcades qui se suivent de part et d’autre en dessous de la chaussée ne sont pas sans contribuer pour beaucoup à l’effet heureux de l’ensemble.
- L’ouverture exacte de cette arche est de 90 m. C’est un véritable monolithe, puisqu’on n’a pas pensé utile de ménager ces articulations qui sont couramment employées aujourd’hui pour les ponts de pierre; on n’était point sûr de l’avantage que cela aurait assuré, et cette disposition majore de beaucoup les dépenses. L’arc affecte une courbe composite tracée avec 5 centres différents : aux naissances, le rayon est de 58,50 m., puis de 30,10 m. aux reins et de 105 m. à la partie supérieure; on peut voir tout de suite que des dispositions ont été prises pour équilibrer les reins de l’arc. L’aplatissement de la partie centrale est tout à fait exceptionnel, ainsi qu’en avertit immédiatement l’œil. Nous n’avons pas du reste même à résumer les calculs minutieux auxquels on s’est
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- livré pour assurer l’équilibre et la stabilité de l’ouvrage.
- Le poids des massifs de fondation est de 15000 tonnes. Les pierres qui ont servi à faire les voussoirs sont du schiste, débité en morceaux d’une épaisseur moyenne de 90 à 120 mm. pour une longueur maxima de 1,01 m.; ce schiste phyllite est une pierre très dure, d’une teinte assez jolie vert olive, dont la densité spécifique à sec est de 2,8, et dont la résistance à l’écrasement atteint 1880 kg par centimètre carré; on comprend que ce point est important dans une construction de cette sorte. Quant au mortier de ciment qui a été employé à cette maçonnerie, sa résistance correspondante, au bout de 28 jours, est de 240 kg, et de 570 au bout de 26 semaines. La résistance à l’arrachement est de 18 kg. L’ensemble de la construction n’a guère réclamé plus de 12 000 m3 de maçonnerie et 12 000 barils de ciment. Le massif naturel, sur lequel est assise la fondation de l’ouvrage, est du schiste de même nature que celui dont le pont est construit, ses stratifications sont inclinées à environ 45°. Il suffit d’enlever la roche décomposée sur une épaisseur de 2 m. à peu près pour atteindre la bonne roche. On coula du ciment de Portland dans les moindres fissures.
- Pour la construction proprement dite, on suivit une méthode fort intéressante, de même que pour l’enlèvement des échafaudages, c’est-à-dire le décin-trement. Tout fut exécuté par les soins et suivant les procédés de la maison Liebold et Cie, de Lange-bruck, près de Dresde. Tous les cintres et les bois dos échafaudages avaient été montés et complètement assemblés dans la scierie de ces entrepreneurs, avant d’être mis en place à Plauen; la base des charpentes venait reposer dans des tranchées ad hoc où étaient disposés des massifs de béton, et elle s’appuyait sur ces massifs par l’intermédiaire de planches en hois tendre surmontées de planches en bois dur. l)e la sorte, la surface d’appui étant grande, le bois tendre n’avait pu céder que faiblement à la compression exercée par le poids de toute la charpente, et enfin de la maçonnerie, pendant que celle-ci s’exécutait. A la fin du travail, ou du moins quand la charpente supporta sa pleine charge, on avait constaté un affaissement de 2 cm. 1/2. Pour décintrer, c’est-à-dire pour supprimer progressi-
- vement à l’arc l’appui qu’il trouve sur les cintres et les charpentes, et s’assurer en même temps qu’il ne se manifeste ni commencement de jeu ou de fissure dans cette maçonnerie, ni affaissement inquiélant laissant supposer qu’elle n’est pas en état de se soutenir par elle-même, on a procédé suivant la méthode Liebold, qui fait précisément appel à ces patins de bois dur sur bois tendre dont nous venons de parler. Au moment voulu, on a supprimé tout ce qu’on a pu du patin de bois dur ; si bien que la charpente ne reposait plus que par une surface très réduite sur les planches en hois tendre. Elle commençait de s’y enfoncer en conséquence; par des coups de scie obliques on réduisit encore celte surface, en lui donnant une forme pyramidale, et l’enfoncement des poteaux verticaux dans le bois tendre avait pour conséquence forcée de faire descendre les cintres, qui abandonnaient ainsi la voûte à elle-
- même.
- De la sorte on n’a constaté dans l’immense arche en maçonnerie qu’un affaissement total et extrêmement minime de 56 mm. Nous avons passé sous silence une bonne partie des détails techniques de construction de cet ouvrage ; mais on voit que l’édification des plus grandes arches en maçonnerie ne présente plus guère de difficultés susceptibles d’arrêter les constructeurs.
- Ajoutons d’une manière plus générale, et comme le rappelait récemment M. Leidbrand, que la construction des ponts voûtés en maçonnerie et de grande ouverture s’est étonnamment développée depuis une vingtaine d’années. Pour prendre le seul exemple de l’Allemagne, qu’il donnait lui-même, et que justifie le magnifique pont de Plauen, on peut dire que, en 1885, il n’existait dans ce pays qu’une voûte unique de plus de 40 m. de portée. Aujourd’hui on en compte 40, dont l’ouverture varie de 40 à 90 m. ; à noter aussi qu’on aborde sans hésitation le surbaissement très marqué en la matière : en 1885 on n’aurait jamais osé descendre au-dessous d’une flèche de 1/8 de la portée, tandis que maintenant un grand nombre de ponts à forte ouverture voient leur flèche s’abaisser jusqu’à 1/11 de l’ouverture. Enfin il faut remarquer que la construction en béton joue un rôle de plus en plus important dans la construction des grandes voûtes.
- Pierre de Mériel.
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- LE SALON DE L’AUTOMOBILE
- Le carburateur Japy est une nouveauté intéressante en ce sens que par sa commande mécanique il s’écarte des sentiers battus. Dans la plupart des carburateurs le fonctionnement devient irrégulier dès que le moteur atteint une vitesse de rotation supérieure à la normale, malgré les entrées d’air supplémentaire qui s’ouvrent lorsque l’allure du moteur augmente; souvent l’essence coule sans cesse quand bien meme l’air continue à obéir à l’aspiration. Le nouvel appareil est commandé mécanique-‘ment par un arbre A actionné lui-même par une liaison avec un arbre quelconque du moteur. Deux pignons d'angle transmettent le mouvement à une pompe centrifuge P tournant dans l’essence que lui envoie le réservoir à llotteur F.
- L’air pénètre dans la chambre de carburation par les orifices 0 et
- pression du liquide et l’entrée d’air sont fonction de cette vitesse. D’autre part le conducteur peut agir sur la came K à l’aide de la manette habituelle et partant sur le registre R, les deux appareils étant solidaires du même axe. En laissant la came dans la position présentée par notre deuxième figure, on nladmeltra pas d’essence, le registre obturant l’entrée du moteur et le débit du pointeau. Mais dès que la came présente sa bosse au doigt H, cette action permet au levier D d’ouvrir un passage à l’essence dans le pointeau par l’intermédiaire du levier J.
- Cet appareil se prête encore à un autre réglage qui permet son utilisation sur des moteurs de n’importe quelle puissance. 11 suffit de déterminer le débit maximum du pointeau en déplaçant le doigt N
- Fig. 1. — N° 1. Refi'oidisseur Mcgevct. — N" 2-5. Vue d'ensemble et coupe de la roue Garcliey. — N0 4. Pont arrière Niclausse.
- 0', ce dernier étant réservé à l’entrée de l’air chaud. L’essence est refoulée par la pompe à travers une rampe tracée dans l’arbre et s’écoule par un pointeau V ; ce débit est réglé à la fois par la vitesse du moteur et par un registre R qui obture plus ou moins la canalisation C vers les cylindres. L’essence et l’air pénètrent donc dans la chambre R ; ils trouvent alors deux petits ventilateurs, constitués l’un par de fines tiges métalliques disposées en ailettes et l’autre par de petites ailettes, qui effectuent un malaxage très intime du liquide et du gaz grâce à leur mouvement de rotation ; de là le mélange passe dans la chambre de ventilateurs SS' d’où il est refoulé dans la canalisation C.
- On comprend que le débit du pointeau Y soit proportionné à la vitesse du moteur puisque la
- sur un petit cadran T ; on le fixe à l’aide d’un écrou. Le butoir N limite alors le déplacement du levier D pendant que le doigt II est amené sur une partie plus ou moins accentuée du profil irrégulier de la came Iv.
- Installé sur un moteur Rariquand et Marre de -25 chevaux, la puissance aurait subi la progression suivante : à 900 tours 32,5 chevaux, à 1050 tours 36 chevaux, à 1175 tours 38 chevaux et à 1350 tours 43,2 chevaux.
- La transmission par chaîne conserve ses partisans, ainsi que celle par cardans ; les constructeurs sont très divisés sur ce point énumérant les uns et les autres toutes les bonnes raisons que l’on connaît. En dehors de ces deux procédés courants il existe aussi des transmissions par vis sans fin, électriques,
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- par ccmrroie et par galets de friction, ces dernières appliquées aux voiturettes dont nous parlerons plus loin. Le point arrière des voitures comprend autant de dispositions qu’il y a de constructeurs. Celui des voitures Niclausse, qui permet le carrossage des roues sans double pont, est suspendu aux ressorts sur deux roulements à billes. On obtient ainsi une rotation du pont — rotation limitée — utilisée pour soustraire la transmission aux chocs de la route qui se transmettent par la roue dentée du différentiel au pignon d’angle et trouvent une résistance sur ce dernier qui devient le point d’appui de ces chocs. Le pont, dont la réaction se fait sur ce point d’appui, se met à osciller, mais le mouvement est limité par un jeu prévu entre deux amortisseurs à ressort.
- Différents amortisseurs tentent de recueillir les suffrages ; l’utilité de ces appareils semble à peu près démontrée, mais ils refusent souvent, dans la pra-
- la rappelle de chaque ailette par un tube spécial et l’envoie ensuite au réservoir.
- Comme les pneumatiques continuent à jouir d’une réputation détestable, mais aussi d’une excellente santé, M. Michelin a imaginé un gonfleur pour supprimer les fatigues inhérentes à la manœuvre de la pompe. Cet appareil n’est applicable que sur les voitures pourvues de moteurs à quatre cylindres, deux cylindres étant affectés au gonflement pendant que les deux autres actionnent les premiers en pompe. A l’aide d’une vanne, placée sur le tuyau d’aspiration, on permet aux deux cylindres non moteurs d’aspirer de l’air pur, lequel pénètre dans le gonfleur constitué par un cylindre de‘
- Voitiircttc Cailleau.
- N* 3.
- Fig. 2.
- — N° 2. Voitureüo Si'/.airc et Nauilin. Châssis Turicnm.
- tique, les services que la théorie leur attribue. Citons, sans nousy arrêter autrement, les amortisseursKrebs, dont sont pourvues toutes les voitures Panhard et Levassor, l’amortisseur Gardy-Batault, la pneumo-suspension Amans, l’amortisseur Renault, la nouvelle suspension Truffault, etc., etc.
- Voici, dans la catégorie des radiateurs, une nouveauté : le « Triplex ». Il ressemble plus à un ventilateur qu’à un radiateur, étant constitué par des ailettes de forme normale. Mais ces ailettes sont faites de tubes de cuivre assemblés sur deux tuyauteries, l’une près du centre de rotation el l’autre à la périphérie. L’eau venant des cylindres du moteur pénètre dans les tubes par leur base; le radiateur étant actionné comme un ventilateur ordinaire par une commande de l’arbre moteur, l’eau se trouve donc chassée dans les tubes par la force centrifuge. Une pompe, placée dans le moyeu même de l’appareil,
- grand diamètre ^terminé par deux petits cylindres.
- Cet étrange corps de pompe renferme trois pistons : un grand et deux petits dont les dimensions sont dans le rapport de 5 à 1. Enfin, les extrémités libres des petits cylindres se terminent chacune par deux soupapes. Le gonfleur agit comme une pompe aspirante et foulante. Si R est porté vers la gauche l’air provenant du cylindre 2 pénétrera dans la chambre D et si ce même piston est chassé vers la droite cet air sera expulsé par une canalisation R dans la chambre à air, les deux soupapes J et K agissant en sens inverse. Les effets produits par l’autre petit piston seront les mêmes, en sens contraire. Mais l’air provenant de chacun des cylindres penche en même temps sur les deux faces de chaque petit piston et sur une face du grand ; cet air est donc moteur et en même temps alimentaire. Le déplacement s’explique par la différence de diamètre des
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- pistons ; de plus l’air qui pénètre dans l’appareil, comprimé à 2 kg, en sort â 10 kg. La rapidité du gonflement est très grande.
- Voici un type de roue élastique : la roue Garehey. Dans cet appareil, l’élasticité est assurée par une couronne centrale de caoutchouc F. Celte couronne est serrée à bloc contre des collerettes G et D sur le moyeu 11 de la roue et le porte-jante I. Lorsque la voiture est en charge, toute la masse de caoutchouc travaille simultanément : la moitié supérieure à la traction et la moitié inferieure à la compression ; si la roue est motrice, celte masse assure l’entraînement. Fn cas d’à-coup pendant la marche le travail du caoutchouc est limité automatiquement par trois
- groupés sur le moteur. Un régulateur agissant sur la levée de la soupape d’admission permet une allure de 200 à 1500 tours. L’allumage se fait par bobine et accumulateur et le refroidissement par circulation d’eau et thermo-siphon.
- L’embrayage s’effectue par un plateau métallique qui, poussé par un ressort, vient s’appliquer contre le volant du moteur ; donc, pas de cône, pas de cuir, et, comme la course nécessaire au débrayage est très réduite, on a pu supprimer une pédale et confier à un organe unique le débrayage et le freinage sur le différentiel. Le système de changement de vitesse est surtout remarquable par sa simplicité et sa hardiesse. 11 comprend trois pignons enfermés dans une
- galets G qui viennent buter contre les parois des bagues de sûreté D.
- Vous savez que le dernier Salon a réservé une très bonne place aux voiturettes. Leur technique est plus sobre que celle des grosses machines de tourisme et surtout que la simplicité est leur caractéristique essentielle.
- La plus fêtée est la voiturette Sizaire et Naudin. Les dimensions du châssis sont les suivantes : empattement 2,21 m., voie 1,25 m. Le moteur, monocylindrique, fait 8 chevaux. La soupape d’admission est commandée par un culbuteur actionné par le même arbre que la soupape d’échappement. La boîte de direction, le carburateur, l’embrayage, le dispositif d’avance à l’allumage et celui de graissage sont
- N° 3. Moteur Delnliaye.
- coquille et une roue dentée. D’habitude, lorsque l’on veut transmettre un mouvement à angle droit, on utilise des pignons coniques; ici nous sommes en présence de pignons droits. Les trois pignons sont enfermés dans une coquille et viennent, à tour de rôle, engrener avec la couronne. La roue dentée est calée sur le différentiel et les trois pignons obéissent à l’action d’un levier qui fait coulisser la coquille vers la gauche pour placer le pignon en face de la roue dentée et la rapproche ensuite pour établir le contact des engrenages.
- La suspension comprend un ressort transversal à l’avant et deux demi-ressorts à l’arrière. Le volant de direction porte une seule manette qui commande l’allure du moteur ; le conducteur a donc à agir seulement sur le levier des changements de vitesse, celui de freinage des roues arrière et la pédale de débrayage et de frein du différentiel.
- La voiturette Bailleau est plutôt une réduction de
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- grosse voiture et nous retrouvons dans son châssis tous les dispositifs généralement admis, aussi bien en ce qui concerne les organes de commande que l’embrayage, le changement de vitesse, le pont arrière, etc. Elle peut être équipée avec un monocylindre ou avec un moteur à deux cylindres; d'ailleurs l’empattement est de 2,20 m.
- La Société suisse « Turicum » a montré une autre voiturette extrêmement simple. Son châssis est fait en bois ; il repose sur les essieux par quatre ressorts spirale. Le moteur est h refroidissement par air à l’aide d’un ventilateur placé à l’entrée d’un carter d’aluminium et qui chasse l’air sur le cylindre. L’allumage se fait par magnéto et rupteur. Mais la grande particularité réside dans le dispositif d’embrayage-changement de vitesse qui s’opère par friction d’une roue garnie de cuir sur un disque actionné par le moteur. Cette roue étant capable de parcourir tout le diamètre du dis-
- 150 mm. de course; on a dû placer, à l’avant, deux distributeurs d’allumage.
- La Société Delahaye expose également un puissant moteur à quatre cylindres verticaux qui pèse 700 kg et fait 100 chevaux. Ce moteur est à chemise de circulation d’eau rapportée; il présente cette particularité que chaque cylindre est pourvu de deux soupapes d’aspiration et de deux soupapes d’échappement; on a préféré doubler les soupapes que de leur donner un trop grand diamètre. La commande de ces soupapes se fait par l’intermédiaire d’un arbre de transmission placé au-dessus du moteur. La manivelle de mise en marche est près du volant ; elle est fixée à l’extrémité d’un arbre longeant le
- bâti et qui renvoie le mouvement à la partie avant de l’arbre par deux pignons de chaîne.
- Enfin voici une nouveauté qui sort de la maison Blondeau, de Sar-
- Fig. 4. — N”’ 1-2. Schéma et gonfleur Michelin. — N0* 3-i. Commande et coupe, du carburateur Japy.
- que, on comprend que plus elle se rapprochera de la périphérie, plus la vitesse sera grande. Enfin l’arbre de la roue à friction, qui se termine par un pignon de chaîne, est articulé de telle sorte que, dès que la voiture tire, en gravissant une côte, par exemple, la friction devienne de plus en plus énergique grâce à la traction qu’exerce la chaîne unique sur la roue dentée. Cette voiturette est équipée avec un moteur de 6 chevaux et peut faire jusqu’à 48 km. à l’heure.
- Nous terminerons celte élude par quelques mots sur les moteurs destinés à la navigation automobile.
- Rendons tout d’abord hommage au moteur Antoinette de 24 cylindres devant lequel s’amassait la foule. Il pèse 700 kg et fait 560 chevaux; sa longueur totale est de 5 m. Il est constitué par trois moteurs de huit cylindres ajoutés bout à bout, les carters étant assemblés par des boulons dissimulés à l’intérieur. Les cylindres ont 150 mm. d’alésage et
- trouville. C’est un auto-gouvernail, ou gouvernail-propulseur, qui peut être installé très rapidement sur n’importe quel bateau. Il comprend un moteur de 2 chevaux 1/2 à 5 chevaux, d’un volume restreint qui se fixe sur l’arrière des embarcations à l’aide de quatre boulons. L’arbre du moteur actionne l’hélice par une transmission à double pignons d’angle. L’assemblage inférieur, qui baigne dans l’eau peut être débrayé instantanément en agissant sur une manette placée près du moteur.
- Ce débrayage présente cet avantage de permettre de soulever l’hélice pendant la marche du bateau à la voile ou à l’aviron.
- L’ensemble de la partie mécanique de l’auto-gouvernail est supportée par un cadre en acier pivotant sur un axe logé dans une douille qui se fixe à l’arrière du bateau. René Doncïères.
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- L’INDUSTRIE PERLIÈRE EN WESTRALIE
- La colonie anglaise de Weslralie (West Australia, Westralia), cinq fois grande comme la France, possède une étendue de côtes considérable sur l’océan Indien. Au Nord-Ouest, depuis l’archipel Buccaneer jusqu’à la ville de Geraldton, c’est-à-dire de 10° à 28° lat. S., elle est extrêmement riche en oiseaux de mer et en toutes sortes d’animaux marins diversement utiles. Les cormorans abondent sur les rochers côtiers et les îlots déserts. On pêche la tortue, vulgairement connue sous le nom de Hawks-bill (cheione imbricata) et qui fournit une écaille estimée ; de nombreux chéloniens comestibles, qu’on envoie à Londres en vue de la préparation de la soupe à la tortue; enfin, beaucoup d'holothuries ou bêches de mer, qui trouvent en Chine, sous le nom de trépang, un large débouché. Pourtant, l’industrie la plus importante est l'industrie perlière (pearling, pearling induslry). Tout le monde connaît les pêcheries de perles du golfe de Manaar à Ceylan, des îles Bahreïn dans le golfe Persique, de Sumatra et de Bornéo ( îles Soulou), de la côte Ouest de l’Amérique du Sud; mais on ignore en général la valeur à cet égard de la Weslralie.
- 11 convient de distinguer, sur la côte nord-occidentale de l’Australie, deux régions perlières.
- La première, qui est la moins riche, s’étend approximativement de Shark Bay au cap Nord-Ouest (2fi0-22° lat. S.). L’huître qu’on y pêche appartient à une petite espèce; c’est la Meleagrina radial a, connue dans le commerce sous le nom de coquille de Shark Bay. Les coquilles recueillies ont relativement peu de valeur; elles se vendent à Londres de 500 à 2000 francs la tonne1 2. La couche de nacre est peu épaisse; les perles, assez abondantes — trop abondantes —, sont petites et manquent de brillant et à'orient8 ; la grande majorité est couleur paille ou même jaune d’or. En général, elles sont envoyées, non à Londres, mais à Singapore et en Chine.
- La seconde région, plus septentrionale, constitue la véritable richesse de la Weslralie ; elle s’étend du cap Nord-Ouest à l’archipel Buccaneer (22°-16° lat. S.). L’huître qu’on y trouve est la Meleagrina margaritifera, dite huître du Nord-Ouest, riche en nacre et remarquable par la grosseur et la beauté de ses perles. La variété la plus productive se rencontre au voisinage des îles Monte Bello, au large de la ville à'Onslow et de l’embouchure de la rivière Ashburton.
- L'étiologie des huîtres est aujourd’hui bien connue. La reproduction se fait sous forme d’émission par la mère, en nombre immense, de jeunes larves, que les Anglais appellent spats. Ces huîtres
- 1 La tonne dont il est question dans cet article est la tonne anglaise valant, en mesures françaises, 4015ke,7056.
- 2 On donne le nom d'orient à l’éclat nuancé spécial aux perles.
- embryonnaires flottent librement pendant quelque temps et sont dépourvues de coquilles ; ensuite elles se fixent, à une profondeur de 5 à 50 mètres, et se sécrètent alors une enveloppe calcaire, qui a de 12 à 14 centimètres de large et 4 centimètres d’épaisseur. Au cours de leur jeunesse libre et sans défense, une quantité innombrable de mollusques périt. Mais, même une fois à l’abri de leurs coquilles, les huîtres sont la proie de nombreux ennemis. Certaines étoiles de mer, fixées sur l’animal, attendent qu’il s’ouvre, s’y introduisent et le dévorent; les tarières, sortes de vers de mer, percent la coquille, que de grandes tortues, appelées loggerheads, brisent sous leurs fortes mâchoires.
- Les mollusques qui survivent atteignent leur
- Buccaneer
- OCEAN INDIEN
- Monte Bello / Islands i0.
- Northwest Capçr ;:
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- Dirk Haroqft Islanc f \
- A U S T R A L
- Abrolhos
- Rocks
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- Fig. 1. — Côte Nord-Ouest d’Australie.
- valeur commerciale entre 5 et 4 ans. On en exploite alors la nacre, qui forme un épais revêtement intérieur, certaines excroissances nacrées, qu’on appelle blisters ou abcès et que le commerce désigne sous le nom de perles baroques, enfin les perles proprement dites, libres dans les parties molles. Les perles, dont l’origine paraît due à l’introduction d’un corps étranger, sont rondes, ovales ou piriformes. Leur couleur varie du blanc au noir. Les perles noires, dites bronzées, sont, ainsi que les roses, très rares aussi, particulièrement estimées1. Beaucoup ne dépassent pas la grosseur de menus grains de sable (1 à lmm 1/2) et portent le nom de semences de perles. D’autres atteignent des dimensions plus grandes, qui cependant dépassent rarement 28 à 50 millimètres.
- A l’origine, c’est-à-dire il y a 50 à 55 ans, per-
- 1 Les perles s’estiment, toutes choses égales d’ailleurs (couleur, eau, brillant, orient), d’après leur poids exprimé en carats. Un carat vaut 2 décigr.,654.
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- Fig. 2.— Cormorans ni. leurs nids sur un petit îlol rocheux des Buccaneor Islands (cèle nord occidentale de l'Australie).
- sonne ne se livrait exclusivement à la recherche des huîtres perlières; les squatters (éleveurs de moutons) y employaient irrégulièrement les indigènes à leur service. Aujourd’hui cette industrie s’est spécialisée grâce à l’emploi du scaphandre (scaphandre Gordon Buchanan), qui permet d’explorer des fonds négligés jusqu’ici. De puissantes maisons de commerce se sont fondées, comme celles de MM. Shakespeare Hall, Sholl Brothers, Mackenzie Grant et Harper, De Grey, surtout Streeter et,C'e. Le principal centre d’exploitation est Broome, sur Roebuck Bay; les centres secondaires sont Cos-sack et Shark Bay. Les trois comptent un millier d’habitants.
- La flottille perlière, qui a Broome pour port d’attache, est composée de 17 shooners, d’un tonnage variant entre 60 et 180 tonnes, et de 155 lougres de 10 à 15 tonnes. Les shooners sont des bateaux de pêche quelconques. Les lougres, au contraire, sont construits spécialement, en vue de l’industrie perlière, soit à Singapore, soit à Freemantle (W. A.). Un lougre, construit à Freemantle, y compris un jeu de rechange de voiles et de gréement, revient, rendu sur les lieux de pêche, de 8 à 10000 francs. Il faut ajouter à ce prix celui du matériel nécessaire à la plonge (pompe à air, deux costumes de scaphandriers, quatre longueurs de tubes à air), c’est-à-dire
- une somme d’environ 4000 francs. Le propriétaire ou son représentant se tiennent à bord d’un shoo-ner; ils surveillent l’ouverture et le nettoyage des coquilles, l’extraction des perles et l’empaquetage. La plonge se fait des lougres, dont plusieurs accompagnent chaque shooner.
- La flottille perlière de Broome emploie de 900 à 1000 individus : Malais, Manillais ou Japonais, ayant à leur tête des contremaîtres blancs. Les plongeurs (ce sont surtout des Japonais), touchent 50 francs par mois, avec en plus un boni de 500 francs par tonne d’huîtres recueillies, ce qui leur fait approximativement un salaire de 500 francs par mois. Chaque plongeur immergé est surveillé par un tender, qui communique avec lui au moyen d’une corde et qui manœuvre la pompe à air; le^salaire du tender est de 100 francs par mois. Les hommes de l’équipage, presque tous Malais, reçoivent mensuellement de 60 à 65 francs. Ils sont recrutés principalement à Kopang et à Soerabaya (Java). Le contrat collectif qu’ils signent, et qui stipule toujours leur rapatriement, doit recevoir l’approbation des autorités néerlandaises. Les Japonais et les Manillais sont la plupart du temps engagés par contrat individuel. Les indigènes australiens ne sont plus guère employés aujourd’hui.
- La saison de pêche dure d’avril à décembre. Une
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- LA NATURE.
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- interruption de plusieurs mois chaque année est nécessaire. 11 faut d’abord laisser aux bancs d’huîtres le temps de se reformer ; en outre, pendant l’été austral, la cote nord-occidentale de l’Australie est fréquemment visitée par des cyclones, connus localement sous le nom de wiUy-willies ou de cockeyed Bobs, et auxquels les navires de faible tonnage échapperaient difficilement.
- Les perles et les coquilles, dont la nacre n’est jamais enlevée sur place, sont expédiées à Londres, via Freemanlle, ou plus souvent à Singapore et en Chine. Entre Freemantle et Singapore, un service régulier est assuré par la West Auslralian Shipping Cy et Y Océan Steamship Cy, dont les steamers font escale à Geraldton, Onslow, Cossack, Broome et Derby.
- Autrefois la pêche était libre. 11 n’en esL plus de même aujourd’hui ; le Gouvernement colonial a reconnu la nécessité d’intervenir et d’exercer une surveillance générale. Le district de pêche est visité pendant la saison par un shooner du Gouvernement ; le commissaire qui est à bord tranche souverainement les différends et veille à l’exécution loyale des contrats. D’autre part, pour exercer l’industrie perlière, il faut être muni d’une autorisation (exclusive license), qui détermine avec précision les régions, variables chaque année, dans lesquelles le droit de pêche peut s’exercer et qui réglemente l’emploi de la drague; sans cette précaution les bancs d’huîtres seraient rapidement détruits. Enfin, pour faire cesser les nombreux vols que pratiquaient les gens de couleur de connivence avec certains commerçants malhonnêtes, le Parlement westralien a voté, en 1899, une loi dont les dispositions rappellent le fameux lliicit Diamond Buying Aci de l’Afrique du Sud.
- Il est difficile d’apprécier la valeur de l’industrie perlière en Westralie. Beaucoup de coquilles et de perles, particulièrement les perles les plus belles, sont chargées directement des bateaux de pêche sur les steamers qui les transportent à Londres, en dehors du contrôle des douanes coloniales; dans ce cas, il ne reste nulle trace saisissable de l’expédition. Tous les chiffres cités sont en conséquence sensiblement inférieurs à la réalité. D’après les chiffres des douanes, l’exportation, du 1er janvier 1889 au 51 décembre 1898, est montée, tant pour les coquilles nacrées que pour les perles, à 21544108 fr. (£855232)*, ce qui représente une moyenne annuelle de 2154410 fr. Les chiffres de 1898, supérieurs à ceux de toutes les années précédentes, donnent 2 287 547 francs (£ 90588). Depuis, sans qu’il soit possible de préciser2, il est incontestable que l’exportation augmente.
- L’avenir de l’industrie perlière en Westralie
- 1 Ces chiffres sont ceux de l’estimation du service des Douanes, laquelle est souvent très différente de celle des commerçants européens.
- 2 11 est à peu près impossible d’obtenir des renseignements précis, en dehors de ceux qui concernent le port de Broome. Cossack et Shark Bay sont, on peut dire, en dehors des statistiques.
- s’annonce comme très brillant. Les lianes d’huîtres s’étendent bien au delà des profondeurs accessibles avec les appareils actuels (environ 20 brasses) ; il y a en dehors de ces limites d’immenses champs, encore inexplorés et très riches. En outre, depuis quelques années, on se préoccupe de l’élevage rationnel des huîtres dans des lieux soigneusement choisis. Le Gouvernement loue à bail des fonds marins réservés. Plusieurs entreprises se sont déjà fondées; la principale est celle de M. Saville-Kenl,
- Fig. 4. — Plongeur indigène.
- ancien commissaire des pêcheries de l’Australie occidentale, aux îles Abrolhos et à Shark Bay. Des agents ont été envoyés à Àrcachon pour étudier les procédés français d’ostréiculture. Actuellement les efforts tendent surtout vers la protection des jeunes huîtres sans défense1. Quand ce résultat sera obtenu, il est indéniable que les progrès de l’industrie perlière en Westralie seront rapidement considérables. Paul Privat-Deschanel.
- 1 C’est surtout contre les attaques des vers et de certaines petites éponges microscopiques qu’il y aurait lieu de protéger les huîtres perlières; aux îles Tahiti leur production a été presque entièrement compromise par les ravages de ces parasites, qui arrivent à perforer la coquille d’outre en outre et détériorent si bien la nacre quelle n'est plus bonne que pour le four à chaux.
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- LA NATURE.
- LE NIVEAU A COLLIMATEUR DU LLCGLONEL GOULIER
- Les avantages que présente le niveau d’eau ordinaire ne sont pas sans entraîner certains inconvénients'qu’il est malheureusement impossible de supprimer. Aucune modification ne peut le rendre ni moins encombrant ni moins fragile et son emploi n’est pas sans être incertain, fatigant même, dès que l’atmosphère est agitée par mi vent tant soit peu violent.
- Pour éviter ces ennuis il n’existait d’autre remède que île transformer l’instrumenl, c’est-à-dire d’en imaginer un autre. Celui à collimateur, que le lieutenant-colonel Goulier a conçu, se recommande par une simplicité aussi grande que le niveau d’eau et ne se discrédite par aucun de ces petits défauts qui font qu’on se lasse vite même d’un bon appareil. D’un volume très réduit, et en même temps d’une solidité à toute épreuve, il est toujours prêt à servir sans aucun réglage préalable.
- L’appareil est constitué par une gaine de cuivre qui lui sert d'enveloppe et est formée de deux tubes cylindriques de diamètres différents réunis par une bague B"; un fond massif F lui sert de base.
- A l’intérieur se trouve un pendule P mobile autour d’une double suspension S supportée par le bouton B'. Le collimateur C est assujetti d’une manière invariable dans la partie supérieure du pendule. Il se compose d’un petit tube de laiton fermé à l’une de ses extrémités par une lentille convergente L et à l’autre extrémité par un verre dépoli Y. A très peu de distance du foyer de la lentille est placé un fil de cocon porté par un diaphragme d. Par construction, le plan qui passe par ce fil et le centre optique de la lentille est horizontal quand le pendule, librement suspendu, est au repos.
- Dans le tube cylindrique supérieur, et en face des extrémités du collimateur, sont ménagées deux fenêtres /et r, de 7 millimètres de hauteur et de 14 millimètres de largeur, par lesquelles s’opère la visée. Enfin un bouton B, faisant saillie au-dessus du bouchon de fermeture, sert à assurer l’immobilité du pendule ; en appuyant sur ce boulon, une mince lame de ressort r est poussée contre la tète du pendule et arrête ses mouvements. Nous devons encore ajouter ce détail que le poids P', qui termine la tige du pendule, est excentré sur cette lige de un demi-milli-
- mètre environ par rapport à l’axe du trou conique dans lequel est rodée la lige. C’est par le déplacement du centre de gravité, qui résulte de la rotation de ce poids, que le constructeur règle l’instrument.
- Le niveau se transporte dans une gaine en cuir : on le monte sur un pied de 1,45 m. de hauteur pour effectuer les visées. Lorsque l’on approche l’œil de la lentille, on aperçoit le fil comme une ligne noire qui serait située à une très grande distance, parce que ce fil a été tendu eu deçà du foyer de la lentille. Cette ligne noire est la trace du plan horizontal passant par le centre de la lentille. En déplaçant légèrement la tète vers la gauche, l’observateur peut alors voir simultanément la campagne et le fil du collimateur; par conséquent il amène sans difficulté l’image de ce fil jusqu’à sa rencontre avec la verticale de la mire en tournant légèrement le niveau. 11 fait ensuite élever la ligne de foi du voyant à la hauteur de celte image. Nous devons ajouter que la longueur du fil a été déterminée de telle sorte qu’elle sous-tend, dans la campagne, un arc de 5 degrés ; ce fait autorise une précision moins rigoureuse qu’avec l'emploi des autres instruments de nivellement, néanmoins il est préférable de faire la visée en choisissant un point du fil qui soit peu éloigné de son milieu; on pourrait, en opérant sur les extrémités, commettre une erreur provenant d’un petit défaut d’horizontalité du fil.
- Pendant le transport le pendule doit être bloqué dans son enveloppe. Pour cela il suffit de tourner le bouchon supérieur B' de gauche à droite. La vis Y', qui traverse une rainure hélicoïdale taillée dans le bouchon, force ce dernier à pénétrer dans l’enveloppe et à s’y maintenir ; la couronne G du pendule vient se caler dans l’évidement conique de la virole B" et l’extrémité inférieure du poids se place dans le logement de la base F. Le pendule, maintenu en trois points, est donc à l’abri de tout déréglage et de tout accident.
- Le collimateur, qui constitue l’organe essentiel de cet instrument, a reçu d’autres applications dans divers appareils : niveau à boule, niveau à lyre, instruments de reconnaissance, etc., actuellement très répandus.
- Lucien Foukmer.
- Le niveau à collimateur du Lieulenanl-Colonel Goulier.
- CHRONIQUE
- Sur une modification du calomel. — Le calomel est employé généralement comme purgatif et vermifuge; il entre également dans la préparation de certaines pommades mercurielles. Il constitue le chlorure mercureux ou protochlorure de mercure et se présente sous forme de cristaux blancs ou de masses fibreuses quand il a été sublimé; on le prépare habituellement par action du mercure sur le bichlorure de mercure ou par précipitation de l’azotate mercureux par l’acide chlorhydrique. M. Meyer a constaté, il y a quelque temps, qu’en traitant une solu-
- tion de bichlorure de mercure par du sulfite de lilhine, on obtenait une précipitation de calomel sous sa forme ordinaire; mais si la solution filtrée est chauffée vers 7(1°, il se dépose des houppettes brillantes qui tournoient dans le liquide et qui constituent du calomel sous une forme nouvelle, qui paraît plus stable à la lumière que le calomel ordinaire et qui possède une densité moins élevée. Ce nouveau calomel semble présenter des analogies avec un produit obtenu industriellement au Japon par chauffage du mercure avec une terre spéciale de la province d’isé
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- LA NATURE.
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- (il qui renferme une matière argileuse imbibée de sel marin et d’eau mère saline.
- Une commande de 560 000 tonnes de rails.
- — On sait le développement énorme du réseau ferré américain; et naturellement les Compagnies de chemins de fer, suivant l’habitude qu’ont les Américains de ne point
- hésiter à renouveler un matériel quand il est possible d’adopter une transformation accusant une réelle supériorité technique, n’hésitent pas à doter de rails en acier toutes leurs voies. Aussi les plus importantes de ces Compagnies yankees ont-elles commandé ensemble’ un poids total énorme de 502 millions de kilogrammes de rails en acier pour 1907.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 Janvier 1907. — Présidence de M. Chauveau.
- Le tremblement de terre de Calabre en 1905. — M. Lacroix présente une étude de M. S. Mercalli sur les circonstances du tremblement de terre qui a ébranlé la Calabre le 8 septembre 1905. La région dévastée s’étend sur une longueur de 100 kilomètres; sa largeur est en moyenne de 40 kilomètres. Elle comprend 44 bourgs. Le nombre des victimes a été de 557. L’auteur conclut, de l'examen des particularités relevées, qu’il y a eu deux épicentres situés l’un dans le Monte Leone, l’autre dans la haute vallée de Crafi.
- Modifications de la sensation des couleurs. —M. Giard dépose un travail de M. le l)r Fortin sur certaines altérations passagères de la sensation des couleurs. 11 pose en principe que si l’œil a été exposé, pendant deux ou trois minutes, à l’action de la lumière, ou bien s’il s’est trouvé dans le voisinage de surfaces blanches réfléchissantes, il ajoute du bleu-vert aux couleurs qu’il perçoit. C’est ainsi que les verts et les bleus gagnent en éclat alors que les rouges orangés-jaunes perdent en intensité. En ton lilas, également distant du rouge et du bleu, vire au bleu; un ton jaune vert, également distant du jaune et du vert, vire au vert; le blanc légèrement rosé devient blanc. Qn peut constater ces faits en utilisant cette propriété signalée à la Société d’ophtalmologie par MM. Chibret et Dufour, savoir que si les deux yeux sont éclairés inégalement, l’œil resté dans l’obscurité perçoit blanc rosé un papier blanc, alors que l’œil éclairé le percevait bleu-vert. On compare donc simultanément la perception par chacun des deux yeux d’une gamme colorée, l’un d’eux seulement étant soumis à un éclairage latéral. Au surplus, il n’est même pas toujours nécessaire, pour altérer les sensations, que l’œil reçoive d’autres radiations que celles émanant de l’objet. L’iris et les membranes constituantes du globe oculaire ne forment qu’une chambre noire imparfaite. Elles arrêtent de préférence les radiations bleues et les radiations rouges, Bar suite la lumière blanche, pénétrant par la pupille et rencontrant la choroïde, ne sera pas également réfléchie dans toutes ses parties par la rétine. Les rayons bleus sont arrêtes tandis que les rouges orangés seront réfléchis, et traverseront la rétine une seconde fois. Aussi, ce sont les lumières blanches orangées, rouges, qui modifient le plus fortement notre perception, alors que les lumières bleues la modifient beaucoup moins. 11 suit de là que, quand on note la coloration d’un objet, l’on doit définir les conditions d’éclairage dans lesquelles étaient placés nos yeux. L’auteur indique de ces faits différentes applications : par exemple, un papier de tournesol paraîtra rouge ou bleu selon qu’on l’examine dans un laboratoire à murs sombres ou dans un laboratoire à murs revêtus de dalles blanches. Dans l’examen d’un tableau de peinture, si, au moment où l’on se trouve devant lui, nos
- yeux ont subi des variations d’éclairage, les intervalles entre les couleurs seront modifiés et le sens du tableau différera de celui que le peintre a donné. L’un des attraits de la Joconde est de réunir précisément beaucoup de tons verts et de tons bleus, de telle sorte qu’on lui voit très rarement le même aspect, car nos yeux ont rarement subi un même éclairage.
- La création de la vie. — M. G. Bonnier rouvre le débat sur les expériences de Traube. 11 note que cet auteur, dans plus de 50 séries d’expériences, a donné les descriptions de précipités arborescents identiques aux pseudo-plantes que M. Leduc a obtenues, avec les mêmes substances et avec beaucoup d’autres. « Ces productions, écrivait Traube, présentent l’aspect d’une sorte de rhizome d’où partent, vers le haut, de longues excroissances en forme de tige et, vers le bas, des prolongements en forme déracinés. » Plusieurs auteurs ont également obtenu les arborescences les plus variées avec de; nombreux sels. M. Bonnier se défend d’avoir soutenu à tort que M. Leduc déclarait avoir créé la vie. 11 cite, dans ce but, une conférence faite à Nantes par M. Leduc au cours de laquelle ce dernier a dit, à propos de la question de la génération spontanée, ces paroles : (( Il est stupéfiant que les expériences de Pasteur aient pu l’éteindre depuis 30 ans» et a terminé ainsi : « Une seule fonction reste à réaliser pour achever la synthèse de la vie : la reproduction en série. Je considère que le problème est de même ordre que ceux déjà résolus. »
- Exploration arctique. — S. A. le prince de Monaco expose le programme delà campagne d’exploration qu’il a dirigée en 1905 à bord de la Princesse-Alice. Ce programme a nécessité l’adjonction d’un second bâtiment et la formation de deux missions distinctes chargées d’explorer l’une le nord-ouest du Spitzberg, l’autre la terre du « Prince-Charles-Fcreland ». La première était placée sous le commandement du capitaine Isachsen ; elle comprenait, en outre, un officier norvégien, M. Staxrud; un géologue, M. Horneman et un médecin militaire français, M. Louet. La seconde expédition était sous le commandement de M. Bruce. Les deux chefs de mission étaient des vétérans des expéditions arctiques; tous deux ont mené à bien leur tache malgré d’énormes difficultés pratiques et rapporté les matériaux d’une carte qui se confectionne en ce moment. Le nord-ouest du Spitzberg est recouvert d’une énorme couche de glace dont émergent les pointes des montagnes a une hauteur de 200 m. sur une altitude totale de 1200 m. Des icebergs colossaux, de 500 à 000 m. de tour, sillonnent la mer aux abords de File. Mais l’atmosphère est parfois d’une telle pureté qu’à 80 kilomètres de distance on a pu suivre une des missions se projetant sur la neige. Cu. de Yllledeuil.
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- LA NATURE.
- UNE CATASTROPHE AU NOUVEAU PORT DE DOUVRES
- Les lecteurs de La Nature n’ont pas oublié la remarquable étude qu’un de nos collaborateurs consacra l’an dernier au « Nouveau Port de Douvres ». On se souviendra que l’Angleterre n’a pas reculé devant des dépenses énormes pour faire à la lois de cette place un port militaire de premier ordre et un port de commerce supérieurement outillé.
- Les nouveaux travaux, dont on prévoyait l’achèvement à bref délai, subiront un retard de quelques mois, causé par l’extraordinaire accident que nous allons décrire et dont notre photographie expose en partie les résultats.
- Un peu avant minuit, un samedi soir, les quartiers les plus rapprochés du port de commerce étaient réveillés par un fracas épouvantable. Le bruit parvenait même jusqu’au château et au centre de la ville,
- Quoi qu’il en soit, YOlans Olsson « manquait » l’entrée et venait donner en plein sur l’extrémité de la jetée, brisant net d’énormes poutres de fer, tordant les autres et imprimant à toute l’œuvre un ébranlement formidable. Les deux grues de 400 tonnes s’abîmaient dans les Ilots, bientôt suivies par des constructions plus légères.
- La panique fut indescriptible, tant à bord du navire suédois que dans le port. La secousse avait éteint tous les leux, sur la digue comme sur le vapeur, et on crut tout d’abord qu’il avait sombré instantanément. Les appels de l’équipage et des passagers dissipèrent cette lugubre impression.
- Les secours furent organisés avec une rapidité et une décision qui font honneur aux autorités maritimes de Douvres. Deux barges à vapeur, le Lady
- Après la collision. — Les deux grues de la digue partiellement immergées.
- avec une telle intensité qu’on crut à l’explosion d’une poudrière.
- Renseignements pris, on apprenait qu’un vapeur venait d’entrer en collision avec l’extrémité sud de la digue, réduisant en pièces deux piles du break-water et causant la chute de deux énormes grues à vapeur, d’une force respective de 400 tonnes.
- Le vapeur suédois Olans Olsson était la cause de ce désastre. Ses cales remplies de marchandises, son pont encombré de bois de construction, ce beau navire de 5000 tonnes arrivait devant l’entrée du port, vers llh 45, quelques minutes après le transatlantique Finland, de la Compagnie Red Star, qui venait charger des passagers à destination de New-York.
- Le capitaine suédois crut-il pouvoir se passer du pilote qui tardait ‘ï Le timonnier donna-t-il un faux coup de barre? L’enquête établira les responsabilités. 11 esL du moins certain que les fanaux de la jetée étaient allumés et que les autorités du port ne sauraient être incriminées.
- Curzon et le Granville, venaient d’embarquer les voyageurs amenés par le train spécial, pour les transborder sur le Finland. Le commandant du port leur ordonnait d’aller au secours des sinistrés.
- En même temps, des bateaux-pilotes faisaient force rames vers le navire. Les passagers de YOlans Olsson débarquaient bientôt sur le quai, plus morts que vifs, et un vapeur venait prendre en remorque l’épave qui sombrait. L’accident n’avait entraîné que des pertes matérielles.
- Mais ces pertes étaient importantes, puisque les dégâts infligés à la jetée de l’Amirauté prolongée sont évalués à 1 200 000 francs, sans parler des dommages subis par les deux grues. Quant au navire, ses avaries étaient si graves qu’il est peu probable qu’il soit jamais remis en service.
- Y. Fournis.
- Le Gérant : P. Masson. Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fieurus, 9.
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- N° 1757. — 26 JANVIER 1907.
- LA NATURE.
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- NOUVEAU CHEVALET DE POINTAGE
- Le nouveau chevalet de pointage, dont nous reproduisons une vue et dont nous allons donner la description, permet d’essayer toutes les armes de guerre ou de tir.
- L’appareil proprement dit est fixé sur un bâti par deux vis à pointes, ce bâti est scellé dans un mur, ou toute autre partie rigide, absolument exempte de vibrations; les vis, formant pivot, permettent le recul et le retour du chevalet, le-ijuel vient reposer à ce moment sur une vis de butée réglable, dont le noyau de larau-dage est scellé dans le mur; cette vis sert à régler le pointage vertical par l’éloignement, progressif de l’appareil, sous un arc de cercle dont les vis de pivotement forment le centre.
- La boîte de culasse de l’arme est serrée entre deux coussinets en bronze de forme convenable, suivant les différents types d’armes à expérimenter; ces coussinets sont à glissières dans une cage en acier coulé, fixée sur l’appareil ; deux vis latérales assurent, en outre, la rigidité absolue de la pièce, cette cage peut se déplacer latéralement au moyen d’une entaille recevant deux boulons, pour le réglage de l’arme en direction; deux vis, pouvant être rendues micrométriques, facilitent ce déplacement.
- Une seconde cage, fixée sur la partie arrière de l’appareil, reçoit l’arme dont la plaque de couche a été préalablement enlevée, une vis à rotule fixe la crosse, traversant un manchon pivotant sur deux coussinets susceptibles d’un réglage vertical, et fixé à la cage par quatre boulons; en outre, ce manchon est relié après réglage, à l’appareil, par une lige munie de deux écrous ne permettant aucune oscillation de l’arme le serrage étant opéré.
- 35° année. — 1er semestre.
- De plus, cette cage est pourvue d’un ergot entrant dans les rainures ménagées dans le bâti, et limitant tout déplacement de l’axe de tir; deux tiges avec pas de vis, droite et gauche, relient le sommet des deux cages, assurant le blocage absolu du fusil avec les divers appareils qui le maintiennent ; deux ressorts à boudin, à tension réglable, limitent le recul et permettent le retour de l’appareil à son point mathématique de visée; un système très simple empêche pour certaines expériences le retour immédiat à ce point, pour l’enregistrement, par exemple, du tracé vibratoire de la bouche du canon. Examinons brièvement ce qui se passe lors de la déflagration des gaz de la poudre et du passage du projectile dans l’âme du canon.
- Au moment où la poudre est enflammée dans l’étui et avant le mouvement de translation du projectile dans le canon, toutes les pièces constituant l’arme entrent en vibration, le recul (ou déplacement) commence à se produire ainsi que le pivotement de l’arme sur son axe (ou relèvement).
- Il en résulte que l’arme a subi un déplacement, par rapport à son point primitif de visée, lorsque la balle est projetée hors du canon; à ce déplacement viennent s’ajouter les ondulations produites par les vibrations, la sortie de la balle peut donc s’effectuer sur une vibration ascendante ou descendante dont il convient de faire ressortir toute l’importance.
- Les divers appareils construits jusqu’à ce jour étaient basés sur le serrage absolu du canon de l’arme, et ne permettaient pas aux vibrations ni au relèvement de se produire, le recul s'effectuant presque toujours soit sur un banc à glissière ou une
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- Nouveau chevalet de pointage.
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- LA NATURE.
- partie plane ou bien l’arme suspendue; dans ee dernier cas, il y avait abaissement plutôt .que relèvement; les résultats ainsi obtenus ne pouvaient qu’intéresser la qualité du canon, et non les munitions employées dont la valeur est en raison directe de causes multiples, pour lesquelles le principe primordial réside dans le fonctionnement de l’arme telle qu’elle doit être en service.
- Les caractéristiques du nouvel appareil sont de telle sorte que la réalité du tir à l’épaule est obtenue dans la plus large mesure ; les actions combinées du relèvement, des vibrations verticales et horizontales de la bouche du canon, ainsi que les points d’impact des balles peuvent être enregistrés en une seule opération, déterminant la nature des écarts et leurs causes, les points d’impact pouvant être repérés et comparés aux tracés enregistrés coup par coup ; les vibrations restent exactement de même nature que celles se produisant dans l’arme à l’épaule du tireur, puisque dans les deux cas l’arme est identique.
- Un exemple entre mille fera ressortir l’exactitude de l’exposé précédent : prenons une carabine tirant la cartouche Mannlicher hollandais du calibre 6,5 mm. à la vitesse initiale de 715 m. à la seconde, pas de la rayure réglementaire. Distance du tir 200 m.
- 1° Le canon de l’arme, serré dans un appareil rigide, a donné 25 halles touchant un cercle de 26 mm. de diamètre. La même arme, sur l’appareil laissant au canon sa liberté de vibrations, a donné 25 halles dans un cercle de 80 mm. de diamètre. Comme point de comparaison la même arme tirée sur appui, visant à chaque coup avec une lunette de précision appelée
- « teleseopic sighl », grossissant vingt lois, munie de réticules pour viser, a donné entre les mains d’un excellent tireur 25 balles dans un cercle de 120 mm. de diamètre.
- 2° Même arme, même distance, mais 5 déci-grammes de poudre en moins, diminution sensible de vitesse initiale par conséquent : sur afliU rigide, 25 balles touchant un cercle de 24 mm.de diamètre; sur l’appareil libre, 25 balles dans un cercle de 123 mm. de diamètre; sur appui avec « Teleseopic sight », 25 balles dans 150 mm. de diamètre.
- C’est donc bien la confirmation de ce qui précède; sur l’appareil rigide, les vibrations ne se faisant que très peu sentir, les diagrammes des groupements n’accusent aucun changement de vitesse et par conséquent d’amplitude de vibrations, de plus le relèvement est nul.
- Sur l’appareil précité, le diagramme a varié pour des causes multiples trop longues à énumérer ici, mais qui se sont fait sentir de suite et dont l’enregistrement ne laisse aucun doute sur la production des écarts; on voit donc que la charge de poudre, et par suite la vitesse initiale, peut modifier sensiblement le régime vibratoire d’une arme et que pour telle arme, si parfaite soit-elle, il faut une munition appropriée. Au résumé, l’appareil ci-dessus décrit réalise le modèle d’études le plus complet avec pointage impeccable. Les expériences ci-dessus ont été faites dans un stand à tunnel de 200 mètres, c’est dire que les fluctuations atmosphériques n’ont aucune action sur les résultats de dispersion des coups. J. Huuon.
- LES MOYENS DE TRANSPORT DANS L’ALASKA
- L’Alaska et le territoire canadien du Yukon, qui, il y a quelques années, n’étaient parcourus que par des trappeurs, comptent aujourd’hui une population de plus de 100 00Ü âmes, attirée, dans ces parages lointains, par la fièvre de l’or. Dans ce désert de montagnes, de forêts ou de toundras stériles sont nées de véritables villes: sur le domaine canadien, au seuil du prestigieux Klondyke, c’est Dawson City, et, à l’autre bout du « territoire » alaskien, sur les bords de la mer de Bering, c’est Nome.
- Cette population se trouve dans des conditions très spéciales. A Dawson City, le thermomètre descend presque à — 50°, et, six mois durant, demeure presque toujours sous zéro. Janvier et février ont des moyennes de — 30° et de —32°. Dans le centre de l’Alaska, encore plus rigoureux et plus long est l’hiver.En second lieu, non moins que le froid la nature montueuse du sol interdit toute culture; enfin, dans l’Alaska, il n’existe aucune route.
- Comment cette nombreuse population blanche peut-elle se ravitailler et circuler, telle est l’intéressante question traitée par le capitaine Georges S. Gibhs dans le National Géographie Magazine, l’excellent bulletin de la Société de géographie de Washington, dirigé avec tant de compétence par M. Gilbert Grosveuor.
- L-été, dans l’Alaska comme dans tout le nord des continents, les rivières constituent les principales voies de communication et c’est par eau que se font tous lés trans-
- ports. Le Yukon et ses affluents créent, à travers le nord-ouest de l’Amérique, un magnifique réseau de routes naturelles, en communication avec le Pacifique à ses deux extrémités, au nord par l’embouchure du fleuve, au sud par un chemin de fer qui, par-dessus la chaîne côtière, relie Skagway à White-llorse. Ces deux voies amènent, à l’embouchure et aux sources du Yukon, toutes les marchandises nécessaires à la subsistance de la population et à sa vie industrielle. De là, des escadres de vapeurs, de chalands, de barges, de canots distribuent les cargaisons sur les bords du fleuve et de ses affluents, d’où elles sont ensuite transportées à dos d’homme et de cheval jusqu’aux campements de mineurs perdus dans le désert.
- La navigation ouvre vers le 1er juin et cesse à la fin d’octobre. C’est donc en quatre mois que le pays doit se ravitailler pour l’année entière.
- Vers le milieu d’octobre tombent les premières neiges ; dès lors jusqu’en mai le traîneau devient l’unique moyen de transport.
- Le rendement de ce véhicule dépend de l’animal de trait employé. Traîné par un cheval, un traîneau transporte de 550 à 650 kg en terrain moyennement accidenté, une tonne au plus sur un terrain facile, mais il ne peut circuler que sur une piste. Autre inconvénient de cet attelage, le cheval est très sensible aux basses températures et le transport de sa nourriture réduit singulièrement le
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- poids utile de su charge. 11 y a quelques années, le renne domestique a été introduit dans cette partie de l’Amérique et celte acclimatation a fort bien réussi. Ce cervidé traîne de 80 à 100 kg, et, légèrement chargé, peut fournir des étapes de 150 km. Aussi bien les réserves formulées à son sujet ne nous semblent guère justifiées.
- Au témoignage du capitaine Oibbs, le chien est l’animal de trait par excellence dans l’Alaska, et aucun autre quadrupède ne saurait lui être comparé pour ce service. Sans son concours tout ce pays serait entièrement fermé huit mois de l’année.
- Deux modes différents d’attelage sont en usage dans cette partie de l’Amérique boréale. Dans le nord, sur les bords de la mer de Bering, les chiens sont attachés, au nombre de 7 ou 9, par files de 2, précédées d’un chef de meute. Le poids que peut traîner un de ces équipages varie de 181 à 271 kg. Dans l’intérieur des terres, l’attelage se compose seulement de 4 ou 0 chiens placés en tandem, lequel peut tirer de 130 à 180 kg. Sur un lorrain qui ne présente pas de difiicultés particulières et avec une charge moyenne, de bons coureurs fournissent des étapes de 56 à 72 km. Dans les déserts la valeur d’un animal de trait ou de bât se mesure, pour une bonne part, sur ses exigences alimentaires. Plus la charge que l’on doit emporter pour assurer sa nourriture est considérable, moindres deviennent naturellement ses services. Sous ce rapport le chien d’Alaska est très exigeant : sa ration quotidienne se compose de 5 kilogrammes et demi environ
- de biscuit mélangé de saumon sec; il est vrai que lorsqu’il n’a rien à manger, il marche quand même.
- C’est avec ces attelages que, l’hiver, presque tous les transports sont accomplis dans tout l’Alaska. Le service des postes est assuré par ces équipages, et chaque station de l’immense réseau télégraphique, qui sillonne le pays du nord au sud, possède une meule vigoureuse nour conduire rapidement à destination le personnel et le matériel lorsqu’une réparation devient utile. En raison de l’énorme courant d’émigranls qui, dans ces dernières années, s’est porté vers ces déserts, la cavalerie indigène n’a plus été suffisante et pour la renforcer on a fait venir des chiens de partout et de toutes les races, des terre-neuve, des saint-bernard, des chiens de berger, mais les animaux importés manquent d’endurance, et, beaucoup plus que leurs congénères indigènes, ont les pattes sensibles aux morsures du froid.
- Quels services les chiens rendent dans le nord-ouest de l’Amérique, rien ne le montre plus que les prix fantastiques qu’ils atteignent dans certaines circonstances. Dé-couvre-t-on en plein hiver un riche gisement aurifère, comme d’instinct, tout le monde veut partir pour le nouvel Eldorado et pour transporter leurs vivres et leurs outils, les mineurs n’hésitent pas à payer une solide bête 500 et même 750 francs. Dans l’Alaska le métier de marchand de chiens nourrit son homme et procure souvent des bénéfices plus sûrs que la recherche des pépites. Chaules Rabot.
- LES ARCADES D’ARBRES ET LES TROGNES
- Noire confrère Scientific American donnait récemment la figuration ci-contre (fig. 1) d’un arbre formant arcade en travers d’une route. C’est un chêne àWharton, comté de Wyandotte, état d’Ohio. La route a 12 m. de large et le tronc, à sa base, 60 cm. de diamètre. 11 n’est pas dit si cette bizarrerie est toute naturelle ou si l’homme y a aidé, ce qui est bien probable.
- D’autre part, notre collaborateur, M. Forbin, nous communique la curieuse photographie ci-après (fig. 2).
- Le yucca du désert de Mohave (ou Mojave), vaste région stérile située au Sud-Est de la Californie, et qui est justement. surnommée par mineurs et vaqueros le « Pays de la soif », doit avoir au moins deux siècles d'existence. Eu tous les cas, il était déjà
- connu des missionnaires espagnols qui fondèrent à la fin du xvme siècle leurs missions indiennes dans la région de Los Angeles. Ils l’appelèrent
- YArco Real, nom que lui ont gardé les Californiens (Royal Arch). La hauteur de l’arche est de 9 m.
- Il est à croire que la plante, déjà parvenue à pleine crois-avec une hauteur de 10 à 12 m. au-dessus du sol, lut renverse, sans être déracinée, par un ouragan. L’année était exceptionnellement pluvieuse, et les feuilles, en contact avec un sol humide, s’y ancrèrent en projetant des radicules qui devinrent bientôt des racines.
- Ces deux faits nous rappellent les caprices végétaux non moins curieux, analogues, quoique avec moins de régularité, que présentent aussi les chênes
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- dans certaines régions de la France occidentale, notamment dans la Sarthe, la Vendée, l’Yonne, etc. Dans bien des pays, c’est une habitude séculaire de faire subir aux chênes le même traitement qu’aux saules.
- Sans jamais toucher aux troncs, on coupe fréquemment toutes les branches dès qu’elles atteignent une taille fort modérée; servant ainsi à divers usages, dont les fermiers tirent revenus, ces élagages, périodiquement répétés, donnent les formes les plus capricieuses aux troncs, qui cessent de croître en hauteur et s’épaississent en silhouettes fantastiquement trapues. Ainsi arrangés, les chênes portent le nom local de trognes', et les contorsions, auxquelles
- Fig. 2. — L’Arco Real.
- double arcature au ras du sol. Un grand nombre de troènes atteignent déjà authentiquement bien des centaines d’années d’existence et donnent un fort artistique cachet aux jolis chemins creux de la Sarthe, par leurs imprévus jeux de la nature.
- D’autres, bien plus jeunes, commencent à prendre sous l’elfort du traitement artificiel qu’on leur impose, les allures monstrueuses de leurs aînés.
- Ajoutons que sur la côte orientale
- Fig. 3. — Une trogne dans la Sarthe
- les soumet leur sève si souvent contrariée, conduisent aux aspects les plus inattendus ; l’un des plus étranges, dans une propriété privée à Bessé-sur-Braye (Sarthe), est représenté par les fig. 5 et 4 (la dernière, couverte par la neige). On y voit deux trognes absolument et naturellement réunies par une vraie arcade végétale; ce sont deux branches inférieures qui, allant d’abord à la rencontre l’une de l’autre, puis s’entortillant et enfin se soudant complètement, ont fini par créer un trait d’union bien plus volumineux que celui des classiques frères Siamois de la forêt de Fontainebleau : l’une des souches a projeté latéralement une autre branche qui s’arque aussi jusqu’à reposer sur le sol, pour lancer ensuite en l’air un bouquet terminal.
- Depuis plusieurs générations les propriétaires de cette curiosité végétale ont cessé de la mutiler, et elle développe à l’aise son triple panache de branches déjà vénérables, surmontant en somme une
- Fig. 4. — La même sous la uaige.
- d’Espagne, à Santa-Barbara (entre Torlosa et Benicarlo) la forme de trognes affecte aussi — accidentelle ou naturelle — de fort vieux oliviers, A. Sturval.
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- ELEVAGE DE L’AUTRUCHE DANS LES POSSESSIONS FRANÇAISES D’AFRIQUE
- On sait que l’Afrique est la patrie de l'autruche. Elle vit sur toutes les parties de ce continent, depuis le versant méridional de l’Atlas jusqu’aux bords du Nil, dans le désert de Libye, dans toutes les steppes de l'Afrique centrale et aussi bien dans les plaines du t-sud, au Cap et au Transvaal. On ne la rencontre dans aucune autre partie du monde. C’est l’oiseau des déserts, mais des déserts qui renferment au moins quelques oasis.
- Notre excellent confrère M. Bell et exposait ici dernièrement les principes de son élevage dans les colonies anglaises du Sud. De son côté, la France possède en Afrique des territoires tellement considérables qu’il semblerait que l’élevage de l’autruche dût être l’une des industries les plus répandues et les plus prospères de ses colonies africaines. Elle y est cependant entièrement délaissée. Tandis que les Anglais, qui ont fait au Cap leurs premiers essais de domestication vers 1860, sont arrivés aujourd’hui, par la persévérance de leurs efforts, à jeter annuellement sur le marché de Londres pour trente millions de francs de plumes, en tuant le marché de Paris; il est regrettable de voir que dans nos possessions du Nord et du centre de l’Afrique, où nous tenons tous les éléments du succès, on n’est pas parvenu encore, malgré quelques tentatives, à développer cette source de richesse. La question revient aujourd’hui à l’ordre du jour, depuis qu’une mission a été confiée pour son étude au Dr Decorse et l’on peut espérer que ses travaux et ses recherches fourniront tous les renseignements
- utiles sur les meilleures conditions d’établissement d’autrucheries dans nos possessions africaines.
- Pendant longtemps, les colons du Cap n’eurent pas de concurrents pour l’industrie des plumes d’au-
- __ _ truche. Ce sont
- • — des Français qui
- * les premiers
- \ eurent la pensée,
- en 1878, de tenter, en Égypte, l’élevage de l’autruche, et ils éta-blirent leurs parcs dans les environs du Caire, à Matarieh, à la lisière du désert. L’entreprise rencontra bien des difficultés, puis elle fl n i t par
- donner des bénéfices. Ce qui avait été fait en Égypte ne pouvait-il être tenté également dans nos possessions de l’Afrique du Nord? On n’en saurait douter et il est juste de rappeler la campagne poursuivie, pendant de nombreuses années, par M. J. Forestpôur intéresser le gouvernement et les particuliers à P élevage de l’autruche en territoire français ; il a fait de nombreuses conférences sur ce sujet, il a publié un grand nombre de notices et d’études et il a jadis, dans La Naturel, affirmé sa croyance à la possibilité de reconstitution d e troupeaux d’autruches dans le Sud algérien. Ce sont, en somme, ses idées qu’on reprend aujourd’hui.
- C’est à la pépinière du llamma, près d’Alger, que fut obtenue la première reproduction d’autruches captives; mais les spécimens qu’on y voit encore aujourd’hui ne sont que les vestiges d’un essai qui ne fut pas poursuivi. Le général Daumas recommandait, dès 1856, comme emplacements favorables
- 1 Yoy. n° 1Ô56, 26 août 1893; n°1126, 29 décembre 1894.
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- h l’élevage de l’autruche soit les environs de Biskra, soit les oasis des Zibans ; mais deux tentatives de M. Forest, l’une, en 1879, près de Biskra, l’autre à Misserghin, dans la province d’Oran, échouèrent par des circonstances indépendantes de sa volonté.
- La direction de l’agriculture à Tunis, lit, il y a quelques années, un effort nouveau, mais il ne porta pas fruit non plus. Sous l’impulsion de M. Dybowski, en 1898, MM. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire et üucloux firent une enquête très sérieuse sur la question; mais les animaux qu’on s’était procurés à grands frais végétèrent et périrent, sans qu’aucun établissement lut installé.
- 11 faut louer M. Roumc, gouverneur général de l’Afrique occidentale française, d’avoir compris l’importance économique que peut présenter pour les colonies qu’il administre l’élevage de l’autruche. Dès 1905, il avait constitué une première mission chargée d’étudier dans quelles régions et dans quelles conditions cet élevage aurait le plus de chances de réussir; mais son titulaire étant tombé malade dut rentrer en France. M. Roume reprit son projet en 1905 et chargea d’une mission semblable le l)r Decorse, qui avait été l’actif collaborateur de M. Aug. Chevalier dans son exploration du Chari-Tcliad. Dans un premier voyage, en 1905, le I)1' De-corse a été visiter en Egypte l’établissement de Matarieh, puis il s’est rendu en Tunisie pour déterminer, d’après les observations qu’il venait de faire, comment une autrucherie pourrait y être établie. Il est reparti, à la fin de 1905, pour le Soudan, afin d’étudier, principalement dans la boucle du Niger, tout ce qui a trait à l’élevage des autruches et à la réglementation de la chasse des oiseaux à parure.
- Le D1' Decorse a rapporté, sur l’autrucherie de Matarieh, des indications techniques très précises. Elle s’élève en pleins sables, sur un vaste terrain clos d’un mur en briques sèches. Au centre, est un bâtiment d’habitation pour le personnel. La belle photographie ci-jointe, obtenue par le vérascope Richard, montre l’un des parcs. Ils sont distribués suivant des séries concentriques, mais ces enclos n’ont qu’une superficie moyenne de 100 à 200 mètres carrés, et on y entasse jusqu’à vingt et trente animaux. Le baquet contenant de l’eau, qui y est placé, n’est renouvelé que tous les deux ou trois jours, au moyen d’une seguia. Les animaux, étant ainsi tenus en captivité, sont privés d’exercice, et le Dr Decorse a été frappé de voir que leur taille était notablement inférieure à celle des bêtes libres ; ils lui ont donné l’impression d’animaux un peu dégénérés.
- De l’ensemble de l’étude très complète faite à Matarieh par le Dr Decorse, nous ne relevons que ses conclusions les plus importantes, à savoir que la captivité semble nuire aux animaux et par conséquent à la production de la belle plume; en outre, que l’éleveur, en utilisant l’incubation naturelle simple, ne peut compter que sur un accroissement annuel de deux poussins vivants par couple. Il constate qu’en faisant abstraction des déchets, une
- autruche ne donne guère en moyenne qu’un kilogramme de plumes par an, et qu’elle n’assure qu’un revenu moyen de 80 francs.
- Le Dr Decorse fait remarquer combien la Tunisie se prêterait facilement à l’élevage de l'autruche <jui, avant la conquête, habitait beaucoup plus au nord ; la circulation devenue plus active ainsi que la chasse qui lui a été faite l’ont rejetée vers le sud.
- Le métier d’autrucliier pourrait, d’après le D1 De-corsc, être entrepris en Tunisie, de deux façons différentes : ou bien un colon élèverait un ou deux couples d’autruches, comme il élèverait de la volaille, sans faire de frais pour leur entretien; ou bien un industriel créerait une véritable autrucherie, avec un grand nombre de bêtes, afin que les petits revenus qu’elles donnent couvrent ses frais et lui assurent un bénéfice. La première hypothèse serait très intéressante au point de vue économique, parce que, presque partout, le sol et le climat se prêtent à l’entreprise. Mais il faut se procurer les animaux, et cette méthode ne pourra guère être employée que lorsqu’un industriel aura fait l’effort initial.
- Ce premier éleveur devra avant tout se préoccuper de s’établir dans une localité lui offrant des conditions absolument bonnes d’installation. Aussi le Dr Decorse pense-t-il que le mieux serait de choisir un emplacement où l’on aurait des terrains pour pâturages libres et d’autres, plus restreints, pour les cultures accessoires. Il cite, comme pouvant être actuellement utilisée, l’oasis de Limaguès, en plein Nefzaoua, tant à cause de ses conditions physiques que de sa situation foncière. On peut espérer que Limaguès pourrait nourrir facilement un millier d’individus. Pour être fructueux, l’élevage devrait se pratiquer en semi-liberté, les animaux étant conduits chaque jour au pâturage avec quelques chèvres et des moutons, et les couples en reproduction étant seuls tenus captifs. Une fois que le troupeau serait devenu assez important pour assurer un bénéfice, lés animaux en surplus seraient confiés en cheptel dans les oasis d’alentour. Un tel projet nécessite des capitaux et de la patience, mais il n’est pas irréalisable.
- Il serait d’autant plus désirable de voir s’installer des autrucheries, soit en Tunisie, soit sur d’autres points de notre domaine africain, que, dans certaines parties du Sahara et dans les pays soudanais éloignés, les plumes sont les seuls produits pouvant payer le transport. Elles constituent l’élément le plus important du trafic transsaharien. L’autruche, qui commence à être assez abondante dans la partie méridionale de F Air, à la latitude d’Agadez, comme nous l’apprend M. F. Foureau, est plus fréquente dans le Tagama et le Damergou. Le D1' Decorse a déjà constaté que l’autruche vit en grand nombre depuis Fort-Lamy jusqu’au lac Tchad. Le commandant Robillot a signalé les plumes d’autruches comme étant, dans le Ouadaï, l’objet d’un commerce apte à recevoir un développement considérable. Avant les razzias de Rabah, il n’y avait pas de douar où l’on ne trouvât des autruches domestiques. La mission
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- du I)1' Recorse nous fera connaître les possibilités de cette industrie au Soudan français. L’intérêt que portent à l’étude de celte question M. Roume, ainsi que le gouverneur du Haut-Sénégal et Niger, M. Mer-laud-Ponty, permet d’espérer que les initiatives individuelles trouveront auprès d’eux un sérieux appui. La question est grosse de conséquences commerciales, car la plume recevant de plus en plus d’utilisation dans la mode, et ces utilisations pouvant s accroître, si le prix en diminue, il y a un intérêt de premier ordre à ce que le marché de Londres n’en ait plus le monopole exclusif. Gustave Regelsperger.
- LE RADIUM
- en Amérique du Sud
- Chargé comme naturaliste de la partie géologique de l’Expédition de Créqui-Montfort, en Amérique du Sud, je rapportai en France, au mois de février de l’année 1904, des fragments de verre colorés en violet foncé, que j’avais ramassés à Antofagasta et à Caracoles (Chili). J’étais déjà en possession de verres violets recueillis à Antofagasta, lorsque, me rendant achevai à Caracoles, en juin de 1903, je trouvai sur le sol nitreux du désert d’Atacama, une bouteille rose. Cette trouvaille me suggéra l’idée déplacer sur le sol un flacon en verre blanc. Au bout de huit jours à peine, j’eus la surprise de voir mon flacon devenir rose, puis prendre une teinte violacée. Je cherchai naturellement à découvrir les causes de cette coloration et je pus me rendre compte, par une expérience nouvelle, qu’un morceau de verre, exposé dehors, mais non plus sur le sol, se colorait également en rose, puis en violet. Comment une semblable coloration avait-elle pu naître? En examinant attentivement mes morceaux de verre, je n’eus pas de peine à reconnaître que leur coloration violette n’intéressait pas seulement leur partie superficielle (comme l’aurait pu faire une simple irisation), mais l’intérieur môme du verre. Il fallait se rendre à l’évidence et constater que cette coloration était bien due à une oxydation d’éléments contenus dans le savon de verrier, tels que le manganèse, par exemple. Mais, par quels effets inconnus l’oxydation avait-elle pu se produire? Comme, expérimentalement, le sol ne jouait aucun rôle, il fallait nécessairement attribuer à la lumière du jour, au soleil lui-même, le pouvoir oxydant. Depuis les connaissances récentes sur la radioactivité de la matière, on sait qu’il suffit d’enfermer, pendant un certain temps, un sel de radium dans un flacon de verre, pour voir ce dernier prendre une leinte violacée; dans les mêmes conditions, du cristal de roche blanc se transforme en quartz enfumé. Il n’y avait qu’un pas pour remonter de l’effet à la cause et attribuer au radium la coloration violette de nos verres, non pas au radium terrestre, compagnon de la blende ou de la pechblende, mais au radium solaire ou peut-être à l’urane solaire, si tant est que le radium est une forme allotropique de l’urane1.
- 1 Depuis que ces observations ont été faites, M. Bcrthelot a publié ses très curieuses expériences, desquelles il résulte qu’on peut décolorer de l’améthyste en la chauffant et la recolorer en la maintenant en présence d’un sel de radium dans l’obscurité ; de même pour la fluorine. 11 en a conclu à la nécessité que l’influence radioactive se produisît dans 1 obscurité. Ici l’action a eu lieu, au contraire, en plein jour.
- Je n’aurais certes point songé à faire de mes trouvailles de verres colorés en violet un article spécial (puisque j’allais les publier bientôt dans les travaux de la mission Créqui) si M. Émile Gautier n’avait relaté dernièrement, dans une chronique scientifique, que Sir William Crookes « avait noté la rapidité avec laquelle le verre se colore en violet à la lumière des grandes altitudes, sur les hauts plateaux de Bolivie, alors que le phénomène se produit beaucoup plus lentement, ou même ne se produit pas du tout dans l’Afrique australe; c’est, dit Sir William Crookes, qu’il y a du radium en Bolivie et qu’il n’y en a pas au Transvaal ». Je ne puis m’empêcher de penser que Sir William Crookes s’est trop avancé en supposant que le verre se colorait « rapidement à la lumière des hautes altitudes », car mon observation a été faite à Antofagasta (Chili), à 3 mètres d’altitude au-dessus du niveau de la mer. Qu’est-ce à dire? Que s’il faut noter le rôle de l’épaisseur de la couche atmosphérique dans le phénomène d’oxydation, puisque c’est dans la zone des tropiques que les verres s’oxydent le plus, du moins, la question des altitudes ne doit pas entrer en ligne de compte. Je puis d’autant mieux préciser mon dire, à ce sujet, que j’ai parcouru du sud au nord les hauts plateaux de Bolivie.
- On pourrait croire maintenant que la zone des tropiques est la seule où les phénomènes d’oxydation par influence radioactive puissent être observés. Il ne semble pas en être ainsi, car j’ai depuis mon retour en France trouvé maintes fois, aux alentours de Paris, des morceaux de verre colorés en rose, mais seulement en rose, par l’effet d’un commencement d’oxydation vraisemblablement identique à celui que j’ai indiqué plus haut.
- Sous notre latitude, les phénomènes radioactifs solaires ne doivent point avoir la même activité que sous la zone Tropicale, et cela se comprend. Il est bien certain qu’aux tropiques, là où le soleil envoie sur la terre le plus directement ses rayons, les effets d’oxydation peuvent atteindre leur maximum d’intensité. L’absence totale de pluies à Antofagasta peut également jouer un rôle, et ce point serait, ce me semble, bien choisi pour étudier de plus près la radioactivité solaire. Georges Courty.
- PERTE DE VITESSE DES PROJECTILES
- en traversant une couche liquide
- En partie pour élucider l’action destructrice, analogue à une explosion, que produit dans le corps humain l’arrivée d’une balle de fusil, MM. Gildemeister et Strehl se sont livrés à des expériences dont ils ont donné des résultats dans les Annalen der Physih. Ils se sont arrangés de manière qu’un projectile pénètre dans un cylindre de fer placé horizontalement, fermé à ses deux extrémités par une paroi de parchemin et rempli d’eau : la longueur axiale du cylindre liquide, bombé d’ailleurs à ses deux bouts, est de 13 cm., et un chronographe permettait constamment de s’assurer de la vitesse du projectile à son passage dans l’eau. Pour une vitesse de 445,7 m. à la seconde, une balle de 5,5 gr. de pistolet Mauser, possédant à son entrée une énergie de 55,7 m.-kg, n’avait plus qu’une vitesse de 398,3 m. à sa sortie, et une énergie de 44,5. Quand elle entrait à 266,9 m. de vitesse et avec 20 m.-kg d’énergie, il lui restait ultérieurement 240,5 m. et 16,2 m.-kg. La perte de vitesse est d’environ 1/10 de la vitesse même à laquelle le projectile frappe l’eau, ou plus exactement le parchemin peu insistant qui maintient l’eau.
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- LA NATURE.
- LE PLEYELA
- Nous ne sommes pas en présence d’un appareil mécanique de peu de valeur, car le Pleyela rappelle, par la forme et les dimensions, la disposition générale d’un piano droit que l’on approche du clavier d’un piano ordinaire et qui joue lui-même. 11 est assis à la place du pianiste et ses doigts appuient sur les touches. Cette fonction s’opère mécaniquement par l’intermédiaire d’un papier perforé qui se déroule devant une flûte de Pan et dont les vides commandent les divers mouvements. De plus, l'instrument demande à être dirigé. Livré àlui-
- O
- même il se comporterait peut-être un peu mieux qu’un pianola, par exemple, mais il lui manquerait encore une âme. L’exécutant la lui donne en même temps que le soufile moteur mesuré d’aprèslesimpul-sions imprimées par l’artiste. Nos lecteurs se rendront tout à fait compte de cette particularité lorsque nous leur aurons appris à connaître l’appareil. Le Pleyela, construit par MM. Pleyel,Wolfï,
- Lyon et CiR, est actionné par deux pédales, une à chaque pied, qui agissent sur une pompe d’aspiration S par l’intermédiaire de bielles. Cette pompe est analogue à un soufflet ordinaire dont la planchette mobile est axée à sa partie supérieure et porte deux soupapes, s s, capables d’expulser l’air de la chambré intérieure du soufflet quand on le ferme. La planchette fixe du soufflet est constituée par la caisse de l’appareil, laquelle est encore percée de quatre ouvertures obturées par des soupapes s'; celles-ci mettent en communication la chambre (l'air de la soufflerie avec le soufflet à pédales. Enfin la chambre d’air de la soufflerie est encore en relation constante avec un autre soufflet intérieur, un réservoir, porteur d’un, ressort lame r, et dont nous dirons plus loin l’utililé.
- La chambre d’air de la soufflerie est comme l’antichambre de toute la partie pneumatique de l’appa-
- reil ; lorsqu’une raréfaction d’air s’y produit elle est transmise instantanément à tous les organes du Pleyela. Le fonctionnement repose donc sur le vide relatif intérieur obtenu à l’aide de la pompe à pédales. Cet état de vide relatif a permis d’éviter certaines complications mécaniques, l’emploi de ressorts de rappel pour les soupapes par exemple, parce que la pression atmosphérique, toujours supérieure à la pression intérieure, appuie sur toutes les pièces dont la plupart n’ont même pas besoin d’être collées.
- On voit de suite que si l’on actionne une pédale, le soufllet s’ouvre, les soupapes extérieures se ferment et les quatre intérieures, s', se soulèvent. La raréfaction de l’air se produit dans l’appareil. Lorsqu’on abandonne la pédale la pression atmosphérique ferme ss ;sV se ferment également pendant que la planchette mobile du soufflet revient à son point de départ; la dépression intérieure produite pendant le premier temps se trouve donc isolée pendant le deuxième ; mais au moment où le soufflet reprend sa position de repos, c’est-à-dire de fermeture, s et s s’ouvrent de nouveau sous l’action du restant d’air contenu dans le soufflet et le laissent encore s’échapper au dehors. Le soufflet est donc à peu près vide, et, à l’aspiration suivante, il déterminera un vide presque complet dans la chambre d’air de la soufflerie.
- Pendant ce temps la planchette mobile du réservoir a également obéi à l’action du vide intérieur et s’est abattue en comprimant son ressort. Ce ressort intervient dans le mouvement général pour palier les effets du point mort inévitable produit pendant la mise en marche des deux pédales. À aucun instant la partie active de l’appareil n’est laissée sans appel d’air, ou plutôt sans air raréfié, car lorsque le soufflet est à bout de course la planchette mobile du réservoir, sollicitée par son ressort
- 1 et 2
- Fig. 1. — 1. Vue des soupapes intérieures des relais. — 2. Vue du sommier montrant les soupapes extérieures des relais. — 5. Vue des membranes primaires du sommier. — L Vue extérieure de la flûte de Pan. — 5. Canaux de la flûte de Pan.
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- LA NATURE.
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- qui se détend, continue l’aspiration en reprenant sa position de pleine ouverture.
- Voyons maintenant ce qui se passe dans l’appareil proprement dit.
- La chambre d’air de la soufflerie communique par une tuyauterie appelée porte-vent avec l’intérieur du sommier. Ce dernier est fait de plusieurs plan-
- d’une part, et chacun des appareils pneumatiques d’autre part. On voit que le canal de la ilûte se termine, à l’intérieur du sommier, par une membrane M susceptible de faire fonctionner une soupape double À B mettant alternativement en communication la chambre C, fermée également par une membrane souple avec l’air raréfié de l’intérieur du sommier par la soupape A et avec l’air extérieur par la soupape B. La membrane C actionne ensuite la soupape I) qui met le soufflet frappeur des touches en relation avec la chambre d’aspiration par le canal K et avec l’air extérieur par la bague L. Sur cette bague est collée une rondelle de cuir J qui recouvre l'ouverture libre de la planchette mobile tandis que l’intérieur 0 de la bague demeure dégagé. Avant d’aller plus loin il nous semble indispensable de parler du papier à musique. C’est une longue feuille perforée de vides carrés, ou rectangulaires plus ou moins allongés, représentant chacun la valeur d’une note. Ce papier a 28 centimètres de largeur et la longueur atteint 10, 20, 50 mètres et même plus suivant l’importance du morceau. UOn-
- 1. Le Pleyeta. Vue arrière.
- 2. Le Pleyela placé devant un
- piano.
- 3. Le Pleyela. Vue avant.
- ches juxtaposées. Celle d’arrière porte l’appareillage pneumatique constitué par quatre rangées de petils soufflets, un souf-llet étant affecté à la commande de chaque note. Sous l’influence de l’aspiration, et d’après le contrôle de la feuille perforée dont nous avons parlé au début, ces soufflets entrent en communication avec une chambre à vide qui les ferme ; ce mouvement de fermeture produit l’attaque de la note correspondante du piano.
- En avant du sommier, un bloc de bois appelé flûte de Pan, de même longueur que le sommier lui-même, et gravé d’autant de canaux qu’il y a de notes, présente, sous les yeux de l’exécutant, une feuille de cuivre percée de 65 trous terminant chacun des canaux de la flûte de Pan. Sur cette feuille de cuivre vient s’appliquer le papier noté. Les divisions de la flûte sont espacées de 4,224 millimètres d’axe en axe; il serait désirable que, dans un but d’unification, tous les fabricants adoptassent ce chiffre.
- Notre dessin, un peu schématique, montre la relation qui existe entre le sommier et la flûte de Pan
- verture de Tannhauser, par exemple, nécessite un ruban perforé de près de 40 mètres. La longueur varie aussi avec le jeu de chaque artiste. Ainsi le Rondo Capricioso de Mendelssohn fut, à titre d’expérience, exécuté par deux pianistes réputés qui prétendaient jouer de la même façon. Le départ ayant été donné au métronome un des artistes mit lm 37s pour jouer une certaine partie du morceau et l’autre 2m38s. On voit par là que la différence des
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- LA NATURE.
- temps d’exécution peut être extrêmement variable.
- Les cartons, employés dans les instruments ordinaires, sont perforés d’après les principes de la tono-tcchnie qui est l’art de disposer les perforations d’après la musique écrite. Ici, au contraire, l’opération est effectuée, mécaniquement, d’après le cliché enregistré par l’artiste lui-même sans que, d’ailleurs, ce dernier ait à s’en occuper. Il nous est impossible de dire comment est fait l’enregistreur dont la construction est tenue secrète; nous savons seulement qu’il fonctionne électriquement, un cor-
- J. .L
- Soufflet
- Çjuffïet
- Chambrer cL'azrd&
- FlanchetterTiuibûe dur T&servcrin
- Schéma du Pkyeln.
- don souple le reliant au piano. 11 sort des ateliers de M. Carpentier : c’est dire de quels soins est entourée sa fabrication délicate.
- La bande perforée est enroulée sur une bobine faite également en papier comprimé r le coefficient de dilatation des deux objets étant le même, on évite ainsi les déformations du ruban qui, en se produisant, entraîneraient des désordres dans la reproduction musicale. Le rouleau se fixe par son axe au-dessus de la flûte de Pan et le papier, entraîné par un second cylindre placé au-dessous, se déroule en passant sur les ouvertures de la flûte. Un moteur à vide spécial actionne le cylindre inférieur.
- Examinons maintenant le fonctionnement de l’appareillage pneumatique. Supposons que l’ouverture N de la flûte de Pan soit obstruée par le papier. L’aspiration produite dans la chambre du sommier par la pompe à pédale se transmet dans la llûte par une ouverture P plus petite que N, placée au-dessous de la membrane M. Il y a donc égalité de raréfaction dans le sommier et dans la flûte et la membrane M reste au repos. Mais dès que le papier, en avançant, découvre l’ouverture N en présentant une de ses perforations, l’air extérieur se précipite dans la flûte. La différence de section des ouvertures N et P permet une différence de pression entre les deux canalisations, et la membrane M, sollicitée vers la pression la plus faible, pousse le support commun aux deux soupapes A et B. Cette action a pour but d’isoler la chambre C du réservoir d’air raréfié et de lui ouvrir une communication, par B, avec l’air extérieur. Mais la chambre K est toujours comprise dans le circuit de l’air raréfié ; la membrane C se soulève donc et pousse la tige D jusqu’à ce que la soupape T vienne buter contre la bague L. À ce moment la communication du soufflet avec l’air extérieur est interrompue à son tour tandis qu’elle s’établit avec l’aspiration par la canalisation K. La planchette supérieure mobile du soufflet s’abaisse, et, par l’intermédiaire d’une bielle terminée par un marteau garni de feutre, frappe sur la touche correspondante du piano.
- Dès que la perforation du papier cesse, l’ouverture N se ferme et le vide se produit de nouveau dans le canal correspondant de la flûte de Pan pour remettre les choses en état de repos.
- Il nous reste à dire quelques mots du moteur qui sert à l’entraînement du papier. Comme tous les organes de cette merveilleuse mécanique il est entièrement fait en bois et son fonctionnement, basé sur le principe des machines à vapeur simples, rendrait des points aû meilleur de nos moteurs à explosions.
- C’est un moteur à trois soufflets dont les manivelles, ainsi que celles des moteurs à trois cylindres, sont calées à 120 degrés. Chaque soufflet est un cylindre dont le piston est représenté par le plateau mobile qui porte un assemblage de bielles destinées à transmettre les mouvements de va et vient à l’arbre manivelle, la seule pièce de tout l’appareil qui soit métallique.
- Devant le plateau avant, qui est fixe, se meut le tiroir, couvrant et découvrant alternativement l’ouverture inférieure Y pratiquée dans ce plateau et qui débouche directement dans le soufflet; l’autre, Q, est en relation constante avec le réservoir à vide, c’est-à-dire avec la canalisation générale de l’air raréfié.
- Au moment du départ le tiroir de l’un des soufflets du moteur est à cheval sur les deux ouvertures qu’il relie par conséquent. Le vide — relatif bien entendu — se transmet donc, par son intermédiaire, de la canalisation générale au soufflet dont le pla-
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- tcau mobile, actionné par la pression atmosphérique, sc rapproche du plateau fixe; ce mouvement est suivi par les bielles qui font tourner l’arbre coudé Z, lequel arbre commande au tiroir voisin. Celui-ci se place dans la position qu'occupait le premier au moment du départ et le même fait se reproduit pour obliger l’arbre du moteur à exécuter un nouveau tiers de tour. Puis le troisième soufflet entre en action, agit de même; le premier repart, et ainsi de suite.
- Il est nécessaire, lorsqu’un soufllet a fonctionné, de le gonfler à nouveau en admettant l’air extérieur ; le tiroir distributeur s’en charge en découvrant au moment opportun l’ouverture inférieure Y.
- En observant de près le papier, on remarque, sur toute la longueur, deux lignes sinueuses, tracées à l’encre, se rapprochant ou s’éloignant irrégulièrement l’une de l’autre sans raison apparente mais se maintenant toutefois entre des limites extrêmes tout à fait parallèles. Ces sinuosités représentent la photographie du geste de l’artiste, sa facture, son jeu. Elles sont enregistrées en même temps que les notes, et l’exécutant, celui qui s’installera devant le Pleyela pour diriger une reproduction, n’aura qu’à s’inspirer de ces sinuosités pour donner à cette reproduction l’ensemble des qualités qu’elle possède sous les doigts d’un artiste. On peut dire sans exagération que ces lignes sinueuses sont à la reproduction musicale ce que la couleur est à la photographie.
- Sur la tablette de l’appareil l’exécutant trouvera d’abord, à portée de sa main gauche, la manette
- qui commande l’admission d’air au moteur. 11 placera cette manette en face d’une des divisions, gravées sur toute la longueur de l’échancrure, qui limite sa course après avoir tout d’abord pris l’avis du rouleau de papier perforé qui lui indique le point de repère correspondant à la vitesse. Cette manette peut également servir dans le cas où l’on voudrait jouer un morceau reproduit d’après la musique écrite. Dans ce cas il faudra effectuer à chaque instant les changements de vitesse indispensables, tandis qu’il n’y a plus à toucher à cette manette lorsque l’on dispose de rouleaux du Pleyela. A coté de la manette régulatrice du moteur en ont été placées deux autres à portée de chacune des mains. Celles-ci ont une course égale à l’amplitude des lignes sinueuses tracées sur le papier. L’exécutant habile conduira ces manettes en les poussant, vers la droite ou vers la gauche, selon le sens des sinuosités linéaires et obtiendra les piano, les forte, aux moments voulus. Et c’est ainsi qu’en modifiant la puissance du vide, on parviendra à faire répéter à un piano une oeuvre enregistrée quelconque, avec presque autant d’art que le maître lui-même en aura mis à la transcrire.
- Enfin, et ceci est une nouveauté qu’aucun appareil mécanique n’a présentée encore, le Pleyela permet la transposition des œuvres dans plusieurs tons. On l’obtient en déplaçant latéralement tout le système porteur du papier; les notes correspondent alors à un, deux ou trois tons plus bas ou plus élevés. Lucien Fournier.
- LES TUNNELS SOUS RIVIÈRE A NEW=YORK
- C’est à New-York une vraie fureur que la construction de tunnels sous des nappes d’eau, ou, pour employer le mot courant, mais un peu inexact en la circonstance, de tunnels sous rivière. Tunnels pour lignes métropolitaines, tunnels pour grandes lignes voulant installer leur terminus dans le cœur de la puissante agglomération, on n’entend parler que de cela. Si l’on se reporte à une carte de l’agglomération new-yorkaise, avec ses faubourgs immédiats et immenses, ou tout simplement à la carte qui a été publiée ici au sujet du métropolitain souterrain construit dans le cœur de New-York, on verra précisément que l’énorme population est dispersée en trois groupes qui sont séparés par des nappes d’eau importantes : c’est, au centre, Manhattan, le vrai New-York, puis New-Jersey à l’ouest, et Long Island à l’est. Et c’est pour remédier à cette situation que l’on a créé ces innombrables lignes de bacs à vapeur qui traversent les deux bras d’eau isolant ces trois groupes, l’Hudson d’une part, et l’East River de l’autre. Mais, si perfectionnés que soient ces services de bacs, ils ne valent pas des communications directes qui permettraient aux voyageurs ou aux habitants d’atteindre vite et simplement le centre de
- la ville, qui amèneraient ou emporteraient les marchandises à beaucoup moins de frais.
- De là l’activité avec laquelle on construit actuellement ou tout au moins on prépare des tunnels pour voies ferrées, de l’une et l’autre part de l’ilot central* de Manhattan. Précisément deux de ces tunnels (qui sont du reste parallèles et appartiennent à la même Compagnie de chemin de fer) viennent d’être terminés; et l’occasion est opportune à la fois de donner quelques détails sur leur établissement, et aussi d’indiquer les inoubliables tunnels sous rivière projetés où dès maintenant en exécution à New-York. Nous mettons sous les yeux du lecteur un plan de toute l’agglomération qu’il s’agit de desservir, où il verra à la fois les tunnels dont l’établissement est absolument décidé et les travaux plus ou moins avancés, et ceux qui sont encore un peu indéterminés comme tracé ou conditions d’exécution. 11 y en a plusieurs autres que nous n’avons pas l’ait indiquer, mais sur lesquels nous donnerons quelques brèves indications. On nous assure qu’actuel-lement on compte 14 tunnels qui relieront un jour Manhattan à New-Jersey ou à Long Island. Cela vaudra mieux que des ponts, mais cela suppose des
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- travaux considérables et difficiles. Un double ouvrage vient d’être achevé dont les débuts remontent fort loin, et dont l’exécution avait d’abord rencontré des difficultés qu’on avait craint devoir
- quer d’un mot tout à l’heure que des liaisons seront établies entre les diverses voies ferrées de cette partie des États-Unis ; soit par les deux tunnels dont, nous avons parlé, soit par d’autres, les mêmes avan-
- Fig. 1. — Chantier d’attaque d’un des tunnels sous l’Iludson.
- être insurmontables ; nous voulons parler des deux tunnels de la New-York and New-Jersey Railroad C°. Le premier de ces tunnels (ils sont parallèles, comme nous le verrons) avait été commencé en 1874; mais la Société qui avait pris l’affaire en main avait échoué à la tâche, par suite de difficultés financières et aussi techniques ; et l’ouvrage avait été abandonné bien des années.
- Ce fut seulement en 1902 qu’on reprit l’idée et les travaux, en se réservant de mener, pour ainsi dire en même temps, un second passage souterrain et sous rivière, afin de donner la possibilité aux habitants de New-Jersey de se rendre directement, par voie de fer, dans l’agglomération de Manhattan, et de permettre également aux voyageurs venant des divers États, et de plus ou moins loin, d’atteindre le coeur de New-York sans descendre de leur wagon. Nous pourrons indi-
- tages seront assurés à tous les réseaux se dirigeant sur la capitale commerciale de la Confédération. On
- avait songé d’abord à faire circuler dans ces tunnels des convois remorqués par la vapeur ; mais on s’est, ensuite rendu compte des inconvénients que cela pourrait présenter, et l’on a adopté l’unique traction électrique, après un voyage à Paris „ d’un des ingénieurs des travaux, M. Jacobs, auquel nous avons eu l’avantage de montrer personnellement en détail l’installation du prolongement dans Paris du chemin de fer d’Orléans.
- On commença par achever rapidement ce qui restait à construire du tunnel de 1874, et voici que le second ouvrage a été également mené à bien en quelque trois années. La longueur de chacun est de 1761 m., et le diamètre intérieur du tunnel sud, le dernier construit, est de 4,63 m., pour un diamètre
- FlatbushAvSNp (Long-ls/and)
- Fig. 2. — Plan des divers tunnels sous rivière de New-York
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- extérieur de 5,08 ra. ; l’autre est un peu plus grand. Dans chacun est prévue une voie ferrée unique, le tunnel nord donnant passage aux trains revenant sur la terre ferme, tandis que l’autre servira aux trains gagnant Manhattan ; dans chaque ouvrage on
- mêmes, tantôt des roches fissurées pointant dans la masse des sables. Pour le creusement, on a eu recours à l’air comprimé et à un bouclier hydraulique Beach perfectionné; cet appareil est de ceux où l’on construit un anneau métallique du tunnel à
- t'ig, 5 —Les nouveaux lunnels sous rivière en exécution ou en projet dans New-York.
- a prévu des trottoirs latéraux pour assurer au moins la circulation des piétons, au cas où la traction électrique viendrait à manquer. Le travail d’établissement de ces tunnels était malaisé, car on se trouvait traverser des terrains fort peu homogènes, comprenant tantôt des graviers, des sables, des vases
- l’abri de son prolongement postérieur, pour pousser ensuite le bouclier en avant de quelque 90 centimètres à un mètre, en prenant appui sur la partie construite du tunnel ; l’avant de l’appareil comporte une cloison métallique transversale formant chambre de travail, où la pression de l’air protège les ouvriers
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- contre l’envahissement de l’eau. A la traversée de la roche, les travailleurs eurent à briser celte masse à l’aide d’explosifs, avant qu’on pût faire avancer le couteau supérieur du bouclier; mais il fallut pour cela monter un avant-bec provisoire pour défendre les mineurs de l’éboulement des vases qui se trouvaient au-dessus de leur tète, dans la partie supérieure de ce qui devait être l’excavation définitive du tunnel. Rien n’est dangereux et difficile en la matière comme de se trouver en présence d’un sol non homogène, dont la tranche supérieure sera faite de vase tandis que la tranche inférieure sera de la roche très dure. Tous les travaux ont été conduits de façon fort remarquable, et, à part une légère erreur de direction verticale, erreur de quelques centimètres, on vint se raccorder parfaitement avec le puits et la tête de tunnel qui avaient été établis à l’avance du côté de New-York. On a maintenu la pression d’air un certain temps dans l'ouvrage même terminé, jusqu’à ce que les joints des anneaux du revêtement fussent soigneusement garnis, et l’on a laissé l’enveloppe du bouclier enterrée derrière ce revêtement, à l’extrémité même de l’ouvrage. Sur le plan général que nous donnons, on peut aisément constater que ces deux tunnels se relient du côté de New-Jersey avec toute la série des gares qui servaient jusqu’à présent de terminus aux lignes venant de province ou de la région environnante. Mais, déplus, on n’a pas fait Terreur monstrueuse, et en réalité volontaire, qu’on a commise à Paris avec le Métropolitain. On a pris des mesures pour que les voies du New-York and New-Jersey se relient aussi facilement que possible avec celles de ce fameux Subway dont il a été parlé ici, et aussi avec les nouvelles grandes lignes qui sont destinées à pénétrer de leur côté dans Manhattan par d’autres tunnels sous rivière.
- Au moyen du bouclier également, sans* troubler le, trafic de surface, et en ne montrant pas cette timidité en la matière que M. de Launay a mise récemment en lumière ici à propos des lignes souterraines parisiennes, on creuse un tunnel qui remonte dans le nord jusqu’à la rencontre des prolongements en construction du Pennsylvania Railroad ; ici la ligne joue le rôle de ligne métropolitaine avec des stations urbaines, et un embranchement gagne dans Test le Subway. Qu’on remarque bien la double ligne souterraiue qui suit le bord de l’eau pour ainsi dire, à New-Jersey, et qui vient recevoir les trains des 4 stations importantes établies en ce point. Mais il y a, dans cette partie de la banlieue new-yorkaise, d’autres projets qu’accuse bien le tracé d’un double tunnel sous THudson, plus au sud et plus près de la fameuse Batterie. Ce double tunnel partira de la station méridionale du Pennsylvania Railroad, ga-guera la partie inférieure de New-York, et reviendra ensuite sur New-Jersey, la forme en boucle de la ligne permettant à un mouvement continu de se faire sur les deux voies, électriques elles aussi comme de juste. Nous n’avons pas à insister sur le matériel et l’exploitation de ces lignes sous rivière,
- car on va suivre exactement les mêmes errements que sur le Subway, au sujet duquel des détails complets ont été' donnés ici. Les deux tunnels de THudson C° sont en cours d’exécution, et à peu près d’après les méthodes que nous avons indiquées poulies deux précédents.
- Nous n’avons guère besoin de montrer le rôle fort important que jouera le tunnel double, ou plus exactement à double voie, qui va permettre au Pennsylvania Railroad (une des Compagnies américaines les plus importantes) de posséder dans le cœur de New'-York une grande gare centrale facilitant étrangement le mouvement commercial; du reste, les voies de cette Compagnie vont aller passer sous l’East River et relier directement Long Island au réseau de New-York et au réseau que nous appellerons continental. A l’heure actuelle, le creusement des deux tunnels du Pennsylvania Railroad est achevé. 11 ne faut pas oublier non plus le tunnel dit du Rapid Transit, qui vient rattacher Brooklyn et ses voies métropolitaines au métropolitain de New-York, sans aucun transbordement; ce sera là un appoint précieux pour la circulation, qui ne se fait que bien difficilement par les voies électriques installées sur le pont suspendu de Brooklyn. Aussi bien, les subways, les métropolitains souterrains sont sur le point de se multiplier étrangement dans l’agglomération new-yorkaise; et, pointeur permettre de franchir les deux nappes d’eau bordant Manhattan, on a autorisé l’établissement de 5 tunnels sous East River, tunnels dont les tracés sont indiqués sur le plan que nous avons fait dresser. On nousa annoncé de plus, tout récemment, là fondation d’une Compagnie spéciale qui creuserait un autre tunnel sous THudson, suivant un tracé que nous ne connaissons pas encore, et dont le but particulier serait de donner accès facile dans Manhattan aux lignes locales qui desservent tous les comtés du New-Jersey, et aussi aux voies du chemin de fer de T Crie. Et Ton parlerait enfin d’un dernier tunnel pour lequel le matériel de creusement est déjà commandé, et qui amènerait à Manhattan, dans une gare souterraine profonde, au-dessous du Subway, les voies électriques de Long Island.
- Tout cela est bien étudié au point de vue commercial -Comme au point de vue technique, et ces divers projets viendront résoudre fort heureusement le problème des transports à New-York.
- Pierre de Mériel.
- CHRONIQUE
- Un nouveau grand pont métallique. — Tout prochainement la Montreal Bridge and Terminal Company va entamer les travaux de construction d’un grand pont cantilever sur le Saint-Laurent. Son développement total ne sera pas de moins de 4 km, et sa travée principale aura 457 m. ; elle se trouvera à une hauteur de 45,70 m. au-dessus du niveau de l’eau.
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- LA NATURE.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 Janvier 1907.
- Présidence de M. A. H. Becquerel.
- Absorption de la lumière dans les cristaux. — M. Poincaré dépose une Note de M. Jean Becquerel sur les modifications subies par les bandes d’absorption des cristaux du tysonile dans un champ magnétique intense. L’auteur a observé sur ce corps des phénomènes analogues à ceux qu’il a antérieurement découverts dans un autre cristal et explique certains résultats par l’existence probable de corpuscules chargés positivement qui n’avaient été entrevus auparavant dans aucun autre cristal.
- Le synchronisme des dépôts ëocènes. — M. de Lap-parent résume une Note de M. Boussac dans laquelle l’auteur montre que 1’év.olulion des premières spires dans le groupe des cérithidés fournit de bons moyens pour déterminer le synchronisme des dépôts littoraux d’àge éocène.
- Théorie de la frelie des canons. — M. beauté présente un important travail de M. Jacob, colonel d’artillerie de la marine, sur le frettage des bouches à feu, c’est-à-dire sur l’opération qui consiste à augmenter leur résistance soit par des tubes posés à chaud, soit par un enroulement de lîl d’acier. M. Leaulé expose les principaux résultats auxquels l’auteur est parvenu; il montre l’intérêt de celte nouvelle théorie du frettage surtout par son application au frettage au fil qui prend de plus en plus d’importance dans les applications.
- Les pseudo-plantes. — M. d’Arsonval présente une Note de Mil. Charrin et Goupil sur les pseudo-plantes décrites récemment. 11 a été parlé à leur sujet de nutrition. Or, un être qui se nourrit transforme en sa propre substance des matériaux semblables et le plus souvent des matériaux differents ; il détruit une substance pour en former une autre. MM. Charrin et Goupil ont effectué des expériences dont il résulte que les aliments à la disposition de ces sortes de plantes ne sont pas dénaturés. Le poids ne change pas, et le sucre, dosé avant et après la formation de ces plantes, ne présente pas de modi-licalion. 11 n’y a donc pas nutrition, c’est-à-dire acte vital.
- Préparation de Vhélium. — M. d’Arsonval résume ensuite une Note de MM. Jacquerod et L, Prévôt, décrivant un procédé qui permet d’obtenir de l’hélium très pur. Les auteurs utilisent la propriété que possède l’hélium de traverser une lame de silice chauffée à la température de 1050° à 1100°, alors que la plupart des autres gaz sont retenus. L’un des gaz accompagnant l’hélium, l’hydrogène filtre également. Les auteurs retirent l’hélium de la clévéite. Le mélange gazeux fourni par le minerai est enfermé dans une ampoule de quartz chauffée à 1050°. Pour arrêter l’hydrogène ainsi que l’oxyde de carbone on les transforme en combinaisons oxygénées en introduisant dans l’ampoule 5 à 10.pour 100 d’oxygène. Dans ces conditions l’hélium filtre seul, lentement il est vrai, mais d’une manière continue.
- Un nouvel anesthésique. — M. Armand Gauthier présente une Note sur un alcaloïde volatile découvert par M. Chevalier dans la racine de valériane. Cet alcaloïde, auquel M. Chevalier n’a pas encore attribué un nom, agit sur le bulbe cérébral, fait tomber la pression sanguine et peut être utilisé dans les mêmes conditions que la cocaïne pour produire l’anesthésie locale.
- Un toxique des poissons. — M. A. Gautier présente ensuite une Note de M. llanriot dans laquelle l’auteur
- expose qu’il a extrait d’une légumineuse de l’Afrique tropicale, décrite par les botanistes sous le nom de Tephrosia Voyelii, une matière toxique qui n’est pas un glucoside ni un composé azote. L’existence de cette matière est vaguement connue des indigènes de Madagascar et de la côte orientale d’Afrique, car ils se servent de la plante pour endormir le poisson qu’ils ramassent ensuite à la surface. 11 suffit de jeter dans une eau calme une poignée de celte plante pour que 1’elïet se produise.
- Récolte de planklon. — S. A. le prince de Monaco fait connaître que M. le commandant Chaves ayant élé chargé par le gouvernement portugais d’une mission sur la côte de Mozambique ayant pour objet de rechercher le lieu favorable pour l’installation d’un service météorologique analogue à celui qui fonctionne aux Açores, il a demandé à cet officier de se charger de récolter du plankton au cours de son voyage de Lisbonne au Gap de Bonne-Espérance. Cette récolte a eu lieu deux fois par jour, chaque fois que l’état de la mer a élé favorable. Les récoltes sont échelonnées du 55e degré de latitude nord au 25e de latitude sud. Avec celles que le prince a effectuées dans sa croisière au Spilzberg, cela constitue pour 1906 une belle quantité de matériaux d’étude. Le prince ajoute que le commandant Chaves a comparé ses instruments magnétiques avec ceux de M. J. C. Beattie, qui, avec M. J. F. Morrison, a entrepris la détermination des éléments magnétiques des divers points de l’Afrique Australe. 11 ajoute que M. Chaves a relevé une grosse erreur dans la déclinaison indiquée par les cartes marines pour l’entrée des ports de Jnhambane et Quilimane. M. le commandant Chaves a, en outre, mené à bien sa mission et a choisi un point situé à 59 kilomètres de Lourenço Marques, sur la ligne de chemin de fer.
- Cli. DE VlLLEDlîUlL.
- UNE EXPLOITATION DE PÉTROLE
- en mer
- Pour peu qu’on s’occupe des questions de production de pétrole, on sait que la Californie compte maintenant parmi les régions les plus importantes à ce point de vue. C'est surtout depuis 1902 et 1905 quelle tient une place inespérée à cet égard, le volume total de l’hydrocarbure qu’elle tire de son sol depuis cette année l’ayant mise au premier rang des États américains, avant l’Ohio, qui avait joui si longtemps d’une supériorité incontestée. Nous devons dire que, à considérer la valeur de la production, les choses seraient différentes, les pétroles californiens étant loin de valoir ceux du Texas par exemple. Quoi qu’il en soit, il est curieux de noter que la Californie, qui donnait 12 000 barils par an en 1870, et seulement 300000 en 1890, est arrivée au chiffre de 4 524000 en 1900, de 15 984 000 en 1902, et, de 24 382 000 en 1905.
- Les comtés qui ont la plus grosse part, et de beaucoup, dans celte masse énorme, sont ceux de Kern, de Fresno, de Los Angeles; mais des exploitations assez sérieuses existent également dans les comtés d’Orange, de Santa Barbara et de Ventura, sans parler de la minime extraction de ceux de Santa Clara et de San Mateo. D’une manière gène-
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- LA NATURE.
- raie, c’est surtout dans la région côtière, et aussi dans le sud de la vallée de San Joaquin, que les recherches ont été le plus heureuses. Et naturellement, étant donné d’une part que le pétrole a des applications de plus en plus nombreuses, que la demande n’en peut que croître, que d’autre part les anciennes régions accusent une certaine tendance à la décroissance de la production, on ne manque pas de tirer parti de tous les champs de pétrole que l’on rencontre, même quand ils se présentent dans une situation rendant difficiles les forages.
- C’est précisément le cas de Summerland, dans le Comté de Santa Barbara ; on avait reconnu des gisements d’huile sous la plage, et môme beaucoup plus loin, en des points où il reste constamment de G à 8 m. d’eau à mer basse, et l’on ne voulut pas négli-
- teur des appontements sont essentiellement variables. On avait à craindre tout particulièrement, dans ces parages, les attaques du fameux taret sur les poutres et les pilotis constituant les charpentes; et cependant les bois ont parfaitement résisté. C’est qu’en effet, dès que les forages ont commencé à donner, et que le pétrole a coulé hors du tubage pour être expédié sur la terre ferme par tuyaux ou autrement, il s’en est répandu sur les bois, qui en ont bien vite été saturés; l’eau s’est trouvée de plus couverte d’une couche d’huile qui a contribué à chasser les larets; et, en fait, les bois n’ont pas subi du tout les attaques de ces redoutables rongeurs.
- Les forages en eux-mêmes ont été assez simples ; on a commencé par descendre un tubage de protection à travers la masse des sables marins ; puis
- Les forages pétrolifères de Summerland.
- ger cette source de prolit. On a procédé du reste assez simplement, bien plus simplement qu’on ne l’avait proposé pour la région côtière de Bibi-Eibat ou de Bakou. Et, comme on peut le voir d’après le d jssin qui accompagne ces lignes, les puits ont été forés aussi bien sur la plage qui découvre à mer basse que sur la partie toujours couverte d’eau du littoral.
- Sauf pour les puits dont le forage pouvait se faire sans qu’on eût normalement à craindre l’envahissement de l’eau sur le chantier, on a commencé par lancer perpendiculairement au rivage, pour chaque série de puits, une sorte d’appontement d’où les ouvriers devaient descendre le forage sous l’eau ou dans le sol successivement immergé et émergé. Et ces appontements ont été établis avec la variété et aussi la simplicité de moyens qui sont coutumières aux Etats-Unis; presque tout est fait de charpentes plus ou moins massives, mais la largeur et la hau-
- un second tubage a été descendu intérieurement au premier, et c’est dans cette enveloppe protectrice que le forage proprement dit a été commencé, et effectué jusqu’à ce que l’huile montât dans la canalisation (le tubage extérieur double ayant glissé sous l'influence du forage à travers les couches mobiles, de façon à reposer sur le bon sol par son extrémité inférieure). On comprend que la canalisation est défendue de la sorte contre la violence des vagues, l’enveloppe métallique prenant appui tout à la fois dans la masse sableuse et dans le sous-sol, puis d'autre part sur le plancher du derrick de forage et de l’appontement.
- Ces puits marins ont un assez bon rendement, et ils payent largement leurs dépenses d’établissement.
- 1). B.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1758.
- 2 FÉVRIER 1907.
- LA NATURE.
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- LA TELEMECANIQUE SANS FILS
- Commande à distance des torpilles et des machines
- Nos lecteurs n’ont certainement pas oublié l’article si intéressant consacré ici1, par notre collaborateur, j\J. Sauvairc Jourdan, à la direction des torpilles automotrices par ondes hertziennes. L’auteur avait indiqué le dispositif grâce auquel les ondes en question pouvaient mettre en jeu tel ou tel organe de la torpille, mais un peu sommairement; car, à ce moment, si les résultats obtenus dans les expériences laites étaient du plus haut intérêt, on sentait néanmoins que l’appareil combiné était susceptible de perfectionnements importants, qui viendraient notamment le simplifier. Dès cette époque le principe était bien trouvé, et nous devons dire qu’il l’avait été sur l’initiative du chercheur même auquel on doit le système perfectionné qui vient d’avoir les honneurs de l’Académie des sciences. Comme cela a été expliqué, un distributeur tournant permettait de fermer tel ou tel circuit de tel ou tel relais de travail, et d’actionner, par suite, l’organe correspondant pareil était le résultat de recherches faites, avec une persévérance et une lucidité rc-marquahles, par un jeune professeur de province,
- M. Gabet, aidé d’un camarade, ingénieur fraîchement émoulu de l’école, M. Lalande. Depuis lors, malheureusement, les collaborateurs se sont séparés, et ils ont poursuivi leur œuvre dans des voies un .peu différentes; c’est ainsi que le distributeur qui a été sommairement analysé dans La Nature, et qui est dû au travail en commun de MM. Lalande et Devaux, est surtout mécanique, et présente en conséquence des complications, pour lesquelles il a, du reste, été nécessaire de faire preuve d’une grande ingéniosité. Le décalage qu’indiqua M. Sauvaire Jourdan dans son article, .ou si l’on veut le îetard au contact, est obtenu par une combinaison de cliquets et de roues à rochcts, qui nécessite l’envoi de trains d’ondes bien réguliers et de pulsations déterminées; le fonctionnement du dispositif récepteur est lié à celui du transmetteur.
- 1 Yoy. le u° 1717, du 21 avril 1906, p. 325.
- 35e année. — 1er semestre.
- Fig. 1. — Vue générale d’un appareil de commande Gabet
- De plus, le retard au contact n’est pas d’une durée lixe, mais variable, dépendant de la position de la commande choisit1 par rapport à la précédente position do repos. L’opérateur n’est pas fixé sur le temps dont il dispose pour rectifier ou annuler la commande qu’il a lancée, et où il aurait commis une erreur; entin le contrôle ne dépend que du synchronisme d’un appareil, tandis que le dispositif Gabet est muni d’un contrôle optique. Ge que nous en disons n’est destiné d’ailleurs qu’à mieux faire apprécier l’importance de l’appareil qui a été présenté ces jours récents à l’Académie des sciences.
- Aussi bien, ce ne sont pas ces inventeurs qui se sont les premiers préoccupés de dispositifs de télémécanique: et, si cela ne devait pas nous entraîner trop loin, nous pourrions rappeler notamment les travaux si intéressants du savant français bien connu M. Branly, ceux de M. Tor-rès, en Espagne, ou de MM. Armstrong et Orling, en Angleterre, qui ont eu plus particulièrement en vue la commande à distance des torpilles. Si l’on considère en principe l’appareil de M. Branly, on y trouve un axe portant des contacts décalés les uns par rapport aux autres, et correspondant
- chacun à une commande déterminée. L’axe est animé d’un mouvement de rotation relativement lent, et, pour lancer la commande voulue, on attend que le contact correspondant soit en face du balai d’arrivée du courant. Tout au contraire, et avec raison autant qu’avec succès, M. Gabet a combiné un appareil, grâce auquel on peut directement, et pour ainsi dire instantanément, opérer la sélection du phénomène dont on veut amener la réalisation. On retrouve naturellement le retard au contact, puisque c’est sa collaboration avec M. Lalande qui avait posé la base du dispositif même qui a été expérimenté à Antibes. Mais la mise en pratique de ce principe est faite ici par une combinaison électromécanique particulièrement simple, qui donne un contrôle par avance des commandes perçues par
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- l’appareil, et assure aussi à l’opérateur la faculté d’annuler, avant qu’elle ait reçu aucun commencement d’exécution, une commande étrangère perturbatrice. On sait de quelle importance cette dernière particularité est avec les ondes hertziennes, les systèmes syntoniqucs actuels ne mettant pas les récepteurs complètement à l’abri des ondes perturbatrices. On peut donc se contenter ici, sans inconvénient, de syntonies approchées, et, s’il s’agit de torpilles, on ne craint pas les efforts de l’ennemi pour affoler l’appareil.
- Nous donnons une photographie d’un distributeur Gabet à huit palettes, tel que le construit M. Ducre-tet ; et nous mettons sous les yeux du lecteur, pour plus de simplicité, une figure schématique qui suppose seulement quatre palettes à la roue. 11 va de soi que cette roue A, qui est mobile autour d’un axe horizontal B, peut porter des palettes en nombre quelconque, correspondant chacune à l’une des diverses commandes que l’on veut opérer au moyen du
- dispositif. La roue est sollicitée par un cliquet commandé par le circuit du relais, et elle progresse d’une palette à chaque émission du poste transmetteur : par suite, si l’opérateur émet des trains d’ondes brefs, qui sont comme les points de l’alphabet Morse, il peut amener dans une position spéciale que nous appellerons position de contact (et qui devient, dans certaines conditions, position de commande), la palette correspondant précisément à la commande qu’il veut faire exécuter par l'appareil. Disons, au point de vue des définitions, que la position de contact est la première position au-dessous du plan horizontal que chaque palette puisse occuper suivant le sens naturel de rotation de la roue.
- Mais, comme tout se passe par rotation de la roue, pour qu’une palette arrive à cette position, il faut que la série des palettes qui la précèdent dans l’ordre matériel, y soient passées elles-mêmes ; et il a fallu néanmoins que ces passages successifs n’aient amené aucun commencement de commande des divers circuits et mécanismes correspondant à toutes ces palettes. La difficulté est résolue de la façon la plus simple et la plus élégante. Comme on peut le voir dans la photographie et dans le schéma, chaque palette porte sur une de ses faces un luhe en verre sinueux T, dans lequel on a fait le vide après y avoir
- introduit une goutte de mercure. — Primitivement, M. Gahet avait eu recours dans le même but à une bille métallique, mais les résultats étaient moins sûrs, le contact beaucoup moins bien établi. — Pour toute palette située au-dessus du plan horizontal, il va de soi que la goutte de mercure, sous l’inffuence de la pesanteur, descend dans l’extrémité du tuhe la plus près de l’axe B; pour une palette qui serait au point le plus has de la course, tout au contraire, la goutte descend à l’extrémité périphérique. Mais, quand la palette vient de franchir le plan horizontal, et arrive par suite à ce que nous avons appelé la position de contact, la goutte de mercure que renferme son tuhe quitte le centre en suivant les sinuosités (qui ralentissent son mouvement), et elle se dirige vers la phériphérie. Si on laissait la palette dans la position de contact, il arriverait un moment où la goutte atteindrait le logement qui lui est ménagé au bout du tuhe, pour établir le contact électrique, en /, ainsi que nous allons le voir. Mais elle n’arrive ou n’est susceptible d’arriver à ce logement qu’avec un retard qui est notable, et qui est réglable, puisqu’il est en fonction de la pente et des sinuosités du tube ; ajoutons que ce retard est toujours identique pour une même position de la palette et du tube, car la goutte de mercure se maintient constamment et absolument propre dans le tube qui l’abrite. L’opérateur peut toujours lancer ses trains d’ondes assez rapprochés, pour que les gouttes des palettes successives qu’on veut faire passer en position de contact demeurent sans action, jusqu’à la palette correspondant exactement à la commande qu’on veut opérer. H suffit que ces gouttes n’aient pas le temps d’atteindre leur logement. Ce logement est fait d’ébonite, au bout du tube de verre ; la goutte, en y descendant, vient fermer le circuit de la commande, tout uniment en formant « pont )> entre deux électrodes noyées dans l’ébonite, et séparées par un intervalle de quelques millimètres. Nous n’avons guère besoin de dire que, à ce moment, le courant passe par une bague collectrice ad hoc montée sur l’arbre B, et qu’on voit nettement dans les figures; il y en a autant que de commandes et de circuits, et chacune porte en un point un plot conducteur qui peut venir en contact, au moment précis où la palette est en position de contact. Pour que le courant passe et agisse sur la commande à actionner, il faut ces deux conditions : que la goutte de mercure ait eu le temps de venir former pont, et que le balai soit en contact avec la partie conductrice de la bague.
- Quand la roue va continuer de tourner, ou reprendre à tourner, après une immobilisation correspondant à une commande transmise, la goutte descendra toujours en bas du tube et formera pont; mais, à cet instant, la bague ne présente plus au balai qu’une surface non conductrice ; le courant ne passe point; et aucune commande ne saurait se faire. Sur le schéma, on voit nettement le circuit
- Fig. 2. — Schéma de la disposition de l’appareil.
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- a, c, à, c, / de la palelte en position de contact, et, avant que la goutte soit encore descendue dans le logement l.
- C’est celte combinaison si ingénieuse du retard au contact qui permet le contrôle a priori des commandes, et peut aussi permettre d’annuler les actions perturbatrices. Au moment précis où chaque palette arrive à la position de contact, soit un répétiteur envoyant une onde hertzienne syntonisée, soit une lampe électrique s’allumant prévient l’opérateur : et connue la vitesse de propagation des ondes électriques ou lumineuses peut être considérée comme instan-lanée, notre opérateur perçoit ce signal quelques secondes avant que la goutte de mercure puisse descendre, et par conséquent que le courant puisse passer et la
- 2 secondes, et la roue fait une rotation complète en 5 secondes. Qu’on veuille annuler la commande, ne pas laisser la goutte descendre et remplir son rôle actif : il suffit d’envoyer un train d’ondes supplémentaire, et de faire reprendre le mouvement de rotation de la roue.
- Nous ne pouvons insister plus longuement sur cet appareil et ses avantages; mais il est bien évident qu’il peut s’appliquer à toute autre chose que la direction des torpilles : il est très probable qu’on va lui trouver des applications pour les commandes mécaniques ordinaires à distance, pour la manœuvre des signaux de chemins de fer, etc. On a la sécurilé d’un contrôle, une rapidité de sélection très grande, et la possibilité de se contenter d’un seul lil là où il en faut plus d’une douzaine. 1\ ue Méiuee.
- commande se faire. Ici, le retard au contact est de
- FABRICATION DES CYLINDRES, PLAQUES ET FILS DE CUIVRE
- par la galvanoplastie
- Des industriels anglais, MM. Scerard, Cowpercoles et (> de Westminster, exploitent, depuis quelque temps, un procédé nouveau pour la fabrication directe, et en une seule opération, des cylindres, plaques et fils de cuivre par la galvanoplastie.
- Le principe essentiel de ce procédé consiste en ce que la matrice, sur laquelle le métal se dépose, au lieu d’être lixe comme cela se pratique habituellement, est animée d’un mouvement de rotation autour d’un axe vertical. Cette rotation présente, paraît-il, plusieurs avantages. En premier lieu, P électrolyte se trouve constamment agité et les parties en contact avec la matrice ne s’appauvrissent pas en métal dissous. 11 en résulte que l’opération marche avec rapidité, ce qui diminue le prix de revient. En second lieu, le métal déposé est extrêmement pur, même
- Fig'. 1. — 1. Matrice. 2. Dépôt du cuivre.
- lorsque l’électrolyte contient d’autres métaux que le cuivre en dissolution. Enfin, par l’effet de la rotation, les molécules de cuivre, au fur et à mesure qu’elles se déposent, subissent une sorte de brunissage et d’étirage qui donne à la masse une constitution fibreuse favorable à la résistance.
- Mais pour que ces avantages soient réalisés, il est nécessaire que la vitesse de rotation de la matrice soit calculée exactement. L’expérience a démontré, en effet, que pour un courant électrique d’intensité donnée, la matrice doit tourner avec une certaine vitesse. Si cette vitesse n’est pas atteinte le dépôt métallique, au lieu d’être fibreux, reste grenu et cristallin, et sa résistance est beaucoup diminuée.
- Il est facile d’ailleurs de déterminer cette vitesse minima ; il suffit pour cela de remplacer la matrice par un cône circulaire à axe vertical et plongé dans l’électrolyte.
- Ce cône peut tourner autour de son axe avec une vitesse connue, ou, pour mieux dire, on peut lui faire décrire à volonté autour de l’axe un nombre de tours plus ou moins grand. Mais quel que soit ce nombre de tours, les différents points de la surface du cône ne tournent pas avec la |
- même vitesse. Près du sommet la vitesse est minima, près de la base elle est maxima. Or, la nature du métal déposé varie suivant la partie du cône sur laquelle s’effectue le dépôt, lfi'ès du sommet le cuivre est rugueux et cassant; à mesure que l’on se rapproche de la base la finesse du grain et l’homogénéité augmentent. Il est facile d’après cela de calculer la vitesse à donner à la matrice pour obtenir les meilleurs résultats.
- D’après l'Engineering, ce procédé est appliqué couramment à la fabrication des grands cylindres de cuivre employés dans l’industrie textile pour l’impression des étoffes, mais on peut aussi s’en servir pour fabriquer des fils de cuivre bien que cela paraisse étrange au premier abord. On a recours, à cet effet, à un artifice aussi simple
- qu’original. La matrice sur laquelle se fait le dépôt de cuivre est cylindrique et sur sa surface est creusée une rainure hélicoïdale. Cette rainure est triangulaire comme l’indique la fig. 1 ci-jointe. La présence de cette rainure a pour effet de modifier la structure moléculaire du métal déposé et de creuser dans sa masse une ligne de clivage qui suit exactement le tracé hélicoïdal de la rainure. Il en résulte que, lorsque l’opération est terminée, il suffit d’exercer une traction à l’une des extrémités du métal pour séparer les spires et obtenir un fil continu ftîg. 2).
- Le cuivre obtenu par cette méthode possède, paraît-il, une homogénéité parfaite et une grande pureté, même lorsque l’on emploie des courants intenses et que l’électrolyte, qui n’est autre qu’une dissolution acidulée de sulfate de cuivre, contient des métaux étrangers en dissolution. Enfin la résistance du métal est très supérieure à celle que donnent les autres procédés électrolytiques.
- L‘-colonel Jeannel.
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- LA NATURE.
- LOCOMOTIVES ARTICULÉES
- Nos lecteurs n’ont certainement pas oublié l’énorme locomotive que s’est fait construire le réseau du Nord, pour la traction de ses trains de marchandises, et qui est dotée de deux bogies moteurs : c’est une vraie machine articulée, encore bien plus que celles qui sont simplement munies de bogies porteurs ; et ce dispositif, qui permet de répartir un poids adhérent considérable sur un nombre suflisant de roues motrices, sans que l’empattement rigide soit gênant, est en train de faire fortune sous des formes diverses. Cela s’explique par la nécessité où l’on est de traîner des trains de plus en plus lourds à des allures rapides, le tracteur devant avoir une adhérence proportionnée. Nous ne devons pas du reste omettre de dire que l’idée primordiale de cette articulation est due à notre savant confrère M. Mallet,
- rayon, chose fréquente sur les lignes de montagne, et spécialement gênante pour les machines à empattement rigide. 11 faut songer qu’iei le poids moteur et adhérent est celui de la machine tout entière, et qu’il atteint le chilfre énorme de 151000 kg; avec le tender, on arrive au poids, formidable vraiment de 217 tonnes ! Et alors que deux machines du type Consolidation (type pourtant le plus puissant qui ait été construit auparavant), employées en tandem, ne réussissent, qu’à traîner un train de 1855 tonnes, la nouvelle machine monstre, aidée par une machine Consolidation, remorque sans peine 2010 tonnes. Le passage dans les courbes se fait au mieux, l’articulation ne donne point lieu à des fuites sensibles; en touLes circonstances, la machine dépense moins de combustible proportionnellement que les autres
- Fiy. 1. — Locomotive; articulée Faillie.
- qui a été également le véritable créateur du com-poundage.
- Nombreuses déjà sont les applications de cette idée : ce système a été employé en 1889 pour le petit chemin de fer de l’Exposition. On le rencontre sur les voies étroites de la Corse, du Sud de la France, de Bretagne; en Suisse et en Allemagne de très importantes applications en sont faites pour la voie normale, notamment en Westphalie et le duché de Bade; de même sur les lignes d’Anatolie.
- Un des plus beaux exemples de cette articulation réunie au compoundage, nous est donné par l’engin qui a été construit à Sehenectady pour le compte du Baltimore and Ohio Railroad, compagnie audacieuse qui a été, d’autre part, la première dans le monde à faire traîner des trains lourds par des locomotives électriques. La machine en question a fait vaillamment ses preuves aujourd’hui, et on la considère aux Etats-Unis comme admirablement comprise pour la traction des trains lourds sur lignes à fortes rampes, là précisément où l’adhérence doit être la plus forte. Elle a roulé et « tractionné », dans les meilleures conditions, sur une section particulièrement montagneuse du réseau, et où les courbes sont de petit
- engins. On pourrait s’étonner de ce que, étant si puissante, cette machine ait besoin du concours d’une autre locomotive; mais il faut dire qu’elle ne recourt à cette aide que sur une rampe de 10 pour 1000 qui s’étend sur plus de 10 lun.; autrement elle se tire d’alfaire toute seule. Sans insister davantage, nous dirons encore que cet engin formidable a une surface de grille de 6,72 m2 et 520 m2 de surface de chauffe; son service est fait par un seul chauffeur.
- On vient assez récemment d’adopter une disposition tout à fait analogue pour les locomotives du chemin de fer à voie étroite de Porto Rico, et il donne toute satisfaction. Mais d’autres types de machines articulées ont été construits et mis en service, et ils méritent que nous les fassions connaître également. lis ne seront peut-être pas aussi heureux au point de vue pratique, mais ils sont plus curieux extérieurement, en ce sens qu’ils se composent en réalité de deux machines solidarisées.
- Voici tout d’abord des machines qui ont été étudiées et construites par la Yorkshire Engine Go, de Sheffield, pour les chemins de fer boliviens. Sur ces voies, on rencontre tout à la fois et des rampes marquées et des courbes accentuées ; sur des rampes
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- de 5 pour 100, circulent des trains lourds et de long parcours. 11 y a bel et bien, ainsi qu’on peut le pressentir au premier examen, deux chaudières séparées du type Belpairc, supportées par le châssis formé de poutres, et reposant par leur avant sur une pièce en acier venue de fonte ; c’est la partie inférieure de chacune de ces pièces qui forme pivot pour le bogie correspondant. Ce dernier a six roues, toutes couplées, mais la paire médiane n’a pas de boudin. À chaque bogie correspond une paire de cylindres. Unecoulisse radiale a été prévue dans la partie arrière du bogie. D’autre part, le changement de marche est monté très haut, de façon que l’obliquité se fasse peu sentir en dépit des déplacements du bogie. Les deux changements de marche sont solidarisés par une vis de commande. La locomotive Fairlie, comme on la nomme, n’est pas une nouveauté, et fréquemment jusqu’ici on y avait constaté de nombreuses fuites dans les canalisations articulées servant à la venue de la vapeur de la chaudière au bogie: celte fois, la vapeur arrive au centre
- porter tout le poids adhérent sur les roues motrices accouplées, mais en deux séries; le poids peut du reste être réglé, c’est-à-dire réparti au moyen d’un ressort spécial. Et, dans ces conditions, cette machine, qui pèse pourtant un peu plus de 75 tonnes, peut passer sans inconvénient par des courbes d’une raideur exceptionnelle; il faut dire que le seul empattement rigide est ici, comme plus haut, celui des bogies, 2,58 m. Chacun de ces bogies est, par lui-même, une véritable machine, possédant sa paire de cylindres, sa distribution, son freinage, son dispositif à sable, et supportant, dans une crapaudine recevant le pivot correspondant, la moitié du poids de la locomotive considérée dans son ensemble. Du reste cette connexion est installée de manière à permettre un certain jeu longitudinal, et des chaînes ont été prévues pour parer à tout accident.
- Sur le châssis de la machine, sont installés la chaudière, les réservoirs, la cabine du mécanicien ; la chaudière a d’ailleurs une surface de chauffe totale de 155 m2. Dans chaque bogie, nous trouvons
- Fig. 2. — Locomotive articulée des chemins de fer Rhodésiens.
- de ce dernier par un joint sphérique, d’où elle passe aussi directement que possible aux cylindres.
- On aperçoit très nettement la disposition de la plate-forme où se tiennent mécanicien et chauffeur ; en dessous, se continuent les réservoirs d’eau, ce qui abaisse notablement le centre de gravité et donne une bonne stabilité à l’engin. Il faut dire qu’il est fait pour des voies élroites de 0,75 m.; son empattement total est de 8,94 m., tandis que l’empattement rigide ne dépasse pas (à chaque extrémité) 1,85 m. Le poids de cette machine pour voie étroite est, en ordre de marche, de 55 tonnes, et tout ce poids est adhérent.
- Dans le troisième type de machine articulée que nous voulons signaler, nous trouvons certaines dispositions qui rappellent ce que nous venons d’indiquer, mais aussi des différences notables. Ce type sort des ateliers Kitson, dits Airedale Foundry, à Leeds; et l’engin que nous mettons sous les yeux du lecteur a été spécialement étudié pour les chemins de fer de Rhodésie, où se rencontrent également courbes et rampes assez raides. Dans la combinaison que montre bien la photographie qui nous a été envoyée par les constructeurs, on a voulu faire
- 2 cylindres extérieurs de 41 cm. de diamètre pour 61 de course; l’échappement du bogie, nous pouvons dire de la machine avant, se fait par la boîte à fumée, et il est suffisant pour assurer le tirage dans la boîte à feu, et par conséquent la production de vapeur. Pour l’échappement du bogie arrière, il se fait directement dans l’atmosphère, par ce second tuyau assez original d’aspect que l’on aperçoit derrière la cabine du mécanicien; mais on pourrait l’utiliser à augmenter le tirage ou à commander un injecteur à vapeur. Le mécanicien envoie simultanément la vapeur aux deux séries de cylindres, par un seul et même mouvement de la manette ordinaire de commande; tout aussi bien il renverse la vapeur dans ce que nous avons appelé les deux machines, il freine, ou encore met en action la boîte à sable d’un seul mouvement.
- Deux locomotives de ce genre sont déjà en service, à notre connaissance, sur les voies ferrées de Rhodésie; elles donnent toule satisfaction et traînent des charges deux fois plus considérables que les machines antérieurement en usage. On le voit donc, l’articulation dans les machines de chemins de fer est en train de gagner du terrain. Daniel Bellet.
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- La graphologie a-t-elle une valeur scientifique? Tel est, en résumé, le problème qui s’est trouvé posé, au courant de l’année dernière, par la publication d’un livre de M. Binet, intitulé Les révélations de récriture, d’après un contrôle scientifique1. La facilité apparente de la graphologie, qui semble autoriser chacun à y accéder de plain-pied et sans préparation, a donné à cette question un retentissement que les recherches scientifiques n’ont pas souvent la fortune de déterminer. Si l’on a versé beaucoup d’encre en vain, il y a eu néanmoins assez d’observations justes pour qu’on en puisse tirer quelque profit. En effet, aux expériences très minutieuses de M. Binet, M. Borel a opposé avec bonheur quelques expériences plus rapides, mais instructives, effectuées par l’intermédiaire de la Renie du mois.
- La graphologie est définie, comme on sait, par le titre même que son fondateur, Baldo, avait donné au premier ouvrage qui lui ait été consacré : c’est le moyen de connaître les mœurs et les qualités d’un scripteur, d'après ses lettres missives2, ou plus brièvement la mesure de l'homme par son écriture. Le fondateur de la graphologie moderne, Miction3, M. Crépieux-Jamin, l’auteur du meilleur traité de graphologie que nous possédions4, et tous les graphologues, avouent le vague de ces formules et la difficulté de leur application. Un homme, une personne intellectuelle, morale, sensible, etc., sont en perpétuel changement, et leur écriture ne varie pas moins. Si l’on admet l’idée fondamentale des graphologues, qu’il y a rapport du scripteur à l’écriture, il faut prendre garde que ce rapport est seulement significatif pour le moment où cette écriture a été tracée. On peut donc a priori penser que la graphologie ne donnera jamais que des résultats approchés, et que ceux-ci, si elle possède une valeur réelle, auront d’autant plus de chance de saisir la réalité, que les documents seront plus nombreux et répartis suivant une période plus grande.
- M. Binet a pensé qu’en soumettant une même question, au sujet d’un même ensemble de documents, à deux systèmes d'explication, celui des graphologues et celui du hasard, et en comparant les résultats, il obtiendrait une indication sur le degré d’approximation que la graphologie est capable d’atteindre et qu’on pourrait inférer de là sa valeur. Cela n’est peut-être pas rigoureux, ou ne serait rigoureux que pour une solution absolument négative ; si les résultats des graphologues sont ceux du hasard, c’est que, très probablement, la graphologie n’a pas de valeur et qu’il n’y a pas matière à une science graphologique. Mais si ces résultats diffèrent de ceux du hasard, ils ne mesurent, à proprement parler, que l’habileté des graphologues, et non forcément la valeur de la graphologie. Et précisément, nous pensons que le travail de M. Binet, et la contre-enquête de M. Borel ont abouti à montrer qu’il y a matière à une science graphologique, c’est-
- 1 A. Binkt. Les Révél. de l’écrit., d’après an conlr. scientif. Paris, Alcan, 1906.
- 2 Baldo. Trattato corne de un a littcra misioca, elc. Carpi, 1622, in-4°.
- 3 J.-H. Miciiox. Système de graphologie. L'Art de connaître les hommes d’après leur écriture. Paris, Denlu, etc. 1875.
- 4 J. Chépieux-Jamin. L’Ecriture et le Caractère. Paris, Alcan, 4e éd. 1896. — Id. Traité pratique de graphologie. Flammarion.
- à-dire vérifié le postulat des graphologues, mais que cette science est tout entière à faire, en dépit des excellents travaux qui ont déjà été accomplis.
- M. Binet a demandé quatre choses aux graphologues : Etant donné un document, déterminer : 1° le sexe du scripteur; 2° son âge; 5° son intelligence; 4“ son caractère.
- Sur le premier point, une détermination de hasard donnerait 50 pour 100 de solutions justes (une réponse juste sur deux). Celle des graphologues professionnels donne, au contraire, de 75 à 78 pour 100. D’autre pari, des « ignorants en graphologie » (instituteurs, institutrices, etc.) donnent de Go à 75 pour 100. Il nous semble qu’on ne peut rien tirer de cette expérience, sinon qu’il existe des différences dans l’écriture suivant les sexes, et c’est ce que constate M. Binet. Mais il semble aussi qu’en pratique, la connaissance qu’on en a est loin de suffire pour qu’une détermination de sexe par voie graphologique soit admissible, par exemple, devant un tribunal. Si d’ailleurs on lit les indications données par les professionnels, sur les moyens qu’ils emploient dans cette recherche, on est frappé par la part d’interprétation énorme qu’elle suppose, par la place faite véritablement à une sorte de divination. Cela justifie parfaitement l’idée que M. Borel a eue, de reprendre quelques-uns des textes que M. Binet avait employés, et de les soumettre à la détermination de sexe par ses lecteurs, en les présentant en caractères imprimés, c’est-à-dire sans matière à graphologie. Or, sous cette forme, c’est-à-dire par le seul examen du texte, les déterminations ont été tout aussi justes que celles des graphologues, Sur une simple adresse de lettre ainsi conçue : M. Alfred Binet, Samois, près Fontainebleau, M. Giard a diagnostiqué : « Homme distrait, imprécis, littéraire ! » et il s’agissait de M. François de Curel, l’auteur de la Nouvelle idole, des Fossiles et du Coup d’aile!
- Sur le libellé : Mademoiselle Binet, 9, rue du Départ, Meudon, près Fontainebleau, 57 personnes sur 41 ont reconnu l’ignorance géographique et l’imprécision d’une jeune fille.
- Sur ce point, bien qu’il y ait réellement matière à graphologie, la graphologie n’a pas été supérieure à l’analyse intelligente du texte. On arriverait à des conclusions analogues pour l’âge. '
- La question de l’intelligence était particulièrement difficile à trancher. M. Binet a recouru à l’ingénieux artifice des comparaisons. Ainsi, il a présenté au graphologue un couple constitué par deux documents émanant d’hommes dont la différence intellectuelle lui paraissait évidente (M. Bergson et un appariteur, — Henner et un petit magistrat, — M. Sardouet un commerçant lourdaud, — etc.) et il a dit au graphologue de trouver le supérieur et l’inférieur. Sur 56 couples qui lui ont été soumis ainsi, M. Crépieux-Jamin a donné 90 pour J 00 de solutions justes, tandis que d’autres graphologues atteignaient seulement à 80, 68, 66 et 60 pour 100. En dépit de ces chiffres, qui sont assez élevés, ces expériences ne nous semblent pas plus concluantes que les précédentes ; elles indiquent, il est vrai, que l’intelligence se manifeste dans l’écriture, mais aussi que les graphologues ne la lisent qu’avec difficulté. Une expérience de M. Borel montre d’ailleurs que, par le simple examen des textes utilisés par M. Binet et étudiés en imprimés, on arrive à des
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- résultats aussi précis. Un tel examen fait par les lecteurs de la Revue du mois (10 septembre 1000) sur quinze textes empruntés au livre de M. Binet a, en effet, abouti à classer leurs auteurs clans l’ordre suivant, indiquant, selon leurs déterminations purement critiques d’après les textes, une série décroissante d’intelligences (les chiffres entre parenthèses indiquent le nombre de voix qui a déterminé le classement, sur 41 votants) :
- 1. M. Marey..............................(50)
- 2. Claude Bernard........................(35)
- 5 Charcot...............................(52)
- 4. Un publiciste distingué...............(29)
- 5. Jules Simon......................... (28)
- G. Renan ................................(27)
- 7. Victorien Sardou......................(20)
- 8. Un avoué de province..................(14)
- 9. Un fonctionnaire...................... (9)
- 10. Un avisé commerçant................... (5)
- 11. Un petit employé...................... (4)
- 12. Un appariteur de Faculté.............. (5)
- On voit que cet ordre est aussi bon comme résultat que le pourcentage des graphologues.
- Faut-il conclure de là que la méthode graphologique est sans valeur pour la détermination de l’intelligence d’un scripteur donné, et dire avec M. Borel que « le premier contact de la méthode scientifique avec la graphologie a été funeste pour cette dernière? » Nous ne le croyons pas. De ce que, par l’intelligente anal} se d’un texte, on arrive à d’aussi bons résultats que par celle de son graphisme, il ne s’ensuit pas que ce dernier procédé soit condamnable. À parier franc, nous ne croyons pas davantage que les indications, données actellement par la graphologie sur l’intelligence, aient la moindre valeur
- pratique. Tout au plus peut-on aboutir à des probabilités aussi vagues que celles-ci : (( De ces deux écritures, l’une indique une plus grande intelligence » et d’abord cela ne veut à peu près rien dire, et, si peu que cela veuille dire, il n’y a aucune certitude qu’on ne se trompe pas lourdement.
- Mais cette non-valeur pratique actuelle n’empêche pas que les recherches de M. Binet, si bien que M. Borel en ait fait voir l’incertitude, n’aient montré qu’il existe bel et bien une matière graphologique, de quoi faire une graphologie. Seulement, malgré des travaux aussi fins que ceux de M. Crépieux-Jamin, celte science n’existe pas encore. Il existe des traités, où maintes règles se présentent avec un dogmatisme plein d’assurance, et n’aboutissent qu’à des résultats sans intérêt. C’est seulement lorsqu’on aura basé la graphologie sur une étude critique et finement analytique des écritures, qu’on pourra parler d’elle comme d’une science — et c’est une œuvre difficile, où ce ne serait pas trop que de demander un psychologue de premier ordre. Puis, quand cette science sera constituée, comme l’homme est un animal intelligent, très capable même de déjouer la finesse d’un graphologue — M. Binet l’a bien montré à M. Crépieux-Jamin
- — elle ne pourra à l’application donner qu’un art incertain, et nous croyons fermement qu’elle n’aura jamais aucune valeur, sauf peut-être de faciliter la soirée des vieilles demoiselles. On ne saurait donc, selon nous, lui faire la moindre place, ni devant les tribunaux, ni surtout
- — contrairement aux idées de M. Solange-Pellal1 —
- dans l’éducation, et, quoi qu’en dise cet auteur, nous estimons que l’art de juger les enfants d’après leur écriture est la dernière fadaise qu’il faille enseigner à un instituteur. Jf,an-P. Lafitte,
- PAYSAGES HONGROIS : LA WAAG
- C’est surtout en Autriche-Hongrie que les amateurs de pittoresque trouvent encore le mieux conservés les mœurs, costumes et légendes d’autrefois, qui partout ailleurs, dans la vieille Europe, s’évanouissent de plus en plus sous le vulgarisme local de la civilisation à outrance. Les provinces extrêmes de l’empire, Dalmatie, Bukovine, Galicie, méritent toujours, sous ce rapport, leur antique et curieuse réputation.
- Dans le nord de la Hongrie surtout, les plus hautes montagnes des Karpathes, les Tatras, se sont, sur leurs deux revers, fort bien maintenus sous leurs aspects de jadis, malgré la pénétration croissante dés voies ferrées et malgré le prodigieux essor des villes d’eaux ou Füred que la mode a rendues tout à fait mondaines.
- Il faudrait des volumes pour décrire comme elles le requièrent toutes les beautés de la Hongrie septentrionale : pour faire comprendre combien les étrangers ont tort de parcourir si peu cet intéressant pays, je me bornerai, à titre d’exemple, à noter quelques sites et vues de la vallée de la Waag, qui longe en courbe élégante le pied des Tatras et des Beskides pour rejoindre le Danube à Komorn.
- Dans toute sa moitié inférieure ce ne sont que gorges sauvages, cascades hardies, ruines féodales à poétiques légendes, parmi lesquelles la promenade est charmante et aussi aisée que possible.
- La vallée de la Waag est, grâce à la ligne de chemin de fer qui la suit dans toute sa longueur, le plus court chemin entre l’Europe occidentale et les Hauts Tatras
- 1 Solange-Peu,at. L’Education aidée par la Graphologie Paris, Hachette, 1906.
- Fig' i. —Costumes slovaques.
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- LA NATURE.
- Fig. 2. — Trcncsi'ii.
- La Waag esL formée par la réunion de la Waag noire et de la Wang blanche ; celle-ci prend sa source dans la partie Ouest du Haut Taira dominé par le grand lvrivan (2490 m.). Son sommet (fig. 4, n°4), visible de très loin, est le principal point de repère de la région. Ses parois se dressent sauvages et déchiquetées et ses talus d’éboulis mouchetés de champs de neme le rendent accessible seulement aux tou-
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- ristes éprouvés.
- Près de Kralovam l’Arva se jette dans la Waag et la voie ferrée est dominée par le vieux Bury de la famille de Thurzo. Bravant les Ilots de l’Arva, un rocher dresse au milieu de la vallée une falaise où sont accrochés les trois étages du château (fig. 4, n° 5) couronné par la tour de la Galère et où la vue plonge dans l’abîme vertigineux.
- La Wang atteint ensuite le grand bassin lacustre de Thurorcz qui s’est vidé par la rupture de la barrière granitique du Fatra (ne pas confondre avec Tatra) à la passe de Sztrccsno. Selon la légende, ce serait Trudin, le grand roi des Quades, qui aurait desséché le lac • et transformé son lit en vergers. Parmi les gorges des Fatras, une des plus sauvages est celle de Sullo, formant une belle cascade sur un gradin rocheux.
- La sortie de la gorge de Slrusn® est dominée par les ruines du château d’Ovar (fig. A, nu 2), construit par des routiers sur une roche d’où ils pouvaient^ incendier
- les bateaux au passage. Le bassin de Szolna, qui s’élargit ensuite, permet l’accès de la vallée de Vraltna (fig. 4, n° 1) ornée de silhouettes rocheuses fantastiques; celles-ci sont particulièrement accumulées dans la partie la plus étroite de la gorge. Non moins original est le fond de la vallée de llrabova.
- La station de Naghevé est le point de départ pour la visite de la gorge de Manin (fig. 5), creusée dans un noyau de calcaire jurassique et liasique isolé au sein de formations crétacées. C’est une vraie crevasse rocheuse entre des murailles droites et lisses (jui donne accès à la cluse large à peine de 2 îi 5 mètres. L’érosion s’est violemment exercée
- sur des dolomies très dures.
- La légende de deux amoureux murés vivants plane un peu plus loin sur les ruines de Budalin. La station balnéaire de Tren: sen-Teplitz occupe une charmante situation à quelque distance de la rive gauche de la Waag. Ses eaux sulfureuses, à la température de 58 à 40° G., sont utilisées depuis des siècles. On les trouve mentionnées dès l’année 1575 dans le livre de Sigismond Her-herstein et Georges Wer-nher : « De admirandis Hongariae aquis ». C’est un séjour d’été des plus agréables, il est desservi par la gare de Tren-csen, principale localité de la vallée de la Waag que dominent les superbes ruines d’un château avec la tour de Térence, qui est peut-être d’origine romaine (fig. 2).
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- Ce fut le quartier général desllussitcs et on le reconstruisit entièrement après l’incendie de 1528. On y voit encore le célèbre puits d'Amour, creusé jusqu’au niveau de la vallée et dont les vieilles chroniques racontent ce qui suit:
- Au temps des guerres contre les Turcs,
- Fatma, lille d’un pacha, lut faite prisonnière et amenée à Trencsen. Malgré les soins affectueux de la châtelaine, la cap-, live pleurait nuit et jour ses parents et son fiancé. Un soir une troupe de Turcs apparut sous les murs du château et proposa la rançon de Fatma. C’était
- rent le creusement d’un puits; pendant des années ils travaillèrent, et Fatma se désespéra. Mais un jour une rumeur envahit le château : « Allah est
- Fig. 4. — 1. Vallée de Vrallna. — 2. Château d'Ovar. — 3. Château do Tluirzo. — 4. Le Grand-Krivan.
- l’amoureux qui avait découvert sa relraitc. « Je ne veux point d’argent, répondit le châtelain, mais trouve-moi de l’eau dans ce rocher et Fatma est à toi. » Prenant l’offre au mot, les Turcs enlrepri-
- grand! l’eau! l’eau! ». Le bienheureux liquide avait fini par jaillir sous la pioche des puisatiers. Fatma était libre.
- En fait, le puits artificiel de Trencsen est 'un
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- dos plus profonds que l’on connaisse (144 mètres).
- La plus grande partie de la population de la vallée delaWaagse compose de Slovaques, race aimable et laborieuse qui, jusqu’à présent, a eu le bon goût de conserver ses costumes nationaux (fig. 1 ). Les femmes et jeunes filles ornent leurs vêtements de broderie à la main dont les dessins sont particulièrement variés et originaux.
- Peu de Français visitent ces beaux pays de notre Hongrie septentrionale; s’ils savaient combien l’accueil y est affable, le voyage commode, et le pays admirable, ils délaisseraient un peu les sentiers rebattus de la Suisse. En nosTatras, l’originalité sauvegardée de la nature et des habitants vaut bien les glaciers, maintenant si tronqués, et les vallées trop touristiquées, des grandes Alpes. Karl Siegmetu.
- LE ROCHER DE BAUDIN A L’ILE DES KANGOUROUS
- Les voyageurs français ont pris une part importante à la découverte et la reconnaissance de la Nouvelle-Hollande, aujourd’hui l’Australie.
- La Pérouse visitallotany Bay en 1788; d’Entrecasteaux, en 1792, explora une partie des côtes de l’île; puis ce fut le commandant Baudin, en 1802 et 1803. Les noms d’origine française, que portent aujourd'hui encore de nombreux points des côtes
- australiennes sont autant de souvenirs d’explorations dont la France a eu la gloire, mais non le profit.
- Sur un rocher de l’île des Kangourous, on peut même voir encore une inscription qui rappelle le passage de l’expédition française de Baudin, en 1803. Sculptée grossièrement et sans art à même le roc par des hommes de l’équipage, cette inscription est ainsi conçue :
- Expédition de découverte par le commandant Baudin sur le Géographe 1803.
- Mais, exposée à toutes les intempéries et battue par les flots, elle aurait fatalement disparu dans un avenir qui ne pouvait être lointain, si, grâce à une généreuse initiative, des
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- travaux de protection n’avaient été faits en 1906.
- La Société de Géographie de Paris y a apporté sa part de contribution. Une sorte de toiture a été construite au-dessus de la pierre; des grilles de fer
- ont été placées autour, faisant face à la mer. Une plaque de métal a été posée aussi avec les mots: French-man's Rock, 1803. Erected by subscriplion, subsi-dised by Government, 1906.
- C’est en 1801, que Baudin fut mis à la tête d’une expédition destinée à l’exploration de la Nouvelle-Hollande.
- Il prit le commandement de la corvette le Géographe, et le capitaine Hamelin commanda sous ses
- Le Rocher do Baudin à l’île des Kangourous.
- ordres, le Naturaliste. Louis de Freycinet et le naturaliste Péron, qui faisaient partie de l’expédition, en furent les historiographes. Sur la côte occidentale, les terres d’En-drachl et d’Edels furent reconnues, et la première l’expédition leva la haie des Chiens marins et y laissa les noms de canal du Géographe et canal du Naturaliste, et de havre Hamelin et havre Freycinet. A l’extrémilé
- sud de la même côte, le cap du Naluralisle forme l’éperon avancé de la haie du Géographe. L’expédition reconnut les côtes méridionales entre les 130" et 145" degrés de longitude et Baudin donna à cette région le nom de terre Napoléon, sur lequel prévalut ensuite celui d’Adélaïde. Le détroit de Bass fut aussi reconnu, ainsi que la partie orientale de la terre de van Diémen.
- En face de la terre Napoléon, Baudin rencontra une île qu’il appela île Decrès, du nom du vice-amiral français alors Ministre de la marine.
- C’était l’île que venait de découvrir en 1802 le navigateur anglais Flin-ders et à laquelle il avait donné le nom d’île des Kangourous, à cause du très grand nombre de ces animaux qui y vivait alors. Baudin explora l’île, et nomma cap Delambre la pointe de Kangourous de Flinders. L’expédition ne trouva d’eau douce dans cette île qu’en un point situé à environ deux milles du cap Delambre et qui est désigné sur la carte du voyage de Baudin du nom d’Anse des Sources. C’est là exactement qu’est le rocher portant l’inscription.
- L’île des Kangourous, qui est à l’entrée du golfe Saiut-Yincent, entre les caps Ouest et Jervis, est une terre basse, aride et sablonneuse, de climat sec, et qui a à peine 400 habitants. Quant aux kangourous, ils ont aujourd’hui à peu près disparu. Gustave Regelsperger.
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- LA NATURE.
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- BIBLIOTHÈQUES FICTIVES
- Livres de bois
- La Bruyère raillait déjà ces amateurs, qui, au lieu de prendre la peine d’acheter des livres et de se donner l'embarras de les caser et de les aligner, s’avisaient de faire peindre sur les panneaux de leur appariement des rangées de volumes vus de dos, de façon à imiter des bibliothèques.
- Turgot, à l’époque où il était intendant de Limoges, en 1701, avait fait ainsi « orner» son cabinet de travail : « Sur une porte où sont simulées des tablettes en rapport avec les rayons de la bibliothèque, figurent des livres également fictifs, et dont les titres sont évidemment l’œuvre de Turgot », dit Tenant de Latour, qui a consacré à cette bibliothèque de Turgot tout un chapitre de scs Mémoires d'un bibliophile. Ajoutons que ces titres, imaginés par le caustique intendant, et inscrits au dos de ces volumes de bois, cachent, pour la plupart, quelque satirique allusion. On y trouve ceux-ci, par exemple : Art de compliquer les questions simples, par l’abbé Galiani ; — Véritable utilité de la guerre, par les frères Paris (qui s’étaient enrichis comme fournisseurs des armées) ; — Dictionnaire portatif des métaphores et des comparaisons, par S.-N.-II. Linguet (trois énormes volumes); — Du pouvoir de la musique, par M. Sedaine (de méchantes langues attribuaient la réussite des pièces de Sedaine aux charmantes compositions de Grétry et de Monsigny) ; — De l’emploi des images en poésie, par M. Dorât (on sait que le succès des Baisers de Dorât fut dû uniquement aux admirables gravures d’Eisen); etc.
- On rencontre encore fréquemment des bibliothèques de ce genre, — de ces rangées de livres peintes en trompe-l’œil sur des panneaux de, bois, principalement sur des portes, comme pour les masquer; — il existe des spécimens de ces bibliothèques fictives ou bibliothèques factices, notamment à la bibliothèque de l’Arsenal, dans le château de Compiègne, dans celui de Chantilly, etc.
- Le mol de Diogène : « Avoir des livres sans les lire, c’est avoir des fruits en peinture », se vérifie donc ici textuellement et se matérialise.
- « 11 vous faut à tout prix de longues rangées de volumes, écrit à ce propos M. Gustave Mouravit, l’auteur de le Livre et la Petite Bibliothèque d’amateur; il faut que lambris et murailles disparaissent sous les files interminables de livres soigneusement alignés : eh bien ! suivez cette naïve pratique de vos bons aïeux en bibliomanie, qui faisaient figurer dans leurs cabinets d’amples bibliothèques où les volumes n’existaient guère que par des dos factices, qui réussissaient plus ou moins à faire illusion : vénérable coutume dont Sauvai avait parlé avant La Bruyère, et qui a pour soi, outre l’économie, l’avantage immense de rendre à la circulation des richesses immobilisées aux mains des plus sordides de tous les avares.
- « . Les Anglais, nos maîtres ici encore, avaient reconnu l’excellence de cette louable pratique : « M y lord est « curieux en livres, nous dit Pope .... 11 vous en fait « parcourir tous les dos, chacun avec la date de sa publi-« cation.... Admirez ces livres de vélin ou ces livres de « bois magnifiquement décorés : pour l’usage que mylord « en fait, ces derniers sont aussi bons que les autres. »
- Le même bibliographe, M. Gustave Mouravit, mentionne deux autres bibliothèques fictives, celle d’Eugène Scribe (1791-1861), l’auteur dramatique, et celle du roi de Naples Ferdinand IY (1751-1825),.époux de la fameuse Marie-Caroline, chez qui (( on vit une collection rivale de
- celle de Turgot ; mais le monarque y mit moins de malice, et voici ce qu’on ht, à ce propos, dans la Revue germanique (juin 1862, page 577) : « J’avisai, dans la « chambre à coucher du feu roi, une fort belle biblio-« Ihèque fermée par des portes vitrées, et je voulus y « prendre un livre. Elle contenait la fleur de la littérature « italienne.... Ces livres que j’avais admirés étaient des « morceaux de bois figurant des volumes et portant au « dos le titre des ouvrages qu’ils représentaient. »
- La bibliothèque fictive d’Eugène Scribe se rapprochait quelque peu, par l’ironie des titres, de celle de l’intendant Turgot. Dans ses très intéressants Petits Mémoires de VOpéra, Charles de Boigne nous la décrit en ces termes :
- « Il serait long et fastidieux d’énumérer un à un tous les ouvrages qui composent la bibliothèque de M. Scribe.... Quels sont donc ces livres dans le coin adroite? Discours des muets célèbres, un volume, un petit volume ! ô malice! Crimes des jésuites, vingt gros volumes? encore une malice! Critiques sur mademoiselle Mars, vingt-cinq volumes in-folio !
- « Je ne reviens pas de ma surprise. Chez l’auteur de Valérie, vingt-cinq volumes de critiques contre Valérie! Mais Valérie, elle venait quelquefois s’asseoir à la table du poète. Que dut-elle penser, le jour où elle lut, de ses propres yeux lut ce formidable intitulé : Critiques sur mademoiselle Mars? Est-ce donc ainsi que M. Scribe entendait la reconnaissance, l’hospitalité? Inviter une femme, une artiste, une grande artiste, pour l’insulter ! Mais le mystère s’éclaircit : la porte de la bibliothèque s’ouvre; ces livres ne sont pas des livres, ce sont des dos de livres ; il ne peut pas plus exister de Discours des muets célèbres que de Critiques sur mademoiselle Mxirs : l’amphitryon a mystifié son bote, mystifié de la manière la plus délicate, la plus inattendue. Quand M. Scribe s’en mêle, il est galant comme un grand seigneur d’autrefois, spirituel comme un proverbe de Théodore Leclercq. »
- Nos grands-pères employaient aussi volontiers les livres factices, les livres de bois, pour simuler des meubles, des coffres, des bahuts, et tout spécialement des chaises percées : le dos de ces livres était alors, on le devine, revêtu de titres ad hoc, titres de haulle grosse, tout à fait appropriés à la matière. Albert Cjm.
- FORÊTS ET COURS D’EAU
- De nouvelles observations pour confirmer l’influence que les forêts ont sur le régime hydrologique d’un pays, nous sont fournies par MM. Schrineret Copeland, et portent sur le district agricole deMonroë, dans le Wisconsin. L’élevage y est pratiqué de façon intensive, de même que la fabrication du fromage, et la forêt primitive a disparu, pour donner place à des pâturages : plus de 84 pour 100 du territoire proviennent de déboisements, et il n’existe plus guère que 6 pour 100 de la forêt de jadis. La majeure partie des déboisements remonte à soixante-dix ans. Jusque vers 1887, on ne constata point de modifications dans le régime des cours d’eau, mais sans doute le niveau général des couches aquifères s’abaissait-il peu à peu. Depuis lors, le mal se manifeste avec une intensité déplorable : 40 kilomètres de rivières jadis toujours alimentées sont maintenant à sec complètement au moins durant l’été; et partout la diminution de l’étiage est si marquée, que bien des usines hydrauliques ont dû disparaître.
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- LA NATURE.
- LE SOUFRE DE LOUISIANE
- Les méthodes industrielles d'Amérique sont par-lois d’une originalité qui louche à l’invraisemblance, comme les dimensions des richesses naturelles auxquelles elles s’appliquent. Un gisement de soufre natil’de 40 000000 tonnes, formé d’un seul banc de minerai h 70 ou 80 pour 100 de soufre sur près de 80 m. d’épaisseur, 500 m. de long, 500 m. de large au minimum, voila qui est fort ; mais le plus étonnant encore est de l’exploiter par dissolution à 150 ou 200 m. de profondeur, en allant le liquéfier, au fond de sondages, par de la vapeur d’eau surchauffée à 168°, que lancent, pour chaque trou de sonde, 2400 chevaux de force et de le remonter fondu par la pression de l’air comprimé ; si bien que, lorsque ce gisement sera épuisé, l’homme ne l’aura jamais vu, pas plus qu’il ne voit le sel exploité par dissolution ou le pétrole. Le contraste est parti-
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- Fi}?, i. — Coupe N. S. du gisement de soufre d’après Baldacci.
- a, argile; b, sable aquifère; c, calcaire poreux; S, soufre; (é e, roche gypseuse et calcaire stérile.
- culièremenl frappant avec le seul autre grand gisement de soufre natif dans le monde, celui qui en détenait jusqu’alors le monopole, la Sicile, où les minerais à24 pour 100atteignent seulement, d’après les derniers calculs, au chiffre de 24 000 000 tonnes de soufre utilisable et où la méthode d’exploitation barbare a si longtemps perpétué, avec scs galeries désordonnées, exiguës, tortueuses, l’image d’une mine antique, de meme que l’extraction du soufre continuait à se faire, pour une bonne part (1/5 en 1905), par le primitif procédé de la fusion en tas des minerais, au « calcarone ». On hésiterait à croire, sinon le fait de la méthode américaine, qui fonctionne depuis plus d’un an au vu et au su de tous, du moins les chiffres correspondants, s’ils ne nous apportaient la double estampille des services publics américains et de deux missions officielles que le gouvernement italien vient d’envoyer dans, le pays où se réalisent ces inventions à la Jules Verne, en Louisiane, pour se rendre compte exactement d'une si redoutable concurrence.
- La conséquence économique, c’est, en effet, le soufre produit à 18fl‘,50 la tonne sur place, rendu à 56 francs dans nos ports d’Europe (15 francs de fret), tandis que le soufre de Sicile revenait à près de 50 francs (avec un prix de vente de 80 à 110 fr.)
- et que le soufre contenu dans nos pyrites se paye au moins 155 francs dans nos ports. C’est donc, dès aujourd’hui, le bouleversement de l’industrie sicilienne, qui perd son meilleur client, l’Amérique, et qui, en Europe môme, a été amenée à subir les mesures les plus révolutionnaires du socialisme d’Etat pour lutter. Si le prix de revient s’abaisse encore un peu, comme il y tend chaque jour, avec un gisement qui, à lui seul, est susceptible de fournir à peu près tout le soufre nécessaire au monde pendant une domaine d’années (consommation mondiale : 600 C00 t. de soufre natif; 900000 l. de soufre en pyrites par an), ce peul être une révolution dans l’industrie des pyrites et de l’acide sulfurique. Tout cela est assez important et curieux pour valoir d’être connu1.
- Le gisement en question est situé, près de la petite ville de Lake Charles, dans la région littorale du golfe du Mexique nommé Gulf Coastal plain, presque à la frontière de la Louisiane et du Texas, à environ 500 km de Galveslon et 569 km de la Nouvelle-Orléans, où se fait actuellement l’embarquement. Les mines appartiennent à T « Union Sul-phur Cy », et l’inventeur de la méthode par dissolution est M. Herman Frasch. Deux mots seulement sur la géologie, qui n’est pas ici la question intéressante, bien qu’elle soulève un problème théorique assez singulier. Les couches solfifères d’àge tertiaire (éocène ou miocène), se présentent, avec accompagnement ordinaire de gypse, de pétrole et de gaz hydrocarburés (comme en Sicile) dans une masse de sables dits deLafayette; au-dessus d’elles viennent d’abord 10 m. de calcaire caverneux, puis 50 m. de sables aquifères et enfin des argiles jusqu’à la surface (fig. 1).
- Ce n’est pas, comme on peut le penser, du premier coup que l’on est arrivé à imaginer d’abord, puis à rendre pratique la méthode si hardie, dont je vais exposer le fonctionnement, et bien des millions ont commencé par être gaspillés sans succès. C’est en 1868 que fut formée, dans cette région, la première société industrielle, ayant alors pour but la recherche du pétrole, décelé par des suintements à la surface. En 1870, on essaya d’exploiter le soufre découvert par hasard; mais l’abondance des eaux dans ces terrains, situés à peu près au niveau de la mer, paralysa longtemps tous les efforts, malgré des essais faits pour foncer des puits par le procédé à niveau plein Kind et Chaudron, jusqu’au jour où l’on s’est résolu à « faire venir la montagne à Mahomet », au lieu que Mahomet aille à la montagne. Un premier brevet fut pris en 1891 pour la liquéfaction du soufre sur place et c’est seulement en 1905 que l’inventeur a réussi à triompher des
- 1 Voy. L. Baldacci. Il Giacimenlo sol fi fera délia Louisiana (Ministère de l'Agriculture italien). M. L. Aguillon doit prochainement consacrer une élude détaillée à ce sujet dans les Annales des mines.
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- LA NATURE.
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- dernières difficultés pratiques qui arrêtaient son procédé. Actuellement, il existe une centaine de sondages. Les difficultés, auxquelles on s’est heurté, sautent immédiatement aux yeux et il a fallu bien
- la masse, c'était tout autre chose. Gomment éviter le refroidissement, les perles d’eaux chaudes, les ébou-lemenls, les coincements, la solidification du soufre obstruant les trous de sonde, l’introduction des eaux à la remontée dans le tube où se lait l’ascension de ce ruisseau de soufre liquide, qui vient si singulièrement couler tout raffiné à la surface? Je ne saurais entrer ici dans les détails; il suffira de donner des indications générales, complétées par quelques figures empruntées au rapport de M. baldacci.
- La première idée était de forer un trou de sonde lubé ordinaire de 0,25 m. de diamètre, contenant un second tube central de 0,125 m. : l’espace annulaire servant à l’inlro-
- Fig. 2.— Batterie de chaudière à 4 800 II F.
- de l’ingéniosité pour en triompher. Sans doute on savait depuis longtemps extraire le soufre de ses minerais en utilisant de l’eau maintenue sous pression à 150°, tandis que la liquéfaction
- du soufre a lieu à 114° et c’était un des procédés classiques utilisés en Sicile pour la métallurgie de cette substance; mais faire l’opération, à 200 m. de profondeur sous terre, dans un gisement naturel massif, en profitant des progrès même de l’exlraclion pour amener peu à peu la pénétration des eaux dans
- Fig. 3. — Bassin contenant 2300 tonnes de soufre, en démolition.
- duction des eaux sous pression, tandis que la remontée du soufre se faisait par la partie centrale, sous la pression même des eaux, à laquelle s’ajoutait l’aspiration d’une pompe calculée en conséquence. De la sorte, l’eau chaude, arrivant au contact du soufre à une température supérieure à celle de sa fusion, le faisait fondre et créait peu à peu, à la base du puits, une cavité, qui s’augmentait jusqu’à ce que le rayon d’action trop étendu amenât le refroidissement et l’arrêt. C’est encore à peu près ce qu’on fait, mais en utilisant de plus, pour remonter le soufre, la pression de l’air comprimé. L’eau chaude, après avoir servi, n’est plus ramenée au jour, mais s’injecte progressivement dans le gisement qu’elle contribue à échauffer, tout en
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- LA NATURE.
- refoulant les eaux, froides, dont la présence très abondante dans les terrains était une dil'licuilé de la méthode. Au lieu de se contenter de 136°, comme on le faisait au début, on la porte à 168°, soit à une pression de 7 atmosphères 1/2; ce qui permet, à la fois, de refouler l’eau froide et d’exploiter par le meme puits une plus grande étendue de terrain. Le soufre liquide ayant une densité à peu près double de celle de l’eau, la colonne d’eau est équilibrée par une colonne de soufre de hauteur moitié moindre; mais, en injectant dans celle-ci de l’air comprimé, on arrive à diminuer cette densité jusqu’à la rendre inférieure à celle de l’eau et, par conséquent, à ramener le soufre liquide mélangé d’air à la surface. Seulement, cela exige des pressions énormes, 2400 chevaux de force par trou de sonde et, par conséquent, une dépense de combustible, qui, en d’autres pays, par exemple en Sicile, où l’on avait songé un moment à introduire la méthode, la rendrait impraticable. En Louisiane, on est sauvé par la proximité des pétroles du Texas, qui reviennent à moins de 15 francs la tonne, avec un pouvoir calorifique équivalant à 1,5 celui des charbons, ce qui correspond donc à 10 francs par tonne de charbon.
- Ainsi donc, quatre tubes concentriques : un trou de sonde extérieur, un tube intérieur d’eau chaude, un tube élévatoire du soufre et, enfin, au centre, un tube d’injection de l’air. Les réchaufïèurs, recevant, au sommet, l’eau ordinaire et, latéralement, l’eau à haute pression, fournissent, par leur hase, l’eau surchauffée aux espaces annulaires. Cette eau, étant à une température très supérieure à celle de la fusion du soufre, peut s’écarter assez loin de la base du trou de sonde; le soufre fondu vient se rassembler à la base de ce trou et la pression commence à le refouler dans le tube élévatoire du soufre. L’air injecté par le petit tube central complète cet effet en se mélangeant à lui et l’allégeant. Finalement, on a vu sortir d’un seul puits jusqu’à 400 à 500 tonnes de soufre par jour et de soufre que le procédé même d’extraction a raffiné, en sorte qu’il suffit de le couler dans de grands bassins (fig. 3), que l’on démolit quand ils sont pleins et de le débiter et de l’expédier. Comme il est facile de le prévoir, un sondage n’a qu’une durée limitée; on calcule qu’il peut vivre un mois et travailler dans un rayon de 50 m., bien que l’on ait vu un seul puits fournir plus de 37 000 tonnes. Cela amène donc à faire des quantités de puits à 50 m. les uns des autres, comme dans un champ pétrolifère (fig. 4) ; mais la grande dépense n’est pas là'; elle est dans la force énorme dont il faut disposer ; d’où les batteries de chaudières représentées figure 2. Les principaux chapitres du prix de revient interviennent dans la proportion suivante: Fonçage du puits, 12 pour 100 ; main-d’œuvre, 38 pour 100; combustible, 22 pour 100; travaux préparatoires, 6 pour 100; amortissement, 6 pour 100; imprévu, 0 pour 100. La moyenne de la production est de 289 tonnes par jour, mais
- tend à s’accroître par le perfectionnement de la méthode, et, avec un puits donnant 400 tonnes, comme il en existe, le prix du soufre descend à 15,30 fr.
- J’ai déjà fait allusion aux mesures prises par les Italiens pour lutter. Leur gouvernement n’a pas hésité à constituer un syndicat obligatoire des producteurs, monopolisant toute la vente, sans limite de production jusqu’à nouvel ordre et remboursant chaque producteur au prorata des quantités livrées sur le prix de vente total obtenu. L’émotion causée par ces nouvelles mines peut être caractérisée par ce fait que le syndicat anglais, entre les mains duquel étaient, depuis plusieurs années, les mines de Sicile et qui avait distribué annuellement 50 pour 100 à ses actionnaires, a accepté de se dissoudre et de recéder son soufre en stock équivalant à la production d’une année, moyennant un prix de 60 francs la tonne, qui lui a simplement remboursé son capital d’une vingtaine de millions. P. Saj.lioii.
- CHRONIQUE
- Sur l’extraction de l’acide oléique des acides gras. — La stéarine commerciale non purifiée, c’est-à-dire le mélange d’acides gras provenant de la saponification du suif, traitée par la benzine lui abandonne la plus grande partie de son acide oléique; L’alcool à 70° enlève encore mieux l’acide oléique, mais il laisse les matières colorantes que la benzine enlève plus facilement. En répétant cette opération et en combinant les deux solvants, on enrichit le résidu en acides gras saturés solides et on peut obtenir ainsi industriellement, d’après M. Charitchkof, une stéarine blanche à point de fusion élevé, excellente pour la fabrication des bougies, sans avoir besoin d’une épuration chimique.
- Sur les explosions qui se produisent dans les fabriques de bronzes d’aluminium. — 11 se produit parfois, dans les ateliers où se fait le polissage des bronzes d’aluminium, de violentes explosions. Un récent travail de M. Stockmeier a montré que ces explosions sont généralement dues à l’inflammation rapide d’assez grandes quantités de bronze d’aluminium pulvérulent ; la température d’inflammation de ce dernier étant de 230° et cette inflammation pouvant être provoquée par l’énergie électrique qui provient du frottement. Le bronze d’aluminium étant capable de décomposer l’eau avec dégagement d’hydrogène, on pouvait se demander s’il n’y avait pas là une autre cause d’explosion ; mais ce dégagement d’hydrogène est assez lent et ne peut donner lieu qu’à des flammes.
- Le budget de la marine italienne. — Pour l’exercice actuel, les évaluations budgétaires atteignent un peu plus" de 140 millions de francs, ce qui accuse une augmentation considérable de plus de 12 millions par rapport au budget précédent. On prévoit une escadre croisant dans les parages de l’Italie et comprenant 4 cuirassés et autant de croiseurs cuirassés, sans parler d’une flottille de torpilleurs et contre-torpilleurs. C’est ensuite une escadre de réserve de 5 cuirassés en principal; puis deux croiseurs protégés dans l’Atlantique Nord et un croiseur dans les mers de Chine, une petite flottille dans la Mer Rouge et l’océan Indien. On construit actuellement
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- LA NATURE.
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- un cuirassé de première classe de 12 600 tonneaux et 2 croiseurs cuirassés de 9800 t. ; il y a aussi sur chantiers 4 contre-torpilleurs et 4 sous-marins, enfin 18 torpilleurs de haute mer qui se distinguent fort peu comme importance de contre-torpilleurs. Et de plus 5 cuirassés de T2 600 t. sont en achèvement à Ilot.
- Les dégâts causés par les incendies de forêts.
- — Les dégâts causés en France par les incendies de forêts n’ont été que trop nombreux et importants cette année, par suite de la sécheresse ; mais ce n’est rien à côté des ravages analogues que l’on relève aux Etats-Unis, où le plus souvent on ne lutte que fort imparfaitement contre le fléau. Généralement, on estime que dans le courant d’une année les pertes subies de ce fait sont de quelques 125 millions de francs; en 1902, il s’est produit un sinistre formidable dans l’Oregon et le Washington, qui a dévasté pour 60 millions en 9 jours; et en 1903, dans le seul État de New-York, et dans la région des Adiron-dacks, il brûla pour 18 millions de bois.
- Les transports postaux sur les chemins de fer américains. — L’immensité du territoire des Etats-1 mis, qui lient à leur situation de Confédération, fait que tout y est énorme. Les transports postaux par exemple s’y exécutent sur un développement de voies ferrées de 323 000 km, et ils ne coûtent pas moins de 235. millions de francs. En 1886, la distance correspondante n’était que de 199 000 km, et la dépense ne s’élevait qu’à 89 millions.
- Chasse aux lapins à la vapeur. — C’est en Australie qu’elle se pratique, et c’est en réalité plus une destruction qu’une chasse : il s’agit toujours, comme on l’a essayé avec d’autres moyens qui ont été décrits ici, de détruire ces rongeurs, qui se multiplient de façon terrible sur le territoire de la Confédération. L’appareil de destruction comporte une chaudière mobile de petites dimensions, à laquelle on peut relier une canalisation métallique, destinée à porter dans les terriers la vapeur à haute température. Bien entendu, on bouche toutes les ouvertures de ces terriers, sauf celle par où l’on introduit le tuyau de vapeur. Le fluide n’est pas seulement à température, mais encore à pression élevée, et les rongeurs sont rapidement tués.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 Janvier 1907.
- Présidence de M. Chauveau.
- Les progéniieurs des paresseux. — M. Edmond Perlier résume un travail de M. Anthony sur l’anatomie des paresseux, genres unau et aï. L’auteur établit entre la structure de ces animaux et celle des paresseux fossiles décrits sous le nom de hapalops, des relations qui montrent que ces derniers seraient les progéniteurs des premiers.
- L’âge de gisements ëocènes. — l\L de Lapparenl analyse un travail de M. Boussac sur le gisement bien connu de fossiles éocènes de Bois-Gouët (Loire-Inférieure) qui est intermédiaire entre le bassin de Paris et celui de l’Aquitaine. Ce' gisement doit être considéré comme appartenant au bartonien inférieur, c’est-à-dire au dernier terme de l’éocène moyen. Comme d’ailleurs par sa faune il est synchronique de celui de Ronca dans le Yicenlin, c’est au bartonien que ce dernier devrait être rattaché.
- Le fluor dans les eaux minérales. — M. A. Gautier expose que, dans une communication précédemment déposée, M. Caries a décrit un procédé de dosage du fluor dans les eaux minérales ou dans les eaux potables. L’Annuaire des eaux minérales pour 1894 ne relatait que quatre eaux dans lesquelles la présence du fluor avait été constatée, et une note indiquait que M. de Gouvenain l’avait dosé trois fois dans les eaux du Bourbonnais, mais que son observation était erronée. En 1901, l’auteur a signalé la présence du fluor dans les eaux de Néris; il vient d’étendre ses recherches à la plupart des eaux minérales de France, sinon à la totalité. Son procédé consiste à verser dans un litre d’eau porté à la température de l’ébullition, 5 cm3 d’une solution d’acétate de potasse à 10 parties égales et 10 cm3 d’une solution de chlorure de baryum saturé à froid. Puis on verse goutte à goutte de l’acide chlorhydrique; il se dégage alors de l’acide carbonique que l’on peut déceler à l’aide du papier de tournesol. Le précipité recueilli et réchauffé avec de l’acide sulfurique dans un creuset de platine donne des vapeurs qui rayent le verre. La dose de fluor est appréciée par comparaison de la gravure du verre avec une gamme de gravures données par des doses progressives connues de fluorure de sodium cristallisé et agissant de même. M. Caries développe les raisons pour lesquelles les anciens procédés de dosage n’ont pas permis, pendant si longtemps, aux chimistes habiles, de déceler la présence du fluor dans les eaux minérales. Les quantités ne sont point d’ailleurs négligeables. On note 0,018 milligr. dans les eaux des sources d’Ilauterive, du Parc, de Lardy, de l’Hôpital, 0,017 milligr. dans l’eau de Sainl-Yorre, 0,014 milligr. dans celle deBagnères, 0,012 milligr. dans l’eau de l’Océan (bassin d’Arcachon), 0,007 milligr. dans celle de Sainl-Galmier Badoit, 0,002 milligr. dans l’eau de Vais Saint-Jean.
- Toxiques de Vorganisme. — M. d’Arsonval dépose une Note de MM. Charrin et Goupil sur l’existence de toxiques non encore décrits, dans les tissus. Les maladies causées par les poisons contenus dans nos tissus même normaux sont nombreuses. Les expériences de MM. Charrin et Goupil expliquent ces faits. Grâce à des procédés perfectionnés ils ont réussi à extraire de certains tissus des toxiques nouveaux. Ainsi se révèle l’importance de surveiller la genèse, la destruction ou l’élimination des poisons de l’organisme.
- Action de la chaleur sur les sulfates de chrome.— M. Lemoine dépose une Note de M. Colson relative à l’action de la chaleur sur les sulfates de chrome. En dissolution, c’est le môme produit final qui se forme dans tous les cas ; si ce fait n’a pas été reconnu jusqu’ici, c’est sans doute parce que la décomposition momentanée de ce produit final en rend l’observation difficile. A l’état sec, la chaleur détermine une polymérisation différente qui fournit à l’auteur une nouvelle classe de corps qu’il étudie.
- Propriétés générales des gaz et des vapeurs. — M. Becquerel présente une Note de M. Daniel Berthelol sur les poids moléculaires des corps gazeux dans laquelle l’auteur déduit d’une discussion théorique une formule générale représentant, à toute température, l’ensemble des propriétés des gaz et des vapeurs au voisinage de la pression atmosphérique.
- Étude histologique du pollen. — M. G. Bonnier présente un travail de MM. Luhhnenko et Maige sur l’étude histologique du développement du grain de pollen, chez le nénuphar elle nymphæa alba. On. de Yilledeuil.
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- LA NATURE.
- LES GODETS DES DRAGUES MODERNES
- Nous avons déjà parlé de dragues, el nous avons montré à quelle puissance de débit arrivent certains de ces appareils, et les services qu’ils rendent dans les estuaires el dans les chenaux de port envahis par les vases ou les sables.
- Nous avions eu plus spécialement en vue les dragues aspiralrices, ou dragues à succion. 11 ne faudrait pas croire qu’on abandonne les dragues classiques ;i ou d’autres types de dragues.
- Pour les dragues à godets en particulier, elles ont leurs défenseurs convaincus, et certains ingénieurs iraient jusqu’à les préférer à toutes les autres. Elles s’appliquent à l’attaque des terrains de toute nature, depuis les alluvions et les vases ténues jusqu’aux roches isolées, que le godet soulèvera hors
- l’autre, deux godets de deux dragues diiférentes. Ils sont tous deux posés sur leur tambour respectif, un de ces tambours servant à la révolution continuelle de la chaîne à godels ; el on y a laissé attaché un des maillons de cette chaîne avec ses deux éléments parallèles.
- Un homme, qui se tient debout à côté du godet et du tambour le plus grand, laisse pressentir les dimensions de la drague à laquelle ils appartiennent. L’appareil qui se trouve muni
- tesques, est la drague David Date, construite spécialement pour les travaux que l'ait exécuter la Compagnie de chemin de 1er North Easlern Kailwav
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- au port de llull. La coque même de celte drague est d’assez belles portions, puisqu’elle est longue de 78,95 m. pour une largeur au fort de 15,72 m. ; son creux atteint 5,92 m., bien qu’on réalité une drague ne soit jamais à tirant d’eau
- Comparaisou cuire doux godels de dragues.
- de l’eau, autant qu’il peut les recevoir dans sa capacité intérieure. La force et la forme du godet peuvent s’approprier à des travaux divers; suivant le cas, son fond sera étanche ou au contraire percé de trous laissant couler l’eau dont il n’est pas utile de s’embarrasser ni de se charger; la ceinture du godet peut aisément être armée de griffes, qui attaqueront le sol immergé, et rendront sans doute plus de services que les couteaux dcsagrégaleurs dont on munit l’extrémitc des tuyaux des aspiratrices.
- Nous voudrions, aujourd’hui, donner, sous une . forme pittoresque, aussi éloquente qu’un graphique savamment établi, une figure qui renseignera bien sur les proportions, et par suite les rendements, que l’on ne craint pas d’aborder avec les dragues à godets : cela contribuera à faire saisir la plasticité de ces appareils. Nous reproduisons, à côté l’un de
- élevé. Si nous considérons le grand godet qui est une des unités actives de cet appareil, nous verrons qu’il porte latéralement le chiffre 54; cela signifie qu’il a une capacité de 54 pieds cubes; cela fait à peu près 1550 litres. Et l’on conviendra qu’un instrument qui peut arracher au sous-sol plus d’un mètre cube et demi à chaque passage d’un godet, mérite quelque considération. Le petit godet porte le chiffre 5; il contient donc 5 pieds cubes, c’est-à-dire 0,14 m3 ; il appartient à une de ces dragues comme il en travaille normalement sur nos rivières et dans les bassins de nos [torts, et dont l’ingénieur d’il y aune trentaine d’années se contentait, sans songer aux appareils formidables qu’on ferait plus tard. D. B.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1759. — 9 FÉVRIER 1907.
- LA NATURE.
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- LES APPAREILS A INJECTION DE CIMENT
- Dans les travaux souterrains, comme ceux du chemin de 1er métropolitain par exemple, les entrepreneurs sont obligés, après la construction de la voûte, d’injecter, entre l’extrados de celle-ci elle sol, une certaine quantité de ciment. Cette précaution est utile, indispensable même, car malgré tous les soins que l’on peut apporter à la maçonnerie, il reste toujours entre elle et la terre un espace vide plus ou moins volumineux qui livrerait passage aux eaux et serait cause de détériorations.
- On emploie, pour injecter le ciment, des appareils
- et pendant qu’un ouvrier agite le mélange, deux autres envoient de l’air comprimé. En général, ce réservoir n’est qu’à moitié rempli de bouillie de ciment et la pression d’air introduite est équivalente à quatre atmosphères. On ouvre alors le robinet de sortie du malaxeur, sur lequel est branché un tuyau de caoutchouc terminé par une lance, cette lance ayant été préalablement introduite dans les trous de la maçonnerie ménagés à cet effet.
- Sous la pression de l’air qui règne dans le malaxeur, le ciment liquide est projeté dans les cavités
- Machine à iujeelion de ciment employée dans les chantiers du Métropolitain.
- spéciaux, sortes de pompes à plusieurs ionctioüS que les entrepreneurs introduisent dans les souterrains dès que la voûte est terminée.
- L’appareil le plus simple fonctionne à bras d’homme; il peut donc être utilisé dans les chantiers peu importants et partout où la force motrice fait defaut. La pompe est à deux corps et à simple effet; en manœuvrant le balancier, on comprime l’air qui est envoyé par une tuyauterie dans le malaxeur. Le malaxeur est un réservoir monté sur support à quatre pieds. 11 est traversé longitudinalement par un arbre en fer sur lequel sont fixées des palettes. Une manivelle sert à le mettre en mouvement. Le ciment est préalablement mélangé à l’eau dans un baquet; on l’introduit ensuite dans le malaxeur par le couvercle supérieur, très solidement boulonné,
- 35° année. — 1er semestre.
- environnantes et s’étend sur l’extrados de la voûte.
- Cet appareillage peut être modernisé par l’emploi d’un moteur électrique actionnant la pompe; mais, dans ce cas, il est préférable d’utiliser un appareil plus productif et qui trouve sa place dans les chantiers des grandes entreprises. Notre photographie montre un de ces engins monté sur galets, et qui est utilisé dans les souterrains du Métropolitain.
- 11 présente un compresseur d’air beaucoup plus puissant que le précédent et actionné par une dynamo ; ce compresseur refoule l’air dans un récipient intermédiaire à la pression de 5 à 6 kilogrammes. Le malaxeur ne diffère de celui dont nous avons parlé que par sa capacité qui est beaucoup plus grande ; son arbre porteur de palettes est également, mis en mouvement par le moteur électrique. Grâce
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- à cette disposition, le mortier de ciment peut être préparé dans le malaxeur même.
- Pendant que s’effectue cette opération, dans la proportion voulue, la pompe comprime l’air dans le réservoir intermédiaire ; ce dernier est muni d’une soupape qui se soulève lorsque la pression maximum est atteinte.
- Le malaxeur étant rempli à moitié par le mortier délayé à injecter, on ferme son couvercle de chargement et on ouvre le robinet qui le met en communication avec le réservoir d’air ; l’équilibre de pression s’établit instantanément entre les deux capacités; cette pression commune est alors voisine de 4 kg. Après avoir fermé le robinet qui isole le réservoir à air, on ouvre celui du malaxeur qui livre passage au ciment et qui a reçu comme précédemment le tuyau à lance. L’injection est très rapide.
- Lorsque le liquide est complètement expulsé, et avant qu’une rentrée d’air ait eu le temps de se produire par le tuyau d’injection, la pression tombe à 2 kg dans le malaxeur; ceLte limite répond aux prescriptions imposées par les ingénieurs de la ville de Paris aux entrepreneurs des travaux du Métropolitain.
- Nous devons ajouter encore que, pendant tout le temps que dure l’injection et pendant la préparation d’une nouvelle charge de ciment, la pompe à air continue à comprimer dans le récipient intermédiaire jusqu’à ce que la pression ait de nouveau atteint 5 à 6 .kg. Lorsque l’ouvrier est prêt pour faire une nouvelle injection, la pression a atteint son maximum.
- Grâce à ces appareils, les maçonneries et les terres environnantes ne forment pour ainsi dire plus qu’un bloc unique absolument rebelle aux infiltrations d’eau. Souvent la poussée du ciment est telle que l’on pourrait, pour peu que les terres soient friables, injecter sans cesse du ciment par la même ouverture sans jamais atteindre le refus. Le liquide est chassé dans ces terrains jusqu’à plusieurs mètres dans l’épaisseur des terres ! Normalement les ouvriers se rendent compte au jugé de la quantité de ciment à injecter. Dois-je encore ajouter que ces injections ne sont jamais trop abondantes, les entrepreneurs n’étant pas disposés à noyer des tonnes de ciment au-dessus d’une voûte qui, en somme, n’attend pas de Cette opération sa solidité. René Doncières.
- LE DÉPLACEMENT
- DE L’OBSERVATOIRE DE GREENWICH
- Il n’est pas encore décidé, mais on en parle, par suite des inconvénients que présente maintenant la situation qu’occupe le célèbre établissement. Ce dont se plaignent le plus les astronomes, c’est du voisinage d’une vaste station électrique installée par le London County Gouncil, mettons la municipalité londonienne, qui s’est mis en tête de fabriquer lui-même, et fort coûteusement, le courant qu’il emploiera à son service, et vendra aussi au public. Les cheminées de
- cette usine envoient de l’air chaud et surtout des fumées en quantité sur l’Observatoire et ses appareils; de plus, la marche même des machines se traduit par des vibrations continues qui nuisent aux observations, et surtout à certaines d’entre elles. Il serait curieux de voir l’observatoire de Greenwich se déplacer au moment où l’on est si près de l’adoption générale de son méridien comme méridien universel.
- LA CAPUCINE DES CANARIES
- Les diverses variétés des capucines sont peut-être les plantes grimpantes auxquelles l’horticulture a le plus fréquemment recours pour garnir les berceaux, les treillages; elles fournissent un feuillage abondant, que re-
- La Capucine des Canaries.
- lèvent de grandes fleurs d’une nuance éclatante, et elles demandent peu de soins, puisqu’on les voit réussir dans des conditions où elles n’ont certainement qu’une nourriture insuffisante, sur les balcons, les fenêtres, les terrasses.
- C’est surtout la grande capucine (Tropaeolum majus L.) que l’on emploie pour cet usage : ses larges feuilles peltées, c’est-à-dire attachées par le milieu de leur face inférieure, suffisent à la distinguer.
- Mais à côté de cette espèce, qui doit sans doute sa faveur à sa grande rusticité et à la facilité avec laquelle on la multiplie, il en est une autre, plus négligée, qui mérite aussi l’attention.
- C’est l’espèce dite des Canaries, encore qu’elle ne soit nullement originaire de ces îles, mais bien du Mexique et du Pérou. Son nom scientifique est Tropaeolum peregri-num Jaeq. (T. aduncum Smith); elle est vulgairement appelée capucine étrangère, capucine voyageuse, paga-rille, pèlegrine, pèlerine.
- Ses tiges sont plus grêles que celles de la grande capucine, mais également flexueuses et grimpantes grâce à la faculté qu’ont les pétioles de former des boucles autour
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- des corps avec lesquels ils viennent en contact. Ces tiges atteignent facilement plusieurs mètres de long.
- Les feuilles sont d'un vert très tendre, presque orbi-culaires dans leur circonscription, mais palmées, c’est-à-dire divisées en plusieurs lobes assez profonds qui divergent comme les doigts de la main; ces lobes, au nombre de cinq ou sept par feuille, sont obtus, et un peu en losange. Une nervure légèrement pellucide occupe leur milieu.
- Les Heurs ne sont pas éparpillées, mais réunies sur les rameaux en grappes fouillées; elles sont notablement plus petites que celles de la grande capucine.
- Leur calice est prolongé en un éperon horizontal, nettement recourbé à son extrémité. Les pétales sont d’un jaune soufre, et bizarrement inégaux. Tandis (pie les deux supérieurs, à limbe dilaté et divisé à la marge en nombreuses lanières, se redressent, comme des ailes d’oiseau, sur leur onglet plié en coude, les deux latéraux et l’inférieur se dirigent tout droit en avant, exigus et réduits à une étroite et raide languette bordée vers l’extrémité de cils crépus.
- Employée seule, la capucine des Canaries serait peut-être un peu maigre pour garnir un berceau ou un treillage, à
- moins qu'on n’en plante de nombreux individus très rapprochés les uns des autres, et qu’elle ne soit dans une exposition très favorable.
- Mais mêlée à d’autres plantes grimpantes, et même seulement à sa congénère la grande capucine, elle produit, grâce à la couleur tendre de ses feuilles et à la singularité de ses Heurs, im remarquable effet décoratif.
- Elle fleurit à partir de juillet, et sa floraison n'est guère arrêtée que par les premières gelées. Les fleurs qu’elle donne à l’arrière-saison sont plus belles et d’un coloris plus vif que celles qu’ellp porte en été.
- Sa culture est la même que celle des autres capucines, et ne réclame que peu de soins.
- On la sème soit en place, soit en pépinière, pour la repiquer dès que les jeunes plantes auront assez de force, vers la (in d’avril ou en mai. Pour prospérer, elle réclame une terre franche, légère, fraîche, une exposition abritée, de l’air et un climat un peu humide.
- On se trouvera bien, en été, de lui donner d’assez abondants arrosages ; il sera utile aussi de la protéger contre les chenilles des piérides, qui, très friandes en général de toutes les capucines, paraissent encore témoigner pour cette espèce un appétit particulier. A. àcjloque.
- LIVRES ET JOURNAUX POUR AVEUGLES
- On s’est préoccupé, ces temps derniers, de la question des impressions spéciales à l’usage des aveugles. La Nature1 a décrit l’intéressante « im-primerie portative pour aveugles )) qui a été combinée par M. Yaughan, Directeur de l’Hospice des Quinze-Vingls, à Paris.
- Chacun des caractères utilisés pour faire la composition, par les aveugles eux-mêmes et pour leur usage personnel, porte, h une ex-1 rémité, le caractère de l’alphabet braille, lequel s’imprimera en relief sur une feuille de papier, et, à l’autre extrémité, la lettre romaine correspondante : laquelle, Fig. \. par un encrage,
- fournira l’impression pour.« les voyants » sur une autre feuille de papier.
- 1 Voy. La Nature, Science appliquée, n° 1752, du 22 décembre 1906.
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- Machine à imprimer pour les impressions à l’usage des aveugles
- Il y a là un « trait d’union » assurément pré-cieuxjentre « les voyants » et les pauvres « emmurés ». En même temps (que l’on décrivait ici le système
- Yaughan, un journal anglais important annonçait qu’il allait publier régulièrement une édition pour les aveugles en caractères Braille. 11 ajoutait que l’impression en serait faite reclc-verso, c’est-à-dire que l’aveugle, en tournant sa page, comme iont les voyants, pourrait continuer sa lecture et la suivre sans interruption. C’est ce mode d’impression que nous allons décrire avec d’autant plus de plaisir qu’il a été imaginé en France
- par M- A. Balquet, chef de l’Imprimerie spéciale de l’Institution nationale des jeunes aveugles, à Paris1.
- 1 Institution nationale des jeunes aveugles, 56, boulevard des Invalides, à Paris.
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- LA NATURE.
- Les aveugles utilisent actuellement le système conventionnel de ponctuation combiné par un aveugle, Louis Braille, professeur à l’Institution en 1827, d’après des indications sommaires de Ch. Barbier.
- Le système de Braille a pour base dix signes fondamentaux avec lesquels on obtient les dix pre-
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- U V X y Z Ç é à è -U
- Fig. 2, L'alplial) et d’aveugles du type Braille.
- mières lettres de l’alphabet. En ajoutant un ou deux points sous chaque signe fondamental, on obtient de nouvelles séries de dix signes, sans que le caractère le plus compliqué ait jamais plus de trois points en hauteur et deux en largeur : on obtient aussi les signes conventionnels correspondant aux chiffres.
- 11 était indiqué de fondre des caractères d'imprimerie, des cubes, portant ces points en relief et permettant de les imprimer par une sorte de gaufrage sur des feuilles de papier spéciales, c’est-à-dire suffisamment épaisses et molles tout à la fois.
- C’est ce que réalisèrent les efforts successifs de MM. Martin, Directeur de l’Institution, Üury, ancien élève, et Gustave- Peignot, maître-fondeur, à Paris, lequel rendit pratique la fonte des caractères et créa « le matériel typographique des aveugles ».
- Mais les caractères ainsi obtenus ne pouvaient imprimer qu’au recto : le verso des pages était donc inutilisé. C’est alors que M. A. Balquet, en 1899, eut l’idée des caractères typographiques spéciaux permettant l’impression simultanée des deux côtés de la page. Cette invention, qui est d’une finesse mécanique extrême, fait grand honneur à son auteur, dont la modestie est telle qu’il faut le prier d’en parler pour en obtenir la description : elle a, d'ailleurs, été soumise aux formalités légales « de dépôt'» et l’on ne risque quoi que ce soit à le faire connaître. Tout au contraire ce sera certainement un moyen de l’empêcher de nous revenir d’Angleterre, ou de quelque autre pays.
- L’invention de M. A. Balquet repose sur une disposition mathématique des caractères ayant pour principe la symétrie inverse.
- Voici en quoi elle consiste : M. Balquet songea à placer sur le même caractère typographique, à côté des points en relief, six petites cuvettes destinées à recevoir les reliefs d’un caractère correspondant.
- Deux caractères quelconques, opposés l’un à l’autre
- bout pour bout après un retournement de 180 degrés, s’emboîtent donc exactement; les points de l’un (dont le nombre ne dépasse jamais six) entrent dans les cuvettes de l’autre et réciproquement. Cela posé, composons un texte d’une page avec ces caractères : puis composons de même la page suivante en continuant « la copie ». Interposons une feuille de papier entre les deux « formes » : pressons avec une presse à pédale. Nous obtiendrons l’impression d’un texte en caractères Braille recto et verso.
- On conçoit aisément combien ce système a, tout d’abord, condensé les livres destinés aux aveugles en les rendant aussi plus économiques comme tirage et comme papier. Mais, de plus, il devenait possible d’imprimer ainsi de véritables journaux pour les aveugles et l’on n’y a pas manqué.
- Avant l’application du système Balquet, l’Association Valentin Ilaiïy imprimait déjà des feuilles spéciales, le Louis Braille et la Revue Braille, à l’aide de doubles feuilles de métal. Cela était coûteux et l’on ne pouvait naturellement faire aucune correction sur les feuilles : les mots et les lettres y restaient irrémédiablement fixes.
- En juillet 1902,1e distingué philanthrope aveugle, M. Maurice de la Sizeranne, put obtenir la subvention ministérielle nécessaire pour créer une installation typographique du système Balquet qui fut confiée aux sœurs aveugles de Saint-Paul, rue Denfert-Rochereau, à Paris.
- Il va sans dire que l’Imprimerie de l’Institution nationale des jeunes aveugles, boulevard des Invalides à Paris, dont M. Balquet est chef d’imprimerie,
- Fig. 5. — Les caractères d'imprimerie « iuterpoiuts » du système Balquet, à emboîtement, permettant de faire le tirage simultanément au recto et au verso de la feuille.
- travaille avec ce même matériel perfectionné. Ce sont aussi des aveugles qui servent de typographes. C’est merveille de les voir procéder, non seulement à la composition, mais encore à la mise en forme, et même au tirage de 500 feuilles à l’heure, donnant l’impression de 4 pages en même temps. Une seule personne, dans l’équipe muette et remplie d’adresse de ces typographes dont « les yeux sont au bout des doigts », a, suivant le terme employé, « un
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- petit coin de vue» : c’est celle qui faitl émargement des feuilles, c’est-à-dire, qui place exactement dans la presse mécanique la feuille que l’on va tirer; un « voyant » peut seul éviter, en faisant cette besogne, des accidents graves ou douloureux.
- Les organisateurs de ces imprimeries, si remarquables dans leur genre, ont trouvé deux concours spéciaux qui leur ont été précieux.
- D’abord, ce fut M. Gustave Peignot, le maître-fondeur décédé, qui sut apprécier le mérite de la nouvelle invention et qui étudia avec un soin parti-
- <jue d'un seul côté, ne pouvaient être utilisées pour l’impression « interpoinls » recto et verso.
- Or, la machine qui vient d’être construite, pour répondre à ce nouveau besoin, est basée sur le principe des machines à pédale servant aux impressions ordinaires de petites dimensions. Solidement établie, pour résister à la pression relativement considérable d’une impression simultanée en relief des deux cotés de la ieuille, elle comprend deux marbres dont chacun porte une des formes interpoinls qui vont s'emboîter pour le tirage. La feuille est margée
- cuber « la fonte » des caractères Balquet. C’est toujours une opération très délicate que la fonte des caractères d’imprimerie : ceux dont nous parlons présentaient des difficultés spéciales qui ont ét'é fort heureusement surmontées.
- Enfin, il fallait une machine à imprimer sortant également de l’ordinaire. Elle fut étudiée et construite par la Maison Marinoni.
- Les machines pour les impressions à l’usage des aveugles, avant l’invention du caractère Balquet ou « caractère interpoints », étaient des machines à imprimer ordinaires, avec « marbre », se déplaçant sous un cylindre qui donnait la pression : on avait simplement supprimé les accessoires servant à l'encrage.
- Ces machines, qui convenaient bien pour ces impressions dans lesquelles la feuille n’est imprimée
- sur le marbre inférieur et, dans le mouvement de la machine, les deux formes venant s’appliquer l’une sur l’autre, elle se trouve imprimée d’un seul coup des deux côtés. 11 est nécessaire, pour obtenir de bonnes impressions, que les creux de chaque caractère viennent rigoureusement se placer en face des reliefs du caractère opposé de l'autre forme : cela nécessite un ajustement parfait des parties mobiles de la machine, lequel a été réalisé.
- Ainsi se composent et se tirent les livres et journaux pour aveugles par les soins de nos inventeurs et de nos mécaniciens français. 11 n'est pas à notre connaissance que l’on ait trouvé à l’étranger aucune autre disposition plus pratique ni répondant mieux au programme difficile de réalisation de cette typographie toute particulière. Max nu Nansouty.
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- RÉCEPTEUR ÉLECTRIQUE SILENCIEUX
- Bien qu’on fasse depuis forl longtemps de l’horlogerie électrique et que les constructeurs aient déjà inventé ou réinventé une quantité innombrable de types d’horloges théoriquement parfaites, les chercheurs ont encore une jolie marge devant eux du point où l’on en est à la perfection pratique.
- Aussi ne sommes-nous point près de manquer de nouveautés à signaler aux amateurs d’heure électrique.
- Aujourd’hui nous consacrerons quelques lignes aux nouveaux récepteurs silencieux de la maison Beyer, Fa-varger et Ci0, de Neuchâtel.
- On sait combien il est désagréable d’entendre dans un appartement ou un bureau le bruit, quelquefois très fort, que produit, toutes les demi-minutes ou toutes les minutes, l’aiguille d’un récepteur sautant brusquement de la division qu’elle occupe sur le cadran à la division suivante.
- M. Favarger s’est attaché à faire disparaîlre complètement ce bruit et il y est arrivé de la manière suivante :
- L’électro-aimant E, chargé dans ses récepteurs de faire avancer l’aiguille, a la forme d’un fer à cheval, mais ses pôles p et p' se terminent en forme de becs, ayant chacun une pointe et un flanc incliné, plan ou courbe.
- Entre ces pôles peut se' mouvoir, sans les loucher, uu disque en fer doux a, calé sur un axe c et denté sur tout son pourtour.
- Chaque dent a un de ses côtés dirigé suivant un rayon du disque et l’autre en forme de courbe convexe excentrée par rapport au cenlre c. Le point de croisement des deux côtes est ainsi le sommet d’un angle légèrement inférieur à 90°.
- Ce point passe très près des pointes des becs polaires, mais ne peut les toucher.
- Le disque est taillé et monté de telle sorte que, lorsqu’une pointe de dent se trouve en face d’une pointe de bec polaire, la pointe de l’autre bec polaire se trouve, comme l’indique la figure, en face du milieu de l’intervalle qui sépare deux pointes de dents consécutives.
- Enfin, A est un aimant fixe influençant par un de ses pôles l’armature a et par l’autre le noyau en fer de l’électro-aimant E.
- Supposons que le pôle nord de l’aimant permanent À soit en N et son pôle sud en S.
- Le flux de force sortant du pôle nord se bifurque dans les deux branches de l’électro-aimant et se dirige vers le pôle sud, en passant par les entrefers p'V, pl. Mais l’entrefer pl étant bien plus faible que l’autre, le flux qui passe par lui est bien plus fort que celui qui passe par p' V. D’où maintien en place de l’armature a.
- Si maintenant nous faisons passer dans les bobines de
- l’électro-aimant un courant de sens tel que p devienne un pôle sud et p’ un pôle nord, un nouveau flux de force va venir se superposer à celui de l’aimant permanent. Ce flux, qui traversera l’armature en allant de p' à p, va » renforcer celui de p' 1', tandis qu’il annulera celui de pl ou môme transformera en répulsion l’attraction existant au repos entre les deux becs p et /. D’où rotation d’une demi-dent de l’armature a dans le sens de la flèche /“, de manière à amener p' bec à bec avec V.
- Qu’une minute ou une demi-minute plus tard le courant soit envoyé de nouveau, mais cette fois en sens inverse, ce sera p qui reviendra se mettre bec à bec avec l par suite de l’avancement d’une demi-dent de l’armature a toujours dans le môme sens de la flèche f.
- Conséquence : à chaque émission de courant du distributeur, l’armature avancera d’une quantité égale à une demi-dent et si, sur son axe, est monté un train d’engrenages réducteur conduisant une aiguille de minutes,
- celle-ci avancera sur son cadran, à chaque émission, avec régularité.
- Les engrenages ne faisant pas de bruit, il ne s’en produira naturellement. aucun, puisque l’ar-. mature ne comporte ni cliquets, ni ressorts, ni rocliel.
- D’aulre part, les influences magnétiques excluant tout choc, tout contact et tout frottement, il n’y a aucune usure des organes.
- Enfin, ces organes étant réduits au strict minimum, il en résulte que l’on peut à volonté employer des horloges extrêmement plates, pouvant s’appliquer contre les murs, ou des horloges occupant un espace superficiel très faible, tout le mécanisme étant disposé en profondeur, comme cela est possible sur une cheminée où l’on n’a que de très petits cadrans.
- C’est ainsi que l’on peut établir des œils-de-bœuf ne mesurant pas plus de 33 millimètres d’épaisseur entre le nu du mur et la partie arrière du cadran.
- Avec des cadrans de 5 à 10 centimètres de diamètre, les mécanismes ne mesurent pas plus de 4 centimètres de large sur autant de hauteur et une épaisseur totale en arrière du cadran de 15 millimètres. Avec des cadrans de 10 à 20 centimètres de diamètre, ces dimensions sont doublées. Pour des cadrans de 2,50 m., les dimensions des mécanismes sont de 23 centimètres en hauteur, de 12 en largeur et de 10 1/2 en arrière du cadran.
- Cette réduction au minimum des organes du mouvement permet de donner aux cadres qui en sont munis un aspect agréable et non épais comme celui des œils-de-bœuf ordinaires, ce qui assurément est une qualité supplémentaire.
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- Schéma du récepteur Favarger.
- Flux de force do l’aimant A ; flux de force de l’éleclro E.
- L. Reverciion.
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- LE GIBIER D’EAU A MADAGASCAR
- Fig. 1. — Anaxlomm madagascarienm.
- La faune de Madagascar offre peu de ressources aux chasseurs ; les éléments archaïques qui la composent, la plupart étant les représentants actuels d’animaux disparus de l'époque tertiaire, leur répartition si spéciale par son extrême localisation font que ce sport captivant présente peu d’attraits aux voyageurs en quête de passe-temps ou d’émotions violentes. Tandis qu’en Afrique, sur presque toute la surface du continent, dès qu’on s’écarte un peu des endroits
- civilisés, on est exposé à se trouver face à face avec une grosse bêle, éléphant ou lion, à Madagascar, rien de pareil, car si l’on excepte les crocodiles sournois qui peuplent les rivières, il n’existe aucun animal dangereux.
- Par conséquent, les amateurs de sport cynégétique doivent se contenter de menu gibier, les inoffensives maques et les sangliers parmi les mammifères, et dans la gent emplumée, les pintades, les perdrix et surtout les oiseaux d’eau. Ces derniers sont, en certains endroits, innombrables; presque tous sont de vol puissant, cosmopolites, et s’assemblent dans les palétuviers du rivage de la mer, à l’embouchure marécageuse des cours d’eau ou aux alentours des
- Fig. 2. — Podiceps Pelzelni.
- grands lacs comme l’Ilasy, à l’ouest de Tananarive, ou l’Àlaotra qui est situé sur le chemin qui unit Üiego-Suarez à la capitale.
- De ces points, ainsi que des lagunes saumâtres qui bordent les côtes de l’ile, c’est par myriades, obscurcissant le ciel, qu’ils s’élèvent, au moindre bruit. Les indigènes ne les chassent pas, ils en prennent quelquefois, mais rarement, avec des fdets ou des pièges ; cependant, d’érudits malgaches m’ont indiqué un ingénieux procédé de capture que je veux conter ici. Après avoir fait sécher un
- grand nombre de courges ou calebasses, les riverains jettent à l’eau ces fruits qui flottent en tous sens entraînés par le vent à la surface de l’eau et s’entre-choquent avec fracas. Les canards, d’abord effrayés, se rassurent peu à peu et finissent par ne plus s’inquiéter de ces sphères vagabondes. C’est alors qu’intervient le chasseur : s’étant coiffé d’une grosse courge percée de deux trous à la hauteur des yeux, il se glisse à l’eau ne laissant émerger que sa tête
- — Ardm Id.r.
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- dûment revêtue de ce « bloc enfariné ». Sans attirer l’attention des oiseaux méfiants, il arrive ainsi au milieu de la bande et saisissant par les pattes le gibier convoité, il l’entraîne sous l’eau. On dit même qu’il peut ainsi choisir les plus gras individus de la troupe.
- Je ne me porte pas garant de la véracité de ce récit, encore moins du succès, car il est à Madagascar un ennemi de ces parties de plaisir. Ce trouble-fête est le crocodile dont nous parlions plus haut ; ce vilain sau-rien pullule dans la moindre flaque d’eau; à plus forte raison, est-il dangereux dans les lacs où il y en a de très grands, atteignant quelquefois 8 ou 10 mètres de long.
- Il n’y a presque rien à dire des pluviers, des râles, des poules d’eau, ni des poules sultanes, tous jolis oiseaux qui vivent au milieu des roseaux, courant le long des berges ou sur les feuilles des nénuphars en quête de nourriture, mais qui, par leurs mœurs et leur aspect général, rappellent beaucoup leurs congénères d’Europe. Signalons cependant un grèbe, le Podiceps PeheJni (lîg. 2) dont le plumage est très élégamment coloré.
- Parmi les hérons dont on ne connaît pas moins de quatorze espèces à Madagascar, pour la plupart cosmopolites, il faut signaler l’aigrette, Ardea Idæ (fig. 3), qui vit dans les bois de palétuviers et
- Fig. 5. — Scopies umbrelta.
- Fig. 4. — Sarcidiornis melanotus.
- dans les rizières et dont les belles plumes blanches du dos et les scapulaires font l’objet d’un commerce assez important. L’ombrette ou Scopus umbretta (fig. 5), qui fait partie de la même famille que les hérons, est, comme l’indique son nom spécifique, tout entière d’un brun de terre d’ombre avec de légers reflets rosés sur les pennes des ailes et de le queue. C’est un oiseau crépusculaire ; il habite les forêts des côtes aussi bien que l’intérieur, où on le voit se promener solitairement le long des petits cours d’eau, cherchant les reptiles, mollusques ou vers dont il se nourrit, et faisant mouvoir continuellement sa huppe. Il est silencieux et craintif; sa démarche est élégante, mais lente; il vole à la manière des hérons et plane souvent à de grandes hauteurs. Son nid, qui est placé tantôt sur des arbustes, tantôt sur des arbres élevés, et qui est très artistement construit avec des branches et de l’argile, est énorme ; il a la forme d’un dôme de 1,50 m. à 2 m. de diamètre, percé d’une ouverture latérale et divisé à l’intérieur en trois chambres.
- Les Malgaches donnent à l’ombrette, par onomatopée, le nom de talialra. C’est pour eux un oiseau de mauvais augure, et, en parlant de personnes moins naïves qu’elles n’en ont l’air, ils disent qu’elles sont comme l’ombrette au bord de
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- Fig. fi. — Lopholibis cristata.
- l’eau, non pas sommeillant, mais nourrissant de mauvais desseins.
- L’Anastomus Madagascariensis ou bec-ouvert (fig. \ ) est un autre échassier de grande taille, qui a la bizarre particularité de ne pouvoir fermer complètement son bec, dont les mandibules, très comprimées latéralement et arquées chacune en sens inverse, ne se joignent qu’à leur base et à leur pointe, laissant un vide au milieu; celte disposition permet à ces oiseaux de briser facilement la coquille des mollusques et la carapace des crabes, animaux dont ils sont très friands. Les tiges de la plupart des plumes du bec-ouvert portent à leur extrémité de petites plaques cornées longues et étroites, aussi caractéristiques que la forme du bec; le plumage a des reflets verdâtres et pourpre qui sont d’un bel effet.
- On trouve à Madagascar le même flamant, Phœnicoplerus minor (fig. 7), que dans l’Afrique australe ; il est d’un beau rose avec les plumes des couvertures des ailes d’un rouge pourpre vif; ses rémiges sont noires. Les jeunes oiseaux sont d’un blanc plus ou moins grisâtre, avec la tête, le cou et les épaules striés de brun. Ils sont très communs sur la côte occidentale de 1 ile, soit sur les barres ou bancs de
- sable que la mer en se retirant laisse à nu à l'embouchure des grands fleuves, soit au bord des lacs salés comme le Tsimanam-petsolsa, soit dans les grandes baies , du Nord-Ouest. Ils sont plus rares sur la côte orientale, où cependant Flacourt, Sganzin et Ed. Newton en ont vu des vols.
- Comme tous leurs congénères, dont ils ont du reste les mœurs, ils vivent en troupes nombreuses, recherchent les endroits découverts et ne se laissent pas approcher facilement.
- Les indigènes donnent aux flamants le nom de samby ou de samaka (litt. : qui sont désunis, fendus), à cause de leurs immenses pattes.
- Madagascar possède deux sortes d’ibis, ïlbis falcineUus, aux couleurs métalliques et ïlbis Bernieri, très voisin de l’ibis sacré de l’Egypte et un genre tout à fait particulier à l’ïle, le Lopholibis cris-tata ou faisan de Madagascar comme l’appellent à tort les créoles, car ses aflinilés zoologiques sont avec les Echassiers et non avec les Gallinacés. C’est un bel oiseau d’un brun marron, avec les ailes blanches et une crête d’un vert métallique qui vit dans les endroits marécageux de la grande forêt de l’Est d’où lui est venu son nom malgache d’akoholahinala ou coq des bois ; sa nourriture consiste en vers de vase, en insectes et en annélides. Sa chair est bonne à manger et on l’élève assez souvent en captivité (fig. 6). Pour terminer cette revue, incomplète du reste, des oiseaux d’eau de Madagascar, il reste à parler des canards et des sar-
- Fig 7. — Phœnicoplerus minor.
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- celles dont on connaît dix espèces dans l’île.
- Comme nous le disions, ils vivent en nombre considérable dans [ouïes les grandes plaines marécageuses qui se trouvent répandues un peu partout dans l’île, notamment autour des lacs, aussi bien qu’au-près des fleuves et sur les lagunes de la côte orientale. Parmi les plus communs et les plus intéressants de ces palmipèdes sont le canard à bosse ou Sarcidiornis melanolus (fig. 4) qui atteint parfois la taille d’une
- petite oie et dont le mâle a le bec orné d’une énorme caroncule noire en forme de disque; 1 eNet-tapusau ri tu s (fig. 8) dont le plumage a des couleurs si vives et si éclatantes que les Ho va l’appellent dans l’I-merina voronan-driana, c’est-à-dire l’oiseau royal; le tsiriry ou Dendrocygna viduata, petite sarcelle cosmopolite, commune aussi bien en Afrique qu’en Amérique ; et enfin le taliia ou Dendrocygna arcuata major qui est une sarcelle de l’Inde. G. Graniuiurr.
- Fig. S. — Neltapm aurilus.
- LE TELEGRAPHOSCOPE BELIN
- En décrivant récemment dans La Nature1 l’appareil de téléphotographie du D' Korn, on rappelait les travaux analogues du savant français Edouard Belin, de Nancy, effectués en collaboration avec son frère M. Marcel Belin, de Lyon, et avec le ])' André Bing.
- Ces travaux ont également abouti.
- L’appareil Belin, mis au point, est en réglage dans les ateliers de l’excellent constructeur parisien L. Ducretet, qui l’a établi. Des expériences publiques seront faites prochainement avec le télé-graphoscope.
- Nous allons donner, à son sujet, quelques détails plus précis. Disons, tout d’abord, qu’il ne s’agit nullement d’un appareil
- 1 Voy. n° 1754, du 5 janvier 1907, p. 92.
- semblable à celui, si remarquable, du IV Korn. Le principe est différent : les résultats sont tout autres. 11 n’y a entre les œuvres des deux savants qu’une
- concurrence de mérite et qu’une rivalité de progrès.
- Le professeur Korn s’est proposé et il a résolu le problème suivant : « Transmettre électriquement et reproduire à distance une photographie ».
- Les frères Belin se sont proposé et ont résolu cet autre problème similaire : « Reproduire, ou mieux, retenir à grande distance, l’image optique réelle, aérienne, de la chambre obscure, avec un papier quelconque, de manière inaltérable, efparvoi e purement physique, c’est-à-dire sans l’emploi d’aucune préparation chi-- mique telle que plaque, ou papier photographique ».
- Fig. 1. — Le transmottèur Belin, chambre photographique dont l’objectif se braque sur le sujet, ou sur le paysage qui va être transmis à distance télégraphiquement.
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- Les deux problèmes sont donc entièrement differents, ainsi que, naturellement, les solutions qui viennent d’en être données. M. Edouard Belin et scs collaborateurs ne mettent aucun cliché photographique au transmetteur : ils n’impressionnent et ne développent aucun cliché au récepteur.
- Leur transmetteur est une simple « chambre photographique » dont l’objectif se braque, avec mise au point, sur un paysage, ou, sur un sujet.
- Un conducteur de courant relie eet appareil au récepteur, c’est-à-dire à un dispositif gaivanome-trique spécial qui reçoit cl interprète les variations
- éclateur, lequel crible de trous, par perforation, la feuille de papier réceptrice. Ces trous sont à distance égale de centre à centre, mais leurs diamètres sont directement proportionnels à l’intensité de la vibration émanant du point correspondant de l’image optique transmise.
- On a donc ainsi une sorte de diagramme perforé reproduisant l’image.
- L’exacte position de ces points étant réglée par un collecteur-distributeur, on peut, au moyen d’un inverseur de courant, obtenir, à volonté, le positif ou le négatif de l’image. 11 va sans dire que toutes
- de courant de faible intensité, les variations de vibration produites par l’image sur l’objectif du transmetteur. Ces variations seraient relativement imperceptibles si M. Belin ne les multipliait et ne les renforçait aumoyen d’un appareil qui constitue le fond même de son invention et qu’il nomme Y équilibreur.
- h'équilibreur fait fonctionner un relais électrique, quelle que soit l’intensité du courant de ligne et si faible qu’elle soit. Son déclancheur est un photomètre dont l’intervention intercale automatiquement, sur le circuit local du récepteur, la résistance variable nécessaire pour suivre les fluctuations de la vibration. L’image optique est ainsi transmise à distance et reçue.
- Il faut dès lors Y enregistrer par action physique. Cet enregistrement a lieu au moyen d’un I
- ces dispositions, dont nous ne donnons ici que le principe, sont brevetées.
- Dans le télégraphoscope Belin, de même que dans tous les autres systèmes, les passages et les interruptions de courant sont réglés par des cellules de sélénium rendues plus ou moins actives suivant qu’elles sont, ou non, frappées par un rayon lumineux; le sélénium joue son rôle de cohéreur et montre sa remarquable utilité que mit si bien en évidence, dès les premiers travaux sur la radiophonie, l’éminent savant Mercadier.
- La disposition adoptée par M. Édouard Belin est indépendante de Yinertie du sélénium.
- C’est bien une nouvelle formule de la transmission et de la fixation de la « vision à distance » qui est présentée ainsi. M. C. Grady.
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- LA MORT APPARENTE
- Le Certificat automatique des décès en l’absence du médecin
- Il y a quelques jours, la presse citait le cas, à Angoulême, d’un ancien sous-officier qui, pour la seconde lois, avait failli être enterré vivant. — Puis un môme incident s’est produit à Béziers. — Le lait sinistre des inhumations prématurées est malheureusement trop facile à encourir pour qu’il ne soit pas utile d’enseigner la manière d’y échapper, malgré ce que le sujet peut offrir de macabre. En effet, le danger de la mort apparente n’est pas aussi chimérique que le pensent quelques-uns. La peur d’ôtre enterré ou incinéré vivant est très légitime et
- Fig. 1 et 5. — Petits carrés de papier avec dessins invisibles tracés à l’acétate neutre de plomb, déposés sous la narine.
- Fig. 2. — Bandelette de papier avec inscription déposée dans la i'osse nasale : les dessins et l’inscription se sont montrés spontanément sous l’action des gaz de la putréfaction.
- Fig. 4, S, 6 et 7. — Pièces de monnaie en argent et en cuivre dont une partie de la surface exposée aux gaz de la putréfaction a été protégée par un morceau de papier (Fig. 4 et Fig. 6), afin de rendre plus évidente par comparaison la réaction sulfhvdrique (Fig. 5 et Fig. 7).
- pleinement justifiée par l’observation. Il existe, en effet, des cas, absolument authentiques, qui se présentent avec toutes les garanties scientifiques, et se dressent, comme une preuve écrasante, en face de ceux qui osent encore nier la réalité.
- Nous ne pouvons rapporter ici les nombreux faits que nous avons cités dans nos différentes publications. Le plus sévère contrôle a présidé à l’observation de ces faits, dont quelques-uns sont inédits : ils se présentent à nous avec un tel cachet d’authenticité que nous les trouvons de nature à porter la conviction dans l’esprit des plus incrédules. Dans trois de ces observations, la mort avait été officiellement constatée, et les sujets sont revenus spontané-
- ment à la vie juste au moment où, toutes les formalités étant achevées, on s’apprêtait à les porter en terre. Nous avons relevé nous-même sur les registre de la mairie, et nous tenons en main, comme preuve indéniable, les certificats de décès de ces trois pseudo-morts que l’on a dû de nouveau déclarer être revenus à la vie, et dont l’état civil porte, de ce chef, la trace indélébile de l’erreur dont ils ont failli être victimes (fig. 8).
- 11 est donc urgent que l’on avise et que l’on se décide enfin à appliquer des moyens réellement efficaces contre un pareil péril !
- Or, les moyens destinés à établir en toute certitude la preuve de la réalité de la mort varient suivant que le diagnostic doit être porté par un médecin ou par une personne étrangère à la médecine, d’où la nécessité de deux procédés de diagnostic susceptibles de fournir, le premier un signe médical, le second un signe vulgaire de la mort réelle.
- Le signe médical de la mort réelle : procédé de la fluorescéine. — Ce signe est fourni par le pro-cédé de la fluorescéine, qui a pour base la persistance des fonctions de la circulation du sang dans tous les cas de mort apparente, persistance qui entraîne, à son tour, celle de l’absorption. Il consiste à injecter sous la peau ou mieux dans une veine superficielle quelques centimètres cubes d’une solution alcaline de fluorescéine. La fluorescéine constitue la substance la plus colorante que l’on connaisse : son pouvoir colorant est tel que la coloration verte qui la caractérise, apparaît encore très nettement, à l’œil nu, dans une solution au 1/45000000, c’est-à-dire qu’il suffit d’un gramme de cette substance pour colorer 45000 litres d’eau1. La fluorescéine, injectée à la dose de deux grammes environ en solution alcaline, dans tous les cas de mort apparente, indiquera rapidement la persistance de la vie par la coloration jaune intense que prendront la peau et les muqueuses, et surtout par la superbe coloration verte que présenteront les yeux : le supposé décédé paraîtra avoir une forte jaunisse, et son œil offrira un aspect étrange, comme si une magnifique émeraude avait été enchâssée dans l'orbite.
- Nulle autre épreuve que celle de la fluorescéine ne permettra au médecin de constater avec plus de sécurité et de facilité la-persistance de la vie ou son irrévocable disparition : alors même qu’il y aurait des cas de mort apparente s’accompagnant d’un arrêt complet de la circulation, notre procédé ne perdrait rien de sa valeur. Tout arrêt, en effet, ne peut être que momentané ou définitif : s’il est définitif, la mort apparente deviendra bientôt la mort réelle, ce qui sera indiqué par l’absence d’absorption de la fluorescéine injectée, absence constatée à des mo-
- 1 La fluorescéine n’est nullement toxique. Voir l’article de M. Hébert dans le n° 1684, du 2 septembre 1905, p. 214.
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- DÉPARTEMENT
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- Fig. 8. — Certificat de décès et de retour spontané à la vie.
- meiUs différents eL aussi éloignés les uns des autres qu'il plaira de les lîxer au critique le plus exigeant; si l'arrêt n’est que momentané, le produit injecté, étant resté sur place, sera pris et entraîné par le sang dès que celui-ci recommencera à circuler, et le moment de cette reprise de la circulation, quelque tardif qu’on puisse le supposer, ne pourra jamais dépasser la vingt-quatrième heure du délai imposé par la loi avant l’inhumation. Dans tous les cas de mort apparente susceptibles d’un rappel à la vie, on constatera donc l’absorption de la fluorescéine, et cette simple constatation nous permettra d’affirmer le retour à la vie bien avant qu’aucun des moyens préconisés jusqu’ici nous ait prévenus du rétà-blissemen t de la circulation.
- Ce • qu’il faut pour éviter toute erreur, c’est un moyen de contrôle permanent, automatique, un véritable
- appareil enregistreur. Or, l’emploi de la fluorescéine constitue un moyen de contrôle possédant au. plus haut degré toutes ces qualités ; le moyen est d’une application permanente et continue puisqu’il est incorporé au sujet lui-même, si bien que celui-ci
- Fig. 9. — La constatation et lo certificat automatiques des décès par la réaction sulf'hydrique. l.a petite tète de mort, invisible au moment de l’application du papier sous l’ouverture nasale du côté droit, a fait son apparition sous l’influence des gaz sulfurés, indiquant par sa présence la réalité de la mort. — Pièce de 50 centimes déposée sous la narine gauche : la preuve de la réalité de la mort est fournie par la coloration noire qu’a prise la face en contact avec l’ouverture nasale.
- l’emporte avec lui dans la tombe ; il est automatique, puisque les résultats se manifestent spontanément, et il réalise un véritable appareil enregistreur puisqu’il suffit d’un simple coup d’œil pour être pleinement renseigné sur la persistance de la vie ou la réalité de la mort.
- l)es expériences de contrôle répétées dans maints laboratoires ont permis de conclure à la valeur absolue du procédé. Le problème de la mort apparente n’était pourtant pas encore complètement résolu par l’emploi du procédé de la fluorescéine. Ce procédé, en effet, quoique infaillible et fort simple, présente le grave inconvénient de ne pouvoir-être appliqué que par le médecin, et c’est en l’absence du médecin, à la campagne surtout, que le
- danger des i n h u m a t i o n s
- prématurées est à craindre plus particulièrement. Ce qu’il faut ici, ce n’est pas un procédé médical, mais un procédé vulgaire, un procédé permettant à toute personne étrangère à la médecine de se prononcer sans hésitation sur la réalité de la mort.
- Le signe vulgaire de la mort réelle : procédé
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- de la réaction sulfhydrique1. — En l’absence du médecin, le seul signe de mort absolument sûr est la putréfaction avancée. Malheureusement, ce signe est trop tardif, et il y aurait danger pour l’hygiène 5 en attendre la manifestation non douteuse : la sécurité publique ne permet pas de pousser si loin la rigueur de l’épreuve. Mais, en vérité, la putréfaction n’est pas un signe aussi éloigné qu’on le croit géné-ralement, et nous sommes arrivé à démontrer que, bien avant l’apparition de la putréfaction évidente, des gaz sulfurés se produisent, dont la présence, dûment constatée, indique la réalité de la mort d’une façon aussi certaine que la putréfaction elle-même.
- Ces gaz sulfurés, produits précoces de la décomposition cadavérique, se forment plus spécialement et en très grande abondance dans les poumons, d’où ils s’échappent par les fosses nasales. 11 suffira donc, pour avoir la preuve spontanée de la réalité de la mort, d’introduire dans une des fosses nasales, ou de déposer sous une des narines, un petit morceau de papier réactif dont le changement de coloration, sous l’action des gaz sulfurés, fournira aux moins instruits et automatiquement la preuve de la réalité de la mort. Le papier que nous proposons est un morceau de papier à écrire ordinaire sur lequel, avec une solution d’acétate neutre de plomb, on trace des inscriptions, des dessins quelconques qui, en l’état, sont invisibles : la réalité de la mort sera indiquée par l’apparition spontanée des inscriptions ou des dessins sur le papier qui, au moment de son application, paraissait tout à fait blanc. C’est le mort lui-môme qui se déclare mort ; c’est lui-même qui dit : « Je suis mort! » et il fournit la preuve de la vérité qu’il affirme (tig. 1, 2 et o).
- Le papier plombé, à la rigueur, peut être remplacé par un morceau de cuivre ou d’argent : une pièce de monnaie de 50 centimes ou de 5 centimes, que l’on déposera sous l’ouverture nasale, conviendra admirablement à cet usage. On aura soin, au préalable, de recouvrir avec un petit morceau de papier collé (ûg. 4 et 6) une partie de la surface métallique en contact avec l’ouverture nasale, afin que les gaz de la putréfaction n’agissant que sur la partie restée libre, la réaction devienne très ostensiblement apparente par la différence de coloration nettement tranchée existant entre les deux parties de la surface métallique (fig. 5 et 7). Mais, en vérité, rien ne saurait remplacer le papier plombé. Du reste, pour favoriser la vulgarisation du procédé et en rendre l’application encore plus facile, nous proposons que du papier réactif tout préparé, prêt à être employé, soit remis gratuitement, par les soins de l’autorité municipale, à tout témoin qui se présentera à la mairie, sans certificat de médecin, pour faire une déclaration de décès : ce papier réactif, rapporté à la mairie après réaction, servira de pièce à conviction et établira,
- 1 Pour les détails, voir notre livre : Le signe de ta mort réelle, en l’absence da médecin: la constata lion et le certificat automatiques des décès à La campagne, 326 pages avec dessins et gravures. Paris, 1906, A. Maloine, .éditeur, 25 et 27, rue de l’Éeolc-de-Médecinc.
- aux yeux de l'administration, la preuve que la réalité de la mort a été bien constatée. Ce certificat de décès automatique remplacera le certificat médical impossible à se procurer ici par suite de l’absence de tout médecin, et il le remplacera très avantageusement, puisque les médecins ne cèdent que trop souvent à la fâcheuse habitude de signer le certificat qu’on leur demande, sans môme visiter une dernière fois le corps du supposé décédé.
- La réaction sulfhydrique se produit dans tous les cas de mort réelle et elle fait défaut dans tous les cas de mort apparente ; elle fournit donc un signe de mort infaillible, un signe aussi certain que la putréfaction elle-même, et ce signe esL par excellence un signe de mort vulgaire puisqu’il est à la portée de tous. Par une température moyenne, la réaction se manifestera vers la fin du premier jour ou le commencement du deuxième jour, un peu plus tôt ou un peu plus tard, suivant les circonstances, mais toujours bien avant l'apparition du signe dangereux de la putréfaction. Le signe de la réaction sulfhydrique est donc relativement précoce ; son attente, avant deprocéder à l’inhumation, ne lèse en rien les prescriptions de la plus rigoureuse hygiène et favorise même l’application de la loi, laquelle, en désaccord ici avec l’hygiène, défend de disposer d’aucun cadavre avant l’apparition du signe de la putréfaction. Le signe de la réaction sulfhydrique met d’accord la loi et l’hygiène et, pour le plus grand bien de la société, sauvegarde à la fois les prescriptions de l’une et de l’autre.
- Il serait temps que l’autorité se préoccupât de la déplorable situation qui est faite, en France, à tous les habitants et plus spécialement aux habitants de la campagne; souvent ceux-ci sont déclarés morts sur la foi de deux témoins quelconques et descendus dans la fosse sans qu’on ait la preuve de la réalité de leur décès. Un règlement sévère s’impose, donnant toutes les garanties. Déjà plusieurs municipalités — celles de Besançon et de Boulogne ont été des premières — ont rendu obligatoire pour les médecins vérificateurs des décès l’emploi du procédé de la fluorescéine. Espérons que ce bon exemple sera suivi par d’autres villes et que des mesures seront prises pour que les habitants de la campagne, privés de tout secours médical, puissent bénéficier de la sécurité que leur offre le procédé de la réaction sulfhydrique contre tout danger d’inhumation prématurée. Docteur Icahd (de Marseille).
- Lauréat, de l'Institut de France, de l’Académie de Médecine, de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris
- CHRONIQUE
- Les nouvelles voies ferrées canadiennes. —
- Nous surprendrons peut-être quelque peu nos lecteurs en leur disant que les lignes récemment terminées, en achèvement prochain, en cours de construction ou en projet au Canada représentent ensemble la longueur énorme de 10 400 km.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 Février 1907.
- Présidence de M. Chauveau.
- Les trypanosomiases du haut Niger. — M. Laveran présente un travail sur les trypanosomiases du haut Niger. Ayant eu l’occasion d’examiner le sang d’un mouton qui avait été inoculé par le vétérinaire Pecaud avec le sang d’un âne atteint d’une maladie qui exerce ses ravages, dans la région du haut Niger, sur les équidés, il a observé la présence d’un trypanosome voisin du type dimorphon caractérisé par une forme longue effilée et une forme courte et large mais qui appartient cependant à une autre espèce. En effet, indépendamment de différences morphologiques et de différences dans l’évolution sur un même animal, M. Laveran a pu constater qu’un animal immunisé pour le nouveau trypanosome restait sensible à l’action du trypanosome dimorphon. La démonstration est donc faite; M. Laveran a dédié le nouvel organisme au vétérinaire Pecaud en appelant cet organisme irypano-soinia Pecaucli. La maladie qu’il détermine est particulièrement répandue dans la région de la Yolta.
- Les causes de la mort de l'éléphant du Muséum. — M. Kdmond Perrier expose que l’on a entrepris au Muséum de déterminer les causes certaines de la mort de l’éléphant Saïd. Cet animal avait maigri récemment pour une cause parfaitement précisée qui n’avait rien de commun avec une maladie; il est mort d’une lïuxion de poitrine contractée pendant une courte sortie d’une demi-heure un jour que le thermomètre était descendu à — 8°. L’autopsie a été pratiquée par M. Gervais avec le concours d’ouvriers. Indépendamment de la congestion des poumons, on n’a constaté qu’un peu de cystite. Tous les organes autres que les poumons et la vessie étaient intacts.
- Etoiles variables à courte période. —M. Lœwy dépose une Note de M. Baillaud relative à la découverte par l’auteur de deux étoiles variables à très courte période. M. Baillaud s’occupe, à l’Observatoire de Paris, de photographier certaines régions du ciel en vue de la confection de l’allas céleste photographique. Les clichés subissent trois expositions dilïérentes d’une durée de trente minutes et chaque exposition donne une image, de telle sorte que chaque étoile est figurée par un triangle. Les trois images correspondant à des illuminations d’égale durée doivent affecter l’aspect de cercles identiques. Or, M. Baillaud a pu constater pour le troisième cercle du triangle une différence d’aspect qui ne peut provenir que d’un changement dans l’éclat de l’étoile au bout d’un intervalle de 1 heure à 1 h. 1/2. La constatation a été opérée pour deux étoiles.
- L'amertume des fromages. — M. Roux résume un travail de MM. Trillat et Sautan sur l’amertume des fromages. 11 rappelle que certains fromages, ceux qui présentent une réaction alcaline, peuvent devenir amers. C’est une propriété identique à celle qui a été observée sur les vins par M. Trillat. Ce dernier avait montré que l’amertume était communiquée par une résine d’aldéhyde dont l’apparition était rattachée à la présence du microbe de la maladie. Les auteurs ont trouvé qu’il en est de meme des fromages, notamment du gorgonzola.
- La constitution du bacille de Koch. — M. A. Gautier expose que le bacille de Koch est venimeux même lorsqu’il est tué. MM. Auclair et Paris ont entrepris de déterminer ses éléments constitutifs. Tout d’abord on note
- qu’il résiste à la décoloration par les acides en présence de l’alcool, lorsqu’il a été coloré par la fuchsine en présence de l’acide picrique. On attribuait cette résistance à une constitution du microbe par une matière adipo-cireuse. Or, on 11e peut enlever cette matière grasse par un seul traitement à l’éther de pétrole. Il faut sécher, essorer le résidu, employer les dissolvants les plus actifs tels que le chloroforme. Après des essais répétés on réussit à retirer toute la matière adipo-cireuse. Les auteurs trouvent dans la substance du microbe une matière protéique, de la cellulose, des sels, de la lécithine, des acides gras, des alcaloïdes. La zooglée est un hydrocellulose.
- La température de la croule terrestre. — M. Barrois fait connaître qu’un ingénieur des mines a profité des sondages effectués dans le département du Pas-de-Calais p iur entreprendre une étude géothermique du sous-sol jusqu’à une profondeur de 1400 mètres. Ses expériences ont montré que la profondeur nécessaire pour qu’il y ait un accroissement’ de température de 1° est de 40 m. dans le terrain houiller et 56 m. dans le dévonien alors que le chiffre moyen est de 51 m. D’après ces données l’auteur de la note estime que l’exploitation qui se ferait à une profondeur de 1200 m. serait poursuivie à une température de 55°.
- Décès. — M. Berthelot lit un télégramme annonçant la mort de M. Mendeleef, correspondant de la section de chimie. Rajoute que le savant chimiste russe, qui occupait une place importante dans la science, s’était fait connaître depuis longtemps par sa‘méthode de classification des corps simples.
- Election. — M. le prince Roland Bonaparte est élu académicien libre en remplacement de M. Bischoifsheim décédé. Cii. de Yilliîdeuil.
- LA BOUÉE RADEAU DE SAUVETAGE
- Avec la multiplication des grands navires, les naufrages sont biens moins fréquents que jadis: l’emploi des hélices doubles ou triples, le cloisonnement des coques, le partage des doubles fonds étant venus étrangement diminuer les risques de la navigation maritime. Il faut néanmoins toujours prévoir le danger ; et une réglementation minutieuse impose, aux bateaux à passagers principalement, que des ceintures de sauvetage soient placées dans les cabines, et des embarcations de sauvetage installées sur les ponts, etc. Malheureusement la mise à l’eau de ces bateaux est souvent bien difficile dans une catastrophe subite, où les passagers se précipitent sur le pont sans prendre le temps de ceindre la ceinture de sauvetage qui leur était destinée.
- Pour remédier à cet inconvénient, on a imaginé toute une série de radeaux demeurant constamment sur le pont du navire, se trouvant automatiquement mis à l’eau du fait que le navire coule, et où les naufragés peuvent aisément prendre pied s’ils ne s’y sont pas réfugiés avant même le naufrage complet. Un radeau ne peut pas se retourner comme un bateau de sauvetage ordinaire; il est en réalité fait pour rendre les mêmes services dans un sens ou
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- dans un autre, il est bien évident, par contre, qu’un radeau ne présente pas, pour ceux qui y prennent place, les mêmes avantages de navigabilité qu’un canot ou une embarcation véritable; mais il ne faut pas s’exagérer la nécessité qu’il y a à ce que des naufragés puissent se diriger et gagner une terre voisine. Le plus souvent, ce qui importe, le naufrage
- résultant ordinairement d'une collision, c'est que les gens précipités à la mer demeurent quelque temps à la surface, pour permettre qu’on aille à leur secours; car les voyages se font maintenant suivant des routes régulières cL fréquentées, si bien que des naufragés ont grande chance d’être secourus et repêchés à brei délai, pourvu qu’ils demeurent flottants. C’est pour cela que bien des radeaux sont constitués uniquement d’une plate-forme reposant sur deux cylindres métalliques qui forment flotteurs : avec des flotteurs d’une longueur de moins de 5 m., on arrivera à loger 12 à 15 personnes, peu confortablement, il est vrai (lig. 2).
- En effet rien ne les maintient, et un coup de mer aurait bientôt fait d’en précipiter quelques-uns à l’eau.
- Aussi un inventeur, que cite notre confrère Scientifie American, a-t-il imaginé un radeau très simple, mais qui se distingue par deux points : d’abord son centre de gravité est porté relativement très bas, et, en second lieu, les gens qui y prennent place se trouvent enfermés derrière une sorte de balustrade qui les empêche à peu près complètement d’être enlevés par les vagues. Par contre les passagers de ce radeau ont toute la partie inférieure du corps plongée dans l’eau, comme à l’intérieur d’une bouée de sauvetage circulaire, en s’appuyant sur Panneau formant la bouée même. Mais ici on compte
- un grand nombre de gens à l’intérieur de l’anneau, qui est de dimensions appropriées, et, de plus, on n’a pas à se cramponner à la bouée pour ne point couler, un plancher donnant un appui solide aux pieds des naufragés.
- La partie assurant la flottabilité du radeau, est de forme un peu ovale; c’est un flotteur en cuivre divisé en un grand nombre de compartiments étanches; ce récipient est raidi par des nervures. Le métal est enduit d’une peinture protectrice, puis recouvert d’une couche de liège comprimé épaisse de 5 à 6 cm., qui le protège des chocs et augmente encore la force portante. Par-dessus le liège, une enveloppe imperméable, puis une grosse toile peinte porte des cordes qui permettent de saisir le radeau quand on est tombé à l’eau. A l’intérieur de l'anneau se trouve un plancher à claires-voies en bois, qui, dans quelque sens que le radeau tombe ou soit jeté à l’eau, se met à flotter; aussitôt que des hommes y prennent pied, leur poids le ferait enfoncer ; mais le plancher demeure retenu au pourtour du radeau par un filet empêchant les naufragés de glisser à l’eau. Sur notre figure 1 l’on voit très bien à travers les mailles du filet leurs jambes nues.
- Cet appareil peut prendre d’autant plus de passagers que chacun est partiellement immergé et perd
- une partie de son poids. Un anneau ayant des diamètres respectifs de 5,6 m. sur 2,4 m., porte 40 hommes, tout en étant prévu pour une charge normale de 25 personnes. Ces radeaux ont l’avantage de pouvoir s’empiler en grand nombre sur un pont de bateau. Pierre de Mériel.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1760. — 16 FÉVRIER 1907.
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- LES CÂBLES PORTEURS DANS LES CHANTIERS DE CONSTRUCTION
- de navires
- Ce a’cst qu’à l’aide d’appareils perfectionnés pour le transport et la mise en place des matériaux et des pièces métalliques de toute espèce, que l’on peut mener rapidement à bien la construction des grands navires, qui deviennent de plus en plus nombreux dans les Hottes de guerre ou dans les marines de commerce. La nécessité de ce matériel s’impose d’autant plus, que les tôles mises en œuvre pour la coque ou les ponts, les poutres formant les pièces de ponts, les énormes moulages d’étambol ou d’étrave, représentent maintenant des poids énormes. Et ce
- coque; et l’on est forcé de disposer les choses pour que rien ne vienne gêner le passage de ses piliers. Aussi est-il tort intéressant de signaler le nouveau dispositif imaginé par la Compagnie Palmer Ship-building and Engineering, des bords de la Tyne : le principe en est l’emploi des câbles porteurs aériens, tendus entre deux appuis mobiles montés aux extrémités du chantier.
- La charpente principale est uniquement constituée par ces appuis. Ils comprennent chacun une poutre métallique armée, qui est, en réalité, formée
- Les câbles porteurs sur les cales de construction.
- qui complique encore les choses, c’est la longueur et même la largeur du chantier, quand il s’agit d’un navire de plus de 200 mètres de long; l’obligation où l’on est de présenter tôles, cornières, profilés de toute espèce, à des hauteurs variables au fur et à mesure que le travail progresse, ou suivant les portions de la coque, les aménagements intérieurs auxquels on s’attaque.
- Pour arriver au résultat, on fait appel aux grues roulantes ou fixes, aux ponts roulants, aux chèvres, etc. Mais, même le pont roulant, qui peut aller prendre la pièce à apporter en place au bout du chantier, et la conduire à un point quelconque de la cale de construction, a cet inconvénient de nécessiter une voie de roulement de part et d’autre de la 35e année. — 1er semestre.
- de deux poutres dont une semelle est horizontale, tandis que l’autre est courbe, ces deux poutres se faisant vis-à-vis par leurs semelles droites. Celte poutre double est supportée à ses extrémités par deux piliers métalliques en treillis, qui présentent cette particularité d’être inclinés de 45° environ vers l’extérieur, par rapport à la cale de construction. Ils sont ancrés dans des massifs de maçonnerie; et, quoiqu’ils se lassent équilibre, et que leur inclinaison leur permette de résister aux charges qu’on fera rouler sur les chemins aériens, sur les câbles tendus entre ces appuis; néanmoins, par mesure de précaution, ils sont retenus par un câble vertical, se rattachant lui aussi à un massif. Il est muni de vis de tension qui donnent le moyen de raidir les câbles
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- de roulement, en inclinant un peu les deux piliers métalliques d’une meme poutre. En outre, on peut, par traction d’une paire de câbles de retenue à un bout, et par desserrage des câbles de l’autre bout, accuser notablement le porte-à-faux d’une des pou 1res à l’une des extrémités du système. Et comme, au bout de la cale, passe une voie ferrée où arrivent les wagons portant les matériaux et pièces métalliques, rien ne sera plus simple (pic de soulever ces matériaux au moyen d’un treuil courant sur un des câbles de roulement; de meme il serait possible, si le porte-à-faux était donné dans ce sens, d’aller prendre des matériaux dans un bateau qui viendrait se mettre au droit de l’extrémité de la cale.
- Nous n’avons fait encore que nommer les câbles de roulement et les appareils de soulèvement des charges, tout simplement parce qu’ils répondent au type général des câbles porteurs, qui est connu de nos lecteurs. Mais ce qui est bien intéressant et ingénieux, c’est que leurs points d'attaché ne sont pas immuables : ils viennent se fixer à chaque bout, s’ancrer, comme on dit, sur des chariots qui sont disposés par couples, un à chaque bout du système pour un môme câble. Si bien que, non seulement une charge peut être soulevée de terre et rouler, suspendue à telle hauteur que l’on veut sous le treuil, pour être déposée en un point quelconque dans la longueur de la cale ; mais encore le câble, avec sa charge, pourra se déplacer transversalement à la cale, par roulement simultané des deux chariots le long de la voie ménagée sur la semelle supérieure de la demi-poutre inférieure. C’est pour donner passage au câble de roulement, ainsi qu’au double câble de traction du treuil et aux autres câbles de soulèvement et de manœuvre, que l’on a ménagé un espace libre entre les deux demi-poutres. On dispose de trois jeux de chariots et de câbles : si bien que l’on peut desservir avec la plus grande facilité et .très rapidement toutes les parties de la cale, et aussi une grande longueur de voie en bout de la cale, ou toute la longueur d’un navire amarré à l’autre extrémité de cette cale.
- Ajoutons que les trois câbles porteurs pourraient être employés solidairement pour une pièce excessivement lourde.
- Chaque treuil ou chariot aérien roulant sur un câble (ou plus exactement sur deux câbles parallèles) comporte une cabine où s’installe le mécanicien, et d’où il commande électriquement toutes les manœuvres. Le déplacement longitudinal d’une charge se fait à raison de 180 mètres par minute; la vitesse transversale est seulement de 7,5 mètres par minute; les charges peuvent être soulevées à raison de 50 ou de 45 mètres par minute, suivant qu’il s’agit d’un poids de 5 tonnes ou de 1 tonne.
- Nous n’avons pu indiquer que sommairement les caractéristiques et les dispositions mécaniques de cet outillage; mais nous en avons assez dit pour qu’on ait compris les avantages et les services qu’il est susceptible de rendre. P. de Mériel.
- EMPLOI DU SÉLÉNIUM
- en astronomie
- L’observatoire de l’Kbre, à -Tortose, dont nous avons décrit précédemment la belle organisation, vient de publier le premier volume de ses mémoires, où nous relevons des travaux intéressants sur l’éclipse de soleil du 30 avril 1905. On sait que la zone de totalité, circonstance rare et fort importante, passait précisément sur cet établissement. Parmi les nombreuses observations qui ont été elïectuées au cours du phénomène, il est à remarquer tout particulièrement l’emploi qui a été fait des propriétés du sélénium pour enregistrer la durée de l’éclipse.
- Les phases d’une éclipse sont calculées d’avance aussi exactement que possible, mais l’on sait que les chiffres obtenus ainsi sont seulement très approchés; il y a toujours intérêt à les contrôler pour perfectionner davantage les valeurs des divers éléments employés dans ce calcul : lors de cette éclipse particulièrement, il fut trouvé des différences sensibles. L’observation se fait généralement par la détermination visuelle du commencement et de la lin de la totalité.
- Le Père Wulf, en collaboration avec le Père Lucas, a imaginé un nouveau procédé, basé sur la propriété du sélénium de changer sa résistance électrique suivant qu’il reçoit ou non la lumière; il est bon de remarquer que ces changements ne sont pas toujours très réguliers, surtout lorsqu’il s’agit d’observations où la variation de lumière se fait instantanément. Cependant le Père Wulf a trouvé un ingénieux dispositif qui permet de parer à cet inconvénient. Il a employé une résistance au sélénium préparée par E. Ruhmer (de Berlin) avec un galvanomètre intercalé dans le circuit électrique, et muni d’un fil de quartz suspendu perpendiculairement aux lignes de force d’un champ magnétique. Le courant d’intensité variable traversait une fine couche d’argent déposée sur ce fil et celui-ci se courbait en arc avec une rapidité extraordinaire, et d'autant plus que le courant était plus intense. L’image de ce fil, fortement éclairé, s’enregistrait sur une feuille de papier sensible, en même temps que les oscillations d’un pendule de l’observatoire, de inarche régulière et bien connue.
- Les calculs les plus précis effectués après la détermination exacte de la position de l’observatoire avaient donné les chiffres suivants :
- Commencement de la totalité . . 13h 16,n 30%18
- Fin.........................13h 19“ aO'.ôl
- Durée....................... 2ra 50s,35
- Les observations par l’ingénieux dispositif ci-dessus ont fourni au Père Wulf les résultats suivants :
- Commencement................13hltira15%G
- Fin......................... 15h 19m 6S,9
- Durée....................... 2m51%3
- Toutes les observations ont montré une légère avance sur le calcul, pour les heures des phases, sans que d’ailleurs cela modifie beaucoup la durée même du phénomène. Par l’estimation visuelle, on avait trouvé 2m 54%0 pour cette durée. L’emploi de l’enregistreur à sélénium, on le voit, a donné d’excellents et même plus précis résultats. L. R.
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- LA MARINE MILITAIRE DE L’ALLEMAGNE
- Dès 1871, l’empire germanique eut une préoccupation sérieuse : posséder une marine forte et puissante. En même temps qu’une flotte marchande et de riches compagnies maritimes, pour aider à l’expansion coloniale et favoriser le développement du commerce extérieur, il lui fallait une force maritime militaire pour protéger ses colonies et assurer la sécurité de la Baltique et de la mer du Nord.
- Or, l’Allemagne a tellement bien travaillé à la réalisation de ce double but, militaire et commercial, qu’elle est devenue, aujourd’hui, une importante puissance navale. Ses paquebots et ses cargo-boals font aux nôtres une redoutable concurrence ; ils constituent même un danger sérieux pour la marine marchande britannique. Les Anglais, qui ont été baptisés « les rouliers de la mer », ne peuvent pas admettre que l’on touche à leur suprématie maritime; ils commencent à tourner vers le sud-est des regards aussi surpris qu’inquiets. Aussi renforcent-ils leurs escadres du Nord; ils ont fait de Douvres une place forte maritime importante, ils dirigent, en un mot, tous leurs efforts vers Y éventualité germanique.
- L’Allemagne, de son côté, augmente, d’année en année, le nombre et la valeur de ses navires ; à chaque effort britannique, elle répond par une tentative nouvelle. A peine l’Angleterre avait-elle lancé son Dreaclnought, que l’Allemagne répondait, en annonçant la mise en chantier d’une unité navale encore plus forte et plus puissante.
- L’organisation de la puissance navale germanique est une œuvre remarquable, en raison de la rapidité et de la méthode avec lesquelles elle a été créée. L’action personnelle de Guillaume II est la cause principale des merveilleux progrès de la marine allemande ; dès le début de son règne, il affirma son intention, bien arrêtée, de développer la force maritime de l’Empire, et usa de toute son inlluence pour faire passer « l’esprit naval » dans le sang du peuple allemand. Il y réussit admirablement, puisque la Ligue Navale Allemande est, aujourd’hui, la plus puissante qui soit au monde ; cette œuvre d’initiative privée compte maintenant près d’un million d’adhé-
- rents, alors que l’association similaire anglaise ne possède que vingt mille membres environ. Cela est significatif et marque la popularité de l’œuvre navale en Allemagne.
- L’influence impériale a agi surtout sur le Reichstag, et cette fermeté a fait de l’Allemagne la troisième puissance maritime, la classant immédiatement après l’Angleterre et la France. En 1895, celte nation avait la presque totalité de son matériel naval à créer; aujourd’hui, elle inspire des craintes sérieuses à l’Angleterre, et, dans une dizaine d’années, si rien ne vient arrêter son essor, la marine allemande possédera un nombre de cuirassés sensiblement supérieur au nôtre.
- Guillaume II n’aura de cesse et de repos que
- lorsqu’il verra la marine de guerre à la hauteur de l’armée.
- Les conseils d’amirauté et les commissions supérieures, chez les autres puissances maritimes, constituent les organes de conception du haut commandement ; en Allemagne, ils sont réduits à néant, c’est le Kaiser qui se substitue à eux et, avec la seule collaboration de son cabinet naval, sert de lien entre les divers départements, services et directions.
- L’histoire de l’évolution progressive des forces navales allemandes mérite d’être suivie attentivement. En 1872, le budget de la marine de l’Empire germanique s’élevait à 41 millions de francs. En 1898, époque à laquelle le Reichstag volait le premier programme naval, le budget maritime était porté à 152 millions de francs, aujourd’hui il atteint 510 millions, alors que l’Angleterre dispose de 841 millions, les États-Un’s de 522 millions, et la France de 325 millions de francs. Le budget de la marine de guerre allemande est donc sensiblement égale au nôtre. Quinze millions de moins, c’est bien peu de chose, en effet, lorsqu’il s’agit de sommes aussi importantes et de dépenses que, depuis quelques années, les puissances acceptent avec une extrême facilité.
- Nous pouvons dire ici, sans entrer dans les détails de son organisation navale, que l’effectif de la ma-
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- rine allemande, après les levées de l’année dernière, s’élevait à 45 474 hommes, avec un cadre composé de 2190 officiers, ingénieurs et médecins. Le personnel est en augmentation sur celui de l’année précédente de 2802 hommes et de 150 officiers. En 1916, lorsque le programme maritime sera entièrement réalisé, la marine de guerre allemande comptera plus de 70 000 marins, officiers, gradés et simples matelots.
- Si l’empereur d’Allemagne est le chei omnipotent de la marine, il n’en accorde pas moins une grande indépendance aux directeurs des divers services; il ne leur donne que des instructions générales, dont l’exécution est laissée à l’initiative de chacun des officiers. Cette méthode de responsabilité individuelle est pratiquée du haut en bas de l’échelle hiérarchique du commandement naval. Ce système
- ditier aux décisions de 1898, assurait un armement maritime encore plus grand et prévoyait le rajeunissement de certaines unités dans un délai de 20 années
- La Hotte maritime de l’Allemagne, après la réalisation totale du programme, devra être composée de 26 cuirassés, 18 croiseurs, 44 croiseurs plus petits, 16 divisions de 6 torpilleurs, en tout 96 torpilleurs, auxquels il faudra ajouter les sous-marins, garde-côtes, canonnières de toutes sortes, navires-écoles, canots automobiles, etc. Telle sera, en 1916, c’est-à-dire dans 9 années, la puissance navale, de l’Empire allemand, qui, pour avoir une marine neuve, avec des vaisseaux alertes, valides, et dignes.de leur époque, aura procédé à la construction de 15 vaisseaux nouveaux et à la substitution de 19 autres navires, unités entièrement démodées, qui auront été
- Vue géucrdlo des constructions navales de l’usine Ki'ujiji, Genuauia, avec le port el les bassins.
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- de décentralisation a sa valeur ; car, loin d’engendrer le désordre, il donne à chaque officier une initiative qui l’habitue à réfléchir souvent et à prendre quelquefois des décisions rapides.
- Le premier programme naval, celui de 1898, prévoyait la construction d’une Hotte active importante et la constitution, très précise, d’une flotte de réserve.
- Ce programme comprenait également le remplacement successif de plusieurs vieilles unités, afin de ne pas conserver en activité des navires démodés, encombrants, et ne pouvant plus rendre que des services très relatifs.
- L’exécution du programme commença, dès qu’il fut arrêté; les constructions, réparties entre les chantiers et arsenaux de Kiel, de Wilhemshaven et de Dantzig, marchaient avec une grande activité, lorsque, en 1900, l’empereur obtint du Reichstag le vole d’un programme nouveau, qui sans rien mo-
- remplacées par des lorteresses flottantes modernes.
- Actuellement une vingtaine de navires de guerre sont en construction sur les divers chantiers de l’Empire. 11 y a 10 croiseurs cuirassés du type Blilz, qui marcheront à la vitesse de 25 nœuds et auront un déplacement de 5450 tonneaux. Ces navires sont d’un modèle courant; leur parachèvement se fait en sept mois et quelques jours à dater de leur mise en chantier. Il y a aussi des cuirassés du type Deulschland, semblables au Schleswig-Holstein, qui vient d’être lancé tout récemment par les ateliers Germania, de Kiel.
- La mise à l’eau de cette nouvelle unité de combat augmente le nombre des plus grands navires de guerre allemands. Comme Deutschland, Pommern et Hanover, le nouveau cuirassé déplacera 15 200 tonnes; il mesurera 155 m. de longueur et près de 24 m. de largeur, avec un tirant d’eau de plus de 8 m. Le nouveau navire, avec ses 16 000 che-
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- vaux de force et ses 5 hélices, fera 19 nœuds à l’heure; il portera une provision maxima de 1800 tonnes de charbon et 200 tonnes d’huiles. L’artillerie de ce cuirassé lui donnera une puissance militaire supérieure à celle des navires de la famille à laquelle il appartient.
- Si les explications fournies par les journaux an-dais sontexactes,
- Schleswig- Hols-tein et ses semblables ne seront plus avant peu les plus grands cuirassés de la Hotte militaire allemande. On vient de commencer, paraît-il, la construction d’un formidable cuirassé, dont nous aurons h parler ici, quand il sera possible d’avoir des renseignements précis. Le Dread-nouyhl allemand a été mis en fabrication sur les chantiers de la Weser, à Brême; il déplacera, dit-on,
- marine allemande; cet établissement, véritable cité industrielle, construit la plupart des vaisseaux de la Hotte germanique et leur fournit la presque totalité de son artillerie. Nos illustrations montrent différentes vues et scènes de l’importante « Ger-maniawerft » qui s’étend sur une superficie de 24 hectares, dont 8 hectares sont couverts par des constructions, ateliers ou chantiers. Une armée de 7000 ouvriers est occupée, tant dans les chantiers pour torpilleurs que dans les 7 cales installées pour la construction des navires de guerre ou les paquebots de grande dimension.
- Nos gravures donnent une idée des 4 fameuses cales couvertes, qui permettent de construire les navires de guerre, sans interruption, en dépit des intempéries des sai-
- Fig. 4. — Le groupe des quatre grandes cales couvertes ; vue générale extérieure au moment du lancement d’un navire.
- 26000 tonneaux; les premiers fers ont été montés au début de janvier et l’on prépare, dit-on, déjà remplacement nécessaire pour construire un deuxième mastodonte maritime de cette catégorie.
- L’usine Krupp est un auxiliaire précieux pour la
- sons. Ces immenses hangars sont de dimensions différentes; leur longueur varie de 115 à 225 m. Dans le plus grand de ces vastes halls métalliques, aux couvertures vitrées, on peut construire un cuirassé de 240 ni. de longueur.
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- Ces cales couvertes sont de hauteurs diverses; la plus grande s’élève à 51 m., du côté de la terre, et à 36 m., du côté des bassins du port. La couverture est supportée par des charpentes métalliques verticales, qui reposent sur des maçonneries de béton, formant bassin. Des portes d’écluse commandent l’entrée de la cale, dont le fond de cuvette descend jusqu’à une certaine profondeur au-dessous du niveau de l’eau du port. On comprendra facilement quels avantages cette disposition donne pour le lancement des navires.
- L'Allemagne est donc admirablement organisée au
- point de vue maritime. L’organisation industrielle de ses chantiers de constructions navales et le fonctionnement de ses arsenaux garantissent l’exécution du programme maritime. La mobilisation de la Hotte peut se faire rapidement, grâce à une organisation scientifique excellente et à une instruction admirable du personnel. Seule l’organisation moyenâgeuse du haut commandement peut être critiquée, puisqu'elle met entre les mains d’un seul homme, le Kaiser, les destinées d’une réalité militaire aussi importante que l’administration de la marine de guerre d’une grande nation. Will Dauyiluc.
- DU ROLE DE LA CHIMIE EN PEINTURE
- La chimie ne respecte rien. Depuis peu, elle a envahi uq domaine qui semblait devoir lui rester interdit : celui de l’art. Aujourd’hui elle prétend enseigner aux peintres comment il faut faire un tableau, aux amateurs comment il faut l’acheter et aux collectionneurs comment il faut le conserver.
- Il est certain que, de tous temps, il y a eu des peintres qui, sans meme soupçonner qu’une chimie pût exister un jour, ont produit des œuvres admirables et inaltérées, mais c’est l’exception ; et les chimistes prétendent même que ceux-là, en recourant à l’expérience personnelle, en préparant et en essayant leurs couleurs, mélanges et vernis, faisaient de la chimie, comme M. Jourdain faisait de la prose, sans le savoir.
- Il y a une quarantaine d’années que la chimie moderne fit ses premiers pas dans le domaine de la peinture. Ce fut avec le chimiste bavarois Max de Pettenkofer. Vivant à Munich, où il professait la chimie, au milieu des richesses artistiques de la grande ville, parmi les artistes, artiste lui-même, Pettenkofer avait été frappé de l’ignorance des conservateurs de musées en ce qui concerne la restauration et la conservation rationnelles des tableaux, et il résolut d’étudier ces questions. Il fut assez heureux pour pouvoir établir les principes et formuler les règles qui doivent guider les conservateurs. Aujourd’hui, ces règles sont observées dans tous les grands musées. Un exemple mémorable, entre plusieurs, montrera ce qu’il faillit en coûter à un de nos plus riches musées de province pour les avoir transgressées. La ville de Lille, trouvant ses tableaux à l’étroit dans son hôtel de ville, le vieux palais de Rihour, avait fait construire à grands frais un vaste et luxueux Palais des Beaux-Arts destiné à abriter ses riches collections; malheureusement, en 1895, trois ans après l’inauguration, tous les tableaux étaient dans un si piteux état qu’il fallut les déménager au plus vite, abaisser le plafond des immenses salles, de 2,50 m., les diviser par des cloisons et refaire entièrement le système de chauffage et de ventilation !
- Avant de passer à la confection du tableau, un
- exemple montrera quels services la chimie peut rendre à l’acheteur ou au collectionneur. Si on découpe et détache la couche de peinture en une bandelette ayant 1 mm. de largeur sur quelques millimètres de longueur, on n’enlève rien à la valeur du tableau surtout si cette bande est prise sur les bords, mais on possède un échantillon suffisant pour faire plusieurs préparations microscopiques permettant d’observer la couche en travers. Toutes les touches données apparaissent alors en bandes parallèles disposées dans l’ordre chronologique; on peut d’ailleurs reconnaître la nature, la composition et même l’âge de ces différentes couches. Il sera donc facile, connaissant la manière du maître, de savoir si upc date ou une signature sont apocryphes; cela résultera par exemple de ce qu’elles seront comprises ou non entre deux vernis, de ce que ceux-ci sont de même composition ou non.
- Les questions de chimie intéressant la peinture ont été surtout étudiées, dans ces dernières années, par un chimiste dont la réputation est universelle : le Dr Ostvvald, de Leipzig. M. Ostwald est à la fois un des fondateurs de la chimie physique et peintre de talent... ce qui ne gâte rien. En collaboration avec M. A. Genthe, il a d’abord éclairé la question du séchage et montré que l’oxydation de l’huile de . lin qui l’accompagne n’est point une réaction chimique normale.
- Au début, la vitesse d’absorption d’oxygène est très faible, puis elle va en croissant, atteint un maximum, diminue et se tient enfin à une valeur sensiblement constante, presque indéfiniment. Avec une réaction normale, cette vitesse prendrait immédiatement une valeur très grande et irait en diminuant rapidement. On a reconnu que cette divergence était due à la formation, aux dépens des produits mêmes d’oxydation de l’huile, d’une substance catalytique, c’est-à-dire agissant en apparence par sa seule présence et à la façon d’un ferment pour produire les réactions. Les substances oxydantes, avec lesquelles on laisse en contact ou fait cuire l’huile de lin, n’ont pas d’autre effet que de donner naissance plus rapidement à cette substance, et
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- l'huile siccalive, qu’on ajoute en petite quantité aux couleurs pour les faire sécher plus vite, en contient des proportions notables.
- D’autres essais ont prouvé que l’autocalalysalion de l’huile de lin était accélérée par la lumière : autrement dit, qu’une môme peinture sèche plus vite pendant le jour et au soleil que pendant la nuit et à l'obscurité. C’est d’ailleurs un lait bien connu des peintres que, toutes autres choses étant égales, les peintures claires sèchent plus vite que les foncées ; le fait est dû à ce que le pigment noir, absorbant la lumière, empêche celle-ci d’accélérer l’oxydation de l’huile de lin.
- Pour hâter le séchage d’un tableau, on l’exposera donc en plein soleil ; si on veut leeonserverfrais, on le mettra dans l’obscurité.
- Causes de la destruction des tableaux. — Pour faire un tableau inaltérable et durable, il faut nécessairement connaître toutes les causes possibles d’altération et de destruction ; celles-ci sont multiples, ce sont :
- 1° le noircissement des huiles et des vernis; 2° l’action chimique des pigments les uns sur les autres;
- 3° la diversité d’action des agents extérieurs sur la couche de peinture et sur le support.
- À la longue, toutes les huiles, tous les vernis se résinifient et brunissent; le tableau se recouvre alors d'un enduit plus ou moins ppaque, derrière lequel les teintes primitives, en admettant qu’elles soient restées pures, apparaissent comme voilées de noir. C’est à cette action qu’est dû le ton de musée de presque tous les anciens tableaux. Les fresques en sont naturellement exemples. Comme ce brunissement est dû à l’oxydation de l’huile, M. Ostwald recommande, pour empêcher cette action de se poursuivre, de mettre les tableaux entre deux verres réunis par un joint mastiqué étanche.
- Tous les peintres savent aujourd’hui l’effet désastreux que produit à la longue l’emploi d’une couleur
- quelconque à base de plomb (la céruse par exemple qui forme l’enduit de presque tous les tableaux), mélangée avec une autre couleur renfermant du soufre : vermillon, jaune de cadmium. Par double décomposition, dans la suite des temps, le plomb retourne à sa l'orme naturellement la plus stable, celle de sulfure de plomb noir, puisqu’on lui fournit tous les éléments de cette transformation. L’air confiné, renfermant toujours un peu d’hydrogène sulfuré, produit d’ailleurs ce même noircissement de toutes les couleurs à base de plomb.
- C’est à ces sortes de réaclion qu’il faut attribuer
- les repentirs, apparitions dans les parties claires d’un tableau de sujets qui ont été ensuite recouverts et y forment une couche sous-jacente.
- Pour éviter les inconvénients du mélange, qui sont toujours à redouter, certains peintres pr éfèren t obtenir l’effet de fusion des couleurs en les juxtaposant par petites touches. De près, l’effet est souvent déplorable, mais de loin il est toujours très bon si le peintre a une profonde connaissance des lois de l’optique. Ceci explique comment cette maniéré, eûcore assez peu répandue, est bien supérieure à l’autre au point de vue technique; mais elle ne se prête pas facilement à tous les genres.
- Les anciens peintres connaissaient la plupart de ces actions, du moins dans leurs effets, et savaient quelquefois en tenir compte. C’est à elles que nous devrions, paraît-il, les effets . de clair-obscur, triomphe de Rembrandt. Quelques-uns croient même que Rembrandt peignait avec une vivacité de couleur à faire pâlir nos plus hardis impressionnistes, mais passait, sur son tableau terminé, une mixture, dite sauce Rembrandt, qui avait pour effet de foncer tous les tons? Si on bannit le plomb, il faut bannir aussi l’emploi des composés plombiqucs (lilharge) pour rendre les huiles siccatives, car il en reste toujours des
- Fig. 1. — Exemple de craquelures dans une peinture sur toile. Rembrandt : La fille à l’œillet, du Musée de Dresde.
- Le cartouche à gauche représente les craquelures à une plus grande échelle.
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- traces dans l’huile ; il est même possible qu’à ces traces soit dû le brunissement des vernis, le ton de musée, dont nous avons parlé plus haut. On a recours alors aux siccatifs à base de manganèse, qui aujourd’hui ne laissent plus rien à désirer.
- On a cherché à remplacer la céruse, d’ailleurs toxique comme tous les composés plombiques, par le blanc de zinc ZnO qui, en admettant qu’il se sulfure, ne noircit pas, car ZnS est blanc. Malheureusement, le blanc de zinc ne couvre pas aussi bien que la céruse; à poids égal de pigment, il fera bien disparaître, et même plus vite que la céruse, une peinture sous-jacente, mais ce même poids
- inaltérables, préparés de cette façon et sans'qu’on sache pourquoi, ils donnent un mélange qui brunit à la lumière. 11 est vrai que la blancheur réapparaît après que le lilhopone a été placé dans l’obscurité. Cette propriété curieuse ne constituait pas moins un obstacle à son emploi. Cet obstacle n’existe plus aujourd’hui, carM. Oslwald a trouvé le moyen d’éviter le brunissement et garantit la blancheur absolue de la peinture au lilhopone, lut-elle exposée pendant oOO ans en plein soleil. C’est, paraît-il, la durée d’inaltérabilité la plus longue que garantissent les fabricants de couleurs consciencieux.
- Toutes ces altérations sont graves, mais ne sont
- Fig. 2. — Exemple do fissures dans une pointure à fresque. Michel-Ange : La création de Vhomme (Chapelle Sixline).
- devra alors être appliqué en un plus grand nombre de couches, car le blanc de zinc ne fait pas corps avec l’huile ; c’est un grand inconvénient. Le blanc fixe ou sulfate de baryum SOBa, absolument inaltérable, n’a pas donné de meilleurs résultats. C’est alors qu’on a imaginé le lilhopone.
- Le lilhopone est un mélange intime de sulfure de zinc et de sulfate de baryum, corps blancs tous deux qui se forment quand on mélange des solutions de sulfure de baryum et de sulfate de zinc : BaS-f-SO*Zn = ZnSH-SO*Ba.
- On opère sur des liqueurs concentrées; tout ce qui est en solution précipite.
- Malheureusement, si le sulfure de zinc et le sulfate de baryum pris isolément sont absolument
- pas en définitive irrémédiables ; car, à la rigueur, en traitant les tableaux soigneusement à l’eau oxygénée, on peut les blanchir. Toute autre est la cause qui produit les craquelures et qui tient à la diversité de nature de la couche et du support (fig. 1).
- Ce support est en général une toile qui se contracte sous l’effet de l’humidité et du froid alors que la couche de peinture au contraire se dilate sous les mêmes actions. Tant que la couche de peinture est mince, elle conserve une certaine élasticité et se prête aux changements de dimensions que produisent les variations d’humidité et de température; si elle est trop épaisse elle se brise. D’après M. Ostwald, la durée d'un tableau est inversement proportionnelle à l'épaisseur de la couche de couleur.
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- On peut remarquer que tous les tableaux anciens qui nous sont parvenus sans craquelures sont peints sous des épaisseurs très faibles. C’était la manière des primitifs, comme Van Cycle ou (ihirlandajo (fig. 5). C’était encore celle de Raphaël et de ses élèves : sa Madone de Saint-Sixte, à Dresde, date de 1515 et elle est sans aucune craquelure. De môme le Portrait de Charles Ier, de Van Dyck. L’état de con-
- il n’en est pas moins regrettable de compter Ingres parmi ceux dont les œuvres doivent disparaître. Son Triomphe de Cherubini, au Louvre, qui date de 1842, est dans un état lamentable malgré les restaurations très habiles qui en ont été faites. Quoique grand admirateur de Raphaël, Ingres n’imitait point sa technique et il ne nous a guère laissé qu'un seul tableau peint finement et ayant quelque chance de
- Fig. 5. — Exemple de remarquable conservation dans une peinture de 1485 (la date est sur le pilier central). Ghirlandajo : VAdoration des bergers (Florence).
- servation des Rubens, qui sont au Louvre, est presque aussi parfait.
- Pour un grand nombre de ces tableaux, la couche de peinture est si mince qu’on peut presque toujours apercevoir les mailles de la toile sous la couleur.
- Nos peintres modernes sont beaucoup moins soigneux que les vieux maîtres et se chargent eux-mêmes de détruire leurs propres œuvres. S’il est consolant de penser que tout ce.que nous voyons à chaque nouveau Salon ne passera pas à la postérité,
- durer ; fort heureusement, c’est la Source, son chef-d’œuvre.
- Il est plus aisé de se laisser aller à l’inspiration et de travailler à coups de couteau, fiévreusement, comme on le fait actuellement, que de brosser finement comme on le faisait autrefois ; mais, en peinture comme en sculpture, comme en gravure, l’artiste doit être maître de ses outils et en pleine possession de tous ses moyens à chaque instant ; en un mot il doit être homme de métier.
- Il y a cependant un procédé qui n’expose pas aux
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- craquelures, c’est celui du pastel. Ici la couleur est déjà divisée en granulations et ne forme pas une couche ininterrompue au moment où on la pose. Le pastel malheureusement, quoique se fixant aujourd’hui très bien, ne se prête {tas aux mêmes effets que la peinture à l’huile. Le peintre Ralïàëlli a voulu réunir les avantages des deux procédés, il y a quelques années, en inventant des couleurs à l’huile solidifiées en hâtons qui s’emploient comme le pastel. Ces couleurs s’enlèvent au grattoir ou à l’essence et les tableaux peuvent être vernis comme à l’ordinaire. Elles ne semblent pas avoir eu grand succès.
- Il reste une dernière solution : celle du support rigide, mais y en a-t-il? Aucun ne l’est parfaitement; pourtant les bois durs bien secs donnent déjà des résultats bien supérieurs à la toile; ils ont encore l’inconvénient d’être de dimensions limitées quoique déjà très respectables et d’être assez coûteux. Un support, dont on n’a pas su tirer tout le parti qu’il comporte peut-être, est celui constitué par les métaux en feuilles. Il n’existe pas beaucoup de tableaux très anciens sur tôle, car la tôle était autrefois un produit très cher : étant donné surtout que, employée comme support, elle devait être très homogène et d’assez grandes dimensions. On pourra se rendre compte cependant, en examinant la Madeleine de Reni, qui est au Louvre et qui a plus de 400 ans, que cette solution est parfois excellente. Ce petit tableau de 40 centimètres sur 50 environ est sur tôle de fer ; ses couleurs ont gardé toute leur fraîcheur et il ne présente pas la moindre trace de craquelure; la peinture a presque l’aspect d’un émail et a suivi sans aucune détérioration toutes les déformations de la tôle qui cependant est fortement bosselée. Cependant Goya a peint sur tôle une série de scs Caprices avant de-les graver à l’eau-forte et ces peintures ont beaucoup souffert. Eugène Lemaire.
- Ingénieur des Arls et Manufactures.
- LA RÉSISTANCE AU FROID
- Comment se fait-il que, quelle que soit la température extérieure, celle de notre corps reste constante? Telle est la question qu’a étudiée M. Jules l.efèvre dans une longue série de recherches et qu’il paraît avoir résolue, bien mieux que ses prédécesseurs, en employant des méthodes spéciales et très rationnelles. Disons de suite que la résistance au froid, d’après les travaux de ce physiologiste, est le résultat de deux phénomènes : 1° l’augmentation de la chaleur interne ; 2° les modifications physiques qui s’opèrent dans la peau et empêchent la chaleur du corps de se perdre.
- Par des milliers d’expériences, faites sur les animaux, ou sur l’homme, M. Lefèvre a, en effet, constaté que toujours le déhit de la chaleur interne va en s’accélérant lorsque la température du milieu s’abaisse. Le froid engendre donc 1’ « hyperhémie » cutanée ou sous-cutanée, et, grâce à ce secours circulatoire, la peau se réchauffe sans cesse par sa face profonde. ; elle conserve ainsi le pouvoir de résister longuement à l’action désorganisante du froid.
- De l’étude physique de la peau, d’autre part, il résulte : 1° que le coefficient de conductibilité intérieure, évalué en unités G. G. S., varie entre 0,0004 et 0,0008. La peau protège donc à peu près comme le bois, le liège, la gutta-pereha, un peu moins bien que la laine ou l’édredon, mais deux mille fois mieux que l’argent et sept cent cinquante fois moins qu’une couche d’air immobile de même épaisseur; 2° que la peau est deux fois moins conductrice, c’est-à-dire qu’elle protège deux fois mieux à 5° qu’à 50°. Son coefficient propre de conductibilité passe, en elfel, de 0,0004 à 0,0008 lorsque la température de l’eau ambiante s’élève depuis 5° jusqu’à 30°; 3° que le coefficient d’émission ne change pas. Au contraire, le coefficient du réchauffement profond s’élève rapidement quand la température du réfrigérant s’abaisse; il varie de 0,0002 à 0,0012, c’est-à-dire qu’il devient six fois plus grand quand l’eau se refroidit de 30° à 5°.
- Toutes les expériences mettent en évidence l’extraordinaire puissance de production de chaleur des animaux. Par exemple, plongé pendant douze minutes dans l’eau à 5°, l’homme robuste sort du bain glacé avec une température égale ou supérieure à celle qu’il avait à l’entrée; sa peau seule s’est refroidie. Et pourtant la perle a été énorme; mais l’organisme a produit dans ce court intervalle un supplément de 200 calories pour résister au froid.
- M. Lefèvre a réalisé sur l’homme des expériences de longues durées : une heure dans l’eau à 7 degrés, trois heures dans l’eau à 15° ou à 24°. Dès le début, la production de chaleur est si forte que la température intérieure s’élève notablement. Le déficit est changé en un gain. Après vingt minutes cependant la résistance fléchit un peu, la température descend de quelques dixièmes de degrés. Mais voici qu’à la trente-cinquième minute, l’organisme se ressaisit de nouveau et que sa production de chaleur compense la pei’te exigée par le froid. Au bout d’une heure, il est accommodé à 36°,80, la production de chaleur arrivant à soutenir la formidable perte de 550 calories. — A 15°, la même chose se répète; pendant trois heures, l’organisme résiste presque exactement, procédant par chutes modérées interrompues elles-mêmes par de longues phases d’accommodation. A la fin de l’expérience, après une perte de 800 calories, la température intérieure est toujours 56°,50. Cette résistance varie d’ailleurs beaucoup d’une personne à une autre.
- Henri Coltin.
- TÉLÉPHONIE SANS FIL
- L’amortissement rapide des ondes sonores empêche de transmettre directement la parole à une grande distance. Aussi a-t-on cherché et réussi à donner à l’énergie sonore une forme sous laquelle on puisse plus facilement la transporter. C’est là le principe de la téléphonie.
- On a généralement recours à l’électricité pour faire parvenir une conversation au loin. L’un des deux interlocuteurs parle devant un microphone, l’autre écoute à un téléphone, relié au premier appareil par un fil conducteur, le long duquel se propage un courant électrique. Dans ces dernières années, on a inventé et perfectionné plusieurs autres modes de transmission de la parole à distance. Dans chacun de
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- ces systèmes, on supprime le fil entre les appareils transmetteur et récepteur : aussi a-t-on désigné cette invention sous le nom de téléphonie sans fil.
- On conçoit aisément l’importance pratique que peut avoir une semblable découverte. Bien que celte partie de la science n’ait pas encore atteint le degré de perfection qu’on est en droit d’attendre d’elle, les expériences se poursuivent chaque jour avec de nouveaux succès, et les résultats acquis sont déjà très remarquables.
- Tous les systèmes de téléphonie sans fil emploient pour relier le microphone au téléphone l’électricité ou la lumière. Ceux qui se servent de courants électriques peuvent se classer en deux catégories, suivant que les courants se propagent par la terre et l’eau, sous forme d’ondes telluriques, ou bien par l’air, sous forme d’ondulations hertziennes. Nous allons donner un aperçu de ces différents procédés.
- 1° Téléphonie sans fil par ondes tell uriques. — Depuis longtemps on avait cherché à établir des communications télégraphiques sans fil. Dès 1870, Bourbouze avait pu actionner du pont Napoléon un galvanomètre placé au pont d’Austerlitz, en se servant du sol et de la Seine comme conducteurs. Plus tard, en 1892, W. Preece, ingénieur en chef au Post-Office de Londres, était parvenu à communiquer, sans fil, d’une rive à l’autre du canal de Bristol, sur une distance de 5 km. Deux ans après, le professeur Rathenau, à l’aide d’un dispositif analogue, put envoyer des télégrammes à des bateaux situés à 4 km de la côte. Enfin, le 21 août 1900, M. Gavey, ingénieur en chef au Post-Office, annonçait au Congrès international d’Électricilé, à Paris, qu’il avait pu échanger une conversation téléphonique sans lil sur une distance de 12 km, entre la côte d’Irlande et Pile Ralhlin.
- Le dispositif employé par M. l’ingénieur Gavey était le suivant.
- Deux plaques de terre, situées à 9 km l’une de l’autre, sur la côte irlandaise, étaient reliées par un gros conducteur connecté à l’appareil transmetteur-récepteur. Une Laiterie de piles (25 éléments), permettait de faire passer dans le conducteur un courant de 0,5 ampère. Le transmetteur-récepteur était composé d’un microphone pour transmettre les ondes sonores à Pile Rathlin, et d’un téléphone pour recevoir les réponses : un commutateur permettait d’utiliser tantôt le transmetteur et tantôt le récepteur.
- Un dispositif analogue était placé dans l’île Ralhlin. Mais les plaques de terre n’étaient distantes que de 2 km; la batterie de piles ne comprenait que 10 éléments.
- Dans la figure 1, T représente le poste transmetteur, relié au sol en Si et S2. Le courant se ferme à travers le sol, en suivant les lignes pointillées. Il ne rentre pas directement de Sj en S2, mais suit un peu le chemin des écoliers ; de sorte que le poste récepteur R est encore actionné par quelque courant vagabond.
- En 1901, M. Ducretet, s’inspirant des expériences
- dont nous venons de parler, a combiné un poste pouvant servir à volonté à la téléphonie et à la télégraphie. Il a fait ses expériences dans une propriété particulière ; et, en mettant entre les deux plaques de terre une distance de 60 mètres, il a pu transmettre distinctement une conversation à 1 km, à travers un petit Lois.
- Tout récemment, M. Collins a modifié heureusement le système que nous venons de décrire, en employant un arc chantant relié en série à une forte batterie. Les deux bornes extrêmes de ce circuit sont connectées à la terre. En dérivation sur Parc est branché un deuxième circuit contenant un microphone et une bohine d’inductance. Les résultats obtenus furent des plus satisfaisants.
- 2° Téléphonie sans fil par ondes hertziennes. — Il était naturel que l’on cherchât à utiliser pour la téléphonie sans fil les ondes hertziennes et les courants à haulc fréquence, qui avaient donné en télégraphie de si merveilleux résultats. On a commencé
- <r>
- R
- Fig'. 1. — Dispositif de l'ingénieur Gavey.
- par faire une sorte de télégraphie acoustique, où les signaux Morse étaient reçus au son. La transmission d’un son discontinu n’était pas malaisée. À l’aide d’un dispositif très sensible, de tous points semblable à ceux d’un poste de télégraphie sans fil ordinaire, M. Marconi a pu franchir une distance de 5000 km, de l’Angleterre à New-York. Mais ce n’était pas là, à proprement parler, de la téléphonie.
- Il semblait que la transmission de la voix, avec toutes scs inflexions, à l’aide des ondes hertziennes, présentât d’insurmontables difficultés. Néanmoins, les expériences tout à fait récentes de M. Ruhmer ont permis de transmettre la parole d’une façon très nette à une distance de 30 mètres.
- Le dispositif de M. Ruhmer était constitué de la façon suivante.
- Un poste transmetteur envoyait des oscillations, influencées d’une manière convenable par la parole. Les ondes émises reproduisaient sur la membrane d’un téléphone, à la station réceptrice, les modulations de la voix.
- Depuis plusieurs années, on avait reconnu que, pour rendre possible la téléphonie sans fil par ondes hertziennes, il était nécessaire de produire des oscillations non amorties. Or, M. Poulsen est arrivé tout récemment à ce résultat, en faisant servir à la production des ondes un arc chantant placé dans une atmosphère d’hydrogène.
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- Au posle transmetteur (fig. 2), un microphone M et une pile P se trouvaient intercalés dans un circuit Ct. Quand on parlait devant le microphone, on modifiait le courant Ct; le circuit oscillant Cs, branché en déviation sur l’arc, se trouvait influencé.
- aaaaaaaamM
- vVWV
- Ixl go/
- Fig. 2. — Dispositif Ruhmer.
- L’arc chantant jaillissait dans une atmosphère d’hydrogène, et le nombre des vibrations rapides qui lui étaient imprimées dépassait 500 000 par seconde. (La Société Telefunken était arrivée à un résultat analogue en se servant d’un arc à électrodes refroidis.)
- Le circuit oscillant qu’alimentait un courant de 220 volts, contenait le primaire d'un transformateur Testa, dont le secondaire C3 était en relation avec une antenne.
- Au poste récepteur, M. Ruhmcr se servait d’un détecteur électrolylique branché aux bornes d’un condensateur en série avec l’antenne réceptrice, et portant en dérivation un téléphone et une pile.
- Les conversations furent ainsi transmises avec netteté à une faible distance. Mais l’antenne dont on se servait n’avait que 1,50 m. On espère pouvoir,
- Fig. 3. — Téléphonie sans (il par ondes lumineuses.
- avec des appareils plus puissants, franchir plusieurs kilomètres.
- 3° Téléphonie sans fil par ondes lumineuses. — Ce dernier système est aussi le plus curieux. Il est fondé sur la propriété bien connue du sélénium d’avoir une résistance électrique variable quand on
- fait varier l’éclat de la lumière qui le frappe.
- Au posle transmetteur, le charbon positif d’une lampe à arc est placé au loyer F, d’un miroir parabolique. L’arc est placé dans le primaire Cj d’u.i transformaleur, dont le secondaire C2 comprend une batterie d’accumulateurs et un microphone (fig. 5).
- Si l’on parle devant le microphone, le courant secondaire varie d’intensité, et modifie par induction le courant primaire, ce qui influe sur l’étal de la lampe à arc. Le miroir envoie les rayons lumineux, d’intensité variable, sur un deuxième miroir parabolique, placé au poste récepteur, au foyer F2 duquel se concentrent les rayons.
- Les différences d’éclat modifient la résistance électrique d’un conducteur en sélénium, placé en Fg, et intercalé dans un circuit C3 où se trouvent une pile et un téléphone. Le courant C5 varie de la même façon que le courant C2, et le téléphone reproduit les paroles prononcées devant le microphone.
- Le conducteur en sélénium joue dans cette expérience un rôle capital. M. lluhmer étend le sélénium en couche très fine sur un cylindre de porcelaine (fig. 4), autour duquel s’enroulent deux fils métalliques qui ne se touchent pas. Ces fils se trouvent en communication électrique lorsque’ la résistance du sélénium vient à diminuer.
- Comme le sélénium cristallin est très hygrométrique, et que sa résistance diminue à l’air libre,
- ixxxxxx; l >
- Fig. L
- on emprisonne le cylindre dans une ampoule de verre où l’on fait le vide.
- Grâce aux belles expériences de M. Ruhmer, la téléphonie sans fil pourra entrer dans le domaine de la pratique. Il y a lieu, néanmoins, de remarquer qu’avec la téléphonie par ondes lumineuses, on ne peut faire communiquer entre eux que deux postes visibles l’un à l’autre.
- Indiquons encore, pour terminer, une application intéressante des propriétés du sélénium.
- M. Ruhmer a eu l’idée de photographier une flamme chantante sur une pellicule cinématographique animée d’un mouvement de translation continu, en projetant son image linéaire à l’aide d'une lentille cylindrique. 11 a obtenu de cette façoq une série de bandes claires. Si l’on illumine ces bandes et qu’on les déroule, avec une vitesse égale à celle de la translation primitive, devant un conducteur de sélénium en connexion avec une pile ct un téléphone, le téléphone reproduit les modulations de la voix qui a fait vibrer la flamme chantante.
- Un semblable dispositif se nomme un télégra-phophone. Paul Niewenglowski.
- Ingénieur au Corps des Mines.
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- LA NATURE.
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- CREUSEMENT D’UNE TRANCHÉE PAR L’ABATAGE HYDRAULIQUE
- Fig'. 1. — Aspect d’une tranchée attaquée par deux buses mobiles.
- Un outillant une mine pour l'exploitation des allu-vions aurifères par l’abatage hydraulique, il est souvent nécessaire défaire une longue.tranchée dans la roche en place, alin de pouvoir faire aboutir la partie supérieure du sluice, où l’or est roc olté, au point le plus bas du lit rocheux de l’ancienne rivière dont l’exploitation est projetée.
- Un travail de cette nature a dû èlre entrepris cet été à la mine « Bear », située dans le district minier de Cari-])oo, dans la Colombie Britannique. La tranchée à ouvrir devait avoir une longueur de 265 mètres, une profondeur de 9 mètres au point le plus profond, et une largeur de 550 mètres à la base. La tranchée devait couper des schistes cristallins bien stratifiés et en partie décomposés. Les schistes cristallins avaient un plongement de 50 degrés, dirigé vers la partie supérieure de la tranchée à ouvrir. Ils se brisaient facilement en morceaux d’une
- épaisseur de 1 à 5 centimètres. MM. Lasalle et Wendle, qui dirigent les travaux à cette mine, décidèrent d’employer la force des jets d’eau de leurs buses mobiles pour creuser cette tranchée, comptant sur le peu de résistance que pourraient offrir les schistes cristallins aux jets d’eau, à cause de leur position et de leur stratification en bandes minces pour mener à bien cette entreprise.
- Ils installèrent à l’extrémité inférieure de la tranchée en question une buse mobile, capable de lancer un jet d’eau de 178 millimètres d’épaisseur, avec une force correspondant à une pression de 5,70 kg par centimètre carré. La buse mobile était placée sur un solide échafaudage élevé à 2 mètres au-dessus du sol, de manière à laisser passer au-dessous d’elle l’eau employée et les débris de roche qu’elle entraînait avec elle.
- Une seconde buse mobile, lançant un jet d’eau de
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- 102 millimètres de diamètre avec la même force que la première, était placée à 55 mètres plus loin sur la ligne de la tranchée à creuser (lig. 1 et 2).
- Tandis que le jet d’eau de la grosse buse mobile prenait les schistes en dessous et les relevant à la verticale, les brisait en mille morceaux, le jet d’eau da la buse placée au-dessus balayait tous ces débris et les entraînait vers la partie inférieure de la tranchée et dans la rivière. Elle fournissait ainsi continuellement au jet d’eau de la buse mobile inférieure une fraîche surface d’attaque.
- On a employé aussi peu de dynamite que possible et seulement pour rectifier l’alignement des talus de la tranchée et pour en niveler le fond. Même dans ces cas, les coups de mine servaient seulement à faire sauter de gros blocs et à permettre aux jets d’eau de continuer à nouveau leur travail.
- La tranchée, commencée le 14 juin, a été terminée le 20 août 1906 , ce qui correspond à un avancement de 1,79 mètre par équipe, tous les délais, tels que le changement de place des buses mobiles, etc... étant compris dans ce chiffre.
- À un moment où la tranchée avait déjà atteint une profondeur de plus de 7 mètres, l’avancement a été parfois de 2,44 mètres par équipe, durant toute une semaine. Un ouvrier américain manœuvrant la buse mobile et deux ouvriers chinois chargés des coups de mine et du déblayage des débris formaient le personnel de chacune des deux équipes, l’équipe de jour et l’équipe de nuit, qui travaillaient 10 heures chacune.
- Le prix total du creusement de la tranchée parfaitement nivelée à la pente voulue de 2 1/2 pour 100 et prête pour la pose du sluice a été de 50 francs par mètre courant.
- La même tranchée, creusée par la méthode ordinaire avec des coups de mine et le transport des débris dans des vagonnets, aurait coûté au moins trois fois plus et le travail aurait duré au minimum deux fois plus longtemps. Étienne A. Ritter.
- Ingénieur-conseil' des Mines.
- CHRONIQUE
- Un service d’incendies modèle. — Nous le trouvons à Munich, où tout semble réuni pour rendre l’organisation essentiellement pratique. Il comprend une combinaison, rationnelle dans une ville en somme de second ordre au point de vue de la population, de pompiers professionnels et de pompiers volontaires, tous sous une autorité commune ; les premiers sont au nombre de 166, avec 3 officiers; la brigade volontaire compte 825 hommes, partagés en onze sections ayant leur station particulière. Il y faudrait ajouter deux sections suburbaines. Notons que le dimanche, où les volontaires sont susceptibles, pour la plupart, d’être en promenade plus ou moins au loin, chaque section constitue un poste de veille de 7 hommes. Normalement les sections de volontaires n’ont à s’occuper que des incendies se produisant dans leur rayon; mais il en est différemment pour les feux particulièrement importants. On ne compte pas
- moins de 325 avertisseurs d’incendie dans les rues de cette ville de 520 000 habitants; de plus, dans les clochers des principales églises, des veilleurs surveillent la nuit les incendies qui pourraient se manifester par une lueur. Le matériel comprend les appareils courants, et va posséder une série d’automobiles; mais, ce qui est peut-être le plus intéressant, c’est la voiture spéciale aux éboulemenls, bâtiments menaçant ruine, etc. Cette voilure, très légère, tout en étant fort résistante, transporte sur les lieux d’un accident une masse de bois pour étayage, des échelles, des câbles, des poulies, des vérins, des chaînes. Du reste le service d’incendies de Munich s’occupe beaucoup des questions de solidité des édifices privés ; tous les plans des maisons nouvelles lui sont soumis, sous bénéfice d’appel au ministre de l’Intérieur contre ses décisions; il peut ordonner, dans les mêmes conditions, des mesures de précautions dans les maisons existantes; et c’est pour cela que les officiers professionnels passent des examens d’architecture avant d’entrer au corps.
- Un concasseur de belles dimensions. — On
- vient de construire, pour une Compagnie minière du Wisconsin, un concasseur broyeur qui a des dimensions tout exceptionnelles. Il pèse tout d’abord 100 tonnes, et il est destiné à concasser de la roche en donnant un rendement de 700 tonnes à l’heure. La pierre cassée sera employée soit à faire du béton, soit comme ballast; les poussières et matériaux fins serviront à faire des briques et blocs de ciment.
- NÉCROLOGIE
- Léon Serpollet. — M. Léon Serpollef, ingénieur, chevalier de la Légion d’honneur, est décédé le 11 février à Paris. Constructeur mécanicien distingué, il inventa, en 1888, un nouveau générateur de vapeur à production instantanée à tubes aplatis et à petits éléments1. Cette invention fut très remarquée et ouvrit un champ nouveau aux applications de la vapeur. La première application fut un vélocipède avec moteur actionné par la vapeur provenant d’une chaudière disposée à l’arrière. On entreprit ensuite la construction d’une série de machines les plus diverses avec chaudières spéciales pour l’automobilisme. Ces nouveaux générateurs furent utilisés en de nombreuses circonstances pour voitures automobiles ordinaires, chariots à poids lourds, tramways mécaniques et applications automobiles multiples sur voies ferrées. M. L. Serpollet a fait une invention qui a déjà rendu de grands services et qui a permis de grandes applications, et qui peut être encore appelée à recevoir un grand développement. J. L.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i i Février 1907.
- Présidence de M. Chauveau,
- La maladie de l'éléphant Saïd. — M. Girard expose qu’il a ressenti quelque étonnement en apprenant que la mort de l’éléphant Saïd était attribuée à une congestion pulmonaire double compliquée de pleurésie avec épan-
- 1 Voy. n° 794, du 18 août 1888, p. 177.
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- LA NATURE.
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- chement. Il montre, d’après les travaux anatomiques de deux savants étrangers, que chez l’éléphant d’Asie au moins, il y a adhérence de la plèvre et de la cavité thoracique. Mais Saïd était un Africain et l’on ne possède pas des notions aussi nettes sur cette particularité anatomique de l’éléphant d’Afrique.
- Perception d'un rythme musical par les muscles. — M. d’Arsonval présente une Note de M. Maurice Dupont, chef du laboratoire de la Faculté à Sainte-Anne, sur des courants alternatifs de p '‘riodes variées correspondant à des sons musicaux. Le courant alternatif est composé de périodes dont la fréquence correspond au nombre de vibrations du son, autrement dit, à la hauteur du son, si bien qu’un son aigu fournira un courant à vibrations rapides, alors qu’un son grave donne un courant à longues périodes. L’appareil se compose d’un phonographe sur lequel est adapté un microphone Ducrelet actionné par des accumulateurs. Sur le cylindre, M. Dupont inscrit une gamme par exemple. Lorsque l’appareil fonctionne, le microphone fournit un courant alternatif dont le nombre de périodes correspond exactement aux vibrations sonores. Dans le circuit du microphone il introduit l’inducteur d’une bobine à chariot de Du Bois-Rémond débarrassée de 1’intenupteur. A l’aide de ce transformateur il obtient des courants alternatifs qui peuvent être réglés à volonté pour les faire passer dans l’organisme. L’auteur explique que par l’éducation on pourrait reconnaître tel ou tel morceau musical transformé par un courant alternatif traversant les tissus, voire même utiliser ce procédé chez les sourds-muets. Ces courants peuvent également être utilisés pour produire des phénomènes de sédation ou d’excitation, d’inhibition et d’anesthésie.
- Les variations spécifiques. — M. Bouvier présente une Note sur les transformations des espèces dans un milieu normal. L’auteur a tiré ses conclusions de l’étude des crustacés rapportés du Pérou par M. le médecin-major Rivet attaché à la mission géodésique de l’arc équatorial. Il observe que dans les expériences de laboratoire sur les variations spécifiques on ne peut faire intervenir un élément très important, le temps. L’Amérique centrale fournit précisément une occasion de constater l’influence de cet élément, car l’émersion de l’isthme qui sépare les deux océans a fourni à nombre d’espèces l’occasion d’évoluer d’une façon séparée et indépendante. M. Rivet a rapporté une sorte de grande crevette très abondante sur les marchés qui appartient à un type répandu du Brésil au golfe du Mexique. Or, entre les individus de l’Atlantique et ceux du Pacifique on relève des différences qui suffisent pour constituer deux espèces, mais qui sont, il est vrai, de peu d’importance. De plus la nature des différences montre qu’elles arrivent très lentement et non par mutation. M. Bouvier cite encore dans le môme cas un grand Bernard-L’Ermite fréquent dans, le golfe de Californie tout à fait analogue à un crustacé de la mer des Antilles. Les deux espèces d’animaux appartiennent certainement à un môme tronc.
- L’anesthésie par l’éther. et par le chloroforme. — M. Dastre résume un travail de M. Nicloux sur les conséquences de l’anesthésie par l’éther et le chloroforme au point de vue chimique. Il a pu déterminer, grâce à un procédé de dosage qu’il a imaginé, les quantités d’éther contenues dans le sang et les tissus. Le sang renferme 150 à 140 milligrammes d’éthér pour 100 grammes de sang pendant l’anesthésie, et 170 à 175 au moment de la mort. Parmi les tissus, le cerveau et le bulbe en fixent
- chacun 105 milligrammes. Les globules du sang fixent autant d’éther que le plasma. Ces deux dernières particularités différencient l’action de l’éther de celle du chloroforme, car cette dernière substance se fixe en plus grande quantité sur les globules du sang et dans le bulbe. Or, le bulbe étant en relation avec les mouvements du cœur, il y a là un inconvénient. De plus l’éther disparaît plus vite de l’organisme que ne fait le chloroforme.
- La mer aquitanienne. — M. deLapparent dépose une Note de M. Joleaud dans laquelle l’auteur annonce avoir constaté que la mer de l’époque aquitanienne, au lieu de s’arrêter, comme on l’avait cru jusqu’ici, aux abords immédiats de Marseille, a laissé des traces à Vacqueyras (Vaucluse), point où auraient commencé des lagunes saumâtres se transformant vers le nord en lacs d’eau douce.
- État des corps en dissolution. — M. G. Lemoine présente une Note de M. Colson sur les différents états que certains corps dissous dans l’eau” affectent au sein du liquide. Si l’on rapproche la dissolution des sels verts de chrome de la volatilisation du phosphore, ce phénomène est l’inverse de celui que présente la vapeur du phosphore vers 500° qui ne possède qu’un état moléculaire quoiqu’elle réponde à deux états allotropiques du phosphore.
- Cil. HE VlLLEDEUlL.
- UN NOUVEL ESSAI
- DE SÉRICICULTURE A MADAGASCAR
- Bien avant notre arrivée à Madagascar, les indigènes se livraient à F élevage des vers à soie et savaient tirer parti de leur travail. Ils utilisaient pour cette industrie une sorte de mûrier assez répandu dans File, et qu’ils appellent « tapia ».
- Cependant quelques Ilovas, dans le cercle de Miarinarivo, cultivaient avec succès un autre arbuste, le « tsiloavina ». Un officier fut chargé par le Gouverneur Général de créer une pépinière de tsitoa-vina, à Soavinandriana, village assez important du Mandridrano, à quelques lieues du lac llasy. Les résultats obtenus furent tels qu’il nous paraît intéressant de donner aux lecteurs de La Nature quelques renseignements sur ce nouvel essai de plantation, qui est appelé à un essor considérable.
- Le tsitoavina est un arbuste touffu, de deux mètres de hauteur, aux feuilles d’un vert foncé, aux branches llexibles, mais pourtant très solides. 11 produit des graines un an et demi après avoir été semé et vit près de dix années; cette durée est moindre que celle du tapia, mais le tsitoavina a l’avantage de ne pas épuiser le terrain sur lequel il pousse, et les Malgaches ont pu, en certains endroits, commencer une seconde plantation sur le sol même de la première.
- Les Hovas sèment la graine du tsitoavina sur une superficie restreinte; lorsque l’arbuste atteint une hauteur de quelques centimètres, ils le repiquent en mettant deux semis dans des trous creusés à cet effet à une profondeur de 0,05 m., séparés les uns des autres par une distance d’environ 1 mètre.
- L’élevage du landibe ou bombyx de Madagascar se fait presque entièrement sur les arbres qui les
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- LA NATURE.
- nourrissent, alors que les bombyx d’Europe se développent à l’intérieur des magnaneries et exigent des sériciculteurs des précautions et des soins de tous les instants, pour ainsi dire.
- La pépinière créée à Soavinandriana comptait 264 plants de tsiloavina. Semés le 15 mars 1903, les arbustes reçurent des chenilles dès le mois de janvier 1904. Le 20 février, les bombyx prenaient celte teinte verte caractéristique qui leur fait donner par les Malgaches le nom de Maitsovoho (qui a le dos vert). Le 7 mars ils arrivaient à cette période de leur croissance où ils prennent le qualificatif significatif d’hi-tamborona (qui peut être vu par les oiseaux). Pour ce premier essai, l’officier chargé de la surveillance de la pépinière crut devoir les transporter sur un autre tsitoa-vina, afin qu’ils puissent se nourrir de feuilles plus fraîches. Mais cette précaution est exagérée et peut certainement ne pas être prise.
- Le 22 mars les yeux des chenilles prirent successivement une teinte rougeâtre, puis noire ; c’est l’époque où elles commencent à filer leur cocon.
- Un mois après, tous les cocons étaient formés et les vers commencèrent à se transformer alors en chrysalides.
- Dans les premiers jours de juin, les cocons furent transportés à l’intérieur des cases des indigènes et placés sur des claies; vers le 15 du même mois, les chrysalides, brisant leur enveloppe, devinrent papillons; les mâles étaient les plus petits.
- Pour la reproduction, les femelles sont attachées par les ailes à des branches de tsitoavina que l’on coupe et fait sécher à l’avance; puis, à la nuit tombante, on les porte à l’extérieur des cases où a lieu la fécondation; la ponte commence le jour suivant, puis les femelles meurent et sont mangées par les indigènes qui apprécient fort ce
- mets, qui semblerait bizarre à nos palais d’Ücci-dentaux.
- L’éclosion des œufs a lieu 8 ou 10 jours après la ponte et les larves sont alors placées sur les tsitoavina, où elles se développent comme il a été indiqué plus haut.
- Dès le mois de janvier 1905, c’est-à-dire deux ans après avoir été semés, les tsiloavina de la pépinière de Soavinandriana pouvaient nourrir chacun cinq à six mille vers à soie, et en juillet ils en recevaient autant, soit une moyenne de onze mille par an.
- Les cocons doubles sont vendus cinq francs le mille.
- 11 y a donc dans la culture du tsiloavina et l'élevage du lan-dibe des bénéfices appréciables à réaliser sans que les sériciculteurs aient de grands risques à courir et sans qu’ils soient astreints à un travail vraiment sérieux. Tout colon peut avoir dans sa concession une plantation de tsitoavina qu’il pourra surveiller facilement, tout en vaquant à ses autres occupations. La première mise de fonds est minime et si, par hasard, l’exploitation ne donnait pas tous les résultats espérés, elle procurerait tout au moins à son propriétaire le plaisir d’avoir un jardin vert et bien ombragé près de sa villa. En terminant cette notice, il convient de signaler les principaux ennemis du bombyx à Madagascar, qui sont :
- 1° Un petit insecte vert, le tsingalandandy, qui s’attaque aux vers à peine éclos.
- 2° Le cardinal (fody), oiseau très friand des jeunes chenilles.
- 3° Le corbeau (goïka), qui perce les cocons et dévore les chrysalides. Louis de Caistilly.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
- Sedonea Madagascariensis,
- d’uprès les eolleclions du Jardin Colonial de Nogonl-sur-Marne.
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- N° 1761. — 23 FEVRIER 1907.
- LA NATURE.
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- AUTOMOBILE POSTALE AMÉRICAINE
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- Depuis plusieurs années, T Administration des Etats-Unis emploie des automobiles, pour le service des postes, dans les districts ruraux qui possèdent de 35e année. — 1er semestre.
- bonnes routes, et un ordre récent du « Postmasler » Cortelyou tend à en généraliser l’usage dans tous les territoires de l’Union où cela sera possible. Cépen-
- 13
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- LA NATURE.
- dant, par mesure de précaution, le secrétaire d’élat se réserve le droit d’interdire à ses subordonnés les véhicules mécaniques si le public venait à se plaindre des distributions. La principale cause, qui a poussé le gouvernement américain dans cette voie, a été le lancement d’une automobile spécialement construite pour le service rural. L’inventeur s’est ingénié à faire disparaître les défectuosités que la pratique avait signalées dans les modèles précédemment imaginés à cette intention. En outre, il a pu établir sa voiture au prix minime de 2000 francs. Durant les derniers mois, la nouvelle automobile a subi les plus rudes épreuves qu’on pouvait lui imposer : elle a assuré le transport des correspondances sur les routes accidentées de la Virginie et du Maryland. On doit continuer encore l’expérience durant six mois afin de voir comment la voiture se comportera en hiver.
- Ainsi que la photographie ci-jointe permet de s’en rendre compte, l’automobile postale comprend deux
- places et, sur le devant, se trouvent des casiers pour mettre lettres, imprimés ou paquets. Le poids du véhicule est de 272 kg: avec le facteur et ses sacs de dépêches, il n’excédera pas 410 kg. La vitesse maxima atteint 40 km 5 l’heure, mais son allure normale sur les routes ordinaires ne dépassera pas 25 à 50 km.
- D’après M. Waldon Fawcett, un moteur de 4 chevaux à un seul cylindre, consommant un gallon (3 litres 78) de gazoline par 40 km, actionne l’automobile postale. La capacité du réservoir à essence étant de 3 gallons et demi, l’automobile peut effectuer plus de 140 km sans se ravitailler. Or, puisque actuellement la longueur d’une tournée postale dans les districts ruraux des États-Unis est d’environ 58,6 km, on refondra sans doute l’organisation du service afin d’accélérer et de multiplier les distributions. Puisse notre Ministre des postes s’inspirer de tels progrès pour faciliter leur lâche à nos facteurs de campagne ! Jacques Boyeii.
- LA PRODUCTION ET LE PRIX DES MÉTAUX. LEUR RELATION ÉCONOMIQUE
- 11 a été déjà question ici1, à propos des métaux, de la hausse générale qui s’est produite en 1900. Je voudrais, en reprenant le même exemple, mettre en évidence une loi économique assez curieuse, qui, dans les périodes de prospérité, relie l’importance de la production au prix de vente.
- A première vue, et faute d’y réiléchir assez, on pourrait s’imaginer que, lorsque la production augmente, le prix s’abaisse. Gela semble la conséquence assez naturelle de la loi générale de l’offre et de la demande. En réalité, pour les matières premières, dont la production ne dépend pas exclusivement du travail humain, mais est fonction de conditions naturelles qui ne se modifient pas du jour au lendemain, c'est le contraire qui se produit. Dans les périodes d’inflation économique, où l’activité industrielle s’accroît pour toutes les branches ensemble, la demande croissante amène, à la fois, une augmentation de la production et, comme celle-ci reste d’abord malgré tout inférieure aux besoins, une augmentation des prix; c’est plus tard seulement, quand on a eu le temps de découvrir et de mettre en valeur des gisements nouveaux que la production atteint, puis dépasse la consommation, et que la baisse des prix se produit. En moyenne, sur une période un peu longue, on voit de môme la courbe de la production et celle du prix s’élever simultanément, contrairement à ce qui eût semblé devoir être la vraisemblance immédiate.
- J’ai, par exemple, groupé, dans le tableau suivant, les productions des principaux métaux depuis un quart de siècle, en choisissant, comme date intermédiaire, 1888, qui a été une sorte de date caractéristique, ayant précédé le grand essor des mines d’or du Transvaal, par lequel toutes les conditions de l’industrie moderne se sont trouvées iniïuencées. En exprimant les productions en tonnes et classant les métaux d’après l’ordre de leur accroissement plus ou moins rapide, représenté par des
- 1 Yoy. .n° 1755, du 12 janvier 1907."
- coefficients que l’on trouvera un peu plus loin, on a les chiffres suivants pour la production mondiale :
- 1880 1888 1905 .
- tonnes. tonnes. tonnes.
- Or............... 163 159 608
- Cuivre. ..... 156 000 263 000 663 000
- Fer, Ionie el acier. 29 000 000 41 000 000 85 000 000
- Plomb............ 303 000 517 000 1 051 000
- Étain.................. 41 000 bi 000 103 000
- Zinc.................. 191 000 344 000 608 000
- Argent.................. 2 500 3 700 5 300
- Mercure................. 3 500 3 900 3 400
- D’une façon générale, ce tableau met aussitôt en évidence l’essor colossal qu’ont pris, depuis un quart de siècle, toutes les industries minérales. 11 n’y a guère d’exception que pour deux métaux : le mercure, dont la production a sensiblement baissé, en même temps que son prix se réduisait, par suite d’une réduction dans ses emplois métallurgiques, et l’argent, dont la courbe, d’abord très rapidement ascensionnelle de 1880 à 1895, a atteint à ce moment un maximum de 5000 tonnes, au-dessous duquel elle s’est constamment tenue depuis, malgré une semblable baisse de prix par suite de sa démonétisation. Au contraire, pour tous les autres métaux, le coefficient, par lequel il faut multiplier la production de 1888 pour avoir celle de 1905, varie de 1,70 à 5,00 et atteint son maximum pour l’or. Voici, du reste, les chiffres, classés dans l’ordre décroissant de ces coefficients :
- Or, 5,60; cuivre, 2,52; fer, 2,12; plomb, 2,05; étain, 1,95; zinc, 1,76; argent, 1,45; mercure, 0,87.
- Si l’on avait comparé 1905 à 1880, l’ordre, malgré quelques divergences, dont la principale est relative à la place du fer, se serait trouvé assez analogue.
- Cuivre, 4,26; or, 4,22 ; plomb, 5,45; zinc, 5,18; fer, 2,92; étain, 2,55; argent, 2,16; mercure, 0,95.
- En se bornant à la période 1888-1905, la production de l’or a augmenté deux fois el demie plus vite que celle de l’argent et n’est suivie, à assez longue distance, que par celle du cuivre, dont les usages industriels ont pris un dévelop-
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- LA NATURE.
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- peinent si marqué avec les progrès de l’électricité.
- Dans le même temps, les prix de ces métaux, classés dans le meme ordre, ont varié dans la proportion suivante par tonne :
- Coefficient Coefficient
- d'accroisse mcnl d’accroissemeul
- lin de (le
- 1880 1818 1906 1880 à 1906 1888 à 1000
- Or.. . . 3 4if 440 3 410 440 3 444 440 1,00 1,00
- Cuivre 1. 1 552 1 350 2 830 1,81 2,09
- Ponte. . 93 CO 78 0,83 1,30
- Plomb. . 385 354 475 1,23 1,53
- Étain . . 2 207 2 911 5 070 2,23 1,74
- Zinc . . 447 400 745 i’oo 1,83
- Argent.. 192 000 157 000 110 000 0,00 0,74
- Mercure. 5 220 0 500 3 450 0,65 0,55
- La dernière colonne met en évidence le fait économique auquel j’ai fait allusion en commençant, c’est que, de 1888 à 1900, le prix des métaux, rapporté à l’or, a augmenté presque proportionnellement à leur production, contrairement à ce qu’une observation superficielle aurait pu faire penser.
- L’argent et le mercure, dont la production est restée stationnaire ou a baissé depuis 17 ans, ont, en môme temps, diminué de valeur; le cuivre, dont la production est devenue deux fois et demie plus forte, a au contraire doublé de prix ; le fer et le plomb, dont la production a doublé, ont augmenté dans la proportion de 1,30 à 1. Celte loi ne saurait être que très grossièrement vérifiée, trop de circonstances particulières et momentanées, ou factices (syndicats, etc.) pouvant influer; et c’est ainsi que, pour l’étain et le zinc, l’augmentation de prix est plus forte qu’elte ne devrait; pour le platine, encore plus monopolisé, on rencontrerait une exception du même genre. Mais, en moyenne, on peut en conclure que les mêmes causes, qui amènent une demande plus forte d’un métal et qui entraînent un accroissement de sa production, déterminent aussi, dans les périodes prospères, un accroissement du prix, la production n’arrivant pas à suivre les progrès trop rapides de la consommation, en sorte qu’il y a disette. Ce n’est pas, comme on aurait pu le penser au premier moment, les conditions géologiques ou industrielles, qui sont le facteur prédominant de ces
- variations dans la production ou dans le prix; en l’état actuel de l’humanité et avec les immenses ressources minérales disponibles, dont nous gardons le privilège momentané, on trouve à peu près ce qu’on veut en fait de minerais; il ne s’agit que d’y mettre le prix et, à moins d’une révolution complète dans les emplois d’un métal, son prix conserve approximativement, avec celui des autres métaux, la relation antérieurement déterminée par des emplois analogues, ou bien cette relation varie dans un sens prévu. Sa demande provoque les découvertes, d’abord un peu moins (d’où hausse de prix), pendant le temps nécessaire pour les recherches, puis un peu trop quand cette hausse a surexcité exagérément l’émulation, et la production s’accroît au fur et à mesure des besoins, à peu près dans la mesure où cette consommation le nécessite. On l’observe même pour des substances réputées rares ou exceptionnelles comme le vanadium, le tungstène, le cérium ou le zirconium, dont on ne croyait pas posséder de gisements importants, jusqu’au jour où on leur a découvert des emplois et qui, ce jour-là, se révèlent en quantité bientôt suffisante, puis surabondante pour les besoins.
- S’il était permis d’appliquer une loi aussi vague et aussi empirique au cas particulier de foi', on en conclurait que le prix de l’or a dù, sans que nous nous en doutions, comme celui du cuivre, doubler à peu près dans la dernière période, amenant, par conséquent, une diminution de moitié dans les prix des matières premières, son pouvoir d’achat étant devenu deux fois plus fort. Cette variation se trouvant intervenir à notre insu dans les prix mêmes des métaux, d’après lesquels nous avons calculé nos coefficients, ces coefficients sembleraient même à relever encore et, de .ce chef, celui que nous venons de supposer par assimilation pour l’or lui aussi. On constate, en effet, parallèlement à la grande hausse des métaux qui a marqué l’année 1900, une disette d’or, traduite par l’élévation générale de l’escompte, à laquelle sans doute d’autres causes ont contribué, mais dont on pourrait conclure que la production d’or, si extraordinairement accrue de ces dernières années, n’a pas encore été suffisante pour les besoins résultant du développement industriel général qui s’est manifesté simultanément dans le monde entier. L. D. L.
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- LA MISSION GÉODÉSIQUE FRANÇAISE DE L’ÉQUATEUR
- La mission géodésique française de l’Équateur, que nos lecteurs connaissent déjà par un premier article paru dans La Nature2, a maintenant terminé ses travaux. Les officiers se sont, en elfet, embarqués au milieu de juin 1906 à Guayaquil (Équateur) et à Payta (Pérou) pour rentrer définitivement en France.
- Sans revenir sur ce qu’a dit le capitaine Perrier, nous allons donner quelques détails sur les opérations de la fin et résumer l’ensemble de l’œuvre.
- La chaîne de triangles, qui se développe sur une longueur totale de 900 km, comprend 74 stations géodésiques, pour la plupart à plus de 3000 m.
- 1 Pour le cuivre, on a mis, au lieu des prix de 1888, ceux de 1889, les chiffres de 1888 ayant clé faussés par la spéculation des métaux.
- 2 Voy. n° 1540 du 10 janvier 1903, lieutenant Perrier.
- d’altitude : 17 d’entre elles sont même au-dessus de 4000 m., les plus élevées étant Yana-Urcu et Son-zahuin, toutes deux à 4550 m. II est difficile de se faire une idée des fatigues qu’ont dû endurer les opérateurs. Tout d’abord, aucun sentier n’accède à ces cimes glacées; il faut, au prix de mille efforts, y transporter des instruments fort délicats, s’y installer sommairement et attendre sous une simple tente, dans le brouillard, la pluie, les bourrasques de neige, pendant des semaines, et parfois des mois entiers; qu’enfm l’horizon se découvre quelques heures pour permettre les visées sur d’autres signaux, distants de 40 à 50 km. Je ne parle pas du ravitaillement en vivres, problème toujours difficile à résoudre dans ces régions presque inhabitées et à peu près dépourvues de ressources.
- On sait que, du Nord au Sud de la République de
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- l’Equateur, la Cordillère forme deux, chaînes parallèles nettement séparées, enserrant entre elles le haut plateau de Quito. Les côtés des triangles vont alternativement de l’une de ces chaînes à l’autre comme un lacet qui relierait deux pièces de cuir. C’est ce qui explique l’élévation de la plupart des stations. Pourtant, à hauteur de Loja, au voisinage de la frontière péruvienne, la chaîne de triangles s’inlléchit vers le Sud-Ouest en tombant à des altitudes beaucoup plus basses, de façon à atteindre le bord de l’océan Pacifique à Payta. C’est uniquement la recherche d’un emplacement favorable à une mesure précise de la hase du Sud qui a conduit à abandonner les hauts sommels des Andes dans la partie méridionale.
- En 64 de ces stations géodésiques, on a déterminé par des procédés différents, mais tous très précis, la latitude astronomique, de façon à en déduire, par comparaison avec la latitude géodésique, la composante de la déviation de la verticale dans le sens du méridien. On a employé à cet effet soit le grand cercle méridien Brünner (pour les stations fondamentales), soit le théodolite à microscopes, .soit encore l’astrolabe à prisme.
- Pour vérifier la triangulation et, en même temps, pour déterminer aux points les plus intéressants de la chaîne la déviation de la verticale dans le sens Est-Ouest, on a mesuré un certain nombre de différences de longitude par le procédé télégraphique habituel. En plus des deux différences de longitude dont il est question dans l’article paru en 1903, la mission a effectué les mesures suivantes :
- Quilo-Latacunga (observateurs :
- M. Gonnessiat, directeur de l’obser-
- vatoire de Quito et capitaine Maurain).
- Quito-Pinllar (M. Gonnessiat, capitaine Pcrrier).
- Cuenca-Machala (capitaines Noirel et Pcrrier).
- Payta-Guenea (commandant de Fon-longue et capitaine Noirel).
- Tous ces points sont des stations astronomiques fondamentales appartenant à la chaîne de triangles ou reliés à cette chaîne. En particulier, Machala est un petit port situé à l’entrée du golfe de Guayaquil, sur la côte du Pacifique, près de l’embouchure du rio Jubones, à environ 150 km au Sud de Guayaquil. C’est un point sur le bord de la mer qu’un coude de la triangulation et le rentrant du golfe ont permis de rattacher par un seul triangle. Gomme ce point, dont l’altitude est presque nulle, se trouve à environ 50 km du pied des montagnes, on aura là une bonne détermination de la déviation de la verticale dans le sens Est-Ouest et par suite une idée du relèvement éventuel du géoide sous le massif des Andes.
- Ces différences de longitude, déjà si pénibles en France, ont traîné en longueur à cause des conditions atmosphériques rarement favorables et surtout en raison de l’état précaire de certaines parties des lignes télégraphiques reliant l.cs stations deux à deux. Dans les deux dernières, Cuenca-Machala et Cucnca-Payta, la ligne traverse la forêt vierge le long du rio Jubones, de Pasaje à Chahuarurcu, sur une longueur d’environ 70 km et, malgré toutes les précautions prises, clic s’est trouvée fréquemment endommagée par les pluies torrentielles qui tombent toute l’année dans « el monte » ou par des chutes de branches ou même d’arbres gigantesques. On a eu toutes les peines du monde à recruter des tra-
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- railleurs de bonne volonté pour aller dans celle forêt, inextricable et malsaine afin d’y réparer la ligne. Tous les calculs seront rapportés en lin de compte
- sur la côte, à 120 km à l’Ouest de Guayaquil. Le nivellement de précision, effectué avec les instruments et les méthodes qui servent aux nivellements de premier ordre en France, part donc de Salinas pour atteindre Guayaquil en traversant les « pampas » arides qui séparent ces deux points, Là, une triangulation secondaire, effectuée par le capitaine Perrier, permet de faire cet énorme saut de 1800 mètres sur le rio Guayas sans altérer, pour ainsi dire, la précision obtenue; on a pris, à cet effet, un très
- l'ij;. 5. — Mesure d’une base à la règle; (ransporl des baraques qui servent à abriter celte règle.
- au niveau moyen de l’océan Pacifique en un point de la côte voisine.
- Fig. 4. — Le camp d’un des officiers de la mission près de l'ayta (Pérou).
- grand nombre de distances zénithales réciproques et simultanées de points placés sur les deux rives du rio Guayas. De là, le cheminement file
- Fig. 5. — Mesure de la base de l’ayta au lil Jaderin.
- Ce niveau moyen s’obtient, comme on le sait, par l’emploi du médimaré-mètre, appareil très simple imaginé par M. Lallemand, ingénieur en chef des mines, directeur du Service du nivellement général de la France. On n’a pas voulu installer le médimaré-mèlre à Guayaquil, vu que ce port n’est pas en pleine mer, mais bien au fond d’un golfe profond, sur les rives du magnifique rio Guayas dont la largeur atteint 1800 mètres en face de la ville- D’ailleurs, le courant rapide du fleuve prouve une pente sensible depuis cette ville jusqu’à la mer et aussi l’eau douce du rio aurait lourni un niveau erroné, à cause de sa différence de densité avec l’eau de mer. Pour tous ces motifs, on a dû reporter le'médimarémèlre à Salinas, petit port
- Fig. <3. — Mesure de la base à la règle. Lecture des microscopes.
