La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS
- Paris. Un an.................... 20 fr. » Départesients. Un an. . ....... 25 II
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRE
- TRENTE-CINQUIÈME ANNÉE
- »9°7
- DEUXIÈME SEMESTRE
- . .
- MASSON ET C*T" ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- 35e ANNÉE.
- N° 1775.
- Ier JUIN 1907.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- HISTOIRE D’UN BUSTE DE LINNE
- Érigé au Jardin des Plantes en 1790
- L'illustre naturaliste, dont la Suède a célébré ces jours-ci le deuxième centenaire (24 mai 1707-
- 24 mai 1907), Charles Linné, était mort depuis dix ans à Upsal (10 janvier 1778), lorsqu'un groupe de ses disciples français résolut d’honorer sa mémoire d’une manière toute particulière en « transplantant dans notre patrie les doctrines de son Ecole à jamais illustre », au moyen d’une Société « qui adopterait non seulement le nom, mais encore la méthode lumineuse de celui qui, le premier, introduisit l’ordre dans les sciences naturelles ».
- C’est ainsi que prit naissance, en 1788, la Société Linnéen-ne de Paris, sous l’inspiration de Broussonnet, auquel s’associèrent la plupart des naturalistes en renom de cette époque féconde.
- « On y lisoit, dit Millin, des descriptions latines, rédigées d’après les principes de la philosophie et de la critique, des différentes parties de l’Histoire naturelle : ces descriptions étoient accompagnées de figures exactes. »
- « Peu de temps après son institution, continue le premier historien de la Société, les dégoûts de toules 35e année. — "2e semestre.
- espèces qui assiégeoient, sous l’Ancien Régime, les associations non privilégiées, environnèrent la Société Linnéenne. Quelques-uns de ses membres,
- menacés de n’être pas admis dans les corps littéraires protégés par le Gouvernement, se retirèrent : la désertion devint presque totale et la Société lui abandonnée.
- « Quelque temps après l’époque de la Révolution, les fondateurs de celte ancienne Société, qui n’avoient pas perdu de vue cette institution, se réunirent;
- étendirent leur plan et la rétablirent sous le nom de Société d'histoire naturelle et bientôt tous les naturalistes de la capitale s’empressèrent de s’y présenter. » On vit ainsi se grouper, autour de Bosc et de Millin, des professeurs comme Lamarck, Desfontaines , Thouin, etc., des naturalistes-voyageurs, comme La Billardière, Olivier, Bruguière, Michaux, Richard, etc.; des amateurs de jardins, tels que Cels, des artistes tels que Redouté. Le nombre des associés reçus en 1790 seulement s’élève à cinquante, et sur cette liste on lit les noms de Banks et de Camper, de Saussure et de
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- Ancien buste de Linné.
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- Dolomieu, de Fors ter, de Jacquir et de Fabricius....
- Le 16 mars de eette même année, un membre proposait à la nouvelle Association d’aller visiter, le 24, un cénotaphe qui avait été élevé par les Linnéens du début, dans cette lbrêt de Saint-Germain-en-Laye, où le Maître avait pris plaisir à herboriser pendant son séjour à Paris. On commémorerait ainsi à la fois la « naissance de Linné » et le « retour de Flore ».
- « Les habitants, dit Millin, effrayés d’un rassemblement assez nombreux dans la forêt, témoignèrent de l’inquiétude; les naturalistes la firent bientôt cesser en se retirant. » Mais ils conçurent dès lors l’idée d’élever un buste à Linné dans le Jardin du lioi, où leur concours ne dérangerait que quelques jaloux. ... On érigea donc sous le fameux cèdre du Liban, qui était déjà un bel arbre de 7 pieds de circonférence et de 60 pieds de haut, un fût de colonne, à base carrée, et le 25 août, après avoir invité l’Assemblée nationale à s’associer à leur manifestation, les membres de l’Association inauguraient publiquement l’image du Maître. Cols, Thouin et Brousson-net étaient les commissaires de la fête que présidait Louis Bosc.
- Le buste en plâtre, qui avait été provisoirement placé dans le grand amphithéâtre, fut porté en procession jusqu’au terre-plein du cèdre. Bosc prononça un discours où il rappelait les services rendus à la science par Linné et Millin lut un procès-verbal, qui fut enfermé avec le discours et la liste des membres de l’Association dans l’intérieur du socle évidé à cet effet. « Un grand concours de citoyens, dit la Chronique de Paris, a assisté à la cérémonie et a témoigné par son respect que le nom des grands hommes qui ont illustré les sciences n’est point indifférent à ceux mêmes à qui les sciences sont étrangères. »
- Le plâtre devait être remplacé par un bronze « afin que cette image de Linnæus fût impérissable comme sa mémoire et ses ouvrages, et conservât éternellement les sentiments d’admiration de ceux qui le lui ont élevé ».
- Une planche in-folio, dessinée par de Valenciennes et gravée par Allix, parut en 1791 en tête du premier et unique volume des Actes de la Société d'histoire naturelle de Paris. On voit au premier plan le buste sur piédouche, porté sur son fût de colonne, avec l’inscription :
- A
- CHARLES LINNÆUS
- PAR
- l’association des naturalistes 1790
- Il est adossé au cèdre, sous les branches duquel apparaît à la cime du labyrinthe le pavillon de hronze de Buffon et sa hase est assurée en avant par un talus en forme de tronc de pyramide.
- C’est dans ce même état que le peintre J.-B. llilair retrouvait, quatre ans plus tard', le monument de Linné et en conservait le souvenir dans une des charmantes aquarelles qu’il a consacrées au Muséum de 1794.
- On avait seulement surmonté le talus d’une palissade rustique un peu évasée vers le haut et d’un effet décoratif assez satisfaisant. Cette palissade pittoresque fut malheureusement insuffisante à protéger, quelques mois plus tard, le pauvre buste des atteintes d’une bande de sans-culottes imbéciles. Le plus instruit de la troupe avait traduit Charles Linnæus par Charles IX et l’on s’était empressé de démolir le roi de la Saint-Barthélemy !....
- Le buste de Linné ne fut jamais rétabli. L’influence des derniers fidèles de Buffon y fut pour quelque chose1 et les Jussieu, toujours demeurés en dehors de la Société linnéenne, durent prendre ombrage des triomphes apparents que cette compagnie ménageait m système sur la méthode. N’était-ce point d’ailleurs bien plus naturel à leurs yeux de placer au-dessous du cèdre l’image de Bernard qui l’avait autrefois planté?
- On ne fit donc rien; la Société linnéenne, reformée à la fin dé 1821 sous la présidence de Laeé-pède, négligea un devoir qu’auraient dû lui imposer les traditions de ses premiers fondateurs, et le bicentenaire de Linné, qui offrait une occasion unique pour réparer un oubli plus que séculaire, n’a décidé aucune des Sociétés fondées sous les auspices de Linné à Bordeaux, à Lyon, à Caen ou à Amiens, à reprendre et à compléter l’entreprise de la vieille Société de Paris, depuis fort longtemps disparue.
- Et le vieux cèdre a vu sa flèche coupée par la foudre et sa plus grosse branche desséchée sans qu’on ait relevé l’image de eelui qui lui avait donné son nom2 et qu’il avait jadis abrité de ses beaux rameaux toujours verts?
- E.-T. Hamy.
- de l'Institut.
- LA HOUILLE AU SAHARA
- C’est une des questions qui passionnent beaucoup de rêveurs, de cerveaux brûlés et aussi quelques savants véritables. M. E.-F. Gautier, du cours de géographie à 1,’École des lettres d’Alger, a voulu la tirer au clair et savoir si, oui ou non, il existe de la bouille au sud de l’Algérie et M. Ad. Carnot a fait sur le travail de M. Gautier un intéressant rapport à la Société d’encouragement (qui avait subventionné l’expédition de M. Gautier). M. Gautier n’a trouvé aucun gisement de houille, ni même aucune trace de charbon. 11 a traversé, il est vrai, une bande de terrains d’âge carbonifère, d’une énorme largeur (800 km, entre Figuig et In-Salah), mais ces terrains sont absolument stériles, ou du moins on n’y a jusqu’ici rien trouvé. Bien qu’une preuve par défailli ne soit jamais une preuve,-du moins s cette ^conclusion négative paraît être à retenir jusqu’à nouvel ordre et il ne faut pas trop compter sur la houille locale pour actionner les transsahariens futurs.
- 1 N’onl-ils pas reproché, en effet, à la Société Linnéenne
- d’avoir été fondée en face de l’École de Buffon et à la cérémonie dt! 1790 d’avoir c< : oufragé sa mémoire dans les lieux mêmes embellis par. ses travaux et illustrés par son génie ». (Cf. Correspondance de Buffon, Ed. Aadault de Buffon. T. II, p. 365.) .
- 2 Pinus cedrus Linu. . - /
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- LE BALLON DIRIGEABLE WELLMAN
- M. Walter Wellman va tenter décidément d’atteindre le Pôle Nord en ballon dirigeable : il vient de terminer la construction du ballon, et la plus grande partie de l’appareil a été déjà expédiée au Spitzberg. Les quatre membres de l'expédition s’y rendront avant peu pour gagner ensuite la stalion qui est établie à Dane’s island. Cet endroit est situé au point nord-ouest du Spitzberg, à la latitude de 79 degrés et à 1156 kilomètres du Pôle Nord.
- Cette année, les membres de l’expédition seront, outre M. Wellman, M. Mclvin Yaniman, ingénieur en chef de l’expédition et constructeur de la nacelle, le major Henry llersey, inspecteur du Bureau météorologique des Etats-Unis, qui accompagna M. Frank S. Lahm, gagnant de la coupe Gordon-Bennett, dans
- l’eau, pour fixer le ballon à une certaine hauteur. Il est làcile de se rendre compte que les estais ne peuvent se faire que dans les régions polaires. Au Spitzberg, les essais préliminaires seront laits avec le plus grand soin avant le départ.
- Si la nacelle a dû être complètement transformée, par contre, on a gardé, en lui faisant subir quelques modifications, le ballon proprement dit, construit l’année dernière; car ce ballon, pendant les essais du Spitzberg, s’était comporté d une manière satisfaisante. Construit en canevas caoutchouté, ce hallon est de beaucoup le plus grand dirigeable qui existe à présent. Il a la forme d’un cigare, et sa longueur, qui a été un peu augmentée cette année, est de 55,8 mètres, avec un diamètre maxi-
- son voyage, et une quatrième personne qui sera choisie ultérieurement.
- L’année dernière, les mois de juillet et août furent employés à établir le quartier général à Dane’s Island, et le steamer Frithjof y débarqua trois charges de matériel. On y construisit un vaste hangar à fermes métalliques (fig. o) couvert de canevas, un atelier très complet avec machines-outils, machine à vapeur, etc., l’appareil générateur d’hydrogène pour le hallon, une maison d’habitation, et tout ce qui est nécessaire pour l’expédition. Un ballon dirigeable avait été construit à Paris ; mais la construction, poussée hâtivement dans l’espoir de pouvoir partir pendant la saison, en fut défectueuse, et les essais montrèrent que les mécanismes ne pourraient supporter les chocs du moteur.
- On se demandera peut-être pourquoi des essais n’avaient pas été faits avec le nouveau matériel avant le départ : la raison en est simple. Le dirigeable est construit spécialement pour naviguer dans les régions arctiques, dans des conditions atmosphériques différentes des nôtres; en outre, il comporte un guide-rope traînant sur la glace ou flottant dans
- muni de 16 mètres. En même temps, la disposition des ballonnets a été changée.
- Le ballon cube 7800 m3, ce qui lui permet d’élever 8300 kilogrammes lorsqu’il est gonllé d’hydrogène de lionne qualité. On se rend compte de la grandeur du dirigeable en observant, que la hauteur totale entre la base de la nacelle et la partie supérieure du ballon n’est pas moindre que 20 mètres.
- Étant donnée l’humidité des régions arctiques, les ingénieurs ont apporté les soins les plus minutieux à la préparation de l’enveloppe du ballon; celle-ci est composée de plusieurs couches de soie ou de coton caoutchouté. Dans la partie médiane, l’enveloppe est formée de trois couches superposées de coton ou de deux de coton et une de soie, bien collées ensemble en une seule pièce très résistante. Les joints sont renforcés par des bandes collées, afin de les rendre étanches, et cette construction donne en même temps une très grande résistance à l’enveloppe (fig. 1).
- La surface du hallon est de 2200 m2, et le poids de l’enveloppe est à peu près de deux tonnes. En ce qui concerne l’étanchéité, des épreuves ont été faites à
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- la Galerie des Machines, où le ballon est, resté gonflé pendant sept jours avec du gaz d’éclairage; la perte de gaz se montait à 1/5 pour 100 par jour. Avec de l’hydrogène pur, le chiffre correspondant ne dépassa pas 0,8 pour 100, ce qui est remarquable.
- La partie la plus originale du dirigeable est là nacelle, qui a été étudiée par M. Vaniman, l’ingénieur en chef de l’expédition.
- Les conditions des ascensions dans les régions arctiques sont très différentes de ce que l’on rencontre en Europe. M. Vaniman se trouva donc obligé de construire une nacelle spécialement appropriée à ce but. Elle diffère complètement de la nacelle de l’année dernière ; elle est constituée par un cadre long et étroit en tubes d’acier très légers, et recouvert d’une enveloppe de soie ; . on a ainsi une longue cabine bien protégée contre le froid. Les surfaces planes ai-
- dent aussi à donner une grande stabilité (lig. 5).
- Il faut, dans la nacelle, une quantité considérable d’essence pour le moteur. M. Wellman est le premier qui ait construit un dirigeable ayant cà bord une provision de combustible pour un voyage de 2272 kilomètres; il ne faudra pas emporter moins
- de 5800 litres. L’emploi de réservoirs en tôle augmenterait par trop le poids mort; cet inconvénient a amené M. Vaniman à employer un seul réservoir cylindrique en tôle d’acier d’une grande longueur, qui sert lui-même de base ou quille pour la nacelle.
- Parlant de ce principe, la partie tubulaire de la nacelle est en tôle de i mm. et 45 cm. de diamètre, divisée en 14 -compartiments par des cloisons étanches. La nacelle proprement dite a une section triangulaire, elle est composée d’une série d’éléments, laits de deux tubes d’acier fixés à la quille, suivant
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- Fiff. 1. — Le moteur.
- vin certain angle et réunis à leur partie supérieure par un 3e tube. Aux deux angles de Ja nacelle passent deux longerons principaux en 1er cornière. Le tout est renforcé par des tubes d’acier cl des lils.
- Ainsi construite, la nacelle offre une très grande solidité jointe, à une légèreté remarquable. En général la section est de 2,50 mètres de hauteur et
- 1 mètre de. large, mais la largeur est augmentée dans la partie destinée au moteur et au logement de l'équipe. Cette partie est élargie par l’addition d’autres éléments d’une plus grande ouverture. Ici se trouvent le moteur avec son pot d’échappement spécial, et un petit moteur de deux chevaux pour le ventilateur (fig. A). A l’avant du moteur, les treuils pour les
- Fifr. 5.
- Vues de la nacelle,
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- guide-rope, et eu arrière, le logement pour l’équipe de quatre hommes, avec douze chiens sibériens pour les Iraînaux.
- La longueur de la nacelle est de 55 mètres. Des 14 compartiments du réservoir, l’essence est pompée et envoyée au moteur par des tubes indépendants, afin d’équilibrer la nacelle. Sur la quille est montée une plate-forme qui s’étend d’un bout à l’autre et permet l’accès à toutes les parties. Un homme monté sur le toit de la nacelle peut manœuvrer les soupapes du ballon sans difficulté, le ballon étant à une hauteur de 2 mètres seulement au-dessus de la nacelle. Un contrepoids, composé d’une boîte plate en tôle d’acier remplie de provisions, est aménagé
- pérature déterminée au ballon, afin de le débarrasser de la neige ou du verglas, car ce point a une grande importance. Dans ce but, l’air refoulé par le ventilateur à travers un grand pot d’échappement du moteur de forme tubulaire, et ainsi cbautfé, est envoyé à l’un ou l’autre ballonnet du ballon. Les observations ont établi que la température dans les régions arctiques connues ne descend que. de quelques degrés au-dessous de zéro pendant les mois de juillet et août, donc une légère élévation de température sera suffisante pour fondre les neiges. D’autre part, de l’air chaud est envoyé au besoin dans la nacelle même pour la chauffer et la rendre plus habitable.
- Un gouvernail, constitué parmi cadre d’acier cou-
- Tube
- Hélice
- Fig. 6. — Le dirigeable Welman et sa nacelle.
- a, huile. — l>, ventilateur pour ballonnets. — c, contrepoids. — cl, treuil pour guide-rope. — e, essence. — h, hélices. — m, moteur.
- pour rouler sur les deux longerons de la nacelle.
- De chaque côté de la partie élargie se trouve une hélice, montée sur un arbre parallèle à la nacelle. Un cadre fixé au moteur porte l’arbre moteur, avec un palier à billes à chaque extrémité. Cet arbre est connecté à l’arbre des hélices par des engrenages d’angle à angle. Le moteur, du type Lorraine-Dietrich quatre-cylindres, a une vitesse normale de 1000 tours, étla vitesse des hélices est 400 tours. Celles-ci sont constituées par deux lames d’acier avec diamètre total de 3,5 mètres et un pas de 1,75 mètre (fig. 6).
- , Près du moteur principal est monté le moteur de 2 chevaux ; il sert pour la mise en marche du grand moteur par l’intermédiaire d’un embrayage spécial, et aussi pour le système de ventilation, qui a été bien étudié. Il sera avantageux de donner une tem-
- vert de soie, est monté à l’arrière, sa surface est considérable, 22 m2. Des surfaces planes seront fixées à la nacelle pour lui donner une plus grande stabilité, si les expériences du Spilzberg en montrent; la nécessité.
- La vitesse normale du dirigeable dans l’air calme sera, d’après les calculs, de 27 km. à l’heure. L’expédition partira naturellement dans une période de vents favorables, ce qui augmentera de beaucoup la vitesse; mais même, en comptant seulement sur la moyenne de 27 km. à l’heure, et une distance du Spitzbergau Pôle Nord et retour de 2272 km., la durée; totale du voyage ne dépassera pas 80 à 90 heures.
- Une caratéristique du présent système est l’emploi du guide-rope traînant sur la surface. Afin d’éviter un froid trop intense, et aussi pour d’autres
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- raisons, il est préférable de voyager près de la terre, il a donc été décidé de garder une altitude comprise entre 100 et 200 m. Dans ces régions, il n’y a pas, comme dans nos pays, d’obstacles à l’emploi du guide-rope; son emploi offre de grands avantages à l’expédition et diminue beaucoup les chances d’accident. Mais le guide-rope doit être construit de façon à glisser sur la surface de la neige ou de la glace sans les couper comme ferait un cable d’acier; il doit donc être d’un grand diamètre avec une surface polie (lîg. 2).
- Cette idée a été bien réalisée par M. Vaniman. Son guide-rope « serpent » est formé d’un tube de cuir imperméable de 15 cm. de diamètre et 40 m. de long, couvert d’éeailles d’acier rivées à la surface. Le « serpent » est suspendu par un cable d’acier à un treuil placé dans la nacelle, ce qui permet de régler à volonté sa longueur sur la glace. Pour obtenir le poids calculé, le tube est chargé de 500 kg de provisions pour l’équipe, et ainsi le poids inutile est réduit au minimum. De plus il a été construit pour pouvoir également flotter dans l’eau, donc il pourra rendre service en toutes circonstances. Le ballon sera alors maintenu à une altitude à peu près constante, car s’il avait une ten-
- dance à baisser, une plus grande partie du serpent porterait sur la glace, d’où diminution de poids, et le ballon s’élèverait à nouveau. C’est le contraire qui se produit si le ballon tend à remonter. Nous avons ainsi un réglage presque automatique, qui préserve le ballon des fluctuations d’altitude.
- IJn deuxième guide-rope sert de retardateur dans les cas de grands vents ; il donne un ancrage, ou plutôt un ralentissement du ballon, car un ancrage fixe serait trop dangereux.
- Ce guide-rope est fait d’un.tube du même genre que le premier, mais couvert d’une série de dents en acier, calculées pour mordre sur la glace, de façon à diminuer la vitesse. Le, câble d’acier servira en même temps pour amortir les chocs du vent.
- M. Wellman a déjà passé plusieurs années comme explorateur dans les régions arctiques, il possède une très grande expérience de ces contrées.
- Son nom et celui de ses collaborateurs sont une garantie du soin qui a été apporté à la préparation de cette intéressante expédition. Nous souhaitons à l’initiative hardie de M. Wellman le succès qu’elle mérite et nous espérons que, plus heureux que ses prédécesseurs, il pourra réaliser enfin la conquête du Pôle. Francis de Weldon.
- LES MUSÉES AMÉRICAINS
- Le musée d’art métropolitain de New-York
- Le Parc Central de New-York est long de deux milles et demi et large d’un demi-mille; l’une de ses attractions les plus brillantes est le Musée d’art métropolitain. Ce -musée est distinct, du Musée américain d’histoire naturelle, lequel est, également situé dans le Parc Central et est entretenu par un certain nombre de donateurs communs.
- Il n’a pas encore été publié d’histoire complète du Musée d’art; cependant j’ai pu consigner les faits suivants établis d’après mes propres recherches ainsi que d’après les rapports annuels et les bulletins mensuels parus jusqu’à présent.
- A un dîner d’Américains à Paris, le 14 juillet 1869, l’honorable John Jay suggéra l’idée de fonder en Amérique un grand musée des beaux-arts semblable à ceux qui ornent Paris, Londres et autres villes d’Europe. En conséquence, les convives présents adressèrent une lettre au club de V Union League, à New-York, dont M. Jay était le président. Le club organisa le 25 novembre une réunion publique, au cours de laquelle fut formé un comité de cinquante membres, dont le nombre fut porté dans la suite à cent seize et qui obtint, le 15 avril 1870, un décret du Parlement autorisant le Musée d'art métropolitain. Le but de cette institution était de créer un musée et une bibliothèque, pour favoriser l’étude de l’art et de ses applications utiles et fournir un divertissement populaire. Les organisateurs
- devinrent bientôt propriétaires de 175 tableaux, achetés par M. W. T. Blodgett, pour la plupart hollandais et flamands, avec quelques spécimens des maîtres français, italiens, espagnols et anglais. On leur prêta quelques sculptures antiques venues de Gand. Ils louèrent pour deux ans un immeuble connu sous le nom d’Académie de danse d’Allen Dodsworth, dans la 5e avenue* où ils déposèrent leur collection, qui fut transportée ensuite provisoirement dans le spacieux hôtel Douglas situé dans la 14e rue, où elle demeura six ans. C’est là que les administrateurs entrèrent en possession d’une partie des fameux trésors Cesuola.
- Cependant, un décret du Parlement avait stipulé l’érection, au prix de 500000 dollars, d’un bâtiment dans le Parc Central, qui fut officiellement inauguré le 50 mars 1880 par le président des États-Unis, Rutherford B. Ilayes. La bénédiction fut donnée par l’évêque Potter et une allocution fut prononcée par l’honorable Joseph II. Choate, depuis ambassadeur des États-Unis en Angleterre. Les administrateurs y avaient préalablement transporté de leurs propres mains leur collection d’objets fragiles,, avec un tel soin que pas un seul ne fut brisé ou en aucune façon endommagé.
- Comme c’était la première institution de ce genre en Amérique, ses progrès furent d’abord lents. Il fallait susciter un intérêt artistique et le stimuler
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- par de laborieux efforts. Lorsque la collection entière fut installée, on l’évalua à 551452 dollars seulement et les vitrines et le mobilier à 11000 dollars. Le nombre total des visiteurs, en dix ans, ne fut que de 553421. Mais dans les nouvelles galeries 145118 lurent admis dans le premier mois.
- L’année passée le nombre des visiteurs fut de 761476: dé la première année a l’année dernière, le nombre total a atteint plusieurs millions.
- On ajouta au musée une aile sud en 1884 et en 1894 une aile nord, avec les cérémonies appropriées. En 1902, puis en 1904, la ville de New-York consacra une somme de 2500000 dollars à de nouveaux
- et les « fellows )) 100. Un « fellow » à vie verse 1000 dollars et a le droit de vote dans les délibérations. Les « patrons » et les « fellows » à perpétuité donnent une somme de 5000 dollars et plus; enfin les donateurs de 50000 dollars et au delà sont mis au rang des bienfaiteurs.
- Voici la liste de ces bienfaiteurs : Jolm Taylor Jolm-slone, William T. Blodgett, Henry G. Marquand, G. F. T. Reed, L. 11. Willard, W.‘ 11. Huntington, W. K. Yanderbilt, Cornélius Yanderbill, Catbarine Lovillard Wolfe, George 1. Seney, J. .S. Morgan, Jolm Pierpont Morgan, Henri H lion, Jolm Jacob Aslor, Mrs. J. G. Brown, II. B. Bisbop,Mrs. A. B. Lazarus,
- Fig. 1. — La bige en bronze du Musée de New-York.
- agrandissements, et l’année dernière le Musée d’art fut évalué à:20 millions de dollars. Lorsque les bâtiments complémentaires, actuellement en voie de construction, seront achevés, ils formeront avec l’édifice principal un carré profond entourant une grande cour, et ils permettront facilement l’exposition de collections déjà vastes et sans cesse accrues de la façon la plus héureuse, la plus méthodique et la plus instructive. Nous pouvons garantir que lorsque ces élégants bâtiments seront achevés, la valeur totale du Musée d’art sera environ de 42 millions de dollars.'...
- Cette institution est strictement une institution autonome, dirigée par un conseil d’administration. Les. sociétaires annuels paient chacun une cotisation de 10 dollars par an; les membres participants 2
- Élisabeth IJ. Coles, George A. Hearn, A. Van Horn Ellis, J. Henry Smith, Mrs. F. F. Thompson, Darius O. Mills et Jacob S. Rogers. Ce dernier est le créateur de la Fondation qui porte son nom et qui est estimée à 7 millions de dollars.
- Dans les débuts, lorsqu’une stricte économie s’imposait, les administrateurs furent employés, sans indemnité, à des travaux qu’assument habituellement les directeurs, les conservateurs et les gardiens. Mais comme l’institution se développa rapidement, on les remplaça bientôt par des employés salariés. Il y a vingt-sept ans, feu le général Louis Palma di Cesuola, remplit à la fois les fonctions d’administrateur, de secrétaire et de directeur. Son successeur comme directeur est M. Gaspar Purdon Clarke, né à Dublin, directeur du Musée d’art de South Kensington
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- Fig. 3,
- La sallo de Jade
- Les jades de la collection Bishop,
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- jusqu’en. 1905, époque à laquelle il passa au Musée métropolitain dont M. George H. Story lut le directeur intérimaire. M. Edward Robinson, anciennement directeur du Musée des beaux-arts de Boston, est actuellement directeur adjoint. Le secrétaire est M. R. W. de Forest avec M. Henry W. Kent pour adjoint. La bibliothèque contient 12000 ouvrages sur l’art et l'archéologie; le bibliothécaire est M. W. L. Andrews et son adjoint M. Wm. Clitlbrd. M. Jolm Crosby Brown est trésorier. M. P. IL Reynolds archiviste. Ses fonctions consistent à enregistrer, dénombrer, photographier et placer tous les objets d’art offerts ou achetés. Les conservateurs spéciaux sont : peinture ; M. Roger E. Fry; art égyptien : M. Albert, M. Lythgoe ; armes et armures : M. le professeur Basil lord Dean; ouvrages en métal: M. John II. Buck. Dans les différentes sections se trouvent des adjoints et des guides en uniforme chargés de donner les informations nécessaires anx visiteurs. M. Conrad Hewitl est le surintendant des bâtiments; il a le contrôle de tous les emplois subalternes et des arrangements intérieurs. On peut juger de l’importance du musée par ce fait que, l’année dernière, plus de 1000 objets furent achetés, plus de 6000 autres furent proposés dont 1000 au moins ont été refusés; le reste est actuellement à l’examen. Un bulletin mensuel, publié par M. H. W. Kent, tient le public au courant des nouvelles acquisitions et de tout changement apporté dans la disposition des collections incessamment accrues.
- Le Musée est ouvert tous les jours de l’année, excepté les dimanches matin et pendant de courtes périodes imposées par les inventaires ou le nettoyage. Il est perçu un droit d’entrée de 25 cents les lundis et vendredis ; les autres jours l’entrée est gratuite. Les autorisations de copier ou de photographier les objets exposés sont délivrées au bureau du secrétaire, toutefois il n’est pas besoin d’autorisation pour prendre une esquisse ou une photographie d’amateur. On y vend des guides pour chaque section ainsi que des photographies prises par les photographes officiels, suivant les dispositifs adoptés en 1906 après consultation des principaux experts américains et étrangers. Précédemment, le nombre des reproductions était très limité; mais actuellement on a décidé d’augmenter la provision des clichés de façon que finalement elle comprenne des vues de tous les objets exposés. En outre de ce travail, fait dans une intention purement commerciale, le Musée a récemment porté le nombre de ses photographies artistiques à plus de 1-4000, qui seront bientôt montées, encadrées et mises à la portée du public.
- Le [Musée d’art métropolitain a deux grandes entrées. L’une se trouve au sud, près de l’obélisque de granit qui fut rapporté d’Égypte et érigé, où il se trouve, en 1881. Ce magnifique monolithe a 70 pieds (21 mètres) de haut, pèse 200 tonnes et est richement décoré d’hiéroglyphes. Pénétrons cependant par la porte Est qui donne sur la 5e avenue
- et qui est représentée dans la figure ci-jointe.
- Le vestibule traversé, nous nous trouvons dans la salle principale dont la largeur et la hauteur permettent d’y exposer de nombreux modèles d’édifices célèbres, réduits pour la plupart au vingtième de leurs dimensions totales. On y trouve également des autels, des chaires, des colonnes et autres objets et ornements architecturaux disposés avec goût au centre de la salle on le long des murs; certains sont des moulages et les autres des originaux. Des spécimens de la meilleure sculpture moderne, dns à des artistes américains et étrangers, sont répandus dans cette salle principale ainsi que dans les couloirs qui en partent. Des moulages, d’après des œuvres sculpturales de tous les âges, fournissent d’excellents sujets d’étude aux artistes et constituent un pendant plein d’intérêt aux belles collections d’architecture comparée du Trocadéro.
- Parmi les bronzes antiques, nous remarquons une statue de l’empereur romain Pnblius SeptinmsGeta, A. D. 211 ; et la statue de Trcbonianus Gallus, proclamé empereur, A. D. 251, récemment achetée par la fondation Rogers. Un morceau remarquable représente la déesse Cybèle dans un char traîné par des lions. Sans doute il n’est pas certain que des lions dressés de cette façon aient été publiquement employés à Rome, mais la valeur artistique du bronze est de tout premier ordre.
- Remarquable est la bige étrusque (fig. 1) en bronze qui date du vie siècle et dont on, a dit qu’elle est le plus grand et le plus magnifique spécimen connu do métal repoussé. C’est le seul char complet de ce genre qu’on puisse trouver dans un musée. En 1902, M. Isodoro Yanozzi en découvrit dans une tombe d’Ombrie les fragments qui furent assemblés et ajustés sur une charpente métallique par M. Charles Baillard, sans leur ajouter de pièces nouvelles. Les décorations, en style grec, représentent un guerrier recevant son bouclier, deux autres guerriers combattant, des chevaux ailés, une série de petites figures dont le type rappelle visiblement celui d’Apollon, et des dessins de moindre importance tracés avec une grande précision (fig. 1).
- Trois grandes galeries an rez-de-chaussée sont consacrées à l’exposition des antiquités égyptiennes et cypriotes. Sous l’administration de M. Lythgoe, le nombre de celles-ci fut considérablement augmenté grâce à des fouilles spéciales pour lesquelles on trouva les fonds nécessaires et on obtint la permission requise du gouvernement égyptien.
- Nous avons parlé plus haut du général Cesuola. Né en Italie, il vint en Amérique en 1860 et servit vaillamment dans l’armée américaine, où il conquit le grade de général de brigade. Il fut envoyé comme consul cà Chypre où il demeura de 1865 à 1877, occupant ses loisirs à des recherches archéologiques qui lui valurent une décoration du roi d’Italie et une médaille d’honneur du Congrès des États-Unis. C’est à ce moment qu’il se vit contraint à la triste nécessité de venir défendre l’authenticité de ses décou-
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- vertes jusquQ devant les tribunaux, dont les verdicts, en 188-4, rendirent d’ailleurs le plus éclatant hommage à sa parfaite probité scientifique et attestèrent d’une manière irréfragable la valeur de son unique collection chypriote. Ces splendides trésors, dont l’Europe n’a pas l’idée, allèrent; tous au Musée métropolitain, y compris plusieurs milliers de sculptures, poteries, pierres précieuses gravées, bijoux, verres taillés et ouvrages de métal, tous parfaitement, conservés, (pii illustrent non seulement l’art chypriote, mais aussi l’art égyptien, assyrien, phénicien et grec et représentent fidèlement les progrès de l’art dans toutes les nations de l’antiquité pendant une période de vingt siècles. En charmant. le visiteur, ces merveilles ouvrent un vaste champ à l’élude.
- Deux salles sont consacrées à une exposition d’instruments de musique, anciens et modernes : du sistre antique, le premier des instruments de musique connu, en passant par une longue succession d’instruments à cordes, à vent et de percussion, aux violons, flûtes, cors, pianos les plus perfectionnés et autres instruments aujourd’hui en usage.
- Toutes les nations sont représentées dans cette remarquable Exposition. Plusieurs instruments orientaux sont richement ornés, tandis' que d’autres, venant de tribus barbares, sont, aussi grossiers et aussi bizarres qu’on peut l’imaginer. Un des plus singuliers est une harpe africaine dont la hase est constituée par un crâne d’homme et les montants par une paire de cornes d’antilope.
- La salle des dentelles, près de la salle des instruments de musique, contient les collections Àstor, Stuart et d’autres collections de dentelles rares, italiennes, espagnoles, françaises, belges, russes et
- anglaises. Dans l’endroit le mieux éclairé de la salle, pendent d’élégantes tapisseries parmi lesquelles nous remarquons une série de cinq scènes prises dans la vie d’Antoine et de Cléopâtre. Ces tapisseries viennent de Bruxelles et datent du xvue siècle, époque à laquelle la Flandre produisait les plus belles qui furent faites. Elles ont été exécutées d’après des dessins de Rubens et. appartinrent tout d’abord à la famille Barberini.
- Elles passèrent, aux mains de Louis, le célèbre
- roi de Bavière et sont devenues enfin la propriété du musée, grâce à la générosité de Mi's Elizabeth U. Coles.
- Une des attraction s les plus brillantes ajoutée, récemment à tant d’autres est la salle dejade, qui contient la collection d’objets antiques Heber R. Bishop, d’après le catalogue au nombre de 1000, taillés dans le jade, la néphrite, le cristal de roche, l’agate et autres pierres dures (fig. 5). Ils sont distribués en trois séries : série minéralogique, série archéologique, série artistique. Tous les continents, l’Afrique exceptée, sont, représentés par des morceaux bruts de jade et de néphrite. Citons également des ustensiles, des armes, des ornements venant de France, de Suisse, du Mexique, de l’Alaska, de la Nouvelle-Zélande, etc., tous préhistoriques ou primitifs. Mais la Chine est la grande source de toutes ces merveilles de jade et de néphrites sculptés.
- La galerie des armes et, des armures du moyen âge présente un intérêt à la fois historique et artistique. Elle contient la collection Ellis, offerte en 1896 et la collection Dino achetée en 1904 au duc de Dino. Parmi les objets historiques, citons une armure complète de Philippe II richement ornée, autrefois au musé de Madrid, le chanfrein (bandeau
- i“'. 4. — Hans llolbein. — Portrait d’homme.
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- pour cheval) employé par Henri II lorsqu’il se rendit avec Charles V d’Espagne à Gand.
- Le vœu le plus cher de M. Fry, le conservateur pour la peinture, est de pouvoir classer méthodiquement la collection entière suivant les écoles respectives au lieu de la grouper pour satisfaire aux désirs des donateurs. La collection George À. llearn représente manifestement l’art américain bien qu’elle comprenne maintenant quelques peintures étrangères. La galerie Henri G. Marquand est composée de tableaux des vieux maîtres, la collection W. 11. Yanderbilt de peintures modernes et la collection Calha-rinc Lorillai'd Wolfe principalement de peintures étrangères, lie la collection Huntington, composée surtout des portraits et des souvenirs de Washington, de Franklin et de Lafayette, nous choisirons seulement pour exemple la réplique du portrait de George Washington, peint par Gilbert Stuart en 1805 pour la famille Carroll, à laquelle il fut acheté pour le musée en 1888 par M. H. 0. Havemeyer. Stuart était un élève de Benjamin West.
- Un remarquable portrait de Christophe Colomb, provenant de la collection du duc de Talleyrand, fut obtenu pour le musée en 1900 par le donateur, M. John Pierpont Morgan. Il porte la signature de l’artiste, né à Venise, connu sous le nom de Sébastien del Piombo, et qui s’appelle en réalité, comme on sait, Sébastiano Luciani. C’était, un ami de Michel-Ange et sa Résurrection de Lazare était tenue par le cardinal de Médicis sur le même pied d’estime que la Transfiguration de Raphaël.
- Une des œuvres les plus dignes d’intérêt est le portrait de James Stuart, duc de Richmond et Len-nox, dû au pinceau du grand artiste tlamand Antoine Van l)yek. On ne saurait trouver ailleurs une plus belle manifestation de son génie.
- Rembrandt est représenté par plusieurs œuvres. L’une d’elles, Portrait d'homme, un Hollandais de l’époque, est signée Rembrandt, 1 ()(>f>. Elle provient de la collection de sir William Knighton, Part., médecin du roi George IV d'Angleterre. Un second Portrait, d'homme inconnu, du même artiste, fut peint en 1040 et vient du marquis de Lansdowne. De Hans Holbein, de l’école de Râle, un autre* Portrait d'homme acheté l’année passée par la Fondation Rogers (lig. 4).
- Le plus gai et le plus brillant des peintres hollandais est Frans liais, le fondateur d’un style national admiré par Van Dyck. Plusieurs de ses œuvres ornent le musée.
- L’École française n’est représentée que par un seul tableau, œuvre brillante due à Jean-Marc Nat lier. Sa Princesse de Condé en Diane, achetée pour le musée en 1905, appartint autrefois à la reine Marie-Antoinette qui l’avait placée à Trianon et qui en fit ensuite don à la famille Montdésir. 11 est signé : Nat lier, 1750.
- Comme spécimen de l’École espagnole citons le portrait de Balthazar Carlos, fils de Philippe IV, œuvre de Velasquez. Ce portrait, après avoir appartenu à plusieurs collections étrangères, fut offert, en 1888, au musée par M. Marquand.
- R1' Horace Carter IIovey.
- L’ASTROLABE A PRISME
- Un instrument fort intéressant au point de Mie de l’astronomie pratique — et aussi de la théorie pure — a été réalisé, il v a' quelques années, par MM. Claude, membre adjoint du Bureau des Longitudes, et Driencourt, ingénieur hydrographe en chef. Nos lecteurs ont déjà deviné qu’il s’agit de lYts-irolabe à prisme, que les perfectionnements ingé -nieux, apportés tout récemment dans sa construction parM. Jobin, ont amené à sa forme définitive.
- Cet appareil, destiné à la détermination de la latitude et de l’heure locale, est basé sur le principe si simple et si fécond des hauteurs égales, utilisé pour la première fois parle célèbre mathématicien allemand Gauss. En voici l’exposé sommaire.
- Supposons que nous ayons à notre disposition un garde-temps (chronomètre, montre, etc.) et aussi un instrument nous permettant d’observer les astres à une hauteur rigoureusement constante au-dessus de l’horizon. Si nous notons les heures où trois étoiles de position bien connue ont atteint cette hauteur constante, d’ailleurs
- arbitraire, nous pouvons de ces trois instants ainsi notés déduire, par le calcul ou par une construction graphique :
- 1° La latitude du poste d’observation;
- 2° L’heure sidérale locale, autrement dit la correction . à faire subir aux indications de notre montre;
- 5° La hauteur constante des observations, quoique én général cet élément offre peu d’intérêt.
- Pour justifier ce qui précède, considérons la sphère céleste et scs deux pôles N et S (lig. 4), le point y, origine des ascensions droites et trois étoiles connues K, e2 et E3. Comme le mouvement relatif est le seul à envisager, rien ne nous empêche de supposer fixe le zénith du lieu d’observation, ainsi que le cercle des hauteurs égales, au croisement duquel nous prenons les astres, mais alors la sphère céleste doit être entraînée par le mouvement diurne, emmenant avec elle dans sa rotation uniforme le point y et les trois étoiles. Celles-ci, pourvu toutefois que leur déclinaison soit comprise entre certaines limites, viennent rencontrer notre cercle res-
- M
- Schéma de l’aslrolabe.
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- pectiveinent en ei, <?2, e3, après avoir décrit les parallèles célestes E, eif Ea ea et E, es. Noter les heures sidérales des croisements, c’est, en réalité, déterminer la longueur de ces arcs de parallèles Et eu etc., que décrivent les étoiles à partir d’une position initiale de la sphère céleste jusqu’au moment où chacune coupe le cercle. Si donc, sur une sphère réduite où les étoiles sont reportées, nous traçons avec un compas sphérique les arcs de parallèle avec la longueur convenable, nous obtenons trois points elf e2, es du cercle des hauteurs cherché. 11 est alors
- le champ de la lunette, les deux images parlent l’une du haut et l’autre du bas du champ (fig. 5), marchent à leur rencontre et se croisent quand la hauteur est exactement de 60°. (Par commodité, on lait en sorte que les deux images passent très près l’une de l’autre, au lieu de se superposer.) À ce moment, on note l’heure du croisement avec toute la précision possible (au 1/10e de seconde pour les étoiles dans le premier vertical, qui ont la vitesse maxima.)
- Une fois réalisée, la condition géométrique qui_délinil
- aisé de le construire ; la position de son centre nous fournit la colatitude Z N, l’angle ZNy nous donne l’heure sidérale, et enfin le rayon du cercle correspond à la distance zénithale des observations.
- Dans la pratique, on observe naturellement plus de trois étoiles, à cause des erreurs inévitables dans l’appréciation du moment des passages; on s’arrange pour avoir des points du cercle répartis sur toute sa circonférence. Le calcul et une construction graphique, plane cette fois, remplacent le tracé sphérique purement imaginaire que nous venons d’exposer. Il y a là une fort jolie application d’un système de droites de hauteur, qui conduit au résultat définitif en partant de valeurs approchées des trois inconnues ; nous ne pouvons que la signaler.
- Ne parlons pas de la montre, réglée soit sur le temps moyen, soit sur le temps sidéral; nous n’exigeons d’elle qu’une qualité, celle d’avoir une marche bien régulière pendant la durée d’une séance, soit une heure et demie de temps.
- Occupons-nous seulement de l’ingénieux artifice qui nous assure une hauteur d’observation rigoureusement constante.
- Soit un prisme P (lig. I), en cristal bien travaillé, à section équilatérale, disposé en arrière d’un bain de mercure M de façon que le plan bissecteur du dièdre B soit à peu près horizontal.
- Plaçons une lunette L en arrière et contre le prisme de manière que son axe optique soit bien perpendiculaire aux arêtes de ce prisme et parallèle au plan bissecteur. Une étoile E, au moment où sa distance zénithale est rigoureusement de 50°, envoie directement sur le prisme un faisceau de rayons qui est normal à la face AB, et, sur le bain de mercure, un autre faisceau qui s’y réfléchit et entre normalement à la face B C. Après une deuxième réflexion, ces deux faisceaux sortent normaux à la face AC, ce qui revient à dire que, dans la lunette préalablement mise au point sur l’infini, on a deux images de l’étoile qui se superposent. Si maintenant on considère l’étoile en marche avant et après sa culmination à 50°, on voit que, dans
- Fi”-. 2. — Astrolabe Jobin du dernier modèle.
- la position relative du prisme et de la lunette ne peut guère se modifier au cours des observations. Au contraire, les autres conditions concernant la position de l’astrolabe dans l’espace : horizontalité rigoureuse de l’arête du prisme et perpendicularité absolue des faisceaux incidents sur cette arête, sont essentiellement précaires, et c’est leur rétablissement au moment précis de chaque passage qui assurera, dans toute la série des observations, la constance parfaite de la hauteur; mais rien n’est plus facile à faire : il suffit, dès que les deux images appparaissent dans le champ, de les amener à
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- passer l’une contre l’autre, et cela clans le plan vertical (repéré a l’avance) passant par le centre optique de l’objectif et normal à l’arête. Il résulte de cette indépendance des observations successives qu’il n’y a plus lieu,
- cl orienter délinitivenient l'instrument en visant une étoile que l’on choisit grosse pour éviter toute confusion. La comparaison de 1’azimut de croisement observé et de l’azimut calculé donne de suite l’erreur d’orientement du cercle divisé 1).
- E
- Celle fois, on est prêt à observer. La liste des étoiles à prendre mentionne pour chacune d’elles l’heure et l’azimut approchés du croisement. Nous n’avons à inscrire sur notre; carnet que des nombres tous de môme nature, desinslantsde passage. Nous voilà bien loin delà complexité des observations méridiennes ayant le
- '—J EjMorj.zbfiii.
- Fig. 3. — Coupc de l’astrolabe Viou.
- comme dans l’astronomie au cercle méridien, de construire à grands frais un observatoire temporaire et de s’établir sur un pilier en maçonnerie reposant lui-mème sur des fondations très rigides. Ici, une caisse ou un trépied dressé en plein air remplacent parfaitement ' celle installation longue et dispendieuse.
- La figure 3 est le schéma d’un des premiers astrolabes construits par la maison Vion. Sur un trépied P est fixé par un ressort R une sorte de théodolite autour de l’axe S duquel pivote un plateau Q portant le bain de mercure F ; ce bain est d’ailleurs enfermé dans une boîte à chicanes E qui protège du vent la surface réfléchissante. Un index
- N
- Fig. 4. — La sphère eéleslc.
- fixé au plateau permet d’en repérer la position sur le cercle divisé D. Sur ce môme plateau repose également, par trois vis calantes, l’ensemble prisme-lunette. Une boussole B et deux niveaux sphériques n et ri complètent l’appareil. La boussole donne à peu près la direction du méridien, mais, avant les observations, il est nécessaire
- même but, où il faut lire des micromètres, le niveau, laire le nadir, pointer une mire méridienne, etc., en un mot, intercaler entre les observations sur les astres d’autres mesures destinées à fixer ce que l’on appelle les constantes instrumentales.
- Citons quelques chiffres. Le grossissement de la lunette est de 63, ce qui, en fait, correspond à un grossissement doubleau point de vue de la précision dans l’appréciation de l’instant du passage, à cause de la marche relative des deux images. Le prisme a 55 millimètres de section. L’instrument complet ne pèse pas plus qu’un théodolite de petite dimension.
- M. Jobin construit maintenant un modèle d’astrolabe que représente le dessin ci-contre (fig. 2). C’est un perfectionnement du type précédent. Les prismes, en particulier, sont des merveilles d’optique; les faces en sont planes à moins d’un quart de frange, les angles voisins de 60° à moins de 2" et le parallélisme des arêtes assuré également à moins de 2".
- De telles qualités sont une garantie de la valeur des observations.
- Le grossissement du modèle courant est do 75,mais le constructeur vient d’exécuter un grand modèle OÙ le Fig. o. — Le champ lie la lunelte. grossissement atteint
- 150. Quelle précision obtient-on avec cet appareil? On peut admettre qu’un observateur quelque peu exercé, en une séance d’une heure et demie environ, avec 30 étoiles, obtient la latitude à 0"2 près, exactitude que certainement un cercle méridien ne peut donner dans le même délai. Les valeurs fournies par des soirées différentes n’accusent pas entre elles d’écarts dépassant 0"5 ou 0"4. Pour ce qui est de l’heure à l’instant moyen de la série, il semble bien qu’elle est obtenue à moins de 0S,05.
- L’instrument a fait ses preuves à la mission géodésique de l’Equateur, aux colonies et dans beaucoup de missions d’exploration et de délimitation. Il est d’un emploi courant au Service géographique de l’Armée et au Service hydrographique de la Marine. On s’en est servi pour la première fois, en 4906, dans la détermination des différences de longitude (Paris-Brest) en substituant à chaque poste un astrolabe au cercle méridien.
- Habitués que nous sommes à voir tous nos instruments astronomiques pourvus de nombreuses graduations sous forme de cercles divisés, de niveaux, de microscopes, de micromètres, nous éprouvons quelque étonnement à la pensée qu’un appareil aussi démuni des organes habituels
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- puisse donner la position du zénith avec une telle précision. N’oublions pas, toutefois, que la compagne indispensable de l’astrolabe, c’est la montre et que noter un temps c’est encore, en réalité, mesurer un angle. Quoi qu’il en soit, une trentaine de visées sur des astres si éloignés avec un instrument aussi simple, aussi modeste, nous permet de définir notre plan à la surlace du globe avec une incertitude inférieure à 6 mètres dans le sens du méridien. C’est là un très beau résultat qui fait le plus grand honneur aux deux inventeurs dont nous avons cité les noms. Capitaine 11. Noikël,
- du service géographique de l'année.
- CHRONIQUE
- Une station de biologie lacustre en Belgique
- — Les stations biologiques ou zoologiques les plus célèbres en France sont AVimereux, le Portel, Roscotf, Tatihou, Concarneau, Banyuls, Cette, etc., toutes au bord de la mer. C’est qu’en effet l’étude du problème de l’origine des espèces vivantes autour de nous attache une importance capitale à l’exploration systématique de cette faune marine si incomparablement riche dans ses manifestations! De là l’examen des côtes, des eaux superficielles du large et des eaux profondes et par conséquent l’organisation de tout un ensemble de laboratoires fixes à la côte et de croisières scientifiques en pleine mer, dans les plus diverses régions du globe. Il s’en faut d’ailleurs bien que ces investigations aient épuisé la matière qui leur est fournie et il ne se passe pas d’années sans que les campagnes lointaines et les observations littorales n’apportent aux zoologistes purement nomenclaleurs une masse d’espèces à débrouiller, à reconnaître et à classer. Le même esprit qui portait à rechercher toutes les formes réalisées par la vie, dans le dessein de comprendre le rapport qui les unissait entre elles, a conduit à faire une recherche analogue dans les milieux terrestres. De cet ordre de préoccupations est sortie ce que l’on a fort justement appelé la limnobiologie ou biologie lacustre. Elle a jusqu’ici à sa disposition moins d’instruments de travail que sa sœur aînée, la biologie maritime. Cependant un mouvement net se dessine en sa faveur depuis déjà de nombreuses années. Dernièrement, La Nature signalait la création des Annales de biologie lacustre, publiées à Bruxelles sous la direction de M. le Dr Ernest Rousseau et dont le programme d’études était rédigé par le savant professeur Forel, bien connu de nos lecteurs. C’est dans le meme esprit qu’une station spécialement consacrée à la biologie lacustre vient d’être créée en Belgique par M. le Dr Rousseau, analogue à celles qui existent déjà en quelques points d’Europe et des États-Unis. Son emplacement a été choisi sur les bords du lac d’Overmeire, dans la basse Belgique, région de marais, d’étangs et de fossés et à proximité des grands centres intellectuels, Bruxelles, Louvain, Anvers, Gand. La station a été aménagée en mai dernier dans une villa des bords du lac et comprend laboratoires, aquarium, bibliothèque, etc. Le programme des recherches qui doivent y être effectuées, et que M. le Dr Rousseau résume dans le second fascicule de ses belles Annales, est à la fois simple et vaste : scientifique, pàree qu’il s’agit de dresser l’inventaire qualitatif et quantitatif des productions vivantes des eaux belges eu relevant les associations, les groupements de faunes ou de flores; d’étudier les conditions de milieu qui ont détermine ces diverses réalisations ; économique,
- puisque l’aboutissement des éludes ci-dessus doit être l’organisation méthodique de la pisciculture de rivière et d’étangs dans toute la superficie du territoire belge. On voit que la belle œuvre d’initiative privée du Dr Rousseau a devant soi un fécond et bel avenir.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 mai 1907.
- Présidence de M. Chauveau.
- Appareil pour la respiration dans une atmosphère délétère. — M. Chauveau présente un appareil imaginé par M. le Dr Tissot dans le but de permettre le séjour et le travail dans une atmosphère irrespirable. L’appareil de M. Tissot se compose d’un système qui s’adapte aux narines. L’air expiré est conduit dans un régénérateur contenant une solution de potasse qui le débarrasse de son acide carbonique. Un courant d’oxvgène provenant d’un tube où il est comprimé remplace celui qui est absorbé par l’homme. Le gaz sortant du régénérateur pénètre dans un sac en toile imperméable, puis est repris pour servir à nouveau à la respiration. La sécurité obtenue à l’aide de cet appareil est telle que M. Tissot a pu séjourner pendant quatre heures dans une chambre remplie de gaz d’éclairage, dans laquelle les animaux tombaient asphvxiés immédiatement après y avoir été introduits. M. Cailletel rappelle qu’il a l'ait construire, il y a quelques années, un appareil respiratoire qui permet aux aéronautes de braver les effets d’une atmosphère devenue irrespirable par suite de raréfaction. Cet appareil, qui envoie à l’aéronaule de l’oxygène provenant d’un réservoir à oxygène liquide ou un mélange d’air et d’oxvgène, est employé couramment. M. Castillon de Saint-Victor notamment s’en est servi avec un plein succès au cours d’une ascension alors que ses compagnons non munis de l’appareil éprouvaient des accidents sérieux1.
- Déshydratation des alcools. — M. Lemoine résume les résultats d’expériences effectuées par M. Sanderens sur la déshydratation des alcools sous l’effet de l’action catalytique du phosphore amorphe et du phosphate d’alumine. Ces corps, agissant simplement par leur présence, dédoublent l’alcool ordinaire en eau et éthylène. Une semblable réaction s’observe avec quinze autres alcools. Il rappelle qu’au contraire, par l’action de présence du cuivre réduit vers 250 degrés, les alcools perdent leur hydrogène et se changent en aldéhydes.
- La respiration des plantes. — M. G. Bonnier présente une Note de M. J. Nicolas d’Alger relative à la respiration comparée des differentes parties d’un végétal. 11 a trouvé qu’elle était plus active dans les feuilles. Dans l’obscurité les feuilles absorbent moins d’oxvgène par rapport au gaz carbonique dégagé, ce qui tient sans doute à la formation d’une plus grande quantité d’acides, les acides nécessitant la fixation d’une partie de l’oxygène absorbé par la respiration.
- Mécanique chimique. — M. Lemoine présente une Note de M. Tsakatos du laboratoire de M. Guye à Genève, donnant une formule algébrique indiquant l’élévation moléculaire des températures d’ébullition des dissolutions en fonction du poids moléculaire du dissolvant et de sa température d’ébullition.
- 1 Voy. nù 1460 du 18 mai 1901.
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- Les raies étalons du spectre solaire. — M. Deslandres expose que le congrès international des recherches solaires vient de décider l’adoption de la méthode de mesures spectroscopiques récemment imaginée par MM. Fabry et Pérot pour la détermination des constantes d’un certain nombre de raies destinées à servir de repères. Les mesures spectroscopiques se font en effet ordinairement par interpolation en partant de raies dont la longueur d’ondes est déjà connue ; d’où la nécessité d’avoir dans le spectre un assez grand nombre de repères exactement déterminés. La réunion tenue à Oxford en 1905 avait déjà émis le vœu qu’un nouveau système de repères soit établi. La méthode imaginée par MM. Pérot ctFabry permet d’atteindre une précision dix fois plus grande que celle obtenue antérieurement, c’est pourquoi elle a été choisie.
- Étalonnage de l’unité métrique. — M. Benoit du Bureau international des poids. et mesures rappelle que M. Michelson a entrepris, il y a environ 15 ans, de déterminer l’unité métrique en fonction de la longueur d’onde d’une certaine raie. Il expose que le Bureau international des poids et mesures l’a chargé de répéter cette entreprise en employant le procédé des mesures spectroscopiques imaginé par MM. Fabry et Pérot. Ces expériences ont été effectuées avec un plein succès ; elles ont, en somme, confirmé le résultat obtenu par Michelson. D’où l’on peut conclure que l’étalon métrique n’a pas varié dans l’intervalle. Le mètre vaut 1553164,1 longueurs de l'onde correspondant à la raie rouge du cadmium.
- Larves pélagiques. — M. Bouvier présente une Note de M. Coulière relative au développement des crevettes. Les larves des crevettes ont à peine 2 à 3 millimètres et l’animal, au moment où la transformation par la mue est achevée, n’a guère que 5 millimètres. Cependant les expéditions du Travailleur et du Talisman et plus récemment celle du prince de Monaco ont capturé dans les profondeurs des animaux à formes larvaires que l’on avait pris d’abord pour des animaux adultes et classés comme tels. Mais ces animaux sont de tous points identiques à des larves de crevettes qui auraient acquis un développement tout à fait anormal puisqu’ils atteignent une dimension de 25 à 50 millimètres. Un problème se pose. Est-on en présence d’êtres qui ont subi une croissance anormale et meurent sans atteindre jamais l’état adulte?
- Séance du 27 mai 1907.
- Présidence de M. Becquerel.
- Travail mécanique d’un attelage de bœufs. — M. A. Muntz communique une Note de M. Ringelmann sur le travail mécanique fourni par les bœufs de la race pure d’Aubrac. 26 paires de bœufs de 3 à 8 ans ont pris part à un concours spécial qui a eu lieu le 17 mai dernier à Rodez. Les épreuves dynamétriques ont donné les résultats suivants : une paire de jeunes bœufs de 5 ans a pu développer en travail normal une puissance de 1,75 chevaux-vapeur et une paire d’animaux plus âgés (8 ans), une puissance d’un peu plus de 2 chevaux-vapeur. Si l’on tient compte que les animaux du concours de Rodez, organisé par la Société d’Agriculture de l’Aveyron, venaient de passer difficilement l’hiver par suite de la pénurie des fourrages et qu’ils étaient fatigués par les travaux du printemps, on voit que les bœufs de la race pure d’Aubrac sont de très bons producteurs de travail.
- Extension en France du bassin houiller de la Sarre — M. Zeiller résume les résultats obtenus dans l’exécution des sondages entrepris aux environs de Pont-à-Mousson pour rechercher le prolongement du bassin houiller de Saarbriiek. Les 9 sondages de Ponl-à-Mousson, d’Eply, de Lexinenils, d’Alton, de Dombasle, de Jegain-ville, de Bois-Greney, de Martineourt et d’Abaucourt ont atteint le terrain houiller à des profondeurs variant de 659 m. (Éply) à 955 m. (fiois-Greney). Ils ont été poursuivis, les quatre premiers, jusqu’à 1500 m., les autres jusqu’à des profondeurs variant entre 1150 et 1350 m. O11 a reconnu à Abaucourt deux couches de charbon de 2,50 et 1,20 m. respectivement d’épaisseur. A Dombasle 2 couches de 2 m., à Eply 9 couches dont 4 de 1 m. a 1,25 m., à Pont-à-Mousson 5 couches de 0,40 m. à 1 m., à Alton 5 couches de 0,90. Le débitage des carottes extraites a fourni quelque 10 000 échantillons d’empreintes végétales dont l’étude a permis à M. Zeiller de préciser les niveaux traversés. Il signale les couches d’Abaucourt comme les plus récentes appartenant à l’étage supérieur de la Sarre, dit étage d’Otlwoiler. Les autres appartiennent à l’étage de Saarbrück et se classent comme suit : celles de Dombasle, Bois-Greney et Jegain-ville, dans le faisceau des flambants supérieurs; celle de Martineourt, un peu plus bas sans doute que celle de Jegainville; celle de Lexminils dans le faisceau des flambants inférieurs et dépassant vraisemblablement sa limite inférieure; celles de Pont-à-Mousson, d’Alton et d’Eplv, dans le faisceau des charbons gras, celles d’Eplv, appartenant à la partie inférieure de ce faisceau; les deux autres à cheval sur les gras supérieurs et les gras inférieurs. M. Zeiller dépose, en outre, une Note dans laquelle M. Bergeron rappelle qu’en 1901 M. Marcel Bertrand avait émis l’hypothèse qu’il devait exister, dans le prolongement du bassin houiller de la Sarre, en Lorraine française, une série de dômes semblables à ceux qu’il avait reconnus à Saarbrück. Il faut remarquer que cette hypothèse est aujourd’hui nettement confirmée par les recherches de MM. Nicklès et Joly ainsi que par les études de M. Zeiller sur la flore fossile. 11 considère d’ailleurs toute la partie du houiller de la Lorraine française, située au Nord de la faille de Nomény, comme appartenant à une lame de charriage refoulée sur un anticlinal houiller demeuré eu place. Le sondage d’Abaucourt aurait porté sur ce dernier et les autres sur la nappe refoulée.
- L’action des eaux sulfurées dans le traitement mercuriel. — Depuis longtemps on avait constaté cliniquement que dans les stations thermales, dont les eaux sont sulfurées, les malades peuvent supporter des doses de mercure quatre à cinq fois supérieures aux doses supportées dans des conditions normales. On prétendait que cette tolérance de l’organisme était due à la formation d’un sulfure insoluble. MM. Desmoulières et A. Chatin, dans une Note présentée par M. d’Arsonval, exposenl qu’il ne se forme pas de sulfure inerte en présence du sérum sanguin. Au contraire, les composés sulfurés redissolvent rapidement les albuminates de mercure précipités. Les eaux sulfureuses, activant l’absorption et la circulation du médicament mercuriel, rendront les plus grandes services dans les cas d’intoxication hydrargyrique, stomatites, gingivites, entérites, etc.
- Cil. DE VlLLEOKUlE.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauuiuï, rue de Fieurus, 9.
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- N* 1776. — 8 JUIN 1907.
- LA NATURE.
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- NOS NOUVEAUX CUIRASSES
- Après de longues, trop longues tergiversations, le Ministre de la marine a enfin obtenu des Chambres l’autorisation de mettre en chantiers le stock complet, soit six, des nouveaux cuirassés qui doivent jouer dans notre marine le rôle quelcDreadnoughl, bientôt appuyé par trois bâtiments identiques, joue déjà dans la marine anglaise.
- On a beaucoup critiqué la lenteur qui a présidé à la confection des plans de ces navires, lenteur d’où est résulté un retard assurément regrettable dans
- vient à peine d’être commencée et dont la puissance est sensiblement supérieure à celle du modèle actuellement en service.
- Nos futurs cuirassés porteront les noms célèbres assurément, mais bien peu maritimes, de Danton, Diderot, Condorcet, Mirabeau, Voltaire, Ver-gniand.
- Leur déplacement sera de 18 000 tonnes avec une longueur de 14b m., une largeur de 25,70 m. et un tirant d’eau à l’arrière de 8,40 ni. Comparés aux
- leur construction. Ce retard a d’ailleurs failli leur coûter l’existence.
- Si leur mise en chantiers avait suivi de près la première discussion qui a eu lieu à la Chambre à leur sujet et qui remonte à avril 1906, M. Michel, rapporteur du budget de la marine pour 1907, n’aurait pu arguer de ce que quatre d’entre eux n’étaient pas commencés pour demander leur suppression.
- Par ailleurs le retard qu’a subi leur mise en chantiers a permis de les doter de quelques perfectionnements, très appréciables. C’est ainsi que tous les six seront munis de turbines, comme machines motrices, alors que primitivement deux d’entre eux seulement devaient en recevoir.
- C’est ainsi également qu’ils seront dotés d’une artillerie d’un modèle nouveau dont la construction
- 35e année. —
- /
- batiments du type précédent, lesquels ne sont d’ailleurs pas encore tous achevés, ils réalisent un accroissement de tonnage de 5000 tonneaux.
- Leur coque sera construite d’après les données les plus modernes ; c’est-à-dire que dans toute la partie où les projectiles, les torpilles, l’éperon d’un ennemi ou même un échouage peuvent produire des avaries graves ou même mortelles, toutes les précautions seront prises pour limiter le plus possible l’effet d’une voie d’eau.
- On y arrivera par un cloisonnement intensif qui divisera en une infinité d’alvéoles d’acier la partie de la coque située en dessous de la cuirasse.
- En dedans de ces alvéoles on placera encore une cuirasse légère supportée par une double coque ; cette cuirasse est spécialement destinée à protéger les organes vitaux du navire placés dans les fonds
- 2
- "2e semestre.
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- contre les dégâts que peuvent produire les explosions de torpilles. Les bons elïets de cette protection ont été démontrés à bord du cuirassé russe Césare-vitcli qui en était muni, lorsqu’une torpille japonaise vint le l'rapper devant Port-Àrtlmr dans la nuit du 8 février 1904. Grâce à elle la voie d’eau fut localisée, et le Cesarevitch, réparé dans l’arsenal tle Port-Arthur, put reprendre son rang dans la ligne de bataille russe.
- On n’a pas jugé utile d’adopter, pour les grandes cloisons étanches dont seront munis nos cuirassés, comme tous les batiments modernes, la disposition appliquée par l’amirauté anglaise pour son Dread-nought, à bord duquel, pour rendre leur utilisation plus eflicace, on a supprimé dans ces cloisons toutes les portes, au grand détriment, il faut le dire, de la facilité des communications. On se contentera de les percer le moins possible et leur fermeture sera assurée par un système automatique.
- 2è0
- 75, .75 75, .75
- 75' '75 75’ '75
- Fig. 2.
- Le schéma que nous donnons ci-contre montre les surfaces de la coque qui seront recouvertes de cuirasses d’acier. Celle qui protégera la flottaison, point éminemment sensible qu’il importe au premier chef de rendre invulnérable, aura une épaisseur de 250 mm. Cette cuirasse montera à 1,20 m. au-dessus de l’eau et descendra jusqu’à T,60 m. au-dessous. C’est la limite à laquelle on estime que la force de pénétration des projectiles sera suffisamment amortie par le matelas d’eau qu’ils auront dû traverser, pour que la coque ne puisse plus être traversée.
- Larissa partie inférieure, cette cuirasse, qui n’aura plus à supporter que des chocs amoindris pour la raison que je viens de dire, aura seulement 80 mm d’épaisseur. On réalise ainsi une économie de poids eL d’argent qui n’est pas à dédaigner.
- Une seconde cuirasse, plus mince, surmonte la première et couvre le liane du bâtiment sur toute la partie qui s’étend entre les deux tourelles des extrémités.
- Le but de cette cuirasse est de laire exploser, avant qu’il n’aient pu pénétrer dans l’intérieur du navire
- où ils produiraient d’énormes dégâts, les obus chargés en mélinite ou produits analogues.
- Enlin une troisième cuirasse, placée seulement sur la partie avant, sera chargée de protéger le bâtiment contre les coups d’enlilade qui sont toujours très redoutables. Ces coups ne pouvant se produire que sous une très forte, incidence, il suffit pour faire dévier les projectiles d’une épaisseur d’acier de 6-4 mm.
- La protection est complétée par un pont cuirassé en dos d’âne placé comme un couvercle sur la partie immergée du bâtiment et dont les bords viennent se raccorder avec le cou inférieur de la cuirasse de ceinture, et par un second pont également cuirassé, mais moins fortement, situé à quelque distance au-dessus du premier et destiné à le préserver des chocs des éclats d’obus qui auraient pénétré dans la coque et y auraient fait explosion.
- L’artillerie des nouveaux cuirassés se composera de -4 pièces de 305 mm logées deux par deux dans les tourelles (pii occuperont les extrémités, et de 12 pièces de 2-40 mm également accouplées en six tourelles disposées comme le montre notre dessin.
- Cette artillerie a bénéficié du retard subi par la mise en chantiers des bâtiments qui nous occupent. Ses pièces sont d’une puissance notablement supérieure à celles du modèle jusqu’ici employé et qui porte le nom de modèle 1893-96.
- C’est ainsi que le nouveau canon de 305 mm lancera un projectile pesant -440 kg à la vitesse initiale de 875 m. à la seconde, alors que pour le modèle précédent ces chiffres étaient respectivement : 558 kg et 850 m.
- Pour la pièce de 240 mm on aura un projectile de 220 kg et la vitesse initiale de 875 m. contre 170 kg et 850 m. qu’atteignaient les memes éléments avec les pièces du modèle 1896.
- On voit que le nouveau modèle présente sur celui qu’il va remplacer un avantage très sensible. Pour l’ensemble des 10 pièces tirant d’un même bord, le poids de l’acier lancé en une seule bordée est supérieur de 540 kg à ce poids de l’ancienne bordée.
- L’armement sera complété par 20 pièces légères destinées à repousser les attaques des torpilleurs et par deux tubes lance-torpilles sons-marins.
- 11 n’y aura pas de hunes armées. .
- On s’est efforcé d’échapper, à bord des cuirassés type Danton, aux reproches, trop justifiés par la navrante expérience de Yléna, dont sont l’objet presque tous nos navires actuels au sujet du logement de leurs munitions.
- Déjà à bord du type République, dont les premières unités viennent d’entrer en service, on a fait de grands progrès, si bien que la température des soutes de la République se maintient presque sans
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- variations, meme après quelques jours de mer, autour du cliiiïro excellent de 15°.
- Les dispositions qui donnent un si bon résullat, sans l’emploi d’aucun moyen artificiel comme circulation d’eau, appareil réfrigérant, seront encore perfectionnées à bord du Danton. Les soutes seront
- placées loin de toutes sources de chaleur, dans les fonds du navire, en contact avec la coque qui leur transmettra la fraîcheur des couches d’eau situées à 8 m. environ de la surlace.
- On a tout combiné également pour que la distribution des munitions se fasse rapidement. Les soutes sont, à cet effet, réparties en trois groupes placés à l’avant au milieu et à l’arrière du bâtiment.
- Un couloir ou coursive, dans lequel aboutissent les monte-charge, fait communiquer entre eux ces trois groupes de magasins. 11 en ressort cet avantage qu’au combat les munitions de toutes les soutes peuvent être utilisées pour une pièce ou un groupe de pièces quelconque et que les munitions, alférentes à une ou plusieurs pièces démontées et mises hors de combat, seront utilisées ailleurs. Cette coursive, placée tout à fait à l’abri des projectiles ennemis, olire naturellement un passage très heureux au faisceau des iils de transmission d’ordres, dont l’importance saule aux yeux.
- Les six bâtiments, je l’ai déjà dit, seront munis de turbines.
- L’amirauté anglaise nous a permis de proliler de l’expérience qu’elle a acquise sur cette importante
- matière et une commission d’ofliciers de marine et d’ingénieurs français a pu, l’été dernier, recueillir dans les arsenaux, et à bord des navires anglais mêmes, tous les éléments utiles sur la valeur de ce nouveau système de machines.
- Chaque cuirassé sera muni de quatre arbres placés de part et d’autre de l’axe du navire. Chaque arbre portera une seule hélice.
- Sur chacun des arbres porte-hélices seront attelées deux turbines pour la marche avant et une pour la marche arrière. Toutes ces turbines seront du modèle anglais Parsons.
- Elles tourneront au maximum à la vitesse de 500 tours par minute.
- On espère que le chiffre de 10 nœuds, prévu pour la vitessedesnouveauxeuirassés, sera largement dépassé.
- Les contrats passés avec les constructeurs stipulent que les bâtiments devront être présentés en recette quatre ans après la promotion des marchés. Nous pouvons donc compter les voir à Ilots en 1910 et en service en 1912.
- Le Danton est sur cale dans l’arsenal de Brest, le Mirabeau dans celui de Lorient, le Voltaire est conlié aux chantiers de la Seyne, le Vergniaud à ceux de la Gironde, le Condorcet à ceux de la Loire et le Diderot aux chantiers de Saint-Nazaire.
- L’auteur des plans deces bâtiments, qui promettent d’être très remarquables, est un de nos plus distingués ingénieurs des constructions navales, M. l’ingénieur en chef Cajde. ^ gAUVA1RE Jourdan.
- Onider de murine eu retraite.
- LES FLEURS ORNITHOPHILES
- Les relations du monde végétal avec le monde animal constituent un domaine d’investigations encore peu exploré jusqu’ici. De pareilles éludes, pour être fructueuses, doivent être poursuivies au sein de la nature elle-même : des faits bien observés, au milieu de l’habitat des êtres vivants, sont seuls probants et les expériences de laboratoire ne sauraient remplacer ces observations directes.
- Les recherches de K. Sprengel et de Darwin, complétées par celles de Fritz et Hermann Muller, Del-pino, liildebrand et plusieurs autres, ont prouvé, définitivement, qu’un certain nombre de fleurs exigent, pour leur pollinalion, l’assistance de certains animaux.
- Les pollinateurs les plus connus sont certainement les insectes: cependant d’autres animaux jouent parfois, dans la nature, un rôle analogue, et, parmi ceux-ci, les oiseaux des régions chaudes du globe ont appelé l’attention des naturalistes sous ce rapport, depuis un quart de siècle seulement. Leur importance, comme pollinateurs, lut mentionnée, en premier lieu, à titre hypothétique, par Delpino1,
- 1 Delpino (F.). — UUeriori osservazioni sulla dicomia, etc. (Alti cl. Soc. ltaliana di Milano. Vol. XI-X11I (1868).
- mais elle fut prouvée définitivement par Fritz Millier1. Quelques années plus tard, Th. lie!t2 nous donnait la première description complète des Heurs adaptées à la fécondation par les Oiseaux-mouches.
- Ce sujet présente le plus grand intérêt au point de vue phytogéographique, par ce fait que les oiseaux qui visitent les fleurs sont restreints à certaines contrées bien définies, ce qui doit permettre de déterminer jusqu’à quel point la présence de‘ certaines formes florales est liée à celle de certains oiseaux pollinateurs.
- Dans son magistral ouvrage: : Pflanzengeogra-phie, publié à Leipzig en 1898, A. F. W. Schim-. per, prématurément enlevé à la science, a consacré un important chapitre à l’état actuel de nos connaissances à cet égard, en y ajoutant des observations personnelles : c’est là surtout que nous avons puisé les éléments du présent article.
- « De nombreuses Heurs sont: pillées et pollinées par les visiteurs les plus variés, attendu; que leur
- 1 Müller (Fritz). — Bolanische Notizen aus einem Briefc Frits Muller's. Botan. Zeilung. Band XXYI11 (1870).
- 2 Bëlt (Tli.). — The naluralist in Nicaragua, 1874. 2e Ed. London (1888).
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- pollen cl, leur née Lu* sont faciles à atteindre; mais il est certaines espèces végétales qui ne sont accessibles qu’à certains visiteurs déterminés, soit que les appâts qu’elles leur ollrent présupposent des goûts particuliers, soit que leur nectar ne soit accessible qu’à des visiteurs doués de certaines facultés ou
- chercher le nectar qui constitue, d’après Lesson1, leur nourriture principale, les insectes n’étant que l’accessoire. On a pu en élever en captivité en les nourrissant uniquement de liquides miellés ou sucrés.
- 2° Les Neelarinidés ou Oiseaux du soleil (suu-birds), de l’ordre des Grimpeurs.
- Ils habitent surtout le sud de l'Afrique. Ge sont de charmants petits oiseaux, fort élégants, au plumage paré des plus vives couleurs, au bec allongé, mince, légèrement recourbé. Ou est certain de les rencontrer là où un arbre est en Heurs. D’après Brelnn*, contrairement leur nom, ces oiseaux seraient attirés surtout par les insectes qu’ils trouvent sur les (leurs et qui constitueraient leur pâture, tandis
- d’une forme corporelle spéciale. Quand des adaptations de cette dernière sorte s'appliquent à des formes animales d’une distribution restreinte, la présence ou l’absence de pareilles adaptations est caractéristique de la \égétation de districts définis. » (Schimper, loc. cil.)
- Trois classes d’oiseaux doivent, d’après notre auteur, être prises principalement en considération comme polliuateurs :
- Les Trochilides ou Oiseaux-mouches, de l’ordre des Passereaux.
- Exclu sivemen t conli nés en Amérique, .ces bijoux
- de la nature habitent surtout le Brésil et la Guyane ; («pendant on en trouve jusque sur les limites des latitudes glaciales. Plus que tous les autres oiseaux, ils sont dans la relation la plus intime avec le règne végétal. Leur bec long et grêle est merveilleusement disposé pour leur permettre d’enlbncer leur langue élastique au fond des corolles des Heurs pour y
- Fig. 1.— Palosabre (Erythrina) avec Ile Hamas ter et Pkaelhornts. Fig. 2. — Weigela et T rochilus colibris.
- Fig. 3. — Noranlea ou Oiseaux-mouches de la Triuidad.
- <pie le nectar serait pour eux un aliment accessoire' 5° Les Meiliphagidés, de l’ordre des Grimpeurs comme les précédents, habitent surtout les régions chaudes de l’Océanie, avec quelques espèces à Mada-
- 1 Liissox. — Histoire des Oiseaux-mouches. a Bu mi.u (E.). — La vie des animaux. — Les Oiseaux. Vol. a, p. 14.
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- gascar et dans le Sud-africain. Celle famille comprend cinquante espèces dont l’existence est tellement liée à celle, des arbres de la Nouvelle-Hollande qu’on ne peut se figurer les uns sans les autres, nous dit Brehm. Ce sont des oiseaux vifs, agiles et babillards, (pii grimpent à merveille'. Ils se nourrissent d'insectes, de pollen et de nectar qu’ils se procurent aisément, grâce à leur langue longue, pointue, terminée en pinceau. Ils ont le hec. assez long, légèrement recourbé, étroit, arrondi.
- Parmi les plantes de l’Amérique tropicale, fréquentée le plus assidûment par les oiseaux, on peut citer le Marcgravin limbe lia ta ; c'est une grande Tornstræ-miacée grimpante, qui atteint une hauteur assez considérable : ses Heurs, disposées en cercle, pendantes, assez semblables à un candélabre renversé, sont munies, sur le pédoncule, d’ascidies ou petites outres, considérées par les botanistes comme des bradées transformées. Ces petites outres se remplissent, quand les fleurs se développent, d’un liquide douceâtre qui attire les insectes el, ceux-ci, de nombreux oi-
- beau noir, bleu el jaune, à tète jaune. Le a l'alc-sabre », espèce du genre Erylhrina, petit, arbre à Heurs rouges, est fréquenté assidûment par deux oiseaux-mouches à long bec : YHeliomasier pal-lidieeps Could et le i'Iiaetliornis longiroslris Could.
- Schimper croit que ces pollinaleurs aux couleurs brillantes ont une préférence pour la couleur rouge
- Fig. i. Marcgravm umbellala avec Callisle et Chlorophanes. — Fig. 5. Slrelilzia et Neclarinia Afra.
- seaux insectivores. Les fleurs sont disposées de telle façon, avec les étamines pendantes, que les oiseaux, pour atteindre les ascidies, doivent se frotter contre celles-là. Ils portent ainsi le pollen d’une plante à l’autre. Belt a toujours vu, autour du Marcgravia, partout, où il se trouvait, des essaims d’oiseaux composés du Calliste Lavinia Cass., vert à tète rouge ; Chlorophanes gualemalensis Sclaler, vert brillant à tête noire; Callisse larvata Du Bus, d’un
- et même, particulièrement, pour la nuance rouge-feu. Aux Antilles, où les Oiseaux-mouches abondent, il a rarement vu une plante ligneuse, resplendissant au soleil avec ses belles fleurs rouges, sans y découvrir, avec un peu de patience, des Oiseaux-mouches.
- « Je me rappelle très bien, écrit-il, avoir vu, à la Trinidad, le Noranlea guianensis dont les nectaires écarlates brillaient de tout leur éclat, environné d’essaims d’Oiseaux-mouches. » Dans le jardin d’une
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- maison, au Massachusetts, où il demeurait en été, il pouvait voir, tous les jours, la seule espèce indigène d’Oiseaux-mouches, le Trochitus colibris, fréquentant les Heurs d’un rouge foncé d’un arbuste du genre Weiyela1.
- IJn rôle tout à fait semblable à celui dos Oiseaux-mouches, dans le Nouveau Monde, est joué par les Nectarinidées ; dans la zone chaude de l’Ancien Monde, surtout dans le Sud-Africain, où ces oiseaux apparaissent en nombre comparable aux Trochili-dés, comme espèces et comme individus.
- C’est à Scott-Elliot* que nous sommes redevables des premières données définitives sur la structure des fleurs o r nit h op biles; ses études se sont poursuivies dans le Sud-Africain. 11 cite, parmi les oiseaux pollinateurs les plus importants dans ces régions, les Nectari-nia Chalybea, bicol-laris et famosa L. ; les Promerops Ca-fer et Gurneyi.
- Plusieurs espèces de Protea, genre spécial à l’Afrique australe, sont adaptées à la pollination par les oiseaux.
- Leurs grandes inflorescences en capitule sont entourées de bractées raides, à la base desquelles le miel s’accumule; les oiseaux se posent sur le bord des calices et frottent le style saillant qui se couvre ainsi de pollen.
- Mais le mécanisme floral le plus remarquable du Sud-Africain, comme adaptation ornitho-phile apparaît dans dans le Strelitzia Reginæ superbe Musacée, fréquemment cultivée dans nos serres.
- « Les trois divisions externes du périanthe sont « d’une couleur orange brillante ; des trois internes « l’une est 'différenciée en un grand labelle bleu « d’azur, en forme de flèche, tandis que les deux « autres sont petites et forment une voûte au-des-« sus de l’entrée de la cavité neclarifère : une rai-« nure tracée le long du labelle renferme les éta-
- 1 Weigela Thunb. = Diervilla Tourn. (Caprifoliacée.)
- - Scotï-Ei.i.iot.— Ornithophilons flowers in Soulh-Africa. Noies on the fertilizalion of S. Afr. anri Madagasc. flowering planls annals of Botany. Vol. IV et V, 1889-91.
- « mines et le style dont l’extrémité, avec le stigmate, « fait saillie au dehors. L’oiseau voltige près du « bord du labelle et suce le nectar qui est sous la « voûte, frottant ainsi d’abord le stigmate et ensuite « les étamines. Les belles couleurs de la Heur cor-« respondent entièrement à celles du pollinaleur : « le Nectarinia Afra. »
- Pans la Nouvelle-Zélande, la pollination par les oiseaux a été aussi observée, spécialement par Thomson1, sur un certain nombre de plantes dont les Heurs sont, en partie, de couleur rouge.
- En résumé, la pollination de certains végétaux par les oiseaux est désormais un fait acquis à la science, mais la subordination absolue de la présence de ces plantes à celle de ces pollinateurs appelle de nouvelles observations, faites sur les lieux.
- L’attraction exercée par les couleurs, et par les odeurs sur les insectes, a été 1 ’ obj et d’ex péri en ces dont les résultats ont été contradictoires, peut-être parce qu’elles n’ont pas toujours été poursuivies à l’état de nature absolue.
- En ce qui concerne l’attraction exercée par la couleur rouge, sur les oiseaux pollinateurs, Schimper prend parti pour l’affirmative lorsqu’il écrit : « Comme « les Oiseaux-mou-« ches, les s un-birds « du Sud - Africain « montrent une préférence pour les fleurs rouges, « et réellement une certaine teinte de rouge, qui « apparaît sur les plumes du poitrail de plusieurs « espèces de ces oiseaux, caractérise aussi plusieurs « fleurs ornilhophiles. Des Labiées, des espèces « d’Aloe, des Irudées et des Légumineuses pren-« nent cette teinte florale, rare par ailleurs quand « elles sont adaptées à la pollination par les « sun-birds. »
- La richesse actuelle, plus grande, en fleurs et bractées d’un rouge brillant, qui distingue la zone
- 1 Thomson (G. M.). — Fertilizalion of New-Zealand. flo-werinq plants. Trans. and Proc, of (lie New-Zeal. Institute. Vol. VIII (1880).
- Fig. 6. — Protea grande flore avec Nectarinia chalybea, bic.ollaris. et famosa. Promerops enfer.
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- chaude de Ja zone tempérée septentrionale serait-elle donc liée à l’ornithophilie?
- Cependant Kerner a lait observer qu’il n’a jamais vu d’Oiseaux-mouches autour des nombreuses Broméliacées (Æchmea, Vriesea) si répandues en Amérique pas plus que les Zingibéracées de l’Archipel Malais : les Broméliacées, aux bractées vivement colorées, habitent uniquement les endroits ombragés, où les Oiseaux-mouches, qui aiment le soleil, se voient rarement et les Zingibéracées malaisiennes, aux couleurs éclatantes, ne se montrent pas en dehors des ombrages épais des forêts où l’on chercherait vainement des « Sun-birds».
- Emile Gadéceau.
- LA RADIO-ACTIVITÉ
- des métaux alcalins
- Un intéressant travail récent de MM. Norman R. Campbell et Alex. AYood 1 a mis en évidence, dans les sels de potassium et, accessoirement, dans ceux de rubidium, une radio-activité plus grande que celle de toute autre substance ne contenant, pas d’éléments dits radio-actifs (radium, thorium, actinium, etc.). On a pu obtenir un effet photographique à l’aide des rayons dégagés par du sulfate de potasse, maintenu pendant 28 jours au-dessus d'une plaque sensible enveloppée dans un papier étanche et constater que les rayons émis par les sels potassiques étaient hétérogènes, avec un pouvoir pénétrant inférieur à celui des rayons (3 de l’uranium. Une conclusion à retenir est, la démonstration nouvelle, dans ce cas particulier, du caractère atomique de la radio-activité naturelle des éléments, la radio-activité d’un composé pouvant être calculée quand on connaît scs éléments constituants. Voici quelques indications sommaires sur cette découverte.
- On a commencé par constater, dans le sulfate de, potassium, une radio-activité 7 à 8 fois supérieure, à celle du plomb, avec des rayons beaucoup plus pénétrants. Mais cet effet aurait pu être dû à la présence d’une impureté radio-active, d’autant plus admissible que tous les sels potassiques sont en pratique fabriqués au moyen des mêmes sels minéraux extraits à Stassfurl. On a alors essayé une solution saturée de sulfate potassique au point de vue de l’émanation, en renfermant cette solution pendant quatre semaines dans un récipient clos et examinant ensuite l’air contenu au-dessus de la solution. On a, par cette expérience négative, pu démontrer l’absence du radium. On a ensuite essayé divers sels potassiques, qui ont donné, pour la détermination de l’activité du potassium, des chiffres tout à fait comparables. Après quoi, on a encore essayé d’éliminer une impureté possible par de nombreuses cristallisations fractionnées et démontré, d’autre part, que n’importe quelle potasse produisait le même effet, en employant de la potasse venant des cendres de bois, ou opérant sur un orlhoclase contenant 16,5 pour 100 de polasssium.
- Quant aux mesures de pénétration, elles ont été faites en recouvrant le sel de feuilles de papier d’étain et notant la diminution que l’addition de chaque feuille produisait dans l’ionisation. L’activité du potassium étant représentée par 1000, celle du rubidium est 768. L’activité
- 1 Yoy. le Radium, mai 1907.
- du polassimn est un millième de celle de l'uranium, mesurée par l’ionisation produite par les rayons (3 de substance. A. Latouii.
- CONDENSATEUR PARLANT
- M. Argvropoulos, professeur à l’Université d’Albènes, dans une belle expérience réalisée le 6 mai 1907 au laboratoire de physique de l’Ecole normale, a rappelé l’attention du monde savant sur les propriétés des condensateurs parlant ou chantant. Il a montré qu’un condensateur, formé de minces feuilles d’élain et de papier paraf-tiné, pouvait constituer un excellent récepteur téléphonique. La disposition de, l’expérience est la suivante : M est un microphone intercalé dans le circuit des piles R et relié au primaire du transformateur T. Le secondaire du
- transformateur est relié d’une part à l’une des armatures du condensateur K ; d’autre part — et c’est bipartie la plus originale de l’expérience — à un pôle d’une dynamo A à courant continu. La deuxième armature du condensateur est reliée au deuxième pôle de la machine. On porte à 250 volts la différence de potentiel entre les deux armatures et le résultat obtenu fut, paraît-il, merveilleux. La voix est reproduite avec une clarté parfaite.
- Cette expérience pourrait, être la source d’applications industrielles, notamment dans la voie des appareils téléphoniques, dits hauts parleurs.
- Rappelons en terminant que, l’idée de l’application du condensateur à la téléphonie n’est pas nouvelle. Elle est mentionnée notamment dans l’ouvrage de M. Eslaunié sur les télécommunications qui signale le condensateur comme susceptible de détrôner peut-être un jour le, récepteur magnétique aujourd’hui universellement employé.
- +SÙ*
- LE CANAL DE PANAMA
- Vingt-cinq mille ouvriers sont actuellement employés aux travaux du canal de Panama. On connaît l’insalubrité de cette région. Les Américains ont jugé, avec raison, que la première chose à faire était d’assurer la santé et le bon entretien physique des travailleurs. Ils ont donc tout d’abord cherché à assainir le pays et en particulier les deux villes de Colon et Panama, tètes du canal. Us ont employé les méthodes qui ont déjà si bien réussi à la Havane, désinfection des habitations, destruction des moustiques par le pétrole, évacuation des ordures en dehors de la ville, dessèchement des marais, amélioration de la voirie. Pour loger les ingénieurs, employés et ouvriers, on a construit deux véritables villes, faites de petits pavillons agréables à habiter et remplissant toutes les conditions de salubrité. Un service sanitaire spécial est chargé de la surveillance des logements, il doit en vérifier la propreté et la bonne tenue.
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- ANGKOR ET LA FRANCE
- Le traité signé à Bangkok, le 25 mars 1907, entre la France et le Siam efface le souvenir du traité mort-né du 7 octobre 1902, si inopportun qu’il ne fut pas soumis à la ratification des Chambres; il complète de la plus heureuse façon le traité d’attente dul5 février 1904.
- Il comporte, avec d’inévitables concessions, des avantages indéniables. Nous rendons au Siam, Kralt et Dansai, sans réelle importance économique ni politique, mais dont l’occupation par nous blessait l’amour-propre national des Siamois ; nous renonçons en outre à une juridiction spéciale pour nos sujets et protégés. Ce privilège juridique, qui fut une nécessité défensive autrefois, quand les Européens se hasardaient à grands périls dans ces contrées peu accueillantes d'Extrême-Orient, est aujourd’hui propre surtout à créer des embarras intérieurs au pays qui l’a concédé. Si l’idée ne nous vient pas personnellement d’en tirer parti, pour des raisons faciles à compren-dre, elle pourrait venir à d’autres et leur faire souhaiter des prérogatives analogues. Nos ressortissants étant aussi bien protégés ; par lois et contrats et obtenant même par ce dernier traité une extension de leurs droits de propriété et de circulation dans le royaume de Siam, nous avons pu, sans réel dommage, accorder à celui-ci. ce gage d’une loyale et cordiale politique a son égard. Nous donnons peu au Siam, mais nous lui donnons ce qu’il désirait lé plus : la paix chez lui.
- Il rétrocède en retour, à notre protégé le roi du Cambodge, les trois provinces de Battambang, Sierq Reap et Sisophon qu’il lui avait enlevées en 1795. Une étrange négligence de notre diplomatie avait
- laissé échapper l’occasion de les reprendre au traité de 1867; il a fallu 40 ans de rapports parfois tendus 'et de négociations pour les retrouver. Celte clause sera accueillie avec la plus grande joie par le Cambodge (pii ne cessait de réclamer, de toute sa fierté nationale humiliée, les lerriloires perdus et elle rehausse.fort notre prestige dans toute l’indo-Chine. En outre elle fait du Tonlé Sap1 un lac
- purement français ou cambodgien , comme il plaira, et elle nous rend la pos-session d’une contrée riche, tlo-rissante et peuplée de plus de 200000 âmes.
- La province de Battambang, seule, en compte plus de la moitié. Comprise entre le 12° 50' et le de latitude Nord, le 100° 20' et le 101° 50' de longitude Est, elle occupe une superficie de 10000 km2. Sa population très mêlée comporte environ 90000 Cambodgiens ou Khmèrs, une poignée de fonctionnaires et sujets siamois, presque autant de Malais et de Chants2, puis en proportion à peu près égale, allant de 5000 à 1500, des Chinois, des Annamites et des Birmans.
- La ville de Battambang, capitale de la province, ne compte pas moins de 60 000 âmes. Elle étale ses pagodes, et ses. cases légères dans un désordre pittoresque au milieu de bouquets d’aréquiers, de cocotiers, de palmiers, de manguiers et de bananiers, le
- 1 En khmèr — ou cambodgien — Tonlé Sap signifie « fleuve d’eau douce ». On donne à la fois ce nom au Grand Lac et au bras du Mékhong qui 1 alimente.
- 2 Prononcez liant. Ce sont les « Ciampois » des vieilles relations et les derniers représentants des habitants de l'ancien royaume de Champa en Indo-Chinc.
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- Fig. 2. — Àngkor Wat.
- Ionj>‘ dos doux rives du Stëng Sanglai, « la rivière du
- une longueur d’environ 8 ou 40 km. Elle centralise
- faux-camphrier » ou rivière de Baltambang, sur tous les produits de la région : or extrait des mines
- Fig. 3. — Angkor Wat
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- LA NATURE.
- do Tuk-llno, saphirs, rubis, émeraudes ou lopazos blanches que la courageuse âpreté de 4000 ouvriers, presque tous Birmans ou Pégouans, arrache malgré l’insalubrité des lieux aux mines de Payrinh; richesses végétales plus sures et plus abordables : riz excellent, cardamome parfumé, indigo, tabac, cale, bois de teinture et de construction, au premier rang desquels le teck; richesses animales qui donnent nue grande activité à la chasse et à la pèche : l’éléphant, le tigre, la panthère, l’ours, le rhinocéros, le bœuf gaur1, le buffle et les cerfs de diverses espèces abondent dans les forets qui retiennent encore d’innombrables essaims d'abeilles dont la production cirière atteint, paraît-il, plus de 10000 kg.
- La pèche toutefois est, avec le riz, la grande richesse du pays. Les plus gros poissons2 et les plus estimés sont salés et séchés, les plus médiocres comme taille ou comme espèce sont transformés en une huile dont le rendement n’est pas inférieur à 5000 piculs3 * 5 par an. Une partie des poissons de qualité inférieure, salée, comprimée et convenablement fermentée, donne le prahôk, l’assaisonnement in-d ispensable de tous les met s cambodgiens, ce que le roi Noro-dom appelait, dit-on, le « roquefort des Khmèrs », et dont l’odeur repoussante affecte désagréablement Ions les Européens.
- Les provinces de Siem Reap et de Sisophon sont moins riches et moins cultivées que celles de Bat-tambang dont elles faisaient autrefois partie : la prudence siamoise les en détacha pour ne pas remettre un pouvoir trop considérable à un unique gouverneur.
- La dernière seule vaudrait qu’on louât le traité du 25 mars 1907 par l’inestimable trésor artistique qu’elle renferme et qui nous est enfin rendu : les ruines d’Àngkor Thom et d’Angkor Wat.
- Ces ruines, dont avaient déjà parlé, en termes vagues et élogieux, les anciennes relations de voyages, visitées de nos jours, en 1785, par un missionnaire, le P. Pierre Langenois, et en 1858 par
- 1 Les Cambodgiens, sous le nom de kkting pos, « gaur à serpents », le regardent comme tout à fait redoutable. Ils pensent qu’il se' nourrit de serpents et les fait tomber en lançant sur eux sa salive. Une bague de corne de khting est un antidote contre la morsure des reptiles.
- 2 On pêche à Pnom Penh un Pangasius, poisson de la
- famille des Siluridées, dont la taille dépasse souvent 1,50 m.
- Les Klnnérs l’appellent trëi reach, a poisson royal ».
- 5 1 picul = 60,400 kil.
- l’abbé C.-E. Bouillovaux, antre missionnaire an Cambodge, furent surtout révélées à l’Europe contemporaine par l'explorateur Henri Mouhol en 1858. Dans son admiration, Mouhol, les mettait au-dessus de nos plus splendides cathédrales gothiques et des plus parfaits monuments de la Grèce et de Borne. Elles attestent du moins chez les anciens Khmèrs un art aussi original que grandiose et achevé1.
- Avec les temples et les édifices qui en dépendent, ces ruines, dans une vaste plaine lacustre, coupée de nombreux étangs et sillonnée par la rivière de Siem Reap, couvrent un rectangle de 40 km2. La caractéristique de l’architecture klnnère est l’aspect pyramidal obtenu par l’accumulation, dans un carré déterminé, de plusieurs enceintes de galeries cruciformes flanquées de nombreuses tours terminées généralement en boutons de lotus ; ces galeries s’enlèvent en gradins l’une sur l’autre vers une lotir
- centrale qui jaillit au-dessus de tout l’édifice avec une puissance et une hardiesseincroya-bles. Car l’art khrnèr est arrivé à unir ces deux termes, parfois si lointains : le grandiose et la grâce aérienne. Quant à l'ornementation des produits de cet art, tant en bas-reliefs qu’en statues, elle est un prodige de variété, de richesse et de vie2. La matière employée dans ces constructions est un grès jaune, bleuâtre, rouge ou vert.
- Le groupe d’Angkor Thom, « la Grande capitale », construit selon toute probabilité entre 890 et 900 de notre ère, comprend, outre les ruines de la citadelle, de la ville royale, la tour de Phiméanakas, autrefois entièrement dorée, le magnifique belvédère du roi Lépreux et le temple du Bayon.
- Celui-ci, l’œuvre peut-être la plus vigoureuse de l’art khmèr, se présente sous la forme habituelle d’une pyramide dont les trois gradins, par 50 tours étagées et 24 escaliers monumentaux, semblent monter à l’assaut du magnifique Prâsât5 central servant
- 1 N’oublions pas de rappeler les voyages et ouvrages classiques de L. Deiaporte ( Voyages au Cambodge, Paris, Dela-grave, 1880), de Pavie, Aymonnier et Fournjsreau,
- 2 On peut s’en rendre compte en feuilletant les magnifiques planches de l’ouvrage suivant : Documents sur l'arl ancien et moderne en Indo-Chine, par Henri Dufour, . architecte diplômé, chargé de mission par l’École française d’Extrême-Orient, Paris, chez fauteur, 17, rue Denfe.rt-Rochereau, 1907, gr. în-4°,
- 3 Ru sanscrit Prâsâda, temple ou tour servant à des usagés religieux. Aujourd’hui les Khmèrs nomment ainsi les anciens temples brahmanistes ou bouddhistes abandonnés.
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- de sanctuaire. Pour avoir une idée plus exacte de ce que put être Angkor Tliom au temps de sa splendeur, il sul‘lira de savoir qu’on aboutissait, pardessus un fossé de 100 m., aux larges remparts qui la protégeaient, par cinq chaussées dallées de 46 m. accédant à cinq portes monumentales et reliées entre elles par une immense .balustrade de pierre, dont la rampe d’appui était formée d’un serpent colossal et le balustre d’une statue gigantesque d’homme assis et tourné vers l’extérieur. Ces statues, variées d’aspect, de costume et d’attitude, étaient au nombre de 540 au moins.
- Angkor Wat,,
- « le Temple de la capitale », à 500 m. environ au Sud d’Angkor Thom, fut vrai-s o m b 1 a b lement édifiée dans la première moitié du xue siècle. En ses proportions colossales, elle demeure un chef-d’œuvre de grâce, comme le Hayon un chef-d’œuvre de force. Mieux conservée par la piété des pèlerins, cette énorme basilique présente aussi l’aspect d’une pyramide rectangulaire à trois gradins; la disposition différente des tours et des
- cloîtres en fait toutefois une œuvre totalement dissemblable et parfaitement originale. Chaque gradin ou étage, dont le premier a 250 ni., est; formé d’une galerie cloîtrée portant, huit tours terminées en boutons de lotus.
- Au centre s’élève une dernière tour de 25 m. de diamètre à sa base, qui, domine de 54 m. le 5e étage et de 60 environ la plaine d’Angkor, s’enlève avec une légèreté admirable sur la masse de l’édifice. Cendant 1500 m., le pied peut ne pas se poser un instant sur le sol naturel; 41 escaliers monumentaux, des bas-reliefs, fouillant la pierre dans ses moindres recoins, des statues de toutes dimensions achèvent, de rendre cet édifice unique au monde.
- Remercions la d i p 1 o m a t i e de n o u s l’avoir donné afin que nous en transmettions au moins l’image aux siècles futurs, avant, que cette merveille n’ait disparu sous l’abandon de l’homme et la poussée inexorable d’une végétation encore plus puissante qu’elle.
- Antoine Cabaton.
- LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL PAR LE SYSTÈME POULSEN
- Il n’est peut-être pas exagéré de dire que la télé-, graphie sans fil vient d’entrer dans une voie qui lui ouvre des horizons nouveaux. Cette science se présentait, jusqu’ici, avec un ensemble d’imperfections très nuisibles à son développement, imperfections que je ne rappellerai pas, nos lecteurs étant au courant des travaux accomplis dans le but, précisément, de briser ces entraves.
- Le dernier inventeur qui vient d’apporter sa pierre à l’édifice, M. V. Poulsen, semble devoir être le plus heureux de tous ceux qui se sont imposé la même tâche. Déjà connu par ailleurs il est l’au-
- teur du léJégraphone que tous les techniciens admirèrent pendant l’exposition de 1900 — M. Poulsen a repris le problème à son origine, en étudiant la source même des ondes électriques. Cette source, l’étincelle éclatant entre les deux sphères d’un transformateur, lui a paru suspecte. Elle donne des ondes se propageant, à de très grandes distances, il est vrai; mais ces ondes finissent par s’éteindre, comme les ondes sonores. Un autre dispositif ne permettrait-il pas de produire le même phénomène d’une manière plus régulière, de donner des ondes qui fussent inamovties, tout au moins jusqu’à des
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- distances considérables? En se posant colle (pies-lion, M. Poulsen a été amené, ainsi que bien d’autres chercheurs, à étudier le dispositif imaginé par
- le physicien anglais Duddel pou l’on a nommé l'arc chantant.
- produire ce que Ce dispositif est le
- manière que l’arc et les extrémités des électrodes lussent entièrement enveloppés par une llamme d’alcool. Puis on s’aperçut que les gaz d’hydrogène, d’éther, d’ammoniaque, et enfin qu’un gaz riche en hydrogène, étaient particulièrement propres à donner
- siège d’un courant alternatif dont la fréquence ne dépasse pas 40000 périodes par seconde, chiffre tout à fait insuffisant pour servir à la télégraphie sans fil. Il était dès lors indispensable de porter ailleurs
- Fig. 2. — Ondes amorties, ondes non amorties.
- les investigations pour obtenir la production d’ondes électriques non amorties d’intensité et de fréquence suffisantes.
- Pour atteindre ce but, M. Poulsen imagina de faire jaillir un arc électrique dans une atmosphère d’hydrogène. Dans les premières expériences, les charbons avaient été disposés horizontalement, de
- les résultats que l’on attendait, c'est-à-dire à al teindre un nombre de fréquences de l’ordre du million. Dans ces conditions, on se trouvait en présence d’ondes électriques non amollies. Ces ondes naissent seulement lorsque l’arc électrique acquiert une longueur déterminée que l’on’appelle longueur
- Fig. 5. — Électrodes horizontaux, refroidissement de l’anode.
- active ; mais cette longueur active peut varier dans une certaine mesure, elle augmente avec la force du courant d’alimentation et décroît lorsque le nombre des oscillations augmente.
- Comment expliquer le rôle de l’hydrogène dans cette circonstance? Au début, M. Poulsen pensa que cette action devait être attribuée exclusivement à la
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- propriété de refroidissement de ce gaz; mais il se pourrait que celte supériorité de l’hydrogène provint des propriétés physiques de ce gaz dont l’atome était considéré, jusqu’aux travaux de J.-J. Thomson, comme étant le plus petit atome connu, ce qui expliquerait sa bonne conductibilité de la chaleur et sa grande rapidité d’ionisation, il est donc probable que l’action de l'hydrogène n’est pas seulement thermique, mais aussi électrique.
- Cependant, il est incontestable que la diminution de chaleur de l’arc exerce une grande influence sur la production des ondes non amorties, car si Ton imagine un procédé capable de créer un refroidissement, par exemple une circulation d’eau dans l'anode,
- gagemenl du gaz qui perd ses propriétés après son passage sur Tare. Les ondes obtenues sont alors parfaitement inamortios, et, de la forme primitive qu’elles alïèclaient, elles deviennent très régulières (lig. 2).
- Ces ondes peuvent-elles être transmises et reçues en utilisant les installations actuelles des postes de télégraphie sans 1 i 1 ?
- Au transmetteur se rattachent deux sortes de fonctions; le couplage et la transmission. Dans l’un et l’autre cas, les méthodes ordinaires suflisenl : c’est ainsi que l’antenne et son contrepoids constitueront un seul circuit d’oscillation dans lequel Tare est intercalé de manière que les oscillations se pro-
- Fig. 4. — Flammes obtenues avec le transformateur et le résonateur l'oulseu.
- celte anode étant terminée par un anneau de cuivre (lig. o), on constate un résultat à peu près identique. Dans ce môme schéma, on remarque que Tare est chassé vers le haut des électrodes. Ce déplacement de Tare s’obtient en le faisant éclater dans un champ magnétique qui détermine, en môme temps, une forte chute de potentiel entre les deux électrodes.
- Tou tes ces constatations ont permis à M. Val déni ar Poulsen de constituer un arc producteur d’ondes électriques placé dans un champ magnétique et en même temps soumis à l’action d’un souille d’hydrogène carburé en faisant préalablement passer le gaz dans un récipient de naphte. Les parois de la chambre dans laquelle est renfermée l’installation sont en marbre, et un tube est ménagé pour le dé-
- duisent immédiatement dans le conducteur aérien. L’énergie peut être également amenée à l’antenne par un couplage ferme ou lâche. Remarquons en passant que dans le système Poulsen, le couplage doit être complètement ferme ou complètement lâche, sans cela le nombre des oscillations ne serait pas suffisamment déterminé.
- Les procédés de transmission sont très nombreux. La méthode que préconise l’inventeur consiste à insérer, puis à mettre hors du circuit de l’antenne, le circuit dans lequel les oscillations se produiront d’une manière continue. Ce procédé est le même que celui qui est employé en télégraphie ordinaire, où la ligne est mise hors circuit entre deux émissions. Dans l’un et l’autre cas, l’énergie est produite en permanence et le manipulateur l’envoie à desti-
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- nation aux moments voulus. La transmission peut encore s'effectuer en faisant jaillir l’arc entre les charbons à chaque signal, ou bien encore en modi-liant la longueur de l’arc de telle sorte qu’il devienne actif pour l’émission des signaux et inactil entre
- Fig. 5. — Poste transmetteur à Esbjerg.
- ces émissions. Enfin, on pourra encore transmettre dans de bonnes conditions, en modiiiant la puissance du champ magnétique, ou en agissant sur le courant d’alimentation, et meme en modiiiant l'afflux de gaz hydrogène sur l’arc.
- Les procédés capables de donner r. une excellente réception sont également très nombreux. Il importe avant tout, ici, d’utiliser dans la mesure la plus complète le principe de résonance: pour cela, on introduira dans '
- le système récepteur un circuit d’oscillation dont l’amortissement soit aussi faible que possible, et on adoptera un couplage très lâche avec le circuit de > l’antenne. On agira alors sur le circuit oscillant en n’introduisant le cohéreur que par intermittences. Dans ce cas, on emploie un appareil spécial nommé lacleur, constitué par un interrupteur électro-magnétique. Le détecteur utilisé est un détecteur électro-magnétique combiné avec un téléphone. Je n’insisterai pas sur tous les dispositifs que propose M.. Poulsen ; ils relèvent plutôt du domaine technique que de la vulgarisation. Contentons-nous de dire que la réception est caractérisée par le faible amortissement du circuit secondaire, et par l’accouplement lâche avec l’antenne.
- Pratiquement, le système de télégraphie sans fil imaginé par M. Poulsen permet la transmission simultanée, par plusieurs manipulateurs apparte-
- nant à une station unique, d’autant d’ondes de longueurs différentes qu’il y a de transmetteurs, et cela sans que les unes puissent se brouiller avec les autres; chaque dépêche parvient au poste qui lui est destiné et seulement à ce poste. La syntonisation est donc résolue, je ne dirai pas d’une manière absolue, mais avec une approximation très suffisante. C’est ainsi que deux stations, À et II, entreront en communication avec une longueur d’ondes de 600 mètres et deux autres stations C et D, placées dans le voisinage des premières, seront reliées par des ondes de 606 mètres, sans que . les signaux soient perceptibles ailleurs (pue là où ils doivent l’ètre. Si on relie trois récepteurs accordés différemment à une meme antenne, on peut recevoir, en môme temps, trois télégrammes différents. Comme le générateur peut produire une série d’ondes électriques dont la valeur s’étend de 300 à 3000 mètres, le nombre des stations capables de travailler sur une meme portion de territoire peut s’élever à plusieurs centaines, à la condition que l’on emploie les plus grandes ondes pour relier les postes les plus éloignés.
- La première station de ce système de télégraphie sans fil a été établie à Lungby; les stations récep-
- lH
- : i. ;
- Fig. 0. —Poste récepteur d’Esbjcrg.
- triées lurent successivement installées à 15 km, à 46 km, et enfin à Esbjerg, distant de 500 km., en ligne droite, de Lyngby. Les constatations auxquelles ont donné lieu les premières expériences méritent d’être' signalées. Avec une dépense d’énergie de 700 watts, l’énergie radiée était d’environ 100 watts, et la différence de potentiel entre l’antenne et la
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- terre de 12000 volts; la longueur d’ondes variait de 750 à 1000 mètres. En augmentant la puissance du champ magnétique de l’arc, on obtint, avec une longueur d’ondes de 850 mètres, une radiation d’environ 400 watts, qui était perceptible sur la niera plusieurs milliers de kilomètres. L’énergie du courant d’alimentation était alors de ‘2800 watts et la tension de 240 volts.
- Le système produisant des ondes ininterrompues et inamorties, M. Poulsen croit possible, par ces ondes, la réalisation de la téléphonie sans lil. Cette question est réservée; mais il nous sui'tit que les techniciens la croient possible, pour que nous ayons l’espoir d’assister à sa réalisation prochaine.
- Lucien Fouknikh.
- <«^8*
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3 juin 1907.
- Présidence de M. Becquerel.
- Le relief de la surface lunaire. — MM. Lœwy el Puiseuv présentent le !)“ fascicule de leur grand atlas de photographie lunaire qu’ils ont entrepris de publier. M. Lœwy rappelle que, d’après la théorie balistique énoncée par l’astronome allemand Gruilhuiscn, il y a une cinquantaine d’années, les cirques lunaires entourés de montagnes formant bourrelet auraient pris naissance sous l’elïct du choc de la surface lunaire par des matériaux ayant une masse importante. Cette théorie a pris un regain de faveur sous l’influence d’expériences de tir de projectiles sur des surfaces convenablement préparées. Ces expériences, qui 11e reproduisaient qu’ap-proximativeinent les conditions de la rencontre de la lune et des masses, ne sont pas du tout déterminantes. Les auteurs se sont posé les questions suivantes : 1° l’astronomie rend-elle vraisemblable la rencontre de la lune el des grosses masses; 2° dans le cas de l’affirmative, le relief qui résulterait du choc serait-il celui que l’on observe; 3° faut-il exclure toute explication autre que la théorie balistique, et, l’intervention des causes que l’on voit agir sur la terre, en ce moment, 11e peut-elle réellement suffire à produire le relief considéré? Sur la première question MM. Lœwy et Puiscux remarquent que, s’il s’agit de corps provenant des espaces stellaires et décrivant des trajectoires allongées, il est impossible que la lune les ait tous recueillis et qu’il n’en soit point resté qui gravitent encore autour du soleil. S’il s’agit de corps détachés de la terre, on a la ressource d’imaginer qu’ils ont pu former un anneau circulant autour d’elle dans le voisinage de la lune et qu’ils seront venus graduellement s’agglomérer avec celle-ci. Mais on est obligé de supposer la lune liquide au moment de la formation de l’anneau et de lui attribuer une croûte très épaisse lors de la formation des mers et des cirques. Or, cel te période devrait être fort longue, alors que les lois de la mécanique indiquent qu’un tel anneau serait au contraire très rapidement absorbé, sauf les parties assez éloignées de l’orbite qui continueraient à circuler comme des satellites indépendants. La théorie balistique est en désaccord avec la loi de la gravitation. De plus, la considération cle la structure des rivages marins et de la distribution des cirques ne lui est pas favorable. Enfin les
- causes, qui agissent en ce moment sous nos yeux sur la surface terrestre, suffisent pour expliquer toutes les particularités relevées sur la surface lunaire.
- Insectes ravageurs des plantations de caoutchouc. — M. Bouvier présente une Note de M. Lesne sur les coléoptères qui ravagent en ce moment au Brésil les plantations de manihol (jlazovii. Le premier est un charançon noir. Le second est un scolyle. Leurs larves se creusent des galeries. M. Lesne recommande de recouvrir d’un badigeonnage toute blessure reçue par les arbres à caoutchouc de manière à éviter de laisser aux insectes des parties offrant peu de résistance.
- Discernement de la tuberculose. — M. Roux expose qu’un savant allemand, M. Pirket, a signalé le procédé suivant de discernement de la tuberculose. On opère des scarifications de la peau et l’on frotte avec de la tuberculine la partie ainsi entamée. Si le sujet est tuberculeux, la réaction inflammatoire est grave et peut aller jusqu’à l’apparition de pustules. En opérant sur un animal tuberculeux une série de scarifications parallèles, M. Vallée provoque une dennile qui se voit à distance.
- Le fluor dans la nature. — M. A. Gautier présente une, Note de M. Caries sur le fluor dosé dans des limaçons de vignes. Les limaçons vivant de feuilles il est certain que les feuilles des végétaux contiennent du fluor.
- Travail mécanique pendant la phonation. —M. d’Ar-sonval présente une Note de M. Marage sur le travail mécanique produit dans la phonation. 11 en résulte qu’un orateur parlant pendant une heure dans une grande salle, développe 20 kilogrammètres. C11. de Villedeuil.
- UNE MACHINE A CONSTRUIRE
- les voies ferrées
- Cet engin, appelé laying-track machine, se compose d’une sorte de grue horizontale qui, à l’aide d’une courroie sans fin, va chercher, dans les wagons-entrepôts qu’elle traîne à sa suite, les traverses et les rails qu’elle amène à pied d’œuvre. La besogne des ouvriers et manœuvres se trouve singulièrement réduite; en somme, leur tâche se limite à corriger la position de la traverse, déposée automatiquement à l’endroit précis qu’elle devra occuper, puis, à clouer le rail sur le lit de traverses, comme dans les procédés de construction habituels.
- Celte machine assure une grosse économie de temps el de main-d’œuvre.
- Avec 5000 usines occupant 250000 personnes (sur une population de 525 000 âmes) et produisant annuellement pour deux milliards et demi d’objets manufacturés, Pittsburg est devenu depuis plusieurs années le plus grand centre industriel du monde. L’essor de sa prospérité avait été si rapide qu’il arriva un moment où ses lignes de chemin de fer se virent débordées; les chantiers, les voies de garage, étaient encombrés de trains chargés qui devaient attendre leur tour, souvent pendant des semaines, avant de trouver une voie libre! Les matières premières n’arrivaient plus ; l’industrie était paralysée.
- Les réseaux existant appartenaient à la puis-
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- saute Compagnie de Pennsylvanie, qui prolitait de sa situation privilégiée pour imposer à ses clients des tarifs léonins. La position devenait intenable; Pitlsburg demandait un sauveur !
- 11 se présenta en la personne de M. Joseph Ram-sey fils, directeur de la Wabasli, modeste compagnie dont le réseau s’avancait timidement vers Pitlsburg d’année en année, mais sans pouvoir percer le iilet d’acier tendu autour de la ville par la Pennsylvania. 11 y avait bien un moyen de lui arracher son fructueux monopole : creuser un raccord sous son réseau. Mais les dépenses promettaient d’ètre énormes, et M. Georges Gould, le maître des destinées de la Wabash, reculait, épouvanté.
- décider si la Wabash avait le droit de pénétrer dans la ville. La Pennsylvania alla même jusqu’à débaucher les ouvriers de la compagnie rivale, à provoquer des grèves parmi eux, à organiser un implacable « sabotage ». Impassible, M. Ranisey poursuivait sa « voie ». Attendant avec sérénité la décision des cours, il organisait chantiers sur chantiers. Et ce fut à celle époque qu’il lit construire plusieurs de ces laying-track machines que nous venons de décrire et qui devaient hâter de six mois l’achèvement de son œuvre.
- Quand les tribunaux lui donnèrent eniin raison, il ne restait plus qu’à relier les tronçons; une magni-lique gare-terminus, élevée à l’extrémité du pont de
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- Appareil poseur de rails.
- Loin de se décourager, M. Ranisey s'aboucha avec M. Carnegie et les plus gros manufacturiers du district, victimes des exigences de la Pennsylvania, et obtint d’eux des contrats qui assuraient à la Wabash, si elle réussissait à pénétrer dans Pitlsburg, un fret annuel d’une importance colossale. Et M. Gould lui donna carte blanche.
- Ces préliminaires avaient été menés dans le plus grand secret. La même discrétion marqua les négociations entamées à Washington pour obtenir la concession d’un pont-à jeter sur le Monongahela, l’une des deux rivières qui arrosent la ville. Le troisième jalon fut planté quand la Wabash eut acheté quatre petites lignes d’intérêt local, que l’imprévoyante Pennsylvania avait négligé d’acquérir. Désormais, la Wabash pouvait lever le masque.
- Une lutte féroce s’engagea aussitôt entre les deux compagnies. Les tribunaux de trois Etats eurent à
- la Monongahela, attendait les trains depuis deux ans, dans le faubourg Sud de Pitlsburg !
- La nouvelle ligne, longue de 60 milles, avait coûté cher à la Wabash : 380 000 dollars par mille ! Ce « chiffre-record » ne saurait surprendre les connaisseurs. La voie n’est pour ainsi dire qu’une succession de travaux d’art, dont vingt tunnels et soixante ponts. Et cependant, telle a été l’habileté des constructeurs que les pentes les plus raides n’ont qu’une inclinaison de 1 pour 100. Les courbes les plus accentuées ne sont que de 3 degrés.
- Le branchement Wabash-Piltsburg fut livré au trafic en 1905; et l’on peut dire qu’il a déjà remboursé à la compagnie les deux tiers de son prix de revient. V. Forbin.
- Le Gérant : P. Massok.
- Paris. — Imprimerie Lauuiuï, rue (le Fieurus, 9.
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- N° 1777.
- 15 JUIN 1907.
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- UN NOUVEL HYDROPLANE A PROPULSION AÉRIENNE
- Le remarquable hydroplane combiné par M. de Lambert, et que nous avions signalé, a lait école; car de nombreux constructeurs se sont mis à lancer des bateaux avec lesquels ils prétendent réaliser le glissement. Pour nous, les patins tels que les a imaginés M. de Lambert s’imposent : grâce à eux, un hydroplane doté d’un moteur de 60 chevaux seulement, arrive à une allure de 50 et 55 kilomètres, pour laquelle un canot du genre classique devrait disposer d’une puissance de quelque 500 chevaux.
- Pour cette navigation toute en surface, M. de Lambert a modifié la disposition de son bateau primitif, comme l’indique notre photographie; et, en même temps que le pont s’est étrangement élargi et peut
- tentatives anciennes n’ont pas, en fait, donné de résultats pratiques. C’est le cas, par exemple, du petit bateau plat que l’illustre Frédéric Sauvage, l’inventeur de l’application de l’hélice immergée à la propulsion des navires, avait essayé de faire marcher au moyen d’une grande hélice aérienne formée d’un châssis où était tendue de la toile; mais il faut songer que son hélice était commandée par une manivelle : par conséquent, elle ne tournait qu’à une allure très lente. Et, pour obtenir un rendement satisfaisant, il est essentiel, en la matière, de faire tourner le propulseur à très grande vitesse. Les moteurs légers et très rapides n’étaient pas encore inventés !
- 11 y a une dizaine d’années, le vicomte Decazes,
- Le buluuu de Lambert avec sou hélice aérienne .
- porter sans peine plusieurs personnes, le tirant d’eau à l’arrêt est limité à 15 cm. en stationnement.
- Mais, pour tirer parti de cet avantage, il fallait évidemment modifier l’engin propulseur : l’hélice, telle qu’elle existait jusqu’ici sur les glisseurs, montée au bout d’un arbre incliné formant crosse à l’arrière, tirait par elle-même assez d’eau pour rendre impossible l’application à laquelle on songeait. La propulsion par roue arrière peu immergée, n’assurait qu’un rendement assez mauvais, et ne pouvait pas permettre les vitesses rapides nécessaires à un hydroplane. Aussi l’inventeur s’est-il décidé à transporter son hélice du milieu liquide dans le milieu aérien. Le moteur est monté suivie pont du bateau, de manière que l’hélice peut être en prise directe. L’hélice a un diamètre de 2 m. et 1,50 m. de pas, elle est faite pour tourner à 1000 tours.
- Quant à l’application (de prime abord bizarre) de l’hélice* aérienne à la propulsion des bateaux, les 35e année. — îc semestre.
- sur le lac du Bois de Boulogne, avait constaté qu’une hélice se comporte dans l’air comme dans l’eau, à condition qu’on multiplie par 5 sa surface, pour obtenir dans l’élément gazeux le même rendement que dans l’élément liquide; il reconnaissait l’inconvénient relatif des grandes dimensions qu’on devrait donner à l’hélice aérienne, mais pour lui elle avait l’avantage de permettre des vitesses qu’on ne saurait atteindre avec une hélice agissant sur l’eau. Il avait même pu constater un point qui ne l’intéressait que médiocrement (puisqu’il s’occupait de locomotion terrestre), mais qui est de première importance en matière d’hydroplanes : actionné par une hélice aérienne, un bateau prendrait un déjaugeage bien plus considérable qu’avec une hélice immergée dans l’eau. On sait que le déjaugeage, c’est le mouvement que subit la coque dans le sens vertical, mouvement qui tend à la faire émerger de plus en plus, donc à favoriser son mouvement de glissement. Encore
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- devons-nous noter que, même vers 1890, on ne possédait pas de moteurs très légers et de faible encombrement comme on en peut employer couramment à l’heure actuelle; et le .vicomte Decazes n’avait pu, avec un canot ad hoc, donner la rotation nécessaire à l’hélice aérienne qu’au moyen d’une manivelle mue à bras. Dans ces conditions, il avait réalisé, à 120 tours par minute, un elïbrt axial de 2 à 5 kg. Cet elïbrt statique s’était élevé à 0, puis à 9 kg., quand le nombre de tours avait successivement atteint 180 et 227.
- Le comte Zeppelin, sur le lac de Constance, essaya un canot léger et tirant seulement 50 cm., à l’avant duquel il plaçait un bâti haut de 2 m. supportant une hélice en aluminium, à deux ailes de 0,95 ni. de long. Ce propulseur pouvait prendre une allure évidemment favorable de 1500 tours à la minute, sous l’impulsion d’un moteur de 12 chevaux. Et le canot avait, dans ces conditions, marché à une vitesse de 14 km. à l’heure; mais le glissement qu’il prétendait réaliser grâce au faible tirant d’eau de son embarcation, n’était que très relatif : les hy-droplancs se trouvent dans de tout autres conditions. Dès maintenant, dans des essais préliminaires, une vitesse de 40 km. à l’heure a pu être atteinte au moyen de cette propulsion extra-aquatique 1 ; et, quand l’invention sera tout à fait mise au. point, l’allure deviendra certainement bien supérieure.
- Daniel Bellet.
- LES MONNAIES D’ALEXANDRE
- M. Babelon a fait dernièrement à l’Académie des inscriptions et belles-lettres une communication qui fera plaisir aux numismates et aussi aux historiens.
- Les monnaies d’or d’Alexandre le Grand sont remarquables parce que la Victoire qui figure à leur revers porte une croix dont la signification était fort problématique.
- Pour M. Babelon, c’est tout simplement une « stylis», l’un des éléments du gréement des navires antiques : c’était un étai en forme de croix, placé à l’arrière du bâtiment, symbolisant la puissance maritime et la domination sur les mers, et que les Athéniens commencèrent de placer dans la main des Victoires, en 336, année de l’avènement d’Alexandre.
- Si ce prince, à son tour, a fait frapper l’emblème au revers de ses pièces de monnaie, c’était par une flatterie au peuple d’Athènes, qui déjà disparaissait de l’histoire, mais qui aimait encore à s’entendre dire qu’il y avait brillé.
- Alexandre, proclamé stratège général de toutes les forces grecques à la diète panhellénique de Corinthe, et chargé de mener la guerre contre les Perses, caressait de môme la vieille vanité attique en frappant, au droit des monnaies d’or, la tète d’Athéna.
- 1 Dans les photographies prises sur le bateau en marche, l’hélice disparaît à peu prés complètement, par suite de sa vitesse de rotation.
- LES GROTTES DE GRIMALDI
- Dans le compte rendu du Congrès d’anthropologie et d’archéologie préhistorique qui s’est tenu à Monaco, en avril 1906 (Cf. La Nature, n° 1751, du 28 juillet 1906. Variétés, p. 70), on a signalé brièvement les communications de MM. Boule, Verneau, de Villeneuve et Car-tailhac, relatives aux grottes de Menton, dénommées maintenant de Grimaldi, et qui sont connues dans le pays sous le nom de Baoussé-Roussé. On annonçait la publication prochaine, par ces auteurs, des résultats de leurs travaux. Aujourd’hui, cette publication luxueuse, entièrement due à la libéralité du prince de Monaco, est terminée, ou peu s’en faut, et sa valeur est trop grande pour ne pas revenir sur le sujet tout en renvoyant pour l’historique, au compte rendu signalé plus haut des fouilles entreprises par les soins du prince de Monaco'.
- Les grottes décrites sont au nombre de deux : la grotte du Prince et la grotte des Enfants.
- M. Boule, dans son savant mémoire, distingue dans la grotte du Prince, 9 couches, numérotées, en montant de 1 à 9, et contenant des foyers humains ou des séries de foyers, désignés, en descendant, par les lettres A, B, C, 1), K. Toutes ces couches reposent sur une ancienne plage marine, et toutes, sauf peut-être la plus supérieure, sont d’âge quaternaire, caractérisé par des fossiles de mammifères. Elles se divisent en deux séries, superposées, marquées par une faune propre, l’inférieure dénotant un climat chaud, la supérieure un climat froid. La série de couches à faune de climat chaud (inférieure) appartient au pléistocône inférieur, et plus particulièrement à la partie supérieure de celui-ci, c’est-à-dire est postérieure à la deuxième grande période glaciaire qui forme le début des temps quaternaires; c’est l’époque où, dans la Seinc-et-Marne, à Chelles, on trouve les premières traces indiscutables de la présence de l’homme en Europe; de beaux silex taillés sur les deux faces y constituent1 l’industrie chelleenne. La série des couches à faune de climat froid (supérieure) appartient, peut-être jusqu’en haut, au pléistocène moyen, époque du mammouth, du rhinocéros à narines cloisonnées, de l’ours et de l’hyène des cavernes, coïncidant avec la troisième et dernière grande période glaciaire; c’est aussi l’époque d’une industrie dite moustérienne, différente de la précédente et inférieure même comme technique, où les silex ne sont ordinairement taillés que sur une lacé. On notera avec beaucoup d’intérêt qu’à Menton l’indusr trie humaine qui se trouve dans les couches du pléistocène inférieur est, en réalité, du type moustérien et non pas chelléen, comme il faudrait s’y attendre si les synchronismes indiqués ci-dessus entre les époques pa-léontologiques et archéologiques possédaient une valeur absolue, ce qui n’est pas. M. Boule montre aisément que l’on peut imaginer des justifications à cette apparente anomalie archéologique : elle n’en était pas moins intéressante à signaler.
- Dans la grotte des Enfants, tout le remplissage est également quaternaire, mais les couches inférieures de cet ensemble sont moins anciennes que les plus anciennes de la grotte du Prince, et les supérieures plus récentes
- 1 Voy. Les Grottes de Grimaldi, 1.1, fase. I, Historique et description par le chanoine L. de Villeneuve; i'asc. II, Géologie et Paléontologie, par M. Boule; l’asc. HT, Anthropologie, par le Dr R. Verneau, in-4°. Imprimerie de Monaco, 1906. — Non mis dans le commerce; publié aux frais du prince de Monaco.
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- que les plus élevées de cette même grotte ; en sorte que les deux séries se complètent rime par l’autre. M. Boule note, dans celle qui nous occupe en ce moment, onze couches, caractérisées par des foyers humains, assez régulièrement espacés, car ici l’habitat humain a été continu,
- et désignées, en descendant, par les lettres A, B, G_, 1, K,L.
- Les plus profondes, K et L, forment le passage du pléi-stocène inférieur au pléistocène moyen ; celles ipii viennent au-dessus, 1 et 11, sont du pléistocène moyen; et les suivantes, de F à A, du pléistocène rieur ; elles sont d’ailleurs parfaitement datées, puisqu’on y trouve, en deux niveaux, des ossements de renne. Quelques squelettes ont été recueillis au cours des fouilles ; ce sont : en 1, une vieille' femme et un enfant; en H, un homme de grande (aille; enC (M. Rivière,
- 1875), deux enfants; en B, une femme ; nous y reviendrons tout à l’heure. Nous devons d’abord suivre M. Boule dans sa reconstitution de l’histoire géologique des grottes, (pii l’entraîne à des conclusions pleines de portée sur l’histoire de la Méditerranée entière, dans ses dernières périodes.
- Les grottes de Baoussé-Roussé ont dù se former dès la lin du miocène (tertiaire moyen), suivant le processus général des cavernes en pays calcaire; puis, pendant le pliocène (tertiaire supérieur), la mer envahissant progressivement les côtes, après une série de mouvements en sens divers, a rempli les grottes, où elle s’est maintenue assez longtemps à un niveau qui correspond
- Grammondo
- 1377 T1
- Fig. 2. — Profil théorique de la côte aux Baoussé-Roussé.
- (D’après Y Anthropologie.)
- aujourd’hui à la cote -|- 25; ensuite de quoi, elle s’est mise à redescendre, a édifié (au début du pléistocène inférieur) les dépôts coquilliers qui forment le plancher de la grotte, et a continué son mouvement de retrait. Si l’on songe que beaucoup d’ossements de bêtes de forte taille, des Pachydermes, se trouvent dans les grottes, il faut admettre que cette régression de la mer a dû se prolonger assez loin, car la vie de ces grands animaux n’aurait guère été possible sur une bande littorale aussi étroite que de nos jours. Des sondages pratiqués en vue
- de Menton, pour vérifier cette hypothèse, ont constaté l’existence, sur 5 à 0 kilomètres de largeur, d’une plateforme sous-marine, qui s’enfonce, en partant du rivage actuel, jusqu’à une profondeur de 150 à 200 mètres, avec une pente de 2 à 5 pour 100, tandis que le versant de la chaîne alpine qui arrive à la côte et le fond sous-marin qui reprend son inclinaison normale à la marge
- de cette plate-forme, ont tous deux une même pente de 10 à 17 pour 100. C’est vraisemblablement l’arasement dû à l’action des vagues qui a déterminé ce nivellement, et il indique que la régression marine, saisie sur le fait au début du quaternaire, s’est prolongée et a atteint une amplitude considérable. M. Boule montre d’ailleurs fort clairement que ce déplacement de rivages pendant les dernières époques, géologiques est un phénomène générai pour la Méditerranée, où, depuis le début du pliocène, par suite du retrait des flots, il s’est produit un abaissement progressif des lignes de rivages, interrompu par un relèvement tout au début du quaternaire, et repris à nouveau, pour être à nouveau remplacé par un mouvement positif de la mer, qui a mis les choses au point où elles sont. Ce mouvement de respiration de la Méditerranée, qu’il est sans doute trop schématique de réduire à quatre temps et qui s’est compliqué d’épisodes secondaires, est d’une grande importance pour l’histoire de la vie en Europe et en Afrique pendant la fin des temps tertiaires et des temps quaternaires. Suivant, en effet, les hauts et les bas de ce grand rythme, les communications étaient ouvertes ou fermées entre ces continents, et la considération de ce jeu, où M. Boule excelle, mais que nous ne pouvons suivre ici, est singulièrement féconde pour comprendreda répartition ancienne et même actuelle de nos faunes.
- Quant aux squelettes de la grotte des Enfants, leur nombre semble d’abord restreint ; mais si l’on songe à la parfaite rigueur scientifique qui a présidé aux fouilles et qui garantit toute l’authenticité des pièces, — condition encore rare en préhistoire, — et, si on les rapproche des
- Fig. 1. — La grotte des Entants. Coupe en long et en travers2(d’après Y Anthropologie).
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- découvertes antérieures faites à Menton même1 et ailleurs, on comprendra qu’ils puissent donner des enseignements féconds. Ils appartiennent à trois niveaux, et à trois types différents, à deux desquels M. Yerneau attribue la valeur de races, car le troisième est malheureusement représenté par un squelette en trop mauvais état pour autoriser des conclusions. Les deux types ethniques sont les squelettes du pléistocène moyen, des couches I et II. Le grand sujet masculin de N a pu être étudié concurremment aux autres individus de même type ethnique rencontré précédemment à Menton, et celte étude permettrait de les rapporter à la même race que les chasseurs de rennes de la Yézère, dite race de Cromagnon ; seulement, les squelettes de Menton sont d’une antiquité sensiblement plus grande que ceux de la Yézère, et l’on est en droit de se demander, sans oser conclure, si cette
- restes d’industrie à faciès moustérien, que M. Boule décrit dans le pléistocène inférieur de la grotte du Prince. Toutefois, elle semble être jusqu’aujourd’hui le type d’homme le plus inférieur qu’on y ait trouvé, et sa valeur de race résulte, selon M. Yerneau, de l’occurrence, aux niveaux postérieurs du quaternaire et jusque de nos jours, d’individus reproduisant les mêmes caractères.
- La constatation de cette race de Grimaldi aurait une grande importance. Depuis longtemps, pour comprendre certains traits de la race de Cromagnon, on avait conclu à l’existence d’une race antérieure négroïde : la découverte justifierait donc la théorie, d’autant qu’il n’est pas impossible, d’après les conclusions de M. Verneau, que les Cromagnons des Baoussé-Roussé descendent directement de la race de Grimaldi. Celle-ci prendrait donc une valeur d’intermédiaire très grande, puisqu’elle mar-
- Nl a n n e s
- Fig. 3. — La grotte du Prince. Coupe en long (d’après Y Anthropologie).
- race de Cromagnon, après s’être longtemps cantonnée sur le rivage méditerranéen, ne s’est pas progressivement écartée de ce séjour, par émigration.
- Les squelettes des foyers I, plus anciens que les précédents, sont d’un type plus primitif, remarquable par des caractères —proportions des membres, nez platyrrhinien, prognathisme marqué — qui appartiennent actuellement aux nègres les plus inférieurs des races existantes. M. Verneau, pour celte raison, les nomme négroïdes ou race de Grimaldi. Celle race de Grimaldi n’est certainement pas la plus ancienne qui ait vécu dans cette région de la Méditerranée; nous avons signalé, en effet, les
- 1 Notamment par M. E. Rivière qui, en 1872, 1874, 1875, a trouvé aux Baoussé-Roussé six squelettes, trop longtemps contestés comme paléolithiques (Yoy. E. Rivière. Antiquité de l'homme dans les Alpes-Maritimes, Paris, Baillière, 1887, in-48). Le chanoine de Villeneuve déclare avec justesse Grottes de Grimaldi, l'asc. I, p. 24 : « Les travaux de M. Rivière auront l’avantage d’être durables et resteront dans le souvenir reconnaissant des préhistoriens ».
- querait un anneau dans. la chaîne, encore mal connue, qui relie peut-être l’homme au controversé pithécanthrope. La l’ace de Néanderlhal, il est vrai, occupait déjà sur cette chaîne une position analogue à la race de Grimaldi, coïncidence qui augmente l’intérêt de chacun de ces deux types. Au cours de l’évolution, ils représenteraient, en effet, dans l’hypothèse qui reste en somme à vérifier, comme les deux directions suivant lesquelles se seraient polarisés les anthropoïdes se changeant en hommes : en forçant un peu, et pour mieux se faire comprendre, on pourrait dire, presque, que tout ce qui est déjà homme dans l’une de ces races est encore anthropoïde dans l’autre, et réciproquement. Dès lors, si l’on faisait la somme des caractères ataviques ainsi dispersés, on arriverait à constituer une sorte d’être de raison les réunissant tous, à l’exclusion des traits purement humains et qui se rapprocherait de fort près du Pithécanthrope. Le tout essentiellement soumis encore à discussion et à plus ample vérification. Moïse Blum.
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- DÉVELOPPEMENT DES CHEMINS DE FER EN ANGLETERRE
- Les chemins de fer anglais ont joué, tout de suite, dès leur création, un rôle important; en 1850, on comptait déjà près de 11000 kilomètres de lignes ferrées, installées sur la totalité du Royaume-Uni, desservant les ports et les villes commerçantes. Depuis celte époque, le réseau s’est continuellement et progressivement accru, si bien que l’Angleterre doit, à juste titre, être considérée comme la- patrie des chemins de 1er. Les moyens de locomotion s’y sont développés d’une manière surprenante, comme on nul autre pays; ils y ont atteint un degré de perfectionnement très remarquable. L’histoire de la progression des chemins de fer anglais mériterait une longue élude; nous allons consacrer, ici, à leur développement, une analyse rapide, courte, mais aussi complète que possible.
- La première tentative remonte au milieu du xvii° siècle, lorsqu’une compagnie minière des environs de Newcastle-on-Tyne installa des voies, composées de rails en bois, sur lesquelles circulaient, traînés par des chevaux, des wagonnets transportant de la houille. Le premier chemin de fer avec des rails en fer fut construit, en 1801, entre Wands-wortli et Croydon, et, en 1802, un mineur du comté de Cornwall, Richard Trevithick, inventait la première locomotive qui fut employée en Angleterre.
- Celte locomotive circula sur une voie ferrée, le 24 décembre 1802, aux environs de Camborne; elle traînait une charge de 10 tonnes et voyageait avec une vitesse de 8 kilomètres à l’heure. Les 20 kilomètres que parcourut, tant bien que mal, le nouvel engin, furent atteints avec les plus grandes difficultés. Toutes sortes de péripéties marquèrent ce premier essai; elles soulevèrent naturellement les railleries et les plaisanteries de la foule incrédule. Le rudimentaire chemin de fer marchait depuis une heure seulement, six kilomètres avaient à peine été franchis, lorsque la machine resta en détresse ; il fallut travailler longtemps à réparer les avaries, et la remise en marche fut des plus laborieuses. Plus loin, nouvelle panne : la cheminée, qui était en briques, fut démolie en passant sous un pont. D’autres incidents se produisirent encore; mais la locomotive et son train finirent cependant par atteindre le but du voyage.
- Ces tentatives furent le point de départ de la grande industrie des chemins de fer anglais, qui, en 1825, ouvrirent au public et livrèrent au commerce leur première ligne, celle de Stockton à Darlington. Le réseau de Manchester et Liverpool fut inauguré en 1850; la ligne de Londres à Birmingham, en 1838, époque à dater de laquelle le mouvement alla toujours croissant. Les réseaux se créèrent graduellement sur tout le royaume, des voies ferrées le sillonnèrent, peu à peu, dans tous les sens; les grandes compagnies se formèrent les unes après les autres. Il est intéressant de signaler, à ce propos,
- quelques dates qui marquent autant d’événements importants, dans les annales de l’industrie et du commerce britanniques.
- Le London and Nortli Western Railway ainsi que le Créât Easlern furent fondés en 1839; le London and South Western, en 1840; le Great Western, en 1840; le Great Northern, en 1841.
- Les chemins de fer anglais, en 1850, possédaient exactement un réseau de 10655 kilomètres, qui transportait annuellement près de 75 millions de voyageurs.
- On construisit, de 1859 à 1870, tant en Angleterre qu’en Écosse et en Irlande, près de 25000 ki-
- ^irrr
- Un signal Anglais en 1859.
- lomètres de voie ferrée. L’univers entier, pendant cette période, avait établi 200000 kilomètres de chemins de fer, et la France, au moment de la guerre franco-allemande, possédait un réseau de 18000 kilomètres. En 1870, le trafic de l’ensemble des compagnies anglaises avait pris un essor sérieux, puisque 557 millions de voyageurs étaient transportés par an. Les trains de marchandises véhiculaient, sur les divers points du royaume, environ 180 millions de tonnes de produits de toutes sortes. -
- De 1880 à 1905 un nombre considérable de chemins de fer fut construit sur toute la surface du globe; il y eut, dans ce sens, une activité sans égalé, puisque dans cette période de 25 années, près de 550000 kilomètres furent ouverts à l’exploitation. L’Angleterre, pendant ce quart de siècle,
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- augmenta son réseau dans de grandes proportions ; aussi le Royaume-Uni possédait-il, en 1905, en chiffres ronds, 50 800 kilomètres de voies ferrées, dont un certain nombre avait adopté la traction électrique. Le tralic est devenu considérable. La dernière statistique nous révèle des chiffres surpre-
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- Fis’. 2. — Locomotives américaines de 1816.
- La richesse que représentent les chemins de fer anglais est peu de chose auprès de la fortune totale que constituent les 900000 km de voies ferrées du globe. On a calculé, en effet, que leur valeur atteint ensemble la somme de 212 milliards de francs, c’est-à-dire tous les revenus de l’Europe pendant huit années ou le dixième de toutes les richesses de l’univers.
- Les chemins de fer de l’Angleterre représentent 16 pour 100 environ de cette fortune: mais, si l’on ajoute, au réseau européen, celui des colonies britanniques,l’ensemble dépasse 94 000 km de voies ferrées anglaises et le capital engagé peut alors être estimé à environ 62 milliards de francs. Les chemins de 1er coloniaux anglais sont, comme on le voit, fort importants; ils se développent d’année en année, et vont s’augmenter avant peu d’une ligne remarquable à bien des points de vue, à laquelle on travaille en ce moment avec activité et qui reliera le Cap et Alexandrie.
- On comprend facilement le rôle stratégique de cet immense ruban de fer unissant le Transvaal et l’Egypte. 11
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- nants : un milliard deux cents millions de voyageurs, sans compter ceux des trains de plaisir, circulent annuellement sur les railways anglais; les marchandises, qui, tous les ans, voyagent dans les « goods trains », atteignent le respectable tonnage de 4-44 millions de 'tonnes. L’ensemble de ce trafic a produit, en 1905, une recette totale de 2 milliards 835 millions de francs.
- Les chemins de fer anglais représentent une fortune considérable ; on estime, en effet, à 32 milliards 200 millions de francs le capital engagé dans l’ensemble des compagnies. L’importance de cette fortune s’explique facilement en additionnant la valeur de tant de splendides locomotives, d’un matériel roulant soigné et confortable, indispensable au transport d’un si grand nombre de voyageurs, d’une quantité considérable de wagons pour le roulage de tant de marchandises, d’un matériel fixe qui ne laisse rien à désirer, et, en un mot, de tous les appareils de toutes sortes indispensables à l’exploitation moderne des chemins de fer. Cette fortune s’explique aussi par l’importance des innombrables terrains acquis, constituant un immense domaine, par les immeubles construits dans toutes les villes, les gares colossales, les 'docks, les bassins, et toutes les propriétés de toutes catégories indispensables aux compagnies.
- égalera en importance le Canadien Pacific Railway, qui, traversant l'Amérique du Nord sur un territoire entièrement britannique, relie l’Atlantique au Pacifique. Cette dernière ligne constitue un des appuis les plus solides des intérêts d’Albion. Elle est
- sûre des Iles-Rritanniques en Australie ou en Extrême-Orient. En temps de guerre, si le passage par Suez, pour une raison quelconque, se trouvait momentanément obstrué, le Canadian Pacific deviendrait la meilleure et la plus courte route , vers les Indes et l’Australie. C’est dans un but de défense nationale que le transcontinental canadien a été construit; ce qui ne l’empêche pas, en temps de paix, d’être
- la voie anglaise la plus courte, la plus rapide et la plus
- Fig. 3. — Anciennes voies reposant sur des dalles en pierre.
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- un des véhicules les plus actifs de la richesse britannique et de servir les intérêts commerciaux des mines et des industries desservies.
- L’Angleterre est admirablement dotée au point de vue de l’organisation de son réseau ; l’ensemble du Royaume-Uni, Ecosse et Irlande comprises, se trouve en fort bonne place parmi les nations européennes, lorsque l’on compare la longueur totale des voies ferrées avec, la superficie de l’Etat. Le Luxembourgvienl en tête de cette classification avec 171 m. de clic-min de fer par kilomètre carré; la Belgique suit avec 152 m. Les Iles-Britanniques se placent en troi-! ième avec 118m. Viennent ensuite : l’Allemagne, avec 92 m. ; la F rance avec 81m.; les Pays-Bas, avec 80 m.
- Les nations qui suivent se classent dans l’ordre suivant : Danemark,Italie, Autriche-Hongrie, Etats-Unis d’Amérique, Portugal, Espagne, etc. La Compagnie du London and North Western Railway, qui dessert le centre et le nord-ouest de l’Angleterre et une partie de l’Irlande, a célébré, l’année dernière, le
- 60e anniversaire de sa formation définitive. Elle publia, à l’occasion de ce jubilé, une brochure fort curieuse, qui établissait les progrès accomplis et montrait l’évolution successive du matériel. Cette histoire, quoique particulière par ses détails à la Compagnie en question, est, dans ses grandes lignes,
- celle de tous les chemins de fer anglais ; elle est très caractéristique et pleine d’enseignements.
- Le chemin parcouru est immense; les merveilles d’aujourd’hui laissent bien loin les débuts hésitants de 1825 : aussi est-il intéressant d’établir un paral-
- lèle entre ce que nos ancêtres firent, lors de la création des premières voies ferrées, et les moyens d’action dont nous disposons aujourd’hui. Les
- images que nous publions permettent d’établir certaines comparaisons typiques. La différence est grande entre les voies, si rudimentaires, que le London and North Western établissait, vers 1830, et celles qu’elle construit aujourd’hui. Nous ne pouvons ne pas sourire, en contemplant ces mesquins rubans de fer retenus au sol sur de simples dalles de pierre. Comme nous sommes loin des rails actuels de 18 m. de longueur en acier reposant sur de forts coussinets, boulonnés sur d’épaisses traverses en chêne, nombreuses et rapprochées.
- Le poste signal de 1840 ressemble bien peu à la cabane-vigie de 1907, où les appareils de signaux et
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- les aiguilles sont manœuvres électriquement. Aujourd’hui, la London and North Western possède, pour les besoins de son service, 1503 cabines de signaux où fonctionnent 35 200 leviers de manœuvre et où s’allument 17200 feux de couleurs diverses. Des comparaisons entre les divers objets et les appareils, tant du matériel fixe que du matériel roulant, per-
- anglais. M. Robert Blair, qui resta au service du North Eastern, pendant 54 années, dit que, lorsqu’il débuta, en 1852, sur l'embranchement du Neweastle-on-Tyne à Blylh, il n’y circulait que 3 trains par jour, alors que maintenant 47 convois passent quotidiennement sur cette petite ligne qui n’a que 32 km de longueur. Cette proportion entre la fré-
- Fig.
- 6. — Locomotives d’hier et d’aujourd’hui. — Transformations successives des machines du London and North Western liailway.
- mettent d’établir- des contrastes sérieux. Les gares de l’origine ne ressemblent plus à celles de nos jours', et le train de 1835 avec ses wagons-diligences, n’est plus qu’un ancêtre bien éloigné de l’express du xxe siècle. ' '
- Quant à la différence dans le trafic et le mouvement des trains, elle a été établie d’une manière très typique par le doyen des employés des railroads
- quence des trains à ces deux époques montre l’importance prise par les chemins de fer anglais ; elle l’explique bien mieux encore que les chiffres que nous avons donnés plus haut.
- La vitesse des chemins de fer anglais est fort remarquable; les moyennes sont sensiblement les mêmes qu’en France, la marche normale des express variant entre 87 et 93 km à l’heure. Les rapides
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- qui relient les grands centres entre eux et les trains maritimes ont néanmoins des vitesses plus grandes. Citons, entre autres, le rapide du Great Western, qui elï'ectue le parcours de Plymouth à Londres-Waterloo, soit 388 km, en 4 heures et quelques minutes. Le Créai Northern lance un express de 8 voilures, qui va de Rradford à Londres et couvre les 310 km de distance en 5h 22m. Le Midland liailway atteint près de 100 km à l’heure avec son train-éclair, qui lait d’une seule traite le voyage de Londres à Leeds, soit 315 km sans le moindre arrêt ; le même tour de force est accompli par le Great Western Railway dont les superbes locomotives vont, sans prendre haleine, de Londres à Excter.
- Nous pourrions citer quantités d’exemples semblables ; ils sont fréquents en Angleterre, où ils sont obtenus grâce à la stabilité des voies admirablement construites et à la puissance des locomotives. Les
- machines anglaises sont de véritables chefs-d’œuvre ; les compagnies en possèdent un très grand nombre et l’on estime qu’il existe, en Angleterre, une locomotive par mille anglais exploité ou par lkm,609 de voie. Les ateliers de locomotives de Crewe, qui appartiennent au London and North Western, sont les plus grands du monde ; ils emploient 7500 ouvriers, qui, avec leur famille, forment une population de plus de 30000 habitants.
- L’Angleterre est parfaitement outillée au point de vue des chemins de fer. La concurrence que se font les diverses compagnies, dans ce pays ennemi des monopoles, stimule l’ardeur et le zèle de chacune ; les marchandises et les voyageurs bénéficient de grands avantages, qui assurent des relations rapides et faciles entre les divers points du Royaume-Uni et permettent le développement du commerce, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Wn.t Darvili.é.
- LES MINES D’OR ANTIQUES
- Quand on voit, au musée du Caire ou dans le trésor de Mycènes, à Athènes, les richesses en or fournies par quelques sépultures antiques, on est tout naturellement amené à se demander quelle fut l’origine de cet or. Il est incontestable que les anciens ont connu, sur la côte de la mer Rouge, en Lydie, en Macédoine, puis dans le sud de l’Espagne, en Lombardie, en Gaule môme, etc., de premières Califor-nies, bientôt épuisées, dont les textes anciens nous vantent. la production avec un enthousiasme que l’on a peut-être eu tort d’attribuer trop exclusivement à l’imagination méridionale. Voici quelques renseignements succincts sur ce sujet C
- Les premiers centres d’extraction furent évidemment dans la zone des plus anciennes civilisations, en Arménie, en Chaldée, en Asie Mineure ou dans l’Egypte. Nous n’avons à lieu près aucun renseignement sur les mines qui purent exister très anciennement en Arménie, dans l’Altaï, dans l’Oural, en Sibérie, etc., quoique certain passage d’Hérodote sur les Arimaspes ait pu être appliqué à l’Oural. Mais il est bien vraisemblable que l’or, apporté de là et de l’Inde par caravanes, contribuait à alimenter ce trésor des rois perses, qui a joué un si grand rôle dans les négociations avec la Grèce. La Grèce elle-même était très pauvre en or jusqu’aux guerres médiques ; mais la Perse en possédait certainement de grandes quantités. Les gisements d’or de l’Arménie sont mentionnés par. Slrabon; ceux de la Colchide, à l’ouest du Caucase, ont donné lieu aux fabuleuses légendes de cette Toison d’or, qui était évidemment un moyen pour recueillir la poudre d’or dans les cours d’eau. En Chaldée également, l’or existait en filons et en sables, etc.
- Les mines de l’Asie Mineure, bien mieux connues (fig. 1), ont été longtemps fameuses ; il ne serait pas impossible que quelques-unes le redevinssent le jour où ces pays si riches échapperaient enfin aux Turcs pour rentrer dans la civilisation. Il suffit, pour s’en rendre compte, de penser aux antiques légendes du Pactole, de Crésus, roi de Sardes, ou de Midas, roi de Phrygie, changeant en or
- 1 J’ai eu l’occasion d’étudier cette question dans un ouvrage qui va paraître sur l’Or dans le monde, géologie, extraction, économie politique (librairie Armand Colin).
- tout ce qu’il touchait. Les anciens vantaient, du temps d’Hérodote, l’immense quantité d’ouvrages en or offerts à Delphes par ces « barbares », Midas d’abord, puis Gygès, roi de Lydie et ancêtre de Crésus. Il y avait là manifestement, cinq siècles avant Jésus-Christ, quelques grands centres d’extraction, qui nous sont connus par Hérodote ou, plus tard, par Slrabon, bien qu’à l’époque de ce géographe (temps de Tibère) les mines en question fussent épuisées. La Phrygie était riche en or. Tantale et les Pélopides, puis Priam y tiraient leur métal précieux des mines d’Astyra (au nord de Troie) qui, jadis très riches, comme le montraient la masse des déblais et la profondeur des excavations, ne donnaient plus, au temps de Slrabon, que des produits insignifiants. Plus au Sud, en Lydie, d’autre part, dans la plaine de Sardes, l’or des Gygès, des Alyatte, des Crésus, provenait en partie du Pactole, qui devait se trouver près de Sart (Sardes) dans une des vallées descendant du mont Tmolos à la rivière l’IIermos. Les sables de cette rivière avaient contenu jadis beaucoup de paillettes d’or; mais il n’en restait déjà plus trace au temps de Strabon. Un autre centre d’exploitation où, au début de Père chrétienne, on voyait encore des restes de travaux abandonnés près d’une petite ville désertée, se trouvait plus à l’Ouest, entre Pcr-game et Atarneos, en Troade, à la hauteur de Mètelin. Enfin le mont Sipyle, qui est au nord de Smyrne, avait fourni de l’or à Tantale.
- En continuant le tour de la mer Égée vers le Nord, on arrive bientôt aux mines également réputées de la Macédoine et de Thasos. A Thasos, Hérodote décrit, pour les avoir visitées lui-même, des mines d’or très importantes dans une région où l’on ne voit plus aujourd’hui que des filons complexes, surtout cuprifères; mais la plus grande richesse en or devait être sur le continent. Les mines situées à l’ouest de Philippes, dans le massif du mont Pangée, à Skaplé Ilylé, à Daton près de la côte, à Asyla près de Crénides, puis, en remontant le long du Strymon (Strouma) de Sérès vers Melnik et la frontière actuelle de Bulgarie, étaient célèbres au ve siècle avant Jésus-Christ; déjà Cadmus, d’après Strabon, tirait tout son or de ces mines de Thrace et du mont Pangée; au temps
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- de Strabon encore, la charrue rencontrait souvent par là des pépites d’or. Enfin le même Strabon cite, comme ayant fourni l’or du roi Midas, le mont Bormios, situé en Macédoine, dans la région des lacs de Kastoria et de Prespa : montagne qui, d’après lui, avait été la demeure primitive des Phrygiens avant leur passage en Asie. Il mentionne également l’or de Piérie en Macédoine.
- Parmi les îles de la mer Égée, en dehors de Thasos que j’ai déjà cité, on a parfois mentionné Chypre comme produisant de l’or; ce n’était, en tout cas, qu’un accessoire dans ses exploitations de cuivre. Au contraire, Siph-nos a été longtemps célèbre pour ses mines d’or, qui lui permettaient de payer un tribut à Athènes; on y voit encore des traces de puits et Pausanias parle d’un ras de marée qui aurait interrompu les exploitations (X, 11).
- Au sud de la mer Égée, l’Égypte a dû être la source principale de l’or égyptien et de l’or mycénien. Ces mines d’Égvpte, qui paraissent avoir été d’une grande richesse et sur lesquelles on essaye aujourd’hui de reprendre l’abatage de quelques filons, étaient situées dans le massif montagneux entre le Nil et la mer Rouge, au voisinage de cette dernière mer, surtout aux deux points d’Um-Rus et de Bérénice (ce dernier à peu près à la hauteur de la première cataracte). Les mines et leur, exploitation sont connues par divers textes et papyrus, notamment par un long passage de Diodore de Sicile. On sait positivement que les rois de Babylone et de Cappadoce y envoyaient chercher, de l’or et que Ptolémée II en tirait un gros revenu annuel estimé peut-être avec quelque exagération à 100 millions; au début de l’ère chrétienne encore, quoi-qu’en décadence, les mines passaient pour produire 75 à 80 millions.
- Il existait également des mines d’or en Arabie, dans le voisinage de la mer Rouge. Et l’intérieur de l’Afrique fournissait de l’or apporté par caravanes, sans parler de la fabuleuse Ophir, qui pouvait représenter tous les arrivages par mer entrant dans la Méditerranée par la mer Rouge.
- Après la période où l’exploitation de l’or portait surtout sur la région Est de la Méditerranée, on a connu une autre phase où les mines productives se sont transportées vers l’Ouest, dans les pays des barbares espagnols, gaulois ou italiens des Alpes. Strabon et Pline nous signalent, en ces divers points, de nombreux gisements aurifères, dont quelques-uns touchaient déjà à l’épuisement de leur temps. C’est, par exemple, en Espagne, la région côtière de Malaga et, probablement, les
- pentes de la Sierra Nevada sur le territoire des Orétans, de Malaga à Car Ilia-gène, le long de ce qu’on appelait la Bastétanie (Andalousie) , où il existe de nombreux minerais de tous genres et même des traces d’or.
- lin peu plus loin vers l’Ouest, c’est la Turdéta-nie, qui correspondait à la région d’Huelva et de Séville, dont Strabon décrivait avec enthousiasme les mines d’or et surtout les sables aurifères, en même temps que les mines de fer et de cuivre. On sait que, dans cette région, les pyrites de fer cuivreuses, parfois légèrement aurifères, abondent et il est probable que leur préparation mécanique avait fini par donner des sables aurifères abondants dans les alluvions. En Portugal (Lusitanie), divers cours d’eau, au nord du Tage, charriaient également des paillettes d’or en grande quantité. Le Douro était également aurifère. Enfin, d’après Pline, presque contemporain de Strabon, l’Asturie, la Galice et la Lusitanie (Portugal) fournissaient 20 000 livres pesant d’or par an obtenu par une sorte de méthode hydraulique. C’est une région où on connaît encore des sables auri-' fères et surtout de nombreux gisements d’étain, métal souvent associé à l’or (notamment dans notre Plateau Central).
- En Gaule on a vanté longtemps les mines d’or des Pyrénées et des Cévennes. Pline l’Ancien y célèbre une certaine mine d’Albicrate, dont l’emplacement est inconnu. Strabon cite notamment le pays des Tarbelli, qui
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- Mines d’or antiques du bassin de la mer Égée.
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- représente l’ouest de notre pays basque.... « Les Tar-belli, dit-il, ont dans leur territoire les mines d’or les plus importantes qu’il y ait en Gaule; car il suffit d’y creuser des puits d’une faible profondeur pour trouver des lames d’or, épaisses comme le poing, dont quelques-unes ont à peine besoin d’être affinées. Mais, en général, c’est sous la forme de paillettes et de pépites que l’or s’y présente.... » Diodorc de Sicile mentionne également les Tectosages; il vante les nombreuses mines d’or de la Gaule, où l’or est, dit-il, abondant partout dans les temples et lieux sacrés, sans que personne y touche jamais. Dans le Plateau Central, on a retrouvé, en bien des points qui se nomment souvent encore l’Aurière, la trace de déblais antiques où l’on dut très probablement laver des sables aurifères.
- En Angleterre, Strabon et 'facile mentionnent la présence de l’or; les Romains paraissent avoir, en effet, exploité certaines mines du pays de Galles et des sables aurifères du Cormvall et du Devon.
- Rome a commencé, comme la Grèce, par être très pauvre en or, et l’on a souvent cité un texte de Pline
- racontant qu’on avait eu du mal à trouver, dans la ville, mille livres pesant d’or pour payer la rançon aux Gaulois. Ces Gaulois, riches en or par leurs mines et par leurs conquêtes, avaient, au contraire, l’habitude de s’en parer jusque dans les combats. Rome n’a eu des mines d’or que lorsqu’elle s’est étendue vers les Alpes. 11 est, dans ce même Pline, question des mines de Vercelles en Piémont (Vercelli), dont les fermiers n’avaient pas le droit d’em-ploycr plus de 5000 ouvriers à l’exploitation : ce qui indique leur importance. Toutes ces rivières qui descendent au Pô, la Doirc Ripaire, la Stura, l’Orco, la Doire Raltée, la Sesia et leurs affluents secondaires ont, d’ailleurs, continué à rouler un peu d’or jusqu’à notre temps. Strabon signale surtout comme aurifère le pays des Salasses, vers le Val d’Aoste, où l’on avait installé, de son temps, un lavage des terrains aurifères, qui, en gênant les populations agricoles situées en aval, entraînait, dit-il, des querelles fréquentes entre les deux peuples (on croirait lire un récit contemporain, relatif à la Californie).
- L. De Launay.
- EN AUTOMOBILE DE PÉKIN A PARIS
- Il y a déjà plusieurs mois qu’un de nos confrères de la presse quotidienne a lancé l’idée d’un raid automobile entre Pékin et Paris, c’est-à-dire à travers toute l’Asie et toute l’Europe. Le nombre et l’enthousiasme des concurrents semblent avoir diminué depuis. A Pékin sont arrivées, en tout, deux équipes représentant, les voilures de Dion et Bouton, deux autres chargées de piloter les motolris
- étudier des véhicules spéciaux pour franchir des pays souvent sauvages, où les réparations importantes sont pratiquement impossibles, et où les réparations secondaires ne peuvent être effectuées que par ceux-là mêmes qui pilotent les voitures.
- Sur les 14 000 kilomètres du parcours, il y en a une bonne partie pour laquelle les renseignements précis
- zan
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- Saïn-Oussou •
- O N G O
- Itinéraire
- Dése
- C H I N
- Fig. 1.— Route de Pékin à Kazan.
- Contai, petits véhicules légers résistants, que nous avons décrits ici ; et enfin un amateur d’émotions et de difficultés, le prince Scipion Borghèse, qui part avec sa femme et concourra avec une voiture italienne de la marque Itala.
- Le parcours de Pékin à Paris en automobile sera un vrai tour de force. Il montrera tout à la fois la valeur de la^coiîslTuctionTiïéeamque'moderne, l’habileté et l’énergie des conducteurs des voitures. Les constructeurs ont dû
- manquent sur l’état réel des routes, chemins et pistes de caravanes que l’on entend utiliser; les concurrents ne se font pas d’illusions sur les obstacles de l’épreuve, il leur faudra souvent se faire remorquer par des bêtes de trait, pour sortir d’un passage difficile; le portage du véhicule est également prévu.
- La partie la plus difficile du voyage sera le début. A partir de Kazan, le trajet sera relativement aisé par Nijnî-Novgorod, Moscou, Smolensk, Varsovie, Posen, etc. On
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- Fig'. 2. — MoiUiuUs de (.011(0, improvisés.
- poui môme dire que la longue étape du liaikal à lvazan est facilitée par ce fait que la route qu’on suivra à une certaine distance du Transsibérien, est depuis longtemps déjà parcourue par des voitures postales. Cela ne signifie pas, du reste, qu’il y ait là rien qui rappelle les belles routes de France.
- Pour atteindre le Baïkal et Irkoutsk en partant de Pékin, on aurait pu songer à prendre la route montant vers le nord et passant par Moukden, Ghirin, Tsitsikar, et se dirigeant ensuite à peu près directement de l’est, à l’ouest.
- Toutefois, dans ces parages, les voies de terre ont été étrangement fatiguées par les transports militaires de la guerre ; et l’occupation japonaise actuelle eût rendu certainement difficile le passage d’Européens. On s’est donc décidé pour la voie du sud, celle du Gobi. Au reste, on devait trouver là une route postale, et certaines facilités fort appréciables.
- Le service des routes est assuré par les Mongols, qui sont astreints à fournir aux voyageurs des moyens de transport et de ravitaillement, à condition que voyageurs ou commerçants transportant des marchandises soient munis d’un passeport régulier du Gouvernement chinois; à tour de rôle, une famille mongole vient camper près des stations des routes, près des lentes qui servent de
- gîtes d’étape ; elle doit entretenir ces tentes, vendre de la viande de mouton, louer ses chevaux et ses chameaux, pour aller jusqu’à la station suivante. D’ordinaire, on leur verse une indemnité de 3 roubles par station. Le service est, paraît-il, bien fait, sous la surveillance de chefs de stations responsables devant le Gouvernement chinois. Du reste, malgré le chemin de fer, il se fait, notamment pour les thés, un commerce des plus importants par cette voie. Chaque année sont expédiées, de Kalgan à Ourga et à lvialka, quelque 200 000 caisses de thé, pesant chacune environ 50 kilogrammes.
- De Pékin à Kalgan, la voie est assez fréquentée. A partir de Kalgan, il est possible que les automobiles ne suivent pas exactement la route postale et prennent plus au nord, là où passent souvent les caravanes composées uniquement de chameaux; le terrain permettra de rouler à vitesse réduite, bien que la roule, au sens où nous l’entendons en Europe, ne soit pas frayée. Entre Ourga et lvialka, les renseignements les plus dignes de foi donnent le chemin comme assez bon ; on se trouve sur un terrain volcanique. Du reste, ici, on a le choix entre deux routes commerciales suivies par les marchands russes et chinois, et deux autres chemins tracés par les Mongols et où passent leurs véhicules.
- Au delà de Kialka, on sera forcé de traverser des étendues sablonneuses où une voilure lourde risquera de voir scs roues s’enfoncer profondément, et il sera utile, sur nombre de points, de pouvoir placer sous les roues du véhicule des patiqs évitant, en partie, cette sorte d’enlisement.
- En tout cas, d’après les données du comité russe qui s’est occupé de l’organisation de ce voyage si curieux, les effets des pluies sont peu à redouter, car le sol se sèche très rapidement.
- Une des grosses difficultés était le ravitaillement en essence des voilures, aux divers points du parcours; car il faut faire parvenir en temps utile de l’essence en bidons, non seulement aux étapes, mais encore en des points intermédiaires, pour parer aux irrégularités de la marche; il est essentiel que les voitures ne se trouvent jamais démunies de ce liquide indispensable.
- Une société française s’est engagée à faire arriver l’essence
- Fig. 5. — Passage difficile'assuré par les passerelles.
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- partout où il en sera besoin, même sur les d points de la route entre Kalgan et Kiatka. Passons l’examen des voitures des concurrents. Le prince Borghôse n’a pas étudié de voiture spéciale, il s’est seulement attaché à prévoir minutieusement, et avec certitude, ses gîtes d’étapes.
- Les voitures de Dion ont une puissance de 10 chevaux seulement, afin de ne pas trop consommer; une démultiplication assez forte permet de sortir d’un mauvais passage, môme avec cette puissance relativement faible.
- On a préféré le châssis en tubes, pour sa légèreté; l’embrayage est à main, ce qui assure une précieuse progressivité ; s’il se produit de l’usure, on la rattrape aisément.
- Les freins sont extérieurs et il y a trois vitesses.
- Les deux moto tris Contai ont encore été bien mieux étudiés, à notre avis. Latéralement au véhicule, on a disposé deux sortes de consoles et des tubes transversaux, pour supporter de part et d’autre le chargement, les bagages et les accessoires de voyage. Tout d’abord nous apercevons, y prenant appui, deux sortes d’ailes en bois qui ont un peu la forme et la section de fers à double T. Si l’on met bout à bout les deux demi-ailes d’un même côté de la voiture, et qu’on les solidarise à l’aide d’une sorte de tirant articulé (fig. 5), ces deux demi-ailes viennent buter Tune sur l’autre par leur talon, et le tirant les maintient rigidement en prolongement Tune de Tautre. On a donc deux sortes de passerelles qui pourront donner accès à chacune des roues latérales du mototri. On n’a pas prévu de passerelle pour la roue médiane, cela aurait été trop encombrant; mais chaque véhicule emporte deux gros galets qui peuvent s’enfiler sur les bouts de tube supportant normalement les ailes, et ces galets formeront des roues ou roulettes pour faire porter l’arrière du véhicule sur les deux passerelles (tig. 5). Ces passerelles articulées sont combinées si ingénieusement avec leur tirant métallique, qu’elles peuvent se disposer en forme de V renversé et former
- chargées,
- Fig. 4. — Un îles niototris Coulai de l’ékiu-l'ai'is.
- montants de tente (fig. 2) ; on a, en elfct, recommandé aux concurrents de sc munir d’une tenle, pour n’avoir pas à pénétrer sous les tentes fort sales des stations postales.
- Les ailes des motolris forment des étagères sur lesquelles on peut placer tous les bagages, les couchettes, les pièces de rechange indispensables, etc. Les inototris sont aussi légers que possible, surtout une fois débarrassés de tous leurs accessoires, et ils pourraient être aisément portés à bras; des moteurs de G chevaux leur suffisent; tous leurs organes sont surélévés pour ne point buter contre des obstacles imprévus; l’essieu avant, qui. serait le premier à subir une rencontre, est particulièrement robuste.
- En somme, il semble vraiment que certains des véhicules qui tentent l’épreuve de Pékin à Paris ont des chances sérieuses de réussir; peut-être les verrons-nous arriver à Paris 120 ou 150 jours après leur départ de Pékin, qui a dù avoir lieu le 10 juin courant.
- P. de Méiuel.
- Fig. S. — Montage des passerelles pliantes.
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- LA PHOTOGRAPHIE DES COULEURS
- Le procédé imaginé par MM. Lumière pour permettre l’obtention facile d’une image avec toutes ses couleurs, est enfin entré dans le domaine de la pratique après d’assez longs tâtonnements pour la réalisation et la fabrication industrielle. Nous avons exposé ici, il y a dix-huit mois1, où en était alors la question et quels progrès restaient à réaliser : aujourd’hui, toutes les difficultés ont été vaincues et les nouvelles plaques viennent d’ètre livrées au commerce. Le principe sur lequel repose le procédé est toujours celui énoncé, il y a plus de quarante ans, par M. L. Ducos du Hauron; nous avons expliqué la méthode de la trichromie dans le il0 du 7 janvier 1899 et nous avons même donné à cette occasion des gravures en couleur dans le texte, ce qui a nécessité quatre passages sous les presses : une fois pour le texte en noir et trois fois pour les couleurs ! Ce genre de tirage par le procédé trichrome se fait couramment pour les images hors texte, mais on comprend qu’il est plutôt exceptionnel pour celles qui sont intercalées dans le texte, comme c’était le cas ici.
- En dehors de ce procédé très employé industriellement, rien n’était bien pratique jusqu’ici pour le photographe qui voulait avoir seulement une ou deux images. On était bien obligé, quand on voulait l’utiliser, de faire trois clichés sélectionnés, chacun avec un écran convenable et ensuite d’en tirer trois positifs sur des pellicules transparentes et convenablement teintées.
- Dès 4869 cependant M. L. Ducos du Hauron avait émis l’idée qu’on pourrait, en faisant les écrans très petits et très nombreux, n’employer qu’une seule plaque. Mais la réalisation semble n’avoir été faite pour la première fois qu’en 1895 par M. Joly de Dublin qui employait un réseau formé de lignes parallèles très fines présentant alternativement les trois couleurs fondamentales. Les résultats n’étaient pas très bons. Depuis, de nombreux chercheurs ont travaillé la question et quelques-uns sont sur la voie d’une réalisation pratique. Leurs procédés diffèrent, mais le principe est toujours le même. Pour expliquer sommairement comment, en une seule pose, on peut arriver à reproduire toutes les couleurs du modèle, admettons qu’on ait réussi à placer devant une surface sensible panchromatique, c’est-à-dire également sensible à toutes les radiations, un écran compose d’une infinité de petits points composant le ternaire adopté-; mettons pour plus de simplicité : rouge, vert, bleu ; chacun de ces points constituera un écran qui laissera passer certaines radiations à l’exclusion des autres. Si, dans ces conditions, nous photographions, par exemple, un bouquet comprenant, entre autres plantes, des généraniums rouges, les radiations, émanant de ceux-ci, traverseront seules les écrans rouges ; au développement, la
- 1 Yoy. n° 1704, du 20 janvier 1906, p. 122.
- PAR LES PLAQUES AUTOCHROMES
- partie de l’émulsion située juste en face de chacun de ces écrans, sera réduite et présentera une opacité constituée par quelques molécules d’argent. Si nous regardons notre plaque par transparence, le rouge sera donc masqué à l’endroit où est venue se former l’image des géraniums. Si maintenant, nous mettons le négatif ainsi obtenu en contact avec une autre plaque semblablement préparée, et que nous exposions à la lumière, nous obtiendrons, au développement de cette nouvelle plaque, un positif dans lequel les parties transparentes correspondront aux opacités du négatif; si donc nous l’examinons devant une fenêtre, nous ne verrons en face de ces parties transparentes que les petits écrans rouges, nous aurons l’image des géraniums en rouge. Il faudrait admettre que dans nos deux plaques, la position des écrans est exactement la même, mais on évite celte difficulté en supprimant le tirage par contact et en transformant le négatif en positif,: par l’un des procédés bien connus employés pour l’obtention des contretypes directs. Ce qu’on obtient pour le rouge, on l’obtient en même temps pour les deux autres couleurs, ainsi (pie pour toutes les couleurs intermédiaires si les éléments qui composent le ternaire ont été bien choisis. C’est ce choix, aussi bien que celui de la matière constituant les petits écrans, ainsi (pic leur forme et leur disposition, qui pourront constituer les parties secrètes ou brevetables de chaque procédé et qui permettront d’obtenir des résultats plus ou moins parfaits.
- Nous avons déjà exposé ici que MM. Lumière se sont arrêtés à l’emploi de grains de fécule pour constituer les écrans microscopiques ; rappelons rapidement le procédé. On tamise des grains dont le diamètre est compris entre0,015 mm. et0,020 mm. et on en fait trois lots : l’un d’eux est teint en rouge orangé, les deux autres respectivement en vert et bleu-violet. On mélange ensuite les trois lots de façon à constituer une poudre sans coloration apparente ; puis on étend cette poudre sur une plaque de verre : les grains de fécule qui la constituent se juxtaposent toujours l’un à côté de l’autre, sans jamais se superposer, mais comme entre chaque grain il y a un vide on avait d’abord eu recours pour le boucher à une poudre de charbon ; les résultats n’étaient pas mauvais, mais la transparence de l’ensemble était assez notablement amoindrie. Aussi aujourd’hui les inventeurs sont-ils parvenus à supprimer cette poudre, ils écrasent les grains au laminoir, de sorte qu’ils arrivent à être à peu près complètement en contact les uns avec les autres et qu’il ne reste plus de vide à combler. La plaque de verre ainsi garnie présente l’aspect d’un verre douci, le microscope seul révèle la présence des confettis qui le constituent. C’est sur ce tapis, isolé par un vernis, qu’on couche l’émulsion panchromatique.
- Il est clair, d’après ce que nous avons dit plus
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- haut, que la plaque doit être exposée du côté du verre puisque la lumière doit traverser l’écran avant d’arriver à l’émulsion.
- Les opérations subséquentes ne sont pas plus compliquées (pie celles auxquelles sont habitués tous les amateurs photographes et il nous a été donné récemment d’en faire nous-mème l’expérience sous la direction de M. À. Lumière avec des plaques 18x24; la pose, pour un paysage, a été de 20 secondes sans soleil. Au laboratoire, on laisse une lanterne rouge foncé destinée seulement à éclairer un sablier et placée à 5 ou 4 mètres de la table de développement. La plaque est plongée dans une cuvette contenant un bain de développement à l’acide pyrogallique et la cuvette est couverte. Le sablier dont il vient d’être question met exactement 2 minutes 50 secondes à s’écouler. Au bout de ce temps, on retire la plaque, on la rince sommairement sous le robinet et on la plonge dans une cuvette contenant un bain de permanganate de potasse acide. Ace moment on ouvre la porte du laboratoire et les opérations se continuent en plein jour.
- C’est ce deuxième bain qui doit commencer le retournement de l’image de négative en positive, mais on ne voit par transparence qu’un résultat peu encourageant. Au bout de 2 minutes environ on procède à un développement au diamidophénol et c’est là alors que le retournement est complet et qu’on voit apparaître l’image avec toutes ses couleurs. Celles-ci acquièrent ensuite une plus grande intensité par un renforcement à l’argent. L’ensemble de toutes ces opérations ne dure pas plus d’une vingtaine de minutes et l’image est complètement terminée.
- Les résultats auxquels sont arrivés MM. Lumière sont absolument merveilleux aussi bien pour le portrait, les groupes, les intérieurs, (pie pour le paysage. On a seulement, il est vrai, une épreuve unique qu’il faut regarder par transparence, ou utiliser dans une lanterne à projection: mais n’est-ce pas déjà bien suffisant et les tableaux ainsi obtenus n’en auront-ils pas plus de prix? Du reste si on ne peut les reproduire par tirage au châssis-presse, on pourra toujours y arriver en les photographiant sur des plaques semblables.
- Nous ne donnons pas de reproductions en couleurs des résultats qui nous ont été présentés, car cela ne prouverait absolument rien, puisque ces reproductions ne peuvent être faites que par des procédés typographiques avec des encres dont les couleurs ne correspondraient très probablement pas exactement à celles qui sont données par les petits écrans de la plaque autochrome. Il faut voir la plaque elle-même et, dès maintenant, tous les photographes professionnels ou amateurs peuvent arriver à d’aussi beaux résultats. Si MM. Lumière ne sont pas les inventeurs du principe de la méthode qu’ils emploient, ils ont, dans tous les cas, le mérite d’être arrivés les premiers à la rendre pratique : on sait au prix de quels sacrifices, de quelle ingéniosité et de quel labeur acharné! G. Mareschal.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 juin «907.
- Présidence de M. Becquerel.
- Constitution minéralogique du Vésuve. —M. Lacroix fait remarquer que l’on admettait que le Vésuve antéhis-lorique — la Somma — présentait une constitution minéralogique simple, pure, que les auteurs ont étudiée, surtout les coulées. En réalité, la composition minéralogique de l’ancien volcan est au contraire très complexe.
- Les ferments diastasiques du blé. — M. Roux analyse une Note de MM. Gabriel Bertrand et Muhermilch sur les ferments du grain de blé. Ils en ont trouvé un qui oxyde la tyrosine au contact de l’air et qui exige pour être détruit un chauffage à 100° pendant cinq minutes (ther-mostabiltyrosine). Ce ferment joue un rôle essentiel dans la fabrication du pain.
- Inspection de la viande par les rayons X. —M. Roux présente une Note deM. H. Martel, chef du service technique de l’inspection vétérinaire de Paris, relative à un procédé d’examen des viandes de provenance suspecte par les rayons X qui permettent de mettre immédiatement en évidence les ganglions à concrétions calcaires.
- Le poumon des éléphants. — M. Edmond Perrier expose qu’un voyageur français, sur la côte du Mozambique, a fait procéder à l’autopsie d’un de ces animaux dans le but d’élucider le problème de l’adhérence du poumon à la cage thoracique. Les poumons étaient parfaitement libres. d’adhérences pleurales.
- Les Dinosauriens de Madagascar; — M. A. Gaudry analyse une Note, de M. Thevenin sur un dinosaurien jurassique de Madagascar, le Bothriospondylus Madayasca-riensis. Le Muséum possède déjà une magnifique collection de dinosauriens de cette île constitués par des dons de MM. Bas tard, Decorse, Frager, Moriceau, Perrier de la Batliie et du capitaine Colcanap. Le Bothriospondylus est gigantesque, beaucoup plus grand que l’iguanodon. Son fémur mesure 1,40 m. M. Thevenin a pensé que ses ossements se rapprochent beaucoup de ceux du Celio-saurus du bathonien d’Oxford.
- Le rôle des capsules surrénales. — M. Bouchard présente une Note de MM. 0. Josué et Louis Bloch sur les capsules surrénales. On sait que l’adrénaline, produit de la sécrétion interne des capsules, provoque l’hypertension artérielle. Mais on a objecté que les modifications hyperplasiques n’ont été observées que dans la couche corticale qui, suivant l’opinion admise, ne joue aucun rôle dans la sécrétion de l’adrénaline. Ces auteurs ont constaté que les extraits de la substance corticale possèdent la propriété hypertensive comme les extraits de la substance médullaire. Mais les extraits de substance corticale ne présentent pas les mêmes réactions chimiques que l’adrénaline.
- Ch. de Villedeuil.
- LA CATASTROPHE DE BARÈGES
- Le 2 février, à 5 heures 50 du malin, la station thermale de Barèges a été victime d’un désastre tel qu’il faut se reporter à plus d’un demi-siècle pour en trouver l’équivalent. Vingt et une maisons détruites, plus le « casino » et une demi-douzaine de granges ou baraques ; les deux hôtels gravement endommagés, tandis que l’hôpital militaire et l’établissement thermal l’étaient un peu moins, tel est le
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- bilan de cette catastrophe qui lit, en outre, trois victimes humaines. Les autres habitants affolés se déga-
- au moindre ébranlement. Ce sont donc des avalanches volantes qui se sont précipitées sur Barègcs, ébranlant probablement on même temps les neiges accumulées dans les ravins avoisinants. Cette masse! poudreuse, précédée d’un terrible courant d’air, a passé par-dessus le village et, rebondissant sur le liane opposé de la montagne, est venue prendre au rebours cette malheureuse localité. 11 faut du moins invoquer celle allure pour expliquer les effets produits, puisque ce sont les maisons les plus abritées pour les cas habituels qui ont le plus souffert. Kl le travail de destruction, commencé par le terrible déplacement atmosphérique, a été couronné par l’envahissement dans les parties intactes de la poussière nei-
- Fig. 1. — Les. ruines de Barèges.
- gèrent comme ils purent et l’on se représente difficilement la situation de ces malheureux réveillés en sursaut par une température de 20° sous zéro !...
- Portes et fenêtres défoncées laissèrent pénétrer la niasse poudreuse de l’avalanche, et ces intérieurs bouleversés lurent rapidement convertis ('n blocs glacés dont le déblai très dur et très long s’est trouvé des plus désastreux pour les objets vaguement intacts qui s’y peuvent rencontrer.
- Dans l’hôpital militaire un plancher a été soulevé d’un mètre par la compression de l’air, etc.
- Barèges est, malheureusement, dans une situation particulièrement apte à ce genre de désastre, complètement encaissé à la rencontre de deux flancs de montagne dont l’un au sud, très boisé, est plutôt un abri, mais l’autre très abrupt, terminé par des crêtes dénudées constitue un réel danger.
- Après un mois de janvier qui ne vit presque aucune précipitation, la neige survint brusquement le 50 avec de grands froids et tomba en très forte quantité jusqu’au 2 février. A l’observatoire du Pic du Midi, pendant ce laps de temps, on ne recueillit pas moins de 200 mm d’eau, équivalant che neigeuse de 2 m. environ. Cette neige, line et pulvérulente, comme de petits grains de grésil, ne se feutra pas et, accumulée sans cohésion sur les cimes garnies de neige plus vieille et glacée, partit
- Fig. 2.
- a une cou-
- — Bouchon de neige glacée pénétrant dans une maison.
- geuse dont la masse effrayante a presque instantanément comblé le tout. Lucien Bu baux.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1778. — 22 JUIN 1907.
- LA NATURE.
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- PARCS ET JARDINS DE LONDRES
- Londres jouit chez nous d’une mauvaise réputation : nous considérons généralement cette agglomération comme une ville triste et maussade, où règne un presque continuel brouillard. La métropole britannique a certes des hivers gris et tristes ; mais les printemps et les automnes ont un réel éclat et une douce fraîcheur, les étés y sont brillants et gais.
- I/aspect général de la métropole britannique n’est pas aussi maussade qu’on le croit ; il suffit, d’ail-
- outre, elle augmente son trésor de pelouses vertes ; en 1906, elle a consacré 1400000 francs à des acquisitions nouvelles.
- M. Forestier, Inspecteur des Eaux et Forêts et Conservateur des Promenades de Paris, a calculé qu’il y a 1031 habitants par hectare de parcs londoniens, tandis qu’il existe 1344 personnes, à Paris, pour la surface correspondante.
- Parmi les espaces libres urbains de Londres, il
- Victoria Ile jri a au naturel, à Singapore (Malacca).
- Fig. 1. — Les grands lis aquatiques. —
- leurs, de jeter un coup d’œil sur le plan de Londres, pour remarquer des espaces verts, nombreux et étendus* qui jettent leur note souriante, au milieu de l’enchevêtrement des voies innombrables, artères et veines de cette immense agglomération humaine, la plus considérable du monde.
- Les parcs de Londres occupent une superficie totale de 6000 hectares, sans compter tous les parcs, jardins et terrains suburbains pour récréations, et ceux qui, situés aux environs, appartiennent à la Métropole. La capitale dépense, pour leur entretien, près de 6500000 francs annuellement. Tous les ans, en 35° année. — 2° semestre.
- faut citer, en première ligne, les Royal-Parks, dépendant du gouvernement et entretenus par lui aux frais de l’État. Ils forment, dans leur ensemble, un considérable domaine de pelouses, pièces d’eau et jardins. Regent’s Park, au nord-ouest, a près de 200 hectares : il renferme les jardins botaniques royaux, un magnifique jardin zoologique, un grand lac et des serres très belles. A l’ouest est une série de quatre immenses parcs : Kensington Gardens, Hyde Park, Green Park et St-James Park. Entrons dans St-James Park, par la vieille porte dés HôrseGuards, où ne passent que les piétons; en vertu d’une
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- LA NATURE.
- vieille coutume, non encore abolie, elle ne' peut être franchie par aucune voiture autre que celle du roi.
- llyde Park, avec Serpentine River, une jolie pièce d’eau, est le plus beau des jardins de Londres; un are de triomphe tout en marbre — Marble Arcli — lui sert de porte d’entrée, et la principale de ses allées — Rotlen Row — est le rendez-vous, pendant les beaux jours, de l’élégance et de la haute société.
- En dehors des Parcs Royaux, il existe toute une série de squares, la plupart privés et fermés, et aussi de fort nombreux parcs disséminés sur toute la superlicie de cette juxtaposition de communes qu’est l’immense capitale de l’Angleterre. Les arbres et les Heurs égayent ici l’existence des habitants et leur donnent, en même temps, la santé. Le Counly Council de Londres et toutes les organisations de la Métropole travaillent à la conservation des espaces
- Nous 11e pouvons parler des rparcs et jardins de Londres, sans citer les jardins botaniques de Kevv, qui dépendent des établissements royaux et qui sont situés à 15 km de London Bridge; ils constituent, dans leur ensemble, le plus beau et le plus vaste des établissements de ce genre.
- Leur superlicie totale est de 1212 hectares. Certains paysages sont admirables; ils ont tous été créés par la main de l’homme. Les serres sont immenses ; elles renferment des collections de plantes exotiques très rares et des pieds superbes du plus grand des lis aquatiques — Victoria Regia1 — qui fleurit tous les ans et qui est originaire de l’Inde. Les établissements de Kew sont uniques au monde. Les horticulteurs qui les visitent reviennent émerveillés de tout ce qu’ils y ont vu.
- L’initiative privée crée aussi, aux environs de
- Une des grandes serres do Kew-Gardens.
- Fig. 2. -
- libres qu’ils possèdent, et ils en créent partout où cela est possible, en ville et dans les environs.
- Dans la banlieue immédiate, Battersea-Park s’étend sur 80 hectares et Richmond-Gardens mesure 15 km de tour. On trouve, en outre, 377 emplacements destinés au cricket et 177 affectés au foot-ball, sans compter le nombre incalculable de lawn-tennis et de places réservées à tous les autres sports et jeux de toutes espèces. L'es districts les plus appréciés sont ceux de Blackheath, de Hackney-Marsch. A Battersea-Park, 2 hectares sont réservés aux jeux en plein air. Dans Londres même, deux immenses terrains sont affectés aux‘joueurs de cricket : Lord’s, à Saint-John Wood, et The Oval, une des dépendances de Kenington Road. C’est par milliers que les autorisations d’y organiser des matchs sont données chaque année.
- Les jardins immenses et le parc qui entourent le Palais de Cristal de Sydenham, sont également très fréquentés; c’csl par plusieurs dizaines de mille que les habitants de la capitale y vont le samedi après-midi et le dimanche.
- Londres, des emplacements salubres tout entourés d’arbres et de verdure. Une société anglaise vient, dans cet ordre d’idées, d’ouvrir, à quelques milles de la capitale, un Garden-city, qui a été établi, entre Hitchin et Baldock, dans le but de servir de type idéal aux cités nouvelles. On impose très rigoureusement, dans cette ville théorique, une limitation de la surface à construire sur un terrain déterminé et l’on multiplie les plantatioïis d’arbres, les pelouses de gazon et les espaces libres. C’est là de. l’hygiène hautement salutaire et rationnelle. Cette organisation montre le rôle important que les Anglais attribuent aux espaces libres. Leur exemple esta suivre, puisque leurs parcs et leurs jardins donnent de la lumière, de l’air et de la vie à Londres, cette grande agglomération, à laquelle il 11’y a qu’un reproche à faire : les voies, même larges et belles, manquent de plantations ; elles n’ont pas ces arbres qui font la beauté de nos avenues et donnent la gaieté à nos boulevards parisiens. Will Darvillé.
- 1 Voy. n° 1572, du 9 septembre)l899.
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- LA NATURE
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- REGLE GRADUEE SUPPRIMANT LES CALCULS DES ECHELLES METRIQUES
- du capitaine P. Pollacchi
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- Mesure d’un arc fie JO' en latitude sur une carie anglaise à Iceliellc de i miles au pouce ou de
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- LA NATURE.
- Il arrive souvent que les cartes géographiques, topographiques et marines, ne fassent pas mention de l’échelle à laquelle elles ont été établies ; d’autre part, les fragments de cartes sur lesquels on est appelé à travailler ne portent pas toujours l’indication de l’échelle; il faut alors recourir à de longs calculs, soit :
- 1° Au moyen de la projection, d’après la longueur réelle d’un arc de 1°, de 1 (V ou de 1'.
- ‘2° En calculant la longueur réelle d’une longueur donnée graphiquement.
- Les dilficulles s'augmentent encore lorsque la carte
- métriques supérieures à ^ et, de l’autre côté, la
- longueur graphique d’un arc de 10' en latitude corrcs-
- ,1
- pondant aux echelles métriques comprises entre le ^
- 1
- Ct le 500 000'
- Au dos de la règle ligure une longueur de 50 centimètres divisée en millimètres pouvant servir à mesurer une longueur donnée.
- Afin de faciliter la lecture des graduations de la règle,
- 210.000 B.
- , 2.090.880 2.000.000 . 1.90». 100 1.900 800
- 1.600.000
- 1.58VOOO
- 1.500.000 , 1 VS7.280
- 1.393.920 , 1 330.560 1.267.200
- Fig. 5. — Mesure d’un arc de 1° en latitude sur une carte française à l’échelle de
- 1(3001)00"
- envisagée est établie par un pays ne faisant pas usage du système métrique, car aux calculs ci-dessus s’ajoutent ceux de la transformation de l’échelle (Grande-Bretagne, Etats-Unis et Russie).
- Le capitaine P. Pollacchi du Service géographique de l’Armée, a imaginé de calculer la valeur des arcs de 1°, de 10' et de 1' en latitude aux échelles les plus usitées et de les porter graphiquement sur une règle.
- Tous les calculs ont été établis sur l’ellipsoïde de Clarke et d’après la longueur réelle d’un arc de 1° en latitude et à hauteur du parallèle moyen de 45° (111 132 mètres).
- Cette règle (lig. 1) est construite de telle façon que les graduations donnent d’un côté la longueur graphique d’un arc de 1° en latitude correspondant aux échelles
- on n’a pas porté les longueurs des arcs de 1° de toutes
- 1
- les échelles supérieures au ^ ^ ^ et qui sont trop
- rapprochées; mais on aura facilement l’échelle voulue en prenant avec la règle la longueur d’un arc de 5 ou 10° et en multipliant par 5 ou 10 l’échelle trouvée en face de la graduation.
- Les échelles précédées de la lettre A sont des échelles en miles (Grande-Bretagne et États-Unis) transformées en échelles métriques; celles précédées de la lettre R des échelles en verstes (Russie) et transformées en échelles métriques.
- Pour se servir de la règle, la poser à plat sur la carte, la graduation 0 correspondant à une graduation en latitude (degrés ou minutes) et lire l’échelle cherchée en
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- LA NATURE.
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- l’actî de la graduation qui correspond, suivant le cas, à 1° ou à 10' en latitude de la projection de la carte (fig. 2 et 5). L’opuscule qui accompagne celte règle contient, outre les notions élémentaires ci-dessus, les divers chapitres suivants :
- lu Tableaux des échelles les plus usitées, avec; les longueurs graphiques de 1°, de 10' et de 1' en latitude correspondant à ces échelles et leur transformation en échelles métriques pour les pays ne faisant pas usage du système métrique.
- 2° Renseignements sur les mesures de longueur terrestres et marines des diverses puissances et détermination des échelles métriques.
- 5Ü Tableaux donnant la longueur du kilomètre, du mile terrestre anglais, de la verste et du nulle marin aux échelles les plus usitées. (Ces longueurs permettent de trouver l’échelle d’une carte quand celle-ci ne donne qu’une échelle graphique sans indication numérique et facilitent l'établissement1 de l’échelle graphique quand la carte ne donne qu’une indication numérique.)
- 4° Table de conversion des grades en degrés et son emploi.
- La géographie et la topographie entrant pour une grande part dans le programme des connaissances exigées pour l’étude des questions historiques, scientifiques, industrielles et.commerciales, la règle graduée du capitaine P. Pollaechi et la brochure qui l’accompagne rendront de réels services à tous ceux qui sont appelés à consulter toute espèce de cartes françaises et étrangères. Rolip.
- c$TnS,^X!,§Î3
- LES ESSAIS DU SOUS-MARIN « Y »
- Le sous-marin F, lancé à Toulon en juillet 1905, a récemment procédé à des essais qui empruntent un grand intérêt à son mode particulier de propulsion. Alors que tous les sous-marins en service, aussi bien en France qu’à l’étranger, possèdent deux moteurs distincts, l’un thermique (à pétrole ou à vapeur) pour la marche à la surface, l’autre électrique (avec accumulateurs) pour la marche en plongée, T F n’a que le moteur à pétrole pour marcher sous l’eau comme sur l’eau.
- On sait combien les accumulateurs électriques sonl lourds, leur poids dépassant 100 kg par cheval (moteur non compris), alors que, pour une puissance bien plus considérable, la machine à vapeur et ses chaudières n’atteignent que 60 kg par cheval, et le moteur à pétrole moins encore. Lè directeur du génie maritime Bertin, auteur des plans de l’F, avait eu l’idée d’augmenter à la fois la puissance disponible et la distance franchissable pour un même poids de machines, en supprimant les accumulateurs et leur moteur électrique, et en faisant fonctionner le moteur à pétrole en vase clos pour la plongée.
- La difficulté qui se présentait immédiatement était celle-ci : le moteur Diesel, qu’il avait adopté, consomme à peu près, par cheval-heure, 160 grammes de pétrole lampant et 2 m3 d’air. Où prendre cet air? la coque étant entièrement immergée, sans communication avec l’extérieur (car une manche d’aération allant jusqu’à la surface trahirait de loin la présence du sous-marin), le moteur aspirant dans cette coque y aurait vile fait le vide et se serait stoppé de lui-même : le sous-marin, qui jauge 200 tonneaux environ, ayant un volume d’air intérieur de 140 m3. La solution consista à installer dans le navire des réservoirs renfermant de l’air comprimé à 150 kg : un homme, chargé de maintenir constante la pression
- intérieure, règle l’ouverture de ces réservoirs de manière qu’ils donnent une quantité d’air égale à celle qu’absorbe le moteur. 11 a un baromètre devant lui et manœuvre sa vanne suivant les indications de cet instrument.
- Mais si le moteur absorbe 2 m3 d’air, il évacue des gaz provenant de la combustion (mélange d’acide carbonique, d’oxygène et d’azote) qui forment un volume presque égal à celui de l’air consommé. On ne peut les répandre à l’intérieur du sous-marin, dont ils vicieraient l’atmosphère au point d’asphyxier le personnel ; on ne peut davantage les envoyer à l’extérieur; car ils monteraient à la surface en bulles qui décèleraient la présence du sous-marin ; aussi a-t-on été obligé de les emmagasiner dans un réservoir, sorte de condenseur où ils sont en même temps refroidis (leur température au sortir du moteur étant de 400° environ). Le réservoir est assez grand pour recevoir les gaz produits pendant une heure, à petite vitesse. \u bout de cette heure, on le vide à l’extérieur, si l’on veut continuer à marcher en plongée (à ce moment, si le sous-marin est à proximité de l’ennemi, la grosse bulle qu’il produit le fait apercevoir et c’est là un des principaux défauts du système).
- 11 faut avouer, pour séduisant que fût le principe, que les résultats n’ont pas été très encourageants. Les essais de fonctionnement en vase clos, qui viennent d’avoir lieu, ont montré l’extrême difficulté de la réalisation. Le rôle de l’homme qui règle l’arrivée d’air au moteur, et par suite la pression intérieure dans le sous-marin, est aussi délicat qu’important, et le moindre de ses mouvements, s’il est mal mesuré, fait haleter tout l’équipage par suite de la variation brusque de pression. En outre, le refroidissement des gaz de la combustion est difficile, et les tuyaux de l’appareil moteur échauffent le sous-marin d’une manière très gênante. Enfin il est presque impossible d’éviter les fuites, et l’atmosphère intérieure se vicie rapidement.
- On le voit, tous les inconvénients viennent de ce que les hommes enfermés dans le sous-marin résistent mal aux variations de pression, de température ou de composition de l’air. Le fonctionnement du moteur dans les conditions prévues, alimenté par l’air comprimé et évacuant dans un réservoir, a été très satisfaisant. Il paraît probable, cependant, que l’on va renoncer au principe, et, sur l’F même, installer des accumulateurs électriques pour la marche en plongée. Mais il y a peut-être de l’avenir dans la solution qu’avait étudiée M. Bertin, et il est très intéressant d’en avoir fait l’expérience : qui sait si ce premier essai n’ouvrira pas une voie féconde !
- Henry Bihnay.
- LES PÊCHERIES
- DU MÉKONG ET DU GRAND-LAC
- La pêche donne lieu à une industrie très active dans les eaux douces de la Cochinchine et du Cambodge et elle constitue l’une des principales ressources des habitants. Le Mékong, ainsi que ses principaux affluents, est très poissonneux ; mais c’est surtout dans le Tonlé-sap ou Grand-Lac qui communique avec le Mékong, que l’on fait les pêches les plus considérables. Non seulement les poissons-du Tonlé-sap servent à la nourriture de la population pour la plus grande part après le riz, mais ils sont aussi l’objet d’une exportation importante. Il est d’autant plus intéressant de donner un aperçu sur les pèches de
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- ces contrées que, depuis le traité du 25 mars 1907 par lequel le Siain a restitué au roi du Cambodge, notre protégé, les provinces de llattambang, de Siem-Réap et de Sisophon, le Crand-Lae est devenu français dans sa totalité (V. n° 1770, du 8 juin 1907).
- Les lacs du Cambodge forment un immense réservoir naturel pour le trop-plein des eaux du Mékong pendant les inondations annuelles. Ils sont en communication avec le Mékong ou Tonlé-tbom (grand-fleuve) par un liras de plus de 100 km., le Tonlé-sap (fleuve d’eau douce), nom que l’on donne aussi à l’ensemble des lacs. Cette petite mer intérieure s’étend du nord-ouest au sud-est sur une longueur d’environ 140 km. et une largeur moyenne de , 50 km. Elle comprend trois parties distinctes : le Yeal-phoe,ou plaine de boue, la moins profonde et qui commence un peu après Compongclmang ; le Petit-Lac, qui va jusqu’à Pursat; le Crand-Lac, entre les arroyos de Pursal et de llattambang, où les jonques peuvent naviguer en tout temps et où se pratique la pèche la plus fructueuse. Les nombreux arroyos qui se jettent dans le Crand-Lac sont aussi très poissonneux. La pèche se fait dans le Crand-Lac au moment des basses eaux, c’est-à-dire de février à mai.
- Cette variation dans le niveau des eaux du Tonlé-sap est la conséquence du régi me du grand lleuve. Descendu des hauts plateaux du Tibet, le Mékong, qui est l’un des fleuves les plus considérables de l’Asie, est, dès son début, un torrent impétueux et rapide. Sur son cours, qui n’est pas moindre de 4500 km.,
- il reçoit de très nombreux affluents descendant comme lui de hautes montagnes, de sorte qu’à l’époque de la fonte des neiges, aux mois de mai et de juin, il apporte au Cambodge des masses d’eau considérables que les pluies torrentielles grossissent encore.
- Le trop-plein du fleuve vient alors se déverser dans le grand bassin de Tonlé-sap et inonder les campagnes sur d’immenses étendues. La superficie du lac est alors doublée et sa profondeur atteint jusqu’à 12 mètres. Puis, au commencement d’octobre, la décrue du fleuve fait changer la direction du courant; les eaux descendent et, par le canal même qui les avait amenées, elles retournent au Mékong et vont se jeter à la mer. L’écoulement est d’abord très rapide, puis il se régularise et, en février, le niveau descend uniformément d’environ 5 centimètres par jour. C’est à ce moment que commence la pêche.
- Quand les fonds ne sont plus que de 5 m. environ, les pêcheurs descendent dans le lac. Ils s’installent sur les berges ou dans des maisons sur pilotis au-dessus de l’eau, et construisent des sécheries en bambous pour le poisson et pour les filets. On forme, au moyen de piquets de bois plantés au fond de l’eau, des barrages pour emprisonner le poisson dans des zones où l’on a remar-
- qué qu’il se lient de préférence : baies, caps, embouchures, bancs de sable, passes entre les bancs. Les piquets ont arrêté les détritus entraînés par les eaux et attiré le poisson, mais pour être assuré de le maintenir, on garnit l’extérieur des barrages avec des filets. On pêche à l'intérieur de ces espaces au moyen de nasses et on peut prendre ainsi tout le poisson qui y est retenu. Dans une année moyenne, un de ces.viviers de 1200 ni. de pourtour peut donner pour environ 1200 piastres de. poisson. La pèche en bateau se pratique en plein lac, loin des rives obstruées par les lignes de barrage. Quand on a reconnu la présence d’un banc de poisson, deux bateaux, portant chacun l’extrémité d’un immense filet, s’avancent à force de rames de façon à le déployer d’abord complètement, puis, décrivant un demi-cercle, ils vont se rejoindre après avoir entouré entièrement le banc; les deux bateaux, se tenant à quelques mètres l’un de l’autre, traînent ensemble le filet vers la cote où il pourra être relevé.
- A une faible distance de la côte, en dehors des lignes de barrage, on pratique la pêche à pied. On traîne un
- filet, dont les extrémités sont tenues par deux hommes, tandis qu’un troisième, allant à leur rencontre, bat l’eau et crie pour effrayer le poisson qui va se prendre dans les mailles; un autre pêcheur, qui suit le filet., le recueille au fur et à mesure.
- Les poissons que l’on prend dans h* Grand-Lac et dans les rivières tributaires sont d’espèces très variées. Le Dr Ricard, médecin de la marine, qui a décrit les principaux poissons du Tonlé-sap, en compte 62 espèces1. Les poissons de Tludo-Chine ont été étudiés aussi par le Dr Gilbert Tirant, résident de France en Annam et au Tonkin, puis par M. Léon Vaillant, professeur au Muséum, d’après les échantillons rapportés par la mission Pavie2.
- La marée, qui se fait sentir à une grande distance de la mer, amène dans les arroyos et dans le lac des espèces qui s’acclimatent dans leurs eaux légèrement saumâtres, ou même tout à fait douces, telles que des raies, des hippocampes et d’autres espèces aux couleurs vives et brillantes, qui émigrent ensuite à la saison des pluies. Comme exemple de ces types de poissons à faciès marin qui vivent dans le Grand-Lac, on peut citer une espèce décrite par Thominot, en 1886, Hemiramphus mocquardianus, qui fut prise au loin dans l’intérieur, à la source de la rivière Pursat, qui se déverse dans le Tonlé-sap3; on avait d’ailleurs signalé déjà des espèces d’Hemiramphus dulçaquicoles.
- 1 Cochinchvie française. Excursions et Reconnaissances, n° 5, 1880.
- 2 Mission Pavie, 1879-1895. Éludes diverses, t. III (1904).
- ’’ Bulletin de la Société philomathique de Paris, Ie.série, t. X, p. 161.
- Fig'. 1. — Marche cl rivière de Batlambang.
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- Quelques-uns des poissons que l’on trouve dans le lac sont armés de dards très acérés dont ils se servent avec une souplesse et une dextérité étonnantes. La famille des Siluridés est particulièrement représentée.
- Parmi les espèces appartenant à cette famille, il en est une remarquable par ses dimensions considérables, c’est celle que les Cambodgiens nomment trey-reach (poisson royal). Elle dépasse souvent 1 1/2m. de longueur. On capture ce poisson en grand nombre devant Pnom-Penb, à l’endroit dit des Quatre-lSras. D’après M. Vaillant, il appartient au genre Pangasius.
- La préparation des poissons varie suivant les espèces ; les uns sont séchés et salés, les autres grillés, les autres soumis à la décomposition et broyés pour être réduits en pâte. Avec les têtes et les entrailles des poissons, on fait une huile qui est employée pour l’éclairage et l’alimentation. Les vessies „ de certaines espèces sont séchées soigneusement et vendues aux Chinois qui en sont très friands.
- On évalue à 30 000 environ le nombre des pêcheurs et des commerçants de tout genre qui viennent s’établir dans la région du Tonlé-sap pendant la saison de la pêche. Les Cambodgiens, les Siamois et surtout les Annamites qui forment une colonie à Pursat, se livrent à la pèche ; les Chinois s’occupent du commerce.
- Le poisson est si nombreux dans le Grand-Lac qu’on n’a pas eu besoin de réglementer la pêche et que le dépeuplement progressif de ses eaux ne semble pas à redouter, malgré la destruction intensive à laquelle on se livre. Les pêcheurs peuvent employer tous les engins qu’ils veulent. Ils ont seulement à payer un droit au fermier de la pêche, car le Grand-Lac, ainsi quelles
- autres lieux de pêche de la colonie, est affermé à la suite d’une adjudication. Le droit d’exploitation du fermier n’est d’ailleurs ouvert que du 1er septembre au 15 juin, et, en dehors de cette période, les riverains peuvent se livrer à la pêche sans acquitter le moindre droit.
- Le poisson exporté est dirigé surtout sur Singapour et
- sur la Chine. Le chiffre total d’exportation soit au long cours, soit par cabotage, des poissons secs, salés ou fumés, dans le protectorat du Cambodge, après s’être élevé durant ces dernières années, a subi, depuis, une baisse notable. De 509'555 kilogrammes en 1902, il est monté
- Fig. 2. — Sampans pêcheurs <lu Mékong.
- à 415 015 en 1903; en 1904, il n’était plus que de 554 727.
- Il se peut que les pêches épuisantes pratiquées au Cambodge expliquent cette diminution, mais elle paraît tenir plutôt en grande partie à la difficulté qu’éprouvent les pêcheurs à se procurer à temps tout le sel dont ils ont besoin.
- Depuis qu’il existe un monopole du sel, dont est chargé le service des douanes et régies, les pêcheurs sont souvent obligés d’attendre les livraisons de sel de l’administration, ce qui leur cause une gêne considérable dans leur industrie; il arrive que le poisson se gâte faute d’être salé à temps, ou que les pêcheurs perdent leur temps à aller chercher de trop minimes quantités de sel dans les dépôts qui sont le plus à leur portée, ou que leurs bateaux ne peuvent plus descendre à Pnom-Penh, la baisse des eaux étant déjà trop avancée.
- 11 est à souhaiter que des entrepôts fixes ou des magasins flottants soient établis par l’administration, pour donner satisfaction aux pêcheurs; une meilleure organisation est d’autant plus désirable que maintenant le Tonlé-sap est tout entier français.
- Gustave'Regelsperger.
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- L’INTÉRIEUR D’UN CUIRASSÉ
- Le navire de guerre moderne est assurément le produit de l’industrie humaine où se rencontrent réunis en plus grand nombre, dans l’espace le plus restreint, les appareils délicats, compliqués et puissants que la science dans toutes ses branches a inventés de nos jours.
- L’étude de ce que renferment les flancs d’un cuirassé, celle du fonctionnement des multiples organes qui lui donnent la vie offrent donc un intérêt tout particulier. C’est cette étude que j’apporte aujourd’hui aux lecteurs de La Nature.
- Je prendrai comme type un des derniers cuirassés entrés en service. Ce sera la République, de 15 000 tonnes, 19 nœuds, qui vient de prendre rang dans notre première escadre à Toulon.
- La description que je vais en faire sera d’ailleurs assez générale pour se rapporter à un quelconque de nos hâti-timents de combat, cuirassé ou croiseur cuirassé.
- Le principe sur lequel sont établis, en France comme
- derrière une cuirasse. Le caisson blindé est formé : 1° par la cuirasse de flanc qui protège la flottaison en s’étendant partie en dessus, partie en dessous de la ligne d’eau ; 2° par un pont également en acier, qui se place comme un couvercle sur le dessus de la boite formée par la coque du bâtiment et repose sur les bords de la cuirasse de flottaison.
- Ce pont est en dos d’âne. Ne pouvant, par suite de sa quasi-horizontalité, être exposé qu’ù recevoir des projectiles sous une très faible incidence, il est beaucoup moins épais que la cuirasse verticale des flancs qui, elle, les recevra normalement ou à peu près. On réalise ainsi une économie de poids assez considérable, ce qui est la grande préoccupation de tout ingénieur chargé de dresser les plans d’un navire. Par surcroît de précautions, on place au-dessous du pont cuirassé et directement au-dessus des organes les plus délicats, un second pont cuirassé mais d’épaisseur encore moindre. Ce dernier est destiné à ar-
- dans toutes les marines du monde, les plans d’un navire cuirassé est le suivant :
- Un grand ponton, une sorte de chaland, reçoit, sur ses flancs et sur sa partie horizontale, ou pont, une cuirasse assez forte pour résister aux projectiles ennemis les plus puissants lancés dans les conditions les plus défavorables pour lui.
- Ce chaland, ou pour lui donner le nom habituellement employé dans l’architecture navale, ce Caisson blindé renfermera toutes les parties vitales du bâtiment, celles qu’il est absolument nécessaire de soustraire aux coups de l’ennemi, parce que leur mise hors de service entraînerait sinon la perte du bâtiment, tout au moins son annihilation comme‘arme de guerre.
- Au-dessus de ce caisson blindé, qui correspond aux œuvres vives des anciens vaisseaux en bois, on construit les parties du bâtiment destinées à recevoir les organes qui ne sont pas indispensables pour le combat, les services de la vie journalière, les logements, etc. Au-dessus encore de cette partie du bâtiment, peu ou point protégée, et qui constitue les ; œuvres mortes, sont placés les canons, raison d’être du bâtiment, et qui doivent être, eux aussi, ainsi que tous leurs organes, mis à l’abri des coups
- rêter les éclats qu’un projectile, atteignant le pont supérieur y éclatant et y faisant brèche, pourrait projeter dans les machines par exemple où il causerait de grands ravages.
- On l’appelle pont pare-éclats; il vient rejoindre les flancs du navire à hauteur du can inférieur de la cuirasse de ceinture.
- Au-dessous de la ceinture cuirassée, la coque du bâtiment est constituée par des tôles d’acier ordinaires, mais elle est renforcée intérieurement par une deuxième, voire même par une troisième coque entre chacune desquelles des petites cloisons placées normalement forment une multitude de cellules.
- Ces alvéoles, qui rappellent assez bien celles des ruches d’abeilles, constituent une protection que l’on espère efficace contre les explosions des torpilles dont les effets seraient ainsi localisés.
- Par ailleurs un certain nombre de grandes cloisons, placées perpendiculairement à l’axe du navire, divisent la coque en autant de compartiments dits étanches, dont la contenance est calculée pour que la flottabilité du navire ne soit pas compromise, si un ou même plusieurs de ces compartiments se remplissent d'eau par suite d’une avarie quel-
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- conque. Le plus important des organes renfermés dans le caisson blindé est l’appareil qui permet au bâtiment de se mouvoir. Sur le type qui nous occupe, f> hélices elavetées sur 5 arbres différents sont mues par un même nombre de machines indépendantes les unes des autres. Celle division de l’effort permet de garder au bâtiment une vitesse suffisante en cas d’indisponibilité d’une des machines. Des cloisons étanches les séparent , ainsi d’ailleurs que les chaudières également réparties en groupes qu’on nomme chaufferies.
- Les appareils à gouverner dont l’importance est capitale sont également logés à l’abri de la cuirasse. Dans un compartiment placé à l’extrême arrière se trouvent la barre et le mécanisme à vapeur appelé servo-moteur qui permet de la manœuvrer sans effort. Ce servo-moteur est d’ailleurs lui-même mis en action par des rênes ou des commandes électriques qui aboutissent à la passerelle et au blockhaus.
- Nous trouvons encore dans les fonds du bâtiment les magasins à munitions appelés soutes à poudre sur lesquelles la catastrophe de Yléna a attiré l’attention publique d’une façon si douloureuse.
- Ces soutes sont en nombre variable et généralement situées verticalement au-dessous des pièces qu’elles, doivent desservir. De la soute à la tourelle ou k la casemate du canon les munitions sont hissées par des treuils ou monte-charge généralement électriques. Elles arrivent à destination en passant par l’intérieur des tubes cuirassés qui servent de pivots aux tourelles.
- Les torpilles automobiles et leurs puissantes charges de fulmicoton sont également placées sous le pont cuirassé, à l’abri des projectiles ennemis qui en les
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- faisant exploser causeraient un désastre irrémédiable.
- On y trouve aussi un poste aménagé pour soigner les blessés, qu’on y amènerait pendant le combat au moyen d’appareils très ingénieux.
- Les soutes à charbon occupent encore une partie notable des fonds du navire. Le combustible en est apporté continuellement par les soutiers qui Je chargent dans des bennes ou des wagonnets. Ce service est un des plus pénibles du métier de marin. Il s’exécute, en effet, dans des compartiments privés d’air, remplis de poussière de charbon et où il faut déployer une activité considérable puisque la consommation de combustible sur la plupart de nos grands bâtiments atteint 20 000 kg à l’heure.
- Avant de quitter le caisson cuirassé par un des panneaux qui le trouent et mettent en communication les fonds du navire avec les parties de la coque qui s’élèvent au-dessus de l’eau, nous jetterons encore un coup d’œil sur les nombreux mécanismes destinés à assurer la ventilation des fonds, à étancher une voie d’eau, à porter de l’eau sous pression.dans toutes les parties du navire en cas d’incendie, à produire l’électricité nécessaire à l’éclairage, au pointage des pièces de gros calibres, etc.
- Les logements occupent la majeure partie des espaces compris entre les ponts supérieurs. Appariements de l’amiral ou du commandant, carré et chambres des officiers, des maîtres, casiers des sacs de l’équipage, cuisines, boulangerie, y sont répartis dans les meilleures conditions possibles. Le confortable n’y est assurément pas aussi considérable qu’à bord d’un paquebot, mais on a cependant réalisé sous ce rapport de grands progrès.
- C’est ainsi que les questions fort importantes du chauffage pour l’hiver et de la ventilation pour l’été ont reçu des solutions généralement heureuses. Il n’en était pas de même sur les premiers cuirassés de notre marine. Leurs parois de tôle en faisaient l’hiver de vraies glacières et les transformaient en été en sortes de chaudrons où
- Au-dessus des ponts nous trouvons l’artillerie dont les, pièces, suivant les dernières décisions de la mode navale, sont placées, quel que soit leur calibre, en tourelles fermées et cuirassées sur toutes leurs faces.
- On est assez porté actuellement à enfermer 2 canons dans chaque tourelle. C’est le système de pièces jumel-lées. Il permet d’avoir plus d’artillerie pour un môme poids de tourelles et est avantageux sous ce rapport. On lui reproche cependant de faire qu’une seule tourelle démantelée paralyse 2 canons au lieu d’un seul.
- Ces tourelles sont disséminées sur les pont supérieurs suivant un plan savant qui permet d’utiliser le plus grand nombre possible des pièces dans toutes les directions.
- Les canons étant immobiles dans les tourelles, ce sont celles-ci qui tournent pour amener la pièce dans la direction du but. Le mouvement leur est donné par des systèmes divers basés sur l’emploi de l’électricité, de la vapeur, ou plus simplement du muscle humain.
- Enfin au-dessus encore se trouve la passerelle, d’où partent tous les ordres et qui joue pour le bâtiment le même rôle que le cerveau dans le corps humain. Au combat, cette passerelle, où le commandant et ses aides seraient fatalement balayés par la première rafale de projectiles, est remplacée par une tour cuirassée, appelée blockhaus, munie d’une fente circulaire par où le commandant a sur la mer la vue nécessaire.
- Tous les appareils de transmission d’ordres aux machines, aux tourelles, aux tubes lance-torpilles, et une commande du gouvernail sont rassemblés et protégés dans le blockhaus sous forme de porte-voix, de téléphones, d’appareils électriques. L’écheveau môme des fils électriques et des tubes descend par un tuyau cuirassé jusqu’à un poste central placé à l’abri de la cuirasse de flottaison, et de là rayonne dans toutes les parties du navire, où ils distribuent les ordres qui, du blockhaus, dirigent les mouvements de 15 millions de kg qui constituent un cuirassé moderne. A. Sauvaire Jourdan.
- cuisaient les malheureux obligés de les habiter.
- LE RÔLE DES POUSSIÈRES DANS LES EXPLOSIONS DES MINES
- Le rôle que les poussières de charbon paraissent avoir joué sans conteste dans la désastreuse explosion de Cour-rières, a donné une triste actualité à cette question des poussières de mines qui préoccupe depuis longtemps les techniciens et a habitué le public à en entendre parler (quelquefois à tort et à travers). Des travaux récents semblent pennettre de traiter maintenant avec quelque espoir d’exactitude une question extrêmement complexe et tout au moins de circonscrire les problèmes encore à résoudre. Le moment est peut-être venu d’en donner ici un aperçu.
- Deux mots d’historique tout d’abord. C’est à Faraday et Lyell (1844) que remonte la première mention sur le rôle possible des poussières. Les travaux de W. Galloway furent, trente ans après, la base de la théorie « poussié-riste )), d’après laquelle les poussières de houille, mises violemment en suspension par un coup de mine ou une explosion de grisou, peuvent propager cette explosion indéfiniment, même en l’absence de grisou dans l’atmosphère des galeries, partout où le sol est recouvert de fine poussière charbonneuse. A l’appui de son opinion, W. Galloway avait fait, en 1878, des expériences dans des gaines de bois de section réduite, représentant en petit une galerie de mine. En France, les assais faits en 1881 à ce sujet aboutirent, au contraire, à une conclusion à peu près négative, qui a été quelque temps admise. On ne contestait pas alors que les poussières pussent donner
- des inflammations, mais réduites à de courtes longueurs ; on admettait également qu’elles pouvaient aggraver les conséquences d’une explosion déjà produite par le gaz inflammable, mais sans pouvoir donner lieu à une propagation indéfinie. Cependant, un revirement commença à se produire à partir de 1884, surtout en Allemagne. Des expériences faites par une commission prussienne à Neun-kirchen, l’explosion de Camphausen (bassin de la Sarre) en 1885, qui fit 180 victimes, établirent, pour beaucoup, que les coups de poussières pouvaient s’étendre à de grandes distances. En 1889, il y eut en Angleterre, à Brancepeth, une explosion tout à fait typique survenue dans une trémie de charbon au jour. Et, de divers côtés, on commença à prendre des mesures pour parer à ce péril : ce qui n’était pas, comme nous allons le voir, sans présenter des inconvénients et même des dangers d’un autre genre. Une explosion, qui fit 116 victimes à la mine Carolinengluck en Westphalie, en 1898, détermina même l’administration prussienne à rendre obligatoire l’arrosage intensif de tous les travaux pour abattre les poussières. Cette intervention administrative, avec une pareille extension, n’a été encore imitée dans aucun autre pays, ni en Angleterre, ni en Belgique, ni en France. C’est pour en étudier et, le cas échéant, en démontrer la nécessité, que l’on s’est décidé récemment en France à recommencer toute une série d’expériences méthodiques, d’abord
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- au laboratoire, eu petit, puis dans une galerie d’essai de grandes dimensions et de 500 mètres de long, reproduisant, autant que possible, les conditions de la pratique1.
- Mais, avant que la question ait été ainsi complètement élucidée, il est déjà résulté, des constatations faites après l'expérience de Courrières, l’adoption générale de la théorie poussiériste, bien que celle-ci ne soit pas encore comprise par tout le inonde de la même manière. Sans doute ouest aujourd’hui d’accord pour admettre le danger de, la propagation indéfinie d’une inflammation originelle avec des poussières de charbon suffisamment fines et en proportions convenables. Mais la discussion porte sur les conditions très complexes et, en même temps, très spéciales, très rarement réalisées simultanément, qui, suivant les uns, doivent être nécessaires pour produire une telle explosion, tandis que, suivant les autres, l’explosion dépend seulement de l’intensité de l’inflammation originelle.
- II y aurait, pour les premiers, toute une série de variables susceptibles d’intervenir à la fois pour modifier les conditions du phénomène : finesse du grain, inflammabilité des poussières pouvant dépendre en partie de leur composition chimique, vitesse du courant d’air, facilité d’écoulement des gaz de la combustion (la surpression semblant une condition nécessaire de l’expérience), enfin et surtout la proportion des poussières flottantes, qui ne peut dépasser certaines limites sans étouffer la propagation de la flamme, au lieu de l’activer (ce qui expliquerait bien des insuccès expérimentaux anciens). D’après M. Chesneau,
- III grammes au mètre cube seraient la proportion la plus dangereuse.
- En résumé, le problème des poussières comporte deux parties distinctes, dont on achève aujourd’hui l’étude : 1° Conditions précises du danger; 2° Moyens d’y remédier.
- Sur le premier point, voici quelle est la théorie exposée par M. Chesneau, le secrétaire de la commission du grisou.
- Avec la proportion optima de 111 grammes de poussière fine au mètre cube d’air, la chaleur totale dégagée par le mélange est de 907 grandes calories, susceptibles de porter, à volume constant, la température de l’acide carbonique formé et de l’azote restant à 2579°. Or, un mètre cube d’air grisouleux, au maximum théorique d’explosivité (soit 9,42 de grisou), donne 901 calories et une température des produits égale à 2131° : soit un résultat à peu près équivalent. Les deux mélanges, d’air et de poussière, ou d’air et de méthane, offrent donc, à cet égard, un danger tout à fait analogue. Notamment avec les poussières, la température des gaz produits est telle que la combustion, une fois commencée en un point, peut se poursuivre indéfiniment : 6 pour 100 des 907 calories produites suffisent pour porter le mélange voisin d’air et de poussières à une température de 1000°, plus que suffisante pour l’enflammer. La principale différence avec le grisou est que, dans le cas des poussières, les deux éléments, dont le rapprochement est dangereux, air et poussières, sont seulement juxtaposés (comme dans la poudre noire) et non mélangés (comme dans une nitroglycérine) : d’où une propagation beaucoup plus lente et seulement de proche en proche (1 mètre par seconde au lieu de plusieurs milliers de mètres), mais qui suffit néanmoins, surtout quand il s’y associe un courant d’air animé lui-même d’une certaine vitesse, pour déterminer le tourbillonnement des poussières devant le front d’inflammation et leur déflagration indéfinie.
- Les conditions du problème étant ainsi à peu près établies dans leurs grandes lignes, reste à trouver le remède.
- 1 Yoy. n° 1766, Informations.
- Parmi ces remèdes, quelques-uns, qui ont des chances pour être les plus efficaces, sont les mêmes que l’on emploie déjà pour le grisou, dont le danger est analogue. 11 suffit donc d’étendre aux mines poussiéreuses certaines prescriptions relatives à l’aérage, aux explosifs, etc., déjà adoptées pour les mines à grisou. La question des explosifs, notamment, est très grave et controversée. On s’est aperçu que certains explosifs, dits « de sécurité », et, en Belgique, « antigrisouleux », ne donnaient qu’une sécurité (jui paraît de plus en plus relative. Des expériences faites à Frameries ont, par exemple, montré que les poussières de charbon des mines de Courrières produisaient facilement des explosions sous l’action de charges de poudre Favier n’excédant pas 400 grammes et, les concurrences commerciales intervenant, on a alors préconisé certains explosifs allemands du type Kohlencarbonit, qui, pour des charges de 700 grammes, ne donnent pas la même inflammation, mais dont l’infériorité de puissance est considérable. Les études dans ce sens sont encore trop loin d’être achevées et trop délicates pour pouvoir trancher la question. Mais on a, en outre, recommandé, surtout en Allemagne, une mesure un peu radicale, coûteuse, et non sans inconvénients d’un autre genre, qui est l’arrosage intensif des chantiers poussiéreux avant le tirage des coups de mine. Cet arrosage ne peut réussir qu’à la condition d’être réellement intensif et continu, à la condition de répandre des torrents d’eau presque sans interruption et il n’est même pas démontré qu’il suffise. On a reconnu, en effet, que trois heures après l’arrosage, une mine bien aérée était déjà sèche et la catastrophe récente de Redon s’est produite dans une mine arrosée réglementairement à la suite d’une interruption dominicale C Financièrement, le procédé constitue, pour les mines, une charge très lourde. En Westphalie, où on l’a imposé de suite avec une discipline prussienne, il en est résulté déjà, pour 4000 kilomètres de canalisation, une dépense de 12 millions, entraînant une dépense moyenne de 0,125 franc par tonne de charbon. Mais, ce qui est plus grave, c’est qu’en voulant ainsi éviter un danger assez rare, on tombe dans un autre qui est constant. L’existence, dans les galeries, de mares d’eau stagnantes (impossibles à éviter dans ces galeries irrégulières) est le moyen le plus sur de propager l’ankylostomiase, cette terrible « anémie des mineurs » qui fait des ravages de plus en plus considérables et dont on est aujourd’hui si justement préoccupé. En outre, surtout dans les couches très minces, comme à Anzin, ces torrents d’eau ne peuvent manquer d’entraîner des chutes du toit, des éboulements, avec une série d'accidents de détail, moins retentissants que ceux du grisou mais peut être aussi meurtriers. On a, dès lors, proposé — •et l’on va bientôt sans doute imposer administrativement en France — divers moyens destinés à couper la propagation d’une explosion de poussières, par des mares établies de distance en distance, par des sections de galeries muraillées à arrosage constant à la limite de chaque quartier, ou par l’intercalation, sur le circuit, d’espaces sablés avec des poussières schisteuses qui, d’après les observations faites à la suite de diverses explosions, seraient susceptibles d’arrêter la traînée de flamme. Ce sont là des questions d’ordre technique dans lesquelles nous ne saurions entrer ici. Il suffira d’avoir montré les points bien éclaircis de cette question si grave et la complication des problèmes restant à résoudre, aussi bien en ce qui concerne la cause précise des accidents que pour ce qui regarde les mesures
- destinées à garantir ultérieurement la sécurité des mineurs.
- ** *
- 1 Yoy, n° 1758, Informations.
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- LA NATURE.
- COMPTEUR A GAZ A NIVEAU CONSTANT
- La mesure exacte du gaz livré au consommateur est une question très intéressante pour celui-ci, mais elle touche de plus près encore le vendeur, car, comme on le verra tout à l’heure, il est plus exposé à subir un dommage. On sait que les compteurs sont constitués principalement par un volant creux en métal tournant dans l’eau sous l’influence du gaz qui s’ennnagasine dans les poches dont il est composé; les tours du volant étant enregistrés mécaniquement et la capacité de chaque poche étant connue on obtient facilement la quantité du gaz qui a passé par le compteur. Chaque poche a une capacité déterminée, mais la quantité de gaz qui peut
- constamment par suite de l’évaporation que produit le passage du gaz ; de nombreuses expériences ont permis de constater qu’à la température1, moyenne de 15° il passe A gr. de vapeur d’eau par mètre cube de gaz.
- Les constructeurs de compteurs ont donc été amenés, pour satisfaire les compagnies productrices de gaz d’éclairage, à imaginer un système qui entretienne automatiquement le niveau constant ; les solutions proposées sont nombreuses et nous allons en signaler quelques-unes. La plus simple est donnée par le compteur à flotteur compensateur (lig. 2, n° 1). La gravure montre l’arrière du compteur;
- Fig. 1. — Compteur à niveau constant avec injecteur Dupoy.' En cartouche, principe île l’appareil. N° 1. Le volant et son logement. — N° 2. l’artie antérieure de l’appareil contenant l'injecteur.
- s’y loger, avant que la poussée ne la fasse sortir de l’eau, ne peut être constante que si la hauteur de l’eau au-dessus de l’axe du volant est elle-même constante.
- Il faut donc que ce niveau de l’eau dans le compteur soit entretenu soigneusement ; s’il s’élevait, la pression de l’eau augmenterait sur la poche et elle contiendrait moins de gaz qu’elle ne doit en contenir, d’où perte pour le consommateur; mais comme ufie issue est ménagée pour laisser écouler l’eau qui excède le niveau normal, cela ne peut se produire que si on bouche cette issue.
- Par contre il est clair que si le niveau diminue la capacité de la poche augmente et on livre une quantité de gaz supérieure à celle indiquée par le compteur.
- Malheureusement pour le vendeur, si le niveau d’eau ne peut s’élever grâce au trop-plein dont est muni l’appareil, il tend au contraire à s’abaisser
- l’eau y est au même niveau que dans la partie avant, qui renferme le volant, et qui communique avec elle.
- Le flotteur F est constitué par une boîte, demi-cylindrique, creuse, hermétiquement close, suspendue par un axe placé au milieu de la partie rectiligne. Si il n’y avait pas d’eau, cette partie serait horizontale, la partie curviligne étant en dessous.
- Par construction le flotteur est un peu incliné à vide et quand on a mis de l’eau jusqu’à la hauteur voulue il tend à surnager; mais, tenu par son axe, il a été forcé de pivoter jusqu’à une certaine position d’équilibre.
- On comprend qu’il soit possible de calculer le poids et le volume du flotteur de telle sorte que la partie immergée compense toujours le volume d’eau qui manque. Mais si l’axe de suspension n’est pas i très mobile, si d’autre part des dépôts calcaires
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- LA NATURE.
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- s’effectuent sur le flotteur et modifient son poids la compensation ne se fait plus exactement; de plus on est obligé de donner à la boîte du compteur une dimension un peu exagérée; ces divers inconvénients ont fait abandonner ce système de réglage si simple en apparence. On a eu recours alors à des solutions un peu plus compliquées. Dans le compteur Schol-field (fig. 2, n° 2) on a utilisé le mouvement du volant dont l’axe est prolongé pour faire tourner, au moyen d’un engrenage, une petite machine éléva-toire constituée par un tube recourbé SS. Le compteur est divisé en deux parties dans le plan vertical par une cloison; notre gravure représente la partie arrière; dans la partie avant se trouve le volant, elle est en communi cation avec les compartiments B et E et l’eau s’y trouve au même niveau.
- Le reste constitue une bàclie de réserve où l’eau se trouve à un niveau plus bas ; c’est dans cette bàclie que viennent plonger tour à tour les extrémités du tube S, pour puiser l’eau qui s’écoule par le centre A. dans les compartiments en communication avec celui du volant ; un trop-plein ramène l’excès d’eau dans la bâche de ré- è
- s’abaisse et se relève alternativement sous l’action de leviers articulés L, mus par l’arbre du volant, vient puiser l’eau dans cette bâche et la laisse écouler ensuite dans les compartiments en relation avec celui du volant. Un trop-plein renvoie à la bâche de réserve l’eau en excédent. Ces systèmes, comme
- on voit, sont très ingénieux mais nécessitent un mécanisme qui emprunte sa force au volant et peut à un moment donné se dérégler. Tout récemment M. Dupoy, directeur d’une ;rande fabrique parisienne de compteurs à gaz, a imaginé " un nouveau dispositif qui supprime
- tout mécanisme en utilisant une sorte d’injecteur dont le principe est indiqué ci-contre (fig. 1 en cartouche). Si on plonge dans l’eau un tube vertical C de faible diamètre (environ 7 mm.) ouvert aux deux extrémités et qu’au niveau de la partie inférieure on
- Fig. 2. — Compteurs à niveau cous tant.
- 1. Compteur à flotteur compensateur. — 2. Compteur Scholficld. 5. Compteur à cuiller.
- serve. Ce système est surtout en usage en Angleterre-, On ne l’emploie plus en France où il a été remplacé par le compteur à cuiller (fig. 2, n° 5) dans lequel les dispositions sont à peu près les mêmes que dans le précédent au point de vue des compartiments à eau; celui où est le volant, situé à la partie antérieure, communique avec B et E, le reste constitue la bâche de réserve. Une cuiller C, qui
- amène peu à peu, au moyen d’un tube AB, de petites quantités de gaz, il arrive un moment où les bulles, accumulées en B, s’échappent brusquement, non pas, comme on pourrait le supposer, au travers de la colonne d’eau contenue dans le tubeC, mais au contraire en entraînant celle-ci hors du tube. Aussitôt après, le tube se remplit d’eau à nouveau et le même phénomène se reproduit ensuite.
- On a donc là une machine élévatoire sans mécanisme, c’est celle qui a été réalisée dans le nouveau compteur Duplex à injecleur Dupoy (fig. 1).
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- LA NATURE.
- Ou voit (u° 1) le volant 1), comportant trois poches, dont l’axe s’enlile en M; le gaz arrive dans les poches du volant par le tube F qui entoure l’axe. A la partie extérieure du volant on remarque de petits augets E ; ils sont destinés à capter une petite quantité de gaz quand ils passent à la partie supérieure de l’appareil et à la laisser échapper quand ils arrivent à la partie inférieure à la hauteur d’une hotte H qui le conduit à une poche où débouche le tube A de l’injecteur.
- En regardant l’autre côté du compteur (lig. 1, n° 2) on voit la protubérance P que forme cette poche et, à sa partie inférieure la sortie du tube A dans la hache de réserve. Au-dessus de lui on voit en B l’extrémité du tube G qui, après avoir traversé une cloison, va déboucher dans un compartiment communiquant avec celui du volant et où l’eau a, par conséquent, le même niveau.
- A chaque tour du volant quelques bulles de gaz sont donc amenées dans la poche P et, quand la pression est suffisante dans cette poche la projection d’eau se produit par le tube C, d’après le principe (pie nous avons indiqué tout à l’heure. Le même phénomène se renouvelle tant qu’il y a de l’eau dans la bâche de réserve : un trop-plein y ramène constamment l’eau en excès dans le compartiment du volant, où le niveau reste ainsi toujours constant automatiquement. Ce système très ingénieux et très simple ne peut pas se dérégler et n’emprunte aucune force au volant ; aussi est-il appelé à se généraliser rapidement. G. Chalmarès.
- LE REBOISEMENT
- dans l’Afrique Occidentale
- Selon le récent rapport de M. J. Dybowski, il s’opère une diminution progressive du peuplement forestier, dans l’ensemble de régions qui forment le Soudan. En même temps s’affirme une modification du climat. La déforestation, en effet, dessèche à la fois l’air et le sol; bientôt il se forme une flore spéciale, désertique, caractérisée par sa résistance extrême à la sécheresse, et qui n’est d’aucune utilité pour l’homme.
- Le Cap Vert, région aujourd’hui presque stérile, était, au milieu du xviue siècle, d’après le botaniste Adanson, recouvert d’une vaste forêt, qui justifiait son nom. Les conséquences de cette transformation générale sont la ruine totale, en passant par les étapes suivantes : diminution du régime des pluies, prolongation de la région sèche, abaissement du cours des rivières, disparition des grandes surfaces d’eau, mauvaises conditions de culture, appauvrissement général.
- La connaissance des causes d’un étal si grave mon tri' toutefois qu’il n’est passons remède etquel'homme, principal auteur de sa ruine, peut, quand il le voudra, l’arrêter.
- « Ennemi né de la forêt » l’homme primitif sait que son sol est plus fertile que celui de' la plaine herbeuse, et il coupe les arbres pour obtenir des terrains de culture, ainsi que le font de nos jours les populations forestières du Congo et de la Côte d’ivoire. La civilisation croissante augmente encore les dangers pour le bois : il fournit les matériaux locaux de construction, puis devient l’objet d’un commerce considérable avec les négociants de tous
- pays. Enfin, en Afrique, ces causes destructives dues à la civilisation, s’accompagnent d’un fléau vraiment barbare : les feux de brousse. Chaque année, lorsque la saison sèche est bien établie, les indigènes mettent le feu aux herbes, faisant partout reculer l’ancienne grande forêt équatoriale, transformée en steppe herbeuse, où gisent les débris d’arbres carbonisés. L’indigène, qui trouve dans cette pratique désastreuse un des meilleurs procédés de chasse, et dont les animaux domestiques prospèrent sur le sol fécondé par la flamme, ne s’aperçoit pas, ne peut pas s’apercevoir des conséquences redoutables de son imprudence, et, cependant, dans certains endroits, le danger est déjà tel que la quantité de bois disponible ne répond plus aux besoins des indigènes : c’est ainsi que sur les marchés des oasis sahariennes, de Saint-Louis et de Dakar, on vend du bois tourmenté, informe, des racines d'arbres que l’on va disputer au sol, parce que le produit aérien est devenu trop rare et que ce sont les derniers débris utilisables de la foret. M. Dybowski, pour enrayer le mal, partage le territoire en trois grandes zones qui seraient chacune l’objet d’un traitement particulier.
- 1° La zone forestière : région de la grande forêt équatoriale sur la Côte d’ivoire et au Congo.
- 2° La zone de la brousse forestière : Guinée, Soudan Central, Haut Dahomey, alentours du Tchad, partie haute du Congo depuis la rive nord de l’Oubanghi.
- 3° La zone semi-désertique : territoire du Sénégal, rives du Sénégal et du Niger. C’est certainement la partie la plus dévastée. Il faudra donc se livrer à un repeuplement systématique dirigé par des forestiers et des agronomes, sur un plan élaboré à la suite d’une étude des territoires à utiliser. P. Loncocuiî.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 juin 1907.
- Présidence de M. Becquerel.
- L'ébullition de l'eau et la pression. — M. A. Leduc a déterminé de nouveau avec précision la variation de la température d’ébullition de l’eau par rapport à la pression. Le nombre trouvé est identique à celui qu’avait indiqué M. Chappuis, du Bureau international des poids et mesures; il diffère de 0,025 de celui qu’on pouvait déduire des expériences de M. A. Pérot.
- L’identification par les empreintes digitales. — M. Daslre donne lecture d’un rapport sur la question suivante : les empreintes digitales fournissent-elles un procédé d’identification individuelle présentant les garanties nécessaires et quels sont les procédés de contrôle à employer? M. Daslre rappelle que les procédés d’identification judiciaire, actuellement pratiqués par M. Bertillon, donnent d’excellents résultats et 11e comportent pas moins de six investigations différentes, dont, les empreintes digitales. Mais ce procédé ne peut être employé sur des individus âgés de moins de 18 ans, parce que beaucoup d’éléments mensurés varient jusqu’à cet âge. Le procédé des empreintes plu r i-digita le s fournit des résultats que l’on peut considérer comme présentant des garanties de certitude en rapport avec nos connaissances. Quant aux contrôles qui pourraient être effectués, il est impossible, au point de vue purement scientifique, de les déclarer superflus.
- Particularité observée sur une trombe. — M. de Lap-paront expose une Note de M. Maillard relative à des phénomènes de hâppag'e observés sur une trombe qui
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- LA NATURE.
- s’est abattue, le 22 mai 1907, à la Ferté-Suinl-Aubin (Loiret). Là, comme à Gravant en 1905, les dégâts causés accusent une brusque diminution de pression sur le passage de la trombe. 11 en est résulté dans les locaux fer-més des éclatements du dedans au dehors.
- La géologie du Sahara. — M. de Lapparenl résume ensuite une Communication de M. Chudeau relatant la grande étendue des affleurements siluriens au Sahara où i’arcliéen occupe une surface beaucoup plus restreinte qu’on ne l'imaginait. Ce silurien fortement disloqué devait être dès le début du dévonien à. surface à peu près aplanie sur laquelle les grès à spirifers sont demeurés à peu près horizontaux. Les plissements hercyniens - ne dépassent, pas beaucoup la latitude d’Insàlah. Plus rloiii une surface considérable est occupée par des grès que M. Chudeau est disposé à attribuer au crétacé inférieur et qui n’ont subi par la suite que le contre-coup des mouvements alpins suffisant pour permettre le rajeunissement du relief saharien et la manifestation volcanique de l’Aïr et de l’Aliaggar. M. de Lapparenl annonce, en outre, que l’étude des échantillons recueillis lors du raid du colonel Laperrinc entre le Touat et Taoudeny, a pci mis à M. Flamand de reconnaître la présence aux environs de celte dernière localité, d’assises carbonifériennes bien caractérisées par leurs fossiles indiquant le dinantien supérieur. L’àllure de ces assises rend admissible leur liaison avec des affleurements plus au sud, tels que ceux qui ont été soupçonnés au Congo. En tout cas, cette constatation contribue encore à restreindre l’espace qu’on peut attribuer en Afrique aux schistes cristallins.
- LES LAITS
- Le problème de la transformation du lait en poudre ou tablettes, d’un volume réduit, d’un transport facile,'d’une conservation aisée, a depuis longtemps déterminé des recherches actives.
- La première tentative fut l’œuvre d’Àppert vers 1810, qui, par simple dessiccation, obtint des tablettes de lait; plus tard, Malbec prépara l’extrait de lait en concentrant du lait écrémé additionné de sucre. C’est seulement vers 1856 que la fabrication des poudres de lait prit un essor imprévu après la découverte du procédé de Grimewalde consistant à concentrer dans une chaudière à double fond du lait additionné d'un peu de sucre et de carbonate de soude ; un courant d’eau chaude à 5-4° circulant dans le double fond déterminait la concentration de la masse, versée ensuite dans des vases non métalliques où elle subissait une nouvelle dessiccation suivant un procédé analogue. Ces dessiccations lentes et successives étaient nécessitées par la crainte de donner aux poudres le goût de « cuit ».
- Relier, Grimaud, Legrip, imaginèrent des dispositifs particuliers pour déterminer la concentration lente du lait à l’air libre ou dans des appareils à vide, avec ou sans addition de sucre.
- Poursuivant toujours des recherches èn vue de réaliser cette dessiccation à très basse température, le Dl Martin Ehlenberg imagina d’évaporer à 4.0° du lait contenu dans un « exsiccateur » à marche continue. Lè D1 J. Cambpell obtint la poudre de lait dite
- Géologie de la Sardaigne. — M. Deprat envoie une Note dans laquelle il indique qu’en Sardaigne les manifestations volcaniques récentes caractérisées par les volcans et les coulées du Logudoro ont été précédées par des épanchements de basalte très cristallins, de labradorites, de basaltes à hyperslhène dont la sortie a eu lieu postérieurement au dépôt des sédiments helvéliens.
- Le diagnostic de la tuberculose. — M. A. Calmetle expose ses recherches sur le diagnostic précoce de la tuberculose chez l’homme. 11 préconise une méthode nouvelle qu’il a expérimentée avec le concours de MM. Breton, Petit et Pain-bian, et qui consiste à instiller dans l’un des yeux du sujet une goutte d’une solution aqueuse à 1 pour 100 de tuberculine précipitée • par l’alcool, sans glycérine. Les sujets sains ne présentent aucune réaction. Chez les tuberculeux, dès la cinquième heure, la muqueuse de la paupière rougit, l’œil larmoie. La congestion persiste très accusée pendant 24 heures environ, puis disparaît sans causer d’autres troubles.
- Spectre de métaux. — M. Lippnïann présente une Note de MM. Heinsalech et de Watléville relative à un procédé permettant d’obtenir un spectre très net de flamme des métaux. Ce procédé consiste à faire jaillir l’étincelle électrique dans un ballon entre deux conducteurs constitués par le métal dont on. désire observer le spectre. Le ballon est traversé par un courant d’air qui alimente un bec Bunsen. Dans ces conditions, l’air entraîne des parcelles intinitésimales de métal qui viennent brûler dans la llamme et fournissent le spectre désiré.
- Ch. de Villedeuie.
- jN POUDRE
- « Nutrium », en concentrant le lait dans plusieurs récipients de cuivre étamés intérieurement et chauffés par des serpentins d’eau chaude; dans le lait débouchent des jets d’air chaud qui provoquent un violent bouillonnement et facilitent l’évaporation. La dessiccation s’achève dans une série de cylindres tournants chauffés par l’air chaud.
- Des procédés tout différents reposent sur la coagulation du lait ; le coagulum obtenu, égoutté, est ensuite solubilisé par un alcali, puis desséché et pulvérisé. La coagulation est obtenue par la présure et‘ le citrate de soude (procédé Backhâus) ou bien la caséine est précipitée par l’alcool (procédé G. Lewis).
- La Société « Séparator » de Stockholm prépare le « Proton » en coagulant le lait par l’acide acétique, neutralisé ensuite par le carbonate de soude.
- Les procédés mécaniques ont retrouvé dernièrement une faveur nouvelle à l’aide de deux méthodes récentes.
- Dans la méthode Just-Hatmacker, le lait tombe en nappe mince entre deux cylindres métalliques creux tournant en sens inverse, et dont les parois sont chauffées à plus de 120° par la vapeur sous pression pénétrant à leur intérieur. C’est ce que montre la figure que nous devons à l’obligeance de la Société des Produits lactés.
- Par suite de la caléfaction une mince couche de vapeur s’interpose entre le lait et la surface chauf-
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- LA NATURE.
- fée, l’évaporation a lieu, la lamelle mince obtenue se sèche et tombe en fines parcelles.
- Deux ingénieurs français ont enfin réalisé tout récemment un mode original de dessiccation. MM. Be-ncvot et E. de Neveu font arriver le lait sous une pression de 250 atmosphères par un orifice de 1/10 de millimètre de diamètre au centre d’une chambre close chauffée à 75° par un courant d’air chaud.
- Par suite de la détente brusque, le lait se répand dans la chambre, s’épanouit en huée, la vapeur d’eau est entraînée par l’air chaud, la poudre de lait se condense et tombe sur le fond de la chambre constituée par des plaques de verres mobiles.
- Telles sont les diverses méthodes employées pour obtenir les poudres de lait.
- Quelle est la valeur alimentaire et hygiénique des produits ainsi obtenus? M. Farines, professeur à l’École laitière de Mamirolle, a présenté sur ce sujet au dernier Congrès international de laiterie une intéressante étude.
- « On a fait une très grande réclame autour de ces poudres ou tablettes de lait, mais on peut dire qu’il y a lieu de restreindre les mérites que les inventeurs leur attribuent : les reproches qu’on peut leur adresser sont même assez graves pour qu’on ne puisse les passer sous silence dans l’intérêt même de l’avenir de cette industrie. » D’après Knoch il y aurait déjà actuellement une surproduction de poudre de lait sur le marché par suite de son faible écoulement résultant de son état défectueux. Il faut, en effet, pour obtenir un bon produit, employer du lait irréprochable. Or, beaucoup de fabricants emploient du lait demi-gras ou totalement écrémé, en prétendant que cet écrémage facilite la bonne marche des travaux, le liquide obtenu par la dissolution de ces poudres n’est plus alors que du lait écrémé.
- Certains fabricants ajoutent que la poudre de lait riche en matière grasse est difficile à conserver ; il se produit une sorte de saponification qui donne au produit le goût de rance ; pour éviter cet inconvé-
- nient on y associe parfois des antiseptiques, fluorure de silicium, borax: ces substances constituent un danger pour la santé publique.
- Le but recherché, c’est-à-dire la solubilisation facile de ces poudres en vue de reconstituer le lait, n’est pas toujours obtenu; sous l’action de la température élevée, les éléments du lait subissent des modifications dans leur constitution physique et leur composition chimique, c’est la caséine qui est le plus sérieusement modifiée et qui s’insolubilise le plus rapidement.
- Pour lui rendre sa solubilité on ajoute des alcalis : carbonate de soude, citrate de soude, dont la
- présence * [provoque également de véritables intoxications.
- On a parlé parfois de l’emploi de ces procédés pour l’allaitement artificiel; la crainte de trouver ces substances toxiques dans les poudres de lait doit faire écarter ces essais; de plus, on saitnette-ment le rôle, dans la digestibilité du lait, des ferments digestifs qui ne résistent pas à l’action de la chaleur des appareils dessiccateurs ; la destruction consécutive des glycérophosphates de chaux, les modifications de la caséine sont autant de causes d'incompatibilité des poudres de lait avec l’allaitement des nourrissons. M. le Dr Chassevant s’est élevé dernièrement contre les dangers de l’emploi de semblables aliments artificiels, surtout lorsqu’ils sont destinés aux malades ou aux enfants.
- Les poudres de lait, obtenues rationnellement, ont un débouché tout indiqué qui résidera dans l’approvisionnement des bateaux et des colonies; leur usage en chocolaterie, pâtisserie, boulangerie, s’est d’ailleurs généralisé ces temps derniers en proportion sensible; on s’en sert également pour l’alimentation du bétail et la nourriture des chevaux de course. Paul Diffloth.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1779. — 29 JUIN 1907.
- LA NATURE.
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- ;~ S/8tiorut
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- LES CHASSEURS DE TETES A FORMOSE
- La récente convention franco-japonaise, réglant tant de points politiques en Extrême-Orient, a remis en lumière l'importance stratégique de Elle de Formose sur laquelle les renseignements ci-après peuvent sembler d’actualité.
- Jusqu’au xiv® siècle, Formose n’était habitée que par une population de race malaise dont l’existence est men- ..... -
- et, à partir du commencement du xvuie siècle, l’émigration des Célestes à Formose n’a guère été interrompue. Les aborigènes tentèrent de leur résister, mais furent obligés peu à peu de céder du terrain et se trouvent aujourd’hui refoulés dans la région montagneuse et inexploré 'est, qui couvre la moitié environ de la surlace to-' " taie de
- Eu haut, garnison d’un poste de surveillance.
- A gauche, poste de surveillance de la frontière des Atayal. — A droite, frontière des Alayal le long de la rivière Soo.
- En bas, sauvages Atayal.
- tionnée plusieurs fois par les historiens chinois de cette époque. Ceux-ci racontent comment les habitants de Elle traversèrent souvent, sur de grossiers radeaux, le dangereux détroit pour attaquer les riverains de la province de Fokien, afin de se procurer du butin, notamment des clous et des objets en fer. A cette époque, des pirates chinois et japonais, frappés de la situation avantageuse de Formose au point de vue stratégique, y établirent leurs repaires. Lors de l’invasion tartarc, de nombreux partisans de la dynastie des Ming suivirent cet exemple 35e année. — 2e semestre.
- Elle. Ces autochtones tonnent un grand nombre de tribus que les Japonais ont classé en sept groupes principaux : Atayal, Vonum, Tsou, Tsalisen, Païwan, Puyuma, Amis. Quatre de ces groupes, les Amis, les Puyurna, les Tsou et les Païwan, sont inolïensifs et ne s’attaquent plus à la population jaune. Les Yonum et les Tsalisen, plus voisins des districts chinois, se bornent à combattre entre eux; mais les Atayal, qui à eux seuls occupent la moitié de toute la région aborigène, ne cessent de se livrer à des incursions contre les habitants des environs, et constituent un
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- LA NATURE.
- péril constant pour les nombreux ouvriers qui récoltent et distillent le camphre dans les forêts voisines de la frontière.
- Les Àtayal s’étendent sur les deux versants de la chaîne médiane, depuis la province de Giran au nord jusqu’au centre de l’ile, à hauteur du 24e degré de latitude qui marque la séparation entre eux et le groupe des Vonum. Ils vivent dans des villages formés de quelques huttes, construites en bambou; le sol est creusé sous ces abris jusqu’à une profondeur de 2 m. environ. Leurs dépôts de vivres, au contraire, sont bâtis sur pilotis alin de préserver les récoltes contre les rats et autres rongeurs très nombreux dans ces parages. Dans les agglomérations les plus importantes une case spéciale est réservée pour les conseils de la tribu. C’est là que les guerriers se réunissent avant d’entreprendre leurs expéditions de chasse et de guerre. À ces expéditions se limite l’activité des Atayal, qui méprisent le travail manuel et laissent aux femmes le soin de cultiver le millet et les patates pour leur nourriture, ainsi que la ramie qu’ils emploient pour lisser des espèces de tuniques sans manches. Ce vêtement constitue tout l’habillement des individus des deux sexes. Les hommes se couvrent, en outre, la-tête de casquettes en peau de cerf ou en libres tissées de formes variables.
- Comme tous les montagnards, les Àtayal sont de haute stature et bien constitués; les hommes s’arrachent deux des incisives supérieures et pratiquent trois tatouages horizontaux sur le front, quelquefois un autre sur le menton. Les femmes y ajoutent deux bandes, allant des oreilles aux coins de la bouche, en arc. de cercle d’une largeur de 5 cm. environ et composées de lignes minces se coiqtüit diagonale-mont.
- La religion de ces peuplades, des plus élémentaires, comporte uniquement le culte des ancêtres auxquels on offre à chaque pleine lune des gâteaux dé millet; tous les villages possèdent également une sorcière chargée d’exorciser les malades et d’écarter par des prières et des sortilèges la présence des esprits nuisibles.
- Le trait caractéristique des mœurs des Atayal est la chasse des têtes, à laquelle tous les hommes se livrent activement. Dès qu’un ennemi est tombé au combat, on le décapite;' le crâne est bouilli longuement pour faire disparaître les parties charnues, puis, après avoir été blanchi au soleil, il vient prendre place sur une espèce d’étagère qui orne l’entrée de chaque village. L'è chef de la tribu est choisi parmi les guerriers qui contribuent pour la plus large part à enrichir cette macabre collection. Aucun jeune homme ne peut prétendre contracter mariage ou prendre place au conseil sans compter au moins un de ces trophées à son actif. Si deux Atayal se prennent de querelle et ne parviennent pas à régler leur différend, ils quittent simultanément le village et le premier qui revient chargé d’une dépouille sanglante obtient gain de cause.
- Lorsque les Japonais prirent possession de For-mose en 1895 à la suite de la guerre contre la Chine, ils consacrèrent de louables efforts à se concilier les aborigènes et à obtenir d’eux qu’ils se tinssent tranquilles dans leurs montagnes sans molester leurs voisins chinois. Les groupes méridionaux sont demeurés üdèles aux engagements qu’ils ont pris avec les nouveaux maîtres de l’ile, mais les Atayal se sont montrés incapables de renoncer à leurs féroces habitudes'. Aussi les Japonais ont-ils pris le parti de les détruire. Ils envoyèrent d’abord contre eux de nombreuses expéditions militaires; elles ont toujours échoué. Les sauvages ne leur opposaient au commencement de haïr marche qu’une faible résistance, les attirant ainsi au cœur de leur pays, puis, lorsque l'ennemi se trouvait sur un terrain particulièrement. difficile, ils lui tendaient des embuscades et décimaient les colonnes. Dieu peu de soldats nippons ont pu regagner leur point de départ, et, à plusieurs reprises, des bataillons entiers ont été anéantis jusqu’au dernier homme.
- Ces désastres ont amené les Japonais à mobilier leur tactique et à se maintenu’ sur la défensive. Ils ont, à cet effet, établi, autour du pays atayal, un cordon de blockhaus défendus par une police militaire indigène encadrée de sous-officiers et d’officiers japonais.
- Ces blockhaus, solidement construits en pierre, occupent des points qui commandent le terrain à des distances variables mais ne dépassant pas 1 km., de manière à pouvoir en cas d’attaque s’appuyer mutuellement.
- Ce cordon a permis d’enrayer fort efficacement les incursions des Àtayal et le nombre des assassinats commis par les sauvages diminue tous les ans. En 1905 il atteignait encore le chiffre de 493.
- Le gouvernement projette de reculer progressivement la ligne de surveillance vers l’intérieur du pays atayal, de limiter ainsi chaque année davantage la région qu’ils habitent, ce qui amènera un jour leur complète destruction. Ces opérations nécessitent l’emploi d’un corps mobile de police qui vient s’ajouter aux garnisons permanentes de la partie du cordon qui est poussée en avant ; à ces occasions, l’armée prête à la police des canons de montagne et des mitrailleuses.
- Les progrès accomplis ont été fort lents jusqu’à ce jour; mais on prévoit qu’à l’avenir les Japonais se verront obligés de les pousser plus activement, car les forêts de camphriers situées dans le pays soumis s’épuisent très vite, et, comme cette industrie fournit les revenus les plus importants du budget colonial, il faudra chercher des arbres dans la région dangereuse des forêts inexploitées.
- La lutte contre les aborigènes sera donc désormais plus vive encore que par le passé et la des-r truction de ces sauvages, si intéressants au point de vue ethnographique, peut être désormais prévue dans un avenir rapproché. Réginald Kann.
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- LE CHEMIN DE FER MÉTROPOLITAIN DE PARIS
- La Machine à poser les voussoirs, système A. Pifre
- Au cours de nos précédents articles, nous avons indiqué comment, pour réaliser le passage de la ligue n° 4 sous les deux bras de la Seine et l’ile de la Cité, on avait été amené à substituer au revêtement ordinaire maçonné du souterrain du type courant, sur une longueur de plus d’un kilomètre, un revêtement métallique Tonné d’une succession d’anneaux en fonte de 0,60 m. de longueur, lixés les uns aux autres par des boulons: cette enveloppe,
- 5,865m.) ; à la formation de chacun des anneaux dont il vient d’être question, concourront 13 voussoirs de 4 centimètres d’épaisseur, dont la longueur prise suivant l’arc de douelle est de 1,82 m., à l’exception toutefois du voussoir de clef qui ne mesure que 0,55 m. Ces voussoirs, dont la courbure varie suivant leur position, pèsent environ 600 kilogrammes chacun; des nervures périphériques venues de.fonte avec eux, saillant de 0,42 m. dans les parties voû-
- qui est doublée intérieurement d’un crépi en béton recouvert d’un enduit de ciment de Portland et extérieurement d’une couche de mortier de ciment injectée sous pression et destinée à combler les vides d’extrados, devant, au double point de vue de la résistance et de l’étanchéité, rester de beaucoup préférable à la plus massive des constructions maçonnées.
- La forme du souterrain à parois métalliques est très voisine de celle du souterrain maçonné ; sa section transversale se rapproche sensiblement d’une ellipse dont le grand axe mesure 7,275 m. et le petit axe 5,485 m. dans œuvre1 (hors-œuvre ces dimensions se trouvent respectivement portées à 7,774 m. et
- 1 Dans œuvre le souterrain du type courant mesure 7,10 m. d ouverture pour une hauteur de 5,20 m. Un constate donc
- tées, de 0,19 m. dans les piédroits, permettent de les assembler intérieurement les uns aux autres par des boulons, après interposition d’un joint étanche de 0,005 m. en bois créosoté et étoupe goudronnée.
- Nos lecteurs savent déjà que les procédés d’exécution sont différents Suivant qu’il s’agit du passage sous les deux bras de la Seine ou de la traversée des terrains avoisinants ; dans le premier cas, le cuve-lage, entouré d’un épais manchon de béton, a été emprisonné par tronçons de longueur variable, dans des caissons métalliques foncés verticalement jusqu’au niveau convenable, au moyen de l’air comprimé. Dans ces caissons, montés sur berge, lancés
- ici une augmentation de 0,175 m. dans le premier sens et de 0,285 m. dans l’autre sens.
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- Fig. 2. — Yuc d’ensemble de la machine à poser les voussoirs.
- T. tirant; C, cabestan; A, arbre horizontal; DD', contrepoids; M, pompe ; 1111', réservoir; li, pompe; B lï B, consoles; E, embase ; F, disque ; II, bras iixe ; L, bras mobile ; N, presse hydraulique ; S, tige du pistou.
- à l’eau, remorqués jusqu'au lieu de fonçage et tout d’abord lestés avec les voussoirs amenés à pied d’œuvre par une grue flottante, ces derniers — d’ailleurs munis d’une oreille extérieure destinée à les maintenir en place pendant le boulonnage et qui, pour ce faire, pénétrait et glissait entre les cornières transversales, à dessein non jointives, de l’ossature sur lesquelles elle pouvait être fixée par une clavette en des points déterminés — ont pu être aisément posés avec le matériel ordinaire des chantiers (en l’espèce un treuil se mouvant sur un pont roulant placé à la partie supérieure du caisson) d’abord parce que, grâce à la présence de l’enveloppe protectrice de béton, leur poids a pu être réduit à 450 kg et qu’ensuite, travaillant à l’air libre, au jour, dans un espace suffisamment vaste, les ouvriers pouvaient disposer, dans les positions convenables, les points d’appui et planchers intermédiaires nécessaires à leurs manœuvres.
- C’est au contraire par cheminement horizontal que les terrains non situés sous les deux liras du fleuve, mais également baignés par la nappe aquifère, doivent être traversés; dans ces circonstances, l’usage du bouclier était tout indiqué, aussi M. Cha-gnâud, l’entrepreneur de ces travaux, a-t-il étudié un type à section entière, construit en prévision de l’emploi de l’air comprimé pour le refoulement des Gaux, qui fonctionne depuis le 15 avril dernier sous la rue Danton et sur le mécanisme duquel nous re-
- viendrons prochainement. En souterrain, la pose des voussoirs à main d’homme aurait été, sinon impossible, au moins interminable et très coûteuse; de plus, pour que l’usage du bouclier devint intéressant et économique, il fallait pouvoir disposer d’un engin qui, immédiatement derrière lui, effectuât cette pose sans perte de temps, pendant la période de déblaiement qui sépare toujours deux courses. La machine remplissant cet office, l’Erector, comme l’appellent les Anglais, était connue, mais jusqu’alors elle n’avait fonctionné que pour la confection de tunnels métalliques à section circulaire, formés par des voussoirs uniformes et pour lesquels les conditions de prise et de pose de chacun de ces derniers étaient les mêmes, pour tous1.
- Dans un souterrain à section elliptique, dont les parois sont par conséquent inégalement éloignées du centre, ces conditions devenaient au contraire spéciales pour chaque voussoir et c’est celte difficulté qu’a su vaincre M. Abel Pifrc, en construisant un engin capable,. tout comme dans le cas du revêtement circulaire, de prendre un voussoir sur le sol du souterrain, de l’enlever, de le présenter dans une position convenable à la place qu’il doit
- 1 La première application de cet engin remonte à 1893; il a été employé pour la pose des voussoirs des stations souterraines du Waterloo and City R. de Londres et, un peu plus tard, pour la confection du tunnel métallique de Black-wall sous la Tamise.
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- définitivement occuper et de le maintenir pendant le boulonnage.
- Cette machine, d’une précision merveilleuse, est actuellement annexée au bouclier qui fonctionne sous la rue Danton; elle se compose de deux parties essentielles : une plate-forme mobile supportant la machinerie, placée immédiatement derrière le bouclier, qu’on pousse en avant au lur et à mesure que celui-ci avance, et un bras de levier, sorte de balancier à allongement facultatif, évoluant en avant de la plale-lbrme autour d’un axe de rotation horizontal sensiblement placé au centre du souterrain à construire (lig. 1). La plate-forme mobile est constituée par trois poutres transversales, deux en avant, une cm arrière, reliées par des entretoises et supportant un plancher. Elle repose entièrement sur deux essieux munis à leurs extrémités de galets qui roulent sur deux rails longitudinaux fixés sur des consoles B assujetties, à hauteur convenable, aux vous-soirs latéraux des anneaux préalablement assemblés à l’aide du balancier; des tirants transversaux à tendeur T, reliant les consoles ainsi solidarisées avec les voussoirs, s’opposent à la déformation des anneaux pendant le passage de cette plate-forme. Le mouvement de translation s’effectue à main au moyen d’un cabestan G commandant par engrenage, chaînes et pignons, les essieux des galets (fig. 2). Le balancier est monté sur un arbre horizontal A qui lui permet
- de décrire une révolution de 560°; il se compose d’une partie H, non sujette à l'allongement, appelée bras fixe, sorte de poutre-caisson très solidement fixée par l’une de ses extrémités à l’embase E qui termine cet arbre horizontal et supportant, à son extrémité opposée, un contrepoids P destiné à équilibrer en partie les charges variables que le bras mobile ou à coulisse L, constitué par une poutre à double T se télescopant à l’intérieur du bras fixe, est appelé à supporter (fig. 2, 5-1II et 4). Le bras mobile est terminé par un « grip » ou tôle, organe très ingénieusement combiné, armé de deux paires de pinces susceptibles de saisir les voussoirs par leurs nervures longitudinales D, D' (fig. 3-1) dont l’écartement, constant pour tous, est de 60 centimètres. Le cercle décrit par le bras fixe a 2,165 m. de rayon, le rayon des arcs de cercle décrits par le bras mobile varie entre sa plus petite course qui correspond à la prise du voussoir à pied d’œuvre (R = 1,90 m. environ) et son allongement maximum qui se produit pour la pose des voussoirs les plus éloignés (R = 5,80 m. environ). Sur la face antérieure du bras fixe a été calée une presse hydraulique N (fig. 2); la tige S du piston de cette presse radiale, de la même longueur que le bras mobile, est attachée par son extrémité libre à la tête que porte ce dernier auquel elle communique, par cet intermédiaire, les différents mouvements d’allongement et de raccourcissement.
- Fig. 3. — I. Détail de la tôle ou « grip » ; H. Cadran indiquant l’inclinaison à donner au grip pour la pose de chacun des 13 voussoirs ; 111. Coupe transversale du balancier (A, arbre horizontal; E, embase; F, partie fixe; M, partie coulissante;
- 11, presse hydraulique radiale; V, tige du piston de celte presse).
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- Enfin l’arbre horizontal sur lequel est monté le balancier est muni d’une roue dentée s’engrenant sur une crémaillère F (fig. 4) reliée à chacune de scs extrémités au piston d’une puissante presse hydraulique; les deux presses P et PP disposées à droite et à gauche de la plate-forme, commandées par le distributeur à cylindre 1) (fig. ‘2), sont à double effet : en agissant donc simultanément et en sens contraire, elles actionnent la crémaillère et provoquent l’évolution du balancier. Un second distributeur 1)', placé sur la plate-forme à côté du premier, commande la presse radiale.
- La pose des voussoirs devant être faite avec une grande précision, le grip est combiné de façon à pouvoir osciller dans dillérents sens. Amenés à pied d’œuvre sur des wagonnets, les voussoirs n’auraient pu être saisis par les pinces de la tête qu’autant qu’ils leur auraient été présentés dans une position bien déterminée, ce qui n’était pas sans difficulté, leur poids excessif les rendant peu maniables; en animant la tête d’un mouvement de rotation autour d’un axe longitudinal, on obviait à cet inconvénient : le volant à main V (fig. 5-1), agissant sur la roue dentée R laisant corps avec l’arbre M retenu dans les fiasques immobiles S par la bague de retenue N, provoque la rotation de tout l’organe autour de l’axe E, permet donc de prendre le. voussoir dans la position quelconque qu’il occupe sur le wagonnet, puis de le placer rigoureusement dans le plan vertical de l’anneau à poser.
- Les quatre pinces, organes de préhension, qui terminent la tête, sont montées par paires aux extrémités d’un arbre transversal T; une pince G de chaque extrémité, solidaire de l’arbre T, obéit à l’action du volant .à main P par l’intermédiaire de la vis A et du segment R, l’autre pince 11 est folle. Chaque voussoir, en plus de ses nervures périphériques, est renforcé dans les deux sens par des nervures médianes G et U se croisant, et c’est à droite et à gauche de la nervure transversale G que de chaque côté, sur les nervures 1) et D', pince folle et pince commandée, formant ainsi un angle a, viennent, au moyen des broches F, se verrouiller dans les trous de boulons K symétriquement placés par rapport à cette nervure C (fig. 5-1 et II). En raison de la concavité variable des voussoirs, l’angle a (fig. 5-11 et 4) varie pour chacun d’eux; les deux pinces G (fig. 5-1) sont donc pour chaque cas orientées par le volant P jusqu’à ce qu’elles viennent coïncider avec les trous de boulons K : quant aux pinces folles elles y sont facilement introduites.
- On remarquera également que l’angle de position P (fig. A), formé par l’inclinaison que doit prendre la tête sur le balancier pour poser normalement les voussoirs, varie pour chacun d’eux ; après verrouillage des broches, on donne au voussoir son inclinai-son définitive, celle qu’il conservera après pose sur la surface elliptique du souterrain, en faisant tourner le volant P (fig.. 5-1) et, par conséquent, les pinces G, jusqu’à ce qu’une aiguille J, fixée sur la pince
- commandée G', vienne se confondre avec un rayon dessiné sur le cadran indicateur L (fig. 5-1 et 11) : treize rayons numérotés indiquent la position à donner à chacun des 15 voussoirs du tube.
- Le fonctionnement de l’appareil est extrêmement simple.
- Descendus à l’aide d’un treuil dans le souterrain, en arrière du bouclier et de la machine, les voussoirs sont amenés un par un à pied d’œuvre sur un wagonnet. Pour l’accrochage, le balancier à vide, est mis dans une position verticale, la tête en bas, et la longueur du bras mobile est réglée de telle façon que les pinces du grip puissent venir saisir les nervures du voussoir reposant, sur le wagonnet.
- Après les manœuvres qui précèdent le verrouillage et lorsque celui-ci est effectué, on donne au voussoir l'inclinaison déterminée par l’angle de position p (fig. A), puis, le mécanicien, placé sur la plate-forme, fait agir le distributeur I) (fig. 2) des presses horizontales : le balancier évolue en enlevant le voussoir à poser. Il arrête sa rotation au bout de quelques secondes, lorsqu’une aiguille, se mouvant sur le disque F placé devant lui, et pourvu de 15 rayons numérotés, indique par sa superposition avec l’on d’eux (pie le balancier est convenablement orienté.
- Le distributeur IP de la presse radiale est alors manœuvré, le bras mobile s’allonge et applique le voussoir un peu au-dessus de sa place définitive pour éviter de rencontrer les nervures du voussoir précédent ; un léger mouvement en retour termine donc l’opération. La charge, portée par le liras mobile dans ce mouvement, augmente avec son allongement qui lui-même est variable, aussi le poids du contrepoids P (fig. 2 et A), placé à l’extrémité du bras fixe, a-t-il été calculé de façon à équilibrer la moitié de la charge à la moitié de la plus grande course.
- Après boulonnage du voussoir considéré avec le voussoir correspondant de l’anneau précédent, sur une face et avec celui de l’anneau en formation posé immédiatement avant, sur l’autre face, on dégage les pinces, et le balancier, manœuvré à vide cette fois, mais toujours à l’aide des presses, puisqu’on a à réagir contre la gravité du contrepoids P, est ramené dans la position verticale pour recommencer l’opération avec un nouveau voussoir. Pour chaque anneau, on commence par poser les voussoirs de radier, puis, symétriquement et alternativement, les voussoirs latéraux et de voûte pour terminer par le voussoir de clef. L’avancement du bouclier est de 1,20 m. par 24 heures (2 courses de 0,60 m. par jour) et on arrive très bien avec l’engin à monter les deux anneaux correspondants pendant ce laps de temps.
- La machinerie plat u syi h plate-forme est composée d’une pompe Woithmglon M (fig. 2) actionnée par l’air comprimé et reloulant l’eau à la pression de 8 kg. dans le réservoir R qui alimente les
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- presses en eau sous pression, et l’eau, après usage, est refoulée dans le réservoir R' pour être de nouveau employée. Enlin une pompe K, à injection de mortier de; ciment, complète l’installation : sous une pression de 5 kg., par des trous ménagés de place en place dans l'épaisseur des voussoirs, elle chasse le mortier jusqu’au refus entre les parois externes du tube et les terrains avoisinants; après prise, cette couche extérieure de ciment est parfaitement suffisante pour s’opposer aux infiltrations et empêcher l’oxydation du métal.
- Dans la pose, quelques difficultés ont surgi du fait
- Presse hydraulique radiale
- 7 ,e f o
- r /H
- Console
- Console'
- Tige du piston tye la presse radiale
- 1.820
- -Z 7744
- prise pour un souterrain à section elliptique ; mais à Paris, en raison de la nature du sol, elle n’avait pas été jugée indispensable; il est probable que pour remédier à l’inconvénient signalé, on sera, malgré tout, obligé de suivre cet exemple.
- En principe, le bouclier et par conséquent la machine à poser les voussoirs, devaient être employés sur les trois sections, place du Châtelet, caserne de la Cité et rue Danton, à ouvrir par cheminement horizontal. En raison de la solidité des terrains rencontrés, on a pu, entre la rue des Halles et le grand bras de la Seine, percer le souterrain et assembler
- Fig. 4. — Coupe transversale du souterrain montrant les positions successives du balancier pour la pose de chacun des 13 voussoirs.
- de la déformation de la section elliptique du souterrain; soit sous l’effet de la pression des terres ou du manque de résistance du sol derrière les piédroits, soit à cause du défaut d’épaisseur des nervures dans les piédroits, le souterrain tend à s’ovaliser, ce qui amène une réduction d’ouverture pour la mise en place du voussoir de clef. Dans les terrains Huants ou mobiles, cette déformation peut se produire sous l’unique effet de la poussée des terres; c’est ainsi que dans la construction du tunnel sous l’IIudson, pour le passage des voies du Pennsylvania R. R., récemment terminé, des tirants provisoires ont été nécessaires pour maintenir le diamètre horizontal du tube circulaire employé dans cette circonstance. À plus forte raison cette précaution devait-elle être
- son revêtement métallique sans avoir à recourir à ces engins ; dans une galerie préalablement déblayée par les procédés ordinaires, canalisée en prévision de l’épuisement des eaux et pourvue d’une voûte de protection, les voussoirs sont posés de la façon suivante : amenés au moyen d’un treuil sur un cintre métallique pourvu de rouleaux favorisant le glissement, ils sont appliqués à leur place définitive et maintenus pendant le boulonnage par des crics convenablement disposés. Seul le raccordement de cette partie de tunnel avec le premier caisson immergé sous le grand bras de la Seine, donnera lieu à des procédés d’exécution assez curieux que nous nous proposons de décrire en temps opportun.
- E. de Loyselles.
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- LES TURBINES A VAPEUR « CURTIS ».
- Nous avons fait connaître précédemment1 divers modèles de turbines à vapeur et nous avons indiqué les différentes applications auxquelles elles étaient destinées. Nous décrirons aujourd’hui les turbines « Curtis », représentées en France par la Compagnie pour l’exploitation des procédés Thomson-liouston, qui a été chargée de la fourniture et de l’installation du matériel mécanique et électrique d’une usine génératrice par la Société du Gaz et de l’Electricité de Nice.
- Les turbines à vapeur « Curtis » sont des turbines axiales, à un ou plusieurs étages suivant la puissance; chaque étage se compose djune série de tüyères de détente et de plusieurs jeux d’aubes alternativement mobiles. Au sortir des tuyères, la vapeur détendue; est envoyée dans les aubes de la première roue mo- ' bile, et de là, dans les aubes directrices fixes qui la renvoient dans une deuxième roue mobile.
- La vapeur se rend alors soit dans les. tuyères
- de l’étage suivant, soit au condenseur. Les turbines sont à arbre horizontal ou à arbre vertical; la figure 5 donne la coupe en élévation d’une turbine verticale à quatre étages accouplée directement à un alternateur. Un arbre vertical, supportant les roues à aubes À, At, A2, A3 de la turbine ainsi que la partie tournante de l’alternateur, repose dans une crapaudine PQ, placée dans le socle, et est maintenu par trois paliers L, L, L; un support R et une vis de réglage S rendent la plaque P solidaire du socle de la turbine.
- 1 Voy. n° 1744, du 27 octobre 1906, p. 349.
- Fig. 1. — Vue des lurbo-allernateurs de 800• kilowatts a 10 0Û0 volls.
- L’enveloppe de la turbine supporte les aubes directrices R, R4, IL, B5, les tuyères du premier étage C, Cl5 Câ, C3sont fixées sur le couvercle supérieur 1) de la turbine, les tuyères des étages suivants sont montées dans des diaphragmes 1),, 1) 3,1)3 qui séparent, d’une manière étanche, les différents
- étages. Des bagues en graphite N, serties dans des cercles en bronze, assurent l’étanchéité entre l’arbre et le couvercle supérieur de la turbine.
- A la partie supérieure de l’ar-ljre vertical se trouve un régulateur à force centrifuge M. Chaque tuyère est surmontée d’une soupape F qui est commandée par le régulateur. Le débit de vapeur est réglé par le nombre de tuyères ouvertes à l’admission ; ces tuyères sont toujours complètement ouvertes ou fermées, la pression à l’admission et la détente restent constantes. De l’eau est envoyée entre les plaques P et Q à une pression suffisante pour équilibrer le poids de toute la
- partie tournante; le frottement entre les parties métalliques est- ainsi supprimé par l’interposition constante d’une couche d’eau.
- En dehors du régulateur normal, il y a également un appareil de sûreté qui actionne un déclic et coupe l’arrivée de la vapeur, dès que la vitesse de rotation dépasse de 15 pour 100 la vitesse de
- régime. ....................
- : La figure 4 donne la vue d’ensemble d’une turbine « Curtis » commandant directement un alternateur à courants triphasés de 5000 kilowatts à 15200 volts et à 500 tours par minute. La figure 6 représente
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- Fig. 2.
- \uc des turbo-allcrnatcurs de 800 kilowatts à la station du gaz et de l'électricité à Nice.
- M.u.i
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- Fig. 4. — Turbine « Curlis » commandant directement un alternateur à courants triphasés de 5000 kilowatts.
- une turbine « Gurtis » accouplée directement à une dynamo à courants continus de 25 kilowatts, à 125 volts et à 5600 tours par minute.
- En résumé, les avantages de la turbine Curtis sont les suivants : faible consommation de vapeur, constance du rendement, grandes surchauffes, faible vitesse de rotation permettant l’accouplement direct de la machine électrique, absence d’huile de graissage dans la vapeur, absence de vibrations, fondations réduites, facilité de conduite, économie d’entretien. Ajoutons que dans les turbines à vapeur la détente de la vapeur peut être poussée jusqu’à de très faibles pressions et qu’on peut obtenir facilement un vide élevé à l’échappement, toutes bonnes conditions pour obtenir une condensation économique.
- Tout ce matériel électrique a été utilisé dans la station centrale de la Société du Gaz et de l’Electricité de Nice, .qui est en service depuis près de deux ans. La pratique industrielle a ainsi pu sanctionner les divers avantages que nous mentionnons plus haut.
- La station centrale de Nice comprend, en effet,
- deux groupes électrogènes (iig. 2), formés chacun d’un turbo-altcrna-teur à courants triphasés de 800 kilowatts à la tension de 10 000 volts et à fréquence de 25 périodes par seconde (fig. 1). Les turbines sont du type Curlis à quatre étages, à axe vertical tournant à la vitesse angulaire de 1500 tours par minute.
- Une sous-station particulière a été installée pour les besoins de l’usine. Trois transformateurs à courantsalter-natifs simples à huile, de 55 kilowatts chacun, abaissent la tension de 10000 à 220 volts. Une batterie d’accumulateurs de 60 éléments, de 500 ampères-heures à la décharge en rois heures, a été ajoutée.'
- Deux groupes transformateurs ont été disposés pour fournir la puissance nécessaire à l’excitation des alternateurs et à la charge des accumulateurs. Us sont formés chacun d’un moteur de 75,6 kilowatts, tournant à 750 tours par minute et
- Fig. 5. — Coupe en élévation «l’une turbine « Curlis » verticale à 4 étages, accouplée directement à un alternateur.
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- Fi^'. fi. — Jurhinc « Curlis » aecmipléo diiycloincnt à mift dynamo à courant continu
- de 25 kilowatts.
- actionnant directement deux dynamos à courants continus de 40 kilowatts à 125 volts. Toutes les manœuvres nécessaires peuvent être effectuées à l’aide de tableaux (tig. 5) sur lesquels sont disposés les interrupteurs, coupe-circuits, et commutateurs utiles.
- Dans cette station centrale des essais de tous genres ont déjà été laits sur les chaudières, sur la surchauffe, sur les pressions à la mise en marche, au condenseur, etc.
- Nous mentionnerons seulement les chiffres suivants : on a trouvé une dépense de 1,121 kg de coke brut humide par kilowatts-heure utile, une dépense de 7,77 kg d’eau par la turbine par kilowatts-heure utile; enfin, 1 kg de coke brut humide a vaporisé 7,45 kg d’eau. Ces chiffres montrent l’économie que
- peuvent réaliser ces machines et méritent d’attirer l’attention des industriels. .1. Laffakgue.
- LE NOUVEAU TUNNEL
- POUR LE DESSECHEMENT DES MINES DE CRIPPLE CREEK
- . d^ns la zone profonde
- Le district de Cripple Oreek (Colorado) a produit 750 millions de minerais d’or et maintient, depuis plusieurs années, une production annuelle régulière de plus de 90 millions.
- Ce district est situé dans la zone profonde d’un volcan tertiaire largement démantelé. La période de grande activité de ce volcan a été suivie par une période solfalarienne, durant laquelle des émanations métallifères ont dû déposer des tellurures d’or et d’argent dans un champ de fractures très complexe. Les travaux d’exploration et d’exploitation ont cependant mis en évidence l’allure généralement nord-sud des principaux systèmes de veines et le fait que la plupart des grosses mines sont situées sur la zone de pourtour du volcan tertiaire, au contact de celui-ci et du soubassement de granit et de schistes cristallins.
- Cette distribution géographique des lignes de fractures les plus importantes a eu une grande influence sur la répartition des eaux souterraines dans les mines et sur les travaux nécessités par leur épuisement. La courte description que nous allons en donner aura un double intérêt : celui de faire connaître un travail de mine remarquable par son importance, et celui aussi de montrer comment s’opère la circulation souterraine des eaux dans un district volcanique ainsi fissuré.
- La topographie du district aurifère est celle d’un groupe irrégulier de collines qui dominent; un ancien plateau tertiaire. L’altitude du district varie entre 2800 et 5200 mètres au-dessus de la mer. Le champ d’or de Cripple Creek est situé dans un cli-
- mat aride; la précipitation annuelle varie de 50 à 60 centimètres dans les cas extrêmes, avec une moyenne probable de 40 centimètres.
- Les eaux en s’infiltrant constituent une nappe souterraine que les travaux ont rencontrée à une faible profondeur. Elles sont récoltées dans une sorte de bassin fermé; car la cheminée profonde de. l’ancien volcan constitue une cuvette au milieu du plateau de roches archéennes, beaucoup plus imperméables. La nappe d’eau souterraine permanente formait ainsi, avant les travaux, une surface ondulée qui suivait en profondeur et d’une manière atténuée les principaux traits de la topographie du pays. Elle yariait entre les cotes 2892 et 2965 mètres au-dessus du niveau de la mer, d’après les données fournies par les différentes mines.
- Son côté le plus bas se trouvait sur le versant occidental de la cheminée volcanique, le long de son contact avec son soubassement granitique et elle s’élevait à sa plus grande altitude sous la colline de Bull Hill, à l’est.
- Plusieurs mines commencèrent à pomper leur eau dès 1895; mais l’on reconnut assez vite que ce moyen de faire descendre le niveau de la nappe aquifère était à la fois lent et coûteux. Un premier tunnel pour le dessèchement d’un certain nombre de mines fut entrepris ; c’est le tunnel Ophélia, qui servit à dessécher les mines de la partie occidentale du camp au-dessous de la cote de 2825 mètres. Ce tunnel fut utilisé jusqu'en 1898, lorsque le tunnel Standard, à un niveau 61 mètres plus bas, devint le point d’écoulement de la nappe d’eau profonde.
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- Enfin, depuis 1905, le tunnel d’El Paso a abaissé le niveau de la nappe à la cote de 2676 mètres. Depuis le commencement de septembre 1905, ce tunnel a servi à l’écoulement de près d’un million de tonnes d’eau par mois.
- Il aurait fallu une somme de cinq millions de francs pour pomper cette quantité d’eau à une hauteur de 152 mètres, profondeur moyenne des différents puits noyés, tandis que le prix de creusement du tunnel ne s’est pas élevé au dixième de cette somme.
- Les travaux des mines ont prouvé d’une manière nette que les eaux souterraines du district cheminent le long des lignes principales de fractures, qui leur servent de lits souterrains, et l’on a reconnu que certaines mines, placées sur un système de fractures parallèles, appartiennent à un bassin aquifère commun. Ce bassin a comme une vie indépendante et les variations du niveau de la
- hauteur de la' nappe souterraine aquifère y changent rapidement suivant la quantité d’eau pompée par l’une des mines du groupe, tandis que l’inlluence
- de ce changement de niveau n’alfecte pas d’autres mines tout aussi rapprochées que celles de ce groupe le sont entre elles, mais situées sur un autre système de fractures. La différence est surtout sensible entre les groupes des mines situées sur le versant ouest et celles des versants est et sud-est du district. On a proposé de faire un tunnel qui relierait la mine la plus profonde du groupe oriental avec les travaux les plus rapprochés d’elle d’une des mines du groupe occidental, et de drainer ainsi le champ tout entier par le tunnel profond que l’on vient d’entreprendre.
- Ce nouveau tunnel a son entrée à un point appelé Window Rock, dans la vallée de Cripple Creck, à la cote de 2555 mètres. Il atteindra la nappe aquifère
- ~ Victor
- 1 Kilomètres
- Fig. 2. — Carie du district de Cripple cl du tunnel projeté.
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- 544 mètres plus bas que le tunnel d’Ël Paso. Sa longueur sera de 52-43 mètres jusqu’au puits de la mine El Paso avec lequel il sera relié. Ce puits est lui-même à 300 mètres au delà de la zone principale de contact entre la cheminée volcanique et son soubassement granitique, si bien que le tunnel sera continué au delà du puits de là mine El Paso jusqu’à celte zone. On a calculé qu’il faudra deux ans et demi pour construire le tunnel et que la dépense se
- montera à 2 600000 francs. Cela fera revenir à 7825 francs la dépense nécessaire pour abaisser la nappe d’eau souterraine d’un mètre. Mais cela permettra de continuer les travaux des mines à des profondeurs presque doubles de celles qu'elles ont actuellement, et c’est de ce tunnel que dépend l’avenir du grand district aurifère de Cripple
- À.-O. Ritter.
- Creek.
- LA SÉCHERESSE DE L’ANNÉE 1906
- Dans presque toute la France, l’année 1906 a été remarquable par la persistance du beau temps, par la rareté des pluies, par des chaleurs excessives et prolongées. Elle sera surtout mémorable grâce à une sécheresse dont la durée et l’intensité ont varié avec les localités ainsi qu’avec les époques, mais qui a néanmoins présenté un caractère général, et qui a eu, en bien des régions, des conséquences désastreuses.
- Dans le Nord, dans l’Est et même dans l’Ouest, des averses plus fréquentes qu’aillcurs, sinon plus copieuses, l’ont atténuée à diverses reprises ; mais dans le Centre et dans le Midi, elle a pris une gravité tout à fait exceptionnelle.
- C’est principalement depuis la fin de mai jusqu’au commencement d’octobre qu’elle s’est accentuée partout. Nous donnons ci-contre un diagramme dans lequel les traits verticaux indiquent les dates et les valeurs des pluies constatées, depuis le 1er avril jusqu’au 50 novembre, dans quatorze stations du Service météorologique international. Ce diagramme permet donc d’apprécier l’importance de la sécheresse dans les diverses parties du territoire. 11 met en outre en évidence, parmi beaucoup d’autres particularités :
- 1° la sécheresse extrême de juin qui n’a pu fournir un peu de pluie que dans le nord et dans le nord-ouest de la France;
- — 2° pour le littoral de la Méditerranée, la sécheresse de mai-juin-juillel-août-seplembre, qui aurait été presque absolue, sans les pluies du commencement de juillet;— 3° la simultanéité des averses, dans la plupart des stations, au commencement et à la fin de juillet, ainsi que vers le milieu des mois d’août, de septembre et d’octobre.
- Les plus longues périodes sans pluie ont atteint : 56 jours à Clermont-Ferrand (24 mai-29 juin); 47 jours à Perpignan (16 rnai-2 juillet); 50 jours à Lyon (15 mai-4 juillet) ; 59 jours à Marseille (14 août-12 octobre); 72 jours à Toulouse (24 août-11 octobre); 75 jours à Nice (6 juillet-19 septembre).
- Si l’on ne tenait pas compte de 32 millimètres d’eau pluviale tombés à Marseille le 14 août, de 4 millimètres tombés à Perpignan les 15 août et 17 septembre, on trouverait que le manque de pluie a duré 89 jours à Marseille (15 juillet-12 octobre), et 99 jours à Perpignan (7 juillet-14 octobre). •
- Lorsqu’on considère la période de huit mois qui s’étend
- du 1er avril au 50 novembre, c’est-à-dire celle que représente notre diagramme, les quatorze stations se rangent, en commençant par celle qui a reçu le moins de pluie, dans l’ordre suivant :
- 1. Clermont.
- 2. Nancy. .
- 3. Toulouse.
- 4. Lyon . .
- 5. Perpignan
- 6. Brest . .
- 7. Le Mans.
- 210 mm. 270 280 286 296 520 527
- 8. Paris.
- 9.
- 10.
- 11.
- 12.
- 15.
- 14.
- Marseille . Bordeaux . Nice . . . Dunkerque. Besançon . Limoges. .
- 575 mm.
- 415
- 440
- 471
- 486
- 4^8
- 494
- Si Ton s’en tient aux quatre mois juin-juillet-aoûl-
- septembre, qui comprennent la sécheresse la plus forte et la plus générale, on obtient un ordre un peu différent :
- 1. Clermont. . 46 mm. 8. Le Mans. . 77
- 2. Toulouse. . 47 9. Nice . . . 109
- 3. Lyon . . . 57 10. Nancy . . 121
- 4. Bordeaux. . 59 11. Paris. . . 129
- 5. Marseille. . 60 12. Dunkerque. 165
- 6. Perpignan . 67 15. Limoges. . 190
- 7. Brest . . . 68 14. Besançon . 208
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- l)uns les deux cas, c’est Clermont d’abord, et ensuite surtout les stations du Midi qui ont reçu le moins de pluie, tandis que ce sont les régions de Besançon, Limoges et Dunkerque qui en ont recueilli le plus. Ce résultat, qui place Clermont en première ligne pour le minimum de pluie, parait surprenant quand on le rapproche du précédent qui attribue aux stations du Midi le plus grand nombre de jours saris pluie. L’anomalie semble s’accentuer encore quand on remarque que Nice occupe le 10° et le 12° rang. Cela tient simplement à ce qu’en juillet, en octobre et même en août pour Marseille, les averses ont été, vers les cotes de la Méditerranée, beaucoup plus abondantes qu’ailleurs et surtout qu’à Clermont.
- À ce sujet, il convient de remarquer que, si les conditions météorologiques de l’année 1900 ont en général considérablement diminué la fréquence et même l’intensité des pluies, elles ont, au contraire, à certaines époques, favorisé d’une manière extraordinaire la production de copieuses averses. On peut en juger par la liste ci-dessous des averses qui ont fourni une couche d’eau de 50 millimètres au moins :
- Avril 8. Perpignan . 47“
- — 0. Perpignan . 50
- — 15. Perpignan . 50
- — 19. Bordeaux. . 91
- Mai 5. Besançon. . -45
- — 21. Dunkerque. 54
- — 15. Marseille. . 52
- — 15. Paris. . . . 55
- Juin 11. Perpignan . 54
- — 12. Marseille. . 05
- — 14. Lyon ... 55
- — 14. Marseille. . 51
- — 51. Nice. . . . 02
- — 51. Marseille. . 81
- Nov. I. Marseille . 9 l“m
- — 2. Paris. . . 54 5. Brest . . 40
- — 5. Nice. . . -45
- — 7. Nice. . . 55
- — 8. Clermont. 55
- — 8. Nice. . . 59
- — 8. Marseille . 75
- — 10. Nice. . . 57
- — 19. Limoges . 50
- — 19. Lyon.. .57
- — 19. Nice. . . 55
- — 19. Perpignan. 01
- Dans quelques régions, ces pluies abondantes ont ramené à sa valeur normale la quantité annuelle d’eau pluviale. Malheureusement elles n’ont pas suffi, au point de vue agricole, pour remédier au mal qu'occasionne toujours une trop longue sécheresse. C’est qu’en agriculture, l’opportunité des pluies joue un rôle capital, et qu’il ne faut pas attendre ces pluies bien longtemps pour que les compensations ne soient plus possibles.
- D’ailleurs les mauvais effets de la sécheresse du sol, de l’abaissement des nappes d’eau souterraine, du tarissement des sources et des ruisseaux, ont encore été augmentés par des chaleurs fortes et prolongées, par une radiation solaire très vive et par un dessèchement extrême de l’air. Aussi, toutes les plantes culturales, sauf la vigne, ont énormément souffert et n’ont produit que des récoltes inférieures en qualité et en quantité.
- Sous le rapport météorologique, ces faits ont coïncidé avec la persistance presque constante de basses pressions atmosphériques sur la Méditerranée occidentale, et de fortes pressions dans le nord-ouest de l’Europe. En France, les moyennes barométriques relatives aux six mois de sécheresse fournissent une pression de 761 millimètres pour la Provence, et une pression de 765 millimètres pour nos côtes de la Manche. Ce sont bien là, pour notre pays, les conditions ordinaires du temps beau, chaud et sec, mais il est extrêmement rare qu’elles durent aussi longtemps qu’en 1906.
- J.-R. Plumandon.
- Météorologiste à l’Observatoire du Puy de Dôme.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 juin 1907.
- Présidence de M. Becquerel.
- Minéraux nouveaux. — M. Lacroix annonce qu’il a étudié les matières solides provenant des fumerolles du Vésuve par les procédés employés pour l’étude des roches.
- 11 a ainsi été amené à découvrir deux minéraux nouveaux, un sulfate double de plomb et de potassium et d’aulre part un chlorure d'aluminium.
- Les ferments <lu grain de blé. -. M. Roux présente
- un nouveau Iravail de MM. Gabriel Bertrand et Mutter-milch sur les ferments contenus dans le grain de blé. Le son introduit dans le pain deux espèces de ferments solubles : la glutinase qui décompose les matières azotées du gluten eu produisant de la tyrosine, substance incolore, et de la tyrosinase qui oxyde la tyrosine en donnant une couleur brun noir. Celle double réaction diastatique est le type de toute une série de phénomènes naturels dits inélanose, parmi lesquels il faut citer la formation de l’encre des seiches, celle des tumeurs noires chez les vieux chevaux et môme la coloration de la peau des nègres.
- Le dépouillement des vins. — M. Roux présente ensuite une Note de M. ïrillal sur l’origine des dépôts de matières colorantes dans les vins rouges. On croyait que ces dépôts étaient dus à une oxydation lente de ces matières. 11 n’en est rien. Indépendamment des cas où le dépôt est provoqué par des actions microbiennes, la précipitation est due à l’oxydation de l’alcool, produisant de l’aldéhyde acétique qui se combine avec la matière colorante en donnant un corps insoluble. C’est pourquoi le vieillissement du vin ainsi que quelques maladies qui aldéhvlîent le vin ont la propriété de déterminer des dépôts de matières colorantes.
- Engouffrements d’eau sous les mers. — M. A. Gaudry résume une Note de M. Martel sur les gouffres de la mer et le volcanisme. Rien 11’autorise à croire que le sol du fond des mers n’est, point coupé de diaclases en tous sens (dans lesquelles les eaux descendent) et ne présente pas des cavités où peuvent accéder les infiltrations des eaux de la mer. Le creux des océans peut donc comporter des points d’absorption tout comme celui des lacs du Jura, des Alpes, des Pyrénées. Le phénomène est connu et plus fréquent qu’on ne le croit sur les rivages mêmes (à Argostoli, îles Ioniennes; près d’Abhazia, Islrie; à Milo, Archipel, etc.). Ces engouffrements d’eau dans les profondeurs du sous-sol sous-marin pourraient concourir aux éruptions volcaniques accompagnées de grandes masses de vapeur. Bien que cette hypothèse soit contestée par les plus savants géologues, il importerait de ne pas l’écarter avant que l’océanographie eût recherché l’existence, très vraisemblable, des pertes sous-marines qui peuvent exister même à de grandes profondeurs.
- Coraux des régions polaires australes. — M. Edmond Perrier expose que M. Roule, professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse, a étudié certains animaux rapportés du pôle sud par la mission Charcot, appartenant à l’ordre des alcyonnaires. Il a constaté que l’un des types étudiés offrait un arc ilexible et solide comme celui que l’on observe chez les gorgones. Dans la Méditerranée, on
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- LA NATURE.
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- Irotive des polypiers de l’ordre des antipathaires (corail noir), dont la surface est couverte d’épines; il en est de même d’un polypier de l’expédition Charcot.
- Coralliaire de San Thomé. — M. Edmond Perrier présente ensuite une Note de M. Gravier sur un polypier coralliaire de San Thomé, qui présente cette particularité d’être bourré d’algues parasites. On pourrait croire qu’il s’agit d’un cas de symbiose, les algues élaborant des substances dont profile le polypier et celui-ci fournissant aux algues des produits utiles à leur développement. En réalité, l’algue est parasite du polypier pendant un certain temps, puis les rôles sont intervertis.
- Les poids de l'encéphale. — M. Daslre présente un
- tableau dessiné par M. Louis Lapique, dans lequel on voit un graphique exprimant une relation du poids de l’encéphale de chaque animal au poids total. L’auteur s’est servi, pour construire ce graphique, d’une loi biologique indiquée par M. Eugène Dubois, d’après laquelle le poids de l’encéphale et le poids du corps dans l’échelle animale sont liés par une formule exponentielle p = ’Pe°>u, d’où Lp = 0,5t>LP, Lp et LP représentant les logarithmes népériens de p et de P. On voit ainsi que les animaux analogues (souris, rat, taupe) correspondent à des points situés sur une ligne droite. De plus, l’auteur construit des courbes qu’il appelle isoneurales et qui correspondent aux animaux dont le développement nerveux est analogue. Cn. de Viliedeuil.
- LES PORTES TOURNANTES
- Depuis quelque lumps, la mode tend à se généraliser de substituer aux portes ordinaires ce qu’on est convenu d’appeler portes tournantes ou portes tourniquets.
- Ce système se compose d’un tambour au milieu
- Fig. 1 et 2. — Médailles eonlorniates.
- Fig. 1. Néron. — Fig. 2. Trajan, Caraealla.
- duquel s’élève, fixé à une crapaudine, un pivot mobile où s’emboîtent, en rayonnant, trois ou quatre châssis vitrés formant un nombre égal de portes simples mises en mouvement à l’aide d’une poussée pratiquée sur l’une d’elles.
- Si l’on en juge par les récits des anciens auteurs et quelques monuments, celte invention remonterait au moins au 11e siècle avant notre ère. Elle est, pour la première Ibis, mentionnée dans Yarron à propos des volières où l’on engraissait les grives.
- Après avoir enseigné la manière d’établir ces constructions et de distribuer l’eau en petits canaux, pour faciliter le nettoyage, l’écrivain latin ajoute : « La porte doit être basse et étroite et du genre de celles nommées cochleæ dans les amphithéâtres destinés aux combats de taureaux1. »
- Le même mot servant à désigner divers objets évoquant l’idée de spirale, comme les hélices, les vis à pressoir, les escaliers tournants, etc., ces cochleæ étaient des portes formées de plusieurs châssis, tournant sur le même axe, de manière à faciliter l’entrée ou la sortie en fermant le passage aux animaux que l’on voulait retenir ou auxquels 1 Yarro, De re ruslica, ,lib. III, V.
- on essayait d’échapper1. Une médaille, conlorniale, du temps de Néron, nous montre l’intérieur d’un cirque où cinq spectateurs assistent, du haut du podium, aux combats qui se livrent dans l’arène. Au milieu, poursuivis par un ours, deux gladiateurs dont l’un debout, l’épée à la main et cherchant à éviter l’animal, s’est retranché derrière un tourniquet ou porte tournante et en tient l’un des quatre montants (lig. 1).
- Une scène analogue; est représentée sur des médailles du même genre, contemporaines de Trajan ou de Caraealla (lig. 2)2.
- Mais c’est surtout les diptyques consulaires qui fournissent le plus de détails sur ce fonctionnement.
- Ces petits monuments sont des tablettes, la plupart en ivoire, qui se plient l’une contre l’autre et désignées par les Domains sous le nom dcpugillares. Elles constituaient l’un des présents que l’on s’offrait
- Diptyque du consul Anaslase, ivoire byzantin de l’an 517. (Bibliothèque nationale.)
- au renouvellement de l’année. Plus que tout autre, les consuls étant tenus à cette obligation, ils distri-
- 1 Darembeug et Saglio, Dicl. des anliq. grecq. el rom., t. I, 2° partie C, p. 1265.
- 2 Sabatier, Description générale des médailles contorniates, pl. IX, fig. 4 et lig. 5.
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- LA NATURE.
- huaient des diptyques au peuple, eu envoyaient au Sénat de Rome, aux villes, aux églises, aux parents et omx amis qu’ils avaient dans les provinces.
- L’un de ces diptyques, ivoire byzantin de l’an 517, aujourd’hui à la Bibliothèque nationale, représente, dans sa partie supérieure, assis sur un siège richement ouvragé, le consul Ànastase.
- À ses pieds, sur le registre inférieur, sont représentés les combats de l’amphithéâtre (lig. 5).
- En haut, un agitateur, son lbuet à la main, parcourt l’arène à cheval; il est accompagné de deux individus portant des nœuds coulants qu’ils s’apprêtent à lancer au cou des animaux.
- Pendant que deux gladiateurs se cachent derrière de grands boucliers d’osier, deux autres, cherchant à se soustraire aux grilles des lions, se glissent derrière les portes tournantes, placées au milieu de l’arène; enfin, moins adroit, un dernier belluaire se laisse atteindre au mollet par une panthère, au moment où il s’apprêtait à quitter la piste.
- Faisant la description des jeux de l'amphithéâtre de Titus, Cas-siodore, contemporain d’Anaslase, nous dépeint une scène analogue et le mode d’emploi des portes tournantes. Après avoir vanté l’agilité et la souplesse de certains acteurs : « Un autre, se liant à sa facilité de tourner, dit-il, ne fuit pas en s’éloignant, ne s’éloigne pas en retardant; il suit celui qui
- le suit, il se laisse approcher, se fiant à ses jarrets pour éviter la dent des ours. Celui-là, protégé contre l’animal très cruel par un mur de roseaux qu’il porte devant lui, s’y renferme, dissimulé à la manière du hérisson qui, subitement, se cache sur son derrière; ainsi abrité, il reste invisible, et comme il ne l’abandonne jamais, son petit corps ne parait pas. Celui-ci, garanti par une claie, n’en est que plus préservé par la fragilité des roseaux. D’autres, ayant disposé trois petites portes, osent
- P FHppofy te-JBoussac de]-Fig. -i. — Diptyque montrant les combats de l'amphithéâtre.
- provoquer la
- prête contre eux sur l’arène
- ouverte, cachés derrière des portes grillées, ils montrent tantôt leur visage, tantôt leur dos; il est étonnant qu’ils puissent échapper ceux-là que tu vois ainsi voler, autant dire voltiger entre les
- grilles et les dents des lions1. »
- Un autre diptyque, dont malheureusement aucune inscription ne permet de fixer l'époque ni le nom du consul, nous montre un amphithéâtre où les
- portes tournantes diffèrent quelque peu.
- Sur la piste*, cinq élans, dont deux hors de combat, et quatre belluaires. Des portes, destinées à faciliter leur fuite, sont établies aux quatre points de l’arène. Chacune d’elles est munie d’un judas ou guichet percé de cinq trous à travers lesquels les combattants peuvent se rendre compte des mouvements de l’animal. Au bas du tableau, à gauche, une cochlea, entièrement semblable à nos portes tournantes, est munie de trois châssis parfaitement bien indiqués. Sur la porte qui lui fait face est peinte une figure humaine, destinée, sans doute, à donner le change aux animaux et à les entraîner dans une direction opposée à celle de leur agresseur.
- Telle serait l’origine des portes tournantes.
- Ce système, plutôt encombrant, offre,- paraît-il , l’avantage de supprimer les courants d’air. Ne serait-il pas à craindre que sa présence à la porte des théâtres fût quelque peu gênante, dangereuse même. Dans un moment de panique, provoquée par un incendie, le mouvement de rotation neutralisé par deux poussées parallèles, tout le système opposerait, au public affolé, une invincible résistance. Les coclileæ avaient peut-être plus de raison d’être. P. Hippolytë Boussac.
- 1 M. À. Cassiouoiu, Vartarum, lib. V, Epist. xlii.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Laiiurè, rue de Fleurus, 9.
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- N" 1780. — 6 JUILLET 1907.
- LA NATURE.
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- PORT-SAY (ALGÉRIE)
- Nous avons dit, ou parlant do Nemours1, que Port-Say, sur la frontière marocaine, était devenu, en quelques années seulement, un port commercial bien outillé et un centre maritime important. Nous avons eu la bonne fortune de pouvoir nous procurer des renseignements très prêtas sur cette intéressante entreprise; ils nous ont été fournis par le créateur lui-même du \
- te. Tout commerce français, depuis 14 ans, avait disparu de cette région, abandonnée également par les négociants algériens à la suite de conüits survenus avec les Marocains. Le pays était malsain à cause de ses marais; plusieurs assassinats de colons français le faisaient passer pour dangereux.
- Lorsque M. Louis
- dents de la capture d’une goélette marseillaise, pillée sur la côte du Kiss en 1898. Le jeune officier de marine construisit sa cabane de chaume, sur les dunes, à côté des gourbis des bergers arabes. Il se mit tout de suite à l’œuvre, sans perdre un instant, et, avec sa ténacité de Breton, il ne se laissa rebuter par aucune difficulté; il poursuivit, au contraire, son œuvre avec ténacité, si bien que, en 7 années, cet emplacement, jadis désert, de la plage du Kiss, est devenu un port important. Sur ce point, un des
- plus pittoresques de la frontière occidentale de l’Algérie, M. Louis Say a fondé une ville maritime, déjà llorissante, appelée à un grand avenir commercial. Port-Say est, aujourd’hui, un joli village français, dont les soixante maisons, magasins, docks ou ateliers abritent environ 550 habitants, parmi lesquels il faut compter 9 fonctionnaires et 24 négociants européens. Le camp du Caroubier, l’entrée de la commune, donne asile à une de 200
- hommes.
- Nous trouvons aujourd’hui, au milieu de cette petite ville, rapidement éclose, tous les rouages administratifs nécessaires au fonctionnement et au développement progressif d’une cité moderne: la douane, le télégraphe, la poste et une école mixte créée par l’Académie d’Oran. Un bureau arabe, annexe de celui de Marnia, a été installé, en janvier 1907, au camp du Caroubier par
- ordre du colonel Beibell, commandant su périeur du cercle de Marnia.
- L’industrie est représentée, dans cette intéressante petite ville, par une briqueterie, deux boulangeries, des épiceries et un moulin. Elle se développera ; car la sécurité est devenue complète à cet endroit, les marais ont disparu et l’eau douce est distribuée en abondance par des puits à galerie et des machines éleva toires.
- Des réservoirs ont été construits pour l’alimentation des maisons et l’irrigation des jardins; des conduites desservent des abreuvoirs pour le bétail et des lavoirs à eau courante.
- Le port-abri a été construit à un bon emplacement; il compte 500 mètres de jetées en maçonnerie. Depuis août 1901, il y a été embarqué plus de 200 000 quintaux de blé ou d’orge, représentant une valeur totale de 2 millions de francs de céréales.
- port, M. Louis Say, lieutenant de vaisseau de réserve.
- A remplacement où se trouve aujourd’hui Port-Say, il y avait seulement, en 1900, quelques misérables gourbis indigènes ; la plage du Kiss était com-plètement déscr-
- Fisr. 1.
- ÜSv
- Panorama de Port-Say.
- situé à
- garnison
- Say vint s'installer sur la plage du Kiss, il n’y trouva tpie trois barques montées par des marins marocains appelés Bocoyas, que l’administration algérienne avait expulsés d’Oran, après les inci-
- Fig. 2. — Débarquement des sucres à Port-Say.
- î
- t
- 1 Yov. n° 1746, du 10 novembre 1906, p. 369.
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- LA NATURE.
- L’année dernière, c’est-à-dire 5 années après sa fondation, Port-Say a été visité par 146 navires représentant ensemble près de 25000 tonneaux. Ces ehifl'res indiquent l’état Hérissant de cette petite, mais très remarquable ville maritime.
- . Cette vitalité et cette progression rapide sont dues à la sagacité et à la force de volonté de M. Louis Say. Ce dernier sut comprendre, fout de suite, le parti qu’il était possible de tirer de la situation géographique et agricole de ce point de la frontière marocaine; il trouva l’énergie nécessaire pour vaincre les obstacles de toutes sortes, qui se dressèrent, au début, devant son entreprise naissante. Nous devons à cet officier de marine toutes nos félicitations. Les initiatives de ce genre méritent des éloges, puisqu’elles contribuent à l’expansion de l'influence française.
- La création de Port-Say prend une importance capitale, après l’occupation militaire d’Oudjda, puisque, depuis la création de ce port, la ville marocaine n’a cessé de le considérer comme un excellent débouché pour son commerce. Port-Say est, en elfet, le port naturel d’Oudjda, dont il n’est séparé que par 50 km. de routes, traversant en plaine, les deux vallées du Kiss et de l’isly.
- 11 nous faut revenir sur la position géographique de Port-Say et la richesse agricole et minière du pays qui l’environne. Citons, d’abord, les plaines des Oulad-Mansour, des Trilfas et des Kebdanas, qui, merveilleuses de fécondité, s’étendent sur 40 000 hectares, bordées par trois massifs montagneux que peuple une population de 50 000 Kabyles. Deux rivières arrosent la région : l’oued Kiss et laMelonya, qui ne tarissent jamais. Un troisième cours d’eau contribue avec les deux autres à la fertilité du pays; il s’agit d’une rivière souterraine, "d’un débit très important. M. Say la découvrit, en 1902, en forant
- un puits au pied de la montagne des Caroubiers, qui domine Port-Say.
- Les qnines de la région complètent un ensemble fort important de richesses naturelles; (‘lies contribueront également à donner au nouveau port français une valeur commerciale très réelle. À des distances variant entre 50 et 90 km., on trouve plusieurs exploitations minières, qui donnent du cuivre, du plomb argentifère, de l’antimoine, du zinc et du 1er. Plus près même, à 4 km. de Port-Say, se rencontrent les gisements d’oxydes de fer du Chaïb-Uasso.
- Il y aurait encore beaucoup de choses intéressantes à dire sur cette ville, qu’une baguette de. fée semble avoir fait éclore, que la volonté d’un officier de marine française a, en réalité, créée. Nous ne pouvons rentrer dans les questions de détails qui nous entraîneraient trop loin, et, après la rapide description que nous avons faite, il faut nous contenter de résumer et de conclure.
- Les richesses naturelles, minières et agricoles, la proximité d’Oudjda, le voisinage de plaines irrigables et des gisements de fer et de zinc assurenl le développement de ce port déjà florissant, tout autour duquel viendront certainement, dans un avenir peu lointain, se créer des centres nouveaux de colonisation européenne et de culture intensive.
- Le gouvernement général de l’Algérie, répondant à un sentiment patriotique, a dépensé tout récemment près d’un million de francs pour construire des routes destinées à mettre Port-Say en relations directes avec Marnia, Oudjda et les mines de Ghar-Houban. Lorsque d’autres routes seront ouvertes dans les vallées du Kiss et de la Melonya, qui s’enfoncent droit au Sud, Porl-Sav occupera une situation unique et privilégiée comme porte de sortie de toute la région marocaine, si commerçante, dont Oudjda est le centre marchand. Wii.l Banville.
- LA CONSERVATION DES POUDRES SANS FUMEE
- Le problème de la conservation des poudres sans fumée, étudié par les techniciens depuis une vingtaine d’années, s’est récemment posé devant le grand public, à la suite de la catastrophe de Vléna.
- Ce que l’on reproche aux poudres B, c’est leur inflammation spontanée. Effectivement, le coton-poudre et les poudres qui contiennent ce produit, c’est-à-dire les poudres sans fumée de tous les pays, sont en dissociation continuelle. Cette dissociation est influencée par toutes les circonstances extérieures; mais la variable principale, de beaucoup la plus importante, est la température. La dissociation, presque nulle à 15°, croit avec une extrême rapidité quand la température s’élève : elle est, par exemple, environ trois lois plus rapide à 40° qu'à 50°. Il se dégage des produits nitreux d’abord en quantités infinitésimales, puis sous l’influence du temps et de la chaleur, la décomposition peut devenir telle que
- l’on perçoive une odeur aeide. Le plus souvent, le phénomène s’achève sans production de flamme, la chaleur dégagée se diffusant par rayonnement et conductibilité. Mais, quand il existe une masse importante de poudre en décomposition acide, la réaction peut s’emballer et la poudre peut être amenée à sa température d’inflammation qui -est voisiné de 180°.
- Avant d’arriver à cet état final de décomposition nitreuse, la poudre passe par toute une série d’états intermédiaires où elle se dissocie plus ou moins vite, mais sans présenter le moindre danger d’inflammation. Suivant qu’on l’aura plus ou moins bien conservée, elle sera plus ou moins fatiguée; elle pourra, par exemple, résister encore un an, dix ans, vingt ans, avant d’entrer en franche décomposition nitreuse. La détermination de l’état de fatigue des poudres est de. la plus haute importance.; en
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- France, l’épreuve de résistance à 110° de M. Vieille est réglementaire dans tous les services. A l’étranger, on n’a pas encore trouvé d’autre procédé pratique pour la détermination de la fatigue des poudres. Pour les cordites, par-exemple, l’épreuve Vieille parait perdre sa signification pratique et, en Angleterre, on ne lait «pie l’essai d’Abel à l’iodure de potassium amidonné; cette épreuve permet de reconnaître une poudre qui entre en décomposition, mais elle ne donne aucun renseignement sur sa durée probable de conservation.
- La vérification systématique des approvisionnements n’a été véritablement établie en France qu’à la suite des règlements de décembre 1901 et les inflammations de YAmiral-Duperré, du Vauban, et du Descaries sont évidemment dues à une surveillance incomplète des poudres. Mais, même depuis l’application de ces règlements, il faut craindre des négligences dans leur application ou, ce qui revient au meme, des erreurs accidentelles dans la confection des gargousses, une poudre en mauvais état pouvant être incorporée dans des gargousses saines. 11 faut donc toujours prévoir les cas d’inflammation spontanée.
- Dès lors, au point de vue pratique, deux questions se posent :
- 1° Les inflammations spontanées se produisent-elles souvent ou rarement; 2° occasionnent-elles des accidents graves ?
- Depuis près de 20 ans, la marine française a fabriqué et utilisé des millions de kilogrammes de poudres B et les résultats de celte longue expérience permettent de répondre aux questions précédentes.
- Au total, il s’est produit, à bord des bâtiments de notre flotte, cinq accidents qui ont été attribués à des inflammations spontanées. Ces accidents sont les suivants :
- 15 mai 1896, Amiral-Duperré (rade de Toulon). — Aucune victime. Poudres non stabilisées et conservées dans des conditions défectueuses ; on retrouve dans les soutes de la poudre en décomposition nitreuse.
- 2 septembre 1900, Vauban (Extrême-Orient).—-Six hommes brûlés plus ou moins grièvement, aucun cas mortel. Même observation que ci-dessus.
- 25 octobre 1900, Descartes (Extrême-Orient), — Aucune victime. Même observation que ci-dessus.
- 15 avril 1904, Forbin (entre La Rochelle et Brest). —: Quelques hommes brûlés, aucun cas mortel. Les douilles ayant fusé n’étaient séparées d’une conduite d’eau à 90° que par une planche de 20 mm.
- 50 décembre 1904, Charlemagne. — Aucune victime. On retrouve dans une soute voisine quelques brins avariés qui paraissent avoir été introduits par erreur, lors de la confection des charges, dans une poudre de bonne stabilité. L’accident se produit pendant une manipulation d’obus, près d’un monte-charge.
- Nous constatons donc, au maximum, cinq inflam-
- mations spontanées sans le moindre accident mortel. Ces inflammations ne produisent d’ailleurs que peu d’effet sur le personnel et celle du Descaries est même désignée sous le nom de simple incident par le commandant de ce navire. Il est intéressant de rapprocher du tableau précédent les listes des autres accidents survenus dans notre marine de guerre et, en particulier, celles des incendies, des accidents de chaudières ou des naufrages de sous-marins.
- 11 s’est produit, d’autre part, deux catastrophes dont les causes initiales sont inconnues. On les a parfois attribuées, sans aucune justification, à des inflammations spontanées de poudre B; le seul fait certain est que leurs graves conséquences ne sont pas imputables aux poudres sans fumée. Ces deux catastrophes sont les suivantes :
- 5 mars 1899, poudrière n“ 1 de Lagoubran. — Nombreux morts et blessés. Cause restée inconnue. Le magasin contenait 80 tonnes de poudre B et 100 tonnes environ de poudre noire. Des centaines de personnes furent tuées dans les villages environnants; de nombreuses vitres furent brisées à Toulon, c’est-à-dire à trois kilomètres du centre d’explosion. Jusqu’à deux kilomètres du magasin, on retrouve des brins de poudre B chassés par l’explosion de la poudre noire et n’ayant subi aucun commencement de combustion. Les effets destructeurs sont certainement dus à l’explosion des 100000 kilogrammes de poudre noire.
- 12 mars 1907, lena. — U 8 morts et nombreux blessés. Cause encore inconnue. Ce cuirassé renfermait 1700 kilogrammes de poudre noire, principalement destinée à des tirs de salut et dont une partie n’était pas encaissée; les graves conséquences de l’accident sont dues à la détonation de cette poudre. Il y a eu, à l’origine, une commotion violente sans déflagration fusante préliminaire de poudre B et l’un des principaux témoins, qui a heureusement survécu, a eu Tunique sensation de l’effondrement général du navire. On retrouva une importante quantité de poudre B provenant du centre même de l’explosion et n’ayant subi aucun commencement de combustion. L’approvisionnement, vérifié au début de l’hiver dernier, était en parfait état de conservation. Toute la poudre retrouvée après l’accident a été examinée brin par brin; dans cet examen, qui a duré six semaines, on n’a retrouvé aucune parcelle avariée.
- En résumé, les poudres B, comme toutes les poudres sans fumée, sont en dissociation continuelle. A basse température, elles peuvent se conserver presque indéfiniment. A la température des soutes, elles s'altèrent progressivement, mais l’épreuve de Vieille permet de déterminer à chaque instant leur état de fatigue et de les retirer des approvisionnements avant qu’elles soient devenues dangereuses. Cependant, il faut toujours prévoir des erreurs ou des négligences et par suite des inflammations spontanées. Une longue pratique montre que l’inflammation spontanée est un phénomène très rare, ne
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- produisant que des accidents de peu d’importance quand de la poudre noire, en quantité importante, ne déllagre pas simultanément. Donc, à condition de débarquer les poudres noires, la situation est tout à fait rassurante.
- Pour terminer, nous donnons, ci-après, quelques indications sur la conservation des poudres sans fumée, à l’étranger. On comprend qu’il est très difficile d’obtenir de tels renseignements; nous garantissons l’authenticité de ceux qui suivent; nous n’avons pas pu, il est vrai, vérifier les indications relatives au remplacement des munitions allemandes, mais elles nous ont été données par des personnes bien situées pour les posséder et d’ailleurs complètement dignes de foi.
- Des poudres au coton pur presque identiques à la poudre B sont employées par la Russie, l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, les États-Unis, l’armée japonaise et quelques autres pays. Nous ignorons si des accidents se sont produits dans ces pays. En Allemagne, les règlements stipulent (pie les poudres doivent être débarquées et remplacées tous les trois ans; une mesure aussi grave et aussi coûteuse n’a pu être prise qu’a la suite d’inconvénients bien constatés.
- Les corditcs (coton-poudre, nitro-glycérine et vaseline) sont surtout employées par l’Angleterre, la marine japonaise et quelques autres pays; l’Italie emploie une poudre analogue, la balistite; comme
- nous le disons plus haut, il n’y a pas actuellement d’épreuve pratique permettant de déterminer leur état de fatigue. Ces poudres ont causé de nombreux accidents attribués à des inflammations spontanées. 11 suffit de rappeler les catastrophes du Milia sa, au Japon, et de l’Aquidaban, au Brésil. Au Japon, il s’est produit au moins cinq autres inflammations spontanées, sans conséquences graves. On sait aussi qu’une inflammation spontanée s’est produite récemment à bord d’un croiseur italien.
- Presque toutes les cordites sont fabriquées en Angleterre. La marine japonaise, quelques républiques sud-américaines et plusieurs monarchies européennes s’approvisionnent chez les fabricants du gouvernement anglais. Depuis longtemps, ces industriels estiment qu’il est nécessaire de maintenir la température des soutes au-dessous de 50°. Actuellement, ils conseillent à leurs clients de maintenir cette température au-dessous de 15°; il faut d’ailleurs que celle-ci reste au-dessus de 7° pour éviter le gel et les exsudations de nitroglycérine. Ici encore, on n’a pu aboutir à des procédés de conservation aussi coûteux et aussi difficiles à réaliser qu’à la suite d’inconvénients bien constatés. Il faut d’ailleurs remarquer que, dans des soutes à 15° et sans qu’il soit nécessaire de fixer une limite inférieure de température, des poudres analogues à la poudre B se conserveraient presque indéfiniment. D.
- LES COQUILLAGES DE NOS CÔTES
- En été, aux bains de mer, un mouvement naturel porte petits et grands à ramasser des coquillages. Mais quels êtres ont habité ces coquilles vides, comment se nommaient-ils, quelles étaient leurs mœurs, à peine quelques conchyliologistes le savent. Beaucoup d’autres qu’eux seront peut-être bien aises de trouver ici, à ce propos, des notions très sommaires, très vulgarisées et restreintes à une vingtaine d’espèces, recueillies précisément dans les conditions que je viens de dire, sans aucune prétention scientifique, sur une plage de la Manche. Il pourrait d’ailleurs y avoir un intérêt sérieux à ce que des notes de ce genre fussent prises avec persévérance par des observateurs de loisir sur telle ou telle plage, dont elles permettraient de suivre les modifications progressives par l’èlfet des tempêtes, des coups de mer, des courants, apportant ainsi une utile contribution à la formation des terrains géologiques1.
- Tout en me bornant à des espèces très communes, je laisserai cependant de côté celles dont
- 1 Ceux que ces questions intéressent trouveront d’amples renseignements dans doux petits volumes de M. Albert Oranger sur les mollusques (chez Émile Deyrollc). On peut également consulter une note de M. Adrien Dolll'us sur les mollusques testacés de la Manche dans la Feuille dés jeunes naturalistes, 1897.
- tout le monde connaît au moins le nom vulgaire, comme les huîtres (Ostrea), les moules (Mylilus), les peignes ou Pecten, dont les grandes espèces Pecten maximus et Pecten jacobeus, sont généralement vendues sous le nom de grande pèlerine et de coquille de Saint-Jacques.
- Toutes les coquilles qui vont être signalées et que nous figurons sans aucune prétention conchyliologique, comme elles pourraient se présenter au hasard à un enfant, sont à ranger dans les deux classes de mollusques que l’on nomme les Gastéropodes et les Bivalves.
- Parmi les autres classes, dont nous ne parlerons pas, celle, autrefois si importante dans l’histoire géologique, des Brachiopodes est aujourd’hui très rare sur nos côtes.
- Quant aux Céphalopodes, représentés en abondance par les calmars, poulpes, pieuvres, etc., nous n’aurons que deux mots à en dire. Notons seulement, à leur propos, que l’on trouve fréquemment, sur nos plages, des sortes de grappes noires, dites raisins de mer, qui sont des œufs de la sépia, ou seiche : un céphalopode, dans l’intérieur duquel se trouve l’os de seiche, et qui fournit également la couleur sépia, contenue dans une poche à encre.
- Commençons par quelques Gastéropodes, ainsi
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- nommés parce qu’ils sont pourvus d’un disque musculaire ou pied, généralement en forme de semelle aplatie, qui leur sert à ramper sur le sol par une sorte de glissement à la façon de nos escargots. C'est
- erinaceus, que l’on appelle encore le Rocher-hérisson, le Bigorneau ou le Perceur.
- Ces murex, qui sont répandus dans toutes les mers, sont des carnivores voraces, qui consomment
- aux escargots qu’ils ressemblent tous plus ou moins par leur coquille unique, d’ordinaire enroulée en spirale et terminée en pointe. La plupart des êtres qui habitent ces petites coquilles, à l’air si paisible, sont de farouches carnivores, aussi redoutables pour leurs ennemis marins que peuvent l’être ailleurs les tigres ou les hyènes; quelques-uns remplissent, pour les organismes en putréfaction, ce rôle de fossoyeurs que la nature a partout confié à quelques individus pour faire rentrer incessamment la mort dans la vie universelle.
- Le premier que nous trouvons ici (L) est 1 e Murex
- de nombreux bivalves (et notamment de jeunes huîtres dans les parcs à huîtres) en perçant leur coquille vers le centre, et que dévore à leur tour un crustacé, nommé le Bernard-l'hermite. C’est d’un murex que les Anciens retiraient la pourpre, substance d’abord h la ne,
- jaunâtre, mais qui, à la lumière, devient jaune citron, verte, puis violette et alors inaltérable. La Nassa reliculata (2), le Cornichon du bassin d’Arcachon, est aussi un mangeur d’huîtres et une victime fréquente du Bernard-l’hermite. Tandis que le Murex perce une coquille moyenne en trois heures, la Nassa, moins active, s’attaque aux huîtres
- 1. Murex erinaceus (Bigorneau). — 2. Nassa reliculata. — 3. Buccmum undalum. — 4. Pupura lapillus. — 5, 6 et 8. Nalica. — 7. Littorina rudis. — 9. Scalaria com-niunis. — 10. Cyprea europea. — 11. Pectunculus glycimeris. — 12. Tapes pulla-stra. — 13. Cardium adule. — 14. Cardium norvegicum. — 13. Mactra solida. — 16. Donax anatinum. — 17. Pandora inœquivalvis. —18. Anomia ephippium. — 19. Soleil (manche de couteau).
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- blessées. C’est un canivore vorace et très abondant. Qu’un poisson pourri soit jeté sur le rivage, les Nassa arrivent de tous côtés directement vers lui.
- Le Buccinum undatum ou Buccin (3), que les pêcheurs de la baie de la llougue appellent le Ban, est aussi un carnivore, qui sert, à son tour, de nourriture aux morues. Dans l’estomac d’une seule morue, on peut trouver 35 à 40 coquilles de ce buccin. Le mot de buccin, (pii vient de bouche, a fourni lui-même un nom de cornet ou de trompette.
- La Purpura lapillus (4), ou Pourpre à teinture, fournit;, quand on presse sur son opercule, une sécrétion violette, que les Anciens employaient, comme celle du Murex, à la fabrication de la pourpre. C’est surtout de moules qu’elle se nourrit.
- Les Natica ou Notices (5 et 0) sont, comme les précédents, des carnivores, qui vivent dans les fonds sablonneux à pou de profondeur et, doués apparemment d’un odorat très délicat, accourent aussitôt vers les poissons putréfiés.
- La Littorina rudis (Littorine) (7) vit, comme son nom l'indique, sur les rivages. On la trouve fréquemment sur les rochers au-dessus de la mer. La Lilto-rina littoreci, qui est de la même famille, se nomme vulgairement le Vignot ou Brelin.
- La Seal aria communis (9) est ainsi nommée parce que sa coquille élégante s’enroule en une espèce d’escalier. Encore un carnivore qui exsude, lorsqu’on l’inquiète, un liquide de couleur pourpre.
- Enfin la Cyprea europea (10), ou Porcelaine, fait partie d’un genre qui, dans les pays exotiques, donne des coquilles très précieuses et chères. Dans nos pays, l’espèce est petite et porte le nom inélégant de Pou de mer.
- Nous passons maintenant aux Bivalves.
- Les Pectoncles sont des Bivalves côtiers qui vivent depuis le niveau de la basse-mer jusqu’à des profondeurs assez grandes. N’ayant point de byssus, ils sont libres; un pied, taillé à peu près comme le tranchant d’une hache, leur permet d’adhérer aux rochers. Le Pectunculusglycimeris(11), ou Amande de mer, généralement tacheté de brun, est la seule espèce représentée sur nos côtes de la Manche. Les pêcheurs la rapportent comme comestible.
- Les Tapes, connus sous le nom de Clovisses, vivent enfouis dans le sable et dans la vase ou cachés dans les fentes des rochers. Sur tout le littoral méditerranéen, ils fournissent aux pauvres un régal analogue aux huîtres.
- Le Tapes pullastra (12) est tantôt libre, tantôt perforant, tantôt accroché par son byssus dans l’intérieur d’une fissure de rocher et conforme remarquablement sa coquille à la structure de la cavité habitée.
- Les Cardinal ou Bucardes, dont nous donnons deux formes : le Cardium edule (13) et le Cardium norvegiçum (14), sont ainsi nommés à cause de leur disposition en cœur.
- Leur pied, grand et musculeux en forme de bras,
- est généralement coloré d’un rouge vermillon. C’est par son moyen que le mollusque s’imprime un mouvement de bascule en s’appuyant sur le sable et faisant des sauts en avant ou en arrière. Les Cardium vivent en colonies sur les sables ou enfouis dans les vases sablonneuses près des côtes. À marée basse, leur présence dans le sable se reconnaît aux petites élévations que présente le sable et d’où s’échappent des bulles d’air. Le Cardium edule, qui est comestible (sous le nom de Coque), se trouve surtout sur les fonds vaseux ou dans les sables boueux. 11 est orné de vingt-six côtes très rapprochées, avec un bord crénelé. Le Cardium norvegiçum, dont nous donnons un jeune, a des côtes très peu saillantes et serrées. Il vit à une assez grande profondeur.
- La Mactra solida (15) vit également sur les côtes sablonneuses, un peu enfoncée dans le sable et faisant des sauts comme les Cardium. Les Martres sont souvent dévorées par les étoiles de mer et les buccins.
- Les Donax ou Donaces (16) vivent, elles aussi, dans le sable, décelées par une petite élévation accompagnée d’un léger sillon, où on va les chercher en introduisant, brusquement une lame de couteau. Au début, de la marée montante, certaines espèces sortent pour s’enfoncer de nouveau par saccades avec une rapidité étonnante. La Donace des canards (Donax analinum), ainsi nommée parce qu’on en trouve souvent un grand nombre, dans l’estomac, des canards macreuses, porte aussi le nom d’olive. La couleur de ces donaces est extrêmement variée.
- La Pandora inœquivalvis (17) vit encore dans des conditions analogues, dans le sable ou la vase. Ses rellets nacrés la l’ont utiliser pour la confection de, boucles d’oreille.
- L'Anomia ephippium (18) est une jolie coquille transparente, et nacrée. L’animal vit fixé sur les corps sous-marins à l’aide d’un os très dur qui passe par l’orifice de la valve antérieure, en fonctionnant comme byssus et, qu’on appelle ossicule ou cheville. On trouve des Anomias sur les huîtres, sur les peignes, superposées les unes aux autres et prenant l’empreinte de leur base. Protégées par cette adhérence, elles se contentent d’une coquille très mince et peu solide. U Anomia ephippium, ou pelure d'oignon, ou Hanon, est un ennemi redoutable des huîtres qu’elle étouffe sous son amoncellement.
- Il serait facile de prolonger longtemps cette énumération ; pour ne pas en fatiguer le lecteur, je me contenterai de citer encore: les Lithodomes qui s’enfoncent dans les pierres submergées en les attaquant, on ne sait par quel dissolvant, et y creusant des galeries souterraines; les Pholades qui se creusent des trous du même genre par un mouvement rotatoire de la coquille; les Couteaux, dont le nom savant est Solen (19), qui vivent enterrés verticalement dans le sable à l’extrême limite de la basse-mer, souvent à un ou deux pieds de profondeur, et qui, lorsqu’on les en extrait, projettent du liquide comme un jet d’eau, etc,., etc. G. Rondelet.
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- LA BASE DU SIMPLON
- La nécessité d’assurer l’alignement aussi parfait que possible du tunnel du Simplon avait conduit à de véritables travaux géodésiques de haute précision, dont j’ai essayé de donner une idée dans un article paru l’an dernier1. On ne pouvait pas s’arrêter au seuil d’un ensemble aussi bien commencé, et la Commission géodé-sique suisse résolut dé profiler de toutes les circonstances du percement pour enrichir, par de nouvelles déterminations, notre connaissance des perturbations qu’apporte, aux surfaces de niveau théoriques, la présence d’un massif montagneux important.
- De son coté, l’entreprise du percement se prêta à ces expériences de la meilleure grâce du monde, facilitant le transport et le stationnement des géodésiens dans le tunnel, et encourageant tout ce travail avec la plus réelle bienveillance. Le mérite, dans une œuvre aussi c on sid é r a b 1e et aussi aléatoire que le percement du plus grand tunnel du monde, de songer aux intérêts de la science est plus grand qu’on ne l’imagine de prime abord. Un jour, on fut sur, le point d’abandonner les travaux, alors que plus de 50 millions y avaient été déjà dépensés. Les difficultés créées par l’irruption abondante des sources chaudes étaient devenues telles que; l’on craignait d’être impuissant -à les surmonter. A ce moment, critique entre tous, la Commission géodésique fut prévenue du désastre possible, et avisée en même temps qu’on lui réservait le front d’attaque pour une dernière détermination de la pesanteur.
- Après mille peines, les équipes se rencontrèrent avec une exactitude inespérée. A ce moment, les géodésiens avaient déterminé, en transmettant l’heure par le téléphone, l’accélération de la pesanteur en dix points à peu près équidistants situés sur la ligne droite reliant, par dessous la montagne, les observatoires de Brigue et d’Iselle. Ces opérations révélèrent un déficit de pesanteur égal à \/6000e environ non loin du milieu du tunnel. Des mesures semblables avaient été faites par-dessus la montagne, ainsi qu’un nivellement de précision, que l’on se proposait de fermer, aussitôt que cela serait possible, par un autre nivellement à l’intérieur de la percée. A tout cet ensemble de travaux, ne manquait plus qu’une détermination directe de la distance, mesurée jusque-là
- 1 Yoy. n° 1704, du 20 janvier 1906.
- seulement par une triangulation, qui sépare les observatoires de Brigue et d’Iselle.
- L’intérêt d’une telle opération était très grand. Pour la première fois, en effet, une base directement mesurée traverserait un massif montagneux, et donnerait, par la comparaison des éléments géométriques avec les dislances astronomiques appareilles, la somme des attractions locales d’une montagne interposée.
- Puis les bases suisses sont courtes, en raison des nombreux plissements du terrain ; or, la mesure de la ligne droite, comprise entre les deux observatoires, devait fournir la plus grande base de l’Europe. Enfin, les conditions techniques de la mesure devaient faire surgir des problèmes nouveaux et intéressants.
- Si la Commission géodésique suisse n’avait pas inscrit
- cette mesure dans son programme, c’est qu’elle la jugeait encore pratiquement impossible.
- On en était resté à l’idée qu’une telle mesure, si elle doit être précise, est nécessairem ent une opération très longue et coûteuse. On avait gardé le souvenir des déterminations classiques exécutées à l’aide des appareils des frères Brun-ner, issus d’un perfectionnement de ceux de Lavoisier et Borda, et qui, avec le travail simultané d’une cinquantaine d’hommes, assurait une vitesse de marche de quelque 400 mètres dans une journée. Or, le tunnel du Simplon occupe une longueur approximative de 20 kilomètres, et une mesure géodésique n’est pas considérée comme faite si elle n’est pas répétée. Il eût donc fallu immobiliser le Immol pendant cent jours et on ne pouvait point y songer.
- Mais, au printemps 1905, le savant directeur de l’Observatoire de Genève, M. R. Gautier, membre du Comité international des Poids et Mesures, eut l’occasion d’expérimenter, au Bureau international, les appareils de mesure des bases que nous avons, M. Benoît et moi, établis avec la coopération de M. Carpentier, et qui, utilisant le procédé de mesure par les fils tendus, élaboré par M. Edw. Jaderin, en augmentent la rapidité à son maximum, et lui assurent une précision qui suffit amplement, aux besoins dé la géodésie la plus exacte.
- Avec ce matériel, la mesure du tunnel semblait praticable. M. Riggenbach, membre de la Commission géodésique suisse, en fit la proposition qui, examinée par nos soins, conduisit au projet dont l’exécution, pour laquelle
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- la bienveillante autorisation des gouvernements italien et suisse avait été obtenue, fut un réel succès pour la méthode.
- Pour l’intelligence de ce qui va suivre, je rappellerai en deux, mots que la mesure d’une base consiste dans le report, entre une série de repères échelonnés le long de la ligne à mesurer, de la longueur d’un étalon connu, qui détermine leur distance exacte. Dans la méthode du Bureau international, issue de celle de M. Jiiderin, l’étalon est un fil d’invar tendu par deux poids que supportent des cordes passant sur des poulies à billes montées sur des chevalets. Les repères mobiles sont des trépieds de bois portant, à leur sommet, un goujon marqué d’un trait, et monté sur un support muni des organes de réglage pour son déplacement rapide ou micrométrique en tous sens. . '
- Les conditions de mesure dans un tunnel sont bien particulières, et les appareils prévus pour le travail en campagne, et dont la description a été donnée ici même *,
- tourner à l’origine de la base. Sa mesure, faite à l’aller et au retour, donne de multiples comparaisons, et permet un jugement très informé sur la précision réelle obtenue. Enfin si, dans la comparaison des résultats, on découvre une discordance inadmissible, indiquant une erreur d’écriture, on est seulement astreint à remesurer la section douteuse.
- Les appareils furent, comme les précédents, construits par M. Carpentier. La Commission géodésique suisse s’était assuré depuis longtemps, en vue de déterminations éventuelles, cinq tils de 24 m. dont l’étude au Bureau international avait pu être faite d’une manière très complète. On y ajouta un fil de 8 m. et un ruban pour les appoints, puis un til de 72 m. pour une opération à longue portée dont il sera question dans un instant.
- Une évaluation du temps nécessaire à la mesure montra que, si aucun accroc ne survenait, elle pourrait être achevée en cinq jours d’un travail à peu près continu.
- Fig. 2. — Tunnel du Sim^lon du côté suisse. A droite : portique principal; au centre, poterne de la galerie de direction.
- nécessitaient quelques modifications pour-' s’y adapter. L’obscurité constitue une gène considérable ; l’étroit espace dont on dispose en est une autre. Mais, en revanche, l’existence d’une voix bien dressée est, pour la mesure, un énorme avantage.
- 11 était tout indiqué d’utiliser la voie pour poser les repères. On leur adjoignit des sortes d’étriersj pincés sur les rails, et sur lesquels venaient se poser deux des pieds de l’instrument. Le troisième était muni d’une sorte de sabot qui s’appuyait sur le deuxième rail, ainsi que le montre la figure 1. Les appareils furent aussi munis de lanternes éclairant les repères. Enfin, on construisit des pièces spéciales, destinées à être vissées sur les traverses, de loin en loin, et constituant des repères de contrôle.
- L’utilité de ces repères est multiple. Ils marquent, le long de la base, des points fixes dont on détermine en passant la position, et qui la divisent en sections formant comme autant de petites bases indépendantes. Si les repères mobiles viennent à être dérangés par un accident, on peut recourir au repère de contrôle le plus voisin, et rien n’oblige, comme en leur absence, à rc-
- 1 Yoy. n° 1643, du 19 novembre 1904.
- La direction des chemins de fer fédéraux, qui, entre temps, avait pris livraison du tunnel, consentit, par une disposition très libérale, à l’aliéner pendant toute cette durée. Pour faciliter l’opération dans la mesure du possible, elle équipa de huit en huit heures des trains partant de Brigue et s’arrêtant en vue du chantier de travail, à proximité duquel il déposait les opérateurs, avec une équipe d’ouvriers qui continuaient leur route à pied.
- L’opération était rendue difficile par l’extraordinaire rapidité qu’exigeait le délai très court pendant lequel le tunnel était à notre disposition; et, d’autre part, les trois équipes successives nécessitaient un personnel nombreux, dont la Commission géodésique suisse ne dispose pas en temps ordinaire. Son éducation spéciale ne pouvait être que sommaire; il fallait donc s’assurer qu’il serait, à tous égards, de premier ordre. Ce fut M. Rosen-rnund qui l’organisa.
- MM. les professeurs Gautier, Riggenbach et Rosen-mund prirent le commandement de chacune des trois équipes, composées d’ingénieurs dont plusieurs avaient une grande habitude des travaux sur le terrain1. Les sei’-
- 1 MM. Knapp, Niethammcr et Weber, ingénieurs attachés
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- vices auxiliaires furent assurés par des élèves de quatrième année de l’Ecole polytechnique fédérale, choisis parmi les plus vigoureux; les transports étaient effectués par des ouvriers du tunnel. Enfin, pour faciliter le travail, deux chariots poussés à hras suivaient les opérateurs, portant des appareils auxiliaires, des outils et la provision de carbure de calcium nécessaire à la charge des lanternes.
- Mais, si le personnel avait été choisi avec le plus grand soin, en revanche, il était à peu près sans expérience du nouveau matériel de mesure des hases. Les opérateurs se réunirent donc à Yiège, et chaque équipe fut initiée, sous ma direction, au maniement des instruments pendant une demi-journée sur une digue et pendant une nuit, par la mesure d’une base de 1 km. sur une voie libre après le passage du dernier train.
- Après ces exercices très sommaires, on aborda le tunnel, dont la figure 2 donne l’aspect extérieur. Le grand portique, à droite, est l’entrée du côté de Brigue ; la poterne plus à gauche est l’ouverture de la galerie de direction, percée afin de permettre les visées en ligne droite assurant la rectitude du tunnel dans la partie moyenne, alors que ses extrémités sont déviées sur une longueur de 200 m. environ de manière à se plier à la direction des vallées.
- L’aérage du tunnel est remarquable ; pour le pratiquer, on ferme, par de fortes toiles, les extrémités de la galerie, dans laquelle un ventilateur insuffle par seconde 35 m5 d’air qu’un deuxième ventilateur aspire à l’autre extrémité. Les toiles ne sont relevées qu’au passage des trains.
- Grâce à celle énergique circulation d’air, dont le courant éteint les bougies, le séjour dans le tunnel n’a rien de désagréable. À son entrée, l’air est frais, trop frais même en hiver. Puis il s’échauffe graduellement jusqu’au voisinage de 30°, et reste très sec aussi longtemps qu’il
- heureusement de très peu de volume. Mais, dans les galeries de direction, la condensation se produit avec abondance, et l’air y est particulièrement opaque. Le travail V est donc pénible, l’alignement des appareils difficile et
- Fig'. 4. — Station de la rive gauche du Iihône; pose des appareils pour la mesure avec le fil de 72 mètres.
- n’a pas traversé les sources chaudes qui, de place en place, suinlentencore dans la voûte en formant des jets,
- à la Commission géodésique suisse, Maudct du Bureau international, Mouttet, Morel, Millier ingénieurs, assistants à l’École polytechnique fédérale.
- Fig. 5. — Une équipe au repos dans le tunnel.
- l’avancement, dans la mesure de la base, y fut très lent. Dès que nous eûmes abordé la voie, toutes les conditions se modifièrent. Il suffit, lorsque la température s’éleva, d’abandonner les vêtements superflus pour être parfaitement à notre aise (fig. 3).
- Malgré l’obscurité et l’étroit espace rendant la circulation difficile, une bonne vitesse de marche fut atteinte, qui permit bientôt de mesurer à l’allure de 400 m. à l’heure. Pendant cinquante-six heures, le travail se poursuivit ainsi, avec les seuls arrêts nécessités par de très courts repos du personnel, et par l’échange des équipes s’effectuant toutes les huit heures. Pendant tout ce temps, les opérations continuèrent avec la régularité d’une horloge, les mouvements se répétant indéfiniment, avec un rythme réellement impressionnant.
- Pour faciliter le travail, on avait, quelques jours auparavant, marqué sur les rails, par des traits de peinture blanche, les emplacements des repères mobiles. Il suffisait donc de mettre en place leurs supports, puis, après avoir posé les repères, de s’assurer de leur nivellement. L’équipe de mesure venait ensuite, déterminait la distance que le chef d’équipe inscrivait, puis tous les opérateurs partaient vers la portée suivante.
- Toutes les cent portées, c’est-à-dire tous les 2400 m., on plaça un repère de contrôle, que l’on retrouva au retour. Ainsi la base fut sectionnée en huit bases courtes, auxquelles s’ajoutèrent les appoints de galeries de direction .
- A Iselle, qui fut atteint le soir du troisième jour, la jonction fut assurée avec le pilier de l’observatoire, que l’on avait muni d’un repère spécial, aligné sur la hase, et dans le plan perpendiculaire au centre du pilier. Puis, le lendemain matin, une nouvelle équipe reprenait le travail à Iselle, et marchait vers Brigue où l’on arriva au bout de quarante-neuf heures.
- Peu à peu, les opérateurs avaient pris une plus grande pratique du matériel, et la vitesse de marche était allée en croissant. Vers la fin, on dépassa par instants 700 mètres à l’heure, et, dans les huit heures du travail d’une
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- équipe, on lit plus de 4 kilomètres, en y comprenant les repos et les arrêts forcés pour le repérage sur les points de contrôle. Enfin, au matin du cinquième jour, à l’heure même qui avait été prévue pour la restitution du tunnel à la circulation, la dernière équipe entrait dans la galerie de direction de Brigue, quittant la voie sur laquelle les trains s’engageaient immédiatement.
- Pendant toute cette considérable opération, qui nécessita, de la part de tout le personnel scientifique, une attention soutenue et des efforts sans cesse renouvelés, la ferme volonté d’assurer la réussite par la communauté de l’action ne se démentit pas un instant, lin seul incident vint, au surplus, déranger l’ordre prévu : Dans l’obscurité, un observateur se laissa choir dans un fossé qui traversait la voie au neuvième kilomètre. L’observateur, bien qu’un peu contusionné, put continuer son travail ; mais le fil qu’il tenait à la main se plia, et lut ainsi mis hors d’usage.
- On l’enroula et on le remplaça immédiatement par un fil de réserve; et, comme la mesure se poursuivit sans nouvel accident, ce dernier servit à déterminer 31 kilomètres.
- Le tunnel du Simplon débouche sur la rive gauche du Rhône, tandis que l’observatoire de Brigue, situé au sommet des triangles qui ont servi à l’alignemenl, est sur 1 e ve rs an t opposé de la vallée, à 300 mètres environ du fleuve, dont il est séparé p a r u n t e r r a i n d’alluvions, mouvementé et caillouteux. Il fallait le rejoindre, et, pour cela, traverser le Rhône (fig. 2). C’est dans ce but qu’avait, été préparé le fil de 72 mèt res dont j ’ai parlé au début.
- Pour cette opération, une corde non tordue fut d’abord passée sur un pont en aval, et amenée le long des rives jusque dans l’alignement de la hase. Le fil fut fixé à la corde et hâlé avec une sage lenteur, puis tendu sous une charge de 20 kg. Les mesures purent alors être faites sans de trop grandes difficultés, malgré une abondante chute de neige qu’agrémentait un vent très froid. Les figures 4 et 5 représentent des postes sur les deux rives du Rhône, le premier pendant la mise en place des appareils, le second au cours des observations.
- Pour éviter toute perte de temps et toute fausse manœuvre qui eût pu être désastreuse, on avait relié les deux rives par un téléphone de campagne, rapidement posé, et qui, la mesure achevée, servit à communiquer d’un poste à l’autre, les lectures faites après des déplacements successifs du fil, de manière à s’assurer de leur concordance. La mesure se poursuivit alors jusqu’à l’observatoire de Brigue, puis on revint sur ses pas, et on termina par une nouvelle traversée du Rhône, qui fut la dernière opération de toute la mesure.
- 11 reste maintenant à dire un mot de la précision que l’on peut attribuer à la mesure entière de la hase. La détermination faite à l’aller avait donné 20 14fi,011m. Au retour on trouva 20 140,033 m., soit une différence qui excède à peine le millionième de la longueur mesurée.
- Cette concordance est-elle l’effet d’un hasard heureux, et ne faut-il pas admettre, pour l’ensemble, une erreur beaucoup plus grande? 11 ne le semble pas. En effet, si l’on compare entre! elles les sections, on en trouve cinq mesurées également avec une concordance du millionième, et l’on sait que, plus une base est courte, plus il y a de chances d’une forte erreur relative. En fait, la moitié de la discordance est concentrée sur une seule section, dans laquelle le déplacement accidentel d’un des repères a pu introduire une erreur fortuite.
- Mais celte concordance serait sans aucune signification si l’on pouvait soupçonner une variation relativement
- plus forte des fils. C’est bien là, en elle!, le point délicat dans la mesure' des bases par les nouveaux procédés et celui auquel il est nécessaire de donner la plus grande attention. Or, contre cette éventualité, toutes les pré-cautionsavaient été prises. Le transport des fils avait été assuré dans les meilleures conditions possibles. Aussitôt arrivés à Brigue, nous les avions comparés entre eux sur une hase établie contre un des bâtiments de l’entreprise. Après la mesure, cette comparaison avait été renouvelée, et, tandis qu’elle avait révélé un très faible raccourcissement du fil endommagé, elle avait montré que le second fil s’était parfaitement conservé. Une comparaison plus complète, au Bureau international, confirma les déterminations faites à Brigue, et, enfin, le fil endommagé ayant été redressé, il retrouva sa longueur primitive au millionième près.
- Si j’ai insisté dans cet article sur beaucoup de détails, c’est que chacun a son importance dans une mesure où le défaut d’un seul peut rendre toute précision illusoire. C’est, aussi parce que, les géodésiens, mis au couvant des circonstances de la mesure du Simplon, l’ont immédiatement considérée comme un épisode important dans l’histoire de la détermination des hases. Sa longueur1, sa situation, la méthode employée à la mesure, la rapidité imposée aux opérations, tout a concouru à en faire une détermination exceptionnelle, et qui donne mainte indication dont on pourra dans l’avenir faire son profit.
- Cii.-Ed. Guillaume.
- 1 Ainsi qu’il a été dit, la base du Simplon est la plus longue de l’Europe ; on n’en a mesuré de plus étendues que dans la Rhodesia, où, sous l’énergique impulsion de Sir David Gill, le grand arc du Gap au Caire a poussé une pointe rapide vers le nord.
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- LE SENS DE TORSION DES ARBRES
- A la date ilu 30 avril J 904 jo recevais de M. E.
- Van don Broeck, l’émi-neat géologue belge, une lettre dont les remarques suggéreront sans doute à leur tour de nouvelles observations :
- « La Note que vous avez récemment publiée, dans les Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, sur le sens de rotation des tourbillons d’eau courante m’a vivement intéressé1. Elle m’a rappelé une observation oit le caractère physique est le même, quoique se rapportant à des élément s
- bien diftérents ! Cette observation a été faite par moi depuis plus de 15 ans avec un absolu caractère de généralité, tant dans de nombreux pays d’Europe qu’en Amérique et en Afrique.
- « Il s’agit du sens de torsion de certains arbres (toutes les essences ne présentent pas ce caractère de la torsion du tronc : certains le présentent presque constamment, les marronniers par exemple).
- « La première fois que le fait m’a frappé, par suite même de son ampleur, c’est, dans les hectares de forêts brûlées avoisinant certains parages des Montagnes Rocheuses et aussi dans l’Arizona. L’ascension — en funiculaire — d’une montagne boisée et sans neige, aussi haute que le Mont-Blanc, le Pike’s Peak, m’en a fourni un exemple stupéfiant, vu l’étendue des zones brûlées dans lesquelles les troncs étaient restés debout, desséchés et fendillés en spirale, de même que les branches, également décortiquées, et troncs et branches montraient nettement le caractère qui m’avait, frappé (j’en ai même rapporté des échantillons, figure 1).
- 1 Voir aussi Jean Brunhes, De la prédominance des tourbillons en sens inverse des aiguilles d’une montre dans les cours d’eau de l’Europe centrale et occidentale (Archives des Sciences physiques et naturelles, de Genève, XVIII, 1904, p. 553-575), et L. Maillard, l’Expérience de Perrot (Bulletin de la Société astronomique de France, janvier 1905).
- Fig. a. — Marronnier de la propriété de M. Ch. de Gotlrau, à Misery, près Fribourg (Suisse). (Photographié par Jean Brunhes.)
- Fig. 1. — Branche rapportée du Pike’s Peak (Montagnes üoeheuses). par M. Van den Broeck, et présentant la torsion en sens inverse des aiguilles d’une montre.
- « Si la torsion d’un tronc d’arbre paraît pouvoir s’expliquer par des causes physiques et naturelles dépendant des conditions de croissance de l’arbre, on pourrait, imaginer que le sens de torsion lût en rapport avec le sens de la marche apparente du soleil. Mais alors la torsion observée serait, dans le sens de la marche, des aiguilles d’une montre.
- « Or, c’est, précisément, le contraire qui est la réalité. Bien certainement 990 arbres sur 1000 tournaient dans le sens opposé à la marche apparente du soleil, c’est-à-dire en sens inverse des aiguilles d’une montre, par conséquent, dans le même sens que les tourbillons d’eau courante par vous-même observés. Mais comment, expliquer un pareil phénomène ? Mystère.
- « Revenu at home, je constatai que partout, et presque sans exception les arbres tournent quand ils tournent, et, c’est la majorité pour certaines essences, la presque totalité pour d’autres — dans le sens sinistrorsum.
- (( Je retrouvai en 1898 le même phénomène bien caractérisé en Algérie et en Tunisie. Bref, il paraît être général. La rotation dans le même sens que les aiguilles d’une montre existe, mais elle est tout à fait exceptionnelle.
- « Les botanistes auxquels j’ai soumis le cas — nouveau pour eux presque toujours — ont, confirmé le fait, depuis que je le leur ai signalé; mais personne n’a pu me fournir d’explication.
- « C’est pourquoi, en lisant votre Note, j’ai été frappé de la corrélation existant entre deux séries d’observations s’adressant à des éléments si divers, sens de rotation des 'tourbillons d’eaux courantes et sens de torsion des arbres. — Qui sait si une mystérieuse cause initiale commune ne les relie pas?
- « J’ai demandé, voici plusieurs années, à des explorateurs devant visiter l’hémisphère austral, si dans cette partie de la terre le sens de torsion des arbres « tire-bouchonnés » par la nature est le même que dans notre hémisphère. — Jusqu’ici je n’ai pas reçu de réponse. »
- Telle est la lettre inédite de M. Van den Broeck. Je pense que son auteur ne m’en voudra pas de l’avoir publiée telle quelle. Elle n’est pas un mémoire, mais une lettre, où les idées sont, à cause de cela même, exposées et indiquées avec une entière liberté.
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- Ce petit document a le double mérite : 1° de mentionner un fait nouveau; 2° d’en signaler le caractère si curieux et d’en demander l’explication.
- Je n’ajouterai que très peu de mots sur chacune de ces deux questions.
- 1° Depuis la lettre de M. Van den Broeck, j’ai moi-
- Fig. 5. — Le tronc du marronnier do Misery montrant, la torsion en
- sens inverse des aiguilles d’une montre. Minimum de la circonférence du tronc : 4,n,(>0. (Cliché Jean Brunhes.)
- même contrôlé comme absolument certaine la généralité du sens de torsion des arbres observé par mon correspondant. Je l’ai constatée partout dans notre hémisphère : il y a bien prédominance du sens de torsion des arbres en sens inverse des aiguilles d’une montre, comme il y a prédominance du sens de rotation des tourbillons; je citerai comme exemples tout à fait typiques, en Suisse, les marronniers de cette belle ternisse qui domine le Rhin derrière le Munster de Bàlc, les grands poiriers de la région de Lungern, au nord du col du Brtinig, etc. ; et j’apporte ici même comme document la photographie d’un très beau marronnier des environs de Fribourg (fig. 2 et 5). D’ailleurs nous tenons à rappeler bien nettement qu’il s’agit seulement d’un fait (le prédominance : quelques exceptions s’observent aussi, et comme spécimen de ces exceptions, c’est-à-dire d’arbres tordus dans le même sens que marchent les aiguilles d’une montre, nous sommes heureux de pouvoir mettre sous les yeux de nos lecteurs une photographie de M. E.-A. Martel (fig. 4).
- 2° Nous avons interprété le sens de rotation prédominant des tourbillons d’eaux courantes comme pouvant et devant être — à l’instar du sens prédominant de rotation des tourbillons atmosphériques — en relation avec la force centrifuge composée résultant de la rotation de la terre1. Pour vérifier cette interprétation, j’ai fait comme M. Van den Broeck, j’ai taché d’attirer l’attention des observateurs de l’hémisphère austral sur le sens des rotations tourbillonnaires; jusqu’ici je n’ai eu qu’une réponse, et je la dois à mon savant collègue de l’Université de Lausanne, M. le professeur Maurice Lugcon; au cours
- 1 Berkami et Jean Buüniies. Les analogies des tourbillons atmosphériques et des tourbillons des cours d’eau et la question de la déviation des rivières vers la droite (Annales de Géographie, XIII, 15 janvier 1904, p. 1-20).
- d’un voyage dans l’East Rand (Afrique du Sud), celui-ci a observé que le sens de relation des tourbillons’’ se produisant dans les réservoirs circulaires à cyanuration, remplis d’eau, exposés en plein soleil, par une journée sans trace de vent, était toujours le sens de ht marche des aiguilles d’une montre : ce serait donc le sens inverse du sois prédominant dans l’hémisphère Nord; et si l’observation si intéressante de M. Lugcon pouvait cire confirmée et généralisée par d’autres observations laites dans l’hémisphère Sud, cela serait un argument presque décisif en faveur, de l’hypothèse explicative par nous proposée.
- Faudra-t-il rattacher à une semblable hypothèse la prédominance du sens de torsion des arbres? Nous soumet Ions ce problème d’une manière spéciale à tous ceux qui s’occupent de botanique et de géographie botanique. Il y a quelques années, M. Früh, professeur à l’Université de Zurich, a publié un intéressant article sur la direction des vents dominants révélée et pour ainsi dire enregistrée par la végétation1; cette étude, qui s’appuyait sur de très nombreuses observations, mettait en lumière un fait très important au point de vue géographique : les vents qui inclinent et orientent les arbres dans une direction déterminée sont ceux qui soufflent en certaines saisons et à certaines heures correspondant aux principales périodes ou aux principaux moments d’activité végétative. (Serait-ce à cette influence qu’est due l’exception du châtaignier de Vera, placé à l’Est du fond du golfe de Gascogne?)
- Dans le cas de la torsion, et si cette torsion pouvait être considérée comme produite par la rotation de la terre, les arbres se trouveraient soumis à une influence minime mais si permanente qu’elle s’exercerait sans doute d’une manière continue et irrésistible aux jours et
- Fig. 4. — Le châtaignier de Vera (Guipuzcoa).
- Prés Saint-Jean de Luz, au pied sud de la Bliune. Torsion dans le sens des aiguilles d’une montre.
- aux heures où la poussée végétative rend les végétaux plus sensibles et plus malléables....
- La parole est aux botanistes....
- Jean Brunhes.
- 1 J. Fitüir, Die Abbildung der vorlierrsehenden Winde durcit die -Pllanzemvelt [Jahresbericht der Geog. — Elhnogr. Gesellschaft Zürich fur 1901-1902, Zurich, 1902, p. 57-164).
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- UN PONT-ROULANT TOURNANT
- Les appareils (le levage jouent un rôle particulièrement important à notre époque, appliqués qu’ils sont à toutes sortes de travaux ou d’industries; nous avons signalé dans ce journal les types extrêmement divers et souvent fort puissants de grues que l’on construit;, principalement pour l’usage des ports. Mais il est un appareil de levage qui rend certainement encore plus de services, car il n’est [tas un hall d’usine bien organisé, pas même une
- supportant l’appareil de soulèvement proprement dit; par la combinaison des deux mouvements, on a donc la l'acuité d’amener le crochet de soulèvement au-dessus d’un point quelconque du sol, pour y prendre ou déposer une charge.
- On ne peut pas dire, toutefois, de iaçon absolument exacte, que le pont-roulant, avec ses deux mouvements, soit à même de desservir « tous les points » d’un hall d’usine; il va de soi que le crochet
- Un nouveau type de pont-roulant.
- station de force motrice sérieuse oit on ne le trouve : nous voulons parler du pont-roulant. On connaît ses caractéristiques, et l’on se rappelle, sans doute, les immenses ponts-roulants qui ont été installés dans la Galerie des Machines de toutes les expositions. C’est, en réalité, une grue transporteuse, mais formée généralement de deux poutres constituant un vrai pont, qui vient prendre appui sur deux chemins de roulement, deux rails disposés de part et d’autre du hall à desservir, et grâce auxquels, par l’intermédiaire de galets portant sur ces rails et d’une puissance motrice convenable, le pont peut rouler d’un bout à l’autre du hall, suivant son axe longitudinal. Du reste, sur le pont même, peut se déplacer aussi, et de façon analogue, un chariot
- de soulèvement est toujours maintenu à une certaine distance des parties latérales ou extrêmes du hall. Pour qu’il en lut autrement, il faudrait que ce crochet vint affleurer l’extrémité du chariot et même du pont, au ras du chemin de roulement, ou le bord de la poutre extérieure du pont. C’est une impossibilité matérielle, comme on peut s’en convaincre en examinant le nouvel appareil que nous voulons signaler, et en supposant qu’il ne comporte pas à sa partie inférieure la grue pivotante qui en fait la grande originalité.
- Il est bon de remarquer tout de suite que ce n’est pas la seule particularité de ce pont-roulant, et l’on notera la disposition d’un de ses chemins de roulement. L’un est bien monté à la façon ordinaire, sur
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- la muraille latérale du hall; ici, du reste, comme il se trouve du coté des haies vitrées éclairant la salle, il est porté par des piliers métalliques eu treillis, ce qui supprime toute l'aligne pour la muraille.
- Quant «à l’autre chemin, il présente celle particularité d’ôlrc suspendu aux fermes formant la toiture de la salle. 11 a fallu, naturellement, calculer ces fermes en raison de celle surcharge; mais on se trouvait dans la nécessité de ne point, prendre1 sur le sol les appuis de celle seconde moitié de; la voie1. Le pont-roulant que nous mettons sous les yeux du lecteur ne dessert, en elfet, qu’une tranche longitudinale, si l’on peut dire, de la grande salle que l’on aperçoit partiellement. Celte salle est desservie par deux ponts de même sorte, dont chacun prend un appui médian sur cette poutre métallique qui est suspendue aux fermes; de la sorte, ayicun pilier ne vient gêner la circulation, la manutention des pièces, ou l’utilisation du sol dans la salle. 11 y a là une originalité qui méritait bkn d’être signalée, et qui fait honneur à la Société allemande Vereinigle Masehi-nenfabrlck Augsburg und Maschinenhaugesellschaft Nurnberg A. (b, qui a combiné et construit ce type de pont-roulant.
- Examinons maintenant sa partie tournante. On saisira d'autant mieux son fonctionnement que la gravure la montre en service, soulevant et déplaçant une poche de coulée. Le chariot destiné à roui; r sur les poutres du pont, comporte sur sa plate-forme un chemin de roulement circulaire, sur lequel porte, par l’intermédiaire de quatre rouleaux coniques, la tête de la poutre verticale formant le corps de la grue pivotante. En fait, cette grue est suspendue sous le chariot, et peut prendre un mouvement de pivotement indépendant de toute translation du chariot. Elle comporte, naturellement, une charpente horizontale, dont ce que nous appellerons le ' bec avant forme le point d’appui de la poulie de soulèvement. Dans la culasse de cette charpente est un contrepoids, ainsi que les tambours d’enroulement du câble de soulèvement et le moteur électrique qui en assure la marche. Dans la partie centrale, au point de renconlre de la charpente verticale et de la charpente horizontale, se trouve le poste du mécanicien conducteur de l’appareil; comme tout est mû électriquement dans ce pont-roulant, il a sous la main tout uniment quatre contrôleurs, qui lui permettent de commander les quatre moteurs électriques assurant les quatre opérations possibles : déplacement du pont suivant l’axe de la salle, déplacement, du chariot sur le pont, soulèvement ou abaissement d’une charge accrochée, enfin pivotement de la charge, de manière qu’elle vienne au besoin se déposer contre la paroi même de la salle, ou exactement en dessous du chemin de roulement suspendu.
- Nous ajouterons que le courant alimentant cet appareil ingénieux est du courant triphasé à 500 volts; il arrive aux moteurs par des contacts glis-
- sants, prenant l’énergie sur une conduite disposée parallèlement aux vxfes de roulement du pont. La puissance de soulèvement d’un engin de celte sorte; est de 50 tonnes; il peut élever une charge1 à 0 mètres. Le moteur de semlèvement de la charge en particulier est de 50 edievaux à 500 révolutions; il commande le tambour par vis sans lin; un frein électromagnétique permet de maintenir la charge à une hauteur quelconque; c’est lui aussi qui règle la descente. Pour les révolutions de la grue, il suffit d’un moteur de 12 chevaux à 050 tours; de même pour les mouvements du chariot, il en faut un de 40 HP'à 580 tours pour les déplacements du pont. Avec une charge de 50 tonnes, le pont court à une allure de, plus de -40 mètres à la minute ; le mouvement du chariot se fait à raison’de 15 minutes; la charge est soulevée à une vitesse oscillant de k à 5 minutes, et le pivotement complet se réalise en -45 secondes.
- Ce nouvel appareil fait le plus grand'honneur à la Société Augsburg Nurenberg, qui a bien voulu nous fournir tous documents à son sujet. Qu’on remarque que celte installation de deux pouls-roulants semblables, voisinant ainsi dans un même hall, permet de les employer en couple pour le soulèvement d’une très lourde charge, qui se trouvera suspendue en dessous de la poutre de roulement centrale et commune. On pourrait même doubler encore la puissance maxima de soulèvement, en installant deux ponts sur chaque voie. Daniel Bellet.
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- LE CHEMIN DE FER
- DE TOURANE A FAÏ-FOO
- Le gouverneur général de Plndo-Chine, M. Beau, a, par arrêté du 14 avril 1907, décidé l’ouverture, à la date du 20 avril 1907, de ladigne ferrée de Tourane à Faï-Foo. Toute courte qu’elle est — sa longueur n’est que de 55,400 km. — cette ligne nouvelle mérite d’être signalée.
- Tout d’abord, elle se rattache au plan d’ensemble du réseau indo-chinois conçu par M. Doumer en 1898 et dont la réalisation se poursuit progressivement. 11 entrait dans ce plan de relier la Cochinchine au Tonkin par l’Annam au moyen d’un grand Transindochinois. Un certain nombre de tronçons de cette grande ligne future sont aujourd’hui ouverts à l’exploitation : de Hanoï à Lang-Son et Dong-Dang au nord et à Vinh au sud, de Hué à Tourane; de Gia-Ray à Saigon et Mytho. La petite ligne de Tourane à Faï-Foo en sera un nouveau tronçon. Mais la largeur de la voie est seulement de 60 cm. ; sans aucun doute cette ligne, sera dotée plus tard de la voie d’un mètre de large comme le reste du réseau indo-chinois.
- Le parcours de la ligne est intéressant. La première station est celle de l’ilot de l’Observatoire qui peut être considéré comme formant le port de Tourane, car tous les navires d’un certain tonnage mouillent dans son entourage. Les stations suivantes sont My-Khé, puis la Montagne de Marbre, à proximité des grottes bien connues. Faï-
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- Foo est un grand entrepôt chinois, oii tout ce qui s’importe dans l’Annam central et tout ce qui s’en exporte est centralisé ; à côté des maisons chinoises, on voit quelques maisons européennes.
- 11 y a lieu de compter sur un trafic assez important dès le début entre Tourane et Faï-Foo. Les marchandises qui transitent actuellement par voie d’eau entre ces deux points et qui auront intérêt à prendre la voie ferrée, même à prix à peu près égal, forment un total de 11)575 tonnes, comprenant 8000 tonnes de sucre brut, 5000 tonnes de briques et tuiles, 2000 tonnes de pétrole, 050 tonnes de noix d’arec, 300 tonnes de thé. Viennent ensuite les peaux brutes, le riz, la cannelle, le coton filé et les cotonnades, la soie filé et les déchets de soie, le chiendent, etc. Des environs de Tourane se fait l’exportation des nids de salanganes si recherchés des Chinois.
- (ÏUSTAVH RlîCK[.Sl'Eli<U51l.
- CHRONIQUE
- Mélanges explosifs d’éther et d’air. — Après la catastrophe du lér.a, M. Meunier a entrepris des recherches sur l’inflammabilité des mélanges d’éther et d’air; il est arrivé à des résultats intéressants, certainement fort utiles à connaître. Ces mélanges possèdent des limites d’inflammabilité, c’est-à-dire que la combustion ne peut avoir lieu que si les proportions du mélange sont comprises entre certaines limites. On avait déjà observé un fait analogue pour les mélanges d’air et de grisou. Au voisinage de ces proportions limites, la combustion a lieu sans explosion; en dessous et au-dessus, il n’v a plus de combustion possible, mais pour la proportion où la combustion est totale sans excès d’air, il y a une violente explosion. M. Meunier fait remarquer que ce ne sont pas, par suite, les fortes proportions d’éther mais les faibles. 11 attire, en outre, l’attention sur ce fait ipie les vapeurs d’éther, étant 2 fois 1/2 plus lourdes que l’air s’accumulent au voisinage du sol. Donc si l’on analyse l’air d’un local suspect, il faut en essayer les diverses couches et ne pas se contenter d’un seul échantillon. A noter qu’un mélange d’air et de gaz combustible qui contient une proportion de ce gaz au-dessus de la limite supérieure, se comporte comme un extincteur instantané, mais il faut bien se garder alors de ventiler brusquement, sous peine de produire aussitôt une violente explosion.
- La mine d’or la plus profonde du monde. —
- C’est du moins ainsi que la donne la publication Science and art of Mining. Elle se trouve en Australie, dans la province de Victoria, et dans la région bien connue de Bendigo : les puits de cette exploitation, appelée New Chum Kailway, ont été récemment descendus à 1300 m. à peu près, et l’on y aurait rencontré des quartz fournissant jusqu’à une once à la tonne. Des échantillons auraient été soumis à M. Dunn, le Directeur du Service géologique de la province.
- Condensateur parlant. — M. Argyropoulos, de l’Université d’Athènes, dont nous avons mentionné les expériences sur les condensateurs parlants, dans le n° 1770 de La Nature, nous fait part de nouveaux résultats auxquels il est parvenu depuis. 11 a découvert qu’on peut employer comme microphone, un condensateur dont les deux armatures sont réunies aux deux bornes d’une dynamo en marche qui maintient respectivement entre elles une haute différence de potentiel. Si, en effet, on reprend l’expé-
- rience décrite dans notre n° 1 770, en remplaçant le microphone et les piles par un téléphone ordinaire, on constate que les paroles prononcées devant le condensateur sont très nettement reproduites par le téléphone.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du jc1 juillet 1907.
- Présidence de M. Chauveau.
- La rate et les trypanosomes. — M. Laveran expose qu’il a effectué, en collaboration avec M. Thiroux, des recherches expérimentales ayant pour objet de contrôler la réalité du pouvoir destructif de la rate sur les trypanosomes. Des observateurs, s’appuyant sur ce pouvoir, ont injecté du suc de rate à des animaux atteints de trypanosomiase. Or, MM. Laveran et Thiroux viennent de reconnaître que le sang de la rate des animaux infectés renferme des trypanosomes et que ces parasites ne meurent pas plus sous l’action du suc de rate, que sous celle du suc de foie. De plus, ils ont observé que l’infection artificielle d’animaux dératés (cobayes et rats) donnait lieu à une maladie dont le développement restait normal. L’hypothèse émise sur le rôle de la rate paraît donc très menacée.
- Propriété d'un sérum artificiel. — M. Bouchard présente une Note de M. Fleig sur les propriétés d’un sérum artificiel renfermant les substances minérales du plasma et présentant le même degré isoionique. En ajoutant de l’oxygène ils obtiennent un liquide qui jouit de la propriété d’entretenir la vie et l’irritabilité des organes <pii y sont plongés. C’est ainsi qu’un cœur peut continuer de battre pendant des semaines. Les auteurs, en faisant varier les proportions des substances minérales, ont réussi à mettre en évidence le rôle de chacune d’elles. Ils ont ainsi reconnu que la potassé aide au diastole, c’est-à-dire à la dilatation du cœur, et la chaux à la contraction, c’est-à-dire au sistole.
- Une maladie du vin de Champagne. — M. Roux communique une Note de MM. Mazel et Pacotet sur une maladie du vin de Champagne que l’on appelle le bleu. Cette maladie peut apparaître dans le vin avant l’opération de la champagnisation. Elle est décelée par une teinte bleue occasionnée par un coccus très petit, qui, en raison de sa taille exiguë, n’est pas arrêté par le filtrage.
- La surface du corps humain. — M. d’Arsonval analyse une Note de M. Roussy, directeur adjoint de l’Ecole pratique des Hautes Etudes, sur un procédé de détermination de la surface du corps humain. Ce procédé que l’auteur appelle la pelliplanimétrie est le résultat de longues recherches personnelles. 11 fournit le résultat désiré en 20 minutes environ,' avec une erreur atteignant au plus 1 pour 100. M. Roussy prend quatre photographes du sujet, l’une de face, l’autre de dos, les deux autres de flanc. Le corps humain couvre sur ces épreuves une surface qu’il est facile de mesurer au planimèlre. D’autre part, si l’on mesure directement sur le sujet la longueur linéaire comprise entre deux points du corps et la longueur linéaire correspondante sur l’épreuve, on peut obtenir par la division un rapport, dont le carré, multiplié par la surface du corps sur L’épreuve, représente la surface de la silhouette dans l’espace, d’après les propriétés des figures semblables. De l’ensemble des quatre surfaces ainsi obtenues, l’auteur déduit la surface réelle du corps humain avec son relief. Le problème de la
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- détermination de la surface de la peau sur le vivant est un des plus difficiles ; de nombreux physiologistes l’ont abordé avec peu de succès. 11 présente d’ailleurs une importance pratique au point de vue médical.
- L’action du froid sur un parasite des amandes. — M. d’Arsonval présente une Note de M. de Loverdo relative à l’action du froid sur un parasite des amandes, le paralipsa gularis, originaire du Japon, qui s’est parfaitement acclimaté en Provence. Cet insecte n’a été signalé en aucun autre point de l’Europe. Ses larves communiquent au fruit une saveur désagréable. L’inefficacité des moyens de destruction imaginés jusqu’ici oblige les négo-
- ciants à faire, pendant l’été, cribler et nettoyer les amandes attaquées, d’où des frais de manutention considérables. M. de Loverdo a essayé avec succès contre ce parasite le froid artificiel. Les œufs de l’insecte soumis, de mars à octobre, à une température comprise entre —3° et + 4° n’ont pas éclos. De plus, cette température arrête la vitalité des larves. Par conséquent, pour mettre les amandes à l’abri des ravages, il suffit de placer les sacs dans des chambres froides d’où on ne devra les sortir qu’au fur et à mesure des besoins de la vente, car le froid engourdit les œufs et les chenilles, mais ne les tue pas. Ch. de Vjlledeuil.
- L’UTILISATION DES VIEUX OBUS
- L’année terrible n’est pas si éloignée de nous que nous ayons oublié de quelle lapon les Parisiens utilisèrent les obus ennemis ou leurs éclats, recueillis après le siège dans les jardins de la banlieue, ou même dans les jardinets des faubourgs.
- Tandis que les éclats devaient se contenter du modeste rôle de presse-papiers, les projectiles intacts devenaient des garnitures de cheminée, voire des lampes. D’adroits artisans s’avisèrent même de loger des mouvements d’horlogerie à l’intérieur d’obus-souvenirs et de trouer leur flanc pour y insérer un cadran.
- En Europe, il est de règle d’envoyer à la fonderie les obus réformés.
- En Amérique, on leur réserve une destinée moins banale. Par exemple, à l’arsenal de Brooklyn, les vieux obus, convenablement concassés, servent à l’empierrement des chemins qui serpentent à l’intérieur de l’établissement.
- A Sandy-Iiook, le fort qui défend l’entrée de la baie de New-York, la première parcelle de territoire américain qu’aperçoivent les voyageurs venant d’Europe, on a découvert un autre usage pour les obus hors de service, comme en témoigne l’amusante photographie que nous reproduisons sur celle page.
- L’énorme projectile que nous y voyons était destiné à un des canons monstrueux de Sandy-Iiook; il fit explosion pendant qu’on le transportait du magasin à la batterie. Par un hasard providentiel, l’accident ne causa que des dégâts matériels, bien que
- L’obus-cloche do Sandy-llook
- de nombreux artilleurs et des ouvriers fussent exposés au heurt des éclats.
- Fut-ce à cette heureuse circonstance que l’obus dut de n’ôtre pas relégué dans le « hangar de la vieille ferraille? » Une autre coïncidence allait l’aider à conquérir des destinées flatteuses. La cloche qui
- donnait aux ouvriers de l’arsenal le signal du départ avait élé brisée quelques jours auparavant, et un officier proposa de la remplacer par l’obus. L’idée ne manquait pas d’originalité : elle plut au commandant, d’autant plus que le son de ce bourdon improvisé, d’un diapason très particulier, ne pouvait plus être confondu avec celui des navires passant au large. Précisément, il arrivait parlois (pic des ouvriers abandonnassent le travail avant l’heure réglementaire sous le fallacieux prétexte qu’ils avaient cru percevoir l’appel de la cloche libératrice !
- Les fonctions de sonneur (de batteur, pour être plus exact, puisque la sonnerie s’obtiènt à l’aide d’un marteau) sont, à Sandy-Hook, l’apanage d’un vieux nègre qui est incontestablement le doyen de l’établissement ; voici plus de quarante ans qu’il fait partie du personnel. Mis à la retraite, il refusa de retourner en terre ferme. Et, malgré ses quatre-vingts ans, c’est toujours d’une main robuste qu’il cogne à coups redoublés contre son cher obus. Y. Forbin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie LAiiimrc, rue de Ficurus, 9.
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- N° 1781. — 13 JUILLET 1907.
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- LE M0N0RAILWAY BRENNAN
- M. Louis Brennan, l’inventeur du nouveau système de locomotion que nous présentons aujourd’hui
- le distingué ingénieur a le droit d’accoler à son nom les deux initiales G. B. (Companion oftheBath), litre
- Fig. 1. — Le fils de M. Brennan assis dans le wagon ^modèle réduit' du înonoruilway eu équilibre sui un (il d’acier.
- aux lecteurs de La Nature, porte un nom qui leur est déjà familier. La Brennan torpédo, dont le gou-
- honorifique des plus recherchés chez nos voisins. Pour que la Royal Society ait demandé à M. Bren-
- Fig. 2. — Le car franchissant à toute vitesse des courbes accentuées.
- vernemenl britannique acheta le secret en 1887, est nan, le 8 mai dernier, d’expérimenter son modèle
- son œuvre. Membre de nombreuses sociétés savantes, dans la salle des séances, en présence des sommités
- 35e année. — 2e semestre. 7
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- LA NATURE.
- scientifiques du Koyamne-Uui, il faut assurément que l’inventeur ne soit pas le premier venu. Ces préliminaires exposés, abordons la description sommaire de l’appareil.
- Ce qui le distingue essentiellement des systèmes de monorail en existence, c'est que le véhicule, bien que son centre de gravité soit élevé de plusieurs pieds au-dessus du rail conducteur, garde son équilibre, soit qu’il reste immobile sur son rail (un rail ordinaire assujetti par des traverses, comme pour les voies ferrées communes), soit qu’il se meuve dans l’une ou l’autre direction, quelle que soit la vitesse, ou la pression du vent, ou l’intensité des courbes.
- Cette stabilité merveilleuse est obtenue automatiquement grâce à un mécanisme d’une extrême simplicité que le véhicule transporte. 11 consiste essentiellement en deux volants mus directement, en sens opposés, et avec une vélocité con- r sidérable, par des moteurs électriques. On comprendra déjà qu’il s’agit d’une ingénieuse utilisation du principe du gyroscope.
- Ces volants, montés d’une façon très délicate, sont enfermés dans des boîtes à atmosphère raré-liée, dispositions qui réduisent à un minimum la résistance de l’air et le frottement.
- C’est dire que l’énergie électrique nécessaire pour leur conserver un mouvement rapide est relativement insignifiante.
- Les essais ont prouvé que l’énergie emmagasinée dans les volants, quand ils tournent à pleine vitesse, est si grande, et le frottement des axes si faible, que, si l’on coupe le courant, ils continuent à tourner avec assez de rapidité pour maintenir l’équilibre du véhicule pendant plusieurs heures; il faudrait de deux à trois jours pour que, abandonnés à eux-même, ils s’arrêtassent, complètement immobiles.
- Le mécanisme dit de stabilité, placé à l’une des extrémités de la voiture, n’y occupe qu’un espace réduit. Proportionnellement, son poids est encore inférieur à son volume; l’inventeur considère, en effet, qu’en lui donnant un poids égal à la vingtième partie du poids total de la voiture, chargement y compris, on écarte toute chance d’instabilité. Encore s’agit-il ici de la voiture de tête; pour les wagons suivants, la proportion peut être réduite. ; .
- Les roues motrices (road wheels) sont placées en
- une seule lile sous le centre des véhicules. Elles sont fixées à des bogies (simples ou doubles) dont les pivots permettent de franchir non seulement les courbes hoiizontales de la voie, mais aussi les courbes verticales, (ürace à celte disposition, les voitures peuvent franchir des courbes d’un rayon inférieur à la longueur des wagons eux-mêmes, courir sur un rail tordu, ou encore sur un rail posé sur un terrain non aplani, et sans s’exposer à un déraillement.
- La vapeur, le pétrole, le gaz, l’électricité peuvent être indilïérennnenl employés comme énergie
- motrice, selon les conditions locales. Cependant, pour actionner le modèle que montrent -nos photographies, M. Brennan emploie un générateur à pétrole, qui, transporté par le véhicule, fournit d’énergie électrique les roues motrices et l’appareil
- de stabilité. Pen-* dant les arrêts,
- ' ! un petit accumu-
- lateur fournit assez de fluide pour que lesvolants restent cons-tammenten mouvement.
- Regrettant de ne pouvoir pousser plus loin nos explications tech-niques, nous croyons devoir réserver ces dernières lignes à l’exposé des avantages que présente le mono-railway Brennan.
- Vitesse. — Le nouveau système peut fournir des vitesses excessives, grâce à la suppression des oscillations latérales causées sur les lignes ordinaires par l’impossibilité de construire des voies dont les deux rails soient exactement parallèles et de niveau.
- Courbes. — Les véhicules peuvent franchir à grande vitesse, et sans risque de déraillement, les courbes les plus accentuées, car ils prennent l’inclinaison intérieure correcte.
- Économie. — Le coût du kilomètre se trouve extraordinairement réduit par ce fait que la voie est composée d’un seul rail. Le passage des ravines peut se faire sur un câble d’acier, ou, pour les fleuves et les larges ravins, sur un rail ordinaire soutenu par quelques madriers ou par des murs de briques. La dépense de combustible est moindre que pour. les. trains ordinaires.
- Confort. — L’absence totale d’oscillations et de trépidations ne peut qu’être appréciée par le voyageur. Sur les grandes lignes, il sera possible de
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- donner aux wagons des proportions spacieuses, puisque leur largeur pourra être une Ibis et demie supérieure à celle des wagons actuellement en usage.
- Nous pouvons ajouter que l’invention de M. l’ingénieur Brennan était au point depuis deux ans. Le War Office fit appel à son patriotisme pour qu’il ne la rendit pas encore publique, cl le Secrétaire de la Guerre lui lit même verser une somme de 2000 livres sterling destinée à couvrir les Irais des essais, pendant <|ue des officiers et des soldats d’élite apprenaient à diriger le monorailway et à construire la voie.
- En cas de guerre, ce système rendrait des services inappréciables. La voie pourrait être construite au taux de 50 kilomètres par jour sur le terrain le plus accidenté. En utilisant les rails arrachés sur les réseaux des pays envahis, on hâterait notablement la construction de la voie. V. Eouiiuv.
- LE PALUDISME DANS LES DOMBES
- La Dombes ou les Dombes, car on dit indifféremment les deux, est une région du département de l’Ain, partant des frontières du département du Rhône, sur le prolongement du plateau de la Croix-Rousse et s’étendant jusque vers Bourg, se continuant par les plaines de la vallée de la Saône; c’est une sorte de triangle bordé par la Saône, le Rhône et l’Ain. Le pays est peu accidenté (l’altitude ne dépasse pas en moyenne 250 mètres) et couvert sur une grande partie d’étangs plus ou moins vastes. Ces étangs sont temporaires, en ce sens que tous les deux ou trois ans, ils sont vidés pour recueillir le poisson, en majorité tanches lit carpes ; l’étang asséché, on le laboure, les amas de houes végétales constituant le fumier, et on y sème des céréales. Cette opération constitue Vassec par opposition à la mise en eau dite ëvolage. D’une manière régulière, les deux opérations se pratiquent ou tout au moins se pratiquaient jadis.
- Pendant longtemps, la présence de ces eaux stagnantes fut une cause d’insalubrité pour le pays. La Dombes était un foyer de malaria aussi intense et aussi mauvais que la campagne romaine. Avant que l’on connût le rôle des moustiques dans la propagation et la dissémination du paludisme, on avait déjà lutté contre cette terrible maladie, et le moyen avait été d’assécher les terres, de supprimer les petits étangs. La destruction de ces mares pmena en peu de temps une modification complète de la salubrité du pays. La densité de la population était remontée de 24 à 83 pour 100 ; la mortalité était descendue de 40. à 23 pour 100 et la moyenne de la durée de la. vie s’était élevée de 25 ans 10 mois à 38 ans six mois. La prospérité semblait renaître dans la Dombes, lorsque le Parlement eut la malencontreuse idée d’autoiïser à nouveau la remise en eau des étangs. Une loi. fut votée dans ce sens en novembre 1901, malgré l’opposition nette et formelle du Comité consultatif de l’hygiène et delà Société de médecine de Lyon.
- Le résultat ne s’est pas fait attendre : le paludisme, qui avait non pas disparu, mais s’était notablement atténué, se montre plus fréquent. En cinq ans, le chiffre des malades s’est accru, la consommation de quinine a doublé et le paludisme subit une recrudescence sensible.
- Le Congrès de Lyon a discuté cette question et tous
- les savants qui y ont pris part ont été d’accord pour reconnaître que la remise en eau des étangs était le facteur principal de celle reprise de la malaria. Assurément, la loi de 18(53 forçant à l’assèchement des étangs n’avait pas détruit toutes les mares, tous les foyers ; mais elle en avait fait disparaître une très grosse partie et supprimé du même coup les foyers de pullulation des insectes, des anophèles. Il est plus facile d’arrêter la reconstitution des étangs que de combattre ensuite le paludisme par la quinine ou le pétrolage des mares ou des étangs. On a, à ce point de vue, l’exemple saisissant des résultats obtenus par la compagnie du canal de Suez à lsmaïla. Jusqu’en 1877, l’eau douce n’arrivait que par une conduite fermée; le paludisme était inconnu. A cette époque, un canal de 10 mètres amène en abondance l’eau du Nil ; il se crée des jardins, avec rigoles, tonneaux d’approvisionnement, des milliers de petits foyers d’eau stagnante. Des anophèles viennent, probablement par les bateaux; parmi les ouvriers il y a certainement quelques paludiques. On a de suite tous les éléments du développement de la malaria; elle ne larde pas, en effet, à sévir d’une façon intense. En 1900, on compte 4700 cas de paludisme parmi les ouvriers du port.
- Inquiets de cette situation, les médecins et agents de la compagnie font détruire les larves par le pétrolage ; tous les réservoirs, toutes les mares sont arrosés d’une faible couche de cette huile ; les larves sont détruites, la propagation du paludisme est arrêtée. En 1904, on ne compte plus que deux paludiques.
- Dans la Dombes, la situation est identique ; certes, la condition des habitants différé de ce qu’elle était il y a cinquante ans, au point de vue de l’alimentation et de l’hygiène, mais c’est une grave erreur de s’imaginer que le bien-être des habitants va suffire à les préserver d’une maladie aussi grave. Le Congrès de Lyon a conclu à une modification de la loi de 1901 ; mais on peut croire qu’il passera, comme on dit, bien de l’eau sous les ponts avant qu’on songe à cette réforme hygiénique. D' A. C.
- FOUR ÉLECTRIQUE
- pour cuire le pain
- L’emploi de l’électricité comme moyen de chauffage commence à s’étendre dans toutes les hranches de l’industrie et du commerce, principalement dans les endroits où l’énergie électrique s’obtient parla force hydraulique et où, par conséquent, on peut se la procurer à un très bas prix. 11 y a un an et demi, à Bregenz (Autriche), on a construit un four électrique qui depuis fonctionne sans interruption.. Le pain est, d’après les praticiens, cuit de cette façon dans de très bonnes conditions et les résultats donnés par le four sont des plus satisfaisants. Le four est constitué par deux planchers de 6 m2 de superficie chacun et de, 26 cm de hauteur. Le chauffage se produit au moyen de 100 éléments de chauffe qui sont disposés convenablement pour que la température soit uniforme. Des lampes électriques et des pyromètres permettent de se rendre compte à chaque instant de la bonne marche du four. La cuisson de 850 kg de pain exige quatre heures et le courant dépensé est de 20 à 25 kilowatts. Un four analogue fonctionne depuis plus de 6 mois à Davos sans interruption. Au Palace-IIotel de Caur se trouve installé un four tournant de 2,10 m. de diamètre qui, depuis 1902, cuit le pain nécessaire journellement à 700 personnes et qui consomme environ 13 à 15 kilowatts par cuisson. E. Weiss.
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- LA PUISSANCE MARITIME DE L’ANGLETERRE
- La flotte militaire britannique est la plus puissante du monde entier. 11 faudrait, pour lutter contre elle, pouvoir lui opposer une force maritime supérieure à l’ensemble de la marine des deux plus fortes nations navales venant immédiatement après l’Angleterre ; il serait même presque nécessaire, pour avoir quelques chances de succès, de pouvoir grouper contre les escadres britanniques tous les bâtiments des trois puissances maritimes les plus fortes du monde après le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande.
- La flotte anglaise — Tbe Royal Navv — est l’instrument principal de protection des Iles-Britanniques, de leurs colonies et de leur commerce ; l’Angleterre (( n’a
- dans les annales de la marine anglaise, puisque, en 1651, le Parlement vota le fameux « navigation act », qui marqua le point de départ de la grandeur maritime de l’Angleterre. Celte loi ruinait la marine hollandaise, si prospère alors, puisque seules pouvaient être introduites, à l’avenir, en Angleterre les marchandises naviguant sous le pavillon anglais ou sous le pavillon de la nation qui fournissait les produits. L’acte de navigation réservait, en outre, le cabotage et la pèche sur les côtes des Iles-Britanniques aux navires construits sur les chantiers anglais et montés par des marins anglais.
- La flotte marchande, à dater de celte époque, se développa, d’année en année, jusqu’au jour où les Anglais
- Fig. 1. — Artillerie d’ un cuirassé anglais.
- pas d’autres remparts que les murailles de ses vaisseaux », et cela est tellement vrai que, depuis le xn° siècle, le développement de la marine a été la principale préoccupation des gouvernements ; mais c’est surtout après l’échec que la flotte française infligea, en 1372, aux vaisseaux anglais, devant La Rochelle, que la marine militaire britannique commença à s’organiser sérieusement, suivant en cela le mouvement qui se manifestait en France.
- Au commencement du xvte siècle, YAdmiralty était créée et l’on fondait en môme temps Trinity-House, une remarquable administration maritime, qui centralisait alors, comme elle le fait encore de nos jours, tout ce qui intéresse la navigation, les navires, les ports, les balisages, les phares et les côtes, tant au point de vue technique qu’au point de vue administratif ou juridique. Cromwell, enfin, établit le premier budget qui — combien distant, de celui de '11)07 — s’élevait à 10 millions de francs. Le Protectorat marqua une date importante
- prirent le monopole définitif des transports maritimes et méritèrent le nom de « roulicrs des mers » qui leur a été si justement attribué ; mais, au fur et à mesure que devint plus puissante la marine commerciale, la nécessité se fit de plus en plus grande de la protéger davantage par une marine de guerre de plus en plus puissante.
- La flotte commerciale de l’Angleterre se compose actuellement de 7699 steamers, avec un tonnage de près de 14 millions de tonnes, et de 1537 voiliers dont le déplacement total atteint presque 1 400 000 tonnes. Si nous ajoutons à ces quantités, déjà fort importantes par elles-mêmes, les navires marchands appartenant aux colonies anglaises — 1088 vapeurs et 926 voiliers — nous constatons que le pavillon britannique flotte, d’après les statistiques de 1905-1906, sur 8787 steamers, ayant un tonnage total de 14 866 527 tonnes, et sur 2463 voiliers dont l’ensemble représente 1 714 318 tonnes. La marine
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- LA NATURE
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- Fig. 2. — Le Muningu utilisé comme cible.
- marchande briiannique se compose donc de [il 250 navires de Joules catégories ayant un tonnage total de près de 1(5 000 000 tonnes, en ohiflros ronds.
- Celte flotte commerciale comporte un équipage de 450 000 marins de toutes catégories et représente, dans son ensemble, une quantité supérieure au total des diverses marines commerciales de tous les autres pays réunis. C’est formidable ; mais bien plus gigantesque
- encore est la marine de guerre que réclame, pour la protéger, cette importante Hotte commerciale.
- La situation commerciale et économique de l’Angleterre demande que les routes maritimes soient toujours ouvertes, même en temps de guerre, à ses navires marchands ; car si les Iles-Britanniques, qui sont loin de se suffire à elles-mêmes, venaient à ne pouvoir recevoir les produits dont elles ont sans cesse besoin, ce serait la ruine
- Fig. 3. — Le nouveau type de sous-marni C. 2, arrivant à Portsmouth, pendant un grain.
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- LA NATURE:
- de leurs usines, le chômage et la misère des populations laborieuses, et, en quelques mois, la famine pour le pays tout entier. Voilà pourquoi les gouvernements anglais ne reculent devant aucun sacrifice pour que la flotte britannique soit toujours supérieure à la coalition des deux plus fortes marines étrangères.
- Cette colossale organisation maritime réclame un budget annuel moyen de 841 millions de francs ; car il s’agit de l’entretien de 04 cuirassés, 45 croiseurs cuirassés et 80 croiseurs de diverses catégories, 91 torpilleurs, 100 contre-torpilleurs ou destroyers, et une trentaine de sous-marins, sans compter quantité de chaloupes, avisos, canonnières et navires de faible tonnage, sans compter aussi les importants navires de guerre en construction sur les divers chantiers.
- Le budget naval du Royaume-Uni a prévu, pour 1907, une somme de 242 millions, pour les constructions navales nouvelles, à répartir comme suit : 19 millions, pour les navires à mettre en chantier; 184 millions de francs, pour la continuation ou l’achèvement de ceux actuellement en cours de construction, et 59 millions affectés à des sous-marins, et des navires de petit tonnage. Parmi ces diverses forteresses flottantes, figurent trois immenses cuirassés du type Dreadiiought, dont nous avons
- parlé1 : Beilerophon, qui a été mis en chantier, l’an dernier, à Porlsmouth, et dont le lancement aura lieu ces jours-ci; Téméraire, dont la construction marche rapidement à Devonport ; Superb, dont la commande a été donnée à l’industrie privée et qui sera construit sur les chantiers d’Elswiok. Disons à ce propos que l’amirauté britannique n’hésite pas à confier la construction de ses navires aux entreprises privées, qui fabriquent, comme dans beaucoup d’autres pays, d’ailleurs, plus vite et meilleur marché que les arsenaux de l’État.
- Pourtant les arsenaux sont magnifiquement organisés en Angleterre ; les chantiers de Porlsmouth', Devonport et Chatham, ainsique ceux de Shœrness et de Pernbroke, sont remarquablement bien outillés. Rien n’y manque. On y trouve nombreux, puissants et intelligemment installés, les appareils de levage, docks, ateliers, bassins de radoub, docks flottants et tous les appareils nécessaires à la construction, à l’entretien et l’armement des navires de guerre.
- Lorsque notre escadre du Nord, en 1905, visita Porlsmouth, les officiers français furent émerveillés; ils ont tous gardé le souvenir de cette importante ville, qui leur fit un accueil si enthousiaste, et ils ont encore présentes à la mémoire toutes les merveilles que renferment le port de guerre, les docks, les chantiers et l’arsenal. Nos marins furent fortement impressionnés par la vue de cette imposante force, par tant de puissance réunie en un môme point. C’est que Porlsmouth est un des principaux facteurs de l’immense organisation maritime militaire de l’Angleterre ; il en est l’élément le plus important et le plus complet. Rien au monde ne ressemble, en cfl'et,, à ce port gigantesque, dont le vaste territoire mesure six kilomètres en longueur et plus de cinq kilomètres en largeur, avec une superficie de 155 hectares.
- Il y a, dans les ports militaires anglais, des casernes parfaitement installées et aménagées d’après les principes les plus récents de l’hygiène. Les exigences de « Jack », le matelot anglais, ne le cèdent en rien, sur le confort et le bien-être, à celles de son camarade « Tommy », le Du-manet britannique. L’un et l’autre, ils ont la prétention d’être parfaitement traités en ce qui concerne le logement et la nourriture. Aussi l’équipement et l’entretien du matelot anglais coùtcnt-ils fort cher à l’État, car le personnel du service actif compte environ 129 500 hommes, avec un état-major de 5200 officiers et assimilés, médecins, ingénieurs et elergymen.
- La solde annuelle du marin anglais n’est jamais inférieure à 410 francs; elle augmente suivant l’ancienneté et atteint jusqu’à 700 francs. Ces chiffres laissent bien loin en arrière la paie de nos mathurins. Le matelot de sa majesté britannique veut aussi être bien habillé ; son équipement revient à 105 francs par an et par homme. Quant à la nburriturc de ce gentleman, elle coûte à l’Etat 1 fr. 40 par jour ; car Jack veut qu’on lui donne quotidiennement, avec une demi-pinte de bière, du thé, de la viande, des légumes, des conserves ou du poisson et surtout le pudding national. Il existe des écoles spéciales de cuisine, où se forment des cuisiniers-marins capables de donner pleine satisfaction aux goûts du matelot anglais ; ce dernier se mettrait en grève certainement s’il lui fallait, au lieu de trouver le couvert mis, prendre scs repas dans la gamelle du marin français.
- Nous avons tenu à noter quelques traits caractéristiques du marin anglais, si différent du matelot français ; il nous faut revenir maintenant à l’étude de la marine militaire
- Fig. 4. •— Un. obus du Dreadiiought.
- 1 Yoy. n° 1704, du 24 février 1906, p. 193.
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- anglaise. De l’équipage, passons aux navires, et constatons que, à côté ries cuirassés rie combat du type Dreadnuiujhl, il y a 'actuellement, en chanlier, sur le point d’être commencés, ou à l’étude dans les bureaux techniques, 0 croiseurs cuirassés etl croiseur protégé, 12 sous-marins, 20 destroyers de haute mer et 12 destroyers côtiers. L’Angleterre construit sans cesse, elle ne ralentit jamais ses armements maritimes; mais l’Amirauté ne conserve pas de vieux matériel, ni des navires inutiles dont l’entretien serait onéreux. Cette belle organisation navale ne garde aucun facteur encombrant, aucune unité surannée ; le matériel maritime de guerre est sans cesse transformé et renouvelé.
- Dans les derniers programmes, les grands navires seront tous actionnés par des machines à turbines; ils seront pourvus d’installations qui permettront l’emploi du pétrole comme chaude auxiliaire. Nous devons remarquer surtout la tendance actuelle qui est de construire des navires de guerre rapides, tel le destroyer de haute mer, actuellement en construction, Swifï, qui battra tous les records de vitesse, puisqu’il fera 5(5 nœuds, c’est-à-dire près de (17 kilomètres à l’heure. Ce navire, et ceux qui seront établis sur son modèle, afin de pouvoir marcher avec cette rapidité de train express, seront dotés de machines de 50 000 chevaux, ce qui est énorme pour un bâtiment, ne déplaçant que 1850 tonneaux, mesurant 105 mètres de longueur et un peu plus de 10 mètres de largeur. Les navires de ce type seront de vrais corsaires; tout y est sacrifié à la vitesse et l’artillerie ne comprendra que quatre canons de 101 millimètres avec deux tubes lance-torpilles.
- Signalons également un torpilleur automobile, auquel on travaille en ce moment, et sur lequel nous aurons à
- revenir, dans un avenir prochain, lorsque nous connaîtrons mieux les organes spéciaux et les divers éléments qui composeront ce petit bâtiment,. 11 s’agit d’un navire, destiné à la défense des côtes, qui aura 20 mètres de longueur. Les 5 hélices, actionnées par des moteurs à essence de 500 chevaux, donneront une vitesse de 24 nœuds. Le rayon d’action est fixé à 400 kilomètres environ; leur poids peu élevé — 8 à 12 tonnes — rend facile le transport par fer de ces bateaux.
- Qu’il s’agisse de ce torpilleur lilliputien ou des cuirassés monstres de 18000 tonnes, tous les navires anglais sont étudiés avec soin et construits avec beaucoup de méthode ; leur armement est particulièrement raisonné. Le démontrer nous entraînerait à des explications détaillées, trop longues pour une courte étude, comme celle-ci.
- Vers quels ennemis la puissance maritime britannique est-elle dirigée? L’Angleterre, pendant des siècles, a considéré la France comme son unique et réel ennemi maritime; notre situation géographique est, en effet, particulièrement menaçante pour les Iles-Britanniques. Mais, ces dernières années, nos voisins d’outre-Manche se sont aperçus qu’il existe pour leur tranquillité un ennemi également très dangereux, l’Allemagne, qui sans faire beaucoup de bruit, est devenue, depuis 1895 1 surtout, une redoutable puissance maritime. L’Angleterre, en dépit de nos excellentes relations actuelles, reste armée contre nous; mais la réelle préoccupation de la marine britannique, c’est le péril germanique. Tous les efforts sont dirigés vers l’Allemagne, dont la Hotte commerciale et la marine militaire semblent chercher à amoindrir le prestige britannique au milieu du royaume de Neptune.
- Wiu. Darvillé.
- ANTIQUITÉS DU PÉROU ORIENTAL
- Les découvertes archéologiques faites en Amérique ont été nombreuses, au cours des quinze dernières années. Peu à peu, le voile qui couvrait le passé des grandes civilisations du Mexique et du Pérou se soulève, nous laissant deviner la vie publique et privée de peuples étranges et nous mettant sous les yeux les monuments d’un art très original.
- Ces derniers temps ont surtout été riches en résultats concernant le Pérou et, en général, toute la région andine où brilla autrefois la civilisation des Incas..Les explorations de Bandelier, d’Erland Nor-dcnskjôld1, de MM. de Oréqui-Monfort et Sénéchal de la Grange, nous ont rapporté un riche butin des plateaux du Pérou et de la Bolivie, pendant que M. le docteur Bivet, membre de l’expédition géodé-sique française, faisait des fouilles dans la république de l’Equateur, jusqu’où s’est étendue la puissance des anciens Péruviens.
- Nous voudrions, dans cet article, exposer quelques-uns des résultats obtenus par les expéditions dont le centre d’activité fut la région du Pérou qui environne le lac Titicaca et qui se trouve sur la frontière de la Bolivie et qui comprend les provinces de Sandia et de Caravaya au Pérou et celle de Caupo-
- 1 Erland Nordekskjôu), Arheologiska Undersôkningar i Parus oc h Bolivias G r tins traiter, Upsal et Stockholm, Almqvist och Wiek.scll, 1906.
- lican en Bolivie, entre 1 4° et 15° latitude S., et 68° et 72° longitude 0. Cette partie de l’Amérique du Sud est située sur les contreforts N.-E. des Andes centrales ; les neiges éternelles des sommets y entretiennent le cours de trois rivières, les rios Tuiche, Tambopata et Inambari, affluents des rios Béni et Madré de Dios, qui sont eux-mêmes tributaires du rio Madeira, bras principal de l’Amazone. La « Cor-dillera Real » d’où descendent ces eaux, s’élève à pic à des hauteurs de 3 à 4000 m. et se continue, du côté de la Bolivie, par un plateau d’une élévation de 6 à 700 m. Au sud de cette chaîne, sur un plateau haut de 3800 m., se trouve le lac Titicaca. Le versant occidental ou péruvien est diversifié et jouit de climats assez variés, jusqu’à la côte, brûlante et aride ; le versant bolivien est envahi par la grande forêt amazonienne, qui escalade les flancs de la Cordillère en suivant la route marquée par les vallées et trace sa frontière à des altitudes très variables depuis 3500 jusqu’à 1600 m. Les vallées sont d’un accès difficile et il faut parfois, pour passer de l’une à l’autre, remonter jusqu’à l’altitude des neiges éternelles.
- Tandis que, sur les plateaux, se développaient les civilisations brillantes des Quichuas et des Ayma-
- 1 Voy. n° 1760, du 16 février 1907, p. 179.
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- ras, les tribus incultes et encore peu connues (Lecas, Tacanas, Yuncas, Mojos) se réfugiaient dans la grande foret tropicale où nous les découvrons encore aujourd’hui.
- Les hautes régions, plus froides et plus propres à l’agriculture, furent toujours, dans ce coin du inonde, le siège de la civilisation; la grande foret, là comme partout, ne fut jamais que le refuge de la sauvagerie. Plusieurs civilisations se succédèrent dans les hautes terres du Pérou avant que les Espagnols ne vinssent s’y établir par la conquête, mais la plus grande, et de beaucoup la plus importante,
- variées ; souvent, les ehulpas sont de forme circulaire et les dimensions de ces tours peuvent atteindre 8 m. de haut et 9 m. de circonférence; d'autres fois, ils sont quadrangulaires et peuvent contenir plusieurs chambres; dans quelques-uns, on trouve des niches. On entrait par une petite ouverture placée à la hase de la construction et tout juste assez grande pour admettre l’entrée d’un homme; cette ouverture était fermée par une dalle de pierre, parfois percée d’un petit trou, comme on en trouve dans un grand nombre de dolmens européens.
- D’autres ehulpas, signalés par MM. Bandelicr et
- Fig. 1 à_ 7.