- le long de la voie ferrée de Duran à Guamote et suit la roule nationale de Guamote à Riobamba, où il aboutit aux termes de la base fondamentale
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- de Riobamba, déjà mentionnée dans l'article du capitaine Perrier. La longueur du nivellement est de 410 km environ; il passe à 5500 mètres d’altitude dans les « pàramos » de Palmira, un peu au Sud de Guamote pour redescendre vers 2800 mètres à la base centrale. On peut estimer que l’on connaîtra l’altitude de cette base avec une précision de 0,50 mètre, ce qui est très suffisant. Un autre médimarémètre a été installé à Payta et rattaché à la base Sud; ses données serviront de vérification.
- C O LO M
- Kilométrés
- Le complément indispensable des travaux géodé-siques et astronomiques d’une grande chaîne consiste en des mesures d’intensité de la pesanteur. Déjà, le lieutenant-colonel Bourgeois, chef de la mission, avait fait, en 1901, une station de pendule à Riobamba. Rentré à Paris en 1902, et absorbé complètement par la direction de la géodésie de France et d’Algérie, il ne put, comme il en avait le dessein, retourner en Équateur pour y continuer ces observations. Le capitaine Noirel fut désigné pour le remplacer. Parti de Paris en avril 1905, cet officier fit une station successivement :
- 1° À Mnchala, petite ville dont nous avons parlé plus haut ;
- 2° Au pied de la Cordillère occidentale, à Rucay,
- station du Quito and Guayaquil Railway, à 500 m. d’altitude, en pleine forêt vierge;
- 5° Au pied du Chimborazo, dans le « pàramo », à 5800 m., en une station située dans l’axe de la Cordillère occidentale. On pourra juger ainsi de l’effet attractif de cette énorme masse du Chimborazo, haute de plus de 6500 m. ;
- 4° A Baîïos, au pied même du volcan en activité, le Tungurahua (altitude 5100 m.), dans la tranchée profonde que creuse dans la Cordillère orientale le rio Pastaza, un des affluents de l’Amazone. Ranos est la porte de l’Orient Equatorien, cette immense région plus grande que la France, riche, mais inexplorée, habitée uniquement par des Indiens sauvages tels que les Jivaros;
- 5° A l’observatoire national de Quito, sur les pentes d’un autre volcan non éteint, le Pichincha. Bouguer, un des académiciens de la première mission française, a d’ailleurs effectué une mesure de la gravité dans la ville de Quito.
- Les observations du colonel Bourgeois, à Riobamba, ont été calculées et le nombre qui en résulte présente un intérêt tout particulier. La valeur de g obtenue est égale à 9 m. 774 15. Si on la réduit au niveau de la mer par la formule de Rouguer, c’est-à-dire en tenant compte de l’attraction exercée par la masse de terrain comprise entre la station et la surface de niveau de cote zéro, on trouve 9 m. 773 51, tandis que si l’on fait la réduction, en ne tenant compte que de l’altitude, on a la valeur 9 m. 785 55. Or, le nombre théorique fourni par la formule de llelmert (où n’entre comme variable que la latitude) est de 9 m. 78047, nombre très voisin du résultat donné par la formule de Rouguer. Il semblerait donc, à s'en rapporter à cette seule observation, que la compensation, manifestée très nettement dans les autres massifs montagneux, ne se produirait pas dans les Andes équatoriennes. Les autres déterminations, faites par le capitaine Noirel, une fois réduites, montreront si cette hypothèse doit être confirmée ou s’il s’agit simplement d’une anomalie locale.
- La base de vérification du Sud, longue d’environ 8075 m., est située près de Payta. Elle a clé mesurée avec 5 fils Jàderin en invar et aussi avec la nouvelle règle monométallique, également en invar, du Service géographique de l’armée. Celle règle, longue de 4 m. comme l’ancienne, avait été étalonnée au préalable avec le plus grand soin au Bureau international des poids et mesures de Bre-teuil par M. le Dr Benoit, directeur, et M. Ch.-Ed. Guillaume, directeur adjoint. L’appareil Jàderin employé était pourvu de tous les perfectionnements imaginés dans ces dernières années par MM. Benoit et Guillaume et réalisés si heureusement par M. Carpentier. Le commandant de Fonlongue, les capitaines Peyronel et Durand, le D1 Rivet ont pris part à la mesure de la base, aidés par un certain nombre d’officiers péruviens. Les calculs ne sont pas encore' définitivement réduits. Capitaine ïï. Noirel.
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- L’ORGANISATION DES BUREAUX TÉLÉPHONIQUES A PARIS
- magnéto d’appel. L’organe de connexion est le levier commutateur.
- Au bureau central, les abonnés sont répartis entre plusieurs téléphonistes chargées de répondre à leurs appels et de leur donner les communications. Une téléphoniste dessert de 80 à 120 abonnés.
- L’organe d’appel dans les bureaux de construction ancienne est encore un voyant, disque mobile que retient un crochet relié à l’armature d’un électroaimant. Sous l'action du courant envoyé dans le circuit par la pile ou la magnéto de l’abonné qui appelle, l’armature de l’électro est attirée, le crochet se relève et le voyant tombe. Les signaux construits aujourd’hui sont de petites lampes électriques qu’allume le courant d’appel. Le service en est notablement simplifié et amélioré.
- Les lignes d’abonnés au bureau central portent des organes de connexion fixes qu’on nomme jachs (fig. 1). La téléphoniste dispose d’organes de connexion mobiles constitués par 2 ou 5 conducteurs
- Fig. 1. — Une bande de jacks démoulée et une fiche enfoncée dans un jack.
- Les plaintes journalières que soulève notre service téléphonique parisien comparé à ceux des pays étrangers et l’écho que ces plaintes ont eu à diverses reprises dans le parlement prêtent quelque actualité à l’organisation de ce service et l’on pourra trouver intérêt à en lire ici une description d’ensemble, indépendamment des descriptions de détail qui en ont été données autrefois. Ce sera du moins une consolation, pour l’abonné qui réclamera vainement une communication, de pouvoir se représenter le travail accompli pour la lui accorder. Nous insisterons sur les parties les plus récentes de l’installation, telles que la batterie centrale et l’agencement moderne des bureaux et ne reviendrons pas sur tout ce qui constitue le téléphone lui-même ou le microphone, supposant ces questions désormais assez connues.
- Paris est doté d’un réseau téléphonique qui comporte actuellement 8 bureaux centraux1.
- À chacun de ces bureaux sont réunis directement plusieurs milliers d’abonnés et les différents bureaux sont reliés entre eux par des lignes de service.
- Mise en communication des abonnés. Voyant. Jack. Multiplage. Test.
- — Chaque abonné dispose d’un circuit de ligne qui aboutit à son bureau central. Des organes de connexion spéciaux permettent de brancher sur ce circuit, soit les organes d’appel, soit les organes téléphoniques proprement dits. Énumérons-les rapidement.
- Chez l’abonné, ce sont le transmetteur microphonique, et le récepteur, la sonnerie et la pile ou la
- 1 Voy. n° 455 du 4 février 1882, Les téléphones à Paris, et n° 1618, du 28 mai 1904,
- Installation de Berlin.
- Fig. 2.-—Meuble de départ du bureau de la Villelle. Transfer System.
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- isolés ; ce sont les cordons à 2 fiches. En enfonçant les 2 fiches d’un meme cordon dans les jacks de 2 abonnés, elle connecte leurs lignes, en même temps qu’elle met hors circuit leurs signaux d’appel (fig. 2).
- Son poste est branché en dérivation sur tous les circuits de cordons dont elle dispose. Par la manœuvre d’une clé d’écoute, elle peut se mettre sur la ligne ou se retirer; par la manœuvre des clés d’appel, elle peut envoyer, dans les sonneries des abonnés, le courant de batteries d’accumulateurs disposées au bureau à cet effet.
- Si chaque abonné ne disposait que d’un seul jack dans un bureau de plusieurs milliers d’abonnés, le
- une lampe, annonciateur de fin de conversation. (Le signal d’appel est alors hors circuit.) Ce signal de fin est souvent oublié par les abonnés, c’est une cause fréquente de l’encombrement des bureaux.
- Générateurs d'électricité. Batterie centrale. — Dans tout réseau téléphonique, un certain nombre de générateurs d’électricité sont nécessaires : chez l’abonné, la pile microphonique, la pile ou la magnéto d’appel; au bureau central, des accumulateurs pour les microphones, pour les circuits des signaux d’appel et de lin et pour sonner chez les abonnés. On emploie souvent aussi des dynamos pour ce dernier usage. Ces générateurs du bureau central
- Fig. 3. — Tableau (le distribution.
- service serait extrêmement difficile, car il faudrait que toutes les téléphonistes fussent reliées 2 à 2 par des lignes spéciales, leur permettant de faire communiquer leurs abonnés respectifs. On évite ce défaut par le multiplage, qui consiste à munir chaque circuit d’abonné de plusieurs jacks, montés en- dérivation sur la ligne et qui tous peuvent servir à le mettre en communication avec tout autre abonné. Il suffira que la téléphoniste qui emploie ainsi un jack multiple, s’assure que la ligne qu’elle va occuper est libre par ailleurs, et fasse, au moyen d’un circuit électrique combiné à cet effet, ce qu’on appelle le test. A la fin d’une conversation, les 2 abonnés doivent prévenir la téléphoniste de couper leur communication. Ils le font en émettant, avec leur pile ou leur magnéto d’appel, un courant qui actionne
- sont réunis dans une même salle, d’où leur électricité est répartie dans les divers circuits, par l’intermédiaire du tableau de distribution figuré ci-dessus (fig. 5).
- Dans tous les pays étrangers, Amérique, Allemagne, Angleterre, etc..., on a pris le parti de supprimer chez l’abonné tout générateur d’électricité et, par des combinaisons convenables des circuits électriques, de les concentrer tous au bureau central. C’est le système de la batterie centrale qui présente de très grands avantages ; un défaut de fonctionnement des générateurs au bureau central est facile à constater et à réparer : il n’en est pas de même chez l’abonné. Plus d’entretien coûteux de piles chez l’abonné. En outre, simplification des opérations, d’où service plus rapide; par le seul fait
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- de décrocher le récepteur, l’appel se fait au bureau central, où une lampe s’allume; elle s’éteint dès que la téléphoniste, en enfonçant une fiche dans le jack de l’abonné, s’est mise en relation avec lui. La communication est donnée : puis quand la conversation est terminée, l’abonné raccroche son récepteur; une autre lampe s’allume et prévient l’opératrice d’avoir à rompre la communication, ce qui éteindra celle deuxième lampe.
- L’abonné n’a plus à manœuvrer le signal de fin ; on supprime ainsi une cause trop fréquente de retards.
- abonnés qu’elle dessert et à sa portée les jacks multiples de tous les abonnés du bureau.
- Pour appeler un abonné d’un autre bureau, la téléphoniste dispose d’une ligne partant d’un jack, dit de départ, placé devant elle (fig. 4) et aboutissant, dans ce deuxième bureau, à un meuble dit d’arrivée, où viennent se terminer toutes ces lignes d’intercommunication. Ce meuble est desservi par des téléphonistes qui ont devant elles les jacks multiples de tous les abonnés du bureau et qui peuvent sans intermédiaire donner la communication demandée.
- Fig. 4. — Agencement d’un bureau téléphonique. Un multiple en fonctionnement.
- Ce système est à l’étude en France, sa mise en vigueur entraînera d’ici peu la transformation de tous les bureaux et de tous les postes d’abonnés du réseau de Paris.
- Agencement des bureaux. — Nous venons de voir les éléments des communications téléphoniques. De leur agencement, plus ou moins judicieux, dépend toute l’exploitation des bureaux téléphoniques.
- Nous examinerons, seulement, dans cet article, l’organisation des correspondances urbaines.
- A Paris, deux systèmes sont actuellement en usage.
- Dans le plus ancien, pour donner la communication entre les abonnés d’un même bureau, chaque téléphoniste a devant elle les jacks particuliers des
- Ce système a de graves défauts : le service de 120 abonnés pour une téléphoniste est très pénible.
- De plus, si les lignes d’intercommunication sont nombreuses — et il le faut pour la rapidité du service — les tables d’arrivée seront encombrantes, le nombre des jacks multiples qu’elles exigeront sera très élevé et leur établissement extrêmement coûteux.
- Pour permettre à meilleur compte le développement des lignes d’intercommunication, on a eu recours au système importé d’Amérique dit Transfer System. Le principe est de décomposer les opérations nécessaires à une communication et d’utiliser plusieurs opérateurs.
- Toutes les lignes d’abonnés ou d’intercommuni-
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- cation, aboutissent à un premier meuble destiné à « aiguiller » les communications, puis à un deuxième où s’effectuent les prises de communication.
- Un abonné sonne, son appel est reçu sur le premier meuble; la téléphoniste qui reçoit cet appel, est réunie par des lignes de service à toutes les télépho-
- des lignes nombreuses, h celle du meuble de départ.
- Ou peut facilement augmenter les lignes d’intercommunication entre bureaux ; l’extension ne nécessite plus la construction des meubles à jacks multiples si coûteux. Mais le système a le très grave défaut d’exiger trop d’opérateurs pour une môme
- Fig. 5. — Schéma simplifié d’une installation à batterie centrale.
- Poste de l’abonné : R, récepteur; M, microphone; C, crochet commutateur ; S, sonnerie magnétique, actionnée par courant alternatif; C, condensateur arrêtant les courants continus qui iraient actionner la sonnerie.
- Bureau central : B, batterie centrale ; .1, jack d’abonné formé de 4 ressorts >\ ra r3 rt, et.d’une douille 1) ; l’introduction de la fiche F, dans la douille D, rompt le contact entre ?, ra et r5 ; 11a, relai d’appel. Quand le crochet commutateur est relevé, le courant de la batterie centrale traverse Ra, la palette l1 est attirée, le signal lumineux Sa s’allume ; quand on enfonce la fiche F dans le jack, .1, on voit que Sa s’éteint; M0-R0, microphone et récepteur de l’opératrice; Cs, condensateurs protégeant le récepteur ll0 contre les courants de la batterie centrale ; S-S', bobines de self-induction. Pour plus de simplicité, les clés d’appel et d’écoute ne sont pas représentées.
- nistes du deuxième meuble (fig. 2). Elle relie, par une de ces lignes, l’abonné demandeur à la téléphoniste du deuxième meuble, devant laquelle se trouve le jack du correspondant demandé. Celle-ci donne la communication.
- Ce système ne nécessite plus le multiplage des jacks d’abonnés; il suffit, à la rigueur,que les téléphonistes du meuble d’arrivée soient réunies, par
- communication, et, par suite, de ralentir le service plutôt que de l’accélérer.
- Il ne semble pas avoir donné tous les résultats attendus. En Allemagne, il a été abandonné. L’expérience faite à Paris lui a été également défavorable et l’on revient actuellement au premier système, perfectionné par l’emploi de la batterie centrale.
- A. Tuou.rR.
- LE BALLON DIRIGEABLE « DE LA VAULX »
- Passé maître en l’art de piloter les ballons sphériques, qu’il a promenés aussi bien sur la Méditerranée que sur le continent, le comte Henri de La Yaulx se devait à lui-même de parfaire son éducation aéronautique en se consacrant au nouveau mode de navigation aérienne. Son coup d’essai a été un coup de maître.
- Le de La Vaulx — il n’a d’autre nom que celui de son pilote — ressemble peu aux autres dirigeables que nous connaissons : la France, le Lebaudy, les Sanlos-Dumont. Sa construction repose sur l’application d’une théorie nouvelle et de dispositifs inédits qui en font un engin d’une facture particulière, assez hardie et très heureuse. Cela ne veut nullement dire qu’il s’écarte tout à fait des précédents ; il s’en inspire, au contraire, mais en conservant un caractère très marqué de conception originale.
- Le comte de La Vaulx et ses collaborateurs, les ingénieurs Bachelard et Spielman et le constructeur
- Mallet, ont tout d’abord été frappés de ce fait que les dirigeables actuels laissent trop le mécanisme, et en particulier les hélices, à la merci d’un incident d’atterrissage. De plus ils sont difficilement transportables : si, pour une cause quelconque, on veut les confier au chemin de fer, il faut procéder à un démontage complet. Ces considérations, mises « bout à bout », ont présidé à la construction d’un merveilleux petit brick aérien, un jouet presque, appelé à servir de modèle à d’autres dirigeables plus puissants. ’
- Le ballon présente une forme allongée symétrique, terminée par deux ellipsoïdes de révolution. Son volume est de 720 m5 ; il mesure 52,50 m. de longueur totale et 6,50 m. de diamètre au maître-couple. L’enveloppe est constituée exactement comme celle du Lebaudy par deux épaisseurs de coton alternant avec deux épaisseurs de caoutchouc. Une teinture au chromate de plomb, appliquée extérieurement, donne au ballon une belle couleur jaune
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- désormais historique. Cette étoffe, dont la résistance à la traction atteint 1800 kg dans le sens de la chaîne et 1200 kg dans le sens de la trame, peut supporter une pression intérieure de plus de 500 millimètres d’eau. La permanence de la forme est assurée par un ballonnet, sorte de poche cousue intérieurement dans la partie basse du ballon, et dont le volume est de 120 m5. On sait que ces poches reçoivent de l’air ordinaire qui leur est envoyé par un ventilateur. Cet appareil, commandé par le moteur, est fixé à la vergue longitudinale placée entre le ballon et la nacelle; nous indiquerons plus loin le rôle de celte vergue. Le ventilateur fonctionne en permanence dès que l’hélice est embrayée et l’air s’échappe aussitôt par la soupape automatique lorsque la pression intérieure du ballonnet atteint sa valeur maximum.
- À la partie supérieure de l’enveloppe se trouvent
- chée la nacelle. Celle vergue est constituée par un certain nombre de lattes de sapin assemblées les unes à côté des autres pour former un tube de 22 m. de longueur et d’environ 10 cm. de diamètre; l’assemblage des lattes se fait sur des disques de bois place's de distance en distance à l’intérieur de la poutre. On a ensuite enroulé un fil d’acier sur cet ensemble, et le tout est recouvert-d’une forte toile. Une poutre ainsi construite est, paraît-il, plus résistante et plus légère qu’une perche de même longueur en bambou. De loin en loin, des colliers d’aluminium, serrés sur la vergue, portent des prolongements tubulaires de même métal; ces tubes, de peu de longueur, sont disposés en rayons et maintiennent des haubans. Enfin deux antennes : l’une à l’avant de la vergue, l’autre à l’arrière, sont encore reliées au ballon par des câbles métalliques; celle d’avant est destinée à
- Fig. 1. — Schéma du ballon dirigeable de La Vaulx.
- une soupape de vidange et un panneau de déchirure commandés chacun par une corde descendant jusqu’à la nacelle. Deux soupapes automatiques sont encore disposées au-dessous : l’une, celle du ballon, s’ouvre dès que la pression intérieure atteint 25 millimètres d’eau ; l’autre est celle du ballonnet, elle agit pour une pression un peu moindre. Et, comme en matière de navigation aérienne il est prudent de compter d’abord sur soi-même, ces deux soupapes sont encore pourvues d’une cordelette que l’aéro-naute peut actionner de la nacelle en cas de besoin.
- Jusqu’ici, vous le voyez, le dirigeable ne présente aucune particularité qui ne soit commune à ses aînés; mais, si de l’étude de l’enveloppe nous passons à celle de la partie mécanique, nous trouverons des nouveautés vraiment intéressantes. C’est ainsi que les cordages métalliques qui s’échappent des ralingues et constituent la suspension, soutiennent non pas la nacelle, mais une sorte de vergue ou perche horizontale qui court sous le ballon et de laquelle parlent d’autres câbles auxquels est atta-
- annuler les effets de réaction de l’hélice sur la poutre, placée à 2,50 m. de la partie inférieure du ballon.
- Cette poutre est destinée à répartir convenablement le poids de la nacelle sur toute la longueur de l’enveloppe; en même temps elle concourt à la rigidité de l’ensemble. On lui a confié, à l’avant, l’hélice propulsive et à l’arrière le gouvernail. Depuis les premiers essais, le comte de La Vaulx a reconnu la nécessité d’ajouter, à l’arrière, un gouvernail vertical triangulaire de 10 m2 de surface et un autre, horizontal celle fois, qui est fixe et constitue l’empennage du ballon ; ce dernier est attaché à l’enveloppe et à la poutre et sa surface est de 5 m2. On voit, en résumé, que la vergue supporte les organes essentiels du dirigeable, lesquels, étant placés à 4 m. au-dessus de la nacelle, sont entièrement à l’abri des chocs qui peuvent résulter d’un atterrissage un peu violent. Voilà déjà un précieux avantage; mais la poutre en présente encore un autre, théorique, qui montre bien le souci
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- des collaborateurs d’obtenir un rendement maximum de leur hélice.
- En disposant cette hélice entre la nacelle et le ballon, elle s’agite en un point intermédiaire et son action propulsive entraîne l’un et l’autre poids mort à peu près dans les memes conditions. Le ballon n’est donc pas remorqué par la nacelle, il est remorqué en même temps qu’elle et l’entraînement s’effectue par le centre de traction rapproché autant que possible du centre de résistance. Enfin la nacelle constitue en même temps un couple de rappel, un contrepoids, qui lait équilibre à la traction et supprime le .tangage.
- L’hélice est construite en soie vernie tendue sur
- ment. La nacelle a la forme d’un parallélépipède rectangle terminé l’avant et à l’arrière par une sorte de bec. Elle est laite en tubes d’acier et mesure 4 m. de longueur totale, 1 m. de largeur et \ m. de hauteur. Le moteur est placé h l’avant; c’est un moteur ordinaire Ader à 4 cylindres en V; il lait 16 chevaux et pèse 80 kg. La transmission s’effectue d’une manière bien intéressante. L’arbre d’embrayage commande, par un pignon conique, un arbre verlical qui se termine à la poutre et actionne l’arbre de l’hélice par un nouvel assemblage de pignons coniques. Ce dernier arbre court sous la poutre; il est maintenu de distance en distance par des paliers pourvus de roulements h billes.
- Fig. 2. — Vue d’ensemble du ballon en l’air.
- une armature de bois et de fer; elle tourne à la vitesse de 800 à 1000 tours à la minute. Mais on a observé, après quelque temps d’usage, qu’elle offrait une résistance de plus en plus grande provenant de l’action de l’air sur l’étoffe; le comte de La Vaulx s’est alors décidé à construire une hélice en bois dont le diamètre est de 2,80 m. et le pas de 0,95 m. Elle pèse 9 kg et elle est constituée par un assemblage de lames de sapin assez épaisses placées initialement les unes sur les autres et que l’on a développées en éventail autour de leur milieu pris comme point d’articulation. Les bords de chaque lame ont été ensuite enlevés, égalisés convenablement, et les ailes présentent une courbé parfaitement régulière. On espère ainsi parvenir à augmenter la vitesse de rotation de l’hélice et, partant, son rende-
- Une aussi longue transmission courrait beaucoup de risques pendant les atterrissages, et même en marche normale, car la nacelle et le ballon peuvent être soumis à des mouvements divers dont la concordance n’est pas réalisable. Si le ballon tend à relever son avant ou s’il continue à descendre d’une aussi faible quantité qu’on voudra pendant l’atterrissage, il se produira, entre la nacelle et la poutre, un éloignement ou un rapprochement dont les conséquences seraient tout à fait fâcheuses pour une transmission rigide. Un dispositif spécial, destiné à garantir l’arbre vertical contre ces variations de longueur auxquelles il ne peut être soustrait, a été imaginé de la manière suivante.
- Au sortir de la nacelle, l’arbre vertical est constitué par une sorte de fourreau à section intérieure
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- Fig. 5. — Vue (le la nacelle. Le comte de Lu Vaulx à l’intérieur.
- carrée dans lequel vient s'engager la cdiltre-portiüd de l’arbre; celle-ci peut donc glisser à sa guise dans cette sorte de tube-cuvette et ainsi s’annulent les variations de distance entre la poutre et la nacelle. De plus il importe également de tenir compte des mouvements horizontaux auxquels le ballon et la nacelle sont sujets, l’un par rapport à l’autre; dans ce cas l’emploi des articulations à la cardan sur les
- arbres vertical et horizontal était tout indiqué. Ajoutons encore que l’arbre vertical commande, par une poulie placée à la hauteur de la poutre et une courroie, le ventilateur du ballonnet à air.
- La nacelle reçoit tous les accessoires : réservoirs d’eau et d’essence, radiateur, volants et manettes de commande et tous les appareils habituels. Le réservoir d’essence a une capacité de 50 litres environ et
- Fig. 4. — Ensemble de lu nacelle.
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- permet une marche de trois heures consécutives.
- La plus intéressante des nouveautés que révèle ce dirigeable, réside à coup sûr dans la facilité du transport. Il se loge entièrement dans quatre colis capables de prendre place sur les wagons de chemins de ter et môme sur une voiture quelconque. La caisse de la nacelle est de memes dimensions intérieures que la nacelle elle-même ; l’enveloppe se plie dans un colis de 1 m3; enfin la poutre se divise en deux parties de 11 m., un peu longues il est vrai, mais non volumineuses.
- Pour terminer, je rappellerai les intéressantes expériences auxquelles ce dirigeable a été soumis. La première sortie eut lieu le 50 juin de l’année dernière à 7 heures du soir; le ballon décrivit une série de boucles et de 8 qui permirent de se rendre compte de ses qualités de parfaite dirigeabilité ; la stabilisation aussi fut jugée excellente. La journée du 17 juillet fut un véritable triomphe pour l’engin et son pilote, le comte de la Vaulx; il exécuta, en effet, un nombre considérable d’exercices de dirigeabilité, de départs, d’atterrissages, qui furent
- effectués avec une docilité merveilleuse. Ces essais durèrent 7 heures 1/2 consécutives. Ils ont été poursuivis, depuis lors, à des hauteurs variant de 70 à 200 m. pendant des temps de 10 à 15 minutes. On les a repris celte année à l’aérodrome de Sar-trouville et ils se continueront jusqu’à ce que l’aé-ronautc ait acquis, par la pratique, une. maîtrise suffisante. Ce nouveau croiseur aérien peut donc être considéré comme un ballon d’essai — sans jeu de mol — construit dans le but de vérifier expérimentalement les dispositifs nouveaux qu’il comporte.
- On peut dire, dès maintenant, que le dirigeable est parfait à tous les points de vue; seul le peu de force ascensionnelle dont il dispose, 800 kg que le poids du matériel diminue de 555 kg, l’empêcherait de rendre des services au point de vue militaire et même d’enlever un passager. Nous verrons donc prochainement un dirigeable de plus fort « tonnage », semblable à celui-ci, évoluer dans les airs et grossir notre flotte aérienne.
- Lucien Fournier.
- CHRONIQUE
- La vie saisonnière chez les Eskimos. — Nous sommes tous très habitués par les sciences naturelles à la notion que lès animaux possèdent une vie saisonnière, c’est-à-dire ne vivent pas de la même façon l’été que rhiver, et que leurs mœurs, leurs groupements, etc., sont assez étroitement liés au rythme qui balance l’année de l’été à l’hiver et inversement. Les animaux hibernants, les oiseaux migrateurs, etc., sont des exemples familiers de cet ordre de fait. Dans un mémoire récemment public dans l'Année sociologique, MM. Mauss et Beuchat ont fort bien montré que ce n’est pas là une particularité propre au monde purement animal et qu’elle se retrouve à quelque degré jusque dans les sociétés humaines. Ce caractère est particulièrement net parmi les peuplades eskimos. Ces populations qui sont, comme on sait, étalées le long des côtes situées au Nord de l’Amérique, depuis le Groenland jusqu’au Sud de l’Alaska, et même jusqu’à l’extrême pointe orientale du continent asiatique, vivent uniquement de chasse et de pèche et ne sont, pour atteindre à ce résultat, pourvus que d’une technique des plus rudimentaires. Dans cet état de choses ils sont forcés de vivre en agglomérations territoriales très restreintes comme nombre d’habitants, de telle sorte que celui-ci n’excède pas les ressources de gibier sur lesquelles peut normalement compter \'établissement (tel est le nom de cette unité territoriale, la seule qui existe chez des peuples qui connaissent à peine l’organisation en tribus). De plus, ce gibier se trouve distribué de façon différente, suivant le moment de l’année, concentré l’hiver, plus dispersé l’été. Les Eskimos, qui, suivant le mot très juste des auteurs ci-dessus cités, vivent avec lui dans un véritable étal de symbiose, présentent un phénomène parallèle. L’hiver, toute la population de l’établissement se condense à l’extrême dans quelques maisons communes à plusieurs familles où règne, en même temps qu’une vie religieuse intense, marquée par des fêtes très fréquentes,
- un communisme général qui peut aller très loin; l’été, au contraire, elle se disperse dans le territoire, chaque famille isolée dans une tente de peaux, la vie religieuse ralentie et la forme collective de la propriété hivernale remplacée par une propriété strictement familiale et individuelle. L’opposition entre les modes de vie de ces deux époques de l’année, opposition qui correspond à la différence de concentration ou de dispersion des habitants, va même si loin qu’elle imprime sa marque sur les gens et sur les choses, répartis dans des catégories différentes suivant la saison où ils sont nés ou bien où elles sont employées. De même tout un système d’interdictions s’oppose au mélange des instruments d’été avec ceux d’hiver, et inversement. Les auteurs font d’ailleurs observer fort justement que ce balancement de l’activité sociale en deux périodes n’est pas particulier aux Eskimos. Il se retrouve jusque parmi nous, où la dispersion des vacances, et la concentration citadine de l’hiver sont absolument comparables. Seulement, les circonstances biologiques ont exagéré ce caractère parmi les sociétés eskimos et permis ainsi de constater qu’il est général à l’espèce humaine.
- Production des cailloux pour béton. — C’est aux Etats-Unis qu’il se produit presque une disette en la matière. Le fait est que c’est aujourd’hui une véritable industrie que de fournir de la pierre cassée aux constructeurs qui ont à faire du béton, armé ou non, et la reconstruction de San Francisco, principalement en béton armé, n’est pas pour faire diminuer la demande de ce matériau de construction. Le service sanitaire de la ville de Chicago est en train de traiter de multiples affaires pour utiliser sous cette forme, en les réduisant au volume convenable, les énormes déblais rocheux excavés pour et durant le creusement du fameux canal dit de Chicago. Ces roches étaient demeurées en amoncellements énormes le long de cette voie d’eau, entre Lockport et Lemont (dans
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- l’Illinois), et on estime qu’on peut trouver là plus de 15 à 16 millions de mèires cubes de roche bonne à faire du béton.
- La décadence de la Californie. — Bien entendu, nous nous plaçons au seul point de vue aurifère, car autrement le pays s’est développé de la façon la plus remarquable. Mais on sait que sa renommée première, il l’a due aux gisements et aux exploitations aurifères, et il est curieux d’en constater la décadence bien marquée. Durant les 15 années qui ont précédé 1849 et même en cette dernière année, la Californie produisait de l’or pour une valeur de plus de 260 millions; un peu plus tard, l’extraction augmentait encore sensiblement, puisqu’elle ressortait en moyenne à 530555 millions et plus. À partir de 1860, une dépression se fait sentir, et si, pendant la décade suivante, on extrait parfois pour 200 millions et plus du précieux métal, parfois aussi le chiffre s’abaisse à 115 ou 120 millions. De 1871 à 1880, la moyenne ne dépasse plus jamais 130 millions et elle descend quelquefois à 78 millions. Enfin, en 1890, cette valeur a pu baisser jusqu’à 65 millions, et l’année 1904, qu’on a considérée comme particulièrement heureuse, n’a pas donné plus de 98 millions!
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 février 1907.
- Présidence de M. Becquerel.
- Décès. — M. le Président donne lecture d’un télégramme de condoléances du président de l’Académie <lei Lincei motivé par la mort de M. Marcel Bertrand. 11 adresse ensuite un suprême adieu au collègue disparu qui 11e voulut pas que des discours fussent prononcés à ses obsèques; il rappelle que M. Marcel Bertrand fut le premier des tectoniciens et que sa découverte des nappes de recouvrement a été féconde pour l’explication des phénomènes de l’écorce terrestre.
- La transplantation des ganglions nerveux. — M. La-veran présente un travail de MM. Marineseo et Goldstein sur les altérations successives que subissent les cellules des ganglions plexiformes autotransplantés. Ces altérations sont sensibles dès la cinquième heure. Parallèlement avec la désagrégation de la substance chromatophile, on observe la désorganisation du réseau endocellulaire, mais les fibrilles des prolongements sont plus résistantes.
- La propagation de la fièvre typhoïde par les huîtres. — M. Giard résume un travail de M. Baylac, professeur à la Faculté de médecine de Toulouse, sur la toxicité des huîtres. On a récemment lancé l’hypothèse que ces mollusques pouvaient être un agent de propagation de la fièvre typhoïde lorsqu’ils ont séjourné dans des parcs dont les eaux sont contaminées. M. Baylac a procédé à une étude chimique et bactériologique des liquides des huîtres contaminées ; il a étudié leur toxicité et les variations de celle-ci sous l’influence de la chaleur. Ce liquide est constitué par de l’eau renfermant de l’albumine, de l’urée, des phosphates, des chlorures et, en outre, la plupart des principes de l’eau de mer. Lorsqu’il a été préparé par une température fraîche ce liquide ne possède qu’une faible toxicité. Mais il suffit de le soumettre à l’action de la chaleur pour qu’il devienne toxique au point de tuer uu animal en quelques minutes. Aussi ce qui importe le plus c’est non pas de consommer clés huîtres récemment
- extraites des parcs, mais bien des huîtres qui n’ont pas été soumises à un échaulfement en cours de transport. Aussi l’auteur émet-il l’avis que les conditions de l’extraction du transport et de la vente au détail soient l’objet d’une réglementation rigoureuse.
- Les puys d'Auvergne. — M. Michel Lévy dépose une Note de M. Glangeaud relative aux divers modes de l’activité volcanique dans la chaîne des puys d’Auvergne.
- La défense de. Vorganisme contre les infections. — M. d’Arsonval présente une Note de MM. Charrin et Lévy Franckel sur les moyens de préserver l’organisme des infections. Les auteurs ont étudié le mécanisme de l’augmentation de résistance de l’organisme et surtout la marche des phénomènes suivant qu’011 injecte des toxines ou des sérums antiloxiques. Avec les toxines cette augmentation est lente à obtenir mais durable; avec les sérums l’augmentation est immédiate mais passagère. Ces expériences renseignent sur les procédés à employer pour permettre à l’organisme de résister aux microbes.
- Un parasite des sauterelles. — M. Edmond Berner, après avoir présenté à l’Académie un ouvrage très important dans lequel M. Kunckel a résumé ses recherches poursuivies pendant plusieurs années dans différentes régions de la terre sur les sauterelles et les moyens propres à les combattre, analyse une Note de ce savant relative à un diptère connu sous le nom de dipl-anthonya-hortophila dont la larve se nourrit des œufs de sauterelles. Contrairement ’a la règle cette larve est vivipare ; de plus elle est tantôt carnassière, tantôt végétarienne. La mouche en question est très répandue dans les potagers où elle dépose ses larves sur les oignons, les poireaux, le persil, les asperges. Elle est répandue aussi bien dans l’ancien monde que dans le nouveau et partout elle est toujours disposée à mettre ses larves à portée des pontes de sauterelles. Celles-ci sont de grandes destructrices de sauterelles dans l’Inde, en Algérie, aux Etats-Unis et dans la République Argentine. Cette découverte couronne l’œuvre admirable de M. Kunckel. Cu. nu Villedkuil.
- MARCEL BERTRAND
- Marcel Bertrand, qui vient de disparaître, a marqué sa place dans l’histoire de la science française. Les travaux, par lesquels il s’est fait connaître, n’étaient pas de ceux auxquels une application pratique immédiate, ou des conséquences philosophiques aussitôt manifestes valent, dans le grand public, une renommée retentissante. Mais, outre leur mérite propre, qui est, comme il convient à un véritable savant, un mérite scientifique, c’est-à-dire la conquête d’une fraction nouvelle de la vérité, ils peuvent servir- à montrer comment les recherches théoriques les plus strictement désintéressées au sens absolu du mot et les plus étrangères d’abord à toute considération pratique, rencontrent parfois, dans la pratique d’une grande industrie comme celle des mines de houille, des conséquences capitales. La théorie des plissements montagneux, des bouleversements qui ont, dans le passé de la terre, affecté les régions aujourd’hui les plus tranquilles et les
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- plus aplanies par l’érosion, celle des charriages, ou des déplacements énormes que certains compartiments de terrains ont pu subir dans le passé, tout ce travail tectonique, qui est l’œuvre capitale de Marcel Bertrand, a trouvé son application dans des recherches minières, poursuivies, contrairement à toutes les apparences premières, en des régions où on n’eût jamais soupçonné autrefois qu’une richesse minérale pût exister en profondeur.
- Né le 2 juillet 1847, fils du célèbre mathématicien Joseph Bertrand et neveu du mathématicien Dermite, Marcel Bertrand passa par l’Ecole polytechnique de 1867 à 1869, en sortit comme ingénieur des Mines, fut attaché au Service de la carte géologique et commença bien- .
- tôt l’étude géologique du Jura, qui l’occupa jusqu’en 1885,
- concurremment avec celle v ° .
- de la Provence à partir de 1881. C’est dans cette période qu’il fut amené à écrire un mémoire resté classique, sur les Rapports de structure des Alpes de Glaris et du, bassin houil-ler du Nord. Dans ce mémoire, qui fut le point de départ de ses recherches ultérieures sur la formation des chaînes montagneuses, il énonça, pour la première fois, l’idée des nappes de recouvrement.
- Nommé professeur de géologie à l’École des Mines en 1886, il eut ainsi l’occasion de reprendre et de synLhéliser l’étude générale de cette science nouvelle, au nom môme encore peu connu, que l’on appelle la tectonique ou l’orogénie et qui se propose de reconstituer l’histoire des chaînes montagneuses. Dans cet ordre d’idées, ses recherches sur la Provence aboutirent, en 1887, à un Mémoire sur le Beausset (Var), qui, malgré ses courtes dimensions et son caractère au premier abord très localisé, a fait une révolution profonde et causé une sensation prolongée parmi les géologues.
- Nous ne saurions, dans une notice aussi brève, expliquer en détail quelle fut cette révolution. Il suffirait, pour l’apprécier, de comparer ce qu’était l’enseignement géologique avant Marcel Bertrand et avant les grands géologues étrangers dont il a été le disciple et l'émule, Sucss en Autriche, llcim en Suisse, etc., avec ce qu’il est devenu maintenant. Si, aujourd’hui, on est arrivé aussi couramment à
- l’idée que les montagnes ont une histoire comme un organisme vivant, qu’elles naissent, grandissent, se déforment, vieillissent et meurent, que leur état d’usure peut caractériser leur âge comme l’usure d’un corps humain, que des chaînes montagneuses se sont successivement produites dans les diverses parties de la Terre, où la trace superficielle en a totalement disparu ; si l’on s’est familiarisé avec des déplacements de terrains, qui ont jadis renversé des compartiments entiers de l’écorce en les superposant à l’envers, avec des plissements compliqués, qui ont ultérieurement repris ces lambeaux bouleversés pour les plisser de nouveau; et si, de toutes ces notions si subtiles mais sans cesse vérifiées par la . pratique des travaux souterrains, tun-
- nels, mines, etc., on a tiré des conséquences pratiques pour la recherche de la houille, des eaux souterraines, pour l’emplacement des . grands tunnels alpestres ou des chemins de fer, par lesquels les Suisses s’évertuent à escalader tour à tour toutes leurs cimes, c’est en grande partie à Marcel Bertrand et à la semence féconde jetée par son enseignement et ses travaux qu’on le doit. En 1896, il fut élu membre de l’Académie des sciences à la place de Pasteur (qui avait été, on le sait, nommé lui-même comme minéralogiste) et, pendant quelque temps,
- ...... . - il multiplia ses travaux sur la
- Marcel Bertrand. structure des Alpes Françaises, sur
- les lignes directrices de la géologie Française, sur les Alpes Bernoises, sur le Bassin crétacé de Fuvcau en Provence. Il y déployait, avec une grande finesse et une rare pénétration, une
- force d’imagination enthousiaste, qui s’associait,
- chez lui, d’une manière assez imprévue, à un septi-cisme facilement mis en éveil. Il savait ainsi abandonner une théorie après lui avoir fait rendre le suc qu’elle contenait, après s’en être servi comme d’un instrument de coordination pour condenser les résultats antérieurs et les faire servir à des conquêtes nouvelles. Depuis 1900, un deuil cruel, dont la secousse lui fut fatale, l’avait progressivement écarté de ses travaux. Il est mort le lo février 1907.
- L. De Launay.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiurr, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1762. — 2 MARS 1907.
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- AUTOMOBILES POUR VOIES FERREES
- L’emploi semble s’imposer de plus en plus de ce qu’on nomme les automobiles de chemins de 1er : c’est-à-dire des véhicules dotés de leur propre mécanisme propulseur, et pouvant être mis en circulation isolément, de manière à ré-I pondre aux be-
- soins du public sans imposer à la Compagnie des dépenses hors de
- Chez nos voisins, l'adoption des automobiles fait des progrès d’autant plus rapides, que, d’abord, les lignes ferrées comportent des services de banlieue plus nombreux et plus importants, rayonnant autour des agglomérations industrielles, si fréquentes dans la Grande-Bretagne; puis certaines lignes automobiles sont exploitées depuis un temps suffisant, pour qu’il ait été possible de constater l’économie que des trains automobiles (si on peut appeler de la sorte un convoi composé souvent d’une seule voiture) assurent sur les trains classiques. Le Taff Yale Railway C° a remplacé ces derniers, sur ses lignes d’embranchements, par des voitures automobiles ; dans ce cas, ses trains étaient composés en tout de 4 voitures : ce qui suffisait, et au delà, pour le nombre des voyageurs, mais nécessitait néanmoins une loco-! motive dont on dilapi-
- Le wagon automobile du London and JNorth Western, et son bogie moteur.
- proportion avec la recette à encaisser. On sait quels Irais entraîne la formation d’un véritable train, comprenant d’abord une locomotive dont on n’utilise pas toute la puissance de traction, quand on ne lui fait traîner qu’un nombre réduit de wagons. L’automobilisme, le wagon doté d’un moteur tonnant ou d’un moteur à vapeur léger, et tirant au besoin derrière lui une remorque, a tellement d’avantages au point de vue exploitation, que, de toutes parts, on construit et met en circulation des véhicules de ce genre. Mais beaucoup d’ingénieurs de chemins de fer se défient par principe des moteurs à pétrole, surtout dans cette application spéciale, et demeurent fidèles à la vapeur; nous avons vu qu’il en est ainsi pour la Compagnie d’Orléans, la Compagnie P.-L.-M., et la Compagnie du Nord. Nous puljlierons cependant plus tard quelques détails sur des véhicules munis d’un tel moteur à pétrole commandant plus ou moins directement les roues. Pour aujourd’hui, nous voudrions signaler quelques wagons automobiles anglais, tous mus par la vapeur.
- 35e année. — lor semestre.
- dait réellement la puissance de traction. Depuis que les convois sont formés d’une automobile traînant parfois une remorque, les dépenses de traction par train-mille (le mille valant 1609 m.) sont descendues à 2,09 pence; nous ne faisons pas la conversion, parce que les chiffres absolus n’auraient aucune valeur dans un autre pays où le combustible, notamment, vaut sensiblement plus cher ; nous rappelons seulement que le penny a une valeur d’environ 10 centimes. Avec la traction par locomotive et la formation d’un train véritable, la dépense correspondante atteignait 5,51 pence; et chaque convoi ne transportait pas plus de voyageurs, peut-être pas autant : car l’intensité du trafic augmente de ce fait que l’économie réalisée permet de faire circuler des convois plus fréquents. Et ce ne sont pas les seuls frais de traction qui diminuent avec l’automobilisme : les dépenses d’entretien du matériel ne sont plus que de 1,46 penny, au lieu de 6,22 pence, par train-mille, et les salaires sont de 1,95 au lieu de 5,47. Finalement, on arrive à une dépense totale de 5,48
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- pence au lieu de 15 pence; par conséquent, pour le même prix, on peut faire circuler trois lois plus de convois, et la clientèle, plus satisfaite, recourt bien davantage à la voie ferrée.
- Après ces constatations, on ne s'étonnera pas si . la Compagnie London and South Western, qui avait déjà deux embranchements desservis par des wagons automobiles, est sur le point de suivre la même méthode pour b autres lignes secondaires. L’ingénieur en chef du Matériel, M. Dugald Drumond, fait construire dans ce but 9 wagons pouvant recevoir 8 voyageurs de première classe et 52 de troisième, sans parler d’un compartiment à bagages ; le véhicule, long de 15,55 m., pèse 22 tonnes environ, et son moteur « à vapeur » possède des cylindres de 228 millimètres d’alésage sur 555. De son côté, le Great Northern liailway se fait installer de petits quais à tous les passages à niveau de la ligne Louth Grimsby : c’est pour établir un service d’automobiles à vapeur, destinées à desservir les petites agglomérations rurales, et s’intercalant entre les trains proprement dits, qui ne s’arrêteront plus qu’aux points principaux du parcours.
- Enfin voici le London and North Western qui met en service un type assez intéressant de wagon à vapeur, pour le transport des voyageurs sur les petits embranchements; les ingénieurs de la Compagnie ont bien compris qu’on, ne pouvait y développer le trafic qu’en multipliant les départs, et cela était absolument impossible avec les trains ordinaires. Nous donnons une photographie de ce type d’automobile, en représentant séparément sa partie motrice, qui constitue comme un bogie moteur venant se glisser sous l’avant de la voiture, et dans le logement vitré où l’on aperçoit le corps de la petite chaudière. Nous avons tenu à donner cette décomposition, dont les éléments nous ont, du reste, été fournis par M. Whale, l’ingénieur en chef du matériel de la Compagnie, parce que cela montre bien la dualité de ces wagons automobiles, qui sont à la fois voiture à voyageurs et locomotive assurant leur déplacement. Nous n’avons pas besoin de dire que l’existence de ce bogie-moteur, matériellement indépendant, n’est point une nécessité; et, pour s’en convaincre, on n’aurait qu’à se reporter aux descriptions qui ont été données ici d’automobiles de chemins de fer français. II est certain qu’il y a, dans cette disposition d’une machine qui, avec sa chaudière, ses réservoirs à eau, peut être presque instantanément isolée du véhicule, un avantage en cas d’avaries; il est très simple de remplacer le mécanisme par un autre sans immobiliser la voiture même.
- La façon dont le bogie est rattaché au véhicule rappelle assez ce qui se passe pour les bogies ordinaires ; le châssis du bogie est fait de plaques d’acier de 19 millimètres, auxquelles est reliée une traverse dansante en acier reposant sur des ressorts; cette traverse présente une dépression dans laquelle pénètre un pivot qui cjépend du châssis de la voiture. Celte combinaison est établie de manière à per-
- mettre à l’automobile de passer aisément par des courbes de très faible rayon. La chaudière est du type locomotive, mais de très petites dimensions, comme cela se voit; la pression de régime y est de 12,50 kg, la surface de chauffe totale atteignant 29 mètres carrés. N’oublions pas de faire remarquer, à l’autre extrémité delà voiture, une cabine pour le mécanicien, d’où il peut commander le mécanisme à distance, au moyen de transmissions assez simples, de façon à toujours être à l’avant dans le sens de la marche, et à pouvoir bien surveiller la voie. Le poids du véhicule en ordre de marche est de 44 tonnes à peu près, dont 28 tonnes environ portent sur le bogie.
- Nous ajouterons que ce wagon-automobile a une longueur de 17,57 m., et qu’il est partagé en deux compartiments lui permettant de transporter 48 voyageurs. Il y a là une solution qui semble bien comprise de ce problème si intéressant de l’automobilisme sur les voies ferrées; mais nous verrons, dans un article à venir, les solutions ingénieuses qu’on a imaginées pour rendre le moteur à pétrole, avec ses petits défauts particuliers, propre à s’adapter à ce service spécial, dont l’avenir nous semble devoir être des plus brillants. Daniel Bellet.
- PHÉNOMÈNES DE CONTACT
- Un savant russe, M. Baikof, a montré, il y a quelque temps, qu’un morceau de platine introduit dans la flamme chaude d’un bec Bunsen peut, dans certaines circonstances, acquérir une température dépassant de plusieurs centaines de degrés celle de la flamme elle-même. L’hypothèse la plus plausible, pour expliquer ce curieux phénomène, c’est que le platine ne prend pas la température de la flamme dans laquelle il est plongé et que la différence doit être attribuée à l’influence de contact du corps solide sur les réactions chimiques qui s’accomplissent dans la flamme. Si l’on introduit dans son milieu un solide qui, par contact, accélère la vitesse des réactions, il se produira à sa surface une transformation qui dégage de la chaleur et la température s’élèvera. Si on remplace le platine par du quartz, et surtout par de la porcelaine, la température s’abaisse. Un creuset de platine et un creuset de porcelaine de mêmes dimensions et remplis de sable, chauffés dans un même brûleur, prennent, à l’intérieur, des températures qui, dans certaines expériences, diffèrent de près de 400°. Dans un petit creuset de porcelaine, chauffé directement par la flamme d’un brûleur, on a placé un petit fil de cuivre qui, au bout d’une heure, n’était pas fondu; ayant mis le creuset de porcelaine dans un creuset de platine un peu plus grand, le fil de cuivre a été fondu en quelques minutes. La température qu’un corps solide prend dans la flamme dépend donc des propriétés catalytiques de ce corps et du rapport de sa surface à son volume, et la détermination de la température d’une flamme par celle d’un corps solide qui y est plongé est erronée ; la véritable température d’une flamme est une grandeur indéterminée. La différence dans le pouvoir éclairant des corps solides chauffés dans une même flamme proviendrait de ce que ces corps ne sont pas à la même température.
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- L’AÉROSTATION MILITAIRE EN ALLEMAGNE
- La navigation aérienne appliquée aux besoins d’une armée en campagne n’a jamais enthousiasmé les militaires allemands; et près d’un siècle après <jue les aérostiers français eussent démontré à Fleurus, à Maubeuge et à Mayence le parti à tirer des aérostats militaires, l’armée prussienne ne se décidait que timidement à classer des aéronautes parmi ses troupes de communication.
- C’est en effet en 1884 seulement que la première troupe permanente d’aéroslation fut organisée en
- Fit*'. 1. — Los aérostiers militaires prussiens larguant le câble qui retient le ballon. A gauche, la voilure-treuil.
- Allemagne ; elle comprenait 5 officiers et une trentaine d’hommes tirés de l’infanterie. Le nom qui lui fut. imposé « station d’expériences » montre bien qu’à cette époque, son rôle était de procéder à des essais, et non de constituer le noyau d’une formation de guerre.
- 11 serait toutefois injuste de ne pas signaler une tentative faite dans cet ordre d’idées par l’Etat-Major prussien au début de la guerre de 1870. Deux détachements d’aérostiers furent constitués à Cologne, l’un destiné à coopérer au siège de Strasbourg, l’autre ayant pour destination l’année de siège devant Paris. Ni l’un ni l’autre, d’ailleurs, ne rendirent le moindre service et les officiers des troupes techniques prussiennes ne s’occupèrent plus d’aérostation qu’à un point de vue tout spécial : l’invention d’engins et d’affûts permettant de tirer sur les ballons français, grâce auxquels Paris investi communiqua jusqu’à la fin avec le reste de la France.
- Depuis quelque vingt ans, un revirement s’est produit en Allemagne, Sous la vigoureuse impulsion de Guillaume II et du grand. Etat-Major prussien, on créa en 1886 une section d’aérostiers qui, huit ans plus tard, comprenait 6 officiers et 140 hommes. Enfin en 1899 une loi organisa l’aérostation mili-
- 1 L’intérêt des questions d’aéronautique va croissant ; de tous côtés, des chercheurs proposent des solutions, construisent des machines, prévoient, à bref délai, la pleine réussite. Nous croyons donc qu’il sied de souligner, par une sorte de revue générale, les progrès réalisés. Après cet article, en viendront d’autres, et leur ensemble constituera une mise au point des résultats acquis par l’aéronautique. N. de L. R.
- taire allemande. Elle fut confiée à un bataillon de deux compagnies pour l’armée prussienne et à une section pour l’armée bavaroise.
- L’elfeclif tolal de ces troupes est de 17 officiers, 2 médecins, 4 employés, 52 sous-officiers et 545 hommes. Un groupe d’attelages d’une soixantaine de chevaux est affecté au bataillon d’aérostiers pour le service de ses voitures.
- Dans l’effectif des officiers comptent 3 capitaines prolesseurs. Le bataillon d’aérostiers, en garnison à Berlin, est en effet un centre d’instruction pour les officiers qui auront à assurer le service de l’aërosta-tion dans les places fortes ou aux états-majors de campagne. Quinze à vingt officiers des armes spéciales y sont détachés à cet ‘effet chaque année pour une durée de douze mois ; un nombre indéterminé mais assez considérable d’officiers de toutes armes y sont détachés pendant trois mois ; les premiers reçoivent une instruction technique assez complète et sont exercés aussi bien aux ascensions en ballon libre qu’en ballon captif. L’enseignement donné aux seconds est limité à ce qui concerne l’emploi des ballons captifs.
- Cette instruction donnée à Berlin et qui vise plus spécialement la guerre de campagne est indépendante des cours et des exercices pratiques qui ont lieu dans les places fortes, avec la participation des officiers et des troupes de la garnison et sous la direction des officiers appartenant ou ayant fait un stage au bataillon d'aérostiers.
- L’uniforme des aérostiers allemands est le même
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- LA NATURE.
- que celui des pionniers ; mais au lieu du casque à pointe, ils portent un shako semblable à celui des chasseurs à pieds de la garde. Leur signe distinctif est la lettre L Luftschiffer (navigateurs de l’air) appliquée sur les pattes d’épaules. Les aérostiers sont armés du mousqueton d’artillerie. Le matériel technique employé pour l’aérostation militaire en Allemagne comporte deux types de ballons : le ballon sphérique pour les ascensions libres; le Drachen-balhm (ballon cerf-volant) pour les ascensions captives, quelle que soit la vitesse du vent (on admet en Allemagne que le ballon sphérique n’est pas pratique par les vents supérieurs à 40 m.).
- Le ballon sphérique prussien est sensiblement le même que celui en usage dans tous les autres pays.
- Le Drachen-ballon, au contraire, présente des particularités intéressantes. Il a la forme d’un cylindre
- porte un ballon, une voiture treuil, 2 voitures d’agrès et 42 voitures à gaz. Elle possède donc suffisamment d’hydrogène pour deux gonflements complets. Lorsque 6 voitures sont vides, elles vont échanger leurs cylindres contre d’autres pleins, que transportent des convois appelés Gaskoionnen (colonnes de gaz).
- Le règlement des aérostiers allemands admet que, dans des circonstances favorables, le ballon captif
- m*
- Fig. 2. — Le dernier modèle du dirigeable Zeppelin.
- pourra s’élever jusqu’à 4000 m.; mais émet l’avis qu’il n’y a généralement pas avantage à dépasser la hauteur de 600 m.
- Deux officiers, l’un aérostier,
- Fig. 3. — Un dirigeable Zeppelin évoluant au-dessus du lac de Constance.
- allongé, de 6 m. de diamètre et de 44 m. de hauteur, terminé par deux hémisphères. A sa partie antérieure est fixé un gouvernail en forme de chenille qui a pour but de maintenir la tête du ballon contre le vent. Un ballonnet intérieur peut être gonflé d’air, de manière à conserver au ballon toute sa rigidité. Le mode de suspension de la nacelle et le système d’attache du câble sont combinés de façon à donner au ballon une position oblique qui le fait s’élever sous l’action du vent; d’où son nom de cerf-volant. Mais, d’autre part, c’est à cause de cette position oblique obtenue grâce au point d’appui du câble, qu’il est impossible d’utiliser le Drachen-ballon pour des ascensions librés. Le gonflement du ballon s’opère à l’aide du gaz hydrogène transporté dans des cylindres d’acier remplis à la pression de 450 atmosphères. Il faut 72 cylindres portés par 6 voitures pour gonfler un ballon. Une section d’aérostiers de campagne com-
- Fig. 4.,— Le Drachen-ballon.(hzkYLoa cerf-volant) réglementaire dans l’armée allemande.
- Q, queue du cerf-volant ; N, nacelle ; B, points d’attache des câbles; A, corps du ballon.
- l’autre observateur, prennent place dans la nacelle; le rayon utile d’observation est évalué à 7 ou 8 km.
- Quelques mots, maintenant, sur la question des ballons militaires dirigeables en Allemagne! Elle est loin d’avoir fait les progrès dont nous avons en France le droit d’être fiers. De l’autre côté du Rhin, deux inventeurs seulement méritent d’être cités, bien que leurs expériences soient incomparablement inférieures à celles de Santos-Dumont, de Juchmès, de Surcouf et de leurs collaborateurs, de tous ceux,
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- Fig. 5. — Le poste téléphonique enregistre, à terre, les observations faites de la nacelle du Drachen-ballon.
- en un mot, grâce auxquels nos places fortes de l’Est possèdent aujourd’hui de véritables dirigeables.
- Le général comte Zeppelin et le capitaine von Parseval ont chacun inventé leur dirigeable. Celui du premier est en aluminium. Il est le troisième ou quatrième d’une série à la construction de laquelle l’inventeur a consacré sa fortune personnelle et des sommes considérables provenant de souscriptions. Il y a deux ans, le comte Zeppelin croyait avoir trouvé la solution du problème. Son dirigeable, affirmait-il, évoluait à sa volonté au-dessus du lac de Constance, virait, montait, descendait avec la plus grande facilité. On organisa des expériences
- officielles. Des officiers du bataillon d’aérostiers, des délégués du grand Etat-Major prussien arrivèrent de Berlin. Les essais ne furent pas heureux; le moteur se détraqua et le dirigeable alla s’échouer lamentablement sur une rive du lac. Furieux de son échec le comte Zeppelin livra son invention aux démolisseurs.
- Il vient de reconstruire un dirigeable d’après des données nouvelles. L’aérostat toujours en aluminium est divisé en six compartiments remplis de gaz d’éclairage. Il a la forme d’un gigantesque cigare mesurant 36,50 m. de long sur 4 à 5 de large. Sa force motrice est fournie par deux moteurs à
- Fig. 6. — Gonflement d'un ballon sphérique allemand utilisé pour les ascensions libres.
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- pétrole système Daimler développant chacun une puissance de 85 chevaux.
- À l’une de ses extrémités se trouvent fixés des ailerons rappelant ceux du dirigeable français Ville-de-Paris.
- Le nouveau Zeppelin a récemment effectué ses essais au-dessus du lac de Constance. 11 a pu se mouvoir en tous sens à une vitesse un peu inférieure à 4000 m. à l’heure et a, paraît-il, parcouru la verticale de 1000 m. sans difficulté.
- De son coté, le major von Parseval de l’armée bavaroise a, affirment les journaux allemands, résolu également le problème du ballon dirigeable. L’aspect de son aéronat se rapproche plus de celui du cerf-volant que du cigare. L’enveloppe est constituée par de la soie vernie. Aux deux extrémités sont fixés des ballonnets que l’on peut remplir d’air à l’aide de pompes. On obtient ainsi la constance du gonflement de l’aérostat.
- En outre, le remplissage de l’un ou l’autre ballonnet permet d’incliner à volonté l’avant ou l’arrière, et, par suite, de produire l’ascension ou la descente.
- L’égalité de volume des ballonnets procure le mouvement dans un plan horizontal.
- Le dirigeable Parseval a 48 m. de long, et 8,57 m. de large dans sa partie médiane. La nacelle en tubes d’acier avec fond en aluminium est reliée au ballon par des cordes métalliques. Tout l’appareil pèse environ 1100 kg, y compris les accessoires et trois voyageurs. Le gonflement nécessite un cube de gaz de 2500 m. Le mouvement est fourni par une hélice à quatre branches actionnée par un moteur Daimler de 90 chevaux.
- Aux dernières expériences exécutées sur le champ de manœuvres des aérostiers prussiens, à Tegel, près de Berlin, on put remonter un vent de 5 m. en n’utilisant que la moitié de la puissance du moteur.
- Malgré ces résultats encourageants, il serait téméraire de dire qu’en Allemagne la question des dirigeables est complètement résolue. Et, pendant longtemps encore, nous conserverons sans doute l’avance due à l’ingéniosité, au sang-froid et à l’audace des aérostiers français.
- Ll-Colonel Cn. Biuni:.
- RECONNAISSANCE DE GRAINS MINERAUX MEME MICROSCOPIQUES
- au moyen de leur indice de réfraction
- Dans les nombreuses éludes auxquelles je me livre depuis de longues années sur les grains minéraux provenant de fonds marins, je me suis servi avec grand avantage d'un procédé que j’avais indiqué dès 1880, dont j’ai, depuis cette époque, beaucoup perfectionné la pratique et qui consiste à différencier, d’après leur indice de réfraction, des espèces minérales offrant sensiblement le même aspect. Le diagnostic est souvent rendu assez délicat par la petitesse extrême de ces grains dont il faut en moyenne à peu près 20 000 pour peser 1 milligramme. On y parvient cependant en remarquant qu’un grain, quel qu’il soit, apparaît en traits vigoureux quand il est immergé dans un liquide d’indice très différent du sien, soit en plus, soit en moins, tandis qu’il disparaît à peu près complètement quand on le plonge dans un liquide de même indice. Si le grain et le liquide possèdent, en outre, la même nuance ou bien sont tous deux incolores, la disparition est complète. Si le grain est de nuance différente, l’œil qui aperçoit la plage teintée est incapable de distinguer le trait qui en borde le contour. Le. minéral éteint, même restant encore dis7 cernable, offre un aspect beaucoup plus facile à reconnaître qu’à décrire.
- La détermination de l’indice de grains microscopiques, quelle que soit leur forme, se fait en quelques instants et avec une approximation de 2 ou 5 centièmes. La précision est suffisante pour le but
- que l’on se propose; car en supposant les grains constitués par un fragment de cristal biaxe, comme ils sont placés d’une façon quelconque sur la lame de verre porte-objet, ils sont traversés, selon leur position, par les rayons lumineux parallèles à l’axe du microscope suivant une direction comprise entre celles correspondant aux limites des trois indices maximum, moyen et minimum, c’est-à-dire entre des limites différentes. Il faut noter en outre que l’indice change avec la couleur de la lumière employée et que l’on opère en lumière blanche. On peut donc affirmer qu’il est impossible de trouver un liquide, forcément isotrope, ayant partout le même indice, capable de faire disparaître complètement et en même temps tous les grains éparpillés d’un même minéral anisotrope, puisque leur indice dépend de leur position et que, n’ayant pas tous la même orientation, ils ne possèdent, par conséquent , pas le même indice-au même moment.
- J’ai préparé, au moyen d’huile de vaseline d’indice 1,47 et de naphtaline monobromée dont l’indice est 1,67, qui se mélangent parfaitement et en toutes proportions, une gamme de liquides d’indices se suivant avec une différence de 1 unité de la seconde décimale, depuis 1,55 jusqu’à 1,67, selon la proportion relative de vaseline et de naphtaline. La préparation se fait aisément et rapidement, quoique par tâtonnements, à l’aide d’un~réfractomètre de Abbe.
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- On conserve ces liqueurs dans de pelils flacons dont le bouchon à l’émeri est terminé en pointe et, après avoir inscrit sur chacun d’eux son indice, on les range dans une même boîte. Le naphtylphé-nylacétone dibromé, très légèrement chaufl'é, fond en un liquide transparent d’indice 1,70. D’autre part les minéraux les plus fréquents ont un indice variant de 1,45 (fluorine) à 1,68 (péridot). Au delà, les indices atteignent 2,76 (rutile). La détermination de l’indice d’un seul minéral appartenant à cette catégorie devient donc impossible par le procédé indiqué, mais il n’en est pas de même de sa différenciation avec un minéral d’indice inférieur.
- Un mélange de deux espèces minérales différentes en grains extrêmement fins étant donné, on en prend, avec une pointe d’aiguille, une quantité presque imperceptible que l’on dépose sur une lame de verre porte-objet. Le plus souvent, un simple
- demne. Afin de reconnaître le second minéral, on reprend de la matière, on y ajoute une goutte de liqueur 1,58 et on voit (fig. 3) que les deux minéraux apparaissent alors avec un relief sensiblement égal. Le microscope, pour cette comparaison, doit être fortement diaphragmé. On est ainsi averti que l'indice du second est aussi éloigné de 1,58 que 1,58 l’est de 1,55, ce qui amène à 1,61 environ. Or cet indice correspond, parmi les minéraux ordinaires, à lamuscovile, à la trémolite et à la topaze. L’aspect général des grains, leur cassure, leurs contours non rectilignes éliminent la muscovite et la trémolite, il ne reste donc plus, par conséquent, que la topaze qui est bien, en effet, le minéral mélangé. On en obtiendra la complète confirmation par l’examen de ses autres caractères : disparition absolue dans une liqueur 1,61 qui laissera cependant visible le quartz, couleurs de polarisation plus vives, densité plus
- coup d’œil au microscope — et cela est une affaire d’habitude — permet de soupçonner quelles sont les espèces minérales représentées ou au moins l’une d’entre elles. Supposons, pour faciliter l’explication, qu’il s’agisse par exemple de quartz (1,55) et de topaze (1,61). J’examine d’abord le mélange mouillé d’une goutte de naphtaline monobromée (1,67) — ce que je fais d’ailleurs toujours, — et je constate que tous les grains ont sensiblement le même relief (fig. 1), preuve qu’ils ont tous un indice notablement plus faible. Soupçonnant que l’un d’eux est du quartz (1,55), je reprends de la poudre minérale et j’y ajoute une goutte de liqueur 1,55 qui, faisant immédiatement disparaître une partie des grains (fig. 2), indique l’exactitude de la supposition. Le minéral pourrait, il est vrai, être un plagioclase, labrador ou anorthite qui ont même indice; mais, outre la différence d’indice qui à elle seule suffirait, on n’aurait, en cas d’hésitation, qu’à appliquer un essai à l’acide fluorhydrique sur une trace de matière pour observer que le feldspath serait attaqué tandis que le quartz demeurerait in-
- élevée mesurable dans la liqueur d’iodures, et autres propriétés encore.
- On a indiqué diverses méthodes pour mesurer les indices des minéraux en fragments très fins. Je les ai expérimentées, et après un long usage, sans entrer dans leur critique, je me bornerai à dire qu’aucune ne m’a paru aussi simple, aussi certaine, aussi prompte et aussi nette, comme le montrent les' photographies, que celle que je viens d’indiquer, lorsqu’on a sous la main la gamme des liquides à indices.
- J’ajouterai, à ce propos, que la photographie semble être beaucoup plus sensible que l’œil pour distinguer des indices ; et la différence d’aspect de grains, dont les uns sont visibles et les autres invisibles, quoique évidente sur la figure 2, l’est davantage encore à l’œil qui, pour apercevoir réellement les cristaux éteints, doit avoir recours à la lumière polarisée.
- Le procédé, d’une application bien facile, pourrait rendre des services aux joailliers pour distinguer des gemmes. J. Thouiæt.
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- LES POISSONS VENIMEUX
- Les moyens de défense, chez les poissons, sont extrêmement variés. Les uns foudroient leurs ennemis par des décharges électriques (torpilles, gymnotes) ; les autres sont pourvus de véritables glandes
- on l’appelle ikan-salan (poisson diable) et à Tahiti, nohu. Elle est répandue dans presque toutes les régions chaudes delà mer des Indes et du Pacifique. Elle existe en Cochinchine et en Nouvelle-Calédonie.
- On ne la prend jamais en haute mer, mais seulement dans les récifs côtiers où elle vit constamment cachée au fond de trous ou enfouie dans le sable. Elle n’en sort que pour se jeter, par un mouvement brusque, sur la proie qui passe à sa portée. Quand on l’irrite, elle n’expulse pas de venin; il faut, pour que celui-ci soit chassé au dehors, qu’on retrousse avec les doigts les membranes qui recouvrent
- Fig. 1. — Synancée.
- (Synancea brachio, var. verrucosa.)
- (D’après Sawtschenko.)
- venimeuses et d’organes d’inoculation représentés par des épines operculaires ou par les rayons des nageoires. Les murènes cependant possèdent un appareil venimeux en rapport avec les dents buccales, comme chez les serpents.
- Fig. 5. — Scorpoena diabolus (océans Indien et Pacifique). (D’après Sawtschenko.
- La chair de ces poissons n’est ordinairement pas vénéneuse, tandis qu’un assez grand nombre d’autres espèces, non vulnérantes, occasionnent des accidents d’intoxication lorsqu’on les mange.
- Le type le plus intéressant des poissons pourvus d’appareils sécréteurs de venin est la synancée (synancea brachio, fig. 1) que les créoles de la Réunion désignent sous le nom de crapaud de mer et ceux de l’île Maurice sous celui de laffe. A Java
- Fig. 2. — Scorpoena grandicornjs. (Mer des Caraïbes.) D’après Sawtschenko.
- les défenses dorsales et qu’on presse fortement les utricules à venin, ou bien que le pied nu du pêcheur se pose sur le dos du poisson. Sa blessure est très douloureuse et s’accompagne d’un cortège de symptômes effrayants, quelquefois mortels. Aussi les pêcheurs la redoutent-ils beaucoup.
- Il en existe un grand nombre de variétés spéciales à chaque pays. Leur dimension peut atteindre 45 centimètres.
- Les rayons épineux de la nageoire dorsale de la synancée sont acérés, pleins au milieu, et portent, de chaque côté, un canalicule creusé dans l’épaisseur de l’épine. Vers le milieu de celle-ci se trouve accolé un petit utricule double, sorte de poche close qui, lorsqu’on la presse, laisse échapper le venin en un jet ténu qui vient glisser dans les rainures du rayon. L’expulsion du venin n’est donc pas volon-
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- taire ; pour qu’elle s'effectue il faut que les sacs qui le renferment soient comprimés.
- Ce venin, extrait des glandes, est limpide, bleuâtre, légèrement acide. Introduit dans les tissus, il produit une douleur locale très vive qui s’irradie à tout le membre atteint. Cette douleur est atroce et l’on a vu des blessés pris d’un vrai délire, frapper, mordre les personnes de leur entourage, sejeter de côtés et d’autres, demander avec insistance qu’on leur
- dans l’océan Indien et le Pacifique tropical, scor-poena diabolus (fig. 3) ; et une autre, plus petite, dans la Méditerranée, scorpoena porcus ou scor-pène truie: c’est la rascasse qui entre dans la composition de la bouillabaisse des Marseillais. L’appareil à venin des scorpènes siège aux rayons épineux de la nageoire dorsale et de la nageoire anale. Ces rayons sont enveloppés par la membrane intraradiai-re qui leur forme une gaine, et ils sont creusés d’une double
- Fig. 4. Pteroïs (Artemaia)
- coupe le membre atteint.
- Certains se sont amputés eux-mêmes la partie lésée.
- Une anxiété considérable et quelquefois des syncopes mortelles accompagnent cet état. Dans d’autres cas surviennent des phlegmons graves, compliqués de septicémie. Le point inoculé devient bleuâtre, puis il se sphacèle sur un espace plus ou moins étendu. La réparation de ces plaies gangréneuses est très lente, d’autant quelles sont produites le plus souvent à la plante des pieds.
- Une seule goutte de venin de synancée suffit à tuer les grenouilles en trois heures environ.
- Les scorpènes (rascasses) sont presque aussi dan-
- Côte orientale d'Afrique, mer des Indes, et Pacifique tropical. (D’après Sawtschenko).
- cannelure. Au fond de ces cannelures sont des cellules à sécrétion, allongées, pressées les unes contre les autres. Le venin s’écoule entre la couche cellulaire sous-jacente et la membrane engainante, qui peut se retrousser légèrement lors du mouvement de pénétration de l’épine dans les tissus, et qui fait alors pression sur le réservoir.
- Les pteroïs (fig. 4?), se distinguent des scorpènes par les nageoires dorsales dont les rayons sont très longs et recourbés en arrière hors de la membrane qui les réunit. Ils habitent la mer des Indes et le Pacifique équatorial. Leur couleur est très belle et
- Fig. 5. — Batrachus gnmiens (Batrachidæ). D’après Sawtschenko.
- gereuses. Elles ont la tête grosse, légèrement comprimée, armée de piquants, avec une fossette en arrière. On en rencontre une espèce à dos rouge, longue de 30 à 50 cm., avec les yeux et le ventre jaune, dans la mer des Caraïbes (Antilles) ; c’est la scorpoena grandicornis (fig. 2) ; une autre rouge el brune, rayée obliquement de blanc et de brun,
- variée de rouge brun au rose vif. L’appareil à venin de ces poissons siège à la base des rayons de la nageoire dorsale.
- La vive, très commune dans les mers d’Europe, possède deux appareils à venin, l’un situé sur l’opercule, l’autre à la base des épines de la nageoire dorsale.
- L’épine qui surmonte l’opercule présente une
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- double cannelure reliée à une cavité conique creusée dans l’épaisseur de la base de l’os operculaire et où se trouve la
- glande à venin. La sécrétion de celle-ci
- Fig. .6. — l'halassojihryne reticnlata. Fanmnn, Pacifique tropical, (D’après Sawlschcuko.)
- a fait l’objet d’intéressantes éludes de la part de Gün-ther, Gressin, Boitard, Phisalir, Kobert et Briol.
- Pour en obtenir des quantités suffisantes pour l’expérimenlation, A. Briol détache, à l’aide de ciseaux, les épines venimeuses et le tissu environnant. 11 broie le tout dans un mortier et met la bouillie en contact avec de la glycérine pure. Après filtration sur papier on a une solution dont quelques gouttes suffisent à tuer les cobayes et les lapins. Ces animaux, immédiatement après l’injection dans la cuisse, présentent de la paralysie de la patte avec des secousses tétaniques. Vingt-quatre heures après apparaît une escarre et la mort survient du deuxième ou troisième jour,
- A. Briot a réussi à vacciner par accoutumance des lapins et à en obtenir un sérum capable de neutraliser le venin de vive et d’immuniser les lapins neufs contre des doses plusieurs fois mortelles.
- D’autres espèces venimeuses, telles que le Batra-
- guère 0,50 m., est surtout commun dans les mers des Antilles. Lorsqu’on le sort de l’eau, il pousse un grognement particulier, d’où sa dénomination.
- Ses nageoires pectorales sont rougeâtres, son dos brun et ses tlancs jaunes, marbrés de noir. 11 porte trois épines à la nageoire dorsale antérieure et une au sommet de l’opercule, avec un petit sac à venin à la base de chacune d’elles.
- Les Thaï assophry nés abondent sur les côtes du Panama et du Brésil. Ils sont pourvus d’un appareil à venin identique.
- Certains Squamrnipennes aux couleurs vives, au corps épais, tels Y Holacanlhus imperator (fig. 7),
- Fig. 7. — Hoïocanthus imperator. Archipel Malais. (D après Sawtschenko.'
- nageoires dorsale
- Fig. 8. — Mure.na monnga. (D’après Sawlsehenko.
- chus gruniens (fig. 5) et le Thalassophryne reti-culata (fig. 6), sont assez répandues dans toutes les mers tropicales.
- Le Batrachus gruniens, dont la taille ne dépasse
- qui se rencontre assez fréquemment dans l’archipel Malais, passent également pour venimeux. Leurs et anale portent des rayons épineux très acérés. Mais on n’est pas encorê certain qu’ils possèdent des glandes à venin à la base de ces derniers.
- Les Murènes ont le corps allongé, sans nageoires pectorales, la peau nue, enduite d’une épaisse couche de mucus visqueux, comme les anguilles. Leur dentition est puissante, formée de crochets longs, recourbés et disposés en une ou plusieurs rangées. Elles peuvent atteindre de grandes tailles dépassant 2 mètres. Leur chair, assez délicate, était très recherchée chez les Romains. Elles vivent dans les eaux profondes et se nourrissent de poissons ou de
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- crustacés. Dans les pays chauds elles s’aventurent souvent dans les eaux douces. Leur robe est ornée de dessins à couleurs vives, très variées suivant les espèces.
- La Murena lielena habite la Méditerranée et la 11itrena moringa (fig. 8) l'Atlantique tropical.
- L’appareil à venin d la Murène est constitué par une poche siégeant au-dessus du voile du palais, ijui peut contenir 1/2 cm3 de venin, et par trois ou quatre dents coniques, arquées à convexité antérieure, comme les crochets des serpents. Les dents ne sont pas creusées d’un canal central et le venin s’écoule entre elles et la muqueuse palatine qui forme eaine. Celle-ci est ramenée à la base des dents pendant leur mouvement de pénétration dans les tissus.
- Le venin de la Murène, outre son action toxique, a des propriétés digestives manifestes et, sur le poisson mort depuis quelque temps déjà, on ne re-Irouve plus la glande, dont les parois ont subi une rapide autodigestion.
- Les venins des divers poissons que je viens de décrire brièvement ont tous une action physiologique à peu près semblable à celle du venin de la vive. Ils ne varient guère que par l’intensité de leurs effets. On les a peu étudiés jusqu’ici et il serait souhaitable qu’on pût les mieux connaître.
- I)1’ A. Cai.mette,
- Directeur do l’inslilul. Paslonr do Lille.
- L’EXPÉDITION AMUNDSEN
- à la recherche du pôle magnétique
- L’explorateur norvégien Roald Amundsen a été reçu le 25 février à la Sorbonne, par la Société de Géographie, sous la présidence de M. Le Myrc de Yilers, assisté des ministres de la Marine et de l’Instruction publique. M. Ch. Rabat ayant déjà relaté1 les principaux objectifs, incidents et résultats de ce long voyage (1905-1906), désormais célèbre, à travers le fameux passage américain du èoi d-Ouest, nous n’ajouterons ici que quelques curieux et nouveaux détails notés à la très attrayante conférence du capitaine Amundsen.
- Une nuit d’octobre 1905, « le feu au navire » faillit compromettre l'existence même de l’audacieuse petite Gjoa (47 tonnes!) et celle de ses huit marins. Le plus grand froid observé atteignit — 62° C. Les températures usuelles de — 50° à —- 40° étaient supportées sans trop de peine grâce à l’usage, qui parait nouveau en semblable expédition, d’un appareil à douches et à bains! Toutefois, à — 55° « le temps, selon M. Amundsen, n’était pas très chaud ! » Au cours d’une des excursions au pôle magnétique le chef de l’expédition se fractura une jambe. Et le 51 mars 1906, pendant le troisième hivernage (190.5-1906) à King’s Point, à l’embouchure du fleuve Mackenzie, le lieutenant Yik fut emporté par une maladie de poitrine : il repose dans ce lointain Nord sous un lumulus et une croix de bois !
- A diverses reprisés et pendant de longs mois on put voisiner avec quelques-uns des rares Eskimos qui végètent ii l’extrême rive de l’Amérique continentale; même on
- 1 Voy. n° 1698, 9 décembre 1905 (voir la carte, p. 2.0) et n" 1704, 20 janvier 1906.
- fil la rencontre d’une tribu tout à fait inconnue; et les observations ethnographiques du voyageur sont, à ce sujet, particulièrement intéressantes. Contrairement aux Groen-landais, ces indigènes sont grands, forts et bien bâtis et leur type n’est pas sans rapport avec les Indiens de l’Amérique du Nord ; des mélanges de races n’ont ici rien que de très naturel. On les disait farouches et guerriers, alors que leur caractère est des plus aimables et pacifiques : comme professeurs pour la construction des huttes de neige ils rendirent les plus signalés services. L’un d’eux, nommé Artungelan, porta le courrier aux navires canadiens stationnant à 1500 km au sud, et c’est ainsi qu’on eut des nouvelles au cours de l’expédition. La principale occupation des Eskimos est la chasse au renne et la pêche au saumon. Le nombre des hommes dépassant celui des femmes, les ménages à trois (dont deux maris) ne sont pas rares. La nourriture et le sommeil constituent les deux grandes affaires de l’existence. Très tard on sèvre les enfants, pour qui le lait maternel est une réelle friandise : Amundsen a vu des garçons de dix ans « mettre la pipe de côté pour aller prendre leur part de ce repas naturel «.Quand l’eau manque (cequi est moins que rare) pour la toilette d’un bébé par trop sale, la mère le lèche... proprement. Les sorciers et leurs tours sont écoutés et vus en cérémonies secrètes, mais avec peu de conviction, semble-t-il. La croyance religieuse se borne à penser qu’après la mort « les bons sont dans la lune, aux pays (les chasses éternelles, et les méchants sous la terre ! » Le suicide, admis en cas de maladie cruelle, est pratiqué par un étranglement spécial, dans lequel le patient est aidé par ses proches.-Quant aux défunts on les coud dans des peaux de renne (avec leurs arcs et objets préférés) et on les laisse ainsi dehors sur la neige !
- Pendant près de deux ans (12 septembre 1905-15 août 1906) le bateau s’abrita dans une petite baie (Port Gjôa) de la Terre du Roi-Guillaume, précisément en un point des plus favorables pour l’ensemble des observations magnétiques à effectuer. Celles-ci, commencées le 2 novembre 1905, dînèrent 19 mois, tant au port qu’en des excursions de 2 à 5 mois, poussées jusqu’aux abords indécis-du pôle magnétique lui-même, dans la pi'esqu’île Boothia-Félix, non loin duquel périt (ne l’oublions pas) le lieutenant français Rellot, le 18 août 1855; les calculs qu’elles comportent ne vont pas demander moins de trois ans de travail. Leur résultat ne manquera point de révéler les plus utiles et nouvelles notions pour la navigation en général et la solution de la grande énigme magnétique terrestre. C’est là le point capital du téméraire voyage d’Amundsen et de sa magnifique réussite, qui font une gloire de plus à la noble race des Yikings !
- E.-A. Martel.
- FORMATIONS GÉOLOGIQUES
- actuelles
- Les conditions des dépôts de sédiments, particulièrement d’origine organique, sont fort intéressantes ; de même que la fossilisation, qui a présidé à la conservation des formes organisées disparues. Les forces de la nature ne s’arrêtant jamais, les mêmes phénomènes que jadis, se poursuivent, préparant les formations géologiques de l’avenir, et nous renseignant, à la fois, sur l’établissement de celles du passé. Le but de ces lignes n’est pas de traiter dé
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- LA NATURE.
- ces formations actuelles en général, mais seulement d’en présenter deux exemples très nets, montrés par les photographies ci-jointes.
- Le premier se rapporte à l’un de ces dépôts qui sont constitués par l’accumulation des coquillages
- de toutes sortes ; c’est là le cas de bien des formations littorales, dont le sable n’est autre chose que le produit de la trituration de milliards de coquilles. Mais, ce que montre notre figure 1, photographie que j’ai prise aux îles Chausey, dans la Manche, ne représente pas absolument un dépôt littoral. C’est une accumulation au milieu des îles, et visible seulement pendant les basses eaux. C’est, en outre, un monticule à forte saillie. Dans cette région, d’une topographie plutôt compliquée, les courants de marées ou autres réunissent, en certains points, des masses de coquilles, qui peuvent arriver à produire, à marée basse, l’aspect d’une sorte de cap très élevé ; celui de la figure 1, situé dans la région Est de l’archipel, est l’extrémité du banc de la « Canue », au sud des roches du même nom. Ce cap émerge d’environ 6 m. au-dessus du niveau des basses mers (vives eaux d’équinoxe) et comme les marées peuvent avoir là une amplitude totale de 14 m., il est alors recouvert par 8 m. d’eau, au moment des plus hautes mers ; enfin, au moment des basses eaux, il reste encore une profondeur de 5 m. à son pied, et nous constaterons ainsi que la hauteur totale de ce cap peut être évaluée à il m. environ, avec une pente de 45° dz pour la partie émergée, tandis que celle toujours immergée est beaucoup plus accore.
- C’est là une vraie montagne de coquillages, car ceux-ci y sont intacts, d’espèces très variées. Ce dépôt est très meuble, et l’ascension n?en est pas absolument aisée si l’on débarque en canot sur ce
- point; plus loin, les pentes s’adoucissent en même temps que la formation est plus compacte, devenant un sable coquillier. L’altitude de ce cap ne varie pas d’une manière sensible, sa forme seule se modifie, ainsi que sa constitution le fait tout naturellement supposer.
- L’autre exemple (fig. 2) montre un fait préparant la fossilisation, en groupement, de nombreux petits crustacés. 11 s’agit là du cas d’une nappe d’eau saumâtre, dans un marais au nord de Granville, où de petites mares à faune maritime se sont évaporées entièrement par suite des fortes chaleurs et de la sécheresse persistante de l’été dernier,* Aussi voyait-on tous les habitants, petits poissons, crabes et crevettes surtout, groupés en tas et dessinant les limites de la dernière nappe liquide où ils ont pu vivre. Ces petits cadavres adhéraient à la vase desséchée; vienne à se produire un nouveau dépôt vaseux par-dessus ce cimetière, et voilà un petit banc fossilifère très riche pour les paléontologistes des temps futurs. Cette
- circonstance semble plus favorable pour la conservation de tels organismes que celle de leur mort naturelle au fond des eaux, où ils ont mille et une chances d’être anéantis par d’autres espèces qui s’en régaleront, avant qu’aient pu se réaliser les conditions propres à leur fossilisation.
- Lucien Rudaux.
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- CHRONIQUE
- Un chemin de fer luxueux. — Le chemin de fer du golfe du Mexique, qui n’est pourtant pas une voie ferrée donnant passage à un trafic justifiant des dépenses exceptionnelles, semble construit sans égard aucun pour l’économie; le fait est que, si les rails ne sont point de métal précieux, du moins ils sont posés sur des traverses d’acajou; les ouvrages d’art de la ligne, partout où ils ne sont pas en métal, sont faits de marbre blanc. De son côté, la ligne de la côte Ouest a été établie avec les mêmes extravagances... apparentes; sur un certain parcours, c’est de l’ébène qui a formé la matière pre-mièi’e des traverses; quant au ballast, emprunté à d’anciennes exploitations argentifères que la baisse de l’argent a fait fermer, c’est bel et bien du minerai d’argent. Nous
- n’avons guère besoin de dire que, si l’on a employé ébène, acajou et le reste, c’est tout simplement qu’on les avait, à pied-d’œuvre, et qu’ils coûtaient moins cher que ceux qu’on aurait fait venir de loin, et que, a priori, on aurait tenu pour plus économique d’employer.
- Le budget naval des États-Unis. — Les États-Unis sont devenus une puissance navale ; et cela leur était d’autant plus indispensable qu’ils prétendaient se livrer à de véritables conquêtes, dont l’Espagne sait quelque chose. Encore en 1896, le budget de la Marine de guerre ne dépassait point 450 millions de francs. En 1899, il atteignait le chiffre de 560 millions, puis 428 en 1905, et, pour 1905, le budget correspondant est de 607 millions !
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du î5 février 1907. — Présidence de M. H. Becquerel.
- Absorption de la lumière. — M. Poincaré remet une Note de M. Jean Becquerel surun phénomène d’absorption de la lumière. À la température de l’air liquide la transparence des corps augmente et leur couleur change. Les bandes d’absorption deviennent extrêmement fines et nettes, tout en restant à la môme place dans le spectre. L’inverse a lieu aux températures élevées. Après avoir abaissé la température de cristaux de terres rares, au-dessous de —100°, l’auteur a repris l’étude des phénomènes magnéto-optiques. Il montre que, dans un champ magnétique, les changements de période du mouvement des corpuscules ou électrons qui absorbent la lumière sont indépendants de la température. Cette étude ouvre mie voie nouvelle aux recherches relatives aux phénomènes optiques et magnéto-optiques. Ils apportent une contribution à l’élude du mouvement des électrons.
- Les poids atomiques des corps simples. — M. Minet adresse ' une Note sur les poids atomiques considérés comme fonction du rang qu’ils occupent dans la série des valeurs croissantes de ces poids.
- Décès. — M. le Président donne lecture d’une notice sur la vie et les travaux de M. II. Moissan. 11 fait connaître que M. Moissan avait exprimé le désir qu’aucun discours ne fût prononcé sur sa tombe et manifeste les regrets de l’Académie.
- Le fluor dans les coquillages. — M. A. Gautier rappelle que M. Carie est parvenu à déceler la présence du fluor dans une quantité d’eaux minérales et dans l’eau de mer. Dès lors, il lui a paru intéressant de rechercher si les animaux qui vivent dans l’eau de mer fixent du fluor. En opérant sur des coquilles d’huître, il a pu doser le fluor en quantité bien plus appréciable que dans l’eau do mer. On se trouve donc en présence d’une assimilation élective par l’animal.
- Anatomie du thorax de l’éléphant. — A propos d’une Note de Mme Phisalix relative à la maladie à laquelle l’éléphant Saul, du Muséum, a succombé, M. Edmond Perrier mentionne des autopsies d’éléphant dans lesquelles la surface lisse du poumon assurait qu’il n’y avait pas d’adhérence à la paroi thoracique.
- La transplantation des cellules des ganglions transplantés. — M. Laveran présente un nouveau travail de MM. G. Marinesco et J. Minca sur les changements survenant dans les cellules ganglionnaires transplantées. En somme, chez les animaux à sang froid, les cellules nerveuses des ganglions transplantés vivent beaucoup plus longtemps après la transplantation ; elles réagissent et. réparent leurs lésions dans une plus large mesure que les cellules ganglionnaires des animaux à température constante.
- Guérison d’un anévrisme des vaisseaux crâniens. — M. Lannelongue analyse une communication de MM. Lan-cereaux et Paulesco relative au traitement d’un cas d’anévrisme de vaisseaux crâniens. Il s’agissait d’une femme qui avait été atteinte d’une contusion violente à l’arcade sourcilière, il y avait 11 ans. Elle éprouva, après ce long intervalle, de la céphalalgie, des battements dans la tête. Elle entendait un souffle, synchrone des battements, d’abord léger, puis bruyant au point d’empêcher le sommeil. L’œil était en partie sorti de l’orbite et la malade était affectée de diplopie. A l’auscultation de la région temporale on entendait un souffle râpeux. L’œil était animé de mouvements pulsatiles. MM. Lancereaux et Paulesco pratiquèrent des injections de sérum légèrement additionné de gélatine. Deux heures après la seconde injection, la malade constate une interruption du souffle qui réapparaît au bout de 8 heures. Ces phénomènes se répètent à chaque injection avec celte différence que le souffle revient de plus en plus affaibli. Après la 59e injection il disparaît complètement et définitivement. La céphalalgie et la diplopie sont également guéries; l’œil est rentré dans sa cavité. Les auteurs pensent que l’interprétation des phénomènes est la suivante. Deux heures après l’injection se produit la coagulation en masse du sang contenu dans la poche anévrismale, d’où cessation momentanée du souffle et des battements. Mais le coagulum se rétracte au bout de 7 à 8 heures; le sang pénètre de nouveau dans la poche. De nouvelles injections reproduisent la coagulation dans la poche qui finit par se remplir de caillots. D’où atténuation et changement de timbre du souffle, puis enfin obstruction complète et définitive après la 59e injection.
- Les toxines dans les liquides de culture. — Dans les
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- laboratoires, ou puise à chaque nisL.nl clans les liquides de culture des toxines destinées soit à faire apparaître la maladie, soit à créer l’état réfractaire. On conçoit que dans ces conditions il est important de savoir dans quelle partie de ces liquides se trouvent les vraies toxines, les sécrétions microbiennes actives. Or, grâce à une série
- d’expériences, MM. Ch.inin et Goupil montrent qu’une certaine partie est dissoute dans le liquide de cette culture, mais que la plus grosse part est fixée sur les microbes eux-mêmes. Si l’on veut avoir des principes agissant énergiquement c’est donc à des microbes eux-mêmes qu’il faut s’adresser. Ou. de Villedeuil.
- HENRI MOISSAN
- La mort prématurée de 11. Moissan est une perte immense pour la France et pour le monde scientifique. Il fut l’un des puissants ouvriers de cette chimie moderne dont les progrès ont tant contribué, depuis un peu plus d’un siècle, à augmenter la richesse publique et le bien-être général. Le sort implacable nous 1 enlève en pleine force de production à l’âge de 54 ans! C’est un grand malheur.
- En 1870, alors que Moissan, élève de Frémy et de Dehérain, au laboratoire du Muséum d’histoire naturelle, venait à peine de publier son premier travail sur la respiration des feuilles à l’obscurité, le grand chimiste J.-B. Dumas disait, à la mort du bien regretté Ch. Sainte-Claire Deville : « Notre pays lient largement sa place en chimie organique, il néglige trop la chimie des corps inorganiques. Souhaitons que bientôt se réveille, dans la génération qui nous suit, un jeune savant qui, reprenant la chimie minérale, sache la féconder et la rajeunir ». Ce vœu de J.-B. Dumas ne semblait pas alors près de se réaliser. Les progrès de la chimie organique étouflâient partout, mais surtout en France et en Allemagne, ceux de cette chimie, alors démodée, qui nous a fourni les métaux, l’acide sulfurique, la soude, le verre, le chlore, l’iode, le sel marin, les phosphates, le nitre et la plupart des engrais artificiels dont ne peut plus se passer notre agriculture. On délaissait la chimie minérale parce que paraissaient épuisés les riches filons d’où étaient sorties tant d’utiles découvertes.
- Les recherches de Henri Moissan ont démontré l’erreur d’un tel jugement; il a fait renaître un mouvement de curiosité autour des grands problèmes de la chimie minérale; il en a démontré l’indéfinie fécondité. 11 a fait voir ce que peut tirer de l’étude des corps bruts l’ingéniosité d’un esprit perspicace, habile, aidé des méthodes exactes, et poursuivant ses audacieuses conceptions grâce à ce puissant outil, l’énergie électrique, que, jusqu’à lui, on n’avait pas su bien utiliser dans nos laboratoires.
- Sa première grande découverte fut l’isolement du lluor. On connaissait les lluorures ou Huâtes depuis Schéelle; quelques chimistes avant Moissan avaient même entrevu le lluor, mais aucun avant lui n’avait su le séparer nettement de sa combinaison, encore moins manier ce corps extraordinaire qui détruit à peu près tout ce qu’il touche. Le 20 juin 1888 Moissan annonçait à l’Académie des sciences, après de nombreuses tentatives infructueuses, qu’en sou-
- mettant à l’éleclrolyse à —50° l’acide lluorhydrique rendu conducteur par du lluorure de potassium, il avait obtenu à l’électrode positive un gaz odorant, enflammant directement le silicium, le bore, le soufre, le charbon, l’iode lui-même, attaquant tous les métaux, jouissant à un degré éminent de toutes les propriétés du chlore et du brome dans la famille desquels le génie de J.-B. Dumas l’avait provisoirement rangé depuis longtemps1.
- Le lluor est le corps électro-négatif par excellence : il déplace l’oxygène de scs combinaisons les plus stables, de l’eau par exemple, dont il le dégage à l’état d’ozone. Il attaque tous les sels métalliques. On peut désormais entrevoir le jour où l’industrie, le produisant à bon compte, permettra d’utiliser cet outil chimique le plus énergique de tous.
- Je ne parlerai pas ici des multiples découvertes qui se rattachent à celle du lluor et qui l’ont préparée ou suivie dans le laboratoire de Moissan : lluorure de phosphore qu’il espérait transformer par oxydation au rouge en acide phosphorique et lluor libre; oxylluorure de phosphore ; lluorures et oxylïuorures de soufre; lluorures d’arsenic, de brome, d’iode, de carbone; éthers lluorhydriques.... C’est accessoirement, qu’entre ses mains la chimie minérale s’est enrichie de tous ces nouveaux corps.
- L’énergie électrique, qui venait de lui fournir le lluor, allait être bientôt appliquée par Moissan à l’obtention des hautes températures, jusque-là inabordables, ou du moins pratiquement inutilisées.
- En décembre 1892, il construisait à l’École normale ce four électrique dont il allait tirer un si grand parti. C’est un simple bloc de chaux ou de calcaire, creusé en son centre d’une cavité pouvant servir de creuset et recouvert d’une plaque de même substance. Dans cette cavité pénètrent deux forts électrodes en charbon, entre l’extrémité desquels on fait éclater l’étincelle électrique. Avec une machine de 8 chevaux donnant 100 ampères avec 45 volts, on atteint facilement la température de 2500° ; avec 45 ampères et 70 volts on arrive à 5000°. Les plus hautes températures maniées jusque-là par les chimistes étaient obtenues au moyen du chalumeau oxyhydrique et ne dépassaient pas 1900°. C’est grâce à la combustion du gaz par l’oxygène que 11. Sainte-Claire Deville et Debray fondirent aux Arts et Métiers les 500 kg de platine iridié qui
- 1 La première expérience qui a permis à Moissan d'isoler le lluor est du 26 juin 1886.
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- servirent à fabriquer les mètres internationaux. Dans le four définitif de Moissan on atteint rapidement 5500°. À cette haute température non seulement le platine et la silice fondent rapidement, mais la plupart des sels et même des oxydes se dissocient. Le carbone lui-même et la silice se volatilisent. C’est grâce à son four que Moissan put préparer les métaux et les métalloïdes les plus réfractaires obtenus la plupart, avant lui, à l’état de fontes carburées, azotées, siliciées, et toujours en faible quantité. De 1894 à 1895, il prépare à l’état pur en proportions relativement grandes, et h l’état cristallisé : le bore, l’uranium, le manganèse, le chrome, le tungstène, le vanadium, le titane, le molybdène. Les alliages de tous ces corps avec le fer et d’autres métaux sont à cette heure à l’étude; plusieurs ont déjà donné des résultats industriels avantageux.
- C’est en maniant ces hautes températures dans ces l'ours en chaux recevant le plus souvent un creuset de graphite et traversé par des électrodes de charbon <|ne Moissan observa, incidemment, la formation du carbure de calcium. 11 ne tarda pas à reconnaître que ce produit traité par l’eau dégage abondamment de l’acétylène. Obtenu d’abord par un heureux hasard, étudié ensuite de plus près, ce précieux carbure fut bientôt préparé en grand. L’industrie de la production de l’acétylène est née de celle découverte.
- Moissan lit connaître un grand nombre d’autres carbures analogues au carbure de calcium, la plupart à peine entrevus jusque-là : carbures de manganèse, de vanadium, rhodium, iridium, lanthane, cérium, lithium, sodium, chrome, tungstène, tantale, molybdène, etc. ; toutes ces recherches se suivirent à courte échéance de 1894 à 1904, s’intercalant entre ses autres travaux.
- La volatilisation du charbon dans l’arc électrique qu’il maniait tous les jours fut sans doute l’origine des réllexions de Moissan sur la genèse du diamant. On sait «pic Newton soupçonna que cette substance est combustible, et que Lavoisier démontra définitivement, en 1772, qu’elle est uniquement formée de charbon cristallisé. Comment forcer le charbon amorphe de bois ou de sucre à prendre la structure cristalline? Evidemment en en rendant mobiles les dernières particules ou molécules, c’est-à-dire en les volatilisant grâce à une température extrême, tout en empêchant qu’elles s’échappent à l’état de gaz, car on sait qu’à ces hautes températures, la vapeur de carbone cristallise non à l’état de diamant, mais de graphite. Moissan songea donc à volatiliser le charbon, mais en vase clos. Ce problème paraissait insoluble, car tous les vases fondent aux températures d’ébullition du charbon. Il le résolut cependant. 11 remarqua que, quand la fonte de fer se solidifie, elle augmente de volume. Si donc on liquéfie la fonte, ou carbure de fer, dans un creuset de charbon chauffé au four électrique à 3500°, de façon à faire dissoudre à cette fonte le maximum de vapeur de charbon, et qu’à ce moment on plonge tout à
- coup le creuset rouge éblouissant et son contenu métallique dans de l’eau glacée ou du plomb fondu, une croûte de fonte solidifiée se formera rapidement à la surface, emprisonnant le métal intérieur encore liquide dans la profondeur. En se refroidissant ensuite le métal fondu emprisonné se dilatera, mais maintenu par l’enveloppe métallique déjà solidifiée à l’extérieur, sa dilatation fera naître dans l’intérieur de ce bloc une pression énorme. Ainsi comprimée, la vapeur de charbon sera dans les conditions voulues pour que l’excès se sépare de la masse de carbure sous forme cristalline. Après refroidissement, il suffira de reprendre par les acides forts la masse métallique tout entière pour retrouver comme résidu inattaqué le charbon cristallisé à l’état de diamants microscopiques.
- Après les avoir ingénieusement séparés des sili-ciures, carbures, azotures de fer qui les accompagnent, Moissan obtint de petits cristaux cubiques ou octaédriques, noirs ou transparents, de densité égale à 3,5, rayant le rubis et brûlant au rouge dans l’oxygène en donnant le poids voulu d’acide carbonique. Il annonçait à l’Académie des sciences sa découverte de la production artificielle du diamant, dans la séance de G février 1895.
- Ainsi fut résolu, du moins au laboratoire, grâce à celte très ingénieuse méthode, le problème de la reproduction artificielle du diamant, découverte qui rendit aussitôt populaire le nom de Moissan. Un jour viendra peut-être où l’application du principe, dont il a démontré l’exactitude, permettra de créer sinon des diamants purs de grosseur pratique, au moins le carbonado qu’il a obtenu aussi, et dont l’extrême dureté permettra de garnir nos instruments de sonde ou de polissage de cette matière inaltérable à l’usure qui lui a fait donner ce nom d’à8àp.a; ou indomptable.
- En même temps, et comme corollaire de ces recherches, Moissan étudiait les azotures, siliciures, borures qui se forment, ainsi que les diverses variétés de carbones et de graphites et leur manière de se comporter vis-à-vis des réactifs.
- De 1899 à 1904, Moissan entreprit l’étude des azotures, amidures, siliciures des divers métaux. 11 fit aussi connaître les caractères d’un grand nombre de combinaisons jusque-là entrevues à peine et classa les carbures métalliques qu’il avait systématiquement produits. Les uns, comme le carbure de calcium ou de lithium, donnent de l’acétylène au contactdel’eau froide; d’autres, tels que ceux d’aluminium, dégagent avec l’eau du gaz méthane pur, et répondent à une formule telle que Al H? ; d’autres donnent un mélange de méthane et d’acétylène, tels que ceux du groupe de la cérite ; d’autres du méthane et de l’hydrogène ; d’autres enfin, tels que les carbures de molybdène C Mo2, de tungstène G Tu2 ou de chrome, ne décomposent pas l’eau à froid. Moissan fonda, sur la décomposition de ces divers carbures préexistants dans le noyau central du globe, et se décomposant avec forte émission de chaleur au
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- contact de la vapeur d’eau, une théorie de la formation des pétroles naturels. 11 pense que les phénomènes volcaniques peuvent être en partie expliqués par la violente décomposition de ces carbures grâce à l’eau qu’ils rencontrent sous la couche terrestre.
- L’étude d’une classe de combinaisons jusque-là délaissée, celle des hydrures, conduisit Moissan à nous faire connaître les hydrures de calcium, rubidium, cæsium, ainsi que des hydrures de silicium nouveaux. La plus curieuse propriété des hydrures alcalins est de se transformer en formiales sous l’influence de l’acide carbonique et de décomposer le cyanogène en donnant un cyanure métallique et de l’acide cyanhydrique. Cette étude amena bientôt Moissan à l’examen des métaux-ammoniums qu’il étudiait depuis deux ou trois ans.
- Dans ces derniers temps, il tenta et parvint à distiller, grâce aux températures élevées de son four électrique, les éléments les plus réfractaires : le cuivre et ses alliages, l’étain, l’osmium, le ruthénium, le chrome, le manganèse, le molybdène, le tungstène, l’uranium, le platine, le titane lui-même. Son dernier mémoire (C. /L Acad, des Sciences, 19 mars 1906, t. XL11, p. 673), consacré à la distillation du titane, le plus réfractaire de tous ces corps, arrive à cette conclusion bien imprévue que toutes les substances terrestres étant volatilisables à 3500° dans le four électrique, la température du soleil, composé de ces mêmes matériaux, ne saurait à sa surface être beaucoup plus chaude en vertu de la loi des chaleurs latentes de volatilisation; mais il pensait qu’en raison de l’ascension des vapeurs surchauffées venues des profondeurs de l’astre, la température de sa surface peut varier entre les limites de 6500° et 3500e,
- La vie de Moissan a été' bien remplie. Au cours de ses 33 ans de laboratoire le compte plus de 200 mé-
- moires ou notes importantes publiés par lui et je me garderais de prétendre, dans cette courte notice, avoir résumé tous ses travaux. Je néglige ses belles recherches sur les états isomériques des oxydes de chrome, de fer, de nickel, sur les amalgames qui lui permirent d’obtenir à basse température des métaux à l’état pur ou allotropique, ses recherches sur les gaz des fumeroles, etc. C’est cette magnifique œuvre scientifique tout entière que l’Académie de Stockholm a voulu récompenser, en 1906, en lui attribuant le prix Nobel qu’il recevait quelques semaines avant sa mort. 11 emporte dans la tombe bien des espérances, bien des idées et des projets de | travail; mais il laisse
- gg une jeune école qui
- if continuera son
- œuvre. Parmi ses collaborateurs ou ses élèves, qu’il me soit permis de citer Dehérain, son premier maître; Dewar, avec qui il parvint à liquéfier le fluor; Étard, son ami de la première heure; Lebeau, son disciple et son aide dévoué dans les pénibles travaux du four électrique ; Moureu, Charpy, Smiles, Dilthay, O’Farre-cley, Williams, Martinson, Stock, Kroustnetzof, Hoffmann, etc., venus d’Angleterre, d’Allemagne, d’Amérique, pour étudier chez lui le maniement des hautes températures. Puissent-ils conserver et propager les idées et les méthodes de leur savant collaborateur et maître.
- Pour moi, en déplorant la perte du grand chimiste qui vient de disparaître, je regrette aussi un confrère et un ami, toujours égal, aimable, généreux, bienveillant, modéré. S’il n’est plus,- son œuvre reste, et puisse se réaliser à nouveau le vœu de J.-B. Dumas de voir bientôt surgir un digne continuateur de ses belles recherches. Armand Gautier,
- de l’Académie des Sciences.
- Le Gérant : P. Masson.
- Henri Moissan.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1763. — 9 MARS 1907.
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- LES PHOQUERIES DES ILES PRIBILOFS
- Le 17 juillet dernier, trois ou quatre schooners japonais, qui rôdaient déjà depuis quelques jours dans la mer de Behring, débarquaient une cinquantaine d’hommes armés sur les rivages de Saint-Paul, l’une des Pribilofs, domaine d’un troupeau de phoques à fourrure pris sous sa protection par le gouvernement américain.
- En dépit des traités, les maraudeurs se mettaient en devoir d’exterminer les malheureux phocidés. II faut croire qu’ils allèrent vite en besogne puisque,
- bablement pour résultat de valoir à leurs troupeaux, si cruellement décimés, une protection plus efficace.
- On compte, ou plutôt on comptait, il y a quelques années, trois grandes rookeries de phoques dans l’extrême nord du Grand Océan : celle des îles du Commandeur, situées à l’Est de la presqu’île du Kamtchatka et appartenant aux Russes; celle de l’ile Saint-Paul, de l’archipel des Pribilofs, appartenant aux Américains, et que nous allons décrire; enlin, celle des Kouriles, chaîne d’îles volcaniques qui
- Fig. 1. — Los phoques île Sainl-Paul prenant leur bain de soleil.
- deux heures plus tard, quand un Àléoute eut donné l’alarme aux gardiens de Pile, deux cents carcasses gisaient déjà sur le rivage. Et les Japonais avaient eu le temps de dépecer une centaine d’autres phoques et de transporter leurs peaux dans une chaloupe.
- Sous les ordres de M. W. T. Lembkey, agent du ministère du Commerce et du Travail, et surveillant général de la phoquerie, les gardes accouraient sur le théâtre du massacre. Sommés de se retirer en abandonnant leur butin, les Japonais refusaient; ils menaçaient même les gardes, les couchaient en joue. Mal leur en prit ; une salve tuait net cinq pillards ; douze autres étaient faits prisonniers et conduits en Alaska pour y être jugés.
- Ce grave incident ramène l’attention sur les rookeries à phoques de la mer de Behring ; il aura pro-35e aimée. — 1er semestre.
- s’allonge, presque en ligne droite, entre la pointe méridionale de la môme péninsule et les rivages septentrionaux de Yéso.
- Cette dernière rookery, si l’on en croit certains voyageurs, comptait encore, au milieu du xixe siècle, une innombrable colonie de phoques à fourrures ; c’était par millions que les précieux animaux s’y donnaient rendez-vous, pour le long hivernage. Mais les Japonais n’ont su ni , prévoir ni prévenir la destruction de leurs phoqueries des Kouriles.
- Exploitée méthodiquement, comme en agissent les Américains à Saint-Paul, ces rookeries fussent restées pour leurs pécheurs une généreuse poule aux œufs d’or. Actuellement, elles sont dépeuplées. Et c’est à peine si elles produisent deux cents peaux par an. Qu’on ne s’étonne pas que les chasseurs
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- LA NATURE.
- japonais, bravant les fusils russes ou américains des îles du Commandeur on de Saint-Paul, et aussi les tempêtes eifroyables de la mer de Behring, viennent braconner dans ces parages.
- D’après des documents officiels émanant du Département du Commerce des Etats-Unis, le troupeau des Pribilofs comptait, il y a vingt ans, plus de 4 millions de têtes. L’effectif du troupeau est estimé actuellement à moins de 500000 têtes.
- Grâce à la convention passée en 1902, à La Haye, entre la Russie et les États-Unis, l’existence de cette intéressante espèce n’est plus en jeu ; elle n’est plus menacée d’extinction totale.
- Mais les conventions internationales n’intéressent que la Russie, les États-Unis et les colonies anglaises de l’Amérique du Nord, dont les nationaux ne peu-
- les mâles adultes, ou plutôt par ceux d’entre eux qui, après des combats acharnés, ont su imposer le respect aux rivaux moins courageux ou moins robustes.
- Chassés loin des troupeaux de femelles par les vainqueurs, les vaincus, contraints de faire bande â part, se rassemblent sur un promontoire d’où ils exhalent leur rage impuissante en beuglant lamentablement. Leurs malencontreuses protestations guident les Aléoutes, qui lés cernent et les assomment à coups de gourdins.
- Les peaux sont livrées par le gouvernement à la Nortli American Commercial Company, qui lui paye une redevance de 10,22 1/2 dollars (soit environ 52 francs) pour chaque dépouille. C’est un fructueux monopole, puisque la Compagnie revend aisément la même peau 100 ou 150 francs. Les peaux dites
- Fig'. 2. — Vue d’ensemble d’une phoquerie.
- vent pas poursuivre les phoques dans un rayon de 00 milles marins autour des îles Pribilofs, de 30 milles autour des îles du Commmandeur. Le gouvernement américain interdit même à ses nationaux de chasser le phoque dans la mer de Dehring, à quelque distance que ce soit des côtes. Les Japonais, qui ne sont liés par aucune convention, écument ces eaux; à eux incombe, en grande partie, la responsabilité du massacre en haute mer.
- Du jour où les États-Unis prirent sous leur protection les phoques de Saint-Paul, ils édictèrent des règlements spéciaux pour l’exploitation du troupeau. L’abatage des mâles superfluous (en trop) est seul permis. Le massacre est systématique : les natifs de l’archipel, des Aléoutes, membres de la grande famille des Esquimaux, en sont chargés.
- La Idlling season commence dans les derniers jours de juin pour ne prendre fin que vers la mi-août. Les gardes sont aidés dans leur besogne par
- pélagiques (prises en haute mer) ont moins de valeur, car elles sont abîmées par les coups de harpon ou les marques des balles.
- Cette année, le nombre des peaux cédées par le gouvernement à la Compagnie concessionnaire a été de 14 368. Ce chiffre ne représente pas le nombre des bêtes tuées. Les pêcheurs japonais et canadiens ont dû en massacrer cinq fois plus. Ce qu’il y a de regrettable, c’est qu’ils n’ont d’égards ni pour le sexe ni pour l’âge : ils tuent les femelles comme les petits. Au contraire, les agents américains ne livrent à la massue des Aléoutes que les mâles superflus âgés de deux à quatre ans.
- La chasse du phoque à fourrure fut longtemps une industrie prospère sur la côte du Pacifique. 11 y a dix ans, le seul port de Victoria (Colombie britannique) armait chaque année 120 navires pour cette pêche. Durant Ja dernière saison, ce chiffre s’est abaissé à vingt schooners. Y. FoRiihw
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- LA NATURE.
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- ORIGINE DE LA SUETTE MILIAIRE
- Dans le courant des mois de mai et juin derniers, une épidémie grave de suette a éclaté dans la région de la Charente, s’étendant sur deux ou trois départements1. Près de six mille personnes ont été atteintes, dans la courte durée de son extension. On n’avait pas eu d’épidémie importante à signaler dans notre pays depuis celle de 1887 qui sévit dans le centre de la France, la Vienne et la Haute-Vienne. Ni l’une ni l’autre ne différent par leur marche ni par leur évolution des épidémies antérieures et de celles qui ont ravagé l’Europe et les lles-llritanniques au xve et au xvi° siècle. Longtemps on avait nié la similitude de la suette anglaise, de la peste britannique avec la suette miliaire. Le doute n’est plus permis; il ne s’agit (pie d’une seule et même maladie.
- L’origine de ces épidémies, dont j’ai donné jadis2 une relation détaillée, a été et est encore fort discutée. Dans la dernière épidémie, le professeur Chanlemesse (assisté des Drs Marchouk et llaury) a procédé à des examens bactériologiques, à des ensemencements du sang et du liquide céphalo-rachidien, à des inoculations, sans aucun résultat; il n’a pas pu déceler un germe. Et cependant l’idée de contagion, qui n’a pas eu de nombreux défenseurs, semble bien la plus apte à expliquer ces diffusions rapides; on ne connaît pas d’exemple de contagion directe bien nette. En effet, on voit des villes importantes être épargnées par le fléau, alors que des malades ou des personnes vivant au contact de malades, y avaient séjourné. A la foire de Rouillac, 1220 personnes d’Angoulème sont venues et reparties par le chemin de fer, après être restées toute la journée dans ce centre, alors ravagé par la suette, et aucune n’a été atteinte, aucune n’a transporté la maladie.
- La rapidité avec laquelle la maladie se répand dans un village est encore un argument contre la contagion directe bien qu’à la rigueur on puisse arguer que la grippe se dilïuse souvent avec une extrême rapidité et est cependant souvent provoquée par contagion directe.
- Le professeur Chanlemesse, dans l’enquête minutieuse à laquelle il a procédé dans la Charente, est arrivé à édifier une théorie, encore hypothétique, de l’origine de la suette miliaire, mais qui pourrait bien recevoir, avant peu, la confirmation de la preuve expérimentale. La suette ne se transmet pas ou rarement par contagion directe; il y a plus, elle se transmet sans l’intermédiaire des malades. Quel est donc l’agent de transmission? M. Chanlemesse incrimine, comme pour la peste, le rat et la puce. Le rat est l’agent de diffusion du virus, la puce est l’insecte chargé de l’inoculation.
- Le virus vient des champs; ce sont toujours les maisons en bordure des villages qui présentent les premiers cas; ce sont les gens qui habitent les rez-de-chaussées qui sont frappés de préférence à ceux qui logent dans les étages. Autre remarque du savant hygiéniste : les maisons sans planchers fournissent plus de malades que celles qui offrent ce moyen de protection. Qu’est-il donc, dit M. Chanlemesse, ce virus, pour se répandre en tache d’huile ou même en flaque d’eau, pour ne se trouver qu’à la campagne, pour venir des champs, pour ne s’écarter guère du sol, pour passer plus facilement aux femmes qu’aux hommes, pour sembler se transmettre au lit? Ce virus, que les anciens supposaient exister, quand
- 1 Yoy. La Nature, n° 1728, 17 juillet 1906.
- 2 Yoy. La Nature, n° 740, 6 août 1887.
- ils parlaient de la suette comme un venin de terre, est une maladie du rat des champs, transmise à l’homme par les puces.
- Telle est la conclusion à laquelle arrive notre confrère à la suite de son enquête, conclusion, comme il le dit avec raison, absolument hypothétique mais qui a pour elle un certain nombre de laits assez convaincants. La région qui a été envahie par la suette cette année est celle qui a été ravagée il y a deux ans par les campagnols. La destruction en a été poursuivie avec acharnement, mais il en restait un grand nombre au printemps dernier, puis ils ont tous si bien disparu qu’on n’a pu en capturer pour reconnaître si la maladie sévissait sur eux. Autre preuve, moins absolue, car il y a nombre de régions où l’on pourrait trouver, sans épidémie de suette, la même manifestation. A tîenac, le premier village atteint, les habitants étaient en grand nombre dévorés par les puces, et, chose curieuse, ils attribuaient l’exagération du nombre de ces parasites à l’invasion de leurs maisons par les rats chassés par les inondations. Le rat est venu contaminer les puces et les puces, ou tout autre parasite de ce genre, ont inoculé les humains.
- Les conclusions du professeur sont développées avec maintes données aussi précises; mais l’origine de la suette par l’invasion des rats n’est encore qu’une hypothèse et il faudrait, à la première épidémie, surveiller les débuts pour vérifier le bien fondé de cette opinion.
- D1' A. Cahïaz.
- UN CHEMIN DE FER EN 1810
- M. llilgert a donné dans Scientific American un chapitre curieux et peu connu de l’histoire des chemins de fer : nous entendons des voies servant au transport des marchandises et munies de rails, mais de rails en bois, ce qui justifie par à peu près le mot de chemin de « fer », que nous n’osons employer que par assimilation. C’est en 1790 qu’un exploitant de carrières de pierre de Philadelphie avait songé à créer une voie de transport facile et peu coûteuse entre ses carrières de Ridley et la rivière Delaware : il avait désiré d’abord établir un canal, mais comme l’autorisation nécessaire lui avait été refusée, il poursuivit ses desseins par un autre moyen, et, après bien des difficultés, il obtint enfin en 1809 de pouvoir établir la voie qu’il rêvait : il s’était livré à des expériences sur petite échelle qui lui avaient donné pleine satisfaction, en permettant à un seul cheval de tirer une charge de bien près de 5 tonnes sur une rampe assez marquée. Au printemps de 1810, la voie était terminée comme infrastructure et superstructure, et la surface de roulement était faite de « rails » en chêne blanc, maintenus par des traverses et des enlretoises : nous pouvons employer le mot de rail, car il est exact étymologiquement, il n’implique pas, en anglais, l’idée de métal. Cette ligne, qui avait 1050 m. de développement, présentait une double pente, sa rampe maxima atteignant près de 7 mm par mètre. Les roues des wagons, qui étaient naturellement traînés par des chevaux, étaient faites de fonte et présentaient le boudin caractéristique.’ Cette voie à rails (pour ne pas dire ferrée) fonctionna avec plein succès de 1810 à 1828; il est curieux de noter qu’elle fut ensuite abandonnée pour un canal. Aujourd’hui, le chemin à rails, le vrai chemin de fer, triomphe définitivement du canal.
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- LA NATURE.
- NOUVEAUTES CYCLISTES
- On ne peut plus espérer trouver, dans les Expositions actuelles, des transformations importantes en ce qui concerne la bicyclette. L’ellort des constructeurs continue à se porter sur les changements de développement qui deviennent de plus en plus le complément d’une bonne machine de touriste. 11 en existe déjà une quantité assez considérable, avec une ou plusieurs chaînes, à rélropédalage, à engrenage et train balladeur, etc. Ceux qu’on imagine actuellement ne diffèrent généralement pas beaucoup des précédents et, à part de rares exceptions, il s’agit souvent de perfectionnements de détails, qui ont leur importance, mais ne constituent pas àTvrai dire une nouveauté.
- Dans le principe on s’est contenté d’opérer le changement de multiplication dans des circonstances exceptionnelles, pour de très longues côtes; on descendait alors de machine et on consacrait quelques minutes pour faire la modification nécessaire à la chaîne et au pignon. Mais on a bien vite exigé que cela puisse se faire sans descendre de machine et c’est le cas pour tous les systèmes actuels qui sont munis d’une manette qu’on manœuvre facilement étant en selle. Voici maintenant que la maison Peugeot fait plus encore et supprime toute manœuvre, le changement de multiplication se lait automatiquement quand on aLteintune vitesse déterminée. C’est
- la force centrifuge qui est mise à contribution pour cela. La machine (fig. 1, n° 1) porte deux chaînes qui par des pignons différents, montés en roue libre, commandent la roue motrice. L’un de ces pignons donne un développement de 3 mètres; l’autre, qui peut être débrayé complètement, donne un développement de 6 mètres. Ces chilfres n’ont rien d’absolu et peuvent être modifiés par construction sur la demande du cycliste, mais ils constituent une bonne moyenne dont se contentera le plus grand nombre.
- Le débrayage et l’embrayage du pignon qui donne le plus grand développement se fait au moyen de deux liges À et B qui longent deux des rayons de la roue motrice situés dans le prolongement l’un de
- l’autre. A l’extrémité qui touche à la jante se trouvent deux petites masses métalliques MM qu’un ressort tient légèrement éloignées de la jante; la force de ce ressort est calculée de telle sorte que quand la vitesse dépasse 12 kilomètres à l’heure, les masses M, obéissant à l’action de la force centrifuge, tendent à se rapprocher de la jante; dans leur déplacement elles entraînent les tiges À B dont l’extrémité inférieure agit sur le pignon de façon à le faire embrayer sur l’axe de la roue motrice. A ce
- moment, l’autre chaîne n’a plus d’action, bien qu’elle soit restée en prise avec l’autre pignon, parce que la roue tourne plus vile qu’elle; mais il suffira, pour qu’elle agisse de nouveau, d'un ralentissement d’une seconde, car aussitôt les masses M s’éloigneront de la jante et les tiges dont elles sont solidaires opéreront le débrayage du
- loppement M. Per no t fait construire par M. Savoye, de St-Chamond, un système de chan-ement de vitesse et
- tout à fait nou-Le
- grand déve-
- iV 1. ClKingeinoul de vitesse
- automatique Peugeot liai' l’elï'et de la i'orce centrifuge.
- N° 2. Pédale extensible Maujietit Decker.
- b
- très
- veau.
- grand
- pignon, calé sur l’axe des manivelles, est constitué par une poulie extensible. Elle est formée de deux plateaux parallèles portant des rainures concentriques (fig. 2, n° 1); notre dessin représente un de ces plateaux A, l’autre exactement pareil étant enlevé pour laisser voir l’intérieur.
- Entre ces deux plateaux s’engage une chaîne à rouleaux, qui n’est nullement motrice et n’a pas d’autre emploi que de constituer le fond de la gorge de la poulie : on comprend de suite que selon qu’elle sera plus ou moins enroulée sur elle-même, le diamètre de la poulie sera plus ou moins petit. A cet effet on a prolongé légèrement l’axe des rouleaux pour qu’ils s’emboîtent dans les rainures ; celles-ci forment par le fait une rainure continue hélicoïdale
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- LA NATURE.
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- allant du centre h la périphérie, avec un léger fléchissement après chaque tour complet pour obtenir une circonférence parfaite. On voit que l’un des bouts de la chaîne est libre, tandis que l’autre est fixé, au moyen d’une pièce L qui pivote en T, à une couronne C qui entoure le plateau A. Dans ces conditions si celui-ci tourne tandis que la couronne est fixe, la chaîne sera poussée et s’enfilera dans la rainure par son extrémité libre, tandis que son extrémité fixe h s’abaissera peu à peu vers le centre. Après chaque tour complet la chaîne aura passé d’une rainure dans la suivante, de façon à former une circonférence parfaite; la partie non utilisée se loge dans la suite de la rainure; notre gravure la représente occupant la seconde rainure, soit le développement n° 2, il y en a quatre en tout opérer le changement il arrêter la couronne C ; à cet elïét elle n’est rendue solidaire du plateau A que par le verrou V. Au moyen d’une transmission souple, qui aboutit au guidon, on agit sur une pièce (fixée au cadre de la machine) disposée de façon à retirer le verrou, maintenir la couronne immobile, pendant un tour complet, pour l’abandonner ensuite après avoir
- nous informer qu’ils vont y adapter un moteur léger, de façon à constituer une motocyclette pouvant aborder toutes les côtes. Nous la verrons probablement au Salon prochain.
- Dans le but de soulager l’effort du cycliste dans les côtes, M. Maupetit a fait construire par M. Decker une manivelle extensible, de façon que le bras du levier sur lequel agit la pédale augmente au moment où l'effort est plus grand. Elle se compose (fig. 1, n° 2) d’un bras métallique A B, qui constitue la manivelle proprement dite, fixée en B sur l’axe du pédalier. En AC se trouve un bras plus petit qui porte la pédale P à son extrémité, il pivote en A de façon à être perpendiculaire à AB ou bien à venir dans
- repoussé le verrou. Pour passer des petits diamètres aux plus grands on exécute la même manœuvre, mais on pédale un instant en arrière.
- La chaîne B (fig. 2, nos 2 et o), qui transmet le mouvement du pignon extensible au pignon de la roue motrice, a une forme toute spéciale qui lui permet d’engrainer sur ces pignons non dentés ; il faut en outre qu’elle soit toujours tendue quel que soit le développement choisi. On parvient à ce résultat en la faisant passer sur deux galets M et H, montés sur sur un bras de levier maintenu par un ressort; nos gravures montrent les positions de ces galets tendeurs au plus grand et au plus petit développement. Ce système très ingénieux, qui a demandé de longues années pour être mis au point, donne, paraît-il, d’excellents résultats et les constructeurs viennent de
- Fig. 2.
- N° 1. l’ignon extensible l'ernol-Savoye.
- N° 2. Position du petit développement.
- JS° 5. Position du grand développement
- son prolongement. 11 est maintenu dans la première position par un -ressort- à boudin R attaché en 1) à une lige, ayant la même longueur que AC, fixée à angle droit sur AB dont elle est solidaire. , .
- On comprend que dans ces conditions le- bras de levier est en réalité constitué par la ligne idéale allant de B à P ; si donc à un moment donné la pression sur la pédale est suffisante pour vaincre l’action du ressort, le point P tend à venir dans le prolongement de AB et le bras de levier est augmenté de toute la longueur de AP. Au moment où la manivelle est au bas de sa course, l’action du pied sur la pédale diminue et le ressort fait reprendre au bras AP sa position perpendiculaire sur AB, de sorte qu'il ne peut pas toucher le sol.
- Les essais faits avec cette manivelle ont donné des résultats assez concluants pour l’adapter a des machines, notamment pour les tri-porteurs.
- En terminant cette revue rapide des nouveautés cyclistes nous dirons que nous avons choisi parmi les inventions nouvelles celles qui nous paraissent les plus intéressantes, nous ne les avons pas essayées par nous-même. Elles méritaient d’être signalées comme originales et ingénieuses, mais il leur faut acquérir la consécration de la pratique. G. Chai,mahî:s.
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- LA NATURE.
- ALESIA
- « Alésia, dit César1, était un oppidum sur le sommet d’une colline et d’un siège assez élevé pour qu’on puisse croire n’en venir à bout que par blocus ; les deux flancs opposés de cette colline étaient baignés à leurs pieds par deux rivières. Devant cet oppidum, s’étendait une plaine longue d’environ trois milliers de pas, tandis que, sur les autres côtés, à un intervalle assez restreint, des collines d’une altitude égale encer-
- Fig. 1.
- Mercure, bronze.
- claient l’oppidum. »
- Cette description brève, mais précise, est trait pour trait celle du Mont Auxois, où la ville d’Alise-Sainte-Reine a perpétué le nom d’Alésia, bien quelle n’en occupe pas l’exact emplacement. Les deux rivières de César sont l’Oserain et
- 1 G. J. César. De bellico Gallico.
- Liv. VII, ch. XLIX.
- 2 C’est à partir du moment où l’on a
- su que Napoléon III préparait une Histoire de Jules César qu’on a vu surgir partout de prétendues Alésia. D’excel- Fig. 5. -
- lents esprits, comme Quichcrat, Delà- ; : :
- croix, donnèrent dans cette archéologie d’opposition et soutinrent vivement l’Alésia franc-comtoise. Ce fut le duc d’AumSle
- l’Ose, la plaine celle des I jaunies ; le cadre des collines est formé par le mont Réa, la montagne de Russy, la montagne de Flavigny et le mont Pévenel. C’est là qu’est morte la Gaule.
- Cependant on en a douté mois derniers, M. Rérard exposait, à l’Académie des Inscriptions et Relles-Lettres, sa croyance qu’Izernore, dans l’Ain,' était la véritable Alésia. Cette idée n’eut pas de succès, et sans doute sera la dernière hypothèse hasardée au sujet de celte ville, qui, depuis 50 ans, promène son incer-Vercingétorix. litude de la Franche-Comté (Alaise)
- au Gard (Alais), et jusqu’en Normandie2.
- Sans nous attarder à l’histoire
- Fig. 2.
- Gardois mnrl, bronze.
- Jules
- qui, exilé en Angleterre, publia en 1858, dans la Revue des Deux Mondes, un excellent article pour combattre cette théorie. L’empereur lit alors entreprendre des fouilles simultanées à Alaise et à Alise. On retrouva à Alise les fossés de César, à Alaise .des armes appartenant à l’âge du fer. Avant cette époque, il n’y avait pas eu de controverse sérieuse sur Alésia, et, en 1859, dans le Specla-
- Oésar.
- Médailles.
- i <3jj-
- Fig. 4. — Le Mont Auxois et la région voisine.
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- LA NATURE.
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- de ces controverses, nous dirons seulement ce qui a tranché la question en faveur d’Àlise-Sainte-Heine.
- Pendant
- 52 avant J.-G., César, apprit le soulèvement d’une partie des Gaules, sous Vercingétorix : il franchit les Alpes, met la Province en défense, fait une feinte sur l’Auvergne, puis remonte les vallées du Rhône et de la Saône, traverse la Seine, gagne Orléans, prend lîourges (Avaricum) et, battu devant Gergovie, fuit vers Auxerre, où il joint son lieutenant La-biénus, qui revient vers Sens, après une victoire aux environs de Paris.
- Là, ils attendent l’arrivée des cavaliers mandés de Germanie par César. Cependant, Vercingétorix temporise, puis, ayant à son tour réuni ses troupes entre l’Yonne et
- leur militaire, le commandant Du Mesnil, qui faisait une notice sur Àlésia, ne songeait même pas à justifier son iden-Iilication avec Alise, tant pour lui la chose allait de soi. D’ailleurs, depuis le moine lléric, cjui vivait au ixe siècle, auteur d'un poème latin sur les Miracles de saint Germain, l’opinion des érudits s’était toujours accordée dans le même sens. La seule exception est dans un travail de P. J. des Ours de Mandajors, qui, en 1696, avait essayé de placer Alésia à Alais (Gard) sans autres arguments que des erreurs géographiques. Les lecteurs, que cet historique intéresse, pourront se reporter aux travaux ci-dessus, à l’excellente conférence de M. Salomon Reinach (Réunion d’Alise, 18 septembre 1905), lmp. V. Bordot, 1906, à Semur-en-Auxois, et surtout à la Bibliographie générale des Gaules, de Ruelle (1889) où ils
- la Seine, « tandis que César, pour porter plus facilement secours à la Province, se mettait en route par les confins extrêmes du pays des Lingons, vers le pays des Séquanes, Vercingétorix établit trois camps à environ dix mille pas des Romains », pour couper leur retraite. Mais César combattit et fut vainqueur1. Vercingétorix se retira immédiatement dans « Alésia, oppidum du pays des Mandu-biens », qui était proche.
- On voit, par ce sec résumé d’une campagne immortelle, que, César allant avec Labiénus d’Auxerre vers la Saône, chemin naturel de la Province, et Vercingétorix lui barrant la route, une rencontre devant Alise ou à l’entour, puis la retraite du vaincu vers ce site protégé, étaient également naturelles. La
- trouveront mentionnés les nombreux ouvrages relatifs à Alésia.
- 1 11 y a incertitude sur l’emplacement du champ de bataille. Napoléon III le plaçait dans la vallée de la .Vingcanne, entre Dijon et Langres. M. le commandant Espérandieu, à qui nous devons tant de renseignements précis, croit plutôt qu’il était vers Noyers, à l’Est d’Auxerre. Cette opinion nous semble la plus vraisemblable. 11 faut citer ici une partie du texte latin de César que nous venons de traduire entre guillemets : Cum Cœsar in Sequanos per exlremos Lingonum fines iler faceret [De bell. Gallico, VII. LXVI). L’accusatif in Sequanos indique que César voulait se diriger vers le pays des Séquanes, donc qu’il en était hors, c’est-à-dire à l’Ouest de la Saône. Aussi Alaise et Izernore sont également impossibles.
- PARIS
- Orléans
- 0 Alan
- Izenrmre
- ® J (Vienne
- Alais ( P R i
- La dernière campagne des Gaules.
- NORD
- Petit
- Temple
- Monument
- trois absides
- le Cimetière Si Père
- Substmcctwns déblayées.
- probables- ou, dâtnutes.
- Fig. 6. — Plan des touilles du Mont Auxois.
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- LA NATURE.
- carte ne montre-t-elle pas d'ailleurs (pelle région de passage la topographie fait encore aujourd’hui du Mont Au-xois et des terres voisines?
- Mais on a mieux encore, pour être certain de l’identité d’Àlésia et d’Alise-Sainte-Reine, que le texte, pourtant si clair, de César; depuis quarante ans, on a retrouvé,'autour du Mont Auxois, les Ira vaux de son armée; ils offrent dans l’histoire du génie militaire des particularités uniques : Vercingétorix, assiégé, ayant convié toute la Caule à son secours, César, pour se défendre à la fois d’Alésia et de la Caule, plaça son armée dans la ceinture de deux fossés,
- a u
- de
- cir-
- convallation et de contrevallation, qui la rendaient presque inattaquable. Les fouilles pratiquées sous l'Empire par le capitaine Stoffel, aujourd’hui colonel, ont reconnu ces fossés, dont notre carte indique le tracé, d’après cet auteur. On a mémo retrouvé jusqu’à ces sti-rnuli, sorte de chausse-trapes, qui interdisaient l’approche de l’ennemi1, avec des déhris de tours, des armes, et des centaines de pièces de monnaie, dont pas une n’est postérieure à l’année de la bataille ; l’une de ces pièces (fig. o) reproduit, croit-on, les traits de Vercingétorix; ce serait le seul portrait que nous ayons de lui. Nous avons
- Lig. 7.
- Vase d’argent d’Alésia, Musée de Saint-Germain.
- 1 La conservation des fossés après 1900 ans peut sembler extraordinaire. Elle s’explique aisément : le sol de la plaine est formé d’argile, supportant une couche de sable d’environ 2 m. depaisseur et au-dessus 0,50 m. de terre végétale. Lorsque soit le comblement artificiel, soit le comblement naturel, soit Jes deux se sont effectués, les fossés ont clé remplis par du sable et de la terre végétale mélangés ; de sorte que, si aujourd’hui on enlève la terre végétale, suivant
- une ligne se dirigeant de la plaine vers le Mont Auxois, de façon à mettre le sable à nu, ou a chance de rencontrer un ou plusieurs endroits où l’on n’arrive pas au sable. C’est justement le remplissage du fossé.
- Ce remplissage d’ailleurs a facilité la conservation des fossés, qui est parfaite. 11 existe au musée de Saint-Germain une reconstitution en petit des travaux de César qui est très intéressante.
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- LA NATURE.
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- mis à côté, dans notre figure, une médaille de César.
- Ainsi l’identité d’Alésia avec Alise est aujourd’hui certaine. Cependant, la question militaire tranchée, se posait et restait à résoudre la question archéologique : qu’était-ce qu’Alésia?
- Deux écrivains du ior siècle en parlent.
- Pline, le naturaliste, la présente comme une ville, célèbre en Gaule par ses fabriques d’armes et d’objets d’équipement argentés ; c’était, sans doute, comme l’observe M. Salomon Reinach, une vieille industrie celtique, comme l’émaillerie à Bibracte. D’après Diodore de Sicile, les Grecs faisaient d’Hercule le fondateur d’Alésia, lorsqu’il revint d’Espagne, vainqueur de Géryon, et celte-légende, qui chantait en lui le vainqueur du demi-dieu, fut rappelée comme une Batterie après la victoire de César. Ainsi, une sorte de grandeur religieuse s’ajoutait à la grandeur industrielle du Mont Auxois. D’ailleurs, la situation d’Alésia, sur l’isthme qui sépare la vallée de la Saône de celle du Rhône et réunit l’Europe du Nord et de l’Ouest avec le monde civilisé de la Méditerranée, en faisait un passage habituel, pour les trafiquants qui rapportaient vers le Sud l’étain ou l’ambre de l’embouchure du Rhin, d’Helgoland, de Cornouaille, du Devonshire, etc. Religion, industrie, commerce, tout prouve qu’Alésia était, dans la Gaule ancienne, comme l’a dit M. C. Jullian, un point vital. Et si enfin Vercingétorix s’ylest réfugié après la défaite, n’est-ce pas "qu’il
- comptait y trouver des arsenaux pour réparer les pertes d’armes de ses soldats, des vivres pour supporter la longueur d’un siège, et peut-être aussi la protection des Dieux?
- Ces observations montrent l’intérêt de premier ordre de l'œuvre entreprise par la Société des Sciences historiques et naturelles de Semur, présidée par le docteur Simon, dans le dessein de fouiller l’emplacement de l’oppidum d’Alésia, et de mettre au jour les vestiges d’une histoire glorieuse, mais encore mal connue.
- C’est à la suite d’une réunion préparatoire, tenue à Alise-Sainte-Reine, le 18 septembre 1905, qu’on a commencé le travail. Des archéologues, des historiens, des curieux intelligents venus de Bourgogne, de France et d’Europe, avaient assisté à cette réunion. Une commission des fouilles fut nommée; on recueillit des souscriptions, et, dès octobre et novembre, des sondages préparatoires furent commencés par les soins deM. Pernet, ancien maire d’Alise-Sainte-Reine, qui, quarante ans auparavant, avait contribué à retrouver les fossés de César. Les fouilles
- Fig. 10. — Un Dioscure.
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- Fi". 11. — Inscription d'Alésia.
- réelles commencèrent après l’hiver, le 7 mai 1906, sous la direction de M. le commandant Espérandieu, et cette première campagne se termina en octobre; les travaux interrompus seront repris au printemps. Ces six mois ont donne' les plus remarquables résultats. Nous les indiquerons brièvement; d’ailleurs, ceux qui voudront plus de détails, les trouveront soit dans la belle revue Pro Alésia', publiée sous la direction de M. Matruchot, soit dans les Comptes Rendus de l'Académie des Inscriptions et Belles-lettres, soit dans le Rapport que doit prochainement publier M. Espérandieu, et dont il a bien voulu nous communiquer les belles photographies reproduites ici, accompagnées des plus complètes et des plus savantes explications.
- Déjà des objets avaient été trouvés à Alésia, bien avant les fouilles actuelles. Beaucoup sont perdus, quelques-uns sauvés. On peut voir notamment, à Saint-Germain, une statue de Vénus nue, décrochant sa sandale, qui aurait dù déjà faire conclure à l’existence d’un temple, et aussi le magnifique vase d’argent (ûg. 7), témoignage d’une incontestable maîtrise, qui égale et surpasse ceux de Boscoréale. Citons aussi l’inscription reproduite par notre figure 11, et qui porte en toutes lettres le nom d’Àlésia.
- Notre figure 6 donne un relevé fort exact, fait par M. Fornerot, conducteur des ponts et chaussées à Marigny-le-Cahouët, des monuments mis à découvert en 1906. En dehors de divers petits édifices privés, on voit qu’ils sont trois de première importance : un théâlre, un petit temple, un monument à trois absides, qui est peut-être un forum, et certainement tout au moins, selon la formule du commandant Espérandieu, « l’un des édifices que réclame la vie sociale d’une cité ». Nous donnons (fig. 8) une photographie de l’état du théâtre après les premiers travaux du déblaiement. Cet édifice, ainsi que ceux qui l’entourent, a e'té vraisemblablement construit au lendemain de la conquête, et détruit dans le courant du premier siècle. Le monument à trois absides est plus spécialement assignable à l’époque d’Auguste. Avec le temple et
- 1 Armand Colin, éditeur.
- le théâtre, il témoigne d’un développement vraiment très grand de la vie publique à Alésia et confirme les aperçus de M. Jullian q.ui voit dans cette ville « une cité de marché et de travail, un carrefour de prières et de dieux ».
- Ces monuments étaient ornés de nombreuses œuvres d’art. Il faut mettre au premier rang, pour leur valeur et pour leur conservation, les deux bas-reliefs de nos figures 9 et 10, sculptés en pierre de Thil-Chalel, localité voisine d’Alésia, et qui datent tous deux du premier siècle. L’un d’eux représente la Triade capitoline, Jupiter, Junon et Minerve; le fait que le Dieu est assis, tandis que les déesses sont debout, indique de leur part une subordination qui donne une valeur archéologique spéciale à cette pièce. Le second est un Dios-cure, soit Castor, soit Pollux, l’un des deux fils, en tout cas, de Jupiter et de Léda ; on les représentait, toujours conjointement; malheureusement, l’autre statue a été retrouvée en pièces. A coté de ces pièces capitales, il lâut mentionner aussi, et sans prétendre être complet : un fragment de statue de femme drapée, qui semble être une Junon, — un Jupiter du type dit à la roue, parce qu’il est assis sur un tronc décoré d’une roue sur ses deux côtés, statuette de facLure indigène assez grossière, mais pleine d’intérêt, la roue étant un attribut purement celtique, appliqué à un dieu gréco-latin, et ce détail manifestant le début d’une adaptation de l’art grec à la mythologie gauloise, — une Amazone, portant le petit bouclier, et personnifiant peut-êlre la déesse Rome, statue à laquelle il ne semble pas qu’il y ait jusqu’ici de type exactement comparable, — un guerrier debout, sans tête, — une belle tête de femme copiée sur un marbre grec, — plusieurs têtes en bas-relief, comme celle de la figure 15, étranges par leurs yeux clos, leur type négroïde et leur destination inconnue, — et enfin un bas-relief, tête barbue de divinité, avec deux oiseaux, peut-êlre des colombes, qui semblent parler aux oreilles du dieu, pièce à peu près unique, encore très mystérieuse, et que l’on doit, peut-être, rapprocher d’un bas-relief de Compiègne et des fameuses têtes
- Fi". 12. — Poterio snmienne d’Alésia.
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- coupées d’Entremont, aujourd’hui au musée d’Àix1.
- Les quelques bronzes trouvés avec ces grandes pièces ne sont pas moins intéressants. L’un d’eux peut être compté parmi les chefs-d’œuvre de tous les temps. C’est le petit gaulois mort, à demi nu, portant la braie, au dos puissamment et sobrement modelé, que donne notre figure 2. Sa forme semble Fi, 13. _ |l()l,ne d’Aiésin. indiquer une applique ou une anse, en tout cas la décoration d’un vase. La gracieuse statuette du Mercure est moins bien conservée (fi g. 1 ), mais nous n'avons pas cru devoir écarter celle image antique du Dieu national des Gaules. Le Silène transformé en peson de balance (fig. IL) est plus curieux et assez rare. La calvitie du dieu, son nez camus, ses oreilles de
- fesenque (Aveyron) par des potiers qui ont signé leurs œuvres, comme les peintres de vases d’Athènes, au ve siècle.
- Ces découvertes de 1906, à Alésia, se placent à l’entour du premier siècle. Si court que soit ce temps, elles apprennent beaucoup sur l’histoire de cette ville. Les Romains ne la traitèrent pas comme les refuges de Bibraclc et de Gergovie, évacués après la conquête. Comme à Lyon et comme à Narbonne, par politique, ils développèrent la vie publique dans Alésia, où, sans doute, elle
- Fig. il. — Silène, bronze arsénié, transformé ,n ppson de balance.
- faune, sa barbeaux boucles calamistrées, et la peau de faon nouée sur son épaule, reproduisent ses caractères ordinaires. M. le commandant Espérandicu le rapproche de trois bronzes d’applique de Pompéi et de quelques pesons du cabinet des médailles, et M. Héron de Yillefosse d’une belle statue en marbre, trouvée à Narbonne.
- 11 faudrait signaler encore les monnaies, les objets usuels de fer, un rasoir, une cuiller, des aiguières, une inscription celtique en caractères grecs, et des fragments en caractères latins, — et surtout une flûte de Pan en bois, qui était brisée en deux, mais que l’on a pu réparer au musée de Saint-Germain, et qui, rentrée au musée d’Alise-Sainle-Reine, a fait dernièrement l’objet d’une étude de M. Théodore Reinach. Enfin, un seau de bois cerclé de fer, de nombreux puits du plateau, ainsi que l’aqueduc de notre figure 8, ont définitivement ruiné l’argument de ceux qui refusaient d’admettre l’identité d’Alésia et d’Alise, parce qu’ils croyaient à l’absence totale d’eau sur le plateau. Pour construire les huttes qu’ils habitaient, les Gaulois d’Alésia dressaient, sur le sol battu, un clayonnage un peu lâche, qu’ils revêtaient de terre, puis ils mettaient le feu à cette carcasse, qui se changeait en un bloc solide de brique cuite : on a retrouvé des fragments de cette carapace.
- Nous clorons cette liste par les poteries, retrouvées, en morceaux, dans une petite fosse. No* ligures 12 et 15 en donnent une idée. Les plus belles sont de grands bols samiens, décorés, du premier siècle de notre ère, fabriqués à la Grau-
- 1 Voir à ce sujet le livre de M.-S. Riîinach, Cultes, mythes et religions, t. I, pp. 73-75 et additions (en fin du volume), E. Leroux,
- Paris, 1905.
- était déjà grande ; mieux
- valait exalter l’importance religieuse, commerciale, industrielle d’un centre, que de briser en face aux habitudes ; aussi la défaite d’Alésia fit sa splendeur. D’ailleurs celle-ci dura peu : d’après les fouilles, la ville conquise par César, trois fois détruite, trois fois rebâtie, disparut au v,; siècle.
- Elle ne mourut pas tout entière : son prestige religieux durait jusqu’à nos jours. Un temple d’Her-cule attira sans doute les premiers fidèles ; sous les Romains, la ville resta sacrée : peut-être on y célébrait le culte de Junon Reine (Juno Regina) ; enfin, la déesse oubliée, son nom lui survécut, elle devint sainte. « Depuis des siècles, chaque année, dit M. Malruchot, au mois de septembre, de longues files de pèlerins viennent vénérer le lieu où la légende rapporte que sainte Reine fut mise à mort par l’ordre du proconsul romain Olybrius.... Au xvie siècle encore, on comptait chaque année de vingt à soixante mille pèlerins... de nos jours, un millier. » Ce n’est pas la première fois qu’un saint remplace un dieu : à Rome des Dioscures du Quiri-nal devinrent saint Phidias et saint Praxitèle.
- Si nous suivons, de César à nos jours, la destinée d’Alésia, il faut remonter aussi loin dans le passé, pour approcher de sa jeunesse. Il semble que le nom d’Alésia ne soit pas gaulois, et que la ville, antérieure aux Celtes, date au moins de la suprématie ligure, ou du temps des Ibères. Et même, on peut aller plus haut : le Mont Auxois fut occupé par l’homme préhistorique; il a laissé ses traces aux pentes des collines, mais elles manquent dans la plaine, qui peut-être contenait, autrefois, des marais et des pilotis. Jean-Paul Lafitte.
- Fig. 15. - ?
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- NOUVELLE AUTOMOBILE DE GUERRE
- L’automobilisme semble devoir être de plus en plus destine' à s’appliquer à l’art de la guerre, par l’adjonction, au matériel de campagne, d’engins puissants et capables surtout de se déplacer rapidement, sans avoir à tenir compte de la plupart des obstacles naturels. Aussi doit-on suivre avec intérêt les essais qui ont été faits récemment, devant une Commission du Ministère de la Guerre, de la nouvelle automobile militaire que nous reproduisons ici (fig. 1 et 2).
- Cette revue a déjà eu l’occasion de décrire différents types, à même destination, qui ont été proposés au cours des dernières années1. Celui que nous donnons aujourd’hui est construit par la Société des Automobiles Commerciales, qui exploite les brevets d’invention de la nouvelle voiture, dont voici les caractéristiques.
- Le châssis a une longueur de 4 mètres, avec 2,80 m. d’empattement et 1,30 de voie; en plus du moteur de 35 IL P. il-supporte une coupole blindée, d’un diamètre intérieur de 1,50 m. et dont le centre est occupé par une mitrailleuse. Entre la coupole et le moteur se trouve une logette également blindée, dans laquelle prend place le chauffeur-conducteur, dont la situation peut être variable d’ailleurs; à cet effet, le siège peut s’abaisser, et la tige du volant de direction diminuer de longueur : dans
- 1 Voy. il0 1727, du 30 juin 1906, p. 75.
- ces conditions l’homme rentre complètement à l’intérieur de son réduit, muni à l’avant de deux ouvertures qui lui servent pour se guider. Quant à la coupole elle est habitée par deux hommes, un pointeur et un servant; le pointeur est juché sur une selle de bicyclette et c’est lui qui commande les mouvements de la coupole. Tout autour de cette dernière, sont disposées des cases permettant de loger une réserve de 14 000 cartouches. Enfin l’on accède à l’intérieur de ce fort mobile par deux portes, l’une latérale, pour le conducteur, l’autre située à l’arrière de la coupole, pour les artilleurs.
- L’épaisseur du blindage qui est en acier chromé est de 3 millimètres.
- L’ensemble de la voiture, dans ces conditions, pèse 2300 kilogrammes. Grâce à son moteur de 35 11. P. et aussi grâce aux quatre roues qui sont motrices, suivant un dispositif spécial restant actuellement à l’état de secret, cette voiture peut atteindre une vitesse de 45 kilomètres en palier. Mais elle peut aussi, et c’est là le point important, escalader des pentes de 50 pour 100. Et non seulement elle peut s’engager sur de telles déclivités, mais elle est capable de se lancer à travers les terrains les plus invraisemblables tels que sol défoncé,_ dépôts de déblais, ornières très profondes, talus ou fossés ! Dans le cas de ces derniers, si leur largeur est suffisante, elle dégringole au fond, et remonte sur
- Fig. 1. — Nouvelle auiomobilc.de guerre.
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- l'autre bord; s’agit-il au contraire d’un fossé très étroit, alors elle le franchit sur de petits rails qui se disposent à cet elfet.
- Notre photographie (tig. 2) montre l’allure de ce puissant engin alors qu’il évoluait sans encombre au milieu des bois, sur un sol très mauvais et très
- accidenté à tous points de vue. El après s etre livrée à ces véritables acrobaties, pourrions-nous dire, l’automobile s’est lancée à travers champs et finalement a pu grimper jusqu’en haut des glacis du fort du Mont-Yalérien autour duquel avaient eu lieu ces très intéressantes expériences. R. L.
- LE PROBLÈME ÉLECTRO=CHIMIQUE DE LA FIXATION DE L’AZOTE1
- Un sait que l’épuisement possible des dépôts actuels de nitrates, notammnnt au Pérou et au Chili, préoccupe un grand nombre de savants qui cherchent à trouver pour ces corps un autre mode de production, tel qu'on n’ait pas à en craindre la lin probable. M. Philippe Guyc, dans une série d’articles et de conférences, a posé le problème et a cherché à le résoudre avec les moyens que nous oll're maintenant l’industrie.
- Parmi les solutions de ce problème, deux méthodes principales semblent devoir donner des résultats industriels pratiques : l’une par la préparation de la chaux azotée; l’autre par celle de l’acide nitrique éleclrochimique.
- L’auteur donne les principaux détails techniques de la fabrication de la chaux azotée, dont le prix dépend de celui du carbure de calcium. 11 en conclut qu’un kilogramme d’azote fixé à l’état de chaux azotée coûte un peu plus que celui des sels ammoniacaux ou du salpêtre du Chili en employant à cet usage l’excès de carbure de calcium obtenu dans la préparation du carbure et qui n'a pas été prise pour la production de l’acétylène. Les essais agricoles exécutés avec le nouveau produit n’ont pas encore fixé sa valeur.
- Passant à l’acide nitrique électrochimique, l’auteur
- résume les principes de sa fabrication qui sont très simples, mais dont la mise en pratique présente de grandes difficultés. L’absorption de l’acide nitrique par l’acide sulfurique peut conduire à l’acide nitrique concentré dont la valeur commerciale est plus grande que celle du nitrate de chaux. L’azote fixé comme acide nitrique revient un peu moins cher que celui fixé sous forme de chaux azotée.
- En terminant, l’auteur discute les facteurs économiques qui peuvent hâter le développement de ces industries; il mentionne les synthèses directes 'de l’ammoniaque par l’azote et l’hydrogène et la récupération de l’azote du charbon sous forme ammoniacale par la méthode de Mond. Ces procédés, combinés avec la production de l’acide nitrique éleclrochimique, paraissent devoir résoudre le problème de l’obtention dé l’énergie électrique à bon marché par des moteurs utilisant le pouvoir caloriiiquedu charbon.
- Les statistiques relatives à la consommation totale du nitrate du Chili et des sels ammoniacaux, justifiées par leurs principaux usages chimiques et agricoles, suffisent amplement à montrer l’importance de cette question au point de vue industriel. A. Hébert.
- 1 Yoy. n° 1699, du 16 décembre 1905.
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- LES MINES DE
- La ville africaine de Taodéni, célèbre par ses mines de sel, est située en plein Sahara, à plus de 800 km au nord de Tombouctou, sur les routes du Maroc et du Touat. Deux voyageurs européens y passèrent les premiers, René Caillé en 1828 et l’autrichien Oscar Lenz en 1880. Ce dernier présumait qu’un Européen n’y retournerait sans doute pas de longtemps. C’est en 1900 seulement que la ville de Taodéni a été de nouveau visitée, cette fois par deux groupes de troupes françaises partis l’un du nord, l’autre du sud.
- Depuis que la traversée complète du Sahara a été accomplie par la mission Foureau-Lamy, de 1898 à 1900, c’est à plusieurs reprises que la jonction effective de l’Algérie et du Soudan a été réalisée par la rencontre, au cœur du Sahara, de corps de troupes venus l’un vers l’autre des possessions du nord et de celles du sud. La première jonction avait été opérée, à l’ouest de l’itinéraire Foureau-Lamy, le 10 avril 1904, au puits de Timiaouin, situé à 120 km au sud de Timissao, entre le commandant Laperrinc, venu par Adrar et In-Zize, et le capitaine Theveniaut, parti de Tombouctou. Une seconde rencontre
- Kilomètres
- Sebkha d'tdJH
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- Tombouctou
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- Carte du Sahara méridional.
- a eu lieu, le 20 mai 1900, à Gatlara, au sud-est de Taodéni, entre le lieutenant-colonel Laperrinc, venu cette fois encore d’Adrar, et le lieutenant Cortier, qui commandait un détachement de méharisles de Tombouctou, de la colonne du capitaine Cauvin. Les deux colonnes Cauvin et Laperrinc séjournèrent successivement à Taodéni, et purent étudier l’une et l’autre la ville et ses environs. Notons qu’une nouvelle rencontre de troupes françaises au Sahara a eu lieu encore le 12 octobre, cette fois plus à l’est, à Iferouane, point de l’itinéraire Foureau-Lamy, entre le lieutenant Masse, commandant un détachement de méharistes d’Agadès, et le lieutenant Clor, des oasis sahariennes du Tidikelt.
- Les mines de sel de Taodéni, que n’avaient pu voir ni Caillé, ni Lenz, ont été visitées par nos officiers qui, les premiers, en ont donné une description détaillée. Sur l’emplacement même de la ville, il n’y a pas de sel. L’exploitation des salines se fait dans la partie la plus basse de la dépression de Taodéni, à 3 km environ au sud du village.
- La position précise de Taodéni a été rectifiée. D’après les observations du lieutenant Nieger, de la colonne Laperrinc, la ville est située par 22° 40'19" de latitude Nord; la position indiquée par Lenz était trop méridionale.
- EL DE TAODÉNI
- Taodéni, au pied du Cart-llamou-Sala qui le domine, est une toute petite bourgade d’environ 40 à 50 chefs de case, soit environ 200 habitants; elle est complètement renfermée dans un rectangle de murs faits de blocs d’argile agglomérés à la chaux. Cette localité n’a, dit-on, qu’environ 500 ans d'existence et c’est la découverte du sel sur cet emplacement par le caïd marocain Ayouni, qui aurait été la cause de sa création. Le sel était auparavant, et de temps immémorial, exploité à Taghaza, à cinq jours au nord-est de Taodéni; mais la ville venait d’être détruite, en même temps que ses mines avaient été comblées, parce qu’elle avait refusé l’entrée de ses murs à une troupe marocaine.
- Dans la région où le sel est exploité, auprès de Taodéni, le sol, comme on Ta appris par la description donnée par le lieutenant Cortier, constitué d’une argile, rouge pétrie de gypse fer-de-lance, semble s’èlre gonflé, boursouflé, craquelé sous l’influence des cristaux de sel qui se mélangent à lui jusqu’au niveau de la surface même.
- Les captifs du caïd ou les chefs de case creusent, à travers l’argile, d’énormes trous rectangulaires de 8 à 10 m. de côté. A mesure qu’on enfonce, l’argile se charge de plus en plus de cristaux de sel. A 5 ou 0 m. de profondeur, on rencontre une couche de sel pur et blanc, épaisse de 0,25 m. à 0,30 m., dans laquelle on découpe des blocs de 1,50 m. sur 0,40 m. On équarrit ces blocs et on les fend en deux dans toute la longueur de façon à obtenir deux barres d’un poids voisin de 50 kg chacune. Sous la première couche s’en trouve une seconde, séparée de la précédente par quelques centimètres d’argile, puis une troisième, mais dès que celle-ci est enlevée, l’eau jaillit de toutes parts et rend impossible l’exploitation des couches qui existent plus profondément.
- On continue alors le travail sur d’autres points. La saline, dans son ensemble, présente ainsi de 100 à 150 fosses en exploitation; elle se porte vers le nord au fur et à mesure des travaux nouveaux. En 1905-1900, elle a produit 52 000 barres de sel que les caravanes bérabiches et kounlas ont transportées vers le sud. Avec les carrières de sel de la Sebka d’idjil, au nord du Sénégal, ce sont les salines de Taodéni qui alimentent de sel tout le Soudan et les oasis du Sahara occidental. Le sel est la monnaie d’échange par excellence de ces contrées. Son prix est assez élevé, par suite de la rareté relative de ce produit dans l’intérieur du continent noir.
- Les mines de Taodéni n’appartiennent à personne. Tout individu a le droit d’v creuser une fosse pour son propre compte, et, sans redevances, d’en faire extraire le sel par ses captifs. C’est ainsi qu’agissent certains commerçants qui, en outre, font exécuter eux-mêmes le transport vers Tombouctou par leurs propres caravanes. Les Bérabiches ou lvountas nomades achètent sur place, moyennant un franc pièce environ, en marchandises, la barre de sel qu’ils revendent de 10 à 12 francs sur les marchés du Niger. Un chameau portant en moyenne quatre barres, ce trafic donne théoriquement un bénéfice de 36 francs par charge, mais il faut en déduire le montant de l’impôt français, l’amortissement des chameaux et surtout les pertes d’animaux qui sont très fréquentes au cours de ce trajet pénible et dangereux.
- Gustave Regelsijergeu.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 Mars 1907.
- Présidence de M. Becquerel.
- Les radiations phosphorescentes dans un champ magnétique. — M. 11. Becquerel présente de nouvelles expériences sur les radiations des sels d’uranium. Ces expériences portent sur l’émission et forment en quelque sorte la contre-partie de celles de M. J. Becquerel sur l’absorption dans un champ magnétique.
- Le lit des rivières torrentielles. — M. À. Gaudry dépose une Note de M. E.-A. Martel sur les dues de Provence et les irrégularités des courbes d’équilibre des liquides. En explorant, dans l’eau même, les accidents du lit des gorges du Var, du Verdon, du Cions, de l’Este-ron, etc., M. Martel a pu recueillir des données nouvelles sur l’établissement des profils en long de ces rivières torrentielles et constater notamment que, contrairement à l’opinion reçue, les schistes tendres mais homogènes se creusent moins rapidement que les calcaires durs mais fissurés.
- L'appareil respiratoire des éléphants. — M. Giard puis M. Edmond Perrier exposent successivement leurs vues sur la question de l’adhérence des poumons aux parois de la cavité thoracique chez l’éléphant.
- Épuration des eaux d'égout à l'aide de la tourbe. — M. Muntz fait connaître les recherches qu’il a entreprises avec M. Lainé, au sujet de l’emploi de la tourbe pour l’épuration des eaux d’égout. Après avoir constaté que la tourbe constituait un support merveilleux pour le développement des bactéries nitrifiantes, ces savants ont essayé de l’employer pour l’épuration des eaux d’égout, car cette épuration n’est qu’une nitrification. Les eaux souillées des grandes villes et des établissements industriels forment un danger très grand pour la salubrité publique, l’épandage ayant donné des déboires. L’épuration biologique sur des lits bactériens réussit mieux. En employant la tourbe comme support des organes nitrifiants, MM. Muntz et Lainé ont réussi à lui donner une activité extraordinaire qui a permis en un temps très court d’épurer et de rendre inoffensives les eaux les plus souillées des égouts de Paris. L’intervention de la tourbe, qui existe en si vastes surfaces dans un grand nombre de départements, peut donc devenir un facteur puissant de la lutte conlrê l’infection et l’insalubrité des déchets de la vie et de l’activité humaines.
- La toxicité de la lèphrasine:—M. A. Gautier présente une Note de M. Ilanriol sur la toxicité extrême d’une substance que ce savant a récemment retirée d’une légumineuse, la téphrasine. On ne connaît pas de poison aussi actif.
- Le râle physiologique de l'hypophyse. — M. A. Gautier résume ensuite un travail de M. Paulesco relatif au rôle-de l’hypophyse dans l’organisme. Ayant reconnu que le chien et le chat étaient les animaux qui se prêtaient le mieux à la survie en cas d’ablation, il a imaginé un procédé opératoire spécial qui permet d'atteindre cet organe au prix du moindre danger. Dans le cas de l’enlèvement de l’hypophyse la mort survient au bout de 24 heures. Il en est de même si l’on enlève seulement la couche corticale de cet organe qui chez l’homme a la grosseur d’une petite cerise. Si, au contraire, on enlève la couche nerveuse interne, l’animal peut survivre quelque temps. Il
- résulte de ces expériences que l’hypophyse, bien qu’on ne connaisse pas son rôle, est un élément essentiel de l’organisme. M. Lannelongue observe que l’on sait déjà que le développement anormal de l’hypophyse accompagne.le gigantisme. M. Dastre rappelle qu’il a inventé un procédé opératoire pour atteindre l’hypophyse, que M. Gley a effectué, à l’aide de ce procédé, d’importantes recherches sur cet organe et enfin que M. de Cyon a examiné les liquides hypophysaires et montré qu’ils agissaient sur la circulation.
- L'origine du fibrinogène dans l’organisme. —M. Dastre rappelle que l’origine du fibrinogène dans le sang reste inconnue. Des savants avaient émis l’opinion qu’il était élaboré par l’intestin. 11 dépose une note de trois expérimentateurs qui ne résolvent pas positivement la question, mais qui démontrent du moins que l’intestin n’est pour rien dans l’introduction du fibrinogène dans le sang.
- Cil. UE VlLLEDEUlL.
- CHRONIQUE
- La corrosion des grandes maisons américaines. •— 11 faudrait dire de toutes les constructions à charpente métallique qui se trouvent dans les grandes villes; mais l’anxiété est particulièrement vive aux États-Unis, pour les fameux sky-scratchers, les bâtiments monstres. C’est à la suite d’une communication de M. M. Toch à l’Association Américaine pour l’essai des matériaux, que celte inquiétude s’est fait jour. Pour lui, dans toute grande ville, il existe quantité d’électricité libre, grâce à laquelle il se produit des effets d’électrolyse qui rongent l’acier des charpentes ; et l’action serait spécialement intense et rapide quand le métal est dans le voisinage de conducteurs électriques. Si bien qu’un Comité vient d’être nommé pour constater la réalité des ravages signalés de la sorte.
- Un chemin de fer électrique au Chili. — Sa
- construction semble décidée, à la suite d’études minutieuses. Il réunirait Yalparaiso à Santiago, et assurerait un raccourci de 54 km par rapport à la ligne de l’État reliant actuellement ces deux villes. Le courant sera engendré grâce à la captation d’une chute de 176 m. de haut, et susceptible de fournir une puissance de 18 000 chevaux, qui se trouve à 34 km de Santiago.
- Un insecte qui perce le plomb. — Dans le Journal of (lie Society of the Chemical lnduslry, M. Uare a signalé un cas particulier de perforation d’une feuille de plomb de plus de 3 mm d’épaisseur par la guêpe Sir ex Gigas. Ce plomb était destiné à tapisser des chambres de fabrication d’acide sulfurique, et il avait été placé temporairement sur un plancher de bois supporté par des solives également de bois. L’insecte sortit d’une de ces solives, où il avait fait son évolution, et, pour arriver au grand air, il prétendit triompher de tous les obstacles qui s’opposaient à sa marche. Il n’eut pas de peine relativement à traverser le plancher, puis il s’attaqua au plomb : à la vérité il n’avait pas terminé son travail quand on enleva les feuilles métalliques et que l’on constata la perforation qu’il avait déjà fort avancée : le plomb n’était resté sur le parquet que 48 heures, et par suite l’insecte n’avait pas pu mettre plus que ce temps pour effectuer son travail, qu’il aurait achevé sans doute avant quelques heures.
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- LA NATURE.
- MODERATEUR DE VITESSE
- On sc souvient encore de l’accident qui survint, au commencement de l’année 1906, au tramway funiculaire de Belleville, à Paris, par suite d’une voiture qui s’était emballée dans la descente de la rue de Belleville.
- Pour éviter le retour de semblable accident, M. L.
- Fig. 1.
- Tramway funiculaire do Pellcville avec modérateur de vitesse.
- reil devient alors entièrement libre. La force centrifuge agit aussitôt ; les deux masses s’écartent et le cône mobile vient se coincer avec l’excentrique. Ce dernier est entraîné par suite de la lorce centrifuge et il y a un déplacement qui permet alors au système d’agir sur le frein à cordes ainsi que sur la sablière. 11 faut remarquer que le ressort antagoniste, dont il est question, récupère en se détendant la force centrifuge qu’il avait annulée en s’appuyant par le taquet sur la partie extérieure du cône lixe. Ce ressort permet également de rendre solidaires le cône mobile et l’excentrique et de conserver à ce dernier son entraînement pour le communiquer aux engins de lreinages.
- A cet effet, un câble en acier est enroulé sur la moitié de la circonférence de l’excentrique ; une extrémité est attachée à un point fixe, l’autre, à l’aide d’un tendeur, .est reliée à un
- Votez, ingénieur-directeur de l’exploitation, a muni les voitures d’un dispositif, indépendant du mécanicien, qui fonctionne à une vitesse déterminée à partir de laquelle l’allure deviendrait dangereuse, et actionne les organes de freinage. Cet appareil, dénommé modérateur de vitesse, est appliqué depuis de longs mois et son fonctionnement a donné toute satisfaction.
- La figure 1 nous donne une vue d’ensemble du tramway funiculaire et la figure 2 nous représente l’appareil monté sur l’axe d’un essieu. Il se compose de quatre masses, ayant la forme d’ellipsoïdes de révolution, et servant par leur rotation autour de l’axe considéré à produire la force centrifuge. Chacune de ces masses est terminée par deux bielles ; les bielles de droite sont reliées à un collier fixe, et les bielles de gauche aboutissent à un manchon qui peut se déplacer suivant la longueur de l’essieu. Ce manchon conique, à sa surface extérieure, peut se coincer à l’intérieur d’un excentrique ayant la même conicité. Les ressorts antagonistes sont au nombre de deux, diamétralement opposés, et composés de différentes lames. La plus grande de ces lames, placée au-dessous, porte un taquet qui monte sur un cône fixe lorsque la masse conique mobile, dont nous parlions plus haut, avance vers l’intérieur. Le glissement sur la partie inclinée du cône fixe produit une déformation qui se traduit par une tension du ressort, et il en résulte une résistance' qui annule l’effet de la force centrifuge jusqu’à une vitesse déterminée de la voiture. Cette vitesse, dans le cas du tramway funiculaire de Belleville, atteint 4,50 mètres par seconde. Quand cette vitesse est atteinte, le taquet passe par-dessus le cône fixe, et l’appa-
- balaneier dont le déplacement maximum est arrêté par un ressort qui permet de maintenir serrés les organes de la voiture après le fonctionnement du modérateur.
- Un arbre porte trois leviers, l’un attaché au balancier et communiquant aux deux autres l’action qu’il reçoit de l’excentrique, le deuxième relié avec le frein à cordes et le troisième adapté à la sablière ; des ressorts à boudin ont été intercalés pour éviter des actions trop brusques de l’appareil. Après l’arrêt de la voiture, obtenu par le modérateur, il y a quelques
- manœuvres à effectuer pour le ramener au repos.
- Cet intéressant appareil a donné en pratique d’excellents résultats; il a toujours produit le serrage du frein à cordes ainsi que l’ouverture de la sablière. Après l’action du modérateur, la voiture a toujours parcouru environ 10 mètres avant d’atteindre l’arrêt. J. Laffargue.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1764. — 16 MARS 1907.
- LA NATURE.
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- Fig. 1. — Type du submersible français actuel. L'Aigrette à Cherbourg.
- Si la France ne peut pas soutenir la comparaison avec d’autres nations et particulièrement avec l’Angleterre au point de vue de la rapidité des constructions navales, elle peut s’enorgueillir toutefois d’avoir toujours tracé la voie du progrès et d’avoir fourni au monde les premiers modèles des différents types de bâtiments modernes. C’est en France, en elfet, qu’ont été successivement étudiés et construits le premier cuirassé, la Gloire, le premier croiseur cuirassé le Du-p uy-de-Lôrne, c'est encore la France enfin qui a lait sortir des limbes la navigation sous-marine pour la lancer dans le domaine de la réalité pratique. Dans cette voie, jusqu’ici si féconde, noua allons faire un nouveau pas, qu’il serait peut-être téméraired’appe-lcr décisif, mais qui ne peut manquer en tout cas d’èlre fort important.
- À la suite des discussions qui ont eu lieu récemment, tant à la Chambre qu’au Sénat, au sujet du programme nouveau de nos constructions navales, le Ministre de la Marine a été amené à annoncer la mise en chantier dans nos arsenaux de 4 nouveaux submersibles de 800 tonnes et de dimensions jus-
- 3!)° anuée. — 1er semestre.
- qu’ici inconnues, aussi bien chez nous que dans les marines étrangères.
- Ces 4 bâtiments ne seront point identiques. Conçus d’après les données générales établies par le Conseil supérieur de la Marine, ils seront le résultat des études et la manifestation des idées personnelles de quatre ingénieurs des constructions navales, MM. Huiler, Radiguet, Bourdellect Maurice.
- Les 4 bâtiments ainsi obtenus seront des modèles d’essais, dont la comparaison permettra de déterminer le type qu’il conviendra d’adopter définitivement.
- Les conditions générales imposées par le Conseil supérieur et d’après lesquelles les plans des 4 navires ont été établis sont dans leurs grandes lignes, les suivantes :
- La tenue à la mer devra être très bonne, ce qui entraîne que les submersibles auront des formes de bâtiments destinés à naviguer à la surface, et une flottabilité relativement élevée.
- En raison de la carrière militaire éminemment oflènsive qu’ils devront fournir ils posséderont un grand rayon d’action, leur permettant, par exemple,
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- Fig. 2. — Schémas dos nouveaux submersibles de 800 tonneaux.
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- LA NATURE.
- de traverser l’Atlantique et de couvrir par conséquent 2500 à 5000 milles. On a calculé qu’ils pourraient ainsi s'écarter des côtes de près de 1000 milles, y parcourir en croisière de 500 à 1000 milles et garder encore les moyens de revenir sans encombre à leur base d’opérations.
- Leurs aménagements seront conçus de telle sorte que les équipages trouvent à bord un confortable suffisant et tous les moyens de vivre et de se reposer. 11 y aura donc cuisines, postes de couchage, etc., l’aération sera assurée et le séjour sur le pont facilité par la présence de brise-lames.
- On compte que dans ces conditions, 15 à 20 jours passés à bord n’amèneront pas chez l’équipage de fatigues excessives.
- Pour ce qui est des moteurs, les 4 bâtiments seront munis d’appareils différents pour la marche en surface ou la marche en plongée. Le Conseil supérieur de la Marine a été très formel sur ce point. 11 a, en outre, particulièrement insisté sur la nécessité de ne pas placer sur ces bâtiments des appareils dont la sécurité ne serait pas complètement démontrée, aiin d’éviter aux équipages, pour qui la confiance complète dans les mécanismes au milieu desquels ils doivent vivre est un besoin absolu, des préoccupations nuisibles à la bonne exécution d’un service si délicat.
- La vitesse maxima en surface des nouveaux bâtiments sera de 15 nœuds, ils devront en marcher 10 sous l’eau. Là encore nous innovons, la vitesse des sous-marins actuels ne dépassant nulle part 5 à 0 nœuds en plongée. De plus nos submersibles devront pouvoir parcourir en immersion une distance de 100 milles à la vitesse de 5 nœuds.
- Enfin les manœuvres nécessaires pour passer de la navigation en surface à la navigation en plongée devront s’opérer en 3 minutes au maximum. Les principales de ces opérations sont l’extinction des leux de la chaudière, le rabattement de la cheminée ou de la manche de dégagement des gaz du moteur de surface, la fermeture hermétique des panneaux du pont, le remplissage des water-ballast, la mise en marche du moteur de plongée.
- L’armement de ces bâtiments comportera 7 appareils lance-torpilles. 11 sera donc fort important.
- Les ingénieurs dont nous avons donné les noms ont travaillé sur ces données. Les plans qu’ont établis les trois premiers ne paraissent avoir été inspirés par aucune idée nouvelle. Leurs bâtiments, qui n’en seront peut-être pas plus mauvais pour cela, sont des adaptations des types déjà connus aux dimensions considérables que comporte le chiffre de 800 tonnes fixé pour le déplacement. M. [lutter (fig. 1) s’en est tenu au submersible Lau-beuf avec un moteur à vapeur pour la surface et moteur électrique pour l’immersion.
- MM. Radiguet et Bourdelle (fig. 2) ont pris comme point de départ le sous-marin ordinaire qu’ils ont cherché à rendre plus marin en renflant ses formes, ce qui du même coup donne des facilités pour le
- logement de l’équipage, et l’ont surmonté d’une passerelle. Tous deux emploient le moteur Diesel pour la marche à la surface et l’électricité en immersion.
- M. Maurice seul a donné au problème posé une solution en partie nouvelle.
- Son bâtiment (fig. 2, n° 5) est un vrai submersible auquel des sortes de caisson, placés à l’exlrême-avant et à l’extrême-arrière, donnent un petit air de cargo-boat et procureront vraisemblablement une excellente tenue dans la grosse mer de l’avant ou de l’arrière ; avec en plus une confortable réserve de flottabilité.
- Mais la plus intéressante des innovations dont M. Maurice dote son bâtiment est assurément la chaudière qui fournit la vapeur au moteur pour la navigation à la surface, chaudière dont il est l’ingénieux inventeur.
- La particularité de cet appareil évaporatoire consiste en l’emploi de tubes dans lesquels circule l’eau d’évaporation. Ces tubes sont concentriquement enveloppés d’un seoond tube. L’espace annulaire compris entre les 2 tubes est rempli par une matière dont la composition reste le secret de l’inventeur. Lorsque les feux de la chaudière, qui renferme naturellement un faisceau de ces doubles tubes, sont allumés, le calorique nécessaire à la vaporisation de l’eau du tube intérieur est amené jusqu’à cette eau par l’intermédiaire de la matière en question qui naturellement s’échaufl'e en proportion. Le fonctionnement de la chaudière est alors normal.
- Mais si l’on éteint ses feux, il se produit ceci que la matière logée entre les deux tubes continuera à fournir à l’eau une quantité de chaleur suffisante pour entretenir la vaporisation et assurer la marche du moteur pendant encore près de deux heures.
- Celle ingénieuse disposition permettra doncd’uLili-ser pendant un temps très appréciable le moteur de surface pour la marche en plongée, et de tirer partie de sa puissance considérable. On réalisera, de ce fait, une économie sérieuse de l’électricité des accumulateurs, ce qui revient à étendre notablement le rayon d’action sous l’eau. Celte économie donnera en même temps au commandant l’assurance précieuse qu’il ne se trouvera pas privé de son moteur dans les moments critiques qui précéderont, accompagneront et suivront l’attaque.
- Les submersibles de MM. Huiler, Radiguet, Bourdelle sont en construction à Cherbourg. Celui de M. Maurice est en chantier à Toulon, où cet ingénieur est en service. 11 ne faut, hélas! pas compter qu’ils puissent être prêts avant 5 ans 4/2 ou 4 ans. Au prix de 6 francs le kg, prix moyen actuel du sous marin chez nous, ils coûteront près de 5 millions.
- Les simples indications que je viens de donner font comprendre l’intérêt avec lequel le monde maritime attend l’apparition des nouveaux submersibles, dont la construction a été confiée aux arsenaux de Cherbourg, Rochefort et Toulon.
- A. Sauvairiï Jourdan.
- Ancien officier do marine.
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- LA NATURE.
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- LOCOMOTIVES A ADHÉRENCE SUPPLÉMENTAIRE POUR FORTES RAMPES
- (Système Hanscotte)
- On sait que, sur une voie i'errée, les charges remorquées par une locomotive dépendent de l’inclinaison des rampes. Sur les grands réseaux, où on fait le plus sou-vent usage de locomotives munies d’un tender, on peut encore remorquer un poids représenté par deux ou trois fois celui de la machine sur des rampes de 25. à 50 pour 1000 par mèLre. Danslecas d’une locomotive tender il est possible d’atteindre des rampes de 50 pour 1000 par mètre en remorquant un poids égal à celui de la locomotive. Si, enfin, on fait emploi de voitures automotrices où le poids du moteur est généralement faible, surtout lorsqu’on fait usage de la traction électrique, la limite de la rampe peut être portée à 120 pour 1000 par mètre, suivant l’état du rail.
- Lorsque les inclinaisons dépassent les limites précédentes, la traction par simple adhérence devient onéreuse, sinon impossible. Il faut donc avoir recours à un procédé permettant d’accroître cette adhérence devenue insuffisante. Un de ces procédés est l’emploi d’une crémaillère placée entre les rails de la voie et avec laquelle engrène un pignon actionné par le moteur, soit d’une locomotive à vapeur ou électrique, soit d’une automotrice.
- Un second procédé, qui est celui dont nous nous occuperons dans cet article, consiste à remplacer la crémaillère par un rail central fixé aux traverses de
- la voie sur les deux champignons duquel roulent deux roues horizontales actionnées par le moteur en s’appuyant sur ce rail central avec une pression
- suffisante pour produire l’adhérence supplémentaire que les roues motrices verticales sont insuffisantes à donner.
- L’essai le plus complet de ce système est celui fait (1864-69) par Fell sur la ligne provisoire avec rampes de 80 pour 1000 par mètre qui devait être exploitée au Mont Cenis entre Saint-Michel et Suze, au moyen de locomotives à vapeur, pendant l’exécution du tunnel. Ces locomotives, outre certains défauts de construction, présentaient deux inconvénients principaux. Par suite de la rigidité, par rapport au châssis de la locomotive, de tous les organes d’adhérence supplémentaire, des résistances considérables se produisaient lorsque le rail central se trouvait quelque peu déplacé de la position centrale de la voie et, surtout, dans les courbes; d’où diminution de rendement et rupture fréquente des organes moteurs des roues horizontales et, principalement, des bielles reliant les cylindres à vapeur avec les arbres verticaux sur lesquels étaient montées les roues horizontales d’adhérence. De plus, les ressorts qui servaient à presser les roues horizontales contre le rail central étaient d’un réglage difficile et la variation de l’adhérence sur le rail central, suivant les inclinaisons de la voie, était
- ,t ç>
- jDian^.pnérrdtxf£3o
- Mécanisme d’udliéreuce supplémentaire.
- ------Voie eu simple adhérence'---6 Kil.465
- 1 Voie eu rail central--..........8 Kil.460
- IntenpiLpléoTLS' du./ l'cuh central* ta- voie-présente 23& courbes dont les /'ayons varie entre &0 et2000 /nôtres
- 3,6 3,7 4,9 S,0 6.2 6,3 6,6 6,9 7,1 7,3 9,6 9,9 10,110,2 12,2
- Distances cumulées en kilomètres ( Parcours total i4.Kil.92S)
- Fig. 2. — Profil en long du tramway du Puy de Dôme.
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- LA NATURE.
- presque impossibles; d’oii patinages fréquents amenant la rupture des organes moteurs.
- Pour rendre pratique l’adhérence supplémentaire par rail central, il fallait donc tout d’abord éviter ces deux, inconvénients, c’est-à-dire rendre l’appareil moteur horizontal pour ainsi dire indépendant du châssis de l’automotrice ou de la locomotive, en lui permettant de suivre, sans résistance supplémentaire, les variations de position du rail central par rapport à la voie, tout en conservant cependant la pression d’adhérence convenable et, ensuite, rendre possible et certaine la variation de cette adhérence horizontale suivant l’inclinaison variable de la voie.
- au moyen d’une saillie r ménagée sur l’arhre. Chacun de ces engrenages coniques p engrène à son tour avec un second pignon conique pv calé sur l’arbre vertical b et, pour conserver l’engrènement des deux pignons p et pt et, pour cela, maintenir constante la distance entre l’axe de l’arbre b et le pignon p, quelle que soit la position de celui-ci sur l’arbre r, ce pignon p est relié à l’arbre b au moyen de tiges, de longueur réglable, fixées au collier u. Quant à l’arbre vertical b entraîné par le pignon conique pi et, par suite, par le pignon q actionné par le moteur du véhicule, il entraîne, à son tour, la roue d’adhérence a qui lui est lixée à
- Fig'. 5. — Automotrice do la Bourboule.
- C’est à obtenir ces desiderata que s’est attaché M. Hanscolte, ingénieur à la Compagnie de Fives-Lille, qui, depuis plusieurs années, s’est occupé de celte question.
- La figure 1 représente le mécanisme à adhérence supplémentaire étudié par M. llanscolle. Sur un arbre horizontal r, fixé aux longerons du véhicule, tourne fou un pignon q actionné, soit par une chaîne, soit par un engrenage, par le moteur de l’automotrice ou de la locomotive. Sur ce même arbre tournent également fous deux engrenages coniques p entraînés par le pignon q au moyen de bielles articulées qui permettent à ces engrenages coniques p de prendre sur l’arbre r une position quelconque. Quant au pignon moteur q, il est maintenu au milieu de l’arbre r et dans l’axe du véhicule
- sa base et qui s’appuie sur le rail central. Cet arbre vertical b, muni de tout son attirail, tourne dans deux colliers c et d faisant partie d’un châssis e prenant appui sur les entretoises des longerons du véhicule, mais pouvant cependant se mouvoir sur ces entretoiscs, dans le sens transversal à la voie, au moyen de galets roulant sur ces entretoises; ces galets, ainsi que les bielles articulées d’entraînement des pignons annulent presque complètement les résistances de ce châssis au mouvement transversal.
- En résumé, on voit que, par suite de celte mobilité transversale du châssis e et des pignons p sur l’arbre r, tout le système à adhérence supplémentaire peut se déplacer transversalement à la voie, quelle que soit la position du rail central par rapport à l’axe de la voie, sans présenter de résistances
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- considérables, comme dans le cas du système Fell et sans qu’il y ait à craindre rupture de pièces.
- Nous ajouterons que les engrenages p et pt sont à chevrons taillés, du système Citroën, Ilinstin et Cie, qui ont l’avantage de réduire les frottements au minimum et d’avoir un très bon rendement. Le premier inconvénient du système Fell que nous signalions plus haut, c’cst-à-dire la trop grande rigidité des organes d’adhérence horizontale par rapport au châssis du véhicule, se trouve donc éliminé. Nous ferons, en outre, remarquer que l’huile servant au graissage des colliers de l’arbre b tombe dans un réservoir g ménagé au bas
- second m, fixé au cylindre, forme le point fixe du système. Quant aux extrémités inférieures de ces leviers, elles sont reliées au moyen d’oreilles aux châssis mobiles e et, par suite de leur liaison par la tige n, suivent les variations transversales de ceux-ci, suivant les différentes positions du rail central. 11 résulte de cette disposition que la pression des leviers agit dans le plan même des roues horizontales d’adhérence, ce qui évite toute tendance au déversement des arbres verticaux b qui conservent alors leur position verticale et parallèle dans toutes les positions, ce qui n’avait pas lieu dans les dispositifs précédents et que, de plus, la pression des roues
- Fig. 4. — La locomotive du Puy de Dôme.
- de l’arbre b d’où elle se déverse dans la cuvette h faisant partie de la roue d’adhérence; elle ne peut donc, comme dans les systèmes précédents, se répandre sur le rail central et être la cause d’une diminution importante du coefficient d’adhérence.
- Voyons maintenant comment est obtenue la pression des roues d’adhérence sur le rail central. En i se trouve un cylindre fixé aux entretoises des longerons du véhicule, dans lequel se meut un piston. Ce cylindre est en communication avec un réservoir d’air comprimé alimenté par un compresseur ordinaire qui fournit également l’air utilisé par les freins. Le piston du cylindre, actionné par l’air comprimé du réservoir, est attelé, au moyen de bielles, à un système de leviers l et m, reliés entre eux par une tige n et dont l’extrémité supérieure du
- d’adhérence est la même des deux côtés du rail central. Un appareil spécial, fixé au véhicule, et qu’il nous est impossible de décrire faute de place, permet de distribuer automatiquement l’air au cylindre i et, cela, à une pression proportionnelle aux rampes. Une fois cet appareil réglé, suivant l’état climatérique, la pression des roues horizontales contre le rail central se règle d’elle-même, suivant la rampe, sans que le mécanicien ait à s’en occuper. La seconde condition dont nous parlions plus haut et qui était loin d’être remplie dans la locomotive Fell, se trouve donc ici avoir reçu une solution heureuse et élégante.
- Tel est, dans ses grandes lignes, le système à adhérence supplémentaire Hanscotte qui a pour but de rendre pratique le système d’adhérence par rail central délaissé depuis les essais défectueux du
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- Mont Cenis. Nous aurions encore à parler de différents organes importants, tels que les freins et les appareils de sécurité. Mais, faute de place, nous nous restreindrons au mécanisme d’adhérence supplémentaire qui, du reste, est celui qui présente le plus d’intérêt et d’originalité. Nous ajouterons, toutefois,
- lénein. d mâchoires-jde sécurité
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- Fi£. 5. — Schéma de la locomotive du Puy de Dôme.
- que les roues horizontales sont munies de boudins servant à les agrafer au rail central, ce qui empêche tout soulèvement ou déraillement du matériel.
- Le mécanisme d’adhérence supplémentaire Hans-cotte a été appliqué, pour la première fois, en 1904, à la Bourboule, sur le tramway à traction électrique qui relie le Casino avec le funiculaire. La rampe maxima étant de 120 pour 1000 par mètre, tout système d’adhérence supplémentaire, dans le cas de l’automotrice seule, était inutile, comme nous l’avons indiqué au début. Mais, grâce à l’addition du rail central, il a été possible, en cas d’affluence, de faire remorquer sur cette rampe, par l’automotrice, une voiture d’attelage. La figure 5 représente l’automotrice de la Bourboule.
- Une seconde application, est celle qui se termine en ce moment et qui a pour but de relier Clermont-Ferrand avec le sommet du Puy de Dôme au moyen d’un tramway à voie de 1 m., dont M. Claret est le concessionnaire. La distance à parcourir est de 15 km. et la différence de niveau entre les poinls extrêmes est de 1029 m. Le tracé en plan, très sinueux, présente de nombreuses courbes de 40 m. de rayon et les rampes maxima sont, comme le montre le profil figure 2, de 120 mm. par mètre. Ici, il s’agit de véritables trains composés de voitures remorquées par une locomotive à vapeur.
- Cette locomotive (fig. 4), représentée schématiquement sur la figure 5, a été construite par la Compagnie de Fives-Lille, ainsi que l’automotrice de la Bourboule. Elle est munie à l’avant et à l’arrière d’un mécanisme à adhérence supplémentaire et
- chacun de ces mécanismes est actionné par un essieu de la locomotive au moyen d’une chaîne varielur. Le poids de cette locomotive en service est de 55 tonnes et la pression des quatre roués horizontales sur le rail central peut varier, suivant les déclivités, entre 0 et 50 tonnes. Dans le cas d’une pression maximum de 50 tonnes sur le rail central et une pression d’air dans le cylindre d’adhérence i de 7,67 kg et, eu tenant compte du poids adhérent de la machine qui est de 55 tonnes et, en admettant, de plus, un coefficient d’adhérence minimum de 1/11, cette machine, munie de ses deux mécanismes d’adhérence, remorquera aisément sur la rampe de 120 pour 1000, â la vitesse de 12 km. à l’heure, un poids de 27 tonnes composé de trois voitures de remorque chargées.
- Du reste, des essais, fails en août et novembre dernier, sur la première section de la ligne où se rencontrent les courbes de plus faible rayon, les inclinaisons maximum et de nombreuses interruptions du rail central, sont venus confirmer ces prévisions.
- Une autre expérience fort intéressante est celle que fait, en ce moment, la Compagnie du Sud de la France sur une ligne accidentée de 4 km. de longueur, avec rampes de 50 pour 1000 par mètre se dirigeant vers les mines du cap Garonne. On a muni une ancienne locomotive à trois essieux couplés, du poids de 20 tonnes, d’un mécanisme h adhérence supplémentaire, placé à l’arrière de la boîte à feu (fig. 6), donnant une pression maximum, sur le rail central de 10 tonnes. On pourra, de la sorte, remor-
- Fig. 0. — Schéma de la locomotive du Sud de la France.
- quer sur les rampes de 50 pour 1000, à la vitesse de 8 km. à l’heure, un poids de 65 tonnes, au lieu de 50 tonnes, soit une augmentation de 116 pour 100. Quant à l’interruption du rail central aux passages à niveau, elle est aisément franchie par la vitesse acquise. R. Bonnin.
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- LA JAMAÏQUE ET SES TREMBLEMENTS DE TERRE
- En ligne directe, sur la route la plus courte de New-York à Panama, à 100 milles au Sud de Cuba et environ à la même distance Est de Haïti, se trouve l’île anglaise de la Jamaïque, vers laquelle un récent désastre a dirigé un courant d’universelle sympathie. Celte île, naguère charmante, aujourd’hui terrorisée par la catastrophe, a 4207 milles carrés de superficie, 144 milles de longueur sur 20 à
- acheva la conquête de l’île en 1654. Les Espagnols en furent chassés, mais les belliqueux Maroons, métis d’Africains et d’indiens, gagnèrent les montagnes et opposèrent une longue résistance aux envahisseurs. Leurs descendants se sont fixés actuellement à Moorelown.
- Puis vient, dans l’histoire de la Jamaïque, le chapitre romanesque de la domination des Boucaniers
- Fig. i. — Vue d’un jardin public à Kingston.
- 50 milles de largeur et un développement de côtes de 500 milles (le mille anglais vaut 1609 mètres).
- Le nom de Xaymaca que lui donnent les Indiens a été adouci en celui de Jamaïque, bien que Christophe Colomb, qui la découvrit en 1494 lui eût donné le nom de Santiago, lequel, chose curieuse, est devenu finalement celui de la côte Est de Cuba. Diego Colomb, son fils, fonda sur la côte septentrionale la première capitale de l’île, Seville Nueva, dont on peut encore voir les ruines près de la Baie Sainte-Anne. La seconde capitale de la Jamaïque fut Saint-Jago de la Vega (connu aujourd’hui sous le nom de Spanish Town) qui fut prise en mai 1655 par les Anglais. Une troupe, commandée par le colonel Yenables et l’amiral Penn, père du célèbre quaker William Penn, fondateur de Philadelphie,
- et la construction du magnifique Port Royal, sur le noble Palisades, ligne de récifs s’avançant de 9 milles dans la mer et formant un brise-lames naturel qui lui fit donner le nom de Kingston llarbor. Ces pieux pirates bâtissaient de coûteuses églises, semblables à de somptueux palais, dans l’espoir d’obtenir ainsi de la divinité, le pardon de leurs effroyables crimes.
- Mais le 17 juin 1692, cependant que cette ville, la plus riche et la plus corrompue alors du Nouveau Monde, se livrait à de véritables saturnales, un violent tremblement de terre se produisit et dans le court espace de 2 minutes, églises, palais et maisons furent engloutis dans la mer. L’ouragan et la peste achevèrent l’œuvre de dévastation. La légende rapporte que pas une pierre ne resta debout. Dos
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- LA NATURE.
- pêcheurs prétendirent avoir vu, au loin sous les eaux bleues, les tours et les créneaux submergés du vieux Port Royal ; les plus imaginatifs d’entre eux ajoutèrent qu’ils purent entendre, par instants, le son des cloches de la cathédrale engloutie1. C’est l’éternel thème légendaire des cités englouties, qui prolongent leur splendeur sous les flots, et le pendant de la fameuse Ys, autrefois ruinée par la colère de l’Océan.
- Cette catastrophe amena la fondation, dans la Liguanea Plain, de Kingston, la capitale actuelle, qui, après deux siècles de quiétude, étant devenue
- gouverneur des Strails Seltlements et comme tel élevé au grade de chevalier de Saint-Michel et Saint-Georges et qui ensuite fut appelé au poste de Gouverneur de la Guyane anglaise, fut installé en 1904 à la Jamaïque où il exerce encore ses ingrates fonctions. Il est président d’un Conseil mixte, composé du plus ancien officier, du secrétaire colonial, de l’attorney-général, du directeur des travaux publics et de neuf membres élus dans les neuf districts électoraux de l’ile. Depuis de nombreuses années, l’administration coloniale a été marquée par de fréquentes mésintelligences et d’incessantes rivalités.
- Fig. 2. -- Femmes indigènes opérant le transport des bananes.
- une ville de 68000 habitants, a été à son tour réduite en ruines et, selon d’unanimes prévisions, reste menacée de disparaître également dans la mer voisiné. L’emplacement de Kingston se trouve sur la côte Sud de la Jamaïque. Elle fut bâtie en 1695; mais le siège du gouvernement n’y fut transporté que depuis peu, de Spanish Town, où le Gouverneur conserve encore comme résidence, l’élégante construction appelée la Maison du Roi. Le gouverneur actuel, Sir James Alexander Swettenham qui servit 15 ans à Ceylan, fut 7 ans receveur général à Chypre, puis secrétaire colonial à Singapour, puis
- 1 Le moderne Port Royal n’est plus qu’une petite localité sans édifices remarquables, à l'exception toutefois d’un hôpital, d’un palais de l’amirauté et d’un fort.
- La Jamaïque est divisée en trois comtés et treize paroisses parmi lesquelles est réparti un grand nombre de villes et de villages. Certaines de ces localités sont remarquables à cause de leurs superbes jardins tropicaux, d'autres à cause de leurs richesses minérales ; d’autres enün commandent l’admiration grâce aux sublimes ou pittoresques spectacles qu’elles présentent. Le chemin de fer de la Jamaïque parcourt File sur une distance de 112 milles, de Kingston à Montego Bay; et dé bonnes routes carrossables relient entre eux les points qu’il n’atteint pas. Les fruits tropicaux de toutes sortes abondent et font l’objet entre la Jamaïque et les États-Unis d’un important trafic qui emprunte principalement les moyens de transport offerts par les splendides
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- Fig. 3.
- Aspect d’un édilice public après la catastrophe.
- Fig. 4.
- Métairie aux pieds des hauteurs de la Jamaïque.
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- bateaux de la United Fruit Company, qui assure un service régulier entre Boston et les autres ports ; avec quartiers généraux à Port Antonio et des agents dans les principaux ports et baies de la Jamaïque.
- Plus de cent rivières arrosent Pile de la Jamaïque et vont se jeter dans la mer; un petit nombre seulement d’entre elles est navigable; la plupart sont torrentueuses et s’écoulent à travers des gorges et des ravines profondes. Les cinq huitièmes de Pile sont formés d’un calcaire blanc dont la désagrégation donne des terrains alluviaux blancs et rouges ; ces derniers sont particulièrement favorables à la culture du café. La substructure de Pile se compose de roches ignées, où se rencontrent des vestiges d’une action volcanique. Des sentiers escarpés montent de chaque point de la côte vers une haute rangée centrale de montagnes qui s’élèvent en pics de 6000 à 7000 pieds d’altitude. Le lit de l’Océan présente une profonde dépression correspondante autour de Pile, en sorte que du sommet des montagnes Bleues jusqu’à l’abime de la mer des Caraïbes, on peut évaluer l’inclinaison totale à près de 12 000 pieds.
- Sur la côte, au milieu de cette immense ligne d’inclinaison, se trouvent situés Port Royal, qui fut détruit par un tremblement de terre il y a deux siècles, et Kingston, si terriblement éprouvé en janvier dernier.
- Les bruits les plus contradictoires et les plus alarmants s’étant répandus, je désirai vivement tenir les faits de première main. C’est pourquoi, dès que j’eus appris que Y Amiral Sampson de la United Fruit Company était au port et qu’il était le premier arrivant depuis la catastrophe, je me hâtai de me rendre sur le Long Wharf de Boston où atterrissaient les passagers affolés tandis que les marins débarquaient une cargaison de bananes et autres fruits de la Jamaïque. Le principal passager, M. Frédéric S. Jopp, agent fréteur, m’accorda une bienveillante attention. On ne peut se défendre d’un sentiment de poignante tristesse en face des photographies de cette île que ses admirateurs avaient accoutumé d’appeler YHeureuse Jamaïque, avant qu’elle ne fût dévastée par la catastrophe. Elles montrent les palmiers majestueux, la richesse de la flore et la prospérité agricole d’une île dont a dit souvent qu’elle était la Perle des Caraïbes. Elles montrent également les rues animées, les joyeuses assemblées et les quais populeux d’une ville qui fut soudainement anéantie.
- Le capitaine Henshaw, de Y Amiral-Sampson,
- nous en donna d’exactes descriptions, ainsi que ses officiers et son équipage, sans oublier les réfugiés à qui ils vinrent en aide en temps opportun et qui nous racontèrent leur terrifiante et dramatique histoire. Kingston fut, à l’origine, bâti en forme de croix, avec deux larges rues se coupant à angles droits, auxquelles s’ajoutèrent un grand nombre d’autres au fur et à mesure que la ville s’accrut. Bien qu’au point de vue architectural, Kingston fût moins frappante que beaucoup d’autres villes, elle possédait une belle cathédrale, un muséum, une bibliothèque, un théâtre, un hôpital, un palais de justice, des marchés curieux, le Myrlhe Bank llotel et un grand nombre d'édifices publics et de résidences privées.
- Le 14 janvier, à 5 heures et demie, alors que la majeure partie des habitants se trouvait dehors, après le repos de midi, les boutiques ouvertes, les rues actives et les touristes de tous pays en promenade, une secousse soudaine détruisait Kingston de
- fond en comble, ruinait des propriétés de plusieurs millions de dollars, tuait de 1000 à 2000 créatures humaines, en blessait pins de 5000 autres, — et toute cette épouvante en 50 secondes! Puis, successivement, de plus légers chocs se répètent, et durent encore au moment où j’écris ces lignes, — mais le premier frémissement avait tout consommé; la ruine avait assailli la capitale de la Jamaïque, tandis que l’incendie drapait de ses flammes les débris du tremblement de terre.
- Les survivants effrayés s’enfuirent vers le pied des collines, jugeant plus sain de passer la nuit sous la lumière des étoiles que sous les derniers toits branlants. Le chaos règne; les rues, encombrées de débris, refusent le passage aux voitures, que l’on a cependant toutes mises en réquisition. La police était paralysée, les soldats sans ordres, les conduites d’eau mal aménagées et les pompiers impuissants; des cadavres gisaient sans sépulture, et des victimes blessées rampaient au hasard, sans secours, — tandis que des voleurs cherchaient une double pâture sur les vivants et sur les morts. Ce fut dans ces tristes conjonctures que l’amiral Davis, dans un simple mouvement d’humanité, envoya à terre les matelots des cuirassés Missouri, Indiana et Yanktin, appartenant à la marine de l’Union, qu’il employa au premier déblaiement des rues, à la garde des maisons et des propriétés, tandis qu’il faisait enterrer les morts et soigner les blessés. Pourtant, le gouverneur crut devoir leur donner l’ordre de reprendre
- Fig. 5. — Carte de la Jamaïque.
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- Fiy. fi. — Maisons détruites par la secousse du 14 Janvier.
- leur place à leur bord, el celte décision causa un moment, de gène dans les rapports de deux puissances, en paix cependant depuis quatre-vingt-dix ans. Mais l’incident finit par se clore.
- Le mouvement général de la vague sismique était du Nord au Sud, ou, en d’autres termes, de la haute ligne des montagnes centrales vers le rivage méridional, le choc central s’étant produit à Kingston et aux environs. C’est ainsi que si Port Antonio, situé à 75 milles de distance, a été lui aussi frappé, le versant Nord de Pile n’a ressenti qu’une légère secousse, et les personnes qui descendirent de la montagne vers Kingston n’en avaient éprouvé aucune. Sur les vaisseaux qui étaient au port, on eut l’impression d’une vague immense secouant leur hàtisse de l’avant à l’arrière, et, en effet, un raz de marée parcourut rapidement les eaux et vint déferler contre le Palisades.
- Les résidences construites au pied des collines ont été complètement détruites, mais les maisons de chaume des indigènes n’ont pas souffert le moins du monde. Les dégâts ont été assez restreints à Newcastle, où les troupes étaient cantonnées, mais à Gordonlown et à Papine beaucoup de maisons ont été jetées bas. La Hope River, généralement limpide, s’est troublée. Le bel hôtel Constant Spring est complètement ruiné. En certains endroits on dit que l’eau de la mer s’est élevée jusqu’à la cime des
- Fig. 7 — La végétation de la Jamaïque.
- palmiers. Le phare de PorL Royal est détruit et beaucoup d’autres feux du port sont perdus, ce qui a causé plusieurs naufrages, entre autres celui du Prince Waldemar. Par bonheur, l’hôpital général de Kingston, épargné au milieu du désastre, a pu être utilisé et il n’a pas tardé à recevoir les nombreux blessés que l’on y transportait, en nombre si grand d’ailleurs, qu’il a fallu en poser beaucoup sur les pelouses, où des médecins et des infirmières circulaient au milieu d’eux, les secourant de tout leur pouvoir ; d’autre part, on en recueillit aussi beaucoup sur les bateaux et sur les vapeurs du port. Mais, hélas! il faut bien l’avouer, un trop grand nombre encore n’ont pu recevoir les secours nécessaires et ont été laissés à l’abandon.
- Déjà trois fois frappé par les tremblements de terre, trois fois livré aux flammes, le peuple héroïque de Kingston a trois fois rebâti sa belle cité. Un journaliste de New-York nous citait un trait caractéristique des habitants de cette île. On montre à tous les touristes, aux environs de Kingston, une pierre tombale qui est célèbre dans le pays. Elle perpétue la mémoire d’un homme, nommé « Galdy », qui fut englouti dans une crevasse au premier choc d’un tremblement de terre ressenti à Port Royal il y a deux cents ans, mais un second choc rouvrit son tombeau, le jeta en Pair et de là dans la mer. Tranquillement, il regagna la côte à la nage, releva sa maison au même endroit, où il vécut pendant quarante ans : il mourut alors de mort naturelle et fut enterré sous cette pierre qui raconte son histoire. On se plaît à dire que la bonne fortune de Galdy présage celle de Kingston. Restaurée, ce sera une cité de beauté sur une terre dont les charmes sont incomparables — peut-être en attendant la prochaine
- secousse. Dr Horace C. Hovey.
- de Newburyport (Massachusetts — Etats-Unis).
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- Fig. 1. — Le dirigeable Paine vu en dessous.
- LE BALLON DIRIGEABLE « PATRIE »1
- La France est la patrie des ballons. Depuis Mon-gollier l’art de naviguer dans les airs n’a cessé de l'aire des adeptes, et, malheureusement, des victimes. Les premiers dirigeables sont nés chez nous. Giffard, Tissandier, Renard et Krebs, ont eu des successeurs. M. Julliot a été, jusqu’ici, le plus heureux de tous ceux qui se sont consacrés à l’étude de la navigation aérienne par le plus léger que l’air.
- Les premiers travaux de M. Julliot sur la direction des ballons datent de 1890; ils sont relatifs, non à la construction d’un dirigeable, mais à l’étude des éléments qui entrent dans cette construction. L’auteur de Patrie nous a dit lui-même les quatre éléments qui lui faisaient défaut : un bon projet, un métal léger et résistant, un transformateur d’énergie, et enfin les ressources nécessaires.
- Ces quatre éléments ont fini par se rencontrer, par s’associer. Un projet primitif, simplifié, permit l’emploi des aciers au nickel que la métallurgie venait de créer; on emprunta à l’automobilisme le transformateur d’énergie léger, puis MM. Lebaudy levèrent le dernier obstacle.
- C’est alors que naquit le Lebaudy n° 1, le Jaune, comme
- on l’appelait, .véritable merveille aérostatique à laquelle les noms de Julliot et de Surcouf, ses constructeurs, demeurent associés. A la suite de l’immense succès obtenu par ce dirigeable, il n’était plus possible de demeurer inactif. MM. Lebaudy construisirent un parc aérostatique à Moisson où put s'effectuer la fabrication de nouveaux dirigeables pendant que M. Julliot recherchait les modifications à apporter au type primitif pour le rendre plus puissant et plus rapide.
- Parlant de ce principe que l’avenir est aux gros ballons, le modèle 1905 était déjà pourvu d’une enveloppe plus volumineuse quecelle du 1904; la longueur est restée la même, mais les dimensions transversales sont augmentées de 5 pour 100, augmentation qui se traduit par une capacité supérieure de 11 pour 100 entraînant 75 pour 100 en plus de lest disponible. Ce dirigeable est devenu un ballon école, et, comme tel, il a été affecté à l’établissement de Chalais-Meudon pour servir à l’instruction des aérostiers militaires; il constitue un modèle intermédiaire entre le Jaune et Patrie.
- Patrie est, actuellement, le roi des airs. Ses
- 1 Suite aux numéros 1761 et 1762.
- Fig. 2. — Le dirigeable vu il’arriçrc.
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- merveilleuses qualités en l’ont un navire aérien de très grande valeur militaire. Nous sommes allés demander à M. Julliot de nous parler de son œuvre; nous en dirons tout ce qu’il est permis d’en connaître.
- L’enveloppe du dirigeable Patrie est confectionnée absolument comme celle du deuxième ballon Le-baudy, c’est-à-dire par deux étoffes alternant avec deux couches de caoutchouc dont une est appliquée à l’intérieur. Les coutures sont recouvertes de trois bandes d’étoffe caoutchoutée et collées à la dissolution de caoutchouc afin de rendre ces coutures parfaitement imperméables. Celle étoffe pèse 530 gr. par mètre carré et sa résistance est de 1-400 kg par
- suite dans les voisines. Ces cloisons remplissent l’office d’organes retardateurs empêchant l’air de se porter trop rapidement vers l’une ou l’autre extrémité de la poche allongée qu’est le ballonnet et dont le volume atteint 650 m3. Le ventilateur est fait en cuivre et aluminium, il tourne à 5000 tours par minute et débite 1 m3 à la seconde.
- L’enveloppe comporte cinq soupapes de 300 mm. de diamètre. La soupape supérieure ne sert qu’à vider le ballon. En dessous, deux soupapes s’ouvrent du dedans au dehors, automatiquement si la pression atteint 50 mm d’eau, ou à la main par des cordages descendant jusqu’à la nacelle. Enfin le
- Fig'. 5. — Le dirigeable Pairie évoluant au-dessus de Paris. — Vue prise de la Tour Eiflel.
- mètre linéaire. La rigidité est assurée par le moyen classique qui consiste à maintenir une pression intérieure un peu plus forte que la pression atmosphérique; cette surpression, de 20 mm. d’eau, est maintenue permanente par un ballonnet intérieur qui reçoit l’air d’un ventilateur actionné par le moteur. La forme de l’enveloppe diffère de celle du Jaune. L’avant est un demi-fuseau représentant les deux cinquièmes de la longueur totale, et l’arrière se termine par une partie ellipsoïdale ; une autre portion de fuseau à très grand rayon les réunit. La longueur totale de l’enveloppe est de 60 m., soit 2 m. de plus que le Lebaudy 1905 ; le diamètre au maître-couple est de 10,50 m. et le cube de 5150 m.
- Le ballonnet est divisé en trois compartiments par deux cloisons percées en haut et en bas ; l’air pénètre dans la chambre du milieu et se rend en-
- ballonnet porte également deux soupapes d’évacuation d’air, automatiques pour une pression de 30 mm. d’eau, et manœuvrables à la main comme les précédentes. En résumé, le ballon marche à la pression normale de 20 mm., les soupapes à air se lèvent à 50 mm. et celles à gaz à 50 mm.
- Le ballon est muni de quatre espèces de plans : plans fixes, horizontaux et verticaux et plans mobiles, horizontaux et verticaux. Les plans fixes horizontaux sont les plans essentiels de stabilisation ; ils sont au nombre de trois. Le plus important mesure 21,50 m. de longueur et 6,05 m. de largeur; sa surface est de 98 m2 ; il occupe le milieu du dessous du ballon. Le deuxième plan constitue la première penne de flèche ; il prolonge le précédent vers l’arrière et sa largeur augmente vers son extrémité. Enlin le troisième plan horizontal est établi dans
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- l’axe de l’enveloppe, tout à lait à l’arrière du ballon; c’est la deuxième penne de flèche dont la surface est de 22 m2.
- Les plans fixes verticaux sont également au nombre de trois ; on les a placés sous chacun des plans fixes horizontaux ; leur surface totale est d’environ 25 m2.
- Les uns et les autres de ces plans sont constitués par des cadres en tubes d’acier au nickel entretoisés par d’autres tubes et des fils d’acier. Ces cadres sont recouverts de deux tissus de coton qui les emprisonnent et que l’on a collés aux bords afin que l’air ne puisse s’introduire entre eux. Enfin, ces plans sont fixés aux ourlets de l’enveloppe par un fragment de filet dont les mailles inférieures viennent s’attacher sur les bords elliptiques du cadre.
- Nous avons vu que les plans mobiles sont également de deux sortes. Le premier plan vertical mo-
- sont visibles sur aucune de nos photographies, car ils ont été ajoutés après les essais de réception par l’armée.
- Le moteur qui équipe le dirigeable Pairie sort des établissements Panhard et Levassor; sa puissance est de 70 chevaux. Les cylindres sont faits en acier avec chemise rapportée pour la circulation d’eau; il a été pourvu d’un double allumage, par bobine et par magnéto ; le radiateur est d’une construction spéciale et un ventilateur active le refroidissement ; le carburateur est du système Krebs. Le pot d’échappement est également d’un type inédit; il comporte une boule de toile métallique sur la sortie qui se fait en dessous et en arrière de la nacelle, loin des échappements du gaz du ballon dont le séparent les toiles ignifugées des plans fixes. Les hélices sont placées symétriquement de chaque côté
- Fig'. 4. — Le dirigeable preuaul sou vol.
- bile n’est autre que le gouvernail classique chargé d’assurer ce que l’on appelle la direction proprement dite, c’est-à-dire les mouvements à droite et à gauche dans le plan horizontal. Il est placé à l’extrémité de la première penne de flèche et mesure 12,75 m2 de surface ; son cadre est fait de tubes que l’on a recouverts d’étofle double. Le gouvernail a été placé de manière à agir sur l’ensemble des deux premiers plans fixes horizontaux qui entraînent ensuite le ballon et la nacelle.
- Les plans mobiles horizontaux, ou, plus exactement, à génératrices horizontales, remplissent les memes fonctions que les plans en Y du premier modèle; leur manœuvre, qui est plus simple que celle de ces plans déroulables, provoque donc une descente ou une ascension en même temps qu’elle permet d’éviter le tangage qui se produirait inévitablement, sans leur présence, pendant les virages. Ils affectent la forme d’ailerons placés à l’arrière et vers le milieu du ballon; ces derniers ne
- de la nacelle et tournent en sens inverse l’une de l’autre; elles sont à deux branches, en tôle d’acier, et font 1000 tours par minute; les branches font suite à un manche d’acier au nickel et sont un peu plus développées que celles des précédents dirigeables. Leur axe est placé à la hauteur de celui du moteur, c’est-à-dire très près du fond de la nacelle, ce qui ne présente aucun inconvénient pour la puissance de 70 chevaux.
- La nacelle a conservé la même forme que celle qui a été adoptée au début de la construction de la série des dirigeables Lebaudy; c’est une sorte de petit bateau terminé par deux pointes et en bas par une quille mettant les hélices à l’abri de tout contact avec le sol au moment des atterrissages. Plus longue que large, elle mesure 6 m. de longueur totale et 1,60 m. de largeur seulement; sa profondeur n’est que de 80 cm. Elle a été construite en vue des services militaires qu’elle est appelée à rendre.
- La nacelle est l’âme du dirigeable ; c’est là que
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- sont rassemblés tous les organes de commande sous les yeux et la main des aéronautes. On y trouve toutes sortes d’instruments ; trois manomètres indicateurs de pression, deux baromètres d’altitude, un manomètre à compteur, un thermomètre, un sta-toscope, une carte placée sur un support tournant qui permet de l’orienter comme le sol, un réservoir d’eau, un réservoir d’huile, une cage à pigeons, etc., etc., bref tous les instruments ou appareils utiles pendant une ascension pour conduire le dirigeable aussi bien que pour lui permettre de rendre tous les services que l’on attend de lui. Pendant le jour, un appareil photographique permet de prendre, à chaque instant, automatiquement ou à la main, des vues topographiques. Cet appareil cède la place, pendant la nuit, à un phare à acétylène dissous, de un million de bougies, et à l’aide duquel on peut apercevoir les obstacles à éviter lorsque l’on navigue près de terre et en même temps explorer le sol. Je signale enlin les engins d’arrêt : ancre, deux guides-rope, et un serpent que l’on jette à l’atterrissage et qui stabilise le ballon à une quarantaine de mètres du sol.
- L’équipage du ballon dirigeable Pairie comprend trois personnes : un mécanicien, un aéronaute et un chef de bord. Mais six personnes peuvent facilement prendre place dans la nacelle ainsi que cela a eu lieu lors de l’ascension de M. Berteaux à Toul et pendant les essais de réception. Dans cette dernière occasion, qui était une vraie solennité aérostatique
- et militaire, l’équipage de MM. Lebaudy composé de l’aéronaute Juchmès, des aides Dubuc et Landrin et du mécanicien Bey, voisinait avec l’équipage militaire composé de M. le capitaine Yoyer, M. le lieutenant Bois et du mécanicien Degulfroy. La a capacité » de la nacelle de Patrie est donc suffisante pour permettre sinon le transport de troupes, du moins celui d’un état-major utile. Je n’apprendrai rien à nos lecteurs en leur disant que les essais de réception furent couronnés du plus brillant succès et qu’ils se terminèrent par la réception définitive du dirigeable par l’armée.
- La commande du navire militaire aérien avait été passée à MM. Pierre et Paul Lebaudy le 12 février 1906 et la livraison devait en être elfectuée entre les mains des officiers du génie le 12 février 1907. Or le dirigeable, construit sous la direction deM. Julliot, était terminé le 15 novembre. Les essais eurent lieu aussitôt et durèrent du 15 novembre au 15 décembre, date à laquelle la commission de réception lui fit effectuer le voyage de Moisson à Chalais par l’équipe militaire. Pour couronner ce succès par la consécration de la population parisienne — toujours très flattée des marques d’attention que l’on a pour elle — Patrie effectuait, le 17 décembre, un voyage au-dessus de Paris ayant à son bord quaire officiers et deux mécaniciens. 11 a été ensuite dégonflé et emmagasiné pour être enfin dirigé sur notre camp retranché de Verdun auquel il est affecté.
- Luciex Fouknieu.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du i i mars >907. — Présidence de M. H. Becquerel.
- Un nouveau glucoside. — MM. Bourquelolel d’ilérissey ont extrait, des graines d’une plante du genre strychnos très répandue à Madagascar, un nouveau glucoside. Alors que les graines du genre strychnos sont en général très toxiques, le glucoside en question 11’est pas un poison.
- Étude enlomologique des mouches piquantes. — M. Laveran ayant à sa disposition un grand nombre de mouches piquantes de l’Afrique équatoriale a pu constater (jue la glossine qui propage la maladie du sommeil est très répandue dans l’état indépendant du Congo.
- Découverte de comète. — M. le général Bassot annonce que M. Giacobini vient de découvrir, à Nice, une nouvelle comète ayant l’apparence d’une étoile de 11e grandeur.
- Pseudo-morphose végétale. — On connaît déjà en minéralogie le phénomène en vertu duquel une substance se substitue à une autre dans un cristal en laissant subsister la forme de celui-ci ; mais 011 ne connaissait pas d’exemple de ce phénomène en biologie. M. G. Bonnier dépose une Note dans laquelle M. Jacobesco signale à ce sujet l’existence, sur divers arbres, de tumeurs en apparence semblables, dont les unes toutefois sont formées par l’hypertrophie des tissus, alors que les autres ne sont qu’une masse de filaments de champignons parasites qui cellule à cellule se sont substitués aux cellules du végétal. La structure en éventail subsiste dans les deux ordres de
- tumeurs; l’identité apparente se poursuit même presque dans les détails de coloration de chaque couche et dans les bigarrures des tissus. On est donc en présence d’un phénomène comparable à la pseudo-morphose des cristaux.
- Les grottes de Menton. — M. A. Gaudry présente un grand ouvrage intitulé Les grottes de Grimaldi entrepris sous le patronage du prince de Monaco. Les fouilles méthodiques, exécutées par le chanoine de Villeneuve avec M. Lorenzi, donnent très exactement la chronologie de toutes les couches et des foyers. Elles éclairent l’histoire de l’homme fossile dans l’époque chaude. Depuis plus d’un demi-siècle, on recherche les hommes fossiles. Dernièrement le monde savant a été étonné par les peintures murales que MM. Rivière, Capitan, Cartailhac, Breuil ont trouvées dans des grottes. Mais la plupart de ces découvertes se rapportent à l’àge glaciaire, à l’époque où la France nourrissait des mammouths, rhinocéros laineux, rennes, bœufs musqués, lemmings, harfangs. Le climat était dur, nos pères ont dù beaucoup souffrir. Or, avant l’époque glaciaire, ils ont connu une époque chaude, l’époque du chelléen. On n’a pas de squelettes humains datant de ces temps. Or, M. Boule a montré que la plus grande partie des grottes de Grimaldi appartient à l’époque chaude, caractérisée par l’absence de renne, par la présence de l’elephas anliquus, du rhinocéros merckii et des
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- hippopotames. M. Yerneau a étudié les squelettes d’hommes dans un état de conservation admirable ; M. Cartailhac donnera bientôt un travail sur les instruments humains. Le musée d’anthropologie que le prince Albert Ier vient de faire construire, près de son musée incomparable d’océanographie, donne une impression très vraie de ce qu’a pu être l’histoire de l'homme avant les temps glaciaires, c’est-à-dire de l’homme le plus primitif de nos pays.
- Les sels de manganèse et la fermentation. — M. Muntz présente une Note de MM. E. Kayser et 11. Marchand au sujet de l’influence des sels de manganèse sur la fermentation alcoolique. Ils ont trouvé que dans les milieux sucrés l’addition de traces de ces sels accélère la disparition du sucre et, conséquemment, le rendement en alcool. Leur emploi peut rendre de grands services dans la fermentation des moûts sucrés.
- Combinaison directe de Vazote et de l'hydrogène. —
- M. Lemoine présente une Note de MM. Briver et Met-tler sur la combinaison de l’azote et de l’hydrogène sous
- l’influence électrique. C’est un fait connu que l’on peut, dans ces conditions, déterminer la formation d’une petite quantité d’ammoniac, environ 5 à 4 pour 1 00 du volume du gaz. MM. Briver et Mettler augmentent le rendement en entourant le mélange gazeux d’air liquide de manière à constituer un système de tubes chauds et froids. L’ammoniac se dépose sous forme de neige et ne garde qu’une force élastique insignifiante. Ils ont étudié l’influence de la pression sur le système et ont trouvé qu’il y avait une pression optimum de 0m,100 de mercure. On obtient alors 0Br,17 d’ammoniac par kilowatt.
- Nouveau grisoumètre. — M. le professeur Grehant communique le résultat d’expériences eudiométriques qu’il vient de faire sur la composition de mélanges titres de formène et d’air. Avec son eudiomèlre grisoumètre, fonctionnant par ‘200 passages de courant dans une anse de platine plongeant au milieu d’une ampoule de 50 cm5, il peut doser immédiatement le grisou jusqu’au 1/400. Cet appareil permettra de multiplier les analyses de l’air des galeries de mines. Cu. de Yiluoeuil.
- NÉCROLOGIE
- E. Hospitalier. — M. E. Hospitalier, ingénieur des arts et manufactures, chevalier de la Légion d’honneur, est décédé à Paris le 9 mars 1907, à la suite d’une broncho-pneumonie, à Page de 54 ans.
- S’il a été parfois sévère, M. E. Hospitalier a été un électricien de grand mérite, qui a l'ait justice d’une série d’utopies condamnées le plus souvent à disparaître.
- 11 débuta à Paris, au moment de l’Exposition d’électricité de 1881, et à la suite du premier Congrès international des électriciens. On sait que ce fut dans ce Congrès que les électriciens adoptèrent leur nouveau système d’unités, qu’ils dénommèrent système centimètre-gramme-seconde. La Ville de Paris venait précisément d’ouvrir à cette époque une Ecole de physique et de chimie industrielles, et elle confia à M. Hospilalier la chaire d’électricité. C’est là que nous l’avons connu et apprécié, et que nous avons pu suivre ses bonnes leçons. 11 nous apprit aussitôt les nouvelles doctrines électriques, et nous devons à la vérité de reconnaître qu’il le fit toujours en toute loyauté, cherchant le premier à mettre dans son enseignement la précision, la méthode et l’exactitude rigoureuse qu’il a toujours exigées.
- Depuis cette époque, on peut dire qu’il a suivi pas à pas l’industrie électrique, et qu’il n’a pas manqué d’en signaler les principaux progrès dans La Nature1. Dès 1885, il mentionnait les nouveaux perfectionnements aux accumulateurs électriques, les expériences de transmission de force motrice de M. Marcel Desprez, à la gare du Nord. 11 s’intéressa particulièrement aux questions praliques et qui pouvaient donner aussitôt une solution. En 1884 il ne manqua pas de nous décrire le système
- de M. F. Van Rysselberghe, pour la télégraphie et la téléphonie simultanées par les memes conducteurs. L’éclairage domestique par piles était dans l’enfance; c’est à peine s’il en décrivit quelques systèmes en 1884. En 1885 eut lieu, à l’Observatoire de Paris, une Exposition d’électricité où se trouvèrent plusieurs appareils remarquables et notamment l’ensemble d’un appareil téléphonique ; cet appareil fut décrit par M. Hospitalier.
- Nous ne pouvons ainsi le suivre dans toute sa carrière; nous relèverions trop d’applications électriques qu’il a toujours signalées.
- Nous mentionnerons cependant, en 1886, l’usine centrale d’électricité de Tours; en 1887, les expériences de transmission de force motrice de M.llippo-lyte Fontaine, la première station centrale d’électricité à Paris; en 1888, le compteur d’électricité de M. Aron, le générateur à production instantanée de vapeur Serpollct, la distribution d’énergie électrique par le système à 5 fds, à 5 fils ; en 1891, les expériences de Laulïén-Francfort sur la transmission et distribution de l’énergie électrique à grande distance par courants alternatifs polyphasés et ainsi de suite jusqu’aux dernières applications électriques.
- M. E. Hospitalier s’est aussi beaucoup occupé d’automobilisme. 11 aimait toujours à examiner les appareils pour en signaler les avantages et les inconvénients. Jamais il n’a cessé de donner de bons conseils à tous, dans l’espoir de voir améliorer l’état de choses.
- M. E. Hospitalier a été un des ingénieurs électriciens les plus méritants et les plus connus : il a fourni une grande somme de travail.
- J. LAFFARGUE.
- Le Gérant : P. Masson.
- 1 Voy. tables 1883-1892 et 1893-1902.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1765. — 23 MARS 1907.
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- L’AGONIE DU VOILIER
- On se plaît assez volontiers à croire que la nature nous fournit des forces gratuites, que nous n’aurions qu’à utiliser sans peine prendre, depuis le vent jusqu’aux chutes d’eau; malheureusement pour
- époque même, la voile a eu ses défenseurs acharnés, qui ne comprenaient pas que l’on payait chèrement le hon marché prétendu de cette force motrice, par suite de son irrégularité et de la lenteur de déplacement qu’entraîne son emploi.
- Aujourd’hui, on peut dire que, malgré tout, l’agonie du voilier a commencé de la façon la plus manifeste; et, un peu comme dans le domaine de la biologie, cet organisme, le voilier, a atteint son plein développement, en augmentant constamment de pro-
- Du clipper américain aux derniers voiliers monstres à moteur auxiliaire.
- ces illusions, la captation de ces forces, leur domestication coûte fort cher ; et, pour ce qui est du vent en particulier, il est capricieux, et l’on ne peut jamais compter sur lui. C’est à cause de cela qu’on a imaginé le navire à vapeur, afin de se mettre à l’abri de ses fantaisies. Tant que la machine à vapeur n’était pas perfectionnée pour assurer la propulsion des navires à bon marché, on demeurait encore partiellement fidèle à la voile; et, à notre 35° année. — 1er semestre.
- portions, pour arriver au moment de sa décrépitude.
- Ceux qui lisent depuis longtemps ce journal, se rappelleront sans doute les études successives qui ont été consacrées ici aux grands voiliers construits dans les divers pays1; une maison allemande et une maison française principalement avaient poursuivi la création d’une flotte de ces bateaux, qui étaient bien intéressants au point de .vue technique. MM. Bordes 1 Voy. n05 980, 1035, 1069 et 1268.
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- avaient successivement fait mettre à flot des voiliers à 4 ou 5 mâts comme le Dunkerque, le Tarapaca, le France, etc. Celui-ci, pour son compte, était long de 114,60 m. pour une largeur de 15,05 m., et il était susceptible de porter un poids de 6160 tonnes. C’était, par conséquent, bien autre chose que les fameux clippers américains, dont un des plus célèbres fut le Great Republic : ce dernier n’avait en effet que 99,77 m. de long, et son port en lourd était un peu moindre que le chiffre indiqué ci-dessus. D’autre part, la maison Rickmers, de Bremerhaven, fait naviguer depuis de longues années des voiliers du même genre entre l’Europe et l’Inde, pour le transport des riz en particulier; elle en a perdu un certain nombre, qui semblent s’être cassés par le milieu, et pareille mésaventure est arrivée plusieurs fois à des voiliers Bordes.
- Quoi qu’il en soit, et tandis que les Norvégiens, jadis si fidèles à la voile, se décident à l’abandonner, on a essayé de donner un regain d’intérêt au voilier ; et, suivant le phénomène que nous indiquions tout à l’hèure, c’est en faisant prendre à ce type de navire des dimensions encore plus considérables. C’est ainsi qu’on a vu le sept-mâts Th. Lawson, un américain, long de 120 m.; puis, plus récemment, le R. C. Rickmers; son tonnage brut est de
- 5540 tonneaux pour un déplacement en charge de 11,560 tonnes; sa longueur est de 154,40 m. pour une largeur de 16,55 m. Son creux est de 9,75 m., et, à pleine charge, il tire 8,15 m. C’est énorme en soi, et c’est là notamment un tirant que n’atteignent que les plus immenses des transatlantiques modernes. On voit, sans que nous insistions, ses quatre mâts, dont le plus grand est haut de près de 55 m. au-dessus du pont ; celle mâture porle quelque 4500 m2 de toile.
- Mais il y a un détail qu’il ne faut point oublier : le Rickmers nouveau porle dans ses flancs une machine à triple expansion, commandant une hélice à ailes mobiles ; et celte machine a une puissance d’un millier de chevaux: c’est donc reconnaître que la voile est incapable par elle seule de satisfaire aux besoins du commerce moderne. Et, bien que l’hélice y soit disposée pour pouvoir s’effacer dans la marche à la voile seule, il est évident que ce voilier géant n’est rien qu’un bateau mixte; l’abandon de la voilure sur les navires à vapeur montre précisément les défauts de cette combinaison mixte ; et, après ce dernier effort, le voilier ne sera plus qu’une chose du passé, l’automobilisme aidant sa décadence pour les tout petits tonnages.
- Daniel Bellet.
- LE TÉLÉMÈTRE DU COMMANDANT GÉRARD
- Dans la pratique de l’art militaire il est de première utilité de pouvoir, à tout instant et en toute occasion, apprécier les distances.
- Rien, du reste, ne prouve mieux l’importance et la difficulté du problème que la variété des dispositifs
- successivement proposés pour le résoudre. Souvent très ingénieux, ces moyens sont presque toujours d’une complication incompatible avec
- Fig. 1. — Coupe des anneaux prismatiques suivant AB, les axes étant disposés en sens contraire.
- des opérations effectuées sur le terrain au cours de l’action.
- Pour cette raison, il est particulièrement intéressant de signaler la solution nouvelle
- Fig. 2. — Coupe des anneaux prismatiques suivant AB, les axes étant de même sens.
- que vient d’apporter M. le commandant Gérard avec son télémètre prismatique instantané.
- Grâce à cet instrument, après un court apprentissage, chacun peut déterminer directement et instantanément, sans calculs compliqués, par une simple lecture sur un limbe gradué, toute distance cherchée. Construit spécialement en vue du service
- de l’inlanterie, de la cavalerie et de l’artillerie, le télémètre de M. le commandant Gérard est formé d’une boîte cylindrique mesurant 8 centimètres de diamètre et dont les deux parties rendues inséparables peuvent tourner l’une sur l’autre, leur mouvement étant limité à une demi-circonférence par deux buttées F intérieures invisibles.
- Au centre de chacune des deux portions de la
- boîte se trouve disposé „ r A
- un anneau prismatique dont l’angle de réfraction est exactement de 5 millièmes, c’est-à-dire a une valeur telle qu’à la E distance de 1000 mè- Fi«- 3- ~ Al“ i,nsmatif<ue
- . vu en plan.
- très, le rayon incident
- prolongé et le rayon réfracté sont séparés par un intervalle de 5 mètres.
- En raison du mouvement de rotation pouvant être imprimé aux deux parties de la boîte, les axes optiques (sous ce nom d'axe optique d’un anneau prismatique, nous désignons la perpendiculaire A B à l’arête CD du prisme E F C D dans lequel l’anneau a été découpé) des deux anneaux prismatiques peuvent coïncider dans le même sens, ou en sens contraire, ou encore occuper toutes les positions intermédiaires. Quand la coïncidence des axes a lieu
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- en sens opposé, les réfractions des deux prismes se compensent; au contraire elles s’ajoutent, lorsque les deux axes optiques coïncident dans le même sens.
- Enfin, lorsque par le mouvement de rotation des deux parties de la boîte, l’on fait varier l’une sur l’autre les positions des axes optiques, la grandeur de la réfraction du système formé par les deux anneaux prend toutes les valeurs intermédiaires entre celles des positions extrêmes.
- En somme, par cette combinaison de deux anneaux prismatiques, l’on se trouve en réalité disposer d’un prisme à angle de réfraction variable, prisme permettant de mesurer tous les angles compris entre 0° et le double de l’angle de chacun des deux prismes.
- Sur le couvercle de la boite renfermant les anneaux prismatiques se trouve enfin disposé un emmanchement à baïonnette, muni d’un ressort destiné à recevoir la douille d’une lunette que l’on peut ainsi fixer solidement sur l’instrument par une manœuvre des plus simples.
- L’objectif du télémètre étant non de mesurer des angles, mais des distances, l’on a pourvu l’instrument de graduations spéciales, permettant de traduire directement en longueurs les valeurs angulaires relevées par les prismes.
- À cet effet, les deux corps de la boîte portent sur leur pourtour deux limbes et deux échelles, l’une dite des hauteurs et l’autre dite des distances.
- Le premier limbe porte 25 divisions désignées par les lettres de l’alphabet et des subdivisions intermédiaires à raison de trois entre deux divisions, sauf cependant entre les deux divisions A et B, cha-
- Fig 5. — Utilisation du télémètre : Position iinale.
- Fig. 4. — Utilisation du télémètre : Position initiale.
- cune de ces subdivisions, suivant son ordre, étant désignée par l’un des chiffres 1, 2 ou 5. Un index désigné par le nombre 100 se déplace le long de ce premier limbe, quand l’on fait mouvoir l’un sur l’autre les deux corps de la boite, et indique la graduation que l’on doit lire.
- L’appareil est réglé de telle sorte, que, lorsque l’index 100 se trouve en coïncidence avec la lettre À du premier limbe, la réfraction des anneaux prismatiques est annulée et qu’elle est au contraire à son maximum quand l’index 100 se trouve amené en regard de la lettre Z. Dans ce dernier cas, la réfraction est complète pour un objet ayant 1 mètre de dimension, c’est-à-dire que si l’on vient à regarder cet objet à la fois au travers de l'ouverture centrale des anneaux prismatiques et au travers des prismes eux-mêmes, ce que l’on peut faire aisément grâce à la lunette montée sur la boîte, on voit l’une des extrémités de l’image réfractée — celle vue au travers des prismes — coïncider exactement avec l’autre extrémité de l’image vue par l’ouverture centrale des anneaux sous la condition que l’objet soit exactement à 100 mètres de l’observateur et que les deux images soient situées dans un même plan. En d’autres termes, la lettre Z du premier limbe donne la valeur du cosinus correspondant au sinus de l’angle sous lequel se voit un objet d’une dimension de 1 mètre à 100 mètres de distance. De même, on s’en rend aisément compte, toutes les graduations intermédiaires entre Z et A donnent également la valeur des cosinus correspondant aux angles de ce même objet d’une dimension de 1 mètre à des distances variables, pourvu que l’on prenne soin de toujours mesurer l’angle visuel sous lequel apparaît
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- cet objet simplement en faisant toujours coïncider les deux extrémités opposées des deux images réfractées et directes vues au moyen de l’instrument.
- Dès lors, pour déterminer la distance cherchée il reste simplement à traduire en mètres la valeur des cosinus l'elevés. À cet effet, sur l’autre corps de la boîte, se trouve disposé un second limbe, portant comme le premier les 25 lettres de l’alphabet séparées pareillement chacune par trois divisions et devant lequel se place l’index A. A la suite de ce deuxième limbe, est figurée l’échelle dite des distances allant de 4000 à 100 mètres, et, à la suite du premier limbe se trouve inscrite l’autre échelle, dite des hauteurs de l'objet, graduée depuis 50 centimètres jusqu’à 30 mètres. Pour utiliser l’appareil, après avoir fixé la lunette sur le télémètre, on le saisit avec la main gauche, le pouce et le premier doigt de celle main placés sur le grand cordon moleté du coté opposé à la lunette, le pouce correspondant à l’index 100. Avec l’autre main, on saisit de la même façon le second cordon moleté, le pouce étant placé sur l’index A.
- L’appareil ainsi tenu est porté à l’œil et l’on examine à travers la lunette un objet de hauteur connue et pouvant varier entre 50 centimètres et 50 mètres, — un homme, un cavalier, un monument, par exemple — se trouvant à la distance que l’on veut déterminer. Cet objet étant ainsi regardé à l’aide de la lunette, on fait simultanément et lentement tourner l’une sur l’autre les deux parties de la boîte, en-croisant les pouces, et l’on continue ce mouvement jusqu’au moment précis où l’on voit le bord inférieur de l’image réfractée venir effleurer le bord supérieur de l’image directe. Cela fait, on retire la lunette de l’œil et l’on regarde sur le premier limbe la graduation marquée en face de l’index 100. Faisant alors mouvoir l’une sur l’autre des deux parties de la boîte,
- Fig. G. — Superposition des images directe et réfractive.
- Fig. 7.
- Le télémètre du commandant Gérard;
- on amène l’index A sur la graduation correspondante du second limbe. Pour avoir la distance cherchée, il n’y a plus qu’à lire, sur l’échelle des distances, l’indication marquée en regard de la hauteur choisie comme base sur l’échelle des hauteurs de l'objet. Celte lecture faite, pour pouvoir procéder à une nouvelle détermination, il n’y a plus qu’à ramener les deux index en regard l’un de l’autre. Ainsi que l’on peut en juger par cette courte description, le télémètre de M. le commandant Gérard, télémètre dont la construction est duc à M. Cler-mont-Huet, cons ti lue une solution aussi simple qu’élégante du problème si important en matière militaire de l’appréciation exacte et rapide des distances. Etant indéréglable, d’un fonctionnement assuré et d’un maniement extrêmement simple et rapide, il permet de résoudre immédiatement et sans calcul les divers problèmes relatifs aux longueurs qui peuvent se présenter dans la pratique de la guerre, soit qu’il s’agisse de mesurer la distance, soit que l’on veuille déterminer la hauteur d’un objet dont on connaît l’éloignement, soit encore que l’on désire apprécier exactement l'écartement des points de repère situés en avant d’une position quelconque, etc. Toutes ces mesures s’obtiennent avec une approximation remarquable, Terreur moyenne en plus ou en moins n’atteignant pas 50 mètres pour des longueurs de plusieurs kilomètres. Et, ce n’est pas seulement sur terre qu’il en est ainsi, mais encore sur mer, où T appareil, légèrement modifié de façon à lui donner une portée notablement plus grande, permet encore à l’observateur de lire continuellement les distances variables de son but mobile sans devoir jamais cesser de le suivre de la lunette. On le voit, l’invention de M. le commandant Gérard est aussi complète qu’on le pouvait désirer et, à cet égard, méritait vraiment d’être signalée. D1’ Georges Yitoux.
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- LE KROMAROGRAPHE ENREGISTREUR MUSICAL AUTOMATIQUE
- Si le phonographe donne le moyen d’enregistrer les sons et la parole et que les méthodes d’écriture moderne (machine à écrire et sténographie manuelle ou mécanique) permettent de fixer les discours avec une vitesse égalant celle de l’orateur, on manquait jusqu’ici d’un appareil inscripteur des notes rendues par les instruments de musique. Or, on comprendra sans peine l’importance que présenterait un appareil
- de ce genre sur- Fig- 1- — te Kromarographe.
- tout pour les
- compositeurs dont l’imagination ne serait plus entravée par la nécessité de fixer leur composition en caractères musicaux, nécessité qui se présente toutes les fois que cette dernière ne se trouve pas encore entièrement achevée dans leur esprit. En donnant une inscription authentique de l’exécution d’un morceau donné, un tel appareil serait d’autre part d’une grande utilité pour l’enseignement de la musique;
- Les tentatives jusqu’ici faites pour réaliser cet appareil ont toutes échoué, à cause de la complication des mécanismes et de la nature difficilement lisible des inscriptions musicales. Un ingénieux dispositif, inventé par M. Laurenz Kromar à Vienne (Autriche) et qu’on a pu voir à l’Exposition Internationale de musique à Berlin, constitue la première solution vraiment satisfaisante de ce problème.
- Le « kromarographe » se relie facilement à n’importe quel instrument à touches, dont il enregistre automatiquement le jeu du clavier dans un système de caractères musicaux presque identique à celui des notes ordinaires. L’appareil, qui fonctionne sans bruit gênant, possède à peu près les dimensions d’une machine à écrire ; étant commandé par l’électricité, il s’installe à une distance
- quelconque de l’instrument de musique, par exemple dans une chambre voisine.
- Comme on le voit par la figure 2, la partie la plus frappante du « kromarographe » est le mécanisme de rouleauxaclionné par un très petit électro-moteur et qui entraîne une bande de papier d’un mouvement uniforme par-dessus les caractères. En appuyant sur les touches on actionne les caractères par l’intermédiaire d’un ingénieux système de 87
- électro-aimants (un pour chaque touche), dont le circuit se trouve fermé par la pression des doigts. Le caractère qui correspond à la touche abaissée étant par conséquent attiré avec une précision remarquable, inscrit la note rendue par la touche sur la bande de papier qui passe.
- L’électro-moteur se relie très facilement au moyen d’une boîte à contact (analogue à celle des lampes à incandescence) à un circuit électrique à 110 volts, h courant continu ou alternatif, son fonctionnement étant réglé par l’instrument de musique à l’aide de contacts spéciaux. Grâce à la disposition des caractères et à un mécanisme spécial pour les touches supérieures et inférieures, chaque note tombe exactement sur les lignes ou dans les intervalles.
- Le système de notes du kromarographe ressemble beaucoup au système ordinaire de caractères musicaux ; on y conserve les clefs de do et de fa du système à cinq lignes. La lecture des notes à trois
- ou quatre indices (do'° ou ofo4), aussi bien que de la contre-octave et de la sous-contre-octave, se trouve cependant grandement facilitée. Chaque touche inférieure, blanche, produit un trait double et chaque touche supérieure, noire, un trait simple
- 2. — Type d’inscription d’un hymne populaire autrichien au Kromarographe.
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- intermédiaire et plus gras (fig. 2). 11 va sans dire que le do dièse et le ré bémol, ainsi que le ré dièse et le mi bémol, étant produits respectivement par une même touche de l’instrument, coïncident dans ce système; leur signification enharmonique se trouve d’ailleurs facilement dans chaque cas donné. Aussitôt qu’une note a été imprimée, un rouleau spécial continue automatiquement le tracé des lignes, de façon à prévenir tout déplacement des caractères.
- La cadence est figurée par une série rythmique de points, correspondant aux traits dont on se sert dans l’annotation usuelle ; ces points sont tracés pendant le jeu non pas automatiquement, mais au moyen d’une pédale commandée par le musicien.
- La longueur des notes et le rythme de la mélodie se reconnaissent à la longueur des traits imprimés par les caractères, longueur qui correspond rigoureusement à la durée de la pression exercée sur la touche; un contact bref donne un trait court et un contact prolongé un trait plus long. Grâce au mouvement uniforme du ruban, les longueurs correspondent, en effet, exactement à la durée des notes, tandis que les intervalles entre deux traits consécutifs représentent les durées des pauses.
- Lorsqu’on maintient une cadence constante, on reconnaît facilement le rythme, même sans l’aide
- L’ARCHIPEL I
- Groupe insulaire français comprenant quatre îles et quelques îlots, l’archipel des Comores (dont les quotidiens ont beaucoup parlé ces temps derniers), est situé au nord-ouest de Madagascar, entre cette grande terre et la côte orientale d’Afrique, à l’ouverture nord du canal de Mozambique; il constitue à lui seul un gouvernement distinct. Des quatre îles qui le composent, l’une, Mayotte, est colonie française depuis son occupation en 1845; les trois autres, la Grande Comore, Anjouan et Mohéli, sont sous le protectorat de la France depuis 1886, mais un projet de loi, dont les Chambres ont été saisies au début de cette année même, tend à faire déclarer colonies françaises, comme l’est déjà Mayotte, ces trois îles, dont les sultans locaux ont renoncé à leurs droits de souveraineté ou n’en ont plus l’exercice. En particulier, celui de la Grande Comore, Saïd-Ali, fut exilé de son pays en 1893, à la suite de ses démêlés avec un colon français, M. Humblot; des démarches avaient été faites en faveur du retour de l’ancien sultan dans l’île, mais il a été autorisé seulement à résider à Madagascar, à La Réunion, ou dans toute île de l’archipel autre quela Grande Comore.
- Aux Comores ont été rattachées les îles Glorieuses qui ont été occupées en 1892.
- Les Comores sont des îles volcaniques dont le sol est composé de basaltes, trachytes, laves, scories, ponces, mais la lave s’étant réduite en poussière, le
- des points précités, tandis que tout ritardando se traduit par une élongation et tout accelerando par un raccourcissement des traits. Non seulement tous les détails du toucher et de la cadence, mais tous les défauts de l’exécution se reproduisent fidèlement dans l'inscription du kromarographe. Le staccato se reconnaît à la brièveté des traits, et à la longueur des pauses, le legato et les syncopes à une suite de traits sans intervalles. Le glissando, qui est tout aussi caractéristique, correspond à une ligne poin-tillée s’approchant d’autant plus de la verticale que la vitesse du jeu est plus grande; Varpeggiatoelles trilles sont également rendus d’une façon bien caractéristique.
- Cet ingénieux appareil semble être destiné à prendre en musique une importance analogue à celle que la machine à écrire a si rapidement prise pour l’inscription graphique de la parole. Aussitôt qu’il sera devenu possible de le fabriquer sur une grande échelle, son prix sera sans doute réduit à des limites fort modestes.
- M. L. Kromar, l’inventeur de l’appareil, vient d’installer chez lui à Vienne un kromarographe relié à un piano et à un harmonium et qu’il met à la disposition des compositeurs et de toutes personnes intéressées par son appareil. Dr Alfred Gradenwitz.
- ;S COMORES
- terrain a acquis une grande fertilité. A peu près partout, elles Sont couvertes d’herbes et de forêts et presque toutes les espèces de cultures y sont possibles. Aussi si l’archipel représente une bien faible superficie — moins du quart de la Corse ou environ deux fois la Martinique — il constitue une colonie dont la prospérité ne peut que s’accroître. M. F. Foureau, l’explorateur du Sahara, qui préside à ses destinées comme gouverneur, s’efforce de lui donner un essor nouveau.
- On ne peut rattacher le soulèvement des Comores à aucun système des chaînes de Madagascar ou de la côte d’Afrique. Leur émersion a été déterminée par des éruptions semblables à celles qui se sont produites sur beaucoup d’autres points de la mer des Indes, donnant de la même façon naissance à des archipels. La force éruptive a atteint son maximum d’intensité au nord-ouest, dans la Grande Comore, et y a laissé de nombreuses traces. Le mont Karatala, volcan situé au Sud de l’île, atteint 2560 mètres. Au centre de ce dôme noir se trouve, comme le montre l’une des photographies ci-contre dues à M. Jeanselme et que nous a communiquées la Société de Géographie, le grand cratère, qui est éteint depuis près d’un siècle et dont l’ouverture a, dans son ensemble, près d’un kilomètre de diamètre, avec une profondeur de 300 à 400 mètres ; au fond, la cheminée centrale présente un diamètre d’une centaine
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- de mètres et on distingue une autre cheminée, large de quelques mètres seulement. Un centre d’activité non éteint, au sud-ouest du grand cratère, a produit l’éruption qui, en 1860, a dévasté une partie de la province de Badjini. Au nord-est de Bile, à Mitsa-mihouli, on voit, non loin de la mer, un autre petit cratère que remplit un lac aux eaux saumâtres.
- La forme géométrique du relief des Comores révèle partout l’activité des forces volcaniques, mais elle semble avoir diminué graduellement vers le sud-est. Cependant, l'ilePaman-zi, près de Mayotte, montre aussi un cratère très visible, aujourd’hui rempli par un lac. Le nom de Comoro signifierait : « Là, du feu ».
- Les quatre grandes îles des Comores ne s’élèvent pas également au-dessus du niveau de la mer et les altitudes diminuent à mesure qu’on s’éloigne de la côte africaine. Les plus hauts sommets d’Anjouan ne dépassent pas 1300 mètres; ceux de Mayotte n’atteignent pas 700. Le piédestal sous-marin qui supporte cette formation volcanique est isolé de tous côtés par des profondeurs d’un millier de mètres, et entre les diverses îles sont des fosses profondes. Tout le sol des Comores présente un relief accidenté, coupé de ravins encaissés; les plateaux sont rares et à Mayotte seulement on trouve une plaine.
- Les îles sont arrosées par des petites rivières ou des ruisseaux qui sont grossis à la saison des pluies et souvent transformés en torrents. La Grande Comore seule n’a pas le moindre cours d’eau permanent, mais les pluies périodiques y forment aussi des torrents rapides, et de nombreuses sources gisent dans l’intérieur; elle n’en est que plus salubre et sa fertilité n’est pas moindre que celle des îles voisines.
- Deux moussons régissent alternativement le climat de l’archipel et y déterminent deux saisons : la saison sèche, amenée par la mousson du sud-ouest, règne d’avril-mai à octobre-novembre; la saison des pluies et aussi des fortes chaleurs correspond à la mousson du nord-est et règne le reste de l’année.
- Le sol de toutes les îles est d’une fertilité merveilleuse, surtout à l’embouchure des vallées où existent des dépôts d’alluvion très épais. Jadis des forêts vierges couvraient tout l’archipel, mais elles
- ont diminué d’é-tendue depuis que les habitants se sont mis à défricher. Ce défrichement se fait par le feu. La forêt, refoulée sur les hauteurs, occupe cependant encore à peu près les cinq sixièmes de la superficie de l’archipel. Les essences y sont nombreuses et variées et forment, par endroits, des futaies très belles. Citons, parmi les espèces d’arbres les plus communes, le takama-ka, le badamier, le grand et le petit natte, qui fournissent d’excellents bois de charpente et d’ébénisterie; l’aréquier, le raphia, le tamarinier, le baobab, l’acajou, l’ébé-nier, le ficus ; parmi les espèces plus rares, le bois de fer, dur et veiné; l’arbre à gutta-percha, le palissandre et d’autres encore. Les cycas, les fougères arborescentes, les lianes de toute sorte, contribuent à donner au paysage des forêts un caractère particulier et très pittoresque.
- Entre les forêts, composées exclusivement d’arbres indigènes et les cultures, s’étendent les pâturages et les terres à riz où l’on trouve, disséminés, les cocotiers, baobabs, manguiers, jujubiers, ricins, indigotiers, etc. Les cultures occupent la partie basse des versants des montagnes, les vallées et la bande littorale. Les végétaux cultivés ont été, pour la plupart, introduits par l’homme, mais quelques-
- Fig. 1. — Un Comorien et sa fille.
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- uns existaient déjà dans lè pays, comme le café sauvage, le cotonnier, la canne à sucre, la patate, l’igname, etc. Sur la côte, les endroits marécageux sont garnis de palétuviers jusqu’à la limite de la haute mer.
- La faune des Comores se rapproche, dans son ensemble, de celle de Madagascar, mais un petit nombre d’espèces leur appartiennent en propre. On n’y trouve ni grand félin ni reptile venimeux. On peut citer, parmi les espèces caractéristiques, un lémurien (makis brun), vivant par bandes ; le tan-rec, congénère du hérisson; la civette, quelques espèces de chéiroptères, le caméléon, le lézard, la tortue franche. Les animaux domestiques introduits sont les bœufs, représentés . par deux types à bosse, la petite espèce à grandes ornes; les chères qui sont de grande taille; deux espèces de moutons, l’une du Cap, à laine et à grosse queue, l’autre d’Aden, à poil au lieu de laine ; il faut ajouter les lapins et les volailles.
- Les chameaux n’ont pas réussi.
- Les porcs sauvages, descendants des porcs domestiques introduits par les anciens navigateurs, ont été opiniâtrement chassés et exterminés dans la Grande Comore, An-jouan et Mohéli par la population musulmane. Les côtes sont poissonneuses, mais les indigènes en exploitent peu les richesses.
- Le bétail est nombreux à Anjouan et le sultan en possède la plus grande partie. Parmi les animaux sauvages de cette île, les chats abondent dans les forêts, où ôn les recherche à cause de leur musc. Les forêts d’Anjouan sont peuplées des oiseaux les plus variés.
- La population des îles Comores, qui dépasse le chiffre de 85000 habitants, est extrêmement mélangée. Le fond en a été constitué surtout par des
- Malgaches fugitifs, des émigrants de l’Arabie et des esclaves de la côte d’Afrique. l)e là vient la variété des types que l’on y rencontre, allant du sémite pur jusqu’au nègre bantou.
- La race qui peut être aujourd’hui considérée comme indigène est celle des Antalotes. Ils proviennent du croisement des Sémites avec les premiers Africains venus dans les Comores. On comprend aussi sous le même nom d’Antalotes les descendants des Malgaches qui se sont croisés avec
- les Arabes ou les Africains, et enfin les descendants des Antalotes croisés avec les Alricains.
- De ces divers mélanges, il est résulté une race qui, malgré scs variations, présente certains traits communs dont l’ensemble caractérise aujourd’hui le Comorien : taille élevée, teint jaunâtre, front haut mais fuyant, lèvres un peu épaisses, mais sans exagération, cheveux crépus. A la Grande Comore et à Anjouan, c’est le sang sémitique qui domine chez les Antalotes; à Mayotte, et surtout à Mohéli, ils se rapprochent davantage du type éthiopien par le teint foncé, le nez épaté et les lèvres grosses. Presque tous les Antalotes ont adopté les usages et la religion des Arabes. Leur langue usuelle est le souahéli de Zanzibar, auquel se mêlent des expressions malgaches et quelques mots cafres. Les Antalotes forment à peu près les quatre dixièmes de la population totale.
- A côté des Antalotes sont les Cafres, les Malgaches et Arabes ayant conservé plus ou moins leur pureté ethnique. Les Cafres comprennent les nègres de tribus diverses introduits par la traite soit de la côte d’Afrique, soit de Madagascar, et dont il devient difficile aujourd’hui de déterminer la vérilable origine. Les Malgaches purs sont des Sakalaves, des
- Fig. 2. — Un baobab aux Comores.
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- Antankares, des Betsimisarakas et quelques Hovas ; | Ils sont loin d’être tous de sang pur ; ils portent au ils sont fort nombreux à Mayotte et à Mohéli, qu’ils J contraire des traces de mélange et ont les traits
- Fig. 3. — Lac-cratèrc de Mitsamiliouli.
- Fig. 4. — Le cratère de Karatala, dans la Grande Comore.
- ont longtemps tenues sous leur domination. Les Arabes avaient fait des Comores, jusqu’à notre prise de possession, le centre de leur trafic d’esclaves.
- épaissis. A ces divers éléments s'ajoutent encore un certain nombre d’indiens ou Banicans de Bombay ou de la côte de Malabar. Gustave Begelsperger.
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- L’ÉCLAIRAGE AU GAZ
- En prenant dernièrement possession de la Présidence de la Société des ingénieurs civils, M. Cornuault, auquel l’on doit déjà des études remarquables sur les procédés généraux d’éclairage, et qui s’est fait une spécialité très marquée de l’industrie du gaz, a présenté à la Société un tableau saisissant et des plus documentés sur l’état actuel de l’éclairage au gaz. 11 nous a paru intéressant d’analyser sommairement cet important travail.
- M. Cornuault nous dit tout de suite que l’éclairage intéresse l’humanité tout entière. Lorsque le soleil disparaît à l’horizon, l’homme civilisé a recours, pour remplacer la lumière du jour et prolonger les conditions de la vie sociale, à des lumières artificielles dont le nombre et l’intensité augmentent sans cesse de nos jours, sans qu’on puisse rationnellement leur assigner d’autres limites que la clarté du jour lui-même. On considère que la quantité de lumière solaire répandue dans une ville comme Paris, par exemple, représente plus de 10 000 fois la valeur de l’éclairage artificiel tout entier, tel qu’il est pratiqué actuellement dans la capitale.
- Après un abrégé sommaire de l’historique de l’éclairage, M. Cornuault, pour le xix° siècle, arrive à distinguer les étapes suivantes : 1800-1820, période où survinrent des perfectionnements à la lampe d’Argand, où furent inventées les lampes à huile Carcel et Gagneau, et surtout où prit naissance l’invention de Philippe Lebon, l’éclairage au gaz; 1820-1840, période à laquelle l’éclairage au gaz fut employé pour l’éclairage public et pour l’éclairage intérieur des habitations et pendant laquelle la bougie stéarique, fabriquée industriellement par de Millyà partir de 1854, vint porter un coup mortel à la chandelle et à la bougie de cire; 1840-1800, période pendant laquelle les éclairages mentionnés plus haut ne cessent de se développer; 1860^-1870, période pendant laquelle, en dehors du développement de l’éclairage au gaz qui continue, il y a lieu de mentionner l’apparition de la lampe à huile minérale; 1870-1880, période pendant laquelle apparaît en 1878 une nouvelle source de lumière, la bougie électrique de Jablochkofï pour l’éclairage de l’avenue de l’Opéra; enfin de 1880 à nos jours, il convient de signaler tous les progrès réalisés, et comme nvention nouvelle, l’acétylène, dont la production n’a été réellement pratique qu’à partir de 1894.
- L’éclairage au gaz, connu depuis la fin du siècle précédent, n’entra pratiquement en ligne que vers 1830. Dès le 1er janvier 1829, des premiers becs de gaz furent installés, pour l’éclairage public, à Paris, place du Carrousel, rue de la Paix, etc.; en 1855, il y avait 203 becs de gaz dans tout Paris; en 1859, 1162 becs de gaz et 11 654 becs à l’huile; en 1848, 8600 becs de gaz et 5880 becs à l’huile ; en 1852, 13 753 becs de gaz et quelques centaines de becs à l’huile. Les becs de gaz utilisés étaient des becs à fente, dits becs papillons, renfermés dans des lanternes et donnant une flamme plate en éventail. En 1845, Fresnel les avait répartis en trois séries consommant respectivement 100, 140 et 200 litres de gaz, en donnant des intensités lumineuses de 0,77 —1,10 et 1,72 carcels; les consommations par carcel-heure étaient donc 129, 127 et 116 litres. A côté du bec à fente se trouvait un bec à trou et un bec à double courant d’air à verre, imité de la lampe d’Argand, plus tard dénommé bec Bengel. C’est ce dernier bec qui a été étudié très minutieusement par Dumas et Régnault, et qu’ils ont décrit dans une instruction qui sert actuellement encore
- aux essais de vérification du gaz à Paris; ce bec consommait 105 litres de gaz par carcel-heure.
- En 1878 apparut la lumière électrique avec les bougies Jablochkofï' à Paris, avenue de l’Opéra. Les gaziers, un peu émus, dit M. Cornuault, s’évertuèrent alors à prouver qu’ils pouvaient, avec le gaz, faire aussi bien, sinon mieux et avec moindre dépense. L’émulation fut encouragée par la Ville de Paris, qui donna, en 1879, à la Compagnie du gaz, la rue du 4-Seplembre, comme champ d’expérience. On créa le bec intensif qui fut formé de 6 forts becs papillons à fente de 0,6 millimètre, consommant chacun 253 litres de gaz par heure, soit au total 1400 litres, et disposés sur un cercle de 16 centimètres de diamètre; ces becs donnaient une intensité de 15 à 14 carcels environ. La comparaison entre l’éclairage au gaz rut du 4-Septembre et l’éclairage électrique avenue de l’Opéra établit que la dépense horaire était de 14fr,56, dans le premier cas, pour un éclairage de 0,15 carcel par mètre carré, et de 19fr,20 dans l’avenue de l’Opéra pour un éclairage de 0,05 carcel par mètre carré. Un autre modèle de bec de gaz intensif fut établi, d’une consommation de 875 litres par heure, et un certain nombre de ces différents becs furent répandus à Paris. En 1882, on comptait 279 becs de 875 litres et 466 becs de 1400 litres; en 1888, il y en avait 379 de 875 litres et 1126 de 1400 litres. Dans l’intervalle apparurent les becs Siemens à récupération à air chaud, dans lesquels c’est à l’incandescence des particules de carbone rendues libres par la décomposition des carbures d’hydrogène qu’est dû le pouvoir éclairant du gaz, et les particules de carbone incandescentes donnent d’autant plus de lumière qu’elles sont portées à une température plus élevée. Les premiers becs Siemens furent présentés à la Société des ingénieurs civils par M. Cornuault, à la séance du 21 janvier 1881. A cette époque furent créés divers modèles de becs intensifs à récupération d’une consommation de 550, 700, 900 et 1600 litres par heure pour des intensités lumineuses de 6, 14, 22 et 45 carcels. Ces becs se répandirent (1882-1885), sous les noms de becs Cromartie, becs Wenham, pour l’éclairage particulier. Pour l’éclairage public, on installa en 1887 des becs Siemens, des becs Concurrents et notamment des becs Schulke, de 750 litres par heure et donnant 17 à 18 cai’cels. Lamarche des becs à récupération sur la voie publique à Paris a depuis lors été la suivante : en 1889, 27 becs; en 1891, 1444; en 1895, 2169; en 1898, 3570; en 1892, 212. La décroissance du nombre de becs à récupération commença à se produire en 1898 ; en effet, les becs à incandescence à gaz Auer avaient opéré dès 1892 une véritable révolution dans l’éclairage par le gaz.
- Le principe de l’incandescence était connu depuis longtemps; la première application apparut, en 1826, sous le nom de lumière Drummond et elle était obtenue en portant au rouge un bâton de chaux au moyen d’un mélange d’hvdrogène et d’oxvgène.
- Ce n’est qu’en 1892, après de très nombreuses recherches, que le D1' Auer arriva à la composition de son manchon comprenant environ 99 pour 100 d’oxyde de thorium, et 1 pour 100 d’oxyde de cérium. Le Dr Bunte attribue le grand pouvoir émissif du manchon à la haute température que prennent les oxydes des terres rares dans la flamme, grâce aux propriétés catalytiques de l’oxyde de cérium; la combustion du gaz amène d’abord une élévation de température dans le manchon, puis le
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- cérium agit sur la combinaison d’hydrogène et d’oxygène et développe une température très élevée qui porte le manchon à l’incandescence. M. Emile Sainte-Claire Deville, ù qui l’on doit tant de travaux concernant la chimie du gaz, attribue aussi l’intensité obtenue dans le manchon Auer à la présence du cérium, corps dont le spectre est beaucoup plus riche en radiations lumineuses que celui de l’oxyde de thorium; mais il dit également qu’il faut, pour que le grand rayonnement calorifique de la cérite se transforme en rayonnement lumineux, qu’on puisse maintenir la cérite à haute température. Cette condition est réalisée dans le manchon Auer par le mélange des deux oxydes de thorium et de cérium. L’oxyde de thorium emmagasine la chaleur dégagée et la cède par convection à l’oxyde de cérium, qui est maintenu à la température où son rayonnement intense se manifeste sous forme lumineuse.
- De nouveaux becs de gaz furent inventés pour utiliser le manchon Auer. Nous citerons entre autres le bec Bunsen, dont des perfectionnements de détail ont permis d’améliorer les conditions de l’entraînement de l’air, par suite les conditions de la combustion du mélange d’air et de gaz, et ont joué un rôle très important pour sa bonne marche et son rendement. Le dispositif du brûleur doit être tel que la veine gazeuse sortant par l’orifice d’admission produise un appel d’air, à l’instar d’une sorte d’injecteur Giffard ; nous mentionnerons les essais de M. Denayrouze (1895), de M. Bandsept (1896), le bec Kern, le bec Busquet. Dans ce dernier bec, se trouvent deux injecteurs superposés, dont la position relative varie au moyen d’une rainure hélicoïdale; le jeu combiné des deux injecteurs assure un réglage permettant de bien modifier et bien ajuster le volume de la flamme au manchon utilisé. Comme dernier progrès, en 1904, signalons ipie l’on a substitué aux manchons à base de coton des manchons à base de soie artificielle obtenue par le procédé Chardonnet, et connus sous le nom de manchons Plaissatty ; ces manchons, sans augmentation de la masse, ont plus de cohésion, d’élasticité et d’homogénéité, et donnent une intensité lumineuse un peu plus élevée se maintenant surtout beaucoup plus stable que dans les manchons en tissu tricoté.
- Les becs à incandescence à gaz ont été employés sur la voie publique en 1894, pour éclairer les Champs-Elysées, la place de la Concorde, la place du Parvis Notre-Dame, la place du Trocadéro, etc., en 1898, on comptait 2092 becs dans Paris; en 1900, 19 256 becs; en 1901, 41 505 becs; en 1902, 48962 becs; en 1905, 50 457 becs sur un total de 52 515, indépendamment des 5728 becs de voies privées entretenues par la Ville. En 1905, il y avait dans ce total 1906 becs d’un débit horaire au-dessous de 100 litres, 41167 de 100 litres, 124 de 120 litres, 4897 de 150 litres, 2052 de 150 à 500 litres et 511 de 500 à 750 litres; il est question d’installer prochainement à Paris des becs de 80 litres seulement et les ingénieurs ont souhaité que l’on multiplie, dans les carrefours, les liées intensifs donnant des intensités de 40 et 60 carcels. Les progrès réalisés depuis 1892, découverte de l’incandescence par le gaz, se traduisent par une économie de 50 pour 100 dans la consommation, et l’on possède toute une gamme de becs d’intensités les plus variées.
- Si on compare l’incandescence par le gaz et l’incandescence électrique, au point de vue de la dépense, en adoptant les prix de base de 0fr,20 pour le mètre cube de gaz, et de 0fr,08 pour l’hectowatts-heure, on trouve 0n,002 pour prix de revient de la carcel-heure obtenu à
- l’aide d’un bec de gaz, et 0fr,024 pour l’incandescence électrique à raison de 5 watts par bougie. Mais comme le dit très franchement M. le Président de la Société des ingénieurs civils, ces chiffres, très probants au point de vue de l’économie argent, et qui expliquent si bien la démocratisation de plus en plus accentuée du gaz, démontrent que l’économie n’est pas tout dans la question lumière : le luxe, l’aspect décoratif, la facile division de la lumière, la facilité d’allumage se payent comme toutes choses, et il y a lieu de reconnaître la supériorité de l’éclairage électrique sur ces points intéressants. Mais les progrès s’enchaînent et s’entraînent, le gaz a cherché à suivre aussi l’électricité sur le terrain décoratif; le bec renversé, dans lequel la flamme sort du brûleur verticalement de haut en bas et porte à l’incandescence un manchon ayant la forme d’une calotte sphérique dont la convexité est tournée vers le sol, permet des appareillages élégants avec tulipes en verrerie dépolies, etc.
- En résumé, les progrès techniques réalisés dans l’éclairage au gaz pendant ces dernières 25 années, c’est-à-dire pendant la période même qui a vu naître et se développer l’éclairage électrique, ont donné actuellement des becs d’une intensité d’une Carcel pour un débit horaire de 10 à 12 litres; en 1878, les becs pour fournir une Carcel consommaient par heure 125 à 150 litres de gaz et ne pouvaient fournir que quelques Carcels. On obtient aujourd’hui facilement des foyers de grandes intensités.
- On ne peut dès lors dire de l’industrie du gaz qu’elle n’a pas marché avec le progrès ; l’effet utile a été considérable et la réduction des becs perfectionnés a été une forme des plus profitables au consommateur.
- En terminant, M. le Président de la Société des ingénieurs civils rappelle que, dans le rapport officiel du jury de l’éclairage de l’Exposition de 1889, il indiquait une consommation de 620 millions de mètres cubes pour la France entière avec 1028 communes éclairées au gaz, possédant une population de 12 750 000 habitants. En 1906, la consommation totale atteint 900 000 000 m5, s’appliquant à une population éclairée d’environ 15,5 millions d’habitants sur 59 millions. Puis il cite les consommations annuelles de gaz de Paris, de Lyon et d’un certain nombre de villes de l’étranger, Londres, Manchester, Birmingham, Berlin, Hambourg, Cologne, Amsterdam, La Haye, Stockholm, Copenhague, Zurich, Bàle, Genève, Milan, Rome, et partout il montre l’accroissement successif de la consommation du gaz s’élevant peu à peu à 42, 60, 90, 94 et jusqu’à 118 pour 100.
- Avec toute l’autorité qui s’attache à son nom. M. Cor-nuault conclut de toutes ces données que l’industrie du gaz n’a jamais été plus progressive que pendant la période même du développement de l’éclairage nouveau par l’électricité. La venue de l’éclairage électrique a eu, comme premier résultat, d’élever le niveau général de la lumière artificielle; la lumière appelle la lumière. Sur le vaste terrain de l’éclairage, il y a place pour tout le monde; le champ de la lumière est indéfini : gaz, pétrole, acétylène, éclairage électrique, etc. 11 n’y aura jamais assez de sources de lumière pour satisfaire aux exigences toujours croissantes de l’homme moderne, qui veut pouvoir à son gré supprimer la nuit, comme par le télégraphe et le téléphone, il a déjà réussi à supprimer la distance. Et ce sera l’honneur de beaucoup des ingénieurs civils d’avoir participé, dans des sphères d’action diverses, à l’évolution caractéristique accomplie dans le siècle dernier, qui lui a si justement fait donner le nom de « Siècle de la Lumière ». J. Laffargue.
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- L’ACCIDENT DU PONT DE DULUTH
- Plus d’une fois déjà, la constatation a été faite que le record des accidents et des catastrophes de tous genres appartient aux Etats-Unis, tant au point de vue du nombre qu’à celui de la variété.
- Parfois, les Américains peuvent môme enregistrer plusieurs accidents graves dans un espace de 24 heures. Et ce fut le cas d’une certaine journée du mois d’août dernier, durant laquelle se produisirent les événements suivants :
- Près d’Ashland, dans l’État d’Orégon, une locomotive de la Ligne Southern-Pacific, lancée à toute vapeur, entre en collision avec un train de marchan-
- (Minnesola) et Superior (Wisconsin), est heurté par un steamer, le Troy, chargé de minerais de cuivre. Et la collision est si violente que le pont s’écroule d’une seule pièce dans les eaux du lac.
- L’accident a causé aux Etats-Unis une sensation d’autant plus vive que cet ouvrage était considéré comme le plus grand pont à bascule du monde. Son arche était longue de 500 pieds. La construction avait coûté des sommes énormes aux deux Etats limitrophes. Par un hasard providentiel, les pertes furent purement matérielles. Le choc se produisit quelques secondes avant qu’un tramway rempli de voyageurs
- dises qui rapportait de San Francisco un plein chargement de ferrailles provenant des édifices en ruines.
- Dans l’Etat de Washington, sur les rives du Lac du Diamant, près de la ville de Camden, la locomotive et trois des longues voitures à couloir d’un train du Great-Northern bondissent hors de la voie et tombent dans le lac, des 24 mètres de hauteur d’une falaise perpendiculaire.
- Six voyageurs trouvent la mort dans cette catastrophe, 24 personnes sont plus ou moins grièvement blessées.
- Enfin, dans la même journée, on enregistre l’étrange accident que dépeint notre photographie. A l’extrémité occidentale du Lac Supérieur, au lieu dit Fond-du-Lac, un pont à bascule, qui assurait les communications entre les deux villes de Duluth
- ne s’engageât sur le tablier. Et deux piétons qui s'y trouvaient eurent la présènee d’esprit de s’accrocher parles mains à une poutre d’acier, qui, par bonheur, ne fléchit pas.
- Rappelons que le système des ponts à bascule a obtenu plus de succès en Amérique qu’en Europe. Rotterdam en possède un, construit en 1881 sur le Rinnenhaven. Celui de Chicago, dont les deux vantaux, montés chacun sur un gros arbre que met en action un piston hydraulique, forment une arche de 61 mètres, détenait le record de la grandeur avant la construction du pont de Duluth-Superior.
- Et l’effondrement de son rival vient de lui rendre, pour quelques années tout au moins, la première place. Y. Forbix.
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- FREIN POUR CANON DE CAMPAGNE (SYSTÈME VAVASSEUR)
- Depuis l'adoption par la France d’un canon de campagne à tir rapide monté sur affût sans recul, les constructeurs étrangers, piqués au jeu, ont fait tous leurs elï'orts pour arriver à imiter le modèle français et à construire un matériel doué des mômes qualités. Or personne • n’ignore que, dans un canon à tir rapide, toute l’économie du système repose sur le frein de recul qui relie la pièce à son aiîüt. Cet alïüt est immobilisé d’une part par la bêche de crosse, de l'autre par les patins interposés entre les roues et le sol. La résistance du frein amortit progressivement le recul, sans que Fallut subisse aucun déplacement. Si maintenant, au moyen d’un dispositif approprié, la pièce est ramenée automatiquement à sa position iniliale, le tir peut continuer sans qu’il soit nécessaire de procéder à un nouveau pointage puisque l’affût n’a pas bougé.
- On voit donc, par ces courtes considérations, que le frein de recul d’un canon à tir rapide de campagne comprend deux parties principales : le frein proprement dit qui limite le recul,et le récupérateur qui ramène la pièce à la position qu’elle occupait avant le départ du coup.
- La figure A montre une coupe schématique du frein imaginé par M. Yavasseur, le constructeur anglais bien connu : a, a est un corps de pompe métallique rempli de glycérine et réuni en b à la culasse de la pièce. Ce corps de pompe est donc entraîné par le mouvement de recul de la bouche à Jeu. À l’intérieur se trouve un piston c sur lequel nous allons revenir tout à l’heure et dont la tige d est fixée en e à la tête d'affût. Le corps de pompe est entouré d’une gaine métallique f fixée également à la tête d’affût. Entre cette gaine et la paroi extérieure du corps de pompe se trouve enroulé un ressort à boudin g qui s’appuie, d’une part, sur la tête h du corps de pompe formant rebord et, de l’autre, sur le fond de la gaine. Ce ressort joue le rôle de récupérateur.
- Revenons maintenant au piston qui constitue la partie originale du système. Comme on le voit sur la
- figure A, ce piston se compose de trois disques, 1,2,5 séparés les uns des autres de quelques centimètres. Les disques 1 et 3 sont fixés à demeure sur la tige d. Le disque 2 au contraire, que le constructeur appelle le disque-valve, peut glisser le long de la tige d et même tourner autour d’elle d’un angle de 90° environ. Ce mouvement de rotation est commandé par deux ergots placés aux extrémités d’un même diamètre (Fig. C) et qui suivent deux rainures hélicoïdales creusées sur la paroi intérieure du corps de pompe. Ces disques sont percés d’orifices pour permettre à la glycérine de passer d’un côté à l’autre du piston pendant le mouvement de va-et-vient de la pièce.
- Ces orifices, dont on voit la forme générale sur la figure C, sont tracés de manière à offrir un passage plus ou moins facile à la glycérine aux différents moments du recul ou du retour en batterie et, pour comprendre comment leurs dimensions ont été calculées, il est indispensable d’examiner . de près le mécanisme du mouvement de la bouche à feu.
- Au moment où la pièce commence à reculer, la force qui la pousse en arrière est à son maximum ; le frein doit alors, lui aussi, opposer son maximum de résistance. 11 faut par suite que le piston n’offre à la glycérine que des passages étroits. Mais la force du recul diminue rapidement, la résistance du frein doit donc aller aussi en diminuant d’autant plus que le ressort récupérateur entre en jeu, lui aussi, pour s’opposer au mouvement de la pièce. La pièce doit s’arrêter doucement et sans à-coup ; aucun choc ne doit se faire sentir sur Fallût.
- Dans le retour en batterie Faction du frein est bien moins importante. C’est la détente du ressort récupérateur qui ramène la bouche à feu en avant et cette détente ne doit être gênée en rien, du moins au début. La glycérine devra donc s’écouler librement à travers le piston. Toutefois au moment où la pièce approche de sa position de tir, il est bon que le frein contrarie un peu Faction du récupérateur pour éviter les chocs sur la tête d’affût. Le mouve-
- Frein Yavasseur pour canon de campagne. — A, vue d’ensemble et coupe schématique ; a, a, corps de pompe métallique ; b, culasse de la pièce ; c, piston fixé en c ; /’, gaine métallique; d, tige du piston; g, ressort à boudin; B, B’, détails des pièces; C 1, 2, 5, disques composant le pistou.
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- ment doit s’éteindre pour ainsi dire insensiblement.
- La figure C montre comment sont trace's les ori-lices dans les trois disques pour répondre à ces différentes exigences. 11 est entendu que cette ligure n’est que schématique et n’a pas la prétention de donner les dimensions exactes. Dès que la pièce commence à reculer, le disque-valve 2, poussé vers l’arrière par la pression de la glycérine, vient s’appliquer contre la face antérieure du disque 5 et le liquide ne peut s’écouler que par les points où les orifices des deux disques correspondent. On remarquera que les orifices du disque o, très étroits près du diamètre vertical, vont en s’élargissant en se rapprochant du diamètre horizontal. Gomme le disque-valve tourne autour de la tige du piston pendant le recul, les orifices dont il est traversé démasqueront une portion de plus en plus large des orifices du disque 5 et la glycérine aura de plus en plus de facilité pour s’écouler.
- Dans le retour en batterie, le mécanisme inverse se produit. Le disque-valve, entraîné en avant par le liquide, vient s’appliquer contre la face postérieure du disque 1 ; ses orifices qui sont alors horizontaux correspondent à la partie la plus large des orifices du disque 1, la glycérine s’écoule donc librement. Par suite du mouvement en avant du corps de pompe, sous l’action du récupérateur, le disque-valve tourne ; le passage de la glycérine devient de plus en plus difficile. Le frein résiste à l’effort du récupérateur et ces deux forces opposées arrivant à se faire équilibre, la pièce attend doucement et sans choc sa position de tir.
- Le frein Vavasseur, tel que nous venons de le décrire brièvement, n’est applicable qu’aux canons à grande vitesse initiale et à trajectoire tendue. 11 est nécessaire de le modifier légèrement si l’on veut l’utiliser pour les obusiers. Les obusiers, en effet, qui
- ACADÉMIE E
- Séance du 18 mars 1907. —
- Transplantation des ganglions. — M. Laveran dépose une Note de MM. Marinesco et J. Minea, relative aux changements morphologiques des cellules nerveuses survivant à la transplantation des ganglions nerveux. Ces cellules occupent la périphérie; elles ont une structure interne anormale. De plus, des prolongements difformes, courts, apparaissent : la formation de ces prolongements doit être considérée comme un phénomène pathologique, résultant des troubles nutritifs dus à la suppression de la circulation et des connexions nerveuses normales.
- Notice biographique. — M. Cernez lit une notice sur la vie et les travaux de Pierre Curie.
- Détermination des échelles des Cartes. — M. le prince Roland Bonaparte dépose une brochure du capitaine Pol-lachi, du service géographique de l’armée dans laquelle cet officier décrit une règle qui, par simple application sur un méridien de la carte dont on ne connaît pas l’échelle métrique, donne, par une simple lecture, l’échelle de cette carte. Cet appareil utilise la représentation, aux
- sont appelés à tirer avec des charges de poudre relativement faibles et sous de grands angles de tir, se trouvent dans des conditions toutes spéciales.
- Pour les canons à trajectoire tendue, il y a intérêt à ménager à la pièce une course aussi étendue que possible pendant le recul, afin de diminuer la fatigue imposée à l’affût. O11 y parvient en allongeant convenablement le corps de pompe, ce qui donne plus de douceur h l’action du frein. Pour les obusiers au contraire, lorsqu’ils sont pointés sous de grands angles de tir, il est nécessaire de réduire beaucoup la course de la pièce. Il faut un frein puissant afin que la culasse, qui se trouve, dans ce cas, au-dessous du plan de l’essieu ne vienne pas choquer le sol. Sous les angles de tir faible, le frein n’a pas besoin d’être aussi énergique. 11 faut donc imaginer une disposition qui permette de faire varier à volonté la puissance du frein.
- Le problème a été résolu par le dispositif imaginé parM. Ehrardt. La lige du piston est munie à son extrémité d’un arc denté qui engrène avec un secteur également denté fixé à la tête d’affût et qu’011 peut faire tourner au moyen d’une manette. On a ainsi la facullé de faire exécuter au piston une rotation d’un certain angle, autour de son axe. Les deux disques 1 et 5 fixés sur la tige du piston obéissent à ce mouvement de rotation. Ces deux disques sont percés d’orifices beaucoup plus allongés que dans le cas précédent mais également de largeur variable. On comprend donc que suivant la position relative qu’occupent ces disques par rapport au disque-valve, le passage de la glycérine sera plus ou moins facile à travers le piston et que par suite la résistance du frein variera suivant les cas.
- Le frein Vavasseur modifié par Ehrard a été adopté, paraît-il, par Krupp, pour les obusiers de campagne à tir rapide. Ll-colonel Jeannel.
- :S SCIENCES
- Présidence de M. Chauveau.
- différentes échelles, de la longueur de l’arc de 1° de méridien s’il s’agit de cartes à grandes échelles ou de l’arc de 10' s’il s’agit de cartes à faible échelle.
- La cire du palmier Raphia. — M. Haller a déterminé la composition chimique de la cire de palmier Raphia Rufia, très commun à Madagascar. Cette cire a une constitution chimique particulière, différente des autres cires.
- L’émulsion à base d’amalgame de platine. — M. Lippmann résume une série d’expériences consignées dans les cahiers de M. H. Moissan et que ce savant exécuta en collaboration avec M. Lebeau. Lorsque l’on secoue un tube contenant de l’eau et du mercure la séparation des deux liquides se fait dès que le tube est laissé immobile. Mais si l’on répète l’expérience sur de l’amalgame de platine avec de l’eau, on trouve dans le tube une masse métallique d’aspect butyreux qui subsiste d’une façon permanente. Cette masse résiste à un échauffement à 100° comme à un refroidissement à — 80° sans éprouver de changement de volume appréciable. Il s’agit donc bien»
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- d’un composé stable. Les amalgames d’or et d’argent soumis à la môme expérience ne donnent aucun composé. On peut également obtenir un composé stable .en agitant du mercure avec une solution diluée de chlorure de pla-line. Enfin on peut substituer à l’eau dillérents liquides lois que l’acide sulfurique, la glycérine, l’acétone, l’éther, l’essence de térébenthine, le chloroforme. Dans tous ces cas l’amalgame de platine donne des émulsions stables.
- La toxicité de la téphrosine. -- M. A. Gautier résume un nouveau travail de M. llanriot sur la toxicité de la téphrosine. L’auteur a reconnu que l’on est en présence d’un poison qui agit sur les centres nerveux en déterminant d’abord de l’excitation, puis de la paralysie. Alors que le pouvoir toxique sur les poissons est extraordinaire puisque un cinquantième de milligramme par litre d’eau suffit pour déterminer la mort, la téphrosine n’est dangereuse pour les animaux à sang chaud qu’à la dose de 0,01 gr.par kilogramme d’animal vivant.
- La fructification du figuier. — M. G. lionnier dépose
- UN VILLAGE DE PÉLICANS
- Dans La partie inférieure de son cours, la Casa-rnance a l’aspect d’un véritable bras de mer, large de plusieurs kilomètres, qui serpente lentement entre deux berges basses et imprécises. De nombreux arroyos l'ont communiquer le lit principal du fleuve avec les rivières voisines et se divisent en un dédale compliqué de petits marigots, qui circonscrivent les des marécageuses du delta. Les marées, qui se font sentir jusque dans les plus petits de ces canaux salés, apportent d’heure en heure, dans le paysage, des changements si subits et si profonds que les pilotes expérimentés peuvent seuls y reconnaître leur route. A mer haute, le lit du fleuve semble découpé à l’emporte-pièce dans l’épaisse verdure des palétuviers de la rive. Mais, dès que le jusant se fait sentir, la forêt de mangliers montre l’inextricable enchevêtrement de ses racines adventices, entre lesquelles grouillent les innombrables légions des crabes « tourlourous », et des « périophtalmes », étranges petits poissons qui s’aident de leurs longues nageoires pectorales pour courir sur le sol humide. Puis apparaissent des bancs de vase, qui s’étendent parfois jusqu’au milieu de la rivière : une faune ailée nombreuse vient y chercher une proie abandonnée par le flot. Hérons, crabiers, spatules, aigrettes, tantales, courlis, barges, bécassines et alouettes de mer s’y précipitent en loule et s’en disputent les épaves avec les mouettes et les sternes marines. Plus au large, se tiennent les pélicans, qui naviguent en escadre sur les hauts-fonds à la recherche des bancs de mulets, ou se campent sur les vases émergées dans une posture à la fois hiératique et grotesque. Le passage d’une pirogue indigène ou d’une « faya» de traitant les laisse indifférents : la mauvaise qualité de leur chair est en effet leur meilleure sauvegarde. Mais, qu’une embarcation européenne, vapeur ou simple baleinière, s’avance dans le chenal, les énormes oiseaux
- une Note de M. Leclerc du Sablon sur la maturation de la fleur de figuier. On croyait que cette maturation était due à une sorte de galle produite par un petit insecte. L’auteur a découvert qu’au contraire les figuiers peuvent porter en France des ligues réellement fécondées avec formation de fruits à graines, à condition qu’ils soient voisins d’autres figuiers appelés caprifiguiers sur lesquels se trouve l’insecte. ' Donc, sur le même arbre, on peut trouver deux sortes de figues, peut-être plus dissemblables que deux figues d’espèces différentes. L’auteur a déterminé les caractères grâce auxquels on peut, sans ouvrir la figue, reconnaître qu’elle est ou non fécondée.
- Action de l’extrait d’orge sur l'amidon. — M. Ma-quenne présente une Note de MM. Wolff et Fernbacli, relative à l’action de l’extrait d’orge non germée sur l’amidon ordinaire et l’amylose pure, l’un et l’autre liquéfiés par un échaulîement à + 150°. Leurs conclusions confirment les résultats et les théories exposés antérieurement par MM. Maquenne et Roux. Cii. de Villedeuil.
- ANS LA BASSE=CASAMANCE
- s’enlèvent d’un vol lourd et puissant, et vont se mettre hors de la portée des fusils. Leur départ est immanquablement le signal d’un feu roulant qui ne fait d’ailleurs jamais de victimes, et qui n’a d’autre résultat que d’accélérer la plongée visqueuse des caïmans endormis sur la berge.
- Devant la guerre stupide que lui font les Nemrods européens, le pélican de l’Afrique Occidentale (Peli-canus rufescens Gmelin) est devenu extrêmement méfiant ; il semble, au contraire, avoir perdu toute timidité dans les endroits où il a établi son nid. Comme les hérons, les pélicans groupent leurs nids sur un espace restreint; mais, à l’inverse de ces échassiers, qui choisissent pour se reproduire des marécages inaccessibles (héronnières), les pélicans m’ont paru rechercher le voisinage des habitations humaines. C’est ainsi que nous avons pu observer à loisir, au beau milieu de la bourgade d’Essyl, un véritable « village de pélicans ».
- Essyl est un pauvre campement de pêcheurs diolas, situé à une vingtaine de kilomètres au Sud-Ouest de Ziguinchor ; il est bâti sur la limite de la terre ferme et d’un marécage couvert de palétuviers, large de 4 kilomètres, qui le sépare de la rive de la Casamance. Il compte une douzaine de cases, disposées en trois groupes et abritées sous d’énormes baobabs. C’est sur ces arbres que les pélicans ont établi leurs nids : chaque arbre en porte cinq ou six, perchés à l’extrémité des branches. La construction en est aussi rudimentaire que possible : quelques branches sèches, grossièrement entrelacées, supportent un épais tapis de duvet. Deux ou trois petits se tiennent en équilibre instable sur cet échafaudage, ridiculement disproportionné à leurs formes massives : il semble qu’au plus léger mouvement de leurs ailes sans plume, ou de leur gros bec maladroit, les jeunes seront précipités de leur berceau sur la toiture des cases humaines, que leurs déjec-
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- lions ont copieusement badigeonnées de blanc. Le corps des couveuses déborde de tous les côtés.
- A chaque instant, un adulte arrive à tire-d’aile du côté de la rivière et apporte le produit de sa pêche à la couvée. Quand vient la nuit, c’est par centaines que les pélicans viennent s’abattre sur les baobabs et y choisissent leur place pour y passer la nuit, non sans s’être bruyamment disputés au préalable. A l’aube, toute la tribu s’envole pour regagner ses postes de pêche.
- Une odeur épouvantable s’exhale du sol au pied des arbres habités; cette puanteur est due non seulement aux déjections, mais surtout aux débris de
- pères morts, auxquels Iran, le dieu juste, a conservé le goût de la pêche et l’amour du village, en récompense de leurs bonnes actions. Malgré celle parenté, les gens d’Essyl n’ont fait entendre aucune protestation le jour où quelques-uns de nos chassëurs indigènes firent, à notre grand regret, un véritable massacre de pélicans, dans un bosquet de baobabs situé à deux kilomètres au Sud de notre campement. Ils se bornèrent à refuser de manger les oiseaux tués.
- On peut affirmer sans exagération que le « village » de pélicans d’Essyl compte au moins 500 nids ; et encore nous n’avons observé que ceux qui se trouvent à proximité des cases. Si l’on en croit les
- Bosquet servant d’habitat aux Pélicans.
- poissons qui s’accumulent au-dessous des nids. Les gens du village n’ont pas l’air d’en être incommodés outre mesure : pélicans et diolas pêcheurs vivent en bonne harmonie. Si l’on en croit ces derniers, les inconvénients malodorants que présentent leurs commensaux ailés sont largement compensés par les cadeaux involontaires qui leur tombent du ciel, quand les pélicans maladroits vident leur goitre devant leur progéniture. Nous devons ajouter que les diolas ne se gênent pas pour aller jusque dans les nids enlever aux petits une partie de leur nourriture; les échelles en bambou, qui restent en permanence accrochées aux arbres, facilitent cette manœuvre indélicate.
- A part cet impôt en nature, les gens d’Essyl se gardent bien de molester leurs hôtes ; ils les considèrent d’ailleurs comme les réincarnations de leurs
- gens du pays, les pélicans seraient installés à Essyl depuis les temps les plus reculés; de plus, leur « village » serait le seul de toute la région, et les bandes nombreuses de pélicans que l’on rencontre dans le delta de la Bassè-Casamance auraient toutes pour origine et pour port d’attache le « village » d’Essyl.
- Nous ne savons ce qu’il faut penser d’une telle affirmation, mais, pour notre part, nous n’avons retrouvé nulle part ailleurs d’autres « villages de pélicans », pas plus sur les rives de la Casamance, que sur le bord des rivières d’Élinkine et de Caji-nolle, ni même le long des berges du Rio Cachéo.
- D1' Maclaud.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1766. — 30 MARS 1907.
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- MARCELIN BERTHELOT
- Après Moissan, Berthelot. 11 semblait que l’un eût dû remplacer l’autre et la mort les frappe coup sur coup à un mois de distance : l’un emportant l’espoir des-vastes travaux à accomplir encore; l’autre arrivé au ternie d’une carrière glorieuse et jusqu’au bout féconde.
- Depuis la mort de Pasteur, le nom de Berthelot était celui qui venait aussitôt à l’esprit, dans le monde entier, quand il s’agissait de citer un repré-sentant de la science française.
- Nul ne fut plus universellement et plus justement illustre. Avec lui disparait le dernier de ces grands créateurs qui ont imprimé une direction nouvelle a u x recherches scientifiques vers le milieu du xixc siècle et renouvelé ainsi les exploits déjà presque légendaires des premiers inventeurs un demi-siècle auparavant, les Lavoisier, les Ampère et les Cuvier.
- Ainsi, de temps en temps, sous l’impulsion de quelques grands génies, la science, qui semblait toucher à son terme, entrer dans l’assoupissement de doctrines devenues classiques, subit une révolution féconde et reprend, au contact de la réalité qu’on tendait un peu à oublier, une étonnante poussée de sève.
- Berthelot avait tenu une si grande place, à la fois dans la science et dans la politique ; il avait été si lorlement mêlé, et d’une façon si active, au mouvement des idées modernes, qu’il trouvait lui-même tout naturel de s’être attiré beaucoup d’inimitiés. Ainsi qu’il arrive dans les milieux académiques, on masquait parfois en parlant de lui, sous un couvert scientifique, des hostilités où la Science n’entrait pour rien. Il est peut-être permis d’y faire allusion, 35e année- — -1er semestre.
- au moment où toutes ces notes discordantes se taisent dans le respect d’une grande mort, puisqu’il se plaisait à le rappeler en souriant. Sa mort donnera tout au moins la plus touchante leçon à ceux qui, ne l’ayant approché que superficiellement, avaient pu se tromper sur la richesse de son cœur.
- Il est mort, d’une mort enviable entre toutes pour
- qui partage sa conception philosophique de la vie, frappé subitement, en pleine vigueur d’esprit, en pleine force, par la mort de celle qu’il avait profondément aimée et qui venait de lui être enlevée après les longs jours d’une cruelle agonie. 11 n’a eu ni la douleur de lui survivre, ni celle de se survivre à lui-même.
- Je rappellerai tout à l’heure, après tant d’autres, ce que fut le savant. L’homme avait, quand il le voulait, un charme exquis, et toujours une luminosité extraordinaire. Il donnait cette impression rare, tout à fait exceptionnelle, de la magistrale , de la géniale supériorité intellectuelle : une supériorité tenant aux doubles qualités presque contradictoires (ou du moins trop rarement associées) de son esprit, la puissance d’observation précise, absolument respectueuse pour la méthode expérimentale et là vaste compréhension encyclopédique. Berthelot était de.ceux qui, avant tout, savent voir et bien voir ce qui se passe dans une éprouvette ou une cornue, mais qui n’oublient pas pour cela l’existence de tout ce vaste monde, au milieu duquel la réaction observée n’est qu’un incident localisé, dépendant de tout le reste. Son grand mérite, qui avait été celui de Lavoisier, qui sera toujours celui des inventeurs, par lesquels la science est bouleversée
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- et retournée de fond en comble comme un champ iécond, a été de chercher le pourquoi des choses et non pas seulement ce pourquoi immédiat, cette petite explication particulière qui tend à faire rentrer le fait nouveau dans le cadre admis, doctrinal, officiel, mais aussi le pourquoi plus révolutionnaire, qui indigne d’abord les gens d’ordre et tend k faire éclater le cadre ancien, pour grandir démesurément la toile. 11 a toujours aimé la nouveauté, qui est la vie, et su blasphémer contre les vieux dogmes scientifiques, qui sont parfois la mort. 11 a été, dans le sens élevé du mot, un libre penseur, un homme regardant la vérité en face et aspirant sincèrement k connaître toute cette vérité.
- C’était une des caractéristiques de son génie, et peut-être l’une des causes les plus actives de sa merveilleuse faculté inventive dans un domaine particulier de la science, que sa générale curiosité pour tout ce qui se produisait autour de lui, dans la philosophie ou les lettres comme dans les relations
- sociales et économiques des hommes, aussi bien que dans les branches les plus diverses de la science. Il ne ressemblait guère k ces conservateurs de musée, raillés jadis par un spirituel écrivain, pour lesquels rien d’intéressant n’existe en dehors de leur vitrine et qui s’interdisent d’examiner en passant les vitrines des autres. C’était un encyclopédiste sachant au besoin étonnamment se spécialiser. Aussi sa conversation en tirait un attrait tout particulier. Il était impossible de l’aborder et de l’écouter causer quelques instants, en phiases fines, élégantes, jamais banales, parfois légèrement paradoxales d’apparence et souvent marquées d’un sourire discret, sans rester dans l’admiration devant la clarté de cet esprit, devant l’universalité de ses connaissances. 11 y apportait quelque coquetterie et l’on retrouvait, dans le vieillard k la démarche silencieuse, à l’exquise courtoisie, k la parole rapide, aux yeux vifs, le causeur étincelant, dont le journal des Concourt nous a photographié jadis la plus jeune image.
- Les grandes découvertes de Berthelot, ses innombrables travaux, qui remplissent près de 1200 mémoires avec 15 volumes, ne sauraient être résumés ici, dans ces notes trop brèves et il serait inutile d’en donner une liste qui se trouve reproduite
- dans toutes les encyclopédies; il vaut mieux, je crois, en marquer les traits essentiels et les lignes directrices. On peut les ramener k deux chapitres principaux : synthèse et thermo-chimie, sans négliger pour cela tout ce qu’il a fait dans tant d’autres domaines et, notamment, dans l’histoire de la science.
- Dans ces deux voies, il a été le révolutionnaire fécond, que j’essayais d’esquisser toüt à l’heure et il a montré, par son exemple, comme il le faisait par ses paroles, comme il le fit jusqu’à la fin en s’intéressant si fort aux recherches de Curie, que, sans vouloir bouleverser imprudemment au hasard, il ne faut pas non plus être arrêté par un respect fétichiste devant les principes provisoires, adoptés momentanément pour coordonner et renouer les résultats acquis de l’expérience. Bien de plus typique que le contraste entre ce que la chimie est devenue grâce à lui et la phrase souvent citée de Lavoisier, qui symbolisait un état antérieur de la science, succédant lui-même, par une révolution également géniale, aux théories déjk très curieuses des alchimistes. « La chimie, disait Lavoisier, a pour objet de décomposer les corps ; elle marche vers son but en subdivisant.... » C’était Y Analyse ; et Berthelot, reprenant une direction seulement indiquée en passant par l’expérience de Woehler, en 1828. sur l’urée, inaugura la Synthèse : synthèse des principes immédiats des graisses animales en 1854, synthèse de l’alcool éthylique en 1855, synthèse de l’acide formique et surtout synthèse mémorable des carbures d’hydrogène, aboutissant, en 1862, k celle de l’acétylène (fig. 4). Berzélius avait proclamé qu’on ne pouvait espérer produire des corps organiques et Cerhardt remarquait, à ce propos, que le chimiste faisait nécessairement l’opposé de la nature vivante détrui-
- Fijç. 5. — Synthèse de l'acide cyanhydrique par l’azote et l’acétylène.
- sant au lieu de créer. Le chimiste d’avant Berthelot, oui, uniquement occupé k analyser; mais Berthelot a fait tomber cette barrière artificielle qui séparait soigneusement le monde organisé du monde inorganique en attribuant au premier l’influence inimitable d’une certaine « force vitale ». Il n’hésitait pas à renverser une barrière.
- De même pour la thermochimie, On se contentait d’observer des réactions, de noter des affinités, d’admettre des supériorités chez les acides ou les bases, sans se poser cette'question des enfants, auxquels les hommes faits n’imposent silence que pour dissimuler leur ignorance réelle : « Pourquoi ? »... Berthelot, qui était physicien en même temps que chimiste, n’a pas voulu laisser, entre la chimie et la physique, entre la chimie et la mécanique, cette cloison étanche, dont la science d’autrefois, divisée en sections, ou celle d’aujourd’hui trop émiettée en
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- spécialités, se contentent. 11 a créé, avec la calori-métrie (fig. 2), la mécanique de la chimie, sa physique ; il a poursuivi, dans la complexité des réactions, la conservation de l’énergie ; il a, par une première approximation très simple (trop simple sans doute), montré les réactions tendant à transformer en chaleur visible leur énergie interne, développant au dehors le maximum de calories, restituant le plus possible à l’universalité des atomes les forces emmaganisées à l’état de potentiel, libérant en un mot, pour atteindre la stabilité, ces mouvements tourbillonnaires centrifuges qu’une puissance supérieure a d’abord condensés en eux. Si, dans cette voie désormais largement ouverte, on va plus loin qu’il ne l’avait fait, si l’on est conduit à envisager certains de ses théorèmes comme des approximations provisoires, applicables seulement aux réactions les plus franches, à affinités considérables, si l’on a déjà gravi des échelons nouveaux, c’est en suivant l’exemple qu’il avait donné de ne pas s’arrêter à l’explication admise, passée dans l’enseignement des Sorbonnes, mais d’en chercher toujours une nouvelle.
- Chacun de ces deux grands renouvellements qu’il a déterminés dans la science a entraîné toute une série de conséquences. Ses études sur la calorimétrie (servies par la plus remarquable précision expérimentale) l’ont amené à éLudier la chaleur de formation des corps oxygénés ou ni très, l’énergie des substances explosives et il a ainsi préparé la grande découverte de M. Vieille, celle de la poudre sans fumée. Sa théorie des sources chimiques de la chaleur animale est devenue un des fondements de la physiologie. 11 a donné une impulsion féconde en montrant quel rôle joue la durée dans les réactions chimiques. Ses synthèses l’ont amené à expliquer la fixation de l’azote dans le sol arable... Et, soit par lui ou par ses disciples, soit par les savants étrangers, les conséquences pratiques, qu’il n’affectait pas de dédaigner, ont été incalculables. Ce sont toutes les synthèses des matières colorantes, des alcools et des sucres, c’est la transformation des explosifs, c’est le renouvellement des méthodes agronomiques.
- La carrière de Berthelot, dont je ne puis dire que deux mots, a été, comme celle de Moissan, son élève, que je rapprochais de lui au début, un exemple de ce que les Anglais appellent des self-made-men, de ces vocations qui se manifestent et se’développent en dehors des filières régulières où la force de l’habitude canalise trop souvent les originalités, mais qui y parviennent, il ne faut pas l’oublier, par une très forte, très persévérante application.
- Fils d’un médecin, il naît à Paris le 25 octobre 1827, fait ses études à Henri-lV, où il connaît Renan et les termine par un prix d’honneur de philosophie au concours général, donnant ainsi un double
- démenti à ceux qui méprisent les « forts en thèmes », comme incapables de rien produire plus tard et à ceux aussi qui veulent supprimer de l’enseignement la culture littéraire et le noble souci des idées générales. Puis il passe à la science; il entre en 1851 au Collège de France comme préparateur de Balard, devient au bout de neuf ans professeur à l’Ecole de Pharmacie et y fait ses premières, ses plus grandes découvertes. En 1865, une chaire de chimie organique au Collège de France est créée pour lui par Duruy. En 1873, pour l’élire à l’Académie des sciences, on fait tomber devant lui une de ces barrières conventionnelles qu’il renversait en science; la place vacante étant celle d’un physicien, on l’élit, contrairement à toutes les traditions, dans la section de physique, de même qu’on devait élire plus tard Pasteur dans la section de minéralogie. Depuis, il a eu tous les honneurs, toutes les dignités que l’on a assez énumérés; mais il n’a pas cessé un jour de travailler. L’an dernier, il donnait un
- Fig. I. — Synthèse de l’acétylène.
- volume sur l’archéologie et l’histoire des sciences; il y a quelques semaines, il en publiait un autre : Traité pratique de l’analyse des gaz. Sa dernière Note à l’Institut est du 4 mars, deux semaines avant sa mort, sur la chaleur de combustion et de formation de quelques principes immédiats azotés jouant un rôle physiologique. Il écrivait, en même temps, pour la Revue des Deux Mondes, un article pour la défense de l’orthographe.
- Dans ses recherches, dans son effort, il était dirigé par une foi profonde, inébranlable — car il faut toujours que l’homme soit incité à l’action par un acte de foi — : la foi dans l’unité, dans la logique de Funivers, dans la • simplicité et l’unité fondamentale des forces naturelles; la foi dans la possibilité, pour notre cerveau, de tout comprendre, de tout reproduire, de tout connaître* Laissant de côté, par principe, par méthode scientifique, le métaphysique, l’extraphysique, dont l'essence même est de se dérober à la science, il n’admettait pas de limites dans le domaine physique au champ d’activité humain. Il a contribué tout au moins à en faciliter l’illusion. L. De Launay.
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- LES MEMBRES ARTIFICIELS
- Comment confectionne-t-on les jambes et les mains articulées aujourd’hui avec tant de précision, les pieds, les cuissards et les bras artificiels qui remédient si ingénieusement aux divers genres d’amputations? La perfection de telles pièces réside surtout dans l’habileté des ouvriers, dirigés par des contremaîtres possédant des connaissances scientifiques et pratiques, car l’outillage mécanique d’une fabrique d’instruments orthopédiques est peu compliqué. A peine y rencontre-t-on quelques machines récentes.
- Pénétrons d’abord dans l’atelier des béquilles et
- rigidité rend la position assise très incommode. Aussi pour remédier à cet inconvénient, on a imaginé différents modèles appropriés à la blessure et disposés de manière que l’amputé puisse fléchir la jambe pour s’asseoir. Si le moignon n’a pas conservé les mouvements de llexion et d’extension, on fait marcher l’opéré en se servant de son genou, comme point d’appui. On emploie alors des jambes articulées au genou avec verrou et terminées par un pilon ou un pied également articulé.
- Dans le cas d’une amputation de la cuisse ou de
- Fig. 1. — Fabrication de pieds et de mains dans un atelier parisien.
- des jambes de bois. Les bâtons servant à fabriquer les premières sont tournés à l’avance puis emmagasinés, de façon à obtenir un bois très sec. On les coupe ensuite à la longueur voulue ; après quoi on les ponce et on les vernit au tour à pied. On adapte à une des extrémités de chaque béquille une crosse capitonnée moelleusement et destinée à prendre son point d’appui sous Faisselle tandis qu’on le termine à l’autre bout par un sabot de bois garni de cuir ou de caoutchouc.
- Les jambes, s’exécutent et se dégrossissent également au tour et par séries, afin d’assurer toujours la sécheresse du bois; on les achève au ciseau et à la lime. On les peint ensuite. Les types varient nécessairement selon le genre d’amputation ; les plus simples sont les classiques jambes de bois dont la
- la jambe, les appareils se font de préférence avec faculté de plier le genou dans'la position assise. S’il s’agit d’une désarticulation de la cuisse, il faut employer une jambe artificielle rigide pourvue de deux verrous rendant la station assise très aisée à son propriétaire. On construit même des modèles de jambe artificielle avec ceinture en cuir moulé et ferré enveloppant le bassin; avec cuissard et mollet en cuir; dans ce cas, un pied articulé dissimule parfaitement l’infirmité sous le pantalon. On se rend compte quels soins nécessitent la confection d’instruments d’un fonctionnement si délicat. Les montants métalliques qui constituent l’ossature sont forgés et mis en forme sur les mesures du membre sain. L’enveloppe en cuir du moignon s’obtient à l’aide d’un moulage sur nature. Les ver-
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- rous ajustés, on adapte l’enveloppe de cuir sur les ferrures, puis on essaye avant montage définitif. L’amputé manie si bien une jambe d’un de ces types qu’il peut non seulement marcher sans gêne, ni fatigue, mais encore monter à cheval ou h bicyclette.
- Les bras et les mains mécaniques atteignent maintenant une rare perfection. 11 y a loin des appareils primitifs d’Ambroise Paré à celui qu’imagina récemment le professeur Delorme, directeur du Val-de-Grâce, pour un sujet mutilé de tous les doigts de la main gauche et de quatre doigts de la main droite. Paré, du reste, ne songeait pas à
- d’un seul coup. Au contraire, l’amputé désirait-il étendre les doigts, une pression en sens inverse sur le levier commun dégageait les engrenages. Toutefois, depuis le xvie siècle jusqu’à une époque rapprochée de nous, le remplacement d’un bras mutilé par un appareil mécanique, constitua une exception.
- Aujourd’hui pour une centaine de francs, un ouvrier peut s’offrir un bras artificiel qui lui permettra de continuer son travail en dépit de son infirmité. Pour une somme un peu plus élevée mais qui, dans tous les cas, ne dépassera guère 500 francs,
- imiter la main ou le bras perdu, mais il se proposait simplement de donner à l’opéré un instrument qui, par le secours du membre sain, pût manier une épée, saisir les rênes d’un cheval ou tenir solidement un objet pesant. Dans ce but, il fit construire par un serrurier parisien surnommé « le petit Lorrain » une main pourvue du mécanisme intérieur suivant. Des ressorts d’acier maintenaient les doigts ouverts ; puis, en s’aidant de l’autre main, le blessé les fléchissait en faisant tourner quatre roues dentées autour de leur pivot commun et, pour les assujettir, il poussait un verrou saillant à la paume de la main. Cet appendice se divisait en deux branches actionnant chacune deux gâchettes qui, s’engageant entre les rouages, les immobilisaient tous
- une personne aisée cachera même sa- mutilation, grâce à un de ces chefs-d’œuvre qui attestent l’ingéniosité des constructeurs français. Nous voyons représentés ci-dessus quelques modèles sortis des ateliers Emile Haran, de Paris : bras artificiels pour l’amputation du bras et de l’avant-bras, articulés au coude avec came ou verrou, avec doigts rigides ou s’étendant, et complétés par maints accessoires tels que couteau, cuillère et fourchette. La fabrication de ces bras artificiels s’exécute d’une façon à peu près identique à celle des pieds ou des jambes. Un sculpteur réalise en bois, d’après un moulage, la main et les doigts; on y adapte enfin les ferrures et les cuirs qu’on garnit après essayage.
- Jacques Boyer.
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- LES BISONS DU CAUCASE
- La question du bison est une des plus curieuses de la zoologie : d’abord parce qu’il s’agit d’une espèce animale, — et fort belle, — qui serait déjà totalement disparue si des précautions spéciales n’étaient sévèrement maintenues pour la conservation de ses derniers représentants ; ensuite parce que les gravures et les peintures 'préhistoriques de bisons trouvées dans certaines cavernes (à Altamira, Espagne, aux Pyrénées et en Périgord) soulèvent beaucoup de questions non encore résolues, quant à l’époque réelle où ces primitives manifestations artistiques se sont produites.
- Deux fois, depuis peu de temps, La Nature a eu occasion de parler du bison d’Amérique (M. de Yarigny, n° 1655, 28 janvier 1905) et du bison du Caucase (M. Forbin, n° 1725, 2 juin 1906). Il me paraît opportun de compléter, ou même rectifier ce qui a été dit alors du bison d’Europe (Bonasus europeus) : d’autant que je suis particulièrement documenté à la suite de mes travaux administratifs officiels au Caucase.
- Je puis garantir la parfaite exactitude de tous les faits que je citerai, car ils m’ont été communiqués par le Directeur en chef des chasses du grand-duc Serge Michaïlowitch, qui possède de vastes « hunting grounds » (chasses réservées) sur le versant nord de la chaîne du Caucase. C’est là que le bison d’Europe vit encore en toute liberté dans des forêts bien plus vierges et plus vastes que celles de Biélovège.
- C’est d’ailleurs S. A. le grand-duc
- Fig. 1. .— Tôle de bison do Caucase.
- tion imminente, par les hommes, les fauves, et les conditions naturelles d’un pays où ils ont cherché un dernier refuge après le défrichage des grandes forêts" du centre de la Russie ; en effet le bison a fui devant l’accroissement de la population humaine, dont il ne supporte point le voisinage.
- Je tiens à dire que j’ai gracieusement obtenu du grand-duc Serge Michaïlowitch — un des chasseurs les plus expérimentés de l’Europe — l’autorisation de me servir du rapport, qu’il m’a fait remettre par M. Ed. Hutner, directeur en chef de ces chasses, sur l’existence et les coutumes de cet animal, si peu connu, si rare et si difficile à observer en liberté, qu’on a pu (mais à tort) le croire à tout jamais disparu dans ces parages.
- Il est exact que le bison ne se rencontre plus dans les vallées du Caucase occidental, entre Sotchi et Soukhoum. Seulement il y a tout lieu de croire que, même jadis, il n’y habitait jamais ; les rares exemplaires dont parlait le Dr Raddé n’étaient point sédentaires dans cette région, mais descendaient de temps en temps par-dessus la chaîne principale du Caucase, quand les neiges étaient trop profondes et quand le fourrage leur manquait sur le versant nord de la chaîne, où est leur véritable habitat : c’est là que leur nombre non seulement ne tend pas à diminuer, mais augmente d’année en année, grâc^ aux mesures de protection prises par le grand-duc Serge. Ainsi, d’après la notice de M. Hutner, on en évaluait le nombre, il y a de cela vingt ans, à 400 exemplaires, et actuellement ils sont 600 au minimum. Depuis que le grand-duc a organisé, à ses propres frais, tout un service de gardes-chasse, et qu’il est seul à les chasser de temps en temps, il n’en a été tué, dans des buts purement scientifiques, pour desservir les divers musées de l’Empire, que 12 individus, et encore ce n’étaient que des vieux animaux, inutiles pour la reproduction.
- Dans la forêt de Biélovège, où le nombre des bisons peut être évalué beaucoup plus exactement que dans les vallées à peine accessibles du Caucase, on en compte aujoufd’hui 700 au minimum i. Ainsi rien que dans ces deux localités le chiffre actuel atteint 1500 exemplaires. Par contre, conformément à l’affirmation de M. Forbin, l’absence totale des bisons dans les forêts vierges de la Sibérie est parfaitement exacte, on n’y a jamais trouvé aucune trace de ces animaux.
- La race du bison caucasien est zoologiquement tout à fait identique à celle du bison de Biélovège, quoiqu’ils vivent les uns au nord-ouest, les autres aux limites méridionales de la Russie d’Europe. D’après son caractère et la conformation de son corps, le
- 1 D’après un recensement, fait au mois de mars 1906, on a estime le nombre des bisons dans la foret de Biélovège à 665 exemplaires, mais c’était avant l’époque du vêlage, qui a lieu aux mois d’avril et de mai.
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- Fig. 2. — 1. Unis (Aurochs). — 2. Bonasus (Bison). — 5. Buffle. — 4. Boeuf.
- bison n’est point naturellement un habitant des montagnes. Il peuplait encore au moyen âge les grandes forêts de l’Allemagne, de l’Autriche et de la Pologne, et même en France on le poursuivait dans les Ardennes au temps de la conquête romaine.
- C’est en fuyant obstinément et désespérément devant l’homme et en reculant vers le Midi que le bison a trouvé au Caucase un refuge assez peu approprié, mais sûr, aux flancs de montagnes longtemps inaccessibles . celles-ci, en effet, furent fermées aux Russes jusqu’à ces cinquante dernières années, non seulement à cause des difficultés de terrain, mais aussi par les luttes contre les Tcherkesses d autres aborigènes, qui durèrent jusque vers 1860; c’est pourquoi pendant longtemps les anciens explorateurs (notamment Pallas), qui ne pénétrèrent que sur les confins de ces régions, ne trouvèrent que des ossements de bison et répandirent l’hypothèse de son extinction. Cependant un auteur du xvne siècle, Archan-gelo Lamberti, parle déjà de la survivance du bison caucasien. Le naturaliste russe Behr avait, en 1856, reçu du Caucase une peau de bison, d’après laquelle il avait pu déterminer l’espèce et constater son identité avec le bonasus du nord de l’Europe. En 1864, la peau d’un jeune bison fut envoyée au musée de Tiflis; d’ailleurs c’est ce superbe musée, créé et longtemps dirigé par le savant ür Raddé sous les auspices de l’ancien vice-roi du Caucase, le grand-duc Michel Nicolaevilch, qui se glorifie de posséder les premiers et les plus beaux exemplaires d’animaux adultes découverts dans ces parages.
- Néanmoins, l’extension du bison au Caucase reste très limitée (à 500000 hectares environ). La région où il se tient de préférence occupe les alentours des sources et le cours supérieur de la Bielaja et de la Malaja Laba (la Grande et la Petite Laba), ainsi que de leurs affluents, au pied des monts Shougous et Abagua. Au nord de cette région s’étendent des bois communaux, appartenant aux Cosaques de Kouban. Les animaux qui se risqueraient au delà de ces limites sont sûrs de ne plus revenir, car ils seraient impitoyablement abattus par les braconniers, malgré les peines sévères que ces derniers peuvent encourir. En été et Surtout durant les nuits, les bisons se tiennent sur les pâturages alpins de la haute montagne, dans le courant du jour ils descendent dans les vallées profondes et boisées que suivent les cours d’eau et les torrents. On peut les voir par bandes de 4 à 15 individus, surtout autour des sources sulfureuses dont le pays abonde. L’eau minérale de ces sources paraît les attirer tout particulièrement, car ils passent des heures entières auprès d’elles ;
- M. Hutner affirme que les bisons évitent de boire à même la source, afin de ne pas en troubler l’eau et se contentent de lécher les pierres, humectées par l’eau et couvertes d’un dépôt minéral, qui entourent les bords de ces sources. Les bisons ne sont pas les seuls à se régaler de la sorte, car on voit souvent à côté d’eux des cerfs qui se livrent à la même occupation sans nullement se gêner mutuellement. Les vallées profondes offrent en été aux bisons un refuge contre les rayons du soleil, ainsi qu’une pâture abondante, car ces animaux sont très friands de l’écorce de certaines essences forestières, telles que Sorbus aucuparia, l’orme (Ulmvs campestris), ainsi que des jeunes pousses de fougères. Mais leur principale nourriture est fournie par les herbes riches et succulentes des pâturages alpins, qu’ils regagnent à l’approche de la nuit. Quant aux fourrages secs que l’on met à la disposition des bisons de Biélovège durant l’hiver, ceux du Caucase les dédaignent même pendant cette saison et malgré la faim qui les oppresse, mais ils sont irès avides des blocs de sel gemme que l’on dépose par-ci, par-là à leur intention.
- Le voisinage de la mer Noire rend la partie nord-ouest du Caucase extrêmement humide, et les pluies souvent diluviennes du printemps, de l’été et de l’automne favorisent le développement puissant de la végétation herbacée, à laquelle le bison se délecte durant la saison chaude. Il y prend des forces et emmagasine dans son corps des amas considérables de graisse, ce qui lui permet de passer tant bien que mal les mois de l’hiver, très rigoureux dans ces régions si élevées. D’ailleurs le bison, en tant qu’ani-
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- mal issu du nord, ne craint pas le froid, contre lequel il est en outre prémuni par sa fourrure épaisse. Aussi, ne périt-il ni du froid, ni de la faim; mais il redoute un autre fléau — les chutes de neige— qui atteignent souvent une épaisseur de plusieurs mètres, car parfois celte neige ne peut supporter le poids si lourd du bison. L’animal s’y engouffre, ne peut plus s’en tirer et y trouve bientôt une fin prématurée. Ainsi, après l’hiver exceptionnellement neigeux de 1904-1905, on a découvert au printemps 9 cadavres
- Les vaches pleines, au moment du vêlage, généralement en mars, abandonnent les troupeaux et cherchent des endroits isolés aux confins de la région alpine, se cachent au milieu de la futaie à la lisière des forêts, souvent dans les fourrés de rhododendrons à peine pénétrables, et c’est là qu’elles vêlent. On n’a jamais vu une vache apporter plus d’un veau. Six ou sept jours après la naissance le rejeton est déjà assez fort pour pouvoir suivre sa mère. A la rencontre de l’homme la vache ne défend pas son
- Fig. 5. — Bison du Caucase, tué en 1895, par le Grand-Duc Serge Michaïlowilch.
- de bisons, ensevelis sous la neige sans que leurs pieds pussent atteindre la terre ferme ou une couche de neige plus compacte. Contre cette cause de diminution de l’espèce il n’y a aucun remède de protection à prendre. De plus, après les hivers très neigeux, les bisons n’atteignent le printemps qu’ab-solument dénués de forces, amaigris, et l’on ne voit presque pas de jeunes veaux auprès des femelles; la plupart des vaches pleines, se débattant au milieu des neiges, ne portent point à maturité. Au contraire, dans les années où la neige est moins abondante, on rencontre dans les troupeaux un nombre de veaux normal.
- On prétend que les combats entre taureaux, si fréquents à Biélovège, n’ont jamais été observés ici.
- nourrisson, mais fuit en l’abandonnant à son sort, dès que l’homme fait mine de s’en approcher. Le naturaliste allemand Brehm rapporte que la vache mère tue son propre veau, si elle sent qu’il a été touché par la main de l’homme. Je ne sais si pareil fait a été observé au Caucase, mais tout prouve que le bison considère l’homme comme son ennemi le plus redoutable, abhorre sa présence et fuit à son approche jusque dans la région des glaciers. Il a beaucoup à redouter aussi des fauves de différentes espèces, dont les forêts du Caucase abondent : la panthère, qui devient du reste de plus en plus rare ici, le lynx, le loup et l’ours ; ce dernier s’attaque de préférence aux jeunes veaux, dont on trouve souvent les restes dans son estomac. Depuis l’organisa-
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- tion méthodique des terrains de chasse du grand-duc Serge, le nombre des fauves a considérablement décru et en revanche le gibier protégé, le cerf, l’ar-gali, le chamois et le sanglier, a proportionnellement augmenté. Nous avons vu qu’il en est plutôt de même du bison depuis dix ans. Quant à la chasse au bison, voici ce que nous en savons. Dès 1848, un auteur anonyme publia un récit des chasses aux bisons, auxquelles se livraient les Abkhases (une des nombreuses peuplades caucasiennes) dans le bassin du Zelenlchouk, aux bords de l’Ouroup et de la Grande Laba, mais ce récit ne rencontra que des incrédules et l’on prétendit même qu’il ne s’agissait
- les hauteurs. Ayant installé son campement à une hauteur de 6000 pieds, il partait deux fois par semaine à la recherche des bisons, guidé par des Tcherkesses indigènes. Souvent il lui arrivait de voir des traces toutes fraîches du passage de l’animal, il entendait le bruit de ses pas, il voyait des arbres fraîchement rongés par lui ; mais, malgré 94 courses consécutives, il ne parvint pas non seulement à en abattre, mais même à en apercevoir un seul, tant le bison est toujours aux aguets et se laisse difficilement approcher, flairant l’homme de bien loin. Ceci mérite d’être noté par les préhistoriens, qui cherchent à interpréter le sens
- Fig. 4. — Bisons poursuivis par des loups, d’après une aquarelle.
- point ici du bison, mais d’un autre animal, le gaour (BosGaurus), habitant l’Inde, ce qui était absolument faux, comme le prouvèrent les peaux des bisons successivement envoyées au musée de Tillis, en 1864, 1869 et 1892. Ces trois animaux, tués par des indigènes, provenaient bien des abords du Zelenlchouk et de la Grande Laba.
- Le premier chasseur européen qui eut la chance de rencontrer des bisons vivants et d’en abattre dans les forêts du Caucase, fut un Anglais, M. Littledale, sportsman renommé par ses chasses dans toutes les parties du monde.
- Sa première excursion, en 1887, commencée trop tard en automne, fut très pénible et infructueuse, la neige couvrant déjà les montagnes ; l’année suivante, accompagné de sa femme, il passa trois mois sur
- des peintures. de bison rencontrées à Altamira.
- Littledale revint à la charge accompagné cette fois d’un lesghine du nom de Laubazon, réputé par son expérience de braconnier, et à la tête de toute une escouade de guides montagnards et de chasseurs des plus habiles. Un beau matin du mois d’août, M. Littledale aperçut enfin un bison mâle et lui lança une première balle à la distance de 90 m.; le coup porta, mais ce n’est qu’après la cinquième balle que l’animal fut abattu et tomba dans la rivière. Bientôt après, M. Littledale abattit une femelle. Les peaux de ces deux belles bêtes furent données au. musée de Londres. Quelques semaines après, notre chasseur aperçut un bison mâle bien plus beau et plus grand que les deux premiers, mais il l’épargna, ne voulant pas être accusé de
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- contribuer à l'extermination de la race, Les exploits de M. Littledale prouvèrent la possibilité de la chasse aux bisons pour les Européens et furent le point de départ des mesures prises pour sa protection.
- Aujourd’hui, le grand-duc Serge Mikaïlowitch est seul autorisé à chasser le hison (avec ses invités), mais loin d’abuser de son droit, il veille à l’accroissement de l’espèce. D’ailleurs, les premières chasses du grand-duc furent également infructueuses. En 1895, on trouva beaucoup de traces de bison, on en aperçut un, caché dans les hautes herbes, mais on ne réussit pas à l’abattre. L’année suivante le même lésghine Lauba-zon en fit encore voir deux, sans les atteindre. En 1895 enfin, deux superbes bisons furent abattus, un mâle, par le grand-duc, et une femelle, par le colonel Schil-der, de sa suite.
- Les peaux furent offertes au musée zoologique de l’Académie des sciences, à Saint-P é t e r s b o u r g.
- L’année 1897 fit encore trois victimes, deux mâles et une femelle.
- Un des mâles, tué par le Dr Rever, figure aujourd’hui au musée de Dresde. De puis lors, la défense d’abattre des vaches fut observée plus rigoureusement.. Bref, le nombre total des animaux abattus ne dépasse pas douze.
- J’ai déjà dit que le bison du Caucase appartenait, zoologiquement parlant, à la même race que celui
- 1 Quelques savants russes prétendent que ces particularités suffisent pour reconnaître dans le bison du Caucase une variété qu’ils désignent sous le nom de Bos bonasus cauca-stetts, nov. subsp., mais d’autres ne se rangent pas à cet avis. Rappelons aussi quelle confusion règne depuis longtemps entre les noms de urus, aurochs, bison; dans de récents mémoires, M. Mahoudeau [Revue annuelle de l'École d’anthropologie de Paris, février 1905), M. Lombard-Dumas (Bulletin de la Société d'études des sciences naturelles de Nîmes, en 1905, t. XXXIII, novembre 1906, p. 37 et 65) et le Prof. A. Mertens (Abhandl. des Muséums de Magdeburg, 1906), soutiennent
- de Biélovège, mais il s’en distingue néanmoins par sa taille, relativement plus petite, ainsi que par la conformation de certaines parties de son corps1. 11 est aussi beaucoup plus sauvage et se laisse plus difficilement approcher que son congénère de la Lithuanie, depuis longtemps habitué à la présence de l’homme et de ses animaux domestiques, à côté desquels on le voit paisiblement paître parfois. Malgré le nombre relativement restreint d’individus, tant à Biélovège qu’au Caucase, la dégénérescence
- de la race ne se fait aucunement sentir jusqu’ici. Si le bison de Biélovège, habitant un pays plat et accessible dans toutes les directions, se laisse prendre assez facilement, surtout dans les parties marécageuses de la forêt, où il ne peut se mouvoir qu’avec peine, il en est tout autrement du bison caucasien. Jusqu’à ces derniers temps, on n’est parvenu à s’emparer que d’un seul exemplaire vivant, et encore ce n’était qu’un jeune veau, qui venait à peine de naître. Le récit de cette capture intéressante vaut la peine d’être reproduit ici.
- Un des gardes-chasse du grand-duc, poursuivant les ours dans la forêt, aperçut une vache de bison, couchée dans la broussaille, son petit à ses côtés. A l’approche de l’homme, la vache se leva soudain et fila comme une flèche, abandonnant sa progé-
- que l’aurochs est l'Unis ou Bos primiçjemus, qu’il a disparu d’Europe vers la fin du xvic siècle, qu’il n’avait ni bosse ni toison et que seul il a laissé ses débris dans les cavernes du Gard; depuis Jules César on n’aurait cessé de le confondre avec le vrai bison (Bonasus) qui a une toison, une bosse et des cornes plus petites et moins divergentes; c’est celui-ci, et non l’aurochs, qui serait représenté à Altamira et en Dordogne. La Grande Encyclopédie (t. VII, p. 55) a donc tort d’assimiler le bison d’Europe à l’aurochs. Tout cela est fort embrouillé ; pour fixer ces. idées, nous donnons, p. 279, le dessin du crâne des quatre bovidés: Urus, Bonasus, Buffle et Bœuf domestique.
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- niture à son triste sort. Le petit se leva également et, sans appréhension du danger, fixa sur le chasseur un regard ébahi, s'affaissa sur ses pieds de derrière et ne songea pas à fuir tout d’abord. Sa première stupeur passée, il se releva d’un bond et se mit à galoper dans des escarpements. II eût fini par se sauver, si un grand sapin déraciné ne lui eût barré la route. En voulant sauter cet obstacle comme les autres, il calcula mal son élan et s’enchevêtra dans les branches. L’homme le saisit par le pied de derrière.
- de race, qu’au manque de nourriture et au voyage forcé qu’on fit faire à l’animal quelques jours après sa naissance.
- On ne sait pas au juste quelle est la quantité de lait que donnent les femelles de bison, mais on la présume très abondante, car il a été constaté à Bié-lovège qu’un jeune bison, élevé au lait de vache domestique, consommait le lait de quatre vaches. Le pauvre prisonnier caucasien était loin d’avoir reçu cette portion dans sa prime jeunesse. Aussi, s’en ressentit-il toute sa vie, et l’on n’en obtint
- Malgré ses vigoureuses ruades, il lui noua autour du corps sa ceinture et son baschlik (espèce de capuchon que les indigènes portent sur la tête et dont ils enroulent les bouts autour du cou).
- Chose curieuse, après un instant de résistance, l’animal finit par suivre docilement son vainqueur. Mais le bison paraissait essoufflé, respirait lourdement et le chasseur craignait qu’il ne lui expirât entre les mains. Parvenu à une maison de garde, on lui donna du lait, qu’il refusa d’abord, mais deux jours après il apprit à le lécher des doigts des personnes qui l’allaitaient, tout comme les petits veaux domestiques séparés de leurs mères. En dix jours il reprit assez de force pour continuer le voyage. On l’attacha à une charrette et on le traîna ainsi pendant une dizaine de kilomètres, après quoi on se décida à le détacher et il suivit la charrette en cou-
- qu’un animal chétif, maigre, de taille relativement petite.
- Durant son trajet du Caucase en Lithuanie, on le fit accompagner en wagon par sa vache nourricière eL l’on emporta une provision de 150 pastèques, qu’on lui donnait par tranches six fois par jour. Il supporta bien le voyage et arriva sain et sauf à destination.
- Il s’accoutuma bientôt à la nourriture habituelle hivernale des bisons de Biélovège, foin de trèfle, avoine et surtout aux tubercules de différentes espèces, qu’il sembla apprécier beaucoup. Le printemps suivant, on le mit en liberté, au milieu d’un troupeau de bisons de 15 individus, qui l’adoptèrent comme un des leurs; il redevint bientôt sauvage tout comme les autres, mais ne put jamais les égaler et garda toujours un aspect maladif; sa toison est restée rare, ses mouvements lents.
- rant, tout comme un chien, et pendant plus de 60 km. encore. En route, on lui faisait boire du lait, dont il ne consommait pas moins de 16 verres par jour.
- Arrivé au village de Psébay, il dut attendre pendant trois mois l’envoyé de Biélovège chargé de l’emmener là pour un essai de croisement; parqué dans un enclos couvert d’arbres fruitiers, le jeune bison, qu’on continuait à nourrir de lait chaud, se montra bientôt très friand des fruits qu’il trou-vait par terre en abondance, donnant une préférence marquée aux pommes les plus aigres. A ce régime, l’animal grandit et enforcit considérablement, au point de jeter par terre sa vache nourricière, en l’attaquant de front en manière de jeu. L’envoyé de biélovège constata néanmoins que sa taille était de beaucoup inférieure à celle des animaux lithuaniens du même âge. Ceci peut-être dû tant à la différent
- 1 Dans son Mémoire de 1906 (vov.
- I». 282, noie 1), M. Mertens, directeur du muséum de Magdcbourg, a repris tout ce qui concerne les anciens bœufs sauvages de l’Europe, reproduisant la bibliographie, résumant les documents et commentant leurs résultats. Il conclut formellement qnc le nom d’aurochs a été souvent appliqué à tort au bison.
- Au milieu du xvie siècle, les deux sortes d’animaux ont été vues simultanément vivants en Pologne; on 1564 on y comptait,
- Fig. 6. — Bison blessé.
- H succomba l’année d’après, sans laisser de progéniture. C’est ainsi que la première tentative de rafraîchissement du sang des bisons de Biélovège, au moyen de croisement avec des animaux originaires du Caucase, a échoué.
- Mais cette capture du jeune bison caucasien prouve à quel point l’animal, malgré sa sauvagerie naturelle, se laisse facilement dompter et apprivoiser. L’expérience a, du reste, à maintes reprises, confirmé ce fait et on a même entrepris récemment en Russie des essais de croisement entre les bisons de Lithuanie et les vaches domestiques. On peut d’autant plus compter sur la réussite de ces essais, que des croisements entre les bisons d’Amérique et des vaches ont donné de bons résultats. Des expériences de ce genre présentent un très grand intérêt1. A. Yermoloff.
- Correspondant de l’Institut. Ancien ministre de l'agriculture de ltussie.
- dans la forêt de Jaklorowka, un troupeau de 30 aurochs, réduit à 24 en 1599, à 4 en 1602, et aune seule femelle en 1620; quelques individus auraient vécu en captivité jusqu’en 1627. L’aurochs aurait élé noir ou du moins très foncé, avec une variété grise en • Pologne et une rouge en Allemagne. M. Mahoudeau (loc. cil.) ajoute qu’il n’est pas toujours commode de différencier les os des 2 espèces, mais qu’à l’état vivant toute confusion est impossible.
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- LES EAUX SOUTERRAINES DE LA VALLÉE DE JOSAPHAT
- Quand on prononce les noms de la vallée de Josa-phat ou du Mont des Oliviers, ce n’est pas d’ordinaire ii des eaux souterraines ni à des grottes que l’on pense. Les plus terrifiantes images de la Bible, les plus touchants souvenirs de l’Evangile absorbent assez l’esprit pour le rendre indifférent il toute autre considération. La vallée de Josaphat n’est pourtant pas seulement le lieu funèbre et désolé, où
- que de visiter, par exemple, les grottes sépulcrales extrêmement anciennes du Mont des Oliviers, celles de la vallée du Cédron (Josaphat) ou de Hinnom (Haceldama) (lig. 2), les habitations de troglodytes de Siloé, ou, plus au Nord, les grottes connues sous le nom de tombeaux de Jérémie, des Bois et des Juges (fig. 5). En même temps, les eatix souterraines ont, sous celte vallée, dont l’aridité et la désolation sont
- doivent retentir les trompettes du jugement dernier (fig. I). Placée entre les hautes substructions sur lesquelles se dressent les murailles du Temple et la colline fameuse sous le nom de mont des Oliviers, elle soulève, en ce qui concerne les cavités profondes et la circulation souterraine des eaux, taries à la surface, des questions également intéressantes pour la spéléologie et pour l’histoire.
- Tout cë sol calcaire des environs de Jérusalem, en particulier celui du mont des Oliviers (sur l’autre liane de la vallée de Josaphat), est entièrement perforé de grottes : les unes (en petit nombre) naturelles ; les autres artificielles, mais ayant pu servir primitivement soit à des carrières, soit à des tombeaux; et ce n’est pas une des moindres curiosités du pays
- passe'es à l’état de proverbe, une circulation très active : c’est le point sur lequel je veux revenir.
- Tous ces phénomènes posent, dans un pays dont le passé nous touche à un poiqt si particulier, une foule de problèmes très curieux, mais pour la plupart bien difficiles à résoudre, malgré l’activi!é avec laquelle on les étudie, par suite des alluvions humaines qui se sont succédé dans celte même contrée et dont chacune a contribué à faire disparaître les traces de ses devancières. Les difficultés que présentent les fouilles dans un territoire également sacré à trois des principales religions, couvert de sanctuaires par les chrétiens et les musulmans, de tombes par les juifs, ne sont pas non plus pour simplifier la question. Il serait pourtant bien
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- intéressant d’arriver à connaître l’histoire exacte de toutes ces grottes jusqu’à leur utilisation dernière.
- A part quelques excavations naturelles, qui, je l’ai dit déjà, sont peu nombreuses et parmi lesquelles il faut, sans doute, compter la petite cavité connue sous le nom de grotte de l’agonie de Jésus, la plupart des grottes actuellement visibles semblent avoir été creusées tout exprès pour servir de grottes sépulcrales, bien plutôt que pour chercher d’abord de la pierre. Les Hébreux ont eu longtemps de semblables grottes, sous l’aspect desquelles il faut se
- ne paraît pas avoir songé — si, dans certains cas, le but primitif du travail, aux époques fort anciennes où il a pu être commencé, n’aurait pas été la recherche des eaux souterraines pour l’alimentation, de tout temps difficile, de la ville et du Temple.
- Cette question de l’eau, dans une ville qui a l’apparence d’être construite au milieu d’un désert, a dû toujours préoccuper ceux qui l’occupaient, et spécialement quand la ville pouvait être exposée à soutenir des sièges. Pour la résoudre, on a établi de gigantesques citernes, comparables à celles de Car-
- Fig. 2. — Jérusalem. — Champ de llaceldama, montrant les strates calcaires et les entrées de tombeaux ou de grottes.
- représenter celle où Joseph d’Arimathie autorisa les disciples à déposer le corps de Jésus-Christ avant sa résurrection. Ils étaient essentiellement rebelles à l’idée de brûler leurs morts, voyant dans cette consomption un obstacle a la résurrection finale des corps, qu’ils envisageaient, comme l’ont fait longtemps les premiers chrétiens, dans le sens le plus littéral ; et, d’autre part, ils ne semblent être arrivés qu’assez tard à la tombe individuelle, voisine de la surface. On a, dès lors, dû creuser beaucoup de semblables grottes, dont la disposition architecturale, notamment les « fours à cercueils » ou kôkini, disposés tout autour de la muraille, accusent assez la destination funéraire. Mais, en outre, on peut se demander — et c’est une idée à laquelle on
- thage ou de Byzance ; mais, en outre, on a dû s’apercevoir de bonne heure que, si l’eau manque à la superficie, elle coule souterrainement au-dessous des ravins desséchés, dont le plus fameux, en même temps que le plus voisin du Temple, est celui de Josaphat. Cette vallée de Josaphat devait être aussi sèche du temps de Jésus que du nôtre puisqu’on l’appelait alors un « ruisseau d’hiver-» ; mais, antérieurement, elle a commencé évidemment par présenter un véritable lit de torrent, qui s’est asséché peu à peu, comme cela arrive constamment sur les plateaux calcaires (par exemple pour les valleuses qui descendent à nos côtes normandes), par la disparition de l’eau en profondeur. Aujourd’hui il parait y avoir, sous la vallée, un lit de rivière souterraine,
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- ou du moins un réseau de ruisseaux souterrains, que l’on a reconnu par divers travaux et que, de très bonne heure, on a dû s’ingénier à capter.
- Tout d’abord en amont, près de la porte de Damas, au Nord-Ouest de Jérusalem, un premier indice nous est fourni par la vieille tradition, suivant laquelle on entendrait parfois gronder les eaux dans les profondeurs du sol.
- Un peu plus bas, nous trouvons la crypte connue sous le nom de tombeau de la Vierge. On descend dans cette crypte par un ëscalier d’environ 50 marches, qui conduit, à 11 m. de profondeur, dans une vaste salle aménagée en église pour les divers cultes grec, arménien, copte, abyssin, etc. Dans cette salle est une source abondante et l’on peut se demander si la recherche de cette eau n’aurait pas été d’abord la cause de ce grand travail de mine. En tout cas, le creusement a été poussé assez loin pour arriver jusqu’aux fissures souterraines par lesquelles s’écoulent les eaux.
- Plus bas, près du village de Siloé (lig. 4 et 5), une source, qu’on nomme aujourd’hui fontaine de la Vierge et qu’il faut sans doute identifier avec la source biblique de Gichon, se trouve au fond d’une grotte semblable à la crypte de l’Assomption, où l’on descend également par trente marches. Son jaillissement intermittent montre l’irrégularité et la disposition en siphon des conduits souterrains qui l’alimentent. Mais ici le travail antique de captation
- des eaux n’est plus une hypothèse. Il existe, en effet, un tunnel de 555 m. de long, par lequel la décharge de cette source se fait vers la fontaine de Siloé. Et cette galerie, dont il a déjà été question ici1, est rigoureusement datée par une inscription qu’on y a trouvée en 1880 : inscription doublement curieuse, et par la façon animée, pittoresque, vivante, dont elle raconte ce grand travail exécuté non sans peine à coups de mine, avec l’émotion des mineurs cheminant au-devant les uns des autres lorsque le bruit des coups sur le rocher les a avertis qu’ils allaient se rencontrer2 ; intéressante aussi parce qu’elle est, si je ne me trompe, la plus ancienne en caractères hébraïques que l’on connaisse jusqu’ici. D’après cette inscription, qui est aujourd’hui au musée de Constantinople, ce travail date d’Ezéchias.
- Enfin, plus en aval encore, au conlluent de la vallée de Ilinnom, la fontaine de Job (fig. 5), va chercher l’eau par un puits maçonné à 58 m. de profondeur. Comme il est naturel avec cette circulation souterraine irrégulière dans les fissures du calcaire, le niveau y est extrêmement variable suivant les saisons et parfois l’eau monte déborder à la surface.
- Ce ne sont là que de simples indications très
- 1 Yoy. n° 1684, 2 septembre 1905.
- 2 On s’est demandé si la sinuosité de la galerie en plan, tandis que sa pente est régulière, n’aurait pas été voulue et commandée par le phénomène hydrologique. Mais il faut remarquer qu’il est bien plus facile souterrainement de régler une pente qu’un alignement.
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- sommaires, des jalons pour l’avenir; ils suffisent à mettre en évidence une circulation souterraine des eaux sous le thalweg asséché de la vallée de Josa-phat ; mais l’étude d’hydrologie et de spéléologie reste à faire.
- Le jour où on l’entreprendra complète et méthodique en explorant tout ce sous-sol, où il a existé si anciennement une population habituée à
- utiliser, ou même à creuser des cavités de ce genre, il n’est pas impossible que, par des cheminements profonds, on se trouve amené à découvrir des grottes, obstruées du côté de la superficie et sans accès actuel : grottes, dont le nombre peut être considérable, et qui fourniraient sans doute des renseignements précieux à l’histoire ou à la préhistoire. P. Sallior.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i5 mars 1907. — Présidence de M. Chauveau.
- Correspondance et dépôts de communication. — M. le Secrétaire perpétuel annonce le dépôt, par M. Mascart, d’un nouveau tome des Annales de l’observatoire de Toulouse. On y trouve résumées les recherches effectuées depuis longtemps dans cet établissement, sous la direction de M. Baillaud, par M. le professeur Mathias, sur le magnétisme terrestre et ses variations dans le temps et dans l’espace. M. Mascart remet encore une Note de M. G. Meslin, sur les cannelures supplémentaires des spectres de réseaux parallèles. M. Lippmann dépose une Note de M. Hemsalech sur le rôle et la nature de la décharge initiale de l’étincelle électrique. M. IL Becquerel remet un travail intitulé : Contribution à l’étude de la phosphorescence, dans lequel il décrit les spectres de phosphorescence à la température de l’air liquide. M. Maurice Lévy dépose un
- travail de M. le capitaine Ferbcr sur le coefficient de résistance de l’air à employer dans l’établissement des projets d’aéroplanes. Cet officier montre que l’air soutient beaucoup plus que ne l’indiquent les formules actuellement admises. M. Poincaré remet une Note de M. Jean Becquerel sur les phénomènes de polarisation rotatoire magnétique aux environs des bandes d’absorption, dans les corps soumis aux très basses températures. Partant d’une conception théorique, l’auteur a étudié le pouvoir rotatoire magnétique des cristaux contenant des terres rares et il a montré que l’action du champ magnétique devient intense, à la température de l’air liquide, auprès des bandes d’absorption qui sont déplacées dans le spectre. M. Darboux fait savoir que l’Académie a été invitée à participer à la célébration du 70e anniversaire de son corres-
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- pondant M. Gordan d’Erlangen. M. ViolJe dépose une Note de M. Laporte relative à l’influence delà température ambiante sur l’intensité lumineuse d’une lampe à incandescence. M. A. Gaudry présente une Note de M. Kteuas sur l’àge des terrains calcaires des environs d’Athènes.
- M. le Président prend ensuite la parole. 11 observe qu’on 11e saurait rien ajouter à l’éclat des funérailles solennelles de M. Berlhelot et qu’il ne serait guère utile de rappeler
- les travaux si variés et si importants de l’illustre chimiste. 11 s’attache seulement à montrer ses qualités de cœur dans une allocution dont le caractère simple et délicat provoque une émotion sincère. Il adresse ensuite un dernier et sympathique hommage à M. le colonel Laussedat, académicien libre, également décédé depuis la dernière séance.
- La séance est ensuite levée en signe de deuil.
- GlI. Il K VlI.LKDIÎUIL.
- LE COLONEL LAUSSEDAT
- La mort s’acharne contre l’Académie des sciences et transforme nos colonnes en un véritable nécrologe. Après Curie, Bichoflsheim, Brouardel, Bertrand, Moissan, Berthelot, en moins d’un an, voici que notre ami, Aimé Laussedat, quitte les rangs des travailleurs et des utiles. Né à Moulins le 19 avril 4819, élève de l’École polytechnique, officier du génie de 1840 à 1879 (avec le grade de colonel en 1874) sa carrière fut presque toute dans l’enseignement comme répétiteur à l’École polytechnique (1851), professeur de géodésie (1856), puis directeur des études à la même École, professeur de géodésie (1871), et enfin directeur (1881) au Conservatoire des Arts et Métiers. Grand ami du fondateur de La Nature, il présida en 1870-71, pendant le siège de Paris, le Comité qui assurait les communications optiques avec les départements et s’occupa activement d’aérostation. Président de la Commission des aérostats au Ministère de la guerre, il s’élevait de Paris, le 8 décembre 1875, dans le ballon VUnivers, pour une expérience militaire, avec le commandant Mangin, les frères Renard (alors capitaines), le capitaine Bitord, le lieutenant Bastorel, Albert Tissandier, Eugène Godard et Térès, quand à 230 mètres, au-dessus de Montreuil, une demi-heure après le départ, le ballon se dégonfla subitement par suite d’une défectuosité de la soupape : dans une chute terrible de 25 secondes, tous les voyageurs, sauf Bastorel et A. Tissandier, furent plus ou moins grièvement blessés. Laussedat avait la jambe cassée!1
- 1 Yoy. Tissandier, La Nature, n° 153, du 18 décembre 1875 ; — Histoire de mes ascensions, 1887, p. 212.
- Comme astronome pratique et comme géodésien, il fit adopter la loi du 14 mars 1891 sur l’unification de l’heure légale en France; il appliqua la chambre claire de Wollaston et surtout la photographie aux levers des cartes et plans. Ses principaux ouvrages se rapportent à la géodésie : Leçons sur l’art de lever les plans, 1861 ; Recherches sîir les instruments, les méthodes et le dessin topographiques, 1898-1903, etc. Ce dernier ouvrage est capital comme aperçu historique, description des instruments, exposé des méthodes, etc. Dans ces dernières années, il s’était consacré, avec la plus vive ardeur, au développement et à la mise en pratique courante de la métropho-tographie (ou pholo-grammélrie), procédé si commode et si fécond pour F exécution rapide et exacte des levers en terrain difficile, tant par la téléphotographie que par la stéréoscopie. Il avait récemment résumé pour nous (n° 1.675, l1'1' juillet 1905) les avantages, les règles et les résultats de celle manière d’opérer, qu’il regrettait de voir moins appréciée en France qu’à l’étranger.
- Le colonel Laussedat était membre libre de l’Académie des sciences depuis 1894. Tous ceux qui ont connu et apprécié la persuasive activité et la charmante afiabililé de l’aimable savant qui, il y a quelques semaines, portait si gaiement encore ses 88 ans, seront unanimes à regretter sa mort survenue le 18 mars 1907, après quelques jours de maladie. E.-A. Martel.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- Le Colonel Laussedat.
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- N° 1767. — 6 AVRIL 1907.
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- LES NOUVELLES FRESQUES DU PALAIS DES PAPES D’AVIGNON
- L’œuvre de la restauration, de la restitution du Palais des Papes, profané depuis un siècle par l’esprit d’utilitarisme qui en avait fait une caserne et une prison, a été commencée avec la nouvelle année et elle est poursuivie assez activement pour que les principales salles soient reconstituées au mois de mai prochain, au moment des Expositions que
- Celles-là ont été dûment appréciées et vantées, fréquemment reproduites, surtout dans ces derniers temps ; on sait qu’elles sont de Simone Memmi, de Sienne et de Matteo Giovannetti, de Viterbe, et de leurs parents ou élèves, Donato, Lippo, entre autres. Elles forment quatre groupes : oratoire Saint-Jean, oratoire Saint-Martial, voûte de la chapelle
- Chasse au faucon. — Chambre du pape Clément VI. (Photographie Miôsienski, à Avignon.
- la ville d’Avignon va y installer grandiosement.
- Il serait trop long de décrire le Palais des Papes, ne lut-ce que dans la partie dite du Consistoire ou les travaux actuels vont rendre à l’admiration des visiteurs deux immenses chapelles gothiques superposées, de plus de 52 mètres de longueur sur une hauteur totale de près de 36 mètres.
- Il serait oiseux de parler des anciennes fresques, c’est-à-dire de celles que le badigeon n’a jamais recouvertes et qui se sont conservées, — non sans quelques détériorations dont quelques-unes criminelles, — à travers les changements apportés au Palais dans une période de plus de cinq cents ans.
- 35e année. — lor semestre.
- basse du Consistoire, porche roman de la Métropole des Doms. Tout a été dit sur leur réelle beauté qui les avait fait d’abord attribuer à Giotto, et sur les sujets religieux qu’elles représentent. Elles sont indiscutablement du xive siècle et remontent-’ par conséquent à la construction du Palais.
- Les nouvelles fresques, — c’est-à-dire celles qui revoient et celles qui reverront peut-être la lumière du jour, après avoir été cachées longtemps par un badigeon injurieux, mais protecteur si l’on songe aux occupants successifs du monument, — sont jusqu’à présent moins remarquables que les autres comme püreté d’exécution et grandeur d’inspiration.
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- On a retrouvé dans la chapelle haute du Consistoire quelques blasons de légats, et, dans de petites salles voisines de la chambre de Clément VI, des ornementations à dessins géométriques ou fantaisistes, des suites d’animaux fabuleux ou réels. Ce sont travaux de manouvriers, tels sans doute que ce Boyet, ce Pérot, ce Lenglès que le pape faisait travailler à raison de deux sols par jour.
- La seule découverte vraiment intéressante,. est celle faite dans la chambre de Clément VI. C’est pendant une visite où il accompagnait Frédéric Mistral, que le maire d’Avignon, M. Guigou, apercevant sous un écaillement du plâtre, une teinte gris-bleu rayée de rouge, soupçonna que des fresques pouvaient être cachées en cet endroit par le
- Chasse au furet.
- Chambre du pape Clément VI. (Dessin de Charles Yionnct.)
- badigeon. J’étais présent. Nous remarquâmes sur les autres faces des murs quelques écaillements semblables. Un grattage aussitôt opéré donna raison à M. Guigou. Il semble que la présence du maître provençal, nous ait été favorable. Toute une série de scènes champêtres est apparue en quelques jours ; il y a là des chasseurs au faucon, au chien courant, au furet ; des pêcheurs au bord d’une eau fort poissonneuse, avec le cygne obligatoire ; des enfants qui cueillent des fruits ; d’autres enfants qui se baignent, etc. Pour la première fois, on remarque des peintures profanes au Palais des Papes ; elles n’ont d’ailleurs rien que de fort chaste. Le principal reproche qu’on puisse faire à ces fresques, est la disproportion étrange de la composition. Pourquoi des personnages si grands et d’autres si petits ? Pourquoi un chien monstrueux, invraisemblable, à côté d’autres d’un joli mouvement et d’un dessin correct ? Lé cygne est grossièrement exagéré,
- les lapins sont gracieux, naturels, parfaits. On reste confondu devant celte incohérence. Les figures et les mains sont belles, très belles même, autant qu’on en juge sons un nettoyage encore incomplet.
- Ceci n’est plus de l’école italienne de Memrni et Giovannelli. Ce serait plutôt, si je m’en rapporte à un document dont il y a l’indication au Musée Calvet d’Avignon, d’une école française du xiv° siècle, dont les maîtres furent Robin, de Romans, et Simonnet, de Lyon. Ont-ils exécuté seulement une partie des peintures? Y a-t-il eu plus tard des retouches maladroites? Un fait certain, indéniable, c’est que le badigeon y a été appliqué au xvu° siècle par un légat désireux de mettre la chambre à la mode du jour en y posant des tentures et... une cheminée de plâtre qui porte sa date. Le plafond boisé et peint est resté intact. D’ailleurs, non loin de cette même chambre, est une petite salle où un lourd barbouillage du xvue siècle a été remis à jour.
- Voilà, pour l’instant, toutes les trouvailles faites au Palais des Papes. Mais les documents indiquent comme peintures bellissime, un Jugement dernier et une Crucifixion de Matteo Giovannelli, dans la chapelle basse du Consistoire? Iiélas ! oui. Nous espérions, nous n’espérons plus.
- A l’emplacement indiqué, le mur porte quelques taches, quelques maculatures bleues ou roussâlres. C’est tout ce qui reste des deux chefs-d’œuvre; ils sont devenus malpropretés de vieille muraille ! Comment cela? Oh! c’est bien simple et bien triste, allez! Avant que le Palais ne fût caserne et prison, pendant la Révolution et le Premier Empire, il servait d’entrepôt, on y logeait des passagers, que sais-je? il fut même une sorte de carrière où l’on s’approvisionnait pour bâtir. Et la chapelle basse du Consistoire fut utilisée comme grenier à fourrages ; l’humidité des foins, leur fermentation, voilà ce qui a détruit les fresques réputées autrefois les plus belles du Palais des Papes.
- On en retrouvera peut-être d’autres. Rien ne remplacera celles-là.
- Par bonheur, ce que le temps ni les hommes n’ont pu détruire, c’est le colosse de pierre que Froissart appelait déjà la plus belle et la plus forte maison de France. Alexis Mouzin.
- LES BAGUETTES DES SOURCIERS
- Un Allemand, M. de Bülow-Bothkampf, qui est, croyons-nous, un proche parent du Chancelier de l’Empire, est en voie de redonner un nouveau lustre à la renommée un peu éteinte des « sourciers », dont M. de Launay et le Dr Yigen entretenaient récemment les lecteurs de celle revue1. On sait que l’on désigne sous ce nom ceux qui prétendent découvrir les sources au moyen d’une baguette de coudrier à laquelle est attribuée la propriété mystérieuse d’être influencée par le voisinage d’une nappe liquide souterrame.
- 1 Yoy. La Nature, 23 janvier 1904 el 14 juillet 1906.
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- M. de Bülow-Bolhkampf doit une partie de la popularité dont il jouit outre-Hhin aux. découvertes de sources qu’il a faites, mais surtout aux discussions très vives qui se sont élevées à son sujet dans la presse scientifique. Les discussions acquièrent un intérêt particulier si l’on songe qu’elles se sont ouvertes notamment dans les colonnes d’une feuille technique telle que le Centralblatt lier Bauverwalluny, et que des personnalités telles que M. Franzius, conseiller intime de l’amirauté et directeur des travaux du port de Kiel, ont rompu des lances en laveur de la baguette divinatoire.
- M. Franzius avait fait exécuter sur le chantier de constructions navales de Kiel une série de sondages pour découvrir des sources d’eau potable. Les recherches ne donnant que de faibles résultats, ce haut fonctionnaire consentit, sur le conseil de quelques-uns de ses amis, partisans convaincus de l’efficacité des procédés deM. Bülow-Bolhkampf, à faire appel à la baguette du sourcier. M. Franzius avoue qu’en dépit de la popularité dont jouit M. de Bülow-Bolhkampf il n’était pas sans scepticisme.
- M. de Bülow vint donc et avec lui sa fameuse baguette, <jui n’est pas à vrai dire la baguette vulgaire du sourcier, niais un fil de fer de 5 mm d’épaisseur, replié sur lui-même, ainsi que l’indique la figure ci-contre, et qui peut facilement être glissé dans la poche. Comme entrée en matière, M. de Bülow découvrit une source dans le propre jardin de M. Franzius, à un endroit où celui-ci essayait vainement, depuis plusieurs années, de faire pousser des roses grimpantes, auxquelles ne conviennent pas, comme l’on sait, les terrains humides. La nappe liquide qui se trouvait au-dessous d’eux, ainsi que cela fut vérifié dans la suite, était la cause de leur dépérissement.
- Mais venons maintenant aux trois expériences décisives qui ébranlèrent le scepticisme de M. Franzius.
- lr“ Expérience. — On demanda à M. de Bülow d’indiquer remplacement, sur le chemin conduisant au chantier de constructions navales, d’une source dont la présence avait été révélée à M. Franzius au moment de la construction de la cale sèche n° 5 et qui ne manifestait sa présence sur le chemin en question qu’après de fortes pluies et seulement' par un excès d’humidification du sol. Ce jour-là, rien ne pouvait déceler son existence. Non seulement M. de Bülow la découvrit incontinent, mais il détermina exactement la direction de l’écoulement de l’eau.
- 12e Expérience. —Toujours accompagné de M. Franzius auquel s’était joint M. Slichling, « Marinebaumeister » et directeur des travaux de sondage exécutés sur les chantiers, M. de Bülow fut conduit devant un tuyau s’élevant de 50 cm au-dessus du sol et bouché avec un tampon en bois. Ce tuyau, d’après M. Stichling, était en communication avec une source et l’eau pouvait en jaillir. 11 s’agissait cette fois de déterminer la profondeur de la nappe liquide. Grand fut l’étonnement de M. 8tichling lorsqu’il entendit M. de Bülow affirmer avec la plus entière assurance, au bout de quelques instants, qu’il ne pouvait pas y avoir d’eau à cet endroit, puisque.son appareil n’était nullement impressionné. 11 y avait un moyen bien simple de vider le débat: c’était d’ouvrir le tuyau, ce qui fut fait. L’eau ne vint pas. La source avait disparu, probablement par suite des nombreux bouleversements des terrains dans le voisinage.
- 5° expérience. — Mis en présence d’une conduite d’où jaillissait, à environ 1,50 m. au-dessus du sol, de 1’ eau de source, M. de Bülow fut chargé de déterminer avec précision la profondeur à laquelle se trouvait située la nappe souterraine. 11 établit, en quelques mi-
- nutes, que celte nappe devait se trouver à 13 m. de profondeur, calcul qui concordait parfaitement avec les chiffres officiels, d’après le registre des travaux de sondage. A un autre endroit, où se trouvait une source de faible débit, il déclara qu’en creusant à 15 m. de profondeur on rencontrerait une nappe abondante, prévisions qui se réalisèrent quelques jours après.
- Telles sont, brièvement résumées, les principales expériences que M. Franzius a relatées lui-même et qui ont fait s’évanouir les doutes qu’il professait jusque-là à l’égard de l’efficacité de la baguette divinatoire. Ce qui a achevé de le convaincre, c’est qu’il a ressenti lui-même les effets magiques du fil de fer de M. de Bülow. « À la dernière expérience, dit-il, nous posâmes, mon fils et moi, nos mains sur le fil de fer que tenait M. de Bülow, et nous sentîmes passer dans nos membres comme la décharge d’une machine électrique. » Il ajoute : « J’ai éprouvé moi-même, le soir de ce même jour, en compagnie de mes deux fils, l’efficacité de la baguette magique. Je constatai que mon plus jeune fils et moi étions médiocrement doués comme sourciers et que nous ne pouvions guère travailler qu’avec une baguette de bois. Mon aîné se sert du fil de fer avec succès. La plupart de mes proches et de mes amis, qui ont faille même essai, ne sont arrivés à aucun résultat. Un de mes neveux, doué d’une sensibilité particulièrement nerveuse, a été pris d’une crampe violente, après quelques minutes d’essai. )> Comme il fallait s’y attendre, ni ces expériences, ni les déclarations de M. Franzius n’ont convaincu aucun de ceux qui professaient jusqu’ici une défiance raisonnée à l’égard des sourciers. Les uns ont minutieusement épluché les expériences de M. de Bülow pour démontrer que si ses prévisions se sont trouvées conformes à la réalité, la cause devait en être attribuée à toute autre chose qu’à la baguette divinatoire et que l’étude géologique du terrain eût conduit au même résultat. (( 11 se peut, ont déclaré les autres, que le fil de fer de M. de Bülow s’agite au voisinage d’une nappe souterraine. Mais il ne saurait être question d’une influence magnétique ou autre de celle-ci sur celui-là. La vérité est que M. de Bülow est guidé dans ses recherches par l’observation des terrains, de la faune, de la flore et que, involontairement, c’est lui-même qui, par d’imperceptibles mouvements musculaires, provoque le jeu de son appareil. 11 y a là un phénomène psychique qui lui échappe sans doute mais qui n’en existe pas moins. » C’est toujours l’objection de Chevreul dans sa fameuse réfutation de 1854.
- Nous ne prendrons point parti dans ce débat et nous attendrons patiemment que M. Franzius fournisse, de la valeur des procédés de M. de Bülow, une démonstration tellement lumineuse qu’elle emporte tous les doutes. Nous croyons savoir d’ailleurs qu’une enquête sérieuse a été ouverte l’été dernier en France, dans des conditions de garantie toutes particulières, par un de nos plus compétents hydrologues, qui veut attendre les résultats de certains travaux pour formuler une opinion tout à fait autorisée. Arsène Guillot.
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- MOTOCYCLETTES LÉGÈRES
- Dans notre visite au dernier Salon de l’Automobile nous nous sommes attaché spécialement à l’examen des motocyclettes ; nous avons constaté que, comme nous n’avons cessé de le répéter ici depuis bien des années, l’avenir est aux machines légères : tandis que peu à peu on voit disparaître les grosses
- des gaz qu’il accélère ou modère l’allure du moteur ; il n’a à s’occuper par suite que d’une seule manette fixée sur le guidon. Le réservoir R qui contient trois litres et demi, est indépendant et se fixe au tube supérieur du cadre par deux colliers. La transmission se fait par courroie torse sur une gorge ajoutée près de la jante de la roue arrière ; la tension de la courroie peut se régler en la tordant plus ou moins, mais on peut la faire varier dans d’assez grandes limites, et même débrayer complètement, en agissant sur un galet II au moyen d’un levier L fixé sous la selle. La position de ce galet est calculée de façon à provoquer un enroulement plus complet de la poulie motrice et d’éviter ainsi le patinage. Une autre machine du même genre est construite par M. C. de Ronzière et Cie de Lyon (fig. 2) : le groupe moteur est fixé à l’intérieur d’un châssis en acier forgé muni d’attaches pour le montage sur le cadre de la bicyclette. L’axe du cy-
- Fiy. 1. — La Mulo-llcvi!.
- motos, tous les ans au contraire on voit surgir de nouvelles motos légères à côté de celles des années précédentes qui ont acquis la consécration de la pratique, tels que les Herdtlé-Rruneau, Alcyon, Moto-sacoche, Motobécane, Albatros,... et autres que nous avons signalées en leur temps. Parmi les nouvelles venues les unes sont construites de façon que le moteur et ses accessoires forment un bloc indépendant de la bicyclette; les autres forment un tout dans lequel la partie motrice et la bicyclette sont plus intimement liées. Ces deux catégories de machines ont leurs partisans et chacune dans son genre donne toute satisfaction dans la pratique. La Moto-Rêve est du premier type ; le bloc est réuni dans un châssis muni de trois colliers d’attache (fig. 1 ) qui permettent de le fixer au cadre d’une bicyclette. Il comprend deux petits moteurs accouplés A et B de 0,05 m. d'alésage et 0,07 m. de course, qui donnent ensemble une force de deux chevaux ; le carburateur est à réglage automatique.
- L’allumage, qui se fait par magnéto M, est réglé une fois pour toutes sans que le conducteur puisse le retarder ou l’avancer ; ce n’est que par l’admission
- lindre A est incliné de façon que son prolongement constitue la tangente de la roue arrière, ce qui a pour but d’atténuer la trépidation. La puissance du moteur est d’un cheval et demi ; le volant, qui est extérieur, porte deux poulies à gorge de diamètres différents; la courroie, qui est soutenue par un galet tendeur H, peut être placée à volonté sur l’une ou l’autre de ces poulies; avec le plus petit développement on peut monter toutes les côtes. Une particularité intéressante de cette machine c’est son allumage par magnéto M à basse tension et par
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- très peu ouvert, c’est-à-dire que les deux brins soient presque parallèles. Pour cela il faut donner à la poulie motrice À et à la poulie réceptrice B des diamètres aussi voisins que possible : c’est ce qui a été fait dans ce dernier modèle qui peut monter toutes les côtes. — La machine qui présentait les plus profondes différences avec les dispositions habituelles est celle construite par M. Viratelle qui en a étudié toutes les parties de façon à créer un type tout à fait nouveau.
- Le moteur A (tig. 4), à refroidissement d’eau et allumage par magnéto M, développe un cheval et demi ; la transmission ne se fait pas par courroie. L’arbre du volant Y porte un pignon qui engrène avec un arbre
- Fig. 3. — Molo Peugeot démultipliée.
- étincelle de rupture, ce qui supprime la bougie. Une manette commande l’avance à l’allumage et une autre règle l’arrivée des gaz ; on peut en outre agir sur la soupape d’échappement : on dispose donc du choix des moyens pour régler la vitesse.
- La maison Peugeot exposait celte année une motocyclette d’un type nouveau qui, avec ses 40 kilogrammes, atteint le maximum du poids que nous admettons pour les motos légères ; elle présente quelques particularités intéressantes dont la plus importante est la démultiplication de son moteur au moyen d’engrenages interposés entre l’axe de celui-ci et la poulie motrice (fig. 5). De cette façon la vitesse qui est de 1800 tours est réduite à 600 à la poulie A. Quand on ne fait pas de démultiplication et qu’on attèle directement la courroie à une poulie, montée sur l’axe du moteur, qui tourne très vite, on est amené à donner à cette poulie un diamètre assez petit tandis qu’au contraire on en donne un très grand à la poulie réceptrice fixée sur la roue motrice : cela afin d’arriver à réduire la vitesse de cette dernière et surtout pour permettre de monter les côtes, d’après ce principe de mécanique bien connu que « ce qu’on perd en vitesse on le gagne en puissance ». Mais il résulte de cette disposition que la courroie forme un angle très ouvert et que par suite elle n’enveloppe la petite poulie que sur une faible partie de sa circonférence; d’où diminution de l’adhérence, patinage et perte d’une partie de la puissance du moteur. On peut remédier à cet inconvénient au moyen du galet tendeur, mais certains constructeurs lui reprochent de compliquer la machine et de donner lieu à des frottements nuisibles. Il y a du pour et du contre, nous n’entrerons pas dans cette discussion qui serait trop longue ; quoi qu’il en soit, d’après ce que nous avons dit plus haut, si l’on n’emploie pas le galet tendeur on peut obtenir un bon rendement et éviter le patinage en ayant soin que la courroie forme un angle
- satellite, réduisant la vitesse de 1800 à 1500 tours, qui porte une flasque composée de trois pignons de différents diamètres permettant trois vitesses. On peut, au moyen d’un levier L, immobiliser au choix une des couronnes B qui correspond à chacun de ces pignons : en freinant sur cette couronne le pignon correspondant est entraîné et avec lui toute la flasque. Les vitesses peuvent être de 40, 25 ou 10 kilomètres à l’heure et on a le débrayage complet entre chaque vitesse. Comme le volant tourne dans un plan perpendiculaire au plan de la machine, l’entraînement de la roue motrice se fait au moyen d’un pignon d’angle qui agit sur l’axe du pédalier et celui-ci actionne la roue motrice à la façon ordinaire par l’inlermé-
- Fi-
- i. — Molo Virnlelle.
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- diaire d’une chaîne et de pignons dentés. Le moteur est muni d’une mise en marche à la main au moyen d’une manivelle I) ; on peut donc démarrer de pied ferme, même en côte, grâce à ce dispositif et à la petite multiplication.
- Celle moto n’est pas encore construite industriellement, mais la machine d’essais a donné d’excellents résultats et, à cause de son originalité, nous avons tenu à la signaler dès maintenant.
- G. ClIALMARÈS.
- PROTECTION DE
- Dans le deuxième volume, qui vient de paraître, de ses recherches sur l’épuration biologique et chimique des eaux d’égout1, M. le l)r Calmette déplore avec raison « les regrettables lacunes de la loi du 15 février 1902 sur l’hygiène publique, en ce qui concerne les déversements des matières susceptibles de polluer ou de contaminer les cours d’eau ». et il loue les rares municipalités et les quelques industriels qui commencent « à comprendre qu’il est impossible de tolérer plus longtemps les dommages qu’entraîne, à la fois pour la richesse agricole et pour la salubrité de notre pays, le rejet, dans les rivières, des déchets de la vie et des industries humaines » ; il ajoute enfin que, pour les villes qui « ne comprennent pas qu’elles ont le devoir d’empêcher la pollution des rivières ou des nappes souterraines, il appartient à l’État de leur en imposer l’obligation ». Pour forcer les communes et les usiniers à ne pas transformer les rivières en cloaques et les sources en foyer d’épidémie, il faut que les pouvoirs publics « interdisent à quiconque de jeter et de laisser écouler dans les cours d’eau soit des eaux d’égout, soit des résidus industriels, soit des substances susceptibles de porter atteinte à la salubrité. » Or, une mesure préparatoire vient d’être prise à ce sujet pour les cours d’eau non navigables ni flottables, —en attendant que de nouvelles dispositions législatives étendent à toutes les eaux françaises les salutaires prescriptions des Rivei's' pollution prévention acls qui régissent l’Angleterre depuis 1875, 1890 et 1895.
- Sur la proposition de la direction de l’Hydraulique et des Améliorations agricoles, M. Ruau, ministre de l’Agriculture a, par deux circulaires en dates des 1er juin et 20 août 1906, enjoint aux préfets de prendre toutes mesures, et leur a adressé un modèle de nouveau règlement, contre les déversements, dans les cours d’eau non navigables ni flottables, d’égouts communaux et d’eaux provenant d’établissements dangereux, incommodes ou insalubres. Ceux-ci comprennent les sucreries, amidon-neries, féculêries, distilleries, tanneries, blanchisseries, fonderies, filatures, teintureries, laiteries, abattoirs, produits alimentaires, produits chimiques, etc. Pour montrer à la fois le péril de ces épouvantables pratiques, et la sollicitude officielle qui
- 1 Avec la collaboration de MM. Rolants, BouIIanger, Constant, Massol, in-8°, 314 pages, IV pl., 45 fig. Masson, éditeur. Yoy. notre article sur le 1er volume, au n° 1721 de La Nature, 19 mai 1906.
- L’EAU EN FRANCE
- a fini par s’émouvoir si judicieusement de leurs désastreuses conséquences, le mieux est assurément d’analyser ou reproduire les principales prescriptions de ces deux documents.
- « Parmi les déversements les plus nuisibles se placent au premier rang les égouts. Les villes qui construisent des égouts, en effet, dans ljt plupart des cas, évacuent leurs eaux usées dans les rivières, sans prendre les précautions indispensables pour faire disparaître les éléments nocifs qu’elles renferment, et sans se rendre compte qu’elles n’ont ainsi éloigné de leurs habitants les germes d’infections que pour les reporter vers l’aval au préjudice des populations riveraines.
- « Dans un grand nombre de cas, les déversements industriels présentent des inconvénients presque aussi graves.
- « Les déversements d’eaux d’égouts ne peuvent, par suite, être autorisés qu’en vertu d’une déclaration d’utilité publique, toutes les fois que là ville qui l’efîecLuera fera application du système du tout-à-l’égout. Et cela, même s’il s’agit de villes d’une population supérieure à 5000 habitants, bien qu’en vertu de la loi du 15 février 1902 sur la santé publique, les projets d’égouts concernant les agglomérations de cette importance doivent être soumis au Conseil supérieur d’hygiène publique de France.
- « Les prescriptions à insérer dans les actes d’autorisation, sur la proposition qui devra être faite par les ingénieurs du Service hydraulique, ont pour objet, d’une part de sauvegarder la salubrité, l’alimentation des hommes et des animaux, l’utilisation des eaux pour les besoins domestiques, pour l’agriculture et l’industrie, d’autre part de pourvoir aux curages dont la nécessité résulterait de l’établissement des égouts.
- « Quant aux établissements classés comme dangereux, incommodes ou insalubres, ils sont, suivant leur classe, autorisés, sous le contrôle de M. le Ministre du Commerce, par les préfets ou sous-préfets, mais cette réglementation ne concerne pas l’évacuation des eaux résiduaires qui peut, dans certains cas, être effectuée dans un cours d’eau non navigable ni flottable. Cet - écoulement ne doit être opéré qu’en vertu d’une autorisation spéciale, imposant à l’industriel l’observation des précautions reconnues nécessaires par le Service hydraulique.
- « De nombreuses plaintes, ajoute la circulaire, ont été adressées à la direction de l’Hydraulique de diverses régions du territoire contré la contamination
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- des cours d’eau non navigables ni flottables : l'enquête à laquelle on a procédé ayant montré que ces réclamations étaient parfaitement fondées, il paraît indispensable de chercher à remédier à une situation qui s’aggrave tous les jours, au point de ne pouvoir être tolérée et qui présente, pour l’utilisation des eaux, des inconvénients au moins aussi grands que pour la salubrité. »
- Le Service hydraulique vient donc de prendre des mesures énergiques pour protéger, contre la pollution des eaux, les intérêts de toutes natures qui lui sont confiés.
- Les instructions que nous analysons ont ainsi pour but de combattre la contamination sans cesse croissante des cours d’eau non navigables ni flottables; de plus le Service hydraulique, qui gère toutes les eaux ne faisant pas partie du domaine public, se préoccupera également de la préservation des eaux souterraines'et des sources. C’est parce que le Service hydraulique et 'des améliorations agricoles subventionne ces entreprises et prête le concours de ses agents pour leur réalisation, qu’il est nécessairement fondé à intervenir pour protéger ces eaux contre les pollutions.
- Bien que la loi sur la santé publique prévoie la constitution d’un périmètre de protection pour défendre les eaux servant à l’alimentation des communes, ces précautions ne peuvent être efficaces pour éviter les pollutions de toute la région d’où elles proviennent; c’est donc aux causes même de contamination qu’il faut remédier.
- Or le trop fameux épandage est parmi les opérations qui présentent le plus de danger à cet égard. Conformément à une entente intervenue entre MM. les ministres de l’Intérieur et de l’Agriculture, les projets communaux de cette nature devront être aussi, à l’avenir, soumis au Service hydraulique. Telles sont les éloquents considérants de la nouvelle réglementation.
- Une précédente circulaire du 8 décembre 1900 avait fait rapporter le règlement de police sur les cours d’eau non navigables ni flottables, qui n’était plus d’accord avec la loi du 8 avril 1898. Les conditions d’application de la loi sur la région des eaux ayant été déterminées par un décret du 1er août 1905, la circulaire du 1er juin 1900 a invité les préfets à prendre, dans le plus bref délai possible, un arrêté conforme au modèle annexé à cette circulaire.
- En voici les principales données en ce qui touche la pollution des eaux.
- « Toutes les fois qu’un travail quelconque, permanent ou temporaire, est susceptible d’avoir une influence, soit sur le régime, soit sur l’écoulement des eaux,, il ne doit être entrepris qu’après avoir été auparavant autorisé par l’Administration (art. 4).
- « Toute prise d’eau, quel qu’en soit le mode, tout déversement susceptible de modifier d’une manière appréciable le débit d’un cours d’eau ne peut être elfectué, soit directement, soit indirectement, à titre permanent ou temporaire, qu’après
- avoir été autorisé'par l’Administration (art. 8).
- « Les usiniers et usagers des prises d'eau devront assurer la transmission des eaux de manière à ne jamais compromettre ni la salubrité publique, ni l’alimentation des hommes et des animaux, ni la satisfaction des besoins domestiques (art. 11). »
- Ici la doctrine et la jurisprudence sont d’accord, quoi qu’on puisse dire, pour reconnaître la légitimité de l’intervention de l’Administration en faveur des intérêts généraux qui actuellement ne sont pas garantis d’une manière expresse par le Code civil.
- L’article 12 « interdit de jeter, de déverser ou de laisser écouler, soit directement, soit indirectement, dans le lit des cours d’eau, des matières, des résidus, des liquides :
- 1° S’ils sont susceptibles d’occasionner des envasements ou de gêner l’écoulement des eaux ;
- 2° S'ils sont infects, nuisibles ou susceptibles de compromettre la salubrité publique;
- 3° S’ils sont susceptibles par leur température ou leur composition de rendre les eaux impropres h l’alimentation des hommes et des animaux, à leur emploi aux usages domestiques, à leur utilisation pour l’agriculture ou l’industrie, ou à la conservation du poisson. »
- C’est pour l’application pratique de ces sages mesures que vont intervenir les féconds résultats des recherches de M. Calmette, de ses précurseurs et de ses émules ou collaborateurs : une fois encore laissons parler l’éminent directeur de l’Institut Pasteur de Lille : « L'interdiction de jeter et de laisser écouler dans les cours d’eau, soit les eaux d’égouts, soit des résidus industriels, soit des substances susceptibles de porter atteinte à la salubrité... n’est possible que s’il est démontré qu’il existe des procédés d’épuration pratiquement applicables, suffisamment efficaces, et assez peu coûteux. » Le nouveau volume du Dr Calmette enseigne précisément (par ses dernières expériences de la station de la Madeleine, près Lille) comment les villes peuvent épurer leurs eaux d’égouts par les procédés biologiques, bien préférables à l’irrigation culturale; celle-ci en effet n’est, dans la plupart des cas, pas applicable, à défaut de terrains bien appropriés. « Les centaines de millions dépensés depuis 1868 pour l’achat, la mise en état et l’entretien des champs à.'épandage de Paris, n’ont permis jusqu’à présent d’atténuer la pollution de la Seine que dans une proportion tout à fait insuffisante. » D’ailleurs « partout où l’irrigation culturale était instituée, on a éprouvé de cruels déboires. Tantôt le sol, trop perméable, se laissait traverser trop rapidement par l’eau d’égout, et celle-ci ne se purifiait qu’insuf-fisamment. Tantôt on avait affaire à des terrains trop compacts, qui restaient humides et marécageux, ou à des terrains calcaires semés de crevasses et de fissures, par lesquelles l’eau d’égout, non épurée, s’échappait au loin. Le sous-sol étant très rarement homogène sur de vastes surfaces, il est à peu près impossible d’obtenir une purification régulière sur
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- plusieurs centaines d’hectares. Les nappes souterraines et les puits sont dès lors exposés à des conta-minations fréquentes, et il arrive que l’eau d’égout , découlant par les fissures du calcaire, inonde parfois jusqu’aux caves des maisons.... Est-ce à dire que l’irrigation agricole doive être abandonnée partout où l’on a fait, comme à Berlin et à Paris, d’énormes sacrifices financiers pour la mettre en prati-
- gique et de rendre à la culture normale, rationnelle, salubre, les vastes espaces actuellement irrigués avec l'eau d’égout. »
- M. Calmette ajoute qu’un trop petit nombre de villes ont jusqu’ici apprécié à sa vraie valeur le rôle de l’épuration biologique. Toulon construit en ce moment la première grande installation française de ce genre. Rouen, Beauvais, Lille, Tourcoing, Saint-Quentin, La Rochelle s’en oc-
- que? Nous n’avons aucunement la pensée de soutenir cette thèse, et les inconvénients de l’épandage, là où il existe actuellement, ne sont pas tels qu’on doive, sans plus attendre, s’empresser d’y remédier. Mais nous pensons qu’on sera peu à peu amené à réduire d’abord, puis à supprimer les champs trouvera plus avantageux
- Fig. 1. — L’Uon forcé à Yerneuil (Eure). —- NM. Égout des maisons. JN° 2. Lavoirs. — N“ 5. Lavoirs. • N° 4. Égout de moulin.
- N” S. W. C. sur le cours d’eau.
- d’épandage, parce qu’on d’adopter l’épuration biolo-
- cupent. En Angleterre, Allemagne, Hollande, au contraire, c’est par dizaines qu’on peut décrire ces sortes d’entreprises. Pour les petites agglomérations rurales, les maisons particulières, les hôpitaux et établissements collectifs, divers dispositifs (fosse Mouron,Be-zault, etc.), peuvent aussi résoudre le problème. Bref, malgré les objections faites au système de l’épuration, notamment par M. Vincey, il
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- esL désormais certain que ce procédé est le meilleur pour le traitement des eaux d’égouts et résiduaires. Avec une vraie joie j’entends M. Calmette trancher
- atteinte à des notoriétés qui paraissaient solidement acquises, mais la conscience scientifique exige rigoureusement ce sacrifice, en dépit de toutes les oppo-
- 2. — Inlill.ral.ions dangereuses. — N° 1. Mare de Sl-Christol (Vaucluse). — N° 2. Mare de Franclieville (Côlc-d'Or). N° 5. Usine Pernod à Pontarlier. — N° 4. Usine du Rouloir à Conches. — N“ 5. Bétoirc de Thiberville (Eure).
- N° 6. Résurgence correspondante.
- définitivement, plus nettement encore qu’en 1900 (quoique non sans réserves de forme) le trop long procès de l'épandage : certes il est fâcheux, en condamnant ce système, d’être obligé de porter
- sitions; quelle que soit la force des termes employés, je me permettrai de répéter ici, dans l’intérêt général de la santé publique, ce que je disais moi-même, il y a un an, au Traité d'hygiène de Brouardel et
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- Mosny (fasc. II, l’Eau, p. 195). « J)e la plus intransigeante manière, je Considère la mise en pratique du tout-à-l’égout, comme une des lamenLabiés erreurs du xrxe siècle.... Il faut qu’un moyen de purification des eaux résiduaires soit adopté.
- « Si, au lieu du déversement à la rivière, on recourt, comme le fait Paris, à l’épandage, on doit reconnaître que le principe de cette volontaire souillure du sous-sol par des infiltrations au maximum de pollution est gros de risques et infiniment délicat à appliquer : autour de Paris, certes, on ne peut le nier, les analyses de la Commission municipale de Montsouris, ont théoriquement démontré l’innocuité de l’épandage, dans la grande majorité des points où il s’exerce. Mais n’oublions point que le sous-sol tertiaire de Paris, malgré ses calcaires fissurés, doit, par places, un pouvoir épurateur spécial à ses fréquentes intercalations de sables divers. Qu’une faille ou un accident géologique souterrain quelconque (fontis ou cloche de gypse, sable-boulant mis en liberté, etc.) dérange l’état normal du sous-sol, il peut, par cette échappée, par celte solution de continuité dans le filtrage, se produire une contamination imprévue d’où naîtra une épidémie. En terrains franchement fissurés l’épandage ne doit pas être permis. »
- Pour bien faire voir comment le déversement des eaux d’égouts et industrielles doit être désormais réglementé, adressons-nous au meilleur mode de démonstration scientifique que nous possédions : la photographie. Dans les fig. 1 et 2 nous voyons la ville de Verneuil (Eure), foyer à peu près permanent de fièvre typhoïde, contaminer les eaux de ses puits par les cabinets d’aisance et les lavoirs installés sur les divers bras de Piton forcé : de là, aux infiltrations qui peuvent souiller les sources (?) de la Vigne et de l’Avre, il n’y a qu’un pas ; malgré les plus âpres dénégations, il est certain que ce pas a été plus d’une fois franchi, de Verneuil à Paris, par l’insaisissable bacille d’Eberth! Dans l’Eure encore, la commune de Thiberville utilisait (en octobre 1904) comme dépôt d’ordures (lig. 2,n°5) unebétoire (puits absorbant naturel) où les pluies amènent les eaux vannes de deux usines : à 2 km. en aval et 50 m. plus bas seulement, une source (?) (fig. 2, n° 6), actuellement transformée en lavoir, ne peut pas être sans
- relation avec les infiltrations de la béloire. Dans un rapport officiel j’ai du m’opposer au captage de celte source (?). Dansl’Eure encore, à Conciles, la fig. 2, n°4, montre comment la source du Rouloir est respectée par l’usine, qui est construite juste en dessous de l’émergence. Et voici dans le Doubs, à Pontarlier, le portrait de l’usine Pernod reconstruite (en 1902), après l’orage et l’incendie du il août 1901 qui (par les puisards de l’usine, dit-on) conduisirent des déversements d’absinthe jusqu’à la résurgence de la Loue où M. Berthelot les a reconnus, à 15 km. de distance! Plus naturellement encore, la mare de Francheville (Côte-d’Or) dirige, par les fissures de son fond ou de ses bords, tous les écoulements du village (fig. 2, n° 2) vers le réservoir souterrain du Creux-du-Souci1; demême, lamare deSt-Christol(fig.2,n° 1), près Sault, sur les plateaux criblés d’avens (et peuplés de 10000 agriculteurs) de Vaucluse, infiltre ses eaux croupissantes vers les canaux dont la puissante concentration jaillit de la Fontaine de Laure et Pétrarque! J’ai choisi au hasard ces exemples dans mes collections.de centaines de clichés non moins probants! Tel est, en France, au xxc siècle, le régime sanitaire des eaux de rivières et des sources.
- Les circulaires des 1er juin et 20 août 1900 sont un grand effort vers la réforme qui s'impose : mais ces bienfaisants préliminaires ne s’appliquent encore qu’aux déversements dans les cours d’eau non navigables ni flottables et qu’aux épandages ; il faut que de pareilles précautions soient prises pour les autres rivières et s’étendent à toutes les opérations susceptibles de contaminer les sources ouïes nappes phréatiques, aussi bien qu’à l’évacuation des résidus industriels dans les puits perdus. La France attend sa législation pour la protection générale de toutes ses eaux!
- Dans ce but un décret du 25 mars 1907, rendu sur la proposition du ministre de l’Agriculture, vient de charger une commission spéciale « d’étudier les mesures législatives et administratives nouvelles à édicter pour compléter les prescriptions existantes concernant la police et la conservation des cours d’eau non navigables ni flottables, des sources et des nappes souterraines, en vue de sauvegarder leur utilisation ».
- Puisse-t-elle aboutir à de prompts et efficaces résultats! E.-A. Martel.
- AIGUILLE INDÉRAILLABLE ROGOZEA
- Le plus grand nombre des déraillements de chemins de fer se produisent sur les appareils de changement de voie ou aiguilles.
- On sait que cea appareils consistent en deux lames triangulaires G, G' (fig. 1) articulées par éclisse à l’extrémité de chacune des deux files intérieures de rails c, b et pouvant s’appliquer sur l’une ou l’autre des files extérieures et continues a, d.
- La face interne de l’aiguille est alors épousée par
- le mentonnet ou rebord — toujours situé vers l’intérieur de la voie — des roues, tandis que le bandage ou jante de ces roues s’engage sur la face supérieure de l’aiguille, puis sur les rails qui la prolongent. Les deux aiguilles sont réunies par des barres ou tringles de connexion B, B', B" et l’appareil est manœuvré par un levier voisin de la voie.
- Or, que ce levier soit directement actionné par
- 1 Yoy. nq 1690, 14 octobre 1905.
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- un employé ou qu’il soit commandé à distance par un poste central, il peut toujours arriver — l’expérience ne l’a que trop prouvé — que les lames de l’aiguille, au lieu de s’appliquer sur l’un ou l’autre rail, demeurententre-bâillées dans la position qu’indique la figure1.
- Dans ce cas, les roues de la locomotive s’engageront d’un côté sur la file a de la voie principale, de l’autre sur la lile d de la voie secondaire. Et comme l’écartement des files A et 1) va en augmentant et ne correspond bientôt plus au gabarit des essieux, il s’en suivra le dé-raillemcnt du véhicule sur l'aiguille même. Ce déraillement se produira sur la file d en un point situé à peu près vis-à-vis le milieu de l’aiguille G. De nombreux appareils de sûreté ont été inventés pour rendre impossibles les mauvais engagements de train sur les aiguilles en assurant la fermeture automatique de celles-ci par le train lui-même, lorsqu’il les prend en pointe, comme il le fait naturellement lorsqu’il les prend en talon.
- Un seul de ces appareils automatiques est aujour-
- sur l'aiguille entr'ouverte a eu lieu. Dans ce cas, en effet, l’aiguille G' elle-même, saisissant en quelque sorte par leur mentonnel les roues mal engagées, les transporte automatiquement sur la bonne voie b, par le moyen d’un léger déplacement latéral. Et le train continuera sa route sans que le moindre choc ait révélé à personne le danger couru; seuls les
- signaux, actionnés par l’aiguille elle-même, disent au mécanicien s’il est alors sur la bonne voie ou s’il doit rebrousser chemin pour prendre ensuite celle-ci. Pour permettre celte translation du train mal engagé, l’aiguille G', qui donne la voie principale, n’est pas, comme l’aiguille G, éclissée en son talon à la voie. Elle est simplement juxtaposée au rail qu’elle prolonge. Mais elle est maintenue à distance du rail voisin, au niveau de son talon, par des tenons t, l' fixés à l’aiguille et butant sur le rail et, d’autre part, son déplacement longitudinal est rendu impossible par des glissières creuses transversales F, F' placées sur les traverses. L’aiguille pourra se déplacer sur ces glissières lorsque, sous l’effort du train, ses barres de connexion
- Fig. 1. — Schéma de l'aiguille iiidéraillablo.
- Fig. 2. — Plan de l’aiguille Rogozea.
- d’hui adopté par les grandes Compagnies de chemins de 1er. Il est dû à M. Sava Rogozea, chef de. seclion aux chemins de fer royaux de Roumanie. Nous en avons donné la description dans la revue Les Travaux publics (septembre 1906). Mais on doit aussi à M. Rogozea un appareil d’un autre genre, extrêmement remarquable par sa simplicité et sa robustesse, qui rend tout déraillement impossible, lors même que le mauvais engagement du train
- auront ployé. On peut aussi construire ces barres avec interposition d’un ressort de 200 kg (fig. 5).
- La tête de l’aiguille (fig. 2)1 porte une pièce boulonnée S dont l’extrémité en arc de cercle se juxtapose à l’une ou l’autre branche d’une four-
- 1 Nos dessins représentent l'aiguille allemande qui porte à sa base un large empattement par lequel elle glisse sur des glissières fixées à une plaque de tonte boulonnée aux traverses.
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- chette E, commandant elle-même par le levier longitudinal L et l’équerre II, la barre de connexion B'des pointes de l’aiguille.
- Quand l’aiguille est bien faite, à droite ou à
- gauche, la pièce S se juxtapose à l’une ou l'autre branche de la fourchette E; mais si l’aiguille est entr’ouverte, l’écartement déterminé par la première roue pousse la pièce S dans l’échancrure de la fourchette. Ce mouvement détermine l’éclatement d’un pétard Q (fîg. 4) placé au fond de l’échancrure. L’aiguille est ainsi bloquée en position invariable durant tout le passage du train et le mécanicien est prévenu de la position prise par l’aiguille.
- Nous ajouterons, d’ailleurs, qu’on peut obtenir le bloquement par divers dispositifs : par exemple, en reliant une tringle de connexion B" (fîg. 1) à deux coins que le ploiement B'" de cette tringle, sous Belfort du train, fait entrer entre l’aiguille et le rail au-dessous du niveau des roues.
- Dans ce cas, l’aiguille est traversée en son talon par un boulon horizontal fixe T, sur lequel elle peut glisser. Supposons maintenant qu’un train s’avance sur notre aiguille G', à déplacement latéral, entre-bàillée.
- Fig. 4. — Tête de l’aiguille. Plan.
- D’après ce que nous avons dit plus haut, le bandage de la lre roue devra quitter le champignon de la file extérieure d sur laquelle il est engagé par erreur, en un point situé à peu près vis-à-vis le milieu de l’aiguille G'.
- Or, — et nous arrivons ici à la pièce essentielle de l’aiguille indéraillable, — un peu en avant de ce point théorique, commence un plan incliné P, boulonné à l’aiguille G' ou venu de fonte avec elle. La face supérieure de ce plan, qui se prolonge jusqu’au talon, est à 5 centimètres de la face de roulement de l’aiguille au talon et à 3 cm 1 /2 de cette même face vers la pointe. La saillie du prisme P sur l’aiguille n’est d’ailleurs que de 3 centimètres, ce qui lui permet de se loger dans la gorge du rail voisin
- quand l’aiguille est bien faite (fîg. 1, 2, 3 et fi).
- Au moment où le bandage de la roue va quitter le champignon de la file d, le mentonnet de ladite roue s’appuie déjà sur le plan incliné P.
- La roue avance sur ce plan, portée sur son mentonnet. En même temps sa pression latérale sur l’aiguille G' détermine la translation de celle-ci sur ses glissières F, F' et son boulon de tête T, en faisant ployer les tringles de connexien au cas où elles sont rigides. Au moment où la roue arrive au niveau du talon de l’aiguille, la face interne du menton-net et la circonférence du bandage sont respectivement dans le prolongement des faces verticale et horizontale du champignon du rail b de la voie principale.
- En sorte que les roues du train suivent la voie principale tout comme si l’aiguille avait été bien faite et sans à-coup, évitant une catastrophe dont les voyageurs ne se sont point doutés. Seule, la ma-
- Fig. 5. — Tringle de connexion à ressort.
- nœuvre du disque, opérée par l’aiguille elle-même, indique au mécanicien s’il doit continuer sa roule ou changer de voie.
- L’aiguille indéraillable Rogozea, pour laquelle le brevet allemand fut obtenu, a été mise à l’épreuve durant plusieurs années sur les chemins de fer roumains, hongrois et suisses, en de grandes gares comme Bucarest, Buda-Pesth, Berne. Des certificats de la direction des Compagnies affirment l’excellence de l’appareil sous tous les points de vue.
- « L’aiguille prise en pointe et étant à moitié ouverte au moment de l’entrée du train », écrit M. Sand, l’éminent directeur des chemins de fer suisses, « n’a occasionné aucun déraillement; on n’a senti qu’une très faible secousse, comme si on passait sur un joint de rail ».
- En France, la Compagnie du Nord a également expérimenté cette aiguille pendant plusieurs mois à la gare de St-Denis et en a obtenu toute satisfaction.
- Le décès prématuré de son associé a seul empêché M. Bogozea de faire entrer son aiguille dans la construction courante. Toutefois, nous apprenons qu’à la suite de récents déraillements les chemins de fer roumains viennent de décider que toutes leurs aiguilles seront construites d’après le système indéraillable, qui ne coûte guère plus cher que... l’autre.
- Il est à souhaiter, dans l’intérêt des voyageurs et
- Fig. 6. — Lame d’aiguille avec plan incline.
- des Compagnies, que puisse entrer bientôt dans la pratique générale cet ingénieux appareil qui constitue la solution la plus complète, la plus robuste et la moins coûteuse du problème de la sécurité des aiguilles. Edmond Potieii.
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- DÉROCHEUSE SOUS=MARINE
- Fijç. 1. — Vue des dilféi'cnls appareils servant à l’équipement d'une dérocheuse. (A droite les pilons et les pointes
- dont sont munies leurs extrémités.)
- Par suite de l’accroissement constant du tonnage des navires et, comme conséquence, de leur tirant d’eau, on s’est trouvé forcément amené à creuser les chenaux d’un certain nombre de fleuves, ceux qui servent d’entrée aux ports et, souvent aussi, les bassins à flot, de ces mêmes ports. Lorsque le sol est de faible consistance ces approfondissements s’obtiennent aisément au moyen de dragues à godets ou de dragues suceuses, comme cela se fait, notamment, dans l’estuaire de la Seine ou à l’embouchure de la Mersey qui sert d’accès au port de Liverpooî.
- Mais lorsque les fonds sont constitués par des roches dures, comme cela arrive souvent, ces moyens deviennent insuffisants et il faut avoir recours à d’autres procédés.
- Jusqu’à ces derniers temps on opérait l’approfondissement au moyen de mines
- Fik. 2. — Déroeheuse de Tramimerc.
- sous-marines en forant dans le rocher, à l’aide de perforatrices, des trous qu’on remplissait ensuite de matières explosives qui, par leur détonation, brisaient la roche, malheureusement en gros morceaux qu’il était ensuite difficile de draguer. De plus, ce procédé est lent et coûteux.
- Depuis quelque temps on a recours à un autre procédé qui, grâce aux perfectionnements apportés par M. Lobnitz, de Rcnfrew, semble donner des résultats à la fois plus rapides et plus économiques.
- Ce mode de déro-chement, où aucun explosif n’est nécessaire, consiste à faire usage d’un lourd pilon en acier, pesant de 10 à 15 tonnes, muni, à sa partie inférieure, d’une pointe en acier dur. En laissant tomber ce pilon de son propre poids sur la surface du rocher , avec une chute de 1,50 m. à 5,00 m., celui-
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- ci pénètre dans le rocher en en pulvérisant une partie et en brisant l’autre. Le choc du pilon se trouvant ainsi concentré sur une surlace de quelques centimètres carrés seulement, il en résulte une pression considérable qui écrase le rocher le plus dur. On continue à laisser tomber le pilon au même endroit jusqu’à ce qu’il ait pénétré à la profondeur voulue et, si l’épaisseur de rocher à dérocher dépasse 1 mètre, on le brise par couches successives en draguant chaque couche avant d’entamer la suivante. Tel est le principe du procédé. Voyons maintenant comment est disposée la dérocheuse.
- Description de la dérocheuse. — La dérocheuse, comme le montre la figure 3, qui représente celle construite récemment par M. Lobnitz pour la République Argentine, se compose de deux pontons reliés entre eux au moyen de poutres transversales. Sur ces poutres repose, par l'intermédiaire d’autres poutres longitudinales, la charpente de l’appareil
- dérocheur formé d’un portique avec montants verticaux métalliques réunis à diverses hauteurs par des passerelles et, au sommet, par une poutre horizontale formant chapeau. Des jambes de force inclinées, également métalliques, consolident ce portique. Ceux-ci sont, ici, disposés vers le centre des pontons, mais cette disposition a le grave inconvénient de rendre difficile le dérochement près des rives ou près de murs de quai. Aussi pour le dérochement qui s’opère actuellement dans le canal maritime de Manchester et à Trannmere, près de Liverpool, a-t-on eu soin de disposer le portique tout à lait à l’avant des pontons (fig. 2).
- Au-dessus du chapeau du portique (fig. 3) se trouvent deux grandes poulies sur lesquelles passent les câbles en fil d’acier qui soutiennent les pilons. Ces pilons sont ici au nombre de deux par portique, mais quelques dérocheuses n’en ont qu’un et d’autres jusqu’à trois; c’est le maximum. Ces câbles viennent s’enrouler sur les treuils placés sur le plancher. Chacun de ces treuils, actionné par une machine à vapeur, est muni d’un embrayage à friction et d’un mécanisme automatique qui fait que le câble de levage suit le pilon dans sa chute et le
- soulève de nouveau aussitôt le coup donné. En marche normale on donne 1500 coups par journée de dix heures, pour chaque pilon.
- Les pilons qui, suivant les circonstances, peuvent avoir un poids variant entre quatre et vingt tonnes, ont toujours une longueur dépassant de 0,60 m. environ la profondeur maximum au-dessous du niveau de l’eau qu’on devra atteindre. Ils consistent en une barre en acier doux de composition spéciale, de section circulaire, mais dont le diamètre est plus grand au milieu que vers les extrémités, comme on le voit sur les figures 1 et 3. Pour un pilon de 12 tonnes, le diamètre au milieu est d’environ 0,50 m. L’extrémité inférieure du pilon est munie d’une pointe ayant la forme d’un projectile (fig. 1) et cette pointe est ajustée dans une empreinte conique du pilon, afin de pouvoir l’enlever facilement et la remplacer en cas d’accident. La qualité de l’acier de cette pointe varie suivant la dureté de la roche et l’expérience
- seule permet de déterminer la composition ainsi que le degré de trempe nécessaire. Cet acier est analogue à celui employé pour les projectiles de rupture. Dans tous les cas la partie intérieure de la pointe doit présenter une plus grande dureté que la surface, afin de conserver à cette pointe, pendant le dérochement, la forme affilée primitive.
- Les plus petits pilons d’une longueur de 6,10 m. et pesant quatre tonnes conviennent pour des profondeurs ne dépassant pas 5,20 m. au-dessous du niveau des plus hautes eaux. Les pilons du poids de 15 tonnes conviennent pour des profondeurs de 15 mètres.
- Pour remplacer la pointe, en cas d’usure ou d’avarie, on remonte le pilon au moyen du câble, de telle façon que cette pointe arrive au-dessus du plancher du chaland. On enlève la vis qui sert de liaison entre la pointe et le pilon et, en frappant cette pointe avec un marteau, on la fait tomber sur un madrier disposé dans ce but. Puis, après avoir approché sur ce même madrier une nouvelle pointe, on laisse descendre le pilon qui vient alors coiffer la partie conique de la pointe. Il ne reste plus qu’à remettre la vis de liaison entre la pointe et le pilon. Cetle
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- Fig. 3. — Coujic longitudinale et transversale d’une derocheusc.
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- opération de changement de pointe exige tout au plus quelques minutes.
- Dans leur chute les pilons sont guidés dans le portique par une cage-guide composée de pièces de bois, munies de plaques de tôle prenant appui sur des ressorts qui ont pour but d’amortir les chocs pouvant se produire lorsque les pointes du pilon viennent à frapper une partie inclinée du.rocher.
- Alin de guider le chaland et lui l'aire prendre exactement la position qu’il doit occuper pour opérer le dérochemenl, en un point déterminé, celui-ci est muni de chaînes de papillonnage, quatre chaînes de côté permettent les déplacements transversaux du chaland et deux chaînes longitudinales son déplacement perpendiculairement an premier. Les treuils de papillonnage qui actionnent ces chaînes sont, de plus, combinés de telle sorte que la quantité de chaîne rentrée d’un côté soit exactement la même que celle sortie de l’autre côté.
- Méthode d'opérer. — On divise la surface à dérocher en un certain nombre de zones et la dérocheuse opère dans chaque zone en suivant une série de lignes parallèles appelées passes. Dans chacune des passes l’avancement s’obtient au moyen des quatre chaînes latérales de papillonnage, dont deux sont Idées, tandis que les deux autres sont enroulées. Après l’achèvement d’une passe et en agissant sur les chaînes longitudinales on déplace le chaland et, par conséquent, les pilons parallèlement à eux-mêmes et on recommence une nouvelle passe. Inutile d’ajouter que des lignes de hase exactement repérées au moyen de jalons, sur les rives, permettent de iixer l’emplacement que doit occuper le pilon pour un point déterminé à dérocher.
- Les points d’attaque du rocher par les pilons sont généralement espacés de 0,60 m. On pourrait obtenir un cube déroché plus considérable en augmentant cet espacement ; mais cet avantage serait largement contre-balancé par les inconvénients qui en résulteraient, ensuite, au moment du dragage. Avec un espacement de 0,60 m. le rocher est brisé en petits morceaux et peut être dragué économiquement avec des dragues à godets, tandis qu’avec un espacement plus grand le rocher se trouve brisé en morceaux de plus grandes dimensions qu’il est difficile d’extraire économiquement. Du reste, une expérience de quelques jours permet de déterminer exactement, pour chaque espèce de rocher, l’espacement convenable pour obtenir une roche brisée facilement dragable par les dragues à godets, ainsi que le pilon le plus approprié pour ce genre d’opération.
- Résultats obtenus. — 11 résulte d’une expérience assez longue qu’avec un rocher dur, on peut briser au minimum 0,056 m5 par coup de pilon, ce qui représente, étant donné que le nombre de coups de pilon, par heure, est de 150, 8,400 m5 par heure, pour un pilon seul, soit 84 m5 par jour de 10 heures.
- Pour une dérocheuse simple, il suffit de quatre hommes.et, pour deux pilons, six hommes sont nécessaires. Ces hommes n’ont pas besoin d’être
- des ouvriers spéciaux, car, au bout de quelques jours, un ouvrier quelque peu intelligent, est au courant de la manœuvre de ces pilons.
- Il résulte des renseignements fournis par M. Lob-netz qui, comme nous l’avons dit au début, s’est occupé tout spécialement, dans ces derniers temps, de ce genre d’opérations et qui en a fait de nombreuses applications, que les dépenses de déroche-ment, par mètre cube à extraire, peuvent être établies comme suit. Une dérocheuse à un seul pilon déroche, dans un rocher moyen, 75 mètres cubes pour une tonne de charbon dépensée et le salaire de quatre hommes ; quant aux frais accessoires d’huile, fournitures et réparations, ils sont égaux aux dépenses de charbon et de main-d’œuvre. De sorte que, pour du charbon au prix de 20 francs la tonne et, en comptant le salaire des hommes à 5 francs, on obtient une dépense totale de 80 francs pour extraire 75 mètres cubes, soit 11V,07 par mètre cube.
- Pour le dérochemenl de grès très dur qu’on vient d’opérer dans le canal maritime de Manchester, dans le but d’obtenir une augmentation de tirant d’eau de 0,60 m., ce prix, par mètre cube, a été de 11V,24 et l'extraction mensuelle moyenne a été de 4905 mètres cubes.
- Applications. — La dérocheuse a été employée pour la première fois au canal de Suez. Depuis, de nombreuses applications en ont été faites dont nous citerons quelques-unes. En France elle a servi notamment à l’approfondissement du bassin à Ilot de Saint-Nazaire. C’est grâce à elle qu’on a pu améliorer la navigation du Danube aux Porles-de-Fer. En Angleterre et dans les colonies Anglaises, nous la trouvons employée à Malte, dans la Nouvelle-Galles du Sud et tout dernièrement, comme nous l’avons dit plus haut, à l’approfondissement du canal de Manchester dont le tirant d’eau a été porté de 7,95 m. à 8,54 m. IL Doxxix.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Le compte rendu de la séance du 2 avril 1907 paraîtra dans le prochain numéro.
- CHRONIQUE
- Le charpentier chinois. — Élant donné le grand usage que l’on fait en Chine des constructions en Lois, il était naturel de penser que les charpentiers de ce pays devaient avoir une grande habileté : M. Barrelt Smith vient de publier dans Engineering Magazine une étude sur ses observations faites en Extrême-Orient, qui confirme pleinement cette idée. Jusqu’à présent l’ouvrier chinois est demeuré étroitement fidèle aux outils de ses ancêtres, et il faut dire qu’il en tire meilleur parti que nos ouvriers de leurs outils bien plus perfectionnés. Son instrument de prédilection, et qui répond pour ainsi dire à tous les besoins, est la hache : elle est d’assez petites dimensions, remarquablement équilibrée, et le Chinois arrive à tailler avec cet outil des surfaces aussi unies que nos
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- charpentiers le feraient avec l’herminette. Quand il s’agit d’un travail important, les charpentiers chinois se mettent à deux et frappent alternativement en tenant la hache des deux mains, et la relevant tantôt sur l’épaule droite, tantôt sur l’épaule gauche, ce qui est assez curieux; il est merveilleux de voir à la fois la rapidité et l’exactitude avec lesquelles ils donnent les coups, en dépit de la désinvolture apparente de leurs mouvements. À noter que le Chinois se sert du dos de sa hache comme marteau, même pour les clous en fer, qu’il commence d’employer à la place des chevilles de hois ; peu à peu, du reste, il comprend les avantages du hon marteau occidental, et cet outil acquiert de plus en plus droit de cité en Chine.
- Une couveuse pour 15 000 œufs. — Cet incubateur monstre vient d’ètre terminé par M. P. Hall, de Pembroke, dans l’État de New-York : il n’a pas moins de 30,60 m. de long pour 1,20 m. de large et autant de
- hauteur. Des cloisons le divisent en 100 compartiments, qui sont eux-mêmes subdivisés en deux, et dans chaque subdivision on peut loger 75 œufs, reposant dans des sortes de paniers métalliques. L’incubateur est chauffé par le moyen d’un serpentin formé de 8 tuyaux, qui passent au sommet de la chambre à œufs pour revenir par le bas, un thermostat assure naturellement une température absolument précise à l’eau circulant dans les canalisations. Le fonctionnement de cet appareil est fort simplement basé sur l’emploi d’un réservoir d’huile, où le liquide se dilate plus ou moins et fait monter un flotteur qui ferme le tirage du foyer et ouvre l’arrivée de l’air froid. Ajoutons que les paniers où se trouvent les œufs peuvent être placés à des niveaux différents dans les chambres pour se trouver dans un milieu plus ou moins chaud. On dit qu’un appareil de ce genre rend les services de 1000 poules couveuses, ou fait la besogne de 1 poule qui couverait sans interruption durant 10 années.
- CAMPAGNE ANTI=VIVISECTIONNISTE EN ANGLETERRE
- La question de la vivisection — question vexante s’il en fût, comme disent les Anglais — a fait jadis couler des flots d’encre en France. Constatons, non sans joie, qu’elle a cessé de passionner le grand public. Tout en accordant notre pitié aux pauvres bêles dont la science réclame un aussi terrible impôt, nous nous rendons tous compte que leurs souffrances — disons même leurs tortures — ont eu des résultats heureux pour l’humanité : elles ont compté, et comptent pour beaucoup, dans les progrès qu’a faits incontestablement depuis une génération l’art de guérir.
- Cette réaction que souhaitaient les ennemis d’un puéril sentimentalisme, ne s’est pas encore produite chez nos voisins d'outre-Manche. Bien au contraire, plusieurs de leurs journaux ont ouvert une campagne acharnée contre la vivisection et ses adeptes. Des accusations formidables, qui ne sont d’ailleurs que de viles calomnies, ont été portées contre les chirurgiens et physiologistes anglais : dans les journaux comme dans les réunions publiques, on s’acharne à dire qu’ils prennent plaisir à torturer les animaux, et que la vivisection n’a jamais fait faire à la science le moindre progrès.
- Une puissante ligue « anti-vivisectioniste » s’est même fondée en Angleterre. Elle a recours à tous les moyens — brochures, journaux, affiches, meetings — pour ameuter le public. Après le papier et la parole, elle recourt maintenant à d’autres armes: au bronze et à la pierre.
- Et c’est ainsi qu’elle vient d’inaugurer en grande
- pompe le monument que représente notre photographie : une statue qui immortalise les « traits » d’un pauvre chien sans nom et sans maître, tombé victime de la vivisection.
- 'Ce monument unique au monde s’élève sur la place de Latchmere, à Ballersea, l’un des quartiers les plus populeux de la capitale anglaise. Le socle, en marbre et en granit, porte deux inscriptions très agressives que nous nous taisons un devoir de traduire littéralement.
- La première est conçue en ces termes :
- (( A la mémoire du terrier marron mis a mort dans le laboratoire de l’University College en février 1906, après avoir enduré une vivisection qui s’est.prolongée pendant plus de deux mois. Le malheureux passa de main en main, parmi les vivisecteurs, jusqu’à ce que la mort vint le secourir. »
- La seconde élargit, pour ainsi dire, la dédicace, car elle précise que le monument est également élevé « à la mémoire des 232 chiens vivisection-nés en un an dans le même établissement. »
- Comme on peut le supposer, l’érection de la statue, et surtout le libellé des inscriptions ont causé une vive émotion dans le monde médical anglais. Les étudiants de l’University College ont annoncé leur intention de démolir cet étrange mémento. Mais la ligue a pris ses précautions, et des hommes sont chargés de le garder de jour et de nuit. Y. Forbin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Le Monument de Ballersea.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1768. — 13 AVRIL 1907.
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- LE LAIT CRU ASEPTIQUE
- Fig. 1. — La ferme-laiterie de MM. Delanghe frères au Sapin-Vert.
- Jusqu’à ces derniers temps, cliniciens et bactériologistes admettaient que la contagion tuberculeuse s’effectue principalement par les poussières souillées de bacilles pénétrant dans les poumons par le mécanisme de la respiration. 11 était bien assez généralement reconnu que, dans certains cas, le virus peut s’introduire dans l’organisme soit par l’intestin, soit par la peau, soit par les muqueuses. Mais personne n’eût osé soutenir qu’une origine intestinale fût possible pour la tubercu-los e pulmonaire.
- Les récents travaux de M. le professeur Cal-mette portent à penser que, contrairement à l’opinion générale, la tuberculose des poumons dériverait, dans presque tous les cas, de l’infection par les voies digestives, et que le processus tuberculeux débuterait par les capillaires du poumon, pour gagner de là les alvéoles et les bronches1.
- En présence de conclusions aussi graves, on comprend toute l’importance qui s’attache aux dangers que peuvent présenter le lait et les produits qui en dérivent, s’ils proviennent de vach.es tuberculeuses.
- Pour obvier à ces dangers, ainsi qu’à ceux qui résultent de la contamination ultérieure du lait par
- 1 Dr A. Calmette. Les voies de pénétration de l’infection tuberculeuse et la défense de Vorganisme, Paris, 1906.
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- les poussières septiques de l’atmosphère, on a imaginé les procédés de la stérilisation, qui porte le lait à une température de plus de 100°, et de la pasteurisation, qui n’emploie qu’une température de 75°, mais avec refroidissement brusque consécutif.
- Cependant ces procédés n’ont pas donné tous les bons résultats qu’on en attendait. Car, s’ils suppriment les éléments pathogènes, ils détruisent du
- meme coup les ferments solubles du lait, indispensables à sa digestion.
- D’ailleurs, au point de vue spécial de la tuberculose, le danger persiste avec les laits stérilisés et pasteurisés.
- En effet, des récentes expériences de MM. Calmette et Breton il résulte que les bacilles tués par la chaleur donnent les mêmes réactions que la tuberculine, et que l’ingestion des produits tuberculeux, même stérilisés par la chaleur, est très dangereuse pour les sujets déjà tuberculeux, et peut n’être pas inoffensive pour les sujets sains L
- L’idéal serait donc de n’employer, spécialement pour l’alimentation des enfants et des malades, qu’un lait parfaitement pur, c’est-à-dire provenant de vaches indemnes de la moindre tare tuberculeuse, et pouvant être consommé cru, de manière à être 1 Académie des scièncés, séance du 19 février 1906.
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- facilement digéré grâce à la présence de tous ses ferments utiles.
- L’usage du lait cru aseptique a donné d’excellents résultats; aussi s’esl-il rapidement répandu en Allemagne et en Italie ; il commence à se propager en France. Mais la grande difficulté est de l’obtenir avec toutes les garanties indispensables, et surtout de former un personnel sachant appliquer avec conscience pour cette obtention les règles de l’asepsie et de l’antisepsie.
- Aussi croyons-nous intéressant de signaler, à titre d'exemple digne d’être imité, l’heureuse tenta-live que viennent de réali ser dans cette voie MM. Delanghe frères, pharmaciens de 1re classe à Roubaix, qui ont créé une ferme dans laquelle le lait, fourni par des vaches absolument saines, est obtenu, transvasé, détaillé par des procédés rigoureusement aseptiques.
- CetLe ferme-laiterie est située sur la commune de Wattrelos, entre le Sapin-Vert et le Crétinier, au milieu d’excellents pâturages.
- La précaution préliminaire appliquée dans son exploitation porte, on le conçoit, sur le choix des vaches, lesquelles subissent lepreuve de la tuberculine, sont prises à l’essai et tenues un mois en observation. Cette épreuve préalable n’élimine pas moins de 65 pour 1Ù0 des bêles conditionnellement acquises. Celles-ci sont des vaches flamandes de bon sang.
- L’alimentation fait aussi l’objet des plus grands soins : les vaches ont le pâturage, à raison de quatre bêtes par hectare, et un barbotage de grains. Elles sont entretenues en parfait état de propreté, et lavées chaque jour avec une solution sodique. On ne demande à chacune qu’une production quotidienne de 15 litres de lait.
- L’étable est peinte à la chaux, et fréquemment
- repeinte ; elle est lavée au laurénol. Le sol et les mangeoires fixes sont cimentées ; les portes sont faites d’un grillage moustiquaire mettant les bêtes à l’abri des insectes; par surcroît, des attrape-mouches sont installés au plafond.
- La traite est tout à fait aseptique : pis lavés au savon, rincés à l’eau chaude, essuyés avec des serviettes stérilisées; lait extrait par des femmes vêtues de grandes blouses, comme des infirmières, et ayant aux mains des gants stérilisés, filtration du lait par la ouate, etc. Il y a pour chaque bête un récipient
- spécial : on ne mélange pas les laits,afin de maintenir à chacun son acidité fixe, indispensable à sa bonne conservation. Le lait de chaque vache, recueilli à part, est mis dans une glacière et expédié au laboratoire, à Roubaix ; il s’agit maintenant de le livrer pur au client. Mêmes minutieuses précautions sont prises pour le remplissage aseptique des bouteilles , le lait étant transvasé par un système de siphons et de pompe aspirante, à l’abri par conséquent de tout contact suspect. Tous les instruments servant aux opérations de la traite, du transvasement, ustensiles, récipients, vêtements, sont slérilisés à l’autoclave : ce travail n’exige pas moins de quatre personnes chaque jour. Le lait obtenu avec ces garanties peut se transporter et se conserver sans altération aucune pendant huit jours au moins, même dans les grandes chaleurs.
- MM. Delanghe ne nourrissent pas l’illusion de pouvoir alimenter de leur lait vivant la France entière; nombre de difficultés s’opposent à l’expédition hors d’un certain rayon. Aussi leur étabfisseriieht et leur méthode doivent-ils être considérés comme une réalisation-type, qu’ils seraient eux-mêmes satisfaits de voir copiée, pour un but prophylactique, dans d’autres grands centres. A. Acloqük.
- Fig. 3. — Transvasement aseptique du lait.
- BATEAUX DE PLUS DE 200 METRES
- Les constructeurs et armateurs, qui ne veulent pas être en retard sur le progrès moderne, se voient forcés de ne plus lancer que des navires dépassant au moins 200 m. de long ; sous cette réserve que les ports, fréquentés par ces bateaux, ne soient pas aussi mal dotés que le port du Havre. Voici que, à l’instar de tant d’autres Compagnies, la White Star Line, la puissante et célèbre Compagnie anglaise, se fait construire un paquebot pour enrichir sa flotte et la mettre à la hauteur des besoins : sa nouvelle
- unité sera YAdrialic, qui a été lancé tout dernièrement à Belfast, sur les chantiers bien connus de cette ville : et l’Adrutlic a tout simplement 725 pieds 9 pouces de long, autrement dit227,29 m. ; sa largeur est de 23,01 m. et son creux de 15,25 m.
- Cet Adriatic n’est pas encore en état de prendre son service, il s’en faut; mais on évalue déjà son tonnage brut à 25 000 tonneaux et son déplacement à 40000 tonnes.
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- PROCÉDÉS ARTISTIQUES POUR L’OBTENTION DES ÉPREUVES POSITIVES
- Pendant longtemps, le photographe s’est contenté, pour obtenir une épreuve positive, d’impressionner sous son cliché un papier albuminé ou gélatiné contenant un sel d'argent, de fer ou de platine sensible à la lumière.
- La retouche du cliché et les divers procédés de virage, permettant de faire varier le ton définitif de l’épreuve, étaient les seules ressources dont on disposait pour obtenir un effet qu’on jugeait artistique.
- Ce n’est que depuis peu de temps que, dans le monde des amateurs, on admet que le cliché doit être interprété largement et qu’il faut employer des procédés de tirage qui, tout en étant à même de donner une reproduction fidèle du négatif, permettent, par un traitement approprié, de retrancher certains détails inutiles, d’atténuer des contours trop découpés, de modérer les ombres ou de les accentuer, enfin de produire une œuvre dans laquelle, comme pour la peinture ou le dessin, le goût de l’opéra-Leur joue un rôle prépondérant.
- La découverte faite par Poitevin, il y a plus de cinquante ans, sur les modifications que la lumière fait subir aux colloïdes bichromatés, a donné lieu à la création de lieux procédés avec lesquels on peut obtenir cette interprétation du cliché.
- Dans l’un, dit à la gomme, on opère par dépouillement du pigment coloré qui forme l’image ; dans l’autre, dit à l'huile, parce qu’il emploie les encres grasses d’imprimerie, on procède plutôt par addition de la matière colorante. 11 y a bien une quinzaine d’années que M. Rouillé Ladevèze a présenté le premier procédé, mais le monde des amateurs n’a pas semblé comprendre tout d’abord le parti qu’il en pouvait obtenir. Ce n’est que depuis peu d’années que, sous l’influence de quelques-uns, au tempérament très artistique, devenus maîtres en la matière, les amateurs se sont mis à le pratiquer en France et à l’Etranger. Nous avons déjà donné des explications assez détaillées à son sujet (voyez n° 1705, du 27 janvier 1900 Supplément) ; aussi nous ne le rappelons que brièvement dans ses grandes lignes. On choisit un papier en rapport avec l’image à obtenir, à grain fin si l’on veut conserver des détails, à gros grain si l’on veut une étude largement traitée. Ce papier est recouvert au pinceau d’une solution de gomme arabique colorée au moyen d’une couleur d’aquarelle, qui devra être aussi en rapport avec le sujet représenté, et rendue sensible à la lumière par l’addition de bichromate de potasse. Une fois séchée dans l’obscurité, cette feuille est exposée au châssis-presse sous le cliché à reproduire. Pour enlever ensuite la couleur aux endroits qui doivent donner les blancs de l’image, et qui sont restés solubles parce qu’ils étaient protégés de la lumière par les noirs du cliché, on met l’épreuve dans l’eau; et c’est ici que va intervenir l’interprétation. Cette solubilité, après exposition de la gomme colorée, est bien proportionnelle à l’opacité plus ou moins grande des noirs du cliché, mais on peut l’atténuer ou l’accentuer en intervenant pendant le développement de l’image, soit qu’on respecte certaines parties, soit qu’au moyen de pinceaux plus ou moins doux, d’eau plus ou moins chaude on provoque le dépouillement d’au!res parties : c’est là que l’opérateur pourra donner cours à son sentiment artistique, et produire une œuvre très personnelle où le cliché photographique aura seulement servi de guide1.
- 1 Ceux de nos lecteurs que la question intéresse trouveront un guide très complet et très sûr dans l’ouvrage de
- Le second procédé, que M. Rawlins a mis dernièrement en faveur, découle directement de la photocollogra-phie. On sait que depuis déjà longtemps l’industrie des cartes postales utilise ce mode de tirage pour les clichés photographiques. M. Rawlins a pensé avec raison qu’on aurait tous les éléments nécessaires à l’interprétation d’un cliché si, au lieu d’employer un rouleau pour étaler l’encre, on utilisait des pinceaux qui permettent de la distribuer localement en plus ou moins grande quantité; l’épreuve unique étant ici le but cherché, et non la multiplicité d’épreuves toutes semblables comme dans le procédé industriel, le tirage à la presse devient inutile et par suite la dalle de verre aussi. On emploie une feuille de papier enduite de gélatine rendue sensible par son immersion dans une solution de bichromate de potasse, on la fait sécher à l’obscurité et ensuite on l’expose au châssis-presse sous le cliché. Après un lavage de deux ou trois heures pour enlever tout le bichromate, on peut procéder à l’encrage; mais on peut aussi le différer autant qu’on voudra ; il suffira de mouiller à nouveau le papier quand on sera prêt à traiter l’image.
- Pour cela on se munira de pinceaux en putois taillés en pied de biche, ou coupés droit. On les enduit de très peu d’encre et on procède par tapotements en essayant d’abord aux endroits où se trouvent les plus grands noirs.
- Les encres d’imprimerie, dites encre machine et encre taille douce, sont employées soit mélangées, soit séparément; les couleurs en sont assez variées, mais on se tiendra généralement dans le noir pur ou dans les noirs chauds rehaussés d’encre rouge, ou bien dans les tons sépia. Le papier gélatiné se trouve tout préparé dans le commerce sous le nom de papier au charbon double transfert ; celui qui est destiné au simple transfert ne peut servir, car il est aluné et l’encre ne prendrait nulle part. On sensibilise le papier en le trempant pendant une ou deux minutes dans une solution de bichromate de potasse à 2 pour 100. Lorsqu’il est sec, il est relativement très sensible, et une pose de 4 ou 5 minutes à l’ombre en été est suffisante; il faut en hiver aller jusqu’à 50 minutes et plus; un photomètre sera très utile, car de l’exposition juste dépend la plus ou moins grande affinité pour telle ou telle encre et l’expérience ici sera le meilleur guide.
- On comprend quel attrait peut présenter pour l’amateur le traitement d’une image de cette sorte; il fait paraître l’image à son gré et insiste sur les parties intéressantes, néglige les autres, obtient des noirs qu’aucun autre procédé ne peut donner. Après avoir opéré par addition, il peut, lorsque l’épreuve est à moitié sèche, opérer par soustraction en enlevant un peu l’encre avec un linge fin aux endroits qu’il veut adoucir, en l’enlevant davantage avec une gomme à crayon, ou même un grattoir pour obtenir un effet de lumière, un blanc très pur.
- Là encore il pourra donner libre carrière à son sentiment artistique, et produire une œuvre bien personnelle.
- La pratique de ces procédés très intéressants ne s’acquiert pas en un jour, il est bon d’être guidé par ceux qui les ont étudiés et dont les observations sont consignées dans les revues spéciales; il faut surtout pour .les aborder se sentir capable d’un peu de travail et de beaucoup de goût. G. Mareschal.
- MM. Puyo et Demachy Les Procèdes d'Art en Photographie, édité par le Photo-Club de Paris.
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- PERFECTIONNEMENT DES ÉCHELLES D’INCENDIE
- Fig. 1.
- K01 1 et 2. Tour à charpente extensible de M. Lampe.
- N” 5.
- Passerelles supplémentaires en porte-à-faux.
- Les échelles d’incendie se sont considérablement transformées depuis un certain nombre d’années ; et les habitants de Paris, par exemple, savent qu’il n’est pour ainsi dire pas un feu pour lequel on n’amène une de ces grandes échelles extensibles, montées sur un chariot, qui permettent d’atteindre les étages supérieurs des maisons. Cependant ces appareils ne sont point sans présenter de réels inconvénients. Tout d’abord, et bien qu’elles se composent d'éléments successifs qui glissent les uns dans les autres, la dimension minima laquelle on peut les ramener, les empêche de prendre rapidement ou aisément un tournant un peu raide. De plus, par suite de l’inclinaison qu’on doit leur donner à cause de leurs dispositions, elles ne permettent aux pompiers d’aborder un édifice que par leur partie supérieure ; et, pour elfectuer un sauvetage à des étages divers, il faut développer ou replier successivement l’échelle ; si des hommes se trouvent à différentes hauteurs sur les barreaux de cette échelle, une grande partie d’entre eux pourront être assez loin du foyer de l’incendie pour ne diriger que fort imparfaitement la lance qu’ils auront en mains.
- Aussi, divers inventeurs se sont-ils préoccupés de combiner des échelles
- à développement absolument verticales, qui seront plutôt des « tours » extensibles, qu’on peut élever perpendiculairement, parallèlement à la façade du bâtiment incendié, et tout près de lui. C’est une application, sous réserve d’améliorations importantes,
- de l’idée qui a présidé en Amérique à l’emploi de ce qu’on nomme les « water tovvers», les tours d’eau, plates-formes assez élevées où se tiennent les pompiers, et d’où ils dominent le foyer d’incendie et peuvent l’arroser bien plus effectivement.
- Une des échelles nouvelles que l’on a inventées pour remédier aux inconvénients que nous indiquions il y a un instant, est l’échelle llolm, dont l’inventeur habite New-York. Nous l’avons fait représenter dans ses positions successives. Quand il est replié, il s’offre sous la forme la moins encombrante : il comporte un chariot qu’on a fait automobile, mais qui pourrait tout aussi bien s’accommoder de la traction par chevaux. Une particularité consiste toutefois en, ce que les roues avant et les roues arrière sont munies d’une direction spéciale ; et, en fait, chaque paire de ces roues a son moteur particulier ; de plus, au centre du châssis est un troisième moteur qui permet d’opérer mécaniquement le dépliement ou le repliement de l’échelle. La puissance motrice nécessaire à ces divers moteurs est fournie par des batteries d’accumulateurs. Ce qui est bien
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- caractéristique, et ce que nous retrouverons dans l'autre échelle dont nous voulons parler, c’est le mode d’extension de l’échelle. Elle est construite suivant le principe de l’accordéon, ou du moins de ces losanges articulés qu’on a utilisés à bien des usages, depuis des jouets jusqu’à des appareils mécaniques. Les ligures ci-jointes donnent une idée très nette de cette disposition, qui permet précisément aux losanges de se replier complètement sur eux-mêmes, ou au contraire de s’allonger dans le sens vertical, de manière à élever la partie supérieure de l’échelle où se trouve une plate-forme reposant sur le bout des branches extrêmes. Grâce à cette plate-forme, les pompiers peuvent s’installer à bonne hauteur, le moteur donnant touLe facilité pour les monter ou les descendre au fur et à mesure des besoins ; en outre, la tour comporte deux sortes de passerelles qu’on peut pousser vers l’extérieur en porte-à-faux. Ces deux passerelles forment pont entre la plate-forme eL le bâtiment dont on veut, par exemple, secourir les habitants et le sauvetage est étrangement facilité de ce fait. Bien entendu, la plate-forme porte en son milieu une bouche d’eau, à laquelle l’eau est amenée du bas de la tour par une conduite flexible s’accommodant à tous les mouvements de l’appareil. Cette eau peut arriver sous pression d’une des conduites d’incendie qu’on trouve dans les grandes villes, ou au contraire être comprimée par une pompe ad hoc, qui est installée sur le chariot même de l’échelle et commandée par un des moteurs. Nous n’avons pas à faire remarquer que la charpente articulée de cette tour est contreventée de manière à présenter toute solidité. Sous le chariot, sont des appuis verticaux munis de grosses vis, qui permettent de caler tout l’appareil sur le sol de la rue.
- Un inventeur allemand, M. Wilhem Lampé, a combiné une autre tour un peu différente, mais dont la charpente extensible est, elle
- aussi, faite de ces losanges métalliques que nous avons vus. L’appareil estmonté sur un chariot, qui n’est point automobile ; et, quoiqu’il soit télescopique, il occupe, une fois replié, comme le montre, une gravure, un volume sensiblement plus considérable que la tour Holm : il est vrai qu’il est un peu plus complet que cette dernière. Tout d’abord, au fur et à mesure de son développement, la tour de M. Lampé laisse sa plate-forme supé-rieureen communication constante avec le sol, grâce à deux échelles extensibles, qui se trouvent de part et d’autre ; enfin, elle comporte de chaque côté des passerelles pliantes qui forment comme des ponts-levis, et qui se trouvent à des hauteurs correspondant aux divers étages d’une maison ordinaire; elles
- Fig. 2.
- iS“ 1, 2 el 3. Échelle Holm dans ses positions successives.
- mettent en relation les fenêtres en face desquelles l’appareil est monté, avec des plates-formes intermédiaires ménagées dans l’échelle. Les passerelles sont reliées les unes aux autres par des passerelles supplémentaires qui peuvent être disposées en prolongement, soutenues en porte-à-faux par des câbles obliques. Henry Boügeois.
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- NOUVEAUX CHEMINS DE FER DES ALPES AUTRICHIENNES
- L’Autriche termine en ce moment une vaste entreprise à la fois géographique, technique, industrielle et commerciale, dont nous n’avons rien voulu dire avant que son achèvement à peu près complet permît d’en faire comprendre toute l’importance par un très court exposé : c’est l’extension du réseau de ses voies ferrées à travers les Alpes Orientales, décidée par la loi du 6 juin 1901 sur la proposition de M. de Kœrher. Jusqu’à présent la complication topographique extrême de ces montagnes, — l’existence du triple rempart des Alpes Calcaires du Nord
- centrale) à Trieste. Et la jonotion transversale d’une route à l’autre, quoique doublement établie, faisait d’infinis détours montagneux de Worgl à Sainl-Michael par le Pin/gau, au nord des Tauern, et de Franzensfesle à Marburg par le Pusterthal au sud. Le problème de la percée des Tauern et celui de la simplification des rapports entre Trieste et le Nord étaient pour l'Autriche une question de la plus haute importance : il ne s’agissait de rien moins que de la prospérité, de la vie même, du port de Trieste, le seul de l’Autriche (puisque Fiume est
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- Nouvelles lignes . lignes principales. Kilomètres
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- Fig'. 1. — Voies ferrées vers Trieste.
- (Tyrol, Salzbourg et Styrie), —delà chaîne centrale des Tauern (Zillerthal, Grand Vénitien, Gross-glockner, massifs de Gastein, etc.), et des Alpes calcaires du Sud (Dolomitiques, Carniques, Kara-vvanken, en Tyrol, Vénétie, Carinthie, Carniole) contrariaient singulièrement la facilité des communications et des échanges entre Bavière, Autriche, Bohême au Nord, vallée du Pô et Trieste au Sud. Du Brenner au Semmering (construit en 1855), 550 kilomètres environ à vol d’oiseau séparaient les deux seuls chemins de fer, bien connus des touristes, qui franchissent (ou plutôt qui limitent) les Alpes Orientales. Assez directement le Brenner reliait Munich (et l’Allemagne) à Vienne et Venise, le trafic germanique occidental au grand* port des lagimes italiennes. Beaucoup plus contournée était la ligne de Vienne (et de Prague, Dresde, Berlin, Allemagne
- hongrois et d’ailleurs beaucoup moins important). Trieste, en effet, ne peut subsister en face des concurrences italiennes qu’en attirant la plus grande partie possible du commerce allemand : or celui-ci, écarté de Trieste par l’angle trop oriental du Semmering, était conduit plutôt à Venise par le Brenner et se trouvait sollicité, plus à l’ouest encore, vers Gênes même parle Saint-Gothard et le Simplon. Les deux voies Munich-Trieste et Berlin-Trieste s’imposaient : amorcées à Salzbourg d’une part, à Linz de l’autre il leur fallait foncer sous la crête centrale des Alpes (les Tauern) pour gagner au plus vite la Carinthie, et sans faire le cercle, à l’Est par la Styrie, à l'Ouest par le Tyrol : de là deux premières lignes et deux premiers tunnels, la voie des Tauern (à Gastein) et la voie du Pyhrn (à Selzthal). Nos cartes montrent comment, menés par ces percées
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- jusqu'à la Drave, à Yillach et à Klagenfurt les trains Irouvaientencoredeuxobstacles : le Terglou (2864 m.) et les Karawanken, pour éviter les déroulements serpentilormes interminables des rails par Laibach, Adelsberget les fameux plateaux calcaires du Karst. (le fut la raison déterminante des deux autres lignes : celle de Wochein, de Yillach à Trieste (par Gorz) et celle des Karawanken, raccordant Klagenfurt à la première vers Assling. C’estle plus netaperçu qu’on puisse donner du plan d’ensemble, non pas dans l’ordre où il fut exécuté, mais tel qu’il s’explique le plus aisément.
- Passons aux principaux laits à noter sur chacune des quatre lignes1.
- 1° Tauern-Bahn. — Cette ligne mesure 77 km de Schwarzach-Saint-Veit (ait. 591 m.) près Lend (Pinzgau) par Gastein, Bôckstein, Mallnitz, Ober Vellach à Mollbrucken (ligne du Pusterthal eL Spitlal). Entre Bôckstein et Mallnitz elle traverse la chaîne des Tauern par 1212-1225 m. d’altitude, sous le Gamskaarlspitze, par un tunnel (commençant à Bôckstein), long de 8526 m. Là se trouve le magnifique cirque, à l’aspect pyrénéen, duNassfeld (fig. 4), au pied des massifs glacés de l’Ànkogel (3263 m.) et du Schareck (3131 m.). À l’issue Nord de la vallée de Gastein, les deux tunnels du rétrécissement appelé Klammmesurent 732 et 743 m. de longueur. La section de Schwarzach à Bad-Gastein, la célèbre ville d’eaux, si curieusement installée dans une des
- 1 Consulter pour les détails la carte publiée chez Frevlag et llerndt, à Vienne : CEsierveich'a Nenc Baluien nach (1er liegirnmg’s Yorlage (70x92 cm.), piix 1 r>, 10.
- Fig. 5. — Pont soi' la ligne de Wochein.
- Fig. 2. — Cascade do Gastein
- plus belles cascades des Alpes (fig. 2 et 6) a été ouverte le 20 septembre 1905. Sa pente, moyenne, assez uniforme, est d’environ 15 pour 1000, de 591 m. (Schwarzach) à 1050 m. (Wildbad-Gastein), pour 30 km. Mais par places la rampe atteint 25 mm. 1/2 par mètre. Le rayon de certaines courbes descend 'a 250 m.
- La ligne entière ne sera livrée qu’en 1908. Le grand tunnel, commencé le 6 juillet 1901, sera sans doute percé en juin 1907.
- 2° Pyhrn-Bahn. — 42 km., de Klaus-Steyrling (vallée de la Steyr) par Windisch-Garsten et Spital-am-Pyhrn et le tunnel du Bosrück(long de 4770 m., sous le col de Pyhrn, 945 m.) à Selzthal (vallée de l’Enns). Livré à l’exploitation le 20 août 1906. Des catastrophes ont attristé le creusement du tunnel : d’abord le 14 août 1902 une énorme éruption d’eau dans la galerie d’avancement Sud (800 litres par seconde) ; les pierres et argiles entraînées bouchèrent la galerie sur 40 m. d’étendue. Puis jusqu’en novembre d’autres venues d’eau se rencontrèrent, variant de 300 à 500 litres par seconde; il fallut de coûteux aqueducs latéraux pour les drainer ; le tout finit par descendre au débit de 185 litres par seconde, qui s’est maintenu ; plus loin on recoupa une grotte de 600 m. et dontles eaux s’étaient vidées. Il résulta de ces saignées une telle réduction de débit pour le torrent, employé comme force motrice et dérivé 200 m. plus haut par 425 m. d’altitude, le Schreiend-Bach (évidemment capturé au cours de la perforation du calcaire),qu’on dut installer toute une
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- machinerie à vapeur. — l)u côté Nord, dans la nuit du 14 au 15 novembre 1902 un coup de grisou mit le feu aux chantiers souterrains.
- En mai et juin 1904, sept nouvelles éruptions d’eau achevèrent la dessiccation du Schreiend-Bach. Faute de machines, la ventilation devenait impossible.
- En mars 1905 l’écoulement par la galerie Sud était de 500 litres par seconde. Les 14 et 15 avril de nouvelles venues d’eau l’augmentent encore; et le 17 mai se produit la plus désastreuse, à 1200 litres par seconde.
- Enfin le 22 mai 1905 un nouveau coup de grisou tuait toute une équipe d’ouvriers, plus trois des sauveteurs. Bref de longs mois furent perdus; le tunnel ne fut percé que le 4 décembre 1905 (au lieu de fin 1904) et il demeure un des plus difficiles travaux de ce genre exécutés jusqu’à nos jours.
- 5° Wocheiner-Bahn. — 142 km d’Àssling (ait. 575 m. sur la voie déjà existante de Tarvis à Laibach) à Trieste, par le lac de Yeldes, Feist-ritzam-Wochein (haute Save), le tunnel de Wochein (6565 m.) entre Feistritz et Podbrdo, la vallée de l’Isonzo et Gôrz (91 km d’Àssling et 55 km de Trieste) ; puis de Gôrz, à travers le Karst par Greifenberg et Opcina à Trieste (gare Saint-André, construite sur pilotis, à 2 m. d’altitude). L’ouverture au trafic a eu lieu le 25 juillet 1906. Le tunnel de Bu-kovo, de 900 m. de long seulement, mais dans des schistes fissurés, a coûté 1500000 francs. Dans la section Podbrdo-Santa Lucia le terrain est si défavorable que, sur 20 km de parcours, on dut faire 24 viaducs et 19 tunnels (d’ensemble 5850 m. dont 1 km pour le plus long), il fallut aussi se borner à un seul rail et suppléer au deuxième (pour assurer le trafic) par un rapprochement spécial des stations entre elles. — Entre Santa Lucia, et Àuzza il y a encore 6 grands
- viaducs et 8 tunnels sur 8 km ; au viaduc de Schlund-bach une grotte déverse, après les pluies seulement, un torrent qui arrive à débiter 60000 litres par seconde. Sur l’Isonzo a été jeté le pont de Salcano (près Gôrz) de 85 m. de portée, une des plus grandes arches du monde, peut-être la plus grande pour voie ferrée, puisque celles de Luxembourg et de Plauen, qui l’excèdent de 5 m., ne portent que des voies carrossables1. Entre Gôrz et Trieste deux tunnels, ceux de Revol-tella et d’Opcina, mesurent 1267 m. et 1050 m. de longueur; presque tous les tunnels (celui d’Opcina notamment) recoupent des grottes à stalactites, comme celles qui, au nombre de 400 environ, sont déjà connues dans le Karst, sans parler des centaines (milliers peut-être) qui y restent encore, à découvrir. Une rencontre de ce genre s’était antérieurement produite au sud-est de Trieste, vers Herpelje (ligne d'Is-trée).
- 4° Karawanken-Bahn. — En deux sections :
- A. 42km,8 de Klagenfurt, par Feistritz in Rosenthal (vallée de la Dravc, ne pas confondre avec Feistritz in Wochein) et Rosenbach, à Birnbaum et à Assling (vallée de la Save et raccord avec la 5e ligne), sous la chaîne des Jvarawanken franchie par un tunnel de 7975 mètres débouchant à Birnbaum. Ce seul tronçon a demandé cinq années de travail ; on ne l’a ouvert que le 50 septembre 1906 au lieu de fin 1905. Le grand pont de la Drave a deux arches de rivière de 60 mètres de portée, plus deux de
- 40 mètres pour les crues. Le grand tunnel (point culminant à 657 mètres d’altitude) a présenté de telles difficultés, parmi les calcaires carbonifères, qu’on songea un instant à le dédoubler en deux galeries à une voie chacune (comme au Simplon). Les 1 Voy. n° 1756, 19 janvier 1907.
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- Fig. 6. — Gastein.
- venues d’eau et l’écrasement des roches furent considérables ; des explosions de gaz naturels tuèrent plusieurs hommes comme au Bosrück. La rencontre des deux galeries eut lieu le 17 mai 1905.
- B. 22,6 km de Yillach à Rosen-bach pour le raccord avec la section précédente, au Nord de l’en-' trée du tunnel des Karawanken.
- Pour donner une idée des détails de l’exécution, il faut dire quedeKlagenfurt à Trieste, sur une section de 107 kilomètres, on
- l’JSJ
- compte 678 petits ponts (de moins de 20 mètres de portée) et 49 grands ponts. Partout les dépenses prévues ont été fort excédées : pour la ligne de Wochein, 300 millions au lieu de 200. Dans les points (vallées de Gaslein, de Santa Lucia, etc.) où l’on n’a pu, pour le moment, établir les rails qu’à voie unique, la place est réservée pour une seconde voie future. Enfin tous ces travaux ont comporté plus de 50 kilomètres de tunnels dont près de 28 pour les quatre
- Fig. 7. — Santa Lucia.
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- Fig. 8. — Nouveaux chemins de i'er d’Aul.richc.
- plus grands. Il va sans dire qu’ils ont abouti à édifier des lignes dont le parcours est des plus accidentés : cela double, pour les touristes, l’intérêt et l’avantage de pouvoir accéder beaucoup plus rapidement en des vallées extrêmement pittoresques, jusqu’ici écartées, où les paysages grandioses abondent. Les Alpes Orientales sont une des plus merveilleuses et agréables contrées de l’Europe. Nos gravures relatives aux deux lignes des Tauern et de Wochein ne donnent qu’une faible idée du charme exquis des sites superbes qu’on y rencontre.
- En définitive les réductions de parcours se réalisent comme suit :
- 247 km. réels et 253 km. tari!1 de moins entre Trieste et Sal/burg 71 — — — Zurich.
- 111 km. réels et 103 — — — Prague (et
- Berlin).
- 71 — — — Villach.
- 180 km. réels et 174 — — — Munich.
- 54 — — — Vienne.
- 45 — — Lin/, et Sel/tlial.
- Ainsi Munich n’est plus qu’à 400 km de Trieste et reste à 700 km de Hambourg. Munich encore, ci-
- 1 C’est-à-dire les distances adoptées par l’Union des chemins de fer autrichiens pour le calcul des tarifs qui, dans les 14 catégories du tarif général, se trouvent, selon les villes, abaissées dans des proportions qui varient de 0,5 à 26 pour 100. Pour unifier les tarifs entre les Compagnies concurrentes, il a fallu, par places, adopter des distances fictives.
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- devant à égale distance de Gênes et de Trieste, gagne 180 km vers celle-ci. Pour Ulm, cette ville
- O O 7
- était jadis de 17 pour 100 plus près de Hambourg que de Trieste; celle-ci maintenant en est plus proche de 0 pour 100 (soit 25 pour 100 de gain). Enfin tandis que Venise avait, au prix des tarifs, un avantage de 18 pour 100 sur Trieste envers l’Autriche et la Bohême, c’est maintenant Trieste qui l’emporte de 28 pour 100 sur sa rivale. Pour T ensemble de P Allemagne, l’avantage de Venise variait de 5 à 50 p. 100, maintenant il est acquis à Trieste qui le conquiert d’égalité (0 p. 100) à 9 p. 100.
- 11 reste aux Alpes Orientales une dernière amélioration à apporter aux voies de fer : couper de Selzlhal à Judenburg, de la vallée de l’Enns à celle de la Mur, l’angle aigu actuel de Saint-Michel;
- pour cela il faut, de Trieben (704 mètres dans le Pallen-Thal), percer Taxe des Petites Tauern sous le double col des Hohen-Tauern (1265 m.) et des Roltenmann-Tauern (1227 m.) : il semble que des difficultés de terrain, notamment l’exécution d’un tunnel qui dépasserait peut-être 5 ou 6 kilomètres, n’aient pas permis encore de mettre ce travail à l’ordre du jour. 11 réduirait d’environ 50 kilomètres (c’est-à-dire de moitié) le trajet de Selzlhal à Judenburg (ou plutôt à Thalheim la station suivante) et ce gain profiterait d’autant à la direction Linz, Prague, Dresde, Berlin1. Avec le rapprochement de Zurich c’est le drainage du commerce allemand et suisse mis à la portée de Trieste, qui doit désormais améliorer elle-même son port pour profiter des sacrifices faits pour elle! E.-A. Martel.
- MANUFACTURE DE PHONOGRAPHES
- Le cylindre ou le disque, sur lequel s’enregistrent les vibrations sonores, constitue la partie la plus délicate d’un phonographe. Après avoir essayé bien des compositions, les techniciens ont arrêté
- fois la combinaison effectuée, la masse dont le point de fusion atteint alors environ 240°, est mise automatiquement dans des mouleaux qui la divisent en pains n’atteignant, que 4 kilogrammes seulement.
- Fig-. 1. — Moulage des cylindres. (Usine Pallié, de Clialou.)
- leur choix sur la stéarine, associée à divers produits chimiques dont chacun d’entre eux garde jalousement le secret. A l’usine Pathé, de Chatou, le mélange se fait dans de grandes cuves contenant 800 kilogrammes de matières et chauffées au charbon. Une
- 1 lia plupart des documents consultés pour cet article nous ont élé fournis par notre correspondant de Trieste, M. J. Ma-riiiilscli. Quant aux conséquences économiques des nouvelles
- Pour ne rien perdre, on ménage au-dessus de chaque cuve un système d’aspiration qui amène les fumées dans un barboteur d’eau appelé « cyclone » où se récolte une substance formée en majeure partie d’oléine, revendue après aux fabricants de savon.
- lignes, aux avantages et aux obligations qu’elles comportent pour Trieste, nous ne pouvons que renvoyer aune élude de M. G.-L. Jaray, publiée dans la Géographie d'octobre 1905, p. 251-238.
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- La matière première est ainsi réalisée. Vient ensuite la fonderie des disques et cylindres vierges. Ces phonogrammes servent à l’enregistrement direct des originaux et d’habiles ouvrières apportent tous leurs soins à leur confection. Dans une cuve on fait fondre la cire, on la filtre et on la coule dans des moules de formes appropriées, puis, après refroidissement, on démoule le cylindre qu’on dégrossit au tour. Arrive le rabotage. On pose le cylindre sur un tour spécial muni d’un rabot en saphir pur et, au moyen de passes successives, on s'efforce de parvenir à un glaçage uniforme qui donnera un enregistrement parfait. On examine, du reste, tous les
- nable (environ 1,5 mm.); on la retirera, on la débarrassera de sa cire ; puis les tourneurs s’en empareront pour le dressement de ses faces postérieures ; enfin elle reviendra dans une autre salle galvano-plastique pour y subir le nickelage. Cette opération consiste à décaper le disque en cuivre et à le descendre dans un bain de nickel pendant quelques minutes, temps suffisant pour qu’une couche superficielle très mince se dépose, sans que son relief influence cependant les ondes sonores.
- A la sortie de cet atelier, les disques ou les cylindres galvanoplastiques serviront à obtenir indéfiniment des moulages.
- Fig. 2. — Enregistrenient d’un morceau d’orchestre sur un disque vierge.
- cylindres rabotés afin d’éliminer ceux qui présentent des piqûres.
- Le cylindre ou le disque vierge se pose après sur la machine d’enregistrement. Un diaphragme dit « Recorder », muni d’un style coupant en saphir relié à la membrane de cristal, reçoit toutes les vibrations par l’intermédiaire d’un pavillon disposé en face de l’orchestre (fig. 2). Ces disques ou cylindres une fois gravés, arrivent aux salles de galvanoplastie où se trouvent huit grandes cuves de 1900 litres de capacité et huit cuves plus petites contenant seulement 1400 litres. On les immerge dans les bains, et le cuivre, déposé par le courant, conservera l’empreinte fidèle des minuscules alvéoles correspondant à chaque vibration. Au bout d’une semaine, la couche métallique aura pris une épaisseur conve-
- On met les disques galvanos dans un moule ad hoc préalablement chauffé, ainsi que la matière sur un réchaud à gaz, puis on enfourne le tout dans des presses hydrauliques. Après refroidissement, on démoule les disques, dont on n’a plus qu’à polir les tranches. De là, ils vont à l’écoutage et enfin à la réserve en attendant le client. Les écouteuses reconnaissent les défauts de fabrication et n’insèrent dans les boîtes que les disques reconnus bons ; elles apposent, sur chacune de celles-ci, le numéro d’ordre correspondant au titre du morceau enregistré et désignant sa nationalité. Elles y inscrivent, en outre, leur numéro matricule qui, en cas de réclamation, les désignera.
- Quand il s’agit d’un cylindre, le moulage s’opère différemment. Le tube qui porte la gravure vient
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- chausser un moule qu’on descend dans une cuve | retirent les moules qui, suspendus à des chariots, renfermant la matière en fusion, composée au laho- j peuvent se déplacer le long de rails disposés au-
- tig. 3. — Salle d’écoutage des cylindres enregistrés.
- ratoire. Les ouvriers plongent les moules dans les I dessus des cuves (fig. 1). Un opérateur, placé à une bains par groupe de 6. Puis, à un signal donné par | des extrémités de la batterie, décroche successive-
- un contremaître, toutes les trois minutes environ, t ment les moules cylindriques qu’un de ses collègues les hommes des diverses & batteries » de l’atelier | fait glisser jusqu’à lui. Il les passe après à une
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- ouvrière qui essuie les égouttures et dispose chaque moule à portée de la main d’une de ses compagnes. Celle-ci s’en empare au fur et à mesure et les met sur la table de refroidissement. Là, un courant d’air froid, qu’une machine envoie à l’intérieur de chaque moule, refroidit assez les cylindres pour en faciliter le démoulage que d’autres femmes elfec-tuent. Les cylindres vont ensuite à l’alésage pour les mettre au diamètre du cône des phonographes, puis au polissage, au blanchiment du titre destiné à mieux faire ressortir les lettres, et enfin à l’écoutage (lîg. o).
- Les phonogrammes sont terminés. 11 reste à les
- étiqueter et à les classer. (Juant aux appareils permettant d’utiliser soit des disques, soit des cylindres, la plupart des pièces qui les composent (mouvements d’horlogerie, porte-voix, etc.) arrivent généralement du dehors et se fabriquent dans des ateliers de mécanique. Ainsi, à l’usine Pathé, on les assemble et on les vérifie seulement à leur arrivée (lig. 4), bien qu’il existe dans l’e'tablissement de Cha-tou un certain nombre de mécaniciens spécialistes pour la confection et l’entretien de l’outillage, l’élude des machines de fabrication nouvelles et la création des modèles de phonographes. Jacques Boviîh.
- EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- L’Exposition annuelle cle la Société française de Physique a pour but de réunir dans un ensemble les principales expériences et appareils qui ont été présentés à la Société dans le courant de l’année. Tout le monde est heureux de revoir ces divers essais, dont plusieurs sont très intéressants; voilà pourquoi l’Exposition a toujours un grand succès.
- À l’entrée de l’Hôtel, nous trouvons tout d’abord une série de becs de gaz alimentés par l’acétylène après épuration complète par l’épurant Huilier. Un groupe clcc-trogène à pétrole de 2-4 chevaux de la Société anonyme des établissements Panhard et Levassor produit l’énergie électrique en courant continu qui assure l’éclairage au moyen des accumulateurs de la Société pour le Travail électrique des métaux. Ce groupe électrogène contient trois dispositions particulières. La machine électrique peut constituer un frein dynamométrique permettant de mesurer le travail produit sur l’arbre par le moteur. 11 faut encore noter que le moteur à pétrole est muni d’un carburateur à réglage automatique assurant la constance du mélange combustible quelle que soit la puissance développée. La dépense du combustible liquide est indiquée à chaque instant par un appareil donnant la consommation en litres par heure du moteur; ces trois appareils sont dus à M. le commandant Krebs. M. P. Gulmann nous montre un spectrograpbe pour le spectre visible et ultraviolet. M. Claude expose différents appareils à vide par l’air liquide. MM. G. Claude et G. Méker présentent de nouveaux appareils d’éclairage et de chauffage à gaz et oxygène. M. Méker emploie ses brûleurs, que nous connaissons déjà, en les courbant et en les alimentant d’air comprimé, dans des fours construits spécialement, ce qui lui permet d’atteindre rapidement de très hautes températures, 1500° en 15 minutes environ.
- Plus loin, nous trouvons les différents modèles de compteurs de la Compagnie française des compteurs Aron et que nous ne pouvons que mentionner, notamment le type étalon portatif universel, le type à dépassement, le type à double tarif, muni de l’indicateur à maximum, le modèle horo-inter-rupteur à remontage électro-automatique. M. Ch. Féry a disposé un four électrique à résistance de charbon pouvant atteindre 2000°. Dans l’exposition de M. Ducretet, nous voyons un nouveau récepteur de télégraphie sans fil à relais pour les grandes distances, un récepteur radiotélé-phonique avec détenteur électrolytique de M. le capitaine Ferrié, et les transformateurs électrolytiques de M. O. de Faria pour le redressement des courants alternatifs.
- MM. Kousselle et Tournaire ont exposé une ampoule Rôntgen au tantale. M. J. Richard nous montre un gly-phoscope, un appareil pour l’essai des joints de tramway, un stroboscope pour la mesure des vitesses, et en particulier des enregistreurs pour l’essai des caoutchoucs. Nous mentionnerons encore les appareils, un nouvel interrupteur rotatif, un redresseur électrolytique, de M. Louis Ancel. La Compagnie des Compteurs a exposé tous ses compteurs ainsi que ses appareils de mesure et de précision. Nous ne ferons que citer les intéressants appareils de MM. Chateau frères et Ci0 en ce qui concerne la télégraphie sans fil système Rochefort, la soupape électrolytique Nodon, ainsi que le meuble universel d’électrolhérapie, modèle dubr Dimier, construit par M. G. Lézy ; M. François a également exposé une série d’appareils très curieux, entre autres le Gaussmèlre de M. Doumer, appareil destiné à mesurer les champs utilisés en d’Arsonvalisalion. MM. Radiguet et Massiot nous font voir un modèle de locomobile en réduction pour l’enseignement professionnel, les spirales Guilleminot pour l’auto-eonduclion, des transformateurs, convertisseurs et le petit appareil universel pour projections. M. Goisot nous a montré également différents appareils de chauffage par l’électricité.
- MM. L. Gaumont et Cis ont eu l’heureuse idée de donner des séances de chronophone ou de projections parlantes. Ces projections ont été très réussies; à mesure que le chant se faisait entendre sur un phonographe, on voyait très nettement les personnages représentés ouvrir la bouche et faire tous les gestes, en donnant l’illusion complète qu’ils chantaient eux-mêmes.
- Dans une salle spéciale, nous avons vu les appareils de la maison Carpentier, notamment un pyromètre enregistreur multiple, un voltampèremètre enregistreur multiple, une boite de contrôle de précision et réduite à un volume des plus faibles ; nous citerons encore le rhéo-graphe Abraham Carpentier ou modèle de projection. MM. Chauvin et Arnoux construisent toujours de remarquables vvattmètres et éleclrodynamomètres de précision, des enregistreurs à cadre mobile à enregistrement discontinu, et de nouveaux éleetromôtres pour haute tension. MM. A. Malaquin et A. Charbonneau ont construit un nouvel appareillage à très haute tension qui permet l’emploi direct du courant alternatif avec dispositifs particuliers pour la radiologie, les courants à haute fréquence.
- L’Exposition de la Société française de physique a été, cette année, comme tous les-ans, très intéressante.
- J. Laffaugue.
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- LA NATURE.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 avril 1907.
- Présidence de M. Chauveau.
- Les sels de manganèse et la fermentation. — M. Maquenne présente une Note de MM. E. Kayser et il. Marchand sur l’accoutumance des ferments alcooliques aux sels de manganèse. Des levures ainsi traitées peuvent être utilisées avec avantage en vinification et en brasserie, dans la fermentation des moûts lâches dont elles élèvent le degré alcoolique de 1,5 à 2 pour 100.
- Théorie des tremblements de terre. — M. Bigourdan résume une nouvelle Note de M. Oddone sur la réflexion en un point de la Terre des ondes qui précèdent ou suivent les grandes secousses de tremblement de terre, fait attesté parles sismographes. En partant de la valeur la plus certaine, observée lors de tremblements de terre récents pour la vitesse de propagation de l’onde sismique, M. Oddone a conclu qu’il fallait à cette onde 52 à 55 minutes pour parcourir le double du diamètre terrestre, c’est-à-dire pour revenir à son point de départ. Il a pu, en efi'et, vérifier l’existence de vibrations 55 minutes après les premières enregistrées par le sismographe. Mais il y a des vibrations secondaires séparées par un intervalle de 01 minutes environ, de telle sorte qu’il semble qu’il y ail eu réflexion de l’onde au point initial de départ, puis nouvelle réflexion aux antipodes. H y a d’ailleurs des vibrations séparées par un intervalle de 0 minutes qui semblent indiquer des réflexions suivant des cordes et non plus suivant des diamètres. L’autèur remarque que le temps employé par Tonde pour parcourir le diamètre terrestre est le même que celui employé par la lumière pour parcourir le diamètre de l’orbite terrestre.
- Les alizés et contralizés. — M. Mascart présente une Note de MM. Teisserenc de Bort et Rotch contenant la discussion générale de leurs observations faites à bord du navire Olaria sur les alizés dans la région tropicale. Là où régnent les alizés, la température de l’air décroît rapidement avec la hauteur, puis vient une couche à température constante, puis la température s’abaisse. M. Mascart constate que cette particularité avait été indiquée par Biol sur des données d’ailleurs insuffisantes. Les alizés forment une couche de quelques centaines de mètres d’épaisseur, puis viennent des vents faibles et des courants N. W. Enfin, plus haut, souffle le contralizé. En temps normal, ce vent se rencontre à 1800 m. d’altitude aux îles du Cap Vert, vers 5000 au tropique et 5500 aux Canaries. Sa hauteur est donc d’autant plus grande que la latitude est plus élevée. Dans l’Atlantique ouest, c’est-à-dire entre les Açores et l’Amérique, l’alizé fait place à des vents du sud et du sud-ouest, ce qui s’explique par la forme des isobares. A l’équateur même, régnent, à toutes les hauteurs explorées, des vents à composante est très prédominante.
- Les simulies du Congo. — M. Bouvier présente une Note de M. Roukaud, zoologiste attaché à la mission de la maladie du sommeil, sur les larves de la simulie pernicieuse (Simulium damnosum), petite mouche piquante très répandue dans l’Afrique équatoriale. Chose singulière, alors que Ton trouve en Europe un assez grand nombre de variétés de simulie on n’en trouve qu’une seule en Afrique. Les larves de cette espèce africaine comme celle de toutes les simulies se développent dans Teau fixées aux herbes et à divers corps immergés. Les larves de la simulie pernicieuse sont mieux adaptées que leurs congé-
- nères à la vie dans les eaux tropicales. Aussi l’espèce a-t-elle pu se répandre dans toutes les régions chaudes du Continent africain. Découvert dans l’Ouganda ce féroce petit insecte n’est pas moins commun au Congo. A Brazzaville, il vole par essaims autour des indigènes affligés de la maladie du sommeil. Il est à craindre qu’il ne soit un agent de dissémination de la maladie.
- Séance du 8 avril 1907.
- Présidence de M. Chauveau.
- MM. Schuster et Lainb de Manchester assistent à la séance.
- La hauteur du pic de la Meije. — M. Michel Lévy présente un travail de M . P. llelbronner sur l’altitude de la Meije. L’auteur a pu faire station en ce sommet et y obtenir l’altitude de 5982 m. 50 au lieu de 5987,0 d’après les opérations faites par le capitaine Durand. Or les altitudes données par les Italiens pour les sommets des Alpes sont en général plus faibles que celles de la carte française. La différence est de 4 mètres. 11 est vraisemblable que Terreur doit être rattachée à une mauvaise fixation du niveau moyen de la Méditerranée lors des travaux des ingénieurs géographes.
- Les galets et les sables de Bcrck. — M. Michel Lévy présente ensuite une Note de M. René Bréon sur les sables et les galets de Berck. Ces galets proviennent de Bretagne ou du pays de Galles. On admet qu’ils ont été transportés par des radeaux glaciaires. Quant aux sables, l’examen des matériaux qui les composent montre qu’ils proviennent également de la désagrégation des roches de Bretagne. Mais il est impossible d’admettre à leur égard l’hypothèse du transport par radeaux glaciaires. Dès lors leur origine reste mystérieuse.
- Photographie du spectre solaire. — M. Janssen présente une Note de M. Millochau sur l’emploi des plaques relativement très sensibles, si 011 leur applique le procédé Water-house.Ces plaques sont obtenues en colorant la couche de gélatino-bromure à l’aide du vert malachite. 11 présente des photographies de la partie rouge et infra-rouge du spectre solaire dans lequel une unité d’Angstrom a pour longueur 1/10 de millimètre. — La raie Z est en réalité une bande courte et la bande A, sous une dispersion très forte, montre une structure identique à celle de B. Ces deux bandes telluriques dépendent donc de l’absorption par un même gaz de l’air.
- Géologie expérimentale. — M. A. Gaudry présente, au nom de M. Stanislas Meunier, un catalogue des objets se rapportant à la géologie expérimentale conservés au Muséum d’histoire naturelle (appareils et produits d’expérimentation, reproductions des bilobites, des traces de gouttes de pluie, etc.).
- L’envahissement du maïs par Tustilago. — M. Guignard présente une Note de M. Chifflot sur les déformations particulières qu’afîectent les racines de maïs attaqué par la maladie du charbon. On connaît depuis longtemps les tumeurs noires difformes, souvent grosses comme le poing, que Tustilago du maïs produit sur les épis femelles. Ce champignon parasite peut également se fixer sur les fleurs mâles et les feuilles de la tige. L’auteur a découvert qu’on peut encore le rencontrer sur les racines aériennes qui naissent près du sol.
- Conservation des denrées par le froid. — M. d’Ar-sonval fait hommage d’un ouvrage de M. de Loverdo sur « la conservation des denrées alimentaires par le froid ».
- Cil. DE VlLLEDEUIL.
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- LA NATURE.
- LES CONCOMBRES SERPENTS
- En dépit de son 110m, le concombre serpent lient plutôt du melon que du concombre. C’est une plante annuelle à tige rampante, grêle et velue, à feuilles arrondies. Ses petites fleurs jaune pâle ressemblent également beaucoup à celles du melon, mais ses fruits longs, minces, d’un joli vert foncé et marqués de sillons longitudinaux affectent des formes bizarres et contournées.
- Le concombre serpent ne pousse bien en pleine terre que dans le midi de la France. Dans les régions
- s’étendre à l’opposé l’une de l’autre jusqu'à ce qu’elles aient 8 ou 10 feuilles chacune. On les coupe au-dessus de la sixième feuille. Il se produit alors de nouvelles ramifications, qu’on taille elles-mêmes au-dessus de la troisième feuille et qu’on arrange en arête de poisson dans le sens horizontal du châssis. Ces branchettes portent presque toujours des fleurs fertiles. Enfin, comme pour les melons, on conserve aux concombres serpents un feuillage vigoureux et assez développé.
- Concombres serpents cultivés sur couche dans les établissements Vilmorin-Andrieux à Massy-Palaiseau. — Récolte des graines.
- plus froides, aux environs de Paris, par exemple, on le sème en pépinière sur couche chaude, dans le courant de février. Le repiquage s’effectue une fois les cotylédons développés, soit sur la même couche, soit sur des couches proportionnées à l’importance du jardin. On met environ 120 sujets par châssis ordinaire.
- On doit maintenir sous les châssis une température moyenne d’au moins 12°, les aérer chaque fois que le temps le permet, procéder à de légers bassinages en évitant l’excès d’humidité. Vers le mois d’avril, lorsque les grands froids sont moins à craindre, on plante en place sur de nouvelles couches, non sans avoir étêté chaque pied. La tige primitive, coupée ainsi, au-dessus de la deuxième feuille, reprend et il se développe deux branches latérales qu’on laisse
- Si l’on a semé plus tard et planté en mai.sur des couches disposées côte à côte, on enlève les châssis dès que l’état atmosphérique le permet, et la culture, jusqu’à la maturité, qui a lieu vers le mois d’août et de septembre sous le climat parisien, s’effectue à l’air libre. Dans ce cas, on taille comme précédemment, en laissant toutefois les plantes se développer un peu plus et, quand le premier fruit a pris tout son volume, on en choisit un second qui grossira à son tour. De la sorte, on utilise le restant de la sève, sans nuire au premier concombre qui n’a, somme toute, non plus à s’accroître, mais simplement à se bonifier. J. B.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1769. — 20 AVRIL 1907.
- LA NATURE.
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- LE MENUET DES ALBATROS
- Noire excellent confrère M. Jacques Boyer parlait dernièrement à nos lecteurs1 de celte
- ,2'
- ’cq
- prolongent au loin vers l’ouest les Hawaï proprement-dites, et dont les principales unités sont les îles Cure, Midway, Lisianchez, Laysan, Fregate Française, Necker, elc. Ce sont surtout Necker et Laysan qui ont été visitées par M. Fisher; comme beaucoup d’auLres du groupe, ces îlots ont été très longtemps inhabités par l’homme et réservés aux oiseaux1. L’absence totale de sauvagerie de ces animaux, qui ne sont pas encore au fait de nos mœurs brutales, a permis d’étudier la façon dont les différentes
- Fig. 1. — Le menuet des albatros: premier temps.
- laineuse île des albatros, ou île Laysan, un véritable paradis des oiseaux. Précisément la Fish Commission des Etats-Unis vient de publier, dans la troisième partie de son grand recueil sur les Ressources aquatiques des
- Deuxième temps.
- espèces se répartissent sur le sol, ainsi que les mœurs de chacune d’elles. M. Fisher a pu circuler parmi les populations de l’île Laj san et les photographier au milieu de
- îles Hawaï*, un très intéressant travail de M. Wall. K. Fisher, sur les oiseaux des îles Laysan et Lce-ward, où nous trouvons quelques renseignements, complémentaires de ceux donnés par notre confrère.
- C’est au cours d’une croisière scientifique, — du mois de mars au mois d’août 1902, à bord du steamer Albatross, et dans toute la région des Ilawaï, qu’ont été faites les observations de M. Fisher.
- L'Albatross était spécialement chargé de l'exploration du groupe des îles des Oiseaux, qui
- 1 Yoy. La Nature, n° 1747, 17 nov. 1906, p. 387, L’île des albatros.
- 2 Bulletin of the United States fish Commission, vol. XXIII, for 1903, part III, 1906. Washington.
- 35° anne'fi- — 1er semestre.
- Fig. 4. — Variante du troisième temps.
- leurs vacations habituelles sans qu’elles fissent jamais la mine de s’inquiéter.
- Le petit nombre des espèces qui habitent les îles
- 1 L’île Necker cependant a dû être visitée périodiquement autrefois par les indigènes des Hawaï, pour des raisons religieuses. M. Fisher y signale la présence d’autels de pierre.
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- LA NATURE;
- des Oiseaux, est un fait saillant ; il y en a une vingtaine de mer, et une demi-douzaine de terre. Le plus grand nombre est formé par les palmipèdes : Hirondelles de mer et mouettes (Sterna fuliginosa, Sternci lunata, Procelsterna saxatilk, Micranous Uawaïensis, Gygis alba, Anous stolidus), Albatros (Dionodea immutabilis, D. nigripes), Pétrels (Puffinus cuneatus, P. nativitalk, etc.), Phaétons, Fous (Sulacyanops, S. piscator, S. Suîa), Frégates, Canards (Ands Laysanensk) ; il faut leur adjoindre quelques échassiers, râles, bécasses, pluviers, et deux passereaux, voisins du pinson et de la fauvette (Telespiga cantans, Acroceuphalus familiark).
- Ce petit contingent d’espèces fournit une population considérable, de plusieurs centaines de milliers d’individus pour une île comme Laysan, et qui sont loin de s’y répartir au hasard. Pour comprendre leur distribution, il est nécessaire de fixer en quelques mots la géographie de l’ile Laysan. C’est un vague quadrilatère d’environ deux lieues de long, sur un peu plus de la moitié d’une en largeur, et qui a la forme d’un plateau creux, car c’est un ancien atoll, actuellement élevé au-dessus de la mer et dont le centre est occupé par une lagune tout à fait close, tandis qu’une ceinture de récifs entoure la côte, laissant seulement vers l’ouest un étroit chenal. La végétation forme une série de zones grossièrement concentriques entre la mer et la lagune: 1° une étroite ceinture littorale de plantes maigres et courtes, de convolvulacées, etc. ; 2° une plus large, couverte, çà et là, de buissons touffus, et où une espèce spéciale de Chenopodc (Ch. Sand~ wicheum) occupe des espaces considérables ; 5° enfin, tout à l’entour de' la lagune, une zone nue, seulement décorée de guano.
- C’est suivant ces zones que se répartissent les oiseaux, formant des « villes » et des « colonies » parfaitement distinctes les unes des autres. L’Albatros à pied noir (D. nigripes), par exemple,, occupe seulement les plages des côtes nord, est, et sud. Les fous (Sida cyanops) se cantonnent exclusivement dans la première zone de végétation. Sur une bande parallèle, certaines hirondelles de mer (Sterna lunata) occupent, un peu à l’intérieur des précédents, la plus haute partie de cette région littorale. Puis, juste derrière celle-ci,- une autre espèce du même genre (Stem, fuliginosa) forme une large bande dans la seconde zone de végétation. Enfin viennent les pétrels, d’abord Y OEstrelata hypoleuca qui cherche les places sablonneuses au milieu de la zone touffue, puis le Puffinus cuneatus qui, derrière lui, forme un cercle de ses colonies autour de la lagune.
- Sans entrer dans des détails oiseux qui nécessiteraient de suivre les espèces une à une, il faut signaler que la distribution horizontale signalée ci-dessus, se double d’une distribution verticale non moins nette. « Le nombre des oiseaux est si prodigieux, dit M. Fisher, que l’espace fait prime et que plusieurs espèces vivent l’une au-dessus de l’autre » ;
- on a une véritable superposition qui évoque l’image des séries d’étages de nos grandes villes.
- Nous n’insisterons pas davantage sur ces intéressantes observations. Elles suffisent à montrer qu’il peut y avoir une science, des sociétés animales comme une science des sociétés humaines. L’étude de la distribution des groupes animaux sur un territoire déterminé, et celle des rapports qu’ont entre elles les parties constituant le groupe conduiront sans doute un jour à des résultats pleins d’intérêt. Il faut bien reconnaître que, jusqu’ici, cette sorte de sociologie comparée est dans l’enfance.
- Combien grand cependant est l’intérêt, comme phénomène social, de ces danses étranges auxquelles se livrent sans discontinuer les albatros des îles des Oiseaux, et dont nos gravures donnent une idée, d’après les photographies que M. Fisher a pu prendre d’après nature. Pendant assez longtemps, ôn a cru que des jeux de celte sorte étaient limités à la période des amours, et qu’ils étaient, partant, rapproehables dans une certaine mesure de ces parures de noces, de ces moyens de plaire que les mâles recherchent particulièrement à cette époque. Mais M. Fisher observe fort justement que si, autrefois, il est possible que la danse des albatros ait été, en effet, un fait nuptial, limité à une période de l’année, depuis, .longtemps elle a perdu ce caractère et que « ces gambades se font quotidiennement pendant toute la durée des dix mois de séjour à terre ». Même la nuit, par leclair de lune, M. Fisher, visitant une colonie d’albatros, a pu les voir poursuivant avec ardeur l’étrange exercice, qui est peut-être pour eux un jeu et un spectacle— si toutefois l’emploi de ces termes, qui représentent des modes bien définis de l’activité humaine, ne devait être tenu en suspicion
- Nos figures nous dispenseront d’une longue description, et nous résumerons brièvement celle du voyageur américain. La première ïigure de la danse, qui se fait par couples, est l’approche l’un vers l’autre de deux albatros, qui s'inclinent, profondément, puis tournent, l’un autour de l’autre, solennellement : ils croisent leurs becs, chacun aiguisant le sien sur celui du partenaire, puis, soudain, l’un des deux replie la tête sous son aile, tandis que l’autre, immobile comme une statue, regarde machinalement de côté et pousse un cri élevé. Alors le premier redresse la tète, l’élève en l’air, et s’allonge le plus qu’il peut dans le sens de la hauteur, vis-à-vis de son cavalier qui prend la même pose et continue sa chanson, à moins qu’il ne reste immobile dans sa pose première. Enfin, lorsqu’ils ont terminé cette dernière ligure, ils se saluent à nouveau comme au début, —et recommencent. Si tel est d’ailleurs le protocole ordinaire de la danse, il comporte beaucoup de variantes, et, parmi elles, les matelots de YAlbratross n’ont pas failli à reconnaître le « cake walk », célèbre à Paris deux hivers. Quelquefois trois danseurs participent au jeu, et non deux. D’ailleurs, dit M. Fisher, la courtoisie est toujours parfaite, jamais l’un des danseurs ne rom-
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- LA NATURE.
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- paat avant la fin, et ne manquant à la bonne tenue.
- Parfois même, une gracieuse figure supplémentaire s’adjoint à celles que nous venons de décrire. L’un des oiseaux, sans arrêter son pas, cueille d’un mouvement vif une brindille d’herbe sur le sol, et la présente à son vis-à-vis. Mais celui-ci n’a garde d’accepter le présent, comme s’il craignait de manquer aux règles; il se contente de rendre politesse pour politesse et brindille pour brindille. Ils mettent à leur jeu, dit l’auteur, autant de sérieux que des acteurs ou que si toute leur vie en dépendait.
- Mais qui sait, après tout, si dans quelque mesure, elle n’en dépend pas? On est accoutumé, dans nos sociétés, de considérer les arts et le jeu comme des
- fonctions nécessaires à la bonne harmonie sociale, soit qu’ils fournissent un dérivatif et un exercice à des activités inemployées, et qui risqueraient de s’annihiler dans le farniente, soit qu’ils distraient des soucis de la lutte quotidienne pour la nourriture. Ne serait-il pas curieux que déjà, dans les sociétés d’oiseaux, on trouve un ancien instinct, d’abord seulement en rapport avec le temps des noces, assez dérivé de sa source pour servir uniquement, à la consolation et au plaisir, comme si ces animaux étaient déjà assez pessimistes pour vouloir oublier la vie, et cette observation nç jette-t-elle pas quelque lumière sur l’origine des arts?
- François ou Caritène.
- LA RÉPRESSION DE L’ALCOOLISME EN FRANCE
- Le tléau de Yalcoolisme auquel la France est de plus en plus livrée, — par toutes sortes de conjonctures matérielles et morales (immorales plutôt) qu’il nous est interdit d’exposer et d’interpréter ici, — a fini par prendre une extension telle, qu’il autorise à envisager, si on ne l’enraye, la rapide et complète dégénérescence de la population et de la race française tout entière. Ces termes sont vifs mais, si mauvais qu’il puisse être de dire la vérité, il est permis d’affirmer leur exactitude.
- Aussi ne peut-on qu’applaudir à la circulaire du Ministère de l’Intérieur en date du 16 mars 1907 adressée aux préfets et relative à l’application de la loi du 25 janvier 1873 et de l’article 9 de la loi du 17 juillet L880, en vue de combattre l’alcoolisme.
- Comme il s’agit, dans cette lutte contre noire plus ijrand nvil national, de la sauvegarde et de l’avenir de notre patrie elle-même, comme la France est le pays du inonde où la consommation de l’alcool est la plus considérable, il ne paraît pas inutile de reproduire les principales dispositions de ladite circulaire en l’extrayant des colonnes insufisamment lues du Journal officiel lui-même.
- « L’abus des boissons alcooliques préoccupe de plus en plus l’opinion. Le Gouvernement a pensé qu’en attendant le vote de nouvelles mesures il lui appartenait au moins de-prescrire l’exécution rigoureuse deslois existantes.
- « La loi du 23 janvier 1875 punit l’ivresse manifeste. Il importe que son application soit continue et sans défaillance.
- « Vous voudrez bien inviter les maires, les commissaires de police, la gendarmerie et les gardes champêtres à mieux assurer l’exécution de la loi.
- « Des procès-verbaux doivent être dressés contre tous ceux qui seront trouvés en état d’ivresse manifeste dans les rues, chemins, places, cafés, cabarets et autres lieux publics.
- « En ce qui concerne les tenanciers d’établissements où se débitent des boissons, la loi punit, suivant l’article 4, les cafetiers, cabaretiers et autres débitants de boissons qui auront donné à boire à des gens manifestement ivres, ou qui les auront reçus, ou encore qui auront servi des liqueurs alcooliques à des mineurs âgés de moins de seize ans.
- « L’attention des agents chargés de l’txécution de la loi contre l’ivresse publique doit être tout spécialement appelée sur cette prohibition, il importe, au plus haut point, qu’ils s’assurent que des jeunes mineurs ne consom-
- ment pas de (( liqueurs alcooliques » et, par-dessus tout, des « apéritifs )) dont la toxicité est si redoutable, principalement pour des'enfants. * :
- , (( L’arlicje 9 de la loi du 17 juillet 1880 est ainsi concu :
- « Les maires pourront, les. conseillers municipaux entendus, prendre des arrêtés pour déterminer, sans préjudice des droits acquis, les distances auxquelles les cafés ou débits de boissons ne pourront être établis autour des édifices consacrés à un culte quelconque, des cimetières, des hospices, des écoles primaires, collèges ou autres établissements d’instruction publique. *
- « 11 est regrettable que les minicipalités soient demeurées en aussi grand nombre indifférentes au vœu de la loi, et qu’elles n’aient pas usé jusqu’ici d’une faculté qui pouvait produire des résultats très appréciables.
- « J’ai constaté, en effet, d’après les résultats de l’enquête ouverte en 1904, que, dans près de la moitié des départements, aucun arrêté n’était intervenu pour appliquer l’article 9 de la loi de 1880, et que, dans les autres, le nombre des localités assujetties n’atteignait guère plus de mille.
- « Vous voudrez bien, pour vaincre Y inertie des municipalités, provoquer de tous les conseils municipaux de votre département, lors de leur prochaine session, une délibération relative à l’application dudit article, en les invitant à se prononcer pour l’affirmative ou, s’ils ne croyaient pas devoir s’y résoudre, à exposer d’une manière tout à fait explicite les motifs pour lesquels ils estiment qu’il n’y a pas lieu d’user de la faculté prévue par la loi. ))
- L’inertie des municipalités (la circulaire n’a pas craint de prononcer le mot) tel est bien l’obstacle universel à l’exécution des plus saines et des plus patriotiques mesures, qu’il s’agisse des prescriptions contre l’alcoolisme ou de la loi sur l’hygiène publique du 15 février 1902.
- Mais cet obstacle n’est pas le seul : il y en a un autre, auquel un document officiel ne peut même pas faire allusion, c’est le conflit perpétuel entre l’intérêt privé (qu’il soit pécuniaire, honorifique ou électoral) et l’intérêt public. Tant que le sentiment bien compris de ce dernier ne rendra pas sur notre sol la prééminence au bienfaisant régime de solidarité nationale, qui fait la prospérité d’autres pays étrangers, nos lois resteront vaines, et les labeurs de nos désintéressés savants demeureront pratiquement stériles pour la force et la grandeur de la France. • Dr Ouadé.
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- LA DÉCOUVERTE DU PÉTROLE EN ALGÉRIE
- Notre Algérie ne possède aucun combustible, c’est admis. Du moins, les recherches de houille et d’anthracite n’ont-elles donné jusqu’à présent que des résultats purement négatifs.
- On a bien signalé en Tunisie quelques gisemenls de lignite; aucun d’eux ne paraît important. Ils sont mal connus, c’est vrai, et peut-être y a-t-il à espérer quelque chose de ce côté. Restent les forêts ! Mais, outre qu’elles seraient loin de suffire aux besoins, le remède serait pire que le mal.
- Cependant il existe dans la province d’Oran quelques traces de pétrole dont la découverte remonte à 1871.
- A ce moment la dernière grande insurrection arabe venait d’être réprimée ; Tordre renaissait en Algérie; il était permis d’espérer beaucoup de la colonisation.
- La métropole désirait mettre en valeur sa magnifique colonie. Tout près d’Oran, dans la baie d’Arzeu, en face de Mostaganem, on remarquait, de temps à autre, et surtout après les tempêtes, après les dépressions barométriques, des dégagements de gaz, des bouillonnements, puis la mer semblait irisée, nacrée ; sur les bords, les roches, les algues étaienthuileuses.
- On n’y prêta guère attention tout d’abord. Les rares pêcheurs espagnols qui vivaient misérablement dans ces parages attribuaient ce phénomène à la décomposition des poissons qui s’échouaient.
- Cependant, et depuis bien plus longtemps, à 40 km. de là à vol d’oiseau, les Arabes utilisaient une eau noirâtre et graisseuse provenant du ravin d’Aïn-Zeft (la source Noire), situé dans le massif du Dahra sur la rive droite du Chéliff. Ils recueillaient l’eau et la matière noire qu’elle entraînait; c’était du goudron bitumineux. Mélangé à de la glaise, il formait d’excellents emplâtres pour les blessures.
- A quelques kilomètres en amont du ravin d’Aïn-Zeft est le gué où l’on peut en basses eaux traverser le Chéliff. C'est la route arabe de Mostaganem à la Ddidiouia (Saint-Aimé). C’est là qu’est le passeur... et l’origine de la découverte du pétrole.
- Ce passeur, un indigène, fut obligé de faire réparer sa barque. Pour cela il alla chercher à Mostaganem un calfat nommé Domingo Gonzalvès et convint avec lui qu’il lui fournirait le goudron et le bitume nécéssaires à la réparation. C’est ainsi qu’il le conduisit à Aïn-Zeft.
- Domingo, plus intelligent que l’Arabe, demanda d’où provenaient bitume et goudron, emporta des
- échantillons et, de retour à Mostaganem, apprit la valeur de sa découverte. Du coup, le paradis de Mahomet s’offrit à ses yeux éblouis. Avec ce qu’il put recueillir d’argent de ses amis, il se mit au travail et pensa qu’il suffirait de percer quelques galeries horizontales dans le liane du ravin pour recueillir le précieux liquide. Peine inutile, naturellement ; les galeries, percées dans les sables et l’argile, s’effondraient à mesure de leur avancement; mais elles -avaient cependant rencontré des suintements plus considérables, ou bien le dégagement des sables facilitait l’écoulement et l’on recueillait jusqu’à 10 litres par jour.
- L’éveil était donné; de petits syndicats, manquant tous de capitaux, furent formés et chacun ht creuser à la pioche, à la pelle, n’importe comment, excepté comme il le fallait, de petits trous dans l’espoir de recueillir l’huile en grattant la terre. Lt c’est ainsi que, toujours sans succès, on creusa des galeries, des tranchées profondes de quelques mètres, suivant des zones de suintement qu’on commençait à connaître, à Port-aux-Poules, à Sidi-Brahim, à Aïn-Zeft et sur l’oued Tharia (tig. I).
- Des permis de recherches furent accordés par le gouvernement et, en 1805, une Société, anglaise naturellement, assez puissante groupait les Syndicats, se substituait à eux et commençait des travaux sérieux sur les indications des professeurs Boverton Redvood et W. Topley. Nous y reviendrons. C’est à ce moment que la commune de Relizane, sur la rive droite du Chéliff, faisait exécuter des travaux considérables pour amener par une conduite l’eau potable provenant du ravin de Tiliouanet.
- Un garde, M. Calmetles, fut nommé pour surveiller la prise d’eau à la source, les bassins et faire respecter la conduite. Il était naturellement obligé d’habiter le village arabe de Tiliouanet. C’est là que, dans les veillées d’hiver, il causa avec plusieurs indigènes, qui lui racontèrent que, de temps en temps, suivant leurs besoins, ils allaient chercher, dans de petits ravins des environs et surtout dans le ravin M’Djila, de l’huile qui brûlait très bien dans leurs lampes primitives et qui leur servait aussi pour guérir les blessures.
- L’Arabe est plus observateur que le Français ; le Français plus spéculateur que l’Arabe. Calmetles était déjà au courant des recherches d’Aïn-Zeft; il se fit montrer le ruisseau aux suintements, fit plus intelligemment que les Arabes un trou plus grand et mieux conditionné; aussi recueillit-il plus d’huile.
- Fig. 1. — Carie de la région pétrolifère algérienne.
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- Klle brûlait fort bien; il vint au bureau des mines d’Oran faire valoir ses droits d’inventeur et demander des permis de recherches. Puis il creusa à la main quelques puisards de 4 à 5 m., et partout trouva de l’argile huileuse et môme de l’huile de pétrole. Alors, avec cinq de ses amis, Cal-mettes forma un premier Syndicat, qui acheta ou loua le plus de terrain possible et se renseigna sur tous les endroits où les Arabes avaient constaté des suintements. Le ravin M’Sila, près de l’oued Mina, fut indiqué. On y creusa 6 puits de 4 à K)m. qui, presque tous, donnèrent des suintements fort encourageants.
- L’un d’eux meme se remplit d’huile épaisse.
- Mais les capitaux engagés étaient
- Le « Pétrole Français » employait un appareil Raki mû à main d’homme, appareil nullement approprié à ce genre de recherches.
- Dans ces conditions, il était impossible de réussir. Pendant ce temps, on travaillait mieux à Aïn-Zeft. On
- Forage pélrolifère.
- foraitun puits qui, à 75m.,donnades quantités notables de pétrole; on en poursuivit un autre jusqu’à 410 m., qui a traversé plusieurs petits niveaux pétrolifères et qui n’est pas encore arrivé au vrai niveau. Cependant, à 405 m., il a rencontré une nappe d'huile qui, de suite, s’est éle-
- Fig. 5. — Derrick.
- trop faibles, les moyens trop primitifs, la direction technique absolument nulle. A bout de ressources, le Syndicat tenta inutilement de trouver des capitaux à Relizane. Il refusa de fusionner avec la Société anglaise d’Aïn-Zeft et,découragé,réussitenfin à vendre ses parts à une Société lyonnaise qui, par des travaux inutiles ou mal dirigés, dépensa sans profit une grosse somme. La fièvre de l’huile commençait! La Société française des pétroles de Relizane, le « Pétrole Français », la Société civile oranaise, la Société Paul Paix et Tassart, se fondèrent coup sur coup et forèrent chacun un puits placé au hasard. Toutes, sauf une qui possédait un chef sondeur hors ligne, étaient dépourvues de direction technique et toutes avaient un matériel de sondage insuffisant ne pouvant dépasser 500 m. (fig. 5 et 4).
- vée dans le tube de sondage jusqu’à 50 m. delà surface, soit d’une hauteur de 555 m. On installa des réservoirs, une petite chaudière (fig. 2), car l’huile recueillie était très riche en vaseline et paraffine.
- Repris actuellement, le puits de 410 m. ne semble pas près de s’épuiser. C’est le manque de ressources qui empêcha sa continuation, ainsi que le forage
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- LA NATURE.
- des autres. La Société concessionnaire d’Aïn-Zeft a reconstruit l’ancienne distillerie de Saint-Aimé; c’est de là qu’elle extrait maintenant de l’huile recueillie les hydro-carbures solides, qui naturellement sont en abondance, car on n’a effleuré que la partie supérieure de la nappe pétrolifère.
- Il rie faut pas oublier que les pétroles de provenance Américaine ou Russe ont à payer à l’entrée en Algérie un droit de douane de 18 francs par 100 kg et 9 francs au tarif minimum, et que, de plus, ils ont à acquitter un droit dénommé octroi de mer de 5 francs : ce qui porte à 23 francs par 100 kg ou 14 francs, au tarif minimum, le total des droits.
- Quant aux paraffines et vaselines, qui n’ont pas d’écoulement possible en Algérie, elles peuvent être expédiées en France où elles bénéficieront de 35 et 32 francs les 100 kg et de 30 et 28 francs au tarif minimum sur les produits étrangers de même nature.
- Lorsqu’à la fin du siècle dernier (ce n’est pas encore loin de nous) nous avons été amené à étudier ces gisements, lorsque nous avons parcouru des contrées mamelonnées, désertiques, sableuses et
- argileuses (fig. 2 et 4) nous avons été frappé de la similitude des horizons pétrolifères de ces ravins de l’époque miocène aux parois éboulées, avec leurs similaires de Galicie et de Roumanie. A Aïn-Zefl surtout, nous avons constaté cette association ternaire si remarquable du sel, du gypse et du pétrole. Elle y est très développée. A 240 m. d’altitude dans la montagne, on ramasse des crabes habitant des mares saumâtres formées par l’eau pluviale au milieu des dépressions.
- Les sourires discrets, supérieurs, incrédules nous accueillirent à notre retour, mais l’événement commence à nous donner raison. 11 n’empêche que, si le Dahra algérien était en Pennsylvanie, il serait peut-être à l’heure actuelle couvert de derricks.
- Les ingénieurs, les géologues qui ont visité ce pays sont tous d’accord avec nous sur la présence de l’huile. Il paraît bien y avoir du pétrole en Algérie, seulement il se trouve à 600 m. au moins de profondeur. On ira sans doute l’y chercher un jour et l’on ne saura plus alors que c’est à un simple calfat de Mostaganem et à un garde des eaux qu’on doit sa découverte. M. Lecomte-Denis.
- LES AURORES BORÉALES
- M. P. Villard a donné dernièrement, dans la Revue le Radium1, une théorie des Aurores Boréales, dont l’exposition très succincte, et ramenée à ses traits les plus compréhensibles pour les lecteurs non familiarisés avec les théories électriques modernes, pourra présenter quelque intérêt.
- Les caractères les plus marquants de l’aurore boréale sont, d’après M. Villard, les suivants : l’aurore affecte généralement une forme en éventail, dont les branches lumineuses, semblables à des faisceaux de projecteurs, convergent vers le pôle magnétique, mais sans arriver jusqu’à lui et en s’arrêtant sur un « arc auroral », dont l’intérieur est sombre (fig. 1). La base de chaque traînée lumineuse sur cet arc présente un renforcement notable. Par instants, des mouvements se produisent dans l’aurore; les rayons se déplacent le long de 1’ « arc auroral », comme si l’ensemble tournait, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, autour de l’axe magnétique du globe.
- Depuis longtemps, M. Arrhénius avait émis l’hypothèse que les aurores boréales sont dues à des rayons cathodiques émanés du soleil : ce qui revenait à les considérer comme des décharges électriques dans un gaz raréfié. M. Villard, en étudiant les rayons cathodiques dans le champ magnétique, comme l’avaient fait avant lui Plücker et Hittorff, a été amené à préciser la cause probable du phénomène et surtout à le reproduire expérimentalement en lui attribuant une origine terrestre.
- Mais, pour expliquer son hypothèse, il est nécessaire de rappeler quelques notions préliminaires.
- Un rayon cathodique est, comme on le sait, la trajectoire d’une « particule » électrisée, d’un « corpuscule », dont la charge, toujours négative, est celle de 1 atome d’hydrogène électrolytique, mais d’une masse deux mille fois moindre. Ces corpuscules ne peuvent guère être
- 1 Masson et Cio, éditeurs, avril 1906 et janvier 1907.
- étudiés que dans des ampoules où l’on a réalisé un vide très avancé pour supprimer tout obstacle au mouvement et avec des différences de potentiel de quelques milliers de volts au moins. Les vitesses atteintes peuvent dépasser le tiers de la vitesse de la lumière. Par une sorte de paradoxe, l’atome de fluide électrique ou électron, du fait même qu’il est uae charge, possède une inertie, représente une véritable masse, mais une masse bien spéciale qui augmente avec la vitesse jusqu’à devenir infinie pour la vitesse de la lumière ; et l’on a été conduit à admetlre que les corpuscules, tout en étant de nature purement électrique, pouvaient néanmoins englober de la matière ordinaire : celle-ci étant un assemblage d’électrons, dont l’inertie serait de la self-induction et dont la masse varierait avec la vitesse jusqu’à devenir infinie-pour 500 000 km, en sorte qu’il serait théoriquement impossible de lancer un projectile avec la vitesse de la lumière. Ce rayon cathodique est équivalent à un courant et, comme tel, sensible à un champ magnétique.
- Ceci posé, M. Villard a étudié, d’abord, l’action d’un champ uniforme, puis d’un champ non uniforme, sur des rayons cathodiques. Dans le cas d’un champ uniforme, si le rayon incident est oblique au champ (cas le plus ordinaire), sa vitesse peut être résolue en deux composantes. L’une est normale aux lignes de force du champ; le mobile est soumis de ce chef à une force constamment perpendiculaire à sa vitesse et se déplace suivant une trajectoire plane avec une accélération constante : il décrit une circonférence parcourue d’un mouvement uniforme. L’intervention de la composante parallèle au champ amène un déplacement de cetle courbe plane proportionnellement au temps et transforme la circonférence en une hélice. Quand le champ n’est pas uniforme, les rayons s’enroulent encore suivant des courbes qui rappellent l’hélice, mais cet enroulement ne se fait
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- pas sur un tube de force. À chaque tour, la spirale ne se referme pas sur elle-même, il y a décalage et double enroulement: 1° autour du champ magnétique ; 2° autour de l'axe de ce champ. En même temps, se produisent, si le rayon est oblique au champ, des séries de rebroussements de la courbe hélicoïdale. Finalement la trajectoire obtenue, très compliquée, peut être assimilée à un long ressort en hélice qu’on reploierait en zigzag et qu’on poserait sur un baril de manière à en faire letour(fig. 3). Dans une ampoule un peu vaste, on observe aisément un nombre d’allers et de retours suffisant pour couvrir une surface faisant le tour complet de l’axe du champ; l’aspect est celui d’un baril lumineux, dont les douves, séparées à leurs extrémités, se croiseraient en leurs milieux.
- C’est ce dernier cas qui nous intéresse spécialement, car c’est celui qui reproduit les phénomènes de l’aurore boréale. Ainsi que le montre la figure schématique 2, on voit, sans entrer dans le détail, que la superposition partielle de l’aller et du retour de chaque fuseau (oblique au champ) donne, comme cela se produit dans l’aurore réelle, une augmentation d’intensité, représentée par des
- Fig. 1.--Aurore artificielle. Vue perspective à 45 degrés environ de l’axe du champ. (D’après M. 1*. Villard.)
- traits plus noirs, dans le voisinage de l’arc auroral, en même temps qu’une disposition en éventail au-dessus de chacun des deux pôles (moitiéde la figure). La figure 1, qui représente expérimentalement le phénomène dont la figure 2 donne le schéma, montre une aurore artificielle, en vue perspective à 45° environ de l’axe du champ. On obtient l’expérience dans un grand ballon placé entre les pôles d’un électro-aimant et dans lequel on produit des rayons cathodiques en un point dans une direction favorable, par exemple à travers une lame de mica percée d’une ouverture de 3 à 4 millimètres. Le vide est fait sur l’oxygène pur, dans lequel les rayons cathodiques sont extrêmement visibles et, comme cet oxygène s'épuise assez vite, on le renouvelle au moyen d’oxyde d’argent pur que l’on chauffe dans un petit tube annexe.
- En résumé, on peut supposer que l’aurore boréale est produite par des rayons cathodiques d’origine terrestre (et non solaires suivant l’hypothèse d’Arrhénius) influencés par le champ magnétique terrestre, dont l’intensité peut varier ainsi que la vitesse des rayons. Ces rayons pourraient peut-être provenir de cirrus à cristaux de glace électrisés négativement, que viendraient frapper, près des pôles terrestres, des particules d’origine solaire : ces
- cirrus, qui, en fait, accompagnent toujours l’aurore boréale, constituant ainsi de vastes cathodes secondaires. L’émission produite, normale à l’ellipsoïde terrestre,
- Ouest
- Est
- Fig. 2. — Figure schématique (planisphère) de l’enroulement cathodique auroral.
- serait oblique au champ magnétique comme le voulait la théorie précédente. Les rayons cathodiques, ainsi déterminés dans le champ magnétique terrestre, s’enroulent en une spirale repliée en zigzag de manière à former autour de la Terre une nappe de révolution, limitée au nord et au sud par deux parallèles magnétiques. L’aurore, dont la cause première est dans le rayonnement solaire, commencera dans l’hémisphère éclairé et s’avancera vers l’est en s’affaiblissant; en abordant l’hémisphère obscur, elle deviendra visible et le côté de cet hémisphère, pour lequel le soleil vient de se coucher, sera évidemment le lieu où l’on verra les fuseaux les plus brillants; en sorte que l’aurore boréale apparaîtra surtout aussitôt après le coucher du soleil. Enfin le phénomène expérimental est particulièrement saisissant si la source électrique est un alternateur présentant un peu de pompage, d’où résultent des variations périodiques de voltage qui modifient la vitesse cathodique et déterminent la rotation de l’aurore artificielle. Cette rotation ne serait donc qu’un phénomène de pompage naturel du champ terrestre ou du potentiel atmosphérique. L’autre hypothèse proposée de particules cathodiques directement émanées du soleil est peu probable. Elle nécessiterait, d’abord, que le champ magnétique solaire fût négligeable, sans quoi l’enroulement des rayons se ferait autour du soleil et ne pourrait arriver jusqu’à nous. La forte température du soleil ne rend pas toutefois impossible l’idée que ce champ magnétique solaire soit nul; mais l’entrée de ces rayons cathodiques dans le champ magnétique terrestre ne donnerait pas d’aurores visibles en dehors des pôles ; à l’équateur, on aurait des rayons retournés bien loin hors de notre atmosphère et invisibles, tandis que certaines aurores, comme celles de 1870, ont ai)rcs ' lllai,10 été vues à la fois sur toute la surface de la Terre.
- Au lieu de cirrus, on pourrait encore supposer des nuages de poussières cosmiques électriséés, ou des ondes hertziennes solaires déterminant, dans les couches supérieures de l’atmosphère, des décharges analogues à celles qu’on peut obtenir dans des ampoules sans électrodes. Cette partie de l’hypothèse peut être discutée. Mais, de toutes façons, l’aurore entière paraît extrêmement voisine de la Terre et, comme elle englobe le lieu d’émission des corpuscules cathodiques, celui-ci ne saurait être cosmique. A. Latour.,
- Fig. 3. — Calque d’une photographie de l’enroulement.
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- LA NATURE.
- LE CANAL DE MARSEILLE AU RHONE
- Marseille, un des ports des plus importants de la Méditerranée et des mieux aménagés au point de vue de l’outillage, n’est commercialement relié avec l’intérieur des terres que par l’unique grande ligne de chemin de fer se dirigeant vers Lyon et qui, malgré son exploitation très intensive, ne peut suffire à l’immense mouvement de ce port dont le tonnage annuel atteint actuellement près de 7 millions de tonnes. (La ligne de Marseille à Grenoble est en effet trop montagneuse pour servir à un réel trafic.) Cependant, à quelques kilomètres seulement, se trouve le Rhône, grande artère navigable qui, par son prolongement par la Saône et les nombreux canaux qui y aboutissent, pourrait mettre en relation la Provence avec le centre et le nord de la
- nationaux habilement combinés, ont détourné, au profit de Gênes, une partie du trafic de l’Europe centrale qui, antérieurement, se dirigeait vers Marseille. 11 est à craindre, si on n’y prend garde, que le percement du Simplon et du Lœtschberg ne vienne aggraver la situation. La construction d’un canal de Marseille au Rhône est donc pour Marseille une question vitale.
- Une objection sérieuse avait été faite à ce canal. Pourquoi, a-t-on dit, creuser un canal à grand tirant d’eau entre Marseille et le Rhône quand celui du Rhône, qui doit lui servir de débouché, ne permet pas la circulation des bateaux amenés par le canal? Ceci était vrai avant les travaux qui, depuis 1878, se poursuivent dans le Rhône entre Lyon et
- Fig. 1. — Les Martigues.
- France, aussi bien qu’avec les provinces de l’Est et les contrées voisines. Il était donc tout indiqué de relier Marseille avec cette voie navigable importante, en lui donnant ainsi un nouveau débouché ayant pour résultat de diminuer sensiblement le prix du fret et, par conséquent, d’étendre notablement son rayon d’action. Car il ne faut pas oublier que la prospérité d’un port se développe d’autant plus rapidement, qu’en outre des nombreuses lignes de chemins de fer qui y aboutissent, ce port est l’origine de voies navigables importantes. C’est, en grande partie, à ces heureuses conditions que les ports de Rotterdam, d’Anvers, de Rrême et de Hambourg doivent leur prospérité si florissante.
- Ce nouveau débouché du port de Marseille devient d’autant plus urgent que le port de Gênes est sur le point de lui contester le premier rang qu’il occupe aujourd’hui dans la Méditerranée. Si le débouché du port de Gênes est, surtout, limité aux provinces limitrophes du Piémont et de la Lombardie, il n’en est pas moins vrai que le percement du Mont-Cenis et du Gothard, ainsi que des tarifs inter-
- Vue prise de l’IIermitago.
- Arles. A cette époque, le tirant d’eau minimum à l’étiage était seulement de 40 cm. et le nombre de jours où il dépassait 1,60 m. n’était que de 165. Actuellement, le mouillage minimum est de 1,25 m. et le nombre de jours où il dépasse 1,60 m. est de 327 ; on voit donc que, grâce aux travaux si habilement dirigés par M. Girardon, la navigabilité du Rhône s’est notablement améliorée et, si elle est inférieure à celle du Rhin, elle est meilleure que celle de l’Elbe, de l’Oder et de la Yistule qui, cependant, donnent passage à un trafic important.
- L’idée d’une liaison, au moyen d’une voie navigable, du port de Marseille avec la grande artère fluviale voisine n’est pas nouvelle. Louis XII, en 1507, se préoccupait déjà de cette question.1 De 1802 à 1835, on exécuta la construction du canal d’Arles à Port-de-Bouc. Mais, malgré une dépense de 15 millions, par suite d’une section du canal trop faible pour recevoir les bateaux circulant sur le Rhône, ce travail n’a donné aucun résultat pratique et le trafic est toujours resté insignifiant.
- En 1865, pour éviter les bancs qui forment la
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- LA NATURE.
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- Fig. 2. — Port-de-ISouc.
- barre du Rhône à son embouchure dans la Méditerranée et que, par suite de travaux d’endiguement défectueusement étudiés, on n’a pu faire disparaître, on construisit, moyennant une dépense d’une vingtaine de millions, le canal maritime de Saint-Louis à la mer, travail terminé en 1870. Grâce à ce canal, les bateaux porteurs du Rhône et les chalands remorqués peuvent se rendre de Lyon à Marseille. Malheureusement, lorsque la mer est un peu agitée, dans le golfe de Foz, ce qui arrive assez fréquemment, la traversée du golfe devient impossible pour les bateaux plats et les chalands; aussi le trafic, passant par le canal maritime de Saint-Louis, est-il toujours resté faible.
- Le seul moyen d’obtenir des résultats satisfaisants et réellement pratiques était de relier directement par une grande artère navigable le port de Marseille avec le Rhône. Tel est le but du canal voté par les Chambres en 1905 et dont les travaux vont commencer. Un premier projet, présenté en 1893, reliait le port de Marseille au Rhône en prenant son point de soudure avec ce fleuve à Gras-Mort, en aval d’Arles. La largeur au plafond de la cunette du canal était de 46 m. entre Port-de-Rouc et le Rhône et de 50 m. entre Port-de-Rouc et Marseille; cette largeur permettait à deux bateaux porteurs du Rhône de 14 m. de largeur de se croiser. Quant au souterrain de Rove, de 7500 m. de longueur, et qui, parallè-
- Fig. 3. — Porl-de-Bouc.
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- lement au tunnel de la Nerthe, franchit le faîte qui sépare la Méditerranée de l’étang de Berre, on lui donnait une largeur de 22 m. et une hauteur de 16,20 m. Les écluses étaient projetées avec une largeur de 16 m., afin de permettre le passage des bateaux à aubes du Rhône de 1 4 m. de largeur. La dépense totale était estimée à 92 millions.
- Depuis l'étude, en 1893, de ce projet, des modifications profondes ont été apportées dans la batellerie du Rhône. En 1893, les transports sur le Rhône s'effectuaient uniquement, comme nous venons de le dire, au moyen de bateaux porteurs à aubes d’une largeur de 14 m. ; mais, vers 1896, ces bateaux ont commencé à être remplacés par des chalands de 8 m. de largeur traînés soit par des remorqueurs, soit par des toueurs. Aujourd’hui il n’existe plus sur le Rhône aucun des anciens bateaux
- permis de réduire à 71 millions les dépenses de construction du canal de Marseille au Rhône, dont la moitié est supportée par la Chambre de commerce de Marseille, avec l’aide du département des Bouches-du-Rhône et de la ville de Marseille. Le tirant d’eau du canal sera de 2 m. entre Arles et Port-de-Bouc et de 3 m. entre Port-de-Rouc et Marseille. ( V. fig. 1 à 3, d’après les photos Neurdein.)
- Comme le montre la carte ci-jointe, le canal, partant de Marseille, longe la côte devant le cap Janet et l’Estaque jusqu’à la pointe de la Lave, séparé de la mer par ime digue. 11 traverse, ensuite, le massif montagneux de Rove par un tunnel de 7,5 km. de longueur, en débouchant à Marignane dans l’étang de Rolmon. Ce tunnel, dont la dépense sera d’environ les 2/5 de celle de l’ensemble du canal, soit 29 millions, sera creusé, sur la plus
- lRSEILI.
- Fi«. 4. — Plan indiquant la direction du canal dans la partie avoisinant Marseille.
- porteurs. Cette diminution de largeur de la batellerie du Rhône permettait donc de réduire notablement les dimensions primitives adoptées dans le projet de 1893. Ainsi, on a pu réduire à 25 m. la largeur au plafond de la cunette. Le canal du Rhin à l’Elbe n’a qu’une largeur de 18 m. ; au canal maritime d’Amsterdam à la mer du Nord, cette largeur est de 25 m. ; au canal maritime de Kiel elle est de 22 m., ainsi qu’au canal de l’Elbe à la Trave. De même, pour le souterrain de Rove, la largeur a été réduite à 16 m. et sa hauteur à 10,20 m. Cette largeur permettra le passage facile non seulement des chalands actuels du Rhône de 8 m. de largeur, mais aussi de bateaux de 10, Il et 12 m. de large. Pour divers canaux importants actuellement à l’étude, en Autriche, la largeur des tunnels ne doit être que de 10,20 m. Quant aux écluses, leur largeur est réduite à 12 m., largement suffisante pour les chalands actuels du Rhône. Cette diminution importante de largeur des ouvrages a
- grande partie de sa longueur, dans les calcaires durs des étages jurassiques et crétacés. Le canal longe ensuite la côte sud de l’étang de Berre jusqu’à Martigues, puis le canal maritime de Martigues à Port-de-Bouc et, à partir de ce point, se dirige directement vers Arles en suivant l’ancien canal d’Arles à Port-de-Bouc. Sauf le point de soudure avec le Rhône qui, de Bras-Mort, a été reporté à Arles, après de longues discussions, le tracé en cours d’exécution ne diffère en rien de celui du projet de 1893 dont nous parlions plus haut.
- Nous ajouterons, pour terminer, que l’exécution du canal de Marseille au Rhône permettra le développement industriel et commercial de l’étang de Berre, aujourd’hui délaissé. Les marchandises arrivant à Marseille pourront alors, par un simple transbordement dans les chalands, arriver sur les bords de cet étang où pourront s’établir plus tard des usines qui, faute d’espace, ne peuvent être construitès à Marseille ou dans sa'banlieue. R. Bonnin.
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- LA NATURE.
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- UN CINÉMATOGRAPHE D’AMATEUR
- La cinématographie n’était point, jusqu’ici, h la portée des simples amateurs, â cause des frais considérables qu’elle entraîne et des difficultés pratiques que comporte un outillage compliqué et encombrant. Désormais, il n’en sera plus ainsi. Un appareil combiné et construit par M. Clermont-Huet pour le compte de la Société The animated pho-lograph, rend, en effet, la photographie animée réellement accessible à tous.
- Assurément, il n’est pas ici question de ces longues bandes pelliculaires si coûteuses, d’un maniement possible par les seuls professionnels, et mesurant vingt, trente, cinquante, cent mètres et davantage. Bien plus simplement, les épreuves cinématographiques, en nombre très réduit, mais cependant suffisant pour donner l’effet cherché, sont enregistrées sur une vitrose circulaire mesurant tout juste quelques centimètres de diamètre et dont le prix de revient est 5 peine supérieur à celui des plaques sensibles de dimensions correspondantes. .
- Deux instruments seulement sont nécessaires : l’un pour la prise des vues et l’autre pour , leur examen. Ce dernier, naturellement, variera suivant que l’on voudra faire un examen direct des clichés obtenus ou, au contraire, projeter ceux-ci sur un écran.
- Appareil pour la prise des vues. — Tl com-
- Fig. 2. — Appareil pour la projection (vue par sa lace avant).
- Fiir. 1. — Appareil pour la projection (vue du mécanisme).
- prend deux parties essentielles : un châssis à volet formant chambre noire pour l’exposition de la vitrose sensible et un appareil d’entraînement supportant l’objectif photographique.
- Le châssis, qui n’est pas la partie la moins originale de l’invention, est à volet métallique semblable à ceux couramment en usage, mais présentant en plus sur son fond, en un point convenablement repéré, une fenêtre de dimension correspondant exactement à celle des clichés à impressionner ; il supporte, en outre, un obturateur permettant de masquer ou de découvrir cette fenêtre, ainsi qu’une tubulure servant au montage du châssis sur l’appareil. De plus, le centre du châssis et son volet sont percés d’un trou destiné à recevoir un boulon dont la tige, ainsi que l’écrou qui vient se visser dessus, sont percés d’une ouverture quadrangulaire donnant exactement passage à l’arbre moteur de l’appareil d’entraînement. Quant à la vitrose introduite dans le châssis, elle est naturellement percée d’une ouverture destinée à donner passage à cet arbre moteur, tout en étant maintenue serrée fortement entre le boulon et son écrou, de façon à se trouver obligée de se déplacer circulairement sous l’entraînement de l’arbre moteur.
- La fenêtre pratiquée dans le fond du châssis est ouverte ou masquée au gré de l’opérateur par un volet semi-circulaire mobile maintenu à l’intérieur
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- LA NATURE.
- d’une petite boîte fixée sur la face externe du fond du châssis et se manœuvrant au moyen d’une bordure molletée dont les mouvements sont limités par une goupille d’arrêt.
- L’appareil d’entraînement est compris à l’intérieur d’une boîte dont l’un des corps supporte un panneau sur lequel sont montés les divers organes du système, soit un mécanisme d’horlogerie constituant l’élément moteur et un obturateur rotatif interposé entre le châssis et l’objectif placé à demeure sur la face extérieure de la boîte. Le fonctionnement de cet obturateur rotatif, dont le mouvement est continu et que constituent deux disques présentant chacun une échancrure et susceptibles d’occuper l’un par rapport à l’autre des positions réglables, est commandé par un dispositif assurant l’intermittence de la rotation de l’arbre destiné à entraîner la plaque à impressionner. Ce dernier dispositif est caractérisé par la combinaison :
- 1° d’une roue étoilée montée sur l’arbre qui porte la vitrose sensible; cette roue présente un nombre de branches justement égal à celui des clichés que l’on devra enregistrer;
- 2° d’un second arbre portant une goupille destinée à communiquer les déplacements angulaires de la roue étoilée en s’engageant entre les branches de celle-ci et une came dont l’objet est d’immobiliser cette dite roue, après chaque déplacement, en venant se loger dans une concavité présentée, à leur extrémité, par chaque branche de cette roue; 5° d’un barillet ou d’une roue dentée actionnée par un ressort d’horlogerie communiquant un mouvement de rotation continu à l’arbre supportant la vitrose ; 4° d’un arbre sur lequel est calé l’obturateur rotatif recevant son mouvement de l’arbre précédent par l’intermédiaire d’une roue d’engrenage.
- Un régulateur à force centrifuge présentant cette particularité essentielle que la pièce sur laquelle les leviers portant les masses viennent buter est conique et est susceptible d’être déplacé dans le sens de l’axe du régulateur, ce qui a pour effet de permettre de régler la vitesse de l’obturateur et, par suiLe, de régler le temps de pose.
- Enfin, le système est disposé de telle sorte que l’arrêt total est obtenu aussitôt que la roue étoilée, et par suite le disque de vitrose sensible, a accompli
- un tour complet et enregistré un nombre convenable de vues.
- L’usage de l’appareil est donc des plus simples. Après avoir chargé le châssis spécial dans la chambre noire, on l’introduit, la fenêtre étant masquée par son obturateur, dans l’appareil à prise de vues. Celui-ci étant placé sur son pied et le sujet à photographier ayant été repéré à l’aide du viseur de l’instrument, on règle la vitesse de marche et l’ouverture de l’obturateur, suivant l’intensité de la lumière. Cela fait, en tournant le bouton molleté disposé à cet effet, on tend le ressort moteur de l’appareil. Pour prendre la vue, il suffit alors d’appuyer sur le boulon de déclenchement du système. Par suite de la rotai ion de la roue étoilée, la vitrose est entraînée et ses diverses parties viennent successivement se présenter devant la fenêtre du châssis que l’on a pris soin de démasquer au préalable ; elles reçoivent les images recueillies par l’objectif.
- L’opération terminée, après avoir refermé la fenêtre du châssis, on enlève celui-ci, on rentre dans le cabinet noir, et, la vitrose enlevée, on la traite exactement comme n’importe quelle plaque sensible impressionnée.
- Pour obtenir l’épreuve positive devant servir à l’examen direct ou à la projectiôn, on introduit le négatif dans un châssis-presse présentant cette particularité d’avoir le centre de sa glace percé d’un trou de même diamètre que celui de la vitrose. Cette disposition permet de centrer exactement le cliché négatif et la vitrose non encore impressionnée que l’on place derrière lui. Cela fait, le châssis-presse est refermé et l’on expose le tout un temps convenable à la lumière. En développant cette seconde vitrose, on obtient directement le positif désiré.
- On voit que le système donne toute facilité pour prendre autant de vues différentes que l’on désire sans rentrer dans le cabinet noir. Il suffit pour cela d’emporter un nombre convenable de châssis chargés de vitroses sensibles.
- L'examen des positifs. —- Il se fait, avons-nous dit, à l’aide de divers appareils, suivant que l’on veut obtenir une projection sur un écran ou que l’on examine directement les épreuves enregistrées sur la vitrose.
- Pour la projection, M. Clermont-Huet a établi un
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- petit cinématographe spécial extrêmement simple, dont les organes mécaniques essentiels sont de tous points semblables à ceux de l’appareil pour la prise des vues.
- C e cinémato-graphe, qui n’exige point d’autre éclairage qu’une lampe à incandescence, est actionné soit par un ressort et un mouvement d’horlogerie, soit plus simplement à la main à l’aide d’une petite manivelle. Naturellement, ici, le système qui obligeait la roue étoilée, dans l’appareil pour la prise des vues, à s’arrêter une fois sa révolution accomplie, se trouve supprimé, ce qui permet aux images enregistrées sur la vitrose d’être successivement projetées un grand nombre de fois. Cette disposition a pour effet d’augmenter notablement l’illusion pour le spectateur qui éprouve une même impression que si le disque de vitrose portait un nombre considérable d’images.
- Pour l’examen direct des positifs, M. Clermont-lluet a imaginé un petit appareil comportant encore les mêmes dispositions générales. Mais, cette fois, au lieu de placer une source lumineuse avec un condensateur en arrière des images à examiner, et, en avant d’elles, un objectif à projection, il dispose simplement au-devant de la vitrose une loupe qui sert à regarder par transparence chaque image au moment de son passage devant la fenêtre de l'instrument. Ici encore, le mouvement du système moteur est assuré soit par un mouvement d’horlogerie, soit par une petite manivelle actionnée à la main.
- Ce dernier appareil pour l’examen direct comporte deux modèles différents :
- Le premier se présente sous les aspects d’une boîte renfermant tous les organes et que l’on doit tenir à la main.
- Le second, d’une disposition fort ingénieuse, con-
- siste en un cadre d’apparence semblable à tous ceux que l’on installe sur les tables, dans les appartements. 11 en diffère, cependant, par cette particularité que sur sa face postérieure, se trouve aménagée une boîte renfermant le mécanisme destiné à recevoir les clichés. Dans la bordure supérieure du cadre, enfin, se trouve installée la loupe nécessaire à l’examen.
- Ici, encore, l’entraînement du cliché cinématographique est assuré par un mouvement d’horlogerie dont la mise en marche s’opère en appuyant sur un bouton de déclenchement, ou par une manivelle directement actionnée à la main.
- Un des points curieux de ce dernier dispositif, c’est qu’il permet, en quelque sorte, d’animer instantanément un portrait.
- Pour obtenir une telle illusion, il suffit que dans le cadre l’on ait introduit, suivant l’usage courant, la photographie de la personne dont le portrait cinématographique se trouve enfermé dans la boîte disposée sur la face arrière de l’appareil.
- Lorsque l’on met le système en mouvement, si l’on regarde par la loupe de visée, l’on voit tout à coup prendre toutes les apparences de la vie au portrait que l’on contemplait immobile un instant auparavant.
- Les divers appareils, comme l’on voit, sont extrêmement simples et très robustes.
- D’un fonctionnement sûr et aisé, ils permettent d’effectuer en un instant les changements des vitroses, c’est-à-dire d’examiner des sujets nouveaux et méritent à juste titre d’êlre considérés comme une vulgarisation pratique de la cinématographie.
- Dr G. Vrroux.
- Fig. 5. — Buste d’examen et cadre à manivelle pour l’examen des positif s cinématographiques.
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- LES PRÉTENDUS CAOUTCHOUCS DES LORANTHACÉES
- Jusqu’à présent, lu production du caoutchouc semblait être l’apanage d’un nombre restreint de familles végétales : Euphorbiacées, Arlocarpées, Apocynëes, Ascle-piadées; à diverses reprises, des plantes plus ou moins éloignées de ces groupes ont été signalées comme donnant des gommes élastiques assez analogues à la précieuse substance ; mais la pratique a montré que ce n’étaient que de mauvais succédanés presque sans valeur et ne présentant qu’un intérêt fort secondaire; leur notoriété passagère n’a pas résisté à l’épreuve décisive de l’industrie.
- Cette fois encore, on mène grand bruit depuis quelques mois autour de certaines Loranlhacées qui fourniraient un caoutchouc très acceptable et croîtraient en abondance au Venezuela et dans les régions chaudes du Brésil; la matière première est constituée ici, non plus par un latex s’écoulant d’éléments sécréteurs répandus dans les divers organes du végétal, mais par la pulpe même des fruits très riche en substance élastique; étant données l’abondance de cette matière première et la facilité de la récolte, les frais d’extraction semblent devoir laisser un fort beau bénéfice.
- Cette découverte, au premier abord fort séduisante, perd de son importance, si l’on analyse les éléments d’appréciation réunis aujourd’hui sur la question.
- C’est le professeur Warburg, de Berlin, qui le premier appela l’attention sur ces curieuses plantes caoutchouti-fères, par un mémoire publié en 1905 dans le Tropenp-flanzer; deux espèces y sont mises en lumière : ce sont des végétaux parasites à la façon du gui, dont l’un, le Strulanlhus syringfoliusi, donne des baies ovoïdes de 15 mm. de loug sur 8 mm. de diamètre et l’autre, le Phthirusa theobroniæ, possède des fruits notablement plus petits, mais semble être beaucoup plus abondant. M. Labroy, chef des serres du Muséum, ayant eu connaissance du travail précédent, put observer, pendant son séjour à Manaos, où il était en mission, trois sortes de Loranlhacées dont les fruits lui parurent renfermer du caoutchouc ; il en a donné la description complète dans le Journal d’Agriculture tropicale 1, mais sans pousser jusqu’à l’identification spécifique et a relevé avec soin les principaux hôtes qui portaient ces parasites.
- Que ces diverses plantes contiennent une substance élastique plus ou moins voisine de la Viscine de nos guis, cela ne semble point douteux ; mais il paraît moins certain qu’on se trouve en présence de véritable caoutchouc, doué de ténacité et l’on peut tenir pour suspecte l’origine botanique des caoutchoucs vendus sur le marché de Hambourg, à 7 ou 8 marks le kg. que l’on a dit provenir du Strulanlhus vénézuélien. Les échantillons de fruits parvenus récemment au Muséum sont entourés d’une
- pulpe présentant à peu près la consistance de la cire molle, se laissant étirer, mais sans fournir de filaments nerveux et rétractiles comme ceux qu’on obtient en brisant l’écorce d’une liane à caoutchouc ; par une traction très modérée on obtient vite la rupture de cette substance plastique, avec une déformation permanente; la présence du caoutchouc dans le péricarpe des Strulanlhus paraît donc déjà douteuse.
- Admettons cependant que la substance élastique se soit altérée pendant le voyage et que la pulpe renferme à l’étal frais du caoutchouc ; si nous nous rapportons aux dires de M. lioversi, colon vénézuélien, un des protagonistes du nouveau produit, le caoutchouc de Strulanlhus aurait une fâcheuse tendance à tourner rapidement au gras; quant aux enquêtes de M. Labroy sur les espèces qu’il a pu observer, elles sont moins optimistes et de beaucoup.
- Supposons toutefois qu’il s’agisse même d’assez bon caoutchouc; la question n’est point encore dépourvue de difficultés; il reste à trouver un procédé pratique d’extraction; les fruits sont traités actuellement après dessiccation ; or, cette opération préliminaire doit être opérée sur le lieu même de la récolte et exige deux mois en plein soleil; c’est un obstacle sérieux, à l’installation d’une vaste exploitation.
- Enfin, si d’un trait de plume nous supposons résolu le problème de l’extraction, il est indéniable, et tous ceux qui se sont occupés de la question sont de cet avis, que la matière première, malgré son abondance, serait vite épuisée et qu’il faudrait recourir à la culture méthodique pour faire vivre l’exploitation ; or la culture d’une plante parasite est chose bien aléatoire, pour escompter des résultats positifs.
- L’introduction de ces parasites dans des contrées nouvelles, que certains ont immédiatement préconisée, peut d’ailleurs constituer un réel danger; car leurs hôtes préférés sont les cacaoyers, les caféiers, les manguiers, orangers et autres plantes utiles qui résistent moins que les essences sauvages et sont voués à un dépérissement rapide, sinon à une mort certaine à brève échéance.
- II est donc bien imprudent d’introduire ces Loranlhacées dans les colonies allemandes, comme certaines compagnies en manifestent l’intention, et il est à souhaiter qu’on en préserve à jamais les possessions françaises.
- En résumé donc, même avec une large part d’optimisme, il convient de n’accueillir qu’avec réserve la nouvelle découverte et de n’en point espérer des merveilles; parmi les classiques producteurs du caoutchouc, beaucoup sont encore plus intéressants ! Marcel Dubard,
- Maître de conférences à la Sorbonne.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 avril 1907. —
- Gëographiebolanique. —M.le Prince Roland Bonaparte dépose une Note de géographie botanique relative à la répartition suivant les altitudes d’une plante très répandue, Yarnica montana.
- Ampoule de Crookes réglable. — M. d’Arsonval décrit un système d’ampoule de Crookes dans lequel on peut régler à volonté le degré du vide à l’intérieur de l’ampoule. Cet appareil utilise la propriété que possède l’aluminium de
- 1 Yoy. n° 59, mai 1906.
- Présidence de M. Chauveau.
- condenser de l’hydrogène ou de dégager de l’hydrogène selon qu’on le met en relation avec la cathode ou avec l’anode. Une tubulure latérale renferme un tube d’aluminium soigneusement scellé dans la paroi de verre cl pouvant à volonté être mis en rapport avec l’une où l’autre des électrodes. Dans ces conditions il est aisé dé concevoir qu’à l’aide de l’émission ou l’absorption d’hydrogène, produite à volonté dans le tube, on y fait varier la pression. On peut dès lors régler le fonctionnement du
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- lulje de manière à donner aux rayons X la force de pénétration désirée. L’appareil est dù à M. Berlemont.
- Exploration géologique du Sahara. — M. de Lappa-rent présente une Note de M. Chudcau qui vient d’accomplir à travers le Soudan une exploration géologique portant sur un parcours de plus de 6000 kilomètres. L’auteur a observé que des dépôts tertiaires d’àge lutétien s’étendent entre Je Niger et le lac Tchad. 11 ajoute que ces dépôts se poursuivent au Nord, jusqu’à 75 kilomètres au delà d’Agadès, ce qui, joint aux affinités de la faune, laisse présumer une jonction directe avec la Tunisie.
- Contribution à l'élude de l'anthracnose pulmonaire. — M. Chauveau fait connaître que MM. Calmette, Yan-steenberghe et Grysez ont introduit diverses fines particules colorées dans l’intestin de divers animaux. 11 ne leur a pas été donné de voir ces particules pénétrer à travers l’intestin et les ganglions mésentériques. Par conséquent, il ne leur paraît pas possible que les particules solides qui causent l’anthracnose pulmonaire pénètrent dans l’organisme par l’appareil digestif pour gagner ensuite le canal thoracique et le torrent sanguin. A l’appui de leur assertion ils ajoutent qu’ils ont observé, dans un grand nombre d’expériences nouvelles faites sur le lapin, le cobaye et le chien, que les parcelles d’encre de Chine, injectées dans la veine jugulaire, s’arrêtent en
- [ très petit nombre au poumon et qu’on en trouve un grand nombre dans les cellules endothéliales des vaisseaux dans le foie, la rate et dans la moelle osseuse.
- Le rôle de l'intestin dans l'affection tuberculeuse. — M. Chauveau remarque que depuis qu’il a démontré l’importance du rôle que remplit dans la production de la tuberculose pulmonaire le tube digestif, considéré comme voie de pénétration du virus infectant, la question est revenue plusieurs fois à l’ordre du jour, et récemment devant l’Académie des sciences. La qualité d’initiateur n’a pas été contestée à M. Chauveau; mais quelques-uns des faits et des principes les plus importants qu’il a signalés paraissent perdus de vus. En prévision de la discussion qui va s’ouvrir sur cette question au Congrès international d’hygiène, M. Chauveau croit devoir citer les textes qui établissent les acquisitions dues à ses travaux personnels. D’après ces textes il s'agit bien d’expériences d’infection par la voie digestive réalisées de 1868 à 1874 et ayant donné les premiers exemples de tuberculose expérimentale du poumon et des glanglions bronchiques et médiastinaux, sans trace aucune de lésions à la porte d’enlrée du virus, dans aucune partie du tube digestif.
- Élection. — M. Aimé Witz, de Lille, est élu correspondant de la section de mécanique. Cn. de Yili.edeul.
- GÉNÉRATEUR A GAZ PAUVRE POUR AUTOMOBILES
- S’il n’est pas encore possible, actuellement, d’actionner une voilure automobile de ville ou de tourisme au gaz pauvre, on peut cependant envisager, dores et déjà, l’entrée en service de ces gazogènes sur es canots, les camions et môme sur les voitures de livraison.
- Nous avons vu, en elïet, au dernier Salon, un nouvel appareil producteur de gaz pauvre branché sur l’admission d’un moteur à essence ordinaire Panhard et Levassor, de 15 chevaux; la puissance de ce moteur cn lut diminuée, mais dans une proportion telle qu’il est impossible de ne pas admettre un réel progrès dans la production du gaz actif.
- Je rappelle, pour mémoire que les moteurs à gaz pauvre sont alimentés par un gazogène dans lequel on fait arriver de l’air ordinaire et de la vapeur d’eau ; le mélange passe dans un foyer et on obtient, après lavage, un mélange plus ou moins riche en oxyde de carbone. Les premiers de ces gazogènes recevaient uniquement de l’air ordinaire dont les 20 pour 100 d’oxygène se transformaient en oxyde de carbone et acide carbonique après leur passage sur les charbons du foyer; le mélange tonnant absorbé par le moteur était donc réellement très pauvre en oxyde de carbone. Pour augmenter la teneur en oxyde de carbone on imagina ensuite d’ajouter à l’air ordinaire de la vapeur d’eau. Les constructeurs sont parvenus ainsi, en employant différents dispositifs, à constituer un mélange renfermant 40 pour 100 d’oxyde de carbone. Sur ce principe est basée la construction de divers moteurs industriels qui rendent beaucoup de services tout en demeurant très économiques. Dans plusieurs ma-
- rines on étudie môme très sérieusement celle question du gaz pauvre pour les navires.
- Que manque-t-il au gaz pauvre pour en faire un gaz plus riche? une plus grande proportion d’oxygène dans le mélange d’air et de vapeur d’eau. Il paraît logique de constituer un mélange d’air et d’eau dans lequel la proportion liquide sera aussi considérable que possible ; mais une limite s’impose, car si l’on introduit dans le foyer du générateur une trop grande quantité de vapeur d’eau le passage de cette vapeur détermine un abaissement de température considérable et la décomposition de la vapeur d’eau est incomplète, on se trouve donc cn présence de deux faits incompatibles et le gaz obtenu est demeuré, jusqu’ici, assez pauvre pour mériter ce qualificatif humiliant.
- M. Bardot a imaginé un nouveau disposifde gazogène qui permet de porter à 50 pour 100 la teneur en oxyde de carbone du mélange aspiré par le moteur. L’organe principal de l’appareil est le diffuseur D dans lequel le brassage de l’air et de l’eau s’effectue avant de pénétrer dans le foyer. L’air atmosphérique est aspiré par le moteur et l’eau tombe par gouttes sur des rondelles métalliques, percées de trous, dans lesquelles elle se divise d’abord en gouttelettes extrêmement fines comme les gouttelettes d’essence dans un carburateur ordinaire. Cette première étape franchie, le mélange se présente déjà sous la forme d’un brouillard dans une chambre annulaire entourant la partie supérieure du foyer et où les gouttelettes se transforment aussitôt en vapeur. De là elle pénètre dans une autre chambre annulaire inférieure, plus rap-
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- prochée du loyer, où elle se surchauffe et peut ensuite traverser le foyer de bas en haut sans abaisser la température de plus de 200°.
- La décomposition de l’oxygène de l’air donne de l’acide carbonique et de l’oxyde de carbone; de plus, si la température le permet, l’acide carbonique se transforme en augmentant la teneur du mélange en oxyde de carbone. Celle de la vapeur d’eau donne, avec ses 55 pour 100 d’oxygène de l’acide carbonique et de l’oxyde de carbone en parties égales; les 66 pour 100 d’hydrogène donnent encore naissance à des hydrocarbures qui enrichissent d’autant le gaz; il reste néanmoins une certaine quantité d’hydrogène à l’état libre. Le pouvoir calorifique des éléments fournis par la vapeur d’eau est très élevé; il y a donc intérêt à forcer le plus possible en eau l’alimentation du gazogène.
- Dans ces conditions la teneur en gaz utile du mélange aspiré par le moteur augmente dans une proportion assez sensible; elle est, dans le gazogène Bardot, égale à 50 pour 100 environ; le gaz pauvre s’est donc enrichi de 10 pour 100 par le réchauffement de la vapeur d’eau et la hauteur du foyer. Le gaz ainsi obtenu se rend par une canalisation extérieure à un laveur L où il se débarrasse de toutes les impuretés de la combustion avant de pénétrer dans le cylindre du moteur.
- Nous avons dit au début qu’un moteur Panhard et Levassor de 15 chevaux, alimenté par le gazogène Bardot, avait fait 10 chevaux. Quelque brillant que soit ce résultat il n’en est pas moins au-dessous de ce que l’on est en droit d’attendre d’un moteur spécialement construit pour consommer du gaz
- pauvre. Les principes sur lesquels repose la marche des deux systèmes de moteurs ne sont pas les mêmes. Tandis que le premier est alimenté par un mélange gazeux contenant environ 5000 calories par mètre cube, le second n’absorbera qu’un mélange de valeur moitié moindre — 1700 à 1800 calories au maximum. — D’autre part, dans les moteurs à essence, la compression ne dépasse pas 5 kg; chez Panhard et Levassor, entre autres, on estime qu’elle
- ne doit jamais être supérieure à 5 kg 1 /2. Le gaz pauvre, au contraire, pour produire son plein effet, demande à être comprimé à 7 kg par cm2.
- La grosse particularité du gazogène Bardot réside donc dans la production du gaz « à l’eau et à l’air » surchauffé. 11 marche à allure chaude entretenue par la disposition du foyer auquel retournent une partie des calories provenant du rayonnement. La haute température à laquelle le feu est maintenu permet d’y envoyer une quantité plus considérable de vapeur d’eau et d’obtenir un « gaz pau-» relative-
- Si l’emploi de ce gaz pauvre parvenait à se généraliser il en résulterait une économie énorme. Un moteur à essence dépense au minimum 25 centimes par cheval-heure ; un moteur à gaz pauvre consommerait seulement de 5 à 4 centimes par cheval-heure suivant le prix du combustible : anthracite, bois, charbon de bois, etc. Il y a donc lieu d’envisager avec intérêt tous les travaux qui seront faits dans ce sens et d’encourager les chercheurs. Lucien Fournier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1770. — 27 AVRIL 1907.
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- LE LOBI ET SES ANTIQUITÉS
- Le Lobi est un canton situé dans le nord de nos établissements de la côte de l’Ivoire; il s’étend sur la rive occidentale de la Voila Noire qui le sépare des territoires anglais de la Gold-Coastet se relie au Nord et à l'Ouest à nos possessions du Soudan. Ilosthabilé par une dizaine de peuples nègres, dont le principal, le peuple Lobi, a donné son nom au Cercle. Le chef-lieu Gaoua est en pays Birifon et, parmi les bourgades secondaires, figure, chez les Gâoua, la localité de Karankasso où gisent les restes antiques dont les figures ci-jointes donneront une idée exacte au lecteur.
- Ces ruines étonnantes, surtout par leur situation géographique, ont été découvertes, il y a quatre ans environ, par le capitaine Pelletier et le docteur Ruelle, au cours d’une campagne d’exploration dans le pays des Lobis. « Nous venions
- peu près égales, et parfois grossièrement équarries. Une porte étroite et basse conduit à l’intérieur; elle a seulement O111,60 de large sur 0m,80 de haut; les montants en sont bien dressés et surmontés d’un linteau parfaitement rectiligne. A l’intérieur nos voyageurs ont trouvé au milieu d’une végétation touffue quatre pièces quadrilatères, dont une seule entièrement dégagée occupait toute la largeur de l’édifice. Devant ces ruines, vers la vallée, se suc-
- Fig. 1 ol “2. — Muraille antique à Karankasso (Lobi). Porte dans (D’après les photographies du capitaine Pelletier.)
- de traverser, écrit le docteur, le village abandonné de Ouarbio et avions escaladé un monticule resserré entre deux chaînes assez rapprochées. Du sommet se découvrait une vallée presque circulaire, limitée sans interruption par des montagnes plus ou moins élevées, au fond de laquelle apparaissait le village de Tioboulouna, notre point de direction/quand nous aperçûmes sur notre flanc gauche, et se détachant nettement comme un ancien château fortifié, des ruines paraissant fort bien conservées. Le mur d’enceinte (fig. 1) était à peu près détruit, mais l’habitation (fig. 2) avait résisté. Les murailles avaient encore environ lm,50 de haut et 0111,70 d’épaisseur».
- Les pierres sont bien assorties, de dimensions à 35e année- — lor semestre.
- celle muraille.
- cédaient des gradins solidement maintenus par des soubassements de pierre, traces probables de ces cultures en paliers dont on connaît bon nombre d’exemples en pays africain. De-ci de-là des orifices circulaires d’un mètre de diamètre, encore creusés jusqu’à 2 mètres de profondeur et qui furent sans doute des puits. Aucune trace des toitures qui devaient être en planches.
- Tout cela est ancien ; aucun souvenir, aucune légende locale qui se rattache à cette architecture d’autrefois, aucune tradition qui permette d’ailleurs de relier les races du pays à d’autres races quelconques, plus ou moins éloignées dans l’espace ou dans le temps. Vers le Niger seulement, on rencontre, dans les monts Ilom-bori et Bandiagara, des nègres qui, eux aussi, savent manier la pierre et dont le lieutenant Desplagnes vient de faire une étude très complète, qui a récemment paru sous la forme d’un gros volume copieusement illustré.
- C’est de ce côté ou encore vers la Gambie, où le capitaine Duchemin a trouvé des tumulus entourés de pierres travaillées, que devront se tourner les hommes de science qui s’intéressent au problème des ruines de Karankasso.
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- LA NATURE.
- Nous croyons savoir qu’une haute initiative s’eü'orce en ce moment d’orienter dans la région du Lobi la petite expédition de M. Desplagnes qui descend les pentes du Fouta-Djalon, dans la direction de l’Est. Nousattendons impatiemment le résultat d’une
- exploration conduite par l’homme du monde qui connaît le mieux le passé du pays soudanien, le fouilleur consciencieux des tumulus, des abris sous roche et des stations de rivage du moyen Niger.
- E.-T. ll.uiY,
- Membre de l’Institut.
- LA TEMPÉRATURE DU SOLEIL
- Le Soleil, astre lumineux, dont les radiations entretiennent la vie sur la Terre, produit sur nos sens des effets comparables aux effets des foyers artificiels que l’homme a su créer pour obtenir à volonté de la chaleur et de la lumière; aussi devait-il venir à l’idée des astronomes et des physiciens de chercher à évaluer et à mesurer la puissance calorifique de l’astre du jour en comparant réchauffement, dû à cet astre, à celui que peut produire une source de chaleur dont il est possible de mesurer l’intensité.
- Le génial Newton, dont les travaux peuvent faire dire qu’il a été un des précurseurs de l'astronomie physique, semble être le premier qui tenta la recherche de la connaissance de la température du Soleil. 11 exposa un thermomètre à la lumière solaire, puis à l’ombre, et obtint ainsi une première mesure de la radiation calorifique du Soleil.
- De Saussure, en 1774, construisit l’instrument qui contenait les premiers principes de l’actino-mèlre. Son appareil se composait d’une boîte de liège,.noircie à l’intérieur et fermée par des verres du côté qu’on tournait vers le Soleil; un thermomètre mesurait la chaleur reçue par cette enceinte.
- J. Uerschell, en imaginant d’étudier réchauffement en un temps donné d’un thermomètre placé au Soleil et le refroidissement de ce même thermomètre mis à l’ombre, avant et après cette mesure, créa, en actinométrie la méthode dynamique.
- Pouillet (1857) fut un de ceux qui travaillèrent le plus la question ; il imagina deux pyrhéliomètres, l’un semblable à celui de De Saussure où l’enceinte, double, ne comportait pas de verre, mais était percée d’un petit trou pour le passage des rayons, l’autre formé d’une sorte de calorimètre en argent, rempli d’eau et dont on mesurait réchauffement.
- En 1845, Henry s’avisa d’étudier la radiation des divers points du disque solaire et surtout des taches, en projetant sur un écran, percé d’un petit trou, une image agrandie du Soleil, la portion du faisceau lumineux passant à travers le trou, étant reçue sur une pile thermo-électrique.
- Ces recherches furent reprises plus tard, notamment par Secchi et Yogel; puis W. E. Wilson et Gray, en 1894, employèrent le même procédé en substituant à la pile thermo-électrique, un radio-micromètre de Boys.
- Enfin Violle, Crova, Angstrôm établirent les acti-nomètres qui sont maintenant généralement employés.
- D’une manière générale, les mélhodes actinomé-triques peuvent se classer en deux sortes :
- lu La méthode statique qui consiste à mesurer la température du faisceau de radiations venant du Soleil ;
- 2° La méthode dynamique, qu’on pourrait appeler aussi calorimétrique, et qui donne la quantité de chaleur que reçoit un corps noir, de surface connue, exposé au Soleil pendant un certain temps.
- Les physiciens ont nommé constante solaire la quantité de calories emmagasinées par 1 centimètre cube d’eau recevant, pendant 1 minute, l’action des rayons solaires par l’intermédiaire d’une surface noircie de 1 centimètre carré, lorsque correction est faite de l’action absorbante de l’atsmosphère.
- Ce nom de constante solaire est bien mal choisi, car il est extrêmement probable que cette constante varie et l’étude de cette variation est actuellement un des points importants du programme international des aslro-physiciens.
- Un autre problème se pose ; l’effet produit sur la Terre par le Soleil étant connu, peut-on en déduire la température des matériaux qui le composent, c’est-à-dire ce qu’indiquerait un thermomètre, plongé au milieu de ces matériaux?
- Or, on ne peut pas calculer cette température sans faire des hypothèses et ce que l’on peut trouver dans ce cas, n’est pas la température du Soleil, mais celle d’un corps qui, placé dans les conditions physiques déterminées par les hypothèses, produirait, substitué au Soleil, un effet calorifique identique à l’effet mesuré.
- On appelle, en physique, corps noir un corps qui émet le maximum possible de radiations pour la température à laquelle il est porté, ce même corps absorbe le maximum des radiations qu’il reçoit.
- Une enceinte fermée, un four par exemple, dont l’intérieur est porté à une certaine température, est un corps noir théoriquement parfait et, si on perce dans cette enceinte un petit trou, les radiations émises par ce trou correspondront à celle qu’émet un corps noir parfait à la température de l’enceinte.
- Si la température est élevée, ce corps noir est en même temps très lumineux, c’est pourquoi M. Ch.-Ed. Guillaume a proposé de remplacer cette dénomination qui prête à l’équivoque par celle plus logique de radiateur intégral..
- Stefan a établi que l’énergie de la radiation émise par un pareil radiateur est proportionnelle à
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- LA NATURE.
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- la quatrième puissance de la température absolue1.
- Cette loi a été vérifiée pour toutes les températures que l’on a pu atteindre.
- En appliquant la loi de Stefan aux nombres fournis comme étant la valeur de la constance solaire, on peut déterminer la température qu’au-
- Nlcnt Blanc
- Grands Mulsts
- Cha me i
- iMeudon
- . . —L—.l_l
- o iooo 1000 :ïooo tooo ôooo «u, -i. AUiùulaï
- Courbe représentative de l'adieu atmosphérique
- à diverses altitudes (© points mesurés).
- rail un radiateur intégral qui, substitué au Soleil, produirait la même action calorifique.
- Les nombres suivants ont été donnés par divers auteurs pour la constante solaire :
- l'ouillet . . 1837 • 1,795
- ( Filage». . 1803 1,9
- Forées . . -1842 2,82
- i 2.28
- Violle. . . 1875 j ^
- Lattgley. . 1884 3,008
- Savelicf. . 1889 3,47
- Partner. . 1889 $ ^
- . Àngstrom . 1890 4,00 Hansky . . 1905 3,29
- Ces nombres varient de 1,8 à 4; en leur appliquant la loi de Stéfan, on trouve pour la température du radiateur intégral que nous venons de définir : 5600° pour À= 1,8 et 7000° pour À= 4. Le point le plus délicat de la mesure de la constante solaire est surtout l’évaluation de l’effet absorbant de l’atmosphère terrestre, car cet effet est essen-
- 8 9 10 11 Midi 1 2 :i *
- £« ss. Hawaï' dzc joi
- Fig'. 2. — Courbe journalière obtenue au sommet du Mont-Blanc le 2 août 1906.
- bellement variable, et varie surtout avec l’état hygrométrique de l’air. Des séries d’observations aux hautes altitudes seules peuvent donner d’utiles indications.
- M. E. Wilson et Gray ont essayé, en 1894, de mesurer la température du Soleil par la méthode statique en comparant directement la température
- 1 Cette température est égale à la température vulgaire augmentée de 27Î5°.
- Fig. 5. — Courbe d’émission culorilique des divers points du Soleil
- du faisceau solaire à celle du faisceau provenant d’une lame de platine chauffée par un courant électrique. Wilson a repris ces essais en 1902 en substituant à la lame de platine un four chauffé au gaz. Se servant des tables de Rosefli pour calculer l’action atmosphérique terrestre, Wilson indique, en 1902 : 5573° pour la température d’un radiateur intégral qui, substitué au Soleil, produirait le même effet général ; 6200° pour ce même radiateur, dans le cas où il serait entouré d’une atmosphère produisant par absorption les variations constatées entre l’action du bord et celle du centre du disque solaire; enfin 6863° en admettant les résultats de Wilson et Rambaud pour la perle totale dans l’atmosphère solaire.
- En 1902, -M. Eéry, étudiant les pouvoirs émissifs de divers corps, imaginait un nouveau pyromètre, qu’il appliquait, peu après, industriellement, à la mesure de la température des fours.
- Ce pyromèlre est basé sur le principe suivant : Si l’on concentre, sur la soudure d’un couple thermoélectrique à faible masse, le faisceau provenant d’un radiateur intégral à température constante, de manière que la soudure voie ce corps toujours sous le même angle, la différence de potentiel aux bornes de la pile reste constante, quelle que soit la distance du radiateur, tant que son image couvre la soudure.
- Cette différence de potentiel, que l’on peut mesurer avec un galvanomètre, est liée à la température du radiateur par la loi de Stéfan, cette température
- -10
- Position sur u/>- diamètre solaire,
- w. ts
- Fig. 4. — Courbe obtenue avec les nombres donnés par Wilson en 1894.
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- LA NATURE.
- étant la racine quatrième de cette dilïérence, multipliée par un coefficient qui est la constante de l’instrument et que l’on détermine en visant un radiateur intégral, par exemple un four électrique, dont on mesure la température par une autre méthode. Pour obtenir, sur son réticule thermo-électrique, l’image du radiateur à mesurer, M. Féry employa d’abord un objectif en fluorine, substance qui n’absorbe que les rayons de très grande longueur d’onde; puis il substitua à cet objectif un miroir concave argenté ou doré, construisant ainsi son télescope pyrométrique. C’est alors qu’il pensa qu’on pouvait utiliser un pareil instrument à la mesure de la température du Soleil et qu’il me proposa d’être son collaborateur pour cette recherche.
- Nous construisîmes dans ce but l’appareil représenté (fig. 6). C’est un télescope, dont le miroir a 105 mm de diamètre et 80 cm de distance focale.
- Au foyer de ce miroir est -placé un couple thermoélectrique composé de deux fils en croix, l’un de fer, l’autre de constantan, réunis par une soudure recouverte d’un disque très petit et très léger, soigneusement noirci. Les deux extrémités de chaque fil sont respectivement soudés à deux bagues de cuivre formant soudures froides; ces bagues sont isolées et reliées par des cordons souples de fil de cuivre au galvanomètre servant à la mesure.
- Derrière la pile formant réticule est un oculaire coudé permettant à l’observateur de diriger le télescope de manière à voir quelle partie de l’image solaire agit sur la soudure. Le galvanomètre est à lecture directe et donne les millivolts à un centième près. La pile fonctionnant dans de meilleures conditions lorsque son échauffement est voisin de 25°, on avait fermé l’ouverture du tube du télescope par un diaphragme en forme de papillon formé de deux disques métalliques percés de secteurs à 90°, l’un fixe, l’autre tournant autour du premier, une division graduée permettant de mesurer la portion de la surface du miroir utilisée pendant l’expérience.
- La Société du Mont-Blanc, dont le président est M. Janssen, ayant mis gracieusement à notre disposition son observatoire et les ressources nécessaires, nous décidâmes d’adopter le programme suivant : 1° Étude de la température apparente du centre de l’image solaire aux diverses heures de la journée et à des altitudes diverses, pour étudier l’action atmosphérique terrestre. Les stations choisies furent :
- Meudon (altitude 150 m.); Chamonix (1000 m.); Les Grands Mulets (5050 m.) ; et enfin l’observatoire Janssen du sommet du Mont-Blanc (4810 m.); 2° étude de l’émission calorifique des divers points de la surface solaire. Pour cette recherche, la méthode employée a éLé empruntée à celle décrite en 1868 par M. Janssen et qui lui a servi pour l’observation des protubérances solaires sous le nom de méthode chronométrique.
- Elle consiste à laisser le télescope immobile, l’image se déplaçant sur le réticule par l’action du mouvement diurne et à noter, à des temps marqués successifs, les déviations du galvanomètre. On trace ensuite une courbe représentative de l’expérience en prenant pour abscisses des points observés les positions du réticule sur l’image solaire et, pour ordonnées, les déviations du galvanomètre. Après une série d’observations à Chamonix, je partis le 20 juillet pour l’observatoire des Grands Mulets, où l’on fit une série d’observations jusqu’au 25 juillet, jour où nous partîmes pour le sommet du Mont-Blanc par le passage dit du Corridor. Au sommet, les meilleures conditions d’observation furent réalisées le 2 août. Ce jour-là, dès le matin, de nombreux cyrrhus recouvraient le Soleil, qui fut dégagé vers 7 heures ; le ci»1 resta ensuite d’une pureté remarquable jusqu’à la nuit.
- L’hygromètre enregistreur, qui indiquait le matin une grande sécheresse, remonta jusqu’à 2 heures de l’après-midi, puis ne subit plus que de faibles variations jusqu’à 6 heures du soir, où il commença à baisser. Le 4 août, après treize jours de séjour à l’observatoire Janssen, nous quittions le sommet pour redescendre à Chamonix.
- Les 21 et 26 septembre une série de mesures fut faite à Meudon ; puis l’instrument fut transporté au laboratoire de l’Ecole de physique et chimie, où M. Féry en pratiqua l’étalonnage en visant avec le télescope un four électrique à résistance de platine chauffé à 1675° absolus.
- La constante de l’instrument, toutes corrections faites, fut trouvée être de 705; c’est-à-dire que la température T d’un radiateur intégral produisant une déviation o exprimée en microvolts pour la pleine ouverture du diaphragme sera, d'après la loi de Stéfan, T = 705 y/ô.
- En visant le cratère d’un arc électrique dont la température a été admise de 5775°, la même constante a été trouvée égale à 715.
- Fig. 5. — Installation des instruments à l’observatoire Janssen le 2 août 1906.
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- LA NATURE.
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- La moyenne des valeurs trouvées pour le centre du Soleil, vers midi, aux diverses stations, a été (fig. 1) : Meudon (altitude 150m.), 2250 microvolts; Chamonix(1030 m.), 2850 ; Grands Mulets (3050 m.), 3030; sommet (4810 m.),3700.
- La courbe journalière obtenue le 2 août, très régulière, peut servir à une estimation approchée de l'effet atmosphérique.
- Si l’atmosphère ne subit pas de modifications au-dessus de l’observateur au cours d’une série d’observations, on peut appliquer à ces observations la loi de Bonguer et calculer l’intensité de la radiation en dehors de cette atmosphère, en utilisant la for-
- En combinant les observations (1) et (3) on trouve 10 = 4162, (1) et (4) 4163, (2) et (5) 4172, (2) et (4) 4168, (5) et (4) 4166, (1) et (2) donnent 4149.
- Si l’on néglige 4149 provenant de deux mesures trop voisines du zénith, où une dépression visible de la courbe (fig. 2) fausse les résultats, la moyenne de ces nombres conduit à 4166 microvolts pour l’intensité qu’aurait eue ce jour-là le rayonnement solaire en dehors de notre atmosphère.
- La température effective de la partie centrale du disque solaire, c’est-à-dire celle qu’aurait un radiateur intégral produisant les mêmes effets, sera donc T = 705 ^4166 = 5665° absolus, soit environ 5400°
- Fig. 6. — Vue d’ensemble du télescope pyrhéliomélrique.
- mule I = I0e~kx, où I est l’intensiLé mesurée, I0 celle hors de l’atmosphère, k un coefficient constant et x l’épaisseur traversée.
- Si on néglige la courbure de la Terre, pour deux positions faisant entre elles un angle a, on aura, pour l’une d’elles, et, pour l’autre,
- 1
- L = Le-Akx ou A=------------» on peut donc éliminer
- cos a 1
- kx et calculer I0.
- On trouve sur la courbe journalière du 2 août :
- Angle horaire.
- (1) 30°
- (2) 45o (5) 60° (4) 75o
- Distance zénithale.
- 36°, 20' 450,48' 50°, 12' 66o,58'
- la en microvolts.
- 3800
- 3750
- 3650
- 3452
- vulgaires. Les mesures faites aux altitudes plus faibles que le sommet montrent, comme l’ont déjà indiqué la plupart des physiciens qui se sont occupés de la question, que le coefficient d’absorption atmosphérique croît avec l’heure de la journée, on ne peut pas appliquer la même méthode à ces mesures.
- Des observations faites à plus haute altitude que le Mont-Blanc, en ballon par exemple, pourraient donner des indications utiles sur la valeur relative des résultats qu’on peut obtenir à l’observatoire Janssen et qui sont nettement supérieurs à ceux trouvés à une altitude plus faible.
- Pour faciliter l’étalonnage, la soudure du couple thermo-électrique de l’instrument employé était re-
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- LA NATURE.
- couverte d’un petit disque qui augmentait la sensibilité de la pile. Ce disque n’était entièrement couvert que 45" après le commencement du passage et ne cessait de l’être que 15" avant la fin ; il y a lieu de tenir compte de ce fait dans l’emploi des courbes représentatives de l’action calorifique des divers points du Soleil. Ce genre de recherche sera fait à l’avenir avec une pile dont la soudure sera aussi petite que possible.
- Cependant, si on ramène à la même échelle les mesures faites par la méthode chronométrique aux diverses stations, et qu’on prenne par exemple 4000 microvolts pour la déviation centrale, on constate que toutes les courbes construites avec ces mesures se superposent et n’en donnent plus qu’une (fig. 5), l’absorption de l’atmosphère terrestre est donc proportionnelle à l’intensité de la radiation. Dans les limites où la soudure est toujours couverte, cette courbe est superposable à celle que l’on obtient avec les nombres donnés par MC E. Wilson en 4894 (fig. 4), l’émission solaire avait donc lieu dans les mêmes conditions en 4894 et en 4906.
- Si on admet l’hypothèse, qui semble très vraisemblable dans l’état actuel de nos connaissances sur la constitution du Soleil, que cet astre est composé d’un noyau central chaud se comportant comme un radiateur intégral et que ce noyau est recouvert d’une atmosphère absorbante, on peut essayer de se faire une idée de la valeur approchée de l’effet de cette atmosphère en appliquant le procédé que nous avons déjà utilisé pour éliminer approximativement l’effet de l’atmosphère terrestre.
- La courbe d’émission des divers points du Soleil
- nous fournit les valeurs suivantes : pour l’incidence oc == 0°, 4000 microvolts ; pour a = 50°, 950 microvolts; pour a = 45°, 877 microvolts. En combinant deux à deux ces mesures, nous trouvons, pour I0 : 4595, 4572 et 4558 dont la moyenne est 4574.
- 11 faut donc augmenter de 57 pour 400 la déviation centrale pour avoir celle que donnerait le noyau central solaire s’il était isolé. Si nous admettons 4466 pour cette déviation en dehors de l’atmosphère terrestre, on aura 4466x1,574 = 5274 : ce qui conduit, pour la température effective intérieure du Soleil, à 6450° absolus.
- Remarquons que la forme des courbes est indépendante de l’absorption de l’atmosphère terrestre et que la valeur 57 pour 400 représente l’action de l’atmosphère solaire et peut être calculée à l’aide de mesures faites à une altitude quelconque. L’emploi du télescope pyrhéliomélrique, si simple, donne donc les moyens d’étudier les variations possibles de l’effet de l’atmosphère solaire.
- S’il est exact, comme on peut le supposer, que le noyau central du Soleil, masse considérable de matière, ne subit qu’un refroidissement lent qui ne pourrait être constaté qu’après une longue suite de siècles, et conserve une température sensiblement constante, la connaissance de la variation des effets de l’atmosphère solaire fera connaître la variation même de la radiation du Soleil.
- Une série d’observations, à de très grandes altitudes, pourra peut-être nous indiquer l’exactitude ou la fausseté de cette dernière hypothèse.
- À. Millochau,
- Aide-astronome à l'Observatoire de Meudon.
- EXPÉRIENCES RÉCENTES
- La téléphonie sans fil semble enfin sortir de la période des tâtonnements et des essais infructueux. Le difficile problème de l’application des ondes hertziennes à la transmission lointaine de la parole paraît enfin résolu.
- M. Niewenglowski exposait ici récemment1 les expérience s de M. Rühmer. Ce savant est parvenu à transmettre très nettement la parole à 50 mètres, en utilisant comme source d’ondes l’arc chantant de Poulsen. Un savant américain, M. ReginaldFessenden, vient également de réaliser la transmission sans fil de la parole, au moyen des ondes hertziennes, mais sur de bien plus grandes distances.
- Le 24 décembre 4906, il faisait communiquer, de façon très satisfaisante, au dire des assistants, deux stations éloignées de plus de 46 kilomètres. On affirme que les paroles échangées furent perçues aussi clairement que sur une ligne téléphonique ordinaire.
- Nous donnons, d’après Y American Téléphoné 1 Voy. n°1760, 16 février 1907.
- DE TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Journal1 de New-York, un résumé de ces expériences.
- La source d’ondes employée par M. Fessenden au poste transmetteur est un alternateur à très haute fréquence. Sa construction fort délicate a été étudiée avec le plus grand soin. La machine peut, sans à coups, tourner à 40000 tours à la minute fournissant un courant alternatif de 60000 périodes à la seconde. Ce courant est envoyé directement dansl’an-tenne transmettrice ; celle-ci se trouve ainsi soumise à des variations périodiques de tension électrique qui constituent les oscillations d’où naissent les ondes propagées à travers l’espace.
- Les constantes électriques, capacité et self-induction de l’antenne, sont déterminées de façon à produire des phénomènes de résonance entre l’alternateur et l’antenne; les oscillations de l’alternateur sont reproduites dans l’antenne; mais l’amplitude des variations de tension électrique y est considérablement augmentée; elle atteint un voltage très élevé qui permet de transmettre les ondes à grandedistance.
- 1 Voy. nos 4 et 5 rie 1907.
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- LA NATURE.
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- La machine de M. Fesscnden donne 60 000 oscillations électriques par seconde : chiffre faible à côté des 500 000 oscillations del’arc chantant de Poulsen, ou des 2 000000 d’oscillations fournies par certaines sources autrefois employées.
- Quel est donc l’avantage de l’alternateur de M. Fes-senden? C’est que les ondes successives qu’il produit sont d’une pureté parfaite, toutes identiques les unes aux autres; on n’a plus à redouter les déformations dues àl’amortissement des ondes, ou à un brusque changement dans la fréquencedesoscillalions. Dèslors, si par l’intermédiaire d’un organe approprié, la parole vient influencer les ondes électriques, leurs modifications transmises à distance seront dues uniquement
- Antenne
- Terre
- Terre
- Fig. 1. — Condensateur transmetteur.
- A. Alternateur à haute fréquence. — B. Condensateur transmetteur. C. Capacité réglable. — d. Self-induction réglable.
- aux modulations de la voix, qui pourront par suite être reproduites avec pureté à la station réceptrice. L’al-tcrnaleur met en jeu des quantités d’énergie plus considérables que les autres systèmes oscillants elles sons peuventêtre reproduits avec plus d’intensité. Pour influencer parla parole les ondes hertziennes, M. Fes-senden a employé divers dispositifs. Le plus efficace fut celui du condensateur transmetteur (fig. J).
- C’est un condensateur B, dont une armature est en communication avec la terre, l’autre est reliée à l’antenne, on parle devant ce condensateur ; les vibrations imprimées à l’armature modifient la capacité du condensateur et par suite celle de l’antenne.
- Ainsi chaque vibration entraîne aussitôt une mo-
- dification dans la naluredel'ondeélectrique transmise.
- Pour éviter les chocs électriques possibles, on fait agir l’alternateur sur l’antenne par l’intermédiaire d’un transformateur (fig. 2).
- M.Fessenden a également utilisé comme appareil transmetteur un microphone à charbon analogue à celui d’un appareil téléphonique ordinaire.
- La réception des ondes se fait sur une antenne, qui les transmet à un appareil magnétique du même principe que le récepteur téléphoniquehahituel, mais dont les dispositions de détail sont tenues encore secrètes parl’inventeur. Celappareil reproduit le son.
- 11 ne nécessite pas l’intermédiaire d’un détecteur I éleclrolylique ou bolométrique.
- Antenne
- Terre
- Fig. 2. — Emploi d’un iransformaleur.
- A. Alternateur.
- B. Condensateur transmetteur. — T. Transformateur.
- Grâce à ces diverses dispositions, M. Fessenden compte réaliser la transmission de la parole sur de très grandes distances, et faire entrer réellement la téléphonie sans fil dans le domaine pratique.
- Sans doute, le jour n’est pas proche on la téléphonie sans fil détrônera la téléphonie ordinairepour les communications terrestres.
- Mais, sur mer, un vaste champ d’application lui semble réservé. Ce sera une ressource précieuse pour les communications des navires entre eux ou avec la terre. Sans doute aussi, pourra-t-elle bientôt suppléer à la téléphonie par câbles sous-marins, dont on n’a jamais pu obtenir de résultats satisfaisants que; sur des distances très courtes. A. Troller.
- LE ROLE BIOLOGIQUE DU SEL
- Dans divers articles publiés ici même, et à divers propos, nous nous sommes efforcé de considérer les phénomènes biologiques d’un point de vue dynamique, évitant, autant que possible, la description pure et simple des espèces, mais cherchant, au contraire, à montrer quels rapports de succession les intéressent, ou bien leur divergence simultanée d’un point commun d’origine, ou encore quelques' unes des causes mêmes qui nécessitent ces divergences ou ces successions. Ainsi, parmi les facteurs du transformisme, nous avons pu signaler — sans
- chercher à être complet et n’ayant pas à l’être — tantôt les différences de température *, tantôt les variations du milieu vivant 2, tantôt les divers degrés de salure de l’eau de mer 5. Une récente lecture de M. Dastre à l’Institut, pendant la séance publique des cinq Académies \ nous fournit une excel-
- 1 Faune et flore glaciaires de la Baraque Michel, n° 1713, p. 258.
- 2 Parasitisme et mutualisme dans la nature, n°1748,p. 406.
- 5 La pluie et la vie, n° 1738, p. 242.
- 4 Le rôle biologique du sel, 25 octobre 1906, in extenso dans Journal officiel, 50 octobre 1906.
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- LA NATURE.
- lente occasion de revenir sur ce dernier facteur — la salure de l’eau,— de souligner son importance et de préciser l’idée que nous devons nous faire du mécanisme et de la nature de l’évolution des formes vivantes.
- Déjà, à la suite de M. Pclseneer *, nous avons
- Après avoir montré combien le chlorure de sodium est un corps répandu dans la nature, puisque ses éléments, le chlore et le sodium, « existent partout, dans les profondeurs du sol et à la surface, dans les eaux, dans les poussières de l’air, dans les plantes, dans les tissus des animaux »,
- Fig. 1. — Buffles prenant un bain île mer (Transcaucasie).
- indiqué ici (n° 1758), que, si le chlorure de sodium, ou sel marin, possède une importance de premier ordre pour l’évolution, ce n’est pas en vertu de son action chimique, mais de son action physique. Il classe, en quelque sorte, les êtres en deux grands groupes, suivant qu’ils s’adaptent ou ne s’adaptent pas aux variations de salure du milieu aquatique, les derniers demeurant obstinément des organismes marins, les premiers évoluant au contraire en organismes d’eau douce, eux-mêmes pères dés organismes terrestres; et, nous l’avons dit, c’est d’après la façon dont s’effectuent les phénomènes d’osmose entre eux et le milieu marin , que les différents -types sont répartis dans l'un ou l’autre de ces deux groupes, et qualifiés sténohalins et euryhalins. En étudiant le rôle biologique du sel, c’est, pareillement, à son action physique et à l’osmose que M. Dastre aboutit.
- 1 Pelsekeeu. Origine des animaux d’eau douce (Bulletin de la classe des sciences. Àc. roy. de Belgique, 1905, n° 12).
- Fig. 2. — Buffles dans une source minérale (Transcaucasie).
- M. Dastre observe que néanmoins tous ces corps, et en particulier ceux dont nous faisons nos aliments, quelle que soit leur teneur en sel, « n’en renferment presque jamais assez pour notre goût, et nous ne
- manquons pas d’en mettre par surcroît ».
- Le sang, toutefois, fait une exception absolue à cette règle générale.
- Il est en moyenne dix fois plus salé que les autres tissus, et se trouve ainsi parfaitement à notre goût ; cela est tellement vrai que les animaux carnassiers et les tribus de pêcheurs et de chasseurs, qui consomment les viandes crues, non saignées, ne connaissent pas d’autre assaisonnement salin..
- D’où vient ce goût du sel, si général à l’espèce humaine, et si impérieux que l’histoire, depuis celle des primitifs jusqu’à nos jours, est remplie de guerres pour la conquête de ses gisements ou pour leur libre exploitation, goût plus étendu même qu’à l’espèce humaine, puisque les animaux ne sont pas moins ardents que nous à sa recherche?
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- LA NATURE.
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- « Les rennes de Laponie, dit M. Dastre, les cerfs et les chevreuils sous toutes les latitudes, les chamois de la Tarcntaise aiment à lécher la surface des llaques saumâtres et les efflorescences salines. Les herbivores sauvages, les bufiles de l’Ohio et de l’In-diana1 accomplissent à certaines époques de l’année d’énormes déplacements pour gagner les sources salées et les gîtes sali-fères, et leur piste peut servir à en découvrir la position. Les bergers, sur les hautes montagnes de la Lozère, répandent sur quelque surface rocheuse la ration quotidienne de sel qui entretient la santé de leurs troupeaux, dont l’avidité est telle que l’on a vu des blocs de granit littéralement usés par la langue des moutons. »
- Ici, comme dans bien d’autres cas, la
- niveau constant, par élimination rénale de l’excès ou, en cas de déficit, par la recherche d’aliments plus
- . _ ' î ’4 - :
- Fig. i. — Troupeau cévenol allant au sel.
- salés. En effet, les globules blancs et rouges qui vivent librement dans la partie liquide du sang ne sauraient subsister, si cette teneur saline s’écartait, même légèrement, de ce taux de 8 pour 1000; que la quantité de sel diminue, les globules se gorgent du liquide environnant, et se gonflent, par endosmose, jusqu'à l’éclatement ; que la quan-
- Fig. 5. — En Arménie : le transport du sel.
- satisfaction des sens, et le désir même, ne sont que des truchements de la nature, pour déterminer l’accomplissement d’actes nécessaires. Si tant de formes vivantes se ruent à la chasse du sel, ce n’est pas une perversité généralisée du goût, ni l’appétit maniaque d’un, condiment qui les poussent, mais une nécessité impérieuse et profonde de l’organisme, qui a besoin de sel pour continuer à fonctionner, comme il a besoin d’eau et des substances organiques qui constituent sa nourriture. Et, plus précisément, dans l’organisme, c’est le sang qui a besoin d’être constamment fourni à nouveau de chlorure de sodium, qui doit le posséder en lui à un taux fixe (8 pour 1000 chez l’homme), tous les moyens possibles étant mis en œuvre pour conserver cette teneur
- à un
- 1 On peut ajouter les bisons du Caucase et les buffles domestiques du même pays (ceux-ci passionnés de bains de mer), etc. M. E.-A. Martel a bien voulu puiser dans ses
- Fig. 6. — Distribution du sel aux moutons des Alpes.
- tité de sel augmente, alors au contraire ils se vident
- belles séries et mettre à notre disposition les photographies qui ornent notre texte et qui illustrent d’une manière frappante la recherche du sel par l’animal.
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- LA NATURE.
- de leur contenu liquide, qui, par exosmose, passe dans le milieu environnant, et arrivent non moins sûrement à la mort en se ratatinant et en se concentrant ; ce ne sont pas là d’ailleurs des vues théoriques, mais les résultats d’expériences précises, effectuées avec des milieux salins choisis à dessein. Ainsi, pour reprendre un terme que nous avons déjà employé tout à l’heure, et dont nos lecteurs connaissent la signification, dans le milieu sanguin, les globules sont des organismes sténohalins, incapables de supporter des variations de salinité, et en tout semblables à ces organismes sténohalins que leur manque de plasticité condamne uniquement à la vie marine. Comme ces derniers également, c’est par son action physique que le sel les intéresse — et précisément aussi dans les phénomènes osmotiques. Si la vie des cellules du sang est possible, si la vie des animaux marins est possible, c’est que la teneur en sel du sang et celle de la mer sont maintenues à un taux constant, de façon que jamais ne soit rompu l’équilibre osmotique de ces éléments vivants. Pour les uns et pour les autres, cellules du sang et animaux marins, le rôle du sel est analogue — et l’on peut dire que les cellules du sang vivent dans ce liquide, exactement comme les animaux vivent dans la mer. Nous allons voir que l’on peut même dépasser cette comparaison et qu’il est légitime de considérer le sang comme un véritable succédané de l’eau de mer, tous deux étant des milieux vitaux, c’est-à-dire des moyens pour l’être vivant de réaliser et de maintenir son équilibre osmotique1.
- C’est à M. Quinton, dans un très remarquable travail3 paru il y a trois ans, que revient principalement le mérite d’avoir établi, par expérience, cette identité physiologique; nous verrons combien ce travail présente de résultats féconds. Nous ne pouvons songer à suivre sa démonstration à travers le règne animal entier, et nous résumerons seulement les recherches qui ont été effectuées sur les vertébrés. Voici comment M. Quinton pose la question et établit le programme des expériences dans le livre cité : « Si le milieu vital (le sang) du vertébré est un milieu marin : 1° l’eau de mer, portée dans un organisme au contact de toutes les cellules (par la voie intra-veineuse, par exemple, la plus rapide), devra s’y comporter comme un milieu vital, c’est-à-dire n’y déterminer aucun accident d’ordre toxique; la quantité d’eau de mer dont un organisme pourra supporter l’introduction dans ses tissus devra donc, a priori, être considé-
- 1 II faut d’ailleurs prendre ici les mots milieu sanguin, dans leur sens le plus large et non dans l’acception étroite et ordinaire où nous les avons employés jusqu’ici. En réalité, il s’agit, comme le dit M. Daslre, de toute la partie liquide du sang, de la lymphe et des liquides interstitiels qui remplissent l’intervalle des cellules, en un mot de tout le milieu liquide, dans lequel baignent toutes les cellules nomades ou voyageuses, dont la réunion forme le corps humain. C’est ce milieu liquide qui est le sang dans le sens le plus large, et le véritable milieu vital, comparable à l’eau de mer.
- 3 L’eau de mer, milieu organique. Constance du milieu marin originel, par R. Quinton. Paris, Masson, 1904.
- rable ; 2° on pourra soustraire à un organisme une partie importante de son milieu vital (le sang) et la remplacer par une quantité égale d’eau de mer, sans que l’organisme expérimenté subisse aucun dommage; 3° des cellules organiques, extraites de leur milieu vital et portées subitement dans l’eau de mer, devront y continuer leur vie normale. »
- On voit quelles séries d’expériences, singulièrement hardies, découlaient de ces trois hypothèses à vérifier. 11 fallait : 1° injecter de l’eau de mer dans un vertébré élevé, par voie intra-veineuse, et à dose considérable; 2° saigner à blanc un vertébré élevé et remplacer le sang perdu par une quantité égale d’eau de mer; 3° soutirer du sang à des vertébrés et voir si les globules blancs continuent à vivre dans l’eau de mer.
- Les deux groupes d’expérience d’injections ont été elfectués sur des chiens. Les troisièmes ont été faites sur des globules blancs de poissons, batraciens, reptiles, mammifères, oiseaux. Toutes ont pleinement vérifié les hypothèses et permis d’affirmer la proposition suivante, dont nous prenons les termes à M. Quinton lui-même : « L’eau de mer, substituée d’une façon ou d’une autre, partiellement ou totalement, au milieu vital d’un vertébré, se comporte auprès de ses cellules (au moins relativement) comme le milieu vital lui-même. Entre l’eau de mer et le milieu vital du vertébré (c’est-à-dire de l’organisation la plus élevée du règne animal et douée de la plus grande puissance vitale), il y a physiologiquement identité ».
- Nous avons dit que les conséquences de ces expériences étaient fécondes, surtout pour la compréhension, pour la philosophie biologique. C’est qu’en effet ce maintien, dans l’organisme le plus évolué, du milieu salé primitif, n’apparaît pas comme un accident dans la vie, mais peut être envisagé, au contraire, comme un cas particulier d’une loi générale, que M. Quinton a fort bien su mettre en lumière et qu’il a baptisée du nom de « loi générale de constance originelle ». Induite de la connaissance des lois partielles de constance marine originelle, de constance thermique originelle, et de constance osmotique originelle, cette loi générale — ou, pour mieux dire, cette hypothèse imaginée par M. Quinton afin de coordonner, de synthétiser les faits expérimentaux — peut se formuler ainsi : « En face des variations de tout ordre que peuvent subir, au cours des âges, les différents habitats, la vie animale, apparue à l’état de cellule dans des conditions physiques et chimiques déterminées, tend à maintenir pour son haut fonctionnement cellulaire, à travers la série évolutive, ces conditions des origines ».
- Et, dès lors, apparaît la véritable signification des transformations subies par les êtres au cours des siècles. Ce ne sont pas des modifications profondes de l’essence, mais des accommodements superficiels, de pure forme, aux conditions extérieures, accommodements dont le résultat est précisément le maintien de ce qu’il yade fondamental dans l’être.Peut-
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- être môme, on pourrait dire, que plus un caractère est d’origine ancienne chez l’animal qui veut le conserver, plus la modification extérieure doit être importante et plus le type doit se différencier. Ainsi, la volonté que semble posséder la nature de maintenir ce qu’elle a une fois créé, devient l’origine des évolutions et c’est d’une sorte d’inertie active que naît le progrès ou le changement. Jean-Paul Lafitte.
- LA COMPOSITION
- DE NOS TERRES AFRICAINES
- Il est intéressant, pour nos cultures coloniales, de connaître la composition des terres. Cette voie a été ouverte par une étude de MM. Miintz et Rousseaux sur Madagascar où, d’après eux, la plupart de ces terres'manquent d’acide phosphorique, de potasse et de chaux. Puis M. Auguste Chevalier a étudié la zone du Cliari, du lue Tchad et de la Guinée française. Toutes les terres prélevées dans les régions du Chari et du lac Tchad sont fortement sablonneuses et généralement très riches eh azote, ce qui contribuerait à leur donner des propriétés fertilisantes qui, par contre, sont partiellement annihilées par la petite quantité ou par l’absence presque complète de chaux, de potasse, de magnésie et d’acide phosphorique. Ces sols ne semblent donc favorables qu’à la culture des végétaux acclimatés, parmi lesquels on peut citer le cotonnier, le caféier, le manioc, les patates, les ignames qui croissent fort bien dans ces terrains. Quant aux terres de la Guinée française, on constate tout d’abord, au point de vue physique, une très grande irrégularité de composition dans des échantillons provenant cependant d’une môme région. Bien que quelques-uns soient fortement sableux, la généralité possède une teneur assez normale en sable et en argile, mais le calcaire y fait complètement défaut et l’humus y est peu abondant. Au point de vue chimique, l’azote total est généralement en assez grande quantité et dépasse presque toujours la teneur de 1 pour 1000; mais, à côté de cet avantage, on note une pauvreté toujours très grande en acide phosphorique, en potasse et en chaux. Ce manque d’acide phosphorique, de potasse et de chaux, que l’on a constaté ainsi dans les terres de l’Afrique centrale et occidentale, constitue un grave défaut de ces sols, notamment le manque de bases salifiables : potasse et chaux, doivent gêner plus ou moins la nitrification, qui, sans cela, pourrait être très abondante, des matières azo-lées contenues en assez grande quantité dans ces terrains. Nous devons dire d’ailleurs que les plantes de ces régions doivent cependant absorber une certaine proportion des éléments phosphatés, potassiques et calcaires qui leur sont nécessaires, car la végétation y est d’une intensité assez considérable et les animaux y présentent un squelette parfaitement normal. Il y a peut-être là un phénomène d’assimilation minérale particulier aux végétaux des contrées intertropicales et dont nous ignorons encore le mécanisme exact. Les améliorations de terres de cultures obtenues par l’apport d’engrais indigènes ou par les façons culturales du pays sont loin d’être négligeables et les champs ou les jardins cultivés d’une manière suivie et .entretenue dans ces régions voient leur richesse en azote, en acide phosphorique et en potasse élevée dans de grandes proportions.
- OISEAUX ÉGARÉS
- Les oiseaux savent, en général, très bien ce qu’ils font et ce qu’ils doivent faire. Mais il arrive à tout le monde de se tromper et les volatiles ne constituent pas une exception à la règle. 11 est même assez fréquent que des oiseaux, migrateurs ou non, surtout lorsqu’ils sont surpris par une tempête, se trompent de chemin et, alors, s’enferrant de plus en plus dans leur erreur, parviennent dans des pays où leur présence cause de la stupéfaction. C’est ainsi qu’à Paris même, on a pu voir, sur la Seine, évoluer le thalassidrome, oiseau de haute mer, et capturer un aigle en plein quartier Latin, sans parler des mouettes qui, à la suite de chaque perturbation atmosphérique, croisent de Suresnefc à Alfort. Mais les « égarés » vont encore plus loin. Ainsi qu’on le rappelait, dernièrement, dans le Journal des Débats, au mois d’octobre 1906, on tua dans le Nottinghamshire, en Angleterre, une sorte de merle, le Turdus dubius, dont l’habitat normal est le Japon et la Chine. De même, au mois de janvier, on captura, dans le Seeland, en Danemark, un faucon, le Falco sparva-rius, qui, Normalement, aurait dû se trouver dans le sud-est des Etats-Unis. Enfin, tout récemment, on a tué, dans le détroit de Magellan, une bécasse d’Europe que, d’ailleurs, quelques années auparavant, on avait aussi rencontrée. à Terj^e-Neuve.
- Des esfempjlçs analogues abondent et les naturalistes intelligents f>î\t soin de les consigner. C’est ainsi que Victor Fatio a pu noter le nom de soixante égarés rencontrés en Suisse, ^pr lesquels deux provenaient du nord, sept du sud, les ‘autres venant de l’est ou de l’ouest. Parmi ces derniers,1'il faut citer le bécasseau mélanote, originaire de l’Amérique du Nord, le bécasseau rousset, la guignette grivelpe, les pingouins, les guillemots, les macareux, les pétrels, les puffins. On y a trouvé même le pélican, qui, en 1630, prenait ses ébats sur l’Orbe, fait que rappelle l’inscription suivante, où il est question du pélican sous son autre nom d’onocrolalus :
- Des lieux plus éloignés de la froide Scithie Onocrotalus vint repaistre l’Helvétie,
- Mais étant aperçu, Pacoton commandeur
- Qui veut de l’attraper avoir sur tous l’honneur,
- L’approche et le poursuit d’une sublime adresse,
- Puis, d’un coup de fusil, il l’atteint et le blesse.
- Alors le rare oiseau né en Septentrion Mourut soudain paissant au fleuve d’Yverdon.
- Citons encore le syrrhapt paradoxal, dont le nom spécifique indique qu’il se conduit souvent d’une façon bizarre, car, certaines années, il envahit des pays entiers. Une année il va chez les Kirghis ; l’année suivante, il va à Pékin. Plus tard, on le rencontre en Suisse, puis en France, puis il quitte l’Europe pour un demi-siècle. Bref, c’est un oiseau qui n’a pas d’idées arrêtées. Citons aussi le faisan à aigrette qui, du Nord, va quelquefois en Suisse, ce qui ne plaît que médiocrement aux habitants, lesquels l’accusent — ou plutôt l’accusaient jadis — de leur amener la tempête, la famine et la peste — rien que cela.
- M. T.-M. Chapman vient de faire, pour les environs de New-York, un travail analogue à celui de Fatio. Parmi les 46 espèces ignorées qu’il signale, citons le Ruticilla ery-throgastra, petit oiseau qui, habituellement, habite depuis le Caucase jusqu’à l’Asie centrale et la Calandre, leucoptère originaire du sud-ouest de l’Asie.
- Henri Coupjn.
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- LE MOTEUR BOUDREAUX=VERDET
- Malgré les progrès effectués dans la construction des moteurs à explosion, il n’est pas possible d’admettre que la l'orme actuelle de ces engins soit définitive. Certes, l’unification que l’on a cherchée jusqu’ici, et qui est presque atteinte, est avantageuse au point de vue pratique ; mais elle ne doit pas nous faire oublier que la perfectibilité est une nécessité aussi impérieuse en mécanique qu’en philosophie. Actuellement la technique de ces transformateurs d’énergie paraît suffisamment établie pour qu’il soit permis d'effectuer, dans leur forme, des
- à quatre cylindres, dit moteur bi-duplex ; la coupe (fig. 1, n° 2) va nous servir à expliquer le mécanisme. On voit immédiatement que le piston est constitué par deux cylindres ajoutés bout à bout, celui de plus grand diamètre remplissant pour ainsi dire l’office de piédestal. Chaque portion de piston glisse nécessairement dans un cylindre spécial et l’explosion se produit en des temps différents dans l’une et dans l’autre chambre. On est parvenu à augmenter le rendement en constituant ce que les inventeurs ont appelé des chambres-bloc, c’est-à-dire des
- Fig. 1. — Moteur Boudreaux-Verdet. — 1. Vue du moteur. — 2. Coupe transversale.
- changements avantageux au point de vue de la simplicité. Le moteur Boudreaux-Verdet apporte une solution dans ce sens.
- Ce moteur date de 1902. Le premier modèle établi était horizontal ; il se comporte comme un moteur à quatre cylindres bien que n’étant constitué que par deux cylindres opposés, ou plus exactement par un unique bloc cylindrique. Cette surprenante conception est réalisée par l’application d’un principe non inédit, mais dont l’inventeur n’avait pu tirer aucun parti : l’emploi de pistons à diamètres différentiels. Je n’insisterai pas sur cette première forme du moteur, bien que, à mon avis, elle soit supérieure à la forme verticale que l’on a dû adopter pour sacrifier à la mode.
- Notre première figure montre le moteur vertical
- espaces supérieurs dans lesquels se compriment les gaz et où ils sont enflammés à l’aide de deux bougies. Ce dispositif ne figure pas sur la coupe du moteur représentée ici ; mais on peut s’en faire une idée en imaginant une sorte de cavité surmontant chaque chambre d’explosions et qui communique avec le cylindre par un canal de dimensions appropriées. De sorte que le piston, à fond de course, vient presque en contact avec le fond du cylindre ; les gaz sont refoulés et comprimés dans la chambre-bloc, formée de deux compartiments. C’est à ce dispositif que le moteur doit les succès qu’il a remportés l’an dernier à Juvisy et à Maisons-Laffitte en équipant le cruiser Nautilus B. V. Jacqueline.
- Les diamètres différentiels du piston permettent une explosion à chaque tour de l’arbre manivelle. Si
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- la première explosion a lieu dans la chambre-bloc supérieure, le piston effectuera l’admission, pendant sa descente, dans la chambre annulaire, et, à la descente suivante, produite par l’explosion dans cette deuxième chambre, l’admission s’elfectuera dans le cylindre supérieur. Donc, avec un seul cylindre, un seul piston et une bielle unique, nous obtenons un elïèt utile à chaque tour. Le quatre-eylindres Boudreaux-Yerdet est en réalité un moteur
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- Comme partout, les tiges des soupapes s’élèvent et s’abaissent alternativement ; mais les deux chambres d’explosions de chaque cylindre étant superposées, on a pu utiliser une tige unique pour la commande de deux soupapes. Voici comment. Chaque tige porte, à des hauteurs variables, deux taquets s — le taquet supérieur n’est pas visible sur la coupe — agissant en sens contraire, et disposés, pour pouvoir remplir ces fonctions, de telle sorte que s soulève la tige v pendant l’ascen-sion de p, tandis-que l’autre appuiera sur la tige u pendant le temps de chute. C’est ainsi qu’est réalisée d’une manière très ingénieuse la commande par une tige unique des deux soupapes d’admission qui sont placées sur la même face du cylindre. Celle des soupapes d’échappement s’opère dans les mêmes conditions. Le moteur hi-duplex étant à deux cylindres, les deux leviers d’avant sont affectés à l’aspiration et ceux d’arrière à l’échappement.
- à deux cylindres. 11 comporte également d’autres particularités mécaniques qui méritent de retenir l’attention.
- Le carter du moteur est traversé par un arbre C, recevant son mouvement de l’arbre du vilebrequin par l’intermédiaire d’un engrenage. C’est l’arbre à demi-vitesse qui commande les soupapes ; il est supporté à ses extrémités par des plaques démontables d fixées sur les côtés du carter. Chacune de ces plaques porte les axes de deux leviers placés dans le même plan et articulés par une de leurs extrémités de chaque côté de l’arbre C. Pour bien fixer les idées,
- 2 et 3. — Le Naulilus B. V. Jacqueline eu vitesse au nieeliiiff de Maisous-Lal'ütle.
- disons que chaque plaque porte sur une même ligne les axes d’articulation des leviers ainsi que l’arbre C, celui-ci étant placé entre les deux premiers et à égale distance l’un de l’autre. En somme : trois points sur une ligne droite horizontale. Les extrémités libres des leviers sont donc opposées ; elles commandent les tiges p et q des soupapes, et sont actionnées chacune par une came spéciale calée sur l’arbre C. On voit que ce système de commande diffère totalement des combinaisons mécaniques admises par tous les constructeurs.
- En ne tenant aucun compte des dispositions relatives à l’allumage et à la circulation d’eau dont les particularités se rapportent seulement à la forme qu’il a fallu adopter dans ce cas spécial, on peut dire que le moteur hi-duplex Boudreaux-Verdet est constitué par deux cylindres accouplés ; il comprend seulement deux pistons différentiels, deux bielles, un arbre à deux vilebrequins, un seul arbre de commande des soupapes, et se comporte absolument comme un moteur ordinaire à quatre cylindres. Le double but poursuivi par les inventeurs a
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- été d’abord d’améliorer, à cylindrées égales, le rendement de l’explosion, et cela par l’emploi des chambres-bloc, et ensuite d’obtenir un meilleur ré-
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- sullat que par l’emploi des quatre cylindres en diminuant le nombre des organes et, partant, les surfaces frottantes.
- Le moteur Boudreaux-Yerdet a fait ses preuves l’an dernier aux meetings de Juvisy et de Maisons-Laflitte en équipant un cruiser qui fit 27 124 mètres et ensuite 28 150 mètres à l’heure. Au banc des essais il produisit 15 500 watts et dans une course d’essai qui suivit celle de Maisons-Laflitte, il atteignit 50 kilomètres. Une des photographies qui
- accompagnent cet article est très curieuse à consulter au point de vue de la régularité du moteur.
- On remarque, en elfet, que le sillage du cruiser est constitué par une série de stries qui s’étendent jusqu’aux bords du lleuve. Ce sont, pour ainsi dire, des ondes que l’hélice laisse derrière elle ; leur grande régularité est une démonstration calquée de celle de la marche de l’hélice, et il serait impossible d’en fournir une meilleure preuve. Ajoutons qu’une telle empreinte photographique n’est possible que si l’eau est trouble et surtout si nulle autre embarcation n’a jeté, au préalable, des remous sur la surface de l’élément liquide. Lucien Fournieh.
- L’AIR LIQUIDE
- Explosif pour le tirage des mines
- L’air liquide est employé depuis peu avec succès comme explosif pour le tirage des mines dans une des plus grandes houillères du nord de l’Angleterre. Son mode d’emploi est ici tout différent de celui qu’on en a fait pendant quelque temps lors du percement du tunnel du Simplon. Au Simplon, on ne faisait .guère qu’un mélange explosif ordinaire, l’air liquide étant chargé de fournir, sous un très petit volume, le comburant nécessaire à une matière organique pulvérulente combustible. On dut cependant renoncer à son emploi, car quelque élevée que fût la proportion d’air liquide, la combustion restait incomplète, et les gaz de l’explosion, très riches en oxyde de carbone, étaient beaucoup plus dangereux à respirer que ceux de la dynamite.
- Dans le nouveau procédé l’air liquide est employé seul.
- On sait qu’un gaz ne peut être liquéfié, sa pression atteignît-elle plusieurs milliers d’atmosphères, s’il n’a pas été préalablement refroidi au-dessous d’une température dite critique, caractéristique pour chaque gaz. Pour les gaz autrefois dénommés permanents, cette température critique est très basse : elle est par exemple —115° pour l’oxygène et de —145° pour l’azote. Si ces corps remplissent entièrement ou presque entièrement à l’état liquide un récipient clos, ce ne peut être qu’à des températures inférieures à leur point critique, car dès que leur température le dépasse, il y a vaporisation totale avec production instantanée de pressions tellement élevées qu’aucun récipient quel qu’il soit ne saurait résister. Il y a bien instantanéité car, comme l’a montré M. Mathias, à la température critique, les liquides passent à l’état gazeux sans absorption de chaleur.
- Ceci explique pourquoi les gaz liquéfiés, comme l’air ou l’hydrogène, ne peuvent être conservés sans danger à la température ordinaire que dans des récipients ouverts. Leur température s’abaisse alors, par suite de leur évaporation, jusqu’à ce que la pression atmosphérique soit égale à la tension maxima de la vapeur qu’ils émettent. Elle s’abaisse jusqu’à —182° pour l’oxygène, —192° pour l’azote (—187° pour l’air liquide). 11 suffit, pour éviter une évaporation trop rapide, de protéger le liquide contre le réchauffement extérieur : à cet effet, on emploie les vases en verre de Dewar et à double enveloppe dans laquelle on a fait le vide à parois argentées intérieurement. Ces vases sont entourés de flanelle ou dé laine. Dans de pareils récipients, il ne s’évapore qu’un litre d’air liquide en 12 à 15 jours.
- Voici, d’après le Scienti/ic American, comment on opère avec l’air liquide employé comme explosif.
- Les cartouches sont des cylindres creux en bronze phosphoreux à parois assez épaisses; à une de leurs extrémités est serti un fond fait d’un alliage de plomb et d’antimoine plus mou que celui des caractères d’imprimerie; à l’autre extrémité, qui est fermée, aboutit un tube métallique long et étroit qui débouche dans la cartouche par une petite soupape ne pouvant s’ouvrir que du dehors au dedans. On place la cartouche vide dans le trou de mine, l’extrémité rapportée étant au fond du trou, puis on bourre comme à l’ordinaire et tout autour du tube fin comme si c’était une mèche. On introduit alors de l’air liquide provenant d’un réservoir ouvert au moyen de ce tube. On enferme ainsi une certaine quantité d’air liquide dans la cartouche. Sept à huit minutes après qu’elle a été achevée, la mine fait explosion d’elle-même. L’air liquide qui était d’abord à —187° dans la cartouche, s’est échauffé peu à peu jusqu’à la température critique, produisant instantanément une grande quantité d’air gazeux qui a fait détacher le fond serti et éclater la roche environnante.
- Il n’y a jamais de ratés et on conçoit qu’il ne puisse y en avoir. Y en eût-il d’ailleurs (par suite de fissures dans le bourrage ou la roche) que cela serait sans inconvénients, aucun danger d’explosion n’existant plus après que le liquide s’est évaporé. Avec ce système, on évite complètement le danger d’incendie résultant de l’allumage fortuit d’une atmosphère grisouteuse ou poussiéreuse par la flamme de l’explosion, et comme il n’y a pas production de gaz toxiques, les ouvriers peuvent revenir au chantier d’abatage immédiatement après l’explosion; il y a mieux, le tirage des mines contribue à l’aération du chantier d’abatage.
- La houille est abattue en morceaux ayant depuis la grosseur d’une noix jusqu’à 60 centimètres de dimension maxima selon la charge d’air liquide introduite dans la cartouche. Par un remplissage complet, on pulvériserait la houille abattue. Les douilles des cartouches et les tubes peuvent servir un grand nombre de fois ; il suffit de sertir de nouveaux fonds.
- Les mineurs se sont, paraît-il, rapidement habitués au maniement des récipients Dewar, très fragiles, et de l’air liquide.
- Son seul, danger est celui des brûlures que produisent les très basses températures. E. L.
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- CHRONIQUE
- Le canal latéral au Mincio. — Le ministère des Travaux publics d’Italie a dernièrement approuvé les conclusions du Rapport que lui a remis la Commission officielle chargée d’étudier la question de la canalisation du Mincio, et de décider qu’elles feraient l’objet d’un projet de loi dont le Parlement sera saisi pendant sa prochaine session. Le Mincio ne porte ce nom que dans la partie inférieure de son cours, après sa sortie du lac de Carde, à Peschiera; il coule d’abord vers le Sud, dans la direction de Goito, puis s’élargit pour former les trois lacs entre lesquels est située la ville de Mantoue, et se jette dans le Pô au voisinage de Governolo : il est navigable à partir de Mantoue, mais le développement industriel croissant de toute l’Italie septentrionale exige impérieusement la création de moyens de communication fluviaux entre le lac de Garde et l’Adriatique; pour les établir, il suffira d’effectuer des travaux entre Peschiera et Mantoue. Les premiers ingénieurs qui se sont occupés de dresser les plans de ces travaux avaient pensé d’abord à approfondir et à régulariser le lit du fleuve ; mais cette idée a été abandonnée à la suite des travaux de M. Lom-bardini qui préconise le creusement d’un canal latéral de rectification réduisant de plus d’un huitième la longueur de la traversée. Les moyens de communication entre les deux rives seront assurés par des ponts fixes, ce qui aura, sans doute, pour effet d’exiger l’abaissement des mâts au passage des bateaux, mais les ingénieurs de la navigation s’accordent ;i préférer cette solution à celle qui consisterait à établir des ponts tournants comme ceux qui existent sur les canaux de Lombardie et dont l’usage a démontré les multiples inconvénients. L’intelligente initiative des Italiens en matière de transports fluviaux ne se bornera pas à creuser le canal du Mincio. Un autre grand travail est à l’étude, qui consistera à rendre également navigable, depuis sa sortie du Val de Trente jusqu’au lac de Garde, le Sarca qui est la partie d’amont du Mincio. Grâce au travail projeté, les importantes usines de la région Tren-tine et des Giudicarie auront un débouché par eau vers l’Adriatique et leurs produits lourds pourront être portés sur les marchés d’outre-mer. Ce sera sans doute pour idles l’origine d’une prospérité économique considérable.
- Le coût des voyages en motocyclette. — Un
- correspondant d’une publication anglaise toute spéciale, Motor Cycle, vient de lui fournir des renseignements fort curieux, et qui ont la valeur d’un document financier, sur les dépenses diverses qu’il a faites pendant près de quatre années où il s’est servi régulièrement d’un molocycle lui appartenant, machine Bat de 2 3/4 chevaux, dotée d’un moteur de Dion-Bouton. 11 a tenu compte des parcours faits durant ces quatre années, et il a couvert à peu près 40 000 km : le total de ses dépenses a été de 1170 francs, sans tenir compte de l’amortissement et de l’usure de sa machine, mais il estime que pour ce
- chapitre il faut compter sur une dépense supplémentaire de 630 francs, ce qui fait à peu près 16 francs par millier de kilomètres. Le plus gros élément de dépenses a naturellement été l’essence : il en a consommé pour 460 francs, étant donné que le prix de l’hydrocarbure était en moyenne d’environ lfr,55 les 4 litres et demi. 11 lui est arrivé fréquemment de couvrir une distance totale de 180 km pour cette quantité de 4 litres et demi. Les frais de pneumatiques ont été assez faibles, contrairemant à ce que l’on pourrait peut-être croire. 11 lui a fallu une enveloppe de roue avant, sans compter celle avec laquelle il avait commencé sa campagne de plus de quatre années; puis trois enveloppas supplémentaires arrière et quatre chambres à air. L’huile de graissage et l’huile de sa lanterne lui ont coûté 78 francs à peu près. Diverses réparations, des remplacements de pièces se sont imposés, soupapes, garnitures de pistons, garde-crotte, dispositif de contact électrique, batterie, direction, poulie, tout cela pour une trentaine de francs. Enfin sans parler du reste, nous citerons le remplacement des courroies de transmission pour une somme globale de 90 francs environ.
- Une nouvelle matière rodante. — Pour faire concurrence au corindon artificiel, et particulièrement au carborundum, on fabrique maintenant aux États-Unis ce qu’on nomme de 1’ « alundum ». La production s’en poursuit sur une grande échelle et au four électrique à Worcester, dans le Massachusetts, par les soins de la Norton G0. Pour l’obtenir, on traite le minerai amorphe d’oxyde d’aluminium connu sous le nom de bauxite, et, après l’avoir purifié, on le fait fondre au four électrique. Lorsqu’il refroidit et qu’il se solidifie, il cristallise en donnant précisément l’alundum.
- La teneur du pain en alcool. — On sait que pendant la fermentation de la pâte du pain, il se produit de faibles quantités d’alcool dont la majorité est éliminée pendant la cuisson. La proportion qui reste dans le pain avait été évaluée à 0,3 pour 100 pour le pain frais. M. Pohl vient de reprendre ces déterminations et est arrivé au chiffre de 0sr,05 à 061',07 pour 100 gr. de pain frais, mais il y a constaté, en outre, la présence d’une huile plus lourde que l’eau et insoluble dans ce liquide.
- Synthèse artificielle d’un spinelle de fer et de magnésium. — On a tout récemment obtenu accidentellement, dans des essais techniques, un spinelle ferro-ma-gnésien en chauffant sous 20 atmosphères dépréssion des morceaux de fer eide fonte avec une solution extrêmement concentrée de chlorure de magnésium. Ce spinelle a pour formule Fe2 O5. MgO ; il cristallise en octaèdres noirs doués d’un éclat adamantin, non magnétiques. Calciné au rouge, il se transforme en une poudre rouge constituée par un mélange_de sesquioxyde de fer et de magnésie.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 22 avril 1907. — Présidence de M. Chauveau.
- Tremblements de terre. — M. Bigourdan expose que divers tremblements de terre se sont produits la semaine dernière. Dans la nuit du 14 au 15 avril un tremblement de terre a couvert de ruines diverses .localités du
- Mexique. D’autres secousses sismiques ont été ressenties à Manille, au Chili, en Portugal, en Calabre, en Turquie. Plusieurs'de ces mouvements étaient en relation avec des éruptions volcaniques et en général ne paraissent pas
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- s’être propagés très loin; mais quelques-uns, au contraire, se sont fait sentir à des distances énormes. Tel est celui du Mexique qui, à 10 000 km de distance, a agi très violemment sur le sismographe de Paris. M. Bigourdan indique les caractères présentés par ces mouvements et donne les heures des principales secousses. Lors du désastre du 14-15 avril les instruments sont restés agités à partir de G heures et demie du matin. A cet instant les horloges marquaient Uh 45 du soir, dans la nuit du 14 au 15 avril à Mexico.
- Dosage du tungstène. — M. À. Gautier présente une Note de M. le Gap”8 Nicolardot, chef du laboratoire d’essai des matériaux à la section technique de l’artillerie, décrivant un procédé rapide et précis pour doser le tungstène dans le Wolfram, minerai de tungstène utilisé dans la fabrication des aciers au tungstène.
- Émulsion en présence d’un amalgame. — M. Lippmann rappelle que MM. Moissan et Lebeau ont récemment signalé la singulière propriété de l’amalgame de platine de donner, lorsqu’on l’agite avec de l’eau, une émulsion
- stable. Les amalgames d’or et d’argent ne provoquent pas d’émulsion. M. Lebeau, en continuant ses recherches, a découvert que les amalgames de lithium et de calcium donnaient des émulsions avec la benzine mais non point avec l’eau.
- Le rôle de l’hypophyse et de la glande pinéale. — M. Dastre présente une Note de M. de Lyon sur les fonctions de l’hypophyse et de la glande pinéale résumant les recherches qu’il a poursuivies pendant une dizaine d’années sur ces sujets et dont les résultats ont été exposés en leur temps devant l’Académie. 11 montre que l’hypophyse est un aulorégulaleur de la pression du sang à l’intérieur du cerveau et de l’intégrité des fonctions vitales et psychiques du cerveau en le préservant des congestions destructives. Elle produit dans ce but deux substances : l’hypophysine qui accroît la force des battements du cœur, l’autre qui agit sur les nerfs vaso-moteurs. Ces substances règlent secondairement les échanges organiques des tissus.
- Cn. de Yilledeuil.
- UN NOUVEAU TRICYCLE NAUTIQUE
- Depuis l’invention du vélocipède, de nombreuses tentatives ont eu lieu pour appliquer le principe de l’instrument à la navigation iluviale. Les essais n’ont jamais donné complète satisfaction. Le nouveau tricycle nautique que lance un inventeur américain, M. John II. Mitchell, aura-1-il une carrière moins éphémère?
- L’engin consiste en un cadre de bicyclette qui repose sur trois cylindres affectant la forme de bateaux.
- Longs d’un mètre et demi, ils sont imperméables à l’eau et sont construits de fines planches de cèdre recouvertes d’un enduit spécial.
- Les premiers essais, exécutés par l’inventeur en personne, eurent lieu sur la North River, à New-York, à la hauteur de la 85e Rue. Ils donnèrent complète satisfaction. Mais M. Mitchell, de son propre aveu, n’est pas un cycliste expérimenté, et, malgré les efforts qu’il demanda à ses jarrets mal entraînés, il lui fut impossible de fournir la vitesse qu’il avait prédite.
- L’idée lui vint de recourir aux services d’une jeune acrobate qui émerveillait alors le public d’un grand music-hall en exécutant sur la scène, avec sa bicyclette, les tours les plus compliqués.
- Miss Jennie Canhar accepta avec enthousiasme cette occasion de se couvrir de gloire. Après quelques essais préliminaires, elle passait à un essai public en présence de sept à huit mille spectateurs massés sur les quais, et elle lançait le tricycle nautique sur le bassin de la Batterie dans la rade intérieure de New-York.
- Tout d’abord, elle décrivait des cercles et des boucles sur l’eau tranquille. Bientôt, elle filait en ligne droite sur l’Ile du Gouverneur, en fournissant aisément une vitesse de 9 km. à l’heure. Après ces essais concluants, qui avaient duré quarante-cinq minutes, elle rebroussait chemin et débarquait à l’escalier du quai, saluée par les acclamations de la foule enthousiaste.
- La semaine suivante, elle renouvelait l’expérience en mer. Un petit vapeur la transportait à plus de 5 km. au large de Coney Island, et lançant son appareil à l’eau, elle atteignait facilement la plage, malgré les vagues et les courants qui retardaient sa marche. V.. Forbin.
- Le Gérant : P. Massox.
- Le tricycle nautique.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1771. — 4 MAI 1907.
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- L’ASPECT DU IIIe SATELLITE DE JUPITER
- Nos connaissances relatives aux éléments physiques des satellites des planètes demeurent bien restreintes, particulièrement en ce qui concerne les aspects de la surface même de ces corps célestes. Encore que bien des questions de détails restent obscures, nous n’en connaissons pas moins les configurations générales, typiques, des planètes principales : dans le cas qui nous occupe ici, il en est tout autrement, et c’est à peine si nous pouvons nous faire une idée de ce qui peut exister à la surface des principaux satel-
- relativement facile de l’étudier, comparativement aux autres ! Les forts grossissements, dont on dispose dans divers observatoires, permettraient certainement d’en scruter les mystères avec assez de succès si les conditions défavorables de notre atmosphère ne s’opposaient précisément à l’emploi de ces forts grossissements. Malgré tout, ce satellite a été l’objet d’un certain nombre de recherches, dont nous reproduisons ici les principales. Ces dessins sont intéressants à comparer avec celui de
- iilcs (abstraction faite pour la Lune bien entendu).
- Aussi doit-on accueillir, avec un grand intérêt, toutes les observations effectuées et c'est pourquoi l’excellent dessin du IIIe satellite de Jupiter (fig. 2), obtenu récemment à l’observatoire Fabra (Barcelone) par son éminent directeur Sr. D. José Comas Solâ, mérite de retenir notre attention. • :
- C’est au système de Jupiter qu’il est le plus aisé de s’attaquer en raison de la dimension de ces corps célestes, et particulièrement de celui qui reste désigné sous le n° III (malgré les récentes découvertes de nouveaux satellites). Celui-ci a un diamètre d’environ 5600 kilomètres, et, à la distance où il se trouve éloigné de nous, son diamètre apparent n’est que de 1"6 environ; c’est peu, mais il est encore 35e aimée- — semestre.
- Comas Sola, pris le 25 novembre 1906, à l’équatorial Mailhat, de 38 centimètres d’objectif, muni des grossissements de 450 à 750 fois - c’était comme une miniature de la planète Mars, surtout à cause de la petite tache polaire, éclatante de blancheur, et d’une facilité d’observation extraordinaire, dit l’auteur (à son avis, même, elle pourrait être visible à l’aide d’instruments bien plus faibles). Quant aux taches sombres sur le reste du disque, il était difficile de les définir avec quelque précision. C’est seulement un aspect général qui est représenté là, et cela se comprend aisément eu égard à la petitesse de l’image et aux conditions toujours si délicates de l’observation télescopique. Cela ressort clairement, d’ailleurs, de la comparaison des autres dessins
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- reproduits ici, et montrant la difficulté du problème à résoudre dans le cas d’un essai cartographique du IIIe satellite de Jupiter. À première vue il ne semble pas que l’on ait affaire au même astre : Secehi nous montre des taches grossièrement arrondies ou étoilées, et très espacées. Dawes voit de grandes surfaces grises occupant presque toute la superficie du disque. Barnard, à l’aide du plus puissant instrument existant, voit également des taches rappelant celles de Secehi, c’est vrai, mais avec des bandes les réunissant ; ces régions, d’un aspect plus ou moins diffus, se
- voir des détails délicats sur un disque minuscule, ces divergences s’accentuent forcément. Cependant on ne peut nier qu’il y ait « quelque chose » ; le tout est de pouvoir se débrouiller au milieu des traductions diverses de ce quelque chose ! Ce qui est probable donc c’est que de grandes surfaces grises existent et que ces régions sont rattachées entre elles par d’autres sous forme de traînées, plus ou moins visibles, ainsi que lemonlrela série de Barnard. Les dessins de Douglass exagèrent certainement par leur facture cette nature de taches allongées, et, abstraction faite de cette facture, l’as-
- confondent avec les tons de certaines portions de la surface de Jupiter, pendant les passages du satellite devant la planète, et, ainsi que le montre l’une des figures, ce satellite paraît incomplet dans ces conditions ; enfin le même observateur voit aussi nettement la petite tache blanche boréale dessinée par Comas Sola (notons aussi, que parfois une tache analogue a été vue au sud).
- Quant aux dessins de Douglass, à l’observatoire Lowell, ils sont très différents, avec ce système enchevêtré de lignes droites.
- Ces éléments sont bien dissemblables, et il est difficile d’en tirer autre chose que des notions extrêmement générales, en ce qui concerne les taches grises, car les petites taches blanches sont hors de doute, absolument définies. Pour les taches sombres il faut faire entrer en ligne de compte et la manière d’apprécier de l’observateur, et sa manière d’interpréter par le dessin : lorsqu’il s’agit d’une planète (avec des dimensions apparentes relativement considérables), ces deux facteurs jouent déjà un rôle fort important. Dans le cas qui nous occupe ici, où l’on est obligé de perce-
- pect de ce système entre-croisé peut avoir une communauté d’origine avec ce que représente le dessin de Comas Solà ; et cette dernière image n’est pas sans parenté non plus avec la tache étoilée de Secehi. Enfin ceux de Dawes se rapprochent vaguement de l’un de ceux de Barnard (n° 8). Ce qui semble certain c’est que les aspects assez diversifiés qui doivent exister à la surface de cet astre ne sont pas toujours également visibles.
- Nous n’avons encore, on le voit, qu’une connaissance presque embryonnaire de l’aspect du IIIe satellite de Jupiter. Mais tels quels ces dessins, encore trop rares, sont très intéressants, particulièrement celui obtenu à- l’observatoire Fabra, car il nous olire comme une moyenne générale des précédents résultats. De telles observations, en plus grand nombre, nous renseigneraient utilement sur le mouvement de rotation de ces corps, non encore déterminé, et nous fourniraient aussi des données précieuses sur l’unité ou la diversité des conditions superficielles des corps planétaires.
- Lucien Budaux.
- LA BIBLE MORALISEE
- Il ne s’agit pas d’une édition ad'usum'Delphini, mais d’un célèbre ouvrage de grand luxe exécuté au xine siècle, dont le texte et les images étaient destinés à faire comprendre le sens allégorique des nombreux personnages de la Bible. En regard du texte, le commentaire était formé par plus de 5000 médaillons. De cet admirable travail, chef-d’œuvre de la peinture au moyen âge, on ne connaissait jusqu’aujourd’hui qu’un exemplaire, découpé en trois volumes qui sont à Oxford, à Londres et à Paris ; rien dans ces fragments ne faisait connaître dans quelles conditions a été exécutée une œuvre aussi considérable. M. Delisle a pu dernièrement avoir communication d’un quatrième cahier, du même volume, qui, après avoir longtemps séjourné en Angleterre, appartient aux collec-
- tions de M. Pierpont Morgan. Le célèbre milliardaire américain a mis ce précieux document à la disposition du savant français, qui a pu le montrer à ses collègues de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, en avril. Son intérêt est d’autant plus grand qu’il comble la lacune susdite grâce à un feuillet qui explique l’origine du livre : c’est une admirable miniature sur fond d’or qui montre le scribe préparant l’exemplaire destiné au roi de France. Ainsi la Bible moralisée a été vraisemblablement faite en France, à Paris ou dans un couvent des environs, sur les ordres ou du moins sous les auspices du roi saint Louis, de sa mère la reine Blanche et de Marguerite de Provence, sa femme, qui tous trois figurent fort clairement sur le feuillet révélateur.
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- SUPPLICES MYSTIQUES DANS L’INDE
- Tout le monde connaît les exploits ascétiques des faquirs. 11 est presque inutile de rappeler qu’ils s'ensevelissent, tout vivants, sous la terre, pendant plusieurs semaines, qu’ils peuvent garder leur bras levé, dans une altitude cataleptique, jusqu’à ce que leurs ongles, démesurément longs, se recourbent et leur percent les mains. Par contre, il est reconnu aujourd’hui que la seule volonté du suicide détermine les pratiques, soi-disant religieuses, des adorateurs deVichnou, à Pouri, se faisant broyer sous les roues du char sacré, pour obtenir le paradis.
- Parmi les nombreux supplices mystiques, dans l’Inde, il en existe un qui ne tient aucunement de la légende, mais qui a été étudié et décrit scientifiquement dans un livre tout récent1. D’après ce document important, nous essaierons de donner une idée précise du hook-swinging (pendaison par des crochets, mot à mot : balancement au bout de crochets), usité dans l'Inde méridionale.
- Voici les trois opérations principales dont se compose toujours le supplice : 1° introduction dans la peau du dos des patients de deux ou trois forts crochets de fer; 2° fixation de ces crochets au bout d’un long màt de trente à quarante pieds, auquel la victime est attachée par des cordes; 5° projection, dans Pair, de ce mat, basculant sur des poutres verticales, comme un levier; 4° rotation du mât un certain nombre de fois.
- La cérémonie varie suivant les lieux et les époques, mais ces quatre phases dusacrilice restent toujours les mêmes. Dans tous les cas, le malheureux dévot est * enlevé dans le ciel, si j’ose dire, et tourné quatre, huit, jusqu’à onze fois, comme en un funèbre manège.
- À l’heure qu’il est, la police interdit de pareilles exhibitions et le gouvernement de Madras punit très sévèrement les infractions au règlement. — On ne tolère plus que la pendaison aux crochets des images de divinités, comme nous le verrons plus loin.
- Dès le xvne siècle, on pratiquait le hook-swinginy dans l’Inde méridionale.
- Voici comment le décrit Tavernier1 : « Ils sortent tous de la ville, et vont attacher des crochets de fer aux branches de plusieurs arbres, où quantité de ces pauvres gens se vont accrocher, les uns par les deux costez, et d’autres par le milieu du dos. Ces crochets leur entrent dans le corps, et ils demeurent pendus, les uns^une heure, et les autres deux, jusqu’à ce que la pesanteur du corps leur lève la chair estant contraints alors de se retirer. C’est une chose surprenante de ne voir pas sortir une goûte de sang de cette chair entamée, et de n’en voir pas même paroître sur le crochet; et dans deux jours ils sont entièrement guéris par des médicaments que leur donnent leurs Bramins. »
- 1 Edgar Thurslon, Ethnographie Noies in Southern India. Madras, 1906.
- â Les six vouaqes... dans l'Inde.... Paris, 1676, in-4°, U Il, p. 415.
- Kn 1774 et 1781, Sonnerai, dans son Voyage, aux Indes Orientales et en Chine, nous a laissé de curieux détails sur ce genre de supplice. D’après lui, c’est pour obtenir les faveurs de la divinité nommée Mariatale que les fidèles consentent à se faire placer dans la peau de l’échine deux clous à crochets en fer, fixés à l’extrémité d’un très long levier. Ce levier est placé sur le sommet d’un mût haut de vingt pieds. Si l’on pèse sur le base du levier, la victime se trouve projetée en l’air. On tourne le mât autant de fois que le patient le désire. 11 lient ordinairement une épée et un bouclier dans ses mains et exécute les mouvements d'un guerrier qui combat. En dépit des tortures qu’il endure, il doit montrer un visage joyeux ; si des larmes lui échappent, trahissant sa souffrance, il peut être renvoyé de sa caste, mais le fait arrive rarement. Avant de le pendre on lui fait avaler une bois-son enivrante, qui lui procure une anesthésie suffisante, pour lui permettre d’envisager son supplice comme une chose anodine. Les Brahmanes n’assistent pas à cette cérémonie, qu’ils méprisent. Les adorateurs de Mariatale font partie des plus basses classes de la société.
- Moor (Narrative of Littles detachment, 1794) rapporte qu’en son siècle les Hindous avaient la coutume, en se pendant ainsi, de former un vœu, par exemple celui d’épouser telle personne dans un laps de temps. On croyait que le pouvoir mystique du sacrifice suffirait à la réalisation du vœu. On pouvait même souffrir par procuration. Une dame respectable vint ainsi en aide à sa fille, qui avait juré de se pendre aux crochets, si l’enfant qu’elle allait mettre au monde appartenait au sexe masculin. La femme accoucha peu avant le jour fixé pour la cérémonie du Hook-swinging, mais sa vieille mère n’en resta pas moins fidèle à sa promesse, et s’offrit résolument au supplice, soulevant l’enthousiasme de la foule assemblée.
- M. Elijah Iloole fut le témoin oculaire d’une cérémonie de Hook-swinging à Boyapettah dans la cité de Madras. Grâce au récit très beau et très complet qu’il en donne1, nous pouvons nous faire une idée de l’évolution des superstitions si florissantes dans l’Inde. L’auteur a surtout été douloureusement frappé par la barbarie d’un tel supplice, aussi fou qu’inutile. Je traduis ses propres termes : « Il était impossible de contempler la triste victime de la religion, lamentablement suspendue, sans éprouver un sentiment d’horrible angoisse. Je ne m’épouvantais pas des souffrances endurées par le patient, mais bien de la pensée que cette chair allait être déchirée par le poids du corps et que l’homme, tombant d’une hauteur de trente à quarante pieds, se briserait contre le sol. Ainsi, par sa propre destruction, par sa mort, il accomplirait le sacrifice suprême de sa personne aux divinités infernales ».
- 1 Personnel narrative of a mission to lhe south of India 1820 to 1828.
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- Ce procédé de pendaison par le fer, en quelque sorte, servait souvent d’habile stratagème pour mettre fin à une vie détestée. Encore une lois de plus le mysticisme se réduisait au suicide, La constatation de ce fait ressort des Rapports du gouvernement de Madras, dès l’année 1854. Ils nous apprennent aussi qu’à partir de cette époque la pratique du llook-swinging commence à tomber en désuétude. Elle ne subsiste que dans certains districts et le gouvernement se voit déjà obligé de prendre des mesures sévères, pour prohiber des cérémonies funestes, encourageant à la cruauté et à la mort. Il cite de nombreux accidents. Dans le district de Salem, en 1852, deux hommes furent tués net par la brusque rupture du màt auquel ils étaient attachés.
- Les Paraiyans étaient alors les principaux exécuteurs de la pendaison aux crochets. Aux moments de disette, quand le choléra ou d’aqtres fléaux ravageaient la contrée, ils organisaient la cérémonie de hook-sivinging, pour se rendre les divinités propices. Dans le district de Canara ce sacrifice était combiné avec un massacre en grand de toutes sortes d’animaux (moutons, cochons, oiseaux).
- Hommes, femmes, enfants, accouraient en tumulte et poussaient des cris d’allégresse en assistant à la tuerie des animaux, en entendant leurs cris d’agonie.
- D’excellentes peintures, plus récentes1, de ces scènes religieuses se trouvent dans le mémoire du Rév. T. Knowles, dont se dégagent ces trois faits principaux : 1° le sacrifice est opéré pour la gloire de Bhadra Kâli, divinité cruelle que l’on croit se complaire dans le sang; 2° souvent les patients emportent dans leurs bras, au lieu d’une épée et d’un bouclier, quelque enfant sur la tête duquel les parents ont prononcé des vœux. (Notons, en passant, que parfois aussi une trompette remplace l’attirail du combat, car le condamné peut chanter une chanson, ou il répand des fleurs sur l’assemblée qui les recueille pieusement.); 3° à Madura Mr. Knowles constata de visu que la pendaison s’opère parfois avec les seuls crochets sans le secours de la corde. Dans 1 'Annual Report 1900-01 de li. llullzch, correspondant du Gouvernement, nous voyons qu’une pierre quadrangulaire, sur la façade du 1 11 idc World Magazine, septembre 1899.
- temple de Màriamma, à Màdabiduri, dans le sud de Canara, a été creusée à son sommet, spécialement pour recevoir les mâts et poutres nécessaires à la cérémonie du Hook-swinging. Tous les bois nécessaires à la fabrication des appareils de torture sont gardés précieusement dans le voisinage du temple.
- Le sacrifice n’est accompli qu’après la certitude du consentement de la divinité. Si on entend le bruit d’un lézard se dirigeant à droite, c’est un signe de ce consentement. Un croit que l'homme pendu ne sent pas de douleurs, si la cause, pour laquelle il subit son martyre, est une cause juste ; si c’est au contraire une cause mauvaise,, il endurera les pires tourments (le Rév. Mr Phillips)1.
- Selon la note récente du Survey ethnologique de Coehin, il existerait deux espèces bien définies de llook-swinging : Garuda (pendaison du milan de Brahmines) et thoni iukkani (pendaison du bateau).
- Le milan des Brahmines, liait as tu r in dieu s, joue le rôle d’interprète de Yich-nou, lequel est représenté dans les temples comme un homme ailé. La cérémonie a lieu dans l’espérance des largesses accordées par ladéesselvâli. Dans le combat de celle-ci avec le démon Darika, ce dernier restait complètement vaincu et la victorieuse Kâli, le mordant aux reins, répandait son sang pour assouvir sa colère. La pendaison par les crochets symbolise cet événement et le sang, qui coule des blessures du patient, doit tenir lieu d’offrande expiatoire. Le sacrifié se prépare à subir sa peine, en observant un régime rigoureux. (Bains quotidiens — adoration de Bhaga-vâti pendant un an ou quarante et un jours, etc.). Il enduit son corps d’huile, il apprend d’un professeur spécial les gestes, les mouvements variés qu’il doit exécuter.
- Dans la pendaison du bateau il est fait usage d’un char, supportant un appareil composé de deux poutres verticales et d’un mât horizontal avec des cordes et des crochets pour y attacher le patient : de cette façon deux ou trois hommes peu vent se pendre de compagnie. Dans la pendaison de garuda, le condamné a la face peinte en vert, il porte un faux bec et de fausses ailes, comme un milan. 11 porté des cheveux longs et bouclés, comme les acteurs de katha-kali 1 Evolution of Ilinduisin, 1903.
- Fig. 1. — Le llook-swinging.
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- (drame de Malabar). Le mat projeté dans l’air, on promène le char un plus ou moins grand nombre de lois autour du temple.
- Fort heureusement, aujourd’hui, le gouvernement interdit de telles scènes de barbarie et la police punit sévèrement les infractions aux règlements édictés à ce sujet. Mais, comme la Superstition ne veut jamais désarmer, elle a substitué un pseiido-hook-sivinging au supplice ordinairement admis. M. Thurston a été le témoin oculaire d’une de ces fausses pendaisons. L’appareil, employé à celle fin, est décoré d’étoilés bariolées, de drapeaux et de branches de manguier très feuillues. Celte fois, on place au bout de la perche l’image du dieu Sidi Yiranna, qu’accompagne celle de la déesse Mâriamma. Cette dernière est dans sa chasse, que le porteur élève au-dessus de sa tête. Mais avant de les déposer sous le baldaquin, orné de feuilles de manguier, et de les balancer dans l’air, on les conduit à une fontaine sacrée où ils sont adorés par la multitude. Un püjàri porte Mâriamma et un simple boy, Sidi Yiranna. Une procession se forme et l’on arrive au lieu de la cérémonie.
- On accroche Sidi Viranna comme un simple mortel, on lui donne un bouclier et une épée. La rotation de l’image dans l’air exige un accompagnement sacré de fifres et de tambours par les musiciens lloleya.
- Souvent aussi, comme pour les hommes, on place des enfants dans un berceau, auprès du mât. Le festival commence les mardis et dure trois jours. Le premier jour Mâriamma est adorée par les seuls brahmanes et le lendemain par les autres castes, qui lui font des offrandes de moutons et d’oiseaux.
- Fi”'. 5. — Le Hook-swinging.
- Fig. 2. — L’accrochage humain.
- La pendaison du dieu dure quelques heures. Quant à la déesse, elle est promenée à travers les rues, par le troupeau des fidèles, reformant une procession.
- On arrive au temple et alors commence la fête de la promenade du feu (fire walking), appelée konda en hindou. Sur les cendres chaudes, éparpillées devant le temple, le pujàri marche trois fois, avec sa divinité, puis pénètre dans le sanctuaire.
- Dans un bourg, près de Kumulan (au sud du district d’Arcot), l’attaché de M. Thurston a assisté à une cérémonie semblable; mais, cette fois-là, un mouton avait pris la place de l’homme... et du dieu. Les Paraiyans se permettent même d’employer des citrouilles.
- 11 faut croire que les Hindous prennent goût avoir souffrir et à faire couler le sang, puisque, il y a peu d’années, après l’abolition de ces exhibitions mystiques, les paysans venaient se plaindre au gouvernement de la pauvreté de leurs récoltes, de la mort de leurs enfants, de l’invasion du choléra, de toutes sortes de malheurs imaginaires. Des accidents arrivaient. Un jour, par exemple, le mât du sacrifice se rompit et l’homme mourut de sa chute. Les Paraiyans faisaient des quêtes parmi les villageois, pour obtenir l’argent nécessaire à la préparation de la cérémonie. Le peuple payait, mourait, mais il .avait satisfait son imagination, et cela lui suffisait.
- Tous les faits, que nous venons de relever, prouvent une fois de plus combien la Superstition fanatique est encore tenace et florissante dans l’Inde.
- J. Deniker.-
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- PRÉPARATION ÉLECTROCHIMIQUE DES COULEURS
- minérales et organiques artificielles
- L’emploi de l’électricité en chimie ne se borne plus aujourd’hui à quelques procédés de galvanoplastie ni à certaines préparations de laboratoire. La science qui forme le trait d’union entre la chimie et l’électricité, ou, comme nous l’appelons en termes techniques, « l’électrochimie », acquiert chaque jour une indépendance plus grande et ses applications vont sans cesse en se généralisant.
- 11 y a quelques années à peine, tout chimiste un peu expérimenté aurait regardé comme bien audacieux, sinon comme imprudent en matière de science, l’un quelconque de ses confrères qui aurait voulu utiliser le courant électrique pour la préparation des couleurs industrielles. Aujourd’hui, il n’en serait pas de même : les chercheurs se sont mis à l'œuvre et nous les voyons arriver aux résultats les plus intéressants, voire môme aux préparations industrielles les plus satisfaisantes ; et bientôt, demain peut-être, les couleurs artificielles électrochimiques auront remplacé celles retirées des goudrons de houille, aujourd’hui si appréciées dans l’industrie.
- Sans décrire ici en détail tous les procédés récents qui s’attachent à cette nouvelle industrie, nous dirons quelques mots de ceux qui méritent d’attirer plus spécialement notre attention.
- Vermillon. — Le vermillon, qui a la même composition que le cinabre ou sulfure naturel de mercure, est principalement employé en peinture et pour colorer la cire à cacheter. On le prépare généralement en chauffant à 80°, au bain-marie, 30 gr. de mercure avec 10 gr. de soufre et 0 gr. de potasse dissoute dans 40 gr. d’eau. La masse, triturée d’avance, est d’abord noire; elle rougit peu à peu et, lorsqu’elle a atteint une teinte rougeâtre très brillante, on la lave à l’eau chaude.
- Dans le procédé électrochimique, on se sert d’une cuve en bois ayant environ 1 m. de diamètre et 2 m. de profondeur. Cette cuve contient du mercure et, à l’intérieur, on dispose également des plateaux circulaires reliés au pôle positif d’une dynamo. L’électrode négative est constituée par une feuille de cuivre recouverte électroly-liquement de fer et disposée au fond de la cuve. Dans cette dernière, on verse une solution contenant 8 pour 100 de nitrate d’ammoniaque et autant de nitrate de soude. A l’aide d’un serpentin perforé dans toute sa longueur, on amène dans le liquide un courant très régulier d’acide sulfurique, tandis qu’un agitateur à hélice maintient constamment ce mélange en mouvement.
- Pendant le passage du courant, il se forme un précipité de sulfure de mercure. On peut éviter l’emploi d’acide sulfurique en se servant d’un bain composé de 100 litres d’eau, 8 kg de nitrate d’ammoniaque, 8 kg de nitrate de soude, 8 kg de soufre et autant de sulfure de sodium.
- Dans ces conditions, il suffit d’ajouter de temps en temps du soufre et du mercure au mélange pour obtenir un précipité ayant toutes les qualités du produit obtenu par les procédés chimiques ordinaires.
- Vert de Scheele (arsénite de cuivre). — On peut préparer ce composé en électrolysant une solution à 8 pour 100 de sulfate de sodium avec des électrodes de cuivre. On chauffe le bain à l’aide d’un serpentin à vapeur et l’on suspend dans le liquide un petit sac contenant de l’anhydride arsénieux.
- Par l’action du courant électrique, il y a formation de
- sulfate de cuivre aux dépens des plaques métalliques et de la soude caustique qui dissout l’acide arsénieux en donnant de l’arsénite de soude. Ce dernier sel réagit sur le sulfate de cuivre pour précipiter le vert de Scheele en régénérant le sulfale de sodium et l’anhydride arsénieux.
- Vert, métis (arséniate de cuivre). — Pour obtenir cette couleur, il suffit de remplacer, dans la préparation précédente, l’anhydride arsénieux par l’acide arsénique. Ce dernier acide étant soluble, on ajoute lentement une solution d’acide arsénique dans le bain au voisinage de l’électrode négative; l’opération est conduite comme précédemment.
- Jaune de cadmium. — Le jaune de cadmium, ou sulfure de ce métal, peut être obtenu artificiellement on précipitant un sel soluble de cadmium par l’acide sulfhy-drique ou par un sulfure alcalin. De même, on peut le préparer en chauffant un mélange de soufre et d’oxyde de cadmium. Par électrolyse, on l’obtient facilement en soumettant à l’action du courant électrique une solution de sel marin, les électrodes étant constituées par du cadmium ; en même temps, on fait passer dans la solution un courant d’hydrogène sulfuré. Le chlore, produit au cours de cette décomposition, donne du sulfure de cadmium, dont la teinte varie avec les conditions de l’électrolyse.
- Rouge japonais (oxyde de plomb). — Le rouge japonais, qui doit sa coloration à l’éosine, peut être facilement obtenu en électrolysant une solution à 10 pour 100 d’acétate de soude avec des électrodes de plomb. On ajoute continuellement de l’éosine au mélange primitif pendant l’opération, puis on sépare le produit obtenu, à l’aide d’une décantation soignée.
- Vert Berlin. — Gœbel a indiqué un procédé qui permet d’obtenir ce produit. Pour cela, on précipite une solution de ferrocyanure de potassium à l’aide d’un sel ferreux ; puis on met le précipité en suspension dans l’eau et l’on fait passer le courant. La solution est acidifiée à 5 pour 100 et placée dans le compartiment positif. Après un certain temps d’opération, la couleur bleue du ferrocyanure disparaît et l’on obtient le produit désiré.
- Céruse (hydrocarbonate de plomb). — La céruse, qui est un produit de première importance au point de vue industriel, est un hydrocarbonate de plomb, paraissant composé par un mélange en proportions variables de carbonate de plomb et d’hydrate plombique.
- Le procédé habituel de fabrication de cette substance (procédé de Clichy) consiste à faire passer un courant de gaz carbonique dans une dissolution d’acétate triplom-bique : l’anhydride carbonique enlève à l’acétate une certaine quantité d’oxyde de plomb et transforme le tout en hydrocarbonate de plomb ou céruse.
- Les méthodes chimiques présentant de graves inconvénients au point de vue de la santé des ouvriers chargés de cette fabrication et ne donnant qu’un produit très impur, on a cherché à utiliser l’électrolyse pour cette préparation et, comme partout ailleurs, celle-ci a permis, dès le début, d’obtenir une substance très pure et de qualité supérieure; de plus le pouvoir couvrant de la céruse électrolytique serait beaucoup plus considérable que celui de l’ancien produit.
- Le procédé Luckow, qui est utilisé en Allemagne, consiste à faire passer un courant électrique à travers un mélange de carbonate de soude et de chlorate de soude
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- en solution. Lorsque la préparation s’est convenablement effectuée, il se produit du chlorate de plomb à l’électrode positive et de la soude à l’électrode négative. Le chlorate de plomb, au contact du carbonate de soude formé pendant la réaction, donne de la céruse.
- Dans le procédé Tupner Battome, l’électrolyte est constitué par une solution contenant 1 kg de nitrate de soude et 1 kg de nitrate d’ammoniaque dissous dans 10 litres d’eau. Cette solution est saturée d’acide carbonique. Les électrodes étant constituées par des lames de plomb, il y a décomposition des nitrates pendant le passage du courant : les ions d’oxygène et d’anhydride azotique se portent au pôle positif, tandis que ce dernier, décomposé en présence de l’eau, reforme de l’acide nitrique qui attaque le plomb. En raison de la présence de l’acide carbonique et d’un grand excès d’eau, le nitrate de plomb est décomposé : l’acide nitrique se combine à la soude et à l’ammoniaque pour reconstituer le bain, tandis que l’acide carbonique donne, au contact de l’hydrate de plomb, de l’hydrocarbonate de plomb ou céruse. L’opération dure donc tant que le courant traverse l’appareil et qu’il existe dans l’électrolyte de l’acide carbonique libre.
- Blanc de zinc carbonalé. — On a réussi tout dernièrement à fabriquer électrolytiquement du carbonate de zinc plus ou moins hydraté, pouvant avantageusement être substitué à la céruse et au blanc de zinc ordinaire dans la préparation de la peinture.
- On se sert pour cela d’une cuve à électrolyse de forme variable, dans laquelle sont disposées deux séries d’électrodes alternées, les électrodes positives étant constituées par du zinc et les négatives par du charbon. Elles sont toutes deux réunies aux pôles correspondants d’une dynamo et, comme électrolyte, on se sert d’eau chargée naturellement ou artificiellement de carbonate de chaux (calcaire).
- Le bain étant maintenu à une température voisine de /(fi° G. environ par une source extérieure de chaleur ou
- par le courant lui-mème, on a soin de renouveler l’eau constamment ou périodiquement. L’action du courant est principalement de décomposer d’abord l’eau en ses éléments oxygène et hydrogène, l’oxygène se portant ensuite sur le zinc pour former de i’hydioxyde de zinc; celui-ci se combine à son tour avec l’acide carbonique du carbonate de chaux et il en résulte la formation de l’hydrocarbonate de zinc qui est le produit cherché. On peut employer ce dernier, broyé à l’état sec ou humide, de la même manière que la céruse, sur laquelle il présente, du reste, l’avantage de couvrir mieux et d’ètre complètement inoflènsif.
- Alizarine et couleurs organiques. — L’alizarine-cyanine se prépare avec facilité à l’aide du courant électrique en décomposant par celui-ci la tétraxy-anlhraquinone en dissolution sulfurique. Par l’action oxydante du courant électrique, cette dernière se transforme en alizarine.
- M. Fôlting a obtenu 1 ’hémaléine et la brésiléine en électrolvsant des liqueurs provenant de l’épuisement par l’eau sous pression, du bois de campèche divisé ou du bois du Brésil. Les matières colorantes qui se déposent à l’électrode positive pendant l’opération sont retirées du liquide au moyen d’une brosse, au fur et à mesure de leur formation.
- Le noir d'aniline peut également se former directement sur la fibre des tissus et, de même, on peut oxyder facilement les tissus imprégnés d’indigo blanc en les plaçant au pôle positif d’une cuve à électrolyse.
- Quant à la teinture élec trique des cuirs, on l’effectue en étalant les peaux sur une table métallique, en recouvrant ensuite d’une couche de liquide tinctorial toute sa surface, à l’exception des bords et en établissant le courant entre la table et le liquide. Le premier effet de l’électricité est d’ouvrir les pores du tissu de manière à laisser mieux pénétrer la dissolution, puis d’agir sur le composé en le fixant chimiquement et définitivement sur le tissu. Jean Escauo,
- Ingénieur.
- L’AÉROPLANE DELAGRANGE
- M. Santos-Dumont, franchissant d’un seul coup 120 mètres sur une machine volante construite à vue de nez, ne pouvait que s’attirer des imitateurs. U en est venu de partout, en effet, et, dès maintenant, les oiseaux mécaniques, tels d’immenses mouettes, s’efforcent de prendre leur vol. Beaucoup demeurent encore cloués au « plancher des vaches », mais cette situation humiliante ne saurait durer; n’en doutez pas, un beau jour, de tous les terrains vagues de la banlieue parisienne, partiront, pour peupler l’atmosphère, de grands oiseaux très bruyants, aux ailes encore trop rigides, aux mouvements trop mécaniques. Puis ils deviendront souples et gracieux, ils s’enhardiront petit à petit, et la navigation aérienne, sous sa forme normale, sera un fait accompli.
- M. Delagrange a été, après Santos-Dumont, le plus favorisé de tous les expérimentateurs. Son appareil, piloté par son constructeur, M. Voisin, a pu, en effet, effectuer plusieurs vols successifs, dont un de 60 m. Un autre vol de 50 m. n’a été interrompu que par la présence des spectateurs. Nous devons
- d’autant plus regretter ce fâcheux incident qu’il est appelé à se renouveler au cours de toutes les épreuves de ce genre, lesquelles, forcément, ont lieu en plein air. Pour le succès de l’aviation il importe que le public, composé surtout d’enfants, soit complètement tenu à l’écart.
- L’aéroplane Delagrange est un appareil cellulaire du type Iiargrave. 11 se compose de deux cellules. L’une, la cellule principale, est formée de deux grandes surfaces superposées de 10 m. de longueur sur 2 m. de largeur, réunies par des montants entretoisés de fils d’acier ; la distance entre les deux plans est de 1,50 m. La cellule arrière est montée comme la précédente, mais les surfaces ont seulement 5 m. de longueur et elles sont réunies par trois plans verticaux : un au milieu et. un à chaque extrémité. Un gouvernail vertical termine cette cellule en prolongeant le plan vertical du milieu. Toutes ces surfaces sont faites en tissu très léger. :
- Les deux plans principaux sont réunis par une poutre en bois dont les longerons et les montants
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- ont été entretoisés en fils d’acier afin d’en assurer la rigidité. Le gouvernail est commandé de la nacelle par le pilote à l'aide d’une transmission élastique. Tout à fait à l’avant, à 5 m. de la cellule princi-
- laminé et rivées sur des bras en tubes d'acier pris eux-mêmes dans un moyeu en acier fondu. Cette hélice donne, à 1400 tours, une poussée de 450 kg. En avant du moteur et toujours dans la poutre
- Fig. 1. — L’aéroplane Delagrange.
- pale, se trouve un équilibreur constitué également par deux plans d’étoffe superposés ; il est fixé à l’extrémité d’une poutre en fuseau qui traverse la grande
- fuselée, est disposé le siège de l’aviateur, lequel a à sa disposition la commande de l’équilibreur, celle du gouvernail, le contact de l’allumage, la manette
- Fig. 2. — Les essais do l’aéroplane Delagrange.
- cellule et porte le moteur à son extrémité arrière.
- Le moteur est du type « Antoinette », à huit cylindres; il fournit 50 chevaux à 1500 tours. Le vilebrequin se prolonge par un arbre portant l’hélice ; celle-ci mesure 2,10 m. de diamètre et 1 m. de pas. Les palettes sont faites en tôle d’aluminium
- L’aéroplnno traîné sur lo. lorrain do Bagatelle.
- d’avance à l’allumage, le débit d’essence, etc.
- L’appareil est entièrement supporté par deux roues de bicyclette montées sur un cadre en tubes d’acier par l’intermédiaire de ressorts destinés à amortir les chocs au moment de l’atterrissage. Sous la cellule arrière se trouve également une troisième
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- roue qui complète lë triangle de sustentation sur le sol. Le poids total de l’aéroplane Delagrange est de 250 kg, en ordre de marche, mais non monté. Connaissant en outre la totalité des surfaces portantes,
- lieu à Vincennes le jeudi 28 février. 11 avait été amené non monté sur le terrain d’expériences et les ouvriers chargés de ce travail ayant commis une erreur, la rupture d’un longeron et de deux mon-
- Fig. 5. •— L’aéroplann Delagrange prenant son vol à Bagatelle.
- qui est de 60 m2, et la puissance du moteur, on possède les trois éléments mécaniques qui interviennent dans une telle construction. En communiquant
- tanls s’ensuivit; une palette de l’hélice était également faussée. Un accident du même genre se produisit lors de la sortie suivante. On doit s’attendre à
- Fig. 4. — L’aéroplane Delagrange après sa chute (7 mars).
- à l’appareil une vitesse de 10,50 m. à la seconde, il doit pouvoir quitter le sol. Nous allons voir que l’expérience a confirmé cette hypothèse, déduite des essais effectués en Seine en 1905 avec l’appareil de M. Archdeacon traîné par un canot automobile.
- La première sortie de l'aéroplane Delagrange eut
- des contretemps de cette nature avec ces appareils dont la technique n’est pas connue et qui ne procèdent que de l’empirisme.
- Avec une confiance qui l’honore, l’inventeur tint à démontrer que son appareil peut voler. Et de fait, le 50 mars, sur la pelouse de Bagatelle, il effectua
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- plusieurs vols successifs sous la direction de Charles Voisin. Le premier essai à vitesse modérée ayant eu pour but d’éprouver la résistance des pièces, le pilote, dans une deuxième tentative, parvint à parcourir une vingtaine de mètres en se maintenant environ à 80 cm du sol. Puis, encouragé par ce premier succès, l’expérience est renouvelée ; ['aéroplane s’enlève alors aisément à 2 m. de hauteur et parcourt environ 25 m. Mais on avait observé qu’il s’inclinait légèrement sur le coté. À l’aide d’un petit poids ajouté à l’aile opposée on rétablit l’équilibre et dans l’après-midi — ces premiers succès avaient été obtenus le matin — l’énorme oiseau de toile blanche s’enlevait avec une facilité stupéfiante et parcourait, entre 2 et 4 m. de hauteur, une distance de 60 m. L’atterrissage eut lieu sans aucun incident. Ajoutons que M. Delagrange recueillit, ce jour-là, les félicitations unanimes de tous les assistants.
- Le 8 avril l’aéroplane reprenait les airs dans des conditions aussi surprenantes que dans la journée du 50 mars. L’essai eut lieu devant la plupart des membres de la commission d’aviation de l’Aéro-Club, et par un vent de 7 à 8 m. à la seconde, fort peu favorable. Après avoir parcouru une soixantaine
- de mètres sur le sol, M. Voisin, installé à bord, manœuvre le stabilisateur et l’engin s’enlève. Mais le vent le fait dévier et le pousse vers la foule des spectateurs. Le pilote, craignant un accident, coupe l’allumage et l’appareil descend un peu brusquement sur le sol, de 6 à 7 m. de hauteur. Le vent soufflant par le travers l’empêche d’atterrir d’aplomb; une roue se voile sans entraîner, d’ailleurs, d’autre complication. Le parcours aérien avait été de 50 m. environ. A la suite de ces heureuses tentatives l’appareil de M. Léon Delagrange prend place à côté de celui de M. Santos-Dumont pour tenter la conquête de l’atmosphère. Cependant les deux engins sont très dissemblables. Le mot de Chanute, que le capitaine Ferber a eu soin de propager dans les milieux sportifs : « toute machine doit voler, il suffit de savoir s’en servir et de posséder un bon moteur », est parfaitement exact, puisque la démonstration est faite. L’histoire de la navigation aérienne par le plus lourd que l’air, histoire qui commence, nous promet bien d’autres fabuleuses constructions. Voyons-les apparaître sans terreur, car l’unification, dans les produits de cette nouvelle industrie, ne se fera probablement jamais. Lucien Fournier.
- DÉFENSE DES CÔTES CONTRE LES ÉROSIONS DE LA MER
- Nous avons dans un précédent article1 décrit, pour la lutte contre les érosions des cotes, les épis du système Case.
- Ces épis sont en bois et facilement attaquables par le taret; il n’ont, par conséquent, qu’une durée limitée. De plus, par suite de leur poids spécifique faible, on se trouve dans l’obligation, pour empêcher leur flottabilité, de fixer les madriers qui les composent, au moyen des boulons, aux montants verticaux. Ils ne peuvent donc épouser complètement la surface de l’estran à leur partie inférieure, lorsque des affouillements se produisent. Enfin, ils sont d’une application presque impossible au-dessous du niveau des basses mers.
- Dans le but d’obvier à ces inconvénients, M. Owen a étudié un système d’épis bas en béton armé qui semble répondre au programme que nous avons indiqué, tout au moins pour les parties comprises entre la laisse de haute mer et de basse mer.
- Ces épis se composent (fig. 1) de pieux en béton armé, également espacés et de section en forme I. Ces pieux reposent sur un bloc de béton, comme l’indique la droite de la figure, ou sont enfoncés dans le sol, au moyen d’une sonnette ou par tout autre mode, comme l’indique la partie gauche de cette même figure. Entre ces pieux et coulissant dans les rainures latérales ménagées dans ceux-ci, se trouvent des dalles en béton armé qui, comme avec le système des épis en bois, peuvent être superposées au fur et à mesure de l’engraissement de la plage. Par suite de leurs poids spécifique élevé ces dalles n’ont plus besoin d’être fixées aux pieux ; elles sont donc libres dans les rainures et peuvent épouser, sans difficulté, à leur partie inférieure, le sol de l’estran et éviter, par conséquent, les affouillements si préjudiciables. Enfin, ces dalles en béton armé sont inattaquables par le taret et
- 1 Yoy. n° 1691, du 21 octobre 1905, p. 524.
- résistent beaucoup mieux que les madriers au frottement des galets et des sables charriés par les vagues de tempête. Il paraît, d’après MM. Case et Owen, qu’au point de vue économique, les dépenses d’établissement seraient à peu près les mêmes pour les épis en béton armé que pour ceux en bois.
- Le système d’épis bas que nous venons de décrire s’applique principalement, pour toutes les raisons données plus haut, à la défense de l’estran entre le niveau des basses mers et celui des hautes mers. Ils n’arrêtent que les matières charriées par les vagues de tempête et les courants entre ces deux niveaux. Mais il ne faut pas oublier que ces mêmes effets existent également au large, que l’action érosive agit sur les fonds sous-marins, surtout lorsque ceux-ci, comme il arrive souvent, sont formés de terrains de faible consistance et facilement attaquables par les courants. On a maintes preuves de l’action de ces courants à des profondeurs assez grandes. Ainsi, il n’est pas rare, après les violentes tempêtes, de voir charriés sur l’estran des blocs de pierre d’assez gros volume et encore entourés des algues qui les recouvraient dans les hauts fonds d’où ils ont été arrachés. Les terrains argilo-calcaires de la côte d’Holderness, dans le Yorkshire, dont nous avons parlé dans notre précédent article et qui sont si fortement attaqués par la mer, se prolongent au loin sous les eaux et jusqu’à des profondeurs de 50 à 60 mètres; or, l’action érosive de la mer sur ces terrains peu consistants, même à ces grandes profondeurs, est bien connue. Beaucoup d’autres faits pourraient être mentionnés à l’appui de ces érosions sous-marines. Il n’est donc pas douteux que, si les vagues de tempête et les courants ont une action érosive considérable entre les hautes et les basses mers, des effets analogues et aussi importants se produisent au-dessous des laisses de basse mer et à des profondeurs assez grandes. Il ne suffit pas de défendre
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- l’estran, au moyen d’épis, mais il faut encore défendre contre les érosions les parties sous-marines qui prolongent cet estran vers le large et cela par le prolongement au-dessous du niveau des basses mers de ces épis. Cette condition est d’autant plus importante, comme nous l’avons dit plus haut, que les parties sous-marines sont formées de matières moins consistantes.
- Les épis en bois du système Case sont, dans ce cas, d’une application impossible et ceux en béton armé du système Owen ne paraissent pas non plus d’un emploi pratique, non seulement à cause des difficultés de leur installation, mais à cause des dépenses élevées auxquelles on serait conduit, surtout dans le cas où on se trouverait obligé de prolonger les épis au-dessous de la laisse de basse mer sur une assez grande longueur.
- M. Allanson-Winn, qui a fait de celle question des érosions sous-marines une étude, toute spéciale, a étudié un système d’épis économiques qui semblent devoir convenir à ces conditions toutes spéciales. 11 a donné à ce genre d’épis le, nom de Chain Cable grognes. Voici en quoi ils consistent. Sur une chaîne (fig. 2) dont le calibre, et par conséquent le poids, dépend des conditions locales et dont la longueur est égale à celle correspondant au prolongement sous-marin de l’épi, sont fixés soit des caisses à clairevoie, soit des troncs d’arbre, soit, plutôt, des fagots formés de branches d’osier disposés de manière à former une série ininterrompue d’obstacles sur la longueur totale de la chaîne. Cette opération terminée, on fixe celte chaîne
- se trouvant arrêtées, viennent remplir les fagots en osier submergés qui, finalement, forment écran et facilitent, comme sur l’estran, l’engraissement de la plage sous-marine et arrêtent son érosion.
- Ce système d’épis sous-marins a reçu une application toute récente sur la côte Est de l’Irlande, dans la baie de Braye. Cette baie, située à quelques kilomètres au Sud de Dublin, est longée, sur une grande partie de sa longueur, par le chemin de fer de Dublin à Wexford dont les voies sont soutenues au moyen d’un mur de soutènement fondé sur l’estran. Sous l’influence des violentes tempêtes du Nord-Est, les matières composées de gravier
- et de sable qui forment l’estran ont été enlevées; la couche marneuse sous-jacente s’est trouvée érodée et la laisse de basse mer avait atteint le pied du mur de soutènement qui, miné, au-dessous île sa fondation, menaçait ruine. 11 s’agissaitdoncd’en-graisser cette plage sous-marine de manière à protéger le pied du mur et à arrêter les alîouillements.
- Des épis sous-marins du type que nous venons de décrire ont été submergés le 25 septembre 1905 et le 27 octobre suivant, grâce à ces épis, toute la partie de la plage sous-marine, ainsi défendue, s’est trouvée engraissée sur une épaisseur variable entre 0,90 m. et 1,50 m. Les chaînes, comme les fagots en osier qui y sont attachés, sont aujourd’hui complètement couverts, ainsi que le pied du mur et les marnes sous-jacentes, ainsi abritées, ne se trouvant plus érodées, les aflbuillements du mur
- Plan
- Fi". 1. — Système it’èpis bas en béton armé.
- — ” ------ m
- Fig. 2. — Épis du système Allanson-Winn. La partie hachurée montre la série ininterrompue formée parles fagots d’osier reliés à la chaîne. La ligne ponctuée montre l’engraissement de la plage sous-marine, produit par les épis.
- en B au sol de l’estran, au niveau de la basse mer et à l’extrémité des épis bas de cet estran, soit à l’aide d’une ancre, soit au moyen d’un bloc de béton enfoncé dans le sol, soit, enfin, au moyen de pieux en fer. Puis, au moyen de canots, on laisse tomber à fond cette chaîne en la dirigeant vers le large dans le prolongement des épis bas de l’estran. On fixe ensuite son extrémité aval A au sol au moyen d’une ancre ou d’un bloc de béton. Dans le cas où on pourrait craindre que, sous l’influence des vagues et des courants, cette chaîne puisse être déplacée, on la fixe également au sol en différents points intermédiaires, également espacés, représentés en a b c d e de la figure.
- Aussitôt que cet épi flexible 'repose sur le sol sous-marin, des plantes marines s’attachent aux différentes parties qui le constituent et les matières en suspension,
- de soutènement ne sont plus à craindre. Ce système d’épis flexibles paraît présenter certains avantages qui en permettent l’emploi dans nombre d’endroits sous-marins aujourd’hui fortement érodés et dont on ne peut entreprendre la défense à cause des dépenses prohibitives que cela nécessiterait. Ces épis submersibles sont simples de construction, très solides, et peuvent se construire rapidement. Dans le cas où il serait nécessaire de les déplacer, soit pour en changer l’emplacement, soit pour en changer l’orientation, cette opération peut se faire sans aucune difficulté. Ils sont inattaquables par le taret et les dépenses d’entretien sont très faibles. Comme dépenses d’établissement, M. Allanson-Winn les estime au cinquième environ de celles des épis en bois les plus économiques.
- R. Bonnin.
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- L’ÉVANOUISSEMENT DU COLORADO
- Il s’est produit en 1906, à l’embouchure du Colorado, aux frontières californiennes des États-Unis et du Mexique, un phénomène géographique extraordinaire, d’origine d’ailleurs artificielle, et qui a dégénéré peu à peu en véritable et insurmontable catastrophe.
- Voici ce que nous en apprennent le Scientific american (27 décembre 1906 et 6 avril 1907), et le professeur Erd-mann, dans le numéro de février 1907 des Peter-manris Milthei-lungen :
- A une époque préhistorique, le golfe de Californie où débouche le fleuve rouge (Colorado), si célèbre par son grand canon, s’étendait 250 km plus loin dans l’intérieur des terres. Progressivement les dépôts de l’embouchure ont comblé l’estuaire et isolé au N.-O. une dépression dite Impérial Valley, représentant le fond de l’ancien golfe et qui, à la fin du xixe siècle, était desséchéejusqu’à 91 mètres au-dessousduniveau de la mer. Le lac salé, qui pendant longtemps occupa ce creux, s’était en effet peu à peu évaporé, découvrant une steppe salée avec quelques oasis (India, Merce, Salton), que traversait le chemin de fer Sud-Pacifique (San-Francisco, Los Angeles, El-Paso, Nouvelle-Orléans) . Après les très fortes pluies seulement le Colorado débordait par-dessus sa rive droite (en 1891, par exemple) envoyant de l’eau jusqu’au lac Salton. Pour rendre la région colonisable, pour l’irriguer et la fertiliser, les ingénieurs américains, dès 1891, eurent l’industrielle mais dangereuse idée de pratiquer, dans la rive droite du fleuve, en aval de Yuma (et déjà sur le territoire mexicain), une saignée, une prise d’eau qui déversât une partie du courant (par
- l’ancien bras du fleuve, dénommé canal d’Alamo) dans la dépression du N.-O. D’.abord on avait songé à faire la saignée dans la roche en place, ce qui eût été prudent; mais les fonds ayant manqué on se résigna, en 1901, à couper à meme la rive molle des alluvions, ce qui devait provoquer un désastre ! Ainsi on créa un canal, fini en 1904, qui franchissait le seuil alluvionnaire, déposé par le fleuve
- môme; entre la dépression et le golfe ce seuil atteint 12 mètres d’altitude. Tout d’abord le résultat fut excellent; les rigoles d’irrigation firent surgir comme par enchantement 12 000 colons, des cultures, fermes, voies ferrées : le désert de sel devenait une région des plus fécondes. Soudain débuta la catastrophe : de juin à août 1905, à travers le seuil argileux et détrempé, le canal s’agrandit tout seul de plus en plus large et profond. A la fin du premier semestre 1906, le Colorado n'envoyait plus une seule goutte d'eau à la mer. La capture, ainsi déchaînée, était complète, et le lac Salton, au fin fond de la dépression continentale, croissait à vue d’œil ; en octobre 1906, M. Erdmann lui trouva une surface de 1224 km2. Le 12 de ce mois, la ligne de chemin de fer, déjà reportée à l’Est une première fois, était proche de la submersion dans sa nouvelle position : toute la dépression se ravinait avec une rapidité d’érosion formidable. De janvier à octobre, la surface du lac s’était élevée de 12 mètres (de — 77 à —65 mètres), et le fond demeurait à — 87 ; sa longueur avait passé de 56500 mètres à 72000 mètres, sa largeur extrême de 18 à 26 kilomètres, sa surface de 650 à 1224 km2, son volume de 3900 millions de mètre cubes à 18 860
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- millions, et le produit de son évaporation quoti- du sous-sol salin dans la dépression (où l’industrie dienne avait vingtuplé! Donc le Colorado, cessant du sel est ruinée), sur la destruction des quatre
- Fi”'. 3. — Ruines de Mexicala, emportée par l’érosion.
- tout apport vers le golfe de Californie, s’évanouissait positivement dans le nouveau lac Salton. Les conséquences de cet événement sur la prospérité locale naissante, sur l’augmentation de salure du golfe de Californie, sur la dissolution ou l’alluvionnement
- cinquièmes de la ville mexicaine de Mexicala, sur la disparition de 80 kilomètres de voie ferrée, sont incalculables. Si on n’en enraye pas les effets, la dépression peut, en quelques années, se remplir jusqu’au niveau de la mer voisine, l’ancien golfe de
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- LA NATURE.
- 250 kilm. peut se reformer, tout un prospère territoire de colonisation sera submergé ! Or jusqu’en octobre 1000 tous les efforts pour rendre le Colorado inférieur à son ancien lit avaient échoué; le canal toujours grandissant déliait tout endiguement. Le h novembre 1006, un suprême effort pour sauver la voie ferrée parut réussir. Mais, au milieu de décembre, une crue du lleuve rompit de nouveau tous les obstacles et, depuis, l’inondation continue à monter.
- A l’heure actuelle, on ne sait comment arrêter la modification de la carte géographique en ce point du globe terrestre ! 17 500 000 francs de travaux sont en cours pour le tenter une fois de plus. Réussiront-ils? E.-A. Maktkl.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 avril 1907.
- Présidence de M. Chauveau.
- Repérage du zénith. — M. Lippmann décrit un appareil qu’il a imaginé dans le but de fournir aux astronomes un point de repère dans le ciel pour le pointé du zénith, c’est-à-dire la détermination de direction de la verticale. On sait que cette direction est d’une importance capitale puisque les astronomes mesurent, en fait, les distances zénithales méridiennes des étoiles pour en déduire les déclinaisons, si l’on connaît la latitude, ou la latitude, s’il s’agit d’étoiles dont les positions dans le ciel sont bien connues. L’appareil de M. Lippmann se compose d’un collimateur ordinaire vertical, c’est-à-dire d’une lunette auxiliaire qui renvoie dans la lunette l’image d’un point lumineux situé à l’infini. Ce collimateur est suspendu par une lame flexible au-dessus de la lunette. Si le point lumineux est bien sur la verticale, l’appareil est réglé d’une façon idéale et il n’y a qu’à faire le pointé du zénith comme s’il s’agissait d’une étoile, l'our s’assurer que la condition est réalisée, il suffit de faire tourner de 180° le collimateur : si le point lumineux 11’est pas sur la verticale il passera de l’autre côté pendant la rotation, mais d’une façon symétrique, de telle sorte que l’on aura la division du limbe gradué vertical correspondant à la verticale en prenant la moyenne des lectures sur le point lumineux dans les deux positions du collimateur.