- fut celle qu’y introduisirent les peuples de langue quichua et qui est connue sous le nom de civilisation incasique. Les Quichuas étendirent leur influence sur une aire immense, du plateau de Bogota au N. au Gran Chaco, où ils étaient connus sous le nom de Calchaquis; de la côte du Pérou à l’O. jusqu’au rio Ucayali à l’E.
- Ce sont les restes de leur industrie qui constituent la plus grande partie des objets que l’on trouve aujourd’hui dans ces régions. La plupart de ces trouvailles sont faites dans des tombeaux, que l’on nomme ehulpas. Ce sont des sortes de chambres funéraires, bâties souvent de pierres brutes, comme les monuments cyclopéens ou mégalithiques de l’Europe. Les formes et les dimensions en sont assez
- Erland Nordenskjôld, sont d’un type très différent. Ils ont la forme d’une maison, avec une porte de grandeur normale, sont construits de petites pierres et recouverts par quelques blocs d’ardoise d’assez grandes dimensions.
- Les ehulpas sont des tombeaux collectifs qui contiennent un nombre très variable de squelettes, suivant leurs dimensions; quelquefois on en trouve 7 ou 8, parfois le nombre des individus qui y sont ensevelis monte jusqu’à 200. Ces squelettes ne semblent pas avoir été disposés dans un ordre voulu ; de plus, M. Nordenskjôld a remarqué que le nombre des crânes ne correspond pas toujours à celui des autres restes d’individus ; peut-être devons-nous y voir l’indice du rite de la double sépulture, dans lequel on
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- laisse se putréfier à l’air libre les parties molles du mort dont les os sont ensuite placés dans une tombe. Ailleurs, mais rarement dans la région orientale, le corps est momifié et empaqueté dans une toile. On ne trouve nulle part dans cette région d’incinérations; par suite les urnes cinéraires, si nombreuses dans la région sud de faire autrefois occupée par la civilisation quichua, manquent complètement.
- Beaucoup d’auteurs pensent que les cbulpas du second type ont été tout d’abord des maisons d’habitation; cette hypothèse est d’autant plus plausible que le rite de l’enterrement dans la maison est pra-
- en accuser tout d’abord le pillage qui a été pratiqué pendant des siècles et, peut-être aussi, un rite particulier dont l’existence a été constatée d’une façon indéniable par M. Nordenskjold en divers points du Pérou oriental et de la Bolivie. Ce rite, qui est encore en usage chez les Indiens Quiclmas et Aymara s actuels, consiste à brûler solennellement près du tombeau, neuf jours après le décès d’un homme, tous ses biens mobiliers, ses vêtements, etc. Un auteur du temps de la conquête, Cfeza de Leon, nous dit qu’en pareil cas on brûlait aussi des animaux et qu’il vit un de ces sacrifices où l’on lit périr par le l’eu une douzaine de moutons ; son témoignage est
- Fig. S à 17.
- tiqué encore aujourd’hui par un assez grand nombre de tribus de l’Amérique du Sud, par exemple chez les Araonas et les Chiriguanos; de plus, d’anciens auteurs, tel que l’évêque de Chiapas, Las Casas, nous disent que des peuples civilisés du Pérou (les Ayma-ras) avaient encore cette coutume au temps de la conquête. Les dernières recherches sont aussi favorables à cette hypothèse.
- La plupart des tombeaux, aussi bien de l’un que de l’autre type, contiennent des objets qui étaient enterrés avec les morts; ce sont des objets de toilette et, parfois, des vases d’argent. Malheureusement, les tombes de la région andine, plus mal protégées que celles de la côte, sont en général peu riches en restes archéologiques importants. Il faut
- appuyé par celui de Las Casas. Des restes de llama ont été découverts par M. Nordenskjold dans un foyer sacrificiel du Pérou, et par M. Juan Ambrosetti près de tombeaux calchaquis du nord de la République Argentine.
- Il est assez difficile de déterminer l’âge relatif de ces sépultures et surtout des objets qu’elles contiennent. Les recherches effectuées par M. Bandelier l’ont en effet amené à la conclusion que beaucoup des pièces trouvées dans les sépultures ont été renouvelées au cours du temps. Ceci expliquerait en grande partie la bonne conservation des matières corruptibles que l’on trouve dans les tombeaux (épis de maïs, feuilles de coca, etc.). Ce n’est donc que par l’étude typologique des objets, que l’on peut dé-
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- terminer leur antiquité relative. Tous les
- jets que nous aî- .............................
- Ions décrire sont anciens, datant tout au moins du siècle de la conquête ; ils proviennent pour la plupart de fouilles laites sur les îles du lac Titi-caca et sont conservés au Musée américain d’Ilis-toire naturelle, à New-York.
- La ligure 18 est un grand masque de feuille d’argent. Les masques de cette espèce étaient attachés sur les momies et leur conservaient ainsi un aspect humain; ils sont souvent faits de hois ou d'étoffe et il est probable, que, seuls, les
- oh- | chefs ou les gouverneurs des circonscriptions adnii-
- uislralives de | l’empire des Incas avaient droit au masque en leuilles d’argent ou d’or. D’autres objets de toilette accompagnaient la momie ; le plus connu et le plus fréquent est le topo ou lupu, représenté par la ligure 7. C’était une longue épingle de métal, souvent d’argent ou d’or, plus fréquemment de bronze. La tête, faite de métal aminci, atteignait des dimensions quelquefois considérables (<)">, 50 de diamètre). Le topo servait à épingler le grand manteau ou poncho, et il est
- Fig. 18 à 26.
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- encore usité dans ce luit par les Indiens araueans du Chili. L’exemplaire ici ligure était d’argent. Un autre type d’agrale de manteau est représenté dans la ligure 16; généralement, les agrafes de ce type sont complètement circulaires et sont ornées de petites ligures d’animaux. Les ligures 19 et 20 représentent, vu de face et de prolil, un de ces énormes ornements d’oreilles, en or, que portaient les femmes quichuas ; les animaux ligurés en repoussé sur la surface circulaire sont des pumas. D’autres objets de parure sont représentés par les ligures 15, 17, 14, 8, 9, 10. et. 11. Ils sont faits d’or martelé cl reproduisent la forme de divers animaux, plus ou moins stylisés : grenouille, crocodile, canard, tètes de perroquet.
- Dans les ligures 12 et. 15, nous voyons deux objets d’un usage assez problématique, mais que l’on suppose avoir servi de couteaux; ils sont nommés- tu mi s dans l’idiome quichua et rappellent la forme des bâches de bronze que l’on rencontre assez fréquemment dans les sépultures du nord du Pérou et du sud de la République de l’Equateur. Celui représenté dans la ligure 12 est d’uni' forme rare et intéressante.
- A coté de ces objets de parure, on trouve, dans les sépultures, de petites statuettes, les unes de forme humaine, ligures 22 et 21, les autres en forme de llama, ligures 1, 2, 5, 4, 5 et 6. Ces dernières, fondues en or ou en argent, sont extrêmement nombreuses dans les tombeaux de la région dn lac Titi-caca. Peut-être ces petites effigies étaient-elles placées dans les sépultures dans un but religieux; mais nous en savons trop peu sur ce sujet pour pouvoir faire autre chose qu’une hypothèse purement gratuite. Il est probable que les grands vases anthropomorphes représentés ligures 25, 24, 25 et 26, avaient aussi un caractère sacramentel. Ils sont faits de feuilles d’argent travaillées ou repoussées et atteignent une hauteur de 25 à 55 cm. Les vases de cette forme, mais sans représentation de ligures humaines, sont extrêmement nombreux dans les sépultures péruviennes.
- Nous pensons qu’il y aurait intérêt à publier le plus possible de ce s reliques d’un autre monde et d’un autre Age, pour donner au public une idée de ce qu’était l’art des anciens Américains et lui faire' apprécier quelle fut leur habileté technique, principalement en ce qui louche le travail des métaux1.
- II. IkuCIIAT.
- UN VOLCAN MEXICAIN
- Le Jorullo
- A l’occasion du Xe Congrès géologique1, le gouvernement mexicain avait organisé de nombreuses excursions. L’une d’elles m’a permis de visiter, au mois de septembre 1906, la région du Jorullo.
- Le Jorullo, très justement, célèbre dans l’histoire du volcanisme, n’est cependant pas un grand volcan. Au Mexique, sans parler des géants comme le Pic d’Orizaba (5549 m.), le Popocalepetl (5450 m.), l’ixtaccihuall (5280 m.), il existe des centaines de volcans plus importants. Sa situation n’est point faite davantage pour attirer l’attention. À l’encontre des grands volcans qui se dressent sur le bord même du Plateau central mexicain, volcans dont les cimes neigeuses s’aperçoivent de fort loin, le Jorullo, lui, est situé au fond d’un vaste amphithéâtre aux parois hautes de près de 1000 mètres; il s’y trouve complètement dissimulé.
- Les champs de lave n’ont guère plus d’importance que le volcan lui-même. Leur surface (8,5 kil. carrés environ) paraît Lien petite dans un pays comme le Mexique, où l’on rencontre des régions aussi grandes qu’un département français entièrement recouvertes par les laves.
- Dans l’état de Miehoacan, où se trouve le volcan, le relief du sol est dû presque exclusivement aux phénomènes éruptifs. Partout se voient des cratères encore intacts, des dômes de lave accumulés à la bouche des anciennes cheminées, des lacs formés par les coulées qui sont venues barrer les vallées primitives.
- Un volcan comme le Jorullo passerait complètement inaperçu dans une telle contrée s’il n’avait pas une histoire d’autant plus curieuse que la géologie permet après coup de la reconstituer en détail.
- 1 Ce Congrès s’est réuni à Mexico du 6 au 14 septembre 1906.
- Sa célébrité provient d’abord de son origine. L’apparition subite du Jorullo, en septembre 1759, fit presque autant de bruit en son temps que la récente catastrophe du Mont Pelé. La nouvelle eut vite franchi l’Atlantique et prit d’autant, plus d’importance, qu’on ignorait toutes les cir-' constances de l’éruption. On les ignore encore, car la population indigène, épouvantée par les tremblements de terre et les grondements souterrains, avait fui quand s’ouvrirent les bouches .du volcan. On sait seulement qu’il y eut de fortes pluies de cendres (les cendres du Jorullo arrivèrent jusqu’à Queretaro à 220 kilomètres du volcan). On n’est pas plus renseigné sur la durée de l’éruption, mais il semble qu’elle fut assez courte malgré, l’énorme masse des produits rejetés. Depuis cette époque, le Jorullo n’a jamais donné signe d’activité.
- L’absence complète de témoignages précis permit, aux
- 1 La composition des bronzes péruviens est assez complexe et leur caractéristique principale est de toujours contenir un peu d’argent. Elle varie d’ailleurs considérablement, ainsi que le montre l’analyse de 2 objets de la collection Norden-
- skjôld. 1er Objef 2“ Objet.
- Cuivre 69,22 Cuivre, .... 91,98
- Etain 6,21 Bismuth. . . . 0,93
- Antimoine. . . . 2,67 Antimoine. . . 5,54
- Bismuth .... 1,46 Étain 2,49
- Argent ) ± 1 Fer 0,45
- Or \ ’ ’ ’ Plomb 0,12
- Acide siliciquo. . traces Restes divers (Ar-
- Restes divers . . 19 gent, acide si-
- • 100 licique, etc.) . 4,09 100
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- LA NATURE.
- premiers voyageurs qui visitèrent la région après l’éruption de donner libre cours à leur imagination. Ils en ont laissé des descriptions plutôt fantastiques. Si l’on en juge
- Fig'. 1.— La Plnya à Feutrée île la coulée volcanique.
- par les dessins de llumboldt, l’aspect de la zone dévastée y prêtait. Qu’on se ligure, outre le volcan principal, une multitude de petits cônes de quelques mètres de hauteur s’élevant au-dessus des champs de lave et d’où s’échappaient d’abondantes vapeurs, volcans en miniature, auxquels les habitants du pays avaient donné très justement le nom de « hornitos a1. Un chaos, noirâtre et désolé, voilà ce qu’était devenue, en quelques semaines peut-être, en quelques mois tout au plus, la région fertile des « Plaças del Jorullo ».
- A la place des plantations de canne à sucre, des cultures d’indigo, des goyaviers renommés pour la douceur de leurs fruits, un désert de lave et de cendre ! On comprend qu’en présence d’un tel désastre, les Indiens aient pu croire à une vengeance divine, et de Saussure rapporte qu’à leurs yeux la catastrophe n’avait d’autre cause que la malédiction jetée sur le pays par un moine quêteur à qui l’on avait refuse l’aumône.
- La première étude sérieuse du Jorullo date de 1805. Elle fut faite par Alexandre de llumboldt; malheureusement, soit insuffisance d’observation, soit plutôt que ce savant ait été égaré par la théorie des cratères de soulèvement, les descriptions qu’il a laissées du volcan présentent tant d’inexactitudes qu’elles ont contribué à rendre encore plus mystérieuse l’éruption de 1759. Elles ont été la source d’interminables discussions. Au xixe siècle, peu de géologues ont visité le Jorullo, et ceci tient aux difficultés du voyage dans un pays très accidenté, sans routes, à peine peuplé et à climat presque tropical. Jusque dans ces dernières années, il fallait organiser une véritable expédition. Aujourd’hui, grâce au chemin de fer « Nacio-nal de Mexico », on arrive sans peine à Patzcuaro (450 km. de Mexico) ; mais, de là, deux journées de cheval sont nécessaires pour atteindre le volcan.
- Ce n’est que récemment, grâce aux remarquables travaux de M. Ezequiel Ordonez, professeur à l’Institut géologique de Mexico, qu’on a pu être définiti-
- 1 Hornito = four de petite dimension.
- veinent fixé au sujet du Jorullo et il se trouve que ce volcan, si mystérieux depuis ses origines, est un des plus faciles à étudier qui soit au monde. C’est même ce qui, avec son histoire rappelée plus haut, fait son très grand intérêt. Les phénomènes éruptifs, à la fois très variés et très complets, y sont si nettement séparés, qu’il est parfaitement possible de reconstituer l’éruption à 150 ans de distance. C’est donc l’histoire de la catastrophe de 1.759 (pie nous allons essayer d’entreprendre en décrivant la région du Jorullo dans son état actuel.
- Le Jorullo est situé dans l’état de Michoaean par 18° 55' de latitude N. et 2° 50' de longitude W. de Mexico, coordonnées d’ailleurs assez mal déterminées. Son altitude (1520 ni.) le rapproche beaucoup du Vésuve.
- Comme dimension, on peut d’ailleurs le comparer au cône terminal du Vésuve; mais, tandis (pie ce dernier volcan s’élève au-dessus du mont Somma qui forme un majestueux piédestal, le Jorullo se trouve sur une petite terrasse au [lied des escarpements d’un vaste ampli théâtre. Son cône ne parait pas avoir plus de 400 mètres. L’épanchement des laves s’est fait entièrement vers le centre de l’am-phithéàtre, dans le sens de la pente, et, par suite de cette circonstance, le substratum du volcan apparaît du côté opposé à quelques centaines de mètres du cratère.
- L’étude de ce substratum montre que le socle du volcan actuel est constitué par des basaltes anciens et ces mômes basaltes recouvrent en de nombreux points les roches intrusives, monzonites et diorites, qui forment les contreforts du Plateau central mexicain. La région du Jorullo avait donc été le siège d’éruptions importantes avant l’éruption de 1759 qu’on peut diviser en trois phases.
- 1° Phase des coulées. — L’appareil volcanique moderne se compose de quatre cônes : un grand, auquel on réserve le nom de Jorullo, et trois petits, appelés « vol-cancitos», tous disposés sur une même ligne N. E.-S.W. de 5400 mètres. Ils paraissent beaucoup plus élevés à l’ouest qu’à l’est. Comme ils s’élèvent tous au-dessus d’une
- Fig. 2. — Los fumerolles du Jorullo.
- même terrasse, dite plateau de la Iliguera, il est vraisemblable qu’ils en occupent le bord même, bord qui devait être très abrupt comme le sont fréquemment ceux des coulées de basalte. Cette disposition a permis, en
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- outre, de reconnaître <jue, si la base orientale des cônes repose sur les basaltes anciens, leur base occidentale recouvre les laves de 1759. C’est un fait d’une importance capitale. La formation de l'immense champ de lave appelé « malpays » du Jorullo est donc antérieure à celle des cônes. Cette émission se lit sans doute par plusieurs bouches auxquelles correspondent les cônes actuels, mais les différents courants qu’elles ont rejetés se sont fondus au point de ne plus constituer (ju’une coulée unique couvrant près de 8,5 kilomètres carrés. Une autre coulée a dû se produire peu de temps après la première ; elle s’est superposée à celle-ci sur un peu plus de moitié de sa surface, mais elle s’en distingue très nettement, car ses bords forment un escarpement de 40 à 50 mètres de haut.
- L’épaisseur de la couche de lave est certainement supérieure à 100 mètres en beaucoup d’endroits.
- "2° Phase explosive. — La seconde période de l’éruption, époque de l’apparition des cônes, caractérisée par les explosions et projections, commence après l'épanchement de la deuxième coulée. Aux dimensions près, tous les cônes sont très analogues. Ils sont formés des mêmes produits de projection : lapillis noirs et rouges et fragments de basalte compact. L’agglomérat formé par ces matières est toujours peu solide.
- Les volcancitos présentent deux particularités intéressantes. C’est d’abord la profusion de bombes volcaniques qu’ils ont rejetées. Ces bombes, rassemblées par l’érosion à la base des cônes, ont été vraisemblablement lancées
- La deuxième particularité résulte de la forme actuelle des cônes dont les parois ouest ont disparu. Les cratères sont ouverts en forme de fer à cheval du côté vers
- ris-
- Le cône du Jorullo vu du S. 0.
- Fig. -i. — Pie de llumboldt. Bord N. E. du cratère de Jorullo.
- vers la fin des éruptions, car, c’est à la surface des talus extérieurs qu’on les trouve en plus grand nombre. Leur grosseur est souvent celle d’une tète humaine, mais il y en a dont le volume dépasse un mètre cube.
- lequel les laves se sont écoulées pendant la première période. 11 est très facile d’expliquer cette disposition. Au moment de la formation des cônes la lave était encore incomplètement solidifiée et cette lave a entraîné dans son lent mouvement de descente la partie des cônes qu’elle supportait. On retrouve d’ailleurs, à peu de distance des volcancitos, sur la lave, des blocs d’agglomérat qui ne laissent aucun doute sur leur origine; ce sont les débris des parois éboulées. Il semble, d’après cela, que les cônes ont été formés en très peu de temps. Ils ne l’ont pourtant pas été simultanément, puisque l’apparition du volcancito del Sur a provoqué la destruction partielle de son voisin d’ « en medio ».
- Les pluies de cendre marquent le dernier épisode de la phase explosive de l’éruption. Lu effet, elles recouvrent non seulement les champs de lave et les cônes, mais encore les sections de ces derniers, produites par l’ébouloment des cratères. Grâce à celte couche de cendre la végétation tropicale a pu envahir la zone dévastée par les laves, mais cette végétation du malpays est si chétive qu’elle suffirait à signaler la présence des laves là où celles-ci n’apparaissent pas.
- Sur les cônes, il ne reste que des indices de cette couverture; mais, à leur base, l'érosion a accumulé des amas très considérables de sables noirs. Ces effets d’érosion s’accusent particulièrement sur le cône principal, plus couvert de végétation que les autres, sous forme de nombreux sillons rayonnants, qui se détachent en noir sur la verdure des pentes. Il s’est formé en outre sur l’ancien plateau de la Iligucra, entre la chaîne des volcans et les contreforts du Plateau central, deux petits bassins fermés. Ce sont les « albercas ». Vers la fin de la saison des pluies, en septembre 1900, le fond de la plus grande des deux était occupé par une véritable rivière à courant rapide. Cette rivière disparaissait entièrement dans les sables à quelques mètres du point où j’eus l’occasion de la traverser.
- 3° Dernières coulées. — Pendant la dernière période de l’éruption, le cône principal, le Jorullo, resta seul en activité. Son cratère se remplit de lave et donna naissance
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- à deux coulées qui soûl bien postérieures à tous les autres phénomènes, puisqu’elles n’ont pas été recouvertes par les cendres.
- L’ascension du volcan serait fort pénible sans la végétation qui en couvre les pentes. A l’aide des mains, en s’accrochant aux arbres et arbustes, on arrive à se hisser sur un sol dont l’inclinaison va jusqu'à 55°, et qui se dérobe sous le pied. Du sommet, on découvre un admirable panorama : au nord et à l’est, le vaste hémicyle formé Italie Plateau central avec ses nombreux cônes boisés, ses murailles à pic offrant la structure si caractéristique des basaltes, ses contreforts couverts de végétation; au pied du volcan, vers l’ouest, les champs de lave qui viennent mourir au bord du rio de la Playa ; sur l’autre rive, des plantations de canne à sucre, et des forets de palmiers sur les premières pentes des montagnes; eniin, derrière la grande échancrure où se devine la vallée lointaine du rio de las Balsas, les nombreuses chaînes parallèles de la puissante Sierra Madré del Sur, encore à peine connue ; spectacle à la fois sauvage et grandiose.
- Le cratère du Jo-rullo est lui-même très curieux.
- Qu’on imagine un vaste entonnoir profond île 150 mètres, large de 4 à 500 mètres, et dont les pentes forment une série de gradins.
- Ces gradins, indices du retrait successif des matières fondues, sont séparés par de grandes fissures concentriques produites par le refroidissement, puis l’affaissement des laves restées fixées aux parois. M. Ordonez compare très justement cet aspect à celui d’entonnoirs emboîtés les uns dans les autres.
- En quelques - points,, là où des blocs de lavé se sont éboulés, les flancs du cratère apparaissent et leur teinté rouge clair contraste violemment avec la couleur sombre de l’ensemble. Le cratère a une forme ovale, son plus grand diamètre étant dirigé Nord-Sud. Ses bords, très étroits par place, ont été fortement agglomérés par la chaleur. Cette dernière circonstance permet de faire sans danger le tour du cratère.
- L’écoulement des laves s’est fait par une brèche de la paroi nord. Ces laves ne présentent pas trace de végétation, elles semblent toutes récentes. Les deux coulées se distinguent très facilement l’une de l’autre par la couleur plus sombre de la dernière. La troisième est déjà beaucoup moins importante que les deux coulées antérieures; quant à la quatrième, elle devait être très peu fluide, puisque la plus grande partie de sa masse est restée accumulée sur le flanc même du volcan. Vue d’en
- Fig. 5. — Carte des coulées du Jorullo.
- bas, cette coulée, fortement bombée et dont les pentes très raides présentent de grandes ondes d’écoulement, donne l’impression de quelque gigantesque cascade brusquement figée. La sortie de cette dernière coulée a présenté une particularité curieuse. La lave très visqueuse n’avait pas achevé de s’écouler sur les pentes du volcan quand le niveau baissa dans le cratère. Par un phénomène analogue à celui de la retassure des lingots d’acier, il s’est formé, sous la couche superficielle solidiliée, un véritable tunnel, dont l'effondrement ultérieur a laissé ce que l’on appelle aujourd’hui la « rue des ruines ».
- Les laves du Jorullo, aussi bien celles des deux dernières coulées que celles des deux premières, sont toutes identiques. Excessivement rugueuses, elles ont souvent l’aspect du coke; mais c’est un aspect tout superficiel, à l’intérieur la roche est compacte, noir grisâtre. Au point de vue de leur composition, ce sont des basaltes
- nettement distincts des basaltes anciens du Plateau de la lliguera.
- C’est à l’entrée de la « rue des ruines » et sur la brèche du cratère qu’il faut chercher les derniers signes d’activité du Jorullo (lig. 2).
- 11 y a là, eu effet, uu certain nombre de fumerolles qui dégagent des va peurs peu abondantes mais très chaudes (105° C.).
- Reste un mot à dire des « horni-tos ». Ces petits monticules, extrêmement nombreux à la surface du malpays, ont cessé
- depuis longtemps de rejeter des vapeurs. On retrouve d’ailleurs souvent le trou, encore tapissé de concrétions jaunâtres, par où celles-ci se sont échappées.
- L’origine des hornitos est facile à reconnaître. Vers la lin de la période explosive de l’éruption, les champs de lave furent recouverts d’un manteau de cendre. Ce revêtement parfaitement plastique en épousa le relief et les hornitos correspondent aux saillies formées par les blocs détachés ou les pierres amoncelées sur les deux premières coulées. La structure des couches de cendre est partout la même, mais leur épaisseur est beaucoup moindre sur les hornitos. 11 est donc tout naturel que les vapeurs dégagées par les laves encore chaudes se soient échappées en ces points.
- On a signalé la formation de hornitos pendant des éruptions récentes, en particulier au Vésuve, en avril 1906, dans des conditions identiques.
- La fameuse question des hornitos semble définitivement réglée, et rien ne .subsiste plus maintenant du caractère mystérieux de l’éruption de 1759.
- J. Dani.os.
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- LA NATURE.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 juillet 1907 —
- Les hautes ré y ion s de l'atmosphère. — M. Mascarl présente un travail de M. Teisserene de Bort, donnant les conclusions tirées par l’auteur des indications fournies par les instruments de ballons-sondes lancés en Laponie, à Kruna, un peu au delà du cercle polaire. M. Teisserene de Bort a lancé 24 ballons et en a récupéré 8. A la même époque, des lancers de ballons étaient opérés au-dessus de Trappes. Les comparaisons des températures dans les régions basses accusent un déficit de 5 à 10° en Laponie, mais à partir de 12 km. d’altitude la différence est peu sensible. A 13 km. la température reste comprise entre — 50 et — 70°, suivant les jours, qu’011 se trouve au-dessus de Kruna ou de Trappes. La découverte d’une zone isotherme faite à Trappes, il y a quelques années, se trouve confirmée à partir de 11 km., d’où l’on conclut que l’on se trouve en présence d’un phénomène général, excepté sous les tropiques.
- Endosmose entre liquides identiques. — M. Lipp-mann expose que le phénomène de l’endosmose, c’est-à-dire de la diffusion de deux liquides l’un dans l’autre lorsqu’ils sont séparés par une membrane poreuse, a lieu entre l’eau pure et l’eau salée par exemple, mais qu’011
- Présidence de M. Chauveau.
- ignore si la diffusion se produit entre deux liquides identiques, tels (pie eau pure et eau pure. Il a combiné une expérience très précise qui permet de constater que l’endosmose a lieu à la condition qu’il y ait inégalité de température entre les deux masses d’eau. L’eau froide est comme attirée vers l’eau chaude, et passe au travers de la membrane pour aller comprimer cette dernière. Le phénomène a lieu également entre deux masses d’air à des températures inégales, lorsqu’elles sont séparées par une membrane telle que de la baudruche ou du papier.
- Innocuité de la tomate. — M. A. Gauthier communique ensuile un travail extrêmement précis auquel s’est livré M. A. AJbaharry sur la composition chimique de la tomale. L’auteur extrait d’abord 93,5 pour 100 d’eau. Il a dosé 1 pour 100 de matières azotées des graisses, de la cellulose, des sucres (glucose, lévulose et surtout saccharose). Au point de vue des acides, il indique l’acide malique qui existe à raison de 0«r, 48 pour 100 gr. de tomate, l’acide citrique à raison de 0,09 et enfin l’acide oxalique à raison de 0,001, soit un cent-millième. On voit donc qu’il n’y a aucun danger à manger des tomates.
- Cil. 1IE VlI.LEDliUlL.
- LE CANOT-VOITURE RAVAILLIER
- Le 7 juin dernier, lors de l’inauguralion du petit ! port aménagé à Bagatelle pour les yachts de plaisance, par les soins du Touring-CIub de France, eurent lieu les premiers essais du pittoresque canot-voiture, récemment inventé par M. Bavaillier. Quelques-uns des plus notables invités, entre autres
- passent dans des tubes étanches qui traversent cette coque élégamment réalisée, d’après les plans de l’inventeur, par M. Gustave Pitre, l’habile architecte naval de Maisons-Laflite.
- Dans un autre type, actuellement en cours de construction, M. Bavaillier a augmenté les propor-
- Fig. 1. — Coupc schématique du' canot-voilure lîavaillier.
- M. Barthou, Ministre des travaux publics, Mme Thomson et M. Lépine, montèrent meme dans cette automobile amphibie.
- Dorénavant les écluses, le passage d’une rivière, la traversée d’un lac ou autres obstacles infranchissables n’arrêteront plus les touristes, à la condition toutefois qu’ils trouvent, pour la descente et la remontée des cours d’eau, un plan incliné en pente assez douce.
- Le canot-voiture mesure 5 mètres de longueur et contient seulement 4 places. Sa coque, en tôle d’acier rivée sur membrures en cornières, est suspendue, par l’intermédiaire de ressorts, sur deux essieux et quatre roues en tôle emboutie. Les essieux
- tions de sa création primitive; sa prochaine auto-amphibie mesurera 6,48 m. de longueur et pourra emporter déjà 6 à 8 voyageurs. En outre, malgré cet espace restreint, elle contiendra une chambre de machinerie, une plate-forme et, à l’arrière, une cabine munie de couchettes.
- Dans le canot-voiture, que nos photographies représentent sur terre et entrant dans la Seine, la machine agencée par M. Goutallier, mécanicien à Vincennes, est un moteur de Dion d’une force de 12 chevaux, qui actionne, par l’intermédiaire d’un embrayage à disques, deux mécanismes distincts.
- 1° D’abord un changement de vitesse qui trans-
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- met le mouvement aux roues arrières motrices par chaînes, pignons de chaînes et arbres de pignons traversant deux presses-étoupe ; il peut donner trois vitesses avant et marcher arrière. Une pédale de débrayage, un ralentisseur, une pédale de frein sur différentiel, un levier de changement de vitesse et un levier de frein sur roues arrière complètent la partie de propulsion sur route. D’autre part, une direction irréversible (à volant) dont l’arbre de commande passe par un presse-étoupe, agit sur les roues avant comme dans une voiture ordinaire.
- 2° L’arbre du changement de vitesse est prolongé
- F
- t
- f
- moteur, sert à effectuer cette dernière manœuvre, dans le cas de pentes très raides ou d’un sol mou. On hisse alors l’embarcation . au moyen d’un cordage attaché à un arbre ou avec l’ancre du bord lichée en terre.
- Enlin le nouveau canot-voiture possède une pompe d’épuisement, une bouée et une paire d’avirons pour pouvoir, en cas d’avarie au moteur, gagner la rive en ramant, grâce aux deux systèmes mobiles placés l’un à tribord, l’autre à bâbord.
- Cet ingénieux mode de locomolion parait appelé à rendre de signalés services aux touristes, puisqu’on réalise de la sorte, sous la forme d’un seul engin, le canot pour les croisières en rivières et la voilure
- pour les courses terrestres. Dans les colonies, l’auto-amphibie assurera également la facilité des communications. Sur un cours d’eau profond, ce canot à deux lins naviguera, en effet, très aisément; puis,
- commande un embraya actionne une hélice placée à l’arrière
- Ce changement de marche
- du canot
- se manœuvre à l’aide d’un levier disposé à gauche du pilote. Le volant de direction actionne en même temps les roues avant et le gouvernail qui se trouve derrière l’hélice. Les roues
- d’avant servent également de gouvernail et permettent un virage sur place. Le treuil est commandé par une vis tangente reliée directement au moteur; il complète la partie mécanique de propulsion dans l’eau et est mis en mouvement ou arrêté par un embrayage à courroies. Les roues arrière, l’hélice et le treuil marchent simultanément ou indépendamment.
- La vitesse, obtenue dans de nombreuses expériences, a été de 35 km à l’heure sur route et de 9 km sur eau.
- Le nouveau véhicule entre dans la rivière sans changement d’organes; en quittant la route, il plonge, à condition de se déplacer le long d’un plan incliné. Il navigue avec une stabilité parfaite. La sortie se fait à l’aide des roues motrices quand le sol est suffisamment dur et la pente inférieure à 15 pour 100. Le treuil mécanique, actionné par le
- Fig. 5. — Le mémo entrant dans l’eau.
- quand le niveau s’abaissera par trop, les roues porteront sur le fond et, en les mettant en action, il deviendra voiture. Pour qu’il se transforme à nouveau en bateau, si les grands fonds réapparaissent, il suffira simplement de débrayer les roues et de remettre l’hélice en marche. Si un obstacle, chute ou barrage, se présente, le canot gravira la berge, en s’aidant de son treuil mécanique, si celle-ci est trop rapide; puis, l’obstacle franchi, il reprendra l’eau. Ces véhicules seront aussi d’un précieux secours pour les armées de terre, en facilitant les reconnaissances des officiers d’état-major.
- Jacques Boyer.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N® 1782. — 20 JUILLET 1907.
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- LE « NAOSAURUS »
- On a signalé dans cette revue1 les intéressantes tentatives effectuées aux Etats-Unis, sous la savante impulsion de M. H.-F. Osborn et par les soins plus immédiats de M. Ch. Knight, pour créer dans les musées de paléontologie, à côté des séries de
- permiennes du Texas, est encore un de ces reptiles dinosauriens dont l'importance, durant toute la durée des temps secondaires, a été trop souvent indiquée ici pour qu’il soit nécessaire d’y insister à nouveau.
- Le squelette qui a particuliè-ement ser-
- fSUOTWÇtttPl1
- Fig. 1. — Naosaurus reconstitué du National Muséum.
- qu’on peut les retrouver dans les anciennes stratifications du sol, des séries de modèles à échelle réduite, représentant les animaux tels qu’on peut se figurer qu’ils étaient, après l’étude patiente et minutieuse de leur anatomie. Aux types choisis par notre confrère
- la reconstitution a été trouvé à peu près entier — sauf la tête et les membres inférieurs — par M. Ch.-11. Sternberg, en 1896, à llog-Creek (Baylor-County) dans le Texas. M. Ch.-H.
- Sternberg était un collectionneur au service du professeur Cope, et na-turelle-
- Fig. 2. — Squelette de Naosaurus du National Muséum.
- pour donner une idée de ces reconstitutions, nos lecteurs nous sauront gré d’ajouter une nouvelle ligure, qui vient tout récemment d’enrichir les galeries du National Muséum.
- Le Naosaurus, qui se rencontre dans les couches
- 1 Yoy. dans notre n° 1753 du 29 décembre 1906 : Animaux fossiles d'Amérique.
- 35° année. — 2e semestre.
- ment les ossements du Naosaurus prirent place dans les vitrines du savant paléontologiste. A sa mort et grâce à la générosité de M. Morris-K. Jesup, à qui cette œuvre si méritoire au point de vue scientifique coûta 2 500 000 francs, tous les trésors réunis par Cope devinrent propriété du National Muséum, où l’on se chargea de continuer le montage et l’étude des pièces.
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- L’utiiisalion du précieux squelette du Naosaurus, complété avec quelques rares pièces accessoires trouvées dans le meme gisement, fut particulièrement difficile à cause du caractère très particulier, très bas dans la série évolutive et comportant peu de types de comparaison, de ranimai. Heureusement, les données de l’anatomie comparée vinrent une fois de plus à l’aide des paléontologistes : en effet, le Sphenodon punclatus, qui vit encore aujourd’hui en Nouvelle-Zélande, présente assez de rapports avec son lointain parent de la lin des temps primaires, pour que son étude ait permis de triompher des difficultés. Ce triomphe n’alla pas d’ailleurs sans effort et le savant conservateur, collègue de M. Os-born, le I)1' W.-D. MaLthew, se trouva pendant près de trois mois embarrassé par toutes sortes de petites difficultés de détail, qu’il lui fallut résoudre une à une, avant d’arriver à un assemblage satisfaisant des pièces. M. lvnight se chargea ensuite, avec son habituelle maîtrise, de la reconstitution en relief de l’animal.
- Comme on le voit par les figures ci-jointes, le plus frappant caractère de l’énorme lézard qu’elles représentent (2,50 m. de long) est le développement de cette série d’apophyses neurales qui s’élèvent en
- crèLe redoutable au-dessus de la colonne vertébrale. Ces apophyses portent en outre de gros piquants transversaux qui devaient faire nue saillie redoutable sur les deux lianes de la crête dorsale. Le caractère des dents, parfaitement visibles sur la photographie, atteste d’une manière irrécusable que l’on se trouve en présence d’un carnivore.
- 11 est hors de doute, que par sa grande taille et ses caractères très différenciés qui indiquent une adaptation précise à un genre de vie bien définie, le Naosaurus ne saurait être considéré comme une forme de passage servant d’anneau intermédiaire entre des types inférieurs et des espèces plus évoluées.
- Mais, d’autre part, par la date extrêmement ancienne où se rencontre ce gros dinosaurien, aussi bien que par ses traits d’infériorité manifeste, il présente un très réel intérêt au point de vue de l’historique des dinosauriens pris dans leur ensemble. On se trouve sans nul doute, sinon en présence d’une forme souche, ce qui ne semble pas probable, du moins en présence d’une forme qui, quoique dillérenciée, est en quelque sorte faite à l’image grossie et à l’approximative ressemblance d’une forme souche. Louis Lviimarr.
- OUTILS PNEUMATIQUES
- Le plus grand souci d’un industriel doit être d’améliorer constamment le prix de revient de sa fabrication : un des moyens les plus efficaces pour obtenir ce résultat est, sans contredit, d’aller toujours plus avant dans les perfectionnements de l’outillage ; on peut ainsi augmenter la puissance productive de l’ouvrier sans exiger de lui un labeur au-dessus de ses forces et nuisible à sa santé.
- Pour arriver à un résultat pratique, il faut appliquer aux outils le principe de la division et de la spécialisation du travail, et créer pour chaque opération un outil approprié. L’exemple en cette matière nous vient d’Amérique.
- Les travaux rapides qu’exécutent les Américains, tels que ponts métalliques ou batiments à quinze étages qui s’élèvent comme par enchantement, nous semblent parfois extraordinaires. C’est grâce aux perfectionnements constants de leur outillage qu’ils sont parvenus à réaliser couramment ce qui, de loin, ne nous apparaît que comme un tour de force..
- [Jn genre d’outils dont l’emploi judicieux contribue à l’exécution rapide des travaux, est certainement l’outil pneumatique.
- Les canalisations d’air comprimé sont, pour un atelier américain, aussi importantes que les conduites d’eau ou de gaz le sont chez nous; non seulement on les trouve dans les chantiers de grosse mécanique, dans les dépôts de chemins de fer, mais aussi dans les fonderies et même dans des ateliers moyens.
- L’emploi de l’outil pneumatique, en elfet, réduit d’une façon considérable le prix de revient et permet d’abréger singulièrement les délais de fabrication; il constitue une précieuse innovation pour la chaudronnerie et les constructions métalliques et navales.
- Il est donc intéressant d’étudier, au moins sommairement, quelques types de ces instruments d’usage le plus courant.
- On peut les diviser en deux classes : les outils à percussion ou à pression, tels que les marteaux à buriner, à mater, à river, les contrc-bouterolles; et les outils à rotation tels que les perceuses, alé-seuses et riveuses.
- Les outils à percussion, les plus simples, ont pour principe le déplacement d’un piston sous l’action de la pression; ce piston vient frapper sur l’outil qui produit le travail désiré (fig. 1).
- Coupe du marteau à buriner.
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- ' FiS. 3. l'ercenicnl d’au trou di; grmules dimensions.
- La pression de l’air est en général de 7,500 k. et les pistons fonctionnent souvent sans segments, ce qui exige évidemment une construction très soignée. Le piston et la valve sont les deux seules pièces mobiles : la valve, manœuvrée par l’ouvrier, qui appuie avec le pouce, en tenant la poignée, commande l’admission de l’air comprimé. La ligure 2 représente un ouvrier en train de buriner' pour affleurer une plaque de loyer. Avec le moyen antique du marteau et du burin, cette opération est presque impossible et l’on est obligé d’employer une machine à chanfreincr, tandis (pie le burin pneumatique coûte dix fois moins cher. Le rivetage sur place des poutres de pont est très dispendieux par les moyens ordinaires ; là encore l’outil pneumatique fait merveille., à cause de la facilité de sa manipulation.
- Les outils pneumatiques à rotation sont moins connus et plus compliqués : l’air comprimé agit sur trois ou quatre pistons, qui commandent par des bielles l’arbre central : cet arbre porte à son extrémité le foret, l’alésoir ou le taraud (lîg. -4).
- On pourrait craindre que le poids d’un tel outil fût très grand et que la consommation d’air fût importante?
- Ceux qui sont bien étudiés n’ont pas ces défauts ; le poids total n’est jamais supérieur à 15 kilogrammes et la quantité d’air dépensé est d’environ 600 décimètres cubes par minute.
- Les outils pneumatiques à rotation s’appliquent partout où la machine lixe ne peut servir ; ils travaillent plus vite et plus facilement que les cliquets, car le tuyau d’amenéc d’air peut subir autant de déformations que l’on veut. Ils seront donc employés utilement dans les travaux de montage de ma-
- chines agricoles, automobiles, carrosserie en général, où certains trous ne peuvent être percés, alésés et taraudés que sur place.- Le perçage du bois surtout est commode avec ce genre d’outils, car la vitesse peut être très rapide; les chantiers à bois tels que les constructions d’apponlements, de canots, de hangars, d’expositions, etc., se trouveront donc parfaitement bien des perceuses pneumatiques. À la dernière exposition de Saint-Louis, elles furent d’ailleurs fort en faveur pour la construction des batiments, et la ligure 5 représente une photographie prise pendant le perçage d’un trou à travers 1,200 m. d’épaisseur de bois.
- Espérons que les outils pneumatiques, si commodes et si économiques et qui chez nous ont déjà fait leurs preuves dans les travaux du Métropolitain, s’implanteront de plus en plus en France, où nous devrions chercher davantage à prendre des lbr-
- Fig. 4. — Coupe d’uue perceuse à 5 cylindres.
- mules américaines, ce qu’incontestablement elles ont d’intelligent et de pratique. E. Weiss.
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- COMMENT SE FABRIQUE UN OBJECTIF PHOTOGRAPHIQUE
- Avant (l’entreprendre la construction d’un objectif photographique, le fabricant doit réaliser théoriquement le système optique qu’il se propose de créer en vue de tel ou tel usage. 11 calcule les courbures et le groupement des lentilles susceptibles de fournir le type désiré. S’il ne trouve pas chez les verriers les matières premières nécessaires
- à sa conception, il les commande spécialement on mieux il choisit, dans leurs catalogues, celles qui s’en rapprochent le plus : il doit alors modifier ses formules, en raison des nouveaux indices de réfraction que présentent les verres adoptés.
- Flint, crown ou autres verres bruts arrivent donc chez l’opticien en plateaux facettés pour permettre de vérifier leur pureté. On les débite au diamant par fragments représentant en poids la future lentille et on renvoie ces petits morceaux au verrier qui les refond dans un moule possédant une forme très voisine de celle qu’ils auront ultérieurement. Une fois moulés, les verres reviennent à la fabrique d’optique et sont dirigés vers l’atelier d’éhauchagc.
- Cette première ébauche se fait en usant les faces du verre par frottement sur une balle ou bassin de fonte mù mécaniquement (fig. 1). D’une main, l’ouvrier appuie sur le disque qui tourne et dont le profil se rapproche de la courbe calculée, tandis que, de l’autre, il y verse, de temps en temps, du grès mouillé.
- L’ébauchagc achevé, les verres passent à des émeris successifs, de grain de plus en plus ténu, jusqu’au douci, — terme technique désignant l’émeri
- le plus fin avant le polissage. Que ce dernier s'effectue à la machine ou à la main, les phases de la fabrication restent les memes.
- Pour le polissage mécanique dit au bloc et autant que la dimension des lentilles le permet, on colle à l’aide d’un mastic spécial plusieurs verres symétrique-mentsurla halle. L’autre partie de l’outil porte le drapa polir. S’il faut obtenir des courbures convexes, c’est sur la forme convexe qu’on fixe les verres ; si l’on doit au contraire réaliser des courbures concaves, c’est sur le bassin concave qu’on les adapte. Puis on monte les deux parties de l’instrument sur le tour, l’ime au-dessus de l’autre; celle de dessous demeure immobile tandis qu’un mouvement de rotation entraîne celle de dessus et détermine le polissage. De loin en loin, l’ouvrier démonte l’instrument pour vérifier l'état d’avancement du travail et ajouter du rouge à polir.
- Le polissage au papier s’opère à la main. L’outil garni de papier spécial à polir, sur lequel ou répand du tripoli, est monté sur un tour vertical, et, avec sa main gauche, l’ouvrier lui imprime un mouvement de rotation. Avec sa main droite, il appuie, sur cette balle ou bassin en cuivre, le verre monté, seul à seul, sur mie molette de liège, jusqu’à ce qu’il ait atteint le poli voulu. L’homme se rend compte de l’état d’avancement de son travail, à l’aide d’une loupe lui permettant de voir si toutes les aspérités de la surface ont disparu.
- Le polissage à la poix' s'emploie spécialement pour les objectifs anastigmats. Il s’effectue au moyen du tour allemand, ainsi baptisé parce qu’il fut imaginé de l’autre coté du Rhin. Les opticiens s’en servent depuis une vingtaine d’années et il présente cette innovation intéressante que le mouvement de rotation y est donné par deux pédales, comme dans les machines à coudre, ce qui laisse à l’ouvrier les mains libres.
- La photographie ci-contre (fig. 2) représente un tour allemand de ce genre établi chez M. Turillon, à Levallois-Perret, mais il en existe aussi d’autres types qui fonctionnent mécaniquement. La balle de cuivre se fixe sur l’arbre vertical tournant dans la cuvette de la machine et on la garnit de poix spécialement préparée. Au fur et à mesure que s’effectue le polissage, l’ouvrier met au pinceau du rouge à polir mélangé avec de l’eau. A l’aide des pédales, il fait mouvoir le tour tandis qu’il appuie, sur la balle en marche, les verres assemblés sur un bloc ou montés séparément sur une petite molette portant un manche. Les lentilles acquièrent de la sorte un brillant très vif et, grâce à leur support qu’un habile praticien oriente à son gré, on réalise les courbures désirées. Au cours du polissage, l’ouvrier s’assure de l’exactitude du travail en comparant la pièce fabriquée à un étalon précédemment obtenu. Ce modèle en verre ordinaire appliqué sur la surface travaillée donne lieu à des.
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- anneaux colorés do New Ion concentriques et bien circulaires si la pièce réalisée est bonne et, au contraire, lorsque les anneaux rapprochés chevauchent les uns sur les autres, celle-ci présente quelques défectuosités. Donc en s’adressant à ce phénomène
- Fig. 2. Polissage au lour allemand.
- roulée ayant le diamètre voulu. et qu'il maintient verticalement avec la main droite, l’ouvrier fait tourner le verre avec sa main gauche tout en versant de l’émeri, au fur et à mesure. C’est ce qu’on nomme le déborda (je.
- Maintenant il faut, au moyen d’un tour de précision à pédales, centrer chaque lentille. Pour les objectifs rectilignes, le centrage se pratique naturelle ment de layon plus aisée que pour les anastigmats. Pn tout cas, sur le devant de la machine se visse un mandrin correspondant au diamètre du verre à centrer que l’ouvrier fixe avec de la poix chaude sur ce dernier en l'appuyant avec des baguettes d’ébène
- physique, l'opticien sait de façon scientilique et rigoureuse, si le verre qu’il a fabriqué s’écarte ou non des données théoriques.
- Quant à la forint1’circulaire extérieure du verre, elle se donne dans le procédé au papier, au cours du dégrossissage; dans la méthode au bloc, elle s’obtient soit au même moment, soit à la fin.
- De toute manière on lixe, à l’aide d’un
- Fig. 3. Centrage des lentilles.
- comme le montre la vue (iig. 3) prise dans la fabrique de M. Turillon. En regard du tour se trouve une lampe, bougie, ou toute autre lumière artificielle.
- Pendant la rotation de la machine, les deux surfaces du verre fournissent deux images vacillantes du point lumineux jusqu’à ce que, par déplacements successifs, on ait réussit à centrer la lentille; alors les points demeurent lixes.
- Une fois le centrage intérieur à la lumière effectué, le
- ciment spécial, le verre sur une molette en bois qu’on visse elle-même sur le nez d’un tour. Puis, à l’intérieur d’une gouttière ou feuille de tôle
- déhordage extérieur s’obtient par le frottement du verre sur une plaque de cuivre placée sur le chariot de la machine et dont une vis commande le
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- LA NATURE.
- mouvement vertical, en sorte que l’opération se l'ait malliématiquemenl.
- Ce travail achevé, on nettoie les verres avec. soin. Puis, comme les types d’objectifs photographiques comportent l’association de plusieurs lentilles, on chauffe chacune d’elles et on les colle avec du baume de Canada, L’ouvrière prend la précaution de les appuyer l’une sur l’autre en les pressant avec un large bouchon. Après collage, on s’assure encore que les axes optiques de chacune des pièces unies ensemble coïncident.
- En sortant de cet atelier, on groupe les lentilles suivant l’ordre voulu pour réaliser l’objectif désiré qu’on sertit dans une monture métallique dont les diverses parties sont tournées, assemblées et soudées par les procédés ordinaires. Pour noircir la surface
- intérieure de la monture, on la chauffe sur du charbon de bois, puis on la trempe dans un bassin d’acide nitrique, après quoi, ou la repasse au feu jusqu’à complète évaporation. Enfin, après refroidissement, on brosse chaque pièce et on la vernit intérieurement en noir mal ou brillant suivant sa destination. On vernit également l’extérieur de la monture en cuivre poli.
- On voit ainsi que la fabrication d’un objectif photographique est une opération fort délicate'. Elle exige des ouvriers minutieux, expérimentés et habiles; nos lecteurs peuvent se rendre compte des soins patients qu’il a fallu accumuler sur de minuscules lentilles pour en faire ces objectifs de précision qui leur permettent d’exécuter de si jolies photographies.
- Jacques Loyer,
- L’EMPLOI DES MOTEURS A OAZ POUR LA PROPULSION DES NAVIRES
- Les turbines à vapeur sont à peine entrées dans le domaine de la pratique pour remplacer sur les grands bâtiments les vieilles machines alternatives, que déjà elles semblent devoir être détrônées. Depuis plusieurs années on étudie en Angleterre la réalisation de moteurs à gaz de grande puissance, et si l’on en croit M. James Mac Kcchnie, directeur des chantiers Yickers Sons et Maxim, de Barrow-in-Furness, on aurait déjà obtenu des résultats permettant d’escompter l’avenir.
- Dès 1900, M. Thornycroft avait lu, à la réunion des Naval Àrchitccts, un important travail sur l’application des moteurs à gaz, à la propulsion des navires. 11 y signalait les avantages que peut donner ce genre de moteurs, et les difficultés qu’on rencontre dans leur application.
- Ces avantages paraissent considérables. Le moteur à gaz, d’après le professeur Cape, transformerait en travail effectif 50 pour 100 de la chaleur produite par le combustible, alors que la machine à vapeur n’atteint qu’un rendement de 5 pour 100. En outre, le poids est beaucoup moins grand ; une machine à vapeur de 1 fi 000 chevaux (pour un cuirassé de 18 nœuds) pèse 1600 tonnes : le moteur à gaz de même puissance ne pèserait que 1100 tonnes. Le volume occupé est aussi très réduit : le générateur n’exige qu’une surface de grille de 50 cm2 par cheval, tandis que la chaudière à vapeur prend au moins trois fois plus. Cette triple considération de consommation, de poids et d’encombrement, suffit pour montrer l’intérêt du problème.
- Au point de vue militaire, la suppression des cheminées, que permettrait le moteur à gaz, serait encore un avantage de premier ordre : on sait que, dans la guerre russo-japonaise, les cheminées ont été atteintes par un grand nombre de projectiles; les trous ainsi produits réduisaient énormément le tirage, et il était impossible dans ces conditions d’atteindre les grandes vitesses. En outre, les cheminées occupent sur le pont des navires une place considérable, et gênent souvent le champ de tir des pièces; si elles n’existaient plus, on-pourrait disposer toutes les grosses tourelles dans l’axe,'de manière à leur permettre de tirer indifféremment sur les deux bords.
- Il faut ajouter encore qu’au lieu de demander deux ou trois heures pour la mise en pression des chaudières et
- le réchauffage, comme la machine à vapeur, le moteur à gaz peut être mis en marche au bout de quelques minutes : l’ulilisalion tactique d’une flotte composée de navires mus de cette manière serait donc très supérieure.
- En revanche, les difficultés étaient très grandes. Pour que le moteur puisse fonctionner avec du charbon bitumineux ordinaire, il lui faut un épurateur : ceux qui sont installés à terre et servent à extraire le goudron et les autres sous-produits sont trop encombrants pour trouver place sur un navire ; le refroidissement, qui s’effectue ordinairement par le passage du gaz à travers des couches successives de coke sur lesquelles circule de l’eau, exigeait aussi des dispositions spéciales. M. Capitaine a résolu cette difficulté par un appareil qui fonctionne fort bien : le gaz est d’abord refroidi par l’introduction d’un jet d’eau en fines gouttelettes qui se mêlent aux poussières et aux impuretés et forment une sorte de nuage ; il passe ensuite dans un appareil centrifuge à rotation très rapide, qui rejette les impuretés et la vapeur d’eau.
- La mise en marche doit se faire directement avant que le moteur fonctionne automatiquement. Cette mise en marche est produite, par les moteurs puissants, par un petit moteur auxiliaire à air comprimé ou à combustion interne, actionné à la main.
- Le renversement de marche, si important à réaliser sur les navires, a été l’objet de nombreuses recherches. On est arrivé à une solution satisfaisante, par des artifices analogues à ceux que l’on emploie pour le moteur à pétrole. Cependant on discute encore le point de savoir s’il ne vaut pas mieux employer une hélice à ailes orientables en laissant le moteur tourner toujours dans le même sens.
- M. Mac Kechnie considère, pour sa part, que les expé-riences faites dans les chantiers Yickers sont maintenant tout à' fait probantes, lin moteur de grande puissance y a été réalisé, qui permet la marche soit avec le gaz, soit à l’huile lourde, et dont la réversibilité est aussi facile que celle d’une machine à vapeur. S’il en est ainsi, il faut s’attendre avant peu à voir ce nouveau système prendre la place des machines à vapeur et déterminer dans l’art des constructions navales une nouvelle et importante révolution. Henry Bernay.
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- LA SECHERESSE DANS LE JURA EN 1906
- Los années 1904 et 1905 avaient déjà présenté nn été et un automne très secs et le niveau de certaines résurgences vauclusiennes était descendu très lias. Pendant l’été et
- te-”** ' '
- Fig;. 1. — Lac <lc Chaillexon à scc.
- l'automne 1906, rabaissement des étiages s’est accentué dans des proportions inusitées et, de mémoire d’homme, la région de la chaîne du Jura n’avait subi pareille sécheresse. Pour certaines résurgences, le débit s’est en effet abaissé au 1/5 des étiages de 1895 et la sécheresse de 1870 elle-même n’a pas été comparable à celle que cette région a éprouvée l’an dernier; il faut remonter à plus de deux; siècles pour trouver dos traces d’un pareil abaissement des eaux.
- La région des plateaux a été particulièrement éprouvée: les réservoirs de la compagnie P.-L.-M. à Valdahon et lioujcailles 1 étaient à sec dès le milieu de l’été et, après avoir essayé de pomper à Pontar-lier l’eau du Doubs, on dut aller chercher l’eau en bas dans la plaine, d’abord dans la Loue à Mouchard, puis dans le Doubs à Dole à 90 km de là et à 600 m. plus bas, et cette eau dut être amenée dans des wagons citernes !
- 1 Voy. P. GuyAiimx. La* Géographie XVI. N° 5, p. 277, la novembre 1906.
- La Loue à sa source est descendue à 1200 litres environ à la seconde, au lieu de 1600, minimum jusqu’ici observé. A. Pontarlier le Doubs débitait moins de 500 litres; à Morteàu, il n’en donnait plus qu’une centaine à peine grâce aux pertes qui sillonnent son cours entre Arçon et Maisons-du-Bois.
- M. Borel, directeur technique de l’usine Pernod fils, à Pontarlier, nous écrivait à la date du 15 octobre 1906 :
- « La période de sécheresse, qui dure depuis bientôt cinq mois, a réduit le débit du Doubs, à sa sortie du lac de Saint-Point, à 220 litres à la seconde, tandis qu’il peut atteindre 70 fois plus dans les grandes crues !
- « Les sources de Pontibaud et usine Martin, qui alimentent d’eau potable la ville de Pontarlier, se trouvent actuellement réduites à leur plus simple expression. »
- Les usines du Val : Maisons-du-Bois, Loye-Longe, Montbenoit et Remonot ont chômé tout l’été faute
- NORD
- Affaisse
- de roch
- JjB Sources
- Tête du Tac, aux basses eaux du 23 Sept ;8ÿ3
- jûur’çes
- deialoffîpre
- A/u-icJis cours choDoubs
- ' le Douis et le lao aztay ' basses eazxa> centrâmes-
- lesBassots
- i les Brenets
- 2. — Lac des Brenets (d'après Delebecque et Schardt).
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- d’eau; celles même d’Arçon et du Doubs ont été longtemps éprouvées. L’eau ne reparaissait même
- lit sous-lacustre du Doubs n’était pas uniquement entaillé dans la vase d’alluvion, mais aussi dans les calcaires du Jurassique supérieur qui forment le substratum et qui étaient creusés eu certains points d’environ f)0 cm.
- Du 5 juin au 5 octobre l’eau avait baissé de 16,91 m. On a pu ainsi se rendre compte de la position des principales lissurcs et exécuter des expériences de coloration qui ont élucidé l’origine des résurgences en aval du Saut. On a pu, dit-on, pénétrer de plus de 1 km dans la grotte de la Tollière.
- A Besançon l’abaissement du débit de la source d’Arcier était tel que la distribution des eaux ne se faisait plus que quelques heures par jour. Dans le Jura les sources de la Serpentine, de l’Ain et de ses affluents, s’étaient tellement abaissées que les usines ne pouvaient plus fournir l’éclairage électrique aux villages qu’elles doivent desservir.
- Dans le Jura suisse, d’après M. Girar-din, les résurgences ont suivi une marche descendante analogue qui a porté leurs variations extrêmes à 1/37 pour la Serrière et 1/500 pour l’Areuse!
- Certaines résurgences siphonnées se sont momentanément désamorcées et il est très regrettable que l’on n’ait pas profité de cette sécheresse extraordinaire pour les explorer. C’est ainsi que notre ami le D' Maréchal nous communique une photographie de l’entrée du puits de la Brême montrant la diaclase
- Fig. 5. — Saut du Doubs à scc.
- pas, en aval, à Bemonot, et il fallait redescendre jusque près de la Grand’combe de Morteau, pour retrouver de l’eau courante dans le lit de la rivière.
- Enfin, chose qui ne "Vêlait pas vue de mémoire d’homme, les bassins du Doubs (lac de Chaillexon), sur lesquels en temps normal de petits bateaux à vapeur peuvent effectuer, de Villers le lac au Saut, une navigation de plus de 5 km étaient complètement à sec sur plus de 2 km de longueur et presque à sec sur le reste du parcours ainsi que le montrent les gravures ci-après.
- Le niveau de l’eau avait baissé de près de 20 m. Au milieu des bassins, le Doubs, réduit à un ruisse-let débitant moins de 100 litres à la seconde, serpentait dans la vase et il suffisait d’une simple planche pour le traverser.
- Le phénomène de dessèchement des bassins du Doubs s’est produit certainement h plusieurs reprises depuis leur formation; j’ai pu constater que le
- Fig. 4. — Puits do la Brême à soc.
- par laèpielle arrivent les eaux, diaclase qu’on aurait peut-être pu explorer à ce moment en bateau.
- Pour compléter ce qui précède au sujet du lac des Brenets, nous croyons utile de résumer ce que nous
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- avaient déjà appris à ce sujet MM. Delebecque1 et Schardt*.
- Le lac des Brenels, ou de Chaillexon, dit ce dor-
- lacustres du Jura, par sa forme étroite, sa longueur de 5300 m. et sa largeur moyenne de 200 m., ses six courbes et le seuil ou barrage qui retient ses
- nier, est certainement le plus étrange des bassins
- 1 Les lacs Français, 1898.
- 2 Notes sur l’origine du lac des Brenels [Bull. Société neu-châteloise des Sc. naturelles. T. XXXI, 1902-03-04, 312 et s.
- eaux. Sa profondeur va en augmentant, depuis l’origine d’amont jusqu’à proximité du seuil, où un fond très peu incliné atteint 26,9 m. de creux; sur le bord aval de ce fond, un entonnoir circulaire s’enfonce
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- encore à 4,60 m. plus bas, soit à 31,50 m. au-dessous du niveau moyen.
- Près de Chaillexon, existe un autre entonnoir profond de 14,10m.,entouré de fonds de 4m. environ, et <|u’a reconnu M. le professeur A. Magnin; il en jaillit une forte source. Deux autres sources encore se rencontrent près de l’Arvoux ; aux liasses eaux du 23 septembre 1893, on a vu là deux grands entonnoirs donnant issue à la source de la Mauvaise Côte, toujours limpide et à celle de l’Arvoux, dont les eaux sont troubles. A côté est un plus petit entonnoir. De même près de l’Arvoux, au bas de la Combe de l’Ours, d’autres sources sous-lacustres sont révélées en hiver par l’absence de glace.
- Le lac des Brenets possède plusieurs émissaires souterrains, dont l’un est sans doute l’entonnoir de 31,50 m. près du seuil ; d’autres fuites sont probables près du Cul-de-la-Conche el le long des parois latérales.
- Le barrage de 600 m. de largeur qui traverse ici la vallée du Doubs, et qui forme ce lac, n’est pas le moins du monde étanche. D’importantes sources avoisinent meme le Doubs, à l’altitude de 710 ou 712 m. environ, venant sans doute de l’entonnoir. Enlace du Moulin de la Roche d’autres venues d’eau sont peut-être aussi en relation avec des fuites du lac des Prends.
- Ces particularités apportent, dans le niveau de ce lac, des oscillations qui atteignent jusqu’à 17,19m. Le 28 décembre 1882, on a noté 19,39 m. ; le 23 septembre 1893, 2,20 m. au-dessus du 0 de l’échelle fédérale, puis on obtient les extrêmes connus avant 1906.
- Aussi l’émissaire superficiel, le Saut du Doubs, cesse-t-il de couler dès que l’eau s’abaisse au-des-
- sous du réservoir situé à 15 m. au-dessus du 0.. Alors le ou les émissaires souterrains sont seuls à fonctionner et le niveau du lac s’abaisse avec une grande rapidité.
- Le barrage, liant de 50 m. environ, qui retient le lac des Prends, ne paraît pas avoir toujours existé, ou du moins n’a pas dû fonctionner à l’origine en tant que barrage arrêtant le cours de l’eau. Si la seconde hypothèse est la vraie, il y aurait eu jadis un passage souterrain sous le rocher du barrage qui devait faire corps avec les parois de la vallée et le lac serait dû à Vobstruction de ce passage souterrain de l'eau, ce serait un lac de combe à entonnoir bouché.
- Telle est l’opinion de M. Delebecque, quoM. Schardt ne partage pas; selon lui, « il s’agit d’un lac do barrage et, même, le barrage qui relient ses eaux ne fait pas corps avec le rocher qui constitue les parois du lac. Il en diffère par sa position relative à celle-ci et par sa structure.
- « C’est un amoncellement de blocs de tout volume, entremêlés de débris plus petits et de rocher pulvérisé par le choc. Il ne peut, en aucun cas, être question d’envisager le seuil du lac des Prends comme étant du rocher en place. La masse rocheuse fissurée, à plongement variable, qui l'orme le seuil proprement; dit et dont la largeur est aussi plus faible que celle de l’éboulcment du Cul-dc-la-Con-chc, doit par contre appartenir à la chute d'un rocher venu d'une faible hauteur, une corniche surplombante, minée par l’érosion latérale de l’eau. C’est par celte masse fissurée que passe la principale fuite du lac. » E Foürnier>
- Professeur de géologie à PUniversilé de llesenron.
- LE CHARBON DE LA NOUVELLE=GALLES DU SUD
- Toutes les questions relatives aux combustibles d’Ex-trème-Oriont ont pris récemment une importance nouvelle par suite du développement économique du Japon. Houilles du Tonkin, d’Australie, de Chine, de Corée, du Japon, se trouvent ainsi mises en vedette. Nous étudierons ici seulement le charbon d’Australie.
- Parmi les sept colonies anglaises d’Australasie, seule la Nouvelle-Galles du Sud est riche en houille : sur une production totalè de 7 363 000 tonnes, elle en fournit 4 597 000 (62,4 pour 100).
- Le charbon y a été découvert dès 1797, seulement neuf ans après l’occupation du pays par l’Angleterre, d’abord à Coal Clitf au Sud de Sydney, puis au Nord de la même ville, à l’embouchurc de la Hun ter River, là même où s’élève aujourd’hui Newcastle (août-septembre 1797). Comme il est arrivé fréquemment dans l’histoire minière de l’Australie, c’est le hasard qui présida à ces découvertes. A Coal Clitf, les matelots du navire naufragé le Sydney Cove trouvèrent, non sans étonnement, des falaises entières de charbon dominant la mer; de cette circonstance vient le nom de la localité. Quant aux gisements de la limiter, ils furent signalés par le commandant du navire de guerre la Reliance qui, poursuivant des
- pirates, avait relâché, pour faire de l’eau, dans l’estuaire de la rivière. Depuis, les découvertes, plus méthodiquement faites, se sont multipliées et on exploite aujourd’hui trois grands bassins houillers, les bassins du Nord, du Sud et de l’Ouest (Northern, Southern et Western Coal Fields). On peut y ajouter le bassin, beaucoup moins important, de la Clarence River.
- La géologie des terrains houillers de la Nouvelle-Galles du Sud, dont l’étude a été commencée p*ir le Révérend W. R. Clarke, a été déterminée avec précision par les travaux de MM. Stutehbury, W. Keene, C. S. Wilkinson, John Mackenzie, R. Etheridge junior et, plus récemment, par ceux de MM. E. F. Pittinan, géologue du gouvernement et sous-secrétaire d’État au département des Mines, et le professeur T. W. Edgeworth David, de l’Université de Sydney.
- Le charbon se rencontre dans quatre terrains différents : le carbonifère, le permo-carbonifère, le trias et le tertiaire.
- La houille du carbonifère est de qualité très inférieure et n’est pas exploitée. Il n’y a également aucune exploitation dans le tertiaire, où le lignite ou charbon brun (brown coal) se trouve dans des alluvions recouvertes par
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- le basalte à Kiundru, Gulgong, Foresl. reefs, Choula lia y.
- Seuls, le trias et le permo-carbonifère sent exploités. Les dépôts Iriasbpies fournissant de la houille sont situés dans les bassins des rivières Clarence et Richmond, au Nord de la Nouvelle-Galles du Sud, près de la frontière du Queensland. Le bassin de la Clarence River s’étend sur 193 km. en longueur et 105 en largeur.
- Les couches charbonneuses du trias constituent géologiquement la série de Clarence, divisée en série inférieure, moyenne et supérieure (Lowor, middle et Upper sériés) et dont l’épaisseur maxima est de 7(52 m. Les deux séries extrêmes sont formées de schistes (Loxver Clarence sliales, Upper Clarence shales) ; au contraire, la série moyenne est représentée par des grès (Middle Clarence sandslones).
- C’est la série inférieure qui renferme les veines de charbon, au nombre de cinq, et dont l’épaisseur varie de 0,(51 m. à 11,28 m. Malheureusement, de nombreuses bandes schisteuses y sont intercalées, de sorte qu’en fait il est, rare de trouver une veine de charbon pur de plus de 0,50 m. d’épaisseur. On comprend combien de pareilles conditions sont défavorables à l’exploitation; une partie du travail, pourtant nécessaire, est, comme disent les Australiens, unremuneralive.
- Le charbon du bassin de Clarence est d’ailleurs de qualité médiocre. A la combustion, il donne une énorme quantité de cendre,ce qui le rend peu propre aux usages industriels et n’en permet pas l’exportation. De fait, le charbon de Clarence n’est employé que pour les usages locaux.
- Le bassin de Clarence semble se prolonger dans le
- Queensland; à Ipswich on exploite fructueusement des veines assez épaisses et de bonne qualité. U semble prouvé, sans que pourtant cette assimilation soit indiscutable, que les Ipswich coal measures sont l’équivalent de la Lower Clarence sériés.
- Dans l’intérieur de la Nouvelle-Galles du Sud, à l’Ouest du Dividing Range, les grès de Clarence, très perméables, affleurent et, plongeant vers l’Ouest, forment le lit
- du grand bassin artésien du Darling1. La plupart des forages artésiens ont coupé des veines de charbon, parfois épaisses; elles sont d’ailleurs malheureusement inexploitables, en raison de la présence de l’eau sous pression.
- Da ns la région de Sydney et dans les Montagnes Bleues,
- le trias est représenté par la série de Ilawkeslmry, composée de bas en haut des schistes de Wianamalta, des grès de Hawkesbury et des schistes de Narrabeen. C’est l’équivalent, assise par assise, de la série de Clarence et on y rencontre les mômes fossiles caractéristiques, Tæ-niopteris Daintreei et Thinnfeldia oâontopteroides. Dans les schistes inférieurs et dans les grès on trouve fréquemment de minces veines de char-lion : l’une, décrite par le Révérend W. B. Clarke, à South Crcek, entre Sydney et Pcnrilh, n’a pas moins de 1,20 m. d’épaisseur. Aucune de ces veines n’est exploitée.
- La grande richesse de la Nouvelle-Galles du Sud est le charbon permo-carbonifère. Les terrains houillers s’étendent sur une superficie de 02 à 73 000 km2 et ont une épaisseur de 4,150 m. Us sont recouverts en concordance par la série de Hawkesbury.
- Le professeur David donne la coupe suivante de bas en haut :
- 1° Lower marine sériés, avec Eu-rydesma cordala.
- 2° Lower ou Grêla coal measures (40 m.) caractérisées par Glossopleris et Ganganiopleris.
- 1 Sur les conditions géologiques et minéralogiques du bassin artésien du Darling, voy. Paul Puivat-Desciiakkl. La pratique de Virrigation en Australie [La Nature, n° 1714, 31 mars 1906, p. 279-283) et Les puits artésiens en Australie [Le génie civil, t. XLIX. n° 20, 15 septembre 1906, p. 309-312),
- QUEEljr.S L
- Kilomètres
- G A L
- Fig. 1. — Carte de la Nouvelle-Galles du Sud.
- Pennith Parramatta
- Rydal Lithgow
- PAC/F/i
- Fig. 2. — Coupe géologique Est-Ouest de Port-Jackson (Sydney) à Rydal. — 1, Granité; 2, Grès et schistes dévoniens ; 3, Lower marine lieds ; 4, Greta and clyde coal measures ; 5, Upper marine beds; 6, Easl Maitland coal measures (la Dempsey Sérié manque ou est très peu épaisse); 7, Lithgow, Bulli and Newcastle coal measures (couche exploitée); 8, Narrabeen beds; 9, Hawkesbury Sandslones; 10, Wianamalta shales.
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- 3° Upper marine sériés, avec Produc tus brachythærus.
- 4" Middle ou Tomago ou East Mailland coal measures (174 m. ) renfermant, Glossopteris, ) ’ertebraria cl Nœggerathia.
- 5° Dempsey séries, eouclies d’eau douce qui s'amincissent, parfois jusqu’à disparaître dans certaines directions.
- (1° Upper ou Lil/iyow ou itulli ou Newcastle coal mea-sures (351 m.), s\ec Glossopteris, Yertebraria cl Nœggerathia.
- Les couches inférieures sont exploitées entre West Maitland et Greta, dans la Clyde valley (district d’Illa-warra) et entre In verdi et Bonshaw (Ashford eoal-lield), près de la frontière du Queensland. Elles renferment deux veines, variant en épaisseur de 5 à 13 m., sans parler de plusieurs couches de schistes fournissant de l’huile (kerosene shales). Le charbon est excellent; mais l’inclinaison des assises (40745o) nmd le travail difficile.
- qu’ici parce qu’elle est la moins profonde. Il faut ajouter qu’on retire de l’huile de nombreuses couches schisteuses (à Caperlee, Ilartley Yale, Kaloomba, Joadja Creek et Ma-rangaroo). La houille des upper coal measures est excellente pour les machines, pour la fabrication du gaz et pour la fonte des minerais. Il s’en fait une exportation active par les [torts de Newcastle et de Sydney.
- Assez fréquemment, des roches volcaniques (basalte, augite-andésite, andésite dolérilique), sont intercalées entre certains termes de la série permo-carbonifère, particulièrement dans le bassin du Sud. Ainsi, près de Kiama et de Wollongong, une couche d’augite andésilique, épaisse de 488 m. entre les upper marine beds et les upper coal measures, affleure en présentant une belle structure prismatique; on l’exploite activement
- Fig. 5. — Mine de charbon à Newcastle.
- Wagons à caisse mobile montée sur Irucks servant au chargement rapide du charbon dans les navires.
- Aussi l’exploitation est-elle peu active. Les couches moyennes sont exploitées, quoique faiblement, près d’East Maitland et de Tomago. Sept veines ont une épaisseur totale de 9 à 11 m. Ces couches n’ont pas été rencontrées dans les bassins du Sud et de l’Ouest.
- Les couches supérieures sont, par leur étendue, leur épaisseur et la qualité de leur charbon, de beaucoup les couches houillères les plus importantes de la Nouvelle-Galles du Sud; tdles constituent les trois grands bassins du Nord, du Sud et de l’Ouest. On les exploite en grand à Newcastle (Northern coal-lield), à Bulli et à llelens-burgh (lllawarra ou Southern coal-lield) et à Lithgow (Western coal-lield). A Newcastle, huit veines ont une épaisseur totale de 21 à 28 m. ; la principale, la Gréai northern seam, est épaisse de 6 m. Dans l’Illawarra coal-lield, sur les cinq veines (10-15 m.), la Bulli seam (0,61 m. à 5,55 m.) est particulièrement exploitée jus-
- pour le ferrage des roules et pour les constructions.
- De nombreux dykes d’intrusion, formés de syénite (?), de dolérile ou de basalte, traversent les terrains permo-carbonifères et pénètrent même dans le trias. La syénite est débitée à Miltagong en beaux blocs d’un gris sombre, avec lesquels sont construits de nombreux édifices à Sydncv. Beaucoup dç ces dykes ont plus de 100 m. d’épaisseur.
- Au point de vue industriel, le rôle de ces dykes est fort important et d’ailleurs très fâcheux. Au contact des roches volcaniques, le charbon subit une transformation, parfois sur quelques mètres seulement, parfois aussi sur des dizaines ou des centaines de mètres. Il passe alors à l’état de coke et il arrive même qu’il soit complètement brûlé et réduit en cendres. Le coke naturel est exploité en diverses localités; mais le [dus souvent les couches ainsi transformées sont tout à fait inutilisables. Plusieurs mines ont dû, pour cette raison, être abandonnées.
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- La présence des upper coal measures au Nord, au Sud et à l’Ouest de Sydney, et leur plongeaient concordant dans la direction de cette ville, inspirèrent de lionne heure l’idée de rechercher la houille aux environs de Port Jackson. On conçoit quelle pouvait être la valeur d’une pareille découverte, capable de donner à Sydney un développement industriel de premier ordre.
- A la suite du Révérend W. R. Clarke (1847), MM. John Mackenzie, W. Keene, G. S. Wilkinson, Robert Etheridge junior et le professeur David soutinrent que les coal measures penno-carbonifères se continuaient au-dessous de Sydney. Le fait, en lui-même, ne pouvait guère être mis en doute; le seul point discutable était de savoir à quelle profondeur ou
- tuée à côté du port de Sydney et de pouvoir embarquer son charbon directement.
- Aujourd’hui la Sydney ltarbour Collieries Company possède plusieurs puits dans les faubourgs mêmes de Sydney, notamment à Long Nose Point (Balmain). Ces puits, d’une profondeur approximative de 900 m., ont un diamètre de 5,48 m. et sont entièrement revêtus de briques. L’outillage est très moderne et le chargement se l'ait, à côté de la mine, sur un wharf très bien aménagé. On compte creuser plus profondément encore et atteindre les middle coal measures, qui ne peuvent pas être bien loin1. Seules, dans le fond du synclinal, les
- rencontrerait la houille.
- Des forages furent pratiqués en 1878, 1879, 4884, 1880 et 1887 à Newinglon, sur la Parrainai ta River, à Rolany Ray, à Moore park, à Narrabeen, à Rose Ray. à Camp Creek, à Waterfall Station, à Dent’s creek et à Moorebank, près Liver-pool. Toutes ces tentatives échouèrent, bien qu’on eût poussé jusqu’à 009 m.
- Entin, en 1890, se constitua une puis-
- l'iK- 4. — Grues d’une puissance de 12 tonnes servant au chargement du charbon sur le port
- lower coal measures ne paraissent pas pouvoir donner lieu à une exploitation rémunératrice. Le charbon de Sydney est excellent pour les machines à vapeur et les opérations de fonte. Les analyses, faites au laboratoire
- l’ig. 5. — Coal Clitr. — I.iou où la houille a été découverte pour la .première fois en Australie. Les escarpements du bas de la falaise sont formés par les couches de charbon supérieures du permo-carbonifère ; elles sont surmontées par la série de llawkesbury (schistes et grès). Au premier plan, on voit les travaux d’établissement du môle de Porl-Kembla.
- santé Société d’études qui entreprit, au moyen du procédé économique de la sonde à diamants (diamond drill), un forage d’essai à Creinorne Point, sur la rive septentrionale du Sydney llarbour (Port Jackson). A 854 m. on rencontra la Bulli Scam, épaisse de 2,50 m.; malheureusement le charbon avait été transformé en coke sous l’influence d’un dyke de dolérite, dont on n’avait pu du dehors deviner la présence. Il fallut, en 1892, opérer un nouveau sondage avec des subsides que le gouvernement, comprenant l’intérêt général que présentait l’entreprise, fournit largement. En 1895 on atteignit la Bulli Seam, épaisse de 5 m., à une profondeur de 890 m. au-dessous de la surface, située elle-même à 44 m. d’altitude. La mine est donc très profonde: c’est la plus profonde de beaucoup de toute l’Australie. Mais elle a l’avantage d’être si-
- département des Mines par ngaye, F. C. S., donnent : Mr. J. C. H.
- Humidité (),()()
- Hydrocarbures volatils . . 17,57
- Charbon 71,09
- Cendre 10,08
- 100,00
- Sous la direction particulièrement
- compétente de Mr. E. F. Pitlinan et du professeur T. W. E. David, nous avons visité, outre la mine de Sydney, plusieurs exploitations houillères à Newcastle et dans le district d’illawarra.
- A Newcastle, la plupart des mines sont situées sur le bord de la baie que la Hunier River forme à son embouchure. 11 y a là un excellent port naturel, que l’on a encore amélioré en construisant un môle entre la côte et la petite île du Nobby. Toute l’année, de nombreux navires y chargent du charbon. Le chargement s’opère très rapidement au moyen d’énormes grues hydrauliques
- 1 En effet, la Dempsey sériés, qui sépare les middle des upper coal measures et dont on a entamé la partie supérieure, manifeste des signes d’amincissement très marqué. Le fait est, nous l’avons dit déjà, fréquent dans cette assise.
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- d’une puissance de 12 tonnes (la tonne anglaise est de 1015 kg). Ces grues soulèvent la caisse des wagons, mobile sur les Irucks; une ibis au-dessus du navire, la caisse s’ouvre par le fond et le charbon tombe.
- La mine la mieux aménagée de toute l’Australie est peut-être la Metropolitan Collierv, à llclensburgh, dans le district d’illawarra, situé sur la ligne de Nowra à 45 km au Sud de Sydney. Le domaine de la Compagnie est de plus de 8000 hectares.
- Deux puits circulaires mettent en communication le fond et le carreau de la mine ; leur profondeur est de 555 in. L’un (diamètre : 4,88 m.) sert aux travaux; la cage, guidée par deux glissières métalliques, met 28 secondes pour descendre; la manœuvre est assurée par deux cylindres de 0,914 m. de diamètre et dont la force représente 900 IIP. Le second puils, utilisé uniquement pour l’aérage, a un diamètre de 4,57 m. ; il est muni d’un grand ventilateur de Scliiele de G,10 ni. de diamètre, recouvert d’un couvercle de Walker. Ce ventilateur fait 150 révolutions par minute et, dans cet espace de temps, envoie un courant d’air de 9,950 m3. Une active aération est d’ailleurs indispensable; car le charbon est très grisouteux. La lampe de sûreté employée est celle d’Ë vans-Thomas.
- Les travaux s’étendent sur une longueur de 4800 m. et une largeur de 1200 m. L’abalage, très économique, se fait au pic, suivant la méthode dite de Cardiff. En creusant, on laisse de distance en distance des piliers de 50 et même de 100 m.; ils sont ultérieurement abattus. Les débris sont placés au milieu de la galerie, large de 10 m.; celte division en deux facilite la ventilation.
- Le balage s’opère par des trains de wagonnets, mus par trois systèmes de cordes sans fin, marchant à raison de 1500 m. à 2000 m. à l’heure. Des plans inclinés font communiquer les galeries avec les chantiers d’abatage; ils sont munis de mécanismes indépendants.
- L’extraction est de 1000 tonnes anglaises par jour; ce chiffre pourrait être très augmenté si la main-d’œuvre ne faisait pas défaut. Le charbon, excellent pour les railways et la marine, est transporté par chemin de fer à Sydney ou bien à Port-lvcmbla, au pied du Goal Cliff, où on a établi, au moyen d’un mole, un port artificiel.
- Longtemps l’industrie houillère a été peu active en Nouvelle-Galles du Sud : encore en 1829 on ne tirait du sol que 780 tonnes vidant 9948 francs. Mais depuis, de grands progrès ont été réalisés. L’extraction annuelle monte aujourd’hui à 4 597 028 tonnes valant 55 470 425 francs. Sur cel le quantité, la consommation locale compte pour 1 798 505 tonnes et l’eqiortation pour 2 798 525 tonnes (I 024 157 pour les autres colonies australasiennes et I 174 580 pour l’étranger). Les deux principaux ports exportateurs sont Newcastle et Sydney. Depuis l’origine, la production totale de la colonie a été de 85 909 180 tonnes, représentant une valeur de 900 080 750 francs.
- Les réserves encore renfermées dans la terre sont d’ailleurs considérables. MM. G. S. Wilkinson et le professeur David se sont livrés, pour déterminer l’importance de ces réserves, à des calculs, au reste un peu hypothétiques. En laissant de coté le charbon triasique, dont la valeur est purement locale, ces deux savants ont calculé que la Nouvelle-Galles du Sud devait encore contenir au moins 115 milliards de tonnes. Ge serait une richesse supérieure à celle que possédait l'Angleterre au début de la grande exploitation industrielle. 11 ne faut pas oublier que les grands bassins houillers de la Nouvelle-Galles du Sud bordent la mer.
- On comprend facilement quelle pourra être un jour, en présence du rapide épuisement du charbon dans le vieux monde, l'importance d’une pareille richesse. Mais, dès aujourd’hui, cette importance se manifeste, par suite du rôle tout nouveau joué par le Pacifique dans le monde. Le développement rapide du commerce dans le Grand Océan, la mise en valeur d’immenses territoires vierges, la rivalité menaçante de l’Angleterre, de l’Allemagne, des Etats-Unis et du Japon semblent promettre à la bouille australasienne un avenir prodigieux1.
- Paul Piuvat-Dksciia.nll.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Le compte rendu de la séance du 10 juillet 1907 paraîtra dans le prochain numéro.
- CHRONIQUE
- Sur la composition de l’acide carbonique liquide. — La liquéfaction île l’acide carbonique constitue actuellement une industrie relativement importante par suite des nombreuses applications que l’on a faites de l’acide carbonique liquide : emploi dans les laboratoires, fabrication des boissons gazeuses, utilisation en brasserie, agent de réfrigération, etc.; mais la plupart de ces gaz liquéfiés ne sont pas complètement purs et peuvent renfermer même parfois des traces de gaz toxiques. Voici d’ailleurs, à ce sujet, le résumé d’analyses effectuées sur des acides carboniques liquides de provenance allemande :
- Acide carbonique. . 99,65 à 99,84 pour 100.
- Oxygène............ 0,044 à 0,1 —
- Oxyde de carbone. . 0,06 à 0,11 —
- Azote.............. 0,09 à 0,2
- Casques protecteurs en aluminium. — On sait (jue les vapeurs de mercure, auxquelles sont sujets les ouvriers des mines, des fabriques de glaces et de miroirs, etc., sont dangereuses au suprême degré. Toutes les précautions hygiéniques possibles ne peuvent annihiler les fâcheux effets de ces vapeurs, et les ouvriers, après de cruelles souffrances, sont victimes d’une mort prématurée. Un savant italien, M. Tarugi, attribue à l’aluminium un certain pouvoir attractif sur les vapeurs de mercure et propose de constituer, pour les ouvriers sujets à ces accidents, des casques spéciaux portant un réseau en fil d’aluminium aux ouvertures ménagées pour la respiration. Espérons que les essais, auxquels sera certainement soumis ce disposilif, seront concluants et amélioreront la sécurité des travailleurs soumis aux vapeurs délétères du mercure.
- Sur l’extraction par le tétrachlorure de carbone. — Depuis assez longtemps, l’emploi du tétrachlorure de carbone a remplacé, dans l’extraction des graisses et des huiles, celui du sulfure de carbone qui est si dangereux par son inflammabilité et son pouvoir toxique, même en petite quantité. Dépendant le tétrachlorure de
- 1 Fai. lux et Mairev, Les principales puissances du monde. Paris, Delagravc, 1906, p. 125. Actuellement l’Australie fournil 6 millions de tonnes, la Nouvelle-Zélande 1 400000, l’Inde 6 millions, le Japon 10 million;. Le 'l’onkin se développe beaucoup. La Chine est encore peu exploilée
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- LA NATURE.
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- .carbone, quoique ne possédant pas ces inconvénients, a le défaut, syrtout lorsqu’il est humide, d’attaquer des appareils métalliques dans lesquels se l'ait l’extraction. Des recherches comparatives, effectuées avec les métaux usuels, ont montré que les appareils à extraction doivent être construits en étain ou en plomb, ces métaux étant les moins rapidement attaqués après le nickel, que son prix ne permet pas de substituer aux précédents. 11 y a là des notions intéressantes que l’industrie des matières grasses pourra mettre à profit.
- Sur l’origine des pétroles. — On sait que l’origine des pétroles est excessivement discutée et La Nature a entretenu scs lecteurs de ce sujet à plusieurs reprises. Un auteur allemand, M. Rakusin, a constaté dans les pétroles la présence de cholestérine et ce fait permettrait de conclure en faveur de l’origine organique des pétroles qui proviendraient sans doute de l’altération d’animaux ou de poissons ; il serait d’ailleurs possible que les huiles minérales aient à la fois une origine animale
- et végétale.
- LA CEINTURE DE L’ÉGLISE
- On rencontre en bavière et dans le Tyrol un grand nombre d’églises catholiques qui sont entourées d’une chaîne de 1er; cette chaîne est même l’un des signes distinctifs des sanctuaires consacrés à Saint Léonard.
- Ce saint, originaire de France, a été transporté en Allemagne par les Cisterciens. Anciennement on le nommait Liénard, et on lui attribuait le pouvoir de lier et de délier. L’analogie entre le nom du saint et sa fonction spéciale est évidente, au point que celle-ci a bien des chances de provenir de celui-là.
- Actuellement encore, Saint Liénard ou Léonard est, en France comme en Allemagne, le protecteur des animaux domestiques, des femmes en mal d’enfant, des prisonniers, etc. Et son surnom allemand est Enlbinder, le délieur. Ainsi, le jeu de mots français a été traduit par les Allemands, pour qui le mot de Liénard ne signifiait rien.
- Pour acquérir la protection de Saint Léonard, les bavarois et les Tyroliens se procurent des statuettes en cire et de préférence en fer, représentant les animaux dont ils désirent la guérison, et les offrent au saint. Dans certaines églises, il y a ainsi des centaines de kilos de fer.
- Ceci dit, d’où vient ce curieux emploi de chaînes qui entourent une église? De nos jours, la signification de ce rite n’est pas connue des fidèles, qui se transmettent en guise d’explication des légendes comme la suivante : Les chevaux d’un paysan qui se rendait en pèlerinage à une chapelle de Saint Léonard s’étant emballés, le paysan, en grand danger de périr, lit vœu d’offrir au saint une chaîne en fer assez grande pour entourer la chapelle; les chevaux s’arrêtèrent et la chaîne témoigne encore de la puissance du saint.
- Il est manifeste que ce type de légendes est relativement moderne; il est bien postérieur au rite même. Une explication meilleure serait que la chaîne a été forgée avec les fers à cheval ou les longes en fer offerts par des propriétaires de chevaux malades. Telle est entre autres l’interprétation que donnent du rite les habitants de Nussdorf et de Saint-Véit.
- D’autre part, Saint Léonard est aussi le protecteur des prisonniers, qui lui dédiaient autrefois leurs chaînes en cas de délivrance.
- Le rite des chaînes a été rencontré par M. An-
- drée1 en Carniole, en Carinthie, en Styrie, à Salz-bourg, dans le Tyrol et en bavière.
- Nombreuses ont été les théories des folk-lorisles allemands pour expliquer ce rite : Liebreeht y voyait un lien entre la divinité et la communauté des lidèles ; Simrock les regardait connue une modification des cordes de soie légendaires qui ceignaient le Paradis souterrain du roi des nains Laurin; Quitzmann regardait Saint Léonard comme le remplaçant de la vieille divinité germanique Frô, qui soi-disant protégeait les prisonniers.
- C’est avec raison que M. Andree rejette toutes ces théories compliquées. Il remarque d’abord que les chaînes des prisonniers sont d’un tout autre modèle que celles qui ceignent les sanctuaires de Saint Léonard. Et il constate, après enquêtes, que l’accumulation dans les églises de masses énormes d’offrandes en fer devient rapidement, même de nos jours, un sujet de gêne. Parfois on enterre ces « vieux fers », rarement on les vend au maréchal du lieu. Le plus simple serait de les fondre et d’en faire une offrande gigantesque en forme de chaîne qu’on tendrait autour de l’église.
- Cette théorie semble à M. Andree « simple et naturelle ». Mais je crains qu’elle le soit trop. Pourquoi n’accroche-t-on pas ces chaînes à l’intérieur des sanctuaires, le long ou autour des piliers, par exemple? A mon sens, l’élément important du rite, c’est Pacte d'enchaîner, de ceindre l’église.
- En outre, M. Andree n’insiste pas sur la valeur religieuse que peut présenter Pacte d’accrocher la chaîne, et il oublie que la chaîne fabriquée avec les vieux fers par le forgeron voisin aurait besoin à'être consacrée à nouveau.
- 11 attribue enfin une importance trop grande à la matière dont est faite la chaîne.
- Ailleurs, en effet, on rencontre le même rite, mais exécuté avec ilcs matières moins durables. Ainsi, il est question dans quelques chansons bretonnes de longs cierges, en forme de rat de cave qui faisaient trois fois le tour de l’église et dont les extrémités se trouvaient sur l’autel au-devant du crucifix. Et M. Sébillot me dit qu’il a vu vers 1863 des églises des environs de Guingamp
- 1 Richaud Andhce, Votive mut Weihegaben (tes kal/to-lischen Volés in Süd-Deutschland. Brunswick, 1004, 4°, XXXII planches, p. 70-74.
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- ceinturées d’un rat de cave qui parfois en faisait le tour trois fois.
- On ne saurait supposer cette fois (pie la
- on fait une immense torsade; parfois on se contente d’attacher bout à bout les foulards ; puis on applique, à mi-hauteur et tout autour de l’église, la couronne d’étoffe; le mal est ainsi lié1 ».
- Ce passage nous donne la clef des rites allemand et breton. On voit d’abord le caractère collectif du rite se placer au premier plan : le rite vaut pour des calamités qui affectent la collectivité; et ce sont les représentants naturels (chefs de famille) de celle-ci qui l’exécutent. Ainsi les chaînes de fer et les rats de cave auront originairement été martelés et fondus, ou du moins achetés, aux frais de familles, de villages ou d’associations religieuses.
- En outre, l’idée fondamentale est bien celle de lier soit un mal, soit l’église et ses habitants sacrés. On enferme le saint ou la sainte dans sa demeure, regardée, on le sait, comme actuelle. Car l’idée que le sanctuaire n’est que le domicile terrestre, passager ou symbolique, du saint ou de la sainte, ou meme de la divinité, est génétiquement récente.
- Dans les trois parallèles cités nous rencontrons trois stades d’évolution d’un môme rite : d’abord acte strictement magique, coercitif, le rite devient ensuite symbolique et dégénère enfin en ex-voto. 11 n’y a donc pas lieu d’attribuer à la matière même de la ceinture magique l’importance que lui donne M. Andrée. Le rite bavarois s’est spécialisé pour les
- Fig. 1. — Lu ceinture de l’église dans le Tyrol.
- « chaîne » est faite avec de « vieilles cires » encombrantes. L’élément important du rite est donc bien l’acte d’entourer l’église. Or, un rat décavé ou une chaîne de dimensions aussi considérables ne sauraient, sinon exceptionnellement, être une offrande d’un seul individu. On les concevrait plutôt comme des offrandes d’un groupe, peut-être d’une famille ou même d’un village. Et le parallèle suivant vient fortifier ce point de vue.
- Les populations actuelles de Syrie, tant musulmanes que catholiques, ont conservé un très grand nombre de croyances et de pratiques qui remontent à la plus haute antiquité et qui, par un procès d’assimilation bien connu des historiens des religions, ont ont été simplement islamisées ou christianisées superficiellement. Tel le rite suivant que M. Goudard a relevé chez les catholiques du Liban1.
- « Dans les calamités publiques, famine, guerre, menaces d’épidémie, les chefs de famille se réunissent près d’une église de la Sainte-Vierge, apportant chacun un voile, qui en soie, qui en coton, selon la générosité ou la fortune. De ce monceau de linges
- 1 Le Mois littéraire et pittoresque, septembre 1905, p. 530.
- Fig. 2. — La ceinture de Féglisc en Syrie.
- chapelles de Saint Léonard à cause des attributions primitives de ce saint, fondées sur une assimilation verbale. A. van Gennep.
- 1 Un rite analogue pratiqué à Haglnos Demetrios, à Salo-nique, consiste, pour guérir un malade, à nouer dans la flamme d’un cierge une ficelle qui a préalablement touché le tombeau d’un saint (vov. L. De Launay, Les Grecs de Turquie, Cornély, 1897).
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1783. — 27 JUILLET 1907.
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- LA BOITE JAPONAISE DE LINNÉ AU MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE
- Le Muséum d’histoire naturelle possède, depuis 1806, dans sa petite collection historique, un objet de fabrication japonaise, dont l’origine se rattache à Charles Linné et qui prend par là môme, en ce temps de commémorations linnéennes, un caractère d’actualité. Cet objet d’art, dont on voit ci-joint une reproduction lidèle, est une boîte ronde et plate (diamètre 0m,085, hauteur 0m,032), à fond d’avonturinc, laquée d’or de plusieurs tons, et telle qu’on en a fabriqué un grand nombre au Japon dans la seconde moitié du xvme siècle.
- Sur la tranche est représenté un paysage au bord d’une rivière avec des barques, des maisons rustiques, des clôtures en laque d’or et de petits arbres en laque d’argent.
- Sur le plat, à droite, deux personnages, vêtus d’amples costumes, sont arrêtés au haut d’un monticule; l’un d’eux, de son bras droit, montre à l’autre des sapins et des cèdres qui couvrent une colline qui s’élève à gauche.
- Au centre de la composition fait saillie un monogramme doré en relief, de 0m,021 de large et de 0m,011 de haut. On y démêle, non sans quelque peine, les lettres cmnevs, C (arolus) liiNEvs, adroitement tracées en une belle écriture bâtarde.
- Cette boite a été sûrement exécutée au Japon pour être offerte à Charles Linné ; le petit tableau qu’y a représenté l’artiste indigène fait allusion, sans le moindre doute, à ces leçons de botanique rurale où excellait le grand naturaliste suédois. Et le monogramme lui-même est de ce corps d’écriture en « bâtarde très lisible et très belle », suivant l’expression de Thunberg, dont se servaient, pour écrire le 35° année. — 2e semestre.
- hollandais, les interprètes japonais de Nagasaki.
- C. P. Thunberg était justement au Japon, à l’époque où nous reporte l’élégante œuvre d’art, dont je poursuis le commentaire; et il n’y a pas lieu d’hésiter à attribuer à ce botaniste-voyageur suédois, élève et ami de Linné, l’hommage délicat adressé de si loin à un maître illustre et cher. Thunberg, disciple de
- Linné à Upsal depuis 1761, ayant obtenu en 1770 le slipendium Koh-zeanum (la bourse fondée par Koh-zing), s’était engagé comme chirurgien extraordinaire sur la flotte de la Compagnie hollandaise pour faire le voyage des Indes. 11 était à Décima le 20 juin 1775. Il a séjourné au Japon comme chirurgien en chef jusqu’au 5 décembre 1776, c’est-à-dire dix-sept mois et demi, pendant lesquels il a eu, soit à Nagasaki, soit à Yeddo où il accompagnait l’ambassade de la Compa-gnie, de nombreuses occasions d’entrer en communication avec les artistes ou les négociants japonais.
- Il rentrait en Suède, le 14 mars 1779, avec d’importantes collections.
- Son vieux maître était mort depuis un peu plus d’un an (10 janvier 1778) et ce fut au fils que le voyageur dut présenter l’objet d’art qu’il avaitfait faire pour son père. On sait d’ailleurs que Thunberg entretenait les meilleures relations avec Charles Linné fils, et qu’en l’absence de ce professeur, engagé à son tour dans un long voyage (mars 1780), ce fut lui qui remplit les fonctions de directeur du jardin botanique d’Upsal et d’inspecteur des leçons publiques.
- Une note, renfermée dans là boîte de laque, signée de M. R. van Heytema et datée de Culenborg, nous
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- apprend qu’elle fut donnée en souvenir par Linné (ils à llôlmberg de Beckfelt, gentilhomme suédois établi dans cette petite ville de la province de Gueldre.
- . Ce dernier offrit à son tour la boîte à van Heytema qui la déposa lui-même dans la collection d’objets célèbres, scientifiques et artistiques qu’avait formée Emaiis de Mieaut.
- Le comte S. Mnis/ech acquit notre boîte à la vente de ce cabinet (vers 1800) et M. Dovrolle, auquel elle est enfin échue, sachant que son dernier propriétaire avait l’intention d'offrir cette relique à un de nos musées, n’a pas cru pouvoir mieux l’aire que de la « remettre au Muséum d’histoire naturelle comme souvenir des bonnes relations du comte Mnis/ech avec le laboratoire d’entomologie ».
- La boîte japonaise, ornée du monogramme de Linné, est depuis lors conservée dans les Archives de l’établissement, en attendant que soit aménagée définitivement la salle spéciale où seront réunis tous nos souvenirs historiques. E.-T. Hamy.
- UN NOUVEAU CORPS RADIOACTIF
- Il a été fait grand bruit récemment, dans la presse quotidienne, au sujet d’un nouveau corps radioactif, le molybdate d’uranyle, qui, malgré la facilité de sa préparation et la modicité relative de son prix de revient, jouirait des mêmes propriétés que le bromure de radium. C’était donc toute une révolution dans la science de la radioactivité et ses applications. En réalité, il s’agit d’un fait fort intéressant, mais de portée infiniment plus modeste, et qui a été exagérément grossi par les journaux. Voici, d’après l’auteur lui-même, M. André Lancien, de La Rochelle, en quoi consiste sa découverte, que M. Le Châtelicr a exposée le 24 juin à l’Académie des sciences.
- En faisant agir le molybdate d’ammoniaque sur l’azotate d’uranyle on obtient le molybdate d’uranyle, ce corps est radioactif; on a comparé son activité à celle du bromure de baryum et de radium d’activité 40, et à celle de l’azotate d’uranyle. Les 3 corps ont été enfermés dans des tubes d’égale dimension et mis en présence des plaques Lumière S, en prenant des précautions pour éviter l’influence réciproque des 3 corps. Après 5 jours de pose, on a pu; constater que la radioactivité du composé molybdo-uranique est sensiblement équivalente à celle du bromure de baryum d’activité 40 et très supérieure à celle de l’azotate d’uranyle.
- Notons que l’on connaît des bromures radifères de toute activité, depuis !0 jusqu’à 1 800 000,et que si le prix du bromure de radium pur est de 400 000 fr. le gramme, celui du bromure d’activité 40 n’est que de 20 fr. le gramme. Ainsi, au point de vue radioactif proprement dit, le molybdate d’uranyle ne possède pas de propriétés particulièrement remarquables et n’est pas meilleur marché que les corps radioactifs précédemment connus. Tous les jours on décourve en chimie des corps analogues. Celui-ci, cependant, présente un intérêt, à un point, de vue purement scientifique, car il permet d’établir des analogies entre le radium et le molybdène, le molybdène et l’uranium. La préparation même du corps montre, en effet, une analogie chimique éntre ces deux derniers corps, et les propriétés radioactives analogues de leurs
- composés établissent également un lien entre le radium et le molybdène.
- Enfin le molybdate d’uranyle aurait une propriété physiologique qui pourrait le rendre précieux : on sait que les sels de radium sont fort dangereux à manier et qu’ils provoquent des altérations des tissus connues sous le nom de radiodennies fort difficiles à guérir. Ce danger limite singulièrement leur emploi en thérapeutique. Le molybdate d’uranyle, an contraire, ne provoquerai! aucune radio-dermie. Mais ce fait n’a été établi jusqu’ici que par un nombre trop faible d’expériences pour que l’on puisse le considérer déjà comme dûment établi. Des centaines d’expériences seront nécessaires pour acquérir la certitude. M. Lancien aura eu, en tout cas, le grand mérite d’attirer l’attention sur ce point qui peut être l’origine d’un sérieux progrès dans les applications médicales de la radioactivité. A. Dolly.
- LES PROGRÈS DE LA PESTE
- dans les Indes
- La peste, dont l’invasion dans l’empire Indien, remonte à l’année 18% et qui menaça à ce moment de pénétrer jusqu'en Europe, fait , depuis quelques années, des progrès constants. Depuis 1896 à ce jour, on ne compte pas moins de 5 250 000 victimes. Assurément ce chiffre est au-dessous de celui de la mortalité pour certaines maladies, telle que la tuberculose, dans nos pays d’Europe. Dans l’Empire hindou, la proportion ne dépasse pas, en effet, 3 pour 1000. Mais c’est encore un chiffre considérable, et les efforts du gouvernement n’ont pu arriver à enrayer le fléau. En 1900 il y eut une accalmie réelle ; le chiffre des décès ne dépassa pas 92 000; mais il remontait à 1 100 000 (onze cent mille) en 1904; à un million en 1905, d’après les documents fournis par M. Mor-lay, ministre du département des Indes. En 1900, la maladie sembla nettement enrayée, on n’eut, que 500 000 décès; mais en 1907 les foyers se rallument, et les quatre premiers mois de 1907 donnent une mortalité de 642 000. Dans les trois dernières semaines de mai on a enregistré 77 772, 82 400 et 05 512 décès.; Les conditions de vie des Hindous favorisent le développement de la peste, dont, la propagation par les rats a été nettement démontrée à plusieurs reprises pendant cette longue épidémié qui rappelle les épidémies si terribles du moyen âge.
- KIOSQUES TÉLÉPHONIQUES
- A Stockholm, et dans plusieurs autres cités suédoises, existent,, dans les rues, des kiosques téléphoniques très appréciés du public.
- L’administration allemande se propose d’introduire dans son service des stalions semblables; elle a choisi Hambourg comme place d’essai. D’après les résultats obtenus, on étendra cette nouveauté à Berlin et à d’autres villes importantes de l’Empire. Les kiosques téléphoniques sont construits en fer et ressemblent, à ceux des marchands de journaux ; ils sont pourvus de postes automatiques qui peuvent être utilisés par le public aussi bien pendant la nuit que pendant, la journée, avantage précieux, puisque la plupart des bureaux sont fermés la nuit. Il serait très désirable que l’administration française procédât également à quelques essais de ce genre.
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- LE GAZ
- La fabrication du gaz à l’eau extrêmement développée dans les pays étrangers, est en France presque nulle. Cependant, si ce produit a chez nous des adversaires acharnés, il compte aussi des partisans enthousiastes; et récemment on a pu croire qu’ils allaient assurer au gaz à l’eau une victoire définitive.
- En effet, vers la lin de 1906, l’administration municipale, préoccupée de faire rapidement face aux besoins croissants de la consommation du gaz d’éclairage à Paris, établissait un projet comportant le mélange de gaz à l’eau au gaz de houille ordinaire dans la proportion de 10 pour 100 environ.
- Le projet échoua en janvier 1907 devant l’opposition du Conseil d’hygiène du département de la Seine.
- Est-ce à dire que le gaz à l’eau soit, en France, définitivement condamné? Si nous observons que la production quotidienne de ce gaz dans le monde entier est de plus de 15 millions de m3 et croît chaque jour, nous devons eh conclure que l’emploi du gaz à l’eau présente des-avantages industriels certains et que le débat entre ses partisans et ses détracteurs s’ouvrira à nouveau un jour ou l’autre. Nous croyons donc intéressant d’en soumettre à nos lecteurs les éléments.
- Qu’est-ce que le gaz à l’eau? C’est le mélange gazeux d’oxyde de carbone et d’hydrogène obtenu en faisant passer à 1000° environ un courant de vapeur d’eau sur une couche de charbons incandescents. L’eau se décompose et son oxygène s’unit au carbone suivant la réaction bien connue :
- Ch-II20=C0 + H2
- Carbone + vapeur d’eau = oxyde de carbone + hydrogène
- En réalité le mélange contient toujours plus ou moins d’acide carbonique (CO2); ce gaz, dernier terme de l’oxydation du carbone, est par suite incombustible et industriellement inutilisable.
- L’oxyde dè carbone et l’hydrogène par contre sont deux corps combustibles et susceptibles de s’unir à l’oxygène de l’air avec un notable dégagement de chaleur. Il était donc tout naturel de chercher à utiliser industriellement ce mélange dont la production, dès l’abord, apparaît comme simple et économique.
- On en a proposé, en effet, de nombreuses applications; pur, il peut être employé à la soudure de •grosses pièces métalliques ; mélangé au gaz d’éclairage ordinaire (et c’est ainsi qu’on l’emploie dans la majorité des cas) il peut servir à l’éclairage, surtout par incandescence et au chauffage, etc. .
- Avant d’examiner les conditions de production et d’utilisation du gaz à l’eau, signalons la plus grave objection qui ait été soulevée contre son emploi et qui résulte de sa composition même. Il contient une très forte proportion d’oxyde de carbone, 40 pour 100 en moyenne, et l’on sait que ce gaz est éminemment toxique, même en faible quantité et d’autant plus
- A L’EAU
- dangereux qu’il est absolument dépourvu d’odeur qui puisse déceler sa présence.
- Le gaz à l’eau, dans nos appartements, est en définitive destiné à êlre brûlé dans un appareil de combustion approprié, lampe ou instrument de chauffage. Que cet appareil présente quelque imperfection, qu’il y ait une fuite dans les conduits et les locaux où ils se trouvent seront peu à peu envahis par l’oxyde de carbone sans que les personnes présentes puissent s’en apercevoir. Les plus graves accidents sont donc à craindre.
- Cependant, il ne faut pas s’exagérer les dangers du gaz à l’eau; le gaz d’éclairage habituel, lui aussi, contient toujours de l’oxyde de carbone, souvent dans de fortes proportions, qui vont parfois jusqu’à 15 pour 100, et les accidents qu’il provoque sont fort rares.
- À l’étranger, où les expériences ont pu être faites, en grand, puisque l’Angleterre compte 98 villes utilisant le mélange de gaz à l’eau et de gaz de houille, l’Allemagne, 40 grandes usines où on le produit, on n’a pas eu à regretter d’accidents graves. Des précautions minutieuses y sont prises pour la surveillance des canalisations ; pour dénoter aisément la présence du gaz dangereux, on le carbure avec des huiles légères de houille, ou avec du mercaptan éthylique dont l’odeur intense, désagréable et persistante, peut déceler une quantité infinitésimale du gaz.
- Néanmoins le Conseil d’hvgiène a estimé qu’à Paris les conditions d’hygiène des habitations et des ateliers étaient, au point de vue de l’aération, fort défectueuses et que ce serait les aggraver imprudemment que de risquer d’introduire dans leurs atmosphères, déjà viciées, des quantités même infimes d’oxyde de carbone.
- Comment donc expliquer qu’en Angleterre, en Allemagne, aux États-Unis surtout, l’industrie du gaz à l’eau ait pu prendre son vigoureux essor. Il faut qu’aux scrupules si légitimes des hygiénistes de tous les pays, ont ait eu à opposer de bien puissants arguments. Et, en effet, les défenseurs du gaz à l’eau font valoir les avantages suivants :
- L’installation des appareils producteurs de ce gaz est infiniment plus simple, plus rapide, moins encombrante, par suite plus économique que celle des appareils à gaz de houille. Leur manutention est aussi moins coûteuse, car elle exige aujourd’hui moitié moins d’ouvriers que les appareils à gaz de houille les plus perfectionnés.
- Il faut dire, il est vrai, que le rôle de ces ouvriers est assez délicat, et qu’ils ont besoin d’une longue habitude. Pour donner de bons résultats, il faudra donc que la production de gaz à l’eau soit assez considérable pour être régulièrement entretenue toute l’année.
- Enfin, pour la production du gaz à l’eau, on utilise le coke; or le coke, dans certaines régions, est
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- un résidu de fabrication gênant pour l’usine à gaz et dont elle est forcée de se débarrasser à vil prix. En fabriquant du gaz à l’eau, elle trouvera pour le coke une utilisation plus rémunératrice, ce qui diminuera d’autant le prix de revient du gaz.
- Unegrandeusine à gaz, forcée d’augmenter sa production, pourra donc avoir un sérieux intérêt financier à recourir au gaz à l’eau mélangé au gaz de houille : elle n’aura pas à acheter de terrains nouveaux, elle sera rapidement à même de faire lace aux besoins de la consommation, et le produit qu’elle fournira pourra, dans certaines conditions, être plus économique.
- Lorsque cette usine est une usine municipale, et le cas est très fréquent en Allemagne et en Angleterre, on voit de suite l’intérêt que le contribuable trouve à l’adoption du gaz à l’eau : diminution d’impôts ou diminution du prix du gaz ; l’industrie de la région, supportant des charges moins lourdes, peut se développer et triompher de concurrents étrangers moins favorisés.
- Plusieurs procédés ont été proposés pour la production industrielle du gaz à l’eau ; nous décrirons rapidement lés deux plus répandus en Europe, le système Kra-mers et Aarts exploité par MM. Pierson, et le système Dellwick-Fleis-cher.
- Dans l’un et l’autre la marche de l’opération est discontinue; il faut en effet y distinguer deux périodes bien distinctes : dans la première, dite de soufflage, pour porter à l’incandescence la couche de charbon qui devra décomposer la vapeur d’eau, on injecte un courant d’air. L’oxygène s’unit au charbon,- avec dégagement de chaleur, en donnant de l’acide carbonique qui est rejeté dans l’atmosphère. Puis, lorsque la couche de charbon est devenue incandescente, on projette sur elle la vapeur d’eau et l’on obtient le mélange d’oxyde de carbone et d’hydrogène. Mais cette réaction absorbe de la chaleur et abaisse la température du foyer; on est donc forcé, au bout d’un certain temps, de cesser l’introduction de la vapeur et de souffler de Pair à nouveau, et ainsi de suite.
- Remarquons que pendant la période de soufflage, il pourrait se former aussi dé l’oxydé de carbone, si l’acide carbonique restait trop longtemps en contact
- avec le charbon qui le réduirait. Or il est essentiel de ne point produire d’oxyde de carbone durant cette période, car cette production entraîne une absorption de chaleur contraire au but que l’on veut atteindre; c’est-à-dire l’élévation de température de la couche de charbon.
- Dans le procédé Delwick-Fleischer, on cherche à réaliser pendant le soufflage la combustion complète du charbon, en elïectuant lé soufflage d’air dans des proportions déterminées sur une couche de combustible peu épaisse, répandue sur des grilles très larges (fig. 2). On réussit en même temps à réduire au minimum la durée du soufflage, opération par elle-même improductive. Le procédé est fort simple en pratique, peut-être pourrait-on lui reprocher de ne présenter à la vapeur d’eau soumise à la décomposition que des couches trop peu épaisses de charbon, pour permettre une décomposition totale.
- Dans le procédé Kra-mers et Aarts, on a cherché à concilier, comme il suit, les exigences au premier abord contradictoires des deux phases de l’opération ; on emploie, au lieu d’un seul, deux générateurs placés côte à côte ; pendant le soufflage, on y fait passer l’air simultanément ; puis pendant la période de production, la vapeur d’eau successivement. On ne peut ici éviter de créer de l’oxyde de carbone pendant le soufflage, pour parer à cet inconvénient, on joint aux générateurs des récupérateurs où l’oxyde de carbone est complètement brûlé, et la chaleur de combustion emmagasinée par des briques réfractaires. Au sortir du premier générateur, et avant de pénétrer dans le deuxième, les gaz formés pendant la période de production et la vapeur d’eau non décomposée traversent ces récupérateurs. Dans le deuxième générateur, l’acide carbonique que peut contenir le mélange gazeux est complètement réduit en oxyde de carbone.
- Nous avons déjà signalé les divers usages du gaz à l’eau, ou plutôt du mélange de gaz de houille et de gaz à l’eau que l’on emploie toujours. Le principal est évidemment l’éclairage.
- Or, le gaz à l’eau par lui-même n’a aucun pouvoir éclairant, et si l’on veut appliquer sa chaleur de combustion à l’éclairage par incandescence, ce qui frappe
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- dès l’abord, c’esl son laible pouvoir calorifique, qui allein! à peine la moitié de celui du gaz de houille; mais sa température de combustion est sensiblement de 200° supérieure à celle du gaz de houille, la lumière ainsi obtenue à haute température est inli-
- propriélés calorifiques, une partie des propriétés lumineuses du gaz ordinaire. Cette carburation s’opère au moyen d’une addition de benzol, dans les pays où ce produit est à bon marché; ailleurs on a recours à l’ingénieux procédé de l’autoearburalion
- niment plus brillante, et le rendement lumineux est en laveur du gaz à l’eau.
- . Néanmoins le laible pouvoir caloriiique du gaz à l’eau entraînerait de graves inconvénients pour une usine à gaz dont le gaz ne serait plus utilisable pour le chauffage.
- On procède donc presque toujours à la carburation du gaz à l’eau, qui lui rend, en même temps que des
- qui consiste simplement à envoyer le gaz à l’eau dans la cornue où l’on distille la houille qui fournira le gaz ordinaire. Le gaz d’éclairage est entraîné aussitôt formé ; il ne peut rester en contact avec les parois chaudes de la cornue; les hydrocarbures de qui dépendent les propriétés éclairantes et calorifiques du gaz ne sont pas. décomposés et l’on obtient un mélange, plus économique que le gaz de houille, et cependant
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- presque aussi éclairant, et ayant sensiblement même pouvoir calorifique.
- Signalons enfin une méthode nouvelle pour l’utilisation du gaz à l’eau, due à M. Sabattier, professeur à l’Université de Toulouse et à son élève, M. Senderens: cette méthode n’a pu encore recevoir l’épreuve de la pratique : mais si elle devient industriellement applicable, elle réconciliera à coup sûr les hygiénistes avec le gaz à l’eau ; car le gaz distribué dans les habitations sera complètement exempt d’oxyde de carbone.
- M. Sabatier a, en effet, étudié l’action hydrogé-nante des métaux réduits comme le fer, le nickel, le cobalt sur l’oxyde de carbone. 11 a découvert que le gaz mélangé de son volume d’hydrogène et chauffé à 500° en présence de ces métaux réduits donne, par simple action catalytique du méthane qui est un hydrocarbure, de l’acide carbonique et de la vapeur d’eau.
- Le gaz carbonique, en présence de l’hydrogène et des métaux catalyseurs entre 250 et 500°, est
- transformé en méthane et vapeur d’eau. Ainsi avec le gaz à l’eau on peut obtenir simplement un mélange dépourvu d’oxyde de carbone et riche en méthane, corps combustible et calorifique. Le méthane n’a pas de pouvoir lumineux; mais si on l’additionne d’acétylène l’action des métaux catalyseurs, à une température inférieure à 100°, fait naître des carbures éthyléniques et forméniques de grand pouvoir éclairant.
- Nous venons d’exposer brièvement les problèmes sociaux, industriels et même scientifiques que soulève la question du gaz à l’eau. Il ne nous appartient pas d’en donner la solution. Notons cependant <pie si le gaz à l’eau, malgré son économie, est provisoirement condamné officiellement comme mode d’éclairage et de chauffage public, il peut déjà, grâce à l’économie et à la rapidité de son installation, rendre d’importants services dans les grandes usines privées où il faut prévoir à la fois le chauffage, l’éclairage et la force motrice.
- A. Tiioelek.
- LES HABBÈS ET LE PLATEAU CENTRAL NIGÉRIEN
- Les lecteurs de La Nature ont été tenus au courant, à différentes reprises, des découvertes effectuées par le lieutenant Desplagnes, au cours de son exploration du Soudan français, et notamment de la région située à l’intérieur de la boucle du Niger, au sud de la rive droite du fleuve, de Djenné à Gao (voir le n° 1755, du 29 décembre 1906, p. 78). Mais ces indications étaient forcément incomplètes et tous ceux dont le lieutenant Desplagnes avait éveillé la curiosité attendaient impatiemment un exposé plus complet et coordonné. Celui-ci vient de paraître *, et nous sommes heureux de pouvoir présenter ici, non pas un résumé de ce travail, car il est de ceux qu’il faut lire in extenso pour en apprécier la valeur, mais un aperçu des principaux résultats acquis par l’explorateur au cours de sa mission.
- Gomme la vallée du Nil, la vallée du Niger, et notamment sa région moyenne, qui a pour centre Tombouctou, semble préparée par la nature pour attirer les hommes. Le fleuve, dans cette région, décrit une immense courbe, qui finit par changer sa direction suivant un angle droit, et qui fait contourner à ses eaux cet énorme massif rocheux, dominant la vallée de 400 à 600 mètres, terminé par des falaises abruptes, et que le lieutenant Desplagnes a fort justement baptisé le Plateau Central Nigérien. La grande cuvette lacustre inférieure, qui se trouve délimitée par cette muraille vers le sud, forme une région naturelle tout à fait caractérisée, et, d’après les travaux de MM. Gautier et Chudeau, est fort probablement le reste d’une mer quaternaire dans laquelle se jetaient les grands oueds sahariens. Ce bassin primitif intérieur n’est plus représenté aujourd’hui que par la double série des grands lacs nigériens qui, au nord et au sud du fleuve, retien-
- 1 Lieutenant Louis Desplagnes. — Le Plateau central nigérien. Une mission archéologique et ethnographique au Soudan français. Paris. Emile Larose, Nous devons à M. Émile Larose la communication des photographies qui illustrent cet article et qui sont empruntées à l’ouvrage de M. Desplagnes; nous l’en remercions vivement.
- lient les eaux fertilisantes de l’inondation annuelle. (( En effet, dit le lieutenant Desplagnes, le Niger, grossi du Dani, couvre de ses inondations, dès la fin de septembre, toutes les plaines riveraines qui ressemblent alors à de vastes prairies d’où émergent, sur des îlots de sable) les paillottes des villages entourés de leurs palmiers doums. En novembre et décembre, l’eau, par d’innombrables canaux entre les dunes, cherche à se frayer un chemin vers les bas-fonds de la cuvette et forme alors des. chapelets de lacs. En janvier, la crue se termine et les eaux refluent vers le Niger, laissant à découvert des terrains immédiatement cultivables, autour d’une réserve d’eau qui subsistera toute l’année » K
- Dans ces conditions, l’immense plaine du Niger, merveilleuse zone de pâturages cl riche terre à céréales, devait toujours être un objet de convoitise pour les peuples. M. Desplagnes s’est particulièrement donné à lâche de reconstituer l’histoire de ces peuples successifs qui, tour à tour, sont venus de tous les points cardinaux de l’Afrique vers celte terre promise, et cette préoccupation historique a été le leit-motiv de son travail, qui l’a guidé sans cesse sur le terrain dans le recueil de ses documents humains et de ses pièces de collection. Qu’il n’ait pas complètement réussi dans un tel travail, il est le premier à le reconnaître et à signaler toutes les difficultés de la tâche qu’il avait entreprise.
- On a jusqu’ici peu de notions positives sur les peuples primitifs qui habitaient la région de la boucle nigérienne il y a sept ou huit mille ans environ, avant l’époque néolithique soudanaise ; les légendes parlent cependant de nègres de petite taille, qui rappelleraient tout à fait les négrilles dont on ne retrouve d’ailleurs plus de traces aujourd’hui en dehors de la zone forestière équatoriale.
- 1 Le Nil entre en crue en Égypte, dans la 3° semaine de juin; au début, de janvier, il est revenu à son cours ordinaire. D'autre part, dès une haute antiquité, les Égyptiens ont su utiliser par l’irrigation l’inondation annuelle; le Niger n’a pas été adapté par l’homme.
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- Par contre, on est mieux renseigné sur les peuples (pii sont venus les premiers se superposer à ce fonds indigène problématique ou disparu. Ce sont eux qui constituent la période néolithique soudanaise, dont les traces nombreuses sont des ateliers, des sépultures et des monuments mégalithiques. Selon le lieutenant Desplagnes, les caractères que présentent leurs poteries et leurs instruments, l’attitude particulière des cadavres, qui reposent accroupis ou repliés à l’intérieur de grands vases de terre, le type des monuments monolithiques, etc., tous ces traits et quelques autres indiqueraient que les néolithiques soudanais se rattachent à un système de civilisation néolithique, beaucoup plus vaste, assez évoluée, et s’étendant peut-être sur toute l’Afrique du Nord, à travers le Soudan et le Sahara, de la mer Rouge à l’Atlantique *. Quoiqu’il en soit, les néolithiques soudanais et leurcivili-
- architectes, ils laissèrent après eux la terre couverte des ruines de leurs monuments, qui témoignent d’un déve-veloppement considérable dans la civilisation, le plus grand que l’homme ait jusqu’ici atteint dans cette région.
- 11 faut, dit M. Desplagnes, distinguer deux groupes successifs dans l'ensemble de ces peuples rouges, venus du nord. D’abord, un premier flot, le véritable facteur de cette civilisation que nous venons d’indiquer, et qui reste aujourd’hui représenté par des tribus sédentaires, composées pardes métallurgistes, des commerçants et des constructeurs, <jui portent leur ancien nom de Gara. Ensuite, un second Ilot, d’une irruption plus lente, commençant peut-être peu de temps après le mouvement des Gara, mais se prolongeant longtemps après ; les éléments qui le constituent appartiennent vraisemblablement au même ensemble que les Gara ; mais, plus spécialement désignés
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- Bandiagai
- Fig. 1. — La boucle (lu Niger et le plateau central Nigérien.
- sation survivent assez purement jusqu’à nos jours en un grand nombre de points : ce sont de grands hommes noirs, peu prognathes, qui habitent des paillettes en forme de ruche, et qui, le plus souvent— c’est d’ailleurs ce qui explique leur survivance — ont été réduits, et conservés par les envahisseurs successifs qui les ont recouverts, à l’état de castes industrielles.
- Les premiers peuples qui succédèrent aux néolithiques soudanais semblent avoir été les Éthiopiens rouges des antiquités classiques, qui étaient établis sur les bords du Niger dès la période préhistorique, et qui, d’après la tradition, avaient apporté avec eux l’industrie du fer, l’art de bâtir des maisons de terre, de brique et de pierre, le tissage des étoffes, l’orfèvrerie des bijoux, liligranés ou fondus à la cire perdue, en même temps qu’ils amenaient le bœuf, le cheval, le mouton et la chèvre. Remarquables
- 1 II. Desplagnes y ferait même volontiers rentrer les néolithiques égyptiens. 11 considère cet ensemble comme identifiable aux Ethiopiens noirs.
- comme les Oulë, ils formaient à côté de ceux-ci une classe moins élevée, pauvre et nomade, de conducteurs de bestiaux, de vachers. Gara et Oulé, l’ensemble des peuples rouges, ‘étendirent peu à peu leur puissance et leur domination jusque dans le Haut-Dahomey, la Haute Côte d’ivoire et sur les fleuves de la Sénégambie, ou l’on retrouve encore leurs constructions.
- Mais cette relative grandeur ne devait pas durer. Sur ses contins, depuis longtemps, grondait l’avidité des barbares qui convoitaient les terres fertiles de la boucle nigérienne et la richesse de ses habitants. Ils firent d’abord des incursions rapides, des attaques répétées avec des succès divers, puis ils finirent par l’emporter et soumirent à leur joug ces tribus plus civilisées, mais moins fortes. Le iieulenant Desplagnes voit dans ces conquérants, qui portaient le nom de Sousous et qui appartenaient tous à un même clan, ayant pour totem le serpent, des hordes de cavaliers d’origines fort mêlées, pasteurs et trappeurs des forêts, qui venaient de l’est et du sud. Leur
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- Fig. 2. — Type d'architecture ilabbé : maison dos jeunes gens.
- désordre était groupé autour d’une tribu directrice, les Keitas, dont les principaux membres semblent avoir appartenu à des familles de type et d’origine mongols, qui se rattachaient sans doute à une fraction des peuples rouges. Sous cette direction, du xme au xv° siècle de notre ère, les Sousous renversèrent les anciens empires qui, après bien des transformations, perpétuaient la civilisation des peuples rouges. De nouvelles organisations leur furent substituées : la plus puissante, constituée par la tribu principale des Sousous sur le plateau mandingue, fut le vaste clan des hippopotames, auquel succéda, vers la lin du xv° siècle, le clan des Bammanas ou Caïmans, constitués, dit le lieutenant Desplagnes, par une masse hétérogène de primitifs prognathes sortis des forêts du Sud.
- Ces hommes du clan des Caïmans, que les Européens connaissent improprement sous le nom de Mandé, s’étendirent ensuite progressivement vers le Nord, jusqu’au début du xixe siècle, où ils étaient arrivés jusqu’aux marges du désert. Sur leur chemin, ils soumettaient les groupements qui ne se ralliaient pas à leurs confédérations. De plus, d’une civilisation inférieure à celle des vaincus, ignorants de tous les arts, ils employaient et emploient encore à leur usage l’habileté des vaincus, qu’ils réduisent à l’état de castes industrielles ou d’esclaves.
- Ainsi, vers cette vallée du Niger, tour à tour se dirigent les entreprises cupides des peuples du nord, de l’est et du midi et nous ne faisons à notre tour que continuer une habitude bien des fois séculaire. Parmi ces peuples, les plus forts subjuguent les plus faibles, mais bien loin de chercher à les détruire, ils utilisent leurs aptitudes en les
- réduisant à l’esclavage, à moins que les vaincus, ou une partie d’entre eux, cédant la place au vainqueur, n’aillent s’établir dans des régions moins accessibles où ils savent bien que n’iront pas les poursuivre les conquérants, satisfaits d’occuper le fond merveilleux de la vallée. Cependant il arrive à leur tour que ces nouveaux occupants de la plaine se trouvent vis-à-vis de nouveaux envahisseurs dans la même position où se trouvaient les premiers occupants vis-à-vis d’eux; les vainqueurs d’hier sont les vaincus d’aujourd’hui, et, à leur tour, ils doivent accepter ou bien la servitude dans la plaine ou bien la liberté dans la montagne.
- On comprend qu’un tel régime pratiqué depuis des siècles a dû donner une physionomie particulière à l’ethnographie du Niger moyen. Dans la plaine, les populations maîtresses, au milieu desquelles les populations dépossédées survivent comme esclaves ; sur le plateau central, les populations qui ont habité autrefois la plaine, et qui, chassées par le vainqueur ou fuyant devant lui, sont venues chercher un refuge libre sur les hauteurs ; par suite des épisodes successifs de l’invasion de la plaine par de nouveaux peuples, le mélange est également considérable parmi les éléments ethniques de la montagne. Le lieutenant
- Desplagnes a eu la bonne fortune de pouvoir se consacrer à cette ethnographie de la région élevée et il y a fait de fort importantes observât ions, consignées dans la grosse partie de son travail qui est consacrée aux llabbès.
- On désigne sous ce nom l’ensemble des populations non musulmanes qui habitent le plateau central nigérien. Ces populations n’appartiennent donc pas à une race particulière, mais elles résultent d’un métissage constamment renouvelé au cours des siècles, dû au mélange ou
- Fig. i. — La plaine nigérienne pendant la saison sèche.
- Fig. 5. — 't ype de monument monolithique de la plaine nigérienne.
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- à la juxtaposition du fonds primitif originel avec tous les groupements successivement chassés de la plaine par de nouveaux conquérants. Le nom de llabbès (Ilambbé, Kambé), qui a été appliqué par les pasteurs Foulbès musulmans à tout cet ensemble complexe, semble avoir été emprunté à une ancienne tribu autrefois puissante parmi eux. Il présente, par conséquent, un caractère artificiel d’unité, qui ne doit pas tromper sur la réelle diversité de ces peuples. 11 faut en effet y reconnaître deux groupements principaux, différents par la position géographique et par la composition ethnique.
- 1° Dans la région de Dandiagara, c’est-à-dire à l’ouest du plateau, se trouvent les véritables llabbès, ou Soundani des Maures. Ils se composent principalement, en outre de quelques tribus primitives à dialecte songhoï, d’un grand nombre d’éléments que le lieutenant Desplagnes appelle Gannanëena, parce qu’ils descendent, des anciens habitants de Ganna, chassés vers l’année 1230 de notre ère par l’invasion des hordes de cavaliers Sousous qui prirent à cette époque la ville capitale des populations rouges ; ces Gannanéens parlent des dialectes mrrakolë ; en plus il y a, à côté de ce noyau essentiel, quelques Foulbès non islamisés et diverses tribus de moindre importance.
- 2° Dans les massifs rocheux du Ilombori, à l’est du plateau, se trouve la confédération dite des Houmbélê, composée surtout, au contraire du groupe occidental, par des éléments primitifs à dialecte songhoï, avec un plus petit nombre de descendants des fugitifs de Ganna, à dialecte sarra-kolé.
- Ces différences ont leur retentisse-
- Fig. 7. — Type d’industrie : les jarres.
- Fig. 5. — Type de village llabbc dans la falaise de Bandiagara.
- ment naturel dans la vie sociale des deux groupes ; d’une façon générale et un peu trop simplifiée, on pourrait dire qu’à l’est la vie sociale est plus relâchée et l’individu laissé davantage à lui-sa liberté et à sa faiblesse, tandis qu’à l’ouest il se trouve pris dans les liens d’une organisation plus forte. Mais, cette réserve faite, on peut décrire l’ensemble des llabbès et des Houmbélé simultanément, quitte à marquer les différences de détail lorsqu’il s’en présente.
- Chez les uns comme chez les autres le trait le plus caractéristique de l’organisation sociale est la netteté de son type théocratique ; il n’v a pour ainsi dire pas de puissances ni de hiérarchie politiques, mais seulement des puissances et une hiérarchie religieuses. Il existe d’abord un Conseil des Anciens, constitué par les vieillards chargés d’honorer J es ancêtres et de rendre un culte aux divinités protectrices, puis tout un système de prêtres possédant des attributions diverses. A la tête de ceux-ci se trouve le Hogon ou grand prêtre des divinités protectrices célestes, dont la puissance est considérable; considéré comme un être sacré, il habile seul une petite maison entretenue aux frais du village et située dans un site écarté, qui est à la fois sa demeure et le temple de la divinité. 11 porte des insignes sacrés et toute sa personne et tous ses mouvements sont l’objet de prescriptions et d’interdictions qui croissent avec sa puissance et avec son âge. Il convient de
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- noter qu’il y a une véritable hiérarchie de hogons : liogons de famille, hogons de village, hogons de régions, et hogon suprême, ou har hogon, qui est le chef suprême, religieux et politique de toute la confédération, et qui possède une autorité supérieure sur les autres. Naturellement les rites qui entourent la nomination ou la mort d’un de ces personnages sont d’autant plus complexes, et le temps qu’ils demandent- d’autant plus considérable, que l’on s’élève davantage dans la hiérarchie. Les moindres d’entre eux sont choisis par élection, après la récolte, parmi les vieillards âgés; au contraire le hogon suprême ne peut être nommé que trois ans après la mort de son prédécesseur, tenue secrète jusque-là, et le choix se fait dans une famille désignée, au jour fixé par le Conseil des Anciens.
- Si le llogon est un grand prêtre, en relation avec les divinités protectrices, le Laggam, dont l’importance n’est guère moindre, est un sorcier magicien, chargé des rapports avec les divinités terrestres et malfaisantes. Comme le hogon, le laggam porte des insignes spéciaux et se trouve l’objet de pratiques très définies. De même également, la nomination d’un nouveau Laggam se fait trois ans après la mort du précédent et après une série d’épreuves qui démontre, parmi les candidats, celui qui jouit des pouvoirs magiques les plus certains. Mais, tandis que le hogon est embaumé et enterré dans un endroit désigné, le Laggam est enfoui de nuit, dans un coin perdu de la brousse.
- De plus le Laggam est inférieur au Hogon (bien que celui-ci lui doive des égards déterminés) et il n’y a pas d’organisation des Laggams entre eux.
- À côté de ces deux personnages essentiels, le Hogon et le Laggam, il existe dans chaque village et dans chaque tribu un vieillard qui porte le titre à’Anna-gara, et qui, prêtre des esprits ancestraux, a pour charge de leur offrir des sacrifices et d’appeler la bénédiction céleste sur les nouveaux mariés ; il supplée également le Hogon absent ou mort et préside le Conseil des Anciens. De plus, chaque Hogon est assisté par trois fonctionnaires attachés à sa personne et directement sous ses ordres, les Iiédiou, chargés plus spécialement l’un de la police, l’autre de percevoir les amendes et de faire appliquer les arrêts de justice, le dernier d’offrir des sacrifices à la divinité. Enfin, en temps de guerre, le commandement est confié à un chef militaire temporaire le Naba.
- La société elle-même, dont cette hiérarchie assure le fonctionnement, est caractérisée par le sort de la femme et de l’enfant, qui jouissent tous d’eux d’une somme considérable de liberté. La femme, même la jeune fille, a la libre et entière disposition de son corps ; le mariage n’a lieu que par son consentement, et, même pendant le mariage, qu’elle rompt à peu près suivant son gré, elle conserve la jouissance de sa fortune personnelle, des biens qu’elle acquiert par son travail, des cadeaux ou
- des héritages qu’elle reçoit. Le mariage comprend toujours un enlèvement, elïeelué après le consentement de la fille, puis un sacrifice dont se charge V Anna-gara. 11 n’y a pas de dot, les droits des époux sont égaux, le divorce facile. La femme, qui participe aussi un peu, mais pour son propre profit, au travail des champs, s’occupe surtout de l’économie domestique, dont elle partage le soin avec les autres épouses de son mari, tandis que celui-ci se livre au dehors à son métier. Tous les mois, pendant deux ou trois jours, chaque femme quitte la maison de son mari et va vivre dans la maison des femmes où elles seules ont accès et qui se trouve à l’écart et endehorsdu village; elle n’en peut revenir et rentrer à la maison qu’après s’être puriliée.
- L’enfant, qui est toujours censé être la réincarnation du dernier membre de la famille mort avant sa naissance et qui porte son nom, est d’abord élevé par ses parents, mais il ne tarde pas à s’émanciper. Dès l’âge de huit à dix ans et quelquefois moins, il quitte définitivement les siens, et va vivre en dehors du village, où il fonde avec les camarades de son âge, un clan ou association possédant
- des insignes et des règlements propres. Ils attendent ainsi le moment de l’initiation, vers 10 ou 12 ans, qui leur donne le droit de prendre part à la vie religieuse et politique du clan, puis, lorsque cette cérémonie est faite, tous ceux qui en ont été l’objet simultanément se construisent une maison commune spéciale, où ils vivent tous ensemble, recevant qui bon leur semble, travaillant pour leur compte ou louant leur service, de façon à se constituer un petit pécule personnel pour le jour où ils se mettront en ménage, d’ailleurs avec le concours de tous leurs amis. ' i..
- Cette organisation voit souvent son caractère sympathique s’accroître par la pratique du serment du sang, qui crée entre les participants une parenté volontaire, beaucoup plus forte même que les liens naturelsl. Dans chacune de ces maisons de jeunes gens une autorité supérieure est reconnue à l’un des membres, qui porte le titre de naba. C’est parmi les nabas des associations les plus âgées qu’est choisi en temps de guerre le naba temporaire dont nous avons parlé plus haut. De même, en temps de paix, c’est le plus âgé des nabas qui succède à Y anna-gara et qui prend son titre après sa mort. .
- Il resterait encore bien des choses à dire si nous prétendions faire une description complète de la société des Ilabbès. Mais nous pensons que ce que nous venons de relever aura suffi pour indiquer à nos lecteurs quel en est l’intérêt, et nous laissons de côté les phénomènes juridiques, religieux, esthétiques, commerciaux et industriels. Moïse Blum.
- 1 Chaque participant boit un vase de lait dans lequel il a mêlé quelques gouttes de son sang avec quelques gouttes du sang des autres.
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- LA POSE DU CÂBLE SOUS-MARIN BREST-DAKAR
- Tout récemment, une Compagnie anglaise a terminé la pose du câble sous-marin entre Manille et Shangaï; l’année dernière s’est effectuée la pose des deux câbles français Saïgon-Pontianak et Madagascar-la-Réunion-Mau-riee. Ainsi, le réseau qui enveloppe le globe terrestre et qui relie le continent à travers les étendues marines, se resserre de plus en plus; les relations commerciales et politiques sont rendues plus faciles entre les divers pays qui deviennent ainsi [dus unis.
- On serait tenté de croire que la pose d’un câble sous-marin est toute simple et qu’il suffit de partir d’un atterrissage pour voguer vers l’autre rive en déroulant le câble. Erreur profonde ! car il faut compter d’abord avec la mer qui est un élément terrible dans ses colères, et ensuite avec les différentes nécessités techniques imposées par la nature même des travaux.
- A ce point de vue, le récit des campagnes de pose d’un grand câble paraît être instructif, et nous voulons, dans ce qui suit, raconter dans ses grandes lignes le travail de pose du câble sous-marin Brest-Dakar qui fut effectué par la Société industrielle des téléphones (lig. 1). L’intérèl de nos lecteurs sera sans doute éveillé quand nous aurons dit que nous avons collaboré d’une manière active à la pose de ce câble.
- Ce fut le bateau-câble de la Société industrielle des téléphones, le François-Anujo, qui nous servit pour toutes les campagnes de pose.
- Comme dans tout navire de ce genre, le câble est placé dans de grandes cuves où il est lové, c’est-à-dire enroulé en couches horizontales. Ces cuves, au nombre de quatre, occupent la place laissée disponible par les chaudières, les machines, les cabines et les accessoires indispensables pour la navigation.
- Le câble Brest-Dakar a une longueur d’environ 2400 milles marins; il devait aller directement de la guérite du Minou, près Brest, à celle de Yof, près de Dakar. Il ne fallait pas songer à effectuer la pose en un seul voyage, le bateau ne pouvant contenir que 8 à 900 milles de câble du modèle le plus petit, c’est-à-dire du câble de grands fonds; il fut donc décidé que l’on ferait la pose en quatre campagnes que nous allons successivement décrire.
- La première campagne avait pour objet principal la pose de l’atterrissage du Minou. Le câble d’atterrissage, et le câble côtier, qui lui fait suite, étant exposés davantage aux ancres des navires et à l’usure produite par le frottement sur les roches sous-marines, sont naturellement d’un modèle plus robuste que le câble dit de grand fond, l’armature de fils d’acier est plus forte et le poids au mille courant est par suite beaucoup plus important.
- Dans les premiers jours d’août 1904, le François-Ara go partait de Calais avec 85 milles environ de câble d’atterrissage, de câble côtier et de câble intermédiaire et se dirigeait vers Brest.
- La pose du câble d’atterrissage est une opération délicate, car le câble spécial est lourd et encombrant; et, près des côtes,- le navire ne trouve pas un tirant d’eau suffisant pour s’approcher de la rive ; il faut donc recourir à des auxiliaires.
- La longueur de câble nécessaire est lovée sur un chaland qui est tiré par un remorqueur et qui approche de terre tant que là profondeur de la mer le permet. On
- pose alors le câble en se servant d’une série de canots de manière à le haler jusqu’à terre (fig. 2, n° 5). L’extrémité amenée à terre est placée dans une tranchée préparée à l’avance (lig. 2, n° 4) qui conserve le câble à l’abri jusqu’à la guérite.
- La guérite est une sorte de maisonnette plus ou moins confortable qui contient les appareils nécessaires aux mesures, de sorte que pendant la pose, les électriciens de la guérite restent ainsi en communication constante avec les électriciens du laboratoire du bord. Ceci permet de signaler les défauts qui peuvent se présenter et de
- /. MADERE
- /. CANARIES
- /. OU CAP VERT
- Bouée
- Fig. 1. — Emplacement approximatif du câble Brest-Dakar posé en quatre campagnes.
- remédier à ces accidents avant l’immersion de la partie défectueuse du câble.
- L’autre extrémité du câble d’atterrissage est amenée au navire et raccordée au câble des cuves au moyen d’une épissure, opération dont nous parlerons plus loin. Le bateau s’éloigne ensuite en laissant dérouler le câble de la même manière que pour le câble de grand fond. Lorsque tout le chargement est posé, il faut revenir au port prendre une nouvelle longueur de câble, mais pour retrouver l’extrémité libre au retour on bosse le câble, c’est-à-dire on le fixe solidement sur un filin qui descend jusqu’au fond de la mer et qui s’accroche à une bouée surmontée d’un voyant qu’on abandonne ensuite à la mer (lig. 2, n° 2). L’opération est délicate, car il faut bien allonger le câble sur le fond et éviter qu’il forme des
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- boucles ou coques qui, au relevage, se resserreraient et donneraient une cassure.
- La deuxième campagne de pose du câble Brest-Dakar comporte environ 890 milles de câble de grand fond. Le François-Arago quittant Calais se dirigea vers la bouée posée à la lin de la première campagne. Lorsqu’elle fut découverte, le navire ralentit de manière à venir s’arrêter près d’elle; un canot tout paré, monté par une équipe de marins, fut mis à la mer; il déroula un lilin de relevage et l’amarra à la bouée sur laquelle un homme monta pour la débarrasser de ses accessoires et pour attacher le filin de l’elevage à l’une des chaînes fixée elle-même au filin de-la bouée. Le filin fut ainsi tiré par le navire avec la machine de relèvement dont nous parlerons plus loin et la houée, dégagée par un verrou spécial, fut hissée à bord.
- Pendant ce temps on continue à virer le lilin et à hisser, par suite, le câble à bord; il est fixé solidement sur le pont, essayé au laboratoire et raccordé par une épissure au câble des cuves.
- La confection d’une épissure dure de deux à trois heures et cette opération est très délicate : il faut d’abord faire le joint du conducteur de cuivre, puis des différentes couches de gutta, en ayant soin de ne laisser aucune bulle d’air dans l’isolant. On raccorde ensuite les différentes couches de filin et les fils d’acier de l’armature qu’il faut avoir bien soin de ne pas souder tous sur le même cercle, afin de ne pas créer une partie faible sur le câble.
- L’épissure une fois faite, le bateau continue sa route en déroulant le câble des cuves, ce qui nous amène à décrire les différentes machines qui se trouvent sur le pont du navire.
- Lorsque le câble monte de la cuve, il passe à l’arrière.
- 1° Sur la table de retenue, sorte de plan horizontal très robuste qui porte cinq demi-cylindres en fonte disposés en quinconce ; en temps habituel le câble qui passe est tangent à leur surface qu’il frôle à peine. Deux cylindres d’un même côté sont mobiles et peuvent avancer au moyen d’un petit volant entre les trois cylindres fixes. Le câble décrit alors une ligne sinueuse et frotte vigoureusement sur les cylindres de la table qui forme ainsi un frein puissant. L’invention de cet organe est due à Charles Bright qui l’installa sur le Dacia en 1871.
- 2° Sur la machine de pose (fig. 2, n° 1) qui est constituée par un grand tambour cylindrique à axe horizontal et sur lequel le câble fait plusieurs tours. La vitesse d’immersion varie proportionnellement à la vitesse du tambour qui est entraîné par le poids du câble. Cette vitesse est réglée par les freins.
- Pour cela, un second tambour est calé sur le même arbre que le premier et sur sa surface viennent frotter des sabots en bois presque jointifs relies à deux lames d’acier flexibles au moyen desquelles on peut serrer les sabots sur le tambour.
- Sur le François-Arago se trouve en [dus un frein hydraulique dont l’action est beaucoup plus souple et moins brutale. Ce frein est constitué par trois pistons commandés par trois bielles au moyen de l’arbre du tambour de pose. Ces pistons se meuvent dans des cylindres pleins d’eau dont la partie inférieure et la partie supérieure communiquent par un tube. Sur ce tube se trouve un robinet qu’on manœuvre par un volant et qui étrangle la veine liquide qui passe sous l’action du piston. Ce dernier a donc son mouvement plus on moins gêné, ce qui constitue un frein puissant.
- 5" Sur le dynamomètre (fig. 2, nu 1) constitué par trois poulies qui occupent les sommets d’un triangle isocèle renversé; la poulie du sommet est seule mobile et déplace un index sur une échelle graduée empiriquement en tensions de câble.
- 4° Enfin sur la roue d’immersion, à gorge triangulaire profonde portée par une plate-forme qui surplombe l’arrière du navire.
- Les appareils que nous venons de décrire sont tous à Barrière du navire et servent [tour la pose des câbles. Les appareils de l’avant servent surtout pour la relève des câbles ou des filins, ce sont : 1° Des roues de relèvement sur une plate-forme à l’avant ; 2° un dynamomètre ; 3° une machine de relèvement (tig. 2, n° 7) identique à la machine de pose sauf le frein hydraulique qui n’est pas nécessaire ici. Elle comporte en plus un moteur à vapeur.
- Revenons à la deuxième campagne. Les 890 milles furent posés sans encombre; lorsque toutes les cuves furent vidées, on procéda à la mise sur bouée comme précédemment et nous fîmes route de nouveau pour Calais afin de prendre le chargement nécessaire à la troisième campagne.
- La troisième campagne eut lieu au mois de novembre et comporta la pose de 840 milles de câble environ.
- La bouée posée au cours de la deuxième campagne fut heureusement retrouvée. Je dis heureusement parce qu’il arrive quelquefois que cette vigie précieuse a disparu pendant l’absence des opérateurs. Action mystérieuse de la mer ou maladresse de quelque navire. 11 faut alors repêcher le câble et cette opération est naturellement sujette à nombre d’aléas. On descend au fond de la mer, suspendu à un filin, un grappin, sorte de double hameçon haut de 1 m. environ. 11 y en a naturellement de différentes formes suivant la nature du sol sous-marin. Ce grappin est traîné sur le fond dans une direction perpendiculaire à celle présumée du câble, et, au cours du dragage, on est averti que le grappin a saisi le câble par une augmentation brusque de tension au dynamomètre. Le grappin et le câble accrochés sont alors remontés lentement (fig. 2, n° fi).
- Pendant la pose du câble Brest-Dakar, nous avons toujours retrouvé les bouées posées.
- Le câble de la troisième campagne posé, on procéda à la mise sur bouée et nous revînmes en France en nous arrêtant un jour à Madère. Nous fîmes naturellement à cette occasion la fameuse promenade en traîneau que l’on trouve décrite dans toutes les relations de voyages autour du inonde.
- La quatrième et dernière campagne qui eut lieu en janvier 1905 comprend deux parties bien distinctes.
- . La première partie comporte la pose de câble de grands fonds jusqu’à environ 15 milles de la plage de Yof où devait se faire l’atterrissage. Cette pose ressemble identiquement à celle des deuxième et troisième campagnes.
- La deuxième partie comprend la pose de l’atterrissage qui se fit d’après le principe suivant : On partit de terre avec du câble d’atterrissage côtier et intermédiaire et l’on se dirigea en posant jusqu’à la bouée située à 15 milles de terre. A ce moment les deux extrémités furent reliées ensemble au moyen de l’épissure finale.
- Après un court séjour en rade de Dakar, le bateau revint donc en vue des côtes de Yof; il s’agissait d’abord de débarquer les appareils d’essais et de mesures électriques pour aménager la guérite. La plage (!) de Yof présentant une petite barre, il fallut employer des pirogues
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- pour cette opération et gagner la terre à cheval sur le dos d’un indigène.
- La guérite une fois aménagée et les appareils montés,
- canots, sans faire aucune coupure; chaque couronne restait ainsi unie à sa voisine et la dernière au câble des cuves. Les canots s’éloignent alors du navire en se vidant
- Fig. 2. — Pose du câble Brest-Dakar.
- 1. Machine de pose et dynamomètre. — 2. Bouée du câble. — 3. Atterrissage du câble au Minou. — 4. Tranchée du câble au Minou. 5. Mise à l’eau d’une bouée. — (î. Belevage d’un câble. — 7. Machines de l’avant.
- la pose fut faite en partant du navire, qui s’était approché le plus possible; avec la longueur de câble nécessaire, on forma trois ou quatre couronnes qu’on chargea dans des
- successivement et en allongeant le câble sur le fond. Quand le dernier canot fut près du bord et échoué, on n’eut plus qu’à continuer la pose à bras. A Yof on mobilisa
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- tout uu bataillon de nègres du village qui tirèrent sur le lilin pour amener le câble à terre. Pendant qu’un groupe d’indigènes hâlait le cable à terre, une équipe creusait une tranchée provisoire dans le sable pour y placer le câble momentanément à l’abri et pour le conduire jusqu’à la guérite, distante de la mgr d’une centaine de mètres tout au plus.
- L’extrémité du câble à la guérite fut dénudée et reliée immédiatement aux appareils de mesure et de télégraphie, en l’espèce un galvanomètre Thomson à miroir. On était dès lors en communication constante avec le laboratoire du navire et l’on devait y rester jusqu’à l’épissure finale. Vu le peu de longueur du câble à travers laquelle on communiquait, cette communication put être assurée par téléphone, ce qui était évidemment très commode.
- J’avais été désigné pour rester à la guérite et j’échangeai des signaux avec le bord pendant que le navire s’éloignait en posant le câble par la méthode ordinaire jusqu’à la bouée posée à 15 milles de terre.
- On procéda alors à l’épissure finale entre les extrémités du câble pour former un lien ininterrompu entre Brest et Dakar. Cette opération diffère des autres en ce quelle revêt plus de solennité. Une fois cette jonction faite, je pus échanger avec un de mes camarades qui se trouvait à la guérite du Minou, les premiers messages à travers le nouveau câble définitivement posé.
- Minute émotionnante, car il s’agissait de voir si le travail de tant de mois n’avait pas été inutile, si le courant envoyé à travers le fragile conducteur de cuivre ne serait pas absorbé par un défaut à 4000 m. de profondeur.
- Heureusement, les appels que je lançais avec la clef à double contact trouvèrent un écho à la guérite située à 4500 km. de là, et après quelques mots échangés à travers le câble, il était environ minuit, je m’étendis sur la chaise longue sur laquelle je dormis jusqu’au matin.
- Le câble était posé sans encombre avec un succès sans précédent; il n’y avait plus qu’à procéder aux essais de réception avec les ingénieurs de l’État; ces essais effectués quelques jours après furent des plus satisfaisants.
- Le lendemain je partis vers midi à cheval pour rejoindre le François-Arago qui était revenu en rade de Dakar et cette dernière étape de 15 km. ne fut pas l’aventure la moins piquante de celles que j’avais eues au cours de la pose du câble sous-marin Brest-Dakar. E. Weiss,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 juillet 1907.
- Présidence de M. Chauveau.
- Synthèse de l’essence d’amandes amères. — M. Haller présente une Note de M. Paul Woog sur l’oxydation directe du toluène lorsque cette substance se trouve en présence de certains corps qui n’entrent pas en combinaison avec elle, c’est-à-dire par catalyse. En dirigeant un courant d’air chargé de vapeurs de toluène sur différentes matières, il obtient des résultats variés. Avec l’oxyde de fer chauffé à 280°, il observe la formation régulière d’aldéhyde benzoïque (essence d’amandes amères). Au-dessus de cette température, la chaleur dégagée par la réaction amène l’oxyde à l’incandescence. Avec du charbon poreux, il a recueilli de l’acide benzoïque.
- Composition chimique du jaune d’œuf. — M. A. Gautier résume des recherches de M. Barbiéri sur la compo-
- sition du jaune d’œuf et du tissu cérébral. L’;.uteiir a expérimenté sur uni! masse de près de 1200 œufs. 11 a découvert une substance nouvelle, Y ovine, qui est riche en phosphore et en azote. Cette substance a été entrevue par Gobley sous le nom de cérébrine. M. Barbiéri a constaté, en outre, la présence de la cholestérine et de cristaux de soufre. Mais il n’a point trouvé de lécithine libre.
- Exploration de gouffre. — M. Martel annonce à l’Académie qu’il vient de reconnaître dans le département de l’Ariège un gouffre s’ouvrant à une altitude de 850 m. dans des roches crétacées urgoniennes. Ce gouffre, dit des Corbeaux, a une ouverture de (iO m. de diamètre dans le sens de son grand diamètre et 52 dans le sens du diamètre perpendiculaire. H a une profondeur de 110 m. Ainsi les Pyrénées ne sont pas exemptes de gouffres et l’on doit déplorer la contamination à laquelle les eaux de la région sont exposées.
- Les peintures des grottes de Gargas. — M. Martel annonce également qu’il a visité avec MM. Breuil et Car-lailhac les grottes de Gargas et de Niaux, et qu’il v a admiré les peintures qui en décorent les parois. Ces peintures sont d’une authenticité hors de doute et elles ont le caractère artistique le plus élevé. Certains traits paraissent de Léonard de Vinci. Mais sont-elles bien de l’àge du renne? 11 n’y a pas eu de manifestation géologique depuis qu’elles ont été faites. 11 y a là une question douteuse qui 11e doit pas être résolue hâtivement.
- Le houiller algérien. — M. Zeillcr résume une Communication de M. Flamand, dans laquelle l’auteur signale la découverte, dans l’extrême sud Oranais, du terrain houiller représenté par des grès et des argiles schisteuses avec intercalations délits charbonneux à végétaux fossiles. On avait jusqu’ici attribué au dinantien, au carbonifère inférieur, l’ensemble des assises du Djebel Bcchar. Une étude attentive a permis à M. Flamand de constater l’existence, au-dessus des calcaires dinantiens supérieurs, d’une série d’assises distinctes renfermant des fossiles moscoviens et comprenant dans sa partie la plus élevée des grès et argiles avec lits charbonneux dans lesquels il a pu avec M. le capitaine Maury, à Khenadsabel lladi et à Gueltat sidi Salah, identifier une ilore westphalienne bien caractérisée renfermant quelques-unes des espèces typiques de la zone supérieure du bassin houiller du Pas-de-Calais. On ne saurait, d’ailleurs, se hâter de conclure à la possibilité de trouver de véritables gîtes de houille dans la région, mais l’existence du terrain houiller y est désormais nettement établie.
- Séance du 22 juillet 1907.
- Présidence de M. Chauveau.
- Les tremblements de terre de l’Etna. — M. de Lappa-rent présente un travail de M. Riccô de Catane dans lequel l’auteur retrace l’historique des éruptions de l’Etna. Il a pu relever 185 éruptions dont 25 comprises entre 1759 et 1892. Ces manifestations volcaniques ont été séparées par un intervalle moyen de 6 ans et un mois. L’intervalle réel a varié entre 2 mois et 14 ans. Mais depuis la grande éruption de 1892, il s’est écoulé 15 ans sans que la lave ait réapparu, sinon au début de cette année où ses reflets auraient parfois illuminé les grandes masses de fumée que le volcan recommence à émettre. La distribution des éruptions par saison indique un nombre égal pour la saison chaude et pour la saison froide. La quantité de pluie tombée paraît absolument sans rapport avec
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- l’activité volcanique et la moindre fréquence qui s’observe en temps de périhélie semble exclure l’influence du soleil. En revanche, il est probable que les éruptions sont un peu plus fréquentes au moment des sysvgies.
- L’arc méridien équatorial. — M. Poincaré lit un rapport sur l'état des travaux de mesure de l’arc méridien du Pérou. Les diverses opérations que comporte celte mesure sont aujourd’hui achevées. Les difficultés vaincues sont considérables, car plusieurs stations sont situées à une altitude de 4000 m. 11 convient de rendre hommage au zèle, à la persévérance, à la science et à l’habileté des ofliciers qui ont collaboré à l’entreprise et de remercier les officiers péruviens ou équatoriens qui n’ont cessé d’apporter à la mission leur concours efficace. Malheureusement, depuis le rapport présenté au début de .1905, la mission a eu à enregistrer une nouvelle mort, celle de M. le commandant Massenet. Cet officier, qui a pris une part importante à l’œuvre, a succombé aux suites d’une maladie déterminée par les fatigues et par la rigueur du
- climat. M. Poincaré, pour donner une idée exacte de la tache accomplie, totalise, par nature d’opération, le nombre d’opérations effectuées : mesures des angles d’une chaîne méridienne aux 74 sommets qu’elle comporte, mesure de trois bases sur le terrain, détermination de 0 azimuts, détermination de la latitude en 48 sommets, détermination de 0 différences de longitude, détermination de l’intensité de la pesanleur en fi sommets, établissement d’une ligne de nivellement de précision ayant un développement de 410 km. Enfin, il convient de mentionner les travaux zoologiques, ethnographiques et anthropologiques par lesquels M. le médecin-major Rivet, attaché à la mission, a su attirer l’attention sur lui.
- Matériaux des farines. — M. Schlœsing fils présente une Note de MM. Lindel et Annnann dans laquelle ces auteurs montrent , en se basant sur les pouvoirs rotatoires, que la qUadine du froment renferme deux gliadines et que le seigle et l’orge contiennent une protéine nouvelle, l’hordéine. Cu. de Yiu.edeuii..
- LE COUPAGE DES TÔLES PAR LE CHALUMEAU OXY-ACÉTYLÉNIQUE
- Il y a peu de temps, les journaux quotidiens enregistraient dans leurs laits-divers la nouvelle assez inattendue du cambriolage, chez un agent de change d’Anvers, d’un coffre-fort perfectionné, à l’aide, rapportaient-ils, d’une lampe à acétylène.
- En substance le récit était exact, encore que manquant de précision. Aujourd’hui, en effet, pour ouvrir le coffre blindé le plus solide, garanti par les serrures à combinaisons les plus perfectionnées, il n’est plus besoin d’outils formidables exigeant une force considérable. Les cisailles et les pinces monseigneur ont fait leur temps, et, bien plus rapidement qu’avec leur aide, sans bruit et sans effort, on peut éventrer aisément les parois de métal.
- Le matériel propre à exécuter rapidement une telle opération (et qui a heureusement des applications plus honnêtes) est tout à fait simple; susceptible d’être réduit à un-volume assez faible pour tenir au besoin dans une valise à main; il comprend une bouteille renfermant du gaz acétylène, une autre bouteille chargée de gaz oxygène comprimé et un chalumeau coupeur oxy-acétylénique.
- Cet outillage, qui a des applications ; industrielles nombreuses, mérite d’être décrit en détail; la pièce essentielle en est naturellement le chalumeau. Construit par les soins de la maison Boas; Rodrigues et Cie, cet instrument diffère des chalumeaux oxy-acétyléniques ordinaires par l’adjonction d’un troisième conduit commandé par un robinet pointeau, conduit dont l’objet est d’amener au moment voulu, sur la pièce chauffée par le jet d’acétylène-oxy-gène, un jet central d’oxygène sous pression qui sert à effectuer la combustion du métal.
- La manœuvre de l’appareil est des plus aisées. Le chalumeau étant raccordé par des tuyaux blindés flexibles avec les bouteilles renfermant, l’une, de l’acétylène dissous dans l’acétone sous une pression de dix kilogrammes, et, l’autre, de l’oxygène comprimé à
- la pression de 120 à 150 kilogrammes, on allume d'abord l’acétylène et en ouvrant ensuite l’arrivée de l’oxygène convenablement détendu, on obtient une flamme extrêmement chaude à l’aide de laquelle on porte au rouge vif la pièce de fer à couper. Quand celle-ci est à une température suffisante, on ouvre à son tour le robinet pointeau et l’on fait arriver sur la région échauffée du métal un courant violent
- CD O CO
- 1; — Schéma d’une installation pour le coupage des tôles.
- et très mince d’oxygène. Sous l’action du gaz, le métal s’oxyde vivement en dégageant des gerbes d’étincelles formées d’oxyde magnétique, et il suffit dé déplacer progressivement le chalumeau pour voir la combustion continuer uniquement suivant le tracé du jet d’oxygène. On obtient ainsi une section tout à fait nette et d’une largeur si minime qu’une lame de couteau y trouve à peine sa place.
- En vue des divers besoins industriels, MM. Boas, Bodrigues et Cie ont établi deux modèles de chalœ-
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- LA NATURE.
- meau oxy-acétylénique, ne différant du reste que par leur taille. l)e ces chalumeaux, le plus petit permet de couper des tôles atteignant trente millimètres d’épaisseur, avec une consommation horaire de 550 litres d’acétylène; quant au grand modèle, il permet de sectionner des épaisseurs de métal mesurant jusque trente centimètres, pour une consommation de 750 litres environ d’acétylène par heure. Quant à l’oxygène, les quantités utilisées varient suivant les épaisseurs que l’on entreprend de sectionner; jusqu’à dix millimètres, il faut employer de h à 5 litres d’oxygène par centimètre carré de section réalisée; pour les épaisseurs plus grandes, la quantité d’oxygène nécessaire varie suivant les cas.
- L’utilisation du petit chalumeau ne nécessite de la part de l’ouvrier qui l’utilise aucune précaution spéciale ; avec le grand modèle, il devient indispensable, pour éviter les brûlures ducs aux projections de particules d’oxyde de fer incandescent, de revêtir des vêtements spéciaux en toile d’amiante, et, de plus, il est bon de protéger les yeux contre l’éclat trop éblouissant du métal brûlant par des verres colorés.
- L’usage du chalumeau coupeur oxy-acétylénique présente encore un intérêt des plus appréciables, celui de la rapidité.
- Grâce à lui, les tôles de dix millimètres d’épaisseur sont coupées à raison d’un mètre linéaire en quatre minutes et demie; celles de vingt millimètres en six minutes; celles de cent millimètres en neuf à dix minutes.
- Cette rapidité extrême et la commodité de son emploi assurent aujourd’hui au chalumeau coupeur des utilisations de plus en plus nombreuses. C’est ainsi qu’en ces derniers mois il a été successivement utilisé : à Marseille, pour la réparation de l’étambot du vapeur le Gaulois; à Toulon, pour les travaux de démolition de 17ena; au Crédit Lyonnais, à Paris, pour la démolition d’un réservoir à eau en tôle d’acier, de forme annulaire, composé de deux corps cylindriques ayant respectivement 15,50m. et 10 mètres de diamètre, et 2 mètres de hauteur, armés de cornières et de fer en U et réunis par un fond plat en tôle supporté par une série de poutrelles de formes diverses; à Paris encore, tout récemment, pour le
- sectionnement de 200 poutres en fer dans l’immeuble de la Société générale, à côté de l’Opéra. En moins de cinq minutes, chacune de ces poutres, qui mesurait 18 centimètres de largeur, se trouvait sectionnée; pour les scier suivant les procédés ordinaires, il eût fallu plus d’une demi-journée de travail.
- On le voit, de par ces exemples qui pourraient être multipliés, les usages du chalumeau coupeur oxy-acétylénique sont aujourd’hui courants, et cela non seulement quand il s’agit de travaux de démolition comme ceux que nous venons • d’énumérer, mais aussi pour quantité de travaux de chaudronnerie, tels que le découpage des trous d’homme dans les tôles de chaudières, pour les installations et les poses de tubulures, etc. On conçoit combien cet
- utile instrument peut devenir redoutable aux mains des cambrioleurs.
- Une expérience faite à l’usine de MM. Boas, Rodri-gues et Cie, de concert avec M. Fi-chet, sur un coffre-spécialement l’a démontré péremptoirement. En vingt minutes, en effet, avec un chalumeau coupeur oxy-acétylénique, on a réussi à ouvrir un coffre-fort dont les parois étaient formées de trois lames d’acier de douze millimètres d’épaisseur chacune et entre lesquelles étaient interposées deux plaques de cuivre de quatre millimètres d’épaisseur. Malgré la présence du métal conducteur, le chalumeau n’a point eu de peine à accomplir son office.
- Heureusement, pour être transportables, les installations de chalumeaux coupeurs oxy-aeétyléni-ques ne sont cependant pas à la portée de tous les malfaiteurs. Cependant, les constructeurs de coffres blindés feront bien de trouver de nouveaux dispositifs de protection. En l’état actuel de leur industrie, en effet, on ne saurait compter absolument sur la résistance passive des armoires d’acier les plus solides, fussent-elles munies des serrures les plus robustes et les moins crochetables.
- Dr Georges Yitoux.
- Le Gérant : P. Massox. Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1784. — 3 AOUT 1907
- LA NATURE
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- Vis U 01
- MALAXEUR POUR BETON
- Le béton est, comme on sait, un mélange dans des proportions variables, suivant la résistance qu’on veut lui donner, de ciment, de sable et de
- lait d’abord à sec, puis terminé après avoir ajouté l’eau nécessaire.
- Sur certains chantiers, notamment en France, la
- Fig. i. — Vue du malaxeur de la Place Saint-Michel.
- caillou, auquel on additionne une certaine proportion d’eau pour obtenir la prise. Une condition essentielle pour confectionner un bon béton est que le mélange des diverses parties qui le constituent soit aussi parfait que possible et que le malaxage soit 35e année. — Ie semestre.
- confection du béton se fait en deux étapes : on prépare d’abord le mortier en mélangeant le ciment avec le sable avec addition d’eau, puis, par une seconde opération, on opère le mélange de ce mortier avec la quantité voulue de cailloux. Ce procédé
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- LA NATURE.
- excellent, et qui permet d’obtenir un béton de très grande homogénéité, a l’inconvénient d’être lent et d’augmenter le prix de revient.
- Divers appareils ont été étudiés depuis longtemps
- déjà pour obtenir le béton au moyen d’une seule opération, tout en lui donnant la même homogénéité qu’avec le premier procédé. Parmi ces appareils récents, il en est un qui semble remplir ces conditions d’une manière très satisfaisante et que M. Chaignaud emploie sur les chantiers du Métropolitain de la place Saint-Michel et de la Cité. Il est du système Gauhe, ingénieur à Cologne, représenté par M. Anker, concessionnaire du brevet en France.
- Il se compose (lig. 2) d’un bâti métallique formé de fers en U sur lequel sont disposés les divers appareils destinés au malaxage du béton et reposant sur deux essieux munis de roues permettant le déplacement de l’appareil suivant les besoins. A l’arrière de ce bâti se trouve une dynamo h d’une puissance maximum de 20 chevaux. Celle-ci actionne, au moyen d’une courroie et d’une poulie \, un arbre g sur lequel est montée une seconde poulie 2 actionnant, au moyen d’une courroie, l’arbre m par l’intermédiaire de la poulie o. Sur cet arbre m est calé un engrenage conique 4 qui, par le second engrenage conique 5, donne un mouvement de rotation à l’arbre horizontal M M, et au tambour G. Sur cet arbre sont fixées les ailettes o, o qui, en tournant avec le tambour G et, par conséquent, sans frottement, opèrent le malaxage du ciment, du sable et du caillou. Cet arbre tourne à la vitesse de -40 tours par minute. La périphérie de ce tambour est constituée par une tôle percée d’une ouverture fermée
- par une porte et qui est entrainéc par la rotation du tambour. Une saillie, ménagée sur les côtés de cette tôle et contre laquelle on peut faire buter un levier mis à la disposition de l’ouvrier, permet, au moment voulu, d’arrêter la rotation de cette tôle tout en laissant le tambour continuer sa rotation. Au moment de cet arrêt, la porte s’ouvre automatiquement et le béton contenu dans le tambour tombe dans le wagonnet /'placé au-dessous de lui. L’ouvrier, cessant alors d’appuyer sur le levier, la porte se reforme et la tôle reprend son mouvement de rotation.
- Au-dessus de ce tambour, se trouve le réservoir contenant l'eau destinée à être introduite dans le tambour au moment voulu. Ce réservoir, dont la disposition est une des caractéristiques du malaxeur Gauhe (lig. 5), se compose de deux parties dont l’une supérieure d est en communication avec la conduite d’eau sous pression de la Ville de Paris et peut être-remplie par elle au moyen d’un robinet disposé à cet ellet. Tout autre dispositif d’alimentation serait, du reste, applicable. Au-dessous, se trouvent deux autres petits réservoirs e et e' complètement indépendants du premier et dont chacun a une contenance égale au volume d’eau à introduire dans le malaxeur à chaque opération. En o est un robinet auquel viennent se réunir : 1° les deux tuyaux 1 et 2 aboutissant aux petits réservoirs e et e' ; 2U le
- Tube- d'évacuaticms
- d'air
- Tube d'éoacaaiions
- cL 'air
- i enduite.d'eau/ sous pression/
- Tambour
- Disposition schématique du réservoir d’alinientalion d’eau.
- Fig. 4 et 5.
- Schéma indiquant les deux posilionssdu robinet distributeur 0.
- tuyau 5 de jonction avec le réservoir d’alimentation d; o° le tuyau 4 aboutissant au tambour malaxeur. Ce robinet o, qui a la forme schématique indiquée sur les ligures 4 et 5, peut être manœuvré par une tige à la disposition de l’ouvrier. Cette tige peut donner au robinet oies deux positions indiquées sur
- Fig. 2. — Disposition schématique du malaxeur.
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- les ligures 4 el 5. Dans la position indiquée ligure 5, l’eau du réservoir d’alimentation se rend par les tuyaux o et 2 dans le petit réservoir e et le remplit, tandis que, en même temps, celle contenue dans le réservoir e' se rend au tambour malaxeur par les tuyaux 1 et 4. Dans la position de la ligure 4 un mouvement inverse de l’eau se produit : le réservoir e' se remplit pendant (pie celui e se vide dans le tambour malaxeur . Ce dispositif très simple et très robuste permet donc, par un simple mouvement de robinet, d’avoir toujours à sa disposition l’eau nécessaire pour chaque opération de malaxage et cela dans une proportion iixée par avance et déterminée par le volume d’eau contenu dans chacun des petits réservoirs e et e'. Un dispositif spécial, consistant à faire varier la hauteur a b des tubes 1 et 2 dans l’intérieur de chacun des réservoirs e et e', permet de modifier, suivant les besoins, la proportion d’eau.
- L’arbre m commande un second arbre n placé en arrière, sur lequel s’enroulent les câbles p qui, en passant sur les poulies p', viennent s’attacher à la benne a d’environ 5 à 000 litres de capacité contenant le ciment, le sable et le caillou dans la proportion déterminée. Une poulie de iriction, manœuvrée par l’ouvrier, permet, au moment voulu, d’actionner les câbles p et de faire monter la benne le long des rainures g. Arrivée à l’extrémité A, cette benne se renverse, comme l’indique la ligure 2, et déverse son contenu dans la trémie b en communication avec le tambour G. A ce moment, l’ouvrier cessant d’appliquer la poulie de friction, la benne vide redescend pour être chargée pour une nouvelle opération. Nous ajouterons que des palettes, mues par une bielle actionnée par l’arbre m, aident à la descente des matériaux dans la trémie b.
- Tel est l’ensemble de l’appareil. Voyons maintenant son mode de fonctionnement. La benne, une fois remplie de ciment, de sable et de cailloux, l’ouvrier, par un simple coup de levier, fait monter la benne a qui déverse son contenu dans la trémie b et de là dans le tambour malaxeur G. Cette opération terminée, la benne redescend comme nous venons de l’indiquer. Les matériaux ainsi introduits dans Iq tambour sont malaxés, d’abord à sec, en laissant faire au tambour 7 à 8 tours ; puis, ensuite, avec addition d’eau, en manœuvrant le robinet o (lig. 5)
- dont nous avons indiqué plus haut le fonctionnement et en laissant faire au tambour 7 à 8 nouveaux tours. La durée totale du malaxage est donc de 14 à 16 tours. Celui-ci ainsi terminé, l’ouvrier, comme nous l’avons expliqué, arrête, au moyen d’un levier, le couvercle du tambour et le béton tombe par l’ouverture dans le wagonnet, f placé au-dessous. Le tambour vidé, l’ouvrier retire son levier et la porte se referme automatiquement. Le tambour malaxeur se trouve alors disposé pour une nouvelle opération, car, pendant la durée du malaxage, les ouvriers ont rempli la benne de l’élévateur qui peut alors déverser son contenu dans le tambour pour l'opération suivante.
- En tenant compte de la charge de la benne, de son élévation, de sa vidange dans le tambour, de l’opération de malaxage et du déversement du béton dans le wagonnet , on peut estimer qu’en moyenne la durée totale de ces différentes manœuvres est d’environ 2 i/i minutes, ce qui, étant donné le contenu de la benne, qui est de 500 litres, correspond à une production de 11 à 12 mètres cubes de béton par heure.
- Quant au prix de revient, il est assez difficile à établir, étant données les conditions variables pour chaque localité d’emploi. Ou peut cependant dire ({lie 15 hommes, plus deux mécaniciens, peuvent produire 120 mètres cubes de béton par journée de 10 heures, soit 12 mètres cubes à l’heure. En ad-
- mettant les prix de Paris, c’est-à-dire 0 fr. 60 l’heure pour les ouvriers et 0 fr. 75 pour les mécaniciens, on arrive à une dépense horaire de 41 fr. 50. A celle dépense il faut ajouter celle provenant de la force motrice qui peut être estimée à 9 kw-h., soit en admettant le prix de 0 lr. 50 par kw-h., une dépense supplémentaire de 4fr. 50. La dépense totale horaire est donc de 15 fr., ou par mètre cube de
- 15
- béton : — = 1 fr. 25, sans tenir compte des frais
- d’amortissement de l’installation.
- Nous ajouterons pour terminer que ce malaxeur, tout indiqué lorsqu’il s’agit d’une production importante de béton, qui a déjà trouvé de nombreuses applications sur divers chantiers tant français qu’étrangers, peut servir non seulement à la fabrication du béton, mais aussi à celle du mortier de
- ciment ou de chaux.
- R. Bojnnin.
- INDUSTRIE DU PAPIER D’ALUMINIUM
- La fabrication des papiers d’aluminium, qui est celle de tous les papiers métalliques en général, vient d’entrer dans une phase que l’on peut considérer comme fixant définitivement l’avenir de cette industrie. Les papiers métalliques, ou plutôt les papiers métallisés, n’avaient pu, jusqu’ici, lutter que très péniblement contre le papier d’élain, de réputation universelle, et dont le procès a été fait maintes fois et toujours perdu pour lui, à cause du plomb qu’il est susceptible de contenir et qui le rend toxique.
- On a d’abord cherché à remplacer la feuille d’élain par celle d’aluminium préparée dans les mêmes conditions; mais cette dernière présente l’inconvénient d’être cassante et, par conséquent, peu pratique dans les empaquetages. Comme moyen terme, et pour tourner la difficulté, on résolut de fabriquer du papier métallisé, c’est-à-dire du papier ayant reçu sur une de ses faces une application métallique. Les résultats obtenus tout d’abord, bien que très intéressants, demeuraient encore insuffisants pour assurer
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- LA NATURE.
- au nouveau produit la victoire complète sur la feuille d’étain. Le procédé employé, dont nous dirons quelques mots plus loin, était par trop défectueux ; mais enfin c’était du papier métallisé, produit éminemment
- emplacement considérable. Dans une immense salle, sorte de hall, sont placées, à l’une des extrémités, deux machines occupant chacune un angle de la pièce. L’une reçoit le papier brut, en rouleaux, et en effectue la préparation. Elle comporte un certain nombre de cylindres et une auge dans laquelle se trouve la couleur mélangée à l’agglomérant, gélatine ou caséine. Lorsque l’on veut taire du papier métallisé, le liquide contient en suspension une certaine quantité de poudre métallique qui se dépose sur le papier en môme temps que la couleur. Des brosses, actionnées par la machine elle-même, égalisent l’enduit ; puis le papier, continuant sa route, est entraîné vers le séchoir. Celui-ci comporte un double chemin de roulement élevé sur des colonnettes, constitué par deux chaînes sans fin parcourant quatre fois la longueur de la salle. Au moment où le papier sort de la machine, il est saisi, supporté plutôt, par un bâtonnet venu de lui-mômc se placer sur deux ergots que portent de distance en distance chacune des chaînes. Ce bâtonnet avance
- Fig. 2. — Le séchoir des papiers métallisés (ancien procédé).
- Fig. 1. — Bobineuse (ancien procédé).
- propre aux emballages et pouvant être mis directement en contact avec les produits alimentaires puisqu'il ne contient ni arsenic ni trace de métal toxique. Il restait donc simplement à perfectionner les procédés de fabrication pour obtenir un papier métallisé capable de satisfaire à tous les besoins.
- C’est chose faite actuellement.
- Il nous a semblé curieux de mettre les deux procédés en présence; on verra, dans ce rapprochement, l’évolution accomplie, évolution que l’on retrouve, en somme, dans toutes les industries. C’est la formule du progrès condensée en ces quelques mots : simplification du travail et complication mécanique. Cette étude nous a été d’autant plus facile à mener à bonne fin que l’aimable directeur de la Société française des papiers d’aluminium nous a ouvert toutes grandes les portes de ses ateliers encore tributaires en partie de l’ancienne fabrication bien que la nouvelle y ait déjà pris une place prépondérante.
- Le matériel primitif sert aussi bien à la fabrication des papiers non métallisés qu a celle des papiers métalliques de qualité inférieure; il nécessite un
- avec sa charge et un autre vient ensuite recueillir le papier à une distance convenable du premier. Le papier se trouve donc supporté sur une grande quantité de bâtonnets que les chemins de roulement promènent à la vitesse requise à travers le séchoir. En
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- fin de course, c’est-à-dire après un parcours d’environ 500 m., le papier est recueilli par la bobineuse et passe aux machines à calandrer et au gaufrage s’il y a lieu. Ce procédé, qui est excellent pour la fabrication des papiers coloriés ordinaires, n’a donné, je le répète, dans la confection des papiers métallisés, que des résultats tels que la feuille d’étain n’avait rien à craindre de ce nouveau rival.
- L’introduction en France du procédé Wiekel date de l’an dernier seulement; il a été mis en pratique au commencement de cette année.
- Comme précédemment, on emploie du papier quelconque, avec cette différence pourtant qu’il est devenu possible de métalliser des papiers extrêmement minces pesant seulement 10 gr. par mètre carré, comme les papiers à cigarettes. Et qui peut le moins peut le plus; on métallisé aussi des papiers de 500 gr. au mètre carré; c’est le poids de celui employé dans la fabrication des cartes postales. Minces ou épais, blancs ou légèrement teintés, ils parviennent à
- dans un liquide volatil tel que l’éther ou l’alcool. Cette application qui se fait automatiquement, l’ouvrier n’ayant à surveiller que le bobinage en fin d’opération, rend le papier imperméable à l’eau et
- Fig. 4. — Machine à mélalliser le papier (procédé Wiekel).
- l’usine en largeurs de 65 cm, enroulés sur des bobines. Cette dimension n’est pas absolue, les machines permettant de traiter des papiers ayant jusqu’à 1 m. de largeur. Ils subissent d’abord l’application d’un vernis composé de résines appropriées dissoutes
- Fig. 5. — Machine à vernir (procédé Wiekel).
- le prépare à recevoir la couche métallique; après son passage entre des cylindres chauffés à une certaine température, il reste couvert d’une pellicule résineuse excessivement mince qui constitue le liant pour la couche métallique.
- Le métal est appliqué par une machine spéciale, d’assez grandes dimensions, qui constitue le procédé nouveau lui-même. Elle effectue seule toutes les opérations. Le papier, entraîné par des cylindres chauffés, passe sous une auge étroite, longue de la largeur du papier, pourvue d’une trémie comme fond ; celle-ci est animée d’un mouvement vibratoire qui lui permet de déposer bien régulièrement la poudre métallique sur toute la surface à couvrir. Les particules de métal, incorporées dans la résine, sont ainsi protégées contre les influences atmosphériques et deviennent, elles aussi, d’excellents protecteurs pour le papier. On remarque, au-dessus de la machine, une sorte de gros tube se terminant par une buse dans les mêmes conditions que les aspirateurs de poussières. Cet organe remplit, en effet, un rôle iden-
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- tique en aspirant le surplus de poussières métalliques que le tamis peut laisser échapper et qu’une brosse se charge d’épousseter. Ces poussières sont soigneusement recueillies pour être utilisées ensuite. La couche métallique présente alors son éclat propre et; n’exige plus d’autre traitement que celui du calandrage qui lui apporte le brillant, et que nous ne faisons que mentionner.
- Le produit pourrait être employé tel quel : cependant il est nécessaire, pour les besoins très variés des acheteurs toujours exigeants, de le faire passer au gaufrage, entre deux cylindres, dont l’un d’acier est gravé et l’autre fait de papier comprimé, qui l’imprègnent d’un dessin original et très artistique.
- Ces papiers se présentent donc sous de multiples aspects de coloris et de gaufrage qui les rendent propres à toutes sortes de destinations : empaqueter les tablettes de chocolat, les cigarettes, etc., servir dans le cartonnage, et même comme tentures. Ces dernières sont excessivement pratiques parce qu’elles supportent les lavages à l’éponge, résistent à l’action de la lumière, de l’humidité et des corps gras. De plus, elles laissent loin en arrière, au point de vue décoratif, les papiers ordinaires ; et si leur prix de revient est un peu plus élevé que celui de ces derniers, cet inconvénient est plus apparent que réel à cause de leur durée.
- Nous n’insisterons pas sur le coupage en feuilles de dimensions quelconques qui n’olîre qu’un intérêt secondaire.
- Le nouveau procédé présente encore sur l’ancien l’avantage d’être très économique au point de vue de la dépense en matière première; l’inventeur nous a affirmé que la quantité de métal nécessaire pour couvrir une surface déterminée avec l’ancien système est cinq fois supérieure à celle qu’exige la nouvelle
- machine. Les papiers, quelle que soit leur épaisseur, se prêtant à celte application métallique, il devient dès lors possible de les remplacer, si on le désire, par des étoffes de coton ou de soie qui se laissent traiter aussi aisément. Rien n’empêche également de produire des papiers multicolores en appliquant simultanément, les unes à côté des autres, des poudres métalliques diversement coloriées. Cependant aucune tentative de ce genre n’a encore été effectuée industriellement.
- Divers échantillons de ces papiers ont été analysés par M. le Dr A. Riche, membre de l’Académie de médecine. Il n’a été trouvé aucune trace d’arsenic ni de métaux toxiques ; par conséquent les papiers d’aluminium doivent être recommandés de préférence aux papiers d’étain, ce dernier, étant souvent retiré des vieilles boîtes de conserve ou d’autres vases hors de service, peut contenir du plomb. D’ailleurs on a maintes fois tenté d’ajouter du plomb à l’étain pour en diminuer le prix. D’autre part M. Balland a constaté que l’air, l’eau, le vin, la bière, le cidre, le café, le lait, les huiles, les graisses, ont moins d’action sur l’aluminium que sur le plomb, le zinc et l’étain. De même on sait que l’étain et le nickel sont plus corrodés par l’acide lactique et l’acide acétique étendus que l’aluminium. Enfin nous devons encore ajouter, comme dernier argument qui milite fortement en faveur du papier d’aluminium, que, dans les cas oii il est employé pour l’emballage des produits alimentaires, jamais le métal n’est en contact direct avec la substance; l’emballage se fait le papier en dedans et l’objet bénéficie d’une protection hygiénique très efficace en même temps qu’il conserve extérieurement cet aspect si engageant qu’il doit à son enveloppe métallique. "
- Lucien Fournier.
- CHRONIQUE
- Production de l’argent dans le monde. —
- D’après le Financial ancl commercial Chronicle (New York), la production mondiale de l’argent s’est élevée à 4904 tonnes en 1906. C’est le chiffre normal de la production qui reste stationnaire depuis 1873, époque où pour la première fois elle atteignait 5000 tonnes.
- Commerce des cheveux. — De statistiques officielles, il résulte que la France importe annuellement 170 000 kg. de cheveux dont 25 000 environ d’Italie; 100 000 de Chine. L’industrie des faux cheveux ne prospérerait pas de notre temps si les nattes des Chinois ne venaient remplacer la production européenne qui diminue dé jour en jour en raison de la répugnance qu’éprouvent les paysannes à se défaire de leurs chignons. Les milliers de kilogrammes de cheveux dont on fait commerce ne sont pas tous coupés sur des tètes de paysannes, car elles ne fournissent que 1/5 de la production totale; le reste est fourni par des démèlures auxquelles la science du chimiste et l’art du coiffeur font subir un traitement convenable.
- Sur la formaline à l’amidon. — On a proposé, pour la commodité de l’emploi, un désinfectant formé
- d’une combinaison de formaldéhyde et d’amidon ou de cellulose. D’après un auteur allemand, la valeur de ces produits est illusoire, car ils perdent peu à peu leur formaldéhyde par exposition à l’air. C’est ainsi qu’un produit renfermant 4,85 pour 100 de formaldéhyde n’en contient plus que 2,2 pour 100 après huit jours d’exposition à l’air et 0,8 pour 100 seulement après deux semaines. Pour être sûr d’avoir un produit efficace, il faudrait en revenir aux solutions elles-mêmes.
- De l’action de l’acide salicylique sur l’organisme. — On sait que l’acide salicylique et les saliey-lates sont employés parfois comme agents de conservation pour les substances alimentaires; mais ces produits sont proscrits avec raison par suite de leur influence plus oü moins nocive sur l’organisme, influence qui a été constatée à plusieurs reprises. Un nouvel auteur, M. Willey, vient encore d’aborder ce sujet et a noté que l’acide salicylique, introduit par l’appareil digestif, agit tout d’abord comme excitant, mais ensuite comme déprimant et provoque un état particulier de malaise et d’amaigrissement. Il oblige les organes d’élimination, et en particulier le rein, à un travail anormal qui les fatigue et peut les prédisposer à contracter des affections plus ou moins graves.
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- LA NATURE.
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- LA GÉOLOGIE DE GOETHE
- C’est, quand on lit les mémoires de Goethe ou ses entretiens avec Eckermann, un spectacle curieux que de voir ce prodigieux génie, encyclopédiste comme un Léonard de Vinci, garder, jusqu’au dernier jour de sa robuste vieillesse, une curiosité si éveillée, si compréhensive pour les questions de toutes sortes les plus étrangères à la littérature et à l’art, objets essentiels de ses travaux, depuis l’administration et les finances jusqu’à l’exploitation des mines et pour toutes les sciences physiques et naturelles depuis la théorie des couleurs, l’ostéologie et la botanique jusqu’à la géologie. 11 ne sera question ici, et très brièvement, que de ce dernier ordre d’idées, qui intéresse l’histoire des sciences.
- Goethe avait été tout naturellement et de bonne heure appelé à s’occuper de géologie, non pas seulement par son universelle curiosité pour les phénomènes de la nature, mais aussi par ses fonctions officielles. Ami et conseiller du duc de Weimar, à peine avait-il 20 ans qu’il prit un intérêt passionné à la remise en exploitation des mines d’argent d’ihnenau. Pendant longtemps il devait jouer, pour cette affaire, qui fut d’ailleurs finalement malheureuse (1795), un rôle analogue à celui que se réserve d’ordinaire le président du Conseil d’administration. On le voit décider l’emplacement d’un nouveau puits (1776) et, pour se rendre compte de l’industrie minière, faire, à celte occasion, une véritable tournée de mines dans le llarz en hiver, enchanté (par un goût qui est d’ailleurs assez général en Allemagne), quand le conseiller des mines Baum lui donne l’occasion d’exécuter une descente de mines. Tout naturellement cela l’amène à la minéralogie. En 1780, il lit les Époques de la nature de Buffon et s’enthousiasme. Dès 1784, il écrit une notice géologique sur le granit. Il fait une statistique minéralogique du pays de Weimar et écrit à un ami que « ces études le passionnent, d’autant plus que ses fonctions l’autorisent à s’y livrer ».
- Plus tard, chacun de ses voyages lui fournissait l’occasion d’une véritable course géologique1 et la passion scientifique était chez lui tellement vive qu’on le voit occupé à des observations de physique, de botanique et de minéralogie dans les occasions les plus imprévues et les plus difficiles, comme la campagne de France et la désastreuse retraite de Valmy. Ses amis ne comprenaient rien à cette « manie » et lui reprochaient de « se disperser », sans se rendre compte que son génie littéraire était précisément renouvelé et nourri par cette universalité de connaissances. Dans ces recherches, il commençait, comme on doit le faire nécessairement, et comme chacun y est d’ailleurs naturellement porté, par recueillir, déterminer et classer des échantillons de toutes sortes, fossiles, cristaux, etc. ; en cela, il suivait un peu l’impulsion donnée par Rousseau, comme put le faire un autre écrivain amateur de géologie, George Sand. Mais, étant Goethe, il alla vite plus loin et il ne pouvait se borner à la satisfaction de
- 1 Les ouvrages géologiques de Goethe sont relativement nombreux. En 1807 il fait le catalogue de la collection minérale de Carlsbad; en 1813 il écrit Doubles images de la pierre calcaire rhomboïdale et De la formation de l’étain; de 1817 à 1823, les Cahiers sur les sciences naturelles et la morphologie; en 1823, De la gèognosie et de la topographie de la Bohême; en 1824, Sur la configuration des montagnes; en 1828, Sur les produits de la saline de Slatternheim ; en 1830 et 1832, Des principes de philosophie géologique, par Geoffroy Saint-Hilaire, dont il continue l’analyse à la veille même de sa mort.
- posséder une belle chaux carbonatée, une syénite orbi-culaire,. ou des poissons et des plantes fossiles. 11 se rendit rapidement compte du lien intime qui rattache la géographie physique à la géologie et la géographie elle-même à toute l’histoire d’un pays. Aussi se mit-il à recueillir, à exécuter ou à faire exécuter des cartes géologiques de tous genres. Chaque fois qu’il venait chez lui un illustre voyageur (et cela lui fut facile lorsque sa maison devint un lieu de pèlerinage universel), il tirait de lui un cours complet sur le pays qu’il avait étudié et recueillait ces notions nouvelles, enregistrées à. leur place logique dans sa merveilleuse cervelle. Il suivait de près les sondages destinés à rechercher des gisements de sel. En même temps, il étudiait les ouvrages de géologie dès leur apparition, les travaux de von Humholdl, de Léonard, de Charpentier, d’Aubusson de Voisins, le livre de Brochi sur la vallée de Passa qui le décidait à étudier la pétrographie, la flore du monde passé de Sternberg, les principes de Geoffroy Saint-Hilaire et surtout les leçons de Werner, dont il avait toutes raisons pour subir l’influence prédominante, d’abord comme compatriote ayant pris ses exemples dans une région qui lui était familière, puis comme savant universellement célèbre et à la mode à cette époque, enfin comme conforme à sa nature d’esprit; car Goethe, esprit lucide, aimant à se rendre compte des choses et à les approfondir, devait se méfier du plutonisme aux vues alors trop ambitieuses, qu’il a raillé dans le second Faust1 et chercher d’abord, avec Werner, une explication d’apparence plus rationnelle et plus simple dans le neptunisme exclusif, dans la seule évaporation des fonds de mer.
- Si l’on cherche en résumé quelle idée on doit concevoir de Goethe comme géologue, il faut reconnaître qu’il n’a fait aucune découverte importante; il n’a même pas eu l’occasion d’émettre, dans une science qui n’était pas encore mûre pour cela, quelqu’une de ces vues intuitives et philosophiques, comine celle de l’unité de substance modifiée par l’évolution, qu’il a jetée dans l’histoire des êtres vivants. Goelhe s’est trouvé— et c’est aussi un peu son caractère littéraire — à cheval sur deux siècles (1749-1852). 11 est encore du xvnù siècle par son éducation, par l’influence de Rousseau et des encyclopédistes, par sa jeunesse. Il a ainsi assisté à la formation des sciences naturelles, à l’époque où un amateur éclairé pouvait rendre des services, tout dans le domaine de l’observation restant à découvrir. Plus tard, ayant vécu jusqu’en 1832, il est devenu le contemporain d’une science toute différente, ayant subdivisé à l’infini ses champs d’étude et, dans chaque cas particulier, ayant acquis sa technique, exigeant une instruction préliminaire très complète. Il a été alors débordé et n’a pu, dans un ordre.de recherches qui, malgré tout, l’avait occupé seulement incidemment, que se tenir au courant en multipliant les observations locales. Mais il a rendu de véritables services en propageant le goût de la géologie et en favorisant de sa grande influence des œuvres d’une portée générale comme l’Atlas géologique de l’Allemagne par Ivoeferstein, auquel, dès 1821, il a collaboré, et dont il s’est attaché, avec un soin tout particulier, à déterminer la gamme de couleurs : question plus importante qu’elle ne semble et qui a, depuis lors, occupé bien des Congrès géologiques.
- P. Sallior.
- f 11 est question également de géologie dans le Wilhelm Meister.
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- LA NATURE,
- L’ÉLEVAGE DES TORTUES ET DES CYPRINS AU JAPON
- Nous sommes bien loin de savoir, comme les Japonais, tirer parli des ressources naturelles que nous offrent les eaux douces ou salées : ou du moins nous les dilapidons sans compter, sans pourvoir à l’avenir; tandis que ce peuple, qui ne s’est lancé que récemment dans les études théoriques, a su de façon admirable, et depuis longtemps, pratiquer l’aquiculture. La nature lui mesurait parcimonieusement les ressources alimentaires, et, sa population augmentant constamment, il a trouvé moyen de mieux cx-
- enfermer des tortues mâles et femelles dans un petit étang salé renfermant une île, où il comptait que les tortues iraient pondre : mais il s’aperçut bientôt que ces animaux préféraient l’espace compris entre la laisse de l’eau et la clôture entourant le terrain où se trouvait l’étang. Il fallut modifier en conséquence les dispositions très simples prises au début, et protéger également les jeunes tortues de l’appétit des adultes, qui ne se faisaient pas faute de les dévorer en grand nombre. Aujourd’hui, la ferme se
- Fig. 1. — Reproduction d’une peinture japonaise représentant des cyprins.
- ploiter ces eaux qui s’offrent à lui un peu de tous côtés. Il y a peu de temps qu’un professeur à l’Université de Tokyo, M. Mitsukuri, a publié à ce sujet un rapport des plus intéressants, auquel nous ferons quelques emprunts pour deux genres seulement de pisciculture.
- Tout comme les Américains ou les Anglais, les Japonais sont friands de tortues : celles qu’ils consomment sont des « suppon », comme on les nomme en japonais, c’est-à-dire des Trionyx japo-nicus; et, pour n’en être jamais à court, ils se sont mis à les « cultiver » dans des fermes spéciales, dont la plus importante est celle de M. Ilattori, qui se trouve à Fukagawa, un des faubourgs de Tokyo, sur des terrains repris à la mer et où abondent des lagunes d’eau salée. M. Hattori avait commencé par
- compose d’une série de bassins petits et grands, ces derniers ayant quelques milliers de mètres carrés, et desservis par deux petits canaux, qui permettent de les mettre à sec isolément et à volonté, ou au contraire d’y laisser arriver l’eau. Chaque bassin est entouré, à une certaine distance de l’eau, par une cloison de planches, portant en haut un rebord, s’enfonçant d’autre part en terre à une certaine profondeur, pour empêcher les tortues de passer pardessus ou par-dessous en creusant la terre. Entre la cloison et le bord de l'eau sont une petite plateforme, puis une rampe en terre large, de 0,90 à 1,20 m. Au bas de la rampe, une autre petite plateforme est ménagée comme en passe-pied autour du bassin et au ras de l’eau, pour la circulation des employés de la ferme. Sous l’eau, le sol s’incline
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- m
- Fig. 2. — Cyprins (le la variété wakin.
- assez vite et le bassin a une profondeur générale de 0,60 m., qui atteint 0,90 m., au plus vers la porte communiquant avec le canal dont nous avons parlé; le fond du bassin est fait de vase molle où les tortues peuvent se terrer en hiver. L’un au moins des bassins est réservé aux reproducteurs, autrement dit aux parents, les jeunes de l’année ayant leurs bassins où ils sont isolés ; il en est de meme des tortues qui sont dans leur deuxième année; celles de 3, 4, 5 ans sont mélangées dans des bassins communs.
- Dans un bassin pour « parents », on entretient en très bon état une des berges, celle que le soleil chauffe le plus longtemps; et on la laboure soigneusement au prin-
- ...
- mts' r m t
- Fig. 3.
- Jeunes tortues japonaises venues à Feau.
- temps, pour que les animaux y puissent creuser aisé- | met de surveiller l’incubation et l’éclosion, et em-
- mcnt : de mai à août chaque femelle vient faire de 2 à 4 pontes. Elle cherche d’abord l’endroit qui lui convient, creuse le trou avec ses pattes de derrière, de façon vigoureuse, et en projetant parfois la terre à 2 et 3 m.; le trou a 8 à 10 cm. de largeur pour 10 de profondeur. Puis elle pond de 17 à 28 œufs, à peu près sphériques, de 20 mm. de diamètre, et les recouvre soigneusement en ramenant toute la terre qu’elle peut atteindre; elle la piétine quelque peu et retourne immédiatement à l’eau. L’emplacement de la ponte est aisé à reconnaître ; et un employé spécial, qui passe une fois par jour, le recouvre d’une sorte de panier en toile métallique, ce qui per-
- Fig. 4. — Quelques ryukins.
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- pèche une autre ponte de venir se faire au meme endroit.
- 11 suffit généralement d’une soixantaine de jours pour que les œufs soient suffisamment couvés par la chaleur solaire. Il faut empêcher que les jeunes n’aillent dans le bassin de leurs parents, risquer de se faire dévorer ; dans ce but, une petite cloison en bois est montée sur la berge un peu avant l’époque d’éclosion, isolant de l’eau la partie où se trouvent
- Fig. 5. — Un dénié.
- les œufs ; de place en place sont enterrés dans le sol des vases en terre pleins d’eau, dont l’ouverture est au niveau du sol. C’est là que les jeunes sortis de terre se rendent, en voyant qu’ils ne peuvent atteindre cette nappe d’eau du bassin qu’ils sentent dans leur voisinage. On les recueille quotidiennement pour les porter dans un bassin ad hoc, où on les nourrit avec de la chair de poisson hachée ; en octobre, ils se terreront dans la vase pour ressortir en avril ou mai, et passer dans un autre bassin où ils recevront comme nourriture de la chair de poisson telle quelle ou des coquillages légèrement broyés. Ce sont les tortues de 5 à 5 ans qu’on vend pour la consommation : à 5 ans elles pèsent en moyenne 750 gr. et ont 18 cm. de long. Celles de 6 ans que l’on conserve sont pour la reproduction.
- On a remarqué que les tortues se trouvent très bien de la présence de carpes ou d’anguilles dans leurs bassins, parce que ces poissons agitent la vase, et que la tortue ne s’aventure guère à chercher sa nourriture dans une eau trop transparente.
- Le poisson rouge, exactement Carassius auratus, est un véritable poisson domestique au Japon, d’autant que les éleveurs du pays le transforment de la façon la plus curieuse, comme « une matière plastique », ainsi que le dit M. Mitsukuri, qui voit là une confirmation des théories darwiniennes. Nous donnons à la fois des photographies et aussi une reproduction d’une peinture japonaise, qui montrent les variétés que les éleveurs japonais ont tirées de ce « wakin » primitif, qu’on dit avoir été apporté de Chine il y a quelque chose comme 4000 ans, à ce
- que raconte la tradition : en comparant du reste photographies et peinture, on verra l’exactitude des artistes japonais. Notre but n’est pas d’étudier l’animal an point de vue biologique, c’est un domaine' que nous ne voulons pas envahir, et nous nous bornerons à indiquer les principales variétés ; le wakin proprement dit, qui a la forme à peu près classique d’un poisson, mais dont la queue est cependant tantôt à 5, tantôt à 4 lobes; puis le rynkin, au corps ramassé, dont la queue forme comme un bouquet chaudement coloré; le ranchu, qui est pour ainsi dire tout rond, le oranda shishigashira (ce qui signifie à tête de lion), enfin le shukin et le dénié, ceux-ci moins communs, le dernier ayant des yeux ressortis qui lui ont valu son nom de dénié.
- On élève le poisson rouge un peu partout au Japon, mais de grands établissements se trouvent à Tokyo, à Osaka et à Koriyama. On y rencontre une série de bassins peu profonds, à fond vaseux, et d’autres en ciment où il n’y a guère que quelques centimètres d’eau et qu’on peut vider ou remplir rapidement, exposer ou non aux radiations solaires. On commence par choisir comme reproducteurs des poissons vigoureux de 5 à 4 ans, sains à tous égards, et la reproduction va commencer de mars à juin, principalement en avril et mai ; on dispose dans les bassins des paquets de fines radicelles de saule ou des herbes aquatiques appelées kyngiomo, et dont le nom scientifique est Ceraiophyiluni demersum : c’est là-dessus que les poissons déposeront leurs œufs. On a le moyen de retarder ou d’activer ce dépôt : on a observé, en effet, que si on leur donne beaucoup de nourriture et qu’on change l’eau du bassin ou qu’on les porte dans un autre bassin, ils vont frayer dans un jour ou deux; si, au contraire, on les nourrit peu et que l’eau demeure stagnante, ils ne fraieront pas. En huit à neuf jours, l’incubation est terminée, et l’on nourrit les jeunes au jaune d’œuf dur, qu’on dépose sur des assiettes de terre peu profondes, suspendues à un bambou piqué dans le fond du bassin , et sous une épaisseur d’eau de 5 cm. environ. An bout de quelques jours on change leur ordinaire, et on leur fournit en abondance des copépodes d’eau douce. Les éleveurs doivent prendre des mesures pour en avoir toujours en quantité suffisante dans des bassins spéciaux d’élevage également. Ensuite la nourriture est celle des adultes, vers de terre, grains de blé cuits, etc.
- Ces poissons, surtout quand ils sont jeunes, réclament une température aussi chaude que possible; et c’est pour cela que les plats où on leur dispose leur nourriture sont maintenus à peu de profondeur sous l’eau durant la saison chaude* pour être descendus peu à peu et jusqu’à 0,25 m. durant la saison hivernale. i
- Parmi les jeunes, on peut trouver les formes lés plus diverses, mais on élimine naturellement les moins monstrueux, si l’on nous permet le mot, car ils se vendraient mal.
- Au début, tous ces petits poissons sont de colora-
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- lion sombre, et ceux qui ne sont pas experts dans le métier sont stupéfaits de ne pas les voir prendre les couleurs brillantes caractéristiques des beaux sujets. Tout au contraire, les éleveurs habiles arriveront aux résultats les plus surprenants avec des omis provenant des mêmes reproducteurs. D’une manière générale, il est essentiel de nourrir abondamment les élèves, de les laisser bien exposés au soleil et de leur assurer une température élevée; enfin de changer l’eau des bassins, mais en évitant tout refroidissement, de ces bassins dans le courant
- de la journée. C’est au bout de 60 à 80 jours que les belles couleurs commencent de paraître, et le pigment sombre a complètement disparu à la mi-août.
- C’est par millions et millions qu’on produit les poissons rouges au Japon ; et ce surtout pour satisfaire les goûts des enfants nippons qui adorent ces petits jouets vivants, et dont les parents satisfont volontiers toutes les fantaisies, dans ce pays oriental comme dans bien des contrées européennes.
- Henry Doue coi s.
- APPAREILS ÉLECTRIQUES A HAUTE TENSION
- Dans notre compte rendu1 de l’Exposition de la Société irançaise de Physique nous avons mentionné les appareils à haute tension de MM. Malaquin et Charbonnean qui permettent l’emploi direct du courant alternatif; il est intéressant de donner à ce sujet quelques r e n s e i gn e m c n t s complémentaires.
- MM. Malaquin et Charbon-neau ont; réuni dans un petit meuble, que l’on voit à gauche dans la figure, tous les accessoires nécessaires pour la transformation de l’énergie électrique; à la partie inférieure du meuble se trouve le transformateur et à la partie supérieure sur un panneau vertical sont disposés les appareils de mesure et de réglage, voltmètre, ampèremètre, manettes, rhéostat.
- Deux grosses bornes bien isolées permettent de brancher sur le transformateur les appareils d’utilisation.
- Le transformateur est cà champ magnétique fermé et possède deux circuits secondaires, un premier ordinaire à fil fin et à un grand nombre de tours de fil, et un second à gros fil à quelques tours de fil seulement et de faible résistance. Ce sont ces deux circuits qui sont mis en service selon les utilisations.
- Dans les applications à la radiographie, on réunit le circuit secondaire à gros fil à un clapet électrolytique et celui-ci agit sur une des phases, laissant au contraire une force électromotrice se développer dans le circuit à fil fin. On peut également, par une
- 1 Voy. n° 1768, du 13 avril 1907, p. 318.
- soupape cathodique, supprimer le courant inverse que le clapet électrolytique a pu laisser échapper.
- Dans les applications à la haute fréquence, c’est le circuit secondaire à fil lin qui est utilisé; il est
- monté sur des condensateurs et à un oscillateur ordinaire.
- La figure qui accompagne cet article nous montre un meuble avec appareil de transformation, relié à des appareils à haute fréquence.
- Ces appareils sont intéressants ; ils permettent de faire des expériences avec les hautes tensions et de varier ces diverses expériences qui seront toujours de grande utilité. J. Laffargue.
- Transformateur relié à des appareils à haute fréquence.
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- LES RUINES DE PÉTRA
- L’antique cité de Pétra, jadis capitale des Naba-téens et dont le renom et l’importance ne furent pas moindres pendant la période gréco-romaine, fut une place de commerce d’une grande prospérité qui dut à sa situation au sud de la mer Morte et de la vallée du Jourdain, de pouvoir servir à relier les ports de la mer Rouge et du Sinaï à Damas et au sud de la Syrie. Elle se développait dans un site extraordinaire, occupant une sorte de fissure en forme de cirque dans un énorme massif de grès ; on n’y accédait que par de rares et étroits couloirs et cette circonstance en faisait bien un véritable repaire où les actifs et riches commerçants de l’antiquité pouvaient accumuler en sécurité leurs trésors. De sa splendeur passée, il est resté des traces grandioses et les superbes monuments dont on voit encore les ruines ont contribué, en même temps que la dis-position exceptionnelle du site, à faire de cette cité l’une des merveilles du monde ancien.
- Lorsque la religion de Mahomet se fut étendue sur le pays, des légendes s’y implantèrent.
- Pétra passa pour être le lieu où Moïse lit jaillir l’eau du rocher, et le ruisseau qui y coule fut appelé Ouady Mousa par les Arabes. Le mont Hor, près de Pétra, porte le tombeau dit d’Àaron. Aussi pendant longtemps le fanatisme musulman éloigna-t-il jalousement tous les voyageurs de ces lieux considérés comme sacrés. Ce ne fut qu’au début du xixe siècle qu’on commença à en pénétrer les secrets.
- En 1807, Seetzen, interrogeant des Arabes, put obtenir quelques indications sur la situation exacte de Pétra que, depuis les Croisés, on avait fini par ignorer. Mais ce fut Burckhardt qui, le premier, sous l’habit sordide d’un Fellah, entra en 1811 dans l’antique capitale nabatéenne et révéla les magnificences de ses ruines. Beaucoup de voyageurs en furent écartés après lui et le nombre de ceux qui purent y pénétrer ne dépasse guère une vingtaine. Parmi eux, citons des Français, Léon de Laborde et Linant de Bellefonds, qui visitèrent Pétra en 1827, puis les
- savants épigraphisles Lagrange et Vincent, en 1897. Deux Américains, William Libbey, professeur de géographie physique à l’Université de Princeton, et Franklin F. Hoskins, liront en 1902 une étude archéologique détaillée de la région et en donnèrent une bonne description1. La même année, et peu de temps après eux, un Français venait aussi à Pétra et ce Français était l’infortuné docteur Émile Mauchamp, qui était alors médecin du gouvernement français en Palestine et qui, le 19 mars dernier, a été odieusement assassiné à Marrakech, victime du fanatisme musulman. En même temps que nous rappelons le voyage qu’il a lait à Pétra et dont il a laissé une
- substantielle relation2, nous tenons à rendre hommage à la mémoire de ce bon Français qui, médecin de grand talent, se distingua d’une façon exceptionnelle pendant de très graves épidémies et qui était devenu l’un des principaux agents de notre influence à Marrakech grâce au dispensaire qu’il dirigeait avec tant de dévouement. Depuis plus d’un an, le Dr Mauchamp avait bien voulu mettre à la disposition de La Nature le document photographique ci-joint.
- L’énorme masse de grès, qui renferme Pétra dans un de ses vallonnements, présente dans sa paroi, à l’est, une étroite brèche qui entaille toute sa hauteur, c’est le défilé du Sik qui conduit à la ville en ruines. On y pénètre par le lit même du ruisseau, et la plupart du temps on ne peut éviter d’avoir les pieds dans l’eau. L’étroite fissure n’atteint pas, à certains endroits, une largeur de 5 m. et la hauteur des murailles varie de 60 à 500 m. A peine aperçoit-on un ruban de ciel. Jadis le fond du défilé était pavé d’énormes dalles, mais elles sont maintenant disjointes; on marche au milieu de leurs débris et parmi les pierres éboulées.
- 1 William Libuky and Franklin E. Hoskins, The Jordan Valley and Pelra. New York et Londres, G. P. Putnam’s Sons, 1905, 2 vol. in-8°.
- 2 D1' Emile Mauchamp, Pelra. Ingressions de caravanes. [Bulletin de la Société des sciences naturelles de Saône-et-Loire, mars-avril 1905.)
- Fig. 1. — Tracé général de Pétra et de l’Ouady Mousa, d’après Laborde.
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- Après qu’on a suivi pendant près de 2 km. et demi les sinuosités du sombre délité, on voit apparaître directement devant soi un monument d’une beauté saisissante, celui que les Arabes ont appelé Khazneh
- mortuaires. Mais le I)1' Mauchamp trouve que celle façade semble pourtant avoir appartenu à un temple bien plutôt qu’à un tombeau. Au-dessus du dôme central se trouve une grande urne de pierre. Les
- Fig. 2. — Pélra. — 1. Tombeaux nabatèens et entrée du Sik.
- 2. Tombeau gréco-romain (au centre) et tombeaux nabatèens. — 3. Le Haut-Lieu. — 4. Campement devant les tombeaux nabatèens. 5. Obélisques évidés du Ilaul-Lieu. (D’après des photographies du Dr Mauchamp.)
- Firaun, le Trésor de Pharaon. Il consiste en une simple façade de style corinthien, à deux étages, haute de 50 m. environ et richement décorée de colonnes, de sculptures et de statues. Ce monument passe pour être un tombeau gréco-romain et les chambres creusées à l’intérieur seraient les chambres
- Bédouins, s’imaginant qu’elle renferme le trésor du Pharaon, et ne pouvant l’atteindre, ont tiré souvent sur elle des coups de fusil dans l’espoir de la briser.
- Si, tournant à droite, on s’enfonce dans un nouveau défilé, on arrive après plusieurs coudes, devant le vaste cirque de montagnes où se développe la ville
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- de Pétra. Mais sur le chemin se présentent,, creusés dans les hautes murailles, de nombreux tombeaux super posés. La montagne de grès bigarré, nuancé de rose, de violet, de jaune, est toute sculptée. « Ce ne sont, dit lel)'Mauchamp, que portiques, pilastres, colonnes, chambranles de portes, cavernes artificielles taillées en plein roc ; partout, aux parois de l’immense cirque, l’architecture d’àges éteints a lixé son oiïbrt et son art. »
- Un vaste amphithéâtre marque le commencement de la cité proprement dite. Le diamètre de la scène est de 56 ni. ; autour, s’étagent 55 rangs de sièges si bien conservés, qu'on pourrait, aujourd’hui encore, s’y asseoir pour une représentation. Rurckhardt estimait que 5000 personnes pourraient y prendre place; MM. Libbey et Hoskins pensent que 5000 spectateurs devaient s’y ranger à l’aise, quand l’hémicycle était intact.
- Si l’on descend encore, on voit la vallée s’élargir soudain, traversée de l’est à l’ouest par le ruisseau. C’est dans cet épanouissement formant comme un cirque, que s’étendait la ville, abritée par ses énormes murailles naturelles qui la rendaient imprenable.
- Les ruines y sont amoncelées, mais on y trouve de beaux restes de monuments romains. On y voit les traces du forum avec un arc de triomphe, puis un grand temple massif sur le bord du ruisseau, et de nombreux vestiges de places, de maisons et d’édifices. Des ponts franchissaient la rivière. Des bains, des égouts ont laissé aussi des traces.
- En continuant vers l’ouest, on passe devant le château de Pharaon, monument qui était orné sur la façade d’une rangée de colonnes dont quatre subsistent. On longe ensuite la base de la citadelle où l’on voit, en grand nombre, des tombes et des sculptures. Un temple a été nommé par MM. Libbey et Hoskins temple de l’Àrc-cn-Ciel, à cause de la merveilleuse coloration des grès dans lesquels il est taillé. Un peu au nord de ce temple est le magnifique tombeau dit corinthien, qui présente trois étages et dont la façade est ornée d’un alignement de 17 colonnes de front ; sa hauteur totale est d’environ 60 m. La citadelle, en ruines, semble avoir été une petite forteresse élevée par les Croisés.
- Les petits ruisseaux qui, de divers côtés, descendent vers le fond du cirque, sont ombragés, comme aussi le fond de la vallée de l’Ouady Mousa, par des lauriers et des tamaris; partout les murailles qui forment les parois de ces tissures étroites sont taillées d’innombrables tombes et toute cette région n’est plus qu’une immense nécropole. « Les siècles, dit le Dr Mauchamp, ont passé sur la ville géante cl, superbe, fauchant colonnes et portiques, et il semble que ceux qui l'habitaient prévoyaient cette ruine, puisqu’ils ont eu la piété — ou peut-être l’orgueil — d’édifier au liane d’un roc immuable les monuments magnifiques qui devaient survivre à leur vie et protéger à jamais leur mémoire. »
- Ces tombeaux sont les uns nabatéens, les autres gréco-romains. Les premiers, les plus nombreux,
- sont les plus uniformes ; leurs façades ne se différencient guère que par leurs proportions plus ou moins vastes. Les tombeaux gréco-romains ont dos façades d’un style plus varié et toujours très recherché. À ceux déjà signalés, il faut en ajouter un autre que l’on appelle Ed-Deir. __
- Ce nom signilie monastère et a du lui êtreffonné par les chrétiens. 11 se trouve au fond de l’uxj^des nombreuses lissures qui, du fond de la vallée principale, s’ouvrent au milieu de la masse rocheu^ifLe monument rappelle le Trésor de Pharaon, fl est creusé, lui aussi, sur le liane d’une montagne, mais il n’y a pas, au-dessus, de masse rocheuse qui surplombe. Sa hauteur est de 45 m. et sa largeur, qui dépasse celle du Trésor, est de 45 m. C’est aussi un édifice à deux étages, surmonté d’une urne et d’une boule.
- Les monuments les plus anciens de Pétra sont les vestiges de sanctuaire (pie l’on trouve sur ce qu’on appelle le Haut-Lieu (Haram), dans la partie montagneuse <pii est au sud de Pétra. Ce sanctuaire a été découvert en 1897, par le P. Lagrange pendant sa seconde mission épigraphique. Une étude en avait été esquissée par lui entre les deux voyages du D1’ Curtis en 1898 et du I)1' Robinson en 1900. Le D1 Mauchamp et ses compagnons en complétèrent le relevé.
- A plus de 200 m. au-dessus du Sik, on arrive, non sans peine, dans une profonde et large crevasse rocheuse à parois verticales, creusée de main d’homme. De chaque côté de cette crevasse, et la dominant, deux vastes sommets s’aplanissent. A gauche, est une esplanade obtenue par un travail inouï de déblaiement; on a supprimé tout le piton de la montagne et l’on n’a laissé comme témoins de sa hauteur primitive que deux obélisques monolithes taillés en pyramides. De l’autre côté de la crevasse, à droite, apparaissent les ruines de la forteresse de Zabé’atouf, de date ignorée. En s’élevant au-dessus des débris de sa muraille, on atteint l’extrême sommet de la montagne, où l’attention est retenue par le relief si net du Haram, taillé dans le grès rouge.
- Les autels, cavités et escaliers que l’on y remarque servaient à la célébration d’un culte primitif. On y faisait des sacrifices sanglants et le sang des victimes coulait dans ces cavités. C’était un des sanctuaires des anciens Edomites qui occupèrent le pays avant les Nabatéens.
- Il est à noter qu’il se trouve aussi, au nord-ouest de Pétra, et plus près de son centre, dans un site grandiose et sauvage, un autre Haut-Lieu, qui possède tous les mêmes accessoires du culte, autels, cavités, gradins, etc. C’est, comme l’ont fait remarquer MM. Libbey et Hoskins, la même disposition que celle constatée pour les temples du Soleil du sud de la Syrie où ils sont souvent par couples, l’un plus élevé et installé sur le sommet d’une montagne dominant la ville, que l’on utilise en été, l’autre situé à l’intérieur même de la ville et destiné à servir pendant l’hiver. Gustave Regelsperger.
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- PROCÉDÉS NOUVEAUX DE RENFLOUEMENT DES COQUES
- Le moyen, le plus souvent employé pour renflouer un navire coulé consiste à le soulever en se servant d’allèges que l’on amène au-dessus de lui, à demi remplies d’eau, et qu’on réunit à la coque par des chaînes; c’est une opération longue, diflicile, exigeant une grande habileté de la part des scaphandriers, et ne pouvant guère réussir que si elle est favorisée par le beau temps ; car, si la mer est un peu agitée, les chaînes ont à supporter des secousses inégales et risquent de se briser.
- On aura avantage, dans un grand nombre de cas, à se servir plutôt de l’air comprimé; avec les bateaux en fer surtout, et lorsque l’on ne dispose pas de l’important matériel d’allèges qui serait nécessaire pour soulever un poids de plusieurs milliers de tonnes, ce procédé pourra rendre de très grands services.
- Il consiste, ayant bouché les voies d’eau qui peuvent exister à la partie supérieure de la coque, à envoyer dans le navire submergé, au moyen d’un compresseur d’air, de l’air à une pression légèrement plus forte que la pression correspondant à la profondeur. Cet air s’accumule à la partie supérieure, chasse l’eau — à laquelle on a eu soin de laisser un chemin de sortie — et le bâtiment remonte tle lui-même lorsqu’il est suffisamment allégé.
- Un doit tenir compte, bien entendu, de la résistance de la coque et la renforcer si c’est utile, par des consolidations qui empêchent les ponts de se gondoler; cela peut amener des difficultés, mais, dans la majorité des cas, elles ne sont pas insurmontables. Une expérience récente vient de le prouver : on a renfloué de cette manière un grand paquebot de l’Allan Line, le Bavarian, qui avait coulé sur la cote du Canada et avait d’importantes déchirures dans sa coque; tous les autres systèmes de renflouement, essayés auparavant, avaient été impuissants.
- Dans le cas, qu’il faut considérer comme improbable grâce aux précautions prises depuis les récents accidents, où l’on verrait de nouveau couler un sous-marin avec son équipage, c’est peut-être le procédé de l’air comprimé qui permettrait le mieux de relever rapidement la coque et de sauver les hommes ; les sous-marins, en effet, étant destinés à descendre à d’assez grandes profondeurs, sont faits de tôles résistantes, et il n’y aurait pas de consolidations à prévoir; le nombre des ouvertures y est réduit au minimum; l’utilisation de l’air comprimé dans ces conditions serait particulièrement indiqué. Il suffirait que des tubulures fussent disposées à l’avance en divers points du bâtiment, pour qu’on n’eût plus qu’à visser un tuyau venant du compresseur d’air ; l’opération du renflouement pourrait être effectuée plus rapidement que par tout autre moyen.
- Un autre système, qui ne serait pas applicable au cas où des hommes se trouveraient enfermés dans l’épave, mais qui pourrait être essayé pour un naufrage normal de grand bâtiment, a récemment été préconisé par M. Lake, l’inventeur du sous-marin américain Prolector; il consiste dans l’emploi de liège réduit en petits morceaux et mêlé de paraffine chauffée pour la maintenir liquide; le mélange est envoyé par une pompe dans l’intérieur du navire, au moyen d’un tuyau descendant jusqu’au fond de la cale; le liège remonte et va s’amasser sous les ponts, expulsant peu à peu l’eau; la paraffine, se solidifiant, forme avec lui comme une croûte qui empêche la rentrée de l’eau; au bout d’un certain temps, le navire peut être assez allégé pour remonter à la surface et flotter.'
- Ce procédé n’a pas été encore expérimenté, à notre connaissance du moins; il ne paraît pas impossible qu’il réussisse là où les moyens classiques échoueraient.
- Henhi Beknav.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 juillet 1907 — Présidence de M. Chauveau.
- Géologie de VAlgérie. — M. de Lapparent présente une Note de M. Dareste de la Chavanne, relative à un fait d’ordre géologique relevé en Algérie. Jusqu’ici on avait constaté à Livourne, et dans d’autres points de l’Italie seulement, la présence du terrain qui correspond au fond de la lagune méditerranéenne, qui a remplacé la mer après le soulèvement des Alpes. Dans la région de la haute Seybouse l’auteur a constaté l’existence des bancs de gypse caractéristiques de ce terrain. Ces bancs renferment des vestiges de végétaux et de poissons. Les végétaux appartiennent au miocène supérieur. Dans une Note distincte, M. Sauvage, qui a examiné les poissons, a reconnu qu’ils appartiennent également au miocène supérieur. L’âge du terrain est donc établi par deux procédés. On conclut qu’à l’époque du miocène supérieur la lagune méditerranéenne s’avançait profondément en Algérie.
- Action de la raie sur les trypanosomes. — Dans une récente communication, MM. Rodet et Vallet ont assigné à la rate une action destructive des trypanosomes. M. La-veran indique les conditions expérimentales qui paraissent essentiellement favorables pour obtenir des résultats précis. En adoptant la méthode qu’il décrit, il n’a trouvé, ni dans le sang ni dans la pulpe de la rate, les noyaux de trypanosomes rencontrés par MM. Rodet et Vallet. D’ailleurs, eût-il trouvé ces noyaux, qu’il ne faudrait pas se
- hâter de conclure, car la destruction pourrait ne pas s’être opérée dans la rate et celle-ci pourrait 11’exercer que le rôle d’organe d’arrêt des débris.
- Un nouveau caféier. — M. Edmond Perrier présente une Note de M. Chevalier dans laquelle l’auteur indique qu’il a découvert, dans l’Afrique équatoriale, une espèce de caféier de petite taille qui abonde sous la forêt vierge.
- La vie des poissoiis. — M. E. Perrier présente ensuite une Note de M. Pellegrin dans laquelle l’auteur expose qu’il a constaté que chez les poissons du groupe des Siluridés, le mâle couvait les œufs dans sa bouche. Ce mode d’incubation a déjà été observé dans un autre groupe de poissons, mais il est pratiqué par la femelle. Cette particularité avait surpris.
- Structure de l’œil. — M. Dastrc résume un travail de M. le Dr Fortin sur la structure de l’œil. L’auteur a imaginé un dispositif qui permet à chacun de constater les détails de cette structure sur soi-même. Il éclaire avec la lumière des tubes Cooper llewitt, fonctionnant sur l’alternatif à l’aide d’un transformateur Faria, un miroir très brillant. La lumière réfléchie traverse deux épaisseurs de verre bleu, puis tombe sur une large lentille encastrée dans un écran. Elle est ainsi rendue convergente. L’observateur place l’œil derrière la lentille de telle sorte que
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- LA NATURE.
- tout le champ lui paraît illuminé uniformément. Mais il ne tarde pas à distinguer de petits points noirs circulant dans des tubes fins et coudés. Ce sont les globules du sang en mouvement dans les capillaires. On a ainsi le spectacle du travail physiologique qui s’accomplit sans interruption dans la rétine. Si devant l’œil, placé dans les conditions susindiquées, on agite un écran percé d’un trou d’épingle, on aperçoit immédiatement, projeté sur le champ de la lentille, la structure de la fovea et celle des petits vaisseaux du fond de l’œil. La fovea, qui est la région la
- plus sensible de l’œil, est si petite que par les méthodes ordinaires il est très difficile de l’examiner. Elle a l’apparence d’un amas d’alvéoles d’abeilles. Par diverses considérations l’auteur conclut que la fibre élémentaire de perception de la rétine mesure non pas 2 microns comme on le croit, mais moins d’un dixième de micron. M. le D' Fortin arrive également à rendre visibles les houppes dites de llaidinger. Le procédé décrit ci-dessus fournit aux médecins un moyen de diagnostic précis pour les maladies de l’œil. Ca. de Villedeuil.
- POULIE A DIAMÈTRE VARIABLE
- Il est souvent nécessaire dans les ateliers mécaniques de pouvoir faire varier à volonté la vitesse d’une machine; on y arrive en disposant sur l’arbre de transmission des parties de différents diamètres. Mais dans ce cas il faut parfois un arrêt de quelques instants pour pouvoir, sans danger, changer de place la courroie de transmission ou les engrenages en prise. Afin de pouvoir effectuer cette opération en cours de marche, instantanément et progressivement, on a imaginé depuis longtemps des organes interposés sur la transmission. L’un des plus anciens systèmes de ce genre est constitué par deux troncs de cônes, ayant leurs axes et leurs arêtes parallèles, sur lesquels peut glisser une courroie. L’un des cônes ayant la vitesse du moteur, l’autre prendra une vitesse plus ou moins grande suivant que la courroie se trouvera vers le grand ou vers le petit diamètre du premier cône. On a imaginé depuis d’autres dispositifs, applicables soit aux ateliers, soit aux voitures automobiles, dont plusieurs ont été décrits ici, qui consistent à avoir des poulies dont le diamètre peut varier par un mécanisme spécial. C’est dans cet ordre d’idées que M. J. Roullot a construit la poulie que représente notre gravure et qui est destinée à être interposée sur une transmission par courroies.
- Elle se compose d’une couronne A de chaque côté de laquelle se trouvent des cônes B et C solidaires l’un de l’autre et formant deux gorges, l’une à droite, l’autre à gauche de A. Sur l’une d’elles s’applique la courroie D venant du moteur, sur l’autre la courroie allant à l’organe commandé. La vitesse de ce dernier sera la même que celle du moteur si les
- deux gorges ont le même diamètre; mais si nous parvenons à augmenter le diamètre de l’une en diminuant de la même quantité le diamètre de l’autre, on comprend que la vitesse de l’organe commandé variera en plus ou en moins, selon le sens dans lequel on aura fait ce changement. M. J. Roullot, pour arriver à ce résultat, a percé dans les cônes B et C des rainures dans le sens de l’axe et les rayons
- de la couronne centrale A pénètrent dans ces rainures. On voit (n° 2) que cette couronne est solidaire de l’axe H, tandis que les cônes sont montés sur un manchon M qui peut coulisser sur H. Cette disposition indique clairement qu’on peut déplacer à droite ou à gauche l’ensemble des cônes et faire varier ainsi le diamètre des deux gorges qu’ils constituent. Il suffit pour cela que l’axe de la poulie puisse se déplacer parallèlement à lui-même, en montant par exemple ses coussinets sur une coulisse manœuvrée par un levier. Selon qu’on poussera ou qu’on tirera sur ce levier, on pourra éloigner ou rapprocher la poulie du moteur, et comme les courroies ont une longueur constante elles ne pourront permettre ce déplacement qu’en glissant sur les cônes qu’elles entraîneront vers la droite ou vers la gauche; il en résultera toujours une modification dans les vitesses relatives du moteur et de l’organe commandé. Cette solution de problème du changement de vitesse nous a paru très originale et méritait d’être signalée à l’attention des mécaniciens.
- G. ClIAbMARÈS.
- Le Gérant : P. Massox.
- Poulie à diamètre variable de M. J. Roullot.
- Paris. — Imprimerie Laudre, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1785. — 10 AOUT 1907.
- LA NATURE.
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- LE PHARE=PROJECTEUR AUTOMOBILE
- Des manœuvres combinées ont eu lieu, en Angleterre, tout dernièrement, sur les côtes de la Manche. Un corps d’armée et des escadres de la Hotte y prirent part ; car il s’agissait d’étudier et de déterminer le rôle de l’armée et de la marine, au moment d’une invasion possible de l’Angleterre. L’automobilisme, qui, comme nous l’avons dit dans une autre occasion1, est appelé à rendre les plus sérieux services en temps de guerre, a joué dans cette circonstance un rôle nouveau. L’administration militaire anglaise — The War Office — a trouvé une application nouvelle de la locomotion mécanique, répondant à un des besoins d’une armée en campagne; elle a mis en service un modèle de phare-projecteur automobile, dont le fonc-
- variant de 20 à 25 kilomètres dans les terrains de culture, sur les mauvais chemins ruraux, dans les sentes en terre battue au milieu des champs ou dans les terres labourées.
- Le châssis, tout en acier, mesure environ 6 mètres de longueur; il est disposé avec une plate-forme que supporte un moteur Brooke à pétrole 4 cylindres d’une puissance de 45 chevaux. Ce moteur est à double lin; il sert à la fois à la traction de la voiture et h la production de la lumière électrique nécessaire au phare projecteur. Ce dernier est un appareil des plus soignés, véritable ouvrage de précision, très ingénieusement et très délicatement aménagé, qui, avec une puissance d’éclairage évaluée à 40000 bougies, projette à une distance de
- Le phare-projecteur automobile.
- tionnement a donné les meilleurs résultats et dont les essais ont été très concluants.
- Le mérite de cette invention revient à M. J. W. Brooke, Ingénieur-constructeur, qui a dirigé lui-même la fabrication du premier de ces appareils, celui précisément qui fut expérimenté, avec tant de succès, lors des dernières manœuvres de terre et de mer, aux environs de Plymouth. Les renseignements que nous avons pu obtenir sur cette voiture-d’un nouveau genre, sont fort intéressants ; nous allons les résumer rapidement, pour donner une idée de cette très ingénieuse application militaire de l’automobile.
- La voiture est construite pour marcher à une vitesse de 55 à 40 kilomètres à l’heure sur route. Les roues sont du type de l’artillerie anglaise; ce sont de vraies roues de canons, en acier avec moyeux en bronze. Elles sont munies de pneumatiques particulièrement solides, qui permettent à cette machine de circuler facilement, à une allure
- 1 Voy. a0 1727, du 20 juin 1906.
- 35e année. — 2e semestre-
- 5 à 6 kilomètres un rayon lumineux mobile, facile à diriger en tous sens, de manière à fouiller, en pleine nuit, très rapidement, les ténèbres dans toutes les directions. L’appareil se règle à la main; sa lentille mesure près d’un mètre de diamètre.
- La voiture du phare-projecteur automobile peut, sans fatigue et sans qu’il soit nécessaire de renouveler les approvisionnements, fournir un parcours de 180 à 200 kilomètres, et la lumière peut être donnée, sans interruption, avec les propres moyens d’action de l’auto, pendant une période variant de dix à douze heures. Quatre hommes suffisent au fonctionnement de la machine, à la manœuvre du phare et à la direction de l’auto.
- Les projections lumineuses peuvent être faites, soit au repos, soit en marche. La mise en lumière des projecteurs demande un peu plus d’une minute, exactement 75 secondes. Les rayons projetés sont d’une grande netteté, même en marche. Au repos, ils sont d’une stabilité aussi absolue que ceux des phares en maçonnerie des côtes maritimes ; ils ne
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- LA NATURE.
- ressentent pas l’influence des vibrations du moteur ou de la dynamo.
- Le personnel attaché au phare militaire automobile se compose d’un sous-officier et de trois soldats du génie. La voiture est disposée pour recevoir, en outre, quatre autres personnes ; car il a été supposé que en dehors de l’équipe nécessaire, cet auto pourrait être appelé à transporter des officiers d’état-major désireux de se rendre compte, grâce au travail des projecteurs, des ouvrages construits pendant la nuit par l’armée ennemie, des mouvements des troupes ou des manœuvres d’une flotte cherchant à débarquer un corps d’armée.
- L’armée britannique et les compagnies de débarquement de la marine anglaise vont être, d’ici peu, munies d’un certain nombre de voitures Brooke à phare-projecteurs automobiles. C’est le génie qui,
- lors des dernières manœuvres combinées, fut chargé d’expérimenter le nouveau véhicule militaire ; les of ficiers de laTyne division des Royal Military Engineers ont fait un rapport, très enthousiaste, qui conclut en considérant le nouvel engin comme devant rendre de très grands services, en temps de guerre.
- La voiture que montre notre gravure, appartient au corps volontaire du génie de la Tyne. Un autre type est à l’étude; on se propose d’y modifier la construction actuelle, en aménageant le projecteur sur un auto isolé, qui serait relié â la voilure automotrice portant les moteurs et les dynamos. Le remorquage se ferait au moyen d’un câble enroulé sur un tambour. Celte disposition semble devoir donner de moins bons résultats que celle du premier type, la voilure qui a fait l’objet du présent article. Wiu DarviliL.
- LE CRATÈRE LUNAIRE LINNÉ
- Le cratère lunaire Linné, sur les bords de la mer de la Sérénité, est un des objets sur lesquels on s’accorde à peu près aujourd’hui pour admettre le fait d’un changement réel sur notre satellite.
- Les diverses descriptions de Linné le représentent tour à tour comme un cratère important, puis comme une petite tache blanche sans grand relief sensible.
- Son histoire a été retracée récemment par M. Puiseux, dans une conférence faite devant la Société astronomique de France.
- En 1645, Ilévélius vit, à la place de la tache actuelle, un cratère plein d’ombre. Grimaldi, peu de temps après, le représente une fois comme cratère, une fois comme tache blanche. Riccioli (1651-1655) en fait une tache blanche bien terminée.
- Sur les dessins de J.-i). Cassini (1680) et de Tobic Mayer (1748), la mer de la Sérénité est représentée, mais'Linné n’y figure pas. •'
- Schroeler (1788) ledécrit commente une-très petite tache blanche, ronde, offrant une vague dépression ». Lohrmann (1824) et Mâdler (1857) publient des cartes lunaires beaucoup plus détaillées que les précédentes. Linné redevient un cratère net, profond, de 7 à 10 km. de diamètre, visible sous toutes les illuminations et avec une faible lunette.
- Jules Schmidt, directeur de l’observatoire d’Athènes, le dessine huit fois, de 1840 à 1845. Il lui assigne 11 km. de diamètre et 500 m. de profondeur.
- « En 1866, dit M. Puiseux, Schmidt a l’idée de confronter l’aspect de Linné avec ses anciens dessins, et il fait aussitôt cette annonce sensationnelle : il n’y a plus de cratère, ni petit, ni grand; la tache blanche est seule demeurée visible. » Une sorte d’empreinte, effacée, presque sans relief, était visible à sa place. En 1867, M. Flammarion concluait de ses observations que le cratère dessiné antérieurement était remplacé pour un cône blanc, peu élevé, ne donnant pas d’ombre au lever du Soleil.
- À partir de 1868, le cratère, avec de puissants instruments, se réduit à un orifice central de 1 ou 2 km. de diamètre. Pour les autres instruments, plus faibles, il n’y a plus aucun détail apparent.
- Il semblerait que cet objet s’est développé de nos jours, du moins depuis 1866. U’esl actuellement un petit orifice entouré d’une auréole blanche, diffuse, sans contours précis.
- Les photographies de Paris ont permis d’obtenir un certain nombre d’images de Linné. Malheureusement, en dépit de la très grande échelle de ces photographies, Linné est à la limite des objets que l’on peut enregistrer. « Les mesures de la tache blanche sont plus discordantes encore, ce qui ne doit pas surprendre, car ses limites sont indécises. On peut leur donner par la photographie une netteté artificielle en adoptant un temps de pose juste suffisant poùr la tache, insuffisant pour le fond de la mer; mais les mesures ainsi obtenues n’ont qu’une exactitude apparente et manquent de signification bien définie. »
- M. W. H. Pickering a réuni un grand nombre d’observations du diamètre de Linné et les a rangées suivant la durée de l’insolation. Il aurait reconnu que la tache diminue au fur et à mesure de l’augmentation de la durée de l’insolation, ce qu’il expliquerait par un dépôt de givre provenant de gaz internes, dépôt formé au cours de la nuit lunaire et disparaissant peu à peu par l’échauïïèment solaire. Ce serait là un des derniers vestiges de l’activité volcanique lunaire.
- Les mesures prises à l’observatoire d’Àrequipa, au Pérou, en 1897 et 1898, indiquent que le diamètre de la tache est maximum au lever du Soleil, qu’il diminue de 1",8 un jour après le moment du passage du Soleil au méridien, pour augmenter de 1",5 jusqu’au coucher du Soleil.
- M. Puiseux estime que ce résultat ne semble guère en faveur de l’hypothèse d’un dépôt de givre
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- quelconque car, si déjà, un jour après le passage au méridien, le dépôt est en progression, on ne voit pas ce qui le ferait décroître dans la matinée du jour lunaire.
- M. 15.-E. Jiarnard, à la suite de la communication de M. Pickering, a pensé qu’il serait intéressant d’étudier avec soin ces changements avec le grand équatorial de l’observatoire Yerkès, dont l’objectif a 1,05 m. de diamètre, et de prendre quelques mesures micrométriques précises.
- Ces mesures, qui ont paru dans les Asironomische Nachrichlen, sans démontrer la théorie du givre de M. Pickering-, établissent cependant que l’on mesure un objet présentant des variations, réelles ou apparentes.
- Les observations ont été effectuées du 10 décembre 1902 au 14 novembre 1904. Elles sont résumées dans le tableau suivant (le diamètre se rapporte à la distance de la Lune le 12 janvier 1905 =356980 kilomètres) :
- 2",6 à 4",5 pendant l’éclipse et a ensuite diminué quand la lumière solaire est revenue.
- Ainsi donc, le fait n’est pas douteux : le diamètre de l’auréole blanche qui entoure Linné augmente pendant les éclipses et diminue lorsque revient la lumière solaire. Celte conclusion semble ainsi, au premier abord, une continuation éclatante de l'hypothèse de M. Pickering.
- Mais, avant d’admettre délinilivemenl la réalité d'un changement, il convient de se demander, en fin de compte, si l’aspect observé n’est pas d’origine physiologique. La tache de Linné est à la limite, à peu près, de la visibilité. Or, comme l’a fait remarquer M. Decker, un objet dont les contours ne sont pas parfaitement délinis, mais estompés, paraîtra d’autant plus grand qu’il sera moins éclairé.
- Age de la Diamètre Age de la Diamètre
- Lune. de la Lune. de la
- — blancheur. — blancheur.
- 7 jours. 6",6 14 jours. 5",4
- 8 — (>",() 15 — 3",3
- 9 — 5",4 16 — 3",5
- K) — 4",8 17 — 5",4
- 1 ] _ 4",3 18 — 3",5
- 12 — 4",0 19 — 3",8
- 13 — 5", 7
- d’apres
- Le cratère lui-même a été parfois bien visible. 11 est très profond et parait avoir un rempart d’une hauteur considérable.
- Deux mesures du diamètre de ce cirque, prises le 4 mai 1903 et le 14 novembre 1904, donnent une moyenne de 0",65 réduite à la distance du 12 janvier 1905, ce qui correspond à 1,1 km.
- Les éclipses de Lune semblent devoir permettre une vérification facile de l’hypothèse de Pickering. Les mesures actinométriqucs de la Luné montrent que la température de sa surface s’idiaisse très rapidement quand l’astre pénètre dans l’ombre de la Terre. S’il y a dépôt de givre, celui-ci doit être plus abondant après l’éclipse qu’avant.
- « Effectivement, dit M. Puiseux, dans l’éclipse du 27 décembre 1898, M. W. H. Pickering voit le diamètre de la tache augmenter de 5,2 km. à 8,7 km. pendant qu’elle traverse la pénombre. Quand elle la retraverse en se dirigeant vers la lumière, le diamètre de la tache baisse de 8,5 km. à 6,7 km. et remonte à 7,8 km. »
- L’éclipse du 16 octobre 1902, observée à Are-quipa, a montré encore une augmentation du diamètre avant l’entrée dans l’ombre, mais une diminution plus forte après la sortie. Plus récemment, pendant l’éclipse totale de Lune du 9 février 1906, M. Frost, à Harvard College, a pris une série de mesures de l’auréole. Le diamètre a augmenté de
- Le cratère lunaire Linné (L.) et la région des Apennins lunaires, * un cliché pris par MM. Lœwy et Puiseux, à l’Observatoire de Paris, le 6 Mars 1903.
- PourM. Puiseux, un facteur beaucoup plus important est la variation de sensibilité de la rétine; celte sensibilité est minimum au début d’une éclipse, la Lune étant alors éclatante; la lumière diminuant, la sensibilité de la rétine augmente et il est possible de distinguer une étendue plus grande d’un objet à contours dégradés. A la sortie, les phénomènes se produiront en ordre inverse.
- Le D1' Wirlz a l'ait remarquer (Asironomische Nachrichlen, n° 4118) que si l’on examine Linné à travers un verre fumé, la tache blanche environnante paraît plus grande que lorsqu’aucun milieu absorbant n’est interposé entre le télescope et l’œil; il en conclut que l’agrandissement de la tache noté au moment des éclipses serait dû à un phénomène purement subjectif, au manque de lumière.
- M. W. H. Pickering, en rappelant cette expérience du D1' Wirtz (Astronomische Nachrichlen,
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- n° 4141), dit l’avoir répétée à plusieurs reprises au moment de la pleine Lune (en 1906), et que ses observations confirment pleinement celles du D1' Wirtz.
- Toutefois, dit-il, s’il est indubitable qu’il existe un agrandissement subjectif, celui-ci n’est pas suffisamment important pour rendre compte du changement trouvé dans la grandeur de l’auréole au moment des éclipses.
- L’expérience du D1' Wirtz n’infirmerait donc pas l’hypothèse de M. Pickering.
- Le cratère Linné mérite toute l’attention des astronomes. Il a dû s’y produire, entre 1840 et 1865, une modification importante. Si, actuellement, certains astronomes croient y voir un des derniers vestiges de l’activité interne de la Lune, ce fait ne ressort pas clairement de l’ensemble des observations. Pour M. Puiseux, en particulier, cette variation de la tache, sous l’inlluence des rayons solaires, n’est pas démontrée ni môme vraisemblable.
- Em. Tou ch et.
- LA VALVE ÉLECTRIQUE FLEMING
- Cet appareil, imaginé pour servir de détecteur d’ondes hertziennes en télégraphie sans fd, est, en réalité, un redresseur de courant électrique alternatif à haute fréquence qu’il transforme en courant continu.
- Le principe de l’appareil résulte d’une curieuse découverte faite par M. le Dr Fleming, de Londres, il y a
- Ampoule
- à deux filaments de charbon.
- Fig. 2. — Ampoule à un seul lit de charbon. A, pile locale.
- G, galvanomètre.
- quelques années; si dans une ampoule de lampe électrique sont disposés deux filaments de charbon, l’espace vide compris entre ces deux fds jouit de la remarquable propriété suivante : quand l’un des deux fils est porté à î’incandescence, ce vide devient conducteur de l’électricité, mais ne laisse passer que l’électricité négative qui se déplace du filament chaud au filament froid.
- On peut substituer au lil de charbon froid, un cylindre
- métallique de platine ou d’aluminium entourant le fil chaud; la propriété précédente subsiste encore.
- La cause de ces phénomènes est attribuée à l’abondante émission d’ions négatifs par le charbon incandescent.
- Si l’on fait l’expérience avec des courants alternatifs, de haute fréquence, cette conductibilité unilatérale s’observe encore et est indépendante de la fréquence. Voici donc un appareil jouissant de la précieuse propriété de transformer en courant continu, du courant alternatif à haute fréquence, puisqu’il arrête l’électricité positive et ne laisse passer que l’électricité négative.
- On comprend de suite qu’un tel organe puisse être fort utile en télégraphie sans fil, où l’on crée précisément dans les appareils du poste récepteur des courants alternatifs à haute fréquence, dus à des phénomènes d’induction électrique à grande distance; si l’on relie l’ampoule de M. Fleming au circuit où se développent ces courants, elle ne se laissera traverser que par l’électricité négative ; elle livrera passage à du courant continu qui pourra actionner un galvanomètre dont la lecture sera fort aisée. On sait qu’à l’ordinaire un courant alternatif, en raison de ses variations rapides, ne peut agir sur l’aiguille d’un galvanomètre ; avec l’artifice de M. Fleming la difficulté est tournée et l’on peut recourir à ce précieux instrument de mesure.
- Le montage de l’appareil est fort simple; le filament de charbon est porté à l’incandescence par une batterie de piles locales (voy. lig. 2) ; les oscillations électriques à transformer en courant continu sont transmises à la valve par l’intermédiaire du transformateur m, K qui élève la tension du courant; le secondaire K de ce transformateur est relié d’une part, à la plaque métallique, ou au filament froid de la valve, d’autre part, à un galvanomètre G et au filament chaud; de sorte que ce circuit secondaire se ferme sur l’espace vide de la valve qui ne laisse passer que l’électricité négative; et ainsi notre circuit secondaire ne peut être le siège que d’un courant continu déviant, plus ou moins, suivant son intensité, l’aiguille du galvanomètre G.
- Cet appareil a été récemment employé avec succès, en télégraphie sans fil, comme récepteur à longue distance, par M. Tissot, en France, et par M. Marconi, en Angleterre. A. Troller.
- TÉLÉMICROPHONOGRAPHE
- L’association du phonographe, du microphone et du téléphone était tout indiquée pour transmettre au loin la parole ou le chant enregistrés sur des disques ou des cylindres; depuis longtemps déjà on a fait cette applieation d’autant plus facilement qu’on avait sous la main tous les éléments nécessaires et qu’il suffisait de tourner le pavillon d’un phonographe vers le microphone de l’appareil téléphonique. Mais on est obligé dans ces conditions de porter le récepteur téléphonique à l’oreille et il faut, par suite, autant de téléphones qu’il y a d’auditeurs; aussi les installations de ce genre sont-elles plutôt rares, car pratiquement elles n’oürenl que peu d’intérêt.
- M. Ducretet a pensé que la question se présenterait sous une toute autre face si on pouvait trans-
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- LA NATURE.
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- mettre la voix à distance avec une intensité égale à celle du poste d’émission et il n’a eu, pour arriver à ce résultat, qu’à employer (fig. 1, n° 1) le microphone intensif et le téléphone haut parleur qu’il construit pour la marine et qui sont appliqués sur les vaisseaux de guerre pour transmettre les ordres aux machines et aux différents postes du bord. Le microphone (fig. 1, n° 2) est constitué par une plaque de cuivre épaisse, striée, sur laquelle repose de la poudre de charbon; des bandes de soie, placées perpendiculairement sur ce fond, forment une sorte de cloisonnement qui empêche le tassement de la poudre. Par-dessus celle-ci, repose
- est transmise intégralement sans perdre de son intensité et au poste récepteur on l’entend à une grande distance du téléphone.
- L’application aux machines parlantes, gramo-phones ou phonographes, étant faite, M. Ducretet, après quelques tâtonnements, est parvenu à déterminer empiriquement quelle était la meilleure forme de pavillon à adopter et à quelle distance de l’orifice il convenait de fixer le microphone pour obtenir le meilleur rendement.
- Il est à remarquer que dans cette transmission les bruits provenant du frottement du stylet contre le disque ou le cylindre sont supprimés : l’effet pro-
- Applicaliou du microtéléphoue haut parleur Gaillard-Ducretet aux machines parlantes. 1. Ensemble de l’installation. — 2. Détail du microphone.
- une plaque vibrante, en charbon également, dont le bord repose sur une couronne en ébonite, de façon à l’isoler électriquement du fond en cuivre. Le courant employé est beaucoup plus intense que celui des lignes ordinaires. Les vibrations de la plaque de charbon produisent des pressions plus ou moins grandes sur la poudre, et, en intercalant un ampèremètre dans le circuit, on peut constater que, suivant l’intensité du son émis, il passe des courants qui varient de 0,5 à 1 ampère.
- Le récepteur est formé d’un téléphone sans aimant à pôles concentriques; le pôle central est entouré d’une bobine de fil fin et le pôle circulaire est muni d’un dispositif de réglage micrométrique qui permet de l’approcher très .près de la plaque vibrante sans la toucher. Avec ces appareils, la voix
- duit est plus naturel que quand on entend directement la reproduction phonographique. Les récepteurs peuvent être en nombre quelconque et on peut, par exemple, en disposer trois ou quatre dans différentes parties de la salle, si elle est très grande, afin que tous les auditeurs entendent avec la même intensité, quelle que soit la place qu’ils occupent. On peut aussi avec deux téléphones, placés à quelques mètres l’un de l’autre, donner l’illusion de deux acteurs qui se répondent : il suffit, pour cela, au moyen d’un commutateur, d’envoyer le courant alternativement dans l’un ou dans l’autre.
- L’emploi du micro-téléphone haut parleur, combiné ou non avec la machine parlante, nous paraît susceptible d’applications nouvelles très intéressantes. G. Chalmarès.
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- LA NATURE.
- UN SOUS-MARIN PACIFIQUE
- On n’entend guère parler des sous-marins que nomme engins de guerre, et les nombreux bâtiments submersibles que l’on construit actuellement dans tous les pays ne sont conçus que dans un but de destruction. Cependant il. n’est pas impossible que l’on fasse servir ces nouveaux engins à d’autres usages. Un inventeur américain, M. Lake, auteur des plans de sous-marins militaires essayés concurremment avec ceux de la Compagnie Holland, a eu l’idée de combiner un sous-marin de type très différent, destiné à des recherches au fond de la mer, au sauvetage de navires naufragés ou de leur car-
- K
- A, compartiment du scaphandrier; S, sas donnant accès à ce compartiment ; T, trappe de sortie ; li, 10, rôties ; M, moteur électrique ; h, logement des accumulateurs électriques, water-ballasls, etc.; K, kiosque d’observation ; F, foret mû par le volant v.
- gaison, et généralement à tons les travaux possibles au-dessous de la surface.
- Une des particularités les plus curieuses de ce petit bâtiment, c’est qn’il est lait pour rouler sur le fond; il est muni, à cet effet, de trois roues, l’une à l’avant, et les deux autres à l’arrière; une hélice est, comme d’ordinaire, mue par un moteur électrique qu’alimente une batterie d’accumulateurs: on introduit de l’eau dans des water-ballasts de manière à annuler à peu près la flottabilité du bateau, et quand il repose sur le fond par l’intermédiaire de ses roues, on met le moteur en marche : si la nature du fond s’y prête, on doit réaliser ainsi une vitesse assez grande sans dépenser beaucoup d’énergie.
- Une fois rendu à l’endroit où il doit opérer, le sous-marin s’arrête et commence son travail. On y a prévu un compartiment assez vaste pour qu’un homme s’y tienne à l’aise, et pouvant être mis en communication avec l’extérieur par des tuyaux de remplissage. Un homme s’y étant introduit (vêtu, bien entendu, d’un habit de scaphandrier avec réservoir d’air) en ferme la porte derrière lui et le remplit d’eau; puis il ouvre une trappe et sort du bateau pour aller travailler dans le fond. Si le capitaine veut en envoyer un autre, ce dernier suit le même chemin, en passant d’abord dans un sas plus petit et plus facile à vider.
- Le sous-marin est encore pourvu de diverses installations originales : des bras qui s’étendent sur ses côtés et se terminent par des sortes de ventouses
- en caoutchouc, pour lui permettre de s’attacher à l’épave le long de laquelle il doit opérer ; un foret que l’on actionne de l’intérieur pour percer le bois d’une coque, ou pour rechercher dans le sable du fond des objets qui s’y seraient enfoncés; M. Lake a prévu que pour ramener commodément au rivage la cargaison d’un navire coulé, on pourrait adjoindre au sous-marin un chariot sur roues, que le plongeur remplirait et qui serait ensuite remorqué jusqu’à terre par le sous-marin lui-même. (Nous omettons à dessein tout ce qui, dans le navire de M. Lake, est relatif à la plongée et au maintien de l’immersion : on y retrouve les mêmes organes que sur tous les autres sous-marins.)
- Tout cela semble de la pure fantaisie; mais on ne peut dire si c’est irréalisable. Malgré que beaucoup d’inventeurs aient eu l’idée d’explorer les profondeurs par des systèmes analogues, la question n’avait jamais été étudiée. M. Lake est un technicien d’une indiscutable valeur, et l’on peut douter de la facilité de la réalisation de ses projets, mais non de leur possibilité.
- Il est peu probable que ce principe permette une exploitation économique, et, par exemple, son utilisation se comprendrait mieux pour retirer du fond les millions des galions de Vigo que pour sauver la cargaison d’un navire charbonnier; mais il n’est pas prouvé que, dans certains cas, il ne soit pas avantageux à employer. Et les expériences feraient peut-être avancer la question de l’utilisation commerciale des sous-marins, qui est à prévoir pour un avenir plus ou moins éloigné. Henry Bernay.
- CHRONIQUE
- Les parapluies magnétiques. — Tout dernièrement, devant la Royal Institution anglaise, le professeur Silvanus P. Thompson est venu insister sur ce fait que la plupart des parapluies seraient très magnétiques. Une personne portant un parapluie et s’approchant de la devanture d’un opticien ou marchand d’appareils de physique, pourrait voir les aiguilles des boussoles se mouvoir à sa venue.
- Les téléphones marins d’Honolulu. — Dans le port d’Honolulu, les navires ont l’habitude, ne trouvant pas un quai le long duquel s’amarrer, de s’ancrer sous le vent et à l’abri d’un récif de corail qui forme un des côtés de ce port. On a établi sur cette sorte de digue, un gros conducteur renfermant une série de fils téléphoniques ; et dès qu’un navire est arrivé et a pris son poste et ses bouées d’amarrage, la Compagnie des téléphones fait une connexion électrique entre un de ces fils et le navire, en prenant appui sur une bouée, ce qui établit une communication téléphonique marine ou sous-marine, comme l’on voudra, avec le bureau téléphonique de la ville. Cela profite grandement aux affaires commerciales, aux opérations de douanes (qui se font plus commercialement en pays américain qu'en France) et au reste.
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- LA NATURE.
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- LES TOUAREG A L’EXPOSïTION COLONIALE
- Fig. 1. — Abd-cl-Kader, chef de la troupe algéro-sahariemie sur son méhari, entouré des Touareg.
- De nombreuses exhibitions ethnographiques ont eu lieu à Paris, mais rarement on a pu y voir réunis, comme aujourd’hui, dans le cadre pittoresque du jardin colonial de Yincennes, un ensemble aussi complet, donnant l’illusion d’un pays, qui vient de rentrer seulement, depuis sept ou huit ans, sous la domination française effective, je veux dire, le Sud-Algérien.
- Il est vrai qu’on trouve aussi dans l’exposition dite « saharienne » des représentants de cette population flottante répandue dans toute l’Algérie : musiciens nègres, charmeurs de serpents, « mauresques » ou filles de la tribu'des Oulcd-Naïl, exécutant l’inévitable déhanchement, dont tous les détails sont connus des Parisiens depuis l’Exposition de 1889, sous le nom générique de « danse du ventre », etc. Mais la note générale est nouvelle : elle est due surtout à la présence de quelques indigènes du Sud-Oranais et d’urte dizaine de Chambas et de Touareg.
- Les Berbers du Sud-Oranais se sont conservés beaucoup plus purs que ceux de la Tunisie et de Constantine ; le mélange du sang arabe est à peine sensible chez eux. Ainsi verra-t-on avec curiosité l’exposition de beaux types berbers, en costumes arabes, sous les tentes arabes (fig. 7, le jeune homme à droite est un Marocain), les hommes devisant entre eux, les femmes vaquant aux soins du ménage, préparant le traditionnel kôus-kous, réparant les habits, filant la laine, tissant les étoffes, etc.
- Le mélange de sang nègre est aussi curieux à observer. Ainsi dans la figure 4 on voit une femme du type araboïde avec ses deux enfants : un, du type araboïde pur, à cheveux droits, et l’autre, beaucoup plus foncé, aux cheveux frisés, caractères qui dénotent un mélange de sang nègre. Comme terme de comparaison, une vraie petite négresse, assise à côté de lui, fille d’esclave probablement. Son teint noir, son nez épaté et large, son front bombé et sa cheve-
- lure crépue en disent assez long sur la pureté de la race.
- Mais ce sont surtout les Touareg (fig. 1, 5, 6) qui attirent l’attention; car, depuis la visite de trois chefs Touareg en 1863 *, c’est pour la première fois que les représentants de ce peuple, si peu connu encore, viennent à Paris. Les Touareg (au singulier Targhi) habitent, comme on le sait, la partie du Sahara comprise approximativement entre le 15e et le 30e degré de latitude Nord, depuis le 5e degré de longitude Ouest jusqu’au 10e degré de longitude Est de Paris. Pour préciser, on peut dire que les limites de leur habitat sont marquées : au Nord, par une ligne allant de l’extrémité Nord des oasis de Touat jusqu’à Ghadames sur la frontière de la Tripolitaine; à l’Est, par la route qui va de Ghodames par Mourzouk au lac Tchad; au Sud, par une ligne allant de l’extrémité Nord du lac Tchad à Tombouctou, passant au voisinage de Zinder (dans le Damerghou) ; enfin à l’Ouest, par la route des caravanes qui va de Tombouctou à Akabli et par l’oasis de Touat.
- 1 Yoy. But. de la Soc. d'anthro])olo-ÿî'e,t.IV,1863,p.102.
- Fig. 2. — Manière touareg de harnachei et de monter un méhari.
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- LA NATURE.
- Dans ce vaste territoire désertique on distingue les Touareg du Nord des Touareg du Sud ; une ligne indécise, ondulant autour du 22e degré de longitude Nord, sert de limite conventionnelle entre les deux. Les premiers sont plus purs de race et conservent encore entièrement le mode de vie nomade et les anciennes habitudes pillardes ; les seconds sont plus ou moins mélangés avec les populations nègres (Songhaï, Haoussa, etc.) et adoptent, de-ci de-là, le genre de vie sédentaire; ils s’adonnent aussi à l’élevage du bétail et au commerce.
- Les Touareg du Nord, qui nous intéressent plus particulièrement ici, se divisent en deux grands groupes : les Azdjer, à l’Est, et les Ahgar ou Hoggar, à l’Ouest1.
- Les Azdjers sont surtout des mendiants et des conducteurs de caravanes. Ce sont eux qui ont fourni à Duveyrier les matériaux d’après lesquels il a pu tracer, en 1862, le premier et si magistral tableau du peuple Touareg en général.
- C’est sur le territoire, mais par une tribu qui appartient à la division des Hoggar, que fut traîtreusement assassiné le colonel Flatters et les membres de son expédition en 1880. D’ailleurs les Hoggars ou Ahgars ont eu, de tout temps, la réputation de brigands et de gens très jaloux de leur indépendance. Ce n’est que tout récemment, après l’occupation d’In-Salah en 1889,
- et de l’oasis de Touat quelques années plus tard, qu’on a pu entrer en relation avec eux. C’est des environs de Ghat et de Lagouat, que se disent venir les gens exposés au Jardin Colonial.
- Ils sont vêtus du costume national (fig. 1) commun à tous les Touareg : un pantalon blanc ou bleu un peu moins ample que celui des Arabes et serré au bas de la jambe; une chemise flottante, également blanche, à manches courtes qui atteignent à peine le coude. Elle est serrée à la taille au moyen d’une ceinture de cuir, soutenue par des bretelles qui se croisent sur la poitrine et dans le dos. Par-dessus ce vêtement, les Touareg s’enveloppent d’une grande couverture bleue ou noire. Mais ce qui est surtout caractéristique, c’est leur voile bleu foncé entourant la tête, voile dont la partie supérieure forme une sorte de visière et la partie inférieure masque tout le visage au-dessous des yeux (fig. 5, 6 et 2). Ce voile,
- 1 Les Touareg du Sud se divisent en tribus d’Aïr à l’Est et en Aouelimmiden à l’Ouest.
- Fis.
- appelé « tiguelmoust » en tomachek1 et « lintham » en arabe, semble faire partie de l’individu qui ne l’ôte jamais. A l’Exposition aucun des indigènes n’a voulu le soulever devant nous ; ils fument leurs cigarettes à travers le voile, et boivent en soulevant légèrement le bord inférieur de ce voile, mais sans qu’on puisse voir leur figure. Il ne nous a donc pas été donné d’observer leur figure ni à plus forte raison de les mesurer. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’ils sont très clairs de teint, et ont une taille au-dessus de la moyenne, ce qui concorde assez bien avec les descriptions du type physique des Touareg, données par les voyageurs, qui toutefois les disent être de haute taille. Le costume est complété par l’armement; une lance « allar », que le Targhi tient toujours près de lui (fig. 1 et 5) et le « tolak », un poignard de forme spéciale, arme nationale, retenu au bras gauche par un anneau de cuir. On a dû enlever, probablement par précaution, cette arme aux indigènes qui figurent à l’Exposition, car nous ne l’avons vu chez aucun d’eux. De même il n’y a que deux d’entre eux qui portent le sabre droit à deux tranchants avec la poignée en croix, appelé « ta-koba », et aucun n’a le bouclier « archor » qui d’ailleurs, dit-on, est passé de mode aujourd’hui même parmi les riches. Notons enfin l’anneau en schiste ou en serpentine que beaucoup de Touareg portent au bras, au-dessus de l’articulation du coude, et auquel se rattachent des croyances superstitieuses. Il est regrettable qu’aucune femme targhi n’ait voulu venir à Paris, cai* on les dit très belles et très pittoresques dans leur costume d’une sévérité antique : longue tunique blanche avec la couverture de laine ramenée sur la tête. La femme occupe chez les Touareg, qui ne sont mahométans que de nom, une situation bien plus élevée que dans les autres populations vraiment musulmanes. Cela tient à ce que le matriarchat, c’est-à-dire la filiation par la mère, est une règle dans la société touareg. Les enfants appartiennent au clan maternel et c’est la fille aînée qui hérite, ou, à son défaut, la nièce du côté maternel. Les femmes sont admises aussi dans les Conseils des tribus et leur opinion est souvent écoutée sans appel.
- La langue tomachek, de la famille berbère, que parlent les Touareg, possède une écriture spéciale, le « tifinagh », dont l’alphabet est formé de signes 1 C est ainsi qu’on appelle la langue des Touareg.
- Les Touareg en poste d observation.
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- carres sud de car il
- analogues à ceux: de l'alphabet hymiarite du l’Arabie. 11 doit être d’origine très ancienne, se rapproche beaucoup de l’alphabet pré-
- meilleurs chevaux dans la course de vitesse, et en tout cas il dépasse « la plus noble conquête de l’homme ') par son endurance, pouvant fournir d’une traite des étapes de 80 à 100 km. C’est tout un art <jue de diriger un méhari et surtout de le stimuler à marcher vite. Le Targhi pose ses pieds nus sur le cou de l’animal et c’est en chatouillant avec ses orteils les endroits sensibles de la nuque qu'il l’excite et le force à accélérer son allure (lîg. 2, 5 et 6). Pour le diriger on se sert d’une bride comme pour le cheval (fig. 2, 5 et 6) et non de la corde passée dans les narines comme on le fait pour le chameau ordinaire. Certains
- Fig. 4. — Femme arabe avec ses deux entants et une petite négresse.
- phénicien, découvert récemment dans les îles de Chypre et de Crête par J.-À. Evans, ainsi que des caractères trouvés par Flinders Petrie
- Fig. 5. — Les Touareg en marche sur leurs méliarn.
- Arabes, et aussi nos militaires, montent le méhari comme le cheval en se servant des étriers massifs dont les coups valent le
- dans les inscriptions égyptiennes qui remontent à l’époque des premières dynasties.
- Quand on parle du Targhi, il faut parler de son compagnon inséparable le méhari, dromadaire de selle, qui est au chameau ordinaire ce qu’est le cheval de course à un cheval de trait (fig. 2, 5, 5 et 6).
- Très haut de jambes, la bosse très atténuée, le cou long et mince, le corps élancé avec le ventre rentré et le poitrail puissant, ce coursier du désert est véritablement une bête curieuse et élégante. Au dire des personnes compétentes, voyageurs et militaires, il peut tenir tête aux
- Fig. 7. — Un Marocain et les indigènes du Sud-Oranais sous une tente arabe.
- coup des éperons (11g. 6). La selle est une véritable « assiette » avec un dossier pour appuyer les reins et une tige par devant; elle est soutenue par une sorte de croupière
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- et par une sangle qui passe sous le ventre de l’animal (fig. 2 et 1). Pour le transport des femmes et des enfants des gens riches, on pose sur le dos du méhari ou du chameau le « hassour », sorte de panier dont l’anse sert de support à des couvertures formant une petite tente qui protège du soleil. Le tout est garni de nombreux ornements. On peut voir à l’Exposition môme, dans le pavillon du Congo, parmi les souvenirs provenant de nos explorateurs, quelques dessins, faits par les Touareg et rapportés par Mme Crampel, représentant les détails; du harnachement des méhara avec des explications en caractères tifinagh (voy. plus haut). A côté du méhari, les Touareg possèdent aussi des. dromadaires ordinaires ainsi que des troupeaux de moutons d’une race spéciale et parfois des chèvres. Ces animaux leur fournissent la hase de la nourriture, le lait et
- la viande, complétée par les céréales qu’ils achètent aux sédentaires des oasis qui entourent leur désert.
- Grâce à la sécurité relative dont jouissent aujourd’hui les caravanes sous la protection française, ces oasis se peuplent de plus en plus et les transactions entre le Nord de l’Afrique et les régions du Niger et du Tchad deviennent de plus en plus fréquentes. Tout cela a une répercussion inévitable sur l’état social des Touareg. La vie de mendiants et de pillards qu’ils ont menée jusqu’à présent devient de plus en plus précaire et force leur est de s’adapter aux nouvelles conditions d’existence en devenant des nomades vrais, pasteurs et conducteurs de caravanes honnêtes, à l’instar de certains Arabes ou des Mongols et les Kirghis de l’Asie centrale.
- J. Denikur.
- LES MOUTONS UNICORNES DU NÉPÂL
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- Chaque lois que les exigences professionnelles m’appellent à Londres, ne fût-ce que pour unséjout* de quarante-huit heures, je me crois obligé de rendre visite au Zoological Garden. C’est loin du centre, et la difficulté des communications impose deux ou trois changements d’omnibus ou d’autobus, complication peu voyageur, qui court se tromper
- satisfaction qui attend près-' que toujours à Regent’s Park quiconque s’intér-resse à- la zoologie fait vite oublier ces petits ennuis.
- Chaque semaine, les fameuses collections s’enrichissent de nouveaux arrivais, par voie d’achat, de donation ou de prêt, et, dans le nombre, figurent fréquemment des animaux appartenant à des espèces rarissimes. Citerons-nous quelques exemples au hasard? On peut voir actuellement au Zoological Garden (au « dzou », comme l’appelle le Londonien, grand amateur d’abréviations), un spécimen vivant de cette étrange espèce de perroquet-hibou, découverte dans la Nouvelle-Zélande, espèce en voie d’extinction totale, que La Nature décrira incessamment.
- Dans la galerie des tortues géantes, une douzaine de poissons-marcheurs amusent les visiteurs de leurs baroques évolutions sur le sable de leur cage; et, dans la monkey-house, une splendide collection de singes du Haut-Congo, encore indécrits, s’ébattent
- Fig. 1.
- Photographie montrant nettement la soudure parfaite.
- derrière des pancartes vierges de toute dénomination scientifique.
- Ce fut par le plus grand des hasards que je « découvris » l’autre jour dans le coin le moins fréquenté du vaste jardin, en bordure du Regent’s Canal qui le traverse, les curieux ovi-dés qui font l’objet de cette note.
- officiel de les a-t-il pas mentionnés sur ses listes revisées mensuellement? Le gardien qui me révéla leur existence me fournit une explication plausible : ils font partie, avec d’autres raretés zoologiques, de la collection rapportée des Indes par S. A. R. le prince de Galles, lors de son dernier voyage officiel à travers son futur empire. Ces moutons sont nés au Népal, l’un des rares royaumes indépendants que la conquête anglaise ait laissés survivre aux Indes; constituée par les hautes vallées des monts Himalaya, la région sert d’habitat à une faune dont l’étude est malheureusement interdite aux naturalistes, puisque, seul, un résident britannique a le droit de pénétrer dans ce vaste territoire jalousement fermé à l’influencé européenne.
- Comme le montrent nos reproductions des instantanés pris au Zoological Garden par M. George Austin, le photographe londonien dont La Nature a déjà eu l’occasion de mentionner le nom, cette famille d’ovidés (insistons sur ce point qu’ils sont
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- Fig. 2. — Los deux uniconies népalais du Zoological Gardon.
- tous issus de la même souche), offre cette particularité extraordinaire que le nombre des cornes varie d’un individu à l’autre.
- Deux d’entre eux sont unicornes; un autre présente le chiffre normal ; le front du suivant est orné de trois cornes ; et les deux autres ont chacun deux paires, disposées d’une façon symétrique.
- Ces tétracères constituent une remarquable anomalie dans le règne animal; on sait que l’antilope tehikara des Indes (tetraceros quadricornis) est le seul ruminant armé de deux paires de cornes ; encore faut-il remarquer que la paire inférieure, placée au-dessus des yeux, est plutôt formée d’appendices protecteurs que d’armes offensives ou défensives.
- Mais le cas des deux unicornes paraît être beaucoup plus intéressant. Ces « phéno- S mènes » se prêtèrent de si mauvaise grâce à ce que nous attendions d’eux, mon ami M. G. Àustin et moi, que nous dûmes passer une bonne heure dans leur enclos avant d’obtenir de leur nervosité une
- pose satisfaisante, contretemps qui me permit d’examiner attentivement leurs cornes.
- J’ai pu m’assurer que les deux cornes initiales sont si intimement soudées ensemble que la soudure n’est représentée que par un renflement médian à à peine perceptible à la base, mais qui s’accentue rapidement vers le sommet, si bien que l’extrémité se dédouble en deux pointes longues de deux centimètres et entre lesquelles j’eusse pu loger le bout de mon petit doigt.
- Voici les rares informations que put me fournir le gardien. Ces moutons appartiennent à une race
- indigène spéciale au Népal et qui produit fréquemment des anomalies de ce genre. La petite bande est saine et vigoureuse,-bien que trop farouche, même après six mois de relations constantes, pour venir manger dans la main du brave homme le biscuit de mer dont elle est cependant friande. Il serait intéressant d’étudier sur place cette race indigène, mais c’est là un vœu irréalisable. V. Forbin.
- Le nioulon à trois cornes et son frère, le tétracère.
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- LES AÉROPLANES BLÉRIOT
- AI. Blériot est un exemple de ce que peuvent la ténacité et la persévérance attachées à la réalisation d’une même idée. L’histoire de ses essais est pour le philosophe qui sait ou le jeune homme qui veut parvenir une preuve nouvelle qu’on ne peut arriver au hut qu après avoir hrisé la résistance des hommes et des choses.
- En 1900, comme tout esprit tourné vers l’avenir, M. Blériot construit une machine volante, et sans conseils ni doctrine, il la construit sur le type qui semble à tous les débutants le plus naturel : sur le type orthoplère. Des ailes à clapets sont battantes et mues par un moteur à acide carbonique. 11 se heurte tout de suite à la diitîcullé de ce type qui est la distribution du mouvement. Toutefois, on peut déjà remarquer dans cette machine un
- Fig. 1. — Premiers essais sur le lac d’Enghien.
- mécanisme qu’on retrouvera sur tous les modèles futurs. C’est un guidon à cardan qui permet à la queue de prendre dans l’espace toutes les positions voulues.
- Les difficultés rencontréesl’arrêtent jusqu’en 1905 où notre mouvement d’aviation, créé à l’Aéro-Club par M. Archdeacdn, l’entraîne de nouveau. À cette époque où le moteur léger n’existait pas. encore, nous poussions dans là voie du vol plané
- Fig. 2. — L'aéroplaue-oiseau après un atterrissage un peu brusque.
- Fig. 3. — Le vol du Blériot N" 5.
- qui permettait au moins de s’aguerrir et d’apprendre à diriger un aéroplane. M. Blériot dessine un projet et le fait construire dans les ateliers Surcoul par le jeune G. Voisin qui, à cette époque, expérimentait pour le compte de M. Archdeacon. C’est cette dualité qui a fait que la presse, mal renseignée, n’a presque pas parlé de ces expériences et que le nom de M. Blériot, comme aviateur, n’a pas été mis tout de suite hors de pair. L’appareil, remorqué en Seine par le canot Antoinette, s’est d’ailleurs montré instable et c’est à son bord que M. Voisin, dans yn chavirement, a failli se noyer. Il existe de l’expérience
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- une belle bande cinématographique de Gaumont.
- A partir de ce moment, M. Blériot a voulu posséder en propre ses moyens de construction et il a acheté au début de 1 906 à M. Surcouf, la partie de
- encore longtemps la construction du type rival si cher à tant d’imaginations : le type hélicoptère. Enfin M. Blériot reconnut aussi les graves défauts du départ sur l’eau qui grèvent les expériences de frais
- Fiy. 4. •— L’uéroplane-oiseau avant son départ.
- ses ateliers réservés au commerce des machines volantes. Enfin il s’adjoignit M. G. Voisin pour fonder la première usine de construction d’aéronefs !
- Muni de moyens de produire, il imagina alors un type d’aéroplane cellulaire, dont la cellule avant était elliptique, et l’installa sur des llotteurs pour l’essayer sur le lac d’Enghien (fig. 1). En même temps les moteurs légers Antoinette, commençant à faire leur
- accessoires de batellerie, qui abiment le matériel et rendent le décollement très difficile.
- D’ailleurs Santos-Dumont venait de faire la preuve qu’on pouvait, sans danger, partir de terre, et que la complication des deux hélices était inutile. M. Blériot changea complètement son fusil d’épaule. 11 se sépara de la maison Voisin, qui continua à fonctionner sous le nom de Voisin frères, et s’établit dans un superbe hangar près de la Porte Maillot. Il
- Fig. 5. — Le moteur.
- apparition, il munit cet aéroplane d’un moteur de 24 chevaux et chercha à faire tourner deux hélices en sens inverse (fig. 5).
- Il se heurta alors à la complication des transmissions et à la difficulté de faire des hélices solides, c’est-à-dire aux difficultés qui arrêtent et arrêteront
- dota ce hangar d’un outillage complet et s'adonna à la construction unique de ses machines. ‘ i.
- II mit sur pied un aéroplane tout différent des prer miers. Il était monoplan et avait réellement la formé d’un oiseau sans queue mais avec un long cou portant gouvernail à l’instar de Santos-Dumont (fig. 2 et 4).
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- Cet aéroplane commença ses essais au début de cette année; mais l’avant, l’emportant toujours sur l’arrière, il se montra instable. Peut-être que, modifié avec l’adjonction d’une queue, il aurait fini par se stabiliser; mais jetant le tout à la ferraille, M. Blériot se mit à son n° 5 en adoptant purement et simplement la disposition de l’américain Langley qui est connue pour être suffisamment stable (fig. 6).
- Les expériences, commencées il y a un mois, furent d’abord complètement négatives, les 24 chevaux du moteur n’arrivant pas à faire tourner les hélices de 1,80 m. de diamètre et 1,40 m. de pas. Sur notre conseil il diminua le pas et tout fut arrangé. 11 trouva même intérêt à diminuer le pas jusqu’à 0,90 m. pour laisser au moteur la faculté de donner toute sa force.
- A partir de ce moment chaque sortie est un pro-
- Fig. 11. — Le Blériot N° o.
- grès: le 12 juillet il décolle du sol sur 50 m. et constate que la stabilité latérale est parfaite, le 15 juillet il essaye par un vent d’au moins 6 m. et il fait un parcours d’environ 80 m., seulement on constate que l’aéroplane est chargé trop sur l’arrière parce que, dans la fin du parcours, il se mate presque complètement en perdant sa vitesse. Il était arrivé en se cabrant à la hauteur d’un 2e étage.
- Au lieu d’arrêter le moteur, comme l’ont écrit les journaux par erreur, il a au contraire augmenté l’avance à l’allumage, de sorte que l’abatée qui se produit quand on manque de vitesse n’a pas eu de résultats funestes, l’aéroplane a touché terre par l’avant en faussant les roues et l’hélice. L’audacieux pilote n’a eu aucun mal.
- Le 24 juillet les réparations étaient faites et l’aviateur reprenait place à bord, il avait avancé son siège de 80 cm. environ à l’avant pour remédier au défaut de centrage. Mais évidemment la correction était trop forte, car ce jour-là il ne put pas y avoir de vol, l’arrière seul se soulevant.
- Toutefois on était près du point exact. M. Blériot établit son siège sur des roulettes comme dans un skiff et, le 26 juillet, il fit un premier parcours de 120 m. en décollant, d’abord en se plaçant dans
- l’aéroplane tout à fait en arrière, puis, une fois parti, en ramenant son siège plus en avant (lig. 5).
- En résumé il ne se sert pas de gouvernail de profondeur, il déplace, comme le faisait Lilienthal, le centre de gravité; mais, une fois l’angle d’attaque bien établi, il demeure constant et n’a plus à bouger. On agit simplement sur l’avance à l’allumage pour monter ou descendre.
- Le gain le plus important de la journée fut un virage voulu. Comme dans un second essai parfait il se trouva tout à coup à la limite du champ de manœuvre il se décida à manœuvrer son gouvernail de direction, et avec une précision frappante l’aéroplane se mit à donner de la bande comme un grand oiseau et commença un cercle d’environ 200 m. de rayon, incliné comme sur une piste de vélodrome. A la lin du virage il se trouvait marchant avec le vent à une grande vitesse et il y eut probablement un petit rabat qui le força à toucher la terre, mais doucement, sans choc, en roulant sur ses roues.
- Voilà le point précis où est arrivé M. Blériot : il tient dans ses mains une solution complète et par conséquent, après quelques essais pour augmenter le doigté nécessaire à la manœuvre, il pourra se mettre en ligne pour gagner tous les prix de f Aéro-Club. 11 aurait cependant intérêt à rétablir son gouvernail de profondeur,- car l’effet produit par le déplacement du centre de gravité, efficace cependant, est d'un contrôle plus difficile et plus délicat.
- Remarquons, en terminant, combien féconde est la méthode de l’essai personnel que nous avons toujours préconisée avant tout calcul : c’est cette année, avec son 4e appareil, que M. Blériot n’a plus soufferL de salariés dans son aéroplane : il a fait lui-même les essais et rapidement ils ont été probants, car chaque essai lui donnait une indication précise de ce qu’il y avait à corriger. C’est la condition du succès.
- Capitaine Feiuîer.
- UNE EXPOSITION AGRICOLE AU TOGO
- Les Allemands font de grands efforts pour développer l’agriculture au Togo et particulièrement pour accroître et améliorer l’industrie du colon. Le chemin de fer de pénétration qui part de Lomé et qui était en exploitation jusqu’à Noepe depuis un an et demi, a été prolongé jusqu’à Palime. La section nouvelle a été inaugurée le 27 janvier dernier par le gouvernement du Togo et, à cette occasion, on avait organisé une exposition agricole qui a duré du 27 au 51 janvier.
- Lomé, d’où part la ligne de pénétration, est le port principal du Togo et, depuis 1897, le siège du gouvernement au lieu de Sebbe. La ville compte actuellement 7000 habitants et possède des maisons en pierre. Un wharf rend le port accessible en tout temps. Le climat de Lomé est très sain.
- L’une- des stations de la ligne Àssahuri, est devenue, grâce au chemin de fer, un grand centre commercial où presque toutes les factoreries de Lomé ont des succursales.
- De Palime, le chemin de fer sera prolongé jusqu’à
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- Misahôhe et, sans doute, plus tard jusqu’à Àtakpame. En attendant on termine une route carrossable de Palime à Misahôhe.
- Palime, tenninus actuel du chemin de 1er, se trouvait bien choisi pour tenter de grouper, dans une exposition, les produits agricoles de la colonie. Les indigènes s’intéressèrent à cette idée, nouvelle pour eux, et l’exposition fut une véritable lete. 11 n’y eut pas moins de 5700 exposants. Le nombre des visiteurs s’éleva à 15 000, dont 8000 vinrent dès le premier jour.
- On put voir à l’exposition de nombreuses variétés de légumes, des céréales, des caoutchoucs de Kete Kralji, des spécimens de 46 essences de bois, envoyés par le directeur du cercle d’Atakpame, des chevaux de Sokode, des bœufs de trait de l’Ecole agricole indigène de Nuatclia.
- Mais l’intérêt se porta tout particulièrement sur le groupe 1, c’est-à-dire sur l’exposition cotonnière qui comptait 416 exposants, au premier rang desquels venaient le Comité colonial économique de la Compagnie du Togo et la Compagnie cotonnièi’e du Togo. En dehors de ces sociétés, c’étaient surtout les indigènes qui avaient exposé des échantillons de coton.
- La production du coton a pris, au cours de ces deux dernières années, un développement rapide. L’École cotonnière créée à Nuatcha par le Comité colonial économique et que le compte Zech, gouverneur du Togo, a transformée en école agricole indigène, a beaucoup contribué à celte extension. La multiplication des voies ferrées la favorisera considérablement.
- L’outillage agricole à fait de grands progrès; on s’occupe activement de propager l’usage de la charrue. Les égreneuses mécaniques et les presses hydrauliques pour la préparation des cotons, exposées à côté des anciens instruments maniés à la main, permettent une comparaison saisissante. A l’exposition figurait aussi une voiture automobile Daimler de 22 chevaux, qui est destinée à servir pour le transport du coton, entre Atakpame et Lomé, en attendant que le chemin de fer joigne ces deux points. Gustavk Regelsperger.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 juillet 1907.
- Présidence de M. Chauveau.
- Suractivité des levures alcooliques. — M. Maquenne analyse une Note de MM. Kayser et Marchand sur la vinification. Les levures, accoutumées aux sels de manganèse, activent la fermentation du lévulose plus que celle du glucose. Celte action s’exerce à des températures élevées, habituellement peu favorables à la vinification. 11 résulte de là que ces levures peuvent rendre des services dans les pays chauds en donnant des fermentations plus complètes et par conséquent des vins moins sucrés.
- Altitude de V Aconcagua. — En 1904, M. F. Schrader a déterminé l’altitude de l’Aconcagua, point culminant des Andes et de toute l’Amérique: au lieu de 7120 m. (Fitz Gerald, etc.) et 6970 m. (Güssfeldt), il a trouvé 6955 m.
- Séance du 5 août 1907.
- Présidence de M. PoinCaré.
- La présure des végétaux. — M. Roux présente une Note de M. Javillier sur la présure des végétaux. 11 s’agit
- sous ce nom des substances qui peuvent provoquer la coagulation du lait. L’auteur rappelle qu’il a déjà publié des études sur la présure dans un grand nombre de plantes telles que les graminées, les orchidées, les légumineuses, etc., avant que M. Gerber n’ait présenté son travail sur le même sujet. Aujourd’hui il s’occupe de la présure de l’ivraie. Celte substance olï're un maximum d’activité à 45°. D’autres présures ont un maximum d’activité à une température beaucoup plus élevée à 85° par exemple. 11 conclut que le «milieu» exerce une influence considérable sur l’activité des présures notamment par les sels qu’il peut renfermer.
- Liaison du bassin de Paris avec le Cotentin et VAllemagne. — M. Douvillé présente un travail de M. Roussac sur le tertiaire du Ilampshire (Angleterre). Il indique que, par sa position géographique, ce terrain paraît établir une liaison entre le bassin de Paris, le Cotentin et la Rasse-Loire d’une part, le nord de l’Allemagne d’autre part. Dans le bassin de Paris on rencontre, en effet, à différents niveaux, des intercalations de formations saumâtres lacustres. Ces intercalations sont commodes pour établir la stratigraphie du bassin ; il est difficile d’en trouver T équivalent dans les autres bassins. Dans le Ilampshire le calcaire grossier est jusqu’en haut d’origine marine. 11 est recouvert régulièrement par l’au-versien. M. Boussac a reconnu que sa faune ne diffère pas de celle du calcaire grossier moyen. Par conséquent lorsque dans un terrain on rencontrera une faune superposée à celle du calcaire grossier et en différant, il faudra T attribuer non au calcaire grossier, mais à l’auversien. C’est le cas pour la faune de Ronca (Vicenlin), pour celle de Roisgouet, pour celle du Cotentin. Comme vérification M. Boussac a retrouvé dans la partie supérieure de l’Au-versien de Bracklesham une faune de foraminifères identique à celle du Cotentin et de la Basse-Loire. A un niveau plus élevé M. Boussac a reconnu dans une couche fluvio-marine de lleadon l’intercalation par migration d’une faune caractérisant l’oligocène inférieure de l’Allemagne du Nord. C’est donc par son équivalent, c’est-à-dire-par les marnes supragypseuses qu’il faut faire commencer l’oligocène dans le bassin de Paris. Cn. de Villedeuil.
- FUSIL DE CHASSE AUTOMATIQUE
- Que de fois, les chasseurs, après avoir tiré les deux cartouches de leur fusil, ne voient-ils pas le gibier leur échapper, pendant qu’en toute hâte ils rechargent leur arme ! Que de fois aussi des chasseurs de fauves, par exemple, ne se sont-ils pas trouvés dans une situation critique parce qu’ils n’avaient plus le temps de recharger et qu’aucun fusil de rechange ne se trouvait à leur portée ! Il est évident, par suite, qu’une arme, permettant de tirer cinq à six coups de suite, sans recharger pourrait rendre de signalés services à certains disciples de Nemrod; l’ingéniosité des armuriers est parvenue récemment à réaliser quelques modèles de ce.genre, parmi lesquels le fusil Browning, décrit ci-dessous (fig. 1).
- Ce dernier est à fonctionnement automatique et basé sur les memes principes que ceux exposés précédemment1. La force du recul des gaz de la poudre
- 1 Voy. n° 1715 du 7 Avril 1906, p. 289.
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- produit automatiquement les divers mouvements de la charge : ouverture de la culasse, extraction et éjection de la douille vide, armement de l’appareil de percussion, introduction d’une nouvelle cartouche dans le canon et fermeture de la culasse. Le tireur n’a donc qu’à viser et presser la détente pour produire le départ successif des cinq cartouches que contient l’arme. Il en résulte que la rapidité du tir est augmentée, que la précision est aussi plus grande par suite de la suppression des mouvements du chargement, de la mise à l’armé et de la mise en position de l’arme exécutés sans que le tireur cesse de tenir son arme en joue; de plus, le recul est presque complètement supprimé.
- Le fusil Browning comporte une lermeture à verrou, sans chien apparent et sans aucune pièce de mécanisme saillante ; toutes les pièces mobiles sont renfermées dans une hoîte fermée à l’arrière, d’où sécurité complète pour le tireur et impossibilité des accidents si fréquents avec les fusils ordinaires. 11
- recul, en découvrant, sur le côté droit de la boite de culasse, une ouverture par laquelle la douille vide est éjectée hors de l’arme. Au commencement du recul, la première cartouche du magasin M se porte un peu en arrière et, au moment où le canon revient en place, elle avance vivement sur l’auget du transporteur F ; puis ce dernier se relève en plaçant la cartouche devant le verrou.
- D’autre part, ce mouvement de bascule du transporteur a pour elfet de décaler le verrou qui, chassé par la bielle G du ressort de fermeture, pousse la cartouche de l’auget dans la chambre, tandis que la même bielle fait engager la tête du crochet de fermeture dans la mortaise du canon, rétablissant ainsi la liaison entre ce dernier et le verrou. L’arme est prête pour le tir.
- Les cinq cartouches tirées, le verrou reste en arrière; pour le fermer, il suflit de presser un boulon placé sur le côté droit de la boîte.
- La détente actionne le chien II qui vient frapper
- n’a qu’une détente et un seul canon, disposition qui facilite la visée et favorise la justesse du tir, qui, dans les fusils à deux canons, peut être faussée par les dilatations inégales de ceux-ci par suite de leur échauffement ; il est très bien en main et parfaitement équilibré, ce qui contribue encore à assurer la précision et la rapidité du tir.
- Le chargement se fait au moyen d’un magasin contenant quatre cartouches et en en ajoutant une cinquième dans le canon.
- Le calibre 12 a été déterminé après de longs essais, en vue d’obtenir les meilleurs résultats, soit à la poudre sans fumée, soit à la poudre noire. Au départ du coup (fig. 2), le canon C et le verrou V sont rendus solidaires par le crochet de fermeture A dont la tête pénètre dans une mortaise correspondante du canon. Sous la pression des gaz, l’ensemble du canon et du verrou recule jusqu’au fond de la boîte de culasse B en comprimant le ressort de recul D et le ressort de fermeture E. A ce moment, la tête du crochet de fermeture se dégage et le canon, devenu libre, est ramené en avant par le ressort de
- le percuteur P; son dispositif empêche toute succession de plusieurs coups sous une seule pression du doigt ; en outre, il ne fonctionne que lorsque la tête du crochet de fermeture est entrée dans son logement et que l’arme est, par suite, complètement fermée.
- Une sûreté S est disposée dans la sous-garde, en avant de la détente; il suffit de la ramener en arrière, contre cette dernière pour l’immobiliser.
- Les cartouches employées doivent être aussi uniformes que possible, quoique la construction du fusil laisse d’assez grandes tolérances en ce qui concerne les conditions de chargement. Toute cartouche normale employée dans les autres fusils de même calibre, peut être utilisée, qu’elle soit chargée en poudre noire ou en poudre sans fumée.
- Pour le bon fonctionnement du mécanisme, il est essentiel que la longueur totale de la cartouche chargée et sertie ne soit pas inférieure à 57 mm., ni supérieure à 65 mm. L. G.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiüre, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1786. — 17 AOUT 1907.
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- L’INSTITUT DU COL D’OLEN (3000 MÈTRES)
- Au n° 1668 (15 mai 1905), à propos de l’Observatoire de la Punia Gnifetii (4560 m.), au mont Rose, nous rappelions l’état des principaux observatoires de montagnes. À celte liste il va falloir ajouter l’établissement de laboratoires scientifiques qui a été ouvert le 15 août et sera officiellement inauguré le 27 août, au col d’Olen, à 5000 m. d’altitude, juste au Sud du mont Rose, entre les vallées italiennes de Gressoney etd’Alagna (Val Sesia). 11 est dû à l’initiative de M. le professeur Angelo Mosso, de Turin, qui en sera le président et qui a bien voulu nous adresser la vue ci-jointe et les renseignements ci-après.
- Le but de l’établissement est d’élargir le champ
- M. Solvay a cédé ses deux postes à l’Université libre de Bruxelles; M. Mond, à la Société Royale de Londres, pour l’Angleterre; le J)1' P. De Yecchi, à la Faculté de médecine de Turin; le Siège central du Club Alpin Italien et la Section de Milan du môme Club en ont souscrit chacun un.
- L’Institut possède 100 000 m2 de terrain près du lac d’Olen. Les travauxontété commencés le 1er juillet 1905 et le bâtiment est maintenant achevé. 11 se compose d’un corps principal mesurant 26 m. de front et de deux corps avancés de 15 m. de côté. 11 a trois étages dépassant 10 m. de hauteur.
- Au rez-de-chaussée, entre les deux corps avancés
- Yuo de l’inslilul du col d’Olen.
- des recherches alpines scientifiques et de rendre celles-ci moins pénibles. Il a été construit grâce aux libéralités de la reine mère et du roi d’Italie, de MM. Solvay, Mond, de Vecchi, Pirelli, Angeli, et aux souscriptions de divers ministères italiens, du Club Alpin italien et des gouvernements de France, Allemagne, Autriche-Hongrie, Suisse, États-Unis (en tout 117504 francs).
- L'Institut du col d'Olen (tel est son nom) comprend divers laboratoires adaptés aux recherches de botanique, de bactériologie, de zoologie, de physiologie, de physique terrestre, de météorologie; il a été alloué une chambre pour logement et une table pour l’étude dans les laboratoires aux Gouvernements et aux Institutions qui ont souscrit 5000 francs.
- Deux postes d’étude ont été pris ainsi par la France, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Suisse et un par l’Académie des sciences de Washington avec l'Elisabeth Thompson Science Found.
- 35e année. — 2° semestre.
- occupés par les laboratoires de physiologie et de bactériologie, il y a une terrasse, sous laquelle se trouvent des locaux-magasins. Les deux laboratoires ont 7,60 m. de longueur sur 5,50 m. de largeur. En arrière, se trouvent les laboratoires de botanique et zoologie, la salle à manger, la cuisine, un atelier et magasin pour les instruments et les verres, et diverses pièces.
- Le premier étage comprend la bibliothèque et quinze chambres à coucher.
- Le second étage est consacré aux études météorologiques et de la physique terrestre.
- Une construction en bois, située à côté, sert de logement au personnel de service.
- Chacun des inscrits aura gratis une chambre meublée pour son logement, une place dans les laboratoires, et la disposition des locaux et des moyens d’études de l’Institut, la bibliothèque, la salle à manger.
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- Pour les recherches d’histologie on devra apporter, les microscopes, et, en général, tous les instruments spéciaux qui ne sont pas d’un usage commun.
- En tout cas, il sera toujours bon de se renseigner auprès du directeur de l’Institut du col d’Olen, l)1 Aggazzotli (Corso Ralîaello, 50, Turin), sur les instruments disponibles pour les diverses recherches.
- Pour les frais d’éclairage, le linge de la chambre, le gaz dans le laboratoire et le service en général, oh a fixé provisoirement une quote-part journalière de 2 francs. Pour le chauffage, la dépense sera au prorata de la consommation.
- Toutes les demandes pour occuper un poste dans les laboratoires du col d’Olen devront être adressées au président de la Commission, professeur À. Mosso (Corso Ralîaello, 50, Turin), en indiquant l’objet des recherches projetées, la date proposée et Tés instruments requis. Toute demande devra être accompagnéè de l’approbation de l’Institut ou du Gouvernement titulaire du poste.
- Les laboratoires du monte Rosa forment donc une station internationale de recherches scientifiques, parfaitement organisée et certainement appelée à
- rendre les plus utiles servicès. ' E'.-A. Martel.
- * t . . ...
- UN PROGRAMME DE RECHERCHES ETHNOGRAPHIQUES
- On sait les merveilles accomplies par les services qui sont, aux Etats-Unis, chargés de l’exploration ethnographique des territoires intérieurs et extérieurs de l’Union. 11 n’est pas sans intérêt de connaître dans quelles directions et suivant quels principes travaillent les nombreux savants que le généreux National Muséum dépêche annuellement sur le terrain avec de précieux et précis questionnaires. Une excellente occasion nous en est fournie par la publication, dans les séries de la Smithsonian Institution, d’une petite plaquette datée de 1902, et qui vient seulement de nous parvenir, attestant que l’habitude de paraître en retard n’est pas seulement le fait des publications européennes. Ce petit travail, oeuvre de M. W. II. Holmes, du département d’Anthropologie, et de M. 0. T. Mason, du département d’Ethnologic (tous deux de ki Smithsonian), porte le titre : Instructions pour collecteurs de spécimens historiques et anthropologiques1 ; c’est-dire qu’il s’agit d’un véritable guide pratique, et cette portée est encore accentuée par le sous-titre qui le destine expressément à ceux qui travaillent dans les possessions insulaires de l’Union. Mais cette modestie dans l’abord ne masque pas une portée générale infiniment plus grande.
- Ce que, disent les auteurs, la Sm. Ins. veut tirer pour le National Muséum des récentes acquisitions insulaires deTa République, c’est deux ordres d’objets : 1° ceux qui touchent aux choses et aux personnes en rapport avec l’histoire nationale de l’Union; 2° ceux qui retirent à Y Anthropologie, c’est-à-dire aux peuples et surtout aux tribus primitives, occasionnellement en contact avec l’homme blanc.
- Les collections anthropologiques, qui seules nous intéressent ici, sont de trois espèces : des choses ou échantillons ; des photographies ou des dessins ; des rapports et des descriptions; et, d’autre part, il faut distinguer, dans ces trois espèces, ce qui a trait au corps de l’homme (somatologie) et ce qui a traita ses mœurs (ethnologie). Les observations d’ordre somatologique comprennent : des observations sur le vif (coloration de la peau, des cheveux, des yeux; type de la coiffure; forme de la tête, des pieds, des mains, etc. ; déformation et mutilation; mesures de la taille, delà tête, etc. ; prélèvement d’échantillons de chevelure) ; des collections anatomiques (crânes
- 1 Washington. Government Printing Office, 1902. La préoccupation visible des auteurs est les Philippines. M. Mason a également publié en quelques pages un guide pour les collecteurs de vanneries américaines, .qui est, lui aussi, un véritable modèle.
- normaux, anormaux, déformés) ; des indications physiologiques (mode de vie en santé et en maladie; physio-psychologic).
- Passons aux collections ethnologiques. On ne perdra pas de vue, en les formant, les principes suivants : 1° ne jamais rejeter un objet parce qu’il est grossier ou pas beau ; 2° s’astreindre à la patience sur le terrain pour éviter la confusion dans la nomenclature : assigner chaque échantillon à sa tribu, noter toujours quelle sorte d’unité exprime le nom de la tribu : de race (sang), de langage, de politique, d’habitat, etc. ; o° étiqueter chaque pièce, etc.
- Ceci dit, les points de vue intéressants pour l’ethnographe peuvent se classer comme suit :
- 1° Les arts usuels et les métiers; 2° Les moyens de communication ; 5° La vie sociale ; 4° La culture esthétique; 5° La science; 0° La religion ; 7° Le milieu.
- Chacune de ces classes veut quelques mots.
- 1° Les arts usuels et les métiers. — C’est tout ce qui se rapporte aux rubriques suivantes : nourriture, boissons, narcotiques, drogues, médecines, habillement et parure, accessoires de toilette, habitations et constructions diverses, ustensiles, outillage, art primitif de l’ingénieur, utilisation des forces naturelles, travail de la pierre, art céramique, métallurgie, sculpture sur bois, industrie textile, agriculture, meunerie, chasse, pêche, utilisation des produits animaux, préparation des viandes, peinture et teinture, moyens de transport sur terre et sur eau, systèmes de mesures, commerce.
- 2° Moyens de communication. — Étude des vocabulaires, des écritures, des signes, dés moyens pédagogiques. .
- 3P Vie sociale. — Elle doit être examinée dans toutes ses formes : la famille, l’organisation politique, la puissance militaire et navale, le droit, les cours de justice, l’administration, les mœurs, les unions, etc.
- 4° Culture esthétique. — Noter et recueillir tout ce qui touche au costume, à la musique, aux arts graphiques, à la sculpture et à la gravure, à la céramique, au travail des métaux et des tissus, au jardinage, ainsi qu’aux cérémonies publiques ou aux manifestations collectives : représentations, palabres, littérature, danses, etc.
- 5° La science. — Ce n’est pas, en effet, une invention récente de l’esprit, une acquisition des Grecs ou des Chaldéens. 11 y a eu et il y a, chez tous les peuples, des hommes sages et une supériorité intellectuelle. Des connaissances sur la nature des choses, des systèmes d’explication sont transmis par la tradition, des pères aux fils,
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- cristallisés cil dictons et en proverbes, et forment un commencement de connaissances objectives, déjà scientifiques, coordonnées en philosophie.
- 0° Les religions. — On examinera tour à tour, disent MM. Holmes et Mason,le panthéon, le sacerdoce, les lieux sacrés, le culte, la religion privée, la littérature religieuse, en recueillant naturellement soit les objets mêmes, soit leur reproduction à une certaine échelle, ou des photographies, et tous les textes religieux aux sources mêmes, de la bouche et, si possible, sous la dictée des prêtres.
- 7° Le milieu. — Ce sera l’étude et la notation du milieu céleste, géologique, météorologique, minéralogique, botanique et zoologique, parmi quoi se réalise la culture du peuple qu’on envisage ; on reconnaît ici, mais sous une forme non exclusive qui les rend acceptables, les préoccupations des anlhropogéographes.
- François de Caritène.
- PRÉPARATION DU CAMPHRE
- et ses applications
- L’industrie du camphre, par l’extension de ses applications et par ses méthodes de synthèse, est actuellement à l’ordre du jour; aussi le Journal of the Society of lhe Chemical Induslry a-t-il consacré dernièrement à son étude d’assez nombreux articles dont nous croyons intéressant d’extraire les renseignements suivants à l’intention des lecteurs de La Nature.
- L’usage du camphre est très ancien; un ouvrage du Tbibel, publié au vm° siècle, mentionne le camphre employé comme remède par les Hindous, sous le nom de Karpura. L’usage du camphre passa de l’Hindoustan en Arabie et, dans la littérature arabe du vie siècle, il est question du camphre. À partir de cette époque, il est regardé comme un corps précieux, des plus rares, et employé comme parfum et comme drogue en Perse, à Babylone, à Byzance.
- En 1690, l’explorateur Engebbcrl Kæmpfer, qui visita le Japon, décrit l’arbre Laurus camphorifera qu’il déclare être complètement différent de celui qui fournit le camphre de Bornéo.
- Les ouvrages pharmacologiques chinois et persans parlent du camphre, qui était utilisé comme remède à une foule de maladies.
- Les pays de production du camphre sont : la Chine, le Japon et ï’île de Formose. C’est cette dernière qui fournissait le plus de camphre, mais la production en était soumise au contrôle de la Chine qui, par ses négligences administratives, amena une diminution considérable dans la récolte. Depuis la guerre sino-japonaise, le Japon a pris la surveillance de la culture et c’est ce pays qui maintenant détient le marché.
- Le camphre est produit par un arbre de la famille des Lauracées qui croît également en Australie, au Mexique, dans la Floride, dans les Andes. Le camphre résulte d’un certain processus physiologique qui s’accomplit dans la plante et qui n’est pas encore connu.
- La production du camphre n’est pas régulière ; elle semble résulter de certaines conditions pathologiques, de sorte qu’il ne peut pas être question de rendement avant de connaître à fond le mécanisme de cette formation.
- L’extraction du camphre se fait en soumettant les copeaux du bois à l’action d’un courant de vapeur d’eau. On obtient ainsi une poudre humide grise qui constitue
- le camphre brut du commerce et dont les principales impuretés sont l’eau, l’huile de camphre, certains débris de sable, de fer, de bois, etc. Les deux premières sont les plus gênantes pour le raffineur; on les sépare par centrifugation. La purification du camphre débarrassé de ces corps se fait par sublimation, en chauffant le camphre avec de la chaux et du noir animal dans des marmites en fer recouvertes d’un couvercle sur lequel se dépose le produit pur.
- Etant donné le prix relativement élevé atteint dernièrement par le camphre, surtout pendant la guerre russo-japonaise, on a cherché depuis longtemps à en réaliser la synthèse, dont il existe plusieurs procédés; voici le plus important :
- L’essence de térébenthine, traitée par l’acide chlorhydrique dans diverses conditions déterminées, donne du chlorhydrate de pinène, dont on peut enlever l’acide chlorhydrique par l’action d’un grand nombre de substances : mélhylainine, pipérazine, pipéridine, ammoniaque en présence de stéarate alcalin, acétate de plomb, etc., ce qui régénère du camphène Cl0ll1G. Celui-ci, chauffé avec de l’acide acétique en présence d’acide sulfurique, donne de l’acétate d’isobornyle, que l’oxydation par l’acide chromique ou l’acide nitrique transforme directement en camphre. On obtient ainsi la succession des corps suivants :
- Qi°Hio C10ll17 (G2 ll30*) C1011I80
- Camphène. Acétate d’isobornyle. Camphre.
- D’ailleurs, s’il se produisait dans le prix du camphre une baisse qui ramène ce prix à ce qu’il était en 1900, il est douteux que le camphre synthétique puisse rivaliser avec le produit naturel.
- Quoi qu’il en soit, en dehors de la conservation de divers produits, la presque totalité du camphre produit actuellement sert dans l’industrie du celluloïd. Ce dernier est obtenu en dissolvant un mélange de nilrocellulose et de camphre dans l’alcool de grains. En laminant ce mélange entre des cylindres légèrement chauffés, on obtient des feuilles de celluloïd qui sont ensuite moulées par compression. L’idée courante qui attribue au camphre un grand intérêt pour la fabrication des explosifs1 et des poudres sans fumée doit être considérée comme erronée.
- A. H.
- LE PORT FLUVIAL
- LE PLUS IMPORTANT DU MONDE
- C’est en Allemagne naturellement qu’on' le; trouve; dans ce pays, on a eu cette heureuse chance de posséder des fleuves à faible pente, à fort tirant d’eau,_ dont la mise en état n’a pas entraîné de très grosses dépenses, et où la navigation intérieure peut se faire dans des conditions tout exceptionnelles, notamment au point de vue de la rapidité. Le port en question est formé par les deux établissements, jumeaux pour ainsi dire, de Duisbourg et de Ruhrort, situés au confluent de la Ruhr et du Rhin ; ils servent tout particulièrement au transbordement des charbons du bassin de la Ruhr, et leur trafic cumulé est de 13 600 000 tonnes, dont près de 7 1/2 rien que pour Ruhrort. Si l’on y ajoute le port de llochfeld, qui fait en réalité partie du même ensemble, on arrive au total extraordinaire de plus de 16 millions de tonnes.
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- d’avoir lieu à Londres, a félicité la compagnie du Great Western Railway d’avoir adopté, à titre d’essai, un système de signal électrique, installé sur certaines locomotives.
- Cet appareil parait appelé à rendre de grands services ; il évitera certainement beaucoup d’accidents. Le système est très simple et d’un mécanisme plutôt élémentaire ; s’il donne les bons résultats qu’on est en droit d’en attendre, on pourra considérer qu’il aura solutionné un problème difficile : celui de communiquer, par les temps de brouillard ou par les tourmentes de neiges, avec les conducteurs des locomotives. Les épais brouillards, si fréquents dans certaines régions de l’Angleterre, rendent souvent les signaux optiques nuis; leurs lampes et lanternes ne peuvent rien contre les pea soup fogs (brouillards à la purée de pois).
- Le système des pétards et des détonateurs offre de grands inconvénients et ne réussit pas toujours ; car l’humidité, qui se dégage des brouillards de longue durée, ou les pluies, qui tombent entre deux brouillards, peuvent priver les explosifs de leurs qualités et en annihiler les effets. Les tourmentes de neige détériorent aussi les poudres. Le mécanicien peut donc passer auprès d’un signal sans être avisé que la voie est fermée, puisqu’il lui est impossible de voir ce qui se passe autour de lui et puisque le pétard, indicateur du danger, n’aura pas détoné.
- On a donc pensé, dans les bureaux techniques du Great Western, pour obvier à ces graves inconvénients, que la seule solution sérieuse est de faire répéter les indications du sémaphore par un appareil mécanique, fonctionnant automatiquement, placé sur la
- plate-forme môme de la locomotive. Le dispositif mis à l’essai fonctionne en toutes circonstances, par temps clair ou sombre, pluvieux ou sec, orageux ou serein.
- Cet appareil, à la fois acoustique et optique, emploie une sonnette électrique qui ne peut manquer d’être entendue par le mécanicien et par le chauffeur. Il est muni d’un sifflet ou d’une sirène, pour annoncer le danger ou indiquer (pie la voie n’est pas libre ;
- une sonnerie fonctionne pour dire que la voie est ouverte et que l’indication précédente se trouve corrigée et nulle. Les indicateurs marchent automatiquement jusqu’à ce que, le mécanicien les ayant entendus, il les arrête lui-même ; ils sont manœuvré s_, comme les sémaphores optiques, à grande distance, par les cabines d’aiguillage et de signaux, ou les postes-vigies situés en pleine voie.
- Le système mis en service par la Compagnie du Great Western est très simple ; il se compose de deux organes : l’appareil de commande, installé au milieu de la voie, dans l’axe, à égale distance des deux rails; l’appareil récepteur, qui est aménagé sur la locomotive.
- L’appareil transmetteur ou organe de commande est formé d’une partie fixe et d’un plateau mobile. La partie fixe est construite avec une double plate-bande en fer, d’une vingtaine de mètres de longueur montée sur chaque traverse au moyen de forts tire-fonds. Des coussinets en acier, d’un dessin spécial, assemblent entre elles les deux plates-bandes de repos et supportent, en même temps, une forte cornière en acier sur laquelle ils sont rivés. L’ensemble de ce bâti métallique, qui s’élève à environ 20 centimètres au-dessus du ballast de la voie, reçoit un plateau mobile en fer à T, dont l’aile unique repose sur le
- SIGNAL ELECTRIQUE SUR LOCOMOTIVES
- Le Congrès des Ingénieurs anglais, qui vient
- Fig. 1. — Locomotive arrivant sur le bâti du transmetteur.
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- bâti, l’Ame du 1er étant perpendiculaire à la voie.
- Ce plateau mobile manœuvre de bas en liant; il est actionné par une commande électrique, reliée aux câbles de manœuvre du sémaphore dont il dépend. Le plateau mobile répète les signaux du poteau optique, c’est-à-dire qu’il s’élève de 10 à 15 centimètres du-dessus du bâti, quand le bras du sémaphore indique que la voie est fermée, et qu’il redescend pour reprendre sa position normale de repos, lorsque le signal optique annonce que la voie est libre.
- L’ensemble de l’appareil transmetteur — bâti et plateau mobile
- — donne l’impression d’un troisième rail, beaucoup plus important que les deux autres, qui serait placé dans l’axe de la voie.
- E xaminons maintenant le mécanisme et le fonctionnement du dispositif récepteur placé sur la locomotive. Un sabot en acier fondu est adapté sur le châssis à l’arrière de la locomotive. Celte semelle de contact— shoe contact, comme disent les Anglais
- — fonctionne de bas en haut; elle descend au-dessous du niveau supérieur du rail et se trouve installée de telle manière qu’elle devra rencontrer le bâti de l’appareil transmetteur, situé dans l’axe de la voie, chaque fois que la locomotive passera au-dessus de l’un de ces engins. Si le plateau mobile, dont nous avons parlé, est baissé, la semelle de contact ne s’élèvera que d’un degré ; elle fera alors fonctionner la sonnerie électrique, et le mécanicien saura que la voie est ouverte au train qu’il pilote. Si, au contraire, la voie est fermée, le plateau sera surélevé ; le sabot-contact de la locomotive rencontrera une résistance plus grande, il s’élèvera plus haut et fera marcher le sifflet ou la sirène, suivant que l’un ou l’autre de ces signaux acoustiques aura été installé. Le mécanicien saura alors que la ligne est bloquée; quelque forts que soient les bruits, quelque dense que puisse ^être
- l'obscurité qui entoure le train, ces signaux ne pourront pas échapper au mécanicien.
- L’appareil fonctionne automatiquement et électriquement. Les piles sont renfermées dans une caisse métallique bien étanche; elles sont placées à côté du sabot, sous la plate-forme de la machine, où elles se trouvent à l’abri des influences atmosphériques et des intempéries des saisons.
- La boite sémaphorique qui est installée sur la machine à côté des appareils de manœuvre, sur l’abri du mécanicien, à la droite de celui-ci, est une belle
- pièce de mécanique de précision. La description en serait trop longue; disons simplement qu’à la partie supérieure se trouve le timbre métallique de la sonnerie et que le sifflet ou sirène est monté sur la gauche. Pour qu’il n’existe aucune confusion dans la signification de ces deux signaux, en même temps que fonctionne le sifflet, une plaque portant l’inscription « danger » se présente sur la façade de la boîte.
- Les compagnies des chemins de fer anglais, en même temps qu’elles cherchent à donner le plus de rapidité possible à leurs trains, mettent en action les moyens qui leur permettent de donner aux voyageurs le plus de garanties et de sécurité possibles. Nous avons parlé1 de la grande cabine-vigie de la gare de Crewe North-Junction ; aujourd’hui, nous avons décrit le signal automatique et électrique des locomotives du Great Western; prochainement, nous aurons l’occasion de parler d’une école d’aiguillage qui vient d’être fondée à Paddington. Ces dispositions et agencements assurent aux chemins de fer anglais une très grande sécurité; ils expliquent comment il se fait que, dans ce pays où les chemins de fer circulent en tous sens, les accidents soient si peu nombreux.
- WlLL DaRVILLÉ.
- 1 Yoy. Informations, n° 1781 du 13 juillet 1907.
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- LES « CATTLOES » DU FAR-WEST
- L’ancien ministre de l’agriculture de Russie, M. A. Yermoloff, nous apprenait récemment que des essais de croisement entre bisons de Lithuanie et vaches domestiques promettaient de donner des résultats. Il signalait que des essais analogues avaient été tentés aux États-Unis, et avec plein succès. Le savant correspondant de l’Institut parlait en connaissance de cause, comme en témoigne l’enquête que nous avons ouverte aussitôt par l’intermédiaire de plusieurs de nos lecteurs américains.
- Les métis de bonasus Americamis et de bœufs domestiques sont déjà devenus assez nombreux pour qu’un terme ait été forgé à leur intention : dans le Far-West, on ne les désigne plus que sous le nom de ëcitlio, où nous retrouvons la première syllabe de caille (bétail) et la dernière de buffalo (bison).
- Qu’il nous soit permis de remercier tout spécialement M. Gordon W. Lillie pour les renseignements très précis qu’il a bien voulu nous adresser sur cette intéressante question; il'était particulièrement autorisé à la traiter.
- « Pawnee Bill », pour donner ici à l’ex-officier américain le surnom sous lequel il est universellement connu dans l’intérieur des Etats-Unis, et qui rappelle ses glorieux exploits contre les irréductibles Sioux, a consacré son énergie et son activité au « sauvetage » des derniers bisons, réduits, comme nous l’avons déjà enregistré, à un millier d’individus, presque tous recueillis par les jardins zoologiques des deux mondes, à l’exception de quelques bandes devenues la propriété de grands éleveurs du Far-West.
- « Pawnee Bill » est du nombre. Sur son ranch, à Pawnee, dans l’Oklahoma, il se glorifie à juste
- titre d’avoir pu rassembler un troupeau de 55 bisons, qui lui ont permis de tenter des essais de croisement que le Ministère de l’Agriculture des Etats-Unis a encouragés de toute son influence. Un chiffre donnera une idée des dépenses qu’entraînèrent pour l’ex-major ses courageuses tentatives : le chef de son troupeau, le plus beau bison actuellement en existence, lui a coûté J 5 000 francs. Un richissime amateur lui en offrit vainement 50 000 francs l’an dernier !
- Les essais de croisement poursuivis depuis vingt ans en Amérique semblent avoir établi que la face domestique qui donne les meilleurs résultats est celle de Galloway, à robe noire. Les Jersey produisent un plus grand pourcentage de veaux, mais les poils des métis sont moins longs et moins fournis. Les bœufs du Texas, caractérisés par la longueur des cornes et leur massive ossature, donnent de meilleurs résultats; mais la robe est abîmée par des
- traînées blanches rif5? le long du dos et en travers des flancs.
- Au contraire; le catllo qui a pour père ou pour mère un Galloway de pure race est orné d’une robe qui diffère peu de celle du buffalo. Les poils sont longs, soyeux, lustrés, mais légèrement plus noirs que la toison ancestrale. En somme, la ressemblance approche à ce point de la perfection que des fourreurs expérimentés ont acheté leur poids d’or des fourrures de ca'ltloes qu’ils avaient prises pour de vraies robes, terme réservé dans le Far-West à la dépouille, devenue rarissime, des anciens « rois de la Prairie ».
- Nous l’avons indiqué : la nouvelle industrie en-
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- traîne de gros débours, et les difficultés que rencontre l’éleveur de catlloes sont considérables. Les veaux meurent peu après leur naissance dans l’énorme proportion de 60 pour 100. On attribue la mortalité à la destruction d’une certaine graminée, appelée dans le Far-West buffalo-grass (herbe-à-bison), et qui formait presque exclusivement la nourriture de ces grands bovidés, quand leurs immenses troupeaux erraient librement dans la Prairie. Les adultes prisonniers ont pu s’habituer à une nouvelle alimentation; mais l’estomac des nouveau-nés supporte difficilement l’épreuve. Parmi (>.es adultes, la mortalité est énorme, même quand ils jouissent d’une semi-liberté, comme la bande de Bronx-Park (près New York), qui, lâchée dans un
- vaste emplacement, fait de bois et de prairies, ne compte plus que quelques individus étiques.
- Souhaitons que M. Gordon W. Lillie voie se réaliser avant peu le projet qu’il a présenté au Congrès Américain : l’achat par le Gouvernement d’un vaste territoire, les Great Slaked Plains, qui fit partie de l’habitat des hordes de bisons, et où le buffalo-grass, pousse encore en abondance. Dans cette réservation où le sol, impropre à la culture ou à l’élevage, ne possède qu’une valeur nominale, seraient réunis tous les bisons encore vivants.
- Sous l’égide, ou même sous la direction du Gou vernement Américain, ce territoire deviendrait comme une vaste manufacture de catlloes.
- Y. Foiuun.
- LE CREUSEMENT DU CANAL DE PANAMA
- Si l’on en jugeait seulement par l’enthousiasme des Américains, il semblerait que le creusement du canal de Panama ne soit plus qu’une affaire de peu de temps : le Président de la Confédération, à la suite d’une visite retentissante dans l’Isthme, n’a-t-il pas écrit : « Je suis convaincu du succès de l’entreprise, autant qu’on peut l’être d’une entreprise p® ~ humaine ». Il est pour- p tant bien probable que, dans l’exécution de ce travail, qui a coûté tant de millions et causé tant de déboires aux Compagnies françaises, les Yankees ne seront pas, eux non plus, sans rencontrer des difficultés terribles, dont ils ne sont sans doute pas près de sortir.
- Pour se rendre compte de ces difficultés, et pour juger aussi de la façon dont les ingénieurs américains prétendent résoudre le problème auquel nos compatriotes s’étaient attaqués, il faut connaître tout à
- la fois le plan qui a été adopté pour l’exécution du canal, et aussi les conditions dans lesquelles les travaux ont été entrepris et les chantiers organisés. Nous rappellerons d’ailleurs que l’ancienne Compagnie française avait réussi à excaver 15 millions de mètres cubes à la fin de 1885, à raison de 1 million de mètres par mois, du moins vers la fin de cette année. Ce sont des chiffres à retenir, poulies comparer avec les déblais qui se poursuivent actuellement dans l’Isthme.
- On sait combien les Américains ont été longs à se décider en faveur de Panama, beaucoup de gens influents voulant qu’on choisît la route du Nicaragua. Nombre de Commissions ont examiné les choses sur place, et l’on en est arrivé finalement au rachat des anciens travaux des Français, et à la pré-
- Fig. 1. — Le vieux matériel français.
- paration du plan d’exécution. Nous reconnaissons, du reste, que les Américains ont procédé fort méthodiquement en la matière, et qu’avant de s’attaquer à l’exécution, ils se sont livrés à de multiples études sur le terrain ; ils ont essayé minutieusement ce que pouvait donner l’ancien matériel encore utilisable provenant de P entreprise française; et ils ont, de plus, pris des mesures pour améliorer considérablement l’état sanitaire des chantiers qui allaient s’ouvrir ou se rouvrir. Toute l’année 1905 et une
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- partie de l’année 1906 ont été consacrées à des essais du vieux matériel, qui formait un effectif respectable de machines diverses. On y comptait 240 locomotives légères, qui étaient encore en fort bon état (ce qui n’a pas empêché de commander 150 machines américaines plus fortes) ; puis 5000 wagonnets, qu’on a jugés trop petits, et auxquels on résolut de substituer avec raison des plates-formes ii déchargement mécanique. Il y avait aussi toute une série d’excavateurs à godets, des grues tournantes ; mais on a décidé de se servir plutôt de dragues à cuiller ou d’excavateurs du môme genre.
- à l’entreprise du canal ce mauvais état hygiénique, se mirent à drainer de tous côtés, à assainir les maisons par des fumigations, à répandre du pétrole sur les mares, etc. On dessécha des marais, on releva d’énormes surfaces au-dessus de leur niveau primitif, on supprima tout ce qui donnait asile aux moustiques : on a pavé une foule de voies avec des briques vitrifiées. On a construit des maisons pour le personnel ou les ouvriers, en munissant de toile métallique toutes les ouvertures ; autour des campements, on coupe et brûle sans cesse la végétation, et un corps spécial sanitaire est continuellement à la
- Fig. 2.
- Excavateur à cuiller ail travail.
- Il est bon de dire que seul le matériel qui se trouvait dans l’intérieur des terres était demeuré en bon état ; pour les dragues, par exemple, qu’on avait laissées près du littoral, il n’y avait plus qu’à les mettre à la ferraille.
- Un peu comme ils l’ont fait, et avec succès, à Cuba, les Américains se sont attaqués vigoureusement au problème de l’assainissement de l’isthme, des parages où devaient s’exécuter les travaux et qui avaient coûté tant de vies jadis. Il n’y a pas encore longtemps, Colon n’était guère autre chose qu’un marais ; une partie de l’agglomération était au-dessous du niveau de la mer et, de côté et d’autre, on rencontrait des mares nauséabondes où pullulaient les moustiques. Panama possédait quelques rues pavées; mais, dès qu’on quittait les voies principales, on se heurtait de toutes parts à des ordures ménagères, et ici aussi les moustiques avaient beau jeu. Les Yankees, qui ont une véritable terreur de la fièvre jaune, et qui pressentaient ce que pourrait coûter
- Fi». 3.
- Excavateur ordinaire.
- besogne
- Fig. L — Drague creusant le chenal d’accès.
- Au point de vue pratique, on aurait vu diminuer et s’arrêter presque l’arrivée des gens de la Jamaïque et de la Barbade, fournissant la main-d’œuvre aux travaux, si l’on ne s’était pas arrangé de manière à abaisser la mortalité et la morbidité qui les frappaient. Nous aurions voulu ajouter des détails sur les conditions particulièrement intéressantes dans lesquelles ont été installés les hôtels et les économats, qui fournissent ou fourniront à bon compte aux 25 000 employés du canal tout ce dont ils auront besoin.
- On avait commencé d’exécuter ces mesures préparatoires avant même qu’on eût décidé au Congrès, c’est-à-dire au Parlement, le plan exact que l’on suivrait dans l’établissement du canal; comme jadis, lorsque l’idée première de cette voie avait été lancée, il y avait en effet des partisans du canal à niveau et des partisans du canal à écluses. La Commission d’ingénieurs qui avait été longuement étudier sur place le projet, s’était elle-même partagée à ce
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- sujet : sa majorité voulait du canal à niveau sans écluses, tandis que la minorité recommandait les écluses, avec bief de partage par conséquent. Décision bizarre au premier abord, c’est finalement à l’avis de la minorité que s’est rallié le Parlement : il faut dire que c’était aussi l’avis de la Commission militaire (cette voie ayant une grande importance navale) et du Président de la République. On estime que le canal à écluses coûtera moitié moins cher que le canal à niveau, tout en entraînant une dépense de 700 millions de francs; on croit qu’il ne demandera pas plus de 9 ans pour son
- mot, on se trouvera au môme niveau que dans le grand lac. Du côté de l’Atlantique, une série d’écluses permettront aux navires d’arriver à cette hauteur, écluses qui seront en double, comme sur tout le canal. Elles auront, au moins provisoirement, une longueur de 274 m. à peu près sur 29 de large, avec faculté d’être agrandies au moment où le besoin s’en fera sentir, et suivant un dispositif ingénieux que nous ne pouvons indiquer. (Ce sont là des données qu’il ne faut pas considérer comme ne varielur ; car, si les lignes générales du projet sont arrêtées, il y a encore bien des flottements et des modifications
- Fig. 5. — Exécution actuelle de la tranchée.
- exécution, alors qu’il faudrait bien une quinzaine d’années pour l’autre type de canal.
- La caractéristique du projet auquel on s’est dès maintenant attaqué, c’est la fermeture de la vallée du Rio Chagres au moyen d’un barrage éclusé établi à Gatun, point situé à 15 km de Rohio, du côté de l’Atlantique. La construction de cet ouvrage aura pour conséquence la création d’un grand lac d’eau douce, d’une superficie de 26 000 hectares, et dont le niveau sera à près de 26 m. au-dessus de celui de la mer. On comprend que cela a l’avantage de relever le plan d’eau jusqu’à la fameuse tranchée de la Culebra, dans de telles conditions que celle-ci n’aura pas besoin d’être creusée très profondément, et que, par suite, le volume des déblais à excaver sera étrangement réduit. Au passage de la Culebra, en un
- à prévoir encours d’exécution. C’est du reste à cause de l’indécision qui a régné longtemps, et qui règne encore quelque peu, que nous avions remis l’étude de cette énorme entreprise).
- La descente du côté de l’océan Pacifique se fera par un premier couple d’écluses, installées à Pedro Miguel, la différence de niveau devant être ici d’un peu plus de 9 m. A la suite de ce passage, on créera un autre lac artificiel, de dimensions relativement fort modestes, qui constituera encore une section à grande largeur et grand tirant, où la navigation pourra se faire à assez bonne allure. Les barrages qui formeront ce lac en fermant la vallée du Rio Grande, se trouveront à la Roca; le lac, dit de Soza, sera relié par une écluse double à la baie de Panama. Naturellement, le travail le plus intéressant de ce
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- canal à écluses sera l’immense barrage de Galun. 11 doit se trouver sur l’argile durcie, et les ingénieurs ont confiance dans sa solidité, bien qu’il doive être en terre, et que les tremblements de terre soient à craindre dans cette région. Cette digue n’aura pas moins de 2350 m. de long, avec une largeur à la crête de 50,50 m., et une largeur de base qu’on portera à 800 m. sur certaines parties. Le sommet en sera à 15 m. au-dessus du niveau de l’eau dans le lac. Ce niveau sera réglé par des écluses du type Stoney, qui pourront débiter 4000 m3 à la seconde. Ce seul barrage, avec ses ouvrages de décharge, est estimé devoir coûter près de 40 millions de francs, et il n’y a pas lieu de s’étonner de ce chiffre. Il est évident que, dans le lac même, on n’aura guère de travaux d’excavation à exécuter. D’ailleurs, et bien que l’adoption du dispositif à écluses réduise il peu près de moitié le volume des déblais qu’on avait prévus jadis comme devant être enlevés dans la tranchée de la Culcbra, il n’en reste pas moins que celle-ci nécessitera l’enlèvement de 41 millions de mètres cubes.
- Nous pouvons compléter ces indications rapides, tout d’abord en disant que, du coté de l’Atlantique, le canal se dirigera directement à travers la baie de Limon jusqu’à atteindre les grandes profondeurs de l’Océan : ce sera une partie bien facile à creuser. Voici, de plus, quelques indications sur le profil du canal dans l’intérieur des terres, aux différents points de son développement. Dans cette portion maritime dont nous venons de parler, entre Colon et l’embouchure de la rivière Mindi, le chenal aura 150 m. de large pour un peu moins de 15 m. de profondeur; les vases et terres peu consistantes enlevées seront transportées en partie pour former le massif de la digue de Gatun. On trouvera mêmes dimensions jusqu’aux écluses d’entrée dans le lac Central ; ici, la largeur du chenal navigable sera ramenée à 90 m. sur certains points: et cela sera suffisant, parce que ce chenal sera noyé pour .ainsi dire au milieu d’une nappe d’eau qui, sans présenter la même profondeur, est estimée devoir rendre facile le déplacement à bonne allure des navires. (Il n’est pas démontré qu’on ne se fasse pas à cet égard quelques illusions). On se réserve de réduire à 60 m. seulement la largeur de la voie dans Ja tranchée de la Culebra; et, sur ce parcours de plus de 7 km, il est évident que les navires perdront un temps considérable, étant donnée la faible vitesse à laquelle ils pourront marcher. Du côté de Panama, dans la section maritime, on retrouvera la largeur de plus de 150 m., et un tirant de 15 m. au moins à marée moyenne.
- On ne peut pas considérer encore que les travaux d’exécution soient pratiquement entamés, bien que, sur l’emplacement futur de la digue et des écluses de Gatun, toute une série de forages aient été faits, et que, d’autre part, on ait constamment travaillé à des terrassements, notamment à la Culebra, pour s’assurer de la rapidité d’excavation sur laquelle on
- pcqt, compter avec tels ou tels appareils. Aussi bien, le volume enlevé mensuellement n’est pas considérable ; il ne semble pas avoir dépassé 240 000 m3 à aucun moment, et il faudra étrangement augmenter ce chiffre, si l’on veut que le canal s’exécute dans le teiqps, que nous avons indiqué. Au surplus, des tergiversations curieuses se sont manifestées au sujet du mode d’exécution de cet énorme ouvrage, qui font comprendre les difficultés qu’il réserve. Tout d’abord, la Commission du canal avait résolu de tout construire en régie (pour employer le mot français), en ayant sous ses ordres directs tout le personnel nécessaire. Puis, en présence de l’énormité de ces chantiers, et particulièrement du manque d’habileté qu’ont les fonctionnaires pour mener économiquement à bien des travaux, on résolut de recourir à une sorte d’adjudication au profit d’une association de grands constructeurs connus. Mais brusquement, on a décidé de confier l’exécution entière du travail au génie américain, à ce qu’on appelle officiellement les Army Engineers.
- Il est à craindre que ce ne soit pas pour diminuer les dépenses. D’ailleurs, on commence déjà de s’apercevoir que les prévisions du prix du mètre de déblais sont au-dessous de la réalité, par suite notamment de la réduction de la journée de travail à 8 heures. Aussi bien, l’entreprise, quelle qu’en soit la direction, se heurte à des difficultés sérieuses au point de vue de la main-d’œuvre : les travailleurs que l’on avait fait venir de la Barbade et de la Jamaïque ont donné lieu à des mécomptes ; ou plutôt les Américains ont eu la main dure en conduisant ces ouvriers noirs, qui n’ont plus voulu entendre parler de travailler sous leurs ordres. Les commissaires américains ont alors fait appel à la main-d’œuvre espagnole, qu’ils font venir principalement de Yigo. Cela ne suffira pas; et sans doute sera-t-on amené à recourir au travailleur chinois, si les blancs qui sont employés sur les chantiers y consentent. Il y a là des considérations importantes, qui laissent supposer que le creusement définitif du canal de Panama n’est pas encore chose accomplie.
- Daniel Bellet.
- MENDEL ET L’HÉRÉDITÉ
- mendélienne
- Une souscription vient d’être ouverte en Autriche pour élever un monument à Mendel. Un appel a été lait aux biologistes du monde entier, et cet appel est signé des noms des biologistes les plus connus de tous les pays. D’autre part, le nom de Mendel sert à désigner actuellement en biologie une des manifestations les plus curieuses du troublant problème de l’hérédité, et la découverte de l’hérédité mendélienne non seulement présente une grande importance philosophique, mais paraît en outre susceptible d’applications pratiques intéressantes. Qu’était-ce donc que Mendel? qu’est-ce que l’hérédité mendélienne?
- Jean Mendel, appelé aussi Grégor Mendel (Grégor était son nom monastique), naquit en 1822, à Heinzendorf en
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- LA NATURE.
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- Silésie. Ayant, terminé ses études an gymnase deTroppan, il entra dans un couvent d’Auguslins, à Brünn, en Moravie. Il y lit ses études théologiques et lut ordonné prêtre. Puis on l’envoya, de 1851 à 1855, compléter ses études scientifiques à l’Université de Vienne. Après quoi, il fut nommé professeur de physique et d’histoire naturelle à l’École pratique supérieure de lirünn, où il resta quatorze ans. C’est pendant cette période qu’il lit des expériences d'hybridation sur les pois, haricots et hieracium, ipii le conduisirent à formuler, avec une clairvoyance géniale et une précision admirable, la loi d’hérédité à laquelle on a attaché son nom. Malheureusement il publia ses notes, en 1805 et 1809, dans un recueil peu répandu, le Bulletin de la Société des Naturalistes de Briinn, où elles furent véritablement enterrées, de sorte que les faits qu’il avait si nettement mis en évidence restèrent à peu près complètement ignorés des biologistes pendant plus de trente années. Ce n’est qu’en 1900 (pie les principes de Mendel et ses travaux furent redécouverts simultanément par Correns de Tübingcn, deVries d’Amsterdam et Tschermak de Vienne, en opérant sur des plantes, en particulier sur le maïs. L’œuvre de Mendel se trouvait ainsi remise en lumière après un oubli complet. Tschermak réédita en 1901 les deux opuscules de Mendel dans les « Oshvald’s Klassiker ». Puis de nouvelles recherches furent entreprises du côté zoologique par Baleson, de Cambridge, sur des poules, par Cuénot, de Nancy, et par l’Américain Castle, sur des souris. Ces recherches n’ont fait que confirmer les vues de Mendel et en ont démontré toute la portée, en sorte que Bateson a pu dire que les expériences fondamentales de Mendel sont dignes de prendre place à côté de celles qui servent de hase à la chimie atomique. Ainsi s’explique la célébrité posthume de Mendel.
- Malheureusement pour la science, les emplois administratifs prirent la majeure partie du temps de Mendel. Nommé en 1808 supérieur du couvent des Augustins, puis directeur de la Banque des hypothèques de Moravie, il fut détourné définitivement de ses recherches par la loi de 1872 sur les congrégations. Mendel batailla jusqu’à la fin de sa vie contre cette loi. Sa santé commença à s’altérer vers 1874 et il mourut en 1884, à 02 ans, d’une maladie de Bright, sans avoir pu assister au triomphe de sa découverte.
- Quelle était donc cette découverte qui devait classer le nom de Mendel parmi ceux des plus illustres biologistes? L’exemple des souris nous permettra de l’exposer en quelques mots. On sait que la souris sauvage est grise avec des yeux noirs. On trouve, d’autre part, chez tous les marchands d’animaux des souris albinos au pelage d’un blanc pur avec des yeux rouges. Voici donc deux races présentant deux caractères symétriques bien nets transmissibles par hérédité : présence de couleur chez l’une, absence de couleur chez l’autre. Croisons-lcs ensemble : les produits de croisement sont tous, sans exception, des souris grises aux yeux noirs. Les deux caractères symétriques ne se sont pas mélangés, comme on aurait pu s’y attendre, pour produire un caractère mixte. Le caractère gris, si l’on peut s’exprimer ainsi, a exclu le caractère blanc : nous dirons que le premier est dominant, le second dominé ou récessif. Or, croisons maintenant entre eux les nouveaux produits obtenus : cette fois, chose curieuse, à côté des souris grises à yeux noirs, nous voyons apparaître dans la progéniture des souris blanches à yeux rouges, et cela dans la proportion à peu près constante de trois grises pour une blanche ; mais toujours pas de souris à caractère intermédiaire. Enfin,
- croisons des souris grises hybrides de la première génération avec des souris blanches : nous obtiendrons autant de souris blanches que de souris grises.
- Comment interpréter ces faits? C’est ici qu’intervient le génie de Mendel. Les éléments reproducteurs ou gamètes des souris grises possèdent en puissance le caractère gris qui se transmet par hérédité; les éléments reproducteurs ou gamètes des souris blanches possèdent en puissance le caractère blanc, qui se transmet également par hérédité. Lorsque deux de ces gamètes se fusionnent par le croisement, les caractères gris et blanc ne se mélangent pas : ils restent disjoints et le premier domine le second. Alors, parmi les gamètes des animaux issus de ce croisement, les uns possèdent uniquement le caractère gris et ne transmettront que celui-là, les autres, uniquement le caractère blanc qu’ils transmettront seul. Si donc on opère un nouveau croisement entre deux de ces animaux, quatre cas pourront se présenter :
- 1° Fusion de deux gamètes à caractère gris; 2° fusion d’un gamète à caractère gris avec un gamète à caractère blanc; 5° fusion d un gamète à caractère blanc avec un gamète à caractère gris; 4° fusion de deux gamètes à caractère blanc.
- Or, d’après ce que la première expérience nous a appris, dans les trois premiers cas les produits de croisement seront des souris grises; mais, dans le quatrième, cas, ce sera forcément une souris blanche. Nous devrons donc trouver, d’après un calcul très simple de probabilité, trois souris grises pour une blanche : c’est bien ce que donne l’expérience. —* Croisons maintenant une souris grise hvbride avec une blanche : deux cas seulement pourront se présenter.
- 1° Fusion d’un gamète à caractère gris avec un gamète à caractère blanc ; 2° fusion de deux gamètes à caractère blanc.
- Dans le premier cas, nous aurons une souris grise; dans le deuxième, une souris blanche. Nous devrons donc trouver parmi les produits de croisement, toujours d’après le calcul de probabilité, autant de souris grises que de souris blanches : c’est ce que confirme l’expérience.
- Il y a donc, dans l’exemple que nous avons choisi, disjonction complète de deux caractères héréditaires symétriques des deux progéniteurs, avec prévalence de l’un des caractères. Et c’est cela qui constitue le mode d’hérédité dit hérédité mendélienne. Mendel et les . biologistes dont les noms ont été cités plus haut ont montré la généralité de ce mode d’hérédité aussi bien dans le règne végétal que dans le règne animal. 11 est facile'de comprendre l’importancé qu’une telle découverte présente dans l’étude des phénomènes d’hérédité. U est facile aussi de s’imaginer quel guide admirable la loi de Mendel constitue dans les expériences de croisement et d’hybridation, dont les applications sont si intéressantes pour la culture et pour l’élevage. Chaque fois que dans un croisement, il y a disjonction des caractères, elle permet de prévoir presque à coup sûr, par une application directe du calcul des probabilités, quels seront les résultats.
- Il ne faudrait pas croire cependant que la loi de Mendel s’applique à tous les phénomènes d’hérédité. Le problème est autrement complexe et les faits mis en lumière, par Mendel n’en sont qu’une des faces. L’hérédité se manifeste bien souvent autrement que par la prédominance et la disjonction des caractères. La loi de Mendel n’en reste pas moins une des acquisitions les plus intéressantes delà biologie contemporaine, et sa découverte suffit à illustrer le nom de son auteur. P. Rey.
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- LA NATURE.
- LES NOUVEAUX TRAINS RENARD
- Il est bien rare qu’une invention sorte parfaite du cerveau de son créateur; sa mise au point nécessite toujours des modifications, des transformations parfois même radicales, qui font disparaître, sinon l’idée première, du moins les procédés ayant servi à sa réalisation. Les trains Renard ont subi le sort commun. Il ne reste pour ainsi dire plus rien de cette mécanique du début à l’aide de laquelle le regretté colonel avait cru réaliser la propulsion continue et le tournant correct, principes qui demeurent néanmoins les caractéristiques fondamentales des nouveaux trains routiers.
- La propulsion continue s'effectue toujours par l’emploi d’un arbre horizontal de transmission parcourant toute la longueur du train et recevant le mouvement d’une usine mobile, un locomoteur.
- I courbes. Cet essieu moteur occupe le milieu du châssis : voyons comment il est actionné. Sur le tronçon de cet arbre monté à l’intérieur du carter G est calé un pignon à denture droite attaquant un arbre secondaire en relation lui-même, par engrenages coniques à angle droit, avec l’arbre transversal portant le différentiel D et à chacune de ses extrémités les pignons de chaîne E. En somme, la boite du mécanisme est une boite de changement de vitesse ordinaire ne comportant qu’une vitesse unique; cependant, dans certaines exploitations, on n’hésite pas à adopter une deuxième vitesse. Les chaînes transmettent le mouvement aux roues motrices par l’intermédiaire de ressorts compensateurs enfermés dans des barillets F portés par l’essieu. Ces ressorts ont pour but d’éviter le ripage longitudinal des voi-
- Fijr. 1. — Vue en plan du châssis d’une voilure du train Renard.
- Dans la construction primitive de ce dispositif, cet arbre transmettait le mouvement aux roues motrices par l’intermédiaire d’un arbre secondaire avec joints à la cardan. Applicable avec succès dans la construction de voitures automobiles de faible puissance, ce système devient défectueux sur les « poids lourds » ; le bureau technique des ateliers de construction de M. Surcouf décida alors de le remplacer par une transmission par chaînes.
- L’étude du châssis d’une voiture quelconque du train nous initiera à cette nouvelle conception mécanique très technique, mais très simple, et dont le fonctionnement est absolument parfait.
- L’arbre horizontal est fait de plusieurs tronçons AA A (fig. 1) reliés entre eux par des joints à la cardan ; il se termine aux deux extrémités de chaque voilure par une bielle extensible B B, et les chapes placées à l’extrémité de ces bielles sont situées dans un même plan et à égale distance de l’essieu moteur M afin que le mouvement des diverses parties de l’arbre longitudinal demeure uniforme dans les
- turcs lorsque le chemin suivi par le train présente des variations de courbure ; en même temps, ils adoucissent les démarrages. Le compensateur est un barillet avec ressort spiral analogue à celui de certaines horloges; ce ressort est attaqué par l’essieu et entraîne la roue par le barillet.
- Avant de passer à l’étude du tournant correct, nous devons dire quelques mots du mode de suspension imaginé pour les châssis des voitures destinées au transport des voyageurs.
- Dans la construction d’un châssis à trois essieux, il est indispensable d’obliger les roues à épouser toutes les dénivellations du sol sans que la charge supportée par chacpn des essieux se trouve modifiée; quels que soient les accidents du terrain, chaque essieu doit toujours porter le même poids. Dans ce but, les ressorts II S T (fig. 3) n’ont pas été fixés directement au châssis, mais à des jumelles reliées par un système de levier IR C D supportant le châssis aux points EVFF. En outre, les extrémités des ressorts médians S sont encore reliées aux leviers C et D
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- par dés bielles K et P. Enfin, une articulation N entre les leviers C et D permet la transmission du mouvement d’un de ces leviers à l’autre. Cette disposition oblige l’essieu moteur à s’élever lorsque les deux autres s’abaissent et inversement, et les ressorts, par suite les essieux, se déplacent toujours parallèlement à eux-mêmes.
- Pour réaliser le tournant correct, c’est-à-dire
- sur le prolongement de l’axe des roues motrices. Les nouveaux châssis des trains Renard se trouvent donc placés, en réalité, dans les mêmes conditions qu’un châssis ordinaire de voiture automobile ayant comme empattement la distance qui sépare l’axe de l’essieu moteur de celui de l’essieu directeur, l’essieu arrière prenant toujours la même position que celui d’avant avec lequel il est accouplé par les deux arcs dentés
- Fig. 2. — Le train Renard à Ambleteuse.
- pour permettre la rotation de la voiture dans tous les sens et l’obliger à suivre mathématiquement la trace du locomoteur, les essieux extrêmes ont été rendus indépendants. Ce sont les essieux directeurs qui portent en leur milieu le point d’attache du timon articulé AB (fig. 3) reliant deux voitures consécutives, le point d’attache étant situé en B. Ce limon agit sur l’essieu par l’intermédiaire d’une fourchette. Enfin, un système d’embrayage à verrou rend le timon solidaire de l’essieu. On embraye seulement le timon avec l’essieu avant; à l’arrière, les deux organes sont libres l’un par rapport à l’autre. Lorsque l’on veut changer le sens de la marche du train en amenant le locomoteur à l’autre extrémité, il faut donc débrayer tous les essieux avant et em-
- terminant les systèmes de bielles T sous l’essieu moteur.
- II serait absurde de prétendre que les trains Renard puissent être appelés à remplacer tous les moyens de transport actuels ; le but pour lequel ils ont été créés est tout autre, et l’expérience a démontré qu’ils sont appelés à un brillant avenir pour compléter les réseaux des voies ferrées. Au début de l’apparition de ces trains routiers, certaines critiques avaient été formulées, entre autres celle-ci : le train Renard ne peut se mouvoir qu’en avant. Critique légère, en vérité, mais que le constructeur, M. Surcouf, a cependant tenu à détruire. Ces trains, en effet, sont devenus réversibles et fonctionnent dans les mêmes conditions de tournant correct aussi
- Fig. 3. — Le système de suspension des châssis du train Renard.
- brayer ceux d’arrière, qui deviennent alors directeurs. L’essieu avant est donc toujours, seul, directeur; il transmet le mouvement qu’il reçoit de la voiture qui le précède à l’essieu arrière et la position du châssis détermine l’inclinaison du timon de direction pour le châssis suivant. Cette transmission s'effectue à l’aide d’un système de tringles T (fig. 1) commandant un engrenage renverseur H, de manière que les axes des moyeux des quatre roues alternativement directrices passent toujours sensiblement par un même centre,de rotation qui est situé
- bien en marche avant qu’en marche arrière. Le mécanicien placé sur le locomoteur effectue lui-même la manoeuvre nécessaire comme un chauffeur sur une automobile. Aux têtes de lignes, l’espace peut manquer pour faire tourner les rames ; dans ce cas, la manœuvre est des plus simples ; il suffit de détacher le locomoteur et de l’amener à la queue du train ; en débrayant les essieux avant et en embrayant ceux d’arrière, le train est prêt à effectuer le trajet en sens inverse sans que les voitures aient changé de place.
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- Aucun type spécial de locomoteur n’a été adopté pour actionner ces trains; on emploie indifféremment les moteurs à explosion, ceux à vapeur chauffés au pétrole, au coke, au bois, aux huiles lourdes, etc.; tout dépend des exigences locales. La puissance'de ces locomoteurs est également très variable : de 50 à 120 chevaux et plus, s’il est nécessaire. Tous les châssis, à six roues, sont faits en tôle emboutie et capables de recevoir une carrosserie quelconque. Ceux destinés aux camions sont à suspension simple à grande flexion. La capacité des voitures a été considérablement augmentée ; c’est ainsi qu’un omnibus fermé comprenant une plateforme intérieure peut recevoir 24 voyageurs, soit 9 de plus que les omnibus de premier modèle. Un camion transporte 5500 kg de marchandises. Dans ces conditions, le rendement du train est presque doublé. Un train actuel de 3 voitures seulement, portant 10 à 12 tonnes, est à peine plus long qu’un train de 5 voitures appartenant au premier type et transportant seulement 6 tonnes. Un châssis pèse 1050 kg et mesure 1,50 ni. de voie et 4,30 m. de longueur totale. Les roues des camions sont pourvues de bandages en fer, tandis que celles des omnibus reçoivent des bandages en caoutchouc plein.
- Nous avons dit que la boite du. mécanisme de
- chaque voiture est à une ou deux vitesses; ces dernières permettent de doubler la valeur des quatre vitesses normales du train qui sont fournies par la boite des changements de vitesse du locomoteur. Ceci a son avantage dans les exploitations où le retour à vide est la règle commune; on réalise ainsi de sérieuses économies de matériel et de combustible.
- Nous n’insisterons pas sur les avantages que peuvent rendre ces trains routiers dans tous les pays, très nombreux, peu favorisés par les voies ferrées. D’ailleurs, ils ont déjà acquis droit de cité aussi bien en France que dans les pays étrangers. Qu’il nous suffise de citer les exploitations à IJtreeht, à Budapest, en Espagne, au Paraguay, en Perse, dans les Vosges entre Remiremont et Plombières, à Yalognes dans la Manche, entre Wimercux et Ambleteuse, dans le Pas-de-Calais, etc., etc., sans compter les projets actuellement à l’étude en Serbie, Bulgarie, Turquie, Allemagne.
- On peut dire que la création de ces trains a résolu l’importante question des transports sur route, sans rails, sans ouvrage d’art, qui entraînent des dépenses considérables et que, pour cette raison, les départements hésitent toujours à engager.
- René Doncièues.
- LES BEURRES DE SIBÉRIE
- Le monde entier tend de plus en plus à n’èlre qu’un seul et vaste marché, où certains produits alimentaires, grâce à des procédés nouveaux de conservation — en général parle froid —sont vendus à des milliers de kilomètres du lieu de .production, Il en est ainsi ppur les beurres de Sibérie. Dans un avenir .très prochain, ils vont devenir, en Angleterre, les plus redoutables concurrents de nos beurres de Bretagne et de Normandie. On Sait que nos beurres ont déjà à lutter avec de dangereux rivaux. En 1902, 42,85 pour 100 des beurres importés en Angleterre venaient du Danemark, 7,19 pour 100 du Canada, 3,98 pour 100 de la Nouvelle-Zélande, 2,02 pour 100 de l’Australie, 12,32 pour 100 de la Russie, dont la plus grande partie provenait de la Sibérie.
- Depuis lors, l’industrie du beurre a pris en Sibérie un merveilleux développement. Le Transsibérien a été ouvert en 1898. A ce moment* il y avait en Sibérie 140 beur-reries et une exportation de 245 000 kg de beurre. En 1904, malgré la guerre, le nombre des beurreries s’élève à 2630 et l’exportation du beurre à 34 600 000 kg.
- On peut rechercher les causes de cet accroissement dans les ressources extraordinaires de la Sibérie, au point de vue agricole, et l’heureuse influence du Gouvernement russe, au point de vue commercial et industriel.
- En effet, le Gouvernement russe encourage le commerce du beurre avec une méthode et un esprit de suite remarquables; il donne son appui à des associations coopératives bien constituées. L’élevage des bestiaux est prospère dans toute la Sibérie, facilité par l’étendue de riches pâturages, le bon marché du fourrage et des approvisionnements d’hiver. On peut estimer à 25 millions le nombre des vaches de Sibérie, soit deux fois plus qu’en Australie (où sur l’ensemble, il y a tout au plus I million
- et demi de bêles laitières). En Sibérie, au contraire, c’est là le but de l’élevage. La viande des animaux sibériens est médiocre et se vend mal, tandis que, en raison de la qualité exceptionnelle des fourrages, les rendements en beurre sont élevés. Avec 19 litres de lait en hiver, et 22 litres en été, on obtient 1 kg de beurre. En Danemark, il faut 28 litres de lait pour la même quantité. Le paysan sibérien possède en moyenne cinq chevaux, trois vaches et une douzaine de moulons. Chaque vache à une valeur de 50 à 100 francs.
- Une des causes qui a le plus contribué au succès des beurres de Sibérie, c’est l’instruction donnée aux paysans dans les fermes-écoles du Gouvernement pour une bonne conservation des fourrages et la nourriture du bétail d’après des données scientifiques. Aussi la fabrication du beurre en Sibérie se continue-t-elle toute l’année sans interruption.
- Un professeur d’agriculture est spécialement chargé de suivre les plus récents progrès réalisés dans le monde entier pour la fabrication des beurres. Ses renseignements sont mis en pratique par des professeurs diplômés, sortis de l’Université, qui enseignent dans les écoles gouvernementales de laiterie établies çà et là en Sibérie. Après trois mois dans une de ces écoles, un paysan d’intelligence moyenne est capable de diriger une laiterie et trouve facilement à s’employer avec des appointements fixes que lui donne un « Arlel )) ou Association coopérative de paysans, pour la fabrication de son beurre. En outre, des experts spécialistes en beurre, Allemands ou Danois, diplômés du Gouvernement russe, font des visites régulières dans les beurreries; chacun d’eux a dix beurreries sous sa surveillance spéciale. Le Gouvernement aide d’ailleurs chaque village à établir les beurreries coopératives
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- LA NATURE.
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- par des prêts à 4 pour 100, remboursables en cinq années, prêts qui s’élèvent parfois jusqu’à 7500 francs, (jette somme est garantie par les assemblées de village composées de propriétaires de vaches. Chaque paysan travaille pour son compte, car les profits réalisés par l’exploitation sont distribués proportionnellement aux quantités de lait fournies.
- Les conditions de fabrication, en Sibérie, sont particulièrement avantageuses. La main-d’œuvre y est abondante et peu rétribuée: un bon travailleur y gagne moins de 200 francs par an et les salaires d’un manœuvre n’y dépassent pas 75 à 100 francs.
- La difficulté des transports est la plus grande de toutes; mais d’ici peu de temps elle n’existera plus. La grande ligne du chemin de fer transsibérien n’est ouverte que depuis quelques années et déjà sur son passage se sont formés des centres pour l’exportation. Pendant la guerre les chargements de beurre dans les wagons frigorifiques étaient les seuls tolérés sur la ligne, qui était complètement accaparée par les transports militaires. 11 faut noter que la glace nécessaire aux expéditions ne coûte rien en réalité. La glace de rivière est facile à recueillir en hiver et, avec un peu de soin, on en emmagasine des approvisionnements considérables.
- Le beurre de Sibérie est donc produit et fabriqué de telle façon qu’il est le meilleur marché du monde. Et cependant toqt le .travail du lait se fait à la main. Mais quand on aura installé des écrémeuses mécaniques et que les modes de transport se perfectionneront, le prix de revient s’abaissera encore et, dans un avenir jn’ochain, l’ouvrier de Londres ne paiera pas plus de (J0 centimes la livre de beurre de premier choix.
- Déjà deux lignes de bateaux à vapeur, de trois bateaux chacune, aménagés avec des appareils frigorifiques, font régulièrement la traversée de Londres à la mer Baltique. Le fret pour les 1850 km à franchir est deux fois moindre (pie les frais de transport de l’Irlande à Londres. Le prix du transport de la Sibérie à Londres varie de 14fr,50 à 19 francs les 100 kg.
- A l’heure présente, l’exportation du beurre de Sibérie est annuellement d’environ 50 millions de kilogrammes. Or, une exploitation complètement organisée fera produire aux vaches laitières de Sibérie quinze fois plus de beurre, soit par an 500 millions de kg. L’exportation de beurre du Danemark — 60 millions de kg environ — sera bientôt largement dépassée. , Noubeut Lalliè.
- CHRONIQUE
- Curieux phénomène de mirage dans l’Atlantique. — La Revue néphologique rapporte une très curieuse observation de mirage faite en juin dernier par les officiers du transatlantique américain Philadelphia, mirage dont ils ’ont été témoins en plein océan. Ce paquebot se trouvait (vendredi, 14 juin), à trois jours des côtes d’Amérique, lorsque les passagers, qui se. promenaient sur le pont, furent tous stupéfaits d’apercevoir dans les nuages, bien au-dessus de l’horizon, la silhouette d’un grand paquebot transatlantique qui paraissait naviguer dans le ciel. Les officiers du Philadelphia n’hésitèrent pas à reconnaître, jusque dans ses moindres détails, le transatlantique français La Lorraine. Cependant, ils fouillèrent en vain l’horizon avec leurs longues-vues. Nulle trace du paquebot ne put être découverte. On fit alors fonctionner les appareils de télégraphie sans fil, et,
- quelques instants plus tard, parvenait, par la môme voie, la réponse partie de La Lorraine et indiquant, d’après sa situation, qu’elle se trouvait à 45 km environ du Phila-r delphia, par conséquent trop au-dessous de l'horizon pour que les deux bâtiments pussent s’apercevoir l’un l’autre. (Il faut s’élever, en effet, à 100 m. de hauteur, pour obtenir un cercle de visibilité de 45 km de rayon). Les détails du gréement de La Lorraine étaient reproduits dans les nuages avec une surprenante fidélité : on put même voir les passagers se mouvant sur le pont du paquebot français. Ce phénomène, l’un des plus extraordinaires du genre que l’on ait enregistré dans les annales maritimes, a duré pendant une bonne demi-heure, et a disparu progressivement. La mer était calme comme les eaux d’un lac et le soleil était caché par les nuages. Ce calme est indispensable à la formation du phénomène du mirage. Celui-ci est dû, comme on sait, à la réflexion totale des rayons lumineux, sur des couches d’air de densités différentes et superposées les unes aux autres. Par une atmosphère agitée, celte superposition devient impossible et le mirage ne se produit plus.
- La production et la consommation du caoutchouc dans le monde. — D’après les relevés d’une grande maison de commerce de Liverpool, la production et la consommation mondiales du caoutchouc sont exprimées par ce tableau :
- Du 50 juin au Consommation Stocks au
- 1" juillel Production totale totale 50 juin
- — Tonnes Tonnes Tonnes
- 1899-1900 53 548 48 352 8 809
- 1900-1901 52 864 51 .136 0 941
- 1901-1902 53 887 51 110 0 810
- 1902-1905 55 005 55 270 5 053
- 1905-1904 01 759 59 660 4 388
- 1904-1905 08 879 05 083 4 584
- 1905-1900 07 909 02 574 5 552
- Sur les 08 000 tonnes de 1905-1900, 42 800 proviennent d’Amérique, 23 400 d’Afrique et 1800 d’Asie et de Polynésie; à lui seul le Brésil fournil 41 000 tonnes.
- Barrage monstre. — 11 est projeté en Allemagne, où les grands baiTages se sont étrangement multipliés depuis près de 20 années. Celui dont nous voulons parler est destiné à alimenter le canal du Rhin au Weser ; on établira un réservoir de 170 à 220 millions de mètres cubes sur l’Eder, dans la principauté de Waldeck : à la vérité, ce barrage n’aura pas plus de 50 m. de haut mais il servira à former un lac artificiel dé' 20 km. de long, et d’une superficie de 10 km2.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Le compte rendu de la séance du 12 août 1907 paraîtra dans le prochain numéro.
- LES SIRÈNES A L’HIPPODROME
- de New-York
- Quand on veut représenter de l’eau au théâtre on se contente de toiles peintes : l’illusion est loin d’être complète. Il en sera encore longtemps ainsi, car il est impossible de transformer nos anciennes salles de spectacle de façon à leur adjoindre une piscine, prolongeant la scène du côté des specta-
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- LA NATURE.
- leurs; mais dans un établissement de création nouvelle la chose pourrait être prévue. Nous avons bien à Paris au Nouveau Cirque une scène et une piscine, mais l’une remplace l’autre à un moment donné; elles ne se complètent pas et on ne dispose pas des mêmes ressources que si, les spectateurs étant tous du même côté, on pouvait planter des décors et disposer une toile de lbnd et des ciels pour compléter l’illusion. Le Scientific American nous donne le compte rendu d’une sorte d’opé-ra-léerie, intitulé les Filles de Neptune, représenté en ce moment à l’Hippodrome de New-York, qui montre bien quelles ressources scéniques permet une telle disposition. La scène proprement dite, qui est machinée comme d’habitude, représente un rivage breton et vient aboutir au bord de l'eau contenue dans une vaste piscine d’où on fait émerger tout à coup des personnages mythologiques tels que Neptune et son cortège de sirènes.
- Mais s’il y a sur la scène ordinaire, des trappes par où l’on fait apparaître et disparaître les artistes, il n’en est pas de même en ce qui concerne la piscine; pour que l’illusion reste complète, il fallait cependant que les artistes aquatiques puissent sortir de l’eau et y rentrer aussi brusquement que par une trappe. M. H. L. Bowdoin, ingénieur américain, a eu l’idée d’utiliser pour cela le principe de la cloche à plongeur. Au fond de la piscine se trouvent fixées un certain nombre de cloches, comme celle que représente la gravure ci-contre; elles sont supportées par des pieds de façon à laisser un espace libre d’environ 1 m. entre le fond et le bord inférieur de la cloche; c’est par cet espace qufe l’artiste s’introduit après
- avoir plongé, soit visiblement devant les spectateurs, soit dans la coulisse, selon les besoins de l’action. Une fois dans sa cloche il n’a qu’à prendre pied et il peut respirer tout à son aise; il a la lumière électrique et le téléphone à sa portée.
- Pour sortir, et paraître lentement et debout devant le public, il prend place sur un petit plateau fixé en dehors de la cloche et qu’un homme manœuvre au moyen d’un treuil. La tête de l’artiste émerge seule
- tout d’abord; puis, peu à peu, son corps apparaît sans qu’il fasse un mouvement ; enfin quand il n’a plus de l’eau qu’à hauteur des genoux, la hauteur suffisante pour dissimuler la cloche aux yeux des spectateurs, i1 prend pied sur le sommet de celle-ci où il peut évoluer à l’aise comme sur un plancher. On obtient ainsi tout à fait les mêmes effets que sur une scène ordinaire. Quand on a des groupes de plusieurs personnages, comme c’est le cas dans la pièce américaine en question, on emploie une cloche de dimension plus grande ; l’effet est, paraît-il, tout à fait sai-sissant et les spectateurs ne s’expliquent pas comment les acteurs ont pu rester si longtemps sous l’eau, ou du moins ils se demandent par quel moyen ils arrivent à pouvoir respirer malgré leur immersion prolongée. C’est un truc nouveau à ajouter à la série de ceux que nous avons déjà publiés sur la machinerie théâtrale et dont les directeurs de nos music-halls parisiens pourront probablement tirer profit.
- G. Chalmarès.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
- Une cloche à plongeur de l’Hippodrome de New-York.
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- ND 1787. — 24 AOUT 1907.
- LA NATURE.
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- BIBÜCTHèÇliC'-i 193
- LE VOYAGE AUX INDES AU XVIIe SIECLE
- La seconde moitié du xvn° siècle marque l’apogée de l’extension territoriale de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Les victoires qu’elle avait remportées sur les Portugais dans les îles de la Sonde, pendant la première moitié du siècle, et à la côte de Malabar, de 1650 à 1665, avaient fondé son hégémonie maritime dans l’Océan Indien. De Gam-ron dans le golfe Persique à Nagasaki au Japon, ses postes commerciaux et fortifiés s’échelonnaient, ininterrompus, sur les côtes de l’Indouslan, de Cey-lan, de Malacca, de Sumatra, de Java, de Sumbawa, de Timor, des Célèbes, des Molluques et du Ton-kin. Or l’expédition en Europe des denrées précieuses, métaux, sucre, épices, bois rares, calicot, soie, robes japonaises, que ces postes avaient pour mission de collecter, et l’envoi dans l’Inde de fonctionnaires et de soldats entraînaient un mouvement maritime considérable. Les navires de la Compagnie traversaient et retraversaient l’Atlantique et l’Océan Indien. Du Texel à Batavia ou réciproquement, le voyage s’elfecluait rarement en moins de six mois. Quand les Provinces Unies étaient en guerre avec l’une des deux puissances riveraines de la Manche,
- Grande-Bretagne ou France, la durée en était encore allongée, les commandants ayant l’ordre, pour échapper aux corsaires, de faire un immense détour et, au lieu de franchir le Pas de Calais, de passer à l’ouest de l’Irlande et au large de l’Ecosse, entre les îles Far (Fer et l’Islande. Malgré leur longueur, certaines traversées s’accomplissaient heureusement et sans maladie. Mais souvent aussi les santés s’altéraient. Aujourd’hui, se rendre d’Europe au Cap ou dans l’Indouslan, c’est simplement se transporter d’un point à un autre du globe; jadis c’était risquer sa vie.
- Une nourriture composée de légumes secs et de viande salée, une ration insuffisante d’eau, souvent d’ailleurs fétide, l’humidité permanente des vêtements, les refroidissements contractés pendant les nuits passées en plein air, tout s’unissait pour développer la dangereuse maladie des mers : le scorbut.
- Le voyageur français Jean Mocquet, qui en 35e année. — 2' semestre-
- 1608-1609 passa de Lisbonne à Goa sur un navire portugais, Notre Dame du Mont-Carmel, a fait de celle maladie, dont il fut atteint, un tableau très coloré : « Mes genoux, dit-il, en étaient tellement rétrécis, que je ne pouvais étendre les jarrets, mes cuisses et jambes noires comme membres eslhiome-nés et gangrenés, et étais contraint de m’inciser et découper tous les jours pour faire sortir ce mauvais sang noir et pourri. Je découpais aussi mes gencives qui étaient livides et surmontant mes dents, allant chaque jour sur le bord du navire par dehors, me tenant aux cordages avec un petit miroir en main, pour voir où il fallait retrancher : puis quand j’avais tiré cette chair morte et rendu beaucoup de sang noir, je me lavais la bouche et les dents de mon urine en les frottant bien fort ; mais cela étant fait, le lendemain il y en avait tout autant et davantage quelquefois. Et le malheur était que je ne pouvais manger, désirant plus avaler que mâcher, pour les grandes douleurs qu’on reçoit de ce fâcheux mal. Force de nos gens en mouraient tous les jours et ne voyait-on autre chose que jeter corps en mer trois et quatre à la fois et la plupart encore morts sans secours, derrière quelque coffre, les yeux et la plante des pieds mangés des rats1 ».
- Aucun des milliers de passagers qui se rendirent des Pays-Bas dans l’Inde sur les navires néerlandais au xviie siècle, n’a laissé des souffrances des traversées une peinture aussi réaliste. Ces souffrances n’en furent pas moins atroces. Sous le soleil des tropiques des milliers d’hommes languirent ; des cadavres par centaines furent immergés dans les profondeurs de l’Océan. A lire les Journaux du Gouvernement du Cap, dans lesquels les incidents de la traversée sont relatés à l’arrivée des navires, on éprouve parfois la même impression de mélancolie qu’à parcourir des listes funèbres d’obiluaires.
- Le « Draeck » arrive au Cap le 15 février 1654. 11 a perdu plus de 20 hommes en mer ; il est plein
- 1 Jean Mocquet. Voyages en Asie, Afrique, Indes orient-taies et occidentales. 1 vol. in-8, Paris, 1830 (réimpression), p. 179-80.
- Jolian van Uiebeeck (1619-1077)
- Fondateur de la Colonie hollandaise du Cap de Bonne-Espérance.
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- de scorbutiques incapables de manœuvrer les voiles. Le « Westfriesland », n’ayant pu gagner la baie de la Table, est entré le 14 octobre 1658 dans la baie de Saldanha, d’où le commandant fait savoir au commandeur du Cap, Johanvan Riebeeck, que 150 de ses hommes sont malades et que 78 ont péri pendant le voyage. Les années passent, mais les mêmes événements se répètent. A bord d’une Hotte de douze navires qui arriva au Cap le 50 novembre 1695, 228 hommes étaient morts en route et 678 gisaient malades dans les entreponts. Il ne serait que trop facile de citer en très grand nombre des exemples de semblables misères. Pour arrêter les progrès de la maladie, on ne connaissait qu’un moyen : jeter l’ancre en des points où le navire pût s’approvisionner de légumes, de fruits, de viande fraîche, d’œufs et de lait.
- Or le Cap remplit admirablement cet office. Le chiffre des navires néerlandais, qui, de 1655 à 1661 par exemple, y relâchèrent fut en moyenne de 28 par an. Ils étaient montés au moins par une centaine d’hommes, parfois par trois ou quatre cents. La « Princesse Royaal » et « l’Orange » par exemple, qui touchèrent respectivement le 21 septembre 1656 et le 28 juin 1659, portaient, l’un 556 hommes et l’autre 410. Annuellement le Cap contribuait à la nourriture d’environ 5000 passagers.
- Les bâtiments en escale commençaient par s’approvisionner d’eau, de celte eau renommée, dont l’abondance, la pureté et la limpidité devaient au xvme siècle être louées par le voyageur Peter Kolb, en style noble, dans son mémoire : De aquis Capitis Bonae Spei. Ils recevaient pendant la durée de leur mouillage une quantité suffisante de légumes pour les deux repas quotidiens du bord, et au départ la cambuse en était bien pourvue. Ces légumes consistaient en cresson, oseille, poireaux, oignons, betteraves, cerfeuil, radis, fenouil, melons, pastèques et choux, surtout ceux de cette variété particulière, que les vieux coloniaux appelaient choux deCafre, « parce qu’ils frisent comme la chevelure des Cafres, légume excellent et comestible pendant toute une année ».
- EN CAFÉIER NAIN i
- M. Auguste Chevalier, qui poursuit clans ce moment avec succès un voyage d’exploration dont le but est de dresser l’inventaire des richesses forestières de l’Afrique occidentale, vient de découvrir dans la forêt de la Côte d’ivoire, auprès de Guideko, dans la partie moyenne du bassin delà Sassandra, non loin de la frontière de Libéria, une espèce de caféier qui est la plus petite que l’on connaisse, et 'qu’il a appelée Coffea humiiis.
- Ce caféier mesure au maximum 50 cm de hauteur, mais, le plus souvent, il ne dépasse pas 20 à 25 cm. Il ne produit pas plus de deux à cinq fruits. La fève a comme dimensions, en millimètres : 10,5x6,1 X 4,1 et pèse 151 milligrammes. La couleur, le goût et la forme sont ceux d’un bon café. Après torréfaction, la saveur de ce café est très douce, pure et aromatique, et nullement âcre ou amère.
- Quant à la viande, un état de fourniture s’étendant du 15 avril 1658 au 10 avril 1659 et que nous possédons, nous prouve que les navires reçurent dans le cours de cette année 552 moutons et 148 bœufs. L’importance de la livraison variait nécessairement avec celle du navire. Ainsi la « Meese » et la « Maria », montées l’une par 56, l’autre par 24 hommes, reçurent seulement la première 2 moutons et un demi-bœuf et la seconde 6 moutons, tandis que 8 moutons et 12 bœufs, 14 moutons et 15 bœufs furent transportés à bord de la « Princesse Royaal » et de la « Paerl », dont les équipages se composaient respectivement de 586 et de 569 hommes.
- Ces provisions étaient destinées , aux hommes valides. Mais le Cap servait encore de lieu de convalescence. Un hôpital péniblement organisé en 1652, lors de la fondation de l’escale, fut amélioré en 1656 « pour que les malades y jouissent de tout le con-lorlable possible ». Dès leur arrivée, les scorbutiques y étaient transportés. Parfois ils se rétablissaient pendant la relâche de leur navire, sinon ils attendaient une autre occasion de départ.
- Ainsi les traînards, laissés par « TAngelier », le « Ylieland », la « Paerl » et le « Dolphin » arrivés du 15 au 51 août 1654 furent, à l’exception de trois, embarqués le 16 septembre sur le « Caap Yogel » et « l’Ilenriette-Louise ». Celui-ci, arrivé le 50 août, avait débarqué une centaine de malades « à bout de forces ». En quinze jours, tous s’étant rétablis, à l’exception de dix-huit, ils continuèrent leur voyage.
- L’escale du Cap fut fondée par Johan van Riebeeck, dont nous publions ici le portrait1, et qui en fut le commandeur de 1652 à 1665. Son œuvre fut continuée et développée par les commandeurs qui lui succédèrent, Zacharias Wâgenaer, Jacob Rorgliorst, Pieter Hackius, Isbrand Goske, Johan Rax, Simon van der Stel. Lieu de repos et de convalescence, aiguade et point d’approvisionnement, l’escale du Cap sauva par milliers les marins, qui naviguaient entre l’Europe et les Indes. Henri Deuéiiain.
- LA CÔTE D’IVOIRE
- L’analyse qui en a été faite par M. Greshofl, directeur du Musée colonial de Haarlem, révèle une teneur en caféine assez forte; d’après ce savant, elle serait de 1,55. A titre de comparaison, disons que, d’après les analyses faites par divers spécialistes, la teneur en caféine serait de 0,620 pour le Mexico; 1,08 pour une espèce de moka; 1,46 pour le Santos; 1,59 pour le Ceylan; 2,21 pour une espèce supérieure de Java.
- Malgré sa teneur en caféine, le nouveau café ne peut être encore regardé que comme constituant une découverte purement scientifique. Mais si, comme le fait observer M. IL Courtet, qui fut le compagnon de M. Aug.
- 1 Ce portrait figure en tête du tome 1 du liiebeecks Journal publié par M. II. G. V. Leibbrandt, dans les Précis of the Archives of lhe Cape of Good Ilope. Le Cap, W.-A. Richards and sons, 1897.
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- Chevalier dans sa mission Chari-Tchad en 1902-1905, le Cofj'ea humilis se trouvait présenter une grande résistance aux maladies parasitaires, il ne serait peut-être pas impossible, par le greffage, de l’utiliser en plantation.
- Des graines de ce nouveau cale ont été envoyées à plusieurs de nos établissements pour être mises en germination.
- 11 est intéressant de rappeler que M. Chevaber avait précisément trouvé dans le pays de Snoussi, en 1902, au cours de sa mission Chari-Tchad, le plus grand caféier connu. Ce caféier, dont la hauteur atteignait jusqu’à 15 et 20 m., donne un café d’un arôme exquis. M. Chevalier l’avait appelé Cofj'ea excelsa. La teneur en caféine de ce café géant est 1,89. Gustave Regelspeugek.
- LE RADIUM ET LA TRANSMUTATION DES CORPS
- Il semble bien aujourd’hui que la transmutation des corps, ce rêve des vieux alchimistes, n’élait nullement une utopie. Nos alchimistes modernes ont trouvé dans le radium la pierre philosophale.
- Dès 1903, Sir Ramsay et M. Soddy démontraient que l’émanation du radium se transforme spontanément en hélium. Pour expliquer, suivant les données jusqu’alors admises de la chimie moderne, ce lait surprenant, on émit d’abord l’hypothèse que le radium n’était pas un corps simple distinct de l’hélium; on n’a jamais pu isoler le radium; on pensa donc que ses sels n’étaient que des composés d’hélium extrêmement instables h De nombreux faits nouveaux forcèrent bientôt à modifier cette hypothèse. M. Dehierne démontrait que le chlorure et Je fluorure d’actinium dégagent aussi de l’hélium; Sir Ramsay mettait également ce gaz en évidence dans l’émanation du thorium; MM. Rutherford et Soddy montraient que l’uranium, exempt de radium, donne, lui aussi, une émanation identique à celle du radium et renfermant de l’hélium; on ne pouvait admettre que les sels de radium, actinium, thorium, uranium, fussent simplement des sels d’hélium. Il l'allait donc conclure à une transformation de ces corps simples en un autre corps simple. Cet ensemble de faits faisait entrevoir une sorte d’évolution spontanée de la matière, et conduisait Curie, par une audacieuse généralisation, à la conception nouvelle de la vie de la matière dont nos lecteurs ont trouvé l’exposé dans l’article de M. de Launay sur la géologie du radium et l’évolution de la matière2.
- Quoi qu’il en soit de celte théorie peut-être prématurée, un exemple de transmutation avait été mis en évidence. Une découverte toute récente et extrêmement importante de Sir Ramsay vient d’en révéler plusieurs autres.
- Le grand chimiste anglais vient de réaliser la transmutation du radium, non seulement en hélium mais aussi en néon et en argon, suivant les circonstances, et celle du cuivre en lithium, peut-être même en sodium et en potassium. Voici en quels termes il expose dans Nature les résultats de ses travaux :
- « Lorsque l’émanation de radium est en contact avec l’eau ou dissoute dans l’eau, le gaz inerte qui résulte de sa transformation consiste surtout en néon ;
- 1 Yoy. n° 1616, du 14 mai 1904, p. 370.
- 2 Yoy. nu 1667, du 6 iuai 1905, p. 353.
- on ne peut mettre en évidence que des traces d'hélium.
- « Si l’on substitue à l’eau une solution saturée de sulfate de cuivre, il n’y a aucune production d'hélium; on obtient surtout de Vargon, peut-être avec des traces de néon. Le résidu, après élimination du cuivre dans la solution, a montré le spectre du sodium et du calcium', on observa aussi la raie rouge du lithium, mais elle était très affaiblie. Cette dernière observation a été faite 4 foi,s,. 2 fois avec du sulfate de cuivre, 2 fois avec de l’azotale de cuivre; toutes les précautions possibles furent prises ; des résidus semblables provenant de nitrate de plomb et d’eau ne manifestèrent aucunement la présence du lithium; ce métal ne fut pas trouvé davantage dans une solution d’azotate de cuivre, traitée comme précédemment, mais sans avoir été mise en contact avec l’émanation.
- « Ces faits remarquables semblent conduire aux conclusions suivantes : l'inactivité chimique de l’émanation du radium la place, dans la classification des éléments, dans la série de l’hélium; pendant sa transformation spontanée, il se dégage une quantité relativement énorme d’énergie dont l’emploi peut varier suivant les circonstances. Si l’émanation est seule ou en contact avec l’oxygène ou l’hydrogène, une partie est décomposée ou dissociée par l’énergie que fournit le reste. La substance gazeuse produite dans ce cas est l’hélium. Mais si l’on se trouve en présence de l’eau, la partie de l’émanation qui se décompose donne du néon et, en présence du sulfate de cuivre, de l’argon.
- « De même le cuivre, sous l’action de l’émanation, est dégradé et ramené au premier terme de son groupe chimique; il se transforme en lithium. H est impossible d’affirmer dans les mêmes conditions la formation du sodium ou du potassium, car ce sont les constituants du verre qui renferme la solution. Mais, par analogie avec les produits de décomposition de l’émanation, ils peuvent être de même des produits de dégradation du cuivre. »
- Quelle conclusion tirer de cette importante découverte? Pouvons-nous généraliser et affirmer dès maintenant la possibilité pratique de réduire à un type unique toutes les formes actuellement connues de la matière et de passer à volonté d’un type à l’autre. Les travaux des nombreux savants qui s’attachent à cette passionnante étude donneront peut-être dans un avenir assez proche une réponse à celte question.
- À. Troller.
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- L’USINE A RADIUM DE NOGENT
- L’usine installée depuis peu à Nogent-sur-Marne par M. Armet de Lisle ne ressemble guère aux fabriques ordinaires : on y traite des wagons entiers de minerais divers pour obtenir finalement quelques minuscules fragments de sels de radium.
- Le bromure de radium pur est certainement le corps le plus précieux que nous connaissions aujourd’hui. Un kilogramme de ce sel merveilleux vaudrait 400 millions de francs au cours actuel !
- Comme on le sait, le radium n’a pas encore été isolé à l’état
- métallique, mais sous forme de sels (chlorures, bromures ou sulfates) doués d’une plus ou moins grande activité. En arrêtant les opérations à des phases déterminées de la fabrication, on obtient une gamme d’ac-
- tivité des sels ra-dileres, suivant l’objet auquel on les destine. Ainsi, après la série des manipulations connues sous le nom de (( gros traitements », l’activité (calcu- j lée en prenant l’uranium comme unité) atteint 50 à 60; les premiers fractionnem e n t s la portent ensuite
- à 1000 et les derniers l’élèvent jusqu’à 2000000.
- A l’usine de Nogent, on traite les minerais suivants :
- 1° Les pechblendes (oxyde d’uranium associé avec un grand nombre de substances étrangères), qu’on rencontre principalement à Joachimsthal et à Przi-bram en Bohême, à Rezbanya en Hongrie, en Suède, au Canada et dans le Colorado (États-Unis); 2° Yautunite (phosphate double d’urane et de chaux) et lapyromorphite (phosphate de plomb), des environs d’Autun; o° la chalcolite (phosphate double d’urane et de cuivre), qu’on trouve en Bohême; 4° la carnotite (vanadate d’uranium), qui vient du Portugal et de l’Utah (États-Unis) ; 5° la llioricinite (oxydes d’uranium et de thorium), dont il existe des gisements à Ceylan ; 6° les résidus de préparation d'uranium, analogues à ceux de Joachimsthal,
- on
- Fig. i.
- dans lesquels M. et Mme Curie ont découvert le radium.
- A leur arrivée dans la fabrique, tous ces minerais (sauf les résidus des pechblendes déjà pulvérisés, puisqu’ils ont subi des traitements chimiques), passent au broyage. On utilise, pour cette première opération mécanique, diverses machines, entre autres un concasseur à mâchoires, un broyeur à boulets et un broyeur à marteaux.
- Ensuite, les manipulations diffèrent pour chacun
- des minerais et
- ‘ff
- rencontre de grosses complications dans leur marche méthodique, car à l’usine de Nogent, on extrait toutes les substances radioactives (radium, polonium, actinium, uranium, thorium) qui se trouvent dans les minerais traités. On n’y néglige pas non plus les sous-produits.
- Nous décrirons ici sommairement la méthode employée avec les pechblendes, ou mieux les résidus de pechblendes, dont on a enlevé l’urane. Ce sont, en effet, ces résidus qui
- renferment des doses infinitésimales de corps radioactifs.
- Les gros traitements s’effectuent dans des cuves en bois et dans des cuves en fonte à agitateurs (fig. 2). Une tonne de résidus exige 5 tonnes de produits chimiques et 50 tonnes d’eau de lavage.
- Voici le principe des réactions successives. Les résidus de minerais d’urane contiennent des sulfates de presque tous les métaux et, comme le sulfate de radium est le moins soluble de tous, on utilise cette propriété pour l’en séparer, grâce à une série de lavages progressifs, tantôt avec des acides, tantôt avec des sels alcalins, tantôt avec de l’eau. Ces lavages entraînent chaque fois les métaux les plus solubles.
- Le sulfate de radium restant toujours au fond du vase, on le retrouve à Ta fin de ces difïé-
- Mesure de la radioactivité des produits de traitement par la méthode Curie.
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- renies opérations, dont l’ensemble dure environ deux mois et demi. On obtient alors 1 à 2 kg de bromure de radium impur par tonne de résidus. L’activité de ce sel radifôre ne dépasse guère 50 à GO.
- Viennent ensuite les fractionnements, qui ont pour but la préparation des bromures de baryum radifères de plus en plus riches en radium. Pour cela, on soumet le mélange des bromures à une série de cristallisations dans l’eau pure d’abord, puis dans l’eau additionnée d’acide bromhvdrique. On met '
- la liqueur et sur les cristaux séparés, des opérations semblables, on finit par avoir des produits très riches en radium.
- Ces premiers fractionnements constituent les dernières manipulations industrielles et, au fur et à mesure de leur avancement, le volume de la matière sur lequel on opère diminue si bien, qu’une tonne de résidus traités fournit seulement 30 grammes de bromure de baryum radifère mais d’une activité i 1000 fois plus grande que l’uranium métallique. On ' dirige alors ces produits vers le laboratoire, où on
- Fig. 2. — Les gros traitements des minerais radifères.
- ainsi à profit la différence de solubilité des deux bromures, celui de radium étant moins soluble que celui de baryum. On dissout donc, dans l’eau distillée à chaud, les bromures de baryum radifères, puis on amène la dissolution à saturation à la température de l’ébullition. On laisse ensuite cristalliser par refroidissement dans une capsule au fond de laquelle on recueille de beaux cristaux, séparés ultérieurement de la liqueur surnageante par décantation.
- Ces cristaux possèdent une activité 5 fois plus grande que le bromure en solution. En répétant, sur
- continue à les traiter de façon analogue et, après un nombre considérable de fractionnements, qui comportent de sérieuses difficultés techniques, il reste finalement 1 à 2 milligrammes de bromure, 2 millions de fois plus actif que l’uranium métallique.
- D’autre part, les minerais, les produits de fabrication et les divers résidus subissent, à l’usine de Nogent, des analyses chimiques et des examens spectroscopiques; on exécute également de façon courante des mesures d’activité (fig. 1), de rayonnement et d’émanation par la méthode électrométrique, à l’aide des appareils Curie. Jacques Boyer.
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- RÉGULATEUR A SOUPAPES ÉQUILIBRÉES DE LA COMPAGNIE DU NORD
- (Système Zara)
- La Compagnie des chemins de fer dn Nord vient d’appliquer aux dernières locomotives qu’elle a construites (nos 6125 à 6158, type 6121) un système de régulateur à soupapes équilibrées qui a donné complète satisfaction. Il est dû un ingénieur italien,
- M. Zara, et a déjà fonctionné avec succès dans le pays de soninventeur, mais c’est la première fois qu’on l’emploie en France.
- Ce régulateur est logé dans une boite dont la forme affecte à peu près celle d’un cône, tourné la pointe en bas.
- L’arrivée de la
- vapeur (et, dans le cas actuel, la communication avec le dôme) se fait par le haut de l’appareil, l’amorce des conduites aux cylindres se trouvant de part et d’autre à la base, et dans un plan perpendiculaire à celui de l’orifice supérieur (fig. 1).
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- manchon formant glissière, et qui fait corps avec la grande soupape, est munie à sa partie inférieure
- d’un épaulement qui vient buter contre le manchon, après une course de 10 mm. Au-dessous, un axe mobile pénètre dans la boîte du régulateur, à travers une garni-
- ture, et porte une came dont l’extrémité se loge dans une alvéole de F épaulement de la tige, ménagée à cet effet. Les soupapes étant fermées, la came se trouve être dans une position horizontale. Elle est mise en mouvement, de l’extérieur, par
- l’intermédiaire d’une bielle reliée à une tringle qui court le long de la chaudière et qui aboutit à un levier de commande placé à la portée du mécanicien.
- Que va-t-il donc se passer quand celui-ci agit sur le levier de commande ? La came, tournant autour de son axe, va soulever la tige de la petite soupape, sans que la grande soit d’abord déplacée. Un peu de vapeur passe par l’orifice secondaire. Elle est en
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- Fig. 2.
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- Entre ces trois voies sont installées verticalement deux soupapes concentriques s’ouvrant de bas en haut, le plateau de la plus petite faisant joint avec un orifice ménagé au centre du plateau de la grande. Celle-ci, qui constitue le régulateur proprement dit, est en bronze. Elle a 160 mm. de diamètre et 54 mm. de course. La tige creuse, contenant la tige de la soupape de petit diamètre, est percée d’une série de trous qui établissent en tout temps une libre communication entre les différentes parties du régulateur, situées au-dessous de son plateau. La tige de la petite soupape, qui circule librement dans un
- quantité insuffisante pour effectuer le [
- démarrage, mais en se répandant, par les trous dont nous avons parlé, dans la chambre inférieure du régulateur, elle vient égaliser la pression des deux côtés du grand disque. Lorsque le mouvement continue, l’épaule-ment de la petite tige, rencontrant le manchon, entraîne avec lui la grande soupape, qui s'ouvre à son tour. La vapeur est donc, dès lors, admise dans les cylindres.
- Les avantages de ce système sont de plusieurs sortes. Il remédie d’abord aux inconvénients du ré-
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- gulaleur à tiroirs, qui, à cause dis la grande dépense musculaire que son maniement exige, est moins précis et occasionne, de par la façon dont on est obligé de l’ouvrir (à coups de poings, quelquefois ..) des à-coups de pression dans les cylindres, très préjudiciables au bon fonctionnement de la machine. Avec le régulateur Zara, l’effort initial une fois donné (effort peu considérable, somme toute, étant donné la surface très réduite de la petite soupape) on n’a plus à vaincre que la résistance tout à fait négligeable des frottements, et l’on peut manœuvrer l’appareil du bout du doigt, c’est-à-dire avec une précision mathématique. De plus, la fermeture est beaucoup mieux assurée. Les glaces des autres régulateurs arrivent fréquemment à ne plus coïncider exactement, soit qu’un corps étranger ou qu’une paille se glisse entre les deux surfaces planes, soit qu’un délàut de réglage dans la tringle de commande empêche la partie recouvrante d’aller à fond de course, et laisse subsister, alors même que la position du levier de commande indique la fermeture, une solution de continuité entre l’extrémité du tiroir et le rebord interne de la plaque fixe. Ici, au contraire, la pression de la vapeur (à laquelle vient se joindre,'lorsque la locomotive marche à régulateur fermé, l’aspiration provoquée dans les cylindres), tend constamment à appuyer les disques contre leurs garnitures. L’étanchéité du joint est d’ailleurs par-laite, les contacts se faisant entre bronze et fer, métaux qui s’épousent très bien.
- Enfin, un autre avantage, très appréciable, est dû à la grande facilité d’accès et de démoulage de l’appareil. En elï’et, il comporte à sa partie supérieure une plaque mobile, retenue par huit boulons, et qu’il est aisé de retirer pour une visite ou pour une réparation. Les anciens régulateurs, logés dans l’intérieur même du dôme de vapeur, sont d’un entretien beaucoup plus difficile.
- En définitive, les résultats obtenus avec ce nouveau régulateur, ont été tout à fait satisfaisants, tant au point de vue technique qu’au point de vue pratique. Les mécaniciens qui l’ont sur leur machine se déclarent enchantés de son fonctionnement. Il est donc très probable que son usage va se généraliser, et qu’on l’adaptera désormais aux locomotives nouvelles. Notre figure 2 (vue d’ensemble), représentant l’installation du régulateur Zara sur les machines du type 6121, comporte deux régulateurs, un de chaque côté du dôme, puisque ces locomotives ont deux appareils moteurs pouvant êlre isolés l’un de l’autre, et, par suite, deux paires de tuyaux d’arrivée de vapeur. Ces deux régulateurs sont indépendants; on a seulement fait passer la tringle de commande du premier dans l’intérieur de la tringle creuse du second de manière à réunir dans le plus petit espace possible les deux leviers de commande placés dans la cabine du mécanicien. Une machine de type courant (qu’elle soit compound ou à simple expansion) ne comporterait, bien entendu, qu’un seul régulateur.
- Jacques Larmanjat.
- LE CAUCASE
- Pour la troisième fois en dix ans, le monde admirable et si varié qu’est la grandiose chaîne du Caucase vient de faire éclore un de ces ouvrages magistraux qui méritent plus qu’une simple mention bibliographique. Tel était déjà le cas, en 1896, de 1’ « Exploration of the Caucasus » de Freshfield (assisté du photogr. Sella) et, en 1901, du « Aus den Ilochregionen des Caucasus » du D‘ Merzbacher. C’est un des plus anciens pionniers alpinistes du Caucase, M. Moriz de Déchy qui complète maintenant cette luxueuse triade par ses « Reisen und Forschungen im Kaukasischen Hochgebirge1 », fruit de sept voyages accomplis de 1884 à 1902. Désormais la frontière, sinon administrative, du moins vraiment géographique de l’Europe et de l’Asie, doit être considérée comme bien connue; il n’y reste plus à combler — et je m’en occupe — qu’une petite lacune par un livre sur le Caucase occidental ou de Cir-cassie2. Sans rappeler les anciens voyages de Guldenstett, Pallas, Hommaire de Ilell, Klaproth, Parrot, Dubois de Montpéreux, etc. (tous antérieurs à 1860), et les travaux scientifiques de Favre, Abich, Radde, etc., on n’ignore pas que les premières recherches de M. Freshfield remontent à 1868 (ascension du 2e sommet de l’Elbrouz avec Moore et Tucker), et qu’en 1874 seulement Grove, Moore, ’Wal-ker et Gardiner gravissent la plus haute pointe de l’Elbrouz.
- * Iiaukasus, 3 vol. in-4°, 1152 {>., 496 grav. et pl., 2 cartes, Berlin, Dietrich Reimer (E. Vossen, 1905-1907).
- 2 Yoy. La Nature, n° 1660, 18 mars 1905.
- Nous ne saurions suivre M. de Déchy pas à pas dans le développement de ses trois volumes, qui d’ailleurs ont adopté l’ordre chronologique des visites successives et non pas celui d’une description générale. Mieux vaut rappeler, son beau livre en mains, les principaux faits actuellement précisés sur l’ensemble de la chaîne.
- Comme l’avait déjà déclaré M. Freshfield, c’est une pure et simple légende que la soi-disant ascension de l’Elbrouz par l’indigène circassien Killar, le 22 juillet 1829 (expédition du général Emmanuel) ; pour le sommet inférieur, Freshfield est bien le premier gravisseur (1868), pour le sommet supérieur Grove (1874) et de Déchy (1888) restent les deux premiers. De 1884 à 1887 de Déchy révéla le colossal groupement de cimes de l’Adaï (4647 m. glacier de Zei ou Zéjà), rapporta les premières photographies des hauts sommets du Caucase et réfuta l’opinion, alors enracinée, que ses glaciers étaient sans importance : aujourd’hui encore bien des gens le croient, sous ce rapport, inférieur aux Alpes, conformément à ce qu’enseignait Reclus (1881, t. VI, p. 71). Nous verrons tout à l’heure ce qu’il en est. Pour résumer brièvement l’historique de la découverte du Caucase, il faut encore rappeler au moins quelques dates et quelques noms.
- En 1886, Donkin et Dent gravissent le Gestola. Le Tetnuld est escaladé l’année suivante par Freshfield. En 1888, Mummery monte au Dych-Tau, le second sommet
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- Fig. 1. — Gorges de liogos (village de Fiudi). Caucase de l'Est.
- de toute la chaîne, Crokin, Hôlder et Woollev conquièrent le Katuin-Tau, le Schkara et le sommet inférieur Î4694 m.) du terrible Uschba; la même année, le 28 août, Donkin et Fox, avec les deux guides suisses Fischer et Streich, se tuent, probablement au Kochtan-Tau : jamais on n’a retrouvé leurs traces. En 1889, M. Woolley vient à bout de cette cime, tandis que V. Sella commence à faire circuler parmi les glaciers du Caucase (ainsi qu’en 1890 et en 1896) les prestigieux objectifs qu’il a conduits depuis à l’Alaska,
- dans rilimalaya et au Rouwenzori. Yeld et Baker s’attaquent au Daghestan en 1890. Dès lors, chaque été est signalé par quelque nouvelle exploration de détail, surtout de la part des Anglais.
- M. Merzbacher a opéré en 1891 et 1892; c’est sur ses traces qu’au Caucase oriental, à l’Est du Kazbeck, M. de Décliy, en 1897 et 1902, marcha, sans le savoir, et confirma que nombre de cimes y dépassaient 4000 mètres.
- Le dernier grand sommet, le Matterhorn du Caucase,
- Fig. 2. — Les géants granitiques du Caucase. Vue du col Stouliveck (Sclikara, Dych-Tau, Kocldan-Tau).
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- Fig. 5. — Glaciers de Dullon-Auz (vallée Doumala). Kochtan-Tau.
- le pic extrême de l’Ushba (4098 m.), fut gravi par Schulze le 26 juillet 1905.
- A l’Ouest de l’Elbrouz, de Déchy montra, en 1898 et 1902, qu’on avait tort de négliger les parages du Kluchor, de Maroucb, des vallées de Kodor-Amanaus. Là aussi ne
- manquent point les cimes de 4000 m., que MM. Von Meck et A. Fischer gravissent avec méthode depuis 1903 seulement. Dès 1874, Grove avait entrevu et déclaré qu’il y avait là « de magnifiques vallées inexplorées ».
- Depuis que les recherches des collaborateurs de Déchy,
- * ' Fig. 4. — Vallée d’Amanaus. Sommet de la Bel-ala-Kaia.
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- Fig. 5. — Elbrouz.
- les professeurs H. Lojka et L. Hollos, pour la botanique, et les D,s Schafarzick, Pappet, Laczko, pour la géologie, viennent d’être publiées dans le troisième volume, la monographie du Caucase peut être considérée comme complète. Dès maintenant il est possible de perfectionner, en un bref aperçu, les données trop souvent fantaisistes que fournissent même les plus modernes des géographies.
- Le Caucase n’est pas du tout la muraille unique que l’on s’est représentée si longtemps ; il se partage en plusieurs chaînes, d’aspects dissemblables, par suite de la différence des formations géologiques. Il mesure 1100 km. de long à vol d’oiseau (1500 en y comprenant les inflexions de la crête principale). Sa largeur est de 100 km. sous le méridien de l’Elbrouz, de 150 à 155 km, dans la partie centrale, de 60 km. à la coupure du Terek et de 135 km. dans le haut Daghestan.
- De l’Elbrouz au Kazbeck dix sommets dépassent la hauteur du Mont-Blanc. Sur 200 kilomètres le Caucase central ne présente qu’un seul col inférieur à 3000 m., le Mamison Pass, 2825 m. Le célèbre défilé de Dariel s’appelle en réalité col de la Croix (Krestowaya) à l’altitude de 2379 m. que la plupart des ouvrages ne donnent pas exactement; il sépare topographiquement (mais non géologiquement) le Caucase central et le Caucase oriental.
- Nul n’ignore que l’Elbrouz et le Kazbek sont de grands volcans éteints modernes ; en cela, ils rappellent les Andes et diffèrent des Alpes. On doit partager l’ensemble du Caucase en trois sections principales: occidentale, centrale, orientale.
- Le Caucase occidental naît dans la mer Noire à Anapa : progressivement et très régulièrement il s’élève jusqu’au col de Kluchor par les massifs du Fieht-Oehten (2854 et 2807 m.), de la Mzimta (Tchougouch, 3245 m.; Abagua, 3255 m. ; Agepsta, 3261 m.1), de la Bzib (Psych, 3788 m.) et du Kodor (Dombaï Ulgen, 4058 m.). Ce sont les Alpes à’Abkhasie, dont bien des sommets inférieurs à 5500 m. restent encore vierges. Depuis cinq ou six ans seulement, la nouvelle carte russe au 42 000% les recherches géologiques des professeurs Muschketow et Ilusch et les escalades de Van Meck et Fischer ont appris qu’à l’Est du Psych et du col de Marouch, il y a d’importants glaciers (Dschalowatschat, 8 km. de longueur; Amanaus, 5,5 km.; Marouch, 4,25 km., etc.), mais qu’on n’y rencontre nullement les cimes de 4653 et 5505 m. signalées par Radde en 1894.
- Dans le Caucase central on peut distinguer trois groupements : 1° La masse isolée de l’Elbrouz (Elbrouss, selon M. de Déchy) au double sommet de 5629 m.2 et 5593 m.; — 2° La grande crête entre les cols de Dongus-Orun (3199 m.) et de Mamison (2825 m.) avec les cimes suivantes : Dongus-Orun (4468 m.) ; Uscliba (4698 m.) ; l’amphithéâtre du glacier de Bezingi (le plus long du Caucase, 17 à 18 km.) dont huit pointes dépassent notre Mont-Blanc sans qu’aucune atteigne 5200 m. : Gestola (4860 m.), Katuin-Tau(4968 m.), Tetnuld-Tau (4855 m.), Dschanga-Tau (5051 m. et 5038 m.), Schchara (5184 m.), Dycli-Tau 5198 m.; Midschirgi-Tau 4926 m. et Kochtan-Tau (5145 m.)3; Adaï-Choch4 (4647 m.) (avecles grands glaciers de Zei et Karagom) ; 5° La suite de la crête centrale
- 1 Afin de glisser, pour la forme seulement, au moins une toute petite critique sur l’ouvrage de M. de Déchy, je remarquerai que sur la l'° feuille de sa carte le couvent de Novi-Athon (à l’Ouest de Souchoum-Kale) est sur le rivage et non dans la montagne et que l’Agepsta n’a pas 3781 in. Mais cette région est justement celle que M. de Déchy n’a pas décrite et que j’ai étudiée moi-même en 1903!
- 2 Je donne comme M. de Déchy les cotes de la nouvelle carte officielle. Ils rectifient les chiffres de la Grande Encyclopédie et du Dictionnaire géographique de Vivien de Saint-Martin (Supplt. art. Caucause). Merzbacher a trouvé 5634; d’anciennes mesures disaient 5662, 5664 m.
- 3 Les altitudes de Merzbacher, observées au baromètre, ne diffèrent que de quelques mètres.
- 4 Tau et Choch signifient sommet.
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- avec Tepli-Tau (4425 m.), Gimaraï-Choch (4778 m.) et liazbeck (5045 m.) au-dessus du Dariel.
- Comme contrefort Sud, les Alpes de Suanétie montent à 4410 m. au Leila.
- A l’Est du Krcstowaya-Pass (Dariel, 2579 m.), le Caucase orienta! ne dépasse plus nulle part 4507 m. et comprend les Alpes Chevsuriques (Sclian-Tau, 4450 m.); les Alpes Tuschiniques (Tebulos-Mta, 4507 m. et Dutach-Kost, 4272 m.) ; les Alpes du Daghestan (Botschoch, 4120 m., Addola, 4140 m., Bitinei, 4107 m.); le groupe du Basardjusi, 4478 m., au delà duquel la chaîne s’abaisse en éventail vers la Caspienne.
- La limite des neiges au Caucase est plus basse du côté Sud que du côté Nord, contrairement aux Alpes, et par analogie avec l’ilimalaya (différence d’un versant à l’autre : Caucase, 400 m. ;
- Alpes, 700 m. ; Himalaya,
- 1200 m.); cela tient à ce ipie les pluies sont plus abondantes sur le versant méridional. De plus les vents de la mer Caspienne sont moins humides que ceux de la mer Noire, aussi la limite des neiges s’élève-t-elle de l’Ouest vers l’Est. Les vents du Nord sont secs, donc moins neigeux. Ce sont surtout Freslifield et de Dechy qui ont montré combien la glaciation du Caucase est plus considérable qu’on ne l’a cru pendant longtemps ; et cela même dans les extrémités occidentale et orientale; en vérité le Caucase ne le cède en rien aux Alpes sous ce rapport. Au lieu de 500 km2 environ, comme le p r é t e n d ai e n t Favre, Strebnilzky, Wey-denbaum ou même 120 km2 (Heim, 1885), etc., c’est à 700 km2 qu’il faut évaluer la partie perpétuellement neigeuse du Caucase.
- Les quatre plus grands glaciers sont Besingi (17 à 18 km), Teksur, Dych-ssu et Karagom (12 à 14 km). Quant à l’hydrographie, le Caucase n’a pas d’aussi longs courants que les Alpes. Des deux côtés de la chaîne, deux fleuves principaux coulent à l’opposé l’un de l’autre, Kouban au Nord et Rion au Sud vers la mer Noire, Terek au Nord et Kour au Sud vers la Caspienne, Le Rion fut le Phase des Argonautes. Il n’y a que de petits lacs, spécialement étudiés par Rossikow, et les cascades sont très rares.
- Les cols du Caucase sont loin d’être aussi profondément entaillés que ceux des Alpes. Sur la crête du Caucase central, trois seulement sont au-dessous de 5000 m. : Croix ou Dariel (2579 m.) ; Mamison (2825 m.) et Roki (2959 m.). Tous les autres dépassent la limite des neiges perpétuelles, mais sont cependant utilisés assez- activement comme voies de communication, ainsi que l’étaient jadis plusieurs cols glacés des Alpes, notamment le Théo-dule à Zermatt. Même dans le Caucase oriental la plupart
- des passes sont au-dessus de 5000 m. et peu aisées.
- Quant à la géologie et à la tectonique du Caucase, on peut les résumer ainsi : au centre de la chaîne l’axe est de roches cristallines (granit, gneiss, granulite) ; à l’Ouest sont le porphyre, le diabase et le gneiss ; le long de cet axe se sont déposés les plus anciens sédiments (schistes argileux) soulevés et failles, qui dans l’Est recouvrent complètement l’axe cristallin. Sur les deux flancs de ce noyau s’étagent, plus ou moins dérangés, tous les autres sédiments du jurassique inférieur au Tertiaire. Abich considérait le Caucase comme un énorme anticlinal, opinion que n’ont pas complètement confirmée les récents travaux de E. Fournier (Détermination géolog. du Caucase central,. Marseille, 1896) et de Inostranzev (Kaukasus-Hauptketle, Saint-Pétersbourg, 1896). L’accord ne règne donc pas encore parmi les géologues sur l’origine géologique du Caucase.
- En dehors de la grande route militaire de Géorgie par le Dariel (de Tiflis à Vla-dikavkas), admirablement organisée, les conditions du voyage et l’équipement sont extrêmement compliquées, faute d’auberges et de nourriture satisfaisante ; les montagnards indigènes ne font pas de bons porteurs ; les chevaux sont mauvais, la variabilité du temps est extrême ; il importe d’emmener des guides et porteurs européens; bref les difficultés sont beaucoup plus grandes que dans les Alpes, et font des recherches et ascensions caucasiennes de véritables expéditions.
- Cela accroît singulièrement la valeur des observations scientifiques précieuses consignées dans le troisième volume de l’ouvrage de M. de Déchy sur la botanique (par le D1' Fi-larszky), la zoologie (Ernô Tsiki), l’anthropologie, la paléontologie (Dr K. Papp), la pétrographie-(Dr F. Schafarzik), et la physiogéographie (orogénie, hydrographie, glaciers, par l’auteur même).
- M. de Déchy n’a point manqué de noter tout ce que les habitants lui ont fait voir d’original. La grosse contribution géographique qu’il nous a fournie est sa carte au 400 000e en deux feuilles ; certes celles de Freslifield (150 000e) et de Merzhacher1 (140 000e) sont à plus grande échelle, mais aussi bien moins étendues. Ici nous possédons maintenant un capital tableau d’ensemble du Caucase depuis Derbent sur la mer Caspienne jusqu’à Pitsounda en Abkhasie sur la mer Noire, comprenant tous les grands massifs montagneux du Basardjusi au Tchou-gouch sur 800 km environ. C’est le premier « tableau d’assemblage » très fourni qui permette d’embrasser d’un seul coup d’œil les principaux détails orographiques et hydrographiques du Caucase. Il lève définitivement le
- 1 Le travail de Merzbacher n’embrassait que 370 km.
- Fig. 7. — Princesses tatares à Tchegen.
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- voile de mystère qui flottait encore quelque peu sur la grande barrière européo-asiatique. Bien plus exacte que la première carte officielle au 200 000° exécutée de 1847 à 1870 parle général Chodzko, il résume l’immense carte au 42 000° qui n’est d’ailleurs pas encore achevée. Le texte plein de vie et de justesse d’impression, rehaussé d’illustrations photographiques impeccables toutes dues à
- la professionnable habileté de l’auteur, montre en perfection quel est l’immense intérêt, le charme puissant du voyage, des paysages, des ascensions, de l’ethnographie, parmi ces montagnes. Vraiment oui, elles sont plus belles que les Alpes, depuis surtout que celles-c sont défigurées par les excès de l’exploitation.
- E.-A. Mahtkl.
- LA DEMOLITION D’UNE GRANDE ROUE
- Ce terme de « Grande Roue » a pris à notre époque un sens tout particulier : il éveille immédiatement l’idée d’une reproduction, mais dans des proportions singulièrement amplifiées, de ces balan-
- met bon ordre, elle est destinée à s’effondrer.
- Celle d’Earl’s Court a eu de beaux jours; puis elle a perdu tout intérêt de nouveauté, et elle a été vendue comme ferraille il y a déjà plusieurs mois, à
- Fig. 1. — L’axe de la roue tombé à terre.
- çoires circulaires qui ont fait longtemps fortune dans nos foires. C’est à Chicago pour la première fois, croyons-nous, qu’on a osé construire une de ces « Grandes Roues », d’un diamètre formidable. Puis l’essai fut tenté en Europe. C’est ainsi qu’une Grande Roue a été élevée à Londres, à Earl’s Court, et qu’à l’occasion de l’Exposition de 1900, on en éleva une tout analogue à Paris, aux environs du Champ de Mars. Cette dernière n’a eu aucun succès; si bien qu’elle existe toujours sans être entretenue, la Société qui l’avait fait édifier n’ayant pas l’argent nécessaire pour la faire même démolir. Si l’on n’y
- des marchands de fer. Mais ce n’était pas un travail aisé que de démolir cette roue de 90 m. et plus de diamètre, dont les assemblages étaient faits à goupilles, et qui pesait, avec les cabines suspendues à son pourtour, plus de 1100 tonnes! On aurait eu sans doute la ressource, pour mener à bien ce travail, d’élever un immense échafaudage montant presque jusqu’à son sommet, comme on en avait établi un pour l’édifier; mais on était pressé par le temps, et surtout ce procédé eût été beaucoup trop coûteux par rapport à la valeur de la ferraille que l’on devait tirer de la roue. Et pourtant il fallait
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- procéder à une démolition méthodique : le terrain sur lequel s’élevait la roue était un triangle compris entre deux voies ferrées, triangle de si faible surface qu’une partie de la roue se trouvait même en porte-à-faux au-dessus de l’une de ces voies. Et quelle que fût la méthode adoptée, il était nécessaire de protéger les hommes contre tout accident : les charpentes métalliques pouvaient menacer de se rompre au démontage (par suite de l’action des agents atmosphériques) ; les diverses pièces détachées à 80 ou 90 ni. de hauteur fussent devenues des projectiles terribles pour les ouvriers, au cas où on les aurait laissées tomber volontairement ou non.