- Le creusement des vallées. —• M. de Lapparent communique une Note de M. Brunhes qui signale la grande analogie qu’offrent les vallées glaciaires avec celles que façonnent les eaux courantes lorsque l’érosion est encore dans le cycle de l’enfance du cours d’eau. Les gradins de confluence, les paliers de rupture de pente, le profil en U, les contrepentes se retrouvent dans les deux cas. Un glacier, qui prend possession d’une vallée dont le modelé n’est pas arrivé à maturité, ne fait que conserver en les accentuant les traits de ce modelé inachevé.
- L’homme fossile de nos régions. — M. A. Gaudry présente une Note de M. Favraud sur une mâchoire humaine trouvée à Petit-Puymoyen, près d’Angoulême, dans un terrain rempli d’ossements de divers animaux, notamment du renne, et d’instruments en silex paléolithique. Elle ressemble aux mâchoires de la Naulette, d’Arcy, de Krapina, de Spv, de Grimaldi. De nos jours une telle disposition ne se voit que chez les races les moins élevées,
- les nègres et les Australiens. Faut-il croire que plusieurs de nos ancêtres quaternaires ont gardé certains caractères primitifs jusqu’à l’âge du renne?
- L’amertume du lait. — M. Houx présente une Note de MM. Trillat et Saulon sur l’amertume du lait. On sait que l’amertume du lait est d’origine microbienne. Les auteurs montrent que cette altéi’ation peut être produite par l’action simultanée de deux microbes dont l’un produit de l’aldéhyde et l’autre de l’ammoniaque, mais qui, pris isolément, ne peuvent communiquer l’amertume.
- Découverte d'organes humains. — M. Lavcran présente un travail de MM. Marinesco et Minea, qui, en étudiant des ganglions spinaux en coupes sériées, ont découvert au voisinage du nerf spinal sous-ganglionnaire des petits ganglions, souvent invisibles à l’œil nu, mais atteignant quelquefois la dimension d’un grain de millet. La masse des cellules qui les composent peut donc être concentrée dans un seul de ces ganglions ou bien constituer plusieurs petits ganglions disséminés dans le tissu graisseux. Leur nombre est dès lors en raison inverse de leur dimension. Ils sont en rapport par un rameau avec le nerf sous-ganglionnaire situé près du ganglion spinal ou avec le ganglion sympathique. Sans doute ces formations représentent des équivalents anatomiques et partant physiologiques du grand sympathique prévertébral.
- Microscope stéréoscopique.—M. Delage décrit un microscope stéréoscopique photographique construit par la maison Nachetsur les indications de M. A. Quidor. Son principal but est de permettre la représentation stéréoscopique des objets depuis quelques microns jusqu’à plusieurs centimètres. Le grossissement est en conséquence variable depuis (>50 diamètres jusqu’à '1/15. Le tube du microscope peut prendre des positions symétriques par rapport à la verticale. 11 est surmonté d’une chambre noire. L’objet est pris successivement dans les deux positions du tube. Le négatif est à relief direct. L’appareil peut d’ailleurs être utilisé pour obtenir les photographies d’ob jet dont la dimension peut atteindre 1 mètre en remplaçant le tube du microscope par un tube à objectif photographique.
- Élection. — M. Douvillé est élu membre de la section de Minéralogie en remplacement de M. Marcel Bertrand par 43 voix contre 7 à M. De Launay. ’ Ou. de Villedeuil.
- LA VIE ET LE TRAVAIL
- dans l’air comprimé
- Les travaux à l’air comprimé se sont étrangement multipliés depuis quelques années. Deux docteurs anglais, chargés d’une mission de la « British Medical Association », viennent de se livrer à ce propos à des recherches personnelles fort originales, qui méritent d’être signalées au moins brièvement.
- Les travaux classiques de Paul Bert ont été depuis lors confirmés pleinement par ceux de Von Schrotter, M. Leonard Hill, etc. ; il semble que le mal des caissons, les maladies frappant ceux qui travaillent dans l’air comprimé et les scaphandriers, sont dus complètement à une trop brusque décompression. Nous rappellerons d’un mot que des expériences, faites sur les animaux, ont montré que chaque 100 cm3 du sang ou du liquide des tissus, dissout, à la température du corps, 1 cm. d’azote, dans de l’air à une
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- atmosphère; tandis que ce seront 2 cm. sous 2 atmosphères; puis 5 cm. sous 5 atmosphères,etc. Ouand la décompression est ensuite trop brusque, cet azote est mis en liberté sous forme de bulles, notamment dans les vaisseaux capillaires, avec toutes sortes de conséquences fâcheuses diverses. À ce propos, M. Leonard Hill, qui a effectué les expériences nouvelles avec M. M. Greenwood, a constaté que, pour des animaux exposés même à 7 atmosphères, il n’en-résulte aucun mauvaiselfet si la décompression se fait à raison de 20 minutes par atmosphère. El c’est pour cela, en sens inverse, que, avec les périodes de compression relativement courtes qu’observent les scaphandriers et les ouvriers de l’air comprimé, ceux-ci courent des risques sérieux dès qu’ils passent à 3 atmosphères de compression, et ceux-là quand ils descendent à des profondeurs de 30 à 45 m. A remarquer pourtant que, chez les ouvriers des caissons, les risques sont beaucoup plus grands, parce qu’ils restent jusqu’à 4 heures sous celte forte pression, et que les liquides de l’organisme ont le temps de se saturer d’azote.
- Quoi qu’il en soit du reste pour les plongeurs, on ne peut manquer de reconnaître que les maladies et la mortalité augmentent considérablement chez eux, quand ils dépassent des profondeurs de 30 m. L’Amirauté anglaise impose comme maximum à ses scaphandriers 36 m. Ce serait une occasion de signaler les tours de force accomplis en la matière. C’est, par exemple, un des plongeurs qualifiés delà Maison Siebe and Gorman, Lambert, qui descendit à plus de 48 m. pour aller sauver 2 millions et demi ; à chaque plongée, il demeurait 20 minutes sous l’eau, mais mettait le même temps pour revenir à l’air libre et à la pression normale. Un autre plongeur, Erostabe, a été sauver un trésor englouti à une profondeur énorme de 52 m., et deux autres agents de la maison Siebe sont descendus, mais sans ctlêctuer aucun travail, sous une épaisseur d’eau de 57 et de 58 m. : l’un d’eux, Walker, n’a jamais eu aucun accident durant toute sa carrière, et cela, comme il le disait bien, grâce à son habitude de ne remonter que fort lentement. Tandis que le plongeur qui détient le record en la matière, et qui était descendu par 62 m., est mort pour être remonté Irop rapidement à la surface de l’eau.
- Dans les expériences méthodiques qui ont été exécutées à Bordeaux, en 1894, par l’entrepreneur Hersent et une commission de médecins, et auxquelles s’étaient prêtés des ouvriers de bonne volonté, on avait fait des constatations intéressantes ; mais aucun observateur possédant de vraies connaissances scientifiques ne s’était lui-même soumis à de hautes pressions, afin de noter les effets objectifs ressentis, en même temps que les effets physiologiques, les modifications des échanges respiratoires. Et c’est précisément ce qu'ont voulu faire les deux médecins anglais que nous avons cités.
- Ils ont recours à un cylindre d’acier (voir la ligure), avec trou d’homme. Ce cylindre a une
- capacité de 1,20 m. cube environ, et il contient matelas, couverture, coussins, pour permettre à l’expérimentateur de s’y installer dans les conditions les moins fatigantes; la compression de l’air y est assurée par une pompe élevant la pression jusqu’à 6 atmosphères en 40 minutes seulement. L’orifice de compression est unique, tandis qu’il existe deux issues pour la décompression (l’une se montrant à gauche) : ce sont des robinets de faible calibre, permettant de régler fort exactement la diminution graduelle de pression. Celte chambre close comporte une fenêtre d'observation. Il y a aussi une sonnerie électrique d’appel, puis un téléphone, qui est temporairement accroché hors du cylindre, et qui permet à l’observateur de communiquer avec le dehors; et enfin une lampe électrique. Un manomètre Bourdon permet de suivre les variations de pression.
- Dans une expérience, M. Greenwood est demeuré durant 5 h. 11 isolé dans son cylindre : constamment, d’ailleurs, on assurait une bonne ventilation à raison de 25 litres d’air à la minute, pour empêcher toute accumulation d’acide carbonique. Au bout des 15 premières minutes, la pression atteignait 1,12 kg par centimètre carré; puis elle montait à 4,36 kg 25 minutes plus tard, et enfin à 6,86 kg au bout de 14 autres minutes. Une heure 15 après le commencement de l’expérience, la pression se trouvait ramenée à 5,41 kg; la décompression se poursuivait lentement, descendant à 5 kg à peu près au bout de 9 minutes, puis à 3,65 kg au bout de 35 minutes; il fallait ensuite un délai de 23 minutes pour qu’on abaissât la pression à 2,80 kg. Finalement, la période de décompression avait duré 2 h. 17, tandis qu’il n’avait fallu que 54 minutes pour la compression. Les 6,86 kg que nous venons d’indiquer n’ont été atteints qu’une seule fois, mais les deux expérimentateurs se sont soumis maintes fois à une pression de 4,20 kg et même de 5,27.
- Dans les sensations perçues par les deux expérimentateurs, nous n’insisterons guère sur le trouble ressenti dans les oreilles, la surdité partielle, qui sont classiques, et qu’on fait disparaître en ouvrant les tubes d’Eustache, soit en avalant sa salive, soit en faisant un effort expiratoire, la bouche et le nez bien fermés. 11 faut apprendre ce petit artifice, autrement on se sent envahir par une anxiété véritable qui vous oblige à demander l’ouverture du cylindre. 11 semble bien manifeste que la personne soumise à la compression n’a aucunement le sentiment de l’intensité de la pression quelle subit, du moins du moment où la pompe cesse de marcher et où la pression devient constante. Le sens auditif demeure au moins aussi aigu que normalement; chez M. Hill, il était même surexcité, et un coup de marteau sur la paroi extérieure de la chambre métallique lui devenait réellement pénible. 11 se produit un certain énervement, mais qui tient à l’incertitude de la minute suivante ; et encore cette nervosité n’est fort marquée que quand on ne se livre à aucun travail d’observation; on ne res-
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- sent rien d’anormal dans les fonctions corporelles, et, lorsqu'on commence à s’habituer à ce genre d’expériences, on estime toujours la pression au-dessous de ce qu’elle est réellement.
- Ce qui est bien net (et ce qui a déjà du reste été noté dans la pratique des caissons), ce sont les changements subis par la voix ; l’altération est notable même sous une atmosphère, et elle devient considérable à 5 atmosphères. L’organe prend une sonorité métallique et nasale, et l’on reconnaît peu celui qui parle ; les voix se ressemblent pour ainsi dire toutes. A 5 atmosphères, on perd presque
- indications pratiques données par MM. llill et Greenwood. Pendant que la pression s’abaisse, et graduellement, il semble de toute importance de mettre en action successivement les différents muscles, ainsi que les diverses articulations du corps, en même temps que de changer fréquemment de position : cela contribue puissamment à éviter les démangeaisons et aussi les douleurs plus ou moins névralgiques, qui, sans ces précautions, se manifestent trop fréquemment à la sortie d’un caisson. 11 s’agit de maintenir la circulation capillaire active dans toutes les part:es de l’organisme. Là où l’on ne
- Le cylindre d’observations sous forte pression (avec le trou d'homme ouvert).
- entièrement la l'acuité de murmurer ou de siffler, les mouvements vibratiles de la langue et des lèvres disparaissent, et on a comme une sensation d’anesthésie de ces parties du corps. Aux très hautes pressions de près de 6 kg que nous avons citées tout à l’heure, c’est à peine si M. Greenwood pouvait se faire entendre au téléphone. Pour la diminution de fréquence des pulsations, on n’a pas pu la constater de façon évidente. Nous ne saurions développer les constatations faites au point de vue du pourcentage d’acide carbonique dans l’air alvéolaire ; mais il semble qu’il soit uniquement sous la dépendance des conditions physiques.
- Pour ce qui est des conséquences de l’exposition à ces hautes pressions et des précautions à prendre dans la décompression, résumons brièvement les
- peut pas faire de mouvements, on doit recourir à des massages locaux, qui ont l’effet voulu sur la circulation. Avec cette précaution et la lenteur de la décompression (dont la nécessité est absolument reconnue maintenant), un homme peut se soumettre sans mauvais effets à une pression de 7 atmosphères. Les expériences si personnelles des deux savants anglais démontrent qu’un scaphandre peut descendre sans danger à au moins 64 m. sous l’eau, et il semble même probable qu’on pourrait impunément atteindre 75 à 76 m., puisque la pression qui en résulte n’entraîne pas la possibilité d’empoisonnement du fait de l’oxygène. Daniel Bellet.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fieurus, 9.
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- N° 1772. — U MAI 1907.
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- LES MOYENS DE TRANSPORT DANS LES GRANDES VILLES MODERNES
- Un croisement de voies ferrées à New-York.
- Le développement extraordinaire des grandes villes est venu imposer la création, dans ces agglomérations, de moyens de transport offrant plus de débit et de rapidité que les anciens omnibus.
- 35e année- — ter semestre.
- En multipliant les lignes d’omnibus, comme à Londres, ou les lignes de tramways comme à Paris, toutes en surface et occupant les chaussées, on était arrivé assez rapidement à ce que les Anglais quali-
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- fient du nom pittoresque de « congestion » ; il y a déjà plusieurs années l’ingénieur Crompton montrait l’impossibilité qu’il y a pour les véhicules circulant sur une ligne de rails de se dépasser ; de plus, le tramway arrête ou gêne la circulation des autres voitures. M. Crompton songeait bien à l’automobilisme adapté aux voitures circulant sur les chaussées ordinaires pour assurer des transports plus rapides ; mais il ne manquait pas de remarquer que des allures un peu rapides étaient pratiquement impossibles.
- Notre auteur réclamait donc l’établissement de voies nouvelles et spécialisées, et l’idée a été récemment appliquée pour des percées exécutées à Londres. Les avenues ordinaires sont doublées par des souterrains pour tramways. De même, à San-Francisco, au-dessus de ce qu’on appelle Market Stneet, on établirait une rue surélevée, faite de béton armé, pour donner passage aux voitures légères. Dailleurs cette idée est l’origine des métropolitains de Londres, et des fameux elevated de New-York. M. Crompton ne se montrait pas favorable au développement de ces lignes ferrées urbaines.
- En 1870, à Londres, le nombre de voyages exécutés en moyenne par chaque habitant et par an, dans les divers moyens de transports urbains, était de 27 seulement ; en 1880, on arrivait déjà au chiffre de 55, par an bien entendu ; puis à 92 en 1890, à 126 en 1900, et actuellement on doit approcher de 250 voyages par habitant. Pour New-York, les données correspondantes successives sont de 118, 182, 285, 320; la progression si rapide coïncide avec la mise en service de chemins de fer métropolitains souterrains de plus en plus nombreux.
- À Paris, le nombre des voyageurs transportés par les chemins de fer, métropolitain, omnibus, bateaux, tramways, représente environ 250 voyages par habitant dans le courant d une année et non seulement nous voyons les viaducs ou souterrains du métropolitain croiser des lignes ferrées déjà existantes, mais bientôt trois étages de voies ferrées sou-
- terraines se superposeront sous la place de l’Opéra !
- Toutefois, New-York va posséder mieux encore. À l’intersection de la Sixième Avenue et de la Trente-deuxième Rue, il va se superposer 5 voies ferrées, trois souterraines, une au niveau du sol (un tramway électrique), et enfin un chemin de fer sur viaduc.
- Cette situation est la conséquence des énormes travaux qui se poursuivent depuis un certain temps déjà à New-York. Nous avons parlé du Métropolitain, ou Subway, dont plus de 30 kilomètres à quatre voies sont en exploitation, et dont le développement total atteindra quelque 160 km. dans 5 ans peut-être. Le Pennsylvania RR. établit des voies souterraines qui passent sous l’Hudson, se relieront aux chemins de fer de Long-Island ; d’autre part, nous avons indiqué ici les nombreux tunnels qui se creusent sous les nappes d’eau entourant New-York, et qui doivent forcément se continuer par des voies souterraines dans l’intérieur de l’agglomération. Enfin il existe à New-York un énorme réseau de tramways et le réseau non moins important des Elevated. On ne peut pas s’étonner, après cela, que 5 voies de fer se superposent sur un point de Manhattan. Au niveau le plus bas seront justement les lignes reliant les voies et la gare principale du Pennsylvania RR. aux lignes de Long-Island, et elles se trouveront à plus de 16 mètres de profondeur ; immédiatement au-dessus, et séparé par un plancher métallique, voici un tunnel à trois voies du Subway prolongé. Au-dessus, on va établir le tunnel donnant passage aux voies de raccordement de diverses grandes lignes que doit construire la compagnie dite de l’Hudson. Nous n’avons pas à insister sur les deux lignes de tramways et sur l’Elevated. A noter que toutes ces voies ferrées seront exploitées électriquement. I)e ce croisement, non seulement on pourra se rendre en n’importe quel point de New-York ou de sa banlieue, vite et à bon marché, mais aussi gagner une ville quelconque de l’Union presque sans changement de voiture. Pierre de Mériel.
- LE NOUVEAU BASSIN HOUILLER DE LA CAMPINE BELGE
- Les discussions qui viennent d’avoir fieu à la Chambre des représentants de Bruxelles ont attiré l’attention sur un nouveau bassin houiller récemment découvert et dont la mise en exploitation ne saurait tarder. 11 s’agit du bassin connu sous la dénomination de bassin houiller du Nord de la Belgique, ou plus simplement de bassin de la Campine, du nom de la région sous laquelle il s’étend. Totalement inconnu il y a seulement dix ans, il vient d’être exploré par une série de sondages entre les années 1901 et 1904; des concessions ont été accordées dans le second semestre de 1906 et, pour beaucoup d’entre elles déjà, les Sociétés d’exploitation sont créées et la période des travaux va s’ouvrir. Si l’on porte les yeux sur une carte géologique de l’Europe occidentale, on y constate, allant des environs d’Aix-la-Chapelle jusqu’au détroit du Pas de Calais, une grande zone de formations houillères productives, formant un grand arc de cercle à concavité tournée vers le Nord :
- c’est là que se trouvent les riches charbonnages des bassins de Liège, de Charleroi et de Mons, en Belgique, du Nord et du Pas-de-Calais, en France, d’Es-chweiler, en Prusse rhénane. La voûte dévonienne de l’Eifel sépare cette zone charbonnière d’une autre zone excessivement riche, et de même âge géologique, la Westphalie, à laquelle on peut rattacher les zones précédentes. Nous avons ainsi un large sillon plus ou moins incurvé, présentant par places des régions stériles, où, dans les terrains primaires, se sont déposées les sédimentations houillères.
- Rien ne s’oppose, a priori, et les connaissances actuelles justifient cette manière de voir, à ce que, de part et d’autre de ce sillon, se soient formées à l’époque des plissements primaires d’autres ondulations parallèles qui, comme la précédente, auront pu se remplir de sédiments productifs (c’est le cas du sillon Sarrebrück-Pont-à-Mous-
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- son, où l’on connaît les mines proprement dites fiscales de Sarrebriick, les exploitations de Lorraine annexée comme Petite Rosselle, les couches récemment découvertes à grande profondeur en Meurthe-et-Moselle), ou à ce que, du sillon primitif, soient partis d’autres sillons pouvant donner lieu aussi à des formations houillères (ce qui pourrait être le cas de la Campine helge). Les premiers travaux pour rechercher si, au Nord du bassin de Liège ou de Charleroi, l’on ne rencontrerait pas de nouveaux sillons ou golfes houillers dans les terrains primaires, semblent dus à deux Liégeois, anciens directeurs déminés dans la région française du Nord et du Pas-de-Calais, les frères Castian, qui affirmèrent vers 1800 la possibilité de trouver, aux environs d’une ligne allant de Diest, en Belgique, à Huremonde, en Hollande, un nouveau bassin houiller. En 1857 commençait, dans le Limbourg hollandais, non loin d’Aix-la-Chapelle et d’une ancienne mine domaniale hollandaise exploitée depuis 1115 à Kerkrade, une campagne de recherches aboutissant vers 1860 à l’institution de deux concessions qu’on vient seulement d’ailleurs de mettre en exploitation. Les recherches dans le Limbourg hollandais qui explorèrent la région jusqu’à la Meuse furent continuées sérieusement vers 1875, et, à partir de 1895, elles aboutirent à la reconnaissance d’une formation carbonifère très importante, dont l’État se réserva l’exploitation par la loi du 24 juin 1901. On avait, dans une région de 30 km environ de longueur entre la frontière allemande et la Meuse, et de 18 km au maximum de largeur, reconnu une zone houillère généralement pauvre, sauf du côté de la Meuse où la richesse augmentait, mais où, par contre, la profondeur était plus grande : il fallait y percer près de 400 m. de puits avant d’arriver au charbon, tandis qu’à Kerkrade, du côté de l’Est, on avait jadis exploité des affleurements. Le bassin du Limbourg hollandais était découvert. Peu auparavant, le 15 juillet 1898, avait été terminé en Belgique, à La-naeken, à 5 km environ au Nord de la ville hollandaise de Maestricht, un sondage qui avait traversé 5 m. de formations houillères. On peut dire qu’à cette époque était découvert le bassin houiller helge de la Campine. Sans doute ce sondage ne donnait aucune couche de houille; mais, venant après les études de Guillaume Lambert (1870) et d’André'Dumont, tous deux successivement professeurs d’exploitation des mines à l’Université de Louvain qui avaient déclaré que la région du Nord de la Belgique était favorablement située pour la recherche delà houille, il devait naturellement inciter à de nouvelles recherches.
- La Société de recherches et d’exploitation fut alors fondée par André Dumont, Société dont le sondage à El-len, bien que poussé à 880 m., ne trouva pas de houille; puis la Société nouvelle de recherches et d’exploitation, fondée par le même, trouva à Ascii, le 2 août 1901, la première couche de houille en Campine à 520 m. du sol. De nombreuses Sociétés se constituèrent alors qui groupèrent, les unes, des Belges, charbonniers, métallurgistes ou financiers, les autres, des personnalités étrangères, surtout des Français, dont les uns, comme les métallurgistes de l’Est, cherchaient la houille à coke nécessaire à leurs hauts fourneaux jusqu’alors tributaires, pour la plus grande part, des charbonnages allemands ou belges. Moins de trois ans après la découverte de la première couche de houille en Campine, 64 sondages, dont 8 dépassèrent la profondeur de 1000 m. et un atteignit celle de 1244 m., les uns productifs, les autres stériles, avaient permis de reconnaître une vaste zone riche sous les provinces belges
- du Limbourg et d’Anvers, sur une longueur sensiblement Est-Ouest d’environ 90 km et sur une largeur qui atteint en certains points 10 et 17 km. La rapidité avec laquelle on a reconnu une telle superficie est tout à fait remarquable. Par contre, quand il s’agit de donner des concessions, de nombreuses difficultés surgirent : à ce moment, était soumise aux Chambres belges un projet de réforme de la loi des mines de 1810, celle-là même que Napoléon appliqua aux exploitations françaises et belges et qui, bien que modifiée en France et en Belgique depuis, n’en a pas moins conservé ses caractéristiques essentielles : concession par l’État, sous certaines réserves de surveillance administrative et d’impôts, à des particuliers non nécessairement propriétaires du sol, de la propriété du sous-sol.
- 11 pouvait donc sembler abusif qu’au moment où on voulait modifier la loi, on se servît d’elle pourconcéder suivant les anciennes formes. Le gouvernement belge tourna la difficulté en ne concédant pas toute la zone reconnue, mais en réservant, suivant l’esprit des réformateurs, environ 200 lun2 répartis en trois zones séparant les concessions accordées, où l’on pourrait faire plus tard, soit une exploitation d’Etat, soit une exploitation par associations ouvrières.
- En second lieu, les difficultés de mise en exploitation du nouveau gisement conduisaient à envisager la formation de Sociétés à puissant capital; il fallait donc de grandes concessions qui justifiassent les sommes à engager, par suite peu de concessions. Si, en face de cette condition, on mettait le nombre des Sociétés ayant entrepris des fonçages et qui toutes, ayant fait connaître le bassin, avaient légitimement droit à rémunération, Sociétés qui n’étaient pas moins de 25, il fallait de toute nécessité grouper les droits de ces Sociétés, soit en donnant les concessions à des consortiums, soit en faisant acheter aux unes les droits des autres. La première concession donnée, de 2950 hectares,, fut nommée André Dumont sur Asch, du nom de celui qui était arrivé le premier à la houille, accordée d’ailleurs à la Société nouvelle qu’il avait fondée; ensuite furent concédées: la concession des Liégeois (4810 h.) où l’on avait groupé des intérêts des gens de Liège et celle de Genck-Sulen-daël (5800 h.) formant avec la première un groupe de 10 570 h. Sur la Meuse, deux concessions furent celles de Sainte-Barbe (2170 h.) et de Guillaume Lambert (2740 h.), cette dernière recevant le nom d’un des inventeurs du gîte campinois. Enfin à l’ouest, du côté d’Anvers, un troisième groupe fut formé par les concessions d’Helchteren (5240 h.), de Zolder (5820 h.) et de Beerin-gen-Coursel (4950 h.) ; dans cette dernière, quelquefois nommée concession des Étrangers, étaient réunis, à côté d’autres groupements, certaines Sociétés métallurgiques de Meurthe-et-Moselle. Se trouvaient ainsi distribués 29 480 hectares. Des études faites sur les différents sondages exécutés, ont permis de diviser la formation houillère en Campine en trois zones : la plus profonde, dite zone inférieure, ne contient que peu de couches, de faible épaisseur ordinairement, à teneur en matières volatiles inférieure à 20 pour 100 ; vient ensuite la zone stérile d’épaisseur variable; au-dessus, on est'dans la zone supérieure, avec nombreuses couches exploitables, d’une épaisseur variant de 0,45 m. à 1,30 m., en moyenne 0,80 m., avec des teneurs en gaz de 20 à 45 pour 100, comprenant les houilles à gaz et à coke. Nous avons marqué sur la carte la partie où cette dernière zone a été reconnue. Les formations houillères ont un pendage ordinairement faible, sauf à la limite Sud où les terrains se
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- relèvent. Le bassin de la Campine s’enfonce de plus en plus au fur et à mesure qu’on s’avance vers l’Ouest ou vers le Nord; tandis que la formation houillère est atteinte à 370 m. de la surface sur les bords de la Meuse, elle ne l’est qu’à 580 à Ascii, à 610 à Course!, à 800 à Gheel. Il faut traversera Ueusden 530 m. pour arriver au boitiller, tandis que, sur un même méridien, vers le Nord, il en faut 010 à Coursel.
- On s’est demandé, lors des recherches de 1901-1904 si, outre le nouveau bassin de la Campine, on ne trouverait pas au Sud, mais toujours en Belgique et au Nord de la zone Mons-Cliarleroi-Liége de nouvelles formations houillères. Un sondage fut fait dans ce ce but à Uoesselt qui ne trouva rien au-dessus des terrains cambriens et siluriens. La mise en exploitation du nouveau bassin houiller belge est une question qui présente de nombreuses difficultés; le creusement des puits paraît en effet très difficile. Les terrains recouvrant le houiller sont formés par des successions d’argiles sableuses plus ou moins
- pour extraire de la houille en Campine sont formées pour la plupart des concessions instituées. Arriver le plus tôt possible au houiller, se développer dans les couches avec rapidité pour avoir au plus vite une extraction importante semblent être le but commun. On différera probablement sur les systèmes employés pour creuser les puits; dans les méthodes d’extraction, on dépensera sûrement des sommes considérables: ce qu’on désire avant tout, c’est faire du charbon. 11 y a d’ailleurs pour cela de bonnes raisons : les bouilles à coke s’épuisent dans les anciens bassins belges de Liège, de Charleroi et de Mons; la métallurgie dans l’Europe occidentale se développe rapidement; les centres de fabrication de coke allemands ou français voient leur production s’augmenter sans doute, mais rester toujours en deçà des demandes de l’industrie. La Belgique trouvera, dans son nouveau bassin de Campine, un atout de plus pour la lutte industrielle ; elle est obligée de se fournir presque entièrement de minerai de fer à l’étranger, en Meurthe-et-Moselle, en Luxembourg,
- U E ,i
- Malines
- PRUSSE
- Di est.
- A Louvain
- "Slk Maestnicht
- Limites de concessions ou \ des zones neservées ABC / Zone‘ riche du dessin houi/len....
- Carie (lu nouveau bassin houiller de la Campine belge.
- glauconifères, de craies et de silex. Des venues d’eau considérables ont été constatées dans les ^sondages, venues d’eau dont certaines ont donné 576 m3 par 24 heures à Zittart, 730 à Eysdenbosch, 1500 à Rœteweide. De véritables nappes artésiennes ont été traversées, formant des sources jaillissantes aux orifices des trous de sonde : c’était le cas à Ejsdenbosch pour de l’eau venant de plus de 300 m. de profondeur, à Rœteweide, à Beeringen, etc. Les venues d’eau constatées peuvent être séparées en deux groupes correspondant à deux étages géologiques différents : le premier comprend des eaux superficielles dans les terrains quaternaires ou tertiaires supérieurs, qui ne donneront pas lieu à difficultés particulières, car la zone considérée n’a guère jamais plus de 300 m. comptés verticalement et les fonçages de puits par congélation se font aisément maintenant sur ces hauteurs. Le second groupe est celui des eaux au contact du crétacé et du tertiaire dans des parties à sables plus ou moins boulants, à terrains peu cohérents. Les difficultés à surmonter en cet endroit seront très grandes, on n’en a jamais eu encore de pareilles dans les creusements de puits déjà faits.
- Quoi qu’il en soit de ces difficultés, les Sociétés créées
- en Lorraine annexée ou en Espagne ; si elle n’a pas de minerai pour ses fourneaux, elle aura du coke et elle pourra en exporter. La partie restera plus égale pour elle. Mais il s’écoulera sans doute de nombreuses années avant que la Campine devienne un gros producteur de charbon. 11 faudra développer le réseau actuel des chemins de fer dans ce pays déshérité : des lignes à voie étroite existent bien indépendamment des voies larges que nous avons figurées sur la carte; mais de telles lignes ne peuvent servir qu’à des périodes de préparation ; lors d’une exploitation intensive, il faut que les wagons de voie normale arrivent sur le carreau des mines directement. On projette aussi de réunir les canaux actuels de la Campine d’une façon plus commode aux grands canaux existants par un canal de Beeringen à Bruxelles et relier les concessions de l’Ouest à la Meuse par un nouveau canal. Tous ces travaux de chemins de fer et de canaux ne seront pas difficiles sans doute dans une région aussi plate que la Campine. Ce qui sera plus difficile peut-être, ce sera de se mettre rapidement d’accord sur le programme à exécuter. P. Nicou.
- Ingénieur des Mines.
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- LE DECHARGEMENT MECANIQUE DES CHALANDS
- Bien que, pour toutes sortes de raisons, les transports par chemins de fer aient des avantages indiscutables sur les transports par eau, les chalands de navigation intérieure n’en transportent pas moins encore des montagnes de marchandises, à commencer par des charbons. Malheureusement non seulement la marche du chaland est lenle (c’est une nécessité dans les canaux), mais encore l’opération de chargement souvent, et l’opération de déchargement, on peut dire toujours, se font avec une lenteur désespé-
- préoccupaient de trouver des bennes à chargement automatique, d’autres combinaient des élévateurs, un peu analogues aux élévateurs à céréales, et pouvant être descendus dans un chaland pour y puiser le charbon et l’emporter ensuite jusqu’au lieu où on l’emmagasine. Des constructeurs anglais, MM. Dennis, de Bol ton, sont parvenus à résoudre le problème d’une façon qui nous semble très heureuse.
- L’application que nous connaissons de leur syslème a été faite à l’usine électrique de la Municipalité de
- Un élévateur pour chaland.
- raille. Un recourt presque partout à la méthode primitive de jadis, qui consiste à charger le charbon dans des sacs ou des brouettes, que l’on apporte ou roule ensuite jusqu’au point d’emmagasinement : cela impose aux manœuvres une besogne pénible, de bête de somme en réalité, que l’on ne peut payer cher ; et ici comme d’ordinaire, il serait avantageux qu’on pût remplacer le travail à la main par un mécanisme bien compris. A la vérité, dans les grandes usines, on a commencé, même dans les pays européens et en France, à recourir à des transporteurs qui emportent les charbons sortis de la cale du chaland ; mais le déchargement proprement dit s’effectue à l’aide d’une grue qui, tout en assurant des avantages, nécessite le remplissage de sa benne à la main. En même temps que des constructeurs se
- Covenlry, qui se trouve, comme le plus souvent ces stations, tout près d’un canal. 11 va sans dire que, comme il s’agit là d’un appareil qui n’est pas destiné à travailler continuellement, que de plus il ne dépend pas d’une de ces vastes usines où la force motrice est en abondance ; il faut tout à la fois que l’élcvaleur puisse être amené rapidement au-dessus du chaland et retiré de même très vite, qu’il ne demeure pas à encombrer inutilement la berge de la voie d’eau ; et il est essentiel que ses déplacements se fassent avec le moindre effort possible. La photographie que nous donnons de l’appareil vu de côté, plongeant dans les flancs du chaland, fait aisément comprendre qu’il est monté au bout d’un bras qui permet précisément de l’amener rapidement en place ou de le retirer le long du bâtiment de l’usine. En
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- réalité, le bras au bout duquel l’élévateur proprement dit se trouve soutenu en porte-à-faux est quadruple : les deux bras parallèles supérieurs portent à leur autre extrémité des contrepoids qu’on ne voit point, mais qui équilibrent à peu près complètement l’appareil de manutention du charbon. Deux bras intérieurs complètent le dispositif de sustentation, et une vis sans lin, solidaire d’un de ces bras et engrenant avec un secteur denté, donne le moyen de fixer l’appareil en position, sans qu’il se déplace de lui-même sous l’hifluence.des contrepoids. La manœuvre des bras se fait du reste par un arbre commandant ce secteur. La chaîne à godets (qui est la caractéristique de tous les mécanismes de ce genre) passe, dans son mouvement de descente, par une boite métallique placée en arrière, et remonte ('il avant par une autre, après s’être chargée de charbon; ce sont les godets qui, en tournant, viennent en contact avec le combustible dont ils s’emplissent, la position, la hauteur de l’élévateur devant naturellement être modifiées au fur et à mesure que la niasse charbonneuse se trouve plus profondément attaquée. Nous passons comme de juste sur les détails, qui ne pourraient intéresser que des techniciens ; le déplacement de la chaîne et l'entrainement des godets sont assurés par des tambours hexagonaux, qui sont actionnés par l’intermédiaire de roues à dents et par une poulie, sur laquelle vient tourner un câble arrivant de Fusille et transmettant la force motrice.
- Les godets, parvenus au point convenable, se renversent et déchargent leur contenu dans une sorte de trémie, qui, à son tour, assure la chute du charbon sur une courroie porteuse courant le long des bras supérieurs de sustentation de l’élévateur; le charbon, entraîné par cette courroie, entre dans le bâtiment de l’usine, pour venir finalement se déverser dans le magasin à charbon, ou plus exactement sur des courroies porteuses qui vont le distribuer partout où il en est besoin, après que ce charbon aura été pesé et qu’on aura par conséquent relevé les quantités qui auront été déchargées du chaland et livrées à l’usine. Tout est bien combiné dans cette installation, en particulier les échelles qui sont disposées le long des flancs de l’élévateur, et aussi les passerelles dotées de mains-cour an tes (pour éviter
- LA CHÂTAIGNE El
- Nous extrayons les données suivantes de la monographie très documentée que vient de publier M. Lavialle1. Outre une quantité considérable d’amidon, la châtaigne renferme des sucres, de l’albumine végétale, des matières grasses, du phosphate de chaux, des sels utiles à l’économie. Elle constitue donc un aliment complet en même temps que très agréable. Ses usages à l’état de marron
- 1 J.-1b Lavialle. Etudes agronomiques et sociales. Le châtaignier. Etude scientifique du châtaignier, sa culture, utilisation de ses produits, ses maladies et leurs remèdes. Paris, Vigot, 1906, in-80, 286 p., 4 fr.
- les accidents) qui courent le long des bras supportant l’élévateur et le transporteur : échelles et passerelles donnent le moyen de visiter toutes les parties du mécanisme, de graisser et d’entretenir les paliers en bon état.
- C’est évidemment à la bonne construction, mais aussi au bon entretien qu’on est en mesure de lui assurer, qu’est due la faible consommation de foret; motrice de cet élévateur. Nous devons dire d’abord (|iie cet appareil suffit à enlever d’un chaland 20 tonnes au moins à l’heure; or, le moteur électrique qui l’actionne par l’intermédiaire du câble que nous avons .indiqué, n’est qu’un moteur de 4 chevaux : encore, en réalité, celte commande n’absorbc-l-elle normalement qu’une puissance elfec-tive de 5 chevaux.
- Nous avons pris, pour décrire cet élévateur léger et aisément transportable, l’exemple d’une station centrale d’électricité ; mais il va de soi que ce genre d’appareil peut s’employer dans les circonstances les plus diverses; il serait notamment tout indiqué pour le déchargement des chalands qui transportent les charbons et s’arrêtent le long des quais de Paris ou de nos canaux : le déversement de l’élévateur pouvant fort bien se faire dans des tombereaux en slalion sur le quai de la voie navigable, et se succédant sous la trémie de déchargement de l’élévateur. Nous savons bien que la mise en sac, qui se fait actuellement pour le débarquement du combustible, est utile pour une certaine clientèle, qui désire recevoir son charbon en sac, celui-ci n’ayant pas à être déchargé à l’entrepôt et attendant dans cet état d’être livré. Mais ce mode de transport et de livraison ne s’applique qu’à une minorité de consommateurs, dont le nombre diminue chaque jour et diminuera au fur et à mesure que se développeront les usines centrales fournissant éclairage, chauffage et force motrice sous la forme du courant électrique ou du gaz ; et le déchargement mécanique a cet avantage d’abréger considérablement les délais et pertes de temps qui sont sans cesse imposés aux bateliers à leur point d’arrivée.
- La machine est appelée, ici comme ailleurs, à faciliter le travail, à diminuer les frais inutiles et* les pertes de temps, en abaissant les prix de vente, augmentant et facilitant la consommation.
- Daniel Bellet.
- LE CHÂTAIGNIER
- grillé ou bouilli sont trop connus pour que nous nous y arrêtions. Notons seulement que dans les régions comme le Plateau central, les Cévennes ou la Corse, la châtaigne aune véritable valeur sociale1, puisqu’elle sert de base à l’alimentation et remplit le rôle joué par le blé ou le riz en d’autres pays.
- Je ne décrirai ici que certains modes peu connus d’utilisation des châtaignes. Consommées dans du lait elles
- 1 Voy. La Nature, n“ 1694, du 11 novembre 1905* p. 570, l’article de JI. Loncoche Le pain de châtaigne en Corse.
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- lui communiquent la couleur et le goût du chocolat et peuvent servir à frauder celui-ci. Mais on peut également faire un véritable chocolat de châtaignes. Lieutaud, médecin du xviu0 siècle, conseillait aux convalescents la polenta suivante : « Les marrons sont d’abord cuits dans l’eau-de-vie, alin d’enlever la pellicule, puis repris dans quantité suffisante de lait, avec assaisonnement de sucre eide cannelle en poudre; on écrase la pulpe, on mélange le tout; on fait bouillir pour terminer la cuisson. »
- Un Normand, nommé Ravier, ayant inventé le « café de châtaignes » s’établit en 1829 près de Limoges, où il lit prospérer cette nouvelle industrie. Les châtaignes sèches, dépouillées de leur peau, étaient torréfiées dans de grands cylindres en tôle, puis concassées et pulvérisées.
- Ce pseudo-moka, connu autrefois sous le nom de café des dames, était très apprécié à Paris. 11 peut entrer en mélange avec le café véritable et constitue en tous cas une boisson bien supérieure aux cafés de chicorée, de glands, etc., vendus par les épiciers.
- lin 1780, Parmentier découvrit le sucre de châtaignes et en fabriqua un pain. Par ses cristaux transparents et par son goût, il est semblable à celui de canne et de betterave. Les châtaignes, vertes contiennent environ 2 pour 100 de sucre; sèches elles en renferment plus du double. Mais son extraction n’est pas possible économiquement. En revanche la présence de ce sucre permet d’obtenir une excellente eau-de-vie : il suffit de délayer de la farine de châtaignes dans de l’eau, de laisser fermenter le mélange et de distiller ensuite.
- En Italie et en Corse on fait beaucoup de farine de châtaignes ; en Limousin en en fabrique un peu : on concasse les fruits dépouillés de leur pellicule et on les moud. II est nécessaire qu’ils soient entièrement secs, de façon à ne pas encrasser les meules. Celte farine a une couleur jaune blanchâtre, une saveur douce et sucrée. Elle renferme pour 100 kilogrammes, 06 à 70 kg d’amidon, 10 à 20 kg de sucre et le reste en matières azotées, en substances grasses, en cellulose, etc. Celle farine entre dans la composition de certaines pâtes d’Italie (vermicelle, macaroni) ; elle sert à préparer les necci, les pattoni, la pisticcina et une sorte de polenta, que les connaisseurs préfèrent à la bouillie de maïs. Mais elle ne peut servir à faire du pain, parce qu’elle ne contient pas assez de gluten, matière azotée qui donne à la pâte son élasticité et lui permet de lever.
- En confiserie la première opération consiste à peler les marrons, puis à les nettoyer à l’aide d’eau bouillante, parfois additionnée d’alcool. Pour avoir les marrons glacés, on cuit les fruits en les faisant bouillir dans, un sirop de sucre clarifié ; on ôte le tout du feu, puis on laisse les marrons dans le liquide pendant une demi-journée environ, après quoi on les passe dans un autre sirop très concentré. Il ne reste plus qu’à égoutter sur une claie et à attendre que le sucre soit pris en une petite couche blanche, glacée à la surface des fruits, four la confiture de marrons il faut un poids égal de sucre et de fruits préalablement blanchis, cuits à l’eau et réduits en purée. On fabrique également des compotes, des marmelades, des pâtes, des biscuits, des macarons à base de châtaignes plus ou moins sucrées et différemment aromatisées.
- Au point de vue de l’alimentation du bétail, la châtaigne est sensiblement équivalente au foin de pré. Si elle renferme un peu moins de matières azotées et d’hvdrates de carbone assimilables, elle est plus riche en graisses.
- Le cours du foin étant de 0f',5ü les 100 kilogrammes, tandis que le prix de l’hectolitre de châtaignes vertes, pesant 05 kg, ne dépasse guère 2r,',50, on a donc avantage à faire entrer ce fruit dans la ration alimentaire des animaux de la ferme. Les châtaignes sortant de l’étuve sont broyées avec leur écorce sous des meules verticales. On obtient ainsi une farine grossière, qui excite l’appétit des porcs et des bœufs et contribue à les engraisser rapidement.
- Depuis longtemps, en Corse, les chevaux et les mulets reçoivent des châtaignes sèches et non décortiquées. On s’est demandé s’il ne serait pas possible de faire entrer la châtaigne sèche, en substitution de l’avoine, dans la ration des chevaux de troupe séjournant en Corse. Des essais d’alimentation comparative faits par M. Dechambre, professeur de zootechnie à Grignon, ont montré que la substitution peut se faire à poids égaux et que les chevaux non habitués à ce régime acceptent fort bien les châtaignes concassées mélangées à l’avoine. On fait ainsi une forte économie, puisque la châtaigne sèche coûte un quart à moitié moins que l’avoine.
- Le bois de châtaignier est dur et tenace, ce qui permet de l’employer en menuiserie et en charpente. Mais sa principale qualité est la fissilité ; elle est supérieure à celle de tous les bois durs et de la plupart des autres essences. C’est grâce à cette faculté de se fendre en lames minces et souples que le châtaignier sert à faire des échalas, des treillis, des cercles de tonneaux. Il occupe aussi le premier rang pour la fabrication des futailles ; ses pores, plus petits et plus serrés que ceux du chêne, s’opposent davantage à l’évaporation. 11 fait à ces divers points de vue l’objet d’un commerce important.
- A toutes ces qualités qui en font, comme on l’a dit, « l’arbre à pain » des pays où il croît, le châtaignier en joint malheureusement une autre. C’est que son bois est très riche en tanin. Il en renferme presque deux fois autant que le chêne : 100 kg de bois de châtaignier donnent en moyenne 25 kg d’extrait brut à 25° Baumé. Or cet extrait permettant un tannage des peaux beaucoup plus rapide que l’ancienne méthode à l’écorce de chêne, la demande devient de plus en plus considérable. De toutes parts s’installent des usines. En Corse l’exportation a passé de 8000 tonnes d’extraits tanniques en 1902 à 12000 tonnes en 1903. Déjà l’arrondissement de Bastia est presque entièrement déboisé. Une usine installée près de Tulle consomme 34 000 tonnes de bois par an, ce qui équivaut à un massif serré de 200 hectares. Pour toute la France la surface déboisée annuellement est de près de 4000 hectares. Ce terrain est définitivement perdu ; car les troupeaux de moutons empêchent la repousse des jeunes tiges. Séduit par le prix relativement élevé auquel les usiniers lui paient son bois, le paysan imprévoyant coupe ses plus beaux châtaigniers, sans se douter qu’il tue la poule aux œufs d’or. Il est inutile de nous étendre sur les troubles apportés par le déboisement au régime des eaux et au climat. Mais il importait de montrer que grâce à l’exploitation abusive provoquée par les usiniers, des pays jadis prospères vont se trouver, si des mesures légales n’interviennent pas,-privés de toutes ressources. Car les terrains occupés par les châtaigneraies sont en général impropres à toute culture. Il semble que l’industrie ne puisse s’accommoder de l’exploitation rationnelle des produits du sol, mais conduise partout, dans un esprit de gain immédiat et passager, à ce que les Allemands ont stigmatisé du nom de Raubwirihschaft (économie destructive). Dr L. Laloï.
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- LA NATURE.
- LES TRAVAUX DU CHEMIN DE FER DU LŒTSCHBERG
- L’attention a été attirée récemment sur un nouveau chemin de 1er transalpin, la ligne du Lœlscli-berg, dont la construction rapidement conçue, décidée et entreprise par le canton de Berne avec une puissance d’initiative, une hardiesse admirable, est con-liée à une grande entreprise française qui doit étudier les projets définitifs et les mettre à exécution.
- Le tracé part de Frutigen où aboutit déjà une ligne venant de Spiez, coquette ville des bords du lac de Thoune, remonte la vallée de la Kander, dont une double boucle devra permettre de gravir les pentes rapides, entre à Kandersteg dans un tunnel de 15,700 km de longueur et en ressort à Goppen-stein, petite localité du Valais située dans le Lœtschenthal, longe ensuite à grande hauteur le flanc Est de cette profonde coupure au fond de laquelle coule la Lonza, et vient aboutir enfin dans la vallée du Rhône dont il suit le versant Nord jusqu’à Brigue où il se raccorde à la ligne du Simplon.
- terminé, et la lutte qu’il a fallu soutenir contre les intempéries a été peu banale.
- Au Nord, à Kandersteg, l’énorme accumulation de la neige, la violence des tourmentes, la rigueur du froid ont rendu difficile le service des travaux de perforation de la galerie d’avancement. On a pu cependant mener normalement l’exécution de cette galerie, spécialement difficile au début à cause de la masse d'éboulis et de gros blocs qui a été traversée sur plus de 80 m. En même temps on profitait de
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- Fig. 2. — Hangar du compresseur a air, détruit le 15 mars à midi, apres l’avaluudie du 14. Le toit a été enlevé du côté opposé à la montagne. Les chevrons ont ôté posés dans la matinée du 15 mars.
- Le tunnel de faîte est à l’altitude de 1200 m. environ; les pentes des rampes d’accès seront de 27 mm. par mètre au maximum; grâce à la traction électrique la ligne pourra ainsi être ouverte au grand trafic rapide auquel elle est destinée.
- L’emplacement du tunnel ayant été fixé dès le début on a pu en commencer les travaux en octobre 1906. 11 importait de ne pas perdre un instant, car le délai d’achèvement du tunnel est très court et nécessitera une rapidité d’exécution supérieure à celle obtenue jusqu’ici pour les grands ouvrages analogues.
- Ces chantiers de début ont eu à subir l’hiver rigoureux et fertile en tempêtes qui n’est pas encore
- Fig. 1. — Hangar des moteurs électriques et du compresseur. Le 15 mars à midi la toiture, enlevée par l’avalanche, est partiellement réparée par la remise en place des chevrons qui avaient été enlevés.
- tous les moments où les intempéries ne rendaient pas tout travail extérieur impossible, pour construire des abris destinés aux premiers engins de perforation mécanique, pour établir la ligne de transport de force devant amener des bords du lac de Thoune l’énergie électrique destinée à les actionner. D’autres préparatifs demandant non moins de courage et de ténacité étaient faits aussi pour as-
- surer en temps utile des logements et des cantines aux nombreux ouvriers attendus pour la belle saison, pour construire une voie de service destinée à rendre sûrs et économiques les transports entre Frutigen et Kandersteg. Cette voie rappellera les chemins de fer américains de pénétration par la hardiesse de son tracé qui comporte des viaducs en bois remplaçant les terrassements, inexécutables à cause de leur hauteur, qu’il aurait fallu pour l’ascension en lacets, avec une pente de 0,06 par mètre, delà montée dite du « Büld » (Buhlstutz).
- Dès le 7 mars la première perforatrice à air comprimé, fournie par la Compagnie Ingersall-Rarad, fonctionnait dans la galerie, mais le 14 une avalanche
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- y causait une obstruction momentanée et produisait mais elles n’ont pas entravé sérieusement le perce-un souftle tel que le bâtiment des moteurs élec- ment de la galerie, qui s’est trouvé même en avance
- Fig. 3. — Galerie sous avalanche vue île la galerie de iirotechou.
- triques et du compresseur d’air était en partie découvert et encombre de neige. Les déblais et les réparations nécessaires ayantété exécutés d’urgence on allait pouvoir fonctionner de nouveau quand une avalanche coupa la ligne d’amenée du courant et causa un nouveau retard ; enfin le 20 mars les perforatrices purent fonctionner de nouveau.
- Pendant cette même période, une énorme ava-lanelic encombrait, dans la nuit du 10 au 11 mars, la route de Frutigen à Kan-dersteg et rendait les transports impossibles, sans transbordement, pendant une semaine.
- Au Sud les difficultés ont été non moins grandes,
- Fig. 4. — Palier du viaduc de la voie de service en construction entre Frutigen et Kanderstcg près d’un tournant des lacets de la montée dite de llühl.
- sur la tête Nord à came de la moindre épaisseur des éboulis. On a du supporter là non seulement les
- mêmes intempéries qu’à Kan-dersleg, mais encore, à cause de la situation topo-graphique de Goppenstein et du chemin qui y conduit de la vallée du Rhône, à cause du manque de ressources, les pénibles inconvénients résultant des difficultés des transports.
- Fréquemment le chemin était rendu impraticable par l’épaisseur de la neige, accrue en de nombreux points du fait des avalanches descendant des ravins et des pentes trop raides; le vent interdisait souvent toute tentative de déblai, une rafale détruisant en
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- un instant les résultats d’une heure et plus de travail. Au point d’attaque il a fallu construire une galerie de protection en charpente, dont les travaux ont d’ailleurs été bouleversés par une avalanche, et cette précaution *
- n’a pu empêcher de nouvelles chutes de produire 11 une obstruction telle qu’une galerie dans la neige tassée a dû être percée pour maintenir le passage sur une voie qui avait été envahie.
- Le rocher rencontré à la tête Nord est du calcaire appartenant à la base du terrain crétacé et faisant partie de couches qui ont subi les formidables dislocations auxquelles ont participé les colosses de l’Oberland Bernois : Wildstrubel, Blumlisalp,
- Jungfrau. Il est à présumer, d’après les observations géologiques, que cette traversée des calcaires ne sera pas trop étendue ; mais elle peut réserver de redoutables surprises au point de vue des venues d’eau et de la solidilé du terrain.
- Au Sud c’est dans des couches de gneiss presque verticales et normales à la direction du tunnel que le percement a lieu ; il est possible qu’on rencontre un lambeau, un « coin » de terrain plus récent en continuant à travailler dans ces roebes dures mais solides dont la schistosité est très nette.
- Fig’. 5. — Tète Sud de la galerie d’altaque du grand tunnel, galeries percées dans la masse d’une avalanche, en avant de la galerie de protection, pour le passage de la voie d’enlèvement de déblais.
- Fig. 6. — La tête Nord' le 15 mars 1907 fraîchement déblayée.
- Les prévisions géologiques font espérer dans la partie centrale une importante traversée du granit solide, dit granit de Gaste-ren, que l’on observe en grande niasse en remontant la Kander au-dessus de lvander-steg, aux abords du hameau de Gastercn; il affleure là dans une « cluse » pittoresque et en amont sous de belles cascades.
- L’homogénéité et la structure massive de ce granit fait bien augurer des conditions dans lesquelles il se présentera pour les travaux. Ph. Zurcheh.
- Ingénieur en chef.
- [Quant au but visé par le nouveau tunnel il est, rappelons-le, d’éviter à la ligne du Simplon-Bâle-Allemagne le détour Marli-gny-Lausanne. Emis en 1905, le projet était ratifié par les Chambres Fédérales le 27 juin 1906. La ligne doit être livrée dans un délai de cinq ans. La dépense est prévue à 74 millions. Sous le Lôtschen-Pass 1500 mètres d’épaisseur de terrain domineront la percée; cela laisse prévoir une température de 55 à 45° sous réserves de l’influence des infiltrations froides ou des eaux thermales comme au Sim-plon. De Calais à Milan la distance sera de 150 à 200 kilomètres plus courte que par le Mont-Cenis ou le Gothard.j
- LES GRANDS CUIRASSÉS ALLEMANDS
- Nous avons dit, dans un article précédent sur la marine militaire allemande1, que deux immenses cuirassés avaient été mis en chantier. Nous avons, maintenant, des documents à peu près précis sur ce que seront ces formidables forteresses flottantes, qui dépasseront, en dimensions et en puissance, le plus grand des cuirassés en service, le Dreadnought, de la marine britannique.
- Le très grand navire de guerre anglais a un déplacement de 18000 tonnes; les nouveaux cuirassés allemands
- 1 Voy. n° 1760, du 16 lévrier 1907.
- atteindront 19 000 tonnes, il paraît même que l’un d’eux déplacera 20000 tonnes. Ouant à l’artillerie, elle se composera exclusivement de 16 canons Krupp de. 28 centimètres, qui pourront lancer des projectiles de 550 kilogrammes chargés à 132 kilogrammes. L’obus aura une vitesse de 884 mètres; sa force de pénétration sera supérieure à celle des projectiles de 583 kilogrammes, chargés à 146 kilogrammes, que peuvent lancer les canons de 505 millimètres du Dreadnoughi.
- Les avis sur la valeur de cet annement, exclusivement composé de gros canons, sont très partagés. On considère,
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- en effet, dans certains milieux autorisés, que, pour les rendre aussi puissants que ceux de l’Angleterre, il sera indispensable de leur donner une longueur de 15 mètres environ, ce qui est énorme. Les 1(5 canons des nouveaux navires allemands constitueront toute leur artillerie ; leur rival anglais, Dreadnought, ne possède que lü grosses pièces, mais il a, pour compléter son armement, une artillerie moyenne dont on a privé les cuirassés allemands en construction. Certains journaux anglais raillent cette manière de voir, qu’ils qualifient d’imprévoyante.
- Ils invoquent, comme argument, le combat naval de ïsousliima, pendant lequel les canons japonais de calibre moyen mirent les vaisseaux russes en fort mauvais état.
- D’autres publications anglaises, militaires et navales, s’émeuvent très sérieusement de la puissance future qu’ils attribuent à l’artillerie des nouveaux cuirassés allemands. L’une d’elles va jusqu’à calculer que les 16 pièces allemandes pourront lancer 5500 kilogrammes de projectiles, pendant que les 10 canons anglais n’en utiliseront que 5825 kilogrammes, soit 1695 kilogrammes de moins. Ces chiffres sont môme, au dire du journal anglais, au-dessous de la vérité; car iis supposent, chez les deux rivaux, un nombre égal de coups tirés, aloi's que les artilleurs allemands pourront certainement tirer un nombre supérieur de coups, parce que le poids plus léger du projectile en rendra la manipulation plus facile.
- On ne sait pas encore très exactement comment seront répartis les 16 canons; car le plus grand mystère entoure les nouveaux cuirassés, dont les chantiers sont gardés avec des précautions particulières. Mais il semble certain que les tourelles blindées, qui doivent recevoir ces pièces, seront soignées d’une manière toute spéciale.
- Les machines seront munies de turbines; elles actionneront trois puissantes hélices, grâce auxquelles on pourra facilement atteindre une vitesse normale de 20 noeuds. Les soutes à charbon auront une disposition telle qu’il sera possible d’y emmagasiner un approvisionnement suf-
- fisant pour faire environ 9000 kilomètres, sans qu’il soit nécessaire de ravitailler.
- L’équipage de chacun de ces navires se composera de 852 hommes avec un état-major de 28 officiers.
- La construction d’un des cuirassés de 19000 tonnes est estimée, dès maintenant, à environ 52 600000 francs; avec l’artillerie, l’armement et l’aménagement intérieur, l’évaluation de la dépense se trouve portée à 45 millions.
- Les ateliers de la Weser, à Brème, et les chantiers de Yulcain, à Stetlin, qui ont mis en route ces formidables constructions navales, vont mener l’œuvre avec une grande activité; ils veulent battre le record du Dreadnought et montrer aux Anglais que les Allemands sont devenus à la fois artilleurs et métallurgistes habiles. Ils pensent que deux années leur suffiront pour le parachèvement complet d’une de ces formidables forteresses maritimes.
- Un membre du Parlement britannique, M. Carlyon Bel-lairs, dont les idées font autorité, en Angleterre, sur les questions de marine militaire, a prétendu dernièrement que les constructions navales allemandes peuvent dépasser en bon marché et en rapidité leurs rivales britanniques. Le prix de revient moyen d’un cuirassé est, chez les uns et les autres, actuellement fixé à 250Ü francs environ par tonne ; mais les Allemands comprennent dans leur prix une réserve de canons représentant 50 pour 100 de la force totale de l’artillerie du navire, tandis que les Anglais ne font une réserve que de 25 pour 100 seulement. Cette différence permet de dire que les constructions anglaises sont plus chères. Quant à la rapidité, les Allemands, au dire de M. Carlyon Bellairs, disposent de moyens d’action qui leur permettront de faire facilement un des plus grands cuirassés en deux années. L’importance, de jour en jour plus grande, prise par la marine militaire allemande, est bien faite pour troubler la tranquillité britannique. Elle doit aussi nous inquiéter beaucoup. Nous devons en suivre les progrès et nous tenir prêts, le cas échéant, à y répondre par des progrès nouveaux. Wii.l Darvillé.
- LE FORÇAGE DU LILAS
- La pittoresque industrie de la culture forcée du lilas, bien que peu connue du grand public, ne date pas d’hier. Elle naquit, il y a quelque soixante ans, dans les anciennes carrières de Vaugirard. Un peu plus lard, par suite de l’agrandissement de Paris, les constructions envahirent la zone consacrée à ces originales « fabriques de fleurs ». Les architectes chassèrent les « forceurs » qui transportèrent leurs pénates à Vitry-sur-Seine, Sceaux, Châtillon et Clamart.
- Puis, profitant des données que la science leur avait fournies relativement à l'influence de la lumière sur les plantes, ils créèrent de curieux établissements dont les photographies ci-contre donnent une juste idée. Mais avant d’entrer dans l’une de ces forceries, traversons la plaine de Yitry, presque entièrement couverte de pépinières de lilas. De loin en loin, des hommes arrachent des arbustes, de 5 à 9 ans, qui s’entasseront tout à l’heure dans des hangars à demi obscurs. Ils ont soin de laisser autour de chaque racine une épaisse motte de terre et de supprimer toutes les branches
- qui ne doivent pas s’épanouir. Aussi ne reste-t-il parfois qu’une seule branche sur un pied même de forte (aille.
- Pénétrons dans le hall à peine éclairé où les pauvres déracinés sont emmagasinés depuis deux mois environ. A droite et à gauche de ces tiges dénudées, empilées les unes sur les autres jusqu’au toit et ressemblant beaucoup plus à des fagots de bois morts qu’à des plants destinés à fournir sous peu de blanches gerbes odorantes, courent les rails d’un petit Decauville. Des jardiniers chargent sur un wagonnet des lilas qu’ils vont rouler jusqu’aux chambres chaudes, construites des deux côtés d’une allée centrale. Dans ces serres spéciales, qui mesurent chacune 12 m. de long sur 4 m. de large, on les plantera à rangs serrés. La couche de terre qui recouvre le sol mesure 10 à 15 centimètres de profondeur et des générateurs, disposés au-devant de chaque porte, maintiennent, à l’intérieur des cases, une température de 28° à 50°, grâce à des tuyaux qui serpentent le long des murs.
- Une fois la plantation achevée, on tire les lattes
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- qui recouvrent la toiture vitrée afin qu’une obscurité presque complète règne durant les premiers jours dans la serre de forçage ; on les soulève seulement quelques minutes par jour afin de renouveler l’air et de donner aux plantes juste la quantité de lumière nécessaire à leur développement. On « fabrique », en effet, le lilas blanc ou pour mieux dire le lilas non coloré en privant des rayons solaires les lilas « de Marly » ou de « Charles X », variétés vigoureuses et riches en coloris. Au milieu de cette nuit factice, les fleurs blanchissent en devenant chlorotiques. Pour leur donner un peu de montant et surtout les empêcher de jaunir, on ouvre les
- comparer qu’aux senteurs printanières de la campagne en Heurs.
- Aussi, vu la rapidité de développement des lilas, lés forceurs s’arrangent pour planter chaque chambre à un ou deux jours d’intervalle, de manière que les cueillettes se succèdent sans interruption dans leur établissement du 15 novembre jusqu’au mois de mai. Chez M. Henri Graindorgc, de Vitry, où les photographies ci-jointes ont été prises, les serres renferment chacune environ 200 pieds de lilas qui fournissent 800 grappes en moyenne. 11 force, durant l’hiver, 100000 plants nécessitant 80 hectares de pépinière, sans compter un champ de giroflées de
- Fig. 1 — Hangar où s’enlassent les pieds de lilas arrachés des pépinières.
- stores vers la fin de‘leur croissance, qui s’opère d’ailleurs rapidement dans l’atmosphère attiédie de la forcerie.
- Au bout de deux à trois jours, les bourgeons commencent à débourrer et il faut procéder à l’ébourgeonnage. Cette opération consiste à conserver simplement, au sommet de chaque tige, 2 à 4 bourgeons à fleurs et 2 bourgeons à feuilles et à supprimer les autres afin de reporter sur ceux qui restent la vigueur de la sève. Après une dizaine de jours,'perce une pousse vert tendre et les grappes se montrent timidement. Puis les pétales blanches apparaissent et, vers le dix-huitième ou vingtième jour, la serre entière s’épanouit. Dans la forcerie se répand un suave parfum qu’on ne saurait mieux
- 1 hectare destiné à fournir le feuillage nécessaire pour encadrer les 2 à 5000 grappes récoltées quotidiennement, pendant ces quelques mois.
- Le soir venu, on tranche donc au sécateur les tiges fleuries, on les couche une à une dans une brouette et on les place dans des cuves d’eau disposées dans une cave fraîche en attendant que des femmes les préparent pour l’expédition. Ces ouvrières piquent les tiges, au nombre d’une douzaine, sur des champignons de paille qu’elles garnissent tout autour de feuilles de giroflées. Dès le lendemain matin, soigneusement entassées dans des paniers capitonnés, ces fleurs partiront pour les Halles et des commissionnaires les achèteront pour les réexpédier aux grands fleuristes
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- Fig. 3. — Cueillette du lilas blanc après 18 à 20 iours de forçage
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- de Paris ou de Berlin, de Londres ou de Saint-Pétersbourg et même... de Nice.
- Immédiatement après la récolte, on enlève les arbustes épuisés qui, tels d’éphémères papillons, n’ont plus qu’à mourir. Les horticulteurs les arrachent, brisent ies tiges, qu’ils transforment en fagots destinés à allumer les calorifères de la forcerie.
- Notons que le métier de forceur de lilas est plutôt pénible. Durant tout le temps de la végétation, depuis la plantation jusqu’à l’épanouissement, les ouvriers doivent travailler souvent au milieu d’une atmosphère épuisante soit pour ébourgeonner, soit pour arroser l’une ou l’autre serre ; il faut qu’ils surveillent le chauffage selon la température extérieure et qu'ils dosent le jour à leurs pensionnaires, scion leur âge, afin de leur conserver leur virginale parure. Jacques Boyer.
- L’ANGORATINE
- Tous les malades qui vont demander aux vertus des eaux d’Aix-les-Bains la guérison de leurs rhumatismes et de leurs douleurs, connaissent ce tissu souple et soyeux fabriqué avec les poils de lapin, qu’une maison de Chambéry vend sous le nom d’angoratine. Chaud, moelleux, il constitue un préservatif admirable contre le froid et on le fabrique sous toutes les formes de tricot, gilet, manchettes, genouillères, etc... Parfait chez les sujets rhumatisants pour former un rempart contre l’humidité, la bise froide, pour empêcher la déperdition de calorique, ce tissu est presque trop chaud pour un sujet en bonne santé. Mais quand on souflre de rhumatismes, quand on est impressionnable au moindre changement de temps, quel avantage d’avoir, sur la partie du corps endolorie et malade, ce feutrage moelleux qui remplace un gâteau d’ouate et supplée à tous les cataplasmes.
- Le tissu est fabriqué avec les poils d’un lapin angora, originaire du Turkestan; la race est-elle restée pure et sans croisements, c’est un point que je me garderai d’éclaircir ; mais, turc ou non, le lapin angora, devenu savoyard, fournit des poils longs et doux qu’on enlève chaque trimestre, en les arrachant comme des plumes à un poulet ou mieux comme on enlève le duvet des oies. La tonte serait néfaste ü la pureté du poil et ne donnerait pas du tout les résultats de l’épilation. Le lapin proteste à chaque période de ce rapt de son manteau, mais il s’y habitue à la condition d’étre bien soigné, alimenté plus largement et avec des mets autres que le chou vulgaire ; il demande — et c’est une nécessité pour la vente du poil — des soins de propreté méticuleux, un plancher propre, un renouvellement fréquent de la paille de sa litière. Grâce à ces bons soins, le lapin angora fournit un poil long, doux; le blanc est plus réputé que le, gris, plus fin, mais aussi plus difficile à filer.
- Les poils fournis par l’arrachement sont filés au rouet et le fil tricoté à la main, dans les campagnes, par la maîtresse et les femmes de la maison. Le tissu représente une laine douce, soyeuse, des plus solides. Il est désinfecté par les commerçants qui centralisent les produits des fermes, par un nettoyage à la benzine, parfois au formol et un passage à l’autoclave. L’angoratine, après avoir subi ces préparations, cette sorte d’apprêt, est taillée suivant les besoins du vêtement que l’on désire.
- Je disais que ce tissu formait un protecteur admirable contre le froid ; mais dans quelles mesures, comparativement aux autres tissus, lainage, velours, drap, etc.? Le I)r Bordier, de Lyon, s’est chargé de donner la solution de ce petit problème, au moyen des expériences suivantes, imitées de celles du professeur Coulier, du Yal-dc-Grâce, pour l’étude du pouvoir protecteur des étoilés qui servent à la fabrication des uniformes militaires. Autour d’un cylindre de laiton mince, contenant un litre d’eau portée à 42 degrés, on enroule une feuille de tissu à examiner. Un thermomètre est placé dans l’axe du vase et on note la durée de temps qui s’écoule entre le passage du therrroinèlre de la cote 42 à celle de 55 degrés. Celte durée donne la mesure exacte de la valeur protectrice des tissus.
- En opérant sur divers tissus, voici les résultats obtenus par M. Bordier, en minutes et secondes.
- Angoraline grise.................................22"“ 12*
- Angoratine à côtes...............................22m 56s
- Tissu de laine....................................20m 29s
- Tissu de l’ouate de pin..........................20m 22s
- Drap de pantalon de soldat (drap garance). . .. 18"“ 53s
- 11 y a, comme on le voit par l’exposé de ces chiffres, une notable différence dans la durée de protection contre la déperdition de calorique.
- L’angoratine mérite donc, à juste titre, la notoriété que lui veulent les habitants de cette région savoyarde et la faveur qu’elle a conquise auprès des rhumatisants de tous pays. l)r A. G.yutaz.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 mai 1907.
- Présidence de M. Chauveau.
- Fleurs et fruits fossiles. — M. Gaston Bonnier présente une Note de 1. René Yiguier sur des fleurs et des fruits fossiles qui ont été trouvés à Sézanne (Marne) dans les plus anciennes couches du Tertiaire. Ces très curieux échantillons ont été obtenus par le regretté professeur Munier-Chalmas en moulant, avec du plâtre ou de la cire, les cavités du calcaire déposé par un grand fleuve qui roulait ses eaux à cette époque géologique. On y reconnaît jusqu’aux plus petits détails de l’organisation et il semblerait que ces fleurs sont encore vivantes. M, Yiguier décrit le genre Sezanella, aujourd’hui disparu, qui présente une remarquable forme intermédiaire entre deux tribus de la famille des Sterculiacées.
- Un amortisseur du roulis des navires. — M. IL Poincaré présente, au nom de M. Crémieu, un nouveau système d’amortisseur du roulis des navires. Ce système consiste à placer dans l’intérieur du navire qui constitue une sorte de pendule, une masse pendulaire oscillant autour du métacentre du navire et noyée dans un liquide visqueux contenu dans un compartiment étanche. Les choses sont réglées de- telle façon que, quand le navire oscille, le pendule demeure vertical, obligeant ainsi le liquide visqueux qui l’entoure à circuler avec une vitesse égale à la vitesse oscillatoire du navire. Cette circulation suffit à dissiper, sous forme de chaleur, une portion de l’énergie cinétique du navire. Sur le modèle présenté à l’Académie le navire, écarté de 20 degrés de sa position d’équilibre, s’y arrête de nouveau après deux oscillations. La théorie montre que le poids relatif du système amortisseur par rapport au navire est d’autant plus
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- faible que le navire est plus grand. Pour un navire de 10 000 tonnes, par exemple, le poids de l’amortisseur serait réduit à 1/400°.
- Une grande crevette. — M. Bouvier fait connaître l’histoire d’une grande crevette, la Funchalia Wood-wafdi, restée à peu près énigmatique depuis 1867, époque où elle fut découverte à Funchal (Madère) et décrite d’après un spécimen mutilé. Grâce aux pêches effectuées par le prince de Monaco, celte espèce a élé retrouvée entre Madère et les Açores. Son étude a démontré qu’il s’agit d’une crevette du groupe des Pénéides comme les « Caramoles algériennes », dont la taille peut mesurer jusqu’à 20 cm. Elle est rare pendant le jeune âge et habite les grandes profondeurs : à l’état adulte elle est d’une belle coloration rouge.
- La présure. — M. Daslre analyse un travail dans lequel M. Maurice Dehon étudie la production delà « présure », ferment qui coagule le lait dans l’estomac des mammifères et surtout l’influence qu’exercent sur cette production les differents modes d’alimentation. On serait en droit de croire que la production de présure est plus abondante chez.l’animal soumis au régime lacté. Il n’en est rien. Le régime de la viande, par exemple, provoque aussi ce ferment en grande quantité,, peut-être même est-il plus abondant.
- Communications diverses. — M. Daslre communique, en outre, un travail de M. Kronecker, de Berne, sur « le rétablissement des pulsations du cœur en fébrillation »,
- expériences qui éclairent le mécanisme des phases de la mort du cœur. L’auteur y démontre que cet organe ne s’arrête pas brusquement d’un seul coup. Ses contractions régulières et efficaces pour la progression du sang font place à un état de « trémulation » désordonnée des fibres cardiaques. M. Armand Gautier communique une étude de M. Hinsrich, de Saint-Louis (Amérique), sur le poids atomique absolu du brome qu’il faut chiffrer, dit-il, à 80 et non à 79,9 comme le démontrent les expériences de Bruxton et de Stas. M. Hinsrich tend aussi dans son travail à démontrer l’unité de la matière.
- M. de Lapparent fait hommage à l’Académie de la 5° édition de ses Leçons de Géographie physique. Il signale les améliorations introduites dans cet ouvrage, enrichi d’une quarantaine de photogravures nouvelles, représentant des accidents typiques du relief terrestre, ainsi que d’un lexique alphabétique comprenant 1240 noms et 5500 renvois de pages.
- M. de Lapparent présente. également, au nom des auteurs, le manuel de Phototopographie alpine, de MM. Henri et Joseph Yallot.
- Élections. — M. Darboux est désigné comme délégué au Conseil supérieur de l’Université en remplacement de M. Berlhelot. L’Académie a procédé à l’élection d’un membre titulaire pour la section de chimie, en remplacement de M. Moissan, décédé. Au premier tour de scrutin, M. Le Chalelier, professeur au Collège de France, ingénieur des mines, est nommé membre de la section de chimie. Ch. ok Viu.edeuie.
- PHOTOGRAPHIE DES INSECTES DE L’AMBRE
- Au cours de sa solidification, l’ambre ou résine de pins de l’ère tertiaire devint le cercueil transparent de millions d’êtres organisés. Ainsi se constitua, en particulier, un des plus anciens et des plus remarquables musées entomologiques du monde. Malheureusement, la reproduction photographique des insectes englués par ce liquide visqueux il y a des centaines de siècles, présentait de multiples difficultés.
- D’abord, en raison de la forme irrégulière des échantillons dans lesquels ces bestioles se trouvent souvent posées d’une façon étrange et à des profondeurs diverses. Ensuite la coloration des morceaux d’ambre varie du jaune citron au brun orangé, sans compter que des parties très brillantes réfléchissent, dans l’objectif, la totalité de la lumière incidente, comme le ferait un miroir. Cependant, à
- force d’ingéniosité, un habile micrographe, M. Mon-pillard, est parvenu à photographier ces minuscules momies couchées dans leur tombeau et voici les dispositifs qu’il a imaginés pour résoudre le problème.
- Dans le but d’éviter les déformations pouvant résulter de reproductions à échelle égale ou légèrement agrandies, il dut employer des objectifs à long foyer. De la sorte, les portions antérieures de l’échantillon ne sont nullement exagérées par rapport aux autres. En outre, l’usage d’objectifs à foyer suffisamment long donne une certaine profondeur de champ et, par suite, si un insecte se présente obliquement par rapport à l’axe de l’objectif, les différentes parties de son corps viennent très nettes sur le cliché, même en opérant à toute ouverture ou en ne diaphragmant que d’une petite quantité.
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- Fi"'. 2.
- La coloration constitue le second et très gros écueil. Reproduit avec les procédés ordinaires, un morceau d’ambre apparaîtrait sur l’image positive comme un fragment de houille avec des facettes brillantes, mais sans offrir la moindre transparence permettant de distinguer les insectes ou organismes qu’il contiendrait. Les émulsions au gélatino-bromure d’argent très sensibles au violet et au bleu contenus dans la lumière blanche, ne le sont, en effet, nullement pour les teintes jaune orangé et aveugles , en quelque sorte, pour ces radiations, ne sauraient enregistrer les détails qui se trouvent à l’intérieur d’objets ainsi colorés. L’emploi de plaques orthochromatiques s’imposait donc.
- Avec un échantillon de coloration très claire et de faible épaisseur, une plaque orthochromatique sensible au jaune et au vert suffit.
- Mais, dans la plupart des cas, avec des ambres jaune orangé ou jaune brun, il faut recourir à une plaque orthochromatique plus particulièrement sensibilisée pour les régions jaune, orangé et rouge du spectre.
- Si maintenant nous installions notre échantillon, de manière qu'éclairé par transparence, il se dé- -
- tache sur un fond blanc, en raison de l’augmentation de la durée de temps de pose nécessaire pour avoir des contours satisfaisants de l’ambre lui-même, la lumière blanche réfléchie par le fond agirait trop rapidement sur l’émulsion et produirait des phéno -mènes de halo et de solarisation. M. Monpillard tourna aisément la première difficulté, soit en enduisant le dos de chaque plaque sensible d’une mixture noire, soit en se servant de plaques antihalo toutes préparées qu’on trouve dans le commerce. Quant au second obstacle, il le surmonta de différentes façons.
- Un « Pelrobius
- '
- Fiff.
- Fi»'.
- Un « Pcrlidé ».
- Tantôt il prit un écran jaune de nuance suffisamment intense pour absorber la totalité du violet et du bleu réfléchi par le fond blanc, antôt en substituant à ce dernier une lame de couleur jaune correspondant comme intensité de nuance à celle du sujet examiné par transparence ou enfin, procédé plus simple el plus efficace, en immergeant l’échantillon dans l’eau colorée convenablement en jaune orangé. En opérant ainsi, il évitait à la fois les effets de réflexion totale et de solarisation. Les illustrations ci-contre disent assez l’excellence des résultats obtenus par le savant micrographe et montrent les ordres d’insectes qu’on rencontre le plus fréquemment dans l’ambre. Comme coléoptère, voici un Bruchidc ‘ (fig. 1), proche parent sans
- doute des Bruches dont les larves causent aujourd’hui tant de ravages à nos pois, fèves et autres graines. On reconnaît aisément, dans l’orthoptère aux ailes enfumées et au corps allongé (fig. 4), un Perlidé. Sur le portrait du . Pelrobius (fig. 2)on compterait jusqu’aux poils de ses pattes. 11 eût d’ailleurs été extraordinaire de ne pas rencontrer ici ce type achevé du cosmopolitisme ! Parmi les Diptères (fig.. 5 et 5), nous n’avons que l’embarras du choix.
- Arrêtons-nous devant ce magni-fique Tipulidé dont la famille se trouve égale-ment répartie sur tout le globe ; on distingue, sur la photographie, jusqu’aux nervures de ses ailes et, sa patte cassée gisant à côté de lui, témoigne qu’il lutta désespérément avant de s’endormir pour l’éternité dans son sépulcre résineux et translucide. J. B.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiidre, rue de Fleuras, 9.
- Diptère surpris dans son vol.
- Fig’. 5. — Un « Tipulidé »
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- N° 1773. — 18 MAI 1907.
- LA NATURE.
- Le moteur à deux temps, encore peu employé en France, n’a été, jusqu’à présent, guère construit que pour les usages industriels et l’utilisation du gaz pauvre. Tels sont, par exemple, les grands moteurs allemands de Koerting et de Œchelhauser, dont la puissance dépasse souvent mille chevaux.
- Depuis quelques années le moteur à deux temps semble vouloir concurrencer celui à quatre temps pour l’emploi des gaz riches et les usages automobiles et industriels.
- Les photographies ci-jointes montrent que les moteurs à deux temps peuvent s’appliquer à ces usages :
- Voici d’abord un minuscule moteur de la force d’un huitième de cheval, c’est-à-dire d’un homme à peu près. Ce petit moteur pèse avec son socle et son carburateur, que l’on voit à droite, dix kg; il consomme un litre d’essence de pétrole eiicinq heures. 11 peut tourner sans arrêt toute la journée, c’est-à-dire fournir la force d’un homme pour une dépense de GO centimes d’essence et 10 centimes d’huile en dix heures.
- 11 peut servir dans une petiteindustrie ou à la campagne pour tous usages : machines à coudre, meule à aiguiser, pompe, soufflet de forge, monte-charge, ventilateur, électricité, etc.
- Ce petit moteur ne comporte ni sou-
- 11 ne nécessite donc aucun entretien à cet égard, ce qui est un avantage appréciable quand on le met
- Fig. 2. — Moteur de 30 chevaux à deux temps. Vue du côté de l’admission.
- papes, ni distribution par engrenages, organes dont se compliquent toujours les moteurs à quatre temps.
- 35e année. — 1er semestre.
- Fig. 1. — Moteur de 1/8 cheval à deux temps.
- entre les mains de tout le monde.
- Sur le même principe, son inventeur, M. Georges Deloche, construit des moteurs de un à huit chevaux à un cylindre, douze à 20 chevaux à deux cylindres et vingt-cinq à quarante chevaux à quatre cylindres. Celui représenté ci-après est destiné aux chemins de fer Hongrois pour la propulsion de voitures automotrices à voyageurs; il pèse 140 kg et consomme 300 grammes d’essence par cheval-heure et, en pleine charge, 10 litres, pour une puissance de 30 chevaux effectifs.
- Un tel moteur à quatre cylindres à deux temps, donne quatre explosions motrices par tour d’arbre manivelle, il a donc forcément une grande souplesse de marche. Nous avons pu nous rendre compte de la régularité de marche de ces moteurs à deux tempis, l’atelier où ils sont mis au ptoint étant
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- LA NATURE.
- actionné par un moteur de quatre chevaux, qui fournit dix heures de service tous les jours, sans aucune difficulté.
- Les moteurs ïxion de M. Deloche sont du genre dit à compression dans le carter ; c’est-à-dire que les gaz venant du carburateur sont d’abord aspirés dans le carter qui est étanche, lorsque le piston monte dans le cylindre. Quand le piston redescend, il comprime le gaz admis dans le carter et l’envoie, par un canal fondu dans la niasse du moteur, dans la partie supérieure du cylindre.
- Là ce gaz est de nouveau comprimé, enflammé par une étincelle d’induction et échappé par un ori-
- fice libre. La distribution du gaz s’opère par le mouvement seul du piston dans le cylindre sans aucune soupape, comme, du reste, dans la généralité des moteurs à deux temps.
- L’admission dans le carier est faite par un orifice pratiqué dans l’arbre moteur, qui constitue ainsi un véritable tiroir tournant.
- Ces moteurs ont reçu un grand nombre d’applications industrielles et automobiles, leur consommation n’est pas supérieure à celle de moteurs à quatre temps et ils apportent une intéressante solution delà question du cycle à deux temps.
- Rkxiï Ciiamply.
- L’ÉTUDE DES FILS GÉODÉSIQUES
- i
- Les progrès réalisés, grâce à l’emploi des fils d’invar dans la mesure des bases géodésiques, ont donné à ces opérations un renouveau d’intérêt. Tandis qu’il y a vingt ans, on économisait à outrance les bases à mesurer, en raison de la peine que coûtait chaque détermination directe d’une longueur sur le terrain, on multiplie aujourd’hui les longueurs de contrôle, même dans les pays neufs dont on fait pour la première fois le relevé topographique.
- Depuis l’époque, peu éloignée cependant, où je décrivais ici même1 les principes de la méthode de mesure des bases par les fils tendus et les procédés employés au Bureau international des poids et mesures pour la détermination de longueur de ces derniers, la demande de fils d’invar par les services géodésiques a déjà créé un courant continu de travail, sans cesse alimenté par de nouvelles études.
- La répétition fréquente d’une même opération a sans doute, pour celui qui en est chargé, quelque chose de fastidieux. Mais le métrologiste y trouve aussi quelques compensations. Ce n’est, souvent, que sur un très grand nombre d’observations que l’on peut établir des moyennes bien assises, et les gros bataillons de chiffres ont une puissance démonstrative que sont loin de posséder les observations isolées.
- Rappelons en deux mots en quoi consiste l’étude des fils. Des repères, constitués par des plaques de métal scellées dans une muraille, et portant des traits fins, à 4 m. l’un de l’autre, jalonnent, au Bureau international, une ligne droite de 24 m., dont la longueur exacte est déterminée au moyen d’une règle d’invar de 4 m., que l’on place successivement dans l’intervalle des repères contigus. Dans les jours qui précèdent et dans ceux qui suivent la détermination de la base murale, on compare, à la distance des repères extrêmes, douze fils d’invar, dont la longueur se déduit de la valeur de la base et de la différence trouvée. Ces douze fils servent ensuite, et jusqu’à une nouvelle détermination absolue (ces déterminations ont lieu deux fois par an), à repérer, au moins une fois par semaine, la longueur de la muraille. Celle-
- 1 La Nature, n° 1640, du 20 octobre 1904.
- ci étant connue, est à son tour utilisée pour donner la longueur des fils qu’on lui compare.
- Peu de choses, semble-t-il, devraient être plus stables qu’un mur épais, descendant à une grande profondeur dans le sol, en un endroit isolé, et protégé par un volumineux bâtiment éloigné des routes ou des voies ferrées. Et cependant, si l’on a jugé nécessaire de déterminer chaque semaine la valeur de la base du Bureau international, c’est qu’on a reconnu qu’elle n’était pas absolument constante. Effectivement, la longueur du mur se modifie avec sa température, dont les valeurs extrêmes, dans le couloir enterré que borne la muraille, diffèrent rarement d’une dizaine de degrés l’été et l’hiver. Mais, ce qu’il y a précisément de plus intéressant dans les changements de la muraille, est le fait qu'ils sont à très peu de chose près une fonction définie de la température, dont la valeur a pu être déterminée par les longues séries d’observations rassemblées depuis près de six ans. On a trouvé le coefficient de dilatation du mur à peu près égal aux trois cinquièmes de celui du fer, valeur bien constante d’année en année.
- La méthode étant ainsi rappelée, voici les recherches auxquelles donnent lieu les fils étudiés au Bureau international.
- Tout d’abord, comme la précision des mesures en campagne dépend beaucoup de l’abaissement, poussé aussi loin que possible, de la dilatation de l’invar, il est essentiel de n’employer que des alliages parfaitement dosés et préalablement vérifiés. C’est pourquoi les coulées faites à Imphy, dont l’analyse est suffisamment approchée, sont examinées au comparateur sur un échantillon de 1 m. de longueur. Puis on tire un fil de celles qui ont été retenues, et l’on mesure la dilatation de ce dernier, monté sur une barre d’invar et soumis, par le moyen d’un levier, à une traction de 10 kg (voir la figure). Le fil porte deux plaques divisées, dont on pointe les traits au comparateur, comme pour une règle-étalon.
- Mais l’invar, qui possède l’heureuse propriété d’être à peu près insensible à la température, subit, sous la seule action du temps, de petites variations
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- assez semblables à celles du verre, bien connues depuis longtemps par l’ascension du zéro des thermomètres. Si ces- changements étaient considérables, il faudrait renoncer à l’invar dans toutes les mesures de précision. Elles sont faibles, heureusement, et surtout on les atténue beaucoup par un étuvage systématiquement conduit. Pendant quelques jours, l’alliage est maintenu à la température de 100°, puis on le laisse refroidir avec une extrême lenteur. Dans ce but, les fils sont enroulés sur une chaudière et bien isolés de l’extérieur ; on fait bouillir de l’eau dans la chaudière, puis, abaissant la flamme graduellement, on revient, en trois mois environ, à la température ambiante. Le fil est alors mis en réserve en vue des demandes ultérieures des géodésiens. Malgré cet étuvage prolongé, l’alliage n’est pas encore absolument invariable ; mais le changement est ramené dans les limites du millionième par année, quantité négligeable, surtout si l’on peut, de temps à autre, d’année en année, faire déterminer les fils employés en campagne.
- Mais ce n’est pas tout; l’étuvage qui vieillit l’alliage et l’assagit au point de vue de ses transformations chimiques, laisse subsister une partie des tensions qu’il a prises dans le passage à la filière.
- Pour les réduire dans la mesure du possible, on soumet le fil à des secousses énergiques qui donnent, aux couches tendues, la possibilité de glisser les unes sur les autres, et de s’approcher de l’équilibre définitif. Dans cette opération, un fil se raccourcit toujours, parfois d’une quantité supérieure à 1 cm par 24 m. ; mais il peut subir, sans éprouver de nouvelles variations, les petites trépidations inséparables des manipulations en campagne.
- Depuis que les méthodes d’examen des fils au Bureau international ont été complètement élaborées, nous avons fait, M. Benoît et moi, avec l’aide de MM. Maudet et Tarrade, un total d’environ trois cent mille lectures servant à la comparaison des fils avec la base ; et, en discutant ce gros ensemble de chiffres dont le total s’augmente chaque semaine, nous sommes arrivés à d’intéressantes conclusions <pie nous avons communiquées au Comité international des Poids et Mesures et à l’Association géodé-sique internationale1.
- La dilatation des coulées d’invar oscille entre d’étroites limites, que l’on s’efforce de ramener le plus près possible du zér'o. Celle de l’alliage avec lequel ont été construits tous les fils récents est seulement de 1 dix-millionième par degré. Ainsi, on peut commettre, dans la température des fils, une erreur de plusieurs degrés, sans affecter encore les mesures d’une quantité dont il faille tenir compte en géodésie. Mais il est une question d’intérêt vital pour l’avenir des mesures par les fils, c’est celle de leur conservation lorsqu’on les enroule, comme on est obligé de le faire pour tous les transports.
- 1 Voy. J.-René Benoît et Cli.-Ed. Guillaume. La mesure rapide des bases géodésiques. (Procès-verbaux du Comité International des Poids et Mesures, session de 1905).
- Nos premières mesures avaient été très encourageantes à cet égard, et nous pouvions considérer, en 1904, la question comme presque résolue; mais l’invariabilité est tellement fondamentale pour l’emploi des fils que nous avons voulu la soumettre à un examen sans cesse renouvelé. Chaque fil étudié au Bureau est soumis au moins à deux périodes de comparaisons séparées par un repos à l’état enroulé, d’une durée aussi prolongée que le permettent les besoins des Services auxquels ils sont destinés, et qui, en pratique, a varié jusqu’ici de un à huit mois. Or les moyennes des résultats obtenus par un ensemble de près de deux cents fils nous ont montré que le fait de rester enroulés n’introduit aucun élément perturbateur systématique de leur longueur, à la précision près des mesures sur ces fils, c’est-à-dire à moins du millionième pour des séries importantes d’observations.
- Ces résultats, trouvés par des expériences de laboratoire, semblent devoir donner à la méthode de
- Dispositif pour la mesure de la dilatation des fils.
- mesure par les fils une sécurité que l’on était loin de pouvoir espérer. Assurément les conditions de leur emploi en campagne sont plus rudes; les transports peuvent être lointains, les températures excessives, le personnel peut manquer de préparation ou du calme nécessaire à une manœuvre parfaite. Sur ce point, les expériences ne sont pas encore décisives ; en effet, tandis que jusqu’ici tous les opérateurs qui se sont servis des fils en campagne sont unanimes à louer la commodité de leur emploi et la bonne concordance des mesures, les résultats de la vérification au Bureau international, après des opérations prolongées en terrain difficile, se sont montrés un peu variables. Souvent, les fils qui nous sont revenus avaient gardé leur valeur au millionième près; d’autres ont éprouvé des changements un peu supérieurs à cette limite.
- Une étude approfondie et systématique des conditions de transport et des manœuvres en campagne, une éducation minutieuse, une surveillance stricte du personnel chargé de toutes les manipulations, auront à la fois pour effet de réduire les petites variations que l’on constate encore et d’en fixer les causes. Mais les expériences de laboratoire sont si nombreuses et si concordantes dans les conclusions auxquelles elles conduisent, que l’on peut dès maintenant affirmer la tenue parfaite des fils en campagne. Je suis intimement persuadé qu’en aucun cas on n’y rencontrera de véritables impossibilités.
- Ch.-Ed. Guillaume.
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- LE BALLON DIRIGEABLE « LA VILLE-DE-PARIS »
- Fig. 1. — La Ville-de-Paris quittant son hangar do Sarlrouville.
- L’année 1906 aura vu sortir trois ballons dirigeables. Nos lecteurs connaissent les deux premiers : le De-la- Vaulx et Patrie qui ont tait leurs preuves et se sont classés définitivement comme croiseurs aériens de toute première valeur. Le troisième, La Ville-de-Paris, n’a pu effectuer qu'une seule sortie, tout à fait à l’arrière-saison, le 11 novembre, et le carburateur n’ayant pu être suffisamment réchauffé, cette sortie se terminapar une courte promenade en ballon libre. On était parvenu, néanmoins, pendant les courts instants de fonctionnement du carburateur, à reconnaître que la dirigeabilité de l’aéronat était assurée d’une manière certaine. La Ville-de-Paris peut donc être considérée comme un dirigeable qualifié; d’ailleurs nous aurons l’occasion déjuger cet aéronat d’ici peu.
- Ce dirigeable fait suite à une série de ballons, tendant au même but, dont la construction lut entreprise par M. Victor Tatin dès avant 1902 pour le compte de M. Henri Deutsch de la Meurthe. Les premières enveloppes étaient faites en soie vernie; on reconnut que ce tissu ne peut résister sans craquelures du vernis aux pressions nécessaires pour obtenir la permanence de la forme. Aussi l’an dernier M. Surcouf fut-il chargé de la confection d’une nouvelle enveloppe en étoffe caoutchoutée semblable à celle que lé même constructeur avait adoptée pour le Jaune. Le poids de cette enveloppe étant plus considérable que celui de la première il devint nécessaire d’augmenter le volume du ballon et ensuite de placer dans la nacelle un moteur de plus grande puissance. Toutefois cette nacelle fut conservée sans aucune modification ; elle a cependant dû
- être légèrement transformée depuis l’an dernier.
- Dans chacune de ces parties, La Ville-de-Paris réalise la mise en pratique de théories énoncées par le colonel Renard et qui sont relatives à la forme des carènes, aux vitesses critiques et à la stabilité. On a construit un aérodrome spécial pour le montage du ballon; cet aérodrome comprend un hangar de 69,50 m. de longueur, 11m. de largeur et 18 m. de hauteur, une installation électrique destinée à fournir l’éclairage et la force motrice nécessaires, une usine à hydrogène et un atelier de réparations. Le hangar, en bois, est terminé à l’avant par une pointe afin d’offrir moins de résistance au vent; deux rideaux, rappelés par des palans pour permettre la sortie du ballon, ferment l’arrière. Toute la surface est couverte par un plancher comprenant une partie démontable découvrant une fosse hémisphérique de 7 m. de diamètre destinée aux essais de l’hélice. Enfin des rails guident le chariot qui supporte la nacelle pour faciliter la sortie duhallon.
- Le ballon est une carène fusiforme dissymétrique de 10,50 m. de diamètre au maître-couple et de 50,425 m. de longueur. Le volume en est de 5195 mètres cubes et l’enveloppe pèse 829 kilogrammes. La Ville-de-Paris est donc le plus puissant de tous les dirigeables construits jusqu’à ce jour. Cette enveloppe est constituée par deux étoffes de coton réunies par une feuille de caoutchouc; ces étoffes sont assemblées deJ;elle manière que les fils de l’une et de l’autre se croisent à 45 degrés. A l’intérieur une application de caoutchouc préserve le tissu des impuretés acides entraînées par le gaz et l’extérieur est soustrait à l’action de la lumière par
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- l’application d’une teinture de chromate de plomb.
- La carène est constituée, à l’avant, par une pointe de 46,552 m. de longueur, à laquelle fait suite une partie cylindrique de 8,160 m. Sur ce cylindre vient se greffer une portion tronconique de 23,259 m. dont la petite base mesure 4,944 m. de diamètre; sur cette base est fixé l’empennage. Nos lecteurs se souviennent que l’empennage du dirigeable Patrie est composé de quatre plans disposés en croix autour de l’extrémité arrière du ballon. Lecolonel Renard etl’in-génieur Hervé avaient préconisé l’emploi d’empennages souples constitués par des ballonnets cylindriques gonflés de gaz et présentai! t sur les empennages plans l’avantage de concourir eux-mêmes à leur propre sustentation. Ce système a été mis en pratique pour la première fois dans la construction de La Ville-de-Paris. Il est réprésenté par quatre ballonnets cylindriques mesurant 1,60 m. de diamètre et 9,46 m. de longueur portant chacun un autre ballonnet de 0,950 m. de diamètre. Ces ballonnets sont disposés en croix autour de bipartie cylindrique qui termine l’enveloppe ; ils sont fermés à l’avant par un cône et à d’arrière par une demi-sphère. Ils communiquent avec la carène et ont été haubanés pour rendre l’ensemble indéformable. Leur surface, en projection horizontale et en projection verticale, est de 100 mètres carrés.
- Le mode de construction de l’enveloppe repose également sur des principes nouveaux. La partie cylindrique est composés d’anneaux constitués chacun d’une seule longueur d’étoffe dont les deux extrémités sont ensuite cousues. Dans cette section de l’enveloppe on ne trouve donc qu’une seule couture longitudinale. Les parties coniques sont faites de fuseaux calculés d’après une méthode dite des « Bran-chistodes », que sa technique nous empêche d’aborder,
- et qui n’avait jamais été mise en pratique auparavant. Les coutures sont disposées dans le sens de la longueur de l’étoffe; elles travaillent donc dans d’excellentes conditions puisque l’effort des suspentes s’exerce toujours dans le même sens.
- Le ballon est pourvu d’un ballonnet à air situé à la partie inférieure; sa capacité est de 500 mètres cubes. 11 est divisé en trois compartiments par deux cloisons pour éviter le déplacement de la masse d’air. Ce dispositif est donc le même que celui adopté par M. Julliot dans le ballonnet du dirigeable Patrie. Le ballonnet est alimenté par un ventilateur tournant à 1530 tours et débitant 7200 mètres cubes à l’heure sous une pression de 50 mm. d’eau. À l’entrée de la manche dans le ballonnet, se trouve un clapet de retenue en étoffe.
- A la partie supérieure du ballon se trouve une soupape commandée à la main. A barrière, sous le ballon, ont été disposées deux soupapes automatiques à gaz s’ouvrant lorsque la pression intérieure atteint une valeur égale à 55 mm. bnfin le ballonnet est également pourvu de deux soupapes automatiques qui sont, de plus, manœuvrables à la main.
- Il nous reste à parler de la partie mécanique qui diffère autant de celle des dirigeables Patrie et De-la-Vaulx que les ballons proprement dits eux-mêmes. La nacelle est une poutre armée faite en pin blanc d’Amérique; les longerons et les traverses entretoisés de fils d’acier. Elle est fusiforme et mesure 35 m. de longueur. Cinquante suspentes en câble d’acier, venant se fixer à des pattes d’oie amarrées au ballon par des bâtonnets de buis, soutiennent la nacelle à 5,50 m. au-dessous du ballon. La rigidité absolue de cette suspension est assurée par l’emploi d’une deuxième ralingue où sont amarrées les pattes d’oie du réseau triangulaire.
- L’emplacement réservé au pilote est aménagé au centre de gravité de la nacelle ; là sont rassemblés tous les organes de manœuvre et le lest. Ces organes sont, à peu de chose près, les mêmes dans chaque
- Fig. 2 — La Ville-de-Paris après son ascension du 11 novembre. Le dégonflement.
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- dirigeable. Vers l’avant de la nacelle se trouvent : le ventilateur, l'emplacement du mécanicien, le moteur (moteur Chenu de 70 chevaux tournant à 900 tours) et le train d’engrenages qui commande l’arbre de l’hélice; les engrenages sont établis dans le rapport de 1 à 5.
- L’hélice est placée à l’avant. Ses deux branches, au lieu d’être rigides comme toutes celles que nous avons eu l’occasion de connaître jusqu’ici, sont articulées à leur base pour leur permettre de prendre automatiquement la direction delà résultante de la poussée et de la force centrifuge. Grâce à ce dispositif, imaginé encore par le colonel Renard, on a pu oonstruire sans haubanage intérieur une hélice de plus de G mètres de diamètre sans nuire pour cela à sa légèreté et à sa rigidité.
- La partie arrière de la nacelle est réservée aux passagers qui, pendant les essais, sont remplacés par 400 kilogrammes de lest. Enfin, tout à fait à l’extrémité de la poutre sont placés les deux gouvernails.
- Sg'S'Si
- UN PROCÉDÉ PHOTOGRAPHIQUE
- Ce procédé ingénieux a été imaginé par M. Palla, de Prague. Son avantage est de supprimer les crachements et autres altérations de la voix, si fréquentes et si désagréables avec les registres ordinaires de phonographe après quelque temps d’usage.
- Imaginez une plaque conductrice de l’électricité et recouverte d’une couche poreuse, légèrement humide, de papier ou de gélatine, imprégnée d’un sel d’argent : par l’intermédiaire d’une pointe métallique en contact avec cette couche sensible, nous faisons passer un courant électrique; en vertu des lois de l’électrolyse, la solution
- Reproduction de la voix à distance par la photographie.
- saline comprise entre la pointe et la plaque conductrice sera décomposée ; l’argent se précipitera sur la plaque. Imaginez en outre que la pointe métallique se déplace suivant une ligne quelconque à la surface de la couche sensible. Si la plaque est ensuite traitée par un réducteur convenable, cette ligne apparaîtra transparente au milieu de parties sombres. C’est que la couche sensible a été pénétrée dans toute sa masse de métal réduit, finement divisé, sauf dans les parties où le métal, ayant été précipité par l’action du courant, ne peut plus être réduit.
- Si le courant, au lieu d’être constant, est d’intensité variable, la ligne tracée par la pointe sera d’une transparence proportionnée à l’intensité du courant à chaque instant. Autrement dit, le courant déposera à chaque moment sur le parcours de la pointe métallique une quantité d’argent proportionnelle à son intensité, et qui sera ainsi soustraite a la réduction ultérieure. Donc, après réduction, le trajet de la pointe sera une ligne à pourcentage variable en argent réduit ; les parties où le pourcentage est maximum correspondant aux moments où l’intensité du courant a été minima.
- Le gouvernail vertical a une surface totale de 14 mètres carrés ; il est composé de deux surfaces trapézoïdales éloignées de 1 mètre l’une de l’autre. Le gouvernail horizontal a 8 mètres carrés de surface et se présente assez sous l’aspect d’un planeur dont les deux plans sont distants de 1 mètre. Cette disposition à deux surfaces permet de faire des gouvernails légers et très rigides. Des câbles d’acier prolongés par des chaînes montées sur des pignons commandés par deux directions irréversibles permettent la manœuvre de ces deux gouvernails.
- Le dirigeable La Ville-de-Paris fera prochainement ses débuts dans la carrière aéronautique. Les expériences seront d’autant plus intéressantes qu’elles consacreront les théories du colonel Renard — nous serions mal venus de douter du succès final — théories que les techniciens Ed. Surcouf, H. Kapferer, Ch. Cormont, n’ont pas craint d’appliquer dans toute leur rigueur malgré les énormes difficultés soulevées par leur mise en pratique. Lucien Fournier.
- •C/&J
- DE REPRODUCTION DE LA VOIX
- Si le courant électrique qui passe par la pointe et la plaque conductrice a été émis par un microphone devant lequel on cause, les variations de courant correspondent à des variations de sons qui se trouvent ainsi enregistrées sur la plaque sensible et s’y manisfestent par des variations dans la transparence de la ligne décrite par la pointe mobile.
- Ces variations de transparence, conséquences de différences de pourcentage en argent réduit, entraînent des différences de conductibilité électrique, les parties les plus transparentes étant les moins conductrices.
- Dès lors, si nous reprenons l’expérience en sens inverse, que sur une plaque ainsi impressionnée, nous fassions parcourir à la pointe métallique le même trajet que précédemment et que nous fassions passer le courant d’une batterie de piles entre la pointe et la plaque après avoir remplacé le microphone par un récepteur téléphonique, ce récepteur recevra un courant d’intensité variable à chaque instant et émettra un son. Mais ce ne sera pas la reproduction du son émis dans le microphone. Car on voit que son intensité sera d’autant plus grande que celle du son primitif était plus faible.
- Pour tourner la difficulté, on tire une photographie négative de la plaque où le son a été enregistré. Aux parties les plus transparentes de la plaque, correspondent sur le négatif, les plus sombres, c’est-à-dire celles à pourcentage métallique maximum, et les parties de cette photographie qui correspondent aux sons les plus intenses sont celles où la conductibilité est la plus grande. L’enregistrement du son se fait par le dispositif suivant (voir figure).
- La plaque sensible est disposée sur un disque conducteur tournant d’un mouvement uniforme; la pointe métallique se déplace suivant un rayon de ce disque d’un mouvement de translation uniforme et, par suite, y décrit une spirale. Après réduction, fixation et lavage de la couche sensible ainsi impressionnée, on en tire un négatif sur une plaque conductrice du courant électrique, et c’est ce négatif qu’on dispose sur le disque tournant pour reproduire la parole; il suffit de remplacer, en outre, le microphone par un récepteur téléphonique. A. Trouer.
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- RÉSULTATS SCIENTIFIQUES DE L’EXPÉDITION CHARCOT
- Au moment où le Dr J. Charcot entame les préparatifs d’une nouvelle exploration dans les régions antarctiques, il est opportun d’exposer brièvement les résultats scientifiques de sa première campagne (1905-1905), alors surtout que (comme développement technique du récit même du voyage par le chef de l’expédition) le détail de ces résultats est actuellement en cours de publication, sous la direction du professeur L. Joubin et par les soins des plus autorisés naturalistes. Déjà, en effet, le Dr Charcot et ses collaborateurs ont rapporté une fort belle moisson de documents concernant la géographie, l’hydrographie, la météorologie,
- Je magnétisme terrestre, l’électricité atmosphérique, l’océanographie, la gravitation terrestre, la zoologie, la botanique, la bactériologie, la biologie, la géologie et la glaciologie.
- C’est une véritable mine, dans laquelle les savants puiseront avec grand profit et l’on ne connaîtra exactement son entier développement que lorsque la publication spéciale sera achevée. Voici en attendant, dans leur ensemble, les principaux résultats obtenus dans les différentes branches.
- La division de ces recherches, nous la trouvons, ainsi qu’un aperçu pittoresque de l’expédition, dans l’article que M. Martel1 consacre avec les éloges les plus justement mérités au retour des courageux explorateurs.
- Il serait donc inutile d’y revenir, mais n’oublions pas, à propos de ce côté anecdotique, les jours gais et surtout les périodes tragiques, car les observa-
- 1 Yoy. n° 1673, du 17 juin 1905.
- lions, dont il nous est si facile de profiter maintenant, ont été recueillies pendant ces jours-là.
- Ce sont les résultats géographiques de la campagne sur lesquels nous avons le moins à nous étendre ici, car ils furent connus de suite : levé des côtes de l’archipel Palmer, des îles Biscoë, découverte de terres nouvelles prolongeant la côte S. W. de la terre de Graham, solution de l’existence du
- fameux détroit de Bismark, qui n’est autre que l’entrée Sud du détroit de Gerla-che. En plus de ces données, avec l’indication des méthodes employées, les notes du lieutenant Ma-tha nous font connaître que les marées observées à Port-Charcot, à l’aide d’un petit marégraphe enregistreur, offrent un régime diurne, analogue à celui des côtes de l’Inde et de la Chine. « Il est caractérisé, dit-il, par un mouvement en apparence irrégulier, produisant dans une journée, tantôt une seule marée, tantôt deux marées généralement inégales. Cette apparence faisait dire aux instructions nautiques sur ces parages que les marées sont très irrégulières... les coups de vent élevant quelquefois la mer beaucoup au-dessus de son niveau normal. » Au contraire, aucune influence importante du vent n’a pu être décelée, et l’on a trouvé les formules très strictement suivies par les marées dont le maximum d’amplitude est d’environ 2 m. Les résultats des observations sur la chloruration, la densité de l’eau et de la glace de mer, et sur l’intensité de la pesanteur ne sont pas encore connus.
- Le résumé des observations météorologiques effectuées par le lieutenant Rey est des plus intéressants et permet de se faire une bonne idée des conditions
- Fig. î. — Lichens el mousses. (Grandeur nature). — Port Charcot.
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- LA NATURE.
- climatologiques de ces parages. Il a été possible de découper dans l’ensemble des observations une période de douze mois, et cette année météorologique se rapporte à Port-Charcot, par 65° 04'de Lat. S. et 65°46' Long. N. Paris.
- D’après ces observations, la valeur moyenne annuelle de la pression atmosphérique (à 0° au niveau de la mer) ressort à 744,87 mm.; la différence des pressions extrêmes observées atteint 48,0 mm., ce qui est un chiffre déjà considérable; et l’examen général, avant la comparaison définitive du groupement des pressions suivant les différents vents, donnecomme très probable que les hautes pres-
- N. E., même en plein hiver, font monter le thermomètre jusqu’à -J-4° parfois; et il n’est pas rare d’assister à une hausse de 20° en moins de 12 heures!...
- Quant à l’humidité, l’état hygrométrique de l’air est en général voisin de la saturation. Mais en raison de la faible moyenne thermométrique, la quantité de vapeur d’eau répandue dans l’atmosphère de la terre de Graham, est très faible. Ceci nous amène au chapitre des précipitations, pluie ou neige, ayant fourni comme hauteur totale d’eau recueillie, 376,5 mm., tombée en 1474 heures, soit les 17/100 du temps total. Ce résultat est à rapprocher de celui
- sions arrivent avec les vents faibles du S. et du S. S. W et les basses pressions avec ceux, violents, du N. N. E., du N. E. et de l’E. N. E.
- La température moyenne de Pair a été trouvée de — 5° 44; et ce résultat, combiné avec ceux obtenus au cap Ilorn, et à bord de la Belgica plus au Sud, donne un gradient thermique de 1° environ, par degré de latitude, vers le pôle austral. Quant à la répartition des températures suivant les saisons, on trouve que l’été est froid, avec une moyenne de — 0°39, tandis que l’hiver, avec —9° 71, n’est pas très rigoureux (malgré le grand abaissement —19° 20 en juillet) : cette région jouit d’un climat maritime. Les variations diurnes de la température peuvent être très importantes et paraissent nettement liées à la direction du vent. Ainsi les coups de vent de
- obtenu au cap Horn, où il est tombé trois fois et demie plus d’eau qu’à Port-Charcot.
- La nébulosité est représentée par le chiffre 7,5 qui démontre que le ciel n’est pas toujours couvert, dans ces parages, ainsi que le prouve également le rapport de l’insolation effective à l’insolation possible, rapport qui a été trouvé égal à 0,318.
- Enfin les vents dominants S. S. W. et N. E. ont, comme nous l’avons vu précédemment, des caractères fort différents; les premiers sont faibles et froids, et les autres, chauds, sont les seuls ayant fourni des « coups de vent ».
- Les observations sur l’électricité atmosphérique ne sauraient être aussi simplement résumées, et celles sur le magnétisme ne sont pas achevées.
- Si nous passons maintenant au domaine de la
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- vie animale, il résulte des collections recueillies par le Dr Turquet, avec l’aide de ses compagnons, qu’une véritable faune côtière de l’antarctique s’est trouvée révélée. Ce serait une liste trop longue, et nécessitant trop de détails, le cadre de cette note ne nous permet pas de l’exposer.
- Retenons que parmi les Etoiles de mers des genres et des familles nouvelles ont été trouvés ; une espèce possède plus de 50 bras, grêles et diversement colorés. Les mollusques, abrités en général dans des coquilles, mais parfois nus, ont fourni également des espèces nouvelles, et nous trouvons un cas analogue pour un poisson, le Chenichtys Char-
- cherches bactériologiques qui ont été poursuivies par le I)1 Charcot devront fournir d’importants résultats.
- 11 ressort dès à présent que l’eau de mer, malgré sa basse température (souvent — 1°,8) est extrêmement riche en micro-organismes; quelques-uns de ces micro-organismes ne poussent qu’à ces basses températures de 0 à -(— 2°. De nombreuses espèces nouvelles ont été recueillies et en définitive, malgré certaines assertions, les animaux des régions polaires ne sont pas plus que les autres en dehors de la loi habituelle, et ils peuvent s’infecter mutuellement et contaminer le sol sur lequel ils séjournent.
- Fig. 3. — Le lieutenant Rey faisant ses expériences pour le calcul du potentiel électrique de l'atmosphère à Port-Charcot.
- coti. Le sol, terre ou glace, est habité par les fameux pingouins en compagnie des cormorans, des goélands, des sternes, des megalestris, des chionis, du grand pétrel qui a jusqu’à 2,10 m. d’envergure, du pigeon du Cap, rencontré jusqu’au cercle polaire, etc. Les mœurs si curieuses de ces animaux ont été étudiées, avec une très grande quantité de photographies dues à l’habileté de M. Pléneau, qui d’ailleurs a étendu son art à l’ensemble des plus que nombreux documents rapportés par l’expédition. Quant aux autres habitants, les phoques, ils vivent au nombre de quatre espèces, le crabier, le phoque de Ross, le léopard de mer et le phoque de Weddel, que le D1' Charcot a entendu chanter. Enfin les deux espèces de cétacés rencontrés sont le baleinoptère et le mégaptère. Toujours dans l’ordre de la vie, les re-
- Si nous passons à la vie végétale proprement dite, les recherches du Dr Turquet nous apprennent qu’elle est plutôt restreinte et que l’on n’y rencontre ni arbres, ni même arbrisseaux rabougris ainsi que certains navigateurs l’avaient cru. Deux espèces de plantes phanérogames, dont les fleurs sont minuscules et décolorées: la première appartenant aux graminées a été rencontrée à Port-Charcot, c’est-à-dire beaucoup plus au Sud qu’on ne le pensait et il est même très probable que c’est là la limite méridionale de son aire de végétation. Le cas est analogue pour l’autre, le colobanthus crassifolius,ysLr.brevifolius, qui avait été recueillie seulement à la Géorgie du Sud. Les naturalistes du Français sont donc les premiers à l’avoir découverte dans une île polaire, et cela recule de 1000 km vers le Sud sa limite de
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- LA NATURE.
- végétation.— Aucune fougère n’a été trouvée, mais les mousses sont bien représentées (une nouvelle a été recueillie) ; de même pour les lichens qui sont très abondants et forment des revêtements presque continus de colorations diverses, végétation qui ne semble guère dépasser l’altitude de 500 m. Enlin parmi les algues des espèces nouvelles ont été draguées à l’île Wiencke.
- Terminons sur la terre ferme avec les travaux de M. Gourdon. Là encore il faudrait pouvoir nous étendre longuement. Toute la région explorée est essentiellement montagneuse, et des chaînes élevées avec des pics de 2870 m. (Mont du Français) s’alignent près de la côte dans la direction S. W.-N. E. Les sommets en sont très aigus, ainsi que les crêtes,avivés constamment par un délitement intense; les pentes sont très escarpées, sans bordure côtière, et les dépressions contiennent des glaciers, dont le front vertical continue la paroi rocheuse. En avant de la côte existe un large plateau sous-marin qui reproduit à un niveau inférieur ce même relief accidenté.
- Tous les échantillons recueillis en place par M. Gourdon se rapportent presque exclusivement à des roches éruptives, où prédominent les types granitoïdes ; seuls quelques blocs de schistes cristallins ont été trouvés sur les côtes des îles Wandel et Wiencke, mais il est difficile d’estimer s’ils proviennent de régions démantelées, actuellement sous les neiges, ou bien s’ils ont été apportés d’autres régions par les glaces flottantes.
- L’action glaciaire, très active, produit une érosion intense, et toutes les parties rocheuses à découvert ont une apparence moutonnée. L’extension de ces neiges et des glaces est considérable. A ce point de vue faisons un retour aux levés du lieutenant Matha ; il remarque, en effet, que les limites des neiges restent invariables autour des rochers, du moins dans l’espace d’une dizaine d’années, car la comparaison avec les photographies de la Belgica montre les mêmes nunataks émergeant de la glace de la même quan-
- tité, ce qui, entre parenthèses, est un point important pour identifier ces régions, Revenons à nos glaciers eux-mêmes; ils diflerent des glaciers alpins, dont la glace compacte, avec crevasses nettes, suinte au soleil; point de moraines non plus, disposées en longues files : partout c’est le névé, sous lequel les crevasses ne présentent une tranche nette qu’à une certaine profondeur. Le front des glaciers se termine au bord de la mer, comme nous l’avons vu, par une haute paroi toujours verticale, où des blocs énormes se trouvent délités et s’en vont à la dérive : c’est par ce rejet de blocs que se fait l’ablation, car la iusion est à peu près nulle, et ne se produit légèrement qu’en plein été. Les sédiments qui sont tombés
- sur le glacier sont tout de suite engloutis, recouverts de neige, et ne réapparaissent que sur le front terminal ; là ils forment une moraine frontale le plus généralement sous-marine.
- Une formation curieuse est celle de certaines îles basses, qui se présentent sous l’aspect d’une calotte de glace bombée au milieu et descendant en pente douce vers la mer, pour se terminer par un abrupt plus ou moins élevé, au pied duquel apparaît le soubassement rocheux. La surface de ce dôme est unie avec quelques crevasses à peine sur les bords : il semble, dit M. Gourdon, que l’on ait affaire à des îlots tout à fait plats sur lesquels la glace se soit accumulée comme une énorme goutte de substance visqueuse jusqu’à ce que sa limite de plasticité soit atteinte.
- Quant à l'inlandsis antarctique, tel qu’il se présente sur la côte Est de la terre de Graham, explore'e par 0. Nordenskjôld, il n’a été aperçu nulle part sur la côte Ouest.
- Ce trop sommaire résumé ne montre qu’insuffi-samment l’importance d’une œuvre qui honore grandement ceux qui l’ont accomplie, et dont la science française peut s’enorgueillir au plus juste titre. Lucien Rudaux.
- Fig. 4. •— Le lieutenant de vaisseau Iley faisant des observations magnétiques.
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- LE MÉCANISME DE LA VISÉE ET LE VISEUR GRUBB
- Pour faire du tir précis avec une arme à feu, il faut que l’œil place le but et deux points invariablement liés à l’arme sur une même ligne droite.
- Pour viser avec l’ancien canon de campagne de 90, l’œil était placé dans une position bien déterminée, derrière l’œilleton d’une hausse, et il devait voir apparaître le but entre les pointes d’un guidon spécial fixé au milieu de la longueur de la pièce. Les deux points invariablement fixés à l’arme étaient donc le guidon et l’œilleton, trou de 1 millimètre de diamètre. Avec le fusil de guerre, les conditions sont un peu différentes : l’œil est placé dans une position indéterminée, à 20 ou 50 centimètres d’une hausse, et il doit voir se superposer : le cran de mire de cette hausse, la pointe du guidon qui est près de la bouche du canon et le but. Le guidon et le cran de mire sont ici les deux points fixes invariablement liés à l’arme. Comme on ne fait pas du tir précis avec le fusil de chasse ordinaire, l’arme n’est pas munie de hausse; cependant, elle possède un guidon : on vise alors par ce guidon et par la bande qui est entre les deux canons, tangentiellement à celle-ci. Ici encore, on retrouve deux points reliés h l’arme bien qu’il ne soit pas nécessaire de déterminer exactement la position du deuxième.
- L’opération de superposition de plusieurs points que nous venons d’indiquer paraît extrêmement simple a priori, aussi pendant longtemps l’a-t-on crue telle. S’il en était ainsi, le tir précis devrait être Ires facile; néanmoins, de tout temps, on a observé ipie les bons tireurs sont plutôt rares. Cela tient h ce qu’en réalité la visée est une opération très complexe; son mécanisme n’a même été éclairci que tout récemment : par le l)r E. Sulzer. Bien que les observations et expériences du Dr Sulzer soient des plus intéressantes, nous ne retiendrons de ses conclusions que ce qui est nécessaire pour comprendre les avantages de l’appareil de pointage Grubb que nous décrivons plus loin. Auparavant, nous dirons quelques mots de l’accommodation qui, dans la visée, joue un rôle important.
- L’expérience nous apprend qu’un œil normalement constitué peut voir nettement des objets placés à des distances très différentes; mais elle nous apprend aussi qu’il ne peut pas les voir nettement en même temps. On le vérifie aisément en prenant pour objet rapproché un treillage métallique : quand on observe un objet éloigné à travers ce treillage, on cesse de voir celui-ci et si on regarde le treillage, on ne voit plus l’objet éloigné.
- Il ne faut pas confondre la vision nette avec la vision des détails.
- Voir nettement consiste à voir une ligne réelle sous la forme d’une ligne et non pas d’une frange estompée ou fioue. Ainsi le disque éclairé de la lune, qui se détache sur le fond obscur du ciel, apparaît limité par une ligne quand on le voit nettement ; il
- est entouré par une sorte d’auréole quand on ne le voit pas nettement. De même, pour voir nettement, il faut que l’arête vive qui est à la rencontre de deux murs inégalement éclairés apparaisse sous la forme d’une ligne et non pas d’un bord flou.
- L’œil qui voit nettement les objets très éloignés, comme la lune par exemple, qui, pratiquement, peuvent être supposés placés à l’infini, est un œil normal ; cet œil est dit emmétrope ; il voit nettement tous les objets placés entre l’infini et un point peu éloigné, à 15 centimètres en moyenne qui, pour cette raison, est appelé punctum proximum. L’œil myope ne voit nettement qu’entre un point plus ou moins éloigné, mais toujours placé à distance finie, le punctum remotum, et le punctum proximum. La myopie est d’autant plus forte que le punctum remotum est plus rapproché.
- Quand un objet est vu nettement, son image géométrique se fait sur la rétine ; or, le centre optique de l’œil étant dans une position fixe par rapport à la rétine, on conçoit que si le meme objet s’étant rapproché continue à faire son image sur la rétine, cela n’est possible que si la convergence de l’œil a changé. C’est ce qui arrive en effet : les divers milieux et membranes de l’œil, les surfaces qui les séparent, modifient leur forme (le cristallin surtout) de façon que l’image se fasse toujours sur la rétine. C’est l’ensemble de ces mouvements qui constitue Y accommodation.
- L’accommodation se fait inconsciemment, automatiquement, mais non pas sans fatigue ; pour l’œil emmétrope, elle a lieu entre l’infini (pour lequel l’œil est au repos et sans accommodation) et le punctum proximum (pour lequel l’accommodation, la contraction musculaire, et par conséquent la fatigue, sont maxima). Comme pour tout mouvement, l’accommodation n’est pas instantanée : sa durée, quel que soit le sens dans lequel elle s’effectue, est en moyenne de j-fô- de seconde.
- Quand l’œil est accommodé pour une certaine distance, il n’y a que les objets placés à cette distance qui soient vus nettement; tous les autres donnent des perceptions floues puisque leurs images se forment en avant ou en arrière de la rétine. En fait, l’œil, par habitude sans doute, ne voit guère ou pas du tout les images troubles pendant qu’il perçoit une autre image nette. C’est ce qu’on observe dans l’expérience du treillage citée plus haut : l’image nette seule est perçue.
- D’après ce qui précède, on se rend compte maintenant de ce qui se produit lors de la visée. Prenons le cas du fusil, le plus complexe : le but, le guidon et le cran de mire ne peuvent être vus nettement en même temps puisqu’ils sont à des distances de l’œil très différentes. L’œil ne les voit nettement que l’un après l’autre; quant aux deux autres images floues, elles ne sont pas perçues. C’est donc au jugé et
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- jamais rigoureusement que se fait la superposition des trois points.
- Ces conclusions sont cependant trop absolues. Il est possible que l’œil voie simultanément les trois points, mais cela ne peut avoir lieu pendant toute la durée de la visée. Le fait est dû à la persistance des images sur la rétine et cette persistance est en moyenne de yÜô de seconde. Comme le temps d’accommodation est de jfÿ de seconde, l’œil peut encore voir le premier et le deuxième point au moment où le troisième devient visible; il lui faudra néanmoins, pour continuer à voir simultanément les trois points, revenir au premier, puis au deuxième, au troisième, et ainsi de suite, tout cela par une succession d’accommodations successives très fatigantes.
- De là découle tout naturellement qu’un individu sera d’autant meilleur tireur qu’il possède une meilleure mémoire visuelle et une plus grande vitesse d’accommodation ; mais cela ne suffit point : il lui faut encore Vacuité visuelle, c’est-à-dire qu’il lui faut voir vite les objets éloignés. On observe, en effet, que pour distinguer la forme et les détails d’un objet, en un mot pour le reconnaître, le temps nécessaire est d’autant plus grand que l’objet est plus éloigné. Cela tient à ce que l’image rétinienne
- Fig. 1. — Coupe longitudinale du viseur Grubb.
- étant très petite quand l’objet est éloigné, elle rencontre un nombre d’éléments nerveux de la rétine qui est lui-même très petit. Pour chaque individu, on constate même qu’il y a une distance du but au delà de laquelle le tir devient impossible : pendant la visée le but disparaît, bien qu’il reste perceptible quand il est observé seul. Tous les tireurs savent que le tir est beaucoup plus difficile aux grandes distances qu’aux petites. Ils expriment ceci en disant que pour mettre dans la cible, il faut voir le coup. La distance du dernier point perceptible en visant donne très exactement la mesure de ce que jusqu’ici on a appelé l’acuité visuelle, sans la bien définir.
- Toutes les facultés précitées, et qui n’intéressent que l’œil, restent encore sans grande utilité si le tireur ne possède pas une coordination étroite entre l’œil, qui contrôle les mouvements nécessaires au pointage et au tir, et les bras qui les exécutent. Par l’exercice, on peut augmenter à la fois la rapidité de l’accommodation et la coordination de ces mouvements au point d’abaisser à quelques centièmes de seconde le temps qui s’écoule entre la perception visuelle et l’exécution de l’impulsion motrice. La coordination des mouvements peut même, dans certains cas exceptionnels, être assez grande pour se passer du contrôle de l’œil. On cite des tireurs qui, après avoir simplement regardé la cible, épaulent et
- tirent en fermant les yeux ; d’autres tirent avec les deux yeux ouverts, d’autres enfin, comme c’est l’habitude dans certains pays, sans épauler aucunement, en appuyant l’arme sur la cuisse ou contre la hanche.
- L’éxercicc du tir est donc essentiellement éducatif: il développe au suprême degré une faculté précieuse, souvent très utile dans les circonstances difficiles, imprévues et réclamant une prompte solution, en cas de danger imminent par exemple. Sans la bien préciser, on a donné à cette faculté le nom de coup d'œil et, d’après ce qui précède, on voit qu’on pourrait la définir : la faculté de déterminer par une simple observation visuelle la position relative d’objets en mouvement (parmi lesquels peut figurer le corps de l’observateur lui-même) et d’en déduire la position relative qu’ils auront plus tard, à un moment donné.
- Le viseur Grubb que nous allons maintenant décrire n’exige point toutes ces brillantes qualités; avec lui le tireur le plus maladroit obtient du premier coup des résultats merveilleux.
- L’appareil se compose essentiellement (tîg. 1) de deux lames transparentes à faces parallèles A et B, montées aux deux extrémités d’une petite boîte métallique très légère qui peut être fixée à demeure ou temporairement sur le tonnerre de l’arme à feu, à proximité de l’œil. Les deux lames À et B fonctionnent comme deux vitres transparentes; aussi l’œil, placé en x', voit-il les objets éloignés qui se trouvent en avant du tube, sans aucune déformation ni déplacement relatif, absolument comme à l’œil nu. Il convient de remarquer que ceci a lieu quelle que soit la position de l’œil en arrière du tube.
- La lame À est limitée par deux faces sphériques concentriques : sa face concave est recouverte d’un enduit brillant et inaltérable de galène (sulfure de plomb naturel) déposé par un procédé qui est tenu secret ; cette face fonctionne comme un miroir concave; l’enduit est assez mince cependant pour ne pas empêcher la vision par transparence qui a été signalée plus haut. La lame B est à faces planes parallèles; elle est également enduite d’une pareille couche brillante, mais sur le tiers inférieur seulement.
- En face de B se trouve une sorte de capuchon C, muni d’un écran opaque dans lequel est découpée une croix très fine 1), éclairée par le ciel et qui apparaîtrait par conséquent en blanc sur fond noir si on interposait cet écran entre l’œil et le ciel. Cette croix donne, par rapport au miroir plan de B, une image virtuelle D', symétrique de D, qui fonctionne comme un objet réel par rapport au miroir concave de À; or, l’appareil est construit de telle sorte que le point de croisée de cette image D' est au foyer de À : il se forme donc une deuxième image virtuelle sur l’axe principal du miroir à l’infini dans la direction de cet axe principal, lequel a été pris parallèle à l’axe xx' du tube. En définitive, l’œil voit une croix blanche se superposer au paysage. Comme les objets visés sont toujours très éloignés (pratiquement,
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- aussi à l’infini), il s’ensuit que quand l’œil est accommodé pour les voir nettement, il est aussi accommodé pour voir la croix qui lui semble faire partie du paysage. Le but et la croix sont donc bien vus simultanément et aussi longtemps qu’on le veut ; leur mise en coïncidence est des plus faciles. L’instrument étant fixé sur une arme, la croix et la direction de l’axe xx' sont invariablement liés à celle-ci ; le pointage est donc effectué.
- L’inventeur de l’instrument a fort justement fait remarquer que, si on pouvait porter une arme à feu au moyen d’une longue perche sur le but à atteindre, la bouche du canon touchant le but, il ne serait point nécessaire de munir l’arme d’appareils de visée. Le viseur Grubb réalise cette opération au moyen d’une perche impondérable, les rayons visuels, qui vont
- Fig. 2. — Montage du viseur Grubb sur une mitrailleuse.
- placer exactement la croix blanche, c’est-à-dire l’arme elle- même, sur le but.
- On voit que la visée pourra être faite simultanément par les deux yeux ou indifféremment par l’un ou par l’autre, ce qui a bien son importance, car nous voyons mieux avec deux yeux qu’avec un seul, et d’ailleurs certains tireurs, gauchers pour la vision, 11e sont plus astreints avec ce viseur à utiliser l’œil droit, le mauvais pour eux, quand on les force à épauler à droite. On doit savoir, en effet, que les deux yeux d’un même individu sont toujours inégaux et que, par l’usage, il s’établit entre eux une répartition du travail, chacun d’eux faisant celui pour lequel il est le mieux adapté : l’un à champ étendu ou à grande mobilité est surtout chercheur et directeur; l’autre, plus puissant, sert de préférence à la vision proprement dite des objets éloignés et à la perception des détails. Ces considérations ont également leur importance pour les droitiers pour le cas du tir dans la position couchée ou à genoux, l’œil n’étant pas astreint à une position fixe derrière l’appareil.
- Il convient également de remarquer que l’accommodation se faisant pour l’infini, en fait, l’œil est constamment au repos et observe sans aucune fatigue, alors que dans le cas ordinaire il est soumis à des accommodations en sens inverses répétées, qui le fatiguent considérablement.
- L’appareil peut être utilisé aussi bien sur les canons que sur les armes portatives. Les figures 2 et 5 en montrent diverses applications : la première à une mitrailleuse de marine tirant des cartouches de 6 livres, la deuxième à un canon de marine à tir rapide du calibre de 15 centimètres muni de deux viseurs. Une autre application intéressante est celle qui est relative au fusil de guerre anglais du calibre de 8 millimètres. Le Mauser a été muni également de ce viseur. Le plus petit modèle pour canons pèse 86 grammes.
- Pour toutes les armes de guerre, l’appareil est facilement démontable et est placé de telle sorte que, même pendant le tir, il ne puisse gêner en rien le pointage par les moyens ordinaires, lesquels peuvent être préférés par certains tireurs. Pour donner la hausse, c’est-à-dire pour donner à l'arme l’angle de tir qui convient à la distance du but, l’appareil est monté sur une hausse graduée qui règle la position correspondant à une distance de tir donnée, par la seule manœuvre d’un bouton molelé. Pour le tir de nuit (guerre de siège), la croix blanche peut être éclairée en avant par une petite lampe électrique.
- Pour les armes de chasse ou de sport, l’appareil est absolument fixe et l’écran porte une échelle verticale au lieu d’une croix : chacune des trois ou quatre divisions de celte échelle, amenée en coïncidence avec le but, correspond à une distance de tir déterminée.
- Fig. 3. — Moulage de deux viseurs Grubb sur uu canon de marine de 15 centimètres.
- Il est bien évident que le champ de l’instrument est d’autant plus grand que le tube est plus large et plus court; pour l’augmenter, il y a avantage à placer l’œil le plus près possible de ce tube .Le support est toujours disposé sur l’arme de façon que cette dernière condition puisse être réalisée.
- Avec l’âge, l’œil devient presbyte, c’est-à-dire que le punctum, proximum s’éloigne progressivement de l’œil. Le tir cesse donc d’être possible pour le presbyte avec les anciens systèmes de visée quand 1 v punctum proximum s’est éloigné au delà de la distance du cran de mire de la hausse. Il reste encore possible au contraire avec le viseur Grubb puisque l’œil observe des objets et une image qui sont à l’infini.
- Il nous semble bien que l’appareil de visée du nouveau canon de campagne français de 75 millimètres, qui a été décrit ici même, soit du même type que l’appareil Grubb. Bien que ses dispositions
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- soient tenues secrètes, on sait en effet que le canonnier pointeur, placé derrière une sorte de lunette, n’a à se préoccuper que de mettre en coïncidence le point visé avec une croix qui apparaît en meme temps que le paysage ; ce qu’il lait aisément sans fatigue de l’œil et sans apprentissage aucun. 11 est possible d’ailleurs que l’appareil soit muni d’un dispositif grossissant, à la ibis pour le but et pour la croix.
- Le viseur Grubb a été inventé au moment de la guerre du Transvaal par Sir Howard Grubb, directeur de la grande fabrique d’instruments d’optique, de nivellement et d’arpentage de Rathmines à Dublin. Il s’agissait surtout d’éviter le gaspillage des munitions dont le transport était extrêmement difficile. Les soldats anglais nouvellement engagés n’avaient d’ailleurs ni le temps ni les moyens (la plupart étaient déjà trop âgés) de devenir bons tireurs. Depuis, Sir Howard Grubb a appliqué le principe de son viseur à presque tous les instruments de nivellement et d’arpentage, ce qui a eu pour effet principal de les rendre extrêmement maniables. Ainsi, il
- a pu réaliser un instrument universel, qui sert à la fois de niveau et de goniomètre et qui peut tenir dans la poche du gilet.
- Si l’emploi du viseur Grubb vient à se généraliser pour les armes, n’y a-t-il pas à craindre de voir disparaître les bons effets que produit l’exercice du tir, pratiqué par les anciens procédés, au point de vue de leducalion du coup d’œil? Pas le moins du monde.
- Pour bien développer le coup d’œil, il faut que l’exercice du tir soit pratiqué depuis le très jeune âge. À Page où les recrues entrent dans l’armée, leurs muscles oculaires n’ont déjà plus assez de souplesse pour que les progrès soient très sensibles; en fait, le nombre de ceux qui deviennent bons tireurs au régiment est extrêmement faible. On n’y fait guère que de les reconnaître. D’ailleurs, les occasions d’exercer et de développer notre coup d’œil ne manquent pas : à ce titre, pour n’en citer qu’une seule, l’usage de la bicyclette est excellent. Eugène Lemaire.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i3 mai 1907. — Présidence de M. Chauveau.
- Le transport de la sève. — M. G. Bonnier analyse une iNote de M. Molliard relative à des recherches expérimentales sur la sève élaborée. Les physiologistes ne sont pas d’accord sur le rôle des tissus formés d’éléments allongés, tissus connus sous le nom de liber. Les expériences de M. Molliard montrent que chez les plantes nourries en .culture pure avec des sucres et diverses substances organiques, les tissus du liber prennent un grand développement. 11 se produit d’autant plus de liber, dans une partie donnée du végétal, que la quantité de substance organique qui y arrive est plus grande. Il résulte de là que les tissus libériens sont destinés à conduire la sève nutritive élaborée, sève qui est composée presque uniquement de matières organiques.
- Traces de la période glaciaire. — M. de Lapparent expose que MM. Girardin et Nussbaum ont observé, aux environs de Pontarlier, les traces des deux formations glaciaires superposées. Laplus haute, encore bien conservée, est d’origine exclusivement jurassienne. Celle du dessous est maintenant réduite àdes cailloux épars formés de quartzites alpins. Elle date de l’avant-dernière extension glaciaire, tandis que l’autre est un produit de la dernière période de progression des glaces.
- L'atmosphère de la région arctique. — S. A. le prince de Monaco résume un travail de M. Hergesel sur l’atmosphère de la région arctique, travail effectué d’après les données recueillies de juillet à septembre 1906 au moyen de ballons-sondes, de ballons captifs et de cerfs-volants lancés sous la direction du prince et de ballons-pilotes lancés sous la direction de l’auteur. Ces ballons-sondes pouvaient être suivis pendant plus de 80 kilomètres à l’aide de théodolites spéciaux bien que leur diamètre ne dépassât pointl mètre. Les instruments portés par les ballons-sondes ont permis de constater que la décroissance de la tempéra-
- ture suivant la verticale est très lente jusqu’à la hauteur explorée, c’est-à-dire jusqu’à 7830 mètres. Celte variation n’est que de 0°,48 pour 100 mètres en altitude. O11 observe des couches isothermes et même des couches à interversion de température. Aussi les courbes observées diffèrent-elles complètement de celles obtenues sur l’Atlantique. Au-dessus de la mer on trouve souvent une couche dans laquelle la décroissance de la température est rapide mais où l’humidité augmente rapidement, si bien que, dans sa partie supérieure, elle porte souvent une couche de nuages. Sur les côtes du Spitzberg et dans les baies profondes qui s’avancent dans les terres, le prince et M. Hergesel ont constaté presque toujours des vents forts dont le régime paraissait local. E11 effet, ils ne se faisaient point sentir aussitôt qu’on gagnait le large. Ces vents soufflaient d’une façon très régulière dans les baies de King, Cross, Smeerenburg, le Danesgat et le Soulhgat, mais surtout dans la baie de Wijde. Plusieurs ascensions de cerfs-volants ont toutes montré que le régime de ces courants atmosphériques ne dépassait nulle part quelques centaines de mètres. La décroissance de la température était forte ; l’humidité arrivait souvent à 100 pour 100 dans cette couche. Au-dessus d’elle se trouvait soit un gradient thermique plus faible, soit une isothermie ou une interversion de température coïncidant avec une décroissance d’humidité. Tous ces vents viennent toujours de la terre; dans la grande baie de Wijde qui s’avance d’une centaine de kilomètres dans l’intérieur, l’origine terrestre de ces courants a pu être bien établie. Le vent y soufflait constamment du sud. Ces brises de terre disparaissaient avec le brouillard ; elles n’étaient sujettes à aucune variation diurne.Comme partout, ces vents locaux doivent leur existence à une différence de température entre la terre et la mer. Leur nature de brises de terre démontre que l’intérieur du Spitzberg
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- couvert de glaciers est toujours plus froid que les eaux du (iulf-slream qui les baignent. Les visées de ballons libres ont montré que les courants atmosphériques, au-dessus de la mer polaire, ont des vitesses qui croissent ;1vec l’altitude. La région des vents locaux dont il vient d’ctre question était suivie d’une couche stagnante surmontée par les courants faisant partie de la circulation générale. A 1OÜ0 mètres, la vitesse variait de 15 à 20 mè-lres par seconde. 11 était aussi habituel de les voir se diriger vers le pôle que de les voir s’en éloigner. Ils appartiennent donc sans doute au grand tourbillon polaire.
- La recherche du caoutchouc. — M. Edmond l'errier résume une Note de MM. Costantin et Henri Poisson sur les plantes à caoutchouc de Madagascar. On avait fondé
- un grand espoir sur une liane, le landolphia madagasca-rense, mais cet espoir a été déçu, car on n’a pu en tirer qu’un mauvais caoutchouc. Parmi beaucoup d’autres plantes qui donnent du caoutchouc ils en ont trouvé quatre dont deux appartiennent au groupe des landolphia et deux à un autre groupe qui donnent un bon produit. Ces plantes sont d’ailleurs exploitées par les indigènes.
- Élections. — Il est procédé à l’élection d’un secrétaire perpétuel en remplacement de M. Berthelol, M. de Lapparent est élu par 45 sulfrages contre 14 donnés à M. Becquerel. 11 est ensuite procédé à l’élection d’un académicien libre en remplacement de M. le colonel Laussedat, M. Carpentier obtient 46 sulfrages contre 26 donnés à M. Cornil. Ch. de Yilledeuil.
- L’AMPUTATION ET LA GREFFE DU TRANSATLANTIQUE
- Le transatlantique anglais, « Suevic », une des plus belles unités de la While Star line, s’est échoué, en mars dernier, dans les rochers du cap Lizard, à l’extrémité de la Cornouaille ; l’avant pénétra clans les écueils et s’y engagea tellement qu’il lut impossible de l’en sortir. Toutes les tentatives restèrent sans succès ; le paquebot était accroché de telle manière qu’il ne fallait pas songer à le dégager de sa prison de rochers. On allait renoncer au sauvetage du steamer, lorsque le capitaine Mac Clellan, un marin hardi doublé d’un ingénieur savant, proposa de couper le navire en deux parties, d’abandonner l’avant, si fortement engagé, et de sauver l’arrière ainsi que toute la portion qui pourrait être rendue libre.
- Nous avons parlé du sauvetage du « Montaigu »1 ; celui du « Suevic », opération encore plus délicate et difficile, a été qualifié, dans le monde maritime d’Angleterre, « the biggest job ever performed », la plus grosse affaire qui ait été accomplie. C’est la Liverpool Salvage Company qui, enhardie par le succès remporté par elle avec le sauvetage des canons du «Montaigu », entreprit l’œuvre audacieuse que nous allons décrire.
- L’amputation, le sciage du transatlantique ne fut pas une besogne facile. Il ne put être fait que par la dynamite ; car, comme bien on pense, il n’existe pas d’outil suffisamment volumineux ni puissant, pour procéder à une pareille opération. L’entreprise, commencée le 19 mars, ne fut terminée que le 3 avril; elle réclama donc treize jours. Cette durée aurait pu être de beaucoup plus courte, si le temps avait favorisé l’opération ; mais la mer, qui sans doute ne tenait pas à rendre sa proie, fut très mauvaise pendant plusieurs jours et empêcha, à diverses reprises, l’œuvre de se poursuivre.
- Le sciage du « Suevic » par la dynamite se fit donc lentement. Les chaloupes à vapeur des artificiers ne pouvaient aborder le paquebot échoué que lorsque
- 1 Yoy. n° 1744, 27 octobre 1906.
- l’état de la mer le permettait. Voici, d’ailleurs, comment on procédait. Dès qu’une chaloupe avait accosté l’épave, les opérateurs, sans perdre de temps, s’approchaient du transatlantique, entre les flancs duquel ils fixaient, aux endroits qui leur avaient été indiqués, les cartouches de dynamite nécessaires à l’amputation. L’embarcation se retirait ensuite à toute vapeur, emportant le personnel à une certaine distance. Le coup partait et, chaque fois, des plaques de tôle et des pièces de fonte de grandes dimensions étaient détachées ; certaines même étaient projetées au loin, à des distances variant entre 250 et 300 m. La manœuvre se renouvelait aussi fréquemment que possible, souvent huit, neuf et dix fois dans la même journée ; elle devint, chaque jour, de plus en plus difficile et périlleuse, au fur et à mesure que les deux portions se détachaient l’une de l’autre. Souvent même une pluie de rivets et de boulons suivait le coup de mine, et, comme ces projectiles tombaient quelquefois dans l’intérieur des terres, il fallut déterminer une zone dangereuse et la faire garder-, afin d’empêcher les curieux d’y pénétrer et des accidents de se produire.
- Au bout de dix jours, la dynamite avait vaincu la masse métallique. La silhouette du navire avait perdu son apparence rectiligne; les deux sections étaient parfaitement accusées, elles formaient une ligne brisée nettement caractérisée. Un dernier lien métallique réunissait seulement les deux parties du steamer. Quelques cartouches de dynamite suffirent pour achever cette gigantesque opération chirurgicale maritime et l’amputation du mastodonte se trouva terminée.
- L’avant fut abandonné sur les rochers du cap Lizard, il resta accroché dans l’écueil; cette portion mesure environ 61 m. de longueur. Dans un incendie, on fait généralement la part du feu ; avec l’amputation du navire échoué, on fera à l’avenir la part de l’eau. La portion détachée, la partie sauvée du désastre, longue de 136 m., est fort intéressante;
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- elle représente une grande valeur, puisque cette section, les deux tiers du tout, contientles machines et les générateurs ainsi que les grands salons et les cabines de luxe.
- L’opération du sciage à la dynamite terminée, il fut procédé, sans perdre un instant, au remorquage de la portion sauvée. Cette seconde partie de l’entreprise demandait à être faite avec beaucoup de précautions, calme, sang-froid et méthode. On comprendra facilement qu’un steamer, dans la situation que montre notre illustration, ne présente pas de bien grandes garanties de stabilité, les poids sont plutôt mal répartis sur l’ensemble du volume total, le moindre événement peut compromettre la sécurité du navire et faire perdre le bénéfice des efforts faits jusqu’alors.
- dans quelques mois, le transatlantique « Suevic », arrière vieux et proue neuve, régénéré, réparé, reprendra le cours de ses voyages, plus brillant que jamais, aussi gaillard que jadis.
- Le « Suevic » n’était pas assuré. 11 figurait, dans les inventaires de ses armateurs pour une valeur de 170 000 livres sterling, soit 4284000 fr. L’amputation et la greffe du transatlantique coûteront, si les devis ne sont pas dépassés, environ 1200 000 lr., qui seront payés par la caisse d’assurance — Insurance fund — de la White Star Line, cette compagnie étant elle-même son propre assureur.
- L’entreprise hardie, qui vient d’être décrite, a quelques précédents, peu nombreux d’ailleurs — nous n’en connaissons que deux — ; mais c’est la
- La mer, qui s’était montrée hostile à l’entreprise et avait si peu favorisé ses débuts, semblait vaincue devant tant d’audace; elle fut douce et calme. Aussi le remorquage et la rentrée du « Suevic » au port de Southampton se firent-ils le plus facilement du monde. Trois remorqueurs suffirent pour entraîner le paquebot amputé, qui, ne ressentant aucune fatigue d’une opération courageusement supportée, aida lui-même à l’entreprise en faisant marcher ses machines et tourner ses propres hélices.
- La White Star Line a fait mettre aussitôt en chantier, dans les ateliers de constructions maritimes Harland-Wolff, à Belfast, un avant nouveau pour le « Suevic ». Dès que cette partie sera achevée, on la remorquera de Belfast à Southampton ; elle sera aussitôt rapportée et greffée sur la section sauvée du paquebot anglais, de telle sorte que,
- première fois que l’amputation et la greffe s’opèrent sur un paquebot de cette importance. Il s’agit cette fois d’une entreprise très remarquable ; elle fait le plus grand honneur à laLiverpool Salvage Company, dont la réputation est déjà universelle. Le capitaine F. Young, un des ingénieurs de cette Société, a été appelé au Japon, dès que le succès de l’amputation du « Suevic » y fut connu ; il y est parti aussitôt pour procéder au sauvetage du « Dakota », le paquebot américain du Pacifique, que l’on croyait à tout jamais perdu. L’amputation par la dynamite et la greffe métallique des paquebots vont donc très probablement devenir avant peu des opérations courantes. Will Darvillé.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1774. — 25 MAI 1907.
- LA NATURE.
- LE BASCULO
- Les progrès réalisés par la mécanique moderne sont incessants. Aujourd’hui cette science tend de plus en plus à améliorer notre bien-être et à organiser même nos plaisirs et nos divertissements.
- Dans l’art du théâtre par exemple, les dispositions mécaniques de la scène et des décors ont toujours donné lieu à d’intéressantes combinaisons : récemment n’a-t-on pas vu tout un dispositif ingénieux
- culo », chose nouvelle affublée d’un mot nouveau.
- La figure 2 donne une vue en coupe du système. Le principe est de rendre mobile autour d’un axe parallèle à la scène le plancher P qui porte les 500 î'auteuils d’orchestre (fig. 1). À cet efi'et, ce plancher, qui a 16 mètres de longueur et 15 mètres de largeur sur une épaisseur de 1 mètre, comporte une double lace : la première porte, solidement fixés, les fau-
- Fig. 1. — Le Basculo en' mouvement;
- réalisé par M. Gémier pour le passage du train au dernier acte d'Anna Karénine ?
- Hier la mécanique a fait un pas de plus : elle a lranchi la rampe pour descendre de la scène dans la salle, elle a pris contact avec le public profane qui est resté émerveillé.
- Un music-hall, ouvert récemment, s’était donné comme programme de réaliser dans un espace relativement restreint une salle de spectacle et une salle de bal. Les organisateurs, MM. Gravelotte et Auburtin, avaient pensé utiliser le plancher des fauteuils d’orchestre, à condition que la transformation lût aussi rapide que possible. La solution qui fut proposée par MM. Edoux, et qui fut acceptée comme étant la plus simple et la plus pratique, est le « Bas-23e aimée. -1- 4er semestre.
- teuils f‘, la seconde est libre et parquetée afin de pouvoir former la salle de bal.
- Cette plate-forme solide est constituée par un ensemble rigide de poutres composées, solidement entretoisées et contreventées. Les deux poutres principales comportent deux tourillons en acier, qui sont reçus par des paliers reposant sur des assises en maçonnerie. Le mouvement est communiqué au système par un moteur électrique qui attaque un harnais d’engrenage (fig. 5) à démultiplication très grande. Ces engrenages commandent, par une chaîne Galle, un pignon calé sur un des tourillons prolongés. Comme l’ensemble de laplate-forme est en équilibre indifférent autour de l’axe de rotation, qui passé par le centre de gravité, la seule force à vaincre est celle des frot-
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- tements et la de'pense de courant est tout à fait minime. L’immobilité du tout est assurée par des verrous placés aux 4 angles, tournés à la main (fig. 4) : deux de ces verrous sont simples, les autres sont munis d’un coin de serrage à vis, qui permet de bloquer complètement dans les deux positions.
- Pendant la.pre-mière partie du spectacle, le plancher présente à sa partie supérieure les fauteuils d’orchestre; elle est légèrement inclinée de manière que le bas est au niveau des cou loirs de dégagement et que le haut est au niveau du promenoir, la dénivellation entre le premier rang et le dernier est de 2,40 m. Au moment d’opérer la transformation, les spectateurs des fauteuils naturellement quittentleurs places, la rampe qui est montée sur pivots est escamotée et
- Scène
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- Fig. 2. — Coupe de l’ensemble.
- partie supérieure le plancher de la salle de bal. Mais le mouvement est arrêté de façon que ce plancher soit parfaitement horizontal, il se trouve alors de niveau avec la scène. Les verrous sont mis en place;
- des abattants a sont manœuvres avec des li lins d’acier c par des treuils T dissimulés dans les combles, et raccordent le plancher du bal avec celui de la scène sur laquelle est placé maintenant l’orchestre. A la partiearrière,des escaliers E raccordent la différence de niveau avec le promenoir. La plate-forme qui, dans sa rotation, a rasé la balustrade des loges du rez-de-chaussée, a mis 7 minutes pour accomplir un demi-tour complet; une fosse F de 9 mètres de profondeur donne l’espace nécessaire pour la rotation. Comme on le voit, cette installation ingé-
- Chatne Galle
- Moteur
- Plancher mobile
- Fig. 3. — Élévation du plan du mécanisme de commande.
- les quatre verrous de fixation du plancher sontlibérés.
- Au milieu d’un silence imposant, le mouvement commence et fait croire à quelque cataclysme ou à l’apparition de quelque puissant génie. La plate-forme fait un demi-tour complet et vient présenter à la
- Verrou en prise
- Verrou effacé
- Verrou de fixation.
- nieuse est extrêmement séduisante. La simplicité des moyens employés pour la réaliser fait que l’on s’étonne à juste titre que personne n’y ait songé plus tôt En mettant à part le côté audacieux du projet, c’est un peu l’œuf de Christophe Colomb. E. Weiss.
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- LA DURÉE DE L’INSOLATION A PARIS
- Un connaît l'intérêt que présente pour l’hygiène la mesure de l’illumination solaire; aussi, depuis déjà un certain nombre d’années, l’enregistrement des heures de soleil a été introduite dans le programme des observatoires météorologiques. Le plus généralement, les observations sont laites avec deux types principaux d’instruments. L’un est celui de Campbell, basé sur le principe de l’action calorifique : les rayons solaires concentrés par une sphère massive de verre carbonisent une feuille de carton disposé derrière la sphère. L’autre, celui de Jordan, fondé sur le principe de l’action lumineuse, est formé d’une boîte cylindrique percée de trous convenablement placés ; les rayons solaires pénétrant par ces trous impressionnent une feuille de papier au ferroprussiatc. 11 existe encore d’autres appareils destinés au même usage, comme par exemple l’héliographe Richard, basé aussi sur l’action lumineuse du Soleil impressionnant un papier photographique. Pour tous ces appareils, la durée quotidienne de l’insolation est déterminée par la longueur du tracé carbonisé ou décoloré sur les bandes bleues; toutefois il convient de remarquer que les longueurs ainsi évaluées sont
- est aussi assez variable: il a été de 14 pour 100 en décembre, 17 pour 100 en janvier, 20 pour 100 en novembre, 24 pour 100 en février, 52 pour 100 en mars, 55 pour 100 en octobre, 57 pour 100 en avril, 42 pour 100 en mai, 45 pour 100 en juin, 44 pour 100 en septembre, 47 pour 100 en août, 48 pour 100 en juillet. A Paris l’insolation est donc la plus grande en août et juillet, et la plus faible en décembre; pour cette période de 15 années, décembre 1896 a été le moins ensoleillé (4 pour 100), et septembre 1895 le plus (67 pour 100).
- Au cours de l’année, la variation diurne établie par périodes tri-horaires, avant 6 heures du matin, 6 heures-9 heures, 9 heures-midi, etc., montre que d’avril à septembre le Soleil demeure plus longtemps visible de 9 heures du matin à midi que de midi à 5 heures du soir; l’écart n’est pas très grand sauf en avril. En hiver, d’octobre à mars, il y a plus d’insolation l’après-midi que pendant la matinée. Si on divise l’année en pentades et qu’on groupe, pour chacune de ces périodes de 5 jours, la durée de présence constatée du Soleil, on remarque que, pour les dilïérents mois, la pro-
- un peu plus faibles que la réalité, cela au commencement et à la fin du jour, parce que les bandes de l’héliographe ne s’impressionnent que lorsque le Soleil est à quelques degrés au-dessus de l’horizon. Pour Paris, par exemple, la perte est plus grande en hiver qu’en été, à cause de l’inégale intensité des brumes, matin et soir. Dans certains cas même, pendant l’hiver, la perte semble être de plus d’une heure, pour chaque extrémité du tracé, surtout le soir. A l’Observatoire municipal, on a installé, depuis 1893, un héliographe Jordan au sommet de la Tour Saint-Jacques, l’ensemble d’une série de 15 années a présenté les remarques suivantes :
- A Paris, s’il n’y avait pas de nuages, la durée moyenne de la présence réelle du Soleil au-dessus de notre horizon serait de : 270 heures en janvier, 283 ou 293 en février (28 ou 29 jours), 367 en mars, 409 en avril, 471 en mai, 480 en juin, 486 en juillet, 442 en août, 577 en septembre, 533 en octobre, 274 en novembre et 256 en décembre. Pour une année moyenne on devrait donc avoir à Paris 4450 heures de soleil; or, d’après les observations faites depuis le 1er janvier 1894 jusqu’au 31 décembre 1906, on ne peut guère compter que sur 56 pour 100 de ce nombre. En 1896 ce rapport annuel moyen s’est abaissé à 30 pour 100, et, en 1899, il a atteint 40 pour 100. Pour les diflêrenls mois, le rapport moyen
- portion d’insolalion présente les caractères suivants :
- Janvier, maximum du 10 au 15; minimum vers les 21-25. Février, minimum les premiers jours; maximum vers les 20-24. Mars, mois à variations, mais avec maximum accentué vers les 21-26. Avril, faibles variations. Mai, maximum notable les 11-15 et minimum les 21-25. Juin, très ensoleillé au début, mais faiblement du 12 au 20, Juillet, beaucoup de soleil vers les 15-19; maximum de l’année, suivi aussitôt d’un minimum très accentué. Août, maximum vers les 16-20. Septembre, l’insolation, presque aussi élevée au début du mois qu’en août, décroît rapidement à la fin. Octobre, peu de variations, mais présente à la fin du mois un relèvement sensible de l’insolation. Novembre, abaissement assez régulier. Décembre, maximum vers les 17-21.
- Pour ces mêmes 13 années, on a constaté, à la Tour Saint-Jacques, qu’annuellement il y a à Paris en moyenne 84 jours pendant lesquels on ne voit pas le Soleil; au cours de l’année, ils sont plus nombreux en novembre, décembre, janvier et février que pendant les autres mois; des séries de 2, 5 ou 4 jours successifs sans Soleil ne sont pas rares; la plus longue constatée de 1894-1906 a duré 17 jours, en décembre 1896. Joseph Jaubert.
- Chef (lu service météorologique.
- Observatoires de Monlsouris et de la Tour S'-Jacques.
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- L’INDUSTRIE DES ALGUES MARINES AU JAPON
- Tous ceux qui connaissent la mer ont vu quelques-unes de ces plantes que l’on nomme des algues, soit sur les rochers, soit sur la plage où le Ilot les rejette. Portant des noms variés suivant les
- Fig. i. — Séchage du Kanleii dans les plateaux.
- régions de la France, varechs, goémons, sarts, etc., elles ne sont pas sans être un peu utilisées : les unes constitueront des engrais pour les champs du littoral, d’autres seront brûlées pour donner de la
- Fig. 2. — Pressage des algues pour fabriquer le Kanlcn.
- soude, certaines fourniront la matière de ce qu’on vend sous le nom de lichen chez les pharmaciens, et elles serviront à composer des tisanes mucilagineuses. D’une manière générale, ces algues contiennent de la gélatine et c’est pour cela que, dans certaines contrées pauvres, on en fait des gelées que l’on mange; autrefois, on mangeait assez
- couramment la laminaire sucrée. Quoi qu’il en soit, ces herbes marines sont bien loin d’être exploitées méthodiquement chez nous comme elles le sont au Japon.
- Dans ce pays insulaire, on a pour principe de tirer laborieusement de la mer tout ce qu’elle peut fournir, et de nombreuses petites industries se sont fondées pour utiliser commercialement les algues marines. M. U. Smith vient de donner à ce propos, dans le Bulletin du Bureau des Pêcheries Américaines, une élude de première valeur à laquelle nous ferons quelques emprunts. 11 faut dire que les
- Fig. 5. •—(Procédés de pêche des grandes algues.
- côtes japonaises sont particulièrement riches en algues, et la vente des produits qu’on tire de celles-ci doit bien représenter 10 millions de francs; mais, comme on craint ou l’on constate sur certains points le dépeuplement des terrains de cueillette, on a essayé des cultures expérimentales pour repeuplement, en même temps que nous verrons une algue faire régulièrement l’objet d’une culture.
- Le premier produit que nous citerons est le « Kanten », qu’on peut assimiler à de la colle de poisson, mettons de la gélatine marine : ce que nous disions tout à l’heure explique que ces algues fournissent de la sorte un succédané de l’ichtyocolle. (Le nom de kanten traduit cette nécessité où l’on est de ne faire cette préparation que durant les
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- mois d’hiver). Pour obtenir ce produit, on traite des algues du genre Gelidiurn, que l’on arrache aux rochers en plongeant sous l’eau, durant les mois de mai à octobre, et principalement dans le Hokkaido. On fait sécher la plante sur la plage, la préparation commencera dès août pour se terminer de décembre à février, au moyen d’un outillage simple, mais demandant (comme souvent) un tour de main assez malaisé. On bat les herbes, on les nettoie de toute matière étrangère, puis on les lave à l’eau douce et courante, pour les étendre aussitôt sur des claies et les laisser au soleil bien blanchir. Durant ce séchage, les algues s’agglutinent comme en feuille, on les enroule «Tossièrement et on a la matière pre-
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- mière prête. Au moment convenable, ou les met bouillir à l’eau douce, et dans un récipient de bois, sur un fourneau spécialement disposé pour pouvoir chauffer ledit récipient : on recueille une masse gélatineuse que l’on filtre une première, puis une seconde fois, à travers une étoffe grossière; la dernière opération se fait, en réalité, au moyen d’une presse primitive sur le levier de laquelle pèse un ouvrier. On puise la gélatine liquide dans le réservoir placé sous la presse, et on la verse dans une série de plaleaux, en bois, disposés au-dessus de terre et présentant une profondeur de moins de 8 centimètres.
- d’exercer une vigoureuse pression, et le kanten sort par les trous de la toile sous forme de minces tiges. Alors, par vent de nord-est autant que possible, on met les tiges à sécher sur des claies, pendant plusieurs jours et on les emballe, finalement par gros paquets dans des nattes : c’est ainsi qu’elles seront mises en vente. Ce kanten sert à préparer des gelées
- Fig. 5. — Séclingo dos grandes algues sur la plage.
- Quand la dessiccation et le durcissement ont atteint un certain degré, au plein air, on coupe les lames de gélatine, de kanten, au moyen d’un outil curieux qui fait des sections horizontales dans la masse. Chaque barre est alors placée dans une boîte en bois dont le fond est fait d’une toile métallique grossière; on applique, par-dessus, une plaque permettant
- alimentaires,souvent colorées, ou à purifier le saké; il s’est introduit dans la consommation européenne, dans la cuisine ou la pâtisserie, remplaçant avantageusement la colle de poisson ; il sert à purifier bien des boissons, à faire des moules, à apprêter les étoffes, à encoller le papier, enfin il fourni t de l’agar-agar, le fameux milieu decullure de la microbiologie, tout aussi bien que la gélatine venant de Ceylan. Détail curieux, on l’utilise en Chine à fabriquer de faux nids d’hirondelles. On en vend annuellement de 130 000 à 140 000 kg, représentant une valeur de 4 millions de fr.
- En traitant d’autres algues, et notamment la Gloiopeltis coliformis, les Japonais préparent le ((funori)), nom qui fait allusion à l’utilisation principale de cette glu ou gélatine : l’empesage, l’apprêt des étoffes. L’industrie du funori, moins importante que la précédente, occupe cependant une centaine d’établissements, principalement autour d’Osaka. La gélatine obtenue est plus grossière et la préparation est plus simple. Les algues reçues des lieux de pêche sont lavées, puis placées sur des claies, et disposées à la main sur une certaine épaisseur, comprimées quelque peu pour former une sorte de feuille ; on les renverse alors sur des nattes, et c’est ainsi qu’on les laisse sécher et blanchir au soleil, en les arrosant de temps à autre pour empêcher les algues de se
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- recroqueviller. On obtient finalement des feuilles l'ai Les de cet entrelacement des herbes marines, feuilles qui ont le plus souvent 1,50 m. de long sur 0,90 m. de large, et que l’on expédie sous forme de rouleaux rappelant l’apparence des nattes. Quand les acheteurs veulent ensuite tirer parti de la gélatine dont est fait le funori, ils jettent une feuille ou un morceau de feuille dans de l’eau bouillante. Gela constitue un excellent empois, un ciment pour les murailles ou les toitures; on l’emploie aussi pour la préparation du papier, la décoration des porcelaines ; les femmes japonaises s’en servent pour se laver la chevelure. En Europe, on commence d’y avoir recours pour les tissus.
- Nous avons dit qu’en Europe les algues avaient servi et servaient encore quelquefois à l’alimentation : au Japon, on tire des algues marines une grande variété de préparations alimentaires, qu’on désigne sous le nom générique de Kombu. Cette industrie occupe un grand nombre de gens, tout en fournissant des aliments d’un bon marché extraordinaire. Les plantes qu’on met ici à contribution sont ces laminaires que nous avons citées plus haut, et on les récolte toutes ou presque toutes à Hokkaido, de juillet à octobre, beaucoup des pécheurs de ces herbes étant des Aïnos. Leurs instruments consistent en des crocs divers, attachés à des cordes qu’on traîne sur le fond pour arracher les algues des rochers où elles poussent, ou en sortes de gales à crochet également. Au retour de la pêche, les laminaires sont étendues sur la grève, où on les laisse sécher, puis on les prépare en supprimant la tige qui est trop coriace, et on les emballe pour les envoyer aux fabriques de Kombu. Celles-ci se livrent à toute une série de traitements pour obtenir des aliments variés, dont quelques-uns ont bon goût, meme pour des palais européens. C’est, par exemple, le kizami kombu : on immerge les morceaux de laminaires dans des récipients métalliques pleins d’une lessive forte, et l’on fait bouillir une quinzaine de minutes, en remuant de temps à autre. Jadis, on colorait avec du carbonate ou du sulfate de cuivre; maintenant, on emploie du vert malachite. Une fois l’algue cuite, on la met sécher, généralement sur des perches, et quand la surface extérieure de ce qu’on peut appeler la feuille est sèche, on prend des feuilles bien étendues pour les rouler et en faire une boule de 30 centimètres de diamètre, qu’on lie avec des cordes. Ces boules sont ensuite défaites par des femmes qui étalent les feuilles sur un châssis de bois, en les mettant à plat de toute leur longueur et en les empilant sur une hauteur d’au moins 45 centimètres ; on coupe alors la pile, et par conséquent chaque feuille, en 4 morceaux dans le sens de la longueur, une corde maintenant assemblés les morceaux de toutes les feuilles superposées. On dispose ces paquets verticalement dans un châssis, on les mouille pour pouvoir les mieux serrer les uns près
- des autres, puis on comprime le tout à l’aide de cordes, de coins, de leviers. Finalement, le châssis peut se démonter partiellement, de telle manière que les paquets sont coupés en languettes menues par un couteau mécanique dans le sens de leur longueur.
- On fait sécher superficiellement ces languettes et l’on emballe pour la vente. Parfois on traite le kombu par immersion dans le vinaigre, et on le gratte superficiellement pour en tirer une pulpe plus ou moins fine. On fait aussi une sorte de farine avec ce produit ; souvent enfin, on l’emploie d'ans la soupe, les ragoûts de poissons, avec des légumes; on en met en conserve dans la fameuse sauce au soya ; on en mange au sucre et la production totale annuelle dépasse certainement 34 millions de kg.
- Toutes les herbes de la mer sont utilisées par les japonais ; mais nous nous limiterons maintenant à l’amanori, cette algue pour laquelle on se livre à une véritable culture. C’est une ulve, exactement une porphyria laciniata. Elle pousse un peu partout dans les baies et les estuaires, mais on n’utilise que celle qu’on cultive : les terrains de culture représentent une superficie de plus de 900 hectares, fournissant annuellement plus de 2100 000 kg de l’algue, ce qui correspond à une valeur de 1 200000 francs.
- Pour préparer ces terrains, en octobre ou novembre, on enfonce dans les fonds vaseux, sous une couche d’eau de 3 ou 4,50 m. à mer haute, de nombreux petits faisceaux de bambou, plantés en lignes régulières : ces buissons artificiels et immergés (à marée basse s’entend) sont faits pour arrêter et fixer les spores de l’algue : le phénomène s’accomplit avec une rapidité et une sûreté surprenantes, et dès janvier jusqu’en mars, on peut moissonner les algues, au fur et à mesure qu’elles poussent ; elles meurent du reste vers l’équinoxe de printemps. On ne mange guère d’amanori à l’état frais ; le plus fréquemment, on le fait sécher au soleil après l’avoir lavé à l’eau douce et aussi l’avoir tranché un peu comme de la choucroute; le séchage se fait sur des nattes, les languettes se disposant en feuilles par agglomération, comme nous l’avons vu faire pour certaines autres algues : c’est en feuilles brunes et minces comme du papier que se vend et s’expédie l’amanori. Au point de vue culinaire, nous dirons que cette substance alimentaire se met griller avant consommation, ce qui la ramène au vert, puis on la brise menu entre les mains, pour la jeter dans les sauces, la soupe; parfois aussi, on en trempe simplement des morceaux dans de la sauce. On l’emploie également à préparer l’équivalent d’un sandwich, que l’on consomme dans les gares de chemins de fer, devant les petites boutiques des marchands des rues ; sur une feuille d’amanori, on répand du riz, puis on place des tranches de viande ou de poisson, et on roule le tout pour le couper ensuite en tranches. Henry Bougeois.
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- CITÉS FANTASTIQUES DES MAUVAISES=TERRES
- Depuis longtemps tous les traités de géologie et de géographie citent, comme les plus singuliers exemples de destruction météorique des roches (par l’érosion, la corrosion, la déflation), les paysages, silhouettes et chaos rocheux extraordinaires qui labourent, hérissent ou bouleversent, souvent comme à l’em-porte-pièce, les Mauvaises-Terres (Bad-Lands) des grandes plaines centrales aux États-Unis : c’est là que, pour la première fois, on a jadis comparé les oeuvres de sculpture exécutées par les torrents, les pluies, les vents mêmes, à des ruines d’architecture humaine, à des villes détruites de géants, où l’on distingue rues, portails, colonnes, obélisques. Il n’y a guère plus de vingt ans qu’en France des phénomènes similaires ont été étudiés par les savants et
- Fig. 2. — La cheminée (grès, Nebraska).
- révélés aux touristes à Montpellier-le-Vieux (Aveyron), Mourèze (Hérault), Païolive (Ardèche). En Bohême, les étranges labyrinthes de Weckelsdorf et d’Aders-bach jouissent d’une plus vieille et fort méritée réputation1. Et l’Andalousie possède en ce genre, dans une de ses sierras, entre Malaga et Antequera, le peu fréquenté Torcal de Abdalajis, dont quelque jour il sera question ici.
- Il semblait bien que les pseudo-ruines ou villes naturelles d’Amérique l’emportassent en singularité sur tout ce qu’on peut leur comparer dans le Vieux Monde : mais, jusqu’à présent, elles n’avaient guère etc l’objet que de figurations plus ou moins infidèles. Aussi devons-nous signaler, au moins par quelques gravures, qu’en 1905, le service géologique des Etats-Unis a publié un considérable travail de M. M. 11. Darton, sur la géologie et les ressources en eaux souterraines des grandes plaines centrales des États-
- ‘Voy. n°“ 1573 du 16 sept. 1899 et 1375 du 30 sept. 1899.
- 2 Figures reproduites d’après les planches photographiées de l’ouvrage de M. Darton.
- Fig. 3. — Ravin de CoUonwood (Dakota. Grès argileux).
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- Unis ; celles-ci occupent la presque totalité du Kansas, du Nebraska, du Dakota méridional, et une partie du Wyoming et du Colorado. Le volume de 453 pages avec 72 planches (professional Paper n° 52) donne, d’après les photographies del’auteur et de MM. Walker,
- 11 faut que des circulations d’eau d’une puissance inconcevable se soient promenées autrefois dans cette portion de la surface du globe, pour que l’évidement du terrain, la dénudation, selon l’expression technique, n’ait laissé subsister, avec les profils invrai-
- Fig. 4. — Gros érodés de Mouuinent-Pnrk.
- Jackson, etc., des représentations scientifiquement exactes des indescriptibles formations rocheuses qui, sous le nom de Mauvaises-Terres, occupent une grande partie de la région. Sur leurs confins occidentaux les Parcs du Colorado relèvent du même ordre de manifestations géologiques.
- semblables que la photographie seule peut traduire, les parties les plus résistantes, les témoins des anciennes assises pour la plupart emportées. Les géologues sont accoutumés à supputer sans étonnement les masses de millions de mètres cubes que l’eau a dissociées, entraînées, détruites; mais le simple eu-
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- Fig'. 5. — Plateau des champignons (Nebraska).
- rieux ne saurait apprendre sans stupeur que les bosses ou aiguilles monstrueuses représentées ci-contre (il en est qui dépassent 100 mètres de haut), ne dénoncent sans doute même pas toute l’épaisseur des terrains qui, primitivement continus, d’un seul tenant, ont, peu à peu, grain à grain, parcelle par
- parcelle pris, au courant des eaux fluviales, le chemin des fonds océaniques !
- Telle a été la force irrésistible de ces actions désagrégeantes, que les pierres les plus dures, même volcaniques, n’ont pas su y résister.
- En majorité, il est vrai, c’est — comme en
- Fig. 6. — Portail du Jardin dos Dieux (Colorado).
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- kola) que sc sont façonnées les plus saillantes roches fantastiques des Mauvaises-Terres : ainsi le Hocher de la Chaire, dans le Kansas (lig. 1) et le Rocher de la Cheminée (Nebraska; lig. 2), dans la North Platte Valley.
- Dans le Nebraska, le plateau des
- Fig. 7. — Grès de Newcastle.
- Bohême — aux dépens d un terrain spécialement i peu consistant, le grès (en l’espèce les grès du D:t-
- Fig. 9. — La Tour du Diable (Wyoïuing).
- Fig. 8. — Flèches de cathédrale du Jardin des Dieux.
- Champignons (fig. 5) montre des grès aussi curieusement fouillés que ceux de la Suisse Saxonne européenne; mais ils sont bien plus dénudés. D’autres champignons à Newcastle (fig. 7) sont arrondis en boule sur des supports grêles, isolés au sein d’unç assise de roche plus tendre que celle qu’elle supporte. Les champignons des dolomies sableuses de Montpellier-le-Vieux ont pareilles forme et origine.
- Le même grès, coupé de lits argileux, a fourni les accidents spéciaux du ravin de Cottonwood (fig. 3) dans les Mauvaises-Terres du Dakola méridional. Diluée ct,entraînéc, l’argile a fait basculer en débris
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- ébouleux les grès qu’elle supportait, tandis que ceux dont elle n’affaiblissait pas la base se dressaient en colonnes, à chapiteaux souvent tabulaires.
- Dans le Wyoming, d’autres roches ont été travaillées : ainsi le pont naturel de Laprele est une haute arcade de calcaire dans la courbe d’un torrent.
- Et la Tour du Diable (fig. 9), sur la rive occidentale de la rivière Bellefourche, est un dyke volcanique à arêtes colunmaircs, dressé au-dessus d’ardoises rouges tout à fait rutilantes.
- Quant aux Parcs du Colorado, non seulement la fantasmagorie de leurs caprices rocheux égale au moins celle des Mauvaises-Terres, mais encore elle s’encadre souvent parmi les majestueux lointains des montagnes neigeuses.
- Pour le fameux Jardin des Dieux à l’ouest de Colorado-Spring (Colorado), il faut se reporter à la belle planche en couleur de M. Darton (frontispice
- du volume cité), pour avoir une idée du magnifique effet de la muraille de grès rouge, dont la brèche ou porte d’entrée s’ouvre devant la pyramide neigeuse du grand Pike’s Peak (fig. fi).
- Une couche de gypse blanc ajoute sur le premier plan au contraste des couleurs. Dans les mêmes parages, les flèches de Cathédrale (fig. 8) sont tout ce qui subsiste des strates verticalement redressées des grès rouges du Wyoming. Monument Park enfin révèle les piliers de la figure 4, dont on ne sait que dire si ce n’est qu’ils ressemblent vaguement à de gros requins dressés sur leurs têtes et battant l’air de leurs queues.
- Et pour la suite, non moins distrayante, de ces fantaisies où la nature s’est surpassée, nous ne pouvons que renvoyer le lecteur aux photogravures qu’interprète le savant travail de M. Darton.
- A. Steryal.
- LES LAITIERS DES HAUTS FOURNEAUX
- M. Boudouard, dans une conférence de chimie du laboratoire de M. H. Moissan, a exposé les résultats d’une étude sur la fusibilité des laitiers des hauts fourneaux, étude susceptible de conduire à des conclusions importantes au point de vue de la marche d’une opération industrielle.
- Les recherches ont porté spécialement sur les laitiers alumino-calciques, qui avaient fait l’objet de travaux antérieurs, et sont les plus généralement répandus. On savait déjà que les données qui allaient être obtenues ne répondraient pas exactement aux conditions pratiques : en fait un laitier se forme à une température plus élevée que celle à laquelle il fond une fois formé, et souvent la différence des températures est fort élevée. Ce résultat est aujourd’hui connu et il reste acquis que la connaissance du point de fusion donne une limite inférieure de la température de formation.
- On a pu déterminer ces points de fusion par la méthode directe, tant qu’il ne s’agit que de laitiers basiques ; mais la méthode est inapplicable aux laitiers alumineux, qui restent longtemps pâteux ; on a dù lui substituer une méthode de comparaison inspirée des procédés des céramistes. Il existe, sous le nom de cônes de Seger, des montres fusibles composées de sable de Fontainableau, de marbre et d’alumine; lorsqu’une pareille montre se ramollit, elle se courbe vers le bas, et on convient que la température d’affaissement sera celle qui correspond à cette forme de la montre. La collection des 45 montres, provenant du laboratoire de la Tonindustrie de Berlin, va de 1000 à 1850°.
- La comparaison se fait entre la forme du laitier, monté en cône de Seger, et la forme des montres étalons chauffées avec lui. Si la montre essayée est fondue alors que les montres de Seger sont restées intactes, on reprend l’expérience en comparant à des montres plus basses. Au contraire, on emploie des montres plus hautes si le laitier garde sa forme quand les montres d’essai sont incurvées, et on peut assez rapidement arriver à l’aspect identique de la montre d’essai et d’une montre inconnue. Une opération dure en moyenne de 20 à 25 minutes.
- Les résultats obtenus ainsi sont les suivants. Dans les conditions de l’expérience, un laitier fond à la même température, soit qu’on le prenne tout formé, soit qu’on
- le produise artificiellement par mélange de ses composants. Les conditions sont en effet exceplionnnelles, le mélange étant intime, et les composants finement pulvérisés. Aussi avons-nous vu que le résultat ne peut être transporté tel . quel dans la pratique industrielle, où la différence des deux températures dépasse notablement la limite des erreurs d’expérience; on diminue d’autant plus cette différence qu’on se rapproche plus des conditions du laboratoire.
- On observe de même que, de tous les laitiers possibles, formés de silice, alumine et chaux, il y en a un au moins qui est un composé défini : il correspond à l’une des deux températures de fusion maxima, et son caractère de composé défini est confirmé par l’examen microscopique. Il a pour formule Si O2 Al2 (U 2CaO. Un autre composé de formule un peu différente a été supposé, mais son existence n’est pas encore certaine. Les maxima observés sont 1500° et 1510°, celle-ci correspondant au corps signalé plus haut.
- Des résultats analogues obtenus pour les températures de fusion minima qui varient entre 1300 et 1390° et les températures intermédiaires, permettent de connaître approximativement la composition d’un laitier fondant à une température connue, et inversement de déterminer la composition d’un laitier qui doit fondre à une température donnée. C’est cette dernière application qui présente le plus d’intérêt, car la température de fusion ne doit pas différer beaucoup de celle du métal; une différence trop forte entraînerait une dépense exagérée de combustible, et un trop grand intervalle entre le ramollissement et la fusion proprement dite occasionnerait des pertes de métal, entraîné dans la pâte visqueuse que constitue le laitier.
- A ce dernier point de vue, il est utile d’obtenir des laitiers aussi légers que possible, afin qu’ils surnagent facilement le métal liquide ; il devient donc nécessaire de connaître l’influence qu’exercent, sur le point de fusion, les substances à densité faible qu’on ajoutera au laitier pour augmenter la fluidité, par diminution du poids spécifique, mais les résultats acquis sont encore incomplets en ce point; ce que nous avons dit suffit cependant à montrer l’intérêt qui s’attache à des recherches dans un ordre d’idées qui paraît à première vue ressortir à la technique pure. A. L.
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- LA NATURE.
- LE PASSAGE A LA CHAUX DES TUNNELS DU MÉTROPOLITAIN
- En dépit de tout amour-propre national, il faut bien reconnaître que, dans les milieux anglais, les mesures de propreté et d’hygiène sont beaucoup plus générales que dans les milieux français ; ou du moins, pour reconnaître les progrès laits dans cette voie, jusqu’à ces temps derniers il en a été ainsi. Et c’est une des raisons pour lesquelles la mortalité est moins élevée en Grande-Bretagne qu’en France. Une coutume excellente, que l’on a conservée chez nos voisins, c’est le passage à la chaux de beaucoup de constructions, devantures de boutiques, façades de maisons, murs de clôtures ; et sans doute ce ne sont pas les magasins luxueux que l’on traite ainsi ; mais cette sorte de peinture, aussi hygiénique que peu coûteuse, que l’on peut préparer du reste en donnant au lait de chaux une coloration jaunâtre, s’emploie même dans une foule de grandes villes. Et comme son bon marché permet de la renouveler an moins chaque année, on effectue par ce moyen un badigeonnage qui tue les germes déposés sur les surfaces de briques ou de maçonnerie. Nous savons bien que le lait de chaux est en usage depuis un temps immémorial dans bon nombre de nos campagnes françaises, et cela à l’intérieur de la maison comme à l’extérieur ; mais malheureusement la pratique disparaît même pour les murailles extérieures.
- En dehors de son intérêt hygiénique, un badigeonnage de cette sorte a l’avantage de créer une surface reflétant bien plus faiblement la lumière, il est vrai, mais à moins de frais que ces briques émaillées qui sont employées dans le chemin de fer métropolitain de Paris. Or, c’est précisément sur un des réseaux ferrés souterrains de Londres que l’on vient de prendre des dispositions aussi pratiques que curieuses, pour assurer le renouvellement rapide, facile, peu coûteux de l’enduit au lait de chaux dont on badigeonne les parois des galeries. Rappelons d’ailleurs que voici bien longtemps qu’on a recours à ce traitement à la chaux pour les tunnels et les gares des deux vieux métropolitains londonniens.
- C’est dans les tunnels du Central London Railway (ce chemin de fer électrique qui a été décrit ici) que l’on met à contribution l’appareil dont il s’agit,
- et au sujet duquel M. Granville Cunnigham, le General Manager, a bien voulu nous envoyer détails et photographie. Il a été combiné avec la simplicité de moyens qui caractérise les pratiques industrielles anglaises. En effet, le chariot épandeur du lait de chaux est tout uniment une voiture automotrice, qui servait auparavant au transport des voyageurs et à la propulsion des trains, et où l’on a laissé en place le moteur électrique assurant le déplacement du véhicule. A l’arrière, on a monté un châssis métallique fait de fers plats courbés, fixés à des tubes qui prennent appui sur le plafond et sur le plancher de Barrière de la voiture; au centre du châssis, est une sorte de grosse tubulure d’où partent une série de tuyaux flexibles. Chacun d’eux vient se terminer
- dans un tube métallique fixé ra-dialement au pourtour du châssis, et se divisant en deux branches qui forment chacune à son extrémité un ajutage de projection du lait de chaux. Les jets qui sortent de tous ces ajutages se croisent partiellement; et, si le wagon circule dans un tunnel, toutes les parties de la voûte sont mouillées du badigeon. À l’intérieur du véhicule, la place disponible, laissée par l’enlèvement des sièges, a permis d’installer un réservoir contenant quelque 3600 litres du lait de chaux teinté. Une pompe électrique, recevant son courant par le patin de prise du moteur, fait son aspiration par un tuyau ad hoc dans le réservoir, et elle comprime le liquide dans la tubulure dont nous avons parlé, pour le lancer dans les divers ajutages. Bien entendu, on dispose sur la tubulure d’un robinet d’arrêt.
- On comprend très bien avec quelle aisance et quelle rapidité peut se faire le passage à la chaux de tout un tunnel ; le véhicule se déplace à l’allure de 6,5 kilomètres à l’heure, tandis que fonctionne la pompe ; d’ailleurs, il faut que l’application de lait de chaux soit renouvelée trois fois pour qu’elle ait l’épaisseur et la tenue.voulues. Mais ces trois couches n’entraînent que peu de frais. Evidemment le procédé n’est pas pratique dans des tunnels où, comme à Paris, des annonces sont accrochées ou peintes le long du tunnel ; mais on avouera que ce système est tout à fait ingénieux et hygiénique. D. B.
- Lo wagon de passage à la chaux des tunnels du Métropolitain.
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- LA NATURE.
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- AUTOMOBILES DE CHEMINS DE FER A PÉTROLE
- ou Pétroléo-Electriques
- Nous avons déjà montré le parti que l’on commence de tirer de l’automobilisme sur les voies ferrées ; mais nous avons cité pour cette application des véhicules dont la propulsion est assurée par un moteur à vapeur ; et il semble que beaucoup d’ingénieurs de compagnies aient peu de tendance à compter en la matière sur le moteur à pétrole. Comme cependant celui-ci, en dépit de ses défauts, fait merveille dans le véhicule sur routes de terre, qu’il offre des qualités indiscutables, on en essaye sur certains réseaux ferrés, pour mettre en circulation de ces wagons automoteurs qui sont appelés à rendre tant de services. Au reste, nous allons voir que parfois on lui adjoint une génératrice de courant électrique qu’il actionne : et cela pour remédier à ses inconvénients, en ce qui touche notamment la mise en marche et la transmission de la puissance produite aux roues motrices. On arrive alors aux véhicules pétroléo-électriques : ils ressemblent considérablement dans leurs dispositions à des voitures automobiles circulant sur voies de terre, qui ne paraissent pas du reste avoit fait fortune.
- En Angleterre, où l’automobilisme sur chemins de fer prend un développement et rencontre un succès tout à fait remarquables, on ne peut pas dire que ce soit surtout au pétrole que l’on recoure dans ce but; cependant on n’a point prononcé d’ostracisme contre lui. Et c’est ainsi que, parmi les compagnies qui s’en servent, nous pouvons citer la compagnie du Great Northern Railway, dont le réseau offre cette particularité de posséder un grand nombre d’embranchements qui desservent des régions peu peuplées, et qui sont d’ordinaire en déficit avec les frais qu’entraîne la traction par locomotives. Le type de véhicule qu’elle a adopté a été étudié par son administrateur, M. Oliver Berry, et construit par la maison Dick Kerr and Co. Le wagon, qui est fait pour un minimum de 32 personnes, comporte un mécanisme pesant deux tonnes et monté sur un châssis qui est supporté directement par les essieux : la caisse est isolée de façon que les voyageurs perçoivent aussi peu que possible bruit et vibrations. Il y a deux moteurs, qui actionnent en commffn un arbre longitudinal commandant les essieux par des engrenages d’angle. Un différentiel pourvoit aux différences pos-
- sibles de vitesse de rotation des essieux. Les moteurs sont du reste rattachés à l’arbre longitudinal par des embrayages distincts. Ils sont du type Daimler, et peuvent développer chacun une puissance de 36 chevaux à grande vitesse; on dispose d’un réservoir à pétrole par moteur, et l’approvisionnement peut assurer en tout un parcours de plus de 600 kilomètres. A pleine charge, ce wagon, qui est d’une capacité somme toute assez faible, pèse 16 tonnes et marche à une allure normale de 48 km., pouvant atteindre au besoin 80 km. Une disposition intéressante, qui correspond un peu à celle que nous avons indiquée pour le bogie moteur de certaines automobiles anglaises ou françaises, consiste en ce qu’on peut enlever la caisse du véhicule pour réparer le châssis et la machinerie ; mais on peut aussi enlever la machinerie seule, en laissant la caisse en place.
- Simultanément aux véhicules à pétrole, on essaye sur les voies anglaises ce que nous avons appelé les pétroléo-électriques. Nous pouvons prendre comme exemple intéressant les wagons dits « electric autocars », qui circulent sur le North Eastern Railway. La voilure est du type salon à bogie; elle est en réalité partagée en trois sections : dans le compartiment avant (qui peut être arrière, comme nous allons le voir, quand la marche est renversée) se trouve le moteur à pétrole complété par la génératrice électrique; vient ensuite un passage transversal auquel on accède de chaque côté par une porte donnant sur l’extérieur; et de ce passage on pénètre soit dans le compartiment de la machinerie, soit dans celui des voyageurs. Ce dernier, qui comporte deux rangées de sièges latéraux, avec passage central, peut asseoir 52 personnes. A l’autre bout se trouve un petit compartiment où se placera le mécanicien électricien, un vrai wattmann, qui a sous la main un contrôleur lui permettant, lorsque la voiture marche avec le compartiment principal à l’arrière, d’envoyer aux moteurs des roues du bogie
- de l’autre extrémité le courant engendré grâce à la marche du moteur à pétrole. Ce compartiment principal renferme un moteur à pétrole horizontal et à 4 cylindres, construit par la Wolselcy Tool and Motor Car C°, de Birmingham, qui en Angleterre a un
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- LA NATURE.
- nom bien mérité dans l’automobilisme. La vitesse de cet engin varie entre 420 et 480 révolutions, il donne au frein 80 chevaux ; tout en négligeant les détails de fonctionnement, nous ferons remarquer que le conducteur du véhicule peut, de chaque extrémité, accélérer la vitesse du moteur par une poignée d’étranglement. Le moteur commande par accouplement direct la génératrice électrique, enroulée en compound, fournissant du courant continu à un voltage compris entre 500 et 550 volts, et excitée séparément par une excitatrice qui donne également le courant d’éclairage. Deux moteurs Westinghouse sont montés sur le bogie avant, semblables à ceux qu’on emploie pour les tramways électriques susceptibles de prendre de la vitesse. Ce qui est fort intéressant à noter dans une description. où nous ne faisons qu’indiquer les caractéristiques principales de ces curieuses automobiles de chemins de fer, c’est que l’on dispose dans le véhicule d’une batterie d’accumulateurs, et voici à quoi elle sert principalement : au départ, et pour la mise en route du moteur à pétrole, on recourt ù la génératrice électrique agissant comme moteur sous l’influence du courant qui vient de la batterie, et quand les vitesses convenables ont été obtenues, on peut effectivement mettre la voiture en mouvement en agissant sur le contrôleur électrique. Ce wagon automobile pétroléo-éleclrique arrive à prendre une vitesse de 58 kilomètres à l’heure, et il est muni de freins magnétiques avec patins frottant sur la voie. Il emporte avec lui des approvisionnements pour toute une journée de marche.
- Il est tout naturel que les Américains (qui sont du reste quelque peu en retard pour l’application de l’automobilisme sur les voies ferrées) aient songé particulièrement aux moteurs à pétrole pour cela : ils ont à pied-d’œuvre le combustible, ou, si l’on veut, le carburant à bon marché. Nous devons dire que certains constructeurs américains vont chercher leurs moteurs à pétrole dans la vieille Europe, puisque, pour des wagons pétroléo-électriques, la fameuse compagnie électrique de Scheneetady a recours au moteur Wolseley, mais doté d’une mise en marche automatique fort curieuse ; elle se fait au moyen de cartouches contenant de la poudre noire de chasse, et donnant une pression suffisante pour imprimer un premier mouvement aux pistons.
- On se partage du reste, chez les constructeurs et les exploitants américains, au sujet des avantages respectifs du wagon à pétrole proprement dit, ou au contraire de celui dans lequel le courant électrique permet de graduer la commande un peu brutale de l’engin à explosions. Dans la première catégorie, nous citerons notamment la compagnie dite Union Pacific Railroad, qui a mis en service des wagons montés sur un seul bogie à quatre roues, et susceptibles de prendre 25 personnes : on a estimé cela suffisant au moins pour l’instant, sur des embranchements secondaires et pour des relations interurbaines. On a donné à ce petit véhicule un avant en pointe et un toit entièrement arrondi, pour diminuer autant
- que possible la résistance exercée par l’air; l’arrière même est arrondi, car on sait le frottement considérable par appel qui se produit avec les voitures ù arrière carré. Le moteur à pétrole qui assure la propulsion de cette automobile est du type Standard à 6 cylindres, de 100 chevaux de puissance et vertical ; le renversement de marche de cet engin est obtenu par admission d’air comprimé dans 5 des cylindres, les cames des soupapes ayant été modifiées pour la marche en sens inverse. On peut réaliser couramment une allure de 55 kilomètres à l’heure ; détail intéressant pour un véhicule de chemin de 1er, l’accélération au départ est très rapide. Nous avons parlé d’air comprimé, et le fait est que l’arbre de manivelles du moteur actionne une pompe à air qui répond aux besoins du freinage : en 55 mètres, le wagon peut être amené sans inconvénient à l’arrêt complet. L’éclairage est fait à l’acétylène, et le chauflage emploie fort ingénieusement l’eau de refroidissement des cylindres du moteur. Ce wagon traîne parfaitement derrière lui deux voitures de remorque, et il monte aisément une rampe de 1,6 pour 100 en traînant une autre voilure; pour son compte, il affronte les rampes de 7,8 pour 100.
- Depuis lors, la même Compagnie de chemin de fer s’est fait construire un autre type de wagon automobile d’un gabarit un peu plus fort, portant 57 personnes et pesant 28 tonnes au lieu de 20 : il laut dire que l’emploi de l’acier dans toute la construction du véhicule a été pour beaucoup dans celle diminution du poids mort par place offerte. Ce nouveau wagon donne facilement 80 kilomètres à l’heure, et on l’a même fait marcher durant un assez lontr parcours à raison de plus de 95 kilomètres. 11 est évident que ces grandes allures ne sont pas ce à quoi on destine vraiment ces automobiles sur rails.
- Comme type de wagon pétroléo-électrique, aux États-Unis, voici celui de la St-Joseph Valley Traction C°. Il comporte un moteur à essence de 70 chevaux, relié directement à une dynamo fournissant du courant continu à 250 volts : ce courant est envoyé à quatre moteurs électriques de 55 chevaux montés sur les deux hogies de la voiture. La mise en marche est assurée par le courant venant d’une batterie de 120 éléments, qui peut du reste venir en aide à la génératrice électrique en cas de besoins considérables et de consommation élevée. On a prévu une mise en marche de secours au moyen de l’air comprimé, pour le cas où le courant viendrait à manquer. Et comme le moteur de 70 chevaux, à 525 révolutions, non seulement met aisément en mouvement le véhicule où il est installé et qui pèse 45 tonnes, mais encore remorque sans peine une autre voiture portant 70 voyageurs ; que la consommation d’essence est fort faible ; la Compagnie qui a fait cette expérience en paraît satisfaite.
- Nous ne croyons point qu’on soit encore arrivé à un type définitif en matière d’automobile à pétrole pour chemin de fer; et la preuve en sont les efforts d’une grande Compagnie américaine qui cherche
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- LA NATURE.
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- une combinaison où, seuls, les changements de vitesse seraient obtenus électriquement. Mais il est invraisemblable que ce moteur tonnant qui rend tant de services sur les roules de terre, ne soit pas appelé à quelque avenir sur les voies de 1er, en attendant sans doute la généralisation de la traction électrique. P. de M.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Le compterendu de la séance du 21 mai 1907 paraîtra dans le prochain numéro.
- CHRONIQUE
- Les ports des villes hanséatiques. — Les villes hanséatiques montrent une persévérance admirable à maintenir leurs établissements maritimes à la hauteur de leur réputation et des besoins nouveaux du commerce. Dès 1898, en dix années seulement depuis leur annexion douanière à l’Empire, elles avaient dépensé pour cela plus de 580 millions de francs en ce qui concernait Hambourg, 144 millions pour Brème et Bremerhaven, 50 millions pour le Weser. Depuis lors, les dépenses de Hambourg ont été de 100 millions et plus, celles de Brème de 50. Naturellement, on ne va point s’en tenir là, pour Hambourg notamment, dont le mouvement des navires a passé de 4 555 000 à 10 400 000 tonnes entre 1888 et 1905. 11 est probable que ce port atteindra le chiffre énorme de 14 millions de tonneaux vers 1910. H faudra s’étendre au-dessous du pont de l’Elbe et du côté du Kohlbrand. Quant à Brème, on est sur le point d’y ouvrir le second port libre ; on compte approfondir le Weser à 7 m. On dresse enfin des plans d’agrandissement pour Bremerhaven.
- Lit voyageur pressé. — Les perfectionnements des voies de communication et leur multiplication permettent seuls des voyages accélérés comme celui que vient d’accomplir, pour « affaires » naturellement, un ingénieur anglais. Il s'agit de M. À. Clark, résidant normalement à lvobe, où il représente une maison anglaise d’instruments de précision : la Kelvin and While Scien-lific Instrument C°. Il avait absolument besoin de se rendre à Glasgow ; et cependant il tenait à s’absenter de Robe aussi peu de temps que possible. 11 partit donc de Robe, avec l’espoir d’être rentré au bout d’un mois et demi tout au plus. Le voyage de Robe à Glasgow ne lui prit effectivement que 18 jours et demi : il passa par Tsumga, Yladivostock, Irkoutsk, Moscou, Berlin et le Hoof von Holland. Malheureusement, il perdit un certain temps dans son voyage de retour, par suite d’une correspondance manquée. Retournant par la même route, il arriva par le Transsibérien à Yladivostock une heure seulement après que venait de partir le steamer de la Compagnie Busse Est-Asiatique; il est incroyable qu’on n’attende point un train comme le Transsibérien. Toujours est-il que M. Clark fut obligé de s’embarquer sur un paquebot de la Nippon Yusenkaisha, qui touchait aux ports coréens. Il s’allongea ainsi de plusieurs jours. Mais enfin, en 47 jours, il avait réussi à aller traiter les affaires qui l’appelaient à Glasgow.
- Les nouveaux croiseurs anglais. — La flotte anglaise possède, au moment où nous écrivons, trois nouveaux croiseurs absolument remarquables à tous égards :
- Indomilable, inflexible et Invincible. Ce sont les croiseurs les plus puissants qui aient encore été mis à l’eau, et pour leur armement offensif et pour leur vitesse. H faut dire que chacun d’eux coûte en moyenne plus de 45 millions et demi. A la vérité, ils ressemblent plus à des cuirassés qu’à des croiseurs, et leur cuirasse ou leur armement offensif ne le cèdent guère qu’à ceux des cuirassés de la classe Dreadnoughl. Leur vitesse est de 25 noeuds, et à tirant d’eau normal ils peuvent prendre 1000 tonnes de charbon. Leur rayon d’action est très satisfaisant. Disons d’un mot que leur déplacement atteint 17 500 tonnes, et qu’ils peuvent tirer par chaque bordée 8 canons de 50 cm, ce qui correspond sensiblement à une énergie totale, à la gueule des pièces, de 1 200 000 kilogrannnètres.
- Télégraphie transcontinentale africaine. —
- A l’heure actuelle, le grand télégraphe transafricain représente un développement de plus de 2200 km, sans parler de certains embranchements. 11 part d’Umtali, dans la Rhodésie méridionale, pour se diriger sur Tésé, dans l’Afrique orientale portugaise. De là, il remonte à Blanlyre, dans le Protectorat britannique de l’Afrique centrale, et, se dirigeant vers le nord, il suit la rive ouest du lac Nyassa. H atteint ensuite l’extrémité du Tanganyika, traverse le territoire allemand, pour arriver enfin à Udjidji. H paraît que les animaux sauvages, en particulier les éléphants et les girafes, causent de très graves dommages à la ligne.
- A. DE LAPPARENT
- Le nouveau secrétaire perpétuel de l’Academie' des sciences est un trop ancien et trop dévoué ami et collaborateur de La Nature, pour que nos lecteurs ne se réjouissent pas avec nous de son accession à ces hautes fonctions : tous ceux qui se vouent à l’étude des sciences naturelles ne peuvent qu’applaudir au choix de la docte assemblée. Tous les jeunes ont expérimenté la sûre expérience et l’affable appui de M. de Lapparent, guide toujours bienveillant pour les débutants qui sollicitent ses avis; nul n’ignore les cinq éditions de son Traité de géologie, les trois de ses Leçons de géographie physique; les amateurs se sont instruits rapidement et clairement dans son Abrégé de géologie, sa Géologie en chemin de fer, le Siècle du fer, la Question du charbon de terre ; et les savants surtout apprécient le Cours de minéralogie et la Géologie du pays de Bray. Quant aux autres renseignements biographiques sur l’auteur de tant de beaux ouvrages, nous tenons particulièrement à les fournir dans le plus lointain délai possible.
- LE COLCHIQUE ET LA COLCHICINE
- Linné donnnait aux botanistes le conseil de commencer leurs herborisations au moment où les arbres développent leurs bourgeons, et de les terminer à la floraison du colchique en automne. Cette plante est en effet une de celles qui fleurissent le plus tard dans l’année, et quand elle a épanoui ses longs calices d’un violet pâle, l’hiver n’est plus loin.
- Le colchique habite les prés et les marécages tourbeux; il n’est pas rare dans une très grande partie de la France, et on peut le trouver
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- LA NATURE.
- avec une certaine abondance aux environs de Paris.
- 11 fleurit vers la fin d’octobre, chaque individu produisant une à trois fleurs; celles-ci sont très grandes, longues d’environ un décimètre, et offrent un périanthe longuement tubuleux, couronné à son sommet par six lobes lancéolés alternativement sur deux rangs. Le tube est parcouru dans toute sa longueur par les trois filets des styles.
- Les feuilles ne paraissent qu’au printemps suivant ; elles sont lancéolées, au nombre de trois à huit, et sortent d’une large gaine brune, coriace. Elles entourent le fruit, qui est à trois loges.
- Le colchique d’automne, auquel l’horticulture a quelquefois recours pour la décoration des gazons et pelouses, porte différents noms vulgaires.
- On l’appelle tantôt dame nue, dame sans chemise, par allusion à ce fait que ses fleurs ne sont pas accompagnées de feuilles, et que la plante ne paraît produire que des fleurs ; safran bâtard, safran des prés, à cause de sa ressem-blance avec les vrais safrans ; tue-chien, en raison de ses propriétés vénéneuses; veilleuse, veülotte, parce que sa floraison tardive coïncide avec le moment où commencent les longues veillées d’hiver.
- Sa partie souterraine est un bulbe, de la grosseur d’un petit marron, ovoïde, convexe sur une face, creusé en long sur l’autre ; chaque année un nouveau bulbe se forme latéralement à la base de l’ancien.
- Récolté pendant l’été, quelques-uns avant la floraison, ce bulbe offre une odeur forte, piquante, une saveur très âcre et presque corrosive, que la dessiccation n’altère pas.
- Les propriétés vénéneuses du colchique étaient connues des anciens ; toutefois son emploi comme plante médicinale ne remonte pas très loin.
- A ce point de vue d’ailleurs, il ne tient pas fidèlement ses promesses et se montre très inégal dans ses effets suivant le climat, le terrain où il croît, la culture qu’on lui applique, l’époque à laquelle on le recueille.
- . Ses vertus médicinales sont par suite incer-'Haines, et môme son pouvoir toxique, car, tandis que certains auteurs disent l’avoir expérimenté à des
- doses assez élevées sans conséquences fâcheuses, d’autres lui attribuent de graves accidents.
- Les symptômes de l’empoisonnement par le colchique sont une violente purgation, des angoisses et des syncopes ; le remède est un émétique, si l’absorption du poison ne remonte qu’à peu de temps, et l’administration consécutive d’abondantes boissons mucilagineuses tièdes.
- La substance active du colchique est un alcaloïde qui se présente sous forme d’aiguilles incolores, la colchicine ; elle est un peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool et dans l’éther. La colchicine a été substituée au colchique par l’emploi médicinal contre les manifestations goutteuses et arthritiques, emploi qui a une tendance à prendre actuellement quelque extension.
- Malgré les bons et constants effets du salicylate de ~>à^tB=eontre ces manifesta-Tîôns, les médecins anglais lui préfèrent la colchicine, qu’ils considèrent comme le remède spécifique du rhumatisme.
- La colchicine est très active, et son emploi doit être sévèrement surveillé; on conseille de l’administrer à raison de 4 granules de 1 milligramme le premier jour de la crise, 5 granules le deuxième jour, 1 granule le quatrième, et de recommencer ainsi après une semaine d’interruption.
- Les e ff e t s thérapeutiques de la colchicine sont dus à son action irritante, qui a pour résultat de provoquer un effort d’élimination de l’acide urique que l’économie renferme en excès, et dont la présence détermine les accidents arthritiques,
- Après l’absorption de la colchicine, on remarque que cette substance abonde dans les muscles et les tissus des articulations, môme dans le tissu osseux ; elle localise donc son action précisément dans les points où l’exès d’acide urique occasionne les manifestations douloureuses, qui sont le symptôme le plus apparent et le plus pénible des accidents d’ordre rhumatismal ou goutteux.
- A. Acloque.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- Le colchique d’automne.
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- LA NATURE
- TRENTE-CINQUIÈME ANNÉE — 1907
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abeilles (La division du travail chez les), 47.
- Académies (L’association internationale des), 31.
- Acide carbonique naturel (La liquéfaction de 1’), 25.
- Acide gymnémique et les médicaments amers (L’)> 27.
- Acide oléique des acides gras (Sur l’ex-
- . traction de U), .158.
- Acoustique des salles pour la voix parlée (U), HO.
- Aéroplane Delagrange (L’), 359.
- Acrostalion militaire en Allemagne (L’),
- 211.
- Aiguille indéréglable ltogozca, 298.
- Air comprimé (La vie et le travail dans 1’), 507.
- Air liquide explosif pour le tirage des mines (L), 350.
- Alaska (Les moyens de transport dans 1’), 150.
- Albatros (Le menuet des), 321.
- Alcoolisme en France (La répression de 1’), 523.
- Alésia, 230.
- Algues marines au Japon (L’industrie des), 404.
- Alizés et contralizés, 519.
- Alliages d’argent (Ladislillalion des), 111.
- Aluminium (Sur les explosions qui se produisent dans les fabriques de bronze d’), 158.
- Ambre (Photographie des insectes de F), 385. .. .
- Amidon (Action de l’extrait d’orge sur F), 271.
- Ampoule Crookcs réglable, 354.
- Amundsen à la recherche du pôle magnétique (L’expédition), 219.
- Anesthésie par l’éther et par le chloroforme, 191.
- Anesthésique (Un nouvel), 145.
- Anévrisme des vaisseaux crâniens (Guérison d’un), 221.
- Angoratine (L’), 258.
- Ankylostomiase (Les mangeurs de terre et F), 29.
- Anthraenose (L’origine de F), 31.
- Anlhracnosc pulmonaire (Contribution à l'élude de F), 555.
- Arbres et les trognes (Les arcades d’), 131.
- Arches en maçonnerie (Nouvelles grandes), 115. .
- Arctique (L’atmosphère de la région), 598.
- Arizona (Les forêts pétrifiées del’), 155.
- Attraction de la matière (L’), 31.
- Aurores boréales (Les), 526.
- Automate en contravention, 64.
- Automobile de 54U00 kilomètres (Un voyage en), 38.
- Automobile de guerre (Nouvelle), 256.
- Automobile (Le Salon de F), 83, 119.
- Automobile postale américaine, 193.
- Automobiles de chemin de fer â pétrole, 413. !
- Automobiles pour voies ferrées, 269.
- Autruche dans les possessions françaises d’AClique (Élevage de.F), 133.
- Aùlruche (La confection des plumes d’), 28.
- Aveugles (Livres et journaux pour), 165.
- Avignon (Les nouvelles fresques du palais des'papas d’), 289.
- Azote (Le problème électro-chimique de la fixation de F), 237.
- Azote ' et hydrogéné (Combinaison directe de l’j, 256.
- B
- Bacille de Koch (La constitution du), 175. . 1
- Baleine au filet (La pêche de la), 50. Ballon dirigeable « De-la-Yaulx » (Le), 202.
- Ballon dirigeable « la Ville-de-Paris », 588.
- Ballon dirigeable « Patrie » (Le), 252. Baromètre enregistreur de Mil. Chauvin et Arnoux, 112.
- Basculo (Le), 401.
- Bassin houiller de la Campine belge (Le nouveau), 570.
- Bateaux de plus de 200 mètres, 506.
- Baudin à File des Kangourous (Le rocher de), 154.
- Berthelol (Marcelin), 275.
- Bertrand (Marcel), 207.
- Béton (Production des cailloux 'pour), 206.
- Bible moralisée (La), 554.
- Bibliothèques fictives, 155.
- Bicyclettes (Motocyclettes et). — Voir : Motocyclettes.
- Bisons du Caucase (Les), 278.
- Bouée-radeau de sauvetage (La), 175.
- Bruxelles port de mer, 58.
- Budget naval des États-Unis, 221.
- c
- Câbles-porteurs . dans les chantiers de construction de navires (Les), 177.
- Caissons et la construction des phares (Les), 1.
- Californie (Décadence de la), 270.
- Calomel (Sur une modification du), 126.
- Calorimétrique (Chambre respiratoire), 51.
- Canal de Marseille au Rhône,(Le), 328.
- Canal latéral au Mincio (Le), 351.
- Cancer prostatique (Prophylaxie du), 31.
- Canon de campagne italien (Le), 19.
- Canon Rhimailho (Le), 5.
- Canons (Théorie de la frotte des), 143.
- Canot automobile insubmersible, 5.
- Caoutchouc (La recherche du), 599.
- Caoutchoucs des loranthacées (Les prétendus), 534.
- Cap de Bonne-Espérance au xvuc siècle (La faune du), 18.
- Capucine des Canaries (La), 162.
- Carte marine (Comment on dresse une), 99.
- Cellules artificielles (Les), 53.
- Charbons chez certains animaux (Traitement du), 110.
- Charcot (Résultats scientifiques de l’ex-pcdilion), 391.
- Charpentier chinois (Le), 303.
- Chasse aux lapins à la vapeur (La), 159.
- Châtaigne et le châtaignier (La), 374.
- 27
- Supplément au n° 1774 de La Nature du 25 Mai 1907.
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- 418
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Chemins de fer américains (Les transports postaux sur les), 159.
- Chemins de fer dés Alpes autrichiennes (Nouveaux), 510.
- Chemin de fer du Dahomey et le Haut-Niger (Le), '97.
- Chemin de fer électrique au Chili (Un), ‘259.
- Chemin de fer en 1810 (Un), 227.
- Chemins de fer et la navigation à l’exposition de Milan (Les), 51.
- Chemin de 1er luxueux (Un), 221.
- Chimie en peinture (Du rôle de la), 182.
- Chimie organique, 111.
- Chloroforme (Appareil à), 79.
- Chloroforme (Procédé de conservation et de contrôle de la pureté du), 110.
- Chrome (Action de la chaleur sur les sulfates de), 159.
- Ciment (Les appareils à injections de), 161.
- Cinématographe d’amateur (Un), 551.
- Colchique et la colehieinc (Le), 415.
- Colorado (L’évanouissement du), 564.
- Comète (Découverte de), 255.
- Commande d’appareils à distance, 111.
- Comores (L’archipel des), 262.
- Concasseur de belles dimensions, 190.
- Concombres serpents (Les).
- Conserves alimentaires (La fabrication des), 12.
- Contacl (Phénomènes de), 210.
- Corrosion des grandes maisons américaines (La), 259.
- Couleurs (Modification de la sensation des), 127.
- Couleurs minérales et organiques artificielles (Préparation éleelrcehimique des), 558.
- Couveuse pour 15 000 œufs (Une), 504.
- Crète (Les fouilles de), 87.
- Crevette (Une grande), 582.
- Cristallographie, 79.
- Cristaux (Absorption de la lumière dans les), 145.
- Cristaux (La propagation de la lumière dans les), 51.
- Croiseurs anglais (Les nouveaux), 415.
- Cuirassés allemands (Les grands), 578.
- Cuirassé anglais « Dreadnougbl » (Mise en service du), 56.
- Cuivre (Effets de certains éléments sur la structure et les propriétés du], 114.
- Cyclistes (Nouveautés), 228.
- D
- Déchargement mécanique des chalands (Le), 575.
- Dérochcusc sous-marine, 501.
- Dissolution (Etal des corps en), 191.
- Dragues modernes (Les godets des), 160.
- Dulutli (L’accident du pont de), 268
- E
- Eau en France (Protection de F), 294.
- Eau d’égout à l’aide de la tourbe (Epuration des), 259.
- Échelles d’incendie (Perfectionnement des), 508.
- Échelles des cartes (Détermination des), 270.
- Eclairage au gaz (1/), 266.
- Eclipse du soleil (La prochaine), 111.
- Eléphant (Anatomie du thorax de F), 221.
- Éléphant du Muséum (Les causes de la mort de F), 175.
- Éléphants (L’appareil respiratoire des), 259.
- Éléphant Saïd (Maladie de F), 190.
- Emulsion à base d’amalgame de platine (L’), 270.
- Emulsicn en présence d’un aira'gamc, 552.
- Éocènes (Le synchronisme des dépôts),
- _ 145.
- Éoccncs (L’âge de gisements), 159.
- Epreuves positives (Procédés artistiques pour l’obtention des', 507.
- Equateur (La mission géodésique française de F), 195.
- Erosions de la mer (Défense des côtes contre les), 562.
- Eskimos (La vie saisonnière chez les), 206. .
- Etain (Production cl consommation de F), 45.
- Filmographie : le Musée du Trocadéro, 106.
- Étoiles variables à courte période, 175.
- Eudiomètre (Nouvel), 15.
- Exploration arctique, 127.
- F
- Faliaka (Le), 15.
- Fanvest (Sur le rail dans le), 25. Fibrinogène dans l’organisme (L’origine du), 259.
- Figuier (La fructification du), 271.
- Fils gèodisiquos (L’élu le de.-), 583. Fleurs et fruits fossiles, 5S2.
- Fluor dans les coquillages (Le), 221. Fluor dans les eaux minérales, 159. Forets et cours d’eau, 155.
- Formations géologiques actuelles, 219. Fossiles : Voir Paléontologie.
- Frein pour canon de campagne (Système Va vasseur), 269.
- Fioid(La résistance au), 186.
- Froid (Conservation des denrées par le', 519.
- Fromages (L’amertume des), 175.
- G
- Galets et sables de Bcrck, 519. Galvanoplastie (Fabrication des cylindres, plaques et fils de cuivre par la), 147. Ganglions nerveux (Transplantation des), 207.
- Ganglions (Transplantation des), 270.
- Ganglions transplantés (Transplantation des cellules des), 221.
- Gaz et des vapeurs (Propriétés générales des), 159.
- Générateur à gaz pauvre pour automobiles, 555.
- Géographie botanique, 554.
- Géologie expérimentale, 79.
- Géologie expérimentale, 519.
- Glaciaire (Trace de la période), 598.
- Glande pinéale (Le rôle de l’hypophvsc et de la), 552.
- Glucoside (Un nouveau), 255.
- Graines (La vie latente des), 21.
- Grains minéraux même microscopiques au moyen de leur indice de réfraction (Reconnaissance des), 214.
- Graphologie (La), 150.
- Grisoumètre (Nouveau), 256.
- Guerre : éducation militaire en six mois, 49.
- H
- Hauts fourneaux (Les laitiers des), 411. Hélium (Préparation de F), 145.
- Homme fossile dans nés régions (L’),566. Hospitalier (E.), 256.
- Houille : exploitations houillères américaines, 47.
- Hypophyse (Le rôle physiologique de 'F), 259.
- I
- Incendies de forcis (Les dégâts causés par les), 159.
- Incendies modèle (Un service d’), 190.
- Inde (supplices mystiques dans F), 555.
- Infections (La défense de l’organisme contre les), 207.
- Insecte qui perce le plomb (Un), 259.
- Insolation (Altérations organiques occasionnées par F)-, 14.’
- Insolation à Paris (La durée de F), 403.
- Intestin dans l'infection tuberculeuse (Le rôle de F), 555.
- J
- Jamaïque et ses trembh meuls de terre (La), 247.
- Josapbat (Les eaux souterraines de la vallée de), 284.
- Jupiter (L’aspect du 111° satellite de), 555.
- K
- Kromnrographe enregistreur musical automatique (Le), 261.
- L
- Lacs américains (Les tempêtes des grands), 56.
- Lait cru aseptique (Le), 505.
- Lait (L’amertume du), 566.
- Laussedat (Le colonel), 288.
- Lilas (Le forçage du), 579.
- Lobi et scs antiquités (Le), 557.
- Locomotives à adhérence supplémentaire pour fortes rampes, 245.
- Locomotives articulées, 148.
- Lœlschbcrg (Les travaux du chemin de fer du), 576.
- Lumière (Absorption de la), 221.
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-
-
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- 419
- M
- Madagascar (Le gibier d’eau à), 167.
- Magnétisme et ferro-maguétismc selon le principe de Curie, 108.
- Magnétisme sur les cristaux (Action du), 79.
- Maïs par l’ustilago (Envahissement du),
- 1 319.
- Mal de mer (La suppression du), 115.
- Mammifère inconnu, 79.
- Mammifère inconnu (Un), 110.
- Manganèse cl la fermentation (Les sels
- ‘ de), 250.
- Manganèse et la fermentation (Les sels
- * de), 519.
- Marine italienne (Le budget delà), 158.
- Marine militaire de l’Allemagne (La), 179.
- Maroc (L’exploration hydrographique des cèles du), 58.
- Matière rôdan'e. (Une nouvelle), 551.
- Mauvaises-lerrcs (Cités fantastique'' des), 197.
- Membres artificiels (Les), 276.
- Menton (Les grottes de), 255.
- Mer aquitanienne (La), 191.
- Métaux en 1907 (Les), 103.
- Métaux (La production et le prix des),
- 194.
- Métropolitain : les travaux de la Place Saint-Michel, 40.
- Métropolitain (Le passage à la chaux des tunnels du), 412.
- Métropolitain souterrain à marchandises de Chicago (Le), 76.
- Microscope stéréoscopique, 566.
- Modérateur de vitesse, 240.
- Moisson (Henri). 222.
- Monnaies d’Alexandre (Un attribut naval sur les), 415.
- Mort apparente (La). 172.
- Moteurs à deux temps minuscule. (Un), 385.
- Moteur Bordeaux-VcrneL (Le), 348.
- Motocyclettes et bicyclettes au Salon de 1906, 162.
- Motocyclette (Le coût des voyages eu), 551.
- Motocyclettes légères, 292.
- Mouches piquantes (Etude cntomologiquc des), 255.
- Muscles (Perception d’un rythme musical par les), 191.
- N
- Navigation à l'exposition de Milan (Le), 57.
- Navires géants (Mise à l’eau des), 72.
- Navires pour expéditions polaires, 20.
- Newcastle (Les travaux gigantesques de), 107.
- Nigérien (Exploration du plateau central), 78.
- Niveau à collimateur du colonel Gou-lier (Le), 126.
- Notnograpihe, 79.
- O
- Observatoire de Greenwich (Le déplacement de P), 162.
- Œufs (Conservation des), 111.
- Oiseaux égarés, 347.
- Opium en Chine (La prohibition de P), 22. Organes humains (Découverte <P), 366.
- P
- Pain en alcool (La teneur du), 551.
- Paléontologie : animaux fossiles d’Amérique, 65.
- Palmier raphia (La cire du), 270.
- Paresseux (Les progéniteurs des), 159.
- Paysages hongrois : la Waag, 151.
- Pelade (La non-contagiosité de la), 114.
- Pélicans dans la Basse-Casamance (Un village de), 271.
- Perles : l’industrie perlière en AVcslra-lic, 123.
- Pétrole en Algérie (La découverte du), 524.
- Pétrole en mer (Une exploitation de), 145.
- Phares (Les caissons et la couslruclion
- des), 1.
- Phonographes (Manufacture de), 515.
- Phoqueries des îles Pribiloff (Les), 255.
- Physique (Exposition de la Société française de), 518.
- Pic de la Meijc (La hauteur du), 519.
- Pilules (Fabrication industrielle des), 104.
- PJanklon (Décolle de), 143.
- Plantes (Croissance de fausses), 15.
- Plantes (Les pseudo-), 143.
- Pleycla (Le), 136.
- Plombagine électrique (La), 50.
- Plumes d’autruche (La confection des), 28.
- Poids atomiques des corps simples, 221.
- Pointage (Nouveau chevalet de), 129.
- Poissons (Un toxique des), 143.
- Poissons (L’audition chez les), 14.
- Poissons venimeux (Les], 210.
- Polarisation rotatoire magnétique, 47.
- Pèle Sud (La faune du), 111.
- Pollen (Etude histologique du), 159.
- Pompiers à Milan (Concours international de), 109.
- Pont cantilevcr (Nouveau grand), 60.
- Pont métallique (Un nouveau grand), 142.
- Port de Douvres (Une catastrophe au nouveau), 128.
- Porte de village (Une curieuse), 96.
- Ports des villes hanséatiques (Les), 415.
- Précipités tubulaires, 79.
- Présure (La), 583.
- Projectiles en traversant une couche liquide (Perte de vitesse des), 155.
- Propulsion par hélice sur la glace (La), 79.
- Pseudomorphose végétale, 255.
- Puy de Dôme, Voir : Locomotives à adhérence, 243.
- Puys d’Auvergne (Les), 207.
- R
- Radiations phosphorescentes dans un champ magnétique (Les), 259. Radium en Amérique du Sud (Le), 135. Rails (Une commande de 360000 tonnes de), 127.
- Rayons X (Mode d’action des), 47. Récepteur électrique silencieux, 166. Rivières torrentielles (Le lit des), 239. Rose (L’inversion organique chez la), 55. Roulis des navires (Un amortisseur du), 582.
- S
- Sahara (Exploration géologique du), 335. Saïotes (Le dieu vivant des), 17. Sauterelles (Un parasite des), 207.
- Sel (Le rèle biologique du), 543. Sélénium en astronomie (Emploi du), 178.
- Sériciculture à Madagascar (Un nouvel egsai de), 191.
- Serpollct (Léon), 190.
- Sève (Le transport de la), 598.
- Simuües du Congo (Les), 319.
- Soleil (La température du), 558.
- Soufre de Louisiane (Le), 156.
- Sourciers (La baguette des),-290. Sous-marin allemand, 79.)
- Sous-marins : les dangers de la navigation sous-marine, 81.
- Spectre solaire (Photographie du), 319. Stations centrales électriques en Angleterre en 1908 (Les), 51.
- Stéréoscope de M. A. Pigeon (Nouveau), 48.
- Submersibles (Nos futurs), 241.
- Suclle miliaire (Origine de la), 287. Synthèse artificielle d’un spinclle de fer et de magnésium, 551.
- T
- Tantale (Applications industrielles du), 55.
- Taodéni (Les mines de sel de), 258.
- Télégraphes dans l’Afrique Occidentale française (Les), 74.
- Télégraphie transcontinentale africaine, 415.
- Télégraphoseope Relin (Le), 170.
- Télémécanique sans fils (La),' 145.
- Télémètre du commandant Gérard (Le), 258.
- Téléphonie sans lit, 186.
- Téléphonie sans til (Expériences récentes de), 542.
- Téléphoniques à Paris (L’organisation des bureaux), 199.
- Téléphotographie (La), 51.
- Tcléphotographic (La), 99.
- Température de la croûte terrestre, 175.
- Téphrosinc (La toxicité de la), 239, 271.
- Terres africaines (La composition de nos), 347.
- Thérapeutique ionique (La), 70.
- Tour Eiffel (La rivale de la), 52.
- Toxines dans les liquides de culture (Les), 221.
- Toxiques de l’organisme, 159.
- Toxique végétal (Un nouveau), 14.
- Toxique végétal (Recherche d’un), 47.
- Tranchée par ' l’abatage hydraulique (Creusement d’une), 189.
- Transatlantique (L’amputation et k grclfc du), 599.
- Transport dans les grandes villes modernes (Les moyens de), 569.
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- 420
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Tremblements de terre, 351.
- Tremblements de terre, Voir : Jamaïque .
- Tremblement de terre de Calabre en 1900 (Le), 127.
- Tremblements de terre (Théorie des), 319-
- Tricycle nautique (Un nouveau), 552.
- Trypanosomiases du haut Niger (Les), 175.
- Tungstène (Dosage du), 352.
- Tunnels sous rivière à New-York (Les), 139.
- Typhoïde par les huîtres (Propagation de la lièvre), 207.
- V
- Vallées (Creusement des), 30(5.
- Variations spéciliqucs (Les), 191.
- Végétaux l'ossiles (Distribution des), 47.
- Végétations (Les pseudo-), 111.
- Vie (La création de la), 127.
- Vins (L’amertume des), 110.
- Visée et le viseur Grubb (Le mécanisme de la), 595.
- Viviseetionnisle en Angleterre (Campagne an li-), 504.
- Voies ferrées canadiennes (Les nouvelles), 174.
- Voilier (L’agonie du), 257.
- Voix (Un procédé photographique de reproduction de la), 590.
- Voyageur pressé (Un), 415.
- w
- Waag (Paysages hongrois : La), 151. Weslralie (Les forets et l’industrie du bois en), G.
- Z
- Zénith (Repérage du), 300.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Acuimiii (A ). — La capucine des Canaries, 162. — Le lait ci ii aseptique, 505. — Le colchique et la colcliicine, 415.
- Ihai.KT (Daniel). — La fabrication des conserves alimentaires, 12. — Le métropolitain souterrain à marchandises de Chicago, 76. — Le chemin de 1er du Dahomey et le Haut-Niger, 1)7. — Une exploitation de pétrole en mer, 145. — Locomotives articulées, 148. — Les godets des dragues modernes, 160. — Automobiles pour voies ferrées, 209. — L’agonie du voilier, 257. — La vie et le travail dans l’air comprimé, 567. — Le déchargement mécanique des chalands, 575. — Le passage à la chaux des tunnels du métropolitain, 412.
- ISi.axcuard (I)1' IL). — L’inversion organique chez la rose, 55.
- lioNMN (H.). — Locomotives à adhérence supplémentaire pour fortes rampes, 245. — Dérocheuse sous-marine, 501. — Le canal de Marseille au Rhône, 528. — Défense des côtes contre les érosions de la mer, 562.
- IlouGiiois (IL). — Les caissons et la construction des phares, 1. — Les tempêtes des grands lacs américains, 56.— Nouveau grand pont cantilever, 60. — Télégraphie dans l’Afrique occidentale française, 74. — La propulsion par hélice sur la glace, 79. — Perfectionnement des échelles d’incendie, 508.
- Iîoüssac (P.-H.). — Le fahaka, 15.
- Boyer (J.). — La confection des plumes d’autruche, 28. — Fabrication industrielle des pilules, 104. — Concours international de pompiers à Milan, 109. — Automobile postale américaine, 195. — Les membres artificiels, 276. — Manufacture (le phonographes, 515. — Les concombres serpents, 520. — Le forçage du lilas, 579. — Photographie des insectes de l’ambre, 585.
- lliimn (L'-Colonel Cii.). — Le canon Rimailho, 5. — L’aéro-slalion militaire en Allemagne, 211.
- Caljiette (D1' A.). — Les poissons venimeux, 216.
- Lantii.lv (L. de). — Une curieuse porte de village, 96. — Un nouvel essai de sériciculture à Madagascar, 191.
- Caiutène (F. de). — Exploration du plateau central nigérien, 78. — Le menuet des albatros, 521.
- Cahtaz (Dr A.). — La non-contagiosité de la pelade, 114. — Origine de la suetle miliaire, 217. —L’angoratinc, 582.
- Ciialmarès (G.). — Motocyclettes et bicyclettes au Salon de 1906, 62. — Nouveautés cyclistes, 228. — Motocyclettes légères, 292.
- Ciiamply (René) — Un moteur à deux temps minuscule, 585.
- Liai (à.). — Bibliothèque fictive, 155.
- Coupin (Henri). — La résistance au froid, 186. — Oiseaux égarés, 547.
- Gourty (G.). — Le radium en Amérique du Sud, 155.
- Darvillé (Wii.l). — Education militaire en six mois, 49. — La marine militaire de l’Allemagne, 179. — Les grands cuirassés allemands, 578. — L’amputation et la greffe du transatlantique, 599.
- Dkiiérain (IL). — La faune du Cap de Bonne-Espérance au xviic siècle, 18.
- De Ladnay (L.). — Les fouilles de Crête, 87. — La production et le prix des métaux, 194. — Marcel Bertrand, 207. — Marcelin Berthelot, 275.
- Remuer (J.).— Supplices mystiques dans l’Inde, 555.
- Resfosses (Dr P.). — Voir A. Martinet.
- Doncières (René). — Le Salon de l’automobile, 85,119. — Les appareils à injections de ciment, 161.
- Duhard (M.). — Les prétendus caoutchoucs des loranlhacées, 554.
- Durand (,).). — La rivale de la Tour Eilfel, 25. — Les forêts pétrifiées de l’Arizona, 115.
- Esuard (J.). — Préparation électro-chimique des couleurs minérales et organiques artificielles, 558.
- Forma- (V.). — Un automate en contravention, 64. — Les travaux gigantesques de Newscastle, 107. — Une catastrophe au nouveau port de Douvres, 128. — Les phoqueries des îles Pribiloff, 225. — L’accident du pont de Duluth, 208.
- — Campagne anli-vivisectionniste en Angleterre, 504. — Un nouveau tricycle nautique, 552.
- Fournier (C.). —Le niveau à collimateur du colonel Goulier, 126. — Le Pleycla, 156. — Le ballon dirigeable “ De-la-Yaulx”, 202. — Le ballon dirigeable “Patrie”, 252. — Générateur à gaz pauvre pour automobiles, 555. — Le moteur Boudreaux-Vernet, 548. — L’aéroplane Delagrange, 559. —Le ballon dirigeable « La Yille-de-Paris », 588.
- Froidevaux (IL). — L’exploration hydrographique des côtes du Maroc, 58.
- Gautier (Armand). — Henri Moissan, 122.
- Gilchrist (A.). — Applications industrielles du tantale, 55.
- — La suppression du mal de mer, 115.
- Glangeaüd (Pii.). — La liquéfaction de l’acide carbonique naturel, 25.
- Graiienwitz i D!' A.). — Le Kromarographe enregistreur musical automatique, 261.
- Grady (M.-C.). — Le télégraphoscope Bclin, 170.
- Giiandidier (G.). — Le gibier d’eau à Madagascar, 167.
- Guillaume (Ch.-Ed.). — L’étude des fils géodésiques, 586.
- Guillot (Arsène). — La baguette des sourciers, 290.
- IIamy (E.-T.). — Le Lobi et scs antiquités, 557.
- Hébert (A.). — Le problème électro-chimique de la fixation de l’azote, 257.
- Hovey (Dr II.-C.). — La Jamaïque est ses tremblements de terre, 247.
- Huron (J.). — Nouveau chevalet de pointage, 129.
- Icard (D'j. —r La mort apparente, 172.
- Jaubert (J.). — La durée de l’insolation à Paris, 405.
- Jeanxel (L’-Colonel). — Fabrication des cylindres, plaques et fils de cuivre par la galvanoplastie, 147. — Frein pour canons de campagne (système Va vasseur), 269.
- L. (R.). — Nouvelle automobile de guerre, 256.
- Laffargue (J.). — L’acoustique des salles pour la voix parlée, 110. — Baromètre enregistreur de MM. Chauvin et Ar-noux, 112. — Modérateur de vitesse, 240. — E. Hospitalier, 256. — L’éclairage au gaz, '266. — Exposition de la Société française physique, 518.
- Lafitte (Jean-Paul). — Animaux fossiles d’Amérique, 65. — Le musée d’ethnographie du Trocadéro, 106. — La graphologie, 150.—Alésia, 250.—Le rôle biologique du sel, 545.
- Laloy (Dr L.) — La châtaigne et le châtaignier, 574.
- Latour (A.) — Les aurores boréales, 526. — Les laitiers des hauts fourneaux, 411.
- Lebois (D.). — Canot automobile insubmersible, 5.
- Lecomte-Denis (M.).— La dccouvertedu pétrole en Algérie, 524.
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- LISTE DES AUTEURS.
- Lemaire (E.). — Du rôle de la chimie en peinture, 18‘2. — L’air liquide explosif pour le tirage des mines, 350. — Le mécanisme de la visée et le viseur Gmbh, 305.
- Lovseli.es (E. de). — Le Métropolitain. Les travaux de la place Saint-Michel, 40.
- Maclaud (l)r).— Un village de pélicans sur la Basse-Casamance,
- 271.
- Mareschal (G.). — Nouveau stéréoscope de M. L. Pigeon, 48. Procédés artistiques pour l’obtention des épreuves positives, 307.
- Marre (Francis). — L’acide gynmémiquc et les médicamenls amers, 27. — Production et consommation de l’étain, 45.
- Martel (E.-A.). — L’expédition Amundscn à la recherche du pôle magnétique, 210. — Le colonel Laussedal, 288. — Protection de l’eau en France, 204. — Nouveaux chemins de fer des Alpes autrichiennes, 310. — L’évanouissement du Colorado, 364.
- Martinet (D“ P. Desfosses et A.).— Les cellules artificielles, 53. — La thérapeutique ionique, 70.
- Mériel (P. de). — Navires pour expéditions polaires, 20. — Bruxelles port de mer, 58. — La mise à l’eau des navires géants, 72. — Nouvelles grandes arches en maçonnerie, 115. — Les tunnels sous rivière à New-York, 130. — La télé-mécanique sans fils, 145. — La bouée-radeau de sauvetage, 175. — Les câbles porteurs-dans les chantiers de construction de navires, 177. — Les moyens de transport dans les grandes villes modernes, 560.— L’industrie des algues marines au Japon, 404.— Automobiles de chemin de fera pétrole, 415.
- Millociieau (A.). — La température du Soleil, 338.
- Mouzin (Alexis). —Les nouvelles fresques du palais des papes d’Avignon, 280.
- Nansouty (M. de). — La téléphotographie, 102. — Livres et journaux pour aveugles, 163.
- Nicou (P.). — Les chemins de fer et la navigation à l’exposition de Milan, 51. — Le nouveau bassin houiiler de la Campine belge, 370.
- Niewenglowski (P.). — Téléphonie sans fil, 186.
- Noirel (Capitaine II.) — La mission géodésique française de l’Equateur, 105.
- Ouadé (D‘j. — La répression de l’alcoolisme en France, 523.
- Plessis (Marcel). — Sur le rail dans le Far West, 25.
- Potier (E.). — Aiguille indéréglable Rogozea, 208.
- Privat-Desciianel (P.). — Les forêts et l’industrie dubois en Westralie, 6. — L’industrie perlière en YYestralie, 123.
- Rabot (Cn.). — Le moyen de transport dans l’Alaska, 13().
- Regelsderger (Gustave). — Le Dieu vivant des Saïotos, 17. La prohibition de l’opium en Chine, 22. — L’autruche dans les possessions françaises d’Afrique, 123. — Le rocher de Baudin à l’île des Kangourous, 154. — Les mines de sel de Taodénie, 238. — L’archipel des Comores, 262.
- Revercmon (L.). — Récepteur électrique silencieux, 160.
- Reymond (Dr E.). — Les mangeurs de terre cl l’ankylodu-miasc, 20.
- Ritter (E.-A.). — Creusement d’une tranchée par l’ahalace hydraulique, 180.
- Rudaux (L.). — Emploi du sélénium en astronomie, 178. _______
- Formations géologiques actuelles, 210. — L’aspect du IIP satellite de Jupiter, 353. — Résultats scientifiques de l’expédition Charcot, 301.
- Sallior (P.). — Les métaux en 1007, 103. — Le soufre de Louisiane, 150. — Les eaux souterraines de la vallée de Josaphat, 281.
- Sauvaire-Jourdan (A.). — La mise en service du cuirassé anglais “ Drcadnoughl”, 56. — Les dangers de la navigation sous marine, 81. — Comment on dresse une carte marine. 00. — Nos futurs submersibles, 241.
- Steg.metu (Karl). — Paysage hongrois: La YVaag, 151.
- Steryal (A.). — Les arcades d’arbres et les trognes, 131.____
- Les cités fantastiques des Mauvaises-terres, 407.
- Tiioulet (J.). — Reconnaissance de grains minéraux même microscopiques au moyen de leur indice de réfraction, 214.
- Trollek (A.). — L’organisation des bureaux téléphoniques à Paris, 100. — Expériences récentes de téléphonie sans (il. 512. — Un procédé photographique de reproduction de la voix, 300.
- Villedeuil (Gu. de.). — Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, 14, 31, 47,62, 70,110, 127, 143,159, 175, 100, 207, 221, 230, 255, 270, 287, 510, 534, 351, 366, 582.
- Vitoux (l)r G.). — Le télémètre du commandant Gérard, 258. — Un cinématographe d’amateur, 331.
- YYeiss (E.). — Le bosculo, 401.
- Yekmoloff (A.). Les visons du Caucase, 278.
- Zurciier (Pu.). — Les travaux de chemin de fer du Lœfscli-berg, 376.
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- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. - ACTES OFFICIELS.
- Sociétés savantes. — Expositions. Musées.
- Comptes rendus des Séances de l’Académie des Sciences (Cn. du Yuxedeuii.), 14, 31, 47, 62, 79, 110, 127,14o,
- 159, 175, 190, 207, 221, 239, 255, 270, 287, 319,
- 534, 551, 566....................................582
- Exposition de la Société française de pliysiipie (.1. Laf-
- faugue)..........................................518
- Association internationale des Académies............ 31
- II. - SCIENCES EXACTES.
- Astronomie.
- Emploi du sélénium en astronomie (E. H.)............178
- La température du Soleil (À. Mim.ochic.uj)..........o58
- L’aspect du IIIe satellite de Jupiter (L. Budaux). . . . 553
- La prochaine éclipse du soleil......................111
- Le déplacement de l’observatoire de Greenwich. . 162
- Étoiles variables à courte période..................175
- Découverte de comète...............................‘-55
- Photographie du spectre solaire.....................319
- Repérage du zénith..................................566
- III. — SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. — Physique.
- L’acoustique des salles pour la voix parlée (J.-L.).. . 116
- Baromètre enregistreur de MM. Chauvin et Arnoux
- (J. Laffaugue)......................................J12
- Le niveau à collimateur du colonel Goulicr (L. Foui-
- XlEli)............................................. 1“^
- Le radium en Amérique du Sud (G. Codhtv). ..... 135
- Nouveau stéréoscope de M. L. Pigeon (G. Makf.sciiai.) . 148
- Le télémètre du commandant Gérard (G. ViTonx). . . 258
- Le kromarographe (I)1' A. Ghadenwitz)..................261
- L’éclairage au gaz (J. Laffaugue)......................266
- Un cinématographe d’amateur (I)1' G. Yitoux)...........531
- Nouvel eudiomètre...................................... 15
- Chambre respiratoire calorimétrique.................... 31
- La propagation de la lumière dans les cristaux. . 31
- L’attraction de la matière............................. 31
- Mode d'action des rayons X............................ 47
- Magnétisme et ferromagnétisme selon le principe de
- Curie...............................................110
- Absorption de la lumière dans les cristaux.............145
- Propriétés générales des gaz et des vapeurs............159
- Absorption delà lumière................................221
- Microscope stéréoscopique..............................366
- 2. — Électricité.
- La télémécanique sans fils (P. de Mëiuei.)..............145
- Fabrication des cylindres, plaques cl fils de cuivre par
- la galvanoplastie (L'-Coi.oxei. Jeaxxei.)............147
- Récepteur électrique silencieux (L. Rkveagiiox). . . 166
- Le télégraphoscope Relin (M. C. Giiauy)................170
- Téléphonie sans fil (P. Njewexcj.owski).................186
- L’organisation des Bureaux téléphoniques à Paris
- (A. Titoi.EEii)......................................199
- Expériences récentes de la téléphonie sans fil (A. Titoi.-
- i.eh)................................................542
- La plombagine électrique................................ 30
- Les stations centrales électriques en Angleterre
- en 1906.............................................. 31
- Polarisation rotatoire magnétique.................... 47
- Phénomènes de contact...................................210
- Les radiations phosphorescentes d ns un champ
- magnétique...........................................239
- Ampoule Croohes réglable................................554
- Télégraphie transcontinentale africaine.................415
- 3. Chimie.
- La liquéfaction de l’acide carbonique naturel (Pu. Gi.ax-
- geaud)............................................... 25
- Du rôle de la chimie en peinture (E. Lemaire). . . . 182
- Le problème éleclrochimique de la fixation de Lazolc
- (A. 11 k ijekt)......................................237
- Préparation éleclrochimique des couleurs minérales et
- organiques artificielles (J. Esgaiid)................558
- Précipités tubulaires................................... 79
- Appareil à chloroforme.................................. 79
- Procédé de conservation et de contrôle de la pureté
- du chloroforme........................................HO
- Chimie organique. . .....................................H1
- La distillation des alliages d’argent...................111
- Effets de certains éléments sur la structure et les
- proprié,lés du cuivre................................114
- Sur une modification du calomel.........................126
- Préparation de l'hélium. . ..................... . . 143
- Sur l’extraction de l'acide oléique des acides gras. 158 Sur les explosions qui se produisent dans les fabriques de bronze d’aluminium..............................158
- Le fluor dans les eaux minérales........................159
- Action de la chaleur sur les sulfates de chrome. 159
- Etat des corps en dissolution...........................191
- Poids atomiques des corps simples.......................221
- Le fluor dans les coquillages......................... 221
- Un nouveau glucoside....................................255
- Les sels de manganèse cl la fermentation................255
- Combinaison directe de l’azote et de Thydrogène. . 256
- La cire du palmier raphia...............................270
- L’émulsion à base d’amalgame de platine.................270
- Action de l’extrait d’orge sur l’amidon.................271
- Les sels de manganèse et la fermentation................519
- Synthèse artificielle d'un spinellc de fer et de magnésium ................................................551
- Emulsion en présence d'un amalgame......................352
- Dosage du tungstène.....................................352
- Télégraphes dans l’Afrique occidentale française (H. Bougeois).......................................
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- TABLE DES MATIÈRES.
- 4. — Photographie.
- La léléphotographic (Max de Nansouty) .......
- Procédés artistiques pour l'obtention des épreuves positives (G. Maresciial)..............................
- Une reproduction photographique de la voix (A. Troi.i.kr). La Téléphotographie................................
- IV. — SCIENCES NATURELLES.
- 1. — Météorologie. — Physique du globe.
- Les aurores boréales (A. Latodu)...................
- La durée de l'insolation à Paris (J. J aubert).....
- Alizés et conlralizés..............................
- L'atmosphère de la région arctique.................
- 2. — Géologie. — Minéralogie.
- Reconnaissance des grains minéraux, même microscopiques au moyen de leur indice dcréfraclion (.1. Tiiou-
- i'ET).......;.........................,.........
- Formations géologiques actuelles (L. Rudauxj.......
- La Jamaïque et ses tremblements de terre (1F 11.-G. llo-
- ™Y).............................................
- Les eaux souterraines de la vallée de Josapliat (P. Sal-
- lioiv). . . . -.................................
- Cristallographie...................................
- Action du magnétisme sur les cristaux..............
- Géologie expérimentale.............................
- L'âge des gisements éocènes. ......................
- Le synchronisme dans les dépôts éocènes............
- Température de la croule terrestre.................
- La mer aquilanienne................................
- Les puys d'Auvergne................................ .
- Le lit des rivières torrentielles..................
- Théorie des tremblements de terre..................
- Galets et sable de Berch.................*. ... .
- Exploration géologique du Sahara...................
- La composition de nos terres africaines............
- Tremblements de terre..............................
- Creusement des vallées.............................
- Découverte d'organes humains.......................
- Traces de la période glaciaire.....................
- 3. — Zoologie. — Biologie. — Élevage, Paléontologie.
- Le faliaka (P.-IL Bodssac).........................
- La faune du cap de Bonne-Espérance au xvu° siècle
- (II. Derérain)..................................
- Les cellules artificielles (Drs P. Desfosses et A. Martinet).............................................
- Animaux fossiles d’Amérique (Jean-Paul Lafitte) . . . L’industrie perlière de Westralie (P. Privat-Deschanel). L’Autruche dans les possessions françaises d’Afrique
- (G. R ES E LSI1 ER G E R )......................
- Le gibier d’eau à Madagascar (G. Grandidier))......
- Les poissons venimeux (Dr A. Calmette).............
- Les plioquerics des îles Pribiloff (V. Forbin).....
- Les bisons du Caucase (A. Yhrmoloff)...............
- Le menuet des albatros (F. de Caritène)............
- Le rôle biologique du sel (Jean-Paul Lafitte)......
- Oiseaux égarés (II. Coupin)........................
- Photographie des insectes de l’ambre ^J.-B)........
- A Itérations organiques occasionnées par l’insolation.
- L’audition chez les poissons. ;....................
- Croissance de fausses plantes......................
- La pêche de la baleine au filet....................
- La division du travail chez les abeilles...........
- Mammifère inconnu..................................
- Traitement du charbon chez certains animaux. . .
- Un mammifère inconnu...............................
- Les pseudovégélalions..............................
- La faune du pôle Sud................................111
- La création de la vie...............................127
- Récolte de planklon...................................145
- Un toxique des poissons...............................145
- Les jiseudoplanles................................... 145
- Chasse aux lapins ci la vapeur........................159
- Les progènileurs des paresseux........................159
- Maladie de l'éléphant Sahl............................191
- Un parasite des sauterelles...........................207
- Anatomie, du thorax de l'éléphant.....................221
- L’appareil respiratoire des éléphants.................259
- Un insecte qui perce le plomb.........................259
- Elude en tomologique des mouches piquait les. . . . 255
- Pseudomorphose végétale...............................255
- Une couveuse pour 15000 œufs..........................504
- Les simulies du Congo.................................519
- Une grande crevette...................................582
- 4. — Botanique. — Agriculture.
- Les forêts et l’industrie du bois en 'Westralie (P. Piu-
- vat-Desciianëi.)....................................... 0
- L’inversion organique chez la rose (IF R. Blanchard). 55 Les forêts pétrifiées de l’Arizona (J. Durand). . . . 115 Les arcades d’arbres et les trognes (A. Steiiyal). . . . 151
- La capucine des Canaries (A. A cloque)...................102
- Un nouvel essai de sériciculture à Madagascar (C. de
- Cantilly)...........................................191
- Les concombres serpents (J.-B.)..........................520
- Les prétendus caoutchoucs des Loranlhacécs (M. Duhard)....................................................554
- La châtaigne et le châtaignier (IP L. Laloy).............571
- Le forçage du lilas (J. Boyer)...........................579
- L’industrie des algues marines au Japon (P. de Mkrikl). 404
- Le colchique et la colchicine (A. Aci.oque)..............415
- Un nouveau toxique végétal............................... 14
- La vie latente des graines............................... 51
- Recherches d'un toxique végétal.......................... 47
- Distribution des végétaux fossiles....................... 47
- Forets et cours d’eau....................................155
- Les dégâts causés par les incendies de forêts. . . 159
- Élude histologique du pollen........................... 159
- lacs variations spécifiques..............................191
- La fructification du figuier.............................271
- Envahissement du maïs par l'uslilago.....................319
- Géographie botanique.....................................534
- Fleurs et fruits fossiles................................582
- Le transport de la sève..................................398
- La recherche du caoutchouc...............................599
- V. — SCIENCES GÉOGRAPHIQUES.
- 1. — Géographie. — Exploration.
- La prohibition de l’opium en Chine (G. R.).............. 22
- Sur le rail dans le Far YVesl (M. Plessix). ...... 25
- Les tempêtes des grands lacs américains (II. Booceois). 36
- L’exploration hydrographique des côtes du Maroc
- (11. Froidevaux) . ..................................... 58
- Le chemin de fer du Dahomey et le Haut-Niger (D. Bel-
- let).................................................... 97
- Comment on dnsse une carte marine (A. Sauvaire-
- Jourdan)................................................ 09
- Les moyens de transport dans l’Alaska (Cn. Rabot). . . 130
- Paysages hongrois : La Waag (I(. Siegmetii)........151
- Le rocher de Baudin à File des Kangourous (G. Re-
- gelsperger)............................. ............154
- La mission géodésique française de l’Équateur (Capitaine H. Noirel)..........................................195
- L’expédition Amundsen à la recherche du pôle magnétique (E.-A. Martel)......................................219
- Les mines de sel de Taodeni (G. Regelspkrger) . . . . 238
- L’archipel des Comores (G. Regelspkrger).........262
- Le canal de Marseille au Rhône (R. Bonnin).................528
- 192
- 307
- 590
- 51
- 526
- 403
- 519
- 398
- 214
- 219
- 247
- 284
- 79
- 79
- 79
- 139
- 143
- 175
- 191
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- 239
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- 547
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- 598 1
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- 15
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- 123
- 167
- 216
- 225
- 278
- 321
- 343
- 347
- 383
- 14
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-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 425
- L'évanouissement du Colorado (F.-A. .Martel). . . . I/étudc des iils géodcsiques (Cii.-Ed. Guillaume). . . . Résultats scicntiliques de l’cxpédiüon Charcot (L. Ru-
- daux).............................................
- Cites fantastiques des Mauvaiscs-lcrrcs (A. Sterval). .
- Exploration arctique................................
- Les nouvelles voies ferrées canadiennes.............
- Décadence de la Californie..........................
- La hauteur du pic de la Meije.......................
- Le canal latéral au Mincio..........................
- Les ports des villes hanséaliques...................
- 5(5 i 58(5
- 591
- 407
- 127
- 174
- 267
- 519
- 551
- 415
- 2. — Hydrologie. — Spéléologie. Océanographie.
- Guérison d’un anévrisme des vaisseaux crâniens. . 221
- Les toxines dans les liquides de culture.........221
- Le rôle physiologique de l'hypophyse.................259
- L’origine du fibrinogène dans Vorganisme.........259
- Epuration des eaux d'égout à l'aide de la tourbe. . 259
- La toxicité de la téphrosine.....................• 239
- Transplantation des ganglions........................270
- La toxicité de la téphrosine.........................271
- Conservation des denrées par le froid................319
- Le rôle de l’intestin dans linfection tuberculeuse. 555
- Contribution à l’élude de l’anlhracnose pulmonaire. 535
- La teneur du pain en alcool..........................551
- Le rôle de l'hypophyse et de la glande pinèale. . . 552
- L’amertume du lait. .'...............................566
- La présure...........................................385
- La baguette des sourciers (Arsène Guillot)..........290
- 3. — Anthropologie. — Ethnographie.
- Préhistoire. — Archéologie.
- Le dieu vivant des Saïotes (G. Regelspkhger)........ 17
- Exploration du plateau central nigérien (F. de Caritène). 78
- Les fouillcs.de Crète (L. de Launay)................ 87
- Une curieuse porte de village (L. de Cantilly)...... 96
- Le musée d’ethnographie du Trocadéro (J.-P. Lakitte). 106
- Alésia (J.-P.-Lafitte)................................230
- Les nouvelles fresques du palais des papes d’Avignon
- (Alexis Mongin).................................. 289
- Le Lobi et ses antiquités (E.-F. Hamy)................337
- Supplices mystiques dans l’Jnde (J. Remues)...........555
- La vie saisonnière chez les Eshimos...................206
- Les grottes de Menton.................................255
- Le Charpentier chinois................................303
- La Bible morulisée....................................354
- L’homme fossile dans nos régions......................366
- VI. — SCIENCES MÉDICALES.
- Médecine. — Physiologie. — Hygiène..
- VII. - SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. — Mécanique. — Industrie. Arts industriels.
- La fabrication des conserves alimentaires (U. Rellet). 12 La confection des plumes d’autruche (J. Royer). . . 28 Applications industrielles du tantale (A. Gilcrhist). . 55
- Fabrication industrielle des pilules (J. Boyer). . . . 104
- Le Pleyela (L. Fournier)................................163
- Les godets des dragues modernes (l).-R.)................160
- Les appareils à injection de ciment (R. Dongières) . . . 161
- Modérateur de vitesse (J. Laffargue)....................210
- [.es membres artiliciels (J. Royer).....................276
- Perfectionnement des échelles d’incendie (Henry Bou-
- geois)............................................. 308
- Manufacture de phonographes (J. Royer)..................515
- Le moteur Boudreaux-Verdet (L. Fournier)................348
- Le déchargement mécanique des chalands (R. Rellet). 573 Un moteur à deux temps minuscule (R. Cramply) . . . 385
- Lebasculo(E. Weiss).....................................401
- Concasseur de belles dimensions.........................190
- Un service d’incendies modèle...........................190
- Une nouvelle matière rodante............................551
- Les mangeurs de terre et l’ankylostomiase (Rr E. Reymond) ................................................. 29
- La thérapeutique ionique (l)rs P. Resfossks et A. Martinet) ................................................ 70
- La non-contagiosité de la pelade (IRA. Cartaz). . . . 114
- La suppression du mal de mer (A. Gilciirist) .... 115
- La graphologie (J.-P. Lafitte).......................150
- La mort apparente (R1' Icard)........................172
- La résistance au froid (11. Coueix).................. 186
- Origine de la suclle miliaire (Dr A. Cartaz).........227
- Protection de l’eau, en France (E.-A. Martel)..........294
- Campagne antiviviseetionniste en Angleterre (Y. Forrin). 504
- Le lait cru aseptique (A. Acloque).....................505
- La répression de l’alcoolisme en France (I)1' Ouadé) . . . 523
- La vie et le travail dans l’air comprimé (R. Rellet). . 367
- L’angoratinc (Rr A. Cartaz). . . .......................382
- L’acide gymnémique cl les médicaments amers. ... 27
- Prophylaxie du cancer prostatique. ....... 51
- L’origine de l’anlhracnose............................. 51
- L'amertume des vins....................................110
- Conservation des œufs............................. . . 111
- Modification de la sensation des couleuis. ..... 127
- Un nouvel anesthésique..................................145
- Toxiques de l'organisme.................................159
- Les trypanosomiases du Haut-Niger.......................175
- lui constitution du bacille de Koch.....................175
- Perception d'un rythme musical par les muscles. . 191
- Anesthésie par Véther et par le chloroforme. ... 191
- Transplantation des ganglions nerveux...................207
- Propagation de la fièvre typhoïde par les huîtres. . 207
- La défense de l'organisme contre les infections. . . 207
- Transplantation des cellules des ganglions transplantés................................................ 221 •!
- 2. — Mines et Métallurgie.
- Production et consommation de l’étain (Fr. Marre). . . 45
- Une exploitation de pétrole en mer (R. R.)........... 143
- Le soufre de Louisiane (P. Sallior). . ..............15(j
- Les métaux en 1907 (P. Sallior)......................165
- La production cl le prix des métaux (De Launay). . . 194
- La découverte du pétrole en Algérie (31. Lecomte-Denis). 324 L’air liquide explosif pour le tirage des mines (E.-L.). 550
- Le nouveau bassin houiller de la Campine belge
- (P. Nicou)............................................570
- Les laitiers des hauts fourneaux (A. L.).............411
- Exploitations houillères américaines..................... 47
- Nouveau grisoumètre......................................256
- 3. — Art militaire. — Marine.
- Le canon Rimailho (L’-Colonei. Cii. B.)................... 3
- Education militaire en six mois (W. Daiiville)........... 49
- Mise en service du cuirassé anglais « Drcadnought »
- (A. Sauvaire-Jourdan)................................. 56
- Les dangers de la navigation sous-marine (A. Sauvaire-
- Jourdan)............................................. g}
- Nouveau chevalet de pointage (J. IIuiion)................129
- La marine militaire de l’Allemagne (W. Darvili.é). . . 179
- Nouvelle automobile de guerre (R. L.)....................256
- Nos futurs submersibles (A. Sauvaire-Jourdan). . . . 241
- Frein pour canon de campagne (système Yavasseur
- (L'-Colonel Jeannel)................................. 269
- Les grands cuirassés allemands (W. Darvillk).............578
- Le canon de campagne italien............................. 19
- Le mécanisme de la visée et le viseur Grubb (E. Lemaire) ...............................................595
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- TABLE DES MATIÈRES.
- La greffe et l’amputation du transatlantique (W. Dar-
- viLii).................................................399
- Soies-marin allemand................................... 79
- Perte de vitesse de projectiles en traversant nue
- couche liquide......................................135
- Théorie de la fret le des canons.......................143
- Le budget de la marine italienne.......................158
- Budget naval des Etats-Unis............................221
- Les nouveaux croiseurs anglais.........................415
- Un attribut naval sur les monnaies d’Alexandre. . 415
- VIII. — ART DE L’INGÉNIEUR. — CONSTRUCTION. TRAVAUX PUBLICS.
- Les caissons et la construction des phares (11. Bougeois).
- La rivale de la tour Eiffel (J. Durand)..................
- Le métropolitain. Les travaux de la place Saint-Michel (E. de Loyselle) . . . ..................................
- Bruxelles port de mer (P. du Méiuel)...................
- Nouveau grand pont canlilcver (11. Bougeois)...........
- Le métropolitain souterrain à marchandises de Chicago
- (D. Bellet).........................................
- Les travaux gigantesques de Newcastle (V. Fortin). . . Nouvelles grandes arches c n maçonnerie (I*. du Méiuel). Les tunnels sous rivière à New-York (P. de Méiuel). . Les câbles porteurs dans les chantiers de construction
- de navires (P. de Méiuel)...........................
- Creusement d’une tranchée par l’abatage hydraulique
- (E.-A. PiITTElt).............. .....................
- Défense des côtes contre les érosions de la mer (U. Box-
- Kix)................................................
- Les travaux du chemin de 1er du Loetsehberg (Pii. Zur-
- CHElt)..............................................
- Le passage à la chaux des tunnels du métropolitain (U. B.).
- Une commande de 560 000 tonnes de rails................
- Un grand pont métallique...............................
- Production des cailloux pour béton.....................
- La corrosion des grandes maisons américaines . .
- 1
- 32
- 40
- 58
- 00
- 76
- 107
- 115
- 139
- 177
- 189
- 562
- 576
- 412
- 129
- 142
- 206
- 239
- IX. — TRANSPORTS. — MOYENS DE COMMUNICATION.
- 1. — Chemins de fer. — Navigation.
- Navires pour expéditions polaires (P. de Méiuel). ... 20
- Les chemins de 1er et la navigation à l’exposition de
- Milan (P. N.). . ..................................... 51
- La mise à l’eau des navires géants (P. de Méiuel). . . 72
- La propulsion par hélice sur la glace (11. B.)....... 79
- Locomotives articulées (I). Bellet)......................148
- La bouée-radeau de sauvetage (P. de Méiuel). .... 175
- Locomotive à adhérence supplémentaire pour fortes rampes (R. Bonnin)....................................243
- I/agonic du voilier (I). Bellet)......................257
- Aiguille indéréglable Rogozca (E. Potier).............298
- Uérochcusc sous-marine (R. Bonnin)....................301
- Nouveaux chemins de fer des Alpes autrichiennes (E.-A.
- Martel)............................................310
- Les moyens de transport dans les grandes villes modernes (P. de Méiuel).................................369
- Un chemin de fer luxueux..............................221
- Un chemin de fer en 1810............................227
- Un chemin de fer électrique au Chili................239
- Bateaux de plus de 200 mètres. .......................506
- Un amortisseur du roulis des navires..................382
- Un voyageur -pressé...................................415
- 2. — Automobilisme. — Cyclisme. Aéronautique.
- Canot automobile insubmersible (1). Leiiois). . Motocyclettes et bicyclettes au Salon de 1906. (G. Ciial-
- m auès)...........................................
- Le Salon de l’automobile (R. Doncièues), 85..........
- Automobile, postale américaine (J. Boyer)............
- Le ballon dirigeable « !)e-La-Vaulx) » (L. Fournier). .
- Automobiles pour voies ferrées (1). Bellet)..........
- L’aéroslation militaire en Allemagne (L'-Colonel Cii.
- Bride)............................................
- Nouveautés cyclistes (G. Ciialmarès).................
- Le ballon dirigeable « Patrie » (Cu. Fournier).......
- Motocyclettes légères (G. Ciialmarès)................
- Générateur à gaz pauvre pour automobile (L. Fournier).
- L’aéroplane Dclagrangc (L. Fournier).................
- Le ballon dirigeable «La Villc-de-Paris» (L. Fournier). Automobiles de chemins de fera pétrole (P. nu 51.). . Un voyage automobile de 54000 kilomètres . . . . Le coût des voyages en motocyclettes.................
- X. — DIVERS.
- Nécrologie. — Histoire de la science. Variétés.
- Un automate en contravention (Y. Forrin)................. 04
- Concours international de pompiers à Milan (J.-B). . . 109
- Une catastrophe au nouveau port de Douvres (Y. Fortin). 128
- Bibliothèque fictive (Altert Clm)........................155
- Livres et journaux pour aveugles (Max de Nansoutv]. . 163
- Marcel Bertrand (De Launay)..............................207
- Henri Moissan (Arm. Gautier)............................ 222
- Ë. Hospitalier (J. Lait argue)...........................256
- Le colonel Laussedat (E.-A. Martel)......................288
- L’accident du port de Dulutli (Y. Fortin)................268
- Marcelin Bcrlhelot (L. De Launay)........................273
- Nomographie.............................................. 79
- Léon Serpollet...........................................190
- Détermination des échelles des caries....................270
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- FIN DES TABLES
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- ERRATA
- Page 75, carie. Au lieu de : kilomètres.
- Il faut : centaines de kilomètres.
- Page 107, col. 11, lig. 0 cl lig. ‘20 du Pas.
- Au lieu de ; 2580.
- Il faut : 2550.
- Page 107 en noie col. Il, lig. 2.
- Au lieu de : en outre.
- Il faut : en plus.
- Paris. — Imprimerie Lahcmî, rue de Fleurus, ‘J.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de a JLa Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N" 1749 (1er DÉCEMBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- La photographie à distance. — Des expériences de photographie à distance viennent d’être réalisées par M. Korn, professeur à Munich, au moyen d’un courant électrique. M. Korn étudiait son procédé depuis quelques années, et M. Cailletet avait présenté ce procédé à l’Académie des Sciences de Paris dans la séance du 18 mai 1903 (Voy. n° i565 du 23 mai igo3, p. 399). L’appareil expéditeur est formé par une lampe Nernst dont les rayons sont concentrés par une lentille sur une petite ouverture dans la paroi d’un cylindre métallique. Dans ce premier cylindre s’en trouve un second en verre, animé d’un double mouvement de rotation et de déplacement dans le sens de son axe. Autour de ce cylindre est enroulée la photographie à reproduire, qui ne consiste pour le moment qu’en pellicules. Il en résulte que chaque point du cliché reproducteur passe devant le i-ayon lumineux de la lampe, et, suivant l’impression photographique de ce point, le rayon traverse la pellicule et le verre avec plus ou moins d’intensité. Les rayons rencontrent ensuite un prisme et sont déviés sur une plaque de sélénium ; on sait que ce dernier a la propriété de diminuer de résistance électrique sous l’action de la lumière. Un fil électrique relié à la plaque de sélénium peut donc transmettre des courants d’intensité variable suivant les variations de lumière au poste expéditeur. Cette propriété était déjà bien connue et avait été utilisée dans de nombreux appareils : mais on avait toujours reproché au sélénium d’emmagasiner en partie les rayons lumineux. M. Korn évite cet inconvénient à l’aide d’un très ingénieux appareil, diLcompen-saleur, qui consiste en une seconde plaque de sélénium placée au posté récepteur et recevant les mêmes rayons que la plaque du poste expéditeur. Le poste récepteur est formé d’une lampe Nernst, d’une lentille et d’un cylindre sur lequel est enroulée la pellicule à impressionner. Sur le trajet du rayon est interposé un obturateur spécial dont les mouvements modifient l’intensité des ondes lumineuses. Cet obturateur intermittent se compose d’une feuille d’aluminium très mince tendue entre deux fils de cuivre très fins. Suivant les intensités lumineuses au départ, lès intensités des courants électriques varient; et, suivant ces dernières variations, la tension des fils de cuivre prend des valeurs différentes. L’obturateur se déplace donc et règle par suite les entrées des rayons lumineux dans le cylindre récepteur. Nous ne pouvons pour le moment qu’indiquer sommairement le principe de ces différents appareils ; mais ils paraissent des plus intéressants et semblent apporter une solution à un problème depuis longtemps cherché.
- La hausse du platine. — Le platine vient d’être l’objet, comme la plupart des autres métaux, mais à un degré encore plus accentué, d’une hausse de prix très rapide qui l’a porté à près de 6000 francs le kilogramme. Le fait n’a rien d’exceptionnel pour un métal aussi complètement livré à la spéculation, par suite de sa localisation à peu près totale en un seul point du monde dans l’Oural et par le contrôle que la Compagnie industrielle du platine exerce sur ce marché. On a vu, de 1874 à 1.891, le platine raffiné passer de 1000 fr. le kilogramme à 3‘ioo, puis retomber à i3oo en i8g3, et remonter à 3ooo en 1898. C’est une de ces fluctuations périodiques à laquelle nous assistons en ce moment. Cependant on y a cherché une cause industrielle, qui peut également intervenir, en remarquant que la consommation était, depuis quelque temps, très supérieure à la production, malgré les procédés nouveaux de concentration de l’acide sulfurique où l’on évite l’emploi de ce métal coûteux. D’après les statistiques, on emploierait, en effet, par an, dans le monde, 10600 kgs de platine, dont 33oo aux Etats-Unis, 3o5o en Angleterre, 2i3o en Allemagne, 2000 en France. Si l’on admet (et c’est le point contestable dans ces calculs) que le vieux platine déjà ouvré une première fois entre seulement pour 35 pour 100 dans ce total, il resterait une absorption de 6870 kgs, tandis que la production oscille, depuis bien longtemps, autour de 5ooo (3oo pouds). La spéculation sur le platine a incité les Russes à proposer un droit d’exportation et une surveillance sur ce commerce. Mais, avec une extraction où l’on admet que la proportion des vols n’est pas moindre de 25 pour 100 aux dépens des exploitants eux-mêmes, il est trop évident que la dissimulation vis-à-vis du fisc serait trop facile, et le gouvernement russe a renoncé à ce projet.
- Télégraphie sans fil. — La station de télégraphie sans fil de Nauen, en Allemagne, a reçu une communication d’un navire qui se trouvait dans la baie de Biscaye, à une distance de 2140 kilomètres.
- Le prix de nos routes nationales. — Les routes françaises font l’admiration de quiconque a eu l’occasion de les comparer avec celles de presque tous les pays étrangers ; leur nombre et leur état de viabilité ont certainement contribué, avec d’autres causes, au succès de notre industrie automobile. Sait-on à combien elles nous reviennent? De 1801 à 1900, 011 estime que, pour les seules routes nationales, il a été dépensé 792 millions, dont 135 millions pour grands ponts, 100 millions pour voies nouvelles dans Paris, et 11 millions pour rachat de ponts à péage. Le tonnage brut kilométrique
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- INFORMATIONS
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- (ou la somme des produits obtenus en multipliant tous les tonnages transportés par les distances parcourues) est estimé annuellement, sur ces mêmes routes, à environ 3 milliards de tonnes.
- Les diamants du Vaal. — On sait, depuis très longtemps, que les alluvions du Yaal contiennent de beaux diamants, dont on n’a pas encore retrouvé le gisement primitif, mais que l’on suppose provenir de quelques cheminées éruptives analogues à celles de Kimberley et de Prétoria. Il est vrai que, d’après les sceptiques, un grand nombre de ces diamants auraient tout simplement pour source les mines de la de Beers, où ils auraient commencé par être soustraits (les alluvions leur servant d’honnête recel et de virginité) et ce serait une raison de leur qualité supérieure. Néanmoins l’existence des diamants du Yaal n’est pas douteuse et, avec la lièvre du diamant qui sévit actuellement en Afrique du Sud, depuis la découverte de la mine Premier et depuis que le diamant, malgré toutes les découvertes nouvelles, a doublé de prix, il n’est pas étonnant que les chercheurs se soient précipités vers le Vaal. Il se fait actuellement, sur les terrains de cette région, une spéculation effrénée.
- Les pierres précieuses du Siam. — Il existe, dans la région Sud du Siam, au voisinage du Cambodge, quelques mines de pierres précieuses, dont le marche est à Shantaboun. Celle de Pailinh, la plus connue, qui produit des saphirs, est exploitée par environ 4000 hommes. Navong, au sud-est de Shantaboun, à peu près à mi-chemin de K rat, produit moins de saphirs, mais plus de rubis. Ce point s’est beaucoup développé en 1906 et l’on y compte maintenant 3ooo travailleurs.
- La hausse du plomb et du zinc. — Nous avons antérieurement (n° 1744) et plus haut signalé la hausse actuelle des métaux et donné des exemples pour le cuivre, l’étain et le platine. Cette hausse est générale, ce qui montre bien que sa cause réelle n’est pas seulement dans un accroissement de la consommation pour tel ou tel métal. On peut, par exemple, l’observer encore pour le plomb et le zinc. Le plomb, qui valait 5oo fr. la tonne vers 1860, était descendu peu à peu à 44° en 1870. Il remonta alors un moment à 53o en 1874 pour redescendre progressivement à a80 en 1885, remonter à 354 en 1888, retomber à 25o en 1894. Actuellement on a dépassé 47$ fr. (19 livres). De même le zinc, qui valait 38o fr. en 1886, était monté en 1890 à G-iS par la formation d’un syndicat, mais pour retomber à 38o en 1902. On l’a vu à 55o en 1904 et il atteint maintenant 675 fr. (27 livres). On voit aussitôt la conséquence de telles fluctuations, qui vont du simple au double, sur l’industrie minière. Une galène marchande à 65 pour xoo de plomb peut passer de 113 à 213 fr. la tonne, avec une même teneur en argent de 1 kg à la tonne, quand le plomb s’élève de 320 à 47^. Une blende à 37 pour 100 de zinc va de 91 à 149 quand le zinc monte de 5oo à 620 et les oscillations sont naturellement d’autant plus fortes que la teneur du minerai est plus élevée.
- Mouvement de la population en France. — D’après la statistique de igo5, il y a eu, dans l’année, 3o2 6i3 mariages, 10 019 divorces, 807291 naissances et 770 171 décès. Cette statistique est désolante. La balance des naissances et des décès, pour 190?, se solde en effet par un excédent de 3-j 120 naissances seulement, inférieur d’un tiers à celui de 1904 : 57026. On a enregistré, en 1905, 10938 naissances de moins qu’en 1904; 8968 décès de plus. L’accroissement proportionnel de la population n’est que de 0,10 pour 100, contre i,5 pour 100 en Allemagne ou 1,22 en Angleterre.
- Tremblements de terre. — Le 19 novembre, vers 31' 20"1 du soir, on a ressenti une forte secousse de tremblement de terre en Australie, le long du littoral, depuis Albany jusqu’à la baie des Requins ; les secousses ont été fortes à Busselton, Geraldton, Perth et Marbleber. On a signalé une forte secousse de tremblement de terre à Poggibonsi, en Italie, le 20 novembre vers minuit.
- Exposition du voyage. — Une exposition du voyage aura lieu à Londres, l’année prochaine, du 24 mai au 8 juin. Cette exposition aura pour but de réunir et de présenter au public tous les objets ainsi que toutes les données relatives aux voyages et à l’art de voyager : équipements, costumes, instruments scientifiques, nourriture, pharmacie, dessins, cartes, photographies, guides,
- relations de voyage, etc. Pour tous renseignements, s’adresser au directeur de l’exposition, 75, Chancen Lane, liolborn, Londres, W. C.
- Sur la présence de l’acide cyanhydrique chez diverses plantes. — L’acide cyanhydrique n existe généralement pas à l’état libre chez les végétaux dans lesquels on peut le déceler ; mais il y prend naissance par l’action d’un ferment soluble sur un glucoside cyané, ces deux substances, ferment et glucoside, se trouvant renfermées dans des cellules différentes et ne réagissant l’une sur l’autre que quand ces cellules se trouvent divisées ou déchirées et que leurs contenus peuvent se mélanger. Un exemple typique de ce phénomène est présenté par les amandes amères qui, dans leur état d’intégrité, ne sentent pas l’acide cyanhydrique, mais qui, aussitôt qu’elles sont éci’asées, soit dans un mortier en présence d’un peu d'eau, soit sous les dents, développent cette odeur bien connue et caractéristique. Jusqu’ici la formation d’acide cyanhydrique avait été signalée dans diverses plantes de quelques familles végétales : Aroïdées, Saxifragées, Rosacées, RenoneuL-cées ; mais on n’en avait guère indiqué la présence chez, les céréales. Depuis, diverses graminées sud-américaines, originaires de la République Argentine, les viscacheras, ont été signalées comme renfermant une certaine proportion d’acide cyanhydrique. On a trouvé, eu effet, que certains types de cette variété renferment un glucoside cyané analogue à l’amygdaline et. un ferment hydrolysant correspoxxdant, analogue à l’émulsine des amandes amères, qui sont susceptibles par broyage de réagir l’un sur l’autre et de donner naissance à une quantité d’acide cyanhydrique très importante s’élevant environ à 20 milligrammes pour 100 grammes de plante séchée à l’air, et capable d intoxiquer mortellement les animaux qui en font leur nourriture. Ces graminées constituent ainsi une sorte de défense de la contrée contre son envahissement parles bestiaux étrangers ; car les animaux de la région, paraît-il. connaissent cette plante et se gardent bien de la consommer,tandis que les bestiaux importés, ne s’en méfiant aucunement, en font leur nourriture et succombent ainsi en peu de temps.
- Association française pour l’avancement des sciences.— M. le professeur Gariel vient de donner sa démission de secrétaire du Conseil de l’Association française pour l’avancement des sciences ; il occupait ces fonctions depuis 3o ans environ. Notre collaborateur, M. le D' Carlaz, secrétaire adjoint, a également donné sa démission.
- Les vins et les cidres en 1906. — D’après les chiffres publiés par le Ministère de l’agriculture, la récolte des vins en 1906 a été évaluée à 51 o\i 866 hectolitres pour une surface cultivée de 1 771 964 hectares; dans ce total on compte 49 4°5 878 hectolitres de vins ordinaires et 1 636 988 hectolitres de vins fins. En 1903, la récolte avait été de 57 857 307 hectolitres sur une surface cultivée de 1 744 108 hectares. La récolte des cidres s’est élevée à 21 714384 hectolitres en 1906 contre 4007 i43 hectolitres en igo5.
- La flotte des Grands Lacs. — C’est toujours un sujet d’étonnement poxir ceux qui ne savent pas que les Grands Lacs américains sont de ^véritables mers intérieures, que de voir les dimensions des navires que i on construit pour y naviguer. Le fait est qu’il y a actuellement sur chantiers, pour cette flotte, quatre vapeurs de 180 mètres, un de 166 et un autre de 156-
- Futs métalliques. — La Société dite Steel Barrel C°, d’Uxbridge, fabrique couramment des barils d’acier qui n’ont pas la forme cylindrique, mais bien la forme classique (et bien supérieure à tous égards) des futailles ordinaires. Les tôles d’acier sont laminées suivant cette forme par des cylindres affectant le profil convenable ; la jonction de la feuille suivant la ligne de recouvrement est obtenue par soudure électrique. Les fonds sont montés de façon analogue, c’est-à-dire au moyen de soudure autogène, et l’on affirme que ces fûts contiennent des pétroles sans le moindre suintement.
- La défense du Chili. — On annonce officiellement toute une réorganisation des services de la flotte de guerre et de la défense des côtes du Chili. On va modifier toutes les. fortifications du littoral, et l’on se prépare à entamer d’importants travaux militaires dans le port de Talcahuano.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Appareils divers <*
- Garniture de piston dite universelle. — Sa marque est « Uiiiversal », ce qui ne signifie pas qu’effectivoment elle puisse répondre à des besoins universels; mais il est bien certain qu’elle est ingénieusement comprise et d’application très variée. Elle est fabriquée par MM. Àngus Murray and Sons, Craigton Engineering Works, Craigton, à Glasgow.
- Comme on peut le constater sur les figures ci-jointes, la garniture est composée de trois anneaux, et l’anneau central a une force élastique double de celle des deux autres anneaux : pourtant il ne touche aucunement les parois du cylindre. Mais cette puissance est utilisée indirectement pour assurer 1 étanchéité voulue de l’ensemble de la garniture. En effet son rôle est uniquement de pousser en prise, si l’on peut dire, contre les parois du cylindre, les deux autres anneaux qui sont de part et d’autre de lui. Tout est tenu en place par le jeu de ce ressort, et c’est dire par conséquent qu’il n’y a point de boulons ou d’autres pièces qui puissent se desserrer dans le fonctionnement du moteur dont le cylindre est
- En avant de l’appareil se trouve une plate-forme de bois sur laquelle l'ouvrier prend place : elle est montée sur une charpente métallique articulée aux deux jambes de
- devant de l’établi, et on peut dire que le poids de l’ouvrier au travail contribue à donner de la stabilité à l’ensemble. Mais l’articulation à charnière permet de replier cette plate-forme le long des jambes de 1 établi quand on veut déplacer celui-ci. Le plateau qui se trouve sous 1 étau, et qui peut recevoir une foule d’outils durant le travail, est à charnières également et peut se relever de la même manière. Et comme la jambe de derrière peut aussi se replier, grâce à la charnière qui l’articule avec les jambes de devant, tout l’appareil s’aplatit sur lui-même et lient aussi peu de place que possible. Il va sans dire que quand, au contraire, il est ouvert avec la jambe de derrière ouverte, le petit plateau qui est sous l’étau vient fournir un appui à cette jambe au moyen d’un arrêt disposé ad hoc. Tout cela est robuste, mais peut être léger sans présenter une flexibilité gênante.
- Garniture de piston.
- ainsi garni. Cette garniture est constituée d’une fonte de composition spéciale, dont nous ne connaissons naturellement pas la formule, mais elle a permis de se passer de toute partie en acier ou même en cuivre. C’est évidemment fort ingénieux et fort intéressant. Cependant, comme cette garniture est destinée à s’appliquer aux pompes tout comme aux machines à vapeur, aux moteurs à gaz où aux compresseurs d’air, on a prévu et imaginé une composition particulière de bronze donnant les mêmes avantages que cètte fonte au cas de garniture de pompe.
- Nous n’avons guère besoin d’insister sur la façon dont le coincement des deux anneaux extérieurs est obtenu par le jeu de l’anneau central formant ressort. Ou nous a assuré que cette garniture réussit spécialement bien pour l’emploi de la vapeur surchauffée et pour les très grandes vitesses de pistons, deux conditions qui sont susceptibles de se présenter de plus en plus maintenant. L’usure des cylindres est réduite au minimum, 1 alésage ne se modifie point et les anneaux n’arrivent jamais à jouer.
- Etabli .de serrurerie mobile. — Disposition fort ingénieuse pour les travaux d’amateurs, et aussi pour les travaux de peu de durée qui.nécessitent l’emploi d’un établi, d’un étau, sans cependant justifier le transport d’un établi ordinaire. Cet appareil est construit par la | uionStandard Machine Company, de Londres (i65 Queen Victoria Street), et il porte le nom de « Pioneer ».
- Comme on peut le voir, l’établi est réduit à un étau; mais comme celui-ci est monte fort solidement en haut du trépied de l’instrument, on peut y marteler tout à son aise sur une base solide ; il est du reste complété par vme mâchoire très robuste, qui permet de saisir et maintenir en place des tuyaux qu’on veut couper, fileter, etc.
- es> Objets utiles <-&
- Appareil pour le nettoyage des verres de lampes.
- — Si l’on veut obtenir un éclairage satisfaisant avec des lampes à pétrole, des lampes à gaz, il est nécessaire
- i a 3 4
- Appareil pour nettoyer les verres. Mode d’emploi.
- que les verres soient toujours maintenus dans un grand état de propreté. Il n’en est malheureusement pas souvent ainsi. Le nettoyage n’est d’abord pas très fréquent, et il présente souvent quelques difficultés. L’appareil
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- SCIENCE.' APPLIQUÉE-''
- que nous décrivons peut être très utile en de nombreuses circonstances. Il est formé de deux boules en laine maintenues sur une tige en bois (i) et que l’on peut grossir à volonté en tirant sur une petite tige intérieure (a). Il suffit d’introduire cet appareil à l’intérieur des verres des lampes, quelle qu’en soit la forme, et de frotter énergiquement. Les ligures 3 et 4 montrent le mode d’emploi. — L’appareil est en vente chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Attache-nappe. — La nappe doit en général être fixée bien solidement et bien tendue sur la table pour éviter qu’elle ne soit entraînée et que par suite les cou-
- Attache-nappe.
- verts et les plats ne soient eux-mêmes projetés à terre. Le petit appareil que représente la ligure ci-jointe permet de fixer solidement la nappe sur les rebords de la table. Il se compose d’un petit ressort fixé d’un côté et adapté de l’autre côté à un glissoir qui se déplace lui-même à l’intérieur d’une équerre métallique. La partie supérieure de l’équerre se pose sur la table, et le glissoir vient au-dessous comme le montre le dessin. — L’attache-nappe se trouve à la même adresse que ci-dessus.
- Salière à couvercle automatique. — On sait tous les inconvénients que présentent les salières ordinaires. Malgré tous les soins que l’on prend, la poussière se mélange au sel et au poivre, et l’on est obligé de renou-
- Salière à couvercle automatique.
- veler souvent les provisions. On peut, il est vrai, adapter à la salière des couvercles que l’on doit abaisser après usage ; mais lei-plus souvent cette ,petite manœuvre est oubliée. Dans le modèle de salière que nous’ présentons à nos lecteurs, cette manœuvre se fait automatiquement. Les deux couvercles des sâlières sont réunis par des leviers à un tube qui glisse sur l’axe central et les entraîne avec lui. Quand on prend la salière par l’anneau, ce tube est relevé ainsi que les deux couvercles. — La salière à couvercle automatique se trouve à la même adresse que plus haut. ..
- Qüfôis
- Le tir au mortier. — Ce jeu consiste à envoyer une balle en étoffe, ou en peau, sur un but déterminé qui peut être formé par un tableau portant des numéros. L’appareil se compose d’un mortier monté sur son affût de façon à permettre de viser en calculant l’inclinaison nécessaire pour que la trajectoire décrite par le projectile aboutisse au point voulu ; un petit artilleur, qui se tient près de la pièce avec une mèche à la main, s’incline près de la lumière de la pièce au momént où on commande le départ du projectile. Celui-ci est, bien entendu, lancé non pas par la poudre, mais par un ressort poussant.un percuteur qui frappe la balle. Afin de permettre
- Le tir au mortier.
- de faire varier la distance du but à atteindre, la force de projection du percuteur peut être graduée, il suffit pour cela de l’enfoncer plus ou moins et de l’arrêter avec l’un des crans du levier qui est attaché au milieu. On n’a plus, après avoir pointé, qu’à tirer la tige à coulisse qui dépasse le socle de l’appareil pour que l’artilleur prenne sa position et que la balle s’échappe du mortier. Un mécanisme très simple formé de leviers se rattachant tous à un rouleau permet d’obtenir le déclenchement quelle que soit l’inclinaison du mortier et la tension du ressort du percuteur. — Ce jouet se trouve chez M. Mansion, .87, rue d’Alésia, Paris.
- ' La guerre en ballon. — Au moment où notre armée construit ses premiers ballons dirigeables, ce jeu vient à son heure. Il consiste à utiliser un ballon qui plane au-dessus du territoire ennemi pour détruire le plus de choses possible en laissant tomber au moment opportun la bombe qu’il porte dans sa nacelle. L’ensemble du jouet a la forme d’uia petit théâtre et la scène est garnie d’un fort en carton, de ponts, maisons, etc.... ainsi que
- La guerre en ballon
- de soldats et batteries d’artillerie. Dans la coulisse se trouve le ballon suspendu à : un fil, aboutissant à des leviers placés sur le côté, qui permettent de le faire monter ou descéndre, avancer ou reculer à volonté. On dispose également d’un bouton sur lequel il suffit d’appuyer pour provoquer le déclenchement qui fera tomber
- la bombe au moment voulu. Ce mouvement est obtenu
- électriquement ausmoyen d’une petite pile sèche et d’un : électro-aimant. Pour ajouter à l’illusion on peut placer une amorce à l’extrémité inférieure de la bombe et de ichoc, quand elle touche le but, la fait détonner; niais, jdans tous les cas, des ressorts placés sous les. ouvrages |de défense lés font sauter, quand la bombe les touche.
- Ce jeu se trouve chez M. Danset, 51,. rue Nollct, Paris.
- M\ 4 ÎBh.-
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- HYGIÈNE ET SANTE
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- La santé des écoliers. — Je relève dans une communication faite à l’Association britannique une statistique dressée par les inspecteurs médicaux sur un grand nombre d’enfants des écoles de New-York. Elle est intéressante par la constatation d’une foule de taxées organiques, de maladies et de troubles de la vision, de l'audition qui mériteraient d’être soignés." Il s’agit, c’est vrai, d’écoliers américains, mais je suis certain que le pourcentage des anomalies ou des lésions ne serait pas différent, si nous prenions les écoliers de nos pays d’Europe.
- Voici cette statistique qui a porté sur un total de 55 33a sujets.
- Mauvais état de la nutrition ... 3 283
- Adénite cervicale................17 261
- Chorée. 738
- Affections cardiaques........... 8y5
- Affections pulmonaires.......... 600
- Maladies de la peau............. 989
- Difformités du rachis........... 485
- Malformations de la poitrine . . . 4oi
- Malformations des membres . . . 498
- Vision défectueuse............... 16 394
- Audition défectueuse. . .. . . . . 1296
- Respiration nasale défectueuse . 6 182
- Denture mauvaise................ . 18 182
- .Hypertrophie des amygdales . . . 8 847
- Végétations adénoïdes .............. 5 119
- Troubles cérébraux.............. . 1 210
- A remarquer dans cette liste le chiffre élevé d’enfants ayant une vision défectueuse, de mauvaises dents et des lésions de lymphatisme caractérisés par l’adénite, les grosses amygdales et les végétations.
- Les inspecteurs médecins, qui ont fait cet examen, reconnaissent que plus de la moitié des enfants examinés aurait besoin d’un traitement.
- Le cacao soluble. — Aimez-vous le chocolat? Tous, petits et grands, répondront àl’envi d’une façon affirmative. Mais si vous voulez un chocolat à l’eau ou au lait finement préparé, il faut y mettre le temps ; cuisson lente, pâte remuée sans arrêt, bref, tout un appareil culinaire qui ne peut convenir aux gens pressés. C’est pour ceux-là que les fabricants de tous pays ont imaginé le cacao dit soluble. Vous jetez dans le lait bouillant ou dans l’eau, si vous n’aimez pas le lait, une cuillerée de poudre de cacao, vous remuez et instantanément vous avez une tasse d’un breuvage exquis et d’une grande valeur nutritive. Les employés de toutes classes, les voyageurs qui se lèvent matin, ont le moyen de suppléer à la tasse de chocolat dont la préparation demande du temps.
- L’industrie du cacao en poudre, cacao soluble, est devenue très importante : aussi quel ne fut pas l’étonnement d’une des grandes maisons de chocolaterie ,de se voir un jour assignée devant le tribunal pour falsification. Les experts, c’est chose un peu constante, ne fui ent pas d’accord ; les uns prétendant que les doses de sels de potasse étaient trop considérables, que la quantité de beurre était trop réduite, les autres au contraire trouvant qu’il n’y avait rien d’exagéré. Le tribunal ne trouva pas matière à condamnation, devant les incertitudes des chimistes.
- La question est revenue ces temps-ci devant le Consul d’hygiène qui, par la voix de M. le professeur Riche, a conclu d’une façon très sage en limitant les doses, mais en ne se mettant pas en ti’avers des progrès d’une industrie des plus florissantes.
- Pour obtenir le cacao soluble il faut faire subir à la lève une préparation longue et délicate. Une fois torréfiée, décortiquée, concassée, broyée, la fève de cacao est traitée par des procédés différents; tantôt les fèves sont soumises à un mélange de vapeur d’eau et d’ammoniaque, à ioo°; l’ammoniaque est chassée par la température plus élevée à laquelle on pousse l’opération pour la torréfaction; tantôt les fèves décortiquées sont arrosées, pendant le concassage et la torréfaction,
- de solutions alcalines de carbonate de potasse ou de soude. Pour compléter cette action des alcalis,’ on enlève une partie du beurre de la fève en soumettant les fèves à l’action de presses hydrauliques dont la puissance varie de 25 à 60000 kilogrammes. Après ces diverses manipulations, indiquées sommairement, le cacao est pulvérisé et tamisé, formant ainsi un produit spécial différent du cacao normal, qui se vend tel qu’il sort du broyage des fèves. Le débeurrage donne le moyen d’avoir le cacao en poudre; l’addition de sels alcalins facilite son émulsion et permet de l’avoir soluble.
- Ce sont ces deux manipulations : débeurrage et addition de sels alcalins, qui avaient fait traiter le produit soluble comme un produit falsifié- Or, si on consulte les hommes du métier, tous vous diront qu’il est impossible de donner un produit délayable dans l’eau ou le lait sans lui enlever une partie de ses corps gras et sans l’additionner d’une petite proportion de sels de potasse ou de soude. Pour plusieurs cette opération non seulement facilite la dissolution ou, pour mieux dire, la solubilisation qui serait impossible sans cela, mais augmente le parfum, l’arome du cacao.
- C’est uxxe question de mesure, et les doses moyennes que les analyses révèlent dans les échantillons n’ont rien de toxique. On avale avec d’autres aliments simples et composés des proportions bien plus considérables de sels minéraux. En prenant deux tasses de cacao hollandais, c’est-à-dire environ 12 gr. de poudre de cacao, on absorbe la quantité de potasse contenue dans 75 gr. de pain, ou 56 gr. de pommes de terre, ou 100 gr. de viande, ou une tasse de lait, ou une demi-bouteille de vin de Bordeaux naturel. D’après les recherches du chimiste Armand Gautier, les sels de potasse du cacao y sont à l’état de tannales, comme dans une foule de produits naturels, thé, café, vin, etc.
- La Commission a sagement prononcé que le cacao soluble, qu’elle appelle d’un nom plus scientifique et plus vrai, cacao solubilisé, ne présente aucun inconvénient, aucun danger, à la condition qu’il ne contienne pas plus de 3 pour 100 maximum de sels de potasse. Amateurs de chocolats, continuez à déguster en paix les cacaos solubles ; toutes les marques examinées par la Commission avaient la teneur normale de beurre et de sels et méritaient, à ce titre, une égale faveur.
- Traitement de la crampe des écrivains. — On sait, souvent pour l’avoir éprouvé soi-même, quelle gêne apporte à l’écriture cette maladie, alors même qu’elle • n est pas développée à son degré maximum. Les copistes, : les rédacteurs, tous ceux qui ont à tenir la plume, de longues heures sans arrêt, arrivent à un moment donné à une fatigue de l’avant-bras, à une impotence musculaire. Si l’on s’arrête, si l’on prend du repos, on. peut écrire à nouveau; chez les sujets nerveux, chez les pi'édis-posés, la fatigue s’accentue et se traduit par une crampe des muscles qui finit par interdire tout travail.
- De passager, inter-mittent, le spasme musculaire devient permanent et s’accuse non plus seulement poui\ l’écriture, mais pour toute mise en action des muscles de l’avanl-bras.
- Dans un article déjà ancien, j’ai dit qu’une fausse position de l’avant-bras, en éciûvant, était souvent la cause déterminante de cette impotence musculaire. Voici un moyen très simple et à la portée de tous, de remédier à la crampe des écrivains et d’arriver à la guéiûr. Le procédé est dû au Dr Hartenberg et part de la méthode de Bier de combattre les spasmes, les inflammations par l’hyperémie de la région contracturée ou douloureuse.
- M. Hartenberg applique sur le bras, au-dessus du biceps, un lien de caoutchouc, formé par un tube élas- 2 tique modérément seri’é. Le lien est laissé en place ' 20 minutes matin et soir. Au bout de quelques jours le ' résultat est remarquable. Le malade peut écrire. 'sans r être pris de crampes. Chez un sujet atteint depuis r i5 ans de crampe des écrivains la guérison fut obtenue 1 en deux mois. Comme on le voit, le traitement est simple, I sans dangers et a donné des résultats remarquables.
- Dr A. C.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Jiphémérides perpétuelles, permettant de déterminer les différentes coordonnées des planètes pour toute époque passée et à venir, par E. C..., ancien élève de 1 École Polytechnique. Paris. Bibliothèque Chacornac, n, quai Saint-Michel, i vol. in~4°, avec 8 grandes planches hors texte. Prix : 6 francs.
- Ce travail a pour but de permettre de déterminer la position des plauètes sans avoir recours aux diverses éphémérides, telles que la connaissance du temps, l’annuaire du bureau des longitudes, dont on ne peut pas toujours posséder la colleciion et qui renseignent sur un laps de temps assez restreint, et aussi sans se livrer au calcul. Les tables donnent les moyens de faire rapidement cette détermination pour une période •allant de iooo av. J.-C. à 3ooo ap. J.-C. Elles sont précédées de notions préliminaires sur les coordonnées -qui les mettent à portée de tous, moyennant cette •étude préalable. Les planches d’orbites planétaires permettent en plus la résolution rapide de problèmes divers tels que le tracé des courbes décrites par des astres par rapport à la Terre.
- Nouvelle anatomie artistique du corps humain, cours pratique et élémentaire par le Dr Paul Ricuer, membre de l’Institut et de l’Académie de médecine. Paris. Librairie Plon, 1906. 1 vol. in-8°. Prix : 6 francs.
- Simplification du grand traité d'Anatomie artistique du même auteur, ce précis est un résumé et une définition claire des éléments de l’analyse anatomique. Quelques chapitres sont spécialement— par une innovation heureuse — consacrés aux muscles de la femme.
- U Histoire de la Terre, par L. De Launay, professeur à 1 Ecole supérieure des mines. Paris. E. Flammarion 1906. 1 vol. in-16. Prix : 3fr,5o (Bibliothèque de philosophie scientifique).
- L’ouvrage de M. De Launay n’est pas un traité de géologie; suivant une méthode toute synthétique, c’est l’exposé des résultats généraux acquis par la science depuis sa fondation et, au sens propre, l’historique des diverses formes réalisées par notre globe au cours des âges. Les phénomènes biologiques y viennent à leur place, celle d’un épisode dans l’évolution de la planète.
- La Côte-d'Argent. Partie Méridionale, par Maurice Martin, rédacteur à la Petite Gironde (d’Arcachoii à Biarritz, à travers les grandes landes). Préface de J.-H. Rosny. Bordeaux. Imprimerie G. Gouuouilhou 1906. 1 vol. gr. iu-8°. Prix : 8 francs.
- Utilisation à la ferme des déchets et résidus industriels, par J. Fritscii. Paris. L. Laveur, 1906. 1 vol. in-18. Prix : 2 francs.
- Le Tri-car, par H. de Grafeigny. Petit Manuel pratique du choix, de la conduite et de la réparation des principaux systèmes de motocycles et particulièrement des Tri-cars. Paris. H. Desforges, 1907. 1 vol. iu-12. Prix : 2 francs.
- Procédés d'allumage des moteurs à explosion, par A. Bertiiier, ingénieur. Paris. H. Desforges, 1907.
- 1 vol. in-12. Prix : 2 francs.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ctg'ass, P hy si que
- Pour graver une échelle thermométrique. — Nous supposons, bien entendu, que l’on sait trouver le zéro et la graduation 100, ce qui n’est pas difficile ; et nous voulons seulement indiquer comment on peut graver, sur le verre du tube thermométrique, les lignes successives correspondant aux divers degrés. Il s’agit de tracer à la surface du verre des traits parallèles, régulièrement espacés, sans rendre le tube de verre cassant; les graduations de 10 en 10 devant du reste se présenter sous la forme d’une ligne plus longue que les degrés ordinaires, tandis que les lignes de 5, intermédiaires entre celles de 10, doivent de leur côté avoir une longueur moindre, mais supérieure cependant aux degrés ordinaires.
- Il faut commencer par enduire le tube de cire de pirafïiue, ce que l’on fait, après l’avoir chauffé un peu, en le plongeant dans un bain de paraffine chaude; une fois quon l’en a retiré, on le tient vertical un certain temps au-dessus du récipient de paraffine, pour laisser couler l’excès de cette substance. Le thermomètre se trouve alors complètement enduit d’une couche mince de paraffine qui, partout où on ne l’aura pas enlevée, préservera le verre des vapeurs d’acide fluorhydrique auxquelles on va soumettre le tube, en procédant suivant une méthode qui rappelle assez la gravure à l’eau-forte. Il s’agit précisément maintenant (tout étant bien refroidi) d’enlever la couche protectrice de paraffine là où I on veut que l’attaque se produise, c’est-à-dire suivant les lignes de la graduation. Ces lignes, également espacées, et plus ou moins longues, on les trace dans la paraffine, en enlevant celle-ci au moyen d’une petite pointe; le mieux est de placer et de fixer le thermomètre dans une gouttière de bois, par exemple, le long de laquelle seront marqués les degrés. Il se produit toujours quelques bavures le long des traits, il suffit qu’un peu de paraffine ne se détache pas complètement de, la
- couche environnante; mais on l’enlève en passant à la surface du tube un linge doux. Il s’agit ensuite de préparer la gravure proprement dite ; et, dans ce but. on dispose une sorte de minuscule cuve allongée, présentant une longueur sensiblement supérieure à celle du thermomètre, et faite tout simplement d’une feuille de plomb emboutie au besoin dans une gouttière d’un autre métal, qui la soutient; cette cuve ne peut être attaquée par les produits que nous allons y mettre. Ceux-ci sont du spath fluor et de l’acide sulfurique fort, que l’on doit naturellement manipuler avec précaution; on les mêle dans notre cuve allongée. D’autre part, il faut disposer, aux deux bouts de celles-ci des lames de plomb se recourbant sur les bords dé la gouttière, de manière à y former deux appuis pour le tube de verre; celui-ci viendra reposer sur ces lames en des points où l’on ne veut graver aucune graduation; ajoutons, ce qui est fort important également que le thermomètre doit se trouver soutenu à quelque 3 centimètres au-dessus du mélange chimique qui a été versé dans le récipient. C’est donc dire que ce mélange doit former une couche très mince dans ce dernier. La partie du tube qui est à graduer est naturellement placée en bas, de manière à faire face au produit chimique. On recouvre le récipient d’une lame de plomb formant couvercle, puis on chauffe doucement le dessous de la gouttière, sans que la chaleur soit suffisante pour faire fondre la paraffine dont est enduit le tube de verre ; il se forme des vapeurs qui sont de l acide fluorhydrique, et l’on sait que cet acide attaque puissamment le verre: si bien qu’il va le corroder, le graver partout où l’on a enlevé 1 enduit de paraffine, suivant les lignes de graduation par conséquent.
- Au bout d’une demi-heure, l’opération est terminée, et l’on peut retirer le tube et le débarrasser complètement de la paraffine, en le frottant avec un linge très chaud qui fera fondre celle-ci. Au besoin, on pourrait faire pénétrer du vernis noir dans les traits creuses dans le verre.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS- — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les jillls d’un intérêt général qui lui sont signales par ses abonnés, l’ile répond également, dans la mesure du possible, au demandes (]c. renseignements qui lui parviennent accompagnées d'une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et (|(,s iceliercbes souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Un nouveau procédé de cuvelage. __ M. Al. Manget, ancien greffier du tribunal de commerce, à Châlons-sur-Marne, nous adresse un dessin ayaiit trait à un nouveau procédé pour le cuvelage des grandes excavations (puits de mines, etc.). Ce procédé, dont le principe semble ingénieux, se ramène à remplacer ]e cuvelage de fonte cylindrique dont l’ajustage et la pose sont très difficiles, par un immense ruban sans lin, ce qui simplifierait le travail et donnei'ait une grande économie, puisque, d’après l’auteur, il n’y aurait ainsi plus d’etayages, et que l’excavation serait toujours cuvelée au fur et à mesure ds son avancement.
- Continent on doit nourrir les enfants. — Sous ce titre, Hélène Sosnowska, docteur en médecine de la Kaeulié de Paris, nous envoie une petite plaquette éditée par la Société végétarienne de France, 24, rue Chariot, à Paris. Naturellement l’auteur préconise un système purement végétarien et il y a de bous conseils à glaner ijans ce petit travail : voici à simple titre d’exemple le régime adopté pour l’enfant au-dessus de 3 ans : le malin, à jeun, trois noix, écrasées s’il mâche mal, ou entières, des fruits crus quels qu’ils soient, un morceau de pain de Graham, sec ou tartiné de beurre, une petite tasse de lait tiède et cru; à midi, trois noix, des fruits, uni; céréale (blé, avoine, maïs) cuite à l’eau, sans sel, avec un peu de beurre; à 4 heures, un morceau de pain de Graham et un fruit cru. Le soir, à 6 heures un petit pmage aux légumes verts, ou des fruits et du pain de Graham.
- Renseignements. — M. L. Caravaniez, à Tucuman. -^"Tonr les chaudières dont nous avons donné précédemment la description, s’adresser à MM. Grille et C°, 67. rue de la Victoire, à Paris.
- M. A. Chapellier, à Paris. — Il s’agit d’un tour de main fort difficile, le procédé est peu connu. Mais généralement on réussit à conserveries feuillages verts pour la décoration en hiver, en les plongeant dans une disso-luiiou peu épaisse de gomme arabique; on fait sécher ensuite.
- Maris, à Honfleur. — i° Cette question est absolument hors de notre compétence. Veuillez consulter un homme de loi. — 20 Traité sur la fabrication azotique tiré de l’air : un chapitre dans le Traité de chimie industrielle de MM. Wagner, Fischer et Gautier, chez MM. Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris, 1 vol. 35 francs.
- M.. le D-colonel Pujol, à Gabès. — Nous croyons, en effet, qu’il existe des machines à décortiquer le ricin. Vous pourriez obtenir des indications particulièrement précises en vous adressant au Jardin colonial, à Nogent-sur-Marne (Seine).
- M. R. Duplessis-Foucaud, à Saint-Emilion. — Complément au renseignement donné antérieurement : un lecteur nous indique comme fabriquant spécialement des appareils de chauffage au bois M. H. Faye, constructeur, près de la gare de Juvisy (Seine-et-Oise).
- M. A. L., à Louvain. —Avertisseur Hauger Pescheux (n° 1734 du 18 août).
- M. G. Michel, à Zurich. — Instruments de chirurgie eu caoutchouc : MM. Vergne et Bouisserin, 116, rue de Rivoli; Bognet et Burnet, 125, rue Vieille-du-Temple ; Mwffim, 54, rue des Écoles, à Paris.
- MM. Ilerbin, à Buenos-Ayres. — Ce que l’on appelle fibre végétale ou fibre vulcanisée est une substance isolante à base de sciure de bois et de mica ou é amiante, employée dans la construction des machines électriques.
- M. X., à Passy. — La lampe éternelle Seguy ne se fabrique plus et n’est plus dans le commerce.
- M. de Saint-Quentin, à Banquefort. — Nous ignorons la composition' exacte du papier Mourre, mais nous
- avons donné dans nos Recettes et procédés utiles, 5e série (Masson et Cio, éditeurs), le moyen de fabriquer un pror duit similaire : il se compose de résine, huile de lin, miel et glycérine.
- M. H. Chéné, à Poitiers. — La question que vous nous posez sort tout à fait des renseignements que nous pouvons donner à nos lecteurs. C’est une question technique qui peut seulement être élucidée par un praticien. Il nous semble que vous pourriez arriver à un refoulement de 3 mètres en faisant aller votre bâteau à une vitesse de 35 kilomètres à l’heure.
- M. V. A. Lechevetsche, à Alexandropol.— L’immobilisation du liquide contenu dans les accumulateurs Dinin est obtenue à l’aide de cellulose ou de poudre agar-agar.
- M. G. Ziméner, à Caracas. — On 11e connaît pas encore les résultats du concours.
- M. E. G. Ruono, à Naples. — Pour la balle Devillers, veuillez vous adresser à la manufacture française d’armes et de cycles de Saint-Étienne, à Saint-Étienne (Loire).
- M. II. Pradon Varlet, à New-York. — Il est impossible de répondre à chacune de vos nombreuses questions que vous trouverez résolues dans les recueils de Recettes et Procédés utiles, 5 volumes, chez Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. A. Riltener, à Payerne. — i° Traité relatif à l’émaillage : La fabrication des émaux et l'émaillage, par Paul Randau, chez MM. Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, Paris. Prix : ylr,5o.— 20 Nous ne connaissons pas de périodique spécialement consacré à la céramique et au verre orné; vous trouveriez incidemment des indications dans la revue mensuelle Art et Décoration, à la librairie centrale des Beaux-Arts, 13, rue Lafayette, Paris, où l’on pourrait peut-être vous renseigner davantage.
- M. A. L., h S. — Vous trouverez le schéma d’installation électrique demandé dans lesRecetles de Vélectricien, volume publié par MM. Masson et Cre, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. R. Pavon, à Cordoue. — Aluminium et alliages divers : Société des alliages Cothias, 9, rue Victor-Hugo, à Ivry-Port (Seine).
- Cercle militaire, à Médéah. — Veuillez vous adresser directement à M. P. Helbronner, Société des hauts fourneaux de Pompéi, à Nancy.
- M. Micliaud, à Grenoble. — Ouvrages sur les tapisseries anciennes : veuillez voir les catalogues des maisons d’édition Laurens, 6, rue de Tournon, à Paris, et Lévi, r3, rue Lafayette, Paris. Pour les marques, vous pourriez employer le Dictionnaire encyclopédique des marques et monogrammes de Ris-Paquot, chez Laurens, 60 francs.
- M. J. Lascombe, à Saint-Pierreville.—Nous ne possédons pas le renseignement que vous demandez ; il nous semble d’ailleurs qu’il y a là surtout une question d’appréciation personnelle.
- M. le Dr Hocègne, à Paris. — Le chauffage à l’alcool et le chauffage au pétrole conviennent tous deux parfaitement pour le cas que vous signalez.
- M. II. de V., à Nantua. — i° Vous trouverez des renseignements sur ces questions dans le grand travail de Frager le Rameau d'Or (The golden bough), 2e édition, publié à Londres, par MM. Macmillan. — 20 Voyez le livre de Tuvner sur Samoa (1881) à la même librairie. — 3° Consultez la collection de VAnthropologie, éditée chez MM. Masson et C‘e, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris et les Bulletins de la Société d’Anthropologie, même librairie.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. De-
- courlon, à Modane. Veuillez vous adresser à une agence de brevets. — M. Magnan, à Versailles. Il faut faire analyser le produit par un chimiste qui, seul, peut établir s’il y a fraude. — M. Paulhauet, à Meudon. Voyez les recueils de Recettes et Procédés utiles, 5 petits volumes, chez MM. Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. A. Achard, à Pau. Consultez le même ouvrage, 4° série, même librairie. — M. Manget, à Châlons, Mma II. Sosnowska, à Paris. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES RU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE 1IE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL l'LUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 novembre. C’ü K - 1° S. 2. Couvert. 0,9 Gelée blanche ; très nuageux ; pluie de 20 h. à 21 h. 45
- Mardi 20 5°,0 W. S. W. 2. Pluie. 0,2 Gelée blanche ; petite pluie à 7 h. ; peu nuageux.
- Mercredi 21 5°, 9 S. S. W. 3. Pluie. 7,5 Gelée bl. ; pluie de 4 h. à 9 h. 30; bruine l'après-midi • pluie de 2 b. à 24 h. ’
- Jeudi 22 11°,f> S. S. AV. 2. Couvert. 0,3 Pluie line à 1 b. 30 et à 6 b. ; très nuageux.
- Vendredi 25 1C°,3 Calme. Couvert. 0,0 Couvert; bruine par intervalles.
- Samedi 24 10° ,5 S. S. E. 2. Couvert. » Couvert.
- Dimanche 25 7°,1 S. S. w. 0. Couvert. 0,0 Couvert; un peu de bruine à 7 h. ; brouillard peu épais tout le jour.
- NOVEMBRE 1906. — SEMAINE DU LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 NOVEMBRE 1906.
- La courbe supérieure indique La nébulosité de 0 à 10. les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent, courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche , courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- SgOsS, Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été pluvieux pendant toute la semaine du ig au 25 novembre. Le 19 novembre, la baisse barométrique a atteint i3 mm sur la mer Méditerranée. IJn vent fort de l’Ouest a soufflé sur nos côtes de la Manche; il a été très violent du Nord-Ouest sur les côtes de l’Océan. A Oyonnax, la neige est tombée en grande abondance sur les montagnes • une tourmente d’eau a inondé la plaine, les torrents ont débordé et le tonnerre s’est fait entendre. Les pluies ont été abondantes en France; il est tombé 61 mm d’eau à Lyon, 55 mm à Nice, l\i mm à Belfort, 3o mm à'Limoges, 20 mm à Nantes, 8 mm à Paris. La température était le matin 3° à Paris, 5° à Nancy, 70 à Clermont, 90 à Marseille. — 3° au Puy de Dôme, —6° au mont Yentoux, — i2° au Pic du Midi. La pression barométrique était 745mm,7 à Paris. Le 20 novembre, la pression s’est relevée à l’Ouest de l’Europe; la hausse était de 11 mm à Brest et de 8 mm à Biarritz. Les pluies ont été accompagnées de grêle à l’Ouest de la France; on a recueilli 1 mm d’eau à Paris, 3 mm à Brest, 8 mm à Toulouse, 10 mrn à Limoges, 37 mm à Biarrilz. La température était le malin 20 à Nantes, 3° à Paris, 5° à Marseille, 5° à Perpignan, —4° au mont Aigoual, — io° au Pic du Midi. Le 21 novembre, la pression barométrique s’est abaissée sur l’Ouest de l’Europe; des mauvais temps ont sévi sur les côtes de la Manche et de l’Océan. Il a plu à Cherbourg (17 mm d’eau), à Brest (11 mm), à Nantes (10 mm), à Biarritz (5 mm), à Paris (3 mm), à Lyon (1 mm). Le thermomètre marquait le matin 6° à Paris, 8° à Bordeaux, i3° à Lorient, i3° à Alger, o° au
- Puy de Dôme, —20 au mont Yentoux, —6° au mont Mounier. Le 22 novembre, la pression barométrique s’est élevée sur le continent; au centre de la France, elle était supérieure à 775 mm. Un vent d’entre Sud et Ouest a soufflé sur les côtes de la Manche et de l’Océan, et notamment au Pas de Calais. Il est tombé i3 mm d’eau à Nantes, 5 mm à Cherbourg, 5 mm à Paris, 4 mm à Rochefort, 2 mm à Dunkerque, 1 mm à Besançon. La température était le matin 3° à Toulouse, 8° à Clermont, 70 au Puy de Dôme, 120 à Paris (avec excès de 8° sur la normale). A Paris, le ciel a été couvert toute la journée, et on a observé sur la ville un brouillard assez épais. Le 23 novembre, le baromètre marquait 775 mm dans nos régions. Ou signalait sur toutes nos côtes un vent faible d’entre Est et Sud; la mer était houleuse à la pointe de Bretagne. Il n’est tombé en France que quelques ondées dans l’Est. Le thermomètre a indiqué le matin 8° à Lyon, io° à Paris, 120 à Brest, 160 à Alger, 70 au Puy de Dôme, 5° au mont Aigoual, o° au Pic du Midi. Le 24 novembre, la pression était 779 mm à l’Est de la France; il n’y a pas eu de pluies sur nos régions. La température était i° à Clermont, 5° à Toulouse, [i° à Paris, i5° à Alger, io° au Puy de Dôme, 20 au Pic du Midi. A Paris le temps a été couvert et brumeux par vent d’entre Est et Sud-Est avec de faibles ondées. Le 25 novembre, la pression atmosphérique était supérieure à 775 mm sur toute la France; on observait un maximum à Clermont (778 mm). On n’a recueilli en quelques points que de faibles quantités d’eau dues au brouillard. La température était le matin i° à Clermont, 3° à Toulouse, 70 à Paris, i3° au Puy de Dôme, 20 au mont Aigoual, i° au Pic du Midi.
- PHASES DE LA. LUNE P. Q. le 23 à oh. 49 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, "Boulevard Saint-Germain, Paris (VTe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘e, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N" 1750 (8 DÉCEMBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »>
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- INFORMATIONS
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- Concours de la Société de géographie. — La Société' de géographie, 184, boulevard Saint-Germain, à Paris, ouvre pour l’année 1906-1907 un concours exclusivement réservé aux Français. Manuscrits, cartes, planches, etc., devront être absolument inédits et seront reçus jusqu’au 3i décembre de cette année. Un prix de 400 francs et une médaille en argent seront attribués à chacun des mémoires couronnés. Le programme indique les trois questions suivantes : « i° Appliquer les principes actuels de la géographie physique à l’explication des particularités diverses d’une région naturelle de la France (moins les Baronnies et le Diois, et le sol de la Gascogne) ; 10 Histoire de la représentation graphique d’une province française, en signalant les méthodes scientifiques employées, le développement de la nomenclature et des signes, ainsi que les modifications apportées par le temps et la civilisation à la délinéation des côtes, à l’importance des localités, forêts et voies de communication; 3° Étudier dans quelle mesure et dans quelles conditions est utilisée en France la force motrice des fleuves, rivières, chutes d’eau. Indiquer les lacunes les plus graves de cette exploitation industrielle ; en montrer les chances de développement dans l’avenir. On insistera sur l’étude des conditions spéciales à chaque région et des adaptations rationnelles qu’impose le régime de chaque groupe d’eaux courantes ou de chutes d’eau. » Pour tout renseignement complémentaire et pour l’envoi des manuscrits, s’adresser au secrétaire général de la Société, à l’adresse ci-dessus.
- La grotte de Rosée (Belgique). — M. E. Van den
- Broeck nous informe (Voy. n° 1746) qu’une nouvelle exploration de la grotte de Rosée, à Engihoul, a révélé dix autres salles aussi belles que la première, un ruisseau soutei'rain et un vrai labyrinthe de corridors; les explorateurs se sont égarés dans ce dédale, et n’ont retrouvé leur route qu’à grand’peine. « Cette grotte est immense et s’étend dans toutes les directions ; elle diffère totalement de toutes les autres cavernes belges. » On vient de trouver un point de pénétration qui évitera le très dangereux parcours du lit du ruisseau. D’après la récente communication faite à la Société belge de géologie par MM. Van den Broeck, Cosyns et Prinz, la bizarrerie et le contournement des concrétions si extraordinaires de cette grotte tiendraient à la présence d’un peu de silice dans l’eau de suintement, saturée de carbonate de calcium; la silice aurait donné à celte eau une légère consistance gélatineuse et, la pression aidant, aurait permis aux secrétions de s’étendre dans tous les sens à la sortie des tubes capillaires, de former même
- des spirales ascendantes. Le suintement extérieur a converti ensuite la plupart des ergots en crosses bizarres. Toutes les cristallisations ont la forme rhomboédrique du spath d’Islande.
- Deux nouvelles comètes. — Les comètes auront été nombreuses cette année. Deux télégrammes de l’observatoire central de Kiel sont venus, en effet, nous apprendre que deux nouveaux de ces astres viennent d’être découverts. Le 10 novembre, M. Thiele, directeur de l’observatoire de Copenhague, a trouvé une comète de 8e grandeur (accessible, par conséquent, aux instruments de moyenne puissance) dans le Lion, non loin de l’étoile L à la position suivante, pour 17113m (temps moyen de Copenhague) : J* — 911 i6m ; (D — + 120 28'. Elle apparaissait sous l’aspect d’une nébulosité de 2' environ de diamètre. Son éclat, d’après l’éphéméride provisoire calculée par M. Ebell, irait en augmentant légèrement. Parmi les autres positions observées, positions qui permettront à nos lecteurs de reporter la marche de celte comète sur une carte et de la retrouver au ciel, signalons les suivantes :
- Date Heure JR. (J) Observateur
- 11 nov. 1411 3,n (Bamberg) gh igm 5os -j-i3°3o'M. Hartwig.
- 12 nov. ltih )3m (Nice) gh24m4os -|- i4° 5o' M. Giacobini.
- 13 nov. 1 7h 4üm (Besançon) 9h29m3os -j- ié° 9' M. Chofardet.
- Cette comète est la 7e de 1906. Elle a été inscrite sous la dénomination de comète 1906 g.
- La 8e comète de l’année (1906 h) est beaucoup plus faible : delà 12e grandeur seulement. Elle a été découverte le 14 novembre, par M. Metcalf, à Taunton (États-Unis) à la position suivante :
- Æ. = 4h 4m 35s ; CD = — 20 16'.
- Mouvement dirigé vers le Sud-Ouest. Elle planait alors dans la constellation de l’Eridan, entre des étoiles £ et 35.
- Les câbles maritimes. — Le 27 août 1906 on a livré au public le câble entre l’Islande et les îles Feroé. Le 9 septembre on a terminé (à Helgoland) la pose du câble allemand-norwégien de Cuxhaven à Arendal. L’Allemagne qui-, en 1870, n’avait que 1000 1cm. de câbles maritimes, en possédait en 1905, 3oooo km. Sur les 45oooo km. de câbles sous-marins du monde entier, 60 pour 100 sont à l’Angleterre, 18 pour 100 aux États-Unis, 9 pour 100 à la France; 6 1/2 pour 100 à l’Allemagne.
- Conducteurs électriques en sodium. — Sous ce titre, dans son dernier numéro, Y Industrie électrique fait connaître que M. Anson G. Betton a publié récemment dans VÉlectrical World un article sur la résistivité du sodium qui est le triple de celle du cuivre. La den-
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- INFORMATIONS
- site du sodium est 9 fois plus faible (0,98 au lieu de 8,95); un conducteur d’une longueur et d’une résistance données est donc 3 fois moins lourd en sodium qu’en cuivre. Le prix de fabrication de 1 kg de sodium est de 1 franc ; le conducteur en sodium pourrait donc être six fois moins cher que le cuivre. Le sodium fond à qô0 C., et s’enflamme au contact de l’eau. On peut protéger le sodium en plaçant le conducteur dans un tube de fer qui le maintient, le protège et concourt à la conduction du courant. L’emploi de ces nouveaux conducteurs fer-sodium conviendrait aux canalisations souterraines de grande intensité et de basse tension. Cette nouvelle considération est des plus intéressantes à examiner dès aujourd’hui, en réservant l'avenir. Il y aurait, en outre, grand avantage à pouvoir diminuer la consommation du cuivre, dont le prix a subi récemment une hausse si forte.
- Services téléphoniques de Paris. — M. le ministre des Travaux publics a récemment pris un arrêté par lequel il confie à M. Trouhet, inspecteur à la direction des services électriques de la région de Paris, la direction temporaire des bureaux centraux téléphoniques ainsi que l’inspection et la surveillance des postes d’abonnés. La mission de M. Trouhet a pour but d’améliorer le fonctionnement des services téléphoniques ; il a le droit de donner aux chefs des bureaux centraux toutes les instructions qu’il jugera utiles pour assurer la régularité et la bonne marche des services.
- Une Exposition internationale à Copenhague. —
- Le gouvernement du Danemark prépare les plans d’une importante exposition, qui aura lieu, dans deux ou trois ans, à Copenhague. Cette exposition internationale sera une grandiose manifestation à la fois industrielle et artistique, à laquelle collaboreront surtout tous les pays Scandinaves. Il y a 18 ans que la capitale du Danemark a organisé sa dernière exhibition universelle. Elle profitera de cette occasion pour exécuter de grands travaux de viabilité, depuis longtemps réclamés ; elle transformera certains quartiers, construira une nouvelle grande gare centrale et complétera son programme de parcs et de jardins. L’exposition sera érigée à l’emplacement de la gare actuelle, qui sera entièrement démolie ainsi que toutes ses annexes.
- Bois et fourmis blanches. — Nous avons parlé jadis du procédé Powell, qui traite les bois par imprégnation d’une solution de saccharine à laquelle on a ajouté une faible proportion de sels métalliques. Or, ce traitement ne conserverait pas seulement le bois en le préservant de ses ennemis ordinaires, il suffirait encore à arrêter complètement les fourmis blanches, si dangereuses pour tous les bois.
- Concurrence du gaz et de l’électricité. — M. Leaf, dans une des séances dernières de la North of Englaud Gas Managers Association, a exprimé l’idée assez justifiée que le gaz tient sa place plus que jamais en face de l’électricité, et qu’il n’aurait même rien à craindre d’elle, ni comme force motrice ni comme éclairage. Et cela, d’autant que le prix du gaz peut encore s’abaisser considérablement.
- La pêche en Suisse. — Les établissements de pisciculture sont nombreux en Suisse ; ils sont parfaitement outillés et travaillent très sérieusement au repeuplement des cours d’eau. Les statistiques suivantes donneront une idée exacte de l’importance de leur action. De 1890 à 1904, il a été versé, par les soins de ces établissements, dans les eaux de l’Etat, près de 406 millions d’alevins de poissons. De i8g3 à 1904, il a été déversé, dans ces divers cours d’eau, 24652200 saumons, 56 402140 truites de rivières, 19865600 truites de lac, “lü 162600 ombres chevaliers, 20 696 4oo ombres de rivières et environ 246 millions de poissons divers.
- Les boues à diatomées du Pacifique. —’ Les diatomées sont ces petites algues à chlorophylle masquée par une substance colorante brune et qui, par l’accumulation de leur dépouille siliceuse extrêmement dure et résistante, ont donné naissance à des gisements géologiques très connus et souvent exploités pour les besoins de l’industrie : tripoli, terre à infusoires, minerais de tourbière, dépôts de minerais geyseriens, etc. Elles présentent une grande adaptilité aux conditions les plus extrêmes de température, et, notamment, partout où la densité de l’eau de mer est abaissée par introduction
- d’eau froide, venue des fleuves ou de la fonte des glaces côtières, on voit les diatomées abonder dans les eaux superficielles. Des observations effectuées par des naturalistes américains au cours d’une croisière faite eu 1899 par le steamer Nero de la marine de l’Union pour explorer le trajet d’un câble télégraphique projeté entre les Etats-Unis, les Philippines et le Japon, et qui ont été tout récemment publiées par la Smithsonian Institution, viennent de compléter les notions classiques à ce sujet. Les sondages effectués par le personnel du steamer-de 5 en 5 kilomètres en moyenne ont ramené, en plus des dépôts de grands fonds déjà connus, de véritables boues à diatomées. C’est dans les fosses les plus profondes du trajet parcouru que ces trouvailles ont été faites et notamment à peu près à mi-trajet rectiligne de Lugon à l’île de G-uam, en deux points atteignant réciproquement les profondeurs de et 5o5o mètres et immédiatement à l’est de cette dernière île, par 45oo mètres environ. Ajoutons que le point le plus bas auquel le sondage ait atteint se trouvait à la profondeur de 8535 mètres. Partout ailleurs on a trouvé les dépôts déjà relevés dans les explorations antérieures : argiles rouges, boues bleues, boues à globigérines, etc.
- Résistance des poteaux télégraphiques. — Dernièrement, la maison spéciale anglaise Wade s’est livrée à des expériences intéressantes, en vue de calculer l’elforl qui suffit à rompre les poteaux télégraphiques, ou ceux tout analogues qui servent souvent à soutenir les câbles électriques; il s’agissait aussi de constater la flexion qu’ils étaient en état de subir sans inconvénient. L’un des poteaux essayés, long de 12 mètres à peu près, a pu être écarté de 4,^5 m. hors de la ligne droite avant de montrer le moindre signe de fracture.
- Chauffage du bois. — MM. Devaux et Bouygues ont présenté, à la Société des Sciences de Bordeaux, les résultats d’expériences intéressantes faites par eux sur la pénétration de la chaleur dans la profondeur du bois. On a constaté notamment que la pénétration est à peu près proportionnelle au temps ; par contre, la vitesse de pénétration au centre d’un morceau de bois ayant un diamètre de 5 à 12 centimètres, est à peu près en raison inverse du carré du diamètre. La propagation de la chaleur dans le bois de cœur n’est pas la même que dans l’aubier, et réchauffement du bois de cœur devient de plus en plus difficile à mesure que l’on considère une température plus élevée. D’autre part, la durée du refroidissement d’un cylindre de bois chauffé est toujours très supérieure à celle de réchauffement.
- Wagons métalliques. — Nous avons eu occasion de dire tout l’intérêt que l’on porte, aux Etats-Unis, aux. wagons entièrement métalliques pour les trains de voyageurs ; on estime que c’est un moyen fort efficace de protéger les voyageurs contre les résultats funestes des accidents de trains. Aussi a-t-on décidé de n’admettre à circuler que des véhicules de ce genre dans le tunnel qui va amener les lignes du chemin de fer Pennsylvania à l’intérieur de l’agglomération new-yorkaise ; même les voitures-postes et les sleepings devront être en acier.
- Lignes ferrées électriques. — On va en établir une nouvelle en Suède, où la traction électrique attire parti-. culièrement l’attention. Cette voie nouvelle doit relier la banlieue de Stockholm à l’île de Varndo, au moyen d’un pont de 3oo m. environ, et former tout un réseau dans cette île.
- Pétrole néo-zélandais. — On vient de terminer un forage à New Plymoulh, en Nouvelle Zélande, qui donne toute satisfaction. La pression se maintient, et, tout dernièrement, on a recueilli la valeur de 2.5 barils en une soirée.
- Minoteries de France. — Il existe, en France, 33 320 moulins, qui se répartissent comme suit : 3770 minoteries à cylindres, 525i minoteries à meules, 24 3o5 petits moulins à eau ou à . vent. C’est dans les départements des Bouches-du-Rhône et de Seine-et-Oise que les minoteries à cylindres sont les plus nombreuses. Les minoteries à meules se rencontrent surtout dans la Savoie, dans l’Isère et dans le département de Saône-et-Loire. Dans la Loire-Inférieure et la Vendée, il y a un très grand nombre de petits moulins à eau et à vent.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Mathématiques
- Cercle à calcul Halden. Tout le monde connaît les avantages que présentent les règles à calcul; on sait tous les services qu elles rendent dans maintes circonstances et on les apprécie certainement beaucoup. Mais on peut leur reprocher d’être un objet incommode à porter dans la poche, de laisser effacer les chiffres après quelques mois d’usage; le bois se rétrécit, le coulisseau prend du jeu. Ces inconvénients disparaissent avec les cercles à calcul; ils sont très faciles à porter, la construction en est très soignée et supprime tout jeu, enfin les chiffres sont protégés par des verres et restent toujours lisibles. Ajoutons qu’un carnet spécial accompagne toujours le cercle dans le même étui et qu’il contient une liste très étendue des règles et des diviseurs pour les calculs dont l’application est la plus générale. Le cercle Halden, dont nous donnons la description, est formé d’un disque mobile à l’intérieur d’une couronne. Le cercle et la couronne sont gradués et l’ensemble constitue un cadran avec des échelles logarithmiques des deux cotés. Le tout est renfermé entre deux plaques en verre [maintenues tout autour par une bague métallique servant de monture. Deux lignes radiales sont tracées sur les
- calculs que l’on rencontre le plus souvent. En résumé, le cercle Halden est un cercle à calcul très ingénieux et très pratique. — Le cercle à calcul Halden se trouve chez M. Elias Lévy, i3, avenue de la Motte-Piquet, à Paris.
- Appareils divers
- Appareil asepto-fût pour laver les tonneaux. — Cet appareil est destiné à l’emploi d’un liquide spécial désintectant à base de formaldéhyde qui neutralise les ferments putrides que peu-
- vent contenir les fûts ; ce liquide est surtout recommandé aux brasseurs. L’appareil comprend un réservoir A en tôle plombée d’une contenance de 3 à 4 kg' de produit. Sous ce réservoir se trouve une lanterne B, en verre portant trois graduations qui correspondent à des quantités de 5 gr., 5o gr. et 8o gr. de produit. Enfin une chambre de vaporisation F, munie d’un robinet de purge,reçoit le liquide avec son jaugeage. Dans cette chambre s’opère également le mélange du liquide avec la vapeur d’eau. La vapeur est amenée de la conduite principale C par la conduite E par l’intermédiaire du robinet à vanne D. La vapeur, en pénétrant dans la chambre l’ouverture du robinet G,
- Détail de l’appareil asepto-fût.
- dissout le liquide qui, par est renvoyé alors, sous la pression de la vapeur, dans la conduite principale I. Le mélange est projeté avec force dans la conduite I par suite de la résistance rencontrée dans l’injecteur H qui agit encore comme pulvérisateur. Le produit se trouve donc introduit sous forme de buée dans le tonneau soumis au nettoyage ; cet état de vapeur est très favorable à la désinfection. •— L’asepto-fût se trouve à la Société française de désinfection, 14, rue des Pyramides, Paris.
- Cercle à calcul Halden.
- verres pour former des curseurs. Avec les pouces on fait tourner les plaques de façon à faire coïncider les lignes radiales avec les chiffres à lire. A cet effet, on place le disque du cadran en serrant les écrous placés au centre entre le pouce et l’index et en tournant la monture; la couronne est fixée à cette bague extérieure. Le cadran est construit en métal argenté mat rendant très lisibles les chiffres et les graduations en noir ; ces dernières sont gravées en traits d’une grande finesse. Le cadran enfermé dans les plaques de verre se trouve à l’abri de toutes poussières. Sa forme circulaire lui assure de grands avantages ; les chiffres se suivent sans interruption. Il faut remarquer aussi que le disque central ne peut pas prendre de jeu. Il ne s’appuie pas sur la couronne qui l’entoure, mais sur des plaques en verre soigneusement ajustées dans une monture métallique en bronze dur.
- Le cercle Halden contient huit échelles : sur la face recto se trouvent l’échelle des racines carrées, les deux échelles à calcul et une échelle de . logarithmes ; sur la face verso sont gravées l’échelle des racines cubiques, deux échelles à calcul pour les proportions inverses et une échelle d’angles. ’
- Nous ne pouvons ici indiquer le mode d’emploi pratique du cercle ; dans l’étui se trouve une notice qui contient la description des moyens d’employer le cercle pour trouver facilement et rapidement la solution des
- Procédé rapide pour localiser les fuites d’un tuyau. — Il est facile de comprendre que le moyen le plus simple, c’est l’envoi d’un certain volume de fumée dans la canalisation, dont la fissure est révélée immédiatement par la sortie d’une partie de cette fumée au point
- Délai! du procédé pour localiser les fuites d’un tuyau.
- où il y a un trou, petit ou grand. La combinaison a du reste été indiquée, par un confrère anglais, plus particulièrement pour les tuyaux acoustiques ; mais on peut aisément étendre le procédé, chaque fois que le tuyau est vide et ne craint pas l’action de la fumée que nous allons indiquer.
- Pour engendrer celle-ci en assez grande quantité, il
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- suffit de faire agir les unes sur les autres des vapeurs d’acide chlorhydrique et d’ammoniaque. Pour cela, on peut se servir de l’appareil très simple qui est dessiné un peu schématiquement ici. Ce sont deux flacons de verre bouchés par de bons bouchons à travers chacun desquels sont percés deux trous : dans l’un de ces trous est passé à frottement un tube en verre recourbé A, qui atteint à peu près jusqu’au fond de la bouteille, tandis que le tube B, également recourbé, est bien plus court.
- Les deux grands tubes sont réunis par des tuyaux de caoutchouc à une tubulure C en forme de T, et le tuyau inférieur de caoutchouc qui se rattache à la branche verticale de ce T, aboutit à une sorte d’embouchure permettant de souffler dans les tubes A. Les deux tubes B sont de leur côté reliés à une autre tubulure en T, mais retournée, ainsi qu’on le voit, et un tuyau de caoutchouc continue verticalement la partie perpendiculaire de celle tubulure. Par ce dernier tuyau, et par l'intermédiaire d’un tube de verre le prolongeant et glissant dans un trou fait dans un bouchon qui obturera un des orifices du tuyau acoustique, on pourra envoyer, chasser les vapeurs produites, dans tout le tuyau acoustique, dont on aura obturé l’autre extrémité par un bouchon. Si donc on verse un peu d’acide chlorhydrique fort dans le premier flacon et de l’ammoniaque forte dans l’autre, et qu’on souffle dans l’embouchure ad hoc, des vapeurs de chlorure d’ammonium seront envoyées dans le tuyau acoustique, et elles sortiront par tous les trous ou les fissures qui pourraient se présenter.
- Nouvelles forme et disposition de pipe. — La pipe
- est un temps
- accessoire d’origine si ancienne, il y a si lo
- qu’elle
- ng-
- se conserve, on peut dire sans modification, qu’il est assez curieux de voir quelqu’un proposer de lui apporter une transformation tout à fait caractéristique. C est pourtant ce qu’a fait un inventeur américain, M. Neal Shulin, de Butte (Etat de Montana).
- La pipe a dans son ensemble l’apparence, assez peu élégante du reste, d’une poire, ou plutôt d’un de ces cornets acoustiques que les sourds logent dans le creux de leur main. Cette poire se visse de manière à fo rmer un tout qui présente une ouverture dans le bas, mais en réalité cette poire est composée de 3 parties, et, à l’intérieur, elle renferme le récipient cylindrique où l’on met le tabac.. Ce récipient est fait d’un manchon, dont les deux extrémités sont fermées par de la toile métallique, l’extrémité inférieure pouvant naturellement s’ouvrir pour qu’on soit en état de loger le tabac. Un revêtement convenable est disposé entre le cylindre et le corps de la pipe. C’est seulement quand le récipient a été rempli de tabac, refermé, et que le tabac a été allumé, que l’on revisse la portion extrême de la poire, et que l’on commence de fumer réellement suivant la nouvelle méthode, l’air étant aspiré et arrivant sur le tabac en combustion par le trou d’aérage inférieur. La partie supérieure de îa pipe est munie d’un revêtement absorbant, qui peut être remplacé à volonté, c’est-à-dire quand besoin en est.
- Nouvelle pipe.
- Le géocirome A. Groc. — Il existe déjà plusieurs appareils destinés à démontrer le mouvement de la terre autour du soleil et les conséqences de son inclinaison sur le plan de l’écliptique. En général, ils sont d’un prix assez élevé, par suite de la complexité de leur mécanisme. M. A. Croc est parvenu à créer un appareil à bon marché, d’un mécanisme simple, qui n’exclue pas la précision de la démonstration : il tient compte, en effet, du mouvement de rotation de la terre siir son axe et du mouvement de translation autour du soleil, tout en conservant à l’inclinaison de l’axe une direction constante. Tous ces mouvements sont obtenus grâce à un parallélogramme articulé et à une transmission par courroie sur deux poulies; c’est là tout le mécanisme. Comme on le voit sur la gravure ci-contre, le soleil est représenté par la bougie placée sur un pivot; on maintient d’une main le socle de ce pivot et de l’autre on pousse l’autre
- extrémité de la planchette (où se trouve monté le globo terrestre) de façon, à la faire tourner en sens inverse des aiguilles d’une montre. On remarquera que, par suite de la disposition du mécanisme, l’axe de la terre tourne dans le sens des aiguilles d’une montre. Un cadran placé près du pivot, indique les différents mois de l’année et, si l’on examine la situation qu’occupe un pays à un mois donné, on voit tout de suite quelle influence peuvent avoir sur lui, à cette époque, la chaleur et la lumière que lui envoie le soleil. C’est ainsi qu’on peut faire saisir aux jeunes gens cette vérité, qui paraît paradoxale, que nous avons moins chaud quand nous sommes plus près du soleil. En effet, si l’on arrête l’appareil au moment où le cadran indique le mois de décembre et qu’on amène l’Europe en face du soleil, en faisant tourner le globe avec le doigt, on voit que la distance de la
- ].e Gcodromc A. Groc.
- terre au soleil est la plus courte (146 millions de kilomètres, tandis que la plus grande est de i5a millions); mais on voit en même temps que les rayons solaires nous arrivent très obliquement et ne peuvent que glisser à la surface du globe terrestre. En juillet, au contraire, quand la distance est maximum, ils arrivent presque perpendiculairement; on remarque également que leur action se produit pendant un temps beaucoup plus long-qu’en décembre. On s’explique ainsi très facilement le mécanisme des saisons. — L’appareil se vend chez M. A. Groc, 20, rue Cier, à Paris.
- Machine à peler. — Nous avons décrit dernièrement ( Voy. n° 1740, du 29 septembre 1906, p. 140) des machines à peler les pommes de terre et les fruits. En voici un autre modèle qui nous semble présenter de nouveaux avantages. Il s’agit d’une petite machine qui se fixe solidement à une table de cuisine au moyen d’une vis de
- Machine à peler.
- pression : placée au-dessous, et qui se compose d’une broche placée à l’extrémité d’une vis que l’on fait tourner à l’aide d’une manivelle. On place le fruit ou le légume à peler sur la broche. En tournant, cette dernière se déplace horizontalement et passe devant un couteau commandé par un ressort qui le force à s’appliquer sur l’objet à peler. On peut ainsi en quelques instants peler une grande quantité de fruits ou de légumes. — La machine à peler se trouve chez M. Kratz-Boussac, 1 4, rue Martel, à Paris.
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- HYGIENE ET SANTE
- Une cause d’angines. — Voici l’hiver et son cortège de coryzas, de rhumes et de maux de gorge. Le froid est l’ennemi des muqueuses des voies respiratoires. I,a nature, prévoyante, nous a donné un moyen de respirer l’air glacé des hivers dans des conditions moins désagréables, moins nocives pour nos bronches et nos poumons. Elle a assuré par les fosses nasales le moyen d’humidifier, de réchaulfer l’air, de façon qu’il arrive dans l’arbre respiratoire à une température moins basse. Mais il faut pour cela que le passage par le nez soit possible ; d’où l’attentiou des médecins à supprimer chez les enfants les végétations adénoïdes, les grosses amygdales et tout ce qui obvie au libre passage de l’air par les voies nasales.
- Les angines, en employant un mot générique qui s’applique à toutes les variétés de maux de gorge, ont une origine bactérienne ; les nombreux microbes qui pullulent dans la bouche, les dents, l’arrière-gorge, les fosses nasales, ne demandent qu’à être excités pour se développer, se multiplier et engendrer des inflammations de nature variée suivant l'agent en cause. Mais il est un facteur important dans le coup de fouet donné à ces microbes et dans la genèse des angines. C’est la susceptibilité des gens à se refroidir.
- Le nez n’est garanti par aucun vêtement et on ne prend pas, en général, un coryza pour circuler dans les mes le nez au vent. Le plus ordinairement le rhume de cerveau, le coryza classique, a pour origine un refroidissement des pieds, sorties avec des chaussures mauvaises, ou trop minces, humidité de la chaussure, sensation de froid, puis brusquement éternuements et nez
- enchifrené, l’inflammation se poursuivant parfois en dépit des meilleurs soins.
- Pour la gorge, c’est par excès de précaution pour la garantir contre le froid qu’on la rend susceptible et qu’on attrape des angines. Le collégien ne saurait partir le matin sans que la maman lui enveloppe le cou d’un foulard, d’un cache-nez; l’enfant ne pensera pas à quitter celte enveloppe pour jouer ou pour séjourner dans une classe quelquefois surchauffée. Vient-il à quitter par mégarde le foulard préservatif, au moment de sortir de la classe, crac, voilà la sensation de froid qui peut se répercuter sur la gorge. Il y a des années que les médecins conseillent de ne porter ni cache-nez. ni foulards, de sortir le cou nu, je ne dis pas la poitrine qui doit être préservée par le pardessus boutonné haut.
- Un de nos lecteurs assidus nous dit qu’il n’a plus de maux de gorge depuis qu’il ne porte plus ce collier néfaste et qu’il reste le cou découvert en toute saison. C’est un fait bien connu et je le répète, il n’est pas aujourd’hui de médecin qui ne donne ce conseil. 11 y a plus, c’est que ceux qui respirent, d’une façon permanente, de l’air pur en dormant fenêtres ouvertes, qui font usage tous les matins du tub, d’une lotion froide, s’aguerrissent encore plus contre tous les inconvénients de la saison froide et pluvieuse. La peau, les muqueuses deviennent moins impressionnables au froid ; on ne subit pas, comme avec le cache-nez, des alternatives brusques de froid et de chaud sur la peau et on s’enrhume moins. Pas de foulard, pas d’enveloppement du cou et les maux de gorge seront plus rares et disparaîtront tout à fait. D' A. C.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Le s lacs alpins Suisses, par le D1' P. E. Bourcàst (in-4°, 127 p. et 22 fig.. Genève, Georg, 1906) sont une importante étude physique et chimique des petits lacs alpins des hautes altitudes ; 33 sont examinés sous le rapport des substances en dissolution dans leur eau, et de leurs données physico-géographiques. Des émissaires sous-lacustres ou souterrains ont été reconnus clans ceux de Taney (près Vouvry, Valais), Lauenen (près Saanen, Berne), Melch (Unterwald), Fâlen (Ap-penzell), Tom(Tessin), etc. Des sources sous-lacustres existent à ceux d’Engstlen (Berne), Fâlen, etc. Le lac Merjelen est un lac de col qui se déverse d’ordinaire, on le sait, sous le glacier d’Aletsch et de plus en temps de crues vers la vallée de Fiesch. Les lacs Ritom et Cadagno (Saint-Gothard, Tessin) possèdent comme le lac de la Girotte (Haute-Savoie, étudié par Delebecque) deux nappes distinctes, l’inférieure étant riche en hydrogène sulfuré : celui-ci proviendrait de la décomposition d’amas de gypse voisins sous l’influence de micro-organisme (lamer Noire aussi est riche en H-S). Cet intéressant travail mérite d’être poursuivi et étendu particulièrement aux lacs Dauben (Gemmi), Bleu d’illéou (Valais), Avino (Simplon), Wild-See (près Ragaz), Lüner-See (Silvaplana), etc., et tant d’autres qui soulèvent encore bien des problèmes.
- llemltale der wissenschaftlichen Erforschung des Ba-laton-Sees. 3 vol. in-40. Vienne, Iiôlzel, 1906 et atlas.
- Cette monographie scientifique du lac Balaton (Hongrie), élaborée et publiée par les soins du ministère hongrois de l’agriculture et de la Société hongroise de géographie, est l’œuvre d’une Commission composée de MM. Staub,(. Bernatslcy, Cholnoky, baron Harkanyr, Entz, Weiss, Kormos, Pantorsek, Rhe, •ianko, Semoger, von Szildoy. Elle l’appelle par son envergure et le fini de ses détails les travaux géologiques des Etats-Unis; mais elle se limite à la limnologie (étude des lacs) et même à l’examen d’un seul
- lac. Comme ce lac est le plus grand de l’Europe (690 km carrés), après ceux de Russie et de Scandinavie, on conçoit que la tâche était immense. Aussi, constituée dès le i5 mars 1891, la Commission ne livre-t-elle au public qu’en 1906 les sept premiers fascicules de l’ouvrage. Quatre feuilles au 75ooo° (d’exécution magnifique) de l’atlas (partie topographique) ont cependant paru dès igo3. Les sujets déjà traités se rapportent à la phytophœnologie (régime des plantes aux environs du lac), propriétés physiques et couleur des eaux, biologie, flore, faune et plankton, archéologie et préhistoire (époques romaine et du bronze), ethnographie des riverains, bibliographie. Cette luxueuse publication sera une mine de renseignements pour les spécialistes : nous ne pouvons que les y renvoyer. Une analyse même sommaire nécessiterait à elle seule un vrai volume.
- Les observations météorologiques du Weather Bureau de Washington, par G. Eiffel (Extrait du Bulletin de la Société astronomique de France, année 1906).
- M. Eiffel montre quel intérêt présente l’étude des observations du Weather Bureau de Washington (fondé en 1870) et des 2987 stations météorologiques dont il fait le dépouillement. La revue mensuelle de ce bureau fait connaître tout ce qui concerne la météorologie des Etats-Unis d’Amérique. Au ie‘ janvier 1906 ce service comprenait 1594 employés payés, et 3760 observateurs volontaires, plus i3 834 correspondants spéciaux pour les récoltes. Le budget de 1906 est de 7 millions de francs. Le principal but des observations américaines est la prévision du temps. M. Eiffel examine successivement les procédés d’étude employés pour la température de l’air, son humidité, la pression, la précipitation, la nébulosité, le vent. Il les compare avec ceux qu’il emploie lui-même à ses propres observatoires de Beaulieu, de Bruyères et de Vacquez, que nous avons étudiés ici (n° du 2 juin
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- 1906), et dont les plus récentes données nous sont livrées dans la publication suivante :
- Types généraux de comparaisons météorologiques pour igo5 (2“ semestre), par G. Enim.. in-4°, 96 p. et pl. Paris, itnpr. Maretheux, éditée avec le même luxe et le même scrupuleux détail scientifique que les précédents albums.
- Durchsticlie der Landenge von Stagno (non dans le commerce, Prague, Mercy, 1906, in-40, 87 p. et pl.). L’auteur, anonyme, est S. A. I. et R. l’archiduc Louis Salvalor d’Autriche qui, poursuivant ses luxueuses publications sur les îles et côtes méditerranéennes, décrit ici un projet depuis longtemps à l’étude en Autriche-Hongrie : celui du percement de l’isthme de Stagno, en Dalmatie, dont la réalisation faciliterait si avantageusement pour le commerce les relations entre Raguse et les bouches de la Narenta (Bosnie, Herzégovine). A la racine de la péninsule de Sabioncello, les sites de Stagno - Grande et Stagno - Piccolo sont, •comme le montrent les beaux dessins de l’archiduc, parmi les plus curieux de l’Adriatique.
- Les Préalpes maritimes (II Paléontologie, Stratigraphie). M. A. Guébhard vient de réunir dans ce volume une série de notes fort savantes sur une région dont la géologie est des plus difficiles; ces notes, publiées au cours des années igo3 à 1906 .dans le Bulletin de la Société géologique de France et les Annales de la Société des lettres, sciences et arts des Alpes Maritimes, ont pour auteurs MM. Guébhard, Cossmann, Depéret, llitzel, Jacob, Jeancard, lvilian, Ivoby, Lambert, Repelin et Savin.
- La spéléologie au xx° siècle, par E.-A Maktei,,
- 810 p., 2 pl. et 4» fig-, Paris, 1905-1906 (tome Vl dey Mémoires de la Société de spéléologie. Prix : a5 francs Répertoire et bibliographie des faits et recherches de géographie souterraine depuis 1900 (i,û partie France; 20 p., étranger; 3“ p., applications aux sciences; 4° P-, applications à l’hygiène publique).
- Manuel de manipulations d’électrochimie, par M. G Marie, docteur ès sciences. Préface de M. H. Mois-san, membre de l’Institut. Données numériques réunies par M. G. Noël. 1 vol. in-8“. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs. Prix, broché :8 francs; cartonné 9fr,5o. Paris, 1905.
- Ce livre rendra de réels services à tous ceux qu’attirent ces nouvelles applications de l’éleclro-chimie et qui ne se contentent pas de notions vagues mais qui veulent tirer de l’expérience tout ce que cette dernière peut donner.
- U indicateur de ta photographie (V aimée, 1906), in-8“ illustré, Paris, Lahure. Prix : 3' ,5o.
- Sous un aspect à la fois artistique et commode, cet utile ouvrage contient tous les renseignements utiles et pratiques sur la photographie et ses progrès. Le volume est divisé en dix parties : i° Optique ; 20 l’Image négative; 3° l’Image positive; 4° la Photographie aux encres grasses; 5° la Photopeinture; 6° les Projections et agrandissements photographiques ; 70 Chimie photographique et formulaire complet; 8U Renseignements divers, concours, etc.; 90 les Nouveautés en photographie; io° les Sociétés photographiques, noms et adresses des membres.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Pour détacher de la nacre du carton qui la porte.
- — Souvent on se trouve en présence d’objets recouverts de nacre, que l’on voudrait en séparer, de manière à recueillir la nacre et l’utiliser de nouveau. Quand on ne désire pas conserver le support, on peut jeter le tout dans l’eau bouillante, et comme la nacre est fixée à la colle forte, elle se détachera facilement. Autrement il faut passer de l’eau très chaude, au moyen d’une éponge, sur la nacre, jusqu’à ce que cette eau la traverse et la décolle.
- Papier mâché durci. — On commence à préparer la pâte à papier en faisant bouillir du papier dans une grande quantité d’eau, puis 011 bat bien pour rompre les fibres de cette. matière, en s’aidant pour cela d’une canne, par exemple. On laisse reposer, on décante l’eau qui surnage tandis que la pulpe tombe au fond, et l’on presse bien la masse pour en faire sortir l’excès d’eau. On a préparé, d’autre part, de la colle épaisse, sur le bain-marie, avec 1 partie de gélatine, pour 5 d’eau; on additionne la pâte de cette mixture, et l’on mélange bien. Il faut donner rapidement à la pâte la forme que l’on désire, avant qu’elle commence de durcir. On pourrait aussi additionner la pulpe d’une solution faite de 5 parties de gomme laque en écailles et de 1 p. de borax dans 20 p. d’eau.
- Vernis pour cuir mince. — Comme tous les vernis, il a le défaut de rendre le cuir un peu cassant, mais il lui donne un beau brillant. Pour le préparer, on fait dissoudre 120 parties de gomme-laque en écailles dans 365 p. d’alcool, puis on ajoute 10 p. de camphre et 5 p. de noir d’aniline.
- Ciment imperméable pour murs en briques. —
- C’est une invention allemande toute récente. Ce ciment se prépare avec 5o kg environ de ciment Portland, additionné d’un peu plus de 3oo gr. de cire végétale du Japon, et enfin de 3o gr. de chaux caustique dissoute dans 7 litres d’eau bouillante. On laisse sécher cette pâte, on la broie ensuite finement, et" c’est la poudre obtenue qui constitue la base du ciment hydrofuge.
- Pour remettre à neuf l’acajou. — Ce bois joue assez souvent un rôle dans la carrosserie de luxe, pour l’aménagement et la décoration intérieurs des voilures. Voici un procédé pour lui redonner tout le brillant du neuf. — On mêle peu à peu 6 parties d’huile de lin brute avec 3 p. de vinaigre de vin Blanc; mais il ne faut pas s’arrêter de brasser, car autrement ces ingrédients auraient immédiatement tendance à se séparer. On complète la préparation avec 3 p. d’alcool de méthylène et 1/2 p. de beurre d’antimoine (produit qu’il faut manipuler avec soin, à cause de sa toxicité); on mélange encore, puis on brasse et secoue au moment même de l’emploi. On applique cette composition à l’aide d’un chiffon que l’on frotte vigoureusement sur le bois, et l’on termine le nettoyage à l’aide d’un chiffon doux, mais passé énergiquement.
- Pour chasser les fourmis des bois qu’elles attaquent. — On prépare d’abord un liquide comprenant, dans un litre d’eau environ, 5 parties de sulfate de cuivre, 3o p. d’asa fœtida, 3 p. d’arsenic, 10 p. d’aloès, autant de suie et autant de chaux, enfin 20 p. de cendres. Ce liquide sert à faire une bouillie avec 1000 p. de tourteau de graine de moutarde pulvérisée, et l’on applique cette bouillie sur le bois à protéger.
- Ration alimentaire pour la volaille. — On commence par réduire en poudre grossière 1 partie de chlorure de sodium, 1/2 p. de sulfate de fer, la même quantité de carbonate de soude et enfin 1/2 p. également de soufre. On ajoute ensuite, quand on a Bien mêlé toutes ces substances, 10 p. de viande de bœuf maigre, séchée et pulvérisée, comme on en fait venir de l’Argentine, 10 p. de sable fin, 20 p. de maïs et autant de tourteau de lin.
- Lait de toilette au jasmin. — A 25 parties d’eau, on ajoute graduellement, sans cesser de remuer, 1 p. de blanc de zinc, et o,i5 à 0,26 p. de glycérine; il faut additionner ensuite de bon alcool de grain rectifié, en quantité suffisante pour obtenir l’apparence laiteuse; et l’on complète au moyen de 0,07 à 0,10 p. d’essence de jasmin.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les j^jts d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. l'Ile répond également, dans la mesure du possible, aux demandes
- renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande (IVbonnoment. Lu raison de l’abondance de la correspondance et ies recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que ihiiis un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Les sourciers. — M. J. Wer-iheuner, professeur au Technical College, à Bristol (Angleterre), nous envoie une petite note intitulée : Expériences sur les trouveurs d'eau ( Walerfinders). Ces expériences se répartissent en diverses catégories : j° expériences pour trouver des puits déjà connus ou les nappes d’eau déjà connues qui les alimentent ; a0 expériences pour vérifier si les mouvements de la baguette du sourcier peuvent être expliqués par une cause électrique ;
- expériences pour trouver une nappe souterraine inconnue; 4° comparaison des résultats obtenus par divers sourciers sur un même point; 5° expériences suivant que l’eau est ou n’est pas dans des conduits métalliques; 6° recherche de l’or et de l’argent. Toutes ces expériences dout le détail est très clairement indiqué et qui ont été menées avec une rigueur très estimable, concordent en somme dans le sens négatif. Voici quelles sont d’ailleurs les conclusions de l’auteur : « Je penche à croire que les mouvements de la baguette du sourcier et les sensations qu’il éprouve n’ont en réalité aucune cause extérieure. Gela n’est pas répondre à la question de savoir si les sourciers possèdent ou ne possèdent pas la faculté de trouver de l’eau. Mais, en elfet, les expériences montrent clairement : i° que les sourciers qui y ont été soumis n’ont pas, à la même place, donné des indications concordantes ; a0 que les mouvements de leur baguette, dans la plupart des cas, étaient attribuables à des causes purement subjectives. » Ces expériences pleines d’intérêt seront, paraît-il, continuées.
- Renseignements. — M. P. Guillemaux, à Paris. — i° Nous ne savons pas exactement comment est obtenue l'b mulsion Scott. Mais on appelle en pharmacie émulsion toute liqueur d’apparence laiteuse où une substance non soluble dans l’eau est maintenue en suspension à l’état de gouttelettes extrêmement ténues. Pour’les substances huileuses, on les amène généralement à cet état en les mélangeant avec du jaune d’œuf et de la gomme arabique. — i° Dans la mayonnaise, l’huile joue simplement le rôle de lien pour mélanger les diverses substances, jaune d’œuf, poivre, moutarde. — 3° Le jaune est surtout extrêmement riche en lécithine, substance contenant de l’acide glycéro-phosphorique.
- M. A. de Kerraoul, à Lorient. — Revue d’aéronautique : L’Aérophile, 84, faubourg Saint-Honoré, Paris.
- M. T. S., à Paris, — 1“ Nous ne connaissons pas d’ouvrage relatif à la vannerie. — a0 Peut-être trouverez-vous quelques renseignements sur le rotin dans un des Manuels Roret, Tabletier, Ebéniste Menuisier, librairie Mulo, 12, rue lîautefeuille, Paris.
- M. A, David, h Bordeaux. — Nous ne pouvons vous donner d’autre indication que de vous renvoyer à un ingénieur ou à un eptrepreneur qui se chargera d’étudier les installations qpe vous désirez.
- M. A. Grellon, à Paris. — Nous ne sommes pas compétents pour trancher la question que vous nous soumettez au point dé vue du droit. En fait, nous croyons que le seul remède véritable serait de recommencer totalement le travail défectueux.
- M. Daigremont, à Soxsy. — M. Mildé, 72, rue Desre-naudes, Paris, vous fournira les appareils téléphoniques que vous désirez.
- M. C L., 1351-8334- — Nous ne croyons pas qu’il y ait de danger à manger les fruits et gâteaux dont vous parlez; il faudrait cependant aller prudemment, et s’il y a un léger malaise, ne pas continuer. Quant, à chasser 1 odeur, l’aération est le seul remède.
- Chemins de fer du Pirée, à Athènes. — Le mastic ordinaire de vitrier ne suffirait-il pas? Vous pourriez en ce cas utiliser une colle faite de vernis d’imprimeur, mêlé, dans un mortier chaud, avec du blanc d’Espagne très lin et un peu de litharge. On l’emploie à consistance de
- pâte molle et elle met 6 heures environ à sécher. Autre procédé excellent : faire un vernis épais de glu marine dans l’alcool, enduire les rainures et lorsque les verres sont en place couler sur les joints de la même glu en fusion, au moyen d’un fer chaude.
- M. Marquis, à Dompierre. — Pour vernir le laiton, nettoyer d’abord la surface à traiter en la faisant bouillir dans une lessive de potasse caustique, puis laver et plonger dans un mélange de 245 gr. d’acide nitrique, 245 gr. d’acide sulfurique et de l’eau en proportion suffisante pour que l’immersion d’un petit morceau de laiton soit suivie de blanchissement, mais non d’effervescence ni de bulles. Au sortir de cette dissolution, laver l’objet à plusieurs eaux, le sécher dans la sciure de bois, et polir la surface au moyen du polissoir et„de la levure. Passer ensuite au vernissage proprement dit; porter l’objet à une cinquantaine de degrés centigrades et appliquer dessus le vernis suivant : 610 gr. d’alcool, 4 gr. de souchet, 100 milligrammes de safran (tenir ce mélange au chaud 24 heures et ajouter ce qui suit après décantation) : 25 gr. de gomme gutte, i5 gr. de sanda-raque, 10 gr. de mastic, 25 gr. de gomme laque en tablettes, ii5 gr. de verre pilé, puis, lorsque la dissolution est achevée, ajouter 1000 gr. d’essence de térébenthine versés sur ia5 gr. de gomme gutte, 125 gr. de sang dragon, 3o gr. de rocou. On mêle plus ou moins ces dissolutions dans le premier vernis, on arrive à faire des jaunes d’or plus ou moins foncés.
- M. J. Collreau, à Pau. — i° L’ordre de la couronne de fer a été créé par Napoléon Ior en Italie, en i8o5, à l’instar de la Légion d’honneur en France. François II déclara le 12 février 1816 que cet ordre ferait à l’avenir partie de ceux de sa maison. La décoration, pour la première classe, est en or, suspendue à un large ruban jaune liséré de vert, en écharpe de droite à gauche, avec une plaque sur le côté gauche ; la deuxième classe la porte au cou ; la troisième en argent, à la boutonnière. — 20 L’ordre de Saint Grégoire le Grand a été établi en i83i. On porte une croix d’or émaillée de rouge, à quatre pointes pommelées d’or, et médaillon central bleu, au portrait de saint Grégoire.
- M. Ch. Quinet, à Mantes. — La sardoine est une calcédoine jaune, dite aussi cornaline jaune de Werner. Ou l’emploie fréquemment pour la gravure et la Bibliothèque nationale possède notamment une très remarquable figure d’Apollon en cette matière.
- M. Henri Jourdain, à Sotteville. — D’après le Manuel Roret de typographie, l’impression en bronze, or, argent ou autre substance métallique, s’obtient par un vernis ou mordant dont on se sert en guise d’encre. La feuille, une fois imprimée, est couverte de poudre métallique, or, argent ou autre, à l’aide d’une brosse, d’une patte de lièvre on d’un tampon d’ouate.
- M. Manet, à Clermont. —Le petit animal que vous nous avez envoyé est le lézard des souches (lacerta stirpium) souvent confondu avec le lézard vert. Il s’eu distingue par son corps trapu, son museau court, ses formes peu sveltes, et sa color-ation différente. La large bande d’un brun rougeâtre avec ses taches noires est très caractéristique.
- M. Oscar Wilde, à Meudon. — Vous trouverez d’excellents renseignements sur la géologie de l’île de Man dans le Stanford's geographical Atlas of Great Britain, à Londres, chez M. E. Stanford, i3, Long Acre W. C.
- M. Aubert, à Paris. — Le cinnamomum lanceolatum appartient en effet au système oligocène, où il est assez commun. Ne pas le confondre avec le Cin. spectandum que l’on rencontre à Gargas.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. H.
- Duvaucliel, à Saint-Jean-au-Bois. Veuillez consulter un agronome. — Mma Cl. Boulnoir, aux Muternes. Faites faire l’analyse par un chimiste. — M. Alb. Planquart, à Armentières. Vous trouverez ces renseignements dans nos recueils de Recettes et procédés utiles, 2e et 4° séries, librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M\ Wertheimer, à Bristol. Remerciements pour votre communication.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSICU VALIONS 7 HEURES DU MATIN TUËRMOMÈTItE VENT I) IRC CTI 0.N ET POUCE UE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL DLL' UC EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 26 novembre. 8°,0 S. S. \V. 0. Couvert. 0,0 Couvert; petit brouillard à 7 h. ; bruine à 21 b.
- Mardi 27 6°, 4 S. W. 3. Couvert. 0,2 Très nuageux ; bruine par intervalles.
- Mercredi 28 5»,7 Calme. Beau. 0,0 Gel. bl. ; nuag. ; petit brouil. le matin ; pluvieux le soir.
- Jeudi 29 S°,0 S. W. 5. Couvert. 0,0 Couvert ; bruine le malin.
- Vendredi 50 7°,7 S. W. 3. Couvert. 3,7 Couvert; bruine; pluie de 19 b. 45 à 23 b. 30.
- Samedi l"r décembre. 5°,9 AV. N. AV, 2. Quelques nuages. 0,0 Gelée blanche ; nuageux ; pluvieux à 16 b. 30 et 21 b. ôo.
- Dimanche 2 0°,5 S. S. AV. 0. Beau. 0,0 Gel. bl. ; petit brouillard le matin ; bruine dans la soirée.
- NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1906. — SEMAINE DU LUNDI 26 NOVEMBRE AU DIMANCHE 2 DÉCEMBRE 1906.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du 26 novembre au 2 décembre, le temps a été brumeux, pluvieux et froid. Le 26 novembre, le baromètre marquait le matin 776 mm à Biarritz, 778 mm à Nantes, et à midi 775,6 mm à Paris. Un vent faible soufflait du Nord en Provence, de l’Est en Gascogne et de l’Ouest sur la Manche. La température était le matin o° à Clermont, 4° à Nantes, 70 à Paris, 70 à Toulouse, i5° à Alger, ii° au mont Aigoual, 90 au Puy de Dôme, — i° au Pic du Midi. A Paris le ciel a été couvert toute la matinée; un brouillard d’environ 600 mètres a obscurci l’atmosphère. Une faible pluie est tombée sur la région parisienne dans la nuit du 26 au 27 novembre. Le matin, le baromètre avait baissé de 16 mm sur le Danemark, et de i3 mm sur le Pas de Calais ; le vent a fraîchi de l’Ouest sur la Manche, il était modéré en Bretagne et sur le golfe du Lion. Dans la journée, des pluies sont tombées sur le Nord-Ouest de l’Europe, à Dunkerque (2 mm d’eau), à Charleville (2 mm), à Nantes (1 mm), à Brest (1 mm). Le thermomètre marquait le matin à 7 heures 6° à Paris, 70 à Nantes, 70 à Toulouse, i5° à Alger, 6° au Puy de Dôme, 6° au mont Aigoual, — i° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été 8°,9, supérieure de 4°,8 à la normale ; dans la journée on a observé un maximum de ii° à la Tour Eiffel à 4 heures du soir. Le 28 novembre, les fortes pressions ont persisté sur la France; on notait 772 mm à Nantes, 770,3 mm à Paris. Un vent a soufflé de l’Ouest sur la Manche et la Bretagne, du Nord en Gascogne, et du Nord-Ouest en Provence. On a recueilli 7 mm d’eau de pluie à Belfort, 5 mm à Limoges, 3 mm à Toulouse, 2 mm à Brest. La
- température s’est élevée dans les régions du Centre; on a observé 4° à Paris, 70 à Clermont, 8° à Toulouse, 16° à Alger. Le 29 novembre, la pression atmosphérique était restée très élevée en France; on notait 776 mm à Toulouse, 771,4 mm à Paris. Un vent assez fort a soufflé de l’Ouest sur la Manche, et sur l’Océan, et du Nord-Ouest en Provence. Il est tombé 2 mm d’eau au Havre, 1 mm à Nantes, x mm à Brest et 1 mm à Boulogne. La température était le matin 4° à Clermont, 4° à Toulouse, 90 à Paris, 160 à Alger, 3° .au mont Aigoual, o° au Puy de Dôme, — 20 au Pic du Midi. Le 3o novembre, le maximum barométrique 772 mm avait lieu dans le Sud de la France; à midi, à Paris, la pression atteignait 763,2 mm. Le vent était fort de l’Ouest sur la Manche, modéré sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée. Le thermomètre marquait le matin 4° à Toulouse, 8° à Paris, 90 à Nantes, i4° à Alger, 3° au mont Aigoual, i° au Pic du Midi, — i° au Puy de Dôme. Dans la matinée, entre 5 et 7 heures, une faible pluie est tombée sur la région parisienne. Une pluie,' qui a fourni près de 7 mm, est tombée sur la mèmè région dans la soirée de 6 à 8 heures. Le 1e1 décembre, la pression atmosphérique, après une baisse modérée, était 761,5 mm. On a recueilli 9 mm d’eau à Dunkerque, au Havre et à Limoges, 8 mm à Nancy, 6 mm à Paris, 3 mm à Bresi; dans la matinée il a neigé à Besançon. La température était le matin 20 à Belfort, 4° à Paris, 4° à Nantes, 4° a Clermont, — 4° au Puy de Dôme, — ii° au Pic du Midi. Le 2 décembre, en France, la pression barométrique était en moyenne 765 mm ; on a observé 771,5mm à Paris, et 775 mm en Bretagne.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 3o à ri b. 16 m. du sait'.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts ét à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole supérieure des Mines. ,
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
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- SUPPLÉMENT AU N° 1751 (15 DÉCEMBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- Le prix Nobel. — Le prix Nobel vient d'être décerné : pour la chimie, au professeur Henri Moissan ; pour la physique, au professeur Thomson, de Cambridge; pour la physiologie et la médecine au Dr don Ramou y Cajal, de Madrid, et au professeur italien Camitio Golzi. M. Henri Moissan a isolé le fluor et a étudié ses propriétés ; il a fait de savantes études sur les fluorures, les carbures, et a fabriqué un four électrique qui lui a permis d’atteindre les plus hautes températures; enfin, il a réalisé la synthèse si longtemps cherchée du diamant, (Yoy. nos io3aetii58). Le professeur Thomson a beaucoup étudié -les/rayons Rœntgen et surtout les rayons cathodiques, ou rayons formés de parcelles qui transportent les électrons d’un pôle à l’autre. C’est la nature de ces électrons que le professeur a étudiée; il a mesuré le poids de ces infiniment petits et la quantité d électricité que chacun met en jeu. M. le Dr don Ramon y Cajal, de Madrid, a publié de nombreux travaux sur le système nerveux; le professeur italien Camilio Golzi a découvert le microbe de la malaria.
- Conférence de M. Stéphane Leduc. — Le 7 décembre, à 9 heures du soir, eu présence d’un grand nombre de notabilités scientifiques. M. Stéphane Leduc, professeur à 1 École de médecine de Nanies, a fait sous le patronage de la Presse Médicale une conférence des plus intéressantes sur ses belles tentatives de biologie synthétique. Elle a eu le plus vif succès; aussi sommes-nous heureux de publier en tête de notre présent numéro un article sur cette question qui captive actuellement le monde scientifique.
- Bourses des Curie fondées par André Carnegie à l’Université de Paris. — M. André Carnegie, de New-York, a mis dernièrement à la disposition de M. Liard, vice-recteur de l’Académie de Paris, un capital, dont le revenu, s’élevant à iz5oo francs, doit, être attribué, sous forme de bourses d’études, à des savants qui out en vue de faire des recherches de physique générale dans le laboratoire créé à la Sorbonne pour Pierre Curie. Le donateur a désiré associer le nom de Mme Curie à son mari, et. ces bourses doivent porterie nom de « Bourses des Curie ».
- Le IIP Congrès préhistorique de France. — Nous avons annoncé que le IIP Congrès préhistorique de France aurait* lieu' à Abbeville en 1907. Par .suite de modifications diverses, il aura lieu en réalité à Autun (Saône-et-Loire) e’t du 12 au 19 août 1907, sous la présidence du préhistorien bien connu, M. le Dr A. Guebhard.
- Curieuse configuration planétaire. — Un de nos abonnés, M. G. Blum, membre du Conseil de la Société
- astronomique de France, nous a signalé un'TaàTwï'aiment curieux et intéressant. Ou sait que les planètes Mercure et Vénus circulent autour du Soleil, la première en 88 jours, la seconde eu 225 jours, intérieurement à l’orbite dé notre globe. Il eu résulte qu’elles peuvent se trouver quelquefois entre le Soleil et la Terre. Dans cette situation, nous les voyons dans la direction du Soleil, et on dit alors qu’elles sont en conjonction inférieure avec cet astre. Le retour des conjonctions inférieures dépend à la fois de la durée de translation de la Terre et de celle de la planète considérée. Les conjonctions de Mercure sont les plus fréquentes, à cause du mouvement rapide de cet astre; elles se renouvellent dans un intervalle de temps qui varie de 106 à i3o jours. Celles de Vénus se répètent tous les 584 jours. Néanmoins, si les conjonctions inférieures ne sont pas des phénomènes rares, il est exceptionnel de les voir se produire le même jour pour les deux planètes à la fois, ainsi que cela a eu lieu le 3o novembre dernier. A cette date, en effet, Mercure et Vénus se trouvaient sensiblement sur la ligne qui joint la Terre au Soleil, et. par une coïncidence non moins remarquable, notre satellite était également dans le prolongement de cette ligne, la pleine lune ayant eu lieu aussi le 3o.
- Le Salon de l’automobile, — Le Salon de l’automobile a éié inauguré le 7 décembre, par M. Fallières, président de la République, qui a été accompagné par M. Doumergue, miuistre du commerce et de l’in lustrie, M. de Znylen, président de F Automobile-Club de France, M. G. Rives, commissaire général de l’exposition. Le cortège a parcouru, avec difficultés, le rez-de-chaussée et le premier étage du Grand-Palais, s’arrêtant devant les voitures ou les expositions de MM. Bollée, Renault frères, Krieger, Brouhot, Panhard et Levassor, Georges Richard, Delaunay-Belleville, etc., etc. A 4 heures a eu lieu l’embrasement général du Grand-Palais, une des plus grandes attractions de l'exposition. .L’éclairage du plafond est réalisé par 160000 lampes à incandescence de 10 bougies, piquées sur des bandes souples Paz et Silva, et réparties en cercles et motifs gracieux de diverses sortes autour d'un point central où se trouvent placées des lampes à vapeur de mercure. Les stands des exposants sont, également brillamment illuminées ainsi que les abords du Grand-Palais et l’avenue Alexandre III ; pour ces derniers éclairages, on compte en plus près de ihoooo lampes à incandescence de 10 bougies. . ..
- Le rayon vert. — On sait l’explication que le regretté physicien Cornu a donnée du fameux rayon vert, explication déjà reproduite ici même (Voy. n° 1637, du
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- INFORMATIONS
- 8 octobre 1904), à propos d’une curieuse observation effectuée alors par M, -L. Rudaux, et fournissant un argument de plus en faveur de la justesse de cette théorie. Notre collaborateur' a fait récemment de nouvelles observations, paraissant également fort concluantes, et dont voici le résumé : Il se trouvait le 27 juillet dernier au milieu de la mer du Nord par 6i° de latitude N. Le ciel d’une pureté remarquable, ainsi que la netteté de la ligne d’horizon, ce soir-là, permirent d’admirer le rayon vert dans toute sa splendeur. Par suite de la houle très forte dans ces parages, le bateau avait des mouvements en hauteur d’une grande amplitude, et, peu d’instants après la disparition du dernier point du disque solaire, une brusque remontée le lit réapparaître pour quelques secondes. (On sait que deux observateurs situés à une hauteur inégale ne verraient pas le Soleil se coucher au même moment, et l’on dit couramment qu’une personne agile, couchée sur le sol, au moment de la disparition du disque, pourrait le revoir encore, en se relevant d’un bond.) .Dbnc, grâce à la houle, ces conditions se trouvèrent justement réalisées, d'une façon plus pratique et surtout plus accentuée, et le phénomène se produisit nettement, visible comme un nouveau et étincelant rayon vert, tout aussi intense que le premier. Prévenu dans ce sens, M. L. Rudaux a guetté une nouvelle occasion et eut la chance de renouveler cette curieuse observation, sur les côtes de la Manche, le mois suivant. Les conditions mêmes de cette visibilité du rayon vert écartent bien toute idée d’illusion d’optique, et ce phénomène ne peut avoir une meilleure explication que celle fournie par la théorie de Cornu.
- Un nouveau musée ethnographique. — L’Université de la ville de Lund (Suède) vient de créer un intéressant musée ethnographique où se trouvent réunis de nombreux documents relatifs à la vie rurale suédoise. Plusieurs vieilles maisons paysannes y figurent notamment, apportées de distances considérables, et, parmi ces bâtiments, il y a jusqu’à une vieille église et une auberge. De plus, des reconstitutions d’intérieurs avec des personnages costumés donnent une excellente idée des conditions de la vie rustique dans l’étendue de la Suède et rappellent en petit, les belles collections de notre musée d’ethnographie du Trocadéro et du muséum tchèque-slave du parc Kinsky, à Prague.
- Nouvelle station de télégraphie sans fil en Allemagne. — Il paraît que la nouvelle station de télégraphié sans fil, dont l'installation se termine, en ce moment, à Nauen, en Prusse, à 28 km. environ de Potsdam, sera la plus importante du monde entier. La tour en fer et en acier aura près de 120 m. de hauteur; elle permettra l’expédition et la réception de dépêches dans toutes les directions. Le but principal de cette station est de correspondre avec les navires de guerre de la marine militaire allemande, de leur transmettre et de recevoir d’eux les télégrammes privés et secrets de l’Empereur. Cette installation doit fonctionner d’uue manière définitive dans les premiers jours de novembre.
- Voyage aéronautique aux Pyrénées. — Le icr décembre, M. E. Loë et M. de Wawak sont partis à 11 heures du soir dans le ballon le Rolla, d’un volume de 700 m3. Mais le ballon a été aussitôt pris par une tempête qui a entraîné les voyageurs vers les Pyrénées à la vitesse moyenne de 80 km. à l’heure. Après une ascension d’une durée de 211 20“, ils ont pu atterrir, non sans difficultés, vers 1 heure 1/2 du matin, en pleine montagne, près du petit village d’Izeste.
- Le chemin de fer indo-chinois de Tourane à Hué.
- — La ligne de chemin de fer de Tourane à Hué a été récemment ouverte à l’exploitation; la longueur totale est de 107 1cm. Entre les deux points extrêmes, le tracé comporte un pont de 35o m. sur la rivière de Cudé, douze ponts de 40 à 120 m., et onze tunnels, dont deux de 840 et 56a m. à la traversée du col des Nuages, un de m. et huit de 355 à no ni.
- Le lac Balaton. — Il vient d’être publié à Vienne, en trois forts volumes, et par les soins de la Société de géographie hongroise, un très intéressant travail consacré au lac Balaton qui s’y trouve examiné à tous les points de vue par des spécialistes compétents, géographie, géologie, hydrographie, climat, biologie, anthropologie, ethnographie, archéologie, etc. Le lac Balaton,, qui
- est le plus grand de la plaine hongroise, est situé à io5 ni au-dessus du niveau de la mer et occupe, au Sud des monts Bakony, une superficie d’environ6000 hectares.Nous résumerons ce qui a trait à l’ethnographie, qui est peut-être la plus intéressante de toutes les questions étudiées par les auteurs de monographies ci-dessus indiquées M. Semayer, qui est l’auteur de cette partie, observe d abord que la plupart des noms de localités qui entourent le lac sont magyars, avec quelques additions germaniques et slaves, rappelant des particularités orographiques ou hydrographiques, des particularités de végétation ou de faune, etc. ; on voit nettement par leur étude qu’en dépit d’invasions tatares ou turques, la domination magyare a été réellement ininterrompue dans la région pendant les neuf derniers siècles. Actuellement la population qui, en 1891, s’élevait à 55 000 âmes se répartit suivant les proportions de 98,809 pour 100 de Magyar, 0,828 d’Allemands, 0,081 de Croates, o,o5g de Slovaques et o,oo5 de Wendes. Une grande partie de ces habitants vit dans des cavernes creusées dans le liane des collines et puise ses moyens d’existence dans la pêche. Les recherches archéologiques ont mis à jour de nombreux débris de l’âge de pierre, des poteries de l’âge de bronze, et des débris d’établissement romains témoignant qu’à toute époque, le lac Balaton a été peuplé et exploité par l’homme et par son industrie.
- Curieuse utilisation d’insectes contre des parasites. — Notre confrère anglais Nature signale dans un récent numéro un curieux cas d’utilisation d’insectes pour défendre des plantes contre des parasites. Il s’agit dans l’espèce des plantations de canne à sucre des Iles Sandwich, qui subirent, au cours de l’année 1900, une forte atteinte par l’introduction d’un hémiptère connu sous le nom scientifique de Perkinsiella saccharicidu. Leur nombre sans cesse croissant causait les plus vives appréhensions aux planteurs qui, ne sachant comment s’en débarrasser, et ayant déjà de son fait perdu des millions de dollars, prévoyaient à brève échéance la ruine complète de leur industrie. Les ennemis locaux du parasite étaient d’ailleurs parfaitement insuffisants contre lui. L’association des planteurs d’Honolulu institua alors une section entomologique qui se mit à la recherche d’un insecte capable d’être un ennemi efficace des Perkinsiella. Des expéditions organisées à cet effet en igo3, 1904, 1905 dans l’Amérique du Nord, l’Australie et les Fiji, aboutirent enfin et le choix se porta définitivement sur de petits hyménoptères (Anagrus, Paranagrus, Ootetrastichus) qui puisent leur principale nourriture dans les œuts des Perkinsiella. Ces types possèdent d’autre part une puissance de reproduction telle qu’on peut estimer qu’ils ne tarderont pas à limiter de la plus heureuse façon les dégâts des ennemis de la canne à sucre. Les expériences qui ont déjà été faites sont d’ailleurs pleinement concluantes.
- Commandes électriques d’outillage. — On vient d’installer l’électricité pour actionner, par l’intermédiaire d’arbres de transmission, tous les mécanismes des grandes filatures, La. Aurora, à Malaga Cette substitution, aux lieu et place de moteurs à vapeur commandant les appareils par engrenages et courroies, assure une économie de 40 pour 100 sur la puissance dépensée; et de plus, la production a augmenté de 20 pour 100, parce que la commande est plus régulière et qu’on évite des ruptures fréquentes de fils. L’énergie vient à 25 000 volts d’une distance de 3o kilomètres environ.
- Les permanganates comme antiseptiques.— Nombreux sont les emplois des permanganates comme solutions désinfectantes et antiseptiques. Ce qu’on vend sous le nom de Condy’s liquid est simplement une dissolution de permanganate de sodium. On vend aussi un mélange de permanganate de sodium et de sulfate ferreux qui rend des services. Jager estime qu’une solution à 5 pour 100 suffit à détruire tous les germes, tandis que Miquel adopte la teneur de 1/285 seulement. MM. Garner et King affirment maintenant que des doses inférieures à celles-ci spnt parfaitement effectives, même contre le bacille de la typhoïde.
- Ferry-boats à vapeur. — On projette en ce moment d’établir un service direct de ferry-boats, de bacs à vapeur pour trains, entre la Suède et l’Allemagne, via Trelleborg. > . »
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *> Automobilisme <-*
- Nouvelle lunette automobile Sténo. — La nouvelle lunette Sténo ne possède ni verre, ni aucune matière transparente ou fragile; elle est basée sur le principe scientifique qui établit qu’une lunette de faible diamètre
- Fig. i. — Lunette automobile Sténo. Petit modèle sans nez.
- concentre les rayons lumineux comme au foyèr d’une lentille convergente. En plaçant l’œil près d une telle ouverture, il embrasse un angle grand et proportionnel au diamètre de l’ouverture. La lunette sténo se compose d’une coque entièrement métallique, comportant des fentes, dont une horizontale, permet à l’œil de se mouvoir dans toute son amplitude; une fente verticale permet la vision en haut ou en bas à volonté. L'écartement des fentes verticales correspond à Taxe stéréo-
- Fig. 2. -— Masque complet avec nez.
- automobile Sténo se trouve à l’ancienne maison Vernin, Delaigue et C‘°, n, rue Portefoin, près le square du Temple, à Paris.
- *»> Optique
- Jumelle « Tom Pouce » à prismes. — Nous avons signalé l’an dernier, à nos lecteurs, la jumelle de dimension extrêmement réduite construite sous le nom de « Tom Pouce » par M. Balbreck. Aujourd’hui ce même canstructeur vient d’appliquer à un type tout aussi minuscule le principe des jumelles à prismes qui permet de réduire considérablement le tirage et d obtenir des grossissements importants sous un petit volume. / Avec un grossissement de cinq fois, sa jumelle, qui ne pèse que i3o gr., embrasse un champ de ixo m. à i km; c’est un champ io fois plus étendu que celui que donnaient les anciennes jumelles de Galilée de grossissement égal. Notre gravure la représente en demi-grandeur naturelle quand elle est repliée; elle a o,o5 m. 1/2 de large sur 0.06 m. de haut. Nous avons comparé cette jumelle à celles du même type qu’on a construit jusqu’à présent et qui sont d’un volume beaucoup plus considérable ; elle ne leur est inférieure sous aucun rapport sauf celui de la dimension. Sa luminosité et sa netteté
- Jumelle' « Tom Pouce » à prismes.
- scopique des yeux humains ; ces fentes n’impressionnent pas la rétine et assurent une image claire et nette. La limette est incassable, et évite les inconvénients que produisent sur les verres les dépôts de boue, poussière et condensations de vapeur d’eau. Elle protège les yeux efficacement et empêche l’éblouissement. L’air enfermé entre la coque et l’œil tendant à s’échapper par suite de son échauffément empêche l’air extérieur de pénétrer. Dans quelques cas, on a observé un léger halo sur les
- Fig. 3. — Mode d’utilisation dé la lunette.
- bords extrêmes de l’image; on remédie à cet inconvénient en passant un peu d’èncre au moyen d’une plume sur la face interne de la fente. Les figures ci-jointes 1, 2 et 3 donnent respectivement une vue du petit modèle sans nez, du masque complet avec nez, et du mode d’emploi d’un modèle. — La nouvelle lunette
- jusqu’aux bords du champ embrassé qui, comme nous l’avons iudi {ué plus haut, est très grand, sont tout à fait remarquables. Elle a de plus l’avantage d’être tour jours au point à partir d’une distance de 20 m. environ. Ce n’est donc que pour le théâtre qu’on aura besoin de modifier le réglage au moyen des bonnettes ; pour la campagne, ce réglage se fera une fois pour toutes, pour une vue donnée.
- Cette jumelle, pouvant se placer facilement dans toutes les poches, sera très précieuse pour les militaires, les marins, les sporstmen et les excursionnistes. — La jumelle se trouve chez M, Balbreck, 137, rue de Vau-girard, Paris.
- r> Mécanique
- Nouvelle manivelle dé sûreté. — La plupart des accidents qui se produisent avec les crics à crémaillère proviennent de ce que la manivelle échappe à l’ouvrier lorsque les engins sont sous charge. De graves fractures en sont souvent la conséquence. ‘
- La nouvelle manivelle de sûreté, système Gut, a été imaginée pour supprimer ces dangers.
- Sur un carré de l’arbre moteur A est fixée une douille B autour de laquelle tourne la partie annulaire de la manivelle C. D’autre part sur la douille B tourne également la roue à roehet D, dont le moyeu annulaire recouvre concentriquement la partie annulaire " de la manivellé. La douille B est fixée sur le carré de l’arbre moteur et porte symétriquement deux surfaces excentriques* G- sur lesquelles roulent les deux rouleaux ou corps cylindriques E logés dans des ouvertures de la partie' anniL la ire de la mani velle . Entre lès deux douilles concentriques de la manivelle G et de la roue à roehet D ést disposé un anneau extensible M,;' intersecté en deux endroits opposés Les extrémités contiguës des deux moitiés de l’anneau extensible sont biaisées, pour permettre aux coins F de s’engager entre les sections de l’anneau. Par leur basé, ces Coins F s’étendent en même temps dans les; ouvertures servant de logement aux
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- rouleaux E, sur lesquels ils s’appuient, de sorte qu’ils sont entraînés par la manivelle.
- Pour la montée de la charge, la manivelle C, tournée dans le sens normal, entraîne les rouleaux E et les coins F lesquels sont poussés en dehors et, en s’engageant entre les sections de l'anneau extensible, dilatent celui-ci, de sorte que la roue fait corps avec la manivelle et est entraînée par elle.
- Lorsque l'on abandonne la manivelle les rouleaux et
- Nouvelle manivelle de sûreté.
- les coins sont maintenus dans leur position par suite de la traction inverse exercée par la charge et de l'action des surfaces excentriques O sur les rouleaux E, de sorte que l’anneau, maintenu en extension, reste solidaire de la manivelle. Lorsque, pour la descente, la manivelle est tournée en sens inverse, les rouleaux E descendent des surfaces excentriques O, les coins F se retirent des intersections de l’anneau M et celui-ci, en se rétrécissant, supprime la solidarité entre la manivelle et la roue à rochet. La charge descend au fur et à mesure que l’on tourne la manivelle et s’arrête avec celle-ci. — La manivelle système Gut est construite par la Société alsacienne de constructions mécaniques, 4, rue' de Vienne, à Paris.
- *>> Divers
- Le rapide mayonnaise. Bayard. — Tout le monde sait apprécier une bonne sauce mayonnaise ; mais tout le monde sait aussi combien il est facile en quelques instants de manquer la sauce.. L’appareil que nous décrivons permet d’éviter toujours ce cruel désagrément. Il consiste uniquement en un axe vertical, placé à la surface d’un bol et portant à son extrémité une plaquette de bois disposée perpendiculairement. Une manivelle placée en dehors permet d’actionner très activement Taxe et de faire tourner la plaquette aussi rapidement qu’on le désire. Sur le bol se trouve axissi
- Appareil à préparer la mayonnaise.
- placé un petit enlonnoir dont le débit est réglable à volonté à l aide d’un petit robinet ; ..cet. entonnoir est destiné à recevoir l’huile. On met d’abord dans, le bol les jaunes d’œufs avec Tassaisonnetnént^vnulu.’bh assujettit ; ensuite le couvercle, on verse l’huileIdans lVn-tonnoir et ,on règle le robinet, pour que l’buile tombé goutte "à goutte: Ou tourne ensuitejle. mécanisme'.éi l’on continue jusqu’à ce que la mayonnaise', devienne consistante. — Le rapide mayonnaise Bayard se.trouvé aux établissements Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris. -, . ' r
- Grille 1’ « élévateur ». — Dans les fourneaux de cuisine on règle le feu au moyen de la clef qui permet de diminuer ou d’augmenter le tirage ; mais ce moyen
- ne laisse pas une grande latitude et il serait parfois nécessaire de pouvoir rapprocher ou éloigner le foyer du fond de la marmite. Pour cela M. Méaille a eu l’idée de rendre la grille du fourneau mobile dans le sens vertical. Elle est supportée par un bras articulé
- Grille l’Élévateur.
- qui porte un pignon pouvant se déplacer le long d’une crémaillère. Au moyen d’une poignée qui sort à l’extérieur, on commande le pignon qu’on peut faire monter ou descendre selon les besoins. Le foyer, qui est à parois verticales, devient par suite de^ volume variable et le charbou, qui est en iguition sur la grille, peut être abaissé tout au fond ou remonté très près de la marmite. C’est une très heureuse disposition qui donne une grande facilité dans le réglage de la cuisson. — Cette grille est en vente chez M. Méaille, 17, rue de Lappe, à Paris.
- Suspension extensible pour tableaux et glaces. —
- Le nouveau modèle de suspension métallique, que nous présentons à nos lecteurs a le grand avantage, en plus de son effet décoratif, d’être à la fois très pratique et très solide. Il se compose de deux tubes en Cuivre doré torsadé, reliés par un ànneaù pour s’accrocher au clou
- du mur. Dans ces tubes coulissent des tiges à crochet qu’on arrête à la longueur voulue au moyen de vis à pression. Pour suspendre commodément les' tableaux et les glaces, ; il ; suffit d’accrocher, les bouts dans les anneaux des pitons, et de leur donner toutès les inclinaisons. La suspension est facile et elle est solide. -En vente aux établissements Kratz-Boussac, i4> rue Martel, à Paris. ; , ~
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le sommeil après le repas. - Après un repas succulent, quaud la bise souille daus les rues des rafales glaoees, les pieds au. feu, enfoncé dans un bon fauteuil, v0us vous assoupissez et vous faites un petit somme. paus les pays chauds, pour éviter les ardeurs d’un soleil brûlant, tout est clos entre midi et 4 heures, et chacun je faire la sieste. Ce repos, et ce demi-sommeil, pour quelques-uns sommeil profond ce repos pris après le cepas est-il bon, est-il mauvais ? Notre collègue Martinet a discuté, avec son talent habituel, cette question, daus un ires intéressant article de la Presse médicale. En l'ail, c est une question de mesure et c'est à ce point de vue qu’on peut vanter l’emploi de l’opportunisme.
- Le petit enfant s’endort au sein de sa mère et sa digestion se fait dans d’excellentes conditions. Jusqu’à ] âge de 6 à 7 ans, les enfants sont mis au lit aussitôt la dernière bouchée prise et à moins de s’étre intempestivement gavés de pâtisseries ou de mets indigestes, ils donnent tranquilles et la digestion du repas n’est eu lieu troublée. Les animaux, quami 1 homme, ne vient pas troubler leur quiétude, s’étendent généralement après 1 absorption des aliments et restent calmes et tranquilles ; la nature leur a indiqué que le repos après le repas était ce qui favorisait le mieux l’assimilation parfaite des aliments. Claude Bernard avait du reste confirmé expérimentalement cette action favorable du repos sur la digestion; en examinant 1 estomac de deux chiens, Lun laissé tranquille à la maison après le repas, l'autre emmené à la chasse, il put constater que l’estomac du premier était vide, tandis que la digestion n’était pas terminée chez le second.-
- Ce qui est vrai pour certains animaux l’est-il pour l'homme ? lès adolescents prennent de l’exercice aussitôt le repas terminé et dans les collèges, la règle n’admet pas l’entrée à l’étude, sans une récréation intermédiaire. La raison semble militer en faveur de cette habitude. Par contre, en opposition à ce besoin d’exercice après les repas qu'on observe chez des hommes faits, d’autres vous diront, il s’agit, bien entendu, de travailleurs intellectuels, qu’ils ont besoin d’un court repos, une demi-heure, une heure avant de se mettre à leur bureau. Je connais un médeciu distingué des hôpitaux qui a organisé, pour le plus grand bien de sou état de santé et de ses recherches pathologiques, son repos du soir d’une façon assez originale^,^près le dîner, beaucoup luttent contre une somnolence difficile à vaincre et ne trouvent leur aptitude au travail, leur activité physique et psychique qu après une courte sieste. Mou ami n’hésite pas. il cède à la somnolence, se couche et dort de 9 heures jusqu'à minuit, une heure du matin; il se réveille alors se inet au travail jusqu’à 3 ou 4 heures, suivant l’état de fatigue ou le besoin de ses occupations et se recouche jusqu’à 7 heures. Il a constaté que la nuit, coupée en d"mx lui est très reposante et à la fois très favorable au travail. Il se lève à une heure du matin, frais, dispos et en p in- possession de son activité cérébrale. Je doute que sou exemple trouve beaucoup d’imitateurs, je comprends le coiicher* de bonne heure et le lever très matinal 4- 5 heures, comme le font beaucoup d’écrivâius. Mais combien d’autres n’ont leur activité que le soir, les idées pour eux ne viennent qu’à la chandelle. Affaire d’habitude et de tempérament. ' '
- Pour èn revenir à sla question du sommeil après le repas, l’Ecole de Salerne condamnait le repos du jour. SoinaUm fiige mérldianUm; -on ; réclamait, une sieste peu prolongée : *Sitbrevis aat nullus tibi somnus meridianus Nos ancêtres n’admettaient pas ce repos, mais il y avait des tolérances et dans certains mois, certaines saisons, ce repos était moins nocif qu’à d’autres. En réalité, cest, comme je le disais, une quèstion de mesure et de tempérament.'St vous avez affaire à un sujet gros: gras apoplectique, défendez le sommeil et luttez contre la torpeur qui suit les repas, en faisant ceux-ci légers et peu copieux, surtout le soir. Si, au contraire, vous êtes dyspeptique, maigre, nerveux, souvent, un peu de repos mais j’ajouterai sans sommeil, repos, en sens de non-mouvement. facilitera singulièrement une digestion paresseuse, difficile et quelquefois douloureuse.
- Pour la majorité des adultes, un peu d’exercice est plus nécessaire après le repas que du repos ; déambulation lente, retour du bureau au logis familial à pied, en taisant même un détour si la distance est courte Presque tous nous avons besoin de plus d’exercice que nous 11’en taisons et la marche est de tous les sports, le plus simple, le plus pratique, le plus à la portée de tous. Jamais, que je sache, dans l’état de sauté ordinaire, la digestion 11’a été troublée par 1 ou a kilomètres parcourus sans précipitation après le déjeuner ou le dîner. Ajoutons que la quantité d’aliments ingères, la nature des aliments, influent beaucoup sur cette disposition.à la somnolence; ceux qui ont tendance à se laisser aller dans un fauteuil après le repas devront être plus réservés : pas de repas copieux le soir, pas trop de viande, pas de petit verre. Vous éviterez ainsi la dyspepsie, l’obésité, les tristés déchéances qui l’accompagnent, vous vous conserverez l’esprit sain dans le corps actif et solide.
- Les sorbets au plomb. — Les vases d’étain ont une mauvaise réputation auprès des cuisinières, vases d’étain ou vases de cuivre élamés. Il entre, en effet, dans les etams impurs une notable quantité de plomb et lorsqu’on laisse séjourner dans des vases étamés avec les étains plombitères, des liquides acides ou fermentescibles, on prépare tout simplement des aliments toxiques. Le poison, j’en conviens, y est en général à faible dose, mais si le consommateur use fréquemment de liquides ou de mets préparés dans ces vases, il peut éprouver de véritables accidents de saturnisme.
- Un médecin italien, le Dr Baldoui, de Rome, vient de sigualer la présence du plomb dans les glaces ou sor-beis dont on fait en Italie, pendant l’été, une consommation considérable. Il se demande si les accidents intestinaux si fréquemment observés ne tiendraient pas simplement à l’absorption du plomb. Les vases servant à la confection des glaces, des crèmes glacées sont en cuivre étamé, et l’étain, comme je le disais, n’est pas toujours d’une pureté absolue. Les crèmes, les œufs battus, le lait, servant à la confection de ces produits rafraîchissants, séjournent plus ou moins longtemps et peuvent, par le contact prolongé, entraîner une partie du plomb.
- M. Baldoni a entrepris quelques expériences; des glaces prises dans une des premières maisons de Rome, renommée pour la fabrication de ces produits, furent mises en fusion dans des verres à expériences et on trouva au fond une poussière métallique formée de particules d’étain avec quelques minuscules fragments de cuivre.
- L’eau de fusion et le dépôt métallique ont donné des quantités de plomb appréciables; trois glaces, pesant 685 gr., renfermaient plus d’un gramme de plomb. En ne prenant qu’une glace par jour, si elle était fabriquée dans ces vases suspects, on absorberait encore 3o centigrammes de plomb par jour, dose suffisante pour entraîner às la loiigue des Coliques de plomb et toute la série d’accidents dus à cette intoxication.
- Je ne crois pas qu’on ait signalé des faits de ce genre dans notice pays ; nous absorbons moins de glaces qu’en Italie'; peut-être les vases sont-ils d’un étamage supérieur. Ce qu’on observe en général c’est l’entérite simple, la diarrhée' produite par l’action du froid ; c’esL quelquefois, quand là glace est fabriquée avec de l’eau impure, des accidents plus graves d’entérocolite, de fièvre muqueuse comme si l’on buvait tout simplement de l’eau de Seine ; mais les accidents saturnins, de ce fait, n’ont pas été signalés.
- C’est tin point intéressant à noter pour appeler la surveillance ; sur ces appareils et sur la fabrication de ces produits glacés. Lés accidents d’empoisonnement par les choux à la crème et qui semblent dus à des altérations de 1 albfiruine des œufs employés pour leur fabrication; peuvent s’observer avec les Crèmes glacées, sans qu’il intervienne aucun agent, toxique métallique, plomb ou autre En tout cas, M. Baldoni ne s’est pas contenté de noter lès cas d’intoxication, il a fourni la preuve. . D1 A C.
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- VARIÉTÉS
- Mouvement de la population de la France en 1905.
- Le rapport officiel sur cette question vient de publier les curieux tableaux ci-dessous.
- Ils montrent qu’en 1905, la balance se solde par un excédent de 37 120 naissances, inférieur d’un tiers à celui de 1904 : 57026. La diminution de cet excédent est l’effet à la fois d’un nouvel abaissement du nombre des naissances (en 1905, 10938 naissances de moins qu’en 1904) et d’une légère augmentation du nombre des décès (su-
- périeur de 8968, en 1905 à celui de 1904). Le» départements ayant fourni des excédents de décès en 19^7 sont au nombre de 44 »u lieu de 36 en 1904 et en 190?/
- La diminution du nombre des naissances s’étend à 64 départements.
- Ainsi la situation du pays, au point de vue de l’accroissement de la population, est donc toujours peu satisfaisante par rapport aux principaux Etats d’Europe figurant au tableau ci-dessous.
- Excédent annuel moyen des naissances sur les décès pour 10 000 habitants.
- Accroissement ou diminution de la population.
- - PERIODES FRANCE — 5 S 73 ai; 1nient: SS S O BELGIQUE S “ g £ < l s* ITALIE •ï 1 ï 1
- 1821-1825 67 )) )>' » )) )) )) » 150 157
- 1826-J 850 50 )) ')> » )) )) » » 150 84
- 1831-1855 36 ))' n » 60 )) )) )) III 05
- 1856-1840 48 )> 74 n 85 » » )) 78 81
- 1841-1845 54 106 06 n 04 )) 105 )) 150 111
- 1846-1850 28 81 6 )) 38 )) 33 )) 121 00
- 1851-1855 20 74 23 » 70 )) 89 )) 152 102
- 1856-1860 28 10 i 100 » 87 127 65 )) 165 120
- 1861-1865 58 100 89 » 00 126 106 )) 155 154
- 1866-1870 15 08 70 » 62 121 101 66 125 02
- 1871 1875 5 107 67 » 02 154 106 64 127 124
- 1876-1880 20 131 82 77 102 145 155 75 151 120
- 1881-1885 25 113 70 116 102 141 154 106 140 110
- 1886 1800 11 12! 88 115 91 126. 151 105 158 124
- 1891-1805 1 150 05 08 88 117 133 105 155 108
- 1896-1000 5 147 116 115 100 116 150 110 146 108
- 1001-1904 19 148 125 118 110 122 155 107 144 108
- FKANŒ PERIODE 1805-1005 Excédent des naissances. iî ‘V T
- 1805 )) 17.81.,'
- 1806 05.700 »
- 1897 108.088 »
- 1808. 35.860 »
- 1800.. 51.504 »
- 1000 )) '25.988
- 1901 72.598 »
- 1002 83.044 )>
- 1005 73.106 »
- 1904. 57.026 »
- Moyennes 1805-1904. 50.071 ))
- 1005 . 57.120 ))
- L’épuisement des grignons d’olives. — Lorsque les olives, arrivées à maturité, ont été soumises à une forte pression qui en sépare l’huile, le résidu de l’opération, qui porte le nom de grignon, contient encore, en poids, 10 pour 100 d’huile qu’il n’est possible d’extraire qu’en employant un procédé chimique approprié.
- Les geignons, achetés aux propriétaires, sont amenés à des usines spéciales où ils sont d’abord ensilés de façon à pouvoir être conservés et utilisés au fur et à mesure des besoins. Dans les fosses d’ensilage, ils subissent une fermentation assez complexe au cours de laquelle une partie de la substance qui constitue la pulpe est détruite. Après un séjour plus ou moins iong dans les silos, ils sont concassés par une meule et réduits en une poussière qui est portée aux séchoirs, constitués par des aires chauffantes, ou, mieux, par des fours-canaux dans lesquels se meut une vis sans tin et qui sont maintenus à une température constante de 900 environ par le moyen de vapeur circulant dans des canaux pratiqués à l’intérieur de leurs parois.
- La poussière sèche de. grignons est alors placée dans des cylindres clos en tôle, où elle est mise en présence de sulfure de carbone pendant un temps qui varie de six à huit heures : le sulfure dissout lhuile retenue dans les grignons; agissant alors par déplacement au moyen d’eau qui vient prendre sa place dans les cylindres, on fait passer le sulfure chargé d’huile dans une curcubite où il est soumis à une chaleur de 700 à 8o° sous l’influence de laquelle il distille pour passer dans un serpentin réfrigérant au sortir duquel on le récupère avec une perte pratique de 1 pour 100 seulement. Il reste dans la curcubite de l’huile qu’on lave à grande eau, et qui est vendue aux savonneries après avoir été désa-cidifiée par l’addition de chaux en poudre.
- Ainsi brièvement décrite, l’opération paraît très
- simple : en réalité, elle exige des soins minutieux, car le sulfure de carbone est un produit d’un maniement dangereux puisqu’il est à la fois très explosif et très inflammable. Il faut, pour écarter les risques d’accident, que tout le traitement chimique soit rigoureusement effectué en vase clos et qu’une surveillance incessante protège l’usine contre les imprudences des ouvriers. Aussi, pour ne plus avoir à redouter de dangers, les industriels et les théoriciens ont-ils fait des recherches en vue de trouver un dissolvant de'l’huile capable de remplacer le sulfure de carbone et d un emploi plus facile que lui. Il n’én est pas qui réponde mieux que le tétrachlorure de carbone aux indications posées. Le seul obstacle qui s’oppose encore à son adoption est son prix commercial relativement élevé. On le cote, en effet, de 55 à 60 fr. le quintal, tandis qu’en Sicile où l’extraction de l’huile des grignons est une industrie florissante, les usines locales offrent le sulfure à 3o fr. Cet écart de prix peut être comblé, puisque le tétrachlorure est pour un nombre important d'usines, et d’usines françaises surtout, qui obtiennent du chlore comme sous-produit, un corps d’une préparation aisée et peu dispendieuse. Il faut souhaiter que sou emploi se généralise. Au cours d’un récent voyage d’études en Sicile, j’ai eu l’occasion de me rendre compte que la consommation pourrait eu être', au minimum, d’une centaine de tonnes par an; les usines du continent italien en emploieraient le double; c’est un débouché intéressant à créer. Mais il faut que l’on puisse le mettre à la disposition des extracteurs d’huile de grignons à des prix égaux à ceux du sulfure. Ils l’adopteraient tous alors, et deviendraient nos clients, désireux d’avoir désormais une fabrication exempte de dangers, et suivant en cela les conseils que leur donne le professeur Grassi, de l’Université de Catane.
- Francis Marre.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Daus la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signales par ses abonnés, plie répond également, dans la mesure du possible, iiux demandes ,1c renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande (l’abonnement. Ku raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Le typhon de Uong-kong. — Le Department uf the interior [Weather Bureau) des Iles Philippines nous adresse une récente brochure que M. le révérend José Algué, directeur du Weather Bureau, à l’Observatoire de Manille, vient de publier sur le typhon de Uong-kong', 18 septembre 1906. Réunissant les renseignements fournis par l’Observatoire de Zi-ka-weï, et ceux de Saint-Domingue de Basco, Koshun et Appari, ainsi que le transport César qui faisait route à cette épôqué, l’auteur a pu retracer sur la carte ]. parcours probable suivi par le typhon. Apparu vers je 8 septembre à environ 20 au Nord de l’île de Guam, il s est dirigé avec prie vitesse régulière et suivant une trajectoire rectiligue vers le continent asiatique, dans une direction B. S. E.-O. N. O., et c’est ainsi qu’il a atteint les parages de Koshun du i5 au 16 (c’est à ce moment qu’il a été rencontré par le César) continuant son trajet dans la même direction il arrivait à la côte le I-, la longeait et s’abattait sur Hong-kong le 18. Un second cyclone, dit cyclone d’Appari se manifesta le 10 à l’île de Guam et, suivant un trajet analogue au précédent, avec la même vitesse, vint s’abattre à 6 heures du soir à Hong-kong, le 20 septembre.
- Renseignements. — M. Petit-Jarlet, à Hénonville (Oise]. — i° et 20 Nous ne pouvons ici vous faire la théorie que vous demandez ; nous pouvons seulement vous dire que les réglages des lampes dépendent tous des charbons employés.— 3° La combinaison dont vous parlez ne donnerait pas de bons résultats. — 4° Vous pourrez vous procurer de bons charbons minéralisés chez M. J. A. Berne, 68, rue de Lagny,. à Montreuil iScine). — 5° Il n’a. pas encore été publié de travaux sur ces questions. — 6° Nous ne pouvons vous le promettre.
- M. Corbar, à Longjumeau. — M. J. Rousset, éditeur, demeure à Paris, 1, rue Casimir Delavigne.
- Jl. V. Belondrade, à Dakar. — Médecins spécialistes pour les maladies intestinales. M. G. Lyon, 11, rue de la Pépinière, Paris.
- M. E. de Ilœrschelmann, à Varsovie. — Pour le via-graphe décrit dans notre n° 1743, du 20 octobre 1906, veuillez vous adresser à M. Thomas Aitken, président of lhe road surveyors’ Association of Seotland, Institution of civil Engineers, à Londres.
- M. C. JV., à Roubaix. — Nous publierons prochainement un article sur le sujet qui vous intéresse, et documenté de première main; il n’y a jusqu’ici aucun travail sérieux à ce sujet, sinon des articles de journaux ou de revues illustrés.
- M. Ant. B. du Sih’a Braga, à San Paulo. — Pour l'autoclave décrit par M. Boyer, s’adresser à l’usine Robert et Carrière, à Bourg-la-Reine (Seine).
- M. Perrault, à Joigny. — Les couleurs d’aniline rouge et jaune né sont pas toxiques lorsqu’elles sont parfaitement pures; toutefois, il s’y trouve souvent'de l’acide arsénieux qui en fait des toxiques violents, que l’empoisonnement se produise par la voie stomacale ou par la voie cutanée; en pratique, il faut donc être très prudent avec ces produits.
- M. IJ. Dubois, à Fourmies. .— Journaux scientifiques, notamment ayant trait aux sciences de l’ingénieur et è la physique : Annales de Physique et de Chimie; Annales des condueteursdesPonis et Chaussées ; Annales du Conservatoire des Arts et Métiers ; Annales des Mines ; Annales des Ponts et Chaussées; Bulletin des ingénieurs civils ; Bulletin de VÉcole de Physique et Chimie ; le Génie civil; VIngénieur., journal de Physique, de Chimie, d'Histoire naturelle; Journal de Physique théorique et appliquée, etc.
- M. Chante pie, à BloTs. — Les ouvrages de M. Le Dantec sont publiés poxu\la .plupart chez MM. Alcan,
- 108, bJ Saint-Germain, Paris, et Flammarion, rue Racine, à Paris. Ce ne sout pas, comme vous semblez le croire, des mémoires scientifiques, mais des ouvrages de vulgarisation, de critique et de théories générales. (Traité de biologie, Introduction à la pathologie générale, Limites du connaissable, Le conflit, Lutte universelle, Influences ancestrales, Lois naturelles, etc., etc.).
- M. Aubert, à Paris. — Vous trouverez dans nos recueils de Recettes et Procédés utiles l’indication de plusieurs moyens de réparer la porcelaine.
- M. Lhomond, à Meudon. — Nous ne pouvons que vous renvoyer à la Revue mensuelle de la Société météorologique de France, 28, rue Serpente, à Paris, où vous trouverez éparpillés les renseignements cherchés.
- M. A. Poulaine, à Naples. — Vous pourriez passer une couche de peinture blanche sur le zinc, à la condition de recouvrir d’abord la surface avec une solution composée de 1 partie de chlorure de cuivre, 1 p. d’azotate de zinc, 1 p. de chlorhydrate d’ammoniaque, 1 p. d’acide chlorhydrique et 64 p. d’eau. Celte solution agit comme un mordant sur le zinc et il se forme un chlorure basique de zinc d’une coloration grise ; ensuite vous pourrez appliquer la peinture à l’huile sur celte surface grise.
- M. Camélia, à Santa-Cruz. — Nous avons publié un article sur la digue de mer des mines de llodbarrow, dans notre n° 1697, du 2 décembre igo5, p. 3.
- M. Blanchet, à Trélon. — On nomme baume de menthol différents produits formés d’un corps gras et de menthol et que l’on emploie avec plus ou moins de succès dans le traitement des coryzas.
- M. Pujol, à Clermont. — Le travail que vous indiquez, a été publié, non dans La Nature, mais dans les Annales de paléon tologie, publiées sous la direction de M. Boule, à la librairie Masson et G°, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. Decoin, h Taverny. — i° Il y a différents moyens de conserver les champignons de grande taille, soit par-voie humide, en plaçant séparément les espèces dans des bocaux contenant de l’alcool, soit par dessiccation dans du sable sec et chaud dont on recouvre le champignon renversé dans un vase. — 20 II vaut mieux, en eliet, se livrer à la chasse aux arachnides, avec des petites pinces (bruxelles) pour éviter la morsure assez dangereuse de quelques espèces.
- M. Meunier, à Marseille. — Vous trouverez une excellente notice sur Delbœuf, avec une liste de ses ouvrages et une analyse détaillée des principaux dans Y Annuaire de l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, 1905. Bruxelles, imprimerie Hayez, 112, rue de Louvain.
- M. Piedcarpe, à Morlaix. — i° Vous trouverez des ouvrages sur ces différents sujets, qui ne sont guère du ressort de La Nature, dans la Bibliothèque de philosophie contemporaine, chez M. F. Alcan, éditeur, 108, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 20 Voyez à ce sujet les ouvrages de M. Maspero, chez Hachette, -79, boulevard Saint-Germain, soit Histoire ancienne des peuples de l'Orient, 1 vol., soit Histoire des peuples de l'Orient classique, 3 vol.
- M. Leroux, à Lisieux. — i° Pour la roue Pelton, veuillez vous adresser à M. Percy Pitman, à Bosburg, near Ledbury (Angleterre). — 20 Nous avons récemment parlé de la roue Pelton. Voyez le n° 1747, du 17 novembre 1906, p. 19Ô, du supplément.
- M. Salloion, à Paris. — Il existe, en effet, un moyen assez simple pour nettoyer les tableaux qui supprime l’usage souvent ennuyeux du savon. Coupez une pomme de terre en deux et frottez légèrement le tableau avec l’une des moitiés ; le nettoyage est parfait.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Pèche, à Paris. Veuillez vous adresser à une agence. — M. Martinel, à Orléans. Vous trouverez ce renseignement dans nos Recettes et Procédés utiles, 3° et 4° séries, librairie Masson et Ciü, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — Weather Bureau, à Manille. Remerciements pour votre communication. ,
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau centrai météorologique de France.
- OBSERVA FIONS 7 HEURES nu MATIN THERMOMÈTRE VENT DIIUSCTION ET FOUCË 11E 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉBALES
- Lundi 3 décembre . 9°,t S. W. 2. Bruine. 1,6 Couvert ; pluie line une partie du temps.
- Mardi A 8°,S W. S. W. 2. Couvert. 0,3 Couvert; quelquefois de la bruine.
- Mercredi 3 10°, 1 • S. W. 3. Couvert. 5,2 Couv. ; éclaire, dans la soirée ; pluie une partie du temps.
- Jeudi 6 -,o 0 I- E. S. E. 0. Pluie. 1,1 Gelée blanche ; pluie de 3 b. 50 à 7 b. ; nuageux.
- Vendredi 7 2°,t N. E. 3. Couvert. » Gelée blanche ; nuageux.
- Samedi 8 — 3°,5 N. N. E. 1. Beau. » Gel. bl. ; brouill. le m. ; beau jusq. 16 b. ; couv. ensuite.
- Dimanche 9 3°,0 s. s. w. r. Petite pluie. 1,9 Très nuag. ; pluie par intervalles; pet. grêle l’après-midi.
- DÉCEMBRE 1906. - SEMAINE DU LUNDI 3 DÉCEMBRE AU DIMANCHE 9 DÉCEMBRE 1906.
- •be supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : naisse les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mery, courbe plusmince, thermomètre à l'abri a
- f. ’ » “ ,i.......AI... A A
- La cour
- courbe, épai.—, — r , ....
- boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l abri a boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été très pluvieux dans la semaine du 3 au 9 décembre. Le 3 décembre, une profonde dépression couvrait tout le Nord de l’Europe. Un vent fort des régions Ouest soufflait sur nos côtes de l’Océau et de la Manche. Il est tombé 6 mm d’eau à Dunkerque, 2 mm à Nancy, 1 mm à Cherbourg, 1 mm au Mans. La température était le matin 3° à Lyon. 90 à Paris, io° à Perpignan, i3° à Alger, — i° au Puy de Dôme, —-2° au mont Aigmal, — 4° au Fie du Midi. La température moyenne à Paris a été .9°,9, supérieure de 6° 4 à la normale. Dans l’après-midi, il est tombé de nombreuses reprises sur la région parisienne; le ciel est demeuré couvert. Le 4 décembre, la pression atmosphérique s’est abaissée sur la mer Méditerranée; elle est restée élevée dans le Sud-Ouest du continent, elle était 777)0101 k Biarritz. Sur nos côtes de la Manche et de la Bretagne il y a eu un vent fort de'l'Ouest avec rner houleuse. Les pluies ont été générales; on a recueilli 9 mm d’eau à Besançon, 4 mm à Lyon 4 mm à Limoges 3 mm 3 Cherbourg. 1 mm à Paris. La température était le matin 90 à Paris. io° à Nantes, t3° à Biarritz. o° au Puy de Dôme, — i° au mont. Mouuier, — 3° au Pic «lu Midi. Le ciel a été couvert à Paris. Le 5 décembre, ou a signalé de nouvelles dépressions rapides sur le Nord de l’Europe; dans lë Sud-Ouest de la France* les pressions ont é'é supérieures à ytî5 mm. Il a plu à Lyon I19 mm d’eau), à Belfort (10 mm), à Brest (6 mml, à Dunkerque mm), au Havre (2 mml, à Paris (2 mm). La température est restée stationnaire sur nos régions ; elle était 70 à Belfort, xo° à Paris, i 4°
- a Perpignan, 14° à Alger, o° au Puy de Dôme —70 au mont Ventoux. A Paris, la température moyenne a été io°,3, supérieure de 6°,9 à la normale. Le 6 décembre les basses pressions se trouvaient à l’Ouest de la France; de mauvais temps sévissaient sur la Manche et la Bretagne. Les pluies ont été générales; il est tombé 14 mm d’eau à Limoges, i3 mm à Gap, 10 mm à Nancy, y mm à Brest, 7 mm au Havre, 5 mm à Paris. Le thermomètre marquait le matin à 7 heures 6° à Nautes. 3° à Paris, 5° à Toulouse, 3° à Lyon, i° à Belfort,—8° au mont Mounier, — [3° au Pic du Midi. Dans la banlieue de Paris, on a noté quelques minima voisins de o°. Le 7 décembre, la pression atmosphérique est devenue supérieure à 770 mm au Nord-Ouest de la France. Un vent d’entre Nord et Est a soufflé sur toutes nos côtes; il a été violent à la pointe du Cotentin, en Vendée et sur le golfe du Lion. Un orage a éclaté à Biarritz, où on a recueilli 9 mm d’eau; il a plu à Boulogne (9 mm d’eau), à Besançon (4 mm), à Limoges (3 mm), et à Clermont (3 mm|. Le temps a été froid dans toutes les Vrégions; la température était le matin i° à Belfort, 20 à Toulouse, 2° à Paris. Le 8 décembre, de 7 heures du matin à 4 heures du soir, l’atmosphère à Paris a été chargée d’un brouillard épais, limitant par endroits la visibilité à 40 m. environ La température était i° à Biarritz 3° à Paris. 3° à Nantes, 3° à Clermont, — 5° au mont Ventoux, —3° au Puy de Dôme —90 au Pic du Midi. Le 9 décembre, les fortes pressions ont complètement disparu du continent,. II est tombé 39 mm d’eau à Perpignan ; dans l’après-midi, vers 3 heure^, il est tombé sur Paris une forte averse de grêle.
- PHASES DE LA LUNE r D. Q. le 9 à 1 h. 54 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- j 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1752 (22 DÉCEMBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Souscription universelle pour une statue de La-marck. — Nous sommes très heureux de signaler à l'attention de nos lecteurs la belle initiative, qu’avec l’approbation de M. Briand, ministre de IJusLruclion publique, viennent de prendre les professeurs du Muséum national d’histoire naturelle pour réunir l'argeut nécessaire à l’érection d’une statue à Lamarck, cet immortel naturaliste et philosophe qui est une de nos plus belles gloires françaises. Tous les pays disséminés à la surlace de notre planète ont en effet contracté une véritable dette de reconnaissance envers le penseur qui, le premier, a su appliquer d’une façon concrète la conception de l’évolution à l’élude des phénomènes naturels. Longtemps avant que Darwin n’eût expliqué l’existence des espèces par le jeu de la sélection naturelle et rendu compte ainsi de la dispersion de la vie terrestre, Lamarck avait eu le sentiment profond de son unité et montré, dans la diversité de ses réalisations, une seule matière vivante se transformant au cours des âges en nouvelles formes organiques. Ainsi, l’auteur de la Philosophie zoologique, du Système des animaux sans vertèbres, de la Flore française, des Fossiles des environs de Paris, du Système des connaissances positives, de l’Hydrogéologie, etc., par une vue d ensemble véritablement géniale, déterminait tout le travail que les naturalistes ont accompli depuis plus d’un siècle. Cependant, tandis que Darwin repose à côté de Shakespeare dans l’abbaye de Westminster, ce Panthéon anglais Lamarck n’a pas même une statue chez nous. Il en aura prochainement une au Jardin des Plantes. L’initiative des savants professeurs du Muséum est doue l’acquittement d une dette de reconnaissance. On adressera les souscriptions à M. Joubin, secrétaire du Comité, 55, rue de Buffou, Paris.
- L’observatoire de M. l’abbé Moreux. — M. l’abbé Moreux, dout on connaît les beaux travaux astronomiques, s’était construit au séminaire de Bourges un observatoire qui lui est aujourd’hui enlevé par le séquestre. M. Flammarion ouvre dans le Figaro une souscription pour lui permettre de transporter cet observatoire ailleurs. Nous recommandons à nos lecteurs une œuvre dont ils ont pu apprécier les services scientifiques.
- La téléphonie sans fil. — D’après une dépêche adressée de Berlin au Temps, on aurait réalisé la transmission de la parole par les ondes de radiotélégraphie sur 40 km. de distance entre Berlin et la station de télégraphie'sans fil de Nauen.
- Les primeurs en Algérie. — Le Sahel algérien et toute la région littorale entre Aïn-Taya et Cherchell
- sont consacrés en grande partie à la culture des fruits et légumes de primeur, qui, aujourd’hui constituent une importante ressource pour la colonie et tiennent une place considérable dans son commerce d exportation. Cette culture comprend trois catégories principales : légumes frais (petits pois, haricots ve'rls, artichauts et tomates), pommes de terre nouvelles et raisins de table. Les haricots verts qui se prêtent le mieux à l’exportation sont : les haricots noirs, dits algériens, les « mouche à 1 oeil » qui offrent sur les précédents une prématurité de i5 jours et les flageolets noirs, à longue gousse. La cueillette a lieu au printemps, 90 jours après les semailles et en automne, deux mois après. Paris en est approvisionné du ierau i5 novembre et en janvier, puis du
- 15 mars au Ier juin. La plantation d un hectare de haricots demandant environ 200 kg de semences, pour un rendement de 3ooo à 5oookg,le produit net atteint en moyenne 1000 francs. Quant au cours sur les marchés métropolitains, il subit de grandes variations et oscille facilement de 200 à 25o francs les 100 kg. Les petits pois primeurs algériens appartiennent à trois catégories : i°..Prince-Albert ; 2° Merveille d’Amérique ; 3° Merveille.d’Angleterre. L’exportation a lieu de novembre à décembre, puis de février à mars. On la dirige, surtout sur Marseille, Lyon et Paris. Le prix moyen de vente est de 5o à 75 centimes, avec un bénéfice net de 20 à 3o centimes par kilogrammes. Les artichauts sont cultivés aux environs d Alger. La cueillette commence en novembre, parfois octobre et 1<js expéditions durent jusqu’en avril, à destination de Paris, Lyon, Bordeaux, Saint-Étienne et, pour les petiis, à Marseille. Un hectare produit environ 80000 têtes, dont le cours moyen, à Paris, est de i3 à
- 16 centimes la pièce. Les tomates d’Algérie se vendent de 90 à 120 francs les 100 kg à Marseille et de 100 à 160 francs à Paris. Elles rendent environSoo francs à l’hectare..
- Une ville polyglotte. — La ville d’Épertes, située en Hongrie sur les confins de la Galicie, est une véritable Babel moderne. On y parle, en effet, six langues différentes, sans compter toute une série de dialectes et de patois divers. Les i5ooo habitants sont tous des liu-guisles; il n’en est pas un qui ne parle couramment plusieurs de ces langues et patois. Il n’y a aucune confusion entre toute cette population ; tout le monde se comprend parfaitement. Dans un même établissement public, on peut entendre en même temps six ou sept langues parlées par les différentes personnes qui s’y trouvent. Le cosmopolitisme de cette ville est dû en parlie à la présence continuelle d’un grand nombre de touristes de tous pays; mais il a ses origines surtout
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- INFORMATIONS
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- dans les nationalités diverses de ses habitants. Au cours des promenades à travers la villcj il n’est pas rare, par exemple, de voir la boutique d’uu boulanger hongrois, à côté d une boucherie tenue par un Illyrien, qui voisine nue pharmacie autrichienne, une mercerie russe ou une draperie, un bazar, un calé dont les enseignes révèlent des nationalités très diverses.
- Le cinquantenaire du métropolitain. — C’est le i5 avril i8a6, que le journal La Presse, fondé par Emile de Girardin, publia un long article sur le premier projet de métropolitain. Louis Figuier y révélait au public le projet que les ingénieurs Laoordaire et Lahire avaient de perforer le sous-sol parisien pour y installer le premier métropolitain. Ce réseau de voies ferrées comprenait six ligues principales convergeant vers les Halles, comme autant de rayons d’une grande roue, dont le ventre de Paris aurait été le centre. La longueur totale devait être de 21 kilomètres; le devis prévoyait une dépense de 40 millions de francs pour l’exécution de ce premier projet de métropolitain parisien.
- Maladie du sommeil. — A la Société nationale d’agriculture M. le prince d’Arenberg a indiqué qu’eu naviguant sur le lac Vicloria-Niauza, il a longé des îles avec une superbe végétation et des traces de culture. Ces îles sont à présent désertes, parce que leurs habitauts out été décimés par le fléau. Jadis, l’Ouganda était très sain. Le lac Victoria est à 1200 m. d’altitude et la chaleur y est très supportable. 11 a suffi d’un malade venu de la côte occidentale pour créer le foyer d’infection ravageur. Déplorable est la lin des malheureux atteints de la maladie du sommeil. Les noirs 11e veulent pas qu’on meure dans leurs cases, car la superstition fait brûler la case où une mort est survenue. Aussi, dès que les derniers moments approchent, le mourant est transporté dans la brousse et dévoré par les hyènes ou autres bêtes féroces.
- Tremblement de terre en Italie. — Le 10 décembre, à. y1* i5'“ du matin, une forte secousse de tremblement de terre a eu lieu à Cosenza, en Italie; quelques secousses avaient déjà été ressenties dans la nuit.
- Le gui en Bretagne. — La récolte de gui est en ce moment assez abondante en Bretagne. De Dinan, notamment, un grand nombre de wagons chargés de gui partent à destination de Saint-Malo. Les ports de la côte Nord, Saint-Malo et Saint-Brieuc, sont en rapports constants avec l’Angleterre et les îles Normandes. On sait que chaque année des chargements complets de gui sont exportés en Angleterre pour décorer les habitations, surtout à l’époque des fêtes de Noël.
- Essais du croiseur cuirassé « Jules Perry ». — Le
- croiseur cuirassé Jules Ferry a effectué récemment ses essais officiels de puissance pendant 3 heures. La puissance maxima a été de 28695 chevaux; la consommation de charbon a été de 900 grammes par cheval-heure. La vitesse angulaire moyenne s’est élevée à 123,5 tours par minute, correspondant à une vitesse de 22,8 nœuds par heure.
- Ascension aéronautique. — Le 8décembre, le duc Decazes a fait une ascension, sous la conduite du pilote Jacques Faure, dans le ballon Y Aéro-Club. Ils sont partis le matin à 11 heures du parc de l’Aéro-Club et out atterri à. Auxerre, à 170 kilomètres de Paris. L’atterrissage s’est fait dans de très bonnes conditions. L’ascension a duré 2 heures 1/4 ; la vitesse moyenne a été de 60 km par heure.
- Sur l’extraction de l’huile résiduelle des tourteaux
- d’olives. — Les tourteaux résiduels de la préparation des huiles d’olives renferment encore de 10 à 12 pour 100 d’huile. L’extraction de cette huile doit se faire rapidement pour éviter son acidification et, d’après M Jurgensen, il y a avantage à effectuer cette extraction par le tétrachlorure de carbone à l’exclusion des autres solvants : sulfure de carbone, benzine, parfois usités. En dehors des avantages de l’emploi d’un solvant non iuflammable, il fournit une huile inodore, diminue la perte de solvant et est actuellement assez économique pour lutter avantageusement contre les autres produits.
- Sur l’action du choc vis-à-vis des métaux légers.
- — Qumd on frappe violemment sur une enclume un métal léger, comme le calcium, on observe une produc-
- tion de flammes et de bouquets d’étincelles avec de légères explosions, phénomènes qu’on peut attribuer à la volatilisation du métal suivie de sa combinaison avec l’oxygène et même l’azote de l’air. Le sodium, le potassium, le lithium, le baryum électrolytique se comportent d’une façon tout à fait semblable ; il en est de même du phosphore et surtout du phosphore blanc. Par contre le phénomène est douteux avec le magnésium et l’aluminium et nul avec le thallium.
- Le commerce de la côte des Somalis française en 1905. — D’après la feuille de renseignements de 1 Ü/fice colonial le commerce général de la côte des Somalis s’est élevé à 80148945 francs en 1906, soit 4 465 2o5 Irancs de plus qu’en 1904, où il atteignait seulement 25683720 francs. Les importations sont de 11 929941 francs, les exportations de 9 563 586 francs. La plus lorte partie de ce commerce se fait avec les colonies étrangères et principalement Aden, la part française étant très restreinte.
- L’Association des ingénieurs allemands. — Elle vient de célébrer son cinquantenaire, et son importance vaut bien que nous lui consacrions quelques lignes. Il faut dire qu elle comprend 20000 membres, dont un bon quart se rencontrent dans les pays étrangers les plus divers. Elle a été fondée par un groupe de u3 jeunes gens, en mai 1856, daus les Montagnes du liarz, à Alexisbad, et à l’occasion d’une excursion de corps faite par deux groupes d’ingéuieurs. Le premier Président élu en fut Friedrich Karl Euler, et l’on comptait parmi les fondateurs des noms célèbres comme Ewald Dittrnar, Iîeiurich Caro et d’autres. L’Association devait embrasser toute l’Allemagne, qui 11 était pas encore.un Empire, et publier un grand journal technique. Ce fut Franz Grashof qui prit d’abord tout le poids et de la- Société et de la publication mensuelle, et il demeura directeur de la Société jusqu’en 1890, avec le concours d’un secrétaire général à partir de 1881. Depuis 1897, 1 Association possède son hôtel daus Charlottenstrasse, à Berlin, à l’instar de notre Société des ingénieurs civils de France. Au point de vue du nombre des membres, il était seulement de 172 en i856, de 1240 en 1866, et de 10000 en 1890; 011 voit combien il a crû depuis peu d'années. Le journal a été mensuel jusqu’en 1876; de 1877 à i883, ii paraissait, en outre, des comptes rendus hebdomadaires des séances; depuis 1884, il est hebdomadaire dans son ensemble, et son texte représente plus de 2000 pages par an. La publication de ce journal coûte annuellement un peu plus de 620000 marks, ce qui est énorme, et les frais d’envoi montent à près de i3oooo marks. Le journal principal est accompagné chaque semaine de ce qu’on nomme la Zeitschriftenschau, qui donne comme un résumé de la littérature technique empruntée à une soixantaine de publications allemandes ou étrangères. Il ne faut pas oublier non plus les Milteilungen uber Forschungsarbeiten, qui peuvent s’acheter séparément; ils contiennent des comptes rendus détaillés de recherches faites dans le domaine de l’art de l’ingénieur, des rapports sur des travaux de longue haleine effectués dans des laboratoires techniques, des dissertations, mettons des thèses, soutenues par l’obtention du grade de docteur en l’art de l’ingénieur. Aussi bien leVerein, l’Association, subventionne fréquemment des recherches scientifiques des études ayant pour but d’élucider tel ou tel point technique. C’est enfin la Société qui a pris en main ce Technolexikon, ce Dictionnaire technique en plusieurs langues, qui sera un vrai monument, et pour lequel elle s est assuré la collaboration de toutes les Sociétés analogues du monde et aussi des ingénieurs isolés. Elle à souvent lutié et lutte encore pour obtenir telle législation ou telle modification de la législation qui peut être désirable, elle s’oppose fort effectivement aux mesures réglementaires nuisibles à la profession de l’ingénieur. On voit par ce s indications bien sommaires et incomplètes 1 importance de cette vaste association.
- Contre les déraillements. — Sans que nous possédions les détails complets de l’invention, nous pouvons dire du moins que des expériences fort intéressantes se poursuivent actuellement sur la ligne militaire Berlm-Zossen, avec un dispositif ayant pour but d’empêcher les trains de sortir des rails : que ce soit du reste comme conséquence d’une rupture ou d’un défaut de rail, d une rupture de roue ou d’essieu, on pour d’autres causes.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Imprimerie
- Imprimerie portative pour aveugles. — M. E.
- Yaughau, directeur de 1 hospice des QuinzeTVingts, a inventé récemment une petite imprimerie portative qui permet aux aveugles d écrire désormais en caractères ordinaires et par suite de communiquer avec toute personne. Ou sait, en effet, que les aveugles utilisent pour lire et écrire le système de points en relief imaginé par
- Fig, i, — Vue d’ensemble de l’imprimerie pour aveugles.
- Braille, dans lequel les mots et les phrases sont constitués par ces points convenablement combinés. Pour lire, les aveugles touchent les points avec le doigt; pour écrire, ils forment leur texte en points Braille à l’aide d'un poinçon et d’une grille passée sous une feuille de papier. L'imprimerie portative pour aveugles, que représente la figure ci-jointe, est une boîte qui renferme à la pariie inférieure des caractères d'imprimerie, et de l’autre côté une grille destinée à recevoir les caractères pour une composition. Les caractères utilisés sont fondus spécialement par la maison Àllainguillaume et Cie, de Paris; ils portent à une extrémité une lettre en
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- l ig. a, — Caractère portant à une extrémité une lettre Braille et à l’autre extrémité une lettre romaine,
- alphabet Braille, et, à l’autre extrémité, la lettre romaine équivalente. Ces caractères sont aussi munis d’une languette longitudinale placée à la base de la lettre, dont elle indique le sens. La languette permet de placer les caractères verticalement dans des rainures pratiquées dans les grilles. Le mode d’emploi de l’imprimerie est le suivant. Les caractères sont placés, dans la grille de gauche, et les lettres romaines appuient sur un encreur perpétuel. L’aveugle reconnaît les lettres en Braille au toucher; il peut les prendre une à une pour composer des mots. A cet effet, à droite, se trouve une grille à charnière, sous laquelle on glisse une feuille de papier pour recevoir l’impression. L’aveugle peut alors prendre
- les caractères et les placer dans la grille de droite, en allant de gauche à droite. Les caractères ainsi placés les uns à côié des autres se touchent. Pour séparer les mots, on laisse vide la rainure qui suit immédiatement la, dernière lettre du mot écrit. Quand tous les caractères sont en place, il suffit d exercer une faible pression pour que les lettres s impriment sur la feuille de papier. Le même appareil permet à une personne ne connaissant pas l'alphabet Braille d’écrire à un aveugle; alors on n’utilise pas l’encreur. On place les caractères dans la grille de gauche, en ayant soin de mettre eu haut la lettre romaine de façon qu’elle soit vue par l’opérateur. Ce dernier compose ses mots lettre à lettre et les place dans la grille de droite, en procédant de droite à gauche. On exerce ensuite une pression sur une feuille de papier placée comme précédemment en dessous de la grille; les lettres Braille s’y impriment eu creux, et la pression à exercer dépend de 1 épaisseur du papier. Ce dernier ainsi gaufré est retourné et lu par l’aveugle au toucher de gauche à droite. Cette invention paraît des plus pratiques et de nature à rendre aux aveugles des services importants. — L’imprimerie portative pour aveugles se trouve à la librairie Hachette et Cie, 79, boulevard Saint-Germain, à Paris.
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- C'Electricité
- Interrupteur autonome alternatif système Blondel pour charge d’accumulateurs et bobines de Ruhm-korff — La charge des accumulateurs sur secteur à courant alternatif a toujours été un problème délicat et onéreux à résoudre. Elle nécessitait jusqu’à présent soit l’emploi d’un groupe encombrant, toujours quelque peu
- Interrupteur autonome Blondel.
- bruyant et fort coûteux d’établissement, soit l’emploi de soupapes éiectrolytiques, instruments dont le rendement tombe rapidement en fonctionnement et qui nécessitent un entretien continuel d'autant plus important que la puissance qu’on leur demande est plus grande.
- L’apparition de l’interrupteur Bloudel (Gaiffe, cons.ruc-teur) résout ce problème d’une façon nouvelle, élégante et économique. Cet interrupteur (représenté par les figures) est constitué par un minuscule moteur synchrone calé directement sur l’arbre d’une turbine à mercure. Le moteur synchrone, dans sa rotation, fait monter par la force centrifuge le mercure dans la turbine et projette ainsi dans le pot de l’interrupteur une veine de mercure qui établit périodiquement le courant sur des dents conductrices, et seulement au moment voulu pour qu’il ait le sens et là tension convenables pour la charge des accumulateurs; dans ce but, l’instant de la charge est d’ailleurs réglable et modifiable à volonté par la manœuvre de la manette M.
- Suivant la largeur des dents, suivant la résistance intercalée dans le circuit, on pourra charger des nombres très variables d’accumulateurs (de % à 55) à des régimes très différents, et cela quelle que soit la période du secteur alternatif employé.
- Toutes les fois où les charges se renouvelleront sou-
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- vent et où, par suite, le prix du courant et le rendement de l’appareil deviendraient chose à considérer, on
- réglera l’intensité de charge, non plus par résistance, mais par l’emploi d’un transformateur modifiant la valeur de la différence de potentiel du secteur; daus ces conditions, le rendement de l’appareil est considérable et bien supérieur au rendement du groupe ou de la soupape correspondante. La charge d’une batterie de 4° éléments à G ampères s’effectue déjà avec un rendement de
- 75 pour 100 (rendement du groupe correspondant 4° & 5o pour 100), et ce rendement s’élève à 85 pour 100 lorsque l’intensité de charge de cette même batterie de 40 éléments s’élève à a5 ampères.
- L intérêt de cet appareil est donc considérable, en particulier pour la recharge des batteries d’accumulateurs mobiles, et à ce titre nous le voyons figurer au Salon d’Automobile de cette année.
- La mise eu roule de l’appareil a été réalisée de la
- façon la plus simple et la plus sûre en se servant au
- démarrage du moteur synchrone comme d’un moteur à attraction électro-magnétique. L’entretién est pour ainsi dire nul, car les ruptures du courant se faisant sur le mercure et dans de l’alcool, aucun contact ne se trouve détérioré. La petitesse de l’appareil rend d’ailleurs son installation très facile, ainsi que l’absence complète de trépidations.
- Signalons aussi que cet instrument a trouvé une application non moins importante comme interrupteur de bobine, et qu’il est susceptible d’actionner les bobines les plus puissantes directement sur secteur alternatif, soit pour la production des rayons X, soit pour la production des ondes hertziennes. — Le constructeur de l’interrupteur est M. Gai fie, g, rue Méchain, Paris.
- Outillage
- Clefs de serrage. — On sait tous les services que rendent les clefs de serrage dans l’industrie; à tout instant, on a des pièces à desserrer. Il importe d’abord de pouvoir saisir complètement une des deux pièces, de pouvoir la tenir solidement et exercer en même temps un effort instantané assez robuste. La condition la plus
- — Clef de serrage.
- importante à réaliser est généralement de saisir la pièce et de l’enserrer solidement, sans la laisser échapper. Mais le plus souvent ces pièces se trouvent dans des endroits difficilement accessibles. Nous avons eu l’occasion d’expérimenter dernièrement deux clefs, dont l’une, à la partie supérieure dans les figures ci-jointes, rap-
- — Autre clef de serrage.
- pelle par son ouverture la disposition générale de la mâchoire d’un vautour, et dont l’autre, à la partie inférieure, rappelle la mâch ire d’un alligator. Ces nouvelles formes sont des plus heureuses. La clef modèle Vautour permet de saisir solidement une partie même très minime de la pièce sur laquelle il est nécessaire d’exercer un effort très élevé. On peut ensuite déplacer le point d’appui au fur et à mesure qu’un déplacement a
- été obtenu. Avec la clef modèle Alligator, les deux .extrémités, en forme d’angle, peuvent être approchées ou éloignées les unes des autres par le simple déplacement d'une dent d uu levier daus les dents d une crémaillère ménagée sur le rebord d une des deux branches de la clef. Far ces simples dispositifs, on obtient des résultats surprenants. — Les clefs de serrage modèles Vautour et Alligator se trouvent aux établissements Kratz-Boussac, 1.4, rue Martel, à Paris.
- Jouets
- L’Enigma. — Ce jouet, destiné à remplacer la roulette, présente un aspect un peu mystérieux, car on ne voit, ni aiguille, ni cadran où un numéro sera indiqué. 11 a été imaginé par M. Chasles qui s’est fait une spécialité de jouets puisant leur principe dans une application
- Fig. i.
- scientifique. Ici il s’agit de l’aimantation de la limaille de fer par influence au travers d’une feuille de carton. Le jeu comporte deux tableaux sur lesquels sont inscrits (fig. x) un certain nombre de chiffres et, au centre, une boite carrée, portant à sa partie supérieure un troisième tableau de chiffres et un cadre entourant du papier blanc. Si l’on vient à lirer une manette, placée sur l’un des côtés de la boîte, puis, ensuite, qu’on appuie sur les deux arcs de cercle qui se croisent au-dessus du cadre, on voit une traînée noire formée de limaille de fer qui se promène sur le papier du cadre; puis, à un moment donné, tout s’arrête et un chiffre se dessine sur le papier : c’est le numéro gagnant. En soulevant légèrement la boîte sur le côté ou fait rentrer la limaille dans la coulisse et le cadre redevient immaculé. Si nous démontons le couvercle de la boîte, nous voyons à 1 intérieur (fîg. 2) un disque A portant dix barreaux aimantés montés en forme de rayons; sur l’extrémité de chaque barreau, on a placé le profil en tôle d un chiffre. Lorsque le couvercle est en place le cadre B vient au-dessus de l’extrémité des barreaux; il en résulte que,
- quand le disque s'arrête, la limaille de fer s’aimante par influence et prend la forme du chiffre qui est immédiatement au-dessous et qui, par suite de son contact sur le barreau, est devenu lui-même un aimant. Ce jouet donne lieu à une observation assez curieuse, c’est que, tandis que le disque tourne de droite à gauche, la limaille marche en sens inverse dans le cadre B. Au premier abord on croirait qu’elle doit être entraînée par les aimants et suivre leur mouvement, mais en l’examinant de près à la loupe au moment où le mouvement se ralentit, on voit que chaque parcelle de limaille exécute une série de culbutes qui l’amène à la rencontre de l’aimant. C’est un phénomène très intéressant à étudier. — L’Enigma se trouve au Jouet de Paris, rue de Reuilly, 23, à Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- l/asservissement domestique des microbes anaérobies. — Le fonctionnement des diverses industries de j'Iiuiimie et le jeu même de sa propre existence entraînent u,)(. production de déchets qu'on ne saurait garder sans danger, et qu il faut promptement faire disparaître dans l’intérêt de la santé publique. En raison de l’accroissement continu des centres urbains, la question de L’épu-eatimi des matières des égouts et des fosses d’aisances ilevienl d’une actualité de plus en plus urgente.
- La Nature a donné, il y a quelques semaines (Yoy. jp 1721, du 19 mai 190G), un article mettant au point, d'après les expériences de M. le professeur Calmette, la (jucstiou de l’épuration biologique, c’est-à-dire par juterveulion microbienne, des eaux polluées. Nous rappellerons en peu de mots les principes sur lesquels repose ce mode d’épuration.
- Les déchets provenant, à divers titres, de l’activité de l’homme, contiennent deux sortes de substances organiques : les unes ternaires (carbone, oxygène et hydrogène), telles que la cellulose, l’amidon, les dextrines et sucres, les acides organiques, les graisses, les matières colorantes ; les autres quaternaires (carbone, oxygène, hydrogène, azole), telles que la fibrine, l’albumine, la caséine, le gluten, l’urée, etc.
- Les premières peuvent être détruites par divers microbes anaérobies et par d’autres qui peuvent vivre
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- Schéma d’une fosse septique.
- F, lusse; n, niveau du liquide; a, orifice d’arrivée des matières; c, orifice d’ecoulement ; P, puits’bactérien d’oxydation.
- quoique soustraits à l’oxygène de l’air. Les secondes sont justiciables de microbes anaérobies et de microbes aérobies. Tous ces microorganismes, tous ces ferments, accomplissent un travail dont la marche progressive se révèle parla formation de peptones, de composés ammoniacaux et d’ammoniaque libre, ensuite de nitrites et de nitrates, avec élimination d’azote libre, d’hydrogène et d'aride carbonique.
- Ce rôle des microbes minéralisateurs étant bien défini, plusieurs méthodes se présentent pour leur confier le soin d’épurer les matières d’égout ou de fosses d’aisances, pour réaliser ce qu’on est convenu d’appeler l'épuration biologique. La plus simple est l’épandage, avec ou sans utilisation agricole : c’est celle qui a été adoptée par la Ville de Paris, à la suite des travaux de Th. Schlœsing et de Durand-Claye. Mais elle présente divers inconvénients, et comporte même assez de danger pour la santé publique pour qu’011 ait cherché à la remplacer par un autre procédé dans lequel l’intervention microbienne pût être dirigée et contrôlée, et qui fût assez efficace pour restituer au sol arable des eaux non sevdcmeut limpides, mais imputrescibles et sans danger. A la s\iite de travaux poursuivis à l’étranger par des savants distingués, et en France par M. le professeur Calmette, directeur de l’Institut Pasteur de Lille, ce mode a été trouvé : il repose sur l’emploi de la fosse septique (seplic tank des Anglais).
- Dans cette nouvelle formule, le travail des microbes s effectue de la même manière que dans l’épandage, mais avec ce perfectionnement qu’il y est réglé à volonté, et ne dépend plus exclusivement des circonstances atmosphériques et géologiques locales. Ainsi conduite, l’épuration microbienne comprend quatre phases successives : la séparation mécanique des substances solides non putrescibles; la dissolution dans la fosse, des matières
- organiques par l’action des ferments anaérobies ; l’écoulement de ces matières et leur oxydation à l’air libre par les microbes aérobies; enfin, leur transformation en nitrites, puis en nitrates solubles.
- Les essais de M. Calmette sur la fosse septique, tentés en grand à la station expérimentale de la Madeleine, près Lille, et dont ou trouvera les détails essentiels dans 1 article de M. Martel, ont surtout pour objectif l’application de la méthode à l’épuration des eaux d’égout des grandes villes. 11 s’agit là de quantités de déchets toujours considérables, parfois énormes ; et l’on conçoit tout l’intérêt qui s attache à leur élimination.
- Mais la question comporte aussi un point de vue privé de nature à solliciter l’attention des hygiénistes et des propriétaires d’immeubles : nous voulons parler de la substitution de la fosse septique à la fosse d’aisances ordinaire.
- Pour cet emploi particulier, la fosse septique peut être réduite à sa plus simple expression, et consister uniquement en un réservoir étanche et hermétiquement clos, recevant, d’une part, le tuyau d’amenée des matières (eaux ménagères et produit de water-closets), et laissant écouler d’autre part, à sa partie supérieure, par un orifice ou mieux par un siphon, l’eau épurée par le travail des microbes anaérobies. La fosse doit être remplie d’eau jusqu’au niveau de l’orifice de déversement, de telle manière que chaque apport de matières en fasse évacuer une quantité exactement égale à son propre volume.
- L’eau sortant de la fosse septique peut être envoyée au tout-à-1 égout, ou conduite sur un lit bactérien, bassin à fond bétonné rempli de matériaux poreux (scories, mâchefer, coke), où les substances organiques qu’elle contient eucore sont minéralisées par l’action des microbes aérobies.
- L’emploi de la fosse septique pour l’usage domestique tend actuellement à se répandre de plus en plus, et cela s’explique, puisque, sans coûter plus cher à établir qu’une fosse ordinaire, elle supprime pour l’avenir les frais onéreux de vidange.
- Il n est pas sans intérêt d’ajouter que la première idée de la fosse septique revient à un Français, M. Mouras, de Vesoul, qui avait réalisé chez lui une installation de ce genre vers 1860. A une époque où I on ne soupçonnait pas encore l’action des microbes, il avait su cependant reconnaître que l’eau sortant d’une fosse par sa partie supérieure offrait un fort taux d’épuration. La connaissance de l’intervention microbienne a permis de donner à son système une base scientifique.
- A. Acloque.
- Les poisons alimentaires. — On a signalé à plusieurs reprises dans La Nature les dangers que peut faire courir à l’organisme l’ingestion d’alirrents mal préparés ou de substances toxiques. M. le professeur G.-H. Roger vient de publier un gros volume entièrement consacré à Y alimentation et à la digestion1 où nous trouvons un remarquable exposé relatif aux poisons alimentaires, c’est-à-dire aux diverses substances toxiques qui se trouvent mêlées à nos aliments et dont on doit se méfier. En effet, toutes les substances qui participent à notre alimentation contiennent, peu ou prou, des composés toxiques, de nature minérale ou de nature organique. Un homme adulte absorbe à peu près par jour 5 gr. de potasse, qui représentent 8 gr. de chlorure de potassium et, d’après des expériences qui ont été faites sur des chiens, si nous possédons la même résistance que cet animal, une telle dose, introduite brusquement dans l’organisme, serait susceptible d’intoxiquer 40 kilogrammes. Ce sel, et ceux de potasse, de soude, de chaux, de magnésie et de fer doivent donc seulement leur parfaite innocuité pratique à la façon dont s’effectue leur absorption, et il faudrait se garder de conclure de ce qui précède à la nécessité de s’en abstenir, car justement, de la manière que nous les absorbons, ces toxiques sont en réalité de précieux agents de nutrition.
- Les matières organiques, telles que les albumines,
- 1 G.-II. Roger. Alimentation et digestion. Paris, Masson, 1907.
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- sont encore plus dangereuses, introduites brusquement, que ces sels minéraux. Ainsi, du blanc d œuf dilué au quart administré en bloc à un lapin à la dose de 4 à 5 centimètres cubes par kilogramme, détermine la mort dans les 24 heures. La poudre de jaune d œuf de canard, d après les expériences de M. Loisel, traitée par 1 eau salée et injectée dans les veines à la dose de 7 à 8 gr., tue un kilogramme de lapin; 1 œuf de poule est un peu moins toxique. L albumine est d ailleurs de beaucoup le principe le plus toxique de ceux qui sout contenus dans la viaude et la cuisson diminue presque entièrement leur danger, plus théorique que pratique.
- Les sels de plomb, de cuivre et d arsenic ont une autre importance daus 1 ordre des réalités. Est-il besoin de dire que c’est principalement par le contact avec les vases qui serveutà les conleuirou à les préparer que les aliments se chargent de ces daugereux produits ? L eau, par suite surtout de son séjour daus les conduites de taible calibre, est souvent assez, chargée en plomb pour devenir dangereuse ; ce même métal se retrouve meme dans les liqueurs distillées, vin, bière, * au-de-vie, rhum, -eau de fleurs d oranger, etc., et qu Iquefois, à l’état de chromate, jusque dans le thé ou dans le café; enfin le pain, les conserves faites avec des huiles riches en matières grasses, et surtout celles de poisson ou de bœuf, sont assez fréquemment contaminées, elles aussi, par le plomb, provenant des meules usées, réparées au plomb, des machines à hacher, du papier faussement dit d’étain qui sert à l’euveloppe du chocolat ou du thé et par-dessus tout de l'étamage des boites qui contieut parfois de 10 à 35 et même 5o pour 100 de ce métal. On peut dire sans exagérer- que tous les individus civilisés sout les victimes réelles d une intoxication au plomb, commençant dès l’enfance, passant inaperçue chez l’immense majorité mais aboutissant trop souvent aussi à des néphrites interstitielles ou à l’artério-sclérose ! On rencontre le plomb daus la plupart des cadavres et, sur le vivant, l’examen des urines de 68 étudiants en médecine, bien portants, en a montré des traces chez 17 pour 100 d entre eux.
- Les sels de cuivre qui sout également abondants dans les alimeuts les plus divers et qui seraient très dangereux s’ils étaient ingérés sous forme massive, ont en pratique une importance beaucoup moindre que les précédents, tant parce que le foie en arrête une certaine quantité que parce que des vomissements surviennent ou présence d une dose élevée et rejettent l’excès du poison.
- Les sels arsenicaux ont par contre un rôle très appréciable. On les rencontre dans le vinaigre et dans le vin (épidémie de 188 r causée par du vin contaminé, à Hyères et au Havre), dans les pickles, les bonbons, etc. L’étain, le ziuc et le nickel, le borax additionné de i pour 4oo de sel marin (sel de conserve du commerce) sont aussi quelquefois l’origine d’empoisonnements, d’ailleurs peu fréquents. Enfin, il faut signaler l’acide salicylique qui se trouve souvent dans les boissons (vin, cidre, bière, citronnades) et qui est surtout dangereux pour les personnes dont 1 épuration rénale est défectueuse.
- Daus tout ce que nous venons devoir, il s’agit de produits toxiques ajoutés à des aliments qui sont en eux-mêmes parfaitement sains. Mais les aliments peuvent être pour ainsi dire toxiques en eux-mêmes, lorsque par exemple ils proviennent d’animaux ou de végétaux placés dans de mauvaises conditions. L’une de celles-ci est le surmenage; il semble que la suractivité organique qui l’accompagne détermine un excès dans le dépôt de toxines d ms l’organisme; aussi la chair d’un animal qui succombe à la suite de violences peut être réellement dangereuse, et sage est la pratique générale des abattoirs d accorder une journée au moins de repos aux bêtes qui doivent être sacrifiées.
- Une autre origine de viandes toxiques est la consommation de substances toxiques par les animaux. A vrai dire cette consommation n’a pas toujours des suites dangereuses pour la nourriture humaine (les sauvages américains, par exemple, mangent sans danger les animaux tués avec des flèches empoisonnées), mais c’est le cas le plus fréquent. Un porc, qui a subi un traitement arsenical, souvent usité dans la médecine vétérinaire, un poisson appâté avec des animaux ou des produits vénéneux, des escargots qui ont passé sur des euphorbes ou des solanées visqueuses, peuvent causer un dan-
- ger sérieux et doivent être l’objet de précautions sn' ciales.
- Cette sorte d'intoxication au second degré se produit souvent par l’intermédiaire dû lait. Chacun sait qu un eum naisseur un peu habile reconnaît de quelles plantes sont principalement nourries les vaches dont il boit le lait certaines de ces nourritures peuvent être toxiques et déterminer des troubles chez le consommateur, ainsi des di èches, des betteraves pourries, etc. Uue vache cmpoi-sonnée avec de l'arsenic donne également un lait dangereux ; de même, et aussi bien chez la femme qui donne le sein, les préparations iodurées, le plomb, le cuivre les boissons alcooliques; pour celles-ci, la contamination du lait commence presque de suite, un quart d'heure après 1 ingestion et va croissant jusqu’à la lin de la première heure.
- Eulin, l’altération d’aliments primitivement sains est une cause bien connue d intoxication^ Il faut donc rejeter absolument les viandes avancées, Je lait gâté, fut-ce très légèrement, qui sout doublement dangereux, d’abord à cause des toxines qu’ils contiennent, de plus parce qu'ils sont le siège de pullulations microbiennes qui peuvent, après l'ingestion, déterminer des troubles extrêmement graves, tels le botulisme (maladie du boudin) ou Vallan-tiasis (maladie de l’audouille) qui sout fréquenis en Allemagne. Ou devra tout particulièrement se méfier des conserves alimentaires, et se rappeler que tout ce que nous venons de dire est également applicable aux poissons, aux mammifères el à tous les aliments en général.
- Nous passerons beaucoup plus rapidement sur ce que M. Roger dit des végétaux au point de vue de leur rôle dans 1 intoxication alimentaire ; non pas que cette partie soit moins intéressante, mats les faits sont plus connus et ont été plus souvent indiqués; il serait, par exemple, hors de propos de parler des champignons dans ce rapide résumé. Nous devons cependant signaler ce qui a trait au pain. Cét aliment fondamental, du moins en France, est responsable de plusieurs cas d’empoisonnements. On se méfiera surtout du paiu de seigle qui présente uue coloration violette et un goût moisi et qui est alors suspect d être ergoté, c’est-à-dire infecté par un microparasite, le Glaviceps purpurea, qui le rend extrêmement dangereux. D1 Despi.ein.
- De Pambidextérité. — A propos de l’article paru sur ce sujet dans La Nature, un de mes camarades, abonné au journal, me fait part d’une observation curieuse portant sur trois générations. Je la résume parce qu’elle tendrait à prouver d’une façon très nette que la gaucherie est héréditaire. Le grand-père, médecin, très adroit de sa main, habile tourneur sur métaux et sur bois, à ses heures de loisir, était gaucher; il était très maladroit de sa main droite. Sur quatre enfants, deux sont ambidextres, avec prédominance de l’usage de la main gauche; un des deux, notre correspondant, médecin distingué, se rappelle qu à l’âge de i5 ans il commença le tir au fusil et visait de l’œil gauche. Il a cultivé son côté gauche et l’a perfectionné, notamment au point de vue de l'écriture. Il rédige souvent ses ordonnances de la main gauche, quand il a une gêne quelconque de la main droite et pratique indifféremment des deux mains les opérations de petite chirurgie.
- La fille est gauchère franche; on a eu beaucoup de peine à lui apprendre à écrire de la main droite; il a fallu lui interdire la plume de la main gauche, car elle écrivait en miroir, Ti pour 17, () pour G. Elle est adroite, mais pour toutes les difficultés, elle préfère la main gauche. Elle n’a jamais pu devenir une pianiste passable, la main droite ne pouvant s’habituer à la vélocité requise pour la musique de cette main.
- Mon correspondant et ami conclut que ce ne sont pas l’éducation et l’habitude qui rendent droitier; c’est une question d hérédité et de différence de développement cérébral.
- La gaucherie est uue anomalie que l’on n’arrive jamais à corriger complètement par l’habitude. L’ambidextre est, de naissance, un demi-gaucher, et, ajoute mon ami tous les efforts de l’Ambidextral culture Society n’empêcheront jamais la main gauche d'un droitier et inversement, la main droite d’un gaucher, de demeurer inférieure à l’autre pour tout usage nécessitant un maximum d’habileté. Dr A. C.
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- RECETTES ET. PROCEDES UTILES
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- Cyclisme ^§ï>
- Garde-crotte pour cycle. — Le journal spécial (Jyrling a donué certains conseils utiles au sujet de l'établissement des garde-crotte. Tout d’abord, bien songer à indiquer quel est le diamètre de la roue. Un garde-croue l'ait assez souvent du bruit : ou peut l’eu guérir facilement, soit en plaçant une rondelle de cuir avant que de serrer les écrous, soit en enroulant un peu de lioelle autour de la tige du boulon de fixation. Ne pas oublier qu’un garde-crotte de devant qui est trop loin de la roue, peut être fort gênant pour le cycliste, quand il prend un tournant, en venant eu contact avec sou bout de pied. Ou peut profiter de 1 extrémité du garde-crotte pour monter une petite plaque descendante qui prolé-uça considérablement'la chaîne de la boue et de l’eau de la route. On peut aussi attacher uu arrache-clou à la monture inferieure du garde-crotte, [tour enlever clous, épines ou grains de sable, parcelles de verre, menaçant Je perforer le pneumatique.
- Petit conseil aux automobilistes. — Se bien garder d’envoyer tout simplement à l’égout les résidus de pétrole que l’on veut enlever du carburateur, et dont on entend se débarrasser, parce qu’ils ne sont plus guère utilisables. Si l’égout en contient un jour une certaine quantité, s il se forme des vapeurs inflammables ou détonantes, et qu’il survienne un accident, on en sera responsable. Le mieux est de verser ces résidus dans un terrain vague quelconque, puis d’y mettre le feu aussitôt.
- Les enveloppes feutrées pour pneumatiques. —
- La perforation des pneus d automobile et de bicyclette par un corps étranger perçant l’enveloppe, est un accident fréquent, qui, le plus souvent, n’est qu’ennuyeux, mais peut parfois devenir grave et causer des dérapages dangereux. Aussi s’est-on préoccupé de tous côtés de le prévenir. Mais parmi les solutions proposées, aucuue n est encore parfaite. Il est intéressant cependant d’en
- signaler une qui paraît logique, et donne en tout cas d excellents résultats pratiques. Elle consiste à interposer une épaisse bande de feutre entre la chambre à air et l’enveloppe. Cette bande a une épaisseur de 8 à xo millimètres sur une largeur en rapport avec celle de la jante : elle est maintenue seulement par ses bords à l’enveloppe, tandis qu’une couche de colle à base de caoutchouc, analogue à la dissolution qui sert à réparer les perforations, la fait adhérer à la face interne du bandage protecteur. Ou peut même se dispenser de la coller, et, une fois en place, elle se maintient très suflisamment par l’elfet des imbrications réciproques, des aspérités du feutre et de l’enveloppe. On se borne alors à mettre la chambre à air bien à plat et sans plis, puis on la recouvre soigneusement par la bande de feutre d’abord, par l’enveloppe ensuite, que l’on fixe suivant les procédés habituels (tringle ou talon). Quand la roue a parcouru quelques kilomètres, le feutre est tassé au point de diminuer graduellement d’épaisseur sur ses bords, et de se confondre à peu près complètement avec l’enveloppe.
- L’interposition de celte couche feutrée a une utilité qui s’explique aisément. Si l’on suppose, en effet, qu’un corps pointu, un clou par exemple, se plante dans le bandage, et échappe aux arrache-clous disposés aux roues, la pression exercée sur sa tête par le poids même de la voiture fait pénétrer peu à peu sa pointe qui finit vite par perforer complètement l’enveloppe et arrive au contact de la chambre à air qu’elle crève. On comprend dès lors que si, 1 enveloppe une fois traversée, il se rencontre sur son passage une couche de feutre, celle-ci a une tendance naturelle à fuir devant la pointe plutôt qu’à se laisser pénétrer par elle, et la crevaison peut se trouver évitée ainsi.
- En réalité l’artifice en question n’a pas la valeur d’une protection absolue, mais oppose aux perforations un obstacle très réel : c’est une raison suffisante pour qu’il convienne de le signaler et de conseiller d’en faire l’essai. — Les enveloppes feutrées pour automobiles ont été imaginées par le Dr Télau, et sont vendues par M. Cochard, manufacturier à Gesté (Maine-et-Loire).
- BOITE AUX LETTRES
- O&L
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signales par ses abonnés, bile répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent aceoinuagnées d’une bande d'abonnement, lin raison de l'abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Dans notre n° iy5o, du 8 décembre u)o6 |). i3 du Supplément. Bibliographie, col. 2, lig. 1, au lieu de : Bourcast, il faut : Bourcart.
- Communications. — Curieux effet de Véclairage sur la végétation. — M. Paul Simon, à Lyon, nous écrit : « Un fait caractéristique peut s’observer à l’heure actuelle le long des quais de Lyon. Ces quais sont plantés d’une double rangée de platanes d’une douzaine de mètres de haut et dont les premières branches forment, en temps d’été, une voûte de feuillage de 3 à 4 mètres au-dessus du sol. A l’heure actuelle, ces arbres sont dépouillés à peu près entièrement de leurs feuilles, et effiles qui restent attachées aux branches sont entièrement; jaunies et séchées. Cependant de distance en distance on peut observer que certains bouquets de feuilles sont; restés verts. Ces bouquets correspondent très exactement à l’emplacement des becs de gaz qui assurent l’éclairage des quais. Dans un rayon sphérique de 3 ou 4 mètres un cerlain nombre de feuilles vertes subsistent malgré la saison. Cependant la combustion du gaz ne passe pas pour être favorable à la végétation. L’explication de cette particularité me semble simple. Les feuilles en général ont dû être saisies par une gelée blanche antérieure qui les a desséchées et les a fait
- tomber. Le rayonnement de chaleur, produit par les becs de gaz, a protégé contre cette gelée les feuilles qui étaient situées dans un certains rayon, et elles sont restées vertes plus longtemps. »
- Renseignements. — M. M. Brasson de Méré, à Grazieulx. — Un des meilleurs moyens de détruire les cafards est la pâte phosphorée, préparée avec du sucre en poudre, de la farine et du phosphore dissous et dispersée dans des soucoupes dans l’endroit infesté. Les blattes étant très friandes de bière, on peut aussi simplement mettre de cette boisson dans des vases plats où les blattes vont se noyer; ou encore saupoudrer l’endroit visité avec de la poudre de pyrèthre de très bonne qualité.
- M. D. L., à R. — L’unité de puissance mécanique, choisie par le Congrès international, est le poncelet qui a une valeur de 100 kilogrammètres par seconde. On emploie encore le plus souvent le cheval-vapeur qui a une valeur de 75 kilogrammètres par seconde.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dumoulin, à Avesnes. Veuillez consulter un expert en vins.
- — M. Ch. Debray, à Gand. Il faudrait prendre l’avis d’un avocat. La question n’est pas de notre domaine. — M. IL de Malterre, à Paris. Vous trouverez ce renseignement dans nos recueils de Recettes et procédés utiles, 3e série, à la librairie Masson et Gie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. Ch. Vauters, à Nantes. Voyez le même ouvrage, 4° et 5° séries, même éditeur.
- — M. P. Simon, à Lyon. Remerciements pour votre communication.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES RU MATIN THERMOMÈTRE VENT miuicno.N ht roncn me 0 a 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE KN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 décembre. i°, i N. W. 3. Nuageux. » Gelée blanche ; nuageux.
- Mardi 11 - 1°,0 S. W. .2. Couvert. 0,3 Gelée blanche ; très nuageux ; bruine le soir.
- Mercredi 12 7\1 S. W. 3. Couvert. 0,8 Très nuageux le matin ; nuageux le soir: bruine le matin
- Jeudi 13 lu,0 S. S. \Y. 2. Couvert. 3,5 Gel. bl. ; très nuageux; pluie et neige de 10 h. à 14 b.
- Vendredi 14 2°,4 W. S. W. 3. Pluie. 2,8 Pluie ; gel. bl. ; nuag. ; pluvieux avec grésil l'après-midi
- Samedi 13 1°,5 N. W. 2. Nuageux. » Gelée blanche ; nuageux.
- Dimanche 16. . . . — lu,9 S. S. IV. 1. Peu nuageux. )> Gelée blanche; petit brouillard le matin; très nuageux.
- DÉCEMBRE 1906. — SEMAI NE DU LUNDI 10 AU DIMANCHE 16 DÉCEMBRE 1906.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent Les %^b%^^JàlPabAà courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, Ihumometie a labna boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.__
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du io au 16 décembre, le temps a été froid et pluvieux. Le to décembre, le baromètre ne marquait que 7 3 g mm à Livourne; il en est résulté de très mauvais temps sur la Méditerranée. On a recueilli 14 mm d’eau à Limoges, xi mm à Clermont, 12 mm à Nice, 10 mm à Perpignan, 4 mm à Brest, 3 inm à Biarritz. La température était le matin — 20 à Belfort, —i° à Clermont, —i° au Mans. io° à Biarritz — io° au mont Aigoual, —i3° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été i°,3. inférieure de 1 °,7 à la normale. Le 11 décembre, la pression barométrique s’est relevée dans le Sud-Ouest de la France où elle a atteint 766 mm. Un veut assez fort d’entre Nord et Ouest a souillé sur la Manche, ainsi que sur les côtes de la Méditerranée et de la Corse. On a signalé de nombreuses chutes de neige et pluie en Europe; en France, il est tombé 2 mm d’eau à Besançon, 8 mm à Biarritz. 12 mm au Puy de Dôme. Le matin, la température était — i° à Paris, — i° à Toulouse. — 3° à Clermont, — 14° au Pic du Midi. —200 au mont Mounier. Le 12 décembre, la pression barométrique est basse le matin sur presque tout le continent; on observe 752 mm au Pas de Calais, et 765 mm dans le Sud-Ouest de la France. Un fort vent d’Ouest a soufflé sur la Manche, sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée. Il est tombé 1 mm d’eau à Paris. 3 mm à Nantes, 4 mm à Dunkerque, 6 mm à Cherbourg. La température était le malin 70 à Paris, 3° à Toulouse, 3° à Naixcy, —- 5° au Pic du Midi, —120 au mont Mounier. A Paris, le ciel était couvert et très nuageux. Le i3 décembre, des
- dépressions ont eu lieu dans le Nord de la France. Des tempêtes de vent, accompagnées de grains neigeux, ont causé de graves troubles atmosphériques sxxrtout dans les régions Ouest et Sud-Ouest. Des neiges abondantes sont tombées à Amiens, à Rouen, à Orléans, à Bordeaux. La mer était grosse entre Cherbourg et l’embouchure de la Loire. Il est tombé 12 mm d’eau à Biarritz, q mm à Cherbourg, 8 mm à Nantes, 6 mm à Brest, fl mm à Besançon. La température était le matin i° ;\ Belfort, 20 à Paris, 3° à Clermont, 6° à Toulouse, —G1' au Puy de Dôme, —90 au mont Ventoux. Le 14 décembre, des vents soufflaient avec violence du Nord-Ouest sur la Manche, sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée. Les pluies ont été générales : on a recueilli 7 mm à Paris, 12 mm à Brest., 19 mm à Marseille. 27 mm à Nantes, 3g mm à Clermont. Il a neigé a Belfort, à Besançon, à Chambéry, à Gap, à Remiremont, à Carmaux, dans la région de Toulouse, et sur les montagnes de la Loire et de la Haute-Loire. Le thermomètre marquait 90 à Toulouse, 20 à Paris, o° à Belfort, o° au mont Aigoual. Le i5 décembre, on a signalé encore des vents assez forts du Nord sur la Manche. Il est tombe 2 mm d’eau à Paris, 5 mm à Brest, 6 mm à Perpignan, 8 mm à Belfort, 43 mm au Puy de Dôme, 71 mm au Pic du Midi. La température s’est abaissée; elle était le matin — i° à Belfort, 20 à Clermont, 20 à Paris, 5° a Toulouse. — 70 au mont Aigoual. — 120 au Pic du Midi. Le 16 décembre, la pression barométrique a atteint 769,7 mm à Paris. On a recueilli 25 mm d’eau à Biarritz. 9 mm à Brest, 8 mm à Nantes. La température était— 5° à Belfort, — 20 à Paris, 4° & Nantes.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 1;» à 7 b. 3 m. du soir.
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF î E -A. MARTEL — J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- j 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VTC)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘e, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Natu”e » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1753 (29 DÉCEMBRE 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- La production mondiale de l’antimoine. — Contrairement a ce qui se passe pour la plupart des métaux la France tient de beaucoup le premier rang dans le monde pour la productiou de 1 antimoine Cette production, qui était seulement de 3i6 tonues de métal par au eu 1889 et de 88o t. en 1891, est moulée à 2748 t. en 1903 112400 t. de minerail. L’Italie, qui vient après, a produit, eu 1905, 327 t. d’antimoine métal (5ooo t. de minerai, contre 8800 t. en 1901). Ces deux pays sont à peu près les seuls à maintenir leur productiou ; d autres, qui ont joué uu rôle important autrefois, comme la Hongrie, la Turquie, le Japon, sont tombés presque à zéro. Au Mexique, où l’on atteignait 5ioo t. de minerai en 1901, la production de 1904 a été à peu près nulle. En Chine, les exportations sont tombées en igo5 à moins de 4°°° tonnes minerai contre 12000 en 1904. Les prix ont fait un saut brusque de 1000 francs à 3ooo francs la tonne. On en doune pour cause que la consommation de l'antimoine sous la forme de peintures s’est beaucoup accrue récemment, à la suite de la campagne menée au nom de l’hygiène contre le blanc de cérusepar les producteurs de blanc de zinc.
- La production mondiale du plomb. — En présence de la hausse actuelle du plomb, it est intéressant de rappeler quels sont les principaux pays producteurs de ce métal. Tout d’abord, le total de la production mondiale, qui s’est accru rapidement depuis un quart de siècle, a passé de 3oo 000 tonnes en 1880 à 65o 000 t. en 1890, 820000 t. en 1900, 924000 t. en igo3, 990000 t. en 1904, 996000 t. en 1905. On a donc plus que triplé depuis 25 ans. Les grauds producteurs, classés par ordre d’importance en 1905, sont : les Etats-Unis, 3ioooo t. ; l’Espagne, 185 000 t. ; l'Allemagne 148000 t. ; l Austra-lie. 104000 t. ; le Mexique 96000 t. ; l'Angleterre, 26000 t. ; la Belgique, 22000 t. ; la France, 21 000 t. ; le Canada, 17000 t. ; F Autriche-Hongrie, i5ooo t. ; la Grèce, i3ooo t. et l’Italie, 12000 t. Mais il convient d’ajouter que ces chiffres ne répoudent pas toujours à la production des mines nationales. En Allemagne, en Angleterre, en Belgique et en France, une grande partie des minerais traités sont importés, de telle sorte que la production de métal en France se trouve, par un paradoxe apparent, à peu près égale à celle de minerai.
- La faune de l’Egypte antique. — L’habitude qu avaient les Égyptiens de ntomilier des animaux a permis d’étudier des espèces animales vieilles de 6 ou 7000 aus mieux qu’on ne l’aurait pu faire ailleurs sur de simples squelettes et dans des conditions où l’espèce examinée était rigoureusement datée. La con-
- clusion fort intéressante, à laquelle est arrivé récemment M. Lortet, est que, dans un pays comme l’Égypte où les conditions biologiques ne se sont pas trouvées sensiblement modifiées dans cet intervalle, l'évolution 11 a pas eu l’occasiou ou le temps de se manifester. Seul,
- I ibis actuel a des jambes moins longues que l’ancien, peut-être parce qu’il allait jadis chercher sa nourrituré dans des marais aujourd’hui disparus. Mais les momies de chiens, de chats, de bœufs, de moutons, d’oiseaux, de poissons, de crocodiles, etc., ne comprennent que des espèces encore existantes.
- Un plan de Babylone. — Une communication de M. Philippe Berger à l Académie des Inscriptions 18 déc. 1906) signale, parmi les dernières tablettes cunéiformes reproduites dans la publication du British Muséum, une mappemonde où Babylone occupe le centre du monde et un fragment du plan de Babylone avec le grand temple à étages situé à côté d’une des principales rues de la ville.
- Découverte de fresques â Avignon. — On vient de découvrir à Avignon, dans l’ancienne chambre à coucher des papes, toute une remarquable série de fresques du xiv° siècle, qui avaient été recouvertes d’une superposition de badigeons.
- Tremblements de terre. — Le 18 décembre, une secousse de tremblement de terre a eu lieu à Baho, près de Perpignan; des meubles ont été renversés. De fortes secousses ont également été ressenties le même jour à Beltani, dans l'Auslralie du Sud.
- L’Isthme de Panama. — On a signalé que le i5 décembre la conduite établie à travers l’isthme de Panama a été essayée ; 1 eau a coulé pour la première fois du Pacifique dans le golfe du Mexique.
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- Inondations. — A la suite des pluies tombées pendant quelques jours, la Garonne a subi une crue rapide et importante le 16 décembre. A 6 heures, les eaux élaient à 2.16 m. au-dessus de 1 étiage à Agen; à 9 heures du soir, la hauteur atteignait 2 37 m. et 1 augmenlalion était de i5 centimètres environ par heure. A Marmande, à Tonneins, 1 eau atteignait le 17 décembre une hauteur de 8 à 9 heures au-dessns de l’étiage normal. Les vallées ont. été inondées, à Bordeaux l’eau a débordé sur les quais, à marée haute. Dans les Hautes-Pyrénées, les torrents, grossis par la fonte d’une grande quantité de neige en même temps que par des pluies violentes, ont débordé. On a signalé que le gave de Cauterets est sorti de son lit entre Pierrefîtte et Lourdes et a coupé en deux le village d’Ouzous à 420 m. d’altitude. Des maisons ont été englouties sous 10 m. de gravier et de
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- INFORMATIONS
- boue. D’autres gaves ont également causé de grands dégâts. Le torrent Bastan a raviné le liane de la montagne de Barèges à Luz et inoude les prairies. L Adour a egalement ravagé la plaine de Tarbes. A Barèges, une avalanche est tombée derrière l’hôpital militaire ; les maisons ont été iuoudées. A Aspin, une grange s’est elfou-drée et a écrasé les bestiaux qu’eile contenait. Les villages d Esterre et de Betpouey ont beaucoup soullert ; à Mon-tauban, plusieurs maisous se sont éObndrées par suite de l’envahissement des eaux.
- Le brouillard. Le 18 décembre, à Paris, vers midi et demi, le ciel s’est assombri tout à coup et la Ville a été plongée dans uue grande obscurité. Cet obscurcissement du ciel est dù à une couche épaisse de nuages qui s’est arrêtée à faible hauteur et a formé un écran épais entre les rayons solaires et la terre. Les brouillards ont été très fréquents et très épais peudaut la semaine du 17 au 23 décembre, notamment eu Angleterre, où l’on a eu à signaler de nombreux sinistres.
- Hiver. — L’hiver a commencé le 22 décembre à 6 heures 2 minutes 3i secondes du soir. La température Observée à Paris ( — 6°; et dans la banlieue nous a bien montré son début.
- Une exposition à l’île de Ceylan. — Une exposition du caoutchouc et des industries qui se rattachent à sa culture a eu lieu, au mois de septembre dernier, aux environs de Colombo, dans l’île de Ceylan, sous le patronage du Gouvernement. C est la première exposition qui est ouverte dans ce pays; elle a uue grande importance, car sou but est d’aider au développement de l’industrie dn caoutchouc que 1 on cultive maintenant dans l’île. Cette culture est relativement récente, mais elle est poussée très activement et les exportations, qui doublent tous les ans, ne tarderont pas à atteindre 5t millious de kilogrammes. M. John C. Willis, directeur des Jardins royaux botaniques de 1 île, écrivait dernièrement au Daily Graphie qu’il estime que, dans i5 années, l’exportation du caoutchouc sera plus forte qu’au Brésil. Les produits de Ceylan sont supérieurs à tous autres, dit-il; aussi, dès que les producteurs auront lranstormé leur matériel et modifié leurs méthodes trop primitives, il s’eu suivra un mouvement très sérieux dans l’industrie du caoutchouc.
- Les pêcheries aux Iles Britanniques. — Les pêcheries maritimes constituent aux Iles Britanniques xjue importante et très florissante industrie. On calcule, en elfet, que les divers ports de pêche livrent annuellement à la'consommation une moyenne de 79690 tonnes de poissons de toutes sortes, sans compter les crustacés et les mo'lusques. Le produit normal de la vente de ces poissons représente, pour les années moyennes, une valeur totale de t225ooooo francs en chiffres ronds. Les pêcheries écossaises, principalement en ce qui concerne les harengs et les saumons, prennent tous les ans une importance plus grande ; en Angleterre et au pays de Galles, le nombre des bateaux de pêche, surtout les vapeurs, s’accroît constamment et l’industrie de la pêche maritime prospère de plus en plus, tandis qu’en Irlande elle décroît d’aunée en année.
- Aciers au nickel. — D’expériences assez développées faites récemment par la Société Thomas Firth and Sons à Sheffield sur les aciers au nickel, il résulte que ces aciers présentent les avantages suivants : élévation de la limite élastique; élévation de la ténacité; élévation de la résistance aux chocs et aux efforts alternatifs.
- Pour les aciers au carbone employés dans les pièces de machines soumises à des efforts alternatifs, on demande généralement les résultats suivants à l’essai de fraction :
- Ténacité. ....... 47 à 55 kg par mm2
- Allongement. ..... 27 pour 100.
- Limite élastique supérieure aux 40 pour 100 de la ténacilé.
- Ce sont les résultats que donne un acier Sipmens-Martin recuit à o.3o de carbone. Le même, additionné de 4.75 pour 100 de nickel, donne les résultats suivants :
- Ténacité............ 75,6 à 78,8 kg par mm2.
- Limite élastique . . 47 à 61,2 — —
- Allongement .... 26 5 pour 100.
- On voit donc que l’addition du nickel élève la limite élastique jusqu’à la rendre égale à la ténacité des aciers
- au carbone correspondants. D’autre part, pour un acier au carbuue po-sédaut uue ténacité de 76 à 78 kg par mm-, la limue élastique ne dépasserait pas 39,4 kg et l’allongement serait miérieur à 20. pour 100. L’elevation de la dureté par l'addition du nickel est donc plus avantageuse que par 1 augmentation de la ten. ur en carbone. En outre, le métal ainsi obtenu n est pas du tout fragile. Ce sont des faits d’une importance capitale pour le développement de lindustrie des moteurs à petrole. En ajoutant du chrome aux aciers au nickel, il est possible d élever encore le rapport de la limite élasiique â la ténacité sans diminuer l’allongement, mais J addition de chrome durcit le métal de façon à rendre le travail des pièces beaucoup plus difficile et plus coûteux. On est dune conduit à se limiter à de faibles teneurs eu chrome. En plus de -cette surélévation de la limite élastique, les aciers nickel-chrome présentent encore une supériorité très nette sur les aciers au nickel seul en ce qui coucerne la fragilité. Il résulte de ces constatations que ces ariers au nickel et chrome recuits sont tout à fait indiques pour la fabrication des pièces de machines à. grande vitesse.
- L’aplatissement des satellites de Jupiter. — Nous trouvous dans le Bulletin astronomique, publié par l’Observatoire de Paris, une importante élude de MM. P. Salet et J. Bosler sur la mesure des diamèties des satellites de Jupiter au moyen d un micromètre à double image de M. Bigourdan. Les observations ont elé faites à l’Observatoire de Paris, à l’équatorial de om 38 de la tour de l’Est. Les diamètres trouvés pour les satellites ne diffèrent pas essentiellement de ceux obtenus par d’autres observateurs, avec d autres méthodes. Les auteurs se sont proposé, en outre, de rechercher dans leur- mesures l’influence d’un aplatissement quelconque des satellites. Ce problème est particulièrement ardu si l’on songe que, déjà, la détermination des diamètres offre une très grande difficulté, les objets à mesurer sous-tendant un angle voisin de 1" d’are seulement. Il y a quelques années, une discussion très vive s’engagea entre les astronomes américains E Baruard et W.-H. Pickering, ce dernier attribuant aux satellites des formes allongées av.ee un aplatissement extraordinaire. M. Barnard, se servant de l’équatorial de dm 91 de l’observatoire Liek, n’aperçut jamais que des disques parfaitement circulaires, mais arriva à la conclusion que certains d’eutre eux présentent des calottes polaires sombres qui ont pu faire croire à un aplatissement. Il résulte de 90 pointés effectués par M. Salet sur le 3n satellite, le plus gros et d’ailleurs le seul que Pou puisse mesurer avec l'équatorial de la lourde 1 Est, que ce satellite est sphérique. Son aplatissement est insensible et, en tout ras. comparable à l’aplatissement terrestre qui est de 1/293.
- Sur quelques propriétés de l’azote liquide. —
- L’azote commercial, comprimé à 100 atmosphères et détendu en traversant un serpentin refroidi par de l’air liquide, se liquéfie et peut être reçu dans des flacons d’un demi-litre environ. Un auleur allemand, Erdmann, a trouvé que ce produit constitue un liquide parfaitement incolore ; il est moins dense que l’eau et. qtm l’alcool. Mis en contact avec la paroi extérieure d’un vase rempli d’air, il amène au point refroidi un dépôt de gouttelettes bleuâtres d’oxygène et, dans des conditions convenables, il permet la séparation de l’azote et de l'oxygène, de l’air. L’azote liquide dissout l’ozone liquide; mais il paraît chimiquement aussi inactif que l’azote gazeux ; car il éteint les corps enflammés, même le magnésium, avec lequel cependant il peut former un composé dans certaines conditions.
- Chemins de fer électriques. — Les voies ferrées électriques se multiplient de plus en plus aux Etats-Unis. La ligne Spokane and Inland Railroad, qui s’étend sur 23o km. dans l’Etat de Washington, va être exclusivement équipée électriquement, pour les marchandises comme pour les voyageurs. On adoptera le courant alternatif monophasé.
- La combustion lente du sulfure de carbone. —
- Quand le sulfure de carbone et l’oxygène passent à travers un tube chauffé, il se forme un dépôt rouge brun comnosp principalement d’un corps acide de formule CI6HsOsS8 dont on a préparé les sels d’ammonium et d’argent.
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- Compresseur d air à deux phases. — Cet appareil a été imaginé par M. Duruzoi, et il a été trouvé très satisfaisant par la Société d’encouragement pour l'industrie nationale. Des driix cylindres, le plus grand louetiouue à double eflet ; ilest muui pourchaque côté d’une soupape d aspiration dans l’atmosphère, et d’une soupape de refoulement dans le second cylindre, qui, lui, fonctionne à simple effet. La soupape intérieure de refoulement du grand cylindre est eu R i entre les deux cyliudi es, tandis que celle d en haut, qui est en R, est portée par le piston au-dessus de la tige, percée d un canal débouchant dans le haut du secoud cylindre. Ce dernier porte une soupape de refoulement à sa partie inférieure en R 4, l’air peut en traverser le pistou eu abaissaut les deux soupapes R -i et R 5 qu’il porte. Pendant chacune de ses courses simples, le grand piston aspire une cyliudrée d air à la pression atmosphérique • pendant la course descendante, une de ces cylindrées se transvase dans la partie supérieure du petit cyliudre ; durant la course montante, la seconde cylindrée passe également dans le second cylind re pour s’ajouter à la première. Les deux côtés de ce cylindre sont alors en communication par suite de l’ouverture des soupapes de son piston. A la fin de la course montante, le petit cyliudre contient le poids d’air aspiré durant les deux courses simples du grand piston. Finalement, pendant la course descendante, la compression s’achèvera sous le petit piston, et l’air comprimé est refoulé dans le réservoir ad hoc. — Le compresseur se trouve chez M. D urozoi, 48, rue de Strasbourg, à Vincennes (Seine).
- Bloc à faire les pitons et tiges métalliques à anneaux. — C’est un petit dispositif que l’amateur peut facilement se construire lui-mème, pour certains travaux
- qu'il désire exécuter, et notamment les anneaux métalliques qu’il vêtit tourner au bout ou sur la longueur d’une tige métallique quelconque. Il su (lit [tour cela de se procurer un bloc rectangulaire de bois très dur, bloc assez massif pour 11’ètr e point susceptible de se fendre sous les efforts qu’il sera appelé à subir. On y perce vers une des extrémités, et ainsi que 1 indique la figure jointe, deux trous qui auront environ 5 et m mm. de diamètre, s’il s’agit de travailler sur des tiges métalliques de force moyenne. Dans ces deux trous, on insère à frottement, et de manière qu’ils tiennent solidement en place, deux pivots d acier ayant eux-mêmes le diamètre convenable, et à une distance 1 un de l’autre qui correspondra à peu près exactement au diamètre des tiges qu on veut courber dans l’appareil. Pmir faire une tète de piton, par exemple, on serrera d’abord le bloc de bois dans un etau, pour le maintenir absolument immobile, puis on glissera le bout de la tige métallique entre les deux pivots, on fera alors effort vers la gauche pour enrouler cette tige autour du gros pivot, et l’on continuera le mouvement jusqu’à ce que la tige vienne
- rencontrer le petit pivot. En faisant passer ensuite la tige par-dessus ce petit pivot, et en forçant en sens inverse la tige s appuyaut eu arrière sur celui-ci, 011 la redressera sans rouvrir 1 anneau formé.
- Photographie ^
- Porte-photographie en fil métallique. — Voici un
- procédé assez simple pour taire, par exemple, avec un til de laiton de courbure facile, un porte-photographie donnant le moyen d accrocher une photographie montée sur carton sans quelle ait le moindre cadre. Un des avantages de celte monture, c’est qu’elle s'accommodera parfaitement à une plaque de carton même circulaire.
- Elle se compose de' deux parties, dont lune forme le corps principal et fournit les crochets de soutien du bas.
- Ou commence, pour préparer cette première partie, par faire un petit crochet au bout du lil métallique, en AB ; puis on coude ce lil à angle droit en CD, à quelque 5 ou 6 cm. du bout recourbé. C’est ensuite une partie rectiligne, mais légèrement oblique, d’une quinzaiue de centimèt res. a près laquelle le lil fait un tour complet de E en F, pour former la tête de la monture, et redescendre symétriquement à la première branche. Notre dessin fait du reste comprendre la chose mieux que de longues explications. La seconde Porte-photographie partie affecte un peu l’apparence en rm'iallique. d’un U, mais quand on a fait une première branche, mettons celle de gauche, il faut alors tordre le fil métallique autour de la branche correspondante de la première partie de la monture; puis on lui fait faire un double tour également autour de la seconde branche longue, et on forme alors la deuxième partie de l’U. L i important est que les différents elémeutü de la monture soient bien symétriques, et 1 on 11 est pas forcé de suivre exactement 1 ordre que nous avons indiqué pour la torsion ou lès courbures du fil. On remarquera que la façon même dont le fil de l’U se tourne autour des deux branches principales de l’autre portion de la monture, fait que cet U est susceptible de glisser verticalement, en permettant à l’ensemble de la monture de s’accommoder à des types très divers de photographies et de cartons.
- Divers
- Patin perfectionné. — On peut certainement dire que le patinage est un des sports les plus hygiéniques et les plus agréables à la fois. Mais il est absolument nécessaire d'avoir de bons patins, de bonne construction, solides, glissant facilement sur la glace, chaussant complètement le pied. Le patin que nous représentons, et
- Patin, perfectionné.
- qui est la marque Mercure, est l’un des meilleurs modèles actuellement connus. Us se chaussent instantanément et ils enserrent bien solidement la semelle et le talon, quels que soient leurs rapports de dimensions, O11 obtient ce résultat au moyen d un mouvement différentiel qui est commandé par une seule vis. — Le patin marque Mercure est en vente aux établissements Kratz-Bou ssac, 14, rue Martel, Paris.
- Bouilleur stérilisateur. — Plusieurs de nos lecteurs nous ont demandé à plusieurs reprises des appareils
- Compresseur d’air à deax phases.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- stérilisateurs. Le modèle, dont il est question, est un des modèles les plus simples; il consiste en une grande marmite en tôle qui peut contenir 9 flacons munis de bouchons stérilisateurs. Un porte-bouteilles flxe la place de ces flacons. On garnit ces derniers du liquide à stériliser, on les munit eha“un d’un bouchon stérili-
- Bouitleur-üleiilisateur.
- sateur, et on les place dans les compartiments du porte-bouteilles. On remplit la marmite d’eau tiède jusqu’à ce que les flacons ne dépassent le niveau que de 3 centimètres environ, et ou porte l’eau à l’ébullition. Lorsque le temps prescrit est écoulé, on retire le porte-bouteilles, et on le laisse refroidir librement. — Le bouilleur-stérilisateur est en vente aux établissements mentionnés ci-dessus.
- Brosse de poche automatique. — Nous avons récemment |Voy. Supplément, n° 1745, du 3 novembre 1906, p. 179) décrit un petit modèle de brosse de poche très pratique. Nous venons d’en trouver un nouveau xnodèle encore plus réduit, et nous nous empressons de
- Brosse de poche automatique.
- le faire connaître. La brosse est renfermée dans une petite boîte en nickel, delà dimension d’une boîte d’allumettes; cette boîte s’ouvre automatiquement en pressant sur le côté. Les soies sont ainsi renfermées dans un étui protecteur; elles ne peuvent ni s’abîmer ni s’encrasser. — La brosse de poche automatique se trouve à la même adresse (que plus haut.
- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en novembre 1906, par M. Th. Moureaux
- Les pluies du mois de novembre, très abondantes, se répartissent en deux périodes séparées seulement par un intervalle de 4.jours; la première, du Ier au 10. a fourni 62““,6 d’eau, dont Sô1”1",! de i3h3om le tcr à 10 heures le a; la seconde, du i5 au 22, a donné 3omm,6; le total du mois est égal au double de la quantité qui tombe normalement en novembre, et n a été dépassé dans ce mois qu’eu 1882 ( 114mm 6b Le niveau de la Marne s’est élevé de im,29 du 7 au 22.
- Sauf un léger refroidissement pendant lequel les mi-nima 11e se sont d’ailleurs pas abaissés au-dessous de — 20, r et qui correspond à l’intervalle entre les deux périodes pluvieuses, la température diurne est généralement en excès, et, comme en octobre, la moyenne du mois est supérieure à la normale. La première gelée de la saison froide est du 12 novembre, date très tardive; la date moyenne étant le 22 octobre, la première gelée n’est survenue que deux fois, depuis 33 ans, plus tard que cette année, en 1883 le i3 novembre, et en 1886 le 19.
- Le baromètre a subi deux mouvements de hausse prolongée : le premier, de 28mm,2. du 8 à 4 heures au 12 à 8 heures, et le second, de 36mm 4, du 18 à 22 heures au 23 à 10 heures. Le ciel est resté complètement couvert pendant 11 jours, dont 4 consécutifs, du 23 au 26; la nébulosité et l’état hygrométrique sont élevés, tandis que 1 insolation est naturellement inférieure à la moyenne.
- Pression barométrique (ait. 5o“,3). — Moyenne des 24 heures, 75flmm.98; minimum absolu, 737“"“.5 le 18 à 2 th 5ïm: maximum absolu, 773““,9 le 23 à ioh iom; écart extrême, 36mra,4.
- Température. — Sous l’abri : moyenne des minima, 5°,o4; des maxima, 1 i0,O7 ; du mois. 8°.o6;des 24 heures, 7° 75: minimum absolu, —20,1 le i5; maximum absolu, i4°.6 le 17; amplitude diurne : moyenne, 6°,o3 ; maximum, ii°.3 le 14; minimum. 20 2 le 23. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima. 2°.3o ; des maxima. i6°,2; minimum absolu, —6°,5 le 12, maximum absolu, 2i°,7 le 17. — Dans le sol gazonné, moyenne du mois. Profondeur o,n.3o : à 9 hetires, 90,o2 ; à 21 heures, 90.O7-Profondeur om.B5 : à 9 heures, io°,2fi; à 21 heures, xo°,20. Profondeur 1 mètre ; à 9 heures, n°,o6; à 21 heures, n°,oi. De la Marne : moyenne le matin,
- 9°.06; le soir, 90,18 ; minimum, 7°,4<> le 16; maximum 12°. 12 le icr.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 7mm.o5; minimum, 3mm,9 le 12 à 7 heures; maximum, iomm,8 le 22 à 12 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 88,3; minimum, 49 le i3 à 14 heures; maximum, 100 en 12 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 7.71 ; moyenne diurne la plus faible, 0,0 les 12 et 14, sans trace de nuage le 14; ciel complètement couvert les 1, 8, 10, i5, 21, du 28 au 26, les 29 et 3o.
- Insolation : durée possible, 274 heures; durée effective, 5g11.9 en 19 jours; rapport 0,22.
- Pluie : Total du mois, 99mm,6 en 85\6.
- Nombre de jours : de pluie, 20; de pluie inappréciable, 4; de gelée, 3; de gelée blanche, 11 ; de rosée, 4; de brouillard, 5: d’orage, 1, le 17; de halos, 4>
- Fréquence des t rents : calmes, 14.
- N. . . . •. 7 S. E. . . 18 W . , , 17
- N. N. E. . >7 S. S. E. . 54 W. N. W. 10
- N. E . . . 58 S. '. . . 81 N. W . . i3
- E. N. E. . 42 S. S. W. . i56 N. N. W . 4
- E 16 S. W. . . i58
- E. S.E . . 26 w. s. w. 2 9
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des
- 24 heures, 4m o; moyenne diurne la plus grande, 6“,5 le 21; la plus faible, im,2 le 25; vitesse maximum en i5 minutes, xim,i le 17, de i5 heures à i5hi5“ par vent S. W.
- Électricité atmosphérique (Observations interrompues pour cause de travaux à la tour).
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2m,20; minimum, im,55 le 7; maximum, 2m,84 le 22.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, — omm,86; température, -j- i°,6i ; tension de la vapeur, + omra.73; humidité relative, -f- i,5; nébulosité, -f- o,65 ; pluie, + 5omra,8.
- Taches solaires : on a suivi 11 taches ou groupes de taches en 16 jours d’observation; le soleil a paru dépourvu de taches le 7.
- Perturbations magnétiques : faibles ou très faibles dans les nuits du 4 au 5 ; du 7 au 8 ; du 10 au 11; du 12 au 13 ; du 17 au 18; du 18 au 19; forte les 21 et 22.
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- BIBLIOGRAPHIE
- fr0is ans à la Cour de Perse, par le U' Feuvrier. Paris. Édition de 1 Imprimerie Nationale. A. Maloine, 1906. , vol. iu-8°. Prix : iS francs (5o exeinpl. sur japon, à ,.5 francs).
- J\l. le Dr Feuvrier a été pendant trois ans médeciu Je S. M. le Shah de Perse, situation privilégiée qui lui a donné accès auprès d'uue quantité de milieux et Je choses qui sont inabordables pour le voyageur ordinaire. Ou trouve, dans son livre, earneis de notes uns au net.de nombreux et circonstanciés détails sur-la vie persane intime qui sont du plus haut intérêt pour 1 ethnographie et la science des mœurs.
- Mes chasses dans les cinq parties du monde, par Paul Nuutifcck. Paris. Plou-Nourrit et C“\ 1907. 1 vol. iu-8°, ,ioli gravures, dout 3i hors texte. Prix : 10 francs.
- Grand voyageur, graud chasseur, M. P. Niedieck a couru le monde un fusil à la main et des carnets dans scs poches. Ce sont ses notes, écrites le soir sous la tente, qu’il a mises au net et dout il a fait un récit plein d attrait. Le faisan au Japon, le kangourou dans 1rs Montagnes Bleues, le tigre dans 1 Inde, l élan au Cuiada, le rhinocéros et le lion en Afrique l’ours des Montagnes Rocheuses, l’éléphant, M. Niedieck a tout chassé et il a fort bien observé les mœurs des gens et des bêtes au milieu desquelles il a vécu.
- .1 travers la banquise. Du Spitzberg au Cap Philippe (mai-septembre i9o5j, par le duc d Orléans. Paris. Plou-Nourrit et C'°, 1907. 1 vol. illustré, in-8°. Prix : 20 francs.
- M. Ch. Rabot a dit, dans La Nature (n° 1686, du tfi septembre 1905, p. s'il) 1 intérêt de la Croisière «relique de la « Belgica » entreprise l’année dernière parle duc d Orléans avec la collaboration de M. de Ger-laclte. C’est le récit de cette expédition qui se trouve présenté ici au complet. Rappelons qu’elle a eu pour résultats d’ajouter deux degrés à la partie jusqu’alors connue des côtes du Groenland oriental. Ou trouvera, avec le texte, de nombreux dessius et des cartes, ainsi que des photographies.
- Le Cocotier (Etablissement de cocoteries, coprah, huiles brutes et épurées, beurre végétal, desiccated coeonut, libres, devis d’installation, étude industrielle, commerce), par P. Hubert. Paris. H. Dunod et E. Piuat, 1906. 1 vol. in-8°. Prix : cartonné, 5 francs (Bibliothèque pratique du colon).
- Nous avons à plusieurs reprises entretenu nos lecteurs de la culture du coton et insisté sur son importance pour l’avenir financier de nos colonies. Le livre de M. Hubert sera un précieux guide pour la pratique. U est bourré de faits et de chiffres. Daus une troisième partie, intitulée Memento du colon, il a fort heureusement réuui des renseignements très difficiles à se procurer : groupements coloniaux, écoles, journaux, bulletins, revues et livres, et toutes les adresses relatives à l’iudustrie du cocotier.
- Arboriculture fruitière, par L. Bussard, professeur à 1 Ecole nationale d’horticulture de Versailles et G. Duval, ingénieur agronome. Paris. J.-B. Baillière et lils, 1907. 1 vol. in-18. Prix : broché, 5 francs; cartonné, 6 francs.
- Ouvrage écrit à la fois pour les professionnels expérimentés et pour les novices : Importance et répartition des cultures fruitières en France. Etude morphologique, anatomique et physiologique de l’arbre fruitier Procédés de multiplication, semis, marcottage, bon turage, greffage. Pépiiiière. Jardin fruitier. Distribution. Aménagement du jardin fruitier et du verger, préparation et fertilisation du sol, plantation, taille et formation des arbres. Cultures spéciales, caractères, exigences, procédés de multiplication, taille, soins de culture, récolte, utilisation des produits des diverses espèces, description des variétés.
- I- Agriculture moderne, par V. Sébastian. Paris. Librairie Larousse. 1 vol. in-8°. Prix : broché, 5 francs; relié,
- 6fr,5o {Bibl. rurale). — Exploitation du sol; végétaux ; air atmosphérique ; eau; nutrition des plantes ; amendements; engrais; choix d un système de culture; irrigations; drainage; façons à donuer au sol ; plantes cultivées (céréales, légumineuses, plantes à tubercules, piaules industrielles, tour-rages, cultures arborescentes) ; jardin potager; bétail; basse-cour; apiculture; sériciculture; comptabilité agricole; notions d hygiène.
- Les engrais au village, par H. Fatet. Paris. Librairie Larousse. 1 vol. iu-8". Prix : broché, 2 francs; relié, 3 francs. (Bibl. rurale). — Valeur fertilisante des engrais, leur achat, leur transport, leur emploi; syndicats agricoles, leur but, leur fonctionnement.
- Ixs industries de la ferme, par A. Larbaletrier. Paris. Librairie Larousse. 1 vol. in-8°. Prix : broché, 2 francs; relié, 3 francs — Meunerie et boulangerie ; féculerie; sucrerie; vinification; cidre et poiré; malterie et brasserie; distillerie ; viuaigrerie ; huilerie; laiterie ; beur-rei-ie ; tromagerie; conserves de légumes.
- Arboriculture pratique, par Troncet et Deliège. Paris. Librairie Larousse. 1 vol. in-8°. Prix : broché,
- 2 francs; relié, 3 francs (Bibl. rurale). — Reproduction formes, taille, entretien ; cueillette et conservation des fruits ; treilles; poirier, pommier, cognassier, pêcher, abricotier, amandier, prunier, cerisier, figuier, oranger, olivier, châtaignier, noyer, framboisier, groseiller, noisetier, néflier.
- Viticulture moderne, par G. de Dubor. Paris. Librairie Larousse. 1 vol. in-8°. Prix : broché, 2 francs ; relié,
- 3 francs. (Bibl. rurale). — La vigne, espèces et variétés; établissement d’un vignoble; multiplication de la vigne; entretien des vignobles; culture des vignes en serre; accidents et maladies; vinification.
- Apiculture moderne, par A.-L. Clément. Paris. Librairie Larousse. 1 vol. iu-8°. Prix : broché, 2 francs; relié, 3 francs. — Rôle de l’abeille ; installation d un rucher; physiologie de l’abeille; fixisme et mobilisme; essaimage; ruches, cadres, rucher; divers types de ruches: conduite du rucher; maladies et ennemis des abeilles; miel; cire; apiculture coloniale.
- Le jardin d'agrément, par L.-J. Troncet. Paris. Librairie Larousse. 1 vol. in-8°. Prix : broché, 2 francs; relié, 3 francs. (Bibl. rurale). — Établissement d’un jardin d’agrément; travaux préparatoires; travaux courants de jardinage; corbeilles; parterres; plates-bandes; mosaïculture ; gazons; ennemis des fleurs; description et culture des fleurs et arbustes de nos jardins (750 espèces); calendrier des semis et plantations.
- Comptabilité agricole, par H. Barillot. Paris. Librairie Larousse. 1 vol. in-8°. Prix : broché. 2 francs; relié, 3 francs. (Bibl. rurale). — Généralités sur les prix de revient; organisation de la comptabilité; administration; évaluation et répartition des éléments comptables; fonctionnement des écritures ; inventaire ; application en une monographie complète; guide pratique de l’épargne.
- Le jardin potager, par L.-J. Troncet. Paris. Librairie Larousse. 1 vol. in-8°. Prix : broché, 2 francs; relié, 3 francs (Bibl. rurale). — Établissement d un potager; travaux préparatoires;travaux courants de jardinage; culture naturelle et culture forcée des légumes de France; 3yo variétés; récolte et conservation des légumes; ennemis et maladies.
- Les animaux de France, utiles ou nuisibles, par Clément et Troncet. Paris. Librairie Larousse. 1 vol. iu-8°. Prix : broché, 2 francs; relié, 3 francs.
- Écoles et cours d’agriculture, par R. Duguaï. Paris. Librairie Larousse. 1 vol. in-8°. Prix : broché, 2 trancs ; relié, 3 francs.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- La ferme moderne, par M. Abadie. Paris. Librairie Larousse, i vol. iu-8°. Prix : broché, 3 francs ; relié,
- 4 traues (Bibl. rurale). — Plaus et devis ; terrassements ; maçouueries ; charpenterie; couverture; ciment armé; meuuiserie ; serrurerie; plàtrerie ; peinture et vitrerie; bâtiments delà ferme (logement du personnel, des animaux, laiterie, granges, hangars, etc.); installation de beau; chemins d’exploitation; clôtures.
- L’outillage agricole, par H. de Graieigny. Paris. Librairie Larousse, 1 vol. iu-8°. Prix : broché. 2 francs; relié,
- 3 Iraucs (Bibl. ruraleI. — Labourage et charrues; préparation du sol; machine à récolter; appropriation des récoltes ; préparation de la nourriture des animaux; hydraulique agricole; moteurs agricoles; laiterie et distillerie agricoles.
- Le bétail, par Troncet et Tainturier. Paris. Librairie Larousse. 1 vol. iu-8°. Prix : broché, 2 francs; relié,
- 3 Iraucs [Bibl. rurale). — Cheval, âne, mulet, bardot, bœuf, mouton, chèvre, porc, chien, chat; fondions économiques, races, hygiène; accidents et maladies.
- ÏM basse-cour, parTroncet et Tainturier. Paris. Librairie Larousse. 1 vol. in-80. Prix : broché, 2 francs; relié,
- 3 francs [Bibl. rurale). — Poule; dindon; pintade;
- -pigeon; canard; oie; cygue ; paou; faisan; lapin; léporide; cobaye; races, alimentation, hygiène ; accidents et maladies (symptômes et premiers soins).
- Edmond Piette (18-27-1906), in-8°, 34 p-, biographie du savant et regretté préhistorien (V. La Nature, n° 1725, 16 juin 19061, publiée par sou gendre, M. H. fischer, avec un beau portrait et une bibliographie des nombreux travaux publiés par Piette peudant un demi-siècle de 1853 à 1906. Les deux grands ouvrages auxquels il mettait la dernière main : Y Art pendant l'âge du Renne et les Pyrénées pendant 1 âge du Renne, pourrout être prochainement publiés.
- La découverte de Vanneau de Saturne par Huyghens, par J. Mascart, astronome à l’Observatoire de Paris. Paris. Gauthier-Villars, 1907. 1 vol. iu-8° avec figures. Prix : 2 francs.
- M. J. Mascart a voulu retracer dans son exposé précis et clair, illustré de documents anciens, l’évolution des idées astronomiques qui, depuis la découverte de Saturne, il y a 3ooans, ont amené les savants d’aujourd'hui, après cent tâtonnements et les plus hasardées hypothèses, à admettre autour de cette planète l’existence d’un anneau plat. C'est une œuvre de vulgarisation faite par un spécialiste.
- Le moteur d automobiles à la portée de tous, par René Cuamply, ingénieur mécanicien. Paris. IL Desforges, 1907. 1 vol. in-8“.
- Description précise, théorique, pratique et simplifiée des moteurs à quatre temps et à deux lemps et de tous leurs accessoires. Explication de leur fonctionnement, remède à leurs pannes. Conseils détaillés sur leur conduite et leur entretien.
- La télégraphie sans fil et la télémécanique à la portée de tout le monde, par E. Monier. ingénieur des arts et manufactures. 1 vol. in-16. Paris. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, 1906.
- Dans ce petit ouvrage, M. Monier n’a fait intervenir que des connaissances élémentaires, et il a réussi à donner une idée suffisamment précise et complète de la télégraphie sans fil.
- Traité de manipulations et de mesures électriques et magnétiques industrielles, par II. Pécheux, professeur à l’Ecole d’Arts et Métiers d’Aix. 1 vol. in-16. Librairie J .-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille. Paris, 1906. Prix : cartonné, 6 francs.
- Bases d’une théorie mécanique de Vélectricité, par Seligmann-Lui, ingénieur en chef des mines. Extrait des Annales des mines, livraisons de mai et de juin 1906. 1 vol. in-8. IL Dunod etE. Pinat, éditeurs, 1906. Prix : 3 francs.
- Le jiu-jilsu et la femme, méthode japonaise, par II. Irving IIausock, traduit par le chef d’escadron d’artillerie
- L. Ferrus et le capitaine d’artillerie J. Pesseaud. Paris Berger-Levrault et Ciu. I vol. in-12, 3a pl. photographiques d’après nature. Prix : broché, 3fr,5o ; relié 4f,j5o.
- Le jiu jitsu n’est pas seulement, nos lecteurs le savent, une collection de coups de combat c’est avant tout une excellente méthode à'éducation physique el il était très intéressant de l’utiliser dans cet esprit pour concourir au développement de la femme et de 1 enfant.
- Hygiène hospitalière, par le Dr L. Martin. in-8°, a55 p. et 44 fig- Prix : 6 francs.
- Hygiène militaire, par les Drs J. Rouget et Cu. Doi*tei;, 35o p. et 69 lig. Prix : ylr,5o. Fascicules VIH et IX du Traité d'hygiène de Brouardrl et Mosny. Paris. ,J.-R. Baillière, 1907.
- Pratique de la photographie stéréoscopique, par Acn. Deeamarre. Paris. H. Desforges, 1906. 1 vol. in-i(i. Prix : 1 Iranc.
- Pratique des projections lumineuses, par G.-IL Njkwen-gi.owski. Paris. 11. Desforges, 1906. 1 vol. iii-iO. Prix : 1 franc.
- Les agrandissements à la lumière artificielle, par Acn. Delà marre, ingénieur civil. Paris. Ch. Mendel, 1906.
- 1 vol. in-i6 illustré. Prix : 2 francs.
- Le Quercy, par Pierre Larue. in-8°, >2 p. (chez l’auteur, 39. rue Bayard, Toulouse, 1906). Prix : 1 franc. Aperçu agronomique sur le département du Lot.
- Géologie, par P.-IL Fritel (Hisloire naturelle de la France, 23e partie). Paris. Les fils d Emile Deyrollc.
- I vol. in-8°, illustré. Prix : broché, 6 francs.
- Kaukasus Reisen und Forschungen im Kaukasischen Hochgebirge, par M oui/, de Deciiy. Berlin. Dietrich Reimer (F. Vohsen). 1905-1006. 2 vol. in-4°de 742 p., 3qi grav., 38 héliogravures et 18 panoramas hors texte, 5 profils géologiques et 2 cartes au 400000". Prix : 5o francs.
- Nous rendrons compte de ce magnifique ouvrage dans un prochain article général sur le Caucase.
- Di Alcuni Rumori problematici nell'aria e nel suoln. Nota del Prof. Ignazio Gai.li. Rome, 1906. Tipogralia délia pace di Filippo Cuggiaui. 1 broch. in-4°.
- I terremoti nel Lazio, par Ignazio Galli. Velletri. Stab. tip. « pio stracca », 1905. 1 vol. in-4”-
- Proceedings of the United States national Muséum. Vol. XXX. Washington. Government Printing office, igo6. 1 vol. in-8 (Smithsonian Institution).
- Cours progressif de sténographie, système Prévost-De-launay. par J. Zryd. conducteur des ponts et chaussées. professeur de l’Association polytechnique. Paris. H. Dunod et E. Pinat, 1906. 1 vol. in-8° de 200 pages. Prix broché : 2 francs; cartonné : 2u,r]&-
- Lehrbuch der Physiologischen Cliemie in dreissig vorle-sungen, von Emil Ardeiuialden privatdocent für Physiologie an der Universital Berlin. Berlin. Wien. Urban and Schwarzenberg. 1906. 1 vol. in-8“. Prix : 18 marks.
- Studies in moro history law and religion, by Najelu M. Saleeby. Munila. Bureau of public printing, _i9o5.
- 1 vol. in-4° [Ethnological Surwéy forthe Philippine Islands).
- Haida textsand myths, skidegate dialect, recorded b\ John R. Swanton, Washington. Government Printing office, 1901. 1 vol. in-8° (Smithsonian institution. Bu reau of american ethnology).
- Anleitung zu wissenschaftlichen Beobachtungen au/ Reisen, herausgegeben von Professeur Dr G. von Neumayer. Hannover. Dr Max Jauecka, 1905. 1 vol in-8°.
- Beitrage zur Kcnntnis der Quartarzeit in Mahren, par )r D1' Martin Kriz. Steinitz, chez l’auteur, igo3. » vol. in-8°.
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- AVIS. - Daus la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signales par ses abonnés, j’ile répond également, dans la mesure du possible, aux demandes jL. [vuseigneineuts qui lui parviennent accompagnées d'une bande (j’abmoieutent. F» raison de l'abondance de la correspondance et ()es recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Influence des cobayes sur les rai* et les souris P — M, T. CoronelAuguslo A. Maligne, à Jjucnos-Aires, uous écrit : « L'écurie et la remise de ma maison étaient intesléesde rats ; la maison de souris. je crus me rappeler avoir lu qu’ils s'écartaient des lieux 0à I on tenait des cobayes. J en lis l’experieuce, je mis des petits cochons d'Inde dans la remise et d autres dans je vestibule. En peu de jours, rats et souris disparu-reni ... Puis, lâchés daus le jardin, les cobayes eux-méui(‘S s’en allèrent ou moururent : rats et souris réapparurent. Je renouvelai l’expérience, j’achetai de nouveau des cobayes, qui nettoyèrent la maison de res rongeurs, complètement; il n’en vient même plus, en passant, d'un charnier de bois voisin, où ils pullulent. Ai-je pris pour ua lait constant ce qui ne serait qu’une coïncidence? Et si (*(• l’ait est constant, comment l’expliquer? » Nous ne voyons pas a priori d explication de ce fait curieux, qui! faudrait peut-être d’ailleurs vérifier avant de chercher à le comprendre.
- Renseignements. — M. A. de Sacramenlo, à Porto.
- Nous ne connaissons pas personnellement M. Rimai!ho et ne possédons pas les renseignements que vous désirez. Vous pourriez peut-être les obtenir eu vous adressant au Ministère de la guerre, direction de l’artillerie,, rue Saini-Dominique, à Paris, ou au Cercle militaire, avenue de l’Opéra, Paris.
- J/. P. Lieboul, à Nantes. — Pour des détails plus complets sur les modes opératoires à observer pour répéter les expériences du Dr Leduc, vous pourriez vous adresser directement à ce savant, à Nantes ou consulter la bro chure qui vient de paraître à la maison Masson et C,e et qui contient le détail complet de ses recherches.
- Cercle militaire de Sedan. — Le moyeu le plus simple pour empêcher 1 eau d’un carburateur à acétylène de geler est d y faire dissoudre une assez forte proportion de gros sel marin.
- M. Pavon, à Cordoba. — Nous ne possédons pas l'adresse de la Seamless Steel bout Company ; mais vous pourriez peut-être obtenir des canots analogues chez MM. H. Caplain et V. Gazes, 3o, rue d’Enghien, Paris, D ilifol et Cie, 229. boulevard Pereire, ou L. de Sauta Maria, 35, boulevard Haussmann. Paris.
- M. Mangenot, à Bordeaux. — Ouvrage sur les statuettes de Tauagra : Les statuettes de terre cuite dans l antiquité, par Poitier, chez MM. Hachette et Cie, 79, boulevard S ïinl-Germain, à Paris. Prix : 2fr,25.
- M. R. V.j à Paris.— La résistance d’isolement, pour* une installation intérieure sur une tension de 110 volts, doit atteindre environ au minimum 6o<*ooohms,
- M. P. Là Lyon. — Vous trouverez des appareils de mesure de ce genre chez MM. Chauvin et Aruoux, 186, rue Champiounet, à Paris (XVIIIe).
- M.J. Farm, à Goderville.—Veuillez vous adresser à la Compagnie de l’Acétylène, 5i, rue de Châteaudun-, à Paris.
- M. L. de Monlilhuiy, au Havre. — Le procédé que vous nous sigualez nous semble parfaitement convenir au but que vous poursuivez.
- M. A. Decré, à Cossé-le-Vivien. — i* Vous pouvez employer le Manuel pratique du monteur électricien. à la librairie Tignoi, 53 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 2° Vous trouverez tous les renseignements que vous demandez réunis dans Y Agriculture moderne, par Victor Sébastian, à la librairie Larousse, 17, rue du Montparnasse, à Paris.
- M. A. Sertillange, à Vouziers. — i° Ouvrage relatif a la fabrication des bières : Traité complet de la fabrication des bières, par MM. G. Moreau et Lucien Lévy, librairie Ch. Béranger, i5, rue des Saints-Pères, à Paris. — 20 Vous trouverez dans le récent ouvrage de M. Gentil, Exploration au Maroc (Masson et Gi0, édi-
- teurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris), les derniers résultats des explorations qui ont été faites dans les régions jusqu’ici inconnues de ce territoire. — 2° Nous ne connaissons pas d’école de brasserie en France, mais il existe à Gand (Belgique), 2, rue du Lac, un Institut supérieur de brassetie renommé.
- M, lieynaud, à Ruoms. — Nous ne possédons pas le renseignement que vous demandez. Tous nos regrets.
- M. 11. Segretain, à Paris. — Les seuls conseils pratiques que nous puissions vous donner pour remédier à la chute des cheveux sont : i° De n’accorder aucune confiance aux produits préconisés par les coilfeurs ou les iudustriels, de quelque autorité scientifique qu’ils se réclament. — 20 De consulter un bon médecin.
- M. Jeannin,k Paris. <—Vous trouverez des renseignements complets sur le niekelage industriel des métaux daus le Manuel Roret de Galvanoplastie, 2 vol. 7 francs, librairie Mulo, 12, rue liautefeuille.
- M. A. Spoerry, à Mulhouse. — i° Le nettoyage à la benzine enlèvera facilement toute trace de graisse, mais il faudra reteiudre le bois. — 2° Pour empêcher que des accumulateurs inemployés pendant trois ou quatre mois ne se détériorent, les laisser chargés.
- M. J. D. 277, à X. — i° Pour un courant de distribution à 220 volts et pour charger un petit accumulateur d’environ l\ ampères, montez 4 lampes de 16 bougies, 2 en tension, 2 en qnaulité. — 20 Une simple interposition de lampe en guise de résistance suffit parfaitement pour réduire le voltage.
- M. Forest, à Paris. — i° Tous les modèles de lampes électriques du genre de l'ampoule Edison sont comparables; il faut compter environ 1 à 2 watts par bougie. — 2° Il existe dilléients procédés de contrôler la dépense d'un compteur électrique, variables suivant la nature du compteur, et. vous ne précisez pas quelle est celle-ci.
- M. L. Gryois, à Torchamp. — i° Pour le niveau présenté à l'Académie des sciences, le 3 septembre, veuillez vous adresser directement à Fauteur de la présentation, M. Bouquet de la Grye, à l’Institut, Paris. — 20 Nous ue voyons pas de moyen d’empêcher le dépôt de rouille sur voire turbine, ce dépôt étant dû à la nature même de l'eau motrice. Le seul remède est de nettoyer la turbine à des intervalles assez rapprochés.
- M. </. Labadie, à Mexico. — Le phénon ène que présente vos clichés est très connu et assez fréquent; il résulte, souvent, de décharges électriques qui se produisent pendant la fabrication ou la manipulation à l’état sec des pellicules rigides; le support est à base de celluloïd, corps éminemment susceptible de dégager de l’électricité au moindre frottement. Toutefois dans le cas de votre cliché nous ne croyons pas que l’accident provienne d’une étincelle électrique, mais d’une lumière: allumette, bougie, ou point brillant éclairé par le soleil, qui s'est déplacé devant les objectifs. Il faudrait voir si votre obturateur ferme bien, c’est probablement là qu’est le défaut.
- M. Schumann, à Bilbao. — Il ne s’agit pas dans l’article que vous citez d’un emploi de l'acide carbonique pour le travail des métaux; s’il entre dans les mines métallurgiques, c’est, comme le dit l’auteur de l’article, en tant qu’extincteur d’incendie.
- M. P IL, à Paris. — i° Renseignements concernant l’obtention des permis de conduire les automobiles : veuillez vous dresser à la Préfecture de police ou au commissariat de voire quartier. —2° Confiez vos étoffes à un bon teinturier; c’est le procédé le plus sûr et le plus économique.— 3° Nous pensons que I on pourrait employer l’huile d'olive telle quelle pour le graissage, niais ce serait coûteux et l’on trouve partout des produits meilleur marché.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Ch, Desprez. à Yervins. Veuillez consulter un chimiste. — M. IL Martemart. h Paris. Vous trouverez cette indication dans nos Recettes et Procédés utiles. 3e série, à la librairie Masson et Ci*. 120 boulevard Saint-Germain, Paris.— M, Pradel, à Orau; M. C.A. Maligne à Buenos-Ayres. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o) Bureau central météorologique de France.
- OliSEHVA I10NS 7 HEURES RU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRKCTIO.N ET FORCE ME 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 décembre. 1°,0 S. s. E. 0. Couvert. » Gelée blanche; couvert.
- Mardi 18 2Ü,2 s. 1. Couvert. 0,0 Petit brouilla d de 11 h. à 13 h.; couvert jusqu’à 20 h •
- Mercredi 19 — 3°,5 N. L . 2. Beau. )) beau ensuite; bruine à 18 b. Gelée blanche ; gm c ; beau jusqu’à 18 b. ; couv. ensuiie.
- Jeudi 20 0°,1 N. N. E. 2. Couvert. » Gelée blanche ; couvert.
- Vendredi 21 — 2°,0 E. 4. Couvert. » Couvert le matin; beau le soir.
- Samedi 22 - 6“ ,4 N. l 2. Beau. a Gelée bl. ; couv. de 11 b. à 17 b. ; beau avaul et après.
- Dimanche 23. ... -7“,7 E. N. E. 0. Beau. » Gel. bl. ; petit brouill. à 9 b. ; brumeux ensuite; nuageux.
- DÉCEMBR. 1906. — SEMAINE DU LUNDI 17 AU DIMANCHE 23 DÉCEMBRE 1906.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
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- La courbe supérieure indique la nébulosilé de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche : courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été froid dans la semaine du 17 au a3 décembre. La pression barométrique était très élevée le 17 décembre; on observait 774 mm à Gler mont-Ferrand. Il n'est tombé que quelques-oudées au Pas-de-Calais et en Vendée. La température a été basse en France; on notait le matin —5° à Besançon,
- — 3° à Clermont, —20 à Marseille, i° à Paris, —70 au Pic du Midi, —9" au Puy de Dôme. Dans la région parisienne, le ciel est resté couvert et brumeux. Le 18 décembre, la pression barométrique à Paris était 772.5 mm. La température était le matin —5° à Belfort,
- — 20 à Lyon, o° à Cette, (.° à Toulouse, 20 à Paris; le froid a été très* vif dans l’Isère et en Savoie. A. Grenoble, dans la région d Oisans, on a noté —an0, et. à Chambéry, le thermomètre a marqué — to° Le rq décembre, le baromètre marquait 775 mm dans la moitié Nord de la France. Un veut d’Est s’est établi sur nos régions; mais il a été très faible. La température s’est abaissée dans le Nord. Elle était le matin — 4° à Paris,
- — i° à Dunkerque, — t° à Toulouse, — i° à Marseille, 90 à Brest — 13° au Pic «lu Midi. Dans la région parisienne, on a observé des miuima de —5°, et une très forte gelée blanche. Le 20 décembre la pression atmosphérique était élevée sur toute l’Europe; on notait 778 mm au Pas de-Calais. Les vents étaient d’OuesI dans la moitié Nord du continent, et d’Est dans la moitié Sud. II n’y a pas eu de pluies en France. La température était le matin — i° à Nantes, -— i° à Tou-
- louse, — 20 à Bordeaux, —3° au Havre, — 4° à Paris et dans la banlieue, —fi° au mont Aigoual, —70 au Puy «le Dôme, — io° au Pic du Midi. Le malin, un brouillard de 1000 mètres environ obscurcissait le ciel. Le 21 décembre, le temps est resté froid dans toutes nos régions. Le thermomètre indiquait le matiu — 20 à Paris, —3° dans la banlieue de Paris, —3° à Clermont, — 6° à Besançon, i° à Perpignan, io° à Alger. La pression haromét'r'ujue est restée très élevée; elle éiait 778 mm dans le Nord de la France et 774.7 mm à Paris. Un vent de l'Est a soufflé sur toutes nos côtes; il é 1 ait assez fort en Provence et en Vendée, mais il était très faible en Bretagne et sur la Manche. Il a neigé dans le Roussillon, et il est lombé quelques ondées sur la Méditerranée. Le 21 décembre, la température s’est notablement abaissée; on a relevé le matin —4° à Nantes, —6° à Paris et —70 à Trappes et h Vaucluse dans la banlieue, — 8° à Clermont, —90 à Besançon. — io° au mont Ventoux, — 1.40 au Pic, du Midi. A Paris, le temps a été beau et très froid. On a signalé des pluies torrentielles mêlées de grêle et de neige dans le Roussillon; il est tombé mm d'eau à Perpignan, 47 mm à Port-Vend res. Le 28 décembre, la température a été encore plus basse dans le Nord de la France. On notait le matin —8° à Paris, — n° à Besançon. — i3° au Pic du Midi. Des pluies abondantes sont encore tombées dans le Roussillon; on a recueilli 5g mm d’eau au cap Béarn, et 91 mm à Perpignan. La pression atmosphérique s est abaissée dans le Su l-Ouest; on a observé 763 mm a Biarritz, 770 mm à Paris.
- PHASES DE L LUNE : P. Q. le 22 à 3 h. i3 m. du soir.
- -aSfinârn
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- j 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VJe)
- La. reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N" 1754 (5 JANVIER 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- La lumière du ciel. — M. Gavin J. Burns a appelé l'attention de la liritish Astronomical association sur la lumière du ciel. Par une nuit claire et sans lune, lorsque le crépuscule est terminé, le ciel est loin d’être noir. Les. étoiles semblent briller sur un fond faiblement lumineux qui, en fait, donne un éclairement bien supérieur à celui de toutes les étoiles visibles. On a estimé la lumière de toutes les étoiles visibles à la fois égale à celle de 70 étoiles de première grandeur ; mais la lumière totale du ciel et des étoiles peut être grossièrement évaluée à celle de mille étoiles de première grandeur. L opinion généralement admise est que la lumière diffuse du ciel est due à la clarté produite par les étoiles télescopiques, non visibles à l’œil nu. Mais ici se présentaient plusieurs raisons qui ont porté l’auteur à penser que la lumière du ciel pourrait être provoquée par une autre cause : i° Si la lumiiiosité du ciel était entièrement due aux étoiles télescopiques, nous serions en droit d espérer la voir diminuer au voisinage de l’horizon, précisément de la même manière que diminue l’éclat des étoiles, par suite de l’absorption atmosphérique. En réalité, c’est 1 opposé qui se produit : l’éclat du ciel augmente d’une façon appréciable au voisinage de l’hori-zou. M. Backhouse a noté ce fait et, de son côté, M. Gavin J. Burns l’a observé dans une localité où il était impossible d’avoir le reflet d’aucune lumière artificielle, même très lointaine. Si la luminosité en question était produite par une couche de particules située à une distance relativement faible de la Terre, le même effet s’ensuivrait naturellement. — i° Une autre raison pour croire que la lumière diffuse du ciel est partiellement due à une autre cause que la lumière des étoiles est dans ce fait qu’on y a observé une variation d’éclat. On a remarqué qu’en août 1880 le ciel était brillant d’une façon inusitée. Si ce fait est réel, il est clair que la pariie variable de la luminosité du ciel doit avoir quelque autre origine que la lumière des étoiles. M. Gavin J. Burns a ainsi posé un problème particulièrement intéressant et. il faut bien le dire, fort difficile à résoudre. Nous aimerions que des expériences photométriques, d’ailleurs faciles à réaliser, nous fassent connaître si réellement, par nuit pure et sans lune, le ciel au voisinage de l’horizon est plus lumineux qu’au zénith, et si, eu outre, on a constaté une variation bien certaine, de la luminosité du ciel; Dans ce genre d’études, il convient de se défier des apparences. Seules, des expériences précises pourront nous renseigner sur l’existence de cette lumière de la nuit.
- Un nouvel observatoire. — Le Sénat et le Conseil de Hambourg ont voté une somme d’un million de marks
- pour permettre l’érection et l’installation d’un nouvel observatoire astronomique. Les principaux instruments de cet observatoire seront les suivants : un cercle méridien de 0,18 m. d ouverture, un réfracteur de 0,60 m., un réflecteur de 1 m., un équatorial photographique double, etc.
- Déformation de l’amas d’Hercule. — Dans les Monthly Notices de la Société royale astronomique, M. W.-E. Plummer a fait connaître le résultat de ses recherches sur ce bel amas, l’un des plus imp rtants du ciel. Des mesures micrométriques d’un cliché obtenu à 1 observatoire Yerkès par M. Riichey, avec une exposition de 4 heures et un écran jaune (pour corriger la dispersion de l’objectif), dont 56o étoiles ont pu être identifiées avec celles contenues dans une précédente étude du Dr Scheiner, il semble résulter que des écarts, supérieurs aux erreurs probables d’observation, rendent
- admissible l’hypothèse d’une déformation progressive de tout l’amas. C’est là un fait extrêmement important. Des recherches sont poursuivies sur des clichés plus riches en étoiles pour déterminer la densité de cet amas en fonction de la distance au centre. Nous devons espérer que, d’ici quelques années, par suite des nombreux documents réunis chaque jour, la comparaison des photographies prises à l’aide des grands instruments et étudiées au stéréo-comparateur mettra nettement en évidence ce mouvement d’ensemble des étoiles d’un même amas. L’état d’équilibre d’un tel système de corps pourrait réserver bien des surprises.
- Avalanches de neige. — A la date du 24 décembre 1908, ou a signalé une forte avalanche de neige qui a détruit le village de l’Hospitalet, dans l’Ariège; trois maisons et quatre granges ont été englouties dans des hauteurs de neige de 5 mètres.
- Sismographie. — Les instruments sismograpliiques des observatoires de Florence et de Bologne ont signalé le 22 décembre, dans la soirée, un fort tremblement de terre à 7000 kilomètres de distance.
- Eclipse de soleil. Lancer de ballons-sondes. — Le i’3 janvier 1907, une éclipse de soleil aura lieu en Asie, dans la région de Samarkande. Une expédition russe, commandée par M. Hansky, est partie pour en faire l’observation. Des ballons-sondes seront lancés à cette occasion.
- Mines d’or de la Présidence de Bombay. — On a
- commencé, en igo5, l’exploitation de filons aurifères, près de Dharwar, au Sud de Bombay. Ces filons, que l’on compare à ceux de Mysore, ont occupé un millier d’hommes. Ils portent la trace de travaux anciens d’une certaine importance.
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- INFORMATIONS
- Mines d’or de Corée. — Les Japonais viennent de faire une enquête oflicielle pour reconnaître la richesse minière de la Corée. Jusqu’ici, on n’a exploité que l’or, dont la production échappe, comme dans la plupart des pays, à une statistique rigoureuse à cause de la facilité avec laquelle on peut la dissimuler. D’après le rapport japonais, il y aurait actuellement 120 centres d’extraction, portant tous sur des alluvions, d’où l’on aurait retiré, en 1905,343o kilogrammes valant 11 25o 000 francs Ce chiffre, qui parait provenir surtout des évaluations douanières, serait peut-être à tripler pour approcher de la réalité. Les principaux placers sont dans le Hpyeng-an-To, où l’on trouve également quelques filons de quartz aurifère.
- Les mines d’or de Cripple creek. — Le gisement aurifère de Cripple creek au Colorado est, après celui du Transvaal, un des deux ou trois principaux dans le monde. On a calculé que les dividendes payés depuis l’origine (1891) à aujourd’hui montent à 118 millions de francs, la principale place étant occupée par la mine Portland, qui a payé 37 millions.
- Les vins et les cidres en 1906. — En 1906, la récolte des vins en France a été de 57079052 hectolitres, en diminution de 4 587 o52 hectolitres sur la récolte de 1905, et au contraire en augmentation de 4 o3o 864 hectolitres sur la récolte moyenne des dix dernières années. La surface du vignoble français est à l’heure actuelle de 1 697 867 hectares ; en iqoÔ, elle n’était que de x 669 257 hectares. Le rendement moyen est donc de 3i hectolitres par hectare. De fortes augmentations ont eu lieu dans 42 départements, dans le centre et dans l’Ouest. Dë notables diminutions de production proviennent des régions du Midi, du Bordelais, du Maçonnais et du Beaujolais. Dans la Gironde, il n’y a eu que 3 611 000 hectolitres au lieu de 4 3ooooo, et dans l’Hérault, seulement 8 200000 hectolitres au lieu de 10942000. Les vins de 1906 comprennent 3609404 hectolitres titrant plus de ix°, 6879770 hectolitres titrant ii°, et 41589878 hectolitres titrant moins de ix°. On peut considérer que la valeur de la récolte de 1906 s’élève à 956 283 983 francs, dont 109 120265 francs pour les vins de qualité supérieure, dont le prix de vente chez le récoltant dépasse 5o francs par hectolitre, d’un volume total de 1213373 hectolitres, et 847163718 francs pour les vins de qualité ordinaire, d’un volume de 5o 865 677 hectolitres. La récolte en Algérie est évaluée à 6905 720 hectolitres pour une surface de 164324 hectares. Le département d’Alger, d’une surface de 64292 hectares, a produit 3704410 hectolitres; le département d’Oran, d’une surface de 84427 hectares, a fourni 2527250 hectolitres et le département de Constantine a produit 674060 hectolitres pour une surface de x5 6o5 hectares. La Corse a donné une récolte de 146000 hectolitres. La récolte des cidres, exceptionnelle cette année, a été de 22 3oi 697 hectolitres, au lieu de 4 828 og3 en 1905, et en augmentation de 7387397 hectolitres sur la production moyenne des dix années antérieures. Le Calvados a fourni 2198000 hectolitres, le Morbihan 2 3ooooo, les Côtes-du-Nord 2 3o5 445, la Manche 2524726, et l'Ile-et-Vilaine 3762000.
- Les bananes à Costa Rica. — Le South american Journal de Londres cite quelques chiffres intéressants et significatifs montrant l’accroissement très rapide de la production des bananes au Costa Rica : 1901,3 870 i56 régimes ; 1902, 4 *74 *99 régimes ; 1903, 5 139 o63 régimes ; 1904, 6 o65 4oo régimes; 1905, 7 283 000 régimes. La majeure partie (5 000 000 dé régimes) de cette production est absorbée par Y United Fruit Company de Boston (Etats-Unis) qui exporte mensuellement, d’avril à juillet, chaque année, un million de régimes; le reste est à destination de l’Angleterre.
- Sur la fabrication du cuivre. — M. Platten a comparé récemment les méthodes anglaises et américaines pour le raffinage et la fabrication du cuivre et a conclu ù la supériorité des méthodes américaines qui travaillent avec des fours beaucoup plus grands et produisent une substance plus pure et plus uniforme. Il lui paraît que les Etats-Unis l'esteront le grand centre de progrès et de développement de l’industrie du cuivre.
- La vigne en Californie. — Il s’en faut de beaucoup que les vins de Californie puissent se comparer aux
- vins français, même ordinaires; mais il est certain néanmoins que cette partie des Etats-Unis se livre sur uue échelle énorme à la fabrication de vins qu’elle vend surtout aux Yankees, et aussi quelque peu ailleurs; de plus les agriculteurs et vignerons califoimiens produisent du raisin pour la consommation en nature. Leur vignoble couvi'e actuellement une superficie de plus de 100000 Hectares et représente une valeur de 480 millions de francs la récolte de vin atteignant i35oooo hectolitres.
- Chemins de fer japonais. — Il existe, au Japon, six réseaux de chemins de fer. L’État se propose de les acheter aux Compagnies exploitantes; il a offert 260 millions de yens, c’est-à-dire environ 6i5 millions de francs
- Les turbines à vapeur dans les filatures. — Une
- grande usine de Littleborough, près Manchester, a installé une turbine pour commander par câble tous ses métiers : c’est une turbine de Laval, où la vitesse considérable et classique de ces appareils est réduite par des engrenages appropriés et faisant corps avec la turbine. L’arbre de la turbine transmet son mouvement à une paire d’arbre placés respectivement de part et d’autre du moteur, et chaque arbre commande à son tour la moitié des mécanismes à entraîner : cela assure l’équilibre, des efforts.
- Labourage à vapeur. — Voici qu’on commence, aux Barbades, de pratiquer le labourage à vapeur pour les champs de cannes. On s’en trouve au mieux. Des terres, qui ne donnaient que 23 tonnes de cannes à sucre par acre (7,48 hectares), en donnent maintenant 34, grâce aux labours profonds qu’il est facile d’exécuter avec la charrue à vapeur.
- Ascension à 7000 mètres de hauteur. — MM. C.
- Usuelli et G. Crespi qui, les premiers, ont effectué la traversée des Alpes en ballon (Voy. Informations, n° 1748 du 24 novembre 1906), ont fait le 24 décembre, à Milan, une ascension à 7000 m. de hauteur dans le ballon YAviator, d’un volume de 1400 m3. Ils sont d’abord partis à 11 heures et sont montés à 5ooo m.; le thermomètre marquait —210. Ils sont descendus vers 3 heures de l’après-midi pour renouveler leur provision de gaz et sont repartis aussitôt. Obligés de redescendre par suite d’un accident, ils sont remontés une troisième fois, et après une heure dix minutes, ils ont atteint la hauteur de 7000 m., inscrite par les enregistreurs ; la température au thermomètre à alcool était — 4o°. Les aéronautes sont restés près d’une heure à cette altitude, et sont redescendus ensuite.
- Traversée de la Seine à la nage. — Le 25 décembre, par une température de 3° à 40. a eu lieu à Paris une course pour la traversée à la nage de la Seine en amont du pont Alexandre III. Le premier a effectué la traversée (3oo mètres environ) en 2 minutes 2/5 seconde; le deuxième en 2 minutes x5 secondes. Les concurrents étaient au nombre de 6 au départ.
- Un rendez-vous de chasse préhistorique. — Les
- fouilles faites, depuis quelque temps, dans les grottes de Wildkirchli (Appenzell) ont fait découvrir, dans des conditions qui rappellent un peu la grotte fameuse de Nabrigas en Lozère, une profusion extraordinaire d’ours des cavernes (plus de deux cents individus), avec quelques rares félins et d’assez nombreux instrumeixts paléolithiques sans aucun ossement humain. Deux faits méritent l’attention, d’abord l’altitude de x5oo m., où se trouvent ces grottes et qui rend la présence des félins anormale, puis l’absence d’os humains, alors que les outils de l’âge de pierre ont été rencontrés au nombre de plus de 600. On s’est demandé s’il n’y aurait pas eu là un rendez-vous de chasse préhistorique.
- Marée belge et marée française en Suisse. — On sait que le commerce suisse est un gros client pour les pêcheries françaises qui lui livrent environ par au 700000 fr. de poissons frais. Malheureusement les colis expédiés, par exemple d’Arcachon à Genève, mettent au minimum, d’après des renseignements fournis par le consul de France à Genève, trois jours pour y parvenir et plus souvent quatre ou cinq. Par contre, les envois d’Ostende, faits avec la plus remarquable régularité, sont toujours arrivés dans les 36 heures. Il serait à souhaiter qu’une entente intervînt entre nos commerçants et nos compagnies de chemins de fer pour obvier à cet état de choses et empêcher la marée belge de détrôner la marée française sur les marchés suisses.
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- 3§'S'i 'Electricité
- Nouvelle suspension électrique. — Dans toute installation électrique, il est de toute importance d éviter les fils volants. ïts peuvent causer des accidents, et sont le plus souvent très gênants lorsque l’on veut déplacer ou abaisser les lampes auxquelles ils sont reliés. Dans les nouveaux modèles de suspension électrique, dont nous allons parler, les lils volants ont tous été supprimés.
- Cette suspension n’a pas de contrepoids, on peut la
- remonter jusqu’au plafond en la soulevant, la baisser jusqu’au sol en la tirant, elle reste où on l’abandonne; elle se prête en outre à des transformations très utiles. Elle se compose d’un petit plafonnier (lig. i). qu’on peut fixer facilement au plafond dans une pièce ; on peut au besoin le dissimuler dans un ornement assorti à 1 ameublement. Dans l’intérieur de ce plafonnier se trouve un tambour actionné par un ressort spirale, sur lequel s’enroulent 4 5 m. de câble conducteur double. Le plafonnier est également pourvu d’un compensateur de charge qui permet d’alléger ou décharger la suspension sans influer sur le bon fonctionnement; l’équilibre
- Suspension à plafonnier enrouleur et trauslormable.
- montré qu’un câble double avec revêtement extérieur solide résiste très facilement aux frottements et glissements qui s’exercent; on a pu constater seulement une ou deux ruptures sur des milliers de câbles, et encore seulement sur des câbles déjà douteux.
- Le même dispositif avec tambour enrouleur peut être utilisé dans des pieds de lampes (lig. 2), et dans différents appareils de service électrique. Divers modèles existent, permettant d’enrouler 4 ni. de câble ou 2,5om.
- Enfin, mentionnons une autre application, dans laquelle on peut employer une suspension transformable par déplacement en lampe de table mobile ou en applique droite de côté. L’appareil comprend alors un flambeau quelconque, un abat-jour réversible et un petit gland. Le flambeau est fixé au câble sortant du plafonnier enrouleur, comme on le voit en 1 (fig. 3). En suspension, le pied se trouve en haut et forme pavillon décoratif. La lampe à incandescence est placée au fond de l’abat-jour dans la meilleure position pour donner un bon éclairage. Le petit gland, dont il a été question, est au-dessus du pied du flambeau; il est traversé par le câble de suspension sur lequel il peut glisser à volonté et rester suspendu en n’importe quel point; iî a pour but, lorsqu’il est . seul en suspension, de s’opposer au rappel inopportun du câble.
- On peut également faire de la suspension une lampe mobile. A cet effet, on tire le câble, on remonte le gland, on pose la lampe sur son pied (fig. 3, n° 2), en ayant soin d’incliner l’abat-jour comme il convient. Il est aussi facile de transformer cette suspension en applique en l’accrochant au mur par son pied (fig. 3, nos 3 et 4), et en donnant à l’abat-jour l’inclinaison voulue.
- Comme on vient de le voir, la nouvelle suspension nous permet de disposer les lampes électriques pour l’éclairage sans laisser apparaître de fils volants. C’est là certainement un nouvel avantage très pratique, en attendant toutefois l’éclairage électrique sans fils. — La nouvelle suspension électrique se trouve chez M. René Baron, ingénieur-constructeur, 65, rue Sainte-Anne, à Paris.
- $8^ Dessin
- Un instrument à tracer toutes les courbes. —
- Nous entendons un appareil pouvant remplacer ceux qui existent déjà pour certaines courbes déterminées, et
- Planchette et crochets maintenant la réglette à tracer les courbes.
- est toujours assuré et la suspension reste toujours à la hauteur désirée. Deux câbles libres, à la partie supérieure, sont réunis d’une part au câble double dont nous avons parlé, et permettent d’effectuer les liaisons avec les câbles venant de la distribution électrique. Un trou placé au milieu du plafonnier laisse passer le câble double à l’extrémité duquel est fixé l’appareillage d’une suspension ordinaire ou d’une lampe transformable. On pourrait craindre que le câble double ainsi soumis à une série d’enroulements et de déroulements successifs ne vienne à présenter des défauts d’isolement, des points faibles et souvent même des ruptures. Nous avons soumis aussitôt ces objections au constructeur. Mais il nous a répondu cjue de très nombreuses expériences ont
- présentant toute plasticité pour guider le crayon du dessinateur industriel suivant les courbes les plus irrégulières. Il a été imaginé par M. P. G. Rouse, qui a bien voulu nous soumettre son petit instrument ingénieux. (L’adresse de M. Rouse, qui fabrique lui-même, croyons-nous, ce dispositif et le vend dans des tailles approximatives de 0,60 m., 0,90 m., et 1,20 m. — nous disons approximativës parcé qu’il est fait sur les mesures anglaises — est, iî, Derby Terrace, Sandyford, Glasgow.)
- La partie essentielle est une sorte dé petite réglette plate en une matière transparente, qui n’est que du celluloïd, réglette qui a 0.60 m. de long dans l’instrument que nous avons sous les yeux, i,5 millimètre d’épaisseur ët un peu plus dé 3 dé largeur.” Par suite de la
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- matière dont elle est formée, elle se plie et se contourne avec la plus grande aisance, au moins quand il s’agit de courbes et non d’angles raides, et nous devons dire qu elle se contourne de la sorte aussi bien quand elle est à plat que quand elle est sur le côté, sur ce qu’on pourrait appeler son tranchant. C’est du reste surtout dans cette position qu’on l’emploie. Si l’on tient à s’en servir dans l’autre sens, à plat sur le papier, comme elle a fortement tendance à faire ressort et à se retourner, il faut alors la charger pour la maintenir plus facilement en position, en dépit des petits tirants que montre le dessin, et dont nous allons expliquer la constitution et le fonctionnement.
- On commence par conformer la réglette à la courbe que l’on veut suivre sur le papier à dessin, et on la fixe dans cette position à l’aide de petits crochets qui viendront alternativement en avant et en arrière de la réglette. Chacun des crochets est formé en réalité d’une tige métallique ronde qu’on lait en laiton, ou de préférence en fil de fer galvanisé ; les extrémités en sont repliées à angle droit, et en sens opposé, l’une servant de pivot, l’autre de crochet proprement dit. Le pivot vient entrer dans un petit bloc de bois qui se fixe soit à la planche à dessin, soit sur une planchette supplémentaire en bois tendre, qu’on emploie pour ne point détériorer le papier. La fixation de ces petits blocs s’obtient au moyen de deux petites pointes aiguës dépassant le dessous du bloc. L’une dépasse beaucoup plus que l’autre, et voici pourquoi. On commence par implanter dans la planchette la pointe principale et la plus longue, en accrochant le bout de la tige à la réglette dans une position correspondant « approximativement » à la position que celle-ci doit occuper, et par suite à la courbe qu’elle doit donner; mais l’ajustage définitif et complémentaire se fait par rotation partielle du bloc autour du pivot fourni par la longue pointe, ce qui a pour résultat (étant donnée la disposition du dessous du bloc) de tirer plus ou moins la tige d’accrochage; et quand on est ainsi parvenu à la position définitive, on enfonce la seconde pointe, en appuyant complètement sur le bloc de bois, qui se trouve alors immobilisé, en même temps que la réglette et le tirant. En réalité, les tirants ne « tirent » pas tous la réglette : on les dispose de telle manière, au contraire, qu’alternativement un des crochets soit au delà de la réglette, tandis que l’autre sera mis en deçà : et c’est ainsi que celle-ci est bel et bien immobilisée, fixée dans sa position, entre deux séries d’arrêts alternatives. Les faces des crochets sont passées à la lime, au lieu d’être laissées lisses, pour que le métal ait plus de prise sur le celluloïd. Rien ne sera plus aisé ensuite que de suivre la réglette, par exemple au crayon; on aura seulement, quand un crochet extérieur va gêner le passage de celui-ci, à le soulever du doigt, tout en maintenant légèrement la réglette, pour le laisser revenir ensuite en place. Toutes cês dispositions sont ingénieuses et semblent parfaitement pratiques.
- Outils
- Tournevis à manivelle. — Lorsqu’on se trouve en face d’une vis dure à enfoncer, que ce soit dans du métal ou du bois, les professionnels savent, avec raison, avoir
- Tournevis à manivelle.
- recours au vilebrequin, qui sert à tourner une lame de tournevis avec un bras de levier suffisant pour triompher de tous les obstacles. Mais, comme le vilebrequin est encombrant, et qu’il serait utile d’avoir à sa disposition le bras de levier sans emporter avec soi un instrument complémentaire, un manufacturier américain, avec le sens avisé et pratique de ses compatriotes, a combiné le type de tournevis que nous mettons sous les yeux du lecteur : la partie cylindrique de la lame est deux fois courbée à angle droit, et par conséquent elle forme
- manivelle par rapport au manche de l’instrument ; mais de plus, pour éviter à la main tout frottement pénible la tige tourne dans ce manche. Et quand on veut visser on donne à l’outil un mouvement de rotation analogue à celui qu’imprimerait un tournevis, mais dans des conditions beaucoup plus compliquées. — L’appareil est en vente, 107, avenue Parmentier, Paris, maison Maria.
- Fraise à bois réglable. — Il arrive fort souvent qu’on a besoin de fraiser un trou dans le bois, par exemple pour y noyer une tête de vis ; voici un petit instrument que nous avons trouvé chez M. Markt, et qui
- Fraise à bois réglable:
- rend d’excellents services dans ce but. Il coupe net et vite, par suite de sa forme bien étudiée, et il a cet avantage de pouvoir facilement s’affûter à la lime. On le munit d’un guide en profondeur qui se fixe, au moyen d’un collier et d’une vis de pression, sur la tige de la fraise, et l’on est sûr ainsi de ne pas pousser le fraisage trop loin.
- Fraise à tailler les goujons. — On connaît ces petits cylindres de bois apointés, que l’on nomme des goujons, et qui servent soit à assembler les bois, soit à tamponner des trous dans les murailles pour y faire solidement tenir clous, pitons, etc. Il faut les tailler en cône à leur extrémité, pour qu’ils pénètrent aisément dans l’orifice du trou où ils doivent se loger. Pour arriver à ce résultat facilement, un inventeur américain
- Fraise à goujons.
- a eu l’idée d’imaginer une fraise spéciale qui taille le bois avec beaucoup d’aisance. Cette fraise, ainsi qu’on en peut juger, ressemble étrangement à celles qu’on emploie sous le nom de taille-crayons pour tailler rapidement les crayons. Mais ici c’est la fraise qui va tourner, tandis que le bout de bois demeurera fixe, pris dans un étau; et pour qu’on puisse lui faire couper sans peine, quoique obliquement, les fibres du bois, on emmanche cette fraise dans un vilebrequin, exactement de la même manière qu’une mèche.
- Outil à percer les bondes. — Il est simple, robuste, ingénieux, et on peut se le procurer aisément en France, puisque la maison Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris, en tient dépôt.
- Le corps principal, qui affecte une forme tronconique qu’on s’explique aisément, porte à son extrémité inférieure une tarière de large diamètre dont les ailes taillent
- Outil à percer les bondes.
- aisément le chemin ; puis l’outil est complété par un couteau de côté, en acier trempé, qui vient élargir le trou au fur et à mesure que le corps s’enfonce. On peut obtenir un diamètre variable compris entre 25 et 5r mm., et le trou est parfaitement conique, comme il convient pour la bonde. On voit que l’outil est muni d’un manche en bois démontable, qui se glisse dans la douille disposée dans ce but au-dessus du corps. Mais on peut également avoir recours à un vilebrequin, qui s’emmanche sur le carré prévu dans ce but.»
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- JANVÏER-FEVRIER-MARS 1907
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de o à 24 heures à partir de minuit.
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- MARCHE DU SOLEIL ET DES PLANÈTES SUR LE CIEL PENDANT l’aNNIÎE I9O7
- I. — SOLEIL
- Le maximum de l’activité solaire semble passé depuis plusieurs mois. Toutefois, des taches encore très étendues sont visibles de temps à autre, et l’on fera bien de profiter de toutes les occasions pour diriger une lunette sur le Soleil.
- L’équinoxe de printemps se produira le 21 mars prochain, à i8'“ 42“. A cette époque de l’année, les jours et les nüits ont sensiblement la même durée. ,
- IL — PLANÈTES
- En prenant la position du Soleil sur les deux cartes ci-dessus et en y ajoutant douze heures, on obtient la portion du ciel qui passe au méridien à minuit. Les plauètes qui se trouvent dans cette portion du ciel sont dites en opposition avec le Soleil et le plus favorablement situées pour l’observation.
- Dans les deux cartes précédentes, la position du Soleil, de Mercure, de Vénus et de Mars, dont le déplacement sur le ciel est très rapide, est donnée de 15 en i5 jours. Pour Jupiter, elle ne figure que pour le i01' de chaque mois. Enfin, pour Saturne, Uranus et Neptune, elle est donnée pour l’année entière.
- Mercure, de janvier à mars, traverse les constellations du Sagittaire, du Capricorne, du Verseau et des Poissons. Cette petite planète, qui fait le tour du Soleil en 88 jours environ, se déplace, en effet, très rapidement sur le ciel.
- Vers le Ier mars, Mercure sera visible, le soir, au couchant, dans de bonnes conditions. La plus grande distance au Soleil se produira, le Ier mars, à la distance d< i8° 6'. Cette planète apparaît comme une étoile assez
- brillante et rougeâtre. Dans les lunettes, elle présente des phasës analogues à la Lune. Son diamètre, de 4 '>7 le i5 janvier, sera de 7",9 le 5 mars et de 10",7 le 2S mars. Ensuite, il diminuera.
- Dans son mouvement sur le ciel, Mercure passe près d’autres planètes et d’étoiles plus ou moins brillantes en donnant lieu, parfois, à de très curieuses conjonctions. En voici deux fort intéressantes :
- Le 13 janvier, conjonction avec Uranus, à 6 heures, à 0° 41'.
- Le 10 mars, conjonction avec p Capricorne, à 8 heures, à 0° 2’.
- Vénus est visible le matin, dans de bonnes conditions, se levant, en janvier, plus de trois heures avant le Soleil. Son éclat la fait immédiatement reconnaître au Sud-Est, dans l’aurore. Son diamètre, de 4l//,6 le 6 janvier, descend à 27",3 le 5 février, à 20",5 le 5 mars et à 17",4 le a5 mars. La plus grande élongation se produira le 9 février, à 46° 47' Ouest du Soleil. La planète s’éloigne de la Terre jusqu’en octobre prochain.
- Mars sera en quadrature avec le Soleil le 10 mars. On pourra commencer utilement les observations à cette époque. La planète, malheureusement très basse sur notre horizon pour la France (la déclinaison australe reste constamment au-dessous de 200, pendant toute l’opposition), brillera d’un éclat rougeâtre dans la constellation d’Ophiuchus. Nous en reparlerons spécialement au prochain Bulletin. Le diamètre, de 5",i le 6 janvier, passe à 6",i le 5 février, à 7",4 le 5 mars et à 8",7 le 25.
- Jupiter est la planète la mieux située pour l’observation en cette période de l’année. Il brille d’un éclat splendide dans les hauteurs du ciel et la plus petite des longues vues permet déjà de reconnaître ses quatre
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- principaux satellites. Une lunette plus puissante (diamètre, de l’objectif : 8imm à io8m“) sera nécessaire pour faire une observation vraiment utile des bandes et des détails de la surface. Des changements importants se sont produits récemment sur cette planète et il s’en produira certainement encore.
- Prendre des dessins de la surface chaque fois qu’on le peut, et, si l’on possède les instruments suffisants, déterminer la rotation des divers points remarquables, en particulier de la fameuse tache rouge. Tout récemment, celle-ci a montré une accélération remarquable de son mouvement, comme si elle flottait dans l’atmosphère de la planète. Et cet objet a 45 ooo km de longueur ! !
- Diamètre équatorial de Jupiter : 6 janvier : 46”,7 ; 5 février : 44",3 ; 5 mars : 4o”,8.
- PHÉNOMÈNES DU SYSTÈME DE JUPITER.
- 3 janvier, II. P. c., 1 h. 8 m.; II. 0. c., 1 h. 25 m.; 11. P. f., 3 h. 57 m.j II.
- O. f., 4 li. 15 m.; 4, 1. lin., 4 h 34 m.; II. Ira., 20 h. 5 m.; II. E. f., 23 h. 12 in. 20 s.; 5, I. P. e., 1 li. 51 m.; 1. 0. c., 2 h. 3-m. ; 1. P. f., 4 h.
- 8 ni.; I. 0. f., 4 li. 20 ni.; I. Im., 23 li. 0 ni.; 6, I. E. I'., 1 h. 27 ni. 35 s.; II. P. f., 17 h. 5 ni.; II. 0 f., 17 h. 34 m.; I. P. c., 20 li. 17 ni.; I. 0. c.,
- 20 h. 31 ni.; I. P. f., 22 h. 5i m.; I. 0. f., 22 li. 49 ni; 7, I. Im., 17 li.
- 26 ni.; I. E. f., 19 li. 56 m. 22 s.; III. P. c., 22 h. 5 ni.: III. 0. c., 23 h.
- 9 ni.; 8, III. P. f., 1 h. 5 m.; III. 0. f., 2 h. 11 m.; IV. Im., 2 h. 54 ni.; IV. Eni., 4 h. 15 ni.; IV. E. c., 5 h. 20 m.; I. P. f., 17 h. 0 ni.; I. 0. f., 17 h. 17 ni.; 10, II. P. c., 3 li. 23 m.; II. 0. c., 4 h. 2 m.; 11, 11. lin., 10 h.
- 17 m.; 12, II. E. f., 1 li. 47 m. 19 s.; I. P. c., 3 h. 35 m.; I. 0. c., 3 h. 57 ni.; 1. P. f., 5 li. 52 ni.; 13, I. Im., 0 b. 44 ni.; I. E. f.,3 h. 22 ni. 35 s.; II. 0. c., 17 b. 21 m.; II. P. 1'., 19 h. 21 ni.; IL 0. 1’., 20 h. Il ni.; I. P. c.. 22 b. 1 ni.; I. 0. c., 22 h. 26 ni.; 14, 1. P. f., 0 II. 18 ni.; I. 0. f., 0 h. 45 m.; I. Im., 19 h. 10 m., 1. E. f., 21 h. .1 ni. 25 s.; 15, III, P c., 1 li. 22 ni.; III. 0. c., 3 h. 8 ni.; III. P. f., 4 h. 22 ni.; I. 0. c., 16 b’
- 55 ni.; I. P. f.,18 b. 44 m.; I. 0. L, 19 h. 12 ni.; 18, III. E. L, 19 U
- 56 ni. 21 s.; 19, II. Im., 0 b. 31 m.; II. E. 1'., 4 b. 22 m. 20 s.. I. P. c.,
- 5 b. 20 m.; 20, I. lin., 2 b. 29 m.; 1. E. I'., 5 b. 17 m. 43 s.; 11. P. c.,
- 18 h. 48 m.; II. 0. c., 19 b. 58 ni.; II. P. f., 21 b. 58 m.; II. 0. f., 22 b.
- 49 m.; 1. P. c., 23 b. 46 m.; 21, 1. 0. c., 2 b. 20 in.; I. P. f., 2 b. 5 m.;
- I. 0. L, 2 b. 38 ni.; I. Im., 20 b. 55 m.; I. E. f., 25 b. 40 m. 35 s.; 22, III,
- P. c., 4 b. 42 in.; II. E. f., 17 h. 39 ni. 49 s.; I. P. c., 18 b. 12 ni.; I. 0. c., 18 h. 49 m.; 1. P. b, 20 b. 29 ni.; I. 0. f., 21 b. 6 ni.; 23, I. E. f., 18 h. 15 m ; 24, IV, Em.. 18 b. 41 ni.; IV. E. c. 25 b. 18 m. 59 s.; 25, IV. E. I'., 1 b. 17 ni. 17 s.; III. Im., 18 b. 12 m.; 26, III. E. I., 0 b. 57 m
- 10 s.; II Im., 2 b. 48 m ; 27, I. Im., 4 b. 15 m.: II. P. c., 21 b. 7 m.; II. 0. e., 22 b. 55 m.; II. P. f., 23 b. 57 m.; 28, 11, 0. I'., 1 b. 26 ni.; I. P. c., 1 li. 51 m.; I. 0. c., 2 b. 13 m.-; I. P. f., 3 b. 48 m.; 1. 0. f., 4 b. 52 m.;
- I. Im., 22 b. 42 ni.; 29, 1. E. !., 1 b. 41 m. 53 s.; 1. P. c., 19 b. 58 m.;
- II. E. f., 29 b. 14 ni. 53 s.; 1. 0. c., 20 b. 44 ni.; I. P. f., 22 b. 15 m.; I. 0. f., 25 b. 1 in.; 30, I. E. i'., 20 b. 10 m. 41 s.; 34, I. 0. 1'., 17 b. 30 m. — 1er lévrier, III. lin., 21 b. 37 m.; 2, III. Em., 0 h. 58 m.; III. E. c.,
- 1 b. 0 m. 45 s.; IV. P. c., 1 b. 6 ni.; IV. P. f., 2 h. 53 ni; 3, II. P. c., 23 b. 27 m.; 4, II. 0. e., 1 b. 13 ni.; II. P. 1., 2 b. 17 m.; 1. P. c., 3 b. 18 m ; II. 0. f., 4 b. 4 ni.; I. 0. c., 4 b. 10 ni.; 5, I. Im., 0 b. 29 m.; I. lv. f., 5 b. 37 ni. 17 s.; 111. 0. f., 18 b. 14 ni.; II. lin., 18 b. 16 ni.; I. P. c.,
- 21 h. 44 m.; I. 0. c. 22 b. 58 m.; II. E. f., 22 b. 49 ni. 58 s.; 6, I. P. f.,
- 0 b. 1 m.; I. 0. f., 0 b. 56 m.; I. Im.,18 b. 56 m.; L E. I'., 22 b. 6 m. 6 s.;
- 7, 11. 0. i.. 17 b. 23 ni.; I. P. i'.,18 b. 28 ni.; I. 0. f., 19 b. 25 m.;
- 9, III. lin., 1 b. 7 ni.; 10, IV. E. 1., 19 b. 54 m. 15 s.; 11, II. P. c., 1 b.
- 50 ni.; 12, 1. Im., 2 b. 17 m.; III. P. f., 18 b. 6 ni.; III. 0. e., 19 h. 7 m.;
- H. Im,, 20 b. 57 m.; III. 0. f., 22 b. 15 m.; I. P. c., 25 h. 52 m.; 13, I.
- O. c., 0 h. 33 in.; II. E. f., 1 b. 25 ni. 6 s.; I. P. f., 1 b. 49 m.; I. 0.
- 2 b. 51 m.; I. lin., 20 b. 44 ni.; 14,1. E. f., 0 b. 1 m. 37 s.; 11. P. b, 17 b. 52 m.: 1. P. c., 18 b. 0 m.; I. 0. c., 19 b. 2 m.; II. 0. 1'., 20 b. I m.; I. P. f.. 20 b. 17 m.; I. 0. L. 21 b. 19 ni.; 15,1. E. f., 18 b. 50 ni. 34 s.; 18, IV.
- P. i'., 18 b. 35 m.; 19, IV. 0. c., 2 b. 58 ni.; III. P. c., 18 b. 40 m.; III. P.
- L, 21 b. 42 m.; II. Im., 23 b. 1 ni.; III. 0. c., 23 b. 6 m.; 20, 1. P. e., 1 b.
- 21 m.; 1 II. 0. L, 2 b. 16 mi;. I. 0. c., 2 b. 28 m.; I. Im.. 22 b. 34 in.; 21,1. E. f.. 1 h. 57 m. 12 s.; IL 0. c., 19 b. 47 ni.; 1. P. c., 19 b. 49 m.; IL P. f., 20 b. 19 m.; I. 0. e., 20 b. 57 ni.; I. P. f., 22 h. 6 m.; IL 0. f.,
- 22 b. 59 m.; I. 0. f., 25 b. 14 m.; 22, I. E. f., 20 h. 26 m. 10 s.; 26, III. P. c., 22 b 21 m.; 27, IV. Im. 0 b. 15 m ; III. P. L, 1 b. 24 m.; II. Im., 1 b. 27 m.; IV. Em., 2 b. 7 m.; 28, I. Im., 0 h. 25 m.; IL P. c., 19 b. 58 ni.;
- I. P. c., 21 b. 40 ni.; IL 0. e., 22b. 26 ni.; IL P. f., 22 b. 49 m.; I. 0.
- e. , 22 b. 52 m.; I. P. 1'., 23 b. 57 m. — 1" mars, 1. 0.1'., 1 h. 9 m.; IL 0. b, 1 b. 18 m.; I. Im., 18 b. 54 ni.; I. E. L, 22 b. 21 ni. 49 s.; 2, 1. P.
- f. , 18 li. 25 m.; I. 0. L, 19 b. 38 m.; II. E. f., 19 b. 53 m. 5 s.; III, E.
- i'., 20 b. 3 m. 21 s.; 6, III. P. c., 2 b. 7 m.; 7, IV. 0. c., 20 b. 38.m.;
- IL P. c., 22 b. 39 m.; IV. 0. L, 23 b. 18 m.; I. P. c., 25 b. 31 m.; 8, I. 0. c., 0 b. 47 m.; 11. 0. c., 1 b. 4 m.; IL P. f. 1 b. 21 m.; I. P. f.,
- 1 b. 49 ni.; I. lin., 20 h. 46 m.; 9, I. E. 1'., 0 b. 17 m. 30 s.;
- III Em., 18 b. 58 m.; I. 0. c., 19 b. 15 m.; I. P. f. 20 h. 17 m,; III. E. c., 21 b. 2 m. 20 s.; I. 0. f., 21 h. 33 m.; IL E. L, 22 b. .28 m.
- 21 s.; 10, III. E. f., 0 b. 5 m. 3 s.; I. E. f., 18 b. 46 m. 21 s.; 15, IL P.
- c., 1 b. 4 m.; 1. P. ci, 1 h. 25 m.; IV. Em., 19 b. 22 ni.; I. lin., 22 h. 49 ni.; 16, IL Im., 19 b. 42 in.; III. Im., 19 b. 47 ni.; I. P. c., 19 b.
- - 53 m.; I. 0. c., 21 b. 10 m.; I. P. f., 22 b. 10 m,; III. Em., 22 b. 51 m.; I. 0. L, 25 b. 28 m.; 17, III. Ë. c., 1 h. 2 m. 25 s.; II. E. f., 1 b. 3 m. 40-s.; 1. E. I., 20 h. 42 m. 3 s.; .18, IL 0, f., 19 b. 54 m.; 23,1. Im., 0 b. 35 m.; 1. P. c., 21 h. 47 m.; 11. Im., 22 b. 16 ni.; I. 0. c„, 25 b. 5 m.;
- III. Im., 23 b. 43 m.; 24, I. P. L, 0 h. 5 ni., I. lin., 7 li. 4 m.; I. E. L,
- 22 b. 57 m. 45 s.: 25. 1. P. 1’., 18 b. 53 m.; IL 0. c., 19 b. 40 m.; II. P.
- f., 19 b. 51 m.; L 0. L, 19 b. 52 m.; H. 0. f., 22 b. 52 m.; 27, III. 0.
- c., 19 b. 5 m.; 111. 0. f. 22 h. 20 m.; 30, L P. c., 23 b. 43 ni.; 31, I.
- lin.; 21 b. 0 ni.
- Saturne, dans le Verseau, pourra encore être recher. ché, entre les étoiles 1 et f au début de janvier ; mais il sera placé en de très mauvaises conditions pour être étudié. L’anneau se présente presque par la tranche.
- Uranus est inobservable.
- Neptune, dans les Gémeaux, sera en opposition le a janvier. On pourra la retrouver au ciel à l’aide des positions suivantes et d’une mouture équatoriale.
- DATES ASCE NSION DROITE DÉCLINAISON
- 6 janvier. . . 6 b. 48 m. -f* 22° 5'
- 5 février . . 6 b. 45 111. -h 22° 9'
- 5 mars. . . . 6 b. 43 m. 22» 1 y
- 25 mars. . . . 6 b. 43 ni. -f- 22» 15'
- Diamètre a",3. Eclat de la 8° grandeur.
- Petites planètes. — La petite planète Cérès pourra être facilement trouvée à l’aide d’une petite lunette et des positions ci-après :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON GRANDEUR
- 0 janvier . . . 4 h. 23 ni. + 21° 24' 7,4
- 13 — 4 h. 19 m. + 21° 45' 7,5
- 21 — 4 b. 17 m. + 22° 8' 7,6
- 29 — • 4 il 17 m. . +22° 33' 7,6
- 6 février. . . 4 b. 19 m.. •4-23° 0' 7,7
- U — 4 b. 23 m. h- 23» 29' 7,8
- 22 — 4 b. 28 m. + 25» 59' 7,9
- Junon sera beaucoup plus difficile à reconnaître en raison de son faible éclat :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON G RANDEüR
- 2 mars . . . . . 15 b. 6 m. - 7" 8' 10,2
- 10 — 15 b. 7 m. -, 6" 50' 10,1
- 18 — 15 b. 6 m. — 5» 45' 10,1
- 26 — 15 b. 3 m. — 4» 55' 10,0
- 111. PHÉNOMÈNES DIVERS
- Conjonctions. — Le ii janvier, à 5 heures, remarquable conjonction de la Lune et de Vénus à o°i7' de distance. Beau phénomène à observer dans l’aurore.
- Le 22 février, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 19 b., à 2° 45' Nord. Le 10 mars, Mercure en conjonction avec p Capricorne, à 8 b., à 0° 2' Non!, Le 22 mars, Jupiter en conjonction avec la Lune,'à 5 b., à.2u 52' Nord. — Neptune en conjonction avec la Lune, à 21 b., à 0° 56' Nord.
- Éclipses. — Le 14 janvier, éclipse totale de Soleil invisible à Paris. Cette éclipse sera visible de presque toute l’Asie. La zone de totalité commence en Russie, traverse la mer Caspienne, le Turkestan et la Mongolie. Le cône d’ombre de la Lune quittera la Terre dans la Sibérie orientale. L’éclipse centrale se produit, à midi, en plein désert de Gobi.
- Le 29 janvier, éclipse partielle de Lune, invisible à Paris. La grandeur de cette éclipse sera de 0,715, le diamètre de la Lune étant pris pour unité. Le phénomène sera surtout observable de l’Océanie et de l’Asie
- orientale. Voici les heures des phases, en temps de Paris. Nos lecteurs n’auront, pour les modifier, qu’à tenir compte de leur longitude :
- Entrée de la Lune dans la pénombre.........................10 b. 55 ni
- Entrée dans l’ombre........................................12 b. 15 111
- Milieu de l’éclipse................................. • • • 15 b. 47 111
- Sortie de l’ombre......................................... 15 b. 20 m
- Sortie de la pénombre......................................16 b. 40 m
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Cette liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6° grandeur.
- DATE ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT FIN
- 10 janvier . T balance. 4,1 5 h. 22 m. 6 b. 53 m 1
- 21 £= baleine. 4,5 21 b. 22 m. 22 h. 22 m.
- 26 V Gémeaux. 4,4 18 h. 51 m. 19 b. 49 111.
- 27 56 Gémeaux. 5,4 19 h. 41 m. 20 h. 43 111.
- 29 51 0 Cancer. 5,5 6 h. 23 m. 7 b. 0 m.
- l Lion.- 5', 3 21 b. 23 m. 22 h. 18 111.
- 9 février . H Sagittaire. 6,0 4 h. 50 m. 5 ii. 38 111.
- var. 3,7 à 4,5 20
- 25 24 ç Gémeaux 19 b. 20 m. li. 14 21 m
- 80 Gémeaux, 5,7 • 19 b. 12 m. 20 b. ni
- 25 0 Cancer. 4,2 17 h. 55 m. 18 h.. 41 m
- 4-5 mars. . ?' balance. 5,9 23 b. 58 m. 0 b. 59 m
- 20 m Taureau. 5,2 21 h. 41 m. 22 b. 28 111
- 21 22 z* Orion. 4,7 19 b. 28 ni. 20 b. 47 ni
- y* Oriou. 4,8 0 b. 42 m. 1 b. b 7 24 in
- 29 — b Vierge. 5,7 0 h. 50 m. 1 b. m
- Étoiles filantes. — Les 2, 3 et 4 janvier, averse des Quadrantides : radiant (3 Bouvier. Le 3 mars : chute fréquente de bolides.
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol Persée).
- 17 janvier (22 b. 51 m ); 20 (19 b. 40 m.). — 9 (21 h. 25 m.) ; 12 (18 h. 14 m,). — 1" mai-59 m.); 24 (21 b. 44 m.}.
- 7 février (0 b. 56 111.1; s (23 b. 10 m.) ; 4 (19 b. Em. TOUCHE!.
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- BOITE AUX LETTRES
- ^VIS. — Dans la boîte aux lettres, La Réduction publie les |ajls d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés, idle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement, lin raison de l’abondance de la correspondance et dcs recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — La question de labsinthe. — leirP. Caries, delà Faculté de médecine de Bordeaux, nous adresse une petite brochure : La liqueur d’absinthe devant la Société de médecine de Bordeaux, qui présente beaucoup d’intérêt. Elle rappelle l’attention sur les plaisants arguments dont sont coutumiers les tenanciers de (•abarets pour défendre leur néfaste industrie. Voici celui des Bordelais : « L’absinthe et les apéritifs ne sont pas vendus chez les marchands de vin de Bordeaux. Non seulement ceux-ci n’y débitent que du vin, mais on doit les considérer comme les sauveurs de la mévente girondine. Enlin, la multiplication nécessaire est une conséquence heureuse de ce rôle de sauveur. » Le cabaret sauveur est une admirable trouvaille. M. Caries montre sans peine qu’il faut en rabattre et qu’à Bordeaux, comme ailleurs, le prétendu sauveur est un empoisonneur On doit savoir gré à tous ceux qui, comme. M. Caries, mènent la lutte contre l’absinthe et dénoncent les arguments — même bouffons — de ses défenseurs avoués ou inavouables.
- Le rayon vert. — M. Pradel, à Oran, nous écrit : « Au sujet du « Rayon vert » dont il est question dans voire n° du i5 décembre je viens vous signaler une observation que j’ai faite à plusieurs reprises. Il m’arrive souvent de me trouver en motocyclette face au Soleil au moment de son coucher. La route que je suis est perpendiculaire au sommet d’une colline (a5o mètres) derrière laquelle l’astre disparaît. Si l’on attend que le disque soit presque entièrement caché on peut le fixer, et au moment où il disparaît on aperçoit très distinctement un rayon de lumière verte. Le mouvement de translation rapide dont on est animé en motocyclette facilite peut-être la visibilité du phénomène. »
- Renseignements. — Mmc Monpin, à Elbeuf. — Il n’existe aucune espèce de rapport entre la folie et les lampes au tantale, que l’on peut employer sans aucune appréhension.
- M, E. Mouroux, à Poitiers. — Nous ne connaissons pas de travaux répondant à votre désir. Peut-être pourriez-vous obtenir des indications utiles en vous adressant au laboratoire de chimie de la Faculté des sciences de Poitiers.
- M. de la Boutresse, au château des Quillets. — i° Non, il n’existe pas de piles réversibles. Quand les matières entrant dans la composition des piles sont épuisées, il faut les remplacer. La pile Leclanché ne peut nullement remplacer un accumulateur. — :i° Il n’existe pas d’huile répondant aux conditions que vous indiquez. — 3° Nous ne connaissons rien d’analogue.
- M. P. Zang, à Paris. — Vous trouverez chez M. Béranger, éditeur, i5, rue des Saints-Pères, toute une série d’ouvrages relatifs au transport de l’énergie électrique et aux forces hydrauliques employées comme sources d’énergie.
- M. P’. A., à Paris. — Pour du sélénium et tout autre produit chimique veuillez vous adresser à MM. Poulenc, frères, 92, rue Vieille-du-Temple, à Paris.
- M. Chardin, à la Ferté-Milon. — L’ouvrage le plus complet en ce genre est le récent dictionnaire publié par MM. Masson et Cie, sous le titre Pratique médico-chirurgicale-, c’est tout à fait l’ouvrage qui conviendrait pour 1 architecte chargé de l’installation dont vous parlez; outre les questions d’hygiène individuelle, industrielle et sociale, il y trouvera toutes les données relatives aux lois de protection de la santé publique, etc.
- M. Vannot, à Lyon. — Pour des compas à tracer les ellipses, veuillez vous adresser à la maison Baraban, Thomas successeur, iyS, rue Saint-Honoré, Paris.
- M. P. Dessaigne, à Villefranche. — i° Il s’agit bien de carbonate de soude. — 20 II faut entendre parties comme poids et non comme volume.
- Accusés de réception.— Avis divers —M. H.Bère, à Paris. Voyez à ce sujet un des conservateurs du Musée Galliera, qui seul pourra vous renseigner. — M. de Feline, à Mantes. Nous avons donné la communication de M. Becquerel dans notre numéro du i5 décembre 1906. Veuillez vous y reporter. — M. IL. Vauthiers, à Bruxelles. Veuillez consulter le recueil de Recettes et Procédés utiles, ue, 3° et 4° séries, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.—M. Caries, à Bordeaux. Remerciements pour votre communication.
- HYGIENE ET SANTE
- Lin motif de résiliation de bail. — Sous ce titre, je faisais connaître, il y a deux ou trois ans, l’histoire curieuse d’une famille, atteinte de démangeaisons, de prurits incessants depuis le moment de son entrée dans uu appartement qu’elle venait de louer. Après bien des recherches, on reconnut que la cause de cette dermatose était la présence sur les meubles, sur les tentures, sur les papiers des murs et dans les rainures du plancher, de petits insectes du genre acarien, le glycyphagus ornatus, parasite qu’on voit pulluler sur les bois vermoulus, dans les crins ou la laine des vieux fauteuils. Il se trouvait justement que l’appartement avait été occupé par un marchand de vieux meubles qui y peignait les laines et çrins des sièges qu’il achetait de droite et de gauche. Les vieux meubles étaient partis, mais les insectes étaient restés et avaient infesté l’appartement.
- Pareille aventure vient d’être signalée par le Dr Ton-nel; mais cette fois, pour des raisons particulières, les habitants n’ont pas eu à souffrir seulement de démangeaisons. Ils’est produit des accidents plus graves et dus à un parasite d’autre sorte. ......
- Un appartement est loué pour une famille, père, mère et deux enfants; le père, atteint de furonculose, se trouve, au bout de quelques jours, incommodé par des taches sur la peau, taches avec prurit assez vif. Ces taches ressemblaient à des piqûres de punaises. Un des enfants est, lui aussi, peu après, atteint de ces mêmes piqûres, mais il ne s’agit plus alors de taches et de
- démangeaisons. Les piqûres s’enflamment et deviennent le point de départ d’abcès ou de phlegmons sur une quantité notable des piqûres.
- L’histoire de ce cas bizarre ne s’arrête pas là. Le second enfant, qui était jusque-là demeuré à la campagne, revient habiter avec ses parents, et lui aussi est pris des mêmes accidents. Effrayés de ces piqûres de punaises aussi dangereuses les parents déménagent et, huit jours après leur départ, tous étaient guéris.
- Mais une autre famille vient habiter cet appartement et, dès le lendemain, le père et un enfant sont atteints de piqûres, puis de petits abcès. Frappé de ces accidents graves, le Dr Tonnel se refuse à admettre les effets de piqûres de punaises; il fait recueillir les insectes et on reconnaît l’acarien du genre argas, l’ar-gas reflexus, parasite habituel de la volaille. L’enquête poursuivie révéla bientôt que quatre années auparavant un marchand de volailles avait utilisé cet appartement comme poulailler et y avait installé des poules et des pigeons. Comme dans le premier cas, pour les meubles, la volaille était partie, mais la vermine était restée, et les quatre années d’abstinence n’avaient pas suffi à la faire disparaître.
- Si l’appartement eût été désinfecté, nettoyé, après cette heureuse idée d’en faire un poulailler, les malheureux locataires n’auraient pas eu à subir les méfaits de ces parasites intempestifs.
- Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Divers ^e/§ï>
- Imperméabilisation des semelles de souliers. —
- On fait dissoudre 4 parties de suif dans 16 p. d’huile d’olive, on ajoute i p. de spermaceti et autant de cire, et I on enduit la semelle.
- Murs humides dans les garages. — C’est une vraie plaie que les murs laissant suinter l’humidité, et tout particulièrement dans les remises et garages à autos, qui ne peuvent manquer d intéresser particulièrement nos lecteurs. On se sert en Allemagne d un ciment qui donne les meilleurs résultats sur les murailles de briques. A 45 kg. de béton de mâchefer et de ciment Portland, on ajoute un peu plus de 3oo gr. de cire végétale ou de laque végétale, et enfin 3o gr. de chaux caustique dissoute dans seulement 7 litres d’eau bouillante. Quand le tout est bien mélangé, on laisse refroidir et sécher; puis on broie la sorte de pâle obtenue. C’est cette poudre line que l’on utilise ensuite pour faire sur la muraille un enduit de quelque 10 à 12 millimètres d’épaisseur.
- Briques de sciure de bois. — Il s’agit de briques pouvant être utilement employées dans la construction, et comme utilisation des sciures, qui constituent un sous-produit encombrant, et aussi pour leur qualité de faible sonorité et d isolement calorifique. On mélange la sciure avec de la magnésie réduite en poudre fine, les deux substances devant être malaxées par voie humide jusqu à parfaite homogénéité. On pile et on soumet au
- broyage, puis on fait subir une première compression préparatoire sous faible pression, pour renouveler en suite la compression, mais sous pression de 1 i/4 et en la maintenant 8 heures de suite. 11 faut finalement faire passer les briquettes ou lames (suivant la forme qu’on veut donner) entre les plateaux d’une presse hydraulique, et l’on obtient une matière, du reste imperméable, pouvant prendre le poli et susceptible de supporter une charge de flexion de 43q kg. par centimètre carré, ou de 854 kg. à la compression.
- Vernis transparent et élastique pour cuir. — Préparer d’abord un vernis avec i3oo gr. d’ambre jaune et le double de copal dur et pâle, dans 4 litres et demi d huile de lin bouillie. Il a fallu faire cela à chaud et eu retirant du feu, on additionne de 9 litres de térébenthine. Enfin, si l’on ne craint point de manipulée un produit essentiellement inflammable, on pourra ultérieurement compléter le vernis avec 220 gr. environ de gutta-percha brute dans un peu plus d’un litre de bisulfure de carbone (ce dernier mélange devant être filtré avant emploi).
- Ciment pour porcelaine et faïence. — Il s’agit d’un ciment résistant aussi complètement que possible à l’action de 1 eau bouillante. Ou se procure du chlorure de zinc avec une densité spécifique de i,5o; on en prend 100 parties, et l’on y fait dissoudre 3 p. de borax. Puis, avec ce liquide et de l’oxyde de zinc en quantité suffisante, on prépare une pâte de bonne consistance. Ce ciment est bien blanc.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Le temps. — Les derniers jours de l’année 1906 n’auront pas été cléments; le froid a sévi avec rigueur, la neige est tombée eu grande abondance. Le 24 décembre, la pressiou atmosphérique a subi des dépressions profondes dans le Nord du contiuent et sur la Méditerranée. Il est tombé 11 mm d’eau à Toulouse, 3 mm à Perpignan, 3 mm à Belfort. La température était le matin 20 à Toulouse, —3° à Paris, —70 dans la banlieue de Paris — 70 à Clermont, —i3° à Besançon, —5° au Puy de Dôme, —70 au mont Ventoux, —110 au Pic du Midi. Daus la nuit du 24 au 25 décembre, la neige est tombée à Lyon et une couche d’une épaisseur de quelques centimètres a recouvert le sol A Paris, une pluie, donnant environ 10 ram d’eau, est tombée sans interruption de 5 heures du soir à 6 heures du matin. Il est tombé 10 mm d’eau à Paris, 7 mm à Nancy, 7 mm à Dunkerque, 6 mm à Cherbourg, 4 mm à Brest. La température était le matin 3° à Paris, — i° à Clermont, — 20 à Marseille, —5° à Lyon, -—5° au Puy de Dôme, —6° au mont Aigoual. — 12° au Pic du Midi. A Thorn, en Allemagne, le thermomètre est descendu à —25°. De violentes tempêtes de neige ont eu lieu sur tout le massif des monts du Jura. On a signalé la neige à Remiremont. à Oyonnax, à Nantua. à Moulins, à Perpignan; dans certains villages de la Cerdagne, la hauteur de la neige était de 2 mètres. Le >6 décembre, la situation atmos|îhèrique a été troublée dans le Nord-Ouest de l’Europe par une profonde dépression; à Dunkerque, après une baisse de 22 mm en 12 heures, le baromètre marquait 736 mm. Le vent a soufflé en tempête à l’entrée de la Manche. Il est survenu de fortes pluies dans
- l’Ouest, et de neige dans le Nord et l’Est. Il est tombé 16 mm d’eau à Cherbourg, 10 mm à Besançon, 7 mm au Havre, 2 mm à Paris. La température était le matin 6° à Toulouse, o° à Clermont, — i° à Paris, — 70 à Belfort. La chute de neige à Paris a commencé vers 3 heures du matin; elle est tombée eu aboudauce et a vite atteint une épaisseur de 10 centimètres. Mais vers 7 heures du matin, la température a remonté à 3° et la pluie est survenue. La tombée de neige a été également très abondante dans les départements et le froid a été très vif. Dans la région des Ardennes, la couche de neige était de 3o centimètres. Châlons-sur-Marne et les environs étaient couverts de neige. Dans le département de Meurthe-et-Moselle, une tempête a sévi, soulevant la neige en tourbillons épais. On a noté — 180 à Remiremont, — io° à Dijon, —200 à Oyonnax. Le 27 décembre, la baisse barométrique de 23 mm, survenue eu 16 heures, a été exceptionnelle; la pression est tombée à 737 mm. II en est résulté sur les côtes Ouest et Nord de la France une forte perturbation. Des mauvais temps ont sévi sur les côtes de la Manche et de la Méditerranée. Des neiges et des pluies sont tombées sur presque tout le continent; on a recueilli 3 mm d’eau à Paris, 8 mm à Lyon, n mm à Naucy 21 mm à Toulouse. La température était le matin —40 à Paris, —8° à Nancy, — 70 au Puy de Dôme, — 1 4° au Pic du Midi. Les chutes de neige ont été très abondantes dans le Nord, à Lille, à Valenciennes, ,à Roubaix, dans les Ardennes, à Langres, à Besançon.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 3o à 6 h. 53 m. du soir.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- En raison des congés du icr janvier, nous avons été contraints d’ajourner notre Bulletin météorologique. La livraison de la semaine prochaine comprendra deux bulletins complets et rien ne manquera ainsi dans la collection météorologique hebdomadaire. Il n’y aura qu’un retard de huit jours pour un des bulletins.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF î E-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne fa Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, "Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, J 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1755 (12 JANVIER 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- 3&C
- INFORMATIONS
- oC
- Conservatoire national des Arts et Métiers. —
- M. Bouquet, directeur de l'enseignement technique au Ministère du commerce, est nommé directeur du Conservatoire national des Arts et Méiiers, pour une période de huit ans, à‘ partir du Ie' jauvier 1907, en remplacement de M. Chandèze, admis à la retraite.
- L’Automobilisme à Madrid. — Sur l’initiative du roi Alphonse XIII, un cours d’automobilisme va être créé à l’Ecole des Arts et Métiers de Madrid. Ce cours aura pour but de former des chauffeurs habiles, connaissant leurs machines, sachant lire les cartes géographiques, et n’ignorant aucun des règlements ni aucune des lois régissant la circulation automobile.
- Une crue de la Garonne. — Nous avons signalé dans notre dernier numéro la crue importante de la Garonne le 16 décembre. Notre collaborateur M. Rudaux, dont on n’a pas oublié l’article récent sur l’avalanche torrentielle qui a détruit une partie du village de Bet-pouey (Hautes-Pyrénées) en septembre dernier (n° 1746, du 10 novembre 1906), nous communique les détails complémentaires suivants qui lui ont été transmis par M. Burin-Desroziers, garde général des Eaux et Forêts, sur deux nouvelles catastrophes survenues dans la vallée du Vergons (près d’Argelès-Gazost) le 17 décembre dernier, après des pluies ininterrompues durant depuis quinze jours. La première de ces catastrophes a été causée par le ruisseau de l’Arthère. Cinq maisons du village d Ouzous. et malheureusement 9 habitants ont été engloutis sous une masse énorme de boue, évaluée approximativement à 3ooooo mètres cubes. L’accident a dû se produire de la façon suivante : le ruisseau de l’Arthère preud sa source sur la face sud de la crêle de Cugula (1.400 m.) dans un vaste entonnoir rocheux complètement déboisé; vers 750 m. aux granges d Illens. le ruisseau rencontre des lambeaux morainiques accolés aux flancs de la montagne, et, après le passage au milieu de ces terrains affouillables, traverse à 55o m. le village d’Ouzous. Les boues glaciaires ont été fortement érodées en avaf des granges dTllens, mais après elles forment un plaleaù occupé par une prairie que traverse le ruisseau. La grande quantité d’eau tombée et concentrée est venue imbibér jusqu’à saturation le sol de cette terrasse qui s’est détachée brusquement, recouvrant une partie du village sous la masse énorme précitée. La seconde catastrophe, survenue le soir du même jour, dans le ,'illage, dé Salles, tout près du précédent, a eu pour cause l’apport d’un ruisseau parallèle au premier, avec une même origine, et une même traversée de dépôts gla-
- ciaires. Seulement, à cet endroit, ces dépôts ne formaient pas une terrasse qui s’est ellondrée : il y a eu simplement érosion protonde sur une longueur de 1 km environ, et ce sont ces matériaux entraînés dans le lit Ou torrent qui ont ravagé le village dont cinq maisons ont été emportés; heureusement elles avaient pu être évacuées à temps, et il n’y a eu aucune perte humaine à déplorer. Pour les deux villages, 1 accident doit être encore attribué au déboisement des bassins de réceptions de torrents, et ce sont là de graves avertissements que devraient retenir les populations toujours quelque peu opposées à ces travaux restreignant l'étendue des pâturages.
- La Rhodésie du moyen âge. — Les ruines, maintenant laineuses, qui se trouvent en divers points de la Rhodé-ie, à Inyanga, Umtali, Zimbabyé, Nanatali. Dhlo-Dlilo, etc., ont donné lieu depuis que les chercheurs d’or se sont précipités dans la région, à une foule de légendes, auxquelles le désir naturel de poétiser et de grandir les mines modernes n’a pas été étranger. Pour Cecil Rhodes, lorigiue phénicienne de ces monuments ne faisait aucun doute (Voy. n° 1233 du 16 janv. 1897). Cependant, au lieu de raisonner dans le vide, on s’est décidé à faire des fouilles méthodiques et le résultat a été que l’âge de Zimbabyé et des autres villes, loin de remonter aux temps fabuleux de la reine de Saba, est à peu près certainement le xiv® ou le xve siècle. On y a, en effet, trouvé, du haut en bas des fouilles, jusqu’au sol primitif, des objets semblables, dont quelques-uns bien datés, comme une faïence persane et des verreries arabes du xiv° siècle (Zimbabyél, des débris de porcelaine chinoise du début du xvi° siècle et des perles de verre vénitiennes (Dhlo-Dhlo). enfin une coupe en porcelaine chinoise du xvie siècle (Khami). A côté de ces quelques objets imporlés, qui nous fournissent des daies. on a surtout rencontré des objets indigènes, des staluet'es grossières de femmes et d’animaux, que l’on n’avait, pas hésité d’abord à croire phéniciennes, des poteries à décor géométrique, des haches et couteaux en silex, rôle à côte avec des épées en fer, de la poterie idenlique à celle que fabriquent encore les Caftes. La conclusion est que Zimbabyé dut êlre la capitale nègre du Monomotapa, la ville principale d’un pays important, qui commerçait avec les Arabes du littoral en leur vendant son or. Ce pays devait être ruiné au moment de l’invasion portugaise, en 1 *>*>o ; ce qui a contribué à accréditer la légende phénicienne, puisque les plus anciens documents historiques parlent déjà de ces ruines comme d’une chose ancienne.
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- INFORMATIONS
- Une expérience de pisciculture marine. — Ou sait que i ou désigné sous le nom de Doggvr-Bank. une région de haut fond situee approximativement par 55° de latitude Nord et o° de longitude, e est-à-dire en plein centre de la mer du Nord, à peu près à égale distance des Iles Shetland et des Pays-Bas, et des cotes dauoises et anglaises. M. W. Garsiaug vient de se livrer daus cette région à des curieuses expériences de piseieulturë marine dont voici le résumé d après le North Sea Fisheries Investigation Commitiee. M. W. Garstang, ayant remarqué que les plies (espèce de poisson plat voisine de la limande) que 1 ou rencontre sur le Dogger, i° sont peu nombreuses, 2° sont presque toutes de grande taille, constata que cette bizarrerie s’explique par le fait que, ces courants n’amenant pas de jeunes plies daus cette région, la ceinture d eau profonde, qui l’entoure, constitue d’autre part un obstacle physique à leur immigration, de sorte que les quelques rares individus qui s’y trouvent et y prospèrent sont pour ainsi dire égarés en cet endroit. Comme cependant les conditions nutritives semblent excellentes au Dogger, M. Garstang essaya dy introduire artificiellement des jeunes plies dans l’espoir qu elles y prendraient un beau développement. Les essais, qui furent effectués avec environ i5oo jeunes pris à la côte auglaise et lâchés en différents points du Dogger, se montrèrent pleinement satisfaisants; des observations comparatives ont même montré que l’accroissement des plies sur le Dogger était sensiblement plus rapide que dans les eaux de la côte anglaise ou de la côte continentale, la proportion pouvant être de 3 à i. Il est vrai qu’eu raison du faible nombre de poissons transportés sur le Dogger, on peut se demander s’ils n’ont pas profité de conditions nutritives exceptionnelles qui ne se présenteraient pas si leur nombre était accru et par conséquent la concurrence vitale augmentée. Les chiffres présentés par M. Garstang permettent de croire, qu’en dépit de cette restriction, il y aurait tout iutérêt à ensemencer de plies la surface du Dogger-Bank. En libérant annuellement dans ses eaux uu million de jeunes' plies d’une vingtaine de centimètres, il semble bien qu’on puisse compter de mars à octobre, ou de mai à octobre, sur une pêche moyenne de 3o à 35ooo francs. On voit que cet essai de pisciculture marine est aussi intéressant économiquement que scientifiquement.
- Les mines d’argent du district de Cobalt au Canada.
- — Dans le grand essor minier et industriel du Canada, la spéculation américaine a choisi depuis quelque temps, pour s’y attacher les mines du district de Cobalt, dans la province d’Ontario notamment la Nipissing, dont les actions, après une hausse vertigineuse, ont eu un non moins brusque effondrement II existe, dans cette région, un très grand nombre d’affleurements filoniens, de veines minces, ayant en moyenne de 6 à 8 centimètres de large, qui renferment, par endroits, de fort belles teneurs. Les minerais d’affleurement, particulièrement riches, que l’on a seuls explorés jusqu ici, ont donné des chiffres de 35,10 francs par tonne, pour les 23oo tonnes de minerai préparé, qui ont constitué la production des trois premiers trimestres de 1906. Mais il faut s’attendre, comme dans tous les gisements où Y on a observé la même association du cobalt et de l’argent, à une rapide diminution-en profondeur. Les veiuules sont constituées par de la smaltine (cobalt arsenical), avec de la cobaltine (arséniosulfure du même métal) à gaugue de calcite, accompagnés d’argent natif, qui est un produit secondaire et d’argent sulfuré (argyrose). Ce type a été autrefois exploité en France aux Chalanches (Isère) et à Sainte-Marie-aux-Mines (Alsace-Lorraine); en Espagne, à Guadalcanal; en Suisse, au val d Annivier. Dans les 9 premiers mois de 1908, on a extrait, des premiers grattages superficiels, u3oo t. contenant pour 8 millions d’argent. 55o 000 francs de cobalt ( 138 t.)et 225 000 francs de nickel (69 t.). Le gouvernement canadien exige des exploitants une redevance égale au quart du produit brut.
- Le syndicat des borates. — A une époque où les cours des borates étaient très élevés, il existait, en Asie Mineure, à Sultan Tchair, deux compagnies concurrentes, l’une anglaise et l’autre lyonnaise. Le Chili et la Californie étaient, d’autre part, les grands producteurs du Nouveau Monde. Enfin les antiques Sofïioni de Toscane, dont il a été autrefois question ici (n° 1683), produisaient un peu d’acide borique. La baisse des borates,
- malgré leurs emplois croissants daus l’industrie (faïenceries et métallurgie) a amené Un groupement de ces divers intérêts sous le nom dé Borax Syndicale.
- La rouille du fer. — Nos lecteurs ont été tenus au courant des recherches eflectuées sur la formation de la rouille qui constitue un phénomène des plus complexes et des plus discutés. Uu nouvel auteur, M. Moudy, u ? constaté, contrairement à certaines assertions, que le fer, abandonné au contact de 1 air et de 1 eau, purgés d’acide carbonique, reste brillant pendant la durée do : cette exposition. Il ne se fait aucune absorption d’oxy-gèue atmosphérique par le fer en présence de leau pourvu qu’il n’existe pas d'acide carbouique ; mais eu préscuce de petites quantités de ce gaz, il y a oxydation rapide du métal et diminution du volume de l'oxygène. Il 11’y aurait pas, d’après le même auteur, production d’eau oxygénée pendant . le phénomène de la rouille l’altération du fer résultant d'abord d’une réaction entre le métal et l’acide carbouique en formant un sel ferreux, puis dune oxydation plus ou moins complète de ce sel ferreux par l’oxygène.
- La viscosité du pain. — La viscosité du pain est une maladie microbieune produite par une variété de Bacillas mesentericus. Le bacille est introduit daus la pâte par la farine et doit provenir du son; il est sous nue forme de spore prolifique, capable de résister aux hautes températures pendant un temps prolongé. Une lois présent dans la pâte, le développement du bacille, après fabrication du pain, dépend partiellement de la réaction du pain, partiellement des conditions atmosphériques. Le pain ne possède qu’une réaction faiblement acide, insuffisante pour prévenir le développement de la viscosité, qui peut être cependant empêché par addition de petites quantités d’acide acétique dans la pâte. Les basses températures et la sécheresse du pain conservé tendent à supprimer aussi ce développement, mais la température maximum de 180 ne peut être ex* édéc sans risques. Quand une fournée de pain est te uv mï visqueuse, toute la farine dont il provient doit être suspectée et essayée.
- La lutte contre le black-rot. — Notre confrère Le journal de l agriculture signale une intelligente initiative prise par mi professeur spécial d agriculture de l’arrondissement de Bar-sur-Seine pour essayer. d’enrayer la marche du black-rot, qui fait cette année des ravages importants dans les vignobles du département de l’Aube. M. Guille a fait afficher, dans toutes les communes de son ressort, un avis invitant les vignerons, dont les vignes ont été atteintes cette année, à ramasser soigneusement et à brûler les raisins desséchés par la maladie, de façon à empêcher la conservation de germes qui deviendraient au printemps de nouvelles causes d’infection. Cette excellente recommandation est, nous l’avons dit ici bien souvent, toujours bonne à suivre en ce qui concerne les maladies des plantes.
- La production du sucre en 1905-1906. — La
- direction générale des contributions indirectes vient d'établir d’une façon définitive les résultats de la production du sucre pendant la campagne 19**5-1906. La quantité totale extraite des turbines a été de 968748 Ion-nés, au lieu de 553 a54 pendant l’exercice 1904-190'), ce qui fait une augmentation de 415 49 i tonnes. On s’attend, par contre, à ce que l’année 1906-1907 donne des résultats beaucoup moins brillants, par suite surtout de là surface moindre consacrée à la betterave dans beaucoup de localités.
- Le commerce à Madagascar en 1905. — D’après la feuille de renseignements de Y Office' colonial, le commerce total de notre grande colonie s’est élevé eu igo5 au total de 54017768 francs, auj‘lieu de 4^77^ B18 en 1904. soit une augmentation de 8240920 francs. Sur ces chiffres, il faut compter pour l’importation 31463774 francs (augmentation de" 5044390 francs) et pour l’exportation 22 553 994 francs (augmentation de 3 196500 francs). C’est, le chiffre le plus élevé que l’exportation ait jamais atteint et chaque année -marque un accroissement continu; par contre, le chiffre le plus élevé d’importation a été atteint en 1901 ; il était alors de 46032759 francs. ' . : , - : ; > r
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Horlogerie
- L’Auto-Réveil. — Notre confrère L horloger a décrit, dans un de «es derniers numéros, un auto-réveil formé d’une horloge de précision avec un distributeur électrique. Cet appareil permet, par sa disposition, de taire fonctionner une série de sonneries soit à la même heure, süit à des heures différentes. 11 suüit d’introduire dans un des porte-fiches la fiche correspondante à la chambre où la sonnerie doit fonctionner. La figure ci-joiute donne une vue d’ensemble de f auto-réveil ; ou voit l’horloge, au-dessous se trouvent les porte-rüehes et plus bas les fiches avec lés fils dé connexion. La mise en action d’une ou de plusieurs sonneries, peudaul un temps et à des heures déterminées, s’obtient au moyen des aiguilles de l’horloge fermant ou ouvrant un circuit électrique sur une sonnerie au moyen de balais fixés sur ces aiguilles, suivant que ces balais sont en contact ou non avec des plots. La combinaison des deux aiguilles permet d obtenir la fermeture ou l ouverlure d’un circuit, èt la grande aiguille opère le réglage pour une durée de 3 miuntes ; le contact s’opère sur une longueur de 20 millimètres. Les plots sont répartis sur une circouférence, aux quarts d’heure; ils sont formés par une pièce métallique traversant une plaque isolante. Une extrémité constitue le plot de contact pour la petite aiguille, l’autre est réunie à une prisé de courant. Sur une deuxième circonférence située en dehors de la première sont disposés d autres plots, aux quarts d’heure de la grande aiguille. Ces plots métalliques sont réunis par un conducteur à une sonnerie électrique. Les aiguilles sont isolées du mouve’ment par un isolant qui se trouve interposé autre le canon des aiguilles et le canon de la minuterie. Les aiguilles sont reliées entre elles au moyen de deux balais fixés sur le canon de la petite aiguille et faisant ressort sur le canon de la grande aiguille. — Cet intéressant appareil est construit par la Société anonyme de 1 Auto-Réveil à Montbéliard (Doubsj. •
- CjgTNi. 'Electricité
- Soudure du plomb au moyen du chauffage électrique par résistance. — Notre confrère La Revue électrique a indiqué récemment un procédé fort employé pour faire les soudures de plomb et remplacer les soudures au chalumeau à air et à hydrogène. Le procédé
- ï,'Auto-Réveil.
- consiste à faire la soudure par chauffage électrique I/appareil se compose d’une baguette de charbon (fig. i
- serrée dans une pince en laiton à charnière qui est fixée à une poignée en bois et reliée intérieurement par un gros fil; de cuivre à la borne de prise de courant. Cette borne est réunie au pôle négatif d une batterie d'accumulateurs. dont le pôle positif est en communication avec la pièce à souder. Lés impuretés se transportent élecirolytiquement sur le charbon et ne souillent pas la soudure. On peut augmenter la conductibilité du charbon en le recouvrant d’un dépôt de cuivre. Sur les parties à souder on a soin de mettre un peu de suif pour faci-
- liter la fusion et la réunion des particules de plomb fondu. Lorsqu il s’agit de souder des feuilles de plomb, ou recourbe un peu l un des bords (fig. 2), et ou rajoute du plomb au moyeu d'une baguette de soudure. Le procédé est très simple, très économique et sans danger.
- Attache électrique. — Dans les connexions électriques qu’un électricien est appelé à faire à chaque instant, il importe surtout d’avoir de bons contacts, bien établis, ne donnant pas lieu à des échauflemeuts anormaux. Le plus souvent, on se contente de prendre 1 extrémité d un câble, de le tordre sur lui-même, puis de l’ajuster sous une borne que l’on a soin de serrer fortement pour maintenir le câble. Mais dans la plupart des cas, cette disposition ne sera pas suffisante. Le Phénix Reidacrem construit une attache électrique qui peut être très utile dans ces cas. Cette attache se compose d un tuyau C (fig. 1), muni d’un pas de vis à une de ses extrémités. Les fils qui forment le câble sont d’abord étirés uu à un (fig. 5), et le câble D est passé
- Attache électrique. — Fig. 1 à 7. — Détails et dispositifs.
- dans le tuyau, en ayant soin de laisser dépasser les fils à la partie supérieure. Ou place ensuite au milieu des fils uu coin biconique métallique B, que I on enfonce en frappant dessus légèrement avec un marteau. Puis on visse fortement la pièce C daus le chapeau A. qui porte à sa partie supérieure une plaque métalliqxie pouvant se prêter très aisément à tontes les connexions. Ou obtient alors (fig. 2 et. 3) une attache solide qui est d'un côté intimement reliée au câble et qui peut se fixer facilement par la partie eu forme de plaque. On voit dans la figure 6 deux attaches ainsi faites et réunies à deux bornes d’accumulateur. On peut également enrouler le câble autour du coin (fig. 4L il est aussi très facile de rabattre les extrémités des fils sur la partie supérieure du coin B et d’assurer la pression à l aide de rondelles placées sur ce coin. Dans le cas de gros câbles d une section de 3o millimètres carrés, on se sert d’un anneau A B (fig. 7), autour duquel on replie les extrémités des (ils. Ces différentes dispositions sont très intéressantes et montrent que Ton peut obtenir de bons contacts en évitant les soudures. Nous ajouterons que Ton peut encore obtenir des contacts absolument fixes dans les applications à secousses ou à trépidations. Il suffit de munir la tête A d’une vis d’arrêt qui se prolonge jusqu’à l’intérieur et qui maintient la pression intérieure. Cette opération se fait très aisément à l’aide d’une vrille et d’un foret. L’attache électrique, qui se fabrique pour toutes dimensions, a l’avantage d’assurer de bons contacts, une grande rapidité de pose, et une grande sécurité contre les échauffemenis. — L’attache électrique est en vente au Phénix-Reidacrem, à Louvres (Seine-et-Oise). '
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Moteurs ^«,§33
- Appareil de contrôle de l’étincelle d’un moteur à explosions. — Ce petit dispositif a été imaginé par M. A. F. YYliile, de Stroud, Gloueester, Angleterre, et nous l’avons vu récemment expose et en service à l’exposition de la Société Royale anglaise d’Agrieuliure, où il était monté sur des moteurs plus spécialement destinés à l’agriculture. Il est construit, croyons-nous, par les usines Dud-bridge Irou Works, et son prix doit être très faible.
- On sait, parfois par expérience, que lorsqu’un moteur à pétrole s’entête à ne point vouloir partir ou fonctionner, on est souvent obligé de se livrer à de longues recherches pour localiser, reconnaître la faute, taudis quil peut s agir simplement d’un mauvais contact électrique quelconque, qu’on ne trouvera qu’après vérification de presque tous les lils.
- M. White s’est dit qu il serait bien plus simple de rendre constamment visible l’intérieur de la chambre d explosion, à l’aplomb du point où se fait l’étincelle d’inflammation. Immédiatement au-dessus de ce point d éclatement de l’étincelle, on moule à vis une sorte de coupelle percée verticalement par en bas comme le montre le dessin ci-joint; dans ce logement, ou place une bille de verre aussi trauspareut que possible et Ion visse par dessus un chapeau qui est percé lui-même d’un trou dans l’alignement de 1 ouverture inférieure. Tout cela doit être serré à bloc, pour éviter les fuites, et l’on y arrive si l’on emploie un métal un peu plastique pour venir s’écraser légèrement au contact de la bille de verre. Il va de soi que l’œil voit parfaitement l’étincelle se produire, ou constate au contraire aisément un raté.
- Divers
- Rince-tonneaux. — Le rince-tonneaux est un appareil essentiellement pratique qui, par le frottement de la brosse avec l’eau, fait disparaître de l'intérieur des fûts les matières grasses, les produits du collage, les lies, les fleurs et les limons, si difficiles à enlever. Il se compose d’un axe vertical que l on introduit dans le tonneau ; à l’extrémité intérieure peut se visser une brosse à angle droit, et au dehors on place une manivelle. L’appareil se monte de la façon suivante : on visse l’équerre porte-brosse sur le grand côté de la brosse, on visse ensuite
- Le Eince-tonneaux.
- Avertisseur à détonation. — Il est toujours utile de
- disposer des avertisseurs à détonation forte, lorsqu’il s’agit de défendre des appartements, des maisons de campagne, des villas. Ces appareils de sécurité, qui ne sont ni encombrants ni coûteux, peuvent rendre de grands services et éviter des dommages considérables. Ln elfel, une grande détonatiou donne l’alarme, attire l'attention des passants, et le voleur croit souvent qu'on tire sur lui; dès lors il ne songe qu’à s’enfuir. L avertisseur à détonation, que représente la figure ci-dessous, est des plus sim [îles et peut être placé à toutes les
- Avertisseur à détonation.
- portes et les fenêtres; on peut même décrocher l’appareil pendant la journée et ne le laisser en fonction que la nuit. Pour armer l’appareil, on ouvre la culasse qui est tenue par une petite manette, on introduit la cartouche et on refer me. On tire ensuite le percuteur, et on appuie la détente sur l’arrêt-support de droite ou de gauche, suivant la disposition de la porte ou de la fenêtre, afin que le battant en s’ouvrant la fasse partir. Pour armer et désarmer le détonateur de l’extér ieur, il existe un verrou Irès simple. A l’intérieur, il y a un boulon que l’on lourne, et à l’extérieur une clé. Le disque tournant est à quatre mouvements; seul le propriétaire doit savoir combien de tours il faut donner pour armer ou désarmer l’appareil, par la flèche indicatrice de la clé, dont la pointe doit être tournée à gau-he, à droite, en haut ou en bas, suivant le secret que l’on peut changer à volonté. A cet eflet, on dévisse le bouton, on change le carré de la tige correspondant à la clé et on revisse le bouton. — L’avertisseur à détonation est en vente chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Frotteur électrique. — Notre confrère Elektro-technische Zeitschrift signalait, il y a un peu de temps, un nouveau frotteur électrique composé d’un moteur électrique de faible puissance qui met en mouvement une
- Frotteur électrique.
- l’équerre toute montée sur la tige, et ou fixe la poignée au moyen de l’écrou placé sur la tige. Après avoir mis un broc d’eau dans le fût, on introduit le bout du balai dans la bonde et on redresse l’appareil en appliquant la plaque de fonte contre le fût ; mais il faut avoir soin que les flèches ou fentes soient dans le sens de la longueur du tonneau. On appuie alors sur la manette de serrage pour fixer l’appareil. On tourne quelques tours de manivelle dans les deux sens, en laissant la main gauche sur la mauette, puis on lève la manette, et l’appareil étant desserré, on le retourne pour faire l’autre moitié du tonneau, en faisant le même mouvement. — Le rince-tonneaux se trouve chez MM. G. Lapointe et Derain, 28, rue Godefroy-Cavaignac, Paris (XIe).
- brosse se déplaçant sur le parquet ou sur le linoléum. Un manche approprié à hauteur d’homme permet de déplacer l’appareil à volonté. L’énergie électrique est fournie au moteur par une dérivation prise sur le circuit de distribution. Le plus petit modèle convient aux petites installations; d’une puissance de i*>o watts, il permet de frotter à l’heuré 100 mètres carrés de parquet ou de linoléum. Le deuxième modèle peut être utilisé dans les hôtels, les magasins, les bureaux; il consomme une puissance de s5o watts et dans une heure permet de frotter une surface de 4oo mètres carrés. — Le frotteur électrique se trouve à la Compagnie Blitzbohner, Friedrichstrasse, 5a, à Berlin.
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- VARIÉTÉS
- Analyse des produits cupriques anticryptoga-
- niiques. — Du sait que le commerce des produits cu|)'*iqucs antieryptogamiques est réglementé par la loi du 4 iyo‘3. Pour 1 application de cette loi des
- arrêtés ministériels doivent déterminer le detail des opérations â effectuer dans chaque cas. Le ministre de l'agriculture a tait, paraître un premier arreté que nous nous empressons de porter à la connaissance de nos lecteurs.
- En vue d assurer l'analyse des produits cupriques antirryptogamiques, il est prélevé pour chaque opération un échaulilhm de *i5o grammes. Ces échantillons sont entérinés dans des sacs en papier s’ils sont à l’état solide, dans des bocaux s ils sont à l’état pâteux ou liquide. Le dosage du cuivre pur contenu dans ces produits doit être effectué d après les méthodes suivantes :
- I. Sulfate de cuivre commercial. — Ou pulvérise le sel de manière à en constituer un échantillon homogène, on en pèse 10 grammes qu on tait dissoudre dans 200 centimètres cubes d’eau distillée et ou introduit 20 centimètres cubes de la solution correspondant à 1 grarmn»-de matière, dans une capsule de platine avec environ 80 centimètres cubes d’eau et 2 grammes d’acide sulfurique ou azotique. Ou fait communiquer la capsule avec le pôle positif dune pile ou d’uu accumulateur et on plonge dans le liquide un creuset ou une spirale de platine, exactement pesés à l’avance et reliés au pôle négatif. Avec un courant de 0.2 ampères environ, surtout si loti chauffe légèrement, lélecirolyse est terminée a près huit ou dix heures. Alors ou enlève rapidement l'électrode négative, sans interrompre le courant, on l'agite vivement dans un bain d’eau distillée, on la lave à 1 alcool on la sèche à l’étuve ou plus simplement, 011 en fl mime l’alcool qui mouille sa surface, eu évitant toute surchauffe locale qui pourrait déterminer une oxydation partielle du cuivre, et enfin 011 pèse. On peut aussi employer comme appareil d électrolyse uu creuset de platine relié au pôle négatif de la pile, dans l'axe duquel ou place un gros fil de même métal, formant électrode positive, il faut alors employer un courant un peu plus fort, voisin de 1 ampère, et recouvrir le creuset d’un petit entonnoir renversé pour faire retomber dans le liquide les gouttelettes projetées par le dégagement gazeux. Le poids du cuivre trouvé multiplié par le coefficient 3-9*18 donne la quantité correspondante de sulfate pur et cristallisé (SO4Cu -f- 5 H201 ; il peut arriver, si le sel est effleuri. que 1 ou trouve une richesse supérieure à 100 pour 100; dans les produits commerciaux ordinales elle est généralement de 98 à 99 pour 100. Pour rechercher le fer, il suffit d’ajouter à la solution du sel un excès d ammoniaque et d’y faire passer un courant d’air pendant quelques heures; il se précipite du peroxyde de fer que l’on peut recueillir sur uu filtre, laver, calciner et peser.
- IL Verdet ou acétate de cuivre. — On prend i5 grammes du sel que l’on dissout dans Peau, on ajoute quelques gouttes d acide sulfurique; on ramène le-volume à 500 centimètres cubes et on filtre. 20 centimètres cubes de cette dissolution, correspondant à 1 gramme de sel. sont mis dans une capsule avec i centimètre cube d’acide sulfurique concentré; on évapore jusqu’à l’apparition de vapeurs d’acide sulfurique. L’acide acétique est alors chassé et l’acétate transformé en sulfate de cuivre. On redissout dans Peau, on introduit la solution dans le creuset et Pou opère comme pour le sulfate de cuivre commercial.
- iïl. Bouillies cupriques, gélatineuses, mélassées. à l'alan, au savo'iou au sulfate d'alumine. — On calcine pour détruire les matières organiques et on traite par l'aride sulfurique. Si la bouillie renferme peu d’alumine, lélectrolyse de la liqueur peut se faire directement. Si an contraire, on se Irouve en présence d’une quantité très abondante d’alumine, on précipite le cuivre sous forme de sulfure, on transforme en sulfate et finalement On électrolyse.
- IV. Autres produits cupriques. — On y dose le cuivre soluble, et, s il y a lieu, le cuivre total soluble dans l’acide azotique dilué. On opère comme pour le sulfate
- de cuivre, avec une quantité de matière correspondant environ à 1 gramme de sulfate de cuivre cristallisé, ce à quoi il est facile d arriver par un essai colorinietrique approximatif de la soluiion. Si la liqueur renferme du chlore, auquel cas il pourrait y avoir' transport de platine par le courant, il faut d’abord s en débarrasser en chauffant la matière avec un petit excès d’acide sulfurique, jusqu’à dégagement d’épaisses vapeurs blanches, ou reprend ensuite par l’eau acidulée si c est nécessaire et on électrolyse comme précédemment. Dans le cas où le produit est très impur, il est utile de séparer d abord le cuivre de sa solution à l’état de sulfure; on recueille alors celui-ci, ou le redissout dans l’acide nitrique bouillaut et ou électrolyse.
- La consommation universelle de la viande. — Les
- Anglais sont considérés comme le peuple le plus carnivore de 1 univers, et ils le sont eu partie, car il n’y a nulle part ailleurs des consommateurs de viande aussi « sérieux » que les membres de la haute aristocratie britannique, dont chacun engloutit d’après le dernier rapport de la Société royale de statistique de Londres, la copieuse moyenne de 3oo kg par an.
- Il est vrai que cette moyenne en quittant les hauts sommets aristocratiques, suit la courbe décroissante de la richesse et de 1 aisance; elle se maintient encore à 13f> kg pour la classe bourgeoise, mais elle atteint à peine 4*L5oo kg chez les artisans et les journaliers.
- Comme ces derniers sont de beaucoup les plus nombreux, leur quote-part fait tomber la moyenne générale du Royaume-Uui à 5i,245 kg par habitant et par an, c’est-à-dire un peu au-dessous de la moyenne danoise laquelle, d’après les renseignements statistiques qui nous ont été fournis de Copenhague, serait de 5a.5oo kg.
- Dans cet ordre d idées, Danois et Anglais occupent ainsi le premier rang en Europe. Faute de documents français complets, nous ne savons pas si le second rang appartient à noire pays ou à l’Allemagne.
- Grâce aux remarquables travaux du Ministre de l'Agriculture de Prusse et de 1 Office royal statistique de Berlin, dont les derniers rapports annuels sur l’année 1905 viennent de paraître, nous savons que chaque Prussien consomme 45 kg de viande par an et que sur ces 45 kg, les deux tiers sont formés par la viande de charcuterie. De sorte que dans l’alimentation de 36 millions de Prussiens, la viande de porc entre pour plus de x milliard de kilogrammes!
- Quoi qu’il en soit, la Prusse consomme moins de viande que le reste de 1 Allemagne, si bien que la moyenne générale de tout l’Empire est de 1 kg et demi — soit 46,5oo kg — supérieure à celle de la Prusse.
- A ces chiffres précis, s’étendant sur l’ensemble de la population, nous ne pouvons opposer, en France, que les résultats incomplets d’une enquête du Ministère de l’Agriculture, faite en 1897, et ne comprenant que les «hefs-lieux de départements et les villes au-dessus de 10000 âmes, soit un total d’environ 11 millions d’habitants.
- Cette fraction de la population a consommé, cette année-là. près de 675 millious de kilogrammes de viande, soit exactement un taux moyen annuel de 58,25o kg.
- Il est hors de doute que la quote-part des autres trois quarts de Français appartenant aux communes les moins importantes, et. par cela même, les moins carnivores, eût considérablement réduit le taux moyen de la consommation géuérale.
- Déjà, notre enquête personnelle fait tomber cette moyenne à 36 kg; elle ne comprend, cependant, que 5 villes sur 40 d’une population inférieure à 10 000 habitants. (Les abattoirs publics, vol. i, page 696 et suivantes.)
- Un document remarquablement complet et quelque peu humiliant pour l’amour-propre de nos administrations nationales, vient d être publié à Rome, par la direction générale italienne de la Santé publique. Il contient des renseignements très intéressants sur tout ce qui a trait aux abattoirs, aux tueries privées et à la consommation de la viande pour chacune des 8262 com-
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- munes qui composent le Royaume d’Italie et fait ressortir justement., d’uue façon frappante, la différence de consommation qui existe entre les communes urbaiues et les commuuijs rurales.
- Eu Italie pays méridional et nation pauvre, cet écart est certes bien plus prononcé qu’eu France. En effet, tandis que chacun des 5 5po:ooo habitants des 69 chefs-lieux de province consomme annuellement 5 >,5oo kg, soit un total de 3ti millions de kilogrammes, l’ensemble de la population, soit 31 millious d’habitants, se contente de 692 millions de kilogrammes de viande, soit 21,114 kg par habitant et par au. Et encore, la moyenne ainsi obtenue a été calculée sur le poids vivant-, le poids réel serait inférieur d un tiers au moins et n’atteindrait qu’un peu plus de 14 kg.
- Le rapport détaillé sur lequel nous relevons ces chiffres, coutieut une foule d’autres renseignements Noious, eu passant, que 1 Italie lieut le premier rang, en Europe, quant au nombre des abattoirs publics :' elle en possède 1334• alors que lu France u’en compte que q12 l’Allemagne 85o, T Autriche-Hongrie 200, etc.
- Sur les autres pays européens, les documents nous font défaut. La consommation moyenne en Espagne, doit être encore plus faible qu’eu Italie. Eu Belgique, elle n’atteindrait, d'après l’euquêie de M. R. F. Crawl'ord que 3i kg par habitant et par an, ce qui parait plutôt faible.
- Eulin, suivant les statistiques du Census Bulletin chaque citoyen américain se contenterait d’uue uioyenue de 40 kg de viande par an. .1. de Lovehdo.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Le temps. — Dans notre chronique météorologique, parue dans le u° 1734 du 5 janvier 1907, dout le tirage a •eu lieu avant les congés du ier janvier, nous u avons pu donner les derniers renseignements météorologiques dè l’année; nous les douuous dans la présente chronique, atin que tout soit au complet dans uotre petite •revue météorologique hebdomadaire. Le 28 décembre, la pressiou barométrique était peu élevée sur l Europe ; on notait 754 mm sur la mer du Nord, la Baltique et l’Italie. Des neiges et des pluies sont tombées dans toute la France; on a recueilli 1 min d eau à Clermout,
- 5 mm à Dunkerque, 9 mm à Brest, 10 mm à Besançon. La région de Coutrexéville a été encombrée de neige; à Saiut-Mihiel, la couche de neige était de 35 centimètres. Dans le Nord, on a signalé des tempêtes de neige à Arras à Soissons, à Calais où est surveuu également un orage électrique. Dans l’Ouest, la neige a fait sou apparition à Concarneau, à Morlaix, à Redon. A la suite de grandes avalanches, de nombreux accidenis ont eu lieu dans les Pyrénées, aux environs de Perpignan. Le 28 décembre, à 7 heures du matin, le thermomètre marquait t° à Toulouse, —4° à Paris, —9° à Lyon, —io° au Puy de Dôme, — 140 au mont Aigoual, — 170 au Pic du Midi. Le 29 décembre, la situation atmosphérique est restée sensiblement la même. Les chutes de neige ont encore été très abondantes et ont causé de grands embarras à la circulation des trains, surtout en Angleterre. Il a plu à Paris (2 mm), au Havre (5 mm), à Brest {5 mm), à Biarritz (18 mm). La température était le matin —i° à Paris, —4° à Marseille, —5° à Belfort,
- — 5° à Lyon, — i5° au mont Ventoux, —- 210 au Pic du Midi, — 170 à,Chambéry. Le 3o décembre, la pression barométrique est remontée à 1 Est de la France. Les neiges et pluies ont nonne 33 mm d’eau à Biarritz 5 mm à,Lyon. 4 mm à. Limoges, 2 mm à Nice, 1 mm à Nantes. La température était le matin 2° à Toulouse, —i° à Marseille, —4° au Havre, —70 à Belfort, —i3c au mont Aigoual, —iô° au mont Ventoux, —220 à Gap; à Paris, on a observé en ville —4°, et dans la banlieue
- — 6°. Le 3i décembie, une dépression a eu lieu sur les Iles-Britanniques et son influence s’est fait sentir sur le Nord de la France; la baisse barométrique a été de 7 mm. Le vent a souillé d’entre Sud et Ouest sur la Manche; la mer a été houleuse à Calais. On a signalé encore de grandes chutes de neige à Chaumont, à Nan-tua, à Bellegarde, à Autun, à Saint-Étienne, à Agen; Madrid a été couverte de neige, une forte tempête de neige s’est abattue sur le département d’Oran en Algérie. La température était le matin —4° à Marseille, — 5° à Paris, — 12° à Clermont, —90 au Puy de Dôme, — 120 au Pic du Midi, —200 au mont Mounier. Le Ier janvier 1937, des averses sont tombées à Paris à divers moments de la journée. On a signalé des pluies à Nancy, Brest, Calais, ainsi que des chutes de neige dans le Nord, toujours très abondantes. La température était généralement plus élevée dans toutes les régions; à Paris, la moyenne de la journée a été 5°.8. Le 2 janvier, le Nord-Ouest de 1 Europe a été troublé par une dépression en Écosse; le baromètre marquait 744 mm à Dunkerque, et une vitesse moyenue de i3 mètres par seconde. Il
- est tombé 21 mm d’eau à Cherbourg, i4 mm à Calais,
- 10 inm à Belfort, 3 mm à Liipoges, 2 mm à Paris. Le thermomètre marquait le matin i4° à Biarritz, y» à Paris, 90 à Brest, 5° à Clermout, 4° à Besançon. A Paris, les vents ont souillé avec force d’entre Sud et Sud-Ouest; ils ont atteint une vitesse maxima de 18 .mètres par seconde. Il y a eu une tempête du Sud-Est sur la Manche; les pluies ont été abondantes sur le littoral. Le 3 janvier, la pression atmosphérique était basse à l Est et au Sud ; le baromètre marquait 762,3 mm à Paris. Un veut très fort d eutre Sud et Ouest a souillé vsur nos côtes de la Manche et à la pointe de Bretagne.
- 11 a plu à Paris (t mm), à Toulouse (4 mm), à Brest (6 mm), à Besançon (7 mon), à Cherbourg (8 mm), à Nantes (10 mm), à Dunkerque ( 15 mm). La température était le matin 20 à Belfort. 3° à Paris, 4° à Clermout, 6° à Marseille, —3° au Puy de Dôme, — 70 au mont Mounier, —g0 au Pic du Midi. Le 4,janvier, la pression barométrique s’est rapidement relevée ; elle était 771 mm eu Gascogne, 768,3 mtn dans la région parisienne. Les pluies ont été abondantes et générales; ou a recueilli 22 mm d’eau à Biarritz, 7 mm à Bordeaux, 5 mm au Havre, 5 mm à Nancy, 1 mm à Paris. La température s’est abaissée; elle était 70 à. Cherbourg, — ii° au mont Ventoux, — i5° au Pic du Midi, o° à Belfort, 20 à Clermont, 20 à Paris. La température moyenne de la journée à Paris a été 2°,4, supérieure de o° 4 à la normale. Par suite des pluies, la fonte des neiges a été rapide; il en est ré>ulté quelques crues de rivières. Le
- 4 jauvier, la Seine, à Paris, a subi une crue provenant du gonflement de la Marne et de l’Yonne; la montée des eaux était de 10 centimètres à la traversée de Paris. Dans les départements on a signalé des crues à Sedan, à Vouziers, à Saiut-Dié, à Avesues, à Besançon. Le
- 5 jauvier, après une hausse continue, la pressiou atmosphérique a atteint 774 mm à Dunkerque, 776,6 mm à Paris. La hausse de 3o mm depuis le 3 janvier 3h 25“ du soir au 5 janvier 9 heures du matin est exceptionnelle. Chaque année, à pareille époque, à Paris, on observe des variations,; mais celles-ci 11e dépassent pas en général 20 mrp en 24 heures. On ne signale aucune pluie en France. La température était le malin o° à Tm. iouse, — i° à Paris, — i° à Clermont, —3° à Belfort, — 9° au Puy de Dôme, — i.o° au mont Aigoual, —i5° au Pic du Midi. Le 6 janvier, il est tombé 1 mm d’eau à Paris, 2 mm à Toulouse, 4 mtn à Brest, i5 mm à Lyon. La température s est relevée; ôn notait le matin 5° à Toulouse, 6° à Paris, — i° à Belfort, — 20 à Marseille. La pression barométrique était '771,8 mm à Paris. Dans la matinée, on a observé à Paris une petite pluie de 7 heures à 8 heures ainsi qu’entre midi et 2 heures du soir. La température moyenne de la journée à Paris a été 5°.7, supérieure de 3°,7 à la normale. En général dans toute la France le temps a été pluvieux et doux. On a signalé un vent modéré des régions Ouest sur la Manche et la Bretagne.
- PHASES DE. LA LUNE, : Néant.
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d'un interet général qui lui sont signales par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes Je renseignements qui lui parviennent accompagnées d'une bande d'abonnement. Kn raison de l'abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- i . ..
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- nouveau baromètre enregistreur ést construit par MM- Chauvin et Arnoux, 186, rue Championne!, à Paris.
- Communications. — Le premier Salon de Vacétylène.
- __U Union française: des Acétylénistesy 104, boulevard de
- Clichy, à Paris, uous lait part de i heureuse réussite du premier Salon de l’acétylène. « Ce Salou, quoique de courte du*’ée, montrait dans un espace restreint (les Labo-raioires de FOUice Central de l’Acétylène) tons les progrès réalisés par la jeune industrie dans un laps de temps relativement court: soudure autogène par les chalumeaux oxyacétylénique, incandescence par manchons et par les chalumeaux ' oxyacélylénique et aéro-acétyiéuique sur des pastilles de terres rares; procédés dé chauffage domestique et industriel; série très intéressante d'appareils portatifs; enseignes lumineuses à allumage et exiim-tiou automatique des. moteur» , applications à l'agriculture, à la médecine, à 1 éclairage des automobiles, des phares, des appareils à projection. »
- Pour, empêcher Jes coqs de . chanter. — On nous demandait dernièrement un moyeu pour empêcher les coqs de "chanter la nuit. Voilà la solution que nous envoie un nos lecteurs : « Ce moyen est basé sur l’observation que le coq, avant de chanter, se dresse sur sçs pattes, lève la tête, allonge le cou et pousse dans cette position, so i fameux cri. Donc : on place les bâtons perchoirs à la même hauteur et, à la nuit, au moyen d’une corde mnnœuvrée du dehors, on abat, lentement et sans bruit par un simple mouvement de charnière, un toit mobile à o, io. m. ou o 35 m. environ au-dessus des perchoirs; il arrive alors ce ci : lorsque le coq veut s’allonger dans le sens de la hauteur, il donne un coup de tête dans les planches du toit et.... il ne chaule pas, la position normale du chant lui étant interdite. »
- Renseignements. — M. Weber, à Paris. — Les rouleaux encreurs d’imprimerie sont faits de colle forte, de gélatine ou de colle de poisson, fondues et mélangées à de la mélasse ou du miel, quelquefois de la glycérine. Vous trouverez peut être des ouvrages se rapportant à leur fabrication chez MM. Dunod et Pinat, 49» quai des G ran d s-A n gu s t i n s.
- M. D. B., h Paris. — Nous pouvons aussi vous indiquer une colle Ti juide qui cimente le métal et le verre et peut également servir pour recoller des assiettes tassées. Cette colle est désignée sous le nom do- Synde- -hkon et se trouve aux magasins de « La Mercedes », 32, rue de Provence, à Paris.’
- M. Ph. Rà Au tu n. — Vous pourriez essayer le llierrno Permis, décrit dans La Nature, n° 700, et qui est excellent. Nous avons également décrit dans le n° 5g4, d’octobre 1884, un lhermo qui n’est, pas à deux métaux, mais qui peut rendre des services. MM. Poulenc frères, 92, r.ie Vieille-du-Temple, Paris, pourront vous procurer ces appareils ou vous en indiquer d’autres.
- M.. Ch. Denizoty à Paris. — Le revêtement en plâtre doit être tait jusqu’à hauteur d’homme, soit environ 1,^5 m.
- M. Ch. Feige, à Paris. — Moyen d’enlever une tachç d’huile sur une feuille de papier : mêler en quantités égales de 1 alun brûlé et de la fleur de soufre, réduite eu poudre et trotter doucement la tache avec ce mélange, après avoir légèrement mouillé le papier. (D’après nos Recettes et Procédés utiles, 2e série.)
- M. E. G.y à Sidi-bel-Abbès. — Tétrachlorure de calcium ; veuillez vous adresser à MM. Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple, Paris.
- M. F. B.t à la Lenade. — Lucre à écrire sur la porcelaine ; noire : 1 à 2 parties de silicate de soude mélangées à 11 parties d’encre de Chine liquide; blanche : 3 à 4 parties de silicate de soude, et 1 de sulfate de baryum. Conserver dans des bouteilles hermétiques; secouer avant l’emploi; on écrit avec une plume d’acier.
- L Ecole de Brasserie de l Université de Nancy. — Dans une de nos récentes « boite aux lettres » nous indiquions à un de nos lecteurs, 1 Institut supérieur de Brasserie de Gand. M. Petit, professeur de chimie agricole à la Faculté des sciences de Nancy, nous rappelle eu termes fort aimables qu’il existe à Nancy un établissement analogue dont il est le directeur: a L’Université de Nancy possède, en effet, depuis 14 ans une Ecole de Brasserie qui compte actuellement 35o anciens élèves et qui reçoit chaque année un nombre de demandes supérieur aux 3o places d’élèves dont elle dispose : j’ajouterai que l’Ecole a obtenu à l’Exposition de 1900 deux médailles d'or, — classes Brasserie et enseignement technique, — et que ses élèves se recrutent non seulement dans toute la France, mais encore en Belgique et en Espagne. L’École a été installée grâce à des dons faits par les brasseurs et des subventions des Ministères de 1 Instruction Publique et du Commerce et elle reçoit, pour son entretien, des subventions des Syndicats de la Brasserie et de la Chambre de Commerce de Nancy. »
- M. J. Plassardy à Paris. — Le meilleur procédé de stérilisation de l’eau est l’emploi des appareils à stériliser. construits à cet effet. L’emploi d’eau oxygénée ne donnerait pas d’aussi bons résultats.
- M. Donnadieu, à Meyrannes. — C’est bien la planète Vénus que vous avez remarquée. Votre observation est intéressante, mais ne présente pas une grande rareté. Tous nos remerciements.
- M. A. Tournier, à Aregua. — i° Il existe, en effet, des machines à fabriquer les talons, Louis NV et autres : veuillez vous adresser à ce sujet chez M.Dailloux, fabricant. 5, boulevard de la Chapelle, à Paris. — 20 Machines à faire les briques : MM. Bordet et Cie, 28, rue des Écluses-Saint-Martin, à Paris; Joly, à Blois (Loir-et-Cher).
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Ch
- . Wauters, à Paris. Veuillez vous adresser à une Compagnie de transport. — M. R. Daguet, à Brest. Nous avons donné ce renseignement dans notre dernier numéro (Informations). — M. H. Knapp, à Mulhouse. Vous trouverez cette indication dans nos Recettes et Procédés utiles, 20 série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — Union des acétylénistes, à Paris; Ecole de Brasserie de Nancy. Remerciements pour vos communications.
- Pour empêcher la condensation de l’humidité sur les murailles. —Cette question est souvent très importante dans les locaux industriels, notamment dans les .locaux souterrains. Pour éviter cet inconvénient, il faut .des surfaces dont les pouvoirs rayonnants et émissiis soient minima. On peut, dans ce but, faire un revêtement eu briques peu cuites, avec matelas d’air de 10 centi-nieirex; ou ün revêtement beaucoup plus compliqué, et constitué successivement d’un - eüduit épais d’asphalte, feuilles de cuivre ou encore de feutre, puis d’une couche
- d’amiante. On arrive également à d’assez bons résultats avec une couche de paraÜiue, un revêtement de bois paraffiné, du feutre et enlin de la toile blanche laissant un matelas d air* Enfin on donne comme excellent une simple couche de noir de fumée, mais très épaisse.
- Ouate à l’acide salicylique. — On prépare une dissolution de 5 parties de cet acide» 1 d’huile de ricin, autant de résine, dans i5o p. d’alcool, et l’on traite avec cette'préparation de. la ouate dégraissée.
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- BULLETINS METEOROLOGIQUES
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- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude îom,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTIO.N HT FOBCK 1)E 0 A 9 ÉTAT DU CIEL DLl'IIC EN MIEL. MÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2i déc. 1905. - 5°, 1 S. 1. Couvert. 3,0 Couv. ; gel. hl. ; givre ; Drouillard le mat., neige et pluie dans la soirée; verglas; couvert.
- Mardi 25 2°,9 N. W. 3. Très nuageux. 7,J Nuageux; pluie et neige jusqu’à 5 h. 30; gelée Blanche.
- Mercredi 21 — 0°,7 S. 5. Couvert. 10,9 Couvert jusqu'à 17 h., beau ensuite ; neige jusqu’à 8 h. ; ensuite pluie par intervalles, jusqu’à 16 h.
- Jeudi 27 -4M S. S. W. 2. l'eu nuageux. 0,0 Gel. bl. ; grains de neige; très nuag. le m., couv. le s.
- Vendredi 28 - 4°,0 S. S. W. 2. Beau. 0,0 Givre ; peu nuageux jusq. 15 11., couv. ensuite ; grains de neige dans la soirée.
- Samedi 29 - 1°,0 S. S. W. 2. Couvert. 2.1 Neige dans la nuit, cesse après G h. ; couvert.
- Dimanche 59. ... . — 5° ,5 S. E. 2. Couvert. » Couvert le matin, Beau le soir.
- Lundi 51 — 4°,5 S. S. W. 3 Il neige. 1,9 Couvert ; neige à 7 h. et averses de grésil à 9 h. et 10 h,
- Mardi 1 r janv. 19Û7. -i°,l S. W. 3. Couvert. 2.1 Couvert; pluie de 12 h. à 12 h. 50.
- Mercredi 2 8",9 S. W. 5. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 17 h., Beau ensuite; gouttes et pluie (impur intervalles.
- Jeudi 3 3u,t S. S. W. 4. Nuageux. 0,7 Gelée bl ; nuag. ; gouttes vers 17 h. ; pet. pluie à 22 h. 50.
- Vendredi 1 1°,7 VV. N. W. 3. Beau. D Gelée Blanche; pou nuageux.
- Samedi 5. — 0\7 S. S. W. 2. Très nua.eux. 1,9 Gelée Blanche; presq. couv. ; bruine par intervalles.
- Dimanche G 5°,9 S. W. 5. Couva;-’. 2,8 Pluie de 7 h. 10 à 8 h., ensuite bruine jusqu’à 13 B.: e uvert 1 ma'in. il ageux le soir.
- DÉCEMBRE 1906-JANVIER 1907. — SEMAINE - DU LUNDI 24 D CEMBRE 190b AU OIMANCHE 6 JANVIER 1907.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimatirlie
- ' ' 4-..W1Dlu6 MiN . 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI -6. >viÏF4 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 -MiNv? 6 M>D'16'
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les (lèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre, ramené à 0, an niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à labn a boule sèche : courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à .boule mouillée. _________
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne fa Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- j 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- ; SUPPLÉMENT AU N° 1756 (19 JANVIER 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Académie des Inscriptions et belles-lettres. —
- Dans sa séance du 28 décembre 1906, 1 Académie des Inscriptions et belles-lettres a procédé à l’élection de son bureau pour l’année 1907. M. Salomon Reinach a été nommé président, et M. Babelon vice-président.
- Société de géographie. — Le bureau de la Commission Centrale est renouvelé ainsi pour 1907 : président, M. E.-A. Martel; Ier vice-président, M. Franz Sehrader; 2e vice-président, M. Emmanuel de Margerie; secrétaire général, baron Hulot; secrétaire adjoint, M. Charles Rabot.
- Mise en chantier de quatre submersibles. — Le
- 3i décembre 1906, M. le ministre de la marine a donné l’ordre aux ports de Cherbourg, Rochefort et Toulon de mettre en chantier quatre submersibles d’un déplacement de 800 tonnes, d’une longueur de 70 mètres. La vitesse en surface sera i5 nœuds, la vitesse en plongée
- 10 nœuds, la distance franchissable sans ravitaillement •i5oo milles.
- Aéronautique. — Le 7 janvier, dans l’après-midi, à Sartrouville (Seiue-et-Oise), M. de La Vaulx a exécuté en dirigeable une sortie àune altitude de i5o m. Mais le brouillard était intense et M. de La Vaulx ne pouvait reconnaître le terrain au-dessus duquel il évoluait. Après une durée de 10 minutes environ, l’atterrissage eut lieu. A noter que le ballon a marché contre le vent dès que l’hélice a été mise en marche par le moteur. Le 9 janvier, M. de La Vaulx a effectué deux nouvelles sorties à bord de son ballon dirigeable. A 2k i5m, pendant un quart d’heure, le ballon s’est élevé et a fait de nombreuses évolutions à l’altitude de 200 m. ; puis il est revenu au point de départ. A 3k 39“, il a effectué un deuxième départ, et est resté 10 minutes en l’air; puis
- 11 est redescendu par les seuls moyens du bord.
- Nouvelle pâte tendre à la manufacture de Sèvres.
- — M. Georges Vogt, directeur des travaux chimiques à la manufacture de Sèvres, vient de trouver une nouvelle pâte tendre qui répond à tous les desiderata des céramistes. Depuis longtemps on recherchait à Sèvres une pâte tendre capable de revêtir les mêmes émaux que la pâte du xviii° siècle, ayant les mêmes qualités que la porcelaine dure, et se prêtant à la confection des grandes pièces. Des essais eurent lieu en 1802, en 1826 et en 1848 ; en 1884, MM. Ch. Lauth et Vogt combinèrent une pâte qui fut employée à faire des biscuits légèrement ambrés. En 1900, la pâte tendre du xviii* siècle fut reconstituée exactement, et plusieurs vases furent exécutés avec cette matière. Dans les nouvelles expériences,
- dont nous annonçons les résultats, les difficultés de fabrication ont été évitées ; et la manufacture nationale de Sèvres va fabriquer en pâte tendre plusieurs nouvelles pièces.
- Recensement de la population. — D’après les résultats du recensement effectué le 4 mars 1906, le nombre total des communes est actuellement de 36 222 réparties en 2911 cantons et 362 arrondissements. Le chiüre total de la population s’élève à 39 2 5 2 267 habitants. Ces nombres ne concernent que les départements métropolitains, y compris la Corse. Il faut ajouter les recensements spéciaux effectués par MM. les ministres de la guerre et de la marine et qui comprennent 84 968 individus français. Le total de la population française est donc de 39337 235 habitants. La population totale de l’Algérie, y compris l’armée, est de 5 23i85o habitants, dont 4785759 pour les territoires du Nord et 446091 pour les territoires du Sud. Les habitants se répartissent en 729960 Européens et 4 Soi 890 indigènes.
- Le vignoble argentin. — D’après le Journal Officiel le vignoble argentin, qui ne comptait, en 1895, que 33 45g hectares, couvre actuellement (1905) 53 275 hectares, soit une augmentation de 5g pour 100 en dix ans. Les provinces de Mendoza et de San Juan sont les deux grands centres de la production vinicole en Argentine et comptent respectivement 23 000 et i3ooo hectares, fournissant une production totale de 2 millions d’hectolitres. Cette expansion tend d’ailleurs à s’accroître de jour en jour en même temps que les prix de vente s’élèvent. Tout permet de prévoir que, le jour où deux ou trois lignes de chemins de fer desserviront les deux provinces, et cela dans un avenir peu éloigné, elles produiront assez de vin pour la consommation argentine et pour offrir à l’exportation un aliment appréciable. Déjà, d’ailleurs, l’importation des vins français en fûts qui s’élevait, en 1885, à 2 5i5 156 piastres or (63 000 000 francs), est tombée, en 1904, à 52674 hectolitres, d’une valeur de 264698 piastres or (6600000 francs). Bientôt, il leur sera impossible de lutter, et l’importation se réduira aux vins fins.
- Dessin préhistorique de l’homme. — On sait que l’on n’a jamais trouvé jusqu’ici de dessin aulhentique de figure humaine remontant à l’époque néolithique. S’il faut en croire le résumé que M. Laloy donne, dans Y Anthropologie, d’un travail récent de M. Peredolsky, des tessons d’un vase, bien néolithique, trouvé dans la région de Novgorod, présentent fort nettement une figure humaine accompagnée de cinq figures animales. D’après M. Laloy « la figure humaine a un corps et quatre
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- INFORMATIONS
- membres représentés chacun par une rangée de dépressions ; la tète est figurée par un cercle ; elle porte deux traits divergents qui peuvent figurer des plumes ».
- Brachycéphalie et dolichocéphalie expérimentales.
- — On sait qu’un crâne brachycéphale est un crâne court et un crâne dolichocéphale un crâne long. C’est un caractère très important en anthropologie. M. G. Walcher a récemmeutréussi à provoquer intentionnellement ces deux formes eu agissant sur deux jumeaux nouveau-nés : il a couché l’un de façon que sa tête porte sur un coussin mou et a obtenu un bi'achycéphale, l'autre sur un coussin dur, et a obtenu un dolichocéphale, la dureté ou la mollesse du coussin déterminant Ta'position sur le dos ou sur le côté, et cette position retentissant sur la forme de la tête encore molle. L’expérience est certainement curieuse, elle montre que des circonstances presque accidentelles peuvent contre-balancer l’influence de la race — mais peut-être n’apprend-elle absolument rien sur la dolichocéphalie et la brachycéphalie ethniques, que de semblables hasards ne sauraient sans doute expliquer.
- L’anatomie des Papous. — L’anatomie comparée des diverses races qui constituent l’espèce humaine est une science extrêmement récente. Elle est cependant du plus haut intérêt, particulièrement pour l’étude de l’origine de ces races. M. E. Fischer vient d’en fournir une contribution nouvelle en étudiant les parties molles de la tête chez les Papous. Les particularités les plus remarquables sont celles du muscle peaucier. On sait que ce muscle est celui qui double la peau de la moitié antérieure du cou en y adhérant : ses fibres vont en divergeant de la partie inférieure de la face jusqu’à la poitrine et à l’épaule. Chez le blanc les insertions supérieures se font à la peau de la commissure des lèvres et du bas de la joue. Chez l’un des Papous étudiés, le muscle monte au contraire jusqu’à l’orbiculaire des paupières. Cette conformation curieuse est une rareté chez l’homme, et présente un caractère très primitif; elle se trouve, en effet, chez tous les lémuriens et chez quelques singes.
- Préhistoire de la Syrie. — Notre collaborateur, M. le D1 Laloy, résume fort clairement, dans Y Anthropologie, un récent travail de M. Blankenhorn sur l’âge de la pierre et les instruments de silex en Syrie-Palestine, qui vient compléter les éludes de M. Zumofïen. Dans la préhistoire de Syrie, M. Blankenhorn distingue 10 phases, 6 de l’âge de la pierre, 4 de l’âge des métaux. Au moment de la première, la vallée du Jourdain est occupée par un grand lac et la mer recouvre toute la plaine littorale. C’est seulement plus tard, à l’époque de notre ancien paléolithique d’Europe, quel’hommelaisse des traces de sa présence. Il se répand progressivement sur tout le littoral, et dans les vallées adjacentes, en laissant d’assez nombreux vestiges, débris de cuisine, instruments de pierre polie, céramique, monuments mégalithiques, etc. Avec l’âge du bronze, qui va de 2000 à i2Ôo avant notre ère, on arrive à l’histoire. Cette époque est marquée par l’apparition des Sémites qui ont précédé les Israélites (Amorites, Phéniciens, Chana-néens, Hittites) et par des influences égyptiennes, babyloniennes et égéennes. On trouve alors à la fois, comme monuments, des instruments (bronze, cuivre, pierre et os), des poteries, des pierres de taille en temples rudimentaires, des menhirs, des dolmens, et des cercles de pierre. Puis, de i25o à io5o, l’âge de fer débute avec l’arrivée des secondes couches sémitiques (Philistins, Edomites, Israélites, Moabites, Ammonites), tandis que les influences phéniciennes sont les plus marquées. Alors se fonde le royaume israélite et commence l’histoire du peuple juif.
- La houille en France. — Les dernières statistiques relatives à nos houilles françaises mettent en évidence deux faits économiques fort curieux. Le premier, c’est que, depuis six ans, contrairement à ce qu’on avait toujours vu auparavant, la consommation de la houille en France reste à peu près stationnaire autour de 48,5 millions ;de-, tonnes. On était à 48800000 t. en 1900; on s’est retrouvé à 48 200 000 t. en 1903 et à 48 669 000 t. en igo5. La courbe, qui, jusque-là, s’élevait régulièrement et à peu près continûment depuis 19 à 20 millions de t. en 1884, conformément à l’allure ordinaire de tous les graphiques semblables, relatifs aux grandes substances minérales et aux matières de première nécessité, est devenue brusquement horizontale, et celle de la production l’a suivie parallèlement (34 à 35 millions de t.). Ce
- résultat de statistiques, auxquelles, par hasard, on peut ajouter foi, vu les moyens d’information précis dont ou dispose pour les établir, offre quelque chose de particulièrement paradoxal en présence de l’essor économique actuel dans le monde entier et même, à un degré moindre en France. L’une des causes paraît être dans le très grand et très nouveau développement de la « houille blanche » dand le sud-est et l’est (Bouches-du-Rhône, Alpes-Maritimes, Isère, Ain, Doubs, Jura, etc.). Le problème pratique, que se posaient les économistes pour le jour relativement prochain où la houille manquera, commence donc à recevoir sa solution prévue et rationnelle. Il serait curieux de vérifier s’il en est de même dans le monde entier. Une autre cause qui intervient, c’est le meilleur emploi des combustibles, que l’on s’ingénie à économiser vu leur prix croissant, par un mode d’emploi plus normal (chauffage au calorifère, gaz perdus des hauts fourneaux, etc.) ; sans parler accessoirement des combustibles accessoires, comme l’essence minérale. Le second phénomène économique, qui exerce sou influence sur le premier, c’est l'élévation progressive du prix de la houille, traduite (non par le mouvement continu delà courbe, car il y intervient des oscillations périodiques), mais par l’élévation des minima. Le dernier minimum relatif au prix moyen de igo5 (12,92 pour la vente sur le carreau de la mine), suivi d’une remontée en 1906, est à peine inférieur au maximum précédent (i3,a5 en 1891) et supérieur sensiblement aux minima précédents (10,40 en 1889 ; 10,83 en 1897). ^n peut voir là un résultat des mesures sociales qui, finalement, lorsque l’équilibre s’est rétabli, frappent toujours le consommateur. Notons enfin qu’en 1906 nous avons dû importer en France 14000000 t.
- Tremblements de terre. — On a signalé de fortes secousses sismiques, le 10 janvier, entre 1 heure et 2 heures du matin, en Scandinavie, à Christiania, à Ar-vika, à Gothenburg, à Stromstad et à Upsala.
- Volcan en éruption aux îles Hawaï. — Le n janvier, une dépêche de llonolulu a annoncé que le volcan de Mauna-Loa était en éruption, que des torrents de lave coulaient sur les flancs de la montagne et que la terre tremblait. Ce volcan, situé sur le cratère d’une montagne de 4I4° m/de hauteur, a eu des éruptions en 1843, i85g et en 1868; les dernières éruptions furent accompagnées de tremblements de terre et d’un raz de marée qui fut ressenti sur la côte américaine du Pacifique à une distance de 4800 kilomètres.
- Les fourrures à Londres. — Notre collaborateur, M. Ch. Rabot, publie dans la Géographie d’intéressants renseignements sur l’industrie des fourrures, l’une de celles qui, parles véritables massacres d’animaux qu’elle détermine, mérite le mieux d’entrer au premier plan de cette section de la géographie que l’on appelle « l’économie destructive ». Londres reçoit les pelleteries du monde entier, sauf de l’Asie russe, de la Russie et de l’Europe centrale, qui vont à Irbit, Nijni-Novgorod et Leipzig. Les principales espèces qui sont mises à contribution (1903-1904) sont les suivantes : la loutre de mer (latax lutris) : 468 peaux valant à la pièce de 2S00 à 7500 fr. ; le renard argenté (canis vulpes argentatus) : 725 peaux allant jusqu’à 6000 fr. ; le renard bleu : 3742 peaux de 265 à 400 fr. ; le renard blanc : 20 341 (de 80 à 140 fr.); le lynx : 12144 (5o fr.); le glouton : 47 i3g de 20 fr. à 42fr>5o; les zibelines {mustela zibel-lina) : 29547 de 375 à i25o et même 1750 fr. ; les « kolinski » (mustela sibirica) : 472796 à 2fr,5o. A ces espèces, qui ont les plus coûteuses fourrures, on doit ajouter le massacre suivant (chiffres de igo3) : i3 728 visons (mustela vison) du Japon et 253 000 d’Amérique; 55 106 martes (mustela martes)-, 19000 fouines; 14 7^7 loutres; 948577 moufettes; i3 543 blaireaux ; 47 189 loups; 12834 ours; 62o53 renards rouges; 64481 renards de Virginie; 2957 renards de Pensylvanie; 218.6 renards turcs; 268170 marmottes; i6o54 castors (de 6fr,25 à 86'1,25) ; 80 269 nutria (myopotamus coypu)', 23587 chinchillas (jusqu’à 387 fr. la douzaine); 132996 faux chinchillas, et enfin 2979460 rats musqués (gibev zibethicus); 2455765 opossum d?Australie; 168 3q6 d’Amérique et 142 5oi écureuils. Si l’on additionne tous ces chiffres, qui sont ceux de la célèbre maison Lamp-son et Cio, la plus grande du monde, on arrive au joli total de 8 25o 000 victimes. Et M. Ch. Rabot dit que ses chiffres sont incomplets !
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Articles de bureau
- Divers •V'î'êfc
- Règle en acier flexible. — On sait tous les inconvénients que présentent les règles ordinaires en bois ; elles sont presque toujours tachées d’encre, les arêtes sont ébréchées, et l’on peut être content si elles sont encore droites. On a remédié à ces divers inconvénients en prenant des règles en métal flexible et en les recouvrant de caoutchouc ; mais ce dernier est rapidement taché d’encre, il se dessèche et tombe en morceaux, il ne peut résister à l’usage. Nous avons eu dernièrement l’occasion d’es-
- Itègle en acier llexibte.
- sayer une nouvelle règle formée d’une lamelle en acier nickelée de 35 mm de largeur, o,3 mm d’épaisseur et d’une longueur de 3g centimètres. Au-dessous de cette première lamelle s’en trouve une seconde de ?,5 mm de largeur seulement, non nickelée. Les deux lamelles sont séparées dans toute la longueur par plusieurs bandes de papier buvard formant une épaisseur de 4 millimètres environ. Cette règle est très flexible et peut se prêter très aisément au tracé de traits sur les gros livres de comptabilité, comme le montre notre figure. —La règle en acier flexible se trouve à « La Mercédès », 3a, rue de Provence, à Paris.
- Carnets à feuillets mobiles. — Les carnets que nous présentons à nos lecteurs sont des plus simples. Ils sont formés d’une série de feuillets avec deux trous à hauteur déterminée sur un côté. Ces feuillets sont placés de façon que dans les trous pénètrent les extrémités- de petits
- Carnets à feuillets mobiles.
- anneaux disjoints. On obtient la séparation des deux parties des anneaux en tirant une barrette métallique, comme le montre notre dessin de gauche. Lorsque toutes les feuilles sont mises en place, on referme les anneaux en poussant simplement la barrette. Le tout est renfermé dans une enveloppe extérieure plus solide servant de couverture. Les dimensions des carnets varient de 8 sur 12.2 centimètres à i3,7 sur 18,2 centimètres. — Ces carnets sont en vente à « La Mercédès », 3a, rue de Provence, à Paris.
- Nouvelle valve d’arrêt pour conduite de vapeur.
- — Elle est construite par la maison J. Hopkinson de Huddersfield, en Angleterre, mais elle a été imaginée par M. Ferranti. Le principe adopté, comme le disent les constructeurs, est de convertir la pression du fluide dont on veut régler le passage en vitesse; il traverse un orifice relativement petit, dans lequel sont disposés les organes actifs de la valve, et son passage se fait à grande vitesse, mais ensuite un ajutage de forme convenable vient reconvertir cette vitesse en pression. On sait que souvent les valves ordinaires employées ontlinconvénient grave de causer des chutes de pression. Or, avec la valve Hopkiuson-Ferranti, non seulement les organes mobiles sont peu nombreux, ce qui est toujours un sérieux avantage, mais la chute de pression, dans les circonstances normales, est aussi faible que possible, et l’appareil peut répondre aux surcharges les plus élevées.
- L’entrée de la vapeur dans la valve est formée par un ajutage conique : en pi'atique, on a trouvé excellent de donner à cet ajutage une section à la gorge correspondante à la moitié du diamètre delà conduite sur laquelle
- Nouvelle valve d’arrêt pour conduite de vapeur.
- la valve est placée : la section est en conséquence le quart. C’est dans l’étranglement à faible section que sont disposés les organes mobiles, qui sont faits de métal Platnam, une spécialité de la fabrique Hopkinson. Par les dessins que nous donnons, on comprend le fonctionnement des disques obturateurs, qui viennent descendre verticalement et obturer le passage sous l’influence de la rotation de la manette et de la tige filetée. On s’est arrangé de manière à éviter tout remous dans le passage de la vapeur, en faisant des surfaces absolument unies dans l’étranglement. Quand les disques obturateurs sont relevés, une sorte de section de tube bien unie remonte qui forme passage en se plaçant exactement en prolongement des deux demi-ajutages. On se rend compte, d’autre part, que, en sortant de l’étranglement, la vapeur passe par un ajutage divergent et change sa vitesse en pression. Bien entendu, pour qu’un bon résultat soit obtenu, il faut que tout ce chemin suivi par la vapeur soit minutieusement étudié. Des précautions spéciales ont été également prises pour que la section de tube mobile dont nous avons parlé vienne se placer exactement en prolongement des deux ajutages quand la valve est ouverte en plein.
- Cette valve est beaucoup moins encombrante qu’une valve ordinaire, dont elle ne pèse que la moitié du poids ; les chances de fuites sont fort réduites ; enfin elle semble se manœuvrer avec beaucoup d’aisance, et elle s’entoure facilement d’un revêtement calorifuge.
- Meule à commande pneumatique. — Les roues d’émeri, les meules pour le rodage et la taille, ne sont pas une nouveauté, mais d’ordinaire elles sont montées à poste fixe et c’est l’objet, la pièce métallique, à tailler qu’on approche d’elles. Ce n’est pas du reste une opéra-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- lion toujours facile, en ce sens que ces objets peuvent être encombrants, lourds, et qu’il n’est pas aisé de faire passer la meule partout. Pour obvier à cet inconvénient, la maison anglaise d’origine américaine Consolidated Pneumatic Tool Co, de Bridge Street, Westminster, Londres, vient de lancer une meule qui est montée sur un petit bâti essentiellement mobile, qu’on tient facilement au moyen de deux poignées extrêmes. Il va de soi que cette mobilité même de la meule n’assure pas une précision absolue du travail, puisqu’on ne peut pas me-
- Metile à commande pneumatique.
- surer exactement l’angle suivant lequel on attaque la surface métallique à meuler; mais, par contre, l’attaque peut se faire dans toutes les positions, et avec un grand débit, par suite de la vitesse de mouvement bien connue des outils pneumatiques. Le moteur employé ici est du type à quatre cylindres appelé Little Giant, qui rend tant de services pour les marteaux, les outils à mater, etc. Mais il n’a pas été utile d interposer un train d’engrenage pour réduction de vitesse. On voit, de part et d’autre, les petits moteurs à air comprimé, dont les manivelles actionnent directement l’arbre de la meule. Celle-ci, qui a 3o centimètres de diamètre, tourne à une allure de i55o tours à la minute. Dans une des poignées se fait l’arrivée de l’air comprimé, et l’on y trouve la valve d’admission ou d’arrêt qui donne à l’ouvrier plein contrôle de l’outil.
- Calorimètre pour combustible liquide. — L’appareil en question a été imaginé par M. Charles Darling, et décrit par lui dans Engineering ; au reste, nous croyons bien qu’on pourrait se procurer l’appareil tout construit à la maison Callenkamp and C°, Sun Street, Londres, E. C.