- Ce sont deux ingénieurs de Leyton-slone, MM. Andrews, qui se sont chargés de cette besogne difficile et l’ont menée à bien ; ce sont les seuls spécialistes qui aient voulu l’entreprendre. Les difficultés étaient encore augmentées du fait que l’on n’avait plus aucun plan de la construction (qui ne remontait pourtant pas bien loin), et que toutes les mesures préalables nécessaires, pour les échafaudages dont nous parlerons et pour le reste, durent être prises sur la roue môme.
- Un commença naturellement par enlever les cabines ; elles étaient au nombre de quarante, et oscillaient sur des pivots qui étaient le prolongement intérieur des goupilles assemblant les pièces des deux membrures courbes qui formaient comme la jante de la roue. Toutefois, il fallut s’astreindre à ce que le manque d’équilibre de la roue ne dépassât jamais le poids d’une cabine: c’est-à-dire qu’on Vv commençait, par exemple, par la cabine n° 1, puis on faisait tourner le roue de 180°, et l’on enlevait la cabine 21, qui se trouvait dans la position exactement opposée; la troisième opération consistait dans l’enlèvement de la cabine 11 ; on s’attaquait ensuite à la cabine 51, et ainsi de suite, en procédant toujours de 180° en 180°. En 10 jours, la roue était débarrassée de toutes ses cabines.
- Pour la démolition de la roue môme, des deux membrures courbes constituant ce que nous avons appelé la jante, il fallait considérer la moitié supérieure de cette jante comme une ferme demi-circulaire reposant sur la ferme inférieure, à son tour
- suspendue à l’axe. On devait donc s’attaquer au sommet de l’arc supérieur; toutefois,, les calculs avaient montré que, sans renforts spéciaux, le métal des membrures était insuffisant pour supporter les efforts résultant des deux porte-à-faux ainsi créés.
- Cette jante était formée de deux membrures à treillis, avec contreventemenls et assemblages à goupilles ou à rivets ; la roue comportait une série de 80 rayons en acier, réunis à la portion
- Fig. 2. — L’axe dans sa chute.
- interne de la jante, avec des tiges complémentaires obliques formant également contreventement; ces tiges étaient des rayons obliques en réalité.
- Afin de décharger la roue de tout effort dangereux, tandis qu’on couperait son sommet et qu’on enlèverait une bonne partie de la charpente métallique de la jante, on se décida à insérer, entre cette jante et l’axe, deux charpentes obliques en bois, qui devaient réunir l’axe à la périphérie de la roue. Ces charpentes en forme de pylône renversé ont été construites de façon toute particulière. Elles furent d’abord assemblées sur le sol, pour qu’on pût s’as-
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- surer de l’exactitude de leur montage ; puis on en mit en place les portions extrêmes dans la partie inférieure de la roue. On lit alors tourner celle-ci, et on amena ces amorces de charpentes dans la position qu’elles devaient effectivement occuper pendant le travail, pour terminer alors leur assemblage complet dans cette position. La chose était parfaitement raisonnée. Une roue suspendue partiellement du genre de cette grande roue, s’aplatit toujours un peu dans sa demi-circonférence supérieure; et c’est pour cela que l’assemblage des charpentes de soutien ne pouvait se faire que sur place et dans la position vraie. Ajoutons que ces pylônes renversés, qui pesaient 20 tonnes chacun, étaient faits pour supporter une charge de 100 tonnes; leur sommet s’élevait à 50 ni. à peu près au-dessus de l’axe. Au fur et à mesure qu’on avait fait tourner la roue pour amener les premiers éléments des charpentes en place, on supprimait peu à peu les bouts de câble servant à la mise en rotation, et qui devenaient inutiles; qu’on sache bien qu’il s’agissait là de câbles métalliques pesant plus de 50 000 kg et représentant une longueur de 000 m. Cette diminution de poids était compensée par l’établissement des charpentes.
- Bien entendu, les deux pylônes avaient été reliés l’un à l’autre par de solides câbles d’acier, et tous les contreventements et consolidations temporaires étant établis, on pouvait attaquer le sectionnement de la poutre courbe de la jante. On avait mis en place à point nommé des grues et chèvres métalliques, pour aider au soulèvement des pièces qu’on allait détacher successivement et à leur descente jusqu’au niveau du sol : rien, en effet, n’a été jeté du haut en bas, sauf le gros axe, ainsi que nous l’expliquerons; on voulait de la sorte éviter toute chance d’accident. Bu reste, dès les premiers pas, on se heurta à une grosse difficulté : la rouille avait rendu les goupilles solidaires des membrures qu’elles assemblaient; il fallut donc couper les écrous ou les tiges de ces goupilles ; il fut nécessaire de procéder de même avec les manchons fdetés qui assemblaient un grand nombre de barres de contreventement ou de pièces de rayons. Souvent on eut à couper à la scie des tiges métalliques de plus de 80 millimètres de diamètre! Quand la jante fut complètement coupée, il y eut des tassements, des déformations dans les membrures comprises entre les deux pylônes, mais tout se passa bien. Nous ne suivrons pas l’élargissement progressif de cette ouverture qui se faisait peu à peu dans la demi-arche supérieure. Toujours est-il qu’en 24 jours on en arrivait au moment où il était possible d’enlever les pylônes, qui n’avaient plus aucun rôle à jouer, puisque ce qui restait de la demi-arche, latéralement, ne pouvait plus fatiguer la demi-roue inférieure et sa suspension. Les charpentes démontées fournirent des matériaux pour des chèvres de levage qui servirent à démolir les parties droite et gauche de la roue ; et comme ces chèvres étaient très puissantes, il fut possible de descendre des morceaux de charpente métallique beaucoup
- plus importants, sans procéder à un démontage minutieux. On menait de front le démontage de chaque côté, pour maintenir autant que possible l’équilibre de la roue-qui, de la sorte, fatiguait fort peu ses attaches. Quand il ne resta plus qu’une partie de la portion tout à fait inférieure, on la détacha d’un seul morceau, en sciant simultanément les rayons qui la maintenaient encore à Taxe, et le tout tomba comme une masse à terre. 11 y avait deux mois qu’on avait fait la première coupure dans la demi-arche supérieure!
- On procéda également de layon fort brutale pour Taxe de la roue, qu’on projeta à terre avec ses coussinets; cet axe n’avait pas moins de 2,50 m. de diamètre pour une longueur de 12 m. environ; et, avec les pièces annexes, il représentait un poids de 00 tonnes au moins; il devait tomber d’une hauteur d’un peu plus de 54 m. Naturellement, il fallut prendre quelques précautions, en vue de disposer à terre un matelas pour recevoir cette lourde masse au moment où elle toucherait le sol : on le constitua d’une épaisseur de 50 cm de madriers; on les recouvrit en outre de bâches, pour empêcher des projections d’éclats qui eussent pu entraîner des accidents. Ce qui n’empêcha pas la niasse, projetée hors de son assise par une traction opérée au moyen de palans, de s’enterrer de 1,20 m. dans la terre.
- La démolition des jambes métalliques supportant Taxe de rotation de la roue n’a pas été fort compliquée. En moins de 6 mois on a mené à bien toute la besogne : il est vrai qu’on avait pris toutes sortes de mesures pour mettre les hommes à même de l’exécuter aussi rapidement et facilement que possible; on avait notamment mis sous leurs yeux et on leur avait fait étudier un modèle en bois de la moitié supérieure de la roue, où Ton avait peint en rouge tous les boulons et goupilles qu’il était dangereux de supprimer, parce qu’ils travaillaient à la traction. Au surplus, ce qui prouve avec quel soin le plan d’exécution avait été étudié et a été respecté, c’est qu’il ne s’est pas produit un seul accident de personne durant ce travail si réellement périlleux; à part un ouvrier qui eut l’imprudence de passer sous la roue alors que le travail était interrompu, par grand vent, et qui reçut sur la tête un boulon détaché par les vibrations! Daniel Bellet.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 août 1907.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Un monument en l'honneur de Cltambrclenl. — L’Académie désigne M. Muntz pour la représenter à la cérémonie d’inauguration d’un monument élevé à M. Cham-brelent,. inspecteur général des Ponts et Chaussées, qui fut l’un de ses membres et qui rendit de si grands services en s’occupant du boisement des landes. Cette cérémonie aura lieu le 11 septembre à Pierroton, près de Bordeaux.
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- U activité du Stromboli. — M. de Lapparenl présente une étude de M. Ricco sur l’activité du Stromboli. Le cratère de ce volcan émettant toujours de la lave a passé pendant longtemps pour le type du volcan possédant une activité continue. 11 semble qu’il convienne de modifier cette appréciation. M. Ricco, qui a pu réunir sur les matériaux des observations portant sur 16 années et ne laissant subsister aucune interruption, montre que dans cet intervalle on compte 28 paroxysmes. Si l’on groupe les paroxysmes séparés par des intervalles de moins d’un mois, ce nombre est réduit à 22. Il note 3 paroxysmes en hiver, 9 au printemps, 12 en été, 4 en automne. En résumé, pour le Stromboli, comme pour l’Etna, la distance du soleil et la quantité de pluie paraissent sans influence sur l’activité du volcan qui, au contraire, paraît présenter une tendance au paroxysme à l’époque de Syzygies. De plus, l’activité du Stromboli est sans rapport avec les éruptions de l’Etna et du Vésuve; enfin elle reste sans rapport avec les tremblements de terre de Calabre.
- L’explosion des tubes d'oxygène. — M. Vieille présente une Note de M. George Claude décrivant un dispositif s’adaptant aux tubes d’acier dans lesquels on conserve l’oxygène, dispositif qui permet d’éviter des accidents qui se produisent d’ailleurs assez rarement, dans le maniement de ces tubes, lorsqu’on ouvre une sortie à l’oxygène. Pour utiliser cet oxygène qui est comprimé sous la pression de 150 atmosphères, on visse sur le robinet de la bouteille métallique une pièce que l’on appelle un détendeur, grâce auquel l’oxygène est livré aux appareils d’utilisation sous une pression plus maniable. Or il arrive parfois qu’au moment de l’ouverture du robinet une explosion accompagnée de flammes se produit et met le détendeur hors de service. Dans un cas les flammes accompagnées d’un jet violent d’oxygène sont venues frapper la bouteille qui s’est mise à brûler. M. Claude remarque que les accidents de ce genre sont dus à une cause analogue à celle qui produit l’inflammation dans le briquet à air. line élévation de température se produit par la compression brusque de l’air du détendeur par l’oxygène, au moment de l’ouverture du robinet, et peut mettre le feu aux parties combustibles du détendeur. 11 a en conséquence combiné un appareil de sûreté très simple dont M. Vieille a pu démontrer l’efficacité en faisant à volonté exploser un appareil de démonstration.
- Action de la •tuberculine sur les lépreux. — M. Roux présente une Note de M. Charles Nicolle relative à l’action de la tuberculine sur les lépreux. On savait que les lépreux réagissent lorsque la tuberculine leur est injectée sous la peau, L’auteur a recherché ce qui advenait lors-
- qu’on pratiquait sur eux l’ophtalmoréaction ou la cuti-réaction. Il a trouvé qu’ils ne réagissent pas dans ces deux modes d’infection tuberculeuse.
- L’intensité de la pesanteur. — M. Rouquet de la Grye présente une Note de M. le lieutenant de vaisseau Matha, qui fut l’un des compagnons de M. Jean Charcot, relative à l’intensité de la pesanteur dans les régions polaires Sud. L’auteur a fait osciller le pendule imaginé par M. Bouquet de la Grye dans le but de déterminer l’intensité relative de la pesanteur c’est-à-dire une valeur de g qui, comparée à celle de g obtenue en un autre point avec le meme appareil, fournit la variation de la pesanteur dans les deux endroits. Les nombres obtenus par M. Matha concordent avec ceux obtenus par des observateurs anglais dans la région antarctique; ils indiquent soit une augmentation locale de la densité moyenne de la croûte terrestre, soit un fort aplatissement.
- Séance du 19 août i$oy.
- Présidence de M. Chauveau.
- Les Annales de /’Observatoire de Bordeaux. — M. Maurice Lœwy présente une Note résumant les travaux qui forment l’objet du 13e volume des Annales de l’Observatoire de Bordeaux, volume qui vient d’ètre distribué aux corps savants. On y trouve notamment 6500 observations d’étoiles se rapportant à la portion de la carte du ciel assignée aux astronomes de Bordeaux et les résultats d’expériences astronomiques faites en 1905, à Burgos, par MM. Rayet et Courty, pendant l’éclipse du Soleil.
- Secousse sismique. — La Faculté des sciences de Grenoble annonce que son sismographe a enregistré le 10 août, à 16h55m40s, une secousse Est-Ouest.
- La dissociation du carbonate de chaux. —M. Leeha-telier rappelle que M. Debray avait indiqué pour la température de dissociation du carbonate de chaux le chiffre de 1100° et que, par des expériences personnelles, il a indiqué ensuite le chiffre de 812°. Sur son conseil M. Zavriess a repris la détermination de cet élément important et a obtenu le chiffre de 900°, qui ne semble pouvoir présenter qu’une incertitude d’une quinzaine de degrés.
- Gisement fossilifère dans la Marne. — M. Barrois présente une Note sur le gisement fossilifère de Pourey (Marne). La faune correspondant à ce gisement est riche en poissons. On peut dire qu’il marque le lieu du littoral de la mer Yprésienne en transgression. 11 renferme des fossiles plus anciens que l’étage yprésien, du Jurassique, du Crétacé (beiemnitelles), du Sparnacien (Coryphodon).
- Cil. DE VlLLEDEUlL.
- LES NYMPHÉAS D’ORNEMENT
- Les nymphéas jouissent actuellement d’une assez grande faveur pour la décoration des pièces d’eau dans les parcs et les jardins pittoresques; faveur méritée, car peu de plantes aquatiques flottantes sont aussi sobrement élégantes.
- L’espèce la plus connue est le JSymphaeâ alba, vulgairement nénuphar blanc, lis d’eau, lis des étangs, lunifa; elle croît spontanément en France, et tout le monde a pu admirer, à la surface des
- étangs ou des rivières peu rapides, ses nappes de larges feuilles étalées, parmi lesquelles percent çà et là ses grandes fleurs d’un beau blanc.
- Mais elle n’est pas seule à pouvoir supporter chez nous la culture en plein air : divers types étrangers, ayant chacun leur mérite propre, lui font, sans la supplanter, une heüreuse concurrence. Le résultat de cette rivalité pacifique est de multiplier les effets décoratifs que ces belles plantes peuvent fournir.
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- LA NATURE.
- Parmi les espèces le plus ordinairement cultivées, on peut citer :
- Le N. odorata, de l’Amérique du Nord, très semblable au N. alba, mais en différant par ses Heurs odorantes à pétales un peu plus étroits. C’est le Pond Lily des Américains; il comporte une belle variété à Heurs roses, très appréciée en Amérique, où on la désigne sous le nom de Cape Cod Pond Lily,
- Le N. Caspari, originaire de Suède, à très grandes lleurs d’un rose carmin, plus vif sur les pétales intérieurs ;
- Le N. niiida, de Sibérie, plus petit dans toutes ses parties que le N. alba ;
- Le N. pygmaea, de la Chine et de la Sibérie orientale, qui par le faible développement de ses feuilles et de ses Heurs constitue un nymphéa d’appartement.
- 11 convient d’ajouter à celte liste une nombreuse série d’hybrides, précieux à cause de leur rusticité, et chez lesquels l’habileté des horticulteurs a réalisé une riche gamme de tons, allant du blanc pur au rouge vif, en passant par le jaune, l’orangé, le rose clair, le saumon, le lilas.
- Les variétés hybrides demandent des eaux à peu près stagnantes; les types purs ont aussi une préférence pour ce milieu, mais acceptent cependant un léger courant. Ces exigences physiologiques doivent être respectées dans le choix des emplacements où l’on désire cultiver des nymphéas.
- La température moyenne de l’eau est aussi un élément important à considérer; d’une manière générale, il faut qu’elle se maintienne aisément aux environs de 25° centigrades du mois de juin au mois de septembre, durée de la floraison. Cette condition est particulièrement difficile à obtenir dans les pièces d’eau des jardins de ville, où les apports des cascades introduisent des quantités souvent considérables d’eau froide et provoquent des dénivel-lcments qui gênent les plantes.
- Pour maintenir les nymphéas en bonne santé, il est indispensable de leur fournir une eau exempte de toute végétation cryptogamique ; aussi devra-t-on faire une guerre attentive aux conferves et autres algues, qui ont si vite envahi les eaux dormantes. Comme auxiliaires dans celte guerre, il ne sera pas inutile d’introduire dans les bassins quelques petits poissons.
- Le sol qui convient le mieux aux nymphéas est la vase ou une terre argilo-tourbeuse. Ce sol est assez généralement réalisé dans les étangs et les rivières à fond naturel; mais dans les bassins artificiels il
- doit être constitué de toutes pièces, et il faut fournir aux plantes un compost renfermant les éléments qu’elles trouvent réunis à l’état sauvage.
- Ce compost peut être fait d’un mélange de bonne terre d’alluvion ou de potager avec une petite quantité de vieux fumier bien consommé; on emploie aussi avec succès un mélange de bonne terre un peu sablonneuse avec un cinquième de fumier de vache entièrement décomposé.
- Les nymphéas se multiplient d’eux-mêmes par ressemis spontané; toutefois les horticulteurs qui désirent diriger cette multiplication ont recours, soit au fractionnement des rhizomes, ou souches rampantes émises par les plantes, soit au semis de leurs graines en terrines.
- Le semis s’opère de juin jusqu’en automne; il paraît cependant plus avantageux de mettre les graines en place dès qu’elles sont mûres ; les terrines où on les dépose sont immergées sous quelques centimètres d’eau.
- Les nymphéas mûrissent leurs fruits au fond de l’eau, et ces fruits sont très convoités par les insectes aquatiques; aussi quelques précautions s’imposent-elles pour protéger les graines contre les attaques des mandibules dévastatrices. Le mieux est d’enfermer les Heurs qui commencent à se flétrir dans un morceau de toile fermé en sac; au sac on adapte une ficelle terminée par un flotteur, qui permettra de retrouver le fruit lorsqu’il sera mûr et de récolter les graines.
- Lorsque les plants obtenus de semis ont pris un développement suffisant, on les repique séparément en pots, que l’on replace sous l’eau, et on les plante définitivement l’année suivante, soit en pleine vase dans les pièces d’eau, soit dans des pots, des paniers, des baquets que l’on immerge à une profondeur convenable.
- La multiplication par fragments de rhizomes reste cependant la plus usitée; elle s’opère de préférence en avril et mai ; pour mettre les fragments en place, on les fixe à une pierre que l’on laisse simplement tomber au fond de l’eau.
- Comme on peut en juger par ces quelques détails, la culture des nymphéas réclame peu de soins, et les difficultés en sont assez peu nombreuses et assez faciles à vaincre pour que l’on n’hésite pas à avoir recours à ce gracieux élément de décoration aquatique des jardins pittoresques.
- A. Acloque.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- Nymphaea marhacea
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- N° 1788. — 31 AOUT 1907.
- LA NATURE.
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- LES ÉPAVES FLOTTANTES (DERELICTS)
- Le nombre est grand des navires qui, chaque année, disparaissent sans laisser aucune trace.
- Assurément les tempêtes du Cap Horn ou les cyclones des mers des Indes ou des Antilles ont à leur actif quelques-uns de ces désastres, mais il est une autre cause à laquelle on peut en attribuer à peu près sûrement la majeure partie.
- Ce sont ce que les Pilot-charts, publiées périodiquement par le service hydrographique Américain, Providence des navigateurs, appellent des « derelicts » ou épaves bottantes. Ces derelicts s’en vont au gré des vents et des courants, tantôt à Heur d’eau, tantôt entre deux eaux, promenant sur les mers, pendant des semaines, des mois ou des années, leurs sinistres carcasses où s’accumulent les coquillages et se perchent les oiseaux de mer; ils se trouvent un beau jour sur la route d’un de ces paquebots qui traversent en éclair les Océans, crèvent ses lianes de bout en bout, et l’envoient au fond avant même que passagers et équipage aient eu le temps de se réveiller. Ce beau coup fait, le de-relict reprend sa course au désastre.
- La majeure partie de ces écueils bottants est constituée par des coques de bâtiments, qui transportent du bois et proviennent soit de ces grands trois-mâts qui amènent aux États-Unis les chargements de pins de Norvège, soit de grandes goélettes américaines qui font un trafic semblable le long des côtes des États-Unis.
- Lorsque pour une raison quelconque, incendie, voie d’eau, avaries majeures, ces navires viennent à être abandonnés de leurs équipages, ils sont maintenus à Ilots par la nature de leur chargement.
- Déjà redoutables pendant la nuit lorsqu’ils montrent encore une partie de leur coque au-dessus de l’eau, ils peuvent néanmoins être aperçus et évités de jour.
- Mais au bout de quelque temps certains bois s’imprègnent d’eau, les végétations de la mer et les mollusques ont tôt fait de s’y attacher, de les alourdir et de faire disparaître une partie de leur bottabilité.
- 35° année. — “2e semestre.
- Ces coques lamentables forment alors de véritables écueils sous-marins, d’autant plus à craindre qu’ils sont vagabonds et que si un bâtiment, qui a eu la mauvaise chance d’en rencontrer un, a pu le signaler en un certain point, il lui est impossible de dire vers quel autre point il s’est dirigé.
- Il faut encore placer parmi les déchets de la mer qui peuvent aussi se transformer en derelicts les débris de ces gigantesques trains de bois flotté qui descendent des forêts du Nouveau Monde jusqu’à la mer en suivant les beuves et que des remorqueurs amènent ensuite le long des côtes jusqu’à leurs ports de destination.
- 11 arrive que les tempêtes désagrègent ces énormes
- radeaux dont les pièces sont cependant maintenues par des chaînes étroitement serrées, et que leurs débris vont bottant par les mers, d’autant plus dangereux qu’ils sont, même de jour, presque invisibles. Un vapeur qui se jette sur un de ces faisceaux de poutres peut très bien en être percé de part en part.
- Le nombre des épaves bottantes qui circulent en même temps est assez élevé.
- Le bureau hydrographique de Washington a enregistré 1630 rencontres de derelicts différents pendant une période de 7 ans. On estime qu’il s’en produit 230 environ chaque année et qu’il y a toujours une vingtaine d’épaves à bot en même temps. Ces chiffres se rapportent à l’Atlantique Nord où la présence des derelicts est plus facilement signalée en raison du grand nombre de bâtiments qui traversent cette mer. Ces épaves sont entraînées par les courants et accomplissent, lorsque leur existence est assez longue, des parcours très variés.
- Cependant une loi assez générale entraîne celles qui proviennent des côtes des États-Unis vers les rives de l’Europe en suivant à peu près la route des grands paquebots. C’est le Gulf Stream qui les véhicule. Avant d’atteindre les côtes d’Europe il les rabat vers les Açores et les ramène quelquefois vers le Nouveau Monde en suivant le bord de la mer des Sargasses.
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- LA NATURE.
- Le Bureau hydrographique des Etats-Unis donne chaque mois, sur ses admirables Pilot-Charts, la position des derelicls qui lui ont été signalés. La carte ci-contre fournit une idée de la façon méti-
- nt l’un d’eux essaya en vain de le brûler pour en débarrasser les mers. Celle tentative fut déjouée par la grosse mer, fort heureusement pour l’équipage
- de
- 1er
- City, qui aurait perdu à cette exécution de belles parts de prise.
- Plus récemment, le 29 avril 1907, le grand paquebot allemand, Kaiser
- Fig. 2. — Carlo du Bureau hydrographique des Étals-Unis (position des derelicls).
- Wilhelm i1er Grosse, aperçut, par 41° 14' de latitude Nord et 57° 10' de longitude Ouest, une goélette au ras de l’eau, dont Carrière était en feu et la voilure établie mais à moitié détruite.
- Par un heureux et exceptionnel hasard, une photographie de ce dere-lict put èlre prise par un passager du Kaiser Wilhelm et reproduite par un de nos confrères américains, Shipping lllustrated, h qui nous l’empruntons.
- La goélette était \txFverell Webster de W'ilmington. Elle lut de nouveau
- aperçue et le l01' mai.
- signalée le 50 avril et
- culcusc dont ces très utiles renseignements sont fournis.
- Certains de ces écueils flottants ont eu une durée étonnante. Quelques-uns se sont promenés pendant des années sur les mers.
- Tel est le cas du trois-màts Fannie F. Wolston, lequel, nous dit M. G. Fayolle à qui j’emprunte ce détail et le tracé des pérégrinations de ce bateau fantôme, fut abandonné en 1891 au large de Charles ton, traversa l’Atlantique, circula pendant près d’une année dans les parages des Açores, reprit la route des États-Unis, y fut signalé près du cap llalteras et disparut enlin en octobre 1894, non loin des bancs de Terre-Neuve au moment où il semblait se disposer à refaire une seconde fois le même tour. La vie de ce derelict avait duré 3 ans pendant lesquels il avait parcouru plus de 5000 lieues marines.
- En octobre 1905, le paquebot F ne-ter City, allant à New-York, trouva sur sa roule, de jour heureusement, le trois-mâts suédois Orion qui était abandonné. La mer étant belle, on envoya une embarcation visiter le navire. 11 était chargé de sel, tout y était en bon ordre, le chronomètre, les cartes, les sacs des matelots étaient en place. Les pompes furent aisément remises en aclion, l’eau vidée, et un
- Comme elle constituait un très sérieux danger pour la navigation, le bâtiment des douanes américaines, Gresharn, fut envoyé pour la détruire, mais il rentra bredouille à Boston. On apprit bientôt que l’équipage de VFverett Webster avait été sauvé par le trois-màts français Quevilly, et débarqué à Rouen le 3 mai.
- Voici ce qui s’était passé. Trois jours après son départ de Wilmington avec un chargement de bois, VFverett avait été assailli par une succession de coups de vent au cours desquels une voie d’eau s’était déclarée à l’avant. Peu à peu le bâtiment s’était rempli, et l’avant s’était enfoncé. L’équipage, épuisé par le
- £ A N
- Disparu
- ETATS-
- 27 Oct.1894-
- TIQUE
- l?du CapVert
- A T LA N
- Parcours de l’épave du Fannie F. Wolston.
- équipage de volontaires entreprit de ramener VOrion à Halifax et y réussit.
- Pendant ce temps VFlruria, de la Compagnie Cunard, débarquait à Liverpool l’équipage du trois-mâts abandonné. Entre son délaissement et son sauvetage, VOrion avait été vu par plusieurs vapeurs,
- travail des pompes, se réfugia alors à l’arrière ayant pour toute nourriture un baril de biscuit et un broc d’eau. Du 6 au 13 avril les hommes n’eurent pour se soutenir cpi’une petite portion de biscuit et une cuillère à thé d’eau chaque jour.
- Lorsque le 13 avril le Quevilly arriva à la rescousse
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- le délire commençait à s’emparer des matelots. Le sauvetage, en raison de l’état de la mer, lut très périlleux. Avant de quitter son navire, le capitaine de YEverett y mit le l'eu, mais la mer eut tôt l’ait d’éteindre l’incendie.
- Le gouvernement des Etats-Unis — et il serait lbrt à souhaiter que les autres nations intéressées lui prêtassent appui dans cette œuvre humanitaire — a décidé de construire un vapeur qui sera spécialement affecté à la destruction des derelicls.
- des mers. Mais la besogne n’est pas toujours commode. Les coups de canon ne suffisent généralement pas à couler des coques pleines de bois. Le nouveau vapeur, qui doit être actuellement en construction, portera le matériel propre à ce genre de travaux et notamment des provisions d’explosifs suffisants.
- Mais, arrimé pour la destruction, il possédera également les moyens les plus puissants et les plus modernes pour opérer des sauvetages et pour remorquer en lieu sùr celles de ces épaves lïoLtantes qui auront encore quelque valeur.
- À. Sauvaire-Joendan.
- Jusqu’à présent c’est au moyen des bâtiments de guerre qu’on a tenté ces opérations de déblaiement
- LA SOUDURE AUTOGÈNE ET LE DÉCOUPAGE DES TÔLES
- par le chalumeau oxhydrique
- La soudure autogène des métaux n’a pu être obtenue délinitivement que par l’emploi de chalumeaux dans lesquels les gaz combustibles fournissent une température très élevée. Tous les métaux sans exception: fer, aluminium, etc., se soudent par la simple fusion de leurs parties en contact, à la condition, toutefois, d’être en présence d’une flamme de constitution homogène, dont les éléments ne sont pas séparés, qui ne produise pas le bouillonnement du métal. Ce progrès industriel en a entraîné un autre peut-être plus considérable: le découpage des tôles1. Chacun sait, en effet, combien est long et pénible ce travail effectué à la main par un ouvrier. Le chalumeau apporte le même résultat dans un temps infiniment plus réduit.
- La Société Y Oxhydrique française a imaginé, dans ce double but de réaliser la soudure autogène et le découpage des tôles, un matériel très simple et très ingénieusement conçu qu’il nous a semblé intéressant de présenter à nos lecteurs.
- Le principe de la soudure autogène est bien connu : amener les deux sections métalliques à souder à un point de fusion tel que les deux masses puissent s’incorporer l’une dans l’autre au moment où la fusion commence à s’opérer. Le chalumeau employé pour cette opération est une petite merveille de simplicité; il est constitué par un tube très léger, conique, très effilé et terminé en courbe à l’avant, tandis que l’arrière est pourvu de deux tubulures auxquelles s’ajoutent les tubes de caoutchouc conducteurs de l’hydrogène et de l’oxygène. Rappelons que l’on a cherché pendant longtemps le moyen de produire, avec un chalumeau, une combustion complète et une flamme homogène : la crainte des explosions empêchait de mélanger les deux gaz avant leur inflammation et ils étaient amenés par des tubulures séparées à la naissance même de la flamme. Ce fut en 1901 que la Société l’Oxhydrique procéda pour la première fois au mélange des deux gaz à l’intérieur même du chalumeau. Les molécules d’oxygène et de gaz com-
- 1 N. 1). L. U. Voy. n°. 1783, du 27 juillet 1907, Le découpage des lûtes par le chalumeau oxyacéiylénique.
- bustible arrivent à la flamme complètement brassées et dans la proportion voulue pour réaliser une combustion complète. Et tout danger d’explosion a été évité en assurant au mélange gazeux une vitesse supérieure à celle de propagation de la flamme.
- Ce chalumeau pèse seulement 250 grammes; sa manipulation est donc extrêmement facile. D’autant plus tpie, récemment, on est parvenu à supprimer un des tuyaux d’amenée des gaz. Le mélange s’effectue, dans ce cas, non plus à l’intérieur du chalumeau lui-même, mais dans un appareil spécial appelé mélangeur, intercalé sur le trajet des conduites de gaz. L’hydrogène et l’oxygène arrivent séparément au mélangeur, s’y brassent convenablement et le mélange est dirigé dans le chalumeau par un tube unique. On évite ainsi l’encombrement d’un deuxième tube et en même temps toute inflammation intérieure, qui produirait la fusion du chalumeau et celle du caoutchouc. Le mélangeur constitue donc un perfectionnement qui rend beaucoup plus pratique la soudure autogène. L’appareil se prête d’ailleurs à l’emploi de gaz combustibles autres que l’hydrogène, comme par exemple l’acétylène, le gaz d’éclairage, etc., selon que les travaux de soudure à effectuer ont lieu sur des métaux dont la température de fusion est plus ou moins élevée.
- En dehors des deux appareils dont nous venons de parler et des bouteilles d’oxygène et d’hydrogène, le poste de soudure autogène comprend encore un régulateur monté sur chaque bouteille et qui porte deux cadrans : l’un est un manomètre gradué jusqu’à 200 kg, il indique la pression des gaz restant dans la bonbonne et, par conséquent, le moment où il convient de procéder à son remplacement; l’autre est un indicateur de débit, il donne à chaque instant le volume de chaque gaz consommé. Au moyen de cet indicateur on règle aisément la flamme d’après l’épaisseur des pièces à souder.
- Quelque intéressante que soit la soudure autogène des métaux, elle n’a pas provoqué autant d’étonnement que l’opération du découpage des tôles, opération dont tous les métallurgistes connaissent la Ion-
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- gueur et la minutie lorsqu’elle est effectuée à la coupure soit laite. Cet outil admirable est destiné à main. Evidemment lorsqu’il s’agit de sectionner un accomplir une vraie révolution dans l'industrie métal-
- Fig. 1. — Établissement, de saignées de G à 10 cm. de pi'i.l'oiuleui' sur une tôle de 300 mm.
- tube de plomb, point n’est besoin de recourir au chalumeau ; mais si l’ouvrier se trouve en pré- r sence d’un arbre de transmission il n’en va plus de même, et pour cause. Le chalumeau oxhydrique vient encore à notre aide : mais on a dû lui ajouter une tubulure supplémentaire, l’opération n’étant pas du même genre que celle de la soudure autogène. Que faut-il en somme pour sectionner un métal quelconque ?
- Amener l’endroit où se fera la coupure, non pas à la fusion, mais au rouge vif et l’oxyder ensuite.
- Tout le secret de la découverte réside dans ce principe. Le chalumeau o r d i n a i r e fournissant une température de 5000 degrés amènera un
- métal quelconque au point voulu; il suffira donc d’y adjoindre une tubulure par laquelle s’échappera l’oxygène pour que, instantanément presque, la
- Fig. 2. — Coupe tuyaux.
- lurgique. Ce chalumeau double revêt plusieurs formes selon qu’il est appelé à découper des tôles planes, des tubes, des arbres de transmission, etc. Le plus fréquemment employé, celui destiné au découpage des tôles planes, est monté sur deux galets directeurs qui permettent à l’ouvrier de régler d’une manière convenable la hauteur de la llamine au-dessus de la tôle. Cela lait, il suffit donc de suivre le chemin tracé à l’avance pour que l’opération s’effectue sans aucun aléa. On ouvre tout d’abord le chalumeau oxhydrique, puis lorsque le métal a atteint la température nécessaire on appuie sur une vanne pour permettre l’arrivée du jet
- d’oxy
- fffenc
- qui fera la
- coupure avec autant de précision qu’une scie ordinaire. En baissant ou en élevant un des deux galets directeurs on obtient une
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- l'ig. 5. — Découpage de la frelle d’un canon do 2b tonnes, do 150 nnn. d'épaisseur.
- coupe on biseau aussi nette que les sections verticales. I dans tous les autres; seuls les dispositifs mécaniques Le principe de ce premier instrument se retrouve I diffèrent. C’est ainsi que pour découper des trous
- Fig. 4. — Découpage d’un arbre creux do 120 mm. d’épaisseur
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- .circulaires de 50 à 550 mm. de diamètre dans des tôles planes ou sphériques ou emploiera le vilebrequin dont le nom indique bien la fonction. Il existe encore les coupe-tuyaux, les machines à tubulures, les machines universelles, destinés au découpage des trous ovales ou de formes appropriées sur des tôles planes, cylindriques ou sphériques. Dans la décou-peuse Pyrox le chalumeau se déplace automatiquement à l’aide d’une vis sans lin : on coupe à angle droit ou suivant des angles arrondis avec la plus grande facilité. Enfin pour sectionner un arbre de transmission, par exemple, on utilise uu cadre circulaire entourant l’arbre à une certaine distance et qui serL de chemin de roulement ou de glissière au chalumeau.
- Il nous paraît intéressant de dire aussi quelques mots du travail lui-même et de la dépense qu’il entraîne. Pour découper sur une longueur de un mètre une tôle de 5 mm. d’épaisseur, on consomme à peu près autant d’oxygène que d’hydrogène, soit 155 litres environ de chaque gaz. Une1ô!ede50 mm. nécessitera, par mètre, 595 m5 d’oxygène et 570 m3 d’hydrogène. Une plaque de blindage de 150 mm. exige seulement une dépense de 2150 m3 d’oxvgène et 950 m5 d’hydrogène. Ces épaisseurs ne sont nullement exagérées; le chalumeau oxhydrique a pu découper une tôle de 210 mm. En général, pour les travaux de cette importance, on se contente de sectionner le métal sur une profondeur de 10 cm. ; on laisse ensuite tomber une masse sur la partie en porte-à-faux qui se détache aussitôt suivant une section très nette.
- Et que dire des temps employés à effectuer ces opérations? En cinq minutes un ouvrier coupe une tôle de 5 mm. sur 1 mètre de longueur; récemment le record de ce genre de travail a été atteint : un
- ouvrier très exercé est parvenu à couper 1 mètre de tôle de 8 mm. d’épaisseur en trois minutes. En vingt-cinq minutes la môme besogne est effectuée sur un bloc d’acier de 200 mm. On juge, d’après ces résultats, de la révolution <pie le chalumeau oxhydrique a entraînée dans la métallurgie.
- La température à laquelle peut atteindre le chalumeau oxhydrique est 2250 degrés ; elle est donc, supérieure à celle du point de fusion de tous les métaux et de tous les corps connus : chaux, silice, aluminium. L’emploi de gaz combustibles autres que l’hydrogène n’est pas à recommander pour la soudure à cause soit de leur température trop élevée, soit des éléments de carbone qu’ils introduisent dans la soudure et qui la rendent cassante ; le gaz d’éclairage est dans ce cas.
- Terminons cette rapide esquisse des emplois du chalumeau oxhydrique en signalant quelques cas particuliers où ses propriétés trouvent encore des applications. On sait, par exemple, que les pièces d’acier coulé présentent souvent des défauts, légers il est vrai, mais cependant préjudiciables à la résistance. Le chalumeau intervient d’une manière très heureuse en permettant de remplir la cavité d’un môme métal qui s’incorpore avec celui de la pièce elle-même. 11 est bon d’ajouter que la chaudronnerie commence à utiliser la soudure autogène au lieu et place du rivetage; on obtient ainsi une étanchéité absolue et en môme temps une résistance beaucoup plus grande. Les réparations de tubes et les soudures peuvent également se faire dans des conditions de solidité parfaite et, avantage précieux, sur place môme. D’ailleurs tous les travaux de ce genre bénéficient des avantages que présente ce nouvel outil, très réel instrument de progrès. Lucien Fournier.
- LES ANIMAUX PROPRIÉTAIRES
- L’idée de propriété semble volontiers très claire pour un Européen civilisé, à condition qu’il n’y ait guère réfléchi et qu’il ait peu voyagé, fût-ce dans les livres. Sitôt que l’on quitte en effet le sol où l’on est né, on voit la propriété changer avec les pays que l’on parcourt; si, au contraire, sans sortir d’un même pays, on remonte son histoire, la propriété change avec le temps. Cette prétendue idée claire devient quelque chose de flottant, en voie permanente de modification. Aussi, c’est un problème pour les juristes et pour les sociologues que d’en retracer l’histoire ou les histoires.
- D’autre part, si l’on veut étudier les origines de la propriété, il faut, de toute évidence, remonter beaucoup au delà du stade des civilisations où elle est conçue comme un droit, notion historiquement récente, car, ainsi que le reconnaissait parfaitement le droit romain, la propriété possède une existence préjuridique, matérielle : « le pouvoir de fait sur la chose sur laquelle la propriété est le pouvoir de
- droit ». C’est seulement par la suite des temps que le droit implicite, qui résultait de ce pouvoir de fait, s’est explicité, au point d’avoir par lui-même une existence réelle, indépendante du support de fait, qui, parfois, peut être imaginaire. Seulement, si l’on ramène la propriété à ce simple pouvoir de fait, c’est-à-dire à n’être que la possession active d’un objet, par un groupe ou par un individu, on se trouve reporté aux confins des sociétés humaines, et l’on doit passer de là vers les sociétés animales. La recherche des origines de la propriété mène donc à chercher si les formes de la propriété humaine ne dérivent pas des formes de la propriété animale ; si, parallèlement à l’évolution anatomique des animaux, il n’y a pas eu ce que nous oserons appeler une évolution juridique, quoiqu’il ne s’agisse plus, sans aucun doute, de droits conscients.
- Ce délicat programme de recherches, qui exigeait une enquête à travers toutes les sociétés animales,1 a été le leit motiv d’un récent travail de M. R. Pe-
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- trucei *, qui, s’il n’est pas sans doute à l’abri de toutes critiques dans sa méthode et dans certaines de ses conclusions, dans les parties du moins où il est accessible à nos lecteurs, présente un vif intérêt et une haute valeur. C’est par ces côtés-là (pie nous allons le considérer.
- Le principe fondamental de M. R. Pétrucci, vérifié
- Fig. 1. — Le nid de la Lime bâillante.
- par tout son livre, et que nous croyons fort juste, est qu’il n’y a ni parallélisme ni dépendance entre l’évolution biologique, ou anatomique, et l’évolution que nous avons appelée juridique, et qu’il vaudrait mieux plus largement dire sociale.
- Bien plus, d’espèce à espèce, il n’y a pas du tout d’évolution sociale2, en ce sens que si, par hypothèse, un certain type social se réalise dans une
- 1 Les origines naturelles de la propriété. Essai de sociologie comparée, par R. Pétrucci. Institut Solvay. Bruxelles, 1905. 1 vol. in-4°, 230 p.
- 2 II serait plus rigoureux de dire : transformisme social. On trouvera dans un autre travail de M. R. Pétrucci : Origine polyphylétique, homoiypie et non-comparabilité directe des sociétés animales (Institut Solvay, 120 p.), le développement plus complet de ces idées.
- espèce donnée, celle-ci ne ht transmet pas à une autre espèce, qui le modifierait en conservant les plus essentiels de ses caractères, comme cela se passe dans la transmission d’un type anatomique d’une espèce à celle qui en descend. Chaque espèce réalise, pour son propre compte, tout ou partie de ses possibilités sociales, de même que chaque homme réalise tout ou partie de ses possibilités intellectuelles, sans qu’il y ait, par le sang, transmission de .cônnaissancés du père au lils. Les faits de propriété sont une illustration claire de cette autonomie. Ils vont d’ailleurs nous permettre de quitter un langage trop abstrait.
- 11 serait facile de remonter extrêmement loin pour chercher des faits élémentaires de propriété dans la série animale : M. Pétrucci consacre même un cha-
- Fig. 2. — Colonie de Tubipores.
- pitre aux végétaux, et, entraîné par l’esprit de symétrie, touche quelques mots du règne minéral; nous nous contenterons de prendre avec lui le règne animal au niveau des vers et des mollusques, ce qui suffira à la démonstration. Il y a deux grandes modalités de la propriété, suivant qu’elle est individuelle ou collective, et ces deux modalités se réalisent en tous les points de l’échelle animale, sans autre règle que la façon dont l’espèce considérée se distribue sur le territoire qu’elle occupe. Chez les Mollusques
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- LA NATURE.
- la forme individuelle est nettement prédominante . par exemple, dans le cas des Pholades, l’animal possède sa propre demeure, qu’il s’est creusée dans des pierres tendres ou des bois mous, et d’où il émerge pour exploiter le milieu marin environnant. Un autre lamellibranche, la Lime bâillante, va plus loin : à l’aide de petites pierres, de fragments de coquilles, de débris variés, il se fabrique une grotte artificielle, qu’il cache sous les grosses pierres et qu’il tapisse intérieurement d’un fin tissu de byssus (figvl).
- L’industrie de la protection individuelle est également développée chez les Vers : certains se creusent
- Fig. 5. — Association
- des galeries, en s’aidant de leur trompe, d’autres agglutinent des grains de sable, des fragments de coquilles, et fabriquent des tubes; certains creusent des rochers; mais, à côté de ces abris individuels, on trouve une forme élémentaire de propriété collective, réalisée par le groupement des tubes sur un même espace, qui assure à l’ensemble une protection plus efficace. Cette organisation, qui juxtapose les individus et les agglomère dans un système collectif, est particulièrement nette chez les Tuhiporidés, par exemple chez le Tubipore orgue, que représente notre figure 2.
- Le monde merveilleux des insectes va nous montrer des faits beaucoup plus intéressants, et des formes même de propriété dont on chercherait vainement l’équivalent dans nos sociétés humaines. On trouve particulièrement chez les Hyménoptères une
- véritable série continue, non pas au point de vue des espèces, mais au point de vue des faits de propriété qu’elle réalise. La première étape est fournie par l’insecte isolé, travaillant, dit M. Pétrucci, pour assurer l’avenir de sa progéniture, et mourant, après lui avoir laissé, avec l’abri, les réserves nutritives qui lui constituent une sorte d’héritage pour entrer dans la vie ; ainsi les Sphex, les Pompiles, les Aneuraphiles des sables, qui creusent dans le sol des trous, où elles déposent l’œuf, et qu’elles garnissent de nourriture pour assurer l’avenir de la larve; il y a même, dans ce sens, un certain développement architectural chez VOnydère des mars et chez YOnydère spinipède; cette dernière fabrique une galerie à entrée unique, avec ouverture provisoirement bouchée et accédant à plusieurs abris larvaires (fig. C).
- Ce rudiment d’une colonie, constituée par les descendants d’une même mère, aboutit à une pleine
- nporaire de bourdons.
- réalisation chez les guêjies sociales : là, la mère construit un abri collectif, où se fait la croissance des larves ; et, au fur et à mesure que la progéniture se développe, elle prend part à la vie commune et travaille à l’agrandissement de l’édifice, propriété de cette association matriarcale. Cette propriété collective n’est d’ailleurs pas stable : elle ne dure que pendant la période de développement, et loute la colonie se disperse quand les membres sont devenus adultes, chacune des mères allant de son côté construire un nouvel abri pour sa future descendance (fig. 6). Néanmoins, par rapport aux Onydères, le progrès est incontestable.
- Chez les abeilles, les formes de la propriété sont encore beaucoup plus développées dans le sens collectif, et beaucoup plus stabilisées : elles conduisent au maximum de ce qui peut être réalisé dans des
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- sociétés maternelles. Cependant, on trouve quelques espèces où les phénomènes sont encore très simples : chez les Collèies, les Anlophores des murailles, les Halyctes, les abris pour chaque larve sont simplement juxtaposés dans un espace restreint, sans cependant qu’il y ait là de fait de vie ou de propriété
- nid est l’œuvre de toutes les ouvrières de la société, la mère ou reine se trouvant réduite au rôle de pondeuse ; ce nid comprend deux types de cellules, des loges d’incubation où se fait la ponte, et des loges d’approvisionnement, différentes de structure et de forme, où se conservent les matières nécessaires à
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- Fig. 4. — Nid du plaisance du Cddamydère tacheté.
- collectives, car seul se détend contre l’attaque l’individu dont on détruit le nid. Mais, déjà, chez les bourdons, l’association se marque nettement (fig. 5). C’est une mère très forte, qui a su résister à l’hiver, qui devient la fondatrice la société : elle dépose sa ponte, au milieu abri de fortune, dans une grossière cellule, qu’elle garnit de pollen et qu’elle a creusée dans un massif de cire. Lorsque les larves, qui croissent très vite, brisent leurs coques, celles-ci, vidées de leurs habitants, sont transformées pour l’usage collectif en magasins à miel et à pollen, qu’on utilisera par le mauvais temps. L’association se rompt avec l’arrivée de l’hiver.
- Les Melipones accentuent encore le caractère collectif de la propriété et annoncent directement les faits que l’on va trouver chez les abeilles : le
- l’alimentation des jeunes,
- <pii se fait sous la surveillance des
- ouvrières : ainsi, tous les soins et tous les soucis, qui tout à l’heure appartenaient à la mère, sont passés sur les ouvrières, c’est-à-dire sur toute la population du nid, et, de même, la propriété individuelle de la mère s’est dispersée sur cette population et est devenue toute collective ; cependant, cette socia-
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- Fifi'. 5. — Fourmis à miel ; « droite, unn ouvrioro nouirico.
- lisalion laisse subsister quelques traces d’individualisme et de propriété individuelle, et, dans le cours de leur travail, qui doit cependant profiler à la même collectivité, on voit fort bien deux mélipones se disputer et se voler réciproquement des matériaux. Il semble que ces survivances aient au contraire disparu tout à fait chez les abeilles : elles portent à son comble le type d’une société maternelle, où la propriété est entièrement collective, tandis que l’organisation interne du travail est fortement constituée; les faits ici sont assez connus pour que nous n’y insistions pas ; nous noterons cependant une singulière conséquence du développement extrême de la propriété, c’est le banditisme collectif : dans un cas de famine, une ruche se porte en masse à l’attaque d’une ruche voisine, qui est pillée et dont les dépouilles triomphales sont rapportées par les vainqueurs ; si par hasard le procédé réussit plusieurs fois, la société victorieuse ne veut plus vivre autrement : elle adopte ce que les économistes allemands appellent, dans les sociétés humaines, une économie de pillage (Raubwirtschaft).
- Les fourmis — ce monde étonnant -— présentent une organisation sociale supérieure à celle des abeilles, et, naturellement, des faits de propriété encore plus intéressants. La différence capitale est que dans toutes les fourmilières, il y a plusieurs mères fécondes, et non plus une seule pondeuse, comme chez l’abeille : c’est là un changement considérable, dont l’influence doit expliquer le prodigieux développement de la vie collective et des formes de propriété des fourmis; en effet, ce n’est plus de la vie d’un seul individu que dépend le salut de la collectivité, et celle-ci ne saurait plus disparaître dès que cet individu disparaît lui-même : c’est au contraire la possession des larves, la possibilité de perpétuer la vie du groupe, qui constitue le fait social : tandis
- qu’une ruche n’a devant elle qu’une durée limitée, toute l’étendue du temps est virtuellement promise à la fourmilière. De là une vie collective intense, l’élimination de tout caractère et de toute propriété individuels, le foisonnement des formes de la propriété collective. Sans entrer dans un grand détail, qui pourrait faire l’objet de tout un livre, nous citerons seulement quelques-unes de ces formes : le nid d’abord, merveille d’architecture et de souplesse dans l’adaptation ; les canaux souterrains, les roules à ciel ouvert et en terre battue, qui relient les colonies lointaines au nid principal, ou qui conduisent aux champs d’exploitation et aux pièges à pucerons ; les pavillons ou stations lointaines, qui servent de lieu de repos et d’entrepôt aux fourmis éloignées du nid, fatiguées, ou surprises par la pluie ; les colonies dépendant d’une même société et égaillées le long d’une ligne d’exploitation (Forci en a compté jusqu’à 200); les graines récoltées et accumulées dans des réserves; les champs de culture, où travaillent les fourmis moissonneuses; les caves, où se fait l’élevage des champignons sur une terre préparée ; les pucerons esclaves, etc. ; mais ce qui montre par-dessus tout la puissance de cette organisation collective, c’est qu’elle transforme l’individu lui-même jusque dans son anatomie et qu’il n’est plus qu’une propriété sociale : en effet l’adaptation individuelle aux nécessités du groupe détermine des différences de formes suivant les fonctions, et, chez les fourmis à miel, par exemple (fig. 5), une ouvrière nourrice a l’abdomen transformé en un gros sac de matière nutritive.
- •Nous ne suivrons pas M. Pétrucci dans l’étude qu’il fait des formes de la propriété chez les Arachnides, les Crustacés, les Poissons, les Batraciens et les Reptiles : nulle part elles n’arrivent à un développement considérable, et il faut venir jusqu’aux
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- oiseaux, pour trouver des faits dignes de parallèle avec ceux qu’on observe chez les insectes. Chez ces' vertébrés, comme chez les mammifères, le développement de la famille s’oppose dans une forte mesure à une socialisation de la propriété aussi intense que chez les insectes, et il en résulte des différences importantes. D’abord, chez les oiseaux, les nécessités de la nutrition déterminent fréquemment l'existence de propriétés individuelles, réserves alimentaires effectuées par un animal, dans une cachette personnelle ; de là aussi la propriété de territoires de chasse, collectifs ou lamiliaux. D’autre part, la pro-lection de l’individu et de l’espèce conduit à la propriété permanente ou temporaire du nid et à la constitution de demeures de différents types, mais où, en général, meme dans les grands groupements collectifs, les droits du groupe plus petit, comme la famille, et ceux de l’individu sont respectés. Chez certaines espèces, comme les passereaux, les cygnes, la vie est familiale pendant une partie de l’année, collective pendant une autre, et la propriété varie avec ces variations delà vie sociale. Enfin, chez plusieurs espèces, comme, le Chlamydère tacheté, le norhynque satiné, la vie sentimentale crée des propriétés individuelles très particulières : ce sont des nids de plaisance, décorés avec soin, où le mâle se relire avec la femelle de son choix (fig. 4). Mais par contre chez certaines espèces de manchots (Pygoscelis antarctica, P. papua), la possibilité d’une vie toute collective apparaît nettement, et avec elle une propriété collective, tendant à exclure la propriété individuelle. Au nombre parfois de 50 ou 40000, ils s’approprient tout un territoire, où ils se répartissent par catégories, les jeunes à une place, ailleurs les adultes, les couveuses, les femelles libres, etc. Des sentiers, soigneusement aplanis ,sont tracés dans l’herbe et mènent vers la plage voisine. Si, chez la
- plupart des espèces, le jeune est élevé par ses parents, chez le manchot papou (P. papua), ceux-ci n’ont à charge que la couvaison; dès l’éclosion, le jeune passe dans la région du'village qui est réservée à ceux de son âge, et il est élevé par la communauté, à la Spartiate.
- Les Mammifères présentent des faits du même ordre que les oiseaux, une organisation sociale où la collectivité ne prime jamais complètement sur l’individu ou le petit groupe, comme la famille, et des formes de propriété modelées sur celles de cette organisation. L’exposé de celles-ci nous entraînerait trop loin, mais nous devons cependant mentionner quelques-uns des plus intéressants phénomènes : la propriété individuelle du souterrain de la taupe, la propriété familiale du territoire de chasse chez les grands félins, la propriété collective de ce même territoire chez d’autres espèces, comme les singes cynocéphales, les chiens marrons de Constantinople, les chevaux à demi sauvages de l’Amérique du Sud, les élans, les lésons, qui s’unissent en bandes pour la recherche des vivres ; la propriété individuelle de la demeure, chez le renard, qui parfois d’ailleurs s’associe avec un blaireau ; la propriété familiale de la demeure (souris naine, galagos, loutre de mer, certains marsupiaux, etc.) ; la demeure collective (grottes de chauve-souris, meules de chiens sauvages, gerboises d’Egypte, etc.) ; la constitution de groupes variés : séparation des mâles et des femelles en troupeaux distincts (bisons), possédant des territoires propres; villages de chiens de prairie, de maiv mottes (places de rendez-vous et de jeu, habitations d’été et d’hiver) ; l’organisation de l’Ondatra musqué (village d’hiver, à vie collective, dispersion d’été et propriétés familiales), celle des Castors (la digue, propriété collective, les huttes, propriété familiale, réserves nutritives), etc.
- Moïse Bedm.
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- LE TÉLÉAUTOGRAVEUR SYSTÈME CARBONNELLE
- Les publications retentissantes et les appréciations enthousiastes, à très juste titre, qui, depuis quelque temps, paraissent dans la presse, au sujet des expériences de photographie à distance du professeur Korn, nous engagent à parler d’une autre solution beaucoup plus simple du môme problème, trouvée par un Belge, M. Henri Carbonnelle, qui a l’avantage de pouvoir donner immédiatement un cliché typographique prêt, sans manipulation d’aucune sorte, pour l’impression aux encres grasses ; c’est-à-dire que les photographies ou les dépêches sont reproduites directement, sans avoir à subir aucun développement au poste récepteur. L’original peut donc être remis immédiatement au destinataire; toutefois, si on le désire, cet original peut être transformé instantanément en un cliché typographique dont il sera possible de tirer des milliers d’exemplaires.
- Avant de décrire l’invention dont il s’agit, il importe d’en rappeler la genèse, pour bien faire comprendre ce qui la distingue des autres systèmes de téléautographie.
- M. Carbonnelle examina pour la première fois, en 1888, le problème posé depuis longtemps, de la vision et de la transmission à distance des images ou photographies.
- En 1889, il soumit à M. Hospitalier une solution théorique, consistant dans l’emploi d’une lampe électrique spéciale, dont l’intensité lumineuse devait être influencée par les variations de résistance du sélénium. M. Hospitalier ayant fait entrevoir les mille difficultés de la mise au point d’un tel problème, l’inventeur laissa momentanément sommeiller cette idée; mais les perfectionnements apportés à la préparation des résistances ou rhéostats en sélénium, le décidèrent à reprendre l’étude du problème de la téléphotographie.
- Après des essais nombreux de cellules de différentes résistances, il était parvenu à trouver des éléments fonctionnant convenablement, mais laissant encore à désirer au point de vue de la rapidité de transmission. Il aurait probablement pu réussir à résoudre les premiers points délicats qui subsistaient,, et à faire fonctionner un appareil construit sur le brevet primitif ; toutefois, au cours de scs recherches, M. Carbonnelle a pensé qu’il arriverait au but poursuivi, d’une manière plus simple et plus pratique, par un nouveau procédé de gravure électrique, supprimant l’emploi du sélénium, que nous allons décrire. Ce nouveau système se compose uniquement de deux appareils phonographiques, dont l’un est identique à l’autre et dont chacun peut servir indifféremment de transmetteur et de récepteur.
- Sur le cylindre A (voir schéma) du transmetteur, qui tourne dans le sens de la flèche B, se déplace un stylet élastique métallique C dans le sens de la flèche D, comme le fait le diaphragme d’un phonographe. Le cylindre A est relié électriquement à l’un des fils et le stylet C est relié à l’autre fil d’un circuit téléphonique ou télégraphique ordinaire.
- Le récepteur est identique au transmetteur, sauf que
- le stylet C est remplacé par un burin graveur C' porté par la membrane vibrante M d’un récepteur téléphonique R (cornet du téléphone ordinaire).
- Comme cliché à transmettre, on peut employer : des clichés photographiques aux sels métalliques ou les photographies au charbon, des images tramées, striées ou grainées, des feuilles d’étain ou d’un autre mêlai sur lesquelles on a imprimé ou écrit la dépêche à transmettre.
- La dépêche, photographie, dessin, écriture, etc., peut être reçue sur une couche de matière quelconque, métal, plomb, laiton, étain, cire, papier, etc.
- Supposons maintenant que l’on emploie comme cliché original, une feuille d’étain sur laquelle on a imprimé à l’encre grasse (non conductrice de l’électricité), la photographie, le dessin, l’écriture, etc., à transmettre. On donne à ce cliché la forme d’un rouleau qu’on glisse sur le cylindre A du transmetteur ; on place le stylet C au point de départ (comme dans un phonographe), on glisse un rouleau de plomb ou autre sur le cylindre A' du récepteur, on place le burin C' également au point
- de départ, et on met les deux appareils en marche.
- Que se passera-t-il? Le cylindre A tournant sur son axe et le stylet C se déplaçant dans le sens de la flèche 1), on conçoit aisément que ce stylet doit venir loucher successivement tous les points du cliché original. Or, comme celui-ci est formé d’une feuille métallique, recouverte plus ou moins d’encre grasse, le stylet doit rencontrer tantôt des endroits métalliques et tantôt des endroits recouverts d’encre. Aux endroits métalliques, le courant électrique passe normalement, tandis qu’aux endroits recouverts d’encre, l’intensité du courant varie pendant un laps de temps proportionnel à l’étendue de ces endroits, et ces variations sont reproduites dans le récepteur téléphonique qui fait ainsi vibrer son burin C'. Celui-ci pénètre donc dans le rouleau de plomb chaque fois qu’il y a variation de courant, et il pénétrera plus ou moins profondément suivant la grandeur de celle variation.
- Lorsque les deux cylindres A et A' tournent à une certaine vitesse, le stylet C et le burin C' vibrent très rapidement et à l’unisson, le stylet C en passant sur des points conducteurs et non conducteurs du cliché original, le burin C' en gravant plus ou moins profondément la couche de métal du rouleau récepteur.
- Lorsque le stylet C est arrivé au bout du cliché, le burin C' est également au bout du rouleau récepteur, qu’il a gravé comme un graveur le ferait à la main en reproduisant fidèlement toutes les teintes et demi-teintes du cliché original. On a obtenu ainsi, au poste récepteur, une gravure sur métal qui peut servir directement à l’impression sur papier, ce qui est d’une importance capitale, entre autres pour la transmission de photographies de signalement, etc.
- On voit que dans ce nouveau système Carbonnelle, toute opération délicate est supprimée. Plus de chambres noires, plus de lampes électriques, plus de sélénium
- transmetteur
- E Electro-aimant du récepteur.
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- capricieux et paresseux, plus de développement de plaques ou pellicules négatives pour obtenir une image positive, dont il faut ensuite faire une gravure pour l’impression sur papier. Le système Carbonnclle n’exige pas de personnel spécialiste, un enfant peut transmettre, recevoir et donner à l’impression n’importe quelle dépêche, photographie, dessin, etc.
- Des expériences furent faites il y a quelques semaines à l’administration belge des télégraphes, et elles ont pleinement réussi. 11 s’agissait de transmettre d’Anvers à Bruxelles le portrait de Léopold IL Le cliché métallique, placé sur l’appareil émetteur à Anvers, lut reproduit tout gravé sur la plaque de l’appareil récepteur à Bruxelles. L’opération donna un cliché typographique, et ne dura pas plus d’une minute environ.
- Pour les expériences de transmission autographique de l’écriture, on se servit d’une simple feuille de papier métallisé, sur laquelle un des ingénieurs délégués par l’État écrivit comme sur une feuille de papier ordinaire, au moyen d’une plume trempée dans une encre de Chine mélangée de gomme. La dépêche écrite et séchée, on la roula, texte en dehors, sur le cylindre de l’appareil transmetteur, comme on l’avait fait pour le cliché ci-dessus, du portrait du roi des Belges, et, quelques secondes après,
- on obtenait au poste récepteur une copie autographique de la dépêche originale.
- Une des conditions essentielles pour l’application pratique du système Carbonnelle, comme dans le système Korn du reste, est l’obtention du synchronisme parfait entre les deux appareils transmetteur et récepteur. Si l’appareil récepteur venait à tourner plus vile ou plus lentement que l’appareil émetteur, il arriverait forcément que les petits traits successifs qui doivent composer les lettres de la dépêche autographe ne tomberaient pas à chaque tour les uns à côté des autres, et le résultat serait évidemment négatif.
- Or, on a vu, il y a une dizaine d’années, un appareil américain qui présentait de grandes analogies avec le système Carbonnelle et dut être abandonné, précisément parce que les inventeurs s’étaient trouvés dans l’impossibilité d’établir pratiquement le synchronisme, surtout des grandes vitesses, ce qui a heureusement pu être réalisé depuis lors.
- Le système Carbonnelle apparaît à un moment plus favorable que ses prédécesseurs et profitant des immenses progrès réalisés aujourd’hui dans le domaine des sciences physiques et mécaniques, il peut espérer obtenir un succès que ceux-ci n’ont pu connaître. L. Ramakers.
- LA GROTTE SOUFFLEUSE DU PUY DE DOME
- Il y a deux ans, environ, nous avons commencé à déblayer une entrée de grotte, située au sommet du Puy de Dôme, sur le contrefort Sud de la montagne, et à une altitude de 1410 m. environ. Le déblaiement a été poursuivi, assez péniblement, jusqu’à 6 m. environ au-dessous du niveau de l’ori-lice. Un homme peut s’y glisser jusque-là, non sans avoir à redouter de recevoir des pierres éboulées des parois. Au-dessous la grotte se continue par une cheminée encombrée de matériaux.
- Avant d’aller plus loin, il était intéressant de se rendre compte, par des méthodes purement physiques, de l’importance de l’excavation dont nous avions là l’ouverture supérieure.
- On sait qu’en Suisse on a signalé, en divers points, des « puits qui soufflent » d’où s’échappe de l’air quand la pression extérieure vient à baisser, et où rentre de l’air au contraire quand la pression barométrique au dehors est élevée. M. Ed. Sarasin a signalé, au Congrès pour l’étude de la radiologie et l’ionisation, tenu à Liège en septembre 1905, qu’au voisinage de l’orifice d’un tel « puils », l’ionisation de l’air était beaucoup plus énergique quand le courant d'air était établi du dedans en dehors que quand il venait du dehors au dedans. Une telle conclusion est en parfait accord avec ce que l’on sait de la forte ionisation à l’intérieur des cavernes. Ce qui est à retenir, des mesures de M. Sarasin, c’est que, dans le cas des « puits qui soufflent » ordinaires, c’est de la pression barométrique extérieure que dépendent et le sens du courant d’air entre la grotte et l’atmosphère, et l’état d’ionisation de l’air au voisinage de l’orifice.
- Quelques mesures préliminaires d’ionisation à l’appareil d’Elsler et Geitel, au voisinage de l’entrée de la grotte, au Puy de Dôme, nous avaient indiqué qu’ici nous avions un type différent de « puils qui souffle ». En gros, l’ionisation de l’air près de l’orifice est, en été, du même ordre de grandeur que l’ionisation de l’air atmosphérique dans les environs immédiats; et elle est, au contraire, beaucoup plus forte en hiver. Le sens du courant d’air subit une variation annuelle et non pas une variation qui dépende de la pression atmosphérique.
- C’est ce que nous avons tenu à vérifier directement. Nous avons, depuis le 1er janvier 1906, installé un thermomètre enregistreur dans la grotte, à 6 m. au-dessous de l’orifice d’entrée. Et nous avons obtenu ce résultat absolument net : Il n’y a aucune variation diurne durant l'hiver. Il y a une variation diurne très nette durant l'été.
- Les feuilles du thermomètre enregistreur, relevées chaque semaine, présentent en janvier et février 1907, par exemple, des tracés rigoureusement rectilignes. On a une température égale à 4°,1. Cette température fixe, à si peu de distance de l’entrée, s’est maintenue lors même que la température extérieure a atteint —16°. Ace moment, une épaisse couche de neige, qui couvrait le sol, présentait une interruption caractéristique au bord de l’orifice de la grotte ; sur tout le pourtour elle était fondue, preuve incontestable qu’il soufflait de l’intérieur un courant d’air chaud.
- Dans les journées des 28, 29, 50, 51 mars et 1er avril 1907, la température intérieure présente une légère variation diurne. Pendant cette période,
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- la température extérieure s’est relevée, elle oseille entre 0°,5 et 8°,!); et le vent est très faible.
- La courbe reste de nouveau rigoureusement rectiligne jusqu’au 23 avril. Les 2-4 et 25 avril, la variation diurne est très sensible; elle atteint 0° le 25 et 4° le 26 avril.
- À partir du 26, pas de variation. La température extérieure est en effet de nouveau très basse : le 27 la température moyenne est —1°,6, elle reste au-dessous de zéro jusqu’au 5 mai où elle atteint 5°,25 ; le 4 mai, elle monte à 7°,65, pour baisser ensuite et retomber au-dessous de zéro les 6, 7 et 8 mai.
- Les courbes du thermomètre intérieur subissent très nettement l’inlluence de la température extérieure. Du 26 avril au 5 mai inclus, tracé rectiligne. Le 4 mai, variation diurne : la température s’élève vers 10 heures du malin; .elle atteint 7° et oscille autour de cette valeur durant 12 heures environ, pour retomber à la valeur fixe 4°,1 et la garder ensuite jusqu’au 8 mai. Ainsi le courant d’air a, durant une demi-journée, changé de sens. Et c’est la seule demi-journée de cette période de quinze jours, pendant laquelle la température extérieure ait été nettement plus élevée que la température intérieure.
- Ensuite, les mêmes constatations se confirment. J)u 9 mai au 14 mai, variation diurne intérieure, plus ou moins nette. Du 15 au 20 mai, aucune variation. Et ces différences sont liées à des différences de température extérieure. A partir du 26 juin, le régime de variation diurne à l’intérieur s’établit définitivement. La température extérieure reste en effet élevée.
- A titre de contre-épreuve, il était intéressant de vérifier que le sens du courant d’air, par suite le degré de variabilité ou de constance de la température de la grotte, était indépendant de la pression extérieure. En janvier 1907, la pression atmosphérique, au sommet du Puy de Dôme, a varié de
- 627.6 mm à 649,4 mm, la pression normale étant 658 mm. En lévrier, elle a varié de 619,7 mm à
- 645.6 mm sans que la température intérieure ait varié, sans que l’air ait cessé, par conséquent, de souffler de l’intérieur.
- Ainsi, ce « puits qui souille » a un « tirage » qui s’établit à la façon de celui d’une cheminée. Sans doute communique-t-il avec l’extérieur par d’autres orifices situés plus bas. Il n’en faut pas moins admettre, à notre avis, qu’il est en relations avec une cavité assez vaste pour que l’air qui y est entré par en bas et qui en sort en haut ait pu y prendre cette température constante qui caractérise le régime d’hiver. Cette température constante est un peu supérieure à la température moyenne annuelle de l’air au sommet du Puy de Dôme, laquelle est, pour les 28 années qui vont de 1879 à 1906, de 3°,9. Elle correspondrait donc à la température moyenne de l’air à un niveau un peu plus bas que le sommet. Il nous semble que l’exploration de la cavité dont nous avons l’orifice supérieur pourrait être intéressante; mais ici s’arrête le domaine de la physique et de la météorologie. B. Brunhes et P. David.
- CHRONIQUE
- Les unités d’intensité lumineuse. — Ou sait que les divers pays ont adopté des unités d’intensité lumineuse absolument arbitraires; les rapports de ces unités n’étaient pas jusqu’ici parfaitement déterminés, et il y avait là une cause de réelles difficultés et de malentendus dans les relations internationales entre savants, industriels ou commerçants. À la suite de travaux exécutés dans les laboratoires officiels de Paris, Londres et Berlin, la Commission internationale de photomé trie, réunie à Zurich en juillet dernier, vient de fixer officiellement comme il suit les rapports entre ces différentes unités. La Careel, l’unité française, vautll),7511efner (unité allemande) et le Yernon-llarcourt (unité anglaise) vaut 10,95 llefner et 1,020 Careel. Ces chiffres sont exacts à 1 pour 100 près en plus ou moins. Un étalon d’intensité lumineuse fixe pour tous les pays, et facile à reconstituer en toutes circonstances, serait évidemment plus commode et plus pratique ; voici plus de vingt ans déjà que M. Violle avait proposé, connue unité, l’intensité lumineuse mesurée suivant la normale d’une source constituée par 1 cm- de platine au moment de sa solidification. Les difficultés que l’on éprouvait alors à fondre le platine empêchèrent l’adoption pratique de cette unité, fort rationnelle cependant. Ces difficultés n’existent plus aujourd’hui; depuis les travaux de M. Moissau sur le four électrique, la purification et la fusion du platine sont devenues des opérations relativement aisées; le moment semble donc favorable pour reprendre les études relatives à l’étalon lumineux de M. Abolie. Aussi la Commission internationale de pholoinétrie a-t-elle émis le vœu de voir poursuivre l’étude expérimentale de la fixité de la température de fusion du platine.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i6 août 1907.
- Présidence de M. Chauveau.
- Parthénogenèse des œufs d’oursin. — M. Delage, qui poursuit depuis cinq ans des expériences sur la parthénogenèse des œufs d’oursin, adresse un nouveau travail relatif à l’évolution de ces œufs dans une solution de saccharose. Ce procédé nouveau dû à fauteur anéantit la théorie qui fait appel aux forces électrolyliques. M. Delage fait connaître, en outre, qu’il est enfin parvenu à obtenir des larves ayant accompli leur métamorphose en oursins. Actuellement il possède quatre oursins de 1 mm de diamètre provenant de larves fournies par des œufs ayant évolué dans des conditions artificielles.
- Destruction d’un parasite du caféier. — M. Delage adresse une Note de M. Boutan signalant un moyen de détruire le parasite des caféiers que l’on connaît sous le nom de borer. Une température de 0° suffit pour le tuer sans aucun dommage à l’arbuste. On peut obtenir ce refroidissement à l’aide de pulvérisations de chlorure d’éthyle.
- Élevage d’un hippopotame. — M. Laveran présente une Note de M. Trouessard relative à l’élevage d’un jeune hippopotame né au Muséum. La femelle de l’hippopotame, lorsqu’elle met bas en captivité, semble avoir perdu tout instinct maternel et refuse de nourrir son rejeton. Or, il est à remarquer que la femelle de l’hippopotame à l’état libre montre les soins les plus vigilants à son petit.
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- Quoi qu'il on soit le nourrisson du Muséum est aujourd'hui âgé de 11 jours; il a télé des chèvres sans opposer aucune difficulté. Au début 5 chèvres suffisaient ; maintenant il faut 8 chèvres.
- Spectre de comète. — M. Deslandres annonce qu’avec JI. Bernard ils ont réussi à observer le spectre de la comète visible actuellement en montant, sur un équatorial, une chambre noire devant laquelle un prisme se trouvait fixé. Un petit appareil suffit pourv u qu’il soit très lumineux. On sait que le spectre de la tète des comètes présente les bandes des hydrocarbures ainsi qu’une bande découverte par Huggins, en 1880, caractéristique du cyanogène. MM. Deslandres et Bernard ont bien trouvé ces bandes dans la tête et dans le noyau, et de plus des bandes faibles qui se prolongent dans la queue tandis que. les bandes fortes disparaissent dans le spectre de cette partie de l’astre. L’origine de ces bandes de la queue est inconnue, mais il y a un fait certain, c’est la différence des spectres des deux parties de l’astre.
- Vocclusion du canal appendiculaire. — M. Jouîmes (ihatin présente une Note de M. Robinson sur le mode d’occlusion du canal appendiculaire. On sait que chez les espèces pourvues d’un appendice — l’espèce humaine est dans ce cas — cet organe présente un canal central en communication avec la cavité du cæcum. Cette commu-
- nication est-elle permanente? peut-elle être interrompue? Dans ce dernier cas comment s’opère la fermeture du canal ? On a beaucoup exagéré la prétendue fréquence de corps étrangers dans l’appendice. On n’en compte en réalité que 2 pour 100 d’après une statistique qui repose sur 5337 cas d’ouverture par opération ou autopsie. Des obstacles s’opposent donc à l’introduction dans l'appendice des matières contenues dans le cæcum. M. Robinson établit qu’un dispositif anatomique des plus complexes assure l’occlusion du canal appendiculaire. En outre de la valvule signalée par Morgagni, et improprement appelée valvule de Gerlach, il existe un sphincter musculaire qui rapproche puissamment les bords du canal, puis un troisième obstacle déterminé par le mode d’orientation de l’appendice sur lè cæcum. Lorsque celui-ci est vide ou presque vide, l’appendice suit le grand axe de cet intestin et la communication est ouverte. Mais quand les matières arrivent de l’iléon au cæcum, l’appendice se relève et forme un angle plus ou moins aigu avec la paroi cæcale. L’éperon qui en résulte suffît pour arrêter la communication. La fermeture du canal s’eflcclue donc par une combinaison de dispositions anatomiques dont l’efficacité est évidente. M. Robinson tire de ces faits d’importantes déductions cliniques ou opératoires et apporte ainsi une utile contribution à l’étude de l’appendice qui paraissait
- Cil. DE VlLLEDEÜIL.
- parachevée.
- LE DIAMANT DES BOERS
- Nos confrères quotidiens ont annoncé, sous forme de dépêche, que le Corps législatif de la Colonie du Transvaal avait volé, par 42 voix contre 19, l’achat, par le Trésor public, du diamant Culli-nan découvert il y a deux ans dans la mine Premier, pour T offrir au Roi Edouard, comme gage du loyalisme du peuple boër, et aussi « en commémoration de l’octroi d’un gouvernement autonome et responsable à la colonie ».
- « La pierre, déclara le général Bollia en déposant sa motion, est le diamant du plus grand prix qu’on ait encore découvert. 11 convient qu’elle soit le plus beau bijou de la Couronne. »
- En prononçant ces paroles, l’ancien généralissime ne commettait pas d’exagération. Certes, nous devons montrer ici plus de prudence que certains de nos confrères londoniens, qui croient pouvoir attribuer au « Cullinan » une valeur minima de 1000000 ê, soit 25 000 000 de francs. Atten-
- dons que les experLs aient passé sentence; attendons surtout que la pierre ait subi la redoutable épreuve
- de la taille.
- Mais nous avons un chiffre. précis : le diamant pèse 5052 carats. Et nous avons encore une autre base que nous ne saurions négliger pour former notre opinion : d’après sir William Crookes qui eut l’occasion d’examiner la pierre longuement, elle est d’une limpidité absolue, sans le moindre défaut. Elle appartient la variété de diamant désignée au Cap sous l’expression de glassy blue white, et a la forme « d’un grand œuf d’oie allongé et irrégulier ».
- Que le « Cullinan » — on parle déjà de le rebaptiser le Diamant des Boërs — soit le plus gros diamant du monde, on ne saurait en douter en lui comparant les diamants historiques. Ne parlons pas du Régent, avec ses 156 carats. Mais les deux diamants taillés les plus pesants, le Jubilée et TOrlolf,
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- LA NATURE.
- pèsent respectivement 259 et 195 carats. (Voir à la lin de l’article le tableau relatif aux principaux diamants connus.)
- Condensons maintenant tous les détails que nous possédons sur la découverte de cette pierre désormais fameuse.
- Dans les six mois qui suivirent le rétablissement de la paix en Afrique Australe, un Irlandais du Cap profilait de la stagnation des affaires pour acheter d’un fermier boër un terrain situé près de Pretoria où l’on avait trouvé avant la guerre des indices de sols diamantifères.
- Après de laborieuses négociations, il acquérait ce terrain pour 55000 £. Bon placement s’il en fut jamais ! M. Culli-nan formait aussitôt une compagnie au capital de 80 000 £, chiffre que quelques mois d’exploitation permettaient de récupérer.
- Actuellement, la Premier Diamond Mine Co est riche à millions de livres sterling.
- En septembre 1904, un mineur trouvait dans les environs de Ja-gersfontein un diamant qui pesait 969 1/2 carats, et reçut le nom d’Excelsior.
- L’émotion causée
- par cette richissime trouvaille n’était pas encore calmée que la nouvelle découverte se produisait, dans les circonstances que voici :
- Le contremaître de la Premier Mine, un vieux mineur de soixante ans, s’apprêtait à quitter les chantiers et à regagner le compound (habitation des ouvriers) quand, tandis qu’il enfilait les manches de sa veste, il vit jaillir sous les rayons du soleil couchant un vif éclair qui lui semblait partir de derrière une touffe d’herbe plantée à 7 m. au-dessus du chemin, sur une falaise presque perpendiculaire.
- 11 grimpait aussitôt à l’assaut du point lumineux, et, s’aidant de son couteau, réussissait à déterrer le diamant. Il n’eut pas à regretter d’avoir cassé sa lame durant l’opération : la compagnie le récompensait sur l’heure en lui versant 50 000 francs1.
- On se souviendra de la nouvelle, transmise aussitôt en Europe par le télégraphe, elle fit sensation. Elle devait exciter les convoitises de plusieurs bandes de voleurs internationaux qui conçurent le projet de
- 1 Voy. Heniu Coupin. Promenades scientifiques au pays des frivolités. Yuibert et Nony, 1906.
- Fia. 2.
- s’emparer du diamant. La compagnie ne leur en donna pas le temps: le « Cullinan », assuré pour l’énorme somme de 500000 £, était expédié à Londres. Des gardes armés veillaient à bord sur le précieux colis.
- Le Roi Edouard fut un des premiers à admirer le « Cullinan ». On conte meme à ce propos que le souverain fît cet aveu au représentant de la compagnie, qui le lui apporta en son palais de Buckingham :
- « Assurément, voilà un objet aussi curieux que précieux. Mais je dois vous avouer entre nous que je l’eusse repoussé du pied comme un vulgaire morceau de verre, s’il se fût trouvé sur mon chemin ! »
- Terminons par un détail technique que nous
- devons encore à sir William Croo-kes. Le savant anglais croit pouvoir affirmer que le « Cullinan » n’est qu’un fragment d’un cristal octaédral déformé ' (dislorled), et qu’il représente moins de la moitié de la pierre originale.
- La Premier Diamond Mine doit faire des vœux, et combien ardents, pour que soit retrouvée l’autre moitié !
- À titre de document, nous rappelons ci-dessous
- la liste et le poids des principaux diamants connus actuellement :
- Le « Cullinuu ».
- Taillé Brut
- Régent 136 carats 410
- Le Sancy 53 »
- Etoile du Sud .... 125 254
- Koli-i-nor 104 186,5
- OrlolF 193 ))
- Jubilee (1900) .... 239 ))
- Shah 95 )>
- Florentin 133 ))
- Grand Due de Toscane. 139 1/2 »
- Excelsior (1904).. . . 969
- Cullinan..............
- (Touvé le 20 janvier 1905, dans la mine Premier, près Pretoria; il mesure 10 cm sur 61/4 et 5 3/4.
- Le Grand Mogol . . .
- Le Rajah de Mahin . . L’Agœrth..............
- 3032 3/4
- 280
- »
- »
- 787
- 510
- 645 Y. Forbin.
- sont
- douteux
- Le Gérant : P. JIassox.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1789. — 7 SEPTEMBRE 1907.
- LA NATURE.
- Au large de l’Afrique, isolées au milieu de l’océan Allanlique deux iles, l’Ascension et Sainte-Hélène, ont joué pendant longtemps un rôle important pour la marine anglaise. Elles fournissaient aux Anglais, par leurs ports de Georgetown et de Jamestown, d’excellents points de relâche et d’approvisionnement pour les navires qui allaient aux Indes ou en revenaient en doublant le cap de Bonne-Espérance.
- Mais l’application de la vapeur à la marine, en permettant aux navires d’accomplir de longues traversées sans faire escale,commença à porter un coup à ces îles lointaines ; on y fit cependant des dépôts de charbon qui pouvaient être une ressource précieuse pour les Hottes anglaises en cas de guerre. Puis leur importance déclina encore davantage, du jour où, l’isthme de Suez étant percé, on put prendre, de l’autre côté de l’Afrique, une route plus courte pour se rendre de l’Europe aux Indes. Une garnison anglaise avait encore été conservée à Sainte-
- Hélène jusqu’en 1906, mais l’île ayant définitivement perdu toute valeur économique et stratégique, les Anglais ont décidé de l’en retirer. Le 29 octobre dernier, un navire a embarqué à Jameslovyn les 481 soldats qui en formaient la garnison, ainsi que les canons et les munitions qui s’y trouvaient. L’île se trouve replacée dans la situation où elle était quand l’Angleterre l’a occupée et celte mesure amène en même temps sa ruine.
- Les Anglais n’ont pas été les premiers possesseurs de l’île de Sainte-Hélène. Découverte le 21 mai 1502, jour de la fête de Sainte-Hélène, par le navigateur portugais Juan de Nova Castella, elle ne fut connue des 35e année. — 2e semestre.
- Ile Sainle-IIélène. — Jamestown.
- Anglais que par le passage du capitaine Cavendish au retour de son voyage autour du monde, en 1588. L’île ayant éléabandonnée par les Portugais vers 1600, les Hollandais en prirent possession. En 1650, la Compagnie anglaise des Indes se fit céder Sainte-Hélène par les Hollandais en échange du cap de Bonne-Espérance, et elle y bâtit le fort Saint-James.
- La Compagnie hollandaise des Indes orientales s’empara de l’île, le 11 janvier 1673, à l’aide de l’escadrille du commandant Jacob de Ceus; mais, le 15 mai suivant, l’escadre anglaise de Richard Munden la reprit. Les Anglais l’ont toujours possédée depuis. Une nouvelle charte fut accordée par Charles II à la Compagnie anglaise des Indes orientales qui garda Sainte-Hélène jusqu’en 1834, sauf pendant la période de 1815 à 1821 qui correspond à l’internement de Napoléon Ier dans l’île. En 1834, elle fut transférée à la Couronne par acte du Parlement. L’un des derniers faits se
- rattachant à l’île de Sainte-Hélène a été l’envoi qui y fut fait des prisonniers boers.
- Les Anglais, lorsqu’ils furent maîtres de l’île, fortifièrent les rares points accessibles de ses rivages Chappel Valley, où s’élève Jamestown, le chef-lieu de l’île, Rupert Valley au nord-est et Appel Valley au sud-ouest. Ils les hérissèrent de batteries et firent de ce rocher isolé dans la mer un autre Gibraltar, surveillant la route maritime du Cap. Le port de Jamestown est défendu par sept batteries à fieur d’eau, et sur une montagne, qui commande la baie et la ville, s’élève le fort Saint-James.
- En 1815, la garnison fut portée à 2700 hommes,
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- LA NATURE.
- et plusieurs navires de guerre y stationnèrent.
- Pendant près de 150 ans, Sainte-Hélène fournit aux navires de passage de l’eau fraîche, des légumes, des volailles, des oranges et des citrons ; tous les voiliers s’arrêtaient pour faire des provisions. Les habitants jouissaient d’une certaine aisance. Mais lorsque les vapeurs eurent succédé aux voiliers et que la navigation se fut détournée du cap de Bonne-Espérance, la décadence de l’île ne lit que s’accroître d’année en année. La population diminua, par suite de l’émigration qui se porta vers le Cap ou les Etats-Unis. Aujourd’hui les habitants perdent à peu près leur dernière ressource qui était la fourniture de vivres aux soldats.
- Située à 1800 kilomètres de la côte d’Afrique et 5 5500 de celle du Brésil, Pile n’a que 17 kilomètres de long et 14 de large. Son pourtour est de 44 kilomètres, sa superficie de 125 kil. carrés. Ile volcanique reposant sur des fonds basaltiques, elle possède encore au sud, dans la haie de Sandy, des traces d’un ancien cratère. Elle est très accidentée ; ses côtes, dont peu de points sont accessibles, sont des falaises à pic, hautes de 180 à 500 mètres et même, sur certains points, de 600 mètres. Des pitons élancés, tels que ceux appelés Loth et la Femme de Loth, se dressent comme des colonnes à 80 mètres de haut. Le point culminant est le pic de Diane, situé vers le centre de l’île; il s’élève à 875 mètres et commande le val de Longwood où mourut Napoléon. L’île est arrosée par une trentaine de torrents. La mer environnante atteint 4000 mètres de profondeur.
- Le climat est tempéré et sain ; la température moyenne est en été de 29° et en hiver de 12°. Les pluies sont fréquentes, mais il y a peu d’orages. Grâce aux courants venus du sud polaire, la moyenne annuelle de la température entre les tropiques dépasse à peine celle de Lisbonne, qui est sous le 16e degré.
- L’île était autrefois très boisée ; elle est devenue extrêmement aride. Si l’on en croit Darwin, des chèvres, qui y furent introduites dès sa première occupation, s’y multiplièrent et détruisirent tous les jeunes arbres dès qu’ils poussaient ; il ne resta plus que les arbres formés qui moururent de vétusté. Un détruisit bien les chèvres, mais trop tard, à un moment où le mal était irréparable.
- Quant à la flore spéciale de file, elle a à peu près disparu aussi avec ses forêts primitives. On y a introduit des plantations très variées provenant des pays les plus divers. Comme arbres, les chênes et les cyprès ont bien réussi. Quelques bois de pins se mêlent aux prairies vers les sommets. On cultive le café, la canne à sucre, le quinquina, chacun en petite quantité, quelques céréales aussi, puis des légumes, la patate, l’igname, la pomme de terre ainsi que d’autres légumes d’Europe, enfin des arbres fruitiers, pommiers, poiriers, bananiers.
- De même que la flore, la faune de l’île s’est aussi transformée. Les animaux qui y vivaient primitivement ont en partie disparu et l’on y voit surtout des
- animaux domestiques importés d’Europe. Il existe encore à Sainte-Hélène une espèce de pluvier (Ægia-liiis sanclæ Helerue) qui est propre à cette île et ne se rencontre nulle part ailleurs.
- L’île était inhabitée lorsqu’elle fut découverte. Aujourd’hui, la population comprend plus de nègres que d’Européens. Elle était en 1861 de 6860 habitants, en 1904 de 5882 habitants. Le chef-lieu, Jamestown, a 2500 habitants.
- La principale industrie du pays est l’élevage. L’agriculture est très peu développée, malgré la variété des produits que l’on obtient dans l’île et beaucoup d’entre eux seraient susceptibles d’une extension avantageuse. L’industrie est insignifiante et consiste presque exclusivement en exportation de cuirs et de peaux. 11 faut y ajouter le produit de la pêche à la baleine. L’importation s’exerce surtout sur les denrées alimentaires.
- L’avenir réservé à l’île est certainement très sombre, et elle ressent déjà les conséquences de la suppression de la garnison. Depuis son départ , le gouvernement colonial ne répare plus les roules, la plupart des employés indigènes de. l’administration ont été remerciés et la valeur des propriétés foncières a considérablement baissé. Les habitants de Jamestown viennent de demander à être exonérés d’un impôt nouveau pour travaux d’adduction et de drainage recommandés par le War Office; ils font valoir que ces travaux sont devenus inutiles.
- Gustave Regelspeivger.
- CHRONIQUE
- La compressibilité des éléments. — Un journal allemand, le Chemiker Zeitung, vient de publier, d’après M. W. Richards, les chiffres relatifs à la compressibilité de 55 éléments ; il nous paraît intéressant de communiquer ce tableau à nos lecteurs. Le voici par ordre croissant de compressibilité :
- Silicium. . • . . . 0,16 Thallium. . . 2,60
- Platine . . . 0,21 Magnésium". . 2,70
- Molybdène. • . . . . 0,26 bismuth.. . . 2,80
- Nickel . . . 0,26 Mercure.. . . 5,70
- Palladium . . • Arsenic. . . . 4,30
- Fer . . . . 0,40 Calcium. . . . 5,50
- Or . . . . 0,47 Lithium. . . . 8,80
- Carbone. . • . . . . 0,50 Phosphore. . • 9,00
- Cuivre . . . . 0,54 Sélénium. . - 11,80
- Manganèse. • . . . 0,67 Soul're. . . . 12,50
- Chrome .... . . . 0,70 Iode 13,00
- Argent 0,84 Sodium. . . . 15,40
- Aluminium. . . . . . . 1,30 Potassium. . . 31,50
- Zinc . . . 1,50 Rubidium. . . 40,00
- Étain . . . . 1,60 Brome . . . . 51,80
- Cadmium . . . . . . . 1,90 Cæsium. . . . 61,00
- Plomb . . . 2,20 Chlore . . . . 95,00
- Antimoine. . . . . . 2,20
- Sur l’emploi des naplitols en tannerie. — Un
- chimiste allemand, M. A. Weinschenk, a fait récemment breveter, pour tanner les peaux, l’emploi de naphtol en présence d’aldéhyde formique. Le cuir à l’a-naphlol est très souple et très résistant; il se distingue à peine du cuir au tanin végétal. Il n’est pas coloré quand il vient d’être préparé, mais il prend peu à peu une teinte brune.
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- LA NATURE.
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- Le cuir au (J-naphlol est analogue au précédent; mais il conserve sa couleur crème en vieillissant. Ces cuirs au naplitol ont, en outre, l’avantage de permettre une teinture facile du cuir, par simple passage dans un bain de couleur diazoïque.
- Le transatlantique de demain. — Demain, c’est peut-être beaucoup dire; mais tout au moins de l’avenir. C’est M. Joseph Oldham qui annonce comme une réalité prochaine la construction d’un transatlantique destiné à
- marcher à une allure de 55 nœuds. La longueur de ce bateau devra être de 500 m., pour une largeur de 57,50 m. ; son déplacement, de 75 000 tonnes, avec un tirant d’eau de 12 m.; son tonnage brut atteindra 07 500 tonneaux, et il pourra prendre à son bord 7000 voyageurs. Pour lui donner la vitesse que nous avons indiquée, il sera nécessaire de disposer d’une puissance motrice de 170 000 chevaux, qu’on répartira en cinq groupes de turbines commandant chacun une
- hélice.
- UNE NOUVELLE VARIÉTÉ BOVINE — LA RACE BORDELAISE
- La précision des lois scientifiques, appliquées dans l’élevage du bétail, vient de se manifestera nouveau, dans la création d’un nouveau type bovin, création
- vaches bordelaises paraissent issues du croisement des variétés bovines bretonne et hollandaise que de temps immémorial on importait dans ces contrées.
- tentée récemment avec succès par les éleveurs bordelais.
- On sait que, dans leur ensemble, les populations bovines du centre et du sud de la France sont peu laitières; le climat méridional, favorisant médiocrement la sécrétion lactée, ces variétés bovines se sont perfectionnées dans le sens de la production du travail moteur et de la viande. Il fallait néanmoins assurer l’approvisionnement en lait des grandes villes du Midi : Bordeaux, Toulouse, Marseille, Nice, etc., et c’est en vue de remédier à cette lacune que les éleveurs bordelais se sont ingéniés à créer une race bovine laitière adaptée aux conditions climatériques spéciales de la région.
- La fixation des caractères de la race bordelaise est due à l’application rationnelle des principe du « croisement » et de la « sélection » ; malgré les controverses nombreuses qui se sont élevées à ce sujet, les
- En fait l’idée directrice révélait une juste compréhension des lois zootechniques et économiques puisqu’on alliait la sécrétion lactée abondante des hollandaises à l’aptitude beurrière des bretonnes, ainsi pouvait-on obtenir « qualité et quantité ». La sélection intervint ensuite pour lixer les caractères des métis ainsi obtenus, et cette sélection, poursuivie méthodiquement, a doté la race bordelaise de caractères typiques, dorit.le premier est incontestablement la robe caractéristique de la race, constituée par un pelage tigré blanc et noir des plus curieux.
- C’est dans le département de la Gironde, sur la rive gâuchc de la Garonne, entre Bruges et Saint-Viviers, que furent réalisées les premières tentatives de création de la race bordelaise. Cette région était peuplée de bétail de souche hollandaise, dont l’existence se rattache à l’exode des Hollandais, venant au xvue siècle dessécher les marais vendéens ; les vaches bretonnes
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- LA NATURE.
- importées fréquemment servirent de base aux croisements.
- Les premiers essais donnaient des résultats encourageants, lorsqu’en 1870 tout le bétail de la contrée fut décimé par la péripneumonie contagieuse; courageusement les éleveurs girondins se remirent à l’œuvre et, guidés par leurs prolessseurs d’agriculture, MM. Vassilière, Loyer de la Girodays, ils parvinrent à fixer les caractères de la nouvelle variété assez nettement pour que, dès 1889, un Livre Généalogique ou Herd-Book pût être établi ; la création d’une catégorie spéciale aux Concours agricoles, demandée depuis longtemps, était enfin obtenue en 1905.
- La taille des bovidés bordelais varie entre 1,20 ni. et 1,55 m.; la robe très particulière est pie-noire
- Le régime ordinaire est celui du pâturage mixte en été ; les bêtes sont rentrées à l’étable la nuit et pendant les heures de grande chaleur à cause de la piqûre des mouches; durant l’hiver les vaches restent complètement à l'étable. Ce bétail résiste bien aux brouillards parfois fréquents sur les bords de la Gironde, et aux températures élevées. Engraissées, les vaches réformées parviennent à un poids moyen de 450 kg sur pied, le cuir pesant environ 56 kg; le rendement à la boucherie est d’environ 54 pour 100.
- Dans sa dernière réunion, la Commission du Herd-Book Bordelais a fixé ainsi les caractères essentiels du type, caractères indispensables à l’inscription régulière des animaux sur les livres généalogiques.
- Conformation générale. — Corps anguleux,
- Fig'. 2. — Vache bordelaise.
- mouchetée avec toutes les muqueuses noires, la tête doit être totalement noire ainsi que la pointe et la hase des cornes. La conformation générale est un peu anguleuse ave le garrot saillant, mais le bassin est large, les hanches bien sorties. La peau fine et souple révèle une aptitude laitière bien accusée, la vache bordelaise est en effet si bonne laitière qu’il faut parfois cesser de traire pour la faire tarir. Le rendement moyen annuel est de 5200 litres de lait pour une période de lactation qui dure parfois un an ; ce lait est riche en matière grasse; il suffit de 26 à 28 litres pour obtenir un kilogramme de beurre.
- L’importance du commerce du lait autour de Bordeaux oblige les éleveurs à vendre les veaux très jeunes, à l’âge de huit ou quinze jours; cependant, devant la demande considérable dont les génisses sont l’objet de la part des nourrisseurs du Sud-Ouest, on élève actuellement un plus grand nombre de génisses et de taurillons ; on n’entretient pas de bœufs dans la contrée.
- surtout chez la femelle. Encolure grêle, garrot saillant, épaule plate. Bassin large. Hanches saillantes.
- Tête. — Osseuse, front légèrement creux, yeux saillants, cornes à pointes et à bases noires relevées latéralement, souvent incurvées en avant.
- Robe. — Pelage pie-noir moucheté, tête entièrement noire, extrémités des membres et de la queue noirs, mufle, paupières, peau des mamelles totalement noires, sabots de couleur foncée.
- Physionomie. — Douce et intelligente.
- Démarche. — Elégante et alerte.
- Tempérament. — Nervoso-sanguin.
- Grâce à l’appui éclairé des Associations, des Syndicats agricoles, la race bordelaise est en voie constante de perfectionnements, et ses caractères laitiers la destinent incontestablement à jouer un rôle considérable dans l’exploitation rationnelle des variétés bovines du Sud de la France.
- Paul Diffloth.
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- LA NATURE.
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- L’AMORTISSEMENT DU BRUIT DANS LES TUNNELS MÉTROPOLITAINS
- La création des métropolitains dans les grandes villes s’imposait depuis longtemps et leur succès qui, tout d’abord, a dépassé les prévisions même les plus optimistes, ne fera que s’accentuer avec le temps. Mais, si, au point de vue de la bonne exécution et de la solidité des ouvrages, ils ne laissent rien à désirer, l’expérience est venue démontrer qu’on n’a pas toujours suffisamment tenu compte des conditions toutes spéciales dans lesquelles ils doivent être exploités. Les métropolitains souterrains ont été construits à l’instar des grandes lignes de chemins de fer sans s’occuper, ni des conditions hygiéniques toutes différentes de celles des lignes en rase campagne, ni des bruits, énervants pour les voyageurs, qui se produisent forcément dans des souterrains étroits et de grande longueur, ni, enlin, des conditions toutes spéciales d’exploitation de ces lignes souterraines.
- En présence des protestations réitérées du public, le véritable juge en la matière, on a dû reprendre ces différentes questions toutes nouvelles, étudier les faits expérimentalement et chercher des solutions, sinon parfaites, tout au moins s’en rapprochant le plus possible.
- M. Thierry, attaché au service de la construction du métropolitain de Paris, a publié dernièrement sur ce sujet un travail fort intéressant1. 11 étudie successivement les moyens les plus efficaces pour rendre salubre et frais, en même temps, l’air chaud et vicié des souterrains et des voitures, pour assurer la circulation pédestre dans les souterrains afin de permettre leur évacuation en cas d’arrêt ou d’accident et, enfin, pour amortir le bruit si intense des trains dans les souterrains; C’est de cette dernière question que nous voulons plus spécialement nous occuper dans cet article, question d’autant plus intéressante qu’elle a été jusqu’ici peu étudiée et que le public qui supporte ces bruits avec une véritable résignation, tout en les déplorant, serait heureux d’en être débarrassé.
- Une première question se pose tout d’abord. Quelle est la cause de ce bruit et pourquoi prend-il une intensité aussi grande dans les souterrains? Le bruit des trains en marche a son origine dans les sons émis par les mouvements vibratoires des rails, des roues et des véhicules. Ces mouvements vibratoires résultent, d’abord, des frottements de roulement et de glissement des roues sur les rails, puis des chocs de ces mêmes roues aux joints de ces rails et, enfin, des chocs produits par les facettes résultant d’usures locales des bandages au moment où, pendant le freinage, ces roues, cessant de tourner, glissent sur . les rails. Lorsque les voies sont robustes et en bon état et que le matériel roulant, bien suspendu, est bien proportionné pour le service auquel il est destiné, les mouve-
- 1 Etude sur le métropolitain de Paris, par J.-B. Thierry. — Béranger, éditeur.
- ments vibratoires, faibles par eux-mêmes, ne produisent que des ondes sonores également d’une faible intensité. C’est ce qui se produit en rase campagne.
- Mais, si ces ondes sonores, aussi atténuées qu’elles soient, viennent à rencontrer à faible distance des parois où elles se réfléchissent, l’intensité du son s’accentue, et si, par suite de la multiplication des réflexions sur ces parois, ces ondes viennent, comme il arrive le plus souvent, à se superposer, elles finissent par prendre une acuité très grande. C’est ce qu’on remarque dans les souterrains où les vibrations se répercutent non seulement entre le ballast et le fond de la caisse des véhicules, mais aussi contre les parois des souterrains et, par réflexion, contre celles des voitures. Cette acuité du son devient d’autant plus grande que l’espace est plus restreint et plus encaissé, comme il arrive dans les souterrains des métropolitains.
- Quels sont les moyens à employer pour atténuer cette
- intensité du bruit? Il y en a plusieurs. Nous les examinerons successivement. On peut d’abord agir en atténuant la cause même des ondes sonores, c’est-à-dire les vibrations des rails et des roues dues au roulement des véhicules.
- Une des causes principales de ces vibrations est celle provenant des frottements de roulement et de glissement des roues sur les rails, frottements qui prennent une importance notable dans les courbes, surtout lorsque celles-ci ont un faible rayon, comme c’est le cas le plus général pour les lignes métropolitaines. Le remède tout indiqué consiste à remplacer les véhicules à essieux rigides et à faible empattement, offrant une grande résistance dans les courbes, par des voitures longues et montées sur bogies. C’est, du reste, à ce matériel, en usage depuis longtemps déjà sur les grands réseaux, qu’on a recours sur presque toutes les lignes métropolitaines étrangères et que le métropolitain de Paris emploie, à son tour, depuis peu, sur ses nouvelles lignes (fig. 1).
- Pour diminuer les vibrations dues aux chocs des roues au passage des joints, c’est à un éclissage renforcé de ces joints qu’il faut avoir recours et c’est dans cet ordre d’idées que la Société exploitante du métropolitain de Paris vient de mettre à l’essai un système d’éclissage sans boulons très robuste et qui semble appelé à donner de bons résultats1. Quant aux chocs résultant des facettes
- 1 Posé depuis quelque temps déjà, ce nouvel éclissage a permis de constater un fait intéressant. La conductibilité électrique de réclisse paraît suffisante pour permettre la suppression des connexions électriques aux joints, connexions qui, comme on sait, sont coûteuses et présentent toujours des aléas. C’est ainsi qu’au Métropolitain le nouvel éclissage est posé sans connexions électriques. Il en est de même sur un certain nombre d’autres tramways électriques où ce système d’éclissage est à l’essai. • .
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- LA NATURE.
- produites sur les bandages par le freinage, une révision fréquente de ces bandages et leur passage sur le tour, au moment de l’apparition de ces facettes, suffira pour en éviter les effets.
- L’emploi de ces divers moyens préventifs aura certainement pour résultat l’atténuation des vibrations des rails
- Fis. 2. -
- Coupe transversale du tunnel métropolitain de Paris tel qu’il est construit.
- et des roues, cause première du bruit, mais sans cependant, il faut bien le dire, les faire disparaître complètement. C’est donc à un second moyen qu’il faudra avoir recours pour atténuer l’intensité des ondes sonores qui n’ont pu être totalement supprimées. Le moyen consiste à réduire ces vibrations sonores en agissant directement sur les corps vibrants, c’est-à-dire en installant dès sourdines sur les principaux organes vibrants, tels que les rails et les roues. Mais, avant d’indiquer les dispositifs à prendre pour atteindre ce résultat, il nous faut signaler une autre cause de perturbation corrélative des premières et dont l’importance est non moins grande. Nous voulons parler des trépidations qui, sous
- lement des trains, il est possible, dans une certaine mesure, avec un ballast reposant, comme en rase campagne, sur des terrassements compressibles, d’obtenir des résultats satisfaisants. Mais dans les tunnels, notamment dans ceux du métropolitain, formés, à leur partie inférieure, d’un radier en béton soutenant le ballast et, par suite, constituant une infrastructure rigide et indéformable, il n’est pas possible de compter sur un pareil amortissement des trépidations. Elles se propagent, au contraire, avec une extrême facilité (fig. 2).
- Comme, au point de vue technique, il est, cependant, indispensable de conserver un radier, c’est à un autre mode de support des rails qu’il faut avoir recours, support constitué par une fondation légèrement élastique et, cependant, invariable dans sa forme, supprimant, par ce fait, la transmission des trépidations dues au roulement des trains. Ce mode de fondation est connu. 11 est employé depuis nombre d’années déjà dans l’industrie privée, grâce à l’initiative de M. Léon Malo, ancien ingénieur des mines de Seyssel. Il consiste à employer, comme massif de fondation, une matière bitumineuse qui, comme on sait, jouit de la propriété d’amortir et le bruit et les trépidations. Aussi, est-ce en se basant sur cette idée rationnelle que M. Thierry propose pour les tunnels métropolitains la disposition représentée sur la figure 5. Comme on le voit le ballast est complètement supprimé et les rails sont fixés sur une embase en bois injecté scellée dans un massif hémisphérique composé d’une matière bitumineuse, encastré dans un radier en béton recouvert d’un dallage en asphalte comprimé dont nous indiquerons tout à l’heure l’utilité. On obtiendra ainsi un véritable amortisseur des trépidations et du bruit causés par les rails. Etant donnés les excellents résultats obtenus depuis nombre d’années avec ces massifs bitumineux pour amortir les trépidations et le bruit résultant de la marche de machines à vapeur puissantes, de concasseurs et de marteaux pilons, il y a tout lieu de penser qu’il en sera de même pour amortir les trépidations bien moins impor-
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- plaques de caoutchouc. Ce ne sera pas, du reste, une innovation, car, depuis longtemps, ces roues sont en service sur nombre de réseaux étrangers au grand avantage de la douceur du roulement et du confort des voyageurs.
- Reste, enfin, la sonorité provenant des réflexions des ondes sonores sur le radier des tunnels, sur le dessous des caisses des véhicules et sur les parois des souterrains.
- Pour combattre les réflexions sonores du radier, on peut revêtir, comme nous l’avons indiqué tout à l’heure, ce radier d’un dallage en asphalte comprimé, produit qui jouit d’un grand pouvoir d’absorption du son.
- Quant aux réflexions sonores qui se produisent contre le dessous du plancher des voitures, leur absorption peut être également obtenue par un procédé analogue, en garnissant le dessous du plancher d’une matière absorbante du son, de feutre, par exemple, dont les qualités d’absorption du son sont bien connues.
- Si, malgré l’action de ces matières absorbantes du son, on pouvait encore redouter le passage d’ondes sonores dans les voilures, au travers du plancher, on pourrait, pour les absorber, revêtir les parquets d’une couche de matière absorbante. Les ondes sonores venant du dessous se heurteraient d’abord au revêtement de la face inférieure du plancher, puis, celles non absorbées, au revêtement de la face supérieure. Elles se trouveraient donc complètement amorties avant leur pénétration dans la voiture. Quant aux ondes sonores qui viennent frapper la voiture latéralement et qui y pénètrent, soit par les baies ouvertes, soit au travers des parois, et qui proviennent des réflexions R, R', R" qui s’effectuent contre les parois du souterrain (lîg. 4), le moyen qui semble le plus simple pour les absorber, consiste à les empêcher de se produire en interceptant les rayons sonores incidents provenant des rails et des roues. Ce résultat pourrait être obtenu en enfermant la partie inférieure de la voilure dans une enveloppe descendant jusqu’au niveau des rails. Cette enveloppe pourrait être composée d’une tôle vernie à l’extérieur et revêtue à l’intérieur d’une matière absorbante du son. Avec ce dispositif le bruit du aux vibrations des rails et des roues se trouverait comme emprisonné sous la voiture et d’autant mieux que ces enveloppes seraient d’une opacité acoustique plus complète.
- En résumé, les moyens à employer pour combattre le bruit des trains dans les métropolitains souterrains, consistent d’après M. Thierry : 1° à réduire les frottements de glissement des roues sur les rails, en adoptant un matériel à bogie et des voitures longues ; 2° à réduire les chocs aux joints des rails, en adoptant un système d’éclissage robuste; 3° à installer des sourdines sur les principaux organes vibrants, tels que les rails et les roues; 4° à amortir les réflexions sonores sur le radier et sur le fond des voitures; 5° enfin, à obstruer les rayons sonores arrivant latéralement sur les voitures par réflexion sur les parois du souterrain.
- Ces procédés semblent rationnels et il serait à désirer qu’un essai, même restreint, en fût fait, afin de permettre d’en apprécier la valeur pratique. Ils sont également simples et relativement peu coûteux, puisque le seul changement à apporter au profil existant des tunnels du métropolitain de Paris et admis par l’administration, est celui provenant de la modification du radier et de la suppression du ballast. Mais à ce dernier point de vue il n’y aurait qu’à s’en réjouir, car si, comme nous l’avons vu plus haut, celui-ci n’est qu’un amortisseur illusoire du bruit et des trépidations, il a, de plus, l’inconvénient beaucoup plus grave, d’être la cause déterminante de l’insa-
- lubrité et de la viciation de l’air des souterrains. 11 est, de plus, une entrave à la circulation pédestre dans le souterrain, soit pour les ouvriers, soit pour les voyageurs en cas de détresse des trains. Sa suppression ne peut
- donc être qu’un bien. Elle est, du reste, en partie réalisée au City and South London et au Central London, et à l’étude, paraît-il, pour la ligne métropolitaine Nord-Sud de Paris. R. Bosnin.
- L’INDUSTRIE DU PAPIER
- en Allemagne
- L’industrie du papier en Allemagne a pris un développement énorme, la production atteint au minimum un million de tonnes; le monde entier ne fabrique pas annuellement plus de 7 millions de tonnes de ce produit. Les centres de production allemands se trouvent surtout dans les régions où l’on rencontre en abondance la matière première, et là où les chutes d’eau sont assez nombreuses et puissantes pour fournir à bon marché la puissance motrice. Les grands moulins à papier sont donc installés principalement en Thuringe, dans les montagnes du Harz et en Silésie. Quant aux usines ou manufactures utilisant le papier, par exemple, pour la fabrication des boîtes, elles sont en grande partie dans les villes importantes, mais bon nombre d’entre elles se rencontrent dans des régions tout à fait pauvres, où elles recourent au travail à domicile. L’industrie du papier et du carton et ses dérivées : la préparation de la pâte de bois, de la cellulose, du traitement des chiffons également, etc., emploient en Allemagne quelque 120 000 personnes. Elles souffrent, actuellement de la rareté de la matière première : on exploite les forêts existantes de façon intensive, mais les plantations nouvelles ne suffisent pas aux besoins croissants, et l’on parle déjà de faire appel à des ressources lointaines, les forêts immenses de Terre-Neuve, du Canada occidental et de l’Australie. La création à Gross Lichler-felde, près de Berlin, d’un établissement pour l’essai des papiers, analogue à celui créé à Paris par les soins de la Chambre de Commerce, a grandement contribué à cet essor. Cette fondation remonte plus loin que celle de Paris : elle date en réalité de 1886, et avait été primitivement faite pour les essais de papiers fournis aux administrations publiques de Prusse. Peu de temps après, on ouvrit l’établissement aux essais particuliers de fabricants ou de consommateurs ordinaires. Et maintenant on se livre à Gross Lichterfelde aux essais les plus divers et les plus minutieux sur tous les papiers : épreuve de la résistance, pesage, mesurages, vérification de la puissance d’absorption de l’humidité; essais sur l’encollage, sur la charge, constatation de l’épaisseur, de la perméabilité lumineuse, etc.
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- LE TRAÎNEAU
- Le traîneau! Ce mot n’évoque-t-il pas l’idée de l’hiver, du froid, d’une route couverte d’une épaisse couche de neige sur laquelle glisse sans bruit ce véhicule, de construction plus ou moins primitive,
- les bagages, qui servent de siège. La figure f> représente un de ces traîneaux, employé de nos jours chez les Indiens du Texas. Ici les voyageurs, l’homme et la femme, sont montés tous les deux sur le cheval,
- Fig. 1. — Traîneau îles Màn-Quân-Côc, liaul. Tonkiu (d’après la photographia du commandant Itonifacy).
- conduit par un cocher emmitonné dans de gros vêtements de fourrure?
- C’est pour les pays froids, à long hiver rigoureux, comme la Russie, la Norvège, la Suède, la Sibérie ou l'extrême nord, habité par les Lapons, les Esquimaux, etc., que semble être fait le traîneau indispensable pour la locomotion.
- Cependant (et cela paraîtra étrange de prime abord), dans les pays, chauds, qui n’ont jamais connu de neige, t-*f’ comme l’Égypte s ' par exemple, on se servait des traîneaux dans les temps les plus reculés, et aujourd’hui même dans un pays sans hiver, l’Indo-Chine, on fait usage du traîneau. Comment cela se fait-il? C’est ce que nous tâcherons de démontrer dans cet article.
- L’origine du traîneau est, selon toute probabilité, un véhicule fort primitif, encore en usage chez les Peaux-Rouges : deux branches d’arbre attachées aux flancs du cheval, c’est-à-dire un brancard incliné, dont un bout traîne à'terre et sur lequel on charge
- les bagages ne présentant probablement pas un siège assez commode pour leur locomotion. Ce voyage, en traîneau, se fait, comme on le voit sur le dessin, en plein été.
- Supposons qu’un beau jour ce véhicule primitif
- vienne à se casser, mais incomplètement, de façon qu’une partie de la branche traîne par terre, et nous comprendrons facilement tout l’avantage que l’homme a pu tirer de cet accident. Il a dû comprendre de suite, que la traction se fait plus facilement si l’on réunit sous un angle obtus une paire de branches horizontales à une autre paire faisant office de brancards. De là à mettre quelques bouts de bois transversalement sur les branches il n’y avait qu’un pas, et le traîneau, tel qu’on le voit encore chez les Finnois et chez les paysans russes, était inventé. La figure 2 nous mbntre un traîneau de Bouriates, peuplade mongole de la Sibérie orientale; il est petit, bas et peut difficilement tenir plus d’une personne;
- Fig. 2. — Traîneau des Bouriates, Sibérie Orientale (d’après une photographie de M. Toumanoff).
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- l'attelage est bien le même que celui usité en Russie, avec la « douga » au-dessus de la tète du cheval ; le traîneau rappelle, à peu de chose près, celui des paysans russes (le traîneau dont on se sert dans les villes est plus confortable et plus élégant). La ligure 4 représente un véhicule d’une forme un peu différente. C’est un traîneau Ostiak. Les Ostiaks habitent le nord de la Sibérie oc-
- véhicule dans les rites funéraires à une époque où les voitures à roues étaient déjà inventées, s’explique tout simplement comme survivance d’un usage d’autant plus vénéré qu’il est ancien. De même en Russie, dès le commencement du xie siècle et presque jusqu’à nos jours, le traîneau a été employé dans les funérailles, comme l’a démontré récemment le
- professeur Anoul-chine de Moscou.
- cidentale. Leurs traîneaux sont plus longs et surtout plus bail I s que ceux des Donnâtes, car les Ostiaks sont souvent appelés dans leurs courses à traverser les « toundras », dans lesquelles le traîneau s’enfonce assez profondément.
- Dans les temps les plus reculés les Egyptiens se servaient de traîneaux pour les cortèges funéraires. La figure 5 nous représente une partie d’un cortège funéraire des Egyptiens. Le catafalque, selon la coutume, a la forme d’une barque montée sur un traîneau; il est
- h * •y
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- Fip
- On trouve chez les annalistes russes du xie siècle le récit des funérailles du prince Vladimir, funérailles célébrées le 15 juillet 1015, c’est-à-dire en plein été et où le mort, dit le récit, était porté à l’église sur un traîneau. Mais, c’est surtout aux xvie et xvne siècles qu’abondent les descriptions de pareilles cérémonies; et c’est invariablement le traîneau qui y figure, avec la seule différence que ce traîneau devient de plus en plus orné et son prix atteint quelquefois, au xvnesiècle, le prix, très élevé pour l’époque, de 200
- 3. — Prototype du li'nînemi, encore en usage chez, les Indiens de l’Amérique du Nord (d’après une gravure de l’ouvrage de H. Schoolcrafl, India» Iribes, 1851).
- Fig. 4. — Traîneau des Ostiaks, Sibérie Occidentale (d’après une photographie de M. Gondatt.i).
- traîné par un double attelage de taureaux et de Fellahs. C’est la barque d’Osiris avec ses deux pleureuses Isis et Nephtys, et sa cabine fermée dont les parois cachent la momie aux yeux des passants. Les-personnes, qui entourent le catafalque, sont des parents et des amis du défunt, le prêtre va en avant. Si l’on accepte la genèse du traîneau que nous avons exposée ci-dessus, l’apparition de ce
- et 500 roubles. Ce n’est pas le mort seulement qui était transporté en traîneau, sa veuve et ses proches parents accompagnent le cortège souvent à l’église également en traîneaux. Quelquefois le traîneau n’avait pas d’attelage et était porté à bras d’hommes. Pour les mariages, surtout pour les grands mariages, des princes et des gens riches, on se servait aussi du traîneau et cela en toute saison de l’année sans
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- distinction. La mariée prenait place dans le traîneau, le prêtre et le fiancé l’accompagnaient à cheval. Le haut clergé russe, dans les circonstances graves, comme par exemple le sacre, usait comme moyen de locomotion, du traîneau, sa marche lente paraissant plus majestueuse et plus appropriée à la circonstance. Pendant les fêtes des rameaux, c’est encore sur un traîneau que l’on conduisait en procession un arbre orné de fleurs et de fruits artificiels, escorté par le clergé portant des branches de saule. L’usage du traîneau pour les enterrements, en toute saison, s’est conservé jusqu’à présent dans certaines parties de la Russie. Ainsi dans la « Petite Russie » on met le cercueil sur le traîneau, attelé d’un bœuf, plus souvent blanc, et c’est ainsi qu’on le transporte à l’église et ensuite au cimetière. Le même usage se retrouve, en dehors des terres slaves, dans l’Europe occidentale, partout où ce véhicule est employé comme moyen de transport, et notamment dans les pays montagneux comme le Jura, les Alpes, les Car-pathes, etc.
- D’après ce court aperçu nous voyons que le traîneau était connu dans l’antiquité et son usage répandu dans beaucoup de pays sans distinction de climat et d’altitude. Passant maintenant des temps anciens aux temps présents nous retrouvons encore le même traîneau. Il change, il est vrai, quelque peu de forme selon le pays et l’usage auquel il sert, mais reste toujours le véhicule primitif et bon marché usité dans tous les pays chauds ou froids.
- Nous avons déjà signalé au commencement de cet article que dans l’Indo-Chine on employait le traîneau, malgré
- l’absence complète de neige dans ces pays. La figure 1 reproduit la photographie d’un traîneau en usage chez les Màn du haut Tonkin. Nous devons cette photographie à l’amabilité du commandant Bonifacy, qui a étudié tout particulièrement les Màn-qûan-côc (Màn à pantalons courts), population un peu différente des Annamites proprement dits, qui habite les régions montagneuses du Tonkin et chez laquelle ce véhicule est en grande laveur. Ce traîneau rappelle beaucoup le véhicule primitif de la ligure 3 des Indiens du Texas puisque ses patins ne touchent terre que par la partie d’arrière, mais il est tout de même plus perfectionné, les bagages n’étant pas posés directement sur les brancards, mais dans un grand panier tressé. Ce traîneau est surtout employé pendant la moisson pour rentrer les récoltes. Chez les Annamites, proprement dits, on emploie pour le même but de véritables traîneaux qu’on peut voir actuellement à l’exposition coloniale du bois de Yin-cennes, dans le « village indo-chinois ». D’ailleurs, dans beaucoup de pays chauds on emploie le traîneau dans les travaux agricoles.
- Pour conclure, nous pouvons dire que le traîneau doit son existence actuelle à deux causes essentielles : la première, et peut-être la principale, est que la construction en est facile et peu coûteuse, ce qui permet aux peuplades les plus pauvres de s’en servir, et cela, comme nous l’avons vu plus haut, sous toutes les latitudes et sans distinction de climats; la seconde est une survivance pure et simple : le traîneau, étant d’une origine ancienne, son usage reste vénéré et se conserve dans les rites.
- J. Deniker.
- Fis. 5. — Partie d’un cortège funéraire égyptien. Le catafalque est posé sur un traîneau.
- LES OMBRES VOLANTES
- Les récentes éclipses de soleil ont remis en question le curieux phénomène des ombres volantes.
- « Quand le croissant lumineux est très mince, quelques secondes avant le commencement ou après la fin de l’éclipse totale, la clarté des objets terrestres présente des variations manifestes et brusques, qui rappellent ce qui se passe quand la lumière est réfléchie par de l’eau un peu agitée ou quand elle rase un corps fortement chauffé.
- Quelquefois c’est comme une simple ondulation passant dans l’air, et qui a fait dire qu’on a vu passer le vent. Parfois le phénomène est tout à fait régulier et alors on voit des franges ou bandes1, alternativement claires et sombres, se déplaçant plus ou moins rapidement et paral-
- 1 Bigourdan. Les éclipses de soleil, p. 45.
- lèlement les unes aux autres, parfois ces bandes sont colorées. »
- Arago a rapporté une curieuse observation faite le 8 juillet 1842, à Digne, par l’abbé Savournin. Diamilla Muller les observa aussi très nettement le 22 décembre 1870, à Terranova, en Italie. Mais il faut arriver à ces dernières années pour avoir de bonnes études de ce phénomène.
- En 1900, Mme A. Brook les a bien observées à Alger. Lors de la même éclipse, M. Moye observa à Elche deux systèmes de franges superposés, de mouvement opposé et formant comme des serpents entrelacés.
- Pendant l’éclipse de 1905, un certain nombre d’observations ont été faites. M. A. Forel, professeur honoraire de l’université de Lausanne, qui faisait partie de la mission dirigée à Santa-Ponza (île de Majorque) par M. Raoul
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- Gautier, directeur de l’observatoire de Genève, a vu, quelques secondes avant la totalité et pendant quelques secondes seulement, les ombres volantes sous forme de lignes ondulées, très peu nettes, les plus accentuées distantes les unes des autres d’un mètre peut-être et entre elles des lignes moins bien marquées de 5 à 5 centimètres de largeur, verticales sur les parois verticales, parallèles au méridien sur le sol.
- Ces bandes étaient affectées d’un mouvement de trépidation, de vibration sur place, mais sans déplacement latéral, sans écoulement dans un sens déterminé ; elles ne couraient pas sur le sol ou sur les parois verticales. Ces ombres volantes rappelaient les allures des vibrations de l’air à la surface d’un lac lorsque le vent mélange les couches d’air de densités différentes dans le cas d’une stratification thermique inverse fortement accentuée, en hiver spécialement.
- « Dans ces vibrations de l’air à la surface du lac, il y a cependant, ajoute M. Forel-- ce que nous n’avons pas vu à Santa Ponza — un déplacement latéral comme un courant dans le sens du vent. Je n’ai aucun doute que les ombres volantes ne soient un phénomène atmosphérique. ))
- De notre côté nous avons fait à Tripoli d’Afrique des observations aussi complètes que possible de ce très intéressant phénomène.
- Les ombres ont été vues six minutes avant la totalité à 2 h. 39 minutes. C’étaient des bandes alternées d’ombre et de lumière se déplaçant dans un sens perpendiculaire à leur direction. On avait, en les voyant, la sensation de l’ombre d’un serpentin agité horizontalement. Trois fois les bandes ont changé leur direction de déplacement. Nous avions à diverses reprises lancé des montgolfières pour repérer exactement la direction du vent et nous avons constaté que la direction du vent dans les couches supérieures de l’atmosphère représentait sensiblement celle du déplacement des ombres volantes.
- Quelle est la cause des ombres volantes? M. F.-II. Bi-gelow, en 1900, était arrivé à conclure que ce phénomène prenait naissance uniquement dans notre atmosphère et qu’il était dû au mouvement dont l’air est animé au lieu d’observation.
- M. W.-H. Pickering était déjà de cet avis en 1886. M. Henri Dufour et M. Raoul Gautier ont repris récemment la question. Ils ont rappelé que M. Karl Kostersetz a, en 1901, à Vienne, produit des ombres volantes par les passages d’un faisceau de lumière électrique traversant une couche de 9 kil. d’air et éclairant un mur blanc.
- En 1901, M. Goldstein a signalé un fait analogue produit par la lumière envoyée par le projecteur d’un fort sur une route blanche. La distance du foyer lumineux à la route était de quelques kilomètres ; on voyait glisser sur la chaussée un système de bandes presque rectilignes, d’une largeur de deux centimètres et séparées par des intervalles de 20 centimètres.
- Charles Dufour a observé, le 19 janvier 1852, au lever du soleil, sur le mur de sa chambre, à Orbe, « des espèces de vagues alternativement sombres et lumineuses ». Elles durèrent quelques secondes. Dufour les revit au mois de mars 1852. C’est ce phénomène qui a été revu récemment par M. Henri Dufour.
- « Lorsque le soleil se lève, écrit cet auteur, et que ses premiers rayons pénètrent horizontalement ou obliquement dans une chambre, on observe pendant que l’astre s’élève au-dessus de l’horizon, des variations d’éclat lentes ou rapides, irrégulières et ondulantes qui se promènent sur la paroi du fond de la chambre. Ces variations de
- teintes, visibles seulement dans la région éclairée par le soleil, ont le mouvement et les tremblements qu'on observe lorsqu’un faisceau de lumière électrique passe au-dessus d’une flamme ou d’un corps chaud et éclaire un écran blanc. Ils sont donc dus à des variations de densité et aux variations d’indice de réfraction qui les accompagnent. » Le phénomène est surtout net quand le soleil se lève dans un ciel pur derrière une montagne ou quand il apparaît derrière un toit, et jusqu’au moment où l’astre s’est élevé au tiers de son diamètre. Les mouvements sont lents et ascendants par un temps calme, très rapides et vibrants par une forte bise. Le phénomène est très net sur une feuille de papier blanc au fond d’une chambre. Si le papier est placé dans l’encadrement de la fenêtre et pleinement éclairé par la grande lumière du ciel le phénomène n’est pas net; l’illumination est trop vive. 11 en est de même sur un mur blanc, la lumière générale diffusée par le ciel est trop intense.
- M. Dufour voit là la raison pour laquelle les ombres volantes sont caractéristiques des éclipses totales.
- « Au moment où la totalité va se produire, si le ciel est sans nuages, la quantité de lumière diffuse est très faible, l’intensité générale de la lumière est assez réduite pour que les objets blancs directement éclairés par le mince faisceau de lumière qui émane du bord du soleil soient suffisamment illuminés pour qu’on puisse distinguer à leur surface de faibles variations de teintes. C’est à cette coexistence d’une obscurité générale, d’une absence de lumière diffusée, avec un éclairage local de certaines surfaces qui fonctionnent comme un écran de projecteur dans un amphithéâtre sombre qu’est due probablement l’intensité particulière du phénomène des ombres volantes pendant les éclipses.
- « 11 est évident, en outre, que la réduction de la surface éclairante dont les rayons forment entre eux un angle très petit, vu du point éclairé, contribue pour une bonne part à augmenter la netteté des ombres. »
- D’autre part, M. Gautier, directeur de l’observatoire de Genève, a étudié, les 12, 13, 15 et 19 janvier 1906, le même phénomène dans son domicile, à Cologny, près Genève et confirmé toutes les remarques de M. II. Dufour. Enfin, tout récemment, M. Wolf a présenté à l’Académie des sciences une note de M. Cl. Rozet, intitulée Observations d’ombres volantes au lever et au coucher du soleil. L’attention de M. Rozet fut attirée sur ce sujet par M. Amann qui vit le 14 décembre dernier (en regardant par hasard une cloison éclairée par les premiers rayons du soleil qui commençait à paraître au-dessus d’uue montagne) des bandes très distinctes, se déplaçant avec rapidité.
- A la suite d’une série de 75 observations, M. Rozet pose les conclusions suivantes :
- 1° L’orientation des bandes sombres sur un écran perpendiculaire aux l’ayons solaires est constamment parallèle à la partie de l’arête de la montagne où le soleil se lève ou se couche.
- 2° La direction de leur déplacement est toujours perpendiculaire à leur orientation, mais ce déplacement peut se faire dans un sens opposé que nous appellerons sens direct et sens rétrograde.
- Dans le sens direct, les bandes semblent tombées dans l’ombre de la montagne projetée sur l’écran; dans le sens rétrograde, s’élever de cette ombre.
- 3° La vitesse des bandes peut différer beaucoup d’une observation à l’autre : 6 à 8 mètres à la seconde au maximum, 1 à 2 mètres au minimum, 2 à 4 mètres en
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- moyenne. 11 y a une relation entre la vitesse des bandes et la force du vent.
- 4° Les bandes se montrent dès l’apparition du soleil. Parfois elles n’arrivent que deux ou trois secondes après le commencement du lever et cessent de môme quelques secondes avant le coucher complet. Alors leur déplacement se fait dans le sens rétrograde.
- 5° D’abord faibles, larges et très espacées, les bandes deviennent plus nettes, plus étroites et plus serrées jusqu’à leur disparition complète tant au lever qu’au coucher
- du soleil, quoique l’intensité lumineuse aille en augmentant dans le premier cas et en diminuant dans le second.
- <iü La teinte des bandes est sur toute leur longueur d’un gris uniforme plus ou moins foncé suivant qu’elles sont plus ou moins étroites.
- 11 y a là, on le voit, un problème des plus intéressants. Nous espérons que les observations un peu délicates, mais néanmoins assez simples, vont se multiplier et qu’avant peu sera résolu ce problème de physique du globe, Lucien Lliieut.
- LA VEDETTE LANCE-TORPILLE
- L’automobilisme vient de de guerre française sous d’une vedette lance-torpille
- pénétrer dans la marine a l'orme sensationnelle construite sur les plans
- de transmission et des A l’avant se trouve le dernière pèse 450 kg e
- changements de vitesse, tube lance-torpille. Cette contient une charge de
- La vedette lance-torpille de M. Rccopé.
- de M. Récopé, ancien ingénieur de la marine et vice-président de la commission du Yachting à F Au tomobile-Club de France. Ce nouveau torpilleur, dont la coque est en tôle d’acier de 2 mm d’épaisseur, mesure 17 m. de longueur. Il est équipé avec deux moteurs à explosion d’une puissance totale de 150 chevaux. Ces moteurs appartiennent au type marin du système Cazes; ils sont à quatre cylindres, tournent à 900 tours et consomment du pétrole lampant. L’hélice réversible, du système Krebs, a permis de simplifier considérablement, paraît-il, les organes
- 100 kg d’explosif; elle s’échappe à une vitesse de 50 nœuds. Le torpilleur marche à la vitesse de 16 nœuds et son rayon d’action dépasse 100 milles marins. Avec ses capots fermés, la vedette est presque invisible à une certaine distance ; d’autre part ses faibles dimensions permettent son transport par les grands cuirassés. L’apparition de ce nouvel engin de combat que nous devons à l’automobilisme pourrait bien être le premier pas d’une sérieuse évolution, peut-être même d’une vraie révolution, dans la marine de guerre. L. F.
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- COMMENT UNE MACHINE PEUT NOUER UNE CORDE
- Certains de nos lecteurs connaissent peut-être l’histoire de l’illustre Jacquard, et du scepticisme qu’il rencontra d’abord même chez les gens les plus cultivés. Jacquard ne s’est pas contenté d’inventer le métier à lisser qui est
- est-il bien curieux d’étudier l’artitice mécanique auquel on a eu recours, pour exécuter un nœud, dans une machine agricole d’origine américaine que tout le monde connaît, la moissonneuse lieuse. Pour lier les gerbes, il
- Fig'. 1. — Les mouvements que fait une machine lieuse.
- venu révolutionner l’industrie du tissage ; il avait combiné une machine à fabriquer les filets de pêche, qui lui valut une médaille d’or de la Société d’Encouragemcnl. Et avant d’avoir vu fonctionner cet appareil curieux, Carnot l’avait . apostrophé un peu vivement, en lui disant :
- (( C’est donc toi qui prétends toujours faire un nœud avec un fil tendu? Tu veux donc réaliser l’impossible ».
- La machine fonctionna victorieusement devant le sceptique, qui se déclara convaincu.
- Depuis lors, on a créé bien d’autres mécanismes qui savent faire des nœuds, et l’on a dépensé dans cette voie des prodiges d’ingéniosité, dont le moindre n’est pas sans doute la machine à coudre. Mais le plus ordinairement, le procédé mécanique au moyen duquel on fait un nœud est bien loin de copier de près le procédé manuel.
- La machine ne peut pas, en effet, reproduire les mouvements de la main, dont elle n’a ni les articulations multiples, ni la flexibilité précieuse des doigts. Aussi,
- faut naturellement faire un nœud dans des conditions un peu particulières. Nous donnons une ligure représentait-ce nœud terminé, tel qu’il doit se présenter, et l’on voit que c’est une sorte de nœud coulant. En fait, il est destiné à solidariser les deux bouts d’une corde ramenés l’un près de l’autre, après que la gerbe a été entourée.
- Ce type de nœud n’a été choisi qu’après; une étude minutieuse des différentes solutions à poursuivre, et des conditions dans lesquelles on devait opérer. L’inventeur chercha d’abord comment le nœud en question pouvait être exécuté avec un nombre aussi réduit que possible de doigts et de mouvements simples. Il est bien manifeste que n’importe qui arriverait à nouer les deux bouts de corde, mais suivant des phases, si l’on nous permet le mot, qu’un mécanisme serait incapable d’imiter. Les mouvements strictement nécessaires résultant des simplifications trouvées par l’inventeur, sont décomposés dans les quelques figures suc-
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- cessives que nous mettons sous les yeux du lecteur, d’après Scientific American.
- Comme on le remarquera immédiatement, il n’est l'ait ici usage que de deux doigts, l’index et le médium de la main droite. On apporte le médium au contact des deux bouts de corde, et l’on fait décrire aux deux doigts, simultanément, un mouvement circulaire! un peu suivant la génératrice d’un cône : ce qui les amène dans la position de la ligure 2. A ce moment, les deux brins sont tournés autour des doigts. Peu à peu, on arrive à la position de la ligure 5, où les cordes se croisent, et alors les deux doigts peuvent se séparer, de manière finalement à ce que se prépare le mouvement de la figure 4. Comme les doigts ont saisi les deux brins de corde entre eux, que, d’autre part, la main ou le bras, si l’on veut, s’est déplacé de haut en bas, la boucle a commencé de se desserrer; et rien n’est plus facile aux deux doigts que de rentrer à l’intérieur de la boucle, en attirant avec eux les deux brins de la corde qu’ils n’ont pas lâchés. On voit immédiatement le nœud coulant se former; et, si les doigts se retirent un peu plus, si le médium pénètre ensuite dans la nouvelle boucle qui s’est formée, et si une certaine traction est exercée par la main, qui aura opéré d’autre part un mouvement de torsion : nous nous trouvons en l'ace du nœud terminé que représente la figure 7.
- L’inventeur s’est mis à la besogne pour reproduire mécaniquement ces mouvements; et nous devons dire qu’il les a encore simplifiés, autant que cela ne devait pas nuire au résultat final. 11 s’est aperçu que l’un des deux doigts pouvait présenter simplement un mouvement rotatif, comme s’il était fixé immuablement au bras et incapable de se mouvoir indépendamment de ce bras. 11 en arrivait alors immédiatement à la conception d’un arbre vertical et tournant, qui jouerait le rôle du bras. Mais naturellement le second doigt devait être animé d’un mouvement le rapprochant ou l’éloignant de l’autre : de la sorte, il pouvait exécuter des mouvements lui per-
- mettant de venir pincer les deux cordes, et de les serrer pour les ramener dans la boucle préparée au début de l’opération.
- C’est ainsi qu’un dispositif mécanique très simple, dont nous donnons des dessins de détail pour le faire bien saisir, est venu former le nœud qui avait été étudié d’abord en lui-même. L’index est ici représenté par le doigt métallique S, qui mérite bien son nom. Il fait corps avec l’arbre V. Le médium est représenté par le doigt U, qui est relié au doigt S par le pivot (s). Le mouvement de prise de ce doigt mobile U, qui viendra maintenir les cordes entre les deux pièces métalliques, est assuré par un ressort Y', appuyant sur la queue b'; quant au mouvement d’ouverture de cette pince, lorsqu’il en est besoin, il est commandé par le déplacement de la pièce II", disposée à l’arrière du doigt articulé, et par son frottement à la surface d’une came V", qui est montée latéralement à l’arbre vertical jouant le rôle de bras.
- Nous n’avons pas besoin de dire que la rotation de l’arbre est obtenue au moyen de cet engrenage d’angle W qui est monté sur l’arbre; du reste, la rotation n’est qu’intermittente, suivant la phase de l’opération, grâce à un engrenage à action intermittente elle-même. On peut se demander toutefois comment cette main artificielle ou mécanique va pouvoir accomplir le mouvement de recul, qu’une main véritable accomplissait tout à l’heure pour l’achèvement du nœud, dans les deux phases qui sont figurées par les figures 5 et 0. On a résolu la difficulté de la façon la plus simple, en se basant sur la relativité des actions. La gerbe est tirée en arrière tout naturellement, au moment où elle va être chassée de la portion de la machine qui fait le bottclage, et celle traction donne exactement le même résultat que si les deux doigts métalliques s’étaient retirés en arrière.
- Finalement, le nœud est fait dans de bonnes conditions, et avec une l’apidité aussi surprenante peut-être que l’habileté montrée par ce mécanisme.
- Daniel Bellet.
- LE TABAC SANS NICOTINE
- La ligue contre le tabac ne me semble pas faire de très nombreux prosélytes, si j’en juge par les chiffres croissants de la consommation du tabac. Il serait du reste vraiment dommage que les millions de bénéfice que donne la vente des cigares, cigarettes se transformassent, si les fumeurs renonçaient tous à leur habitude, en un impôt nouveau. Le tabac est un poison, comme du reste toute la famille des Solanées, et son principe actif, la nicotine, est un des toxiques les plus violents que l’on connaisse. Je ne veux pas relater ici la liste des méfaits du tabac ; il suffit pour se convaincre de son effet délétère de se rappeler sa première cigarette ou sa première pipe.
- Tous les fumeurs vous diront que le tabac n’a rien de nocif, et de fait la nocivité est un peu affaire d’individualité. Tel peut impunément fumer les cigares les plus forts, se permettre des doses innombrables de cigarettes sans ressentir le moindre malaise. J’ai connu pendant de longues années un vieillard qui s’est éteint doucement à quatre-vingt-neuf ans. Depuis l’adolescence il fumait par jour, 10 à 12 cigares, de petits bordeaux, le tabac ne lui avait lésé ni le cœur ni le cerveau. Tel autre par contre éprouvera à la longue des malaises, des troubles cardiaques, des modifications de la respiration. Pour les uns
- la proscription doit être absolue, pour les autres c’est une question de dose.
- Pour répondre aux désirs de certains fumeurs, aux conseils de certains hygiénistes, on a cherché à obtenir du tabac privé de nicotine et, depuis quelques mois, l’administration des tabacs, imitant une Société qui exploite le procédé du Dr Parant, vend un tabac dénicotinisé, qu’elle appelle le caporal doux et qu’elle vend naturellement un peu plus cher que l’autre.
- Je ne saurais vous donner mon opinion sur ce tabac; j’ai cessé depuis plusieurs années de fumer et n’ai point envie de reprendre cette habitude. Je serais du reste mauvais expert car, comme tous les vrais fumeurs, je ne pouvais, manie ou accoutumance, souffrir qu’un seul tabac, le maryland. Du goût, de la saveur, n’en parlons pas, chacun pourra s’en faire une idée personnelle. Ce tabac privé, au moins en grande partie, de nicotine, a-t-il des effets moins nocifs que le simple caporal, le tabac ordinaire? Il n’y a pas à en douter. Un médecin, Baylac, injecte à des lapins des infusions de scaferlati'préparées par simple macération; au bout de 30 à 40 jours de cette pratique, les lapins présentaient des lésions d’aortite chronique, la cause des, angines de, poi-
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- trine. Adler et Nensel en Allemagne, Papadrà à Florence provoquent, de môme, des altérations graves des vaisseaux. Un professeur agrégé de Lyon, le I)' Lesieiir, reprend cès expériences et obtient de môme des. lésions aortiques des plus manifestes ; il essaie alors des injections avec les tabacs désintoxiqués (procédé de Parant) et les lapins restent indemnes, engraissent : on les sacrifie et on né leur trouve aucune lésion.
- Le tabac privé de nicotine, la démonstration est sans réplique, est donc inolfensif. Mais encore faut-il que l’opération de dénicotinisation soit aussi parfaite que possible. • .
- On a donné dans le temps des tabacs qui étaient simplement lessivés à l’eau bouillante; la nicotine libre était enlevée, en partie, mais aussi l’arome. O11 a essayé du traitement par les solutions lanniques, le tanin formant avec la nicotine un sel insoluble; mais ce sel n’est pas entraîné toujours par le lessivage. 11 reste dans le tabac et à la comburalion se décompose laissant le poison se volatiliser tout aussi bien que dans le tabac sans traitement.
- Le procédé du D' Parant, de Genève, amène une épuration plus parfaite du tabac. On prépare un jus de tabac par macération des feuilles; puis après décantation ce jus est mélangé à parties égales avec une essence fine de pétrole : l’essence entraîne et dissout la nicotine. On sépare le jus de l’essence et c'est ce premier jus, libre maintenant de nicotine, qui va servir aux opérations futures. Le tabac ordinaire est mis en macération, dans la proportion de 10 pour 100, dans ce jus dénicotinisé; par diffusion, la nicotine passe en partie dans ce jus qui en est privé et le tabac ne perd aucun arôme, aucun parfum, aucune substance volatile, puisque le jus contient, sauf le produit toxique, tous les principes constituants.
- Ce procédé, dont j’ai résumé succinctement les principales opérations, abaisse à 0,25 ou 0,30 pour 100 le taux de la nicotine qui s’élève à 5 à G pour 100 pour le tabac à fumer, 2 pour 100 pour le tabac à priser.
- 11 y a, on le voit, un réel avantage, pour ceux qui sont susceptibles, à user de ces tabacs désintoxiqués de préférence aux tabacs ordinaires. Ajoutez les moyens de défense plus sommaires ou moins actifs, tels que les bouts de cigare avec ou sans addition d’une petite couche d’ouate pour arrêter les vapeurs de nicotine. Fumez dans des pipes à long bout, avec réservoir ; fumez peu à jeun, les conditions d’intoxication sont plus faciles, quand l'estomac est à vide. Enfin, si vous avez des troubles cardiaques, si légers soient-ils, si vous avez la gorge et la bouche facilement irritables, ne tergiversez pas, supprimez radicalement le tabac même sans nicotine et vous vous en trouverez bien. Dr A. Cartaz.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i septembre >907.
- Présidence de M. Chauveau.
- La pesanteur et la radioactivité. — Madame Curie adresse une Note relative à l’iniïuence de la pesanteur sur la radioactivité. M. Curie a annoncé que l’émanation du radium enfermée dans un vase, dont la paroi intérieure est recouverte d’une couche de sulfure de zinc phosphorescent, détermine au has du vase l’apparition d’une plage lumineuse. Si l’on retourne le flacon de manière que le
- haut vienne se placer en bas, la plage lumineuse se déplace et vient occuper le bas. On expliquait cette expérience en posant en fait que les poussières du flacon tombaient dans les deux cas au fond du flacon et déterminaient ainsi une exagération locale de la radioactivité. Madame Curie, grâce à un dispositif approprié, montre que les poussières ne jouent aucun rôle en la circonstance. En outre, pour que le phénomène se produise, il faut un peu de vapeur d’eau; dans l’air sec il n’y a pas de plage lumineuse.
- Mécanisme de certains dépôts aurifères. — M. G. Bonnier présente un travail de MM. Jumelle et Perrier de la Bathie établissant la complexité de la formation des dépôts aurifères qui se produisent sur les rochers en certaines régions de Madagascar. Ces dépôts sont dus à l’action de microorganismes sur les rhizomes d’une plante aquatique (cij per us esculentus). Les parties inclinées se recouvrent ainsi de dépôts ferrugineux contenant une certaine quantité d’or.
- Les plantes parasites. — M. G. Bonnier a opéré des recherches sur l’assimilation du carbone par les différentes plantes semi-parasites dont les feuilles sont vertes. Cette assimilation est très inégale. Elle est intense dans le gui, par exemple, et presque nulle dans Ycuphrairc dont les feuilles sont cependant très vertes. M. Mirandc montre que ces variations sont en relation avec la quantité de nitrate que la plante puise dans la plante hospitalière.
- Caryolyse. — M. Joannès Chatin expose les résultats de ses travaux sur la caryolyse étudiée dans les glandes nidoriennes de la genette du Sénégal. Dans des travaux remontant à 1870, il avait montré que les glandes nidoriennes des mammifères (Carnivores, Rongeurs, Chéiroptères, Insectivores, etc.), ne sont que des glandes sébacées transformées. Il corrobore aujourd’hui ces conclusions fondées sur l’étude générale de la glande, par l’évolution de la cellule glandulaire et de son sac. Pendant que la cellule élabore son produit caractéristique, on voit son noyau se modifier dans sa forme, dans sa situation et enfin dans sa constitution. La chromatine se désagrège, la membrane nucléaire se rompt sur plusieurs points. Peu à peu le noyau s’atrophie, puis disparaît progressivement fournissant un exemple typique de cette curieuse caryolyse naguère encore méconnue.
- Cil. DE VlLLEDEUIE.
- LE PARFUM DU MUSC NATUREL
- Le musc naturel forme une masse brun noirâtre, friable, ayant l’aspect de la graisse; il possède, quand il est fraîchement recueilli, une odeur très désagréable, pénétrante, qui masque presque complètement l’odeur fine et véritable du musc.
- On ignorait jusqu’ici la nature de ce parfum.
- Un auteur allemand, M. Walbaum, a démontré que le musc doit son odeur recherchée à une huile céto-nique, qu’il a appelée muscone et qui possède la formule Oll30 0.
- Ce corps, n’a rien de commun avec le musc artificiel ou trinitroisobulyltoluène qu’on a employé jusqu’ici comme succédané du musc.
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- LA NATURE.
- L’HYGIÈNE A BERLIN
- Un genre d’internationalisme que tous les Gouvernements civilisés devraient encourager, et môme pratiquer, est celui qui consisterait à s’emprunter entre nations toutes innovations d’un caractère réellement pratique. Cet échange existe en principe, mais en principe seulement. Un rapide voyage à travers les capitales européennes nous permettrait de constater qu’elles pourraient — et auraient dû depuis longtemps — se prêter et s’emprunter entre elles beaucoup de ces innovations matérielles qui ajoutent à la joie de vivre. Si vulgaire et inélégant que soit son rôle, on peut faire entrer dans cette catégorie le tombereau à ordures que la municipalité de Berlin a mis depuis quelque temps à l’essai. Deux de ses avantages devraient suffire à lui valoir l’attention des édde^ de nos grandes ville françaises : il réduit à un extrême minimum l’envolée des poussières pendant la manipulation des résidus ménagers dans l’enceinte de la cité, et supprime complètement les atroces odeurs, qui, surtout à l’époque des grandes chaleurs, sont véhiculées à travers la ville par nos primitives charrettes.
- Un autre avantage qui n’est pas à dédaigner, bien qu’il soit d’ordre plus esthétique que pratique, est celui-ci : la vue des passants n’est plus offusquée par l’indescriptible mélange de débris de toute nature que les « boueux » exhibent dans nos plus beaux quartiers, qu’ils triturent même sur les têtes des foules matinales.
- Décrivant sommairement le tombereau berlinois, nous prierons nos lecteurs de remarquer tout d’abord, sur la photographie reproduite sur cette page, l’organe qui lui donne un aspect très particulier. C’est une sorte de cheminée qui, s’élevant de l’arrière du fourgon, s’allonge sur sa toiture et constitue la seule voie de communication entre l’air extérieur et l’intérieur du tombereau.
- Voici comment manœuvre le système. Les deux hommes attachés à chaque tombereau vont chercher dans la cour de la maison la « poubelle » réglemen-
- taire, dont les dimensions, naturellement, sont immuables. Ils la déposent sur une sorte de plateforme disposée à l’arrière et qui, actionnée par un levier, l’élève jusqu’à l’orilice de la cheminée.
- Un des hommes s’est porté à l’avant, sur la droite, où est disposée une manivelle qui met en action deux chaînes roulant sur des moufles puissants. Ces chaînes attirent la boîte dans l’intérieur du large conduit jusqu’au-dessus d’une trappe où elle déverse automatiquement son contenu. Un levier est mis en jeu par l’homme placé à l’avant, et la boîte rebroussant chemin, revient à l’orifice de la cheminée. L’autre homme la saisit, la repose sur la plate-lorme, et, aidé par son camarade, la rapporte dans la cour de la maison. L’opération du vidage proprement dit, c’est-à-dire le voyage « aller et retour » de la poubelle dans l’intérieur de la cheminée, prend 45 secondes;
- en y ajoutant le temps qu’il faut aux deux hommes pour élever la plateforme chargée jusqu’à l’orifice du conduit, on constate qu’une minute est amplement suffisante pour l’opération entière.
- Comme toutes les boîtes se vident par la même trappe, il en résulte que les détritus forment bientôt un monceau qu’il est nécessaire d’aplanir. Les hommes obtiennent ce résultat en faisant agir de l’extérieur une manivelle qui répartit les ordures d’une façon satisfaisante. Au besoin, l’un deux se glisse par la cheminée dans l’intérieur du tombereau, et, à l’aide d’une pelle, procède plus rapidement et plus sûrement au nivellement.
- Ce système, mis à l’essai depuis plusieurs mois, comme nous l’avons dit plus haut, paraît réaliser un important progrès dans cette branche de la voirie qui s’occupe de l’enlèvement des ordures ménagères ; et il est probable que. la municipalité berlinoise l’adoptera à titre définitif.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- Tombereau hygiénique berlinois.
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- N° 1790. — 14 SEPTEMBRE 1907.
- LA NATURE.
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- JEUNE HIPPOPOTAME NÉ AU MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE DE PARIS
- et allaité par des chèvres
- Pendant longtemps l’élevage des Hippopotames dans les jardins zoologiques a été considéré comme un problème insoluble : on signalait bien des nais-
- plus heureux : le petit fut maltraité comme son ainé ; la jalousie du père allait jusqu’à la fureur et il tourmentait continuellement sa femelle. On fut forcé
- Fig. 1. — Mari usa, le jeune hippopotame du Muséum.
- sances dans les ménageries, mais les jeunes succombaient toujours au bout de quelques jours. Brehm nous apprend, dans les « Merveilles de la Nature » (Mammifères, II, p. 784), que la première femelle qui mit bas, en Europe, au Jardin Zoologique d’Amsterdam, en 1862, ne laissait pas téter son petit et lorsqu’on la sépara de son mâle, elle se montra très irritée.
- Elle s’était bien plus inquiétée de celui-ci — que la vue du jeune rendait furieux, — que de son petit.
- L’année suivante on ne fut pas
- 35e année. — 2e semestre.
- d’enlever le petit que l'on ne réussit pas à nourrir artificiellement.
- À cette époque les hippopotames que l’on voyait
- dans les ménageries étaient amenés d’Afrique à un âge qui variait de six mois à un an. On les capturait, presque toujours, après avoir tué la mère. Cette chasse, qui s’opère surtout dans la Haute-Égypte, n’est pas sans dangers. Les hippopotames, rendus furieux par leurs blessures ou le danger qui menace leurs petits, renversent les embarcations 10
- Fig. 2. — Mari usa avec ses chèvres et scs gardiens.
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- LA NATURE.
- des chasseurs et brisent les reins des hommes tombés dans l’eau en les broyant entre leurs "terribles mâchoires. Il est rare que ces derniers aient la chance de s’en tirer facilement, comme dans le cas rapporté par M. J. Betherick, consul d’Angleterre au Soudan, en 1860.
- Ce voyageur se trouvait à cette époque, en barque, près de Khartoum, au coniluent du Nil Bleu et du Nil Blanc. Tout d’un coup la vigie s’écria : « un jeune hippopotame ! » Aussitôt une douzaine de rameurs indigènes sautèrent à l’eau et s’enfoncèrent dans les épais roseaux du rivage. Beu après ils reparurent, l’un d’eux tenant dans ses bras un jeune animal de la taille d’un chien épagneul et, se mettant à la nage, ils le poussèrent devanL eux vers le bateau, au milieu des cris de triomphe de toute la bande. 0. Heureusement pour la sùreLé de l’homme, dit M. Betherick, la mère était absente et assez éloignée pour 11e pas entendre les sourds grognements de son petit, assez semblables à ceux d’un jeune veau. » Le captif fut nourri avec du lait, puis avec de la farine délayée dans l’eau, et l’on réussit à l’amener en bonne santé jusqu’à Londres où il reçut l’hospitalité au Zoological Garden de Regent’s Bark.
- En 1871, M. Bartlett, surintendant de ce jardin, put assister à la mise-bas d’une femelle, en l’observant à travers une étroite lucarne, dans le but de 11e pas troubler l’animal qu’on avait enfermé dans sa loge. L’accouchement fut très pénible. Vingt-quatre heures avant, cette femelle montrait déjà une grande agitation. Elle se roulait sur le dos, ouvrant et fermant ses mâchoires en faisant claquer ses dents. La-sueur rouge qui caractérise cette espèce coulait sur sa face et sur tout son .corps.-Le. gardien étant entré un instant, elle se jeta sur lui avec fureur. Enfin elle s’arrêta dans un coin et tout d’un coup le petit vint au monde « comme par magic », dit textuellement M. Bartlett.
- La mère se dressa aussitôt sur ses jambes et se retournant, la gueule ouverte, se rua sur le nouveau-né qui disparut presque entièrement dans sa bouche. Si, dans ce moment critique, elle avait vu quelqu’un ou entendu le moindre bruit, elle l’aurait certainement tué. Cependant elle s’arrêta, roulant les yeux comme si elle écoutait ou s’étonnait de voir cet objet nouveau. Mais, au même instant, le vieux mâle ayant poussé son mugissement habituel, le petit y répondit en secouant ses oreilles. Alors, changeant complètement d’attitude, la femelle passa sa large langue sur le corps du petit qui essaya de se lever. La mère l’aida du bout de son museau, et une demi-heure après, il marchait en chancelant autour de la loge, suivi pas à pas, avec la plus tendre sollicitude, par sa mère. On ne vit pas le petit téter, ce qui fit supposer qu’il ne le faisait que la nuit.
- Le quatrième jour, tous deux paraissant malades, on résolut de les séparer. Çe ne fut pas sans danger. On essaya d’attirer la mère dans le bassin, mais dès qu’elle s’aperçut qu’on voulait fermer la porte de communication avec la loge, elle se rua hors de Beau
- et se précipita près de son petit, laisant claquer ses dents et- menaçant le gardien. On réussit enfin à la* distraire en lui aspergeant la face avec le tuyau d’arrosage, ce qu’elle détestait, et ce qui la fit plonger. M. Bartlett se bâta de profiter de ce moment pour enlever le jeune à bras-le-corps, mais il fut surpris de constater qu’il pesait près de cent livres; de plus, il se débattait et glissait entre les mains comme une anguille. Malgré tout, il eut le temps de l’emporter avant le retour de la mère. En dépit de tous les soins, le petit succomba la nuit suivante. M. Bartlett ajoute : « la surveillance jalouse que montre la mère pour défendre son petit, le danger d’être tué ou blessé par elle quand on l’approche dans ces moments de rage, rendent la reproduction et l’élevage de ces animaux en captivité une opération d’une extrême difficulté. »
- On remarquera que, dans cette observation, la femelle souffrit longtemps et beaucoup. 11 est possible que cela tienne à ce qu’on l’empêcha d’aller dans le bassin. A la ménagerie du Jardin des Liantes, notre femelle a toujours mis bas dans l’eau, et il est très vraisemblable que ce bain facilite la délivrance.
- L’année suivante (1872), la femelle du Jardin Zoologique de Londres eut un nouveau petit. L’accouchement fut cette fois beaucoup plus facile, et la mère allaita le nouveau-né avec la même sollicitude. 11 était très difficile de l’approcher et même d’entrer dans la loge pour la nettoyer et apporter la nourriture. Le septième jour après sa naissance, le jeune fut le héros d'une aventure qui frappa beaucoup M. Bartlett. En entrant le matin dans la loge, il trouva les deux gardiens consternés. Le petit avait disparu! On ne le voyait ni aux côtés de sa mère, qui prenait son repas avec la tranquillité la plus parfaite, ni dans le bassin. Les gardiens étaient persuadés qu’aprôs l’avoir tué, elle l’avait précipité au fond de l’eau. M. Bartlett fit tout le tour du bassin sans y apercevoir le moindre signe de vie. On résolut de vider le bassin ; mais il fallait d’abord fermer la porte de communication. Dès que la femelle s’aperçut de ce qu’on voulait faire, elle se rua sur cette porte, en repoussa les battants et plongea dans le bassin en poussant un mugissement retentissant. « Alors, dit M. Bartlett, à notre profonde stupéfaction, nous vîmes émerger la tête du petit, secouant l’eau de ses oreilles et ouvrant les yeux comme s’il venait de s’éveiller. Je suis absolument certain et les deux gardiens également, qu’il était resté sous l’eau, sans respirer, au moins quinze minutes. » Les meilleurs observateurs fixent la limite de la plongée, chez l’adulte, à 3 ou 4 minutes au plus. Ceci ferait croire que le nouveau-né possède, sous ce rapport, une plus grande résistance que ses parents.
- La ménagerie du Muséum d’Histoire Naturelle de Baris possède, depuis une dizaine d’années, un couple d’hippopotames du Sénégal. Ces animaux ont été achetés, âgés de six mois, le mâle en 1896, la femelle (née au Jardin Zoologique d’Anvers) en 1897, de sorte qu’elle est plus jeune d’environ neuf mois :
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- tous deux sont dans leur onzième année, lis se sont déjà reproduits plusieurs lois, mais la femelle a toujours montré pour sa progéniture la plus profonde indilférence. .On a essayé de nourrir les petits au lait de vache et au biberon; mais, en dépit des meilleurs soins, tous sont morts au bout de trois jours.
- La durée de la gestation semble assez variable.
- M. Barllett l’a trouvée successivement de 257, 227 et 242 jours; M. Westerman, du Jardin Zoologique d’Amsterdam, dit qu’elle est « de 7 mois et 21 jours à 7 mois et 25 jours ». M. Sauvinet, en observant notre femelle du Sénégal, l’a trouvée assez exactement de 247 jours, soit 8 mois et 5 à 4 jours. Il est possible qu’il y ail une légère dillérence d’une semaine entre les hippopotames du Nil et ceux du Sénégal. Les dates de mises-bas prouvent que la reproduction, au moins en ménagerie, a lieu en toute saison.
- Le nouveau petit, dont on voit ici la photographie, est né dans la nuit du 14 au 15 août. Le gardien, en venant prendre son service à 6 heures du matin, l’a trouvé couché sur le bord du bassin. Il est à supposer que la femelle, ennuyée de le voir barboter dans l’eau autour d’elle, l’a soulevé avec son museau et rejeté hors du bassin. Dès lors, elle ne s’en est plus occupée.
- Le petit était vigoureux et bien constitué. Il lallail aviser à l’élever. Nous avions sous la main une demi-douzaine de chèvres en lactation. On lui a immédiatement offert le pis de l’une d’elles : il s’y est attaché avec avidité. Dans les vingt-quatre heures il
- LE CANAL DES MOINES,
- übasine est une commune du canton de Beynat (Corrèze), à 14 kilomètres de Brive et à 5600 m. de la station d’Obasine-Saint-Hilaire.
- On lit sur un placard, à l’entrée du bourg :
- Alt. 275 mètres. Aubazine — Ane. Obasine. Monuments, curiosités naturelles : Église xn° siècle, monument historique. Tombeau de saint Etienne, vitraux, trésor. Monastère cistercien xne siècle, humes du monastère de Coiroux, à 600 mètres. Canal du Coirour : rocher du Saut, à 900 mètres. Cromlech du puij de Pauliac, à 1600 mètres.
- Passons rapidement sur les curiosités archéologiques; elles ont fait l’objet de descriptions détaillées dans plusieurs volumes du bulletin de la Société scientifique historique et archéologique de la Corrèze, à Brive, et dans le volume du Congrès archéologique de Finance, L VIP session, à Brive, en 1890 (pages 69-74 et 225-256). Mais qu’il nous soit permis, avant de nous rendre sur les bords du canal (puisque c’est le canal creusé au xii° siècle par les moines qui intitule cette notice), de vouer à l’exécration des archéologues présents et futurs le nom de l’abbé commendataire Malhurin du Sers qui, en 1757, fit démolir six travées sur neuf que possédait la belle et sévère église cistercienne ;
- a bu le lait de cinq chèvres; mais, au bout de huit jours, son appétit croissant, il lui en fallait trois de plus, ce qui représente 12 litres de lait, et il est probable qu’il ne s’arrêtera pas là. Ce n’est que dans quelques mois qu’on pourra essayer de lui donner une nourriture végétale plus substantielle sous forme de barbolages de son, de farine et de riz. 11 pesait, le neuvième jour de sa naissance, 58 k., 800 gr.
- Ce n’est pas la première fois que l’on élève des hippopotames avec des chèvres en guise de nourrices. Le nulle acheté en 1877 par le Jardin Zoologique de Londres, au prix de 800 livres sterling (soit 20 000 fr.), avait été nourri au Jardin Zoologique d’Amsterdam avec du lait de chèvres presque jusqu’à l’àge de neuf mois. C’est la première fois que l’on essaie le môme procédé en France.
- Comme on voit, l’élevage d’un jeune hippopotame n’est pas une petite affaire, et c’est ce qui explique le prix élevé qu’atteignent ces animaux dès qu’ils sont en état d’être sevrés. Actuellement, deux des gardiens, à tour de rôle, couchent chaque nuit à la Rotonde afin de présenter, toutes les trois heures, à notre précieux nourrisson, les chèvres-nourrices dont c’est le tour de l’allaiter. Dans l’intervalle, et surtout pendant le jour, il passe presque tout son temps dans la grande auge de métal, appropriée à sa taille et pleine d’eau, qu’on lui a donnée, en attendant qu’il puisse prendre son bain dans un bassin d’une plus grande étendue1. ^ rpROljESSART
- Professeur au Muséum.
- Î'S&J
- A OBASINE2 (CORRÈZE)
- disons aussi que le musée du Trocadéro possède un bon moulage du remarquable tombeau, seconde moitié du xme siècle, qu’on admire dans le transept sud de l’église.
- Et ajoutons enlin que, la première pierre de l’église ayant été posée (Yoy. Gallia chrisliana, t. IIe) en 1156, le vendredi de la Passion, une inscription, encore visible dans une chapelle du transept nord, nous apprend que l’autel de cette chapelle fut consacré en 1176; cette date doit s’appliquer au reste de l’église..La fondation du couvent a provoqué un des plus curieux travaux du moyen âge qui subsistent en France.
- En effet, l’eau manquant, ou tout au moins étant insuffisante pour l’alimentation du monastère (que son fondateur Étienne -— plus tard saint Étienne, affilia vers 1147 à l’ordre de Citeaux), les moines
- 1 Depuis 1111c* ces lignes ont été écrites. le jeune hippopotame a succombé, le 5 septembre, âgé de 21 jours. Il est mort des suites des blessures que sa mère lui avait faites, au moment de sa naissance, en le repoussant hors du bassin. L’autopsie a démontré qu’une endocardite ulcéreuse, conséquence de la résorption purulente, avait provoqué la perforation du cœur et une syncope immédiatement mortelle. Malgré celle grave affection, il avait gardé son robuste appétit jusqu’à la veille de sa mort.
- 2 L’orthographe administrative actuelle est : Aubazine; je conserve Lancienne orthographe des chartes et manuscrits.
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- entreprirent alors le creusement d’un canal, remarquable pour son époque et qui, depuis, n’a pas
- canal; nous ne tarderons pas à arriver au point dit le « miracle de Saint-Elienne ».
- En ce lieu, c’est dans une crevasse ouverte par un décollement des strates verticales, sur une longueur d’une dizaine de mètres, que passent les eaux du canal (lig. o). Ici, se place une i légende : les ouvriers employés au creu-
- sement ne pouvaient entamer la roche trop dure et y émoussaient leurs pics. On eut recours à saint Etienne. 0 prodige ! Etienne avait à peine terminé une fervente prière, que, de lui-mème, le roc se séparait en laissant aux eaux un libre passage! d’où, le nom de Miracle de Sain l-É lie une.
- Ce que je puis affirmer c’est que... miracle ou phénomène naturel, la main de l’homme n’est pour rien dans l’ouverture si judicieusement utilisée.
- Remontons encore le canal pendant une centaine de pas ; nous voici sons le Saut de la bergère. Là, encore une légende... qui se retrouve en d’autres pays. Une bergère était poursuivie par un cavalier discourtois ; arrivée au rocher qui domine le canal et la gorge de Coiroux... il fallait se laisser saisir ou sauter ! La pauvrette invoque la sainte Vierge et s’élance dans le vide. Une main divine la soutint et elle arriva indemne au fond de l’abîme.
- À deux pas de cette partie du canal, une pointe de rocher fait saillie sur le vidé; on y remarque une cupule (pierre à bassin minuscule) qui est dite : la Coupe de Saint-Étienne. En
- Fig. 1. — Gorge du Coiroux cl Rocher du Saut.
- (Phot. A. Lalande.)
- cessé de détourner une partie des eaux cristallines du torrent de Coiroux pour les conduire à Obasine.
- Très pittoresque, la gorge de Coiroux est enserrée dans des falaises, souvent à pic, de micaschiste et de gneiss. C’est sur ces terrains que coule le torrent, et non « dans une contrée de grès rouge » comme il est dit, V° Comoux, Dictionnaire géographique et administratif de la France de P. Joannc.
- Voici plus de sept siècles que ce canal a été tracé en pleine pierre sur une longueur de 1660 mètres1 nu flanc des rochers abrupts qui dominent la rive droite du Coiroux (lig. 1); un sentier le côtoie et en facilite la visite (fig. 2) ; d’autant mieux que des rampes en fer ont été placées sous l’administration de feu M. Brugeilles, aux endroits difficiles. Prenons ce sentier à côté du presbytère et d’un rocher blanc de quartz amorphe près duquel est la chute du
- Fig. 2. — Une seclion du canal avec le sentier latéral. (Phot. Pli. Lalande.)
- 1 Renseignement dù à l’obligeance de M. Laumond, maire d’Obasine.
- ce lieu, le trop-plein des eaux du canal (quand il y a pléthore) se déverse en cascade dans la gorge.
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- Toute cette disposition prouve la rare intelligence avec laquelle les moines d’antan avaient su accrocher leur aqueduc au sommet des falaises, en profitant de leurs accidents naturels. Nulle part les Romains, ni les Maures d’Espagne n’ont fait mieux. Ici même comme en Andalousie, le village moderne utilise encore le vieux travail du temps passé.
- En mot, pour terminer, de la flore spéciale à Obasine.
- Dans les rochers abruptes qui limitent à l’est le puy de Pauliac (52-4 m. point culminant de la région),
- tris et deux espèces de Dfosera, les Rotundifolia et Longifolia. Le long du canal, suivant la saison, le botaniste peut récolter : Pkalangium liliago, charmante fleur ; plusieurs Orchidées ; la jolie bruyère, Erica telralix (je ne mentionne pas Erica cinerea et Calluna vulgaris, elles couvrent la montagne); comme fougères, Blechnum spicant, Osmunda regalis et, dans la gorge de Coiroux, Polyslichum oreopleris. D’autres fougères, Pteris aquilina, Polyslichum filix mas, etc., sont en abondance. Parmi les orchidées, une des plus communes mais
- on trouve une rare fougère, Asplénium refractum (Lowe) et aussi, Asplénium septentrionale. Au nord du Cromlech voisin (de 55 m. de diamètre), dans un pacage, abonde Arnica montana et, dans les prairies humides, Eriophorum ou jonc porte-laine ; dans ces mêmes prairies, la jolie Parnassia palus-
- des plus jolies, Maculata; le Conopséa, plus rare, dans les parages où fleurit l’arnica.
- Enfin, et ce n’est pas à dédaigner, on trouve en abondance, à la saison, le cèpe parfumé, le délicieux Boletus edulis. Philibert Lalande,
- Vice-Président de la Société scientifique de la Corrèze.
- LA COMÈTE DANIEL
- La comète Daniel, la quatrième de 1907, d’où fa lettre d qui caractérise l’ordre de sa découverte dans l’année, aura été la plus belle que l’on ait vue, en France, depuis un quart de siècle. Il faut remonter, en effet, à 1882, pour trouver une comète plus éclatante. 11 y eut bien, en 1901, une très belle comète, mais elle demeura uniquement visible dans l’hémisphère austral, constamment cachée pour nous.
- Cependant la statistique eométaire révèle qu’un grand nombre de comètes brillantes sont apparues depuis un demi-siècle. M. W.-F. Denning s’est livré à ce travail et
- en a donné le résultat, très récemment, dans le Journal of tiw British astronomie al Association. Il trouve que dans les deux hémisphères, depuis 1850, il y a eu 59 comètes brillantes, ce qui correspond à une moyenne de une comète brillante par an.
- Le long intervalle de 1882 à 1907, pendant lequel il ne nous fut pas donné, en France, de voir de brillantes comètes, paraît donc assez surprenant. Souhaitons que la comète 1907 d soit le prélude d’une longue série d’apparitions de ces astres si curieux.
- Les comètes de 1874 (Coggia), de 1881 (Tebbutt), et
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- de 1882 (Cruls) furent particulièrement importantes et laissent loin derrière elles la comète actuelle. La queue de la comète Coggia, le 15 juillet 1874, s’étendait sur un arc de 45 degrés. A Bristol, M. Denning attribua, aux comètes de 1881 et 1882, des queues de 15° et 25° de longueur.
- Or, la comète Daniel, à l’œil nu ou à la jumelle, n’a pas présenté une queue supérieure à 8 ou 10°, au maximum. Nous ne parlons pas de la queue mesurée sur les photographies, et qui a dépassé 15°, puisque les observations faites à Bristol l’ont été sans l’auxiliaire de la
- photographie.
- La comète de 1874 était remarquable, dit M. Denning, par le fait que sa queue restait un très beau spectacle, bien visible, alors que le noyau était déjà couché sous l’horizon.
- Pendant la semaine qui suivit le milieu de juillet, la queue s’étendait de l’horizon Nord jusqu’aux étoiles de la Grande Ourse et produisait, à son extrémité supérieure, l’effet d’un large rayon d’aurore polaire.
- Les comètes visibles à l’œil nu ne sont pas très rares et il est fréquent d’en voir chaque année. Quant aux
- La Comète Daniel (1907 d), prise le 12 août. Dose : 50 minutes.
- comètes télescopiques, elles sont très nombreuses. On en découvre 5 ou 6 chaque année, parfois plus.
- La comète Daniel s’éloigne de la Terre et du Soleil. Elle est passée au périhélie le 4 septembre. Les éléments
- de son orbite sont les suivants :
- Longitude du périhélie.................. 294° 14'18"
- Longitude du nœud ascendant . . . 143° 0'51"
- Inclinaison............................... 8° 57' 22"
- Passage au périhélie....................Sept. 4,0239
- Distance périhélie (Terre au Soleil, 1). 0,5144
- La faible inclinaison sur l’écliptique a donné à penser que son orbite est elliptique et que, peut-être, c’est une comète périodique. Ce n’est que lorsque les observations s’étendront sur une portion suffisante de l’orbite que le caractère de périodicité pourra être définitivement prouvé ou rejeté.
- Les photographies de cette comète, très nombreuses, ont révélé, beaucoup mieux que les observations visuelles, le caractère complexe de la queue. Ici, comme dans la photographie des nébuleuses ou des étoiles, l’action cumulative de la lumière est une propriété précieuse. Avec des expositions suffisamment longues, des détails insignifiants finissent par s’impressionner, leur action, très faible, s’ajoute à la précédente. C’est à cette propriété que Ton doit, sur les photographies de la comète, d'obtenir la queue sur une étendue aussi considérable (plus de 15°). On peut dire que, sur les clichés, la queue
- ne finit nulle part. Elle s’évanouit insensiblement et finit par se confondre dans la tonalité générale delà plaque.
- 11 faut bien s’entendre sur les queues multiples que Ton a observées, principalement sur les clichés photographiques. On a avancé que Ton distinguait 5, (i, 7 queues. Or, la comète n’a qu’une queue, au milieu de laquelle paraissent des rayonnements plus intenses, partant du noyau, mais qu’il n’est pas possible d’appeler spécialement une queue distincte. La même disposition de 7 queues a été observée directement au grand équatorial de l’observatoire de Bordeaux par M. Esclangon, les 1er et 4 août.
- Ici, comme dans bien d’autres branches des sciences, la photographie nous apprendra à voir les comètes, comme elle nous a appris à voir les nébuleuses, les éclairs et bien d’autres objets. Les dessins si curieux de grandes comètes passées devront être mis de coté pour la plupart et disparaîtront devant les documents photographiques. Ils sont d’une bien faible utilité pour résoudre la question de l’astronomie cométaire.
- Nous avons pu suivre cette belle comète, à diverses reprises, à l’observatoire de la Société astronomique de France, rue Serpente, à Paris. La faible hauteur de la comète au-dessus de l’horizon (il fallait l’observer ou la photographier dès son lever, en raison de l’arrivée presque immédiate du jour) et les brumes illuminées de la capitale, ont nui fréquemment aux observations.
- Dans la matinée du 12 août, le noyau et la chevelure, à l’œil nu, surpassaient 'C, Taureau. L’éclat était supérieur à la 3e grandeur, presque de 2°. A l’équatorial Mailhat de 0,19 m. on distinguait un noyau stellaire très petit et très lumineux, entouré d’une large chevelure en éventail dirigée vers le Soleil. A la jumelle, elle présentait une queue très nette de 5° 1,2 à 4° de longueur. Sur nos clichés, la queue a plus de 8° de longueur. Le noyau et la chevelure ont environ 5 à 0 minutes de diamètre.
- La photographie que nous reproduisons ci-contre, a été obtenue, au même observatoire, le 12 août, avec un objectif llermagis de 81 mm et de 34 cm. de longueur focale. L’exposition de la plaque a été de 50 minutes.
- A l’observatoire de Bordeaux, M. Esclangon a pu distinguer, le 1er août, au grand équatorial, de nombreux détails de la structure. « Le noyau, dit-il1, était très brillant et de la grandeur 5,5, entouré d’une nébulosité, intense et sensiblement circulaire, constituant la tête de la comète. Bien qu’au moment de l’observation la comète fût encore assez basse sur l’horizon, le noyau était dépourvu de scintillation; il faudrait en conclure que ce noyau possédait un diamètre réel sensible correspondant, à la correction de diffraction près, au diamètre apparent de l’image qui était d’environ de 8". A l’époque de l’observation, la comète était à la dislance 0,82 environ de la Terre, le demi-axe de l’orbite terrestre étant pris comme unité; à cette distance, 1/ correspond à 3 fois le diamètre de la Terre environ, de sorte que le diamètre de la nébulosité formant la tête avait un diamètre égal à plus de 13 fois le diamètre terrestre. »
- Les spectres que Ton a pu obtenir de cette comète montrent, à premier examen, que sa constitution diffère essentiellement de la comète de 1902. Ce n’est que lorsque leur étude complète aura été effectuée, que nous serons fixés sur la nature des corps qui la constituent.
- L’éclat de la comète diminue rapidement. Le 25 septembre, il ne sera que le cinquième de ce qu’il était le jour de la découverte. Em. Touchet.
- 1 Comptes Rendus, vol. CXX, 19 août 1907.
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- LA FABRICATION DU PNEUMATIQUE
- Quel est celui de nos lecteurs qui n’a roulé sur une bicyclette, en fiacre ou même dans l’automobile d’un ami complaisant, et compris que sans le pneumatique, on ne pouvait supprimer les cahots ni voyager presque sans secousse sur les routes. N’est-on pas mieux porté dans une limousine munie de moelleux bandages pneumatiques et faisant du cinquante à l’heure que dans le plus luxueux coupé, monté sur roues ferrées et traîné par des chevaux trottant seulement à la vitesse de douze kilomètres à l’heure?
- Nous ne discuterons donc pas les avantages du pneumatique que tout le monde admet sans conteste aujourd’hui, et nous parlerons seulement de sa fabrication que certainement la majorité du public ignore, et dont, à coup sûr, il ne soupçonne pas la complication et la difficulté.
- Un pneumatique com- " ’i ^ prend deux parties : '%
- 1° l’enveloppe que l’on appelle encore le bandage; 2° la chambre à air avec sa valve.
- L’enveloppe ou bandage est accrochée h la jante, c’est elle qui roule sur le sol.
- La chambre à air, comme son nom l’indique, sert de magasin à air. C’est par la valve qu’on la gonfle soit à l’aide d’une pompe, soit
- à l’aide de l’air comprimé d’un réservoir. Dès lors si l’on gonfle un pneu monté sur une jante, la chambre se dilate, augmente de volume et entraîne, dans son mouvement de dilatation, celui de l’enveloppe qui se distend et prend rapidement son maximum d’extension, car cette enveloppe est peu élastique. Si on la touche avec la main, elle paraîtra dure, et, malgré cette dureté apparente, l’élasticité de la chambre à air contenue à l’intérieur de l’enveloppe permettra soit à la bicyclette, soit à l’auto de franchir les obstacles sans de trop fortes secousses.
- Il y a donc d’un côté une enveloppe extérieure peu souple, très solide, très résistante, confectionnée avec des toiles dè première qualité et du caoutchouc, d’un autre côté une chambre en caoutchouc très souple, très élastique, qui une fois gonflée répartira sur toute sa périphérie la pression d’air qu’elle renferme.
- Nous allons maintenant décrire les procédés de fabrication d’un pneumatique et d’une chambre à air en nous aidant de quelques photographies que la Société Industrielle des Téléphones, qui fabrique le Pneumatique l’Electric, a très gracieusement mises
- à notre disposition et que nous sommes heureux de pouvoir produire sous les yeux de nos lecteurs.
- Avant d’aborder la description de la fabrication des Pneus, il nous reste à définir l’opération la plus importante du fabricant de caoutchouc, la Vulcanisation. C’est l’opération qui consiste à produire la combinaison entre le soufre incorporé dans le mélange et le caoutchouc. Cette opération se fait généralement à chaud soit sous presse chauffée à la vapeur, soit dans un autoclave à vapeur à une température pouvant varier de 125 à 140° centigrades.
- La vulcanisation développe dans le caoutchouc des propriétés caractéristiques et précieuses. Le froid et la chaleur (jusqu'à 180° ou 200°) sont sans action sur le caoutchouc vulcanisé en ce sens que dans cet état, il conserve son élasticité et son extensibilité.
- Fig. 1. — Morceaux de caoutchouc brut.
- Les dissolvants n’ont aussi pas d’action sur lui, ils le gonflent simplement. Au contraire, le caoutchouc non vulcanisé gèle par le froid et devient pâteux sous l’influence de la chaleur; il se dissout très facilement*3 dans les dissolvants ordinaires. De plus, le caoutchouc non vulcanisé se soude à lui-même par simple contact alors que le caoutchouc vulcanisé ne jouit plus de cette propriété.
- Nous pouvons maintenant aborder la fabrication du Pneumatique, en suivant l’ordre logique des opérations, depuis la matière première jusqu’à l’emmagasinage du Pneu terminé.
- Matières premières. — Le caoutchouc employé dans la fabrication des pneumatiques est du « Para » (c’est le latex de l’arbre Hevea Brasiliensis, lequel croît au Brésil). Il arrive sur les marchés d’Europe en grosses poires coupées en deux ou plusieurs morceaux (fig. 1) et possédant une odeur très caractéristique de jambon fumé. Ces morceaux, dès leur arrivée à l’usine, sont ramollis dans des cuves à eau chaude (50° à 60° centigrades), puis écrasés entre des cylindres à cannelures dits écraseurs et des cylindres lisses dits décliqueteurs. Un courant d’eau
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- Fig. 2. — Faorication (las feu illas do caoiueliouc.
- arrivant sur les cylindres entraîne le bois, le sable dres une mince feuille de caoutchouc, humide, de et toutes les impuretés qui peuvent être conte- plusieurs mètres de longueur sur 50 à 55 continues dans la gomme brute. Il sort de ces cylin- , mètres de largeur, que l’on étend ensuite dans un
- Fig. 3. — Atolior des calandres.
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- Fig'. 4. — A ici icr de découpage.
- séchoir très aéré. Ail bout de quelques semaines ces feuilles sont sèches, on les reporte sur des cylindres légèrement chauffés à la vapeur (réchauffage), pour
- enlever toute trace d’humidité et en même temps rendre le caoutchouc légèrement pâteux. On introduit ensuite dans la gomme ainsi travaillée, du soufre
- Fig. S. — Ébarbage et vérification des pneus apres cuisson.
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- la nature:
- qui servira uniquement à la vulcanisation, et d’autres poudres telles que de la baryte, du blanc de zinc qui lui donneront plus d’élasticité, plus-de fermeté, plus de résistance. On a ainsi fait; un mélange de caoutchouc (fig. 2).
- Les toiles employées dans les pneus doivent être de toute première qualité, aussi les fabrique-t-on en coton jumel extra. IJn fabricant sérieux doit, pour
- Fig. fi. — Lo môlior à gonunor.
- s’assurer de la qualité de ces toiles, posséder un laboratoire bien monté et contenant des appareils précis qui lui permettront de vérifier la résistance à la rupture des fils (dynamomètre), la torsion donnée aux fils (torsiomôtrc), l’humiditédel’air (hygromètre), laquelle influe beaucoup sur la résistance des (ils de coton. On admet que les tissus pour pneus ne doivent pas se rompre à moins de 250 kg. et 500 kg. en chaîne et en traîne pour une éprouvette de cinq centimètres de largeur.
- Nous allons assister à la confection d’une enveloppe et tout d’abord à la préparation des toiles et des feuilles de caoutchouc qui la constituent.
- Gommage des toiles. — On prépare d’abord une dissolution de caoutchouc, en trempant une feuille du mélange approprié dans de la benzine en proportion déterminée : par exemple 1 kg. de gomme pour 2 kg de benzine. On broie cette dissolution dans un masticateur à palettes, et au bout d’une heure de broyage la dissolution peut être employée. C’est de cette dissolution que le tissu sera imprégné au moyen du métier à gommer ou spreading dont nous donnons le schéma (fig. 6).
- La toile enroulée sur elle-même, et placée en A, se déroule entraînée mécaniquement dans le sens de la flèche. Elle passe entre un cylindre B garni de caoutchouc durci et une règle d’acier D. On distribue'la* dissolution à l’aide d’une spatule à main sur toute la largeur de la règle, la toile se charge au passage d’une couche uniforme et parfaitement régulière de caoutchouc. La toile passe ensuite sur une table E chauffée à la vapeur qui évapore la benzine de la dissolution, puis vient s'enrouler en G (fig. 6).
- Tirage des feuilles de caoutchouc à la calandre. — La calandre est un appareil comprenant plusieurs cylindres placés les uns au-dessus des autres, ces cylindres sont creux et peuvent être chauffés à la vapeur ou refroidis par de l’eau froide (fig. 3).
- Les feuilles de caoutchouc passent sous ces rou-
- leaux et en sortent laminées à l’épaisseur voulue.
- Découpage des toiles gommées et des feuilles de caoutchouc. — Quand on a obtenu la feuille de caoutchouc et la toile gommée, on les découpe en bandes de largeur et de longueur déterminées suivant chaque dimension de pneumatique à faire ( fig. 4) et l’on passe à la confection du pneumatique; c’est, comme on va pouvoir s’en rendre compte, une opération très délicate; les soins minutieux qu’elle exige font comprendre le prix élevé des pneumatiques d’automobiles.
- Confection et moulage. — Les pneumatiques sont faits et vulcanisés dans des moules en fonte comprenant un noyau À muni de 2 bras et d’un trou à travers lequel peut passer un axe et 2 coquilles G et 1) qui peuvent recouvrir parfaitement ce noyau. Il y a entre le noyau A et les deux coquilles un espace vide B qui sera occupé par la succession des feuilles de caoutchouc et des toiles gommées qu’y placera l’ouvrier (fig. 7).
- Les confectionneurs de pneus placent verticalement devant eux le noyau monté sur un axe reposant sur un chevalet, et correspondant à la dimension du pneu à fabriquer. Us entourent ensuite ce noyau d’une succession de bandes de toiles gommées et de feuilles de caoutchouc en nombre suffisant et jusqu’à une épaisseur déterminée pour chaque dimension. Ils collent de chaque coté du noyau les talons, qui sont constitués par deux grosses cordes de caoutchouc tirées à la filière, puis ils pressent les toiles et les couches de gomme à l’aide d’un rouleau à main de façon à assurer l’adhérence parfaite de tout l’ensemble. Le pneu est prêt à être moulé.
- L’ouvrier place alors le noyau recouvert des toiles et du caoutchouc entre ses coquilles correspondantes, puis il porte le tout sur une presse hydraulique chauffée à la C vapeur. Par suite de la pression hydraulique le caoutchouc se moule dans les creux des coquilles et il se vulcanise sous l’influence de la Fig- t- — Moulage des pneumatiques, température de
- la vapeur. Cette opération dure une heure et demie environ ; dès qu’elle est terminée, l’ouvrier procède au démoulage.
- Le Pneu est alors terminé, il a maintenant l’aspect d’un corps compact homogène qui ne ressemble en rien à l’assemblage de pièces et de morceaux qu’il présentait avant sa vulcanisation. On l’ébarbe, on l’examine sur toutes ses faces pour voir s’il n’a pas de défauts (fige 5) et on l’emmène ensuite
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- grossir la réserve du magasin. Il ne faut pas oublier, en effet, qu’un pneumatique doit être emmagasiné quelque temps avant d’êlre mis en service sur une voiture, sans cette précaution le caoutchouc étant trop Irais n’offrirait aucune résistance à l’usure.
- Chambres à air. — Nous avons dit précédemment que la chambre à air devait être parfaitement élastique, il est donc nécessaire de la faire en caoutchouc de très bonne qualité : du Para additionné seulement du soufre nécessaire à sa vulcanisation (ou dans certains cas coloré en rouge par une faible quantité de sulfure d’antimoine).
- Le mélange venant de l’atelier des mélanges est réchauffé sur des cylindres réchaulfeurs, on le coupe en petites lanières de 4 à 5 centimètres de largeur et on l’introduit dans une machine spéciale et fort originale appelée boudineuse. La bande de caoutchouc entre dans un cylindre dans lequel une vis, ayant un mouvement de rotation, la pétrit, la roule et la force à sortir par une ouverture munie d’un poinçon. De cette façon le caoutchouc s’écoule sous forme d’un tube, que l’on recueille sur un tablier sans lin et que l’on coupe à longueur déterminée. On enfile ce tuyau mou et fiasque sur des tringles de laiton étamé, on l’entoure de bandes de toiles fortement serrées à la machine, on porte le tout dans un autoclave à vapeur pour la vulcanisation. La cuis-
- son demande deux heures environ ; dès que l’opération est terminée, on enlève la chambre de la tringle sur laquelle elle a été vulcanisée, il ne reste plus qu’à la couper à la longueur voulue, en recoller l’une contre l’autre les deux extrémités et placer la valve.
- Cette chambre est alors essayée très soigneusement. Tout d’abord on la gonfle et on l’introduit dans une bâche à eau, la moindre bulle d’air qui se dégage indiquerait un point de fuite, s’il n’en est rien la chambre est reconnue bonne. Pourtant cet essai ne parait pas encore suffisant et on gonfle les chambres sous une pression de 5 à 6 kg par cm2 dans des pueus montés sur jante, on les y laisse vingt-quatre heures, de cette façon on est assuré de l’étanchéité parfaite de toutes les parties délicates de la chambre à air : soudure, pièce de valve, valve. La chambre peut être ensuite sans crainte mise en service.
- La fabrication des pneumatiques et des chambres à air que nous venons d’esquisser, nécessite un matériel de premier ordre très coûteux, un personnel très exercé aux manipulations délicates du caoutchouc, et ce n’est qu’à la suite de longs efforts, d’études très suivies qu’on peut arriver à fabriquer des bandages et des chambres à air absolument irré-
- 11 EN RI BÉC.L’WE, liigï'nicur E. C. 1“.
- prochaines.
- LE DIANEMOLOGO
- Le dianemologo est un appareil inventé par M. Eduardo forces y Quevcdo et qui permet de prendre la copie exacte d’un discours en écriture ordinaire par un nombre suffisant d’écrivains.
- Ceci se fait de façon que l’on dicte une seule phrase à chacun des écrivains que nous appellerons 1, 2, o et ainsi de suite (au nombre de 6 ou 8) le tour recommençant autant de fois qu’il est nécessaire.
- L’appareil, au moyen de quelques timbres dont les sons se succèdent avec régularité, indique à chacun le moment où il doit prêter attention à ce que dit l’orateur pour l’écrire ensuite pendant que les autres écrivent également les phrases qui leur sont échues.
- Il faut avoir la précaution simple d’écrire chaque phrase dans un carré spécial pour la reconstitution claire du discours. On numérote ces phrases dans l’ordre où elles ont été écrites.
- Somme toute l’appareil ne fait que d’indiquer à chacun le moment où il doit être attentif et où il doit cesser d’écouter, carie suivant le remplace à cet instant.
- Pour mieux faire comprendre le fonctionnement, supposons que nous ayons huit éci'ivains assis autour d’une table : entre chacun d’eux se trouve un timbre. De cette manière chacun écoute et écrit ce que dit l’orateur depuis l’instant où sonne le timbre qui est à sa gauche jusqu’à ce que le timbre qui est à sa droite sonne à son tour. Ce dernier timbre indique également au suivant le moment où il doit commencer à écouter, le cycle recommence par le n° 1 quand le n° 8 a fini d’écrire.
- Avec le même appareil, on peut employer au lieu de timbres autant de lignes téléphoniques isolées de sorte
- que les écrivains travaillent en entendant seulement les parties du discours qu’ils doivent copier.
- Pour utiliser cette disposition, lorsqu’on se trouve dans le même local que l’orateur, on emploie les limitées dont nous venons de parler ; mais avec les lignes téléphoniques et des récepteurs serre-tête appropriés, on peut placer les écrivains dans une pièce séparée, où l’on peut organiser en même temps le travail de reconstitution, le récolement des cartons pour avoir immédiatement le discours, la conversation ou la lecture que l’on veut reproduire.
- La pratique de l’appareil est bien facile à obtenir.
- Le dianemologo comporte un moteur électrique analogue à celui d’un ventilateur qui est enfermé dans une boîte. De la partie supérieure partent les flexibles des timbres qui ouvrent et ferment le circuit de manière à donner un petit choc sur une plaque tournante mise en mouvement par le moteur.
- Ce dernier est branché au moyen d’une prise de courant ordinaire sur une installation de lumière par exemple et les timbres sont alimentés par quelques piles sèches facilement transportables.
- Comme on le voit l’appareil est très simple, on peut facilement augmenter le nombre de timbres et aller jusqu’à 12, ceci pour les orateurs à élocution rapide. Son application est excellente, car elle permet de supprimer l’emploi des sténographes qui sont toujours coûteux et qu’il n’est pas facile d’avoir toujours sous la main.
- Le premier appareil construit a été essayé à l’Athénée de Madrid où les résultats ont été absolument satisfaisants.
- E. Weiss.
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- L’ILE DE SAKHALINE ET SON AVENIR
- Il y a déjà quelques années, l’attention du public français fut attirée sur l’île de Sakhaline par le livre très intéressant de M. Labbé intitulé : Un bagne russe, et, en Angleterre, par la publication de ln the Utiermost East (Dans Vextrênie-Est). Plus récemment encore, le rôle qu’a joué Sakhaline dans la guerre russo-japonaise l’a, de nouveau, mise en évidence.
- Le 24 juillet 1905, 12 000 hommes de troupes japonaises débarquèrent sur la cote ouest, à la capitale Alexandrovsk, à Mgachi et à Arkova. Par suite des mouvements rapides de la cavalerie japonaise,
- futurs, quoique libres maintenant de toute contrainte, ne seront probablement pas extraordinaires, Dans la partie nord et par conséquent chez les Dusses, le poisson vient en abondance, et l’aigrefin (haddock), la plie, le gardon, l’alose, l’éperlan et la truite, ainsi que des dauphins et des baleines, se. rencontrent à proximité des cotes. De leur côté, les Japonais recherchent surtout le hareng (Clupea ha-rengus) et le saumon (Salmo lagocephalus et pro-lehus); le premier est employé comme engrais poulies champs de riz et les plantations de mûriers, et le dernier salé pour la nourriture.
- Fig. 1. — Forêt (Taïga) à Sakhaline.
- l’armée russe, forte de 5000 hommes, fut refoulée dans l’intérieur et forcée de se rendre le 30. La capture de Pile était ainsi assurée aux Japonais; mais par le traité de Portsmouth, il fut convenu de partager l’île au cinquantième parallèle, la partie nord restant à la Russie et la partie Sud étant abandonnée au Japon.
- Mettant de côté l’intéressante question des motifs politiques qui ont inspiré une telle décision, il s’en pose naturellement une autre dans l’esprit du lecteur : Quel sera l’avenir de celte île? Pour y répondre, il faut considérer ses ressources.
- Dans la partie sud, qui est maintenant japonaise la pêche a longtemps été, et sera probablement, pendant bien des années encore, l’industrie principale; et, comme les Japonais y ont pris dans le passé la part la plus grande, les développements
- Contrairement à ce qu’on pourrait croire, dans cette île, dont les trois quarts de la surface sont couverts de l’épais « taïga », nom donné par les Russes à la forêt, il s’en faut de beaucoup que le commerce des bois soit en pleine activité. Au nord, les arbres les plus communs sont les mélèzes (larix daurica) et les bouleaux (betula alba); au sud, l’épinette (picaea janeusis) et le sapin (abies sakha-linensis). Moins commun sont le pin suisse (pinus cenibra pumila), le saule, le tremble, le sorbier, le fusain, le sureau, l’érable, le chêne-liège (phello-dendron amurenæ), etc. Les conifères et bouleaux qui poussent « en rangs serrés « atteignent souvent des hauteurs très grandes, et j’en ai mesuré un, pris au hasard, qui était tombé sur mon chemin dans une chasse à l’ours, et qui avait 44 mètres de haut. Pas de vieilles forêts, cependant, et sans
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- doute, il serait difiicile de trouver à Sakhaline un arbre âgé de plus de 150 années, si l’on excepte peut-être la région du sud où un sapin, le yeso pin, comme l’appellent les Japonais, atteint jusqu’à trois ou quatre pieds de diamètre.
- Depuis l’an 1615, date de la première expédition japonaise mentionnée dans l’histoire, les Japonais connaissent ses richesses de bois, et l’une des interprétations courantes du nom qu’ils ont donné à l’ile, remise en usage, et à titre officiel, depuis le traité de paix, Karalùto ou Kabafto, est « grand bouleau » (Kaba, bouleau Jap.). Jusqu’à présent, les Dusses se sont contentés de l’aire abattre et traîner le bois par les forçats, simplement pour leurs mai-
- son contenu est encore tendre. 11 est possible que la solution du problème se trouve dans le choix de blé d’une tige plus courte et d’un épi mûrissant plus vite.
- Les pommes de terre l’éussissent bien et la statistique officielle d’une récolte moyenne de 9 grains est de beaucoup dépassée dans les endroits favorables. Au sud, les framboises, les fraises, les groseilles et les groseilles à maquereau viennent en abondance; mais, sauf dans les vallées de l’intérieur, à l’abri des vents froids de la mer d’Okhotsk, les arbres fruitiers ne réussissent pas.
- Le commerce des fourrures, qui est naturellement d’une plus grande importance dans la partie
- Fig. 2. — lvir, ou champ do pétrole à Sakhaline.
- sons de bois et pour leur combustible. Les Japonais ne trouveront pas de bois précieux à Sakhaline, et ils devront se contenter de ce que leurs 47 millions acres (19026 900 hectares), entretenus par les lois de la conservation, leur fourniront.
- En ce qui concerne l’agriculture, il est impossible également de prédire un avenir important. 11 est vrai qu’aux mains de cultivateurs forçats, indifférents et sans argent, l’essçii n’a pas été bon, et, tandis qu’il y a des statistiques officielles d’une malheureuse récolte de 11 grains pour 10 sown (semés) au village de Slavo, j’ai rencontré un Caucasien énergique qui prétendait avoir obtenu une récolte de 12 grains. Le printemps vient tard, mais la principale difficulté est que les gelées d’automne arrivent de bonne heure et brûlent l’épi alors que
- nord de l’ile, tend à diminuer avec les progrès de la civilisation.
- L’avenir de cette portion de Sakhaline dépend de la politique du gouvernement russe, et, comme il n’a pas déclaré ses intentions, nous pouvons penser qu’un heu de déportation aussi commode ne sera pas facilement abandonné. En même temps, il faudra une délimitation soigneuse, en l’absence de toute frontière naturelle au cinquantième parallèle, pour éviter tout conflit avec l’administration japonaise.
- La prospérité de la partie russe de l’ile aux conditions « ante bellum » n’est guère assurée, même si l’on escompte un développement plus actif de sa richesse minérale, basée sur le fait que le charbon, l’huile et le fer n’existent que dans le nord de l’ile.
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- En 1898, on a fait une tentative d’extraire de l’or qui n’a pas réussi.
- La géologie de l’ile n’est connue qu’en partie et les cartes géologiques russes sont basées sur quelques observations isolées. En effet, la prospection est très difficile dans une île presque entièrement couverte d’épaisses forêts, que les indigènes du pays 'eux-mêmes traversent presque exclusivement en
- Marins!
- Tastriei
- rite! ara
- Kilomètres. i
- Fig. 3. — Carte de Saldiuliue.
- canots, par les rivières, ou au moyen de traîneaux à chiens. Et, sur de grandes étendues, au nord, les espaces découverts sont rares, et le sous-sol est éternellement gelé sous la masse embrouillée de végétation (humus) de la « tundra » ou « taïga ».
- L’ile, jusqu’à présent, est attribuée à la période tertiaire, à l’exception de deux espaces découverts de l’époque secondaire, soulignés par d’immenses ammonites, fort visibles par exemple, dans l’argile ferrugineuse du débarcadère d’Àlcxandrovsk.
- Depuis ma visite à l’ile, une mission d’experts anglais y a été envoyée pour y étudier les dépôts de naplile et leur rapport qui n’a pas été publié, esl entre mes mains.
- 11 permet de supposer que le massif central des montagnes, ligne de partage des eaux des deux grandes rivières, la Tim et le Poronai, est formé de terrains archéens. Cette chaîne de montagnes va du nord au sud à travers toute la longueur de l’ile, avec des ramifications vers le sud-est qui se terminent au cap Patience et au cap Aniva; au nord, elle est flanquée de collines parallèles et plus basses qui sont de l’époque tertiaire. Au-dessus de la source de la Tim, des roches archéennes ont été observées, et, dans un lambeau de calcaire Laurentien, on trouve des roches d’époque précambrienne. Les couches tertiaires sont représentées par des argiles schisteuses de l’époque Miocène, contenant de la houille, près Alexandrovsk, et, par des dépôts de pétrole, sur la côte nord-est, que l’on attribue à des tertiaires plus modernes.
- Depuis 1858, le charbon est exploité à Dué, et, depuis moins longtemps mais avec de meilleurs résultats, à la mine de Yladimirsk, près de Mgachi, où les troupes japonaises trouvèrent 40 000 tonnes de combustible. La qualité de ce charbon a été jugée de diverses façons, par les divers capitaines de vaisseau. Il représente un état intermédiaire entre la lignite et le vrai charbon, ce qui le place au-dessus du meilleur que le Japon puisse produire. Jusqu’ici les mines n’ont été exploitées qu’à niveau et d’une manière rudimentaire par les forçats, et le grand inconvénient, qui a beaucoup nui à leur développement, a été l’absence d’un port sûr. J’ai eu l’occasion de visiter un vapeur qui partait de Yladimirsk, et qui, après avoir, depuis trois semaines, vainement essayé d’embarquer deux, mille tonnes, parlait en désespoir de cause avec seulement 150 tonnes dans ses soutes.
- Il a été question de la construction d’un môle à la capitale Alexandrovsk, ainsi que d’une voie ferrée mettant cette ville en communication avec Yladimirsk, à 20 milles au nord. Avant la guerre, un grand matériel avait été rassemblé : si ce projet était exécuté, l’industrie du charbon dans l’ile de Sakhaline recevrait certainement de ce chef une grande impulsion.
- Mais, il est parfaitement possible que les ressources en charbon de l’ile soient diminuées par la présence de couches pétrolifères. Pendant ce dernier quart de siècle, on a fait courir des bruits tendancieux chez les Russes et chez les indigènes sur l’existence de nappes de pétrole sur la côte nord-est. Dans les dernières années du siècle, un Russe naturalisé a entrepris l’exploration de ces nappes, et, depuis cette époque, une mission de prospecteurs anglais a été envoyée dans le but de vérifier l’exactitude des rapports remarquables faits sur les « champs d’huile ». Ces nouvelles n’avaient rien d’exagéré. Des couches légères de « kir », comme
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- les indigènes appellent le pétrole, étaient communs, et partout, sur de grands espaces, ou l'on plantait une canne, il s’échappait du gaz, avec ce résultat que dans certains endroits, une flamme dé 2 ou 5 pieds de long pouvait être allumée au-dessus de la surface de l’eau. En pratiquant le forage, on traversa des couches semblables à celles de Bakou, et contenant une huile de méthane pure mélangée avec des traces de sous-oxyde de carbone, de monoxyde et d’azote (nilrogène).
- Comme les nappes d’huile ou « champs d’huile » sont tout près de la côte, il ne doit pas être difficile ni trop dispendieux d’en approvisionner les marchés du voisinage. Je ne doute pas, qu’à l'exemple de l’ile de Yeso, les Japonais n’arrivent bons premiers dans le concours ouvert pour le développement de l’ile; mais je ne pense pas, toutefois, qu’ils procèdent très rapidement. La partie russe sera retardée sérieusement par l’existence de l’élément pénitentiaire. Chaules H. IIawes.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 septembre 1907.
- Présidence de M. Becquerel.
- Les roches phonolithiques d’Auvergne. — M. Lacroix expose que l’on se demande si l’on est en présence de dômes superficiels analogues à celui de la montagne Pelée ou s’il ne s’agit de formations profondes dénudées plus tard par l’érosion. M. Lacroix, au Griounat, a trouvé la roche phonolithique en contact avec le basalte, avec métamorphisme endomorphe et exomorphe. Cela démontre que la roche phonolithique est postérieure et qu’elle s’est injectée en profondeur. C’est donc la deuxième hypothèse qui doit être adoptée.
- L’élevage des turbols. — M. Edmond Perrier rappelle que jusqu’à présent les essais d’élevage avaient échoué. M. Anthony vient de réussir. 11 a pu amener les jeunes turbots au delà de la période critique. Ils se nourrissaient alors de plankton et il n’y avait plus qu’à réaliser le passage de la vie pélagique à la vie dans le sable. Ces jeunes turbots sont morts par suite d’un accident; mais la question de l’élevage doit être considérée comme résolue.
- Élevage des hippopotames en captivité. — M. Edmond Perrier présente ensuite une Note de M. Trouessart suites causes de la mort du jeune hippopotame né à la Ménagerie (voy.p. 245). D’après l’auteur il est certainement possible d’élever les jeunes hippopotames nés en captivité, à la condition de les séparer immédiatement de leur mère.
- Les abîmes des pays basques. — M. Martel adresse une Note sur les abîmes et les gorges du pays basque situés au Sud de Mauléon. Les canons de Cacaouette, de llolçarte, Olhado sont des merveilles naturelles récemment révélées par MM. Yeïsse, Bourgeade, Dufau. Leurs cavernes et leurs eaux souterraines sont en relation avec des abîmes atteignant jusqu’à 150 m. de profondeur et dont l’exploration sera des plus utiles. On y peut vérifier l’inégalité des températures de l’eau dans l’intérieur des calcaires, la formation des abîmes de haut en bas, par les eaux qu’ils ont absorbées, la diminution progressive et considérable de ces absorptions à l’époque actuelle, diminution qui aboutira à la dessiccation complète de l’écorce terrestre.
- Influence de la lumière sur les végétaux. —M. G. Bonnier résume sur ce sujet un travail de M. Ricome. Cette influence est relativement très faible sur la forme des fleurs, sur les fruits et sur les graines. L’auteur montre qu’on peut cependant trouver des modifications non des fleurs mais des inflorescences. M. Bicorne a expérimenté avec une ombellilêre du Midi à lige ligneuse développée soit à l’ombre, soit à la lumière. Il est remarquable que les ombellules ou ombelles de deuxième ordre ont été très peu modifiées. Cette résistance de la fleur et de la graine aux influences extérieures justifie la classification des plantes qui est fondée surtout sur ces parties du végétal dont les caractères se maintiennent constants. Cu. de Yilleueuil.
- POMPE A INCENDIE FLOTTANTE
- sur la Tamise
- La flottille des pompiers de Londres possède tout un matériel spécial, destiné à préserver contre l’incendie les magasins, docks et maisons qui bordent les deux rives de la Tamise. Cette section de la « Lon-
- don lire brigade » n’est pas la moins importante, puisqu’elle a, dans son service, non seulement les constructions riveraines du fleuve, mais aussi le port et ses navires.
- La brigade fluviale des pompiers londoniens joue un rôle des plus actifs; on le comprendra facilement, en songeant aux richesses
- Jci-projecleui'
- que représentent toutes les marchandises accumulées dans les vastes « ware-houses », au capital immense que constituent les superbes cargo-boats, si nombreux, chargés de produits et de denrées, d’articles, souvent d’une grande valeur, venus des quatre points cardinaux ou destinés aux divers pays du monde. C’est une fortune colossale que la flottille des pompiers de la Tamise doit défendre contre l’incendie; aussi son matériel est-il des plus complets.
- Ce matériel, il y a quelque temps, a reçu une adjonction fort intéressante, une unité nouvelle, la pompe à incendie flottante « Béta », qui mérite une des-
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- cription un peu détaillée, à cause des particularités qui la caractérisent. Cet engin spécial est parfaitement étudié et répond admirablement à sa destination; il est dû, d’ailleurs, à la collaboration de spécialistes distingués: M. F.-J. Trewent, architecte naval; cap-tain de Courey Hamilton, commandant de la Metropolitan lire brigade ; et M. Shand-Mason, ingénieur-constructeur.
- Dans cet engin, il y a deux éléments différents à examiner, les pompes et le bateau qui les porte. Sur ce dernier, il y a peu de chose à dire ; ce navire, qui, à première vue, ressemble assez à une canonnière, mesure 55 mètres de longueur et 5,50 m. de largeur, avec un tirant d’eau d’un mètre. La construction a été établie de manière que cet engin de secours contre l’incendie puisse rapidement se rendre à l’endroit où son concours est réclamé. Deux machines à vapeur accouplées actionnent une paire d’hélices en bronze, qui, à cause du peu de tirant
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- Ions ou environ 4550 litres par minute, soit !275 mètres cubes à l’heure. Les quatre machines marchant ensemble, peuvent lancer un Ilot de 1100 mètres cubes d’eau à l’heure, et le refouler, sous une forte pression, comme nous allons l’expliquer, à une grande distance.
- Les appareils-projecteurs sont placés sur le pont. Ils se composent de trois jets articulés — monitor nozzles — montés sur des cadrans et des axes, qui permettent de les diriger horizontalement et verticalement dans tous les sens et d’obtenir les trajectoires voulues. Celte manœuvre est facile, que le navire soit en marche ou au repos. 11 y a un grand jet-projecteur et deux petits ; tous trois sont munis à leur extrémité d’ajutages en tronc de cône. Le plus grand des projecteurs, disposé dans l’axe de la chaloupe, est alimenté par un tube de 80 millimètres de diamètre; il peut lancer, à une distance de 100 mètres, un jet correspondant au débit total des quatre
- d’eau de la chaloupe, ont reçu des dispositions spéciales.
- A l’arrière du navire, il a été aménagé une chambre commune pour l’équipage avec un fourneau-poêle servant au chauffage et à la cuisine, des tables, des bancs pouvant être employés comme lits, et un lavabo. Un autre local a été disposé pour recevoir des tuyaux en toile, des appareils divers, robinets, lances, jets, etc. ; c’est le magasin, à peu de distance duquel se trouve un atelier avec l’outillage nécessaire pour l’aire les petites réparations.
- La chaloupe « Bêla » est parfaitement outillée; elle comporte les engins et accessoires nécessaires à sa navigation et à la manœuvre de son matériel. Cabestans, grues et appareils de levage fonctionnent mécaniquement.
- L’avant a été spécialement réservé à l’agencement des pompes et de leurs accessoires ; toutes les autres installations ont été bannies de cet emplacement, afin d’éviter son encombrement et de ne pas gêner les manœuvres des pompiers-mariniers.
- line série de quatre pompes à vapeur, installées à l’avant dans une chambre spéciale où elles fonctionnent ensemble ou séparément, constitue un puissant engin de secours, puisque chacune de ces pompes aspire directement dans la Tamise et refoule 1000 gal-
- pompes réunies. Quant aux deux autres projecteurs, alimentés chacun par un tuyau de 50 millimètres, ils sont placés, l’un à bâbord, l’autre à tribord; ces jets peuvent projeter à 90 mètres environ, de 4500 à 5000 litres d’eau à la minute.
- Ces appareils sont dits « de refoulement direct ».
- En dehors des « monitor-nozzles », il existe, à bord du «Bêla», huit bouches de prises, tout à fait isolées les unes des autres, sur lesquelles peuvent être montées, au moyen de raccords en bronze, plusieurs séries de boyaux en toile permettant de porter secours, à des distances variant entre 450 et 600 mètres, à des constructions loin des berges ou à des navires enfermés dans des bassins, difficilement accessibles. Les raccords de prises en question sont du type que les pompiers de Paris appellent « tètes de chats » ; les firemen de Londres les nomment « deli-very outfits ».
- Nous ne pouvons entrer dans des détails plus complets; la description que nous avons donnée suffit, d’ailleurs, pour expliquer les services que rendra la pompe flottante de la Tamise.
- Will Darvillé.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Flcurus, 9.
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- N° 1791. — 21 SEPTEMBRE 1907. LA NATURE.
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- UNE NOUVELLE BOISSON ENIVRANTE EN USAGE CHEZ LES NÈGRES
- de la Guinée française
- À quelque race qu’il appartienne, l’homme fait preuve d’une remarquable ingéniosité toutes les fois
- rieurs, en attendant que les races dites supérieures donnent l’exemple de la sobriété.
- De son côté, l’Islam et ses lois i d’abstinence apportent un formidable appui à cette croisade contre l’intempérance, du moins sur la terre d'Afrique, et les pratiques religieuses viennent en aide à l’hygiène et à la philanthropie.
- Mais quand bien même nous parvien-
- qu’il est talonné par la nécessité. Cette vérité banale d c v i en t particulièrement éclatante quand il poursuit; la satisfaction d’un besoin (pi’il s’est artificiellement imposé.
- Personne n’a jamais mis en doute que l’alcool, sous toutes ses formes, ne possède un attrait invincible pour les populations primitives, ni que le désir de se procurer en abondance la précieuse drogue n’ait plus lait;, pour établir des relations amicales entre sauvages et civilisés, que les négociations les plus habiles des explorateurs et les prédications les plus émouvantes des missionnaires.
- Les gouvernements civilises, pris d’un remords tardif, ont résolu, sinon de réparer les désastres qu’a, provoqués la dispersion de l’eau-de-feu, du moins d’enrayer le fléau que leur ignorance, puis leur cupidité, leur avait lait lâcher à travers le monde. Des ligues anti-alcooliques, des conférences internationales, des prohibitions fiscales ont été édictées pour refréner l’abus des liqueurs fortes chez les peuples infé-35e année. — 2e semestre.
- Fig. 2. — Une « verseuse » de bili chez les Landouman-Tiapy.
- drions à empêcher l’introduction de l’alcool européen dans nos colonies africaines, nous n’aurions pas pour cela extirpé l’ivrognerie ! A défaut de l’eau-de-vie des Blancs, l’indigène s’entend merveilleusement à fabri-
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- quer, avec les moyens que lui fournil la nature, des liquides qui lui procurent une bienheureuse ivresse. Sans peine, il reviendra à ses anciennes boissons, dont l’Islam n’a pas réussi à lui faire oublier la recette et que, seule, la facilité de se procurer de l’alcool européen lui avait fait négliger, dans certaines provinces du littoral.
- Au lieu de louer ses bras sur les chantiers et sur les routes de portage, au lieu de courir la brousse pour ramasser les quelques sacs de palmistes et les quelques boules de caoutchouc dont le prix lui servira à payer une caisse de gin ou une dame-jeanne de rhum de traite, le bon nègre se remettra à saccager les forêts de palmiers, de raphias et de limiers, pour en tirer du vin de palme. Le Mandingue prendra sur sa maigre ration de mil ou de maïs, de quoi remplir ses jarres de dolo1. Le Koniagui se gorgera d’hydromel; le Peulh fera macérer les fruits sucrés du houobé2 du mampata3 et du bananier, et s’enivrera entre deux prières. Le « Christian » portugais, papel ou manjake, reprendra son bizarre alambic, composé d’une poterie et d’un vieux canon de fusil, et, bouilleur de cru d’un nouveau genre, ira distiller sans trêve sous les bosquets d’anacardes. Enfin, nos Noirs de la Basse-Guinée redemanderont au Rili d’égayer leurs l'êtes nocturnes, de son ivresse batailleuse et bruyante4.
- Et malgré la suppression du pernicieux alcool, les villages de l’Ouest africain continueront, comme par le passé, à s’emplir chaque nuit du tumulte de l’ivrognerie, jusqu’au jour où la civilisation se sera décidée à éveiller la raison et l’intelligence des indigènes avec des méthodes moins simplistes que des mesures douanières.
- La récolte du vin de palmier et la fabrication du « dolo » sont bien connues par les récits des voyageurs. Mais la préparation du « Bili », entourée de cérémonies quasi-mystérieuses, ne nous paraît,, pas avoir été décrite jusqu’à ce jour. Cette boisson est cependant d’un usage journalier chez les Baga, qui occupent la zone littorale qui s’étend de l’ile de Konakry aux bouches du Rio Nuiïez. Les tribus voisines, Landouman, Tymné et Foulakounda, en font également usage, et les Soussou, pour la plupart musulmans, s’y adonnent volontiers, affirmant toutefois que le « bili » n’est qu’une simple médecine, dont le Prophète n’a jamais spécifié l’abstention!
- Le « Bili », dont le nom signifie racine en langue indigène, s’obtient par la macération dans l’eau d’un rhizome, le « gningni », auquel on a fait subir préalablement un traitement particulier.
- La plante qui fournit le « gningni » est bien connue : Oliver en donne une bonne description. C’est le Dissotis grandiflora de la Famille des
- 1 Bière de mil ou de maïs, fabriquée dans tout le Soudan occidental.
- 2 Arbuste de la famille des Clusiacées,«dont le fruit est très sucré.
- 3 Mampata ou sougué, parinarium excelsa. Rosacées.
- 4 1\. Caillé l’appelle jin-jin-di. Voy. A Tombouctou, t. I, p. 239.
- Mélaslomacées. Elle est extrêmement commune dans toute la Basse-Guinée et même sur les plateaux du Foûta-Bialon, où on la rencontre de préférence dans les terrains argïlo-sablonneux. Les indigènes ne la cultivent pas.
- Quelques semaines après que les incendies de brousse ont débarrassé le sol de ses herbes desséchées, le Dissotis à grandes fleurs sort de terre : aux premières pluies, il a atteint sa taille définitive qui ne dépasse pas 50 à 60 centimètres. Ses tiges dressées, velues et rougeâtres, ses feuilles découpées et pubes-centes rappellent assez bien l’Ortie rouge de nos pays. Ses larges fleurs rose mauve s’étalent à la fraîcheur du matin, et se fanent quand le soleil se rapproche du zénith. Son feuillage, qui persiste pendant toute la durée de l’hivernage, n’a rien à redouter des animaux herbivores, ni même des sauterelles.
- A 40 ou 50 cm. sous terre, la racine se gonfle en un tubercule, ou plus exactement en un rhizome, dont la forme et le volume sont en tout semblables à celui du topinambour. Les noirs le récoltent un peu avant la poussée des feuilles, au moment où les bourgeons ressemblent à des dents (gningni).
- La saveur du gningni est à la fois douceâtre et amère : le bétail et même les porcs refusent de le manger.
- Quand les indigènes ont recueilli une quantité suffisante de racines pour leur provision annuelle, ils les nettoient soigneusement et les étendent au soleil ; la dessiccation en est complète au bout d’une quinzaine de jours : on les bat ensuite à l’aide d’un maillet de bois jusqu’à ce que leurs fibres soient complètement dissociées : elles présentent alors l’aspect de racines de chiendent, grossièrement hachées.
- Jusque-là, ce sont les femmes et les enfants du village qui se sont chargés du gningni : mais les autres phases de la préparation sont réservées à des matrones spécialement qualifiées pour cette besogne. Sur une dalle de roche, elles. disposent les racines en un tas qu’elles recouvrent de branchages serrés; le tout, enduit d’une épaisse couche d’argile, rappelle tout à fait les meules de nos charbonniers. Elles y mettent le feu et surveillent l’opération qui dure plusieurs jours.
- Le produit qu’elles obtiennent, par cette cuisson en vase clos, a l’aspect de la racine de chicorée torréfiée. Elles le recueillent avec soin et le transportent dans des cases ad hoc, basses et obscures. C’est là le temps difficile de l’opération : tour à tour, elles étendent le gningni sur le sol de la case et le mettent en petits tas. Un défaut de surveillance ou l’oubli d’une parole magique et voilà le résultat compromis : le bili sentira le moisi, à moins que les esprits enivrants ne refusent tout à fait de pénétrer dans la case!
- Quand elles jugent que la drogue est à point, les mégères l’entassent avec précaution dans des paniers de raphia, qu’elles suspendent-à l’abri de la lumière et de l’humidité. Le bili, ainsi préparé, peut,
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- dit-on, se conserver pendant plusieurs années. Survient-il dans le village un événement qui nécessite des libations, les hommes vont humblement présenter leur requête aux « gardiennes du hili », qui ne leur donnent satisfaction qu’après avoir épuisé une prodigieuse litanie d’invectives, au cours de laquelle la fainéantise et la gourmandise masculines sont stigmatisées comme il convient.
- Sur la place du village ou dans le bois sacré le plus voisin, se dresse une énorme jarre en poterie; dans les pays soussou, c/est une grande pirogue en bois de benténier1, du même modèle que celles qui servent à la navigation. Ce sont là les récipients dans lesquels on prépare le breuvage pour tout le monde. En rien de temps, jarres ou pirogues sont remplies d’eau et la foule apporte à cette opération infiniment plus d’ardeur que s’il s’agissait d’amener de l’eau pour un incendie!
- Puis la doyenne des matrones jette dans le vase une quantité convenable de cendres blanches qu’elle a préparées en incinérant des fruits de rônier ou des écorces d’ério-dendron. Enfin, elle y ajoute la dose voulue de
- Fig'. 5. — Jarre destinée à la préparalion du bili, chez les lîaga foré.
- OU
- fi heures, la vieille remue le mélange à l’aide d’un long bambou; de temps en temps, elle goûte le breuvage d’un air entendu, tandis que les yeux de la foule suivent anxieusement tous ses gestes.
- Quand le moment est venu, les jeunes, filles distribuent la boisson dans de grandes calebasses qui passent de main en main : hommes, femmes et enfants se gorgent de bili et s’époumonent en des danses frénétiques, jusqu’à ce que le lourd sommeil de l’ivresse ait ealmé tout le village.
- Tout est prétexte à beuveries : les naissances, les circoncisions, les mariages, les divorces, les funérailles, les récoltes, la venue d’un étranger, les phases de la lune, et même tout simplement la soif. Les adultes considèrent d’ailleurs qu’il est particulièrement dangereux pour la santé de s’endormir sans avoir plusieurs litres de bili dans l’estomac.
- Le noir qui part en voyage n’oublie jamais d.’em-
- 1 Emodendron anfractuosum, famille des Malvacées.
- porter dans sa gibecière une provision de gningni, pour ne pas être' exposé à manquer de son breuvage préféré.
- L’ivresse que procure le bili ressemble beaucoup à celle de l’alcool; elle affecte d’ailleurs des symptômes différents selon le degré d’accoutumance du sujet. C’est, nous a-t-il semblé, une vive excitation (pii se manifeste par des mouvements désordonnés et des chants, puis une hébétude profonde qui se termine dans un sommeil torpide. Chez l’adulte, habitué depuis longtemps, la période de stupeur s’établit d’emblée.
- L’ivresse nous a paru se produire plus rapidement que chez les buveurs de vin de palme : les accidents gastriques sont également plus marqués. Nous
- avons rapporté en France, il y a quelques années, des échantillons de gningni préparé, mais les mauvais traitements que nos bagages avaient eu à subir en mer, avaient sans doute altéré ce produit. L’analyse qui en a été faite au Jardin Colonial ne nous a pas fixé sur la composition du bili. On a trouvé, dans la racine fraîche, de l’amidon et une substance extractive amère. Mais le gningni, mis dans l’eau alcalinisée, n’a pas donné d’alcool, même au bout de plusieurs jours de macération; les micro-organismes, si toutefois il en existe de spécifiques, ne se sont pas développés.
- Le bili est-il une liqueur alcoolique, dont l’alcool serait produit aux dépens de l’amidon par un organisme particulier1 qui pullulerait en 6 heures, à froid et en présence d’un alcali?
- Ne serait-ce pas, d’autre part, l’existence d’une matière spéciale qui produirait chez l’homme des phénomènes d’excitation et de stupeur? Il nous est impossible de répondre à ces questions. L’une et l’autre hypothèse nous paraissent de nature à exciter la curiosité des chercheurs, bien que le besoin d’un nouveau stupéfiant ne se lasse pas absolument sentir en France.
- Dr Maclaüd.
- 1 L’exposition du produit dans des cases ad hoc nous paraît de nature à confirmer cette hypothèse.
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- INDUSTRIE DES PAPIERS PHOTOGRAPHIQUES
- Les papiers servant aux tirages photographiques se partagent en deux catégories : les papiers à image apparente (salés, albuminés, au citrate, à la eelloïdine, etc.) et les papiers à image latente (au bromure et au chloro-bromure). Gomme qualités
- production du papier nécessaire à l’industrie photographique et, vu la délicatesse de son grain, le vendent environ 5 lois plus cher que le très beau papier de luxe.
- Pour préparer le papier salé, peu estimé mainte-
- primordiales, les papiers bruts employés dans cette fabrication doivent avoir une pureté irréprochable et .une texture régulière. Il faut, en particulier, qu’ils ne renferment aucune particule métallique susceptible de produire des taches dites « points de fer » au contact du bain d’argent. Aussi les maisons Blanchet frères et Kléber à Rives (Isère) et Steinbach à Malmédy (Allemagne) ont presque entièrement monopolisé la
- nant des professionnels et encore moins des amateurs, on commence par l’encoller avec de l’amidon ou de l’arrow-root (fécule de Maranta arundinacea) salé. L’encollage exerce beaucoup d’influence sur la finesse de l’image en donnant avec le nitrate d’argent une coloration d’où dépend la beauté de la photocopie. Quant à sa sensibilisation, elle s’effectue de manière identique à celle du papier albuminé qui
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- étant d’un usage courant mérite de nous retenir plus longuement. A la Compagnie des papiers photographiques « Tambour » on procède de la façon suivante.
- Un ouvrier commence par battre en neige, soit à la main avec un balai d’osier, soit à la machine, l’albu-
- sale après l’avoir filtrée et qu’on étend ensuite.
- L’étendage consiste à laisser flotter le papier à la surface du mélange colloïdal. Cette manipulation exige des « tireuses » qui s’v livrent un tour de mains difficile à attraper, car elles doivent plonger les
- Fig. 2. — Roulage du papier bromure sec.
- mine destinée à reneollage. Puis on abandonne cette dernière, une quinzaine de jours à elle-même, dans une pièce surnommée la « cuisine ».
- Il se produit alors dans les cuves une fermenta^-tion putride. Ces deux opérations, désagrégeant les cellules, rendent plus fluide l’albumine, qu’on
- feuilles sur le liquide en évitant la formation des bulles d’air. Pour cela, les ouvrières laissent les feuilles durant cinq minutes dans le bain, puis elles les soulèvent par l’un de leurs angles auquel elles attachent une pince américaine pour les suspendre à des barres de bois placées dans un local ventilé
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- énergiquement de façon qu’elles sèchent rapidement (fig. J).
- Une fois les feuilles albuminées sèches, on les empile, on les met sous presse pour les redresser, on les satine et on les conserve dans un endroit sec, la sensibilisation ne s'effectuant qu'au fur et à mesure des commandes. Si on les conservait dans un local humide, le sel fini-rait par s’infiltrer petit à petit dans la pâte et les photocopies ultérieures prendraient un ton gris. Toutefois avant de sensibiliser 1 c papier albuminé, il faut le mettre durant 24 heures dans un lieu humide, pour qu’il s'étende facilement sur la solution sensibilisatrice contenant 80 à 120 grammes d’azotate d’argent par. litre d’eau distillée auquel on ajoute un peu de bicarbonate de soude. On obtient alors un précipité de carbonate d’argent qui sert à claritier le bain et l’empêche d’ètre acide. On filtre et on sensibilise les feuilles en les faisant llotter du côté albuminé sur le bain d’argent renfermé dans la cuvette. On les retire ensuite' et on les porte au séchoir. En outre, on a soin, toutes les 4 ou 5 feuilles, de renforcer, avec une solution concentrée, le bain qui s’épuise petit à petit. Malheureusement le papier albuminé, qui donne des images d’pie remarquable linesse, s’altère très vite, si on ne l’emploie peu de temps après sa fabrication, bien que pour retarder son altération on le trempe dans une solution conservatrice d’acide citrique. Il a de plus un inconvénient résultant du lait même de sa préparation, — l’inégalité de sa teneur en argent, — défaut que ne présentent pas les papiers émulsionnés dont nous allons décrire les principales variétés.
- Pour fabriquer le papier au citrate, on s’adresse aux mêmes réactions et à la même composition sensible, mais l’encollage diffère : on se sert de gélatine qu’on l'ait fondre et qu’on additionne d’un chlorure et d’un citrate, puis d’azotate d’argent. On peut, d’autre part, étendre mécaniquement l’émulsion, ce qui constitue un avantage industriel sur les photo-
- Fig. 5. — Emulsionnagc dos papiers celloïdino.
- copies salées ou albuminées.
- Les machines de la Compagnie « Tambour » fabriquent ce genre de papier par bandes mesurant 500 mètres de longueur et 105 centimètres de largeur, sur lesquelles se trouve répandue l’émulsion an citrate d’argent avec une teneur toujours identique et non variable d’une feuille à l’autre, ainsi que cela se voit fréquemment avec les papiers albuminés, comme nous l’avons déjà fait remarquer plus haut.
- Donc en se dévidant, le rouleau de papier brut passe sur un cylindre plongeur, qui tourne dans un bac chauffé au bain-marie et contenant l’émulsion. Les hectares de papier sortent sensibilisés de cette cuve et, pour tpie la couche gélatinéequi les recouvre se fige instantanément, ils lilent sous une série de récipients à glace s’étendant sur une distance de 5 à 4 mètres. L’entraînement s’obtient par un feutre sans fin sous lequel on maintient une aspiration constante. Des baguettes en bois, remontées automatiquement par dés chaînes le long d’un plan incliné, s’emparent alors du papier et vont le suspendre dans l’atelier de séchage sous l'orme de plis de o mètres de haut. De là, ces kilomètres de papier sensibilisé s’enroulent sur des mandrins et sont portés ensuite sous la cisaille qui les débite en feuilles 50 X 60. Enfin, après triage, on subdivise ces dernières au massicot en formats courants.
- Lorsqu’on désire un grain mal à effet plus artistique, on ajoute à l’émulsion du kaolin ou de l’amidon. Naturellement la matière première joue un grand rôle dans l’obtention du produit définitif. 11 faut un papier brut baryté régulièrement afin que les pores se trouvent bouchés et que, l’émulsion ne pénétrant pas dans le support, l’image conserve toute sa vigueur au tirage.
- Le papier celloïdine, qui possède la finesse du papier albuminé et n’a pas ses inconvénients, sert surtout pour le virage au platine. L’émulsion qu’on
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- emploie pour le préparer est un mélange de collo-dion et d’un chlorure soluble dans l'alcool émulsionné avec de l’azotate d’argent pulvérisé et dissous également [dans l’alcool (iig. A). On l’éteml sur le papier d’une façon un peu dillérenle de celle usitée précédemment. Au lieu que le papier plonge dans l’émulsion, on coule celte dernière dessus, à l’aide d’une gouttière en verre qui la répartit également sur toute la surface qu’une brosse circulaire nettoie juste au moment de sa sensibilisation. Au début l’émulsionneur règle le débit de manière (pie le papier soit entièrement recouvert sans quel’énnilsion déborde sur le revers. Sitôt ce difficile réglage effectué, l’ouvrier n’a plus qu’à... regarder fonctionner sa machine, un vase de Mariette opérant mathématiquement la distribution de l’émulsion (lig. o).
- Mais les impressions avec les papiers précédents exigent une assez longue durée d’insolation, ce qui, en hiver, constitue un grave inconvénient pour les tirages d’épreuves à grand nombre. Afin d’y remédier, les techniciens imaginèrent les méthodes d’impression par développement. En particulier, avec le papier au gélatino-bromure on obtient, par une exposition très courte à la lumière artificielle, des photocopies d’un ton noir agréable. Pour les réaliser industriellement, on commence par l’aire fondre la gélatine dans des récipients chauffés au bain-marie, puis on y incorpore du bromure et on émulsionne au nitrate d’argent. On laisse prendre la masse qu’on transforme en « macaronis » dans une presse dont le fond est percé de trous.
- On lave ensuite ces morceaux, on les refond au bain-marie et on n’a plus qu’à procéder à l’émul-sionnage qui s’opère d’une façon à peu près analogue à celui du papier au citrate.
- D’un récipient disposé'au-dessus de la machine la solution arrive dans un bac horizontal, juste en quantité suffisante pour qu’elle s’étende sur le papier entraîné par une série de rouleaux. De là, la bande sensibilisée se déroule, se sèche puis successivement passe au roulage (lig. 2), au découpage et au triage; on la débite enlin aux divers formats.
- Toutes ces manipulations s’exécutent dans la lumière rouge. On réalise également de cette manière des cartons au bromure pour l’édition des cartes postales.
- D’autre part, Eder ayant montré que par l’addition de chlorure au gélatino-bromure d’argent, on arrivait à des teintes plus jolies qu’avec le bromure seul, A. Blanc, de Laval, a indiqué un procédé de laboratoire pour la fabrication du papier au chloro-bromure dont M. Henri Ronssin, ingénieur-chimiste, a récemment perfectionné la technique industrielle. Avec ce dernier papier, l’exposition dure un peu plus longtemps qu’avec celui au bromure, mais en revanche on peut le manipuler à la lumière jaune. Aussi les amateurs l’emploienl-ils beaucoup, d’autant plus qu’on en fabrique maintenant une qualité donnant doux pour le portrait et une autre variété à contrastes pour le paysage et les clichés peu vigoureux. Les pho(-tograplies parviennent de la sorte à tirer des épreuves très supérieures aux meilleures photocopies sur bromure.
- Jacques Boyer.
- LA CONSTRUCTION DE DEUX NOUVELLES GARES A NEW-YORK
- Nous avons parlé ici des travaux énormes qui se poursuivent à New-York, en vue de réunir Manhattan, File centrale, avec ses faubourgs; et nous avons signalé la série de tunnels sous-rivière qui sé creusent dans ce but. Quatre d’entre eux sont établis par la compagnie dite de l’Hudson, ceux du nord étant achevés déjà, et devant se continuer sur l’une et l’autre rive du fleuve, par des souterrains qui mettront en relation toutes les lignes ferrées aboutissant à New-Jersey avec les diverses voies de transport de
- Manhattan. Les deux tunnels du sud s’exécutent actuellement, et leur construction n’offre rien de particulier; mais ils doivent relier deux gares nouvelles : l’une, située sous la gare actuelle du Pennsylvania Railroad, par conséquent à Jersey City meme, l’autre, dans les parages de Cortland Street, au cœur du quartier des affaires de Manhattan. Ces deux gares sont établies dans des conditions et suivant des méthodes particulièrement originales, et elles méritent une description rapide.
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- Jusqu'à présent, les voyageurs arrivant par la station du Pennsylvania RR., et venant soit du réseau de cette compagnie, soit d’autres réseaux, ne pouvaient prendre, pour gagner le centre de New-York, c’est-à-dire Manhattan, que les fameux ferry-boats; ceux-ci lès débarquaient de l’autre côté du lleuve à des apontemenls spéciaux. Avec les tunnels et les deux gares souterraines qui en sont le complément naturel, les trains pourront passer directement sur le sol de Manhattan : qu’ils viennent de Newark ou d’autres points reliés directement avec la gare souterraine de Jersey City, ou qu’ils arrivent de la gare de Lackwana par un double tunnel creusé le long de l’Hudson sous sa rive droite. Quant à la gare
- souterraine est 26 m. plus bas, et les terrassements et excavations se sont laits en pleine roche. C’est en partie pour cela que les travaux ont pu se poursuivre sans troubler aucunement l’exploitation normale de la gare supérieure : et pourtant cette station souterraine, dont on voit toute la disposition en coupe dans le dessin que nous reproduisons, n’a pas moins de -45 m. de large, et une longueur de 500 m. avec ses approches. On y trouve 4 et même en certaines parties 5 voies parallèles, avec les quais correspondants; on a prévu, pour les desservir, toute une série d’ascenseurs, et aussi des escaliers, pour la descente principalement. L’arrivée aux puits des ascenseurs se l'ait facilement par des passages
- située au niveau de la rue, et qui cessera bientôt d’être employée par le Pennsylvania Railroad, elle deviendra une sorte de station pour la banlieue, et ses quais seront en communication facile avec la station souterraine et les trains gagnant Manhattan. Enlin, à l’arrivée dans la gare souterraine de Cortland Street, les voyageurs trouveront un passage, souterrain également, qui les conduira à la plus prochaine gare du Métropolitain, du Subway.
- Si nous examinons la gare souterraine de Jersey City, en nous référant à une coupe qui en a été donnée par Scientifie American, nous voyons qu’elle est à une assez grande profondeur sous la la gare ancienne : le plancher de cette dernière, sur lequel sont installées les voies, se trouve au niveau de la retombée de ses fermes métalliques, et à bonne hauteur au-dessus du niveau de la rue. Sa gare
- sous les voies dans la gare inférieure. La station de Cortland Street, dont les travaux sont également fort avancés, n’est pas moins intéressante.
- Elle offre cette première particularité que son grand axe est perpendiculaire à la direction des voies qui y aboutissent et à l’axe des deux tunnels qui arrivent de Jersey City en passant sous l’Hudson. On a voulu obtenir ainsi les avantages que présentent les gares en boucle, dont il existe des exemples aux États-Unis, et qui rappellent en somme toujours la disposition de l’ancienne gare de Sceaux : la voie venant de Jersey City se partagera en une série de 5 voies différentes, épousant une courbe étudiée de manière à leur permettre de s’allonger suivant l’axe de la gare; il y aura six quais, six platés-formes surélevées, et les voyageurs arrivant descendront sur une plate-forme, tandis que les voyageurs partant
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- dans le même train, montèrent par la plate-forme située du côté opposé. Les deux courants ne peuvent donc se rencontrer, et les trains repartent sans changement de machine, par l’autre bout de la station ; ils y trouvent une courbe correspondant à la courbe d’entrée, et ils sont tous ramenés sur une voie unique. Le temps perdu est réduit au minimum, et le débit d’une gare de ce genre est énorme.
- L’entrée de la gare même sera au niveau du sol des rues; toute la partie supérieure de la construction sera consacrée à deux énormes bâtiments d’alïâires, qui seront construits à 24 étages, et renfermeront 4000 bureaux. Cela formera deux blocs donnant passage entre eux à la Dey Street, et main-
- voies formant les deux ramifications dont nous avons parlé.
- Nous donnons une vue un peu schématique de ce mur-caisson une fois terminé, en supposant enlevé le sol qui l’entoure; des arrachements y sont faits qui montrent la disposition des planchers de la gare. Bien entendu, il ne fallait pas songer à foncer celte fondation d’un seul bloc; et l’on a procédé par sections successives de 4,60 m. de long seulement; elles étaient construites sur une certaine hauteur dans un moule en bois, qu’on remplissait de béton; puis on élevait peu à peu la maçonnerie de manière à la faire s’enfoncer en utilisant son poids. Aux deux bouts de chaque section, on ménageait un évidement
- Fig. 2. — Les deux gares superposées de Jersey City.
- tenant les communications actuellement existantes. Un comprend qu’il fallait des fondations solides pour supporter ces deux bâtiments ; on a dû descendre jusqu’au niveau du rocher. Mais, comme ce niveau est assez bas ; comme, de plus, on prévoyait trois étages superposés et souterrains pour la gare proprement dite; et que finalement la partie inférieure de célle-ci se trouvait au-dessous du niveau de l’eau, on a procédé de façon toute particulière. On décida d’enfermer toute la surface de la gare dans un immense mur de fondation monolithe. Il devait former à la fois batardeau et massif de fondation. Ce mur n’a pas moins de 25,77 m. de hauteur pour une épaisseur atteignant jusqu’à 2,50 m. Naturellement cette enceinte sera percée, à ses extrémités, d’ouvertures suffisantes pour donner accès aux
- demi-cylindrique; et quand on avait supprimé la cloison, l’enveloppe des caissons au droit de ce vide, on y coulait du béton qu’on pilonnait soigneusement. Cela forme un clavetage, un assemblage à queue d’aronde qui arrête les infiltrations. Dans cette enceinte, on établit maintenant trois planchers superposés. Celui du niveau de la rue constitue le vestibule de la gare; des escaliers, des ascenseurs et des plans inclinés amènent le public à l’étage d’en dessous : c’est la salle des pas perdus. On y trouve des salles d’attente, des restaurants, des bureaux, et tout ce qui est nécessaire dans une gare. Une nouvelle descente d’un étage amène enfin aux plates-formes. Ces deux gares se présentent, comme on voit, dans des conditions toutes nouvelles, qui méritaient d’être connues. Henry Bougeois.
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- LA LUTTE CONTRE
- Au n° 1711, de La Nature (10 mars 1900), nous déplorions que la tuberculose gagnât plutôt du terrain en France; nous indiquions comment la Direction de l’assistance et de l’hygiène publiques avait décidé qu’à partir du 1er janvier 1900, la statistique des décès tuberculeux porterait, selon le désir de l’Académie de médecine, sur toutes les communes (au lieu des 61G peuplées de plus de 5000 habitants) ; et nous résumions les laits et vœux qui devaient inciter les pouvoirs publics à ne point reculer devant les plus rigoureuses mesures pour lutter contre le terrible fléau. L’équité exige que nous mentionnions, au moins sommairement, les efforts-faits en ce moment pour parvenir au but. Après les mesures agricoles pour la défense des eaux potables (n° 1767, (i avril 1907), après la circulaire du 16 mars 1907 sur la répression de l’alcoolisme (n° 1769, 20 avril 1907), un discours du ministre de l’intérieur à la réunion (27 avril 1907) de la commission permanente de préservation contre la tuberculose a donné le programme des desiderata, et rappelé tous les fonctionnaires et services publics à l’observation de la loi de 1902 sur la protection de la santé publique.
- Les paroles prononcées méritent d’èlre rapportées :
- « La tuberculose, avec l’alcoolisme, si souvent son fourrier et toujours son complice, apparaît aujourd’hui comme la [tire des maladies sociales....
- « La tuberculose, précisément parce qu’elle est un mal social, est liée intimement à l’hygiène générale et il rentre dans les attributions du ministère de l’intérieur d’assurer l’application de la loi organique de 1902.
- « Or les lois d’hygiène personne n’en réclame la mise en vigueur. Que dis-je? chacun s’ingénie à les paralyser. Le ministre de l’intérieur, loin de rencontrer chez les municipalités les concours empressés qu’il pourrait en attendre, est obligé d’engager et de poursuivre une lutte de chaque jour pour vaincre leur indifférence. Il n’est pas possible que, sur un point essentiel comme celui-là, la loi de 1902 reste en échec. Elle donne au gouvernement le pouvoir d’user de mesures de contrainte. J’ai dit aux préfets et je saisis cette occasion publique de leur rappeler que, de ces pouvoirs, le gouvernement est disposé à user désormais de façon méthodique et ferme.
- « Bien que ce travers commence à s’atténuer, les Français raillent encore volontiers toutes les mesures d’hygiène ; ce qui n’empêche pas les railleurs, au moindre danger, de se laisser aller à des paniques souvent injustifiées.
- « Il faut que cette idée pénètre bien dans l’esprit public qu’on n’improvise pas plus la défense nationale contré les maladies transmissibles qu’on ne l’improviserait contre d’autres dangers, et qu’ici comme là toute imprévoyance est criminelle. Or, en ce qui concerne la protection de la santé publique, ce sont les municipalités et les conseils généraux que la loi, à tort ou à raison, a chargés de l’organisation de la défense sous le contrôle et avec la participation budgétaire de l’Etat.
- « Nous faisons notre devoir; aux assemblées municipales ou départementales à faire le leur. Si elles y tardent trop, que l’opinion publique, avertie par la presse, se dresse contre elles et donne au ministre de l’intérieur l’appui de sa force souveraine. »
- Tel est le salutaire langage dont il n’y a plus qu’à souhaiter l’application formelle. Ce ne sont point les bienfaisantes initiatives privées qui font défaut, c’est l’insouciance, l’imprudence, la malveillance générales et populaires qu’il faut respectivement galvaniser, éclairer, punir !
- LA TUBERCULOSE
- Le 17 janvier 1903, Proust exposait a l’Académie des sciences morales et politiques que « l’implacable tuberculose est en train de ronger lentement et sûrement notre pays. Ni la guerre, ni le choléra, ni les calamités publiques n’ont jamais fait autant de victimes. Dans la seule année de 1901, la statistique en compte près de 200 000 » ; et que « c’est à un Français, au professeur Villemin, que revient l’honneur d’avoir démontré expérimentalement que la tuberculose est une maladie virulente, transmissible et inoculable » beaucoup [dus encore qu’héréditaire. Elle est transmissible, même par l’eau et surtout par le lait des vaches tuberculeuses.
- Aussi, convient-il.de la comprendre parmi les maladies à déclaration obligatoire et de compléter en ce sens la loi du 15 février 1902 et le décret du 10 février 1905.
- L’installation à Paris du Casier sanitaire des maisons, dirigé depuis 1894 par M. Juillerat, a définitivement établi « que la tuberculose est la maladie de l’obscurité. Toutes les maisons notées par une mortalité tuberculeuse excessive présentent des chambres sans air et sans lumière. C’est là que s’emmagasine le bacille de Koch; c’est de là qu’il se répand dans la population voisine partout où il trouve un terrain favorable.... La maison insalubre est le principal facteur de la propagation de la tuberculose.... Il faudrait une bonne loi sur l’expropriation pour cause d’assainissement » conformément au a projet déposé à la Chambre par M. Jules Siegfried ».
- En outre on devra « étendre aux ateliers, aux magasins, aux bureaux, les prescriptions de l’hygiène scientifique... l’atelier peut être conforme aux règlements tout en étant un foyer de contagion. La tuberculose n’étant pas contagieuse officiellement, l’administration ne peut rien prescrire1. »
- Alors surtout que, comme M. E.-À. Martel l’a déploré en 1905, au Congrès de TA. F. S. à Cherbourg, l’article 52 de la loi de 1902 — par une de ces aberrations inqualifiables qui entravent tant de nécessaires et réalisables progrès — stipule que cette loi « n’est pas applicable aux ateliers et manufactures ».
- Ce qu’il faudrait aussi ce serait une injonction (au lieu d’une invitation) de ne point cracher par terre. En Angleterre et aux États-Unis des pénalités sévères ont été édictées contre cette malsaine et dégoûtante habitude publique qu’entretient l’usage du tabac! (Jusque sur les tapis des wagons de lre classe les fumeurs, dits gens du monde, la pratiquent encore d’écœurante manière). Avec des mesures draconiennes de cette sorte, l’Angleterrc a fait diminuer sa tuberculose de 40 pour 100.
- Car les moyens préventifs, la prophylaxie, seront certes plus efficaces contre la tuberculose que les moyens curatifs; en Allemagne et en Angleterre on a dépensé de grosses sommes pour la construction de nombreux sanatorial Bien que l’on n’y soigne que ies tuberculeux des deux premiers degrés, à l’exclusion des caverneux et des cachectiques, il y en a plus de la moitié de morts au bout de six ans. Le sanatorium prolonge, on ne saurait dire qu’il guérisse en proportion satisfaisante! Les conditions hygiéniques et nutritives du sanatorium payant ont certes un effet salutaire : mais le mal lui-même ne peut être combattu que par des mesures sociales d’ordre absolument général.
- 1 P. Juillerat. Rapport au préfet de la Seine sur les enquêtes effectuées en 1906 sur la tuberculose à Paris. 11 mars 1907. Direction des affaires municipales.
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- Aussi vient-on du voir le Conseil général de la Somme (avril 1907) se prononcer contre la création d’un sanatorium départemental, tout en souhaitant son organisation par des ressources privées. Il se conformait aussi aux conclusions de la Commission de la tuberculose au ministère de l’Intérieur qui considère « comme assez effacé le rôle du sanatorium gratuit en tant qu’agent de prophylaxie )) et qui pense que la lutte contre la tuberculose est avant tout une œuvre d’assistance mutuelle.
- Parmi les moyens qui fonctionnent déjà efficacement à Paris, il y a lieu de citer YOffice antituberculeux ouvert le 16 janvier 1905 à l’hôpital Beaujon : il a été fondé par le professeur A. Robin avec le concours de M. Jacques Siegfried. On y soigne gratuitement les malades et on ne leur demande en échange que leur concours aux différentes œuvres antituberculeuses.
- Grâce à une utilisation rationnelle des institutions charitables déjà existantes, l’Office antituberculeux a pu soigner, en 1905, 935 tuberculeux, donner 4385 consultations cl dépenser seulement 6803 francs. 11 a fourni aux
- malades les médicaments, la viande crue, du lait, des secours de loyer, des vêtements; il a placé dans les sanatoriums de Banyuls, Hendaye, Arcachon, Berck-sur-Mer, ceux qui étaient susceptibles d’en retirer une amélioration; il a préservé leur entourage par les mesures de désinfection et fourni aux malades capables de travailler des occupations adéquates à leurs forces.
- Mais la capitale mesure prophylactique demeure toujours la guerre à l’alcool, la réduction du nombre des cabarets et débits (telle que l’a pratiquée M. Augagneur à Lyon, telle que l’a prescrite la circulaire du 16 mars 1907). Cette guerre, le producteur et le peuple ne la veulent pas, puisque de 1897 à 1907 le nombre des aliénés alcooliques a augmenté de 57 pour 100, etc.
- « La phtisie se prend sur le zinc », a dit le Dr llayem. On doit ajouter que, si les conjonctures présentes subsisten t, l’acoolisme détruira la France, le pays du monde où (avec la Belgique) on fait de l’alcool la plus forte consommation, qui ne cesse d’y croître tandis que partout en Europe elle diminue!1 D'' Ouadé.
- LE CHRONOPHONE GAUMONT
- L’alliance du phonographe et du cinématographe permettant de reproduire intégralement des pièces de théâtre sur l’écran de projections, où les acteurs joindront la parole et léchant aux gestes, a déjà réalisé un grand pas grâce à MM. Gaumont et Decaux. 11 y a trois ans1, ils sont parvenus à obtenir un synchronisme parlait entre les gestes et la parole, condition indispensable pour donner une illusion complète de la réalité.
- L’appareil que nous avons décrit à cette époque, et qui est actuellement employé dans plusieurs villes de France et de l’Étranger, est surtout destiné à une exploitation importante dans de grandes salles reliées à une distribution d’énergie électrique; les résultats qu’il donne ont eu un succès tel que les constructeurs ont été amenés à établir sous le nom de chronophone 1 Yoy. n° 1593, du 5 décembre 1903, p. 1.
- mixte un autre appareil basé sur le meme principe, mais dont la construction a été modifiée de façon à
- ce qu’on puisse l’installer partout ; il peut fonctionner à la main aussi bien qu’avec un moteur à courant continu ou alternatif. Nous rappelons en quelques lignes comment est obtenu le synchronisme entre le phonographe et le cinématographe : si l’on conçoit un moteur électrique, formé d’une bobine de Siemens pouvant présenter successivement ses pôles devant les différentes sections d’un anneau Gramme fixe, on comprend qu’il sera possible, en envoyant successivement le courant d’une source électrique dans les différentes sections de F anneau, d’obtenir une vitesse de la bobine qui soit fonction do l’organe qui envoie le courant.
- 1 Débits de boissons en France: en 1904, 468 451; — en 1905,473 593.
- Fig. t. — 1. Le cinématographe et son régulateur «le synchronisme. 2. Détail du régulateur.
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- Si donc le distributeur de courant est monté sur le phonographe et que le moteur qui reçoit ce courant actionne le cinématographe, les deux appareils fonctionneront dans un synchronisme parlait. C’est ce qui se vérifie pour les grands ehrono-phones dans lesquels le moteur actionne directement le mécanisme de déroulement de la bande. Dans le nouvel appareil le cinématographe doit, comme nous l’avons dit, pouvoir fonctionner dans toutes les conditions et même à la main ; il a donc fallu rendre le régulateur de synchronisme indépendant du système moteur. Ce régulateur est constitué par une dynamo minuscule R montée sur le cinématographe (fig. 1, n° 1); son induit, formé de la bobine Siemens, sert seulement à actionner une aiguille qui parcourt un cadran que l’opérateur a sous les yeux.
- façon tout à fait synchrone les roues de gauche et de droite du différentiel D tournent à la même vitesse en sens inverse; les roues satellites roulent sur place et l’aiguille reste tixe. Mais si l’un des deux appareils tourne plus vite que l’autre l’aiguille sera entraînée vers la droite ou vers la gauche, selon que l’un ou l’autre appareil aura la prédominance. L’opérateur qui tourne à la main la manivelle du cinématographe sera donc averti qu’il doit aller plus vite ou plus lentement et il devra porter toute son attention à maintenir l’aiguille au zéro. Les graduations portées sur le cadran lui facilitent ce travail en lui indiquant de combien d’images il est en avance ou en retard.
- Dans le cas où c’est un moteur électrique qui commande le cinématographe l'aiguille en se dépla-
- çant passe sur des touches métalliques qui ajoutent ou suppriment des résistances intercalées dans le circuit; le réglage se fait dans ce cas automatiquement.
- lïg. 2. — 1. Le phonographe et le distributeur de courant. — 2. Détail du distributeur.
- Le courant électrique, fourni par 5 ou 6 éléments de piles ou d’accumulateurs, est envoyé à cette dynamo au moyen d’un cordon souple à fils multiples relié au distributeur qui est monté sur le régulateur À du phonographe (fig. 2, n° 1). Il est formé de deux balais À et B (fig. 2, n° 2) reliés à la source électrique par les bagues D; ils tournent avec le régulateur et envoient successivement le courant sur des secteurs fixes G correspondant chacun, par un des fils du cordon souple, à une section de l’anneau inducteur de la dynamo ; l’induit tourne donc synchroniquement avec le rouleau du phonographe. Cet induit est relié à la petite roue dentée située à gauche du différentiel D visible sur notre dessin (fig. 1, n° 2) ; une autre roue identique, située à droite, est reliée par une transmission flexible à l’un des mobiles du cinématographe, les deux autres roues horizontales, dites roues satellites, qui complètent le différentiel, actionnent l’aiguille dont nous avons parlé plus haut. Si le phonographe et le cinématographe marchent de
- Comme on le voit ces nouvelles dispositions rendent le chronophone utilisable en tout lieu ; il n’y a plus qu’à lui fournir des sujets intéressants à entendre et à regarder. À l’heure actuelle M. Gaumont a déjà réuni une très belle collection de scènes à un ou deux personnages, mais son but est d’arriver à la reproduction d’une pièce complète. La chose est facile à réaliser en ce qui concerne le cinématographe : un théâtre spécialement aménagé dans les ateliers de La Yillette permet de reproduire une mise en scène aussi compliquée et aussi nombreuse que l’exigera la pièce à représenter ; mais il y a une assez grande difficulté à vaincre pour enregistrer convenablement la parole et le chant des personnages évoluant en scène sans les obliger à venir se placer devant un cornet spécial correspondant à l’enregistreur. Des expériences, poursuivies méthodiquement, permettent d’espérer cependant qu’avant peu on arrivera à une solution satisfaisante de cet intéressant problème. G. Maresciial.
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- L’ARAIGNEE CLOTHO
- Dans la mythologie, Clotho est la plus jeune des trois Parques et, comme ses deux peu sympathiques sœurs, tient en main la quenouille où se filent nos destinées. C’est celte fahle qui a engagé le naturaliste Lalreille à donner le même nom à une araignée qu’au pays de l’olivier on rencontre sur les pentes rocailleuses qu le soleil calcine. Elle est courte de pattes et costumée de sombre, avec cinq cocardes jaunes sur le dos, en somme assez jolie pour une arachnide.
- C’est surtout sa toile qui présente de l’intérêt et nous allons la faire connaître d’après les observations toujours si précises que vient de publier J.-H. Fabre.
- Elle la suspend sous les grosses pierres présentant quelque espace au-dessous d’elles ou sous les amas pierreux sur lesquels s’asseyent les petits bergers contemplant leurs moulons d'un œil mélancolique. Cette toile ressemble un peu à la tente que les Arabes montent dans le désert, mais une tente qui serait renversée. C’est un dôme de soie, gros comme une demi-mandarine, dont le bord, en haut, rayonne en une douzaine de prolongements anguleux, dont la pointe épanouie se fixe à la pierre en s’y prolongeant à de grandes distances pour lui donner une forte solidité. Entre ces câbles d’ancrage s’ouvrent autant de spacieuses arcades renversées. Enfin, un toit aplati, tendu entre les lanières d’attache, clôt en haut l’habitation. Les arcades donnent accès au-dessus de ce toit et non dans l’habitation elle-même, où se tient la clotho.
- Toutes les lèvres des arcades sont fermées et, au premier abord, on ne voit pas comment l’araignée peut entrer ou sortir de chez elle. Mais, en explorant le bord avec une paille, on finit par trouver une arcade où les deux parties de la toile sont non pas attachées, mais simplement accolées l’une contre l’autre. La clotho, pour sortir, n’a donc qu’à écarter les deux lèvres de sa porte, laquelle se referme d’elle-même ; pour rentrer elle fait de même, en se servant de ses griffes. Malgré cette simplicité de fermeture, elle est bien tranquille dans sa demeure de soie, finement molletonnée, et presque aucun ennemi ne peut venir la tourmenter.
- La clotho, on le voit, est très maline. Elle n’ignore pas non plus les lois de la statique et sait que, pour donner de la stabilité à sa demeure, il faut abaisser son centre de gravité. A cet effet, elle entremêle dans la partie extérieure et surtout intérieure toutes sortes de matériaux lourds, par exemple des débris d’insectes, des grains de sable, des coquilles vides pu encore pourvues de leurs habitants.
- On peut se demander si cette charge de plâtras est due au hasard ou si l’araignée l’a établie en connaissance de cause. Pour le savoir, Fabre a élevé
- Clotho Durandi ot son nid.
- l’une d’elles sous une cloche métallique reposant sur une terrine de sable et elle n’a pas tardé, à se filer une demeure nouvelle. La nouvelle tente, ouvrage de quelques heures, atteignait à peine comme ampleur le diamètre d’une pièce de deux francs. Pour maintenir tendue la gaze délicate et lui conserver la plus grande capacité, elle avait appendu de longs chapelets de grains de sable liés par des cordelettes de soie. A ces stalactites sableuses, dont l’ensemble formait une barbe touffue, s’adjoignaient quelques lourdes masses isolées au bout d’un fil et descendant plus bas. Plus tard, des assises successives furent ajoutées et la paroi devint finalement un épais molleton apte à conserver en partie de lui-même la courbure et la capacité requises. Alors furent abandonnées les stalactites de sable et l’araignée se borna à plaquer sur sa demeure tout objet un peu lourd qu’elle trouva.
- Dans sa demeure, la clotho se tient immobile toute la journée. Elle n’en sort que la nuit pour aller chasser de-ci de-là les bestioles dont elle se nourrit et qu’elle jugule en un clin d’œil. C’est vers octobre qu’a lieu la ponte. Le dépôt des œufs est fractionné en cinq ou six pochettes aplaties, de forme lenticulaire, dont l’ensemble occupe la majeure part du logis maternel. Ces capsules ont chacune leur paroi propre en superbe satin blanc et soudées lés unes aux autres. L’éclosion arrive vite, mais des petites araignées restent enfermées daus leur cocon pendant près de huit mois sans prendre aucune nourriture.1
- Henri Coupin.
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- LA NATURE.
- UNE NOUVELLE AMPOULE RŒNTGEN
- au tantale
- Les rayons X, malgré les dangers que présente leur manipulation, sont aujourd’hui fort employés en médecine. Aussi les constructeurs se sont-ils ingéniés à améliorer les appareils producteurs de .ces radiations. Un remarquable et tout récent perfectionnement est dù à l’emploi du tantale, ce métal dont nous avons signalé, il y a peu de temps, les importantes applications.
- On sait comment prennent naissance les rayons X ; on se sert d’une ampoule de Crookes, c’est-à-dire une ampoule où le vide a été poussé jusqu’à l’extrême limite. Le courant électrique y pénètre par l’anode et en sort par la cathode où il produit un curieux phénomène resté longtemps mystérieux : la cathode, en effet, comme l’a démontré M. Yillars, est le point de départ d’une sorte de bombardement moléculaire, dù à des particules d’hydrogène qu’elle repousse en ligne droite, avec une prodigieuse vitesse. Si une surface solide se trouve interposée
- sur la trajectoire de ces minuscules projectiles elle entre aussitôt en vibration et devient le siège de ces radiations encore mal définies que l’on nomme rayons X.
- Une ampoule pour rayons X sera donc constituée par une ampoule de Crookes avec anode et cathode ; elle comportera en outre une sorte de miroir métallique, nommé anticathode que viendront heurter les rayons cathodiques et d’où émaneront les rayons X.
- L’anticathode a été longtemps faite en aluminium ou en platine et elle constituait le point faible de l’ampoule ; en effet, sous le choc des émanations cathodiques, ces métaux deviennent incandescents et se pulvérisent. Il faut diminuer autant que possible une telle pulvérisation qui a une influence néfaste sur la constance du vide et la durée de l’ampoule.
- L’emploi du tantale, rendu possible par les récents progrès de sa métallurgie, vient de réaliser la suppression de cet inconvénient. Le tantale, en effet, ne se pulvérise pas, à l’incandescence. D’autre part son point de fusion (2300°) est beaucoup plus élevé que celui des métaux employés jusqu’ici, 1700° pour le platine qui avait la température de fusion la plus élevée. 11 devient alors inutile de refroidir l’anticathode, son incandescence n’étant nullement gênante, et l’on peut supprimer tous les coûteux dispositifs de refroidissement qu’il fallait autrefois employer. Il suffit de recouvrir l’ampoule d’une toile noire pour éviter que l’éclat de l’anticathode incandescente ne vienne troubler les observations faites avec l’écran fluorescent.
- Et ainsi, on a un appareil plus simple, plus pratique et moins coûteux que les antiques ampoules. A. Troller.
- CHRONIQUE
- Les meilleurs isolants calorifiques. — Des
- expériences très complètes ont été faites à ce sujet. De la paille mélangée d’argile sur une épaisseur de 15 mm., assure une économie de 31 pour 100 par rapport à la chaleur que le tuyau transmettrait s’il élait à nu. Avec des fibres d’amiante entourées d’une toile de même matière, on arrive à une économie de 41 pour 100; elle est de 57 pour du kieselguhr non recouvert d’une bande, ni noirci (l’entourage avec une bande d’amiante ayant cet effet bizarre d’abaisser l’économie de façon sensible). On atteint 08 pour 100 si le kieselguhr est pur, c’est-à-dire si on l’a calciné pour détruire toutes les matières organiques qu’il peut contenir; des couches de liège ne donneront que 50 ; un matelas de soie avec matelas d’air, constitué par des bandes de tôle gauifrée, donnera 73 pour 100 d’économie. Il est vrai que le seul matelas de soie avec gaine en toile donne tout autant. Des tresses de soie ou de rcmanitc (soie carbonisée) arriveront à la proportion de 75 pour 100; et enfin on obtient l’économie considérable de 81 pour 100 avec ce que l’on nomme fîlz, matière brune et molle toute spéciale, qui coûte d’ailleurs cher, comme tous les meilleurs isolants.
- Les bois et poutres composites. — Il s’agit d’une idée toute nouvelle, qui est lancée par la maison Otto lletzer de Weimar. On assemble à haute pression, au moyen d’une sorte de colle réfractraire à l’eau, des pièces de bois tendre; et l’on obtient de la sorte des poutres composites qu’on donne comme susceptibles de présenter une surprenante résistance. Le prix de revient de ces poutres au mètre cube dépasse de 7 à 8 pour 100 celui des poutres ordinaires; mais on peut notablement réduire les dimensions transversales, et finalement on en arrive à une économie de 10 pour 100. Une portion des bois ainsi associés se présente sous une certaine courbure, et de plus un procédé spécial élimine les substances albuminoïdes des bois employés. Les joints collés résistent parfaitement aux efforts de glissement, et la rupture ou même la flexion se produisent seulement dans des conditions exceptionnelles.
- Les pêches maritimes en Grande-Bretagne.
- — Depuis une vingtaine d’années, l’industrie de la pêche maritime en Grande-Bretagne a pris un développement extraordinaire : l’augmentation est de 72 pour 100 sur le poids des poissons débarqués dans les ports britanniques, et de 951/2 pour 100 sur la valeur de ces débarquements (et nous faisons complètement abstraction de la pêche des coquillages, huîtres, crustacés, etc.). Actuellement les pêches représentent un poids de près 1 milliard de tonnes pour une valeur de 250 millions de francs !
- C{§'5^^§}3
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 septembre «907.
- Présidence de M. A. Gaudry.
- Aviation. — M. Lippmann communique une Note de MM. Bréguet et Charles Richet relative à des expériences d’aviation effectuées au moyen d’un appareil pourvu d’un moteur fournissant une force de 40 chevaux et pesant 170 kg. Le poids total est de 540 kg. L’appareil est mis en mouvement par 32 ailes’et des systèmes giratoires présentant une surface totale de 26 m2. L’appareil s’est
- Ampoule Rœntgen au tantale.
- s’échauffent rapidement,
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- enlevé et maintenu pendant une minute à une hauteur de 0,00 m. au-dessus du sol; 1*expérience n’a pas été poussée plus loin parce qu’il n’avait pas ses organes de direction. MM. Bréguet et Richet considèrent comme établi qu’un aviateur peut, par ses propres moyens, se maintenir dans l’air sans translation.
- L’œil composé des insectes. — M. Joannes Chatin présente une Note de M. P. Yigier, préparateur d’hystologie à la Sorbonne, sur la structure de l’œil composé des insectes. Cet organe est ainsi qualifié parce qu’il est formé par la juxtaposition d’un certain nombre d’entités fonctionnelles désignées sous les noms de bâtonnets optiques ou d’ommatidies. Chaque ommatidie comprend : 1“ un appareil dioptrique, fonné de parties réfringentes modifiant la direction des rayons lumineux; ,2° une réti-nule ou appareil photoi'écepteur qui recueille les excitations lumineuses et les transmet au centre percepteur; 5° un appareil pigmentaire qui absorbe les vibrations
- inutilisées, intercepte les rayons obliques et isole les uns des autres les ommalidies. De ces parties, la plus importante est la rélinule dont l’exacte connaissance permettra seule d’interpréter sûrement le mécanisme de la vision dans l’œil composé. Cette rélinule est constituée par un faisceau de sept baguettes groupées étroitement, mais conservant leur indépendance. Dans chacune de ces baguettes ou rhabdomères, M. Vigier distingue, chez les diptères, une tige surmontée d’une petite pointe brillante, prête à recevoir l’excitation lumineuse. Quant à la tige, elle montre une striation transversale très remarquable, car elle révèle ici une structure hétérogène semblable à celle qui caractérise tous les éléments photorécepteurs, y compris les bâtonnets et les cônes de la rétine des Vertébrés. 11 y a plus de trente ans, en 1876, M. Joannes Chatin signalait ce rapprochement pleinement justifié par les recherches récentes de M. Vigier.
- Cil. DE VlLLEDEUIL.
- UNE MACHINE A TAILLER LES PILOTIS
- Nous avons tenu nos lecteurs au courant des efforts assez heureux que l’on a faits pour fabriquer des pilotis en béton armé; on a aussi, de temps à autre, essayé de les établir entièrement en métal. Mais quoi qu’il en soit, on peut dire que, jusqu’à présent, la supériorité du bois n’est point menacée pour l’établissement des fondations au moyen de pilotis.
- Ces pieux que l’on enfonce, à coups de mouton, verticalement dans le sol, sont destinés à supporter le poids de la construction, de la londalion qu’on maçonnera sur leur tête, quand le sol est trop peu résistant pour fournir par lui-même l’appui immuable nécessaire. Il peut d’ailleurs sembler bizarre que des pieux enfoncés dans la masse de ce sol assurent le résultat voulu : mais cela tient tout uniment à ce que, eu égard à la grande longueur « de fiche », au grand enfoncement du pieu dans le sol, le frottement de celui-ci sur le pieu se fait sentir sur une surface considérable ; et c’est ce frottement qui fera équilibre à la charge reposant sur la tête des pilotis. Ces derniers sont des pièces de bois de belles dimensions, tantôt de section carrée, tantôt demeurées circulaires : dans ce cas, ce sont simplement des troncs d’arbres qu’on a écorcés, et qu’on a débarrassés soigneusement de leurs nœuds et des autres aspérités qui seraient venues faire obstacle à l’enfoncement dans le sol, sous l’action des chocs répétés du mouton. Du fait même que cet enfoncement ne se fait que dans des sols assez peu résistants (puisqu’on recourt aux pilotis pour suppléer à leur manque de résistance), les pièces de bois ne sont pas détériorées par leur glissement au milieu des terres ; c’est tout au plus si elles subissent des déchirements superficiels ; et il n’est nullement nécessaire de recourir toujours à des bois durs comme le chêne pour en faire des pilotis ; on se sert couramment aussi des bois résineux, qui sont pourtant bien peu durs, mais toutefois à condition que les « pilots » demeurent humides dans un terrain constamment aquifère ; car
- les alternances d’humidité et de sécheresse sont des plus nuisibles pour ces bois résineux.
- Par contre, quelle que soit la dureté du bois dont sera fait le pilot, son extrémité inférieure, sa pointe, s’émousserait rapidement, et se transformerait bien vite en une masse fibreuse, si elle devait s’enfoncer dans le sol sans être protégée par rien. On a donc du tout de suite songer à armer cette extrémité d’une ferrure protectrice, qui est elle-même disposée en pointe, afin que la pénétration se fasse plus aisément. Pour monter cette pointe métallique, qu’on appelle le sabot du pilotis, il faut d’abord tailler la pièce de bois en pointe, ce qui facilite étrangement le montage du sabot. Généralement, les sabots en fer forgé auxquels on recourt sont faits de 4 bandes métalliques soudées sur un culot, qui présente la forme en pointe; le tout est posé très simplement à chaud, et maintenu en place par des clous à tête fraisée. On recourt aussi à des sabots en fonte, au centre desquels se trouve une tige barbelée ; celle-ci est disposée axialement, et, quand on place le sabot, elle vient s’enfoncer dans le milieu de la pointe du pilot. On se sert également de sabots qui affectent l’aspect d’une sorte de cornet métallique fait d’une tôle enroulée sur elle-même, agrafée dans cette position et rivée ; la pointe du cornet est du reste toujours formée d’un culot pointu sur lequel la tôle vient se souder.
- Même avec ce dispositif, qui est le plus perfectionné, il faut toujours que l’extrémité du pilotis soit taillée en pointe et bien régulièrement, pour que le sabot l’épouse d’aussi près que possible.
- Cette taille est une opération assez difficile et pénible, étant données les dimensions des pilotis en général ; et aussi parce que l’apointage doit être exécuté de façon fort régulière, pour que le sabot se fixe solidement sur le bois, et autant que possible sans jeu. C’est pour permettre d’exécuter ce travail de taille très vite, sans peine et avec exactitude, que
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- LA NATURE.
- des constructeurs anglais, MM. Robinson and Son, de Rochdale, viennent de combiner une machine spéciale aussi originale dans son principe que satisfaisante dans son travail. Le besoin s’en est fait sentir pour les travaux qu’on exécute actuellement au port de Rotterdam ; on sait qu’en Hollande la plupart, sinon l’universalité des constructions, sont établies sur des forets de pilotis ; et pour les quais et écluses de Rotterdam en particulier on est obligé de foncer un nombre énorme de pilotis, dont la taille aurait entraîné une perte de temps considérable. La machine particulière qui vient d’être construite pour Rotterdam, a été établie de façon à pouvoir traiter, c’est-à-dire tailler, des pilotis en sapin de 50 centimètres environ d’équarissage; mais on y peut traiter également des pilotis d’une taille un peu inférieure, et la machine se fera tout aussi bien dans n’importe quelle taille.
- On sera frappé, en regardant la ligure que nous
- lui, demeure fixe. Dans ce but, le dispositif de taille est monté sur un châssis spécial qui peut glisser de droite à gauche (pour revenir ensuite de gauche à droite), sur des glissières ménagées à la partie supérieure du bâti d’ensemble. Le déplacement de l’appareil sur ces glissières est assuré par une transmission à engrenages et une vis sans fin, commandées par la courroie qui se montre à l’extrémité droite. Les organes de taille se voient très bien : ils se présentent sous la forme de lames montées tout à fait comme celles des taille-crayons, et maintenues en place par de solides vis ; elles sont disposées de telle façon, que le bord de la lame se trouve suivant une génératrice du cône métallique où s’enfonce peu à peu le bout du pilotis, au fur et à mesure qu’il est taillé. Ce cône se termine d’un côté par un prolongement cylindrique de petit diamètre, qui vient tourner dans un coussineL ordinaire; par son autre bout, le cône comporte une partie cylindrique très
- Vue de la machine à tailler les pilotis.
- donnons, et d’après les quelques explications que nous allons y ajouter, de constater que cette machine à tailler les pilotis est faite simplement comme un immense taille-crayon, de ces taille-crayons à lames qui se vendent maintenant chez tous les papetiers : à cela près pourtant qu’ici le crayon (qui est l’énorme pieu) demeure immobile, tandis que c’est le cône qui tourne sur lui-même, en forçant les lames obliques dont il est garni à attaquer le bois, et à le couper par suite obliquement. Les pilotis employés présentent la forme carrée : ils sont plus aisément immobilisés dans le cadre métallique qui se trouve disposé à la gauche de la machine et à l’extrémité de son bâti. Ce cadre présente un évidement carré où se loge en partie le pilotis; et au moyen d’une vis qu’on voit à l’extrême gauche et de cales ajustables, on peut monter des pilotis de section très sensiblement variable dans le cadre. On maintient la pièce de bois solidement en place, à l’aide des traverses et des boulons à écrous qui complètent le logement quadrangulaire du pilotis.
- Il faut naturellement que la machine à tailler soit susceptible d’avancer vers la gauche, au fur et à mesure qu’elle enlève du bois du bout du pilot, qui,
- large, munie de galets à sa périphérie, ces galets étant fixes et maintenus dans un cadre de forme circulaire que l’on aperçoit dans la figure. Quant à la rotation du dispositif conique de taille, elle est assurée par une sorte de poulie qui entoure le cône vers son milieu, et sur laquelle vient passer une courroie de commande; les choses sont prévues de telle manière, que la courroie peut avancer de droite à gauche sur l’arbre de transmission et la poulie qui lui communiquent le mouvement (et qui ne sont pas représentés dans la figure), au fur et à mesure que l’outil de taille avance lui-même dans ce sens.
- Tout est fort bien combiné; la machine se déplace assez aisément dans son ensemble, et se fixe rapidement en un point quelconque, au moyen des boulons qui traversent son châssis. De plus, il faut seulement 15 minutes pour tailler complètement un pilot de 50 centimètres d’équarissage ; cette taille laisse à l’extrémité un diamètre de 12 centimètres, qui est tout à fait convenable pour la mise en place du sabot. Pierre de Mériel.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- N® 1792. — 28 SEPTEMBRE 1907. LA NATURE,
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- LES CANONS DU PAYS BASQUE
- Fig. 1. — Canon d’IIolçarte.
- nien : je leur ai donne le nom de calcaires des canons parce que c’est dans leur masse que sont précisément entaillés tous les canons de cette pàrlie du Pays basque. Ils reposent, dans le substratum, en discordance sur des terrains beaucoup plus anciens qu’eux : près des Eaux Chaudes, ils sont posés sur le Granité et renferment à leur base des galets roulés de cette roche, à la surface desquels sont fixées des huîtres crétacées contemporaines des calcaires. Au fond de certains canons ils s’appuient presque horizontalement sur les couches du Carbonifère, relevées au voisinage de la verticale et renferment aussi à leur base des galets arrachés à cette formation. Au triple point de vue slratigraphique, tectonique et topographique ces calcaires constituent donc une unité de première importance.
- Les principaux canons de cette région sont, en allant de l’Est à l’Ouest, ceux d’Uhaix-Charré ou Uhadjarre, de Cacouète, de Saint-Laurent et d’Holçarte-Olhado.
- 35e année. — 2e semestre.
- Tandis que les vallées d’Aspe et d’Ossau sont sillonnées chaque année par des milliers de touristes, les vallées plus occidentales ont été jusqu’ici à peu près délaissées. Pourtant, elles ne leur cèdent en rien comme pittoresque et, dans leurs ramifications les plus reculées, on pouvait encore il y a quelques années, et l'on peut même encore aujourd’hui, découvrir des sites merveilleux, entièrement inexplorés.
- De ce nombre sont les Canons du Pays basque, entre Saint-Engrâce et Larrau, vallées étroites, coupées à pic de 3 à 400 et même 500 mètres dans une masse compacte de calcaires crétacés.
- Ces calcaires jouent un rôle important dans la structure de la chaîne des Pyrénées. Depuis la vallée des Eaux-Chaudes jusqu’aux environs de Larrau ils forment le substratum du Flysch crétacé, qui est lui-même surmonté dans toute cette région par des terrains plus anciens, venant du nord, plissés et renversés vers l’Espagne. Ils appartiennent au Turonien et au Séno-
- Fig. 2. — Canon d’Holoarle.
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- LA NATURE.
- Le plus connu, qui est aussi l’un des plus remarquables, est celui de Cacouète. Il fut découvert, il y a environ 25 ans, par des, ingénieurs qui faisaient l’élude d’un projet de ligne transpyrénéenne et qui y établirent même un senlier rudimentaire et des passerelles; mais, au bout de quelque temps, les eaux du torrent arrachèrent les passerelles, le sentier s’éboula en certains points, en d’autres fut envahi par d’inextricables buis et le ravin redevint inaccessible; seuls les deux petits sentiers qui mènent au moulin, à l’entrée du canon, continuèrent à être pratiqués : l’un remonte depuis le thalweg du torrent de Saint-Engrâce, traverse le vaste éboulis qui masque l’entrée du canon et redescend près du moulin au bord du torrent; c’est celui que prennent le plus souvent' les touristes, car le second sentier, qui
- et toute la partie la plus intéressante du canon est ainsi devenue facilement accessible à tous.
- C’est de Licq-Àthérey1 qu’il faut partir pour faire cette merveilleuse excursion. On suit d’abord la pittoresque vallée du Gave de Saison, puis, à 4 km. environ en amont de Licq, on s’engage à gauche dans celle du Gave de Saint-Engrâce, en suivant un chemin escarpé, parfois taillé dans le roc et surplombant souvent le torrent d’une centaine de mètres. Les escarpements ruiniformes de Poudingue présentent les aspecLs les plus bizarres ; en suivant le Gave on arrive au Pont d’Enfer d’une seule arche jeté sur le Gave qu’elle surplombe d’environ 40 ni. ; de là un senlier mène sur le bord du torrent qui se perd pendant 120 m. dans des fissures (à tel point qu’en temps de sécheresse moyenne on peut le
- Kilomètres
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- o 1 2 3 !(. 5
- Fig. 3. — Caiïoiis du Pays basque.
- descend en lacets au milieu des buis, dans les escarpements de la rive gauche, est, en certains endroits, un véritable casse-cou.
- Le 25 août 1905, MM. Veïsse, Bourgeade, Dufau, Larre et le D1' Casamayor1 refirent l’exploration d’une partie du canon à l’aide d’échelles volantes;, il ne leur fallut pas moins de 6 heures pour parcourir 1 kilomètre et demi. En août 1904, chargé des relevés géologiques de la Feuille de Mauléon, j’ai suivi à leur partie supérieure les escarpements du calcaire crétacé jusqu’à la partie terminale du ravin (Port d’Ourdayté) ; je suis aussi descendu dans le canon près du moulin, mais les eaux étant trop fortes, il me fut impossible à ce moment d’effectuer l’exploration totale. Enfin en 1906, grâce à l’intelligente initiative de M. Arnaud Bouchet, maire de Licq-Àthérey, seize passerelles en bois ont été placées,
- 1 Voir Camille Dufau. Grottes et abîmes du Pays basque. Spclunca, tome V, n° 37, p. 79 (juin 1904).
- traverser à pied sec) et l’on arrive en face l’entrée du canon.
- Cette entrée est masquée par un immense éboulis, constitué par des fragments des couches qui recouvraient la surface des calcaires avant le creusement du ravin. Or, comme nous l’avons déjà dit, ces couches appartiennent à des étages plus anciens que le Crétacé : ici par exemple, c’est le Trias qui forme la majeure partie de l’éboulement, ainsi que le montre la coupe schématique ci-contre. C’est la preuve directe que l’on est bien en présence d’une voûte de galerie souterraine effondrée et que le canon de Cacouète est un exemple très curieux de ces vallées des terrains calcaires, qui ont commencé à être creusées souterrainement. Le sentier monte au sommet de l’éboulis et redescend de l’autre côté
- 1 Licq-Athérey est situé à 5 km. de la gare de Tardets-Sorholus (ligne de tramways d’Qloron Sainte-Marie à Mauléon) ; un service de voitures relie le village de Licq à la gare.
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- dans le canon, près du moulin. En aval du moulin, l’eau du torrent s’engage dans un défdé dont les parois deviennent de plus en plus surplombantes et de plus en plus rapprochées et se perd dans une lissure peu pénétrable, pour ressortir une cinquantaine de mètres plus bas, dans le thalweg du Gave de Saint-Kngrâce (Uhaitxa).
- Près du moulin on traverse un premier pont, puis on s’engage dans le canon en suivant tantôt l’une, tantôt l’autre des rives : le canon se rétrécit de plus en plus ; presque nulle part il n'a plus de 10 mètres de large; en moyenne il en a 5 environ et parfois 5 seulement ; la hauteur des parois verticales se maintient entre GO et 100 mètres pour en atteindre en certains points près de 500 !
- Sur une très grande partie du trajet les parois surplombent ; elles forment une voûte évidée et arrivent meme à se toucher ; partout les caractères d’une érosion souterraine sont de la dernière évidence. À 1250 mètres en amont du moulin, sur la rive droite du torrent, une superbe cascade sort d’un trou rond de 5 mètres de diamètre et se précipite avec fracas dans le ravin d’une hauteur d’environ 20 mètres : cette cascade donne naissance, contre la paroi, à un dépôt de tuf ; elle sort d’une galerie souterraine qui paraît importante et qu’il serait peut-être possible d’atteindre par des ouvertures latérales qui sont à sec et qui doivent servir d’exutoire aux eaux en temps de crue. M. G. Pufau, en août 1905, a noté 10°,6 comme température de cette cascade1. Le canon devient de plus en plus étrange avec ses parois recouvertes de mousses et de fougères; enfin, à 1400 mètres environ de l’entrée, on voit s’ouvrir dans la paroi de rive droite une grotte d’où s’écoule un torrent. L’entrée mesure environ 8 mètres, sur 40 de haut; 4 échelles, placées par les soins de M. Bouchet, permettent d’atteindre facilement la galerie qui est obstruée, à peu de
- dans la vallée d’Uslarroz (?). En amont de la grotte le cafion change de caractère; nous l’avons suivi encore pendant près de 500 mètres, mais cette partie est loin de présenter autant d’intérêt que celle d’aval.
- Plus à l’Est, le canon d’Uhadjarré (Uhaix-Charré) offre également des sites grandioses ; les parois sont encore plus élevées que celles de Cacouète (jusqu’il 450 mètres), mais le thalweg est beaucoup plus
- G. Calcaire crétacé des canons; ff. Fissures d’effondrement.
- distance, par une eau profonde d’environ 5 mètres (le 7 sept. 1906). En août 4905, M. Dufau a trouvé cette eau à une température de 9°, 8.
- Il serait très désirable qu’un petit travail d’aménagement fût exécuté pour permettre l’accès de certaines ouvertures inaccessibles, car il peut y avoir là une grotte très intéressante. Les légendes basques prétendent qu’elle va ressortir en Espagne à plusieurs kilomètres au sud du port d’Ourdayté, probablement 1 Loc. rit., p. 80.
- large, et, en somme, d’accès beaucoup plus facile. On retrouve, au fond de ce canon, la discordance entre les calcaires crétacés et le Paléozoïque (Carbonifère).
- Près de Larrau, les canons d’Holçarte et Olbado peuvent rivaliser avantageusement avec Cacouète, mais ils ne sont pas encore aménagés et sont actuellement d’un parcours très pénible et même dangereux. L’exploration ne peut être faite qu’aux basses eaux, en se mouillant au moins jusqu’à mi-cuisses et en se munissant de cordes et d’échelles mobiles; elle est des plus difficiles, mais elle vaut réellement la peine d’être entreprise, car ces deux canons ne le cèdent en rien à celui de Cacouète, les parois calcaires y atteignent jusqu’à 500 mètres de hauteur. En amont du canon d’Olhado, il faut encore aller visiter la jolie cascade de Phista d’en Haut, dans le Crétacé supérieur tout près de la crête frontière.
- En résumé les canons du Pays basque, s’ils n’atteignent pas les dimensions gigantesques de ceux du Colorado, du Yerdon, du Tarn, de la Loue, peuvent soutenir, tout à leur avantage, la comparaison avec ceux de l’Àreuse et du Fier; ils mériteraient d’être plus connus et plus complètement aménagés, d’autant plus que toute la région environnante peut offrir aux touristes une inépuisable variété d’excursions attrayantes; aux alpinistes des cimes qui, quoique ne dépassant guère 2000 mètres, sont des plus intéressantes et aux géologues un domaine d’exploration encore à peine effleuré. E. Fournier.
- Professeur à la Faculté des sciences de Besançon (Doubs)..
- [Pour procurer à La Nature les photographies nécessaires à l’illustration de cet article, je viens de-
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- refaire, du 20 au 24 juillet, avec MM. Veïsse, Bour-geade, Dufau, L. Rudaux, les excursions ci-dessus décrites : je déclare que les canons de Cacouète et d’Holçarte sont plus curieux encore, par la richesse de leur végétation et la variété de leurs accidents, que les classiques cluses ou klammes alpestres du Fier, du Trient, de la Diosaz, de Durnant, du Kirchet, de la Tamina, de Liechtenstein, etc. Cacouète est praticable sans peine, sinon sans fatigue. Mais Holçarte est (jusqu’au confluent d’Olhado) une excursion de 6 heures au moins dans l’eau, avec
- cordes et échelles. Sur la rive droite de Cacouète nous avons reconnu, à 800 mètres d’altitude, 280 mètres plus haut que la cascade, deux abîmés (forêt de Heyle) (Voy. C. R. Acad, des sciences, 9 sept. 1907). Le plus profond se compose d’abord d’un puits de 55 mètres (où je suis descendu), puis d’un second où la sonde seule a indiqué 115 mètres à pic, soit au moins 150 mètres de profondeur! La communication avec la cascade est évidente : l’exploration du gouffre sera des plus coûteuses, difficile et dangereuse. Quant à la grotte de la rive gauche nous avons pu le 21 juillet, avec le canot démontable (système Montjardet) de M. Dufau, l’explorer 50 mètres plus loin que le premier lac. Nous y avons trouvé un deuxième lac séparé du premier par un siphon ; plus loin des ouvertures impénétrables à cause
- Fig. 7. — Cascade de Cacouète (rive droite).
- Fig. 8. — Grotte de Cacouète (rive gauche).
- de l’eau pourront peut-être se visiter après des sécheresses exceptionnelles.] E.-A. Martel.
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- Fig. 9. — Le grand étroit du canon de Cacouèle (Basses-Pyrénées). (Clichés E.-4. Martel.)
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- LA NATURE.
- LA FIEVRE JAUNE CHEZ LE SINGE
- Ces pauvres singés, ils l'ont depuis quelques années une rude concuiTcncc à la gent canine comme sujets d’expériences pour la physiologie et la pathologie. Voilà ce que c’est de ressembler de si près à l’homme et de vouloir être son ancêtre. Le vrai c’est que le singe, plus que bien d’autres espèces animales, contracte assez facilement nombre de maladies de l’espèce humaine, Hamonic, Metchnikoff et Roux ont montré qu’on pouvait lui transmettre une maladie terrible spéciale et dont l’inoculation n’a jamais réussi sur d’autres animaux. La tuberculose trouve chez le singe, surtout les petites espèces comme les ouistitis, un terrain des plus propices à son évolution et la plupart des pauvres petites bêtes, victimes des rigueurs d’un climat plus froid que celui de leur berceau d’origine et de la contagion, succombent à la phtisie au bout de quelques années. Voici qu’on vient de communiquer à un singe la fièvre jaune.
- On sait que cette maladie funeste est inoculée à l’homme, comme la malaria, par des moustiques. Les Stegomyia, si nombreux dans les régions où l’amarilla est endémique comme le Brésil, la Havane, sont les propagateurs directs du fléau. Ils s’infectent en piquant un malade, cultivent en quelque sorte le bacille virulent, car ils ne sont guère dangereux qu’une douzaine de jours après s’être infectés, et portent alors le germe de la maladie chez tous les humains qu’ils viennent piquer. Comme l’ont observé maints expérimentateurs, la piqûre est d’autant plus dangereuse qu’elle est faite par un stegomyia infecté depuis un certain temps. Je ne reviendrai pas sur les faits si démonstratifs qui ont prouvé le rôle des moustiques dans la genèse de la fièvre jaune. Les remarquables résultats obtenus jadis au Brésil, dans la République Argentine et, il y
- a quelques années, à la Havane par la destruction systématique des moustiques, prouvent sans conteste le rôle néfaste de ces insectes *.
- S’il était besoin de preuve encore plus décisive, elle serait fournie par l’expérience relatée par le Dr Wollêrstan Thomas, professeur à l’Ecole de médecine tropicale à Liverpool. En voici les détails principaux d’après la note qu’il a publiée récemment.
- Le 25 octobre cinquante-sept moustiques, des Stego-myia fasciala, infectés par des piqûres de sujets atteints de forme des plus graves de fièvre jaune, furent recueillis, mis à part et gardés un certain temps. Le 13 novembre, vingt et un jours après ce repas d’infection, les vingt-neuf moustiques restés vivants furent mis dans la cage d’uu chimpanzé ; ils ne se privèrent pas naturellemen t de pomper avec avidité le sang de l’animal. Vingt-quatre heures après l’inoculation, le singe avait de la fièvre ; d’irritable et vif, il était devenu calme, indolent, endormi. La température continua à s’élever elles jours suivants, l’animal présenta tous les signes d’une attaque légère de fièvre jaune, dont il guérit du reste complètement.
- L’expérience inverse serait intéressante, c’est-à-dire voir si le virus de la fièvre jaune du chimpanzé est à son tour inoculable à l’homme par le même procédé de moustiques infectés; mais je conviens que les sujets ne doivent pas être faciles à trouver, et se présenterait-il un audacieux de bonne volonté que l’expérimentateur devrait refuser son concours, car la maladie est des plus graves et des plus difficiles à guérir. Mais rien ne dit qu’un jour ou l’autre le chimpanzé ne puisse fournir, comme le cheval pour la diphtérie, un sérum guérisseur et prophylactique de la fièvre jaune. Dr À. Caiitaz.
- PROCÉDÉ GÉNÉRAL DE PRÉPARATION DE COLORANTS NOUVEAUX
- L’art de la teinture vient de s’enrichir d’un nouveau procédé permettant d’obtenir une infinité de colorants nouveaux; ce procédé est d’autant plus intéressant au pèint de vue pratique qu’il est d’une extrême simplicité d’exécution, sensiblement plus économique que la teinture à chaud ordinaire, et que les couleurs obtenues sont certainement plus belles et plus chatoyantes que les couleurs usuelles.
- Le procédé dont nous voulons entretenir aujourd’hui nos lecteurs vient d’être présenté au Congrès de Reims de l’Association française pour l’avancement Aies; sciences, par M. Charles Henry, le savant directeur du laboratoire de physiologie des sensations de la Sorbonne. Il consiste simplement à mélanger une dissolution de matière colorante à de l’eau de chlore, à ajouter, dans certains cas, à cette solution un vernis spécial à la gomme laque et à se servir de ces mélanges comme bains de teinture. On immerge dans ce bain à froid la soie, ou le tissu, que l’on veut teindre, puis on procède à un foulage pendant quelques minutes et on fait sécher. 11 semble difficile d’imaginer une méthode plus simple et plus pratique.
- Mais si le côté matériel du procédé de M. Charles Henry mérite d’attirer notre attention, le côté purement théorique ne l’est pas moins, car ce savant est parvenu à un résultat pratique grâce à une connaissance profonde de la théorie de la lumière et en particulier de la théorie difficile et encore incomplète de la diffraction. Nous
- devons rappeler des résultats déjà anciens obtenus par M. Charles Henry dans la fixation sur papier ou étoffe des irisations fournies par un mélange d’huiles essentielles étendues sur une nappe d’eau; nous voulons parler de l’iricliromaline décrite, pour la première fois, par La Nature dans son numéro du 25 septembre 1897. On sait que ces irisations, comme celles que l’on trouve dans les coquillages des mollusques, les écailles des poissons, les plut-neA de paon, etc., sont dues aux interférences par les lames minces, c’est-à-dire que la lumière blanche tombant sur ces objets subit un changement dans les proportions des radiations qui composent cette lumière; il y a extinction de certaines radiations, d’où changement de coloration.
- Les colorations particulières obtenues aujourd’hui par M. Charles Henry ne sont pas de l’interférence en ce sens qu’elles ne dépendent pas de lames minces continues, mais de grains très lins de l’ordre de grandeur des longueurs d’oncle, quand il y a des phénomènes chromatiques et d’un ordre de grandeur inférieur quand il n’y a que du blanc; ces grains constituent un système d’écrans et d’ouvertures déterminant, suivant leurs dimensions, des retards dans la propagation des diverses longueurs d’onde, absolument comme la lame mince. Le mécanisme de la production de colorations et du blanc est identique qu’il s’agisse d’interférence proprement dite ou de diffraction ;
- 1 Voy. n° 1657, 8 octobre 1904, et n° 1664, 15 avril 1905.
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- LA NATURE.
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- dans ce dernier cas les phénomènes sont seulement beaucoup plus compliqués.
- La chimie nous enseigne que dans certains cas, il y a dislocation de la molécule colorante par le chlore, dans d’autres formation de dérivés chlorés; parfois peut-être il y a formation d’un corps incolore par oxydation. Tel n’est pas toutefois le mécanisme général de l’action du chlore sur les matières colorantes d’après les découvertes de M. Ch. Henry. 11 a étudié au speclropholomèlrc l’in-iluencc de petites doses d’eau de chlore sur le bleu méthylène, qui est un colloïde (état de la matière caractérisé par des suspensions ultra-microscopiques), et l’auramine, qui est une solution ordinaire, produits du commerce impurs et sur les mêmes produits réputés purs de Meister, Lucius et Brüning. 11 a trouvé que l’addition de chlore aux produits purs fait virer la couleur plus sensiblement que lorsqu’on fait la même opération sur les produits impurs et il a constaté un véritable avivage pour ces derniers produits. L’explication de ce phénomène est curieuse. A petites doses, le chlore ne décolore qu’une portion négligeable de la couleur principale tandis qu’il décolore complètement la masse relativement petite des impuretés (pii possèdent des couleurs différentes de la couleur principale et qui modifient celle-ci; ces impuretés, à la suite de l’action du chlore, forment des espèces de gaines liquides ou solides pour la couleur principale et de leur décoloration résulte une intensité plus grande de cette couleur. Cet avivage extrêmement net de la couleur n’est pas conciliable évidemment avec l’hypothèse d’un dérivé chloré ou d’une combinaison incolore.
- Quand on augmente les doses d’eau de chlore, le spectropholomètre montre que tout se passe en gros connue s’il y avait addition de lumière blanche et en même temps une légère absorption. C’est précisément ce qui doit se produire par la formation de grains ultra-microscopiques, déterminant par diffraction dans le milieu coloré une hétérogénéité. Celte addition de blanc et cette légère absorption changent complètement la coloration primitive; la teinte nouvelle est inimitable par tout autre procédé.
- Au cours de sa communication M. Charles Henry a montré, par des expériences sur la viscosité des solutions et par l’ultramicroscope, que, sous l’action du chlore, les colloïdes et les solutions ordinaires se comportent inver-sement quoique d’une manière concordante pour la formation de grains ultra-microscopiques ; dans le premier cas, il y a cisaillement et compression du granule, c’csl-à-dirc diminution de volume; dans le deuxième cas, précipitation à l’état de suspension de l’agrégat moléculaire, c’est-à-dire accroissement du volume moléculaire.
- 11 sera sans doute possible de tirer des colloïdes à granules ainsi réduits et de l’avivage des solutions ordinaires des applications précieuses pour l’histologie.
- On sait que les colorants actuels exigent tous l’emploi de fixateurs; or, les fixateurs, comme l’a montré M. Ch. Henry, modifient profondément la couleur et par conséquent les préparations, et cela par un mécanisme analogue à l’action du chlore.
- Nous venons de voir que la teinture au chlore ajoute surtout un blanc de diffraction, quoique vraisemblablement aussi des colorations liées à la dimension des granules. La teinture au vernis et au chlore donne des colorations nouvelles et se distingue de la teinture au chlore seul par l’addition de couleurs de diffraction. Pour le montrer, il suffit d’ajouter,. dans un premier tube à
- essai, du vernis à la dissolution de la couleur primitive; la teinte ne change pas, mais on constate un éclaircissement. Dans un deuxième tube à essai, on ajoute au vernis coloré de l’eau de chlore jusqu’à ce qu’une légère précipitation du vernis se manifeste ; la teinte change par réflexion et vire vers les couleurs qui se réfractent le plus ; on perçoit la teinte observée sur la soie; cependant la teinte ne change pas sensiblement par transparence. Le chlore, en précipitant le vernis et la couleur, donne naissance à un milieu trouble dans le tissu; il doit se produire précipitation du vernis au bout d’un temps plus ou moins long, puisque le chlore se combine avec les dissolvants du vernis. En résumé, le procédé au chlore et au vernis superpose aux pigments des colorations de milieux troubles (bleu du ciel, colorations des plumes, etc.) ; par là même il imite les colorations de la vie.
- M. le Dr Mandoul a démontré1, d’une façon très nette, que les colorations variées des animaux et des végétaux étaient dues très souvent à des couleurs pigmentaires modifiées par les colorations de milieux troubles ou de diffraction. La peau observée au spectropholomètre se comporte comme du noir de fumée, sa couleur bleue étant due à des granules très fins, bien connus des histologistes. llelmholtz avait depuis longtemps irrévérencieusement montré que les iris des yeux bleus sont des iris non pigmentés, dont la couleur est due aux colorations des milieux troubles de l’œil. C’est sans doute celle affinité des couleurs de M. Ch. Henry avec les couleurs de la vie qui les rendent si profondément attirantes et si esthétiques.
- Ce vernis a encore pour effet d’ajouter au reflet spé-culaire de la soie; ce que l’on exprime en langage technique en disant qu’il tend à transformer en ellipses très allongées l’indicatrice de diffusion de la soie ; la peau n’est jamais d’un ton mal; elle a toujours un pouvoir spéculaire qui varie avec l’état de santé, la maladie, l’àge. M. Ch. Henry a indiqué les mélhodcs expérimentales et mathématiques qui permettent de le déterminer.
- N’omettons pas de dire que les solutions colorées traitées par le chlore à doses variables peuvent être évaporées; on obtient ainsi des poudres qui, redissoutes, ont toutes les propriétés de la solution primitive. Ces poudres sont susceptibles d’être incorporées dans l’huile, la gomme, la cire et peuvent servir ainsi à la peinture et à l’aquarelle. G . IIameijn,
- Licencié es sciences.
- PRESSION ATMOSPHÉRIQUE
- et automobiles
- L’influence de la pression atmosphérique sur la puissance des moteurs à explosion n’est pas une donnée négligeable. Plus elle est forte, plus élevée est la densité des gaz admis dans le moteur, plus grande la masse du gaz contenue dans une cylindrée. Or le travail produit à chaque cylindrée est évidemment proportionnel à cette masse. D’autre part, la pression barométrique diminue quand l’altitude augmente. D’après M. Arnoux,.le moteur perd 10 pour 100 de sa puissance vers 800 m. d’altitude, 20 pour 100 à 1750 m.; 50 pour 100 à 2800 m., 40 pour 100 à 4000 m., 50 pour 100 à 5500 m. Un orage, abaissant brusquement la pression de l’air, peut réduire de 6 pour 100 le rendement d’un moteur.
- 1 Recherches sur les colorations légumenlaires, par le l)r Mandoul (librairie Masson,1905).
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- LA NATURE.
- LA STATION ALLEMANDE DE TÉLÉGRAPHIE SANS FIL DE NAIIEN
- Il a été construit, tout dernièrement, par la « Gesell-cliaft für Drahtlose Télégraphié » de Berlin, une station de télégraphie sans fil fort remarquable.
- C’est à Nauen qu’elle se trouve, sur le canal de la Havel, à peu de distance de la ville militaire de Potsdam. Les résultats obtenus par cette station méritent d’être cités, puisque, dès les premiers jours de son installation, elle correspondait déjà par le navire Bremen à 2400 km. de distance. Elle reçoit actuellement des messages de Saint-Pétersbourg et lui en envoie à la distance de 1350 km. Des correspondances sont échangées aisément avec le lliglii, en Suisse, en dépit des 800 km. à franchir, la plupart en pays montagneux.
- Cette station peut avoir une grande importance stratégique ; elle est située à 40 km. seulement de Berlin. L’installation, parfaitement étudiée et établie avec le plus grand soin, se compose, comme organes essentiels, de la
- palissade en planches, qui entoure le pied de la tour.
- Une plate-forme a été aménagée à l’intérieur de l’ossature métallique, à une hauteur de 90 in., pour recevoir les poulies, palans et moufles, qui, grâce à des câbles ma-nœuvrés du sol, font descendre ou monter l’antenne et la mettent au point, c’est-à-dire à la hauteur nécessaire, réclamée par telle ou telle communication.
- Un dispositif de haubans, composés de câbles et de chaînes d’ancres, est établi pour fournir un amarrage sérieux donnant des garanties de stabilité sinon complète, du moins aussi grande que possible. Cette installation assure à la tour, en dépit des grands vents, une position verticale presque constante; elle met cette haute ossature métallique à l’abri des ouragans et hors de danger devant les violentes tempêtes.
- Les trois haubans prennent pied à 200 m. de distance de la hase de la tour; ils sont recouverts d’une matière
- Fig. 1. — Agencement électrique de Nauen. — Batteries de piles.
- tour, de l’antenne et des bâtiments où se trouvent le bureau de télégraphe et l’usine électrogène.
- Les Allemands ont renoncé à se servir du bois, de la maçonnerie pour la construction des tours ou des mâts-pylônes de télégraphie sans fil. La tour de Nauen, qui mesure 100 m. de hauteur, a donc été établie en acier; sa section est un triangle ayant 4 m. sur chacun de ses trois côtés. La carcasse de cet ouvrage métallique se compose de 5 montants verticaux, réunis entre eux par des tirants posés en diagonale.
- Les montants eux-mêmes sont composés de deux barres en acier, semblables au fer des charpentes, assemblés les uns sur les autres, tous les 8 m., par des plates-bandes boulonnées, et réunis entre eux par des cornières rivées maintenant l’écartement. À environ 6 m. au-dessus du sol, les 5 montants convergent vers un même sommet et se dirigent vers la terre, pour venir reposer sur un volumineux sabot en acier fondu; ce dernier repose lui-même sur un fort massif en béton aggloméré, dont il est cependant parfaitement isolé. Les moyens d’isolement, sont, paraît-il, d’un système nouveau tout spécial. Ils sont tenus secrets; on les cache aux regards curieux par une
- isolante dans toute leur longueur. Quant à leur contact avec la tour, en raison de la puissance du courant électrique qui environne celle-ci, il a fallu chercher un isolement complet. On a construit, à cet effet, des appareils spéciaux dans lesquels les câbles et leurs moyens d’attaches trempent, jusqu’à une certaine distance de la tour, d’une manière constante, dans un bain d’huile à graisseurs. Sur le sol, l’ancrage des câbles de ce haubanage se fait dans de forts massifs en béton aggloméré descendant à plusieurs mètres de profondeur au-dessous du sol.
- Arrivons maintenant à la description de l’antenne. C’est une sorte de vaste parapluie dont la tour serait le manche. Elle se divise, à la partie supérieure, en six sections, groupées par couples, sur les poulies et moufles, qui en assurent la manœuvre dans le sens vertical. De cette manière, chaque groupe, isolé de son voisin, peut être porté à une altitude différente.
- La partie supérieure de l’antenne se compose de 54 câbles en torsades de fils d’acier, disposés à raison de 9 par section. A une certaine distance du sommet, chacun des câbles se divise en trois, de sorte qu’à l’arrivée à terre, il y a 1G2 câbles. Les chaînes d’amarrage1 des
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- LA NATURE.
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- Fig. 2. — La lour de Naucn, ses haubans et son antenne.
- fils de fer sont fixées au sol sur des massifs, avec des isolateurs portant de forts scellements ancrés. La base de l’antenne occupe une superficie totale de G hectares environ. Le réseau des fils du paratonnerre — fils à terre — se compose de 108 fils enfouis dans le sol, formant par leur division un filet de 524 fils, étendant son action sur près de 15 hectares.
- Les câbles transmetteurs de chaque section sont réunis en paquet ; ils descendent verticalement, du haut en bas de la tour métallique, depuis le sommet de l’ouvrage jusqu’à la chambre des opérations.
- Les 54 fils transmetteurs ne sont pas isolés de la tour, car la partie métallique de la tour fait partie intégrante de l’antenne, dont elle est l’ossature.
- Les bâtiments construits, au pied de la tour, occupent une superficie de 108 m2; ils donnent asile à un atelier de force motrice avec groupe électrogène, à un garage d’automobile, à un atelier de réparations, à un bureau pour les transmissions, et enfin à un dortoir, line machine de 55 chevaux de force, placée au rez-de-chaussée, actionne les dynamos, qui produisent, en marchant à 750 tours à la minute, 25 kilowatts en courant monophasé.
- L’agencement du service électrique est très complet son installation est des plus soignées.
- On y remarque une batterie de 560 piles de Leydc, disposées par groupes de 120 bouteilles, avec une capacité de 400 000 ampères.
- Le bureau des opérations télégraphiques et téléphoniques — réception et transmission — se trouve au premier étage, les appareils étant de la sorte à l’abri de l’humidité du sol; ce bureau est placé à une certaine distance de la machine et des dynamos, afin de n’avoir pas à subir les effets des vibrations et pour que l’opérateur ne soit pas incommodé par le bruit. Un dispositif spécial permet le passage rapide de la réception d’un message à la transmission d’un autre.
- L’agencement des instruments met l’opérateur dans la possibilité de recevoir les communications par le téléphone ou par l’appareil Morse, alternativement ou simultanément.
- La méthode simple et claire, avec laquelle les- tableaux de commande ont été disposés, rend toute erreur impossible; l’agent de service ne peut faire la moindre confusion dans la réception des messages ou dans leur transmission. Will Darville.
- Fig. 3. — Base de la lour métallique de Naueu.
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- LA NATURE,
- LA
- STATISTIQUE GRAPHIQUE
- des chemins de fer français
- La statistique a ses ennemis comme ses amis. On lui reproche avec raison d’être souvent inexacte, ou d’additionner et de comparer brutalement des quantités sans commune mesure. Il est cependant des cas où les renseignements qu’elle fournit sont d’une exactitude mathématique et, traduits sous une forme graphique comme on tend de plus en plus à le faire, ils peuvent résumer en une image visible et concrète des faits économiques que tout le monde connaissait déjà vaguement, mais qui n’en prennent pas moins, ainsi condensés et figurés matériellement, un intérêt tout nouveau. Tel nous paraît être le cas de quelques images relatives aux chemins de fer français que renferme le dernier album de statistique graphique publié par le Ministère des Travaux publics.
- On y trouve, par exemple, une carte (non reproduite ici) qui représente, par une convention déjà vulgarisée, les recettes brutes kilométriques
- I.—VovaSeurs à toute distance.
- TXEJxrrrfTf
- Il___Voyageurs à 1 kilomètre.
- III.—Voyageurs à la distance entière.
- Fig. 1. — Mouvement des voyageurs sur les chemins de 1er français de 1811 à 1900.
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- Fig. 2. — Résultats financiers kilométriques des chemins de fer français. (Recettes et dépenses moyennes) de 1841 à 1900.
- de notre réseau, figurées le long de chaque ligne par une teinte d’une épaisseur proportionnelle. Ce graphique fait ressortir, plus encore qu’une simple carte itinéraire, la centralisation française qui draine tout si malheureusement vers Paris.
- Comme dans une figure de la circulation du sang, trois ou quatre grandes artères, trois ou quatre veines plutôt, apparaissent aussitôt en relief avec les veinules qui les alimentent et dont le sang afflue vers Paris comme vers le cœur. Ces grandes lignes bien connues sont : Paris-Marseille avec près de 210000 Ir. par km jusqu’à Lyon et 183000 de Lyon à Marseille; Paris-Bordeaux avec 128000 fr., Paris-Le Havre avec 121000, Paris-Arras avec 175000. Le Plateau Central, dont la traversée appauvrit toutes les lignes, se détache en clair comme si on avait voulu mettre en évidence
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- LA NATURE.
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- cet îlot topographique, et tout le nord de Paris affecte, au contraire, une teinte sombre qui irait en s’accentuant si on ajoutait le réseau belge.
- Le tableau des résultats financiers kilométriques (lig. 2) montre les llucLuations des recettes, tandis (pie les dépenses kilométriques ne baissent pas d’une façon à peu près continué et progressive comme cela semblerait devoir se produire par l’effet normal des progrès techniques et industriels. La courbe des recettes moyennes s’élève d’abord graduellement à 42500 lr. en 1847. La révolution de 1848 la ramène brusquement à 50. Puis, avec l’Empire, la progression reprend et, en 1855, on atteint le chiffre de 52500 lr. qu’on n’a jamais revu. Cependant, jusqu’en 1881, les recettes demeurent au-dessus de 42500. À ce moment, elles s’effondrent avec la création de lignes improductives et, en 1888, on est descendu à 31000. Mais ce chiffre constitue un minimum et, quoique avec une grande lenteur, on voit, depuis 1804, les recettes remonter peu à peu.
- Les figures qui montrent le mouvement des voyageurs (fig. 1) le font sous trois formes : (I) voyageurs à toute distance additionnés sans tenir compte de ces distances et arrivant à 440 millions en 1900;
- (11) voyageurs supposés transportés à 1 km (avec courbe comparative donnant pour chaque année la longueur moyenne exploitée) montant à 14 milliards en 1900; enfin (111) voyageurs à la distance entière, dont le nombre reste beaucoup plus stationnaire qu’on ne le croirait, autour de 300000, malgré quelques maxima en" 1855, 1871 ou 1900 : ce qui revient à dire que l’accroissement des voyages" est à peu près proportionnel à l’accroissement du réseau. Sur ce dernier point, la courbe du tonnage à distance entière donnerait des résultats très différents et irréguliers, avec;;un grand maximum en 1875, suivi d’un minimum en 1886 et, actuellement, une tendance favorable au relèvement progressif.
- ' Enfin une carte (fig. 3) destinée à montrer l’accélération des voyages en France depuis 1814, nous figure une France qui se réduit progressivement
- d’année en année comme la peau de chagrin de Balzac : la distance de telle ou telle ville à Paris étant représentée, non d’après sa longueur en kilomètres, mais d’après sa durée en heures qui, pour nous, est la plus intéressante. Sur cette carte, les contours géographiques de la France proprement dite se rapportent à 1814. Les lignes qui relient Paris à chacune des villes de cette carte expriment le temps que l’on mettait alors à se rendre par Malles-postes de la capitale à ces divers points. En procédant de môme pour les diverses villes de la périphérie pour les époques de 1834 (voyages par malles-postes) et 1854, 1867, 1887, 1900, voyages par chemin de fer, puis en réunissant par un trait continu les points homologues, c’est-à-dire correspondant à une môme époque, on a obtenu une série de contours d’égal trajet qui s ’ enveloppent l’un l’autre sans respecter la vérité géographique à cause de l’inégalité de l’accélération suivant les diverses directions du territoire et qui font apparaître les progrès d’uneépoque sur l’autre. Par exemple, Paris-Marseille passe de 112 heures en 1814, à 80 en 1834, 38,5 en 1856, 16,2 en *1867, 13,6 en 1887 et 11,4 en 1900.
- La façon dont la courbe, qui devrait se réduire symétriquement, s’allonge au contraire de plus en plus et semble retarder suivant certaines lignes, comme le fait une buée qui se dissipe sur une plaque de marbre le long de ses fissures, met en évidence avec une rigueur quelque peu cruelle le retard de certaines compagnies, comme celle de l’Ouest. Dans l’ensemble, la France se trouve ramenée ainsi peu à peu aux limites du département de Seine-et-Oise. La carte, représentant la baisse des prix, donnerait une image du même genre, mais infiniment moins rétractée : la diminution étant seulement en moyenne de moitié entre 1814 et 1900, si l’on envisage les voyageurs de 5e classe : 29 lr. au lieu de 60 pour Brest, 43 fr. au lieu de 82 pour Marseille.
- A. Latour.
- ANGLETERRE
- BELGIQUE
- . ALLEMAGNE
- MANCHE
- leHavre,
- OCEA N
- Purée duftrajetpdr Malles-postée j
- laRochet
- A T LA N T / Q U £
- ITALIE
- Marseille
- MEDI TERRA NEE
- E S P A G N E-
- Fig. 3. — Carte montrant l’amélioration des voyages en France depuis 181F.
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- LA NATURE.
- AUTOMOBILES CONTRE VOITURES
- Si la France, selon la pittoresque expression d’un j ournaliste new-yorkais, est devenue le recrealion-ground du monde civilisé, elle ne le doit pas uniquement à l’état de ses routes, qui sont, sans contredit, les plus belles du monde.
- Elle le doit aussi à l’humeur endurante de nos paysans, qui ont appris déjà à faire la distinction entre « chauffeurs » et « chauffards », et ne considèrent pas comme leur ennemi-né toute personne qu’ils aperçoivent à l’avant — ou à l’intérieur — d’une automobile.
- Elle le doit enfin à l’aménité de ses lois, si paternellement indulgentes envers les passionnés d’excessive vitesse.
- Aux États-Unis, au contraire, l’essor de l’automobilisme se voit arreté par d’insurmontables obstacles. Notons les plus importants : l’absence presque complète de bonnes routes, le manque de chauffeurs expérimentés, l’antagonisme des populations rurales, les tracasseries administratives.
- Non seulement un motor-car doit payer patente dans chaque État qu’il traverse; mais il lui faut changer son numéro et sa plaque dès qu’il passe, par exemple, du New-York dans le New-Jersey.
- Enfin, certaines municipalités imposent des maxima de vitesse ridiculement bas : quinze, vingt kilomètres à l’heure.
- Exaspérés par une persécution qui se fait d’année en année moins supportable, les automobiles-clubs américains ont ouvert une campagne pour obtenir l’abrogation de ces règlements. Voici l’un des procédés qu’ils emploient. On conviendra qu’il fait honneur à l’ingéniosité de l’inventeur.
- Ils ont fait construire plusieurs véhicules semblables à celui que représente notre photographie. L'auto-meter porte au sommet de son coffre un énorme cadran, qui enregistre la vitesse acquise en chiffres si gros, si apparents, que le passant le plus distrait peut les lire d’un coup d’œil. À plus forte raison le vigilant policeman!
- L’automètre s’engage innocemment sur la promenade la plus fréquentée. Le chauffeur guette la « voiture-à-chevaux » qui lui paraît aller le plus vite; il la rejoint et lui emboîte le pas. Tous les passants — les défenseurs de l’ordre y compris — feraient preuve de la mauvaise volonté la plus notoire s’ils ne constataient pas, grâce au cadran de l’auto-mètre, que ladite voiture dépasse la vitesse permise et enfreint les règlements officiels.
- Et c’est précisément le but que se propose l’inventeur : montrer que les lois américaines ont deux poids et deux mesures, que les mesures vexatoires ne sont appliquées qu’aux automobilistes, et quelles véhicules à traction animale marchent fréquemment à une vitesse interdite, sans qu’il leur en coûte la moindre contravention.
- Ces automètres sont expédiés successivement dans les grandes villes de l’Union, et il se pourrait qu’une aussi ingénieuse campagne portât avant peu ses fruits.
- V. Forbln.
- h’aulo-meler, déiiouçuul les excès de vitesse dos « voilures à chevaux ».
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- LA NATURE.
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- LE NID DU FLAMANT
- Nous avons dit, dans un récent article1, l’intérêt qui s’attache à l’observation des mœurs animales. Ce ne sont pas de simples sujets de curiosité, mais les matériaux d’une science en formation, qui aura à dégager les lois de la vie sociale, soit celles qui sont propres aux différentes sociétés animales, soit celles qui leur sont communes. Voici, à ce point de vue, de récentes observations sur les flamants, qui sont à retenir. Elles émanent du professeur Frank M. Chapman, du département d'Ornithologie de Y American muséum of Natural history.
- Quelques mots d’abord sur les flamants.
- qu’on les rencontre dans tous les jardins zoologiques, il y avait jusqu’ici bien des choses encore obscures dans l’histoire de ces flamants ou Phénicoptères, notamment dans celles de leurs mœurs. On sait, d’après le témoignage des voyageurs, que dans leur aire de dispersion, c’est-à-dire dans toute la région circumméditerranéenne, des côtes septentrionales de la mer Rouge aux îles du Cap Vert et aussi autour des grands lacs de l’Asie centrale et sur les côtes méridionales de ce même continent, ils habitent de préférence les lacs voisins de la mer, salés ou saumâtres, pêchant dans les eaux découvertes et peu
- Village de nids des flamants des Bahamas.
- Ces oiseaux appartiennent, comme on sait/, au grand sous-ordre des Lamelliroslres, qui rentrent eux-mêmes dans l’ordre des Palmipèdes, côte à côte avec les Longipennes (albatros, mouettes, etc.), les Tolipalmes (frégates, fous, cormorans) et les Bra-chyplères (grèbes,. pingouins, . manchots). C’est très à tort, trompés, évidémment par l’aspect des jambes, qui présentent, en effet, un tarse allongé et grêle, que quelques auteurs ont cru devoir les ranger avec les échassiers ; leur bec très épais, courbé au milieu comme s’il avait été tordu, est garni sur les côtés de ces lamelles cornées, foliacées, qui ne laissent pas de doute sur leur place dans la classification : malgré toutes les différences, ils, sont à rapprocher des cygnes comme de leurs plus proches voisins. . '
- Bien que leur aspect nous soit très familier, puis-
- 1 Les animaux propriétaires, n° 1788, du 51 août 1907, p. 214.
- profondes, et vivant en vastes bandes, souvent de plusieurs centaines et même de plusieurs milliers d’individus. Mais on n’a possédé pendant longtemps ' que des détails imprécis et assez vagues sur leur vie pendant la période de reproduction, et sur leurs nids. Ce fut même assez longtemps, malgré quelques ! témoignages insuffisants, un véritable problème que de savoir où ils les établissaient et comment ils étaient | faits, car ils échappaient aux recherches.
- Cependant, d’après Brehm1, les observations effectuées en Sardaigne par Salvadori, aux lacs des environs de Cagliari, avaient déjà apporté quelques résultats. Ce savant avait montré que les flamants : arrivent en bandes dans cette région dans la pîc-j mière partie du mois d’août et y demeurent jusqu’à la fin de mars ou le début d’avril. Sauf en des cas
- ,1 Brehm. La vie des animaux illustrée, éd. française, t. IV. Les oiseaux (2° vol.), Paris. J.-B. Baillière et fils, pp. 715 à 720.
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- LA NATURE.
- tout à fait exceptionnels, ils ne nichent jamais dans ces lacs, ni même dans file, et Salvadori pensait avec raison qu’ils émigraient à nouveau en Afrique pour y faire leurs nids et se reproduire.
- Plus tard, Labat et Dampier décrivirent des nids de flamants, en partie d’après des observations faites en Afrique, en partie d’après des témoignages arabes. « Ils construisent leurs nids, disaient-ils, dans des marais; ils rassemblent la vase avec leurs pattes et en construisent de petites éminences, qui paraissent autant d’ilots élevés d’un pied et demi au-dessus de la surface de l’eau. Ces îlots sont coniques, et portent à leur sommet une excavation, qui constitue le véritable nid. » Généralement ce nid contient deux œufs, quelquefois trois ; l’oiseau couve en s’asseyant sur le nid, les pattes fléchies, parfois l’une d’elles pendant au dehors ; l’incubation dure de 50 à 32 jours; la femelle pousse des cris perçants pour inviter le mâle à venir la relayer.
- Les observations deM. F. M. Chapman confirment et complètent ces premiers renseignements. Elles ont été faites, non sans difficulté, dans les îles Bahamas, sur les trois espèces de flamants qui les habitent et qui sont en tous points semblables à celle de l’Ancien Continent. Voici, en résumé, le compte rendu que le savant naturaliste a donné lui-même de son travail aux Lucayes.
- Pendant l’hiver les oiseaux vivent principalement sur la côte occidentale de file; mais en mai, ils se réunissent dans quelque lagune à l’intérieur de l'îlc Andros, où ils élèvent leurs jeunes. Ces établissements sont peu nombreux et leurs gisements assez mal connus. M. Chapman, après avoir laissé son schooner à l’ancre près de la côte de l’île, put atteindre sans difficulté l’une de ces « rookeries ». Elle était constituée par un territoire peu élevé au-dessus du niveau de la mer, occupé par des lagunes étroites et peu profondes, entourées de palétu viers et séparées par des marnes grises au travers desquelles se faisaient jour d’une façon irrégulière des affleurements de roches corallines. Les recherches ne tardèrent pas à montrer que si ce territoire était visité par les flamants régulièrement chaque année, ce n’était pas toujours le même emplacement exact qui leur servait à chacune de ces visites. Huit groupes de nids, de véritables villages, existaient en effet dans un rayon d’un mille, et chacun d’eux avait été évidemment occupé pendant une seule saison. Le plus vaste de ces villages, dit M. Chapman, situé sur une bande de marne plus haute que l’eau avoisinante seulement de quelques pouces, avait une centaine de mètres de longueur sur une trentaine de largeur ; sur cette superficie assez restreinte, il pouvait contenir à peu près 2000 nids.
- A quelque distance de cet endroit, au milieu des palétuviers, les voyageurs trouvèrent une bande de flamants qui s’occupaient à préparer un nouveau village de nids pour l’année. Malheureusement l’arrivée de l’homme les effraya et ils abandonnèrent tout à fait leur travail, de telle sorte qu’on ne put. |
- les observer à l’œuvre. Néanmoins les divers états d’avancement des nids ainsi laissés permirent de se rendre compte, dans une certaine mesure, des procédés de construction. De plus, M. Chapman fit^ transporter un certain nombre de nids à bord de son schooner et parvint à les ramener au National Muséum, dont ils sont à présent une des plus intéressantes curiosités. Des spécimens des animaux eux-mêmes, grâce aux photographies prises au cours de l’exploration, permirent de donner l’animation voulue à ces reconstitutions, qui sont l’un des grands charmes des musées, dans les pays où l’on trouve de l’argent pour les doter.
- M. Chapman signale un fait intéressant, bien mis en relief d’ailleurs par notre photographie : c’est la médiocre hauteur des nids de flamants des Bahamas ; elle contraste avec ce que nous disions tout à l’heure des flamants d’Afrique. Mais la raison en apparaît de suite : ces derniers établissent, en effet, leur nid dans l’eau même et doivent tenir compte de scs mouvements possibles: en s’établissant sur la plage, les flamants des Bahamas peuvent faire une économie de matériaux, de temps et de peine, et construire des édifices moins élevés. Il y a là un curieux fait d’adaptation.
- Si nous rapprochons ce que nous venons de dire, d’après M. Chapman et ses prédécesseurs, des enseignements que nous avons tirés de M. Pétrucci relativement à la propriété chez les animaux, nous voyons ici encore les faits de propriété se modeler exactement sur les variations de la société; pendant toute une période de l’année, le groupe ne possède que son territoire de chasse, qu’il exploite en commun, et sans qu’il y ait, semble-t-il, d’autre propriété individuelle que celle de l’objet péché ; pendant une autre période, le groupe possède un territoire différent, territoire d’élevage, spécialement adapté à sa fonction par une industrie spéciale : c’est encore une propriété collective; mais cette fois la propriété familiale, dont il semble qu’il n’y ait plus trace dans le premier cas, se montre clairement : le nid est la propriété d’un couple, dont les deux membres se relaient tour à tour. Marcel Blot.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 3 septembre î907.
- Présidence de M. Becquerel.
- Les fontes au nickel. — M. Le Châtelier adresse une. Note de M. Guillet sur les fontes spéciales et notamment sur les fontes au nickel. L’auteur a examiné des échan-. Allons de ces fontes, au point de vue chimique et au point de vue microscopique. Il a reconnu que le silicium et l’aluminium aident à la formation du graphite et que le chrome s’y oppose. D’une manière générale les suh-' stances qui se dissolvent dans le fer favorisent la formation du graphite.
- Le lac de la vallée de l’Ain. — M. Martin adresse une Note sur les formations qui affleurent à la partie inférieure de la rivière de l’Ain. MM. Penck et Bruckner, qui se sont
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- LA NATURE.
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- occupés de l’époque glaciaire dans les Alpes françaises, ont trouvé que la vallée de l’Ain avait été barrée par une moraine qui avait déterminé la formation d’un lac. M. Martin a constaté que ce lac s’est étendu beaucoup qdus loin que ne l’avaient pensé ces auteurs.
- Parthénogenèse. — M. Delage rappelle qu’au cours de la dernière séance il a montré que deux théories mises en avant dans le but de formuler la loi de la parthénogenèse, bvpertonie et intervention des ions, ne peuvent être soutenues en présence de ses expériences. Aujourd’hui il s’occupe d’une troisième théorie qui prend pour point de départ la fixation de l’oxygène dissous dans le liquide baignant les œufs. Il a réalisé d’abord un dispositif qui lui permet d’opérer à l’aide d’un liquide dépouillé d’oxygène. Ce liquide est composé de 50 parties d’eau de mer et de 70 parties d’une solution d’eau de saccharose; il ajoute une trace de tanin et d’ammoniaque. Le liquide est soumis à l’évaporation dans le vide qui le débarrasse des gaz dissous puis recouvert de vaseline liquide, tout aussitôt l’introduction des œufs. Dans une autre expérience M. Delage s’est arrangé de manière à opérer dans un liquide qu’avait traversé un courant d’azote et que surmontait une atmosphère d’azote. Dans ces deux cas il a pu obtenir la germination des œufs, et des larves ont franchi la période de métamorphose. Il paraît donc impossible d’attribuer la parthénogenèse à une fixation d’oxygène sur les œufs.
- Une maladie des sapins dans le Jura. — M. Bouvier présente une Note sur une maladie des sapins qui sévit en ce moment dans les forêts du Haut Jura. Cette maladie a fait son apparition l’année dernière ; les habitants du pays expliquaient alors l’apparence de l’arbre par la sécheresse qui avait régné tout l’été. On disait alors le rouge du sapin, en parlant de l’aspect particulier que présentaient les arbres. Aujourd’hui il faut bien se rendre à l’évidence. On est en présence d’une maladie
- et cette maladie menace d’anéantir, en un temps très court, toutes les forêts de sapins de la région. Ces forêts sont en elfet composées uniquement de sapins dans les parties peu élevées du Jura ; dans la zone d’altitude moyenne on trouve des sapins et des épicéas; sur les sommets, des épicéas exclusivement. La maladie ne paraît pas occasionnée par un insecte qui s’attaquerait aux racines; elle semble due à une pluie de spores. Quoi qu’il en soit, cette maladie, jugée sans conséquence grave pour les arbres, en a déjà fait périr un très grand nombre en 1907. On est donc sous le coup d’une catastrophe et M. Bouvier déclare que sa communication a le caractère d’un cri d’alarme.
- Manifestation de mémoire de certains animaux marins. — M. Delage rappelle qu’en 1903 M. Georges Bohn a signalé la curieuse manifestation de mémoire que semblent présenter les convoluta lorsqu’on les tient éloignés de la mer. Ces animaux suivent les oscillations du flot de quinzaine et surtout les oscillations qui s’accomplissent dans une journée. M. Bohn a même ajouté que, dans la zone du balancement moyen du flot qui est celle de la vie du convoluta, beaucoup d’animaux présentent également, au cours d’une journée, des oscillations analogues. En 1904, M. Bohn a constaté que la littorina rudis effectuait, au moment de la haute mer et de la basse mer, certains déplacemenls. M. Louis Martin a soumis certains de ces animaux à des marées artificielles; il en a anesthésié d’autres. Il a observé l’effet de ces interventions.
- La compression et récrasemeni des ganglions sensitifs. — M. Laveran présente une Noie de MM. G. Marinesco et J. Minea sur les lésions des ganglions sensitifs sous l’effet de l’écrasement et de la compression. Les ganglions comprimés par des processus pathologiques tels que le mal de Pott, présentent, comme ceux qui sont comprimés expérimentalement, des cellules où apparaissent des phénomènes de néoformation. Cn. oe Yicledeuil.
- CAISSONS EN BÉTON ARMÉ
- Il n’y aura bientôt plus un seul genre de construction auquel on n’ait tenté d’appliquer le fameux béton armé : c’est peut-être une exagération, peut-être un danger, étant donné que cette alliance de maçonnerie légère et de métal formant armature sommaire ne saurait présenter tous les avantages d’une maçonnerie massive ou d’une construction métallique robuste. On jugera des choses à « l’user ».
- On a déjà eu recours au béton armé pour composer des pilotis, et par conséquent pour établir des fondations; et il semble pouvoir se prêter à cet emploi dans de bonnes conditions. Mais on n’avait pas encore osé, à notre connaissance, utiliser ce même béton pour former les parois de caissons servant à établir des fondations ; pour constituer notamment des piles de ponts, par descente dans le sol jusqu’à la rencontre d’un sous-sol suffisamment résistant pour la charge à lui confier. C’est l’application qui vient d’être réalisée en Angleterre par des ingénieurs assez connus, MM. Robert Mac Alpine, avec le concours d’un spécialiste, M. James Barton. Ce nouveau procédé a été employé par eux pour les
- piles d’un pont métallique à treillis,, d’un type d’ailleurs courant par lui-même, et qui est destiné à donner passage sur la rivière Foyle à la nouvelle voie ferrée de Strabane à Letterkenny. Ce pont comporte une travée centrale de 48 mètres à peu près, et deux travées de rives reliant les piles aux culées, et offrant une ouverture de 20 mètres seulement. On ne peut pas dire que ce soit un ouvrage gigantesque, mais il est de dimensions suffisantes pour qu’il soit loisible d’en tirer des conclusions sur ce mode de construction des piles au moyen de caissons en béton armé.
- On aurait pu se servir d’un caisson métallique sur lequel on aurait maçonné au-dessus de la surface de l’eau, ou encore d’un caisson métallique formant pile tubulaire ; mais on a construit la pile simplement comme une chambre verticale dont les parois sont faites de ciment armé.
- L’originalité de la construction ne réside pas en cela seulement. Comme il fallait descendre la fondation quelque 9 mètres au-dessous du niveau de l’eau, il était nécessaire de recourir à un caisson ayant une grande hauteur. Mais de même que pour
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- LA NATURE.
- les caissons métalliques on établit des plaques dé hausses successives, au fur et à mesure que l’enfoncement se produit, de meme, ici, on a composé le caisson de tranches superposées faites toutes suivant un type commun, et venant se placer les unes au-dessus des autres, en se rattachant bien entendu entre elles de la manière la plus stable. En plan, la section du caisson, comme on le voit, dans les ligures que nous donnons, affecte la disposition d’un rectangle dont les angles sont abattus. La hauteur d’une de ces sections est de 0,60 m. seulement, pour une longueur de 9,45 m. et une largeur maxima de 2,10 m. Les premières avaient pu être descendues dans l’eau et empilées, connue nous allons le dire, assez facilement : c’est que la profondeur d’eau ne dépassait nulle part 5 mètres sur l’emplacement du fonçage de ces fondations; les trois sections de début étaient disposées de telle sorte qu’elles formaient par leur ensemble un couteau inférieur assurant la pénétration facile du caisson dans le sol. Toutes ces sections, dont les parois sont par elles-mêmes assez minces, sont renforcées par au moins deux cloisons transver-sales qui forment entreloises et donnent une grande rigidité à l’ensemble. L’exécution pouvait s’en poursuivre très facilement sur un chantier voisin de l’emplacement du pont; on les fabriquait comme de coutume dans un moule, au moyen d’un béton fait de quatre parties dé gravier pour une de ciment; l’armature est constituée de barres de fer rond de 16 millimètres de diamètre, qui sont disposées les unes horizontalement et les autres verticalement. On laissait durcir pendant au-moins quatre semaines, puis une grue permettait de soulever tout d’une pièce cette portion de caisson, qui ôtait facilement transportée et descendue sur la dernière section posée.
- On a pris deux précautions ingénieuses et simples pour assurer la solidarisation des parties successives, de manière que le tout présentât une bonne résistance, même à des efforts transversaux. La première section immergée comportait six tiges de gros fer, tiges verticales qui partaient des deux bouts, puis symétriquement, puis deux par deux, des côtés aux points d’intersection des cloisons latérales et des
- cloisons transversales. Ces tigés étaient de longueur suffisante pour correspondre à toute la hauteur de la pile, par conséquent du caisson, une fois terminée. Et chacune des sections a été faite de telle manière que des trous demeuraient ménagés dans les parois, suivant l’axe vertical du caisson et à l'aplomb de ce qui devait être le passage de ces tiges. En plaçant et descendant une section nouvelle sur la partie déjà commencée du caisson, on s’arrangeait de façon à toujours l’enfiler sur les tiges de fer. Mais cela n’aurait pas suffi pour faire un joint solide entre les diverses sections. Aussi, dans la tranche supérieure des parois de chacune d’elles, le moulage formait-il une rainure assez large et profonde; d’autre part, ce même moulage ménageait dans la tranche inférieure de chaque section une sorte de languette qui était destinée à rentrer par la rainure! Et comme
- avant de descendre une nouvelle section, on plaçait dans la rainure une sorte de saucisson de mortier au cimént, enfermé dans une étoffé pour qu’il fût maniable, la languette venait comprimer ce mortier dans la rainure, etlejoint se faisait dans de bonnes conditions, si l’on savait proportionner la quantité de mortier à l’espace vide à remplir.
- La manœuvre était assez simple en ce sens que chaque section ne pesait pas plus de 7 à 8 tonnes, et qu’une grue de puissance modérée permettait de la manipuler sans aucune difficulté.-
- Nous n’avons pas besoin de dire que ces caissons n’étaient pas à l’air comprimé, leur ouverture supérieure était libre; on n’y faisait point descendre d’hommes ; et suivant une méthode qu’on emploie assez souvent maintenant, le dragage des matériaux à l’intérieur de l’évidement laissait l’enfoncement des caissons se faire facilement. Pour tout ce travail, on n’a pas eu à établir de charpentes ni de pilotis ; et les caissons de béton armé ont coûlé environ deux fois moins cher que n’auraient coûté des caissons métalliques. Il y a là certainement une expérience intéressante à suivre et peut-être à imiter.
- Daniel Bellet.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- NOUVEAU CERCLE AZIMUTAL A MICROSCOPES
- du service technique du cadastre
- Pour olfrir de suffisantes garanties d’exactitude, les levers de plans exécutés en vue de la réfection du cadastre doivent s’appuyer sur un canevas de points de repères, dont les positions relatives ont été préalablement déterminées avec une grande précision.
- Les points principaux de ce canevas, dits pointe tr'ujonomélriques, forment les sommets de triangles ou de polygones indéformables, dont on doit mesurer les angles.
- D’autre part, des repères secondaires jalonnent les sommets de lignes brisées, dites cheminements, dont on mesure séparément les angles et les côtés, et qui doivent exactement s’insérer entre les points trigonométriques.
- Ces opérations exigent, on le voit, de très nombreuses mesures angulaires, qu’il importe de simplifier et d’accélérer.
- Le plus souvent, ces mesures s'effectuent au moyen du théodolite, appareil formé d’une lunette mobile autour de deux axes rectangulaires, l’un horizontal, l’autre vertical. Les déplacements de la lunette, en azimut et inclinaison, se lisent sur deux limbes fixes divisés en degrés, ou en grades centésimaux, avec chiffraison des dizaines de grades ou de de grés. Les fractions de divisions se déterminent généralement au moyen d'alidades munies de petites échelles divisées, appelées verniers, qui sont entraînées dans les mouvements de la lunette et dont on note la coïncidence de certains traits avec ceux du limbe.
- La recherche et la notation, cent fois répétées, de ces coïncidences de traits enchevêtrés, fatiguent l’œil à la longue. D’autre part, la hauteur de l’oculaire au-dessus du sol varie beaucoup avec l’inclinaison des visées, ce qui est une gêne pour l’opérateur.
- Chargé d’organiser le service technique d’application de la loi du 19 mars 1898 sur la réfection du 35e année. — "2e semestre.
- cadastre, j’ai cherché les moyens d’éviter ce double inconvénient. A cet effet, j’ai imaginé et fait construire1 un instrument (fig. 1) présentant les particularités suivantes :
- Le cercle horizontal est finement divisé en décigrades. Les -400 grades sont tous chiffrés. Deux microscopes coudés, disposés à droite et à gauche de la lunette et pourvus d’un réticule à un seul fil horizontal, permettent de lire directement, par estime, le centigrade (fig. 2).
- La lunette est mobile autour d’un axe horizontal disposé près de l’oculaire, ce qui réduit beaucoup les déplacements verticaux de celui-ci ; l’axe optique peut prendre, de et d’autre de l’horizon, une inclinaison de 50 grades, dont la mesure s’effectue, à l’aide d’un troisième microscope coudé, sur un secteur divisé et chiffré de la môme manière que le limbe.
- Les oculaires des trois microscopes entourent celui de la lunette et permettent ainsi à l’opérateur d’effectuer toutes ses lectures sans déplacement et par un simple mouvement de tête.
- Pour faciliter la mise en station de l’instrument, le support renferme un dispositif de translation et porte une calotte mobile, avec nivelle sphérique.
- Des essais .prolongés ont montré que, à égalité de diamètre des limbes, la précision réalisée dans les mesures d’angles, avec cet appareil, le cède peu à celle obtenue avec les meilleurs modèles antérieurs, à verniers ou à micromètres, ou bien à vis tangente et limbe denté. Ch. Lallemand,
- Membre du Bureau des Longitudes. Directeur du Nivellement général do la France.
- 1 Chez MM. Poulhus el Thermie, 0, rue Victor-CousidérauI, à l’aris. ’
- Fig. 1. — Cercle azimutal, à microscopes, du service technique du cadastre.
- ABC
- Côté gaucho. Secteur Côté droit.
- Cercle horizontal. vertical. Cercle horizontal.
- Fig. 2. — Images, en 'demi-grandeur, des divisions (décigrades), vues dans les trois microscopes. — «, b. Fil unique du réticule.
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- LA NATURE.
- LE CHEMIN DE FER DE TEHUANTEPEC
- L’islhnie de Tehuanlepec si Lue au Sud de la République de Mexico, dans les provinces d’Üajaca
- Fia'. 1.
- Fort de Salina Cruz.
- el de Vera Cruz, a une largeur de 200 km environ, entre Coalzacoalcos sur le golfe de Mexique et Salina Cruz sur le Pacifique. Le pays, relativement peu accidenté sur le versant du golfe, est bordé sur les rives du Pacifique par une chaîne de montagnes, la Sierra Madré, dont les pentes vers la mer sont extrêmement abruptes.
- Depuis longtemps le gouvernement mexicain avait songé à construire un chemin de 1er à travers l’isthme de Tehuanlepec. Dès 1842, une concession avait été faite à un syndicat anglais, mais elle n’eut aucune suite, ainsi que plusieurs autres faites postérieurement.
- En 1882, une nouvelle concession fut faite, mais, par suite de rupture de contrat, 108 km seulement furent construits sur une longueur totale de 528 km. Les travaux furent à nouveau repris en 1888 par un syndicat anglais et, en 1894, la ligne était achevée sur toute sa longueur.
- À cette date, lé gouvernement mexicain, qui avait dépensé une somme totale de 87 millions de francs, se trouvait donc en possession d’une ligne de chemin de fer reliant le golfe du Mexique avec le Pacifique. Malheureusement ce chemin de fer construit, trop légèrement, ne présentait pas des conditions de solidité suffisantes pour un trafic intense nécessitant un matériel robuste et lourd. De plus, il n’existait aux deux extrémités de la ligne, sur le Pacifique et sur le golfe du Mexique, aucun port permettant le trans-
- bordement des marchandises que devait transporter le chemin de fer d’un hord à l’autre de l’isthme.
- Les travaux exécutés jusqu’à celte date ne pouvaient donc être considérés que comme provisoires. Aussi, en 1898, le gouvernement mexicain chargea MM. Pearson et Son, les entrepreneurs anglais bien connus, des travaux de consolidation du chemin de fer, ainsi que de la construction des deux ports de Salina Cruz et de Coalzacoalcos, moyennant un prix de 257 millions de francs dont 75 étaient attribués à la reconstruction du chemin de fer, ainsi qu’à la fourniture du matériel roulant et à rétablissement des gares maritimes. De plus, MM. Pearson et Son se chargeaient jusqu’en 1955 de l’exploitation du chemin de fer et de celle des ports.
- C’est de ces différents travaux aujourd’hui entièrement achevés que nous avons l’intention de dire quelques mots dans cet article.
- Chemin de fer. — Le chemin de fer (fig. 4) a une longueur totale de 504 km, non compris un embranchement de 28 km de longueur entre Juile et San Juan. A la station de San Lucrecia vient se souder la ligne de chemin de fer se dirigeant vers Yera Cruz et Mexico et, à la station de SanGeronino,
- £.ytfoti.iEb,G'n
- Fig. 2. — Port do Coalzacoalcos.
- se sépare la grande ligne du Pan amencan Railway qui, se dirigeant vers le Guatemala, doit plus tard réunir l’Amérique du Nord avec celle du Sud.
- Les travaux d’amélioration ont consisté dans la rectification des courbes et des rampes et, en certains endroits, dans la modification du tracé primitif,
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- LA NATURE.
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- Fig'. 5. — Coupe transversale de la digue de Salina Cruz.
- motliiicalions qui, en divers points où le tracé suit des gorges profondes elà bords escarpés, n’ont pas été sans entraîner des terrassements importants. Ainsi, à la traversée de la Sierra Madré, au col de Chivela, on a pu abaisser à 255 m. au-dessous du niveau de
- de 50 pour 100 inférieure à celui du charbon ou du bois. Ce pétrole qui provient du Texas est emmagasiné dans de grands réservoirs installés à Coatzacoalcos qui, à leur tour, servent à alimenter d’autres réservoirs de moindre capacité disposés en différents points de la ligne. Des puits, récemment percés dans l’isthme, permettent de penser qu’il sera possible dans un avenir prochain, de remplacer les pétroles du Texas par celui provenant de l’isthme et qui, du reste, sert déjà à alimenter les ateliers de Rincon Antonio, ainsi que les bureaux de l’administration centrale du chemin de fer.
- Port de Salina Cruz. — La baie de Salina Cruz, avant les travaux, était une simple rade foraine complètement exposée aux vents soufflant depuis le
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- NORD
- Fig. 4. — Plan du chemin de 1er de Tehuanlepec.
- la mer, le niveau de la voie au point de partage des eaux. Cependant, malgré cet abaissement de niveau, et pour racheter la différence de niveau entre le col de Chivela et Salina Cruz, on s’est trouvé dans l’obligation d’employer, en deux endroits, des tracés en spirale.
- Le rayon minimum des courbes est de 150 m., sauf au col de Chivela où se rencontrent exceptionnellement des rayons, de 100 m., avec rampes de 21 mm par mètre. Partout ailleurs les rampes ne dépassent pas 16 mm.
- Les nombreux ponts, primitivement construits en bois, ont été remplacés par des ouvrages métalliques dont le plus important est celui qui, près de San Lucrecia, traverse la rivière laltepec. D’une longueur de 200 m., il se compose de cinq travées en treillis dont l’ouverture maximum est de 55 m.
- La voie qui a la largeur normale se compose de rails pesant 40 kg le mètre, fixés sur des traverses en bois reposant sur un ballast soit en gravier, soit en pierres cassées. La plus grande partie du matériel roulant provient des États-Unis. Quant aux locomotives elles ont été disposées pour brûler du pétrole dont le prix de revient à Tchuantepec est
- Sud-Ouest jusqu’à l’Est et traversée par un courant océanique se dirigeant de l’Ouest vers l’Est. Pendant huit mois de l’année les vents régnants soufflent du Sud et rendent souvent la rade dangereuse pour les navires. •
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- Fig’. 5. — Murs de quai du bassin intérieur de Salina Cruz.
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- En 1896, MM. Pearson et Son firent étudier par les ingénieurs anglais llawkshaw etllayterun projet de port représenté sur la ligure 1 par les lignes pointillées. Ce projet se composait d’un bassin intérieur et d’un avant-port formé par deux digues lais-saut entre elles, à leur extrémité, une entrée dont l’axe était perpendiculaire au courant littoral. Cette disposition des digues ne fut pas adoptée par le gouvernement mexicain qui modifia leur direction suivant le tracé en traits longs de la ligure 1, c’est-à-dire par l’établissement d’un mole de 1000 m. de longueur ayant une direction vers l’Est, sensiblement parallèle au rivage, en reportant l’entrée du port complètement à l’Est.
- Les travaux furent commencés en 1900 suivant
- de 380 m., de telle sorte que la longueur totale de cette digue Est est de 1000 m.
- La digue Ouest d’une longueur de 625 m. se compose d’une partie droite de 200 m. formée de la partie delà digue déjà construite, d’une partie courbe de 112 m. suivie d’une partie droite de 251 m.
- La profondeur d’eau dans l’avant-port qui est, en moyenne, de 10 m. atteint 16 m. aux musoirs des digues qui laissent entre eux une passe d’entrée de 100 m. de largeur. La superficie de cet avant-port est de 50 hectares.
- La figure 3 montre la disposition des digues. Celles-ci sont formées, à la base, d’une couche de pierres perdues, sur laquelle sont déposés, au moyen d’une grue Titan, des blocs de béton pesant en
- Fig. 6. — Monolithes cil béton pendant leur fonçage.
- ce tracé modifié. Mais, à mesure de l’avancement de la digue vers le large, des ensablements de la rade se produisirent progressivement en arrière et à l’abri de celle-ci, à tel point qu’en février 1902, lorsque celte dernière avait atteint une longueur de 150 m., la ligne de basse mer, immédiatement en arrière de la digue, se trouvait reportée en un point où primitivement il y avait près de 8 m. d'eau. On prit alors le parti de revenir à l’idée première du projet étudié en 1896, tout en cherchant, cependant, à conserver la partie déjà construite de la digue Ouest. Cette décision obligeait à reculer vers l’Est la digue Est primitive et, finalement, on adopta le tracé indiqué en traits pleins sur la figure 1.
- La digue Est se compose d’une partie droite de 570 m. de longueur, suivie d’une partie courbe de 250 m., prolongée elle-même par, une partie droite
- moyenne 50 tonnes disposés pêle-mêle. Sur ces blocs, dont le niveau supérieur est arasé à 2,75 m. au-dessus des basses mers, repose un bloc de béton de 10 m. de largeur et de 1,75 m. de hauteur recouvert lui-même d’une couche de béton, faite sur place, ayant une largeur de 6 m. et une épaisseur de 1,75 m. Le niveau supérieur de la digue se trouve ainsi à une hauteur de 5,25 m. au-dessus des hautes mers. La largeur de la digue à sa hase est de 60 m. Afin de résister au choc des lames ces dimensions qui sont celles de la digue courante ont été augmentées dans le voisinage des musoirs et dans les parties courbes des digues.
- Le bassin intérieur (tîg. 1) qui a été conquis sur la mer a actuellement une longueur de 100 m. et une largeur de 220 m. Sa profondeur d’eau, obtenue au moyen de dragages, est de 10 m. aux basses
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- Fig'. 7. — Vue du porl de Salina Cruz.
- mers et une ouverture, ménagée vers la partie centrale des murs de quai, de 50,40 m. de largeur et de 70,40 m. de longueur, permet l’entrée des navires dans le bassin.
- Les murs de quai sur lesquels sont disposés des magasins avec voies de chemin de fer permettant l’accès des wagons, sont formés de monolithes en béton représentés figure 5 et foncés à l’air libre au moyen de dragages intérieurs (fîg. 0).
- Une cale sèche de 4 80 m. de longueur, de 50 m. de largeur et où la profondeur d’eau est de 8,85 m. aux basses mers a été construite à l’angle Nord-Ouest du bassin. Tous les travaux de l’avant-port et du bassin intérieur sont aujourd’hui terminés. Ils ont nécessité une dépense de 115 millions de francs,
- Plus tard, si les nécessités du trafic l’exigent, on se propose de porter, au moyen, de dragages, à 570 m. la largeur du bassin intérieur et d’établir dix estacades indiquées sur la figure 1, partant du quai Nord du bassin, afin de faciliter le chargement et le déchargement des navires.
- Port de Coatzacoalcos. — La rivière de Coatza-coalcos dont la largeur, en face de la ville, est de 520 m. et la profondeur, aux basses mers, de 12,60 m., présente toutes les conditions requises pour l’établissement d’un port. Malheureusement cette rivière est obstruée à son embouchure par une
- barre qui ne laisse aux basses mers qu’une profondeur d’eau de 4,27 m., insuffisante pour les navires devant fréquenter le port. L’augmentaLion de la profondeur d’eau sur cette barre s’imposait donc, et c’est pour obtenir ce résultat qu’on a construit (fig. 2) deux digues en pierres perdues enracinées au rivage et convergentes vers le large, laissant à leur extrémité une passe de 500 m. de largeur.
- La jetée Est a une longueur de 1595 m. et la jetée Ouest une longueur de 1115 m.
- Grâce à ces digues et à la concentration des courants de marée, la profondeur d’eau sur la barre est actuellement de 6,40 m. Elle sera prochainement portée à 10 m., au moyen de dragages et tout fait espérer que les courants de marée dans le fleuve suffiront pour maintenir cette profondeur.
- Comme on le voit sur la figure, des quais d’une longueur de 1500 m. ont été construits sur la rive gauche du fleuve. Sur ces quais, formés de pieux métalliques supportant une plate-forme en bois, sont installés des magasins le long desquels sont posées des voies reliant le quai avec celles du chemin de fer. Dix-huit grues électriques ayant chacune une puissance de 5 tonnes permettent le chargement et le déchargement des navires. Les travaux du port de Coatzacoalcos ont nécessité une dépense de 50 millions de francs.
- Fig. S. — Digue du porl de Rnlivia Cruz pondant sn r.onstructioni
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- Trafic du chemin de fer de Téhuantepec. — Par cette voie la dislancc entre la Nouvelle-Orléans et San Francisco est plus courte de 5420 km que par le canal de Panama. Entre New-York cl San Francisco cette différence est de 2190 km. Enfin, entre les ports d’Europe et ceux des Etat-Unis sur le Pacifique, la différence de parcours, comparée à celle par le canal de Panama, est, en moyenne, de 2300 km.
- Mais, en regard de ces avantages connue distance à parcourir, il y a lieu de tenir compte, d’une part des frais de transbordement des marchandises aux deux ports de Coatzacoalcos et de Salina Cruz, ainsi que des frais de transport sur le chemin de fer et, d’autre part, des droits qui seront perçus au canal de Panama lorsque celui-ci sera terminé.
- Quelle sera de ces deux voies la plus avantageuse? L’avenir seul le démontrera.
- Pour le moment la Compagnie du chemin de fer de Téhuantepec a un traité avec Y American
- Hawaiian Steamship (i° qui s’engage à fournir annuellement à Salina Cruz, 500 000 tonnes de sucre provenant des îles llawai et devant être transportées à travers l’isthme. La Compagnie de navigation possède actuellement, pour ce service, neuf navires de 12000 tonnes chacun et en fait construire trois autres. Les frais de transport à travers l’isthme, y compris les frais de transbordement, étant de 15 francs par tonne, cela représente un bénéfice assuré de 4 millions et demi de francs.
- La Compagnie du chemin de fer a également installé un service entre Salina Cruz et les ports des Etats-Unis sur le Pacifique. Des navires de 6000 tonneaux de jauge sont déjà affectés à ce service.
- Quelque puisse être l’avenir, étant données les conditions dans lesquelles se poursuivent les travaux du canal de Panama, il semble que le chemin de fer de Téhuantepec a encore devant lui nombre d’années d’exploitation assurées. R. Bonnin.
- CLAVIER DIFFÉRENCIER H. LAUDENBACH
- M. Laudenbach a étudié les circonstances qui favorisent l’éducation de la mémoire motrice, en particulier dans le cas de l’apprentissage d’un clavier.
- Dans un clavier de machine à écrire, par exemple, les diverses touches ne diffèrent d’ordinaire entre elles que par leur position dans l’espace. Pour y adapter ses mouvements, l’élève n'est guidé que par les sensations kinesthésiques correspondant aux mouvements de ses yeux et de scs doigts. Les sensations tactiles, étant toutes identiques, n’interviennent pas utilement dans la construction de l’appareil moteur qui constitue proprement l’adresse du dactylographe.
- Aussi l’étude d’un pareil clavier est-elle toujours longue et fastidieuse.
- L’expérience montre qu’elle est sensiblement facilitée si on donne à chaque touche une individualité assez nette pour que le doigt, au moment de la frapper, puisse la reconnaître et la distinguer des touches voisines.
- Le problème admet évidemment un grand nombre de solutions. On peut établir entre les diverses touches des différences tactiles en en variant la forme, la substance, le relief. 11 faut seulement avoir soin de ne pas gêner le mécanisme essentiel de l’abaissement de la touche et de ne pas éveiller dans le doigt de sensations désagréables.
- Les résultats les meilleurs sont obtenus si, aux sensations tactiles, on associe des sensations kinesthésiques, en obligeant le doigt, au moment où il frappe la touche, à exécuter un petit mouvement supplémentaire caractéristique, par exemple à abaisser une lamelle élastique, à
- enfoncer un faible ressort débordant légèrement, à imprimer à la touche elle-même montée ad lioc un très faible mouvement d’oscillation autour d’un axe convenablement placé.
- Il y a le plus grand profil à disposer les signes caractéristiques dans un certain ordre sur le clavier, de manière à faire entrer les diverses louches dans des groupements réguliers. Dans la figure, les 42 touches forment 5 hexagones, 4 triangles, 1 losange, 1 rectangle et 5 touches sont isolées. Les mouvements caractéristiques, dans ce type de clavier, sont obtenus par des lamelles très flexibles s’abaissant chacune dans un sens déterminé, en général, vers le centre de figure.
- Il y a intérêt à étudier les touches dans un certain ordre. L’auteur recommande de suivre, pour chaque groupement, le sens des aiguilles d’une montre.
- Après une heure d’exercice, l’élève connaît parfaitement son clavier ; il sait exactement où chaque touche se trouve. Au bout de quelques jours, les mouvements s’exécutent sans l’intervention de la réflexion : l’automatisme est réalisé.
- Outre l’intérêt qu’il présente pour le dactylographe voyant ou aveugle, le clavier de M. Laudenbach, parce qu’il éveille et fixe l’attention, rendra d’utiles services dans l’éducation des enfants arriérés et des idiots et, ainsi qu’il résulte d’expériences entreprises à l’asile de Bicêtre, dans la rééducation de certaines catégories d’aphasiques.
- Le clavier.
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- LES PLANTES MYRMÉCOPHILES
- Depuis que l’attention des naturalistes s’est portée plus spécialement sur les phénomènes de symbiose, des faits extrêmement intéressants ont été constatés, dans cet ordre de recherches, par des observateurs dont la compétence et la véracité sont à l’abri de tout soupçon. Peut-être a-t-on tiré parfois de ces faits des conclusions un peu hâtives. Nous nous bornerons, ici, à les exposer en nous tenant sur le terrain rigoureusement scientifique, écartant ainsi tout dilettantisme, écueil auquel on se heurte trop souvent dans de pareils sujets.
- On a dénommé Myrmécophihe, les adaptations ayant pour objet, chez les végétaux, d’attirer les fourmis.
- Ces insectes remplissent déjà, dans nos zones tempérées, un rôle important dans l’économie de la nature, mais ce rôle devient tout à fait remarquable sous les tropiques. Armées de mandibules tranchantes et d’aiguillons empoisonnés, les fourmis, dans leur âpre recherche d’aliments, se montrent hardies et toujours prêtes à l’attaque. Dans l’Amérique tropicale, celles nommées « leaf-cut-lers » ou « parasol-ants » appartenant au genre Alla, doivent êLre considérées comme les ennemis les plus redoutables de la végétation.
- Les expéditions dévastatrices des «parasol-ants », dans l’Amérique tropicale, nous dit Schimper *, sont bien connues de tous les voyageurs et ont été fréquemment décrites.
- Directement, à travers le sentier de la forêt, s’avance comme un ruisseau onduleux, une bande de couleur verte : c’est une procession de fourmis, portant chacune, perpendiculairement sur la tête, un fragment de feuilles, de la dimension d’un centime, qu’elles ont coupé sur une plante, à l’aide de leurs mandibules semblables à des tondeuses. Chez quelques espèces, des soldats à grosse tête, sans aucun fardeau, accompagnent la procession. Le plus souvent, la plante attaquée n’est abandonnée qu’après que tout le feuillage (sauf les côtes et les pétioles, plus durs), a été coupé et emporté. Ces ravageuses s’attaquent aussi aux fleurs, fruits et graines.
- On s’est demandé ce que devenaient ces quantités énormes de morceaux de feuilles, ainsi apportées au logis par ces inlassables pourvoyeurs. Bâtes consi-
- 1 A. F. W. Sciiimper, Pflanten Géographie. Leipzig, 1898, Irad. angl. de W. R. Fischer.
- des murs ; Mac Cook pensait qu’ils servaient à faire une sorte de papier pour les constructions intérieures. Belt osa avancer l’hypothèse audacieuse que les fourmis cultivaient des champignons sur les tas de feuilles décomposées. Le sagace « Naturalist in Nicaragua » avait, comme d’habitude, découvert l’explication véritable et Alf. Môller1 a définitivement prouvé la justesse de l’affirmation de Belt, si souvent attaquée et tournée en dérision ; ces fourmis sont, en réalité, des cultivateurs et des consommateurs de champignons : des mycophages.
- Le sort des plantes cultivées introduites est fort
- 1 Alf. Môller. Die Pilzgarien einiger sudbrusilianischer Ameisen (Botan. Mitthcil. aus den Tropen. Heft VI). Jeu a, 1893.
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- instructif au sujet des préférences manifestées par ces insectes. Ainsi d’après Moller, dans le Sud-brésilien, la culture des roses, oranges, caféiers, chicorées, choux, etc., est rendue impossible par suite de la recherche dont ces plantes sont l’objet de la part des « Parasol-ants » tandis que les Eucalyptus, la Ramie, les Graminées, Magnolias, Héliotropes, sont comparativement indemnes.
- « Alors que les moyens de protection appartenant à la plante elle-même et lui permettant de se soustraire aux attaques des « leaf-cutters » n’ont donné lieu jusqu’ici qu’à des hypothèses : plantes très fibreuses, substances d’une odeur ou d’un goût désagréable ou toxique, latex très visqueux, etc., il a été prouvé qu’afin de tenir leurs ennemis en respect, les plantes entrenten relations symbiotiques avec certaines fourmis belliqueuses, par lesquelles elles sont presque complètement protégées1. »
- C’est là, à nos yeux, le cas le plus intéressant de Myrmécophi-lie ; c’est celui que nous nous proposons de développer.
- Les Acacia cor-nigera et sphae-rocephala(t\g. 5) ont été spécialement observés par Belt2 3, dans le Nicaragua et sur l’Amazone et c’est à cet habile observateur qu’on doit attribuer la découverte des faits qui nous occupent. Ils ont été, depuis, repris par Darwin*. Ces deux Acacias sont aujourd’hui les exemples les mieux connus de cet ordre de phénomènes. Ils possèdent des épines stipulaires très développées, creuses, relativement minces, qui servent de retraite à une espèce définie de fourmi féroce qui y perce un trou d’entrée près du sommet.
- Mais les plantes myrmécophiles, pour se pro-
- 1 Schimper, loc. cit., p. 140.
- 2 Bei.t Tii. The naluralisl in Nicaragua. London, 1874.
- 3 Darwin F. On the glandular bodi.es of « Acacia » sphaerocephala, etc. (Journ. of. Linn. Soc. —• Botany, vol. XV, 1876).
- curer des défenseurs, ne sauraient se contenter de leur offrir un asile, il leur faut aussi les nourrir. Aux extrémités des folioles des Acacias précités, on trouve de petits corps ovoïdes ou en forme de poire, qui sont soigneusement recueillis et mangés par les fourmis : ce sont les corpuscules de Bell qui peuvent, au point de vue morphologique, être regardés, comme des glandes transformées. Cependant ils se distinguent de toutes les glandes connues par des caractères définis : plus grande dimension, durée plus longue, richesse en protéides, séparation facile quand on les touche; tous caractères qui peuvent,
- avec autant de ccrlitudequepos-sible, en pareil cas* être regardés comme des adaptations aux fourmis.
- Ces petits corps n’ont aucun pouvoir sécréteur, mais on trouve, à la base du pétiole des plantes qui les possèdent, un nectaire fournissant un liquide très sucré. Schim per insiste* avec raison, sur ce fait spécialement significatif que des corps semblables apparaissent chez des végétaux appartenant à des familles différentes : (Cecropia, Thunbergia) pareillement associés à des fourmis protectrices, alors qu’on n’en a jamais observé dans des conditions différentes. Il paraît difficile de ne pas voir là une adaptation symbiotique bien caractérisée.
- Le Cecropia adenopus (fig. 1), urticacée du Sud-Brésilien, qui est de tous les myrmécophytes celui qui a été le plus étudié jusqu’ici, à tous les points de vue, offre un degré d’adaptation plus élevé encore que les Acacias dont nous venons de parler ; car, de plus, il facilite à son hôte, par un amincissement des tissus, la perforation qui lui permet l’entrée de la demeure qu’il lui procure. Sous ce dernier rapport, le Clero-dendron fistulosum, découvert par Beccari à Bornéo, ressemble aux Cecropia.
- Les Cecropia, connus sous les noms de Bois-Trompelte, Bois-Canot, Pao de imbaûba, sont des
- Fig. 2. — Cecropia adenopus. A droite : Sommet d’une jeune tige. Sur un cnlrc-nœud Fentrce n’est pas encore perforée; elle l’est sur un autre (grand, nat.). — A gauche et en haut : jeune tige en coupe longitudinale, cavité centrale avec cloisons perforées par les fourmis et constructions faites par elles (grand, iial.). — A gauche et en bas : Portion d’une section transversale de la paroi d’un entre-nœud, montrant le diaphragme. (Légèrement grossi.)
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- Fig. 5. — Acacia sphærocephala: portion de la tige avec épines slipulaircs et feuilles à corpuscules de Bell. (Dans le coin de gauche, deux folioles à plus grande échelle terminées par des corpuscules de Bell.)
- arbres très remarquables et fort répandus dans l’Amérique tropicale. Leurs troncs minces s’élèvent comme des candélabres, munis de grandes feuilles, à l’extrémité des branches. « Quelques fourmis actives courent sans cesse le long des branches et des pétioles du Cecropia adenopus; mais si l’arbre est quelque peu rudement secoué, aussitôt, une armée de fourmis surgit par de petits trous, situés sur la tige et sur les petites branches et attaque, d’une façon sauvage, l’importun. A Santa-Catharina, c’est toujours la même espèce de fourmis : Azieca insia-bilis, et l’espèce parait se montrer seulement sur les Cecropia. C’est une des plus belliqueuses fourmis que je connaisse elles piqûres sont très irritantes1 ». C’est là le terrible gardien que s’est constitué 17m-baüba tree, pour se défendre de son ennemi le plus formidable : la fourmi coupe-feuille (leaf-cutter, parasolant) dont le nom scientifique est : Ai ta diseigera. Ainsi Y Azteca inslabi-lis forme l’armée défensive qui
- 1 SciIIMPER, loC.
- CÜy
- tient à distance son congénère dévastateur (fig. 4).
- U Alla diseigera montre, d’après Schimper, une telle préférence pour le feuillage des Cecropia que, à Blumenau, Fritz Müller et lui-même ont trouvé que tous les arbres inhabités (et ils sont rares) avaient leurs feuilles coupées jusqu’à la nervure médiane, tandis que pas un seul des arbres munis d’une armée protectrice de fourmis ne montrait la trace de pareille avarie. Les défenseurs quitteraient rarement leur retraite, où ils se consacrent à guetter les Aphidées, n’était l’aliment qu’ils recherchent avec avidité, à la base du pétiole, où l’on voit un revêtement brun-velouté, sur lequel reposent, complètement libres, chez les arbres inhabités, de petits corps ovoïdes, blanchâtres, d’environ 2 mm. de long. La présence de ces Corpuscules de Müller, est un signe certain que l’arbre est inhabité, et ils sont toujours
- présents dans nos laboratoires. Au contraire, ils manquent absolument chez les arbres habités, parce qu’ils sont continuellement emportés et mam
- Fig. 4. — Deux fourmis grossies.
- A gauche, Azleca imlabili$\ à droite. Alla discigerai
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- gés par les fourmis qui les guettent avec le plus grand soin. Les corpuscules de Müller, comme ceux de Belt, sont formés d’un parenchyme délicat, riche en proléides et en huile; ils sont produits continuellement, et à profusion.
- La très curieuse adaptation par laquelle le Cecropia adenopus, non seulement prépare à scs hôtes une demeure, mais encore leur en facilite l’entrée, a été étudiée avec soin pai W. Schimper et nous croyons devoir l’exposer ici, d’après lui, en détail, car il y a là un cas des plus remarquables de symbiose.
- La cavité qui sert d’habitation aux fourmis ne serait pas une adaptation aux hôtes; elle représenterait un trait commun à plusieurs autres plantes qui peut être expliqué par un principe mécanique de construction.
- « Il en est autrement' de l’entrée delà cavité. Ici, une indubitable adaptation apparaît : au-dessus de l’insertion de chaque feuille s’étend, presque jusqu’au nœud supérieur, une rainure superficielle, dont le sommet montre une dépression arrondie, aussi bien chez les arbres non myrmécophiles que chez les j eunes entre-nœuds qui ne sont pas encore habités (fig. 2).
- « La dépression externe correspondant à une dépression interne, la paroi, à cet endroit, est très mince, comme un véritable diaphragme dans un tube (fig. 2). Ce diaphragme diffère essentiellement dans sa structure histologique des parties voisines de la paroi, en ce qu’il est dépourvu des éléments durs et coriaces tels que faisceaux vasculaires, collenchyme, parenchyme lignifié, qui forment le corps principal des tissus dans les autres endroits. Dans le tissu de la paroi situé au-dessous de la rainure les faisceaux vasculaires s’élèvent comme des structures secondaires et s’arrêtent court, juste au-dessous du diaphragme. Le diaphragme est destiné à être l’entrée et la paroi est percée toujours à cet endroit.
- « L’étude de l’évolution du développement montre qu’en premier lieu, la dépression est. le résultat de la pression exercée par le petit bourgeon axillaire qui est visible dans la figure 2, à la base de l’entre-nœud. Cette pression est exercée pendant toute la durée de la croissance longitudinale de l’entre-
- Fig. 5. — Cecropia adenopus avec corpuscules de Müller. En liaul : Base du pétiole avec coussinet et corpuscules de Müller. — En bas : Coupe transversale d’une partie du revêtement velouté à la base du pétiole avec corpuscules de Müller à divers degrés de développement (légèrement grossi).
- nœud et cause la formation de la rainure. Les tissus internes de la rainure ressemblent à ceux qui ne sont pas exposés à la pression, excepté la petite fosse primitive qui s'accroît en circonférence après que la pression a cessé et est en outre modifiée.
- Il est évident qu’au commencement philogénétique de la symbiose les fourmis percèrent une entrée à travers la rainure parce que la paroi était là quelque peu plus mince et aussi conformément à leur habitude, répondant à des convenances domestiques, de percer l’entrée, autant que possible, à la partie supérieure de leur demeure. Toutes les dispositions facilitant la percée à travers cet endroit, doivent avoir été retenues par la lutte pour l’existence cl augmentées par la sélection; elles ont conduit, finalement, à la différenciation du diaphragme mince et faible qui a été décrit plus haut1. »
- Notre auteur insiste sur l’écla tan le c o n fi r m a t i o n qu’est venue donner à cette hypothèse la découverte, dans le Corcorado, près de Rio-Janeiro, d’une espèce de Cecropia, dépourvue de fourmis et en même temps de la porte d’entrée et des corpuscules de Millier. Dans ce cas, de môme que chez les myrmécophytes, le jeune bourgeon axillaire, en pressant sur l’cnlre-nœud, produit également une dépression isodiamétrique laquelle, en raison de la croissance longitudinale, devient une rainure.
- « Mais, la dépression originelle ne. diffère ni extérieurement, ni par la nature des tissus internes, de la rainure dont elle forme l'extrémité supérieure. »
- L’endroit précis pour l’entrée n’est pas préparé spécialement.
- Ajoutons, qu’en dépit de l’absence d’une armée protectrice, l’espèce de Cecropia dont nous venons de parler se montre néanmoins complètement indemne.
- Schimper croit que c’est grâce au revêtement cireux du tronc, qui, comme on l’a démontré, oppose à l’ascension des fourmis un obstacle insurmontable. Emile Gadeceae.
- 1 Schimper, toc. cil.
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- LA NATURE.
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- LA SUPÉRIORITÉ DU TIR
- Il est admis que la condition primordiale du succès d’une attaque d’infanterie nécessite l’obtention préalable de la supériorité du feu.
- Si, nous plaçant au point de vue purement balistique, nous considérons deux troupes opposées dont l’une attaque l’autre qui se trouve en position défensive, il est évident qu’à conditions égales, le défenseur, qui peut s’abriter, a avantage sur l’assaillant. Comment ce dernier pourra-t-il obtenir cette supériorité du feu qui, seule, peut assurer le succès de son attaque? Lorsque le feu a affaibli suffisamment l’ennemi, dit le règlement français, le mouvement en avant lui succède pour aborder l’ennemi : le mouvement en avant seul est décisif et irrésistible, mais il ne l’est que lorsque le feu efficace, intense, lui a ouvert la voie.
- On a préconisé, pour obtenir la supériorité du feu, deux moyens différents : dans l’un, l’attaque remplace au fur et à mesure ses pertes par une poussée continue de troupes fraîches vers l’avant, poussée qui maintient constamment son effectif au complet et lui permet de surmonter la résistance de l’ennemi par un effort régulier et continu. Tout en restant dans le domaine théorique, voyons, dans ce cas, ce qu’il adviendrait de deux troupes occupant un front de môme longueur et mettant en action le même nombre de fusils, 100 par exemple. On a calculé que les pertes de l’assaillant seront 5,7 fois supérieures à celles du défenseur, car la surface vulnérable du premier, qui n’est pas abrité (22 décim. carrés), est 5,7 fois plus grande que celle du second qui est à l’abri (G décim. carrés) ; ceci est toujours vrai, quelle que soit la distance.
- Afin d’avoir une base fixe, on a admis qu’après 10 minutes de combat, l’attaque aurait perdu 52 hommes et la défense 9. L’important ici est moins la valeur absolue de ces chiffres que leur valeur relative : leur valeur absolue dépend de la distance, de la qualité du tir et de la densité des lignes, tandis que leur valeur relative dépend uniquement de la grandeur des surfaces vulnérables. Si, par exemple, le défenseur n’est pas aussi bien abrité que nous l’avons admis et que sa surface vulnérable ait doublé, ses pertes doubleront pendant que celles de son adversaire resteront toujours les mêmes.
- En admettant maintenant, qu’après ces 10 minutes, l’assaillant ait remplacé ses pertes et que le défenseur n’ait pu le faire, les effectifs qui, au début du combat, étaient dans le rapport de 100 : 100, se rapportent maintenant comme 100:91. Il en résulte que, pendant les
- 10 minutes suivantes, l’attaque ne perdra plus que 29 hommes et son adversaire 8 ; la première, remplaçant une seconde fois ses pertes, les effectifs, au bout de 20 minutes de combat seront dans le rapport 100: 85. On peut constater facilement que ce rapport se déplace constamment en faveur de l’assaillant-, toutefois, il lui faut combattre pendant 2 heures, temps pendant lequel
- 11 a fallu envoyer 250 fusils de renfort sur la ligne de feu, pour que les pour cent des pertes .chez les deux adversaires deviennent égaux.
- Pendant ces 2 heures, le défenseur a perdu 70 hommes ; le l’apport des effectifs, 100 : 50, correspond alors à peu près à celui des surfaces vulnérables, 0,22 :0,00. À ce moment l’attaque perd 10 hommes en 10 minutes et la défense 5 seulement : celle-ci ne compte plus que 27 fusils et si la première remplace encore une fois ses perles, elle aura perdu 260 hommes.
- 11 faut avouer que ces résultats sont trop favorables à la défense, car l’on a admis que chacun de ses tireurs est abrité jusqu’à la tête, tandis que l’assaillant est supposé se trouver sur un terrain absolument plat, ce qui n’arrive pas dans la réalité. Si ce dernier n’avait été que deux fois plus vulnérable que son adversaire au lieu de 5,7 fois, il aurait pu rétablir l’équilibre en -40 minutes seulement, en n’envoyant que Tl5 fusils sur la ligne et il se trouverait au bout de ce temps avec 100 fusils en face de 50. Ce résultat montre bien la nécessité impérieuse d’utiliser le terrain pour se couvrir et s'abriter. Sans entrer dans de plus longs détails, ni faire intervenir la question du moral qui contribue puissamment à faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre, il est facile de se rendre compte que le procédé d’attaque ci-dessus entraîne pour l’assaillant des pertes colossales qui le rendent absolument impraticable.
- L’autre moyen préconisé, et qui paraît le plus rationnel, consiste à employer des formations telles que l’on puisse égaler les conditions favorables dans lesquelles est placé le défenseur, en n’ayant recours, que dans une faible mesure, à des renforts qui donneront le surplus d’énergie nécessaire pour conduire la lutte à bonne fin.
- Suivant les circonstances, les formations sont prises en se basant sur les remarques suivantes, en envisageant des conditions égales pour les deux adversaires : une troupe qui occupe un front de 100 m. fait subir à une troupe égale n’occupant qu’un front de 50 m. des pertes doubles des siennes; à front égal, une troupe debout perd 5 hommes contre 4 pour une troupe à genou et 10 contre 5 pour une troupe couchée; une troupe qui tire aussi bien, mais 2 fois plus vite que son adversaire, fera subir à celui-ci des pertes douilles; les pertes seront encore doubles pour une troupe qui tire, avec une erreur de hausse de 100 m. contre une autre qui emploiera la hausse exacte, si la première tire avec une erreur de 200 m., son adversaire ne fera aucune perte; si une troupe s’abrite, diminuant par là sa surface vulnérable de la moitié ou des trois quarts par rapport à celle de son adversaire, elle perdra deux ou trois fois moins d’hommes. D’autre part, si l’on met en ligne deux sections par exemple, contre une seule, il est évident que celle-ci, pendant le même temps, perdra deux fois plus d’hommes.
- Les différentes causes de supériorité ou d’infériorité indiquées ci-dessus peuvent naturellement s’ajouter ou se compenser : c’est le devoir du chef de placer sa troupe dans les conditions les plus favorables pour obtenir un résultat maximum.
- Jusqu’ici, on n’a considéré que l’efficacité purement matérielle du tir en faisant abstraction de l’état psychologique des deux adversaires. Le moral a une importance capitale au combat, son absence peut annihiler les meilleures combinaisons et, en fin de compte, c’est la troupe dont le moral est le moins affecté qui prend et conserve la supériorité ; un adversaire démoralisé peut lâcher pied après des pertes relativement minimes. L’assaillant a pour lui l’ascendant moral : l’offensive, dit le règlement français, surexcite la force morale et s’adapte parfaitement au caractère français. Les forces morales constituent les facteurs les plus puissants du succès ; elles vivifient l’emploi des moyens matériels, dominent toutes les décisions du chef et président à tous les actes de la troupe.
- L. G.
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- LA NATURE.
- LA PHILOSOPHIE DES NÈGRES BANTUS1
- L’antique conception du « sauvage », de T « homme de la nature », qui llorissait au xvm° siècle, tend à disparaître complètement devant les découvertes des ethnographes.'On sait aujourd’hui que, sur presque toute la terre, les sociétés ont atteint des développements assez considérables pour mériter le nom de civilisations, et qu’il y a, entre les hommes les plus primitifs et nous, beaucoup plus des dilférences de degré entre civilisations que de nature entre sauvages et civilisés.
- Ce n’est pas seulement l’état matériel, la culture technologique, qui témoigne d’un développement de civilisation chez les prétendus sauvages; l’intelligence s’est livrée chez eux tous à scs jeux les plus complexes et quelquefois les plus tins; elle a élaboré des systèmes de représentations, des théories cosmiques ou cosmogoniques, eLc., qui, exactement comme dan s nos plus hautes sociétés, sont à deux faces, l’une de spéculation pure, l’autre d’application : toujours, en effet, ces systèmes sont en rapport avec l’organisation sociale; d’abord ils apparaissent comme un reflet de celle-ci, puis ils réagissent à leur tour sur elle, comme cause, pour la modifier.
- On possède par exemple aujourd'hui, à la suite des admirables travaux de MM. Spencer et Gillen, Roth, Howitt, etc., des notions précises sur l’organisation sociale des tribus australiennes et sur les croyances et les façons de. penser qui y ont cours, et cette connaissance permet de voir l’intime rapport qui existe entre elles. D’une façon générale, la tribu est divisée en deux: grandes sections fondamentales, auxquelles on a donné, en Europe, le nom de phratries, et chacune des phratries est divisée en clans, petits groupes dont les membres se reconnaissent à un insigne commun, objet de leur culte commun, et cause à leurs yeux de la parenté qui les unit, que l’on désigne d’un nom emprunté aux Américains, le totem; nous ne dirons rien ici du totem ni du totémisme, vaste sujet encore plein d’obscurité, sur lequel nous aurons peut-être occasion de revenir : on saura seulement que dans les sociétés australiennes le mariage est interdit entre
- individus du même totem, c’est-à-dire du même clan : c’est ce que l’on appelle l'exogamie du clan. L’organisation sociale est ainsi une classification des individus et des groupes d’individus dans la tribu, et le plan même de cette classification est celui de cette classification des choses, des qualités et des actes, qui constitue ce qu’on pourrait appeler la australienne : le monde est pensé sur le patron de la tribu, réparLi comme elle entre les phratries et les clans, chaque chose rattachée au totem d’un clan, par exemple la lune au clan de l’opossum, etc.
- De même, chez les Zunis d’Amérique, décrits par M. Cushing, le monde est pensé comme formé de
- parties dont les rapports sont justement ceux (pic soutiennent les clans à l’intérieur du pueblo. De même qu’il y a sept clans, il y a sept régions dans le monde : le Nord, le Sud, l’Ouest, l’Est, le Zénith, le Nadir, le Milieu ; choses et bêles sont réparties entre les sept régions et les sept clans, et de même les fonctions sociales, les couleurs, etc. : ainsi, au Nord appartiennent : le vent, l’hiver, le pélican, la grue, le chêne vert, la force et la destruction, le jaune, etc.
- Un récent travail2, œuvre d’un missionnaire anglais qui est resté de longues années dans l’Afrique occidentale, vient d’apporter une contribution nouvelle à la éonnaissance de ce qu’on a justement appelé les classifications primitives*, et son auteur a vraiment tenté, on peut le dire, de pénétrer la philosophie des peuples nègres de langue bantu. Malheureusement, ces Africains sont dans un état de développement beaucoup plus avancé que les Australiens et que les tribus nord-américaines; ils ont connu des influences plus nombreuses et, peut-être, ce que M. Dennelt a cru leur système, n’est-il en partie que le système de M. Dennett. Quoi qu’il en soit, il faut présenter au public quelques-uns des
- 1 Prononcer : Bantou.
- 2 Al the back of the blach man's mind (Au dos de l’esprit de l'homme noir), par Dennett. Macmillan. Londres, 1906.
- ; 3 Année sociologique, Paris. Alcan, t. VI. Travail de MM.
- ' Durkheim et Macjssi
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- LA NATURE.
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- laits recueillis dans un livre aussi étonnant et aussi consciencieux. Rien ne doit être négligé de ce qui peut nous faire comprendre un peu cette mentalité nègre, si mystérieuse pour nous.
- M. Dennctt reproduit, à la planche XXI de son ouvrage, et nous reproduisons à notre tour, avec l’aimable autorisation des éditeurs anglais, une figure
- de l’ouvrage de M. Ling Roth sur le Bénin\ qui est
- S If la pièce capitale du livre, nous dirions volontiers la ' mm---
- '••• ' pièce à conviction. En effet, on voit sur celle figure,
- if X-Ç.S: fixée au mur d’une maison en. construction dans le
- -iSw Renin, un objet qui, en faisant abstraction de plusieurs autres détails, que M. Dennett considère S-Bs
- comme accessoires, est remarquable parce qu’il
- êmÈ t i porte 24 trous, disposés en 4 colonnes de G, chaque colonne de G formée elle-même d’un groupe, de 4 '.I'///. ilsÊst llD 'ifm"
- S P™! !’:.-S;- et d’un groupe de 2. Or, d’après M. Dennett, ce
- EJpl! nombre 24 est la clef de la philosophie des nègres 111! i
- iJlil
- :Q :::: :: :ÜSBV^;..
- ('.elle planche donne quelques types de 1 cliclios des liavili
- Un le!iclje à clous (Mavungu)
- dans lequel on plaide un clou
- à chaque demande qu’on lui lait.
- IV" 2, ô, i et 5.
- Des fétiches ordinaires.
- N" 2. Mpembe.
- IV 5. Nduda.
- N° 4. Un faux fétiche, fait pour la vente, non pour le culte.
- N” 5 .[Quart jo Xilunga.
- bantus occidentaux et par là de leur organisation sociale. Ce nombre 24 résulte d’un double système de classification des choses, une classification en 6 classes, et une en 4. Nous laisserons de côté cette dernière qui semble, pour l’auteur même, moins fondamentale; dès lors, les 6 classes ou catégories des choses et des idées sont les suivantes: Veau, la terre, le feu, le mouvement, la fécondité, la vie, et voici de suite quelques exemples des idées associées à ces catégories : avec Veau, la mora-
- 1 Gréai Bénin, Linu Roth. King aiul Sons. Halifax, 1903.
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- LA NATURE.
- lité, la sagesse, la vertu, la paternité, la bouche...; avec la terre, les corps solides, la justice, la raison, l’intelligence, les herbes, les mains, l'estomac, le coeur, la maternité...; avec le feu, l'amour, le mariage, l’esprit, la lumière, le sein, l’odeur...; avec le mouvement, le toucher, la germination, le tonnerre, l’éclair...; avec la fécondité, le poids, l’énergie, la moisson, la vue, la mémoire, les jambes... ; avec la vie, la naissance, le goût, les lèvres....
- M. Bennett a cru devoir conclure de ses observations à l’existence d’une double organisation de la vie religieuse chez les banlus, ou plus exactement chez les lïavili, habitants du Loango, qu’il a plus particulièrement étudiés, mais, par voie inductive, il étend ces conclusions aux bantus occidentaux. En effet, à côté et au-dessus d’une forme religieuse inférieure, pleine de pratiques grossières, il existerait une pensée religieuse plus élevée, plus pure, qui serait véritablement la religion des lïavili, et qui d’ailleurs, dans l’indéniable décadence actuelle des Bantus à notre contact, ne subsisterait plus qu’à l’état de ruine. M. Bennett oppose ces deux aspects de la vie religieuse sous les noms de ndongoume, qui est à ses yeux un bas fétichisme et de nkiciiame, qui est la religion élevée. Une telle polarisation n’a rien d’abord qui doive étonner : elle est de tous les temps, de tous les pays; le folklore des peuples chrétiens par exemple est, de ce point de vue, la permanence du culte inférieur. Toutefois, malgré toute l’attention qu’on doit à la parole d’un observateur de mérite, il est possible que M. Bennett exagère le phénomène. Cette réserve faite, il est intéressant de constater le rôle que le nombre 0 joue dans la vie religieuse et notamment dans sa forme élevée. Le nkiciisme, en effet, est une sorte de religion des « forces », désignées sous le nom de Nkici qui, d’après l’auteur, signifie la « qualité mystérieuse, inhérente dans les choses, qui cause le respect et la peur du Bavili », et il y a 0 grands ordres de choses nkici, ce sont : 1° les bois sacrés; 2° les terres et les rivières sacrées; 3° les arbres sacrés; 4° les animaux sacrés; 5° les présages; 0° les saisons.
- En outre, dans chacun de ces 6 grands groupes se retrouve le double système de classification à base 6 et à base 4. Ainsi les bois sacrés se répartissent en G groupes de chacun 4, et chacun de ces 6 groupes est en connexion avec une des 6 catégories (eau, terre, etc.) énumérées plus haut; cette relation est marquée à la fois dans leur nom et dans leurs propriétés; cela n’empêche pas d’ailleurs qu’en dehors de ces 24 grands bois sacrés, il ne puisse y en avoir d’autres, rentrant aussi dans le cadre général; M. Bennett pense qu’il pourrait y en avoir 144 (6x24), mais on ne voit pas bien ses raisons, si ce n’est le désir de la symétrie? Bc même il y a 6 saisons, qui sont celles de la fumée, du brouillard, de la grêle, des pluies,,des pluies femelles, des pluies mâles, et chacune de ces saisons fait 2 mois, soit 12, chaque couple de mois produisant un végé-
- tal qui lui est propre, soit 6 végétaux, de sorte qu’en additionnant G saisons, 12 mois et G végétaux on revient encore au nombre 24. La même chose, nous l’avons dit, pour les rivières, les astres, les présages, les animaux.
- M. Bennett pense qu’en plus des 3 nombres 4, G, 24, un autre nombre exprime la philosophie des Bantus occidentaux. Pour le comprendre il faut tenir compte des données précédentes et des suivantes : les Bavili admettent un dieu suprême, Nzambi ; parmi les choses et les gens, ils font deux grandes classes, suivant qu’elles sont bien ou mal, supérieures ou inférieures, qu’elles ressortissent au nkiciisme ou au ndongoïsme; puis les choses ndongo forment 3 groupes, et les choses nkici 3 autres; enfin les vents sont répartis en 24 pouvoirs. Ceci dit, le tableau suivant exprimerait la totalité du système philosophique des Bavili, contenant l’ensemble de toutes les choses sacrées et formant le cadre général de leur pensée : le dieu Nzambi, 1 ; Ndongo et Nkici, 2; les 3 parts du Ndongo H- les 3 parts du Nkici, 6; les vents, 24; les G formules de 24 (saison, bois sacrés, etc.), 144; les 24 résultats de ces formules, 24. Nombre total : 201.
- Ce nombre 201 exprimerait la totalité des pouvoirs supérieurs à l’homme et avec qui il doit compter. Mais il est fort normal de penser que ces pouvoirs ont dû être personnifiés par les peuples qui y croyaient et qu’ils ont du s’efforcer de les représenter. Les habitants du Bénin, également banlu, et dont M. Bennett admet l’identité philosophique avec les Bavili, étaient de merveilleux ouvriers en bronze et ils ont en effet représenté les puissances, sous le nom d’Ebami. Or le palais du roi de Bénin, lorsque cette ville fut détruite par les Anglais, contenait précisément, dit notre auteur, les statues de 201 ebami.
- L’esprit européen, qui a sans doute connu un passé semblable, mais si lointain qu’il en a perdu le souvenir, se sent mal à l’aise dans ces étranges cadres mystiques constitués par les nombres; il croit se mouvoir dans la folie. Pourtant, il y a une nécessité dans leur étude, qui n’est pas seulement de la curiosité. Tout le monde aujourd’hui comprend, pour des civilisations comme celles de la Chine et de l’Inde, combien elles sont conditionnées par le développement intellectuel, par l’état philosophique. Ici également, le système ne reste pas un jeu détaché des réalités, un prétexte à dissertations; il est profondément marqué dans la vie réelle, et particulièrement dans la royauté. Le roi, en effet, est un être divin, qui, par ses différentes qualités et par les assesseurs qui lui sont attachés suivant ces qualités, correspond avec les 6 grandes divisions du monde sacré : il entretient ainsi la vie à la fois sacrée et profane. Sans doute, pour des Européens, c’est seulement par l’efficacité technique de ses actions qu’il gouverne, mais le hantu ne pense pas comme nous, et croit que le roi gouverne par l’efficacité religieuse de ses actes. Aussi, si le roi n’est
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- pas investi des qualités qui donnent à ses actes cette efficacité, il ne peut pas réellement gouverner, la vie religieuse dont il est le moteur terrestre est suspendue et la vie politique du même .coup; toute l’étendue de pays sur laquelle il règne est prêle pour la décomposition sociale. C’est précisément ce qui s’est produit dans notre possession du Loango où, faute d’avoir compris l’importance qu’il y a de respecter les cadres de la pensée et de l’organisation indigènes, nous avons détruit le ressort intime de cette société. En effet, le roi n’est réellement roi que s’il a été investi,,nous dirions sacré, c’est-à-dire s’il a reçu le titre de maluango au cours d’une cérémonie déterminée; jusque-là, il n’est que nganya vuntba, prêtre des saisons, chargé d’une partie de la vie sacrée et sociale, mais incapable du tout. Or, la ruine des habitants du Loango les empêchait de célébrer dignement le sacre de Maniluemba, qui devait s'effectuer en 1891, et qui exige un déploiement de magnificence. Le gouvernement français recula devant la dépense à faire, non qu’elle fût importante, mais parce qu’à nos yeux d’Européens, le fait d’être ou de ne pas être sacré n’a pas d’importance pour un roi. Maniluemba est donc resté prêtre des saisons et non roi, et le royaume de Loango est, à la lettre, et au sens étymologique même, un corps sans âme. La chose est d’autant plus regrettable que Maniluemba est un homme intelligent et qui aurait volontiers pu nous aider.
- Marcel Blot.
- CHRONIQUE
- Sur les poussières explosives. — M. Peckham, dans le Journal de la Société chimique industrielle de Londres, donne à ce sujet quelques détails intéressants. Il rappelle les recherches qu’il a faites en 1878, à l’occasion de l’explosion d’une minoterie de Minneapolis, aux Etats-Unis, qui était due aux poussières en suspension. L’expérience .a montré qu’en enfei'inant 56 grammes de cette poussière dans plus d’un demi-mètre cube d’air dans une sorte de corps de pompe, l’approche d’une flamme détermine une explosion dont la force est suffisante pour soulever le poids de deux hommes placés sur le piston. On peut en calculer qu’un sac de farine répandu en poussière dans l’air est susceptible, en détonant, de projeter 2500 tonnes à plus de 50 mètres de hauteur. L’inflammation des poussières-dans les minoteries peut d’ailleurs être communiquée par la friction des meules fonctionnant à vide ou quand un corps étranger détermine la production d’étincelles. Les poussières de charbon, de houille, de bois, etc., se comportent de la même façon. Une explosion analogue s’est produite en 1890, dans une fabrique de savon de Rhode Lsland, tuant deux hommes : dans un des ateliers, on préparait une poudre en pulvérisant dans des moulins, un mélange de carbonate de soude sec et de savon desséché, ce qui avait répandu dans l’air de la poussière de savon porphyrisé. Or l’expérience de l’inflammation de cette poussière, mélangée d’air, détermina une explosion violente. 11 semble donc qu’on puisse conclure de ces expériences q.ue toutes les poussières combustibles sont dangereuses et susceptibles de former avec l’air des mélanges détonants.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3o septembre 1907.
- Présidence de M. Becquerel.
- Uacide arsénieux et les trypanosomiases. — M. Laverait expose que MM. Lœffler et Rühs ont annoncé que l’acide arsénieux avait à l’égard des trypanosomiases des propriétés préventives analogues à celles des sels de quinine à l’égard du paludisme. Déjà un observateur, M. Bruce, a entrepris de contrôler cette assertion en soumettant au traitement arsenical un animal qui était ensuite transporté dans une localité envahie par une maladie à trypanosomes. Dans ces conditions il est arrivé que l’animal s’infectait. MM. Laveran et Thiroux, après avoir injecté des solutions d’acide arsénieux à des animaux, les ont inoculés avec des trypanosomes. La maladie s’est développée. Ils ont alors entrepris de reproduire les expériences de M. Lœffler en se plaçant dans des conditions identiques, choix d’animaux de même espèce que ceux ayant servi aux expériences en Allemagne, identité de la solution, absorption par la voie stomacale, etc. L’effet de l’acide arsénieux a été nul. Ainsi il ne convient pas d’attribuer à celte substance une action préventive qui d’ailleurs ne pourrait être prolongée pendant quelque temps, attendu que l’arsenic s’accumulerait dans l’organisme et y occasionnerait de graves accidents.
- Le pouvoir trypanolylique de la rate. — M. Laveran dépose ensuite une Note de M. Mastaglia sur le rôle destructeur des trypanosomes attribué à la rate. L’auteur conclut que ce rôle est nul.
- La matière colorante de V-urine. — M. A. Gautier résume un travail de M. Dombroxvski, professeur à l’Université de Lemberg, sur la matière colorante de l’urine. 11 rappelle que, depuis plus d’un siècle, plusieurs chimistes illustres ont porté leurs recherches sur cette matière. On citera les noms de Berzélius et de Liebig. M. Dombrowski expose que cette substance n’a aucun rapport avec celle que l’on a décrite sous le nom d’urochrome. Néanmoins il garde le nom d’urochrome à cause de son appropriation à l’objet à définir. Il" a séparé le véritable uro-chroine par un procédé qu’il a imaginé dans ce but. 11 a obtenu ainsi une matière soluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool, insoluble dans l’éther. Ce pigment ne dérive pas du tout de la matière colorante du sang; on en sépare une matière dérivée du pyrrol ordinaire et non de l’hémopyrrol. Cette réaction démontre que, contrairement à l’opinion admise, le pigment en question dérive des albumines de l’économie et spécialement du plasma sanguin.
- Embryogénie végétale. — M. G. Bonnier présente une Note de M. Léon Dufour relative aux plantes à fleurs composées. En partant de caractères autres que ceux de la fleur et du fruit, l’auteur modifie la classification de ces plantes, mais ce qui est le plus intéressant dans ce travail, c’est cette observation que, par la forme de ses feuilles successives à partir de la germination, la plante inscrit, pour ainsi dire, l’histoire de son évolution. C’est ainsi, par exemple, que les feuilles primordiales de chicorée ressemblent aux feuilles de laitue. Les feuilles successives d’une même espèce reproduisent souvent les formes des feuilles adultes d’espèces différentes montrant de cette façon que ces espèces dérivent les unes des auli’es. En un mot, l’auteur construit ainsi une sorte d’embryogénie végétale analogue à celle des animaux.
- Cil. DE VlLLEDEUlL.
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- LA NATURE.
- UNE POMPE A BASCULE
- De l’avis îles voyageurs, le radis, qui n’occupe qu’une place fort modeste sur nos tables françaises, n’est nulle part aussi estimé qu’en Allemagne. Les bavarois, et, avec eux, la majorilé des Allemands du Nord, sont très friands de ce crucifère à la saveur si piquante. Non seulement ils le font entrer presque chaque jour dans leurs menus, mais ils exigent encore qu’il tienne compagnie aux copieuses chopes de bière dégustées l’après-midi sous les ombrages des Bier-garten.
- Il est permis à un Français d’ignorer que la plus grande partie des radis noirs consommés en Allemagne provient d’un petit village bavarois qui s’est fait une spécialité de celte culture. Sur onze cents âmes que compte Weichs-an-der-Donau, un bon millier demande exclusivement ses moyens d’existence à la production des Reüiche, ot, pour employer un terme plus local, des Batzlradis.
- Dès que les
- pas besoin de forer des puits profonds pour rencontrer la couche d’eau souterraine. Mais le plus curieux est la manière dont celle-ci est exploitée de la façon primitive qu’illustre notre photographie.
- Une pompe aspirante, d’une simplicité antique, plonge dans ces puits. Le piston est fixé par son extrémité supérieure à une planche en bascule qui fait levier. Le tout est encadré dans des poteaux de bois (de fer, quelquefois), dont les extrémités prolongées sont reliées
- Vue d’une pompe ù .
- bascule.
- champs sont débarrassés de l’épaisse couche de neige qui les recouvrait, la population entreprend la semence; le travail ne s’arrêtera qu’à la fin d’octobre, ou même vers la mi-novembre, quand se fera la dernière récolte. C’est dire que, sauf pendant le cœur de l’hiver, la population consacre toute son activité aux soins que réclament les Radibreedlen (planches de radis).
- La première récolte consiste en petits radis roses que consomme à lui seul le marché le plus proche, celui de Regensburg. Les amateurs ne les connaissent que sous le poétique nom de « petits radis de Bavière » (bayrische Badieschen). Ce premier sacrifice fait aux intérêts locaux, les paysans ne s’occupent plus que des gros radis noirs, qui s’exportent, comme nous l’avons dit, dans toute l’étendue de l’Allemagne.
- Le terroir se prête admirablement à ce genre de culture qui demande, comme on le sait, un arrosage méthodique. Le sous-sol est très humide, et il n’est
- par une barre à laquelle se cramponnent les opérateurs pour maintenir leur équilibre.
- Une seule personne peut manœuvrer la pompe, mais il est à peine besoin de dire que l'effort se trouve considérablement réduit quand deux personnes prennent place sur la bascule; le remplissage de la vaste cuve disposée au pied de l’engin se fait alors plus rapidement.
- Comme le montre notre instantané, ce travail est confié aux femmes, et la photographie nous prouve qu’elles s’acquittent gaiment d’une besogne plutôt monotone.
- Il est curieux de constater que des pompes aspirantes analogues sont d’un usage courant dans l’intérieur des Indes asiatiques, avec cette seule différence que le corps de pompe est fait d’un tronc de bambou. . V. Forbin.
- Le Gérant : P. JIassos.
- Paris. — Imprimerie L.OiiRi:, rue (le Fleurus, *9.
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- N° I7P4. — 12 OCTOBRE 1907.
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- APPLICATIONS DU BETON ARME A ROTTERDAM
- Le grand reproche adressé au « béton T armé » est son manque d’esthétique ou I la difficulté que l’on éprouve à lui don- i ner une forme satisfaisante. Cette difficulté, loin d’être vaincue, paraît devoir réserver le béton armé aux travaux publics, où les constructions toujours de grandes dimensions, présentent quantité de parties cachées. Le nouveau matériau peut donc être employé là, sans inconvénient, sans causer d’effet disgracieux, mais en procurant, par contre, de sérieuses économies.
- Les ingénieurs, chargés de travaux maritimes, l’ont cependant peu employé; quelques-uns ont tenté de le
- Fig. 2.
- Bétonnage des caissons.
- substituer à la maçonnerie dans la construction des murs de quai. C’était là une heureuse idée, mais on est arrivé assez tard à lui donner une forme vraiment pratique.
- On s’est d’aboi’d contenté de retenir les terres situées en arrière du parement par des cloisons qui permettaient seulement une diminution d’épaisseur du mur et par là, une certaine économie dans le cube des maçonneries. Plus tard, on eut l’idée de recourir exclusivement au béton armé en constituant 35° aimée. — 2e scmcslre.
- I lK' ,IO
- Construction des caissons en béton arinéïçfi
- le mur de quai par un écran reposai ' sur un large patin, ces deux éléments étant reliés de distance en distance par des diaphragmes jouant le rôle de contreforts. Dernièrement enfin, M. Van Ysselstein, ingénieur en chef du port
- Fig. 3.’ — Achcveriient des caissons.
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- de Rotterdam, s’étant trouvé dans l’obligation de construire, rapidement et à peu de frais, des murs de quai, a fait appel au béton armé qu’il a utilisé d’une façon toute personnelle et fort ingénieuse.
- Rotterdam est, avant tout, le port d’aboutissement de la navigation rhénane : la majeure partie du trafic s’y fait par transbordement direct de bateaux de mer à bateaux du Rhin ou réciproquement. Rotterdam n’a donc pas grand besoin de quais : il lui faut surtout des surfaces d’eau. C’est ce qui explique pourquoi, dans ce pays, on ne construit une portion quelconque de quai que lorsque cette portion est louée d’avance par un particulier ou une compagnie de navigation.
- Les ingénieurs du port utilisaient donc un procédé de construction en rapport avec ces exigences économiques, très satisfaits de leur système, ils ne pen-
- saient qu’à le conserver quand, dernièrement, les services de cabotage dont les steamers accostent aux Boompjés réclamèrent des voies de quai afin de pouvoir opérer le transbordement direct de wagons à bateaux. Ces voies de quai doivent être établies au Parkhaven et au Saint-Jobshaven, actuellement en creusement. C’est là qu’il s’agit d’établir les murs en question.
- L’essai a été décidé sur une longueur de 200 m., prise sur la Meuse, entre le Schiehaven et le Saint-Jobshaven. L’organe essentiel est un caisson en béton armé dont le fond repose directement sur le sable dragué à la cote convenable. Ces caissons ont 40 m. de longueur et 10 m. de hauteur.
- Ils sont divisés en deux parties égales par une cloison longitudinale et chacune de ces parties est divisée, à son tour, en un même nombre de compartiments par des cloisons transversales. .
- La base des caissons forme patin, en avant et en arrière, et mesure 9,80 m.
- La partie du patin qui s’avance dans le fleuve est pleine : celle qui est à l’arrière est simplement
- raidie de distance en distance par des nervures.
- La l’orme ainsi donnée à la partie inférieure du caisson est très bonne au point de vue de la stabilité : le patin antérieur diminue les chances de renversement du caisson sous l’influence de la poussée des terres (on le prolongerait même davantage s’il ne devait gêner la mise en place des énormes pieux de protection qu’on dispose en Hollande en avant et le long de tous les murs de quai). Le patin postérieur joue le même rôle par suite du poids de terrain qu’il est appelé à supporter.
- Construction des caissons. — La construction des caissons comprend 2 phases :
- lr0 Phase. — Les caissons sont montés, dans une fosse asséchée, jusqu’à une certaine hauteur (5,80 m.).
- 2° Phase. — Les caissons, en flottaison, sont amenés à leur hauteur définitive (10 m.). Cette façon d’opérer dégage les chantiers de construction et permet une fabrication plus rapide.
- Chantiers de construction à sec. — Ces chantiers sont établis dans une fouille rectangulaire, à talus inclinés, revêtus de dalles à la partie inférieure et fermés par une écluse en bois.
- Dans cette fouille se trouvent 2 files de 2 caissons placés suivant leur grand axe. Différentes photographies nous montrent les 4 caissons : sous deux d’entre eux, les fers de la partie inférieure sont en place et, dans l’un, on commence à bétonner; dans les deux autres, on procède à la mise en place des fers (fig. 1 et 2).
- Bétonnage. — Cette installation, vraiment très intéressante, ne peut être qu’esquissée ici.
- Il suffit d’ailleurs de savoir que les matériaux sont amenés sur bateaux, puis déchargés par une grue sur des wagonnets qui circulent, sur une esta-cade portant la grue, jusqu’au lieu de dépôt. À proximité de celui-ci se trouve une bétonnière ; le béton est versé dans des wagonnets et conduit au chantier de bétonnage.
- Celui-ci comprend une grande estacade1 fixe située à peu près au milieu de la fouille, perpendiculairement au grand axe; de niveau avec la bétonnière, elle se trouve à 8 m. au-dessus du fond de la fouille.
- Cinq mètres plus bas, et parallèle à la première est placée une estacade mobile, pouvant se déplacer longitudinalement. Elle peut donc être amenée toujours au-dessus de l’endroit exact où doit se faire le bétonnage.
- Il est maintenant facile de voir comment s’effectue le transport du béton. Les wagonnets qui quittent la bétonnière s’engagent sur l’estacade fixe par deux voies parallèles et basculent en face d’une coulotte ou glissière, ménagée entre les deux voies) Le béton est reçu dans d’autres wagonnets qui se
- Pieu.~~i\
- de protection Ijj
- l'ig'. i. — Coupe cl’un mur de quai.
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- déplacent d’abord sur des voies perpendiculaires aux premières et ensuite par l’intermédiaire d’une plaque tournante sur d’autres voies placées sur l’estacade mobile. Là, de nouvelles glissières reçoivent le béton et le laissent tomber au fond du caisson où des hommes sont chargés de le faire pénétrer soigneusement dans les intervalles des fers et de le pilonner.
- On dispose ensuite les coffrages des parois et celles-ci sont montées par le même procédé jusqu’à ce que le caisson ait atteint la hauteur lixée(5,80m.).
- Cette construction demande 6 semaines ; on attend encore 5 jours pour permettre au béton de faire bonne prise, puis on laisse entrer l’eau dans la fouille pour faire flotter les 4 caissons.
- Ceux-ci sont amenés aux chantiers à flot, après ouverture de l’écluse en bois dont nous avons parlé et installés sur la rive Sud du Schiehaven.
- Chantier d'achèvement des caissons. — Dans ces chantiers, les caissons sont portés à leur hauteur définitive de 10 m. Les coffrages sont maintenus par. des pièces métalliques placées verticalement aux angles et maintenant les madriers en les emprisonnant dans des rainures. L’achèvement du caisson exige 4 semaines (voy. fig. 5).
- On remarquera que les parois avant et arrière, présentant le même fruit, donnent au caisson une forme symétrique ; on peut se demander l’intérêt de cette disposition, puisque rationnellement la paroi arrière devrait être verticale.
- Que l’on se rappelle donc la façon dont sont construits les caissons : dans la 2e phase, maintenus à flot, ceux-ci sont montés successivement de la hauteur 5,80 m. à la hauteur de 10 m. La forme symétrique permet alors au caisson de conserver la même position d’équilibre, dans toutes les situations de flottaison. On réalise même une symétrie presque complète en chargeant de gravier le patin postérieur pour remplacer le béton qui n’existe pas entre les nervures.
- Mise en place des caissons et construction du mur de quai. —Les caissons terminés sont conduits à leur emplacement définitif par flottaison et échoués, en les remplissant d’eau. Ceci fait, on épuise deux compartiments voisins, situés de part et d’autre de la cloison longitudinale ; les autres compartiments, étant toujours lestés, maintiennent le caisson à fond.
- Ayant surmonté l’un et l’autre compartiment vides d’un petit caisson métallique, muni d’un point étanche à la partie inférieure, on procède au remplissage en versant d’un côté, du béton à sec,
- et de l’autre côté, celui des terres, de l’eau. On a soin de maintenir le même niveau dans chaque compartiment afin d’équilibrer continuellement la poussée du béton sur la paroi centrale qui ne présente pas une résistance suffisante pour pouvoir la supporter.
- Le remplissage terminé, on démonte les caissons métalliques et on coule du sable dans le compartiment plein d’eau, au moyen d’un transporteur dont, l’action est continue et excessivement rapide. Ce sont ces deux conditions (continuité et rapidité) qui ne permettent pas de verser directement le sable dans le second compartiment. Le débit des bétonnières est en effet assez faible et il faut pouvoir régler la montée des matières dans les différentes cases. Aussi a-t-on recours à l’eau que l’on reçoit par un tuyau de siphonnement muni d’un robinet.
- Il ne reste plus à établir que la superstructure qui se fait en blocs artificiels de 2 m. de hauteur, en béton paremenlé, avec des moellons de basalte. Pour cela, on recèpe la paroi antérieure du caisson en béton armé jusqu’au niveau supérieur du remplissage en béton (0,20 m. sous basse mer). On a trouvé bon de s’arrêter à ce niveau, afin que le caisson ne découvre pas aux basses mers de vive eau : on évite ainsi un aspect fâcheux, car on ne voit jamais que les blocs artificiels. On peut, par ce rapide exposé, se rendre compte de la facilité et de la rapidité d’exécution fournies par ce procédé : il reste à examiner la question économie.