- Dans le dessin schématique que nous avons fait dresser ici, en A est une petite lampe en laiton qui se place dans une monture convenable : c’est dans cette lampe que va être brûlé le combustible dont on veut apprécier la
- puissance calorifique, et pour cela on y dispose une mèche en amiante dont le diamètre le plus convenable sera de 5 mm environ pour de l’alcool et de i,5 mm seulement pour du pétrole. Bien entendu, il faut que la lampe soit dotée de becs convenables pour les diverses mèches. Le morceau de tuyau D, où passent les gaz chauds, est fermé par un bouchon en liège que traverse un tube de verre C, courbé comme l’indique la figure. D autre part, le tube B, par lequel l’oxy-gène arrive pour alimenter la combustion, est naturellement courbé de façon convenable pour ne point être touché par la flamme du liquide qui brûle dans la lampe. Comme on peut s’en rendre compte, celle-ci est entourée d’eau durant la combustion, ce qui a pour but de maintenir froid le combustible liquide à essayer, et de la sorte les liquides les plus volatils peuvent brûler tranquillement. Les flèches tracées sur le dessin permettent de suivre la direction des gaz chauds à travers le liquide du vase extérieur.
- Voici essentiellement comment on procède. On met dans la lampe, au moyen d’une pipette, un centimètre
- cube du liquide à éprouver, puis on place la lampe. On pèse lampe et contenu, et l’on ferme le couvercle de façon à obtenir un joint hermétique. Dans le récipient extérieur, on verse une quantité connue d’eau dont on note la température, et enfin, au moyen d’une pipette, on introduit dans la chambre de combustion assez d’eau pour entourer la lampe, en évitant toute projection d’eau sur cette dernière. On enflamme à l’aide d’une allumette insérée dans un bout de tube de verre, puis on place aussi rapidement que possible le tube d’arrivée d’oxygène, avec son support, et l'on plonge le tout dans l’eau. On laisse alors se faire la combustion jusqu’à ce que le liquide soit entièrement brûlé; on relève le calorimètre, ou dévisse de façon que l’eau qui est à l’intérieur s’échappe dans le vase extérieur. On revisse, puis on submerge une seconde fois le calorimètre jusqu’à ce que l’eau accuse une température constante que l'on note. Ou relève de nouveau le calorimètre, on enlève le couvercle, on sèche bien la lampe au buvard et on la pèse. La perte en poids donne naturellement la quantité de combustible brûlée; et quant à la valeur calorifique, on la trouve en divisant le poids de l’eau plus l’équivalent de l’eau, multipliés par l’élévation de température — par le poids du liquide brûlé.
- Tonne pneumatique.—L’ancien matériel de vidange, qui comprenait une pompe aspirant les matières pour les refouler ensuite dans un tonneau, présentait de tels inconvénients que l’on a cherché à le faire disparaître par tous les moyens. Divers procédés par le vide ont été imaginés; l’un des plus nouveaux est représenté par
- Tonne pneumatique.
- la tonne pneumatique, construite par MM. Leroux et Gatinois, basé sur le vide produit par une explosion à l’intérieur même de la tonne.
- On peut dire que ce matériel est réduit à sa plus simple expression puisqu’il comprend seulement, en dehors de la tonne proprement dite, un réservoir à hydrocarbure et une pompe d’injection à main, chacun de ces deux appareils étant installé sur la tonne elle-même.
- Pour produire l’explosion, lorsque la tonne a été mise en place avec sa canalisation, l’ouvrier refoule dans le tonneau au moyen de la pompe à main Ja quantité de liquide inflammable automatiquement dosée. Ce liquide, pris dans le réservoir qui enconlient une certaine charge, passe dans un injecteur placé au-dessus de la tonne qui le divise en fines gouttelettes, qui le pulvérise en brouillard, en l’obligeant à se mélanger à l’air intérieur pour produire un mélange explosif. Ilne reste plus à l’ouvrier qu’à jeter une allumette enflammée dans le tonneau pour provoquer l’explosion. Le vide se produit alors, l’explosion ayant chassé, par une soupape spéciale, uue partie des gaz. Peu à peu le refroidissement accentue le vide de plus en plus. On peut alors ouvrir le robinet d’entrée des matières; celles-ci se précipitent d’elles-mêmes dans la tonne. Avec ce procédé une tonne d’une capacité de mille litres se remplit en une minute environ et la dépense d’essence ne représente qu’une valeur de quelques centimes.
- Si l’on a besoin d’utiliser plusieurs tonnes, il n’est pas nécessaire que toutes soient équipées avec des appareils à faire le vide; il suffit de relier les tonnes ordinaires par un tuyau à la première pour obtenir le vide, par plusieurs explosions si c’est nécessaire, dans tous les tonneaux.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- La dilatation de l’estomac. — La dilatation de l’estomac a été, il y a quelques années, une maladie fort à la mode et le régime sec préconisé contre les troubles engendrés par cette dilatation a fait fureur. Hélas! il a fallu en rabattre, nombre de dyspeptiques se sont trouvés fort mal de ce régime. On avait émis 1 opinion que la trop grande abondance d’aliments et surtout l'ingurgitation, au cours du repas, de trop nombreux verres de liquides entraînait une distension exagérée de l’estomac. Cette distension devenait peu à peu permanente par affaiblissement de la résistance des fibres de la couche musculaire. Et les pauvres malades de se condamner aux purées, aux brouets un peu Spartiates et, par-dessus tout, à ne plus boire qu’un verre au maximum.
- Ces règles hygiéniques convenaient et conviennent encore à un certain nombre de cas déterminés. Le malheur est qu’on a voulu trop généraliser, et cette uniformisation de la table et des doses de boissons faisait à quelques-uns plus de mal que de bien. La dilatation de l’estomac reconnaît bien rarement pour cause l’excès alimentaire ; les gros mangeurs ont la plupart un estomac normal comme dimension. Remarquons à ce propos que l’estomac descend beaucoup plus bas qu’on ne croyait, d’après les examens par la percussion ; la radioscopie a révélé qu’il avait une dimension normale beaucoup plus descendante ; on trouve la limite de la paroi inférieure nu niveau de l’ombilic. Le signe du clapotage renseigne plutôt sur la résistance des parois du viscère que sur la dilatation.
- Celte exagération de la capacité du viscère tient souvent, en dehors d’obstacles mécaniques, rétrécissements, tumeurs au-dessous de son débouché dans l’intestin, à une asthénie, une diminution de résistance de la couche musculaire, mais cette asthénie, d’après des recherches fort intéressantes dues à MM. Mathieu et Roux, loin d’être causée par un excès d’alimentation, serait due au contraire à une alimentation insuffisante.
- Comme pour l’inanition absolue qui entraîne une diminution des trois quarts des muscles gastriques et des parois musculaires de l’intestin, l’inanition relative, l’insuffisance d’apport alimentaire amène une perte de résistance, une atrophie des muscles. On restreint l’alimentation en raison des troubles dyspeptiques; on diminue le nombre des repas et leur importance, et l’amaigrissement arrive à être des plus prononcés. Moins le malade mange, plus il aggrave son état ; et on est d’autant plus enclin à restreindre l’alimentation, que les mets semblent, comme on dit, rester sur l’estomac.
- Cette variété de dilatation ne se diagnostique pas sur le visage du malade; il faut une expérience consommée pour dépister la vraie cause, mais une fois reconnue, elle réclame le contrepied des régimes secs ou des repas restreints. Il faut mettre le malade à un régime assez copieux, donner des repas fréquents, de façon à ne jamais surcharger le viscère. La quotité des boissons 11e demande plus à être mesurée avec parcimonie, pour absorber des aliments en certaine quantité, il faut l’adjonction d’une certaine dose de liquide pour les faire passer. Pour ne pas dépasser la dose, on donne des boissons chaudes. Conclusion, il ne faut pas, de ce qu’on éprouve à peu près les mêmes symptômes que son voisin, croire qu’on a besoin du même traitement, du même régime.
- Le percement des oreilles. — Les mutilations du corps, qu’elles fussent inspirées par des idées religieuses ou sociologiques, par des habitudes de mode, des idées de vanité, voire même par des aberrations des sens, ont été-répandues chez tous les peuples et dès la plus haute antiquité. Au fur et à mesure des progrès de la civilisation, elles se sont éteintes ou effacées, mais deux subsistent dans les nations les mieux policées, le tatouage et le percement des oreilles.
- A coup sûr on ne porte pas de lourdes pièces de bois et de métal comme telle peuplade, sauvage, au point de déformer complètement le lobule de l’oreille. Livingstone raconte que les nègres du Zambèze arrivent à distendis le lobule de telle façon qu’on peut y passer le poing
- fermé. Les Hottentots introduisent dans l’oreille des rondelles de bois de trois à quatre centimètres de diamètre. En Afrique et en Asie, on trouve des anneaux pesant plus de i5o gr., le poids de lourds bracelets.
- Cette mode du port de bijoux d oreille remonte aux temps les plus reculés, car les plus anciens trouvés en Suisse et en France l’ont été dans les fouilles d habitations lacustres. Elle est la seule, avec le tatouage, qui se soit perpétuée dans les classes les plus élevées des peuples civilisés, et non seulement elle s’est perpétuée chez les femmes, mais aussi chez les hommes Le temps n’est pas encore bien éloigné où les hommes eux-mêmes, surtout dans les campagnes, étaient pourvus d’un anneau dans l’oreille. Dans certaines régions de notre pays, la coutume existe encore, notamment sur les côtes maritimes de l’Ouest.
- Il y a trente ou quarante ans, toute fillette atteignant l’âge de cinq ou six ans était destinée, quand ce n'était pas encore à un âge plus tendre, à avoir les oreilles percées. Dans les familles, c’était une tradition, et du reste que voulez-vous que fasse votre mignonne du cadeau de sa marraine, une jolie paire de boucles d’oreilles, si elle n’a pas les moyens de les mettre. Aussi n’attendait-on pas que la coquetterie se fût éveillée dans le cœur de la jeune fillette. Le bijoutier était l’homme tout désigné pour cette petite opération.
- Par tradition aussi, on perçait les oreilles pour combattre certaines affections, pour déplacer les humeurs, faire sortir la gourme. Et de fait, on la faisait quelquefois sortir à flots, sans compter d’autres inconvénients plus graves et plus sérieux. L’opérateur était le plus souvent le boutiquier de la petite ou grande ville ; armé d’un poinçon pris dans le tiroir à outils, le bonhomme, sans penser à mal, perçait carrément le lobule. De soins de propreté, il n’en était question; de soins antiseptiques, encore bien moins; on n’en parlait du reste pas à cetle époque. Ce qui semble étonnant, c’est que les quatre cinquièmes des enfants qui ont subi cette opération n’aient pas été victimes de quelque contagion. La nature est un médecin de premier ordre. Nombre de fois, la petite plaie se guérissait sans incidents. Mais on ne compte pas les complications qui ont réclamé des soins prolongés : ici, le percement a donné naissance à des éruptions eczémateuses, impétigineuses ; là, l’instrument sale a déterminé une infection avec suppuration. Je ne parle pas de l’apparition, dans quelques cas, de maladies graves dues à une contagion directe, comme la tuberculose.
- Sous l’influence des idées d’hygiène, des notions de contagiosité, la mode du percement des oreilles tend à disparaître. On a d’abord cherché à rendre l’opération inoffensive, en ne la faisant que chez des enfants très sains et en assurant l’asepsie des instruments et des mains de l’opérateur. On va plus loin aujourd’hui; où ne perce plus les oreilles ou du moins l’opéralion tend de plus en plus à disparaître. Au lieu de porter des boucles d’oreilles traversant le lobule, on porte des boucles fixées par une vis à pression ou formant pendants accrochés sur le pavillon. Les élégantes trouvent à donner satisfaction à leur instinct de luxe et de coquetterie sans nuire à la perfection de leur oreille. Dix reste, je crois qu’une jolie oreille, bien faite, n’a besoin d’aucun ornement et les jeunes femmes sont de cet avts maintenant, car ce bijou tend de plus en plus à disparaître. L’esthétique et l’hygiène y trouvent également leur compte. Dr A. C.
- Sur l'insolubilisation de la gélatine par la formaldéhyde. — On savait depuis longtemps que la gélatine soumise à l’action de l’aldéhyde formique se transformait en une masse dure et insoluble, et l’on avait mijs à profit ce fait dans un certain nombre d applications-; mais on n’avait pas encore étudié ce phénomène d’unè façon méthodique. C’est ce que viennent de faire MM. Lumière et Seyewetz, que leurs expériences systématiques ont conduits aux diverses conclusions suivantes. :
- La gélatine, plongée dans les solutions de formaldéhyde, fixe, suivant les conditions de l'opération, dès
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- HYGIENE ET SANTÉ
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- quantités variables de formaldéhyde. La quantité maxima qu’elle peut fixer est comprise entre 4 g1'- et 4-8 gr. de formaldéhyde pour ioo gr. de gélatine sèche, ce qui permet de considérer la gélatine comme un composé défini.
- La rapidité d’absorption de la formaldéhyde croît avec la concentration des solutions de formaldéhyde jusqu’à la teneur de io pour ioo. Elle n’augmente pas sensiblement avec la température de ces solutions. La formaldéhyde en vapeurs est absorbée beaucoup plus lentement qu’en solution aqueuse par la gélatine, mais la quantité maxima absorbée dans les deux cas est sensiblement la même.
- L’eau chaude décompose lentement la gélatine forni0 lisée et permet, par des traitements répétés, de solu biliser complètement la gélatine. La chaleur dégage peu à peu vers uo° la formaldéhyde de la gélatine lorui0 lisée. L’acide chlorhydrique à i5 pour ioo en sépare à froid, sans altération, la gélatine et la formaldéhyde La gélatine formolisée paraît être un composé d’additioii défini plutôt qu’une véritable combinaison.
- Cette détermination de nouvelles propriétés de la gélatine formolisée est certainement des plus intéressantes au point de vue des applications connues ou futures de cette substance. A. H.
- VARIETES
- Fondation rapide d’une machine de 400 tonnes en terrain aquifère. — On vient de monter aux immenses ateliers de construction mécanique quepossède la General Electric Company à Sehenectady (État de New-York) une de ces énormes machines-outils comme les Américains en ont la spécialité depuis quelques années. Il s’agit d’un tour vertical, servant également de machine à percer, et pouvant usiner des pièces de plus de 18 mètres de diamètre. Le fait n’aurait en soi rien de bien extraordinaire si ce montage n’avait été effectué dans des conditions particulièrement difficiles. La machine, en effet, avec ses fondations, pèse 4oo tonnes et il fallait l’asseoir
- Niveau/ chu soi
- Sables
- boulants
- WÛMiUzt- dee eau
- Sables
- argileux
- Fondation rapide d’une machine de 400 tonnes en terrain aquifère.
- sur un terrain meuble, imprégné d’eau, entre des colonnes métalliques très rapprochées et très chargées, au milieu d’un atelier exigu, encombré de machines et cela sans gêner en quoi que ce soit le travail ordinaire de l’usine et surtout sans provoquer le moindre tassement de terrain, lequel aurait pu compromettre la stabilité des bâtiments ou le fonctionnement des machines.
- Le sol, comme 1 indique la figure, se composait de sables boulants sur 3,3o m.,d’argile compacte suro.gom., puis de sables argileux assez résistants s’étendant très loin en profondeur. C’est sur ces sables que sont assises les fondations des colonnes supportant tous les bâtiments. Le niveau piézométrique de la nappe aquifère souterraine affleurait à 3 m. de profondeur, soit o,3o m. plus haut que l’argile compacte.
- Les fondations du tour vertical comprenaient un massif circulaire À de 20 m. de diamètre sur 3,3o m. de hau-
- teur et un autre B, situé plus bas, concentrique au premier, allant jusqu’à 6,60 m. avec un diamètre de 2,70 m. et destiné à recevoir la partie du socle supportant le pivot du tour. L'excavation correspondante à la première partie put être faite par les moyens ordinaires à la pioche et à la pelle et en étayant, et poussée sans difficulté jusqu’à l’argile, car en calfatant convenablement et en n’opérant que sur des secteurs petits et isolés, il est aisé de retenir l’eau sur o,3o m. de hauteur, Mais il ne pouvait en être de même pour la deuxième partie. Voici le moyen très simple et très efficace auquel on a eu recours; il a été imaginé par M. Pearson, ingénieur de la Compagnie.
- On construisit une sorte de chaudière cylindrique verticale en forte tôle d’acier, ouverte à sa partie supérieure, et dont le bord b était renforcé par une cornière circulaire en fonte. Le fond a était une seule pièce de fonte de forme légèrement tronconique, raidie par des nervures c. Sur le fond étaient fixées, suivant trois cercles concentriques et au centre même, 49 tubulures se raccordant par des vannes e à autant de conduites verticales d. Les 9 conduites du centre étaient branchées sur une même conduite principale G, tandis que les autres, réparties en quatre quadrants, un pour deux secteurs adjacents, étaient branchées par 10 sur 4 autres conduites principales D. Ces conduites principales étaient réunies par des conduites souples blindées à une canalisation générale d eau sous pression à 5 5 atmosphères.
- On plaça le cylindre au fond de l’excavation A et on le chargea de gueuses de fonte et de plomb après avoir ouvert les valves v et v' et fermé les 5 valves V commandant respectivement chacun des groupes de tuyaux précités. Cette surcharge produisit tout d’abord un certain enfoncement qui fut favorisé ensuite en ajoutant des gueuses à nouveau et en ouvrant progressivement les valves V. L eau sous pression, arrivant par le fond, se répandait dans le terrain dans son voisinage immédiat en le désagrégeant et en le rendant plus meuble ; cette eau, devenue boueuse, ressortait doucement en suintant à la partie supérieure, tout autour et tout près du cylindre, ce qui prouvait bien que son action était toute locale et ne s’étendait point jusqu’aux fondations des colonnes avoisinantes ; sa pression, d’autre part, équilibrant celle des eaux souterraines, on évitait que le terrain ne fût raviné sous ces colonnes. En réglant le courant d’eau à volonté sous chacun des quadrants, au moyen des valves Y, on put obtenir également que la descente se fît à peu près verticalement. Quand la profondeur désirée fut atteinte, on ferma les valves Y, s> et /, on dévissa les conduites verticales d et on remplaça les gueuses par une maçonnerie pleine de béton de ciment dans laquelle les tubulures et leurs valves fermées / se trouvèrent noyées ; on remplit de même avec du béton, en raccordant les deux maçonneries, le fond annulaire de l’excavation supérieure compris entre son bord extérieur et le cylindre qui le dépassait de 0,60 m. On poursuivit ensuite les fondations comme à l’ordinaire.
- L’opération de descente, faite un dimanche matin, dura en tout 5 heures ; elle réussit pleinement, l’axe du cylindre ne s’étant déplacé latéralement que de 5 centimètres, erreur très inférieure d’ailleurs à celle qui avait été prévue et dont on avait tenu compte en exagérant le diamètre du cylindre. On ne gêna en rien le travail de l’usine et on n’observa aucun tassement ni dans les fondations des colonnes, ni dans les bâtis des machines.
- A. Gjxchrist.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans Ja boîte aux lettres, La Rédaction publie les |aits d’un intérêt général qui lui sont signalés pur ses abonnés, jille répond également, dans la mesure du possible, aux demandes
- renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Errata. — Une erreur s’est glissée dans la carte de l'Afrique occidentale française, n° 1753, du 29 décembre 1 q<>6, p. 75. A l’échelle des longueurs, il faut lire : centaines de kilomètres, au lieu de : kilomètres. La carte donnée estau 3ooooooo°. — Dans len° du 12 janvier,
- p. 107, col. II, lig. 6 et lig. 20 du bas, au lieu de : 258o, il faut : 253o; id., lig. 4 du bas, ait lieu de ceux-là, il faut : celui-là. Même numéro p. 107, en note, col. II, lig. 2, au lieu de : en outre, il faut : en plus, id., lig. 1, ait lieu de : des budgets, il faut : les budgets.
- Communications. — Le froid dans l’Est. — M. Saleu, à lléricourt (Haute-Saône), nous écrit la lettre ci-dessous, où I on trouvera des renseignements intéressants sur la température de l’Est de la France : « Lecteur fidèle de La Nature, je m’intéresse tout spécialement à votre chronique météorologique, et, depuis de nombreuses années, je poursuis dans notre région des observations aussi exactes et aussi rigoureuses (que mes moyens me le permettent, et cela à titre absolument privé. Il vous serait peut-être agréable de connaître certaines données inédites sur la période très froide qui se présenta un peu partout du 3o décembre dernier au ier janvier. J’ai lu dans les divers quotidiens que l’on avait observé à Grenoble jusqu’à — 160 C. J’ignore les extrêmes du climat de Grenoble autant que ceux de la région des Alpes ou il fut, à Gap, observé — 220. Notre région de l’Est (de Charleville au sud de Besançon, en passant par Xancy-Epinal-Belfort-Besançon, soit la région Ardennes-Vosges et Jura septentrional) est une des plus froides de la France, et de toute cette région la partie la plus froide en hiver est celle qui avoisine Belfort. Pendant la période qui nous intéresse, la température dans cette région a été extrêmement basse. Le dimanche 3o décembre, la température au matin avait été — 12°. Le soir le froid s accentua d’une façon notable, la lune brillait dans un ciel très pur. A 9 heures, mon thermomètre, dans le jardin de ma propriété, indiquait — 24°. Le lundi matin, à 8 heures, il marquait —3o°,5. Un autre thermomètre à mercure, placé dans un autre endroit de la propriété, marquait également —3o°,5. Je signale simplement le l'ait, car il est très certainement ignoré de tous et ceux qui ont lu qu’à Belfort on a constaté — 24° (en ville) sont assez loin du maximum de froid observé dans la région à cette époque. J’ai, en outre, relevé que, le matin du 3r décembre, la température était, en divers points d’Héricourt, de —26°,5, —290, et au point culminant — 32°. L’intensité du froid semble donc s’être surtout manifestée dans cette partie de la région de l’Est, car
- d’après des renseignements puisés à bonne Source on i n’a relevé que des minima inférieurs à ceux que je vous j signale, dans la région de l’Est. Ainsi, à Montbéliard, ville voisine d’Héricourt, le minimum n’a été que — 24° ; comme à Belfort, — 180 à Remiremont, — 23° à Besançon, — 220 à Nancy. Un froid aussi vif n’avait pas été observé ici depuis le fameux hiver de 1879-1880, quoique celui de 1891-1892 ait été très dur, avec un minimum de
- — 23°. Le dégel est heureusement survenu et l’année 1907 a débuté avec un notable relèvement de la température dans toute la région. »
- Renseignements. — M. Marcel C., à Paris. — i° Vous trouverez des détails complémentaires sur les fouilles de Crète dans les derniers fascicules de la Revue VAnthropologie, dirigée par MM. Boule et Yerneau, librairie Masson et C‘% 120, boulevard Saint-Germain.
- — 20 II existe divers ouvrages de ce genre ; celui que nous trouvons le plus commode est le Catalogue des rues de Paris, par le marquis de Rochegude, librairie Hachette, 79, même boulevard ; c’est un livre de poche, donnant, numéro par numéro, l’indication de ce que chaque rue contient d’intéressant, historiquement ou au point de vue artistique.
- Fossiles des musées américains. — Plusieurs lecteurs nous ont demandé des renseignements complémentaires au sujet de notre récent article sur les animaux fossiles d’Amérique. Pour toute proposition d’achat, d’échange, ou demande de renseignements, s’adresser à M. H. F. Osborn, curator of the American Muséum of Natural Ilis-tory, départaient of vertehratepalœontology, à New-York. La liste des moulages, modèles et photographies en vente a été dressée par les soins de M. Osborn, qui la communique sur demande : elle est, sinon gratuite, d’un prix peu'élevé. Le prix des moulages est variable suivant la pièce moulée ; le musée ne prélève aucun bénéfice; les photographies (format 46 X 56) des squelettes montés, ainsi que celles (46 X 56) des restaurations, sont vendues 4 dollars (20 fr. pièce). Quant aux moulages des statuettes, leur prix est variable, de 3o à 5 dollars (i5o à 25 fr.). Nous ignorons si M. Osborn a fait des plaques pour projection d’après ces modèles, mais, en lui écrivant, il pourrait le faire faire.
- M. L. N. N. G. — Pour des ouvrages relatifs à la télégraphie sans fil veuillez vous adresser aux librairies Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, Paris, et Tignol, 53 bis, même quai.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Mante, à Brest. Veuillez consulter un ingénieur conseil. — M. Testibidois, à L. F. Vous trouverez ces indications dans la 4e série des Recettes et Procédés utiles, librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- — M. Saleu, à Héricourt; M. Jacquot, à Thonon ; M. Picard, à la Chaux-de-Fonds. Remerciemenfs pour vos communications.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Récupération électrolytique de l’étain. — Notre confrère Y Electricien a indiqué récemment, d’après le journal allemand Eléktrotechnische-Neuigkeits An-zeiger, un procédé électrolytique, imaginé par.M. Bergsoe, pour récupérer l’étain employé dans l’étamage et la soudure des objets en fer-blanc, et notamment celui des boîtes de conserves. Les déchets de ces boîtes, sans autre nettoyage préalable, sont, placés dans des récipients reliés ensemble. On fait passer au travers de ces déchets une solution de bichlorure d’étain contenant environ 2 pour 100 d’étain. Cette solution, en présence des déchets, provoque la formation de chlorure d’étain d’après la réaction chimique suivante ;
- SnCl*+ Sn = àSnCl*
- à la. sortie des récipients, le liquide contenant le chlo-
- rure d’étain passe dans un bain électrolytique où il est soumis à l’action d’un courant électrique. La réaction inverse s’opère alors : l’étain se dépose et il se forme du bichlorure d’étain qui est de nouveau utilisé. L’étain ainsi obtenu est pur.
- Décoration au patron sur murs peints à la détrempe. — On commence par encoller les surfaces peintes à la détrempe, plutôt avec une colle claire, colle dé parchemin dissoute dans de l’eau chaude, à raison de 1 partie de colle pour 2 p. d’eau. Pour les couleurs à employer, on peut les dissoudre soit dans de l’eau, soit dans de la térébenthine, avec addition de colle dans le premier cas, et emploi à chaud. Quand on se sert d’une couleur à la térébenthine, il faut la remuer fort souvent.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE 1)E 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 janv — i°,i w. s. w. 1. Beau. » Beau jusq. S h. ; couv. eus. ; gel. bl. ; brouill. jusq. 18 h.
- Mardi 8 4°,i s. s. w. 0. Couvèrt. 0,0 Couv. ; brouill. jusq. 14 h. ; bruine de 9 h. à 10 h.
- Mercredi 9 2°,9 Calme. Couvert. M Gel. bl. ; couv. jusqu’à 10 b. ; beau ensuite.
- Jeudi 10 F,3 S. S. W. 0. Couvert. 0,0 Gel. bl.; couv.; gouttes à 11 h. 30; bruine de 20 à 21 h.
- Vendredi 11 4»,l> • S. W. 2. Couvert. 2,5 Très nuageux; jduie de 2 b. 30 à 7 b. 15.
- Samedi 12 — 0°,9 S. S. W. 1. Éclaircies. » Gel. bl. ; brouill. de 9 à 14 b., de 100“ à 10-11 b ; éclaircies jusqu’à 9 b. ; couv. ensuite.
- Dimanche 13. ... . 5°,2 S. w. 1. Couvert. 0,3 Bruine de 3 b. 30 à 6h.; pet.brouill. à 7 b. et 12h.;couv.
- JANVIER 1907.
- SEMAINE DU LUNDI 7 AU DIMANCHE 13 JANVIER 1907.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
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- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
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- -‘'inaLafiab.------------------------------------------------------------------------------------------
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche, courbe en pointillé, thermomètre à Vabri à boule mouillée.
- Chronique météorologique <?«$,
- Le temps. — Le temps a été froid et pluvieux dans la semaine du 7 au i3 janvier 1907. La pression barométrique était élevée le 7 janvier; on notait 779 mm à Brest. Un vent faible a soufflé d’entre Nord et Ouest sur les côtes de la Manche et de l’Océan, ainsi que sur les côtes de la Méditerranée. Il est tombé 3 mm d’eau à Paris, 6 mm à Besançon, 6 mm à Limoges, 8 mm à Biarritz. La température était le matin io° à Biarritz, 8° à Toulouse, 3° à Clermont, —i° à Paris, —3° au mont Aigoual, —4° au Puy de Dôme. A Paris, un brouillard épais s’est formé sur la ville. Le 8 janvier, la pression atmosphérique était supérieure à 775 mm à l’Ouest de l’Europe. Un vent du Sud-Ouest a soufflé sur les côtes de Norvège. Le thermomètre marquait le matin 5° à Nantes, 4° à Paris, o° à Belfort, — 6° au mont Yentoux, —6° au Pic du Midi. Le 9 janvier, la pression barométrique était supérieure à 770 mm. I! n’y a pas eu de pluie en France. La température était le matin i° à Belfort, 3° à Paris, 3° à Toulouse. Le 10 janvier, la pression baromélrique est restée supérieure à 770 mm sur nos régions, avec un maximum de 774 mm en Bretagne. Un vent a soufflé d’entre Sud et Ouest sur la Manche, de l’Est sur les côtes de l’Océan, du Nord sur la Méditerranée. Les neiges ont éié abondantes dans les hautes régions de la Savoie. Les environs de Perpignan ont beaucoup souffert, des avalanches. Le ihermo-mètre a m'arqué i° à Paris, 20 h Belfort 3° h Toulouse, 3° à Nantes, 8° à Alger. — 3° au Pic du Midi, —20 au mont Ventoux. La température moyenne à Paris a été 2°,9, supérieure de o°,9 à la normale. Le 11 janvier, la
- pression atmosphérique était 776,1 mm à Paris, 779 mm en Gascogne. 779 mm en Bretagne, 780 mm en Irlande, 743 mm. à Kharkof en Russie. Un vent fort a soufflé du Nord sur la Manche, et du Nord-Ouest à Cette sous l’influence d’un minimum barométrique près de Nice. On a signalé des pluies dans le Nord-Ouest de l’Europe, des averses dans le Nord de la France et des chutes de neige à Limoges et à Besançon. Le thermomètre marquait le matin o° à Belfort 5° à Paris, — 20 au mont Yentoux, —3° au Pic du Midi. Des ondées tombées le matin sur la région parisienne ont donné 2 mm d’eau. Le 12 janvier, la pression barométrique sur la France était supérieure à 770 mm avec un maximum de 783 mm en Bretagne. Il est tombé 5 mm d’eau à Lyou, 3 mm à Nancy, 2 mm à Belfort. La température était le matin —i° à Paris, —-i° à Nantes i° à Clermont, i° à Toulouse. Le i3 janvier, la pression était supérieure à 775 mm, mais ne dépassait pas 780 mm en Bretagne. Le vent a soufflé de l’Ouest sur les côtes de la Manche, et du Nord-Ouest sur les côtes de l’Océan et de la mer Méditerranée. La température était le matin — i° à Toulouse, 5° à Belfort, 5" à Paris, 90 à Cherbourg, 120 à Alger. A Paris, la température moyenne de la journée a été 6°,8, supérieure de j°-8 à la normale, avec un maximum de 70 observé à 2 heures du soir à la Tour Eiffel. On a signalé une violente tempête qui s’est abattue dans l’après-midi sur la région du Mézenc, aux environs du Puy. Les lignes télégraphiques et téléphoniques ont, été détruites en grande partie; on a même retrouvé des fils enveloppés d’une forte épaisseur de glace.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 7 à 2 h. 5y m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, "Boulevard Saint-Germain, Paris (VPJ
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VJe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1757 (26 JANVIER 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Exposition des sports d’hiver. — A l’occasion de son concours international de skis, le Club alpin français prépare à Grenoble une exposition de tout ce qui a trait aux sports d’hiver : skis, raquettes, traîneaux (luges, bobsleighs, etc.), vêtements, réchauds et autres accessoires. L’exposition aura lieu du 8 au i3 février 1907, dans l’Hôtel de la Chambre de Commerce de Grenoble. Pour tout renseignement s’adresser à M. le Président de la section de l’Isère du Club alpin, à l’Hôtel de la Chambre de Commerce, boulevard Gambetta, à Grenoble.
- Le XIVe Congrès international d’hygiène et de démographie. — Le Congrès se tiendra à Berlin, du a3 au 29 septembre 1907. Le Comité d’organisation français a constitué ainsi son bureau. Président : M. le professeur A. Chantemesse. Secrétaire général : D' Mosny. Secrétaire général adjoint : Dr Henry Thierry. Secrétaires : Drs F.Borel (Le Havre), Bourgeois, G. Brouardel, À. Chassevant, M. Le Gouppey de la Forest. Membres du comité : MM. les professeurs ou docteurs A. Arloing; Berlin Sans ; Bordas ; Calmette : J . Courmont ; J. Lucas-Ghampionnière ; Dupuy; Guiraud; Imbeaux; Layet; Leclainche; Leclerc de Pulligny; Macé; Lucien March; Vallée. Tous les renseignements devront être adressés ou demandés à M. Nietner, secrétaire général du Congrès, Eichornstr., 9, Berlin, ou à M. le Dr Mosny, 64, rue de la Victoire, Paris. Le Congrès sera partagé en 8 sections, savoir : I Microbiologie et parasitologie appliquées à l’hygiène. — II Hygiène alimentaire et physiologie appliquées à l’hygiène. — III Hygiène de l’enfance et des écoles. — IV Hygiène professionnelle et assistance aux classes ouvrières. — V Lutte contre les maladies infectieuses et assistance aux malades. —VI A. Hygiène des habitations, des localités et des eaux. B. Hygiène du service des transports en commun. VII Hygiène militaire, coloniale et navale. — VIII Démographie.
- Ascension du mont Mac-Kinley (Alaska).— On annonce que, dans l’été de 1906 et après bien des tentatives réitérées depuis 1963, le Dr F. A. Cook a xréussi l’ascension du mont MaC-Kinley, découvert en 1896 seulement, et considéré quant à présent, avec l’altitude (mesurée de fort loin) de 6240 mètres, comme la plus haute montagne de toute l’Amérique du Nord.
- Population de l’Inde anglaise. —Elle est en 1902 de 294 361 000 habitants pour 4 5y6 Soo km carrés. Le nombre des hommes dépasse de 3 millions celui des femmes. 3o millions d’habitants sont répartis dans les villes (dont 1 ïooooo pour Calcutta seul). On compte 2148 villes, 729000 villages et 55 800 000 maisons occupées. Il n’y a pas tout à fait 3 millions de chrétiens. En j 903-1904, les
- serpents ont tué 22000 personnes et 100 000 bestiaux ; et on a détruit 16000 félins et 60000 serpents.
- Exploration du pôle magnétique austral. — L’exploration du pôle magnétique austral est projetée par R. Amuudsen qui vient d’effectuer si hardiment celle du pôle magnétique boréal, en même temps que le fameux passage du Nord-Ouest. Mais l’investigation antarctique sera plus difficile, car c’est en pleine mer glacée et très loin de toute côte qu’il faudra identifier avec précision le pôle magnétique Sud que l’on suppose situé vers 73° 39' S. et 146° 15’ W.
- Les latitudes polaires arctiques. — Progressivement, les expéditions -arctiques ont atteint : en 16x6, Baffin (baie -de Baffin) 77° 45; en 1773, Philipp (au Spitz-berg) 8o° 4&; en 1827, Parry (au Spilzberg) 82° 45; en 1876, Markham (détroit de Smith) 83° 20 ; en 1882, Lockwood (Groenland) 83° 24; en 1895, Nansen (terre François-Joseph) 86°i4; en 1900, Cagni (duc des Abruz-zes) (terre François-Joseph) 86° 34; en 1006, Pearv (détroit de Smith) 87° 06.
- La perforatrice Gordon au Transvaal. — La Revue Sud-Africaine donne d’intéressants détails sur la nouvelle perforatrice Gordon, dont l’essai à la mine Robinson (Transvaal) a fait quelque sensation parmi ceux qui s’intéressent aux mines d’or. Jusqu’ici, les perforatrices étaient uniquement employées aux travaux dits de traçage, puits, galeries, etc., ou encore dans certains chantiers d’exploitation à filon très large ; mais, à peu près partout, pour l’abatage du minerai, on leur préférait le travail à la main du Cafre, dont on' connaît pourtant le prix coûteux et le recrutement difficile. On reprochait aux très nombreux modèles de perforatrices essayés d’être lourdes, délicates à manier et de donner trop de poussière. La perforatrice Gordon paraît répondre à quelques-unes de ces objections. Elle est surtout très simple. C’est une perforatrice par percussion rotative, composée de deux parties, un perforateur de 1 mètre de long et pesant 24 kilos, mû par l’air comprimé, et une colonne complétée par une barre pesant 27 kilos. Elle fonctionne rapidement et donne un prix de revient d’environ 100 francs par fathom (i5 tonnes) de minerai abattu, tandis que le même abatage coûtait plus de 120 avec l’abatage à la main et 142 francs avec les anciennes perforatrices. D’après la Revue Sud-Africaine, à laquelle nous empruntons ces chiffres, la rapidité du travail serait surtout très grande : 3,7 journées d’ouvriers cafres par fathom, contre 20 journées de nègres et une journée de blanc avec l’abatage à la main. Le prix d’une machine est d’environ xooo francs et l’on vient d’en commander
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- INFORMATIONS
- •200 à la manufacture lngersoll-Sergeant pour être mises en service dans les mines du groupe Wernher-Beit.
- Phosphates. — Les phosphates ont bénéficié de la hausse qui se produit, depuis quelques mois, sur toutes les matières. Ceux de la Floride, les plus riches en acide phosphorique, qui titrent, en moyenne, de 78 à 8opour 100 de phosphate et dont on exporte environ 600 000 tonnes par an en Europe, valaient 5i francs la tonne en janvier 1905 ; 60 francs en janvier 1906; ils atteignent 80 francs en janvier 1907. Ceux d’Algérie et Tunisie (Dyr et Gafsa), dont la teneur est seulement de 55 à 60 pour 100 et qui, par suite, valent à peu près moitié moins, se sont vendus : en janvier igo5, 34 francs ; en janvier 1906, 37 francs; en janvier 1907, 42 francs. La consommation actuelle de phosphates dans le monde est d’environ 3 5oo 000 tonnes. La Tunisie seule a fourni, en 1906, 800000 tonnes, dont 600000 pour Gafsa, le reste pour Kalaat-es-Senam et Kalaat-es-Djerda. Les gisements du Pas-de-Calais, delà Somme, de l’Aisne, qui ont joué un grand rôle vers 1890, sont à peu près épuisés, ainsi que ceux du Tennessee plus récemment découverts ; mais il reste, dans nos possessions africaines, d’immenses réserves à mettre en valeur.
- Production de l’or au Transvaal en 1906. — La production de décembre 1906 dans le Witwatersrand a atteint près de 53oooo onces d’or fin (de 3i,i gr.), ou 55oooo avec les districts secondaires, soit 58400000 francs, contre 56 6ooooo francs eu novembre, dépassant ainsi toutes les productions mensuelles antérieures. On arrive ainsi, pour l’année 1906, à un total de 614,5 millions de francs contre 5ao en igo5, 401 en 1904 et 3ia en igo3.
- Marée lunaire sur le lac Huron. — Le professeur W. J. Loudon, de l’Université de Toronto, en examinant les courbes de la variation de niveau du lac Huron, a trouvé une oscillation bien marquée d’une période de un demi-jour. Il attribue cette onde de 1/2 jour à une attraction lunaire et l’on assisterait ainsi à une véritable marée.
- Températures maxima observées en France. —
- L’été particulièrement chaud et sec que nous avons traversé en 1906, et qui a fait le désespoir des agriculteurs, a attiré de nouveau l’attention sur les températures maxima Scientifiquement enregistrées en France. Le j 9 juillet 1904, à Montpellier, on a noté les chiffres
- suivants :
- Au Jardin des Plantes....................43°,6
- A l’École normale d’instituteurs. . . . 43°,o
- A la station de l’École d’Agriculture. . 42°,9
- La station du Jardin des Plantes étant encaissée, il est possible que le chiffre de 43°,6 ne représente pas rigoureusement la température de l’air et que le rayonnement ait contribué à réchauffement des appareils. A Poitiers, le 24 juillet 1872, on avait observé 4l0,2- Le Bulletin de la Société astronomique de France, auquel nous empruntons ces chiffres, a publié en outre plusieurs communications dont nous extrayons les températures suivantes :
- Lieux.
- Parc Saint-Maur .... Observatoire de Juvisy. Paris Tour Saint-Jacques Paris Montsouris. . . . Parc Saint-Maur .... Observatoire de Juvisy. Observatoire de Lyon. .
- Observatoire de Bordeaux Sainte-Hélène (Gironde).
- Dates. Température observée.
- 19 juillet 1904. 3o°,6
- — 29°,9
- 17 juillet 1904. 360,9
- — 37°,1
- — 36°,9
- — 350,6
- 19 juillet 1904. 35o,2
- 3i — 1904. 35o,8
- VT O CT> <3 O ci 35°,7
- 2 — 1904. 3 7°, 1
- 3 — 1904. 36o,3
- 24 juillet 1870. 380,6
- 16 août 1892. 4i°,9
- 17 - 1892. 4o°,2
- 16 — 1892. 4^0, ^
- V-J I M 00 te 4‘2°,2
- noté, d’après M. F. Courty :
- [Uoirac, 3g°,i ; Sainte-Hélène
- teau d’Yquem, 4i°,8; Lussac, 4i°,2. Le maximum de 42°,9 noté le 19 juillet 1904 à Montpellier et celui de 4'2°,7 observé à Sainte-Hélène (Gironde), le 17 août 1892, constituent le « record » de la température en France.
- Les moteurs électriques au Japon. — Le journal Y Electricien nous apprend, d’après Y Elektrotecluiiaclic Anzeiger, que le Japon a commencé à importer des moteurs électriques en 1896; pour cette année, la somme totale a été de 36277 francs. L’importation a atteint une valeur de 5i8 25o francs en 1900, de 3 280 522 francs en 1904 et de 6 362 555 francs eh 1905. Les deux tiers des moteurs importés proviennent des Etats-Unis.
- Tremblements de terre. — Des secousses terribles .ont été ressenties le 14 janvier à la Jamaïque. Les ravages ont eu lieu presque entièrement sur trois points de l île : Kingston, Port-Royal et Saint-Andrew. On a constaté partout des effets désastreux; le sol se mit d’abord à trembler, puis une obscurité complète se fit des nuages de poussière et des débris de toute sorte volèrent de tous côtés, tous les immeubles furent alors renversés. Le fond de la mer a été bouleversé, les phares ont été détruits à Plum-Point et à Port-Royal; la profondeur du port a diminué. Comme curieux effet du tremblement de terre à Kingston, on mentionne que la statue de la reine Victoria, érigée au centre de la Ville, a fait volte-face sans être renversée et tourne maintenant le dos au port. Le nombre des victimes du tremblement de terre est évalué à mille personnes. Quatre-vingt-dix mille personnes seraient sans abri ; les dégâts pour la ville de Kingston sont évalués à cinquante millions de francs.
- Indes Néerlandaises. — De terribles accidents viennent de se produire aux Indes Néerlandaises, à la suite d’un ébranlement du sol, une grande inondation a eu lieu sur la côte méridionale de Simaloë, en vue de Sumatra, et a emporté plus de quarante personnes. Dans l’ile Tapat, un raz de marée a suivi les secousses sismiques et a fait disparaître 3oo victimes.
- Le Gulf-Stream. — On a signalé dernièrement le changement de direction du Gulf-Stream dans l’océan Atlantique sur la côte des États-Unis. Sur la côte de l’État de New-Jersey, où la température à cette époque de l’année est toujours rigoureuse, il règne actuellement une chaleur extraordinaire. Le 10 janvier 1907, on a relevé en plusieurs points au thermomètre des températures de 270 centigrades, malgré l’absence du soleil.
- La consommation du tabac en France. — Il résulte des statistiques officielles que le monopole des tabacs a produit, en 1905, à l’État un bénéfice net de 368 044 274 francs. Cette industrie fait vivre, en France, 85 000 personnes, tant dans les manufactures que dans les divers autres services, livraison, vente, etc. Il y a 36 604 bureaux et débits. La consommation du tabac ne diminue pas, puisque, en 1905, 730 800 kg ont été livrés de plus qu’en 1904; il a été vendu, en igo5, sur tout le territoire de la France, plus de 3g millions de kilogrammes de tabacs de toutes sortes sortant des manufactures de l’État, sans compter les tabacs, cigares et cigarettes provenant de l'étranger. En outre, la contrebande est fort importante dans certains départements. La consommation moyenne du tabac à fumer, pour toute la France, est de 800 gr. par tête. Le département du Nord est celui où l’on fume le plus : 2 kg, o55 par habitant; le département de la Lozère, celui où il se rencontre le moins de fumeurs, les habitants ne consomment que 432 gr. de tabac à fumer par tête. La consommation du tabac à priser est beaucoup moindre; on l’estime à 119 gr. par habitant, moyenne générale pour toute la France.
- Bateaux de pêche automobiles. — Voici un certain temps que les embarcations automobiles s’introduisent en Islande, au moins pour la pêche côtière, et le nombre est en train d’en augmenter rapidement, ce qui suppose bien qu’elles rendent de réels services. La plupart ont été importées du Danemark. Elles sont généralement non pontées, sauf celles qui s’aventurent en haute mer ; et l’on commence même de recourir à des bateaux du même genre pour le transport des marchandises.
- Le commerce de la Guinée française en 1905. —
- D’après Y Office colonial, le commerce total de la Guinée française en 1905 s’est élevé à 35 298 476 fr., soit une augmentation de 6821 176 fr. sur l’année précédente et de i2o55 66gfr. sur la moyenne quinquennale antérieure à 1906. Importation : 18924814 fr. ; exportation :
- 16373661 fr. La France entre pour 35 pour 100 dans le commerce total de cette colonie.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Torce Motrice
- Moteur à deux temps Victoria. — Ce moteur, qui eSi du à M. C. E. Kolbs, et qui est en vente à Paris, 36, rue de l’Arcade, est à double effet en même temps pi’ù deux temps; il se fait soit horizontal, pour bateaux, JS;iges industriels, soit vertical, plutôt pour voitures uitomobiles, groupes électrogènes, force motrice ordi-uaire. Nous en avons suivi le fonctionnement dans certains ateliers, et il nous a semblé fonctionner de façon régulière et satisfaisante. Si nous considérons le type horizontal, nous voyons que les deux cylindres, en principe toujours en tandem, sont ici en prolongement l’un de l’autre ; on les voit en r1 et r2, ils sont montés solidairement sur un socle s. Il n’y a pas de compression dans le carter ni réservoirs de gaz comprimés ; point de soupapes non plus, sauf des clapets automatiques d’admission fonctionnant à l’abri de la chaleur. Point
- Fig. i. — Moteur Victoria. Type vertical.
- d’engrenages ni de cames de distribution de gaz ou d’allumage, l’inflammation étant assurée par le volant du moteur au moyen d’un frotteur indéréglable, que l’on donne comme pratiquement inusable. Les 2 cylindres sont à double alésage, et l’on y trouve deux pistons, qui se voient en pl et p2; en b1 et en b2 se trouvent leurs bielles respectives. En a1 et a2 sont les clapets d’admission, l’échappement se faisant par a:1 et x2 ; les bougies d’inflammation sont placées en s1 et z2. Le canal de distribution du cylindre ;* est en f k, tandis que celui de l’autre cylindre est symétriquement en h h. Nous insisterons peu sur l’enveloppe d’eau, qui entoure respectivement les deux cylindres en e e. On comprend du reste l’importance des petits écrans d d, qui rabattent les gaz frais arrivants, pour qu’ils ne se dirigent pas sur l’orifice d’échappement. On aperçoit enfin en m la manivelle, sur laquelle viennent agir les deux bielles, autrement dit les deux pistons, alternativement.
- On doit comprendre assez facilement le fonctionnement de ce moteur où l’arrivée du gaz frais se fait tandis que l’échappement fonctionne d’autre part. La disposition du moteur vertical est peut-être plus caractéristique encore ; on voit du reste nettement, dans la figure que nous en donnons, le distributeur frotteur d’allumage monté sur le volant. Il est bien manifeste que l’absence de nombreuses pièces mécaniques donne beaucoup de simplicité et de sûreté de fonctionnement au moteur, qui arrive pourtant à présenter sensiblement les mêmes avantages qii un moteur à quatre temps ; l’engin est naturellement léger, et il peut se vendre bon marché. La rotation est douce, parce qu’il se produit une explosion par demi-four de l’arbre à manivelles ; le volant peut être léger,
- si bien qu’on a la faculté de s’arrêter brusquement, et la réversibilité se réalise par déplacement de la plaque d’allumage. Les constructeurs affirment que, de la
- Fig. 2.
- Même moteur horizontal.
- sorte, il est possible d’appliquer ce moteur à un canot et de réaliser la marche arrière sans changement de marche. La vitesse de rotation peut varier de 200 à 1200 tours, à la volonté du mécanicien; la consommation est d’un demi-litre d’essence par cheval-heure.
- .'Electricité
- Support électromagnétique. — Tout le monde est d’accord pour reconnaître que l’éclairage électrique par les lampes à incandescence présente d’incontestables avantages sur les modes d’éclairage ordinaires : propreté, fixité de lumière, sécurité, facilité d’allumage, minimum d’entretien..., seulement ces lampes ne sont pas des instruments mobiles ; presque toujours elles sont établies dans des lieux déterminés prévus à l’avance d’où il est impossible de les déplacer. On comprend qu’en les rendant mobiles dans une certaine mesure, on puisse étendre le champ de leurs applications. Cette mobilité leur a été communiquée de la façon très ingénieuse que voici : dans la douille de la lampe on a établi un électroaimant, actionné, lorsque la lampe fonctionne par le courant qui l’allume. Les deux branches de l’électro-aimant font légèrement saillie au dehors et constituent
- Support électromagnétique.
- alors un moyen très commode, en même temps que très économique, de fixer la lampe sur n’importe quelle paroi ou montant métallique en fer. Dans les ateliers de construction, pour la vérification et le nettoyage des chaudières, dans les chantiers de marine, sur les bateaux, dans les mines, etc., partout, en un mot, où des pièces de fer sont apparentes, le support électro-magnétique peut rendre de réels services. La lampe peut être employée assez loin de la prise de courant puisque le câble (le câble se termine par une douille à vis ou par une douille à baïonnette), qui la relie à cette prise de courant, aune longueur que l’on peut faire varier à volonté. Ajoutons qu’un protecteur métallique entoure la lampe et la met à l’abri des causes de rupture pour chute. Ce dispositif presque inconnu en France est déjà employé, surtout en Belgique, notamment dans la Fonderie royale de canons de Liège, ainsi que dans les ateliers et dépôts de locomotives de l’Administration des chemins de fer.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Divers
- Tuyau de vidange à flotteur. — Il y a bien des cas dans lesquels on peut désirer que la vidange d’un réservoir se fasse constamment par la surface ; et, si le niveau de l’eau est appelé à y varier notablement, il est manifeste qu’on ne peut songer à recourir à un déversoir de superficie, qui tantôt serait noyé, tantôt au contraire à
- F F
- Tuyau de vidange à flotteur..
- sec et ne remplirait plus son office. Il faut alors disposer d’un tuyau articulé, se reliant par une extrémité à l’orifice proprement dit de vidange, qui se trouvera au fond du réservoir, tandis que son bout libre sera maintenu continuellement à la surface du liquide emplissant le réservoir par un flotteur. Nous donnons, d’après un confrère anglais, une solution heureuse et simple de ce problème. Le dessinateur a représenté à la fois une vue de face (avec arrachement partiel) de cette combinaison et une vue latérale faisant bien comprendre la disposition.
- Le tuyau de vidange est en fonte, en A, et peut se trouver par conséquent tout à fait au fond du bassin ; sur lui vient se fixer par manchon, avec garniture étanche, un bout de tuyau B, qui pourra tourner à l’intérieur du premier sans qu’il se produise une rentrée de liquide. A l’extrémité libre de B, est un coude métallique dans lequel se monte un autre bout de tuyau métallique, suffisamment long pour que son extrémité supérieure atteigne à peu près le niveau de la surface du liquide, quand le réservoir est plein au maximum, le tuyau faisant alors un angle convenable avec le tuyau couché horizontalement. A son orifice d’admission, est une sorte de crépine plate, maintenue en surface par les deux boîtes formant flotteurs que l’on a indiquées en FF. Au reste, ces flotteurs sont rattachés par articulation à la crépine et au tuyau, de façon que cette crépine se maintienne à peu près dans la même position à toutes les inclinaisons du tuyau.
- La combinaison semble pratique et simple.
- Niveau pour mèches. — Le fabricant de ce petit accessoire précieux pour les menuisiers est la Maison Stanley, dont nous avons décrit ici les remarquables rabots; mais il est en vente en France dans une maison que nous avons souvent l’occasion de citer, la Maison Markt, de Paris, 107, avenue Parmentier. Le but de cet
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- Niveau pour mèches.
- appareil est de mettre le menuisier, charpentier, ouvrier en fer, etc., à même de percer avec une mèche à main un trou qui sera exactement vertical, ou exactement horizontal, ou bien à 4^° d’obliquité par rapport à la verticale, et par suite à l’horizontale.
- L’instrument se compose essentiellement d’une sorte de cadre circulaire, qui est du reste en cuivre fondu, et qui comporte trois rainures dans lesquelles on peut loger la mèche, avant que de se mettre au travail. L’une est absolument verticale par rapport à l’axe du niveau à bulle que l’on aperçoit sur le cadre, c’est-à-dire au plan horizontal que détermine ce niveau; la deuxième rainure est au contraire taillée parallèlement à ce plan, et la troisième est dans une position exactement intermédiaire, suivant la bissectrice de l’angle déterminé par les deux plans. Il suffira donc de fixer la mèche dans la rainure convenable, puis de maintenir le niveau au
- moment où l’on commence le percement, dans la position où la bulle d’air est bien en son milieu, pour que la mèche, suivant le cas, s’enfonce verticalement, horizontalement, ou à 45°. Nous devons dire que ce niveau peut rendre d autres services, quand on n’a pas à percer de trous. Son cadre comporte une sorte de pince avec deux butées, qui permet de le placer à la partie supérieure de la brandie horizontale d’une équerre : cette branche fournira le moyen d’élever une perpendiculaire, la seconde donnant bel et bien la verticale, tout comme un fil à plomb.
- Jouets
- Automobile électrique. — M. Brianne, le constructeur électricien bien connu de nos lecteurs, a fabriqué dernièrement une automobile électrique qu’il est intéressant d’examiner. Cette voiture, que montre la figure ci-dessous, est montée sur pneumatiques et est à carrosserie limousine. Elle est guidée et alimentée de courant électrique par une piste formée de rails de forme désirée. L’avant-train, par un guide contact isolé, est dirigé de façon à faire des courbes de faible diamètre. La voiture est dotée de deux phares puissants à l’extérieur et d’un éclairage intérieur qui donnent au jouet un frap-
- Automobile électrique.
- pant aspect de réalité. Dans le châssis de la voiture est installé un moteur électrique qui fonctionne sur le courant de 110 volts et donne une allure très vive à l’ensemble. — L’automobile électrique se trouve chez M. L. Brianne, 2 ter, boulevard Saint-Martin, à Paris.
- Locomotive électrique. — M. Brianne a également adopté de nouveaux dispositifs intéressants permettant de commander à distance la marche en avant ou en arrière des locomotives électriques. Sur de faibles tensions, il suffisait de remplacer l’inducteur par un aimant; une inversion de courant dans l’induit assurait le changement de marche. Mais, avec des tensions élevées, il a fallu adopter d’autres dispositions à l’intérieur de la locomotive représentée (modèle Paris-Orléans). Au-des-
- Locomotive électrique.
- sous du moteur, M. Brianne a ajouté un appareil de commande automatique avec rochet qui agit par action électro-magnétique au moyen d’un cliquet et change successivement les rapports de connexion entre 1 induit et l’inducteur. A chaque envoi dé courant dans l’appareil, il y a alternativement marche avant ou marche arrière. La marche continue dans un sens ou dans l’autre est obtenue par deux contacts rapides successifs. Ajoutons que les contacts changent à la rupture du courant, c’est-à-dire hors charge, afin d’éviter les étincelles destructives. La locomotive se déplace avec une docilité très surprenante. — La locomotive électrique se trouve chez M. Brianne, 2 ter, boulevard Saint-Martin, Pans.
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- L’intolérance pour le lait. — Le lait est l’aliment le plus simple et le plus facilement assimilable. L’eniaut ne prend pendant 10 à i5 mois aucun autre aliment et, sauf de rarissimes exceptions, le digère à merveille. On n’a guère vu, je crois, en dehors des cas de maladie, l’enfant refuser le sein de la mère. 11 n’en est pas de même des laits stérilisés, modifiés par l’ébullition, après avoir été souvent modifiés par l'écrémage et l’addition d’eau. Avec le lait ainsi modifié, on peut observer chez le tout jeune enfant une assimilation difficile et dans les entérites, les troubles intestinaux qui en sont le résultat, on est forcé de suspendre l’alimentation par le lait et de la remplacer par des bouillons de diverses natures.
- L’intolérance pour le lait s’observe surtout chez l’adulte. Beaucoup de sujets bien portants, et je suis dans ce cas, ne peuvent prendre une tasse de lait froid, je ne dis pas glacé, sans être purgés, comme s’ils avaient absorbé un verre d’eau de Sedlitz. Un membre du Congrès d’hygiène alimentaire, M. Locquette d’Alais, a lait la même observation. Quand vous soumettez un malade atteint de lésion du rein, du cœur, au i’égime lacté, il est constant, et c’est ce qu’on cherche, que, les premiers jours, le régime provoque, avec une augmentation de la diurèse, un effet laxatif prononcé. Puis peu à peu l’accouttimanCe s’établit et l’effet inverse : la continuité du régime lacté amène de la constipation qu’on est forcé de combattre par l’addition au lait d’eau de Vichy, de magnésie, etc....
- L’intolérance absolue pour le lait est plus rare, j’en conviens, que ces désagréments en sens divers dans les fonctions intestinales; mais elle existe. Un de mes amis, médecin de grande valeur, me soutenait que tout le monde pouvait supporter le lait, et que l’intolérance tenait à la façon dont on l’administrait. C’est vrai pour des malades, qu’il ne faut pas gaver du premier coup, auxquels il faut donner le lait à doses fractionnées. De même il y aura parfois intolérance avec certains laits bons en eux-mêmes, mais provenant d’animaux soumis une alimentation particulières. L’emploi des tourteaux, de l’herbe fraîche, de certains fourrages donne parfois au lait des propriétés un peu laxatives. Mais je ne parle pas de ces conditions particulières. Voici un enfant qui a été nourri au sein dans de bonnes conditions ; il est sevré, on ne lui donne plus de lait. Vient l’âge où il prend du chocolat, du café au lait, au premier déjeuner, où il absorbera une tasse de lait à la campagne ; à chaque fois, il est pris d’embarras gastrique, avec fièvre, de dérangements intestinaux qui cèdent dès qu’on supprime la cause. L’origine de ces accidents fut longtemps méconnue ; la mère en fit la première la remarque et la démonstration fut absolue.
- Chez une personne de ma famille, le régime lacté non exclusif, mais imposé pour quelques désordres intestinaux, loin de les apaiser, amena une entérite mucomembraneuse grave qui cessa dès qu’on eut supprimé le lait. Tous les médecins ont des faits analogues à citer; ils sont rares, j’en conviens, même très rares quand l’intolérance est absolue. Mais il est bon d’avoir l’attention appelée sur ces faits et il ne faut pas vouloir faire ingurgiter, envers et contre tous, à des gens qui ne le supportent pas, un breuvage qui convient à la presque totalité du genre humain.
- Quelle est la cause de cette intolérance? probablement une diminution ou un défaut de sécrétion du ferment lacté. En ajoutant dans quelques cas un peu de ce ferment artificiellement obtenu, on arrive parfois à rendre possible la digestion du lait. Il est à noter cependant que chez quelques-uns de ces sujets, auxquels le lait fait horreur, à juste raison, les fonctions digestives sont parfaites.
- Traitement des furoncles. — J’ai fait connaître un procédé d’avortement du furoncle dû au Dr Gallois, par l’iodacétone. Mais il est rare qu’un furoncle soit solitaire ; ils sont deux, trois, ils sont légion, et malgré l’ingestion de goudron, levure de bière, la furonculose persiste et passe aux yeux de bien des gens pour une maladie difficile à guérir. C’est qu’il faut mettre obstacle à la conta-
- mination des glandes de la peau, à la dissémination de l’agent microbien. On a conseillé, à cet effet, des bains antiseptiques au sublimé, comme on conseillait autrefois le bain sulfureux : le soufre, ou plutôt le sulfure de potasse, avait une action médiocre sur le microbe ; le sublimé est plus efficace, mais il n’est pas d’un emploi très pratique et pour quelques épidermes susceptibles, pour quelques personnes très impressionnables à l’action des médicaments, il peut offrir quelques dangers.
- Le Dr Gallois combine deux méthodes, le procédé d’avortement par une sorte de cautérisation à l’iodacé-tone et un pansement protecteur qui empêche la repullulation des furoncles ; c’est le pansement à la glycérine boriquée au dixième; seulement, si l’on veut que ce traitement donne des résultats réels, il faut qu’il soit appliqué d’une façon méthodique.
- Voici comment procède notre collègue. Vous prenez un bout d’allumette, vous enroulez un peu d’ouate, et vous imbibez légèrement ce porte-ouate économique de la liqueur iodacétone. Sur le clou princeps, sur le furoncle plus gros, vous faites un léger badigeonnage; puis sur les clous de moindre importance, les clous à l’état embryonnaire, vous déposez, suivant l’expression du Dr Gallois, un grain de beauté. L’iodacétone tache, en effet, les tissus en brun foncé. Jamais d’incision, ni de pression pour retirer le bourbillon.
- Seconde opération : vous passez au pansement ; suivez-en bien les détails, de leur application méthodique et parfaite dépend le succès de votre thérapeutique. Sur une feuille d’ouate hydrophile, trempée dans l’eau bouillie et exprimée entre les mains, vous versez la glycérine boriquée en abondance; comme l’ouate est humide, l’excès est vite absorbé. Vous étendez ce gâteau sur la partie malade, de façon à la recouvrir complètement, puis par-dessus vous mettez une couche d’ouate non hydrophile, de façon à ne pas absorber la glycérine, et vous terminez par deux ou trois tours de bande de gaze souple.
- Le pansement ainsi fait reste humide pendant au moins vingt-quatre heures ; on le renouvelle suivant les besoins une ou deux fois par jour. Si l’on examine la région malade au bout de deux jours, on constate que le clou est, en général, moins turgescent, moins rouge et que la peau du pourtour a déjà repris son état normal; l’iodacétone arrête le furoncle et le pansement prévient la dissémination et la poussée de rejetons à distance. Mais il faut que le pansement soit fait avec soin et propreté : autre détail important, ne pas reporter le linge contaminé et laisser de côté pendant un certain temps les faux-cols rigides qui écorchent la peau et préparent une inoculation facile.
- Accidents causés par les chenilles. — La chenille est un animal qui inspire un peu de répugnance, d’aucuns diraient beaucoup; on oublie le joli papillon qui doit éclore de la chrysalide pour ne penser qu’à l’animal rampant, velu. Quelques espèces, sans avoir rien de venimeux, provoquent, par leur contact, des irritations très vives du tégument. Les chenilles processionnaires sont renommées pour les démangeaisons que provoque leur contact, quand on détruit leurs nids, ou même qu’on stationne sous l’arbre où elles ont élu domicile. J’ai raconté comment le célèbre entomologiste Fabre avait, par des observations d’une rare sagacité, précisé les conditions de cette toxicité des poils et des excréments de la bestiole.
- Les accidents dont j’ai à parler ne ressemblent en rien à ceux que j’ai décrits ; ils doivent être fort rares et je n’en connais pas de signalés d’analogues. C’est le Dr Dufour, de Fécamp, qui a eu l’occasion de les observer. Une jeune fillette, en train de goûter sur l’herbe, pose son pain et son chocolat à côté d’elle, puis avale un morceau sans regarder ; elle sent, au mouvement de déglutition, qu’elle avale quelque chose d’anormal. Quelques instants plus tard, elle est prise d’accidents convulsifs, avec grincements de dents, contracture des membres, strabisme, tout l’appareil symptomatique des convulsions. Comme elle s’est plaint d’avoir avalé
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- •quelque chose de bizarre, on administre un vomitif et dans les matières rejetées on trouve une chenille blanchâtre, longue de 4 centimètres, encore vivante. L’expulsion de l’animal apaise immédiatement les convulsions.
- Le second fait, observé encore chez un enfant, est moins curieux en ce sens que l’animal rejeté, encore une chenille, était mort. C’est un jeune garçon qui avait été ,pris après le repas de convulsions avec état assez grave. Comme on croyait à des accidents causés par des helminthes, on administre du calomel et de la santonine et on trouve, dans les déjections, le corps d’une chenille brune, morte.
- Les convulsions dues à la présence de lombrics dans l’intestin ne sont pas rares chez les enfants ; elles cèdent en général aussitôt que le ver est expulsé, soit par un vermifuge, soit par un lavement d’eau salée. Ce sont des troubles réflexes provoqués par ces corps étrangers. Les accidents causés par les chenilles sont du même ordre; mais je ne crois pas qu’on ait eu l’occasion -d’en observer souvent.
- Le yestosol. — Ce nom bizarre a été donné par un
- dermatologiste allemand Saalfeld à une sorte d’onguent destiné à modifier l’hyperhydrose, la sueur exagérée des pieds ou des mains. Cet onguent, à base graisseuse neutre, contient 2 pour ioo de formaldéhyde et donnerait, au dire de l’auteur, des résultats bien supérieurs à ceux de tout autre agent thérapeutique. La poudre de talc et d’acide salicylique n’arrête pas la sueur, elle en atténue les effets sur la peau; de plus, elle nécessite des bains fréquents, deux fois par jour au moins. La formaline a donné des succès remarquables, mais elle amène quelquefois des érythèmes graves, de véritables brûlures; de plus elle a une odeur pénétrante qui provoque du mal de tête et des irritations des muqueuses.
- Le vestosol n’a pas ces inconvénients. Saalfeld l’a employé dans 5o cas d’hyperhydrose des pieds, des mains ou des aisselles. On en applique un peu, 4 à 5 grammes, sans lavage préalable, une fois par jour, trois ou quatre jours de suite. Au bout de ce temps, la sécrétion sudorale est ramenée à son taux normal et cette modification est durable, environ cinq à six semaines. Le médicament n’a aucun effet nuisible et ne coûte pas cher. A. C.
- VARIÉTÉS
- Le nettoyage des tunnels du Métropolitain de Londres. — Il y a plusieurs lignes actuellement, à Londres, qui méritent le nom de Métropolitains souterrains : nous en avons une spécialement en vue ici, celle que l’on désigne sous le nom d'Innev-circle, et que connaissent bien ceux qui ont fréquenté la Métropole anglaise. Cette ligne, qui forme une grande boucle, a été établie voici bien des années et, comme sur l’autre Métropolitain primitif, le District Railway, la traction y a été assurée pendant bien longtemps par des locomotives à vapeur. Ces dernières soulevaient bien des plaintes à cause de la fumée qu’elles émettaient; et le fait est que les voûtes des tunnels paraissaient fort noires, bien que, à notre avis, on exagérât la gêne que ressentaient les voyageurs par suite de ce mode de traction.
- Quoi qu’il en soit, en présence des progrès faits par l’industrie électrique, des conditions excellentes dans lesquelles elle permet d’assurer la propulsion des trains, et comme le public prenait l’habitude des avantages des convois mus électriquement, que d’ailleurs il fallait quelque peu compter avec la concurrence des autres voies souterraines exploitées électriquement, les deux vieux réseaux métropolitains souterrains se sont décidés à supprimer vapeur et locomotives sur leurs voies ; et, à l’heure où nous écrivons ces lignes, on retire de la circulation les dernières machines à vapeur et « à fumée », tous les convois vont être mus électriquement.
- Dans ces conditions, la nécessité semblait s’imposer de nettoyer les parois et les voûtes des souterrains où depuis si longtemps la fumée, c’est-à-dire de la suie, du charbon à demi brûlé, se déposait tout à loisir, et l’on s’est mis à ce nettoyage, qui constituait une besogne considérable, puisque ces souterrains ont un développement et une surface de murailles énormes. Il importait également d’effectuer le travail aussi peu coûteusement et aussi rapidement que possible, car la circulation des trains est intense sur YInner-circle, et des équipes de nettoyeurs sont une gêne et une cause d’accidents à redouter. Pour mener à bien l’opération, les ingénieurs de la Compagnie ont imaginé un appareil ingénieux où l’on a fait appel au courant électrique. Il s’agissait de frotter vigoureusement le dépôt de suie pour le faire se détacher, et l’on recourt dans ce but à une brosse métallique, un peu analogue à celle qu’emploient les fumistes dans les cheminées, et tournante. Elle est portée, un peu à la façon d’une roulette de trolley, au bout d’un grand bras métallique, et son axe de rotation est perpendiculaire à l’axe de ce bras. Mais ce dernier repose, comme un canon à tir rapide sur son affût, sur une sorte de trépied où deux tourillons lui permettent de prendre les inclinaisons les plus variées ; en outre le pied peut tourner sur lui-même dans tous les sens, ce qui donne le moyen d’atteindre avec la brosse les deux parois du tunnel et les divers points de la voûte dans le rayon de la longueur du bras. Toute l’installation est montée sur un wagon
- plate-forme automoteur qui prend le courant sur le conducteur placé le long de la voie ; ce courant arrive ainsi à un moteur électrique de 10 chevaux, qui est logé dans ce que nous appellerons la culasse du grand bras métallique, au bout opposé à celui où se trouve la brosse, et faisant utilement contrepoids à cette dernière.
- Dans ces conditions, on comprend que la manœuvre de la brosse est aussi rapide que peu fatigante : il suffit de la maintenir au contact de la paroi à nettoyer. Disons que ce nettoyage s’imposait d’autant plus que, fréquemment, on a eu à enlever des plaques de suie de près de 2 centimètres et demi d’épaisseur. Quand le nettoyage sera complètement terminé, on passera à la chaux murailles et voûtes, sans doute à l’aide d’un procédé analogue assurant un badigeonnage mécanique très rapide.
- L’industrie textile et les déchets de pétrole. —
- L’attention des spécialistes et des manufacturiers qui s’occupent du travail des plantes textiles est attirée d’une façon toute spéciale sur l’invention récente d’un ingénieur russe, M. Scheveline, qui vient d’imaginer un procédé grâce auquel les fibres de lin et de chanvre, traitées par les résidus de la distillation du pétrole, sont modifiées dans leur structure, et transformées en une matière très analogue au coton. La méthode Scheveline supprime le rouissage, et la plante est usinée telle qu’elle est, après arrachage. Le produit obtenu peut être cardé par les machines qu’emploie l’industrie cotonnière, et qui sont d’un prix bien moins élevé que celles dont on se sert pour le lin et le chanvre ; les tissus fabriqués par elles offrent la plus grande ressemblance avec les tissus de coton. Il est très possible que cette invention ait une importance économique capitale : la Russie, par exemple, produit annuellement 49°000 tonnes de lin dont elle envoie 260 000 tonnes sur les marchés d’Angleterre, de France, de Belgique et d’Allemagne. La production totale pourra être désormais travaillée dans le pays même, ce qui dispensera les filatures russes d’importer du coton d’Amérique et supprimera complètement l’exportation, tout en donnant le moyen d’utiliser les brais de la région de Bakou qui sont actuellement à peu près sans valeur. La Roumanie, qui est productrice de pétrole, trouvera des débouchés faciles pour ses résidus de distillation. La Sicile méridionale, où le lin n’est presque uniquement cultivé aujourd’hui qu en vue de l’extraction de l’huile contenue dans les graines, cessera de brûler sans profit les tiges dont elle pourra assurer la vente à des prix rémunérateurs. En France enfin, la crise linière dont se plaignent les agriculteurs de la Bretagne et des départements septentrionaux aura quelque chance d’être atténuée. Ce sont là autant de raisons qui autorisent à souhaiter la confirmation d abord, la généralisation ensuite, du procédé de M. Scheveline.
- Francis Marre.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Plie répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Contre la cassure des verres de lampes. — Voici, d’après M. Busserolle, de Lagny-sur-Marne, une recette qui serait :très efficace : « Vous prenez une grosse poignée de sel de cuisine, ou sel marin, que vous mettez dans une bassine à demi remplie d’eau. Vous plongez votre verre de lampe et vous mettez le tout sur un feu vif, vous attendez jusqu’à ébullition ; dès que les premiers bouillons se font sentir vous retirez votre bassine et vous la mettez dans un endroit où elle puisse refroidir très lentement. La recette est bonne et m’a donné de très bons résultats.
- Portes de villages. - M. L. Jacquot, à Grenoble, nous écrit l’intéressante lettre suivante : « Dans votre numéro du 5 janvier (1754), page 96, vous publiez un i ticle intitulé : Une cur&ieuse porte de village, et un dessin qui a pour légende : Entrée d’un village aux environs cl Arimanno (Madagascar). Ce dessin représente un bloc de rocher en forme de disque de grande dimension et pouvant se mouvoir verticalement entre 4 pierres plantées debout, en roulant de droite à gauche ou réciproquement. La reproduction grandeur naturelle de cette porte — ou d’une autre semblable — existait à l’Exposition universelle de 1900; et tous les visiteurs de la colonie de Madagascar ont défilé devant elle puisqu’elle était près de l’entrée : mais beaucoup ne l’ont pas remarquée, parce qu’elle était très haute et qu’il y avait peu de recul, partant peu de perspective. Ce genre de porte, disons-le, 11’est employé que sur les plateaux — où manque le bois. En Algérie, on retrouve des spécimens de ce type de fermeture aux environs de Sétif, dans les ruines des fermes romaines (voir notre article intitulé : « Les roues-portes » dans les Mémoires de la Soc. d’arch. du dép. de Constantine, 1900), — dans la région de Milo (tradition du crapaud soufflant les lumières des visiteurs de la cave et poussant la roue pour les enfermer), — auprès de Bordj-Ménaiel (tombeau monumental décrit par MM. Gsell et C. Viré), etc., etc. »
- Renseignements. — M. Marotte, au Mont Hymette. —- Le fait que vous signalez, très connu, est très compréhensible : la viande et les légumes qui ont déjà subi une cuisson à grand jus ont perdu pendant cette opération même une partie des substances qui leur donnent leur saveur ; ils arrivent à la seconde cuisson très différents de ce qu’ils étaient avant la première et sont à nouveau modifiés par celle-ci. Dans le cas d’une viande avec sauce, il n’y aurait pas un changement analogue, la saveur étant maintenue constante par les épices et l'accommodement.
- M. G. Boullanger-Daussy, à Albert. — Les petits cercles en fonte qui vous intéressent sont ce que le service du nivellement général de la France appelle les repères principaux. Le premier nombre qu’ils portent (87, 4i) indique l’altitude orthométrique du lieu, c’est-à-dire la distance en mètres du sommet de la pastille en saillie sur la tablette à la surface de niveau zéro (niveau moyen de la Méditerranée à Marseille). Les signes suivants 1Gb. K37) indiquent la situation du repère sur le réseau du nivellement. Les polygones délimités par les lignes de premier ordre de ce réseau de base sont marqués par la majuscule, la minuscule indique les mailles formées à l’intérieur du polygone par les itinéraires de 4e ordre ; chaque lettre qui suit indique une maille for-! mée par divisions de la maille précédente, l’ordre de la maille étant donné parle chiffre placé en bas à droite de la lettre. Ainsi Gb.Ks indique une maille de 3e ordre, prise dans la maille de a” ordre Gb, due à la division du polygone G. Enfin le chiffre arabe indique le rang du repère depuis l’origine de la ligne sur laquelle il est Ulué. Nous publierons d’ailleurs prochainement un article sur le nivellement général de la France.
- M. G. Hugier, à Troyes. — Pour le traitement de la crampe des écrivains, par le procédé indiqué dans « Hygiène et Santé », on peut parfaitement employer un tube de caoutchouc quelconque, ou mieux une bande de caoutchouc comme celle qui sert sous le nom de bande d’Esmarck.
- M. P. Carlier, à Paris. — Les livres sur le microscope sont assez nombreux. Vous pourriez employer : le Précis de microscopie, de Couvreur (4 francs), chez J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille ; enfin MM. Cotton et Mouton viennent de publier chez MM. Masson et Cie un ouvrage de premier ordre sur les Ultramicroscopes, dont il a été question ici même l’année dernière sous le nom d ’hypermicroscope.
- M. R. Porion, à Amiens. — i° En même temps que de l’acétylène, il se dégage de l’acide carbonique en assez grande quantité ; dans une expérience on a trouvé 4o pour 100. — 20 On emploie la stéatite telle qu’on la trouve. — 3° Pour l’oxylithe, s’adresser 113, rue Car-dinet, à Paris (XVII0). — 4° Nous n’avons pu trouver aucun chiffre à ce sujet. — 5° On évite le durcissement du caoutchouc en l’exposant à des vapeurs ammoniacales. — 6° Il n’y a aucun moyen de modifier quelque chose.
- M. J. D., à Bruxelles.— Il n’est guère pratique d’utiliser un courant de 220 volts pour faire de la galvanoplastie. Une différence de potentiel de 1 à 1 volts est nécessaire aux bornes de la cuve électrolytique; il convient donc de mettre en circuit une résistance assez élevée pour perdre dans la ligne la différence de tension.
- M. J. Dormoir, à Saint-Germain. — Nous ignorons si le mode de reproduction presque complète de la terre dans un cercle, décrit dans notre n° 1746, du 10 novembre 1906, p. j 90 du supplément, est l’objet d’un commerce. Seul, M. Aupierre, à Maillot (Yonne), pourrait vous renséigner.
- M. J. Romey, à Roubaix. — Une recette d’encre à écrire sur la porcelaine a été donnée dans la Boîte aux lettres du n° du 12 janvier. Elle convient éga-
- lement pour le verre : veuillez vous y reporter.
- M. H. Bera, à Paris. — Nous vous remercions vivement de votre communication relative à l’ouvrage de Cartault sur les terres cuites grecques et transmettons votre lettre à notre abonné.
- M. A. Latreille, à Périgueux. — Polissage des verres d’optique : peut-être trouverez-vous un ouvrage à ce sujet chez MM. Dunod et Pinat, 49> quai des Grands-Augustins, Paris, ou chez M. Béranger, i5, rue des Saints-Pères.
- M. L. P., à Neuilly-sur-Marne. — Les plumes à pointe de tantale ne sont pas l’objet d’une fabrication industrielle, à notre connaissance. Les essais qu’on a signalés sont des curiosités, non une industrie organisée.
- M. G. Rohrer, à la Gabillière. —1° Nous donnerons prochainement le moyen d’empêcher les poules de manger leurs œufs. — 20 Pour colorer la cire ordinaire, la faire fondre et la mélanger avec des colorants en poudre. — 3° Enduit noir mat pour chambre noire ; faire deux solutions : A : chlorure cuivrique, 75 ; chlorate de potasse, 65; eau, 860. B : chlorhydrate d’aniline, i5o; eau, 85o, Appliquer au pinceau une couche A, et avant siccité complète une couche B ; laver à grande eau le lendemain; remettre deux couches; laver, et ainsi de suite 3 ou 4 fois. Enfin passer à l’huile de lin au tampon, énergiquement. Avant l’huile, le bois reste d’un noir verdâtre, qui passe alors au noir franc.
- M. Iîalot, à Bruxelles. — L’adresse de l’attache électrique décrite dans La Nature, n° iyS5, a été donnée à la suite de cet article. Veuillez vous y reporter. Pour l’appareil à souder, adressez-vous à la Revue électrique.
- M. C. de Resserre, à La Motte Servolèse. — Chalets démontables : M. André, 32, rue de Greffulhe, Paris.
- Accusés de réception. —Avis divers. — MM. Busserolle, à Lagny-sur-Marne ; Picard, à la Chaux-de-Fonds ; Jacquot, à Grenoble. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 14 janv .... 5°,5 W. S. W. 2. Couvert. 0,0 Gelée bl. ; bruine; léger brouillard le matin ; couvert.
- Mardi 15 Cï 0 0 w. 0. Couvert. » Couvert; léger brouillard à 10 b.
- Mercredi 10 4°,5 E. N. E. 2. Couvert. u Couvert.
- Jeudi 17 SM E. 2. Couvert. » Gelée blanche ; couvert à G b. et 7 b. ; beau ensuite.
- Vendredi 18 . . . . . — 0°,5 N. E. 2. Beau. » Gelée blanche; couvert 17-18 b. ; beau avant et après.
- Samedi 19 — 0°,1 E. N. E. 2. Nuageux. 0 Gel. bl. ; beau à 0 b. ; eouv. ensuite ; brouil. de 500”'à 9 L
- Dimanche 20 — 0°,0 N. E. 2. Beau. » Gelée blanche; beau.
- JANVIER 1907. — SEMAINE DU LUNDI 14 AU DIMANCHE 20 JANVIER 1907.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ; ----1 - -----.. -----------— --------"'•jwwètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, ihermomètre à l’abri à
- Chronique météorologique
- Le temps. — Pendant la semaine du 14 au 20 janvier, le temps a été frais en général, et doux dans quelques cas exceptionnels. Le 14 janvier, la pression atmosphérique était égale à 778 mm en Bretagne et sur le golfe de Gascogne; elle atteignait 770,3 mm dans la région parisienne. Un vent faible a soufflé des régions Ouest sur les côtes de la Manche et de l’Océan. Le thermomètre marquait le matin — i° à Marseille, i° à Belfort, 3° à Toulouse, 5° à Paris, ii° à Alger, 20 au mont Aigoual, — 5° au Pic du Midi, —8° au mont Yen-toux. Le ciel était couvert et brumeux à Paris; le matin, de 7 à 8 heures, il est tombé une faible pluie. Le if> janvier, la hauteur barométrique avait un maximum de 778 mm en Bretagne et un minimum de jSj mm près de Bodœ; dans le Nord on a signalé des coups de vent d’Ouest et des averses de neige et de pluie. La température était le matin x° à Toulouse, 5° à Paris, io° à Cherbourg, —20 au Puy de Dôme, -—3° au mont Yen-toux, — 5e au Pic du Midi. La pression barométrique était supérieure à 775 mm à Paris. La température moyenne à Paris a été 5°,6, supérieure de 3°,6 à la normale. Le 16 janvier, la situation atmosphérique a été également belle; le maximum de la pression atteignait 778 mm dans le Nord de la France. La tempé-rature^élait le matin —i° à Belfort, — i° à Toulouse, o° à Perpignan, 5° à Paris, io° è Alger, — i° au Puy de Dôme, — 20 au Pic du Midi, — 5° au mont Mounieri Le ciel est resté couvert et brumeux sur Paris; dans la région parisienne les vents étaient du Nord-Est. La température minima n’était pas au-dessous de 4°. Le
- 17 janvier, la pression atmosphérique était supérieure à 775 mm sur les Iles-Britanniques et la France; à midi on a observé 779,5 mm à Paris. Le vent était faible de l’Est, avec mer belle sur les côtes de la Manche et de l’Océan. Le temps a été beau sur toute l’Europe. Le thermomètre marquait le matin — i° à Lyon, — i° à Perpignan, —3° à Limoges, i° à Nantes, 5° à Paris, ix° à Alger, 5° au mont Aigoual, 20 au Puy de Dôme, — 4° au Pic du Midi. Le 18 janvier, les hauteurs barométriques sont supérieures à 775 mm sur toute l'Europe; elles atteignent 783 mm sur les Pays-Bas. On ne signale aucune pluie en France. La température s’est abaissée partout; elle était —3° à Besançon, —20 à Toulouse, o° à Paris, 110 à Alger, 6° au sommet du Puy de Dôme, 20 à Clermont. A Paris, le matin, le ciel était chargé d’épaisses brumes ; on a signalé également de la gelée blanche. Le 19 janvier, malgré une baisse générale sur le continent, la pression atmosphérique est restée supérieure à 775 mm sur la France et les pays du Nord. Un vent faible a soufflé de l’Est sur l’Océan et la Manche, et du Nord-Est en Provence. Le temps a été beau en France. La température était le matin o° à Paris, —20 à Toulouse, —3° à Besançon, —8° à Clermont, — 3° au mont Aigoual; on notait, dans la banlieue de Paris, —4° à Yille-Evrard, à Yaucluse. Le 20 janvier, la pression barométrique était partout supérieure à 770 mm, excepté sur la. Méditerranée. Sur nos côtes de l’Océan et de la Manche, le vent était faible des régions Est. Le temps a encore été beau en France.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 14 à 6 h. 6 rn. du matin.
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- LA NATURE
- ^evue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL — J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 3 2 0, Boulevard Saint-Germain, Paris (VV!)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1758 (2 FÉVRIER 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Coup de grisou en Allemagne. — Le 28 janvier, dans la matinée, un coup de grisou a eu lieu dans le bassin de Sarrebrück au puits Bildstock, de la mine Reden, et a fait, d’après les premières nouvelles, au moins i5o victimes.— Presque en même temps, à la fosse n° 3 des mines de Liévin, près de Lens, une autre explosion tuait deux ingénieurs et un maître mineur.
- Relations par voie ferrée avec l’Europe centrale et avec le Nord de l’Italie. — Par un décret en date du 14 janvier 1907, 41 a été institué au Ministère des travaux publics une Commission chargée d’étudier les conditions d’amélioration des relations par voie ferrée avec l’Europe centrale et avec le Nord de l’Italie. M. Alfred Picard, membre de l’Institut, président de section au conseil d’État, a été nommé président de la Commission.
- Communications par voie ferrée à travers les Pyrénées centrales. — A la suite des délibérations et de l’adoption du Sénat et de la Chambre des députés, M. le Président de la République a ratifié et doit faire exécuter la convention et le règlement d’exécution ainsi que le protocole additionnel signé à Paris le 8 mars igo5, entre la France et l’Espagne, au sujet de l’établissement, sur les territoires français et espagnols, des chemins de fer d’Ax-les-Thermes à Ripoll, d’Oloron à Zuera et de Saint-Girons à Sort. -
- Ligne Montmartre-Montparnasse à Paris. Tube Berlier. — La Commission des travaux publics vient d’approuver le projet déposé dernièrement par le gouvernement autorisant l’établissement d’un réseau souterrain à traction électrique (tube Berlier), dans la direction Nord-Sud de Paris de Montmartre à Montparnasse.
- Un nouveau bureau central téléphonique. — Le
- Ministère des travaux publics a acheté récemment, pour l’administration des postes et télégraphes, au prix de 700000 francs, un terrain d’une surface totale de 1700 mètres carrés, 61, rue des Archives, à Paris. On doit édifier sur ce terrain un nouveau bureau central téléphonique pour desservir 10000 abonués. Les constructions et l’installation du matériel demanderont au moins deux ans. On sait cependant que les bureaux actuels de la rue Gutenberg et de la rue de la Roquette sont absolument insuffisants et qu’actuellement il est impossible, à certains moments de la journée, d’obtenir une communication téléphonique dans Paris. Les téléphonistes répondent invariablement que les abonnés ne sont pas libres ; il y a là une erreur à corriger, ce sont les lignes qui ne sont pas libres.
- Le gaz à Paris. — Le Conseil municipal de Paris, dans sa séance du 21 janvier, a commencé l’examen du futur régime du gaz à Paris. Il a adopté les articles qui définissent l’objet d’une régie intéressée, la constitution de la Société, sa gestion, le prix du gaz. Mais une nouvelle étude a été demandée pour 1 article qui prévoyait la garantie de la Ville de Paris pour tous les emprunts de la Société; on a également réservé les articles concernant la durée de la régie intéressée, la résiliation anticipée du traité et le personnel. Le Conseil d’hygiène s’est prononcé contre le gaz à l’eau, qui contient une grande proportion d’oxyde de carbone; la fabrication de ce gaz ne pourrait du reste être autorisée que par un arrêté spécial de M. le Préfet.
- Société d’encouragement pour l’industrie nationale. -— La réunion annuelle de la Société d’encouragement a eu lieu le 25 janvier dans la soirée. Des récompenses ont été distribuées : La grande médaille des Arts économiques, à l’effigie d’Ampère, pour 1906, a été décernée à M. d’Arsonval, membre de l’Institut, pour ses travaux en électricité. Parmi les diverses récompenses, nous mentionnerons une médaille d’or à M. Boirault, inventeur d’un attelage automatique de wagons, une médaille d’or à M. Juillerat, auteur du « Casier sanilaire de la Ville de Paris », des médailles de vermeil à M. H. Bresson pour son traité de la Houille verte, et à M. de Loverdo pour son ouvrage sur « La conservation des produits alimentaires ».
- Musée de prévention des accidents du travail au Conservatoire des Arts et Métiers.— Nous avons annoncé au n° 1699 (16 déc. 1905) la création, au Conservatoire national des Arts etMétiers, du Musée de prévention de? accidents du travail et d’hygiène industrielle. Les dispositifs déjà connus, qui permettent de prévenir des accidents dans une installation industrielle, et qui ont déjà fourni des heureux résultats, sont exposés et des renseignements complets sont donnés à leur sujet. Le Musée accueille de plus tous les appareils nouveaux dont le but est bien de prévenir des accidents. Souvent même, grâce à une série de donations, il- lui est permis de récompenser les inventeurs de ces divers appareils. Le Conservatoire national des Arts et Métiers a pu dernièrement faire la première attribution d’un, prix de 5oofr., fondé en igo5 par Mm° Veuve Léon Droux, pour être décerné tous-les ans à l’inventeur du meilleur organe ou système de protection exposé dans le musée de prévention des accidents. Le prix a été attribué à M. H. Bouteloup, inspecteur principal aux ateliers des Batignolles de la Compagnie des chemins de fer de
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- INFORMATIONS
- l’Ouest, et à M. Lei'osier, contremaître aux mêmes ateliers, pour un nouveau système protecteur pour scies circulaires, dont ils sont tous deux inventeurs. Cet appareil s’applique à la série des couvre-scies automatiques et s’applique au débit des bois à surface plane. Il est muni d’un couteau diviseur, placé à l’arrière de la scie et destiné à empêcher certains bois de pincer le plateau de scie et d’être entraînés par lui ; il comporte également sur les deux faces du plateau des papillons mobiles autour d’axes fixes, et que le bois en sciage soulève lui-même de la quantité nécessaire pour son passage. Au repos, la denture d’avant est recouverte par une rigole qui l’emboîte et qui peut s’effacer sous la table. C’est le mouvement même du bois à scier qui détermine cet effacement; la denture ne se découvre qu’au moment où la scie va entrer en action. A la fin du sciage, au moment le plus dangereux, lorsque les dents de la scie sortent du bois, la rigole se soulève peu à peu et vient cacher chaque dent dès son apparition. Sur le côté se trouve de plus un poussoir adapté au guide et qui permet de rejeter le morceau détaché, sans y porter la main.
- Le Salon belge de l’Automobile. — Plusieurs de nos abonnés et correspondants nous envoient des notes et renseignements sur le Salon belge de l’Automobile. Un très grand nombre de fabricants français se retrouvent à Bruxelles en très bonne compagnie au milieu des fabricants belges. L’éclairage du Salon a été particulièrement soigné cette année; il est partout très puissant. Un grand nombre de lampes à incandescence sont piquées sur des bandes électriques qui courent le long des fermes et dessinent l’armature du Palais ; au faîte sont placés trois grands motifs en forme de soleils.
- Concours militaire de poids lourds. — Lors du Salon de l’Automobile, on se souvient que le ministère de la guerre a organisé avec l’Automobile-Club de France un concours de véhicules industriels en seize étapes Paris-Marseille et retour; les résultats officiels viennent d’être publiés par le Bulletin officiel de la Commission technique de VAutomobile-Club de France. Le temps maximum accordé pour chaque étape a été calculé sur une vitesse minima de 8 km. à l’heure. Les véhicules étaient 19 au départ et 9 à l’arrivée. Les concurrents ont été classés par points d’après les résultats obtenus par le rendement, la régularité de marche, la consommation, la vitesse moyenne, le nombre de réparations. Le camion classé premier a été le camion Peugeot avec 341,5 points et la plus forte cote pour les réparations; son prix de transport par tonne-kilomètre a été de otr,o42 avec une consommation d’essence de o,i3g litre. Le camion Berliet, de Lyon, a été classé second avec 33g,2 points, dont 100 pour le rendement, 40 pour la vitesse moyenne, et 40 pour les réparations. Ce camion était muni de bandages de fer aux roues arrière, et avait un moteur de 22 chevaux à 4 cylindres à 900 tours par minute. Son poids à vide était de 2340 kg, la charge utile atteignait 2780 kg. Vient ensuite le camion de Dion-Bouton, avec la cote maxima pour la vitesse moyenne de 24,5 km. à l’heure, et la cote maxima pour l’absence de réparations, l’accessibilité et la protection.
- Concours de moteurs à gaz pauvre. — Pendant le Salon de l’Automobile, a eu lieu à Paris, à l’Esplanade des Invalides, un concours de moteurs à gaz pauvre. Le Jury avait pour mission d’examiner la simplicité de l’installation, des manœuvres, la sécurité du fonctionnement, les conditions d’hygiène, la dépense en combustible ramenée à la dépense en francs par kilowatt-heur^ utile. Nous n’insisterons pas sur tous les détails relevés. Le groupe Piat a seul obtenu la plus haute récompense, une médaille d’or. Le gazogène Piat se compose d’un foyer en terre réfractaire, entouré d’une enveloppe étanche, d’un faible encombrement, et présentant l’avantage d’employer des charbons maigres en très petits morceaux. Il n’y a pas de grille et il y a absence de mâchefer adhérent aux parois du gazogène. Le moteur à un cylindre de 3o chevaux dépense 4o4 gr- d’anthracite par cheval-heure à 210 tours par minute. Les moteurs sont construits pour des puissances de 6 à ii5 chevaux. La dépense de combustible a été évaluée par le Jury à ofr,025 par kilowatt-heure.
- Tempête sur les grands Lacs en Amérique. — On
- annonce qu’une forte tempête a sévi le 21 janvier pendant dix-huit heures consécutives sur les grands Lacs aux États-Unis. Huit paquebots ont été jetés à la côte, des ponts ont été emportés, des maisons effondrées. Les eaux du lac Érié se sont élevées de 90 centimètres. On estime à 7 5oo 000 francs les dégâts causés par cette tempête.
- Tremblement de terre. — En ce moment où l’on n’entend parler que de tremblements de terre au loin, nous ne pouvons passer sous silence que le sismographe de la Faculté des sciences de Grenoble a enregistré le 21 janvier, à 9'‘2im du matin, deux secousses très nettes dans la direction du Sud au Nord.
- L’utilité des télescopes à court foyer en photographie céleste. — Le Dr A. Berberich a décrit, dans le n° 3g de Naturwissenschaftliche Rundschau, les résultats obtenus à l’Observatoire de Potsdam dans la photographie des nébuleuses avec un télescope réflecteur de o,41 m. de diamètre et 0,927 m. de distance focale
- ( ——- environ ) construit par Schmidt. En une demi-\'2,25 )
- heure d’exposition à pleine ouverture, une photographie des Pléiades montre tous détails obtenus par le professeur Keeler avec le réflecteur Crossley en quatre heures. 4o minutes d’exposition sur y Cassiopée ont suffi pour obtenir tous les détails donnés en 90 minutes par le réflecteur de l’Observatoire de Starfield, dans la belle épreuve obtenue par le D' Roberts. Cependant, le télescope de cet Observatoire avait un diamètre de o,5i m. et 2,5o m. de longueur focale. En réduisant l’ouverture à 0,24 m., une photographie de la grande nébuleuse d’Orion a présenté, malgré cette ouverture réduite, tous les objets figurant dans celle du Dr Roberts, dont l’exposition avait été de 3)l 25"’.
- Production de l’or en 1906. — Le tableau suivant donne la production de l’or dans le monde en 1906 en classant les pays par ordre d’importance actuelle et permet de comparer avec les années précédentes. Au total, cette production dépasse aujourd’hui 2 milliards
- Transvaal igoS Millions 524,4 190C) (le francs. 619,0 5o5, 2
- États-Unis 458,5
- Australasie 444,4 43o, 8
- Russie 115,4 111,8
- Mexique .75., 5 80,2
- Canada 75,3 62,4
- Indes britanniques . 62,0 37,4 55,3
- Rhodésie 53,1
- Divers !79>u i83,o
- Total ...... 1 to j O , 00 ' 0
- Ce tableau montre aussitôt à quel point s’affirme l’énorine supériorité du Transvaal sur tous les autres districts aurifères du monde, supériorité d’autant plus frappante que le tout petit district du Witwatersrand se trouve ainsi mis en parallèle avec des continents entiers comme les Aats-Unis ou l’Australasie. En novembre 1906, la capacité de broyage du Transvaal a atteint 7920 pilons et 36 tube-mills, broyant mensuellement 1 229000 tonnes. Les dividendes distribués en 1906 ont été de plus de 142 millions de francs. On a remarqué, à ce propos, le contraste suivant entre les dividendes et la valeur en bourse des actions :
- 1902, div. 53 mil., val. des actions 3 446 mil.
- 1904, div. 97 mil., val, des actions 2614 mil.
- igo5, div. 121 mil., val. des actions 2091 mil.
- 1906, div. 142 mil., val. des actions 1 602 mil.
- Parmi les autres pays ayant attiré l’attention récemment, on remarque la chute du Canada, dont les placera du Yukon n’ont eu qu’une très courte existence. Diminution également pour l’Australasie, la Russie, le Mexique et l’Inde. L’Ouest-Africain, sur lequel on s’était également fait tant d’illusions, sans atteindre des chiffres bien élevés, s’accroît progressivement : 1902. 2420000 fr. ; igo3, 6 36gooo fr . ; 1904, 9462000 lr., 190O, 16 345 000 fr.; 1906, 21875 000 francs.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Chauffage
- Un calorifère à eau chaude. — On sait que les cheminées ont un très mauvais rendement au point de vue de l’utilisation du combustible, et qu’elles laissent échapper au dehors avec l’air nécessaire au tirage la plus grande partie de la chaleur dégagée. MM. E. Lebrun et Corme-rais, ingénieurs constructeurs, ont imaginé le calorifère que représente la figure ci-dessous pour remédier à ces inconvénients. Cet appareil se compose d’une coquille
- Un calorifère à eau chaude.
- s adaptant à toutes les cheminées et portant une double enveloppe dans laquelle circule de l’eau ; les barreaux inférieurs de la grille sont formés de tubes d’acier qui contiennent également de l’eau. Celte coquille est réunie, au moyen de deux tuyaux flexibles en cuivre rouge, à un radiateur sur lequel se trouve un réservoir en fonte. Le tout est rempli d’eau par l’orifice supérieur qui est muni d’un couvercle s’énlevant à la main. Lorsqu’on allume le feu, l’eau contenue dans la double enveloppe et dans les tubes delà grille s’échauffe, monte parle tuyau supérieur dans le radiateur où elle se refroidit, et revient à la coquille par le tuyau inférieur. Il s’établit alors une circulation par thermo-siphon, et l’ensemble constitue un calorifère à eau chaude de petites dimensions très pratique. En dehors de la chaleur rayonnante émise par le combustible, la chaleur dégagée par l’eau chaude contenue dans le radiateur est conservée dans la pièce au lieu de s’échapper au dehors par la cheminée ; l’économie de combustible peut dépasser 5o pour ioo. On a ainsi toujours à sa disposition environ io litres d’eau chaude que l’on peut prendre au moyen d’un robinet placé à une des extrémités du réservoir supérieur. Lorsqu’on prend de l’eau chaude, on a soin de la remplacer aussitôt par une égale quantité d’eau froide. L’évaporation ne dépasse pas un litre d’eau par semaine.
- On règle la chaleur dans les coquilles, en y mettant une quantité plus ou moins grande de combustible suivant la température.
- Pour les pièces de grandes dimensions, on peut installer un radiateur de chaque côté de la cheminée. On peut aussi avec un foyer chauffer une pièce voisine. On place le radiateur et l’on adapte les tuyaux d’une longueur convenable. La pose se fait très simplement en quelques minutes ; il suffit de visser les raccords. Ajoutons que le chauffage à eau chaude est le plus hygiénique en raison de sa douceur et de l’absence de tous les gaz délétères. Avec l’appareil que nous avons décrit, on conserve en plus le bénéfice de la ventilation maintenue par la cheminée. — Le calorifère à eau chaude est fabriqué par MM. E. Lebrun et Gormerais, io, rue de Lamoricière, à Nantes (Loire-Inférieure).
- Appareils divers *^§}5
- Compteur totalisateur Veeder. — Les compteurs jouent un rôle de plus en plus important, parce qu’on veut et l’on doit se rendre compte de la façon dont fonctionnent tous les appareils mécaniques auxquels on recourt chaque jour davantage. Evidemment il y a bien des compteurs existant déjà, mais celui-ci présente cette particularité de pouvoir, grâce à de légères modifications
- dans ses organes de commande, enregistrer, compter les mouvements les plus divers : tantôt le mouvement à enregistrer sera transmis aux organes compteurs par un levier va-et-vient, avec ou sans butoir, à la façon d’un cliquet; tantôt on recourra à une tige faisant une révolution complète pour chaque tour ; tantôt, sur le côté du compteur, il y aura une étoile tournant d’une dent pour chaque tour à indiquer, par conséquent pour chaque unité à faire inscrire par le compteur. Et, du reste, les constructeurs (qui sont la Veeder Manufacturing Company, de Hartford, Connecticut) se chargent de fournir tous les genres de commandes. Souvent le levier est muni d’un ressort qui le ramène en place après action. Notons que ces compteurs se font pour 5 chiffres et jusqu’à 99999, dans des dimensions extraordinairement réduites. Généralement, ils comportent une mise au zéro instantanée à n’importe quel point de la course du compteur.
- Certains de ces dispositifs sont en réalité doubles, en ce sens que, en outre du compteur ordinaire qui peut être remis au zéro, un autre existe qui est un véritable totalisateur. Quelques-uns fonctionnent sous l’action d’un mouvement en arrière aussi bien que d’un mouvement en avant. On remarquera, d’autre part, que ces compteurs se font soit avec un bras qui sert à les fixer, soit avec une plaque métallique de base, au moyen de laquelle on les visse là où il est besoin. Certains petits compteurs ont un petit poussoir sur lequel on peut
- Compteurs totalisateurs Veeder.
- appuyer d’un doigt; et d’autres sont munis d’une lame courbe qui va passer sur le médium, sous l’annulaire, puis entre celui-ci et le petit doigt; le compteur est maintenu solidement, et l’on peut « compter » telle ou telle chose, en appuyant du pouce sur le poussoir. — Tous ces appareils se trouvent chez M. Markt, 107, avenue Parmentier, Paris.
- Électeur hydropneumatique Shone. — L’éjecteur Shone a pour but de refouler automatiquement contre les lois de la pesanteur des liquides chargés ou des solutions épaisses au fur et à mesure de leur production. Il convient particulièrement à l’élévation des eaux chaudes ou grasses, des jus de sucreries, des produits chimiques, des boues, etc. Il permet de centraliser dans les sous-sols tous les services, tels que cuisines, pompes, machines, laboratoires, chaudières, ascenseurs, water-closets, bains; il reçoit en effet toutes les eaux en vase clos et les rejette au dehors sans l’intermédiaire de puisard ou de grille de retenue. L’appareil sert encore pour surélever les eaux potables ou salubres d’une distribution, soit d’élever et de distribuer l’eau de plusieurs sources distantes les unes des autres. L’éjecteur consiste en un récipient en fonte ou en tôle, garni intérieurement d’un enduit anticorrosif que l’on place dans une chambre en maçonnerie en dessous du sol; il fonctionne par l’air comprimé qu’il se distribue lui-même, et qui provient soit d’une distribution publique, soit d’un petit compresseur actionné par un moteur électrique. Comme le montre la figure ci-après, l’éjecteur reçoit deux tuyaux latéraux, un d’arrivée A, l’autre de départ B. Le premier amène
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- les eaux usées qui entrent en repoussant une soupape ne s’ouvrant que de dehors en dedans. Le tuyau latéral B a un clapet qui s’ouvre du dedans au dehors ; il laisse évacuer le contenu du réservoir, quand agit sur lui l’air comprimé provenant de l’extérieur. L’introduction de l’air comprimé est commandée par une cloche intérieure
- Ëjecteur hydropneumatique Shone
- D, surmontée d’une tige, à l’extrémité de laquelle est un contrepoids G réglable à volonté. Dès que le récipient est presque plein, la cloche D est soulevée par l’air qui s’y comprime, et la tige actionne la valve de la distribution de l’air comprimé Celui-ci exerce la pression nécessaire pour chasser les matières par la soupape s ouvrant de dedans en dehors. Quand le récipient est vide, la cloche retombe par l’effet du contrepoids et la tige ferme l’arrivée de l’air comprimé. Les éjecteurs se construisent pour des volumes de 200 litres à 5 mètres cubes. On obtient un écoulement continu au moyen de deux éjecteurs installés côte à côte avec valves de distribution d’air comprimé de façon à assurer le remplissage d un éjecteur pendant que l’autre se vide et inversement. — L’éjecteur hydropneumatique Shone est fabriqué par M. E. Faye, 53 bis, rue de Châteaudun, à Paris (IXe arr.).
- Dessin
- Un moyen original de tracer une courbe sans compas. — Cela est intéressant surtout pour les courbes de grand rayon, et en particulier quand on n’aurait pas la place pour se servir du compas.
- Nous supposons, par exemple, que nous avons à tracer la courbe ADB, pour laquelle la corde est AB et la flèche CD. Nous commençons par découper un carton un peu épais ou une planchette F, en forme triangle isocèle fort allongé. Cette planchette, qui se présente sous la forme que figure le dessin, a une longueur dépassant de quel-
- H DG
- Moyen de tracer une courbe sans compas.
- que 5 cm. la corde de l’arc de la portion de courbe à tracer, tandis que sa hauteur (hauteur du triangle prise sur la grande base) est supérieure de 2,5 cm. environ à la moitié delà flèche de l’arc. On prend alors, on détermine sur cette sorte de patron un triangle plus petit et tel que la base IIJ soit exactement égale à la corde AB, et que la perpendiculaire FG égale la moitié de DC, c'est-à-dire de la flèche.
- On pique alors des épingles dans les 3 points ADB, qui sont des points de la courbe à décrire, on maintient un crayon en G, et en faisant glisser les côtés du patron 11G et GJ contre les épingles D et B on trace la moitié de la courbe, la pointe du crayon frottant sur le papier. Pour obtenir la seconde moitié, on procède de la même manière de D en A ou de A en D.
- Phonographe
- Pavillon de phonographe improvisé. — Le procédé pour le fabriquer a été donné par notre confrère Work ou plus exactement par un de ses correspondants ; et bien qu’il ne soit pas garanti qu’un pavillon de celte sorte ne donne des vibrations et des bruits parasites nuisibles à l’audition phonographiqùe, la méthode est originale, et elle mérite d’être connue. Ce sera tout au moins un accessoire de fortune permettant d’attendre le remplacement d’un pavillon cassé ou détérioré.
- L’intérêt est du reste de fabriquer un cornet, un pavillon long au besoin de i,3o à 1,40 m., et par suite d’obtenir un renforcement notable des sons. On se procure d’abord six ou sept feuilles de grand papier fort comme on en emploie pour les cartouches, ayant pour dimensions environ 0,68 m. sur 1 m. ; on humecte toutes les feuilles avec une éponge, et bien également; puis on les empile les unes sur les autres, et on passe de la colle de pâte sur la première du tas. Alors on la roule en forme de cornet, en la prenant par un coin, et suivant la méthode qui sert à faire tous les cornets de papier. C’est à ce moment que l’on peut donner au futur pavillon l’ouverture plus ou moins large que l’on désire. Il faut presser l’intérieur du cornet, avec un tampon d’étoffe, par exemple, pour chasser les boursouflures qui pourraient se former et empêcheraient les différentes épaisseurs de papier de bien se coller les unes aux autres. On enduit de colle la deuxième feuille du tas, et on y
- Pavillon de phonographe improvisé.
- applique le premier cornet confectionné dans la position indiquée par une des gravures, de manière que la feuille vienne bien s’enrouler sur ce cornet, en le renforçant et l’enveloppant dans toutes ses parties. Il faut que la feuille adhère bien au cornet, et que les couches superposées en fassent autant entre elles, et on use encore du tampon dont nous avons parlé. On procède de même pour les diverses feuilles de papier, mais il faut que chaque nouvelle feuille parte plus loin du sommet du cornet, pour que le pavillon s’allonge graduellement comme il doit être. On fait sécher dans une chambre bien chaude, mettons à l’étuve si l’on en possède une, et la dessiccatioxl ne peut pas être terminée avant quelques jours.
- L’extrémité extérieure du pavillon peut être faite d’une de ces cuvettes en fer-blanc ou fer battu que l’on vend un peu partout : on en supprime le fond, en y pratiquant une ouverture circulaire dont on a tracé les dimensions, au moyen d’un patron en carton qu’on aura découpé à la largeur de l’ouverture du cornet de carton terminé. Ce fond de fer-blanc se coupera aisément au ciseau. Le cornet s’entrera dans cette sorte de collier, dont on aura pu dresser les bords, et on fixera l’un à l’autre au moyen de colle forte. Bien eixtendu, la partie qui reçoit l’organe actif et parleur du phonographe doit être achetée dans une boutique spéciale ou empruntée à un pavillon hors de service ; on la fixe au petit bout du pavillon, en enlevant quelques épaisseurs de papier au couteau, de façon que l’organe se glisse à frottement dur sur cette extrémité de cornet.
- On peut aussi préparer un anneau de suspension, ou plus exactement de soutien, pour le pavillon : oix passe autour de ce dernier un anneau fait de fil métallique, où l’on a ménagé une sorte d’annelet par où se fixei'a une cordelette. Au moyen d’essais successifs on a déterminé auparavant le point où devra se faire l’accrochage de ce pavillon, pour qu’il soit autant que possible en équilibre.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- p Enchaînement des organismes, par Gaston Bonnier, membre de l’Institut, professeur à la Sorbonne, avec 5y6 ligures inédites. (Un volume de 438 pages. Prix : zj francs (franco, 4f‘,5o); relié, of,',75 en plus, chez les l ils d Émile Deyrolle, 46, rue du Bac.
- Tout en se défendant de faire aucune théorie sur l’origine' des êtres, ce volume fort intéressant a cependant pour but, comme son titre le prouve, de mettre en évidence les enchaînements, les transitions, qui relient les êtres les uns aux autres. Ecrit avec la clarté et le remarquable talent de vulgarisation qui caractérisent les Leçons de choses classiques du même auteur, cet ouvrage est à lire pour quiconque veut se luire une idée un peu précise sur toutes les questions d’histoire naturelle, constamment abordées incidemment dans les discussions philosophiques concernant l’histoire de la vie sur la terre.
- Annuaire du Bureau des longitudes pour 1907. Paris. Gauthier-Villars, 1907. 1 vol. in-16, 900 pages avec ligures. Prix : ifr,5o (franco, ifr,85).
- En plus des renseignements habituels, l’aniruaire de 1907 comprend deux notices originales : Diamètre de Vénus, par M. Bouquet de la Grye. Histoire des idées el des recherches sur le Soleil. Révélation récente de l'atmosphère entière de l'astre, par M. H. Deslandres.
- Pratique médico-chirurgicale (P. M. C.). Médecine et chirurgie générales et spéciales; Obstétrique, Puériculture, Hygiène, Médecine légale, Accidents du travail, Psychiatrie, Chimie et Bactériologie cliniques, etc., publié sous la direction de MM. E. Bris-saud, A. Pinard, P. Reclus. Paris. Masson et C10, 1906. 6 vol. in-8°, formant ensemble 5700 pages, abondamment illustrés, demi-reliure amateur, tête dorée. Prix de l’ouvrage complet : 110 francs.
- Cet ouvrage a été écrit par des médecins, pour des médecins ; mais il s’adresse aussi bien à tous ceux qui sans études spéciales cherchent des renseignements pratiques d’ordre médical : les matières sont dans l’ordre alphabétique, comme dans un dictionnaire. Industriels, avocats, magistrats, officiers, membres de municipalités, architectes sanitaires, directeurs d’exploitations agricoles, fonctionnaires coloniaux, tous ceux qui ont besoin de connaître les questions d’hygiène individuelle, industrielle ou sociale, les données actuelles de la médecine légale, les problèmes médicaux soulevés par les lois sur les accidents du travail, ou la protection de la santé publique, trouveront rapidement dans cet ouvrage des renseignements complets et précis, et dans la famille, à l’usine, au dispensaire, à l’ambulance, on trouvera l’indication des soins urgents en attendant le médecin, ou pour éclaircir ou compléter ses indications.
- Alimentation et digestion, par G.-H. Roger, professeur à la Faculté de médecine de Paris, médecin de l’hôpital de la Charité. Paris. Masson et Cie. 1907. 1 vol. in-8°, XII-527 pages^ 57 figures. Prix : 10 francs.
- Nous avons dernièrement résumé pour nos lecteurs deux des principaux chapitres du livre du Dr Roger (n° 1752, du 22 décembre 1906, p. 29 du Supplément. Les poisons alimentaires). Voici quels sont les titres des autres chapitres, d’un intérêt égal et d’une science toujours certaine : Nutrition et Digestion, Les aliments, L’alcool dans l’alimentation, L’eau et les sels minéraux, Pouvoir énergétique des aliments, Les poisons alimentaires, La faim et la soif, La sécrétion salivaire, Les ferments salivaires, Les microbes de la bouche, Les affections buccales, Muguet. Mélano-glossie. Actinomycose, Les angines, Les angines diphtériques, Les sécrétions gastriques, Les ferments gastriques, L’acide chlorhydrique, Les ulcérations gastriques, Les microbes de l’estomac, Les mouvements de l’estomac, Les poisons stomacaux, Les mouvements de l’intestin, Les sécrétions intestinales, Parasites et microbes intestinaux, Quelques infections intestinales, Lespoisons intestinauxj L’occlusion intes-
- tinale, L’entérite muco-membraneuse, Typhlite et appendicite, Les troubles d’origine gastro-intestinale.
- Zes ultramicroscopes et les objets ultramicroscopiques, par A. Cotton, chargé de cours à l’Université de Paris, maître de conférences à l’Ecole normale supérieure, et H. Mouton, docteur ès sciences, attaché à l’Institut Pasteur. Paris. Masson et C‘e. 1907. 1 v°b in-8°. Prix : 5 francs.
- Nous avons signalé, dans La Nature, voici plusieurs mois (n° 1708, du 17 février 1906, p. 187) le très remarquable dispositif qui a permis à MM. Cotton et Mouton de passer de la vision microscopique à la vision hypermicroscopique (devenue depuis ultra-microscopique), c’est-à-dire dedonner accèsàdesobjets mille fois plus petits. On trouvera dans le présent ouvrage d’une part une description parfaitement précise de la technique opératoire, de l’autre l’étude des différents milieux où des objets ultramicroscopiques jouent un rôle, et ils sont nombreux (corps transparents colorés, solutions colloïdales, bouillons de culture, etc.).
- Zes aliments usuels. Composition, préparation, indications dans les régimes, par le Dr A. Martinet, ancien interne des hôpitaux de Paris. Paris. Masson et Cie, 1907. 1 vol. in-8°, VIII-328 pages avec figures. Prix : broché, 4 francs.
- Le livre de M. Martinet a été écrit pour mettre à la portée du grand public des notions précises sur l'hygiène alimentaire, c’est-à-dire sur la cuisine, cette partie capitale de la médecine. Voici le plan de l’ouvrage : i° Elude des aliments simples, exposé desnotions chimiques et physiologiques indispensables à l’examen des cas particuliers. — 2° Elude des aliments usuels, avec détails de cuisine pure et conclusions immédiament pratiques pour l’alimentation.
- Les maladies populaires. Alcoolisme, tuberculose, etc_ Etude médico-sociale, par le Dr L. Rénon, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, médecin-de l’hôpital de la Pitié, membre de la Société de Biologie, 2e édition. Paris. Masson et Cie. 1907. 1 vol. in-8°. Prix : 5 francs.
- Le Béribéri, par E. Jeanselme, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, médecin de l’hôpital Tenon. Paris. Masson et Cie. 1907. 1 vol. in-8°. Prix r broché, 2fl,5o; relié, 3 francs.
- Nos lecteurs connaissent le béribéri, cette redoutable polynévrite infectieuse ou toxique qui fait des ravages permanents parmi les races de couleur. Ils trouveront dans l’ouvrage de M. E. Jeanselme une monographie du fléau, la première qui lui soit consacrée.
- Hygiène à l'usage des Ecoles normales primaires, parle Dr J. Weill-Mantou, chez Armand Colin. Paris, in-18.. Prix : 3f,',5o.
- Il existe déjà de nombreux traités d’hygiène et nous avons déjà signalé ici l’ouvrage très important que la librairie Baillière publie sous ce titre. Néanmoins ce petit volume comble une lacune en présentant, sous une forme condensée et claire, les notions les plus essentielles, maintenant exigées avec raison dans les écoles normales, sur l’hygiène de la personne, des vêtements et de la maison.
- Histoire de Vautomobile, par Pierre Souvestre. i vol. grand in-8, illustré de nombreuses photogravures, 800 pages. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs., 49, quai des Grands-Augustins. Paris, 1907. Prix : i5 francs.
- Cette publication retrace dans une forme attrayante, anecdotique et documentaire les diverses phases de la locomotion nouvelle depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours. La première partie parle des prophètes et des précurseurs. La deuxième partie traite de la genèse de la locomotion mécanique et passe en revue, dans divers chapitres, les diligences sans chevaux en Angleterre, les essais de traction mécanique sur route en France en 1825, 1$ roue, la
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- BIBLIOGRAPHIE
- route et le rail de 1800 à 1870, l’époque de transition. Dans la troisième partie, l’auteur fait connaître les grands promoteurs de l’industrie automobile, MM. Bollée, le comte de Dion, Bouton, Serpollet, Daimler, Levassor, Peugeot, Michelin. La quatrième partie est consacrée à la revue des grandes courses et des vitesses atteintes à Paris-Rouen (1894), Paris-
- . Bordeaux (i8g5), Paris-Marseille (1896), Paris-Dieppe (1897), Paris-Amsterdam (1898), Le tour de France (1899). La cinquième partie examine l’industrie automobile au début de 1900, à l’Exposition de 1900, et passe en revue diverses autres courses. La sixième partie parle du Grand prix de F Automobile-Club et des vitesses acquises en 1906.
- Cours de mécanique, par A. Bazard, professeur de mécanique à l’Ecole d’Arts et Métiers de Cluny, ancien professeur des écoles de Chàlons et d’Angers. 2 vol. grand in-8. Paris, E. Bernard, imprimeur-éditeur, 1,
- . rue de Médicis. 1907. Prix de chaque volume broché : 10 francs.
- Ce cours de mécanique correspond au programme des Ecoles d’Arts et Métiers ; aussi une très large place a été faite à la partie pratique. Le premier volume comprend la mécanique théorique et traite successivement des préliminaires, des vecteurs, des principes fondamentaux, de la force, de la masse, de la composition et de la décomposition des forces concourantes, du travail des forces, des forces parallèles, des couples, de l’équilibre des machines, des moments d’inertie. Le deuxième volume examine les résistances passives (choc des corps, frottement, résistance au
- roulement, frottement mixte), la résistance des matériaux (l’extension, la compression, le cisaillement, la torsion, la flexion, l’étude des poutres, des glissières des engrenages, des ressorts, etc.) et donne en terminant des notions de statique graphique.
- Cours municipal d'électricité industrielle, par L. Barbillion, professeur de physique industrielle à la Faculté des sciences, directeur de l’Institut électrotechnique de Grenoble. 1 vol. in-8, 2“ édition. E. Bernard, imprimeur-éditeur, 1, rue de Médicis. Paris, 190-. Prix : 12 francs.
- Le cours municipal d’électricité de 1 Université de Grenoble a été créé par M. Janet, actuellement professeur à l’Université de Paris, puis continué par M. Pionchon, professeur à l’Université de Dijon, et par M. Barbillion, actuellement directeur de l’Institut électrotechnique de Grenoble. L’ouvrage que nous mentionnons résume une partie de l’enseignement électrotechnique donné à l’Institut dans les cours professés par M. Barbillion en 1903-1904 et 1904-1905 en ce qui concerne les courants continus.
- Méthode de séro-diagnostic par les Aglutines, par M. Pozzi-Escot. Paris. J. Rousset, 1907. 1 vol. in-16. Prix : ifr,5o.
- Les Précipitines et leurs applications, par M. Pozzi-Escot. Paris. J. Rousset, 1907. 1 vol. in-16. Prix : irr,5u.
- Singes et singeries, par Henri Coupin, docteur ès sciences, lauréat de l’Institut. Paris. Yuibert et Nony, 1907. x vol. in-8°. Prix broché : 2 francs.
- RÉSUME MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en décembre 1906, par M. Th. Moureaux
- L’excès de température constaté en octobre et en novembre s’est maintenu jusqu’au 6 décembre ; on remarque bien encore un mouvement de hausse le 12, mais la moyenne diurne reste faible pendant 23 jours sur 31 ; aussi la température du mois est de plus de i° inférieure à la normale résultant de 3o années d’observations. Le froid a sévi principalement à partir du i5; depuis cette date, et jusqu’à la fin du mois, le thermomètre s’est abaissé au-dessous de o° tous les jours sauf le 17; les maxima sont eux-mêmes négatifs les 22, 23, 28, 29 et 3o. Le froid le plus vif, —8°, s’est produit dans la nuit du 3o au 3x.
- Le 26, une foi'te neige, tombée de 4 heures à 7 heures par vent fort du Sud, a couvert le sol sur une épaisseur de 10 à 12 cm.; la tourmente est survenue vers le milieu d’une période de baisse barométrique très accentuée et pendant la phase de plus grande rapidité, 8 mm de 4 heures à 7 heures. Il a neigé ensuite presque chaque jour jusqu’à la fin du mois. Le 3i, la terre était gelée sur une épaisseur de 10 à 12 cm. seulement, et le thermomètre à om,3o de profondeur n’est pas descendu au-dessous de x°,4 ; le dégel, commencé vers midi, s’est continué lentement; la neige, qui recouvrait partout encore le sol, n’a disparu que le 2 janvier au matin.
- En 14 jours, on a recueilli 5omm,2 d’eau, dont un tiers environ provenant de la fusion de la neige.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 767ram,84 ; minimum absolu, 73imm,3 le 26 à i3haoœ; maximum absolu, 771mm,6 le 20 à 10 heui'es ; écart extrême, 4omm,3.
- Température. — Sous l’abri : moyenne des minima, — i°,f>41 des maxima, 4°, 28 ; du mois, i°,37 ; des 24 heures, i°,44; minimum absolu, —8°,o le 3i ; maximum absolu, ii°,8 le 5; amplitude diurne : moyenne du mois, 5°,82; minimum, 2°,i le 29; maximum, io°,8 le 3i. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, —4°,34 ; des maxima, 70,69; minimum absolu, —i2°,g le 23; maximum absolu, i4°,8 le 12. — Dans le sol gazonné, moyenne du mois. Profondeur om,3o : à 9 heures, 4°,55; à 21 heures, 4°,5o. Profondeur om,65 : à 9 heures, 6°,62 ; à 21 heures, 6°,5o. Profondeur 1 mètre : à 9 heures, 7°,85; à 2i heures, 7°,78. — De la Marne : moyenne le matin, 4°,17; le soir, 4°>26; minimum, o°,6o le 31 ; maximum 8°,71 le 5.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 4mm,5o minimum, 2mm,3 le 3o à 24 hèures et le 3i à 5 heures maximum, 9““, 3 le 5 à 10 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 86,3; minimum, .47 le 26 à 14h 45“ ; maximum, 100 en 12 j ours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 6,90; moyenne diurne la plus faible, 1,9 le 19; ciel complètement couvert les 4, 17» 20, 24, 29, 3i.
- Insolation : durée possible, 256 heures; durée effective, 49h.,8 en 18 jours; rapport 0,19.
- Pluie ou neige : 5omm,2 en 54’*,3.
- Nombre de jours : de pluie ou neige, 14 ; de pluie inappréciable, 3; de neige, 9; de givre, 3; de grêle, 1; de grésil, 4; de verglas, 1 ; de gelée, 21 dont 5 sans dégel;
- gelée blanche, 20 de brouillard, 7 de halos, 2.
- Fréquence des vents : calmes, i3.
- N *7 S. E. . . 11 W .... 45
- N. N. E. . 57 S. S. E. . 18 W. N. W. 38
- N. E . . . S9 S. . . . 83 N. W . . 71
- E. N. E. . 42 S. s. w.. ï 11 N. N. W . 21
- E 23 s. w. . . 85
- E. S.E . . 10 w. s. w. 40
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des
- 24 heures, moyenne diurne la plus grande, 7m,i
- le 12; la plus faible, im,3 le 16; vitesse maximum en i5 minutes, 12”,2 le 12, de 16 heures à i6hi5m par vent W.
- Électricité atmosphérique : Moyenne des 24 heures (11 jours), 182 volts; moyenne diurne la plus grande, 276 volts le 28; la plus faible, 111 volts le 21; amplitude diurne, 0,28; amplitude nocturne, 0,62.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 3m,09 ; minimum, 2m,45 le 2; maximum, 3m,67 les i3 et 20.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre,
- — omm,32; température, — 1 °, 18 ; tension de la vapeur,
- — omm,62 ; humidité relative, —2,3; nébulosité, —o,33; pluie, -|- 4mm,7-
- Taches solaires : on a suivi 17 taches ou groupes de taches en 17 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques : faible les 15 et 26; assez forte le 8-9; forte les 16-17 21-23.
- Floraison : Le 14, chimonanthus fragrans.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- poules qui mangent leurs œufs. — On lime le bout du bec et légèrement aussi les côtés ; on peut se servir p0ur cela d’un canif très bien aiguisé, mais on est moins piaiive de ce qu’on fait qu’avec une lime. — On peut ainsi dégoûter la poule en mettant dans son nid de [giups à autre un œuf pourri. Ne pas oublier que la poule mange parfois ses œufs parce qu’elle manque de chaux: ; ainsi on fait bien d’en donner aux volailles accusant cette propension.
- L’antisepsie des murs dans les fromageries. —
- j\plB Bodin, professeur de laiterie à l’école de Coëtlogon, a dernièrement communiqué à la Société nationale J’apiculture, par l’intermédiaire de M. Pierre Tisserand, une Note sur l’antisepsie des murs à l’intérieur des fromageries. A la suite de nombreux essais, elle conclut à l’emploi du sulfate de cuivre. 11 faut d’abord laver les locaux avec une solution de 5 parties de sulfate de cuivre dans 100 d’eau, de façon à détruire les pennes qui pourraient exister. Puis, quelques jours après, on étend sur les murs cinq ou six couches de lait de chaux, additionné lui aussi de 5 pour 100 de sulfate de cuivre ; il faut avoir soin de laisser sécher après chaque badigeonnage.
- L incubation des œufs fêlés. — Les personnes qui se livrent à l’élevage des oiseaux rejettent d’ordinaire les œufs qui présentent quelque fêlure, estimant, et le plus souvent à juste titre, qu’ils ne sauraient donner de bon résultat à l’incubation. Cependant, lorsqu’il s’agit d’espèces ou de variétés assez rares et que le nombre des œufs est restreint, il y aurait au contraire avantage à les soumettre à l’incubation. M. E. Megin vient en effet de signaler à la Société d'acclimatation qu’il a pu obtenir d excellents résultats avec un œuf de pigeons Montauban rouges et noirs croisés qui était cependant fêlé. Pour les œufs précieux, il y aura donc toujours lieu de recourir à l’incubation et non de la déclarer inutile, a priori, à cause d’une fêlure qui peut parfaitement ne pas avoir entamé la pellicule.
- Préparation de la poix. — Le mode de préparation est donné par la Revue des Produits Chimiques. Il consiste à prendre 3oo parties de coaltar (huile d’an-thracène), de la densité spécifique de 1120 à naS, puis à y ajouter 102 à 108 p. d acide sulfurique à 66° B. On chauffe alors graduellement jusque vers 3oo°. Naturellement toute l’eau s’évapore sous l’influence de l’ébullition, et, en même temps, il se dégage de l’acide sulfureux : cela jusqu’à la fin de la réaction voulue qui est indiquée par ce fait que le résidu subit une effervescence ; du reste on peut constater que le moment critique est arrivé en prenant quelques gouttes de ce résidu, et les laissant tomber dans 1 eau froide pour en noter la consistance. L’opération demande 1 heure et demie à 2 heures.
- Teinture pour la molesquine. — Nous avons en vue le cuir très mince qui est employé principalement pour les sièges. Toutes les teintes peuvent être obtenues au moyen de couleurs d’aniline dissoutes dans de l’eau ; pour la nuance rouge, qui est d’usage courant on a utilement recours à l’orseille, plus ou moins diluée avec de l’eau. On peut passer une sorte de vernis par-dessus la couleur, vernis composé de blancs d’œufs bien battus.
- Nouveau dispositif pour élever les blocs de pierre.
- — Nous ne croyons pas qu’il ait fait l’objet d’un brevet; il est du reste très simple à comprendre sans dessin, et susceptible de rendre de grands services, étant donné qu’il nécessite seulement le creusement dans le bloc d’un trou rond de dimensions relativement très faibles. Tout l’appareil consiste dans un ressort spirale qui vient s’enrouler autour d’un boulon fileté : quand on enfonce celui-ci dans le trou percé au préalable dans le bloc de pierre, il vient presser le ressort contre les parois du trou, et cela donne l’adhérence voulue pour qu’on puisse soulever le bloc par un crochet passé dans l'œil du boulon. Avec un boulon de 25 mm de diamètre, et un trou de i5 centimètres de profondeur, on lève sans peine ni danger une pierre de 9 tonnes.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Alcool et alpinisme. — C’est le titre d’une petite brochure que nous envoie M. le D' L. Schnyder, de Berne, et où il a consigné les résultats d’une enquête faite parmi les alpinistes. L’enquête a été faite en 1903 sous forme d’un questionnaire, adressé à environ 1200 clubistes (clubs alpins, suisses et étrangers) la plupart connus comme des ascensionnistes éprouvés : « i° Prenez-vous des boissons alcooliques dans la vie ordinaire ? — 20 Emportez-vous une boisson alcoolique quelconque (vin, liqueurs, etc.) dans vos courses de montagne ? Laquelle ? — 3° A quel moment et en quelle quantité en faites-vous usage? — 4° Usez-vous de boissons alcooliques surtout pour combattre la soif ou pour relever vos forces? — 5° Quel effet avez-vous constaté : sur la fatigue (force musculaire), sur la chaleur du corps, sur l’état physique et moral en général ? — 6° Résumez votre impression générale sur le rôle de l’alcool dans les courses de montagne. Lui préférez-vous une autre substance? » M. Schnyder a obtenu SyS réponses à ces questions. Elles sont fort nettes dans leurs conclusions Elles montrent notamment que plus l’alpiniste est un professionnel de l’ascension, plus il attache de valeur à sa parfaite possession intellectuelle pendant l’excursion, plus il condamne réso-
- lument l’alcool. Aussi doit-on souscrire pleinement aux conclusions de M. Schnyder : i° éviter l’usage de toute boisson alcoolique la veille d’une course ou au début de celle-ci; 20 pendant la course, ne l’employer qu’à titre exceptionnel, comme stimulant très passager dans le cas d’un « coup de fouet », comme condiment, comme médicament. L’emploi du thé ou de la kola remplace d’ailleurs fort avantageusement celui de l’alcool.
- Les unités horloger es. — Sous ce titre, M. M. Picard, membre honoraire de la Commission du Musée d’horlogerie de la Chaux-de-Fonds, nous envoie une petite brochure, où il étudie les moyens de substituer en horlogerie le système métrique aux anciennes mesures jusqu’ici employées.
- Renseignements. — M. J. Plassun, à Paris. — Lampes à incandescence : Compagnie générale, 5, rue Boudreau, Compagnie André Larnaude, 34, rue Godot-de-Mauroi, Société centrale de l’Electricité, 10, rue Taitbout, à Paris.
- M. G. Laniz, à Mulhouse. — Vous trouverez des appareils photographiques de petite taille, chez MM. Gaumont et Cie, Sy, rue Saint-Roch, à Paris, fabricants du « block-nole ».
- M. M. Legrand, à Paris. — Pour l’autophotographe, qui figurait au dernier Salon de l’Automobile, veuillez vous adresser à M. Gravillon, 64, rue Saint-Sabin (1, ruelle Pelée), à Paris.
- M. II. Pozier, à Paris. — Pour empêcher les bornes des accumulateurs de s’oxyder, les vernir : vernis rouge sur la borne positive; vernis noir sur la borne négative.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- cxt
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de Franct
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE ÜE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 janv .... 00 £ N. N. W. 0. Peu nuageux. 0,1 Gelée blanche ; givre ; Brouillard ; halo; gouttes dans h
- Mardi 22 2°,1 W. S. W. 1. Couvert. 0,0 soirée; Beau.jusqu’à 7 h., couvert ensuite. Gelée hl. ; bruineux; gouttes à 12 11..; grains de mq,.,, 15-10 ii. ; couvert jusqu’à 17 h. ; beau ensuite. c Beau le matin ; nuageux le soir.
- Mercredi 23 — 10°,1 N. E. 4. Beau. »
- Jeudi 21 — 3°,0 E. S. E. 2. Couvert. 0,0 Petite neige de 7 à 8 h. ; halo lunaice; couv. jusq. <11| •
- Vendredi 25 o° 7 E. N. E. 0. Très nuageux. )) peu nuageux ensuite. Gelée Manche ; nuageux.
- Samedi 2G — 0°,9 N. 3. Eclaircies. 1,2 Gelée hl.; neige à diverses reprises; averse de "résil ,.|
- Dimanche 27 — 7°,7 N. W. 1. Beau. » neige de 13 h. 30 à lti h., 2 centimètres sur le sol. Brumeux le mal. ; nuageux le mat. ; couvert l'après-midi
- JANVIER 1907. — SEMAINE DU LUNDI 2I AU DIMANCHE 27 JANVIER 1907.
- Vendredi
- Mercredi
- Samedi
- Dimanche
- Lundi
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent 3 courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du 21 au 27 janvier, le froid a été très intense en France. Le 21 janvier, la pression barométrique stationnaire était 776,9 mm à Paris. Un vent faible et variable régnait sur la Manche; le vent était des régions Nord sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée. Le thermomètre marquait le matin o° à Toulouse, —3° à Lyon, —3° à Paris, —5° dans la banlieue Ouest de Paris, —5° à Clermont, —8° au Pic du Midi. Le matin, un brouillard épais couvrait la région parisienne; à 9 heures, la visibilité ne dépassait pas xoo mètres en quelques points. Le 22 janvier, la pression atmosphérique a baissé sur la Manche et sur la Méditerranée. Le vent a soufflé de l’Est au Pas de Calais, et du Nord-Ouest sur les côtes de l’Océan et de la mer Méditerranée. Dans la matinée il a neigé dans l’Est de la France, ainsi qu’à Rome et à Naples. La température était le matin —5° à Belfort, o° à Clermont, o° à Toulouse, —6° au Puy de Dôme, — n° au Pic du Midi, — 120 au mont Mounier ; on a observé — i5° à Strasbourg. A Paris, la température moyenne a été —5°, inférieure de 7V2 à la normale. Le 23 janvier, la pression barométrique était élevée dans le Nord de la France; elle atteignait 775,4 mm à Paris. Il y a eu de nombreuses chutes de neige dans le Midi, notamment à Avignon, à Grenoble et à Montpellier. La température s’est notablement abaissée dans toutes les régions ; les vents d’Est ont pris le dessus, et le froid est devenu tout à coup très rigoureux. On a relevé le matin — 170 à Nancy, — 170 à Belfort. — n° à Dunkerque, — x8° à Châlons-sur-Manie, — 180 à Remiremont, — 160 au
- Puy de Dôme, — i3° au Pic du Midi, — io° à Paris. La Moselle a gelé à Remiremont, ce que l’on n’avait vu depuis longtemps. A 7 heures du matin, le thermomètre a indiqué —i4°,8 à la Tour Eiffel. Par suite du froid extrême et subit, survenu dans la nuit, mentionnons que l’eau a gelé dans les réservoirs à Dijon et a manqué pour alimenter les machines de plusieurs trains. Le
- 24 janvier, la pression atmosphérique est restée élevée sur toute l’Europe ; elle était 774.2 mm à Paris. Le vent a soufflé en tempête sur les côtes de la Méditerranée, il y a eu des chutes de neige dans l'Ouest, le Nord et le Sud de la France, à Cambrai, à Bordeaux, à Béziers ; il a plu au cap Béar (26 mm d’eau), à Perpignan (16 mm), à Lyon (4 mm), à-Clermont (2 mm), à Nantes (1 mm). La température était le matin — 120 à Belfort, — i3° à Lille, —io° à Clermont, —7°,à Brest, —5° à Paris,
- — 70 au Puy de Dôme, —70 au mont Yéntoux, — 120 au Pic du Midi, — io° dans la banlieue Ouest de Paris. Le
- 25 janvier, la pression barométrique était supérieure à 775 mm. La température s’est relevée à Paris, mais est restée très basse en province. Une grande trombe d’eau s’est abattue sur Perpignan, ox'i l’on à recueilli 67 mm d’eau. Le thermomètre marquait le matin — x5° à Grenoble, — 90 à Belfort, —4° au Havre, —4° à Dunkerque. — 3° à Paris, —3° au Puy de Dôme, — io° au Pic du Midi. Sur Paris régnait un brouillard intense limitant la visibilité à 4°o mètres. Le 26 janvier, une baisse barométrique de 16 mm a eu lieu dans le Centre de l’Europe. Le 27 janvier, la température était le matin
- — 8° à Paris, — 5° à Lyon, — i3° au Puy de Dôme,
- — 23° au Pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 21 à 8 h. 5i m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
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- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
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- SUPPLÉMENT AU N° 1759 (9 FÉVRIER 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- Le service vétérinaire à Paris. —Un récent rapport de M. Henri Martel, chef du service vétérinaire sanitaire de la Seine, établit que les maladies contagieuses des animaux tendent à se raréfier. Les cas de rage s’abaissent au point qu’on peut envisager la disparition prochaine de celte maladie, à Paris tout au moins ;' en effet, de 56o cas en 1901, la rage est successivement tombée à 280 en 1902, 92 en igo3, 67 en 1904 et 48 en 1905. La tuberculose aussi diminue, grâce à la tuberculine employée comme moyen de diagnostic lors du renouvellement des étables. Pour les viandes mises en vente aux balles centrales la proportion des saisies également s’abaisse : o,54pour 100 en igo3, o,36 en 1904 et 0,26 en 1905. L’inspection des tueries particulières et des marchés alimentaires a réalisé d’heureuses réformes.
- Nouvelles de la mission Pelliot. — La mission archéologique Pelliot au Turkestan chinois a récemment adressé de ses nouvelles à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Elle a fait des découvertes importantes dans les ruines de Toumchouq, près Maralbachi sur la route de Kachgar à Aksou. On croyait ces ruines musulmanes ; mais M. Pelliot y a reconnu un grand temple boudhique orné de sculptures gréco-indiennes et de bustes. Quelques fragments manuscrits, sont très instructifs. On note aussi deux sites archéologiques de la région de Kachgar. L’un aux « Trois Grottes », à i5 km nord de Kachgar; l’autre aux ruines de Rigurnam, à 2 km environ plus à l’est. Là, M. Pelliot a découvert une planchette avec des caractères en brahmi. C’est le premier spécimen d’écriture hindoue trouvé dans les environs de Kachgar.
- Les bureaux d’hygiène des villes d’eaux. — Dans un rapport récent à la commission des stations hydrominérales de France, le Dr Lucien Graux demande avec raison qu’il soit institué un Office sanitaire ou bureau d’hygiène dans toutes ces stations et non pas seulement dans celles qui ont plus de 2000 habitants. Cette modification à la loi du i5 février 1902 s’impose, car de fort importantes villes d’eaux (la Bourboule, Plombières, Evian, Châtel-Guyon, les Eaux-Bonnes, Contrexéville, Vittel, Cauterets, Royat,Pougues, etc.) n’ont pas 2ooohabi-tants permanents, alors que durant la saison, leur population s’élève à plusieurs milliers.
- La conservation des fruits par le formol. — Elle a été expérimentée en Angleterre particulièrement snr les pommes, qui, au moment de leur maturité, sont souvent attaquées par un champignon ; l’envahissement se manifeste par de petits points qui déterminent rapidement de grandes taches de pourriture. Le formol a permis
- de conserver les pommes traitées pendant trois mois, tandis que les autres étaient pourries dans un court espace de temps. A 45 litres d'eau de pluie on ajoute 1 litre 700 de solution de formol du commerce à 40 pour 100. On place les pommes dans un filet à larges mailles, qu’on trempe dans l’eau pendant 10 minutes. Ensuite on place les fruits sur la paille ou le foin pour s’égoutter et sécher. On a suggéré qu’il y a danger à employer le formol pour conserver les fruits. Il est vrai que le formol introduit dans les aliments est dangereux pour la santé ; mais la chimie dira si les fruits trempés seulement dans une solution de formol sont assez imprégnés pour en conserver des traces nuisibles. Actuellement, l’emploi du formol est absolument prohibé en France pour la conservation des fruits, mais toléré en Angleterre. On pourrait susciter des essais en France, car les expérimentateurs anglais prétendent qu’il ne reste pas de formol sur les fruits.
- Le mercure. — Contrairement à la loi très générale, dont il a été souvent question ici, le mercure n’a pas participé à la hausse récente des métaux, et cela malgré une diminution sensible de la production, qui montre le caractère sérieux du phénomène. La bouteille de mercure, étalon usuel (qui représentait jusqu’en 1905, 76,5 livres anglaises et qui en pèse aujourd’hui 75 livres), est descendue de 44>ff7 dollars (23i fr. 40) en 190a, à 43,3g en 1904 et 38,80 en igo5. La production mondiale de mercure, qui avait atteint 4o56 tonnes en 1902, n’a plus été que de 3285 en igo5 : soit 1043 aux Etats-Unis (surtout en Californie, puis au Texas); 800 tonnes en Espagne (Alma-den), 519 tonnes en Autriche (Idria); 370 tonnes en Italie (Monte-Amiata) ; 318 tonnes en Russie (Nikitofka) et 190 tonnes au Mexique. Parmi les gisements classiques, il faut citer la dépression sensible d’Almaden, quia baissé de moitié depuis dix ans. En Californie, la célèbre mine de New-Almaden a dû fermer et un très grand nombre d’autres ne vivent que d’une existence précaire, grâce aux droits protecteurs et au cartel qui a pu s'organiser, en conséquence, de manière à établir une différence de 5 à 7 dollars par bouteille entre les prix payés aux Etats-Unis et au Japon. Ce marasme vient surtout de la modification essentielle qui s’est produite dans les mines d’argent, autrefois les principaux consommateurs de mercure, où l’on a presque partout abandonné l’amalgamation; les mines d’or, quoique s’étant énormément développées, pi-ennent des quantités très faibles de mercure. Les deux gros acheteurs restent la Chine, pour la fabrication du vermillon, et le Japon, pour la fabrication d’explosifs, dont la composition est tenue
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- INFORMATIONS
- secrète, mais où il entre évidemment du fulminate de mercure.
- Un nouveau gisement de vanadium. — Le vanadium a passé longtemps pour un métal très rare, en même temps qu’il était peu employé. Puis on a reconnu sa présence assez fréquente dans un certain nombre de minerais de fer sédimentaires, où il accompagne le phosphore en très faibles proportions (quelque dix millièmes) comme celui-ci accompagne le fer (minerais du Cheshire, de Mazenay, en Saône-et-Loire) et où il paraît provenir, comme le fer et le phosphore, de la destruction des roches sous-jacentes. On a alors installé la préparation industrielle du vanadium au Greusot. On l a également extrait des pechblendes de Joachimsthal. Plus tard, on a découvert, en divers points du globe, des minerais de vanadium à teneur plus élevée, tels que le vanadate de plomb au Mexique, le vanadate de plomb et cuivre au Chili et le vanadate de cuivre en Australie occidentale, près Ka]mnàa.(Informations ,n° i658, 8 mars 1905). L’attention des métallurgistes est aujourd hui attirée sur le vanadium par les qualités remarquables qu’il communique aux fers et aciers, même en additions très faibles; 3^iooo de vanadium donnent à un fer doux une résistance double sans diminuer son allongement. La même addition permet de forger et de travailler facilement un acier à 1,7 pour 100 de carbone, sans cela inutilisable. Aussi est-il fort intéressant de faire connaître un nouveau gisement signalé par l’Engineering et dont M. Matignon a donné la description dans la Revue scientifique. Ce gisement, situé au voisinage du fameux centre minier du Cerro de Pasco au Pérou, contient un minerai nouveau, nommé la patronite, qui renferme, dans certaines parties, environ 16 pour 100 de vanadium (28 d’acide vanadique) avec 54 pour 100 de soufre et o,5o d’acide molybdique et ailleurs une ocre de vanadium à 45 pour 100 d’acide vanadique. C’est donc probablement l’altération oxydée superficielle d’un sulfure de vanadium associé avec de la pyrite de fer, qui se présente sous la forme d’une veine atteignant 2,40 m. de large au milieu de schistes. Ce minerai est accompagné de parties bitumineuses et présente une teinte noire ou vert foncé très spéciale. Si son prolongement en profondeur était démontré, ce qui reste fort problématique, le gisement aurait une grande valeur.
- L’abaca aux îles Philippines. — On a déjà parlé dans La Nature de 1 ’abaca ou chanvre de Manille. On signale dans le bulletin du Jardin colonial que cette année semble devoir être mauvaise pour ce produit, à cause de la longue sécheresse qui a sévi dans le Sud de 1 archipel et qui a à moitié frappé de mort la plupart des bananiers. Dans le même article, M. Desieyez donne des renseignements pleins d’intérêt sur l’histoire de l’abaca. La découverte en est due, aux Philippines, à un père franciscain, Pedro Espallargas, curé dans les Canaries, qui tissa les premières cordes avec les fibres de l’abaca en i656. Prêchant à la fois le salât des âmes et la culture de l’abaca, il employait tous ses sermons à convaincre la population qu’il avait découvert pour elle une source de richesse. Son œuvre, d’ailleurs, réussit pleinement et l’industrie de l’abaca fut prospère au xvme siècle. Compromise au début du xixe par la découverte de plantes sauvages qui donnaient des fibres analogues, mais de qualité très inférieure, la cullure reprit bientôt un nouvel élan, de 1840 à 1898, grâce encore à l’activité, aux sermons et aux conférences des missionnaires, et elle est devenue pour les îles une source véritable de richesse, appelée à un bel avenir.
- La population des villes. — Nous avons récemment (Voy. Informations, n° iy56, du 19 janvier 1907) fait connaître les résultats du recensement effectué le 4 mars 1906 et indiquant que la population de la France s’élève à 39 252267 habitants. Il est intéressant d’indiquer la population des villes qui comptent plus de 100000 habitants. La population est à Paris 2763393 habitants, à Marseille 517 498, à Lyon 472 114, à Bordeaux 25i 947, à Lille 2o5 602, à Toulouse 149 438, à Saint-Etienne 146788, à Nice i34 232, à Nantes i33 247, au Havre i3'.4 43o, à Roubaix 121017, à Rouen 118459, à Nancy 110570, à Reims 109869, à Toulon io3 549.
- Recensement des automobiles. — Le Ministre de la guerre a décidé de faire procéder officiellement au premier recensement des voitures automobiles de poids
- lourds, susceptibles d’être réquisitionnées en temps de guerre au même titre que les voitures attelées. <jes voitures seront classées en trois catégories selon qu’elles peuvent transporter une charge utile : i° de 700 à 1000 kg; 20 de 1000 à i5oo kg; 3° plus de i5oo kg. L’autorité militaire recensera également les voilures automobiles pour le transport en commun et pouvant transporter i5 personnes au minimum. En Angleterre les autorités militaires ont également reconnu les services que les omnibus militaires pourraient rendre en cas de guerre. Il y a actuellement à Londres 900 autobus ; ce chiffre va être porté à 2000 à la fin de 1907. Ou estime que ces 2000 autobus pourraient transporter 40000 hommes de troupes d’infanterie avec armes, munitions et bagages.
- Les automobiles dans Paris. — Les automobiles qui circulent dans Paris ne doivent dégager ni fumée ni odeur. L’arrêté de M. le Préfet de police pris en conformité du décret du 10 mars 1899 autorise leur circulation dans Paris à ces conditions seulement. La responsabilité de la contravention incombe seulement au chaulleur, dont la faute personnelle entraîne le dégagement de fumée ou d’odeur incommode. Un procès devant le tribunal correctionnel vient de fixer les idées à ce sujet.
- Le mica canadien. — Le mica blanc, ou muscovite qui est une matière relativement rare en feuilles de grandes dimensions, les seules utilisables, est très recherché comme isolant pour les hauts voltages eu électricité. Les grandes feuilles de mica peuvent atteindre 10000 à 60000 fr. la tonne. 2000 fr. la tonne est un prix moyen pour les micas canadiens, qui ont une sorte de monopole pour cette industrie. Les gisements de ce pays sont en relation avec des pegmatites. Leur défaut est d’être très irréguliers; mais on y trouve souvent, comme produits accessoires, des terres rares, dont le gisement normal est dans les mêmes roches, du tantale, du thorium, de la cle'véite, qui contient plus de 70 pour 100 d’uranium et qui renferme, en outre, une quantité remarquable de radium. .
- Les récoltes anglaises. — D’après le Board 0/ Agriculture and fisheries, de Londres, les principales cultures de la Grande-Bretagne (Angleterre, Ecosse) donnent en 1906 les résultats suivants : blé, 21 460000 hectolitres; orge, 21981000 hl. ; avoine, 44768000 hl. Ces chiffres sont assez nettement supérieurs à ceux de 1905. Dans l’ensemble, on peut estimer que le rendement moyen à l’hectare s’est élevé à 3o,55 hl., alors que pour la période décennale 1896-1905, il n’était que de 27,80 hl.
- Le manganèse comme engrais. — Le manganèse est surtout employé dans la métallurgie de l’acier. Mais on a eu récemment l’idée d’utiliser comme engrais les résidus de la fabrication du ferro-manganèse, ainsi que l’on consomme déjà comme phosphates les.scories de la déphosphoration. D’après M. Gabriel Bertrand, en répandant du sulfate de manganèse desséché sur un champ cultivé en avoine, on obtiendrait une plus-value de 2 5 pour 100. On trouve, en effet, du manganèse dans certaines parties végétales. La Russie (Caucase) tient, en temps normal, la tête pour la production des minerais de manganèse (884200 tonnes e 1 1902). Puis viennent les Indes (Nagpur et Visianagratn) avec 167000 t. et le Brésil (Minas Geraes) avec i56ooo t.; tous les autres pays jouent un rôle secondaire.
- Le lait fixé. — M. J. Eury expose dans l'Industrie laitière les recherches qu’il a effectuées sur le lait fixé; on sait que l’on entend par là du lait homogénéisé, transformé en émulsion stable, de façon que les globules graisseux ne puissent se séparer du liquide pour former la couche de crème : on obtient ce résultat avec une machine à fixer, telle que celle du système Gaolin, où le lait se trouve comprimé et obligé de passer dans un bec formé d’un plan d’agate et appliqué fortement contre une pièce de bronze, tenue par un ressort; dans ce passage étroit, les globules inégaux et assez gros du lait prennent tous une dimension restreinte et uniforme. On s’était demandé si le lait fixé ainsi, qui diffère physiquement du lait ordinaire par une grande division de la matière grasse subissait en même temps des modifications dans sa nature chimique. M. J. Eury montre nettement qu’il n’en est rien.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Automobilisme <?<&>
- Frein de suspension « Mihi ». — Ce nouveau frein amortisseur se fixe par une patte S au châssis de la voiture. A l’extrémité de cette patte est articulé un disque P portant en son centre une vis V sur laquelle il est fileté. Ce disque est pris entre deux plateaux F F avec interposition de ressorts circulaires R. Les deux plateaux sont serrés contre le disque par la tête de la vis V et son écrou E. Deux rondelles à trous D D maintiennent la position donnée à la vis et à son écrou de manière à éviter tout serrage ou desserrage intempestif, et permettent, grâce aux nombreux trous qu’elles portent, de régler le serrage aussi rigoureusement qu’on le désire.
- Les bras yéunis des plateaux sont accouplés avec un porte-tourillon que l’on fixe sous les brides du ressort ordinaire de la voiture.
- Lorsque la roue monte ou descend par rapport au châssis, les plateaux tournent entraînant avec eux la vis centrale. Celle-ci se visse ou se dévisse dans le disque articulé avec le châssis et ce disque comprime la rondelle à ressort contre l’un ou l’autre des plateaux. Le serrage est donc élastique, progressif, à double effet, et amortit les oscillations dans les deux sens.
- On peut augmenter ou diminuer à volonté le serrage suivant le poids de la voiture. Pour cela on dégage les rondelles à trous D des ergots T, puis on visse, ou on dévisse suivant le cas, la tête de la vis de un, deux seizièmes de tour et on replace les rondelles à trous clans les ergots. Il est encore possible en vissant ou dévissant intégralement la vis et son écrou, d’obtenir une intensité de freinage différente dans les deux sens de l’oscillation. — Le frein « Mihi » se trouve à 1’ « Automatisme », 8, io, boulevard d’Asnières, à Neuilly-sur-Seine.
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- Frein
- de suspension « Mihi ».
- Fauteuil à glissière pour automobiles. — Ce nouveau fauteuil est intéressant en ce sens qu’il peut être entièrement dissimulé sous le siège arrière de la voiture dès que l’on n’a plus besoin de ses services. Très mobile sur une glissière à laquelle il est relié par une douille, on peut l’avancer ou le reculer à volonté comme un siège indépendant. De plus, cette mobilité permet de le rapprocher du siège arrière et de former avec celui-
- Fauteuil à glissière pour automobiles
- ci une chaise longue très confortable. Le strapontin A est monté sur la glissière C articulée sous le siège et mobile sur la tringle B. Il repose sur les quilles C montées sur un tube contenant un ressort à boudin qui les maintient aûtomatiquement perpendiculaires au sol quand le siège est occupé ; une troisième quille D constitue avec la douille et les deux pieds C le quatrième point d’appui. Pour assurer au siège une immobilité absolue, même dans les plus violentes secousses, on a adopté, derrière, un verrou articulé qui vient s’appuyer sur la tige à glissière.
- Pour faire disparaître le siège on rabat son dossier ;
- comme le montre le pointillé, puis on ramène sous le siège les quilles C, qui y sont maintenues par un loqueteau, et le pied D. On fait alors décrire au strapontin un arc de cercle autour de l’axe F et il prend la position indiquée en pointillé soutenu par l’agrafe g s’appuyant sur la tringle B. Il peut ensuite être poussé dans le coffre ménagé à cet effet sous le siège arrière.
- Ce siège nous paraît compléter pratiquement le mobilier des voitures automobiles ; il est certainement plus avantageux que les strapontins ordinaires qui s’appliquent contre les parois intérieures de la carrosserie et continuent à être une gêne pour les voyageurs. — Le fauteuil à glissière est construit par la Société anonyme des établissements A. Garnier, 58, rue de la Glacière, à Paris.
- c*§^ Appareils
- Siphon flottant toujours amorcé. — Du moins le désamorçage ne se fait-il pas quand on ne laisse point les choses trop longtemps en état, et qu’on a soin de réduire, par aplatissage relatif, l’orifice du tuyau d’évacuation dans lequel s’écoule le liquide siphonné.
- Dans le dessin un peu schématique que nous donnons du dispositif, on voit en R le récipient qu’il s’agit de vider par siphonnement du liquide qu’il contient, tant que ce liquide n’est pas descendu à un niveau très bas ; nous avons du reste fait représenter l’extrémité du siphon, extrémité flottante et mobile comme nous allons le voir, dans deux positions, dont l’une, indiquée en pointillé, correspond au niveau où l’écoulement doit cesser. En S est le corps principal du siphon, que nous supposoias fait d’un tube métallique assez petit de diamètre, car il n’est pas sûr qu’avec un écoulement de gros diamètre le désamorçage ne se ferait pas. Le
- Siphon flottant toujours amorcé.
- tube du siphon descend presque jusqu’au fond du récipient R, puis il se recourbe vers le haut, comme le dessin le montre clairement. Bien entendu, l’extrémité extérieure et gauche du siphon doit être sensiblement plus longue que la branche qui descend dans le récipient. A son bout recourbé, destiné à être ensuite noyé dans le liquide, on attache un bout de tube en caoutchouc C, qui est lié au siphon par un lil métallique, par exemple, de manière qu’il ne se puisse faire de fuite d’air par là. On munit l’autre bout du tube de caoutchouc d’une sorte de bec recourbé en verre Y, soutenu en surface par un morceau de liège F, mais disposé de façon à toujours plonger dans le liquide du récipient. D’ailleurs le poids du verre forme lest dans ce but.
- Une fois le siphon amorcé, le récipient contenant beaucoup d’eau, celle-ci s’écoule; mais il arrive un moment où la baisse du niveau est telle que le flotteur, avec l’orifice en verre, s’abaisse, et plie le tube de caoutchouc à l’endroit où il se rattache à la partie métallique du siphon. Cela forme comme une sorte de soupape qui se ferme, la pression du caoutchouc sur le métal établissant un joint relativement étanche. Comme conséquence, l’écoulement de l’eau du récipient s’arrête, mais alors
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- que le siphon était encore plein d’eau, c’est-à-dire que l’amorçage est maintenu, au moins si l’extrémité d’évacuation du tube métallique de siphonnement est aplatie comme nous le disions, si le débit possible et la rentrée d’air sont considérablement réduits de ce chef.
- Niveau d’eau. — On connaît le niveau à bulle d’air employé couramment, et il ne semble pas fort utile d’y apporter des modifications ou améliorations. Cependant, eu voici deux types, qui viennent d’Amérique, et qui sont certainement intéressants.
- L’un est dans un logement métallique nickelé et hexagonal ; ses dimensions sont très faibles, 7$ millimètres ; son poids ne dépasse pas i3o grammes; et la fenêtre où doit apparaître la bulle, est barrée d’une petite traverse métallique, qui défend le verre de cette fenêtre, et en
- Niveaux d’eau.
- un carter que l’on voit très nettement, et, ce carter étant étanche, les roues tournent dans l'huile. On comprend que, dans ces conditions, la mise en rotation est facile, point fatigante ; et l’on arrive à une grande rapidité, chose fort importante pour le meulage. Il est tout à fait commode de pouvoir faire agir la meule, soit à plat, soit latéralement; et nous pouvons ajouter aussi par son arête. C’est que cette petite meule, malgré ses dimensions très réduites, est en fait composée de deux grains différents de carborundum : grain de moyenne grosseur sur l’une des faces et sur le tranchant, grain fin sur l’autre face ; et cela répond à divers genres de travaux.
- On nous affirme que la meule tourne aisément à raison de 4000 révolutions à la minute, bien entendu grâce aux changements de vitesse par engrenages ; les poussières provenant du meulage ne peuvent pas tomber dans ces engrenages, puisque nous avons vu qu’ils sont enfermés dans une enveloppe étanche. Un autre détail assez intéressant consiste en ce que la manivelle peut être allongée ou raccourcie : cela permet par suite de lui donner une course plus ou moins étendue, ce qui modifie la vitesse sans augmenter l'effort. — Ce curieux petit appareil, que l’on a appelé Best Maide, se vend chez M. Marlct, 107, avenue Parmentier.
- Divers
- outre permet de constater bien aisément si la bulle d’air est au milieu du niveau.
- L’autre appareil, qui sort de la maison Stanley, et est vendu 107, avenue Parmentier, à Paris, présente différentes particularités fort intéressantes. Tout d’abord, son embase peut se faire avec un évidement à section triangulaire, ce qui est particulièrement précieux pour le nivellement des arbres de couche, de transmission, etc. De plus, afin de donner une très grande mobilité à la bulle d’air, on a poli l'intérieur de la fiole, du tube de verre ; enfin une partie de l’étui métallique (au centre) peut tourner sur elle-même, et venir masquer la fenêtre et le verre, en préservant celui-ci de tous les chocs quand le niveau ne sert pas.
- Meule domestique en carborundum. — On sait la dureté de ce produit et les services qu’il peut rendre, encore bien plus effectivement que l’émeri. Le petit appareil dont nous voulons parler est effectivement fait de carborundum, et il mérite ce nom de domestique, parce qu’il se présente, sous un volume peu encombrant, sous une forme et une disposition qui permettent de le
- fixer instantanément aussi table que sur un établi.
- Fig. 1.
- bien au bord d’une simple
- Fig. 2.
- Meule domestique en carborundum.
- C’est au moyen d’un pied-crampon du type bien connu qu’on la fixe de la sorte ; mais ce crampon présente un avantage que nous n’avions pas encore rencontré dans ces dispositifs, et qui est particulièrement précieux ici. En effet, le pied-crampon dont il s’agit peut tourner sur un pivot fixé au bâti, une vis permettant ensuite de maintenir l’appareil dans la position déterminée; et c’est ainsi qu’on peut finalement donner à la meule les deux positions figurées par le dessinateur. Les engrenages qui vont transmettre la rotation de la manivelle à l’axe de la meule, sont enfermés dans
- Cassette de sûreté. — Cette cassette offre une grande sécurité ; elle est fermée par un verrou qui est commandé par quatre boutons à secret. Chacun de ces boutons est fixé au centre d’un disque de cuivre portant à sa périphérie les 24 lettres de l’alphabet et les 10 chiffres ; on peut réaliser près de 2 56oooo combinaisons. Il y a certainement là de quoi lasser la patience des plus obstinés. On peut donc être assuré d’avoir en grande sécurité les papiers ou objets renfermés dans la cassette. Celle-ci est fermée pour un mot convenu. Afin de l’ouvrir, il faut amener les quatre lettres composant le mot exactement en face de quatre flèches marquées sur la cassette à la partie supérieure. Lorsque ces quatre lettres sont exactement en face des traits, on repousse en arrière deux petites tiges, et on peut ensuite soulever le couvercle. Pour fermer la cassette, on
- Cassette de sûreté.
- ferme d’abord le couvercle, on pousse les deux petites tiges en avant et on a soin de tourner ensuite les quatre boutons à gauche ou à droite à volonté; la cassette est fermée. On peut choisir un mot quelconque ; il convient alors de dévisser intérieurement les quatre boutons ensemble et de procéder avec méthode. On prend une des tiges d’un bouton et on met ce bouton dans le trou de la cassette, on place du dedans la roue métallique dentée sur ce bouton, de telle façon que la chevillette en acier s’introduise dans le trou de la roue dentée où est gravée la première lettre du mot que l’on a choisi. On place ensuite le disque poli en métal sur la roue dentée et on visse le tout assez fortement avec l’écrou, On agit ainsi successivement sur les trois autres boutons. Ensuite, pour pouvoir fermer la cassette, on pousse, pendant que le couvercle est encore ouvert, les boutons et la crémaillère dentée dans les quatre crans des roues dentées inférieures, et on ferme le couvercle. Ôn pousse en avant les deux tiges et on tourne les boutons à gauche ou à droite à volonté. — La cassette de sûreté sè trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Sur l'air vicié des appartements et chambres à coucher.— Au récent Congrès d’assainissement de Genève, M. Gréhant a traité cette importante question et décrit les procédés pour le' dosage de l’oxygène, de l’acide carbonique et de l’oxyde de carbone dans l'air; des recherches, utiles à entreprendre dans les maisons particulières, permettraient de connaître le degré de viciation de l'air dans les chambres à coucher après la nuit.
- lui pratique, il est essentiel de renouveler l’air le malin en ouvrant les fenêtres ; il faut préconiser les chambres munies d’une cheminée ouverte et non pas fermée par une trappe intérieure et un paravant de bois ou toile. Même sans feu, la cheminée provoque toujours une ascension ou une descente d’air; les fentes des fenêtres, vasistas ou portes établissent des circulations d air propres au renouvellement et au déplacement des gaz absorbés ou exhalés par les poumons. Il est aussi nécessaire de ne plus disposer dans les maisous neuves des tuyaux de cheminées scellés au plâtre les uns à côté des autres; le ramonage enlève le plâtre, des trous se forment entre les tuyaux parallèles: ainsi, des habitants d un étage supérieur peuvent être empoisonnés par les produits de combustion des cheminées voisines ; celles-ci enfin doivent toujours être au-dessus des toits.
- L’épuration biologique deseaux d’égout. — L’épuration biologique des eaux d’égout a occupé au même Congrès le Dr Poittevin; deux systèmes sont en présence : l’épandage et les procédés biologiques.
- L’épandage exige un sol spécial et des surfaces considérables, aussi, dans bien des cas, les procédés biologiques restent-ils l’unique moyen. D’ailleurs, ils semblent devoir constituer la méthode préférable à tous points de vue.
- D’après les expériences de Calmette et ses collaborateurs, faites à Lille (1904-1906) et au service municipal de Golumbus (Ohio), on peut conclure que :
- i° L’apport des égouts, débarrassé, par des grilles ou cltambres à sable, des corps volumineux et lourds, doit séjourner environ 24 heures dans des fosses septiques ouvertes ou fermées au choix.
- a0 Les fosses septiques réduisent en gaz beaucoup de matières organiques non dissoutes. Les boues déposées sont inodores ; au besoin elles peuvent être envoyées à la rivière, mais il vaut mieux les transporter dans des
- bassins d’égouttage pour les brûler ultérieurement-
- 3° Les lits bactériens « percolateurs » épurent aussi d’une manière qui permet le déversement à la rivière au taux d’un mètre cube d’eau par mètre carré de surface et par jour.
- 4° Une ville de 5oooo habitants pourvue d’un système d’égouts à double canalisation, ne dépensera pas pour l’installation de l’épuration biologique iSoooo francs, et la dépense d’entretien sera faible.
- La mortalité parisienne au XIXe siècle. — Un
- récent rapport du Dr J. Bertillon à l’Académie de Médecine donne à ce sujet les chiffres suivants. Sous la Restauration, la mortalité parisienne était de 32 à 33 décès par an pour 1000 habitants. Vers 1856-1860, elle n’est plus que de 26; aujourd’hui que de 17. Mai» c’est dans le jeune âge surtout que le progrès s’est réalisé. De o à 5 ans en i856-i86o, la mortalité était de 158 décès pour 1000 vivants ; elle tombe à 55 en 1901-1905.
- Pour les 2722731 habitants actuels de Paris et avec la mortalité de 24,4 décès par 1000 habitants, il y a vingt années, Paris compterait =66,434 décès par an. Or il n’y en a que 47 843 soit un gain de 19000 vies, humaines, dû aux progrès de l’hygiène, chaque année à Paris (notamment 10 000 vies d’enfants de moins de 5 ans,, et 7000 autres de i5 à 5o ans).
- Les maladies devenues moins meurtrières sont les-fièvres infectieuses (la fièvre typhoïde et la diphtérie), les maladies de l’appareil respiratoire et la diarrhée infantile.
- La tuberculose a relativement diminué assez peu depuis 1880. A cette date elle causait 499 décès par anr pour 1000 vivants, et aujourd’hui 456. C’est beaucoup plus élevé qu’à Londres, Berlin, Vienne. Le Havre et Rouen sont les seules grandes villes de France qui montrent des chiffres plus élevés. Les hommes, à Paris, sont deux fois plus sujets que les femmes à cette terrible maladie et surtout dans les quartiers pauvres, (Voy.. n° 1711 du 10 mars 1906, Le triomphe de la tuberculose). La méningite a diminué aussi, mais seulement pour la méningite simple, car la méningite tuberculeuse, n’a pas varié depuis 1886. Enfin, le cancer et la néphrite (celle-ci souvent suite d’alcoolisme) ont augmenté.. Mais la diminution de la tuberculose reste bien moins; marquée à Paris que dans les autres grandes capitales.-de l’Europe.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Chimie
- Enlèvement des taches sur le chêne traité aux vapeurs d’ammoniaque. — On traite le chêne aux vapeurs d’ammoniaque pour lui faire prendre une belle teinte sombre ; mais parfois, certaines parties ne sont pas attaquées et demeurent blanches en formant tache. Alors on nettoie ces parties au papier de verre, puis on les frotte avec une solution de 3 parties d’ammoniaque et une d’eau, en prenant soin d’avoir sous la main une éponge trempée dans de l’eau pure pour passer sur les portions environnantes du bois qui ont une teinte suffisante, afin que le liquide n’agisse pas sur elles. En désespoir de cause, on peut aussi passer sur les taches un peu de terre d’ombre brune et cl’ocre jaune étendues d ammoniaque.
- Teinture des plumes. — Il faut toujours commencer par ramollir les plumes en les plongeant dans de l’eau fiède additionnée de carbonate de soude. O11 passe ensuite au bain colorant. Pour obtenir une coloration noire, on recourt d’abord au nitrate de fer, puis on
- emploie une solution faite par parties égales de campêche-et de quercitron. Les couleurs d’aniline réussissent ordinairement bien, mais en présentant leurs inconvénients accoutumés. On plonge finalement dans une émulsion composée d’eau, d’huile douce et d’un peu de carbonate' de potasse. Ou sèche toujours les plumes par simple-agitation dans l’air.
- Engrais préparé. — On le recommande pour les plantes à fleurs. Il est composé de 20 parties de nitrate de potasse, de 25 p. de phosphate de potasse, de 35 p. de nitrate d’ammonium et de 10 p. de sulfate d’ammonium. Tel qu’il est donné, il pousse au feuillage; mais, sl on supprime le nitrate d’ammonium, il pousse particulièrement à la floraison.
- Vieux vernis. — Quand le vernis a séché et qu’iï s’est oxydé plus ou moins partiellement, pour le rénover, il faut commencer par enlever la croûte superficielle qui. le recouvre (s’il s’en est formé une), puis on l’additionne d’un peu de térébenthine, pour l’éclaircir par brassage, et au besoin aussi d’un peu de mordant pour fixer la. dorure à l’huile.
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- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES
- faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en l’année 1906, par M. Th. Moureaux
- La température moyenne de 1906 est supérieure de o°,5 à la normale; l’excès porte principalement sur janvier et sur les mois de juillet à novembre (+ 3°,2 en octobre). La pluie est également en excès, mais seulement pendant la saison froide, car les mois de juin à octobre ont été marqués par des pluies insuffisantes, une forte insolation, une faible nébulosité, et comme conséquence, une sécheresse prolongée.
- Pression barométrique (ait. 5o“,3). — Moyenne des 24 heures, 758,niTl, 13 ; moyenne mensuelle la plus élevée, 761““,92 en septembre; la plus faible, 754mm,3o en février; minimum absolu, 73imm,3 le 26 décembre; maximum absolu, 773mm,9 le 23 novembre; écart extrême annuel, 42mm>6.
- Température. — Sous l’abri : moyenne des minima, 5°,93 ; des maxima, i5°,6i; du mois, 100,77; vraie des 24 heures, io°,53. Moyenne mensuelle la plus élevée, i8°,7o en juillet; la plus faible, i°,44 en décembre. Minimum absolu, —8°,o le 25 janvier et le 31 décembre; maximum absolu, 34°,3 le 2 août. La moyenne diurne a été supérieure à 200 pendant 3o jours : 2 en mai, 5 en juin, io en juillet, 9 en août, 4 en septembre; moyenne diurne la plus élevée, 25°,74, le 2 août; la plus faible, — 5°, 12, le 23 décembre (—5°,n le 22); elle a été inférieure à o° pendant 20 jours : 3 en janvier, 4 en février, i en mars, 12 en décembre. L’amplitude moyenne mensuelle de l’oscillation diurne, maximum en septembre, 12°,53, est encore supérieure à i2°,3 en juin, juillet et août; elle est minimum en décembre, 5°,82 ; la moyenne annuelle, 9°68, est supérieure à l’amplitude normale, 90,06; amplitude diurne maximum, 2i°,2 le 3o août ; minimum, i°,3 le 25 novembre. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, 3°,3 5 ; des maxima, 29^7 ; de l’année, i6°,4i ; minimum absolu, —i3°,o le 24 janvier; maximum absolu, 6o°,3 le 2 août; moyenne mensuelle la plus élevée, 29°,73 en juillet; la plus faible, i°,68 en décembre. Le thermomètre à minima est descendu au-dessous de o° pendant 123 jours : 18 en janvier, 22 en février, 24 en mars, 17 en avril, 1 en mai, 3 en septembre, 2 en octobre, 11 en novembre, 25 en décembre. Amplitude de l’oscillation diurne, moyenne de l’année, 26°,i2; minimum, 3°,2 le 18 décembre; maximum, 48°,9 le 2 août. — Dans le sol gazonné, moyennes de l’année. Profondeur om,3o : à 9 heures, n°,o5; à 21 heures, 11°,34 ; moyenne, 11°, 19 ; minimum, i°,381e3i décembre; maximum, 21°,22 le 3 août; oscillation annuelle, i9°,84. Profondeur om,65 : à 9 heures, 1 i°,26 ; à 21 heures, 1 i°,23 ; moyenne, ii°,24; minimum, 3°,60 les 11, i5, 16 février; maximum, i9°,42 les 3 et 4 août ;’ oscillation annuelle, j 5°,82. Profondeur 1 mètre : à 9 heures et 21 heures, ii°,24; minimum, 40,47 le 17 février; maximum, i8°,3i le 12 août; oscillation annuelle, i3°,84. — De la Marne : le matin, i2°,4t; le soir, i2°,89; moyenne de l’année, i2°,65; minimum, o°,6o le 3i décembre; maximum, 25°,27 le 2 août; elle s’est tenue au-dessus de 200 pendant une série de 86 jours consécutifs, du 20 juin au i3 septembre.
- Tension de la vapeur : moyenne de l’année, 7mm,70; moyenne mensuelle la plus élevée, nmm,53 en juillet; la plus faible, 4mn\5o en décembre; minimum, imm,4 le 28 mars; maximum, i8““,x le 23 juillet.
- Humidité relative : moyenne de l’année, 78,5 ; moyenne mensuelle la plus élevée, 88,3 en novembre; la plus faible, 66,7 en avril; minimum absolu, 12, le 8 avril; le maximum 100 a été atteint chaque mois, le plus fréquemment en octobre, i3 jours, et en janvier, 14 jours.
- Nébulosité : moyenne de l’année (6 h. à 21 h.), 5,90; moyenne mensuelle la plus élevée, 8,04 en février; la plus faible, 4,28 en juin. On a noté 3o jours sans nuages, dont 10 en été et 10 en automne; et 41 jours complètement couverts, dont 8 seulement de mars à septembre.
- Insolation : rapport de la durée effective de l’insolation à la durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 0,42; valeur mensuelle la plus grande, 0,61 en août et septembre; la plus faible, o,in en décembre. La durée totale a été de i972h,7, réparties en 300 jours.
- Pluie : total de l’année, 593““,6 en 527'',x réparties en 168 jours, dont 7 ont fourni plus de i5ram d’eau (le I maximum en un jour est de 33mm,3 le 14 août), et 56, moins de 1“'“; on a noté en outre 3o jours de pluie où neige inappréciable. Mois le plus pluvieux, novembre 99mm,6; le plus sec, juin, 9mm,i. Pendant les cinq mois de juin à octobre, on a recueilli seulement i86““ d’eau alors qu’il en tombe 271 en moyenne.
- Nombre de jours : de gelée, 63, dont 8 en janvier,
- 16 en février, i3 en mars, 2 en avril, 3 en novembre et 21 en décembre; 8 seulement (2 en janvier, 6 en décembre) correspondent à une température inférieure à — 5°; de gelée blanche, 90; de rosée, i36; de brouillard, 35; d’orage, 26, dont 7 en mai et 8 en août; déclairs seuls, 2; de neige, 26; de grêle, 6; de grésil, i3; de givre, 9; de verglas, 4; de halos, 73; de brume, 24. La dernière gelée de l’hiver 1905-1906 est du 28 avril, et la première de l’hiver 1906-1907 du 12 novembre. La dernière gelée blanche du printemps est du 2 mai, et la première de l’automne, du 25 septembre.
- Fréquence des vents ; calmes, 220.
- N.......468 S. E . . . 25i W .... 454
- N. N. E. . 790 S. S. E. . 38a W. N. W. 277
- N. E . . . 9o3 S. . . . 680 N. W . . 338
- E. N. E. . 546 S. S. W. . n3a N. N. W . 356
- E.......260 S. W... 1107
- E. S.E . . 203 W. S. W. 393
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne annuelle des 24 heures, 3“,8; moyenne mensuelle la plus grande, 5M,2 en mars; la plus faible, 2m,4 en juillet; vitesse maximum en i5 minutes, i5m,4le 3 février par veut N.
- Hauteur de la Marne ; moyenne de l’année, 2“,76; moyenne mensuelle la plus élevée, 4m,%7 en mars; la plus faible, im,8i en octobre; minimum absolu, i”,55 le 7 novembre ; maximum absolu, 5m,y5 le 11 mars (5™,22 le 17 janvier). La rivière a débordé du 14 au 20 janvier et du 5 au i3 mars.
- Electricité atmosphérique : moyenne de l’année (il n’a pas été fait d’observations en novembre), 117 volts; moyenne mensuelle la plus grande, 219 volts en janvier; la plus faible, 79 volts en avril. Amplitude diurne, o,/j3; amplitude nocturne, 0,66. La variation diurne est l'epré-sentée par une double oscillation; celle du matin a son minimum (minimum piûncipal) à 3 heures-4 heures et son maximum à 9 heures ; celle du soir a son minimum à i5 heures et son maximum (maximum principal) à 20 heures.
- Comparaisons aux valeurs normales de 3o années (1874-1903) : baromètre, -j-omm,34; température sous abri, -f- o°,49; tension de la vapeur, -j- o“m,i7; humidité relative, —0,2; nébulosité, —0,22; heures d’insolation, -j- 227h,6; pluie, +36m“,8; jours de pluie, -j- 6; jours d’orage, —1.
- Taches solaires : on a suivi 160 taches ou groupes de taches solaires en 259 jours d’observation; minimum mensuel, 3 groupes en octobre; maximum, 23 en juillet. Le soleil a paru dépourvu de taches le 18 juin, le 7 novembre, le 1 x décembre et 14 jours en octobre, au total, 17 jours.
- L’arrivée des hirondelles a été notée le 14 avril, et leur départ le 12 octobre.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes Je: renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quin/.e jours.
- Errata. — Dans l’article sur le Soufre de Louisiane inséré au numéro du 2 février, il faut lire, à la seconde ligne de la colonne de droite, 35 francs et non 135 francs, pour le prix du soufre contenu dans la pyrite.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les
- machines à injections de ciment sont construites par MM. J. Leroux et L. Gatinois, 19 à a5, rue de la Voûte, Paris (XIIe). — La tonne pneumatique dont nous avons donné la description dans Science appliquée, n° 1756 du K) janvier, se trouve à l'a même adresse.
- Communications. — Recherches sur l'immunisation anti-tuberculeuse. — C’est le titre d’une intéressante brochure que nous envoie M. le Dr Rappin, directeur de l’Institut Pasteur de Nantes et qui est extraite de la Gazette médicale de Nantes du 19 janvier 1907. M. Rappin a mis en expérience un certain nombre de chiens sur lesquels il avait cherché à réaliser la vaccination, en utilisant un virus humain, atténué par la dessiccation clans le vide, et inoculé dans la jugulaire à doses fractionnées et à des intervalles espacés. Les expériences, naturellement très délicates, n’ont pas donné des résultats directement utilisables, qu’il n’était pas d’ailleurs clans la pensée de leur auteur de leur demander, mais elles prouvent d’une manière formelle la possibilité de développer chez l’animal, contre le processus tuberculeux, l’existence d’un principe immunisant, et confirment ainsi les expériences de Grancher, H. Martin, Stauss, Arloing, Richet, Héricourt et Behring. Mais il faut bien reconnaître qu’il est impossible de songer un instant à l'application directe d’une telle méthode, même aux espèces animales. Il a paru à M. Rappin que la méthode la plus sûre était celle qui consistait à employer les substances contenues dans la cellule même du bacille de Kock, c’est-à-dire les corps bacillaires. Toutefois, les recherches qu’il a effectuées jusqu’ici avec M. Soubrane, 11e sont pas encore arrivées à donner pleine satisfaction.
- Un nouveau type de débarcadère. — Nous recevons des ateliers A. Janssens, à Saint-Nicolas (Belgique), la description d’un nouveau système de débarcadère breveté qui pourrait rendre service aux amateurs de canotage. Cet appareil comprend deux parties : i° un flotteur, ponton ou canot qui repose sur l’eau de la rivière et qui suit les mouvements de la surface dans ses changements de niveau; 20 un chariot dont le dessus est horizontal et sert de passerelle pour aller de la berge au flotteur-ponton. Ce chariot est mobile dans deux fers en U qui forment les côtés de l’escalier d’accès à la passerelle. Comme il est attaché au ponton-flotteur, il suit forcément les mouvements d’ascension et de descente de celui-ci, suivant les variations du niveau de l’eau; la rivière monte-t-elle? le flotteur monte et avec lui la passerelle. Descend-elle? la passerelle accompagne de même le ponton. Aussi la distance du ponton à la berge reste constante et constante aussi la hauteur du ponton au-dessus du niveau de la rivière. On évite donc les inconvénients des pontons fixes, si fâcheux sur les cours d’eau à débit variable, puisqu’ils risquent toujours d’être submergés ou de rester en l'air, après la baisse de l’eau.
- Renseignements. — M. Hébrard, à Razimut.— Pâte polycopie : voyez nos recueils de Recettes et Procédés utiles, 4e série, p. 102, librairie Masson et Ci0,
- M. J. Kchypouf, à Paris. — Il faut calculer une dynamo de toutes pièces, en choisissant les matériaux à employer et en déterminant à l’avance tous les facteurs nécessaires; ce calcul se trouve d’ailleurs dans presque tous les traités d’électricité.
- M. II. V. de B., à Anvers. — i°Vous pouvez prendre les accumulateurs de la Société française Tudor, 81, rue
- Saint-Lazare, à Paris, ou les accumulateurs Heing,
- 27, rue Cavé, à Levallois (Seine). — 20 II faut prendre 60 éléments et choisir le modèle pour une intensité de 20 ampères. — 3° Nous croyons qu’il serait plus simple de vider les bacs et de les remplir d’eau pure.
- M. Renaudin, à Esbly. — Nous vous prions de préciser la question qui vous intéresse et à laquelle nous ne pouvons répondre dans l’état où vous nous la présentez.
- M. Rousseau, à Paris. — Vous trouverez dans nos Recettes et Procédés utiles, librairie Masson et Cie, divers procédés pour nettoyer les gravures piquées par l’humidité.
- Cercle du Dauphiné, Grenoble. — Nous ne connaissons pas d’exemple de fait analogue à ceux que vous supposez ; toutefois ceux-ci nous paraissent fort possibles dans certaines conditions de terrain.
- M. Proniewski, C. 12. B. S. Plaine Saint-Denis. -— Nous ne connaissons pas d’ « exposé complet » de la téléphotographie. Vous pourriez cependant consulter les sources documentaires suivantes (mais jusqu’ici notre résumé est le seul travail coordonné à ce sujet) : i° les brevets américains de Bell et français de M. Mercadier sur la radiophonie; 20 Mercadier : Annales télégraphiques de 1887 à 1900, à la bibliothèque des postes et télégraphes; 3° Lazare Weiller, brevets français, et article dans le Génie civil, tome XV, n° 24, 12 octobre 1889.
- Bibliothèque municipale, à Luxeuil. — Sur l’utilisation agricole et industrielle de la tourbe, voyez : Les combustibles industriels par Colomer et Lordier, chez Dunodet Pinat, éditeurs, Paris, 1903 ; Le carbone et son industrie, par Jean Escard, mêmes éditeurs, 1906 (25 francs), cet ouvrage contient page 662 et sq., une bibliographie de la tourbe trop longue pour la donner ici. En voici les principales indications ; articles généraux sur les usages de la tourbe : La Nature, 17 janvier 1891, p. 99, 9 mai igo3, p. 354; le charbon de tourbe : La Nature, 17 septembre 1904, p. 254,
- 22 octobre 1904, p. 334, août 1896, p. 162: Revue scientifique, 7 janvier 1905, p. 2 ; Comptes rendus Académie des Sciences, 17 janvier 1881; papiers et tissus de tourbe ; La Nature, 17 décembre 1904, p. 46; Revue scientifique, xi janvier 1902, p. 62.
- M. L. Bossy, à Saint-Nazaire. — Nous 11e pouvons vous renseigner ; il faut essayer.
- M. F. Borel, à Paiüs. — Chauffage de l’eau par le gaz : veuillez vous adresser à M. G. Tebbilt, 23, rue d’Hauteville, à Paris.
- M. E. L. D. — Les grands fourreurs de Paris conservent les fourrures dans des chambres refroidies ; c’est le meilleur procédé. Pour la production du froid s’adresser à la Compagnie des Procédés Raoul Pictet,
- 28, rue de Grammont, Paris.
- M. Manolo Ricordi, à Milan. — Notre collaborateur, M. H. Coupin, a publié un petit livi'e Y Aquarium d'eau douce où vous trouverez les renseignements que vous désirez. Edition J.-B. Baillière, 19, rue lîautefeuille, Paris.
- M. R. Giboin, à Angoulême. — Les renseignements que vous xxous demandez sur l’Ecole d’électricité de Grenoble ne sont pas connus de nous, mais vous les obtiendrez très aisément en vous adressaixt directement à cette école.
- M. R. Meeris, à Wynghem. — Ouvrages relatifs à la fabrication des ressorts : veuillez vous adresser aux éditeurs Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, Paris et Béi'anger, x5, rue des Saints-Pères.
- Accusés de réception.—Avis divers. — M. Martin, à Pau. La question ne peut être résolue que par un chimiste, après analyse des produits suspects. — M. Pêche, à Paris. Veuillez vous adresser à une maison d’exportation. — M. Piedcarpe, à Constantinople. Vous trouverez différents procédés de ce genre dans nos recueils de Recettes et Procédés utiles, 5° série, à la libraii’ié Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. A. Janssens, à Saint-Nicolas. Remerciements pour voti'e communication.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL RLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 j;mv .... 1°,2 S. W. 3. Couvert. 0,7 Couvert ; bruine dans la matinée.
- Mardi 29 70 Q i W. 4. Pluie. 3,8 Très nuageux; pluie par intervalles.
- Mercredi 30 .... . 0°,9 W. S. W. 3. nuageux. 0,9 Gelée bl. ; neige le malin ; nuageux.
- Jeudi 31 0U,5 N. W. i. Très nuageux. 0,8 Gel. bl. ; neige de 7 h. 40 à 11 h. ; grésil à 15 li. 50; très nuageux.
- Vendredi 1" lévrier. — 0°,9 N. JN. W. 2. Couvert. 0,8 Nnageux; neige de 7 h. 10 à 7 h. 50.
- Samedi 2 — 7°,0 N. E. 3. Beau. » Peu nuageux; bruineux à 17 h.
- Dimanche 3 - — 8\0 N. 2. Beau. » Gelée bl. ; peu nuageux.
- JANVIER-FEVRIER 1907. — SEMAINE DU LUNDI 28 JANVIER AU DIMANCHE 3 FEVRIER 1907.
- Lundi | Mardi | Mercredi i Jeudi | Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche : courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- " Le temps. — Dans la semaine du 28 janvier au 3 février, le temps a été froid, pluvieux, et la neige est tombée en abondance. Le 28 janvier, la pression barométrique a été supérieure à 770 mm dans le Sud-Ouest du continent. Un vent fort des régions Ouest a soufflé sur les côtes de la Manche et de la Bretagne. Il est tombé 4 mm d’eau à Dunkerque, 2 mm à Brest, 2 mm à Nantes, 1 mm à Nancy; à Paris il est tombé par intermittences une petite pluie line. La température a été i° à Paris, 8° à Cherbourg, 90 à Brest, —4° à Toulouse, — 6° à Besançon. Le 29 janvier, la pression barométrique a baissé ; à Paris elle était inférieure à 76S mm. Les temps ont été mauvais sur la Manche et en Bretagne. Il a plu à Belfort (11 mm d’eau), à Limoges (6 mm), à Dunkerque (3 mm), à Lorient (3 mm), à Boulogne (1 mm); à Paris, dans la matinée, il est tombé une légère pluie mêlée de grésil. La température s’est élevée en de nombreux points; on a noté le matin 90 à Brest, 8° à Paris, 70 à Bordeaux, 40 à Toulouse, 20 à Lyon, — 3° au Puy de Dôme, — 4° au mont Mounier, —8° au mont Ventoux. Dans la soirée, vers onze heures et demie, un violent orage a éclaté sur Paris, et plusieurs coups de tonnerre se sont fait entendre ; le phénomène est rare au mois de janvier. Aussitôt après l’orage survint une abondante chute de neige. Le 3o janvier, la pression atmosphérique était basse; on observait à Paris 755 mm. Des mauvais temps de Nord-Ouest ont sévi sur toutes nos côtes. Il est tombé 16 mm d’eau à Biarritz, 11 mm à Besançon, 6 mm à Limoges, 4 mm à Paris, 2 mm à Dunkerque. A Paris, il y a eu dans la matinée plusieurs
- averses de pluie et de neige. On a signalé de grandes rafales de neige à Charleville, à Reims, à Châlons-sur-Marne, à Remiremont. Le thermomètre marquait io° à Biarritz, io° à Perpignan, i° à Paris, i° à Clermont,
- — i° à Lyon, — i° à Belfort, — 70 au Puy de Dôme,
- — 8° au mont Yentoux, — 90 au Pic du Midi. Le 3i janvier, la pression barométrique était encore faible sur la France. Les vents étaient forts du Nord sur la Manche et la Bretagne, d’entre Ouest et Nord sur la Méditerranée. On a recueilli 1 mm d’eau à Dunkerque, 6 mm à Biarritz, 10 mm à Cherbourg, 12 mm à Besançon; à Paris il est tombé une neige line. La température était le matin — 20 à Belfort, — i° à Clermont, ic à Paris,
- — 20 dans la banlieue de Paris, i° à Bordeaux, 8° à Lorient, — io° au Puy de Dôme, — i5° au mont Yen-toux, —190 au Pic du Midi. A Besançon la neige a couvert le sol d’une couche de trois à quatre mètres; une violente bourrasque de neige a sévi sur la région de Nantua, donnant une épaisseur de 90 centimètres. La neige est tombée sans arrêt pendant plus de trente-six heures sur Oyonnax; à Gex, la couche de neige était de 5o centimètres en ville et de im,5o au col de la Faucille. Il y a eu de très abondantes chutes de neige a Pontarlier, à Lyon, à Mende, à Chambéry, à Bellegarde, à Grenoble. Le ior février, la température était basse sur nos régions; on observait - - 70 à Belfort, —4° à Clermont, — i° à Paris, — i3° au mont Aigoual, —21° au Pic du Midi. Le 2 février, la pression barométrique a atteint 773,6 mm à Paris. Le 3 février, il y a eu
- — ii° à Lyon, — ii° à Belfort, — 8° à Clermont,— 5U a Bordeaux, — x8° au mont Aigoual, -— 24° au Pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 29 à 1 h. 5; m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, "Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à ('obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1760 (16 FÉVRIER 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Exposition internationale à Bruxelles en 1910. —
- Une exposition internationale, placée sous le patronage du roi des Belges, aura lieu à Bruxelles en 1910. Le ministre de Belgique à Paris vient d’en informer le gouvernement français.
- Monument à Pierre Curie. — Le Conseil municipal de Paris, dans sa séance du ic‘ février 1907, a voté un crédit de 3 800 francs pour l’érection d’un monument à Pierre Curie à l’École de Physique et de Chimie industrielles de la ville de Paris.
- Le gaz à l’eau. — Le gaz à l’eau, dont nous parlions dernièrement (Voy. Informations du n° 1758 du 2 février 1907) comme pouvant être employé en mélange avec le gaz de houille pour le service de distribution publique à Paris, a été définitivement écarté par le Conseil municipal de Paris qui a voté récemment l’interdiction de sa fabrication.
- Aéronautique. — Le comte de La Vaulx a effectué le n février sa huitième sortie dans son ballon dirigeable, Il est parti à a'1 47“\ s’est dirigé sur Saint-Germain, a viré au delà du pont du Pecq et est revenu à son point de départ à 3h 9”', après avoir parcouru environ 12 kilomètres, en 22 minutes. L’altitude atteinte maxima a été 3oo mètres, et l’altitude moyenne 200 mètres. C’était le 47e jour de gonflement du ballon, et la 201e ascension du Comte de La Vaulx.
- La plaque des bicyclettes. — Le i°“ février 1907 a été promulguée la loi de finances fixant la taxe des bicyclettes à 3 francs par place. Cette taxe doit être perçue, à titre d’impôt indirect, par l’emploi d’une plaque fournie par l’administration contre payement de l’impôt. La plaque doit être renouvelée tous les ans; un arrêté du Ministre des finances a réglé la confection et le mode d’usage de la plaque. Cette dernière est en métal et il y en a deux modèles, l’un A affecté aux plaques de vélocipèdes ordinaires et un modèle B pour les plaques de vélocipèdes munis de machines motrices. Les plaques seront frappées par l’administration des monnaies et médailles d’un poinçon spécial. Les vélocipèdes devront être munis d’autant de plaques qu’ils comportent de places. La plaque sera fixée sur le tube de direction, soit au moyen de la lame métallique délivrée avec la plaque, soit autrement, de façon à se présenter sur le devant du vélocipède Pour les vélocipèdes à plusieurs places, la première plaque sera fixée à l’endroit désigné précédemment, les autres sur les tubes diagonaux du cadre qui supportent chacune des selles. Les plaques des vélocipèdes à moteur seront placées les unes au-dessus des autres sur le tube de direction; elles doivent
- toujours rester apparentes. A Paris, ces plaques se trouvent dans un certain nombre de débits de tabac désignés par une affiche.
- La base géodésique du Simplon.—A propos de l’alignement du tunnel du Simplon (n° 1704, 20 janvier 1906), notre collaborateur M. C.-E. Guillaume annonçait que la commission géodésique suisse allait entreprendre des études à l’intérieur même du tunnel. — A la dernière session ( 1906), la 89e, de la Société helvétique des sciences naturelles à Saint-Gall, M. le Prof. Rosenmund (Zurich) a fait à ce sujet une conférence sur la mesure d’une base géodésique à travers le tunnel du Simplon en mars 1906. — En voici le résumé d après le compte rendu de la session. Pour les levés topographiques de la Suisse on avait mesuré en 1834 une première base géodésique de i3 km au Grand Marais, entre Sugiez et Walperswil. En 1880 et 1881 trois bases nouvelles furent mesurées près d’Aarberg, de Weinfelden et de Bellinzona ; leur longueur variait de 2400 à 3200 m. et on y rattacha un nouveau réseau de triangulation. Pour ces mesures on se servait de règles métalliques longues en général de 4 mètres. Depuis quelques années, selon la méthode nouvelle du savant suédois Jàderin, on emploie des fils métalliques de 24 mètres, portant aux deux bouts des réglettes divisées en millimètres. Pour l’améliorer, le Bureau international des poids et mesures adopta des fils d'invar, alliage contenant environ 36 pour 100 de nickel. (Voy. R. Benoit et Ch.-Ed. Guillaume. Les nouveaux appareils, pour la mesure rapide des bases géodésiques, in-8°, Paris, Gaulhier-Villars, 1906). Au moyen des réglettes terminales du fil, on mesure les intervalles entre les marques gravées sur les têtés d’un certain nombre de trépieds placés successivement à environ 24 mètres l’un de l’autre sur la direction de la base choisie. Pour avoir toujours la même longueur entre les points zéro des réglettes, on les tend à l’aide de poids de 10 kg. suspendus à leurs extrémités.
- C’est ainsi qu’on a mesuré une base nouvelle à travers le tunnel du Simplon du 18 au 23 avril 1906 en deux opérations, aller et retour. Cette base, moins importante que les trois bases géodésiques fondamentales, sert d’excellent contrôle à la triangulation du Valais, qui 11e possède pas un seul côté mesuré directement. La mesure a dû être exécutée au moyen d’un éclairage à l’acétylène adapté aux trépieds et sur un parcours très long; par contre, lès mesures étaient considérablement simplifiées, comme soustraites aux variations du temps et du vent et sur la voie rectiligne, à pente uniforme, des rails. Le résultat final, fournit, entre les deux repères
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- INFORMATIONS
- principaux extrêmes, une distance de 20 146'",ou pour l’aller (Brigue-Isello), de 20 i46m,o33 pour le retour. Diüerence : 22 millimètres. La moyenne de ces deux longueurs est soumise à une correction par suite de la pente de la voie et de légères déviations de la direction rectiligne. Le travail a été accompli par trois équipes se succédant de 8 en 8 heures et, en 5 jours et 5 nuits, pendant lesquels le tunnel a été mis à la disposition de la Commission géodésique suisse.
- L’infection par les mouches. — Cette infection, sur laquelle le Professeur Cliantemesse attire si judicieusement l’attention publique, est déjà mentionnée par Pline l’Ancien ! (livre X, chapitre XI ) : « Les Egyptiens invoquent leur ibis contre l’incursion des serpents, et les Eléens le dieu Myagros (chasse-mouche) contre les mouches, qui, par leur multitude, amènent des pestes, et qui meurent dès qu’on sacrifie à ce dieu. »
- Destruction des mouches. — Le docteur Bordas donne la formule suivante : 5oo grammes de sulfate de cuivre. 5oo grammes de sulfate de fer, 2 kilogrammes de chlorure de zinc et 3o grammes d’acide phénique ; mélangée et additionnée de 3o litres d’eau, la mixture sera versée moitié dans les éviers et moitié dans les cabinets d’aisance.
- Les télégraphes dans l’Alaska. — Il existe dans l’Alaska un réseau télégraphique dit militaire, parce qu’il est établi et exploité par le Signal Corps de l’Armée des Etats-Unis : ce télégraphe fait d’excellentes affaires, puisque ses recettes mensuelles atteignent couramment 100000 francs et plus. On va augmenter de 75 pour 100 la capacité de ses câbles en les duplexant. De plus on leur donnera an développement nouveau, au moyen d’une extension qui partira d’un point situé entre Juneau et Sitlca, et qui gagnera Pétersburg, Wrangell, Hadley et Ketchikan,
- Cas d’empoisonnement par l’hydrogène phosphoré.
- — Une enquête sur la mort de deux enfants à bord d’un bateau, transportant sur le Rhin du ferro-silicium à 57,69 pour 100 a montré que celui-ci contenait o,i5 pour 100 de phosphore. Quoique ce produit, qui avait déjà été exposé un peu à la pluie, n’ait été examiné que cinq ou six jours après le chargement du bateau, il dégageait encore 0,0227 gr. d’hydrogène phosphoré par kilogramme, en présence de l’eau. La cabine, occupée deux ou trois jours par les enfants, était juste au-dessus de la cale où se trouvaient les barils. Plusieurs autres cas de mort subite ont été signalés dans les six derniers mois à bord des bateaux du Rhin, et d’autre part, des explosions, à Liverpool sont probablement dues également à l’hydrogène phosphoré.
- Sur le sous-oxyde de carbone. — On ne connaissait jusqu’ici comme composés oxygénés du cai'bone que l’oxyde de carbone CO et l’acide carbonique CO2. Deux chimistes allemands viennent d’isoler un nouveau sous-oxyde du carbone, de formule C502, en traitant l’éther mâlonique par un excès d’acide phosphorique à 3oo°. Ce corps se présente sous la forme d’un liquide mobile, réfringent, à odeur piquante, bouillant à 70, brûlant avec une flamme éclairante bordée de bleu, soluble dans l’eau en régénérant l’acide mâlonique et se polymérisant en vase clos, à la température ordinaire, en donnant des produits rouges partiellement solubles dans l’eau.
- Oxydations lentes en présence d’humidité. — On
- sait que, quand on fait passer un mélange de gaz ammoniac et d’air sur une substance catalysante, comme la mousse de platine, il y a oxydation de l’ammoniaque à l’état de vapeurs nitreuses. Un auteur anglais a étudié l’oxydation de l’ammoniaque à la température ordinaire, en présence d’air et d’eau, et sous l’influence de diverses matières catalysantes : oxyde de fer, oxyde d’étain, bioxyde de manganèse, peroxyde de plomb, platine. Les premières substances donnent naissance à du nitrite et à du nitrate en quantités plus ou moins grandes, mais le platine est sans action. Ce dernier corps, chauffé au-dessous du rouge, oxyde cependant rapidement en présence d’air une solution très diluée d’ammoniaque ou de sels ammoniacaux. Enfin, le cuivre ou l’étain, préalablement oxydés à l’air, transforment rapidement l’ammoniaque en nitrite et en nitrate. L’eau évaporée dans l’air ne donnait pas trace de nitrite d’ammonium ; mais en présence de certains métaux, tels que le zinc, il se produisait de l’eau oxygénée.
- L’industrie de l’automobile. — La fabrication et le commerce de l’automobile sont devenus une des parties les plus actives de notre industrie nationale. Notre commerce extérieur a bénéficié très sérieusement de cette industrie nouvelle, qui, en dépit de son existence encore toute récente, a exporté en 1906 un nombre très respectable de voilures de toutes sortes. Le montant total des exportations des usines d’automobiles françaises figure, celte année, dans les rapports officiels, pour 156 millions de francs, c’est-à-dire que, chaque mois, nous avons vendu à l’étranger pour i3 millions de voilures-automobiles, soit près de 433 000 francs pm-jour. En chiffres ronds, on avait: en 1899, 2 millions; en 1903, 5o millions; en 1904, 71 millions; en igo5, 100 millions.
- Canaux nouveaux en Allemagne. — La construction d’un nouveau canal reliant Wilhelmshaven, l’importante station navale, avec le Weser vient d’être décidée par le gouvernement allemand. Ce canal aura une longueur de 34 kilomètres environ; son but est de permettre l entrée et la sortie des navires, entre Wilhelmshaven et la mer, dans le cas où, pendant une guerre, une flotte» ennemie viendrait à bloquer la baie de Jahde. D’autres travaux préparatoires sont, dès maintenant, exécutés, pour l’élargissement du canal de Kiel, afin de le rendre accessible aux navires, toujours de plus en plus grands, qui se construisent actuellement. Il est question aussi d’ouvrir deux canaux latéraux, à côté du canal Kaiser Wilhelm; l’un d’eux aboutirait dans la baie d’Ecken-foerder, et l’autre dans l’embouchure de la rivière Schlei. Le canal aurait, de la sorte, trois issues différentes, ce qui constituerait un grand avantage dans le cas d’un blocus de Kiel. Les travaux de l’élargissement du canal sont évalués à près de 32 millions de francs.
- La traversée de la Manche — Il est intéressant, au moment où le tunnel sous la Manche est de nouveau à l’ordre du jour., tant en France qu’en Angleterre, d’examiner l’importance du mouvement des voyageurs entre les deux pays. En 1900, année de notre dernière Exposition universelle, 786 563 passagers traversèrent la Manche. Ce chiffre fut considéré comme un record. 11 ne tarda pas à être battu, puisque 835 3o3 personnes ont traversé la Manche, en igo5, sur les bateaux réguliers, par les voies qualifiées officielles de Newhaven-Dieppe, Boulogne-Folkestone et Calais-Douvres. Si nous ajoutons à ces chiffres ceux des touristes de Londres-Boulogne, des divers ports anglais avec Granville, Saint-Malo et Cherbourg, les Iles Normandes, et la ligne Le Havre-Southampton, nous pouvons estimer qu’en 1906, 1 120000 passagers sont allés de Francè en Angleterre et vice versa.
- Etudiants et étudiantes chinois au Japon. — Le
- Rangoon Gazette retrace, dans un récent numéro, l’histoire des étudiants chinois au Japon. En 1898, il y en avait en tout huit; actuellement ils sont plus de 2600. Le gouvernement céleste encourage d’ailleurs ces études à l’étranger, en dispensant ceux qui s’y livrent de certains examens préparatoires à l’examen final qui a lieu à Pékin et aussi en admettant comme valables, même en Chine, certains diplômes obtenus au Japon. Les jeunes gens qui se livrent à ces études ont même eu dernièrement l’honneur d’être solennellement reçus par la Cour, à la suite de brillants examens. Enfin beaucoup d’entre eux reçoivent des pensions du gouvernement central ou des provinces qui leur permettent de vivre à Tokyo. — D’autre part, une école, récemment ouverte à. Tokyo, a pour office de donner des connaissances pratiques aux étudiantes chinoises qui en suivent les cours et qui sont au nombre de vingt. Leur enseignement comprend les mathématiques, l’histoire, la géographie, la peinture, la gymnastique, le japonais et le chant.
- Appareils de déchargement des navires. — Si nous en croyons la publication Iron Age, on emploie couramment, sur les Grands Lacs Américins, des sortes de pelles ou d’excavateurs à vapeur pour déchargement des navires qui donnent des résultats étonnants. Un I-Iullett « bucket », comme on appelle ces bennes, installé par la Wellman Seaver Morgan Co, de Cleve-land. fonctionnant dans le Dock dit de Rondeau, de la Lake Erie Coal Co, est parvenu à débarquer i653 tonnes de charbon en morceaux en 7 heures 24 minutes : ce qui correspond à plus de 223 tonnes à l’heure, y compris le temps nécessité pour le nettoyage final de la cale.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Articles pour bureaux
- Dossiers-classeurs. — Il n’est pas nécessaire d’insister ici sur l’importance que présentent les classeurs ; tout le monde connaît par expérience leur utilité pour les relations industrielles et commerciales. Nous citerons les dossiers-classeurs Mercédès que nous avons eu
- Mise <•
- •n place de la filière
- dernièrement l’occasion d’utiliser. Ces dossiers sont formés d’un carton un peu épais, mais cependant sont très souples et ils renferment un dispositif de reliure qui permet de fixer d’une manière rapide et solide les papiers de toutes dimensions sans avoir recours ni au collage ni à l’aiguille. Dans le dos du dossier est placée une faible lamelle de cuivre très souple. Les deux extrémités de cette lame permettent de maintenir les feuilles ou papiers qui ont été perforés au préalable. On place ensuite par-dessus une filière (fig. i), et l’on a soin de
- Manière de recourber
- es tiges.
- recourber les deux tiges (fig. 2). Les papiers sont serrés dans le dossier. Ces dossiers sont de couleurs différentes et permettent des classements spéciaux, en facilitant les moyens de distinguer rapidement le contenu. Ces dossiers-classeurs sont à la fois très simples et se prêtent à une manipulation rapide; — Les dossiers-classeurs se trouvent à « La Mercédès », 3a, rue de Provence, à Paris.
- Nouvelle machine à écrire. — Bien que le nombre des machines à écrire soit aujourd’hui considérable, et que toutes les machines existantes présentent de réelles qualités, nous n'hésitons pas à faire connaître à nos lecteurs ce nouveau modèle de machine dénommé « América », qui est simple, solide et pratique. Le rouleau sur lequel se place le papier pour écrire est fixé dans un support particulier qui se meut dans une glissière installée suivant le diamètre d’un plateau métallique de 20 centimètres de diamètre environ ; ce plateau est massif et sert de support à la machine. Un peu au-dessus, et perpendiculairement, se trouve la barre aux types, qui consiste en deux lamelles de cuivre, dans lesquelles ont été découpés en relief tous les caractères, chiffres, majuscules et minuscules, etc. Cette barre est fixée par ses deux extrémités à une autre tige, et un petit levier permet de faire présenter l’une des deux lamelles suivant la lettre .à faire ressortir. La tige qui retient la barre des types se déplace dans
- une glissière, devant une série de petites rainures correspondant aux diverses lettres et caractères de la barre des types. La manœuvre se fait très facilement à l’aide d’un levier, placé sur la barre, et que l’on tient avec les trois premiers doigts, en mettant l’index par-dessus. Ce levier, appelé Stylus, est approché devant chaque rainure ou chaque lettre et enfoncé complètement. A cet effet la tige et la barre des types sont maintenues par un étrier métallique formant support et oscillant autour d’un point central. Le déplacement du Stylus devant la rainure correspondant à la lettre cherchée a pour but d’amener cette lettre au-dessus du rouleau de papier dont nous avons parlé plus haut. En même temps, la barre des types frotte sur un petit rouleau encreur maintenu au-dessous. Le deuxième mouvement, qui consiste à enfoncer le Stylus dans la rainure de la lettre fait de nouveau déplacer le même petit rouleau encreur et amène ensuite la lettre cherchée au contact avec le papier; une légèi'e pression permet d’obtenir la trace de la lettre. Cette manœuvre est très simple, et peut s’effectuer très rapidement ; on arrive facilement à déplacer la barre et à sauter directement et sans hési-
- Machine à écrire « América ».
- tation d’une lettre à une autre. On doit avoir soin de maintenir le petit doigt allongé à portée du petit levier permettant de faire déplacer à volonté la deuxième lame de cuivre des caractères. Le mouvement doit être souple et régulier, de façon à arriver avec un peu d’habitude à faire glisser la barre pendant l’ascension même du balancier. On doit se tenir au-dessus de sa machine, et le regard doit embrasser tout l’alphabet sans être gêné par la manœuvre de la main. Le chariot qui supporte le rouleau à papier se déplace par la manœuvre même de la machine ; mais on peut le faire avancer ou reculer à volonté en relevant un levier inférieur et en abaissant simultanément le levier supérieur se trouvant à gauche de la machine. C est aussi en appuyant sur le levier de gauche que l’on obtient les intervalles entre les mots. Pour avoir des interlignes réguliers, il faut tirer à soi le chariot, lever et baisser complètement le levier qui se trouve à l’extrémité. L’impression est très nette ; il est bon de doubler le papier de façon à amortir la frappe. L’entretien de la machine est très simple; il convient surtout d’éviter la poussière. La machine se compose uniquement de 75 pièces facilement maniables ; avec quelques notions de mécanique, on peut donc démonter la machine sans s’exposer à de grandes difficultés dans le remontage. — La machine à écrire « América » se trouve chez M. Kratz-Boussac, .14.,..rue Martel, à Paris.
- Outillage
- Outils multiples. — Il est toujours utile d’avoir sur soi quelques petits outils qui permettent sinon de faire de grands travaux, du moins de démonter et de remonter tin petit appareil. L’outil que représente la figure “ ci-jointe est formé par lin manche en forme de poire de
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- 4 centimètres de diamètre au maximum et d’une longueur de 6 centimètres. Au centre, se trouve une tige qui se prolonge au-dessus et qui est partagée en quatre parties par deux fentes perpendiculaires ; on peut lixer au milieu un petit outil qui se trouve ainsi maintenu. On augmente encore la fixité de cet outil à l’aide d’un tube
- Manche à outils multiples.
- conique que l’on peut visser par-dessus et qui resserre l’une sur l’autre les quatre parties séparées dont il a élé question ci-dessus. Tout autour du cercle à la section supérieure du manche se trouvent douze trous dans lesquels sont placés douze petits outils usuels en acier de qualité supérieure. — Les outils multiples se trouvent à la même adresse que la machine à écrire décrite ci-dessus.
- poids du piston P, de la tige L qui relie les manivelles et la pression de la chaudière sur une section égale à celle de la tige du piston. Pour une pression moyenne de 8 kilogrammes par centimètre carré, cette force d’après le diamètre de la tige du piston, sera égale à 16 kilogrammes; il n’y a donc pas lieu de craindre une fermeture intempestive. Si le tube Y vient à se briser, la pression disparaîtra au-dessus du piston ; mais la pression qui agit au-dessous poussera le piston à la partie supérieure et les deux robinets seront fermés. L’appareil ne peut être arrêté ; aucun dépôt ne peut se former. On peut du reste s’assurer à tout instant de son fonctionnement en faisant mouvoir le piston à la main. On peut placer un sifflet en S pour avertir de la rupture du verre. La prise de vapeur O peut être faite en un point quelconque de la chaudière au moyen d’un tuyau de petit diamètre. — L’indicateur du niveau de l’eau dans les chaudières à vapeur est construit par MM. Lebrun et Cormerais, io, rue de la Moricière, à Nantes.
- Divers
- Nouvelle scie à main. — Cette scie, dont la poignée peut être exactement dans l’alignement de la lame, ou, au contraire, renvoyée plus ou moins sur le côté pour la commodité du travail, a une forme particulièrement avantageuse pour une foule de travaux, sectionnement de baguettes, encadrements, etc. On peut, d’une manière générale, couper au ras de l’ouvrage; la lame est utilisable sur une grande hauteur sans qu’elle perde de sa
- Nouvelle scie à main.
- rigidité, grâce à la tige de renforcement qu’elle comporte, et qui est placée d’un côté de la lame. C’est un instrument que nous n avons point encore vu employer en France. Il est de fabrication américaine, et se vend chez M. Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris.
- ceg^ Mécanique
- Indicateur du niveau de Peau dans les chaudières à vapeur. — Il est de la plus grande importance de maintenir toujours l’eau à un certain niveau dans les chaudières à vapeur, et il est absolument indispensable que le chauffeur puisse s’assurer à tout instant de ce niveau. L’appareil le plus simple était jusqu’ici le tube indicateur en verre; mais les ruptures de ces tubes sont fréquentes, et le chauffeur a souvent été blessé. On a bien essayé de remédier à ces inconvénients par des soupapes, des clapets mobiles ; mais tous ces appareils ne donnent pas entière satisfaction. Le nouvel indicateur que nous mentionnons permet de s’assurer de son fonctionnement, et ne peut donner lieu à des fermetures intempestives. L’appareil est formé d une colonne de niveau d’eau ordinaire. En haut de la bouteille A se trouve un cylindre C dans lequel se déplace librement un piston P dont la tige est reliée Indicateur aux poignées des deux robinets porte-de niveau de l’eau tubes. Un des côtés du piston est mis dans les chaudières. en communication avec la chaudière par la conduite O, et l’autre côté avec le tube de verre Y à l’aide du tuyau T. Lorsque le piston P est au bas du cylindre, les robinets porte-tubes sont ouverts ; 1 eau et la vapeur viennent dans le tube. Le piston P est soumis d un côté à la pression de la chaudière venant par O et d un autre côté à la pression qui se trouve dans le tube et passe par le tuyau T ; ces deux pressions s’équilibrent, le piston est au repos. La force qui maintient les robinets ouverts comprend le
- Bougeoir de cave. — Pour descendre à la cave et pouvoir y travailler, ranger quelques bouteilles, eu déplacer quelques-unes pour en remettre d’autres en place, il faut un bougeoir pratique, solide, de forme appi'opriée. Celui que représente la figure ci-jointe
- Bougeoir de cave.
- satisfera, croyons-nous, les plus difficiles. Il est £en métal verni, de forme plate, porte au centre deux lames pour recevoir la chandelle, est pourvu de trois petites cases pour contenir les allumettes et présente, en avant ainsi que sur les côtés, des petits crochets qui permettent de l’accrocher et de le fixer partout, même entre deux pierres. — Le bougeoir de cave se trouve à la même adresse que la machine à écrire.
- Rond attache-serviette. — Il faut généralement un rond pour maintenir sa serviette, la plier et pouvoir la retrouver ensuite facilement. Le nombre des ronds de serviette est du reste très grand, et il serait peut-être bien difficile d’en trouver un modèle nouveau.
- Mais il faut aussi se préoccuper de trouver un petit objet simple permettant de fixer la serviette pendant le repas. Le rond de serviette, que nous décrivons, répond à ce double but. Il permet d’abord de maintenir la serviette
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- Fig. 1. Rond de serviette. Fig. 2. Attache-serviette.
- (fig. 1). On peut ensuite le séparer en deux parties, et retourner ces deux parties l’une sur l’autre ; on obtient alors un crochet avec une petite pince à une extrémité. La pince vient appuyer sur la serviette (fig. 2), et le crochet s’adapte facilement sur les vêtements. — Le rond-attache-serviette se trouve chez MM. Kirby, Beard et G0, 5, rue Auber, à Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTE
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- La digitoplastie. — Tout le monde connaît les merveilleux résultats obtenus par les chirurgiens avec la vliiiioplastie. Le nez est le plus bel ornement du visage, disent les malins, et c’est au fond un peu vrai; car l'écrasement du nez, son effondrement et sa destruction constituent une des mutilations les plus pénibles et les plus difformes. Grâce à des procédés ingénieux (méthode indienne, méthode italienne), on arrive, en empruntant la peau du front ou de la joue, ou la peau du bras à refaire un nez. Assurément il ne présentera pas la correction de l’appendice créé par la nature; mais si imparfait qu’il soit, le nez résultat de la rhinoplastie sera mieux que le trou béant créé par des ulcères de diverses natures. ,
- La digitoplastie (je ne sais si le mot existe et s il est correct) est une opération qui n’est pas encore entrée dans la pratique courante. 11 s’agit, en eflet, de remplacer un doigt manquant à la main par un doigt de pied, moins utile; la perte de l’un compensant la perte de l'autre. C’est un chirurgien italien, Nicoladoni, qui eut le premier l’idée de cette autoplastie délicate. Nombre de médecins ont eu l’occasion de tenter le recollement d’un bout de doigt emporté par un instrument tranchant ; en dépit des moyens antiseptiques, le succès est rare. Je me souviens cependant, et l’on n’en était pas encore à 1ère de l’antisepsie et de l’asepsie, d’avoir réussi une petite opération de ce genre. Un apprenti boucher s’était enlevé, en débitant un morceau de bœuf, l’extrémité de l’index gauche: la moitié de la phalangette était partie. Ceci se passait près de l’hôpital; le blessé arriva avec son bout de doigt, qui ne tenait que par un filament de peau. A l’aide de bandelettes de diachylon (c’était le pansement de l’époque) d’une petite attelle de bois, je remis le bout de doigt eu place, je le fixai le mieux possible et on attendit. Le morceau détaché, reprit et la soudure fut parfaite au bout de quelque temps.
- L’opération de Nicoladoni a été reprise dernièrement par le chirurgien Krausc, de Berlin : le fait est assez curieux pour être signalé, bien qu’il ne rentre guère dans des conseils d’hygiène. Un homme avait eu dans l'enfonce, le pouce droit écrasé ; il ne lui restait qu’un bout de doigt, un petit moignon d’un centimètre, insuffisant pour l’aider dans la prise des doigts. La conservation du pouce, dans les traumatismes de la main, est très importante ; par l’opposition avec les autres doigts ou ce qu’il en reste après la blessure, on a une sorte de pince, la pince de homard, qui rend les plus grands services.
- M. Krause décida le malade à améliorer sa situation en mettant à la place du pouce dont il ne restait rien, le gros orteil, le pouce du pied. L’opération fut faite en plusieurs temps ; j’en passe les détails. Mais un point intéressant c’est qu’il fallut, comme pour la rhinoplastie, laisser les deux parties en contact, main et pied, et en contact avec immobilité absolue avant de trancher le gros orteil. Il faut amener la reprise de la vitalité du tissu soudé et sa coaptation avec les tissus de la main avant de le séparer de son lieu d’origine. Le malade dut donc rester dix-sept jours dans une situation un peu désagréable assurée .par un bandage plâtré solide. Mais il eut la chance de voir le succès couronner cette hardie tentative. Le chirurgien a obtenu un résultat parfait au point de vue esthétique, mais moins brillant au point de vue fonctionnel, le malade étant parti avant qu’on ait pu établir par des mouvements et du massage, la mobilité de son nouveau pouce. Avis aux mutilés des doigts, on pourra leur en fournir en sacrifiant quelques orteils inutiles.
- L’abus du thé. — La consommation du thé est devenue, on peut le dire, universelle. Unique boisson ou à peu près dans les pays d’Orient, elle a conquis une faveur générale depuis l’introduction de cette substance en Europe, par Yulpius, d’Amsterdam au xvii0 siècle. La consommation qui, vers i65o, s’élevait en Angleterre à quelques centaines delivres, et montait, un siècle plus lard, à 180 millions de livres, approche certainement aujourd’hui du milliard. Même dans les pays qui sont de gros producteurs de vins, le thé entre en ligne
- de compte important comme boisson secondaire. C’est l’accompagnement obligé de toute réception mondaine, du soir ou de l’après-midi et, sur maintes tables, le thé a remplacé, au premier déjeuner, le traditionnel café au lait ou chocolat.
- Comme pour toutes les boissons stimulantes, l’usage du thé à doses modérées est excellent; mais l’abus est aussi nocif dans son genre que le serait l’ingestion des boissons alcooliques. Le thé contient des alcaloïdes énergiques, théine, théobromine et des huiles essentielles dont les effets se font sentir sur l’organisme à très petites doses. Il contient de plus, suivant les variétés, des proportions plus ou moins élevées d’acide saponique. Un sujet qui n’a jamais pris de thé, éprouve, comme avec le café, une excitation de la circulation, du système nerveux. C’est à doses légères un excellent stimulant de l’intelligence; la pensée devient plus vive, les idées plus nettes et bien des hommes de lettres ont besoin, comme jadis Balzac de son café, de quelques tasses de l’infusion aromatique pour rédiger leur article avec entrain et humour.
- Au point de vue de l’énergie musculaire, le thé est encore une boisson parfaite, mais bien inférieure à cet égard au café, comme l’ont prouvé les recherches de lioch et Jost. Pour des travaux pénibles ou prolongés, pour un exercice violent où l’effort musculaire doit être prononcé et soutenu, il vaut mieux recourir au café.
- A doses excessives ou trop fréquemment répétées, le thé provoque des troubles nerveux manifestes, insomnie, tremblements, sans compter des désordres de la digestion qui amènent par répercussion des troubles généraux encore plus accusés.
- Lauder Brunton, de Londres, a étudié, il y a quelque temps, le rôle que peut jouer sur la santé l’abus de cette boisson. Comme le thé est un stimulant du système nerveux, il masque chez beaucoup la sensation de faim,, et détermine des dyspepsies rebelles en rendant les digestions lentes, paresseuses, difficiles.
- Les diverses variétés de thés ne sont pas comparables entre elles à ce point de vue; on pourrait croire que ce sont celles qui contiennent les plus fortes proportions de tanin qui déterminent les accidents les plus rapides ; il n’en est rien. Le thé de Ceylan, le thé Indien contiennent en général plus de tanin que le thé de Chine. Ils ne sont pas plus nocifs à la condition d’être pris à doses modérées. On a attribué l’action physiologique du thé à la théine ou à la théobronine, Brunton pense qu’il y a d’autres alcaloïdes qu’on ne connaît pas et donc l’action serait encore plus énergique que celles-ci. Le thé vert ne renferme pas des proportions plus grandes d’alcaloïdes que le thé noir puisqu’ils proviennent l’un et l’autre de la même plante, le thea Chinensis ou Camellia thea. La seule différence apparente est leur coloration, le thé vert est séché rapidement pour conserver à la feuille sa couleur normale ; le thé noir est desséché après la récolte et les feuilles ont subi un commencement de fermentation qui modifie leur couleur et peut-être ses qualités. Bien qu’originaires du même arbuste et n’ayant que cette différence de séchage, les effets du thé vert sont beaucoup plus marqués sur le système nerveux. Ce ne serait donc pas la proportion plus ou moins grande de tanin qui influerait sur les troubles de l’économie; peut-être les essences sont-elles conservées en plus grande quantité et plus intactes dans les feuilles vertes que dans les feuilles rôties du thé noir; l’alcaloïde, la théine, y est en plus fortes proportions.
- Quoi qu’il en soit de l’interprétation de ces faits, il faut retenir ceci c’est que le thé, bien préparé et pris en quantités modérées, est une boisson à la fois utile, agréable et inoffensive. Pris en trop grandes quantités, en infusion trop concentrée, ou mal préparé, ayant bouilli au lieu d’être infusé, il peut se produire des troubles digestifs. Si les doses sont excessives, il amène des troubles nerveux et ce d’autant plus facilement que le sujet est d’un tempérament prédisposé ou se trouve dans des conditions de fatigue et de surmenage intellectuel; I)r A. C.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- rAgriculture et la République, par Lucien Hubert, avec préface de M. Ruau, ministre de l’agriculture (Paris, Librairie d’éducation nationale, 1906). L’auteur rapporteur du budget de l’Agriculture à la Chambre des députés publie les résultats de son enquête sur la situation agricole de la France.
- La lutte contre les maladies, les animaux nuisibles et la fraude, lutte entreprise par notre législation sanitaire ne peut donuer de résultat que si l’on se résout à « porter quelque atteinte soit au droit de propriété, soit à la liberté individuelle, les intérêts particuliers étant souvent lésés au prolit de l’intérêt général ». La loi du i5 février 1902 a établi les moyens de protéger la santé publique, mais n’a pas organisé les services chargés de les appliquer. Les autorités locales, investies d’un trop grand pouvoir n’agissent jamais assez vite ni complètement soit par inertie, soit par ignorance. Il -faut que dans chaque département le service sanitaire soit organisé de façon efficace. » L’ouvrage de M. Hubert renseigne à fond sur les fraudes, les voies de communication, les associations agricoles, la réorganisation de l’hydraulique agricole, etc.
- La Picardie et les régions voisines, par Albert Deman-geon, ancien élève de l’Ecole normale supérieure.
- 1 vol. in-8û de 496 pages, 42 figures et 20 pl. Paris, 1905. A. Colin, éditeur. Prix : 12 francs.
- Monographie de l’Artois, du Cambrésis et du Beau-vaisis. L’étude de la craie est particulièrement à signaler, de même que l’hydrographie et les chapitres relatifs aux cultures et à l’industrie. Excellente œuvre géographique consciencieusement documentée.
- La Champagne, par Emile Ciiantriot, agrégé de l’Université, docteur ès lettres. 1 vol. in-8° de 3i6 pages, avec3i figures et 38 pl. Paris et Nancy, ipoG.Berger-Levrault, édit. Prix : 8 francs.
- Les pays Champenois sont d’un capital intérêt, par leur sous-sol crayeux et la difficulté des problèmes hydrologiques qui s’y rattachent. L’auteur en donne un excellent tableau et développe avec soin tout ce qui concerne la population et le climat.
- Z« Flandre, étude géographique de la plaine Flamande en France, Belgique et Hollande, par Raoul Blanchard, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, docteur ès lettres. 1 vol. in-8° raisin de 54o pages, 76 figures dans le texte, 43 photographies hors texte,
- 2 cartes hors texte en couleur. Paris, 1906. A. Colin, éditeur. Prix : 12 francs.
- Monographie complète de la plaine flamande en France, Belgique et Hollande, des collines crayeuses de l’Artois, au Sud, jusqu’à l’estuaire de l’Escaut au Nord; à l’Ouest est la plaine maritime ou région des polders, et à l’Est le « pays des arbres», le Houtland. Ce pays bas et humide, qui prélude à la grande plaine de l’Allemagne du Nord, est le débouché naturel, entre l’Ardenne et la mer, des routes qui viennent du Sud et aussi le trait d’union de l’Europe avec l’Angleterre. L’étude du climat montre que l'Océan tend à égaliser la température sur les côtes ; l’humidité tiède est excellente pour les cultures. La conquête de la plaine maritime sur les boues et sables de la mer se poursuit depuis l’an 648 authentiquement, et sans arrêt. La grande industrie a trois centres : Gand, Cambrai, Lille, etc. Le livre de M. Blanchand est de tous points remarquable.
- V hydrographie des bassins de la Cesse et de V O gnon, par Eue. Ferrarre, professeur au lycée de Bastia, docteur ès lettres. In-8°, 166 p., 17 fig. et 14 pl. Montpellier, 1906.
- Cette étude hydro-géologique du Minervois décrit les particularités extraordinaires, et pour la première fois mises en lumière, des environs de Minerve, de leurs abîmes et de leurs cavernes; c’est un des coins les plus pittoresques et les plus ignorés de la France. L’auteur — avec d’autant plus de mérite qu’il a pro-
- duit et publié son livre par ses seules et modestes ressources — établit l’importance capitale et le péril des captures souterraines ou déperditions des eaux dans les terrains calcaires.
- Les quatre ouvrages précédents sont tous des thèses de doctorat : on ne peut qu’applaudir et encourager cette initiative des jeunes professeurs français qui tendent ainsi à nous fournir des monographies régionales, bien mises à l’unisson des notions scientifiques du xx° siècle.
- « Le Français » au Pôle Sud, journal de l’expédition antarctique française, par Jean Charcot, préface de l’amiral Fournier. 1 vol. grand in-8° contenant 3oo illustrations et carte. Prix : broché, i5 francs; relié amateur, 20 francs. Ernest Flammarion éditeur uG rue Racine, Paris.
- Nous avons rendu compte au n° 1673 (17 juin 190!)) de la belle exploration du Dr Charcot. Mais il nous faut, pour le volume qu’il vient de publier, ajouter une recommandation spéciale. Dans un style énergique et simple, passant de l’émotion vibrante à la gaieté de spirituelles anecdotes, l’auteur raconte la vie de courage, d’endurance et de labeur de l’Etat-Major et de l’équipage du vaillant petit bateau. C’est le récit plein de vie de l’explorateur dont la hardiesse et le sang-froid ont su, par une lutte de deux années, mener à bien la plus périlleuse tentative. Le côté scientifique sans aridité — auquel ont collaboré MM. Rey, Matha, Pléneau, Turquetet Gourdon — rend l’ouvrage extrêmement instructif. Et la note humoristique est fournie par la curieuse étude des mœurs des pingouins. Nous consacrerons un prochain article aux résultats techniques de l’expédition antarctique française.
- La Russie agricole devant la crise agraire, par M. Alexis Yermoloee, membre du Conseil de l’Empire, ancien ministre de l’Agriculture et des Domaines de Russie. Paris, Hachette, 1907. 1 vol. in-8° écu, broché, 5 francs.
- Correspondant de l’Académie des Sciences de Paris, M. Yermoloff ajoute à ses précédents travaux, de premier ordre, sur les phosphates, les dictons agricoles (Voy. n° 1709,'24 février 1906), etc. l’étude capitale du plus gros problème de la Russie : la question rurale et agricole.
- « Partisan résolu des réformes nécessaires dont il a été l’un des premiers promoteurs, M. Yermololf montre à la fois les dangers que les solutions révolutionnaires feraient courir à la Russie et les résultats féconds qu’on doit attendre des transformations dans le régime légal des paysans dont le Conseil de l’Empire a, sur son initiative, provoqué les premières applications. » C’est un des livres qui, à l’heure actuelle, mérite de captiver l’attention des lecteurs français.
- A propos de la loi sur la santé publique, par E.-A. Martel. Extrait des comptes rendus de l’A. F. A. S., Cherbourg, igoÔ, t. II, p. ion-ioa5.
- Nécessité de supprimer les puisards artificiels ; établissement du périmètre de protection; alimentation des communes ; absence fâcheuse d’inspection sanitaire spéciale, d’ingénieurs hydrauliques, d’application de la loi aux usines, etc., etc.
- Les Récréations botaniques, par H. Coupin. Paris. Yuibert et Nony, 1907. 1 vol. in- 8°. Prix, broché : 2 francs; cartonné : 3r,',5o; relié cuir : 5 francs; relié amateur : 6 francs.
- Nouveau Manuel complet d'électricité, par Georges Petit, ingénieur civil. Paris, L. Mulo, 1907. 2 vol. in-18 avec 285 figures. Prix : 8 francs [Encyclopédie Roret).
- Exercices pratiques de chimie. Matériel simplifié, par A. Mermet, professeur au lycée Charlemagne. Fascicule I. Paris. Félix Juven. 1 vol. in-8°. Prix : 1 franc.
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- BIBLIOGRAPHIE
- lu métallogénie de l'Italie et des régions avoisinantes, pût- L. De Launay (Extrait du Congrès géologique de Mexico). 146 p. gr. iu-8° et 1 carte. Etude générale et description des gîtes métallifères exploités ou connus dans les régions italiennes.
- Dictionnaire-manuel illustré de géographie, par Albert Dkmanceon (Bibliothèque de Dictionnaires-manuels illustrés, librairie Armand Colin, rue de Mézières, 5, Paris). Un volume in-18 jésus de 860 p., relié toile, tr. rouge, 6 francs.
- L’originalité de ce petit livre est de donner, outre lu nomenclature des noms de lieux que doit donner tout dictionnaire de géographie, un choix de noms de choses, de définitions, de renseignements relatifs aux différentes branches de la géographie, cultures, géologie, industrie,.explorateurs, cartographie, etc.
- Junuaire astronomique et météorologique pour l'année h)07, par Camille Flammarion. Paris, 1907. Ernest Flammarion. 1 vol. in-16. Prix : ir,,5o.
- Le Sium et les Siamois, par le commandant Lunet de Lajonqiikke. i vol. in-18. Armand Colin, éditeur. Prix : 3f',5o.
- Intéressant récit de voyage, où l’on remarquera les descriptions des anciennes villes siamoises et l’exploitation du bois de teck.
- La Chine innovatrice et guerrière, par le capitaine d’Ou-lone. 1 vol. in-18. Armand Colin, éditeur. Prix : 3rr,5o.
- Étude documentée sur les chances d’une rénovation chinoise et sur l’avenir des industries que les Européens essayent de constituer en Chine.
- Manuel pratique d'électricité médicale, par G. Geiger, docteur en médecine. Paris. II. Desforges, 1907.
- 1 vol. in-8°. Prix : 3 francs.
- The nabaloi dialect, by Otto Scheerkr; The bataks of Palawan, by Edward y Miller. Manila. Bureau of printing office, igo5 (Elhnological Survey for the Phi-lippiue lslands). 1 vol. in-4°.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans ta boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Tes fausses quilles pour la suppression du mal de mer. — Comme suite à l’article publié dans le nu 1756 de La Nature, 19 janvier 1907, sur « la Suppression du mal de mer » où notre collaborateur décrit le système de « ... fausses quilles, imaginé par M. Thornycrofts, pour combattre le roulis.... », J/. À. Chabert nous écrit, pour revendiquer la priorité du système. A l’appui de sa réclamation, il cite une lettre adressée par lui, le 9 juin 1889, à M. Emile Gautier, qui était alors rédacteur en chef de La Science Française où il écrivait sous le pseudonyme de Raoul Lucet.
- Les cobayes et les rats. — Comme suite à la communication de M. C. A. Maligne, de Buenos-Ayres, publiée dans notre n° 1753, du 29 décembre 1906, sur l’influence des cobayes provoquant l’éloignement des rats et souris, M. Lhtraud, à Paris, nous transmet le résultat d’observations anciennes rapportées par un garde-chasse : Pendant quelques jours, en effet, la présence de cobayes dans un endroit infesté de rats éloigne certainement ceux-ci. Mais cet éloignement ne dure que de 8 à i5 jours. H est même arrivé que les rats ont dévoré les cobayes qui les avaient d’abord éloignés.
- Renseignements. — M. A. Sauve, à Rome. — Vous trouverez dans Y Annuaire général et international de la photographie, librairie Plon, 8, rue Garancièrey Paris, des tableaux fort bien faits d’optique photographique, avec toutes les données relatives aux objectifs. L’annuaire coûte 6 francs. . .»
- M. Goret-Heignez, à Plissier Rozainvilliers. — Il existe une colle excellente pour coller du papier sur le 1er : c’est la colle de pâte faite avec de la farine et de l’eau. . '
- M. P. Malderet, à Aubigny en Artois. — x° Agrandissements de photographie : MM. Neurdein frères, 53, avenue de Breteuil, Paris. — a0 Cadres pour agrandissements photographiques : MM. Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, Paris.
- M. J. Simond, au Chatelard. — Les plumes en tantale, dont il a été question dans La Nature, n° y^51, sont fabriquées par la maison Siemens,, Halske Akt. Gesell-schaft, Askanischer Platz, 3, à Berlin. Nous ignorons le prix de ces plumes.
- M,u Chauchard, Paris. — Nous n’avons pu savoir, malgré nos recherches, quel procédé on emploie pour obtenir des irisations sur la gélatine.
- M. L. Vergniol, à Gensac. — Adresses demandées : Sizaire et Naudin, 79, rue de Lourmel, Paris; Bailleau, 18, rue de Chilly, Longjumeau ; Turicum, à Uster Zurich, Suisse.
- M. Braudner, à Bruxelles. — Les photographies que nous avons vues n’avaient pas le défaut que vous signalez : adressez-vous à M. Bellieni, 17, place Carnot, à Nancy, qui a beaucoup pratiqué le procédé décrit et qui pourra vous donner tous les renseignements nécessaires.
- M. Guigna, à Paris. — La gelée blanche qui se trouve l’hiver sur les toits est un phénomène en tout point comparable à celui de la rosée. Tous deux indiquent une certaine humidité de l’air, mais bien loin d’être assez grande pour déterminer une chute de pluie, nous ne pensons pas, et en tout cas nous ne l’avons pas observé, que les jours de gelée blanche soient jours de pluie. Vous trouveriez dans le bon Traité de Physique de Fernet (Masson et Cio) une théorie de la rosée qui explique fort bien ces phénomènes.
- M. P. Cartier, à Pantin. — Nous ne possédons pas le renseignement que vous demandez. Vous le trouverez, mais en partie seulement, dans Y Annuaire astronomique et météorologique pour 1907, de C. Flammarion, chez E. Flammarion, 26, rue Racine, Paris, et l’on pourrait peut-être vous le donner complet à l’Observatoire dç Montsouris.
- Afdeel, Electrish Tramwegen, à la Haye. — Nous ne possédons pas relativement aux tramways de Sacramento d’autres renseignements que ceux de notre information du n° 1745. Peut-être pourriez-vous vous adresser directement à la municipalité de cette ville.
- M. Samt-Novo, à Venise. — Moteur à gaz pauvre Piat : 85 bis, rue Saint-Maur, Paris.
- M. de Launoy, à Paris. — Si ce poli est seulement devenu mat, frotter la chemmee avec de la cire vierge en couche Légère; si le poli est plus abîmé, il faut le refaire en frottant avec un tampon à l’émeri ; dans ce cas, l’opération, peu coûteuse, doit être faite par un marbrier.
- M. Merlet, à Paris. — Colle de poisson liquide : faire dissoudre 100 parties de colle de poisson dans ia5 d’acide acétique ; faire, d’autre part, fondre 20 parties de gélatine dans 12S d’eau; puis mélanger les deux solutions et incorporer peu à peu 10 parties de vernis shellac.
- M. E. Lesourd, à lours. — Nous ne possédons pas d’indication sur le fabricant ou le dépositaire des bougeoirs à pétrole Chandor. Tous nos regrets.
- M. M. Joliot, à Paris. — On peut obtenir un cheval-heure, ou le travail d’un moteur d’une puissance de 1 cheval pendant une heure, avec une dépense de 1 mètre cube d air comprimé à la pression de 11 atmosphères. La valeur de 1 atmosphère est égale à i,o33 kilogramme par centimètre carré.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE JBh
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 lévrier . . . — 5°,8 E. N. E. 1. Couvert. 0,2 Couvert; grains de neige à 9 h., neige à partir de 21 h.
- Mardi 5 - i°,0 S. S. E. 1. Couvert. 0,9 Peu nuageux de 10 h. à 17 h., couvert avant et après; neige jusqu’à 9 il. Beau de 10 à 10 h., couvert avant et après; brumeux.
- Mercredi 6 — 2°,G N. E. 3. Couvert. D
- Jeudi 7 — 7°,2 E. 1. Beau. Ü Gelée blanche ; beau; brumeux.
- Vendredi 8 — 8°,5 E. N. E. 1. Beau. » Gelce blanche ; halo ; brumeux le matin, brouil. le seir.
- Samedi 9 — 9°, i S. 0. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 10 b., couvert ensuite; brouillard le malin, gelée blanche ; givre ; halo.
- Dimanche 10 1°,1 S. 1. Couvert, » Brouillard le matin, verglas; couvert.
- FÉVRIER 1907. — SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 FÉVRIER 1907.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- 6 ; M|DI 6 MiN ' 6 MIDI 6 MIN .-6 MIDI 6 -MlN 6 MIDI. 6 MIN 6 MIDI 6 MINi 6 MIDI 6 MIN 6 M
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri
- : les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent. ramené à 0, au niveau de la nier); courbe plus mince, thermomètre à labii <k à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du 4 au io février, le temps a été froid et variable en certains points. Le 4 février, la pression barométrique atteignait 770 mm sur la mer Baltique, 768,3 mm à Paris, et présentait un minimum de 7.56 mm sur la Sardaigne dans la Méditerranée. On a signalé un mauvais temps en Algérie, des chutes de neige continues à Constantine. La température était le matin— n° à Limoges, — 90 à Clermont, — 70 à Bordeaux, —6° à Lyon, — 4° à Paris, —ii° au mont Ventoux, —180 au Pic du Midi. Le 5 février, des neiges et des pluies sont tombées dans le Nord et le Sud de l’Europe; en France, on a signalé des chutes de neige dans toutes les régions, notamment à Paris et aux environs où la couche a atteint une épaisseur de 2 centimètres environ. Le thermomètre marquait le matin
- __80 à Clermont, — 70 à Belfort, — 70 à Marseille, —4°
- à Bordeaux, — 4° à Paris. La pression barométrique à Paris a atteint 770 mm à midi. La température est restée basse toute la journée, et la gelée a persisté. La température maxima observée à la Tour Eiffel a été
- __2o 2 à 2h 3om du soir, et la température minima —5°,5
- à 8h i5m du matin. Le 6 février, la pression barométrique est descendue rapidement à l’Ouest de l’Europe; on a signalé une baisse de 9 mm en Irlande, 5 mm en Gascogne. A Paris, la baisse a été faible, on a relevé 764,4 ram. En Russie et en Scandinavie, les pressions ont été supérieures à 770 mm. Un vent modéré a soufflé des régions Est sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. Il a plu au Puy de Dôme (2 mm d’eau), à Nantes
- (1 mm), et à Brest (1 mm). Le froid a été très vif dans la région de Lyon; la température était —8° à Lyon,
- — 70 à Bordeanx, —6° à Toulouse, —3° à Paris, —3° au mont Aigoual, — 160 au Pic du Midi. Le 7 février, il s’est produit une dépression barométrique à 747 mm sur l’Algérie. A Paris, la pression a été 760,4 mm. La température était le matin — 160 à Clermont, — io° à Lyon, — 70 à Besançon, — 70 à Paris, —8° à — 90 dans la banlieue de Paris, — 5° à Dunkerque, —6° au Puy de Dôme, — 70 au mont Aigoual, — i3° au Pic du Midi. Le 8 février, les fortes pressions barométriques ont couvert le Centre du continent. Un vent a soufflé avec violence sur la Méditerranée; il a été faible d’entre Est et Sud sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. Il est tombé 20 mm d’eau à Perpignan, et au cap Béar. La température était le matin'— 8° à Lyon, — 8° à Paris, — 3° à Bordeaux, — 4° au Puy de Dôme, — io° au Pic du Midi; dans la banlieue de Paris, on a observé — io°. La pression barométrique à Paris était 762,2 mm à midi. Le 9 février, la situation atmosphérique s’est modifiée dans l’Ouest de l’Europe; on a noté y58 mm en Bretagne, 762,5 mm à Paris. La température était le matin
- — ii° à Clermont, —90 à Paris, —90 à Lyon, — io° au mont Ventoux, — i3° au Pic du Midi. La température moyenne de la journée a été — 20, inférieure de 5° à la normale. Le 10 février, des pressions basses couvraient le Nord-Ouest de l’Europe et de la Méditerranée. Un vent d’entre Sud et Ouest a soufflé sur la Manche, et un vent du Nord en Provence. Il est tombé 10 mm d’eau à Biarritz, 5 mm à Nantes, 4 mm à Toulouse, 3 mm à Brest, 1 mm à Boulogne.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 6 à 1 h. 1 m. du matin.
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- LA NATURE
- ï^evue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne fa Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 320, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘e, éditeurs de La Nature, 320, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1761 (23 FÉVRIER 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Température de la lune. — La température dont jouit la surface de notre satellite fait encore l’objet de nombreuses discussions. C’est une question dans laquelle on a rencontré, comme résultats, des écarts énormes à tous points de vue. S. John Herchel et Lord Rosse attribuaient au sol lunaire, soumis à la radiation solaire, une température de beaucoup supérieure à -j- 1000 C. Au contraire, Pouillet estimait que cette température devrait être seulement de — 1.420 et Ericsson en 1888 l’a réchauffée légèrement en la ramenant à — 970 environ ; ensuite le Professeur Langley, à l’aide de son bolomèlre, l’a estimée voisine de o° ou de— io° tout au plus. Ce sont là des chiffres généraux, très incertains on le voit. En réalité la lune subit d’énormes écarts de température, d’autant plus que son atmosphère, si elle existe encore, n’est certainement pas suffisante pour que son influence intervienne efficacement comme régulateur. M. F. W. Ve-ry vient de publier de nouvelles recherches à ce sujet; en 1890 il s’était déjà occupé de la question et avait démontré l’inégalité de chaleur des differents points du disque, ainsi que des variations en correspondance avec la phase (ce qui est fort logique d’ailleurs) : la chaleur augmente plus vite du premier quartier à la pleine lune, que de cette phase à celle du dernier quartier, preuve d’accumulation de chaleur par les roches, résultat déjà obtenu par Lord Rosse. Dernièrement M. Very a publié un nouveau mémoire. Ayant abordé le problème par deux méthodes, et ayant effectué de nombreuses mesures de l’absorption et de l’émission de la chaleur par différentes substances portées à des températures modérées: sel gemme, verre, cuivre poli, décapé ou non, noir de fumée, l’auteur a reconnu qu’aucune radiation n’est émise par une région pour laquelle le soleil est caché depuis un jour seulement, ce qui démontre qu’aucune atmosphère ne s’est opposée, au refroidissement nocturne. Aux pôles il à rencontré une légère augmentation de chaleur, celle-ci accumulée sans doute par la présence prolongée du soleil. Enfin M. F. W. Very conclut de ses recherches qu’au milieu du jour, pour les régions recevant en plein les rayons solaires, la surface de la lune atteindrait une température supérieure à celle de l’eau bouillante, tandis que, pendant la nuit lunaire, cette température s’abaisserait épouvantablement et n’excéderait guère 2000 au-dessous de zéro !
- La domestication du loup. — Selon Tsehudi, elle est impossible, l’animal étant avide, méchant, faux, infidèle, sans ruse, d’une voracité insatiable et d’une odeur répugnante. Brehm, au contraire, lui attribue toutes les aptitudes du chien et du renard. Tous deux s’accordent à
- regarder le loup rassasié comme très lâche et timide et le loup affamé comme d’une hardiesse aveugle. Tout récemment, un Suisse (de Teufer), M. Môseh, a essayé de domestiquer le loup. Il acheta l’animal à l’âge de 3 mois, et l’élevage réussit au point que le loup accompagne librement son maître et obéit à son appel, le cherche, le retrouve en flairant sa trace, et tout en étant libre, ne déserte pas. On le laisse même aller librement à travers les rues. Devenu attaché et fidèle, sa lâcheté apparente n’est que de la timidité et de l’extrême prudence. Il prend les aliments dans la main et ne cherche à mordre que quand on le frappe pour le punir ; il se laisse même soulever par les pattes postérieures, joue patiemment avec les jeunes chiens et chats ; son flair et son orientation facile en feraient un chien de chasse passionné, particulièrement friand de volaille. C’est la première fois que le problème de la domestication du loup est résolu. En répétant l’essai pendant plusieurs générations on arriverait, pense M. Môseh, à en faire un animal aussi docile que le chien.
- Importations de diamants aux Etats-Unis. — Le
- commerce des diamants doit surtout son extraordinaire prospérité aux achats des Etats-Unis. Il est donc intéressant d’emprunter à la Chambre de commerce de Londres des chiffres qui précisent l’importance de ces achats. En 1896, le total des importations de diamants et autres pierres fines était de 6 700000 dollars ; en 1900, il a été de plus de 14 millions; en 1903, de 3i millions; enfin, en 1906, de 4° 247 000, qui se décomposent ainsi : diamants bruts : 10 654 ; diamants taillés : 24 283 000 ;
- pierres fines diverses : 5 384 000 dollars. (Le dollar vaut 5 fr. 16.)
- La fonte française. — La production de fonte française est aujourd’hui produite par 122 hauts fourneaux en marche au i01' janvier 1907 : 76 dans la région de l’Est (Meurthe-et-Moselle) qui fournit 7465 tonnes de fonte par jour; 14 dans la région Nord qui fournit i3q5 tonnes; 32 dans la région du Centre qui fournit 1940 tonnes. En tout, la France fournit 11 000 tonnes par jour, 1000 tonnes de plus qu’au ior juillet 1906. Les cinq sociétés principales y contribuent dans la proportion suivante (en tonnes par jour) : Aciéries de la Marine, 1110 tonnes ; aciéi'ies de Longwy. 800 tonnes ; MM. de Wendel, 780 tonnes; aciéries de Micheville, 700 tonnes; Chàtillon-Commentry, 65o tonnes.
- La crémation en Angleterre. —- La crémation ne fait pas de grands progrès en Angleterre. Le relevé des incinérations pour l’année igo5 s’élève à 742, en augmentation de i38 sur l’anuée précédente. Les fours cré-
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- INFORMATIONS
- matoires sont au nombre de 13 ; le premier construit fut celui de Manchester en 1892; puis successivement, Glasgow, Liverpool, Hull, Leicester, Birmingham, en élevèrent; le dernier a été édifié à Bradford et Shef-field en igo5. Le nombre total des crémations, depuis la première en i885, s’élève à 5763.
- Coloration rouge de la mer. — M. F. Léchât, lieutenant à bord du Tkibet, a observé le 29 juin 1906, à la hauteur du cap Coart, vers 9 heures du matin, que l’eau de la ruer est devenue tout à coup d’un rouge sombre, assez semblable à la couleur de l’huile de palme. Cetle observation, qui est insérée sans commentaires dans un récent bulletin de la Société météorologique de France, nous semble d’ordre probablement biologique. Les organismes inférieurs du groupe des algues et aussi quelques cyanophycées sont souvent causes de phénomènes analogues. On leur doit, par exemple, la coloration bleue de certains lacs alpiirs, l’aspect de la Baltique à certains jours, où elle ressemble « à une soupe aux herbes », d’après le mot d’un voyageur. L’hypothèse est d’autant plus vraisemblable que, d’après M. Léchât, « l’eau semblait épaissie d’une façon notable et sa coloration paraissait s’étendre à une grande profondeur. Elle dégageait, en outre, une odeur particulière ». Il est regrettable qu’on n’ait pas prélevé quelques litres de cetle eau de mer.
- Bardeaux en ciment armé. — On se met assez couramment à faire des toitures en béton ou ciment armé : non pas sous la forme d’une toiture monolithe, mais au moyeu de bardeaux séparés, qui remplacent tuiles ou ardoises. Des fabricants américains, MM. Wickes frères, de Saginaw, dans l’Etat de Michigan, se sont lancés dans cette spécialité; ils font également de la même manière des arêtiers et tous les accessoires de toiture. Ce sont généralement des fils de cuivre ou d’acier qui constituent l’armature, ils sont disposés en longueur ou transversalement, et ce sont ces fils qui servent à former les boucles où l’on entrera les attaches maintenant les bardeaux en place. Ceux-ci ne sont pas fixés de façon absolument immuable, on leur laisse un certain jeu pour parer à l’expansion possible. Les fabricants, qui font ces bardeaux en toutes couleurs, les garantissent 25 ans.
- Laque du Japon. — Il a été rendu compte, dans le Moniteur scientifique d’octobre 1906, de recherches très intéressantes faites par deux savants allemands, MM. H. Tschirch et B. Stevens, sur la laque naturelle, dite du Japon. Cette laque est le suc laiteux du Rhus verni-cifera qui croît à l’état sauvage en Chine et au Japon, mais que l’on y cultive aussi avec soin. On le cultive également avec succès en Europe, notamment en Allemagne. On incise l écorce d’avril à octobre ; le produit le meilleur est celui que l’on recueille à la base de l'arbre et en plein été. Les arbres exploités ont presque toujours au moins, dix ans d’âge; ils sont sacrifiés par un gemmage à mort. Ils donnent en moyenne par pied à 55 gr. de laque brute, épaisse et grise. Cette laque (ki-urushi, en japonais), recueillie par quantités de 18 à 3o kg dans des seaux en bois et mise à l’abri de l'air et de la lumière par un couvercle de papier huilé, se conserve longtemps sans altération. On la purifie par broyage et filtrage forcé à travers du coton. Additionnée d’huiles et de matières colorantes, elle fournit les laques artistiques bien connues, qui s’emploient en plusieurs couches qu’on laisse successivement durcir à l’air humide et qu’on polit chacune soigneusement. Ces laques résistent à presque tous les réactifs et à l’eau bouillante; elles ne sont attaquées que par l’acide nitrique bouillant. Par contre, elles causent des maladies étranges à certains sujets prédisposés. Le malade ressent d’abord une tension désagréable de la peau; il survient de l’œdème, de l’éruption, des rougeurs, des démangeaisons, des brûlures, de petits ulcères suppurants, qui proviennent aussi bien du contact direct de la laque que des vapeurs qu’elle émet. Le meilleur remède consiste en frictions de vaseline, en grattages légers avec un couteau, en lavages avec solutions alcalines faibles, en compresses d’eau saturée d’acide borique. Le poison n’étant pas volatil et étant accompagné d’huile et de résine, il faut pour l’enlever un mélange de savon en poudre, de pierre pouce et de carbonate de soude. L’action du poison étant locale, on fera bien de manipuler la laque avec des gants et d’éviter la pro-jectiou de parcelles, si petites soient-elles.'j
- Les Japonais à Formose. — Nous extrayons ce qU} suit d’une récente communication de M. Mouriol à ]u Société de statistique. Depuis l’occupation japonaise (1895-1906), la population s’est élevée de 2667000 habitants à §079000. L’accroissement des indigènes étant de i3 pour 100, celui des Japonais est de 4*3 pour i00; en 1905, 53 4oo Japonais habitent principalement lâ partie Nord et les villes; les hommes sont plus nombreux que les femmes. La production du riz a doublé depuis 1898, le rendement actuel est de i5 millions d’hectolitres. Celui des pommes de terre a quadruplé (680000 tonnes); le blé même a décuplé (67000 hectolitres); ,1a race porcine compte 976000 têtes ; la production de l’or est de i5o3 kilogrammes contre 41 eu 1899. Le commerce, en 1896, de 25861 oooyen est passé en iq<,5 à 45917000 yen. Quant au budget de Formose les recettes sont passées de 2616000 à 22270000 yen et la subvention primitive du Japon est tombée de 8 098 000 yen à 15 786 yen.
- Renflouement d’un cuirassé japonais. — On se
- rappelle peut-être l’incendie et le naufrage, à l’ancre, du cuirassé Mikasa, celui-là même qui avait porté le pavillon de l’amiral Togo : il avait coulé en septembre 1905, et, en décembre de la même année, ou avait tenté, mais en vain, de le renflouer. Une deuxième tentative, en janvier 1906, fut aussi malheureuse; en juin suivant, on se livra à quelques études préparatoires, en vue d’un essai ultime, et l’on réussit à boucher certaines des voies d’eau du navire. Aujourd’hui le navire a été ramené à flot. On se rendra compte de toutes les dilfieultés qui se présentaient, eu songeant que, sous l’influence de l’incendie qui s’était déclaré dans ses flancs, toutes les munitions des magasins et une torpille avaient fait explosion. Une déchirure de 24 à 25 mètres de long s’était faite dans son arrière. Pour le renflouer, il a fallu recourir simultanément à 4 pompes débitant chacune 3ooo tonnes d’eau à l’heure.
- Colonies de crapauds. — M. le docteur 11. Fischer-Siegwart, à la dernière réunion de la Société helvétique des sciences naturelles à Saint-Gall (1906), a recommandé la protection des colonies que forment les crapauds au printemps et qui sont souvent victimes de gens ignorants. Ces colonies, consistant en centaines et même milliers d'individus, quittent à l’époque de la ponte, au mois d’avril, leurs habitations d’été et d’hiver pour se concentrer vers un seul étang, en parcourant de grandes distances, jusqu’à 7 kilomètres. Après la ponte les crapauds se dispersent et regagnent leurs anciens quartiers. Le public interprète d’ordinaire ces agglomérations comme des batailles et il les disperse en en massacrant une quantité. Aussi un grand nombre de colonies ont disparu. Il est indispensable que l’on cesse ces tueries, eu égard aux services reconnus que rendent les crapauds.
- Chemins de fer électriques en Grande-Bretagne.
- — A la fin de 1905, la Grande-Bretagne possédait 226 kilomètres de voies ferrées exploitées uniquement au moyen de l’électricité, et d’autre part le développement des voies exploitées partiellement de la même manière représentait 274 km. Les trains électriques ont parcouru une distance de quelque i5 56oooo km, dont seulement 46000 km pour les trains de marchandises et 38ooo pour les trains mixtes.
- Tremblement de terre. — De violentes secousses sismiques, d’une durée de sept secondes, ont été ressenties le 11 février à 9 h. 3o du soir à Alhama, province de Murcie, en Espagne.
- Cuivre du Japon. — Le Japon extrait actuellement de ses mines de cuivre environ 40 000 tonnes de métal : ce qui le place en bon rang comme producteur do minerais après les Etats-Unis,le Mexique et l’Espagne. On signale actuellement ce fait que, tandis que les Américains maintiennent leurs cours à 2820 fr. la tonne, les Japonais offrent la même marque rendue à Hambourg à 2700.
- Gisements potassiques en Alsace. — On vient de découvrir, un peu au Nord de Mulhouse en Haute-Alsace, des gisements de sel gemme, avec sels potassiques associés. Ces gisements, situés dans le tertiaire, présentent peut-être quelque relation avec les gisements prétrolifères de Pechelbronn en Basse-Alsace, situés dans le même étage : l’association du pétrole avec le sel gemme étant un phénomène constant.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Appareils divers
- Le silencieux Bizeul. — Les silencieux ont l’inconvénient de créer des contre-pressions nuisibles au bon rendement du moteur ; les gaz sont gênés dans leur parcours par des chicanes souvent mal disposées et par les résidus qui encrassent la tuyauterie. Aussi, en pleine campagne, beaucoup de chauffeurs se contentent de supprimer le silencieux et de laisser les gaz s’échapper librement.
- Dans le silencieux tubulaire Bizeul la tension des gaz d échappement est diminuée à la fois par la division et par le refroidissement de la veine gazeuse. Les gaz chauds venant du moteur pénètrent par l’ouverture O et s’écoulent au travers de tubes nombreux qui établissent une détente continue; çès tubes sont de petite section et constamment refroidis par l’air extérieur. Deux <lemi-carters BB, un d’entrée et l’autre de sortie, recouvrent deux plaques de tôle auxquelles les tubes sont soudés ; ces derniers sont en acier. Des tirants filetés
- Le silencieux Bizeul,
- maintiennent toutes ces pièces. L’entrée des gaz se fait par une bride vissée dans le demi-carter d’entrée et la sortie par un diffuseur D appartenant au demi-carter de sortie.
- Ce diffuseur est constitué par un tube de longueur et de diamètre appropriés, percé d’une série d’ouvertures de petite section et terminé par un matelas d’amiante destiné à amortir les vibrations propres au diffuseur, l'.n raison de la contraction de la veine gazeuse et de sa condensation produite par le refroidissement la somme des sections des orifices de sortie est un peu inférieure à celle des orifices d’arrivée. Les gaz parcourent les tubes suivant trois séries ; à fin de course leur température a été abaissée à tel point que l’on peut dévisser le diffuseur à la main même après une heure de marche du moteur.
- Cet appareil a été expérimenté au laboratoire de F Automobile-Club de France et l’on a reconnu que la perte de puissance n’est que de 1/70 à 65o tours et de 2 60 à 800 tours. Aucun silencieux n’a encore atteint ce rendement. — Le silencieux Bizeul est construit par M. Desponts, i5o, rue Victor-Hugo, à Levallois-Perret.
- Régulateur d’embrayage « Mihi ». — Ce nouvel appareil est destiné à assurer automatiquement une dou-
- ltégnlateur d’embrayage « Mihi ».
- ceur absolue d’embrayage et de démarrage, une sécurité complète contre les ruptures d’engrenages provenant d’un embrayage brutal, et une durée plus grande des pneus en les empêchant de tourner sur place au moment des démarrages rapides ou des changements brusques de vitesse ou de direction.
- L’appareil se compose d’un cylindre dans lequel se meut un piston P muni d’un clapet pouvant fermer des ouvertures 00. La tige C du piston est reliée à un levier L, par exemple, calé sur l’axe des pédales ou à tout autre organe quelconque mu par la pédale de débrayage. Le cylindre est articulé par son pied en A.
- Lorsque l’on débraye en appuyant sur la pédale M, le liquide (huile ou glycérine), contenu au-dessus du piston, s’écoule sans résistance par les ouvertures OO. Si on relève le pied, le clapet se ferme et, l’huile ne passant plus que par des ouvertures presque entièrement obstruées, l’embrayage se fait doucement. L’huile utilisée doit être plus ou moins fluide suivant le plus ou moins de rapidité que l’on veut donner à l’embrayage.
- 11 faut disposer l’appareil sur la voiture de manière que la pression sur la pédale tende à faire sortir le piston du cylindre, et le relèvement de la pédale à l’y faire rentrer. On peut néanmoins adopter la disposition inverse, mais alors on devra visser en sens inverse le coi’ps du piston et son clapet sur la tige pour que la résistance se produise bien au relèvement de la pédale et non pendant que l’on débraye. — Le régulateur d’embrayage « Mihi » se trouve à l’Automatisme, 8-10, boulevard d’Asnières à Neuilly-sur-Seine.
- Appareil de prise d’air automatique. — Ce nouvel appareil, imaginé par la Société Vïe L. Longuemarre, est destiné à compléter les carburateurs ordinaires pour régler automatiquement l’admission d’air supplémentaire dans les moteurs à essence..
- L’appareil est constitué par un corps cylindrique B dans lequel se meut un piston A percé sur ses deux faces de petites ouvertures D et E, les orifices D pouvant être masqués par un disque mobile K. Le corps cylindrique B est fermé à sa base par un bouchon étanche C et surmonté d’un autre cylindre H dans lequel peut se mouvoir un manchon G faisant corps avec le piston A. Ce manchon est ouvert à sa partie supérieure et son fond, com*-mun avec le piston A, empêche toute introduction d’air par la base du cylindre 1 1 . Mais l’air peut pénétrer latéralement par des ouvertures I capables de venir se
- Appareil de prise d’air automatique.
- placer devant d’autres fenêtres J ménagées dans la paroi du cylindre H. Le guidage vertical de l’ensemble est assuré par un ergot L fixé au cylindre II et coulissant dans une rainure O pratiquée dans le manchon G.
- Les fenêtres I et J sont disposées de telle sorte qu’elles puissent concorder à pleine ouverture, c’est-à-dire lorsque le piston creux A est à la fin de sa course ascendante.
- Un tube P traverse le cylindre H; ce tube est percé d’orifices X et l’une de ses extrémités est ajustée dans la tubulure M par laquelle arrive Pair carburé venant du carburateur ; l’autre extrémité débouche dans la tubulure N qui est celle d’admission au moteur. Ce tube perforé est destiné à faciliter le mélange intime des deux courants gazeux et à éviter les condensations du liquide combustible.
- Voyons maintenant comment se comporte l’appareil. Lorsque le moteur marche à grande vitesse il se produit dans la tubulure N et par conséquent dans le cylindre H une dépression qui agit également sur le manchon-valve G pour le faire remonter et augmenter la section des passages d’introduction d’air additionnel I et J.
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- SCIENCE
- APPLIQUÉE
- Grâce à l’action amortissante de l’air, celui-ci ne peut passer à travers le piston creux A qu’avec une vitesse fonction de la section de passage laissée par les trous D et E, la capacité invariable du piston creux A servant de modérateur aux mouvements dudit piston pendant la circulation de l’air d’une des chambres du cylindre B à l’autre chambre, la section des ouvertures D et E étant réglée une fois pour toutes suivant la puissance du moteur. On évite ainsi les mouvements saccadés qui se produisent généralement dans les soupapes automatiques ou autres dispositifs réglant l’introduction de l’air additionnel.
- Lorsque la dépression varie dans le corps cylindrique H, soit par suite d’un changement d’allure du moteur, soit que l’on agisse sur le doseur R en augmentant ou étranglant l’arrivée du mélange au moteur, la course du manchon G varie en même temps mais sans saccades. Disons en passant que le cylindre doseur R est manœuvré par une tige S terminée par une chape T ; un ressort antagoniste tend à le maintenir ouvert. En actionnant la tige S le boisseau vient obturer plus ou moins complètement la section de la tubulure N.
- Enfin l’appareil est entouré d’une chambre de réchauffage YY dans laquelle passe une dérivation de l’eau de circulation du moteur qui arrive par le raccord U.
- Cet appareil se caractérise donc par son système amortisseur en même temps qu’il permet d’assurer l’homogénéité parfaite du mélange explosif aspiré par le moteur. — Il est construit par Mme YTe L. Longuemarre, 12 et 14, rue du Buisson-Saint-Louis, à Paris.
- Niveau double. — La caractéristique de ce niveau, qui se fait en divers types, c’est que, en dehors du tube d’eau contenant une bulle d’air qui permet de constater
- Niveau double.
- tion. Avant d’introduire la bobine de pellicules dans l’appareil, on observe une lettre qui doit être apparente près d’une clef, on met enfin la bobine en place jusqu’au fond ; on ferme ensuite l’appareil. La clef permet de faire dérouler successivement toute la pellicule qui se trouve enroulée sur la bobine. Avant d’armer l’obturateur, on s’assure que le bouchon devant 1 objectif est en place. Après chaque sujet, on tourne la clef un demi-tour ; la pellicule est prête à être impressionnée. On peut ainsi obtenir de bonnes épreuves photographiques que l'on peut agrandir à 6 1/2 X9 sur un appareil spécial. — L’appareil « Le Ticka » se trouve chez M. YV. Kenngott, 64, rue de Saintonge, à Paris.
- Divers
- Plaque de sûreté mobile. — La plaque que représente la figure 1 ci-dessous est une plaque munie de quatre vis dont les têtes se déplacent aux centres de circonfé-rencés sur lesquelles sont inscrits successivement tous les chiffres de 1 à 9. Les vis maintiennent derrière; la
- l’horizontalité de la surface d’appui, il présente un évidement ad hoc (comme on le voit dans le dessin), où vient se loger une petite fiole perpendiculaire qui donne possibilité de vérifier la verticalité d’une paroi au contact de laquelle serait amenée l’extrémité du niveau.
- *»> Photographie
- Nouvel appareil forme montre. — Le nouvel appareil, dénommé « Ticka », est remarquable par ses faibles dimensions et par les résultats qu’il peut donner. L’objectif fournit de bons négatifs, clairs, qui peuvent être agrandis. On utilise des pellicules qui sont en-
- Aj)pareil photographique “ Le Ticka ”.
- roulées autour d’une bobine et peuvent se charger en plein jour, sans toutefois les exposer à l’action directe des rayons solaires; on peut prendre 25 vues avec un chargement. L’obturateur fait la pose et 1 instantané. Le maniement de l’appareil est très simple; il suffit de se conformer à l’instruction. Pour le chargement de l’appareil, on enlève le couvercle extérieur en tournant une manette dans le sens de la flèche et on a soin de remettre ensuite cette manette dans sa première posi-
- Fig. 1. — Plaque de sûreté mobile.
- plaque un boulon de forme spéciale qui est lui-même retenu par un contre-écrou. On peut déplacer les rainures des têtes de vis et leur faire occuper une série de positions sur les chiffres dont nous avons parlé. Chacune de ces positions correspondra à une position déterminée des boulons et l’on arrive ainsi à trouver 10000 combinaisons pour fixer la plaque après le simple cadre qui se trouve autour. Il suffit de placer ce cadre avec quatre
- Plaque de
- sûreté devan
- la
- serrure
- d’un
- coffre-fort.
- vis devant la serrure d’un coffre-fort, et l’on transforme cette simple serrure en serrure de sûreté absolue. La figure 2 nous montre la plaque de sûreté montée devant une serrure ordinaire. Le cadre est fixé à l’intérieur par 4 vis ordinaires. On voit les boulons posés sur les vis de la plaque, et dont les déplacements vont permettre ou non de laisser apparaître l’ouverture de la serrure. On peut très facilement changer la combinaison en déplaçant d’une part les rainures des vis, et en même temps les positions des boulons. — La plaque de sûrete mobile se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14> rue Martel, à Paris.
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- VARIÉTÉS
- La poste et les peuples qui écrivent le plus. — De
- tous les peuples civilisés, ceux qui écrivent le plus sont les Anglo-Saxons, et, parmi ces derniers, les Anglais occupent le premier rang ; ils marchent en tête des nations civilisées, avec une bonne avance, en ce qui concerne l’importance numérique des opérations postales de toutes catégories.
- Il résulte d’une statistique, faite par le consul des I tats-Unis à Liège, que, pendant l’année 1906, les Anglais ont écrit un peu plus de 78 lettres par habitant. Aux États-Unis, la moyenne est 67. John Bull envoie donc, dans une année, onze lettres de plus que son cousin Jonathan.
- Les autres pays viennent dans l’ordre suivant Nouvelle-Zélande, 66 lettres par habitant; Suisse, 59,7; Allemagne, 55,9; Danemark, 4i>6; Autriche, 38,2; République Argentine, 37,2; Luxembourg, 34,6; Hollande, 31,1 ; Belgique, 29,4; Suède, 26,4; France, 26,2; Norvège, 20,5 lettres par habitant.
- Les nations inférieures à 20,5 lettres par habitant ne sont pas cataloguées ; l’Italie, l’Espagne et le Portugal, pays commerçants, sont au nombre de celles-ci.
- Le service des postes et télégraphes est organisé d’une manière très remarquable, aux Iles-Britanniques; tous les rouages compliqués de cette administration fonctionnent avec méthode et régularité pour assurer la sécurité et la rapidité des correspondances, tant à l extérieur qu’à l’intérieur du pays. C’est, d’ailleurs, ime des premières nations où fut établi un service postal régulier, puisque la création du titre de Postmaster general — maître général des postes — remonte à 1607, peu de temps après le protectorat de Cromwell.
- Richelieu organisa chez nous la poste aux lettres avec courriers à jours fixes et relais réglementaires. A la même époque, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne et toutes les grandes nations reconnurent successivement la nécessité d’assurer la régularité du transport des dépêches gouvernementales et de la correspondance des commerçants et des particuliers ; l’économiste Duncan Campbell créa les premiers services postaux de l’Amérique, du Nord, en 1693.
- La rapidité et la régularité des services postaux ne devinrent possibles qu’après la création des chemins de fer; le développement des uns fut la conséquence immédiate de l’extension prise par les autres. Il faut cependant reconnaître que les diligences, avec leurs relais de chevaux, établis sur les routes environ toutes les deux heures, avaient déjà, dans la première partie du \ixe siècle, beaucoup facilité les communications postales, tant en France qu’en Angleterre et un peu partout en Europe.
- Les grandes réformes postales furent accomplies à dater de 1840, époque à laquelle l’emploi du timbre-poste donna, en Angleterre, un essor très sérieux aux services postaux. C’est à cette date que la taxe à la distance fut remplacée par la taxe uniforme de 10 centimes par lettre pour tout le Royaume-Uni, sous le nom de tiiland penny postage. Notons que le timbre ne fut introduit en France que le 1e1 janvier 1849, et que la taxe d’affranchissement d’une lettre demeura fixée à 25 centimes jusqu’en 1878, époque à laquelle elle fut abaissée à i5 centimes, pour être réduite à nouveau, en avril 1906, à 10 centimes.
- Le Congrès postal de Berne, en 1874, réunit les adhésions de i3 nations; à celui de AVashington, en 1897, 55 nations étaient représentées par des délégués qui détenaient les pouvoirs de 1 milliard 100 millions d’hommes. Cette grande et balle manifestation pacifique internationale donna une extension sérieuse aux communications universelles, en créant une réglementation précise et générale, en même temps qu’une taxe uniforme de 25 centimes pour les relations postales entre tous les principaux pays du monde. Non seulement les lettres circulent facilement, mais les cartes postales sont admises ainsi que les journaux, les imprimés et les colis de petites dimensions. Les mandats permettent l’envoi des sommes d’argent d’un bout à l’autre de l’univers et à peu de frais. ' ‘
- Puisque la Grande-Bretagne et l’Irlande sont les pays où l’on écrit le plus, il est intéressant, pour donner une idée de l’importance de leur service postal, de dire que, pendant l’année dernière, le Post-oflice a expédié près de 2 milliards 708 millions de lettres, auxquelles il faut ajouter 8oo35oooo cartes postales. Quant aux journaux, imprimés, papiers d’affaires, échantillons et colis divers, ils atteignent le chiffre respectable de 1 milliard 200 millions.
- Le service postal de France est également très important; il augmente d’année en année. La réunion des postes et des télégraphes, en 1877, et l’adjonction des téléphones, en 1889, ont fait de cet ensemble une administration très complète, qui, en dehors de certaines critiques, fonctionne d’une manière régulière. Les recettes générales de l’ensemble des services postaux,, télégraphiques et téléphoniques français réunis, atteignent près de 288 millions de francs par an ; elles ont augmenté de 77 millions en dix ans. L’augmentation est de 5i millions, si l’on compare les dernières recettes avec celles d’il y a 5 ans, soit 10 millions de plus en. moyenne tous les ans.
- La consommation des timbres en France est considérable; elle donne une idée de l’importance prise chez nous par la correspondance postale. La dernière statistique est celle de 1904 ; elle dépasse 2 milliards 200 millions de timbres de toutes catégories. Dans ce nombre, le timbre de i5 centimes, qui, à cette époque, était celui de l’affranchissement courant, figure pour près de 85o millions. Quant aux cartes postales, qui ne comptent pas dans ce chiffre, en 1904, il en été consommé-75 millions et demi.
- En Angleterre, les télégraphes — en 1870 — et les téléphones — en 1880 — ont été rattachés, comme en-France, au service des postes. Les réseaux électriques-sont encore plus étendus que chez nous où, cependant ils ont une grande importance. Nous n’avons pu nous-procurer des chiffres plus récents ; il nous faut donc nous contenter de dire que, au 3i décembre igo3, nous avions, en France, 120000 km. de lignes aériennes et environ 7000 km. de lignes souterraines, avec un développement de fils donnant un ensemble de 409600 km. Quant à notre réseau téléphonique national, il mesurait, à cette même époque, 36 000 km. avec 640000 km. de fils. Si nous mettions bout à bout les fils de nos télégraphes et ceux de nos téléphones, nous pourrions leur faire faire 26 fois le tour de la terre.
- Mais, plutôt que de nous livrer à cette besogne, revenons au service postal international, pour dire que le bureau postal universel de Berne signale les États-Unis comme faisant les recettes les plus élevées, avec 750 millions de francs par an. L’Allemagne vient ensuite avec près de 600 millions de francs, puis l’Angleterre, la France, la Russie, l’Autriche et le Japon, qui tiennent les autres nations à une distance respectable.
- Les pays qui écrivent le plus ne tirent donc pas de leurs services postaux les plus beaux revenus ; ce ne sont pas eux non plus qui ont, d’ailleurs, le plus grand nombre de bureaux de poste. Il résulte, en effet, de la statistique, que le nombre de bureaux par rapport à la
- Suisse X bureau par 896
- Allemagne .... 1 — 1460
- Portugal I — 1649
- Roumanie . . . . 1 — i8x5
- Grande-Bretagne . 1 — i85g
- Serbie I — 2127
- Luxembourg. . . I — 2571
- Danemark .... I — 2586
- Autriche. . . . . I — 3i4o
- Italie I — 3791
- France 1 — 38oo
- Hollande T — 3981
- Belgique I — 3981
- pays du monde, le prix du port des lettres a été décroissant sans cesse. Le coût du timbre, pour le service intérieur, est de ofr,io dans presque tous les pays d’Eu-
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- rope ; il est de or',ia5 en Allemagne. C’est eu Italie, en Turquie et en Russie qu’il est le plus onéreux. Les peuples qui écrivent le plus sont ceux chez lesquels les timbres coûtent le meilleur marché; l’un est la conséquence de l’autre, et réciproquement. Ne cherchons pas quelle est la cause et quel est l’effet; il y a, dans la circonstance, action et réaction; le fait est certain.
- En dehors de l’action importante du commerce et de l’industrie, il faut constater que les peuples qui écrivent le plus sont ceux qui voyagent davantage; exemple, les Anglais et les Américains du Nord. Il convient de remarquer également que les services postaux les plus importants se rencontrent dans les pays où l’on voyage beaucoup, exemple, la Suisse.
- Le travail de la poste est, en effet, considérable dans la Confédération helvétique, où il y a 1677 bureaux
- principaux et 2057 dépôts auxiliaires. Une population de 12 3Go personnes est constamment employée par le service postal, qui expédie annuellement 122 millions de lettres et 89 millions de cartes postales dans l’intérieur du pays. Le tralic postal avec l’étranger justifie ];t remarque faite plus haut, puisque plus de 24 millions de lettres et près de 25 millions de cartes postales sont adressées à l’étranger, tous les ans, en même temps qlle 14 millions de colis postaux.
- Le commerce de la carte postale illustrée est naturellement très important en Suisse, pays du tourisme par excellence. Un essor nouveau va être donné à cette industrie par la création, toute récente, d’une carte postale assurance, qui coûtera 20 centimes, et constituera, pendant 3o jours, une police contre les accidents en faveur du destinataire. Will Darviluî.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Divers
- Conservation des fleurs par le froid. — Pendant la saison froide, les fleurs coupées atteignent des prix de vente très élevés; aussi l’horticulture en serre s’est-elle, pour ainsi dire, industrialisée et vient-elle aujourd’hui concurrencer grandement la culture de plein air effectuée aux pays du soleil. Mais une nouvelle concurrente vient de surgir à son tour qui menace de conquérir bientôt une large place sur le marché commercial; il s’agit de la conservation par le froid des fleurs coupées.
- En août 1904, il a été présenté à la Société d’horticulture de Paris des pivoines de Chine en parfait état de fraîcheur, qui, cependant, avaient été cueillies 97 jours auparavant et gardées dans un appareil frigorifique ; après leur présentation, on les a replacées dans leur glacière, d’où, 41 jours après, on les a extraites à nouveau, pour les trouver encore très bien conservées pour la plupart. C’était là un résultat de la plus haute importance qui, bien que le grand public n’en ait pas été saisi, n’a pas manqué de faire entrevoir aux spécialistes toute une série de conséquences utiles. Aussi les expériences se sont-elles multipliées depuis lors : elles ont permis d’établir toute une méthode qui paraît appelée à un très grand succès quand son application se généralisera.
- On coupe des pivoines avec quarante centimètres de tige, on les place dans des bocaux remplis d’eau et on les enferme dans des caves frigorifiques où la température est maintenue d’une façon constante à un degré au-dessus de zéro. Toutes les trois semaines on ravive au sécateur la section inférieure des tiges et on renouvelle l’eau tous les mois. Dans ces conditions, des boutons de pivoines de Chine cueillis le 3i mai au moment où ils allaient éclore étaient épanouis le 22 septembre, et ont pu rester frais pendant trente-six heures dans un appartement. Des pivoines ligneuses eu iillies entr’ouvertes le 11 mai furent retirées le 16 juillet de la cave frigorifique et ne se flétrirent qu’après quarante heures de séjour dans un appartement. Pour obtenir les résultats les plus satisfaisants, il faut débarrasser les tiges de leurs feuilles, en n’en conservant qu’une, celle qui se trouve le plus près de la fleur, et qui reste verte même après que celle-ci est fanée. Pour que les amputations que l’on fait ainsi subir ne causent que le minimum de dommages, on a reconnu qu’il était utile de les effectuer par pinçage et mieux encore au moyen de la lame coupante du thermocautère : on évite ainsi les déperditions de sève puisqu’on oblitère la lumière des vaisseaux rompus.
- Des essais ont été tentés sur plusieurs sortes de fleurs : ils n’ont pas tous réussi avec le même bonheur. Mais il est bien probable que la technique du procédé se modifiera de façon à pouvoir s’appliquer à toutes les fleurs coupées. A l’heure actuelle les pivoines et surtout la pivoine de Chine, rouge et blanche, sont celles qui donnent les meilleurs résultats pratiques : les cannas et les phlox peuvent être presque aussi bien conservés. Quant aux roses, aux violettes et aux oeillets, ils exigent
- des soins spéciaux et notamment le renouvellement fréquent de l’air contenu dans la chambre frigorifique leur fraîcheur serait, paraît-il, maintenue pendant près d’un mois grâce à ce moyen simple et l’on s’occupe en ce moment d’étudier l’influence conservatrice qu’aurait sur eux une atmosphère suroxygénée.
- Quoi qu’il en soit, et sans rien préjuger des recherches en cours, il est permis de dire qu’à l’heure actuelle les fleurs frigorifiées sont tout à fait à la veille de faire leur apparition sur les marchés commerciaux. Elles y produiront sans nul doute une révolution économique profonde.
- Vernis mat. — La publication Farben Zeitung donne la recette suivante de vernis mat, pour répondre à l’usage de plus en plus fréquent que l’on fait de ces vernis. Il s’agit du reste d’un vernis noir, comme on va le voir. On prend 2 parties d’asphalte de Syrie, 20 d’huile de copal, autant de vernis gras épais, et enfin /(o parties d’huile de térébenthine. Quand on a fait fondre soigneusement l’asphalte, on ajoute l’huile de copal, et l’on fait bouillir jusqu’à évaporation de l’eau contenue dans le copal. On laisse alors refroidir, et les 2 autres ingrédients, soigneusement brassés ensemble, sont ajoutés à la préparation. Pour obtenir une dessiccation très rapide de ce vernis, en moins de six heures, il suffit de le compléter par 5 parties de noir de fumée finement pulvérisé.
- ctgo^. Chimie
- Ouate iodoformée. — Saturer de la ouate dégraissée et traitée pour cela au benzol, de 2 parties d’iodoforme et de 10 p. de glycérine, dans 20 p. d’éther.
- Ouate à l’acide phénique. — On commence par faire macérer delà ouate ordinaire, et pendant 10 minutes, dans du benzol; puis on presse pour faire sortir le liquide et l’on met sécher à l’air libre. Ensuite on prend 1000 parties de cette ouate et l’on sature avec 2,5o p. de la solution suivante : 2000 p. d’alcool, 100 d’acide phénique, 400 de résine, et autant d’huile de ricin. On. étend une demi-heure et la dessiccation est suffisante.
- Ouate astringente. — D’après le D1 allemand J. Bersch, on se trouve bien d’employer de la ouate, d’abord dégraissée au benzol, et que l’on traite au moyen d’une solution de 2 parties d’alun, de 12 d’eau et de 2 d’une solution de chlorure ferrique. On fait sécher la ouate à 6o° centigrades.
- Mousseline antiseptique pour traitements chirurgicaux et pansements. — On prend des bandes de tarlatane et on la trempe dans la solution suivante : huile de lin bouillie 10 parties, cire jaune 5 p., colophane 10 p. (ces trois substances ont été mises fondre ensemble) ; on additionne ensuite de 20 p. d’huile de térébenthine et de 2,5 p. d’acide phénique. Le D‘ Bersch estime qu’il suffit de 3o p. de cette préparation pour une bande de mousseline longue d’une cinquantaine de centimètres et large de 20.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — l)aus la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M.W. J. R. — La Revue R industrie laitière se publie à Paris H rue Baillif. Vous y trouverez, dans un récent numéro, le travail de M. Eury in extenso et la description de la machine Gaolin, employée pour le fixage du lait.
- M. le capitaine Langlait, à Chambéry. — Il n’existe pas d’Atlas de paléogéographie, et peut-être serait-il prématuré d’en publier un à l’heure actuelle. Nous transmettons d’ailleurs votre lettre à MM. Masson et G10, éditeurs du Traité de géologie de M. de Lapparent.
- MM. Canegaly et Sansom, à Paris. — Nous ne connaissons pas l’adresse du fabricant de la machine à écosser les pois employée par la maison Potin et décrite dans notre n° 1749, du T'1' décembre. On pourrait sans doute vous renseigner chez Potin.
- M. Ed. L., à Cambrai. — Nous ne possédons pas de renseignements au sujet du « Vieux Major » et nous ignorons son adresse. Tous nos regrets.
- M. Ch. Labouriau, à Paris. — Moyen de déceler 1 oxyde de carbone dans une chambre : Préparer les deux liqueurs ci-dessous : A, faire bouillir 1 litre d’eau distillée avec quelques gouttes d’acide azotique pur, ajouter goutte à goutte du permanganate de potassium dissous jusqu’à coloration rose persistante, puis, après refroidissement, dissoudre 1 gr. de permanganate cristallisé et ajouter 5o cm5 d’acide azotique. (Conserver à l'abri de l’humidité). — B, dissoudre 2 ou 3 gr. d’azotate d’argent cristallisé dans 1 litre d’eau distillée. Au moment d’opérer mélanger : liqueur A,
- 1 cm3; liqueur B, 20 cm3; acide azotique pur : i cm3; eau distillée : 5o cm3. Prendre 2 flacons à l’émeri pleins d'air pUr; vider l’un dans la pièce dont on veut examiner l’air suspect, l’autre à l’air libre, de façon à les remplir
- l’un de l’air suspect, l’autre d’air normal, pour servir de témoin; placer les deux flacons sur une feuille de papier blanc, verser dans chacun 25 cm3 du réactif, les boucher. Au bout d’un certain nombre d’heures, qui peut aller jusqu’à 24, le flacon contaminé est décoloré, tandis que le témoin j'este rose. (D’après les Recettes et Procédés utiles, 5e série, librairie Masson et Cie.)
- M. C. Sellier, à Montigny-sur-Vingeanne. — Le goût terreux de l’eau vient de ce que la citerne a été remplie trop tôt après le cimentage. Comme remède, vider et nettoyer à fond, puis remplir à nouveau après séchage.
- M. L. Villiers, à Vannes. — Pour les balles Devillers et les accessoires nécessaires à l’assaut au pistolet, veuillez vous adresser à la manufacture française d’armes et de cycles de Saint-Etienne.
- M. M. Migeon, à Bi-uxelles.— Pour la fabrication des rubis de synthèse, veuillez vous adresser à M. Verneuil, chimiste, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, rue Saint-Martin, à Paris.
- M. Gervais, à Croisset-Dieppedalle.— i° Nous n’avons pas eu connaissance d’une information analogue à celle que publie la coupure que vous nous envoyez et qui nous paraît controuvée. — 20 Pour la transformation de votre lampe à acétylène à l’usage de phare pour motocyclette, le plus simple est de vous adresser à un lampiste ou à un fabricant d’accessoires pour cyclisme, qui fera l’opération à meillëur compte.
- M. Renaudin, à Esbly. — Toutes les questions que vous nous posez sont loin d’être résolues. Le rôle du charbon dans les filtres fait l’objet de doutes et de controverses. Le Ministère de l’Agriculture a chargé des commissions d’étudier tout ce qui concerne l’alimentation des communes en eau potable. Des instructions précises à ce sujet sont actuellement en préparation; elles comprendront ce qui concerne les citernes, sur lesquelles nous ne pouvons, quant à présent, rien vous dire de précis ni de définitif. Vous pourriez en attendant consulter le fascicule II (l’Eau) du Traité d'hygiène de Brouardel et Mosny (p. 181), édité chez J.-B. Baillière, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Moteurs électriques à courants continu et alternatif. Théorie et construction, par Henry M. Hobart. Tra-duit de l’anglais par F. Acuakd, ingénieur à la Société alsacienne de constructions mécaniques. 1 voJ. grand in-8°. IL Dunod et E. Pinat, éditeurs. Paris. Prix, broché : u5 francs; cartonné : 27 francs. 1907.
- L’ouvrage de M. Hobart sur les moteurs électriques a été conçu dans un esprit essentiellement pratique ; l’auteur s’est efforcé de faire comprendre toutes les questions sans recourir à des formules algébriques et en s’appuyant, au contraire!, sur de nombreux exemples numériques. Toutes les questions concernant les moteurs ont été examinées en particulier et avec tous les détails nécessaires ; dix-sept chapitres ont été consacrés aux moteurs à courant continu, et seize aux moteurs à courants alternatifs simples et polyphasés.
- traité encyclopédique de photographie, par Cu. Fabre, professeur adjoint à la Faculté des Sciences de Toulouse. Quatrième supplément. D. Paris. Gauthier-Villars. 1906. 1 vol. in-8°.
- l ue nouvelle méthode de diagnostic de la tuberculose pulmonaire par la tuberculine de Koch. Sa valeur clinique, par A. Mœller, E. Lœrvenstein et E. Os-trowsky. Paris. A. Poinat, 1907. 1 broch. in-8°. Prix : ilr,5o. . .
- Les produits industriels. Le caoutchouc, la gutta-percha, le celluloïd, les résines et les vernis, par H. Pécheux,
- professeur à l’Ecole nationale d’Arts et Métiers d’Aix. Paris. J.-B. Baillière et fils. 1907. 1 vol. in-16. Prix : if,',5o.
- Curiosités géométriques, par E. Founey. Paris, Vuibert et Nony. 1907. 1 vol. in-8°. Prix : broché, 3fr,5o; relié, 5 francs et 7 francs.
- Voici la table de cet intéressant ouvrage : Esquisse de l’histoire de la géométrie élémentaire (Orient antique, Grecs, Romains, Hindous, Arabes. Occident latin au moyen âge, moderne). — Définitions et démonstrations (Théorème de Pythagore ; Casse-têtes géométriques : bouclier d’Archimède, problème de Hart, paralogismes...). — Géométrie de mesure : les ancêtres de nos instruments de dessin et de topographie. Polygones, cercle, figures planes, stéréométrie. — Applications diverses : géométrie appliquée au calcul, jeu de carrelage, alvéoles des abeilles, problèmes, casse-tête, subtilités.
- Bulletin of the United States fish commission. Vol. XXIII, for igo3. Part III. Washington. Government printing office. 1906. 1 vol. in-8°.
- Ce volume de la Commission des poissons (fish commission) des États-Unis est entièrement consacré aux Hawaï, on y étudie successivement, avec accompagnement de très belles planches : oiseaux, isopodes, brachyures et macroures, hydroïdes, schizopodes, némertiens, astéridés, méduses et annélides.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 février. . . 0°,6 S. S. W. 2. Couvert. 2,5 Couv. jusqu’à 15Ii. ; nuageux à 16-17 ; beau ensuite ; niüi,. de 12 h. à 14 h. 30; 1
- Mardi 12 0°,2 S. 3. Couvert. 5,2 Gel. hl.; couvert; neige de 8 h. 20 à 8 h. 40; pluie par intervalles 1'
- Mercredi 15 2°,6 N. N. VV. 4. Couvert. 1,7 Pluie de 2 li. à 4 h. et do 11 h. à 12 h. 50; couvert.
- Jeudi 14 2°,8 N. 4. Couvert. 0,0 Couvert ; pluvieux à 9 h. 50 et 21 h.
- Vendredi 15 — lu,8 E. N. E. 0. Nuageux. 0,0 Gel. bl. ; peu nuageux ; bruine à 21 h.
- Samedi 16 5°,8 S. S. W. 2. Pluie. 2,3 Gel. bl. ; pluie par intervalles; très nuageux.
- Bimanche 17 2°,2 S. W. 3. Couvert. » Gelée blanche ; couvert.
- FEVRIER 1907. — SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 FÉVRIER 1907.
- Mercredi
- Dimanche
- Vendredi
- Samedi
- La courbe supérieure indiqua la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direct ion du vent. Les courbes du milieu indiquen t, courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à labn à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du ii au 17 février, le temps a été pluvieux en général, et froid à plusieurs reprises. Le 11 février, la pression barométrique était en baisse à l’Ouest de l’Europe; elle était 755,2 mm à Paris, et 744 mm en Ecosse. Un vent faible d’entre Sud et Ouest a soufflé au Pas de Calais, assez fort du Nord-Ouest au Cotentin et en Bretagne, et très faible du Nord sur les côtes de la Méditerranée. Il est tombé
- 11 mm d’eau à Cherbourg, 6 mm à Lorient, 3 mm à Nantes, 2 mm au Mans et quelques dixièmes de millimètre à Paris. Le 12 février, la pression barométrique a subi une dépression rapide dans la région parisienne; on observait 747.7 mm. La température était le matin
- — 20 à Lyon, —i° à Marseille, o° à Paris, 70 à Bordeaux, — 40 au Puy de Dôme, —5° au Pic du Midi,
- — io° au mont Mounier. Il a plu à Nantes (11 mm), à Lorient (8 mm), à Brest (8 mm), à Cherbourg (3 mm), à Bordeaux (3 mm), à Paris (2 mm). Le i3 février, on a relevé un minimum barométrique de 744 mm à Marseille; la pression à Paris était 748,5 mm. Un vent très violent d’entre Ouest et Nord avec mer très grosse a eu lieu sur les côtes de l’Océan et de la Manche. On a recueilli 6 mm d’eau à Paris, 11 mm à Cherbourg.
- 12 mm à Boulogne, 17 mm à Bordeaux, 23 mm à Limoges, 28 mm à Toulon. La température était le matin 20 à Belfort, 3° à Paris, 4° à Nantes, 70 à Perpignan,
- — 8° au mont Yentoux, — 140 au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été 3°,5 supérieure de o°,3 à la normale. Le 14 février, la pression barométrique s’est
- relevée rapidement à l’Ouest du continent et les pressions ont été supérieures à 765 mm à l’Ouest de la France. Ces relèvements ont amené de violentes tempêtes d’Ouest-Nord-Ouest ou de Nord-Ouest sur tout le littoral, à Brest, à Cherbourg, à Lorient, à Saint-Malo. Il est tombé 22 mm d’eau à Perpignan, 7 mm à Marseille, 7 mm à Biarritz, 3 mm à Besançon, 2 mm à Dunkerque, 2 mm à Lorient. La température était le matin i° à Lyon, 20 à Toulouse, 3° à Paris, 4° à Bordeaux, — 6° au Puy de Dôme, — 170 au Pic du Midi. Le i5 février, le baromètre .marquait 770 mm en Bretagne, 767,8 mm à Paris, et 750 mm à Palerme. Le vent était modéré d’entre Sud et Ouest sur les côtes de la Manche, du Nord en Provence et sur l’Océan. La température a baissé ; elle était le matin — 20 à Paris, — 4" dans la banlieue de Paris, o° à Nantes, 3° à. Bordeaux, — 6° au mont Aigoual, — 120 au Pic du Midi. Dans la région parisienne, le ciel a été obscurci par un brouillard qui s’est formé de 8 heures à 11 heures du matin. Le 16 février, la pression barométrique était 764.5 mm à Paris. On a recueilli 2 mm d’eau au Havre, 3 mm à Brest, 6 mm à Calais et 10 mm à Lorient. La température était le matin à 7 heures— i° à Clermont, 20 à Bordeaux, 4° à Paris, — i° au Puy de Dôme, —5° au Mont Aigoual, —8° au Pic du Midi. Le 17 février, la situation atmosphérique était troublée en Europe ; la pression était le matin 738 mm sur la mer du Nord, on observait 773 mm en Bretagne, 775 mm àBiarritz, 768,4 mm à Paris. Il est tombé 1 mm d’eau à Paris, 2 mm à Dunkerque, 4 mm à Lyon. 5 mm à Toulouse. Le thermomètre marquait le matin o° à Belfort, 20 à Paris, 20 à Toulouse.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 12 à 5 h. 52 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF î E-A. MARTEL — J. LAFFARdUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- . ( . . La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1762 (2 MARS 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Académie Royale des sciences de Turin. — M. le
- President de 1 Académie Royale des sciences de Turin, M. Enrico d’Ovidio, nous fait connaître que l’Académie, d’après le testament de son associé, M. le sénateur Thomas Yallauri, décernera un prix au savant italien ou étranger, qui du icr janvier 1907 au 3i décembre 1910 aura publié l’ouvrage le plus considérable et le plus célèbre dans le domaine des sciences physiques, ce mot pris dans sa plus large acception. Ce prix sera de 28 000 francs. Un autre prix sera accordé par l’Académie, sans distinction de nationalité, au savant, qui du ior janvier 19ix au"3i décembre 1914 aura publié le meilleur ouvrage critique sur la littérature latine. Ce prix, par suite de. la conversion de la rente italienne, sera de 26000 francs. Les prix seront conférés une année api'ès leur échéance. Ils ne pourront être attribués aux membres italiens, résidants ou non résidants, de l’Académie. L’Académie ne rendra pas les ouvrages qui lui auront été adressés. On ne tiendra aucun compte des travaux manuscrits.
- Le canal de Suez. — Le canal de Suez a récemment abaissé ses tarifs de 8rr,5o à 7fr,75 par tonne et on parle de les descendre à 5 francs pour 1912. Yoici le tableau de l’accroissement du trafic depuis 1870 :
- Années. Navires. Tonnage. Droits perçus,
- 1870 486 436 609 5 234 000
- 1 875 1494 2 009 984 26 43o 791
- 1880 2026 3 057 422 36 492 620
- 1885 36 24 6 335 753 60 057 260
- 1890 338g 6 890 094 65 427 2,3o
- x8g5 3434 8 448 383 75 934 358
- 1900 344i 9 738 l5î! 87 278 481
- 1904 4237 i3 401 835 115 818 479
- Les actions de 5oo francs au pair étaient à i63 fr
- en 1872 et à 4626 francs en février 1905. Le principal actionnaire est l'Angleterre. Jadis adversaire acharnée du canal, elle ne souscrivit pas une seule action, lors de l’émission du 3o novembre i858, tandis que la France en couvrit plus de la moitié (207400 actions sur 400000). En résumé, le capital demandé ne fut pas réuni et les 90000000 manquant fui'ent fournis par le vice-roi Ismaïl. C’est sa part que le gouvernement anglais a fini par racheter : 176 602 actions au taux de 568 francs chaque, soit environ 100 onoooo Aujourd’hui elles en valeixt plus de 800. Les parts de fondateurs ont à peu près centuplé relativement aux cours de 1872.
- Inondations en Algérie. — A la suite des pluies torrentielles et des tempêtes qui ont sévi depuis le i5 février
- en Algérie, notamment dans le département de Cons-tantine, le pays forme un immense lac et les eaux atteignent, en certains endroits, une hauteur de 8 m. La plaine de Bône et les faubourgs sont inondés, ainsi que la région de Philippeville. A Damrémont, la route nationale est submergée sur 7 km; à Bougie, le pont Sidi-Aïch s’est effondré. Le Rhummel a également débordé et a causé de grands ravages. La plupart des lignes de chemins de fer sont coupées, d’Alger à Constantine, de Constantine à Tunis, de Bône à la Calle, de Bône à Guelma. Dans le département d’Alger, près de Bouira, un pont sur l’Oued Eddous a cédé au passage d’un train mixte de l’Est-Algérien. La machine, un fourgon et un wagon de marchandises ont été jetés dans la rivière; le mécanicien a été tué, le chauffeur et le chef de train ont été blessés.
- Population des grandes villes de l’Espagne. — La
- nomenclature des villes et lieux habités d’Espagne, le 3i décembre 1900, publiée à Madrid en 1904 (2 volumes in-4° de 835 pages) donne pour la première fois une statistique satisfaisante de l’Espagne. On y trouve de curieuses différences entre la population de la commune administrative, et celle de l’agglomération réelle par exemple à Valence, Murcie, Carthagène, Lorca, Pal-ma, etc... comme le montre le tableau ci-dessous des villes de plus de 5oooo habitants :
- Commune, Âgglom ération.
- Madrid ....... 53q 835 5x8 656
- Barcelone 533 000 529 486
- Valence 2l3 55o i54 119
- Sévilla. . . . . . . . 148 3i5 i45 254
- Malaga i3o 109 1 ri 930
- Murcie 111 539 3i 892
- Carthagène ..... 99 871 41 315
- Saragosse 99 118 74 32 1
- Bilbao 83 3o6 78 958
- Grenade 75 900 89 018
- Lorca 69 836 26 691
- Cadiz 69 382 64 i34
- Valladolid. ..... 68 789 65 536
- Palma (Baléares). . . 63 937 39 019
- J erez;... . . . . . 63 473 '52 5o2
- Gord ou e. 58 275 5o 092
- Santander 54 694 47 529
- Alicante 5o 142 39 541
- Pinachromie et pinatypie ; nouveaux procédés de photographie des couleurs. — Ces néologismes désignent deux nouvelles méthodes de l'eproduction photographique des couleurs, découvertes par M. Ivœnig. La
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- INFORMATIONS
- première, appelée pinachromie, repose sur ce fait que certaines leucobases de matières colorantes artificielles se colorent plus ou moins rapidement lorsqu on les soumet à l’action de la lumière en présence d’éthers nitriques des alcools polyatomiques, comme la cellulose, la man-nite, la glycérine. Les colorants employés sont : l’ortho-chlorotétréthyldiamidotriphénylméthane ou leucoséto-cyanine, pour le bleu; le leuco dérivé du vert malachite, pour le vert; la leucaniline ou la leucorhodamine, pour le rouge; la leucobase du violet cristallisé, pour le violet; la leucoflavaniline, pour le jaune. Les leucodérivés exposés à la lumière s’oxydent et la fixation de la matière colorante s’opère dans un bain d’acide chloracétique. L’application se fait de la manière suivante : le papier est sensibilisé d’abord pour le bleu, en le recouvrant d’une couche de collodion impréguée de la leucobase bleue ; puis on l’expose sous un négatif obtenu à la lumière bleue et on fixe, après un temps de pose suffisant, dans l’acide chloracétique. Le papier sur lequel se trouve l’image bleue est lavé et séché, puis recouvert d’une mince pellicule de gélatine sur laquelle, après séchage, on étend une couche de collodion sensibilisée au jaune. On place dans un châssis sous un négatif obtenu à la lumière jaune et on expose jusqu’à coloration suffisante; on fixe, recouvre de gélatine et met une nouvelle pellicule de collodion sensibilisée au rouge, et on opère comme précédemment. Les images colorées par ce procédé de pinachromie sont brillantes et assez solides. La pinatypie consiste à exposer une plaque de gélatine bichromatée à la lumière sous un négatif. La gélatine bichromatée exposée à la lumière est devenue insoluble et possède la propriété de ne pas se teindre par certains colorants appelés couleurs pinatypes. En appliquant cette plaque colorée sur un papier spécial, on aura une image colorée. Ce procédé comporte d’ailleurs des détails assez compliqués. Bien que ces méthodes soient loin de présenter la simplicité élégante et scientifique de la découverte de M. Lippmann, elles sont peut-être susceptibles de rendre dans la pratique des services intéressants et c’est à ce titre qu’il nous a semblé bon de les signaler.
- Sur les manchons à incandescence. — Un nouveau procédé a été préconisé pour la préparation des manchons à incandescence, qui sont constitués avec un support différent de ceux utilisés jusqu’alors et composé d’un filament de cellulose chargé d’oxyde, de cuivre, obtenu probablement avec la solution de cellulose dans l’oxyde de cuivre ammoniacal.
- On ne peut imprégner ce filament d’oxyde de thorium, destiné à produire l’incandescence, par simple immersion dans une solution de nitrate de thorium, car, après calcination, l’oxyde de thorium n’adhère pas et tombe en poussière. L’oxyde de thorium hydraté ne présente pas le même inconvénient; pour en imprégner le manchon, on plonge d’abord celui-ci dans une solution de nitrate de thorium et ensuite dans un bain ammoniacal ou même d’eau oxygénée qui fournit un dépôt plus dur et plus résistant après calcination. Les manchons ainsi préparés sont un peu plus coûteux que les manchons ordinaires ; mais ils seraient plus résistants et non hygroscopiques et leur durée seraient d’environ 3ooo heures avec un pouvoir éclairant de .125 bougies. Cependant ces affirmations sont combattues par quelques auteurs et les nouveaux manchons par suite n’ont pas encore conquis leur droit de cite.
- Un canal électrique. — Cette appellation répond vraiment à la réalité des choses. Ce canal en effet, qui est dit de Teltow, que l’on vient d’ouvrir à l’exploitation en Allemagne entre la Havel et la Sprée, et qui n’a d’ailleurs qu’une longueur assez modeste de 36 kilomètres, est exploité entièrement à l’électricité. Les chalands, qui peuvent y avoir une portée en lourd de 600 tonnes, sont remorqués électriquement; les locomotives de touage qui circulent sur la berge sont munies de deux moteurs électriques de 8 chevaux fonctionnant sous 55o volts. Les portes d’écluses sont manœuvrées électriquement, et des treuils également électriques facilitent les déplacements des chalands aux abords des écluses D’autre part, le canal est éclairé électriquement, et des téléphones et des signaux lumineux facilitent étrangement son exploitation et le passage des bateaux dans les parties les plus encombrées du parcours.
- Fouilles archéologiques à Célèbes. — MM. P. et F. Sarazin ont publié récemment le résultat des fouilles
- qu’ils ont entreprises dans les cavernes des Toala J(. Célèbes, dans le district de Lamontjout. Ces fouilles ont abouti à la découverte d’une industrie de la pierre rappelant en gros celle du paléolithique européen, mais en différant notamment par la présence de l’arc, totalement inconnu dans notre préhistoire et qui n’existe plus d’ailleurs aujourd’hui à Célèbes. De plus, les fouilles ont permis de conclure que les premiers habitants de l’île étaient bien les ancêtres des Toala d’aujourd’hui C’est une confirmation nouvelle de l’hypothèse que l’archipel malais a eu pour population première une race proche des Wedda de Ceylan. Ajoutons qu’entre ces couches à faciès paléolithique et les couches récentes, on trouve une série caractérisée par des haches de pierre, et d’aspect bien néolithique. Bien entendu, il faut noter qu’en employant ici les mots de paléolithique et de néolithique nous voulons seulement indiquer un ordre de succession, nullement des dates, même approchées.
- Conduites pour câbles souterrains. — En Angleterre, pour construire les conduites tubulaires destinés à recevoir les câbles électriques souterrains, on commence par couler une fondation de béton dans la tranchée préalablement ouverte. On dispose ensuite un cuvelage en bois dont la forme extérieure est celle du cuvelage projeté et à l’intérieur duquel on introduit un certain nombre de tubes de fer dont le diamètre extérieur est égal au diamètre intérieur des différentes sections de la conduite. On noie enfin le tout dans une masse de béton. Les tubes, qui ont une longueur de 2 m., sont boulonnés bout à bout sans l’intervention de manchons et on les enduit d’une couche de graisse. Lorsque le béton a fait prise autour de ces tubes, ou envoie un jet de vapeur à l’intérieur; cette vapeur, fournie par une locomobile qui circule le long de la canalisation, fait fondre la couche de graisse extérieure et on peut alors retirer facilement les tubes, alors même que leur longueur atteint 70 m. Ce graissage préalable présente ensuite l’avantage de permettre le passage des câbles dans la canalisation sans aucune difficulté. Ce mode de construction est peu coûteux; de plus, ajoute Ilelios à qui nous empruntons ces détails, il donne, pour chaque câble, une enveloppe continue sans joints absolument imperméable à l’eau et au gaz.
- Histoire des Eskimos au Groënland. —M. Beuchat résume et commente avec beaucoup d’intérêt dans l'Anthropologie un récent travail publié à Copenhague par M. Schultz-Lorentzen sur l’arrivée des Eskimos au Groënland. En se basant sur une étude attentive des dialectes groënlandais, M. Schultz-Lorentzen aboutit à la conclusion que les habitants actuels du Groënland descendent de populations immigrées qui sont enirées dans ce territoire en trois flots successifs d’invasion. La seconde de ces invasions s’est produite vraisemblablement vers la fin du xiv° siècle, et se trouve datée par des monuments littéraires. Il est curieux de noter que c’est à l’hypothèse d’une langue groënlandaise unique qu’était due jusqu’ici la croyance à l’homogénéité ethnique des Groënlandais. Or cette unité linguistique n’est elle-même qu’un leurre, dû simplement à ce que les missionnaires danois, poùr leur commodité, réduisaient les divers dialectes parlés qu’ils entendaient à une seule langue écrite.
- Diligences automobiles. — C’est le nom qu’on a adopté assez généralement pour les services d’omnibus et de correspondances automobiles qui se multiplient dans divers pays, afin de relier aux gares les localités non directement desservies par le chemin de fer. Voici que la compagnie anglaise Glasgow and South Western, à l’instar de plusieurs autres compagnies britanniques, vient de créer des correspondances de ce genre entre une demi-douzaine d’agglomérations et autant de gares de son réseau.
- Le commerce des établissements français de POcéanie en 1905. — D’après l'Office colonial, le commerce de nos établissements français d’Océanie, en 1905, s’est élevé à un total de 6090730 fr., soit une diminution de 692 377 fr. sur l’année précédente et de i3g3 912 fr. sur la moyenne quinquennale antérieure à 1904. Importation : 3028161 fr. : exportation :3o6‘i569fr. La part de la France dans le commerce total de ces colonies est de 16,7 pour 10p.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ctgTNi, Mécanique
- Nouveau système protecteur pour scies circulaires. — Nous avons déjà indiqué, dans les Informations du n° 1758, du 2 février 1907, p. 73, la première attribution d’un prix de 5oo francs fondé en igo5 par Mrao VT0 Léon Droux, à M. H. Bouteloup, inspecteur principal aux ateliers des Batignolles de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, et à M. Lerosier, contre-
- Protecteur pour scie circulaire.
- maître aux mêmes ateliers, pour un nouveau système protecteur pour scies circulaires, dont ils sont tous deux inventeurs. La figure ci-dessus donne une vue d’ensemble de l’appareil qui comprend d’abord un couteau diviseur A placé à l’arrière de la scie ; celui-ci est destiné à empêcher certains bois de frotter le plateau de scie B et d’être entraînés par lui. L’appareil de MM. Bouteloup et Lerosier est muni, sur les faces du plateau, de deux papillons C mobiles autour d’axes fixes et soulevés par le bois de sciage pour le passage. En E, sur le devant de la denture, est une rigole qui emboîte celle-ci et qui peut s’effacer sous la table. Le mouvement du bois à scier rencontrant une butée F est la cause de cet effacement. Il en résulte que la scie ne se découvre qu’au moment où elle va être actionnée. A l’instant le plus dangereux du travail, la rigole E est soulevée et cache chaque dent au fur et à mesure qu’elle apparaît.
- Automobilisme
- Auto-Signal lumineux. — Nous avons déjà eu l’occasion de signaler un appareil de ce genre ici même. Celui dont nous allons parler est basé à peu près sur le même principe, bien que sa construction diffère. Il se place à l’arrière des voitures de manière à demeurer toujours très apparent dans n’importe quelle circonstance ; un commutateur électrique, placé à portée de la main du conducteur, l’actionne au moment voulu. L’appareil se compose d’une boîte à trois compartiments, chacun d’eux ayant reçu une petite lampe électrique reliée à un circuit
- Auto-signal lumineux.
- et étant fermé par une glace sur laquelle sont peints les trois signaux indiqués par la figure. Naturellement chaque lampe appartient à un circuit séparé et commandé par une des trois manettes du commutateur. Si le conducteur doit s’arrêter il rend apparent le signal « Stop » en actionnant la manette centrale. S’il veut tourner à gauche, par exemple, il actionnera la manette de gauche du commutateur et la fléché indicatrice du mouvement qui va être exécuté renseignera la voiture qui suit. Cet appareil, et tous ceux visant au même but, sont très in-
- téressants et devraient être adoptés par tous les automobilistes. — L’auto-signal est construit chez M. Desponts, i5o, rue Yictor-Hugo à Levallois-Perret, Seine.
- L’autoloc. — L’autoloc n’est pas une machine nouvelle; c’est presque un principe applicable à tout l’outillage mécanique en général. C’est un dispositif de blocage automatique qui se distingue de tous les systèmes connus pour la plupart basés sur le freinage d’un arbre au moyen de câbles ou de ressorts enroulés.
- Dans une cuvette cylindrique A se trouve une came B pivotant autour de l’axe C. La came est elliptique et entre cette surface et la cuvette sont placées deux billes D E séparées par un ressort à boudin F. En raison de la forme elliptique de la came, celle-ci est parfaitement bloquée et elle demeurera dans cet état, quel que soit l’effort agissant, tant que les billes occuperont la position de coincement. Cette position est obtenue par le ressort F qui maintient chaque bille au fond du canal annulaire. Si l’on monte sur cette came une pièce de raccord, celle-ci sera bloquée comme la came.
- Nous voici donc en possession d’un dispositif mécanique qu’il importe d’utiliser en déplaçant à volonté la position de blocage dans l’un ou l’autre sens de rotation. Pour cela, engageons une clé M ou levier de manœuvre autour du pivot C de la came ; cette clé porte deux tenons J et H qui occupent l’espace libre entre chaque bille et le bras G. Les tenons, mis en place, laissent un
- L’autoloc.
- faible jeu du côté des billes et un jeu un peu plus grand du côté opposé. Si l’on actionne le levier de manœuvre dans le sens des flèches par exemple, la joue J viendra tout d’abord en contact avec la bille E et la poussera en l’obligeant à comprimer le ressort. Voilà donc une bille décoincée et la came débloquée. En continuant le mouvement le tenon H viendra à son tour pousser le bras G et l’entraînera aussi longtemps qu’agira la force sur la joue J.
- Mais si l’on abandonne le levier de manœuvre, le ressort F réagit et refoule la bille E en opérant aussitôt le blocage de la came.
- On voit donc qu il est possible de bloquer le bras G en un point quelconque de la cuvette, dans les deux sens, et même réaliser un mouvement rotatif continu en obtenant en un point quelconque d’arrêt, l’irréversibilité absolue.
- L’autoloc est donc en réalité un appareil de verrouillage extrêmement simple très sûr et irréversible ; il est appelé à prendre la place de tous les dispositifs de roues à rochet et de secteurs dentés avec leurs encombrants accessoires : linguets, liges de commande, ressorts, etc. D’autre part, les résistances sont à peu près nulles et on peut considérer l’usure comme une quantité parfaitement négligeable. — L’autoloc se trouve à la Société française de l’Autoloc, 37, avenue de la Grande-Armée, à Paris.
- Suspension « Victoria ». — Ce système de suspension est applicable à tous les genres de véhicules, même aux wagons des chemins de fer. Chaque roue est articulée, non pas directement aux ressorts de la voiture, mais à un levier rigide L muni d’un ressort à boudin R compensateur et amortisseur des chocs reçus par la roue.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Une voiture munie de cette suspension réalise l’indépendance des roues et du châssis. Le levier L étant monté sur les essieux au moyen de joints à rotule, les essieux peuvent prendre toutes les positions et en même temps les roues peuvent se trouver sur quatre plans dénivelés de i5 à 20 centimètres sans que le châssis supporte les effets de ces dénivellations. On obtient ainsi une très grande souplesse, le ressort antagoniste S agissant comme un parfait amortisseur de chocs et un
- Suspension Victoria.
- modérateur de l’action du ressort de suspension R.
- L’inventeur de cette suspension estime, d’après les résultats obtenus sur une voiture Renault frères de 18 chevaux, que la suppression du pneumatique pourrait être réalisée sur les voitures de tourisme et remplacée par d’épais bandages en caoutchouc plein. On devrait alors renforcer l’essieu qui se trouverait, de par la suppression du pneu, exposé à des vibrations plus intenses. — La suspension Victoria se trouve aux ateliers de constructions mécaniques et électriques, 18, place de la Chapelle, Paris.
- Objets divers
- Parapluie de voyage pliant. — Par un temps de pluie continuel, analogue à celui que nous subissons en ce moment à Paris, il est difficile de se passer de parapluie. D’un autre côté, il est aussi difficile d’avoir toujours un parapluie. Un bon inventeur a prévu le cas et il a disposé un parapluie qui se plie facilement et peut même se porter dans un petit sac. La figure x montre les dispositions adoptées ; à la partie supérieure se trouve le parapluie à demi plié, et en bas est le sac
- Fig. I. — Le parapluie Fig. 2. — Le parapluie
- à demi plié. Le sac. déplié.
- pour le recevoir. L’opération du pliage est des plus simples; on ouvre un peu le parapluie, on rabat les branches, et on pousse le coulant du fond. On presse ensuite sur le ressort pour dépasser le point d’arrêt et on enfonce la canne dans le parapluie. Le déployage se fait aussi très facilement en allongeant la canne et en ramenant le coulant à la poignée ; on redresse un peu les branches et on ouvre. On peut aussi utiliser ce parapluie comme canne ; on a soin de mettre les bouts des branches dans le godet fixé à la poignée. — Le parapluie de voyage pliant se trouve chez M. Renaut fils, 4L boulevard de Strasbourg, à Paris (Xe arr.).
- Divers
- 2 lampes à incandescence de 4 volts. Plus loin on rencontre un sémaphore avertisseur en cas de brouillard (lîg. 2), muni d’une lanterne pouvant s’allumer, et monté sur une potence en fer ajouré, avec un signal à 2 verres
- Fis1. 1. — Sémaphore Fig. 2. — Sémaphore avertisseur avec 2 signaux mobiles. en cas de brouillard.
- de couleur. Au passage du train un déclenchement se produit et imite le bruit du pétard. A une certaine distance de là, nous voyons un autre sémaphore d'un
- Fig. 3. — Sémaphore avec 4. signaux.
- modèle très important à 4 signaux, avec 4 lampes électriques (fig. 3). On peut enfin assurer 1 éclairage de la voie avec des lampes électriques. La figure 4 donne une
- Accessoires pour chemins de fer. — Un des jeux les plus amusants consiste à imiter le trafic des chemins de fer en utilisant les divers accessoires qui se trouvent répartis de distance en distance sur la voie. On trouvera par exemple tout d’abord un sémaphore (fig. 1), d’une construction en fer ajouré avec 2 signaux mobiles et
- vue d’ensemble d’un reverbère avec une lanterne renfermant une lampe électrique de 4 volts; la figure 5 représente le modèle d’une potence avec un support pour lampe à arc avec une lampe de 4 volts. — Les différents accessoires se trouvent chez M. E. Chomeau, 46, rue de Rome, à Paris.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Le sommeil et les veilles. — Rien de plus pénible (ju'uue nuit d’insomnie; on s’agite dans son lit, on se ,eniue, on varie les positions, rien n’y fait, le sommeil ieluse de nous apporter son calme bienfaisant. Souvent l’insomnie n’est qu’apparente, en ce sens que survient de temps à autre un léger assoupissement ; l’insomnie n’est pas absolue; c’est un sommeil irrégulier, par fraction, qui repose moins qu’un sommeil prolongé plusieurs heures, mais qui repose cependant un peu. L’insomnie complète résultant de maladie ou simplement de veille amène un trouble marqué de l’équilibre thermique. Tous ceux qui ont eu à passer la nuit auprès d’une personne malade, ou pour terminer un travail pressant, ont besoin, vers le matin, de se remonter avec quelques aliments, quelques breuvages chauds ou cordiaux. On éprouve un v é ri table sentiment de froid à la fin de ces nuits de veille où les heures semblent plus lentes à tomber. La sensation s’accroît encore dans certaines circonstances des conditions morales qui ont nécessité la veillée. Cette sensation de refroidissement est-elle réelle ou imaginaire? S’agit-il réellement d’un abaissement de la température ou n’est-ce qu’une impression réflexe ? Le U1 Vàschide a cherché à préciser quelle influence pouvait avoir cette absence de sommeil sur la température du corps. Il a eu comme sujets d’expérience des infirmières, veilleuses de nuit; toutes en bonne santé, de vingt-quatre à trente ans qui se sont prêtées de bonne oràee à ces recherches. La veille était complète; prenant le service vers les neuf heures du soir, ces femmes le quittaient le matin, passant la nuit à surveiller les malades, allant d’une salle à l’aulre, montant des étages et ne s’arrêtant que de courts instants pour lire ou tenir un ouvrage de couture. Les températures relevées chez seize infirmières ont montré que la privation de sommeil provoque un abaissement constant delà température; cet abaissement plus marqué pour la température périphérique que pour la température intérieure, dépassait, dansla plupartdes cas,un degré, 35°, 6, aulieude 36°, 8 ou La variation est d’autant moindre qu’il y a eu plus de mouvements ; elle augmente si les veilles se multiplient et déj\, pour certains sujets très bien portants, à la seconde irait, l’abaissement se change en une élévation thermique ; il survient de la fièvre. Le premier effet physiologique du sommeil est donc d’entretenir l’équilibre thermique de l’organisme, quel que soit ce sommeil, profond, superficiel ou même simple assoupissement. Le résultat n’est pas aussi bou quand le sommeil est diurne au lieu d’être nocturne. On comprend aisément que la lumière, les bruits modifient la régularité et la profondeur du sommeil de jour, à moins d’une habitude prise, comme pour les typographes, les employés aux halles, en un mol tous ceux dont le travail s’accomplit pendant la nuit.
- Le Vioforme. — L’iodoforme serait à coup sûr le meilleur des antiseptiques et le plus approprié au pansement de toutes les plaies, s’il ne présentait deux graves inconvénients : son odeur pénétrante et tenace et sa toxicité. L’odeur est telle qu’un flacon débouché
- dans une pièce parfume, d’une façon très sensible, tout l’appartement. Quand on a touché à de la poudre, à de la gaze iodoformée, on conserve en dépit des lavages, l’odeur caractéristique pendant un assez long temps. L’autre inconvénient est plus grave, c’est qu’à certaines doses ou dans des cavités closes l’iodoforme détermine souvent de véritables empoisonnements. Ou a cherché à remplacer ce produit par des agents très divers, trau-rnatol, airol, acide phénique, lorétine, sans obtenir à beaucoup près les résultats que donnait l’iodoforme. Le produit connu sous le nom de vioforme, semble un succédané parfait de l’iodoforme ; employé depuis un certain temps dans les cliniques suisses et allemandes, il vient de faire l’objet de recherches très consciencieuses du D1 Piquaud, chef de clinique à la Charité. Le vioforme est un dérivé de la quinoléine, à base d’iode, comme l’iodoforme, l’iodo-oxyquinoléine. C’est une poudre de couleur gris jaunâtre, sans odeur ni saveur, qui ne s’altère pas à la lumière ni à l’humidité et qui présente cet avantage de résister à des températures élevées, au-dessus de ioo degrés, sans se décomposer, ce qui permet de l'aseptiser d’une façon parfaite. Notre confrère a employé le vioforme, sous différentes formes ; en poudre, tamisant directement sur la plaie la poudre; en pommade à base de vaseline, sous forme de gaze, comme les autres gazes médicamenteuses et dans tous les cas où il s’est servi de ce nouveau produit il a obtenu des résultats très heureux. Les cas de plaies ou d’ulcères pansés avec cet agent sont des plus variables ; on peut relever dans la liste des plaies contuses, des morsures, des ulcères de jambes, des lésions osseuses et des plaies récentes faites pour l’ablation de tumeurs. Dans aucun des cas ainsi traités, on n’a observé le moindre phénomène d’intoxication, la moindre irritation des téguments ou des tissus. Détail intéressant; deux malades qui éprouvaient, à la plus légère application d’iodo-forme, des accidents inflammatoires et des éruptions cutanées, ne ressentirent aucun inconvénient avec le vioforme.
- Cette poudre semble particulièrement indiquée dans le traitement de certaines brûlures. J’ai recommandé jadis contre les brûlures le pansement avec la solution d’acide picrique qui amène très rapidement le calme des douleurs et la guérison de la plaie. Mais l’acide picrique, en raison de sa toxicité, ne convient qu’aux brûlures superficielles, pas trop profondes et pas trop étendues ; il faut même n’en user qu’avec prudence chez les enfants. Dans les brûlures étendues le vioforme, en poudre ou en pommade au vingtième, désinfecte bien la plaie, l’assèche et favorise le bourgeonnement rapide; on peut ainsi ne pas renouveler trop souvent les pansements.
- J’ai dit que la toxicité du vioforme est très faible, il faut en effet une injection de plus de cinq grammes par kilogramme de poids de l’animal pour déterminer des phénomènes d’intolérance. Aucun antiseptique ne peut à ce point de vue lui être comparé Si l’on y joint l’absence d’odeur, son action puissamment désinfectante, on voit que ce médicament devra être dans bien des cas l’agent de choix. D1 A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- îs_> Photographie <m
- L’ozobrome. — H s’agit d’un nouveau procédé de tirage des épreuves positives, imaginé par M. Th. Man-lv ; ce procédé est fort intéressant parce qu’il permet d’obtenir de grandes images pigmentaires, dites au charbon, sans l’intervention de la lumière et sans cliché sur verre. On utilise une épreuve positive au bromure d argent, épreuve qui peut avoir été obtenue par agrandissement et que tous les amateurs font aujourd’hui de façon courante, avec les cônes vendus généralement
- comme complément des appareils à main donnant des clichés de petit format.
- Il ne faut employer que des épreuves (anciennes ou récentes) qui n’aient pas été virées, ni passées à l’alun ou au fixage acide. On prend donc une épreuve au bromure d’argent et, par-dessus, on applique un papier pigmentaire qu’on trouve couramment dans le commerce dans une gamme de teinte très variée, sous le nom de papier au charbon. Yoici comment on doit opérer : on place l’épreuve au bromure dans une cuvette d’eau froide face en dessus; dans une autre cuvette on met le papier pigmentaire, aussi face en dessus. Cette cuvette
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- contient une solution dont l’inventeur n’a pas publié la formule, mais qu’on peut remplacer par la solution suivante qui donne de très bons résultats :
- Eau..............................iooo cc.
- Bichromate de potassium .... 6,5 grammes.
- Ferricyauare de potassium ... 6,5 —
- Bromure de potassium......... 6,5 —
- Alun ordinaire.............. 3,5 —
- Acide citrique................... i —
- Quand le papier pigmentaire a séjourné environ une minute dans cette solution et qu’il en est bien imprégné, on le retire et on le transporte sur l’épreuve au bromure. Il faut opérer rapidement et sans qu il se produise de glissement, car l’action est rapide et l’image délini-tive serait floue. On passe une raclette en caoutchouc pour assurer l’adhérence, on essore au buvard et on laisse le contact se prolonger, sans pression, environ pendant x5 à 20 minutes; ce temps sera déterminé surtout par l’expérience après quelques essais et il devrait être prolongé si la solution indiquée ci-dessus était moins concentrée.
- Pour opérer la séparation des papiers, on peut procéder de deux façons différentes qui donnent des résultats entre lesquels on aura le choix ; dans l’un on a une épreuve pigmentaire par dessus l’épreuve au bromure d’argent; dans le second, on a une image formée par le pigment seul, et l’épreuve au bromure d’argent peut être utilisée pour une autre opération.
- Pour obtenir le premier résultat on immerge les deux papiers en contact dans l’eau chaude à 40 ou 43° centi-
- grades environ. Au bout de quelques instants, on soulève le papier pigmentaire par un angle et il se détache en abandonnant le pigment sur l’épreuve au bromure on jette ce papier et on place l’épreuve sur une plaque de verre ou de zinc, puis, dans l’eau tiède, on continue à dissoudre la gélatine restée soluble jusqu’à ce que l’image soit satisfaisante. Gomme l’image à 1 argent est restée par dessous à l’état latent, on peut, par la suite la faire apparaître plus ou moins au travers de la couché pigmentaire qui est demi transparente; il suffit p0Ul. cela d’agir sur elle par un développement ou un virage qu’on peut appliquer localement au pinceau, p'ar exemple, si l’on veut intensifier un ciel nuageux. C est là le côté intéressant de la première méthode.