- Nous ne pouvons malheureusement pas donner à l’heure actuelle des renseignements absolument exacts sur ce point, puisque nous sommes en présence d’un simple essai. Dans de telles conditions, tous les éléments des prix de revient se trouvent, en effet, majorés dans des proportions notables qu’il est difficile de déterminer.
- Cependant, les ingénieurs du port estiment que ce procédé devenu courant leur donnerait des murs de quai, à raison de 2000 francs le mètre courant, alors que le prix correspondant de l’ancien système atteint 5450 francs.
- Nous conclurons en espérant que cette innovation apportée dans la construction des murs de quai donnera des résultats vraiment satisfaisants dans la suite et donnera, tout au moins aux ingénieurs de tous pays, l’idée de recourir à des tentatives hardies pour diminuer le prix de revient, aujourd’hui très élevé, de constructions aussi importantes que celles, des murs de quai. Eue.. Mugniot.
- HUILE ET BEURRE DE COCO
- Chacun sait que le fruit du cocotier renferme une grosse graine à albumen cartilagineux, tapissant d’une couche épgisseet blanche la partie profonde et ligneuse du péricarpe; le centre de la graine est occupé par une cavité qui contient un liquide de goût agréable, le lait de coco, assez abondant
- lorsque la noix n’est pas parfaitement mûre. Cette amande est riche en matière grasse, qui est certes le produit le plus intéressant de ce palmier, parmi tant d’autres qu’on en retire.
- On pratique l’extraction de cette graisse tantôt sur place, mais plus fréquemment loin des pays d’ori-
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- gine; il est alors nécessaire, pour diminuer les frais de transport, de n’expédier que la partie utile du fruit, en supprimant les enveloppes fibreuse et ligneuse qui entourent la graine; on fend donc les nôix et, après dessiccation obtenue soit au soleil, soit dans des fours, la couche d’albumen se rétracte sur elle-même en abandonnant la paroi du fruit et se laisse facilement détacher sous forme de calottes hémisphériques: ce sont ces calottes bien sèches, par conséquent réduites à leur poids minimum, faciles à transporter et à conserver à l’abri des moisissures, qui constituent le Coprah, matière première renfermant en moyenne les deux tiers de son poids de substance grasse.
- La méthode d’extraction de l’huile varie dans ses détails suivant les pays ; elle consiste essentiellement à transformer le Coprah en une poudre fine, analogue à de la sciure de bois, par l’action successive de râpes et de cylindres broyeurs lisses ou rayés ; la matière pulvérulente est alors exprimée à chaud, au moyen de presses hydrauliques puissantes.
- L’huile ainsi obtenue, de teinte légèrement jaunâtre, se prend en masse vers 25°; elle renferme une assez forte proportion d’acides gras libres, qui se sont produits, soit pendant la préparation, soit pendant le transport du Coprah ; leur présence provoque une odeur et une saveur désagréables s’accentuant très vite. Cette huile est impropre aux usages culinaires : on s’en sert presque exclusivement pour la fabrication des savons, qui en absorbe des quantités importantes.
- L’huile retirée des noix fraîches est par contre d’un goût assez délicat et les indigènes s’en servent fréquemment pour la préparation de leurs aliments; mais elle rancit rapidement, en prenant une odeur repoussante.
- On s’est donc demandé, si, par des manipulations chimiques appropriées, il ne serait pas possible de retirer des Coprahs de qualité supérieure une graisse agréable au goût comme l’huile des noix fraîches, d’un bel aspect et présentant des qualités de conservation qui pourraient permettre un emploi très large dans l’alimentation.
- La solution du problème a été trouvée depuis quelques années en France, en Angleterre et en Allemagne et les produits connus sous les noms de
- Beurre de coco, Végétaline, Cocose, etc., suivant les fabriques qui les livrent, prennent chaque jour une place plus importante parmi les succédanés du beurre de vache. Les procédés d’épuration de la graisse brute varient évidemment dans certaines limites qui influent un peu sur la qualité du produit et leurs détails constituent à l’heure actuelle des secrets de fabrication qui sont jalousement conservés.
- En France, la fabrication de la végétaline se fait exclusivement à Marseille, où les usines Massilia, au prix d’efforts constants, sont parvenues à fournir une graisse irréprochable de qualité certainement supérieure aux produits similaires de l’étranger, créant ainsi une nouvelle branche importante de l’industrie des matières grasses si développée dans notre centre provençal. La production annuelle de la végétaline a passé, en effet, de 1500 tonnes en 1900 à environ
- 8000 tonnés à l’heure actuelle et se trouve absorbée par l’Europe du Nord-, par l’Amérique et par une consommation d éj à bien établie dans tout l’Est de la France.
- Pour obtenir la végétaline, il est nécessaire de recourir à des Coprahs de qualité supérieure, préparés avec des noix bien mûres, desséchés au soleil, car la dessiccation artificielle a souvent pour résultat de communiquer au Coprah une teinte plus ou moins foncée; l’huile est extraite par les procédés ordinaires; le produit brut ainsi obtenu est d’abord décoloré, puis débarrassé de son odeur désagréable et de son goût répugnant, au moyen d’une série de manipulations, qui consistent essentiellement dans la saponification des acides gras libres et dans l’entraînement par un courant de vapeur d’eau des principes odorants. :
- La végétaline, telle qu’elle est livrée au commerce, est une belle graisse blanche, complètement anhydre, solide à la température ordinaire, ne fondant qua 26°, complètement neutre au goût et d’une agréable odeur de noisette; d’après les analyses de Muntz, les acides gras qui entrent dans sa composition sont, au premier rang, l’acide laurique (87 pour 100), puis les acides oléique, palmitique, stéarique en proportion beaucoup moindre, enfin les acides butyrique et caproïque pour une fraction infime^
- Tous ces acides sont à l’état combiné; la quantité d’acide libre est sensiblement nulle et n’augmente pour ainsi dire pas au bout de plusieurs mois,
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- Fig. 2 — Cocotiers au bord d un canal à Ceylan.
- Fig. 3. — Route bordée de cocotiers.
- même au contact de l’air, même sous un climat chaud. I alimentaires l’avantage de présenter une constitution La graisse de coco a sur la plupart des graisses | absolument constante, ce qui ne peut être réalisé
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- chez les graisses d’origine animale, dont la composition varie avec la nourriture des animaux producteurs; elle "est exempte de microorganismes et particulièrement de bacilles de la tuberculose, dont celles-ci sont malheureusement trop souvent le véhicule.
- L’absence d’eau lui communique une valeur nutritive considérable, supérieure d’environ 15 pour 100 à celle des beurres et des margarines, puisque sa masse tout entière est alimentaire.
- Ses propriétés digestibles ne le cèdent à nulle autre graisse comestible; des expériences spéciales, instituées sur des lapins, ont montré que, meme lorsqu’elle entre dans la ration journalière en forte quantité, elle est utilisée presque complètement, ce <pii ressort de l’examen des déjections des animaux soumis à ce régime; les chiffres obtenus sont comparables à ceux que donne l’emploi du beurre à la meme dose, ils sont môme un peu supérieurs.
- On admet actuellement que la digestibilité d’une graisse et par suite son coefficient d’assimilation sont en relation directe avec sa l'acuité d’émulsion et la solubilité des savons que cette graisse peut fournir dans l’organisme,
- « Or1, aucune matière grasse n’est plus finement émulsionnée et plus facilement saponifiée que la végétaline; il suffit pours’en convaincre de mettre la végétaline, le beurre et l’huile d’olive en présence d’une dissolution saline et alcaline contenant du suc pancréatique dans les mômes proportions que celles de l’intestin. En maintenant quelque temps à la température voulue, on constate que la végétaline se dissout entièrement, tandis que les autres substances surnagent en masse huileuse. De plus, en examinant au microscope les émulsions obtenues, on constate que les globules de la végétaline sont infiniment plus petits que ceux des autres matières grasses. »
- D’autre part, les savons de végétaline se dissolvent parfaitement; ainsi un litre d’eau salée (à 12° Beaumé) dissout entièrement 100 grammes de ce savon, tandis que le savon de beurre y est insoluble.
- Quoique d’une assimilation parfaite, la végétaline pourrait être un aliment inférieur aux autres graisses, si, à poids égal, elle fournissait par combustion dans l’organisme un nombre de calories moindre que celles-ci ; quoique des mesures calorimétriques précises n’aient point été exécutées, il est possible de conclure de sa composition chimique centésimale, qui décèle une proportion plus élevée de carbone, qu’elle est un producteur plus puissant de chaleur organique.
- Enfin, le D1' Challan de Belval a mis en évidence, par des expériences délicates, l’action reconstituante exercée par la végétaline sur les enfants rachitiques ; cette propriété bienfaisante est en relation avec l'influence qu'exercent les graisses sur le développement
- 1 Extrait d’uiirapport do M. tlmitz.
- des ostéoblastes, en permettant la formation des produits cristallisables nécessaires pour l’évolution complète de ces éléments en cellules osseuses ; l’action particulière de la végétaline, comparable à celle de l’huile de foie de morue, s’explique alors tout naturellement par l’assimilation remarquable de cette substance.
- En résumé donc, au point de vue physiologique, la végétaline est la graisse la plus saine, la plus assimilable, la plus alibile que l’on connaisse. Son goût est fort agréable; cependant elle n’a point la finesse des beurres de qualité supérieure et ne saurait supplanter ces produits dans la confection des mets raffinés; mais elle peut les remplacer au point de vue hygiénique, dans tous leurs emplois. C’est une précieuse acquisition pour l’alimentation économique, car son prix de revient est des plus modiques et son usage devrait d’abord se généraliser dans les casernes et les hôpitaux.
- Cependant la diffusion de ce produit n’est pas sans rencontrer de sérieux obstacles. Il est d’abord extrêmement difficile de réagir contre une routine étayée sur beaucoup de siècles: puis la végétaline a été mise en suspicion : on l’a déjà accusée de tenter une concurrence déloyale contre le beurre, d’être un moyen de fraude, quoique sa pureté et ses qualités permettent de l’offrir sous sa véritable étiquette; les protecteurs à outrance du beurre ont donc proposé de n’admettre la végétaline dans le commerce qu’après dénaturation par addition d’huile de sésame et de fécule.
- Si, sans aucune raison, puisque l’incorporation de végétaline au beurre est très facile à déceler, on s’engageait dans cette voie, ce serait en somme l’interdiction pure et simple du meilleur succédané du beurre.
- Un autre danger pour le nouveau produit provient de la hausse constante du Coprah, conséquence de l’ouverture de nouveaux débouchés ; le prix de la végétaline doit forcément suivre ce mouvement; à mesure qu’il se rapproche de celui du beurre la lutte devient plus difficile; cependant ce danger peut être conjuré par une augmentation de la production en Coprah et surtout par l’amélioration apportée à la préparation de cette matière première. Cette amélioration aurait pour résultat de faire converger vers une juste moyenne les prix, si différents actuellement, des Coprahs aptes à l’extraction de la végétaline et de ceux qui ne peuvent fournir qu’une huile industrielle quelconque.
- Lorsque ces divers éléments sc seront mis en harmonie, nul doute que la végétaline ne prenne un essor décisif et, si les colons français ont su multiplier à temps leurs plantations, il y aura là une source fort importante de prospérité pour le développement économique de nos possessions. .
- Marcel Dubarr,
- Maître de conférences à la Sorbonne.
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- L’OIE DANS L’ÉGYPTE ANCIENNE
- H n’cst pas uu temple égyptien, pas une syringe où ne ligLirent des oies mêlées aux offrandes placées sur l’autel.
- Fig. 1. — Cuisiniers égyptiens faisant cuire des oies. (Bas-relief de la Ve dynastie.)
- Ces oiseaux abondent dans les compositions de l’ancien empire, et les scènes de chasse de toutes les époques nous montrent ces palmipèdes l’emportant en nombre sur les autres volatiles.
- Habituellement reprodnites avec cette fidélité propre aux artistes égyptiens, la plupart de ces oies se laissent facilement identifier ; nous croyons en reconnaître sept espèces différentes : le ehenalopex, Voie cendrée ou première, Voie sauvage, l’oie rieuse ou à front, blanc,
- Voie à cou roux, la bernache, le cravanl.
- Le ehenalopex (Cltenalopex
- Ægyptiaca Sleph.). — Cet an-séridé (fig. 7), le plus beau que l’on connaisse, a le dessus de la tète, les joues et la gorge
- d’un blanc jaunâtre; le dessus du dos est brun rouge ; les grandes couvertures sont d’un vert métallique, les petites d’un blanc pur, les moyennes sont blanches aussi, mais coupées d’un ruban noir; le dessous du corps est jaune isabelle ondulé de petits zigzags bruns ; une tache rousse entoure les yeux; le bec et les pieds sont rouges. Sur le thorax, s’enlève un plastron circulaire d’un ï’oux très vif1.
- Le ehenalopex, ou oie du Nil, a 0,74 de long et 1,48 d’envergure. Il habite toute l’Afrique orientale
- depuis l’Égypte et la Nubie, où on le rencontre par
- grandes bandes, jusqu’au cap de Bonne-Espérance. Établi en Palestine et en Syrie, il fait de fréquentes apparitions en Grèce, dans le Sud de l’Italie et de l’Espagne. En 1844, à la fin de novembre, un ehenalopex, faisant partie d’une bande composée de 9 individus, fut capturé aux environs de Paris près de Neuilly2.
- Ce palmipède aime extrêmement ses petits; si un péril lès menace, pour leur donner le temps de se sauver, il attend le chasseur et feint de se livrer ; quand ils sont hors de danger, il se lève à son tour et disparaît. A cause de celte qualité, lorsque les Egyptiens voulaient écrire le
- 1 Goulu. The birds of Europe, vol. V, pl. 553.
- 2 Revue zoologique, année 1844, p. 441-442.
- mot fils, ils peignaient un ehenalopex1, lequel correspondait ainsi à la valeur phonétique sa ; aussi voyons-nous son image dans un nombre considérable d’inscriptions. Il est toujours placé en tète des protocoles royaux qui, généralement, proclament le pharaon « fils du soleil2 ».
- D’après Hérodote c’était un oiseau sacré5.
- Très rusée4, tyrannique et méchante, l’oie du Nil est constamment en guerre avec ses semblables et ne craint pas de s’attaquer à l’homme lui-même. Ce caractère est fort bien rendu dans le papyrus satirique de Turin où, tout en exprimant une idée différente, on nous montre quelques ehenalopex confiés à la vigilance de trois chats, dont l’un est assailli par un de ces volatiles qui le fait tomber à la renverse en se précipitant sur lui avec fureur (fig. 5).
- L’oie cendrée (Anser cinereus Mayer). — Souche de nos oies domestiques on l’a également appelée oie première. Son plumage est d’un gris assez uniforme; la tête, le cou et les grandes couvertures sont d’un brun cendré; les rémiges, la poitrine et l’abdomen ont une teinte blanchâtre. L’iris est brun, le bec entièrement jaune, les pattes rouge pâle. Elle mesure 1 m. de long sur 1 m. 82 d’envergure (fig. 2). Son poids est d’environ 5 kg 1 /2. L’aile pliée n’arrive pas au bout de la queue5.
- L’aire de dispersion de l’oie cendrée s’étend depuis la Norvège sur toute l’Europe et l’Asie ; en automne elle descend vers les régions méridionales de ces continents pour hiverner. Ses migrations la conduisent au Centre de l’Inde et dans le Nord de l’Afrique.
- Elle (tasse haut, le cou tendu, voyageant par bandes disposées en V la pointe en avant. Les lieux où elle s’abat de préférence sont les grands cours d’eau, les grèves, les prairies; les marécages renfermant des îles au sol lour-
- Fig. 3. — Papyrus satirique do Turin.
- 1 Horopolliîn. Hiérogl. 1. 55. Champollion. Système hiéroglyphique des anciens Égyptiens, p. 370.
- 2 A vrai dire, les Égyptiens n’y regardaient pas de si prés et nous trouvons diverses espèces d’oies servant à écrire le mot fils. Voir plus loin l’oie cendrée.
- 3 Liv. II, 72.
- -4 D’où lui vient le nom de vulpanser, oie renard.
- 5 Godld. Birds of Europe, t.'V, pl. 547.
- Fig. 2. — L’oie cendrée.
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- houx, couvertes d’herbes, de roseaux et de buissons. Sa nourriture se compose d’herbe, de graines diverses, d’insectes et de quelques mollusques. Les males sont très jaloux et se livrent souvent, entre eux, de terribles combats.
- Dans les inscriptions pharaoniques l’oie cendrée sert aussi, quelquefois, à exprimer l’idée de fils1.
- L’oie sauvage ou des moissons (Anser sylveslris Brisson). — Cette espèce, assez semblable à la précédente, s’en distingue par ses ailes qui, pliées, atteignent ou dépassent le bout de la queue, et par son bec, long, déprimé, coloré de rose au milieu, noir à sa base et à son extrémité. La tète, le cou, le dos, les scapulaires et les grandes couvertures sont d’un brun cendré ; la poitrine et l’abdomen d’un cendré rous-sâtre, le bas-ventre est blanc, l’iris brun foncé, les pieds orangés2.
- Les mœurs et les allures de l’oie sauvage ressemblent à celles de l’oie cendrée, ainsi que cette dernière, elle passe haut et par bandes affectant la forme d’un Y. Sa nourriture est surtout végétale; par suite des dégâts qu’elle commet en recherchant le blé en herbe, on lui a donné le nom d’oie des moissons. Son aire de dispersion s’étend depuis la Laponie jusqu’en Grèce, en Italie et le Nord de l’Afrique. Nous avons son image sur une frise peinte de la IVe dynastie trouvée dans un mastaba de Mey-doum.
- L’oie rieuse ou à front blanc (Anser albifrons Linn.). — Le premier nom lui vient sans doute de ce qu’on aura trouvé dans son cri quelque ressemblance avec un éclat de rire. Elle a le front blanc, la partie supérieure du corps d’un gris l’oussâlrc mêlé de blanc et de noir, tout le dessous est blanc parsemé de quelques taches d’un noir intense. Le bec et les pieds sont jaunes ; sa longueur est d’environ 0,72». (fig. 9).
- Très régulière, c’est juste avant le lever et le coucher
- 1 Voir plus haut, le chenalopex.
- 2 Drosser. A. liislory of the birds of Europe, vol. VI, pl. 412.
- 5 Goulu. Birds of Europe, pl. 549.
- du soleil qu’elle se met en mouvement, pour se rendre tous les jours au même endroit. Cette espèce passe la belle saison aux environs du cercle polaire d’où elle descend pour hiverner sur les côtes des Iles-Britanniques, dans le Sud de l’Europe, en Chine et au Japon. Elle est l’une des plus abondantes de l’Egypte; on la rencontre par bandes jusqu’au mois de mars, époque où elle quitte cette contrée pour émigrer vers le Nord.
- On a reconnu, parmi les offrandes alimentaires trouvées à Thèbos, dans les tombes d’Amenliotep 11, de Tholmès 111 et de Maher-Pra (XV1IP dynastie), des restes momifiés d’oie rieuse. L’une de ces offrandes, rc-m a r q u a b 1 e m ent conservée, était contenue dans un petit sarcophage de bois provenant du tombeau de Maher-Pra.
- Préparée comme pour la cuisson, l’oie était privée de sa tète et des extrémités de ses membres. Après l’avoir vidée, on plaça, dans la cavité thoracique, le gésier, le foie et le cœur entourés de bandelettes et attachés les uns aux autres par de petites ficelles1.
- L’oie à cou roux (Anser ruficollis Pall). — C’est un
- oiseau fort joli, au duvet long et très fin.
- Il a le sommet de la tète, la gorge, le ventre et toutes les parties supérieures d’un noir profond; le devant du cou et la poitrine sont d’un brun rouge éclatant. L’anus est d’un blanc pur. Un ruban, de même couleur, entourant la poitrine, remonte sur le dos, court le long du cou et circonscrit une tache rouge placée sur lès côtés de la tête. L’iris est brun, le bec et les pieds sont noirs, l’aile pliée égale la longueur de la queue.
- On rencontre cet nnséridé dans les contrées septentrionales de l’Ouest de la Sibérie, au Nord du Turkcstan et de la mer Caspienne; il se montre accidentellement en Europe et en Égypte2.
- Nous possédons un beau spécimen d’oie à cou roux,
- 1 Lortet et Gaillard. La faune momifiée de l’Egypte ancienne, 2e série, 1905, p. 297.
- 2 Salvadori. Catalogue du Brilish Muséum, vol. XVIII, p. 126, année 1895.
- Fig. i. — L’oie à cou roux, (Peinture de Meydoum.)
- Fig. 5. — Oies mises en conserve. (Peintarc thébuine.)
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- dans une peinture de la IV0 dynastie provenant d’un mastaba trouvé à Meydoum (fig. 4).
- La chair de cet oiseau est, dit-on, un mets fort savoureux, n’ayant ni l’odeur de poisson, ni celle de marécage.
- Si la forme et la couleur ont contribué à l’identification des oiseaux qui précèdent, il n’en est pas de même des deux suivants dont la coloration a disparu et n’offrent comme ternie de comparaison que leur silhouette. Toutefois, celle-ci est, croyons-nous, assez caractéristique,
- La bernache (Anser leucopsis Béclisl). — Elle a la face blanche, une sorte de capuchon, d’un noir intense, recouvre le sommet de la tête, le cou et la partie supérieure du thorax; une tache de couleur semblable s’enlève entre l’œil et le bec; le dessus du corps est d’un noir grisâtre frangé de blanc; tout le dessous d’un blanc pur, le bec et les pieds sont noirs (fig. 8). Sa longueur est d’environ 0,07.
- La bernache habite de préférence les plages maritimes et ses troupes n’affectent point en volant la forme d’un Y.
- Fig. 0. — Le Gravant. Fig. 7. — Le clienulopex Fig. S. — La bernache.
- L’oiseau terp des Égyptiens. d’après un papyrus du musée de Leyde. Ro, en égyptien.
- pour nous permettre d’identifier les deux oiseaux nommés terp et ro par les Egyptiens.
- Dans son ensemble, le terp (fig. G) nous offre un bec assez faillie, une tête formée de plans rectilignes, une poitrine fortement proéminente, une aile qui, pliée, arrive au bout de la queue; particularités propres à l’oie cravant dont Brisson et Werncr ont donné chacun une reproduction entièrement semblable à l’image égyptienne *.
- D’autre part le cravant et la bernache ont assez de ressemblance pour qu’on puisse les confondre l’un avec l’autre, il n’y a entre eux divergence très sensible que dans la distri-bution des couleurs. Or, les deux oiseaux égyptiens ro et terp présentent, quant à leur forme, autant de similitude que la bernache et le cravant; si celui-ci a pu être identifié à l’oiseau terp on admettra l’identité du ro avec la bernache. Un rapprochement entre des images modernes2 et la reproduction antique, vient en outre à l’appui de cette identification.
- 1 Voir Buisson. Ornithologie, vol. VI, pl. 31. Werner, Allas palmipèdes, ordre 15. Voir aussi Roux. Ornithologie provençale, pl. 563. Gould. Birds of Europe, vol. V, pl. 352.
- 2 Werner. Atlas palm., ord. 15. Roux. Ornith. prov., pl. 562. Goulu. Birds of Europe, vol. V, pl. 350. Pour la ressemblance qui existe entre la bernache et le cravant, voir Dresser. A Iiislory of the birds of Europe, qui, dans le 6° vol. pl. 415, a réuni ces deux oiseaux à la même échelle.
- Elle se nourrit d’herbes, de graines, d’insectes, de crustacés, de mollusques. Sa chair est, dit-on, très bonne à manger.
- Comme cet anséridé niche fort avant dans les régions septentrionales, et que, pendant longtemps, personne n’avait pu observer sa génération, on inventa les plus extravagantes fables pour expliquer son origine.
- Il y avait, croyait-on, au bord de la mer, un arbre
- prodigieux portant des oiseaux ressemblant à des oies et que Ton nommait anseres arborei. Ils pendaient à l'arbre par le bec durant leur croissance et tombaient dès qu’ils étaient mûrs. Ceux qui se laissaient choir sur le sol gisaient inertes et pourrissaient, ceux qui au contraire tombaient dans l’eau flottaient un instant à la surface et s’envolaient.
- Si Ton en croit Vincent de Beauvais, ces oiseaux ne pendaient pas au bout des branches; ils étaient attachés au tronc et à l’écorce où le suc des arbres les nourrissait jusqu’à ce qu’ils eussent assez déplumés et de force pour s’envoler.
- Suivant les uns, cet arbre merveilleux se trouvait en Écosse, mais d’après Silvius Piccolomini1, qui vécut dans ce pays auprès du roi Jacques Ior, c’est dans Tune des îles Orcadcs, à Pomonia, qu’on devait le rencontrer.
- Certains faisaient naître les bernaches des débris de
- 1 II devint pape sous le nom de Pie II.
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- navires, d’autres affirmaient qu’elles prenaient naissance dans les coquilles anatifères.
- En raison des provenances qu’on lui attribuait, cel oiseau étant considéré comme un plat maigre, les gens d’église les plus austères, les religieux réputés pour la rigueur avec laquelle ils pratiquaient les abstinences, ne se faisaient aucun scrupule d’en manger aux jours maigres et pendant le carême.
- Le pape Innocent 111 crut devoir mettre un terme à cette fantaisie et en interdit l’usage lors du Concile de Latran1.
- Le cravcinl (Anser b renia. Brisson). — Ce palmipède (lig. 6) a la tète, le cou et la partie supérieure du thorax d’un noir très foncé: le dos et les ailes d’un gris noirâtre; le bas de la poitrine gris pommelé. L’abdomen et quelques plumes sur le côté du cou sont d’un blanc pur, les longues pennes de l’aile, le bec et les jambes noirs, sa longueur est d’environ 0,00.
- Le cravant vit dans les mêmes conditions que la ber-naclie ; ses mœurs, ses allures, son alimentation sont à peu près semblables.
- D’un naturel timide et sauvage, il pousse quand on s’en approche, un sifflement semblable à celui de l’oie ; mais son cri ordinaire est une sorte de sourd aboiement.
- Nous voyons encore, sur les monuments, un anséridé portant le nom égyptien smen ; son aspect général rappellerait assez l’oie rieuse, mais comme il n’offre aucun trait assez caractéristique pour établir un rapprochement certain, je m’abstiendrai de l’identifier. L’oie smen a joué un rôle assez important dans la religion pharaonique où étant parfois assimilée au dieu Ammon, elle avait, de ce fait, pour sanctuaire, le grand temple de Karnak.
- Les Égyptiens considéraient aussi l’oie smen comme un emblème du dieu Seb. Ils croyaient que cette divinité se cachait sous la forme d’un jars colossal dont la femelle avait jadis pondu l’œuf du soleil, et c’est pour annoncer au monde entier cette bonne nouvelle, qu’il pousse des cris perçants; aussi l’avail-on surnommé le Grand-Glous-seur.
- Dans le Livre des Morts, le défunt s’assimile à l’œuf du Grand-Glousseur et parle en oie smen dont les dieux écoutent la voix2 3.
- « J’ai été le chef, s’écrie-t-il plus loin, j’ai gloussé en oie smen, je me suis envolé au ciel, vers la région de la grande fête5. »
- Tous ces palmipèdes que nous venons d’examiner, pullulent, élevés en domesticité, dans les cours de l’ancien
- 1 Tenu au mois de novembre P215. Voir Guainijorge, Traité de L’origine des macreuses, passim.
- 2 Liv. des Morts, chap. L1V, lig. 1 ; —chap. CLXIX, 1. 49.
- 3 Papyrus Ne b., 5e écL, pl. 5; col. 5. Trad. Perret.
- empire. Les parois des syringes nous les montrent également à l’état sauvage, vivant au sein des marais, dans les fourrés de papyrus où ils étaient l’objet de chasses très actives.
- Ce genre de sport procurait aux Egyptiens non seulement un plaisir très recherché, mais après avoir capturé ces oiseaux à l’aide du boomerang, ils en faisaient des conserves.
- De curieux tableaux nous font assister aux divers épisodes de cette opération. Pendant qu’un individu s’applique à plumer les volatiles, un autre, assis en face de lui, les vide, puis les expose quelque temps à l’air, suspendus à une poutre d’où un troisième personnage les décroche pour les mettre dans des jarres (lig. 5).
- Les oies engraissées étaient aussi fort appréciées des anciens habitants de la vallée du Nil; ils trouvaient ce mets tellement savoureux, qu’ils le servaient journellement sur la table des rois.
- Dans un bas-relief de la Ve dynastie, représentant les apprêts d’un festin royal, on remarque une chaudière
- dans laquelle des cuisiniers sont en train de faire cuire des oies (lig. J).
- Lorsque Agésilas de Lacédémone se rendit en Égypte afin d’y secourir Tachés contre les Perses, entre autres présents que les Egyptiens lui apportèrent, figuraient des oies engraissées 1.
- L’oie est, paraît-il, susceptible d’attachement.
- On raconte que l’un de ces animaux suivait son maître absolument comme un chien, devant toute la cour du roi Ptolémée2. Les peintres et les sculpteurs ont fait des anséridés de très habiles applications dans l’art monumental. Ici, placées côte à côte, les ailes éployées, des oies entourent comme d’un collier le haut du fût d’une colonne; là, mêlées à divers ornements elles entrent dans la composition d’un chapiteau. Nous les trouvons avec leurs nids et leurs œufs reproduites sur les plafonds et dans les scènes de chasse.
- Quelques objets d’art industriel offrent aussi l’image de ces oiseaux.
- Voici deux vases; l’un a la forme d’une oie repliée sur elle-même; l’autre, exécuté en verre opaque, est également figuré par une oie qui, le cou arrondi, en manière d’anse, donne la becquée à un petit oison placé sur le couvercle.
- P. UlPPOLÏTE BOUSSAC.
- 1 Agésilas II, roi de Sparte. Celle expédition eut lieu l’an 561 av. J.-C. Voir Plutarque, Vies des hommes illustres, Agésilas.
- Voir aussi Athénée, Le banquet des savants; liv. IX, chap. VU1.
- 2 Pline, tiist. val., X, 26. —Plutarque. Quels animaux sont les plus intelligents, etc., 18.
- Fig. 10. — L’arbre ilonl li oisel naissent et tombent quand ils sont meurs.
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- L’AÉROPLANE EDMOND SEUX
- Si la technique dont relève la construction des aéroplanes n’est pas encore définie, les études abondent cependant afin d’en poser les premiers jalons. Et l’on ne se contente plus, actuellement, de développer ses idées à coups de formules; les théoriciens se font praticiens et s’efforcent, sur les différents champs de manoeuvre, de faire triompher leur manière de concevoir l’aviation. Tous les chercheurs n’en sont pas là, il faut bien le dire; quelques-uns se tenant dans les limites d’une formule très simple, estiment que l’art de naviguer dans les airs exige plus de pratique que de théorie. 11 y a peut-être du vrai dans cette manière de concevoir le problème ; mais n’oublions pas que cette forme a été déterminée à la suite des expériences des Lilienthal, des Chanule, des Wright, des Ferber, et que si elle parvient à se modifier, à être rendue plus maniable, moins dangereuse, on le devra surtout aux travaux théoriques.
- M. Edmond Seux, secrétaire de l’Aéro-Club lyonnais, est un de ces inventeurs pleins de bon sens qui ne négligent pas la théorie pour la pratique et savent faire aller de pair leurs recherches dans l’une et l’autre direc-“ t tion. Dès 1905, aban-
- "----------^------—donnant la question
- A B c des ballons dirigeables
- Pi,r. i. à laquelle il s’était
- Schéma do l’aéroplane Seux. consacré à la Suite des Gilïàrd et des Tissan-dier, il s’adonna complètement à l’étude des aéroplanes, observant avec une loi robuste le vol des oiseaux planeurs au cours des voyages que ses affaires personnelles l’obligeaient à effectuer, et l’Académie des sciences accueillit, à plusieurs reprises, ses notes à ce sujet.
- Tout le problème de l’aviation, dit M. Edmond Seux, se réduit à la recherche de la stabilité longitudinale, ou stabilité de route, et tous les efforts des chercheurs doivent tendre à la réalisation de l’équilibre longitudinal automatique qui permettra de maintenir dans une certaine amplitude les oscillations de l’appareil en limitant les variations des centres de pression et de gravité, centres éminemment variables suivant la pression de l’air et la vitesse de translation.
- Dans tout aéroplane, le gouvernail régulateur, dont la théorie fut donnée en 1872, par Alphonse Penaud, doit être placé à l’arrière et capable de céder, dans une certaine mesure, sous la pression de l’air, au-dessus et au-dessous de sa position normale selon que l’air le frappe sur sa face inférieure ou sur sa face supérieure. Les courants aériens étant généralement ascendants, certains observateurs admettent un angle de 2 ou 5 degrés, le plan gouvernail devra donc être incliné de quelques degrés par rapport au plan sustentateur. Et, afin d’ajouter
- à la stabilité générale du système, les extrémités latérales de ce gouvernail seront capables de se relever légèrement au-dessus de leur plan normal. Celle théorie de la non-rigidité des plans est
- Fig. 2. — L’aéroplane Seux (élévation). — S, plan principal ;
- A, gouvernail avant; B, gouvernail arrière; H, hélice; M, rnoleur.
- hardiment professée par M. Edmond Seux. Dans le vol plané, dit-il encore, où les ailes semblent immobiles, c’est l’élasticité qui joue le plus grand rôle. L’aile de l’oiseau n’est jamais complètement immobile, au moins dans ses parties latérales extrêmes ; selon la vitesse du courant aérien, ces ailes fléchissent et se tordent à chaque instant sur leur axe, se soumettant à toutes les variations du vent, ce qui doit procurer à l’oiseau un pouvoir sustentateur extraordinaire. Chez un oiseau, le moindre mouvement des ailes est l’effet d’un travail des muscles, mais l’énergie musculaire ne se transforme pas directement en locomotion ; elle met d’abord enjeu l’élasticité. Et l’élasticité est indépendante de la vo-
- lonté de l’oiseau.
- La théorie de la construction rationnelle des aéroplanes se dégage de ces aperçus : s’attacher à réaliser des appareils semi - rigides, semi-flexibles, les parties flexibles étant placées à chaque extrémité latérale et se prêtant, sous l’action de ressorts convenablement disposés, à fléchir dans le sens vertical et à effectuer un mouvement de torsion sur leur axe. D’ailleurs les frères Wright ne sont parvenus à obtenir les résultats que l’on connaît qu’en établissant un appareil possédant des articulations à charnières permettant aux surfaces formant les ailes ou à des sections de ces surfaces, de
- Fig. 5. — L’aéroplane Edmond Seux (plan).
- — SS, plan principal ; A, gouvernail avant; B, gouvernail arrière; IIH, hélices ; M, moteur.
- se tordre ou de se plier en dehors de leurs plans normaux; le mouvement est communiqué par le
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- pilote à l’aide de cordages qu’il a à sa disposition j dans la nacelle.
- Après avoir fait exécuter par M. Edouard Surcouf en 1904, un parachute h réaction, à trois surlaces superposées; qu’il expérimenta avec succès à la tour Eilïèl, et en 1905 un appareil semblable auquel il avait ajouté des plans latéraux, M. Edmond Seux établit une série d’aéroplanes d’étude en meme temps qu’il dirigeait ses recherches vers la détermination de la meilleure forme d’hélices. Enfin il passait à la construction d’un aéroplane à moteur qu’il a expérimenté cette année meme.
- Cet appareil, dont la construction est entièrement basée sur les théories de son inventeur, comprend une surface sustentatrice de 10 m. d’envergure et de 1,85 m. de largeur, recouverte d’étoffe, ainsi que l’on a pris l’habitude de les façonner; mais, comme il est reconnu que ces étoffes nuisent considérablement à l’avancement par leur rugosité en donnant une forte prise à l’air, l’auteur a cru devoir recouvrir ce tissu de papier verni, aussi lisse que possible. Cette surface n’est pas plane; elle est la copie à peu près exacte de la forme normale que prennent les ailes d’un planeur. La partie centrale, qui peut très bien figurer le dos de l’oiseau, est concave, puis la surface se relève de chaque côté pour devenir convexe et se terminer à chaque extrémité par une section mobile.
- De plus le bord antérieur de cette surface possède une certaine épaisseur qui va en diminuant vers l’arrière et vers la pointe des ailes. Ici encore l’auteur imite la constitution des ailes de tous les oiseaux sans exception, et ce qui est vrai pour ces derniers, les rois du plus lourd que l’air, ne peut être faux lorsqu’on l'érige en principe dans l’établissement d’un aéroplane. Enfin, des ressorts disposés aux extré-
- mités libres permettent d’obtenir automatiquement la stabilité latérale.
- À 2 mètres de l’avant de cette surface principale est placé un gouvernail capable d’osciller à l'extrémité de l’axe qui le supporte; il est commandé de la nacelle par le pilote qui peut ainsi attaquer l’air sous un angle déterminé pour s’enlever ou amener ce gouvernail dans la position horizontale pour le maintien de la stabilité. À un moment donné ce gouvernail peut être rendu automatique. Il concourt à la stabilité longitudinale avec le gouvernail arrière placé à 5 m. du bord de la surface principale. Ce dernier, à commande automatique, est légèrement incliné au-dessous de l’horizontale ; sa partie supérieure est maintenue par un tendeur fixe, et à sa partie inférieure se trouve un ressort calculé de façon que, sous la pression de l’air venant le frapper en dessous, il se relève automatiquement en s’effaçant. Ce mouvement est encore une imitation de celui auquel obéit la queue de l’oiseau qui se relève lorsqu’il chute. Le dispositif de commande automatique appliqué au gouvernail avant est exactement le môme que celui que nous venons de décrire.
- L’aéroplane Edmond Seux se distingue encore de ce que l’on peut déjà appeler le modèle courant par la présence de deux hélices. L’inventeur estime que ces deux hélices sont absolument indispensables, malgré l’augmentation de poids qu’elles entraînent, parce qu’elles apportent une double surface de poussée ou de propulsion, et, môme en réduisant le diamètre des hélices, on obtient toujours cette double action propulsive. Or dans l’aéroplane il y a intérêt à augmenter celte surface propulsive de façon à diminuer le recul, tandis que l’on gagne peu de chose à augmenter la surface sustentatrice. D’autre
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- part ce système de propulsion semble plus rationnel, car l’effet a lieu presque exactement au point où le centre de pression se rencontre avec le centre de poussée. Représentons schématiquement (fig. 1) notre aéroplane par la surface ABC, B étant le corps de l’oiseau et, partant, le centre de gravité du système; le centre de résistance et de pression ne se trouve certainement pas en ce point B; selon toute évidence il est placé en deux points différents situés approximativement au tiers de la longueur de chaque aile en partant de l’articulation de l’épaule, soit aux points figurés par les deux flèches. Dans ce cas la propulsion paraît conforme aux indications que nous fournit la nature, indications qu’il ne faut jamais négliger au moins en ce qui concerne les lignes générales, les données principales du problème de l'aéroplane. Ajoutons encore un détail de construction : les bords antérieurs de ces hélices sont, de même que celui de la surface principale, légèrement épaissis et cette épaisseur diminue peu à peu jusqu’au hord opposé.
- L’appareil est monté sur un châssis en tubes d’acier porté par quatre roues à billes. L’une de nos photographies montre des roues arrière très petites, beaucoup plus petites que celles de l’avant. Ce dispositif avait été primitivement adopté afin de pouvoir faire varier, entre deux expériences successives, l’angle d’attaque du bord antérieur du plan sur l’air. Le montage des roues était effectué pour élever ou abaisser de 10 à 15 cm l’arrière de l’appareil, ce qui donnait un angle d’attaque variable entre 2 et 12 degrés. Au cours des essais on a remarqué que l’angle ayant donné le meilleur résultat, c’est-à-dire qui a permis le soulèvement de l’avant de l’aéroplane paraît avoir eu une valeur de 5 degrés. Les deux petites roues arrière ayant été ensuite remplacées par deux autres de même diamètre que celles d’avant, les résultats furent inférieurs.
- L’aéroplane est équipé avec un moteur en V Anzani de 55 chevaux, à deux cylindres, pesant 100 kg; le
- poids total de l’engin, aviateur compris, est de 440 kg. La première sortie eut lieu le 15 mai. L’appareil atteignit rapidement une vitesse de 25 à 30 km à l’heure, mais une roue d’arrière se brisa. Aussitôt remplacée, et après 20 m. de parcours celte première vitesse était atteinte de nouveau et tout l’avant se soulevait de 25 à 50 cm au-dessus du sol. L’enlèvement total se serait certainement produit si, à ce moment, l’inclinaison inattendue n’avait amené une des hélices en contact avec le sol et brisé les ailes. Cet accident semble indiquer que l’on avait eu tort de se servir de roues très petites à l’arrière puisqu’elles étaient cause de l’échec. Leur remplacement par d’autres plus grandes fut alors décidé, mais, depuis, l’appareil n’a pu s’élever des quatre roues bien que la vitesse sur le sol ait été évaluée à 55 km. Il est probable que cet aéroplane subira quelques modifications avant de chercher de nouveau à prendre l’air. C’est ainsi que le procédé de lancement sur 4 roues, qui produit un tirage considérable et fait perdre 10 km de vitesse à l’heure, sera abandonné. L’appareil sera monté sur 2 roues placées l’une devant l’autre comme dans une bicyclette ; on bénéficie ainsi du départ sur une roue unique, car l’avant ne tarde pas à se soulever.
- Sans avoir effectué aucune prouesse sensationnelle, l’aéroplane Edmond Seux prend place, néanmoins, parmi les planeurs les mieux étudiés et les plus sérieusement établis. Que les théories mises en avant ne soient pas d’une exactitude rigoureuse, c’èst très possible; mais il n’en est pas moins vrai que chaque partie de l’appareil a fait l’objet d’études très approfondies et se rapproche, autant que la mécanique moderne le permet, de la constitution de l’oiseau. L’auteur ne cherche pas à lui en donner la forme ; son but unique est d’expérimenter ce qu’il croit avoir surpris des secrets du mécanisme de l’oiseau planeur. Il n’en faut pas davantage pour lui attirer les sympathies et croire au succès final.
- Lucien Fournier.
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- UN PRÉCURSEUR DU MONORAIL BRENNAN
- On a lu avec un vif intérêt l’étude sur le monoraihvay Brennan, dans un des derniers numéros de La Nature. M. Louis Brennan entrevoit déjà de nombreuses applications. Il signale les principales dans un récent interview reproduit par Review of reviews. Il en est une qui mérite plus particulièrement d’être retenue : « Mon système,
- Fig. 1. — Le gyroscope en ntouveinenl posé sur un plan horizonlal.
- dit M. Brennan, sera nécessairement employé dans les machines volantes. Il n’y a pas de doute que, dans l’avenir, toutes les machines volantes seront pourvues de gyroscopes qui assureront leur stabilité. On empêchera par ce moyen les mouvements oscillatoires quels que soient les courants d’air. »
- De même, M. Otto Schlick, il y a plusieurs années, a proposé d’utiliser les propriétés du gyroscope, comme stabilisateur, pour atténuer le roulis des navires. Son idée a été mise en pratique, dans le courant de 1906, sur un vapeur de 35 m., ancien torpilleur de la marine impériale allemande. On fit alors la remarque que les bateaux à aube roulaient moins que les bateaux à hélice en raison de l’efifet gyroscopique de leurs deux roues.
- L’invention du monoraihvay, qui a eu un très grand retentissement, n’en est pas moins originale et tout à fait nouvelle.
- Et cependant n’y a-t-il point des antériorités assez précises? Il y a un intérêt de curiosité à satisfaire en indiquant un précurseur du monoraihvay, dont M. Brennan lui-même ignore assurément l’existence.
- Il s’agit d’un précurseur des plus modestes, d’un simple jouet mécanique destiné purement et simplement à l’amusement des enfants. Il est dénommé « bicycliste automate ». On en trouve la description dans un coin de page de la Revue des inventions nouvelles (n° du 5 nov. 1892). Ce petit bicycliste a été réalisé et a fonctionné ; il a été mis en vente, car on indique le nom et l’adresse de son dépositaire.
- En quoi consiste ce jouet, ancêtre du monorail, et vieux déjà de quinze ans? Ce n’est plus le petit vélocipède cahotant péniblement sur trois roues et versant au moindre heurt. C’est une vraie bicyclette roulant sur deux roues, bien que ces deux roues soient maintenues d'une façon rigide dans un même plan. Le moteur est,
- comme dans nombre de jouets automobiles, un volant d’un certain poids; mais il a ceci de particulier, qu’il est concentrique à la roue de devant de la bicyclette, et caché dans la jante creuse de celte roue. Comme on le voit dans les dessins qui la représente (fig. 2), l’axe du volant À se termine à une de ses extrémités par une petite poulie à gorge qui dépasse la roue B en son centre. Une ficelle enroulée dans la gorge, puis vivement tirée, produit un rapide mouvement de rotation. Le volant est ainsi absolument indépendant de la roue à l’intérieur de laquelle il tourne librement. Ce volant une fois lancé, il suffit de poser à terre, sur une surface unie, la petite bicyclette pour qu’elle se mette en marche et se maintienne en équilibre aussi longtemps que le volant conserve une vitesse suffisante. Cet équilibre est dû à l’action gyroscopique du volant qui tend à tourner dans un même plan et maintient ainsi le mobile vertical, tandis que le frottement de l’axe de ce volant sur l’axe creux de la roue B détermine la propulsion du jouet.
- On voit immédiatement la parenté du bicycliste automate avec le monorail Brennan. Il n’y a qu’à ménager une gorge dans la périphérie des roues de la bicyclette et à la poser sur un rail ou un câble tendu pour avoir un monorail Brennan. 11 est évident que les conditions d’équilibre d’une bicyclette dont les roues tournent dans un même plan seront les mômes, soit qu’elle roule sur une surface plane ou sur un rail.
- Le premier venu, sans aucune notion d’équilibre, peut désormais se promener en bicyclette sur un câble tendu. Dans ce cas, la roue de derrière servira à la propulsion et la roue de devant munie d’un gyroscope assurera l’équilibre. Avis aux directeurs de cirque.
- Avec un dispositif analogue on pourrait encore faire rouler sur un câble une roue isolée qui semblerait défier les lois de la pesanteur.
- Une expérience, très facile à exécuter avec un simple gyroscope-jouet, comme ceux que l’on trouve dans les bazars, peut fournir une démonstration tout à fait pro-
- bante de la marche en équilibre du bicycliste automate et d’une roue gyroscopique.
- On fixe à l’une des extrémités de l’axe du gyroscope une petite masse pesante (fig. 1) en plomb par exemple, suffisante pour rompre de façon certaine l’équilibre résultant de la symétrie de l’appareil. Un mouvement rapide est communiqué au volant et le gyroscope est posé sur une surface plane, son ,pxe étant horizontal. On constate
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- que l’ave du volant conserve la position horizontale aussi longtemps que ce volant est animé de la vitesse voulue. Dès que cette vitesse devient trop faillie, l’axe du gyroscope s’incline du côté du poids, c’est-à-dire dès que cesse l’action gyroscopiqüc.
- On demandera quel est l’inventeur du bicycliste automate? Je l’ignore. Et tout porte à croire que l’inventeur de ce jouet n’a pas entrevu l’intérêt qu’il pouvait avoir. Certainement il n’en a tiré qu’un maigre profit.
- A coup sur, le bicycliste automate ne portera pas. ombrage à M. lirennan. Mais si, comme l’a dit Alfred de Musset,
- C’est;imiter quelqu'un que de planter des choux, c’est encore imiter quelqu’un que d’inventer un mo-norailway, si paradoxal, si original qu’il puisse paraître.
- Norbert Lai.i.ié.
- *
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 octobre «907.
- Présidence de M. Chauveau.
- MM. Fôrster, Blaserna et Tanakata, membres de la conférence générale des poids et mesures, assistent à la séance.
- Fouilles préhistoriques. — M. Emile Rivière présente un résumé de ses recherches depuis 1869. Ses principales découvertes sont : 1° en 1872, celle du premier squelette humain des grottes de Menton, aujourd’hui déposé au Muséum; 2° en 1877, celle de gravures préhistoriques sur les rochers du Val d’Enfer à 2400 m. d’altitude, non loin du Col de Tende; 3° en 1895, celle de gravures préhistoriques sur les parois de la grotte de Mouthe dans la Dordogne; 4° en 1903, la découverte de la nécropole gallo-romaine du Hameau, à Paris, dans une sablière du XVü arrondissement.
- Acariens à l’intérieur d’os. — M. E. Perrier dépose une Note de M. Trouessart sur des acariens d’oiseaux indiens. Dans les plumes il a trouvé des sarcoptides plu-micoles qu’il avait déjà décrits, et dans le canal intérieur des os longs, des tyroglyphes, voisins du tyroglyphus siro ou mite du fromage. Or, le tyroglyphe n’est pas un animal parasite. Comment pénètre-t-il à l’intérieur des os d’un animal vivant? Y subit-il des modifications? L’auteur pense que l’introduction de l’acarien a lieu par les voies respiratoires. M. Perrier rappelle, au sujet de cette découverte, que l’on a constaté la présence de tyroglyphes dans un kyste de l’aine que l’on avait ouvert sur un jeune homme qui revenait de l’Inde.
- Géodésie des Alpes françaises. — M. Michel Lévy présente un travail de géodésie de haute précision effectué par M. Ilelbronner. L’auteur a relié deux chaînes de triangles, qui laissaient entre elles un grand espace dénué de tout repère géodésique. Il a mesuré une chaîne des triangles et déterminé les altitudes des sommets sur lesquels il a placé ses stations.
- Empreintes végétales fossiles. — M. G. Bonnier présente une nouvelle Note de M. René Yiguier sur les curieux moulages des plantes fossiles des calcaires de Sézanne. Ces empreintes se sont formées au début du tertiaire, elles révèlent une flore très variée dont les types se rapprochent de ceux qui sont actuellement vivants. L’auteur a reconnu en effet, dans ces moulages, des traces de fruits d’ombellifères voisines des carottes,
- d’autres à rapporter aux fusains et même des empreintes de fleurs et d’inflorescences admirablement conservées (pii appartiennent à des plantes des régions tempérées.
- Cil. DE VlLLKDEUIL.
- CHRONIQUE
- Un nouveau canal en France : une voie directe de Cosne à Clamecy. — Il s’agit encore d’un projet, mais qui est intéressant à plusieurs égards. Depuis un certain temps, on fait campagne en France pour la construction de nouvelles Voies artificielles de navigation : on se figure pouvoir imiter ainsi Anvers, Brème, Hambourg, les ports de Hollande, et pouvoir assurer les transports de marchandises rapidement et à bon compte sur des canaux, tout comme on le fait sur les' immenses fleuves allemands, où l’on trouve à la fois largeur et profondeur de voie. On veut notamment rendre la Loire navigable, ou du moins creuser un canal permettant aux cargaisons, déchargées par des navires de mer à Nantes, de gagner par eau les canaux d’Orléans, de Briarc, du Loing; et l’on prétend obtenir une voie d’eau ininterrompue enlre Saint-Nazaire et Nantes d’une part, et d’autre part, Dijon, Baie, Strasbourg. Dans ce but, on cherche à relier le canal latéral à la Loire au Canal de Bourgogne, et à exécuter aussi un tronçon Roanne-Givors, donnant issue aux marchandises en provenance ou à destination de la Suisse. Les avantages des canaux étroits et peu profonds que l’on peut établir, si l’on ne veut pas dépenser des sommes formidables, sont beaucoup plus apparents que réels. La lenteur des transports y est bien connue, et 11e répond plus à notre époque affairée, habituée aux chemins de fer1. Un chaland, qui vaut du reste 12 000 francs, ne fait guère plus de 4 voyages par an entre Paris et Pont-à-Vendin ; le moindre canal coûte au moins 400 000 francs du kilomètre; et ces dépenses se majorent encore d’un entretien annuel dfau moins 2000 francs du kilomètre. Ce qui semble gratuit coûte en réalité fort cher. Quoi qu’il en soit, des travaux considérables ont été engagés en France pour de nouveaux canaux. D’anciens projets viennent d’être remis au jour par M. Léon Mirot, au cours de recherches historiques très curieuses2. C’était auxvme siècle, et deux ingénieurs de talent Amelot et Frignet avaient compris, à la fois les services que pouvait rendre une voie de navigation nouvelle, et les facilités assez grandes qu’on trouverait pour l’établir suivant le tracé qui se présentait à leur esprit. A la vérité, Frignet ne fit que reprendre les tentatives de son beau-père, après un échec retentissant ; c’était Amelot qui avait eu le mérite originel de l’entreprise. II s’agissait de partir de Cosne, puis de suivre la vallée du Nohain, de rejoindre la vallée de l’Yonne à Clamecy, de passer à Cravant, suivant le tracé du canal du Nivernais, et de remonter la vallée de la Cure, pour tomber dans le canal de Bourgogne enlre Semur et Pont-Royal. Le projet primitif d’Amelot fut battu en brèche par tous ceux aux intérêts desquels il venait faire concurrence, En 1793 il fut repris par Frignet et le fils d’Amelot ; on crut que la chose allait aboutir, mais elle fut ensuite complètement abandonnée. H serait curieux de la voir reprendre aujourd’hui, alors que les moyens de transport se sont tant modifiés depuis plus d’un siècle !
- 1 Yoy. une étude intitulée « Les Canaux. Un instrument de transport du passé », parue dans les Annales des Sciences politiques, et due à notre collaborateur M. Daniel Bellet.
- 2 Projets de jonction de la Loire et de l’Yonne, par M. Léon Mirot.
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- LA NATURE.
- LA NATALITÉ AU CANADA
- La population du Canada montre un mouvement ascensionnel dont les rapides étapes sont exprimées
- par les chiffres suivants : Recensement de 1801. . . 240 000 âmes.
- — 1825. . . 581 920 -
- - 1851. . . 1 842 265 —
- — 1861. . . 5 090 561 —
- - 1871. . . 3 655 024 -
- - 1881. . . 4 324 810 —
- — 1891. . . 4 835 239 —
- — 1901. . . 5 571 515 —
- Il est plus que probable que le Dominion compte
- actuellement plus de sept millions d’habitants, sans
- faire entrer dans ce chiffre imposant les milliers de
- 1905, 144 715 en 1906). Par contre, la natalité, de l’aveu de tous les observateurs, est beaucoup plus élevée chez les Franco-Canadiens que chez leurs rivaux; parmi eux, les familles nombreuses ne sont pas l’exception; dix, douze, quinze enfants, ne sont pas considérés comme un « elïectif » extraordinaire.
- Qu’on nous permette de remarquer que la photographie que nous reproduisons sur cette page présente un double intérêt. La belle famille avec qui elle nous fait faire connaissance appartient aux Acadiens, les premiers colons de la Nouvelle-Ecosse.
- Abandonnés à l’Angleterre par le Traité d’Utreeht,
- Une famille canadienne.
- Canadiens qui vont fonder de prospères colonies aux États-Unis, tout en restant en relations étroites avec la mère-patrie..La statistique de l’immigration américaine est muette à ce sujet, puisque les. Canadiens (de même que les Mexicains) peuvent pénétrer sur le territoire de l’Union sans accomplir la moindre formalité. Mais on peut s’appuyer sur certaines données pour évaluer à deux cent mille le nombre des Canadiens établis aux États-Unis.
- D’autre part, les journaux canadiens de langue anglaisé nous révèlent que, sans l’apport de l’émigration, les Franco-Canadiens formeraient depuis longtemps une écrasante majorité. Us sont actuellement au nombre de deux millions et demi. Or, ils ne reçoivent pas annuellement 5000 recrues d’Europe (2559 en 1905), tandis que l’immigration anglo-saxone amène chaque année, dans ce qui fut la Nouvelle-France, plus de 100000 personnes de langue anglaise (109 011 en
- les Acadiens payèrent cher leur attachement à la mère-patrie. Les conquérants les déportèrent en masse dans les régions les plus sauvages du Nouveau Monde, et, dans plusieurs cas, sans leur assurer des moyens d’existence. On retrouve de ces colonies d’Acadiens jusqu’au fond de la Louisiane; bien que noyées dans l’élément de langue anglaise, elles sont restées, à travers les siècles, fidèles au vieux patois normand et aux coutumes de leurs aïeux.
- La famille acadienne qui nous occupe ici habite le district de Sault-Sainte-Marie, sur les rivages du Lac Supérieur. Son chef, au milieu du groupera quatorze enfants, dont cinq sont fixés aux États-Unis, et cinquante-deux petits-enfants. C’est dire que notre photographie est loin d’être complète. Y. Forbin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1795. — 19 OCTOBRE 1907.
- LA NATURE.
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- NOUVELLE BIGUE DE 150 TONNES POUR CHANTIERS NAVALS
- Il y a quelques années, on se servait, dans les chantiers navals, presque exclusivement de Ligues lixes disposées tout contre le mur du quai (fig. 2), ou bien montées en forme de Ligues bottantes (lig. 5). Ces constructions ont généralement le grand désavantage de ne pas permettre l’utilisation complète de toute la partie de la grue, parce que, normalement, le Lord du bateau à équiper vient en contact avec les contrclortsÀ de la grue, de sorte que la coque doit être éloignée du Lord du quai pour pouvoir opérer le chargement. À cette disposition désavantageuse vient encore s’ajouter cet inconvénient (pu; toutes les charges, soit à quai, soit sur ponton, doivent être prises derrière les pieds des contre-fiches pour être passées ensuite entre celles-ci, et que, en conséquence, leurs dimensions ne peuvent dépasser certaines limites. Le transport de longs objets, tels que chaudières, mats et cheminées au moyen de telles grues, est par conséquent généralement très difficile, et même parfois impossible. Ces défauts sont encore Lien plus graves dans les bigues bottantes, les pieds des contreforts de celles-ci se trouvant sensiblement plus bas que ceux des bigues lixes du quai.
- Pour remédier aux inconvénients que nous venons de décrire, la « Duis-burger Maschinenbau Àct. Ges.
- Beehem et Keetman » a imaginé et construit, à Danzig, un nouveau type de Ligue pour quais ou pontons, dont les ligures 4 et 5 sont des croquis schématiques. Si l’on compare ces ligures avec celles montrant les anciennes dispositions (lig. 2 et 5), on voit
- Fig. 1. — Bigue flottante à l’arsenal de Danzig. (Vue prise pendant l’épreuve avec une charge de 160 tonnes.)
- immédiatement qu’avec la nouvelle disposition, malgré le retrait des pieds de la grue sur le quai ou sur le ponton, rien n’est perdu de la partie utile de 35° année. — “2e semestre.
- l’appareil, bien que le corps du bâtiment à armer paraisse toucher le mur du quai ou le bord du ponton. En outre, grâce à la forme particulière du
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- LA NATURE.
- fauconneau, ce nouveau type de grue a le grand avantage de permettre de déposer et de prendre les charges devant les pieds de la Ligue; ces charges peuvent donc avoir n’importe quelles dimensions.
- l’ancien modèle, la charge peut èLre montée (en utilisant toute la hauteur de levée), alors que la grue est dans sa position verticale. Avec l’ancienne disposition (prise de la charge derrière les contre-fiches), malgré la grande élévation totale de l’appareil, la hauteur de levée dans la position initiale est extrêmement réduite, par suite de la disposition en chevalet des contre-fiches, qui fait que le profil de balancement de la charge est déjà restreint, même à une minime hauteur. Pour le montage des pièces de grandes dimensions telles que chaudières, machines, etc., au moyen des anciennes Ligues, on est donc forcé de commencer déjà le mouvement de balancement de la charge, alors que celle-ci est à peine soulevée, et la levée ne peut être continuée que lorsque la pièce, dégagée, se trouve devant
- conviennent peu à cause de leur manque de stabilité. D’ailleurs la question de la facilité de rotation n’a ici qu’une importance relative, attendu que, grâce aux déplacements du ponton, chaque point de la surface du bâtiment peut être atteint par le crochet de charge.
- L’inconvénient des Ligues fixes, dont le champ est limité à un plan vertical, n’existe donc pas dans la Ligue flottante.
- Le nouveau modèle de Ligue llol-tante, dont nous donnons ci-dessous la description, a été conçu en se basant sur les considérations qui précèdent, et servira à l’équipement des grands vapeurs, actuellement en construction, du type « Mauretania ».
- Comme on peut le voir par la figure fi, la disposition de la grue sur le ponton diffère également de celle adoptée généralement jusqu’à présent, en ce
- Fig. G. Fi». 7.
- Nouvelle disposition de la Ligue Ancienne disposition de la Ligue sur le ponton. sur lé ponton.
- Fig. 2- Fig. S.
- Ancienne disposition de Ligue de quai et de Ligue de ponton.
- Contrairement à ce qui a fieu avec les Ligues de
- éloigner
- les contre-fiches.
- Pour opérer ainsi, il faut d’abord le bateau du quai, puis l’en rapprocher : il s'ensuit une perte de temps considérable et beaucoup de frais. Avec la nouvelle disposition imaginée par
- sens que la llèche n’est pas dirigée dans le prolongement de l’axe longitudinal du ponton, mais bien perpendiculairement à cet axe. Cette particularité permet d’utiliser la grue également dans les voies navigables étroites. La figure 6 montre l’espace restreint À occupé par la largeur du ponton, comparativement à l’ancienne disposition (fig. 7).
- La volée maxima de la bu
- de
- Danzig est de 50 m.
- rigides.
- Fig. 4. Fig. b.
- Nouvelle disposition d’une Ligue de quai et d’une Ligue de ponton.
- MM. Bechem et Kcetman, ces inconvénients sont évités. Grâce à elle l’emploi de la grue-bigue acquiert une importance nouvelle, notamment comme grue flottante. Pour ce genre de grue, les appareils de levage pivotants de grande puissance, comme ceux adoptés généralement pour les quais,
- ue
- environ, et sa hauteur de llèche atteint 48 m. On peut faire varier à volonté sa portée, au moyen d’une paire de vis en acier forgé amplement calculées, dont les têtes et écrous pivotent autour des traverses de l’assise et de la flèche de la Ligue ; on peut ainsi obtenir une commande des plus simples, tout en ayant une flèche et une charpente très mouvements de levage et de descente par une machine à vapeur à deux
- Les
- sont effectués cylindres de 280 mm. de diamètre et de 450 mm de course, développant 120 chevaux à 120 tours par minute, avec une pression initiale de 9 atmosphères. Gette machine commande deux treuils pour
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- charges de 150 et de 50 tonnes, ainsi que deux treuils auxiliaires pour charges de 2500 ou 5000 kg. Le mécanisme de levage du grand crochet porte la charge de 150 tonnes au moyen de huit câhles dont deux s’enroulent simultanément sur deux tambours. Quant au levage du crochet de 50 tonnes, il s'effectue par quatre cables, dont les bouts sont enroulés symétriquement sur un même tambour.
- La machine à vapeur actionne, par simple engrenage, l’arbre principal, lequel commande les trois mécanismes de levage par un dispositif à friction. Chaque mécanisme de levage est muni d’un frein à contrepoids et d’un frein spécial de sûreté commandé par le mécanicien.
- Le ponton mesure 27 m. de long sur 20 m. de large et 5 m. de haut. 11 est muni de deux hélices actionnées chacune par un moteur de 00 chevaux,
- permettant d’obtenir des déplacements à une vitesse de 3 à 4 nœuds. Pour faire virer le ponton, et, par conséquent, la bigue tout entière, il suffit de mettre en marche ces deux moteurs dans un sens opposé l’un par rapport à l’autre. Le ponton est également pourvu de quatre cabestans à vapeur d’une force de traction de 3000 kg., mus chacun par une petite machine jumelle. Pour contre-balancer la charge utile, on a ménagé dans le ponton, à l’endroit faisant face à la llèche, un réservoir à eau d'une capacité de 130 tonnes, dont le remplissage et le vidage s’effectuent par une petite pompe à vapeur.
- La vapeur à 9 atmosphères pour toutes les machines s’obtient dans deux chaudières de 47 m. de surface de chauffe, dont l’une est généralement en réserve.
- L. Uamakehs.
- NOUVEAU PROCÉDÉ
- PERMETTANT D’OBTENIR DE LA FORCE MOTRICE
- Los divers procédés permettant d’obtenir de la force motrice à bon marché, procédés connus sous le nom de bouille blanche, verte ou bleue, viennent de s’enrichir grâce à la nouvelle invention d’un ingénieur américain, utilisant la pression d’une chute d’eau artificielle pour comprimer de l’air destiné à faire marcher des moteurs.
- Voici d’ailleurs des détails sur l’installation et le rendement de ce procédé, basé sur la théorie du siphon et de la trompe à eau.
- Au moyen d’un barrage, on fait déverser l’eau d’une rivière par exemple dans un bassin À; de ce dernier
- partent 3 puits verticaux de 1 m. 50 de diamètre cl de 100 m. de profondeur. Ces trois‘puits viennent déboucher dans une sorte de chambre B ayant 2000 ms de capacité.
- Dans ces conditions, l’eau, à cause de sa vitesse de
- chute, et par suite de la différence de pression créée, produit un appel d’air, et ce mélange d’air et d’eau vient déboucher dans la chambre B. Pour séparer l’air de l’eau,
- à la partie inférieure de chaque puits, se trouve un bloc de béton E qui sert de séparateur.
- L’air se comprime donc dans la chambre B atteignant ainsi une pression de 8 kg; il est alors conduit par le tube G aux appareils d’utilisation. Quant à l’eau elle est évacuée par le canal de l'uite F débouchant à un niveau qui se trouve à une vingtaine de mètres
- au-dessous de A.
- On obtient ainsi une force motrice
- de 50.00 HP avec un rendement final de 82 pour 100.
- Les frais de premier établissement sont assez considérables il est vrai, mais l’entretien est très faible.
- A. Rault.
- DU JEU DU « DIABLE . AU . DIABOLO »
- Lorsqu’il y a quelques mois, on voyait, dans les jardins publics, des enfants faire tourner en l’air une petite bobine, personne n’imaginait qu’une mode naissait, destinée à faire fureur.
- L’hiver emportera-t-il celle du diabolo1! Peut-être. Il naît à Paris, en France, dans le monde, des modes qui durent une belle saison et q^ii meurent, pour renaître bien des années plus
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- LA NATURE.
- lard, suivant un rythme perpétuel, et mystérieux.
- Quoi qu’il en soit, celle du jeu du diable, qui est justement de ces ressuscitées, a duré assez longtemps, elle peut être aussi assez près de sa lin, pour qu’il soit intéressant de retracer en peu de mots son histoire.
- Le peuple français aime à avoir de l’engouement pour quelque chose, et on pourrait dire que volontiers chez nous il faut qu’il y ait une passion, dont tout le monde se trouve plus ou moins épris. On sait qu’autrefois, au xvie siècle, le bilboquet, qui avait été mis en honneur à la cour du roi de France, jouit d’une faveur sans égale.
- Le journal de V Esloile donne de curieux détails sur la passion qu’Henri 111 avait pour ce jeu:
- « En ce temps, le roi commença à porter un bilboquet à la main, mesme allant par les rues et s’en jouait comme font les petits enfants. Et à son imitation les ducs Desparnon et de Joieuse et plusieurs autres courtisans s’en accommodoient, qui estoient en ce suivis de gentilshommes, pages, laquais et jeunes gens de toutes sortes. » Un peu plus tard, au xvme siècle, ce sont les pantins qui sont à la mode, et les plus, charmantes mondaines ne seraient pas sorties sans avoir leur petite poupée articulée, avec laquelle elles s’amusaient tout comme des jeunes enfants.
- Au commencement du xixe siècle, c’est le jeu de l’émigrette qui fait fureur; on sait-que ce jouet, formé de deux disques de huis; de bois de rosé ou d’ivoire, était censé personnifier le retour des'mem-bres de la noblesse, qui étaient parfis "pendant' la Révolution et qui revenaient peu Ni, peu. C’est même
- pour cela qu’en 1791, alors qu’une partie des Français se préoccupait de chercher le salut dans l’émigration, ceux qui étaient restés s’amusaient à tourner en ridicule ces courses des émigrants.
- Mais voici qu’en 1812, un nouveau jeu prend une vogue considérable.
- Ce ne fut pas seulement un hochet réservé à
- l’enfance, mais les dames les plus élégantes, voire même des personnages fort graves, s’elforcè-rent à signaler à 1 ’ e n v i leur adresse dans ce jeu, au grand péril des glaces des salons et souvent même pour le plus grand danger de la tête de leurs concitoyens.
- Qu’est-ce donc que ce jeu du diablelC’est une sorte de toupie double, quelque chose comme deux toupies d’Allemagne accolées l’une à l’autre, qu’il s’agit de faire tourner rapidement sur elles-mêmes en leur donnant l’aplomb au moyen d’une corde lixée sur deux baguettes. Il y a tout un apprentissage à faire pour arriver à tenir en équilibre le diable sur la ficelle. La première figure est celle de la promenade qui consiste à faire courir le diable le long d’un des bâtonnets ; quand il arrive au milieu de la corde cette nouvelle position s’appelle : vas comme je te pousse. Si l’on croise les mains après avoir vivement tendu la corde et qu’on fasse remonter le diable à son point de départ, l’exercice s’appelle Jean s'en va comme il est venu. Le chevalet consiste à tenir le diable au bout des deux bâtons croisés. On peut également faire des tours d’équilibre en faisant arriver le diable à l’extrémité d’un des bâtonnets, c’est ce qui s’appelle le grand équi-
- Fig. 1. — Les figures du jeu du diable d’après une vieille gravure.
- 1. Vas comme je te pousse. — 2. La promenade. — 5. Le terre à terre. 4. Le chevalet.
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- libre du croissant. Les joueurs habiles savent faire monter le diable le long de la corde raide, c’est ce qui s’appelle Y ascension à la corde tendue.
- Le plus difficile de ces exercices est le saut périlleux.
- On peut ainsi lancer ce jouet h une grande hauteur, disent ceux qui ont écrit sur ce sujet, et celte manière de jouer ne .peut avoir lieu qu’en plein air et exige de la part du joueur autant de force que d’adresse.
- La grande voltige est la manière la plus per-fectionnée de jouer au diable; on se sert à cet effet d’une corde de la grosseur des cordonnets employés pour les cordons de tirage.
- Un auteur anonyme du commencement du xix° siècle cite un jeu du diable qui avait été établi aux Champs-Elysées, dontlacorde ne mesurait pas moins de 60 toises de long; elle était relevée dans le milieu par une perche de 20 pieds de hauteur.
- On se plaisait autrefois à établir de véritables combats entre ces toupies volantes.
- « Pour ajouter à l’intérêt de cette partie, dit le même auteur, on emploie deux diables qu’on lance au même moment sur chaque bout de la corde, ils montent chacun de leur côté et arrivent ensemble à la hauteur du milieu, et, comme s’ils voulaient se disputer le terrain, ils se livrent un combat, se choquent, avancent, et reculent plusieurs fois de suite et finissent par tomber lorsque leurs forces sont épuisées.
- « Il arrive quelquefois que le diable, fait d’un bois plus lourd et plus compact ou qui a été mis
- Fig. 2. — Les ligures du jeu du diable d’après une vieille gravure.
- 1. L’ascension à corde tendue. — 2. Jean s’en va comme il est venu. 3. Le grand Équilibre du Croissant. — 4. Le Saut Périlleux.
- en train par une main vigoureuse, fait reculer l’autre jusqu’au bout de la carrière. »
- Faisons, en terminant, un peu l’historique de ce jeu.
- Il paraît que c’est un missionnaire qui a introduit le diable en France. Singulière occupation, dira-t-on, pour un personnage, dont la principale fonction devait être de combattre l’esprit malin. Il
- paraît qu’en Chine on se sert du diable comme chez nous on emploie la crécelle ; et les colporteurs en ont d’une grosseur énorme qui leur sert à annoncer leur approche.
- Le jeu du diable a eu, au début du xixe siècle, le pouvoir de faire éclore une quantité considérable de caricatures plus ou moins satiriques et dont le Bon Ton a publié de charmantes planches en couleur.
- Au demeurant, le jeu du diable est un excellent exercice qui demande à la fois de l’adresse et une certaine décision qui sont tous éléments excellents à inculquer à la jeunesse.
- Nous souhaitons longue et heureuse vie à cette renaissance du jeu du diable;
- mais, avec l’inconstance de nos goûts, il est bien à redouter que dans quelques mois il ne soit supplanté par quelque nouveauté et obligé de se cacher piteusement jusqu’à ce que quelque chercheur émérite le découvre une troisième fois pour le lancer encore à travers le monde où il sera toujours le bienvenu. —
- Henri-René D'Allemagne, Archiviste paléographe, Bibliolhécaire de l’Arsenal.
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- LES HARICOTS A ACIDE CYANHYDRIQUE
- A la suite d’uue enquête faite dans le Hanovre, relativement à plusieurs cas d’empoisonnement survenus après l’ingestion de haricots provenant de Java et de Birmanie, on constata que ces haricots, soumis à l’analyse, contenaient des quantités appréciables d’acide cyanhydrique.
- Ihi raison de l’importance que pouvait prendre en France, l’introduction de ces haricots exotiques, les pouvoirs publics se sont intéressés à la question, et il fut décidé que l’entrée des haricots de Java, destinés à l'alimentation, serait interdite; quant à ceux de Birmanie, dont la teneur en acide cyanhydrique est beaucoup moindre et dépasse rarement 0,02 gr. par kilogramme, leur admission serait autorisée, à la condition qu’ils soient accompagnés d’un certificat d’origine et que leur innocuité ait été constatée par le laboratoire des Douanes.
- Disons ce que sont ces haricots de Java. Dans le commerce on les désigne généralement sous les noms de pois d'Achery, haricots du Cap, pois amers, etc., botaniquement, c’est le Phaseolus lunatus de Linné.
- Ce haricot, extrêmement répandu dans les pays tropicaux, présente dans ses graines une telle variété, que, selon les endroits où on le recueillait, on lui a donné des noms différents : haricot de. Lima, pois de sept ans, pois doux, pois Adam, pois savon (Martinique), pois chouche (Martinique), pois de Saint-Martin (Martinique), pois de Sainte-Catherine (Guadeloupe), pois du Cap (Maurice, la Réunion), kabaro (Madagascar), bombètok (Nouvelle-Calédonie), haricot de Baria (Cochinehine), fève de Rangoon, de Burma, de Paigya (Indes), etc.
- Les botanistes, eux-mêmes, abusés par des différences d’aspects, qui n’impliquaient nullement des différences d’espèces, créèrent des noms divers : Ph. bipunctatus (Jaequin), Pli. puberulus (Kunlh), Pli. amazonicus (Bentham), etc. L’appellation de Linné : phaseolus lunatus, seule, a prévalu.
- Les graines du Ph. lun. sont rondes, elliptiques, parfois très irrégulières; leur couleur peut être blanche, noire, violette, rouge, brune; leur aspect uni, taché ou zébré; leur grosseur également est très variable.
- Les plus anciens renseignements concernant la toxicité du Ph. lun. sont contenus, d’après M. Guignard1 dans un article de journal de la Réunion2. Dans cet article il est rappelé que les Annales de la Réunion ont conservé le souvenir d’une centaine de Cafres empoisonnés au xviie siècle après avoir absorbé des pois bombètok recueillis à l’état sauvage.
- En l’absence de toute culture, en effet, le Ph. lun. s’enrichit en acide cyanhydrique. Par la culture on peut l’amender et obtenir des graines de plus en plus pauvres en principe toxique. Cette amélioration, d’ailleurs, n’est pas toujours certaine et, à la Réunion notamment, on a dû remplacer le Ph. lun. amélioré par d’autres légumineuses plus sûres. Quant au Ph. lun., débarrassé par la culture de la plus grande partie de son acide cyanhydrique, il ne tarde pas, lorsqu’on l’abandonne à lui-même, à retourner promptement à l’état sauvage et à acquérir à nouveau toutes ses propriétés nocives. — Chassez le-naturel, il revient au galop.
- D’où provient l’acide cyanhydrique élaboré dans les graines du Ph. lundi
- 1 Bulletin des Sciences Pharmacoloqiques. T. XIII, n° 3, 1906.
- 2 Le Sport colonial créole du Lundi. 18 juin 1883.
- D’après Dunstan et Henry1 cette légumineusc contiendrait un ghicoside, la Phasëolunaline qui, en présence d’eau et d’émulsine, laquelle se trouve en même temps qu’elle dans le haricot, se dédoublerait en glucose, acide cyanhydrique et acétone.
- Les dosages effectués sur des haricots toxiques de différentes provenances, ont donné les teneurs suivantes en acide cyanhydrique :
- haricot blanc...................0e',550 CAzll par kg.
- — rouge. . . ,.............. . 0*',550
- — tigré brun................ . 0tr,570 — —
- — zébré noir................0«',710 —
- noir......................O8',810 — —
- — blanc taché <1.; brun.....lfc’r,G-10 — —
- Si on pense qu’une dose de 0,05 gr. d’acide prussique
- (Tardieu) est suffisante pour occasionner la mort, on ne sera pas étonné que l’ingestion de ces haricots ail pu êlre suivie d’accidents mortels.
- En général la teneur en poison semble d’autant plus élevée, que la couleur du haricot est plus foncée. Ce n’est cependant pas là, comme on l’avait cru tout d’abord, une règle absolue et il ne serait pas prudent de s’y lier sans contrôle.
- La recherche de l’acide cyanhydrique dans les haricots se fait très simplement de la façon suivante (Guignard) :
- On introduit dans une fiole environ 30 gr. de haricots secs concassés, on ajoute une quantité d’eau suffisante pour les recouvrir; on ferme la fiole avec un bouchon auquel on a fixé un papier réactif2, puis on chauffe au bain-marie, vers 40° C. pendant une demi-heure. L’émulsine réagit sur la phaséolunatinc et l’acide cyanhydrique qui se dégage vient colorer en rouge-brique le papier picro-sodé (il se forme de l’acide isopurpurique).
- Une réaction plus sensible3, indiquée par IJtz et Weeh-nizen et reprise par M. Thiéry, pharmacien aide-major, consiste à imprégner le papier à filtrer avec une solution de sulfate de cuivre à 1/2000, puis, après dessiccation, à le mouiller, au moment de l’usage, avec une solution alcaline de phtalophénone.
- Le papier ainsi préparé est employé comme le papier picro-sodé. Des traces d’acide cyanhydrique y développent une coloration rose très nette.
- Pour finir, nous indiquerons, au moins en principe, pour nos lecteurs qui s’intéressent aux opérations chimiques, le procédé employé pour déterminer officiellement la teneur du Ph. lun. en acide cyanhydrique.
- Ce procédé, dû à Kohn-Abrest, est des plus simples : on distille 50 gr. de haricots broyés, mélangés à environ 300 cm3 d’eau acidulée par de l’acide chlorhydrique; l’acide cyanhydrique se dégage, on le condense dans un réfrigérant et on le recueille dans une fiole. H ne reste plus qu’à titrer cette solution au moyen d’une liqueur titrée d’iode.
- Le Phaseolus lunatus, de Java, amélioré ou non, en raison des nombreux cas de mort qu’il a déterminés chez l’homme et chez les animaux, doit être frappé d’un juste et prudent ostracisme en tout ce qui touche à l’alimentation. G. Louciuîux.
- 1 C. R. Soc. Roy. de Londres. Oct. 1903.
- 2 Ce papier se prépare de la manière suivante : on trempe daiis une solution d’acide picrique à 1 pour 100 des bandelettes de papier à filtrer; on les laisse sécher, puis on les immerge dans une solution de carbonate de soude à 5 pour 100 et on les laisse sécher à nouveau. Le papier ainsi imprégné des deux solutions est prêt pour l’usage.
- 3 Journal de Pharmacie et de Chimie. K° 2, 1907.
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- LA NATURE.
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- LA MORVE ET LES ABIMES
- Un décret du 4 août 1907 rendu sur la proposition des ministres de l’Intérieur et de l’Agriculture étend à l’Algérie les mesures relatives aux animaux atteints de morve et de larcin. Ces mesures sont : l’abatage immédiat, dans les cas dûment constatés, l’épreuve de la malléine pour les cas suspects, la déclaration préfectorale d’infection des locaux précédemment occupés par les animaux reconnus morveux ou farcineux, la surveillance de ceux qui risquent d’avoir été contaminés, la dé- sinfeclion des peaux des animaux abattus, et autres prescriptions de détails fort sages.
- 11 y en a une cependant d’omise, et qui me paraît assez capitale : c’est celle relative à la destruction des bêles abattues. Le récent décret ne parle, après l’abatage, que de l’autopsie. Sans doute quelque autre disposition légale prescrit ^
- (du moins je veux le croire) l’enfoui s sc-^rk ment ou mieux encore l’incinération du ’ 4. cadavre : pourquoi ne l’a-t-on pas rappelée, sinon formulée à nouveau? Cela eût été d’autant plus opportun que, dans les régions calcaires fort étendues en Algérie, les abîmes et les résurgences (fausses sources), rendus solidaires par la circulation des infiltrations et eaux souterraines, existent en grand nombre (complètement inexplorés d’ailleurs) et * que la violation formelle des articles 27-28 de la loi du 15 février 1902 (interdisant le jet des bêles mortes dans les gouffres) doit y sévir aussi épouvantablement que dans le surplus de la France. — A ce propos et revenant sans relâche (non pas à chaque constatation nou-
- -LoTigitezirs
- effroyable et typique non seulement quant à l’hygiène publique1, quant à l’inobservation de la loi de 1902,
- sWa/çr&rs. wç
- r- O '
- Fiff. 1. — Gouffre des Corbeaux.
- Æ-- CSi.
- Fig. 2. — Coupe schématique du Gouffre des Corbeaux de Fontestorbes.
- velle, elles sont trop! mais au moins devant les plus terrifiantes) sur ce sujet (si grave et si difficile à faire pénétrer dans l’esprit des masses), de la contamination à grandes distances des soi-disant sources des terrains fissurés, je ne puis m’abstenir de citer l’important et récent exemple que voici : il est
- mais aussi en ce qui touche la préservation du bétail français !
- D’après les indications et en compagnie de M. Maugard (du lycée de Foix), j’ai visité le 13 juillet 1907 dans la forêt de Bélesta (entre Lavelanet et Quillan, Ariège) le gouffre des Corbeaux, réputé insondable et où un essai de descente avait échoué en 1906. A 850 m. d’altitude il s’ouvre en plein bois, .dans des roches crétacées urgoniennes très fissurées; le vaste orifice, ovale, mesure environ 60 m. sur 30 m. de diamètre. C’est un abîme à la fois d’absorption et d’effondrement. La profondeur totale atteint environ 110 m. : peu de gouffres de cette dimension sont d’un accès relativement aussi aisé; 32 m. d’échelles de cordes suffisent pour atteindre le sommet d’un éboulis long de plus de 150 m., incliné à 40° et formé par l’effondrement partiel d’une voûte de caverne qui constitue la portion inférieure du gouffre. Cette caverne, qui s’élargit jusqu’à près de 40 m. ou 50 m. au fond, est obstruée à 110 m, sous terre par les blocs
- 1 Voy. n° 994, du 18 juin 1892.
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- Fis.
- Orifice du Gouffre des Corbeaux (Ariège).
- d’effondrement ; à ses deux extrémités, deux petits réduits au sol d’argile, et aux fissures impénétrables à l’homme, témoignent, avec les bois flottés abondants, du passage fréquent de l’eau courante.
- Après les pluies il y a là certainement l’une des veines liquides qui concourent à l’alimentation de la fameuse source ? (intermittente pendant trois mois de l’année, d’août à octobre) de.Fontestorbes1 : celle-ci n’est qu’à 2,5 km à l’Ouest du” gouffre des Corbeaux et 245 m. plus bas que son fond. La communication, au moins temporaire, subordonnée au jeu des précipitations atmosphériques, et par conséquent des infiltrations, est évidente; toute la région calcaire des forêts de Bélesta, Sainte-Colombe, Puivert, Picaussel. etc., est criblée d’entonnoirs (entournadous), tissures, points d’absorption (il y a un gouffre de Bareng, près Belvis, etc.) qui forment le bassin alimentaire de Fontestorbes. Or, celle-ci est, d’une part, captée (trop sommairement d’ailleurs) pour l’alimentation de la commune de Bélesta; d’autre part, le gouffre des Corbeaux (et sans doute aussi tous les entournadous) continue, malgré la loi du 15 février 1902, à servir de charnier pour les bêtes mortes des hameaux environnants. Toute la
- 1 Yoy. n° 1634, du 17 sept. 1904, p. 243.
- descente ( d’aspect grandiose ) du talus du gouffre .s’opère sur un magma répugnant d’ossements nauséabonds, de charognes (le mot doit être écrit) récentes et de gras dos cadavres. C’est pire que tout ce que j’ai pu trouver en 1889 à Padirac, en 1892 à la Berrie (Lot), en.1890.au scialet Félix (Vercofs) et partout ailleurs où les gouffres, tributaires des sources, servent de dépotoirs. Au moindre orage, les eaux infiltrées convoient tous ces résidus vers Fontestorbes. De filtrage naturel il ne saurait être question, à cause du fissurage des calcaires crétacés de la région, diaclasés, contournés, l'aillés même, en tous sens.
- Ainsi les Pyrénées possèdent, comme les Causses, le Jura, les Alpes, leurs gouffres profonds et coiitamineurs, distillant aux soi-disant sources les bouillons' de ptomaïne. Malgré ses arrêtés régulièrement pris, le maire de Bélesta, très conscient du danger, ne peut pas faire respecter l’article 28 de la loi de 1902 ; les gardés forestiers sont désarmés contre les jets nocturnes des bêtes mortes au fond du goufire des Corbeaux. On m’a affirmé qu’il y a
- Fig. 4. — Source intermittente de 'Fontestorbes (Ariège).
- quelques années des chevaux atteints de morve y furent précipités vivants à grands coup de fouet. Ce sont leurs dépouilles que j’y ai retrouvées. Sur le charnier essaiment des légions de mouches venimeuses, charbonneuses aussi,
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- Fig. 5.
- Fond du Gouffre des Corbeaux * . (Ariège).
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- comme dans les gouffres de Vaucluse ; j’en ai fui le plus rapidement possible, aussitôt mes observations terminées, le dangereux voisinage qui peut, dans les métairies environnantes, propager mainte épizootie, ressortant du gouffre ou l’on a cru l’enfouir.
- Voilà ce que notre empirisme constate dans les montagnes de France en la septième année du xx° siècle! (il. R. Acad, des Sciences, 10 juillet 1907.)
- Mes Figures démontrent la marche du procédé de con-
- tamination : Fig. 1 Ensemble de la transmission et des relations du gouffre à la source (?) ; fig. 2, dispositions topographiques de l'abîme; fig. 3, orifice ou trou de réception des cadavres; fig. 5, emmagasinement et macération des carcasses à l’intérieur du sol, grâce surtout au ruissellement des eaux d’orages; fig. 4, orifice de libre sortie ou de débit des eaux plomaïnées à l’émergence. C’est le type accompli de cette universelle opération !
- E.-A. Mautiîl. i
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- L'UTILISATION DES ROCHES FELDSPATHIQUES
- Empierrement des rouies, suppression de la poussière et de la boue. — Depuis quatre ans, le ministère de l’Agriculture des Etats-Unis (service des roules) a entrepris des expériences en vue de déterminer la valeur des matériaux d’empierrement des chaussées. Des méthodes précises ont permis de mesurer exactement le pouvoir agglutinant d’une roche, c’est-à-dire son aptitude à donner une route qui se maintienne en bon état par tous les temps. Une chaussée serait théoriquement parfaite, si les menus fragments de la roche qui la compose pouvaient s’agglomérer en un tout compact, dur et élastique, capable d’englober les éléments plus gros, sous l’influence de l’humidité et de la compression, et si, ensuite, sous l’influence de la sécheresse, aucune désagrégation ni pulvérisation ne se produisait.
- Le Dr Cushman a reconnu que le pouvoir agglutinant des roches est intimement lié à leur plus ou moins facile décomposition par l’eau. L’eau décompose les roches en trois sortes de produits : sels solubles, sable insoluble et particules colloïdales, non susceptibles d’ètre lessivées par les eaux souterraines comme les sels solubles ordinaires ; bien qu’elles soient solubles ces particules ne traversent pas, en effet, les sortes de filtres que forment les matières sablonneuses. Les colloïdes, quand l’eau est abondante, forment une sorte de colle, qui englobe les parties dures les plus fines, et forme avec elles une pâte dans laquelle sont pris les cailloux les plus gros; cette colle, qui ne se dessèche jamais complètement, durcit en continuant à réunir les différents éléments de la chaussée, et donne ainsi un béton cohérent et élastique.
- Dans l’argile plastique, la matière colloïdale n’est pas autre chose qu’une partie même du silicate d’alumine hydraté, qui constitue la presque totalité de cette argile. Le pouvoir agglutinant se reconnaît pratiquement à ce que l’argile happe à la langue.
- Il faut très peu d’argile colloïdale pour faire naître un pouvoir agglutinant très élevé. Ainsi, on n’en trouve pas plus de 1,5 pour 100 dans les argiles les plus plastiques. Malheureusement, si l’argile a souvent un pouvoir agglutinant élevé, sa résistance au frottement est très faible ; elle ne résisterait pas aux effets du roulage si on l’employait seule à l’empierrement des routes. Pour les sables quartzeux, au contraire, l’usure au frottement est faible, mais la matière colloïdale, et par conséquent le pouvoir agglutinant, font presque totalement défaut. En utilisant des roches,gui, par leur décomposition par.l’eau, donnent .ces deujQsortes de produits en proportions convenables, on obtient des résultats satisfaisants.
- Pour certaines roches, le pouvoir agglutinant augmente notablement par le pétrissage ; celui-ci est réalisé, sur la route, d’abord par le rouleau compresseur au moment de la confection, ensuite par les véhicules qui utilisent la
- route. Il faut aussi tenir compte de cette aptitude. En définitive, les meilleurs résultats pratiques sont donnés par certains fcldspaths, trapps et porphyres. Or, on peut remarquer que ces roches sont précisément celles qui, sous l’action longtemps prolongée de l’air et de l’eau, finissent par donner de l’argile et des sables, et ont formé les bancs de glaise ou de kaolin qu’on retrouve en maintes régions. Selon que l’argile colloïdale a été ou n’a pas été entraînée par les eaux, la glaise et le kaolin ne sont pas ou sont plastiques.
- 11 ne faudrait pas croire cependant que toutes les roches d’une même espèce minéralogique se comportent de même. On observe, au contraire, de très grandes différences d’une roche à l’autre selon le lieu de provenance ; c’est l’expérience à l’emploi, beaucoup trop lente malheureusement, ou les essais au laboratoire, selon les méthodes instituées au ministère de l’Agriculture des Etats-Unis, qui peuvent seuls faire connaître la valeur du pouvoir agglutinant. Cette valeur dépend de la façon dont l’eau agit sur la roche, de l’aptitude de celle-ci à la pulvérisation et de la nature de ses produits de décomposition : sables et matières colloïdales. Ces dernières peuvent d’ailleurs être non seulement de l’argile, mais aussi de la silice, de l’alumine, de l’hydrate ferrique, toutes substances qui, comme on le sait, ont pu être, préparées au laboratoire sous la forme colloïdale.
- Quand on emploie les matériaux convenables cités plus haut pour l’empierrement des routes, leur écrasement, leur concassage, et par conséquent leur pulvérisation partielle sous le rouleau compresseur, agissant en même temps qu’un arrosage copieux, donnent naissance aux produits de décomposition dont nous avons parlé et en particulier à l’argile colloïdale, à laquelle est dû le pouvoir agglutinant; ces produits forment donc une pâte agglomérant les éléments plus gros ayant échappé à l’écrasement. Dans la suite, l’agglomération et la compacité augmentent en raison du pétrissage auquel donne lieu le roulage des véhicules. Par l’usage, les qualités de la route ne peuvent donc que s’améliorer.
- Ces faits expliquent comment les matériaux détritiques provenant de la décomposition naturelle des mêmes feldspaths qui auraient donné de bons résultats si ,on avait employé la roche mère, peuvent au contraire quelquefois en donner de très mauvais. Les bons effets dépendent de ce que la décomposition peut .être plus op moins avancée et de ce que l’argile colloïdale a pu être plus ou moins entraînée par les eaux sauvages qui ruissellent à la surface des terres.
- Emploi des feldspalhs pulvérisés comme engrais potassique. — Dans ce qui précède, nous avons laissé de côté les sels solubles qui se forment quand l’eau agit sur les roches ; leur rôle est sans importance en ce qui
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- LA NATURE;
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- concerne la question de l'empierrement des chaussées, mais il n’en est plus de même si on se place au point de vue agricole. En eil'et, les produits solubles qui prennent naissance sont principalement des sels de potasse, de soude, de magnésie et de chaux, c’est-à-dire des aliments de première importance pour les plantes.
- Si la soude, la magnésie et la chaux font rarement défaut dans la terre arables il n’en est pas de même de la potasse qui est absorbée en grandes quantités par un très grand nombre de plantes cultivées; il faut souvent l’introduire dans le sol sous forme d’engrais chimiques, et c’est le chlorure de potassium qu’on emploie en général. Or on trouve des feldspaths qui renferment jusqu’à 15 pour 100 de potasse. C’est beaucoup pour un produit <pii est presque sans valeur; ce serait bien peu cependant si leur décomposition était trop lente et ne permettait pas l’utilisation de cette potasse au fur et à mesure des besoins agricoles. Grâce à une circonstance heureuse, cette utilisation est possible; point n’est besoin môme de s’adresser à des feldspaths très riches en potasse pour obtenir de bons résultats.
- On croit généralement que la décomposition des feldspaths par l’eau est très lente : il n’en est rien; elle est instantanée pourvu que la roche soit très finement pulvérisée. Elle ne se poursuit pas très loin, il est vrai; car elle s’arrête dès que l’eau qui baigne le produit renferme 2 milligrammes environ de sel par litre ; mais c’est beaucoup plus qu’il n’en faut pour les besoins immédiats des plantes. Comme d’ailleurs la décomposition par l’eau se poursuit à mesure que la concentration tombe au-dessous de 2 milligrammes par suite de l’absorption par les racines, pour réatleindre cette limite, l’engrais conserve sa valeur fertilisante jusqu’à ce qu’il ait été entièrement décomposé ; sa décomposition ne se fait donc que progressivement et, en quelque sorte, au fur et à mesure des besoins. La terre elle-même retient d’ailleurs, et très énergiquement, 2 à 5 fois plus de sels dissous qu’il n’en est passé dans l’eau. Comme pour tous les engrais (sauf les nitrates) le sel de potasse est en outre retenu par la terre végétale et ne peut être lessivé par les eaux souterraines. En définitive, la terre peut retenir jusqu’à 3 mil-
- lièmes de son poids de potasse. C’est 50 fois plus qu’il n’en faut pour une récolte moyenne.
- Si par suite d’une culture intensive ou en raison d’une récolte particulièrement épuisante en sels de potasse, on veut augmenter la proportion de potasse libérée, rien n’est plus facile; l’addition de plâtre (ou d’autres sels mais pratiquement c’est le plâtre seul qui convient par raison d’économie) double, triple ou décuple même cette proportion selon les quantités de plâtre ajoutées.
- Tous ces faits ont été constatés expérimentalement au laboratoire ; ils sont en concordance absolue avec ceux que l’observation de la pratique agricole avait reconnus depuis longtemps sans qu’aucune explication en eût jamais été donnée. On sait, en eflet, que certaines terres peuvent porter constamment des plantes, grandes consommatrices de potasse, sans qu’on ait besoin de leur en donner; ce sont des terres feldspathiques en voie continuelle de décomposition par l’eau. D’autres ne peuvent porter ces plantes que si l’on y répand du plâtre; pour celles-là, la décomposition ne se fait pas assez vite naturellement; elle doit être aidée.
- Ces remarques montrent que le cultivateur devra être très prudent en ce qui concerne l’emploi des engrais feldspathiques et ne devra pas se risquer à les introduire dans ses terres si elles n’en ont pas besoin. Quelques essais au laboratoire le fixeront sur ce point. La question est intéressante surtout pour ceux dont les terres sont caillouteuses; ceux-là peuvent nourrir l’espoir de faire d’une pierre deux coups, si l’on peut dire : débarrasser leurs champs des pierres qui l’encombrent et faire de ces pierres pulvérisées un amendement pour le champ même dont elles proviennent. G’est encore l’analyse au laboratoire qui les fixera sur l’utilité de cette opération.
- Au point de vue technique, la question du broyage ne paraît présenter aucune difficulté. La nécessité de broyer très finement les matières premières servant à la fabrication des ciments et ces ciments eux-mêmes a doté l’industrie de broyeurs à boulets et à galets, qui ne laissent rien à désirer sous le rapport de l’efficacité et de l’économie, et qui pourront broyer très facilement la plupart des roches feldspathiques. E. Lemaire.
- NOUVELLES OBSERVATIONS SUR
- Le Teucrium frulicans, labiée communément cultivée sur la Côte d’Azur, présente une anomalie fréquente, que j’ai fait connaître précédemment1. La tige devient hexagonale et porte des feuilles verlicillées par trois; les rameaux secondaires et tertiaires, quand ils existent, reproduisent invariablement le type normal, c’est-à-dire qu’ils sont carrés et pourvus de feuilles opposées; les fleurs sont toujours normales.- J’ai étudié comparativement la tige normale et la tige anormale et j’ai pu donner ainsi l’explication anatomique du fait paradoxal de la naissance de rameaux toujours bien constitués aux dépens de tiges monstrueuses.
- Depuis lors, j’ai eu plus d’une fois l’occasion d’observer le Teucrium anormal ; j’ai constaté certains faits qu’il me semble utile de mentionner brièvement, tant sont encore peu avancées nos connaissances sur la tératologie végétale.
- 1 IL Blanchard, Sur une Labiée à tige hexagonale, La Nature, p. 116, 23 janvier 1904.
- UNE LABIÉE A TIGE HEXAGONALE
- Sur un même rameau (fig. 1), j’ai observé le passage progressif du type -Dâmire ou normal (tige carrée, feuilles -opposées) au type binaire ou anormal (tige hexagonale, feuilles verlicillées par trois). La partie inférieure du rameau, non représentée ici, est normale. Puis, un certain verticille présente deux feuilles, accompagnées chacune d’un petit rameau primaire, mais l’une des deux feuilles a son limbe fortement échancré, à partir du sommet. Au nœud suivant, on trouve encore deux bourgeons et deux feuilles, mais l’une de ces dernières a son limbe entièrement dédoublé ; elle représente, à proprement parler, une feuille double portée par un pétiole unique. Dans l’entre-nœud suivant, la tige prend nettement le caractère hexagonal. Tous les verticilles suivants présentent trois; feuilles et trois bourgeons.
- En pratiquant des coupes le long de cette tige, j’espérais pouvoir élucider par quel procédé anatomique s’opère la transformation que je viens de décrire; les lettres. A-G
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- LA NATURE.
- indiquent les points que j’;ù spécialement étudiés. Je dois dire que cette étude ne m’a rien appris de précis : la tige était déjà trop vieille; ses faisceaux ligneux formaient un épais anneau tout autour du cylindre médullaire ; le liber formait un cercle interrompu, mais dont les parties constitutives ne m’ont paru fournir, ni par leur nombre, ni par leur position, aucun point de repère appréciable.
- En A, la tige est nettement quadran-gulaire, ses crêtes étant dues simplement à un épaississement local du parenchyme cortical
- Fig. 1.
- Rameau du Teucrium fndicans, passage du type binaire au type trinaire.
- et spécialement du parenchyme chlorophyllien. En B, la structure générale est la même; du cercle libé-ro-ligneux se détachent deux groupes de faisceaux, qui se portent en dehors, à travers le parenchyme cortical; chaque groupe comprend trois faisceaux qui se rendent l’un à la feuille, les deux autres au bourgeon. En C, rien de spécial. En D, la tige porte six crêtes, sa structure générale restant la même. En E, prennent naissance, non plus deux, mais trois groupes de faisceaux, dont chacun se comporte comme il vient d’être dit, à l’égard de la feuille et du bourgeon correspondants.
- Du type 2 normal, nous voici donc passés au type 3 anormal, tel que je l’ai décrit dans ma note précédente. Je n’ai pas saisi, le long de la tige, la moindre disposition anatomique qui pût expliquer l’inégale répartition numérique des faisceaux latéraux et, par suite, donner la clef de la variation du nombre des bourgeons et des feuilles.
- J’ai noté précédemment dans quelles conditions se produisent les rameaux anormaux. « Le Teucrium fruti-cans, écrivais-je, est une plante vivace, à tige ligneuse; chaque année, on l’ébranche totalement et, au printemps suivant, de nouveaux rameaux partent du pied. Ces rameaux de nouvelle génération poussent activement; ils sont indifféremment, et à peu près en nombre égal, conformes au type normal (tige carrée, feuilles opposées) ou du type anormal (tige hexagonale, feuilles verticillées par trois) ; toutefois, sur certains pieds, les rameaux normaux sont notablement plus nombreux. »
- Le même fait peut se produire aussi sur le trajet d’un rameau normal de nouvelle poussée, ainsi que je l’ai observé (fig. 2). Un ramoau quadrangulaire, à feuilles
- opposées, est tranché par la cisaille, exactement au-dessus d’un nœud : c’est le moment où la végétation est en pleine activité ; les deux bourgeons axillaires se développent, mais l’un d'eux subit une poussée luxuriante, grâce à laquelle il se substitue au rameau décapité. Il se distingue d’ailleurs de celui-ci et de son congénère de la façon la plus saisissante : tandis que ces derniers sont normaux, il est hexagonal et porte quatre verticilles de trois feuilles chacun, au delà desquels il se termine par un bourgeon feuillu. Les trois premiers verticilles sont régulièrement constitués, si je puis dire, leurs trois feuilles avec leurs bourgeons axillaires se trouvant au même niveau. Le quatrième verticille a subi, au contraire, un entraînement grâce auquel l’une des feuilles se trouve reportée notablement plus haut.
- Il était intéressant d’étudier l’anatomie d’un tel rameau, dans ses différentes parties. Malheureusement, cette fois encore, le rameau était trop âgé : le bois secondaire était entièrement formé, en sorte qu’il n’a pas été possible de se renseigner sur la provenance et la marche des faisceaux. L’origine apparente et la disposition de ceux qui se rendent aux feuilles et aux bourgeons axillaires sont d’ailleurs les mêmes que dans le cas précédent (11, 1). L’entre-nœud J est encore marqué de six crêtes longitudinales; le bois y forme autour de la moelle un anneau épais et complet, absolument symétrique par rapport à tous les diamètres. En K, le rameau n’a plus que quatre crêtes et le cercle ligneux s’amincit considérablement d’un côté, d’où une position excentrique de la moelle et une symétrie de celle-ci et de la section tout entière du rameau suivant un seul diamètre. En L, le rameau a conservé sa structure primaire : il présente de nouveau six crêtes, dans l’intervalle desquelles on
- Fig. 2. — Rameau anormal de Teucrium fruiicans obtenu
- artilieiollemenl.
- observe deux petits faisceaux, soit douze faisceaux au to-1.
- Je n’ai trouvé qu’une seule fois un rameau construit sur le type 4, c’est-à-dire de section octogonale et portant des verticilles de quatre feuilles ; le bois primaire était parcouru par seize faisceaux principaux, disposés par paires sur chacune des faces. Je me propose d’étudier cette nouvelle anomalie à la prochaine occasion, ainsi que les points encore obscurs des variations qui font l’objet de la présente note.
- Raphaël Blanchard,
- Professeur à la Faculté de Médecine de Paris, Membre de l’Académie de Médecine.
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- LA NATURE.
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- LES CÂBLES TELEPHONIQUES PUPIN
- Fig. 1. — Le bateau (le pose et son remorqueur.
- Un sail que la portée de la transmission téléphonique est loin d’être illimitée ; au delà d’une certaine distance, l’on ne perçoit plus à l’appareil qu’un mélange de sons confus, indistincts, où il est impossible de reconnaître la voix humaine. Depuis longtemps déjà on cherche à remédier à cet inconvénient, dont la cause a été nettement mise en évidence, en 1890, par un savant anglais, Sir Olivier Ileaviside; un fil téléphonique, lorsque sa longueur devient considérable, se comporte comme un véritable réservoir d’électricité; les vibrations de la parole, par l’intermédiaire du microphone, communiquent à cette électricité des mouvements qui se transmettent le long du câble à l’appareil récepteur ; mais, en raison de la grande masse électrique accumulée dans le câble, le mouvement, par une sorte de phénomène d’inertie, ne cesse pas aussitôt que la cause
- qui l’a lait naître, disparaît, et, alors que le son quiV^ l’a provoqué s’est déjà éteint, le mouvement qui en résulte existe encore, impressionnant encore le téléphone récepteur. La voix est constituée par une succession rapide de sons ; on conçoit donc que si la ligne est trop longue, ou plutôt si sa capacité électrique est trop forte, ces sons viennent faire vibrer la plaque du téléphone alors que ceux qui les précèdent ne sont pas encore éteints ; ils se superposent donc les uns aux autres pour donner ce mélange inintelligible dont nous parlions plus haut. C’est ce phénomène qui explique l’impossibilité actuelle des communications téléphoniques sous-marines ; un câble sous-marin est formé de conducteurs en cuivre plongés dans une masse isolante de gutta que maintient une armature en fils d’acier ; les fils de cuivre et les fils d’acier en présence constituent un immense condensateur électrique et les phénomènes d’inertie que nous signalions y sont particulièrement caractérisés.
- Fig. 2.
- (A gauche.) Coupc (l’un câble Pupin pour
- le voisinage des côtes.
- Fig. 3.
- (A droite.) Coupe d’un câble Pupin pour les grands fonds.
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- LA NATURE.
- M. Heaviside, en signalant la cause du mal, en indiquait également un remède; il démontrait que, si les lignes électriques présentaient ce qu’on appelle en langage électrique de la self-induction, les transmissions en seraient considérablement améliorées. Mais la grande difficulté était de prouver, par l’expérience, la valeur de celte affirmation théorique. 11 a fallu plus de 15 ans de recherches et d’essais pour rendre pratique l’idée de M. Heaviside.
- C’est qu’en effet pour doter de self-induction un conducteur, il faut en changer, au moins par endroits, la forme rectiligne; il faut le replier sur lui-même
- question difficile des câbles souterrains et sous-marins.
- D’intéressantes expériences ont été poursuivies pendant o ans, sur le lac de Constance, par les soins de la maison Siemens et llalske de Rerlin, avec un câble Dupin sous-marin. Elles ont démontré la possibilité pratique de lancer un câble de ce genre qui peut donner d’excellents résultats. On devait relier Friedrichshafen et Romanshorn ; ces deux villes sont distantes de l!2 km.
- Le câble employé était muni de 12 bobines Dupin, également espacées sur sa longueur. Il fut constitué
- Fiy. 4. — Le déroulemeul du câble.
- en forme de bobines d’un nombre de spires soigneusement calculé d’avance. Cette disposition, difficile à réaliser pour des câbles aériens, semblait presque impraticable pour des câbles souterrains, et surtout sous-marins.
- Nous avons déjà signalé la création en Amérique d’une ligne téléphonique aérienne, à grande distance, munie de bobines de self-induction (Voy. La Nature, n° 1724, p. 18) disposées suivant les plans du professeur Dupin. Le succès de M. Dupin a été complet, car il a pu améliorer les lignes dans le rapport de 5 à 1 en Amérique, de 4 à 1 en Allemagne, de 2 à 1 en Angleterre. Aussi ses brevets lui ont-ils été achetés, dit-on, 2 500000 francs. Ses efforts ont porte particulièrement, ces derniers temps, sur la
- par une âme faite de conducteurs en fil de cuivre noyés dans la gulta-percha. Étant donnée la profondeur du lac (150 m., en moyenne) et les pressions considérables que le câble devait par suite supporter (15 atmosphères), on protégea l’âme contre les déformations possibles par un ressort résistant en fil d’acier de 2 mm. de diamètre. Nous trouvons ensuite une armature en fil d’acier, comme dans les câbles ordinaires; cette armature est doublée pour les portions voisines de la rive. Enfin une enveloppe de plomb est serrée sur le tout. Cet ensemble, avant toute expérience, fut soumis à des pressions de 150 atm. et l’on vérifia qu’il ne subissait aucune déformation sensible. Les bobines de self-induction sont annulaires, de sorte que les conducteurs autres que celui
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- (|iii les constitue passent à l'intérieur de la bobine. Naturellement, à l’emplacement de la bobine, le câble présente un renflement que l’on raccorde par une partie conique avec le reste du câble.
- Les difficultés de la pose du câble furent considérables, il fallut organiser un bateau spécial, avec des dispositifs analogues à ceux qui servent à la posedescâbles sous-marins (Voy. La Nature, n° 1785, î27 juillet 1907). 11 était remorqué par un petit vapeur amarré à son liane. Les inégalités de la section du câble Pupin obligèrent à aménager spécialement les disques dérouleurs pour empêcher que le câble ne put s’en échapper, et rendirent fort pénibles les manœuvres de chargement. Mais toutes les difficultés furent heureusement surmontées et, en somme, la pose réussit parfaitement, démontrant ainsi qu’il est possible d’employer les bobines Pupin pour des câbles sous-marins.
- Au point de vue de la transmission de la voix, elles donnent de remarquables résultats, et leur Usage, déjà répandu pour les lignes terrestres, pourra sans doute d’ici peu s’étendre aux lignes sous-marines, à celles au moins dont la longueur n’est pas par trop considérable. À. Tiiouæii.
- CHRONIQUE
- Les Diola de la Casamance. — Nous extrayons les renseignements suivants d’une élude de notre collaborateur, le Dr Maclaud, publiée récemment dans Y Anthropologie. Les Diola sont une importante famille nègre dont les groupements sont disséminés sur les deux rives de la basse Casamance. Le trait le plus remarquable est leur habitat : les Diola, en effet, ne se trouvent que sur les terrains vaseux, et l’on peut dire que, là où il y a des terrains vaseux, on trouvera des Diola; ils appartiennent à ce type de civilisation, connu d’ailleurs par des exemples européens, de tribus d’agriculteurs conquérant sur la mer ou sur les rives d’un fleuve à son embouchure le terrain qu’ils utilisent pour leur travail, ici d’admirables rizières disputées pied à pied entre les eaux par un système remarquable d’endiguements. Le Dr Maclaud estime à 100 000 le nombre des Diolas qu’il distingue en dix tribus principales : Diola du Fogny (25 000) Diola du Diébali (8000) ; Diola du Kombo (3000) ; Diougonle (2000) ; Karonc (2000) ; Bliss (1000) ; Diola de Carabane (6000); Floup d’Oussouye (12 000); Floup d’Aramé (6000); Diamate (35 000). Le travail de M. Maclaud c.'t suivi de tableaux démesures anthropométriques, impossibles naturellement à donner ou à résumer ici, mais qui sont une contribution intéressante à l’anthropologie africaine.
- Miroirs et glaces en cuivre. — Voilà bien longtemps que chimistes et industriels cherchent un succédané à l’amalgame d’étain qui sert à former la surface réfléchissante, le tain des glaces, et lui a donné son nom.
- Il est vrai que Liebig a montré qu’on pouvait obtenir de beaux miroirs avec un dépôt d’argent proprement dit, en réduisant les solutions de sel d’argent au moyen du sucre de lait ; mais on n’avait point réussi avec les autres métaux, notamment le cuivre. Les miroirs que Faraday avait fabriqués en dissolvant de l’oxyde de cuivre dans de l’huile d’olive, et en chauffant la plaque de verre dans un bain de ce môme liquide, se tachaient bien vite, et
- manquaient d’éclat. Or le D‘ F. Chattaway a montré récemment, aux soirées de la Royal Society, des miroirs de cuivre de sa fabrication; il a constaté, en effet, que les solutions d’oxyde de cuivre sont réduites par les hydra-zines aromatiques; il se forme alors une pellicule cohérente et brillante, ayant l’apparence du cuivre bruni, et donnant des réflexions uniformes et parfaites.
- Un wagon désherbeur pour voies ferrées. — La question de l’envahissement des voies ferrées par les herbes a pris une grande importance dans l’Ouest des États-Unis; surtout quand le trafic et, par suite, le nombre des trains quotidiens ne sont pas élevés, les herbes deviennent assez abondantes et assez hautes pour retarder sensiblement la marche des convois, entraîner une consommation supplémentaire de force motrice. Sur bien des réseaux, des hommes sont constamment employés au désherbage; ailleurs, on a essayé en vain de recourir aux aspersions de pétrole, à l’épandage de sel. Sur l’Union Pacific Railways, on se sert maintenant d’un wagon spécial désherbeur et « brûleur )) ; c’est du reste un véhicule automobile à pétrole, marchant à 20 km en route libre, ou seulement à 5 km à peu près quand il brûle la végétation parasite. Son moteur maintient sous pression de l’essence dans des réservoirs spéciaux; et à l’arrière, à l’abri de plaques formant écrans, on peut allumer des brûleurs alimentés par l’essence. De la sorte, un jet de flamme de 3,60 m. se produit derrière le wagon. On brûle les herbes quand elles ont 15 à 20 cm. de haut, puis on repasse quelques jours après : ce qui permet de brûler jusqu’aux racines. On peut ainsi détruire les herbes sur une quarantaine de kilomètres par jour, et le prix de revient est de 20 francs à peu près au kilomètre.
- Les pompes d’alimentation d’un grand dock.
- — Les immenses docks de carénage que l’on construit maintenant de plus en plus, ont besoin d’appareils d’épuisement d’une puissance, d’un débit énormes, pour que les navires passant dans le dock se trouvent rapidement à sec. Mais dans les bassins à flot, qu’on appelle aussi des docks, pour remédier aux fuites constantes qui se font jour par les portes, et qui atteignent un volume d’autant plus grand que la profondeur d’eau dans le bassin et la pression sont plus fortes, on doit installer parfois, en sens inverse, des pompes envoyant de l’eau dans le bassin. C’est ce qui se produit pour les South Docks, à Cardiff, où la profondeur sur radier est de 15 m. On y a installé 3 machines à triple expansion, commandant 5 pompes centrifuges; et chacune de celles-ci peut débiter par minute 450 000 litres, en relevant l’eau de 3,60 m. pour l’envoyer dans le dock.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 octobre 1907.
- Présidence de M. Chauveau.
- Le prochain passage de Mercure sur le Soleil. — M. Bigourdan fait remarquer que le prochain passage de Mercure sur le Soleil, le 14 novembre prochain, présente une grande importance au point de vue de la recherche clés éléments du système solaire et au point de vue de l’astronomie physique. C’est, en effet, en discutant les observations anciennes des passages de ce genre que Le Verrier a opéré une de ses plus belles découvertes, celle de l’accélération séculaire du mouvement
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- du périhélie de Mercure, accélération encore inexpliquée d’ailleurs. En outre ces passages se présentent sous des apparences variées, dont certaines sont surprenantes. Des observations bien dirigées peuvent lever un coin du voile qui cache encore la mystérieuse constitution de la planète. Il y a notamment à trancher la question de l’éclat relatif du disque de la planète et du disque solaire pendant le passage. M. Bigourdan indique la manière dont les observations doivent être conduites.
- La vision 'par les yeux composés. — M. J. Cliatin présente les conclusions d’un travail de M. P. Yigier sur le mécanisme de la vision chez les insectes. On s’est longtemps demandé comment un œil composé de plusieurs milliers d’yeux élémentaires permet à l’animal de voir un seul objet. M. P. Yigier montre que, contrairement aux notions admises, il ne peut y avoir, dans l’œil composé des mouches par exemple, construction d’une
- seule image par la juxtaposition d’un nombre considérable de petites taches lumineuses assemblées comme le seraient les pièces d’une mosaïque. Il y a, au contraire, formation d’autant de petites images qu’il y a d’yeux élémentaires : la combinaison des impressions correspondant à une image unique a lieu non pas dans l’œil, mais dans les centres nerveux de l’animal.
- Un arbre à caoutchouc au Tonhin. — M. G. Bonnier présente une Note de MM. Dubard et Eberhardt sur un arbre à caoutchouc qu’ils viennent de découvrirai! Tonlun. Cet arbre donne un caoutchouc supérieur; il est très abondant dans plusieurs provinces de la colonie. On ne connaissait jusqu’ici en Indo-Chine que les lianes à caoutchouc dont l’exploitation est difficile et peu rémunératrice. L’arbre à caoutchouc du Tonkin appartient à la même famille que le mûrier de nos pays.
- Ch. de Yuledeuil.
- UN CHÊNE-LIÈGE GÉANT
- Au cours d’un voyage zoologique que j’ai lait, au printemps de 1906, en Khroumirie, région montagneuse et verdoyante de la Tunisie septentrionale, j’ai eu le plaisir d’étudier et de photographier un chêne-liège très remarquable, que représente la ligure ci-jointe.
- Cet arhre se trouve dans 1 a partie méridionale de cette région, à Fernana, et s’élève isolément sur le liane d’un coteau, dans un endroit presque complètement dépourvu de végétation arborescente.
- Le Chêne-liège de Fernana, doyen des chênes-liège de la Khroumirie, où il est fort célèbre, et l’un des plus gros de l’Afrique septentrionale , est malheureusement en pleine décrépitude. Non seulement son tronc est creux, mais de multiples branches sont mortes, et un gros morceau de l’arbre gît au pied du tronc, dont l’intérieur est un peu carbonisé. J’ai mesuré ce tronc à 1 m. du sol et trouvé une circonférence de 6,10 m. Je pense que lorsqu’il était complet, il avait, à la même hauteur, une circonférence d’environ 6,50 m. L’arbre est penché du côté du Nord-Est.
- On a dit— ce n’est peut-être qu’une légende? — qu’avant l’occupation française, les chefs khroumirs se réunissaient sous les branches de ce chêne, pour
- décider s’il fallait payer l’impôt au bey de Tunis, et que, presque toujours, la réponse était négative. A l’instar de saint Louis rendant la justice sous un chêne à Vincennes, elle est rendue au pied de ce chêne-liège le jour du marché, qui, chaque dimanche,
- se tient près de cet arbre. Très probablement, il faisait partie d’une forêt de chênes-liège dont il est le seul vestige en cet endroit. L’arbre est délabré, que, je le crains fort, il n’existera plus depuis un temps plus ou moins long quand naîtra le vingt et unième siècle.
- M. F. Minan-goin, le savant et obligeant inspecteur des Eaux et Forêts à Aïn-Draham (Khroumirie), pense que ce chêne-liège est âgé de huit à dix siècles environ.
- La principale richesse de la Khroumirie consiste en ses forêts de chênes-liège, de Quercus suber L., dont la croissance est fort lente, et le Chêne-liège de Fernana mérite certainement d’être connu en dehors du pays des fameux Khroumirs.
- Henri Gadeau de Kerville.
- Le Gérant : P. Masson.
- Le chcne-liège de Fernana (Khroumirie).
- Paris. — Imprimerie L.uiuus, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1796. — 26 OCTOBRE 1907.
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- UN MARIAGE CAFRE
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- Dans nn ouvrage intitulé : Science in South Africa, écrit à l’occasion de la session du Congrès de l’Association Britannique pour l’avancement des sciences, tenue pendant l’été de 1905 dans l'Afrique du Sud, M. W. Hammond Tooke classe ainsi les races de l’Afrique Australe :
- 1. — Bantou, race à laquelle appartiennent la plupart des tribus du Sud de l’Afrique; varie en couleur depuis le teint blême du Fan ou Souahéli, jusqu’au noir foncé du Swazi; varie en bailleur, de 1 m. 75 à 1 m. 82. Divisé
- en : a) le groupe
- --------------------------------------Cafre-zoulou demeurant dans la colonie du Cap (parti)', orientale), Natal, Màlabele-land, Gazaland et Swaziland; b) le groupe Gwarnba
- ou Tekeza, demeurant dans l’Est africain portugais;
- c) le groupe Mali alang a, demeurant dans la Rho-desia, est et ouest ;J
- d) le g r o u p e
- Belchouàna, demeurant dans le protectorat de De ch u an a Land, Basutoland, le Transvaal et la colonie du Cap, nord de l’Orange ; e) le groupe 11e-rero, demeurant dans le Sud-Ouest africain allemand (Damaraland).
- II.—Les races à peau jaune : Les Bushmen, appelés, par les premiers colons hollandais, Bosman-niken (orang-outan); par les Hottentots, San, ;
- 1. Un grand chef. — 2. Défilé des femmes. — 3. Groupes de femmes.
- Souqua et Obiqua (voleur); par les Calres, Abatwa; par les Betchouanas, Baroa; par les Iiercros, Ovatua. Les Hottentots, qui se nomment eux-mêmes' Khoi-Khoin ou Hommes des Hommes, sont appelés par les
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- Cafrcs, Abalawu; par les Bclchouanas, Bakhotu; par les Hereros, Ovaseranda (liommes rouges).
- III. — Ghou Damup ou Berg Damara. — Tribu qu’on ne peut distinguer des Bantous au physique, inférieure intellectuellement aux Bushmen ; vit dans le voisinage des Hereros ; chassés dans les montagnes par les Hottentots, les Ghou Damup ont perdu leur propre langue, et parlent un patois hollandais; peut-être les descendants d’une ancienne race de negritos (ncgrilles), les vrais autochtones du Sud de l’Afrique.
- Les étrangers qui vivent dans les villes, et qui utilisent les nègres comme domestiques, traîneurs de djinriekschas, agents de police, etc.., ont peu l’occasion d’étudier les mœurs des indigènes. C’est grâce à la visite de l’Association Britannique pour l’avancement des sciences dans l’Afrique australe qu’il m’a été donné d’être présent au spectacle d’une véritable cérémonie cafre.
- Pendant notre séjour à Pietermaritzburg, nous avons eu la bonne fortune d’assister à une danse cafre qui, peut-être, a été la chose la plus intéressante que nous ayons eu l’occasion de voir pendant tout notre voyage.
- Nous sommes partis le vendredi matin, 25 août 1905 à 9 h. 15, pour llenley qui se trouve à 16 milles 5/4 de Maritzburg. En arrivant à destination, on voyait de toutes les collines environnantes descendre les indigènes armés de gaules en guise de sagaies : trois grands chefs, avec un millier d’hommes, devaient prendre part à cette fête, c’étaient Mhlola, Laduma, chef de la tribu Amampumuza, et Umveli. Après de nombreuses danses, a eu lieu le mariage de Mhlola avec une jeune femme, payée, si je ne me trompe, dix vaches à son père par son futur époux, et qui doit être sa femme principale et la mère de l’héritier. Ce don est appelé lobola.
- Voici, d’après le programme qui nous fut donné, les cérémonies qui se sont déroulées devant nous : Les chefs suivants, avec des membres de leurs tribus, assistaient et prenaient part à la danse :
- 1° Mhlola (Prodige), chef héréditaire de la tribu Inadi, avec des Ixraals dans les divisions suivantes, à savoir : Umgeni, Rivière du Lion, Umvoti, Impendhle, New lîanover, Underberg et Camperdown, avec 1748 huttes et approximativement 7429 individus.
- 2° Laduma (Il tonne), chef de la tribu Amampumuza, branche de la tribu précédente, avec des Kraals dans les divisions suivantes, à savoir : Umgeni, Rivière du Lion, Impendhle, New Hanover, Umvoti et Estcourt, avec 842 huttes et approximativement 5500 individus.
- 5° Umveli (Celui qui apparaît) faisant fonction de chef de la tribu Amafunze, branche du grand clan Ngcobo des tribus indigènes dans la Colonie, avec des Kraals dans Umgeni, Rivière du Lion, Umvoti, Umkomanzi supérieur, Ixopo, Impendhle et Camperdown, avec 1855 huttes et approximativement 7790 individus.
- Tout d’abord, chaque chef et ses gens appro-
- chèrent à une distance respectueuse des visiteurs et les saluèrent suivant l’usage de leurs tribus respectives, en donnant le Salut Royal. Puis, après des chants et des danses, eut lieu le mariage du jeune chef héréditaire Mhlola; danses, échange de cadeaux, etc.
- Les coutumes observées par les tribus indigènes à ces mariages sont sujettes à beaucoup de variations; dans certains cas, elles sont plus compliquées que dans d’autres et dépendent beaucoup de la tribu ou du clan particuliers, auxquels appartient le fiancé.
- U est peut-être intéressant de noter qu’en aucun cas, la mère de la mariée ne doit assister au mariage, que, si la mariée est fille aînée, le père n’assiste pas au mariage; que la fiancée ne peut pas regarder le père de son mari ; que, dans beaucoup de tribus, la belle-mère ne peut pas regarder son gendre, ni le gendre sa belle-mère.
- Dans certains cas, la belle-mère et le gendre peuvent être ensemble, mais la première doit être couverte d’une manière spéciale, et porter un bandeau autour de la tête.
- Ces usages varient aussi et deviennent plus ou moins surannés avec les progrès de la civilisation.
- Les guerriers s’élancèrent en soulevant un nuage de poussière de la terre qui tremblait sous leurs pieds et poussèrent une sorte de sifflement qui ressemblait au bruissement des feuilles agitées par le vent; par moments, les chants étaient marqués par des exclamations rauques qui rappelaient le cri des Valkyries dans leur chevauchée.
- Les femmes mariées, reconnaissables à leurs cheveux mélangés de fibres végétales, ramenés en une touffe en forme de concombre sur le sommet de la tête, les jeunes filles, grasses et lourdes, trépidaient en longues et lentes théories, faisant vibrer le sol sous leur pas pesant et chantaient d’une voix criarde quelque complainte assez bien rythmée.
- Il y avait, pendant la durée des exercices, un guerrier, à l’air féroce, qui marmottait une interminable mélopée; je pensais qu’il devait avoir à se plaindre de quelques torts de l’un des fiancés et mon esprit fut soulagé pour les jeunes époux, lorsque j’appris que ce fâcheux — il me rappelait Gurnemans dans Parsifal — était le barde qui célébrait les hauts faits de sa tribu. II y avait un autre grand diable qui accompagnait la fiancée, s’adonnant à une pantomime frénétique et exécutant des sauts de cabri en agitant sa lance ou plutôt sa gaule avec une ardeur singulière, que l’on me dit être le gardien d’honneur de la future épouse. Je signalerai encore une femme assez grande, tante de la fiancée, qui se livrait à une course effrénée sur le front de ban-dière, personnage sans doute fort important de la cérémonie, qui, brisé de fatigue, a dû regagner sa couche le soir avec beaucoup de plaisir. Ce qui fut surtout fort cocasse dans cette fête, ce fut le défilé des présents devant les mariés ; une table, une chaise, un lit, des couvertures de laine, des parapluies, que les porteurs brandissaient triomphale-
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- ment au-dessus de leurs tètes, un vase intime : lout cela acheté, évidemment,-au plus lias prix, dans les bazars de Durban.
- Ce lut assurément une excellente leçon d’anthropologie qui nous fut donnée à Henley : ce genre de spectacle deviendra de plus en plus rare dans le sud
- de l’Afrique ; peut-être même ne reverra-t-on plus un mariage indigène célébré avec autant de pompe. Nous pouvons donc être fort reconnaissants à ceux qui, au milieu de tant de difficultés, ont pu organiser cette fêle. • Henri Cordirr,
- Protïissftur à IT'eolf des langues orientales.
- LES ROWTON HOUSES
- Il existe, depuis peu de temps, au nord-ouest de Londres, dans un faubourg sain et bien aéré, à Arlington Road, Camden Town, un immense hôtel populaire d’un genre tout à fait particulier. Cet immeuble a étéconslruit par la Société des « Row-lon houses », association philanthropique, fondée par Lord Rowton et qui possède, aujourd’hui, un capital de près de 12 millions de francs.
- Son but est de construire et d’exploiter des maisons à bon marché pour les célibataires de condition modeste, ouvriers et employés.
- L’immeuble, qui nous occupe dans cet article, est le sixième du genre; c’est le plus important et le plus complet. Les lois de l’hygiène moderne y sont rigoureusement appliquées; aussi les conditions sanitaires de cette maison peuvent-elles servir d’exemple aux constructions destinées à de nombreux locataires.
- L’air et la lumière sont distribués à profusion par de grandes et belles fenêtres à guillotine. La disposition des bâtiments permet d’établir des courants d’air et de faire des chasses d’air sérieuses, tant dans les salles communes que dans les chambres occupées par chacun des clients de l’hôtel populaire. Air, eau et lumière sont les facteurs essentiels de la propreté et de la salubrité de l’habitation ; ils ont été prodigués avec libéralité dans ce caravansérail moderne, capable de loger 1120 personnes, dans des conditions de confort et d’hygiène tout à fait spéciales.
- Le terrain, occupé par ce groupe de constructions, a une surface totale de 4800 m2. Un bâtiment principal allonge ses 60 m. de façades parallèlement à Arlington Road; trois ailes, de 80 m. de longueur
- chacune, perpendiculaires au corps principal, viennent se raccorder sur ce dernier pour compléter l’ensemble de cette construction. Deux vastes terrasses et deux espaces vides permettent aux fenêtres de ces bâtiments de s’ouvrir, toutes grandes, pour recevoir l’air et laisser entrer les rayons du soleil, ces deux ennemis des microbes, de la tuberculose, des miasmes et des épidémies.
- L’immeuble se compose d’un sous-sol surélevé, d’un rez-de-chaussée et de quatre étages uniformes ; les frontons et les tourelles de la façade principale, ainsi que les tours carrées, situées à chacune des extrémités des trois ailes, forment le cin-étage. Il ne nous appartient pas d’examiner ici l’architecture de la maison, ni d’entrer dans les détails de la construction ; nous voulons signaler simplement les points spéciaux qui caractérisent cet immense établissement, construit dans des conditions hygiéniques absolument remarquables.
- Les tentures, les tapisseries et le papier ont été bannis. Les murs ont été revêtus d’enduits en stuc ou en ciment, dans tous les locaux communs, couloirs, dégagements, antichambres, salles à manger, salons de lecture; dans les chambres à coucher, ils ont été peints à l’huile avec une couche de vernis. Partout, les murs présentent des surfaces unies et bien polies, afin d’empêcher aux poussières et malpropretés de s’y fixer.
- Au-dessus du plancher et jusqu’à 1 m. 50 de hauteur environ, les murailles ont été, suivant les emplacements, revêtues soit avec des plaques d’opaline, soit avec des carreaux de verre; dans d’autres endroits, ce sont des briques vitrifiées ou des faïences
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- émaillées, qui présentent leurs surfaces unies multicolores.
- Les corniches en plaire sont remplacées par des moulures en faïence émaillée. Les tableaux ne sont pas admis. Mais, comme les murs des salles ne peuvent rester nus, on les a ornés avec de grands panneaux décoratifs, très artistiques, en faïence, semblables à ceux qui, dans certaines gares de chemins de fer, sont d’un si bel effet. 11 faut que murs et planchers puissent être arrosés largement et lavés facilement.
- Le mobilier des salles communes et des chambres privées est en fer verni, en fonte émaillée, en porcelaine ou en faïence; on a supprimé le bois, autant
- de Camden Town, il faut faire remarquer que, dans les cuisines, offices, laveries, garde-manger, réserves et magasins, le bois a été banni d’une manière complète, pour'faire place au marbre et à la faïence émaillée. L’eau a été distribuée avec la plus grande prodigalité; elle coule à robinets libres dans les lavabos, watcr-closets, bains et postes d’eau, services dont l’alimentation a été particulièrement soignée. L’évacuation des eaux usées a été également étudiée de très près; c’est, d’ailleurs, une grave question et l’importance en est grande en raison directe du nombre d’habitants qui composent l’agglomération .
- Le chauffage est assuré par une circulation d’eau
- que cela a été possible, dans le mobilier comme dans la construction. Les escaliers, dont les cages sont armées de carreaux de faïence ou de briques vitrifiées, sont tous en fer, avec marches et paliers de repos en tôle striée; ils sont disposés de manière à permettre l’évacuation facile et rapide des locaux en cas d’incendie. Tous, ils s’élèvent du sous-sol aux toitures. Ces dernières sont disposées, dans toute la longueur des batiments, avec des terrasses plates en ciment armé, facilement accessibles, permettant aux locataires d’y trouver un refuge; dans le cas où un incendie viendrait à se produire, toutes les terrasses communiquant entre elles, il serait facile aux habitants de fuir loin du lieu du sinistre.
- Pour montrer jusqu’à quel point les précautions hygiéniques ont été poussées dans la Rowton house
- chaude, dont l’installation fonctionne de la cave aux greniers. Quant à l’éclairage, il est électrique, tant dans les services que dans les chambres des.locataires.
- Pour un prix modique, le célibataire anglais peut avoir, dans les Rowton houses, une chambre propre et hygiénique; il a également à sa disposition des lavabos, des salles de bains, des bains de pied et tous les appareils que réclament les soins de propreté indispensables à tous et particulièrement nécessaires à l’homme qui travaille manuellement. Une buanderie, où l’hygiène du blanchissage est poussée jusqu’à ses dernières limites, lave et purifie, en même temps que le linge de la maison, tous les objets des locataires.
- Cabinets de lecture, fumoirs, salle à manger, riants et gais, décorés de panneaux artistiques au
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- coloris agréable, complètent cet ensemble qui de- I remarquable, où l’homme de condition modeste, et mandait à être cité, non seulement à cause de son | le pauvre même peuvent trouver le confort le plus
- Fig. I. — Salle de lecture et de récréation.
- originalité, mais surtout parce que le souci des I grand, un bien-être réel, dans un milieu particu-conditions hygiéniques domine cette installation | lièrement salubre. Will 1)ai\ ville.
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- L’ÉTINCELLE LODGE ET L’ALLUMAGE DES MOTEURS A EXPLOSION
- Tous les automobilistes savent <ju’une grande partie des pannes dont ils sont les victimes bénévoles, sont imputables à rallumage. Les encrassements de bougies,
- le mauvais isolement des fils conducteurs, le fonctionnement défectueux du distributeur, la magnéto, la bobine interviennent à tour de rôle, quand ce n’est pas simultanément, pour accorder aux organes mécaniques d’une voiture aussi bien qu’aux pneumatiques un instant de repos.
- On eut soin de supprimer les brûleurs des moteurs dès qu’il fut possible de compter quelque peu sur l’électricité pour produire l’inflammation du mélange tonnant. L’emploi des bobines d’allumage fut une véritable révélation et l’on accueillit avec une joie orgueilleuse toute voiture pourvue d’un allumage électrique. Mais, comme il faut que tout progresse, ou plutôt ait l’air de progresser, les bobines ne tardèrent pas à être disqualifiées, à passer de mode. La magnéto venait de naître et tout véhicule autorisé ne pouvait sortir décem-
- rl'|l|t-
- Primaire
- ImSiaJ
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- Secondaire
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- C' O
- Fig1. 1. — Production de l'étincelle Lodge.
- ment sans sa magnéto à haute ou à basse tension. On « en revint » : les constructeurs les premiers, d’ailleurs, puisqu’ils s’empressèrent de faire de nouveau appel à la bobine pour seconder la magnéto. Nous devons à la logique d’ajouter que le procédé est un peu machiavélique parce qu’il devient trop coûteux.
- En réalité, l’allumage des moteurs par bobine et accumulateurs est excellent; si l’étincelle-obtenue est moins chaude que celle de la magnéto, les ratés qu’occasionne ce dernier appareil sont plus nombreux, et, ceci soit dit sans parti pris, la bobine est capable de remplir, d’une manière très satisfaisante, les fonctions qu’on lui confie. Si la vogue s’est détachée d’elle, il n’en faut accuser que le snobisme, maladie peu dangereuse, il est vrai, mais de laquelle il est intelligent de se garder.
- Nous en étions là de la question de l’allumage des moteurs lorsque sir Olivier Lodge, le célèbre physicien anglais auteur de travaux très techniques sur l’électricité et en particulier sur la télégraphie sans fil, observa, au cours de ses expériences, la formation d’une étincelle particulièrement gênante dont il chercha pendant longtemps à se débarrasser. L’ayant étudiée de près, il remarqua qu’elle se comportait autrement que les étincelles ordinaires et manifestait sa présence dans des occasions qui eussent dû l’empêcher de se produire et par des actes réellement anormaux. Vivement intrigué, sir Olivier Lodge résolut de la rendre utile. Nous ne lui avons donné
- d’autre nom que celui de son inventeur, car elle sort de la catégorie des phénomènes électriques avec lesquels elle a cependant une étroite parenté ; au surplus, il est encore impossible d’expliquer aussi bien sa formation que les anomalies qu’elle présente. Pour la faire connaître, nous nous contenterons de dire comment est construite la bobine qui lui donne naissance.
- Celte étincelle jaillit entre les deux armatures externes de deux bouteilles de Leyde reliées électriquement lorsque les armatures internes se déchargent. Il faut donc qu’il y ait liaison électrique entre les armatures externes pour que, pendant la charge des armatures internes, il se produise des phénomènes d’influence suffisamment intensés
- pour se traduire par une rupture de l’équilibre électrique du système formé par les deux armatures et la liaison. On constate que, au moment de la décharge, cet équilibre ne se rétablit pas par la liaison électrique, mais par l’étincelle Lodge qui jaillit dans l’espace d’air ménagé entre des bornes appropriées. Ainsi donc, nous sommes en présence de deux corps électrisés à un potentiel différent et nous nous apercevons que l’équilibre ne se rétablit pas par l’intermédiaire d’un conducteur, même métallique, les réunissant, mais à travers l’air. En d’autres termes, l’étincelle Lodge recherche la difficulté ; l’électricité qui la fait naître ne semble pas obéir aux lois connues puisqu’elle préfère le chemin de la plus grande résistance, l’air, à celui que lui offre un conducteur métallique. C’est une étincelle de haute tension, mais de très haute fréquence ; sa durée serait inférieure à un cent-millionième de seconde tandis que la fréquence des étincelles de haute tension ordinaire est de l’ordre du millième. Elle est particulièrement détonante et produit une vraie explosion ; elle se trouve donc être dans des conditions spécialement favorables pour produire l’inflammation d’un mélange détonant. Enfin ajoutons encore qu’elle crée un champ électrostatique intense et donne naissance à des ondes hertziennes1.
- Posons maintenant le principe de la formation de l’étincelle Lodge.
- Un circuit primaire fermé P (fig. 1) donne naissance aux bornes A et B du circuit secondaire d’une bobine à haute tension à une étincelle ordinaire. On sait, en effet, que l’action électrique consiste dans l’élévation rapide de la différence de potentiel entre A et B jusqu’à ce que l’étincelle jaillisse. A ce système, le célèbre physicien anglais a ajouté deux condensateurs II II dont deux des armatures sont liées au circuit secondaire de A et B, tandis que les deux autres armatures sont, de plus, reliées
- Fig. 2. — Schéma de l’allumage Lodge appliqué sur un moteur à gaz. — S, secteur ; I, interrupteur double pour la charge des accumulateurs ; A, accumulateurs ; B, allumeur Lodge ; J), hou gic ; M, masse ; C, contacteur sur l’arbre des cames.
- entre elles par un mauvais conducteur E, comme l’indique notre schéma, et à deux bornes nouvelles G et 1).
- La bobine étant en action, les deux bornes A et B se chargent et les armatures des condensateurs H II sont également chargées grâce à la présence du conducteur E qui les relie électriquement. Les quantités induites sur ces armatures ne se neutralisent pas à travers E ; elles sont au contraire retenues par influence par les quantités accumulées sur les faces opposées reliées à A et B. Aussitôt que la décharge se produit entre ces deux bornes, l’électricité accumulée sur les armatures opposées devient
- 1 A rapprocher des travaux de M. Blondel sur la haute fréquence.
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- libre, et la soudaine lé de celte libération donne à la décharge oscillante qui en résulte un caractère tel que le passage par l’air, entre C et D, devient un chemin de moindre résistance que le conducteur E.
- Dans ces conditions, l’isolement plus ou moins imparfait des conducteurs G et 1) n’olfre aucun inconvénient; aucune fuite n’est susceptible de se produire par la surface de ces conducteurs ou même dans les bougies d’allumage qui peuvent les terminer.
- Nous avons eu l’occasion d’assister, dans le laboratoire de M. Fabre, en compagnie de plusieurs ingénieurs appartenant à l’automobilisme, à diverses expériences qui nous ont vivement intéressé. Les deux fils C et D aboutissant aune bougie, celle-ci plongeant entièrement dans l’eau, l’étincelle éclate avec autant de régularité que si la bougie était placée dans un endroit sec. Trempée ensuite dans de l’huile, puis consciencieusement barbouillée de plombagine et mise encore dans un vase plein d’eau, l’étincelle ne semble pas s’en porter plus mal. Donc la question de l’encrassement des bougies n’existe plus avec une telle étincelle que rien n’arrête. Ces étincelles sont des étincelles statiques; il ne conviendrait donc pas d’établir un rapprochement avec les étincelles de rupture.
- Nous devons ajouter que la source d’électricité doit ne pas présenter de self-induction, afin d’obtenir des ruptures très brusques au primaire : celle condition est essentielle pour réaliser de bons phénomènes de haute fréquence. Par conséquent les accumulateurs et les piles doivent être employés de préférence aux magnétos.
- Dans la plupart des applications de cet appareil sur les moteurs à explosions, on a constaté une augmentation de puissance assez notable par rapport aux moteurs équipés avec les appareils ordinaires; cette augmentation aurait atteint jusqu’il 15 pour 100 sur les allumages à incandescence et 5 à 10 pour 100 sur les allumages électriques.
- Pour l’allumage des moteurs fixes, d’un moteur à gaz, par exemple, l’installation est des plus simples et le schéma ci-contre (fig. 2) est très explicite. On branche sur le secteur une prise de courant avec interrupteur double pour la charge des accumulateurs De ces accumulateurs part un fil que l’on relie au contacteur placé sur l’arbre des cames, tandis qu’un autre traverse le circuit primaire de la bobine relié d’autre part, également au contacteur. Le circuit Lodge comprend alors la bougie et la masse ou la mise à la terre, ou encore une, deux, trois autres bougies appartenant à d’autres cylindres. En somme l’installation est exactement semblable à celle que Ton peut réaliser sur une voiture automobile avec des accumulateurs.
- En dehors des effets déjà surprenants que nous avons signalés, l’étincelle Lodge s’entoure encore de divers phénomènes aussi étranges. Faisons-la agir, par exemple, à l’intérieur d’un manchon surmontant un bec de gaz ordinaire et isolé électriquement ; elle crée un champ électrostatique intense dont le résultat est d’augmenter
- le pouvoir éclairant dans des proportions énormes 11 semble donc qu’il se produise un phénomène de modification du milieu ambiant qui change les conditions dans lesquelles se produit l’incandescence dans ce cas particulier, et l’explosion lorsqu’il s’agit de l’allumage des moteurs.
- L’existence du champ magnétique intense ne peut faire de doute. Si, par exemple, nous réunissons les deux bornes C et D par un fil bien isolé, enroulé deux ou trois fois sur lui-même, et que nous posions sur cet enroulement très primitif deux ou trois spires d’un conducteur semblable au premier dont les deux extrémités seront rattachées à une bougie de moteur, nous observerons sur cette bougie les mômes faits que précédemment, alors qu’elle était enduite d’huile, de plombagine et noyée dans l’eau.
- Approchons ce conducteur isolé de la soucoupe contenant l’huile ; immédiatement il se produit sur la surface de celle-ci une répulsion très apparente ; le liquide est chassé comme par un fort courant d’air. Le même
- phénomène peut se répéter sur du charbon en poudre qui, à l’approche du fil, est soufflé dans toutes les directions.
- Revenons maintenant aux applications de l’étincelle Lodge à Tautomobilisme.
- Un seul allumeur suffit pour alimenter plusieurs bougies sur un même cylindre et plusieurs cylindres à tour de rôle.
- Dans ce dernier cas on emploie un distributeur spécial dans lequel les contacts du circuit de haute tension sont remplacés par des espaces d’air que la décharge franchit très aisément et on la dirige ainsi successivement dans chaque cylindre. La consommation de courant est très faible, et, en réduisant la durée des contacts, elle peut descendre au-dessous de un vingtième d’ampère par cylindre.
- Tout en supprimant les parties mobiles dans les cylindres dont l’allumage se fait par étincelle de rupture, et en évitant, dans les systèmes à bougies, les inconvénients dus aux encrassements et au mauvais isolement, le système Lodge apporte encore une grande facilité de réglage et beaucoup plus de précision du temps d’allumage. Nous avons fait connaître déjà les autres avantages qui résultent de son emploi : faible consommation d’électricité, entretien nul des bougies et de l’allumeur, augmentation de puissance, etc. ; nous n’insisterons donc plus. Ajoutons seulement que les constructeurs français semblent disposés à lui faire un excellent accueil et nous ne serions pas surpris de le voir, au prochain salon de l’automobile, se poser en concurrent redoutable de la magnéto. Lucien Fournier.
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- LES NOUVEAUX SANTOS-DUMONT
- Infatigable chercheur à l'imagination extrêmement féconde, M. Santos-Dumont semble plus amateur de prouesses que de succès durables. Après avoir doublé la tour Eiffel avec son premier ballon dirigeable, exécuté de savanleset précises manoeuvres à Trouville avec un autre numéro, il s’est jeté tout à coup dans l’aviation. À la suite de quelques essais « en local », il effectuait un vol de 120 mètres, présage d’autres envolées qui se préparent. Puis, sans abandonner l’un et l’autre mode de locomotion aérienne, voici qu’il rêve de vaincre l’élément liquide avec un hydroplane. Et toutes ces constructions marchent de pair : aucune ne doit souffrir des
- 5000 tenus par M. Santos-Dumont que ce dernier ne pourra faire du 100 km à l’heure sur l’eau avant le Ie1'-avril 1008. Mode de chronométrage et arbitrage comme précédemment.
- o° M. F. Charron et.le marquis de Dion parient 5000 francs contre MM. Àrchdeacon et Santos-Dumont qu’ils ne verront pas avant le 1UI' février 1908 un aéroplane ayant volé la distance de 500 mètres sans toucher terre.
- M. Santos-Dumont est, on le voit, suffisamment compromis. Pour sauver son honneur fortement engagé, il n’a pas hésité à poursuivre avec une énergie farouche la construction d'un aéroplane et
- Fig. 1. — Ballon-aéroplane Santos-Dumont.
- instants consacrés à sa voisine. Car le temps presse....
- Au cours d’un dîner, désormais historique, entre sportsmen de très haute lignée, les convives trouvèrent plaisant de se porter mutuellement de très sérieux et très encourageants défis. Le 24 juillet de cette année, M. Charron, peut-être un peu victime de la non moins historique « chaleur communicative » du banquet qu’il offrait à ses amis, s’engagea de la façon suivante :
- 1° M. F. Charron parie 10 000 francs contre 2000 tenus par M. Blériot, que l’on ne pourra faire du 100 km à l’heure sur l’eau avec un appareil quelconque avant le 1er avril 1908. Cette vitesse de 100 km. à l’heure devra être faite sur un kilomètre seulement, mais dans les deux sens, la moyenne des deux expériences qui devront être consécutives étant prise pour chiffre définitif. Arbitre : le chevalier René de Knyff.
- 2° M. F. Charron parie 50 000 francs contre
- celle d’un hydroplane destinés à répondre aux exigences imposées par M. Charron. Mais, avant ce fameux banquet, le jeune Brésilien avait déjà exécuté un appareil mixte, ballon-aéroplane, dont il nous faut bien dire quelques mois puisque son auteur est toujours disposé à l’expérimenter, ne serait-ce que pour se rendre compte de la valeur pratique du système.
- L’idée de rassembler les deux dispositifs essentiels du plus lourd et du plus léger que l’air pour constituer un engin mixte, n’est pas neuve. M. Bertclli, de Brescia, l’étudie depuis plusieurs années; il a même construit un appareil, qui, d’ailleurs, ne: semble pas avoir réalisé les espérances de son auteur, M. Santos-Dumont ne fait donc que reprendre celte idée1.
- Le ballon, construit moins solidement que nos
- 1 Les expériences de M- Malécot, avec un appareil différent, il est vrai, semblent donner quelque crédit à l’idée.
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- grands dirigeables, est lait d'une simple étoile caoutchoutée, sa longueur est de 21 m. et son dia-
- châssis triangulaire en bambou dont le grand côté, constitué par une perche courbe épousant la l'orme
- Fiy. 2. — La nacelle du ballon-aéroplane.
- mètre au mailre-couple de o m. C'est un tout petit ballon, puisque son volume n’est que de 99 m5.
- de l'enveloppe, est cousu avec elle. Ce châssis en a reçu un autre en tubes d’acier dans lequel prend
- Fig. 5. — Le planeur à ailes en bois et le squelette du grand fuseau de l’hydroplane sous le liangar Santos-Dunionl.
- Néanmoins il est pourvu d’un ballonnet intérieur place un moteur Antoinette de 50 chevaux, ainsi
- assurant la permanence de la forme. Il supporte un
- que le pilote assis sur une simple selle de bicyclette.
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- LA NATURE.
- Tout à fait à l’arrière du triangle, se trouve le gouvernail vertical qui présente la forme d’un hexagone régulier inscrit dans un cercle de 2 m. de diamètre. En avant de ce gouvernail est disposé le plan sus tentateur, l’aéroplane, comprenant deux surfaces superposées de 4 m. de longueur et de 1,20 m. de largeur et dont la position est destinée à demeurer invariable en cours de route. Enfin le gouvernail horizontal, de même forme et de même dimension que le gouvernail vertical, occupe l’avant. Ces deux
- M. Sanlos-Dumont, pour savoir si un appareil, construit sur ces données, peut être intéressant. La plupart des techniciens ne sont pas partisans de ces sortes de compromissions.
- Le nouvel aéroplane se distingue de tous ses devanciers et même du premier modèle de l’inventeur par ses plans en bois. Dans scs grandes lignes, il en rappelle la forme générale, étant constitué par deux plans principaux mais assemblés suivant les cotés d’un angle dièdre de 164 degrés ouvert en haut. Ces
- Fig. i. — L'hydroplane Sanlos-Dumont (sans moteur).
- plans directeurs sont manœuvrables de la place du pilote par des cordages.
- Dans cet engin, le ballon est destiné à soulever non le poids total, mais une partie de ce poids seulement, l’aéroplane étant appelé à fournir le supplément nécessaire. L’excédent de poids que l’on se propose de confier à ces deux plans et au gouvernail avant est de 130 kg. Une seule expérience a eu lieu; elle s’est terminée par une avarie, depuis longtemps réparée, d’ailleurs. Vraisemblablement M. Santos-Dumont ne renouvellera ceLte tentative qu’après les essais de son nouvel aéroplane et de l’hydroplane.
- Observons que l’adjonction de plans sous un ballon dirigeable a été réalisée dans la construction de Pairie-, mais M. Julliot n’a cherché, à l’aide de ces plans, que la stabilité parfaite du navire aérien. 11 importe donc d’attendre les expériences de
- plans sont faits de trois planchettes ayant 6,20 m. de longueur; celles du plan inférieur sont un peu moins longues : 5,50 m. seulement. Ces deux surfaces, fort peu larges, 0,60 m.,sont ensuite réunies par des tubes en aluminium et des tirants. Un solide bâti en tubes d’acier porte cet ensemble ainsi que le moteur; il est monté sur deux roues, garnies de pneumatiques très résistants, par l’intermédiaire d’une suspension en cordons de caoutchouc appliquée au moyeu de chaque roue. Enlin les tubes verticaux du châssis se réunissent à environ 1 m. et demi au-dessus de l’angle formé par les surfaces supérieures ; de ce sommet partent des haubans qui, reliés aux plans, les maintiennent dans une position rigide.
- Le moteur qui équipe cet aéroplane est installé à l’avant du châssis et développe 100 chevaux; c’est un moteur Anloinette à 16 cylindres en V qui pèse,
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- nu, 140 kg; il actionne directement une hélice à trois branches d’aluminium montées sur des tubes d’acier et dont le diamètre est de 2,10 m.
- À l’arrière de la nacelle vient s’emboîter une queue faite également en bois et ayant 6 m. de longueur. L’avant du plan inférieur a reçu la selle du pilote qui a devant lui, sous la main, tous les organes de commande. À l’arrière, cette queue est portée par une roue semblable à celles du châssis et qui complète le triangle de sustentation. Tout à fait à l’extrémité est fixé le gouvernail composé de deux plans, toujours en bois, de 3 m. de longueur, espacés de 1,20 m. et réunis aux deux tiers de leur longueur par deux surfaces verticales de même nature. Entre ces surfaces une croix en tubes d’acier permet d’abord la mise en place | du gouvernail et ensuite la commande.
- Malgré les dimensions de l’aéroplane, la nature des matériaux qui entrent dans sa construction et la masse du moteur, le poids total de l’appareil, en ordre de marche atteint seulement 320 kilogrammes.
- Changeant son terrain d’expérience qui, pendant un certain temps, a été la pelouse de Bagatelle, M. Santos-Dumont fera les essais de son nouveau planeur sur le champ de manœuvres d’Issy-les-Moulineaux. Dans ce but il fait construire actuellement un hangar à proximité de cette magnifique plaine qui a vu les succès de M. Blériot.
- En attendant, le sympathique Brésilien ne reste pas inactif. Pendant que s’effectuait le montage de l’aéroplane, il concevait l’idée de son hydroplane et mettait en chantier sa construction. Ce nouveau venu ne ressemble en rien à ce qui a été fait jusqu’ici dans ce genre.
- Imaginez un ballonnet en forme de fuseau très allongé, de 10 m. de longueur et 0,55 m. de diamètre au maître-couple constitué par une étoffe très résistante tendue sur un cadre en bois, et vous aurez une idée de la pièce essentielle, du flotteur principal de l’hydroplane. Ce fuseau est flanqué, à droite et à gauche et à 3 m. environ de distance, de deux autres flotteurs semblables mais plus petits :
- 3 m. de longueur et 0,33 m. de diamètre, reliés au premier par un cadre sommaire en tubes d’acier. Au-dessus de ce cadre s’élève une cage également métallique terminée par une plate-forme sur laquelle sera installé le moteur de 100 chevaux. C’est d’ailleurs le même engin qui servira à l’aéroplane et à l’hydroplane, à moins qu’il ne lui arrive malheur au cours des folles équipées qu’il est appelé à accomplir. Et la précédente hélice est encore appelée à soulever sur les ondes de la Seine la bizarre embarcation. Lui donner le nom d’embarcation est peut-être exagéré, car elle n’est pas destinée à effectuer un service public ni môme à recevoir des invités. M. Santos-Dumont seul prend place- à bord sur une selle de bicyclette située tout à fait à l’arrière du
- fuseau principal, à environ 1 m. de la pointe.
- Tel qu’il est présenté, le système peut flotter, et, en actionnant l’hélice, il serait même capable d’une certaine vitesse : mais pour en faire un engin destiné à atteindre 100 km à l’heure, l’inventeur l’a muni de deux planches placées l’une à l’avant, sous les flotteurs, l’autre à l’arrière.
- La première porte, de plus, une petite quille et la seconde un gouvernail rudimentaire.
- Voilà, estime M. Santos-Dumont, de quoi faire les 100 km à l’heure que son honneur de joueur élégant exige.
- Nous serions aussi mal avisés de prédire à M. Santos-Dumont un échec complet que des succès sans précédent. Incontestablement, son ballon mixte est une idée peu pratique; la vraie solution du plus lourd que l’air est bien mieux représentée par Y aéronef Malicot dont nous parlerons prochainement à nos lecteurs. D’autre part, l’aéroplane à ailes en bois n’a aucune raison d’être, la sustentation pouvant être obtenue avec des surfaces plus légères qui ont encore l’avantage de présenter une souplesse aujourd’hui à peu près reconnue comme indispensable. Enfin la première tentative de mise à l’eau de l’hydroplane s’est terminée par un plongeon du pilote.
- En résumé, les succès ont été plutôt rares jusqu’ici. René Doncièues.
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- TRUC ELECTRIQUE POUR BAGAGES
- Pour transporter les bagages et les valises dans les gares, la Pensylvania Railroad C° a récemment mis en service des trucs électriques, notamment à Philadelphie.
- Le système qui a été trouvé le plus avantageux est le suivant. L’apparence du véhicule est celle de ceux que l’on
- pousse à la main flIllillSiii# et que l’on voit dans toutes les gares. La force nécessaire est fournie par une batterie d’accumulateurs contenue dans une boite placée sous la plate-forme au milieu du châssis. Cette batterie comprend 14 éléments d’une capacité de 156 ampères-heures.
- Chaque essieu est mû par un moteur série à 4 pôles Westinghouse qui marche sous ploie une double les moteurs et les monté avec brancards.
- Ces interrupteurs sont des éléments de sécurité indispensables, car l’appareil ne peut se mettre en route tant que les brancards ne sont pas abaissés et en cas d’arrêt forcé dans un encombrement, il suffit de
- Truc chargé de bagages.
- 20 volts. On
- réduction essieux et un interrupteur
- d’engrenages
- em-entre
- chaque moteur est manœuvré par les
- relever les brancards pour stopper immédiatement.
- La vitesse obtenue a été de 4 à 6 milles à l’heure et avec la plate-forme chargée, ce qui est plus que suflisant.
- Le courant des moteurs est commandé par deux disjoncteurs unipolaires : l’un à maxima, l’autre à
- minima qui sont renfermés dans une boite devant la batterie.
- Une sorte de c o ni m u t a t e u r rotatif permet de mettre le truc à grande ou à
- petite vitesse au moyen d’un anneau que tient le conducteur. Aussitôt que cet anneau est relâché, un ressort déclenche le commutateur qui se met dans la position ouverte.
- Un changeur de pôle, manœuvré par un levier sur l’avant, permet d’obtenir soit la marche avant, soit la marche arrière. Une longue tringle permet d’actionner un timbre avertisseur.
- Ce véhicule a été employé avec succès pendant 6 mois et permet de transporter une quantité énorme de bagages avec une grande facilité sans nécessiter un personnel trop nombreux.
- E. Weiss.
- CROISEUR SOUS-MARIN « OPALE »
- Il était tout naturel qu’après avoir appliqué à la défense immédiate des côtes les premiers sous-marins qui aient été construits, on en soit arrivé promptement, en raison des progrès réalisés chaque jour en fait de navigation sous-marine, à chercher à étendre le champ où ce genre si nouveau et si intéressant de navires pourrait déployer son action.
- En France, où, on ne saurait trop le répéter, le sous-marin a pris pratiquement naissance et où nos officiers ont su garder la tête du mouvement, nous sommes en plein dans cette période. Nous ne construisons plus que des navires de dimensions relativement considérables que nous espérons rendre capables d’aller combattre, sinon de l’autre côté de l’Océan, au moins à une distance respectable des côtes.
- Il est certain que, le jour où ce problème sera résolu d’une façon satisfaisante, les conditions de la guerre sur. mer seront transformées dans une mesure dont il est difficile de fixer dès à présent l’importance.
- On vient de procéder à Cherbourg, avec le sous-marin Opale, à une expérience qui présente à ce point de vue un grand intérêt; on lui a fait exécuter une sorte de voyage au long cours. L'Opale appartient à une série de six bâtiments dont les plans ont été établis par l’ingénieur en chef des constructions navales, Maugas. Trois sont à flots à Cherbourg, ce sont l'Opale, l'Emeraude et le Rubis. Les trois derniers sont encore sur cale à Toulon. Ce sont le Saphir, la Topaze, la Turquoise.
- Notons, en passant, qu’il a fallu près de quatre années pour construire l'Opale, et que les trois bâti-
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- ments en construction à Toulon ne passeront pas moins de cinq ans sur les chantiers. Et l’Angleterre construit un Dreadnought en moins d’un an!
- L'Opale et ses similaires sont des sous-marins à faible llotlabililé (8 pour 100). On sait (pie c’est en cela surtout que ce type diffère des submersibles qui ont, eux, une flottabilité considérable.
- Lorsque YOpale est en surface, le haut de sa
- Ces moteurs Diésel fonctionnent au pétrole lourd, d’après le principe suivant : le liquide, mélangé à l’air en proportions convenables, est introduit dans le ou les cylindres où, sous une compression suffisante du piston, il brûle, mais sans explosion, et produit les gaz dont la détente donne le mouvement au piston.
- Ce genre de moteurs, dont les applications à la
- coque est à environ 0,45 m. au-dessus de l’eau.
- On a installé sur cette coque une passerelle élevée de 2,50 m. et raccordée aux formes du navire par un brise-lames. Cette passerelle permet à l'équipage de venir prendre l’air pendant la navigation en surface.
- Le déplacement est* de 589 tonneaux en surface
- navigation sont relativement récentes, paraît susceptible d’excellents services et offre des avantages considérables. C’est d’abord une très faible consommation de pétrole, 200 gr. environ par cheval et par heure, alors qu’un moteur à vapeur consomme de 6 à 800 gr. Son approvisionnement de pétrole donne à YOpale un rayon d’action de 2200 milles.
- Fig. 2. — L'Opale, revenant à la surface apres une plongée.
- et de 425 tonneaux en plongée. La longueur est de 44,90 m., le plus grand diamètre de 5,90 m. L’armement se compose de six tubes lance-torpilles pour torpilles de 450 mm, placés à l’intérieur du navire. Le batiment est muni de deux hélices mises en mouvement, en plongée, par deux moteurs électriques de 500 chevaux alimentés par des accumulateurs, et en surface par deux moteurs du système Diésel développant chacun une puissance de 500 chevaux.
- Puis les moteurs Diésel sont d’une conduite facile et ne causent aucune fatigue au personnel qui en a la charge.
- Un résultat très important de l’emploi de ce moteur, réside dans la suppression de la chaudière nécessaire au moteur à vapeur installé pour la navigation en surface de quelques-uns de nos submersibles, et dans la possibilité de réaliser une économie très utile de poids et d’encombrement.
- De plus, le moteur Diésel se refroidit presque
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- instantanément lorsqu’on veut plonger. Il supprime donc une source de chaleur presque intolérable sur les submersibles munis de moteurs h vapeur.
- Enfin, en surface, on peut recharger les batteries d’accumulateur en employant le Diesel. Il actionne également un compresseur d’air grâce auquel on renouvelle l’approvisionnement d’air comprimé, utilisé soit pour la chasse de l’eau dans les ballasts, soit pour charger et lancer les torpilles.
- L’équipage de Y Opale se compose de 21 personnes, dont 2 officiers et 3 sous-ofliciers. Une ventilation très étudiée permet la vie à bord dans des conditions fort acceptables.
- Les logements comprennent un carré d’officiers, un poste pour les sous-officiers, un poste d’équipage ; 4 hommes seulement couchent dans des hamacs, tous les autres dans des couchettes.
- Une cuisine électrique permet la confection d’aliments chauds, très nécessaires dans une navigation généralement pénible.
- L’Opale a effectué récemment la traversée aller et retour de Cherbourg à file de Groix, sans aucun aide et sans aucun arrêt. La distance totale parcourue a été de 528 milles ou près de 1000 km. dont la plus grande partie dans des parages très difficiles.
- Le voyage a été effectué en navigation à la surface, à la vitesse moyenne de 8 nœuds 5. Le temps a été beau sauf pendant 12 heures où la mer fut très dure.
- Le bâtiment s’est toujours fort bien comporté, l’équipage a supporté sans lâtigue aucune ce séjour de 3 jours à la mer.
- Cette expérience très intéressante ne permet pas assurément de porter un jugement définitif sur la valeur absolue de Y Opale et de ses similaires, et il serait prématuré d’affirmer que nous possédons en eux des bâtiments prêts à affronter la haute mer en toute circonstance, mais on peut dire que leur mise en service a fait faire à la marine française un très sérieux pas eu avant dans la voie du sous-marin autonome à grand rayon d’action. Les enseignements qu’on tirera de ce raid et de ceux qui pourront le suivre seront précieux pour l’élaboration des plans du sous-marin de l’avenir.
- Il convient, en terminant, de rendre justice au personnel dont l’endurance et l’entraînement ont permis de réaliser un si sérieux et si fructueux essai.
- L’équipage de Y Opale a à sa tête le lieutenant de vaisseau Dagucrre secondé par l’enseigne de vaisseau C°ehin. • A. Sauvaire-Jourdan,
- Capiliiino de Frégate de réserve.
- L’ORIENTALISATION DES HAWAI
- L’étude des influences qu’une civilisation peut avoir sur d’autres est une des plus intéressantes parmi celles qui font l’objet de la science des sociétés humaines. Comment telle culture — au sens humain du mot — se substitue à telle autre, comment celle-ci se défend contre l’envahisseur ou lui cède, etc., ce sont là autant de questions posées, parmi bien d’autres, et loin d’être résolues. C’est que l’observation même est pleine de difficultés, à la fois par le caractère peu saisissable des faits envisagés et souvent aussi par la difficulté de définir l’ère géographique où on doit les chercher. Aussi des petites notes, en apparence de détail, comme celle que donnait récemment Y Anthropologie1 sur l’orientalisation des Hawaï, sont-elles fort précieuses. La petitesse du milieu permet de bien noter ce qui s’y passe et incline à comprendre des phénomènes plus vastes. Dans l’espèce, l’orientalisation des Hawaï met en relief, mesure, pourrait-on dire, à la façon d’un instrument de physique, l’extension de cette vieille civilisation orientale dont le mouvement, en apparence tout récent, est sans doute destiné à se poursuivre et peut-être à s’accélérer.
- Aux Hawaï, le fait frappant est la disparition non seulement de la civilisation, mais même de la population indigène au contact étranger ; il est possible d’ailleurs que ce soit là un phénomène passager et que, par une réaction, dont diverses îles ou archipels du Pacifique ont donné l’exemple, un mouvement en sens contraire se dessine quelque jour. Pour le moment, la population indigène qui, en 1853, représentait 95 pour 100 de la population totale des Hawaï, n’y entre plus que pour 19 pour 100. La proportion n’a pas seule fléchi, car le nombre absolu des indigènes est passé, pendant ce temps,
- 1 Masson et Cie, 1907, p. 215.
- de 70 000 à 29 800. L’influence étrangère ici a donc diminué le chiffre absolu et le chiffre proportionnel de l’élément indigène.
- À côté de ces 29 800 autochtones, il faut compter :
- Indigènes.................................. 29 800
- Métis de Hawaïens et d’autres éléments. 7 857
- Chinois.................................... 25 707
- Japonais .............................. G1 111
- Total (incomplet).............. 124 535
- Ce total évidemment incomplet — les blancs n’y figurent pas — montre clairement l’influence orientale. Ses différents modes apparaissent dans une analyse des chiffres bruts ci-dessus. Par exemple parmi les adultes de l’îlc 75 pour 100 sont Chinois ou Japonais (63444). Le nombre des femmes orientales est petit, ce qui indique une tendance marquée à l’exploitation passagère, mais non à l’installation définitive : il est vrai que celle-là est généralement le prélude de celle-ci ; ainsi, sur les chiffres cités plus haut pour les Chinois et les Japonais, il faut compter seulement 3471 femmes chinoises et 13 603 japonaises : c’est tout à fait le type du commerce par comptoirs et de l’industrie à main-d’œuvre d’immigrants.
- Dans l’agriculture, les Asiatiques se répartissent comme suit : ouvriers agricoles, 96 pour 100 du nombre total; surveillants, planteurs, 58 pour 100; commerce, 48 pour 100; industrie, 49 pour 100.
- Si l’on ajoute que, d’après la loi américaine, les fils d’immigrés ont voix électorale, on peut prévoir qu’à bref délai le gouvernement des îles appartiendra, comme le dit justement notre collaborateur M. Laloy dans l’étude citée, aux Asiatiques, particulièrement aux Japonais.
- Ainsi cette petite observation des Hawaï permet de suivre le mécanisme d’un type d’envahissement d’une civilisation par une autre et de dresser une sorte de
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- LA NATURE.
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- schéma du phénomène : 1° Influence commerciale des comptoirs et des commerçants de passage (phase non mentionnée mais probable) ; 2° immigration d’abord temporaire et périodique des commerçants et des ouvriers (phase d’hier) ; 5° fixation des mêmes éléments, qui dominent la vie économique (phase actuelle) ; 4° passage de la domination économique à la domination politique de fait, c’est-à-dire sous l’étiquette de la civilisation préoccupante (phase prévue) ; 5° passage de la domination politique de fait à la domination politique de droit, suppression de la fausse étiquette précédente (phase possible).
- Il est bien entendu qu’il y a d’autres typés de cet envahissement, par exemple la conquête armée par une civilisation militaire, numériquement moindre, — bien entendu aussi qu’un tel schéma n’a pas une valeur absolue ni surtout de prévision, et qu’il correspond mal à la souplesse des faits; si, dans sa partie réalisée, il est juste, dans sa partie future l’imprévu peut jouer un grand rôle : par exemple un réveil de l’élément indigène est possible, quoique peu probable, et, d’autre part, la résistance de l’élément américain est certaine. Des événements récents ont montré jusqu’à quel point de vivacité peut aller la réaction des Américains envahis contre l’envahisseur jaune. M. Blot.
- <*§'>£.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 octobre 1907.
- Présidence de M. Becquerel.
- Décès. — M. le Président annonce la mort imprévue de M. Maurice Lœvy. Puis, après avoir rappelé les principaux travaux du savant directeur de l’Observatoire de Paris, il rend hommage à ses qualités d’esprit et de cœur. L’Académie reçoit ensuite la nouvelle de la mort de M. Zeuner, de Dresde, correspondant de la section de mécanique.
- L’exercice de la radiographie. — M. Mirman, directeur des services de l’Assistance et de l’hygiène au Ministère du Travail, demande, au nom du Ministre, que l’Académie veuille bien émettre un avis sur l’opportunité d’interdire par une loi la pratique de la radiographie aux personnes non munies d’un diplôme de docteur en médecine. L’interdiction a été réclamée à l’Académie de médecine ; ceux des praticiens de la radiographie qui ne sont pas médecins ont opposé des raisons très fortes. M. Mirman résume les arguments pour et contre l’interdiction. Une Commission est constituée et chargée de rédiger un rapport.
- Variations de Vintensité de la pesanteur. — M. de Lapparent présente une Note de M. le lieutenant Costanzi, de l’Institut géographique militaire de Florence, sur les anomalies de la pesanteur. On admettait que l’intensité de la pesanteur obéit à une loi de variation en vertu de laquelle elle est plus faible sur la crête des montagnes et plus forte le long du rivage des mers. L’auteur montre que, principalement en Italie, les maxima de la variation négative ne se rencontrent pas le long de l’axe de la chaîne et que les maxima de la variation positive ne sont pas dans l’axe des dépressions marines.
- Préparation du diamant. — M. Aristide Charct adresse une Note sur la préparation du diamant à l’aide de la décomposition du sulfure de carbone par un courant électrique. Les électrodes sont munies de métaux préparés et disposés d’une façon spéciale. Ces métaux immergés dans le sulfure de carbone se transforment peu à peu en sulfure et le carbone resté libre se dépose sous forme de poussière brillante. L’opération
- doit être faite en vase clos, à l’abri des agents atmosphériques, avec un courant très faible; elle demande trois jours. Une Commission, composée de MM. Ditle, Lechalelier et Lacroix, est chargée de vérifier que cette poussière est bien du diamant.
- L’observation du passage de Mercure. — M. Bigour-dan décrit les précautions qui doivent être prises par les astronomes qui observeront, le 14 décembre prochain, le passage de Mercure sur le Soleil. Les nouvelles observations doivent décider si certains faits, précédemment notés, sont occasionnés par les instruments et n’ont rien de commun avec la cosmologie. Il s’agit notamment des points lumineux observés sur le disque de Mercure pendant le passage.
- L’anilarsinate de soude comme médicament. — M. Laveran présente une Note de M. Salmon relative à l’emploi médical de l’anilarsinate de soude. Cette substance se présente à l’état cristallisé et à l’état amorphe. 11 y a avantage à prescrire l’anilarsinate de soude cristallisé qui, sous cette forme, présente plus de garantie de pureté et est moins toxique.
- Crises trypanolitiques. — M. Laveran présente une Note de M. Massaglia sur les causes des crises trypanoli-tiques chez les animaux atteints de trypanosomiase. Dernièrement il a montré que la rate ne jouait aucun rôle dans ces crises. 11 prouve aujourd’hui qu’elles sont dues à l’élaboration par l’organisme d’anticorps qui déterminent la mort des trypanosomes. Malheureusement un certain nombre d’entre eux résistent, subissent une sorte de vaccination, et bientôt l’animal meurt.
- Installation d’un Observatoire astronomique au pic du Midi. — M. Baillaud lit une Note sur l’établissement d’un Observatoire astronomique au sommet du pic du Midi. Cii. de Viijledeuil.
- MAURICE LŒWY
- L’Observatoire de Paris vient de nouveau, d’une manière soudaine et inattendue, d’être frappé d’un deuil cruel; son directeur, M. Maurice Lœwy, est mort subitement le mardi 15 octobre au Ministère de l’Instruction publique, en séance du Conseil des observatoires astronomiques.
- Maurice Lœwy était né à Vienne (Autriche), le 15 avril 1833. Il fit ses éludes dans sa ville natale et se distingua par de nombreux travaux effectués à l’observatoire de Vienne, travaux qui le firent estimer de Le Verrier.
- Appelé par celui-ci à Paris, en 1864, Lœwy entra comme astronome adjoint à l’Observatoire. 11 se fit aussitôt naturaliser français.
- En 1872, il succéda à Laugier, au Bureau des Longitudes, comme membre titulaire. En raison de ses beaux travaux, l’Académie des sciences, en 1873, l’appela dans son sein, dans la section d’astronomie.
- A la mort de Le Verrier, en 1878, il fut nommé sous-directeur de l’Observatoire de Paris, poste qu’il conserva jusqu’en 1896.
- Par décret du 1er décembre 1896, M. Maurice Lœwy fut nommé directeur de l’Observatoire de Paris, succédant à Tisserand.
- Il était membre des Académies de Vienne et
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- LA NATURE.
- de Saint-Pétersbourg, de la Société royale de Londres, etc. Pendant quatre années, il fut vice-président de la Société astronomique de France.
- Les travaux astronomiques de Maurice Lœwy constituent une oeuvre remarquable. On lui doit une méthode nouvelle pour la détermination des différences de longitudes, méthode appliquée entre’ Paris, Marseille et Alger; des travaux sur les orbites des planètes et des comètes ; sur l’action mécanique des planètes sur la photosphère solaire. Lors du passage de Vénus sur le Soleil, en 1882, il fut chargé de rédiger des instructions sur les travaux à effectuer par la mission envoyée au cap llorn pour suivre ce rare phénomène.
- On doit à M.
- Lœwy la conception d’un instrument qui a, en quelque sorte, vulgarisé son nom en astronomie : l’Equatorial coudé. Dans les équatoriaux ordinaires droits, l’observateur est obligé de suivre les mouvements de la lunette, de se déplacer avec, et d’avoir parfois recours à des positions fatigantes et incommodes.
- Par l’emploi de deux miroirs, tous ces inconvénients furent supprimés : l’observateur, commodément assis, étudie, tout à
- loisir, à l’abri des intempéries, les astres qui peuplent le ciel.
- Il existe à l’heure actuelle un certain nombre de ces instruments. Le plus grand et le plus beau est à l’Observatoire de Paris. Il a donné des résultats remarquables dans la photographie céleste.
- Le nom de Lœwy restera attaché à une œuvre de longue haleine : Y Atlas photographique de la Lune, conçu et exécuté avec l’habile et savante collaboration de M. Puiseux. Cette œuvre prépare pour l’avenir, à n’en pas douter, des découvertes fécondes.
- La liste serait longue des travaux récents de M. Lœwy. La rédaction des diverses circulaires de la Conférence aslrophotographique internationale,
- soit à propos de la carte du ciel ou de la détermination de la parallaxe solaire, lors de l’opposition d’Éros, à la fin de 1900; l’étude des erreurs des images photographiques des réseaux par suite des déformations de la gélatine des clichés ; l’élaboration d’une nouvelle méthode pour l’étude rapide des erreurs de division des cercles, montrent une activité scientifique prodigieuse. La plupart de ces derniers travaux ont été publiés dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences.
- Ce n’est pas tout. Chargé par le Bureau des Longitudes de la rédaction de la Connaissance des temps,
- membre de la Commission de Y Annuaire, il a introduit, principalement dans le premier de ces recueils, de nombreux perfectionnements qui en ont rendu l’emploi plus général etplusaisé. L'Annuaire lui doit d’importantes notices : une histoire complète des comètes des vingt dernières années (en 1882 et 1885) ; sur la photographie lunaire (en 1898), sur la conférence astrophotogra-phique de juillet 1900 (en 1901), etc.
- Malgré son âge (Lœwy meurt à 74 ans), le directeur de l’Observatoire de Paris était d’une activité surprenante. Travaillant tard dans la nuit,(((et malgré ses nombreux travaux personnels, il assumait la lourde lâche de la direction de l’Observatoire avec ses mille détails, et trouvait encore le temps de consacrer à la musique, dont il était passionné, ses instants, bien rares, de loisir.
- D’une grande simplicité, Lœwy accueillait avec bienveillance tous ceux qui lui demandaient conseil pour leurs travaux ; en dépit d’une certaine froideur apparente, il ne ménageait pas les encouragements. Sa mort cause un grand vide dans l’astronomie.
- Em. Touchet.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- Maurice Lieavy.
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- N' 1797.
- 2 NOVEMBRE 1907.
- LA NATURE.
- FRANÇOIS-JOSEPH HUNAULD
- Le visiteur allenlii qui parcourt la belle galerie d’anatomie comparée du Muséum ne manque pas d’admirer en passant une série de quarante et quelques préparations osseuses de l’organe de l’ouïe, exécutées avec une dextérité merveilleuse. Ces pièces, si adroitement fouillées, véritables petits bijoux anatomiques, datent de fort loin malgré leur fraîcheur; elles appartiennent à l’établissement depuis plus d’un siècle et demi. Elles ont été, en effet, travaillées, suivant l’expression de Daubenton, par M. Hunauld, médecin de la Faculté de Paris, de l'Académie royale des sciences et professeur en anatomie et chirurgie au Jardin du Roi où il avait succédé l’illustre Duver-ney en 1729.
- « Cet habile anatomiste, continue le collaborateur de Buffon, avoit rassemblé tout ce qui pouvoit faciliter la démonstration de l’organe de l’ouïe, qu’il savoit expliquer avec autant d’érudition qu’il avoit d’industrie pour le rendre sensible aux yeux1.... »
- La collection spéciale, dont je viens de dire quelques mots, faisait partie d’un cabinet d’anatomie assez considérable que Hunauld avait réuni dans une dépendance du logis qu’il occupait à la place Royale chez le duc de Richelieu dont il était le médecin, et, après sa mort, survenue presque subitement, le 15 décembre 1742, l’Académie des sciences, dont il était membre, pour venir en aide à sa famille, en avait assuré l’acquisition par l’État.
- Hunauld, originaire de l’Anjou, descendait d’une
- 1 Dadbenton. Description de la partie du cabinet qui a rapport à VHistoire naturelle de l'homme (Hist. nul. gén. et particul.), Paris, 1749, in-4°.
- 35° année. — 2e semestre.
- dynastie de médecins qui avaient pratiqué dans cette province. Un de ses oncles, Pierre, établi à Angers, était même un anatomiste apprécié. Son père, René, s’était installé à Châteaubriant d’abord, puis à Saint-Malo, où il exerçait depuis quarante ans la médecine « avec plus d’honneur que de fortune ». Et ce modèle des fils n’avait cessé, pendant sa trop
- courte carrière, d’employer à venir en aide à ses parents dans la gêne « ce que lui val oient ses succès dans la pratique et ce qu’il retiroit du Jardin du Roi1. » Hunauld, jeune encore, médecin très occupé et académicien, aurait pu contracter un riche mariage et vivre dans le luxe, il demeura solitaire, et se contenta du modeste logis que lui assurait la confiante amitié d’un riche client.
- Les archives du Châtelet de Paris nous ont permis naguère de franchir le seuil de l’appartement de Hunauld et j’ai minutieusement décrit tout ce que nous révélaient de cet intérieur de médecin et de savant du milieu du xvme siècle les grosses du commissaire et les inventaires notariés2.
- La vie de Hunauld est d’ailleurs bien connue. Son œuvre n’est pas complètement oubliée et son nom reparaît parfois dans les écrits des ostéologistes.
- Mais on ne savait rien de sa personne, quoique les familiers de l’École de médecine y aient pu contempler un portrait du temps qui le représente. La complaisance d’un aimable et savant fonctionnaire de
- 1 L. Le Dortous de Mairan. Éloge de Hunauld (Hist. de l’Acad. Roy. des Sciences, 1742).
- 2 Bull, de la Soc. fr. d'hist. de la médecine, t. V, p. 199 et suiv.
- François-Joseph Hunauld,
- de l’Académie des sciences, Professeur et démonstrateur d’anatomie au Jardin du lloi 1729-1742.
- 25
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- LA NATURE.
- la Faculté de médecine, me permet de combler aujourd’hui cette lacune en reproduisant la photographie de cette belle œuvre conservée dans la collection iconographique de l’Ecole que M. Noé Legrand a si complètement étudiée. On peut voir aujourd’hui ce très beau morceau de peinture dans l’antichambre de la salle du Conseil. C’est un portrait à mi-corps, peint sur toile et mesurant 0,92 de haut sur 0,75 de large. Le sujet est vu de face, coiffé d’une perruque poudrée et vêtu d’un habit de soie brochée sur fond vert. La chemise de dentelle s’entr’ouvre sur le c.ol et des manchettes assorties encadrent des mains élégantes et fines. La figure extrêmement régulière est douce et avenante.
- Assis sur une chaise cannée, notre personnage s’accoude à droite à une table qui supporte un gros volume relié, où on lit les mots Anatomie du corps hum(ain) ; un encrier de verre carré et une plume d’oie reposent en avant du livre. La main gauche tient une feuille de papier blanc.
- Dans le haut et à droite du tableau se lit la signature Nonotte^ || pinx 17451 2; derrière la
- MeHunauld. Donné par M. Cochu, le 15 mars 1779.
- Donat Nonnotte, de Besançon, auteur de ce joli portrait, était élève deLemoyne. Peintre de genre et surtout portraitiste fort en vogue, il a laissé une œuvre assez considérable, dont Daullé, Tardieu, Nagler, Bellier de la Chavignerie énumèrent près de quarante pièces. Né en 1708, il venait d’entrer à l’Académie (26 août 1741), lorsqu’il peignit ainsi le portrait de notre savant qu’il exposait, au lendemain de sa mort, au Salon de 1745. L’une des toiles, qui figurent sous le nom de Nonnotte au livret de cette année, est en effet intitulée : Portrait de feu M. Hunauld, régent de la Faculté de médecine et de VUniversité de Paris, de /’Académie royale des sciences et de celle de Londres, professeur d'anatomie et de chirurgie au Jardin Royal. C’est, sans le moindre doute, celle dont il vient d’être question,
- Nonnotte est mort à Lyon, où il dirigeait l’Ecole des beaux-arts depuis sa fondation (1754); il avait 77 ans. Son portrait de Hunauld, que l’habile burin de M. Thiriat a fidèlement reproduit ci-contre, est un des meilleurs que nous ait laissé cet aimable continuateur de Largillièrc. E.-T. IIamy,
- de l'Institut.
- toile on a anciennement écrit à l’encre ces mots
- CtgTNà.-Ssü&j
- L’OKAPI
- Nous devons à l’amabilité de sir Ray Lankester — le savant président de l’Association britannique pour l’avancement des sciences — et à l’obligeante inter-vention de YIllusirated London News, l’admirable photographie de l'Okapi qui illustre la page voisine et qui est jusqu’ici une pièce unique — la première photographie et la seule qu’on ait encore de l’Okapi à l’état vivant.
- Il est à peine besoin de rappeler à nos lecteurs ce que c’est que l’Okapi et quel fut l’intérêt de sa découverte. Dès la première heure et d’une voix pleine d’autorité, M. Boule l’a parfaitement exposé en deux beaux articles, auxquels nous renvoyons le lecteur3. Toutefois, des faits nouveaux n’ont pas manqué de se produire et la photographie que nous donnons nous fournit une excellente occasion de les réunir ici.
- Tout d’abord, la valeur de la découverte elle-même est aujourd’hui hors de doute et les conséquences qu’on en tirait sont bien confirmées.
- Comme on l’a compris dès la première heure, cette trouvaille constituait une de ces expériences cruciales, si justement célébrées par Bacon et dont une seule suffit mieux qu’une série d’approximations, à valider un raisonnement ou une discipline, parce qu’elle recoupe en quelque sorte les précédentes démarches de l’esprit et détermine une vérité comme deux lignes déterminent un point. Quelle éclatante
- 1 Cliûrcau qui a le premier parlé de ce tableau avait lu ce nom Novelles.
- 2 Et non 1748, comme on l’a quelquefois écrit.
- s La Nature. 1901, I, p. 588; 1901, II, p. 388.
- justification de la paléontologie, que la découverte d’un animal représentant un type disparu — ou du moins qu’on croyait disparu. — Sans doute, on n’avait pas besoin de cette découverte, dans le milieu naturaliste, pour une telle justification; la notion de survivance y est depuis longtemps acquise et la preuve administrée; mais l’Okapi eut du moins l’avantage, sur les cas déjà connus, que ses traits propres sont frappants même pour de non initiés; en un mot, si son cas n’est pas en soi plus démonstratif que tel autre, il possède un tout autre caractère probant, par ce qu’il a de clair pour un public vaste.
- Dans son deuxième article de 1901 sur l’Okapi, M. Boule se demandait si l’on n’aurait pas du — au lieu de créer le genre Okapia — attribuer à l’Okapi une simple valeur d’espèce dans le genre Ilellado-iherium, autrefois décrit par M. Gaudry et qui appartient au miocène supérieur de la Grèce et de la Perse. Dans le même ordre d’idées, M. Gaudry lui-même (Académie des sciences, 25 novembre 1901) faisait une savante comparaison de YHella-dotherium et de YOkapi, et, se servant des renseignements connus sur le second pour reconstituer le premier, il insistait sur la ressemblance des deux types, semblant montrer dans l’un le descendant actuel de l’autre. La question du nom — Hellado-therium ou Okapia — est sans importance; ce qui est certain ce sont les affinités. Depuis ces premiers et si justes rapprochements que nous venons de résumer, on s’est efforcé de serrer de plus près la question, particulièrement M. F, Major, qui, en se
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- LA NATURE.
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- basant surtout sur l’élude du crâne, établit le schéma suivant de l’évolution des girafidés : 1° stade du Paleolrayus (miocène supérieur); 2° stade de
- En somme, l’Okapi n’est pas un giralidé dégénéré, mais un girafidé peu évolué, ayant conservé les caractères des ruminants ordinaires. C’est une forme
- rv 1 '
- Fig. 1. — Jeune Okapi vivant, photographié par M. liihotti.
- l'Okapi; 5° stade de la girafe du Cap (Girafa camelopardalis capensis) ; 4° stade de la girafe reïiculée du Somaliland (g. c. reticulaia).
- intermédiaire qui marque le passage des bovidés aux cervidés.
- On s’accorde à attribuer la découverte de l’Okapi
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- LA NATURE.
- à sir Harry Johnslon, gouverneur de l’Ouganda et auteur des admirables travaux ethnographiques (pie l’on sait. C’est lui, en effet, qui, en avril 1901, expédia en Angleterre une peau et des crânes d’Okapi que sir Ray Lankester présenta à ses confrères du Hrilish Muséum. Toutefois, il est bon de rappeler que dans son raid dans l’Afrique tropicale, près des Montagnes Bleues et des monts Entin, Stanley avait déjà entendu parler de l’animal par des indigènes, mais il n’avait pu le voir. En 1897, un agent du gouvernement du Congo en donna une description incomplète, mais qui semble bien la première faite de visu, par un Européen. Enfin en 1898, le 10 juin, des officiers de l’expédition Congo-Nil, aperçurent parfaitement l’Okapi dans
- la région du Bahr el Gazai et cela permit de constater que l’aire d’habitat de l’animal est encore aujourd’hui assez considérable.
- Cependant, et bien que, depuis sa découverte, les observations de l’Okapi se soient multipliées, l’animal n’avait jamais été réellement étudié vivant par aucun homme blanc. C’est à M. Ribotti que revient le mérite de la première capture qui ait été faite de l’Okapi, et plus exactement du jeune Okapi représenté par cette photographie qu’il communiqua au marquis Doria, de Gênes, et celui-ci à sir Ray Lankester. L’animal, le jeune veau, comme dit sir Lankester, fut capturé au moyen d’un piège à trappe de pratique couranie et amené à M. Ribotti en avril dernier à Bambili, sur l’Evellc River, c’est-à-dire à plus de 5000 km de l’endroit où l’observation de Johnston avait été laite.
- Le jeune ainsi capturé pouvait, avoir environ un mois au moment de sa prise et il mesurait environ 80 cm. de haut. Il mourut d’ailleurs après une
- 'de quelques semaines. Mais il semble bien que sir Ray Lankester ne considère cette mort rapide que comme un accident, car il envisage comme probable, à bref délai, la capture d’un second Okapi vivant et son envoi au Zoological Garden de Londres, qui, comme on sait, et à l’inverse du notre, est un jardin zoologiquo riche. Peut-être, il est vrai, l’acclimatation d’un Okapi en Europe n’ira-t-elle pas sans difficulté, noLamment en ce qui concerne les conditions de nourriture.
- Quelle peut être exactement l’aire de dispersion actuelle de l’Okapi? C’est ce qu’il est encore bien difficile de dire. Toutefois, les observations que nous venons de rapporter tendraient à prouver que sa zone d’habitat est
- Fig. 2. — A gauche : Okapi ?? (Gravure rupes-tre Touareg). — Au milieu : Set, d’après le tombeau de Seti lor. A droite : Set (bas-relief de la XV1110 dynastie).
- PHippolyte-Boussac del-
- beaucoup plus étendue qu’on ne le supposait d’abord. Ce qui serait d’ailleurs plus intéressant, ce serait de connaître les anciennes régions où l’Okapi a pu se rencontrer. Quelques indications ont déjà été données dans ce sens, mais nous n’hésitons pas à dire qu’elles nous semblent bien peu convaincantes. M. Gauthier, dans un récent fascicule de Y Anthropologie, indiquait
- — avec toutes réserves d’ailleurs
- — la possibilité de reconnaître l’Okapi sur des gravures rupestres
- sahariennes; mais il faut avouer, d’après la planche meme qu’il donne avec son texte, que l’on peut reconnaître dans ces dessins tout ce qu’on veut et môme rien du tout; c’est, il nous semble, l’avis même de l’auteur et nous ne citons le fait que pour mémoire. Dans le même ordre d’idées, on pourrait peut-être retrouver l’Okapi dans le dessin que représente l’aile gauche de notre figure 2 et qui est empruntée à une communication de M. Flamand à la Société d'anthropologie de Lyon. Mais il faut avouer que
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- celte gravure, néolithique peut-être (??), est bien vague.
- On a cru devoir attacher plus d’importance à l'identification qu’un professeur de Bonn, M. Wie-dermann, a laite de l’Okapi avec la représentation égyptienne du dieu Set. M. Menegaux, dans un article sur l’Okapi, conclut même de celle identification, qu’il admet sans discussion, que les Egyptiens connaissaient cet animal el il en tire de plus une suggestion sur l’origine de ce peuple, qui serait peut-être originaire du centre de l’Afrique. C’est, ce nous semble, aller bien vite en besogne el bâtir beaucoup sur peu de choses. En fait,'si dans notre figure 2, l’aile de droite donne une image dans laquelle, avec beaucoup de bonne volonté, on pourrait retrouver l’Okapi, celle du milieu, qui représente également le dieu Set, ne le rappelle déjà plus. Ces images n’ont à nos yeux aucun rapport avec un animal réel qui servirait de modèle.
- Ce sont des déformations stylisées d’un type déjà lui-mêmeconventionnel. Notrecollaborateur, M. Bous-sac, (jui a bien voulu extraire pour nous ces figures de son récent et beau travail sur Set-Typhon (voy. 1‘. 11. Boussac. Sel-Typhon. Les Fils d’E. Deyrolle. Paris, 1907), nous paraît bien avoir définitivement ruiné l’hypothèse hasardeuse de M. Wiedermann. Si l’on suit dans l’ordre des temps les représentations successives de Set, on voit que les plus anciennes se rapprochent le plus d’une sorte de lévrier à qui l’on aurait coupé les oreilles et que c’est seulement par une série de retouches de stylisation à ce modèle premier qu’on arrive aux dernières dont le rapport avec l’Okapi est d’ailleurs si vague. Il est vrai que M. Boussac, par scrupule scientifique, ne se reconnaît pas le droit d’identifier tics premières représentations avec aucun animal connu; mais contre l’identification avec l’Okapi, il se prononce fermement et, croyons-nous, avec raison. Marcel B lot;
- LES APPAREILS D’AMARRAGE D’EN TRANSATLANTIQUE DE 240 METRES
- Nous avons parlé à plusieurs reprises des énormes bien fait saisir les proportions gigantesques de ces et magnifiques transatlantiques que vient de se faire paquebots. Pour ces monstres, dont la longueur atteint
- Fig’. 1. — La bouée d’amarrage du Lusilama.
- construire la Compagnie Cunard; et certaines des un quart de kilomètre, il fallait, on le conçoit, de
- données que nous avons publiées à leur sujet ont formidables appareils d’amarrage.
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- Aussi bien pour la relier à ses ancres que pour la maintenir à sa bouée d’amarrage, une coque comme celle du Lusilania ou du Mauretania a besoin de chaînes puissantes : elles doivent en effet résister aux efforts que la mer est capable d’exercer, même par temps assez calme, sur celte carène. On a donc dû fabriquer pour les deux nouveaux paquebots des chaînes tout exceptionnelles. Les câbles sont remplacés par de véritables chaînes, faites de maillons dont le métal a une épaisseur de 95 mm. : ce métal provient de barres de fer manufacturé spécialement à cet usage, par le constructeur même de la chaîne, MM. Brown Lenox and C°, de Pontyprid. Chaque maillon a une longueur de 564 mm. ; il est renforcé par une traverse d’acier fondu ; et le tout pèse 72 kg. Naturellement, on a donné à ces chaînes-câbles une résistance exceptionnelle; et, au cours des essais exécutés dans le laboratoire du Lloyd, on soumit des maillons pris au hasard à un effort de tension supérieur à 200 tonnes métriques : l’allongement du maillon fut seulement de 6 mm. Cet allongement atteignait 17 à 18 mm. pour un effort de plus de 270 tonnes; et, même avec la puissance maxima de la machine qui dépasse 370 tonnes, on ne put rompre le métal; pas un signe de fracture ne se révélait dans le maillon.
- C’est là un résultat fort satisfaisant; on peut compter que le Lusitania ne partira pas à la dérive en rompant ses câbles. Pour les ancres proprement dites, qui sont des appareils Lenox pesant chacune 12 tonnes, on a prévu des chaînes encore plus résistantes. Cette fois, les maillons, qui sont faits du même métal que les câbles précédemment décrits, sont en tiges de fer ayant 109 mm de diamètre.
- On a donné une section carrée aux maillons des chaînes principales, et chacun d’eux a une longueur de 1,20 m. pour un poids de plus de 50 kg. L’ensemble des chaînes d’aftourehage pèse environ 200 tonnes.
- Naturellement, il a fallu prévoir des bouées et des moyens d’amarrage dans la Mer-sey ; car, à leur arrivée, ces bateaux pourront être obligés d’attendre la haute mer pour entrer dans le port ; et on a dû fabriquer pour eux des « corps morts » spéciaux par leur résistance, leurs dimensions, et aussi leur visibilité : un bateau de cette importance ne pouvant être exposé à manquer son amarrage à l’arrivée.
- Pour maintenir les bouées (car les corps
- Fig. 2. — Une chaîne d'un Çunarder,
- morts deviennent dans ce cas de vraies bouées), il fallait des chaînes robustes prenant appui sur un ancrage immergé à point nommé. Les chaînes ont des maillons pesant individuellement à peu près 110 kg, et la boucle sur laquelle elles viennent se iixer pèse 525 kg; de plus, une pièce de réunion formant la connexion des chaînes secondaires avec la chaîne de départ, ne pèse pas moins de 1995 kg. On aperçoit cette pièce dans une des ligures que nous mettons sous les yeux du lecteur.
- Notons que les maillons des chaînes du fameux Great Eastern étaient faits de tiges de métal qui avaient seulement 72 mm de diamètre : et pourtant on trouvait ce chiffre fantastique!
- Ajoutons quelques mots au sujet de ces bouées d’ancrage dont nous parlions tout à l’heure. Ce sont des bouées lumineuses, et elles ont été construites par la Compagnie Pintsch, qui s’est fait une spécialité des appareils à gaz d’huile. Chacune de ces bouées n’a pas moins de 4,88 m. de diamètre pour une hauteur de 4,27 m., et elle est entièrement laite d’acier doux Siemens Martin, présentant une résistance considérable. Les tôles dont elle est faite ont une épaisseur de 9 1/2 mm. Terminée, la bouée pèse 17 tonnes à peu près, et elle supporte une longueur de chaîne d’amarrage de 50 m. environ. (On mouille ces corps-morts dans la Mersey, où la profondeur d’eau n’est naturellement pas considérable.)
- L’énorme tige centrale qui est destinée à transmettre aux chaînes d’ancrage l’effort exercé par la chaîne d’amarrage proprement dite du bateau, ne pèse pas moins de 5 tonnes avec les mailles des deux extrémités.
- Des précautions toutes particulières ont été prises pour assurer l’étanchéité de la bouée au pourtour du bas de cette tige.
- La lampe, qui est soutenue à une certaine hauteur de la bouée, pour qu’elle soit signalée au navire venant prendre son mouillage, est munie de lentilles dioptriques donnant une certaine portée à ce feu ; le gaz comprimé est enfermé dans un réservoir logé dans le corps de la bouée, et arrive à la lanterne par un tube flexible accroché le long des montants mobiles qui la supportent. Car on a tenu à rendre aisément démontables lanterne et montants.
- On peut employer, comme on le voit, le mot gigantesque en parlant de tout ce qui se rapporte aux deux nouveaux paquebots anglais. ............
- P. DE M.
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- EXPOSITION MARITIME DE BORDEAUX (LA STATION CENTRALE ÉLECTRIQUE)
- A l’Exposition maritime de Cordeaux, M. Berlin, I d’une longueur de 18 mètres sur une largeur de commissaire général, trouvant qu’un des plus grands j 10 mètres, et à droite était la chaufferie de 6 mètres
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- Salle des machines. Chaufferie.
- Fig'. 1. — l’hin général de l’usine électrique de l’F.xposition maritime do Bordeaux.
- attraits de cette exposition résidait dans la vue de la machine en mouvement, a fait installer, non une usine électrique, mais une petite galerie des machines nouvelles, applicables à la marine, et les a fait marcher pour effectuer la distribution de l’énergie électrique.
- MM. Grille et Cie, les constructeurs bien connus des chaudières Grille, ont été chargés de cette installation, et leur but a été non seulement de fournir de l’énergie électrique, mais de présenter enfonc-tionnement des machines modernes. Le bâtiment, contenant toute l’installation, était de dimensions restreintes ; ' la figure 1 donne le plan général de l’usine électrique. A gauche se trouvait la salle des machines,
- sur 10. La chaufferie, dont la figure 5 donne une vue partielle, renfermait 5 chaudières marines du
- type Grille; pour l’alimentation l’eau a dù être prise à la Garonne. La chaufferie était du type à tirage forcé, en vase clos ; les parois étaient étanches à l’air et des ventilateurs aspirant l’air à l’extérieur le refoulaient dans la chaufferie à une pression de 45 mm ; dans la chaufferie de Bordeaux, on a évité toute pression supérieure, les parois vitrées auraient cédé sous la poussée de l’air sous pression. Mais dans ces conditions la combustion atteignait 20 kilogrammes
- de charbon par heure et par mètre carré de grille. Ces chaudières ont du reste déjà été décrites
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- ici1 ; elles présentent encore une particularité intéressante. À la suité d’une circulaire de la marine, inviteint les constructeurs à présenter des propositions de dispositifs permettant d’éviter les retours de flammes en cas d’accident dans la chaudière, MM. Grille et Cie ont fait construire et présenté au ministère la disposition suivante. Comme le montre la ligure 2, l’air, au lieu de pénétrer sous la grille par la porte du foyer, passe par une . double enveloppe entourant toute la chaudière; il entre à la partie supérieure de cette enveloppe, en écartant de petites portes s’ouvrant de l’extérieur à l’intérieur et pénètre dans le cendrier sous la grille, après avoir refroidi les tètes
- l’heure. En raison de l’emploi du tirage forcé, les cheminées en tôle n’avaient que 8 mètres de hauteur, la fumivorité était parfaite.
- Ainsi que nous l’avons dit plus haut, l'alimentation était assurée par deux pompes élècLriques installées dans un petit bâtiment. Une pompe desservait un canal où chaque condenseur puisait l’eau qui lui était nécessaire. Une pompe à piston refoulait l’eau dans un épurateur Desrumaux; à la suite de pluies dans le Tarn, l’eau devait être lillrée.
- La salle des machines renfermait à une extrémité un groupe électrogène (fig. 4) de 200 kilowatts,constitué par une machine Lcnlz, compound, à conden-
- de l’enveloppe, rendant ainsi les chaufferies plus habitables. La quantité de chaleur ainsi enlevée n’est pas perdue, puisque l’air chaud arrive dans le foyer. Grâce à ce dispositif, on peut marcher avec la porte de cendrier fermée; si une rupture de tube se produit, et si la pression dans le foyer devient supérieure à la pression de l’air dans la chaufferie, aucun retour de flamme n’est à craindre ; les petites portes, placées à la partie supérieure de l’enveloppe, se fermeraient automatiquement pour séparer l’intérieur du foyer, de la chaufferie.
- La pression d’air était assurée à Bordeaux au moyen de deux ventilateurs, commandés l’un électriquement, l’autre par un moteur à vapeur, chaque ventilateur pouvait lournir 25 000 mètres cubes à
- 1 Yoy. n° 1737 du 8 septembre 1906, p. 235.
- sation, de 275 chevaux à 250 tours par minute; construite par la Cie des Forges et chantiers de la Méditerranée, elle était du type pilon avec condenseur à pompe. Elle commandait deux dynamos à l’aide de courroies de commande superposées, roulant l’une sur l’autre, une dynamo Fabius Henrion de 140 kilowatts et une dynamo de l’État Belge de 60 kilowatts.
- Le second groupe électrogène était constitué par une turbine à vapeur type Electra compound à deux plateaux, et à condenseur rotatif monté directement sur l’arbre de la turbine, d’une puissance de 180 chevaux, à la vitesse angulaire de 5000 tours par minute (fig. 5). Cette turbine présenté pour la navigation le grand avantage d’être réversible par un changement de sens d’arrivée de la vapeur dans les aubes.
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- Fig. I. — Ensemble île la salle des-.inaebines.
- À Bordeaux, elle commandait, par l’intermédiaire d’un relai de courroie, une dynamo Desroziers de 92 kilowatts à 300 tours par minute. Ce groupe
- était exposé par les ateliers du MousIicr-sur-Sambre (Belgique).
- Un troisième groupe électrogèue était formé par
- Fig. 5. — Turbine Eleclra.