- Dans l’autre façon d’opérer, le pigment se sépare complètement de 1 image argentique et reste sur sou support primitif. Pour cela, au lieu d’employer de l’eau chaude pour faire la séparation, on emploie de l’eau froide. Ou traite ensuite le papier pigmentaire tout à fait de la même façon que l’on traiterait un papier au charbon sortant du châssis-presse, maffi avec cette différence qu’on n’a à" faire qu’un simple transfert, puisque l’image se retrouvera dans son vrai sens après cette seule opération. Quant à l’épreuve au bromure elle se trouve très affaiblie, mais il suffira de la plonger dans un développement ordinaire pour qu’elle reprenne toute son intensité et elle pourra alors servir de nouveau à tirer de la même façon plusieurs autres épreuves pigmentaires. Ces procédés sont des plus intéressants et donnent de très bons résultats. G. M.
- RÉSUME MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en janvier 1907, par M. Th. Moureaux
- La pression barométrique, dont la moyenne mensuelle est très élevée, s’est tenue au-dessus de 770 mm pendant plus de xo jours consécutifs, du 11 à 10 heures au 21 à 22 heures. La température est sensiblement normale dans l’ensemble, mais très variable au cours du mois ; tandis que la moyenne dépasse 4° pour la période du ior au 19, elle tombe à o° pour les 12 derniers jours. Un abaissement très rapide de la tempéi’ature s’est produit du 22 au 23 par un vent très fort de l’Est; le 22 à
- 8 heures, le thermomètre était encore à -j- 2°,5, tandis qu il accusait —io°,4 le 23 à la même heure, soit une baisse de i2°,9 en 24 heures; la moyenne du 23, —90, est de xi°,2 inférieure à la normale de ce jour. Des chutes thermométriques aussi considérables, assez fréquentes en été, sont plutôt rares en hiver, où les grandes variations se présentent surtout dans le sens d’une hausse; il faut remonter jusqu’à décembre 1879, mois extraordinairement froid, pour rencontrer, dans un mois d’hiver, une baisse de plus de i3°en 24 heures. Le froid intense n’a d’ailleurs pas persisté, et, dès le 24, la température se relevait rapidement, comme elle avait fléchi la veille; aussi, bien que la terre ne fût pas couverte de neige, la température dans le sol à om,3o, n’est pas descendue à o°. Le total de l’eau provenant de la pluie et de la neige atteint à peine la moitié de la hauteur normale. Le niveau de la Marne s’est élevé à 4™,80 le 10, mais cette cote, légèrement supérieure à la cote de submersion, ne s’est pas maintenue, la rivière ayant décru ensuite lentement jusque vers la fin du mois.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 7G6mm,63; minimum absolu, 745mm,7 le 2 à i|ll2om; maximum absolu, 776””",5 le 12 à 2''iom; écart extrême, 3omm,8.
- Température. — Sous l’abri : moyenne des minima,
- — oq,65; des rnaxima, 5°,65; du mois, 2°,5o; des 24 heures, 2°,5o; minimum absolu, —io°,4 le 23; maximum absolu, io°,2 le 2 ; amplitude diurne : moyenne du mois, 6°,3o; minimum, 2°,3 le 15 ; maximum, 11°,8 le 22. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima,
- — 3°,77 ; des rnaxima, 8°,95 ; minimum absolu, —i4°,2 le 24; maximum absolu, i4°,8 le 17. — Dans le sol gazonné, moyennes du mois; pi’ofondeur om,3o : à
- 9 heures, 2°.6x; à 21 heures, 2°,7i; profondeur om,65 : à 9 heures, 3°,98 ; à 21 heures, 3°,94 ; profondeur 1 mètre : à 9 heures, 4°,93; à 21 heures, 4°,90. — De la Manie :
- moyenne le matin, 3°,07; le soir, 30,29; minimum, o0,9O le 1e1; maximum, 5°,20 le 19.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 4mm>79; minimum, xmm,2 le 23 à i5 hcures-16 heures; maximum, 8mm,x le 6 à i3 heures*.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 84,5; minimum, le 24 à 14’* 4om; maximum 100 en 12 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 7,04 ; ciel sans nuages le 20; complètement couvert les 1,8, xo, i3, 14, 15 et 28.
- Insolation : durée possible, 270 heures ; durée effective, 59ll,3 en x5 jours; rapport, 0,22.
- Pluie ou neige : total du mois, i7mm,8 en 32’‘2.
- Nombre de jours : de pluie ou neige, i3 ; de pluie ou neige inappréciable, 5; de neige, 5; de givre, 1; de grêle, 1 ; de grésil, 3 ; de gelée, 17 dont 11 consécutifs, du 18 au 28, et 1 sans dégel, le 23; de gelée blanche, 18; de brouillard, 8; de halos, 2; de brume, 2.
- Fréquence des vents : calmes, 29.
- N. . 48 S. E. . . 3 W . . . . 38
- N. N. E. • 57 S. S. E. . 0 W. N. W. 32
- N. E . . • 7° S. . . . 10 N. W . . 52
- E. N. E. . 61 S. s. w.. 116 N. N. W . 44
- E. . 33 s. w. . . 102
- E. S. E . . 16 w. s. w. 33
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 2.4 heures, 3ra,8 ; moyenne diurne la plus gi’ande, 8m,6 le 2 ; la plus faible, ora,4 le 9; vitesse maximum en x5 minutes, i4m,4 *e 2> de gh 30“ à 911 45ra par vent S. W.
- Electricité atmosphérique : moyenne des 24 heures (26 jours), 155 volts; moyenne diurne la plus grande, 264 volts le 4 ; la plus faible, 79 volts le 16 ; amplitude diurne, o,23; amplitude nocturne, 0,62.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 3“,62; minimum, 2m.Ô2 le icr; maximum, 4“,80 le 10. La rivière a légèrement débordé à cette date.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, -)-6ram,3o; température -j- o°,24 ; tension de la vapeur, — omm,n; humidité relative, —2,7; nébulosité, —0,11; pluie, — x 7,lim. 8.
- Taches solaires : 011 a suivi 18 taches ou groupes de taches en 16 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques : faibles les 7-8, 8-9> 11 et i5; assez forte le i4-
- Floraisons : Le 9, rose de Noël; le i4> nardosmia fragrans.
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- BIBLIOGRAPHIE
- inniial Baudry do Saunier 1907. Manuel général de l'industrie automobile. Paris, chez M. 11. Baudry, ‘20, rue Duret. 1 vol. in-8ü. Pi’ix : relié, 12 francs.
- Dans son millier de pages, l’Annual Baudry de Saunier 1907 forme comme celui de 1906 le meilleur répertoire de tout ce qui concerne : automobilisme, nautique et aéronautique : Adresses des industriels et des commerçants de l’automobile, français et étrangers, explication des expressions et termes techniques, liste des membres des Automobiles-Clubs, résultats des principales épreuves sportives, nouveautés de l’année, etc.
- I travers VAmérique du Sud. Equateur, Pérou, Amazonie, par J. Delebecque. Paris. Plon Nourrit et Ci0. 1 vol. in-16. Prix : 6 francs.
- Comme le dit joliment M. Marcel Dubois dans sa lettre préface, M. Delebecque raconte simplement dans son livre un voyage difficile et, sans surcharger son texte d’aventures rares, il y noie beaucoup d’ob-
- servations pleines de nouveauté. —Table des matières : Guayaquil, Le plateau interandin, Quito, Bafios et le Pastaza, Le Chemin du Chimborazo, La Côte du Pérou, Lima, La voie centrale du Pérou, Le Pichis et le Pachitea, L’Ucayali, L’Amazone. — Cartes : L’Equateur; Voies de communication entre le Pérou et les rivières amazoniennes; Voie centrale du Pérou; Amazonie. — Photographies.
- Anthologie coloniale (Pour faire aimer nos colonies). Morceaux choisis des écrivains français,'par Makius Aky Leblond. Paris. Librairie Larousse. 1 vol. in-16. Prix : broché, 3 francs.
- L.brary oj Congress. Report of the librarian of Congress and Report of the superintendent ofthe library building and grounds. Washington. Government printing office, 1906. 1 vol. in-8°.
- Report of the superindendent of the Coast and geodetic Survey, from july, 1, igo5 tojune, 3o, 1906.. Washington. Government printing office, 1906. 1 vol. in-40.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Dans lé n° 1760, du 16 février 1907, Supplément, p. g3, col. II, lig, i3, au lieu de : acide saponique, il faut : acide tannique.
- Renseignements. — M. C. G. Zissu, à Bustenari. — Pour les supports électromagnétiques que nous avons décrits dans la Science appliquée du n° 1757, du 26 janvier 1907, il faut vous adresser à M. Dubois, à Baisieux (Nord).
- M. Richon, au Cateau. — La pâte du frottoir des allumettes suédoises est composée comme suit : phosphore rouge, sulfure d’antimoine et colle forte ; il serait extrêmement dangereux et coûteux d’essayer d’en faire soi-même ; nous vous détournons vivement d’une telle tentative.
- M. le Marquis d’U., à Constantinople. — i° Le travail de M. Stéph.-Leduc est publié chez MM. Masson et C’13, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. — 20 Nous ne connaissons pas les marchands de marmaride ni de xilolide, mais vous pourriez sans doute obtenir ces produits par l’intermédiaire de MM. Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple, Paris. — 3° Moulures de style pour décoration d’appartement : dans les grands magasins comme le Louvre, le Bon Marché, etc., et chez Kiûeger, 74, faubourg Saint-Antoine, à Paris.
- M. A. L. F. B. 18. — La plupart des renseignements demandés sont d’une nature trop spécialement technique pour que nous puissions les donner avec rigueur : i° Pour l’impression sur maroquin et sur percaline, voir les manuels Roret du Chamoisier, etc., et de Y Impression sur étoffes, L. Mulo, éditeur, 12, rue Hautefeuille, Paris. La dorure y est traitée également, croyons-nous. En tout cas, vous pourriez essayer l’emploi de la mixtion à dorer qui est en vente chez tous les fournisseurs de peintres. — 20 Nous avons décrit dans La Nature (n° 1751, du i5 décembre 1906, p. 34) les plumes à poiuie de tantale. Leur prix nous est inconnu. On les trouve chez Siemens, Halske Akt. Gesellschaft, 3, Aska-nicher Platz, Berlin. — 3° Pour le raisin, veuillez vous adresser à MM. Vilmorin-Andrieux, quai de la Mégisserie, à Paris.
- M.. Marchand, à Bagnères-de-Bigorre. — i° Machines
- à graver sur verre, au jet de sable : M. Marchand, 126, route de la Révolte, Saint-Denis. — 20 Moulins à vent pour la production de l’électricité : M. Anceaux, 10, boulevard de la Bastille, Paris.
- Marquis de Gouvea, à Lisbonne. — Pour le Pleyela, décrit dans le nQ 1757, du 26 janvier 1907, veuillez vous adresser chez Pleyel et Ci0, 22, rue Rochechouart, Paris. Le Pianola, dont vous parlez, et le Pleyela 11e sont guère comparables entre eux et nous ne saurions vous indiquer l’un de préférence à l’autre.
- M. L. Rochet, à Burgos. — Eurygraphes Berthiot : chez Gaumont et Cio, fournitures pour photographie, 57, rue Saint-Roch, Paris.
- M. Caillaux, à Paris. — Pour le Vestosol, veuillez vous adresser à la Pharmacie centrale de France, 7, rue de Jouy, Paris.
- M. Guyot, à Paris. — Chauffe-bains au pétrole : Allez frères, x, rue Saint-Martin.
- M. Paillard, à Paris. — Encre à écrire sur le verre, chez MM. Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Témple, Paris.
- M. Melen, à Lœuilly. — Pour nettoyer les cuivres, et mettre le métal à vif, employer de l’acide chlorhydrique étendu d’eau et frotter les cuivres avec un chiffon trempé dans cette solution.
- M. P. R. G., à Angoulême. — x° Nous n’avons pu trouver jusqu’ici la statistique que vous demandez des écoles d’automobiles. — 20 On ne connaît pas encore le moyen d’éviter ce ronflement. *>
- M. II. Talmone, à Turin. — Pneus pour automobile : Construction et montage des automobiles (Manuel Roret), librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris.
- M. L. Radier à Huddersfîeld. — Votre projet d’auto-plane nous semble intéressant. Toutefois, nous avons pour l’ègle absolue de ne jamais présenter à nos lecteurs d’appareil qui îx’ait été construit et éprouvé par des essais sérieux. Tous nos regrets.
- M. C. Pélissier, à Genève. — Pour le mouche-bébé, décrit dans La Nature (n° 17 ^9 du 33 septembre 1906), veuillez vous adresser à la maison Collin, rue del’Ecole-de-Médecine, Paris.
- M. R. S., à Mons. — Nous avons lu les deux petites notes que vous avez rédigées sur les sous-marins et les aviateurs et ballons dirigeables : toutes deux sont claires, complètes et parfaitement exactes.
- M. P. Guillemaud, à Paris. — Le procédé le plus simple serait d’employer du verre armé, c’est-à-dire coulé sur un treillis de fil de fer à mailles larges : on en trouve partout.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE 1IË 0 A' 9 ÉTAT I)U CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 février. . . i°,5 S. S. w. 2. Très nuageux. 0,1 Prcq. couv. ; gouttes dans l’ap.-midi et la soirée.
- Mardi 19 7°,0 S. W. 3. Couvert. 0,0 Couvert; bruine à 6-7 h. ; lialo lunaire.
- .Mercredi 20 10°, 1 S W. 7. Couvert. 10,8 Couverl le malin; nuageux le soir; pluie le matin.
- Jeudi 21 3 ‘,9 N. W. 4. Ileau. 4,8 Nuag : gel. bl. ; averse à 0 b. 45; gouttes à 11 h. ; pV);s grésil et neige jusq. 14 h.
- Vendredi 22 ܰ,2 W. S. W. 3. Couverl. 0,2 Gel. bl. ; neige de 7 h. 20 à 9 b. : pluie line à 14 h.
- Samedi 25 ()’,() N. E. 2. Couvert. » Gelée blanche ; peu nuageux.
- Dimanche 2i — t°,0 Calme. Beau. » Gel. bl. ; givre ; halo ; parhélie; are cireuinzéniibal ; j ,Mi nuageux.
- FÉVRIER 1907. — SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 FEVRIER 1907.
- rbe supérieure indique la. nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent Les
- ; paisse, lés pressions barométriques (baromètre ramène à 0, au niveau de la mer); coût be plus mince, Ihumometie a labn a
- La court
- cou) be ep,».—, ... > ...—— - - - — -- .
- boule sèche ; courbe en pointdlé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du 18 au 23 février, le temps a encore été très variable. Le 18 février, la pression barométrique a été peu élevée sur tout le continent; elle dépassait 770 mm dans le Sud-Ouest, atteignait 767 mm à Paris, et présentait un minimum de 738 mm dans l’extrême Nord. Un vent faible des régions Ouest souillait sur nos côtes de la Manche et de l’Océan IL est tombé 7 mm d’eau à Belfort, 7 mm à Lyon, 2 mm à Nancy. La température était le matin 3° à Belfort, 4° à Paris, 6° à Toulouse, -—20 au Puy de Dôme, .-—6° au Pic du Midi, —8° au mont Yentoux. Le 19 février, les fortes pressions se sont retirées vers le Sud-Ouest de l’Europe; la pression barométrique était 772 mm à Madrid. Oa a recueilli 3 mm d’eau à Brest, 2 mm à Nancy, Charleville, Nantes, Biarrilz. Le thermomètre marquait le matin 70 à Paris, 90 à Nantes, ii° à Alger; on a observé —20 au Puy de Dôme, —4° au mont Aigoual, —90 au Pic du Midi. Dans la nuit du 19 au 20 février, une violente tempête a sévi sur l’Ouest de l’Europe, amenée par une grande dépression barométrique dont le centre était sur la mer du Nord; le matin, le baromètre marquait 745 mm à Cherbourg, 787 mm à Dunkerque. Les vents qui sont passés sur Paris du Sud-Ouest au Nord-Ouest atteignaient le matin à la Tour Saint-Jacques une vitesse de 82 km. à l’heuré. La pression barométrique à Paris a présenté le malin à 9 heures un minimum de 744 nam; à midi elle était 745,5 mm. On a recueilli i5 mm d’eau à Paris, i5 mm à Cherbourg, 19 mm à Nancy. La température
- était le matin io° à Paris, io° à Clermont, io° à Nantes, o° au mont Aigoual, — 5° au Pic du Midi. Le 21 février, les mauvais temps ont eu lieu sur tout le continent. La pression barométrique a baissé rapidement partout; à Paris, on a observé 752,7 mm. Les pluies ont été générales ; il est tombé 8 mm d’eau à Paris, 11 mm à Toulouse, 18 mm à Nancy. 23 mm à Besançon. Le thermomètre a marqué 4° ù Perpignan, 4e à Paris, — 70 au mont Aigoual, — 160 au Pic du Midi. La neige est tombée en abondance à Châlons-sur-Marne et à Remi-remont; à Paris, vers midi, la neige est également tombée en très grande abondance, mais elle a fondu dans l’après-midi. Le 22 février, la situation atmosphérique était troublée dans le Nord de l’Europe. Les pluies ont été générales en France; on a recueilli 4 m m d’eau à Besançon, 5 mm à Brest, 5 mm à Paris, 7 mm à Biarritz. L’abaissement de la température a été général; on notait —3° à Belfort, —20 à Clermont, o° à Paris, —90 au Puy de Dôme, —i3° au Pic du Midi. — 140 au mont Ventoux. Dans Paris, la Seine a subi sur les quais de Bercy une crue brusque et assez forte. Le 28 février, une dépression est apparue sur le golfe de Gascogne, où l’on a noté 755 mm; â Paris, la pression était 761 mm'. Il a encore plu à Nantes (17 mm), à Rochefort (5 mm), à Nancy (3 mm), à Brest (3 mm). La température était le matin —40 à Belfort, o° à Lyon, o° à Paris, 20 à Toulouse. —3° au mont Aigoual, —70 au Pic du Midi. Le 24 février, la crue de la Seine à Paris atteignait une hauteur de om,8o ; les cotes étaient : pont d’Austerlitz 3m,7o, pont de la Tournelle, 3m,6o, pont Royal 4m,7Q.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 20 à 4 h. 44 m• du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- . - • Professeur à l’Ecole supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF î E -A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal , 120, "Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VJe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1763 (9 MARS 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- M.Ch. Lartigue. — On annonce ra mort de M. Ch. Lartigue, ingénieùr civil, inventeur du chemin de fer à rail unique surélevé.
- La neige dans les Alpes. — M. David Martin, conservateur du musée de Gap (Hautes-Alpes) nous informe que la neige tombe cet hiver, sur les montagnes du Dauphiné, avec une abondance qu’on n’avait pas vue depuis 5o. ans. Il est à espérer que cela procurera un nouvel aliment aux glaciers et aux sources depuis tant d’années en voie de décroissance.
- Nouveaux wagons postaux. — M. Simyau, sous-secrétaire d’Etat des postes et télégraphes, M. Estaunié, directeur du matériel, et M. Dennery, ont inauguré le 26 février dans la soirée un des nouveaux modèles de wagon postal ambulant qui a été construit d’après les plans du comité technique des postes. Ce wagon a été attaché au train express Paris-Nantes qui part de Paris à 9 heures et demie du soir. Ces nouvelles voitures ont une longueur de 18 mètres, leur suspension est à boggies ; elles sont éclairées par 24 lampes électriques alimentées par une dynamo , placée sous le châssis ; le chauffage est assuré par uu calorifère et un thermo-siphon. Des modèles de ces wagons seront prochainement en service sur les lignes de Bretagne, Bordeaux, Toulouse et le Midi.
- Le Canada en 1906. •— Dans une fort curieuse conférence à la Société degéographie(ior mars), M. J. Lion-net a rappelé qu’en 1763 les Français étaient au Canada au nombre de 69000 seulement. En 1906 il y en avait 3 000 000, dont moitié aux Etats-Unis et moitié dans les provinces orientales du Dominion, surtout celle de Québec. En 1890, une certaine loi Mercier voulant exonérer les familles de 12 enfants a révélé l’existence de 45oo familles peu fortunées (les opulentes ne se sont point déclarées) possédant au moins ce chiffre de rejetons. Une femme d’Ottawa a eu 29 enfants dont 14 vivants ; une autre, de Québec, 23 enfants tous vivants. La prospérité de la race française au Canada est due à la sélection rationnelle et soignée avec laquelle les premiers colons furent jadis choisis dans les provinces de France, surtout celles de l’Ouest. Une Société du « parler français » conserve religieusement et purement notre langue au Canada.
- Honoraires médicaux. — Le procès Doyen-Crocker vient d’être jugé en faveur du célèbre chirurgien qui garde la somme de 100000 francs qu’il avait; demandée pour le traitement de la malade. Des honoraires aussi importants sont rares; cependant on peut citer, en Amé-
- rique notamment, des prix aussi élevés. Le chirurgien Lorenz reçut 125 000 francs et les frais de voyage pour le traitement d’une luxation congénitale de la hanche chez une riche Américaine. Un chirurgien de Philadelphie envoya aux exécuteurs testamentaires du sénateur Maggie une note de 38ooo livres sterling, .près.d’un million; on ne dit pas que la note ait. été soldée intégralement. Le professeur Kelley, de Baltimore, reçut 5ooo francs par .jour .(pour 21 jours de traitement) de la femme d’un riche propriétaire de mines. Mac Lane Tiffany toucha 5oooo francs pour, une opération; Chambers, 25ooo francs. En France, le professeur Depaul, qui était allé au Brésil accoucher la princesse héritière, eut des honoraires de 200000 francs. Le Dr Morell Mackenzie toucha, dit-on, la même somme pour les soins donnés à l’empereur Frédéric. A une époque où l’argent avait plus de valeur que maintenant, quelques médecins avaient reçu des honoraires princiers, c’est le cas de le dire. L’accouchement de Marie-Louise rapporta à Dubois, en dehors des titres, honneurs et cadeaux, un don de 100000 francs.
- Les turbines à vapeur dans les mines. — Nous avons déjà signalé les applications de la turbine à vapeur dans les exploitations minières, et notamment les applications réalisées aux mines de Lens, de Maries, de Liévin, de Roche-la-Molière et Firminy. La Société des Mines de Jany a commandé 3 turbo-alternateurs à courants triphasés dont deux de 1200 chevaux et le troisième de 600 chevaux. Ces turbo-alternateurs, comme ceux mentionnés plus haut, sont du système Brown, Boveri, Parsons, et sont construits dans les ateliers de la C‘e Electro-mécanique au Bourget (Seine).
- La détérioration graduelle de la nitrocellulose en magasin. — Deux chimistes anglais, MM. Silberrad et Farnier, viennent d’étudier les modifications que subit la nitrocellulose lorsqu’on la conserve longtemps en magasin Au point de vue des altérations physiques, les plus importantes consistent dans la production de vapeurs nitreuses qui attaquent les enveloppes des cartouches de dynamite et détruisent les matières, colorantes dont elles sont teintes. Quand on emploie une enveloppe de caoutchouc vulcanisé, le soufre de celui-ci est oxydé à l’état d’àcide sulfurique et la décomposition est rendue plus active. L’apparence extérieure du produit se modifie plus ou moins, suivant que l’air est humide ou sec ; dans l’air sec ou chaud, le produit diminue de volume et s’effrite ; dans l’air humide, il se forme des corps acides, la surface devient gommeuse; la cellulose s’oxyde eu se transformant en acide oxalique qui cristallise dans l’in-
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- INFORMATIONS
- térieur du produit et qui empêche la combustion. La vitesse de la décomposition est beaucoup plus grande dans l’air humide que dans l’air sec et elle augmente avec la température. Ces différentes constatations sont des plus intéressantes au point de vue de la conservation des explosifs; les auteurs sont d’avis que les explosifs préparés avec les précautions modernes sont indéfiniment stables au-dessous de i5°,g.
- Nouvelle théorie de la cause des périodes glaciaires. — Elle est trop ingénieusement curieuse, pour ne pas être au moins mentionnée. C’est le D‘ Otlo Jaekel qui l’a formulée dans le rapport mensuel de la Société géologique allemande (190S, p. 229). Avant la grande glaciation post-tertiaire (d’Allemagne et de l’Europe centrale) on aurait trouvé les traces d’une précédente (en d’autres pays) d’àge permien; même, des géologues australiens tiennent pour possible une glaciation cambi'ienne. Leur cause efficiente n’est pas suffisamment expliquée par un phénomène astronomique, de périodicité relativement courte, tel que la variation de l’excentricité de l’orbite terrestre, ou le passage de la lumière solaire du blanc au jaune (hypothèse d’Eugène Dubois). Comme Spiller, en 1870, et Zôppritz, en igo3, le Dr jaekel se demande si l’émission des nébuleuses originaires de Vénus et de Mercure par le soleil (selon l’hypothèse de Laplace) n’aurait pas eu pour résultat, durant la réduction de ces deux amas vers l’état de planètes, de les interposer comme un écran entre la terre et le soleil, et par conséquent d’arrêter ou refroidir les rayons de celui-ci pour notre globe. Ainsi s’expliqueraient les deux glaciations post-tertiaire et permienne. Si la cambrienne est réelle, l’émission correspondante d’une autre nébuleuse renforcerait la théorie de la fameuse planète intra-mercurielle ! Le Dr Jaekel justifie son hypothèse par cette considération que les taches solaires réduisent la chaleur de ses rayons (?)
- Projets d’irrigation en Perse. — Il paraitrait que l’ingénieur en chef Graadt van Roggen, qui est au service du Gouvernement persan, vient de faire un long séjour d’études sur les bords de la fameuse rivière Karoun, en vue de dresser un projet qui rendrait productrice au point de vue agricole la région située au sud d’Ahvaz. Jadis une digue avait été construite en travers de la Karoun, et elle distribuait les eaux dans tout le pays, qui avait une réputation pour la production de la canne à sucre. Cette digue fut détruite au xiii0 siècle, et, depuis lors, le pays est absolument infertile et nu. On reconstruirait le barrage au même endroit, et l’on établirait des écluses et des canalisations pour assurer une bonne répartition des eaux. Cela aurait de plus l’avantage d’améliorer la navigation de la rivière, du fait de la retenue. On a même ia pensée d’utiliser la chute créée pour engendrer une puissance motrice importante. L’exécution de ce projet entraînerait une dépense de 3o millions.
- Sur la diffusion du nickel et du cobalt dans la nature. — Dernièrement M. Kraut a recherché, par des réactions très sensibles, la présence du nickel et du cobalt dans différents corps minéraux. Il a pu caractériser le nickel, à l’état de traces, dans les cendres des tourbes de différents pays du Hanovre; dans quelques houilles, dans les terrains volcaniques du Vésuve. Dans quelques-unes de ces tourbes et de ces houilles, le nickel était accompagné de traces de cobalt.
- Les installations électriques des usines Krupp.
- — Les établissements d’Essen possèdent six génératrices commandées par la vapeur, fournissant du courant continu sous 110 volts, et 9 autres à 55o volts, représentant ensemble 5,o5o kilowatts, puis 2 turbo-génératrices fournissant, elles, du courant alternatif à 5ooo volts, et représentant 3200 kilowatts. La longueur totale des câbles qui assurent la distribution du courant pour la lumière et la force motrice est de près de j5 kilomètres. On compte dans les aciéries g5o moteurs, équivalant à un total de 16000 chevaux-vapeur, puis 1760 lampes à arc et i5 5oo lampes à incandescence. Dans les mines Friedrich Alfred, qui dépendent des établissements Krupp, à Rheinhausen, le courant est fourni par 5 dynamos commandées par des moteurs à gaz, fournissant du courant à 520 volts, et 2 dynamos à vapeur du même genre. Cela donne en tout 8470 kilowatts. La longueur des canalisations dans ces mines est de 24 kilomètres à peu près; on y trouve qio moteurs représentant une
- puissance d’ensemble de 14 600 chevaux, puis 5oo lampes à arc et 4600 lampes à incandescence.
- L’Afrique occidentale française en 1905. — Voici les principaux des chiffres publiés par V Office colonial sur le mouvement du commerce en 1905 dans le Gouvernement général de l’Afrique occidentale (Sénégal, Haut-Sénégal, Niger, Guinée française, Côte d’ivoire, Dahomey). Commerce total : 153076371 francs (diminution de 2876932 francs sur 1904, mais augmentation de 18893743 francs sur la moyenne quinquennale antérieure à cette dernière année). Importation : 96867 453 fr.: exportation : 56207918 francs. La France entre pour 45,2 pour 100 dans le commerce total de cette colonie.
- Exportation du henequen du Yucatan. (V. n° 1710, 14 avril 1906). — En 1906, l’exportation s’est élevée à 96534196 kilogrammes, se répartissant entre les pays suivants : Etats-Unis g3 744 ^42 kg> Cuba 1475 868 kg, Canada 547 o38 kg, Allemagne 25o3o2 kg, Grande-Bretagne 2o5 185 kg, France 179003 kg, Belgique i32 258 kg. Les planteurs se livrent de plus en plus à la culture si fructueuse du henequen.
- La production du sucre en Europe. — Voici d’après le Journal de l’Agriculture, la production du sucre en Europe pour la campagne 1906-1907 en tonnes de sucre brut; les chiffres entre parenthèses, indiquent le nombre de fabriques en activité : Allemagne: 16726425 (371); Russie : 1 4^0200 (278); Autriche-Hongrie :
- i 334 ioo (206); France : 731900 (177); Belgique :
- 279200 (82); Hollande: (176400); Suède: 157667(19); Italie : 112 000 (32) ; Danemark : 66 000 (7).
- Les Juifs de l’Afrique du Nord. — M“° A. Drzewina, en analysant dans Y Anthropologie un travail de M. Fish-berg, donne d’intéressants détails sur les caractères physiques qui différencient les juifs de l’Afrique du Nord des juifs d’Europe : iü les juifs blonds sont six fois plus abondants environ en Europe qu’en Afrique; — 20 Les yeux des juifs africains sont plus foncés que ceux de leurs coreligionnaires européens ; — 3° Brachy-céphalie en Europe, dolichocéphalie en Afrique du Nord ; — 4° Nez aquilin beaucoup plus rare encore chez les juifs d’Afrique que chez les juifs d’Europe, où, quoi qu’on pense généralement, ce caractère est loin d’être un trait commun.
- La minoterie en Espagne. — D’après M. Joseph Pela, conseiller du commerce extérieur de la France â Alicante, le npmbre des fabriques de farines est actuellement de 7757 et le nombre des moulins de ioo35. Beaucoup sont installées avec tous les perfectionnements : d’autres moulent encore les blés avec les roues en pierre elles repassent avec des cylindres. Les moteurs hydrauliques sont utilisés dans une proportion de 60 pour 100, les moteurs à vapeur de 20 pour 100, les moteurs à gaz de 5 pour 100 ; les autres minoteries ont recours au gaz et à la vapeur indistinctement, quelques-unes à l’électricité. La puissance de la force motrice totale utilisée est environ de 253g5o chevaux; le nombre d’ouvriers est de 85 000. Le rendement moyen des farines est dans les fabriques à système complet de 78 à 80 pour 100 pour la panification, dans les fabriques à système mixte de 74 à 76 pour 100, dans les fabriques à vieux système de 70 à 73 pour 100. La production moyenne annuelle des minoteries d’Espagne est environ 2400000 tonnes, en comptant 8000 tonnes par jour et 3oo jours de travail. Pour cette production, on utilise 3i millions de quintaux métriques de blés. Les farines les plus x’éputées sont les farines de Castille.
- Analyse optique des gaz industriels. — Le professeur F. Haber et le Dr Lowe, de la grande fabrique de verres d’optique Zeiss, ont imaginé un nouvel instrument pour l’analyse des gaz industriels. C’est un réfrac-tomèlre basé sur un principe appliqué déjà par Dulong dans ses recherches en 1826.
- Croiseurs anglais. — On vient de procéder aux essais du croiseur anglais Cochrane, qui porte six pièces de 23 centimètres et 4 de 18 centimètres; sa longueuf est de 146 mètres; son déplacement de i3 55o tonnes. Il est doté d’une double machinerie à triple expansion et 4 cylindres. Pour une puissance de 4900 chevaux seulement, il a donné une allure de i4,3o nœuds, puis de 21,37 avec 16 000 chevaux ; et à pleine puissance, c’est-à-dire 23 65o chevaux, son allure a atteint 23,3o nœuds.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Ctg'JsS» Outils divers
- Couteau à outils multiples. — Ce nouveau couteau dont les côtés sont en métal inoxydable « platinoïd » est un récent modèle de la coutellerie de Sheffield. Sous un très faible volume, il renferme une série d’outils que l’on peut très facilement reconnaître sur la figure ci-jointe et qui sont : une lame de couteau, une scie avec un tournevis à l’extrémité, une lime, une pince à écrous
- Couteau à outils multiples.
- dont le manche présente un crochet afin de pouvoir faire pénétrer facilement une petite pointe dans l’intérieur du couteau et le fixer aisément. Nous trouvons encore à droite un poinçon et sur le côté gauche un poinçon triangulaire et un tire-bouchon. L’ensemble de tous ces appareils réunis en un si petit volume est des plus intéressants. Ajoutons que le couteau porte un anneau pour être suspendu à une chaîne. — Le couteau à outils multiples se trouve chez MM. Kirby, Béard et C°, 5, rue Auber, à Paris.
- Outil à divers usages. — Dans tous les ménages, comme dans tous les ateliers, on a besoin d’un outil qui réponde à divers buts et se prête à plusieurs usages. C’est un outil semblable à celui que montre la figure ci-
- Outil à divers usages.
- jointe qui est nécessaire. Il est à la fois marteau, hachette, ciseau à froid, et devient encore un outil au moment où il est le plus nécessaire. Il ne porte pas de nom à ce moment-là ; mais on l’utilise et on apprécie tous ses services. — L’outil à divers usages se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Nouvelle lime fraiseuse à main. — Nous avons eu dernièrement l’occasion d’essayer des nouvelles limes qui constituent de véritables fraiseuses à main. Leurs dents sont de forme circulaire ; elles se taillent par un procédé qui donne à la dent une grande solidité sur sa base. Comme le montre notre figure à gauche, elles se composent d’une lame interchangeable, utilisable sur les deux côtés, et d’un dossier inusable qui sert de support à la lame. Cette lime a un champ large de coupe. Le coup de lime est toujours assuré, sans crainte de glissement. Nous donnons un aperçu des différentes tailles que l’on peut demander, large, moyenne, fine, et spéciale pour le travail du bois. Avec ce nouvel outil, on peut limer le fer, la fonte, le bronze, et tous les aciers dans de
- bonnes conditions ; on évite souvent l’emploi de la meule et du tour pour quelques pièces que des coups de lime remettent facilement en état. La lime travaille sur les surfaces grasses, sur l’aluminium et ses alliages, sur le bois et sur le marbre. Elle se retaille facilement, et après sa durée est aussi longue que si elle était neuve. Cette lime permet de réaliser de réelles économies. Nous
- ajouterons enfin qu’il existe une quatrième taille d’un côté qui. est utilisée pour usages particuliers, tels que la préparation des lingots de plomb pour le laminage, la taille des pierres, de l’ardoise, etc. — La nouvelle lime fraiseuse à main se trouve à la Société anonyme de la nouvelle lime, 37, boulevard Haussmann, à Paris.
- Un nouveau type de couteau-hachoir. — Il est de
- construction facile, et l’on pourra l’exécuter soi-même, si l’on connaît un peu les travaux d’amateur, ou tout au moins le faire construire par le premier serrurier venu : nous serions du reste assez embarrassé d’indiquer le nom d’une maison le construisant couramment.
- Comme on peut le voir en se reportant au double dessin que nous donnons de cet ustensile, la lame tran-
- Nouveau type de couteau-liaclioir.
- chante n’est pas montée directement sur le manche qui assure son abaissement : elle est montée sur une pièce métallique de forme un peu particulière, que fait suffisamment comprendre le dessin, et qui, elle, est reliée par un pivot métallique, vers le premier tiers de sa longueur, à la lame formant manche. Cette pièce présente un angle étudié pour assurer le mouvement d’abaissement vertical régulier du couteau, quand il n’est plus qu’à une assez faible distance du plateau sur lequel se
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- fait le hachage, et qui sert de base à l’appareil. De plus, elle offre à sa partie arrière une coulisse, dans laquelle est engagée une cheville, traversant les deux petits montants métalliques et verticaux qui font pendant aux deux autres de gauche, où pivote le bout de ce que nous avons appelé le manche. On comprend que, dans ces conditions, quand on abaisse ce manche, il arrive un moment où le couteau descend à la fois par abaissement du pivot le reliant au manche, et aussi par glissement de la cheville dans la coulisse. C’est donc dire qu’il s’abaisse en demeurant presque parallèle à iui-même; et ce fonctionnement peut avoir des avantages dans maintes circonstances.
- Manche universel. — Les manches en bois sont tellement employés en France pour les ciseaux, les tournevis, les poinçons, etc., etc., qu’il semble bizarre au premier abord de songer à les remplacer par autre chose. Mais ils ont l’inconvénient de nécessiter une fabrication relativement compliquée; d’autre part, quand un instrument est monté dans un manche de bois, il y
- Manche universel.
- est généralement de façon fixe, et il faut par conséquent autant de manches que d’outils. Voici, au contraire, un manche qui se fabrique facilement, puisqu’il est fait de fonte malléable ; qui est léger (car il est creux) ; qui donne solidement prise à la main à cause des ses ajourages; et qui peut servir aux outils les plus divers. On les y monte, en effet, instantanément, et de façon très rigide, à l’aide d’une douille et d’un petit étrier avec vis de pression, permettant de serrer solidement en place la queue de l’outil.
- Divers
- Nouvelle borne-fontaine. — Elle a été imaginée par M. Questienne, directeur des travaux de la ville de Huy, pour remplacer les bornes à éjecteur ou à purgeur, et ne pas présenter leurs inconvénients accoutumés.
- L’appareil, dont nous donnons trois coupes dans des positions différentes, comprend une partie fixe formant
- Borne-fontaine dans ses trois positions.
- corps cylindrique creux abc C, raccordé par la tubulure h avec l’arrivée d’eau, et par la tubulure i avec le tuyau.de départ aboutissant au dégorgeoir de là borné. Il y a, en second lieu, une partie mobile formée de trois pistons pleins e, /', g, montés sur une même tige de commande; les deux premiers, e et /, sont munis d’un cuir embouti, fixe pour e, mobile pour /, et ont même diamètre ; ils glissent à frottement doux dans les parties cylindriques a et c du corps. Le piston / peut d’ailleurs se dégager du cylindre c pour se loger dans la cavité b. Quant au piston g, de plus fort diamètre
- que les deux autres, il se meut dans le cylindre G; une bague roulante en caoutchouc forme joint étanche entre les deux pièces. Dans la première figure, la borne est représentée ouverte, et l’eau qui arrive en h, comme nous l’avons dit, traverse l’appareil en contournant le piston /'dans l’évasement b; cette eau est évacuée par i. Si l’on abandonne la tige de commande à elle-même, lu pression de l’eau sur le piston g assure l’abaissement de cette tige, et le piston /.rejoignant la partie cylindrique c, s’y engage. Il va de soi que la borne cesse alors de fonctionner, puisque toute communication est interrompue entre l’arrivée et le départ. Grâce au poids des pièces mobiles, la descente continue jusqu’à ce que la tige de commande soit à fond. En descendant, le piston g crée un vide au-dessus de lui; et, dans ce vide vient se loger l’eau contenue dans le tuyau de départ. La capacité engendrée par le piston g est calculée de telle manière que ce tuyau se vide totalement, et il ne peut se produire de congélation.
- Quand, au puisage suivant, on lèvera la tige de commande, le piston g, dans son mouvement ascensionnel, chassera devant lui l’eau emmagasinée dans le cylindre C; celui-ci se videra, et pourra de nouveau remplir son rôle au moment voulu. Pour permettre le mouvement du piston g, une ouverture ménagée au bas du cylindre C laisse échapper l’air que ce piston refoule dans sa descente. La description se complète très simplement par les deux autres figures que nous donnons, et qui représentent, l’une la borne fermée mais le tuyau de sortie encore rempli d’eau, l’autre la borne fermée également mais la sortie évacuée, l’eau ayant été aspirée dans le cylindre inférieur.
- Cet appareil ne peut pas donner lieu à des pertes d’eau; il n’y a pas de soupapes ni de fuites; pas de fermeture brusque et pas de coup de bélier; pas de contact entre l’air de la cuvette et l’eau de vidange : donc-pas de contamination possible. Reste la question de savoir si la bague roulante en caoutchouc n’aura pas besoin de réparations fréquentes, ou de remplacements, comme les cuirs.
- Veilleuse pratique. — On cherche souvent un modèle pratique et économique de veilleuse. Le modèle que représente la figure ci-jointe a l’avantage d’être à essence et très économique; la dépense pour 24 heures de consommation ne dépasse pas 4 cm. Elle consiste en un récipient cylindrique dans lequel plonge la mèche. On peut à volonté, en déplaçant un tube qui entoure la
- Veilleuse pratique.
- mèche, faire monter la flamme de façon à la rendre haute et claire, ou la faire baisser dé façon à la faire presque disparaître. Entre ces deux extrêmes, il est un point que l’on obtient par un simple réglage et qui donne toute satisfaction. La lampe est complétée par un verre de couleur bleuâtre qui ajoute encore à la lumière discrète que l’on demande à une veilleuse de ce genre. — La veilleuse pratique se trouve à la même adresse que l’outil à divers usages.
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- HYGIÈNE ET SANTE
- La contagiosité de la scarlatine. — C’est une opinion courante dans le public que la scarlatine n est contagieuse qu’à la période de desquamation, au moment 0ù le malade, comme on dit, pèle. La rougeole, chacun ]e sait, est contagieuse avant même l’apparition de 1 éruption; quand l’enfant commence à moucher, tousser, à avoir les yeux larmoyants, l’infection est établie chez lui et dès ce moment il est sujet à infecter les autres. Pour la scarlatine, on ne croyait pas le début contagieux et l’opinion courante dans le public était bien aussi celle de bon nombre de médecins. Eh bien, cette opinion est erronée et la scarlatine est contagieuse dès le début de la période d’invasion, avant l’apparition de l'éruption, qui est cependant bien rapide; quand le malade est atteint de l’angine précurseur, il est con-ligieux.
- Le médecin-major Boisson, qui a étudié avec soin les phases d’une épidémie de scarlatine survenue l’année dernière à l’hôpital du Val-de-Grâce, a pu préciser des laits qui n’étaient pas acceptés sans conteste. Pour lui, et les cas qu’il a examinés ont été, à cet égard, des plus probants, ce sont les produits bucco-pharyngés qui sont les agents de la contagion. Le point de départ du contage est dans la gorge et c’est dans la gorge qu’il persiste, même après la disparition de l’angine, pendant la plus grande partie de la maladie. Ce n est pas à dire que la transmission de la scarlatine ne puisse se faire par les squames, par les débris de peau; les faits sont là pour le prouver. Mais, d’après M. Boisson, les squames n’ont été que le réceptacle du germe qui provient manifestement de la bouche. Les observations très précises de notre confrère ont permis une autre constatation qui a son importance au point de vue de la prophylaxie, c’est que, à quelques heures pi'ès, la durée de l’incubation de la scarlatine dure quatre jours.
- Les boissons chaudes pour les dyspeptiques. — La
- thérapeutique des affections stomacales se réclame autant de l’hygiène alimentaire que des médicaments. Parmi res préceptes hygiéniques, il en est'un de pratique courante aujourd’hui, c’est l’ingestion de boissons chaudes à la fin du repas et parfois même au cours du repas. Ces boissons chaudes ont pour effet assez constant de calmer l’hyperesthésie de l’estomac, de faire disparaître le sentiment de cuisson, de pyrosis; elles augmentent la tonicité musculaire de la poche stomacale et favorisent les sécrétions destinées à la digestion. 11 y a donc tout profit à user de ces infusions chaudes; mais quelles plantes, quels arômes doivent entrer dans la composition de cette infusion? La mode est aujourd’hui à la camomille; j’ai conseillé une plante plus parfumée et jouissant de propriétés carminatives plus efficaces, l’anis vert.
- Notre confrère Léon Meunier, ayant plus en vue les malades que les bien portants, conseille une boisson chaude qui ne soit pas seulement agréable, mais en même temps utile, en aidant à la formation de la dias-tase, le ferment salivaire, trop souvent supprimé ou annihilé par une mastication incomplète ou trop rapide. L’infusion d’orge germée remplirait ce but; mais non une décoction, il faut une vraie infusion, car avec l’eau bouillante les ferments de l’amidon sont supprimés. 11 ue faut pas que l’eau dépasse la température de 70 degrés ; on a, avec la dissolution de matières sucrées, une solution de diastases extrêmement active et qui aidera à la digestion.
- Pour préparer cette infusion, notre collègue conseille de traiter une cuillère à soupe d’orge germée par un verre d’eau à 70 degrés, en faisant passer l’eau sur l’orge, comme l’eau sur le café, dans un filtre. L’infusion n’a rien de désagréable, et prise après le repas, ou même pendaut le repas, elle remédiera aux troubles digestifs causés par un repas trop précipité.
- Les dents à l’école. — Je ne veux pas reprendre une question qui a été maintes fois traitée dans ce journal et mise en évidence par les hygiénistes, l’importance des soins de la bouche et de ‘la denture. Par rapport aux
- soins des temps jadis, il y a certainement des progrès.
- Mais combien reste-t-il à faire pour obtenir cette propreté de la bouche qui assure la conservation des dents, le facteur primordial de la digestion par la mastication, qui assure la prophylaxie de bien des maladies, lesquelles trouvent dans le milieu infecté de la bouche uq. terrain propre à leur évolution. Voici quelques documents empruntés aux rapports des inspecteurs de l’hygiène scolaire à Londres qui méritent d’attirer l’attention. Changez les noms des écoles, mettez que cela se passe dans nos grandes villes et dans nos campagnes et vous pouvez être assurés que les statistiques ne seraient pas, chez nous, souvent, plus brillantes que chez nos voisins. Sur mille enfants examinés, le Dr Marion limiter en compte seulement deux qui se sei'vent d’une brosse à dents. Sur 6000 enfants, le Dr Rowntree trouve la même proportion avec cette, dillérence que quelques-uns, parmi les plus âgés, se brossent les dents le dimanche. Dans trois classes de Dulwich, le Dr Niall, faisant une inspection sommaire, trouve que 3o pour 100 seulement des enfants de 9 à 10 ans sont exempts de carie. Sur 4‘2° enfants d’une autre école, le Dr Hanson trouve qu’on aurait eu à soigner 1048 dents et en arracher 1086, soit environ cinq à six dents malades par sujet.
- Un relevé très complet du Dr Wallis, chirurgien dentaire des écoles industrielles, donne à peu près les mêmes résultats. L’examen a été fait avec le plus grand soin, au moyen de la sonde et du miroir dentaire, chez 245 enfants de 9 à 12 ans. Chacun de ces enfants présentait une proportion de 3,9 pour 100 de dents de lait, et 2,8 de dents permanentes atteintes de carie. A de rarissimes exceptions aucun de ces écoliers ne se servait de brosse et n’avait reçu des soins d’un dentiste.
- Ces chiffres parlent d’eux-mêmes; à part quelques pays où les enfa'nts des écoles sont soumis régulièrement à la visite du dentiste, c’est à peu près partout la même chose. Et c’est cependant dans le jeune âge que ces^ soins sont le plus importants pour prévenir les altéra-’ tions souvent irréparables ou difficilement et coûteusement réparables des dents de la seconde dentition. Si l’on se reporte à cinquante ans en arrière, bien des progrès ont été accomplis ; à cette époque, quand on souffrait d’une dent, on avait l'aison du mal avec le pied de biche ou avec la clef de Garengeot; on enlevait la dent et tout était dit. Aujourd’hui les cliniques dentaires hospitalières ou privées sont nombreuses. On peut se faire soigner à peu de frais : veillez donc sur les dents des enfants, apprenez-leur de bonne heure à prendre des soins journaliers de la bouche. Ce côté spécial de l’hygiène n’est pas mis en pratique dans les écoles de Londres; aussi un rédacteur du British journal auquel j’ai emprunté ces documents a-t-il pu dire, en citant un de nos proverbes, que si la mise en train des réformes scolaires tarde encore, quand les poules auront des des dents, la nation anglaise n’en aura plus.
- D- A. C.
- Sur la teinture des cheveux. — On sait que l’emploi de la paraphénylènediamine pour la teinture des cheveux a dû être abandonné par suite de la toxicité de ce composé qui provoque l’inflammation de la peau et même l’apparition d’eczéma. Un auteur allemand a essayé de remplacer ce corps par différentes bases, notamment le paraaminophénol, le rnétol, la paraamino-diphénylamine, la paraaminophényltolylamine, la naph-tylènediamine ; mais il a dû y renoncer, ces substances étant toutes plus ou moins irritantes pour la peau. L’emploi des bases sulfonées lui a donné des résultats plus satisfaisants. C’est ainsi que la paraaminodiphénylamine monosulfonée et l’orthoaminophénol sulfoné permettent, avec l’aide de l’eau oxygénée, d'obtenir différëntes nuances sans aucune irritation de la peau. La solution aqueuse des sels de sodium de ces deux dérivés sulfones est vendue sous le nom d'Eugatol. Nous croyons néanmoins qu’il est bon de se méfier de toutes ces teintures et de s’en tenir à la coulenr naturelle de la chevelure. .
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- BIBLIOGRAPHIE
- La lutte contre les insectes et autres ennemis de l'agriculture, par F. Laeont, ingénieur agricole, répétiteur préparateur d’entomologie et de zoologie agricoles à l’Ecole nationale d’agriculture de Montpellier. Paris. Masson et Cie et Gauthier-Villars, 1907. 1 vol. in-18. Prix : 2f,,5o; cartonné, 3 francs.
- Le li vre de M. Lafont est un ouvrage absolument pratique, le vade mecum, le manuel de l’agriculteur. Innovation heureuse, l’auteur a renoncé à faire précéder la partie pratique de cette fastidieuse description des espèces qui, régulièrement jusqu’ici, encombrait la première moitié des volumes de ce genre ; ces descriptions, bienfaites souvent, mais inutiles, auraient servi un naturaliste, et déroutaient un agriculteur. Ici, à la page 1, on entre dans les recettes et l’on n’en sort plus. Voici d’ailleurs la table des matières. Introduction : Généralités sur les procédés de lutte. — I. Ennemis communs à beaucoup de végétaux cultivés.
- — II. Ennemis des céréales. — III. Ennemis de plantes fourragères (prairies naturelles, luzerne, sainfoin, trèfle, betterave, carotte, crucifères, pomme de terre).
- — IV. Ennemis des plantes potagères (artichaut, asperge, carotte, céleri, crucifères, cucurbitacées, légumineuses, oignons, poireaux, liliacés, fraisiers).
- — V. Ennemis des arbustes à fruits (framboisier, groseiller, vigne). — VI. Ennemis des arbres fruitiers (abricotier, amandier, cerisier, châtaignier, cognassier, figuier, grenadier, noisetier, noyer, olivier, pêcher, pommier, poirier, prunier, etc.). — VII. Divers : mûrier, orme, osier, arbres forestiers, plantes industrielles. — Une table alphabétique recoupe d’ailleurs tous ces chapitres et permet de courir droit dans le livre à l’insecte qu’on veut combattre, et qui s’y trouve caractérisé en trois mots qui le feront toujours reconnaître, avec les moyens spéciaux à employer contre lui.
- Voyages au Maroc, par le marquis de Segonzac (1899-1901). 1 vol. in-8° jésus, 178 grav. et 21 pl. Prix broché : 20 francs. Armand Colin, éditeur, 1908. Avant sa grande expédition de igo5 (avec MM. Gentil, de Flotte-Roquevaire, etc.), où il fut fait prisonnier par les Aît-Djellall, le marquis de Segonzac en avait accompli une autre (1899-1901), dont le récit a paru en 1903, et que nous mentionnons à cause de l’actualité des questions marocaines. Il révèle des pays absolument inconnus, où le péril, encouru presque à chaque pas, est modestement passé sous silence par le narrateur. Dans le Rif, « pays d’épouvante d’où jamais Européen n’est revenu », dit M. Étienne, dans la préface du livre, c’est en mendiant que M. de Segonzac a cheminé « de mosquée en mosquée vivant d aumônes » ! Ailleurs il a gravi, premier Européen, le sommet principal de l’Atlas, le Djebel-Aïachi, haut d’environ 42 5o m., au pied duquel la gorge sauvage de Fifirrimi N’Djini permet tout juste le passage d’un cavalier, entre des parois calcaires de 800 à 1000 m. de hauteur. Le journal de voyage est palpitant, les renseignements scientifiques sont tout neufs et la cartographie,,par M. de Flotte-Roquevaire, précieuse. Bien plus loin encore qu’avec Loti et Bérard, nous pénétrons peu à peu l’obscur Maroc dans les livres de De Segonzac et de Gentil, ce dernier de nouveau reparti vers une autre contrée de cette terre de mystères et de dangers.
- La nouvelle carte d’Islande au 5oooo° a vu publier ses premières feuilles en 190A Elle est en trois couleurs : bleu pour les eaux et les glaciers, vert pour les régions couvertes de végétation, le blanc reste pour les surfaces arides, le relief est figuré par des lignes de niveau équidistantes de 20 m. en bleu sur les glaciers, en brun pour le surplus; la carte est riche en indications géologiques de toute sorte ; on distingue notamment la nature et les époques des diverses coulées volcaniques et les pertes et réapparitions des cours d eau sous ces coulées ; la représentation des glaciers est remarquable (Vatnajokull avec le plus haut sommet de l’île, 2041 m.). Cette carte est un chef-
- d’œuvre scientifique qui fait le plus grand honneur à l’état-major général danois.
- Island, par le professeur D1' Tu. Tuoroddsen, suppléments
- I f)2 et 153 des Petermann's Mittheilungen, Gotha, Jus-tus Perthes, décembre 190s et juin 1906. Prix : 27tr.5o, in-40, 358 p., 3 pl. et 16 fig. Monographie géographique et géologique de l’Islande par l’éminent savant qui y a consacré toute sa vie. Cette curieuse terre de volcans et de glaciers juxtaposés nous est ainsi révélée pour la première fois dans son ensemble. C’est un travail de premier ordre avec une magnifique carte générale au 750000e en courbes de niveau et des cartes géologiques au 2 3oo 000e et j5o 000e.
- Indianer-Typen ans dem Aniazonas Gebiet, par le D' Tiieodor Kocu-Gronherg, ioo pl. in-folio avec texte, en 5 livraisons à i5 francs chaque. E. Wasmuth, éditeur, Berlin, 35, Markgrafenstrasse.
- De trois années de voyages (igoS-igoS) dans le Nord-Ouest du Brésil, le D' Koch-Grünberg a rapporté une étude ethnographique de haute valeur sur les Indiens qui habitent les abords du Rio Negro et du Yapura supérieurs. Ce sont les Arnak, Tariana, Betoya, Maku, qui, loin des influences civilisatrices, ont gardé, mieux qu’aucune autre peuplade américaine, la pureté de leur race et l’originalité de leurs mœurs. Les héliogravures, spécialement luxueuses, représentent environ trois cents types de ces peuplades. Chaque planche renferriae, en quatre figures, deux types vus de profil et de face. La première livraison (1906) est consacrée aux Tulcano (groupe des Betoyas).
- Anfànge der Kunst im Urwald, par le Dr Theodor Koch Grünberg, in-8° obi., 63 pl., 2 cartes et 94 p., E. Wasmuth, éditeur, Berlin. Prix : 18f,75. Comme annexe du précédent ouvrage, celui-ci donne un recueil, aussi instructif qu’amusant, des dessins naïfs et primitifs qu’exécutent les Indiens ci-dessus mentionnés.
- II serait curieux de tenter un parallèle entre cet art rudimentaire des forêts vierges et celui des antiquités plus reculées du Vieux-Monde (pierres gravées et même cavernes préhistoriques). Relevé avec une très scientifique méthode ethnologique et esthétique, cet album est une réelle curiosité : nous espérons trouver la place d’en montrer prochainement quelques spécimens aux lecteurs de La Nature.
- Les flottes de combat, en 1907, par le commandant de Babiscourt, capitaine de frégate. Paris. Berger-Levrault et Cie, 1907. 1 vol. in-16 oblong, 784 pages, 359 fig. schématiques de bâtiments. 6e édition. Piix relié : 5 francs.
- Véritable dictionnaire, où se trouvent condensés, suivant l’ordre alphabétique des nations, tous les renseignements nécessaires sur les unités de leurs flottes militaires, accompagnés de croquis descriptifs et de notices d’ensemble pour chaque puissance. Celles qui sont étudiées sont les suivantes : Allemagne, Angleterre, République Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine, Danemark, Espagne, Etats-Unis, France, Grèce, Hollande, Italie, Japon, Mexique, Norvège, Portugal, Roumanie, Russie, Siam, Suède, Turquie.
- La vie curieuse des bêtes, par Henri Coupin. In-8°, 123 gravures, couverture en couleur. Chez Armand Colin. Paris. Prix, broché : 11 r,5o ; relié toile : 2fr,io.
- Pour les amateurs de faits curieux, le monde animal est véritablement une mine inépuisable. Nos lecteurs savent avec quel talent notre collaborateur, M. Cou-pin, sait mettre ces faits en valeur. Un sommaire de son nouveau livre suffira à en montrer l’intérêt : Les bêtes qui font de la gymnastique, La chasse dans le monde des bêtes, Les comédiens de la nature, Les animaux qui s’habillent, Le chant des petits oiseaux, Les animaux boxeurs, Les bêtes en hiver, Les animaux qui ne paient pas leur terme. — La ménagerie qui nous entoure, Les bêtes qui vont en vacances.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes Je renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande J’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. G. de Saint-Martin, à Bordeaux. — Votre idée n’est pas nouvelle; c’est sur le même principe que sont établies les ventilations qui fonctionnent dans toutes les mines.
- M. J. S. abonné, à Paris. — Le cours libre de calcul graphique et nomographie, que M. Maurice d’Ocagne, professeur à l’Ecole des Ponts et Chaussées, fait en ce moment à la Sorbonne, répond précisément au but que vous sigualez. Ce cours a lieu les mardi et vendredi à 5 h. 1/2.
- M. G. Thuillier, à Alger. — Nous avons indiqué dans nos Recettes et procédés utiles, ilu série, p. 233 sq., Masson et C‘°, iao, boulevard Saint-Germain, à Paris, les opérations à effectuer pour remettre en état un baromètre à mercure dont la colonne est coupée de bulles d’air. Quoique très simple, la méthode est trop longue à décrire pour que nous puissions la reproduire ici; veuillez donc vous reporter à ce recueil.
- M. E. Miguel, à Paris. — Il n’y a absolument rien de fondé dans la croyance populaire que le soleil se montre toujours un samedi, fût-ce quelques minutes— croyance dont nous ignorons d’ailleurs l’origine.
- M. P. Koechlin, à Mulhouse. — Nous ne voyons pas de moyen d’éviter l’inconvénient que vous signalez, à moins d’abriter la glace d’avant de l’auto par un petit toit protecteur en saillie ?
- Divers abonnés. — Pour tout ce qui concerne les
- détails techniques relatifs aux procédés signalés dans La Nature pour reconnaître la mort réelle, veuillez vous adresser directement à M. le Dr Icard, 8, rue Colbert, à Marseille.
- M. Ch. Veige, à Paris. — Tache d’huile : traiter l’étoffe par la benzine. Comme dispositif, mettre d’abord de la benzine autour de la tache, puis, seulement ensuite, quelques gouttes au centre ; absorber la benzine chargée de graisse avec de la flanelle. (D’après les Recettes et procédés utiles, 4e série, librairie Masson et Cie.)
- M. II. C.t à Rouen. — ie Le constructeur du pyromètre galvanique Féry est la Compagnie des compteurs à gaz et électriques, i6, boulevard de Vaugirard, à Paris. — 2° Nous ne pouvons vous donner ce renseignement.
- M. le I)' C. Cordier, à Chaumont. — i® 11 n’existe pas d’ouvrages tels que vous les désirez, indiquant la marche à suivre pour la .construction des appareils électriques. — 2° Les petits groupes électrogènes de la maison lleller et Coudray conviennent très bien pour la charge d’une petite batterie d’accumulateurs. — 3° Nous ne connaissons pas ce liquide.
- M. II. de Monier, à Genève.— Le blanchiment des tableaux par l’eau oxygénée ne peut être fait que par des spécialistes très expérimentés. Le mode d’action de l’-eau oxygénée du commerce varie avec son âge (concentration différente en eau oxygénée vraie, c’est-à-dire en oxygène actif), la nature et la quantité des impuretés qu’elle renferme toujours et qui dépendent de son mode de fabrication (elle est toujours acide notamment). De plus, selon la nature et l’épaisseur des couleurs, l’état de conservation de la couche de peinture, les differentes parties d’un même tableau doivent être traitées de façon différente.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Réparation des montures de lunettes ou de lorgnons. — Pour réparer une fracture dans une de ces montures, une soudure molle est absolument insuffisante, ou plutôt inutile, car elle ne tarde pas à céder, et la monture est bientôt cassée au même endroit. Il est nécessaire de recourir à une soudure dure à l’argent, avec un peu de cuivre, pour en augmenter la dureté et la résistance, et cela même pour les montures d’acier. Avec ces dernières, il faut que le métal soit chauffé au rouge pour qu’il se lie solidement avec la soudure. Et si l’on a commencé à tort par employer une soudure molle, qui ne peut pas manquer ensuite de céder, quand on veut la remplacer et procéder à une soudure du type dur, il est essentiel d’en enlever à la lime toute trace pour effectuer la nouvelle réparation. Les deux morceaux à souder sont ensuite enduits d’une espèce de crème épaisse de borax, que l’on prépare en frottant un morceau de borax sur une ardoise où l’on a répandu quelques gouttes d’eau. On fixe alors la monture sur un rnorceau.de charbon de bois, au moyen de fil métallique pour la bien maintenir dans sa forme normale ; on coupe un bout de soudure à l’argent de longueur suffisante, puis, au moyen du chalumeau à gaz, on chauffe d’abord doucement de manière à faire évaporer peu à peu la pâte de borax qu’on avait étendue; on continue et l’on termine en chauffant au rouge plein, de façon que la souduré coule en place. Il importe que, de part et d’autre, le métal de la monture soit porté sensiblement à la même température, car sans cela il se pourrait parfaitement que la soudure n’adhérât qu’à l’un des côtés de la fracture.
- Entretien des lampes à acétylène. — Quelques indications générales sont bonnes à rappeler à ce point de vue. Il est utile de nettoyer l’appareil chaque fois qu’on s’en est servi ; et, pour cela, on ouvre le récipient à carbure, et on le renverse sur une toile métallique ou
- sur une lame de zinc perforée, les perforations ou mailles devant être assez larges : on y remue le carbure de façon à faire tomber toute la poussière, qui est absolument inutile, nuisible même, et à ne garder que les morceaux un peu gros, qu’on remettra dans le récipient de la lampe avec le complément nécessaire de matière première. Il faut d’autre part démonter le bec, le brûleur, puis nettoyer tous les trous en y passant un fil métallique très fin ou un crin de cheval ; si l’on emploie un fil métallique, prendre garde à ne pas le tordre, à ne pas le tirer de travers, car on pourrait exercer un effort sur le bec et en faire fendre la porcelaine. S’il reste de l’eau dans la lampe, ouvrir le robinet pour constater comment l’eau coule, puis refermer et bien essuyer le conduit d’écoulement; replacer alors le récipient avec sa charge de carbure ; faire le plein d’eau. Enfin bien essuyer le réflecteur. Tout est prêt.
- Moyen d’obtenir l’étanchéité du béton. — On a
- essaym de divers procédés, comme le lavage à l’eau de savon de la paroi de béton, avec passage ultérieur, au bout de 24 heures, d’une solution d’alun, ce qui forme une croûte insoluble et imperméable ; on recourt aussi parfois à deux applications successives d’huile de lin, la seconde ne. devant être passée que quand la première est bien sèche ; ou encore à un enduit de mortier de ciment ou de goudron. Il paraît qu’on réussit bien mieux en additionnant d’une solution de potasse caustique et d’alun du mortier de ciment; c’est de cette préparation qu’on enduit les parois de béton à rendre étanches. Enfin on peut encore (et c’est l’objet d’un brevet) ajouter aux matériaux employés pour la fabiûcation du ciment, quand ils sont calcinés et encore à demi chauds, une préparation faite de 246 grammes de stéaiâne, de 12 de potasse et de 10 de colophane dans 10 litres d’eau bouillie, par 100 kilogrammes de roche à ciment. On procède au broyage ordinaire après dessiccation.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT . DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 février. . . 2°,9 W. 2. Couvert. 0,0 . Gel. bl. ; couvert ; bruine le matin.
- Mardi 26 ...... . i°,3 N. E. 1. Couvert. » Brouillard de 150 m. à S b. ; Couvert.
- Mercredi 27 .... . 5°,0 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert ; bruine à G b.
- Jeudi 28 4M N. E. 1. Couvert. » Très nuageuxjusqu’à 17 b. ; beau ensuite.
- Vendredi 1" mars. . 0M ' ' N. E. 2. Quelques nuages. » Gelée blanche ; beau.
- Samedi 2 . — 1°,2 E. N. E. 2. Beau. » Gel. bl. ; brouill. à 6 b. ; très nuag. de 13 b. à 17 b. ; beau avant et après.'
- Dimanche 5 3°,0 N. E. 2. Couvert. » Gel. bl. ; couvert jusqu’à 13 b. ; nuageux ensuite.
- FÉVRIER-MARS 1907. — SEMAINE DU LUNDI 25 FÉVRIER AU DIMANCHE 3 MARS 1907..
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent, courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre a taon a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre a l’abri à boule mouillée. .. ____
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du lundi 25 février au dimanche 3 mars, le temps a été beau et froid. Le 25 février, la pression barométrique était élevée à l’Ouest de l'Europe ; elle atteignait 773 mm en Bretagne. Un vent faible soufflait d’entre Nord et Ouest sur les. côtes de la Provence et de la Manche, d’entre Est et Nord sur les côtes de l’Océan. On n’a signalé en France que quelques petites pluies vers le Pas de Calais. La température était le matin à 7 heures — 3° à Belfort, — i° à Bordeaux, 3° à Paris, 70 à Cherbourg, —8° au Puy de Dôme, —90 au mont Aigoual, — 120 au Pic du Midi. Le 26 février, la pression barométrique était encore élevée; elle a atteint 772,8 mm à Paris. Il n’est tombé en France que de faibles ondées dans le Nord-Est. Le matin, le thermomètre marquait — i° à Toulouse, 4° à Paris, 5° à Nantes, — 5° au Puy de Dôme, — 5° au Pic du Midi, — 8° au mont Yentoux. A Paris, le ciel est resté couvert, sans pluie, avec un léger brouillard s’étendant de tous côtés. Le 27 février, la pression barométrique était supérieure à 770 mm sur une grande partie de la France, notamment en Normandie où elle atteignait 775 mm ; à Paris; à midi, elle est montée à 775,1 mm. Des pluies sont tombées sur la moitié Nord-Est du continent. A Paris, le ciel est resté brumeux et couvert toute la journée, avec une faible bruine. La température était — i° à Lyon, 20 à Nantes, 5° à Paris, 90 à Alger, i° au Puy de Dôme, — 3° au Pic du Midi. Le 28 février, le temps a été beau et un peu frais en France, avec une- pression barométrique supérieure à
- 775 mm dans le Nord. Il n’y a pas eu de pluie; la température est restée peu élevée, on notait le matin — i° à Toulouse, 3° à Lyon, 4° à Paris, 5° au mont Aigoual, i° au Puy de Dôme, — 4° au Pic du Midi. A Paris, le temps est resté couvert et brumeux avec vent modéré d’entre Nord et Nord-Est. La température a pu cependant s’élever jusqu’à 5°. Le Ier mars, la pression barométrique a atteint 776 mm dans la région du Nord de la France. Le temps a été beau dans toutes les régions; sur les côtes le vent était faible des régions Est. La température s’est abaissée; elle était le matin —5° à Clermont-Ferrand, o° à Nantes, o° à Paris, — 3° dans la banlieue de Paris, — i° au mont Aigoual, — 4° au Puy de Dôme, —70 au mont Mounier, io° à Biarritz, 12° à Perpignan. Le 2 mars, la pression barométrique a été supérieure à 770 mm à l’Ouest de l’Europe. Un vent faible et de direction variable a soufflé sur la Manche et la Bretagne. On n’a pas signalé de pluiè\en France. Le thermomètre marquait le matin — 40 à''XJle-rmont-Ferrand, — i° à Paris, 4° au Havre, o° au Puy de Dôme, — 20 au mont Yentoux, -—3° au Pic du Midi. Le matin, il y a eu un épais brouillard sur la région parisienne. Le 3 mars, la pression barométrique était 768,7 mm à Paris; un vent faible d’entre Nord et Est régnait sur les côtes de la Manche et de l’Océan. La température était le matin —20 à Belfort, 3° à Paris, 5° à Toulouse, — 3° au mont Yentoux, —4° au Puy de Dôme, — 4° au Pic du Midi, ii° à Alger. Dans la matinée, le ciel était entièrement couvert, et les vents dominants étaient les vents de. Nord-Est. On n’a pas encore signalé de pluie en France.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 28 à 6 h. 32 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF ï E-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, s20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de * La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1764 (16 MARS 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Observatoire d’astronomie physique de Meudon.
- — M. Henri Poincaré, membre de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences de Paris, a été nommé membre du Conseil de l’Observatoire d’astronomie physique de Meudon, en remplacement de M. Moissan, décédé.
- La variole noire. — M. le professeur Chantemesse s’est rendu le 3 mars à Dunkerque, où il s’est fait expliquer l’éruption de variole noire et a constaté que tous les cas qui se sont déclarés se ralliaient à un même cas, celui du marin du Mira. L’unique foyer était l’hôpital; toutes précautions ont été prises pour que personne ne pénètre dans cet établissement.
- Températures des stations d’hiver. — Le Dr Lobit donne, dans la Gazette des eaux, le tableau suivant de la moyenne des températures hivernales d’après 16 années d’observations :
- Montreux Degrés. 2,0
- Venise 3,7
- Pau 5,8
- Abbazia (Autriche-Hongrie) . 6,7
- Grasse. 7,35
- Dax . . . . . . . . . . . . 8, 2
- Biarritz . 8,2
- Nice 8,9
- Bordighera 8,9
- Hyères. . . . , 9?° 9> 3
- Menton . .
- Naples ..... 9>6
- Monaco 9>9
- San Remo . ....... . io,5
- Gorfou . • 1(U7
- Palerme • n,4
- Ajaccio (Corse) .. n,5
- Acireale (Sicile) n,5
- Gatane (Sicile) ii,5
- Tanger. . . . . ii,5
- Malaga 12,3
- Le Caire 12,7
- Alger , • i4,3
- Iles Canaries. . . . . . . . • l5,9
- Madère 16,1
- Mogador . 16,4
- Éléments elliptiques de la comète Metcalf ( 1906 h).
- 1— Nous avons annoncé la découverte de cette comète dans notre numéro du 8 décembre 1906. Le professeur A. O. Leuschner, de Berkeley (Californie), a fait connaître, dans un télégramme à l’observatoire de Harvard College, que cette comète suivrait une orbite elliptique
- et que sa révolution n’excéderait pas 7 ans. Voici les éléments de cet astre périodique calculés par Crawford :
- Passage au périhélie — T =1906, octobre 16,45
- (t. m. de Greenwich).
- Distance du périhélie
- au nœud =: w — 2o5° 7'.
- Longitude du nœud = ü = 193° 12'.
- Inclinaison = i = 140 4'.
- Distance périhélie =<7 — i,63o.
- Excentricité =e — o,55oi.
- Période =P=;6 ans 89.
- Le maximum de Mira Ceti (0 Baleine). -- Cette curieuse étoile, qui est la première reconnue comme variable, oscille de la 3e à la 9e grandeur et demie en 11 mois environ. David Fabricius reconnut sa variabilité en 1596. Il la remarqua le i3 août de cette année et peu à peu, elle diminua d’éclat et disparut en octobre. Un point curieux est la variabilité même de l’éclat maximum; parfois, ce maximum ne dépasse pas la 4e grandeur et parfois, au contraire, l’étoile a atteint la première grandeur. Cet hiver, à son dernier maximum, Mira Ceti a été très brillante, atteignant la seconde grandeur. Pendant plusieurs jours, dans la première moitié du mois de décembre, Mira a été plus brillante que a Baleine, égalant p Baleine et a Bélier. Cette occasion exceptionnelle a permis de prendre des photographies de son spectre avec une dispersion plus considérable qu’auparavant. L’étude de ces spectres n’est pas encore terminée.
- Subventions aux communes pour les captages d’eau. — En 1905, la Commission spéciale du Ministère de l’Agriculture chargée de répartir les fonds du Pari mutuel affectés aux travaux communaux d’adduction d’eau potable, a alloué une somme totale de 2987874 fr. entre 238 communes; l’insuffisance des fonds disponibles a fait renvoyer à une date ultérieure la décision pour 101 autres communes.
- Essais du croiseur cuirassé «Victor-Hugo».—
- Des essais très intéressants ont été effectués sur le croiseur cuirassé Victor-Hugo, de la marine française et d’une puissance totale de 27 5oo chevaux. Le 21 janvier, à la puissance de 8948 chevaux, un essai de 6 heures a eu lieu ; la consommation de charbon a été de 65i grammes par cheval-heure à une combustion de 76 kilogrammes par mètre carré de grille. Un essai de 24 heures a été effectué les 27 et 28 février à 16400 chevaux; la consommation de charbon a été de 668 grammes par cheval-heure à la combustion de 77 kilogrammes par mètre carré de grille. L’essai à la puissance maxima à
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- INFORMATIONS
- été fait le a mars ; la puissance totale était de 28 427 chevaux, à une combustion de i43 kilogrammes de charbon par mètre carré de grille. La consommation de charbon a été 777 grammes par cheval-heure. Les chaudières du Victor-Hugo étaient des chaudières Belleville, type à économiseurs.
- La télégraphie sans fil. — Il vient de paraître un décret officiel relatif à l’établissement et à l’exploitation des postes de télégraphie sans fil. Ge décret divise les stations de la façon suivante: i° les stations côtières ou intérieures spéciales au service commercial, 20 les stations côtières relatives au service de la marine de guerre ; 3° les stationst spéciales aux communications militaires ; 4° les stations spéciales au service des phares et balises. Ces stations sont exploitées par l’administration des postes et télégraphes, de la guerre, de la marine ou des travaux publics. Une commission interministérielle a été instituée auprès du ministre des Travaux publics pour examiner les emplacements, les conditions techniques, les réclamations et les expériences d’intérêt général.
- La durée moyenne de la vie. — La durée moyenne de la vie a beaucoup augmenté depuis un quart de siècle ; on peut même dire qu’elle a une tendance naturelle à augmenter progressivement. Si on remonte à l’antiquité, la comparaison d’innombrables épitaphes recueillies sur les tombes conduit à une moyenne très faible. Mais, sans aller si loin, de 1806 à 1892, on voit la moyenne de la vie à la naissance, passer de 28 à 53 ans..Dans le seul dernier quart de siècle, la moyenne de la vie en France a augmenté de plus de i5 pour 100. En présence de ces chiffres, qui ne sont pas spéciaux à notre pays, le premier sentiment est celui de la satisfaction. Il est toujours agréable de penser qu’en naissant aujourd’hui, on a des chances moyennes de vivre jusqu’à 53 ans, tandis qu’en 1880, on pouvait espérer seulement 40 ans. En Prusse, on a passé de 36 ans à 44 entre 1870 et 1900; en Angleterre, de 40 en 1838, à 46 en 1901, etc. Cependant, en examinant mieux le problème, M. de Foville a montré que l’on ne devait pas se féliciter si complètement d’un progrès apparent, auquel contribuent de tout autres causes que celles auxquelles on pense d’abord, progrès de l’hygiène, vie plus tranquille et plus sûre avec plus de bien-être, etc. La grande, la principale cause, qui a déterminé cette augmentation de la vie moyenne et qui a tout spécialement influé dans notre pays, c’est la réduction de la mortalité infantile par la diminution des naissances. 100000 enfants de moins, c’est 16000 décès de moins du premier âge, c’est donc un nombre d’années considérable qui viennent s’ajouter à la moyenne de tous les autres français. S’il ne naissait pas un seul enfant, la vie moyenne se relèverait brusquement. Il ne faut donc pas, en face d’une telle constatation, se hâter de chanter victoire.
- Les vignobles de Belgique. — Il y a quelques beaux vignobles dans certaines parties de la Belgique. Dans les environs d’Amsin, Amay et Huy, la.dernière récolte a été très abondante, puisque, après les vandanges, on constata que i5oo hectolitres de vin avaient été mis en barriques. Il y a quelques siècles, les vins belges étaient très estimés, et l’on dit même que les produits des vignobles des environs de Bruxelles étaient, toutes les années, achetés par les Ducs de Bourgogne, qui les faisaient transporter dans leurs caves. Malgré la prétendue supériorité de leurs vins, les Belges ont préféré ceux de France et l’industrie viticole est tombée dans le marasme. Le gouvernement actuel cherche à faire revivre cette branche de l’agriculture, et, pour encourager les cultivateurs, il donne gratuitement 200 pieds de vigne à tous ceux qui prennent l’engagement de les faire cultiver.
- Une chaire d’automobilisme en Espagne. — Le roi
- Alphonse, d’Espagne, est un fervent automobiliste; il vient de créer, à l’Ecole des Arts et Sciences de Madrid, une chaire d’automobilisme. Le professeur titulaire enseignera aux jeunes chauffeurs tout ce qu’il faut qu’ils sachent pratiquement et théoriquement. Le programme de ce cours est à la fois scientifique et manuel; il comporte, en dehors des exercices de conduite et de manœuvre, un enseignement très complet de la mécanique spéciale, de la législation routière, de la médecine et de la petite chirurgie. Cette dernière partie montre que tout a été prévu dans le programme, puisque les chauf-
- feurs diplômés par l’Ecole sauront même porter assistance à ceux qu’ils auront écrasés.
- Statistique japonaise. — La très ancienne et très différenciée civilisation japonaise, lorsqu’elle s’est mise à l’école de l’Europe occidentale, s’est assimilé parfaitement nos méthodes et les applique souvent avec plus de sûreté que nous-mêmes. Le Dr Lowenthal consacrait récemment dans la Revue scientifique une étude à condenser les documents statistiques que l’activité des japonais a réunis dans ces quinze dernières années, avec un souci du détail et une habileté de classification que nous pourrions leur envier. Yoici quelques-unes de ces données : i° Population : en 1898, elle s’élevait à 46228822 habitants répartis comme suit : Nippon, 33328667; Shikoku, 3016817; Kinshiu, 6811246; Hokkaido (Jezo),6io 155 ; Tairwan (Formose), 2 414 o33 ; Hokoto (Pescadores), 5og34. Ce total représentait pour toute l’étendue de l’Empire (non compris cependant Formose et Pescadores) un effectif de 7724 660 hommes âgés de 20 à 44 ans> tandis que la France, à la même époque, n’en accusait que 7065 000. D’ailleurs, chaque année marque un accroissement, et en 1900, le D‘ Lowenthal met le Japon à la place suivante : Allemagne 56 367 000 habitants avec un taux d’accroissement pour 1000 de 13,9 ; Japon 470^7000, soit 12,5; Autriche 47057000, soit io,5; Angleterre 42042000, soit 14,9; France 38902000, soit 0,6; Italie 32 475ooo, soit 10,8.
- 20 Hygiène : l'état sanitaire est de premier ordre et l’on peut en juger par les chiffres indiquant la mortalité des principales maladies infectieuses, qui donnent pour la tuberculose, en 1901-1903, sur 10000 habitants, 18,1 au Japon, 19,4 en Allemagne, 27,2 en France.
- 3° L'instructionpublique à tous les degrés se développe avec une rapidité étonnante. En 1902, le nombre des élèves était de : Écoles spéciales supérieures 14 574 ; écoles moyennes 88o5i; écoles normales 17982; écoles spéciales techniques 49240 ; écoles supérieures de filles i72i5; écoles diverses 141 185 ; écoles primaires 4981868, soit au total >3ioii5. Le budget correspondant était à la même époque de 110,7 millions de francs. Le tableau suivant du D' Lowenthal est instructif:
- Jajjon. Kussic.
- Élèves par million d’enfants (5 à i5 ans). 553 540 120 000
- Écoles par 1000 km. ........................ 64,5 3,5
- Dépenses scolaires par million d’habitants. 1 55o 000 fr. 5oo 000 IV.
- C’est une opposition flagrante la boutade du regretté peintre il existe peu d’écoles, beaucoup 4° Commerce : ce qui précède raison d’être excellent. En fait marine marchande, elle est plus fort tonnage que le nôtre :
- Japon.
- Nombre. Tonnage.
- Vapeurs . I 441 609 g5i
- Voiliers . 22 720 7.57 858
- 24 161 1 367 809
- avec la Russie, où selon russe Weretschaguine, de prisons.
- fait penser qu’il a toute , pour ne citer que la nombreuse et d’un plus
- France.
- Nombre. Tonnage.
- 1 299 546 54 1
- 14 393 564 447
- i5 692
- 1 110 988
- Enfin, trait non moins significatif de prospérité, dans le trafic entre les États-Unis et le Japon (343,5 millions de francs en 1902) 12 pour 100 sont le fait de F Amérique, le reste 88 pour 100 revenant aux Anglais, aux Allemands, surtout aux Japonais.
- Les fortifications d’Anvers. — Une commission mixte a été chargée d’examiner le meilleur dispositif à employer pour la seconde ligne de défense de la ville d’Anvers. Cette commission a émis un avis favorable à un dispositif permanent et continu; elle s’est prononcée en faveur d’un système de défenses terrassées, avec fossés pleins d’eau et points d’appui reliés par des grilles défensives. La même commission a admis comme réalisable un projet de canal de dérivation du Schynn.
- Le doyen des archers. — Le tir à l’arc est un des sports les plus anciens ; il est encore pratiqué dans certaines contréesde France, et plus particulièrement, dans les départements de l’Oise et de l’Aisne, où il existe, dans presque tous ces villages, des sociétés d’archers. Ces associations organisent entre elles des concours, qui ont beaucoup de succès et sont très suivis. Le doyen des archers, M. Auguste Dottin, vient de mourir, à l’âge de 88 ans ; il était membre de la Société des archers de Verberie, près de Senlis. Pendant 69 années consécutives le robuste vieillard s’est livré à ce sport; c’était un des tireurs à l’arc les plus adroits de l’Oise.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Automobilisme
- Le carburateur Mihi. — Ce carburateur est à niveau constant. L’essence pénètre par le tuyau A et un clapet C obture l’arrivée du liquide lorsque le niveau est atteint. Le liquide pénètre dans le carburateur par le tuyau t qui communique avec le gicleur g débouchant, nou pas à la base du carburateur, mais au milieu de la chambre de carburation.
- Le carburateur proprement dit se compose d’un corps cylindrique K dans lequel tourne une clef également cylindrique Q. L'un et l’autre cylindres sont pourvus d’une ouverture inférieure par laquelle pénètre l’air
- Carburateur Mihi.
- ordinaire et d’une ouverture supérieure pour livrer passage à l’air carburé.
- On comprend que la dépression produite par l’aspiration dans la chambre de vaporisation dépendra de l’ouverture des fenêtres supérieures et inférieures; il est facile de proportionner ces ouvertures pour que la quantité d’air appelé soit toujours celle qui convient à la quantité d’essence appelée par l’aspiration, puisque la dépression dépend des sections des ouvertures et que l’air et l’essence dépendent de la dépression. II suffira donc d’agir sur la clé du carburateur pour obtenir toutes les vitesses du moteur et toujours avec un bon mélange carburé. Ajoutons encore que la présence d’un collecteur mobile permet de prendre à volonté de l’air chaud par l’addition d’un tuyau débouchant près de l’échappement. On relie la pédale de débrayage à la clef du carburateur de façon à étrangler automatiquement les gaz au moment du débrayage, pour empêcher l’emballement du moteur. — Cet appareil, qui a donné d’excellents résultats aux essais, se trouve à la Société l’Automatisme, 8 et io, boulevard d’Asnières, à Neuilly-sur Seine.
- « Pare-l’eau » Mihi pour bougies d’allumage. —
- Le Pare-VEau est un appareil qui met la bougie com-
- « Pare-l’eau » Mihi.
- plètement à l’abri de l’eau, de la boue et des chocs, et en même temps de tout court-circuit à la masse.
- L’appareil se compose d’un tube métallique muni d’un fond en matière isolante traversé par le fil de la bougie et venant recouvrir cette dernière en marche. Une rondelle métallique prise entre la bougie et le cylindre sert de support.
- Le modèle que représente notre figure est destiné aux bougies des moteurs de bateaux. Il porte un tube à viseurs, muni d’un fond, pris entre la bougie et le cylindre. Les viseurs sont fermés par une lame de mica qui permet de surveiller la bougie. Le fil conducteur passe dans une glissière en fibre qui se monte sur le côté du tube. Enfin un couvercle en métal permet de couvrir ou de découvrir le viseur à tout instant. — Le « Pare-l’eau » Mihi se trouve à l’Automatisme 8, io, boulevard d’Asnières à Neuilly-sur-Seine (Seine).
- Sifflet avertisseur. — Le nouvel appareil est destiné à remplacer les avertisseurs employés en automobilisme.
- Il se compose d’un *tube de cuivre qui s’adapte sur l’extrémité du tuyau d’échappement des gaz, à l’extrémité du silencieux. Les gaz entrent en C et, en temps normal, sortent librement par quatre ouvertures, de forme et de dimensions appropriées, percées vers le milieu du cylindre. Dans ce tube se meut un piston B
- Sifflet avertisseur.
- de forme cylindro-conique qui peut obturer plus ou moins les ouvertures du tuyau d’échappement pour produire un son grave ou aigu. Le réglage de son s’opère par la vis D et la manœuvre s’effectue par la traction d’un câble simple fixé à la boucle A et commandée par un levier à main ou au pied. — On trouve le sifflet avertisseur chez M. Cl. Ropiquet, ingénieur-constructeur, à Amiens.
- Indicateur de pentes. — Cet indicateur de pentes est appelé à rendre des services aux automobilistes. Les conducteurs de voitures cherchent toujours à connaître l’inclinaison de la route qu’ils suivent pour se rendre compte le plus souvent d’un mauvais fonctionnement temporaire et savoir s’il est dû à la présence d’une côte trop ardue. MM. Chauvin et Arnoux ont réalisé un indicateur très simple en se basant sur le niveau rendu apériodique; dans leur modèle que représente la figure,
- Indicateur de pentes.
- ils ont éliminé la bulle d’air et l’ont remplacée par une colonne se déplaçant entre deux échelles graduées. Le liquide esi de faible densité et le tube a une forme appropriée qui permet d’éviter toute erreur d’accélération. L?appareil s’installe ordinairement sur le tablier au moyen d’un support droit. Dans les voitures à dais, il est préférable de le fixer sur un des montants à la hauteur des yeux du conducteur. Avant de mettre l’appareil en place, le laisser reposer sur la boule, puis le renverser lentement et placer son échelle verticalement
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- SCIENCE APPLIQUEE
- dans le sens normal. On voit bientôt apparaître la colonne liquide. Pour régler l’appareil, on place la voiture sur un sol horizontal, on fait coïncider l’extrémité de la colonne liquide avec le zéro et on serre fortement les vis de coulisse pour lixer l’instrument. On règle en centimètres par mètre. — L’appareil se trouve chez MM. Chauvin et Arnoux, ingénieurs - constructeurs, 186, rue Championnet, à Paris.
- Le bandage Sider. Ce nouveau bandage est creux. Comme bien d’autres il a entrepris la lutte contre le pneumatique sans que l’on puisse dire, d’ailleurs, s’il est supérieur ou même égal à son ennemi. Le Sider se monte sur toutes les jantes. L’élasticité de l’air est rem-
- 'Re ssortsm Boudin
- de bois
- , Contre
- Bandage Sider.
- placée par celle de ressorts plats en acier disposés en faisceaux comme l’indique notre ligure. Ces ressorts, extrêmement solides, sont reliés entre eux par une chaîne textile et le tout est imprégné de caoutchouc comprimé et recouvert de toile comme un pneumatique ordinaire. Les extrémités des ressorts aboutissant au talon sont fixées sur la jante au moyen de longs papillons d’une forme spéciale empêchant leur sortie du talon. Enfin un petit boudin de bois limite les flexions excessives en cas de chocs trop violents. — On trouve des bandages Sider, ai, rue de la Boétie, Paris.
- Mécanique *s
- Accouplement élastique Daimler. — L’accouple ment est fait et l’élasticité obtenue de manière fort ori ginale : tout simplement grâce à des disques métalliques ondulés, ou plus exactement à un disque ondulé, rivé à son pourtour à un disque en cuvette ; et ce sont les ondulations du premier qui donnent une certaine flexibilité à la solidarisation. Le disque ondulé rappelle grossièrement la capsule également ondulée qui est employée dans les baromètres enregistreurs. Sur l’un des arbres à accoupler, mettons l’arbre a, on clavette de façon lise un disque 1, qui est rigide et en cuvette; sur l’autre arbre, le disque ondulé n’est pas fixé directement, pour éviter des difficultés d’attache. En réalité, on clavette sur ce second arbre un petit plateau désigné ici par le n° 3 ; et c’est au pourtour de ce plateau qu’on peut river un anneau ondulé, qui se rive d’autre part au pourtour de la cuvette 5. Il va de soi que l’anneau ondulé peut subir une certaine torsion, que, de même, il est susceptible de subir sans inconvénients un certain allongement : c’est là l’élasticité voulue. On peut installer un tambour de frein avec une courroie de freinage, si l’on
- Accouplement élastique Daimler.
- veut, à la périphérie du disque en cuvette. On se trouve assez bien pour alléger le système et lui donner plus de flexibilité encore, d’ajourer l’anneau métallique ondulé.
- Jouets
- La poste automatique. — Avec les chemins de fer, on peut, paraît-il, réaliser une poste automatique. 11 suffit d’établir sur le bord de la voie une potence qui maintient suspendu (Gg. 1) un sac renfermant toute la
- Electricité «^§33
- Isolateur pour lignes téléphoniques. — Cet isolateur est fait tout spécialement pour permettre de disposer au mieux, sur une ligne téléphonique, et de distance en distance, comme cela se pratique maintenant, des bobines de self : celles-ci ayant pour but d’améliorer la transmission des sons. La maison d’appareils électriques Felten und Guilleaume, de Mulheim-
- lsolateur pour ligues téléphbniqi es.
- sur-Rhin, vient de combiner un isolateur dont nous donnons une coupe, et qui fournit un logement à la fois popr la bobine et pour la résistance du parafoudre monté sur le poteau où est fixé l’isolateur.
- La bobine annulaire se trouve en b et est soutenue, comme on peut le voir, par une plaque C vissée sur le noyau de l’isolateur; on remplit ensuite la chambre d’une matière isolante en fusion, qui se solidifie et empêche toute trace d’humidité. Un isolateur de ce genre se fabrique néanmoins avec beaucoup de facilité.
- Fig. 1. — Le wagon récepteur.
- correspondance. Au passage du train express un wagon, dont les côtés s’ouvrent automatiquement, reçoit le sac. A une autre station, où l’express ne peut non plus
- Fig. 2. — Le wagon distributeur.
- s’arrêter pour déposer le courrier, une disposition en sens inverse existe. Un filet placé sur le bord de la voie reçoit le sac qu’un train lui jette au passage. La poste automatique et les accessoires se trouvent chez M. E. Chomeau, 46» rue dp Rome, à Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTE
- Les farines au cacao pour les enfants. — A mesure que grandit le bébé, on arrive à donner avec le lait, 1 unique nourriture du début, de petites soupes préparées avec des farines de diverses sortes. C’est pariait quand on ne les donne pas prématurément ou quand on ne les donne pas en trop grande quantité ou qu’on ne les substitue pas complètement au lait. Cet abus a des conséquences fâcheuses pour la santé de l’enfant. En Angleterre, où l’emploi des farines de conserves est encore plus répandu qu’en France et remplace le lait dans bien des familles, on a signalé des troubles de croissance, des entérites et des accidents tantôt de véritable scorbut infantile, tantôt de rachitisme.
- Chez nous, l’usage s’est répandu depuis quelques années de farines additionnées de cacao ; ces farines doivent à ce produit un parfum agréable, un goût exquis, et les enfants qui ont commencé à être alimentés avec ces farines les trouvent si bonnes, si savoureuses qu’ils n’en veulent plus d’autres et que nourrices et mamans sont incitées, devant les refus obstinés du petit récalcitrant, à ne plus donner que la bouillie au cacao. J’en ai goûté et je constate que les petits brigands ont raison en tant que gourmets et gourmands. Mais ces farines au cacao ont un gros inconvénient, s’il faut en croire notre distingué confrère, le Dr Variot. Quand elles sont données sans addition de lait, d’une façon exclusive, on ne tarde pas, et il a pu le constater chez nombre d’enfants, à voir survenir de la constipation, des troubles digestifs.
- L’enfant pâlit, prend un teint gris et on perçoit les signes caractéristiques de l’anémie. Loin de lui profiter, cette alimentation spéciale nuit à son développement, augmente sa nervosité; bref, on se trouve en présence d’une sorte d’intoxication chronique qui disparaît assez vite quand on change le mode d’alimentation.
- A quoi peut-on les attribuer ? Le cacao et le chocolat n'ont jamais passé pour des produits malsains. C est vrai, mais la composition chimique du cacao montre que des doses un peu élevées peuvent entraîner chez les tout petits enfants des désordres sérieux. Le cacao contient une proportion assez élevée d’acide oxalique et le principe actif qu’on y rencontre, la théobromine, n’est pas précisément de nature à calmer la susceptibilité nerveuse du bébé. De tous les aliments usuels, le cacao serait, d’après le professeur Gautier, celui qui contient le plus d’acide oxalique. Il en contient 4 gr. 5o pour ioo, tandis que l'oseille n’en renferme que 2 à 3 grammes, le thé noir, 3 gr. yS ; les épinards de 2 à 3 grammes. Les légumes vulgaires, carottes, pommes de terre, etc. n’en contiennent que quelques centigrammes.
- Les accidents signalés par le médecin de l’Hôpital des Enfants sont, je le répète, l’apanage des bébés nourris systématiquement avec ces farines, à l’exclusion du lait ou de tout autre féculent simple. Vous ne les observerez pas quand vous donnerez au jeune affamé une ou deux de ces bouillies par jour, qu’il recevra en même temps quelques purées de pommes de terre, des crèmes de riz et surtout une bonne dose de bon lait. Donnez au moment du sevrage des repas mixtes, donn'ez toujours du lait jusqu’au moment où les dents bien sonies permettront de donner une alimentation plus variée et qui se rapprochera peu à peu de celle de ses parents. ' . Dr A. C.
- La rage à Paris. — La Revue municipale publiait dans un de ses derniers numéros, sous la signature de M. H. Martel, chef du service vétérinaire sanitaire de Paris et du département de la Seine, un intéressant article sur la rage à Paris, considérée notamment dans ses rapports avec la capture des chiens errants. D’après l’auteur de cette étude, la fréquence de la rage est fonction du nombre des chiens errants. Il est d’autant plus utile de le rappeler que depuis ces quinze dernières années la rage suit — chez les chiens — une marche ascendante, principalement en France et en Allemagne où de 1890 à igo5, les cas de rage du chièn sont passés respectivement de ii5i à 2368, et de 5go à 742.
- Quant au rapport entre la fréquence de la rage et la
- fréquence des chiens errants, il est particulièrement frappant à Paris, l'une des villes qui souffre le plus en Europe du triste état de choses créé par l’insuffisance des mesures relatives aux chiens errants. En 1878, 1888 et 1892, des expériences ont montré que les nombreuses captures de chiens vagabonds pratiquées à Paris ne pouvaient amener que des améliorations de courte durée, si aucune persévérance n’était apportée dans l’œuvre d’assainissement de la voie publique.
- En 1878, on compte 5o8 cas de rage de chien : 100 personnes sont mordues et 24 succombent. Les règlements remis alors en vigueur, on capture en deux mois plus de 5ooo chiens et on en lue 4^80. Aussitôt, chute du nombre des cas de rage, qui, de 141 pendant le premier trimestre et de 175 pendant le second, tombe à 133 pendant le troisième et à 53 pendant le dernier de l’année 1878. Mais un nouveau relâchement intervient bientôt dans les captures et, dès 1881, on compte 615 cas pour la ville de Paris et le département de la Seine, 156 personnes mordues et 21 morts.
- Même histoire, dix ans après. En 1888, on constate 863 cas de rage canine dans le département de la Seine : 19 personnes succombent; application démesures rigoureuses; destruction de 7230 chiens d’avril à juillet : et de 10126 pour toute l’année 1888; aussitôt, chute dans le nombre des cas observés qui descend successivement à 67 en août, 52 en septembre, 29 en octobre et 27 en novembre, contre 120 en mars et 125 en avril. Mais, toujours comme en 1878, on revient bientôt à un relâchement de sévérité, et le nombre des cas remonte à 402 en 1891 et à 601 en 1892.
- A ce moment, intervient une ordonnance, du 3o mai 1892, sévèrement appliquée. Le nombre des captures passe de 3188 en 1889, 2705 eu 1890 à 23 o65 en 1892; pendant le premier trimestre de l’année suivante on constate seulement 27 cas de rage à Paris contre 36 en banlieue. Alors, encore une fois, on ralentit l’activité des captures, et, de plus belle, repart la rage : 3g83 captures en 1893, 4983 en 1894 et 3270 en 1895, et 391 cas de rage en 1894 et 499 en 1895, puis 554 en 1897, 726 en 1898, 6o5 en 1899 et 807 en 1900.
- Il sied d’ailleurs de rendre justice à l’activité de la police municipale, qui, malgré toutes les difficultés d’une tâche qui porte facilement à croire à l’arbitraire, maintient depuis quelques années les captures à un taux relativement élevé : 11 907 en 1900, 15496 en 1901,
- i5 848 en 1902, i3 973 en 1 go3, 14 554 en 1904 et i3 386 en igo5.
- Aussi, avec la sévérité croissante des enquêtes faites pour chaque cas de rage par le service sanitaire et par les commissaires de police, et grâce à l’énergie déployée dans l’œuvre d’assainissement de la voie publique, on est en droit d’espérer l’éradication de la rage dans un avenir rapproché, si rien ne vient distraire la police municipale de ses occupations habituelles.
- En effet, le nombre total des cas de rage accusé par les statistiques du service sanitaire est en baisse : 56o en 1901, 84 en 1904 et 56 en igo5. D’autre part, le nombre des personnes habitant Paris, et traitées à l’Institut Pasteur, à la suite de morsure, est aussi en baisse : 293 en 1898, 119 en 1904, 108 en 1905. Il en est de même du nombre des personnes mortes de rage : 5 en 1899, 11 cas (6 non soignés) en 1900, 6 en 1901, 1 en 1902, 2 en igo3, 1 en 1904 et o en igo5.
- Il n’est pas sans intérêt d’observer que le nombre des cas de rage est fort différent suivant les arrondissements et surtout élevé dans ceux qui sont à la périphérie de la ville, c’est-à-dire les XIP, XYP, XYIP, XYIIP, XIXe et XXe arrondissements. L’examen en détail des chiffres recueillis et des cartogrammes établis dans chacun d’eux, montre parfaitement bien l’influence manifeste de la capture des chiens errants sur la fréquence de la rage.
- En résumé, dit M. H. Martel, il suffit de supprimer les chiens errants pour supprimer la rage. Paris semble pouvoir arriver à cette solution dans un avenir rapproché, si l’on maintient avec la même fermeté le service de capture des chiens vagabonds. Dr Desplein.
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- VARIÉTÉS
- afr
- Fabrication électrolytique de la caséine. — La
- fabrication industrielle de la caséine se base d habitude sur l’addition de présure ou d’acides au lait écrémé : M. Gateau vient d’imaginer et de faire breveter un procédé nouveau consistant dans l’électrolyse du lait de beurre, et qui se recommande à la fois par son ingéniosité et par les divers avantages que son emploi procure.
- Au centre d’une cuve remplie de lait écrémé et chauffé à 8o°, on dispose un vase poreux contenant une solution de soude caustique à 5 pour ioo dans laquelle plonge une cathode en fer. L’anode, en charbon, est placée dans le lait, les deux électrodes étant distantes de dix centimètres environ. Quand on fait passer un courant réglé de façon que sa densité à l’anode soit de i ampère par décimètre carré de plaque, on provoque dans le lait la libération d’acide phosphorique et la précipitation de la caséine : avec un courant de 160 ampères sous une tension de u volts, ou sépare en 20 minutes la caséine de ioo litres de lait écrémé.
- Au lieu de solution alcaline, on peut mettre dans le vase poreux du petit-lait provenant d’une opération précédente et maintenu au degré de concentration qu’il a après la précipitation de la caséine : les électrodes étant disposées comme il vient d’être dit, on peut en io minutes précipiter la caséine de ioo litres de lait écrémé en faisant passer un courant de 160 ampères sous une tension de 18 volts.
- On peut aussi entourer l’anode d’un vase poreux, de manière à recueillir comme produits secondaires des phosphates et de l’acide phosphorique, ou encore, si on n’adopte pas ce dispositif, continuer à laisser passer le courant après la précipitation totale pour obtenir une proportion plus grande d’acide phosphorique.
- De quelque façon, d’ailleurs, que l’on procède, on traite, en fin d’opération, le mélange du petit-lait et de la caséine de la même manière que dans les fabrications courantes par la présure ou les acides.
- La méthode Gateau présente des avantages importants : d’abord, elle donne un rendement en caséine plus élevé que les méthodes usuelles. Ensuite, la dépense en énergie électrique est moins grande que la dépense en présure ou en acides, toutes les fois du moins que l’on peut produire le courant par un moteur hydraulique ou par un de ces moteurs éoliens dont l’adoption s’impose de plus en plus à l’industrie agricole. Enfin, comme elle n’introduit pas d’éléments étrangers dans le lait, elle se prête mieux que tout autre à la préparation de la caséine alimentaire.
- Il est en tout cas intéressant de la signaler, à notre époque surtout où se multiplient les emplois industriels de la caséine et de son dérivé formolé, la galalith.
- Francis Maure.
- L’agriculture à Malte. — La création de la propriété rurale représente toujours un ensemble et une succession d’efforts persévérants, qui justifient amplement l’appropriation du sol : il a tout au moins fallu défricher, arracher les souches d’arbres après avoir jeté ceux-ci à terre, enlever les innombrables pierres mélangées à la terre végétale. Et il y a une multitude de points, comme en montagne, où les efforts ont dû être encore plus opiniâtres, quand il a fallu recueillir la terre un peu partout, pour la déposer dans des enclos, sur des terrasses entourées oü soutenues par des murailles ; c’est ce dont on a un exemple dans toute la région du Cap Corse. Mais la patience du paysan pour créer peu à peu une petite propriété prise sur la sauvagerie de la nature, a été encore bien plus admirable à Malte, ou du moins dans les parties du sol longtemps réputées impropres à la culture.
- Ici, il n’y avait guère d’abord que la roche dure et nue, et, pour y établir des champs et des cultures, il a fallu se livrer à une besogne aussi curieuse que méritoire, que l’on peut encore saisir sur le vif là où le paysan continue d’agrandir les superficies cultivables. On commence par arracher les plantes sauvages, et elles sont si chétives qu’elles ne valent même pas d’être brûlées pour donner des cendres qui contiûbueraient à former la terre du champ. Mais à la surface du rocher, ou du moins dans les interstices de cette roche, il se trouve toujours quelque peu de terre végétale qui s’est
- déposée peu à peu, et que l’on recueille jalousement pour la mettre de côté. On trace alors sur la roche le contour du champ futur, et, dans ces limites, on creuse dans le rocher des sortes de sillons de îo à 12 centimètres de largeur, et ayant la profondeur que l’on veut donner au terrain à créer. En réalité, il s’agit de creuser une cuvette dans la pierre, et ces sillons, qui se recoupent à angle droit en traçant comme un damier à la surface du champ, vont permettre d’extraire les carrés successifs de roche.
- Ce qu il y a d’intéressant à noter, c’est que tout ce travail s’effectue avec les outils les plus primitifs, de mauvaises pioches présentant un tranchant d’un bout et une pointe de l’autre. Il s’agit de faire sauter la roche dans chacun des casiers du damier, et, dans ce but, on taille latéralement, en partant d’un des sillons, une ou deux rainures aussi horizontales que possible, d’une dizaine de centimètres de profondeur, et on y enfonce un coin en fer, entre deux lames de fer également chargées de lui donner appui. C’est le principe que l’on suit pour détacher la roche dans les carrières, et le Maltais arrive ainsi à former la cuvette voulue, gardant soigneusement en réserve les blocs plus ou moins gros qu’il arrache, afin d’en faire des murs à son futur champ, ou d’en construire sa maison. Dans ce travail de patience, il rencontre toujours des fissures du rocher qui renferment quelque peu de terre végétale, provenant en grande partie de la décomposition de la pierre, et il en augmente d’autant son approvisionnement ; il élargit au besoin la fissure pour pouvoir en retirer toute la terre qu’elle contient. Et quant aux menus débris de la roche, il les réduit en poussière ; cela entrera dans la composition de la terre dont il remplira la cuvette.
- Lorsque celle-ci est terminée, il en aplanit le fond, de façon à ce qu’il soit aussi horizontal que possible, bouchant les petites cavités avec des cailloux et des pierres: puis il étend une première couche de la terre végétale péniblement recueillie un peu partout ; par-dessus il répand une couche de poussière de roche; vient une seconde couche de terre, puis une couche de débris, et ainsi de suite (en terminant par de la terre) jusqu’à ce qu'il ait atteint ie bord supérieur de la cuvette. Sur le terrain artificiel préparé si péniblement, le paysan verse de 1 eau en abondance, de manière à en faire de la boue ; il laisse le soleil, l’air et la pluie exercer leur influence bienfaisante pendant une année, et, au bout de ce temps, il apporte de l’engrais, laboure et ensemence sa nouvelle propriété, qu’il a bien méritée par ses peines et son labeur. D..B.
- Le blé barbu. — Nous avons à plusieurs reprises signalé aux lecteurs de La Nature tout le parti qu’une intelligente utilisation peut tirer de l’aide inconsciente des animaux pour l’amélioration des cultures ou leur défense contre d’inopportuns parasites. Voici, contre les insectes destructeurs, un moyen bien imprévu de défense qui résulte d’expériences effectuées récemment par M. Le Breton, de Laval, et dont nous trouvons le récit dans le Journal de VAgriculture. M. Le Breton, ayant reçu de l’Ecole d’agriculture d’Angers deux échantillons de blés de semences, l’un de blé Japhet de belle qualité, l’autre d’un blé inconnu de lui et désigné sous le nom de blé dattel barbu, il sema leurs grains un à un à a5 centimètres l’un de l’autre sur cinq lignes parallèles distantes de 20 centimètres, de façon à former deux petites surfaces d’essai. Le blé Japhet, d’aspect très supérieur à l’autre, leva rapidement, mais il fut entièrement égrené par les oiseaux avant qu’un seul de ses épis ait pu mûrir ; au contraire le blé barbu leva plus lentement, mais assez vigoureusement pour que ses tiges vinssent dépasser celles de leur rival; déplus, il résista absolument aux oiseaux, protégé par ses barbes piquantes : aussi, tandis que le rendement du blé Japhet avait été nul, le blé barbu donna-t-il 35o à 400 grains par grain semé. Le blé barbu mûrit lentement et il est difficile à battre, mais son emploi rendrait de sérieux services, conclut M. Le Breton aux champs proximes des villes ou des bâtiments de ferme : en résistant aux attaques des oiseaux granivores, il les forcerait à céder la place aux oiseaux insectivores, nos meilleurs auxiliaires contre les insectes destructeurs.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les f»ils d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes Je renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande J’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et Jes recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que Jans un délai de dix à quinze jours.
- Communications.— La domestication du loup. — A propos de la récente information que nous avons publiée sous ce titre, et où nous relations les tentatives faites par M. Mosch, de Teufer, M. Maunez, à Bruxelles, nous signale le texte suivant, de Bullon, qui semble plutôt fait pour décourager : « J’en ai fait élever et nourrir un chez moi; tant qu’ils sont jeunes, c’est-à-dire la première et la seconde année, ils sont assez dociles, ils sont même caressants, et, s’ils sont bien nourris, ils ne se jettent ni sur la volaille ni sur les autres animaux; mais, à dix-huit mois ou deux ans, ils reviennent à leur naturel ; on est obligé de les enchaîner pour les empêcher de s’enfuir et de faire du mal. J’en ai vu un qui, ayant été élevé dans une basse-cour, avec des poules, pendant dix-huit ou dix-neuf mois, ne les avait jamais attaquées, et qui, pour son coup d’essai, les tua toutes dans une nuit, sans en manger aucune. »
- Renseignements. — M.-M. R., à I. — Votre installation ne vous garantit nullement contre les dangers de la foudre. La seule chose à faire est de faire établir, par un poseur compétent, un paratonnerre.
- M. L. Villiers, à Vannes. — Vous trouverez également à la Société française d’armes et de cycles de Saint-Etienne les tubes pour fusil dont vous parlez.
- M. Arm. Barrai, à Genève. — Le télémètre de poche Quenemant, se trouve chez M. Pouech, 314. rue des Pyrénées, à Paris.
- M. H. Kartolk, à Stockholm. — Pour le nouveau chevalet de pointage, décrit dans le n° 1757, du 27 janvier 1907, veuillez vous adresser directement à M. J.
- *si-
- lluron, auteur de l’article, 19, boulevard Eugène Riflault, Blois. Le prix est de 5oo francs environ.
- M.F. Bailly, à Saint-André de Cubzac. — i° Nous vous remercions de l’amabilité avec laquelle vous nous signalez les quelques faits qui vous ont frappés. 11 est fort vraisemblable que la coloration violette que vous observez sur les tessons de verre est comparable à celle que M. G. Gourty a signalée dans La Nature, n° 1757, du 26 janvier, p. 135 ; il indique d’ailleurs qu’il a vu plusieurs fois le fait aux environs de Paris. — 20 Le procédé qui consiste à regarder une photographie avec une lentille ou un tube pour obtenir la vision en relief est d’usage assez courant.
- M. E. James, à Genève. — La question du Gulf Stream est en effet à l’ordre du jour, et nous la suivons avec soin. Toutefois nous estimons qu’il n’y a pas lieu jusqu'ici de consacrer une étude à son déplacement, encore très problématique, — quoiqu’en écrivent nos grands confrères quotidiens.
- M. Trilles, à Agen. — Lunettes de chasse : nous pensons que la maison Clermont-Huet, 114. rue du Temple, à Paris, pourra vous fournir de bons instruments de cette espèce.
- M. Chalmel, à Paris. — Malgré nos recherches, nous n’avons trouvé dans La Nature rien qui se rapporte à ce que vous indiquez. Tous nos regrets.
- M. L. L.,k Passy. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage ou il soit traité de l’application de l’électricité aux pianos.
- M. R. Gaillard, à Urbillac. — Le léporide existe parfaitement, mais c’est une sorte « d’animal de laboratoire ». Il résulte d’un croisement de lièvre et de lapin, obtenu malgré l’antipathie qui existe entre ces espèces ; l’animal qu’on obtient ainsi présente un type intermédiaire, assez voisin du lapin, mais avec des oreilles plus longues et des pattes postérieures plus puissantes ; la chair est savoureuse; la puissance de reproduction est nulle.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- La destruction du puceron lanigère. — Ce procédé est recommandé par M. W. Collinge, membre de l’Université de Birmingham. Il consiste dans l’emploi de la mixture suivante : soude caustique, 900 grammes environ; savon mou, 23o grammes; paraffine, 3 litres environ; eau de pluie, 45 litres. On dissout le savon mou dans 4 litres et demi d’eau bouillante; pendant que l’eau est encore chaude, on ajoute la paraffine et on bat jusqu’à ce que le mélange forme un liquide crémeux. Employé en pulvérisation, il est efficace sur les œufs de tous les pucerons et des acariens. La meilleure époque pour le traitement est vers la mi-février, moment où les œufs de certains insectes et de quelques acariens sont plus facilement attaqués et aussi parce que l’arbre ne court pas, à cette époque, le risque de souffrir de l’emploi d'un liquide caustique. Prendre soin de se munir de gants en caoutchouc.
- Pour réparer les articles en platine,. — M. Cush-man vient de donner le procédé dans la publication Journal of the American Chemical Society.. Il consiste à souder un morceau d’une feuille épaisse de platine, formant comme une sorte de pièce de renforcement et de jonction, sur l’objet à réparer de manière à maintenir la fracture. Il faut d’abord préparer un bloc de courbure convenable, qui servira pour ainsi dire d’enclume, et qui soit non-conducteur. Et pour cela on coule dans le récipient de plâtine (puisqu’il s’agit généralement d’un récipient) enduit, de graisse, un mélange de pierre ponce et de plâtre de Paris. Quand la prise se sera faite, on pourra monter le bloc ainsi constitué dans une position convenable ; le récipient y sera appuyé, la surface où doit se faire la réparation ayant été soigneusement nettoyée. On a découpé à l’avance la feuille de platine
- de dimension voulue, et on la place à sa portée. On prend alors la lampe à souder de la main droite, et de la gauche on saisit le morceau de platine, mais par l’intermédiaire d’une pince ; on dirige la flamme sur le point à réparer et quand il a été porté au rouge blanc, on rapproche le morceau de platine de la flamme de façon qu’il atteigne la même température. On maintient l’incandescence pour le récipient comme pour la feuille métallique, et l’on appuie solidement celle-ci sur la surface à réparer. On peut alors éloigner un peu la lampe, et examiner si la feuille est bien placée convenablement; on remédierait à l’état de choses s’il en était autrement, et cela sans perdre de temps. Finalement, on dirige de nouveau la flamme sur le métal, et la feuille étant de nouveau portée au rouge-blanc, on prend un instrument convenable pour taper doucement le pourtour de cette sorte d’emplâtre, et par conséquent le faire adhérer au métal sous-jacent.
- Bronzage électrolytique. — Cette opération est en général difficile, parce que le laiton se précipite mal des solutions ordinaires, et que le cuivre a, par contre, tendance à se précipiter le premier. M. Curry a obtenu d’éxcellents résultats avec des solutions d’oxalate acide d’ammonium. La meilleure solution contiendrait environ 5 grammes d’acide oxalique libre et 55 d’oxalate d’ammonium par litre d’eau; les proportions de cuivre et d’étain varieraient suivant la couleur du bronze qu’on désirerait. La présence de chlorure est préférable à celle de fortes proportions de sulfate. La cathode autant que possible sera rotative ; la densité du courant cathodique devra être faible; il sera également avantageux que l’anode soit rotative. Il 11e faut guère songer à réussir avec un bronze contenant moins de 75 pour 100 de cuivre.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations d* M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 . HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL VLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 mars .... — o°,c» E. N. E. 3. Beau. » Peu nuageux; gelée blanche; givre.
- Mardi S — i°,i E. S. E. 1. Beau. » Peu nuageux ; gelée blanche
- Mercredi 6 3°,7 S. S. w. 1. Couvert. 3,0 Couv. jusq. 18 h. ; beau ensuite ; pluie de 1 h. 50 à G h. gelée blanche. .
- Jeudi 7 . - 0°,3 N. N. E. 1. Couvert. 0,5 Peu nuag. de G b. à 17 lu; couv. av. et aji. ; gelée bl.; brouill. jusq. 7 b. ; pluie dans la soirée.
- Vendredi 8 G°,0 W. S. VV. 2. Éclaircies 0,9 Prcsq. couv. ; pluie de 1 h. à 2 b.
- Samedi 9 6°,0 N. N. W. 3. Nuageux 4,8 Couvert; pluie de 15 b. à 24 h.
- Bimanche 10. . . . . 9°,2 VV. N. W. 3. Couvert. 0,7 Couv.; bruine et petite pluie par intervalles.
- MARS 1907. — SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 MARS 1907.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)] courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mo'dtlée. t
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du 4 au io mars, le temps a été très variable. Le 4 mars, la pression barométrique était en général supérieure à 765 mm. Des vents faibles d’entre Nord et Est soufflaient sur toutes nos côtes; la mer était houleuse à la pointe de Bretagne. La température était le matin — 2° à Belfort, — r° à Paris, 4° & Toulouse, i° à Clermont, — 4° au mont Aigoual, — 4° au Puy de Dôme, io° au Pic du Midi. A Paris, on observait de la gelée blanche. Le
- 5 mars, la situation atmosphérique s’est modifiée en Europe; le maximum s’est déplacé vers le Sud-Est, et une dépression s’est produite sur les Iles-Britanniques. La hauteur barométrique était 780 mm à Lemberg, en Allemagne. Les vents ont soufflé fortement de l’Est en Provence ; ils ont été faibles du Nord-Ouest sur l’Océan, et du Sud sur la Manche. Il a plu à Gap (7 mm d’eau) et à Toulon (5 mm). A Paris, l’atmosphère était chargée de brume; la pression barométrique était 767 mm, la température, qui était —i° le matin, s’est élevée dans la journée. On observait — i° à Nantes, -— i° à Besançon, i° à Clermont, 4° à Toulouse, —5° au Puy de Dôme,— 70 au mont Yentoux, — 14° au Pic du Midi. Le
- 6 mars, les fortes pressions s’étaient retirées sur le Sud et le Sud-Est du continent. Faibles du Sud-Ouest en Gascogne, et du Nord sur la Méditerranée, les vents étaient au contraire assez violents du Nord sur la Manche et la Bretagne. Il est tombé 2 mm d’eau à Dunkerque, 4 mni à Paris, 6 mm à Brest, i5 mm à Limoges, 18 mm à Toulon, et 4d mm à Cette; la pluie à Paris est
- tombée entre 1 heure et 6 heures du matin. Le 7 mars, le maximum barométrique a été observé à Nantes; il était 775 mm. On a recueilli a3 mm d’eau à Limoges, 18 mm à Cette, i3 mm à Toulouse, 8 mm à Belfort, 6 mm à Nantes, 3 mm à Nancy. La température était le matin — i° à Nantes, o° à Paris, 20 à Bordeaux, 90 à Alger, —70 au mont Yentoux, —i5° au Pic du Midi; dans la banlieue de Paris, on a noté des minima de
- — 20 avec gelée blanche. Le 8 mars, les fortes pressions se trouvaient sur le Sud-Est et le Sud-Ouest du continent; à Biarritz, la pression était 772 mm II est tombé 5 mm d’eau à Nancy, 1 mm d’eau à Bordeaux, à Nantes, à Dunkerque, à Paris. Le thermomètre marquait le matin—-5° au Puy de Dôme, —6° au mont Ventoux,
- — 90 au Pic du Midi, i° à Besançon, 6° à Paris, 8° à Nantes, io° à Biarritz. Le 9 mars, le vent est devenu très fort du Nord-Ouest, et la mer était grosse sur les côtes de la Méditerranée ; les fortes pressions étaient restées dans l’Atlantique. Un vent assez fort d’entre Nord et Ouest régnait sur la Manche et sur nos côtes de l’Océan. La neige tombait le matin à Belfort; on a recueilli 7 mm d’eau à Belfort, 4 mm à Nancy, 1 mm à Brest. La température était le matin o° à Belfort, 6° à Paris, 70 à Toulouse, ii° à Biarritz, —3° au Puy de Dôme, —7° au Pic du Midi, —8° au mont Yentoux. Le 10 mars, la moitié Nord du continent était couverle par des pressions inférieures à 760 mm ; sur l’Ouest de la France et l’Espagne, les pressions étaient supérieures. Il est tombé 2 mm d’eau à Brest, 5 mm à Paris, 8 mm à Limoges, 12 mm à Belfort, 14 mm à Lyon. La température était le matin 4° à. Belfort, 8° à Toulouse, 90 à Paris.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 7 à 8 h. 5i m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- j 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, s 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1765 (23 MARS 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Nécrologie. — Décès de Marcellin Berthelot. — Au moment de mettre sous presse, nous apprenons la mort subite de Marcellin Berthelot, décédé quelques instants après Mme Berthelot de l’émotion que cette perte lui a causée. Nous ne pouvons, aujourd’hui, que rendre hommage à la mémoire de l’illustre chimiste, un des créateurs de la chimie organique et l’une des gloires les plus universellement célèbres de la science française. Entré à l’Académie des Sciences en 1873, dans la section de physique, il avait en 1889 remplacé Pasteur comme secrétaire perpétuel. Un article détaillé lui sera consacré dans notre prochain numéro.
- Deux accidents de mines en Allemagne. — Après le terrible accident de Reden, deux nouveaux sinistres très graves viennent de se produire dans les mines de houille allemandes, dans le bassin de Sarrebrück. Le premier est de ceux qu’avec de la prévoyance et du soin on doit pouvoir éviter. Dans une des « mines royales » appartenant à l’Etat prussien et exploitées par lui, à Luisenthal, une cage contenant 22 ouvriers est tombée au fond du puits par suite de la rupture du câble et les 22 ouvriers ont été tués sur le coup. A Petite-Rosselle, près Forbach.mine appartenant à la maison de Wendel, qui occupe 5ooo ouvriers et produit environ i25oooo tonnes, un coup de grisou a fait presque en même temps 80 victimes. Cette catastrophe a causé d’autaut plus de douloureuse surprise que, depuis celle de Reden, on croyait avoir pris toutes les précautions possibles.
- Détermination des longitudes par la télégraphie sans fil. — La télégraphie sans fil permet de mettre en correspondance directe deux points entre lesquels il u’existe aucune ligne télégraphique et, par conséquent, de faire une détermination précise de lougitudes. Des expériences dans cet ordre d’idées ont été faites en 1906, par Albrecht, entre Potsdam et le Brocken. Elles ont eu pour but de comparer les résultats obtenus par la télégraphie ordinaire avec ceux résultant de la télégraphie sans fil, en utilisant la station bien connue de Nauen à 32 km de Potsdam et i83 km du Brocken. Les différences ontété, en général, de l’ordre du millième de seconde, sauf dans deux cas où il s’est produit une légère erreur, et les résultats n’ont pas varié en employant, soit toute l’énergie des ondes électriques, soit sa moitié, soit son quart. La durée de la transmission à raison de 3oo 000 km par seconde ne saurait intervenir, mais les influences atmosphériques sont plus sensibles que pour la télégraphie ordinaire.
- Les poudres colloïdales. — L’explosion de Vléna, rappelant à huit années de distance celle de la poudrière
- de Lagoubran, attire l’attention sur les dangers que présentent les poudres actuelles colloïdales ou sans fumée à base de fulmicoton. Ces poudres ont été substituées aux anciennes poudres noires pour permettre d’augmenter la vitesse des projectiles en agissant comme poudres lentes, tandis que les poudres brisantes d’autrefois ne permettaient pas d’atteindre le même résultat. Mais elles ont un très grand défaut, c’est leur manque de stabilité qui entraîne des accidents, aussi bien dans leur fabrication que dans leur emploi. On a surtout parlé, dans ces derniers temps, de la décomposition qui se produit à la longue et qui tient à la présence du dissolvant très volatil dans lequel a été dissous le coton-poudre et dont il doit subsister dans la poudre un résidu. Cette décomposition est constamment surveillée par des analyses chimiques et par des observations thermométriques sur des caisses témoins, car la poudre décomposée peut s’enflammer spontanément. Il est cependant à remarquer que cette inflammation se fait en général avec lenteur et, par suite de cette lenteur, on peut souvent éteindre des commèncements de déflagration, si extraordinaire que cela puisse paraître au premier abord quand on parle d’explosifs. Les mêmes inconvénients se retrouvent pour la fabrication. Cependant cette industrie, qui passe pour particulièrement dangereuse et qui, de temps en temps, comme celle des mines, attire l’attention sur elle par quelque sinistre retentissant, se classe, en réalité, aujourd’hui, comme chiffre de victimes par 1000 ouvriers, entre la métallurgie et les chemins de fer. La vitesse d’inflammation est suffisamment lente pour laisser une chance de salut aux ouvriers, même lorsque la combustion commence. Ceux-ci sont à proximité immédiate des portes et l’on peut manoeuvrer des lances d’arrosage qui arrêtent la déflagration. La lenteur de l’explosion, quand elle se produit, est manifestée par ce fait que les cloisons légères sautent seules et qu’on retrouve en place les chevrons. Presque toujours les mécanismes n’ont pas souffert. En outre, on évite la dessiccation du coton-poudre, qui était une opération critique, en maintenant celui-ci hydraté jusqu’au dernier moment. Enfin, dans les ateliers de broyage où l’on opère par petites quantités, on entre juste le temps nécessaire et, le reste du temps, l’ouvrier est caché derrière un mur épais, tandis que, dans les autres sens, des cloisons légères sont préparées pour livrer passage au volume énorme des gaz. Le plus grand danger qui subsiste résulte de la haute température de combustion provoquant des brûlures généralisées, et de l’intoxication par les énormes proportions d’oxyde de carbone que dégage en brûlant la poudre. (Y. n° 1718, 28 avril 1906.)
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- INFORMATIONS
- Industrie de la résine. — L’industrie de la résine a pris, depuis quelques années, dans les Landes un essor extraordinaire et donné des bénéfices considérables. Les milliers d’hectares autrefois stériles, que l’on avait plantés en pins maritimes en partie pour assainir la région, sont devenus une source de richesse par suite de la hausse croissante de l’essence de térébenthine extraite de la résine. Celle-ci, qui se vendait 58 francs les ioo kg il y a dix ans, vaut actuellement 124 francs, prise sur place aux marchés de Bordeaux et de Dax. Cette térébenthine sert notamment pour la fabrication de toute une série de peintures à dessiccation rapide de plus en plus employées, pour les laques copal, pour les vernis, encaustiques, cirages; pour le nettoyage des formes, clichés et rouleaux de presses à imprimer, etc. On a bien des fois essayé de reproduire synthétiquement la térébenthine et, récemment encore, on annonçait y avoir réussi.
- Les épées tordues des Gaulois. — L’historien grec Polybe, qui raconte les guerres des Romains et des Gaulois au 111e siècle av. J.-C., donne sur les épées dont se servaient les Gaulois des renseignements qui ont souvent dérouté la sagacité des historiens. D’après lui les forgerons celtiques étaient de très médiocres artisans : ils fabriquaient de lourdes épées camardes, d’un fer si mou et de qualité si mauvaise qu’après avoir frappé un premier coup elles se repliaient sur elles-mêmes; le combattant devait sortir du front de bataille et redresser à l’écart le fer de son arme, comme un moissonneur rebat celui de sa faux. M. Salomon Reinach, qui, dans un récent mémoire publié dans Y Anthropologie, rappelle cette affirmation de Polybe et cite, avec son texte, les historiens qui l’ont acceptée comme véridique, donne à ce sujet des explications très curieuses et qui montrent une fois de plus comment la méthode ethnographique peut éclairer des questions, qui semblent irrésolubles, d’histoire ou de préhistoire. Tout d’abord, dit en substance M. Salomon Reinach, on ne saurait tenir en doute le témoignage de Polybe, à la fois parce que c’est un historien de premier ordre, et parce que l’on possède un bon nombre d’épées gauloises tordues, doublées, repliées en trois ou en quatre et qui proviennent de toutes les régions de civilisation celtique, sans d’ailleurs qu’elles se rencontrent exclusivement dans ce domaine. Toutefois, il y a au moins deux bonnes raisons pour ne pas admettre que ces ploiements ont été effectués au cours de combats : i° les épées ployées se trouvent souvent dans leur fourreau qui a été ployé en même temps, et par conséquent ce n’est pas en combattant que la déformation s’est produite ; 20 on ne trouve pas les épées pliées ou tordues sur des lieux de combat, ni à la Tène, emplacement de fortin helvétique du 111e et du 11e siècle av. J.-G., ni à Alésia. — Ce sont au contraire les tombes celtiques qui fournissent le grand nombre des épées tordues. Aussi, M. Reinach n’hésite-t-il pas à conclure que les épées qui se trouvent ainsi placées dans ces tombes le sont à dessein, et qu’elles ont été volontairement tordues au préalable. La torsion des épées, en un mot, serait un rite funéraire commun aux populations qui occupèrent la Gaule, l’Italie, la Germanie et la Hongrie du vc au 111e siècle avant notre ère. L’hypothèse paraîtra de la plus haute vraisemblance à ceux qui savent par l’ethnographie combien largement est répandu par toute la surface du globe l'usage funéraire des « brisüres intentionnelles». Ainsi M. Reinach indique que le même usage de briser des vases sur les tombes se constate dans le Bourbonnais, le Berry, à Madagascar, en Nouvelle-Guinée, en Grèce, etc. Tout ce que raconte Polybe de la mauvaise qualité des armes gauloises est donc un véritable mythe, inventé ou accueilli par lui de bonne foi pour justifier la fréquente torsion des épées gauloises, que, dès son temps, des marchands vendaient comme des curiosités, et dont la déformation volontaire, faite dans un esprit religieux, lui échappait absolument.
- La stabilité du dôme de Milan. — M. E. Lagrange a donné, dans le Bulletin de la Société d'astronomie de Belgique, un commentaire sur une brochure que vient de publier le professeur C. Vincentini, de Milan, sur le pendule enregistreur des mouvements de l’aiguille principale du dôme de Milan. On sait que l’attention fut appelée, à la suite de la catastrophe du campanile de Saint-Marc, à Venise, sur la stabilité des anciens monu-
- ments de la péninsule Italienne offrant un caractère architectural ou artistique. En ces dernières années, de nombreux sismologues italiens se sont mis à étudier la stabilité et les mouvements des monuments de leur patrie. En 1904, le professeur Vincentini fit de nombreuses observations sismographiques pour rechercher les effets du tir du canon sur la stabilité du Palais Ducal, à Venise. Le P. Guido Alfani étudiait, de même, les mouvements de la tour du Vieux Palais, à Florence, etc. Dans le nouveau mémoire qu’il vient de publier, le professeur Vincentini expose les recherches qu’il a faites pour étudier les mouvemènts de l’aiguille légère qui domine le dôme de Milan. Il s’agissait surtout d’une étude purement scientifique, personne ne nourrissant de crainte sur la stabilité de ce célèbre monument. L’aiguille centrale a une hauteur de 33 m. L’appareil enregistreur fut composé d’un long pendule de 18 m. pesant 4^ kg, à mouvement très amorti par un bain de glycérine et suspendu par un fil d’acier à la partie supérieure de l’aiguille, qui est creuse. L’enregistrement s’effectuait sur un papier au noir de fumée. L’étude des déplacements de l’extrémité du pendule a montré que, chaque jour, cette extrémité décrit une courbe sensiblement fermée, le point de départ du lendemain coïncidant, en général, vers 1 heures du matin avec celui de la veille. Cette courbe semble due aux déformations de l’aiguille sous l’influence du rayonnement solaire. Les courbes ressemblent à une sorte d’ellipse allongée dans une direction qui varie avec l’état de l’atmosphère. Les déplacements maxima de la flèche sont de 1 minute d’arc environ. Les vents violents (tempête du 5 juillet 1905, 70 km. à l’heure) n’ont qu’une influence insignifiante sur la flèche. Au cours de cette tempête, le déplacement du sommet par rapport à la base fut seulement de 8 mm. En résumé, cette étude, poursuivie pendant un an environ, a montré qu’il n’y a aucune crainte à concevoir actuellement au sujet de la stabilité de cet édifice.
- Mouvement radial de l’étoile R Z Cassiopée. —
- M. J. Hartmann, directeur de l’observatoire de Bamberg, a donné, dans les Astronomische Nachrichten, n° 4135, les mesures de la vitesse radiale de cette étoile du type d’Algol, d’après deux spectrogrammes pris, l’un au quart de la période avant le minimum, l’autre au bout du même intervalle, après ce minimum. Dans les étoiles du type d’Algol, la variation d’éclat est produite par un satellite obscur qui passe périodiquement entre l’étoile et le Soleil. Le plan de l’orbite passe très sensiblement par le Soleil (et la Terre). On voit qu’en prenant des spectrogrammes aux endroits ci-dessus de la période, ces points correspondent aux portions diamétralement opposées de l’orbite pour lesquelles l’étoile s’éloigne ou s’approche de la Terre. Pour ces points, le rayon visuel est tangent à l’orbite. Le premier spectro-gramme a donné pour la vitesse de l’éloignement de l’étoile —J- 33,i km. et le second, comme vitesse de rapprochement, — 111,9 km. Ces chiffres vérifient ainsi la supposition qu’un corps sombre éclipse l’étoile principale et indiquent, en outre, que la composante brillante est distante d’environ 1 170000 km. du foyer de l’orbite.
- Recherches sur le celluloïd. — On sait que le celluloïd est une sorte de combinaison de camphre et de nitrocellulose ; on a constaté que le celluloïd de bonne qualité est une matière relativement stable, qui brûle difficilement en présence d’une flamme et dont le choc, le frottement, l’étincelle électrique, la température de ioo° ne peuvent provoquer l’explosion. La combustion du celluloïd, une fois amorcée, se produit sans explosion. Les produits de qualité inférieure se décomposent beaucoup plus facilement au voisinage d’une source de chaleur et leur température d’explosion est plus basse. La poussière de celluloïd peut donner lieu à une explosion par suite d’une inflammation. Les gaz qui proviennent de la combustion ou de la calcination du celluloïd peuvent former un mélange détonant, et lorsque la combustion du celluloïd se fait en présence d’une quantité d’air insuffisante, elle fournit des gaz toxiques : composés oxygénés de l’azote, oxyde de carbone, acide cyanhydrique, etc. Il y a dans cette étude, due à M. Will, l’explication des nombreux sinistres ou accidents qui se produisent parfois dans les usines ou entrepôts de celluloïd.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Appareils divers
- Tendeur de câble métallique. — Il peut s’appliquer à tendre toutes sortes de câbles, mais son rôle est naturellement plus indiqué pour les lils métalliques. Il est du reste extrêmement peu encombrant, très simple de maniement et des plus robustes. Il est connu sous le nom de tendeur Blériot, et se vend 16, rue Duret, à Paris.
- En son centre, il comporte une pièce i, percée d’un trou a en son milieu ; cette pièce est taraudée en sens inverse à ses deux extrémités respectives; déplus, à ses deux bouts, elle est fendue (en 3) sur une certaine longueur et suivant quatre génératrices. Non seulement •j lle est taraudée, mais encore elle est liletée, c’est-à-dire qu’elle porte à chaque bout un pas de vis extérieur d’une certaine longueur. Dans les évidements taraudés
- G 3 ! G
- Tendeur de eûble métallique.
- pourront venir pénétrer et par suite se visser deux petites tiges filetées que l’on voit en 4, et qui se terminent par des anneaux auxquels on fixera les bouts de câbles à réunir et à tendre. Au contraire, on aura enfilé par avance sur les parties filetées de la portion médiane deux écrous dont on doit déjà pressentir le rôle.
- Quand on veut employer le tendeur, on commence par ramener les écrous 6 vers le centre de la pièce i, de manière à dégager complètement de leur serrage les portions fendues en 3 ; et si l’on a fixé, d’autre part, datis les œillets 5 les deux bouts de câble, on pourra L’aidir et tendre en faisant tourner la pièce centrale au moyen d’une pointe quelconque introduite dans le trou a. Pour empêcher ensuite tout desserrage et immobiliser les choses en l’état, il suffit de ramener les écrous 6 vers 3 et de les serrer à bloc : ce qui emprisonne les pièces 4 dans leur logement, en faisant pression sur les parties taraudées fendues, et en formant par conséquent contre-écrou.
- «S'îss, Moteurs
- Moteur circulaire Primat. — Nous ne savons trop quelle désignation lui donner, car il ne mérite certainement pas celle de rotatif, son mouvement n’étant pas une rotation continue et régulière. En fait, et comme on va le voir tout de suite en s’en reportant à la figure, il
- Moteur circulaire -Primat"
- solidarisés par la pièce B, de forme toute spéciale, qui leur permet de se déplacer chacun dans un mouvement inverse suivant la courbure symétrique de leurs cylindres. Les deux pièces B sont, d’autre part, réunies par une sorte de balancier, dont le pivot d’oscillation se trouve en O. L’attaque de l’arbre moteur, qui est en M, se fait par une bielle unique que l’on aperçoit en b, et qui n’est sous la dépendance « directe » que d’un seul cylindre. Mais on a vu qu’il y a en réalité accouplement des 4 cylindres, s’associant pour finalement agir sur l’arbre moteur. C’est là une simplification au point de vue du vilebrequin, et l’encombrement est très réduit, tandis que le poids descend à 2 kg par cheval, ce qui est bien souvent précieux. La question est de savoir si la construction des cylindres et même du reste du moteur n’est pas bien coûteuse. — Les constructeurs sont MM. Primat et Gi0, 14, rue de Normandie, à Asnières.
- Nouveau moteur à deux temps. — Ce moteur Lister a été signalé par notre confrère The Engineer ; son inventeur a naturellement eu pour objet d’obtenir une impulsion motrice pour chaque tour d’arbre ; et, pour arriver à ce résultat, comme le plus souvent en la matière, il a adopté deux cylindres et deux pistons. Le dispositif est certainement ingénieux, quoique un peu compliqué. On trouve dans ce moteur deux cylindres parallèles, l’un servant à l’admission et l’autre à l’échappement, et la compression est effectuée au moment où les deux pistons se rejoignent. Tout le secret réside, en réalité, dans le triangle, à deux des angles duquel les tiges de pistons sont articulées ; le troisième sommet du triangle est relié à la manivelle. Du reste, le mouvement de ce triangle est guidé par une tige oscillante,
- Moteur à deux temps.
- dont le point fixe est établi sur le carter même du moteur.
- La compression maxima du mélange a lieu quand les deux pistons se trouvent dans la position indiquée par le croquis médian ; alors se produit naturellement l’allumage. Sous l’influence de l’explosion, les deux pistons sont repoussés, et nous sommes en présence du temps moteur ; mais il arrive, grâce à l’action du triangle, que l’un des pistons découvre l’orifice d’échappement avant que l’autre découvi'e l’orifice d’admission, et c’est ce que représente le croquis schématique de droite. Les pistons n'en continuent pas moins à descendre sous l’influence de l’impulsion reçue. Alors se découvre l’orifice d’admission d’air, et les gaz de combustion peuvent être balayés complètement. La rotation de l’arbre moteur se continuant sous l’action du volant, nous voyons se produire la phase que représente la figure de gauche : les pistons, en remontant, arrivent à boucher les deux orifices ; et comme à ce moment même, par le moyen d’une pompe spéciale (se distinguant de celle qui a chassé de l’air tout à l’heure), on injecte du combustible dans le cylindre, la compression se fait, et bientôt le moteur sera prêt pour une autre explosion.
- y a bien mouvement partiellement‘et alternativement rotatif des pistons, dans des cylindres qui sont disposés, deux par deux suivant un tore, et en se faisant vis-à-vis par leur culasse.
- Dans la gravure, les pistons sont indiqués par les lettres Pa, P2, P3 et P4, et ils sont groupés deux par deux, puisque les pistons P3 et P4> par exemple, sont
- cÉg'ÿvs, Physique
- Luminosités nouvelles. — Un de nos constructeurs parisiens vient d’essayer d’obtenir des effets nouveaux avec les ampoules de Crookes et sous l’action des rayons électriques. Les matières renfermées dans les ampoules sont de diverses sortes et peuvent être les suivantes :
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- SCIENCE APPLIQUEE
- platino-cyanure de potassium et de baryum, sels de strontiane, sels de baryte, chaux verte fluatée, spath calcaire, uranium, ehlorophane, etc.
- Dans une ampoule de Crookes (fig. i), on introduit differentes matières ; sous l’influence des rayons Rœntgen, on obtient des effets de couleurs variées très remarquables. Un radiomètre (fig. 2) dont les deux palettes ont été recouvertes de matières fluorescentes a donné
- Fig. 1. — Ampoule de Crookes.
- en tournant des couleurs très vives. Un coquillage (fig. 3), préparé dans les mêmes conditions, a donné également de très jolis effets sous l’action des rayons Rœntgen. Les effets ont encore été plus surprenants, s’il est possible, avec une fleur, une marguerite placée
- — Radiomètre à palettes.
- Coquillage.
- dans les mêmes conditions (fig. 4)- La fleur est montée sur une tige en verre. On obtient alors des résultats très surprenants ; chaque pétale prend une couleur très vive, on semble apercevoir une fleur naturelle fortement éclairée. Enfin, il existe également un papillon, dont on
- peut admirer les couleurs éclatantes des ailes (fig. 5). On est véritablement surpris des couleurs que l’on arrive à pouvoir distinguer. Mentionnons en terminant un petit tube de verre dans lequel est enfermé du sulfure de zinc; sous l’action 4e l’étincelle électrique on observe une très vive luminosité. Tous ces appareils que nous avons cités fonctionnent avec une étincelle de 10 mm environ donnée par une bobine de Ruhmkorff.
- — La série d’ampoules et les bobines de Ruhmkorll se trouvent chez M. E. Chomeau, 4h, rue Rome, à Paris.
- f
- 'Electricité
- Réflecteur universel pour lampe électrique. — Ce
- petit réflecteur est formé de deux plaques métalliques nickelées très minces et par suite très flexibles, placées l’une contre l’autre. Ces deux plaques sont percées au centre par le passage de la lampe, et sont découpées en étoile et juxtaposées contrairement pour que les décou-
- Fig. !.
- Nouveau réflecteur
- Fig. 2. — Lampe électrique avec réflecteur.
- pures ne se raccordent pas. On obtient ainsi une grande élasticité, ce qui permet de donner au réflecteur une forme concave lorsque la lampe est mise en place. Quand celle-ci est enlevée, le réflecteur reprend sa forme primitive. Il peut être utilisé pour tous les modèles de lampes. Nous avons dit plus haut qu’il était nickelé; on augmente ainsi la lumière en concentrant les rayons lumineux d’une façon très marquée. — Le réflecteur universel se trouve chez M. Mathieu, i3i, Galerie de Yalois, Palais-Royal, à Paris.
- sg'jvs. Objets utiles
- Protecteur de pipes. — Ils sont nombreux les fumeurs qui aimeraient connaître le moyen d’éviter l’encrassement trop fréquent de leur pipe. Nous pensons leur être utile en leur signalant le petit appareil, que montre notre figure, de forme ovoïde, et qui se
- Protecteur de pipes.
- place au fond des pipes, comme l’indique notre dessin, Cet appareil, disposé convenablement, pour éviter tout défaut d’aspiration, a pour but au contraire de rassembler au fond de la pipe tous les liquides qui s’échappent de tous côtés. — Le protecteur de pipes se trouve chez M. G. Renault, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Boîte porte-timbres avec mouilleur. — M. G. Renault a fait construire une charmante petite boîte qui est destinée d’un côté à recevoir les timbres-poste et qui est également munie d’un dispositif avec petite
- Boîte porte-timbres avec mouilleur.
- éponge. On peut ainsi très facilement prendre un timbre, le mouiller et l’appliquer sur une lettre que 1 on peut mettre aussitôt à la poste. Cette petite boîte est très réduite, et peut très aisément se porter comme accessoire. ---Le porte-timbres avec mouilleur se trouve
- chez M. Renault, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- Empoisonnement par les caillebottes. — Notre tube digestif est le réceptacle des agents microbiens les plus variés ; rien de plus riche à ce point de vue que la flore intestinale. Mais, à côté du grand nombre de bacilles nocifs et éminemment morbiliques, il existe un certain nombre de microbes utiles. Un des plus importants est le bacille lactique qui produit l’acide lactique et empêche le développement des ferments butyriques et des ferments de la putréfaction. Cette action bienfaisante est mise à profit par certains régimes spéciaux qui introduisent dans le tube digestif le ferment laetique, soit sous forme de culture, soit par le lait qui s’aigrit à son contact ou mieux encore par l’emploi du lait caillé qui fait la base de l’alimentation de certaines peuplades de l’Asie et d’un assez grand nombre d’Européens dans les campagnes. Un de nos grands savants a préconisé le régime du lait caillé comme le plus apte à prévenir les infections intestinales et toutes les maladies graves qui en dérivent.
- Le lait caillé peut cependant avoir des inconvénients, léinoin le récit d’un empoisonnement collectif qui est rapporté par le Dr Dufour, de La Rochelle. Notre confrère fut appelé un jour de cet été dans un couvent où plus de la moitié du personnel se trouvait gravement malade. Sur cinquante-trois personnes vivant en communauté, trente-trois avaient été prises dans la nuit d’accidents graves intestinaux: diarrhée, vomissements avec fièvre plus ou moins forte, tous les signes en un mot d’un empoisonnement alimentaire. Un examen minutieux du choix des mets ne permit de soupçonner qu’un plat dit caillebottes, préparation de lait caillé. En effet, douze personnes, qui n'en avaient pas mangé, n’avaient ( pr.iuvé aucun malaise.
- Le lait, reçu le matin même, avait été mis, comme à l’habitude, dans des vases en terre; ptiis, à neuf heures du matin, après addition de chardonnerelte, il avait été passé doucement à une température de 35 à 37 degrés et, à midi, le lait, bien caillé, avait été servi au repas ; les caillebottes semblaient aussi bonnes et aussi bien préparées que d’ordinaire. Le petit lait résultant de la préparation avait été jeté.
- C’est une douzaine d’heures après que survinrent les manifestations toxiques qui eurent des degrés différents de gravité mais ne furent mortelles dans aucun des cas. Au bout d’une huitaine de jours, la malade la plus sérieusement atteinte était en voie de convalescence.
- Le Dr Dufour incrimine à juste titre, selon moi, le lait caillé. La journée était extrêmement chaude, le lait n’avait pas bouilli, avait dû fermenter, et la température de 35° à laquelle on l’avait soumis avant le repas n’avait pu que favoriser le développement des microorganismes de tout genre. Cette observation rappelle de tous points les cas d’empoisonnement par les gâteaux à la crème, où l’agent toxique qu’on n’a pas encore bien défini,
- albumine, œufs ou lait, agit en masse sur ceux qui se partagent l’aliment.
- L’intoxication, ici comme là, se produit violente ou légère, pour des raisons diverses ; dose du mets toxique ingurgitée, tolérance plus ou moins grande pour les aliments lactés, dose variable aussi de l’agent toxique qui peut être prédominant dans une partie du Saint-Honoré ou de la caillebotte. J’ai eu plaisir à voir mon confrère partager les idées que j’ai émises sur l’intolérance de certaines personnes pour le lait. En parlant de la fréquence des accidents occasionnés par le lait, et souvent méconnus, il cite le cas démonstratif d’un de ses clients qui fut pris, l’été, à la suite de l’absorption d’une tasse de lait, d’une diarrhée persistante avec troubles généraux marqués. Il est certain que je ne vais pas, de ces faits, porter condamnation sur le lait ou le lait caillé, mais il faut prendre garde à l’origine du lait et à sa conservation parfaite, ou bien se condamner à le boire bouilli ou stérilisé.
- Le rhume de cerveau et l’hygrométrie de l’air.
- — Quel rapport existe-t-il entre le degré hygrométrique de 1 air que nous respirons et la tendance à contracter le coryza, la bronchite ou toute autre inflammation des muqueuses respiratoires? Voici un document probant à cet égard. Le Dr Starkey, professeur d’hygiène à l’Université Mc Gill de Montréal, eut, à son arrivée au Canada, à souffrir péniblement pendant l’hiver d’attaques répétées de coryza, de pharyngite. Cette modification complète de son tempérament l’étonnait profondément, et il fit, à diverses reprises, l’examen chimique de l’air de son appartement et de ceux de ses amis, sans trouver aucun élément anormal. Il constatait, en effet, que c’était le séjour à la maison qui provoquait ces attaques congestives, lesquelles s’atténuaient dès que les fenêtres étaient ouvertes. L’air ne contenant aucun gaz nocif, M. Starkey rechercha le degré hygrométrique et cette étude lui fournit des résultats absolument inattendus. La haute température à laquelle on pousse le chauffage dans les maisons canadiennes, en raison du froid rigoureux, produit une dessiccation marquée de l’air intérieur, près de 5o pour 100 au-dessous du degré hygrométrique de l’air extérieur. Des analyses,* répétées d’octobre à mars, de l’air intérieur et de l’air extérieur ont montré que l’humidité de l’air extérieur était à peu près constamment entre 78 et 87 pour 100; à l’intérieur, le chiffre n’était jamais que de 41 à 58. La différence est sensible ; en ouvrant les fenêtres quelques instants, la proportion s’élevait de 5 à 10 pour 100 en plus. D’après son observation personnelle, Starkey croit que c’est à cette sécheresse excessive de l’atmosphère dans les demeures que l’on doit la forte proportion d’affections inflammatoires du nez, de la gorge et même des bronches. D1 A. C.
- VARIÉTÉS
- L’industrie du papier de maïs. — La production du maïs, en France, tend à s’accroître d’une manière sensible depuis une vingtaine d’années. Cette plante est cultivée sur une superficie de 55o 000 hectares et la valeur de ses produits atteint environ 90 millions de francs.
- Il n’est pas douteux que, par suite de la progression des récoltes — conséquence de la culture raisonnée et intensive — l’industrie s’intéresserait davantage à cette plante susceptible de se prêter à de nombreux usages, et en cela il serait fort utile de suivre l’exemple donné par l’Union de l’agriculture et de l’industrie aux États-Unis d’Amérique, où la production du maïs est trois fois plus considérable que celle du blé.
- La moelle de la tige du maïs est substituée, dans la marine des Etats-Unis, à celle du cocotier pour certains usages inattendus, notamment le bourrage de la
- carcasse des navires et la fabrication des explosifs.
- Les Américains, dont le sens pratique se manifeste sous des formes multiples, ont songé à tirer parti des tiges et de la moelle du maïs pour la fabrication de la pâte de cellulose destinée à la papeterie.
- Cette industrie, toute nouvelle, va ouvrir un vaste débouché aux producteurs de maïs dans les Etats de l’Union américaine, et il est à souhaiter qu’elle soit implantée en France, où, jusqu’ici, la fabrication des pâtes de cellulose n’a guère utilisé, comme substance végétale, que le bois provenant des essences les plus propres à cette fabrication.
- Les liges du maïs constituent une excellente matière première pour l’industrie du papier; mais il est nécessaire de procéder préalablement à la séparation de l’écorce extérieure et de la moelle.
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- C’est à M. Yiggo Drewsen, de New-York, qu’est due la solution pratique de ce double problème, solution de laquelle dépend l’avenir de cette nouvelle industrie, sérieusement étudiée en Amérique, actuellement.
- L’écorce extérieure du maïs, traitée par des réactifs, fournit une pâte absolument identique à la pâte de bois ; elle est de qualité équivalente, et, qui plus est, obtenue par des moyens moins dispendieux, le traitement de la matière première étant plus facile.
- Cette pâte de maïs convient bien pour la fabrication des papiers communs opaques. La moelle, dans les mêmes conditions, peut être utilisée avantageusement dans la fabrication des papiers transparents (papiers à beurre) et des sortes de parchemins.
- Pour la mise en œuvre du maïs, on commence par fendre les tiges de la plante dans le sens de la longueur ; on met ainsi la moelle à découvert, puis on traite le tout par des réactifs. A cet effet, on fait bouillir avec une solution de soude caustique à 20 pour ioo, et on soumet à la cuisson durant quatre à six heures, en autoclave et sous la pression de quatre atmosphères. On obtient ainsi un liquide foncé que l’on décante, puis la pâte est soumise à un lavage. Par un premier passage à travers un crible spécial, on élimine la partie qui n’a pas été suffisamment cuite.
- La pâte est envoyée dans une pile à papier dont l’agencement diffère quelque peu de celui des appareils ordinairement employés pour ce genre de fabrication.
- Cette pile est munie de deux tambours recouverts de toiles ou de tôles métalliques perforées, qui laissent filtrer, pour ainsi dire, les fines cellules de moelle très divisée et s’opposent au passage des cellules plus grossières des fibres.
- La pâte de cellulose de maïs permet d’obtenir un papier très résistant, moins facile à déchirer que le papier fourni par la pâte de cellulose de bois. Elle se prête très bien aux diverses manipulations ayant pour but de donner la transparence au papier.
- Le procédé dû à M. Viggo Drewsen est appelé à passer très rapidement dans la pratique et il peut, incontestablement, rendre à l’industrie française de signalés services.
- Il faut ajouter que, de cette nouvelle utilisation du maïs, résulteraient des avantages considérables dont bénéficierait l’agriculture, car, indépendamment du nouveau et important débouché qui serait ainsi offert aux producteurs de maïs, l’emploi de cette plante permettrait de ménager nos réserves forestières et d’éviter, de ce fait, dans une certaine mesure, les fâcheuses conséquences du déboisement. Henri Blin.
- RESUME METEOROLOGIQUE
- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en février 1907, par M. Th. Moureaux
- Février a été un mois froid; sa température moyenne, inférieure à celle de janvier, est de i°,9 au-dessous de la normale; il a fourni 16 jours de gelée, 6 de neige, et le thermomètre est descendu 4 fois au-dessous de —70, avec un minimum absolu de —90,7. La pression barométrique est sensiblement normale. La grande dépression dont le centre passait le 20 sur la mer du Nord, où le baromètre était tombé à 702 mm, a étendu son action jusque sur la France, et causé, dans la région de Paris, une violente tempête de l’Ouest, qui a duré près de deux jours. Au Parc-Saint-Maur, la vitesse du vent pendant i5 minutes a fréquemment atteint et même dépassé 14 m. par seconde, et, à diverses reprises, notamment pendant un grain survenu le 20 à 8 heures, une heure avant le minimum barométrique, des rafales, observées pendant 10 secondes, ont indiqué des vitesses de 20 m. à 23 m. Le 21 vers i3 heures, il est tombé une neige épaisse, à gros flocons, qui a fourni plus de 4 mm d’eau. Le total de la pluie est un peu inférieur à la normale; il en est tombé iomm,8 dans la matinée du
- 20. Le niveau de la Marne, assez uniforme entre 2m,63 et 3 m. du ier au 20, s’est élevé rapidement à partir du
- 21, et la rivière débordait le 27 et le 28.
- Une forte perturbation magnétique a été constatée du 9 à i4h 19’“ au 10 à 3 heures; les plus grands mouvements observés se sont produits le 9 de 18 heures à i8h 5m, de 2oh 27“ à 2o'‘53m, à 23 heures, et le 10 de ih 22m à ih 46“. Pendant cette perturbation, dont l’intensité n’a pas été égalée depuis celle du 3i octobre 1903, la variation de la déclinaison, qui normalement est voisine de , a atteint i°,25'; la composante horizontale et la composante verticale ont varié respectivement de i/56 et 1/120 de leur valeur.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 759“”,04; minimum absolu, 737““,8 le i3 à 3h4om; maximum absolu, 771““,! le 28 à 9h3om; écart extrême, 33mm,3.
- Température. — Sous l’abri : moyenne des minima, —1°,46 ; des maxima, 5°, 12; du mois, i°,83; des 24 heures, i°,70; minimum absolu, —90,7 le 9; maximum absolu, i2°,5 le 28 ; amplitude diurne : moyenne du mois, 6°,58; minimum, i°,9 le 4; maximum, n°,7 le 8. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, — 4°, 11 ; des maxima, ii°,76; minimum absolu, —i3°,i le 9; maximum absolu, 27°,7 le 28. .— Dans le sol gazonné, moyennes du mois ; profondeur om,3o : à 9 heures, i°,79 , à 21 heures, 1 °,g 1 ; profondeur om,65 : à 9 heures, 20,79 ; à 21 heures, 2°,8i ; profondeur 1 mètre : à 9 heures, 3°,57; à 21 heures, 3°,58. —- De la Marne :
- moyenne le matin, 20,71; le soir, 20,97; minimum, o°,53 le 9; maximum, 5°,60 le 21.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 4mm,41 ; minimum, 2mm, 1 le 2 à 7 heures; maximum, 8mm,4 le 20 à 8 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 82,9; minimum, 39 le 23 à 14 heures et à 16 heures; maximum, 100 en 11 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 6,81 ; minimum, 0,2 le 7; ciel complètement couvert les 4, 10, 12, 13, 14, 25, 26, 27.
- Insolation : durée possible, 283 heures ; durée effective, 8oh,3 en 18 jours; rapport, 0,28.
- Pluie ou neige : total du mois, 3omm,6 en 28'',4.
- Nombre de jours : de pluie ou neige, i3 ; de pluie ou neige inappréciable, 5 ; de neige, 6 ; de grésil, 3 ; de givre, 2; de verglas, 1; de gelée, 16, dont 9 consécutifs du i01' au 9, et 3 sans dégel, du 2 au 4; de gelée blanche, 14 ; de brouillard, 5; de halos, 3; de brume, 7.
- Fréquence des vents : calmes, i5.
- N 44 S. E . . . 3 W . . . • 2 7
- N. N. E. . 68 S. S. E. . i5 W. N. W . 35
- N. E . . . 89 S. . . . 70 N. W . . 32
- E. N. E. . 83 S. s. w.. 44 N. N. W • 27
- E i5 s. w. . . 72
- E. S.E . . 5 w. s. w. 28
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne
- des 24 heures, 4m>o ; moyenne diurne la plus grande, iom,o le 20; la plus faible, om,8 le 4; vitesse maximum en i5 minutes, i5m,o le 20, de ihi5“ à ih3om par vent S. W.
- Électricité atmosphérique : moyenne des 24 heures (22 jours), 149 volts; moyenne diurne la plus grande, 237 volts le 24; la plus faible, 70 volts le i4; amplitude diurne, 0,26; amplitude nocturne, o,56. c
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 3m,25; minimum, 2m,63 le 11 et le 16; maximum, 5“,o8 le 28. La rivière a débordé les deux derniers jours du mois.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, -|-omm,i5; température —i°,92; tension-de la vapeur, — omm,66 ; humidité relative, -j-0,2 ; nébulosité, -f 0,12; pluie, — 2mm,8.
- Taches solaires : on a suivi 17 taches ou groupes de taches solaires en 17 jours d’observation; 2 ont été visibles à l’œil nu.
- Perturbations magnétiques : faibles les 14, 15, 22, 23, 24, 25; modérées ou assez fortes les 7-8, 10-11, 11-12; très forte les 9 et 10.
- Floraison : Le 19, perce-neige.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Daus la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — La photographie des couleurs. — Dans notre n° 176a, 2 mars 1907, p. io5 des « Informations », nous attribuons à M. Kœnig la découverte de deux nouvelles méthodes de reproduction photographique des couleurs. Dans une lettre qu’il nous adresse de Paris, M. Léon Didier revendique pour lui la priorité du « procédé de tirage positif en couleurs connu sous le nom de pinatypie ». Voici d’ailleurs le texte de M. Didier : « Ce qui occasionne votre erreur, laquelle n’est, du reste, pas la première à ce sujet, c’est que j’ai cédé ce procédé aux Farbwerke vorm Meister, Lucius et Brüning à Hochst-sur-Mein, où M. le Dr Ko-nig est employé à titre de chimiste et où j’ai eu l’honneur d’être son collaborateur pendant deux ans, comme photo-chimiste. Mais, si le procédé a subi quelques perfectionnements de détail à Hôchst, il était complet avant que je ne le cède aux Farbwerke, et a, tout d’abord, été breveté en France sous mon nom. » M. Didier ajoute que son invention est mentionnée à Y Annuaire de l’Eder de igo5 et au Bulletin de la Société d’études et de manipulations photographiques (janvier, 1906, n” 38).
- Les insectes qui percent le plomb. — M. Hubault, élève à l’Institut agronomique, nous écrit, à propos du cas rapporté dans notre chronique du 9 mars, sous le titre : Un insecte qui perce le plomb, pour nous signaler qu’il existe au Muséum d’histoire naturelle, dans la galerie d’entomologie appliquée, des plaques de plomb que traversèrent de part en part, sinon des larves de sirex gigas, du moins celles d’une espèce très voisine, mais plus petite : le sirex juvencus. A propos de ce sirex juvençus, ajoute notre correspondant, M. Gué-naux, répétiteur à l’Institut agronomique, cite le cas de caisses doublées de plomb, renfermant des balles, qui pendant la guerre de Crimée furent perforées par ces larves. J’ajouterai, en outre, que le sirex gigas n’est pas exactement une guêpe. Guêpes et sirex sont des hyménoptères, mais les sirex sont des térébrants et les guêpes des aculéates. Il y a certainement autant de différence entre eux, qu’entre un papillon diurne et un papillon de nuit, qu’entre un moustique et une mouche ordinaire, qu’entre un phylloxéra et une punaise des bois.
- Renseignements. — M. Lamy, à Rouen. — Ouvrages relatifs à la pratique du microscope : Couvreur : Le microscope et ses applications à l'étude des végétaux et des animaux, 1890. J.-B. Baillière, 19, rue Haute-feuille, Paris (3r',a5). — Mathias Duval : La technique microscopique et histologique, introduction à l’anatomie générale. Baillière (3fr,5o).
- M. A. Boutemy, à Lys-les-Launoy. — Le système le plus pratique consiste à avoir un petit groupe électrogène et à charger une batterie d’accumulateurs de temps à autre. Nous vous conseillons de voir le groupe de MM. Heller et Coudray, 18, Cité Trévise, à Paris.
- M. G. S., à Saint-Amour. — Il s’agit d’un appareil qu’il faut construire soi-même en utilisant un bout de charbon de lampe à arc, une pince en laiton avec une poignée en bois.
- M. Blavoyer, à Iverozal Saint-Yves. — Il est, en effet, très vrai que les poussières sont nuisibles à la végétation.
- M. J. A. Missir, à Dedeagatch. — Pour agglomérer de la poudre de charbon de bois vous pourriez employer le procédé courant pour l’utilisation du poussier de coke dans les usines à gaz : il consisle dans l’emploi de brai provenant du goudron et mélangé aux débris dans la proportion d’environ 10 pour xoo.
- M. J. Cottreau, à Lunay. — Plusieurs de nos lecteurs nous posent la même question que vous. Nous avons publié voici un an à peine (n° 1718, du 28 avril 1906,
- p. 346) un article de M. Sauvaire Jourdan, sur Les poudres de notre artillerie navale, qui donne sur ce sujet tous les renseignements désirables. Il suffirait d’ajouter, à la liste des accidents mentionnés, la terrible catastrophe duiéna, pour être absolument à jour. Nous ne reviendrons donc pas actuellement sur la question.
- M. If. Casies, à Gand. — Nous vous remercions vivement de la coupure que vous nous envoyez. Nous ne possédons par malheur aucun renseignement sur les tentatives que M. Henri Cliarbonnelle aurait faites, dans la direction suivie par le professeur Korn, bien avant celui-ci, et qui l’aurait amené à résoudre dès 1904 la transmission téléphotographique.
- M. E. R., à Melle. — Les questions que vous nous posez sont d’une nature trop spéciale pour que nous puissions y répondre avec précision; il serait préférable que vous vous adressiez à l’Ecole de physique et de chimie, 10, rue Yauquelin, à Paris, où l’on pourra vous renseigner exactement.
- M. R. St., à Mons. — Les deux passages de Lecornu que vous citez ne sont pas contradictoires, l’un confirme l’autre, au contraire. C’est précisément pour avoir manqué à la règle édictée page 70 que s’est produit l’accident Severo, mentionné page 8x1.
- M. E\ Buffet, à Paris. — La maison L. Berville, 25, Chaussée d’Antin, vend d’excellents fixatifs pour le pastel ; on pourrait s’adresser aussi au professeur Dr Oswald, 7, Mogartstrasse, à Leipzig, qui s’est beaucoup occupé de cette question et qui a composé d’excellents fixatifs pour pastels ; il est possible cependant qu’ils fassent l’objet des brevets.
- S. C. M., à Paris. — Pour le vertosol, veuillez vous adresser à la pharmacie centrale de France, 7, rue de Jouy.
- M. X., à Podor. — Pour le gouvernail propulseur de la maison Blondeau et Frassonvilles, veuillez écrire à ces fabricants, à Sartrouville.
- M. Léopold Ilerbin, à Buenos-Ayres. — Il est impossible de répondre exactement à vos questions, seules des expériences faites par un chimiste pouvaient vous renseigner efficacement.
- M. le DT Polo, à Nantes. — x° Votre question ; quel est le diamètre apparent maximum auquel on est parvenu à voir dans les lunettes astronomiques ? ne comporte pas de réponse bien précise; car, si, théoriquement, certains grands instruments, tels que celui de l’observatoire Y^erkes (Chicago), sont capables d’être munis d’un grossissement de 3ooo, les troubles de l’atmosphère ne permettent pas de se servir utilement d’une telle amplification de l’image. Pratiquement, l’on ne peut guère dépasser 1000 fois; à l’aide d’un tel pouvoir, la planète Mars, par exemple, apparaîti'ait (en diamètre) 12 fois plus gi'ande que la lune vue à l’œil nu. — 20 Malgré nos recherches, nous n’avons pu obtenir de reixseignements sur la Yungfrau, pour cette année. Tous nos regrets.
- M. R. G., à Lyon. — On admet couramment que la dépense moyenne des lampes électriques à incandescence est de 3,5 watts par bougie.
- M. L. R., à Rennes. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage de ce genre; et nous ne croyons pas qu’il existe encore de traité sur cette question.
- M. P. Lelong, à Pau. — Il faut toujours bien assurer le graissage d'un moteur, surtout lorsqu’il tourne à de grandes vitesses angulaires.
- M. Durand, à Lille. — Un moteur électrique peut tourner à toutes vitesses angulaires ; mais il ne donne de bons résultats que pour sa vitesse de constniction.
- M. A. M., à Lyon. — Pour tous les renseignements relatifs à la fabrication de la soude (constructeurs d’appareil), veuillez vous adresser à MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. B. L.,
- à X. Il faut préparer soi-même ce produit. — M. G. V., à R,‘ Cet appareil ne se trouve que d’occasion. — M. D. J., à Paris ; M. P. R., à S. Voyez les Recettes et Procédés utiles 4° et 5e séries, à la libraire Masson et Cie.
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- J&D
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT . DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 mars. . . . 6°,0 N. N. W. 3. Couvert. 3,0 Pluie et grésil le m. ; tr. nuag. jusq. 14 h. ; beau ensuite.
- Mardi 12 — 0°,9 N. N. E. 3. Couvert. » Gelée blanche ; très nuageux.
- Mercredi 13 1°,3 S. W. 3. Couvert. 2,3 Gel. bl. ; couv. jusqu’à 15 h. ; grains de neige; grésil (>i pluie de 8 h. 30 a 13 h.
- Jeudi 14 4°,6 N. W. 3. Très Nuageux. 2,5 Gel. bl. ; orage de 5 h. 5 à 5 h. 10 avec pluie et grêle-nuageux.
- Vendredi 15 3°,0 S. S. W. 3. Couvert. 1,1 Gel. bl. ; couv. ; gouttes et pluie par intervalles.
- Samedi 16 6°,3 S. W. 2. Couvert. 1» Très nuageux.
- Dimanche 17 8°,0 S. W. 4. Pluie. 3,1 Nuag. ; pluie de 4 li. 30 à 7 h. 40 et qq. autres averses.
- MARS 1907. — SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 MARS 1907.
- Lundi I Mai'di | Mercredi I Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- H
- m
- S
- u
- m
- >
- c
- X
- m
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- «îss. Chronique météorologique ***&
- Le temps. — Dans la semaine du 11 au 17 mars, le temps a été très pluvieux. Le 11 mars, on observait de basses pressions sur la mer Baltique (749 mm à Riga), et sur le golfe de Gênes (jSz mm à Nice); à Paris, à midi, la pression était 765,9 mm. Un vent d’entre Ouest et Nord a soufflé fortement dans la Manche, assez fortement en Gascogne, et avec violence au Sud de la Provence et en Corse. Il est tombé 3 mm d’eau à Paris, 6 mm à Biarritz, 7 mm à Charleville, 16 mm à Besançon, 17 mm à Limoges. La température était le matin 5° à Lyon, 6° à Paris, i3° à Marseille, i5° à Alger, —3° au Puy de Dôme, —6° au mont Mounier, —70 au Pic du Midi. Le 12 mars, la pression barométrique s’élève à 777 mm en Bretagne ; des dépressions se manifestent sur la mer Méditerranée. Le vent a été fort au Sud de la Provence, modéré des régions Est sur les côtes de l’Océan, et faible de directions variables sur les côtes de la Manche. On a encore signalé des pluies à Paris (1 mm), à Perpignan (5 mm) et à Biarritz (6 mm). Le matin, le thermomètre marquait — 4° à Besançon, — 20 à Nantes, —i° à Paris, —1° à Bordeaux, —120 au Puy de Dôme, — 200 au Pic du Midi; dans la banlieue de Paris, il y a eu plusieurs minima de — 4°. Le i3 mars, dans tout le Nord-Ouest de l’Europe il n’y a eu que des dépressions; dans le Sud-Ouest du continent, les pressions étaient supérieures à 770 mm. Il a plu à Nantes (1 mm), à Brest (3 mm), à Cherbourg (3 mm), à Dunkerque (3 mm), à Boulogne (4 mm). La température était 8° à Brest, x° à Paris, — 3° dans la banlieue de
- Paris, —4° à Clermont, —5° à Belfort, —90 au mont Aigoual, — x5° au mont Mounier. Dans la nuit du x3 au 14 mars, entre 4h 1/2 et 5 heures du matin, un violent orage a éclaté dans la banlieue Ouest; il y a eu une pluie torrentielle avec grêle et coups de tonnerre. Le 14 mars, la pression barométrique a été égale à 765 mm sur les régions de l’Ouest. Un fort vent du Nord-Ouest a soufflé sur les côtes de la mer Méditerranée et de la Manche. On a recueilli 5 mm d’eau à Paris, 4 mm à Calais, 3 mm à Nancy, 3 mm à Nantes, 1 mm à Clermont, 1 mm à Brest La température était le matin 8° à Perpignan, 5° à Toulouse, o° à Belfort, — 4° au Puy de Dôme. Le i5 mars, les pressions sur le Sud-Ouest de la France étaient supéiûeures à 770 mm; à midi la pression barométrique était 766,4 mm à Paris. La mer était houleuse à Marseille et en Bretagne; sur les côtes de la Manche a soufflé un vent du Sud-Ouest. Il est tombé 2 mm d’eau à Clermont, 3 mm à Limoges, 4 mm à Besançon, 5 mm à Cherbourg. La température était le matin — 3° à Gap, 3° à Bordeaux, 3° à Paris, 4° à Nantes, 8° à Biarritz, — i5° au mont Mounier. Le 16 mars, les basses pressions couvraient le Nord-Ouest de l’Europe. Un vent fort du Sud-Ouest soufflait sur nos côtes de la Manche et de la Bretagne. Des averses ont donné 4 mm d’eau à Calais, 2 mm au Havre, 1 mm à Paris. La température était le matin x° à Clermont, 3° à Toulouse, 6° à Paris, 90 à Cherbourg. Le 17 mars, on signalait une dépression de 8 mm au Pas de Calais. Le vent du Sud-Ouest était encore fort le malin sur les côtes de la Manche et de l’Océan.
- PHASES DE LA LUNE: N L. le 14 à 6 h 14 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF î E -A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout Ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé • à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature # est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1766 (30 MARS 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Galerie d’expérimentation pour le grisou. — Les
- Compagnies houillères françaises ont pris l’initiative d’organiser au jour une galerie d’essais destinée à permettre de faire pratiquement, et sans danger pour les ouvriers du fond, une série d’expériences sur le grisou, les poussières inflammables, etc., dans des conditions aussi voisines que possible de la réalité. Cette galerie, installée à Liévin, a coûté 3ooooo francs d’installation et 60 000 pour frais d’expériences. On voudrait notamment élucider le rôle si discuté des poussières dans les grands accidents comme celui de Courrières. L’inflammation locale de ces poussières n’est pas douteuse; mais est-elle susceptible de se transmettre sur toute la longueur d’uue galerie et pourrait-ou alors éviter cette transmission en mouillant les poussières de place en place, etc.? On doit y étudier, non seulement le grisou, mais toutes les questions d’hygiène, dont on se préoccupe aujourd’hui si justement.
- L’homme tertiaire en Australie. — Ou a fait récemment en Australie, à Varnambool( Victoria), une découverte qui aurait eu certainement un caractère sensationnel si elle avait justifié toutes les espérances qu’elle avait d’abord fait concevoir. A 60 m. de profondeur, sous un calcaire à faune marine (Nautiles, Pecteus, Terebratules, Oursins), lui-même surmonté d’une roche volcanique, et sur un grès calcaire marin, on avait relevé des empreintes problématiques, rappelant celles de deux pieds humains et du siège d’un homme assis. Ou avait cru pouvoir affirmer tout d’abord que le gisement était d'âge tertiaire. Dans deux études fort bien faites, parues dans la Zeitschr, für Ethnologie et dans les bulletins de la Société géologique allemande, M. W. Branco, l’éminent paléontologiste, montre tout ce qu’une telle conclusion .présente de prématuré, et qu’on est bien loin d’être fixé sur l’âge véritable des couches en question. Il fait, d’autre part, uue critique fort serrée des empreintes et prouve qu’elles sont beaucoup trop incertaines pour qu’on puisse tabler le moins du monde sur elles. La preuve, si désirée, de l’existence, si probable, de l’homme tertiaire n’est donc pas encore apportée, — du moins pour ceux qui n’ajoutent pas foi aux consciencieux travaux de M. Rutot sur les pierres utilisées ou éolitlies.
- Automobiles de guerre. — Le War office a considéré que les omuibus-automobiles prennent uue telle extension qu’il est nécessaire d’étudier comment on pourrait les employer en temps de guerre. Toutes les grandes villes anglaises possèdent aujourd’hui des services réguliers assurés avec des voitures à moteurs. Londres compte 900 voitures automobiles employées pour les besoins du
- public, comme moyens de transport. Les prévisions font supposer que, à la fin de cette année, les autobus atteindront au moins 2000, et le War office a considéré que l’importance de ce moyen de locomotion devenait un facteur de mobilisation précieux, avec lequel on pourrait, eu peu de temps, transporter, de Londres ou d’Aldershot, 40 000 hommes d’infanterie jusqu’à la côte de la Manche ou vers l’embouchure de la Tamise.
- Budget de la marine en Angleterre. — Le budget de la marine en Angleterre pour 1907-1908 subira une réduction de dépenses de plus de 35 millions de francs sur les estimations des dépenses pour cette année. Le contingent naval sera en effet réduit de 1000 hommes et passera de 129000 hommes en 1906-1907 à 138000 en 1907-1908.
- Les grandes villes en Allemagne. — La conférence des statisticiens municipaux d’Allemagne vient de réaliser, par les soins de M. Schotz, adjoint de la municipalité de Mannheim, un intéressant travail. Il s’agissait d’établir un tableau classant, par ordre, les principales villes d’Allemagne, d’après le chiffre de leur population réelle et non pas seulement administrative. Il s’agit donc de la ville économique, ou de l’agglomération urbaine constituée par la ville proprement dite (administrative) et les faubourgs suburbains. On obtient ainsi deux tableaux assez différents. — i° Ordre des villes d’Allemagne (ville proprement dite) : 1. Berlin, 2. Hambourg, 3. Munich, 4- Leipzig, 5. Breslau, 6. Dresde,
- 7. Cologne, 8. Barmen-Elberfeld, 9. Franofort-sur-le-Meiii, îo. Nuremberg, 11. Hanovre, 12. Magdebourg, i3. Dusseldorf, 14; Stettin, i5. Chemnitz, 16. Stuttgart, 17. Kœnigsberg, 18. Brême 19. Strasbourg, 20. Dort-mund, 21. Mannheim, 22. Dantzig, 23. Aix-la-Chapelle, 24. Brunswick, 25. Essen, 26 Posen, 27. Kiel.— 20 Ordre dés villes d’Allemagne (ville économique, agglomération urbaine) : ii Berlin avec 2 534 000 habitants, 2. Hambourg 986000. 3. Essen 758000, 4- Dresde 631 000, 5. Leipzig 566ooo, 6. Munich 526000, 7. Cologne 481 000,
- 8. Breslau 476000. 9. Barmen-Elberfeld 45oooo, 10. Francfort-sur-le-Mein 437000, n. Dortmund 34ï 000, 12. Hanovre 33g 000, 13.. Nuremberg 337000, x4- Dusseldorf 3i8ooo, i5. Chemnitz 302000, 16. Stuttgart 299000, 17. Maedebourg 284ôoo, 18. Mannheim 271000, 19 Stettin 261000, 20. Kœuigsberg 221000, 21. Aix-la-Chapelle 217000, 22. Brême 216000, 23. Strasbourg 2i5ooo, 24. Dantzig 190000, 25. Kiel x6r 000, 26. Brunswick 156 000, 27. Posen 142000. Ainsi, comme agglomération, Essen vient 3e, alors que, comme ville, elle n’est qu’au 25° rang.
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- INFORMATIONS
- Une application inattendue des fontaines lumineuses. — Nous trouvons dans la Revue néphologiqiïe, d’après Meteorologische Zeitschrift, une application inattendue des fontaines lumineuses à la mesure de la hauteur des nuages. L’idée de se servir de la lumière des lampes à arc pour la mesure de la hauteur des nuages remonte à 1889. A cette époque, M. J.-H. Stum-per, dé Hambourg, proposait d’employer de puissants projecteurs dont le jet serait incliné à 45°. Le Dr J. Rheden, de l’observatoire de Vienne, a entamé une série de mesures analogues en se servant du jet vertical d’un nouveau système d’éclairage pour fontaines Lumineuses employé à Vienne, à la Schwàrtzenberg Platz et inauguré en juin 1906. Un inconvénient de ce mode de mesure réside dans la grande absorption de la lumière par l’eau et les écrans colorés, puis par les brumes et poussières de la ville, de sorte que la lumière qui .arrive au nuage est très affaiblie. Enfin, ces mesures ne peuvent être faites que lorsque les fontaines fonctionnent officiellement. Néanmoins, à 3ooo m. de hauteur, l’intensité lumineuse peut encore être représentée par 12 bougies par unité de surface. La hauteur d’un nuage se calcule comme celle d’un point inaccessible, connaissant la longueur de la base et l’angle formé par l’angle de visée du point où le jet lumineux vertical perce le nuage. On tient compte, bien entendu, des altitudes de la station d’observation et du réflecteur. Des mesures régù-lières furent faites en deux stations distantes l’une de 4875 m., l’autre de 33go m. de la verticale du jet lumineux. Voici quelques valeurs trouvées : 14 juin, 22h 20m, deux couches nuageuses, l’une à 1660 m., l’autre à i55o m. ; 20 juin, 22h3om, deux mesures, à 5 minùtes d’intervalle, donnèrent 1920 m. comme hauteur d’une couche de nuages et deux autres 38io m. et 43iom.; 21 juin, 2211 35m, on trouva 4620 m. et 53ôo m. ; 24 juin, 221' iom, une couche de cirrus fut mesurée à 3ooo m. et un voile de fins cirrus à ioo5o m. à 2 2h 35m, une couche fut éclairée par le jet lumineux à ix 55o m.; 2 août, 20h 45m, nuages orageux à 3i4o m. ; 8 août, 20h 45“\ cumulo-stratus à 2890 m. ; i5 août, 2oh35m, nuages de pluie, 38io m. ; 20 septembre, pendant une tempête, sur des nuages de pluie on trouva 1470 m., i65o m., 2040 m., 930 m., etc. Enfin, cette installation permet d’obtenir des indications sur la transparence atmosphérique. Le 9 octobre, par temps clair, on ne pouvait suivre la colonne lumineuse au delà de g3o m., alors que, le 11, on pouvait la viser jusqu’à 10 5oo m.
- L’industrie de la chaussure en France. — La
- France possède quelques grandes manufactures de chaussures à Paris, Blois, Fougères (où cette industrie vient d’attirer l’attention par une grève prolongée), Nancy, Limoges, Romans, etc. En 1901, on a noté que 2ii 000 personnes étaient occupées à la fabrique de la chaussure ou accessoires. Il y avait 1587 établissements occupant plus de 5 personnes, en décroissance notable sur le recensement précédent de 1896, où 214000 personnes et xg53 établissements avaient figuré. De 1880 à 1890, cette industrie avait été très prospère, notamment par suite de la transformation mécanique des procédés de fabrication. De 1893 à igo5, elle a été, au contraire, stationnaire. Gela tient, en partie, à la hausse des matières premières, amenée surtout par une mortalité extraordinaire du bétail en Amérique du Sud, elle-même provoquée par la persistance des pluies ; en partie aussi aux emplois nouveaux du cuir qui ont accentué cette hausse ; enfin aux progrès accomplis dans la tannerie aux Etats-Unis et en Allemagne. Bien que nos industriels aient fait bientôt des progrès correspondants dans la fabrication des peaux de couleur, les importations de chaussures ont passé de 353 000 paires en 1904, à 477 000 en 1905 et 587 000 en 1906. Les expor-tations, qui sont d’environ 14 millions de francs, sont restées, dans la même période, stationnaires. Nos anciens clients au dehors, comme le Mexique, les Antilles ou l’Amérique du Sud ou l’Egypte, augmentent peu, et même diminuent leurs achats. Une concurrence importante pour nos fabricants vient des chaussures américaines, dont il entre en France des quantités sans cesse croissantes.
- Taille du diamant dans l’Afrique du Sud. — On
- sait que l’Afrique du Sud possède actuellement le monopole de la production diamantifère dans le monde. L’idée a donc dû venir assez naturellement d’y importer l’industrie de la taille, en concurrence avec la Hollande,
- qui emploie à ce travail près de 17000 ouvriers. La difficulté tient au prix notablement plus élevé qu’il faudrait payer les tailleurs de diamants en Afrique australe ; en outre, les compagnies diamantifères du Cap sont liées par des traités de vente du brut avec un syndicat de Londres. On a également parlé d’organiser la taille en Amérique, où se fait l’écoulement principal des diamants, le droit d’entrée sur le fin étant beaucoup plus considérable que sur le brut.
- Les nouveaux uniformes de l’armée allemande. — Si nous en parlons, c’est que la caractéristique de la ti'ansformation que l’on a tentée est la nouvelle couleur qu’on veut donner à ces uniformes; voici des mois que des expériences pratiques sont faites à cet égard, plu. sieurs régiments d’infanterie et bataillons de chasseurs ayant été respectivement dotés d’uniformes gris ou gris verdâtre. Tout a démontré la supériorité,, au point de vue de l’invisibilité, du gris verdâtre. En terrain varié, le gris en question de la tunique et du pantalon, surtout quand l’homme porte un équipement de même nuance, est très difficile à apercevoir, même à petite distance. Le gris, au contraire, tout comme l’ancien bleu foncé, se détache nettement sur le sol. O11 vase préoccuper d’expériences comparatives en hiver et spécialement sur la neige. Ajoutons que certains ofü-ciers, comme le colonel Gadke, s’insurgent contre la pointe du casque, qui, pour des tirailleurs, forme une ligne dentelée nettement visible. Le petit képi japonais est bien plus pratique.
- Commerce extérieur de l’Allemagne en 1906. —
- Les exportations de l’Allemagne, qui étaient, en 1902, de 4678 millions de marks (sans les métaux précieux), ont augmenté de 336 millions en igo3, de 209 en x904, de 5o8 en igo5, de 394 en 1906, atteignant finalement 6i25 millions dans cette dernière année. Les importations ont augmenté parallèlement de 775 et 722 millions dans les deux dernières années igo5 et 1906 pour atteindre, en 1906, y85i millions de marks. L’excédent des importations a été de 2095 millions en 1906, de 1 5ç)4 en igoS, de 1539 en 1904, de 1191 en 1903, de 993 eu 1902. En dix ans, l’importation a augmenté de 3781 millions, l’exportation de 2490 millions, montrant ics progrès remarquables du commerce. Il est assez curieux que, malgré cette évidente prospérité, le nombre des émigrants allemands, qui avait un peu baissé depuis quelque temps, a subi une recrudescence en 1906. Ce nombre a passé de 27948 en 1904, à 28075 en igo5 et 3o64o en 1906. Par le seul port de Hambourg, il est parti, en 1906, 173 483 émigrants de toutes nationalités, dont i52 134 à destination des Etats-Unis et 9047 pour l’Argentine.
- Les exportations d’or françaises. — En temps normal, il se produit vers la France un afflux d’or constant, tenant à ce que la France est créancière des autres pays et dont la conséquence est que les changes nous sont favorables. Depuis un an, par suite de circonstances bien connues qui ont provoqué des achats considérables de titres à l’étranger, cetle situation s’est retournée. Tandis que, dans lé premier mois de 1906, l’excédent des importations d’or avait été de 55 millions, en janvier 1907 il y a eu un excédent de sorties de i3 millions et demi. Et il ne s’agit, bien entendu, que des exportations d’or visibles. Cependant l’or n’est pas encore près de manquer. Tout en ayant baissé de 281 millions depuis un an, l’encaisse or de la Banque de France était encore, au 14 mars 1907, de 2 6i3 5ooooo francs. Mais l’exode de l’or a paru tout récemment s’accentuer assez pour que la Banque de France ait cru devoir le 20 mars élever un escompte de 3 à 3 1/2 pour 100.
- La houille en Nouvelle-Zélande. — La Nouvelle-Zélande ne peut pas encore être considérée comme un grand pays producteur de charbon, mais l’extraction y fait des progrès assez rapides. En 1890, elle ne dépassait guère 640 000 tonnes ; en 1898, elle n’avait pu s’élever qu’à 910000. Pour 1904, dernier exercice dont nous ayons les chiffres, elle a été de près de 1600000 tonnes.
- Analyse des objets en ébonite. — L’ébonite de bonne qualité doit être constitué par 70 pour 100 environ de caoutchouc para et 29 à 3o pour xoo de soufre et ne doit pas renfermer de caoutchouc artificiel. La vulcanisation doit être égale, la coloration noire, la surface polie; l’ébonite doit se dissoudre entièrement dans l’acide nitrique fumant.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- «js-s. Mécanique
- Nouveau cric léger. — Et puissant, devons-nous naturellement ajouter, car l’intérêt réside dans la légèreté unie à la puissance. Cet appareil se vend, sous le nom de cric Labor, dans les magasins de MM. de Clèves et Chevallier, 23, avenue du Roule, à Paris. La force en est de i55o kg.
- D’un pied suffisamment large pour donner une grande stabilité et une surface d’appui évitant tout enfoncement, part une colonne carrée creuse, où peut coulisser la tête du cric destinée à supporter la charge : son mouvement de soulèvement ou d’abaissement est assuré par la rotation d’une vis dans un trou fileté ménagé dans la tige mobile : il va de soi que, suivant le sens de rotation, le soulèvement ou l’abaissement de la tige ne pourra manquer de se produire avec celui de la charge portant sur la tête de cette tige. Quant au mouvement même de rotation de la vis il est obtenu non pas par une manivelle, mais à l’aide d’une clé à longue tige comme les employés des eaux en emploient pour ouvrir les robinets au fond de regards assez profonds. Cette combinaison est heureuse parce que la rotation d’une manivelle ne se fait que diffilement dans bien des circonstances, par exemple sous une voiture, notamment une voiture automobile, tandis que la clé permet la commande à distance. Cette clé, qui est munie d’un trou carré, vient s’adapter sur un carré se terminant intérieurement au soubassement de l’appareil, par un pignon d’angle celui-ci transmet son mouvement à un autre pignon beaucoup plus grand monté à l’extrémité inférieure de la vis dont nous avons parlé plus haut. Tout cela est robuste et simple de mécanisme.
- Nouveau système de roulement à billes. — Ce
- dispositif a été imaginé par M. E. Denis, ingénieur à Saint-Quentin, et il a pour but d’éviter que les billes, que l’on emploie afin d’empêcher les frottements entre les surfaces d’un, mécanisme, ne subissent elles-mêmes, et entre elles, des frottements nuisibles. M. Denis substitue au frottement de glissement de deux billes voisines un frottement de roulement, par interposition entre ces billes de deux billes secondaires ; celles-ci ne
- .Nouveau crie léger.
- Nouveau système de roulement à billes.
- déterminent qu’un roulement entre elles et les billes principales qui se trouvent de la sorte séparées.
- Considérons deux billes principales porteuses ; au lieu de se trouver en A et B à se toucher, animées de vitesses dirigées en sens inverse au point de contact, elles se présentent, avec le dispositif Denis, dans la position éloignée où les montre le dessin à côté; c’est-à-dire qu’entre elles se trouvent deux billes C. Dans cette figure, on n’en voit qu’une seule, qui masque la seconde ; mais si nous regardons au-dessous une coupe du système faite transversalement à la direction de la figure, nous apercevons bien les deux billes C. De chaque côté de la
- couronne de billes A, est une couronne de billes C, maintenue à la fois par les billes A elles-mêmes et par les deux coussinets, l’un fixe, l’autre mobile. Dans le coussinet inférieur, du reste, le chemin de roulement des billes principales est fait d’un sillon central dont l’angle est calculé de façon à assurer une répartition égale de la poussée aux deux points de contact inférieur.
- <*8^ Automobilisme
- Transmetteur d’ordres l’« Automatic ». — Rien n’est plus désagréable, lorsque l’on est en voiture, que d’être obligé de donner un ordre au conducteur. Pour remplacer les cris, les gestes, les exercices violents que l’on est obligé de faire, divers constructeurs ont imaginé des appareils assurément ingénieux, basés sur le principe des annonces lumineuses, mais trop encombrants.
- L'Automatic résout le même problème d’une manière plus élégante. L’appareil comprend un manipulateur à cadran de dimensions réduites et que l’on place à portée de la main dans l’intérieur de la voiture. Le cadran est divisé en onze cases, dont dix contiennent les différents
- Manipulateur
- Transmetteur d’ordres T « Automatic »
- ordres qui peuvent être transmis en cours de route, la onzième étant celle de repos de la manette transmettrice.
- Le récepteur est constitué par un petit tambour percé de dix fenêtres dont les glaces portent les mêmes indications que le manipulateur et placées dans le même ordre. Ce tambour est commandé mécaniquement par la manette du manipulateur et se déplace d’une quantité égale au déplacement de celle-ci. Ce mécanisme est très simple.
- Un bouton d’appel permet d’actionner une sonnerie qui attire l’attention du conducteur au moment où un ordre va lui être donné. — L'Automatic est construit par M. Desponts, i5o, rue Yictor-Hugo, à Levallois-Perret, Seine.
- Bandages élastiques pour roues de voitures automobiles et autres. — Ces bandages système Yberty et Mérigoux sont formés d’éléments élastiques indépendants placés les uns à côté des autres autour de la roue. Ces éléments sont en caoutchouc vulcanisé installé sur un arc correspondant de jante métallique; ils portent des
- Bandages élastiques pour roues de voitures automobiles et autres.
- perforations transversales étagées, dont le nombre et les dimensions varient suivant la charge à porter, le genre de véhicule et l’élasticité demandée. Ces bandages peuvent se monter sur les jantes à pneu existantes, comme le montre la figure de gauche du dessin, ou encore sur jantes spéciales comme le fait voir la figure de droite; les roues commerciales sont toujours utilisables. La fixation des éléments autour de la roue est très simple;
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- chaque élément est posé à la main et maintenu par deux boulons à travers la jante. Les éléments se compriment légèrement bout à bout et la continuité de l’ensemble est assurée. Sous la charge, les éléments s’affaissent de la quantité voulue, les perforations s'aplatissent plus ou moins, et suspendent effectivement le véhicule. En résumé les bandages sont increvables et forment un anti-déra-pant, pouvant se placer facilement sur toutes les roues existantes. — Les bandages élastiques se trouvent chez MM. Yberty et Mérigoux, à Royat-les-Bains (Puy-de-Dôme).
- Divers
- Les condiments en voyage. — Nous ne sommes pas encore à la saison où 1 on parle de repas en plein air; mais le temps passe si vite. Dans quelques semaines les mauvais temps seront partis, un beau soleil nous réchauffera de ses rayons bienfaisants. Aussi nous voulons signaler à nos lecteurs le nouvel appareil que vient de nous présenter M. G. Renaut et qui est réellement remarquable par sa simplicité. Il se compose uniquement de trois godets de faïence de différentes grandeurs,
- Appareil pour les condiments eu voyage.
- avec un anneau sur le côté. Au-dessus se trouve un couvercle général, ce qui permet, à l’aide d’une tige métallique recourbée, de maintenir les trois godets. Elle est maintenue à une extrémité par un petit boulon, et son autre extrémité est passée dans un crochet posé sur le couvercle. Il suffit de retirer la tige de dessous le couvercle, de retirer les godets, et l’on obtient la jolie salière que l’on voit à la gauche de notre figure, et qui est fort bien disposée pour recevoir le sel, le poivre et la moutarde. — L’appareil, ci-dessus décrit, se trouve chez M. G. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris»
- Une nouvelle boîte d’allumettes. — Voilà une boîte d’allumettes qui certes aura du succès auprès de plusieurs de nos fumeurs parisiens. Les allumettes apparaissent de suite ; il suffit d’ouvrir un simple couvercle. Elles sont rangées en deux lignes et on peut les prendre
- Nouvelle boîte d’allumettes.
- sans aucune difficulté ; au bas se trouve du papier poudré pour permettre d’exercer le frottement nécessaire à l’allumage. En moins de quelques secondes, le fumeur a choisi son allumette, l’a enflammée et l’a utilisée. Il nous semble difficile d’avoir réalisé une telle ^utilisation. Le public parisien ne pouvait s’y attendre. — La nouvelle boîte d’allumettes se trouve chez M, G. Renault, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Le solène. — Le solène est un liquide qui a la grande propriété de rendre le cuir et les harnais entièrement imperméables, sans les détériorer. Le mode d’emploi
- est des plus simples. On nettoie d’abord la surface du cuir avec un linge mouillé, puis on verse du solène dans une soucoupe et on imbibe l’extrémité d’un tampon avec lequel on l’applique sur le cuir. Il faut alors frotter très
- Le solène.
- énergiquement le cuir pour faire pénétrer le produit. En répétant l’opération à trois reprises à un jour d'intervalle, on arrive à assouplir et à imperméabiliser le cuir. — Le solène se trouve chez M. G. Renaut, à l’adresse donnée plus haut.
- Jouets
- Scie circulaire. — Parmi les machines-outils"* de nécessité, la scie circulaire est une de celles qu’on ne peut oublier. Le modèle que donne notre fîgureJ en réduction est, comme on le voit, monté sur pied en
- Scie circulaire.
- fonte vernie, avec table renversable nickelée et guide mobile; la scie est en acier. Ce modèle, tout restreint qu’il est, permet encore de couper facilement bien des morceaux de bois, qu’on ne pourrait essayer de découper à la main. — La scie circulaire se trouve chez M. Chomeau, 46, rue de Rome, à Paris.
- Wagon-grue. — Ce petit wagon-grue permet d’abord de déplacer la grue à volonté grâce au wagon, et il est encore possible de tourner la grue dans tous les sens avec cric et sac. On conçoit de plus que l’on puisse
- Wagon-grue.
- faire exécuter la manœuvre de la grue par une transmission électrique, et l’on arrive ainsi à imiter en petit un appareil qui existe du reste en grand sur nos divers réseaux de voies ferreés et qui rend d’utiles services. — Ce wagon se trouve à la même adresse que la scie circulaire.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les dangers des animaux d’appartement — Dans un travail très documenté et qui lui a, je crois, servi de thèse inaugurale, le Dr Letourneur a signalé tous les dangers que risque de causer aux pauvres humains la présence, dans les habitations, des chiens, des chats, des oiseaux. Gais compagnons des heures solitaires, amis dévoués qui ne nous abandonnez jamais, pauvres chiens, on vous sacritie sans pitié, de peur de quelque contagion problématique ! On ne compte pas, en regard de maladies dont vous pouvez être les vecteurs, les traits d’héroïsme sans nombre auxquels plus d un de vos maîtres a dû le salut et la vie. J’avoue qu’à la lecture du travail de notre collègue, j’ai éprouvé une certaine surprise, car les maladies que nous devons contracter au contact des commensaux de nos demeures sont plutôt rares. La teigne, le favus, le ténia, sont certainement transmissibles par ces animaux, mais, si l’on se reporte à la quantité de familles possédant un chien ou un chat, les cas de contagion par l’animal doivent être dans une proportion infinitésimale. Et quantité de cas d’infection se rapporteraient plus facilement à l’espèce humaine ou à des transmissions par voie inconnue.
- Le Dr Remlinger, directeur de l’Institut Pasteur de Constantinople, a étudié récemment la question à un point de vue un peu spécial. 11 s’agit de la contamination du pelage, de la fourrure des animaux (chiens ou chats) au contact de malades et de la dissémination à distance de la maladie. Il cite à ce propos l’exemple de deux sœurs dont l’une, atteinte de scarlatine, fut absolument séquestrée et séparée de l’autre; toute communication était interdite et cependant, au moment où la première enfant entrait en convalescence, la seconde était prise de l’éruption scarlatineuse. On cherchait la fissure par laquelle avait pu se faire la contagion, lorsque M Remlinger apprit que le chat de la maison avait circulé de la chambre de la malade à celle de l’autre sœur et que, passant ses journées sur le lit, il avait certainement emporté et véhiculé d’une chambre à 1 autre les germes contagieux.
- Netter a observé un cas de diphtérie, dont l’origine bizarre fut reconnue après une enquête minutieuse ; l’enfant avait joué avec des souris blanches apportées de l’hôpital. Ces souris n’avaient jamais été inoculées, mais la personne chargée de leur entretien était attachée au laboratoire de la diphtérie et exposée sans cesse à des contacts contagieux.
- L’explication du fait n’a, en elle-même, rien que de très plausible; j’ai raconté jadis comment une nourrice avait envoyé à la famille de son nourrisson, et à plusieurs centaines de kilomètres de distance, les germes de la scarlatine, en insérant, comme curiosité, dans une lettre, des squames détachées de la peau du scarlatineux. Le transport du microbe a bien pu se faire par la toison du chat. Mais qui peut garanlir que les personnes de leur entourage n’ont pas été les vecteurs de la contagion avec leurs vêtemenls. Combien de cas de transmission de maladies ont été faits jadis inconsciemment, avant qu’on connût l'origine microbienne, par les infirmiers, les gardes, les parents, voire même les médecins.
- M. Remlinger a institué une série d’expériences pour savoir pendant combien de temps des germes toxiques pouvaient subsister sur le poil des chiens ou des chats. Il a répandu sur quelques animaux des cultures bacillaires spéciales, bacille typhique, bacille diphtéritique, bacille pyocyanique et bacille charbonneux. Tous les trois jours on coupait quelques poils et on les plongeait dans des milieux de culture. Or, cet expérimentateur a retrouvé le bacille typhique jusqu’au dix-septième jour; le bacille de Lœfïler jusqu’au vingt-quatrième; le bacille du charbon était encore présent après deux mois.
- Il n’y a donc pas de doute que le pelage des animaux puisse garder et transmettre un germe contagieux ; mais les expériences dépassent un peu les conditions dans lesquelles peut se faire, si l’on veut admettre le mot, l’inoculation. M. Remlinger arrose le poil de cultures de bacilles. Or, un chien ou un chat ne sera guère exposé, dans un appartement, à une contamination aussi
- intense. Il suffit d’un germe, j’en conviens, pour provoquer l’éclosion de la maladie; mais je persiste à croire que les cas de contagion de cet ordre sont rares, et que, si l’on voulait scruter à fond les conditions dans lesquelles ils sont survenus, on trouverait peut-être d’autres agents de transmission. Je parlais tout à 1 heure des vêtements des personnes de 1 entourage; de l’oubli d’un lavage de mains. Les cheveux, la barbe peuvent être aussi incriminés à l’égal du poil des animaux ; on se lave, il est vrai, la figure et la tête un peu plus souvent qu’on ne lave son chien, mais les conditions d’infection sont sensiblement égales. Ne soyons pas micro-phobes à l’excès, prenons de sages précautions, et n éliminons pas de notre voisinage ce gentil animal qui serait, comme on l’a dit, supérieur à l’homme, s’il avait la parole, et qui nous témoigne de tant de façons son affection et sa reconnaissance. Je me range, malgré la contagion, du côté du chien, contre leurs proscripteurs et j’aurai avec moi tous ceux qui les aiment, j’espère que c’est le plus grand nombre de mes lecteurs.
- Le citrate de soude contre les troubles gastriques.
- — En présence de vomissements rebelles, liés à des troubles gastriques, on emploie fréquemment un remède fort ancien, connu en pharmacologie sous le nom de potion de Rivière. Cette potion est composée de deux solutions, une à base d’acide citrique, l’autre à base de bicarbonate de potasse; en prenant l’une après l’autre une cuillerée de chaque solution, on provoque une réaction chimique qui se caractérise par la mise en liberté d’acide carbonique et la formation de citrate de potasse. La présence de ce gaz qui a des effets anesthésiques marqués, jointe à l’action du nouveau sel résultant del’opéralion chimique, amène l’arrêt des vomissements et calme les douleurs stomacales.
- Cette action du citrate a été utilisée d’une façon systématique par les Drs Poynton et Variot pour combattre la dyspepsie et les vomissements chez les nourrissons et les résultats ont été des plus heureux. Avec une dose de ï5 centigrammes de ce sel ajouté de temps à autre au lait stérilisé de la tétée, on faisait disparaître en peu de temps les troubles digestifs.
- Ce qui réussissait aux bébés devait avoir les mêmes avantages chez l’adulte. Le Dr Lacheny, qui vient de publier sa thèse sur ce sujet, a constaté, en effet, comme son maître le Dr Mathieu, que le citrate de soude était préférable, dans bien des cas, au bicarbonate de soude si couramment employé pour combattre les aigreurs, les gastralgies. L’emploi du citrate de soude est inoffensif; on le donne à la dose de i à 4 gr., suivant la violence de la crise, dissous dans de l’eau sucrée. On peut rendre agréable cette solution en y ajoutant quelques gouttes de teinture de citron. Qu’il s’agisse de gastrite alcoolique, médicamenteuse, ou de douleurs dues à des lésions plus graves, comme l’ulcère de l’estomac, le calme est immédiat. La douleur s’apaise, l’hyperesthésie épigastrique et la sensibilité de l’estomac à la pression s’atténuent et disparaissent peu à peu. Comme le citrate de soude a une action anti-émétique, la pituite, les vomissements, les renvois aigres arrivent également à disparaître en peu de temps.
- Comment expliquer l’action de ce sel?En présence de l’acide chlorhydrique du suc gastrique, le citrate de soude se décompose pour donner de l’acide citrique et du chlorure de sodium. Cette substitution d’un acide organique faible, l’acide citrique, à un acide plus fort, comme l’acide chlorhydrique, l’addition de soude au suc gastrique, seraient la cause vraisemblable de la sédation si rapide observée par l’emploi du citrate. Les dyspeptiques peuvent l’essayer sans crainte et remplacer, s’il ne ieur donne pas de soulagement, le traditionnel bicarbonate parle citrate de soude.
- Mains de crocodile. — Les mains sont rugueuses, boursouflées; les doigts sont augmentés de volume, boudinés. La peau est plissée, craquelée, violacée. Vers les espaces interdigitaux se trouve une série de crevasses, de fissures plus ou moins profondes dont le fond est crasseux, noir comme de l’encre. Au touchér,
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- RECETTES ET PROCÈDES UTILES
- la peau est sèche, rugueuse, épaissie, donnant l’aspect de la peau du crocodile. Telle est la description sommaire de la dermatose observée par le Dr Horand de Lyon sur un robuste paysan du Dauphiné, venu à l’hô-. pital pour une toute autre affection. L’état de ses mains est en effet commun à tous les bûcherons de son pays, et, comme il n’en souffre pas, il ne s’en préoccupe pas.
- Cet état d’irritation chronique de la peau des mains est causée par le bois de châtaignier. Les bûcherons qui manient le bois sont presque tous atteints, à des degrés différents, suivant la sensibilité de la peau et la continuité du travail, d’une dermite semblable. Un des enfants de ce malade, qui avait, dit-il, des mains de femme, eut les mains transformées en deux ou trois jours, et dans toutes les châtaigneraies où M. Horand a pu faire une enquête, il a observé des cas de cette dermatose professionnelle.
- L’inflammation survient graduellement. La peau, d’abord rouge, érythémateuse, devient violacée, s’épaissit, puis se teint, dans les parties enflammées, en brun noir que les lavages les plus énergiques ne peuvent faire disparaître. La lésion est peu douloureuse ; c’est, disent les bûcherons, comme si l’on avait des engelures, et aucun d’eux n’y prête attention.
- J’ai parlé récemment d’une dermatose tenace qui se montrait chez les ouvriers qui manient, débitent et découpent le bois de teck. La main de crocodile est le résultat d’une irritation similaire. Lorsqu’on enlève l’écorce du châtaignier, il s’écoule de la sève, et c’est cette sève qui est irritante pour la peau ; car les ouvriers qui ne touchent pas au châtaignier fraîchement écorcé, aupelai'd, ne ressentent pas d’inflammation des mains.
- Le bois de châtaignier, écorce et bois, plus le bois
- que l’écorce, est très riche en matières tannantes, acide gallique, acide taiiuique et matières colorantes. Cette richesse est même une cause future de destructiou des belles châtaigneraies de la Corse, du Limousin, de l’Auvergne et autres lieux où, pour retirer ces produits tinctoriaux et tannants, on n’hésite pas à faire des coupes sombres dans les plus belles futaies du monde. Le bois de châtaignier contient 8 pour ioo de tanin. Le chêne n’en contient que i ou 4- Cent kilogrammes de bois donnent kilogrammes d’extrait brut employé pour la charge de la soie ou pour la fabrication du tanin.
- D’après les recherches du professeur Florence, ce ne serait pas l’acide tannique lui-même qui causerait l’irritation des mains des ouvriers débitant le bois de châtaignier. Ce serait le phloobacène, substance dérivée de la fermentation du tanin, principe colorant rouge ; lorsqu’on le fond avec de la potasse, il donne de l’acide protocatéchique et de la phloroglucine.
- La coloration en noir est produite par le tanin au contact de l’air et çle divers produits ; quand on enlève l’écorce de châtaignier, le bois frais, dépouillé, noircit rapidement à l’air et, s’il est en contact avec du fer, la coloration devient noir foncé, comme l’encre.
- Cette dermatose, qui n’a guère, je crois, été signalée jusqu’ici, doit cependant être fréquente. Le châtaignier est répandu dans nombre de régions montagneuses de notre pays ; il est la providence, l’arbre divin de ces régions, fournissant l’aliment si simple et si parfait, la châtaigne, le marron si parfumé, grillé ou bouilli. La dermatose doit être fréquente et elle doit l’être devenue probablement encore plus depuis quelques années où la destruction des châtaigniers marche, hélas ! avec une rapidité terrible. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Mastic au gris de zinc. — Le mastic, ordinairement employé pour faire les joints devant être exposés à la vapeur, est constitué par de la céruse broyée dans laquelle on a incorporé du minium en poudre et du chanvre coupé en brins de petite longueur. Jusqu’ici, ce mastic était le seul pouvant répondre aux conditions qu’on exige de semblables joints, à savoir : de durcir à la chaleur tout en gardant une certaine élasticité, de ne pas être désagrégé par la vapeur et de ne produire aucune corrosion du métal sur lequel on l’applique.
- La céruse et le minium, étant à base de plomb, ont cependant l’inconvénient d’être toxiques et la préparation du joint, qui comporte le pétrissage de la céruse avec le minium, n’est pas sans danger si elle doit être renouvelée souvent. Enfin, au point de vue pratique, la céruse a l’inconvénient de durcir assez vite dans les boîtes où elle est conservée. Ce durcissement est un phénomène analogue à celui du séchage des peintures et provient de l’oxydation par l’air de l’huile de lin, même crue, que renferme la céruse, laquelle a été broyée avec cette huile. Les composés plombiques agissent d’ailleurs comme corps siccatifs pour accélérer ce durcissement. Pour éviter les inconvénients d’un durcissement trop avancé, il est nécessaire de remuer et de bien mélanger, de travailler, la céruse tous les deux ou trois mois.
- Le mastic au gris de zinc n’a pas ces inconvénients. Il est à base d’huile dite de bois de Chine; cette huile provient d’un arbre originaire de Chine et de Cochin-chine : VElœcocca vernica, connu sous le nom d’arbre à huile. Elle a la singulière propriété de durcir par la seule action de la chaleur aux températures peu élevées, par exemple, à celles qu’on ne dépasse pas dans les chaudières industrielles. Cette solidification a lieu aussi, mais partiellement, pour l’huile de lin et à une température plus élevée; en même temps, il y a une oxydation assez forte accompagnée d’un dégagement d’acide'carbonique. Avec l’huile de bois, il n’y a rien de semblable : la solidification, qui est totale et assez rapide, est une véritable polymérisation moléculaire sans changement de la composition centésimale chimique du corps dont la constitution seule paraît avoir été modifiée. On emploie depuis peu l’huile de bois, à cause de cette même propriété, à la fabrication du linoléum, du pégamoïde, etc., ainsi qu’à la préparation de certains vernis anglais.
- Le gris de zinc, qui est incorporé à l’huile, est la poudre noire et fine qui provient de la condensation des premières portions de zinc passant à la distillation quand on réduit l’oxyde de zinc par le charbon dans les cornues où se fait la préparation de ce métal. Les premières vapeurs, très diluées dans l’oxyde de carbone qui se dégage en même temps qu’elles, et refroidies brusquement, se condensent du premier coup à l’état de fine poussière solide sans passer par l’état liquide. Le gris de zinc ainsi formé renferme de très petites quantités d’oxyde de zinc par suite de l’action oxydante de l’air demeuré dans les cornues avant que se produise le dégagement des vapeurs de zinc ; il est apprécié surtout pour son pouvoir réducteur énergique qu’il doit uniquement au zinc métallique présent. Il est presque sans emploi, car on est dans l’impossibilité de le rassembler par fusion (il s’oxyde de suite) ; d’ailleurs, il renferme souvent d’assez grandes quantités de cadmium, impureté de certains minerais de zinc. Tout le cadmium que renferme le minerai est en effet réduit et se dégage avant le zinc à cause de sa plus grande volatilité; il se retrouve donc entièrement dans le gris de zinc. Le durcissement du mastic au gris de zinc se fait dans des conditions toutes différentes de celle du mastic à la céruse, puisque le concours de l’oxygène de l’air est inutile. Un simple chauffage à i5o° suffit pour qu’il soit complet; à no0, il se produit en 6 heures. Chose curieuse : il est beaucoup moins rapide si on remplace le gris de zinc par d’autres corps pulvérulents ; celui-ci doit donc être employé de préférence à tout autre. On ignore encore la cause de cette action spécifique, catalytique en quelque sorte du gris de zinc, car il semble agir par sa seule présence pour accélérer le durcissement. Peut-être faut-il l’attribuer à la présence du cadmium ?
- Ce mastic se conserve presque indéfiniment dans les récipients sans durcir. Dur, il a encore une très grande souplesse : c’est ainsi qu’un morceau durci analogue à un bâton de cire à cacheter peut être replié assez facilement sur lui-même sans cassure ni gerçure. A poids égal, ce mastic ne coûterait pas plus cher que celui au minium; comme sa densité est plus faible, son emploi est en définitive plus avantageux. Les applications en grand, faites depuis trois ans, ont confirmé les résultats des premiers essais.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Par suite d’une erreur de mise en page, un certain nombre d’exemplaires du n" 1765, du 23 mars, p. 258, contiennent une ligure (fig. 4) qui n’appartient pas à l’article où elle se trouve intercalée. Les quelques lecteurs qui ont reçu ces numéros ont déjà pu par eux-mêmes rectifier cette erreur.
- Renseignements. — M. Viger, à Abbeville. — Sur la stérilisation industrielle du jus de raisin, vous pourriez consulter les Traités de vinification, publiés chez Bérenger, i5, rue des Saints-Pères, J.-B, Baillière, 19, rue Hautefeuille ou Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M, E. Isbasescu, à Campulong. — Traités de tissage : veuillez vous adresser aux librairies Bérenger, Dunod et Pinat (adresses ci-dessus) et Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. Tallet, à Fréjus. — Bouillottes : Maison Fabre et Cio, 74, rue d’Aubervilliers, Paris.
- M. J. E., à Charly. — Il n’existe ni appareils domestiques pour la fabrication du gaz à l’eau ni gazogènes domestiques pour la carburation de l’air par essence ou pétrole.
- M. F., à P. — Votre question est un peu trop générale pour que l’on puisse y répondre par l’indication
- d'un seul ouvrage. En vous adressant à la librairie Laurens, 6, rue de Tournon, vous pourrez facilement trouver les quatre ou cinq bons livres nécessaires, suivant les objets qui vous intéressent le plus.
- Cercle Victoriano, à Vitoria. — Paons et cygnes et en général oiseaux d’agrément, V. Bataille, 36, rue d’Enghien, Paris.
- M. B. Z., Vendée. — Le microbe du cancer n’est pas nettement défini. Vous consulteriez avec profit sur ce sujet les articles suivants : Le Parasite du cancer [La Nature, n°‘ 1354 et 1G57, 6 mai et 9.7 mai 1899, p. 354 et p. 4x5); Le cancer animal et végétal (id. n° 1383, 25 novembre 1899, p. 411) et aussi plusieurs articles fort intéressants dans la Presse médicale (3 et 7 novembre, i5 décembre 1906), chez MM. Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M. C. Amarillo, à Caracas. — Pour de l’oxygène comprimé, veuillez vous adresser à MM. Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple, à Paris.
- M. Jourdain, à Paris. — C’est une série d’essais à faire : il faudrait traiter d’abord l’enduit par l’essence de térébenthine, puis par l’alcool.
- M. Ch. de Waele, à Gand. — Il est très facile de percer des trous dans un tube de verre, il suffit de chauffer à la flamme d’un brûleur Bunsen et de souffler; que votre camarade demande à son professeur de chimie ou à un de ses préparateurs, qui lui apprendra le tour de main.
- M. X., à Lille. >— Contre les mites, le remède le plus simple est de saupoudrer les vêtements et les armoires de pyrèthre ou de camphre.
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- Pierre-André Latreille à Brive, de 1762 à 1798 (Les débuts d’un naturaliste. Le Prince de l’Entomologie), par Lotus de NussAc. Paris. G. Steinheil, 1907. 1 vol. in-8°. Prix : 5 francs.
- Sous-bibliothécaire au Muséum d’histoire naturelle M. de Nussac était fort bien placé pour mener à bien un travail documentaire comme celui-ci. C’est le début de la carrière scientifique du fameux Latreille qu’il a voulu surtout raconter dans ce volume, qui sera suivi d’un second, plus spécialement consacré aux années que l’entomologiste a passées au Muséum. Comment s’est formé à la fin du xvin0 siècle un esprit de haute valeur scientifique? Comment un jeune abbé, dont la destinée ecclésiastique s’est trouvée brisée par la révolution de 89, s’est-il transformé en savant? Quel était le milieu scientifique de l’époque— et les préoccupations de ce milieu? Voilà quelques-unes des questions de M. de Nussac envisage tour à tour.
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- La Voix g sa culture physiologique, par le Dr Pierre Bonnier. Paris. Félix Alcan, 1907. 1 vol. in-16, illustré. Prix : 3fr,5o.
- Les ouvrages de M. Pierre Bonnier font autorité en matière d’audition, et ses très remarquables travaux sur P Oreille (Masson, 1896, 5 vol.) ont substitué une théorie plus rigoureusement scientifique à la théorie jusque-là classique de l’audition, qui remontait à Helmholtz. Il était particulièrement désigné pour élaborer le travail ci-dessus. C’est une véritable campagne entreprise contre l’enseignement antiphysiologique du chant, tel qu’il est donné dans les établissements officiels et privés. Table des matières : i° L’Enseignement du chant et la physiologie; 20 Le geste respiratoire ; 3° Le son, sa perception, sa formation glottique; 4° La voix libre et ses renforcements ; 5° L’accent et le tempérament vocal; 6° Le geste vocal et la pose de la voix; 70 Comment se perdent les voix. Grands et petits accidents du travail vocal; 8° Pratique de la voix.
- Plus en appendice : culture de"la voix; oralité dans l’enseignement; examen clinique des voix du concours de chant de 1906.
- Actualités scientifiques (3e année 1906), par Max de Nansouty. Schleicher frères, éditeurs, 61, rue des Saints-Pères, Paris. 1 vol. in-8° de 36o pages. Prix 3fr,5o.
- Le volume de 1906 de M. Max de Nansouty nous apporte, sous son agréable forme habituelle, l’abondante récolte « d’actualités scientifiques » que ce vulgarisateur de talent a faite au cours de l’année : télégraphie sans fil, fabrication électrique de l’acier, automobilisme, radioactivité, photographie des couleurs, ozonisation, etc.
- L’atelier moderne de constructions mécaniques. Procédés mécaniques spéciaux et tours de main, par Robert Grimshaw, ingénieur mécanicien, seconde série. 1 vol. in-8. Librairie Gauthier-Villars. Paris. Prix : 10 francs.
- Il n’était pas inutile de faire connaître au public européen les procédés spéciaux, les trucs employés en Amérique L’éditeur pense avoir atteint ce but en choisissant un ouvrage américain déjà connu et en le faisant traduire, avec l’autorisation et sous la direction de l’auteur même. Les nombreuses figures du volume sont très soignées et ont permis de réduire le texte à des indications concises.
- Annuaire de la jeunesse pour 1907, par H. Vuibert. Paris. Yuibert et Nony. 1 vol. in-8°. Prix : 3tr,5o.
- 11 est absolument inutile de signaler à nos lecteurs l’ouvrage classique de M. Yuibert, que tout le monde connaît et apprécie. La récente modification de la loi militaire nécessitait une nouvelle édition de ce beau livre, qui se tient parfaitement au courant de tout ce qui peut intéresser les jeunes gens, au point de vue de l’éducation et de l’instruction.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 mars. . . . 8°,3 S. W. 3. Couvert. 2,7 Gel. bl. ; couv. ; pluie à diverses reprises.
- Mardi 19 7#,0 W. N. W: 2. Beau. B Peu nuageux.
- Mercredi 20 6°,0 S. W. 3. Couvert. )) Gel. hl. ; couv. jusq. 15 h. ; peu nuageux ensuite.
- Jeudi 21 0",9 N. E. 2. Beau. ï> Gelce blanche; beau.
- Vendredi 22.. ... . — 0°,9 Calme. Beau. » Gelée blanche; brumeux; beau.
- Samedi 23 4°,9 N. 1. Beau. » Gelée blanche ; brumeux ; peu nuageux.
- Dimanche 24 3°,0 N. N. E. 2. Couvert. » Gel. bl.; tr. nuag. jusq. 17 b.; beau ens. ; pluv. à 12b.40.
- MARS 1907. — SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 MARS 1907.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- c^ns. Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du 18 au 24 mars, le temps a été beau. Le 18 mars, les basses pressions étaient au Nord-Ouest de l’Europe, sur la Scandinavie. Un vent très fort a soufflé sur nos côtes de la Manche, et assez fort sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée. Les pluies ont été générales en France; il est tombé 5 mm d’eau à Nancy, 3 mm à Bordeaux, 2 mm à Cherbourg, 1 mm à Paris, 1 mm à Dunkerque, 1 mm à Toulouse. Le thermomètre a marqué le matin 8° à Paris, io° à Nantes, io° à Clermont, 140 à Alger. Le 19 mars, une dépression passait sur la mer Baltique (788 mm); un vent d’entre Sud et Ouest soufflait avec violence. Le thermomètre indiquait 120 à Biarritz, 12? à Clermont, 70 à Paris, —5° à Besançon. Il a plu à Nancy (12 mm d’eau), à Limoges (6 mm), à Cherbourg |3 mm), à Paris (3 mm), à Nantes (2 mm), et à Brest {2 mm). Le 20 mars, la pression barométrique était 776 mm sur le Centre de la France. Un vent fort de l’Ouest a soufflé sur la Manche; il était faible sur nos côtes de l’Océan et de la Méditerranée. On a recueilli 2 mm d’eau à Dunkerque, à Biarritz et à Lyon. Le thermomètre marquait le matin — i° à Clermont, —3° au Pic du Midi, i° au Puy de Dôme, 3° au mont Aigoual, 4° à Toulouse, 6° à Paris. Le 21 mars, la pression barométrique atteignait le maximum de 777 mm sur la Normandie. Un vent faible d’entre Nord-Est était sur les côtes de la Manche et de l’Océan. Il est tombé 3 mm d’eau à Nancy, 3 mm d’eau à Boulogne, 1 mm à Besançon. La température était u matin i° à Paris, 3° à Clermont,
- 5° à Toulouse, —4° au Pic du Midi, —4U au Puy de Dôme, —6° au mont Yentoux. Le 22 mars, la pression barométrique maxima (776 mm) avait lieu à Clermont. Un vent faible du Sud soufflait sur la Manche, d’entre Nord et Est sur les côtes de la Méditerranée et de l’Océan. La température était le matin —3° à Clermont, i° à Paris, —5° dans la banlieue de Paris où la gelée blanche était générale, 3° à Toulouse, 3° au mont Aigoual, o° au Puy de Dôme, —3° au Pic du Midi Le 23 mars, la pression barométrique a été élevée sur le Nord-Ouest de l’Europe; elle était 773 mm en Bretagne, 771,2 mm à Paris. Le vent était faible d’entre Nord et Est sur les côtes de l’Océan et de la Manche; il était frais du Nord-Ouest, en Provence. La température était le matin 20 à Clermont) 1>0 à Paris, 5° à Lyon, — i° au Puy de Dôme, — 3° au Pic du Midi, — 4° au mont Yentoux. A Paris, le ciel était nuageux; mais le temps a été beau. Le 24 mars, une aire de pression supérieure à y65 mm s’étendait le matin sur tout l’Ouest de l’Europe; la pression barométrique était yy3 mm à Dunkerque. 772 mm à Paris. On constatait toujours une baisse sur la Méditerranée; la pression était seulement 7^9 mm à Nice, ySy mm à Palerme. Un vent faible d’entre Nord et Est soufflait au Pas de Calais et sur les côtes de l’Océan; il était fort du Nord-Ouest dans le golfe du Lion. Il n’y a pas eu de chute de pluie en France. Mais la température s’est abaissée, même au-dessous de o° en certains endroits ; on a observé o° à Belfort, i° à Nantes, 20 à Clermont, 3® à Paris, — 20 au mont Aigoual, — 5° au Pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE: P. Q. le 22 à 1 li. 19 m. du matir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur , à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- RÉDACTEURS EN CHEF
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- E-A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « L,a Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de * La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1767 (6 AVRIL 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Le monument Risler. — Le monument élevé par souscription, dans le Jardin de l’Institut national agronomique à Paris, à Eugène Risler, le savant agronome qui fut directeur de l’Institut de 1879 à 1900, a été inauguré le 24 mars par M. Ruau, ministre de l’Agriculture.
- Mort du professeur Bergmann. — On annonce la mort, à Wiesbaden, du célèbre chirurgien Bergmann, à l’âge de 71 ans. Né en i836, à Riga, dans les provinces baltiques russes, il fut directeur d’ambulances pendant les guerres de 1866 et de 1870. Il fut ensuite nommé professeur de chirurgie à Dorpat, puis en 1876 à Wurtzbourg et en 1882 à Berlin. Le professeur a publié plusieurs ouvrages de haute importance.
- Prix de Fénergie électrique à Paris. — Les tarifs nouveaux de l’énergie électrique à Paris, applicables à partir du Ier novembre 1907, sont les suivants d’après le vote du Conseil municipal. Du ier novembre 1907 au 31 décembre 1913, le prix sera de otr,07 l’hectowatts-heure pour l’éclairage et de ofr,o3 pour les autres applications. Du Ier janvier 1914 au 3i décembre 1940, le prix sera de ofr,o5 l’hectowatts-heure pour l’éclairage et de ofr,o3 pour les autres usages. Ces prix sont des maxima; les prix actuellement inférieurs à ces maxima ne seront pas relevés.
- Le système métrique au Parlement anglais. — La
- Chambre des communes, en Angleterre, a rejeté récemment le projet rendant obligatoire le système métrique des poids et mesures.
- Taxes téléphoniques franco-suisses. — Un arrangement est intervenu entre la France et la Suisse pour les taxes élémentaires des communications téléphoniques échangées pendant les heures de service de nuit; elles sont fixées aux trois cinquièmes des taxes élémentaires normales. Le tarif des conversations, sous le régime de l’abonnement, est fixé, par unité de trois minutes, à la moitié du tarif normal des conversations ordinaires de jour.
- Les suspensions des wagons-postes. — Des expériences ont été faites récemment par le sous-secrétaire d’Etat aux postes et télégraphes, sur la ligne de l’Est, entre Paris èt Epernay, afin de rechercher le meilleur mode de suspension à adopter pour les nouveaux wagons-postes, dans le but de parer aux inconvénients de la trépidation des trains dont se plaignent les agents ambulants des postes. Les voitures à boggies sont certainement les meilleures pour éviter la trépidation. Le prix de revient en est très élevé. Les résultats des
- essais démontreront s’il est nécessaire d’engager des dépenses élevées.
- Diamants à Madagascar. — La grande hausse actuelle des diamants suscite des recherches de tous côtés dans le Sud de l’Afrique. Sur les bords du Yaal, il paraît que l’on se croirait reporté aux beaux jours des découvertes californiennes. On ne parle que de prospecteurs trouvant des pierres de 1000, ou parfois même de 25 000 francs. En présence de cet engouement, on a eu l’idée qu’il « pourrait bien y avoir des diamants à Madagascar », dans le Sud de la Grande île, dans le district de Tongobory et, avant d’y avoir vu aucun diamant, on a immédiatement formé deux syndicats à Johannesburg, sur lesquels on commence à spéculer.
- Production minière du Mexique. — Le rendement minier du Mexique pour 1906 est évalué aux chiffres suivants : or, 77,x5 millions; argent, 23i,34 millions; cuivre, i3o,84 millions; plomb, 43,75 millions ; charbon, 8,y5 millions. On peut remarquer la hausse remarquable du cuivre, qui comptait à peine il y a quelques années dans la production et qui tend à dépasser l’argent. C’est un fait particulièrement intéressant à une époque où l’on s’occupe tant de la disette réelle ou supposée du cuivre.
- Mica aux Indes. — En 1905, les Indes ont produit 1283 tonnes de mica valant 2 109000 francs. Pendant la même année, les exportations, qui n’avaient été que de 912000 kg en 1904, sont montées, paraît-il, de 2 millions de francs à 3 55oooo francs.
- Le tombeau de la reine Tiyi, à Thèbes. — Une
- fouille récente de M. Th. Davis dans la vallée des Rois, à Thèbes, a fait découvrir une curieuse sépulture inviolée, qui, au premier abord, sembla ruisselante d’or, mais qui, en réalité, paraît avoir été le lieu de dépôt provisoire assez mesquin d’une reine, enlevée à son véritable tombeau au moment de quelque soulèvement pour être soustraite à la haine des révolutionnaires. Le cercueil, gainé d’or très mince et incrusté de pâtes de verre multicolores, avait été amené là sur un traîneau de bois aux menues ciselures également recouvertes d’une mince pellicule d’or. Les panneaux et les montants dorés de ce traîneau, séparés et dispersés en tous sens dans la tombe, produisaient l’effet d’un trésor extraordinaire. La momie elle-même portait une Sorte de casque doré, mais posé avec tant de hâte qu’il était à l’envers. Par contre, tout le riche mobilier funéraire, convenable à une semblable tombe royale, manquait, sauf les quatre canopes d’albâtre nécessaires à la perpétuité du « double »
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- INFORMATIONS
- et quelques modèles minuscules de meubles ou d’ustensiles domestiques : ce qui a amené M. Maspero à supposer le déménagement posthume dont il a été question plus haut.
- Transport des pétroles. — Tout le monde sait qu’on utilise maintenant couramment des conduites métalliques présentant un développement énorme, pour le transport, sous une certaine pression, des pétroles, depuis le lieu d’extraction jusqu’aux usines de raffinage, ou à certains points d’embarquement. Mais, pour les pétroles bruts présentant une viscosité très marquée, le procédé échoue, simplement parce que le frottement dans les tuyaux oppose une résistance victorieuse au refoulement. MM. Isaaos et Buckuer, ingénieurs de Compagnies pétrolifères en Californie, sont parvenus à triompher de la difficulté, en employant des conduites métalliques rayées. Ces rayures ont pour résultat naturel, grâce à la pression qui s’exerce sur le liquide devant circuler, d’imprimer à ce liquide un mouvement de rotation axiale; il faut dire que le pétrole est additionné, avant son envoi dans la conduite, d’une proportion de 10 pour ioo environ d’eau. La force centrifuge engendrée par la rotation projette l’eau, plus lourde que le pétrole, sur les parois du tuyau, et c’est cette eau qui frotte sur ces parois, et non point le pétrole; oit peut dire que c’est comme un lubrifiant par rapport à la résistance considérable au déplacement du pétrole. De la sorte on parvient à transporter, sous une pression de 56 kg seulement par centimètre carré, io fois plus d’hydrocarbure que sans les rayures.
- La viscose dans la fabrication du papier. — On
- sait l’usage de la viscose pour la production des soies artificielles ; mais on vient de s’apercevoir qu’elle peut rendre des services précieux pour l’encollage du papier. On emploie pour cela de l’alcali-cellulose composée de ïS pour ioo de cellulose, de i5 de soude caustique et de 60 d’eau. Le produit est soumis à l’action du sulfure de carbone dans un bassin tournant. En additionnant seulement le papier de un pour ioo de cette matière, la viscose employée étant au maximum de viscosité, on obtient du papier qui présente une résistance surprenante. Du reste la proportion doit varier en fait suivant le type du papier sur lequel on opère.
- L’exploitation du massif du Rouwenzori (Afrique),
- entre les lacs Albert-Nyanza et Albert-Edouard, par S. A. R. le duc des Abruzzes en 1906 (avec MM. Cagni, V. Sella, Cavalli, Riccati, Winspeare et des guides d’Aoste) a fait l’objet de relations assez détaillées dans le Geographical Journal (février 1907) et Y Alpine Journal (février 1907) de Londres, avec une carte (Voy. aussi le résumé paru dans la Géographie de février 1907). Il en résulte que le massif a ia5 km de long sur 100 de largeur,— que tous les principaux sommets ont été gravis, — que les deux plus élevés mesurent 5i25 m. (mont Reine-Marguerite) et 5io5 m. (mont Reine-Alexandra), que trois autres dépassent 5ooo m. (tous les cinq dans le massif du mont Stanley), — que la chaîne est composée de six massifs, séparés par des cols de 4200 à 4600 m.,— et que de vrais glaciers y existent encore et y ont été beaucoup plus développés jadis, les preuves du retrait étant manifestes. Le Dr F. de Filippi est chargé de publier la relation complète, descriptive et scientifique, de l’exploration : nous y reviendrons lors de l’apparition de l’ouvrage. — Au sujet de l’information précédente rappelons que les altitudes des plus hautes montagnes de l’Afrique ne sont pas encore bien fixées : on donne pour le Kilimandjaro 6i3o, 6010, 586o m., selon les auteurs; pour le Kibo 5545 m. ou 5365 m.; pour le Ivenia 5346 m.
- Les femmes dans les Universités allemandes. —
- Sept Universités seulement en Allemagne admettent les femmes à prendre les grades académiques. Ce sont les Universités de Fribourg, Heidelberg, Tübingen, Munich, Wurtzbourg, Erlangen et Leipzig. Le nombre des étudiantes inscrites dans ces diverses Universités s’élève pour le dernier semestre d’hiver à a54 : 90 à Munich, 58 à Heidelberg, 49 à Fribourg, 33 à Leipzig, i3 à Wurtzbourg, 7 à Tübingen, 4 à Erlangen. Sur le chiffre total 116 étudiantes se destinent à la médecine, 4 à la pratique dentaire.
- Le National Muséum américain en 1906. — Les
- quelques indications suivantes, extraites du rapport annuel du National Muséum de Washington, donneront
- une idée de l’activité de nos rivaux scientifiques d’outre Atlantique, et aussi des ressources pécuniaires qu’ils ont à leur disposition. Pendant les 12 mois, juin igo5 à juin 1906, le nombre total des envois reçus par le National Muséum s’est monté à 15x6, représentant 257605 échantillons ou pièces, répartis comme suit : anthropologie, 823a; biologie, 227633; géologie, 21740. Les principaux envois ethnographiques proviennent de l’Arizona, du New-Mexico, des Philippines et de Mélanésie. Parmi les acquisitions nouvelles en biologie, il convient surtout de signaler une collection de 75 000 lépidoptères américains, offerte par M. Will-Schauss, et aussi 33 000 insectes donnés par le Ministère de l’Agriculture. Heureusement, les nouveaux bâtiments du Muséum s’achèvent rapidement, et grâce au personnel nombreux et savant qui sera chargé de la répartition des pièces à la place qui leur convient, les richesses scientifiques de Washington seront d’ici peu entièrement révélées aux visiteurs.
- L’âge de la mère et la taille de l’enfant. — S’il
- faut en croire un travail de M. B. Révesz, dans Arc hiv fur Anthropologie, il y aurait lieu de tenir compte de l’âge de la mère, comme facteur de la taille de l’enfant. Plus un organisme est âgé, plus sa descendance serait développée et de grande taille. Pour l’espèce humaine, lorsque l'âge de la mère est de 16 à 19 ans, la longueur moyennne du nouveau-né est de 49 cm > de 49.5 pour une mère de 20 à 24 ans; de 49>9 de 25 à 29 ans; de 5o,2 de 3o à 34 ans ; de 5o.3 de 35 à 47 ans. Ainsi, dans les peuples où les femmes sont nombreuses et se marient tôt, il y aurait une tendance à ce que les enfants soient petits et à ce qu’ils engendrent à leur tour des individus de petite taille. Il va de soi que ces curieuses indications sont loin d’avoir une valeur absolue, et l’âge de la mère comme facteur de la taille de l’enfant, s’il n'est pas à négliger, ne doit pas être séparé d’autres plus importants et déjà connus : race, hérédité, état de la nutrition, position sociale, constitution géologique du sol.
- Télégraphe pour voiture. — Il paraîtrait qu’on a commencé d’employer, pour les voitures de maîtres, en Angleterre et quelque peu aux États-Unis, une sorte de télégraphe entre maître et cocher qui dispense de causer par le tuyau acoustique, ordinairement en usage dans ce but; c’est un peu l’équivalent du télégraphe de machine des bateaux à vapeur, et il est évident que cela peut s’appliquer particulièrement bien aux automobiles, électriques ou autres. A l’intérieur, le voyageur a devant lui un cadran où il peut abaisser des boutons devant des indications gravées à la périphérie du cadran; ces indications seront par exemple : « à la maison », « halte », « marche », « lentement », « vite », etc.; et, devant le cocher ou mécanicien, est un petit cadran sous verre où se déplace une aiguille sous l’action du courant provenant d’une pile sèche, et sur les indications correspondantes à celle du poste de départ. A chaque communication de cette sorte, une petite sonnerie résonne, et une minuscule lampe électrique s’allume sous l’indication convenable, pour attirer l’attention et pour rendre cette indication pleinement visible la nuit.
- La composition du fer forgé. — La photographie et l’analyse spectrale permettent de faire des constatations bien curieuses, au sujet de la composition vraie de certains corps ou de certaines matières que l’on ne connaît généralement que de façon grossière. M. W. Hartley et M. Ramage ont examiné de cette façon une collection de pièces en fer forgé et aussi des échantillons de minerais de fer provenant des points les plus divers du globe; ils y ont découvert les éléments les plus imprévus de prime abord. C’est non seulement du plomb, de l’argent, du cuivre, du chrome, du nickel, mais encore des métaux rares, comme du rubidium, du césium, du gallium, de l’indium, du thallium.
- Minerai de tantale. — On a mis au jour à Henrytowu, aux Etats-Unis, dans la région de Baltimore, de nouveaux minerais de tantale, qui se présentent sous forme de corps irréguliers et de cristaux répartis dans du feldspath. Ils renferment 38,19 pour 100 d’oxyde de tantale et x3,2i d’oxyde de niobium. Il en existe également tout près de Tinton; ils sont fort riches, contenant 3o,5 pour 100 de tantale.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Jtppareél de bureau
- Cacheteur électrique Léon Lagües. — Cet appareil est destiné aux maisons de commerce et surtout aux banques où l’on a à faire tous les jours un grand nombre de plis cachetés.
- Là cire est mise dans un récipient B percé au fond mais fermé par une soupape S. Ce récipient est entouré d’un fil de métal isolé offrant une assez grande résistance au passage du courant électrique pour s’échauffer. Il est relié à la canalisation d’éclairage par un cordon souple F qui passe par le manche et va au moyen d’un bouchon spécial se raccorder à une douille de lampe. Quand ce
- Cacheteur, électiique.
- raccordement est fait la cire ne tarde pas à fondre par suite de la température développée autour du récipient. Pour utiliser ensuite l’appareil il suffit de le soulever de son support P et de le placer au-dessus du pli à eacheter ; en appuyant sur un ressort A placé à portée du pouce on agit sur un système de leviers qui soulèvent la soupape S et une goutte de cire fondue tombe à l’endroit voulu.
- Un régulateur permet de porter rapidement la cire à l’ébullition, ou bien de la maintenir à l’état liquide pendant plusieurs heures. — L’appareil est en vente chez Léon Lagües, 193, boulevard Saint-Germain, Paris.
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- c{§'*ns»< 'Electricité
- Moteur électrique. —- Dans la figure ci-jointe est représenté un petit modèle de moteur électrique à
- Moteur électrique. .
- champ magnétique fermé,, à induit denté, à enroulement en tambour et à excitation en dérivation. Ce petit moteur est fort bien soigné dans sa construction. Le collecteur est à 16 lames. Il consomme 3 ampères sous
- 6 volts, soit 18 watts; mais il peut également être monté sur une tension de 110 volts avec une résistance de 3o à 35 ohms en circuit. Il fonctionne très bien, sans échauffement trop rapide ; il peut être employé à actionner toutes sortes de machines-outils, analogues à celles que nous avons signalées dernièrement. — Le moteur électrique se trouve chez M. Chomeau, 46, rue de Rome, à Paris.
- Chimie
- Appareil à préparer le levain. — Cet appareil s’appelle «, The Guardian » ; il est destiné à supprimer la préparation du levain par les boulangers, opération très délicate que les boulangers sont obligés de surveiller avec une très grande attention. De plus il permet de commencer le travail plusieurs heures plus tôt ou plus tard et cela sans nuire aucunement à la qualité du pain.
- Mise dans l’appareil, la pâte se trouve complètement à l’abri de l’air; de plus on peut très facilement faire varier à volonté la température intérieure ainsi que la pression des gaz dégagés au cours de la fermentation. Suivant la qualité de la pâte employée on détermine et on modifie s’il y a lieu le volume utile du vase dans lequel s’opère la fermentation. Enfin, il est encore possible d’activer ou de retarder, suivant les circonstances, la fermentation de la pâte et de conserver cette pâte aussi longtemps qu’il est nécessaire sans qu’elle subisse aucune transformation.
- Décrivons maintenant cet intéressant appareil « The Guardian » est formé de deux cylindres concentriques A et B ayant un fond unique et s’ouvrant à l’air par leur partie supérieurè. Dans le cylindre B on en place un
- Appareil à préparer le levain.
- troisième G, mobile et dont la base est fermée; il est destiné à recevoir la pâte-levain. Un couvercle ferme l’appareil. Enfin l’espace compris entre les deux cylindres A et B est rempli d’eau par le tube T ; cette eau s’échappe par la tubulure D et peut être renouvelée à volonté.
- Le couvercle est également formé de deux cylindres concentriques, de hauteurs différentes, réunis à leur partie supérieure par une couronne E. Le petit cylindre est fermé par un fond et l’autre plonge dans l’intervalle rempli d’eau et constitue ainsi une fermeture hermétique. Ce cylindre porte deux ailettes L L fixées sur sa paroi extérieure, graduées suivant une échelle déterminée qui permet de voir la hauteur que doit occuper le cylindre suivant la quantité de levain enfermée dans l’appareil. Les trous que l’on remarque dans ces ailettes sont destinés à recevoir des clavettes permettant de fixer le couvercle à la hauteur voulue. La poignée P sert à maintenir le couvercle.
- On peut placer dans le cylindre mobile C la quantité de pâte nécessaire, quantité qui varie suivant la température : de 7 kg pendant les fortes chaleurs à i3 kg. pendant les grands froids, pour 100 kg de farine. Lorsque ie couvercle est en place on ouvre le robinet R pour permettre à l’air de s’échapper; puis on ferme le robinet
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- SCIENCE APPLIQUEE
- lorsque le couvercle occupe la position voulue et on place les clavettes. L’eau employée ne doit pas avoir une température supérieure à 200. L’appareil doit être maintenu constamment fermé jusqu’au moment de l’emploi du levain. — Cet ingénieux appareil est construit par la Société « The Guardian », i, Quai de la Pêcherie, à Lyon.
- Outils
- Tournevis à lames multiples. — Le mécanisme de ce petit outil rappelle un peu celui de certains porte-crayons à plusieurs mines de diverses couleurs. Le fait est qu’on y trouve intérieurement quatre lames de tournevis de largeur différente. Pour se servir de l’instrument, c’est-à-dire d’une lame quelconque, on commence par
- Tournevis à lames multiples.
- pousser le bouton qui dépasse le manche nickelé, en 1 amenant dans sa rainure jusqu’à bout de course vers 1 orifice de sortie des lames. On les voit toutes les quatre apparaître. On choisit alors celle dont on a besoin par suite de sa dimension, puis on rentre les autres, et la première se trouve maintenue en place par un arrêt ad hoc.
- l’ouverture ménagée entre les deux branches, suivant le sens dans lequel on la visse. On peut donc serrer L lame de tournevis soit dans la position d’ouverture, soit dans la position de fermeture ; et, dans cette dernière, la lame est complètement enfermée entre les deux branches constituant le manche. — Ce petit ustensile se vend 107, avenue Parmentier, à Paris.
- Un poinçon d’un nouveau type. — De construction américaine, comme tant d’outils ingénieux que nous devons signaler ici, il offre d’abord cette particularité qu’il est à pointes, ou plus exactement à lames interchangeables; nous ne voulons pas employer le mot de pointes, justement parce qu’une des caractéristiques des alênes qu’on peut monter dans le manche de cet outil, c’est de présenter à leur extrémité non pas une pointe, mais un bout méplat, rappelant assez un tournevis dont la lame serait taillée fort aiguë, avec deux biseaux très rapides. En faisant tourner, par exemple, dans du cuir, une lame de ce genre, au lieu d’une pointe, on n’a plus à craindre de faire éclater la pièce à percer, comme cela
- Un poinçon d’un nouveau type.
- Nouvelle clef anglaise. — Son fonctionnement et ses dispositions principales ne diffèrent pas notablement de ce que 1 on connaît, et nous trouvons toujours l’écrou moleté dont la rotation assure le glissement et l’avancement de la mâchoire mobile vers la mâchoire fixe; mais, ce qui est bien intéressant, c’est la fabrication de cet outil. Il peut se vendre bon marché, en présentant
- Nouvelle clef anglaise.
- une robustesse et une rusticité toutes particulières, simplement parce que la tige de glissement et la tige filetée de serrage ou de desserrage sont venues d’une seule pièce : elles sont faites d’une même et unique tige ronde en acier, tordue sur elle-même, et donnant une excellente prise à la main, au moins autant que le manche en bois le mieux étudié et le plus coûteusement fabriqué. — L’appareil est en vente chez MM. Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris.
- Tournevis de poche. — La lame a 'cet avantage d’en disparaître complètement dans le manche, ce qui évite par conséquent qu’elle puisse percer une poche ou même blesser la main, comme cela se présente parfois. De
- Tournevis de poche.
- plus, ce manche est établi avec autant de simplicité que de solidité. Il est fait d’une lame de métal courbée, et ses deux extrémités rapprochées sont entourées d’un collier, une bague taraudée, élargissant ou rétrécissant
- se produit trop souvent avec les poinçons pointus classiques. De plus, le perçage se fait bien uniformément à la dimension correspondant à celle du diamètre de l’alène.
- Le manche de l’outil forme magasin à alênes, suivant cette disposition absolument pratique qui commence à être normalement adoptée, et l’on y peut loger parallèlement quatre alênes ; quand l’une est montée dans la position de travail, les autres demeurent dans leur logement sous la garde de l’instrument. Du reste, le montage se fait très facilement, l’alène étant d’abord placée par la portion arrière et carrée de sa tige dans le trou central du manche ; on enfile ensuite par-dessus elle la garde, que l’on visse à fond.
- Divers
- Brosse à dents ouvrante. — On peut parfaitement constater que, qu’on se serve d’eau, de pâte, de poudre dentifrice pour le nettoyage des dents, et encore il faut ajouter le tartre qui se dégage de ces dernières, on constate que la brosse s’imprègne d’un dépôt d’impu-
- Brosse à dents ouvrante.
- relés qui ne peuvent être que nuisibles aux soins de la bouche. Pour parer à ces inconvénients, un inventeur a imaginé une brosse ouvrante, c’est-à-dire à trois rangées de soies s’écartant à l’aide d’une bague courant le long du manche. On peut ainsi nettoyer très facilement cette brosse ainsi ouverte. — Cette brosse se trouve chez M. Mathieu, i3i, Galerie de Yalois, Palais-Royal", à Paris.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- AVRIL-MAl-JUIN 1907
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- I.
- SOLEIL
- Le maximum solaire est passé depuis un an déjà; mais, parfois, on constate encore une très grande activité de l’astre. Dans le courant de février, des taches énormes ont été observées et, à la faveur de la brume, un grand nombre de personnes les ont vues à l’œil nu. On fera donc bien de continuer assidûment l’observation du Soleil, chaque jour de beau temps.
- Le solstice d’été arrivera le 22 juin, à i4h32m. A ce moment, le Soleil se sera rapproché le plus possible du pôle Nord. II commencera ensuite à redescendre vers le Sud. Rappelons qu’au moment du solstice, à Paris, la nuit n’est pas complète èt que l’on peut suivre la lueur crépusculaire du coucher du Soleil, au Nord-Ouest, à son lever, au Nord-Est. A minuit même, on la distingue très bien au Nord. Ces observations sont particulièrement faciles à Paris, du sommet de la Tour Eiffel, et à la campagne, loin de toute lumière.
- IL — PLANETES
- Les deux cartes publiées au n° 1754 du 5 janvier 1907, complétées par les expli-' cations suivantes, permettront de trouver et de suivre les planètes sur le ciel pendant le présent trimestre.
- Mercure traverse le Bélier, les Poissons, le Taureau et les Gémeaux. On pourra le trouver, à l’œil nu,
- 5 ou 6 jours avant ou après les dates de ses élongations du Soleil. Voici les deux qui se produiront du Ier avril à fin juin :
- 15 avril, plus grande élongation du malin, à 27° 31' 0. du Soleil.
- 27 juin, plus grande élongation du soir, à 25° 29' E. du Soleil.
- Le diamètre de la planète varie de 4",& à i2",o. En juin, la planète se couchera ih36m après le Soleil. On pourra l’observer assez facilement.
- Vçnus, reconnaissable à son brillant éclat, traverse le Verseau, les Poissons, le Bélier et le Taureau. Elle ne sera pas, toutefois, eft des conditions favorables, s’éloignant peu du Soleil et présentant un diamètre très petit : 16", 1, le 6 avril; i3",6, le 6 mai; 12",o le 5 juin. La distance à la Terre augmente et passe de 1,093, le
- 6 avril, à 1,558, le 25 juin.
- Mars est situé dans d’assez bonnes conditions (pour nos latitudes) pour être observé. Nous disons « assez bonnes », car la planète, constamment très basse sur l’horizon, ne pourra donner lieu à des images parfaites.
- Ce fait est d’autant plus regrettable que l’opposition prochaine sera une opposition périhélique ou presque, et que la planète offrira son diamètre maximum possible. Heureusement pour nos connaissances aréo-graphiques que les observatoires sont nombreux sur Terre, et que ceux de la zone équatoriale seront particulièrement bien placés pour l’étude de l’astre voisin. Des observatoires s’occupent spécialement de cette planète et la suivent à toutes ses oppositions. L’observatoire édifié par M. Lowell, à Flagstaff (Arizona-États-Unis), a pour but l’étude de Mars. M. Lowell n’a rien négligé en vue de réunir toutes les conditions favorables à ces recherches. Un climat tout particulier, un objectif de 0,60 m. de diamètre et surtout l’altitude : 2000 m. On ne doit donc pas s’étonner si les détails vus
- MARCHE DE LA PLANETE (( JUNON » SUR LE CIEL PENDANT SA PÉRIODE D’OPPOSITION
- à l’observatoire de Flagstaff sont nombreux et surpassent de beaucoup ceux que l’on peut distinguer, dans nos régions, presque au niveau de la mer, avec de petits objectifs.
- Mars brille actuellement dans le Sagittaire où on le reconnaîtra à sa lumière rougeâtre. Il présente son pôle austral tourné vers nous. Dans les lunettes, qui renversent les images, ce pôle sera visible en haut, comme une tache blanche éclatante. Il ne faudra guère compter, avec les instruments de petites dimensions (jusqu’à 108 mm), voir d’autres détails sur la planète que les continents étendus. Avec les instruments plus puissants (o,i35, m. 0,160 m.), on pourra espérer distinguer quelques canaux. Ce n’est qu’avec les grands instruments (oj20 m. et plus, que l’on pourra entreprendre une étude sérieuse de Mars. Nous mettons en garde les
- observateurs contre la tendance que l’on a, lorsque l’on a consulté la carte de la planète, de chercher à voir à tout prix un détail qui y figure. On peut arriver par ce procédé à deviner successivement un grand nombre de détails, mais 011 concevra facilement que les dessins ainsi obtenus n’ont aucune valeur scientifique.
- C’est malheureusement à cette tendance que l’on a de consulter d’avance la carte de Mars (ou de la connaître trop bien) que beaucoup d’observateurs présentent des dessins concordant admirablement avec ce que Ton voit, à la limite même, dans les instruments d’un pouvoir beaucoup plus considérable.
- On trouvera dans l'Annuaire astronomique Flammarion, pour 1907, toutes les données relatives à l’observation de Mars dans sa prochaine opposition (angle de position de l’axe, latitude du centre, passage du méridien zéro, rotation, etc.). Voici le diamètre et la phase r dates diamètre de mars phase
- 1" avril. .... 9':,3 1",06
- lor mai...... 12",5 i",22
- 10 juin....... 19”,3 0",62
- 30 juin....... 22",3 0",07
- Jupiter, dans les Gémeaux, pourra encore être observé au couchant en avril et mai. En juin, il sera noyé dans le rayonnement solaire. Diamètre équatorial : 6 avril, 36",9; 6 mai, 34", 1; 5 juin, 3a",3; 25 juin, 3i",6.
- PHÉNOMÈNES DD SYSTÈME DE JUPITER.
- 1" avril, I. 0. c., 19 h. 29 m.; II. P. c., 19 h. 40 m.; I. P. f., 20 h. 29 m.-I. 0. I’., 21 h. 47 m.; II. 0. c., 22 h. 18 m.; II. P. f., 22 h. 51 m • IV e’ c., 23 h. 28 m. 6 s.; 2, 1. E. f.. 19 li. 2 111. 23 s.; 3, II. E. f., 19 h’ 32 m! 11 s.; 111. P f., 21 h. 5 m.; III. 0. c., 23 h. 6 m.; 7, I. Im., 22 h. 57 m,-8, I. P. c., 20 h. 8 m.: I. 0. c., 21 h. 21 m.; II. P. c., 22 h. 21 in.: I. P.’ f., 22 h. 26 m.; I. 0. f., 23 h. 42 ni.; 9, I. E. f., 20 li. 58 m. 1 s ; IV P c., 21 li. 6 m ; IV. P. f., 23 li. 38 m.; 10, III. P. c , 22 h. 4 m.; II. e! f. 22 h. 7 m. 40 s.; 14, III. E. f., 20 h. 11 ni. 6 s.; 15, 1. P. c., 22 h 6 ni • 1. 0. c., 23 h. 19 m.; 16, I. Im., 19 li. 24 m.; 1. E. f., 22 h. 53 m 35 s -17, II. Im., 19 h. 29 m.; I. 0. f., 20 h. 6 ni.; 18, IV. E. f., 20 Ii 33 ni’
- 29 s.; 19, II. 0. f., 19 h. 45 m.; 21, III. Em., 19 li. 23 m.; III. E. c., 21 h. 3 m. 33 s.; 23, I. Im., 21 h. 23 m.; 24, I. 0. c., 19 h. 43 m.; I. P. f.
- 20 h. 51 ni.; I. 0 f., 22 h. 1 m.; II. Im., 22 h. 11 m.; 26, II. 0. c., 19 li’
- 30 m.; II. P. f., 20 h. 2 m.; II. 0. f., 22 h. 25 m.; 28, III. Im., 20 li. 29 m. — 1" mai, I. P. c., 20 II. 32 m.; I. 0. c., 21 h. 38 m.; I. P. f., 22 Ii 50 m.; 2, I. E. f., 21 h. 13 m. 21 s.: 3, II. P. c., 19 h. 56 m.; II. 0. c., 22 h. 7 m.; II. P. f., 22 h. 48 m.; 8, I. P. c., 22 h. 32 m.; 9, I. Im., 19 h 52 m.; III. 0. f., 22 h. 21 m.; 10, 1. 0. f., 20 li. 20 m.: 12, II. E. f.,
- 21 h. 48 m. 12 s.; 13, IV. 0. c., 20 h. 41 m.; 16, I. Im., 21 h. 52 m.-
- 17, I. 0. c., 19 h. 56 m.; I. P f., 21 li. 19 m.; 21, IV. Im., 21 h. 52 m.; 24, I. P. c., 21 h. 2 m.; 25, 1, E. 1‘., 21 h. 27 m. 55 s.; 27, III, E. f., 20 li. 15 m. 4,5 s.; 28, IL P. L, 20 li. 37 m. — 1“ juin, I. Im., 20 h. 24 m.; 2,1. 0. f., 20 Ii. 33 ni.; 4, II. P. c., 20 li. 34 m. ’
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Saturne pourra être recherché; eu juin, à la lin de la nuit, entre les étoiles .10 et 29 des Poissons. Il sera en quadrature avec le Soleil le 19 juin. L’anneau se présente par la tranche comme on peut s’en rendre compte par les éléments ci-après, au ior juin Ï907 :
- Grand axe exlérieur....................................58",2
- Petit axe extérieur.................................... 1",5
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’auueau. . . 1° 59' Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l'anneau. ... 0° 48'
- Uranus brille dans le Sagittaire comme une étoile de 6° grandeur. Il se présente sous l’aspect d’un petit disque bleuâtre de cf' de diamètre. On pourra le trouver aux positions suivantes :
- DATES ASCENSION DUOITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 6 avril ..... 18 h. 55 m. — 25° 11' 5",9
- G mai. ..... 18 h. 55 m. — 23° 12' 4”,0
- 5 juin....... 18 lu 52 m. — 25° 17' 4".0
- 25 — 18 h. 48 m. — 23° 22' 4'\1
- Neptune, dans les Gémeaux, pourra être recherché, à l’aide d’une monture équatoriale, aux positions ci-après :
- ' DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE'
- G avril. .... .6 h. 43 m. 4-22° 13' 2",2
- 6 mai......... 6 h. 45 m. -1- 22° 12' 2",2
- Les observations ne pourront être faites après le mois de mai, la planète étant trop rapprochée du Soleil.
- Petites planètes. — La petite planète Junon, la troisième découverte, passera en opposition le 29 avril. On pourra la suivre sur le ciel, malgré son éclat assez faible, en s’aidant des éléments ci-dessous :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON GRANDETR
- 5 avril. . . . 15 h. 0 ni. — 4° 2' 9,9
- 11 — 14 h. 55 m. — 5° 7' 9,9
- 19 — 14 h. 49 in. — 2° 15' 9,9
- 27 — 14 h 43 ni. — 1° 22' 9,9
- 5 mai . ... . 14 li. 37 111. — 0° 56' 9,9
- 15 — 14 h. 51 m. + 0° 2'. 9,9
- 21 — 14 h. 25 ni. + 0° 51' 10,0
- 29 14 li. 20 111. -i- 0° 50' 10,0
- 6 juin : ... î 14 h. 16 m. -1- 0° 59' 10,1
- 14 — 14 li. 15 m. -+- 0° 58' 10,2
- 22 * 14 h. 12 m. -4- 0° 48' 10,2
- 30 — 14 h. 11 111. -+- 0° 50' 10,3
- La carte de la page précédente indique la région où elle plane dans le ciel.
- III. PHÉNOMÈNES DIVERS Conjonctions : *
- Le 9 avril, Mercure en conjonction avec Saturne, à 5 h., à 0°32' Nord.
- Le 18 avril, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 19 h., à 2° 4' Nord.
- Le 19 avril, Neptune en conjonction avec la Lime, à 5 h., à 0°41' Nord.
- Le 21 avril, Vénus en conjonction avec Saturne, à 15 1)., à 0°38' Nord.
- Le 22 avril. Mercure en conjonction avec lü Haleine, à 10 11., à 0° 2' Sud.
- Le l”r mai, Mars eu conjonction avec Uranus, à 23 h., à 0® 46' Sud.
- Le 16 mai, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 12 li., à 1°51' Nord.
- Le 4 juin, Saturne en conjonction avec la Lune, à 6 H., à 2° 41' Nord.
- Le 15 juin, Mercure en conjonction avec Jupiter, à 21 h., à 1° 41' Nord.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Cette liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6° grandeur.
- ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT FIN
- Y Capricorne. 3,8. 4 h. 24 m. 5 h. 11 m.
- 5G Gémeaux. 5,4 21 li. 42 ni. 22 h. 18 m.
- \ Opliiuchus. 5,1 5 li. 52 m. 5 h. 4 m.
- 6607. H. A G. 5,9 0 h. 47 m. 1 h. 57 m.
- v1 Sagittaire. 5,0 22 h. 56 m. 23 1). 49 m.
- v‘- Sagittaire. 5,1 23 h. 15 m. 0 li. 21 ni.
- ç Opluuclius. 5,1 23 li. 53 m. 1 h. 3 m.
- Étoiles filantes. — Le 12 avril, chute fréquente de bolides.
- Du 19 au 3o avril, averse des Lÿrides, étoiles filantes venant de 104 Hercule. Déterminer chaque jour le radiant.
- Le 7 juin, chute fréquente de bolides.
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol ((3 Persée) : 16 avril (2o‘‘ 17"1). L’étoile est ensuite trop près ou au-dessous de l’horizon pour pouvoir être observée.
- On pourra de nouveau la suivre en août.
- Em. touchet.
- DATE 8 avril.
- 19 -
- 1" mai . . .
- 29 —
- 29-50 mai . . 24-25 juin. .
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Décoloration du liquide des thermomètres. — Souvent la décoloration de l’alcool résulte simplement d’une précipitation du colorant, ou du moins d’un dépôt qui se forme dans le bas de l’appareil : pour mélanger, brasser le liquide, exposer alternativement le thermomètre à la température du o, puis à la chaleur correspondant presque au maximum de sa graduation : le dépôt est entraîné et remis en suspension.
- Un nouveau traitement des cuirs et des peaux.
- — Ce procédé, breveté par J. Dakes, de New-York, consiste à laver les peaux, à les traiter à la chaux, à les épiler; puis, après lavage, à les soumettre à l’action du bain suivant : un sirop de glucose à 5 pour 100 est additionné de soufre dans la proportion de 1 pour 100 du poids des peaux à traiter, et de 1 partie de levure pour 1000 parties de peaux; le tout est chauffé à 36° centigrades, et après 24 heures, la fermentation commence. On introduit les peaux et on les remue de temps en temps. Ce traitement donnerait, paraît-il, des résultats satisfaisants.
- Engrais pour les fleurs. — On mélange et on met en bouteille une mixture faite de 5 parties de salpêtre, de 10 p. de sel de cuisine, de 5 p. également de sel de Glauber, enfin d’une de magnésie et de 2 p. de phosphate de soude. Pour donner cet engrais aux plantes, on en fait dissoudre une cuillerée à café dans un litre d’eau chaude, et l’on arrose quotidiennement avec ce liquide.
- Pour protéger les dessins dans les ateliers. —
- Voici une combinaison bien simple, qui est recommandée par une publication anglaise, pour préserver des macu-latures et des plis (qui le rendent bientôt illisible et inservable) un dessin qui circule dans des ateliers et entre les mains du personnel ouvrier. Lui faire une sorte
- d’enveloppe dont le dos est une feuille de carton suffisamment épais : au pourtour, et sauf en haut, à l’endroit où sera ménagée une ouverture permettant de glisser le dessin dans cette sorte de portèfeuille, sur trois côtés par conséquent, on place des bandes de carton fort, maintenues au dos de l’enveloppe par des agrafes métalliques, et de manière naturellement à laisser sous elles le passage de la feuille de papier où est tracé le dessin. L’enveloppe est complétée par une feuille de celluloïd, qui se glisse sous les bandes de carton, et qui est fixée aux coins par les agrafes dcpt nous avons parlé. L’ouverture supérieure ménagée entre le celluloïd et la feuille de carton du dos laisse aisément pénétrer le dessin.
- Moyen de reconnaître la présence du tellurium.
- — Il est signalé par M. Wright dans le Journal of Weslralian Chambér of Mines, et réussit pour des traces mêmes de ce' corps dans une masse de pyrites. On commence par oxyder complètement les pyrites au moyen d’acide nitrique fort, on évapore jusqu’à siccité, puis on humidifie d’acide chlorhydrique fort également, on fait bouillir, on dilue avec de l’eau, et l’on sépare le résidu insoluble par filtrage. A travers le filtrat, au moment de l’ébullition, on fait passer un courant x'apide d’acide sulfureux et de manière que ce filtrat soit complètement saturé de ce gaz ; le tellurium, avec l’or qui pourrait également se présenter, sera précipité sous la forme métallique. On sépare par filtrage et ôn lave à l’eau pure jusqu’à enlèvement des sels. On jette alors ce qu’on suppose être du tellurium dans un récipient où l’on fqra évaporer à siccité, puis on ajoutera de l’acide sulfurique fort et on chauffera graduellement; s’il y a effectivement du tellurium, il se produira rapidement une coloration violet-rouge.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction, publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés, fille répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accomjJagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- télémètre du commandant Gérard, décrit dans le u° 1765, du a3 mars 1907, est en vente chez M. Clermont Huet, 114, rue du Temple, à Paris. — Bicyclette automatique Peugeot, 38 bis, avenue de la Grande-Armée, à Paris. Moto-rêve, David et Cie, chemin des Caroubiers, Acacias-Genève. Moto K. 73., Keller Dorian, 89, rue du Dauphiné, à Lyon, Albatros, Billouin, 104, avenue de Villiers, à Paris. Viratelle, 49> rue du Surmelin, à Paris. Brune au Richard, 23, avenue de la Grande-Armée, à Paris.
- Communications. — Le chemin de fer du Dahomey ci le Haut .Niger. —A propos de l’article de M. D. Bel-let, paru sous ce titre dans notre n° 1755 du 12 janvier 1907, p.97, M. L. R. Gros nous adresse un exemplaire de la Nouvelle Revue, du 1er octobre 1905, où il a publié un article sur le même sujet. Nous ne croyons pas devoir analyser cette étude fort bien faite, d’apçès les documents du capitaine Gambier, mais dont notre collaborateur a déjà présenté le principal dans l’article désigné plus haut.
- Renseignements. — M. P. Raynaud, à Paris. — Vous pourriez vous adresser à M. G. Deloche, 10, quai Michelet, à Levallois-Perret (Seine).
- M. A. Symonet, à Grasse. — Habitations agricoles : voyez l’ouvrage de Mars Abadie : La ferme moderne (traité des constructions rurales), librairie Larousse, 17, rue Montparnasse, Paris (1 vol. 4 francs).
- M. Lima e Cunha, à Lisbonne. — La fluorescéine la plus économique se vend 12 francs le kilogramme ; à la Société des produits chimiques et matières colorantes de Saint-Denis, io5, rue Lafayette, Paris. Une autre sorte coûte 25 francs à la Société nationale des produits chimiques, 5o, rue des Ecoles. Toutes deux sont du même pouvoir en ce qui touche la visibilité à l’œil nu; mais la seconde est plus puissante si Ton opère avec le fluorescope Trillat. Ce dernier instrument vous sera procuré, 5o, rue des Ecoles par la Société nationale. Quant à la quantité elle dépend de toutes sortes de conditions que vous trouverez détaillées dans l’ouvrage suivant : Etude des eaux courantes souterraines par l’emploi de la fluorescéine, 218 p. in-8° et 24 figures, publié en 1904 par la Société belge de géologie (3g, place de l’Industrie, à Bruxelles, Belgique. Prix : 5 francs). En moyenne, dans 1 mètre cube d’eau qui se. perd sous terre il est bon de mettre 1 gr. Mais ceci n’a rien d’absolu et dépend des éléments très diversifiés de l’expérience.
- M. Descourtis, à Orange (Vaucluse). — i° Dans le cas que vous indiquez, il y a certainement eu phénomène d’électrisation, difficile à expliquer. — 20 On pourrait en effet faire à ce sujet d’intéressantes expériences; nous ne croyons pas qu’on ait jusqu’à ce jour étudié ces phénomènes.
- M. E. Guyon, à Paris. — Pour faire un aimant, il faut préparer une pièce en forme de fer à cheval avec de l’acier du commerce ; il suffit de mettre ensuite la pièce sur les pôles de la machine, en dérivation et la laisser quelque temps.
- M. G. de Artiach, à Arrigorriaga. — Nous ne connaissons aucun ouvrage spécial traitant de la fabrication des meules artificielles d’émeri; tous nos regrets.
- M. Bartet, à Évreux. — La question que vous nous posez ne comporte pas de réponse immédiate, et ne peut être résolue qu’après une série d’essais. Il faudrait donc vous adresser à un bureau technique ou à un ingénieur, qui feraient l’étude nécessaire.
- M. E. B., à PI. — Vous trouverez la motogodille décrite dans La Nature, n° 1703 du i3 janvier 1906, p. ,io5.
- „ M, .Guy, à M. — L’article que vous nous demandez de publier sur la fixation de l’azote atmosphérique l’a été dernièrement et vous pouvez vous y reporter : n° 1699, du 16 décembre 1905, p. 34 : L'exploitation de l’air et les nitrates artificiels, par M. Sallior.
- M. Gibaud, à Ruelle-sur-Touvre. — A notre vif regret, il nous est impossible de vous donner les renseignements que vous demandez et que nous ne possédons pas.
- M. V. Bourgeois, à Coulours. — Nous vous remercions de vos observations relatives aux épées tordues des Gaulois, mais elles ne nous semblent pas porter juste. Notre collaborateur n’a pas voulu montrer, et M. S. Reinach non plus, que les épées gauloises étaient de qualité supérieure, mais simplement ce qu’il y avait d’absurde à croire, comme on l’a fait, que ces épées étaient si mauvaises qu’elles pliaient en deux au choc, comme du plomb. Il ne s’agit nullement de rejeter le témoignage de Polybe, mais de le mieux utiliser. Le nombre des épées trouvées tordues ne permet guère d’admettre l’explication, par un accident, que vous proposez. Leur présence dans des tombeaux indique, au contraire, un rite funéraire. Quant à dire que les marchands de bric-à-brac antiques aient tordu intentionnellement des épées gauloises pour tromper les collectionneurs, c’est possible, probable même, mais ne prouve rien, au contraire, contre l’explication donnée.
- M. Jacques Lauras, à Paris. — Pour laisser une batterie d’accumulateurs inactive pendant longtemps, il suffit de la charger et de la laisser en repos.
- M. P. Beau, ,à Périgueux. — Nous ne connaissons ni outils ni procédés spéciaux pour percer des trous cylindriques dans des bétons , de ciment : c’est une série d’essais à faire pour déterminer le meilleur procédé.
- M. Tiraqueau, à Fontenay. — Vous pouvez vous adresser, pour obtenir le renseignement que vous cherchez, au Musée Carnavalet, rue de Sévigné, à Paris, mais il n’est pas certain qu’on puisse, même là, vous le fournir. Il faudrait dans ce cas dépouiller les diverses publications parues durant ces dernières années, et relevées dans la Revue Rabelaisienne.
- M. Tappecoue, à Lerné. — Veuillez vous reporter à l’ouvrage de De La Coux, L’eau dans Vindustrie, où la question des eaux en teinturerie est traitée (Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris).
- M. de Montefiascone, à Tivoli. — Principaux types de laiton : laiton de Romilly, destiné au travail au marteau (cuivre, 70; zinc, 3o); laiton de Stolberg, pour les ustensiles de ménage, les chaudières (cuivre, 65,80; zinc, 3i,8o; étain, 0,20); laiton anglais, pour le travail au marteau (cuivre, 70,29; zinc, 29,26; étain, 0,17; plomb, 0,28); laiton de Jemmapes, pour les tourneurs (cuivre, 64,60; zinc, 33,70; étain, 0,20; plomb, i,5o); laiton des doreurs, pour les bronzes dorés (cuivre, 60 à 66; zinc, 27 à 31 ; étain, i,3 à 1,4 ; fer, 0,7 à 0,9).
- M. Dariès, à Posadas (Misiones). — Nous avons reçu votre lettre et nous l’avons aussitôt expédiée à la Société anonyme des établissements Bleriot, 14, rue Duret, à Paris.
- M. D. Z., à Paris. — On peut calculer une résistance électrique en connaissant la nature du métal employé, la longueur et la section du fil ; voyez à ce sujet le Formulaire pratique de VElectricien et divers autres manuels qui donnent ces détails.
- M. Dumas, à Lyon. — Veuillez vous adresser, pour les dragues dont nous avons parlé, à la maison Vickers Sons and Maxim, à Manchester.
- Accusés de réception. — Avis divers.—M0:0 Basché, à Chinon. Veuillez vous adresser à un expert en vin. — M. Cabochon, à Monte Carlo. Nous avons donné dans nos recueils de Recettes et Procédés utiles (Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain) plusieurs recettes de teintures pour cheveux. — M. Bigourdeau, à Mon-targis. Voyez le même recueil, 4e série, même librairie. — M. Cros, à Paris. Remerciements pour votre communication.
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- 1*tD
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES ’f . OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 mars. . . . — 1°,5 N. E. 0. Beau. )> Gelée blanche ; quelques nuages.
- Mardi 26 00 0 - }~ N. E. 2. Beau. 0 Gelée blanche ; quelques nuages.
- Mercredi 27 5°,6 N. E. 2. Beau. » Gelée blanche; beau.
- Jeudi 28 4",8 N. E. 0. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- Vendredi 29 6°,5 E. S. E. 0. Beau. » Gelée blanche; beau.
- Samedi 50 3°, 5 Calme. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- Dimanche 51 4°,2 E. N. E. 1. Beau. 0 Gelée blanche ; beau.
- MARS 1907. — SEMAINE DU LUNDI 25 AU DIMANCHE 31 MARS 1907.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du veut. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du a5 mars au 3i mars, îe temps a été beau. Le a5 mars, la pression atmosphérique atteignait un maximum de 774 mm sur le Nord de la France; à Paris, elle était 773 mm. Un vent faible a soutflé des régions Sud sur la Manche, et de l’Est sur l’Océan et la mer Méditerranée. La température était le matin 20 à Belfort, 20 à Paris, 6° à Toulouse, —• 20 au Puy de Dôme, —20 au Pic du Midi,
- __30 au mont Mounier. Le ciel était beau, mais il a été
- obscurci le matin par un brouillard intense. Le 26 mars, le temps en France a été beau également; les pressions qui couvraient l’Ouest du continent étaient des pressions égales à 770 mm. Un vent de l’Est souffle vers la France. Le thermomètre marquait le matin — i° à Clermont, 20 à Paris, 5° à Brest, 8° à Biarritz. Dans la banlieue de Paris, on a signalé des minima voisins de zéro. Le 27 mars, la pression atmosphérique s’est beaucoup élevée sur le Centre de l’Europe; on note 777 mm -en Hollande. La pression à Paris atteint 772,8 mm. Un vent faible d’entre Nord et Est souffle sur toutes nos côtes. La température était le matin 40 à Paris, 3° à Lyon, 6° à Bordeaux, o° au Puy de Dôme, — 20 au mont Ventoux, —6° au Pic du Midi. Dans la matinée, aux -environs de Paris, on n’a pas constaté de minimum au-dessous de 20; cependant la gelée blanche était encore générale. Le 28 mars, la pression atmosphérique est restée égale à 770 mm sur le Nord de la France ; elle a légèrement faibli sur toute l’Europe. La température
- était le matin ic à Clermont, 5° à Paris, 8° au Havre, 20 au Puy de Dôme, —70 au Pic du Midi, —8° au mont Mounier. Le 29 mars, la pression atmosphérique a subi une dépression de 12 mm en Irlande et de 7 mm en Bretagne ; elle était encore supérieure à 765 mm sur toute la France. De faibles pluies sont tombées dans le Sud de la France. La température était le matin i° à Clermont, 4° à Nantes, 6° à Paris, 8° à Perpignan, i3° à Biarritz, 20 au Puy de Dôme, —3° au mont Aigoual, — 90 au Pic du Midi. Dans la banlieue de Paris, on signalait encore de la gelée blanche. Le 3o mars, la situation atmosphérique s’est modifiée lenlement; dès le matin une pression un peu inférieure à 765 mm couvrait l’Ouest et le Sud, avec deux faibles minima, l’un sur la Vendée, l’autre au Sud de la Provence. Un vent faible d’entre Est et Sud a soufflé dans la Manche et sur l’Océan, et également en Provence. On a signalé quelques averses sur les côtes Ouest des Iles-Britanniques. La température était le matin 20 à Limoges, -3° à Paris, 70 à Bordeaux, i3° à Biarritz, 20 au Puy de Dôme, i° au mont Mounier, —70 au Pic du Midi. Dans la banlieue de Paris, la température s’abaissait à o°. Le 3i mars, la pression atmosphérique a subi des changements à l’Ouest de l’Europe; à Paris elle était 761 mm. Le thermomètre marquait le matin 4° à Paris, 40 à Clermont, 8° à Toulouse, 170 à Alger, 6° au Puy de Dôme, o° au mont Aigoual. La température moyenne a été très élevée; dans la journée on a cité, en effet, en différents endroits des températures de 190 qui ont été atteintes et qui se sont maintenues pendant quelques heures.
- PHASES DE LA LUNE: P. L. le 29 à 7 h. 53 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF ï E-A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, "Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1768 (13 AVRIL 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Chaire de chimie biologique à l’École supérieure de pharmacie. — Par décret, la Ville de Paris a fondé, à l’Ecole supérieure de pharmacie de l’Université de Paris, une chaire de chimie biologique. M. Grimbert, agrégé près l’École supérieure de pharmacie, docteur ès sciences, est nommé titulaire de cette chaire.
- Société astronomique de France. — Le conseil de cette Société vient de procéder au renouvellement du Bureau pour l’année 1907-1908. M. Deslandres, membre de l’Institut, a été nommé président. M. Laisant, examinateur à l’école polytechnique, a été élu vice-président.
- La retraite de M. Noblemaire. — M. Noblemaire, directeur de la Compagnie du P.-L.-M., vient de prendre sa retraite, après 38 ans de service. Il est remplacé comme directeur par M. Mauris, actuellement sous-directeur de la Compagnie. A cette occasion, M. Barthou, ministre des travaux publics, a nommé M. Noblemaire grand-croix de la Légion d’honneur.
- Le tour de France de 10 000 kilomètres. — M. Van
- Marcke, avec son automobile six cylindres Hotchkiss, a passé le 3o mars à Châlons, Verdun, Plombières-les-Bains, et est arrivé à Besançon dans la nuit, ayant dépassé 8000 km. Il a franchi les Alpes le 3i mars, est arrivé le 2 avril à Lyon venant de Grenoble par les Echelles; il vient d’arriver à Paris.
- La course Paris-Roubaix. — La course annuelle sur route en cycle Paris-Roubaix a eu lieu le 3i mars; elle a été gagnée par Passérieux qui a parcouru les 270 km en 8h 54ra.
- Assemblée générale des médecins de France. —•
- Un Congrès des praticiens français, doit s’ouvrir à Paris, le 12 avril, salle de la Société de Géographie, 184, boulevard Saint-Germain. Le programme du Congrès comporte toutes les questions relatives aux réformes de l’enseignement médical et au libre choix du médecin.
- Le règlement des voitures à taximètre. — M. le
- Préfet de police a rappelé récemment que les cochers, avec voitures à taximètre, pris à la course ou à l’heure avant minuit 3o minutes, qui arrivent à destination après cette heure, n’ont droit qu’au prix du jour, pour la course ou pour l’heure.
- Croiseur anglais à Toulon. — A l’occasion du passage du roi d’Angleterre à Toulon, on attend dans ce port de nouveaux navires anglais. Parmi ces navires est ie Lancaster, croiseur à ceinture cuirassée, entièrement en acier, d’une longueur de 141 m. sur une largeur de 20 m., avec un tirant d’eau de 8 m. et un déplacement de 9800 tonnes. La puissance de ce croiseur est de
- 20 000 chevaux; il peut donner une vitesse de 23 nœuds. L’équipage est de 600 hommes, l’artillerie comprend 14 canons de i52 mm, 10 de 76 mm, 3 de 47 mm et 8 mitrailleuses.
- L’industrie porcine en Corse. —M. J. Farcy donne à ce sujet d’intéressants renseignements dans un récent numéro du Journal de VAgriculture. Les porcs causent en Corse de nombreux dégâts : ils vivent, en effet, presque en liberté, en bandes nombreuses, composées surtout de truies, et appartenant à des bergers qui, en même temps, sont le plus souvent propriétaires d’un troupeau de brebis. Ces bandes descendent des hauts plateaux vers les villages, les truies accompagnées de leurs porcelets, après que sont épuisés les glands et les châtaignes de l’habitat d’été, soit vers décembre ou janvier. Les petits sont presque tous achetés à ce moment, au prix moyen de i5 francs et l’année suivante, à l’occasion de la Noël, sont transformés en « lonzo » fizatelli, saucisses, jambons, etc. Tout le monde sait que les porcs d’élevage en Corse vivent librement dans les rues de village. Cette promiscuité est assez grande pour donner lieu à la coutume amusante de leur bénédiction annuelle ; à Tilia, par exemple, le jour de Saint-Roch (16 août) on les rassemble tous sur le parvis de l’église, et ils sont bénis, de façon à les préserver des maladies, et à rendre leur nourriture profitable. D’ailleurs l’industrie porcine est véritablement en enfance en Corse : les mauvaises conditions de nourriture, la reproduction non surveillée, le croisement assez fréquent avec le sanglier, elfectué de rencontre dans la forêt, et l’absence de tous soins véritables maintiennent le cochon corse dans un état fort rudimentaire.
- Le cuivre et l’électricité. — On a répété, sous toutes les formes, depuis quelque temps, que nous entrons dans l’âge de l’électricité et cette constatation parfaitement exacte a été la base principale des spéculations qui viennent d’agiter le marché du cuivre et qui l’avaient porté à 2900 francs la tonne jusqu’à la crise récente de la fin de mars, par laquelle il a été ramené aux, environs de 235o (g3 à 94 livres). On a calculé que, du fait de cette dernière crise, les actions de 35 compagnies cuprifères des Etats-Unis avaient éprouvé une perte de près d’un milliard et demi de francs. C’est assez dire l’importance de la question. L’électricité n’est pas seule à employer le cuivre en quantités croissantes ; les machines, navires, etc., en prennent également de grandes quantités ; mais il est certain que le rôle principal dans l’exagération des demandes actuelles est attribuable aux nouvelles installations électriques et à
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- INFORMATIONS
- la transformation, par laquelle on tend, notamment pour les chemius de fer américains, à adopter une importante station centrale distribuant sa force au loin, plutôt que de garder ou créer de nombreuses petites usines comme autrefois. En raison de cette transformation, qui se généralise dans le monde entier, les commerçants en cuivre prétendent que la consommation mondiale de cuivre en 1906 a été de 788000 tonnes contre une production de 736 700 t. ; tandis que les chiffres correspondants en 1905 avaient été de 762600 t. contre 684000 t. (la consommation, dans les deux cas, supérieure à la production et entraînant une diminution des stocks). Rien qu’en Allemagne, on a consommé en 1906, i63ooot. de cuivre contre i36oob t. en 1905. Et les gigantesques projets, qu’annonçaient les chemins de fer américains avant la dernière crise, comportaient une extension nouvelle des emplois du cuivre, comme d’ailleurs de tous les autres métaux. On a dû un peu rabattre de ces plans, magnifiques sur le papier. Néanmoins la question du cuivre reste toujours aiguë pour les consommateurs, même avec le cuivre à a35o francs la tonne, puisqu’il valait i35o francs en 1888. Aussi s’est-on ingénié de toutes façons à le remplacer. Pour l’électricité, sa supériorité sur tout autre métal, notamment sur le fer, est exprimée par les chiffres suivants. La conductibilité du cuivre pur étant de 100, celle du cuivre recuit qui, aux débuts de l’industrie électrique, ne dépassait pas 5o, est maintenant de 98, celle du bronze siliceux de 97 pour une résistance à la rupture de 45 km par millimètre carré (la résistance correspondante du cuivre recuit serait seulement de 27). Et le fer galvanisé n’a qu’une conductibilité de 14 pour une résistance à la rupture de 38. On a cherché toutes espèces d’autres alliages et nous avons mentionné ici, récemment, l’idée de tubes minces en fer contenant du sodium (ij5o, 8 décembre 1906). Maintenant les journaux américains font grand bruit d’un alliage d’aluminium et de cobalt essayé avec succès à Pittsburg, mais qui, lui-même, en admettant jusqu’à nouvel ordre sa valeur réelle, encore à démontrer, serait fort coûteux.
- Le jugement de Dieu au Siam. — Monseigneur Jos. Guaz publiait récemment dans la Revue Indochinoise la traduction d’un curieux texte siamois de l’an i537 de notre ère, réglementant les épreuves qui étaient alors et qui sont longtemps demeurées en usage au Siam pour terminer un litige. Sept moyens vérifiaient l’innocence ou la culpabilité d’un accusé : plonger la main dans du plomb fondu, prêter serment, marcher sur des charbons ardents, la submersion, remonter à la nage un fleuve, traverser un fleuve, s’en remettre à la flamme d’un cierge. Ces coutumes ont disparu, mais le serment sert encore souvent pour trancher les cas où le demandeur n’a ni preuves ni témoins.
- Réouverture d’un gouffre. — Ilya i3o ans environ les habitants des communes d’Andrix et de Saint-Cha-massy près les Eyzies (Dordogne) tentèrent de combler le gouffre de Pumeyssac, où tombaient les bestiaux, et où des brigands jetaient leurs victimes. N ayant pu y parvenir à cause de 1 importance du vide, ils en couvrirent l’orifice d’abord à l’aide de troncs d’arbre et de terres rapportées et ensuite par une voûte en maçonnerie. Cet orifice ayant été récemment mis à découvert, M. Galou, propriétaire du roc de Tayac (Yoy. La Nature, n° 1571, 4 juillet 1903), effectua au moyen de cordes une descente dans le gouffre. D’après les renseignements qu’il nous adresse, la forme intérieure de l’abîme est celle d’un entonnoir renversé, de 2 m. de diamètre à l’orifice et de 80 m. au fond; la profondeur est de 45 à 5o m. ; trois sources tombent des voûtes et de 3o m. de hauteur. Au milieu du fond un amoncellement de moellons de 12 à i5 m. de hauteur est le témoin de l’ancienne tentative de recomblement. On circule aisément tout autour. Une galerie latérale avec superbes stalagmites a pu être parcourue sur 60 m. de longueur sans qu’on ait trouvé la fin. Des ossements ont été aperçus ; mais la première visite sommaire n’a pu durer que quelques heures faute d’éclairage. Une exploration plus complète révélera sans doute d’autres trouvailles.
- Le commerce de La Réunion en 1905.— D’après la Feuille de renseignements de l’Office Colonial,le commerce de La Réunion s’est élevé à 27 922 976 francs en iqo5, soit 4965577 francs de moins qu’en 1904. Sur ce chiffre il faut compter 18 184 824 francs pour l’importa-
- tion et 9738 i3z francs pour l’exportation. La part delà France dans le commerce total est de 63 pour 100. -
- Port de Calcutta. — On a dressé un vaste plan d’agrandissement du port de Calcutta, avec des extensions ultérieures prévues à Khidderpore. Actuellement le port offre à la navigation une surface de 25 hectares à. peu près, et un développement linéaire de quais de 345o mètres. Or, avec les nouveaux aménagements, la longueur des quais sera portée à plus de i5 kilomètres, et la surface à i3g hectares.
- L’obole de Caron et la, préhistoire. — Cette obole est bien connue, que les Grecs mettaient dans la bouche dè leurs morts, et qui, dans leur esprit, était destinée à payer à Caron le passage du Styx. M. le chanoine de Villeneuve publie dans VAnthropologie une observation qui peut jeter quelque luriiière sur l’origine de cette pratique. Au cours des fouilles exécutées aux Baoussé Roussé, qui ont donné de si beaux résultats pour la préhistoire, il a constaté qu’à la bouche de chacun des squelettes de type négroïde qui ont été exhumés, adhérait intérieurement un petit galet de schiste vert. Selon l’auteur de la découverte, leur présence serait intentionnelle et le rite funéraire pratiqué par les Grecs aurait déjà eu cours dans les temps préhistoriques. Le mythe de Caron serait donc vraisemblablement, ainsi que la plupart des mythes, une histoire inventée après coup pour justifier une coutume d’origine plus ancienne et qui se perpétua longtemps après qu’on eut oublié sa portée véritable. Ajoutons qu’il serait téméraire de conclure trop absolument d’après des cas encore très restreints.
- Les nouvelles constructions de la Flotte Germanique. — L’Amirauté allemande a ordonné récemment la construction d’un nouveau croiseur à turbines; d’autre part un cuirassé doit être construit à Wilhelms-haven et un semblable à lviel : chacun de ces derniers aura un déplacement de 18,00 tonnes, et marchera à une allure de 19 1/2 noeuds.
- Une locomotive de la première heure. — Elle se trouve maintenant prendre glorieusement ses invalides à Canterbury, en Angleterre, sur un piédestal qui lui a été élevé par la Municipalité dans un des squares de la ville : il s’agit de la machine « Invicta », qui traîna le premier train au moment de l’inauguration de la ligne de Carterbury à Whitstable, en mai i83o.
- Progression des glaciers dans l’Hindo-Kush. —
- Selon M. Neve (Alpine Journal de février.1907)16glacier de Tarshing au Nanga Pàrbat avait manifesté des tendances à l’avancement entre 1872 et 1887; en 1906 l’épaisseur du glacier était de i5 m. plus grande qu’en 1887; la rivière de Rupal en traverse le front dans un tunnel de glace. Le glacier de Mutzazil aurait progressé de 8 à 10 km (?) en trois ans. D’autres mouvements glaciaires auraient provoqué des barrages de rivières et des inondations. Le gouvernement de l’Inde a confié à des missions spéciales l’étude de tous ces faits.
- L’acier au sel. — La disette de manganèse, qui afflige les métallurgistes du monde entier, depuis que les troubles russes on fait arrêter les mines du Caucase, où se produisaient la plus grande partie des minerais de ce métal, a conduit à imaginer un procédé fort original pour recarburer le fer à la fin de l’opération du Bessemer : opération pour laquelle le manganèse était utilisé. On répand maintenant, dans le bain en fusion, du sel marin, qui paraît augmenter d’une cinquantaine de degrés la température et donner une liquidité spéciale à la scorie. Dans ces conditions, il suffit de jeter à la poignée, toutes les quatre secondes environ, du coke en poudre pour que ce carbone soit absorbé et assimilé par le bain métallique avec une rapidité et une régularité extraordinaires. Cela 11e supprime pas l’usage' du manganèse, mais en réduit l’emploi et les résultats de l’expérience, qui est faite depuis un an environ à Homé-court, paraissent fort satisfaisants.
- Fumivorité des locomotives. — C’est une question qui est toujours à l’ordre du jour, et non encore résolue en France particulièrement en dépit de l’ordonnance de 1845, qui imposait en principe cette fumivorité. Depuis quelques années, le contrôle des chemins de fer en Suisse exige en fait que cette fumivorité soit réalisée, et l’on se trouve au mieux, paraît-il, de l’emploi de l’appareil automatique de l’ingénieur viennois Langer.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- «s**» Automobilisme
- La jante amovible Michelin. — La jante amovible Michelin a fait ses preuves l’année dernière dans diverses épreuves sportives, en particulier au circuit de la Sarthe, au circuit des Ardennes et à la coupe Yanderbilt.
- Cette jante est simplement maintenue en place par des agrafes B qui obligent la jante d’acier ordinaire G avec ses accrochages M à se coller contre le rebord de la garniture d’acier B. Huit crochets de ce genre compriment la jante au lieu de tendre à l’élargir, défaut qui avait été observé sur les anciennes jantes.
- Ces agrafes sont montées à l’aide de huit boulons E
- Jante amovible.
- qui traversent la jante en bois de distance en distance. Chacune des agrafes porte un œil dans lequel passe le boulon; il suffit donc de serrer l’écrou H pour que le tout soit solidement maintenu en place.
- Tout changement de pneumatique peut donc être effectué très rapidement, puisqu’il suffit, après avoir halé le cric sous la voiture, de desserrer les huit écrous.; on engage ensuite entre la frette qui garnit la jante en bois et la jante amovible aussi près que possible d’une agrafe que l’on retire. Lorsque trois agrafes sont enlevées les autres se détachent d’elles-mêmes et la jante vient à la main. On peut alors mettre en place la jante de rechange toujours prête avec son pneumatique et resserrer les écrous après avoir replacé les agrafes. Cette opération s'effectue en trois minutes par quelqu’un d’exercé.
- Amortisseur pneumatique. — Ces amortisseurs > qui sont comme des ressorts pneumatiques de suspension, ont été inventés par MM. Bernard et Patou-reau pour les voitures automobiles ; mais ils pourraient s’appliquer à d’autres usages. En fait, ils sont destinés
- Amortisseur pneumatique.
- à compléter les ressorts à lames ordinaires, pour leur ménager la brusquerie des secousses, et encore bien davantage pour amortir la transmission du fléchissement des lames de ressort au châssis sous lequel elles sont montées. Il y a, en effet, dans le système, comme partie essentielle, une sorte -de pneumatique, qui est indiqué dans la figure par la lettre P, et qui a la forme d’un tore engendré par un rectangle surmonté d’un demi-cercle : un arrachement permet de comprendre cette disposition.
- Complété par les deux organes qui l’enserrent, cet amortisseur ressemble assez bien à une brioche, traversée en son centre évidé par une tige T, qui a pour mission de transmettre au pneumatique les flexions du ressort à lames et de le faire s’interposer avant transmission à la main du châssis M et au châssis lui-même. Au-dessus du pneumatique, se trouve une carte circulaire en acier présentant un rebord où vient se loger le talon du pneumatique (qui est du reste muni .d’une valve pour sa chambre à air). En dessous, est un plateau circulaire et évidé en acier D ; il a été établi de manière à faire travailler normalement le pneumatique quand il y pénètre partiellement sous l’influence d’une compression transmise par la tige T. Lorsque les lames du ressort R fléchissent, elles ont tendance à tirer dans le sens vertical, et de bas en haut, la tige T, qui peut coulisser dans Panneau AB, tout simplement parce que le haut de cette tige est relié à la jumelle J du ressort. Cela amène le plateau D à écraser le pneumatique ; et c’est seulement après cet écrasement, plus ou moins partiel suivant le gonflement et la résistance de ce pneumatique, que la traction, et par conséquent la secousse, l'effort, les vibrations, sont transmis à la voiture et à son contenu. Cela revient quelque peu à assurer au véhicule les avantages du pneumatique quand on doit se contenter de munir les roues proprement dites de bandages pleins ou même ferrés.
- Roulement à billes J. Ney. — Bien que les roulements à billes soient très employés depuis plusieurs années on n’a pas encore attaché autant d’importance qu’il aurait fallu à leur construction et il arrive très souvent qu’au lieu d’un roulement des billes contre les cônes on obtienne un simple glissement; les meilleures conditions à remplir exigent que réellement les billes roulent constamment en contact avec les deux chemins de roulement sans qu’aucune d’elles soit obligée de glisser pendant une partie de son parcours. M. J. Ney a fait une étude spéciale et très complète de la question
- Roulement à billes J, Ney.
- et il est parvenu à faire disparaître les causes d’usure anormale en établissant un tracé approprié parfaitement au système de roulement. Les glissements sont complètement supprimés et le lubréfiant peut être réduit à la quantité strictement nécessaire pour empêcher l’oxydation. Pour obtenir un réglage immuable des boîtes à billes on a disposé des rainures A sur le pourtour de la boîte et un plus grand nombre B sur le couvercle ; quand celui-ci est en place dans la meilleure position pour assurer un bon roulement des billes, on l’immobilise en plaçant une clavette qui entre dans l’une de ses rainures et celle qui se trouve en regard sur le pourtour de la boîte; ainsi fixé le système devient indéréglable. — Le roulement à billes se trouve chez M. J. Ney, 128, rue Saint-Maur, Paris.
- Mécanique
- Pince de serrage pour collages ou rivetages. —
- Cette pince est particulièrement employée en Angleterre dans la construction des petites embarcations et pour le maintien en place des clins successifs avant leur rivetage ; mais on peut l’utiliser pour toutes sortes de travaux, et notamment pour remplacer dans bien des cas ce que nos menuisiers français appellent des sergents
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- La construction en est simple, elle ne comporte pas le moindre pas de vis, et par conséquent avec un outillage très élémentaire et des connaissances pratiques elles-mêmes très modestes, on ne saurait manquer de fabriquer un petit appareil de ce genre.
- Comme on peut le voir dans la figure d’ensemble, c’est bien une pince, dont le serrage se fera à gauche dans l’exemple que nous donnons et où deux lames de bois sont maintenues rapprochées par les extrémités des deux branches. Le rapprochement et le serrage sont obtenus de la manière la plus simple par l’insertion à droite, entre les deux talons des branches, d’un coin effilé, dont la surface est rendue rugueuse par le passage de la lime, afin que ce bois ait moins de tendance à glisser Sous la pression hors des deux talons qu’il
- Pince de serrage pour collages ou rivetages.
- 1end à écarter. Nous donnons une vue en-dessus de l’une des branches de la pince; et il est facile de constater qu’elle est taillée dans un morceau de bois avec un évidement central très étroit et allongé où passe la pièce de jonction, dont nous donnons également une figure spéciale, et qui a l’apparence d’un rectangle mince, également en bois, dont les angles sont arrondis. Une fois que les deux branches de la pince sont enfilées sur cette lame, on entre, dans chacun des trous dont est percée cette dernière, une cheville de bois dur et particulièrement résistant; on pourrait même disposer dans ce trou une cheville métallique. Le fait est que c’est sur elle que les deux branches, écartées par le coin d’arrière, viennent faire effort ou plus exactement prendre point d’appui pour serrer par leur autre extrémité les deux planchettes à maintenir l’une contre l’autre. Bien entendu, on laisse les branches de la pince à peu près it l’état brut, pour que la prise se fasse mieux sur les surfaces où elles s’appliqueront.
- Téléphonie
- Appareils téléphoniques nouveaux. — On pai'le enfin d’appareils téléphoniques indéréglables système
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- Appareils téléphoniques. — I et 2. Modèles hygiéniques. 3. Nouveau transmetteur, système Wich,
- Deckert, dont les principaux organes sont le charbon et le graphite. Ces appareils, que représentent les n08 1 et 2 du dessin ci-joint, sont des modèles hygiéniques, l’un plat et l’autre plus élevé, s’adaptant très facilement sur tous les appareils en service à pupitre, mural et portatif et permettant toutes les communications. Nous
- signalerons également (n° 3) un nouveau transmetteur combiné de substitution s’adaptant instantanément de rechange sur tous les autres appareils. Il se distingue par la netteté de la transmission de la parole, par sa grande puissance, et, au point de vue hygiénique, par son mode d’emploi. Le microphone doit se trouver éloigné de la bouche et se tenir verticalement, à environ 1 cm. plus haut que la bouche. Cette position permet à l’appareil de ne pas dénaturer la voix et on peut ainsi éviter la buée et la salive qui oxydent toujours les organes métalliques. — Les nouveaux appareils téléphoniques se trouvent chez M. J. Wich, 58, rue Chariot, à Paris (IIIe arr.).
- cf§o>&» Divers
- Attache-serviettes. — Ce nouvel attache-serviettes se compose d’une planchette sur laquelle sont appliqués trois systèmes d’attaches; il a pour principe de sup-primer la boucle de ganse que l’on cousait jusqu’ici aux serviettes; ce qui ne permettait pas de changer le côté de suspension pour le séchage en tous sens. Ce système d’attache, en métal nickelé, se compose d’un bouton mobile glissant dans une rainure et pouvant également
- C° CRISTAUX £ ESSUIE-MAINS^ O MEUBLES
- Attache-serviettes.
- glisser dans un U en fil métalliqué disposé au-dessus de lui. Il suffit d’introduire dans la glissière un coin de la serviette ou du torchon que l’on veut maintenir. Au-dessus de chaque attache se trouve une inscription : cristaux, essuie-mains, meubles. Cette installation a l’avantage d’attribuer une place à chaque serviette destinée aux différents usages domestiques d’une maison bien tenue ; elle est à la fois pratique et très hygiénique. — L’attache-serviettes se trouve chez M. Mathieu, i3i, Galerie de Valois, Palais-Royal, à Paris.
- Trousse de toilette de poche.—Il est bien agréable, par ces temps de poussière et de chaleur, d’avoir avec soi une petite trousse qui permet facilement de réparer ce désordre. Sous un petit volume, ne dépassant pas celui d’un porte-cartes, voici une petite trousse qui renferme une glace, un peigné en aluminium, un cure-
- Trousse de toilette de poche.
- 1. Glace. ___ 2. Peigne et accessoires. — 3. Brosse couchée.
- 4. Brosse relevée.
- ongles avec lime, un cure-oreilles, une pince à épiler et une brosse à tête. Les soies de cette brosse sont montées sur une armure métallique et peuvent se coucher au repos et se redresser à l’usage, en faisant jouer un des boutons de fermeture. — La trousse de toilette se trouve chez M. Mathieu, i3i, Galerie de Valois, Palais-Royal, à Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le vanillisme. — Les ouvriers qui sont occupés à la manipulation journalière de la vanille, nettoyage des gousses, brossage, empaquetage, sont sujets à certains accidents qu’on désigne sous le nom de vanillisme. On eu a montré tout récemment deux exemples à la Société de dermatologie : une femme avait une éruption érythé-inato-papuleuse du cou, de la poitrine, des bras; un ouvrier avait les mêmes lésions qui dans les deux cas étaient le résultat du travail de paquets de vanille.
- La vanille est une jolie plante vivace de la famille des Ovchidacées qui, dans nos régions à température trop variable et trop basse, ne pousse que dans les serres dont elle pare du reste très gracieusement le faîtage, s enlaçant aux pilastres, courant sur les tréteaux comme la glycine. Originaire des terres chaudes du Mexique, de la Guyane, elle est aujourd hui cultivée dans un grand nombre de régions tropicales, pour le fruit qui fait l objet d’une exportation fructueuse. La gousse, qui représente le fruit, arrive sur nos marchés sous trois variétés : les vanilles fines, dont les gousses noires, luisantes, avec une efflorescence cristalline blanchâtre, ont à 3o cm de longueur ; les vanilles ligneuses, moins longues, moins foncées et moins givrées et les vanillons, les uns bons, les autres médiocres, de très petites dimensions.
- L’analyse de ce fruit à arôme si fin, si pénétrant, donne un principe aromatique d’odeur suave, la vanilline, qui (orme ces aiguilles cristallines brillantes, qu’on appelle le givre ; avec la vanilline on trouve une huile d’odeur âcre, une résine molle, de la gomme, du tanin, du sucre. Suivant l’origine de la vanille, Mexico ou Java, on a des teneurs très variables en vanilline. Sur les gousses de vanille on remarque fréquemment des moisissures que l’on s'efforce de faire disparaître par diverses manipulations industrielles. La vanilline s’obtient aujourd’hui par synthèse en traitant la sève de divers conifères ou le principe actif de l’avoine, l’avénine ; ce produit, dont l’arome est certainement moins fin, moins suave que la vanilline naturelle, parfume beaucoup plus ; i kg de vanilline artificielle correspond, à ce point de vue, à 5o kg de vanilline naturelle. Aussi l’emploie-t-on dans les glaces, les crèmes sur une large échelle.
- Les troubles, car ce ne sont pas des accidents bien graves, causés par la manipulation de la vanille, consistent en irritation de la peau, démangeaisons, éruptions, siégeant sur les parties découvertes, la face, les mains, le cou, la poitrine. Le professeur Layet, de Bordeaux, qui a fait, il y a près de vingt-cinq ans, une étude attentive de ces accidents professionnels, avait relevé un certain nombre de malaises nerveux, céphalalgie, étourdissements, lassitude, fatigues musculaires. Il admettait que l’origine de ces manifestations cutanées et nerveuses était causée à la fois par les huiles essentielles, le givre et les moisissures. Le professeur Gaucher croit que les éruptions des vanilleurs sont dues, non pas aux principes aromatiques ou aux moisissures, mais au formol, aldéhyde formique, dont on se sert pour enlever les moisissures des gousses. Les gousses sont, en effet, dans plusieurs établissements, lavées et brossées dans des solutions de formol; les ouvriers qui se munissent, comme il est recommandé, de gants de caoutchouc n’ont pas d’éruptions sur les mains, mais il en survient parfois sur la poitrine ou la face.
- Le formol peut certainement jouer un rôle dans l’étiologie de certaines éruptions, mais par elle-même la vanille est suffisamment irritante, quand on la manie d’une façon journalière, pour les provoquer. A l’époque où Layet publiait ses recherches, le formol n’était pas employé chez les vanilleurs. Du reste la vanille artificielle provoque, chez des sujets un peu susceptibles des irritations similaires; le D1 Gayon éprouvait, à l’odeur de la vanille artificielle provenant de la sève de pin, les mêmes troubles qu’en respirant les émanations d’une gousse de vanille ; il éprouvait aussitôt un violent mal de tête et des démangeaisons de la face. Il ne faut pas oublier que la vanilline est un éther méthylique de l’aldéhyde pyrocatéchique, et, de ce fait, un corps qui u’est pas inoffensif. Lors des premiers cas signalés d’empoisonnements parles crèmes et les glaces à la vanille, on incrimina le produit odorant, le parfum, comme la cause des intoxications. Aujourd’hui, on accuse
- avec plus de vraisemblance les corps albuminoïdes de la crème et du lait. Que ceux qui aiment l’odeur suave, l’arome exquis de ce fruit, continuent à en mettre dans leurs plats de desserts, ils n’en éprouveront pas d’inconvénients. Pour les vanilleurs, la question est autre et il faut recourir à certaines précautions qui permettent d’éviter les accidents, relativement peu graves, qui surviennent dans certains cas.
- Le nettoyage de la vaisselle. — La Nature a signalé jadis des appareils mécaniques assurant le nettoyage de la vaisselle; les plats, les assiettes, trempées dans des solutions alcalines bouillantes passaient successivement et mécaniquement d’un bain dans un autre sortant au bout de la machine propres et indemnes de toute souillure. Dans les ménages et dans les établissements publics, comme hôtels, restaurants, le nettoyage est fait parfois d’une façon un peu sommaire et quelques hygiénistes ont pensé qu’il pouvait y avoir de ce fait, en cas de convives contagieux ou suspects, un danger pour ceux qui fréquentent la même table.
- C’est le professeur Esmarch qui avait signalé la permanence des germes contagieux sur les verres et les fourchettes, quand ces instruments n’ont pas subi un nettoyage profond et méthodique. Il concluait que le lavage, tel qu’on le pratique communément est absolument illusoire et serait, de ce fait, à peu près inutile ; pour un peu il vous engagerait à porter constamment avec soi une batterie de cuisine personnelle.
- Les microphobes, et ils sont devenus depuis quelque temps légion, n’auraient pu s’aventurer en voyage, dans un restaurant quelconque, sous peine des plus graves dangers.
- Fort heureusement, les expériences du savant allemand ne sont pas concluantes, en ce sens que poussant trop loin la recherche de preuves nocives, la contamination expérimentale des ustensiles avait été exagérée, d’une façon absolument intensive, à des doses trop concentrées, à des degrés qui n’existent jamais dans les conditions ordinaires de la vie MM. Cristiani et de Michelis ont repris ces recherches d’une façon plus simple et qui donnent l’image réelle de ce qui se passe habituellement. Ils prennent des verres contaminés par la salive d’un buveur. Ce buveur, un d’eux, prenait sur la langue une goutte d’une dilution au dixième d’une cultüre sur bouillon de bacillus prodigiosus ; la goutte était diffusée avec la salive dans la cavité buccale par des mouvements delà langue, il portait alors à sa bouche un verre, comme pour boire. Ces verres ainsi contaminés servaient à l’ensemencement de plaques de culture ; or, si le verre était mis au contact de la gélose immédiatement après être sorti des lèvres le résultat de l’ensemencement était toujours positif. Le verre n’avait, dans cette expérience, aucune sorte de nettoyage.
- Mais si l’on faisait subir au verre un nettoyage, les résultats étaient tout autres. Avec un simple nettoyage à la serviette, les cultures étaient encore positives. Si on trempait simplement le verre dans l’eau, comme cela se pratique trop fréquemment dans les établissements où les consommateurs se renouvellent nombreux et fréquents, les cultures étaient encore positives, mais pas d’une façon régulière, et les colonies bacillaires étaient en petite quantité. Yenait-on à pratiquer le nettoyage, comme on doit le faire, en lavant le verre et le rinçant à de l’eau fraîche, au robinet, puis l’essuyant avec un linge propre, alors les ensemencements étaient stériles, tout germe avait disparu.
- On voit donc qu’avec un lavage même sommaire, le danger n’est pas bien grand et qu’avec un lavage abondant, même à l’eau froide, on débarrasse les verres, et plus facilement encore les assiettes et les fourchettes qui se lavent à l’eau chaude, des germes qui peuvent les souiller. On peut donc être rassuré sur les dangers que fait courir la vaisselle, quand elle a subi un nettoyage convenable. Il est clair que dans les établissements publics, a fortiori dans les asiles de malades, sanatoria, hôpitaux, il sera bon d’assurer la propreté rigoureuse en se servant d’eau à température élevée et en l’additionnant d’une petite quantité de sel alcalin, soude ou carbonate de soude qui facilite le départ des substances grasses et aide à la destruction des germes. D' A. C.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Le folklore cle France. Tome III. La faune et la flore, par Paul Sébillot. Paris. E. Guilmoto, 1906. 1 vol. in-8°. Prix : 18 francs.
- Il est inutile de faire l’éloge du travail de M. Sébillot. Le savant secrétaire général de la Société des traditions populaires possède une compétence connue de tous ceux qui ont ellleuré les questions de folklore. Le troisième volume du Folklore de France (le Ier et le 2° sont consacrés au Ciel et à la Terre, à la Mer et aux Eaux douces) se recommande par les mêmes qualités que les précédents de la même série : clarté et sûreté de l’information, en même temps que par son abondance.
- M. Sébillot n’a pas cru devoir adopter une méthode strictement monographique, où il aurait pris isolément chaque animal pour mentionner tout ce qui est à relever à son sujet dans nos traditions populaires, ni une méthode géographique, qui l’aurait conduit à examiner tour à tour chacune des régions de France. Il considère toujours la France dans son ensemble, en marquant les localisations à mesure qu’elles se présentent dans son exposé ; d’autre part il traite d’ensemble tout un groupe d’animaux ; —; cette méthode offre l’avantage d’un plan facile à suivre, et fort attachant à lire, — toutefois l’absence de table analytique rend pénible la recherche des particularités qui se rapportent à une espèce ou à une région.
- Voici les titres de chapitres de M. Sébillot : Mammifères sauvages, mammifères domestiques, oiseaux sauvages, oiseaux domestiques, reptiles, insectes, poissons, arbres, plantes.... Dans chacun de ces chapitres, l’ordre est, en général, le suivant : origines, métamorphoses et modifications des principaux types ; erreurs bizarres, préjugés, présages, maléfices, pouvoirs magiques et autres qualités merveilleuses ; rapports avec les hommes, personnages fantastiques à forme animale ou végétale; rôle en médecine, en sorcellerie; jeux; coutumes; légendes de métamorphoses, d’incarnation, contes divers.
- Un dernier mot. On a longtemps douté de la valeur de tels recueils et bien des gens n’y voient encore aujourd’hui que d’amusants sottisiers de l’imagination populaire. La vérité, comme on commence à le savoir depuis une trentaine d’années, et comme l’explique si clairement, entre autres, M. Frazer, dans les premières pages de son magistral Golden Bough, c’est que ces croyances éparpillées, ces superstitions, ces dictons, ces pratiques sont les dernières survivances au milieu de nous des plus anciennes formes religieuses qu’aient connues nos plus lointains ancêtres, ces indo-européens si mystérieux. Elles perpétuent, à côté de notre culture scientifique, de plus en plus rationnelle, des façons de sentir et de penser qui ont eu cours il y a quelque trois mille ans et dont les analogies doivent être cherchées parmi les plus primitifs des peuples actuels.
- Eléments de philosophie biologique, par Félix Le Dantec, chargé de cours à la Sorbonne. Paris. Félix Alcan, 1907. 1 vol. in-i&. Prix : 3fr,5o.
- Le nouveau livre de M. Le Dantec ne fait double emploi ni avec son Traité de biologie ni avec son Introduction à la pathologie générale. Il les réunit et les complète. L’ouvrage comprend deux livres : Les méthodes, Les faits. Voici les principales questions envisagées sous chacune de ces deux grandes rubriques. — Zes méthodes : Étude objective des corps de la nature, Analyse des phénomènes naturels, Première méthode d’analyse des phénomènes vitaux: la loi approchée d assimilation. Deuxième méthode d’analyse : Décomposition en fonctions; Loi rigoureuse d’assimilation fonctionnelle, Concordance des résultats obtenus par les deux méthodes, Accord du système de Darwin avec celui de Lamarck, Le point de vue énergétique en biologie. — Les faits : Comparaison des phénomènes vitaux avec ceux delà matière brute; révolution dans la matière vivante et dans la matière brute, Bipolarité dans la matière vivante, Formation des espèces et apparition de la vie.
- Ze Japon. Histoire et civilisation, par le marquis de la Mazelière. Paris, 1907. Plon, Nourrit et Cie. 3 vol. in-16. Prix du volume : 3r*',5o.
- Pour toutes les personnes qui ont eu à s’occuper d’orientalisme, le nom du marquis de la Mazelière est une vieille connaissance. Après ses essais, déjà anciens mais toujours au courant, sur l l nde, le Japon, la Chine, l’auteur pouvait entreprendre sans témérité la très lourde tâche de raconter l’histoire de la civilisation japonaise. Les trois volumes jusqu’ici publiés — Japon ancien, Japon féodal, Japon des Tokugawa — nous mènent jusqu’au milieu du xixe siècle. Les deux qui suivront nous diront le Japon moderne.
- T.a musique, ses lois et son évolution, par Jules Comiu-riku (Bibliothèque de philosophie scientifique). Flammarion, éditeur, 1 vol. in-18. Prix : 3rr,5o.
- Dans cette série si intéressante et qui correspond si bien à la tendance synthétique et philosophique cle la science moderne, le livre de M-. Çombarieu traite un problème assez spécial, celui de l’évolution musicale et de ses rapports avec la vie sociale : notamment l’art de penser avec des sons, qui représente une des questions les plus actuelles, les plus discutables et, par cela, les plus curieuses de la musique.
- Promenades dans Paris, par Georges Gain, conservateur du musée Carnavalet. Flammarion, éditeur, 1 vol. grand in-8°, avec gravures et plans. Prix : broché, 5 francs.
- Un véritable voyage dans le vieux Paris historique et monumental, où se trouve racontée l’histoire de chaque coin de rue, où revit tout le passé de la ville, avec les souvenirs de tous genres qui prêtent une âme aux vieilles pierres et qui font déplorer leur disparition progressive devant les pierres neuves.
- F année technique 1906, par A. da Cuniia, ingénieur des Arts et Manufactures. Préface de M. Alfred Picard, membre de l’Institut. 1 vol. grand in-8. Paris. Librairie Gauthier-Villars. Prix : 3fr,5o.
- Un musée de prévention des accidents ayant été inauguré, il y a peu de temps au Conservatoire national des Arts et Métiers, M. da Cunha saisit l'occasion pour traiter l’hygiène et la sécurité des ateliers et nous donner des détails sur les musées de Züricli, d’Amsterdam, de Vienne, de Münich, de Charlotten-bourg. Puis il examine les appareils utilisés pour le chauffage et la distribution d’eau dans les maisons, les travaux publics et la construction, et enfin, dans un chapitre réservé à la locomotion, des automobiles, des locomotives et des automobiles circulant sur la glace.
- J.es huiles et graisses d'origine animale, par J. Fkitsch, ingénieur chimiste. Paris. H. Desforges, 1907. 1 vol. in-8°. Prix broché : 10 francs; relié : 11 francs.
- A la table des matières : Les corps gras. Leurs principaux éléments. Huiles d’animaux terrestres. Huiles d’animaux marins. Les suifs. Fabrication du suif d’os. Graisse de laine. Graisse d’Yorkshire, lanoline, graisse de foulon. Les dégras. Analyse des dégras. Analyse des huiles et graisses. Brevets récents relatifs aux huiles et aux graisses.
- Nous regrettons seulement dans cet ouvrage l’absence d’une bibliographie.
- Zés richesses minérales de la Serbie. Les gisements aurifères, par Ioyanovitcii, géologue. Paris H. Dunod et E. Pinat, 1907. 1 vol. in-40, 56 figures, r carte. Prix : 10 francs.
- Après une bibliographie, l’auteur fait l’historique des recherches, puis expose la géologie, la minéralogie et la distribution de l’or dans les bassins du Pek, de la Mlava, de la Poriecha et du Timok. Beaucoup de chiffres et de renseignements pratiques. Un glossaire des principaux termes miniers usités en Serbie.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Le mastic au gris de zinc. — Comme suite à Tarticle publié sous ce titre dans notre u° 1766, du 3o mars 1907 (Recettes et Procédés utiles), MM. Bonneville et Cie, ingénieurs à Paris, nous adressent une lettre dont nous extrayons le passage suivant : « Le rédacteur a oublié de dire que la fabrication du mastic au gris de zinc, qui a été brevetée par moi, est une propriété particulière et par suite n’est pas du tout une recette ou un procédé utile, que chacun peut utiliser à sa guise. Je vous serais donc très reconnaissant, pour ma part et dans lintérêt de ceux de vos lecteurs qui croiraient pouvoir, en toute tranquillité d’après ses indications, fabriquer du mastic au gris de zinc et à l’huile dé bois,-d’indiquer dans votre prochain numéro que cette fabrication est'brevetée en France et dans divers pays étrangers.
- Renseignements- — M. Henri de C., à Trelon. — .Nous avons peu.de renseignements relatifs à la nouvelle ligne de l’Orient-Express. Un projet, élaboré par la Chambre ,de commerce d’Agram (Croatie), veut organiser les relations, directes entre la France, la Hongrie méridionale et les Balkans, sans passer par l’Allemagne. On créerait ainsi un second « Orient-Express » qui, directement par la Faucille, le Simplon, Milan, Trieste et Agrâm, rejoindrait Belgrade avec une réduction de parcours de 100 km. sur la voie actuelle par Strasbourg, Hlm, Munich, Vienne. Les Hongrois chercheraient par là à se rattacher à l’Europe occidentale, sans passer par Vienne. La France, l’Italie, la Suisse ne peuvent que favoriser le projet qui ne sourit guère à l’Allemagne menacée par là de moins facilement s’interposer entre l'Orient et l’Occident de l’Europe, pour ses visées d’hégémonie sur la presqu’île des Balkans.
- — Un abonné, à Sallèles. — i° En dehors du livre de Lacassagne Les tatouages (3.-B. Baillière, 19, rue Haute-feuille, Paris) nous ne connaissons pas d’autre ouvrage sur le sujet et ne saurions par conséquent vous indiquer un manuel pratique. — 20 L’encre de Chine est très recommandable pour le tatouage : elle est parfaitement indélébile.
- M. H. Griset, à Paris. — Le défaut dont vous vous plaignez dans l’émaillage sur cuivre rouge est probablement attribuable à la cuisson plutôt qu’aux diverses qualités du cuivre. Vous pourriez consulter avec fruit sur l’émaillage et sur les défauts des émaux l’ouvrage de P. Randau Fabrication des émaux et émaillage, Paris. Dunod et Pinat, 49» quai des Grands-Augustins. Prix : 7fr,5o.
- M. Herbin, à Buenos-Ayres. — En principe, rien ne s’oppose à l’emploi des courroies tel que lindique votre croquis, mais il se peut que l’elfort demandé soit trop grand pour que la réussite soit certaine : c’est donc un essai à faire. En tout cas, il faut que les diamètres des deux poulies B et C de votre croquis soient égaux, de façon que les courroies aient la même vitesse et posent simplement l’une sur l’autre, sans frottement.
- ô1. G. T. — Nous ne possédons aucune relation avec les journaux financiers et nous ne pouvons, à notre vif regret, vous fournir le renseignement que vous désirez.
- M. llachet, à Port. — i° Conservation frigorifique de la viande : M. de Loverdo vient précisément de publier chez MM. Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, un livre sur La conservation par le froid des denrées alimentaires. — 20 La chèvre, de Crépin a été éditée par MM. Hachette et Cie, 79, même boulevard, Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. M.
- Mansay, à Brest. Veuillez vous adresser à un chimiste, qui fera l’analyse des produits suspects.— M. X. Cahen, à Reims. Voyez nos recueils de Recettes et Procédés utiles, 4° série, librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.—MM. Bonneville et Ci0, à Paris. Remerciements pour votre communication.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- 'Photographie
- Renforcement par sulfuration. — Dans une communication à la Société française de photographie, M. L. Lemaire donne la méthode qu’il a imaginée pour renforcer les positifs sur verre et les photocopies sur papier au bromure obtenues soit par agrandissement, soit par contact. L’épreuve complètement terminée qui 11e donne pas satisfaction par suite de manque de pose ou de développement insuffisant, est plongée dans :
- Eaù...................... 100 grammes.
- Bromure de potassium . . 5 —
- Bichlorure de mercure . . 2 —
- jusqu’à ce que l’image disparaisse complètement. On lave soigneusement, il est indispensable qu’il ne reste pas de sel de mercure soluble dans l’épreuve. Aussi est-il préférable, pour terminér-céttê opération, de rincer 3 ou 4 fois l’épreuve dans une solution à 10 ou 10 pour 100 de sel de cuisine. Après cela on met l’épreuve dans une solution composée de :
- Eau. . . ...................... 100 grammes, 3
- Sulfure de sodium pur cristallisé 1 — “ ;
- On laissé’l’épreuve pendant environ 10 minutes dans ce bain et ensuite on lave à l’eau courante pour éliminer tout le sulfure.
- Limites d’emploi des bains de fixage. — MM. Lu-
- mière et Seyewetz ont étudié à quel moment il convient de jeter le bain d’hyposulfite qui sert à fixer les clichés. On risque, quand on prolonge trop longtemps l’emploi de ces bains, d’avoir des clichés qui prennent à la longue une coloration brune qui les rend inutilisables.
- Les expérimentateurs sont arrivés à cette conclusion qu)on peut additionner une solution d’hyposulfite d’un poids de bromure d’argent qui peut aller jusqu’à 60 pour 100 du poids du bromure qui correspond à la saturation. Ils ont remarqué que les solutions diluées (i5 pour 100 par exemple) permettent de mieux utiliser l’hyposulfite et que, pour une même concentration, les solutions d’hyposulfite qui ont été acidifiées par le bisulfite de soude, ne peuvent pas être épuisées d’une façon aussi complète que ces mêmes solutions non additionnées de bisulfite; par contre, dans ces conditions, si on ajoute de l’alun de chrome, on peut pousser un peu plus loin l’utilisation.
- On a calculé, d’après ces résultats, quel nombre de plaques 9 X 12 on peut fixer dans un litre de solution : 100 plaques dans un litre d’hypo à i5 pour 100; 5o plaques dans la même solution renfermant 1,5 pour 100 de bisulfate; enfin 7 ) plaques si la solution précédente renferme 0,0 pour 100 d’alun et de chrome.
- Pratiquement on peut reconnaître quand le bain doit être rejeté en étendant une goutte de ce bain sur du papier; exposée à la lumière du jour la tache ne doit pas bi'unir si le bain est encore bon. G. M.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN j THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- : Lundi 1" avril. . . . 4°,9 N. E. 2 Beau. » Gelée blanche ; beau ; brumeux.
- Mardi 2 5°,9 Calme. Peu nuageux 0,1 Gel. bl. ; halo ; gouttes entre 15 b. et 20 h. ; nuageux.
- Mercredi 3 9\2 S. S. E. 3. Très nuageux 7,1 Rosée ; halo ; pluie de 13 b. à 22 b.
- Jeudi 4 5U,1 S. E. 2. Couvert 0,3 Un peu de pluie et de grêle de 14 b. 10 à 50 m.; iiuag.
- Vendredi 5 5°,0 N. N. W. 2. Couvert. » Gelée blanche ; nuageux; brumeux.
- Samedi 6 (>°,7 S. W. 3. Couvert. Gelée blanche ; bruine de 0 h. 30 à 14 b. ; couvert.
- Dimanche 7 5°,9 W. 3. Couvert. A3 Gel. bl. ; pluie mêlée de grésil par inlerv. ; très nuag.
- AVRIL 1907. — SEMAINE DU LUNDI 1" AU DIMANCHE 7 AVRIL 1907
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ; ;courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à ! boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été beau, et un peu variable dans la semaine du ier au 7 avril. La pression barométrique était 758,4 mm le Ier avril à Paris. La température était le matin 6° à Paris, 70 à Nantes, io° à Toulouse, 4° au Puy de Dôme, —3° au mont Yentoux, —5° ~au Pic du Midi. La température a monté sur nos régions -excepté dans quelques stations de la Méditerranée et de da Manche. Le 2 avril, la situation atmosphérique se modifiait à l’Ouest de l’Europe. Le baromètre marquait le matin yS2 mm sur la mer du Nord et l’Espagne, et ^53,1 mm à Paris. Un vent faible d’entre Est et Sud a soufflé sur toutes nos côtes. En France, le temps a été tbeau; des pluies sont tombées en Italie, en Allemagne, •en Espagne. La température le matin était 6° à Paris, «6° à Clermont, io° à Brest, io° à Lyon, 140 à Biarritz, 30 au Puy de Dôme, —20 au mont Yentoux, —6° au Pic du Midi. La sécheresse persistait en France. Le 3 avril, le baromètre s’est abaissé; il marquait 744 mm à Brest, et 745 mm à Paris. Un vent a soufflé du Sud au iPas de Calais, de l’Ouest sur les côtes de l’Océan. Il •est tombé i3 mm d’eau à Brest, 7 mm à Rochefort, -S mm au Mans, 3 mm à Biarritz, 7 mm. à Paris. Le matin, le thermomètre marquait 90 à Paris, ii° à Clermont, 5e à Biarritz, 20 au Puy de Dôme, o° au mont Aigoual, io° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 9°,6, supérieure de i°,6 à la normale. On observait à midi i3° à la Tour Eiffel. Le 4 avril, la situation atmosphérique était troublée à l’Ouest de l’Eu-
- rope. La pression barométrique à Paris n’était que 746,5 mm. Le vent était faible du Sud sur la Manche, assez fort sur les côtes de l’Océan, et modéré du Nord sur les côtes de la Méditerranée. Il est tombé 32 mm d’eau à Marseille, 14 mm à Lyon, 11 mm à Biarritz, to mm à Boulogne, 5 mm à Brest. La température était 5° à Paris, 5° à Nantes, 6° à Clermont, —-3° au Puy de Dôme, —3° au mont Yentoux, —io° au Pic du Midi. Le 5 avril, une dépression couvrait le matin l’Europe centrale et la mer Méditerranée; à midi la pression était 753,4 mm à Paris. Sur les côtes de l’Océan et de la Manche, un vent faible a soufflé- des régions Nord; un vent très fort, au contraire,-a soufflé du Nord-Ouest dans le golfe du Lion. On a recueilli 6 mm- d’eau à Nantes, 8 mm à Nice, 9 mm à Brest, 12 mm à Bordeaux, 19 mm à Biarritz. La température était le matin 5° à Paris, 5° à Nancy,-5° à Lyon, — 20 au Puy de Dôme, — -5° au mont Ventoux, — i3° au Pic du Midi. Dans la région parisienne, la température était encore le matin voisine de o° en quelques points. Le 6 avril, le baromètre a baissé de 5 mm sur les côtes de la Bretagne et de la Manche. Il est tombé 1 mm d’eau à Boulogne, 4 mm à Brest, 4 mm à Nantes, 4 mm à Paris, 6 mm à Rochefort, i5 mm à Biarritz. Le thermomètre marquait le matin 5° à Clermont, 70 à Paris, io° à Nantes. Le 7 avril, la pression atmosphérique n’était que 745 mm à Dunkerque. On a recueilli des pluies à Cherbourg (8 mm), à Biarritz (6 mm), à Nantes (5 mm), à Toulouse (2 mro). La température était le matin 5° au Havre, 6° à Paris, 8° à Lyon, i3° à Perpignan.
- PHASES DE LA LUNE: D. Q. le 5 à 3 b. 29 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe) •
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1769 (20 AVRIL 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- La maladie du sommeil. — La Société de géographie nous communique la dépêche suivante de M. le Dr Martin, chef de la mission de la maladie du sommeil : « Brazzaville, 3 avril 1907. — Obtenu évolution, multiplication trypanosoma gambiense chez moustique genre Stegomya comme chez môuche tsétsé. » Pour en comprendre toute l’importance, il faut se reporter aux articles que nous avons déjà consacrés à ce sujet : n°s 1694, 11 novembre igo5, p. 374» 1718, 28 avril 1906, p. 33q ; 1747, 17 novembre 1906, p. 3qo.
- A la mémoire de Pierre Curie. — A la mémoire de Pierre Curie, un médaillon va être placé sur les murs de son laboratoire à l’École municipale de physique et de chimie. Ce médaillon, œuvre d’un ami personnel, le sculpteur Yernier, représente Pierre Curie de profil, avec ces deux dates 1859-1906 et la brève inscription suivante : Piezo-électricité. Principe de symétrie-magnétisme. Radium et radioactivité. École municipale de physique et de chimie, 1882-1905. Sorbonne 1900. Institut i9°5.
- Voyage de Paris à Nice en automobile en 16 heures. — M. Sorel, parti le 7 avril à 2 heures du matin de la porte de Choisy à Paris, est arrivé le soir, à 6hi5m, à Nice sur la place Masséna devant le casino municipal. Le parcours total de Paris à Nice, par Auxerre, Avallon, Arnay-le-Duc, Chagny, Châlon-sur-Saône, Lyon, Valence, Aix-en-Provence, Brignoles et Cannes est un parcours de 977 km ; ils ont été couverts en iô^iS”. La vitesse moyenne commerciale a été de 61,^36 km à l’heure.
- L’Alaska. — En 1867, les États-Unis achetaient l’Alaska à la Russie moyennant 36 millions de francs. Ils en ont depuis lors tiré un bénéfice de 1 5oooooooo francs. C’est bien grâce, il faut le reconnaître, à l’initiative et au labeur des savants qui depuis 4° ans se sont appliqués à révéler ce grand pays inhospitalier, mais màgui|i^«H8Çcient pittoresque, scientifiquement très instructif, et j5lein de ressources économiques. Les membres du Geblogical survey des États-Unis ont tout particulièrement contribué à l’investigation de l’Alaska et ont fait connaître les résultats acquis dans d’innombrables et gros mémoires publiés par le Survey. Leurs gigantesques travaux viennent d’être synthétisés dans un unique volume de 327 pages résumant le tableau complet des connaissances actuelles ( The Geography and Geology of Alaska, par A. H. Brooks, professionnal paper, n° 45, in-40, Washington, 1906). L’abondance des articles géographiques que nous avons à publier nous
- empêche, à notre vif regret, d’analyser, comme il le mériterait, cet important ouvrage si bien illustré. Indiquons au moins qu’il donne bien les principaux éléments de l’hydrographie, orographie, géologie, météorologie de l’Alaska. Une grande carte topographique au 2 5ooooo‘ montre très clairement l’extraordinaire indentation du littoral, — le développement des glaciers, — et le relief du sol figuré en courbes de niveau de 3oo m. On sait qu’on y trouve les plus hautes montagnes de l’Amérique du Nord : le Saint-Élie(5486 m.) et le Logan (5g56 m., en territoire canadien), le mont Mac Kinley(6i87 m.) et le mont Foraker (5181 m.) ; la chaîne où se dressent ces deux derniers est représentée par une carte au 625 ooo° en courbes équidistantes de 60 m. Une autre petite carte montre l’extension des glaciers aux époques géologiques antérieures. D’ailleurs, on trouvera dans les Petermann s Mittheilungen, de janvier 1907 (avec excellente carte au 5 000 ooo0) le compte rendu analytique (en 16 p.) que nous sommes privés de donner ici.
- Exposition de la mission de l’Équateur. — Le
- jeudi 18 avril, l’inauguration de l’Exposition des collections rapportées par le médecin-major Rivet, de la Mission géodésique française de l’Équateur, a eu lieu au Muséum d’Histoire naturelle (galerie de zoologie, 8, rue de Buffon) sous la présidence de M. Bayet, directeur de l’Enseignement supérieur.
- Agrandissement du port de Rotterdam. — Le
- mouvement des échanges croît tellement dans le magnifique port de Rotterdam, que de nouveaux agrandissements s’y imposent. Ce mouvement, qui avait été de 35 millions de mètres cubes en 1903, a dépassé 19 millions durant le premier semestre de 1906; pour le seul minerai, à destination surtout de l’Allemagne, on transborde couramment 200000 tonnes par semaine. Aussi se propose-t-on de creuser un nouveau bassin sur la rive gauche de la Meuse, où l’on vient d’en livrer un tout récemment à l’exploitation. Il aura 32 hectares de superficie.
- La distribution d’eau de Bruxelles. — L’alimentation d’eau de Bruxelles est intéressante à toutes sortes d’égards, notamment par la quantité relativement faible d’eau qui est effectivement distribuée par jour et par habitant ; cependant les habitants s’en montrent satisfaits, parce que toutes les mesures ont été prises pour empêcher le gaspillage. La quantité d’eau fournie quotidiennement par tête est seulement de 71 litres dans l’agglomération centrale ; elle ne dépasse pas d’ailleurs 63 à 83 litres dans les faubourgs. Or, il est intéressant de noter parallèlement, sans vouloir tirer de conclusions, que la mortalité typhique dans la capitale et ses environs
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- INFORMATIONS
- n’est, respectivement, que de a3,aeti3,9 par îooooo habitants !
- Les ports du Rhin. — C’est de l’un d’entre eux que nous voulons parler plus particulièrement, pour montrer le parti qui a pu être tiré de cette voie d’eau tout exceptionnelle qu’est le grand fleuve allemand. On vient de créer un nouveau port à Crefeld, port avant tout industriel et qui se trouve en réalité à 6 km de la ville. On y a réservé de vastes terrains pour les usines qui voudront venir s’y établir, et l’on a construit x3 km de routes ou de voies de 1er, reliées aux grandes lignes, pour desservir ces établissements à venir. Le port a une longueur de 1800 m. ; et il comporte deux bassins, dont le pi’emier est en communication directe avec le Rhin. Le plafond de ces bassins est à o,5o m. au-dessous du lit normal de la voie d’eau. La largeur du port dit extérieur est de 102 m., il comprend un espace spécial pour les bois de flottage ; le port intérieur a une largeur de 5i m.
- Fil de fer pour ressorts. — Un correspondant d’un journal technique américain signalait récemment le parti excellent qu’il avait pu tirer du fil de fer de clôtures métalliques pour improviser des ressorts de fortune. Il commença par se procurer des déchets de cuir et il les carbonisa pour obtenir le carbone nécessaire à la transformation du fer en acier par cémentation : il avait enfermé les bouts de fil de fer taillés à la dimension dans une boîte à recuire, et ce en les disposant en couches, par-dessus chacune desquelles on mettait un peu de prussiate de potasse; la boîte avait été lutée avec de la terre à four. On la laissa durant quatre heures dans le feu, pour la tremper ensuite dans l’eau froide. Pour compléter la préparation du métal à ressort ainsi obtenu, il fallut les recuire deux fois. Mais ils étaient excellents.
- Les fuites de pétrole dans les voitures automobiles.
- — Comme le faisait remarquer notre confrère Motor Car Journal, on ne saurait prendre trop de précautions contre les fuites d’essence dans les automobiles; et cela non point surtout parce que c’est une déperdition inutile d’une substance qui se vend assez cher. Pour se prémunir contre les fuites, on fait toujours bien de jeter un coup d’œil sous le véhicule au repos, alors que le moteur ne marche pas, mais que l’arrivée de pétrole n est pas coupée, bien entendu. Il arrive trop souvent que les vibrations auxquelles il est soumis font déclarer des fuites dans le réservoir d’essence, les joints se desserrent ou se dessoudent; il se peut aussi qu’une fuite se forme là où le tuyau d’évacuation se relie au réservoir. Il faut songer que les réservoirs à bon marché sont faits de fer galvanisé, et, comme le pétrole entraîne presque inévitablement avec lui des gouttes d’eau, celles-ci, demeurant au fond, arrivent un jour à former de la rouille qui perce la paroi du réservoir. En pareil cas, on doit savoir qu’il n’est aucunement utile de recourir à la soudure pour aveugler le trou; il n’est certainement pas seul de son espèce, en ce sens que d’autres se sont préparés et ne tarderont point à aboutir. Le mieux est de remplacer courageusement le réservoir par un autre récipient fait de cuivre. Il faut examiner soigneusement le tuyau de passage du pétrole, et aussi le joint qui le relie au cai'burateur. Il est essentiel que ce tuyau présente ce qu’on peut appeler, par assimilation, du jeu, du mou; il ne faut pas, en effet, qu’il soit exposé à subir un effort violent; aussi doit-il offrir sur sa longueur un ou deux tours, un ou deux enroulements sur lui-même, qui lui donneront de la flexibilité. Il faut, de plus, s’assurer qu’il lui est impossible de frotter ou de toucher un organe quelconque; les vibrations aidant, tout contact se traduit à la longue par une usure qui peut entraîner ensuite une perforation au bout d’un certain temps. Quand on trouve un joint qui laisse un peu fuir, il est bon de se rappeler qu’en défaisant le joint pour le roder et pour le garnir de savon blanc, on arrive le plus souvent à arrêter la fuite.
- Utilisation des électro-aimants dans les sondages.
- — Dernièrement, dans un sondage au chantier de la Monnaie de Philadelphie, un morceau d’appareil de sondage s’était brisé et coincé dans le fond du trou, dout la profondeur dépassait i5o m. Pendant 10 jours, les ouvriers avaient essayé de repêcher ce morceau d’outil sans pouvoir y parvenir; comme il était fait
- d’acier, on eut l’idée d’improviser un électro-aimant au moyen d’un morceau d’arbre en acier de 0,075 m. de diamètre, dont on munit l’une des extrémités d’une bobine protégée par une enveloppe de cuivre. On avait ménagé des fils isolés pour amener le courant à la bobine quand elle serait descendue dans le puits au contact de la pièce à repêcher. Avec un courant de 1 3/4 ampère sous 220 volts, ou est parvenu à remonter le morceau de métal qui arrêtait le travail, et aussi à extraire toutes les particules métalliques qui s’étaient accumulées aù fond du forage.
- Altération des nappes d’eau alimentaires. — I]
- n’est pas toujours facile de prévoir, dans les captations d’eaux pour l’alimentation des villes, les circonstances diverses qui peuvent amener la pollution ou tout au moins l’altération de la nappe à laquelle on fait un emprunt. La preuve en est dans ce qui vient de se passer à Breslau. En igoô, on avait abandonné l’eau de l’Oder filtrée pour recourir à une prise d’eau par puits dans la nappe phréatique et légèrement ferrugineuse de la région Est de la ville. On eut un premier mécompte, en ce sens que le débit annoncé fut loin d’être atteint. Mais en mars 1906, à la suite d’une crue de l’Oder, la teneur en fer de l'eau fournie par les puits s’accrut brusquement, passant pour nombre de puits de 9 ou 10 milligrammes par litre à io3 milligrammes, et plus, sans doute par pullulation des Chvenotrix. Dans certains mêmes on constata jusqu’à 600 milligrammes. L’odeur organique de l’eau était répugnante, la saveur métallique et, de plus, ces eaux contenaient une forte proportion de sulfate de manganèse. On a dû complètement renoncer aux nouvelles installations et revenir à l’eau de l’Oder.
- Calendriers perpétuels au moyen âge. — M. le
- chanoine Morel a donné, pendant le dernier Congrès des Sociétés savantes, un intéressant aperçu des calendriers perpétuels qui furent en usage du xm° au xvi° siècle dans les diocèses de Beauvais, Senlis et Noyon. Ces calendriers étaient, par le nombre des renseignements donnés, des concurrents anticipés de nos modernes almanachs. — Sur leur marge, trois colonnes indiquaient: i° le nombre d'or, destiné à marquer le commencement des lunaisons, pendant les dix-neuf années du cycle lunaire, et inscrit, pour chaque mois, en face du jour de la nouvelle lune ; 20 la lettre dominicale (A, B, C, D, E, F, G) indiquant les sept positions différentes que peut prendre le dimanche d’année en année; 3° les jours du mois, répartis en trois groupes : avant les nones, avant les ides, avant les calendes, avec trois vers hexamètres mnémoniques permettant de retrouver pour chaque mois la place des nones et des ides. — A côté de ces indications, la plus grande place était prise par les renseignements relatifs aux fêtes mobiles et aux fêtes fixes. C’est, comme on sait, Pâques qui est le pivot des fêles mobiles ; il y avait plusieurs moyens de déterminer sa date : ainsi, sachant qu’elle tombe le dimanche après le quatorzième jour de la lune de mars, on l’obtient facilement, puisque, le nombre d’or fait connaître le commencement de cette lune de mars et la lettre dominicale le dimanche qui suit le quatorze. Si d’ailleurs l’on ne possède pas le nombre d’or, on le calcule aisément grâce à la formule : diviser par 19 le chiffre de l’année courante -j- 1, le reste est le nombre cherché, qui est 19 s’il n’y a pas de reste. D’autres règles, précises et compliquées, permettent également bien de déterminer les quatre autres fêtes mobiles : Septuagésime, Carême, Rogations, Pentecôte. Quant aux fêtes à jour fixe elles sont indiquées par deux hexamètres factices, un distique pour chaque mois, la situation de la syllabe dans les vers marquant celles du jour dans le mois. Exemple : janvier a 3i syllabes, soit 3i jours, caractérisés par les vers :
- Cisige janus epi sibi Guil dat et Ilil Fe Mau Mar Sul Prisca Fab Ag Vincenti Paulus Julique Batil [janvier s’adjuge la Circoncision (Cisi, le 1), sainte Geneviève (Ge, le 3), l’Epiphanie (Epi, le 6) et les saints et saintes, Guillaume (le 10), Hilaire (le 14)» Félix (le i5), Maur (le 16), Marcel (le 17), Sulpice (le 18), Prisca (le 19). Fabien (le 20), Agnès (le 21), Vincent (le 22), Paul (le 25), Julien (le 27) et Bathilde (le 3o).| Enfin, des proverbes, des facéties, des conseils d’hygiène, etc., s’ajoutent sur les calendriers aux indications proprement relatives au comput du temps. Beaucoup d’ailleurs des sentences, et des maximes indiquées se retrouvent sculplées sur le portail de nos cathédrales.
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- Cyclisme
- Le « porte-tout » cycliste. — Pour emporter quelques vêtements de rechange et quelques objets de toilette lorsqu’on voyage à bicyclette, il faut pouvoir se passer d’une valise et se contenter d’un emballage sommaire ; le « porte-tout » remplit ce but. Déplié, il a
- 1 * 'UT 2
- Fig. i. — Porte-tout en tissu.
- o,3o m. de large et o,6o m. de long (n° î); mais quand il est garni, il peut avoir o,6o m. de large grâce à ces côtés extensibles (n° 2). Il est disposé de façon à se fixer sur le guidon et à s’en détacher instantanément, grâce à son système ingénieux de cordons coulisses. On peut, au moyen d’une poignée solide, le porter à la main
- Fig. 2. — Porte-tout en filet.
- comme un sac de nuit, ou en bandoulière comme un sac de soldat, si on abandonne la bécane pour faire une course en montagne. Quand il n’est pas utilisé on le roule et il tient fort peu de place (n° 3). Les cordons coulisses commandés par l’anneau et les glands du centre permettent de le serrer et de l’attacher solidement, qu’il soit bondé ou à moitié vide. Il se fait en filet ou en tissu, tissu imperméable qui protège complètement le contenu. — Le « porte-tout » cycliste se trouve chez M. Marquet, 34, rue des Vinaigriers, Paris.
- Machines
- Une machine à percer improvisée. — Cet ustensile peut rendre de grands services dans l’atelier de l’amateur ou même du petit ouvrier possédant un outillage très restreint; sa combinaison a été imaginée par un collaborateur à la publication Work, et nous nous contenterons d’en donner une description rapide, aidée de figures sommaires qui feront comprendre l’ingénieuse combinaison sur laquelle l’appareil est basé. Il nous a semblé inutile d’indiquer les dimensions mêmes du dispositif, parce qu’on saisira facilement la manière de le construire, pour peu qu’on soit accoutumé à ces sortes de choses.
- On a eu tout simplement l’idée de mettre à contri-
- bution un petit vilebrequin droit commandé par une manivelle latérale du type qui a été inventé aux Etats-Unis et qui commence de s’introduire un peu partout : ce vilebrequin comporte en haut une sorte de poignée sur laquelle l’ouvrier fait effort pour obliger la mèche à entrer dans le métal ou même le bois qu’on désire attaquer. Ici, le vilebrequin est pris, d’une part, dans un collier qui serre sa partie inférieure au-dessus du porte-mèche, et, d’autre part, dans un logement creusé dans un bloc de bois qui vient chausser sa portion supérieure. Le collier du bas et le bloc du haut sont l’un et l’autre fixés par des vis sur une planche qui solidarise le tout et qui va former glissière, sans gêner du reste
- Une nuicliiue à percer improvisée.
- aucunement le mouvement que l’on voudra imprimer à la manivelle du vilebrequin afin de donner à la mèche son mouvement de rotation classique. Il est aisé de pressentir, en examinant les figures, que la planche où est monté le vilebrequin vient former glissière entre les deux pièces de bois verticales de gauche et de droite, la planche en question ayant en réalité ses rebords engagés entre le fond du massif supérieur de l’appareil et ces deux pièces de bois. C’est en réalité une glissière verticale, qui va permettre de faire monter ou descendre la planche, et par suite le vilebrequin et la mèche, au fur et à mesure que l’exigera l’avancement du travail de perçage. Pour assurer cette descente et cette montée graduelles et à la demande, il suffit de disposer en haut du châssis, au-dessus de la glissière, et passant dans une traverse disposée ad hoc, une vis qui traverse un écrou et dont l’extrémité s’engage dans un autre écrou monté à la partie supérieure du bloc où vient se loger le haut du vilebrequin; un clavetage circulaire convenable empêche la vis de pouvoir sortir de son logement inférieur. Cette vis est munie en haut d’une manivelle horizontale qui permet de la faire tourner, et par suite de faire descendre ou monter la glissière solidaire du bloc de fixation et d’assurer la pénétration graduelle de la mèche dans la surface que l’on attaque.
- Nous n’avons pas à insister sur la table qui est établie dans la portion inférieure de l’appareil, et sur laquelle on place la pièce de bois ou de fer que l’on désire percer. Tout cela est fait de bois, de la manière la plus simple et la plus robuste. Il va de soi que le vilebrequin peut être démonté, sorti de son logement, et rendre entre temps les services qu’on lui demande d’ordinaire. La combinaison, essentiellement ingénieuse, est digne d’être connue.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Tarière mécanique. — Les tarières sont forcément d’usage courant dans la charpenterie; mais elles nécessitent, de la part des ouvriers qui les manœuvrent, des efforts violents, et la rotation à deux de l’outil est malaisée en même temps que le rendement très faible. Il faut ajouter à cela que les trous se percent assez mal, en ce sens que leur verticalité ou leur inclinaison, suivant tel ou tel angle, est fort irrégulière. Voici un appareil qui nous semble très bien combiné pour permettre •d’utiliser au mieux les efforts des ouvriers, tout en assurant une régularité parfaite dans le trou à creuser.
- Comme on peut le voir dans la ligure qui accompagne ces lignes, il faut un véritable châssis à l’outil, ce qui n’a pas les inconvénients que l’on pourrait supposer au premier abord : tout simplement parce que I on travaille sur des pièces de charpente d’un volume et d’une surface assez considérables. La tarière est commandée, dans sa rotation, par un pignon d’angle qui est monté à sa partie supérieure, et par un autre pignon d’angle engrenant avec le premier et mis en rotation à son tour
- Tarière mécanique.
- par deux manivelles à poignée que manœuvreront les deux charpentiers. Les coussinets supportant l’axe des manivelles et par suite les deux manivelles peuvent glisser simultanément de haut en bas (au fur et à mesure de l’enfoncement de la tarière dans le bois), sur deux coulisseaux de métal se déplaçant sur un chemin métallique, également monté sur le châssis de bois qui soutient le tout. Ce châssis est représenté ici dans une position normale par rapport aux traverses de base formant le châssis inférieur placé sur la charpente à percer; mais il peut prendre, par rapport à ces traverses, toutes les inclinaisons, grâce à deux articulations qui le relient à elles. Et dans toute position, on pourra l’immobiliser parfaitement au moyen des vis à pression que l’on aperçoit, et qui viennent serrer deux secteurs évidés, fixés de part et d’autre du châssis inférieur. On comprend que, de la sorte, on est sûr que le trou se fera bien suivant l’angle que l’on aura adopté au début. De plus, cette articulation du châssis proprement dit de la tarière par rapport aux traverses de base, permet de replier le châssis sur ces dernières : cela donne un ensemble très maniable, qui ne pèse pas plus de 12 lcg. — Cet appareil se vend 107, avenue Parmentier.
- Outils
- Outil à décrasser les meules. — Au bout d’un certain temps d’usage, les meules à aiguiser, à polir ou à limer, qu’elles soient en grès, en corindon, en émeri, se trouvent recouvertes d’une sorte de dépôt, de crasse, qui nuit considérablement à leur efficacité, en empêchant le rodage qu’elles doivent normalement opérer. Un
- Outil à décrasser les meules.
- inventeur américain, dont nous avons trouvé l’invention chez MM. Markt, 107, avenue Parmentier, a combiné un décrasse-meule ingénieux, que nous avons. vu fonctionner, et qui est très efficace. Au bout d'un manche métallique tenant bien en main par ses nervures, on peut monter une molette à plusieurs rangées de dents
- aiguës ; on la promène sur la meule tandis qu’elle tourne, et il se produit un repiquage qui met sa surface à vif.
- <$»^> Divers
- Cordon métallique pour lorgnon ou crayon. — Ce
- petit appareil a 1 aspect extérieur d un simple bouton d’un diamètre d’une pièce de 1 franc, comme nous le montre le dessin ci-joint à droite en haut; il est en acier noir oxydé et il est muni, sur son côté inférieur, d’une épingle de broche ainsi qu’il est représenté à gauche. A
- Cordon métallique pour lorgnon.
- l’intérieur, il renferme un petit tambour à engrenage monté sur un ressort, et sur ce tambour s’enroule une petite chaîne terminée par un mousqueton. Cet appareil se fixe au vêtement et on peut suspendre à la chaîne son lorgnon ou son crayon. On peut se servir de l’appareil sans le décrocher; on tire la chaînette et elle s’arrête à la longueur désirée, de même elle rentre automatiquement. — Le cordon métallique se trouve chez M. Mathieu, i3i, Galerie de Valois, Palais-Royal, à Paris.
- Nouveau ferme-jupes. — Il y a déjà bien des systèmes de ferme-jupe, mais il n’en existe pas de parfait. Celui-ci sera-t-il l’oiseau rare ? Il présente en tout cas l’avan-lage qu’on puisse le mettre seule, sans l’intervention d’une tierce personne, et il ne se dégrafe pas. On le coud en retrait sous les deux parties ouvrantes de la jupe et on peut le rendre invisible.
- Il se compose de deux rangées de maillons métalliques
- Nouveau ferme-jupe.
- cousus sur une ganse, dont l’une est formée de petits crochets et l’autre dé petits anneaux pour recevoir ces derniers. Ces deux parties glissent chacune dans une petite armature à gorge terminée par un anneau, de sorte que, pour fermer la jupe, il suffit de tirer Panneau de bas en haut et pour l’ouvrir il suffit de tirer sur les deux parties supérieures de la ceinture de la jupe. Cette manœuvre se fait très simplement. — Le nouveau ferme-jupe se trouve chez M. Mathieu, i3i, Galerie de Valois, Palais-Royal, à Paris.
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- VARIÉTÉS
- Cartographie touristique. — Lorsqu’il s’agit d’étudier un projet de voyage, on est parfois d’autant plus embarrassé que l’on consulte un guide plus complet, contenant plus de détails, meilleur que d’autres. 11 est difficile de taire un choix entre les différentes routes dont il donne la description, car il n’établit pas toujours entre elles de comparaison, il ne les classe pas suivant le plus ou moins d’intérêt qu’elles présentent. C est surtout pour la France que le choix est rendu difficile, car pour 1 étranger on peut se contenter de suivre les grandes lignes, tandis que chez nous nous avons la prétention de pénétrer plus dans le détail. Le plus souvent, en présence de l’étude qu’exige le tracé d’un voyage ou même d’une simple excursion, le touriste est entraîné à se servir du plus simple de tous les itinéraires, du plus abrégé. Les voyageurs en général munis de ce même guide, suivant la même voie, s’arrêtent aux mêmes points, contemplent sous le même angle les mêmes objets, en s’inspirant des mêmes appréciations. Ils abdiquent donc toute initiative, toute fantaisie, ils ne s’occupent pas des choses vers lesquelles leurs propres tendances les auraient portés, s’ils avaient pris la peine d’éclairer eux-mêmes leur chemin.
- Je pense qu’il est bon de voyager d’une façon plus personnelle, et je crois par expérience qu’il est possible de faire presque des découvertes sur notre terrain si battu.
- Lorsque je prépare un voyage en France je note d’abord sur une carte de la région que je veux visiter tous les endroits curieux qui parviennent à ma connaissance : puis je les note au moyen de signes conventionnels très simples, et susceptibles cependant de certaines modifications qui en font varier la signification.
- Voici le tableau de ces signes :
- h*. Curiosité Naturelle, Roches, Chutes, Grottes. Point de lice . fl Menhir, iïn plusieurs.
- m Alignement/. mû Cromlechs.
- À Tumzdus.
- T~\ Dolmens , 7Tplusieurs O Camp, Motte .
- en/ memes.
- CO Chateaus fort D3 Î. Manoir.
- î Maisons, eu moine'.
- Hôtel des VClHs.
- D Place.
- TT Halle. k 1 Pordaine.
- J. Beffroi -Tour clocher isole, DSI Donjon*, ICü eu ruine'.
- 'IHkÆNRornains , HH plusieurs. •££ Moulin./.
- 1" Fglise-.
- /* „ 7*uxne& .
- 1t „ plusieurs.
- T „ ffortffœe .
- 1 Chapelle' , / en* ruine .
- ED Cloître , SJ en ruine/. î Calvaire.
- OC Ossuaire'. f Fanal,
- Lanterne' des morts.
- CD Chateaus , C3 en ruine/.
- /n Pont. fl Porte/.
- E£3 Fortifications , EUS en ruine/.
- ,, avec Porte/ •
- 4 Borne/.
- IL. Musée, Objet? d'Arts, Statues-, Stalles'', Tableaucc, Pïtrazuxy, Tapisseries .
- À TomleasuS.
- O Localité intéressante/.
- X Localité Historique,
- Styles
- A Gothique,
- A Roman n Renaissance/
- ajouter aucc cadres signes.
- Lpifosjtiu, Ga,
- Une fois la carte ainsi annotée, et le travail à la main n’a été ni long ni difficile, je me trouve en possession d’un itinéraire * tout jalonné par les signes que j’ai tracés. Il m’indique les routes le long desquelles on trouve le plus grand nombre de points intéressants, ce qui me met en mesure de faire des excursions particulièrement fructueuses. Il me reste à coordonner un peu les choses et à m’entourer de quelques renseignements complémentaires auprès des habitants lesmieux informés. C’est sur la carte au 200 000e de 1 Etat-Major qu’il est le plus pratique de reporter ces signes. A titre d’exemple je les ai fait graver (par M. Forest, cartographe) sur la feuille de Limoges (en vente chez M. Forest, 17, rue de
- Buci, à Paris), si bien pourvue de curiosités de toutes sortes, depuis la Rochefoucauld et Ribérac, jusqu’à Eymoutiers et Tulle.
- Si l’on développait ce système pour l’étendre à toute la France, nos automobilistes et cyclistes (que les guides imprimés ne peuvent suivre dans les caprices de leurs parcours) ne risqueraient plus de passer trop souvent,, sans le savoir, à quelques hectomètres à peine d’un beau monument ou d’un joli site! D’elle-même la carte montrerait, plus vite qu’un volume, incomplet ou lourd, le détour opportun à faire ! E. Janssen.
- C fottTttC ^0^3
- Expérience sur la formation des buées. — On
- sait que lorsqu’on chauffe ou qu’on évapore de grandes quantités d’eau ou de solutions aqueuses dans un local fermé, la vapeur d’eau remplit cet espace dans lequel elle se condense à l’état de buée, suivant les conditions de pression et de température, avant de se déposer sur les parois du local en question. Cette production de buées s’observe principalement en grande proportion dans tous les ateliers où se font des opérations de concentration ou de chauffage, chaque fois que ces ateliers ne sont pas munis de hottes d’aspiration ou de systèmes de ventilation convenables. Aussi, pour prévenir les effets plus ou moins funestes de cette humidité continuelle, a-t-on été amené à étudier les principales conditions qui déterminent la production de ces buées. Parmi, ces conditions, l’une des plus curieuses est la présence dans l’air du local incriminé de fines particules en suspension, particules pouvant provenir de poussières ou même de fumées. On peut en fournir la démonstration au moyen d’une expérience très simple, peu onéreuse et facile à répéter, que nous croyons intéressante à signaler ici.
- Expérience sur la formation des buées.
- On prend deux grands flacons de la contenance d’un demi-litre ou même d’un litre, de forme plate et qu’on trouve aujourd hui couramment danh le commerce pour quelques sous: on met dans le fond de chacun d’eux une petite quantité d’eau destinée à saturer d’humidité l’atmosphère des flacons et, dans l’un de ceux-ci, on envoie quelques bouffées de fumée de tabac qui renferme, comme le dérnontre une expérience que nous avons publiée il y a quelque temps, de fines particules goudronneuses en suspension. Chacun des flacons est alors bouché par un bon bouchon de liège ou mieux de caoutchouc percé d’un trou dans lequel passe un tube de verre coudé pour l’un et un tube en T pour l’autre, tubes que l’on réunit bout à bout au moyen d’un caoutchouc, comme l’indique la figure schématique. Enfin à l’extrémité du système ainsi formé, on adapte le conduit de caoutchouc d’une poire Richardson, analogue ou identique à celle qui se trouve dans tous les cabinets de toilette pour actionner les pulvérisateurs. Les bouchons, les tubes et les joints d. ivent être soignés et bien enfoncés pour éviter les fuites dans l’appareil.
- Les choses étant ainsi disposées, on fait marcher la poire Richardson, qui joue le rôle d’appareil de com-
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- pression et qui provoque le même excès de pression dans les deux flacons qui sont constamment en parfaite communication ; puis quand la pression est assez considérable pour empêcher la poire Richardson de fonctionner, on détend subitement la pression dans le double appareil en enlevant la communication avec le compresseur, c’est-à-dire en enlevant le caoutchouc qui le relie au système des deux flacons. Le froid produit par cette brusque détente provoque dans les deux vases la condensation de la vapeur d’eau dont leur atmosphère était saturée et, en observant attentivement à ce moment, il est facile de remarquer que cette condensation est bien plus abondante ou que le brouillard produit est bien plus intense dans le flacon renfermant la fumée de tabac.
- Cette observation est d’ailleurs grandement facilitée si l’on a soin de disposer derrière les deux flacons un écran noirci qui rend le phénomène bien plus visible.
- La fabrication des allumettes. — Nous ne nous arrêterons pas ici sur les appareils mécaniques qui servent à cette fabrication, qui n’ont guère changé depuis un certain temps, et dont chacun a pu constater le fonctionnement à la dernière Exposition universelle de 1900, au pavillon du Ministère des finances; mais nous voudrions parler d’un perfectionnement chimique introduit récemment et dont le mécanisme a été complètement élucidé par M. Dubrisay, qui donne le résultat de ses expériences dans le Bulletin de la Société chimique de France.
- Depuis 1898, on sait que l’usage du phosphore blanc dans les pâtes d’allumettes a été définitivement proscrit dans les manufactures de l’État et que ce corps a été remplacé par un mélange de chlorate de potasse et de sesquisulfure de phosphore. Or, pour les allumettes à pâte chloratée, si la dessiccation est effectuée d’une façon rapide, l'inflammation est accompagnée de déflagration et de projections de fragments incandescents dans tous les sens, inconvénient grave dans l’emploi de ces allumettes, et auquel on n’avait pu obvier jusqu’ici.
- Si, au contraire, la dessiccation s’est faite lentement, cet inconvénient n’existe plus ; mais on constate alors pour ces allumettes un point d’inflammation de 200 environ plus élevé, condition également mauvaise pour l’usage qui exige un point d’inflammation assez bas et que la chaleur du frottement doit suffire à atteindre.
- Le phénomène de l’explosion, d’après ce qu’on a vu, semble être attribuable à une perte d’eau trop grande. Aussi M. Dubrisay a-t-il cherché à introduire dans la pâte un corps capable de retenir une notable proportion d’eau malgré une dessiccation rapide, de façon à ajouter
- les qualités des deux sortes d’allumettes, explosives ou normales, tout en évitant leurs inconvénients.
- On obtient à cet égard d’excellents résultats en ajoutant, dans la pâte, i/ï à x pour 100 de sulfate ferreux, qui provoque une déshydratation plus lente et jamais aussi complète.
- Ce procédé, employé à l’usine de Pantin, en fabrication normale, a toujours donné d’excellents résultats. Aussi cette étude, effectuée sur des points de détails très importants, nous a-t-elle semblé intéi'essante à signaler à nos lecteurs.
- La préparation de l’hydrogène sulfuré. — Les
- lecteurs de La Nature savent que le gaz hydrogène sulfuré dont on se sert dans les laboratoires est préparé par l’action de l’acide chlorhydrique ou sulfurique sur le sulfure de fer. Un certain nombre d’appareils classiques ont été indiqués pour cette préparation dont l’un des inconvénients est de fournir un gaz renfermant des vapeurs acides et qui demande a être soigneusement purifié dans des flacons laveurs, si l’on veut obtenir un gaz neutre.
- M. Fonzes-Diacon a indiqué, il y a quelques années, un mode original de formation de l’hydrogène sulfuré et consistant à décomposer par l’eau le sulfure d’aluminium dont l’obtention était encore assez difficile. Le même auteur réalise maintenant pratiquement cette fabrication de la façon suivante :
- Dans un creuset, on comprime une couche de magnésie calcinée, puis on tasse très fortement un mélange de soufre sublimé et de poudre d’aluminium. On détermine alors la combinaison de ces deux derniers éléments à l’aide d’un ruban de magnésium enflammé plongeant dans la masse. La réaction a lieu alors, assez violente, mais sans excès, et le sulfure d’aluminium fondu se sépare du creuset quand on retourne celui-ci.
- Le sulfure, que I on peut obtenir ainsi facilement en grande quantité, permet d’obtenir un courant d’hydrogène sulfuré en se servant d’un appareil intermittent très simple.
- On l’introduit dans un flacon à trois tubulures ; sur la tubulure médiane, on fixe un petit entonnoir à robinet; une des tubulures latérales porte un manomètre à mercure formé d’un tube de sûreté coudé muni d’une boule ; à l’autre, on adapte un tube de dégagement à robinet.
- On fait tomber, goutte à goutte, de l’eau sur le sulfure ; l’hydrogène sulfuré se dégage et quand on veut interrompre le courant gazeux, il suffit d’arrêter l’eau et de fermer le robinet du tube à dégagement. La décomposition du sulfure d’aluminium s’arrête presque instantanément. On obtient par ce moyen un gaz pur, dépourvu de vapeux’s acides. A. H.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- La conservation des viandes. — Dans une récente séance de la Société nationale d’Agriculture, M. de Lappa-rent a fait une intéressante communication à ce sujet. Il indique un procédé fort simple, et à la portée de tous.
- Dès la réception de la viande, on la suspend dans un garde-manger ordinaire et, après avoir allumé dans une assiette un bout de mèche souffrée, on ferme la porte. Le bain dans les vapeurs sulfureuses suffit à assurer une excellente conservation et ne communique aucun goût à la viande. Avec quelques précautions, on arrive aisément à la conserver p.endant quelques mois ; naturellement la technique est un peu moins élémentaire que la précédente: il faut: i° sulfurer la viande, en vase clos, le plus tôt possible après l’abatage; 20 choisir des morceaux ne présentant pas de section d’os ; 3° au bout de 'x'\ à 48 heures, remplir le l'écipient d’acide carbonique, au moyeu de tubes de cet acide à l’état liquide. Il convient toutefois d’ajouter, ce que ne manque pas de faire M. de Lapparent, que la loi française n’admet pas d’autre matière que le chlorure de sodium pour la conservation des aliments. Le procédé n’est donc suscep-
- tible que d’application domestique et non industrielle.
- Préparation des fils de lignes en soie. — Il s’agit des lignes à pêcher, bien entendu. On met dans un récipient en terre, qu’on plonge lui-même dans un bain-marie, une trentaine de grammes de paraffine solide, et l’on maintient à ébullition jusqu’à fusion : on additionne alors de i5 gr.de résine, et l’on brasse jusqu’à mélange bien complet. On retire ensuite du feu, pour laisser refroidir; puis on plonge dans cette sorte de pâte la ligne disposée en boucles superposées, lovée, comme disent les marins pour les câbles. On saisit enfin le bout de la ligne, pour la retirer peu à peu de la composition; il faut la débarrasser de l’excès de matière qui y pourrait adhérer, et on la fait glisser entre le pouce et l’index de la main droite, qui tiennent un chiffon mouillé pour cet office. Après cette seconde opération, on love la ligne sur le sol bien propre, afin de la laisser sécher un peu et durcir, et on la tend finalement de manière à pouvoir la polir avec un morceau de linge humide. Si l’on veut raffiner et pousser plus loin le polissage, on se sert également d’un peu de pierre ponce finement pulvérisée.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un Intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- cinématographe de M. Clermont-Huet, se trouve chez M. Clermont-Huet, i x4? rue du Temple, à. Paris.
- Communications. — Les ruines de Rhodésie. — Comme suite à notre information sur la Rhodésie au moyen âge (n° 1755 du 12 janvier 1907), M. Auguste Neuparth, ingénieur hydrographe de la marine portugaise, nous adresse quelques observations intéressantes, bien qu’elles ne soient pas absolument nouvelles : « J’ai séjourné pendant quelque temps à Barué à la frontière anglo-portugaise de Rhodésie dont j’ai fait la délimitation, et j’ai trouvé le long des rivières Jora et Cane-resi des vestiges d’une importante agriculture très ancienne. On rencontre tout près de ces rivières, des collines dont les terres sont soutenues par des murs en pierres sèches d’un demi-mètre de hauteur à peu près, de façon que les montagnes ressemblent à des escaliers gigantesques. Ces murs sont très bien faits et il est difficile de détacher les pierres dont ils se composent. Il semble qu’ils ont été construits avec l’intention de soutenir les terres, pour permettre leur culture. On rencontre des ouvrages semblables dans le nord du Portugal à la région du Douro et en d’autres endroits très montagneux. Je vous assure que les indigènes actuels n’ont jamais fait d’ouvrages semblables pour leurs cultures, et ignorent complètement l’usage de ceux qu’on trouve dans le pays. On sait que les Portugais des xvi° et xvii0 siècles ont exploité l'or dans la région, mais je pense que cela n’explique pas suffisamment l’existence de ces ouvrages qui montrent que le pays a été habité par une population très' dense et permanente, connaissant des procédés perfectionnés d’agriculture. »
- Renseignements. — M. Lefèvre, à Meaux. — Pour , enlever les taches de permanganate de potasse, laver* avec une solution assez étendue d’acide oxalique et d’acide sulfurique dans l’eau.
- M. R. Fluchy, à Garcé. — Les éditions de la Bible sont nombreuses ; vous pouvez prendre entre autres celles de F. Didot, 56, rue Jacob, Paris.
- M. Paillard, à Paris. — On trouve partout de l’encre à écrire sur le verre (encre fluorhydrique), et notamment chez MM. Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple. Le prix est d’environ i(r,5o le flacon.
- M. Alex. Sureau, à Gualegwaychi. — Vous trouverez les pommes de terre de l’Uruguay (solarium commersoni) chez M. Labergerie, à Verrières (Creuse). Elles sont parlaitement susceptibles de fournir une culture fructueuse. M. Labergerie vous indiquera les principales variétés et leurs rendements.
- M. G. de Artiach, à Arrigorriaga. — Meules artificielles en émeri : M. Courtonne, des établissements Deutsch, à Barcelone, nous indique la maison Huckauf und Bülle, à Hamburg-Altona (Allemagne), comme fournissant aux meuniers la poudre d’émeri et les produits chimiques nécessaires pour la fabrication des meules artificielles, ou, plus exactement, pour le revêtement, sur une épaisseur de quelques centimètres, des meules en pierre.
- M. Léon Amiard, à Dieppe. — i° Cirage pour chaussures jaunes : vous trouverez une bonne formule dans notre recueil de Recettes et procédés utiles, 5e série, librairie Masson et Ci0, 120, boulevard Saint-Germain. — 20 Les plantes vertes, dites stérilisées, sont simplement recouvertes, par vaporisation, d’une fine couche de dissolution de caoutchouc.
- M. JE. Aubert, à Herbault. — Nous vous remercions de l’envoi de VRlustrierte Zeitung; l’article ne présente aucun caractère sérieux et nous ne pourrons en faire usage. Tous nos remerciements, néanmoins.
- Mn° Cliaucliard, à Paris. — Vous trouverez chez M. Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas, Paris, d’excellents ouvrages sur les procédés à irichromature.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Recherches sur Vépuration biologique et chimique des eaux d'égout, par le D' Calmktte et MM. Rolants, Boulanger, Constant, Massol, 2e volume, in-8°, 314 p-, 4 pl., 45 fig. Paris, Masson, éditeur, 1907. (Voy. sur cet ouvrage le n° 1767).
- U éducation scientifique dans les petites classes, par R. Godefroy, professeur à l’Ecole normale primaire de la Seine. Paris, Hachette et Ci0, 1906. 1 vol. in-16. Prix : 2fr,5o.
- Quarante leçons de choses, d’après les choses : l’ardoise, le verre, l’alumette, le porte-plume, le crayon, le papier, le charbon, la houille; l’eau,... le pain, le sel, le vin..., le chien, la tête de lapin, l’œuf de poule, la crevette, la giroflée, etc., etc.
- Cinématique des mécaniciens, par Louis Wève, ingénieur, professeur à TEcole supérieure des Textiles et à l’Ecole, professionnelle de Verviers,. 1 vol. in-8. Paris. , Librairie polytechnique Ch. Béranger, édi-
- . .teur, 1907.
- . ' ’ /lUmC’T •:' . ' _ "
- Arpentage. Art de lever les plans, par P. Bourgoin, géomètre-topographe. Encyclopédie Roret. Paris. L; Mulo, 1907. 1 vol. in-18. Prix : 3fr,5o.
- Chaux hydrauliques et ciments de grappiers, par E. Leduc. Paris. Dunod et Pinat, 1907. 1 brocli. in-4° de 20. p. avec fig. Prix : 3 francs. : 1
- Qualités des chaux hydrauliques et des ciments de grappiers, leur résistance aux différents efforts et aux causes diverses de destruction, leur constitution chimique, etc. Tableaux d'analyses chimiques détaillées de diverses chaux et ciments expérimentés, examen de leurs propriétés physiques et des essais de prise de résistance à la traction dans l’eau douce et dans l'eau de mer.
- Londres au temps de Shakespeare, par Georges Du val. Flammarion, éditeur, 1 vol. in-18. Prix : 3fr,5o.
- Le sujet, autrefois si curieusement traité par Léon Daudet dans son Voyage de Shakespeare, est ici repris sous une forme plus directement érudite ; c’est une reconstitution de ce qu’était Londres au temps de Shakespeare et, par conséquent, des spectacles qui. ont pu influer sur la formation de son génie.
- Notes et formules de l’ingénieur et du constructeur-mécanicien, par un comité d’ingénieurs sous la direction de MM. Cn. Vigreux, ingénieur des Arts et Manufactures, Cu. Milaxdre, ingénieur civil, R. P. Bouquet, ingénieur électricien, i5° édition, revue, corrigée et considérablement augmenlée. 1 vol. petit in-8. E. Bernard, éditeur. Paris, 1907..
- Tous nos lecteurs connaissent certainement ce formulaire qui nous fournit une source intéressante de renseignements, parfois très précieux.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 avril .... 5°,3 S. S. W. 2. Nuageux. 0,9 Gelée blanche ; tr. nuag. ; <|q. averses l’après-midi.
- Mardi 9 G°,l S. S. W. 2. Couvert 0,5 Tr. nuag. ; pluie de 4 h. à a h. et à 11 h. 30 avec grêle-éclairs au N. N. W. de 19 h. 30 à 20 h. 20.
- Mercredi 10 5°,G N. N. E. 1. Nuageux. » Gelée blanche ; peu nuageux.
- Jeudi 11 4°,9 Calme. Très nuageux » Gelée blanche; nuageux.
- Vendredi 12 7°,7 E. S. E. 3. Couvert. 2,8 Gel. bl. ; couv. ; pi, de 8 h. à 12 h. et de 15 h. à 17 h. 30.
- Samedi 13 6°,0 S. S. W. 2. Peu nuageux. » Gelée blanche; peu nuageux.
- Dimanche 14 4°,4 S. W. 0. Nuageux. 0,0 Gel. bl. ; très nuag.; quelquefois des gouttes.
- AVRIL 1907. — SEMAINE DU LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 AVRIL 1907.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, Ihemomètre à l’abri à boule sèche, courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- <$a*, Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du 8 au i4 avril le temps a été variable. Le 8 avril, la pression barométrique s’est beaucoup élevée sur toute l’Europe ; la hausse a été de 4 mm en Bretagne. Un vent fort de l’Ouest a soufflé au Cotentin, un vent assez fort en Bretagne, un vent modéré d’entre Nord et Ouest sur les côtes de la mer Méditerranée. Les pluies ont été générales dans le Centre et à l Ouest du continent ; il est tombé i mm d’eau à Paris, 5 mm à Bordeaux, 6 mm au Havre, 8 mm à Besançon, io mm à Dunkerque. La température a également baissé en quelques points de nos régions. Le matin, le thermomètre marquait 3° à Lyon, 3° à Paris, 8° à Brest, n° à Perpignan, 170 à Alger, — 4° au Puy de Dôme, — 4° au mont Yentoux, — 10e au Pic du Midi. La température moyenne de la journée à Paris a été 6°,6, inférieure de 20 à la température normale. Le 9 avril, la pression barométrique a présenté un minimum dans la partie du Nord-Ouest au Sud-Est de l’Europe, notamment en Angleterre ; elle est au contraire restée élevée à l’Est du continent, on a noté 775 mm à Moscou. Un vent faible d’entre Ouest et Sud a soufflé en Gascogne et sur la Manche ; un vent modéré de l’Ouest a eu lieu sur la mer Méditerranée. Il a plu à Paris (1 mm), à Nantes (1 mm), à Dunkerque (6 mm), au Mans (7 mm), à Lyon (8 mm). La température était le matin — i° à Gap, 4° à Belfort, 6° à Paris, 8° à Bordeaux, — 20 au Puy de Dôme. Au 9 avril, on a signalé d’abondantes chutes de neige dans lés Cévennes. Le 10 avril, la pression barométrique s’est
- relevée; à Paris, on notait 706,8 mm, et des pressions supérieures à 770 mm couvraient encore le Nord-Est du continent. Les pluies ont été abondantes dans nos régions; on a recueilli o,3 mm à Paris, 5 mm à Nice,
- 13 mm à Toulouse, i3 mm à Limoges, i3 mm à Belfort,
- 5 mm à Brest. La température le matin 6° à Paris, 70 à Nantes, ii° à Biarritz, —3° au Puy de Dôme, —3° au mont Aigoual, —io° au Pic du Midi. Le 11 avril, la pression atmosphérique était inférieure à 760 mm dans la moitié Sud-Ouest de l’Europe. Les vents étaient faibles et de directions variables dans la Manche et dans l’Océan. Il est tombé 8 mm d’eau à Gap, 2 mm à Lorient, 2 mm à Belfort, 1 mm à Clermont. Le thermomètre marquait le matin 40 au Havre, 5° à Paris, 6° à Lyon, 8° à Perpignan. Le 12 avril, une dépression a eu lieu à Nantes où la pression atmosphérique était 745 mm. II est tombé 26 mm d’eau à l’île d’Ouessant,
- 14 mm à Lorient, 11 mm à Nantes, 11 mm à Biarritz,
- 6 mm à Bordeaux. A Paris, il est tombé une pluie fine toute la journée. La température était 20 à Belfort, 4° à Dunkerque, 8° à Paris, 90 à Toulouse. Le i3 avril, la pression barométrique a baissé sur toute l’Europe; on a signalé des minima en Bretagne (74i mm), sur le golfe de Gênes (747 mm), et à Arkangel (749 mm). On a recueilli 66 mm d’eau à Cette, 3g mm à Gap, 28 mm à Port-Vendres, 9 mm au Mans, 8 mm à Cherbourg, 3 mm à Paris. La température était le matin 4° à Limoges, 6° à Paris, 6° à Lyon, 90 à Perpignan. Le 14 avril, la situation atmosphérique est sensiblement la même ; on observait 747 mm à Brest, 762,4 mm à Paris.
- PHASES DE LA LUNE: N. L. le 12 à 7 h. i5 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF î E-A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, "Paris (VP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘°, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1770 (27 AVRIL 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Académie de Copenhague. — Dans sa séance du
- 8 avril, l’Académie des sciences de Copenhague a nommé, à titre de membres étrangers de l’Académie, MM. les professeurs Gabriel Monod et Violle.
- Bureau national scientifique et permanent des poids et mesures. — M. Darboux, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, professeur à la Faculté des sciences, est nommé membre du Bureau national scientifique et permanent des poids et mesures, en remplacement de M. Berthelot, décédé.
- Conseil supérieur de l’enseignement des beaux-arts. — M. Henri Poincaré, membre de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences, est nommé membre du Conseil supérieur de l’enseignement des beaux-arts, en remplacement de M. Berthelot, décédé.
- La comète 1907 a.— La première comète de l’année a été découverte le 9 mars, à l’Observatoire de Nice par M. Giacobini, qui avait déjà à son actif sept autres découvertes analogues. La position de la comète, le
- 9 mars, à iohnra (temps moyen de Nice) était la suivante :
- TR = 7h 4m ; (D = — 180 21' 17".
- Elle correspondait à la demi-distance des étoiles y et 3o du Grand Chien.
- Cette comète est très faible. Elle apparaissait sous l’aspect d’une nébulosité ronde de 20" de diamètre environ, avec petit noyau de 11e grandeur; on a cru voir une queue très faible dans l’angle de position 1800. M. Ebell, du Bureau des Astronomische Nachrichten, à Kiel, a calculé, d’après les observations des 9, 10 et 11 mars, l’orbite provisoire suivante :
- Passage au périhélie....... T — 23 mars 1907
- Longitude du périhélie..... tc “ 3 190 34-^,3
- Longitude du nœud ascendant. . <o — 970 4o',o
- Inclinaison................ i — i4i°2o',5
- Logarithme de la distance périhélie......................log q — 0,31176.
- L’éphéméride calculée sur ces éléments montre que la comète s’éloigne delà Terre et que son éclat diminue. Elle n’a pu être accessible aux petits instruments.
- Exposition coloniale nationale de 1907. — La
- Société française de colonisation organise, avec le concours du Comité national des expositions coloniales, une exposition qui comprendra tout ce qui concerne nos colonies : agriculture, industrie et commerce, et tout ce qui intéresse l’histoire, la conquête, la description, l’ethnographie et l’organisation de notre domaine colo-
- nial. Cette exposition se tiendra au bois de Vincennes, du i5 mai au xer septembre 1907.
- Congrès de l’arbre et de l’eau. — Sous cette dénomination se tiendra, en juin à Limoges, pendant le Concours national d’agriculture, un Congrès, ayant pour triple but la défense du paysage limousin, la mise en valeur des terrains incultes et l’aménagement des cours d’eau. La présidence du Congrès reviendra à M. Teis-serenc de Bort. Pour tous renseignements, s’adresser à M. P. Garrigou-Lagrange, 23, avenue Foucard, à Limoges.
- Chemins de fer de montagnes en 1906. — Voici le trafic-voyageurs de quelques chemins de fer excursionnistes des Alpes en 1906 : Kahlenberg (Vienne), 184732; Wengern-Alp, 163 345 ; Mendel (près Bozen, Tyrol), 5i 938 ; Pilate, 5i 443 ; Achensee (Tyrol), 42 345 ; Gaisberg (Salzburg), 32 664 ", Schneeberg (Autriche), 18 208 ; Schaf-berg (Salzburg), 7500.
- Nouveau pont sur la Loire. — Orléans possède maintenant deux ponts pour relier les rives du fleuve à la hauteur de la ville. Le nouvel ouvrage, construit en maçonnerie, a une longueur totale de 332 m., il est formé de 7 arches de près de 44 m. d’ouverture, avec une flèche de 5,80 m. L’épaisseur de la voûte est de i,25 m. à la clef et de 1,45 m. aux naissances; les tympans sont élégis par des voûtes en arc de cercle. Ajoutons que la courbe d’intrados se rapproche sensiblement d’un arc de cercle. La construction est très hardie et élégante.
- Incinération des ordures ménagères. — Dans la petite ville de Westmount, au Canada, qui ne compte que 11 000 habitants, l’enlèvement des immondices revenait à un peu plus de 20 000 francs par an. La dépense annuelle est plus élevée avec le nouveau procédé : elle atteint un peu plus de 37000 francs. Mais comme l’installation est faite pour produire de la vapeur utilisée effectivement, que, de plus, on vend les scories pour la réfection des chemins notamment, on arrive à ce que les frais annuels nets ne dépassent pas i6 5oo francs.
- Emmagasinement du charbon. — Les entrepôts que la Marine américaine a établis à Narragansett, pour ses approvisionnements de charbon, ont été installés de façon remarquable, en particulier au point de vue de la surveillance de l’élévation de la température dans la masse du combustible. A la surface du plancher des hangars, on a réparti 232 tubes verticaux traversant toute l’épaisseur du charbon ; chacun de ces tubes renferme un rhéostat relié électriquement à un tableau
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- INFORMATIONS
- central. Et chaque appareil entre en action dès que la température excède 71° G. Alors, on peut évacuer instantanément le combustible environnant le tube et le dispositif révélateur, par une canalisation ad hoc.
- Les navires à turbines et la suppression du mal de mer. — Les navires à turbines sont beaucoup plus stables que les navires mus par des machines motrices à pistons du type ancien. Les passagers y sont donc beaucoup moins exposés au mal de mer. Cet avantage et une plus grande rapidité sont ce que les voyageurs apprécient le plus dans le nouveau type de machines marines. Dans un mémoire présenté à VInstitution of Civil Engineers, de Londres, M. H. Gibson vient de montrer que l’action stabilisatrice des turbines est due au mouvement de rotation extrêmement rapide et au poids relativement considérable de leurs rotors (couronnes mobiles). L’effet produit est analogue à celui que recherche M. O.Schliclc en employant le gyroscope pour supprimer le mal de mer comme l’a indiqué La Nature dans un article récent. Pourtant, le gyroscope de M. Schlick est beaucoup plus énergique; son plan de rotation étant horizontal, il agit aussi à la fois sur le tangage et sur le roulis, surtout sur le roulis, qui se font dans des plans perpendiculaires au sien. Les turbines ayant leur plan de rotation perpendiculaire à l’axe du navire n’agissent que sur le tangage. Les réactions qui se transmettent à la charpente du navire par suite de l’action gyroscopique des turbines sont beaucoup plus grandes qu’on ne le croyait au début de leur emploi. On 11’avait pas prévu ces efforts anormaux dans le Cobra, le premier contre-torpilleur à turbines filant 36 nœuds, construit il y a quelques années par l’Amirauté anglaise. M. Gibson montre par le calcul qu’ainsi s’explique la rupture en deux de la coque du Cobra en pleine marche, rupture qui entraîna la perte totale du navire et dont la cause, jusqu’ici, était restée une énigme.
- Les tabous de mots dans les langues indo-européennes. — Il existe, dans toutes les langues, y compris les civilisées, des mots dont l’usage est interdit. C’est ainsi que dans le décalogue (Exode, XX, 7) il est défendu au fidèle juif de prononcer le nom de l’Eternel, interdiction qui s’est continuée parmi nous pour les jurons comme morbleu, pardieu, etc. Les habitants de Samoa ont des tabous analogues pour divers noms, qui sont presque toujours des noms d’animaux sacrés ou de choses ou d’actions en rapport avec ces animaux sacrés ou des personnages divins. D’après M. Meillet, le savant philologue du Collège de France, l’existence de tabous de ce genre explique comment les noms de certains animaux, connus certainement des Indo-Européens primitifs, ne se rencontrent plus dans quelques langues de la famille et sont remplacés par des périphrases : c’est que ces noms sont devenus réservés à l’usage sacré et que, pour l’usage profane, il a fallu leur inventer des « remplaçants », sous peine de sacrilège. Un des plus jolis exemples cités par M. Meillet est celui des termes qui désignent l’ours; son nom spécifique se trouve en sanscrit (riksah), en grec (àpxTo;), en latin (ursus), en celtique (art), en arménien (arj), tous termes qui ont une commune origine. Mais, en vieux slave, en lithuanien, en vieil haut allemand, chez les Esthoniens, les Finlandais, les Lapons, l’ours n’a pas de mot propre pour le désigner et n’est connu que par des périphrases : mangeur de miel, grognon, lécheur, brun, gloire de la forêt, vieux, superbe patte de miel, poilu, pied large, porc à miel.
- L’esprit des singes. — M. R. Verneau commente avec beaucoup d’intérêt, dans ï Anthropologie, un entrefilet de la Gazette médicale de Paris, racontant que les alouates de la Guyane, lorsqu’un de leurs camarades est blessé, savent panser la plaie avec des feuilles d’arbres qu’ils trient avec soin. Il rappelle à ce propos divers traits qui ne sont pas moins intéressants. C’est ainsi que le chimpanzé Edgar, qui eut son heure de vogue, lorsqu’il habitait au Muséum, conservait jalousement, en compagnie de quelques cailloux qui lui servaient de percuteurs pour casser les noyaux, un fragment de bouteille et un chiffon noir; en plaçant le chiffon derrière le verre, il obtenait un miroir, où il s’admirait complaisamment.
- Le cuir de lapin. —: Le lapin est un animal extrêmement prolifique et la rapidité avec laquelle il se multiplie
- est proverbiale : aussi comprend-on que les agronomes attachent une grande importance à l’étude des débouchés commerciaux qu’il est possible de lui trouver. C’est ainsi qu’il s’est constitué, dans la Silésie allemande, un comité technique d’éleveurs, qui a mis à l’étude l’emploi du cuir de lapin pour la confection des chaussures. Une commission nommée par elle et composée d’hommes notoirement compétents a effectué des recherches théoriques et pratiques dont les intéressants résultats ont été mis en lumière, à la récente exposition agricole de Breslau. On a d’abord tanné des peaux de lapin et préparé ainsi un cuir souple, avec lequel ont été confectionnées des chaussures d'aspect aussi agréable et de commodité aussi grande que les chaussures en cuir de chèvre. Elles ont été portées tous les jours pendant six mois, puis présentées à la Commission, puis portées encore pendant six mois et examinées à nouveau. Après une année d’usage, elles n’étaient pas plus déformées que les chaussures en chevreau ou en chèvre qui avaient servi de témoins pour l’expérience. Au point de vue pratique, l’épreuve peut donc être regardée comme concluante. Quant à ce qui concerne les données théoriques concernant les méthodes de tannage à employer, elles n’on pas encore été publiées : on sait seulement qu’elles sont fort peu différentes des méthodes usuelles en mégisserie et qu’elles comportent seulement un pourrissage assez prolongé.
- Consommation d’eau en Allemagne. — Voici quelques chiffres sur la quantité d’eau alimentaire consommée quotidiennement par l’habitant de certaines villes allemandes. Le maximum de 318 litres est atteint à Dortmund, tandis que le chiffre correspondant n’est que de 113 litres à Berlin; i5o à Barmen, à Munich, et à Altona, 170 à Leipzig, 189 à Hambourg, ia5 à Nuremberg, 129 à Stetliu, 85 seulement à Brême, 76 à Aix-la-Chapelle et 65 à Konigsberg.
- Mortalité typhique en Allemagne. — A considérer l’ensemble des villes allemandes les plus importantes, on voit que le maximum de mortalité par la fièvre typhoïde est atteint à Essen, où l’on compte 29,7 cas par 10000 habitants; c’est ensuite, en décroissant, 24,2 à Dortmund, 19,6 à Stettin, 17 à Aix-la-Chapelle, 16,7 à Konigsberg, i5,5 à Dantzig, 11 à Halle, io à peu près à Cologne, Brunswick, Barmen. Cette même mortalité tombe à moins de 6 à Munich, à 5 à peu près à Dresde, à 4,5 à Nuremberg, et encore moins à Stuttgard.
- drues électro-magnétiques. — On ne semble pas avoir tiré beaucoup partie encore de ces grues à électroaimants que nous avons signalées jadis. Celle qui fonctionne à Salem, dans l’Etat américain d’Ohio en trois heures, avec un seul homme, décharge tout un wagon de gueuses de fonte, et elle remplace le travail de 6 hommes durant 6 heures.
- Chauffage des locomotives au pétrole. — On a fait des expériences intéressantes sur le chauffage au pétrole pour la traction des trains du Tehuantepec Railroad de Mexico. On employait de l’huile du Texas. Alors que le chauffage au charbon coûtait 3 et le chauffage au bois 2,5 (dans les conditions un peu exceptionnelles où l’on se trouve), le chauffage au pétrole n’est revenu qu’à 2. Bien entendu, il faut tenir compte du voisinage de lieux producteurs d’un pétrole approprié à ce mode spécial de chauffage.
- Coût d établissement des chemins de fer. — Autant qu’on peut se fier aux statistiques sur la matière, il résulterait des calculs faits par la publication Archiv fi'ir Eisenbahnwesen, que le capital total engagé dans la construction des voies ferrées du monde ressortirait à 220 milliards de francs; le coût kilométrique d’établissement ne serait que de 186 000 francs environ pour les pays hors d Europe, tandis que pour les contrées européennes il ressortirait à plus de 36oooo francs. Tout naturellement, il faut tenir compte du prix d’achat fort élevé des terrains dans les régions très peuplées.
- Le trafic du port d’Amsterdam. — En 1876, le mouvement commercial de ce port était seulement de ii36ooom3, de marchandises à l’entrée; dès 1882, le chiffre correspondant s’élevait à 3 5o5ooo m3, En 1895, on atteint presque les 5 millions et en 1900 on a dépassé les 8 millions !
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- Cheminée
- Cheminée calorifère Silbermann. — Cet appareil est destiné à remplacer les poêles à combustion lente qui offrent souvent quelque danger si le tirage des cheminées n’est pas parfait. Avec la cheminée Silbermann on conserve les avantages hygiéniques de la cheminée classique ordinaire sans avoir l’inconvénient de perte de chaleur qui est inhérent à cet antique moyen de chauffage.
- La construction de l’appareil consiste en une caisse métallique (fig. 2) qui, entourant le foyer en occupe le
- Fig. 1. — Cheminée calorifère Silbermann.
- fond et les côtés. La face en contact avec la flamme est en fonte d’une seule pièce ondulée et munie d’ailettes pour augmenter la surface de radiation, la face opposée est en tôle. L’intérieur de la caisse est divisé par une cloison verticale médiane qui la partage en deux coffres (fig. 2) et ceux-ci sont eux-mêmes coupés horizontalement par des cloisons formant chicanes. Une prise d’air est ménagée à la base de chaque coffre et la face opposée est munie de conduits de chaleur. L’appareil s’introduit dans une cheminée comme une-grille à coke (fig. 1) ainsi
- Fig. 2. — Introduction, de l'appareil dans la cheminée.
- qu’on le voit sur la figure ci-contre. On aperçoit en bas, de chaque côté de la grille les prises d’air, et en haut les bouches de chaleur par lesquelles s’échappe l’air qui a traversé toutes les chicanes et se répand dans la pièce en sortant du manteau de la cheminée par des petits conduits formant motif ornemental dont l’un est représenté à part au bas du dessin. On fait également un type d’appareil plus grand duquel peut partir un groupe de tuyaux destines à chauffer des pièces éloignées ou situées à un autre étage. C’est un appareil très commode pour transformer les anciennes cheminées qui ne chauffent pas, en cheminées modernes qui chauffent bien et économiquement. — La cheminée se trouve à la Société des cheminées Silbermann, 27, rue Richelieu, Paris.
- Appareils divers
- Le siphon-filtre. — Cet appareil est destinée à obtenir un liquide quelconque sous pression et filtré. Il se compose d’une bouteille S sur laquelle s’adapte un bouchon à vis muni d’une rondelle de caoutchouc assurant une fermeture hermétique. Ce bouchon porte un tube T terminé soit par un filtre au charbon F qui plonge dans le liquide, soit une bougie de filtre Pasteur. Ce tube se termine à l’extérieur par un robinet R. A la partie supérieure du bouchon est placée une petite pompe P qui permet de comprimer l’air à la partie supérieure du liquide. Celui-ci ne peut s’échapper qu’a-près avoir traversé le filtre, et, lorsque la pression est suffisante il suffit d’ouvrir le robinet R pour obtenir l’écoulement. La pression doit être d’autant plus forte que le filtre employé a des pores plus serrés; avec la bougie Chamberlan des filtres Pasteur, il suffit d’une pression d’un demi-kilogramme par cm2 pour que l’écoulement se produise dans de bonnes conditions. — Le siphon-filtre se trouve chez M. Leduc, 16, rue de Copenhague, Paris.
- Carafe glacière. — Dans les cafés on trouve toujours des carafes qui contiennent un morceau de glace sur lequel on reverse de l’eau au fur et à mesure des besoins. Si la glace provient d’une eau stérilisée cela n’a pas d’inconvénient; mais il n’en est pas toujours ainsi et, dans tous les cas, on aurait souvent intérêt à
- Carafe glacière.
- pouvoir employer une glace de provenance quelconque. C’est dans ce but qu’a été construit le modèle ci-contre qui, comme on le voit (n° 1), porte une partie rentrante fermant une cavité A dans laquelle on introduit la glace qui se trouve ainsi complètement isolée de l’eau à boire,; un bouchon à vis B ferme le fond et maintient la glace dans la cavité (n° 2). — La carafe glacière se trouve chez G. Parot, 35, rue Bergère, Paris.
- Mèches à bois extensibles, t- Les outils combinables sont toujours avantageux : sans doute ils coûtent un peu plus cher qu’un outil ordinaire, mais ils permettent d’effectuer des travaux très variés, et dans de très bonnes conditions, s’ils sont solidement construits. C’est le cas pour les mèches à bois extensibles à lame allongeable qu’on emploie couramment aux Etats-Unis : nous en connaissons au moins deux types, les mèches Steer et les mèches Clark, dont la construction et le fonctionnement se ressemblent beaucoup ; nous les avons d’ailleurs trouvées l’une et l’autre dans les magasins Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris.
- Si nous considérons la mèche Steer, nous voyons qu’elle comporte, comme partie intégrante, un couteau
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- spirale fixe, précédé d’une pointe filetée en spirale également, comme on en rencontre dans les vis à bois ordinaires ; mais cela ne donnerait qu’un trou de diamètre immuable. Pour obtenir la variabilité de la dimension diamétrale, on ajoute, en la faisant glisser horizontalement dans son logement, une seconde lame mobile, munie naturellement d’un traçoir, et dont le rebord coupant est taillé en queue d’aronde. Suivant la position qu’occupera son traçoir, plus ou moins excentré par rapport à l’axe longitudinal de la mèche, le rayon du cercle décrit et du trou foré sera naturellement plus ou moins considérable. Et c’est ainsi qu’on a la possibilité de percer, avec ce seul instrument, des trous variant dans des limites très grandes comme diamètre. Le second rebord de la lame
- i. Mèche Clark. — 2. Mèche Steer.
- mobile est doté de petites dents, et celles-ci viennent engrener avec une vis sans fin que l’on voit couchée sur la partie aplatie de la mèche : on a donc de la sorte la possibilité de régler fort exactement le diamètre du percement. La lame est finalement fixée de façon très rigide dans la position voulue où elle a été amenée par rotation de la vis sans fin : cela, grâce à une lame secondaire qui vient s’appliquer sur le plat de la mèche, et s’y bloquer au moyen d’une vis. Le rebord en biseau de la lame de fixation est muni d’une graduation, qui renseigne immédiatement sur le diamètre du trou que l’on va faire avec la lame mobile dans telle ou telle position. Du reste, l’outil se vend avec deux lames mobiles, ce qui donne encore plus de variété aux trous que l’on peut percer.
- La mèche Clark ressemble considérablement à celle que nous venons de décrire en détail, et elle nous a paru susceptible de rendre à peu près les mêmes services.
- Trousse à mèches. —L’ouvrier français a volontiers l’habitude d’entasser ses outils un peu pêle-mêle dans le sac qu’il porte sur l’épaule; il va de soi que ces outils, surtout quand ce sont des mèches, ne sont pas sans se salir et se détériorer dans ce pêle-mêle; aussi les Américains procèdent-ils différemment, eux qui ont pourtant la coutume de facilement renouveler leur outillage, mais quand ils le croient démodé. Et la maison Markt, que nous avons l’occasion de citer souvent ici, vend une
- Trousse à mèches.
- trousse à mèches dont nous donnons une figure et qui est certainement de fabrication facile. Elle est faite de toile forte et doublée de flanelle; elle présente autant de petits compartiments cylindriques qu'on y veut loger de mèches, et une patte retombant permet d’envelopper complètement chaque outil. De plus, pour transporter cette trousse, on la roule sur elle-même et on la serre au moyen d’une courroie, qui empêche tout ballottement. L’ensemble ne tient pas beaucoup plus de place que les mèches mêmes, et à coup sûr beaucoup moins que ces instruments courant pêle-mêle dans un sac.
- Cyclisme
- Joint universel à billes. — Il est de construction allemande, et se vend sous le nom de joint Auto-Teil
- Gesellschaft ; il était exposéjau dernier Salon de l’Automobile de Paris.
- Fonctionnant par roulement, et non par glissement, il comporte une sphère F qui est creusée de deux rainures perpendiculaires ; ces rainures reçoivent des fourches d, qui transmettent le couple moteur, et elles pénètrent par leurs extrémités dans les évidements des collets 0 terminant les arbres. Les douilles b, disposées des deux côtés de la sphère, servent au renforcement des four-
- Joint universel à billes.
- ches, et au centrage. L’une des douilles est fixée par une vis c à l’extrémité d’un des deux arbres, tandis que l’autre peut coulisser dans le sens de la longueur. Dans les rainures de la sphère roulent des billes g, qui assurent la transmission du couple entre les fourches et cette sphère. Leur roulement est du reste limité par des vis h. Ajoutons que des tubes i sont disposés pardessus les douilles, tandis que le milieu du joint est garni d’une chemise de cuir K, qui protège.tout contre la poussière. Quand une usure se manifeste de façon sensible dans le joint, on remplace les billes primitives par des billes plus fortes.
- Jouets
- Toupie aéroplane. — Nous avons décrit autrefois les toupies drilles ou assiettes tournantes, qui sont actionnées à l’aide d’une baguette dans laquelle tourne une tige métallique sous la pression de la main et qui appuyée sur la toupie la met en mouvement. L’inventeur vient d’apporter à ce jouet une modification qui
- Toupie aéroplane.
- permet à la toupie de s’élever en l’air d’une façon très amusante. Il a simplement découpé les toupies en réservant 4 ailettes inclinées dans le sens du mouvement et entourées d’un cercle protecteur. Pour lancer la toupie, il suffit donc d’appuyer dessus avec une tige en renfermant une deuxième que l’on fait tourner à volonté. La toupie tourne, s’élance en l’air et retombe après quelques instants en continuant à tourner ; ce jouet est très amusant. — La toupie aéroplane se trouve chez M.Mathieu, i3i, Galerie de Yalois, Palais-Royal, Paris.
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- VARIÉTÉS
- Congrès des Sociétés savantes à Montpellier. —
- Le Congrès des Sociétés savantes de Paris et des départements s’est tenu cette année à Montpellier, du 2 au 6 avril. Nous ne pouvons songer à donner un compte rendu détaillé de tous les travaux. Nous signalerons donc seulement ceux que nous jugerons de nature à intéresser nos lecteurs (Voy. Journal Officiel des 5, 6, 7 et 9 avril 1907).
- I. Section d'histoire. — Nombreuses communications et lectures relatives à l’histoire de France et surtout aux histoires provinciales : les Calendriers perpétuels au moyen âge (chanoine Morel); élude critique de la Chronique du roi François 1er ( 1515 -154^), par M. Hauser, qui montre que c’est une compilation de seconde main, dont les matériaux sont empruntés à la Mer des histoires; Origines de l'abbaye de Saint-Chinian (Hérault) (abbé Sabarthès); histoire de : l’Abbaye de Saint-Victor de Marseille (Bas Languedoc) (M. Arnaud d’Agnel) ; la ville de Saint-Saturnin du Port, aujourd’hui Pont Saint-Esprit (M. J. Berthelé) ; la Communauté de Saint-Laurent des Arbres (chanoine Alb. Durand) ; étude sur les Lettres de Christine de Suède conservées à la Faculté de médecine de Montpellier (M. L. André); histoire du Commerce des draps dans le Languedoc (abbé Chaillau) ; Procès-verbaux des Etats du Languedoc : M. Roque Ferrier insiste sur l’importance de ces textes manuscrits, dont il existe seulement quatre exemplaires, fort mangés des vers, et où se trouve consignée de i5i8 à 1789 toute l’histoire authentique, documentaire et non altérée d’une vaste province. Si l’on n’y porte rapidement remède, il est à craindre que ces 600 volumes in-folios soient un jour perdus sans remède. La section émet un vœu en faveur de leur impression intégrale; la Population du Bas Languedoc aux xiii0 et xiv° siècles (M. L. Thomas).
- Parmi les travaux de la sous-section de Philologie et linguistique, nous signalerons : étude sur la Gava-cherie de Monségur, près la Réole (M. Ph. Queyron) : les Gavaches sont des populations venues de Saintonge, du Poitou et des Charentes vers la Basse-Guyenne, dans la dernière moitié du xv° siècle, sur l’invitation des seigneurs de celte région, dont les terres étaient incultes et dépeuplées par suite de la guerre de Cent Ans. Elles parlaient une langue composite qui les isolait au milieu de la population ancienne du pays et leur avait valu le nom injurieux de gavaches, emprunté à l’espagnol; étude sur les noms de lieux, dans la Nièvre, le Cher et l’Aude (abbés Sabarthès et Meunier) ; diverses communications de phonétique, par MM. de Grammont, Meillet, Amy, etc.
- II. Section d'archéologie. — Il a été rendu compte des résultats d’un certain nombre de fouilles : le Temple du Puy-de-Dôme (M. Audollent) ; Alésia (commandant Espérandieu) ; Catacombes d’LLadrumète (Tunisie), 112 galeries explorées (chanoine Leynaud) ; Carthage, nécropole de Donimes et temple de Junon (R. P. Delattre) ; Fouilles et recherches du Larzac (M. Félix Mazauric) : signalons que, pour l’auteur, la date de beaucoup de menhirs serait franchement postérieure à l’âge du bronze : il en a, en effet, trouvé un, posé sur un tumulus halstattien ; Station néolithique de Laroquebrou, Cantal (M. Calle). D’autre part, parmi les communications, signalons : influence lombarde dans Varchitecture romane de la région de Montpellier (M. E. Bonnet) ; l'Église gothique du Midi de la France (M. Lefèvre-Pontalis) ; étude de la. crypte de Sainte-Aphrodite, à Béziers (M. L. Maître); Les cloches authentiques du xm° siècle (M. Berthelé) : on ne peut en toute certitude en compter que cinq : celles de Fontenailles (1202), au Musée de Bayeux, de Sidailles, les deux du Beffroi de Rouen, fondue par Jean d’Amiens, celle de Solre-le-Château ; l'Architecture privée de Montpellier (M. J. Gauthier); Rapports entre les industries de l’époque de la pierre dans le Nord et le Sud de la Gaule (Dr Capitan) : c'est un essai de synthèse générale.
- III. Section des sciences économiques et sociales. — Signalons : Eaux et forêts en Lorraine au xviii0 siècle (M. P. Boyé) ; la Crise monétaire au xviiT siècle (M. E. Deville) ; Rapports entre la sociologie et la géographie (M. de la Grasserié) •; Pour la défense de la graphologie (Mmo de Salberg) ; Causes et remèdes de la crise vinicole (M. E. Lagarde).
- IV. Section des sciences. — MM. Mairet et Florence étudient : Y influence du travail intellectuel sur la nutrition : il ralentit l’activité nutritive générale et en même
- temps active la nutrition générale. MM. Soubeiran et Demelle décrivent un appareil spécial pour l'anesthésie qu’ils ont présenté à la Société de chirurgie de Paris. Plusieurs notes intéressantes sur la fièvre typhoïde : le Dr Vallet l’étudie dans le 16° corps d’armée et montre ses “rapports avec l’alimentation en eau; MM. Bertin-Sans et Rodet font un travail analogue pour les villes du département de l Hérault. Le Dr Lagriffont a fait des essais sur la vaccination antituberculeuse : il considère la réalité de son action comme démontrée, bien qu’elle ne puisse encore entrer dans la pratique médicale.
- Parmi les communications de sciences naturelles, nous relevons celles de M. Mingaud : La protection du castor du Rhône, à la suite de laquelle est adopté le vœu que cet animal soit protégé et sa chasse interdite, ainsi que sa destruction; de M. Malieu sur la flore des catacombes parisiennes. Pour l’auteur, qui confirme d’ailleurs des recherches antérieures, la flore des carrières est un mélange de races normales et de quelques types en voie de modifications, ou même complètement modifiés. Ces formes, dont les nouveaux caractères rapidement obtenus sont parfois fixés, sont produites par les conditions biologiques ambiantes, différant de celles des cavernes par une richesse relative et une profondeur très peu considérable. Elles se survivent malgré tout par reproduction (spores), exceptionnellement par multiplication (conidies) ; communication deM. Flahault sur les excellents résultats déjà donnés par les jardins botaniques de montagnes, comme ceux de l’Aigoual, et la nécessité de développer ces excellentes institutions. — M. Belloc parle de Y état actuel des glaciers dans les Pyrénées centrales, où il se manifeste dans l’ensemble une augmentation sensible. — M. Ferrasse expose Y Hydrographie des bassins de la Cesse et de l'Ognon (Minervois S, travail où il présente le Causse nummulitique comme le siège d’une sécheresse extrême, tandis que le haut Minervois est riche en eaux subaériennes, et le bas Minervois en eaux d’imprégnation.— M. Mazauric a étudié la Spéléologie du Larzac et les origines de la Vis (Gard) ; parmi d’autres constatations pleines d’intérêt, ce travail signale une fois de plus la curieuse relation qui existe entre les sources et les avens dont les ouvertures bâillent à plus de 3oo mètres sur le plateau.
- V. Section de géographie historique et descriptive. — Un certain nombre de communications sont de haut intérêt, entre autres celle de M. Malavialle, sur Vile Otinticha de la carte d'Andrea Bianco et sur la prétendue découverte de l’Amérique par les Portugais avant Christophe Colomb. Cette carte est la première qui donne un tracé positif de la côte occidentale d’Afrique entre le cap Bojador et le cap Vert. A l’ouest de ce cap sont deux îles en forme de croissants de lune appelées Dos Ermanes (les deux frères). Au sud-ouest une terre plus grande qui est tronquée par la coupure du parchemin et qui est ainsi désignée : Ixola Otinticha xelonga a ponente i5oo mia. Ce terme à'otinticha a été jusqu’ici traduit par authentique : on a cru voir dans cette terre une île réelle représentant l’ensemble des îles du cap Vert ou même, d’après l’hypothèse de M. Henry Yule Oldham, la pointe du cap Saint-Roque au nord-est du Brésil. S’il en était ainsi, les îles du cap Vert auraient été découvertes une douzaine d’années plus tôt qu'on ne l’avait cru jusqu’ici et l’Amérique elle-même aurait été trouvée par les Portugais l’année même de la naissance de Christophe Colomb. Mais cette hypothèse célèbre est démontrée fausse par la comparaison de cette partie de la carte d’Andrea Bianco avec la section correspondante de la mappemonde catalane de la bibliothèque d’Este à Florence qui est également du milieu du xv° siècle et qui a été publiée par Kretschmer dans la Zeitschrift der Gesellschaft für Erdkunde à Berlin en 1897. On y voit clairement que cette Ixola otinticha est une île fantastique : l’Atlantide de Platon. M. Malavialle donne aussi de curieux renseignements sur les Sources de la mappemonde hydrographique de Waldseemüller (i5i6) en ce qui concerne l'Afrique et une Notice sur un portulan du xvi° siècle de la bibliothèque de VUniversité de Montpellier.— Signalons encore : Géographie historique et descriptive delà Sologne (Aug. Chauviné) ; Vhabitation dans les plaines littorales du golfe du Lion(M. Sorre) ; la notice de M. Duffart sur la Cartographie originale de Claude Mafu, dessinateur, puis ingénieur du roi (i65o-i73o).
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
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- Porcelaine de Saxe. — Nous n’avons pas l’intention de refaire l’histoire de la manufacture de porcelaine de Meissen, qui a été souvent écrite ; mais en dehors de cette fabrique royale, qui produit des articles de tout premier ordre, l’industrie de la porcelaine en Saxe ou dans la région saxonne est d’une réelle importance, et c’est de là qu’arrivent tous ces articles, de qualité secondaire sans doute, mais portant le nom légitime de « Saxe » et offrant bien l’aspect général classique, qu’on vend un peu partout.
- C’est au xvjiie siècle que l’industrie de la porcelaine en Saxe fut créée par Johann Frederich Bottcher; mais il fallut attendre presque le commencement du xixe siècle pour que des manufactures particulières se fondassent en Thuringe, dans la région saxonne. Les souverains aidaient du reste à ces tentatives, non pas seulement en donnant gratuitement de vastes étendues de terrain pour la recherche du kaolin, en accordant des monopoles de production, mais encore en permettant aux gens qu’ils voulaient favoriser de prendre pour ainsi dire sans aucune redevance tout le combustible dont ils pouvaient avoir besoin dans les forêts domaniales. Les matières premières revenaient à très bon marché, et pourtant les produits se vendaient un bon prix.
- Dans la période de début on se servit du kaolin de
- Steinheider, petit village de Thuringe situé auprès de Sonneberg. Au surplus, la production était assez minime le travail ne se faisait point sur des bases scientifiques, et les secrets de fabrication, dus uniquement à l’empirisme, se transmettaient de père en fils dans les familles de propriétaires des fabriques.
- C’est à partir de 1870 seulement que l’on songea ; faire appel à des gens possédant réellement des connaissances et une instruction techniques ; et c’est aussi à partir de cette époque que le commerce de ces porcelaines prit un très sérieux développement. De cette époque datent des écoles d’enseignement technique et professionnel qui sont très fréquentées à l’heure actuelle.
- On compte aujourd’hui en Thuringe au moins 5 o manufactures d’importance, et qui emploient certainement plus de i3ooo personnes; quant à la yaleur des produits fabriqués, elle est estimée un peu diversement entre 25 et 35 millions de francs ; ces porcelaines se vendent principalement en Angleterre, aux États-Unis et en Allemagne même.
- On fait des articles bon marché, mais aussi des qualités supérieures comparables à ce qu’on fabrique de mieux dans le reste de l’Allemagne ; et souvent, sur les marchés étrangers, ces produits ont été vendus comme des porcelaines de Limoges.
- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en mars 1907, par M. Th. Moureaux
- Le mois de mars peut être divisé en trois périodes nettement tranchées : deux séries de beaux jours, du ier au 5 et du 19 au 3i, séparées par une période pluvieuse, du 6 au 18. La pression barométrique moyenne est la plus haute qui ait été observée depuis 1874; Par suite de cette particularité, correspondant à une rare persistance des vents d’entre N. et E., la nébulosité est faible ainsi que l’état hygrométrique, et le nombre élevé des heures d'insolation (202'') n’a été dépassé légèrement qu’une seule fois en mars depuis 34 ans, en 1893. Dans ces conditions, le total de la pluie est nécessairement faible, 25mm au Heu de 38. La température moyenne du mois est supérieure à la normale de o°,64; l’amplitude de la variation diurne, normalement de 90, s’est élevée vers ii° en moyenne, et a atteint 2o0,4 le 3o; on a observé 11 jours de faible gelée et 22 gelées blanches. La crue de la Marne survenue dans les derniers jours de février, s’est terminée le Ier mars; son niveau s’est ensuite abaissé rapidement, et jusqu’à la fin du mois, la cote, avec quelques légères fluctuations, s’est tenue entre 4 m- et 3 m. avec une tendance décidée à la baisse à partir du 28.
- Dans ses caractères généraux, le mois de mars 1907 présente une remarquable analogie avec mars i8g3, qui marqua le début d’une saison extraordinairement sèche.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 763mra,32; minimum absolu, le 17
- à 7 heures; maximum absolu, 771““,9 le 21 à 10 heures; écart extrême, 2imm,o.
- Température : sous l’abri : moyenne des minima, i°,67 ; des maxima, i2°,57 ; du mois, 7°,i2 ; des 24 heures, 6°,73; minimum absolu, —2°,8 le 25 (—2°,7 le 12); maximum absolu, 22°,6 le 3i. Amplitude diurne, moyenne du mois, io°,89 ; minimum, 3°,7 le 9; maximum, 20°,4 le 3o. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, — 3°,3i; des maxima, 25°,22; minimum absolu, —8°,8 le 12; maximum absolu, 37°,o le 3i. — Dans le sol gazonné, moyennes du mois; profondeur, om,3o : à 9 heures, 5°,12; à 21 heures, 5°,55; profondeur, om,65 : à 9 heures, 5°, 19; à 21 heures, 5°,2i; profondeur 1 m. : à 9 heures, 5°,22; à 21 heures, 5°,26. — De la Marne : moyenne le matin, 6°,94; le soir, 7°,4o; minimum, 4°,54 le Ier; maximum, io°,6o le 3i.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 5mm,i4; minimum, 2mm,2 le n à i5 heures; maximum, 9mm,7 le 18 à 20 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 72,1;
- minimum, 21 le 3i à 14 heures; maximum, 100 en 5 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 4,34; minimum, 0,0 les 21, 22 et du 27 au 3o; sans traces de nuage les 28 et 29 ; ciel complètement couvert le 10 et le i5.
- Insolation : durée possible, 367 heures ; durée effective, 202h,3 en 27 jours; rapport, o,55.
- Pluie : total du mois, 25mm, 1 en 32h,2.
- Nombre de jours : de pluie ou neige, n; de pluie inappréciable, 1 ; de neige, 1 ; de grêle, 1 ; de grésil, 2; de givre, 1; de gelée, 11 ; de gelée blanche, 22; de brouillard, 2; d’orage, 1 (le 14); de brume, 5.
- Fréquence des vents : calmes, 27.
- N 3o S. E. . . 14 W . . . . 48
- N. N. E. . 65 S. S. E. . 10 W. N. W. 5o
- N. E . . . i3o S. . . . 5 N. W . . 36
- E. N. E. . IOI S. s. w.. 43 N. N. W . 28
- E 25 s. w. . . 79
- E. S.E . . i3 w. s. w. 40
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 4m>o; moyenne diurne la plus grande, 7m,2 le 11; la plus faible, om,y le 3o; vitesse maximum en i5 minutes, nm,9 le 14, de 11 heures à nh i5“ par vent N. N. W.
- Électricité atmosphérique : moyenne des 24 heures (24 jours), 109 volts; moyenne diurne la plus grande, iyS volts le 8; la plus faible, 80 volts le 3; amplitude diurne, 0,27 ; amplitude nocturne, o,5g.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 3m,6Q ; minimum, 3m,oo le i3; maximum, 5m,Ô2 le Ier.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, 4-6mm,5i; température + o°,64 ; tension de la vapeur, — omm, 16 ; humidité relative, —2,7; nébulosité, —1,70; pluie, — i3mm,4.
- Taches solaires : on a suivi 14 taches ou groupes de taches en 27 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques : faibles le ior ; assez fortes, les 10, 11, 12, et dans la nuit du 21 au 22.
- Floraisons : le 7, orme champêtre; le 10, pâquerette; le 16, tussilago farfara, primevère acaule ; le 17, hépatique bleue; le 18, crocus; le 19, violette des bois, saule marsault; le 22, saxifrage à feuilles épaisses; le 27, amandier; le 28, buxus pyramidalis, buxus Balearica; le 29, arabis verna ; le 3o, jasminum nudiflorum; le 3i, jacinthe, abricotier, ribes sanguineum.
- Premier chant de la grive le 17.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettrés, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Les incisives du lapin. — Nous avons reçu de M. de Vitry, à Pexonne (Meurthe-et-Moselle) une curieuse photographie d’une tête de lapin, caractérisée par l’énorme développement des incisives, qui d’après les indications de notre correspondant, présentent, à la mâchoire inférieure, un développement de 38 mm et à la mâchoire supérieure ma développemeaat de 20 mm. « Celte croissance dentaire anormale, ajoute M. de Yitry, est la conséquence d'un accident arrivé il y a environ six semaines à cet animal. Une des incisives de la mâchoire inférieure s’est trouvée accidentellement rompue. Le lapin ne pouvant plus manger ses aliments habituels s’est accoutumé à se nourrir exclusivement de légumes cuits et de pain délayé dans du lait, de telle façon que le système dentaire n’étant plus entretenu par l’usure quotidienne qui chez les rongeurs est une condition essentielle de leur existence, les dents ont pris une croissance excessive en très peu de temps, au point même que la racine de celle qui à l’origine était rompue, fait actuellement sur les gencives une saillie de 3o mm. » L’observation, nous dirions volontiers l’expérience réalisée par le hasard, est très curieuse.
- Renseignements. — M. A. M., à B. —Vous trouverez à la librairie Félix Alcan, 108, boulevard Saint-Germain, Paris, dans la collection scientifique internationale, plusieurs ouvrages excellents sur l’homme préhistorique, entre autres : L’homme avant les métaux, de Joly; U homme préhistorique, de Sir John Lubbock ; La France préhistorique, de Cartailhac, etc.
- M. Fleuranceau, à Fontenay-le-Çomle. — La roue de pleine eau à godets siphoïdes, la Yivonnaise, décrite en 1901, n° i454, se trouvait alors chez M. de Coursac, ingénieur, Château-de-la-Planche, à Yivonne. Vienne.
- Pour des ouvrages sur des systèmes analogues, veuillez vous adresser chez M. Ch. Béranger, éditeur, i5, rue des Saints-Pères, Paris.
- M. Ch. Feige, à Pai'is. — Nous ne voyons pas de moyen de nettoyer à sec la dentelle dont vous parlez.
- Abonnée i8o5-5. — Nous n’avons pas la longitude exacte de Lisbonne : c’est environ 110 45’ ouest du méridien de Paris.
- M. M. C. 12. — Remerciements pour les renseignements que vous nous avez envoyés.
- M. L. Barrière, à Thiers. — Ouvrages relatifs au massifs des Maures et à la Côte d’Azur : Guide Joanne, La Provence', Stéphen Liégeard, La Côte d’Azur, Paris, Quanlin, in-40, 1888; Gabriel Charmes, Station d’hiver de la Méditerranée, Calmann Lévy, 1885. Prix : 3fr,5o; F. Wallerant, Etude géologique des Maures et de l’Es-térel, 1889, thèse de doctorat (minéralogie) non mis dans le commerce, demander chez Hermann, 6, rue de la Sorbonne; E. A. Martel, Le Frayas et l’Esiérel, Dela-grave, 1899. Prix : 1 franc; Monographies Joanne à 1 franc, Cannes et Grasse, L'Estérel, Menton, Nice, Beaulieu, Monaco ; Philippe Casimir, Guide des pays d’Azur, 1904, Berger-Levrault. Prix : 3fr,5o; Ardouin-Dumazet, Voyage en France, i3e série (Provence maritime), Berger-Levrault. Prix : 3fr,5o.
- M. Ant. Thijs, à Blauwput-les-Louvain. — Nous ne possédons de renseignements sur le sujet que vous indiquez et ne voyons pas qui pourrait les fournir. Vous pourriez peut-être cependant vous adresser à la maison Thibouville-Lamy, 68, rue de Turbigo, à Paris.
- M. A. Tournier, à Aregua (Paraguay). — Le procédé de dorure du laiton, indiqué dans nos Recettes et Procédés utiles, 3“ série, p. 116, est tout indiqué pour la restauration des vases dont vous parlez. Vous aurez seulement soin de procéder d’abord à quelques essais sur des pièces de valeur moindre.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. de Vitry, à Pexonne; M. II. Chabal, à X. Remerciements pour vos communications.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Un petit artifice de menuiserie. — Il arrive trop souvent que, quand on a besoin de ménager dans du bois un logement pour une plaque de fer, enti'ée de seimure, chaimière, etc., on creuse trop profondément. Si on laissait les choses en l’état, ce serait tout au moins fort laid, et pour une charnière cet enfoncement exagéré pourrait avoir des inconvénients sérieux. Pour remédier à la chose, il ne faut guère songer à faire un l'emplis-sage sous la charnière avec une lame de bois taillée à la forme : elle serait très mince et risquerait grandement de se fendre quand on enfoncerait les vis. Le mieux est de découper des feuilles de papier d’emballage et d’en mettre les unes sur les autres le nombre nécessaii'e pour ai'river à l’épaisseur convenable.
- Préparation d’un terrain de tennis. — Ceux qui jouent à ce jeu passionnant savent que cela s’appelle officiellement une cour, ou plutôt une court; mais le terme n’a point d’importance. On commence naturellement par enlever toute la terre végétale, le gazon, la végétation, etc., pour obtenir une forme creuse montrant par elle-même de la résistance. Il faut avoir soin d’arracher les racines qui sont dans le sous-sol, et qu’on pourrait voir un jour pointer en trouant le terrain préparé. On dame et pilonne le fond de la forme, après l’avoir mis de niveau en remplissant soigneusement tous les trous; puis on jette dans le creux des débris de briques que l’on pilonne également avec soin. Il est nécessaire
- de passer ensuite un fort rouleau; puis on étend une couche de menu coke tamisé de manière qu’il soit de grain homogène, la grosseur des grains ne devant pas dépasser une dizaine, tout au plus une douzaine de millimètres; la couche aura 5 cm à peu près. On passe de nouveau au rouleau. On se trouve bien, quoique cela coûte un peu plus cher, de mélanger le coke d’un peu de coaltar : le terrain dure de la sorte bien plus longtemps. Les lignes et séparations de la cour sont faites avec des bandes de pierre mince qu’on noie dans le lit de coke à affleurer. Et on jette par-dessus le tout, en ménageant autant que possible ces lignes, du sable dame.
- Inconvénients des courroies de cuir sur les bacs d’accumulateurs. — Très souvent, dans le matériel de l’automobile, on munit les bacs ou boîtes d’accumulateurs de courroies et poignées de cuir; afin qu’il soit plus facile de les manœuvrer. C’est une grosses faute, tout simplement parce que les acides rongent le cuir assez rapidement, et le plus souvent sans qu’on s’en aperçoive. On saisira une boîte par sa poignée, celle-ci se rompra et la boîte tombera à tei're en entraînant la mise hors d’usage de l’accumulateur. Le mieux est d’avoir des poignées faites d’un petit câble métallique flexible; il importe d’ailleurs que le point d’attache soit suffisant pour répondre par lui-même au poids considérable du contenu.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 avril. . . . 7°,5 Calme. Éclaircies. 0,0 Rosée ; brumeux ; nuageux ; gouttes à 21 h.
- Mardi IG 7°,0 N. N. W. 2. Couvert 0,0 Rosée; brumeux; gouttes de 11 h. à 15 h. ; couvert.
- Mercredi 17 6°,2 ' N. 3. Couvert. 0,0 Rosée ; brumeux ; gouttes à 15 h. ; nuageux.
- Jeudi 18 5", 2 N. 3. Couvert. 0,0 Gelée blanche ; gouttes à 7 h. ; nuageux.
- Vendredi 19 2°,0 N. N. E. 1. Beau U Gelée blanche; nuageux.
- Samedi 20 2°,5 N. E. 2. Beau. » Gelée blanche ; brumeux ; beau.
- Dimanche 21 4»,5 S. S. E. 2. Eclaircies. 0,0 Gel. bl. ; très nuag.; gouttes à 18 h. ; halo à 20 h.
- AVRIL 1907. — SEMAINE DU LUNDI 15 AU DIMANCHE 21 AVRIL 1907.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche, courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du i5 au 21 avril, la pression atmosphérique a surtout été variable. Le i5 avril, une dépression de 5 mm existait sur la Gascogne. Un vent faible d’entre Nord et Est a soufflé sur la Manche et la Bretagne ; il a été fort du Sud-Ouest à Biarritz et modéré du Nord-Ouest en Provence. Le thermomètre marquait le matin 70 à Paris, 70 à Clermont, 70 à Toulouse, — 20 au mont Yentoux, — 20 au Puy de Dôme; à Paris, la température moyenne a été io° 8. Il est tombé 7 mm d’eau à Rochefort, 5 mm à Limoges, 2 mm à Toulouse, 2 mm à Clermont. 1 mm à Dunkerque. Le 16 avril, les pressions étaient basses sur l’Ouest et le Sud de l’Europe; dans le voisinage de Belfort, on observait le matin 74!) mm ; à midi, on notait 748.8 mm à Paris. Les fortes pressions s’éloignaient vers l’Est. Sur nos côtes, il y a eu un vent faible venant des régions Nord ; la mer Méditerranée était un peu agitée. On a recueilli 14 mm d’eau à Toulouse, 8 mm à Lyon, 3 mm à Nantes, 1 mm à Nancy. La température a été 70 à Paris, à Lyon, à Clermont et à Toulouse; à Alger, elle a atteint 170. On a observé —i° au Puy de Dôme, —90 au mont Mounier, —xo° au Pic du Midi. Le 17 avril, la pression barométrique est restée basse sur tout le continent; on a observé à midi 752,1 mm à Paris. Sur toutes nos côtes, le vent est resté faible. Il est tombé 17 mm d’eau à Besançon, i5 mm à Roche-fort, 4 mm à Biarritz, et 4 mm à Nancy. Le thermomètre marquait le matin 6° à Paris, 6° à Clermont, io° à Alger, — 20 au Puy de Dôme, —20 au mont Aigoual, — 9e au Pic du Midi. Le 18 avril, la pression baro-
- métrique s’est relevée avec rapidité dans l’Ouest de l’Europe; elle a atteint 763 mm en Bretagne. Une vaste zone inférieure à 750 mm s’étendait du Nord de la Scandinavie à la Méditerranée; à Paris, à midi, la pression était 760,8 mm. Le vent a été modéré du Nord sur nos côtes de la Manche et de l’Océan, du Nord-Ouest en Provence. La température était le matin 4° à Belfort, 5° à Paris, 70 à Toulouse, i3° à Alger, —3° au Puy de Dôme, —5^ au mont Yentoux, —120 au Pic du Midi. On a recueilli 16 mm d’eau à Biarritz, 5 mm à Roche-fort, 4 mm à Besançon, 2 mm à Lorient. Le 19 avril, la pression barométrique était le matin 764 mm dans le Nord de la France et à midi 764,4 mm à Paris. La température était aussi très basse; on observait le matin i° à Belfort, i° à Limoges, 20 à Paris, 20 à Lyon, i5° à Alger, —6° au Puy de Dôme, —8° au mont Aigoual, — 12° au Pic du Midi. Le vent qui a soufflé sur nos côtes de la Manche et de l’Océan était faible d’entre Est et Sud; sur les côtes de la Méditerranée le vent était fort du Nord-Ouest. Le 20 avril, la pression barométrique a été 769 mm au Nord de la France. Un vent faible a soufflé sur la Manche ; il était d’entre Est et Sud sur la Bretagne, du Nord-Est en Gascogne. La température a été basse; on a observé 20 à Belfort* 20 à Paris, des minima de — 3° avec gelée blanche dans la banlieue de Paris, — 5° au mont Aigoual, — 6° au Puy de Dôme, — i3° au Pic du Midi. Le 21 avril, la baisse barométrique a été 6 mm en 2$ heures à l’entrée de la Manche; on a noté des pressions de 765 mm en Espagne et de 771 mm en Bavière, à midi la pression était 765,6 mm à Paris. _____________
- PHASES DE LA LUNE: P. Q. le 20 à 8 h. 47 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- j 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, s 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (V7e)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1771 (4 MAI 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Le pétrole en Roumanie. — La production du pétrole roumain s augmente très vite et cette industrie occupe, dès à présent, plus de 185 millions de francs de capitaux étrangers, quoique des considérations religieuses aient détourné certains très gros capitalistes de ce champ d’action. Cette production, qui était de noooo tonnes valant 4400000 francs en 1887, a atteint successivement les chiffres suivants : 1900, 25o 000 tonnes; 1901, 270000 t. ; 1902, 410 000 t. ; 1903, 384 ooo t. ; 1904, 5oo 000 t. ; 1905, 614800 t. valant 27,66 millions; enfin, 1906, 887000 tonnes valant 39,92 millions. Les principaux pays, où cette production est exportée, sont : 1 Angleterre (25 400 t. de pétrole brut; 52 200 de pétrole raffiné et i3 600 de benzine); la France (2200 t. de pétrole brut ; 49 200 de pétrole raffiné et 36 000 de benzine); l’Allemagne (1900 t. dé pétrole brut; i5 600 de pétrole raffiné et 20000 de benzine); l’Italie (34000 t. de pétrole raffiné); la Turquie (ai 000 t. de pétrole raffiné) et l’Autriche-Hongrie (18900 t. de pétrole brut).
- De la distribution du radium dans la croûte terrestre. — Un savant anglais, M. Strutt, étudiant la radio-activité des différentes roches terrestres, a été amené aux conclusions suivantes : le radium peut aisément être décelé dans toutes les roches ignées, les granits étant celles qui en renferment le plus et les roches basiques celles qui en contiennent le moins ; cette distribution est assez uniforme pour qu’on puisse en évaluer la quantité totale pour une profondeur donnée ; les météorites de fer renferment peu ou pas de radium.
- Les essais du croiseur cuirassé « Victor-Hugo ».
- — Le croiseur cuirassé Victor-Hugo, d’une puissance totale de 27 5oo chevaux, a terminé ses essais par une épreuve d’une durée de 4 jours consécutifs. Pendant 72 heures, il a fourni une vitesse moyenne de 19,5 nœuds, soit 36 km par heure.
- Les théâtres de Paris en 1906. — Pendant l’année 1906, les recettes totales des théâtres de Paris ont été 43209584 francs; en 1905, elles avaient été 41 9^3 968 francs; mais,en 1900, elles avaient atteint 57 923640 francs.
- Les chiens de police à Neuilly. — La commune de Neuilly possède trois chiens de berger, de taille moyenne, qui remplissent les fonctions de chiens de police. Au commandement, le chien se précipite sur l’individu poursuivi, et le renverse ; mais, s’il en reçoit l’ordre, il abandonne aussitôt son adversaire. Jusqu’ici les ^chiens ont
- accompagné seulement les agents dans leurs rondes de nuit dans les rues de Neuilly.
- L’avenir de la production pétrolifère. — Parmi les richesses minérales qui sont destinées à nous manquer tour à tour par l’épuisement de leurs dépôts naturels, tous limités et non renouvelables, le pétrole est celle dont l’avenir est dès aujourd’hui le plus inquiétant; et cette perspective est d’autant plus à envisager que l’emploi du pétrole, notamment dans l’automobile, se développe avec une rapidité énorme. Dans tous les grands champs pétrolifères, on voit, l’une après l’autre, les nappes rencontrées s’épuiser et l’on est obligé d’approfondir les sondages pour en atteindre de nouvelles. Le phénomène est très sensible en Pensylvanie comme au Caucase. On a un indice manifeste de cet état de choses dans le fait si remarquable que la production pétrolifère des Etats-Unis, au lieu de participer à l’essor intense de toute la production minérale dans ce pays, a déjà commencé à baisser. La région pensylvanienne, ou bassin Appala-chien, avait été un moment remplacée par la Californie et le Texas; mais ce dernier surtout semble s’épuiser très vite et les nouveaux bassins reconnus dans le Colorado, le Wyoming, etc., dont la production a été de 400000 barils en 1906, ne semblent pas destinés à compenser ces insuffisances. Le tableau suivant, qui exprime la production, suivant l’usage, en barils de 42 gallons (ou uu peu moins de 200 litres), le montre d’ailleurs
- suffisamment : igo5 1906
- Californie 35,671,000 34,5oo,ooo
- Golfe : Texas 3o,354,ooo 13,000,000
- — Louisiane. . . 9,672,000 7,000,000
- Lima : Indiana, Ohio. 22,102,000 25,680,000
- Midi continental . . . 12,000,000 21,925,000
- Appalachien ( Pensyl-
- vanie, etc.) 28,324,000 27,346,000
- Total (avec divers). 139,728,839 i3i,o6i,000
- Turbines hydrauliques géantes. — En présence des résultats précieux que donne la turbine hydraulique pour î’ulilisation des chutes d’eau, non seulement on multiplie ces engins de toutes parts, mais encore on les construit avec des tailles de plus en plus considérables. C’est ainsi que, sur la rivière Maurice, à Schwawinigan, on a mis en service un appareil de ce genre dont la puissance atteint 10 5oo chevaux ; d’autre part, on a monté à Snoqualmie Falls, dans l’État de
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- INFORMATIONS
- Washington, une turbine de ioooo chevaux qui ne possède qu'une seule couronne motrice.
- Un thermomètre de valeur. — Nous laissons la responsabilité de 1 affirmation à notre confrère anglais qui la publie : il paraîtrait que l’Uuiversité américaine bien connue John Hopkins, de Baltimore, possède un thermomètre dont la confection n’aurait pas coûté moins de 53 ooo francs, mais qui serait considéré comme absolument parfait; nous ne savons pas dans quelles conditions il a été fait. Il a du reste des divisions extrêmement multipliées, puisque la finesse des graduations gravées dans le verre rend nécessaire l’emploi d’un microscope pour la lecture.
- Le roi de Meakh. — D’après M. Adhémar Leclère, bien connu pour ses belles études d’ethnographie religieuse cambodgienne, jusqu’à ces cinquante dernières années, le roi du Cambodge abdiquait annuellement le pouvoir pendant le mois dit de Meakh. Un intérim, choisi parmi la classe des pontifes ou bakous, était investi pendant trois jours de la puissance royale et portait le titre de roi de Meakh; on le promenait en cavalcade grotesque dans la ville, à la tête de ses dignitaires et de deux cents drôles, armés de matraques, et on le désignait par le sobriquet de roi cloche pied. On ignore au juste la signification de cette coutume parodique, qui constituait probablement un rappel liturgique d’une ancienne forme de gouvernement disparue, et, qui, par d’autres côtés, présente des analogies avec les Saturnales romaines.
- Présence d’un hydrure de calcium gazeux dans l’acétylène commercial. — Le gaz, provenant de la décomposition par l’eau du carbure de calcium, n’est pas complètement absorbable par l’acétone et par les solutions ammoniacales de cuivre comme le serait l’acétylène pur. Il reste un gaz incolore qui, par combustion, fournit de la chaux et de la vapeur d’eau en donnant avec l’oxygène un mélange détonant avec une extrême violence. Ce gaz n’a pu être obtenu tout à fait exempt d’air, si bien que sa formule n’a pu être déterminée; mais ses propriétés permettent de le considérer comme un hydrure de calcium gazeux. Du reste l’acétylène commercial renferme beaucoup d’autres impuretés : hydrogène, hydrogènes sulfuré et pltosphoré oxyde de carbone, etc., qui contribuent à lui donner sa mauvaise odeur et ses propriétés délétères quand il se trouve en proportions un peu notables.
- Sur les alliages du zinc avec l’argent et l’or. —
- On a constaté, entre le zinc et l’argent, l’existence de quatre combinaisons définies répondant aux formules Ag3Zu2, AgZn, Ag2Zn3 et Ag2Zus. Le degré de dureté des alliages ne dépend pas de la rapidité de refroidissement; il atteint son maximum pour une teneur de zinc comprise entre 47>6 et 60 pour ioo en poids. L’or et le zinc fournissent trois combinaisons définies : AuZn, Au3ZuB et AuZn8. Les alliages riches en or possèdent à peu près la même dureté que ce métal, mais sont moins tenaces. Pour une teneur en zinc comprise entre 3i et 6i pour ioo, ils sont très durs et très brillants, par suite de la présence du composé Au3Zn; avec une teneur en zinc plus grande encore, la dureté et l’éclat diminuent progressivement. En remplaçant dans ces alliages le zinc par le cadmium, on peut obtenir les deux combinaisons définies Au4Cd3 et AuCd3.
- Le fer aux Etats-Unis. — La production du fer aux Etats-Unis a été. en 1906, de 25307191 tonnes contre 23 millions en 1905, 16 millions en 1904, la plus forte de beaucoup qu’on ait jamais atteinte, dépassant les productions de l’Allemagne et de l’Angleterre réunies. En dix ans. la production a augmenté de 16 2 pour 100; elle était en effet, de 9652000 tonnes en 1897. Il existe actuellement 374 hauts fourneaux en activité.
- Lancement de navires par le travers. — Aux États-Unis, l’on semble particulièrement favorable au lancement des navires non pas en pointe, mais parle travers, suivant leur axe longitudinal : ou vient de mettre à l’eau, dans ces conditions, sur les Grands Lacs, deux navires de belles dimensions, ayant 165 mètres de long.
- Traverses de chemins de fer en cèdre. — On
- essaye sur une grande échelle ce bois pour la confection des traverses sur les voies ferrées canadiennes et américaines. C’est ainsi que le Grand Truuk Railroad du Canada a 65o kilomètres de voie principale armés avec ces traverses. Le bois semble impérissable pratiquement, et cependant sans demander aucun traitement. Son seul défaut est d’être trop cassant.
- Le trust de l’acier. — Les chiffres suivants montrent 1 ampleur des opérations de l’Uniled States Steel Corporation en 1906 On a traité, cette année-là, 20 millions de tonnes de minerai de fer, utilisé i3 millions de tonnes de coke et 2 millions de tonnes de charbon, produit i3 millions et demi de tonnes d’acier en lingots, utilisé 202000 ouvriers auxquels il a été payé 768 millions de francs de salaire.
- La coloration des ardoises. — La photographie spectrale a permis d'élucider la question de savoir pourquoi les ardoises peuvent présenter des colorations très diverses, passant du bleu au vert par le pourpre, au moins dans les ardoises du pays de Galles. La couleur verte est due au cuivre, la couleur rouge au manganèse et la couleur bleue à un mélange de manganèse et de cobalt.
- Un nouveau procédé de désinfection par la formaldéhyde. — La Nature a entretenu ses lecieurs, à de nombreuses reprises, des propriétés antiseptiques et désinlectantes de la formaldéhyde ou aldéhyde formique et des modes opératoires mis en oeuvre pour appliquer ces propriétés. Le nouveau procédé préconisé, dit procédé d’Autan, est d’une application beaucoup plus facile que celle des procédés connus jusqu’alors. Il repose sur ce fait que les peroxydes alcalins et alcaüno-terreux possèdent la propriété catalytique de dépolymériser la para-formaldéhyde eu présence de l’eau et de provoquer la formation de formaldéhyde. La « poudre Autan » employée à cet effet est constituée par un mélange de paraformaldéhyde et de peroxyde de baryum ou de strontium; ces derniers corps peuvent être remplacés par des perborates ou par des peroxydes de calcium, de magnésium, ou même de sodium, en ayant soin dans ce dernier cas d’ajouter une substance inerte pour diminuer la violence de la reaction. L’emploi de cette poudre so fait en la projetant dans 5 à xo fois son poids d’eau, ce qui donne lieu au bout de quelques minutes à un dégagement rapide d’aldéhyde formiqxie.
- La production du caoutchouc. — D’après le professeur O. Warburg la production et la consommation du caoutchouc ont été les suivantes dans ces dernières années :
- Du xu '' juillet Production Consommation S ttocks
- au 1e1' juillet. totale. totale. au 1 ‘ •' juin
- l899 -1900 tonnes . 53 348 48 352 8 869
- 1900 -1901 5‘2 864 51 136 6 941
- 1901 -1902 — 53 887 54 110 6 816
- 1902- -xy°3 — ' 55 6o3 55 276 5 o53
- 19°3 -1904 — 6 r 759 59 266 4 388
- 1904 -i9°5 — 68 879 65 o83 4 584
- i9°5- -1906 — 67 899 62 574 5 352
- Des 68 000 tonnes produites en 1905-1906, plu s de
- moitié, soit 42 800 tonnes, provenaient de 1 Amérique, dont 41 000 du Brésil : environ a3 400 sont fournies par l’Afrique (45oo de l’État du Congo, i5oo de la Guinée française, i25o de l’Angola, 100 de la Côte d Orl et 1800 tonnes par l’Asie et la Polynésie (200 de Cey-lan, 3oo de la Péninsule malaise et de l’Inde). Les exportations du bassin de l’Amazone dans la même année sont montées à 34 85 2 tonnes, dont 20 167 vers l’Europe et 14 685 vers l’Amérique.
- La Nigérie méridionale. — Le Southern Nigeria TVo-tectorate, constitué par les Anglais dans le delta marécageux et malsain du Niger, a pris, depuis quelque temps, un grand développement économique, tenant surtout aux productions régulières de 1 huile de palme et des noix de palme qui représentent 6x pour 100 de son exportation (12 millions de gallons d’huile de palme, 1000 tonnes de caoutchouc en 1906). Le revenu effectif, qui. il y a dix ans, était à peine de 4 millions, est monté à 16 millions en 1906. Les importations et exportations, à peu près équivalentes, sont d’environ 38 millions.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *>> Photographie
- Support sécheur M. T. L. pour clichés. — Le
- séchage des clichés est une opération délicate à laquelle on ne prête pas toujours toute l’attention qu’elle mérite, et: c’est surtout quand la dimension est petite qu’il faut prendre plus de précautions, la moindre poussière, la moindre tache est plus grave sur une petite surface, où tout devient intéressant, que sur une grande où il y a beaucoup de place qu’on peut à la rigueur sacrifier. Quand on place des clichés sur un chevalet à rainures ils sèchent mal, et pas uniformément, parce que l’espace entre chaque plaque n’est pas suffisant pour éviter la saturation rapide de l’air ambiant. Quand on emploie des plaques souples comme clichés on les suspend à une corde tendue, comme on fait du linge d’une lessive, et dans ces conditions la dessiccation est rapide. Le support M. T. L. est destiné à permettre d’opérer de même pour les clichés. C’est une lame de ressort qui porte en bas une large encoche où l’on engage un coin
- Support sécheur M. T. L. pour clichés.
- du cliché et en haut une autre encoche plus petite où se loge le coin opposé. Grâce à l’élasticité de la lame, qu’on incurve légèrement, cette opération se fait très facilement. Un crochet qui termine l’extrémité supérieure permet de suspendre le tout à une ficelle : il est bon de terminer celle-ci par un ressort à boudin qui assure sa tension (le constructeur livre cette ficelle toute préparée avec les supports). Outre que le séchage se fait beaucoup mieux, l’air circulant librement autour des clichés, on a l’avantage de pouvoir faire cette installation n’importe où et de l’utiliser surtout en voyage, car il est facile d’emporter une ou deux douzaines de supports et une ficelle qui forment un bagage des moins encombrants.
- Par suite d’un tour de main dans la fabrication M. Bernard est parvenu à simplifier l’outillage nécessaire à l’estampage des pièces pour les différents formats. Il en résulte qu’il a pu réduire le prix de ces supports qui vont devenir bientôt un accessoire indispensable du matériel photographique, surtout pour les petits formats qui sont de plus en plus employés. —Le support sécheur se trouve chez M. Bernard, 47, rue du Montparnasse, Paris.
- Jtppareiî de bureau
- L’ellipsographe .Caronnet. — Il existe déjà bon nombre d’ellipsographes ; mais il en est fort peu qui aient été reconnus suffisamment pratiques pour s’imposer d’une manière définitive aux dessinateurs. Celui que M. Caronnet vient d imaginer est surtout remarquable par sa grande simplicité. De plus, et c’est là d’ailleurs son principal avantage, il est d’un emploi très commode et donne d’un seul coup des ellipses, absolument comme, avec un compas, on trace un cercle,
- Il se compose d’une tige cylindrique T terminée par une pointe p qui repose sur le papier. L’extrémité libre est maintenue à l’aide d’une douille d articulée sur une tige t capable de glisser dans un tube d? articulé en e sur un pied P. Une vis de serrage v permet d’immobiliser la tige t dans son support.
- Sur la tige T coulisse à frottement doux, et sans jeu, une autre douille D portant une partie saillante dans laquelle peut glisser la branche b d’une tige coudée bb', l’extrémité b' recevant le crayon m qui tracera l’ellipse sur le papier. On remarque que, dans le déplacement de la douille D, la pointe m demeure à une distance
- L’ellipsographe Caronnet.
- constante de la tige T; elle se déplace donc avec le bras b , suivant la surface d’un cylindre de révolution autour de cet axe, et en glissant sur la feuille de papier elle décrit une section oblique plane de ce cylindre, c’est-à-dire une ellipse.
- Supposons maintenant que nous ayons à tracer une ellipse donnée par les deux axes AÂ', BB'. Le pied P sera tout d’abord placé sur le prolongement de l’axe AA', suivant les deux repères opposés qu’il porte en avant et en arrière, puis la pointe p occupera le centre O de l’ellipse. On règle alors l’écartement de b' de façon que m coïncide avec B ou B' et on fixe b au moyen de la vis de serrage. On voit de suite que, quelle que soit 1 inclinaison de T, toutes les ellipses que l’on pourra tracer avec l’appareil ayant subi ce premier réglage auront la même grandeur de petit axe.
- Mais si nous voulons obtenir une ellipse qui ait AA' pour grand axe, il suffira de donner à la tige T une inclinaison telle que la pointe traçante ?n (au réglage de laquelle on n’a plus à toucher) occupe sur la droite AA' lune des positions A ou A'. Pour cela on agit sur le tube t que l’on élève ou que 1 on abaisse suivant les cas.
- La courbe se tracera alors d’elle-même en faisant glisser la douille D sur la tige T: la pointe m passe exactement aux quatre points AA' BB'.
- On peut, donc obtenir, avec cet instrument, toutes sortes d’ellipses, très allongées ou se rapprochant autant que l’on désire de la circonférence. — L’ellipsographe Caronnet est construit par MM. Coppin frères, 78, rue de la Verrerie, Paris.
- <£§tns, Thermomètre
- Thermomètre à tension de vapeur saturée. — Le
- procès des thermomètres ordinaires, basés sur la dilatation d’un solide, d’un liquide ou d’un gaz, n’est plus à faire. Si les indications qu’ils donnent peuvent être suffisantes dans certains cas, il n’en est pas de même lorsque l’on doit effectuer des mesures de température très précises. De nombreuses corrections sont alors indispensables : correction relative au déplacement du zéro, correction d’intervalle fondamental, correction de pression intérieure et extérieure, correction provenant de ce que la tige du thermomètre ne peut pas toujours être immergée dans le milieu dont il s’agit d’évaluer la température, etc., etc.
- Etait-il possible de créer un instrument suffisamment précis pour meltre les expérimentateurs à i’abri des nombreuses erreurs que les corrections les plus minu-
- àfè' m llfe»
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- SCIENCE APPLIQUEE
- tieuses ne parviennent pas toujours à éviter? M. J.-B. Fournier, préparateur au laboratoire des recherches physiques de la Sorbonne, s’ëst posé cette question et l’a résolue en imaginant un appareil basé sur le principe de physique suivant : La tension d'une vapeur saturée est fonction seulement de sa température et est indépendante du volume qu'elle occupe.
- Sur ce principe ont été construits divers appareils, thermomètres et pyromètres. Nous allons décrire un seul de ces instruments : le thermomètre à cadran.
- L’appareil comprend un cadran de forme ordinaire et une capacité S réunie au tube moteur du cadran par un tube métallique capillaire d dont la longueur peut atteindre et même surpasser i km. Le tube moteur a, à section elliptique, est rempli d’une matière inerte et peu dilatable, telle que du sable. Une des extrémités est fixée sur le fond non déformable d’une boîte métallique, tandis que les mouvements de l’extrémité libre sont transmis par une bielle p à un levier q monté sur un pivot fixe et dont le grand bras, de longueur réglable,
- Thermomètre à tension de vapeur saturée.
- porte un secteur denté S qui engrène avec un pignon t solidaire de l’aiguille u.
- Le tube flexible se termine par une capacité quelconque. Ici c’est une ampoule S de la grosseur d’un œuf de petit oiseau. Cette ampoule est la seule partie du système qui soit pratiquement sensible à la chaleur. C’est ainsi qu’on enroule le tube flexible en un faisceau de spirales et qu’on le plonge tout entier dans un bain de température supérieure à la température ambiante, l’aiguille fait un léger mouvement et revient aussitôt à sa position primitive. Cette aiguille ne se met en marche que si l’ampoule est elle-même plongée dans le bain.
- Le liquide introduit dans l’ampoule est de l’acide carbonique, de l’éther, ou de l’ammoniaque, suivant les températures que l’instrument est appelé à mesurer.
- L’appareil dont nous venons de donner le principe peut être construit de différentes manières suivant qu’il est destiné à servir dans l’industrie, dans les laboratoires ou en médecine; les modèles eux-mêmes diffèrent avec les températures à mesurer. C’est dire que les applications en sont très nombreuses et qu’il est capable de tenir la place de tous les thermomètres actuels ; il constitue une vraie révolution dans la mesure des températures. — Ce thermomètre est construit à la Société des appareils Fournier, n, rue Campagne-Première, à Paris.
- Appareils divers
- Marteau aimanté. — L’idée est tellement simple et pratique, qu’on s’étonne vraiment qu’on ne l’ait pas eue plus tôt. Ce marteau est destiné tout spécialement aux tapissiers, qui ont, dans la pratique de leur métier, pour
- Marteau aimanté.
- la couverture des sièges en particulier, à enfoncer aussi rapidement que possible un très grand nombre de petits clous : c’estpour cela qu’ils ont l’habitude, compréhensible en elle-même, de mettre ces petits clous, la semence ainsi qu’on les nomme, dans leur bouche, où ils en prennent rapidement un pour le piquer dans l’étoffe et le bois, et l’enfoncer ensuite d’un coup de marteau sec. On a songé
- qu’un marteau aimanté d’un côté leur donnerait le moyeu de cueillir aisément les clous dans la boîte qui serait devant eux, et surtout cette aimantation permettrait de maintenir la semence verticale tandis qu’on l’enfonce, qu’on la pique pour la faire se présenter bien droite sous le coup de marteau. Le marteau que nous faisons représenter ici, et qui est vendu par la maison Markt (107, avenue Parmentier), a une extrémité suffisamment aimantée pour qu’un petit clou s’y colle la pointe en dehors. On le pique alors par l’intermédiaire du marteau; et, quand il est suffisamment piqué, l’aimantation n’empêchera point qu’on puisse retirer lé marteau sans le ramener lui-même. Rien ne sera plus simple ensuite que de clouer définitivement. Un marteau de ce genre ira chercher les clous dans une pochette, sans qu’on ait besoin d’y introduire la main.
- Meules de corindon à pédales. — Ces meules sont de fabrication américaine, et on le reconnaît immédiatement à leur construction robuste et peu encombrante, au dispositif très simple qui permet de les mettre en rotation continue avec un effort réduit au minimum. On les fait soit à une, soit à deux meules; et, dans ce cas, naturellement, les meules sont de grain différent, afin de répondre aux besoins et aux travaux divers d’un atelier. Dans l’un et l’autre cas, le mouvement est donné par pression sur une pédale qui est aussi sommairement construite que possible, puisqu’elle est faite d’un bout de tube métallique convenablement coudé pour donner appui au pied. Soit directement, soit par l’intermédiaire d’une petite tige de renvoi (comme dans le type à une seule meule), la traction résultant de l’abaissement de la pédale se transmet à une chaîne plate qui passe sur un pignon à dent. Il va de soi qu’un ressort est disposé pour ramener la chaîne plate en arrière, après un premier coup de pied, et faire remonter la pédale, en la disposant pour une seconde impulsion. Grâce à un dispositif analogue à la roue libre, le pignon entraîné
- Meules de corindon à pédales.
- tout d’abord par la traction de la chaîne continue son mouvement toujours dans le même sens, tandis que les choses se remettent en état. Du reste, ce pignon est monté sur l’axe d’une grande roue à dents, et celle-ci transmet le mouvement de rotation, mais à une allure autrement rapide, à un pignon claveté sur l’arbre dont dépend la meule, ou les meules. Instantanément, celles-ci, qui forment du reste volant, se trouvent animées d’une très grande vitesse. (Nous n’avons guère besoin de faire remarquer que, dans l’outil à deux meules, le ressort de rappel de la pédale est logé à l’intérieur même du tube vertical formant bâti de la machine.)
- Un appareil de ce genre se fixe de la manière la plus simple le long d’un mur et sur le sol de l’atelier; on peut y travailler tout aussi bien assis que debout, à condition que l’ouvrier ait un siège de bonne hauteur. Tout le mécanisme est à l’intérieur du tube-bâti, absolument protégé des poussières ; si la vitesse obtenue est très élevée et si les résistances sont faibles, cela tient à ce qu’on n’a pas hésité à monter les roulements à billes. L’appareil est léger, pesant 6 kg 1/2 pour une meule de i52 mm.; il se vend, 107, avenue Parmentier, à Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTE
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- Les robes à traîne. — Rien de plus élégant, de plus décoratif que la robe à traîne, la robe à queue quand elle est portée par une jolie femme. Le tissu de soie ou de velours se développe en ramages descendant de la ceinture : c’est vraiment une toilette riche et somptueuse. C’est du reste le costume obligatoire des cours et des réceptions princières.
- La robe à traîne dans un salon, dans un grand appartement est bien, mais que dire des femmes, qui, sous je ne sais quel prétexte, imaginent de porter dehors la robe à traîne, les jupons extravagants et circulent dans les rues balayant des flots de poussières et ramassant les immondices de la voie publique. Ce n’est ni propre ni coquet; tout le monde, je le sais, ne peut porter la jupe courte, quoique la mode, en raison des sports, tende à s’implanter pour tous les âges et dans tous les pays. Mais entre la jupe courte et la robe traînante, il y a, ce me semble, de la marge et l’on pourrait, au point de vue de la propreté, de l’hygiène et de l’élégance, prendre un juste milieu.
- Le rôle des poussières dans la propagation des maladies infectieuses est considérable et les genles dames qui balayent le trottoir et les rues de leurs traînes ne se doutent guère de ce qu’elles récoltent dans leurs dessous et de ce qu’elles apportent dans leur appartement. Les poussières des rues renferment tous les microbes possibles ; depuis le plus fréquent, le bacille du tétanos, jusqu’au bacille de la diphtérie, de la tuberculose et autres aussi dangereux. Je sais bien que le vent, le modeste balayeur, sans compter la voiture du jour, l’automobile, projette à votre nez tout autant et plus de poussières que n’en ramassent la jupe et la traîne des robes. Mais c’est un flot qui passe et qui n’est pas toujours direct, tandis que le vêtement s’en imprègne et conserve jusqu’à domicile toutes les impuretés dont il s’est chargé pendant la promenade.
- La récolte des poussières collectées par une robe dans ces conditions donne les cultures les plus variées et des colonies innombrables pour chaque culture. La contagion devient donc facile et c’est un costume qui en aura été cause.
- Un certain nombre de municipalités étrangères ont protesté, au nom de l’hygiène, contre cette mode. D’aucunes ont prononcé radicalement l’interdiction absolue, sous peine d’amendes et de procès-verbaux aux délinquantes. A Budapest, Nordhausen, on défend le port de robes à traîne, au nom des intérêts de la santé publique ; à Prague la défense est limitée aux parcs de la ville. J’avoue que je ne comprends guère des règlements, des mesures coercitives contre tel ou tel vêtement. Si vous jugez que les poussières sont nocives, arrosez rues et voies publiques, et empêchez que les poussières s’accumulent. Mais, de grâce, laissez les gens libres de s’habiller comme ils veulent; demandez, au nom de l’hygiène, au nom de la santé de tous que les femmes renoncent à l’usage des robes à traîne,
- mais qu’on n’aille pas encore réglementer sur les modes. Dites à tous que c’est malsain, que ce n’est pas propre, que vous apportez chez vous ou chez vos voisins les germes les plus variés et les plus pathogènes ; mais un peu de liberté s’il vous plaît.
- Quarante-cinq balles dans le ventre. — Rassurez-vous, il ne s’agit pas de quarante-cinq coups de revolver ou de quarante-cinq blessures produites par une volée de mitraille. La chose est plus simple et tout aussi curieuse. Les Cosaques ont l’habitude, au moins certains d’entre eux, d’avaler des balles, obéissant ainsi à une croyance populaire d’après laquelle ceux qui avalent des balles ne sont pas tués par les balles.
- Un jeune soldat, confiant dans le dicton et prévoyant pour lui de graves blessures à la guerre, ne fit ni une ni deux. Ses camarades avalaient une ou deux balles; lui en ingurgita quatorze et le lendemain, ne trouvant pas encore la dose suffisante pour le protéger il en avala à nouveau trente et une. Tout alla bien pendant quelques jours ; quelques balles furent évacuées sans inconvénient, mais un stock s’accumula dans l’estomac et les intestins et le jeune imprudent finit, vaincu par les souffrances et les troubles digestifs, par avouer la cause de son mal.
- La radiographie fit percevoir dans l’estomac une grosse masse noire, puis disséminés dans l’intestin des corps opaques qui devaient être des balles en voie de descente. Malgré les traitements les plus divers, les accidents s’aggravant, le Dr Lewoniewki, qui publie cette observation dans la Presse médicale, dut intervenir par une laparotomie. On retira de l’estomac onze balles ; le lendemain six balles étaient évacuées spontanément. Les autres avaient suivi dès le début le chemin régulier sans incident. Le malade guérit de l’intervention et guérit aussi, je pense, de l’idée d’avaler des balles. Chose curieuse, pendant leur séjour de près d’un mois dans l’estomac et dans l’intestin, ces corps métalliques n’avaient pas subi une altération sensible. Les dix-sept balles, comparées à des balles de même calibre et de même nature, n’avaient perdu sur un poids total de i36 gr. que 35 centigrammes de plomb et on n’avait constaté aucun phénomène d’intoxication.
- Le poids de i3o gr. est déjà respectable comme corps étranger, mais on trouverait mieux en fouillant dans l’histoire des avaleurs de corps de tous genres. Récemment le Dr Monnier a dû ouvrir l’estomac à un pauvre faible d’esprit qui avait avalé divers corps métalliques. Voici la liste des objets trouvés dans la cavité : 8 cuillères à café de 8 à i5 cm; i dos de fourchette avec
- 3 pointes; i passe-fiche de 12 cm; 2 pointes aiguës de 7 à 14 cm; 1 aiguille de 6 cm; 1 lame de couteau de 5 cm; 1 dent de peigne en corne de 8 cm; 1 clef de
- 4 cm; des clous, etc., le tout noir et oxydé, pesant
- 23o gr. Voilà ùn véritable estomac d’autruche et je crois bien le cas à peu près unique pour la variété des corps étrangers. Dr A. C.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Carte topographique du Grand-Duché de Luxembourg à i/5o 000, levée et publiée par J. Hansen. Quinze feuilles gravées, tirées en cinq couleurs, sur format 5o x 65, chez M. J. Hansen, 4» rue Laromiguière, à Paris. Prix de chaque feuille : en couleurs, 3 francs ; en noir, 2fr,25. Prix de la carte complète (les feuilles séparées) : en couleurs, 3ytr,5o; en noir, 28 francs.
- La carte de M. Hansen est la première carte sérieusement dressée du Luxembourg Commencée en i883, elle a coûté vingt-quatre ans d’efforts ininterrompus à son auteur. C’est un véritable monument scienti-
- fique, d’autant plus remarquable qu’il est l’œuvre d’un seul homme.
- L'eau dans l'industrie, par H. de ea Coux, ingénieur chimiste, inspecteur de l’enseignement technique. Paris. Dunod et Pinat. 1907. 2e édit. 1 vol. grand in-8 de 543 pages, avec i35 fig. Prix : broché, 16 francs; cartonné, i7fr,5o.
- Activité chimique de l’eau dans la nature et dans l’industrie. Composition des eaux. Solubilité de certains sels dans l’eau au point de vue industriel ;
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- BIBLIOGRAPHIE
- influence sur l'ébullition. L’eau dans l’alimentation des générateurs de vapeur; dans les usines de teinture, d’impression et de blanchiment; dans l’industrie des textiles; en savonnerie; dans les blanchisseries et lavoirs; dans le travail des peaux; dans les tanneries; en papeterie ; en photographie ; en sucrerie ; dans la fabrication de la glace et des boissons; en brasserie; en distillerie. Corps servant à l’épuration préalable. Précipitation des matières en suspension dans l’eau. Appareils pour l’épuration chimique préalable. Filtres industriels. Stérilisation industrielle. Epuration des eaux résiduaires : par le sol, par les procédés chimiques. Analyse des eaux : qualifications des corps dans l’eau; hydrotimétrie ; dosage des corps.
- La dénaturation de l'alcool en France et dans les principaux pays d'Europe, par René Duchemin, chimiste, secrétaire de l’Union syndicale des usines de carbonisation de France, avec une préface de Cn. Bardy, directeur honoraire du Service scientifique des contributions indirectes. Paris. Dunod et Pinat. 1907. 1 vol. in-8°, x.vi-264 pages. Prix : broché, 7lr,5o; cartonné, 9 francs.
- i° Bibliographie très complète; 20 la dénaturation, son but, moyens employés en France et à l’étranger; causes de l’infériorité de la consommation française, moyens d’y remédier; étude critique des dénaturants.
- La pierre artificielle, par Ernest Stoffler, ingénieur civil. Paris. Bernard Tignol. 1 vol. in-8° (Bibliothèque des actualités industrielles).
- On désigne sous le nom pierre artificielle des briques, cubes, etc., moulés, composés d’un aggloméré de chaux et de sable siliceux. Ou trouvera dans le livre de M. Stoffler, bourré de figures et clairement rédigé, tous les renseignements voulus. Voici la tabie des matières : Préparation des matières premières, chaux, sable. Machines pour le broyage. Mélange du sable et de la chaux. Moulage sous pression Durcissement des briques, coloration, briques réfractaires. Moteurs. L’eau. Appareils pour le transport automatique des matériaux. Plans d’installations d’usines. Exploitations. Prix de revient. Essai des produits.
- L'hygiène moderne, par le D1' Héricourt (bibliothèque de philosophie scientifique), x vol. in-18. Prix : 3fr,5o. Ernest Flammarion, éditeur.
- M. Héricourt, qui avait déjà publié dans la même série un fort intéressant ouvrage sur les Frontières de la maladie, a résumé ici, sous une forme à la fois rapide, claire et pratique, les principes les plus essentiels de l’hygiène moderne, en considérant successivement l’individu, la maison, les collectivités, la vie extérieure (contagion par la rue, par les animaux domestiques, par les insectes, etc.).
- Les scieries et les machines à bois, par P. Razous, ingénieur. ancien inspecteur du travail, ae édition. Paris. H. Dunod et E. Pinat. 1907. 1 vol. gr. in-8, 5a3 pages, 377 fig. Prix : broché, i5 francs; cartonné, i6r,,5o.
- Cette 2e édition contient : i° les chapitres de la première, traitant : l’organisation rationnelle des exploitations en forêt, l’installation des scieries fixes, les diverses dispositions des machines-outils utilisées en charpente, menuiserie, charronnage, fabrication des bois de brosses, confection des caisses d’emballage et des tonneaux, les applications de l’électricité comme éclairage et comme transport de force motrice dans les ateliers de travail du bois, les dispositifs de protection des scies et des machines à lames tranchantes; 20 trois chapitres spéciaux, consacrés aux régions boisées des Colonies françaises susceptibles d’être exploitées, à l’étude qui doit précéder une grande exploitation en forêt, et aux divers procédés pratiques de conservation et de séchage des bois. L’ouvrage de M. Razous est désormais complet et donne, à ceux qu’intéresse l’industrie des bois, tous lès renseignements nécessaires.
- Les falaises de la Manche, par Jules Girard. E. Leroux, éditeur. Paris, 1907, in-4°, 194 pages et 87 pl.
- Excellente description, par un spécialiste des plus compétents, de tous les phénomènes qui concernent les falaises françaises, du Havre à Boulogne : la géologie, 1 abrasion littorale, la formation des plages, les éboulements, la fissuration de la craie, l’évolution du
- galet, les modifications des côtes et baies sont rationnellement commentées et illustrées de magnifiques similigravures.
- Evolution et transformisme. Tome III. t° Les Moné-riens ; 20 Les secrets de la vie; 3° La vie et l évolution du monde minéral. Paris. J. Rousset, 1907 1 vol.
- in-8°. Prix : 3lr,5o.
- Les auteurs pensent avoir rajeuni la question de l’origine des organismes et trouvé des vues nouvelles dans leurs travaux qui marqueraient « une étape importante dans la philosophie de la science ». En fait, ils ont adopté sur toutes les questions les solutions les plus extrêmes et tenu pour démontrées les hypothèses les plus hasardées, de façon à réaliser une sorte de caricature des travaux d’Haëckel, de Buchner, etc.
- La construction des machines électriques, par Julien Dalémont, ancien ingénieur de la Gesellschaft für Elektrische Industrie (Karlsruhe), professeur agrégé d’électrotechnique à l’Université de Fribourg. 1 vol. in-8. Paris. Librairie polytechnique Ch. Béranger, éditeur, 1907. Prix : i2tr,5o.
- Dans cet ouvrage, l’auteur examine dans un premier chapitre l’ensemble de l’atelier, et les méthodes de travail. Il passe ensuite successivement en revue les tôles, les bobinages, les collecteurs l’ajustage et le montage. Un appendice est consacré à l’organisation du travail, au contrôle du temps, à l’entretien des outils, aux essais des machines.
- Organisation comptable d’une affaire commerciale ou industrielle, suivant la méthode de centralisation, par E. Dessart, expert-comptable, professeur à l’Ecole des métiers de Bruxelles. Paris. Dunod et Pinat, 1907. In-4° de 38 pages. Prix : 3 francs.
- Le principe essentiel de la méthode de centralisation, préconisée par M. Dessart, est la synthèse périodique des opérations, tous les huit, dix ou quinze jours ou même tous les mois. Au lieu donc d’inscrire chaque jour, au journal, les opérations effectuées, on se borne à n’inscrire le résumé des opérations qu’une fois par mois. Nombreux exemples et modèles de registres.
- Le Code du chauffeur, par J. Imbrecq, avocat à la Cour d’appel de Paris. 1 vol. in-8° de la Bibliothèque du chauffeur. H. Dunod et E. Pinat éditeurs. Paris, 1907. Reliure pleine. Prix : 7fr,5o.
- Cet ouvrage est le recueil, commentaire et critique, de toutes les lois intéressant les constructeurs, propriétaires et conducteurs d’automobiles. Il renferme des indications et commentaires, à l’usage des automobilistes, sur toutes les formalités à accomplir : déclarations, obligations, identification, conduite, direction, éclairage, vitesse, signaux, sur les examens à passer, sur les incidents de la route.
- Les conditions d’irrigation rationnelle par Jules Crevât, agriculteur. Paris. Ch. Béranger, 1907. 1 br. in-8°. Prix : 2 francs.
- Agenda aide-mémoire de l'automobile 1907. Paris. J. Loubat et Cie, i5, boulevard Saint-Martin, 1907.
- La partie aide-mémoire de ce carnet fort commode est parfaitement comprise. On y trouve : x° Aide-mémoire du constructeur : moteurs à essence de pétrole à 4 temps (compression, allumage, refroidissement
- 1 des cylindres, dispositi n et calcul des manivelles, calcul des volants, équilibrage des moteurs, bielles, pistons, arbres à cames, carburateurs, changements de vitesse, etc.); 20 Guide du chauffeur : allumage, graissage, direction, freins, etc. ; tableau des radiateurs, des signaux de route, etc.
- Le Montreux-Oberland Bernois par le Simmenthal, par Alfred Ceresole. 1 petit vol. in-16. Art. Institut Orell Füssli, libraires éditeurs à Zürich. Prix : itr,5o.
- Dans cet opuscule, M. A. Ceresole décrit les contrées vaudoises, fribourgeoises et bernoijses que dessert la nouvelle voie ferrée électrique depuis les rives du lac Léman à celles du lac de Thoune.
- Les forces hydrauliques et les applications électriques au Pérou, par Emile Guarini. 1 br. in-8°. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs. Paris. Prix : 2 francs.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signales par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes Je renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et Jes recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La
- Moto-Rêve, David et Cio, chemni des Caroubiers, Acacias, Genève. — Motocyclette de Rouzière et Cio, 8, rue Dumont-d’Urville, à Lyon. —Motocyclette Viratelle, 49-rue du Sunnelin, Paris. — Fours à très haute température système Milker (nu 1788, du i3 avril, p. 318) : M. Leuve, constructeur, 28 bis, rue du Cardinal-Lemoine, Paris V°.
- Communications. — La danse des grêlons. — M. le comte llenri d’Ancourt, à Versailles, nous décrit dans la lettre ci-dessous un curieux phénomène, qui n’a pas encore, croyons-nous, été constaté et dont l’explication nous échappe, ainsi qu à plusieurs personnes consultées : « Dimanche 7 avril, à deux heures de l’après-midi, dans le parc de Blinvilliers, près Monttort-1 Atnaury, m’étant abrité dans une baraque de chaume, j’observai le tait suivant: Une giboulée de grêle d’intensité moyenne dura plusieurs minutes ; les grêlons, environ de la grosseur d'un noyau de cerise, tombant sur un sol labouré et hersé quelques jours auparavant, demeuraient à leur point de chute pendant environ deux secondes, puis, après ce moment d immobilité complète, faisaient en Pair un saut de 15à 3o cm, suivi généralement, après un nouveau repos, d un second saut moitié moins important; enfin ils demeuraient tout à fait immobiles. Je crois que tous les grêlons 11e se livraient point à cet exercice, mais un bon tiers certainement le faisaient, et la grêle n’était pas si intense qu ou ne pût bien observer certains grêlons en particulier et suivre leurs évolutions sans les confondre avec d’autres. Le même effet se produisait à quelques pas de là sur un sol gazonné. La période de repos très marquée avant le saut exclut toute idée de rebondissement, d’ailleurs le sol fraîchement remué était tout à fait dépourvu d’élasticité, et si on avait jeté des noyaux de cerises ou de petits cailloux, aucun n’aurait rebondi seulement à 1 cm. Je ne vois donc qu’une répulsion électrique pour expliquer ce fait. Je comprendrais que le grêlon, tombant sur un sol très fortement chargé d’électricité, soit, dès que sa force vive est détruite, repoussé comme la balle de sureau du carillon électrique; que dans son saut en l’air il perde sa charge, retombe, et que le phénomène recommence ; mais alors pourquoi ne saute-il pas indéfiniment au lieu de deux fois, et pourquoi cette période de repos, absolument comme le font les grenouilles, qui, à moins d’être très menacées, s’arrêtent généralement entre chaque bond ? Si, au contraire, c’est le grêlon qui arrive au sol avec une forte charge, il devrait la perdre immédiatement au contact et ne plus avoir de motif pour rebondir. C’est la première fois que j’observe ce phénomène et si vous le jugez intéressant vous pouvez le signaler ; pour moi j’attends avec impatience une nouvelle averse de grêle pour voir s’il se reproduit. «
- L'état sanitaire de la banlieue de Paris. — M. Henri Chabal, ingénieur E. C. P., nous adresse une brochure
- intitulée : Rapport sur Vamélioration de l’état sanitaire survenue à la suite de la mise en service des installations filtrantes (système Puech-Chabal) dans la banlieue de Paris (Marseille, Aut. Ged. 48, rue Paradis. — Congrès national d'hygiène et de salubrité publique, octobre 1906). Voici les conclusions de l’auteur, intéressantes, mais peut-être trop catégoriques : « i° Toutes choses égales d’ailleurs, la pureté moyenne des eaux de surface (rivières ou lacs), baetériologiquement filtrées dans des installations par le sable scientifiquement construites, est supérieure à la pureté moyenne des eaux de sources. — 2° Toutes choses égales d’ailleurs, l’état sanitaire (mortalité typhique) d’une ville alimentée en eaux de surface (rivières ou lacs) contaminées ou contamiuables, mais baetériologiquement filtrées dans des installations filtrantes par le sable, scientifiquement construites, est meilleur en valeur absolue ou équivalent à celui des villes alimentées en eaux de sources les plus pures et les moins contamiiiables. »
- Renseignements. — M. Buisson-Borie, Au Fleix. — Patins en caoutchouc pour le pied des chevaux : nous ne connaissons pas de fabricant ni de maison spéciale, mais vous pourriez vous adresser chez Davis, 3, rue Meyerbeer, ou chez tout autre sellier.
- M. P. Caillai, à Gap. — Questions d’électrométallurgie : veuillez vous adresser à la Revue d Electrochimie et d'Eleclromélallurgie, t, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M. A. M., à Bucarest. — La bouée radeau de sauvetage est construite par la Carleylife Boat C° Produce Exchange Building, New-York, West.
- M. Arsonneau. à Marie-Galante. — Vous trouverez des renseignements sur le raffinage du pétrole dans le Traité de chimie industrielle, de Wagner, Fischer et Gautier 12 vol.i, chez Masson et C*-', 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Moonen, à Brévannes. — Nous prenons des renseignements sur la question et vous les transmettrons quand ils nous seront parvenus.
- M. le comte d’Esterno, à Paris. —Vous pourrez voir le nouveau système protecteur pour scies circulaires au Musée des Accidents, Conservatoire des arts et métiers, rue Saint Martin.
- M. A.-H. Nilnac, à Paris. — Nous vous remercions de votre observation. Toutefois îxous ne croyons pas qu’il y ait lieu de faire une rectification ; la phrase que vous citez, détachée, serait en effet parfaitement inexacle et absurde, mais sa signification réelle est nettement marquée par le texte qui l’accompagne et qui ne peut pas permettre de l’interpréter dans un sens aussi absolu que vous le laites.
- M. J. Moch, à Neuilly-sur-Seine. — i° Renseignements sur les bateaux roulants : La Nature, nos 1188, 1242, 1267, 1288; La Revue technique, 25 août i8t,5; La Revue scientifique, 27 octobre 1894, 20 avril i8q5. — 2° Sur Yhydroplune du meeting de Monaco : Revue scientifique, i3 octobre 1906; Vie automobile, n° 270 (1906) et nos 262 à 264.
- M. C.-G. Zissu, à Prahova. — Pour ce qui concerne le modérateur de vitesse décrit dans le n° 1736 du 9 mars, veuillez vous adresser à la Société eu Funiculaire de Belleville, à Paris.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Passage au rouge des toiles à voiles. — C’est ce qu’on appelle la méthode Redwing. On fait une sorte de peinture avec de l’ocre rouge et de l’huile de lin, puis on dilue à l’aide de pétrole, et l’on applique au pinceau.
- Peinture pour objets de fonte grossière. — Cette peinture a 1 avantage d’être bon marché, et de donner une bonne surface unie en remplissant les dénivellations du métal. On commence par préparer un vernis épais en
- jetant 4 kg j/2 de résine, autant que possible pulvérisée, dans 4 litres et demi d'huile de schiste; on fait bien d’additionner ensuite d’un demi-litre d’huile de lin brute ou bouillie, qui donne de l’élasticité. Le colorant à incorporer peut être de l’ocre rouge ; on en prend un peu moins de 2 gr. et on verse dessus peu à peu la préparation première. Le tout constitue un vernis qui s’applique au pinceau et forme une sorte d’émail à bon compte.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France,
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 avril. . . . 10° ,5 W. S. W. 1. Couvert. 0,3 Couv. le m. ; nuageux le s. ; pluie de 3 h. 45 à 5 h. 55.
- Mardi 23 ...... . 7°,8 Calme. Nuageux. » Gel. bl. ; halo solaire et lunaire ; couronne lunaire ; nuag.; brumeux.
- Mercredi 24 11°,7 W. N. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. le m. ; peu nuag. le s. ; bruine à 6 h. 30.
- Jeudi 23 10°,8 Calme. Beau. » Rosée ; brouillard ; peu nuageux.
- Vendredi 26 J0°,1 E. N. E. 2. Couvert. 20,4 Quelq. éclaircies; tonnerre de 16 h. 30 à 16 b. 37 au S. W. pluie de 16 h. à 23 h. 30 avec de la neige.
- Samedi 27 4°,0 N. N. E. 3. Beau. M Gelée blanche; nuageux.
- Dimanche 28 3°,0 N. 3. Couvert. 1,0 Gel. bl. ; pluie et grêle à diverses reprises ; nuageux.
- AVRIL 1907. — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 &VRIL 1907
- Lundi l Mardi l Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 A 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la me?'); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; coui'be en pointillé, thermomètre à l’abi'i à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du 22 au 28 avril, le temps a été beau en général. Le 22 avril, la pression barométrique a été supérieure à 765 mm sur la moitié Sud de lEurope; on a noté 770 mm en Bretagne et en Provence. Un vent faible d’entre Ouest et Nord a soufflé sur les côtes de la Manche, et de l’Est sur les côtes de la mer Méditerranée. Il est tombé 2 mm d’eau au Havre, 3 mm à Brest, 4 mm à Cherbourg, 7 mm à Dunkerque. La température était le matin 8° à Clermont, 90 à Bordeaux, ii° à Paris,'ii0 à Perpignan, 120 à Alger, —3° au Puy de Dôme, —70 au mont Mounier. Le 23 avril, la pression atmosphérique était ti'ès élevée sur la moitié Sud de l’Europe; en Bretagne, on a trouvé un maximum supérieur à 775 mm; à midi la pression était 773 mm à Paris. Un vent faible soufflait du Nord en Provence, et du Nord-Est en Vendée ; le vent était modéré de l’Ouest sur les côtes de la Manche. La température était le matin 5° à Belfort, 5° à Nantes, 8° à Paris, io° h Clermont, 170 à Perpignan, — i° au Puy de Dôme, — 20 au Pic du Midi, — 4° au mont Mounier. A Paris, la température moyenne a été i2°,2; on a observé à la Tour Eiffel un maximum de i4°,2 à 5 heures du soir. Le temps a été beau dans toutes les régions. Le 24 avril, le baromètre a marqué 775 mm en Bretagne, 771,7 mm à Paris. On signalait un vent faible de l’Ouest sur la Manche, un vent d’entre Nord et Est en Gascogne, et un vent du Nord-Ouest sur le Roussillon et le Languedoc. Le beau temps s’est maintenu dans
- nos régions ; dans la région parisienne, le ciel était entièrement couvert d’une nappe qui a donné quelques gouttes. Le thermomètre marquait le matin 8° à Limoges, 90 à Nantes, 110 à Toulouse, 120 à Paris, 180 à Perpignan, 40 au mont Aigoual, 3° au Puy de Dôme, — x° au Pic du Midi. Le 2.5 avril, la pression atmosphérique était 765 mm dans nos régions, yy3 mm en Bretagne. Le vent était faible du Nord-Est en Vendée et en Provence, du Nord en Bretagne, de l’Ouest au Pas de Calais. La température était 200 à Perpignan, i5° à Alger, 140 à Bordeaux, 11° à Paris, 8° au Havre. Le
- 26 avril, la pression barométrique avait baissé sur l’Ouest de l’Europe; ou notait à Paris 769,8 mm. La température était le matin 6° à Dunkerque, 90 à Nantes, io° à Paris, i5° à Bordeaux. A Paris, le ciel était couvert et une forte pluie est tombée dans l'après-midi, brusquement vers 4 heures, et a duré sans interruption toute la soirée jusqu’à 1 heure du matin; vers 10 heures du soir, elle était mélangée de neige ; sur Paris, on a recueilli des hauteurs d’eau de 25 mm. Le
- 27 avril, la pression était inférieure à 755 mm dans une zone couvrant l’Europe de la mer Méditerranée au Nord de la Russie. Il est tombé 3o mm d’eau au Havre, t5 mm à la Hague, 12 mm à Boulogne. La température était le matin 20 à Belfort, 4° à Paris, 8° à Toulouse. Le 28 avril, la pression barométrique à Paris était 758,7 mm. Le matin, la température était r° à Belfort. 3° à Paris, 4° à Clermont, —70 au Puy de Dôme, — 70 au mont Ventoux, — i4° au Pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE: P, L. le 28 à 6 h. 14 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à P Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF ; E-A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne fa Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et 0°, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d'origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1772 (11 MAI 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- La comète 1907 b. — Le 14 avril dernier, M. Mellish, à Madison (Etats-Unis), a découvert, dans la Voie Lactée, près de l’étoile 17 Licorne, à a0 au Nord du point milieu entre Bételgeuse et Procyon, une comète de onzième grandeur. Sa position était, pour 1611 i6m, temps moyen de Greenwich :
- Ascension droite : 6h4om; déclinaison : -j- 8°o'.
- L’auteur de la découverte décrit cette comète comme faible et diffuse, se mouvant rapidement vers le Nord-Est, à raison de 3° à l’Est et 70 au Nord par jour. Dans la nuit du 19 avril, l’astre a été recherché, mais sans succès, à Northfîeld, avec un chercheur de comètes de 5 pouces.
- Voici deux autres observations qui montrent que le mouvement est dirigé non au Nord-Est mais au Nord-Ouest :
- Date Heure (Greenwich) A3 (£) Observateurs :
- 16 avril. i3h5om 7h2m53s -f- i8°32'44" Rjce, à
- Washington.
- 16 avril. i6h3im 7h3m5Ss -f- 190 3' 4" Aitken,
- Observ. Lick.
- Elle est passée au périhélie le 27 mars et s’éloigne actuellement du Soleil et de la Terre. Son éclat diminue. Cette comète est la seconde de l’année 1907.
- La transformation d’oxygène en ozone à haute température. — En portant à l’incandescence quelques points d’une atmosphère d’oxygène et d’azote et en refroidissant fortement les points voisins, on arrive à déceler la formation d’ozone ou oxygène actif, et d’acide azoteux, dû à l’oxydation de l’azote. Ces produits prennent en effet naissance, notamment lorsqu’on fait brûler, au contact d’air liquide, de l’hydrogène, de l’oxyde de carbone.de l’acétylène, du soufre, de l’acide sulfhydrique, du charbon de bois, du bois, etc. ; ou lorsqu’on porte à l’incandescence par un courant électrique, sous une couche d’air liquide, un fil de platine ou un filament de lampe électrique ou lorsqu’on y fait jaillir un petit arc électrique. Dans toutes ces conditions, l’air liquide se colore en bleu ; si l’on filtre, il reste une masse solide bleue d’acide azoteux anhydre sur le filtre, tandis que le liquide bleu foncé est chargé d’ozone. Il ne se forme jamais d’eau oxygénée dans ces réactions. La production d’ozone a lieu même si l’on remplace l’air liquide par l’oxygène pur liquide. Il y a là un nouveau mode de préparation de l’ozone qui, jusqu’ici, était obtenu par action de l’effluve électrique sur l’oxygène, par le procédé dû à M. Berthelot.
- Impressions radiographiques. — M. Paul-L. Mer-canton, professeur à l’Université de Lausanne, nous fait
- connaître un moyen très simple d’obtenir des impressions radiographiques. Un fragment de chemise de brûleur Auer, déjà brûlé, ou ce qui est plus commode, non encore brûlé (ce qui permet la taille aux ciseaux), est appliqué sur une plaque photographique (Lumière, bleue dans le cas particulier), sur le côté pellicule, dans un châssis-presse ordinaire; le châssis est laissé dans l’obscurité pendant un temps variant de 2 à 8 jours. Au développement on obtient une radiographie très nette du tissu. M. L. Mercanton nous a envoyé trois épreuves : la première, obtenue après 91 heures de pose, avec du matériel brûlé, une partie nette directement sur la plaque, une partie floue par superposition à travers du papier noir ; la deuxième, obtenue avec du tissu Auer non brûlé, à travers une feuille de papier noir et après 170 heures de pose; la troisième, après 170 heures de pose et un rayonnement à travers deux feuilles d’aluminium battu. Toutes les plaques employées dans ces expériences ont été des plaques bleues Lumière. Ce procédé permet de démontrer facilement la radioactivité de l’oxyde de thorium.
- L’hydrolyse diastasique de quelques hydrates de carbone. — On sait que les hydrates de carbone : sucres, amidons, gommes, celluloses, quand ils sont ingérés dans l’économie animale, subissent une hydratation ou une hydrolyse c’est-à-dire une fixation des éléments de l’eau, sous l’influence de certaines diastases ou ferments solubles existant dans l’organisme. Cette hydrolyse diastasique a pour effet de transformer ces hydrates de carbone en sucres plus simples, tels que le glucose, qui peuvent être ensuite assimilés. M. Sillière a fait, il y a quelque temps, certaines remarques intéressantes sur ces phénomènes. Il a opéré, d’une part, sur la xylane ou gomme de bois qui donne de la xylose par hydrolyse (préparation qui a fait l’objet d’un article dans un des suppléments de La Nature) et, d’autre part, sur une arabane ou gomme donnant de l’arabinose par hydrolyse. On a constaté que les mollusques gastéropodes, à alimentation végétale, paraissent tous sécréter des diastases ou ferments solubles hydrolysant rapidement la xylane et la transformant rapidement en xylose ; au contraire, les mollusques gastéropodes carnassiers ne sécrètent pas cette diastase. Chez les crustacés, on observe des faits analogues : tandis que les talitres herbivores sécrètent la diastase hydrolisante de la xylane, les homards carnivores n’en sécrètent pas. On n’a pu non plus en déceler l’existence chez les vertébrés. Enfin le système digestif des gastéropodes herbivores, tels que les hélix, ne renferme pas de diastase capable
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- INFORMATIONS
- d’hydrolyser les gommes à avabinose. En faisant agir les sucs digestifs de l’escargot sur le coton, on n’obtient aucune transformation de ce dernier. Si, au contraire, on fait agir ces sucs sur le coton qui a été précipité par l’acide acétique de sa solution dans la liqueur de Scliweitzer ou liqueur cupro-ammoniacale, on obtient une dissolution importante du coton avec transformation en glucose. Il y a eu là sans doute une modification d’ordre chimique ou physique de la cellulose du coton, modification qui l’a rendue plus attaquable.
- La digestibilité de la cellulose dans l’économie humaine. — On sait que les celluloses, suivant leur complexité ou leur état physique, sont d’une digestibilité ou d’une absorption plus ou moins complète ou difficile; cependant le tube digestif de l’homme bien portant est capable d’absorber des proportions considérables de cellulose, variables selon l’âge, l’origine et le plus ou moins de dureté de cette substance. C’est ainsi que M. Lorisch a récemment constaté les proportions suivantes de cellulose absorbée pour différents aliments : choux-raves, 79 pour xoo; épinards, 90,5; ehoux blancs, 100; pain, 85; lentille, 45 pour 100.
- La téléphotographie. — Des expériences de téléphotographies viennent d’être effectuées avec succès par M. le professeur Korn entre Munich et Berlin, à une distance de 386 km.
- Roues et bandages élastiques. — Un concours de roues et bandages élastiques a eu lieu dernièrement. Les lauréats des trois premières catégories du concours sont les suivants : i'° catégorie, Bandage l’Automatique Ducasble (M. Pellingrin) ; a® catégorie, Bandage l’Elastès (M. Rodberg) ; 3e catégorie, Bandage l’Automatique Ducasble (M. Porcherot) ; aucun des inscrits de la 4e catégorie n’a terminé le concours dans les conditions imposées par le règlement. Les concurrents de ce concours, répartis en différentes catégories suivant la puissance de la voiture, ne devaient faire ni réparation, ni changement aux roues et bandages utilisés dans la distance courue Paris-Nice et retour (2400 km). La vitesse moyenne à l’heure a dû être de 3o km.
- Électricité et destruction des ordures ménagères.
- — Birmingham et plusieurs agglomérations de la région possèdent des fermes où elles utilisent à l’agriculture les eaux d’égouts ; or, on vient de décider qu’on emploierait également les ordures ménagères, dont on ne savait que faire, à chauffer les générateurs d’une petite station électrique, qui distribuera courant d’éclairage et force motrice dans la ferme, et aux divers appareils qui servent au traitement ou tout au moins au dégrossissage des eaux d’égouts. Et l’on est convaincu que, de la sorte, on économisera quelque 25 000 fr. sur les dépenses de charbon qu’il fallait faire pour chauffer les générateurs des machines existantes.
- Sur les constituants du fromage d’Emmenthal. —
- Deux chimistes physiologistes, MM. Winternitz et Bis-seger, se sont consacrés depuis quelque temps à l’étude de la composition du fromage d’Emmenthal; ils ont montré que la maturation du fromage fait apparaître un grand nombre de corps cristallisables acides aminés et bases et notamment la tétra et la pentamétylène-diamine et la phénylalanine. Voici du reste le résultat de la détermination de la composition de deux fromages ayant subi respectivement 8 et xi mois de maturation et rapporté à 100 gr. de fromage sec, dégraissé et exempt de cendres :
- Maturation
- de 8 mois de 11 mois.
- Azote total................... i4,4& ï4>73
- Matières albuminoïdes totales . . 11,57 11,57
- Matières albuminoïdes coagulables. 0,46 0,28
- Peptone........................ i,°4 0,82
- Bases (Lysine, diamines, etc.) . . i,i3 1,07
- Lyrine......................... o,56 0,47
- Ammoniaque..................... 0,06 0,48
- Produits aminés................ i,5o 1,74
- Bases alloxuriques............. o,o3 o,o3
- Matières organiques solubles dans
- l’eau.......................22,76 26,06
- On voit par suite de quels éléments complexes est formée la bonne maturation d’un des fromages les plus répandus dans notre alimentation.
- Sur le rendement des divers modes d’éclairage
- — Dans une étude publiée dans le Zeitschrift fur an-gewandt Chemie, M.Lockemann indique les rendements suivants, pour la somme d’un mark (x,r,a5) par heure, en employant les divers modes d’éclairage suivants bougies de cire, 29 bougies Hefner, bougies d’acide stéarique 79, bougies de paraffine et d’acide stéarique io3, bougies de paraffine 117, brûleur à gaz Schmitt 418, brûleur à gaz Argand 556, lampe électrique Edison 662, lampe électrique Nernst 1064, éclairage à l’alcool xi36, brûleur à pétrole Argand i2o5, lampe électrique à filament de tantale 1299, lampe électrique Bayen 1818 brûleur à gaz Auer 2632, brûleur à gaz Lucas 3704, brûleur à gaz Millenium 5ooo, lampe électrique Bremer 8547-
- Minerais de vanadium. — On a découvert au Pérou, dans le voisinage de Cerro de Pasco, un minerai assez, riche en vanadium, qu’on nomme la patronite ; sa dureté est de 3,5 et son poids spécifique de 2,65. On yati'ouvé 10,88 (l/0 de silice, 5,85 d’alumine, 2,45 de fer, 16,08 de vanadium, 54,06 de soufre, o,5o d’acide molybdique et enfin du soufre libre.
- Un conscrit minuscule. — Le conseil de révision à Clichy a vu dernièrement un conscrit qui mesurait une hauteur de 90 centimètres. Ce'conscrit était du reste très bien constitué.
- Nouvel outil en diamant. — C’est à proprement parler d’une nouvelle monture des pointes d’outils en diamant que nous voulons parler. Et ce dispositif a été inventé par la maison Strong and Page Tool C°, de Sheffield. Dans les montures ordinaires, leséchauffements et refroidissements successifs ont le tort de dessertir peu à peu le diamant, qui risque de tomber. Dans cette nouvelle monture, la partie principale comporte une espèce de cône en acier doux, portant un pas de vis à sou exlx'émité : on peut le chausser d’une sorte d’écrou, qui se fixe sur ce pas de vis et emprisonne le diamant, en laissant dépasser la pointe qui deviendi'a la portion utile de l’outil. Quand une première pointe est usée, rien de plus simple que de dégager le diamant, de le retoui'ner pour laisser paraître une autre pointe, et de le fixer dans cette nouvelle position. Généralement on vend avec cette monture une capsule-écrou présentant un trou plus petit, pour maintenir en place des diamants de moindres dimensions.
- Enlèvement électrolytique des écailles d’oxyde de fer. — M. Charles J. Reed, de Philadelphie, a imaginé une nouvelle méthode qui semble remédier aux inconvénients des procédés auxquels on avait essayé de l’ecourir auparavant, et qui avaient tout au moins le toi't d’être irréguliers et peu économiques. Le fer à traiter est employé comme cathode dans une électrolyte acide et faible ; c’est de l’acide sulfurique dilué à densité de 1,20. L’anode est de plomb, et le courant peut varier de 4o à 70 ampères par pied carré de surface de fer. Pour arriver au meilleur rendement, il faut que la température de l’électrolyte soit de 45° C. à peu près. Toutes les écailles seraient enlevées sans que la moindre réduction du fer métallique se produise.
- Une fraude anthropologique. — En anthropologie comme en archéologie on est constamment exposé à des fraudes. Les « tiai’es de Saïtapharnès » ne se comptent pas, mais sont généralement inconnues. Aussi l’aventure récente des silex égyptiens néolithiques de l’île Riou, récemment racontée à l’Académie des Inscriptions par le Dr Capitan, tout en amusant les sceptiques, causera-t-elle [peu de sui’prise. Il s’agit de silex, acquis à Marseille et semés à l’île Riou au Sud de la même ville, par un faussaire qui l’a avoué ensuite, puis découverts avec fracas et au sujet desquels on avait déjà fait une importante communication à l’Académie, en en déduisant, sur les anciens rapports des peuples préhistoriques, les conséquences les plus curieuses.
- Une nouvelle route postale. — On parle d’adopter une nouvelle route postale pour les communications entre Londres et la Nouvelle-Zélande. On passerait par Salina Cruz, le parcours entre Salina Cruz et New-York pouvant se faire en quatre jours par voie de fer; en i3 heures, un paquebot filant seulement 20 nœuds, aurait amené voyageurs et [correspondances d’Auckland à Salina Cruz.
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- L’Ossul clef. — Les clefs anglaises ne sont pas toujours très commodes pour agir sur certains écrous placés plus ou moins à portée de la main. Les clefs en tubes d’acier, droites et coudées, du modèle représenté ci-dessous sont d’un usage plus pratique, surtout si on possède un jeu qui permet de multiples combinaisons. La partie coudée À (n° i) s’applique à deux dimensions d’écrous; elle peut s’ajuster à l’un des bouts
- L’Ossul clef.
- de la partie droite B, qui peut elle-même servir à deux autres dimensions d’écrous, et sur laquelle on agit en passant une tige d’acier dans les trous dont elle est percée. Une autre clef plus forte (n° 2) présente des combinaisons semblables et peut être combinée avec la première pour avoir un long bras de levier (n° 3) qui permet d’atteindre des écrous peu accessibles. M. Pedro Ossul construit une série de 5 clefs droites et 5 coudes, qui s’adaptent à tous les cas. Par ces temps d’automobile où tout le monde est plus ou moins mécanicien c’est un outillage utile à connaître. — L’Ossul clef se trouve chez M. Pedro Ossul, io5, rue du Mans, Courbevoie.
- Clef à serrage instantané. — Cette clef se nomme clef Wakefield, et en principe elle fonctionne comme une clef anglaise ; on pourrait croire au premier abord qu’elle est d’un type courant. Mais elle présente une particularité curieuse et tout à fait avantageuse : la mâchoire mobile est bien commandée par une molette, comme c’est le cas le plus ordinaire ; mais, pour hâter la mise en prise, pour réduire au minimum le mouvement toujours fatigant et lent de rotation de la molette, voici ce qu’on a combiné. Si l’on tire légèrement sur cette molette, on s’aperçoit qu’on la dégage de la den-
- Clef à serrage instantané.
- ture; et dès lors on pourra faire glisser la mâchoire mobile tout le long de la tige plate, sans qu’aucune denture vienne retarder son mouvement. Quand on a ainsi amené le serrage grossier de la pièce à prendre, on laisse remonter en place la molette; et on achève le serrage au moyen de la molette.
- Du reste, si l’on veut employer cette clef comme serre-tube, rien de plus simple que de se servir de la mâchoire supplémentaire dentée qui est fournie avec l’instrument. Cette mâchoire se glisse sur la tige plate, après enlèvement préalable de la mâchoire mobile, et dès lors la clef se manoeuvre de la même manière que dans le premier cas.
- Manches à outils interchangeables. — Nous avons eu l’occasion de dire tous les avantages qu’il y a dans l’emploi d’un seul et même manche pour une série d’outils dont les lames sont démontables : le manche est un
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- organe essentiellement encombrant, occupant une place démesurée par rapport à celle qui est nécessaire aux outils mêmes. Et les Américains, en gens pratiques, ont combiné toute une série de manches démontables et à mandrin de serrage, pouvant s’adapter aux lames les plus diverses de forme et d’emploi,
- Yoici ce qu'on nomme le porte-outils universel Jen-nings : c’est un manche en bois, soit en pommier, soit en palissandre, qui est creux et peut permettre de loger neuf ou dix outils, dont une petite scie et une lime, sans parler de ciseaux, tournevis, gouges, vrilles, etc. C’est dire qu’il est en deux morceaux réunis par un pas de
- Manches à outils interchangeables.
- vis taillé dans le bois. A l’avant, il comporte un véritable petit mandrin à deux mâchoires coniques, et le rapprochement de ces mâchoires est assuré par un collier à oreilles qui évite l’emploi d’aucune clef pour la prise de la tige de l’outil que l’on veut monter et utiliser. Le porte-outil, dit Millers Falls (qui se trouve 107, avenue Parmentier, maison Markt, tout comme l’autre), se vend avec onze outils, dont une scie de 200 mm. de long, qui ne peut pas naturellement se loger comme les autres dans le manche, à cause de sa longueur. La commande du mandrin de serrage est ici assurée par un collier moleté extérieurement, et le mandrin s’adapte aussi bien à des outils très fins qu’à de gros outils. De plus, il peut servir parfaitement d’étau à main, ce qui rend des services tout particulièrement dans un atelier d’amateur. A noter que la tige des outils est munie d’un épaulement les empêchant de pouvoir sortir lors même que, durant le travail, le mandrin se serait de lui-même quelque peu desserré.
- Serre-tubes instantané. — Ce petit appareil porte le nom de serre-tubes Scheffy: il est vendu à Paris par la Maison Markt, 107, avenue Parmentier. Il est absolument remarquable, en ce sens qu’on y rencontre, au plus haut degré, les qualité caractéristiques de simpli-
- Serre-tubes instantané.
- cité et d’ingéniosité des outils américains : il rend les plus grands services, permet de saisir et serrer instantanément un tube, ou au contraire de le lâcher d’un seul mouvement,; il ne peut se coincer; on ajoute même qu’il est incapable d’écraser le tube à serrer, mais nous ferons quelques restrictions à cet égard, car il demande comme
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- tous les autres outils de ce genre à être manœuvré avec précautions.
- Si l’on veut bien examiner la figure ci-jointe, on comprendra tout de suite que le serrage est obtenu par suite de ce fait que le manche, si on le soulève, vient agir sur le dos en forme de came d’une des mâchoires ; et naturellement il force .cette mâchoire à se rapprocher de l’autre mâchoire courbe, articulée par rapport à la première, et aussi au manche. Quand, au contraire, on renversera le manche, le talon inférieur de son extrémité située près de la mâchoire, viendra presser sur le propre talon de cette mâchoire, et cela forcera la partie mordante à s’écarter de l’autre mâchoire. On le voit : pas la moindre vis, pas le moindre ressort, et pourtant un fonctionnement très sûr.
- Marteau en fibre. — On sait les services que rend la fibre végétale : des inventeurs américains ont eu l’idée fort ingénieuse de l’employer à constituer la surface frappante des marteaux. Dans ces conditions, on peut donner un coup vigoureux sans risquer de détériorer la surface métallique sur laquelle on frappe. Évidemment on arrive au même résultat avec les maillets de bois; mais, quand leur face même est détériorée, on n’a que la ressource de se racheter tout un outil neuf,
- Marteau en fibre.
- avantages des roulements à billes pour les vitrines et une foule de panneaux glissants. Ils se font du reste en plusieurs grandeurs. Dans l’un des dessins que nous en donnons, un arrachement permet d’apercevoir très nette-
- Galets à billes.
- ment les billes qui viennent assurer le déplacement de la charge sur le rail disposé dans ce but; cés billes circulent dans un conduit fermé, c’est-à-dire qu’elles se renouvellent continuellement au fur et à mesure qu’avance le panneau dont elles permettent le glissement, et par suite le frottement est réduit au minimum. La disposition nous semble particulièrement ingénieuse
- Nouvel appel d’alarme. — En présence des exploits, toujours plus nombreux et toujours plus audacieux des cambrioleurs, il est bon de se prémunir de moyens de sécurité. Bon nombre existent, inefficaces souvent. N’hésitons pas à en signaler un nouveau qui possède, entre autres avantages, celui d’une très grande simplicité.
- C’est un petit tube métallique de 5 ou 6 cm de longueur à l’extrémité supérieure duquel on place une cartouche construite spécialement pour l’appareil. Au-dessous est armé en permanence, un percuteur. La tige de ce percuteur se termine par une boucle et cette boucle est maintenue — le percuteur armé — par la simple
- alors qu’il en est bien différemment ici. Nous pourrions ajouter que la disposition imaginée (et qui permet précisément le remplacement facile de la face en fibre) donne le moyen de doter de cette plasticité relative de surface frappante, des marteaux de faibles dimensions et fort légers.
- C’est qu’en effet le marteau proprement dit est en métal; mais il comporte à chaque extrémité un chapeau métallique qui peut se visser sur la panne, en y fixant une rondelle de fibre; le dévissage ou le revissage se font au moyen d’une clef à ergot, et le remplacement d’une surface usée ne demande qu’un court instant. — Cet outil se vend, 107, avenue Parmentier, à Paris.
- Appareils divers <*
- Équerre rapporteur ajustable. — Voici un simple appareil qui va permettre aux dessinateurs de tirer facilement et en même temps avec rapidité des traits verticaux ou inclinés, sans être obligé de déplacer le té. Comme le montre la figure, cet appareil est une équerre en celluloïd transparent et flexible avec rapporteur en
- Équerre rapporteur ajustable.
- métal gravé. La longueur du bras le plus grand varie de i5o mm à 35o mm; les rapporteurs sont gx'adués de 5° en 5° seulement. La longueur de l’équerre augmente au fur et à mesure et proportionnellement à la longueur du bras. — L’équerre rapporteur ajustable se trouve chez M. Elias Lévy,ingénieur, i3, avenue de la Motte-Picquet, à Paris (VIIe).
- Galets à billes. — Ces galets sont de conception américaine, et nous les avons trouvés chez MM. Markt : ils sont des plus ingénieux, en ce sens qu’ils assurent les
- Nouvel appareil d’alarme.
- pression de la gâche d’une serrure ou d’un verrou contre le bois. Dès qu’une pression extérieure vient s’exercer contre la porte à l’effet de faire sauter la serrure ou le verrou en forçant à l’aide d’une pince, la boucle du percuteur quitte la gâche et la cartouche éclate en taisant un bruit assourdissant qui met en fuite les cambrioleurs et prévient les habitants.
- Cet appel peut se fixer à toutes les portes, aussi bien à celles des appartements qu’à celles des jardins et des poulaillers, ateliers, etc. Le tube est dans tous les cas toujours attaché de la même manière; seul le mode de commande de déclic diffère. Quel qu’il soit, il est toujours très simple et peu coûteux. C’est là, je crois, un des meilleurs appareils de sécurité qui existe. — L’in-venteür est M. G. Robbe, 10, avenue de Saint-Mandé, à Paris.
- La suspension « Idéale ». — Ce nouvel appareil se compose d’un cylindre en fonte dans lequel est enfermé un double piston élastique en acier spécial de ressort. Ce piston est formé de deux cuvettes élastiques interchangeables et réunies par une noix de serrage. La tige de ce piston est filetée à sa partie supérieure sur une certaine longueur et terminée en bas par une rotule logée dans la cavité sphérique du piston. Enfin un man-
- Suspension idéale.
- chon imperméable en cuir préserve l’intérieur de l’appareil de la poussière et de la boue.
- Le piston est fixé par sa partie supérieure au longeron du châssis tandis que le tube est rendu solidaire de l’essieu par une bride. Lorsqu’un choc se produit le piston élastique glisse lentement et régulièrement grâce à la résistance qu’opposent les languettes extensibles, qui le constituent, sur les parois intérieures du cylindre. Le ressort ne pouvant ni se tendre ni se détendre violemment tous les chocs sont amortis et les oscillations libres toujours irrégulières et parfois violentes se trouvent freinées. — La suspension « Idéale » est construite , par MM. Boudinhon et Cie, 52, rue Balaÿ, à Saint-Etienne (Loire).
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- HYGIENE ET SANTE
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- Le campement. — Prenez un dictionnaire et vous verrez que campement se dit de l’action de camper, de s’installer en plein champ, en plein air sous une tente. En anglais, ce mot se traduit par encamping et par abréviation camping. Le mot anglais a été adopté dans le langage des sports, comme une foule d’autres, du reste, à l’exclusion de mots français. Il serait aussi simple, aussi bref et aussi élégant de dire campement que camping. Moi seul je ne peux réagir contre la mode et bientôt l’usage ; mes lecteurs m’excuseront de préférer le mot français : ce sera ma façon de protester contre cet abus barbare de termes de langue étrangère.
- Le campement est une forme de sport, si l’on veut : c’est pour le moment un genre, mais il ne peut qu’être profitable à la santé. Vivre en plein air, vivre et dormir sous la tente, respirer à pleins poumons l’air vivifiant et salubre des champs, de la forêt, choisir à son gré le coin où l’on résidera le soir, le lendemain, un jour ou plusieurs, se délecter du spectacle si grandiose et si varié de la nature, mais c’est là le repos du corps et de l’esprit. C’est le traitement le plus complet des neurasthéniques, des surmenés.
- La pratique du campement est récente dans nos ré-régions ; elle a été inaugurée en France par MM. Martel et Gaupillat dans leurs premières explorations d’abîmes, il y a i5 à 20 ans.
- Mais par-delà l’Atlantique il y a beau temps que les millionnaires et les milliardaires se livrent au camping pour se refaire la santé. Voici le témoignage d’un de nos compatriotes, médecin aux États-Unis, le Dr Ménager. Notre ville (Spokane), raconte-t-il dans le journal des Championnière, possède de nombreux millionnaires, mais tous ont commencé avec un dollar dans leur poche ; ils sont venus ici en charrettes à bœufs ou en immenses chariots à chevaux il y a vingt-cinq ans. Quelques-uns ont dépensé deux et trois mois de cette étrange vie pour arriver dans notre région. Or la tente était leur demeure temporaire, plus ou moins longtemps suivant la lassitude des bêtes et la réunion de plusieurs tentes composait le campement.... Eh bien, cette vieille habitation, ce vieux procédé de réunion sont encore tout vivants ici. Mais les motifs n’en sont plus les mêmes. Tous ces ménages, hommes et femmes, déjà vieillis par le travail incessant et les luttes journalières, arrivés à la fortune, n’ont point oublié leur début et leur passé.... Tous les ans pendant les étés, où la température s’élève fréquemment à 41, 4*° centigrades àl’ombre, ces braves gens éprouvent le bt-soin de quitter leurs somptueuses demeures et d’aller habiter la tente des anciens jours.
- Rien n’est plus curieux que de voir dans les avenues habitées par ces gâtés de la fortune, à côté de leurs splendides maisons, sur leur gazon irréprochable installer la tente un peu teintée par l’usage. C’est là que tous les soirs ils vont dormir avec leurs enfants sur un simple matelas dur, étendu sur deux planches reposant sur la prairie.
- L’action bienfaisante de l’air se fait sentir rapidement chez les gens nerveux. Les neurasthéniques qui ont besoin, pour dormir dans leur lit, de narcotiques de tout genre arrivent à s’en passer dès les premiers jours passés sous la tente. Il n’est pas besoin, du reste, de chercher loin les exemples; demandez à tous les jeunes gens qui ont fait quelques jours de manœuvres militaires, sans cantonnements ; demandez à nos troupiers d’Afrique qui séjournent de longs mois sous la tente. Comparez les statistiques médicales des soldats casernés et de ceux qui vivent sous la tente et vous verrez les résultats.
- Que le campement, mettez le camping pour ceux qui y tiennent, entre encore plus dans les habitudes de tous ceux qui peuvent le pratiquer. Les médecins conseillent aux débiles, aux éreintés, voire même aux tuberculeux le repos nocturne la fenêtre ouverte : c’est donc qu’il y a avantage à respirer de l’air pur, de l’air non altéré. Le campement en plein champ, dans la nuit étoilée, réalise à merveille le moyen de faire une provision de santé et de réparer les fatigues de la vie agitée de nos grands centres.
- L’eau phéniquée. — Depuis que Déclat et Lister ont
- préconisé l’acide phénique comme agent de pansement antiseptique, depuis que Championnière a vulgarisé en France les doctrines du chirurgien anglais et la pratique de l’antisepsie, on ne veut plus entendre parler dans le public d’autre produit. C’est devenu avec la solution d’acide borique, la panacée universelle pour les plaies, les traumatismes de tout genre. L’acide phénique justifie complètement cette vogue et sa réputation : encore faut-il ne pas l’employer au hasard et savoir s’en servir. C’est un acide fort caustique et qui peut causer des accidents quand on prend des solutions mal faites ou trop fortes.
- J’ai signalé jadis des cas de gangrène d’un doigt produite par une application intempestive d’une solution trop concentrée d’acide phénique. Dans un article très intéressant de la Presse médicale, le Dr Pautrier en donne quelques nouveaux exemples et tous se sont produits à peu près de la même façon : un enfant se fait une petite plaie, une écorchure, a un petit bobo ; dans l’intention louable d’amener la désinfection parfaite on enveloppe le doigt dans un pansement phéniqué bien clos et deux jours après, sans douleur et sans gêne, on trouve la peau mortifiée sur une assez vaste étendue.
- Le Dr Brocq a observé un cas typique de ce genre que relate M. Pautrier. Un colonial résidant en Afrique occidentale se fait une plaie au doigt du pied, on applique de la solution phéniquée ; la plaie s’envenime, il faut enlever l’orteil malade ; on continue les pansements phéniqués, nouvelle manifestation de gangrène qui nécessite une amputation plus radicale. Bref, lassé de voir le mal empirer, le colonial revient en France, consulte le Dr Brocq qui fait cesser les pansements phéniqués et aussitôt la plaie guérit en quelques jours.
- Ces accidents heureusement rares, méritent d’être signalés; ils tiennent en effet uniquement à l’emploi de solutions mal faites ou trop concentrées. Que l’acide phénique soit impur, il se dissout mal dans l’eau, reste en suspension sous la forme de petites gouttelettes et agit alors comme si on l’appliquait pur ; que la proportion soit très élevée même avec une solution bien faite, la causticité est encore trop grande et les tissus peuvent être irrités ou brûlés.
- Comme le fait depuis longtemps observer Championnière, on peut avoir des accidents avec une solution même au centième. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’alcool ajouté comme dissolvant exagère l’action caustique et irritante de l’acide phénique. Dissous dans l’eau, il devient déjà beaucoup moins irritant; dissous dans la glycérine, il perd la plus grande partie de cette action caustique.
- C’est un point de détail qui n’est pas assez connu et c’est vraisemblablement la cause des accidents qui surviennent parfois à l’occasion de ces pansements.
- Le salène. — L’acide salicylique et ses dérivés sont les médicaments de choix contre les manifestations rhumatismales hélas ! si variées et si 'fréquentes. Le sali-cylate de soude à l’intérieur ou en injections sous-cuta-nées au pourtour d’une articulation malade amène l'apaisement de la douleur et la disparition de la fluxion aiguë. Le salicylate de méthyle en applications locales calme très rapidement la douleur, mais il a l’inconvénient d’irriter un peu les tégumënts, et d’avoir une odeur pénétrante et tenace qui se répand dans tout l’appartement.
- Le salène est un mélange des éthers méthyl et éthyl-glycolique de l’acide salicylique : c’est un liquide huileux qui se dissout bien dans l’alcool et l’éther, assez facilement dans l’huile de ricin, ou dar>£ l’huile d’olive additionnée d’un peu de chloroforme. Il peut donc constituer des liniments efficaces. Si j’ajoute qii’il n’a pas d’odeur, qu’il n’est pas irritant, on voit qu’il constitue un médicament avantageux, car il peut être appliqué d’une façon continue sur la peau sans déterminer de rougeur ou de vésication.
- On peut l’employer sous forme de badigeonnages, ou en onctions dissous à parties égales dans un mélange d’huile et de chloroforme. Dr A. C.
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- VARIÉTÉS »
- Figues de Smyrne. — Ce n’est pas seulement par ses raisins, mais aussi par ses ligues, que la région de Smyrne est célèbre ; et celles-ci donnent lieu à un commerce de jour en jour plus important.
- C’est tout le long de la ligne ferrée Smyrne-Aïdin, que se récoltent les ligues que nous voyons arriver sur les marchés européens : les meilleures sont connues sous le nom d’erbeilli, et elles proviennent d’Inovassi ; tandis que les qualités dites Naali et Sultan Hissar, quoique très appréciées encore, sont nettement inférieures par suite de l’épaisseur de leur peau. Ce sont les arbres des plaines qui donnent les fruits les plus gros et les plus chargés de matière sucrée ; toutefois, ils peuvent souffrir d’un excès d’humidité, parce que les terres des plaines s’assèchent moins facilement que celles des plateaux un peu élevés. D’une manière générale, l’arbre commence à porter des figues au bout de six ans, et il est en pleine production à sa quinzième année.
- C’est vers le milieu d’août que les fruits sont mûrs : on les cueille alors, et on les met à sécher en plein air durant 3 à 6 jours ; on peut ensuite les enfermer dans des sacs; ils sont d’un poids de n3 kg à peu près, et deux, formeront la charge d’un chameau : c’est en effet à dos de chameau qu’on les porte à la station du cheiînin de fer la plus voisine. Et quand les sacs arrivent à destination, c’est encore à dos de chameau qu’on les transporte à l’entrepôt du négociant : et cela non pas par esprit de routine, mais à cause de la délicatesse des figues : elles seraient certainement endommagées si on empilait les sacs les uns sur les autres, comme on serait obligé de le faire en cas de charroi. Les arrivages sont bien vite achetés par les grands marchands expéditeurs, qui ont à leur service un nombreux personnel, principalement des femmes et des jeunes filles : il faut en effet trier les fruits, les laver, puis les sécher soigneusement et enfin les emballer. En septembre et octobre, quand les fruits arrivent de la campagne, ce sont des milliers de personnes qui trouvent à s’occuper à ces travaux, et l’on peut dire que la population de Smyrne est particulièrement intéressée à ce que la récolte des figues soit abondante.
- Il est très curieux de voir le triage et l’assortiment se faire : on se base pour cela, non seulement sur la couleur des fruits et leur taille, mais aussi sur la finesse de leur peau, la peau la plus fine, comme nous l’indiquions, correspondant aux figues les plus succulentes. Tout ce qui est de bonne qualité est exporté en nature. Les plus ordinaires des fruits sont emballés dans des toiles ou des paniers, tandis que les meilleurs sont enfermés dans des boîtes de format variable compris en une et deux livres. Au surplus, ces fruits supérieurs sont soumis à une certaine préparation supplémentaire : pendant le traitement qu’on leur fait subir, et dont nous allons dire un mot, les travailleuses trempent constamment leurs doigts dans de l’eau de mer : on estime que cela permet aux fruits de mieux se conserver, et pendant longtemps, sans perdre leur saveur douce. Tantôt on prépare les figues sous forme de ce qu’on appelle « macaroni », le fruit étant roulé' entre les paumes des mains de manière à prendre l’apparence d’une sorte de boudin; tantôt on fait les figues « loukoum », par allusion à la sucrerie qui se consomme tant en Orient, et cela tout simplement parce qu’on donne à peu près aux figues l’apparence d’un rectangle analogue aux carrés de loukoum. On emballe aussi beaucoup de figues en les disposant en couches régulières dans des boîtes : on les appelle oleme ; on fend du reste la portion supérieure du fruit pour mieux l’aplatir.
- Pour donner une idée de l’importance de cette industrie et de ce commerce smyrniotes, nous ajouterons que la récolte de 1906, par exemple, représentait un poids énorme de 20 millions de kilos.
- Bien entendu, les figues de qualité inférieure sont utilisées elles aussi : non seulement les hordas, comme on les nomme, sont consommées par les indigènes ; mais encore et surtout on les distille pour en tirer de l’alcool ; et aussi, comme nous avons eu occasion de l’expliquer jadis, on en exporte des quantités considérables sur l’Autriche et la Hongrie, où on les traite
- pour en faire un succédané de la chicorée, sous le nom de café de figues. D. B.
- La culture des narcisses en Chine. — M. J.Rudolph, dans la Revue horticole, donne à ce sujet des renseignements utiles et amusants. C’est sur des cailloux, dans un récipient quelconque rempli d’eau, que les Chinois cultivent, — depuis longtemps, paraît-il, — une variété de narcisse à bouquet, du groupe des Tazetta, qu’on appelle dans la langue des amateurs de narcisses le Grand Empereur. Il suffit de poser l’oignon sur les cailloux et de renouveler assez fréquemment l’eau pour voir se développer fleurs et feuilles. M. Thiébault horticulteur, place de la Madeleine, à Paris, à la suite de divers essais, a pu appliquer le même procédé à plusieurs autres espèces de narcisses, à diverses jacinthes. La technique très simple est fort clairement indiquée par M . Rudolph, à propos de la jacinthe parisienne bleue hâtive. Nos lecteurs nous saui'Ont gré de là leur signaler ici : dans des récipients quelconques, verre, faïence ou porcelaine, d’au moins 5 cm de profondeur, on dispose du gravier moyen, jusqu’à 1 cm du bord, puis l’on dispose sur ce gravier les oignons, sans trop les serrer et en prenant soin de les caler avec de petits cailloux. On verse l’eau alors, et jusqu’à la hauteur des cailloux, niveau où il faut avoir soin de la maintenir. Ceci fait, on place les récipients garnis dans un endroit obscur, où on les nettoie de temps à autre, puis, au bout d’une quinzaine, on les expose à une lumière aussi vive et aussi directe que possible. Il faut éviter les courants d’air froid, maintenir avec soin le niveau de l’eau, et veiller à ce que la température soit de 10 à i5° le jour et de 8 à xo° la nuit. C’est surtout l’automne que cette jolie culture d’amateur peut être tentée.
- Sur la Toxicité de 1 Hydrogène arsénié. — L’hydrogène arsénié est un gaz très toxique ; parmi les chimistes qui l’ont étudié, Gehlen et Bullacker sont morts à la suite d’intoxication par ce gaz au moment de leurs recherches. Il existe de nombreuses industries dans lesquelles on a constaté des cas graves ou mortels d’intoxication par l’hydrogène arsénié ; on peut citer notamment comme pouvant donner naissance à ce gaz les opérations exécutées avec des métaux ou des acides plus su moins arsénifères pour la préparation de certains sels, pour le décapage, la préparation de l’hydrogène, le montage des piles ou des accumulateurs, la fabrication des composés arsénicaux, etc.
- Des premières recherches avaient finalement fixé à 1/100000 la limite de toxicité de l’hydrogène arsénié dans l’atmosphère en opérant sur le chien. MM. Hébert et lîeim viennent de reprendre l’étude de cette limite de toxicité en opérant sur les cobayes et sur les oiseaux, qui étaient exposés chaque jour pendant un quart d’heure dans des atmosphères à titre connu d’hydrogène arsénié. Les doses minima toxiques d’hydrogène arsénié ont été trouvées : de 3,3 pour 1000 pour l’intoxication rapide et de o,o5 pour 1000 pour l’intoxication lente, chez les cobayes ; de 0,09 pour xooo pour l’intoxication rapide et de 0,02 pour 1000 pour l’intoxication lente, chez les oiseaux.
- Il convient donc par prudence que la teneur en, hydro* gène arsénié des atmosphères industrielles ne dépasse jamais 1/200000.
- Les auteurs que nous avons cités établissent d’autre part une méthode indicatrice de la présence dans l’atmosphère de traces d’hydrogène arsénié et qui consiste à faire passer l’air suspect par aspiration à travers un tube absorbant contenant une solution chlorhydrique de chlorure cuivreux, puis dans un tube en U renfermant une bande de papier préalablement trempé dans une solution de bichlorure de mercure. Le tube absorbant à chlorure cuivreux retient l’hydrogène sulfuré, l’hydrogène phosphoré et l’hydrogène antimonié qui accompagnent parfois l’hydrogène arsénié et qui pourraient se confondre avec lui, mais qui sont moins toxiques.
- L’hydrogène arsénié, ainsi séparé de ses congénères, est décelé par la coloration jaune que prend ensuite le papier en chlorure mercurique sous l’influence de traces de ce gaz toxique dont on peut déceler ainsi une proportion de 1/100 000 dans l’atmosphère. A. H.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un Intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — La croissance dentaire du lapin. — Comme suite à la communication de M. de Vitry, signalés dans notre n° 1770 et relative au développement des incisives du lapin, M. P. Berner, à la Chaux-de-Fond.nous signale, fort aimablement, qu'un cas analogue a été signalé autrefois par M. Raspail, dans le Bulletin de la Société zoologique de France, t. XIX (1894), p. 117-Raspail donne avec son texte un dessin intéressant pour les naturalistes.
- L’importance des rayons colorés pour la vinification.
- — La Nature a déjà plusieurs fois signalé les travaux de M. G. Daclou, de Bordeaux, sur l’actipn des rayons colorés dans la vinification. (Voir notamment n° du 14 mars 1903, Communication ) Le même auteur nous adresse aujourd'hui la troisième édition (Ferel et fils, éditeurs, 15, quai de l’Indépendance, à Bordeaux), du mémoire où il résume ses recherches, entreprises depuis longtemps. Tous ceux qu’intéressent les questions vini-eoles nous sauront sans doute gré de reproduire les conclusions de l’auteur, qui sont très remarquables par leur portée immédiatement pratique. Il résulte, en effet, des expériences de M. Duclou : « i° Que les préparations cupriques et autres employées dans les traitements de la vigne, émettent un courant électrolytique qui modifie la qualité du vin pendant la fermentation.
- — 20 Que celte action agit en raison inverse d’un courant émis, qui est solidaire des couleurs dardées sur le moût pendant cette fermentation. — 3° Que le jaune donne une qualité plus complète, issue du plus faible courant produit; que l’incolore (le blanc) avec un courant plus intense, est solidaire de moins de valeurs analytiques et gustatives. — 4° Que cette action produite par les courants, encore plus intense avec le bleu, mais au détriment de la qualité, est analogue à la pasteurisation qui amoindrit la qualité-d’un vin opéré. — 5° Que dans les années moins réussies l’infériorité ne paraît pas imputable à la greffe franco-américaine, mais aux courants cupriques plus actifs qui sont inhérents à la lumière incolore (blanche) analogue aux suites fâcheuses du traitement pasteurisateur. — 6° Enfin, qu’une fermentation très courte, limitée au temps strictement nécessaire à l’obtention du zéro degré au glucomètre, plutôt que trop prolongée, impose la mise en barriques, et, par suite, la défécation du vin produite par cette opération arrête les manifestations magnétiques aussi bien que ces manifestations ne se produisent plus sur un vin nouveau ou complètement fermenté ou vieilli. » Nous partageons entièrement la croyance de l’auteur que tous ces résultats sont assez complets et assez décisifs pour dissiper les doutes sur l’application pratique et utile de la fermentation photochromique jaune à la vinification.
- Renseignements. M. R., à Latour-de-Carol. — Pour les ressorts de traction, veuillez vous adresser à M. Dubois, à Baisieux (Nord).
- M. E. T., à Nouméa.— Le traitement à faire subir aux éponges après leur pêche, pour qu’elles ne restent pas gluantes, est le suivant. D’abord on les piétine, froisse, presse et lave jusqu’à ce qu’elles aient perdu leurs téguments noirs et la substance vivante mucilagineuse qui leur donne une odeur chloreuse. Quand elles commencent à blanchir, on les met dans une solution d’acide
- sulfurique très étendu, où elles macèrent quelque temps après quoi on les presse et on les lave, puis on les replonge dans une solution semblable et ainsi de suite jusqu’à ce qu’elles soient arrivées à l’état voulu.
- M. A. Boy, à Pessac-sur-Dordogne. — Nous vous remercions de votre intéressante communication et de votre proposition, mais les tulipes comme celles que vous décrivez sont d’ailleurs très connues et nous ne pouvons y revenir.
- M. Bianconi, à Paris. — Sur le totémisme, vous pourrez consulter avec fruit le mémoire de E. Durkheim, Le Totémisme, dans VAnnée sociologique ; le Golden Bougli de Fraser et son mémoire sur le Totémisme ; le livre de Lang sur le Secret du Totem; voir aussi le livre de Spencer et Gillen sur les natives Tribes of Australia, celui de Robertson Smith sur la Religion primitive des Sémites et les différentes notes de M. Reinach réunies dans ses recueils Cultes, Mythes et Religions, chez E. Leroux, éditeur, à Paris,
- M. E. Potier, à Troyes. — Nous ne pouvons que vous confirmer l’avis qui vous a été donné parles hommes de métier, et, nous pensons comme eux qu’il n’y a pas de moyen pratique d’arranger les oiseaux dans l’état que vous décrivez, à moins de faire des frais considérables.
- M. P. T.yllerr, à Rio-de-Janeiro. — x° Ouvrage sur les industries chimiques en général : Traité de chimie industrielle, de Wagner, Fischer et Gauthier, a vol. Masson et Ci0, i2o, boulevard Saint-Germain, Paris. 20 Vous trouverez dans ce même ouvrage les renseignements relatifs au carbure de calcium.
- M. J.-C. Gonçalves, à Lisbonne. — Pour le cinématographe d’amateur, veuillez vous adresser directement à M. Clermont Huet,. 1 x4, rue du Temple, qui vous renseignera complètement, notamment sur les questions de prix qus nous ignorons.
- Casino de la Gran Peùa, Madrid. — Malgré les recherches que nous avons faites au sujet de Va centralité, nous n’avons pu trouver aucun renseignement à ce sujet. Tous nos regrets.
- M. J. Lauras, à Paris. — i° En employant des piles au sulfate de cuivre pour charger de petites batteries d’accumulateurs de quatre éléments, on ne pourrait compter que sur quelques dixièmes d’ampoules. — 20 II faudrait environ cinq ou six éléments. — 3° Une charge installée de la façon que vous indiquez ne serait d’ailleurs pas du tout pratique et on l’a déjà essayé plusieurs fois en vain.
- M. L. Debruyne, à Bruxelles. — Siphons non désa-morçables : peut-être trouverez-vous chez les éditeurs Béranger, 18, rue des Saints-Pères, Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, Paris, un ouvrage consacré au moins en partie à ce sujet, nous n’en connaissons, quant à nous, aucun.
- M. M. B., à Sens. — Vous passez parfaitement à l’huile les bois dont vous parlez, et sans préparation spéciale.
- M. E. B. A. B. — Escaliers de fer : peut-être trouverez-vous des renseignements dans le volume Menuiserie, Serrurerie, elc., publié chez Dunod et Pinat, 49> quai des Grands-Augustins, Paris, dans la bibliothèque du conducteur de travaux publics : il suffit de demander la table des matières de l’ouvrage à ces éditeurs.
- M. X., à Guingamp. — Appareils contre l’incendie, grenades, etc. : maison Labbé, i3g, rue Lafayetle, Paris.
- M. A. de la Chesnais, à Saint-Malo. — Nous avons décrit dans notre « Supplément » à différentes reprises des types de ventilateurs auxquels vous pouvez vous reporter et parmi lesquels il vous sera aisé de faire un choix.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Composition de l’émail des cadrans de pendule. —
- La fusion de cet émail une fois réduit en poudre, nécessite, comme de juste, un tour de main qui ne s’acquiert pas tout de suite; mais il peut être néanmoins, si l’on a la pratique des moufles à fondre les émaux, intéressant de connaître comment on prépare la matière première de l’émail en question. On le compose avec 12 parties de céruse, 2 p. 1/2 d’arsenic, 8 de cristal, 3 de salpêtre,
- 6 3/4 de borax, et 2 de silex. On broie soigneusement toutes ces matières, on les mêle, puis on les fait fondre dans un creuset. On précipite la masse pâteuse à chaud dans de l’eau froide, et elle se laisse alors pulvériser facilement à l’état de sable. C’est dans cet état qu’ou l’étend, avec les précautions ordinaires, sur la plaque de métal qu’on passera au moufle pour la cuisson et la vitrification.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 avril. . . . 2°,9 S. S. W. 2. Couvert. 5,0 Gel. bl. ; pluie une partie du temps ; couvert.
- Mardi 30 7°,2 W. 2. I’luie. 14,3 Couv. jusq. 17 h. ; beau eus. ; pl. par interv. jusq. 17 h.
- Mercredi 1" mai. . . 4°,9 W. S. W. 3. Nuageux. 0,0 Gel. bl. ; averse et grêle à 14 h. 25 ; halo ; nuageux.
- Jeudi 2 3°,9 S. W. 4. Pluie. 11,8 Gel. bl. ; pluie de 5 à 21 h. ; couvert.
- Vendredi 3 10°,0 S. W. 5. Pluie. 5,4 Pluie ou gouttes de 4 h. à 17 h. ; couvert.
- Samedi 4 11°,0 S. W. 5. Pluie. 8,9 Pluie de 6 h. 50 à 19 h. ; brouill. de 8 à 10 h., couvert.
- Dimanche 5 9°,4 E. S. E. 0. Couvert. 0,2 Rosée ; halo ; presque couvert.
- AVRIL-MAI 1907. — SEMAINE DU LUNDI 29 AVRIL AU DIMANCHE 5 MAI 1907
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau-de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée. j.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du 29 avril au 5 mai le temps a été très mauvais et a subi une série d’anomalies rigoureuses qui doivent être attribuées à la lune rousse. Le 29 avril, la situation atmosphérique était troublée sur toute l’Europe; sur la mer du Nord, à Skudesneso, le baromètre marquait 760 mm ; à Paris, à midi, la pression atmosphérique était 758,4 mm. Sur les côtes de la mer Méditerranée soufflaient des vents très forts du Nord-Ouest; sur les côtes de la Manche et de l’Océan, le vent était de l’Ouest. Il est tombé 7 mm d’eau à Rochefort, 6 mm à Biarritz, 2 mm à Boulogne, v mm à Nantes. La température était le matin 3° à Paris, 5° à Clermont, —5° au Puy de Dôme, —8° au mont Ventoux, — i3° au Pic du Midi. A Paris, on a signalé par places de faibles averses de pluie et de grésil. Il y a eu en province des bourrasques neigeuses nombreuses, notamment à Bonneville, dans la Haute-Savoie, à Rodez, à Pontarlier, à Saint-Etienne et dans la régiçyj, de Châlon-sur-Saône. Le 3o avril, le baromètre marquait le matin 754 mm dans le Nord de la France. Un vent modéré de l’Ouest soufflait sur la Manche; il était assez fort d’entre Nord et Ouest sur nos côtes de la Méditerranée et de l’Océan. On a recueilli 3 mm d’eau à Nice, 3 mm à Nancy, 6 mm à Nantes, 7 mm au Havre, 12 mm à Paris, i3 mm à Limoges et i3 mm à Biarritz. La température était le matin 70 à Clermont, 70 à Paris, 90 à Toulouse, i5° à Alger, —20 au Puy de Dôme, —5° au mont Yentoux. La température moyenne de la journée à Paris a été
- 8°,2, inférieure de 3°,2 à la température normale. Le Ier mai, la pression atmosphérique était 768 mm à Biarritz, 760,5 mm à Paris; mais on signalait des dépressions dans le Nord-Ouest de l’Europe. Il est tombé 40 mm d’eau au Havre, 10 mm à Belfort, 9 mm à Biarritz, 6 mm à Paris, 4 mm à Dunkerque, 3 mm à Brest. A Paris, l’averse était mêlée de petite grêle. La température était le matin 5° à Paris, 5° à Clermont, i5° à Alger, —3° au Puy de Dôme, —70 au mont Yentoux,
- — i3° au Pic du Midi. Le 2 mai, le baromètre a accusé brusquement une baisse; il en est résulté un violent coup de vent d’Ouest-Nord-Ouest. Une forte tempête sévissait depuis le matin sur les côtes de la Manche et de la Bretagne. Il a plu sur le Centre et l’Ouest de l’Europe; en France, il est tombé 22 mm d’eau à Biarritz, i5 mm à Paris, 12 mm à Lorient, 9 mm à Cherbourg, 6 mm à Brest, 4 mm à Dunkerque. La température était le matin 4° à Paris, 6° à Toulouse, n° à Brest —i° au Puy de Dôme, —6° au mont Aigoual,
- — 70 au Pic du Midi. Le 3 mai, la situation atmosphérique est restée troublée au Nord-Ouest de l’Eu rope. On a recueilli 27 mm d’eau à Nancy, 23 mm au Mans, i5 mm à Paris, 9 mm à Brest. Le 4 mai, il y a eu des tempêtes de pluie, de neige et de grêle en Europe; la neige est tombée en abondance à Saint-Laurent-les-Bains, en Ardèche et à Borne (Haute-Loire). La pression barométrique en France était le matin 753 mm dans le Nord et 765 mm en Provence, et 758,5 mm à Paris à midi. Le 5 mai, le baromètre marquait 751 mm en Gascogne, 755,5 mm à Paris. Il y a eu de la pluie à Paris (9 mm), à Charleville (2 mm), au Mans (1 næm).
- PHASES DE LA LUNE: D. Q. le 4 à 10 h. 2 m. du soir.
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF î E -A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- * _________________________________
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- j 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, s 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de * La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1773 (18 MAI 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Le bicentenaire de Linné. — Le bicentenaire du grand naturaliste sera célébré à Upsal du 23 au 25 mai. Le « clou » de la cérémonie sera une prise de grades à l’Université, où la promotion sera faite uniquement de docteurs suédois, et pour marquer le caractère d’hommage au passé que doit revêtir la fête, on rétablira pour la circonstance l’usage ancien et tombé en désuétude de conférer les grades dans la cathédrale d’Upsal.
- Voyage de Paris à Madrid en automobile. — M. So-
- rel, qui a effectué au mois d’avril le voyage de Paris à Nice en automobile en 16 heures, voyage dont nous avons parlé dans nos Informations du n° 1769 du 20 avril 1907, a renouvelé le même voyage sur une distance plus longue et des routes plus mauvaises. Il est parti, dans la même voiture, le 6 mai à 2 heures de l’après-midi, de la porte Maillot et est arrivé à Madrid le 7 mai à 6 heures du soir. Il a donc effectué le parcours en 28 heures.
- Essais de téléphonie sans fil. — Des expériences de . téléphonie sans fil avec le système Majorama ont été exécutées le 7 avril entre l’Institut télégraphique central à Rome et la station radiotélégraphique de Monte Mario, soit sur une distance de 4 km. environ. L'appareil transmetteur comprenait un générateur Poulsen dans le circuit duquel était branché le microphone hydraulique du professeur Majorama. Le récepteur était constitué par un détecteur électro-magnétique Marconi. Plusieurs phrases furent prononcées devant le transmetteur et parfaitement entendues au récepteur. On observa qu’en variant d’une quantité minime les constantes électriques du circuit oscillant du récepteur, les signaux transmis disparaissaient complètement. Le timbre de la voix était parfaitement reproduit et il fut possible de reconnaître, à la voix, deux personnes qui parlèrent alternativement devant le microphone. Ce système de téléphonie sans fil sera prochainement expérimenté sur de longue.s distances.
- La télégraphie et la téléphonie publiques dans les stations de chemins de fer suisses. — Le Conseil fédéral suisse a ratifié, le 22 mars dernier, une convention passée entre le département des Postes et la direction générale des chemins de fer fédéraux, en vertu de laquelle les stations de chemins de fer peuvent être utilisées pour la correspondance privée à partir du Ier avril. La surtaxe de o,5o fr. qui était perçue dans certains bureaux avant la convention est supprimée. Enfin il de-• meure entendu que l’expédition des télégrammes concernant le service des chemins de fer aura toujours la priorité sur celle des télégrammes privés.
- Nouvelles communications télégraphiques. — Une
- communication télégraphique directe a été établie entre les îles Sainte-Lucie et Dominique, dans les Indes occidentales. Ce nouveau câble remplace ceux de Dominique-Martinique et Sainte-Lucie-Martinique qui étaient interrompus depuis le 8 mai 1902. L’île de Tobago vient également d’être mise en communication avec les îles Trinidad par la télégraphie sans fil. En Indo-Chine, le gouvernement français vient d’ouvrir une nouvelle ligne télégraphique destinée à relier l’Indo-Chine et le Siam, entre Bassac et Oubone. Enfin la Commercial Câble Company a chargé la « India Rubber Gutta Percha and Telegraph Works C° Limited », à Londres, de la construction d’un câble sous-marin qui doit être posé entre New-York et la Havane et ouvert au service en septembre prochain. La longueur de ce câble sera d’environ 1400 milles.
- Pénalités télégraphiques en Chine. — Le North China Herald, qui paraît à Sanghaï, a publié, le 25 janvier dernier, l’information suivante : A une conférence qui a eu lieu récemment à Pékin entre les ministres du Waiwupuetdu Yuchuanpu (ministères des Affaires étrangères et des Postes et Télégraphes) il a été décidé de condamner à la décapitation sommaire tout employé des télégraphes qui sera reconnu coupable d’avoir révélé, à des personnes étrangères au service, le contenu des télégrammes officiels secrets. Celui qui révélera le contenu des télégrammes officiels ordinaires sera puni de dix années d’emprisonnement. Enfin, quiconque, sachant qu’un télégramme officiel a été révélé à une personne étrangère au service, n’en informe pas les autorités, sera passible de cinq années d’emprisonnement. Ces dispositions ont élé notifiées officiellement aux télégraphistes de tout l’empire chinois.
- Un coup d’eau au charbonnage des Aguesses. —
- Un coup d’eau a eu lieu le 29 avril au charbonnage des Aguesses, près d’Angleur, en Belgique. Une trombe d’eau a pénétré entre les étages de 70 et de roo m. Les victimes ont été au nombre de i5.
- L’émigration d’Irlande. — Une statistique, toute récente, montre que, dans le 2e semestre de 1906, un total de 35 918 personnes quitta l’Irlande pour se fixer dans d’autres contrées. Cela représente 8,2 pour 1000 habitants, d’après le dernier recensement. Les hommes figurent pour 19643 dans cette énumération. L’émigration reprend en Irlande des proportions considérables, très inquiétantes même; dans les cinquante dernières années, 4o63 933 originaires de l’Irlande — hommes, femmes et enfants -— ont quitté leur patrie pour s’établir définiti-
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- INFORMATIONS
- vement ailleurs. Le chiffre de 1906 est un record ; on l’année igo5, on compte un nombre beaucoup moindre d’émigrants. Parmi ces expatriés volontaires, on estime que 27 079 personnes se fixèrent en Amérique, Seulement 4147 émigrants allèrent dans les colonies britanniques, et de ceux-ci 3404 choisirent le Canada comme patrie adoptive.
- Canots automobiles pour cuirassés allemands. —
- La ligue maritime allemande qui est, comme I on sait, une véritable puissance, a décidé de prendre sur son budget, chaque année, la somme nécessaire à gratifier successivement tous les cuirassés allemands de canots automobiles. Le type spécial de ces embarcations a été définitivement arrêté, après étude par le comité technique de la ligue et acceptation par l’empereur. Ces canots auront 10 m. environ de longueur; ils seront munis d’un moteur de 6 chevaux et pourront marcher avec une vitesse de 8 nœuds à l’heure. Le type se transformera et deviendra plus puissant au fur et à mesure que les cuirassés auront des dimensions plus grandes.
- Nouveaux canons pour le Japon. — Le gouvernement japonais a décidé, tout dernièrement, d’acheter plusieurs batteries de canons de divers modèles dans les principales usines d’Europe et d’Amérique. La commission s’adressera en France, en Angleterre, en Allemagne et aux Etats-Unis. Ces divers canons seront essayés au Japon; des dispositions spéciales seront prises » à cet effet dans un polygone qu’on construit en^ce moment, à Nagasaki, où se monte également un important établissement devant recevoir une école d’artillerie. Un crédit de 26 millions de francs a été mis à la disposition des services de l’artillerie, tantpour les achats que pour la construction et l’organisation de la nouvelle école de tir.
- Les lacs d’Ecosse. — Il a été entrepris au cours de ces dernières années une véritable exploration bathymé-trique des lacs d’Ecosse, et déjà, d’après les chiffres de notre confrère anglais, Nature, 554 lacs ont été étudiés, sous la direction de sir John Murray et de M. Laurence Pullar, assistés d’une quarantaine d’assistants et d’une pléiade de mariniers et . d’hommes de peine. D’ici peu, par les soins combinés du Geographical Journal et de la Royal Geographical Society, toutes les cartes dressées et tous les documents recueillis seront publiés au grand complet, parachevant une œuvre dont les portions déjà connues attestent l’intérêt. Il est d’autant plus grand qu’on ne s’est pas borné à l’étude bathymétrique et que de nombreux travaux de détail ont déjà vu et continuent à voir le jour, relatifs aux plus diverses questions qui ont un rapport avec ces lacs : température, ionisation, étude du phytoplanlcton, des plantes aquatiques, de la faune, géologie des environs, etc. Le dernier fragment paru jusqu’ici de cette belle œuvre d’ensemble est consacré au bassin du Loch Locky, c’est-à-dire aux lacs Arkaig, Locky, Treig, Loggan, Ossian, etc., qui viennent tous finalement réunir leurs eaux par la rivière Locky dans le grand lac Linnhe, à Fort William. Le lac Linnhe, le Locky et le Loch Ness, qui se font suite en ligne droite occupent tous trois la coupure du Glen More, sillonnée par le canal Calédonien, coupure qui, comme on sait, divise en deux les Hautes-Terres, suivant une ligne N.-E.-S.-O. Illustré de fort belles cartes en couleurs, à la fois hydrographiques et bathymétriques, le travail sur le bassin du Locky fait augurer au mieux des suites de la publication.
- Fabrication des feuilles de plomb étamées. — On
- peut procéder de deux façons différentes. Si l’on ne désire qu’un étamage tout superficiel et léger, on élève la feuille de plomb à une bonne température, puis on la soupoudre de colophane en poudre, et l’on passe à sa surface de l'étain fondu au moyen de tampons d’étoupe. — Voici la seconde méthode. On coule d’abord le plomb, pour obtenir la feuille, sur une table à dessus de fer et bordée à son pourtour d’une lame métallique qui arrêtera le métal fondu. Une fois le plomb coulé, on le recouvre de graissepourempêcherl’oxydationet, lorsqu’ilestrefroidi, on verse par-dessus de l’étain en fusion, dont la température fera refondre superficiellement la surface du plomb : cela donne naturellement une union intime dés deux métaux en présence. Après refroidissement suffisant, on retourne la feuille de plomb et l’on procède de même sur sa seconde face. Une feuille composite faite de cette manière peut être laminée sans que la moindre disso-
- ciation se produise : la couche d’étain diminue d'épaisseur en même temps que le plomb.
- La résistance des tirefonds à l’arrachement. —
- M. R. S. Weber s’est livré, pour le compte delà station expérimentale (Art de l’ingénieur) de l’université d’Illinois, à des recherches très minutieuses sur la résistance à l’arrachement des tirefonds et des chevilles destinés à maintenir les rails sur les traverses. Celles-ci étaient prises quelconques, ayant été fournies par les diverses compagnies de l’Union sur leurs stocks ordinaires; on expérimenta principalement des traverses traitées soit à la créosote, soit au zinc et à la créosote, etc. ;le bois en était surtout du chêne, jnais aussi dunoyer, du peuplier, du pin dit lohlolly, du hêtre, du frêne, de l’orme. Voici les principales conclusions auxquelles est arrivé l’expérimentateur : La résistance maxima sous un effort de traction directe varie entre 2700 et 635okgpourles tirefonds à vis; pour les chevilles ordinaires à pointes, dans des traverses non préparées, les chiffres varient de i36o à 36ao, et de i8i5 à 4080 kg dans les bois préparés. — L’effort nécessaire pour arracher des tirefonds ordinaires de 3 millimètres environ est compris entre 900 et iSgo, ou entre 1140 et i5go, suivant que les traverses sont naturelles ou préparées, Quand ces tirefonds ont un peu plus de 6 millimètres, l’effort doit être porté entre i36o et 25oo kg. Les bois à fibres lâches offrent naturellement moins de résistance. Les bois traités opposent une résistance plus marquée à la traction directe que les bois non traités. La différence entre les divers types d’attaches est très faible ; il faut pourtantreconnaîtreune certaine supériorité à celles dont la pointe est mousse ou en biseau. Les tirefonds remis en place après un premier emploi, voient leur résistance abaissée de 60 à 80 °/0 ; bien entendu les tirefonds à vis sont bien supérieurs, et ils réussissent particulièrement pour empêcher un déplacement latéral.
- Ciment pour agglomérer les poudres d’émeri. —
- C’est le ciment dont on se sert pour fabriquer les roues d’émeri : nous n’avons guère besoin de dire qu’il ne faut pas tenter de faire des roues de diamètre un peu important, car l’homogénéité pourrait en laisser à désirer, et il s’ensuivrait des accidents graves. Mais, pour les petites roues tournant à des vitesses modérées, le danger n’est pas à redouter de la même manière.
- Ce ciment est tout simplement de la gomme-laque en écailles, que l’on a réduite en tout petits morceaux, et qu’on mélange alors à une quantité convenable de poudre d’émeri. On force la pâte sous grande pression, dans un moule bien chaud, ce qui fait fondre la laque et agglomère les matériaux. Il est essentiel de laisser refroidir lentement.
- Distinction du lait bouilli d’avec le lait non bouilli.
- — Dans le Journal suisse de chimie et de pharmacie, M. Hartwich indique la méthode suivante pour distinguer le lait bouilli du lait non bouilli. Quand le lait est cru, la matière grasse qu’il renferme monte et se rassemble à la surface beaucoup plus vite que quand il est cuit. Profitant de cette propriété, on observe au microscope une goutte de lait placée sur le porte-objet : avec un grandissement de 60 diamèlres, on voit au bout de très peu de temps (quelques minutes) les gouttelettes grasses cesser d’être réparties uniformément dans la masse, quand le lait n’a pas été bouilli. En moins d’une minute, il se forme des nuages qui se résolvent ensuite en grumeaux très nettement visibles. Dans le cas du lait bouilli, les gouttelettes restent isolées, et réparties uniformément dans la masse pendant beaucoup plus longtemps. Avec un peu d’habitude, on arrive à déceler facilement une addition de 25 pour 100 de lait non bouilli par une seule observation. Par comparaison avec du*lait pur bouilli, on peut pousser l’approximation jusqu’à 12,5 pour 100. '
- Là flotte allemande. — La flotte allemande augmente rapidement tous les jours, On compte en 1906 deux vaisseaux de ligne Deutschland et J^othringen, le croiseur protégé Dantzig, l’aviso Mœve pour travaux hydrographiques, deux vaisseaux de ligne Schlesien et Slesvig-Ilolstein de i3 200 tonnes et d’une vitesse de 18 nœuds, deux croiseurs cuirassés Schamhorst et Gneisenau de 11 600 tonnes et d’une vitesse de 22,5 nœuds, deux petits croiseurs protégés, 17 torpilleurs, un vaisseau porte-mines et un sous-marin.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- *»> Automobilisme «c*
- Le Moteur à deux temps Robert Dubois et Uzac.
- — Le moteur à deux temps que MM. Robert Dubois et Uzac ont récemment imaginé se distingue des moteurs ordinaires basés sur le même cycle par la disposition du piston qui laisse libre le carter, employé presque toujours comme organe étanche pour assurer l’admission des gaz frais. La nouvelle solution est très élégante et les inventeurs affirment qu’un moteur de 3o chevaux basé sur ce principe ne consomme pas plus de 16 litres d’essence par xoo km.
- Ce moteur comprend un cylindre C pourvu d’une chemise de circulation d’eau ; ce cylindre se termine par un autre D de section double et qui est parcouru par un piston annulaire B solidaire du piston principal A. Une bielle G les réunit à l’arbre vilebrequin Q. Le tube central F ne fait donc pas partie du cylindre proprement dit; il sert au passage de la bielle et permet l’existence de la chambre annulaire dans laquelle circule le piston B.
- A la partie supérieure du cylindre C se trouve une soupape I s’ouvrant de dehors en dedans et à la base du cylindre D peut également s’ouvrir dans les mêmes conditions une autre soupape H qui est surmontée d’une tubulure M par laquelle arrivent les gaz frais. On re-
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- Moteur à deux temps Robert Dubois et Uzac.
- marque que la soupape I est surmontée d’un tube N qui met en communication, aux moments voulus, les deux cylindres C et D.
- Supposons maintenant que les pistons soient au bas de leur course et que le cylindre C soit rempli de gaz frais. A l’aide de la manivelle on fait monter ces pistons ; les gaz renfermés en C seront comprimés, mais une dépression se produira en D, la soupape H s’ouvrira et les gaz venant du carburateur pénétreront en D A la fin de la course ascendante des pistons une étincelle éclatant dans la bougie O enflammera le mélange et les pistons seront vivement chassés, fournissant ainsi la course motrice. Mais pendant ce temps, le piston B comprimera dans le cylindre D et le tube N les gaz frais admis au temps précédent; les gaz enflammés se détendront progressivement jusqu’à ce que le piston A découvre les ouvertures d’échappement RR'; à un moment donné, la soupape I, sollicitée par les gaz comprimés en N, s’ouvrira pour les laisser pénétrer et ils chasseront ensuite les gaz brûlés lorsque A sera à fond de course inférieure. Sous l’action de la force vive emmagasinée par le volant du moteur, les pistons remonteront pour produire : A la compression, B l’aspiration, et ainsi de suite. On obtient donc ainsi une explosion par tour du vilebrequin.
- On remarque, entre le carter E et la partie supérieure
- du cylindre D, la présence d’un tube K. II est destiné à lubrifier par l’air le piston. Voici comment. En D une dépression se produit pendant la descente des pistons, dépression comblée par la pression inverse que supporte le carter; pendant la montée de ces mêmes cylindres, la dépression a lieu dans le carter et la pression dans la partie supérieure de D. Il existe donc, entre les deux organes, une circulation d’air ininterrompue. L’air contenu dans le carter se brasse avec l’huile dans laquelle barbote le vilebrequin ; il devient lubrifiant et va graisser les cylindres CD et les pistons AB. — Cet intéressant moteur est construit par MM. Robert Dubois et Uzac, 12, rue de Thann, à Paris.
- Nouveau pont-arrière pour voitures automobiles.
- — Ce nouveau pont-arrière comporte l’appareil de changement de vitesse dont les pignons et les roues d’angle sont toujours en prise; le carter embrasse celui du différentiel.
- Le carter A supporté par l’essieu B, reçoit trois pignons d’angle C montés directement dans des coussinets à bille D et des couronnes dentées E. La première de ces couronnes E, fixée par des boulons sur le plateau F est celle de petite vitesse; la couronne G est celle de deuxième vitesse et la couronne H donne la grande vi-
- Nouveau pont-arrière pour voitures automobiles.
- tesse. Enfin la couronne I est celle de la marche arrière. Les couronnes de marche avant sont constamment en prise avec les pignons coniques correspondants C C C. L’arbre de commande L porte une partie hexagonale M capable de pénétrer dans l’un ou l’autre des pignons C, lesquels sont pourvus intérieurement d’une .chambre de logement de l’hexagone et d’une chambre lisse pour le passage de l’arbre quand le pignon tourne librement.
- Cet arbre L porte encore un pignon droit N commandant une roue intermédiaire O pour la marche arrière. La marche arrière s’obtient par la manœuvre d’un levier P monté sur un axe Q. Un ressort de rappel R s’enroule en partie sur l’arbre de commande et sur une douille extérieure R'. Lorsque le levier P force le ressort, la douille J coulissant sur l’arbre K et maintenue par deux coussinets K', oblige le pignon conique qui termine cette douille à venir engrener avec la roue dentée J. À ce moment toutes les autres vitesses de marche avant sont débrayées. — Le nouveau pont-arrière est construit par MM. J.-J. Dresse et O, 99, rue de la République, à Saint-Mandé (Seine).
- Bougie I’ « Amovible ». — Les types de bougies d’automobile sont, comme on sait, extrêmement nombreux et variés. Cela n’empêche pas, d’ailleurs, les in-
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- SCIENCE APPLIQUEE
- venteux’s d’en rechercher de nouveaux. Une des plus récentes créations de ce genre est la bougie VAmovible qui nous semble réaliser un réel progrès.
- Cet appareil est remarquable par la facilité avec laquelle on peut nettoyer ou changer les électrodes et la porcelaine. Elle est faite de deux parties A et B indépendantes et rendues solidaires par deux vis de serrage v v1. La partie B s’engage à fond dans le culot A et s’immobilise à l’aide de v v' ; on assure ensuite le contact par
- A
- Bougie 1’ « Amovible ».
- la vis de pression a qui vient appuyer sur la tige b et se règle au moyen du contre-écrou.
- L’usure et l’encrassement ne se produisant qu’en B ‘ on peut enlever cette petite bougie très aisément, la nettoyer et la remettre instantanément en place, ou la remplacer par une autre. Ce dispositif permet en outre de donner aux électrodes de B la forme la plus appropriée au genre d’allumage que l’on adopte : par magnéto ou par bobine. — La bougie VAmovible est construite chez M. H. Benoist, io bis, rue Bergère, à Paris.
- Appareils divers ^
- Bouée pour nageurs. — L’inventeur de cette bouée est avant tout inventeur d’un nouveau mode de natation qu’il préconise, combattant avec verve les anciens errements. La bouée qu’il a imaginée est destinée à compléter l’éducation théorique eu permettant aux élèves d’appliquer les principes nouveaux. Ajoutons que, quelle que soit l’idée première, l’appareil rendra des services aux débutants en les maintenant à la surface de l’eau.
- Bouée pour nageurs.
- C’est un corps ovoïde en cuivre que l’on se fixe sur le dos à l’aide de courroies ; son grand avantage est d’être très léger et creux, et, vraisemblablement il soutiendra le jeune apprenti nageur. Les deux ailes jouent, paraît-il, un rôle intéressant en ce sens qu’étant mobiles, elles subissent Faction des mouvements de l’eau et battent à l’instar des nageoires d’un poisson. N’insistons pas sur leur utilité qui ne nous semble nullement démontrée. — La bouée-torpille est inventée par M. Grandclerc, 235, faubourg Saint-Martin, Paris.
- Machine à faire les sandwichs. — Cette machine, imaginée par M. Gagé, permet de faire automatiquement les sandwichs sans que la main intervienne. Outre la propreté qui résulte de cette disposition, on a l’avantage
- de pouvoir obtenir jusqu’à 1800 sandwichs à l’heure. On place le pain dans le support qu’on voit à gauche du plateau, le beurre dans celui plus petit qui se trouve à côté et enfin le jambon dans le support suivant. Une fois celte garniture faite il 11’y a plus qu’à actionner le volant au moyen d’une pédale, comme une machine à coudre. Des couteaux placés horizontalement sous le plateau sont animés d'un mouvement de va et vient et coupent pain beurre et jambon en tranches très minces ; elles vien-
- Machine à faire les sandwichs.
- nent tomber dans des cases ménagées sur un plateau qui les entraîne dans son mouvement circulaire; arrivées à un endroit déterminé elles sont extraites de ces cases et s’empilent les unes sur les autres ; il n’y a plus alors qu’à retirer la pile ainsi constituée quand elle a atteint une certaine hauteur. Cette machine fonctionne avec une grande précision et très régulièrement. — La machine se trouve chez M. Paupardin, 23, rue du Caire, Paris.
- *> Divers <&
- Lampe à acétylène portative. — On vient de construire une nouvelle lampe à acétylène, à laquelle on a donné la forme d’un obus, que l’on peut porter facilement à l’aide d’une poignée mobile munie d’un crochet, ce qui permet aussi de l’accrocher à un mur L’obus est formé de deux récipients superposés qui sont réunis par un système de vis très simple permettant leur séparation par un simple demi-tour. Dans le récipient inférieur on place le carbure de calcium. Le réci-
- Vue d’ensemble et vues de détail intérieures.
- pient supérieur renferme l’eau et les divers organes; Le pointeau est particulièrement soigné. On peut le retirer facilement pour le nettoyer, et un tube-guide permet de le remettre à sa place sans aucune hésitation. A la partie inférieure se trouve,, une petite crépine pour assurer l’écoulement de l’eau et éviter l’engorgement de l’eau par le carbure. Un tube-guide empêche les produits de la surproduction de s’échapper par le pointeau. Enfin, dans le récipient est un tube de surproduction pour éviter que l’excès de gaz puisse jamais s’enflammer au contact de la flamme. — La lampe à acétylène portative est construite par MM. Liotard frères, 22, rue de Lorraine, à Paris.
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- HYGIENE ET SANTE
- Contre la furonculose. — Peu de maladies plus communes et plus désagréables ; peu qui n’aient suscité autant de variétés de traitement. J’ai indiqué au jour le jour dans ces notes d’hygiène et santé ceux qui m’ont paru le plus ellicaces. Mais que faire contre le retour de ces maudits clous? de l’antisepsie, mais comment? Ecoulez les sages préceptes d’un dermatologiste de marque, le D‘ Sabouraud, qu’il publie dans la Clinique.
- « Avez-vous vu, dit-il, un peuplier semer ses graines au vent, il en couvrira les terres voisines surplus d’un kilomètre carré. Proportions gardées, toutes les lésions tégu-meutaires microbiennes sont de même; les furoncles pareillement. Chaque furoncle naît d’une inoculation extérieure.
- « Un diabétique, un arthritique, tout porteur d’une tare organique sera évidemment plus sujet qu’un homme parfaitement sain et absolument valide à contracter des furoncles, mais il faut comme point de départ un germe pathogène. Une fois le premier furoncle en évolution, les microbes vont infecter les glandes pilo-sébacées voisines, contaminer ces glandes et provoquer l’éclosion de nouveaux furoncles.
- « Quel moyen de combattre la dissémination de ces germes; les savonnages, les bains sulfureux sont insuffi-
- sants. Le savon a même un inconvénient, il nettoie bien des parties grasses et salies l’épiderme cutané, mais en même temps il l’effrite, il l’ébrèche. Les bains de sublimé sont parfaits mais dangereux par leur toxicité. » Le D1' Sabouraud conseille un agent antiseptique très efficace et qu’il emploie dans un très grand nombre d’affections cutanées, sous les formes les plus diverses et avec grand avantage. C’est le sulfate de zinc. Mettez dans une baignoire contenant 25o à 3oo litres d’eau pour un bain un paquet de i5 gr. de sulfate de zinc; le sel lond presque instantanément et le malade prend chez lui ou dans le premier établissement venu un bain véritablement antiseptique et siccatif. Le sulfate de zinc n’altère ni le linge ni la baignoire. Avec cette solution au 2/1000° et un bain d’une demi-heure répété tous les deux jours pendant une quinzaine, le malade verra s’éteindre l’éruption furonculeuse et fera avorter les furoncles en voie d’évolution. L’emploi du sel est sans danger, à cette dose, il n’irrite pas la peau, à dose un peu plus forte il est encore bien supporté mais la sensation au sortir du bain est plus désagréable, il semble qu’on ait la peau rétrécie. Avec la proportion que j’indique le traitement est très simple et très efficace. Dr A. C.
- VARIÉTÉS
- Les cavernes du Karst. — M. E. Boegan vient de publier, par les soins de la Societa Alpina delle Giulie, une curieuse carte dont nous reproduisons, très réduite, la partie principale; c’est celle des cavernes actuellement
- nées parce que leur situation topographique n’est pas encore suffisamment précisée. On prévoit d’ailleurs que les découvertes futures pourront tripler le nombre actuellement connu. Dès mainténant cet intéressant docu-
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- Kilomètres
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- connues dans le [Karst, autour de Trieste et dans une portion de la Carniole et de lTstrie ; la liste des abîmes, grottes, pertes de rivières, dont la position est rigoureusement identifiée et qui ont été explorés, comprend 347 n08 (dont une centaine environ hors des limites de notre figure) ; une cinquantaine d’autres ne sont pas mention-
- ment montre à quel degré sont perforés les calcaires de cette région ; encore n’y est-il pas question des contrées voisines qui présentent les mêmes phénomènes: surplus de la Carniole et de lTstrie, Croatie, Dalmatie, Bosnie, Herzégovine et Monténégro. Le Karst autrichien détient toujours le record du cavernement.
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- VARIÉTÉS
- Emploi du microscope pour reconnaître la fausse monnaie. — Les méthodes métallographiques, qui consistent à observer au microscope la structure des métaux et alliages après que leur surface, rendue plane, a été légèrement attaquée par des liquides corrosifs appropriés, permettent non seulement de déterminer la constitution chimique des échantillons observés, mais aussi les traitements mécaniques auxquels on les a soumis.
- C’est cette possibilité qu’utilisent MM Hoitsema et J. van Heteren pour reconnaître les fausses pièces de monnaie.
- Leur procédé, exposé dans Métallurgie, ne s’applique guère pratiquement que dans le cas de pièces de grande valeur pour collections numismatiques, car, dans le cas de monnaie courante, bien qu’encore applicable, onne prend point autant deprécautions : une observation sommaire à l’œil nu suffit souvent et, si elle est douteuse, on fait une analyse chimique qui, elle, est décisive.
- C’estainsi que l'observation microscopique, parl’aspect
- des cristaux, leur forme, leur grosseur, leur répartition permet de décider : si la pièce a été fondue et ensuite frappée ou ciselée; si elle a été estampée et si l’estampage a été pratiqué sur une féuille laminée ou martelée; si, dans le cas du laminage, les passes ont été nombreuses ou non, parallèles ou croisées.
- Chaque traitement mécanique, qui ne s’accompagne pas d’un enlèvement de matière par arrachage ou par coupage, produit un déplacement des cristaux les uns par rapport aux autres dans un sens déterminé et une déformation individuelle de ces cristaux.
- Les surfaces planes qui forment la préparation micros-copiqne sont extrêmement réduites ; elles peuvent être choisies en différents endroits de la pièce essayée et de telle façon que l’opération ne diminue en rien sa valeur.
- Pour conclure, il convient d’opérer par comparaison avec des épreuves microphotographiques correspondant aux différents alliages et aux différents traitements auxquels on peut les soumettre pour fabriquer delà monnaie vraie ou fausse.
- •^§g| RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en avril 1907, par M. Th. Moureaux.
- La pression barométrique est de 2“m,8 moins élevée que la moyenne générale d’avril. La température est de i° au-dessous de la normale; cet écart négatif est dû principalement aux minima, dont la moyenne est une des plus faibles observées depuis 34 ans. Le thermomètre sous abri a indiqué 4 gelées, dont la plus tardive est du 29; sur le sol gazonné, le thermomètre à minima est descendu 19 fois au-dessous de o°, avec un minimum absolu de — 7°,7 le 19. La pluie n’est guère tombée que du 3 au 9 et du 26 au 3o; les chutes du 26 et du 3o ont fourni à elles seules 35 mm d’eau, et le total du mois dépasse le chiffre normal. L’insolation est faible.
- Le 26, le thermomètre s’était élevé à 17°,2 à 16 heures; un grain, bientôt suivi d’un orage, est alors survenu en même temps qu’une saute de vent du S. W. au N. N. E.; la température s’est abaissée brusquement de 8° et une forte pluie a persisté sans discontinuer depuis i6hi5ni jusque vers minuit, fournissant 2o“m,4 d’eau; à 221'45m, une neige épaisse était mélangée à la pluie, et la température tombait à o°,6, soit un abaissement de x6°,6 en moins de 7 heures.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, ; minimum absolu, 74omm,o le 3
- à i3 heures; maximum absolu, le 23 à 8hiom;
- écart extrême, 29““, 2.
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima, 3°,i5 ; des maxima, i4°.99 ! du mois, 90,O7 ; des 24 heures, 8°,73; minimum absolu, —2°,o le 19; maximum absolu, 220,7 le 25. Amplitude diurne, moyenne du mois, 11 °,84; minimum, 4°,3 le 12; maximum, i9°,2 le Ier. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, —o°,x6; des maxima, 3o°,o5 ; minimum absolu, — 7°,7 le 19 ; maximum absolu, 38°,7 le 25. — Dans Te sol gazonné, moyennes du mois ; profondeur, om,3o : à 9 heures, 8°,77 ; à 21 heures, 90,16 ; profondeur, om,65 : à 9 heures, 8°,42;à2i heures, 8°,42; profondeur 1 m. : à 9 heures, 70,99 ; à 21 heures, 8°,o3. — De la Marne : moyenne le matin, io°,77; Ie soir, ii°,19; minimum, 9°,75 le i3; maximum, i2°,89 le 26.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 5mm,89 ; minimum, 2mm,6 le 18 à 14 heures; maximum, nmm,o le 24 à i3 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heui'es, 72,0; minimum, 21 le xcr à 14 heures et à i5 heures; maximum, 100 en 5 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 6,02; minimum, 0,6 le 1e1 et le 20; ciel complètement couvert le 12.
- Insolation : durée possible, 409 heures ; durée effective, i72h,8 en 29 jours; rapport, 0,42.
- Pluie : total du mois, 58mm,3 en 53h,9.
- Nombre de jours : de pluie ou neige, i3 ; de pluie
- inappréciable, 8; de neige, 1 (le 26); de grêle, 3; de grésil, 2; de gelée, 4; de gelée blanche, 19; de rosée, 5; de brouillard, 1; d’orage, 1 (le 26); d’éclairs, 1; de halos, 4; de brume, 10; couronne lunaire le 23.
- Fréquence des vents : calmes, 21.
- N..........78 S. E. . . 29 W . . . . 33
- N. N. E. . 86 S. S. E. . 28 W. N. W. a5
- N. E . . . 61 S. . . . 3o N. W . . 33
- E. N. E. . 33 S. S. W. . 69 N. N. W . 47
- E.......... 17 S. W. . . 88
- E. S. E . . xi W. S. W. 3i
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 3m,6; moyenne diurne la plus grande, 6m,o le 7 ; la plus faible, im,6 le i4; vitesse maximum en i5 minutes, iom,6 le 26, de 17 heures à i7h i5ra par vent N. N. E.
- Electricité atmosphérique : moyenne des 24 heui'es (19 jours), 108 volts; moyenne diurne la plus grande, 174 volts le 10; la plus faible, 80 volts le 17; amplitude diurne, o,3q; amplitude nocturne, o,58.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2m,85 ; minimum, 2m,6g les 19 et 28; maximum, 3m,33 le icr.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre,
- — 2mm,79; température —i°,oi ; tension de la vapeur,
- — omra,22 ; humidité relative, + 0,29 ; nébulosité, 4-0,14; pluie, + i5mm,8.
- Taches solaires : on a suivi 14 taches ou groupes de taches en 27 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques : très faibles, les 14, ^5 et 27; faible du 5 au 6 ; assez fortes, le 16 et du 18 au 19.
- Floraisons : le Ier, ficaire, narcisse; le 2, pêcher de plein vent; le 3, anémone des bois, merisier, prunellier commun, coucou, érable plane; le 5, glechoma; le 6, cydonia japonica, groseiller à grappes, groseiller épineux ; le 7, saule commun, iberis sempervirens ; le 9, corcorus; le 11, cassis, cerisier (anglaise hâtive) ; le 14, prunier (reine-claude), ortie blanche; le i5, mahonia à feuilles de houx; le 16, réveille-matin; le 17, pervenche bleue, linaire cymbalaire ; le 19, cerisier de Montmorency (courte queue), renoncule bulbeuse; le 21, fraisier des bois, dielitra spectabilis, le 23, laurier-cerise, alliaire; le 24, chélidoine, poirier de plein vent, corbeille d’or; le 25, souci d’eau, lunaire; le 26, cerisier de Sainte-Lucie, marronnier commun; le 27, bouton d’or, lilas commun, sureau à grappes; le 28, lilas blanc; le 29, chamerisier, pommier de plein vent (reinette de Canada); le 3o, laurier noble, muscari à grappes.
- Premier chant de la fauvette le 5, du picvert le 14, du rossignol le 15, de la huppe le 27. Les hirondelles, dont les premières sont arrivées dès le 2, ont été très rares jusqu’à la fin du mois; on a aperçu des hannetons, en petit nombre, depuis le 18.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — La baguette des sourciers. Comme suite à l’article de M. A. Guillot paru sous ce titre dans notre n° 1767 du 6 avril, M. II. Du IIoux architecte aux Sables-d’Olonne, nous écrit une longue et très intéressante lettre que nous ne pouvons malheureusement insérer ici in extenso. Nous en résumons l’essentiel. M. Du lloux s’est trouvé en relation aux Sables-d’Olonne avec un « sourcier » qui se servait, lui aussi, d’une baguette « divinatoire » en fil de fer ou d’acier recourbé et munie de deux poignées, tout comme celle de M. de Bulow-Bothkainpf, et avec laquelle il obtenait les mêmes résultats que le « sourcier » allemand. Son appareil, un peu plus compliqué que celui de son confrère allemand, se composait essentiellement d’un 111 de fer ou d’acier formée par un retour dudit fil de fer coudé presque à angle droit et portait un assez fort ressort à boudin, formant rappel, inséré dans une gaine de bois en forme de bobine, l’autre poignée étant tout simplement une pièce cylindrique massive de zinc ou de fer — selon que l’appareil devait être positif (?) ou négatif (?) — soudé sur la seconde branche du fil de fer. Lorsque notre « sourcier » voulait procéder à une prospection hydrologique et qu’après examen du terrain il arrivait dans la zone d’une nappe d’eau souterraine, son appareil— qu’il tenait la poignée métallique dans la main gauche et la bobine de bois dans la main droite — subissait une attraction assez puissante pour vaincre la force du ressort antagoniste ; l’on voyait le fil de fer, maintenu jusque-là vertical, s’abaisser brusquement formant avec sa direction première un angle de 1200 environ, puis se relever, rappelé par l’action du ressort à boudin fixé sur-la poignée de droite. Il semble donc impossible, dans
- ces conditions, de prétendre voir là « l’action involontaire d’imperceptibles mouvements musculaires ». Là ne se bornait pas le perfectionnement apporté par notre « sourcier » vendéen à la fameuse baguette divinatoire ; il avait combiné un autre appareil constitué par un fort aimant, pesant 3 kg, enfermé dans une boîte de chêne établie ad hoc; lorsque, par une série d’essais successifs, il croyait avoir découvert ce qu’il appelait le « point d’émergence » de la masse d’eau souterraine, il posait sur ce point son aimant enfermé dans sa boîte ; sur le côté de celle-ci était percé un trou muni d’une cheville métallique en contact avec ledit aimant et portant une chaînette, à l’autre extrémité de laquelle se trouvait une longue broche de fer qu’il enfonçait profondément dans le sol ; alors les attractions se manifestaient avec beaucoup plus de force et dans des conditions telles qu’il lui était possible de faire certaines observations assez précises, pour calculer directement la profondeur à laquelle se trouvait le point d’émergence de la masse d’eau souterraine et même l’importance de son débit.
- Renseignements. — M. II. Saugeron, à Ismaïlia.
- — i° Nous ne croyons pas que la lampe Osram se trouve dans le commerce; de même la lampe Helion a été construite par MM. Parker et Clark dans les laboratoires de l’Université de Columbia (Etats-Unis) et n’est pas en vente. — a0 La lampe au tungstène se vend chez Paz et Silva, 55, rue Sainte-Anne, à Paris.
- M. Brachet, à Blaye. — L’adresse — déjà donnée d’ailleurs — où l’on peut se procurer le cinématographe décrit par M. G. Yitoux est M. Clermont Huet, 114, rue du Temple, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L.
- de L., à Gap. — Veuillez vous adresser à un chimiste.
- — M. Moïse Samanon, à Mostaganem. Voyez notre 3e série de Recettes et procédés utiles, librairie Masson et Ci0, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. II. du IIoux, aux Sables-d’Olonne. Remerciements pour votre communication.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Conservation par le froid des denrées alimentaires, par J. de Loverdo, licencié ès sciences, ingénieur conseil en matières frigorifiques. Paris. Masson etC10. Gauthier-Villars, 1907. 1 vol.in-8°(i9 X 12), 180 pages, 22 figures (.Encyclopédie scientifique des Aide-mémoire).
- L’auteur des Abattoirs publics (Dunod et Pinat. 3 vol., 1906) (Cf. La Nature, n° 1742, du i3 octobre 1906, p. 807) était tout désigné, par sa connaissance des questions alimentaires pour écrire ce petit traité pratique de conservation par le froid. A la table des matières : Le froid sec. L’éducation frigorifique. Conservation de la viande. Congélation de la viande. Le froid en charcuterie. Conservation des volailles. Conservation du gibier. Conservation du poisson. Conservation du lait. Conservation du beurre. Conservation des œufs. Les transports frigorifiques. Installations de frigorifiques. Les machines à froid et leurs constructeurs. Machines à acide carbonique. Machines à ammoniaque. Machines à chlorure de méthyle. Machines à anhydride sulfureux.
- Formules, tables et renseignements usuels. Partie pratique de VAide-mémoire des ingénieurs, architectes, entrepreneurs, conducteurs, agents-voyers, dessinateurs, etc., par J. Claudel,t ingénieur, 11e édition entièrement refondue, revue et corrigée sous la direction de G. Dariès, ingénieur de la Ville de Paris. Paris. Dunod et Pinat. 1907. 2 forts vol. in-8°, de 23oo pages, avec plus de 1000 fig. En souscription. Prix : brochés, 3o francs ; reliés, 34 francs.
- Les forces naturelles inconnues, par Camille Flammarion. Un fort vol. in-18, avec illustrations. Prix : 4 francs. Ernest Flammarion, éditeur.
- Nous évitons ici d’aborder le domaine suspect et, jusqu’ici du moins, peu scientifique du spiritisme. Mais ceux, et ils sont nombreux, que ces questions obscures intéressent, en trouveront un excellent résumé bien mis au point dans le dernier livre de M. Flammarion.
- Bulletin de VAssociation des bibliothécaires français. Bulletin paraissant tous les deux mois. Le Soudier. Paris. Prix de l’abonnement : 6 francs (étranger : 7 francs). y.
- Au sommaire du n° 1 : La situation des bibliothèques de province. La bibliothèque de la ville d’Amiens. La réforme légale des bibliothèques. L’attribution de la personnalité civile aux bibliothèques publiques.
- Vannée électrique, électrotliérapique et radiographique. Revue annuelle des progrès électriques en 1906, par le Dr Foveau de Courmelles, médecin-électricien, 7e année. 1 vol. in-8°. Paris, Ch. Béranger, éditeur, 1907. Prix : 3r',5o.
- Les tourteaux oléagineux. Tourteaux alimentaires. Tourteaux-engrais, par J. Fritscii, chimiste. Paris. Lucien Laven. 1 vol. in-32, colombier. Prix broché : 2 fràùcs; relié toile 3 francs (VAgriculture au xx° siècle).
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude îom,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi G mai... 14°,3 S. 2. Couvert. 1,2 Très nuageux ; pluie le soir.
- Mardi 7 11°,0 S. 5. Couvert. 1,9 Nuageux; orage le soir avec pluie.
- Mercredi 8 12°,ü S. S. E. 2. Beau. » Rosée; nuageux ; halo de 7 h. à 12 li.
- Jeudi 9 11°,0 S. 2. Beau. » Rosée; nuageux; halo à 15 h.
- Vendredi 10 l-i°,0 S. 2. Beau. Rosée ; peu nuageux.
- Samedi 11 16’,3 S. 2. Beau. a Rosée ; Beau.
- Dimanche 12 18°,0 S. 2. Beau. » Rosée; beau jusqu’à 13 h. ; nuageux ensuite.
- MAI 1907. — SEMAINE DU LUNDI 6 AU DIMANCHE 12 MAI 1907
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique <^4/§5j
- Le temps. — Dans la semaine du 6 au 12 mai, le temps a été très variable, pluvieux et chaud en général. Le 6 mai, la pression barométrique était 7^8 mm à l’Ouest de l’Irlande, 765 mm au Sud-Est du continent, 760 mm en Bretagne, 754,9 mm à Paris. La température était le matin 140 à Paris, 110 à Nantes, 120 à Bordeaux, 5° au Puy de Dôme, —i° au mont Mounier, —3° au Pic du Midi. Un vent faible d’entre Est et Sud soufflait sur nos côtes de la Manche, d’entre Sud et Ouest en Gascogne, et du Sud dans la région parisienne. Il est tombé o,5 mm d’eau à Paris, 3 mm à Brest, 4 mm à Lorient, 80 mm au mont Aigoual, 90 mm à Toulon. Le 7 mai, la pression atmosphérique a été élevée sur la moitié Est du continentale maximum était 773 mm en Suède. Les pluies ont été générales en France; il est tombé 18 mm d’eau au Mans, i5 mm à Perpignan, 14 mm au Havre, 9 mm à Bordeaux. La température était le matin io° à Toulouse, n° à Paris, 140 à Dunkerque, 170 à Alger. 20 au Puy de Dôme, —20 au mont Mounier, —70 au Pic du Midi; à Paris la température moyenne de la journée a été i2°,4, supérieure de o°,2 à la normale. Le 8 mai, les pressions étaient supérieures à 765 mm au Centre et à l’Est du continent ; une dépression a eu lieu au Sud de l’Irlande à Yalencia (748 mm). Un vent modéré a soufflé du Sud sur les côtes de la Manche, et de l’Est sur la Méditerranée. La température était le matin io° à Lyon, 12° à Paris, 120 à Brest, i5° à Marseille, 3° au Puy de Dôme, 20 au mont Aigoual, — 6° au Pic du Midi. Il a plu au Havre (11 mm), à
- Calais (3 mm), à Paris (2 mm), à Port-Vendres (2 mm) et au Mans (1 mm). On a signalé de violents orages de grêle à Perpignan, à Saint-Paul-de-Fenouillet, dans les Pyrénées-Orientales, et dans le Gers. Le 9 mai, le baromètre marquait 745 mm en Irlande, 756 mm en Bretagne, 763,6 mm à Paris. Un vent fort, avec mer houleuse, a soufflé du Sud en Bretagne; sur la Manche et sur l’Océan soufflait un vent modéré. Il est tombé 8 mm d’eau à Dunkerque, 8 mm à Cette, 4 mm à. Lorient et 4 mm au Mans, 3 mm à Nancy, 3 mm à Marseille. La température était le matin ii° à Paris, 170 à Biarritz, 70 au Puy de Dôme, 3° au mont Aigoual, o° au Pic du Midi. Le 10 mai, la pression barométrique était égale à 765 mm à l’Est et au Centre de l’Europe. Un vent modéré d’entre Sud et Est a soufflé sur les côtes de l’Océan. II n’est tombé en France que quelques ondées dans l’Ouest. La température était le matin ix° à Brest, i2° à Perpignan, i3° à Clermont, i4° à Paris, 210 à Biarritz, io° au Puy de Dôme, 4° au mont Mounier, x° au Pic du Midi. Les saints de glace tombaient les 11 et 12 mai. Le 11 mai, la situation atmosphérique était belle en Europe. La température a été très élevée dans toute la France ; elle était le matin i5°à Marseille, 160 à Paris, 160 à Nantes, 23° à Biarritz, i5° au Puy de Dôme, 70 au mont Aigoual, 20 au Pic du Midi. Le 12 mai, il y a eu un faible changement dans la pression atmosphérique ; on a noté 753 mm en Gascogne, 758,3 mm h Paris. La température était 160 à Clermont, 170 à Toulouse, 180 à Paris, 200 à Alger, io° au Puy de Dôme.
- PH ASF. K DE L4. LUNE : N. L. le 12 à 9 h. 8 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF î E -A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- j 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VJe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé: à MM. Masson et C‘e, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VV)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N# 1774 (25 MAI 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Avis de l’Administration. — L’échéance du 3i mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 2S mai (n° 1774), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant le ior juin, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — i883 à 1892— i8g3 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs.
- Exposition horticole. — L’exposition annuelle de la Société nationale d’horticulture de France a lieu aux Serres de la Ville de Paris (Gours-la-Reine) du 23 au 28 mai. Congrès horticole le 24 au siège de la Société.
- Congrès international pour les études solaires. —
- Le 20 mai s’est ouvert, à l’Observatoire d’astronomie physique de Meudon, sous la présidence de M. J. Jans-sen, l’éminent directeur de cet établissement, un Congrès international pour les recherches solaires. A la suite du développement pris par l’étude du Soleil depuis la mémorable éclipse de 1868 et la découverte de la nature des protubérances, les astrophysiciens ont été conduits à coordonner les recherches par la discussion des questions non encore résolues. L’idée d’une entente à ce sujet a pris naissance en Amérique grâce à l’heureuse initiative de Georges Haie, directeur de l’observatoire de Pasadena, en Californie. La première session a eu lieu à Saint-Louis, en 1903, pendant l’Exposition universelle. La deuxième se tint en septembre ]po5 à Oxford. C’est la troisième qui vient de s’ouvrir. Parmi les décisions prises à Oxford, il faut rappeler l’adoption du pyrhéliomètre d’Angstrôm comme instrument étalon pour les mesures de la radiation solaire. Les principales questions traitées dans la troisième session ont porté spécialement sur les recherches actinométriques et sur l’étude des taches solaires, et de nombreux savants français et étrangers y ont participé.
- Sur la radioactivité de quelques eaux de sources thermales. — Tout récemment, M. Henrich a noté la radioactivité des eaux de différentes sources thermales : Wiesbaden, Baden-Baden, Karlsbad, Gastein; et il a caractérisé l’hélium dans les gaz que renferme
- l’eau des sources de Wiesbaden. Pour le séparer des autres gaz, il a utilisé le faible coefficient d’absorption de ce gaz par le charbon de bois, notamment par le charbon de noix de coco. On constate, en effet, que 1 cm3 de ce charbon peut absorber à la température de l’air liquide 12S cm3 d’hydrogène, 155 cm3 d’azote, 23ocm3 d’oxygène, 175 cm3 d’argon etseulement i5 cm3 d’hélium. Ce dernier gaz peut ainsi être séparé presque intégralement.
- La levure comme produit secondaire de la fabrication. — . La levure est employée actuellement à différents usages. O' Sullivan avait déjà démontré, ily a plus de vingt ans, ses propriétés nutritives. En i8g5, on fabriquait en Amérique un extrait de levure sous le nom de bouillon Stock, qui eut un grand succès. Depuis, on a préparé des produits analogues, sous le nom de Véjas, Sitogène, Marmite, et qui possèdent une composition voisine des extraits de viande Liebig, Kemmei'ich ouBovril. Cette composition oscille autour de 5opour 100 de substances azotées, de i5 à 20 pour 100 d’hydrates de carbone et de graisses et de 3o pour 100 de matières minérales. La levure mélangée à du plâtre ou à de la chaux constitue un bon engrais ; enfin la composition de la levure est presque la même que celle des champignons. On trouve donc dans ces données de nombreux éléments pour un utile emploi de la levure qui est obtenue comme produit secondaire de la fabrication dans la plupart des industries de fermentations.
- Revêtements métallurgiques. — C’est une question importante que de savoir quelles sont les meilleures matières à employer pour les revêtements des soles des fours servant à traiter les aciers, c’est-à-dire plus exactement à les fabriquer sur sole. Aux usines métallurgiques de Bethlehem, on vient de se livrer à ce sujet à des expériences comparatives sur la valeur de la bauxite et de la magnésie. Soumises à la plus haute température possible, près de l’arrivée des gaz et de l’air, les briques se sont comportées fort différemment : au bout de 7 minutes, la magnésie se courbait et devenait visqueuse; la bauxite supporta victorieusement l’épreuve durant i5 minutes. D’autres briques furent placées dans le laitier, près de la porte ; puis on les retira au bout d’un certain temps, on les laissa refroidir et on les cassa. Le laitier avait pénétré jusqu’au centre de la. brique de magnésie, tandis que la bauxite n’était affectée que superficiellement.
- Les avantages du gaz pauvre. — On vient de publier les résultats des expériences faites à Saint-Louis par une commission du geological Survey des États-Unis,
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- INFORMATIONS
- au sujet de l’alimentation des gazogènes à gaz pauvre. Les charbons bitumineux et les lignites ont été reconnus comme donnant de très bons résultats et alimentant des moteurs tonnants avec une économie de combustible de 5o pour 100. D’après les expériences faites, une tonne de charbon employée dans le gazogène a permis de développer la même puissance que 21/2 tonnes de combustible utilisées sous une chaudière, et avec un moteur Gorliss simple. D’ailleurs, le lignite fournirait un gaz de meilleure qualité que le bon charbon bitumineux, et ce même lignite, grâce à l’intermédiaire du gazogène et du moteur tonnant, assurerait la même force motrice qu une quantité identique de charbon de Pennsylvanie de première qualité, brûlé sous une chaudière.
- Fouilles préhistoriques à Ceylan. - D’après les journaux de Bâle, une lettre de MM. F. et P. Sarasin adressée de Nilgala (Ceylan, 7 mars 1907) au professeur L. Rutimeyer et publiée dans le Globus, résume les fouilles préhistoriques que viennent d'exécuter ces deux voyageurs dans l’île de Ceylan. Commencées en janvier 1907, les recherches ont révélé du premier coup une civilisation de l’âge de pierre importante et jusqu’à présent ignorée, celle des Weddas primitifs assimilables à la fin du paléolithique : il en résulterait que ceux-ci seraient autochtones à Ceylan et ne représenteraient nullement, comme on le croyait, des Cinghalais déchus ou disparus. Près de Nilgala, une grotte a fourni, sous 40 à 80 cm. seulement de terrains, des outils de pierre rappelant les formes magdaléniennes mais dont le faciès weddaïca est tout spécial; de même les matériaux sont de quartz transparent ou jaspeux. De plus, les outils sont faits pour des mains de petites dimensions. Les Cinghalais sont arrivés postérieurement à cette civilisation Wedda; ils ont apporté le fer et MM. Sarasin émettent l’opinion que le néolithique manque à Ceylan où le passage se serait fait brusquement du paléolithique wedda à l’âge de fer cinghalais.
- Les bains chauds au Japon. — Dans la Gazette des eaux, le Dr J. lleitz donne les renseignements suivants sur la température que les Japonais supportent au bain, d’après M. Léonard Hill. Un sujet, entré dans le bain à 3g degrés centigrades, fut soumis à une augmentation progressive, qui atteignit 44°.5 centigrades au bout de 5 minutes. Il la supporta pendant une minute et demie, immergé jusqu’au menton. Puis, il sortit de l’eau et ouvrit la fenêtre. Sa température personnelle était de 39°,5. Les bains thermaux de Kusatsa sont pris de 44 à 48 degrés centigrades dans des piscines à température progressivement croissante, et durent de 3 minutes et demie à 4 minutes.
- Tunnel sous l’Elbe. — La municipalité de Hambourg vient d’adopter le projet d’établissement d’un tunnel sous l’Elbe, partant de Saint-Pauli, et destiné aux trafic des voitures comme à celui des piétons. Les dépenses en seront d’un peu plus de 12 millions 1/2 de francs.
- Chaussées en macadam goudronnées. — On les
- essaye actuellement en Angleterre, et notamment à Scarborough. On commence par établir dans l’excavation creusée une couche de sable de 0,075 m., surmontée d'un empierrement de 0,175, fait de moellons en grès ou de briques concassées posées à la main, avec interstices remplis de gravier, qu’on étend sur une épaisseur de 0,075 m. On dame soigneusement et l’on pose l’empierrement goudronné en trois couches. La première couche est composée de calcaire concassé et séché sur des tôles, couche de 41/2 cm environ qu’on mélange chaude à du goudron froid, dans la proportion de 25 kg par tonne de pierrailles; le mélange doit rester en tas trois mois avant emploi. On dame et étend la seconde couche, faite d’un gravier roulé passé au crible de 3 cm. : pour le préparer, on en étend une couche de 12 1/2 cm. sur des lôles de séchoir, on recouvre d’une épaisseur de 3 cm. de cendres d’usine à gaz de la grosseur de 2,5 cm., on ajoute du gravier sur même épaisseur que la première fois, et l’on étend finalement une mince couche de cendres. Quand la masse est sèche, on triture, on additionne de goudron à concurrence de 63 kg à la tonne. Enfin la dernière couche, après damage également de la précédente, est faite d’un mélange de fin gravier et de cendres, passés au tamis de 8 mm. Comme préparation de la matière, on dépose sur les tôles une couche de 0,125 m. de gravier, une autre de cendres de 0,075 m.,
- une seconde couche de gravier et enfin une couche de cendres. Après séchage, on triture avec addition de 100 kg de goudron par tonne. Il faut que l’épaisseur totale de l’empierrement goudronné ne soit que de 11,5 cm.
- Les services militaires du Transsibérien. — Les
- officiers américains qui avaient pu suivre les opérations de l’armée russe, pendant la campagne russo-japonaise, et notamment le capitaine Reiclnnann, ont fait connaître leurs impressions. Pour eux, ce qui a manqué surtout aux Russes, c’est une bonne ligne autour du lac Baïkal; c’est cela qui retardait de façon déplorable les communications entre le centre de la Russie d’Europe et le front des troupes. Les divisions russes étaient sensiblement inférieures aux divisions japonaises; tous les renforts devaient venir d Europe, et il n’y avait rien pour contrebalancer les réserves japonaises. Les renforts arrivaient par une ligne à voie unique dont les rails étaient légers, le ballast fait de terre ou de sable. Si le chemin de fer circumbaïkal avait eu une double voie munie de rails lourds, la Russie aurait pu autrement accumuler de troupes.
- La mortalité dans les mines américaines. — Il ne
- semble pas que le nombre et l’importance des accidents frappant le personnel subissent une diminution dans les exploitations souterraines des Etats-Unis. En 1891, la moyenne des accidents mortels ressortait à 3,3 par 1000 personnes; au bout de deux années, le chiffre s’en est abaissé à 2,5 pour 1000, et il est resté tel un certain temps. Mais peu à peu on arrive à 2,8 en 1896 ; et depuis lors, à part une décroissance toute temporaire, il semble que la moyenne De tend qu’à augmenter; on est revenu à 3,5 en 1902, et la moyenne de h)o5 a été de 3,44-
- Champ de pétrole néo-zélandais. — Une activité nouvelle se manifeste en vue de l’exploitation des gisements de pétrole de la Nouvelle-Zélande. Des capitalistes de Sydney viennent de louer des terrains près de New-Plymouth et di n ; les environs d’Inglewood ; d’autre part la compagnie spéciale Taranabet Oil and Freehold C" vient de commander un important matériel.
- Les produits de la dernière éruption du Vésuve.—
- La partie soluble de certaines laves est constituée par des traces de fer, de sulfates alcalins, par des chlorures de sodium et de potassium et surtout par du chlorhydrate d’ammoniaque. Les lapilli, cailloux lancés par le volcan, renferment aussi le tiers de leur poids de sel ammoniac ; enfin les autres produits d’éruption chauffés avec de la chaux sodée donnent en ammoniaque une quantité dei3oà 3oo milligrammes par kilogramme de substance. Cette grande proportion d'ammoniaque qui se rencontre dans les produits volcaniques proviendrait, d’après M. Stoklasa, de l’action au sein de la lave incandescente des azotures de silicium, d’aluminium, de fer, de calcium et de magnésium sur les alcalis.Un autre auteur, M. Henrich, a constaté que la lave se trouvant entre Boscotrecase et Torre de l’Ànnun ziata émettait encore des fumées chargées de sel ammoniac et de chlorures alcalins trois semaines après sa coulée, et il estime que ces sels proviennent d’un entraînement par la vapeur d’eau surchauffée.
- Sur les substances adoucissantes du coton. —
- Lorsque les échevaux de coton ont été teints, la fibre présente une rugosité qu’on lui enlève en la traitant par des mélangés que l’on vend dans le commerce. Ces mélanges sont formés par une émulsion d’huile végétale : olive, palme, colza, dansdel’eau de savon de soude ou de potasse concentrée; on y trouve aussi de la glycérine et d’autres substances telles que du silicate de soude, de la résine, de l'amidon, du kaolin, qui peuvent être considérées comme étant sans action utile.
- Chutes d’eau et installations hydroélectriques ail Japon. — Jusqu’à présent, et bien qu’elles soient éu abondance au Japon, on a négligé à peu près complètement les chutes d’eau, c’est-à-dire leur utilisatioti. Mais on annonce maintenant qu’un mouvement se pro-1 duit : diverses Compagnies se seraient fondées pôür créer des stations hydroélectriques; la plus importante serait la Compagnie de force électrique de UjikaWâ, dont le capital dépasse 5o millions de francs. Elle va produire une puissance de 4° 000 chevaux, et distribuera le courant à Kioto et à la région. D’autre part, une autre Société serait sur le point d’alimenter Nagoya, tandis que le chemin de fer de Hanshin serait bientôt exploité électriquement.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Automobilisme <*
- Le transbordeur universel, — Voici un appareil d’une utilité incontestable en automobilisme. Tous les propriétaires savent combien de difficultés on éprouve pour changer de place une voiture automobile au repos.
- S’il ne s’agit que de la faire avancer ou reculer, rien n’est plus simple ; mais pour la porter de côté on éprouve mille difficultés et l’on risque à chaque instant des accidents variés.
- Le transbordeur universel a été imaginé précisément dans le but de permettre le déplacement d’une voiture
- Le transbordeur universel.
- dans tous les sens et sans aucune difficulté. Il comprend un patin métallique pourvu de deux joues portant : l’une un galet, l’autre deux galets, mobiles autour de leur axe vertical. À l’avant et à l’arrière sont deux volets qui servent de pont pour permettre à la roue de se mettre en place sans passer sur l’arête de l’appareil ; ces volets se relèvent d’eux-mêmes aussitôt que la roue occupe la place qui lui est destinée.
- Lorsque les quatre roues sont ainsi montées, chacune sur un de ces chariots, un homme pousse la voiture sans aucune fatigue dans toutes les directions. — On trouve le transbordeur universel chez M. L. Vautrin, 35, rue Brunei, à Paris.
- Mécanique
- La rondelle « Pastnut ». — On désigne sous ce nom. une nouvelle rondelle rapide à poser et à enlever, qui supprime le contre-écrou, et qui a pour but de main-
- Rondelle Fastnut.
- i. Avant l’emploi. — 2. Vue de côté. — 3. En usage.
- 4. Avant le serrage. — 5. Après le serrage.
- tenir l’écrou, alors que les parties assemblées jouent souvent par usure et par trépidation. La figure 1 nous représente la rondelle avant l’emploi, la figure 2 nous
- donne une vue de côté, enfin en 3 la rondelle est en usage. On place celle-ci sur le boulon les dents en bas, au lieu de la rondelle ordinaire et l’on visse à fond l’écrou. Les dents s’aplatissent et fixent la rondelle au boulon. A l’aide des brides du dessus on peut serrer l’écrou, mais il ne peut revenir en arrière. Il faut toutefois éviter de trop le serrer; on fatiguerait sans raison le filet et l’écrou. On voit en 4 la nouvelle rondelle avant le serrage et 5 après le serrage. — La rondelle « Fastnut » se trouve à la Société de représentations industrielles et commerciales, 35, rue Condorcet, à Paris.
- Une nouvelle perceuse pour rails. — Cette perceuse se nomme Moore Track Drill, ce qui montre bien qu’elle a été étudiée spécialement pour percer des trous dans les rails : soit qu’il s’agisse de loger des « bonds », des connexions de voies électriques, soit qu’on veuille percer des trous de boulons simplement pour les éclissages. L’instrument est de construction américaine
- Fig. 1. — L’appareil monté.
- (sortant des ateliers de la Kalamazoo Railway Supply C°, de Michigan), et il est tout à la fois robuste, peu compliqué de construction et de maniement, léger relativement, aisé de transport. Il se démonte d’ailleurs avec la plus grande facilité, et ses éléments, en grande partie venus de fonte, permettent une précieuse interchangeabilité. Son démontage quasi instantané le rend particulièrement avantageux sur une voie où passent de
- Le même démonté.
- nombreux trains, et où, par conséquent, il faut à chaque instant débarrasser les rails de toute obstruction.
- Il comprend deux parties principales. L’une comporte naturellement les organes indispensables à une perceuse : arbre de commande, bras prenant appui de l’autre côté du rail; l’espèce de châssis où tourne l’arbre d’entraînement de la mèche repose, comme on le voit, par une barre métallique transversale, sur deux traverses Voisines de la voie. La mâchoire donnant appui sur l’autre face du rail est articulée de manière à pouvoir rapi-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- dement se relever ou se rabattre. Le mouvement voulu de rotation de la mèche est obtenu par un arbre qu’on peut placer dans la position verticale, et qui engrène en bas, par un engrenage d’angle, avec un second engrenage claveté sur l’arbre horizontal. D’autre part, cet arbre vertical se termine en haut par un pignon d’angle, sur lequel agit un autre pignon mis en mouvement par les deux manivelles du haut de l’appareil. Le pilier logeant l’arbre vertical est maintenu droit par une sorte de jambe articulée qui vient se fixer au bout du châssis horizontal de la perceuse; un crochet permet de la dégager instantanément pour rabattre le pilier.
- L’avancement de la mèche est du reste assuré suivant un procédé fort ingénieux que nous ne pouvons exposer en détail. On n’a pas recours au rochet ordinaire, et l’on a combiné une noix que peut immobiliser ou non un chien sous l’action d’un levier, la noix étant enfilée sur une tige filetée qui prolonge l’arbre d’entraînement de la mèche.
- Frein de tramway Freund. — L’inventeur de ce nouveau frein, M. Edwin Freund (3g, Victoria Street, Westminster, Londres), affirme arrêter un tramway sur une distance plus courte que tout ce qui a pu être obtenu jusqu’ici; et des expériences faites à Londres montrent la supériorité très nette du dispositif jointe à d’autres avantages.
- Comme on le peut voir d’après les figures que nous donnons, ce frein agit sur la voie même, et les sabots sont guidés pour venir descendre sur les rails par des plaques ad hoc fixées au châssis du véhicule. Chacun de ces sabots est attaché par une tige de liaison à l’extrémité d’un court levier horizontal, claveté sur un arbre transversal dont les portées sont boulonnées à l’intérieur des longerons du tramway. Des leviers verticaux clavetés sur le même arbre sont reliés à de vigoureux ressorts de compression, qui se trouvent logés dans des cylindres attachés à la traverse extrême du truck. Chacun de ces ressorts exerce un effort moyen de 18 à
- Frein de tramway Freund.
- 19 tonnes, qui tend à faire tourner l’arbre oscillant et, par suite, à appuyer fortement le patin sur la voie.
- Encore ces ressorts sont-ils de longueur telle que les sabots peuvent s’user de quelque 8 centimètres avant qu’un ajustage s’impose. Bien entendu, normalement, les sabots sont maintenus relevés par antagonisme contre l’action des ressorts, grâce à l’enroulement de chaînes convenables sur les^ tambours qui sont solidaires de la manette du conducteur. On suit parfaitement dans la figure la chaîne, la tige, qui permettent aux manivelles d’agir sur le levier courbé assurant la rotation de l’arbre oscillant et le relèvement vertical du sabot, suivant un mouvement qui rappelle un peu celui d’un piston, dans la plaque ad hoc. Au surplus, le levier courbé se complète en haut par une partie rectiligne et oblique; c’est sur elle que se fixe la tige de commande venant de la manivelle de l’autre plate-forme de la voiture. Il importe peu que telle ou telle manivelle soit mise en rotation, suivant le sens de marche et la plate-forme occupée par le mécanicien; dès qu’elle cessera d’exercer une traction sur la tige convenable, le frein sera abandonné à lui-même, c’est-à-dire que le sabot descendra sur la voie et y exercera son effet.
- L’intercalation de contre-ressorts sur les tiges de trac-lion permet de graduer diversement, par équilibre, l’effet de freinage qu’on veut obtenir d’après les circonstances.
- Nous n’insisterons pas sur les dispositifs secondaires, et pourtant fort intéressants, de ce frein, qui semble rencontrer le succès.
- Électricité <«*
- Boîte à connexion de câbles électriques. — Le
- type en a été étudié et il est construit par une maison anglaise, la Conduits and Fittings Co., Salisbury Road, Londres, N. W. — Le dispositif est combiné de manière à être très simple de fabrication autant que de montage.
- Il se compose naturellement de deux parties, deux moitiés sensiblement symétriques, que montre la gravure que nous donnons. Mais on peut voir que la moitié inférieure est disposée pourtant de telle façon que ses colliers, formant raccord avec les conduites qui viennent se terminer dans la boîte, entourent la conduite sur plus d’un demi-cercle. On comprend que, dans ces conditions, la'portion supérieure peut être enlevée, sans que cependant ces conduites aient à être déboîtées et
- Une boîte à connexion de câbles électriques.
- soient susceptibles de jouer. Tout demeure en parfait alignement. D’autre part, quand les boulons d’union des deux moitiés de la boîte sont en place, le vissage des bouts filetés des conduites vient encore solidariser le tout. Entre ces deux coquilles, à leur pourtour, est ménagé un canal que l’on remplit de céruse ou de minium avec de la gomme laque; et l’on obtient un joint absolument étanche et pouvant supporter une très forte pression d’eau. Les coquilles sont en fonte malléable, et elles se font un peu dans toutes les formes.
- **> Divers
- Nouvelles serviettes utiles. — Il s’agit de serviettes en drap de soie, qui supportent le lavage à l’eau froide et au savon, et qui rendent de multiples services dans les ménages. Elles suppriment les tissus qui rayent et détériorent les objets que l’on désire nettoyer. Elles ne sont pas hygrométriques et se maintiennent sèches par
- Nouvelles serviettes.
- les temps les plus humides. Elles sont utiles pour l’entretien des meubles cirés ou vernis. Les serviettes rouges sont employées pour rendre et conserver l’éclat du neuf à l’argenterie, au cuivre, au bronze d’aluminium et aux métaux nickelés. — Ces serviettes se trouvent chez M. G. Renaut, boulevard de Slrabourg, à Paris.
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- VARIÉTÉS
- La peinture par immersion. — La peinture à la main revient très cher quand elle doit être renouvelée souvent.
- Tel est le cas du bois et du fer constamment exposés aux intempéries, comme dans les ponts métalliques, le matériel d’artillerie, et les voitures de chemins de fer. Quand le nombre des objets à peindre ou la surlace à couvrir sont considérables, il y a intérêt à remplacer le brossage au pinceau par un procédé plus rapide.
- C’est ce qu’on a essayé de faire en opérant par pulvérisation. La méthode ne comporte pas un matériel bien compliqué ni coûteux : il suflit d’un seau avec une lance à pulvériser, fonctionnant sur le même principe que les pulvérisateurs à bouillie cuivreuse employés par les vignerons. Pourtant, la pulvérisation n’a pas eu beaucoup de succès : elle semble ne bien réussir que pour les enduits à la colle ou les badigeons à la chaux ; elle exige une assez grande habileté et consomme souvent beaucoup plus de peinture qu il ne convient.
- Tout autre est le procédé par immersion, très efficace et très économique. 11 n’a qu’un inconvénient, comme ou va le voir, celui d’exiger une mise de fonds d’autant plus élevée que les objets à peindre sont de plus grandes dimensions; son emploi ne se justifie donc que si l’on a la certitude d’avoir à peindre un grand nombre de pièces et de pouvoir faire fonctionner l’atelier de peinture d’une façon continue. Aussi le procédé, en usage surtout aux Etats-Unis, et depuis peu en Angleterre, n’est-il guère employé que pour la peinture du matériel extérieur de ferme, des instruments aratoires, pour les voitures d’artillerie et de chemins de fer, les wagonnets de voie étroite, les brouettes, etc.
- La méthode consiste simplement à plonger l’objet à peindre dans une teinte, à le faire égoutter pendant trois ou quatre minutes et à laisser sécher la couche ainsi déposée. Il va de soi que pour obtenir de bons résultats, les conditions à réaliser doivent être assez différentes de celles du brossage à la main.
- L’objet doit d’abord être parfaitement propre et, si c’est du bois, être également sec en toutes ses parties, de façon à réaliser une très grande uniformité de dépôt et à éviter les embus. La teinte doit aussi être assez claire et sécher très vite. On obtient le premier résultat en employant des couleurs très finement broyées, ce qui a d’ailleurs pour avantage de fournir un enduit beaucoup plus étanche à l’eau que les pigments à gros grain. Ou atteint facilement l’épaisseur d’enduit nécessaire en renouvelant les immersions. Deux ou trois immersions peuvent alors correspondre à une seule couche donnée à la main sans d’ailleurs consommer plus de pigment et tout en donnant une étanchéité bien plus grande.
- La rapidité du séchage, qui est complet après trois ou quatre heures, s’obtient en substituant dans la teinte l’essence minérale à la presque totalité de l’essence de térébenthine et en y ajoutant de petites quantités d’huiles siccatives très énergiques.
- L’essence minérale s’évapore complètement et ne laisse aucun résidu dans l’enduit, à l’inverse de l’huile de lin et de l’essence de térébenthine.
- Les pièces à enduire sont accrochées à de petits trolleys pouvant rouler sur des poutrelles formant rails qui sont disposées dans l’atelier de séchage. Elles cheminent dans cet atelier jusqu’à ce qu’elles soient sèches et puissent recevoir la couche suivante. Quand il s’agit de peintures renouvelées, il y a des parties sur lesquelles la couleur n’a pas prise et il est souvent nécessaire de faire des retouches à la main; c’est le cas notamment 'des voitures d’artillerie.
- L’atelier de séchage et celui de trempage doivent être puissamment ventilés en raison des vapeurs d’essence minérale qui s’y dégagent en grandes quantités pendant le séchage et l’égouttage.
- On a fait des bassins de trempage ayant 4 mètres de longueur sur 3 mètres de largeur et contenant jusqu’à 3o tonnes de teinte. Ces bassins, en partie enterrés, peuvent recevoir, en les plaçant inclinés et suivant la diagonale du bassin, des pièces plates ayant plus de 5 m.
- de longueur. Pour empêcher que le pigment de la teinte se dépose, des agitateurs, mus par des moteurs électriques, la tiennent constamment en mouvement.
- Ces agitateurs sont disposés de façon à se rabattre, si cela est nécessaire, pour livrer passage aux pièces au seul moment où on les trempe ; il est d’ailleurs facile d’arrêter instantanément leur mouvement ou de les remettre en marche.
- Une disposition spéciale a été prise pour que, pendant la nuit et les arrêts prolongés, le pigment ne vienne pas se rassembler au fond du bassin et s’y agglomérer en formant une couche dense et tenace.
- Elle consiste en un faux fond formé de lamelles articulées en acier, rabattues les unes sur les autres, mais pouvant se relever toutes ensemble à la façon des lames de persiennes. Quand les agitateurs sont en mouvement, ces lamelles sont verticales ; quand ils sont arrêtés, elles sont rabattues et. forment le faux fond qui reçoit le dépôt de pigment.
- L’anis étoilé au Tonkin. — Ainsi que vient de le faire remarquer M. Ph. Eberhardt, membre de la mission scientifique permanente de llndo-Ctïine, parmi les cultures indo-chinoises susceptibles d’être développées avec succès et appelées à jouer un rôle important dans nos colonies asiatiques, il faut citer la badiane ou anis étoilé. C’est, on le sait, à l’aide de l’huile essentielle que l’on en retire qu’on fait la liqueur appelée « ani-selte » ; elle entre aussi dans la composition d'un grand nombre d’absinthes et de diverses compositions culinaires ou pharmaceutiques.
- Jusqu’ici le développement de la badiane s’est localisé dans le Haut-Tonkin, dans les régions de Dong-Dang, Viuh-Rat, Halung, Nacham, Thatkhé et le massif du Mauson.
- Cette localisation tient à ce que le badianier vient du sud de la Chine, où, d’ailleurs, il faut le reconnaître, il est bien mieux soigné que chez nous :les pieds, débroussaillés tout autour, sont plantés à distance, ce qui permet la libre circulation de l’air.
- La badianier du Tonkin appartient à l’espèce « Illicium verum », famille des Magnoliacées. C’est un petit arbre de 10 à i5 mètres de hauteur rappelant nos bouleaux par la teinte blanche de son écorce. L’indigène du nord du Tonkin se borne à planter les graines, peu de temps après la récolte d’octobre, le plus souvent autour de sa maison, en pépinière ; ensuite, quand le moment est venu, il repique les semis, ne s’occupe plus de ses arbres qu’une fois par an, quelquefois, mais rarement, deux, pour enlever la mousse qui est autour. Cette culture sommaire pourrait être grandement améliorée.
- L’extraction de l’huile ne paraît pas trop mal comprise. La distillation se fait dans des fours chauffés au bois. Sur le sommet du four repose une marmite en terre ayant la forme de deux troncs de cône juxtaposés ; la partie supérieure en dépasse seule la masse. On place dans le fond de la marmite une quantité d’eau égale environ au tiers de son volume total, et l’on y ajoute les fruits à distiller. La marmite est à son tour surmontée par un récipient en terre cuite vernissée, ayant la forme d’un tronc de cône renversé, dont le sommet repose exactement sur celui de la marmite.
- La partie inférieure du récipient est intérieurement convexe de façon à former une rigole circulaire interne autour de la convexité. Dans la partie supérieure de cette dernière s’ouvrent trois orifices flanqués de palettes ayant pour but d’empêcher le produit de la condensation de retomber directement dans la marmite. Dans cette même rigole s’ouvre un orifice, qui, par un tube, permet aux produits de condensation de s’écouler dans un vase.
- Enfin la partie supérieure du récipient a sa surface recouverte par un plat creux en fonte, dont le fond joue le rôle de condensateur ; c’est dans ce plat, en effet, qu’un courant d eau est amené par un bambou fendu longitudinalement.
- L’huile, une fois recueillie, est vendue par les Annamites environ 8 à 10 piastres le kilo à des commerçants
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- qui la livrent à l’exportation après l’avoir enfermée dans des bidons. C’est un beau produit, jaune clair, qui trouve acheteur à 1 heure actuelle sur les marchés d’Europe, à raison de 14 à i5 le. le kilo et se livre sur les marchés indigènes à a5o piastres le picul, c’est-à-dire 600 fr., soit environ 10 fr. le kilo. En 1904, ou en a exporté 41 558 kg. Si I on songe qu’un arbre fournit en moyenne 45 kg de fruits à partir de no ans, on voit ce que donnerait une plantationde 100000 pieds : 45oo 000 kg de fruits, soit 70000 kg d’huile. En supposant, —= et
- c’est exagéré —, que tous frais d’exploitation et d’expé-dition montent à 2 fr. par kg d’huile, il resterait encore un bénéfice minimum de 3 fr. nets par kilogramme, soit 200000 fr.
- On pourrait d’ailleurs augmenter le rendement des badiauiers, en distillant non seulement leurs fruits, mais aussi leurs feuilles, M. Pli. Eberhardt a, en effet, obtenu deux cents gouttelettes d’une huile essentielle très odorante et d’une belle couleur en soumettant à la distillation i kg seulement de feuilles vertes. Henri Coupin.
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- BIBLIOGRAPHIE
- En réponse aux demandes de plusieurs abonnés, voici
- les principaux ouvrages récents sur l’Antarctique.
- Expédition antarctique française (1903-1905), commandée par le Dr Jean Charcot. Sciences naturelles : Documents scientifiques, sous la direction de L. Joubin, professeur au Muséum d’histoire naturelle. Paris, Masson, 1907, in-40.
- Fascicules parus :
- Poissons, par L. Vaillant, 52 pages, 5 francs.
- Tuniciers, par Sluiter, 5o pages, 5 planches, hors texte, 8 francs.
- Mollusques : Nudibranches et Marséniadés, par A. Vayssière. — Céphalopodes, par L. Joubin. — Gastropodes et Pélécypodes, par L. Lamy. — Amphi-neures, par le Dr J011. Tiiiele, 90 p. et 6 planch. hors texte, 12 francs.
- Crustacés : Schizopodes et décapodes, par H. Cou-tière. — Isopodes, par Harriett Richardson. — Amphipodes, par Ed. Chevreux. —‘Copépodes, par A. Quidor, i5o pages, avec 6 planches hors texte, 20 francs.
- Échinodermes : Stellérides, ophiures et échinides, par R. Kœiiler.— Holothuries, par C. Vancy, 74 pages, avec 6 planches hors texte, 12 francs.
- Hydroïdes, par A. Billard, 20 pages, 2 francs.
- The Siégé of the South Pôle, par H. R. Mill, in-8°, 45o p. Rivers, à Londres, 1906. Prix : 10 francs. — Bon résumé général développant surtout les entreprises de Cook.
- Antarctic, par O. Nordenskjôld, Andersson, Larsson, Skottsberg. Expédition suédoise de 1901-1904. Traduction allemande. 2 vol. in-8° de 372 et 4o5 p., 3oo gravures et cartes. D. Reimer, à Berlin, igo5, Prix : i5 francs. (Trad. franç. de Ch. Rabot, chez Flammarion.)
- Unier Pinguinen und Seeliunden, par S. A. Duse. Récit du merveilleux sauvetage d’une section de l’expédition suédoise. Traduction allemande, in-8°, 262 p., W. Baensch, à Berlin, igoà. Prix : 6fr,25.
- The voyage of the Scotia, par Brown, Mossmann et Pirie, in-8° Blackwood, à Edimbourg, 1906. Prix : 3ifr,25. — Expédition écossaise de 1903-1904.
- Two years in the Antarctic, par A. B. Armitage, in-8°, 3i2 p. Arnold, à Londres, 1905. Prix : 18fr,^5.
- Observations géophysiques, par L. C. Bernacchi (dans le Geographical journal de Londres, t. XVI,p. 642-661).
- Ces deux travaux se rapportent à l’expédition anglaise de 1902-1904.
- Antarktis, par le D’’ K. Fricker, Schall, à Berlin, 1898.
- Antarctica, par E. Swift Balcii, Allen Press, Philadelphie, 1902.
- Quinze mois dans VAntarctique, par de Gerlaciie, Hachette, Paris, 1902.
- Deutsche Süd Polar Expédition, 1901-1903, par E. von Drygalski. Exploration du Gauss. Berlin, Reimer, 1905-1906, a vol, in-8°. Prix : 45 françs.
- Le coût de la force motrice; l’homme, le cheval, le bœuf, le moteur électrique, par Emile Guarini. 1 br. in-8. H. Uunod et E. Pinat, éditeurs. Paris. Prix : 2 francs.
- Le Vade-mecum des tuberculeux, par le D1' Coste de Lagrave. Paris. A. Maloine, 1907. i vol. in-18. Prix : 3tr,5o.
- Essai sur les origines. Pourquoi la terre tourne, par le D‘ Coste de Lagrave. Paris. A. Maloine, 1907. 1 br. in-8°, 32 pages. Prix : 1 franc.
- La neurasthénie, sa nature, sa guérison, sa prophylaxie, par le D‘ Baumgarten. Paris. A. Maloine, 1907. 1 vol. in-8°. Prix : 4 francs.
- L.es injections de paraffine en médecine et en esthétique, par le Dr Lagarde. Paris. A. Maloine, 1907. 1 vol. in-16.
- De Valimentation et de la cuisine naturelle dans le monde, par le Dr Montennis. Paris. A. Maloine. 1 vol. in-8°. Prix : 3 francs.
- Le Progrès aux temps paléolithiques, introduction à la préhistoire, par le Dr Cancalon. Paris. Schleicher frères. 1 broch. in-8J, 3o pages. Prix : ir,,25.
- Etude sur le métropolitain de Paris, Ses installations intérieures, par M. J. B. Thierry, conducteur des Ponts et Chaussées. 1 br. iu-8. Librairie polytechnique. Ch. Béranger. Paris, 1907.
- Lm fertilité du sol, par Millon Wiiitney. Montpellier. Coulet et fils, 1907. 1 br. in-8°. Prix : 1fr,^5.
- Conférence faite à l’Association des fermiers de Rich Neck du comté de Queen-Anne (Marzland).
- Les Nymphéas dans Vornementation des jardins, par J. Guermès. Paris. Librairie horticole. 1 vol. 4o pages. Prix : ofr,75.
- Le Dahlia. Son histoire. Ses progrès. Sa culture, par Rivoire père et fils. Paris. Librairie horticole. 1 vol. 106 pages, illustré. Prix : if‘,5o.
- L'assainissement des villages. — Fumiers et fosses à purins, par M. le Dr Henry Thierry (Hygiène générale et appliquée, mai 1906, O. Doin, éditeur). Deux importants mémoires sur l’hygiène pratique et l’application de la loi de 1902 dans les campagnes.
- Religion et évolution, par Ernest Haeckel professeur à 1 Université d’Iéna, trois conférences faites à Berlin les 14, 16 et 19 avril 1906, traduit de l'allemand, par C. Bos, docteur en philosophie. Paris. C. Reinwald-Schleicher frères. 1 vol. in-16. Prix : ifr,5o.
- La descendance de l'homme, par Guillaume Bôlsche, traduit de l’allemand, par V. Dave. Paris, Schleicher frères. 1 vol. in-16. Prix : ifr,5o.
- Pour choisir une carrière. Guide pratique pour l’accès à toutes les professions, par Daniel Massé. Paris, librairie Larousse, 1 vol. in-8°, 5oo p. Prix : broché, 4ts,5o ; relié, 5fr,5o.
- Livre de chiffres et de faits : ce qu’on gagne dans les diverses carrières, comment on y arrive.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie, les laits d’un Intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Ëlle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le moteur Boudreaux-Verdet (n° 1770, 27 avril 1907, p. 348), s’adresser à la Société d’études des moteurs simplifiés B. V., 8, rue lîautefeuille, Paris.
- Communications. — Pluie de pollen. — Notre distingué collaborateur, M. Aimé, à Niort, nous signale un assez curieux phénomène, curieux par son peu de fréquence, car il est d’ailleurs bien connu. C’est une véritable pluie de pollen qui s’est abattue aux environs de Relie, près de Niort, le 2 mai, à la suite d’un gros orage et d’une averse de grêlons. Les assistants, trompés par l’aspect, se crurent naturellement en face d’une de ces pluies de soufre si célèbres dans toutes les légendes. Il 11e fallut rien moins que l’intervention du microscope pour les détromper.
- Renseignements. — M. J. S., à Rouen. — L’anthropologie égyptienne a précisément fait l’objet d’un récent et superbe ouvrage de M. Ernest Chantre : Recherches anthropologiques en Egypte (Lyon, Rey, 1904, in-4°, 3x8 p. et x5g fig.). L’auteur, avec la science profonde et le talent déjà développés dans ses précédents ouvrages sur la préhistoire française, l’ethnographie du Caucase, de la Turquie d’Asie, y compare les anciens Egyptiens et les modernes : il conclut que les diverses populations composant la race égyptienne présentent de nombreux caractères d’homogénéité, — descendent des vieux Libyens—, sont par conséquent autochtones, et que l’antiquité de la civilisation égyptienne remonte aux âges de la pierre.
- M. P1, de Breteuil, à Paris. — Nous ne trouvons pas l’article auquel vous faites allusion. Ne pourriez-vous îxous donner la référence exacte (date et page)? En tout cas, pour l’anactinochryne, vous pourriez voir chez Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple, qui tiennent tout ce qui est nécessaire à la photographie.
- Latour. — Nous avons donné dans nos Recettes et Procédés utiles, 4e série, un moyen simple et pratique de stériliser rapidement l’eau destinée aux usages domestiques : aujouter du perchlorure de fer à l’eau, puis un peu d’eau de chaux ou d’une solution de carbonate de soude pour donner naissance à l’oxyde de fer, agiter vivement pour provoquer la granulation du précipité ; laisser déposer, décanter ou mieux filtrer.
- M. II. Faure, à Toulouse. — i° Pour tout ce qui est nécessaire à la photographie à la gélatine bichroxnatée, veuillez vous adresser à MM. Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple, à Paris. — 20 Vous trouverez dans nos cinq petits volumes Recettes et Procédés utiles (librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris), de nombreuses formules d’encres à divers usages et de diverses couleurs.
- M. H. Lahi ’osse, à Dijon. —— Voici les adresses que
- vous demandez : x° M. G. Deloche, moteurs Ixion, 10, quai Michelet, à Levallois (Seine). — 2" Le microscope du IV H. Lebrun, se trouve chez M. Zimmermann, 2i, Emilien strasse, Leipzig. — 3° Société des Engins de sauvetage, 10, rue de Laborde, Paris, ou maison Jo-gerseu 10, liragesgade, Copenhague. — 4° Pour la roue Pelton à ajustages multiples, M. Percy Pitmann, à Led-buy, llerefordshirc Grande-Bretagne. — 5° Pour la locomotive à gazoline, la Maudslay Motor Company de Coventry (Angleterre). — 6” Le niveau à collimateur, chez M. Brosset, 22, rue des Francs-Bourgeois, à Paris.
- M. A. J., à Lyon. —- Comme récents ouvrages pratiques sur la préhistoire, nous indiquerons de préférence les dernières publications de la libi'airie spéciale Schlei-eukix frères, x5, rue des Saints-Pères : Manuel des recherches préhistoriques publié en 1906, par la Société préhistorique de France, in-i2, avec 2o5 fig., 8 fr. ; —- le Musée préhistorique, par G. et A. de Moktillet, 2e édit., 1903, petit in-8°, 12 fr., qui donne en io5 pi. avec 1429 dessins l’aperçu le plus net, concis et complet à la fois de nos connaissances préhistoriques actuelles ;
- — l’ouvrage classique de G. de Mohjillet, Le Préhistorique, Antiquité de l'homme, a déjà vu trois éditions se succéder ( 1883, i885, 1900), une quatrième se prépare et paraîtra dans un an. — Plus sommaire est l’Age de la pierre de Georges Rivière (prix, 2 fr.). — Enfin la revue l'Homme préhistorique, dirigée par le D‘ Chervix et A. de Mortillét coûte 10 fr. par an chez les mêmes éditeurs qui vous enverront leur catalogue sur demande.
- — Voyez encore : L’Anthropologie (Paris, Masson), Revue de l'Ecole d'anthropologie, Bulletin et Mémoires de la Société d’anthropologie (Masson), Bulletin de. la Société Préhistorique de France, Revue préhistorique et la Spéléologie au xxe siècle, p. 636, Paris, Hermann, etc.
- M. X., à Bruxelles. — Nous vous remercions de votre bienveillante observation relative à notre information sur la distribution d’eau de Bruxelles, mais nous avons pris ces renseignements dans l’étude publiée à ce sujet dans les Annales de Travaux publics de Belgique, qui sont, comme vous voyez, la meilleure source où nous ayions pu puiser.
- Abonné rT 70998. — Vous trouverez le renseignement demandé dans le « Zeitschrift fur angewânte Chemie, 1906, T. XIX, 1412 », article de A. Eichengrun, d’où provient « l’information » parue dans La Nature. Cette revue se trouve dans toutes les bibliothèques scientifiques.
- M. Godard, à Blois. — i° Adressez-vous à la Société des accumulateurs Fulmen, 18, quaide Clichy, à Clichy ; 20 Enlevez les plaques sulfatées, redressez-les et gi’attez-les avec la tranche d’une lame de verre pour enlever le sulfate qui les recouvre. Puis remettez-les en place.
- M. Rittener, à Milan. — Nous vous conseillons les ouvrages suivants de M. Minet où vous trouvei’ez les renseignements théoriques et pratiques demandés-: Electro- chimie ; Théories de l’électrolyse ; Analyses électrolytiques ; Galvanoplastie et galvanostégie ; Electrométallurgie. Encyclopédie des Aide-mémoire Léauté. Libr. Masson, 120, boul. St-Germain. — 3 fr. le volume.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Décorations en timbres-poste. — Certaines personnes apprécient les décorations faites avec de vieux timbres-poste, notamment sur des plats ou des assiettes à fixer aux murs. Pour assurer la fixation des timbi'es, il faut naturellement un adhésif, et, sur la faïence, on réussit fort bien au moyen du vernis copal. Gn commence par passer une couche de ce vernis sur la faïence, et l’on attend ensuite que le vernis commence à devenir collant, à prendre au doigt. Alors on applique les timbres, en les disposant suivant son goût et les besoins
- de l’ornementation. On laisse complètement sécher, et l’on passe une autre couche de vernis par-dessus le tout
- Si l’on veut empêcher un vernis à l’huile de pénétrer dans des timbres, et donner à ceux-ci de la transparence, on se trouve bien de les faire baigner quelques minutes dans de l’eau tiède où l’on a fait une dissolution d’une partie de gélatine pour 10 d’eau; on laisse naturellement bien sécher ces timbres avant de les mettre en place.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 mai .... 13° ,5 N. N. E. 2. Nuageux. 0,0 Rosée ; nuag. jusq. 14 h. ; couv. ens. ; pluv. le m. et le s.
- Mardi li 10°,9 S. S. W. 5. Beau. » Rosée ; Beau jusqu’à 11 h. ; nuageux ensuite.
- Mercredi 15 12°,3 E. 1. Couvert. 4°,6 Rosée; couvert; pluie de 14h. à 24 h.
- Jeudi 16 8°,5 N N. W. 2. Couvert. 9,3 Pluie jusqu’à 5 h., et, l’après-midi,couvert.
- Vendredi 17 8°,6 N. 3. Couvert M Nuageux.
- Samedi 18 7°,3 N. 3. Peu nuageux 0,3 Rosée; nuag. ; averse niôlée de grêle à 11 h. 40 et 13 h.
- Dimanche 19 5»,2 . N. N. E. 3. Beau. » Rosée ; peu nuageux.
- MAI 1907. — SEMAINE DU LUNDI 13 AU DIMANCHE 19 MAI 1907.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche, courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Ctg'tNS. Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du i3 au 19 mai, le temps a été irrégulier, pluvieux et froid. — Le 13, minima en Irlande et à Saint-Pétersbourg (763 mm), maxima en Norwège et dans la péninsule des Balkans (765 mm). Le vent est faible, la mer agitée à la pointe de Bretagne et sur la Méditerranée. Pluies sur le N.-O. du continent, et le Sud de la France : 26 mm à Bordeaux, 19 à Rochefort, 17 à Marseille, 7 à Biarritz. La température est en baisse, sauf dans l’Est; le matin on note : à Arkangel, x°; à Moscou, i5; à Alger, 17; à Palerme, 21; au Puy de Dôme, 2. A Paris, température moyenne de i5° (la normale est i3°). — Le 14> à Biarritz (minimum) : 756 mm; à Malte (maximum) : 764* Yent modéré, mer houleuse à la pointe de Bretagne. Pluies dans l’Ouest de l’Europe; en France : 4 mm à Nantes, 3 au Havre, 1 à Boulogne, Belfort, Lyon. Tem-vpérature du matin : à Haparanda, 20; à Paris, 11; à Madrid, 12; à Toulouse, 16; à Alger, 17; à Malte, 22; au Puy de Dôme, 9; à l’Aigoual, 2; au Pic du Midi, —2. — Le i5, minima : mer du Nord, 75a mm; Russie, 751. Vent assez fort de l’Est en Provence, mer houleuse. Pluies dans le Nord et l’Ouest de l’Europe; en France : 17 mm à Nice, 8 à Toulouse, 6 à Rochefort, 3 à Nancy. Orages à Bordeaux, Biarritz. Alger. La température monte dans le N., baisse dans le S. ; le matin : à Paris, i3°; à Alger, 18; à Palerme, 22; à l’Aigoual, 5; au Puy de Dôme, 3; au Pic du Midi, —5. A Paris, température moyenne de i2°,7 (normale i3°,2). — Le i6,*en Irlande,
- 766; à Biarritz, 763, dépression en Scandinavie (Stockholm : 747). Mtr peu agitée. Des pluies sur le N. et l’0. de l’Europe : en France : 48 mm à Paris, 29 à Dunkerque, i3 à Cherbourg et Besançon, 8 à Nice. Des orages dans le Sud. Abaissement général de la température ; le matin, à Arkangel, — i°; à Paris, 9; à Madrid, 10; à Clermont, 11; à Alger, 20; à-Malte, 21; au Puy de Dôme, 2; au Pic du Midi —5 ; au mont Mounier —6. A Paris, température moyenne de io°,i (la normale est 13°,4)- — Le 17, les fortes pressions de l’Atlantique s’avancent sur l’O. de l’Europe : 771 mm à Stornoway; dépression baltico-russe (751). Yent fort du N. sur les côtes de Suède et danoises; modéré sur nos côtes, mer agitée. Pluies sur le N. et l’O. du continent; en France : 27 mm à Toulouse, 8 à Rochefort, 6 à Clermont, 5 au Havre, 2 à Paris. La température continue à baisser ; le matin : à Arkangel, o°; au Havre, à Nantes, 8; à Paris; 9; à Toulouse, 11; à Alger, 19; à Palerme, 21. — Le 18, le maximum barométrique sur les Iles-Britanniques (Stornoway 772 mm); golfe de Gènes (755 mm). Yent modéré; mer houleuse ou agitée. Des pluies sur le N. et l’O. du continent; en France : 5 mm à Lyon et Clermont, 2 à Toulouse. Le matin : Nancy, 4°; Paris et Clermont, 7; Alger, 17; Brindisi, 19; Puy de Dôme — 3 ; Venloux, — 5 ; Pic du Midi, —• 8. — Le 19, à Gênes, 751 mm; en Finlande, 770; en Écosse, 768. Pluies sur les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie. A Paris, 5°; Toulouse 6; Biarritz 10; Ventoux, —7 ; Pic du Midi, —12. A Paris, température moyenne de 7°,2 (la normale est i3°,7).
- PHASES DE LA LUNE: Néant.
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- LA NATURE
- TRENTE-CINQUIÈME ANNÉE 19
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — HYGIÈNE ET SANTÉ — RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES — VARIÉTÉS — DIVERS
- I. — INFORMATIONS-
- Abaca aux lies Philippines (U)............................ 82
- Académie Royale des Sciences de Turin.................... 105
- Acétylène commercial (Présence d’un hvdrure de calcium dans P).............................................'178
- Acide cyanhydrique chez diverses plantes.................. 2
- Acier (Le trust de P), 178; — au nickel, 54; — au sel. 154 Aéronautique : Voyage aux Pyrénées, 18; M. de la
- Yaulx, 57.............................................. 89
- Afrique occidentale en 1905.............................. 114
- Algérie (Les primeurs en), 25; Inondations................105
- Alaska, 161; Les télégraphes.............................. 90
- Allemagne : Canaux nouveaux, 90; Population des grandes villes, 137; Commerce extérieur en 1906, 138;
- Flotte.................................................194
- Alliages du zinc avec l’argent et l’or....................178
- Amsterdam (Trafic du port d’).............................170
- Anthropologie : âge de la mère et taille de l’enfant. . . 146
- Anthropologie : une fraude.............................. 186
- Antimoine (La production mondiale d’)..................... 33
- Antiseptiques (Les permanganates comme)................... 18
- Anvers (Fortifications d’)................................122
- Archéologie : Fouilles à Célèbes......................... 106
- Ardoises (La coloration des)..............................178
- Argent du district de Cobalt au Canada (Les mines d’). 50
- Ascension à 7000 m. de hauteur............................ 42
- Astronomie : Curieuse configuration planétaire, 17; La lumière du ciel, 41 ; Congrès international pour les
- études solaires........................................201
- Automobiles et automobilisme, 17, 74, 82, 90, 106,122,
- 137,153,161,162 ...................................... 186
- Azote liquide (Quelques propriétés)....................... 34
- Babylone (Un plan de)..................................... 33
- Bananes à Costa Rica (Les)................................ 42
- Black-rot (La lutte contre le)............................ 50
- Bois (Chauffage du)....................................... 10
- Brachycéphalic et dolichocéplialie expérimentales. . . 58
- Brouillard (Le)........................................... 54
- Câbles maritimes, 9; Câbles souterrains...................106
- Calcutta (Port dé).' 154
- Calendriers perpétuels au moyen âge.......................162
- Cambodge : Le roi de Meakh................................178
- Canada en 1906........................................... 113
- Canots automobiles pour cuirassés allemands............... 93
- Caoutchouc (Production du)................................178
- Carbone (Sous-oxyde de)................................... 90
- Cèdre (Traverses de chemin de fer en).....................178
- Celluloïd (Recherches sur le).............................130
- Ceylan (Une exposition à)................................. 31
- Charbon (Emmagasinement du)...............................169
- Chaussui’e en France (L’industrie de la)..................158
- Chemins de fer (Carte d’établissement des), 170; — électriques, 34; — de montagnes en 1906, 169; — électriques en Grande-Bretagne. .............................. 98
- Chiens de police à Neuilly (Les)..........................177
- Choc vis-à-vis des métaux légers (L’action du). ... 26
- Ciment armé (Bardeaux en)................................. 98
- Cochons : l’industrie porcine en Corse....................153
- Supplément au n° 1774 de La Nature du 2o mai 1C07.
- Coloration rouge de la mer............................ 98
- Comètes, 9, 121, 160.................................. i 85
- Crapauds (Colonies de)................................... 98
- Crémation en Angleterre.................................. 97
- Croiseurs anglais, 114...................................153
- Croiseurs cuirassés : Essais du Jules-Ferry et du Victor-Hugo., 26, 121...................................... 177
- Cuir de lapin............................................170
- Cuirassé japonais........................................ 98
- Cuivre, 42, 98 ......................................... 153
- Désinfection par la formaldéhyde.........................178
- Diamant (Nouvel outil en'................................186
- Diamants à Madagascar, 145; aux États-Unis (Importations), 97; dans l’Afrique du Sud, 2.....................158
- Diatomées du Pacifique (Boues à)......................... 10
- Eau à Bruxelles (Distribution d’), 161; en Allemagne. 170
- Eau d’alimentation (Altération des nappes d’)............162
- Ébonite (Analyse des objets en)..........................158
- Éclairage (Rendement des divers modes d’)..............186
- Écosse (les lacs d’).....................................194
- Egypte antique : la faune. .............................. 53
- Électricité : commandes d’outillage, 18; conducteurs en sodium, 9; prix de l’énergie électrique à Paris. . . 145
- Emeri (Ciment pour agglomérer les poudres d’). . . . 194
- Engrais : le manganèse................................... 82
- Éruption aux îles Hawaï. . .............................. 58
- Eskimos. Leur histoire au Groenland......................106
- Espagne. Population des grandes villes...................105
- Étoile RZ Cassiopée (Mouvement radial de F).............130
- Fer aux États-Unis, 178; Fer forgé (Sa composition),
- 146, La rouille....................................... 50
- Fontaines lumineuses (Une application inattendue des). 138
- Fonte française (La)..................................... 97
- Formosc (Japonais à)..................................... 98
- Fouilles préhistoriques à Ceylan.........................202
- Fourmis blanches (Bois et)............................... 10
- Fourrures à Londres ..................................... 58
- Fromage d’Emmcnthal (Sur les constituants du). . . . 186
- Fruits: conservation par le formol....................... 81
- Fûts métalliques.......................................... 2
- Garonne (Une crue de la)................................. 49
- Gaz à l’eau, 89; Gaz à Paris, 73; Gaz industriels (Analyse optique des), 114; Gaz pauvre (Avantages). . . 201
- Glaciaires (nouvelle théorie des périodes)...............114
- Glaciers dans l’Indo-Kush (Progression) .................154
- Gouffre (Réouverture d’un)...............................154
- Grisou : galerie d’expérimentation.......................137
- Grottes de Rosée.......................................... 9
- Grues électromagnétiques.................................170
- Gui en Bretagne.......................................... 26
- Gulf-Stream (Le)......................................... 66
- Henequen au Yucatan (Le)................................ 114
- Hercule (Déformation de l’amas d’)....................... 41
- Houille en France, 58; en Nouvelle-Zélande...............138
- Huile résiduelle des tourteaux d’olives.................. 20
- Hydrogène phosphore (Empoisonnement par F). . . . 90
- Inde anglaise (Population), 65; Indes néerlandaises . . 66
- Indo-Chine : chemiu de fer de Tourane à Hué. ... 18
- Ingénieurs allemands (L’association des). 26
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-
-
- TABLE DU SUPPLÉMENT.
- Inondations.............................................
- Insectes (Utilisation contre des parasites).............
- Irlande, l’émigration...................................
- Japon : les bains chauds, 202; chemins de fer, 42; chutes d’eau et installations hydro-électriques, 202 ; Etudiants et étudiantes chinois, 90 ; Moteurs électriques,
- 60; Statistique japonaise............................
- Juifs dans l’Afrique du Nord............................
- Jupiter (L’aplatissement des satellites de).............
- Krupp (L’installation électrique des usines)............
- Labourage à vapeur......................................
- Lac Balaton (Le)........................................
- Lait fixé (Le)..........................................
- Lait bouilli et non bouilli : distinction...............
- Laque du Japon .........................................
- Levure comme produiL secondaire de la fabrication (La). Locomotive de la première heure, 154; Fumivorité . . Longitudes et télégraphie sans fil (Détermination des).
- Loup (Domestication du)............................ . . .
- Lune (Température de la)................................
- Macadam goudronnées (Chaussées en;......................
- Mal de mer (Navires à turbines et suppression'du). .
- Manche (Traversée delà).................................
- Manchon à incandescence.................................
- Mercure (Le)............................................
- Mexique (Production minière du).........................
- Mica aux Indes, 145; Mica canadien......................
- Milan (La stabilité du dôme de).........................
- Minoteries de France, 10; en Espagne....................
- Mira Celi (o Baleine) (Maximum de)......................
- Mont Mac-Kinley (Alaska) : son ascension................
- Moteurs à gaz pauvre (Concours de)......................
- Mouches : infections des mouches, leur destruction. . Musée de prévention des accidents du travail au Conservatoire des Arts et Métiers,.........................
- Musée ethnographique de Lund (Suède)....................
- Muséum américain en 1906 (Le National)..................
- Navires (Appareils de déchargement des). ...............
- Navires par le travers (Lancement des)..................
- Neige (Avalanches de)...................................
- Nickel et cobalt dans la nature.........................
- Nigérie méridionale (la)................................
- Nilrocellulose en magasin (Détérioration graduelle). .
- Observatoire (Un nouvel)................................
- Or (Au Transvaal en 1906), 66; Exportations françaises, 158; Mines de Corée, 42 ; Mines de Cripple creek, 42; Mines de la Résidence de Bombay, 41; Production
- en 1906..............................................
- Ordures ménagères : destruction, 169....................
- Oxyde de carbone (Enlèvement électrolytique des
- écailles d’).........................................
- Ozone à haute température (Transformation d’oxygène
- en)..................................................
- Pain (La vicosilé dii)..................................
- Panama (L’isthme de)....................................
- Papier (La viscose dans la fabrication du) ......
- Papous (L’anatomie des).................................
- Pêche en Suisse.........................................
- Pêcheries aux Iles-Britanniques (Les)...................
- Pelliot (La Mission)....................................
- Perforatrice Gordon au Transvaal........................
- Perse (Projets d’irrigation en).........................
- Pétrole : chauffage des locomotives, 170; en Roumanie, 177; L’avenir de la production pétrolifère, 177; Pétrole néozélandais, 10; Transport.......................
- Phosphates..............................................
- Photographie à distance (Korn)..........................
- Photographi . céleste (Utilité des télescopes à court
- foyer en)....................................; . . .
- Photographie des couleurs, Pinachromie et pinalypie. .
- Pisciculture marine (Une expérience de).................
- Plomb (La production mondiale), 55; feuilles étamées.
- Pôle sud................................................
- Pont sur la Loire (Nouveau).............................
- Population en France (Mouvement de la), 2...............
- Potassiques en Alsace (Gisements)....................... <)8
- Poudres colloïdales.....................................129
- Préhistoire : épées tordues des Gaulois, 150; L’homme tertiaire en Australie, 157 ; L’obolo de Charon, 154;
- Un rendez-vous de chasse (Wildkirchli), 42 ; Dessin
- préhistorique de l’homme.............................. 57
- Radioactivité de quelques sources d’eau thermales. . . 201
- Radiographie.............................................185
- Radium dans la croûte terrestre (La distribution du). . 177
- Rayon vert (Le).......................................... 17
- Résine (Industrie de la).................................130
- Ressorts (Fils de fer pour)..............................162
- Revêtements métallurgiques...............................201
- Rhin (Les ports du)......................................162
- Rhodésie au moyen âge (La)............................... 49
- Rotterdam (Agrandissement du port).......................161
- Boutes nationales (Prix de nos)........................... 1
- Rouwenzori (Exploitation du massif du)...................146
- Sèvres (Nouvelle pâle tendre à la manufacture de). . 57 Siam : jugement de Dieu, 154, pierres précieuses . . 2
- Simplon (La base géodésique du).......................... 89
- Singes (Esprit des)......................................170
- Sommeil (La maladie du), 26..............................161
- Sondages (Utilisation des électro-aimants)...............162
- Stations d’hiver (Températures des)......................121
- Sucre en Europe (Production), 114; en France .... 50
- Suez (Le canal de).......................................105
- Syrie (Préhistoire de la). 58
- Tabac en France (Le)..................................... 66
- Tabous de mots dans les langues indo-européennes. . . 170
- Tantale (Minerai de).....................................146
- Télégraphe pour voiture..................................146
- Télégraphie et Téléphonie, 25, 122 ..................... 195
- Télèphotographie.........................................186
- Températures maxima observées en France.................. 66
- Tirefonds : résistance à l’arrachement...................194
- Thèbcs (Tombeau de la reine Tizi)........................145
- Thermomètre de valeur....................................178
- Transsibérien : Les services militaires..................202
- Tremblements de terre, 2, 26, 55, 58, 66 ................ 98
- Turbines à vapeur dans les filatures, 42 ; dans les mines . 115
- Turbines hydrauliques géantes............................177
- Typhoïde : mortalité typhique en Allemagne...............170
- Universités allemandes (Les femmes dans les). . . . 146
- 'Vanadium, 82............................................186
- Vésuve : Produits de la dernière éruption................202
- Vie : durée moyenne......................................122
- Vigne en Californie (La), 42 ; en Belgique...............122
- Vins et cidres en 1906, 2. ....... ...................... 42
- Wagons métalliques ...................................... 10
- Wagons postaux, 115......................................145
- II. — SCIENCE APPLIQUÉE.
- Accouplement élastique Daimler...........................241
- Allumettes (Une nouvelle boîte d’).................... . 140
- Amortisseur pneumatique..................................155
- Appareil à préparer le levain....................... . . 147
- Appareil photographique qui forme montre. . . . . 1 100
- Appel d’alarme........................................ . 188
- Attache électrique.................................... . 51
- Attache-nappe......................................... 4
- Auloloc (L’).........................................- 170
- Automobile électrique. ........................• • • 68
- Auto-signal lumineux................................... 107
- Averlisseur à détonation..................................52
- Bandages élastiques pour roues de voitures automobiles
- et autres. ............................ • • • • . 139
- Bandage Sider...................................... ' 424
- Bouée pour nageurs. . ................................. 196
- Bougeoir de cave........................................ 92
- Bougies d’allumage (« Pare-l’cau » Mihi pour), 125;
- bougie l’Amovible. . . . .............................195
- Bouilleur stérilisateur. ................................ 35
- Brosse à dent ouvrante. . . . »....................... . 148
- 33
- 18
- 195
- 122
- 114
- 54
- 114
- 42
- 18
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- 194
- 98
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- 154
- 129
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- 97
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- 170
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-
- TABLE DU SUPPLÉMENT.
- Iirosse de poche automatique................................ 30
- Câbles électriques (Boîte à connexion de)...............203
- Cacheteur électrique Léon Lagües...........................147
- Calcul llalden (Cercle à)................................... 11
- Calorifère à eau chaude..................................... 75
- Calorimètre pour combustible liquide...................
- Carafe glacière........................................
- Carburateur Mihi.......................................
- Carnet à feuilles mobiles..............................
- Cassette de sûreté.....................................
- Cheminée calorifère Silbermann.........................
- Clef anglaise. . ......................................
- Clef (Ossul)...........................................
- Clef à serrage instantané..............................
- Clef de serrage........................................
- Compresseur d’air à deux phases........................
- Compteur totalisateur Yceder...........................
- Condiments en voyage...................................
- Cordon métallique pour lorgnon ou crayon...............
- Courbe sans compas (Moyen original de tracer une). .
- Courbes (Instruments à tracer toutes les)..............
- Couteau hachoir........................................
- Couteau à outils multiples.............................
- Cric léger.............................................
- Dossier-classeurs......................................
- Éjecteur hydropncumalique Shone........................
- Ëllipsographe Garonne!.................................
- Embrayage « Mihi » (Régulateur d’).....................
- Énigma (1’)............................................
- Équerre rapporteur ajustable...........................
- Établi de serrurerie mobile............................
- Fauteuil à glissières pour automobiles.................
- Ferme-jupe (Nouveau)...................................
- Fontaine (Borne-)......................................
- 60
- 171
- 123
- 59
- 84
- 171
- 148
- 187
- 187 28 35 75
- 140
- 166
- 176
- 43
- 115
- 115 139
- 91
- 75
- 189
- 99
- 28
- 188 3
- 83
- 164
- 116
- Fraise à bois réglable................................ 41
- Fraise à tailler les goujons.......................... 44
- Frein de suspension « Mihi», 83;—de tramway Freund. 203
- Frotteur électrique...................................... 52
- Fuites d’un tuyau (Procédé rapide pour localiser les). 11
- Galets à billes........................................ 188
- Géodrome À. Groc (Le).................................... 12
- Guerre en ballon (La)..................................... 4
- Imprimerie portative pour aveugles....................... 27
- Indicateur de pentes.....................................123
- Indicateur du niveau de l’eau dans les chaudières à vapeur..................................................... 92
- Interrupteur autonome alternatif système Blondel pour charge d'accumulateurs et bobine de RuhmkorfT. . . 27
- Isolateur pour lignes téléphoniques. ....................124
- Jante amovible Michelin............................. . . 135
- Joint universel à billes................................ 172
- Jouets : Accessoires pour chemins de fer.................108
- Jumelle « Tom Pouce » à prismes.......................... 19
- Lampe à acétylène portative............................. 196
- Lime fraiseuse à main....................................115
- Locomotive électrique.................................... 68
- Luminosités nouvelles. ..................................131
- Lunette automobile Sténo................................. 19
- Machine à écrire « America »............................. 91
- Machine à peler....................................... . 12
- Machine à percer improvisée..............................163
- Manche universel................•.....................116
- Manches à outils interchangeables........................187
- Manivelle de sûreté...................................... 19
- Marteau aimanté..........................................180
- Marteau en fibre....................................... 188
- Mayonnaise Bayard (Rapide-). ............................ 20
- Mèches à bois extensibles.............................. 171
- Meule à commande pneumatique............................ 59
- Meules de corindon à pédales..........................
- Meule domestique en carborundum. .....................* 84
- Meules (Outils à décrasser les)..........................166
- Moteur à deux temps......................................131
- Moteur à deux temps « Victoria », 67; Moteur à deux temps Robert Dubois et Uzac. ............................195
- Moteur à explosions (Appareildecontrôledel’étincelled’un)
- Moteur circulaire Primat...............................
- Moteur électrique...................................
- Niveau d’eau...........................................
- Niveau double..........................................
- Niveau pour mèches.....................................
- Ossul Clef.............................................
- Outils à divers usages.................................
- Outil à percer les boucles.............................
- Outils multiples. ................................ . . .
- Parapluie de voyage pliant.............................
- Patin perfectionné.....................................
- Perceuse pour rails....................................
- Phonographe improvisé (Un pavillon de).................
- Pince de serrage pour collages ou rivetages............
- Pipe (Nouvelle forme et disposition de)................
- Pipes (Protecteur de)..................................
- Piston dite universelle (Garniture de).................
- Pitons et tiges métalliques à anneaux (Bloc à faire les).
- Plaque de sûreté mobile................................
- Poinçon d’un nouveau type....................i . . .
- Pont-arrière pour automobiles..........................
- Porte automatique......................................
- Porte-photographie en fil métallique...................
- cc Porletout » cycliste................................
- Prise d’air automatique...........................
- Réflecteur universel pour lampe électrique.............
- Règle en acier flexible................................
- Réveil (Auto-).........................................
- Rince-lonncaux.........................................
- Rond attache-serviette.................................
- Rondelle « Fastnul »...................................
- Roulement à billes J. Mey..............................
- Roulement à billes (Nouveau système de)................
- Salière à couvercle automatique........................
- Sandwichs (Machine à faire les)................... . . .
- Scie à main. ..........................................
- Scie circulaire........................................
- Scies circulaires. Nouveau système piotecleur. . . . .
- Serre-tubes instantané.................................
- Serviettes (Attache-), 156; Serviettes utiles..........
- Sifflet avertisseur....................................
- Silencieux Bizeul......................................
- Siphon-filtre (Le).......................................
- Siphon flottant toujours amorcé........................
- Solène (Le)............................................
- Soudure de plomb au moyen du chauffage électrique
- par résistance.........................................
- Support électromagnétique..............................
- Support sécheur M. T. L. pour clichés..................
- Suspension électrique..................................
- Suspension extensible pour tableaux et pour glaces. . .
- Suspension « Idéale » (La).............................
- Suspension Victoria....................................
- Tarière mécanique......................................
- Téléphoniques nouveaux (Appareils).....................
- Tendeur de câble métallique............................
- Thermomètre à tension de vapeur saturée................
- Timbres avec mouilleur (Boîte porte-)..................
- Tir au mortier (Le)....................................
- Tonneaux (Appareil aseptofût pour laver les)...........
- Tonne pneumatique............................' . . .
- Toupie aéroplane.......................................
- Tournevis à lames multiples............................
- Tournevis à manivelle..................................
- Tournevis de poche.....................................
- Transbordeur universel.................................
- Transmetteur d’ordres l’Aulomatic......................
- Trousse à mèches.......................................
- Trousse de toilette de poche...........................
- Tuyau de vidange à flotteur............................
- Valve d’arrêt pour conduite de vapeur..................
- Veilleuse pratique.....................................
- Verres de lampe (Appareil pour le nettoyage des). . . Wagon-grue. . . ...............................• • •
- 52
- 131
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- 84 100
- 68
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- 115 44
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- TABLE DU SUPPLÉMENT.
- III. — HYGIÈNE ET SANTÉ.
- Air vicié des appariements etdes chambres à coucher (L’).
- Ambidextérité (L’).....................................
- Angines (Une cause d’).................................
- Animaux d’appartement (Les dangers des)................
- Cacao soluble (Le).....................................
- Caillebottes (Empoisonnement par les)..................
- Campe.ment (Le)........................................
- Chenilles (Accidents causés par les)...................
- Crampe des écrivains (Traitement de la)................
- Dents à l’école (Les)..................................
- Digitoplastie (La).....................................
- Dyspeptiques (Les boissons chaudes pour les)...........
- Eau phéniquée (L’).....................................
- Écoliers (La santé des)................................
- Epuration biologique des eaux d’égout (L’).............
- Estomac (La dilatation de T)...........................
- Farines au cacao pour les enfants (Les)................
- Furoncles (Traitement des), 69; Contre la furonculose .
- Lait (L’intolérance pour le)...........................
- Microbes anaérobies (L’asservissement domestique des).
- Mortalité parisienne au xixe siècle....................
- Motif de résiliation de bail (Un)......................
- Oreilles (Le percement des)............................
- Poisons alimentaires ( Les)............................
- Quarante-cinq balles dans le ventre....................
- Rage à Paris (La)......................................
- Rhume de cerveau et hygrométrie de l’air...............
- Robes à traîne (Les)...................................
- Salône (Le)............................................
- Scarlatine (La contagiosité de la).....................
- Sommeil après le repas (Le)............................
- Sommeil et les veilles (Le)............................
- Sorbets au plomb (Les).................................
- Teinture des cheveux (Sur la)..........................
- Thé (L’abus du)........................................
- Troubles gastriques (Le citrate de soude contre les). .
- Vaisselle (Le nettoyage de la).........................
- Vanillisme (Le)....................................
- Vioforme (Le)..........................................
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- 189
- 117
- 21
- 109
- 21
- 117
- 93
- 141
- 157
- 157
- 109
- IV. — RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES.
- Acajou (Pour remettre à neuf F)......................... 14
- Accumulateur (Inconvénients des courroies de cuir sur
- les bacs des) ........................................175
- Automobilistes (Petit conseil aux)............... 31
- Réton (Moyen d’obtenir l’étanchéité du).................119
- Bronzage électrolytique, 127 ; — du cuivre..............207
- Ciment imperméable pour murs en briques................. 14
- Ciment pour porcelaine et faïence....................... 48
- Cuirs'et peaux (Nouveau traitement des).................150
- Dessins : protection dans les ateliers.................. 150
- Émail des cadrans de pendule (Composition de F). . . 191
- Engrais pour les Heurs. . ....................... 150
- Engrais préparé....................................... . 85
- Fixage (Limites d’emploi des bains de)..................159
- Fleurs par le froid (Conservation des)..................102
- Fourmis des bois qu’elles attaquent (Pour chasser les) . 14
- Fromageries (Antisepsie des murs dans les). ..... 79
- Garages (murs humides dans les)......................... 48
- Garde-crotte pour cycles................................ 31
- Humidité sur les murailles (Four empêcher la condensation de F) . .......................................... 55
- Insolubilisation de la gélatine par la formaldéhyde... . 61
- Lait de toilette au jasmin.............................. 14
- Lampes à acétylène (Entretien des). .................110
- Lignes en soie (Préparation des lils de) ...... . 166
- Lunettes ou de lorgnons (Réparation des montures de). 119
- Mastic au gris de zinc. . . ....................... 142
- Menuiserie (Un petit artifice de).......................175
- Molesquine (Teinture pour la). ....................... . 79
- Mousseline antiseptique pour traitements chirurgicaux et
- pansements........................................
- Nacre de carton qui la porte (Pour détacher de la). .
- (Euls fêlés (Incubation des).........................
- Ouate à l’acide phénique.............................
- Ouate à l’acide salicylique.........................
- Ouate astringente...................................
- Ouate iodoformée....................................
- Ozobrome (L’). ......................................
- Papier mâché durci............; . . ................
- Peinture pour objets de fonte grossière.............
- Pierre (Nouveau dispositif pour élever les blocs de). . Platine (Pour réparer les articles en). .......
- Pneumatiques (Les enveloppes feutrées pour)..........
- Poix ( Préparation de la)............................
- Poules qui mangent leurs œufs........................
- Puceron lanigère (La destruction du)................
- Renforcement par sulfuration. . ....................
- Sciure de bois (Briques de) ... ....................
- Semelles de souliers (Imperméabilisation des).......
- Taches sur le chêne traité aux vapeurs d’ammoniaque
- (Enlèvement des)..................... ............
- Teinture des plumes..................................
- Tellurium (Moyen de reconnaître la présence du): . .
- Tennis (Préparation d’un terrain de) . ..............
- Thermomètres (Décoloration du liquide des)...........
- Thermométrique (Pour graver une échelle).............
- Timbres-poste (Décoration en)........................
- Toiles à voiles : passage au rouge. .........
- Vernis mat...........................................
- Vernis pour cuir mince...............................
- Vernis transparent et élastique pour le cuir.........
- Vernis (Vieux).......................................
- Viandes (La conservation des)........................
- Volaille (Ration alimentaire pour la)................
- 102
- 14
- 79
- 102
- 55
- 102
- 102
- 109
- 14
- 182
- 79
- 127
- 31
- 79
- 79
- 127
- 159
- 48
- 48
- 85
- 85
- 150
- 175
- 150
- 6
- 204
- 183
- 102
- 14
- 45
- 88
- 166
- 14
- V. - VARIÉTÉS.
- Agriculture à Malte (L’)..............................126
- Allumettes (La fabrication des)....................... 166
- Anis étoilé au Japon (L’).............................204
- Blé barbu (Le)........................................126
- Buées (Expériences sur la formation des)..............165
- Cartographie touristique. ..........................165
- Caséine (La fabrication électrolytique de la).......126
- Cavernes du lvarst (Les) .............. 197
- Congrès des Sociétés savantes à Montpellier........173
- Figues de Smyrne. ............................... . 190
- Fondation rapide d’une machine de 400 tonnes en terrain
- aquifère.......................................... 62
- Grignons d’olives (L’épuisement des). ....... . 22
- Hydrogène arsénié (Sur la toxicité de F). . . . . . ;. 190
- Hydrogène sulfuré (La préparation de F). ...... 166
- Métropolitain de Londres (Nettoyage des tunnels du). . 70
- Microscopepour. reconnaître la faussemonnaie (Emploi du). 198 Narcisses en Chine (La. culture des), .... . . . .190
- Papier de maïs (L’industrie du). . . . . . . . . . . 135
- Peinture par immersion. . . . , . . , ............204
- Pétrole (L’industrie textile et les déchets de). .... 70
- Population en France en 1905 (Le mouvement de la). . 22
- Porcelaine de Saxe..................................U4
- Poste et les peuples qui .écrivent le plus.(La). ,. . .. . 101
- Produits cupriques anticryptogamiques.(Analyse des). . 53
- Viande (La consommation universelle de la)............53
- VI. - DIVERS.
- Bibliographie, 6, 37, 77, 94, 103, 111, 118,145, 158,
- 167, 199. 206
- Bulletin astronomique, 45. .......................149
- Météorologie, 8, 16, 24, 32, 56, 40, 48, 54, 56, 64,
- 72, 78, 80, 88, 96, 104, 112, 120, 128, 131, 136,
- 144, 152, 160. 168, 174, 176, 184, 192, 198, 200 . 208
- i’aiis. — Imprimerie Lahurc, rue. de Fleuras, 9.
- p.2x212 - vue 644/644
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