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- une machine à triple expansion à grande vitesse et à graissage sous pression, accouplée directement, par accouplement élastique, à une dynamo Thury du Creusot (fig. 6). À la pression de 12 kilogrammes par cm2 à l’admission, et à 560 tours par minute, la puissance de cette machine était de 250 chevaux. Le condenseur était du type Maurice Leblanc, construit par la Société Westinghouse. On sait que le principe de ce condenseur est le suivant : une turbine, mue dans le cas par un moteur électrique, aspirait l’eau de condensation et la lançait avec une
- grande vitesse, dans un ajutage conique; la vapeur arrivant de la machine à vapeur rencontrait l’eau avant son entrée dans l’ajutage et se condensait. La succion déterminée par l’eau en mouvement remplissait l’effet de pompe à air.
- Les trois types de moteurs à vapeur présents sont précisément les trois types adoptés dans les nouvelles applications à bord. Telles sont, en quelques mots, les principales dispositions de la station centrale électrique de l’Exposition Maritime de Bordeaux.
- J. Laffargue.
- LES DIRIGEABLES ALLEMANDS
- L’Allemagne est-elle capable, en ce moment, d’opposer à nos ballons dirigeables actuels des unités aériennes de valeur égale? Question passionnante entre toutes et à laquelle personne n’ose répondre catégoriquement.
- De quels dirigeables se compose la flotte (?) naissante de nos voisins? De trois ballons : le Zeppelin, le Parse-val et le Gross. Jusqu’ici, aucun d’eux n’a su s’imposer d’une manière assez brillante pour autoriser l’état-major à tenter la construction d’un nombre môme restreint de dirigeables appartenant à l’un quelconque des trois types dont on parle tant depuis quelques mois. Nous possédons donc, d’ores et déjà, l’avantage d’avoir pu nous arrêter à un modèle déterminé, représenté par Pairie; la construction dé six unités semblables étant décidée, et même commencée, nous nous trouverons d’ici peu à la tête d’une flottille aérienne formée de modèles semblables.
- Cette avance ne peut nous être contestée, alors même que, au cours d’une sortie, l’un des trois ou même les trois dirigeables allemands auraient effectué un raid plus brillant que ceux de Patrie ou de la Ville-de-Paris. Une belle performance ne doit pas être prise sérieusement en considération par les techniciens ; seule une campagne de plusieurs mois peut décider de la valeur d’un engin.
- Les travaux du major von Parseval et surtout ceux du comte Zeppelin étaient connus depuis longtemps lorsque, au lendemain même de l’admirable performance accomplie par Patrie, à la revué du 14 juillet, on apprit tout à coup que les aérostiers prussiens venaient de lancer un nouveau dirigeable construit sous la direction du major Gross et de M. Basenach, ingénieur civil. Cette sortie, qui eut lieu le 23 juillet, fut un véritable succès, le ballon
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- s’étant promené au-dessus du parc de Tcgel, parc aérostatique de l’armée allemande, pendant 3 heures et demie, évoluant avec beaucoup d’aisance. Et la nouvelle était exacte.
- En cette matière, comme en toutes celles qui louchent à l’art militaire, la discrétion est de rigueur ; aussi nos voisins n’onl-ils rien livré de ce qui constitue leur secret. Cependant quelques renseignements recueillis près de diverses personnes ont permis, sinon de connaître la technique de l’engin, du moins d’en posséder les grandes lignes.
- Par certains côtés il rappelle le Lebaudy; par d’autres il s’inspire un peu du De la Vaulx. Il est bien évident que les auteurs ont dû mettre à contribution les travaux de leurs devanciers en y apportant les modifications heureuses ou non, que leurs idées personnelles devaient leur suggérer.
- Sur l’épure, le ballon est de forme cylindrique très régulière; il se termine à chaque extrémité par deux demi-sphères. Mais les constructeurs n’ont pas su réaliser celte forme, car les photographies montrent un ballon incurvé vers le milieu comme si cette partie médiane fléchissait sous le poids de la nacelle. Cette déformation s’accentue encore vers les extrémités plutôt ogivales que sphériques.
- La longueur totale de l’enveloppe est de 40 mètres et le diamètre de 12 mètres. Ces dimensions lui donnent l’aspect d’un « gros saucisson » nullement taillé pour faire de la vitesse. 11 avait été primitivement construit
- pour un volume de 1-400 m3; mais on s’aperçut que la force ascensionnelle était insuffisante. Remis en chantier, on dut ajouter quelques bandes d’étoffe à l’enveloppe primitive afin de porter son volume à 1800 in3. Enfin on assure que cette enveloppe, cependant constituée comme celle de Pairie, laisserait échapper jusqu’à 200 m3 de gaz pur jour; il est probable que les raccords ont été mal faits.
- Une ralingue, cousue de chaque côté du ballon, supporte la partie mécanique constituée par une armature en tubes d’acier et d’aluminium à laquelle est suspendue la nacelle. Dans le cadre de cette armature est tendu un plan ventral également semblable à celui de Pairie. Par contre les inventeurs n’ont pas cru devoir adopter le système d’empennage et de plans stabilisateurs imaginé par M. Julliot ; ils se sont contentés d’ajouter deux plans horizontaux à l’arrière du plan ventral et à la môme hauteur que lui. Toutefois sous ce même plan ils en ont placé un, verticalement, faisant l’office de quille et à la suite duquel est monté le gouvernail rectangulaire. La nacelle rappelle également, par sa forme, celle de Pairie, avec cette différence qu’elle ne comporte pas de quille. Le moteur, à quatre cylindres, fait 50 à 55 chevaux; il actionne deux hélices placées à droite et à gauche du ballon et aussi rapprochées que possible de l’enveloppe. L’arbre de commande est donc disposé verticalement au-dessus de la nacelle et actionné à l’aide d’une courroie. Cette position des hélices semble très rationnelle, le centre de traction étant peu éloigné du centre de résistance.
- Fis. 1. — A droite le dirigeable Parseval.
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- Nos lecteurs se souviennent, nous leur avons parlé du dirigeable du comte de la Yaulx, que celui-ci avait résolu, dans sa construclion, un problème essentiellement intéressant : celui du démontage facile et rapide et du transport par voitures. Le major Gross a fait de même et ce n’est pas là une des moindres qualités de son dirigeable qui est appelé à suivre les armées en campagne.
- Il est fort probable que ce ballon n’a jamais été considéré que comme un engin d’essai; d’ailleurs les aérostiers militaires allemands seraient disposés, paraît-il, en construire un autre sur les mêmes plans, en tenant compte, toutefois, des modifications que les expériences leur auraient suggérées. Reste à savoir si ces expériences sont concluantes. En dehors . Fig. 2. -de la première sortie que nous avons relatée, le ballon sortit une deuxième fois le même jour; il décrivit, dit un journal allemand, des courbes et des boucles. Parvenu à une altitude élevée, on arrêta le moteur, puis on le remit en marche ; on put ainsi faire descendre le ballon, puis le faire remonter à nouveau. À un moment donné il marchait, pour ainsi dire, sur le sol. Le surlendemain eut lieu une nouvelle ascension. Le 27 juillet il se serait promené au-dessus de Berlin à la vitesse de 20 km à l’heure. Et d’autres sorties suivirent qui confirmèrent les aérostiers allemands dans cette idée qu’ils tenaient enfin un ballon dirigeable. Si les comptes rendus sont exacts, le Gross aurait eflectivc-ment quelque valeur. En admettant qu’il atteignit la valeur du Jaune, nous pouvons compter sur de longs mois encore, peut-être plusieurs années, avant de voir le modèle définitif sortir du parc de Tegel. On sait, en effet, que trois années se sont écoulées entre la première ascension du Lebaudy et celle de Patrie.
- Pendant ce temps le major Parseval ne demeurait pas inactif. Son hangar est situé près de celui du major Gross dans le parc de Tegel. 11 reprit ses essais le 27 août, c’est-à-dire au moment même où le Gross établissait sa renommée.
- La forme du Parseval est à peu près celle du précédent, sauf en ce qui concerne les extrémités qui, intentionnellement, ont été faites ogivales. 11 mesure 52 in.
- Fig. 5. — Lp, déparl du dirigeable Parseval.
- l'raiisporl du dirigeable Parseval sur le champ d’evpériencc. La nacelle avec son moteur ‘JO IIP.
- de longueur et 8,90 m. de diamètre; son volume est de 2800 m3. L’avant et l’arrière de l’enveloppe sont occupés par un ballonnet à air qui assure la permanence de la forme; ces ballonnets reçoivent l’air d’un ventilateur actionné par le moteur. La nacelle est suspendue assez bas sous le ballon; trois personnes peuvent y prendre place. Elle renferme un moteur Mercédès de 90 chevaux qui actionne l’hélice. Celle-ci diffère totalement de tous les appareils similaires. Elle est montée sur un axe horizontal porté par un bâti métallique qui surmonte la nacelle et commandée par un axe vertical. Les ailes, au nombre de quatre, ont 2,10 m. de longueur; elles sont faites de cuir souple et terminées chacune par un contrepoids. Au repos, ces ailes retombent purement et simplement sur leur axe; mais dès que le moteur les fait tourner, l’action de la force centrifuge s’exerce sur elles et elles se raidissent.
- La suspension est non moins originale. Une ralingue suit la partie médiane du ballon; de là partent des cordages parallèles et verticaux qui soutiennent la nacelle, combinés avec d’autres câbles glissières montant obliquement vers les extrémités du ballon. Ces derniers câbles sont disposés de telle sorte que, par l’intermédiaire de poulies à gorges de guidage, la nacelle puisse glisser sur les cordes, ce qui lui permet de conserver constamment son parallélisme avec l’axe du ballon. Ce curieux mode de suspension a été imaginé dans le but d’éviter l'emploi de la poutre rigide et de placer l’hélice entre le ballon et la nacelle afin de mettre celle-ci à l’abri des chocs pendant les atterrissages. De plus, le moteur se trouve suffisamment éloigné du ballon pour que les risques d’incendie soient réduits à leur minimum. Enfin le mouvement de tangage vers le haut, sous la poussée de l’hélice, se trouve considérablement atténué, la nacelle étant à même de se déplacer automatiquement et de reporter vers l’avant son centre de gravité. La nacelle tend constamment à devancer [ou à rattraper le ballon et, bien qu’elle soit placée un peu bas, les effets dynamiques obtenus sont
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- équivalents à ceux que l’on réaliserait avec une nacelle très rapprochée du ballon.
- Signalons enfin, à l’arrière, la présence d’un empennage constitué par trois plans stabilisateurs ; deux horizontaux et un troisième vertical sous le ballon; ce dernier porte en outre le gouvernail.
- Quels sont les états de service du ParsevaV! 11 a, cette année, plusieurs sorties très heureuses à, son actif, et si l’on en croit les correspondances allemandes, il se serait montré supérieur à son concurrent le Gross. Le Parseval présente sur son voisin l’avantage d’être déjà relativement ancien, ce qui a permis au modèle de cette année de bénéficier de l’expérience acquise au cours de ses sorties antérieures. De plus, il est simplement construit et ne procède guère que de lui-même ; son inventeur a donc le mérite d’avoir créé un type de ballon dirigeable n’empruntant rien ou à peu près à scs devanciers.
- Le comte Zeppelin s’est encore plus complètement libéré des idées habituellement admises en matière de construction de ballon dirigeable. Il a demandé à l’aluminium, en effet, d’assurer la permanence de la forme, au lieu de s’en remettre purement et simplement aux services, excellents d’ailleurs, des ballonnets. 11 est vrai qu’au moment où l’inventeur construisit son premier modèle, en 1900, on ne possédait encore que des données imprécises sur ces appareils, la technique en étant restée aux théories des Gilfarl, Tissandier, Renard et lvrebs.
- Le ballon Zeppelin est certainement le plus puissant des ballons dirigeables actuels. Son enveloppe rigide, vraie carène de navire, mesure 128 m. de longueur et 11,70 m. de diamètre ; elle cube exactement 11450 m3 ; elle est constituée par seize compartiments ajoutés les uns à la suite des autres, l’enveloppe étant maintenue par un système de cerceaux dont les rayons sont disposés comme ceux' d’une roue de bicyclette. Chaque compartiment sert de logement à un ballon d’étoffe gonflé à l’hydrogène et tous ces ballons communiquent entre eux. Sous celte enveloppe court une poutre de 50 m. de longueur; à l’intérieur de celte poutre, vers chaque extrémité, est aménagée une nacelle de 6 m. de longueur équipée avec un moteur Daimler de 90 chevaux. Chacun de ces moteurs actionne deux hélices placées entre les nacelles et l’enveloppe.
- Enfin, en plus d’une provision de 2500 kg. de lest, le dirigeable peut encore emporter une dizaine de passagers. Le
- Zeppelin n° 5 aurait, cette année, effectué plusieurs prouesses au-dessus du lac de Constance où est établi l’immense hangar qui l’abrite. Une de ses sorties se serait terminée après un voyage aérien de 110 km. en 2 heures 17 minutes, en dépensant seulement 180 kg de lest. Le professeur allemand llergesell aurait enregistré, paraît-il, des vitesses de 15, 14 et même 15 m. à la .seconde, surpassant ainsi de 5 m. les meilleurs records établis par Pairie. D’autres voyages aériens ont également eu lieu ces temps derniers; le plus important est celui du 50 septembre. Le ballon resta en l’air pendant sept heures consécutives effectuant, en diverses manœuvres au-dessus du lac, un parcours total de 540 km. À la suite de ces expériences on dit que le comte Zeppelin serait disposé à construire un dirigeable du même genre plus colossal encore : 150 m. de longueur, 12 m. de diamètre, force motrice 240 chevaux représentés par deux moteurs Daimler de 120 chevaux.
- Quelle peut être la valeur militaire du Zeppelin? Certainement bien inférieure à celle des dirigeables plus petits. 11 lui faut, en effet, une station spéciale de départ. De plus, le transport sur terre est à peu près impossible, il est vrai que la quantité d’approvisionnements qu’il pourrait emporter lui permettrait d’effectuer d’une traite un long voyage; mais comment ferait-il pour se ravitailler ensuite? Et qu’arrivera-t-il si cette immense carène se trouve emprisonnée au milieu d’un orage ? Comment se comporterait sa carcasse métallique? comme un immense condensateur, peut-être, et alors? Autant d’interrogations qui se posent et que de vraies campagnes aériennes seules sont capables de solutionner. Enfin le prix de revient dépasse de beaucoup celui des dirigeables plus modestes et beaucoup plus maniables.
- En résumé, si les dirigeables allemands sont parvenus les uns et les autres à effectuer quelques heureuses promenades, rien n’indique qu’ils soient capables de tenir tête à Pairie et à Ville-de-Paris. Alors que ces derniers se promènent presque par tous les temps, leurs concurrents ne se hasardent que par des vents très faibles, et leurs sorties sont plutôt clairsemées. Sans afficher un optimisme exagéré, on peut admettre que nous tenons toujours le premier rang en matière de navigation aérienne. Le Gross, le Parseval ou le Zeppelin ne sont encore capables, à l’heure actuelle, d’entrer en lice avec aucune des unités du modèle de Patrie.
- René Doncières.
- — - »'
- Fig. 4. — Le ballon dirigeable du major Gross.
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- CHRONIQUE
- Les corrosions électriques par les Courants vagabonds. — Les moyens de traction électrique se sont remarquablement développés en ces dernières années. A côté de leurs avantages sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir, ils présentent de sérieux inconvénients.
- L’un des plus graves est l’action, sur les conduites métalliques du voisinage, des courants vagabonds qui s’échappent des rails conducteurs de l’électricité et qui en général ne sont pas isolés électriquement par rapport au sol.
- 11 se produit alors de véritables effets d’électrolyse sur les corps métalliques environnants ; dans de grandes agglomérations, où les tramways électriques sont nombreux, ce phénomène a provoqué de graves accidents sur les conduites d’eau et de gaz. Les tramways électriques sont mus généralement par le courant continu; cependant, depuis quelque temps, le mode de traction par courant alternatif monophasé semble se répandre; il était naturel de se demander si les effets d’électrolyse qui se produisent si souvent avec le courant continu n’allaient pas disparaître avec le courant alternatif; on sait que l’on ne peut pratiquement dans un laboratoire produire d’électrolyse avec du courant alternatif; les corps, dissociés par le courant durant une demi-période, se recombinent pendant l’autre demi-période. Mais dans le sol, les conditions diffèrent de celles que réalise une solution saline de laboratoire ; le sol est un mélange complexe et sans homogénéité ; les corps dissociés pendant une demi-période peuvent se combiner immédiatement aux éléments du sol, et ne plus pouvoir se reformer à la demi-période suivante. Enfui les périodes ne sont pas nécessairement d’une parfaite symétrie. Des expériences étaient donc nécessaires pour apprécier l’effet destructeur des courants alternatifs; elles ont été faites par M. llay-den, du laboratoire de M. Steinmetz, à Sheneclady. Elles portèrent sur des plaques de plomb et de fer, immergées dans des solutions salines, et dans des sols naturels et artificiels, et furent poursuivies, pendant des durées croissant de (50 à 500 heures, avec du courant continu et du courant alternatif de 00 et 25 périodes. Elles prouvèrent que l’effet destructeur du courant alternatif est rarement supérieur à 1 pour 100 de celui du courant continu et diminue quand la fréquence du courant augmente ; les sols carbonatés et alcalins exercent une influence protectrice, les sols azotés au contraire une influence destructrice. On s’est demandé également si le béton armé pouvait être attaqué par les courants vagabonds et si l’enveloppe de béton constituait pour l’armature de fer une protection efficace ; les expériences de MM. Knudsen et Toch, ingénieurs américains (American Institute of Electrical Engineers), ont prouvé que les mêmes effets d’électrolyse étaient à craindre pour le béton armé et pour le sol ordinaire. En 190(5, la commission des ponts de Brooklyn relatait que des fentes s’étaient produites dans les fondations du pont en béton armé de l’avenue llamilton ; M. Knudsen établit que la cause en était due à une électrolyse provoquée par le courant d’un tramway électrique passant sur le pont. On voit les dangers que peuvent faire naître ces courants vagabonds, et l’on comprend l’intérêt des études entreprises de toutes parts pour en préciser les méfaits et les rendre inofïênsifs. A. T.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 octobre 1907.
- Présidence de M. Becquerel.
- La coloration du corindon. — M. d’Arsonval présente une Note de M. Bordas intitulée : Contribution à la syn-llièse des pierres précieuses. 11 est parti de cette remarque de M. Berthelot que la coloration de certaines pierres changeait sous l’action des substances radio-actives. En expérimentant sur du corindon, l’auteur a obtenu par ce procédé un changement de couleur caractérisé. Le corindon n’est autre chose que de l’alumine cristallisée. Outre le saphir, il constitue les gemmes dites orientales, aigue-marine, améthyste, émeraude, topaze, hyacinthe, rubis. M. Bordas conclut de ses expériences que la coloration du corindon est sous la dépendance de l’état spécial des matières radio-actives du sol.
- Le rouge des sapins. — M. Prillieux expose que des rameaux de sapins atteints du « rouge )) avaient été envoyés au Muséum ainsi qu’à la station de pathologie végétale et qu’on avait bien reconnu sur les feuilles mortes diverses espèces de champignons, mais que ces champignons étaient des saprophytes et 11e constituaient pas la cause du mal. M. Maublanc a fait une excursion dans les forets du Jura et a rapporté des échantillons qui ne laissent plus de doute sur cette cause. C’est une maladie déjà connue. Elle a été signalée d’abord dans la Forêt-Noire par Robert llartig qui a montré qu’elle est due à un champignon parasite, le Phomu abietina ; peu après, elle est apparue en France dans la forêt de Gerardmer et a été étudiée par M. Mer. Mais M. Mer ne connaissait pas les travaux de M. llartig et il ne s’est pas prononcé sur la cause des ravages. MM. Pril lieux et Delacroix ont établi .l’identité de la maladie du sapin des Vosges avec celle de la Forêt-Noire dont rapporté le champignon qui la produit au fusicoccum. Si cette maladie n’a pas été reconnue plus tôt, c’est parce que les échantillons envoyés au Muséum et à la station de pathologie végétale étaient incomplets. Sur des échantillons bien récoltés, on voit de suite que le siège de la maladie est à la base de la partie morte du rameau. En ce point l’écorce est tuée, brunâtre et couverte de fructifications du fusicoccum. Cette portion nécrosée de la branche est nettement différenciée; son calibre est sensiblement plus réduit qu’en deçà et au delà. Elle établit une barrière entre la partie située au-dessous, où les aiguilles sont vertes, et la portion située au-dessus, où ces aiguilles sont d’un rouge fauve. La dessiccation du rameaù s’arrête toujours à cet étranglement qui n’occupe que quelques centimètres. La portion morte de la branche perd bientôt toute solidité, l’action du vent suffit souvent pour la briser et on a assez de peine à retrouver la lésion de l’année précédente. La guérison s’opère. Cette maladie ne paraît pas menacer, comme on l’avait craint, l’existence des forêts du Jura. On sait que dans d’autres pays, et en particulier dans les Vosges, où elle a causé, en 1887 et 1888, d’aussi graves dommages que dans le Jura cette année, elle a dispara au bout de peu d’années.
- Préparation de l’arsenic colloïdal. — M. Lechàtelier présente une Note de M. Auger dans laquelle Fauteur indique un procédé permettant de préparer l’arsenic A l’état colloïdal. L’auteur décompose le chlorure d’arsenic par l’acide hypophosphoreux en solution dans l’alcool. La matière colloïdale obtenue contient 70 pour 100 d’arsenic, de l’eau et un peu d’alcool. Ch. de Villedeuil.
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- LA COULEUR DE LA MER
- La couleur de la mer en un môme endroit et au même moment est différente selon la façon dont on l’observe.
- Examinée du haut d’une falaise ou du pont d’un navire, la couleur de la mer dépend d’un nombre considérable de variables parmi lesquelles il suffira de citer la couleur propre de l’eau qui est celle de l’azur le plus pur, les phénomènes divers d’absorption, de réfraction, de ré-îlexion et de diffusion lumineuses, l’influence des particules solides colorées ou non colorées en suspension, l’influence de la lumière extérieure, la nébulosité du ciel, la hauteur du soleil au-dessus de l’horizon, l’état d’agitation de l’eau, la température, la quantité de sels en dissolution, le voisinage, l’éloignement, la nature du fond. En réalité, ces causes, dont chacune a été étudiée isolément et est maintenant bien connue, sont tellement multiples qu’on est en droit d’affirmer que si, à un môme instant, le même observateur pouvait observer le même espace de mer de deux points de vue différents, il le verrait avec des nuances différentes.
- La notation de la couleur de la mer, dans de pareilles conditions ne peut donc être que très grossière et approximative et ne présentera jamais un réel caractère scientifique. S’il en était autrement, un peintre n’aurait besoin, pour la représenter, que d’une simple teinte plate. La tâche de l’artiste serait, il est vrai, prodigieusement simplifiée; l’art serait loin d’y trouver le même bénéfice.
- Si, comme en a eu l’idée le professeur Wittstein, on prend un miroir incliné à 45° fixé à l’extrémité d’un bâton, qu’on l’immerge complètement tout en le tenant dans la couche superficielle de l’eau et qu’on l’observe en se plaçant immédiatement au-dessus de lui et en le regardant verticalement, l’aspect est tout à fait autre. On aperçoit alors une tranche d’eau de longueur infinie, également éclairée sur toute sa longueur et, tout reflet étant supprimé, la nuance est parfaitement uniforme, transparente et comparable à celle d’un beau vitrail limpide. En tournant le miroir sur lui-même autour du bâton qui le soutient, on fait varier l’orientation de l’éclairage sans que pour cela rien soit changé, sauf l’intensité lumineuse, de sorte que la couleur reste essentiellement la même et ne se modifie que du clair au foncé. 11 en sera, pour ainsi dire, comme si, dans un vase contenant la peinture convenable, on avait ajouté une proportion plus ou moins forte de noir. Grâce à -ce mode d’observation, il devient possible d’apprécier sûrement et scientifiquement la teinte de l’eau de mer, en une localité et à un moment déterminés.
- 11 s’agit maintenant d’établir une gamme de teintes, destinée à servir d’échelle métrique et à permettre de noter, par un numéro désignant une nuance toujours identique et facile à retrouver avec une parfaite concordance pour tous les observateurs, la couleur vue avec un miroir à 45° en un point quelconque de l’Océan. Le professeur F. À. Forel s’est chargé de ce soin et a résolu le problème avec sa sagacité habituelle.
- Le savant et habile investigateur des lacs suisses, l’éminent auteur de la belle monographie du Léman, a choisi dans ce but deux solutions colorées, faciles à préparer et par conséquent à retrouver toujours bien identiques à elles-mêmes. La première, jaune, est une dissolution dans un volume fixe d’eau d’un certain poids de chroma te de potasse; la seconde, bleue, est de l’eau céleste des pharmaciens contenant un poids connu de
- sulfate de cuivre dissous dans des volumes connus d’eau et d’ammoniaque. On mêle ces deux solutions types en proportions centésimales et on numérote chacun des mélanges d’après la quantité de jaune qu’il contient de telle sorte, par exemple, que le numéro 0 corresponde à la solution type bleue, le numéro 17 au mélange de 17 volumes de solution type jaune avec 83 volumes de solution type bleue et ainsi de suite.
- Dans un but de simplification, M. Forel a fait choix, dans les 100 numéros de sa gamme, de 11 numéros constituant une échelle de teintes à degrés sensiblement également espacés les uns des autres et dont chacun est désigné par un chiffre romain variant de I, qui est la solution type bleue, jusqu’à XI qui correspond a 65 de la gamme centésimale. Celte nouvelle série, dérivant ainsi directement de la série centésimale, est plus particulièrement destinée à la notation des teintes de la mer et on la désigne en conséquence sous le nom de série M. Ces deux échelles sont aujourd’hui universellement adoptées par les océanographes. Chacune des onze solutions est enfermée dans un tube scellé en verre blanc transparent et conservée pour servir aux comparaisons à la mer ou sur les lacs. Pour ces derniers et pour les cours d’eau ayant arrosé des régions tourbeuses, on fait aussi usage d’une échelle à teintes plus brunes imaginée par le professeur Ule et qui se rattache encore à l’échelle centésimale de Forel.
- Malheureusement, quelles que soient les précautions prises, certains mélanges se conservent mal et se décomposent en perdant leur teinte primitive. En outre, sans compter que des liquides transportés dans, des tubes fragiles risquent de se briser en voyage, au moment de la comparaison, le verre qui les contient produit des reflets qui troublent plus ou moins l’œil de l’observateur et rendent l’identification moins exacte. J’ai cherché à remédier à ces inconvénients.
- Pour les études précises, j’ai construit une lunette colorimélrique où tous les degrés de l’échelle centésimale s’obtiennent à l’aide de deux prismes en verre allongés et superposés, la partie mince de l’un correspondant à la partie épaisse de l’aulre, Lun bleu, l’autre jaune, de teintes respectivement identiques aux deux teintes types de Forel et susceptibles de glisser en même temps quoique indépendamment l’un de l’autre devant une fente. L’observateur est donc en état de comparer la nuance de la mer vue dans un miroir à 45° avec celle de la fente de la lunette éclairée par une lumière ayant franchi deux épaisseurs quelconques, mais donnant, d’après l’épaisseur respective mesurable de chacun des deux prismes, des quantités déterminées de jaune et de bleu. Une gamme de verres noirs d’intensités graduées permet d’assourdir à volonté la nuance de la fente, sans cependant modifier en rien la tonalité.
- Un instrument plus simple consiste en un tube colorimélrique muni à son extrémité d’une fente devant laquelle on insère un verre quelconque choisi dans une série de 11 verres dont chacun possède l’une des 11 nuances de la série M. Ces verres sont des fragments de plaques photographiques gélatinées, préalablement désargentées et teintes dans des bains colorés dont la nuance est, grâce à une comparaison au colorimèlre Dubosc, identique à celle des liquides de Forel.
- Si l’on y trouve plus de facilité, ces verres peuvent
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- LA NATURE.
- être individuellement encadrés dans un petit cadre métallique. On enlile sur une même chaînette les 11 numéros de la série M entre chacun desquels, pour plus de précision, on a inséré une teinte intermédiaire et auxquels on a joint un verre noirci. Le système entier se compose donc de 20 verres. Pour noter une coloration de mer, on immerge le miroir à 45°, on le tourne de façon qu’il donne sa nuance la plus claire et l’on compare directement, par transparence, avec un numéro de la série que l’on a soin d’observer sur un fond blanc ou gris pour éviter de modifier la pureté de la teinte.
- Enfin, dans le but de rendre les observations plus aisées encore, j’ai fait peindre en couleur à l’huile, de petites planchettes rectangulaires en bois, divisées sur
- môme par temps de brume et par la pluie, à supposer la remarque exacte, combien de sinistres seraient évités si un navire pouvait, par un procédé aussi simple, être averti des dangers qu’il court et modifier sa route en conséquence. Cette vérification ne tentera-t-elle pas un oflicier de marine?
- La coloration de la mer est-elle en relation avec la nature du planklon, nom sous lequel on désigne la masse d’animalcules ou de matière végétale errant dans les eaux, indépendamment de sa volonté, et uniquement soumise aux conditions extérieures physiques, chimiques et mécaniques de la mer? Là encore, des recherches s’imposent; car si réellement il en était ainsi, ce qui est, probable, comme le planklon sert à la nourriture des
- Instruments servant à déterminer la couleur de la mer.
- 1. Miroir à 45° de Wittslein. — 2. PlaneheUe colorimétrique (lace et revers). — 5. Chapelet colorimélrique. 4. Lunette colorimétrique. — 5. Tube colorimétrique.
- leurs deux faces en 11 compartiments dont chacun a la teinte d’un numéro de la série M. Ces planchettes colori-métriques ne doivent servir évidemment que pour des mesures approchées.
- Grâce à ces instruments, la coloration de la mer peut être notée par un chiffre et on est ainsi conduit à l’étude d’une foule de considérations océanographiques d’un haut intérêt théorique et pratique dont je me bornerai à mentionner quelques-unes.
- En premier lieu, la navigation profitera des cartes qui seront dressées d’après les observations recueillies par courbes et aires isochromatiques analogues aux cartes par courbes et aires isothermes, isopyenes, isocalcaires et autres bien connues en océanographie. D’après un renseignement qui m’est communiqué, l’approche des parages si dangereux du cap Guardafui serait reconnaissable à un changement très net dans la nuance de la mer. Comme la donnée colorimétrique est facile à noter
- poissons, par un essai colorimétrique simple .et rapide, le pêcheur serait immédiatement averti de la fortune de la pêche à laquelle il va se livrer et, qu’il poursuive le hareng, la sardine ou tel ou tel autre poisson, il saura à l’avance si sa pèche sera fructueuse, moyenne ou nulle, de sorte que, dans chacun de ces cas, il agira en conséquence. Avec un thermomètre et une échelle colorimétrique, la pêche cesserait de se faire comme elle se fait hélas! aujourd’hui en France, par pur empirisme avec toutes ses erreurs et ses incertitudes, et elle deviendrait ce qu’elle doit être et ce qu’elle devient d’ailleurs de plus en plus à l’étranger, une industrie rationnelle et systématique basée sur des données scientifiques rigoureuses et précises. J. Tuoulet,
- Professeur à l’Université de Nancy.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiube, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1798. — 9 NOVEMBRE 1907.
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- LA NOUVELLE LOCOMOTIVE DE LA COMPAGNIE D’ORLEANS
- La Compagnie des chemins de fer d’Orléans vient de mettre en service une nouvelle locomotive com-pound qui est la plus puissante machine à grande vitesse roulant actuellement en Europe. Elle est du type que les Américains ont nommé « Pacific » et comporte six essieux : un hoggie à l’avant, trois essieux couplés, un essieu porteur à l’arrière. Construite par la Société Alsacienne de constructions mécaniques, à Belfort, après élude faite d’un commun accord par cette Société et la Compagnie d’Orléans, et sur un programme donné par la Compagnie de chemins de fer, elle est destinée, en principe, à remorquer les trains express de la ligne de Toulouse, dont les rampes, presque continues à partir de Chàteauroux, atteignent dans certaines sections 0,010 et 0,012 mm. par mètre, sur 50 km. de longueur. Bans la suite, quand le lot en sera
- motive 4501. Nous parlerons ensuite des modifications de détail que ses dimensions ont nécessitées.
- Poids en ordre de marche.................
- Poids adhérent...........................
- Timbre de la chaudière...................
- Grille : Longueur........................
- •— Largeur à l’avant.................
- — — à l'arrière..................
- — Surface..............................
- Surface de chaude du foyer...............
- — — des tubes....................
- — — totale ......................
- BapporL des deux surfaces................
- Tubes de 50 x 55 : Longueur..............
- Hauteur de Taxe de la chaudière au-dessus
- du rail................................
- Diamètre moyen du corps cylindrique . .
- Épaisseur des tôles......................
- Volume de l’eau (niveau normal;..........
- Volume de vapeur.........................
- Diamètre des cvlindres 11. D.............
- — — 11. D
- 91 000 kilogr.
- 890
- 10
- 2 111. 84
- 0 ni. 985
- 1 ni. 880
- 4 nr 27
- 13 ni- 37
- 251 m2 88
- 257 ni2 25
- 00. 2
- 5 m. 900
- 2 ni. 825
- 1 ni. 080
- 20 mu i.
- 8 3 in3 m5 020 800 ^x
- 0 m. 390 /fv 7 i . vrA
- 0 ni. 040 ] l
- \y s»/
- La nouvelle locomotive de la Compagnie d’Orléans.
- complet, ces machines seront également attelées aux express de la ligne de Bordeaux, qui, s’ils bénéficient de profils plus aisés, sont tracés, comme on sait, à une vitesse que ne dépassent nulle part ailleurs les trains de la même catégorie. Jusqu’à présent, ces deux services étaient assurés par les locomotives du type 4000 P. O., décrites ici même quand elles parurent4. Mais, malgré leur puissance, l’augmentation du trafic et du tonnage des trains, qui pèsent couramment 350 tonnes, a montré qu’il fallait dès maintenant prévoir leur insuffisance à venir, et on a voulu faire plus grand et plus fort. On a pleinement réussi, d’ailleurs; la locomotive n° 4501, dont nous reproduisons une photographie (fig. 1), est un échantillon superbe qui fait le plus grand honneur à nos ingénieurs et à notre industrie. Il n’est pas inutile, en passant, de rappeler au public, qui l’oublie souvent, que pour la construction des locomotives, nous sommes encore inégalés. Trop de Français ont ce travers de dénigrer les productions de leur pays, pour exalter celles des autres. Nous ne pouvions avoir une meilleure occasion de dénoncer leur erreur, et de rendre à César ce qui appartient à César.
- Voici les principales caractéristiques de la loco-
- 1 Yoy. n° 1713, du 24 mars 1906.
- 35e année. — “2e semestre.
- Course des pistons......................... 0 m. C50
- Tiroirs H. D...............................cylindriques.
- — B. P..................................plans.
- Diamètre des roues motrices................ 1 m. 800
- Épaisseur des bandages..................... 50 mm.
- Tender type P. 0. de 20 m3 à trois essieux,
- pesant à vide........................... 19 200 kilogr.
- Puissance à la jante des roues motrices . . 2000 chevaux environ.
- Ces chiffres ont leur éloquence. La longueur inusitée des tubes, qui, on l’a vu, atteignent près de 6 m., a obligé les ingénieurs à renoncer aux tubes Serve, à ailettes, ordinairement employés. On y a donc substitué des tubes lisses, qui sont au nombre de 261, et qui donnent d’excellents résultats. On remarquera, du reste, sur notre figure, en même temps que l’élégance et la sobriété des lignes de cette locomotive, la grande longueur qui s’étend entre la boîte à feu et l’avant du corps cylindrique, ainsi que les dimensions de la cabine du mécanicien, dont le poste est à gauche. On verra également que les conduites de vapeur aux cylindres H. P. ne sont plus apparentes extérieurement à l’enveloppe, comme sur presque toutes les machines compound actuelles. Ces conduites se trouvent ainsi soustraites aux grands écarts de température, et, par suite, aux effets de la dilatation, désastreux pour les colliers.
- Mais la grande nouveauté de cette locomotive réside dans le foyer (du type Belpaire). Les machines de même
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- LA NATURE.
- genre construites en Amérique, ont un foyer débordant entièrement au-dessus des roues arrière, ce qui permet d’avoir une surlace de grille considérable; mais les ingénieurs français n’ont que peu d’estime pour ce système de foyer surélevé. Dans le cas actuel, ils ont résolu ce problème de concilier leur préférence du foyer plongeant avec les grandes dimensions à donner à la grille, en inclinant celle-ci d’arrière en avant. Son extrémité antérieure est logée entre les longerons comme les foyers des machines actuelles. Puis, au tiers de sa longueur, il s’élargit jusqu’à la cote intérieure de 1,880 m., et garde celte largeur dans le dernier tiers. (La forme spéciale de ce foyer se révèle sur notre figure, par l’ombre triangulaire visible à la base de la boîte à feu). Cette disposition réunit les avantages du foyer profond et du foyer large. Le chargement se fait par une porte centrale à trois vantaux, s’ouvrant à l’intérieur, comme les portes des foyers fixes, et de ceux des chaudières marines. Il est d’ailleurs facilité par l’inclinaispn de la grille, sur laquelle la couche de charbon s’égalise pour ainsi dire automatiquement; le chauffeur n’a qu’à déverser le combustible près de la porte, d’où il roule de lui-méme jusqu'au fond. Deux leviers, manœuvrés indépendamment ou simultanément par le mécanicien, permettent, soit de lever le vantail central avec celui de droite ou celui de gauche, soit
- de les ouvrir tous les trois ensemble. L’ouverture totale de la porte présente un orifice oval de 0,70 m. de largeur sur 0,40 m. de hauteur.
- M. Laurent, le très aimable ingénieur en chef adjoint de la Compagnie d’Orléans, qui a bien voulu nous fournir les renseignements qui précèdent, nous a annoncé que de ce prototype, naîtraient prochainement deux sortes de locomotives, équivalentes comme puissance et comme dimensions, semblables comme chaudières, mais étudiées en vue de destinations différentes, ainsi qu’il a déjà été fait pour les machines des types 3000 (4-4-2), 4000 (4-6-0) et 5000 (2-8-0). Les premières, qui sont actuellement en construction, comporteront des roues motrices de 2 m. de diamètre, au lieu de 1,80 m., et seront affectées au service des rapides 7 et 54 entre Paris et Bordeaux. En effet, le tonnage de ces trains va bientôt se trouver considérablement augmenté par la mise en circulation de nouvelles voitures de lre classe, dont on dit merveille, et que nous décrirons ici aussitôt qu’elles seront terminées. Enfin, le dernier-né de cette puissante famille sera une machine pour trains de marchandises, à 5 essieux couplés. La Compagnie d’Orléans possédera de la sorte un matériel digne d’éloge, et qui pourra faire face, pendant longtemps, aux besoins croissants de son exploitation, comme aux exigences de confort et de rapidité du public. Jacques Lakmanjat.
- LA TÉLÉPHONIE SANS FIL DANS LA MARINE AMÉRICAINE
- Nous avons déjà, signalé ici, dans une récente information, le premier succès pratique remporté par la téléphonie sans fil. C’était en juillet dernier, sur le lac Érié; pour suivre une course de canot, une embarcation de reportage avait été munie d’un appareil de téléphonie sans fil, système deForest;et
- Tenr©
- Fig. 1. — Poste récepteur.
- elle put ainsi, durant toute la course, rester en communication avec un poste établi sur la rive et la distance de transmission atteignit jusqu’à 9 kilomètres.
- Ce succès attira aussitôt l’attention de l’Amirauté des États-Unis qui fit immédiatement mettre cet appareil à l’essai à bord des deux navires, le Virginia et le Connecticut. La transmission doit pouvoir
- se faire jusqu’à 5 km. Si les essais réussissent, toute la flotte qui va partir pour le Pacifique sera munie de postes de téléphonie sans fil.
- On comprend, en effet, l’intérêt qu’offre pour la marine ce porte-voix d’une puissance et d’une précision incomparables. On avait, sans doute, déjà des
- V*
- Terre
- Fig. 2. — Poste transmetteur.
- i
- installations de télégraphie sans fil; mais la télégraphie sans fil, comme la télégraphie ordinaire, exige un personnel spécial, capable de transmettre des dépêches, et de traduire celles qu’il reçoit. Elle exige donc des intermédiaires souvent gênants pour la rapidité et le secret des communications ; avec les appareils téléphoniques, au contraire, les commandants des divers vaisseaux sont constamment et di-
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- rectement en relations. La télégraphie sans fil subsisterait toujours pour les communications à longue portée, où la téléphonie sans iil n’a pas encore l’ambition de la supplanter.
- Il nous semble donc intéressant d’examiner les appareils actuellement à l’essai, et dont nous empruntons les photographies ci-dessous au Scien-lific American. Les appareils de Forest utilisent les ondes hertziennes ; ils comprennent un appareil émetteur d’ondes et un appareil récepteur. L’appareil émetteur est basé sur le principe de l’arc de Poulsen, déjà exposé ici même, et produit des ondes d’une fréquence de 40000 périodes par seconde; les vibrations de la voix, reçues et transformées par un microphone, font subir à ces ondes de légères variations d’intensité ou de période: et ce sont ces variations qui au poste récepteur influenceront l’organe récepteur proprement dit.
- Examinons un peu plus en détail l’organisation des postes de Forest : au poste transmetteur une petite dynamo à courant continu de 220 volts est reliée aux deux pôles de l’arc électrique ; celui-ci se forme dans la flamme d’une petite
- lampe à alcool; de plus il est, comme l’on sait, placé en dérivation sur un circuit renfermant un condensateur; des bobines de self-induction le séparent de la dynamo, afin d’éviter que celle-ci ne soit soumise aux courants à haute fréquence développés dans l’arc. Les ondes sont, par l’intermédiaire d’un transformateur, transmises à une antenne qui les rayonne à travers l’espace. Le microphone est inséré entre l’antenne et la terre.
- Les ondes sont, au poste récepteur, reçues par une antenne qui les transmet à l’organe récepteur, à qui M. de Forest a donné le nom d’« au-dion ». Cet appareil est déjà connu de nos lecteurs; c’est le redresseur électrique du ])' Fleming, nous l’avons décrit (voy. n° 1785, du 10 août 1907) ; c’est une ampoule vide d’air contenant un filament de' tantale rendu incandescent par une petite batterie d’accumulateurs, et1 placé entre deux feuilles de platine1 relativement froides, parallèles à ce' filament; l’audion est inséré dans un circuit oscillant relié à l’antenne par un transformateur et contenant un téléphone et une batterie de piles; les ondes électriques font naître dans ce circuit des
- Fig. A. — L’Audion.
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- courants oscillants, qui sont redressés par l’ampoule, comme nous l’avons déjà expliqué; si aucun changement ne survient dans le régime des ondes transmises, l’audion laissera donc passer un courant continu, qui viendra s’ajouter au courant de la pile locale et passera à travers le téléphone, mais sans y reproduire aucun effet sonore; par contre, si au poste transmetteur on parle devant le microphone, les modifications ainsi imprimées à la période ou à l’intensité des ondes se manifesteront par des variations correspondantes du courant que laisse passer l’audion; les variations agissant sur le téléphone reproduisent la voix. Les schémas (p. 570) indiquent clairement la disposition des deux postes.
- Il n’y a qu’une seule antenne sur chaque navire ; elle sert à la fois à la réception et à la transmission ;
- au moyen d’une clé, T officier qui se sert du téléphone, met à volonté, en communication avec l’antenne, soit le microphone transmetteur, soit l’appareil récepteur.
- Un vif intérêt s’attache aux expériences entreprises par la marine américaine ; car elles peuvent, si elles réussissent, amener de notables innovations dans la tactique maritime. Elles encourageront aussi l’emploi de la téléphonie sans lil à hord de la plupart des navires ; l’emploi d’une telle installation n’exigera pas d’opérateurs spéciaux et exercés comme la télégraphie sans lil. On se servira d’un téléphone sans lil tout comme d’un téléphone ordinaire, et la navigation y trouvera un précieux élément de sécurité, à la portée de toutes les embarcations.
- À. Troller.
- INDUSTRIE PARISIENNE DES BIJOUX DOUBLES
- Tous les peuples civilisés de l’Antiquité connurent l’art de la bijouterie. Les Égyptiens et les Grecs nous ont laissé en particulier des anneaux et des boucles d’oreilles dont s’inspirent encore nos artistes pour la création de leurs modèles. Les premiers orfèvres ciselèrent des bijoux massifs. Mais, vu la rareté de
- or ou de l’argent,
- leurs successeurs s’ingénièrent à
- économiser le plus possible leur emploi. Ainsi les Romains pratiquaient déjà le doublage des vases par l’argent.
- l)c leur côté, les Maures et les Mexicains fabriquaient des bijoux filigranés, c’est-à-dire en fils d’or ou d’argent, avant la conquête de leur pays par les Espagnols et, depuis un temps immémorial, les Chinois réalisent de la sorte des bijoux d’une rare légèreté bien que parfois d’un goût douteux.
- Aujourd’hui, on fabrique en doublé des bagues, des broches, des pendentifs, des bracelets, des épingles de cravates, des boutons, des médailles et autres objets de parure qui concilient deux besoins assez difficiles à satisfaire ensemble : le luxe et l’éeono-
- Fig. 1. — Vernissage des boulons.
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- LA NATURE.
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- Fig. 2. — Polissage des bijoux doublés.
- mie. Ces bijoux se travaillent comme les pièces en or plein ; ils en possèdent l’apparence et la solidité, mais coûtent infiniment moins cher. Notons, de suite, qu’il 11e faut pas confondre le plaqué avec le doublé. Doubler un métal d’un autre métal c’est souder le second au premier à l’aide d’un alliage fusible, tandis que plaquer consiste à forcer les deux métaux à adhérer, grâce à des méthodes mécaniques et à une température rouge sombre, sans recourir cependant à aucune fusion.
- Qu’il s’agisse de plaqués en argent, en or ou en platine, le bijoutier opère sur des plaques de cuivre rouge très pur, qu’il reçoit d’usines spéciales sous forme de lames rectangulaires épaisses d’environ 5 cm et pesant chacune 10 kilogrammes. On gratte ces plaques afin d’en nettoyer parfaitement la surface, puis on les lamine une première fois et on les soumet à un second grattage. Après quoi, on prend une feuille de métal précieux, plus ou moins pesante, selon la nature du plaqué qu’on désire avoir. On porte ensuite au four les deux métaux superposés et liés ensemble par un fil de fer.
- De là, on les envoie au laminoir, en renouvelant cette succession d’opérations un certain nombre de fois. Dès que les plaques sont pourvues de leur revêtement en argent, or ou platine et amenées à l’épaisseur requise, on les met en œuvre par les procédés généraux de l’orfèvrerie : le travail au marteau ou plus généralement l’estampage au balancier et le repoussage au tour.
- Les boutons pour cols et .manchettes exigent,.en particulier, un outillage complexe et d’une grande précision. Chez M. Delion où les photographies ci-
- contre ont été prises, on perfore les lames métalliques, soit à l’aide de découpoirs, fonctionnant à la main, soit au moyen d’un découpoir excentrique mû par la vapeur. Les ouvrières découpeuses acquièrent une merveilleuse dextérité. Elles arrivent à produire couramment le chiffre invraisemblable de 6000 pièces à l’heure, ce qui représente 100 coups de balancier à la minute.
- Le découpoir excentrique travaille encore plus rapidement. Il abat 440 pièces à la minute avec ses 2 poinçons, soit 26 400 pièces à l’heure. Cette énorme production n’exige, du reste, aucun effort de la part de l’ouvrier. Celui-ci se contente de présenter les bandes de matière qui avancent automatiquement sous l’impulsion de deux rouleaux d’acier. Certains modèles de cette machine comportent jusqu’à 10 poinçons et peuvent découper 132 000 pièces en une heure !
- D’un coup de balancier, les estampeuses donnent également le relief aux coquilles découpées de façon à imiter la ciselure des bijoux massifs. Elles les placent ensuite dans un récipient rempli d’eau pour éviter que l’air ne les altère et les brunisseusés s’en emparent alors. Elles les prennent une à une, les fixent sur le mandrin d’un tour qui épouse exactement leur forme et les brunissent au moyen d’une pierre spéciale. Aussitôt les pièces brunies, on les « sapone », c’est-à-dire qu’on les enduit d’un vernis (fig. 1), puis, disposées sur de petites grilles ad lïoc, elles passent à l’étuve pour le séchage. Elles con-servént alors indéfiniment l’éclat que leur a donné le brunissage, le vernis préservateùr lés rendant inaltérables à l’air.
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- LA NATURE.
- D’autres ouvrières mettent clans les coquilles séchées, le carton, les ressorts, le patin, etc., et placent le tout sur des planches en hois appelées « parquets ».Le sertisseur prend chacune des pièces ainsi préparées, la pose sur son tour, et, d’un léger coup de virolet, il rabat la matière qui emprisonne les pièces placées tout à l’heure dans la coquille. Le bouton n’a plus qu’à être encarté pour la vente.
- Quant aux bijoux doublés, leur assemblage, en général, s’effectue comme celui des objets d’orle-vrerie pleine. L’ouvrier dispose des paillons de soudures aux endroits voulus de la broche ou de la bague dont il est chargé d’assembler les parties, puis, à l’aide d’un chalumeau, il les fait fondre sans rien déranger. C’est un travail des plus délicats.
- Les bijoux doublés, une lois soudés, sont dérochés dans « l’eau seconde » (acide sulfurique hydraté), puis vont à l’atelier de polissage (Jig. 2). Là des ouvrières, coiffées d’un bonnet destiné à préserver leurs cheveux des poussières qui voltigent autour d’elles, les présentent à des brosses circulaires, mues par la vapeur et tournant à environ 4500 tours à la minute Ces brosses sont enduites d’un coaltar appelé rouge à polir. Le métal brut ne tarde pas à prendre un aspect brillant. Toutefois il faut encore savonner le bijou pour enlever la couche onctueuse dont il s’est revêtu au cours du polissage, puis le sécher à la sciure de bois très line. Il ne restera plus enfin qu’à y sertir des pierres ou des perles pour le terminer complètement. Jacques Loyer.
- LE PASSAGE DE MERCURE SUR LE SOLEIL
- le 14 novembre prochain
- Un phénomène assez rare, et encore plus rarement observable dans nos régions, se produira le 14 novembre prochain : celui du passage de la planète Mercure devant le disque éblouissant du Soleil. On connaît la raison de ces phénomènes. Les planètes circulent autour du Soleil en décrivant une ellipse. Pour la Terre, celte ellipse a reçu le nom plus particulier d’écliptique. Si les planètes Mercure et Ténus circulaient dans le plan de l’écliptique, à chaque révolution synodique (110 jours pour Mercure) il y aurait passage devant le Soleil.
- Mais les planètes, loin de circuler dans l’écliptique, ont le plan de leur orbite plus ou moins incliné sur ce dernier. Il en résulte que, pour Mercure et Vénus, ces astres passent tantôt au-dessus, tantôt au-dessous du Soleil, lors de leurs conjonctions inférieures.
- Il faudra donc, pour qu’il y ait passage devant le Soleil, que Mercure, au moment de sa conjonction inférieure, soit voisin de l’un de ses nœuds, c’est-à-dire des points on son orbite coupe le plan de l’écliptique. En effet, si la latitude de cette planète dépasse le demi-diamètre du Soleil, le passage aura lieu au-dessus ou au-dessous de celui-ci. En comparant les orbites de Mercure et de la Terre, on reconnaît que les nœuds de Mercure se trouvent sur un diamètre correspondant aux positions que la Terre occupe vers le 5 mai ou vers le 7 novembre. Ce n’est donc que vers ces dates, en mai et novembre, que peuvent avoir lieu les passages de Mercure sur le Soleil.
- Képler est le premier qui ait osé prédire, en 1627, les époques des passages de Mercure et de Vénus sur le Soleil. Ses calculs, basés sur les observations de Tycho Brahé, n’étaient pas d’une exactitude suffisante et tous les passages qu’il a annoncés ne se sont pas produits. En 1629, Képler annonça, pour le 7 novembre 1631, un passage de Mercure qui fut observé à Paris par Gassendi, lequel fixa le moment de l’entrée de Mercure à 5h 28m du matin.
- La théorie complète des passages de Mercure et de Vénus sur le Soleil a été publiée par Ilalley, en 1691, dans les Philosophical Transactions, puis en 1707, dans les Prælectiones astronomicæ, de Whiston. Les calculs dé 29 passages de Mercure et de Vénus y figurent, effectués par Ilalley.
- Le second passage de Mercure scientifiquement observé fut celui du 2 novembre 1651. Comme il se produisait en Europe pendant la nuit, l’Anglais Shakerley se rendit à Surate, dans l’Inde, pour l’observer.
- Le calcul des passages de Mercure sur le Soleil est assez complexe. Toutefois, la recherche des époques auxquelles un passage se produira est beaucoup plus facile. D’une date connue d’un passage, on peut déduire les passages passés ou futurs. La question est de trouver des multiples communs des durées de la révolution sidérale de la Terre, des révolutions sidérale et synodique de Mercure, puis, en se basant sur les tables du Soleil et de la planète, d’étudier la position de leurs centres aux époques trouvées.
- Ilalley employait des périodes de 6, 7, 15, 46 et 265 ans au bout desquelles les passages de Mercure sur le Soleil se reproduisent assez exactement. Ils reviennent à des intervalles irréguliers de 13, 7, 10, 5, 10 et 3 ans. Ceux qui arrivent après les intervalles de 10 ans se produisent généralement en mai, tous -les autres en novembre, ce qui explique, en raison du mauvais temps qui, dans nos contrées, sévit à cette époque, la difficulté des observations et l’invisibilité fréquente du phénomène. La série suivante des passages de Mercure jusqu’à la fin du xxe siècle montre bien les intervalles ci-dessus :
- 1894
- . Novembre, 10
- 1907. . . . . . Novembre, 14
- 1914. . . . . . Novembre, 6
- 1924. . . Mai, 7
- 1927. . . . . . Novembre, 8
- 1937. . . Mai, 10
- 1940. . . . . . Novembre, 12
- 1953. . . . . . Novembre, 13
- 1960. . . . . . Novembre, 6
- 1970. . . Mai, 9
- 1973. . . . . . Novembre, 9
- 1986. . . . , . Novembre, 12
- 1999. . . . . . Novembre,-14
- 13 ans.
- 7 ans.
- 10 ans.
- 3 ans.
- 10 ans.
- 3 ans.
- 13 ans.
- 7 ans.
- 10 ans.
- 3 ans.
- 13 ans.
- 13 ans, etc.
- Le calcul complet de toutes les phases d’un passage de Mercure est analogue à un calcul d’éclipse de Soleil. Mais on emploie de préférence la méthode de Lagrange,
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- LA NATURE.
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- modifiée par Encke, plus simple et plus rapide, quoique nécessitant encore de nombreux calculs.
- La durée des passages de Mercure est très variable d’une époque à l’autre. Elle est au maximum de 8 heures. La table de Delambre renferme les éléments de 40 passages. La durée minimum, calculée pour le centre de la
- Fig. 1. — Phénomène du passage de Mercure sur le Soleil, le 14 novembre 1907.
- Terre, est de 11 minutes (passage de novembre 1776). La plus longue, de 7h54m (passage de mai 1707).
- Il n’est pas possible de voir Mercure, à l’œil nu, devant le Soleil, même en faisant usage de verres noircis, en raison du faible diamètre de la planète qui atteint au maximum 12". Averrhoes au xu° siècle, Scaliger, puis Kepler, en mai 1607, crurent voir Mercure devant le Soleil. Ils observèrent sans doute des taches solaires de grande étendue.
- Mercure et la Terre tournant dans le même sens autour du Soleil (sens inverse des aiguilles d’une montre pour un observateur placé dans l’hémisphère nord) et Mercure allant plus vite que la Terre, c’est par la gauche qu’il apparaît sur le Soleil. Il traverse donc le disque solaire en allant de gauche à droite (fig. 1). Dès l’instant où la planète entame le disque, a lieu le premier contact. La planète avance lentement jusqu’au moment où elle est entièrement engagée sur le Soleil. C’est alors que se produit le second contact. Un filet de lumière jaillit entre Mercure et le fond du ciel.
- Les mêmes phénomènes se reproduisent à la sortie et il y a en tout quatre contacts : deux intérieurs et deux extérieurs.
- Le passage du 14 novembre, si le temps est favorable, se présentera dans des conditions extrêmement avantageuses pour Paris et la France, se produisant au milieu de la journée et la plus courte distance des centres ayant lieu peu après midi. Les éléments du passage sont les suivants :
- Pour le centre de la Terre.
- Premier contact extérieur . . . 10h32“45s,0
- Premier contact intérieur ... 10 55 24 ,9
- Plus courte distance des centres. 12 15 49,5 Deuxième contact intérieur. . . 13 56 16,2 Deuxième contact extérieur. . . 13 58 56 ,5
- Pour
- Paris.
- 10h32m29s,4 10 35 7 ,9
- 12 16 1 ,3 15 57 7 ,3
- 13 59 46 ,1
- La plus courte distance des centres sera, pour le centre de la Terre, de 12'38",6. Les diamètres du Soleil et de Mercure seront respectivement de 32' 20",3 et de 9",9, dans le rapport de 196 à 1.
- La carte ci-jointe (fig. 5), que nous reproduisons d’après la Connaissance des Temps, contient tous les renseignements relatifs à ce passage. Les numéros de la carte sont expliqués dans la légende. Le phénomène sera visible de l’Europe, de l’Afrique, de l’Asie occidentale, de l’Ouest de l’Australie, de l’Amérique du Sud et d’une partie de l’Amérique du Nord.
- Une lunette de moyenne puissance, fixée sur un solide pied, sera indispensable pour suivre avec fruit ce passage. Un assez fort grossissement devra être utilisé. Dans tous les cas où l’on n’observera pas par projection, on placera un verre noir à l’oculaire.
- Quelles sont les observations à faire au moment du passage ?
- On recherchera Mercure, avant l’entrée ou après la sortie, projeté sur la couronne solaire (une observation analogue a été faite pour Vénus, en 1874, par M. Janssen et en 1878, Langley vil Mercure tout entier avant le premier contact).
- Plantade, en 1736, le 11 novembre, aurait vu Mercure 6 ou 7 secondes après la sortie, entouré d’une auréole lumineuse, indice d’une atmosphère réfringente. Pour Vénus, la même observation a été faite (passages de 1874 et 1882).
- Mercure, sur le disque, paraîtra d’un noir d’encre par rapport aux noyaux des taches solaires, s’il y en a. C’est qu’en effet, le noyau des taches émet une lumière propre très intense qu’on a évaluée à 2000 fois celle de la pleine Lune.
- î
- 5
- Fig. 2. — Phénomène de la goutte noire.
- Lorsque Mercure traverse le disque, certains observateurs (Schroeter et Harding, en 1799; Moll en 1832) l’ont vu entouré d’une auréole sombre, nébuleuse, donnant l’impression d’une enveloppe atmosphérique absorbante. Par contre Plantade, le 11 novembre 1636, Flau-gergues en 1786, 1789 et 1799, Huggins, le 5 novembre 1868, et d’autres, ont vu cette auréole plus lumineuse que la surface solaire et d’une largeur égale au tiers du diamètre de Mercure (Huggins).
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- LA NATURE.
- La question de l’existence d’une atmosphère de Mercure est loin d’être complètement résolue. Le passage actuel pourrait fournir des données intéressantes à ce sujet. L’image de Mercure sera reçue sur la fente de spectrographes. Le spectre se composera d’une partie centrale noire (Mercure), du spectre solaire, de part et d’autre de cette bande, et, au voisinage même de celle-ci, de chaque côté, du spectre de la photosphère dont les rayons auront traversé l’atmosphère de Mercure. Les lignes d’absorption de ces spectres, comparées à celles du spectre solaire immédiatement voisin, feront connaître la nature de l’atmosphère de Mercure. L’expérience sera toutefois très délicate en raison de la petitesse de l’image de Mercure.
- Dans divers passages, Mercure a montré un point bril-
- bord comme une goutte noire ou un ligament noir, analogue à un liquide visqueux (fig. 2), de sorte que l’observation est incertaine. L’incertitude peut atteindre 10, 20 et même 50 secondes. La diffraction, les aberrations de l’objectif, l’intensité lumineuse, etc., sont la cause de ce phénomène. Avec des objectifs de 0,20 m., il disparaît à peu près complètement, et le contact peut être évalué à moins de 1 seconde près (Wolf et André).
- L’idée d’utiliser le moment où Mercure traverse le disque solaire pour effectuer la mesure de son diamètre était naturelle. Mais, en raison des phénomènes si complexes que nous venons d’examiner, cette mesure a conduit à des résultats qui sont loin d’être concordants. Mercure devant le disque est plus petit que dans les mesures faites en temps ordinaire. 11 faut
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- de Paris
- Fig. 3. — Visibilité du passage de Mercure du 14 novembre 1907, à la surface de la Terre. — 1. Mercure reste au-dessus de l’horizon pondant toute la durée du passage. — 2. Mercure est à l’horizon au commencement et à la fin du passage, mais il est au-dessus dans l’intervalle. — 5. Mercure est au-dessus de l’horizon à l’entrée ; il est au-dessous à la sortie. — 4. Mercure est au-dessous de l’horizon à l’entrée ; il est au-dessus à la sortie. — 5. Mercure est au-dessous do l’horizon au commencement et à la fin du passage, mais il est au-dessus dans l’intervalle. — 6. Mercure reste au-dessous de l’horizon pendant tout le passage.
- lant un peu excentré sur son disque obscur. La planète semble percée d’un trou à travers lequel on croirait voir la surface, solaire. (Ce point a été vu par Schrœter le 7 mai 1799, par Huggins, le 5 novembre 1868, par M. de Bœ le 6 mai 1878, etc.). Pour les passages de mai, ce point serait à l’Ouest du centre de Mercure, et à l’Est pour ceux de novembre. Vôlcan, diffraction, fausse image, réfraction atmosphérique, la réalité même de l’observation a été-mise en doute.
- Les passages des planètes inférieures offrent une grande importance en vue de la détermination de la distance du Soleil. Toutefois ceux de Mercure ne servent pas, pratiquement, à la fixation de la parallaxe solaire, en raison de la grande distance de Mercure et de sa proximité du Soleil.
- L’observation précise des contacts est le but principal que poursuivent les observateurs. 11 semblerait que les contacts intérieurs doivent être notés avec une grande précision. Mais, au moment où la planète va se séparer du bord solaire (ou y arriver), il se forme entre elle et le
- introduire une correction de diffraction instrumentale.
- Il n’en est pas de même pour l’aplatissement, car alors il ne s’agit plus de mesurer la valeur absolue d’un diamètre, mais le rapport de deux diamètres perpendiculaires. Les observations (à part quelques cas, d’ailleurs discutables) n’ont montré aucune trace de l’aplatissement de cette planète.
- Les passages de Mercure sont d’une grande importance au point de vue de la théorie des mouvements planétaires. La théorie de Mercure est l’une des plus difficiles et la' cause de l’accélération séculaire du périhélie, accélération reconnue par Le Verrier, est encore un problème. Cette planète est si voisine du Soleil qu’elle ne circule peut-être pas dans des conditions semblables à celles des autres planètes : elle se déplace peut-être dans les confins d’une atmosphère solaire très raréfiée et le frottement qui en résulterait pourrait bien expliquer les anomalies du mouvement de ce petit globe.
- Em. Touchet.
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- LA NATURE.
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- L’AEROPLANE HENRY FARMAN
- Si M. Santos-Dmnonl. doit exclusivement ses succès à ses qualités de sporlsman, il trouvera en M. Henry Karman un concurrent redoutable. D’ailleurs, les preuves viennent d’être laites. OHicielle-
- cellule d’avant, constituée toujours par deux plans d’étofle superposés reliés par des montants verticaux, mesure 12 m. de longueur sur 2 m. de largeur et 2 m. de hauteur; celle d’arrière, plus
- Fig'. 1. — L’aéroplane sur le sol.
- ment M. Santos-Dumont est battu dans le vol plané, son nouvel adversaire ayant franchi une distance de 771 m. sur le champ de manœuvre d’Issy-les-Moulineaux.
- M. Henry Farman est un « batteur de records ».
- petite, n’a que 6 m. de longueur ; elle est reliée à la première par une poutre de 4 m. 50, faite de traverses en bois. À l’intérieur de cette dernière cellule se trouve le gouvernail vertical. La cellule d’avant porte un fuselage qui a reçu à l’arrière la nacelle
- Fig. 2. — Le Farman planant.
- A leur époque respective, la bicyclette, le tandem, puis l’auto, ont tour à tour tenté ses muscles et son sang-froid. Anglais et Parisien, il semble posséder les qualités qu’il doit vraisemblablement à ses deux patries. Avec un tel « tempérament », il ne lui était pas possible d’ignorer l’aviation.
- Son appareil, sorti des ateliers des frères Voisin, est du type cellulaire aujourd’hui courant. La grande
- comprenant le moteur, les réservoirs, le siège du pilote et les appareils de commande, et à l’avant un gouvernail de profondeur destiné à maintenir l’équilibre de l’appareil. La carcasse est entièrement faite en bois de frêne et la toile a été recouverte d’un vernis spécial. Le moteur « Antoinette », de 40-50 chevaux, à 8 cylindres, auquel revient une bonne part du succès, commande directement une hélice à
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- LA NATURE.
- deux branches métalliques de 2 m. 10 de diamètre et 1 m. 10 de pas. Cet ensemble repose sur un châssis à quatre roues. Celles d’avant étant de plus grand diamètre que celles d’arrière. Ces quatre roues ont été reconnues nécessaires par Tailleur pour assurer ses atterrissages même contre un vent de côté. Le dispositif semble avoir du bon à ce point de vue, puisque, jusqu’ici, et malgré les nombreux essais auxquels l’appareil a été soumis, aucune avarie ne lui est survenue. On peut en conclure également que la stabilité de l’ensemble est réalisée d’une manière parfaite.
- La surface totale des plans du planeur est de 52 m. carrés; sa longueur est de 10 m. et il pèse 500 kg. Ce n’est donc pas un jouet, mais un vrai type d’aéroplane. Cependant M. Henry Farman reconnaît qu’il lui est impossible, pour le moment, de parcourir plus de quelques centaines de mètres, car,
- dans cette direction pour lui faire face. De plus, il importe encore d’observer les explosions du moteur, car le moindre faiblissement de celui-ci ramène le planeur sur le sol. Enfin, la foule, toujours attirée par les spectacles intéressants et peu coûteux, entrave sans cesse les mouvements du pilote. Tout aviateur doit donc posséder beaucoup de sang-froid et, par-dessus tout, être très persévérant.
- M. Henry Farman semble avoir acquis dans ce sport une réelle maîtrise. L’envolée de 285 mètres qu’il exécuta naguère sur le champ de manœuvre d’Issy-les-Moulineaux, battant ainsi le record aérien jusque-là détenu par M. Sanlos-Dumont, montre qu’il possède actuellement toutes les qualités nécessaires. Malheureusement la distance ne fut pas contrôlée officiellement de sorte que son adversaire continuait à détenir le record. Depuis, M. Henry Farman s’est exercé presque chaque jour. Le 24 octobre
- L'aéroplane prenant son vol.
- Fig. 3. -
- lorsque l’appareil a quitté le sol, il tend à trop s’élever et son moteur actuel n’est pas assez puissant pour produire le travail nécessaire à l’élévation, en quelques secondes, à 10 m. de hauteur, des 500 kg. que représente la machine montée. D’autre part, la manœuvre de l’équilibreur, qui pourrait corriger cette tendance à franchir des hauteurs excessives, est encore trop imparfaite pour permettre au pilote de se maintenir pendant un certain temps à une faible distance du sol. L’habileté de l’aviateur intervient donc, de l’avis de M. Henry Farman, pour réaliser de longues envolées.
- Cette condition n’est pas si catégoriquement admise par tous les aviateurs ; cependant il nous semble bien difficile de nier sa participation au succès. Soyez juges : le pilote a à surveiller ou à manœuvrer le gouvernail arrière, le gouvernail de profondeur, l’avance à l’allumage, la manette de carburation, le manomètre de pression d’essence et celui de pression d’eau; de plus, son propre déplacement à droite ou à gauche est souvent nécessaire pour rétablir l’équilibre lorsque l’appareil penche dans un sens ou dans l’autre. Il faut également tenir compte de la direction du vent afin d’orienter l’appareil
- il se livra à cinq expériences successives toutes suivies de succès. Dans la première il franchit une distance de 186 mètres en 15 secondes 2/5 à 2 mètres de hauteur. Puis suivirent des vols de 150 mètres et de 122 mètres.
- Enfin la journée du 26 octobre aura vu le triomphe définitif du sympathique sportsman. Nous nous faisons un devoir de donner un compte rendu complet de celte journée mémorable. Dans la matinée M. Farman exécute d’abord les vols suivants : 120 mètres à 5 mètres de hauteur ; 85 mètres à 4 mètres; 112 mètres à 3 mètres; 155 m. à 2,50 m.; 180 mètres à 4 et 5 mètres. Enfin à 11 heures l’aéroplane parcourt toute la largeur du champ de manœuvre à 3,50 m. de hauteur, soit une distance de 303 mètres. Dès lors le record de la distance en vol plané lui appartient.
- Absolument sûr de lui, il convoqua pour l’après-midi des délégués de la commission d’aviation de l’Aéro-Glub de France et à 4 heures les expériences recommencent. Il bat d’abord son propre record de la matinée en franchissant 350 mètres à 3,50 m, de hauteur en 27 secondes, puis de plus en plus encouragé par le succès, il prend une décision su-
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- bile, lait conduire son appareil à l'extrémité du champ de manœuvre qui lui donne en diagonale la plus longue distance et franchit d’un seul bond, à G mètres de hauteur, une distance de 771 mètres, arreté seulement par le manque de terrain pour aboutir.
- En présence de ces exploits, que l’on ne peut plus
- LA CATASTROPHE DU PONT DE
- Le pont de Québec sur le Saint-Laurent dont une moitié vient de s'effondrer, pendant son montage, est, à l’heure actuelle, le pont métallique avant la plus grande portée; elle dépasse de 27,45 m. l’ouverture du pont sur le Forth, en Angleterre. 11 se compose (fig. 1) de
- attribuer au hasard, il est permis de dire que le problème de l’aviation par les planeurs semble résolu en principe. M. Farman a acquis la certitude que, dans un avenir relativement proche, les progrès seront tels que des vols de 100 kilomètres à l’heure deviendront aussi réalisables dans l’air que sur les roules. René Doncières.
- QUÉBEC SUR LE SAINT-LAURENT
- deux voies de chemin de fer, deux voies de tramway et deux voies charretières et, en plus, deux passages pour piétons placés en encorbellement à l’extérieur des poutres de rive. Le poids total de la partie métallique est d’environ 40 000 tonnes, soit 52 tonnes environ par mètre
- trois travées : deux de rive, ayant une ouverture de 152,50 m. et une centrale de 549 m. de portée.
- Il est du type cantilever, la travée centrale étant formée de deux parties en encorbellement de 171,65 m. de longueur équilibrées chacune par la travée de rive ancrée à cet effet dans la culée, et reliées entre elles par une poutre centrale de 205,88 m. de longueur.
- L’ossature métallique principale se compose de deux poutres de rive verticales espacées de 20,43 m. d’axe en axe dont les membrures supérieures et inférieures ont la forme parabolique.
- Une triangulation formée de montants verticaux, espacés de 15 m., et de diagonales relie ces deux membrures. Ces poutres métalliques ont une hauteur de 30 m. près des culées d’ancrage et de 92 m. sur la pile en rivière. Au milieu de la travée centrale la membrure inférieure de la poutre centrale qui est horizontale sur toute sa longueur, se trouve à une hauteur de 45 m. au-dessus du niveau du fleuve et permet le passage des plus grands navires. Le pont doit supporter
- courant de pont. La partie métallique du pont de Québec représente, comme ensemble et comme détails, les dernières idées des ingénieurs américains sur la construction des ponts métalliques en encorbellement.
- Les poutres de rive à grandes mailles et sans aucune pièce surabondante sont très hautes et donnent au pont un aspect de très grande légèreté.
- Toutes les articulations sontàcheville, au lieu d’être rivées comme cela se fait sur le continent européen.
- Toutes les pièces de l’ossature, soumises à des efforts de traction, sont formées de barres à œil reliées par des chevilles.
- Quant aux pièces soumises à la compression, telles que les membrures inférieures des poutres de rive et d’encorbellement, elles sont disposées comme l’indique la figure 2.
- L’étude du pont, qui a duré plus de dix ans, a été faite par les ingénieurs américains les plus compétents et tous les calculs de résistance ont été établis par la Phénix Bridge C°, une des 'plus importantes mai-
- Coupe. AB
- Élévalion, coupe longitudinale et transversale de la membrure comprimée A, qui s’est rompue.
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- LA NATURE.
- sons de construction métallique des Etats-Unis, chargée de la construction du pont. Avant leur emploi, des essais très complets ont été faits pour s’assurer que les matériaux employés répondaient bien aux conditions de résistance exigées par le cahier des charges. D’après ces prescriptions, deux sortes d’aciers devaient être mis en
- turc de 58 kg par millimètre carré avec allongement de 20 pour 100 sur 0,20 m. de longueur. Un certain nombre de ces barres ont été essayées au moyen d’une presse hydraulique pouvant produire un effort de traction de 500 tonnes et ont donné des résultats conformes aux prescriptions. Quelques-unes de ces barres ont même été
- Vue du pont do Québec au moment où l'effondrement s’est produit.
- Fig. 5. —
- œuvre : un acier mi-dur devant résister à un effort de rupture de 45 kg par millimètre carré avec allongement de 22 pour 100, et un acier doux devant résister à un effort de rupture de 41 kg par millimètre carré avec allongement de 25 pour 100 sur 0,20 m. de longueur.
- Pour les barres à œil, toujours soumises à des efforts de traction, le métal devait résister à un effort de rup-
- essayées jusqu’à la rupture, afin de s’assurer que celle-ci se produirait dans la tige même de la barre et non dans la partie renflée de l’œil dont la section avait, du reste, été augmentée, à cet effet, de 10 pour 100 par rapport à celle de la barre.
- D’après les prescriptions du cahier des charges, les efforts auxquels les pièces métalliques devaient être sou-
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- mises variaient, pour celles soumises à la traction, entre 8,40 kg et 14 kg par millimètre carré, suivant le genre de travail auquel elles étaient soumises. Quant aux
- Suivant les habitudes américaines, les pièces composant l’ossature du pont étaient terminées à l’usine de la Compagnie du Phénix, puis transportées au lieu d’emploi
- Fig. i. — Pont après l'effondrenu'iil. Vue vers la rive sml.
- pièces comprimées, telles que les membrures inférieures au moyen de wagons construits dans ce but (quelques-des grandes poutres, le travail devait être réduit, en se unes de ces pièces pesaient 100 tonnes et avaient une
- Fig. S. — Pont après l’effondrement. Vue prise de la rive sud.
- basant sur une formule établie par M. Cooper, afin de tenir compte des effets dus au flambage ce dont la Compagnie du Phénix ne semble pas s’étre préoccupée.
- longueur de 50 m.) et mises ensuite en place au moyen de grues puissantes et d’appareils spéciaux étudiés avec le plus grand soin. Le montage de la poutre de rive a
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- cté fait sur un échafaudage construit dans cc but; quant à la travée centrale, son montage s’est effectué par encorbellement, comme l’indique la ligure 5.
- À la lin du mois d’août dernier, la travée de rive Sud, ainsi que la partie en encorbellement de cette même travée étaient en place et, de plus, trois panneaux de la poutre centrale également montée par encorbellement étaient montés. Le pont se trouvait donc pour ainsi dire terminé sur une longueur de 575 m., c’est-à-dire sur presque la moitié de sa longueur. Le poids de la partie terminée était alors d’environ 17 000 tonnes. Quant à la partie Nord du pont, aucun montage n’était commencé, les voies permettant l’accès des wagons destinés au transport des pièces métalliques n’étant pas terminées.
- Le 30 août dernier au soir, au moment où les ouvriers allaient quitter le chantier, un bruit semblable à celui d’un coup de canon se faisait entendre. Puis la travée centrale s’abaissait lentement et venait s’effondrer dans le fleuve dont la profondeur à cet endroit est de plus de 60'm., en entraînant les montants verticaux de près de 100 m. de hauteur prenant appui sur la pile en rivière et qui, à leur tour, s’effondraient dans le fleuve. Par suite de ce mouvement de bascule des montants, la travée de rive se trouvant entraînée longitudinalement vers le fleuve, entraînait de son côté le montant du support sur la pile d’ancrage et la travée de rive s’effondrait sur le sol. Les figures 4 et 5 représentent l’état du pont aussitôt après la catastrophe.
- Cet effondrement, qui dura à peine une demi-minute, a causé la mort de 75 personnes, y compris 4 chefs monteurs et l’ingénieur résident.
- Au moment de la catastrophe, la partie métallique, même en tenant compte du poids des grues de montage et des appareils accessoires, n’élait aucunement surchargée et le travail du métal ne dépassait pas, d’après les renseignements fournis, 75 pour 100 de celui pour lequel ils avaient été calculés. Toutes les chevilles servant d’articulation étaient en place et la plus grande partie de la rivure était achevée, notamment celle des membrures comprimées des grandes poutres.
- Aucune pièce lourde n’était en montage et, par suite, aucun choc brusque résultant de la rupture ou du mauvais fonctionnement d’un organe quelconque des grues de montage ne pouvait se produire et amener un travail momentané excessif du métal de l’ossature. Le vent, au moment de l’accident, était faible et ne pouvait être la cause d’aucun effort supplémentaire dans les membrures.
- En résumé, les conditions étaient normales et toutes les précautions étaient prises tant au point de vue de la réception des matériaux à employer que de la fabrication des pièces à l’usine et de leur mise en place. De plus, cette dernière opération était faite par des ouvriers rompus à ce travail, dirigés par des chefs experts. Des vérifications soigneusement faites, immédiatement après l’accident, ont montré que les piles en rivière et d’ancrage n’avaient subi aucun affaissement. Ce n’était donc pas à cette cause que pouvait être attribuée la catastrophe. Malgré la difficulté de vérifier l’état des diverses pièces constitutives de l’ossature au milieu des débris amoncelés sur la pile en rivière et sur le sol, on a pu, cependant, reconnaître que les barres à œil, soumises à la tension, n’avaient aucunement souffert et que si un certain nombre de ces pièces étaient tordues, aucune d’elles n’avait été brisée. Leur liaison au moyen des chevilles était intacte et tout en continuant à former une chaîne ininterrompue entre la pile en rivière et celle d’an-
- crage, elles étaient tombées verticalement sur le sol..
- Au contraire, les pièces comprimées des grandes poutres avaient beaucoup souffert et quelques-unes même étaient complètement disloquées, notamment les membrures inférieures des poutres de rive et d’encorbellement. Dans quelques endroits les rivets étaient cisaillés ; dans d’autres les tôles avaient été arrachées; dans d’autres, enfin, il s’était produit simultanément cisaillement des rivets et arrachement des tôles. De plus (fig. 2), les treillis qui relient à la partie supérieure et à la partie inférieure des poutres les tôles verticales constituant les membrures, étaient arrachées, indiquant ainsi un manque de résistance de ce treillis sous l’effet des efforts tranchants dus au flambage de ces poutres comprimées.
- Les effets de dislocation étaient, surtout, visibles sur les pièces comprimées A de la membrure inférieure (fig. 1) des poutres de rive. Ces pièces avaient déjà subi quelque déformation à l’usine et pendant leur transport à pied d’œuvre. Mais ces défectuosités avaient été réparées et on pensait qu’elles se trouvaient dans des conditions normales.
- Deux jours avant l’accident on avait remarqué que celte membrure A de 17,50 m. de longueur, sous l’effet du flambage, avait pris la forme d’un S, avec déviations latérales variant entre 58 et 51 mm. L’ingénieur en chef prévenu n’attacha qu’une importance relative à ce flambage et aucune mesure ne fut prise, soit pour consolider cette membrure, soit pour suspendre les travaux, jusqu’à la visite faite par l’inspecteur des travaux à l’ingénieur consultant, M. Cooper, à New-York. Celui-ci télégraphia aussitôt de suspendre les travaux et de prendre les mesures nécessaires; mais, malheureusement, par suite d’une grève des employés du télégraphe, cette dépêche ne parvint qu’après l’accident.
- Il semble, cependant, qu’en présence d’une avarie aussi importante à un des organes les plus essentiels de l’ossature du pont, il eût été sage à l’ingénieur résident de prendre sur lui la suspension des travaux jusqu’à plus ample informé ; on eût évité ainsi'la mort de 75 personnes et peut-être même eût-on pu prévenir l’accident. Quoi qu’il en soit, c’est à la rupture de ces pièces comprimées A, sous l’influence du flambage, qu’il semble, jusqu’ici, rationnel d’attribuer l’effondrement du pont.
- D’après les calculs fournis par la Phénix Bridge C°, chacune de ces membrures A de 17,50 m. de longueur, et inclinées de 45° sur l’horizontale, devait supporter un effort total de 10187 tonnes, y compris l’effort du vent. La section de cette membrure étant de 488000 mm2, cela représente un effort de compression de 20,9 kg par millimètre carré, de beaucoup supérieur à celui que peut supporter, sans flambage, une pièce comprimée de pareille longueur et de pareille section. En tenant compte du rayon de gyration de cette membrure et en appliquant les formules de M. Cooper, un peu différentes de celles employées de ce côté de l’Atlantique, on trouve que la section de cette membrure devrait être de 1 m2 environ, soit double de celle adoptée. La section actuelle semblerait à peine suffisante pour supporter, sans flambage, le poids mort seul du pont, poids qui n’était pas encore atteint au moment de la catastrophe. Si, cependant, le flambage de la poutre A s’est produit, cela ne semble pouvoir être attribué qu’à la trop faible résistance du treillis inférieur et supérieur des poutres (fig. 2) dont le but était de maintenir la solidarité des pièces constitutives de la membrure comprimée et de résister aux efforts tranchants. R. Bonnix.
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- RUBIS ET RADIUM
- Les journaux quotidiens, avec leur pouvoir d’ampli-lication et de déformation ordinaire, mènent, en ce moment, grand tapage au sujet d’expériences intéressantes faites par M. Bordas sur la coloration des corindons, rubis, saphirs, etc., et l’on a saisi cette occasion pour célébrer le triomphe des alchimistes, annoncer la réalisation de la transmutation, etc., en même temps qu’on promettait aux joailliers une invasion de rubis et saphirs préparés à bas prix par l’action du radium sur de simples corindons. Ce genre de réclame, qui désole les savants auxquels elle s’attaque, rend d’ordinaire méfiants les gens sérieux, payés par des aventures récentes pour savoir qu’il ne faut pas toujours croire aux créations extraordinaires : vie réalisée par le radium, végétations reproduites par des sels minéraux, diamants artificiels reconnus trois jours après pour quelque chose comme de la naphtaline, etc. Nos lecteurs seront donc bien aises de connaître ce qu’il y a de réel et de fort intéressant dans les expériences en question de M. Bordas.
- Commercialement, pratiquement,, l’auteur s’est hâté de rectifier les imaginations des journalistes1 en rappelant que, jusqu’ici, il avait seulement transformé les gemmes de valeur en des corindons de faible prix et cela par l’emploi du radium, lui-même extrêmement coûteux;..ce qui est juste l’inverse de ce qu’on lui avait fait dire. 11 est possible qu’on réalise un jour, sous une influence différente, la réaction inverse; mais cela n’est pas encore fait. 11 ne faut, d’ailleurs, pas oublier que la fabrication de rubis et de saphirs synthétiquement reproduits, artificiels et pourtant minéralogiquement vrais, fonctionne en grand depuis longtemps2. Reste donc la question scientifique. Tout d’abord, il n’y a absolument rien là qui, de près ou de loin, ressemble à une transmutation. Tous les minéralogistes savent que le corindon, le rubis, le saphir ne sont qu’une même gemme diversement colorée et composée de même d’alumine.
- Les synthèses artificielles produisent simultanément des rubis et des saphirs. 11 ne s’agit donc ici que de l’origine de cette coloration, attribuée jadis à des traces de corps étrangers dilférenls, comme le manganèse ou le chrome, et que, depuis les découvertes de Curie, on supposait plutôt devoir être attribuable à des états divers d!une môme substance. Le manganèse, qui fournit le « caméléon minéral », avait été depuis longtemps mis en cause. A quel point l’idée suivie par M. Bordas était, comme on dit, « dans l’air », il suffira, pour le montrer, de reproduire la conclusion d’un article donné ici même il y a près de dix-huit mois par M. De Launay3 et où il se trouvait être question de la coloration variable des tourmalines : « Il serait intéressant, disait l’auteur, d’examiner ces phénomènes de coloration avec les idées nouvelles que suggèrent les expériences récentes de M. Curie. Celui-ci est, en effet, arrivé à transformer du quartz blanc en quartz enfumé, de l’alumine incolore en alumine brune, du verre blanc en verre violet par la simple action du radium, et cette coloration nouvelle des minéraux dure tant qu’on ne soumet pas ceux-ci à une température élevée. Bien des variations dans la couleur des cristaux naturels, que l’on expliquait insuffisamment par l’addition de substances étrangères, trouveraient peut-être une interprétation meilleure en tenant compte de
- 1 Temps du 1er nov, 1907.
- 2 Les rubis de synthèse. Yoy. n° 1710, 3 mars 1906.
- 3 Les tourmalines de Vile d'Elbe, 1724, 9 juin 1906.
- semblables réactions. » C’est là ce qu’a fait M. Bordas. Par le bombardement du radium, le corindon devient jaune, le saphir verdit; le rubis passe au violet, au bleu, au vert et enfin au jaune. La conclusion géologique serait que l’alumine aurait, dans bien des cas, cristallisé d’abord en rubis, dont le saphir, puis la topaze, enfin le corindon, seraient des dégénérescences successives sous l’action du radium que contiennent à peu près toutes les eaux circulant soulerrainemenl, de même qu’une action analogue aurait transformé le cristal de roche blanc en quarlz enfumé. 11 y a évidemment beaucoup à chercher dans cette voie (diamants de toutes couleurs, etc.), surtout étant donné que la température élevée, si souvent réalisée dans les phénomènes géologiques, paraît, dans certains cas, produire un effet inverse de celui obtenu par la radioactivité; l’analyse des conditions de gisement des gemmes colorées, combinée avec des expériences nouvelles, pourra nous éclairer davantage sur leur mode de formation. P. Sallioh.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 novembre 1907.
- Présidence de M. Chauveau.
- Le traitement des trypanosomiases. — MM. Laveran et Thiroux ont obtenu de bons résultats dans le traitement des cobayes et des. rats infectés de trypanosomes en associant l’atoxyle à d’autres composés arsenicaux et en particulier au trisulfure d’arsenic en solution colloïdale ou sous forme solide, en pilules^ et à l’iodure d’arsenic. Mais le traitement par l’acide arsénieux seul n’a pas donné des résultats heureux. M. Laveran estime que si certains savants ont cru avoir constaté l’efficacité du traitement par l’acide arsénieux, c’est parce que n’ayant pas suivi les animaux pendant assez longtemps, ils n’ont pu noter la mort de ces animaux.
- Découverte d’un corps simple. — M. Haller présente une Note de M. G. Urbain relative au dédoublement de l’ytterbium. En déterminant le poids atomique de l’ytterbium pur, M. Urbain a d’abord constaté qu’il peut varier de 170 à 174 environ. En comparant les spectres des divers produits 011 observe un dédoublement du spectre de l’ancien yttrium. M. G. Urbain a donné le nom de néo-yttrium à l’élément dont le poids atomique est le plus faible elle nom de lutetium à l’élément dont le poids atomique est le plus fort.
- Action des radiations sur les graines. — M. Bouchard résume les résultats obtenus par M. Guilleminot dans une étude expérimentale de l’action des radiations du radium et de l’action des rayons X sur la végétation. Les radiations du radium se sont montrées plus actives que les rayons X. L’influence des premières, nulle pour lesfaibles activités dont on est parti, devient de plus en plus importante avec des activités croissantes et finit même par arrêter toute germination de la graine. Avec les rayons X on n’arrive pas à détruire la puissance germinative.
- Géologie du Dahomey. — M. Lacroix présente une Note de M. Hubert dans laquelle l’auteur annonce qu’il a découvert au centre du Dahomey un massif rocheux.
- Les raisins sans pépins. — M. G. Bonnier présente une Note de M. Lucien Daniel sur la production des raisins à grains mûrs sans pépins. Le greffage sur vigne américaine est Tune des causes de cette production de raisin anormal connue sous le nom de « millerandage ».
- Cil. DE VlLLEDEUIE.
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- LA NATURE.
- LA PELLE-PIOCHE DE MOLLANS
- On a pu dire jusqu’ici, avec raison, que la question de l’outillage portatif dans l’armée semblait s’acheminer péniblement vers une solution toujours fuyante. De fait, les expériences les plus récentes auxquelles ont été soumis les appareils Seurre, l’outil Bruzon, et la pelle-pioche Seurre modifiée, n’ont donné que des résultats lort peu encourageants. On reste donc attaché à l’ancien équipement, c’est-à-dire à la distribution, à chaque homme, d’un outil portatif, soit pelle-bêche, soit pioche, hachette, cisaille ou serpe. En marche le fantassin porte ces outils sur le sac ; au moment du combat, un procédé spécial permet de les accrocher au ceinturon, mais cette méthode est défectueuse. Lorsque l’ordre en a été donné, les tirailleurs se couchent deux par deux et se creusent un abri qu’ils agrandissent et perfectionnent peu à i
- 1. La pelle-pioche attachée au ceinturon.
- nalités militaires, qui se sont occupées de l’amélioration de cette partie du matériel, réside, croyons-nous, dans ce fait qu’elles ont cherché à construire un outil répondant à trop d’exigences, amplifiant les défauts de chacun sans bénélicier d’aucun de leurs avantages.
- La nouvelle pelle-pioche ressemble assez à une main dont les boulangers se servent pour prendre la farine ; elle est cependant moins cintrée et la tôle employée à sa fabrication est beaucoup plus solide. Le manche est également fait en tôle, c’est un simple tube métallique long de 15 centimètres, vissé à fond à la base de la pelle et recourbé au-dessus de celle-ci. En saisissant le manche dans un sens ou dans l’autre, l’outil devient alternativement pelle ou pioche ; la nature du terrain donne des indications suffisantes au troupier sur ce sujet. Nos photographies, prises sur le vif, montrent un homme en tenue de campagne creusant son abri. 11 est placé dans les meilleures conditions de sécurité qu’il soit possible
- 2. Employée comme pelle.
- peu. Ce travail s’effectuant sous le leu de l’ennemi, il serait tout à fait précieux de
- posséder un outil utilisable par un homme couché. Or, les outils actuels ont été faits pour travailler debout ; ils sont trop lourds et fatiguent très rapidement l’homme obligé de travailler couché.
- Le sergent de Mollans, du 149e d’infanterie, a voulu supprimer ce défaut en supprimant l’instrument lui-même. Il a su faire, d’une pelle et d’une pioche, un seul outil qui présente réellement toutes les qualités requises, étant capable de rendre les mêmes services qu’une pelle et qu’une pioche, c’est-à-dire que deux instruments l’un et l’autre très encombrants et très lourds.
- L’erreur commise jusqu’ici par bien des person-
- de souhaiter et peut travailler sans trop de hâte et surtout trop de fatigue. Entin si, pendant le cours de l’opération, une racine se présente, un des côtés de la pelle-pioche, qui est tranchant, en aura rapidement raison.
- L’abri élant terminé, il ne reste plus qu’à planter l’instrument devant soi pour posséder un excellent appui sur lequel reposera le fusil ; le tir, nécessairement, n’en sera que meilleur.
- Il n’est pas inutile, non plus, d’ajouter que la pelle-pioche est beaucoup moins lourde et moins embarrassante, à cause de l’absence d’étui, que la pelle simple ; le soldat la suspend par une bélière à son ceinturon et ne s’en occupe qu’au moment de s’en servir.
- L’heureuse trouvaille du sergent de Mollans a été expérimentée officiellement et reconnue très supérieure à tous les outils semblables. Nous ne pouvons que désirer sa prompte diffusion dans toute l’armée, et nos troupiers bénéficieront d’une réforme à la fois utile et agréable. Lucien Fournier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauuriî, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1799. — 16 NOVEMBRE 1907.
- LA NATURE.
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- LE NOUVEL OBSERVATOIRE DU PIC-DU-MIDI
- On sait que par les soins de l’Observatoire de Toulouse un nouvel établissement, dont il sera la succursale, est en cours d’installation au sommet du Pic du Midi. Il
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- A l'Observatoire du I’ic-du-Midi. •— Eu haut, la nouvelle coupole que l’on vient de terminer. En bas, les artilleurs traînant l’une des caisses de l’instrument.
- en a déjà été question ici1 à propos des premiers travaux. On sait aussi que ces travaux ne peuvent avancer que lentement, à cause des difficultés à vaincre ; les circonstances atmosphériques limitent la période propice à ces constructions, le transport des matériaux dans ces hautes régions est long et coûteux, etc. Cette année particulièrement, les neiges extrêmement abondantes couvraient encore de grandes surfaces au milieu d’août, et ont été cause d’un retard notable pour le début de la période active, pendant laquelle on a continué, d’autre part, la montée du grand instrument, montée déjà commencée l’année dernière, et qui s’est terminée au cours de cette saison.
- A la fin de l’été précédent, on avait déjà procédé à la mise en place de la carcasse de la grande coupole de 8 m. de diamètre, et les travaux ont été repris exclusivement, en vue de la terminer, ou tout au moins de la fermer avant la période hivernale.
- La montée de l’instrument qui doit être installé sous cette coupole mérite de nous arrêter un peu.
- 1 Voy. n° 1701, du 30 décembre 1905, p. 77.
- 35° année. — 2e semestre.
- Établi par l’habile constructeur Gauthier, il se compose d’un télescope dont le miroir a cinquante centimètres de diamètre,- accolé à une lunette de vingt-cinq centimètres d’objectif, le tout monté équatorialement à la mode anglaise, dans le type des instruments delà carte du ciel. Tout cet ensemble, on le conçoit, est extrêmement pesant, et, démonté, réparti en vingt-deux caisses, forme une armée de colis volumineux, dont le poids total est de 10000 kg environ; quelques-unes de ces caisses pèsent jusqu’à 800 kg. Dans ces conditions, le transport a été très laborieux et très pénible; notons, d’autre part, que les parties fragiles, miroir et objectif, oculaires, etc., sont exceptés de ce bagage et doivent faire l’objet d’un autre transport spécial.
- Toutes ces caisses sont arrivées l’année dernière, par la route de Barèges, jusqu’au-dessous du col de Tourmalet, au lieu dit les cabanes de Toue (1800 m.). De là elles ont été acheminées — après réfection du sentier muletier et aménagements de certaines parties de la montagne — tramées sur une sorte de robuste chariot à deux roulettes très
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- LA NATURE.
- basses et tiré par quatre vigoureux mulets espagnols. Ce transport a duré un mois. Arrivées sans encombre, sinon sans mal, jusqu’au col de Sen-cours, à 2500 m., les caisses ont passé l’hiver, remisées dans la cabane de Club Alpin (Hôtellerie).
- Vers le milieu d’aoùt dernier, malgré la quantité de neige existant encore, elles ont été mises en route de nouveau, cette fois pour un trajet moins long, mais infiniment plus dur, étant données les circonstances, et la raideur des dernières pentes du Pic. Il faut féliciter le corps des artilleurs, du 14e de Tarbes qui a mené à bien cette dure opération, sous l’habile direction du commandant Lallemand du service géographique de l’armée, secondé celte année par le capitaine Aubertin, du même service. Avant l’arrivée des bêtes de somme, et pour certains passages très difficiles par la neige, nos braves artilleurs ont porté à dos ou traîné eux-mêmes les caisses les plus petites : aussi leurs opérations ont eu un début vraiment pénible. Mais par la suite deux équipes ont été constituées, l’une ayant comme animaux de trait des vaches, l’autre des mulets espagnols. En dix jours, tout a été rendu au sommet avec des difficultés dont on se rend compte aisément, si l’on songe que le moindre accident — et il a failli en arriver — pouvait précipiter gens et caisses pêle-mêle dans le lac d’Oncet, après une chute de quelques centaines de mètres!...
- Toutes ces pièces étant rendues là-haut maintenant, il faut espérer que l’Observatoire pourra être définitivement installé, et entrer en fonctions, dans le courant de la saison prochaine. Lucien Rudaux.
- PARASOLS POUR CHRYSANTHÈMES
- Les jardiniers nippons eux-mêmes n’obtiennent qu’à force de soins ces remarquables chrysanthèmes aux fleurs
- énormes, aux couleurs variées, aux formes contournées et bizarres si prisées des amateurs. Ils possèdent, pour cela, certains secrets que leurs confrères occidentaux commencent à connaître et à imiter. L’un de ces procédés culturaux consiste à garantir, grâce à des claies de paille, les jeunes plants des chaleurs estivales. Cette précaution, en diminuant la sécheresse si préjudiciable au développement des chrysanthèmes, provoque l’allongement et l’assouplissement des tiges. Ils recourent également au palissage qui permet de modeler la masse générale de l’arbuste et à diverses autres opérations délicates d’où dépend la réussite finale.
- La mise en œuvre de tels procédés exige de l’habileté et on doit les modifier pour les adapter au climat de la France. L’un des derniers perfectionnements réalisés'dans cette voie a été imaginé par M. Chantricr, chef de culture chez M. Emmanuel hocher, au château de Caradoc près de Bayonne. Afin de préserver ses chrysanthèmes aussi bien des ardeurs du soleil pyrénéen que des gelées précoces, il les abrite sous un parapluie de son invention, comme l’indique notre photographie.
- Près des 2 ou 5000 pieds des magnifiques chrysanthèmes qui ornent les allées du parc, il a planté un bâton surmonté d’une sorte de chapeau en paille de seigle formant parapluie au-dessus des fleurs. De la sorte, ni les chaleurs ni le froid n’endommagent ces gerbes resplendissantes dont les teintes métalliques relèvent de leurs chauds coloris les feuillages bronzés de l’automne et lui ont valu de nombreux prix dans différentes expositions horticoles.
- Jacques Boyku.
- SAINT-NAZAIRE
- ET LA LOIRE NAVIGABLE
- La nouvelle entrée du port de Saint-Nazaire a été inaugurée dernièrement. Nous avons parlé, à l’époque où ils s’exécutaient1, des importants travaux entrepris pour ouvrir à ce port de commerce une grande et large porte sur l’Atlantique. Il nous parait intéressant de jeter, aujourd’hui, un coup d’œil rapide sur les conséquences favorables de cette grande entreprise.
- Cette œuvre était indispensable pour permettre au port le développement de son trafic, actuellement en pleine prospérité. Entrées et sorties réunies, la navigation maritime atteignait, en 1881, date de l'ouverture du bassin de Penhouët, 1 200 000 tonnes environ. En 1900 — année exceptionnelle, il est vrai — 5826 navires ont réclamé l’hospitalité ; leur tonnage total s’élevait à plus de 2 millions de tonnes. Le nombre des navires, en ces dix dernières années, a varié annuellement entre 5548 et 5218; le tonnage moyen s’est maintenu entre 1 800 000 et 1 900 000 tonnes.
- Saint-Nazaire exporte les marchandises les plus variées ; c’est d’autre part un importateur de houille, de brai, de minerais divers et de bois de construction. Les navires y apportent également, en quantités respectables, des céréales, des phosphates, des engrais, du sucre et du café. On y débarque aussi quelques machines et des métaux ; mais le charbon de
- 1 Voy. n° 1679, du 29 juillet 1905, p. 134.
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- LA NATURE.
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- terre et les minerais figurent en tète des statistiques.
- Saint-Nazaire est un port charbonnier fort important ; bon an mal an, plus d’un million de tonnes de houille sont déchargées par les grues des quais, chargées sur les wagons des chemins de 1er de Paris-Orléans et de l’Ouest, et dirigées sur les divers points de la France. Une autre partie est travaillée sur place par cinq usines à briquettes. La Compagnie transatlantique, les Messageries maritimes, les Chargeurs réunis et diverses compagnies de navigation consomment aussi une grande quantité de ces charbons, dont ils approvisionnent leurs paquebots et eargo-boats. Les forges et aciéries de Trignac et les constructions maritimes des Chantiers de la Loire ainsi que les Ateliers de l’Atlantique sont également
- vue de recevoir les gros tonnages marchands, verront fatalement la navigation maritime les abandonner. L’avenir est aux ports profonds et vastes, comme les réclament les grands navires; l’usage est aujourd’hui établi de transporter toutes les marchandises, encombrantes ou non, sur les grands cargos de 7000 ou 8000 tonnes et au-dessus. Ces navires prennent môme les frets de 800 à 1000 tonnes et les parties de cargaisons, qui formaient, il y a quelques années encore, le chargement complet d’un vapeur.
- Un nouveau régime succède à l’ancien ; une évolution indispensable se produit. Il est établi, d’une manière précise, que c’est une grande économie que d’effectuer le transport des marchandises sur de gros
- Fig. 1. — Le cuirassé Liberté entrant dans le port cl inaugurant le nouveau chenal. (Collection Delaveau.)
- pour le port d’excellents clients, en ce qui concerne la houille, les minerais, les métaux et les bois. Saint-Nazaire est, en outre, un port de ravitaillement admirable, avec un stock constant de 50 000 tonnes de combustible sur les quais.
- Le secrétaire de la Chambre de commerce, M. Babin, nous a donné sur l’avenir commercial de Saint-Nazaire des renseignements très intéressants. L’ouverture de la nouvelle entrée correspondait à un besoin réel ; elle était réclamée par l’accroissement successif et constant du tonnage des navires. Les vapeurs-charbonniers de 2000 tonnes sont aujourd’hui démodés ; on les remplace par des steamers de 4000 tonnes, qui ne tarderont pas à disparaître même, puisque déjà ils commencent à être concurrencés par des navires de 8000 à 10 000 tonnes.
- Il n’est pas téméraire, devant cette situation, de dire que les ports qui ne se transformeront pas, en
- navires faisant escale dans les différents ports. Le tonnage d’ensemble permet, en effet, de réduire les frêtsdans des proportions sérieuses, puisque— cela est bien prouvé — les dépenses d’armement d’un navire ne se chiffrent pas proportionnellement au tonnage. Le steamer de 8000 tonneaux ne coûte pas le double du vapeur de 4000, de même que celui de 2000 tonnes ne réclame pas une dépense moitié moins élevée que le précédent. Cela s’explique et se comprend facilement : les frais d’amortissement, les dépenses de l’équipage, le coût de l’entretien, la valeur de l’assurance, et toutes les dépenses et charges et les frais en général, deviennent beaucoup moindres avec les grandes unités ; il s’ensuit que les frêts sont moins élevés sur les cargos moyens que sur les petits navires, et qu’ils se trouvent considérablement abaissés par l’emploi des gros tonnages.
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- LA NATURE.
- Les travaux importants exécutés à Saint-Nazaire, son entrée maritime nouvelle, ouverte directement sur l’Océan, et l’outillage dont elle est dotée, la disposition de ses bassins, tout cela assure à ce port un avenir prospère, puisqu’il pourra recevoir les plus puissants bâtiments marchands, en môme temps qu’il servira de refuge aux gros cuirassés de notre marine de guerre.
- Saint-Nazaire est appelé à jouer un rôle commercial des plus actifs. La Loire navigable, dont on parle depuis tant d’années, est une question trop palpitante pour que la réalisation de cet important projet n’aboutisse pas bientôt. Que la solution du problème soit obtenue par la canalisation ou l’approfondissement direct du llcuve, l’œuvre aura pour résultat de détourner et de ramener vers Saint-Nazaire un trafic important, qui se dirige actuellement
- vent à 5010 milles de Sandy-llook, soit seulement 55 milles de moins que Saint-Nazaire.
- L’ouverture du canal de Panama, si l’ouvrage n’est pas constamment encombré, lorsqu’il sera achevé, par la Hotte militaire des Etats-Unis, peut donner au grand port de l’embouchure de la Loire une activité encore plus grande; mais, sans aller si loin, il est certain que le percement de la Faucille et l’approfondissement de la haute Loire auront sur Saint-Nazaire, comme agent du commerce extérieur, une influence très grande. La Loire navigable est appelée, en effet, à devenir une des artères les plus vivifiantes de l’activité française : Bâle, l’Europe rhénane et la Suisse septentrionale auront tous avantages à faire passer leurs produits par les voies françaises ; l’embouchure du grand lleuve, les bassins profonds de Saint-Nazaire, et le port intérieur
- • Fig. 2. — Saint-Nazaire : La nouvelle entrée du port sur l’Atlantique. (Collection Dclavcau.)
- vers Hambourg et Anvers. La situation du port français est autrement favorable que celle des deux ports étrangers, puisque Saint-Nazaire est situé à :
- 5065 milles marins1 de New-York, 4-496 — —: Colon,
- 4855 — — Rio-de-Janeiro,
- 5945 —
- 5741 —
- 2182 —
- 2905 —
- — Buenos-Àyres,
- — Le Cap,
- — Dakar,
- —- Suez, par le canal.
- Saint-Nazaire, au point de vue des distances, a une supériorité marquée sur les ports étrangers. Nous venons de constater que 5065 milles, c’est-à-dire 7274 kilomètres, le séparent de New-York, qui se trouve à 5525 milles d’Anvers, à 5455 milles de Hambourg, à 5100 milles de Southampton. Liver-pool seul est plus rapproché du grand port nord-américain; mais la différence n’est pas grande puisque les docks et bassins de la Mersey.se trou-
- 1 Le raille marin est de.1852 mètres.
- de Nantes serviront de traits d’union entre ces régions et les pays transatlantiques.
- Nous avons parlé de la nouvelle situation de Saint-Nazaire ; elle semble devoir être regardée comme le point de départ d’un grand programme de développement commercial, comme le commencement de la réalisation d’une œuvre essentiellement française, qui, avec la navigabilité de la Loire, en dehors des relations internationales que nous venons de citer, ouvrirait des débouchés sérieux au commerce et à l’industrie du centre et de l’est, réveillerait de leur torpeur des canaux et des cours d’eau depuis longtemps endormis, et donnerait une activité réelle à des régions intéressantes, agricoles et industrielles, dont le mouvement commercial deviendrait considérable. Will Darvillé.
- Pour plus de détails, voir la Notice sur le port de Saint-Nazaire, par René Pocard-Këhviler, ingénieur en eliel des Ponts et Chaussées, refondue et mise à jour pur Mai.lat, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, et Le Trocquer, ingénieur des Ponts et Chaussées (Imprimerie Nationale, 19061.
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- COMPRESSEURS CENTRIFUGES RATEAU
- La construction industrielle moderne tend de plus en plus, pour les machines de toutes sortes, motrices ou réceptrices, vers les grandes vitesses de rotation. Cet acheminement est logique, car les grandes vitesses permettent de faire travailler les matériaux dans de meilleures conditions ; on obtient à la fois diminution du poids et réduction de l'encombrement. La turbine à vapeur est le type du moteur à grande vitesse, de grande puissance, sous un petit volume. Malheureusement, à part les hélices, les pompes elles génératrices électriques, il
- se proposa de rechercher méthodiquement les résultats que l’on pouvait attendre de l’emploi des ventilateurs centrifuges. Les expériences faites en 1899-1900, sur un groupe turbo-ventilateur de petites dimensions, furent très instructives et remarquables même sur beaucoup de points1. La construction spéciale de ce groupe permettait d’atteindre des vitesses périphériques de plus de 250 mètres par seconde à la roue du ventilateur. On put produire ainsi des. pressions de près de 6 mètres d’eau. On obtiendrait, des pressions plus considérables
- Fig. 1. — Turbo-ventilateur de la sucrerie Say, à PonCd’Ardres.
- est jusqu’à présent peu d’appareils qui puissent lui être directement accouplés. Aussi est-il intéressant de signaler les machines réceptrices susceptibles de bien s’accommoder de ces grandes vitesses. C’est à ce titre que nous citons les nouveaux compresseurs centrifuges de M. Rateau.
- Ces appareils sont de deux sortes : les ventilateurs à haute pression et les compresseurs centrifuges proprement dits. Les premiers sont analogues, au moins comme principe, aux ventilateurs ordinaires ; mais ces derniers, de théorie imparfaite jusqu’à ces derniers temps, n’étaient employés jadis que pour des pressions faibles, inférieures à 1 mètre d’eau. M. Rateau, qui s’est fait, comme l’on sait, une spécialité de l’élude des turbo-machines,
- avec de l’air déjà comprimé ou avec un gaz plus lourd, la pression due au ventilateur étant proportionnelle à la densité du gaz. Ces sortes de ventilateurs conviennent très bien pour les pressions moyennes, surtout lorsque le débit est considérable. Ils deviennent par contre insuffisants lorsque l’on doit produire de fortes pressions.
- M. Rateau a résolu théoriquement et pratiquement cette question très intéressante des pressions élevées par ses compresseurs centrifuges à roues multiples. La disposition adoptée pour ces appareils est analogue à celle des pompes multicellulaires, bien connues, du même auteur. Un certain nombre
- 1 Bulletin de la Société de l'Industrie Minérale. 4e série, tome I, lie livraison, 1902.
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- do roues en acier, montées sur le même arbre, tournent entre des diaphragmes fixes (fig. 2) que contournent des diffuseurs à section diamétrale en forme d’U. Le fonctionnement en est simple. Chacune des roues, munie d’ailettes, a pour but d’entraîner le fluide autour de l’arbre et d’y faire naître une force centrifuge capable de vaincre la pression d’amont. Les diffuseurs réduisent la vitesse absolue de l’air et transforment son énergie cinétique, ou force vive, en énergie potentielle ou pression. La somme des pressions élémentaires obtenues ainsi dans chaque élément constitue la pression totale donnée par le compresseur. On peut donner à ceLte dernière une valeur aussi élevée qu’on le veut en choisissant convenablement le nombre des roues. Le refroidissement de l’air, échauffé par la compression, est assuré d’une façon presque parfaite par une circulation d’eau. Par là, on possède sur les
- compresseurs à pistons l’avantage de se rapprocher beaucoup delà compression isothermique (ou compression à température constante) que la théorie indique comme la plus avantageuse. Nous allons voir d’ailleurs que sur la plupart des points, les compresseurs centrifuges peuvent supporter avantageusement la comparaison avec les compresseurs à pistons.
- Parmi les qualités que l’on doit rechercher dans tout appareil industriel, il en est trois principales : bon rendement, marche régulière, prix et frais d’entretien aussi faibles que possible. Une machine nouvelle ne peut constituer un progrès que si elle améliore l’une au moins de ces trois conditions. Examinons donc, aces divers points de vue, les compresseurs à pistons et les compresseurs centrifuges.
- Au point de vue rendement, les deux genres d’appareils sont tout à fait comparables. Les compresseurs centrifuges atteignent en pratique un rendement égal à celui des compresseurs à pistons les plus parfaits, et ce rendement ne diminue pas avec le temps, puisqu’on n’a pas à redouter l’usure des clapets ou des joints mobiles. De plus, si l’on
- compare la puissance utile en air comprimé fournie par le compresseur à la puissance théoriquement disponible dans la vapeur qui alimente la machine motrice, on constate que les chiffres relatifs aux turbo-comprcsscurs sont plus favorables que ceux relatifs aux groupes moteur-compresseur à pistons.
- Les compresseurs centrifuges prennent une supériorité incontestable si l’on considère leur régularité de marche. Ces appareils joignent, en effet, à la constance parfaite du courant d’air produit une grande souplesse de fonctionnement. On peut obtenir, en outre, une très large variation du débit par de petits changements de vitesse ou plus simplement par la seule manoeuvre d’une vanne. Suivant les cas, on peut même réaliser automatiquement des débits constants ou des pressions constantes à l’aide d’appareils régulateurs d’une grande simplicité et d’un fonctionnement très sûr.
- L’encombrement des turbo-com-presseurs est très faible et cet avantage est surtout remarquable lorsqu’il s’agit de produire de grands débits avec de faibles pressions comme cela est le cas pour les soufflantes de hauts fourneaux, Bessemer, convertisseurs, fours, etc. Ainsi un turbo-ventilateur, installé aux Aciéries de Connncntry pour soufflage d’un haut fourneau, occupait une surface de 7 mètres carrés, alors que la soufflante qu’il remplaçait en occupait 164.
- Le poids de l’appareil centrifuge est petit, aucune pièce n’est animée d’un mouvement alternatif, les efforts extérieurs dus aux vibrations sont très faibles ou nuis, les fondations nécessaires sont donc excessivement réduites. Enfin le prix lui-même de l’appareil est relativement peu élevé, la construction en étant simple, et l’installation facile ; son entretien se réduit à la consommation d’huile des paliers qui reste très minime.
- Ainsi, sur chacun des points qui forment le critérium des appareils industriels, les ventilateurs centrifuges constituent un progrès. Ceci explique leur développement rapide, conséquence logique de leurs avantages. Les applications des ventilateurs à haute pression et des compresseurs centrifuges sont déjà fort nombreuses. Nous citerons quelques-unes de ces installations parmi les plus caractéristiques.
- Notons, par exemple, le turbo-ventilateur de la Sucrerie Say, à Pont d’Ardres, destiné à refouler l’acide carbonique, puisé aux fours à chaux, dans les appareils compresseurs de carbonisation. Ce ventilateur, sous une pression totale de 4 mètres d’eau, débite 9000 mètres cubes de gaz à l’heure. Il est en service régulier depuis deux années.
- Aux aciéries de Rothe Erde un turbo-ventilateur analogue, à la vitesse de 3000 tours par minute, débite 20 mètres cubes de gaz par seconde sous une
- Fig. 2. — Compresseur multicellulaire. Coupe longitudinale.
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- pression de 2 à 5 mètres d’eau. Aux essais, on a môme atteint une pression de 4 mètres d’eau, ce qui correspond à un travail de compression réelle de 900 HP. C’est à notre connaissance le plus puissant appareil à roue unique existant à l’heure actuelle.
- L’installation de Béthune est intéressante à plus d’un titre. On a déjà parlé dans ce journal de l’accumulateur régénérateur de vapeur système Rateau1. Cet appareil, qui permet d’utiliser à la production d’énergie les vapeurs d’échappement des moteurs à marche intermittente, s’est imposé à l’idée des industriels soucieux d’une économie bien entendue et ses applications se multiplient avec une
- soit un débit double sous une pression de 50 centimètres.
- Un enregistreur et un régulateur permettent à tout instant de connaître le débit et de le fixer à la valeur demandée par l’ingénieur du fourneau.
- On pourrait citer encore un grand nombre d’installations actuellement en cours d’exécution; mentionnons seulement un turbo-compresseur de 800 HP que la Société d’Exploitation des Appareils Rateau exécute pour les Mines de Liévin et un autre de môme puissance pour les Aciéries d’Isbergues. Le premier présente la particularité d’être actionné par une turbine à vapeur recevant à la fois de la vapeur
- Fig. 3. — Turbo-compresseur de Chasse.
- très grande rapidité. Aux mines de Béthune, un accumulateur Rateau utilise les vapeurs d’échappement de la machine d’extraction à l’alimentation de la turbine basse pression qui actionne le compresseur d’air. On possède ainsi 400 chevaux de force sans autres frais que l’amortissement du matériel et les dépenses très faibles de graissage.
- Une autre application très intéressante a été faite à Chasse (Isère) pour le soufflage de hauts fourneaux. Le turbo-compresseur, qui tourne à la vitesse de 5000 tours environ par minute, comprend deux corps. Par un jeu très simple de vannes ces deux corps ajoutent leurs pressions (marche en série) ou leurs débits (marche en parallèle). Ceci permet d’obtenir à volonté soit un débit de 4 mètres cubes d’air par seconde sous une pression de 60 centimètres de mercure,
- 1 Yoy. n° 1007, p. 231. Accumula leur régénérateur (Je vapeur.
- d’échappement et de la vapeur à haute pression. Le deuxième utilisera la vapeur d’échappement des soufflantes à piston et permettra ainsi de doubler presque leur efficacité. Aux ateliers Brown-Boveri et Cie à Baden (Suisse), concessionnaires des brevets, on construit entre autres un turbo-compresseur de 1500 I1P, destiné aux mines de Klein Rosseln, qui fournira de l’air comprimé à huit atmosphères.
- Remarquons en terminant que ces appareils mettent en évidence une belle victoire de la théorie pure. Après avoir indiqué la manière de calculer les ventilateurs et conçu les dispositions pratiques de ces compresseurs centrifuges, leur inventeur a confirmé ses théories d’une façon éclatante en faisant construire sur ccs données de puissants compresseurs dont les résultats se sont trouvés rigoureusement conformes aux prévisions du calcul.
- Vieeette.
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- LE « NULLI SECUNDUS »
- Fig. 1. — Le Nulli secundus au moment du « lâchez tout ».
- Le mal nommé, comme n’a pas tardé à être désigné le premier ballon dirigeable anglais. Le fait est que le Nulli secundus — nous continuerons à le désigner sous son prétentieux nom de baptême — n’est parvenu à effectuer aucune sortie complète.
- La panne, la fâcheuse. panne s’est produite chaque fois et le glorieux premier a dû finalement être dégonflé en cours de route pour regagner son hangar. Il est’re-parti au camp d’Aldershot par la voie de terre; il reprendra ensuite de nouvelles forces avec de nouveaux organes.
- Cette mésaventure, arrivée à bien d’autres dirigeables, bâtons-nous de le dire, ne signifie nullement que celui-ci soit inférieur à tous les autres : nous lui concéderons même une place assez enviable :
- celle de premier après le Jaune (1901). Il date d’ailleurs de cette époque; sa mise en chantier fut décidée aussitôt après les sensationnelles et autrement parfaites sorlies au-dessus de Moisson.
- Voilà donc exactement six années que les Anglais travaillent au Nulli secundus sans que personne en. fût informé. Et il est douteux, écrit le Scientific American, « qu’il serait terminé aujourd’hui si lé colonel américain S.-F. Cody, bien connu dans le monde aéronautique, n’y avait mis la main. Il y a quelques mois, le colonel intéressait le War Office à ses machines volantes et ce dernier l’à engagé à son service ». Lorsqu’il.prit ses quartiers à Aldershot, ajoute notre confrère américain, on lui montra le
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- Fig. 5. — Le Nulli secunrltis.
- ballon partiellement terminé ainsi que les plans et on le pria de l’achever. « J’ai certainement travaillé à cette œuvre, dit M. Cody au rédacteur de l’article du S. A.; j’ai acheté le moteur pour le gouvernement, j’ai construit le châssis du moteur, les supports et les dispositifs de transmission aux
- hélices. En fait, je puis dire que toute la partie mécanique du ballon est mon œuvre, et une grande partie des organes qui la composent ont été forgés de mes propres mains. »
- Il semble que le War Office ait plutôt engagé un forgeron; le technicien se révèle seulement lorsque
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- Fig. 5. •— Essai en « captif » du Xulli secvndits.
- le colonel affirme que « les aéroplanes ou ailes qui gouvernent le ballon » ont été construits sur ses plans.
- En somme, les Anglais ont juste fait l’enveloppe, qui ressemble à celle des dirigeables allemands, c’est-à-dire à un énorme saucisson terminé comme de juste par deux demi-sphères. Sa longueur est de 100 pieds (50 m. 47) et son diamètre de 50 pieds (9 m. 15). Le volume atteint approximativement 2000 mètres cubes. Elle est entièrement recouverte par un filet et entourée, à des distances égales, par quatre larges bandes de soie qui viennent en aide au filet pour constituer une suspension solide. Cette suspension porte un cadre horizontal auquel est attachée la nacelle. Entre ces deux parties essentielles en a été placée une troisième, sous la forme d’un cadre en tubes convenablement entretoisé et sur lequel sont situés les axes des hélices et, à chaque extrémité, un aéroplane. Cet ensemble métallique constitue une carcasse certainement indéformable; il tend à faire de l’ensemble, ballon et nacelle,
- * », «nspn un tout aussi rigide que possible.
- La nacelle, en tubes métalliques, est entourée d’une toile, ce qui lui donne l’aspect d’un canot qui aurait 10 m. de longueur. Les deux hélices, placées de chaque côté du cadre intermédiaire, sont actionnées par le moteur au moyen d’une courroie passant sur une poulie qui termine l’arbre vilebrequin au milieu de la nacelle. Cette commande par courroie a été adoptée par les dirigeables allemands qui ont également placé leurs hélices au-dessus de la nacelle. Les hélices de Pairie sont placées dans le même plan ; mais, étant commandées directement par l’arbre moteur, elles demeurent à la hauteur delà nacelle. Enfin, le moteur du JSulIi secundns occupe l’avant de la nacelle ; c’est un moteur en Y, à huit cylindres, faisant 50 chevaux; les réservoirs à eau et à essence sont fixés sur le cadre intermédiaire. Le ballon comporte un ballonnet compensateur.
- On remarque également, en dehors des deux aéroplanes soutenus par le cadre intermédiaire, des ailes auxiliaires latérales dont le bût est, vraisemblablement, de concourir à la stabilité latérale du système. Ajoutons que les aéroplanes sont mobiles sur leurs supports; ils peuvent cire commandés de la nacelle, les inventeurs espèrent donc les faire agir pour la montée et la descente afin d’économiser du gaz et du lest. Cette idée est à rapprocher de celle qu’a réalisée, avec plus de succès, l’ingénieur Malécot dans son système plus lourd que l'air.
- Lors de la première ascension libre, le Nuili secundus, ayant atteint une hauteur de 120 m. environ, parvint à effectuer une courbe prononcée; mais, après l’exécution de ce virage qui dura environ 12 minutes, la courroie de transmission se brisa et les aéronautes durent descendre pour en effectuer la réparation. Quelques heures plus tard le dirigeable reprenait son vol; parvenu à 70 m. environ de hauteur, la manœuvre de virage fut exécutée, mais le ballon piqua du nez et descendit obliquement avec une allure suffisamment rapide pour qu’en arrivant sur le sol il rebondit après avoir brisé ou tordu une partie de son armature métallique.
- Ce dommage étant réparé, la troisième et dernière ascension eut lieu le 5 octobre ; elle s’est terminée comme on sait. Parti à 11 heures du camp d’Al-dershot, le ballon se serait dirigé sur Londres, puis aurait exécuté des courbes avec la plus grande facilité; mais il lui fut tout à fait impossible de regagner son point de départ malgré un vent très faible. Un coup de vent un peu plus violent que les autres
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- eut raison du Nulli secundus et il lallut procéder au dégonflement pour éviter une catastrophe.
- La remise en état du glorieux premier est activement poursuivie, mais sur des bases nouvelles. C’est ainsi que l’on utilisera ce qu’on pourra de l’enveloppe pour construire un ballon plus allongé et plus volumineux. Avec un moteur Antoinette de 100 chevaux, on espère obtenir une vitesse de 25 m. à la seconde, soit 90 km. à l’heure. J’ose croire, pour le bon renom des inventeurs, que cette « espérance » leur a été gratuitement prêtée, sans quoi il
- y aurait lieu de douter fortement de leur science aéronautique.
- Le Nulli secundus mérite d’être classé purement et simplement dans la catégorie des ballons d'essai ; peut-être l’expérience que ses constructeurs viennent de faire portera-t-elle scs fruits et le prochain modèle atteindra-t-il une vitesse suffisante pour lui permettre de remonter, au pas, un modeste vent de -4 à 5 m. à la seconde. Attendons l’état-major aéronautique anglo-américain à l’œuvre.
- René Donciéues.
- LA NÉCROPOLE PRÉHISTORIQUE DE SANTA LUC1A (AUTRICHE)
- Une des contrées les plus riches en restes préhistoriques, quoique explorée depuis 25 ans seulement, est le petit coin de terre qui, se détachant des Alpes Juliennes, s’étend en iorme triangulaire vers la mer Adriatique et est connu généralement sous le nom de Littoral Autrichien; il comprend les provinces de Trieste, de l’Istrie et de Goricc.
- A cause de sa position entre les péninsules Italique et Balkanique, il a servi, dès les temps les plus anciens, de point de passage entre l’Orient et l’Occident et c’est par là qu’eurent lieu les plus importantes migrations des peuples. Ces populations différentes ont naturellement laissé de nombreuses traces de leur passage et de leur séjour plus ou moins long. Ainsi à l’époque paléolithique, lorsque dans les épaisses forêts, dont le pays était recouvert, rôdaient encore des lions et des sangliers et que d’innombrables ours de cavernes avaient leur repaire dans lis grottes et ténébreuses cavernes, apparurent les premières tribus nomades d e chasseurs ; ensuite vinrent les familles néolithiques des troglodytes, auxquelles les antres nombreux du Karst offraient des refuges commodes. A
- ces primitifs succédèrent d’autres hommes plus avancés en civilisation et connaissant déjà l’usage des métaux; méprisant les sombres hypogées, ils
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- s’établirent sur les sommets des montagnes et dos col- I Les nombreux produits du sol et du pâturage ainsi lines, les fortifiant par des murailles robustes, dont I que la facilité des trafics commerciaux, joints à
- les restes éveillent encore de nos jours l’admiration I l’heureuse position du pays, produisirent une prosla plus vive par la puissance de leur construction. | périté remarquable et développèrent une civilisation
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- très avancée, qui lleurit particulièrement vers la lin du premier âge du fer, c’est-à-dire aux vie et v° siècles avant l’ère vulgaire.
- Parmi les nombreuses nécropoles de cette époque,
- inhumation. On déposait les restes du bûcher soit sur le terrain, soit dans de grands vases d’argile ou de bronze, hauts de 60 centimètres à 1 mètre et couverts de pierres plates ou de blocs de pierre. Les
- celle de Santa Lucia occupe une place très importante soit par son extension, soit par la richesse de ses tombes. Celles-ci sont presque exclusivement à incinération, car sur près de 7000 que l’on connaît jusqu’à présent, on n’en a trouvé que deux à simple
- pots plus petits et les petits vases de bronze ne servaient jamais d’ossuaires, comme dans la plupart des autres nécropoles : ils contenaient probablement les aliments que l’on offrait aux défunts pour leur long voyage. Les pots ont des formes très
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- variées et sont déeorés de cordons, de colorations différentes, avec application de listeaux d’étain ou de plomb, ou de barrettes en bronze (12 à 6). Les ligures 2 à 12 sont toutes 1/6 de la grandeur naturelle; les ligures 13 à 44 sont 1/3, exception laite pour la figure 44, qui est en grandeur naturelle. Fort élégants et très nombreux sont les vases de bronze : on en a recueilli plus de 200, soit coniques (situles), soit cylindriques (cisles à cordons) ; plus rares sont les conques hémisphériques (lebeles) et les oinochoes (7 à 12). D’un grand prix par leur grande rareté sont huit petits vases de verre polychrome.
- Parmi les objets ajoutés à la plupart des lombes sont ceux d’ornement, plus rares ceux d’usage domestique et les armes. Les boucles ou les fibules occupent la première place ; on en a ramassé plusieurs milliers, très élégantes, infiniment variées. Dans les dessins ci-contre, nous avons figuré un petit nombre de formes, parmi lesquelles celles à arc simple (13 à 17), formées quelquefois de pendeloques typiques, qui, étant une spécialité de cette nécropole, ont pris précisément le nom de fibules de Santa Lucia (16). Une de ces fibules porte comme pendeloques de curieux objets de toilette, cure-ongles, cure-oreilles, etc. (17). Auprès des fibules à lunettes (18), il faut mentionner par leur rareté, celles à disque jumeau (19), celles à corps serpentant (20 et 21), à sangsue (22), à arc solide, à lamelles, à boulons (23 et 24), à nacelle (25), de la Certosa (26 et 27), à double ardillon (28 et 29); je noterai aussi les fibules à animal (30 à 32) parmi lesquelles une mention spéciale est due à celle façonnée en petit char à deux roues traîné par trois petits chevaux et dans lequel est assis le cocher (44). Il faut aussi remarquer que beaucoup de nos fibules à arc simple sont forcées d’une boucle bilatérale (14 et 15), particularité tout à fait inconnue en Italie, en Grèce, et dans toutes les nécropoles occidentales; on en trouve cependant souvent en Bosnie et en Herzégovine et elle s’étend de la péninsule Balkanique aux nécropoles alpines jusqu’à llallslalt.
- Nombreux sont aussi les aiguillons pourvus le plus souvent d’une série de boutons (33 et 34) ou avec la tète à boucle (56 et 57), et possédant quelquefois une protection pour la pointe (54, 55, 57 et 58). Ceux à deux pointes ou à fourchette (58) sont remarquables et ont également leur centre principal en Bosnie et en Dalmatie, tandis qu’ils manquent tout à fait dans les cimetières transalpins et occidentaux de celte époque.
- Le peu d’espace qui m’est concédé ne me permet pas d’indiquer toute la riche série d’autres objets que les tombes de cette vaste nécropole nous ont tournis et qui témoignent du haut degré de culture et de l’opulence atteints par la population de celte vallée alpine écartée. Les bagues et les bracelets abondent. Les oreilles étaient ornées d’çléganls pendants, tandis que les torques (59 et 40) et des colliers de perles, de bronze, de verre, d’ambre et
- d’or entouraient les cous. Des ceintures de cuir, ornées de plaques de bronze aux décorations gravées ou en relief, serraient leurs vêtements.
- Bien que rares, on a recueilli toutefois diverses armes : couteaux, lances, javelots, haches (cells), palslabs, dont un seul de bronze (41), et quelques magnifiques poignards avec leurs gaines de bronze (42). Pour sa singularité, il y faut joindre un objet particulier de bronze en forme de crécelle (45), servant peut-être à quelque cérémonie rituelle et qui ressemble à certains jouets dom les enfants se servent encore de nos jours. Enfin, je mentionnerai que parmi les tombes humaines, on en rencontra quelques-unes de chevaux inhumés pourvus de somptueux harnachements de bronze et de fer’.
- II va sans dire que, pour peupler une si vaste nécropole, il a fallu plusieurs siècles, et, en effet, l’étude des différents objets nous prouve qu’ils appartiennent à des époques diverses. En les confrontant avec ceux d’autres cimetières préhistoriques, il nous est possible de fixer avec assez de précision la chronologie relative, qui commence au ixe siècle et finit entre 400 et 450 av. J. G. avec l’irruption des Celtes.
- Les nombreuses découvertes laites ces dernières dizaines d’années, dans nos régions où l’on a découvert plus de 500 castellieri préhistoriques ou villages et villes fortifiés et où l’on a ouvert plus de 10000 tombes à mobilier funéraire fort riche, ainsi que dans la Vénétie et dans les parties centrales de la péninsule Balkanique, témoignent de la culture raffinée de ces peuples ; elle se reflète dans leurs rites, dans leurs coutumes et dans les produits de leurs industries. Grâce à ces découvertes les antiques migrations, obscurcies du voile du mythe et des légendes, s’éclairent d’une nouvelle lumière, et il nous est possible de suivre ces protohisloriques dans leur long voyage de l’Orient vers l’Occident.
- Nous pouvons reconnaître dans les anciens habitants des vallées des Alpes Juliennes et de l’Istrie, les tribus de la famille illyro-vénète, qui, en poursuivant ses migrations, se répandit sur les plaines fertiles de la Vénétie, donnant la vie à la splendide civilisation, sœur de l’étrusque, qui renaît seulement maintenant de son oubli plus que deux fois millénaire ! D1' G. Marchesetti,
- Directeur (lu Musée de Trieste.
- CHRONIQUE
- Intoxication en automobile. — M. Marcel Briand vient de communiquer à la Société de médecine légale un rapport à la fois curieux et intéressant sur l’intoxication en automobile. Les gaz d’échappement sont capables, dit M. Marcel Briand, si le voyage est de longue durée, de produire un réel empoisonnement. Beaucoup de personnes ne peuvent, paraît-il, respirer ces gaz « suffocants » sans éprouver un malaise; il en est même qui se trouvent mal lorsque, par hasard, elles ont respiré pendant quelques
- 1 C’est aux musées de Trieste et de Vienne, qu’on peut admirer les produits des fouilles de Santa Lucia.
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- minutes les gaz brûlés sortant du moteur. Enfin plusieurs automobilistes se seraient vus obligés de renoncer à leur sport favori à cause de ces gaz qui, pénétrant même en faible quantité à l’intérieur de la voiture, auraient causé chez eux des troubles persistants. Les gaz d’écbappement n’étant pas destinés à pénétrer dans nos bronches, il y a lieu d’inviter les fabricants de carrosserie à rendre les planchers des caisses des autos aussi étanches que possible. Afin de mettre les voyageurs à l’abri de ces gaz qui, certainement, à la longue, peuvent occasionner tout au moins des maux de tète.
- Un bateau d’explorations scientifiques. — On
- y a suivi l’idée qui a inspiré antérieurement bien des croisières célèbres, françaises ou autres, et particulièrement les recherches du Prince de Monaco. Le bateau en question, qui s’appelle le Palinurus, est un steamer à hélice construit par la maison Gamme!, Laird pour le gouvernement Indien, et afin de remplacer un petit bateau en bois alfecté au service des explorations maritimes scientifiques. Long entre perpendiculaires de 42,60 m., large de 7,30; il est en acier, et en teak (uniquement) ; il possède sur son pont supérieur un cabestan à vapeur, disposé spécialement pour commander, au moyen d’une sorte de porte-manteau, des plombs de sondes très lourds, une machine à souder Lucas pouvant descendre à 5000 brasses, et une « sentinelle sous-
- marine « James ». 11 porte sur son pont et peut mettre aisément à l’eau une baleinière, à vapeur d’un peu plus de 8 m., précieuse pour les levés, etc.
- Un bateau tout en cuivre. — Le gouvernement Brésilien vient de se faire construire, sur les chantiers Yarrow, un bateau à deux lins, bateau de sauvetage et sorte de mouche de service, long de 18 m., destiné à se tenir constamment dans la baie de Rio. Les eauxde celle-ci renferment une quantité considérable de matières végétales en décomposition; aussi les coques d’acier qui y baignent se piquent-elles avec une rapidité déplorable. Pour remédier à cet inconvénient, tout en donnant une légèreté suffisante à la coque du Guanabara (c’est son nom), on l’a construite entièrement en cuivre, sauf le pont. L’hélice et l’arbre de couche sont eux aussi en cuivre.
- La supériorité des wagons métalliques. —
- L’administration du réseau ferré américain llarriman a établi récemment des relevés complets sur les dépenses comparées d’entretien que nécessitent ses wagons en bois et les véhicules en métal. Les frais de réparations ne ressortent qu’à 2,79 dollars par voiture et par mois pour les wagons en acier, tandis qu’ils atteignent 4,04 dollars pour celles qui sont faites de bois. C’est là une des formes de la supériorité de la construction métallique.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du j i novembre 1907. — Présidence de M. Chauveau.
- Action de rayons du radium sur les gemmes. — M. de Lapparent présente une Note de M. Daniel Berllic-Jot dans laquelle l’auteur fait connaître les résultats d’expériences inédites de M. Marcelin Berfhelot. Ces expériences remontent au mois de novembre 1906; elles ont été effectuées à la suite d’une communication de l’illustre chimiste sur le même sujet. Les gemmes' étudiées sont le quartz, la fluorine et l’émeraude. Des échantillons de quartz et de fluorine incolores, n’ont pas pris la plus légère trace de coloration après un an d’exposition au voisinage d’un échantillon de radium. L’analyse chimique montre d’ailleurs dans ccs pierres l’absence de tout sel de manganèse. Par contre des cristaux violets de quartz et de fluorine, après avoir perdu leur couleur par élévation de température, la reprennent lentement sous l’influence du radium. L’analyse chimique y révèle des traces de manganèse dont la désoxydation par la chaleur donne un sel incolore et dont la suroxydalion par le radium donne un sel coloré. Un échantillon de fluorine incolore, placé dans une solution d’acétate de manganèse, se colore lentement en rose près du radium. Le bombardement moléculaire fait donc pénétrer peu à peu dans la masse solide des traces de sel suffisantes pour la colorer. De môme les sels de potasse, placés dans des tubes de caoutchouc et exposés au radium, se colorent en vert et l’on constate que la teinte est soluble dans le chloroforme. Elle est donc organique comme celle des émeraudes. Ces expériences montrent donc que les colorations des gemmes ne sauraient s’expliquer par des actions purement physiques dues aux composés minéraux ou organiques,mais qu’elles sont toujours liées à la présence de traces de composés minéraux ou organiques dont les rayons électrisés du radium déterminent la synthèse, puis la pénétration dans la masse du cristal.
- Phénomènes d’absorption de la lumière. — M. Poin-
- caré présente une Note de M. Jean Becquerel, relative à l’étude expérimentale de la dispersion anomale et des phénomènes magnéto-optiques. Ces phénomènes permettent de calculer la charge totale et la masse totale par unité de volume des corpuscules électrisés absorbant la lumière. Pour chacune des bandes d’absorption des cristaux de tysonile la masse totale de la matière corpusculaire en vibration est extrêmement faible et de l’ordre de grandeur de un trillionième de gramme par centimètre cube; malgré cette faible masse le nombre des corpuscules par centimètre cube est très grand, et compris entre cent trillions et quelques qualrillions par centimètre cube.
- Le régime alimentaire des tuberculeux. — M. Lanne-longue expose que pour élucider la question du régime alimentaire convenant aux tuberculeux, il est nécessaire de procéder à des recherches expérimentales sur les animaux. Dans ce but il s’est, en collaboration avec M. Àchard, livré à des recherches sur des cobayes. Trois lots de 20 cobayes bien sains ont été formés. Tous les animaux étaient soumis au même régime alimentaire; tous ont reçu le même jour une injection de 1/3 de centimètre cube de la même émulsion de bacille tuberculeux. Puis les animaux du 1er lot reçurent une ration supplémentaire de 9 gr. de beurre, ceux du second une ration supplémentaire de 20 gr. de sucre et enfin ceux du 3° lot une ration supplémentaire de 20 gr. de gluten. Ce supplément correspondait à une alimentation isothermique d’environ 145 calories. Les résultats ont été bien nets. Le 1er lot avait entièrement disparu au bout de 40 jours, le 2e au bout de 87 jours, et le 3e au bout de 371 jours. Ces résultats confirment les premières recherches des auteurs et établissent que l’azole doit entrer pour une grande part dans le régime alimentaire des tuberculeux.
- Découverte d’un minerai. — M. Lacroix rappelle que les Athéniens exploitaient, il y a plus de 2000 ans, les
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- LA NATURE.
- mines du Laurium. Une partie des scories étaient alors jetées à la mer. Ces scories, sous l’influence de l’eau de mer, ont donné naissance à des composés cristallisés. Parmi ceux-ci MM. Lacroix et de Schalter ont découvert un minerai inaperçu jusqu’à ce jour. Ce minerai est un chloroarséniate de plomb.
- Effets 'physiologiques de l’altitude. — M. Janssen présente un travail de physiologie effectué par MM. Guille-mard et Moog à l’observatoire du Mont-Blanc. M. Armand Gautier, dont M. le B1' Moog est l’élève, expose que les auteurs ont constaté que la quantité d’eau sécrétée par le poumon et par la peau au sommet du Mont-Blanc est
- exactement la même qu’au niveau de la mer, fait inattendu, étant donné que l’abaissement considérable de la pression barométrique paraissait devoir produire un appel de vapeur d’eau extrêmement énergique. La quantité d’urine est cependant diminuée, ce qui avait donné lieu de croire, à tort, que celte oligurie était compensée par une inhalation d’eau plus grande par le poumon.
- Élections. — M. Wallerant est élu membre de l’Académie pour la section de minéralogie en remplacement de M. de Lapparent devenu secrétaire perpétuel. M. Hec-kel, de Marseille, est élu correspondant de la section d’économie rurale. Cn. de Villedeuil.
- UNE MACHINE A CIRER LES CHAUSSURES
- Quiconque s’est jamais trouvé dans la nécessité de cirer soi-même ses chaussures, sera à même d’apprécier la dépense en force musculaire, en temps et en travail ' qu’entraîne cette opération. À plus forte raison, les employés des hôtels, pensionnats, sanatoria, etc., que les devoirs de leur profession obligent journellement à redonner leur lustre à de grandes quantités de chaussures, doivent-ils ressentir ce que ce travail a de pénible. Aussi des tentatives ont-elles été faites dans ces derniers temps pour construire une machine pouvant effectuer le nettoyage et le cirage des chaussures. Le dispositif breveté, imaginé par l’Àutomatische Prâge-Maschi-nen - Gesellschaf t à Berlin fournit une solution de ce problème.
- La machine en question est d’une manœuvre remarquablement simple et facile. La chaussure sale (bottine d’homme, de femme ou d’enfant, car les dimensions sont sans importance), ayant été fixée à un cadre, est insérée dans le cireur mécanique pour
- y être conduite par une chaîne sans fin à travers six paires successives de brosses tournantes à res-
- Fig. 2. — Cireur automatique.
- Fig. 1. — Cireur mécanique.
- sort. Une partie de ces brosses ont pour fonction de décrotter la chaussure, d’autres de l’enduire de crème ou de cirage, tandis que les brosses restantes n’auront qu’à la cirer (fig. 1).
- Ces machines sont en mesure de nettoyer et de cirer ainsi jusqu’à 80 à 90 paires de chaussures par heure, alors qu’une machine plus petite suffit au nettoyage de 50 à 65 paires à l’heure.
- Un appareil plus intéressant encore est le cireur automatique construit par la même Société et .qui, après l’insertion dans la fente d’une pièce de 10 pfennig, nettoie et cire les deux bottines ou chaussures de la personne ayant recours à ses services (fig. 2). Ces derniers appareils seront installés sur une vaste échelle, sur les places et aux carrefours des plus fréquentés, et le public profitera volontiers de cette occasion de corriger partout et à toute heure l’aspect des chaussures.
- Dr Alfred Gradenwitz.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Flcurus, 9.
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- N° 1800. — 23 NOVEMBRE 1907. LA NATURE.
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- LE TRANSPORT D’UN THÉÂTRE
- A bien des reprises, il a été question ici1 du transport des batiments, tel qu’on l’a imaginé d’abord et principalement pratiqué aux États-Unis.
- Un transport de cette sorte vient de s’elïéctuer aux Etats-Unis ; il n’était pas seulement intéressant par le poids et les dimensions de l’édifice à déplacer : c’était un théâtre, construction où un immense vide intérieur et la large baie de l’ouverture de la scène diminuaient considérablement l’homogénéité du bâtiment, et pouvaient faciliter de façon dangereuse les distorsions et les fissures. D’autre
- vieux théâtre, et la nouvelle avenue venait couper diagonalement l’édifice, ou du moins l’emplacement qu’il occupait. Le théâtre fut donc exproprié; et l’on s’apprêtait à le démolir, quand il se présenta des acheteurs pour la construction (et non.pour les matériaux), qui prétendaient la conserver et lui faire continuer sa carrière théâtrale. Le percement de la nouvelle avenue laissait des terrains de démolitions au coin de l’avenue de Kalb et de l’avenue Hudson : et il était venu à l’idée des acheteurs qu’on pourrait transporter le théâtre tout d’uny*£v
- {zmiornc^
- Fig. 1. :— La salle du théâtre avec ses tirants et scs étais.
- part, on ne voulait pas seulement le déplacer en ligne droite : on entendait, en outre, le faire pivoter sur lui-même, de manière que son axe vînt occuper une direction presque normale à sa direction primitive.
- Nous donnons un plan qui va bien faire saisir les particularités de l’opération, et les raisons pratiques pour lesquelles on a jugé utile de s’y livrer. Le vieux théâtre, dit Montauk, se trouvait en façade sur l’avenue de Kalb depuis de bien longues années, et il y avait eu une carrière pleine de succès ; ces temps derniers, la municipalité de New-York décida de prolonger l’avenue Flatbush, que l’on voit dans le plan, à gauche de l’emplacement du
- 1 Voir notamment les n°‘ 1010, 1038, 1045, 1054, 1059, 1330, 1334, 1335, 1583 de La Nature.
- 35e année. — 2e semestre.
- pièce dans le terrain d’angle qui s’olfrait à eux, de manière que sa façade vînt se trouver en alignement le long de Hudson Avenue. On comprend, dès lors, le double mouvement qu’il fallait faire subir à l’édifice, car un simple pivotement l’eût laissé encore en travers de la percée qu’on allait exécuter.
- Ce Montauk Theater est long de 46,60 mètres seulement pour une largeur de 13,70 m. ; mais c’est une construction de briques uniquement, avec des murs de 0,76 m. d'épaisseur à la base, hauts de 20 mètres autour de la salle et de 29 dans la partie réservée à la scène. L’édifice est en matériaux incombustibles, et de ce fait il est particulièrement lourd. Pour effectuer le transport et le déplacement voulus, il fallait commencer par le faire reculer de 14 mètres environ, ensuite le
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- LA NATURE.
- iaire tourner sur lui-même, une Ibis placé dans l’alignement de la position qu’il devait occuper, par rapport à l’angle des avenues de Kalb et Hudson. L’angle de rotation était de 85°, et le déplacement normalement à la seconde était de plus de 20 mètres.
- Naturellement, les entrepreneurs qui se chargèrent de la besogne prirent tout d’abord des dispositions pour suppléer à l’absence de murs intérieurs solidarisant les murailles extérieures. Et ils eurent recours à une série de tirants, de poutres, d’étais, de jambes de force, pour maintenir tous les éléments de la construction dans l'horizontale comme dans la verticale. C’est ainsi que, après avoir supprimé complètement le plancher de la salle, on
- Les
- deux positions successives
- disposa, au niveau même de ce parquet, des poutres de 30 centimètres d’équarrissage s’étendant sur
- toute la largeur du bâtiment; parallèlement à elles, à faible distance et suivant leur axe, on mettait en place des tirants faits de tiges de 1er de 58 millimètres de diamètre ; ils étaient composés de deux parties à extrémités liletées, que des tourniquets permettaient de raidir en raccourcissant la longueur totale du tirant. Les bouts de ces tirants venaient prendre appui, extérieurement, sur des poutres transversales disposées sur la paroi externe des murailles. En recourant, de plus, à des coins chassés entre la paroi intérieure et les extrémités des poutres, on arrivait à caler les murailles, et à obtenir une solidarité parfaite entre les murs du théâtre. On avait complété ce contreventement en tendant d’autres tirants à la hauteur du balcon.
- Pour l’ouverture de la scène et du rideau, qui a près de 11 mètres de large et est supportée par une poutre métallique, on mit en place des poutres verticales de 30 centimètres d’équarrissage également, dont l’extrémité inférieure venait porter sur d’autres poutres un peu plus fortes et horizontales, qui réparlissaient la charge sur le gril constitué en
- dessous de toute la construction, et formant, comme de coutume, le plqteau par lequel elle devait reposer sur les rouleaux et s’y déplacer.
- Suivant l’habitude, on avait d’abord percé des trous de place -en place (de 0,90 m. en 0,90 m.), au travers de la base des murailles, et par chaque trou on avait introduit deux poutres métalliques en I, de 58 centimètres de haut; immédiatement au-dessous de ces poutres, une rangée d’autres poutres parallèles étaient disposées suivant l’axe des murailles. Par-dessous, on avait, glissé des séries de rails d’acier de très fort échantillon, qui, eux-mêmes, reposaient sur une sorte de massif fait de charpente épousant toutes les inégalités du sol, et formant par conséquent avec les rails une plateforme et un chemin de roulement très régulier. Les poutres métalliques entre-croisées y glissaient par l’intermédiaire de rouleaux d’acier tournés, de 5 centimètres de diamètre. On avait, comme de juste, disposé un massif de butée pour les vérins qui assureraient la mise en mouvement de la masse de l’édiücc ; il était formé de poutres de fort équarrissage, ancrées au gril même de charpente formant plate-forme de glissement. Une fois toutes les murailles coupées dans l’intervalle des poutres métalliques, et le poids de la construction légèrement soulagé par 1200 vérins, on mit aux 25 vérins horizontaux 25 hommes, qui avaient à faire un demi-tour à chaque coup de sifflet. Il n’y eut pas le moindre accroc; néanmoins, le déplacement de droite à gauche, nous entendons le recul à exécuter par rapport à l’avenue de Kalb, ne nécessita pas moins d’une semaine. Notre gravure, empruntée à Scieniiftc American, montre cette opération en cours.
- Pour le pivotement de la construction, on n’a eu qu’à choisir exactement le centre convenable, puis à disposer les rouleaux d’acier radialement; en-appliquant les vérins tangentiellement aux angles de la plate-forme de support, on faisait tourner le tout comme un pont tournant. 11 ne restait plus qu’à exécuter le second déplacement en ligne droite, pour amener le bâtiment au-dessus de ses fondations, enfin à l’y faire reposer. C’est là une besogne courante, et que les technieiens envisagent maintenant sans aucune anxiété. P. de M.
- LA MUSIQUE EXPLIQUÉE
- Dans un article publié ici même1, M. L. de Launaya émis celte idée que nos jouissances musicales étaient sans doute régies par certaines lois « dont l’instinct artistique subissait inconsciemment les prescriptions ». J’ai fait paraître sur cette question une étude dont je me propose d’indiquer ici les grandes lignes2 ; elle est fondée sur le postulat
- 1 Les lois mathématiques de Vesthétique [La Nature du 25 février 1905).
- 2 Essai sur la gamme (Gauthier-Villars, 1906). Ne pouvant, faute de place, résumer ici les démonstrations contenues dans cet ouvrage, je me bornerai à signaler parfois, dans ce qui suit, que ces démonstrations sont possibles et ont été établies par ailleurs.
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- LA NATURE.
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- suivant, que l’on pourrait appeler « Principe de la consonance » : Le musicien aime à associer les sons dont les mouvements vibratoires sont en rapports simples. A première vue, ce principe paraît très plausible puisque, quand les physiciens étudient des couples de sons constituant les intervalles d’octave, quinte, quarte, tierce, etc., ils trouvent que les nombres de vibrations correspondants forment des rapports respectivement égaux à 2/1, 5/2, é/z, etc. Le principe apparaît plus plausible encore si l’on examine ce que c’est qu’un son.
- Quand un diapason donne le la normal, il exécute par seconde 455 vibrations dont chacune, entendue isolément,
- ne serait qu’un claque-
- A
- B
- ' L IL
- ment, un bruit, et non pas un 'son. C’est la répétition de ces bruits, impressionnant notre oreille à la cadence de 455 pulsations par seconde, qui nous cause cette sensation particulière appelée la. Pour convaincre les incrédules, Savart a exécuté une expérience bien probante. Devant une roue dentée sur son pourtour et tournant lentement, on approche un bout de carton; celui-ci, fléchi successivement par chaque dent de la roue, donne une série de claquements ou bruits. Quand la roue tourne de plus en plus vile, ces claquements cessent bientôt d’èlrc perceptibles séparément, et on entend alors, au lieu d’une série de bruits, un son continu, une note dont la hauteur est d’autant plus grande que la roue tourne plus rapidement; quand la vitesse de celle-ci est telle que le carton soit choqué 455 fois par seconde on entend le la normal. Ainsi un son n’est autre chose qu’une série de pulsations frappant noire tympan à une cadence régulière et rapide. Ceci rappelé, examinons à quelle condition doivent satisfaire deux séries de sons ou de bruits pour que leurs rythmes puissent s’harmoniser, et considérons à cet effet deux parties A et B d’instruments quelconques (flûtes, violons, castagnettes, ou même roues dentées analogues à celle de Savart) comportant pour chaque temps, l’une A, deux croches simples, l’autre B, trois croches en triolet (lig. 1).
- Nous savons que ces parties pourront marcher ensemble, l’unité de mesure apparaissant suffisamment à ce signe qu’au commencement de chaque temps, les croches A et les croches B sont faites simultanément ; mais, ceci suppose que la mesure soit observée, et que les croches B et A forment exactement le rapport de 5 à 2 ; c’est à cette condition que lés croches A de 2 en 2 et les croches B de 5 en 5 donneront lieu à ces coïncidences périodiques qui sont, dans ce mélange de rythmes, la seule particularité perceptible et reconnaissable. Ce que nous venons de dire s’applique, quels que soient les instruments A et B employés, même si ce sont des roues de Savart tournant lentement et donnant deux rythmes, l’un binaire, l’autre ternaire, même si ce sont encore ces roues, mais tournant vite et donnant deux sons formant intervalle de quinte. En somme, que les bruits des séries comparées soient assez lents pour être perçus isolément ou assez rapides pour être fusionnés en un son continu, il faut toujours que les séries forment rapport simple pour que leur dépendance mutuelle puisse être sentie, reconnue —
- et goûtée. Selon le cas, et suivant que le rapport simple sera observé ou faussé, il y aura harmonie de rythmes ou charivari (séi’ies lentes), harmonie de sons ou cacophonie (séries rapides).
- Le principe de la consonance est donc plausible en soi ; il l’est aussi dans ses conséquences, car, si on le prend pour point de départ, on peut reconstituer théoriquement toute la musique telle qu’elle a été créée pratiquement par l’intuition géniale des Maîtres1.
- Définissons la gamme : une collection de sons faisant avec l’un d’eux (tonique) des rapports assez simples pour que l’intelligence les saisisse aisément, et cherchons à former toutes les gammes possibles. Nous. trouverons d’abord une gamme de richesse maxima identique à la gamme chromatique des artistes, et deux gammes à consonance maxima de modèles do mi sol ou la do mi, c’est-à-dire correspondant aux deux accords parfaits de notre musique. Procédant ensuite méthodiquement entre ces deux types extrêmes (5 et 12 sons), nous engendrerons successivement toutes les gammes connues, notamment les modes chinois, de 5 notes chacun, nos gammes de 7 sons actuelles, celles de l’antiquité, les tons du plain-chant, etc... En même temps, il nous sera facile de prévoir les principaux styles dans lesquels l’homme peut écrire quand, s’habituant de plus en plus aux rapports musicaux, il arrive à mettre en œuvre des combinaisons de moins en moins simples. Chemin faisant, nous reconnaîtrons ce qu’il faut penser des diverses lois formulées dans les traités d’harmonie3. Nous rencontrerons aussi sur notre route plusieurs questions curieuses, ou même paradoxales, dont les solutions théoriques pourraient parfois sembler fausses, si l’expérience ne les confirmait rigoureusement. Citons ici brièvement les transformations, les points neutres et les écarts d'intonation.
- Transformations. Considérons une ligne d’harmonie contenant par exemple cent notes; chacune d’elles est caractérisée par un certain nombre de vibrations ; si vous modifiez ces cent nombres suivant une formule mathéma-thique conservant aux rapports une simplicité suffisante, les cent nouveaux nombres que vous obtiendrez
- m _* f ' _e. -f- -p- -H* -p aH*
- Msl —0 » P ~jir ==^=t v-
- K .—» fc m -# —S »— — -p rf—
- p ~p~~ I* -4*— m-- W r —mf- f1 : bJjUçP ;
- xf— -f- -f -~f- - - "T jj—c e-u
- caractériseront cent nouvelles notes pouvant être substituées aux premières et fournissant ainsi un air transformé parfaitement cohérent, malgré sa genèse bizarre. C’est là,
- 1 Essai sur la gamme, p. 40. Bien entendu on ne retrouve ainsi que les lois véritables, celles que les Maîtres suivent d’instinct, et non pas les pseudo-règles destinées, soit à faciliter l’imitation de tel ou tel style particulier, soit à maintenir le débutant dans une discipline sévère mais provisoire, dont il doit être relevé au bout de quelques mois d’études.
- - Essai sur la gamme, p. 446. Ainsi la loi concernant la résolution des dissonances est fausse, et les traités, bien que la mentionnant traditionnellement, reconnaissent qu’elle est continuellement violée par les meilleurs auteurs ; cependant, si on la formule correctement, elle devient juste, et, celte fois, ne souffre plus aucune exception [Essai, p. 209).
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- comme on le voit, un procédé pour tirer plusieurs moutures d’un même sac, c’est-à-dire plusieurs harmonies d’une même inspiration musicale, et peu de compositeurs consentiraient à l’employer intentionnellement ; ce qui est curieux, c’est que tous l’emploient à leur insu, car il y a identité entre les transformations ci-dessus détinies et l'imitation dont parlent tous les traités d’harmonie et qu’ils signalent comme s’employant inévitablement dès qu’on écrit quelques lignes de musique. L’un de ces procédés, par exemple, permet de résoudre le problème suivant: écrire une harmonie qui puisse se lire soit telle qu’elle a été écrite, soit à l’envers et par transparence, c’est-à-dire après avoir retourné la feuille de papier de haut en bas et d’avant en arrière (fig. 2).
- Points neutres. — Étant donnée une partition, marquons-y au hasard un point quelconque, et, arrivés en ce point, au lieu de continuer de jouer la musique écrite, transposons-Ia brusquement vers le haut où vers le bas d’un nombre quelconque (mais uniforme) de demi-tons : le résultat obtenu sera généralement inacceptable, même pour l’oreille la moins exigeante. Le problème des points neutres consiste à trouver les passages où de telles sautes brusques ne produisent pas de résultats incohérents. Ouvrez le Lohengrin de Wagner à l’acte III, scène u, air d'Eisa, 56 mesure de la 5° ligne de la page 276 de la partition française: le demi-soupir séparant les mots « Permets alors » et « que je le sache » constitue un point neutre ; à partir de ce point, et bien que le ton établi soit celui de ré mineur, jouez par exemple comme si l’on était, soit en ré dièse mineur (6 dièses à la clef), soit en ré bémol mineur (8 bémols à la clef, car celui du si est
- double) ; ces tons sont de ceux qui devraient donner lieu à l’incohérence maxima; vous n’observerez pourtant aucune incohérence, mais seulement un effet de surprise résultant de ce que, ce morceau étant dans toutes les mémoires, les habitudes de votre oreille se trouveront changées.
- Écarts d'intonation. — Beaucoup d’artistes nient l’existence des commas ; d’autres admettent que des notes de même nom ou de noms synonymes (comme ré dièse et mi bémol) ont des intonations sensiblement identiques. La meilleure façon de les détromper est de leur proposer de chanter un air dont la modulation a été réglée de façon que la note initiale et la note finale, bien que semblables en apparence, doivent présenter un écart d’intonation très sensible. Voici un exemple de six mesures, dont le ré dièse initial et le mi bémol final remplissent précisément ces conditions en présentant un écart de l’ordre du demi-ton1. Constatant cet écart, les artistes dont nous venons de parler devront reconnaître que les commas existent, ou qu’ils ont chanté faux; mais, plus leur voix sera juste, plus ils seront certains de retomber toujours sur le même écart final.
- En résumé, Y expérience artistique, venant en aide à la théorie logique, confirme toujours ses prévisions, quelque paradoxales qu’elles paraissent; et, à titre de réciprocité sans doute, la théorie, loin de tendre à restreindre la liberté de l’art, le délivre au contraire de toutes les entraves (fausses lois) que certains harmonistes, interprétant mal l’œuvre des Maîtres, avaient tenté d’imposer aux musiciens.
- M. Gakdillot.
- UNE VISITE AUX ABATTOIRS DE CHICAGO
- On se rappelle le scandale sensationnel des abattoirs de Chicago, qui a tant fait couler d’encre l’année dernière. L’émotion calmée, après intervention du Gouvernement, il semble surtout qu’il soit sorti de tant de bruit une réclame nouvelle en faveur de ces établissements. C’est d’ailleurs un autre désastre, l’incendie de 1869, qui fut l’origine de la fortune de la petite cité bâtie autour du fort que les Français avaient établi en 1718. L’attention du monde attirée sur ce coin du lac Michigan, de toute part les émigrants vinrent se grouper autour du petit abattoir où les colons de la région venaient vendre leurs bœufs, leurs, moutons et leurs cochons. On établit des usines, petites d’abord, destinées à convertir les porcs des colons en jambons. Ces jambons furent appréciés sur les marchés européens. Ils venaient d’Amérique et étaient taxés par les vendeurs comme les meilleurs du monde. L’Europe ouvrit ses marchés à ces produits.
- L’enceinte du petit abattoir est devenue trop étroite, car les commerçants sont maîtres en fait de réclame et ils inondent le monde du produit de leur industrie. Il a fallu augmenter les usines, les ouvriers ont été entassés, les étages ont été élevés les uns sur les autres, les animaux que déversent constamment les lignes de chemins de fer montent par des plans inclinés au sommet des édifices (fig. 1 ). Pour que la pente soit douce et que les animaux montent insensiblement, ces routes suspendues sont partout en l’air. Les hommes sont élevés par des ascenseurs pour aller tuer ces bêtes et les utiliser complètement de façon que la moindre partie de l’animal soit convertie en objet d’exportation. Il a été nécessaire de trouver de la place pour tout. Cette place était limitée, on ne pouvait
- indéfiniment la gagner en hauteur, il a fallu entasser les installations à côté les unes des autres et le point de vue sanitaire a été complètement sacrifié.
- Un organisme remarquable de la vie agricole américaine, le bureau de 1’ « Animal Industrie », veillait. 11 avait, jusqu’à l’année dernière, 160 inspecteurs chargés de surveiller les usines de cet abattoir ; mais la surveillance n’était qu’illusoire et, en réalité, les conseils les plus élémentaires de propreté n’étaient pas suivis. C’est seulement à la suite des scandales récents que les enquêtes amenèrent le vote d’une loi protectrice de la santé publique. Aujourd’hui dans tout l’abattoir, dans chacune des usines, un service officiel est organisé.
- Les inspecteurs des abattoirs de Chicago sont maintenant au nombre de 360. Dans une des usines, que je viens de visiter, il entre chaque jour environ 13000 porcs. Ils sont examinés par un premier inspecteur du bureau de « l’Animal Industrie ». S’ils sont déclarés bons on suspend par la patte le premier porc qui se présente à une chaîne qui elle-même est attachée à des crochets fixés autour d’un immense disque placé de champ (fig. n° 3). L’animal est enlevé, la roue tournant autour de son axe, il se remue tant qu’il peut en s’élevant. Malgré ses bonds,
- 1 L’écart ci-dessus indiqué est celui que réalisera un chanteur pratiquant la gamme naturelle ; mais l’usage des instruments à cordes accoutume directement certains artistes à la gamme par quintes; d’autres s’habituent indirectement à cette même gamme par l’emploi des instruments tempérés : l’écart obtenu par les « professionnels » pourra donc avoir une valeur différente de la précédente, mais toujours fixe et de grandeur appréciable.
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- son poids même le rend tangent au disque. Au moment où le crochet auquel il est fixé va descendre en suivant le mouvement du disque il est pris par un rail sur lequel il s’engage (le porc étant toujours saisi à son extrémité, la tète en bas). L’animal passe devant un homme qui lui plonge un couteau dans le cœur (lig. n° 3), un_ Ilot
- pattes de derrière à une chaîne qui est fixée à un crochet glissant sur un rail; il s’avance ainsi gravement et subit de la part d’hommes placés sur son passage, pendant les 50 à 60 mètres suivants, toutes les opérations nécessaires pour le débarrasser de ce qui n’est pas utilisable pour faire du jambon et du lard. D’abord on l’éventrc; ensuite on
- extrait les organes internes qui glissent sur un plan incliné placé devant un autre inspecteur (c’est-à-dire un troisième). Cet inspecteur laisse passer ou marque l’animal en conservant les organes internes. Les viscères des animaux sains sont découpés et jetés dans des trous spéciaux pour chacun d’entre eux, ils tombent à l’étage au-dessous. C’est, là qu’on les
- rouge jaillit; le crochet roule encore quelques mètres sur le rail, l’animal s’agite pendant les derniers spasmes ; tout son sang est bien recueilli, le crochet arrive à l’extrémité du rail, sur lequel il glisse depuis un instant et l’animal est précipité dans le vide. Il tombe à l’étage inférieur dans une bassine, grand bac de 6 à 7 mètres de long plein d’eau bouillante. Des hommes avec des piques conduisent le corps jusqu’à l’extrémité de ce récipient. Une machine avec des dents le saisit et le dépose délicatement, sans secousse, sur un tapis roulant. Le tapis a une longueur de plus de 40 mètres environ. De chaque côté il y a des hommes qui frottent la partie du corps de l’animal qui passe à leur portée avec un instrument, avec un linge. Après ces différents et successifs coups de tampon toutes les soies de la bête sont enlevées : elle est blanche et rose. Elle passe alors devant un inspecteur qui regarde la tête, les ganglions du cou; il a tout le temps de faire son inspection, car le tapis roule avec lenteur. Si à l’inspection on ne voit aucun signe suspect le corps de l’animal continue à rouler, dans le cas contraire on le marque d’un numéro rouge sur le côté. A partir de ce moment l’animal ainsi marqué demeure tabou en ce qui concerne les manipulations que vont subir ses 13000 camarades. On n’enlèvera pas ses viscères, on ne le dépècera pas et il suivra sa route toujours respecté jusqu’au moment où il sera aiguillé vers une salle spéciale, dans laquelle un vétérinaire (ils sont 70 pour ce service) va l’inspecter une dernière fois et le déclarera bon pour l’alimentation ou bon seulement pour faire du suif.
- Si le premier inspecteur a déclaré que l’animal était bon, on le suspend dès qu’il est propre, sans soies, par les
- 1. Les wagons amènent les animaux dans l’enceinle des abattoirs.
- On voit au fond les plans inclinés par lesquels les animaux montent aux étages supérieurs.
- 2. Les animaux dans l’enceinte des abattoirs de Chicago.
- 3. Les porcs suspendus par une patte passent devant rimmolateur.
- utilisera. Pendant ce temps l’animal privé de ses organes continue sa marche lente et passe sous un jet de vapeur, sous un jet d’eau ; une douche permet de bien le laver et de le rendre propre à l’extérieur comme à l’intérieur. On le laisse égoutter sur un espace de 50 mètres environ, puis il est pesé et, suivant son poids, il est aiguillé dans une des allées de l’immense chambre frigorifique où il va passer 24 à 48 heures. Ce n’est en effet que le lendc-
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- main ou lo surlendemain que la viande sera assez faite pour être tendre et se laisser bien découper.
- Après deux jours dans la chambre froide la viande est reprise : les gigots restent trois heures dans un four où ils sont fumés au moyen de sciure de bois et de bois dur. Les intestins sont remplis d’un hachis de viande plus ou moins assaisonnée pour en faire soit des produits destinés à la consommation locale, soit à l’Italie, à la France, à l’Allemagne, etc. L’Allemagne ne reçoit que des jambons, qui sont l’objet d’une surveillance particulière. Il y a trente ans environ on s’aperçut un jour dans ce pays que les jambons de Chicago contenaient très souvent les germes d’une terrible maladie, la trichine, et on ferma la porte des marchés. Les industriels de Chicago proposèrent alors d’établir une inspection spéciale pour tous les porcs destinés a être envoyés dans l’empire allemand et encore aujourd’hui cette inspection se fait d’une façon fort simple et très rapide. Les jambons destinés à l’Allemagne n’ont jamais la trichine, ceux qui vont dans les autres pays du monde ne sont pas examinés. Il faut dire que cela n’a pas une très grande importance, car c’est en Allemagne seulement que l’on consomme en général le jambon cru. Dans les autres pays il est toujours soumis à une cuisson qui détruit la trichine. Chaque animal est donc l’objet de l’inspection de quatre personnes et même de cinq pour l’Allemagne. Ces inspecteurs poursuivent surtout la tuberculose. On trouve à l’heure actuelle environ 2 pour 100 des porcs atteints de cette maladie. Il y a quelques mois encore ils passaient sans examen.
- Ces usines utilisent le porc (une seule d’entre elles tue par jour 13 500 porcs), d’autres se servent de moutons, d’autres des bovidés pour faire des conserves en boîtes.
- Dans ce cas un inspecteur spécial suit d’un bout à l’autre la fabrication des boîtes et les déclare bonnes ou mauvaises.
- Autrefois la propreté était, paraît-il, douteuse. Le Gouvernement n’était pas armé pour pénétrer partout. Aujourd’hui tout le monde répare ou construit et avec la nouvelle loi, le bureau de « l’Animal Industrie » a le pouvoir de tout contrôler, d’entrer partout, si bien que la propreté est parfaite. Dans le moindre recoin, pas d’odeur, tout est lavé à grande eau. A partir de cinq heures du soir il n’y a plus un ouvrier dans les usines. C’est alors que les lavages se font en grand.
- Tous les visiteurs sont priés d’entrer et en toutes places on voit des affiches : « Sous l’inspection des délégués des Etats-Unis ». La place de chaque inspecteur est bien en vue. La réclame s’est emparée de cette inspection et les propriétaires font parade de la présence de ces délégués gouvernementaux. Ils disent que jamais les commandes n’ont été si fortes et que la campagne menée contre eux a été d’un immense avantage pour leur commerce.
- En visitant ces usines on se demande où des cadavres d’hommes ont pu être précipités et mélangés avec la viande des porcs ou des bœufs. La campagne faite contre ces établissements a dû amener des exagérations, qui, comme beaucoup de choses en Amérique, ont pris de grandes proportions. Et nous, dans notre ignorance des possibilités, nous allons répétant en bien ou en mal ce que l’on veut bien nous faire croire sur ce monde américain qui étonne toujours notre esprit européen.
- Dr Adrien Loir,
- Professeur à la Faculté de Médecine de Montréal, (en mission à Chicago).
- WAGONS MÉTALLIQUES ET ACCIDENTS DE CHEMINS DE FER
- On sait que les Compagnies de chemins de fer américaines transforment leur ancien matériel de wagons en bois pour marchandises en wagons métalliques. Maintenant, toujours en Amérique, on commence à recourir au même mode de construction pour les voitures à voyageurs. Quand il s’agit du transport des voyageurs, les raisons que l’on donne comme militant en faveur des wagons métalliques, n’ont qu’une portée toute secondaire; on sait bien notamment que le poids mort sera toujours considérable par rapport au poids utile, on n’a fait que l’augmenter depuis une trentaine d’années, en vue de donner de plus en plus de confort; et comme c’est souvent par 1000 kg et plus qu’il faut compter le poids mort nécessaire pour une place offerte, et bien fréquemment inoccupée, la substitution du métal au bois pour la construction des voitures ne réduira pas cette tare dans une forte proportion. La diminution de la longueur des convois est un peu secondaire également. Par contre, il est deux qualités qu’offrent les véhicules en métal, et qui sont particulièrement précieuses pour le transport des voyageurs. Ces véhicules sont aussi peu exposés que possible aux ravages du feu; et surtout, leurs caisses, entièrement en acier, résistent mieux aux chocs qui peuvent se produire en exploitation courante, et à ceux, plus exceptionnels, mais qu’il faut pourtant prévoir, qui proviennent d’un accident, déraille-
- ment ou même collision. Les adversaires du matériel métallique prétendaient qu’il serait mis complètement hors de service par une collision ou un choc quelque peu violent : les pièces tordues et pliées ne pouvant être réparées, et devant passer inévitablement à la ferraille. La réalité est toute différente.
- Nous citerons en exemple un accident survenu dans le courant de mars 1903, à Pittsburg : un wagon en acier embouti, pendant des manœuvres de triage dans la gare de marchandises, par suite d’une erreur d’aiguillage, fut poussé avec une très forte vitesse dans une voie en cul-de-sac très courte ; il arriva sur un butoir, qu’il démolit à peu près complètement, et il alla ensuite heurter un mur de maçonnerie massif, qu’il mit en tel état qu’il fallut démolir d’urgence cette muraille. Or, après quelques réparations sommaires, le wagon put être remis en service courant. Nous avons d’autres exemples de wagons semblables composant deux trains qui vinrent en collision, et qu’on eut seulement ensuite la peine de remettre sur la voie.
- Aussi aujourd’hui les Chemins de fer Américains commencent-ils à donner des commandes de matériel métallique pour wagons à voyageurs et véhicules à grande vitesse : sur une échelle encore modeste, mais néanmoins de façon fort caractéristique. Ilyadéjà quelques mois, nous apprenions que la Compagnie du
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- Pennsylvania Railroad s’apprêtait à renoncer complètement aux voilures et véhicules en bois; en même temps qu’elle faisait construire un premier lot de voitures tout en acier, suivant un type mûrement étudié, elle préparait les plans d’un fourgon et d’une voiture poslale également métalliques; et enfin elle donnait ordre à la Compagnie Pullman de se mettre aux avant-projets d’un wagon-lit tout en acier et incombustible.
- C’est surtout celte question de l’incombustibilité qui a préoccupé les Compagnies, et les a incitées à faire construire des voitures entièrement métalliques.
- Le feu; qui a eaùsé un accident célèbre aux débuts des chemins de fer en France, avait cessé pendant assez longtemps d’exciter réellement les craintes des exploitants de chemins de fer, bien qu’en maint accident on ait vu les débris des voitures s’entlammer, avec une terrible rapidité, au contact des lampes allumées ou du feu tombé du foyer d’une machine, liais l’exploitation électrique a donné lieu à quelques incendies, qui ont eu des conséquences
- n’est pas exclusivement en acier, certaines parties secondaires delà construction sont de cuivre, de laiton.
- Il est bien vrai que, depuis fort longtemps, les châssis des wagons et voilures, un peu dans tous les pays, sont surtout Faits de métal, d’acier en particulier ; ils résistent pour leur compte dans une collision, ou dans un accident qui arrête brusquement la marche du convoi. Mais, le plus ordinairement, la caisse en bois qui est fixée assez imparfaitement sur le châssis, par inertie, quitte ce châssis et va se projeter comme un boulet dé canon sur la caisse qui la précède; la caisse suivante est lancée elle-même en avant et suit une trajectoire semblable. Et finalement toutes ces caisses se brisent en miettes, s’entassent les unes sur les autres, en écrasant les malheureux voyageurs. Ce sont ces débris de bois de toutes dimensions, lancés avec une violence terrible, qui causent les blessures épouvantables consécutives aux accidents de chemins de fer. Avec le véhicule métallique, lors même que la caisse quitterait le
- Comment un Pullman résiste à une collision.
- Fig. 1.-
- très graves : témoin la catastrophe du Métropolitain Parisien (août 1903), où la fumée de la combustion .des véhicules a causé tant de morts. D’autre part, lors d’un accident ' un peu analogue survenu sur les voies du Subway New Yorkais, vers le milieu de Pannée 1906, l’électricité avais mis le feu aux débris d’un wagon à voyageurs, qui avait été réduit en pièces par le déraillement. Cela accusait le peu de résistance, bien connu du reste, des véhicules en bois en pareilles circonstances ; par contre, le second wagon qui avait subi toute la violence delà rencontre, et qui était une voiture en acier, sauf les planchers et le dessus des sièges, n’avait presque pas été endommagé. On peut donc dire que, dans ce seul accident, toutes les preuves avaient été faites des deux qualités primordiales du métal dans la construction des wagons à voyageurs.
- Sur toutes leurs lignes à traction électrique, les Américains adoptent uniquement les véhicules métalliques. Nous pourrions citer, par exemple, les voitures du Long Island Railroad, ou encore celles qui viennent d’être achevées en vue de l’électrification des chemins de fer dits New York Central et New Hawen. Ainsi qu’on en peut juger, ces véhicules ne sont pas désagréables d’aspect ; il va sans dire que tout
- châssis, elle est assez résistante pour ne pas subir ce télescopage. Le choc d’une collision se distribue alors à peu près également sur toute la longueur du train ; il n’y a plus de premiers ou de derniers véhicules pour faire Reflet de tampons absorbant ce choc, par suite même de leur écrasement. Il y a beaucoup plus de chances pour que les véhicules montent les uns sur les autres, ou se mettent en travers ; mais les caisses peuvent supporter un poids énorme sans fléchir, et les voyageurs seront certainement à l’abri de ces lacérations horribles que causent les débris de bois. Nous avons à notre connaissance de nombreux exemples de collisions ou déraillements, d’où sont sorties presque intactes des voitures Pullman, après avoir d’ailleurs contribué à écraser complètement des véhicules en bois entrant, eux aussi, dans la composition du convoi. Nous mettons simultanément sous les yeux du lecteur ce qui reste de voitures en bois ordinaires après une collision, et l’état fort présentable où est encore une voiture Pullman qui a subi le même avatar. On peut également jeter un coup d’œil (d’après des documents qui ont été jadis publiés par notre confrère Scieniific American) sur des voitures Pullman, qui avaient subi un accident curieux aux environs de Santa Rarbara, en
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- Californie; non seulement elles avaient été prises dans un déraillement, alors que le train marchait à
- entièrement métalliques; mais ils ont un plancher fait en grande partie d’acier, des ceintures de même métal, des montants également en H acier, et tout cela forme à la caisse une charpente qui lui donne une résistance extraordinaire. Il va de soi que les voitures complètement en métal présenteront une solidité bien autre. Et, quant à la prétendue difficulté d’y faire des aménagements suffisamment confortables, l’exemple des voitures déjà construites aux États-Unis est là pour prouver que l’on peut aisément vaincre celle difficulté,
- Fig.-2.
- ! Wagon nouveau entièrement en métal.
- plus de 60 km à l’heure, mais encore elles étaient tombées d’un remblai de près de 11 mètres; elles avaient roulé jusque sur la plage s’étendant au bas de ce remblai. Sans doute les
- Fig. 3.
- Wagons tombés d’un remblai après un accident.
- avec les secours des linoléums et autres matériaux que l’on possède maintenant. Au reste, à bord des navires de guerre, dans les appartements des commandants, tout en se limitant au métal, en proscrivant le
- Fig. 4.
- Intérieur d’un Pullman après une collision.
- voyageurs avaient été blessés dans cette chute, compliquée du déraillement et de l’allure à laquelle était lancé le convoi ; sans doute les sièges du wagon avaient été arrachés du plancher, où ils n’étaient pas assez solidement fixés; mais il n’en est pas moins vrai que les blessures s’étaient bornées à des coupures, contusions ou fractures très simples ; et les voitures avaient pu être remises sur une voie de service improvisée, qui leur permit de regagner la ligne sur son remblai.
- Et cependant les véhicules Pullman ne sont point
- Fig. S. — Un wagon de bois après une collision.
- bois même pour les meubles, on arrive à d’excellents résultats, qui sont un argument pour la thèse que nous soutenons ici. Daniel Bellet.
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- LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL A TRAVERS L’ATLANTIQUE
- Le 18 octobre dernier, M. Marconi inaugurait la nouvelle station de télégraphie sans fil, qu’il a fait
- tités d’énergie, influences perturbatrices de toutes sortes, restèrent légèrement sceptiques. Assurément,
- Fig. 1. — Curieuse photographie de l’antenne Clil'den. (Photographie prise de nuit.)
- construire à Clifden, en Irlande, pour correspondre à travers l’Atlantique avec la station de Glace-Bay, en Nouvelle-Ecosse.
- Ce fut un événement sensationnel. Tout l’univers apprit aussitôt qu’en cette première journée de communications transatlantiques, on avait pu transmettre, et d’une façon parfaite, plus de 14 000 mots ; il était donc établi que le service de télégraphie sans fil entre l’Europe et l’Amérique pouvait fonctionner régulièrement et la Compagnie Marconi faisait savoir qu’elle se chargeait désormais de transmettre d’un, continent à l’autre les dépêches de ses clients, à raison de 0,60 Ir. le mot.
- Que penser de ces brillants débuts? Ceux qui connaissent les mille difficultés des télécommunications sans fils, l’impossibilité avec les appareils actuels de rayonner à distance de grandes quan-
- M. Marconi est un ingénieur éminent ; la télégraphie sans fil lui doit ses plus remarquables progrès. Mais c’est aussi le directeur fort avisé d’une puissante Compagnie, dont il gère très habilement les intérêts commerciaux. Le secret hermétique qu’il a su assurer jusqu’ici aux moindres détails de ses installations en est la preuve. Les communiqués qu’il accorde à la presse sont destinés à impressionner l’esprit du grand public, et à attirer les clients; mais il ne faut pas y chercher l’exactitude d’un compte rendu scientifique.
- En réalité, M. Marconi est parvenu, en effet, à communiquer avec la station de Glace-Bay, et à lui envoyer des signaux intelligibles.
- C’est là, sans doute, un résultat fort important. Mais la transmission s’est opérée très péniblement ; il a fallu transmettre 25 fois la même dépêche
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- pour réussir à la faire comprendre, de l’autre côté de l’Atlantique; le nombre de mots télégraphiés effectivement en une journée a donc éLé des plus réduits; et il a fallu suspendre pour un temps indéterminé le service transatlantique si bruyamment annoncé. En fait, il faut voir, dans ces expériences, non un début d’exploitation industrielle, mais les premiers essais d’une installation qui n’est pas encore complètement mise au point.
- Ces essais sont du reste fort intéressants, et marquent un grand progrès en télégraphie sans fil. Ce n’est pas la première fois que l’on communique à travers l’Atlantique. M. Marconi, dès 1902, au moyen de signaux émis par la puissante station de Poldhu, avait réussi à impressionner le poste récepteur de Glacc-Bav. Mais il lui avait été impossible de rendre les signaux intelligibles à la station d’arrivée.
- C’est ce premier succès qui l’a poussé à construire la nouvelle station de Clif-den, plus puis- ' santé encore et topographiquement mieux placée; il n’y a aucun obstacle terrestre entre Clifden et Glace-Bay, et l’on sait que c’est là une excellente condition pour la propagation des ondes herziennes.
- Comment est établie la nouvelle station ; sur ce point, M. Marconi garde un silence fort naturel; il a de puissants concurrents, allemands et américains surtout, qui cherchent, comme lui, à réaliser, dans un but commercial, des communications à grande distance; jusqu’ici aucun d’entre eux n’a pu créer des stations capables de rivaliser avec les siennes; M. Marconi a tout intérêt à maintenir autour de ses créations le plus profond mystère; il s’assure ainsi un monopole de fait qui n’est pas près de disparaître.
- Les photographies .que nous reproduisons sont à peu près les seuls documents que M. Marconi ait accordés à la curiosité du public. L’énergie nécessaire aux transmissions est fournie par des machines à courant alternatif (fig. 2) installées dans un bâtiment spécial; l’aspect de cette construction et ses nombreuses cheminées suffisent à démontrer que la puissance produite en chevaux-vapeur est certainement considérable.
- Notons que l’usine de Clifden est installée au milieu de tourbières, et que la force motrice est obtenue par la combustion de la tourbe. Un deuxième bâtiment voisin du premier renferme les appareils d’émission et de réception reliés à l’antenne. Celle-ci est formée de fi 1s de cuivre horizontaux supportés par 8 piliers de fer de 60 m. de haut.
- La mise en vibration électrique de l’antenne s’obtient au moyen de puissants éclateurs provoquant la décharge oscillante de condensateurs ; les oscillations ainsi produites sont transmises par induction à l’antenne.
- La réception se fait au moyen du détecteur magnétique Marconi employé aujourd’hui dans toutes les stations Marconi; cet appareil repose sur le
- principe suivant: on sait que le fer doux soumis à l’action d’un champ magnétique s’aimante temporairement ; si l’intensité du champ varie, l’aimantation du fer varie également et dans le même sens; mais, par une sorte de phénomène d’inertie, ces variations d’aimantation sont toujours en retard sur les variations du champ ; c’est ce que l’on appelle Y hystérésis magnétique. Or, l’action des oscillations électriques sur le fer produit un effet équivalent à la suppression de l’hystérésis; il provoqué par suite une variation brusque de l’aimantation du fer.
- Le récepteur Marconi est par suite constitué par un noyau de fer doux entouré d’une bobine en fdde cuivre dont les extrémités sont reliées, l’une à l’antenne, l’autre à la terre. Ce fer doux est soumis à l’action magnétique périodiquement variable d’un aimant tournant d’un mouvement uniforme autour d’un axe vertical. La bobine en fil de cuivre, que traversent les oscillations électriques, est entourée d’une bobine secondaire reliée à un téléphone.
- Les variations brusques de l’aimantation du noyau en fer doux, provoquées par les oscillations électriques, se traduisent par un son dans le téléphone. On a ainsi un récepteur d’une très grande sensibilité.
- Quant à la disposition exacte des circuits de transmission et de réception, elle reste encore le secret de M. Marconi. À. Dessoe.
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- FABRICATION D’UNE BANDE DE CINÉMATOGRAPHE
- Lorsque parut le premier cinématographe on ne manqua pas de prédire un succès considérable à celle nouvelle application de la photographie; mais nous ne pensons pas que même ceux qui eurent le plus de foi en son avenir aient pu supposer l’immense extension qu’il a prise aujourd’hui : pour en donner une idée nous dirons qu’à Paris seulement, dans trois maisons spécialement outillées pour cet objet, on produit actuellement près de cent mille mètres de bande positive par jour, cent kilomètres tout simplement ! Il est vrai que Paris est le principal centre de production, mais la production des pays étrangers n’est pas négligeable. On s’explique une telle abondance quand on pense qu’il n’y a pas de ville un peu importante, qui n’ait en permanence un ou plusieurs cinématographes; que les forains en exhibent pendant toute l’année un peu partout, même dans les plus petits villages ; que la publicité s’en empare pour mieux attirer l’attention sur les produits qu’elle se charge de vanter et qu’il faut nécessairement à tous ces appareils un renouvellement constant de sujets, pour satisfaire le spectateur et soutenir son attention pendant une heure ou deux. Et voilà où la question devient embarrassante: où trouver toujours des sujets nouveaux? Comme au théâtre, il faut des pièces nouvelles; aussi le fabricant de bandes cinématographiques est-il un véritable directeur de théâtre. On lui apporte des scénarios, des manuscrits môme ; il choisit, monte la pièce et paye des droits d’auteur. De môme que certains artistes se sont fait, en chantant pour le phonographe, des revenus plus élevés que ceux que leur aurait procurés le théâtre, il y a des auteurs et des acteurs, auxquels le théâtre aurait été probablement très ingrat, qui assurent leur existence par le cinématographe ; certains d’entre eux sont engagés à l’année' et ne'travaillent que pour une seule maison.
- Et il est préférable qu’il eii soit ainsi, car c’est un genre de travail tout à fait spécial qui diffère du théâtre ordi-
- Fig. 2. — Développement d’une bande.
- naire en ce sens que, si les répétitions doivent être poussées avec soin pour arriver à une exécution irréprochable, on ne joue la pièce qu’une seule fois et il faut se mettre aussitôt à en apprendre une autre. Il est vrai que la mémoire des mots n’est pas indispensable, mais il faut avoir celle, du geste. Pour le directeur aussi, c’est un genre
- tout différent; il ne doit pas chercher, dans la décoration et dans les costumes, les effets de couleurs ; la photographie ne lui donnerait de ce côté que des déceptions, rendant les rouges les plus éclatants en noir et les bleus
- Fig. î. — L’enroulement-d’une bande sur son cadre.
- les plus célestes en blanc. On a soin d’avoir des décors et des costumes en tons neutres, sauf ensuite à faire peindre la bande à sa fantaisie ; c’est là un travail tout spécial sur lequel nous reviendrons plus loin. Le théâtre doit être machiné comme les scènes ordinaires pour prendre le moins de temps possible dans l’équipement des décors ; mais, à l’encontre des autres scènes qui sont toujours très obscures et où la lumière artificielle est seule employée, celle-ci doit être en plein jour ; aussi la construction est-elle entièrement vitrée comme le montre notre gravure (fig. 4) qui est la reproduction d’une photographie de l’installation des établissements Gaumont à Paris. L’échafaudage, qui se trouve vers le milieu à droite, supporte de nombreuses lampes électriques très puissantes de façon à suppléer le soleil pendant les jours de pluie. En dehors des scènes exécutées à l’atelier il y a aussi celles qui se passent en plein air (fig. 5) et qu’on a avantage à exécuter à la campagne. Il faut alors se mettre à la recherche du cadre naturel qui conviendra le mieux à l’action représentée. Certains épisodes de la guerre Russo-Japonaise se sont déroulés dans les fossés des fortifications de Paris, d’autres sur les terrains vagues qui les avoi-sinent, ou dans le parc accidenté des Buttes-Chaumont. Pour certaines scènes de la Passion de Jésus-Christ, la maison Gaumont a emmené 130 figurants et 25 chevaux avec armes et bagages pendant plusieurs jours dans la forêt de Fontainebleau. Parfois il faut aller beaucoup plus loin pour trouver le site convenable; mais, très souvent aussi, on opère dans les environs immédiats de l’usine.
- Nous passions dernièrement dans une rue ordinairement très paisible de Vincennes, et nous apercevions un rassemblement important, puis tout à coup nous vîmes un ouvrier qui, du haut d’une échelle, lançait un gendarme sur
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- la foule. C’élait, pensions-nous, un gréviste qui donnait son opinion sur l'utilité de la maréchaussée... Mais la suite nous appi’it qu’il s’agissait simplement de la confection d’une bande de cinématographe par la maison Pallié, qui a une très importante usine dans le voisinage, et que le gendarme était censé tomber du ciel,comme Cyrano tombait de la lune, non pas métaphoriquement mais effectivement. Ceci nous amène à parler des bandes truquées. En dehors de véritables trucs de féeries, dont M. Méliès s’est fait une spécialité, et dont nous reparlerons, il y a les trucs qui sont destinés à représenter divers accidents réels. Si un omnibus doit renverser un échafaudage sur lequel se trouvent des ouvriers, on met sur cet échafaudage des clowns qui, comme les chats, ont le talent de toujours tomber sans se rien casser, et on s’entend avec le cocher de la voiture qui accroche en douceur; si c’est une locomotive qui renverse une voiture, on opère de môme, sur une voie à trafic réduit, après entente avec les agents de la compagnie du chemin de fer. Tout cela est fait avec un personnel choisi et très posément; mais le cinématographe aura soin de manœuvrer, aussi bien pour la prise du négatif que pour la projection sur l’écran, de façon à donner l’impression d’une action qui se déroule au contraire très vite : ce n’est qu’une question de plus ou moins de tours de manivelles à la seconde. S’il s’agit d’accidents invraisemblables, il faut user d’artifice. Voici, par exemple, un ballon qui, avec son ancre, va accrocher toutes sortes de choses pour les laisser retomber ensuite du haut des airs. On ira d’abord prendre une bande représentant un ballon qui s’élève en laissant pendre son ancre; puis, dans une rue peu fréquentée, on installe sur les toits des maisons, se faisant vis-à-vis, de solides gaillards qui tiendront les deux bouts d’un câble au milieu duquel seront suspendues la corde et l’ancre ; on disposera le cinématographe de façon que les images ne comprennent que la partie verticale de la corde et l’ancre. En promenant celle-ci sur l’espace de quelques mètres on accrochera tout ce qu’on aura eu soin d’y placer et on pourra représenter successivement l’enlèvement d’un kiosque à journaux,d’un cycliste, d’une ménagère avec son panier de provisions, etc. Ensuite, pour faire retomber tout cela sur terre, on procédera de façon analogue en précipitant le kiosque à journaux du haut d’un toit ; mais l’appareil ne le verra qu’au moment où il est entre ciel et terre; de même pour le cycliste, la ménagère... qui, bien entendu, serontreprésentés par des mannequins, tel le gendarme dont nous parlions tout à l’heure et qui, lui
- aussi, avait été enlevé par l’ancre du ballon. Ensuite toutes les bandes sont soigneusement raccordées bout à bout et, du négatif dont l’exécution a demandé plusieurs jours, on tire un positif qui, sur l’écran, donne l’impression d’une action qui se passe en quelques minutes. La facilité qu’on a de couper et de raccorder les bandes permet des effets de disparition et de substitution qui sont très souvent utilisés pour les scènes comiques ou fantastiques; mais, pour les véritables féeries à trucs, il faut le plus souvent les exécuter par les moyens ordinaires du théâtre : trappes, fils invisibles, fonds noirs, etc. ; aussi est-ce, comme nous l’avons dit, M. Méliès, directeur du théâtre Robert-Houdin, qui a la spécialité de ce genre de bandes dont quelques-unes sont de véritables chefs-d’œuvre d’imagination et d’exécution.
- Enfui l’éditeur de bandes cinématographiques doit aussi se préoccuper de l’actualité; il devra être tenu au courant de toutes les manifestations sportives intéressantes, s’assurer la meilleure place pour le défilé d’un cortège important, construire au besoin des échafaudages spéciaux. 11 n’hésitera pas non plus à envoyer des opérateurs dans tous les pays, même pour y suivre des opérations militaires et, en ce cas, le poste ne sera pas toujours sans danger. On conçoit que, d’une façon générale, l’exécution du négatif de la bande cinématographique coûte parfois très cher, souvent plusieurs milliers de francs ; ceux qui reviennent à 4 ou 5000 francs ne sont pas rares et on en cite qui ont coûté 20 et 30 000 francs. La Passion du Lbrist dont nous parlions plus haut, qui fut exécutée par les établissements Gaumont, a coûté environ 20 000 francs. La bande positive a fifiO mètres de long et comporte 33000 images qui mettent 20 minutes à défiler sur l’écran... et il y en a de plus longues.
- Pour arriver à avoir 100 mètres de négatif utilisable, il faut dépenser 2 ou 5 fois plus de bande, car on en gâche forcément beaucoup. L’opérateur, soucieux d’arriver à une
- exécution parfaite, recommencera parfois 3 ou 4 fois le même mouvement; ensuite, quand tout est terminé et qu’on fait passer la bande à la lanterne, on s’aperçoit qu’il y a des longueurs et on coupe de longues séries d’images pour constituer le négatif définitif; mais, si celui-ci est bien réussi, il produira des milliers de kilomètres de bande positive et il y en a qui sont tirés à jet continu pendant des semaines. Ce tirage se fait mécaniquement bien entendu et il nous reste à parler de la partie matérielle de l’exécution.
- La matière première, bande de celluloïd recouverte d’émulsion [au gélatino-bromure pour lesjnégatifs, au gélatino - chlorure
- Fig. 3. — Prise d’une bande cinématographique. Scène de plein air.
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- pour les positifs, n’est fabriquée pour le monde entier que par les deux maisons Easimann et Lumière. Ces bandes sont livrées non perforées, parce que, si la dimension des images est la même pour tous, les systèmes d’entraînement varient avec les appareils et il y a des dispositions différentes adoptées pour les trous que portent les bandes. Celles-ci passent donc tout d’abord, dans l’obscurité bien entendu, sur des perforeuses qui sont étudiées spécialement en vue de chaque cinématographe utilisé. Les bandes sont ensuite mises sur bobines et emmagasinées avec indications de la longueur et du genre de perforation.
- Lorsqu’elles ont été impressionnées, elles sont envoyées à l’usine de développement qui comprend de grandes salles où la lumière du jour est totalement proscrite et qui comportent de nombreuses cuves placées les unes à côté des autres et où plusieurs ouvriers travaillent à la fois. Le procédé le plus employé pour la manipulation des bandes consiste à les enrouler autour d’un cadre en bois (fig. 1) qu’on manie alors comme une plaque. On les trempe dans des cuves (fig .2) contenant le révélateur eton les en retire de temps en temps pour surveiller la venue de l’image au moyen d’une lanterne rouge ; les opérations de lavage et fixage se font toujours avec ce cadre dont on ne détache les bandes qu’àprès le séchage complet. Elles sont alors enroulées sur elles-mêmes et passent à la vérification et au raccord. Quand le négatif est constitué par le soudage des différentes parties de bandes, prises comme nous l’avons expliqué plus haut, il passe à l’atelier de repiquage où des ouvrières munies d’un pupitre à retouche, et
- d’excellents yétlX, examinent les images une à une et, au moyen d’un minuscule pinceau, bouchent les petits trous qui peuvent exister. Le négatif est alors enroulé et mis en boite pour l’atelier de tirage. L’impression des bandes positives se fait par contact. La bande négative est entraînée en même temps que la bande sensible au gélatino-chlorure dans un appareil analogue à un cinématographe ordinaire devant lequel est une lampe à incandescence.
- Le développement, le fixage et le virage s’il y a lieu se font au moyen de cadres et de cuves comme pour les négatifs, mais dans des pièces moins obscures puisque les émulsions pour positifs sont moins sensibles à la lumière. Une fois sec, le positif passe aussi sur le pupitre à retouche et certains d’entre eux sont non seulement retouchés, mais peints. On a peine à croire que chacune des 30 000 images, que comportent certaines bandes, a*été peinte à la main ! cela s’est fait cependant. Ce sont des femmes qui font généralement ce travail, en le divisant à l’infini, chacune faisant toujours le même ; l’une peignant seulement les figures, l’autre les parties des vêtements bleus, une autre les rouges, etc... Mais aujourd’hui on a facilité le travail en le faisant au patron, comme on le fait pour les journaux de mode, les cartes postales, etc. On tire plusieurs positifs qui sont sacrifiés ; sur l’un on découpe toutes les figures, les mains, en somme tout ce qui est chair. L’ouvrière n’aura alors qu’à appliquer ce patron sur la bande à peindre et à passer uniformément une brosse chargée de couleur chair. On fera de même pour les vêtements, les arbres, etc. Une
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- seule bande peut nécessiter 4 ou 5 patrons et le travail le plus délicat consiste à découper ceux-ci. Mais une fois cela fait, on comprend combien le travail est simplifié et peut être fait rapidement; on comprend même qu’il est très possible de le faire à la machine et cela permettra d’abaisser dans une assez large mesure le prix de vente qui est encore aujourd’hui d’environ 2 fr. le mètre, tandis que celui des bandes ordinaires varie de 1 fr. à 1 fr. 25. Si on applique ces prix au nombre de mètres que nous avons indiqué au début de cet article, on voit à quel chiffre d’affaires on arrive dans cette industrie qui fait vivre un nombre considérable de personnes et qui jusqu’à présent, nous sommes heureux de le constater, a son principal siège en France. G. Makeschal.
- CHRONIQUE
- L’heure lumineuse. — Les Parisiens peuvent chaque soir lire l’heure en chiffres électriques monumentaux sur la face nord de la plate-forme du 2e étage de la tour Eiffel. La ISalure avait préconisé pour les gares de chemins de fer, cette application des annonces électriques, il y a déjà six ans1. C’est du pont Alexandre qu’on peut le mieux voir l’aiguille se déplacer par un saut brusque à chaque minute, comme sur les cadrans des horloges pneumatiques. Celles-ci, rappelons-le en passant, continuent à posséder un cadran trop bas placé et insuffisamment éclairé le soir.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 novembre 1907.
- Présidence de M. Becquerel.
- Le récent passage de Mercure. — Le récent passage de Mercure, du 14 novembre, est l’objet d’une série de lettres des directeurs d’Observatoires français et d’astronomes, d’une communication de M. Bigourdan et d’une autre de M. le général Bassot. MM. Picard et Esclangon, à Bordeaux, André, à Lyon, de même que les astronomes de Toulouse, ont eu un temps nuageux, mais ont pu faire quelques déterminations d’ordre astronomique. M. Bigourdan résume la situation : les observateurs de la région au Nord du parallèle de Paris ont eu mauvais temps, excepté à Roubaix où un amateur a pu opérer des mesures du diamètre de la planète ; les observateurs de la région au Sud de ce parallèle ont été plus ou moins favorisés. Il faut citer surtout ceux de Nice et de Marseille. A Nice, les phénomènes du passage ont été observés à l’aide des trois équatoriaux. En outre, M. de la Baume-Pluvinel, qui s’était rendu à l’Observatoire avec ses instruments, a réussi dans ses recherches sur l’absorption que pourrait exercer l’atmosphère de Mercure sur les radiations solaires. 11 a pu avoir le spectre du Soleil au bord de la planète et a ainsi constaté que les bandes noires du spectre solaire ne sont pas modifiées. Ce résultat, bien que négatif, est important. A Marseille, l’un des astronomes a aperçu le « ligament noir » avant le 2e contact et avant le 3e. Les conditions des observations semblent démontrer qu’il s’agit d’un phénomène purement subjectif.
- 1 Voir La Nature, 1901, tome II, p. 429, Les Horloges publiques, par Jean Yezy.
- Signe caractéristique de la mort. —- M. Edmond Perrier présente une Note de M. Vaillant, directeur du laboratoire de radiographie de l’hôpital Lariboisière, qui a essayé de déterminer par la radiographie un signe certain de la mort. Après avoir comparé un très grand nombre d’épreuves de la tète et du thorax fournies par des sujets vivants et par des cadavres, il a reconnu que l’épreuve de l’abdomen présentait le signe cherché. L’épreuve de l’abdomen du vivant ne révèle aucun organe; au contraire, l’épreuve de l’abdomen du cadavre laisse apercevoir l’intestin et les circonvolutions. Les épreuves sont d’autant plus caractéristiques qu’elles ont été prises plus longtemps après la mort, mais les différences sont sensibles lorsque le cadavre est encore chaud. L’auteur indique deux explications que l’on peut donner de cette particularité des épreuves radiographiques.
- Le calcul graphique. — M. llumbert présente le volume de l’encyclopédie scientifique contenant les « leçons de calcul graphique et Nomographie » professées dernièrement à la Sorbonne par M. Maurice d’Ocagne. Dans ce volume l’auteur a résumé, sous forme didactique, les théories qu’il avait précédemment données dans des publications bien connues.
- Changements dans des végétaux. — M. G. Bonnier présente un travail de M. Molliard sur la transformation des plantes épineuses. L’auteur a repris les recherches de Lothelier et a trouvé comme lui que ces plantes et en particulier les ajoncs forment des feuilles ordinaires au lieu d’épines, lorsqu’on les cultive à l’air humide. Mais si, au lieu de leur donner comme aliments des substances minérales, on les nourrit avec du sucre qu’absorbent les racines, on voit la plante se transformer et donner de nombreux piquants. La nourriture sucrée fournie aux racines produit donc sur la plante le même effet que l’air sec. M. Bonnier présente ensuite une Note de M. llucamp relative à l’influence du piétinement renouvelé sur la forme des végétaux. Il a observé, sur le champ de manœuvre d’Avesne, que 787 pour 1000 des pieds de trèfles présentaient des fleurs transformées en folioles. Mais une interruption s’étant produite dans l’usage du champ de manœuvre, il n’y avait plus qu’une proportion d’anomalies de 2 pour 1000.
- Les sons du diapason. — M. Yiollc présente une Note de MM. Sizes et Massol sur les sons du diapason. Les auteurs ont pu reconnaître l’existence d’hai’moniques graves du son fondamental correspondant à des sons différant de plusieurs octaves de ce son.
- Les ratjons du radium et le corindon. —M. d’Arsonval présente une Note de M. Bordas relative à des expériences par lesquelles l’auteur s’est proposé de déterminer l’influence des différentes radiations émanant du radium. Laissant de côté les rayons a qui sont les moins pénétrants et qui ne peuvent agir dans les corindons, M. Bordas a soumis des pierres à l’influence des rayons X qui sont au contraire très pénétrants et analogues aux rayons y du radium. L’expéi’ience montre que les rayons X sont susceptibles d’amener des modifications de coloration, d’aviver les couleurs. On voit donc que les rayons X provoquent dans les corindons des changements qui sont idem tiques à ceux qui peuvent être attribués à la catégorie de radiations du radium désignée par la lettre y.
- Cii. de Villedeuil.
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- LE LANCEMENT D’UN « DEMI-NAVIRE »
- pi,v_ 2, __ La nouvelle proue du Stiéoic.
- i titre plongerait nos lecteurs dans une extrême lexité si nos illustrations ne venaient aussitôt
- l’expliquer. Ils auront compris qu’il s’agit ici du Suevic, le paquebot dont un de nos collaborateurs
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- exposa la mésaventure. Rappelons les faits. En mars dernier, le Suevic, steamer de la White Star Line, s’échouait sur le Stag Rock, dangereux écueil situé au large du cap Lizard. L’avant seul, retenu par une pointe de roche, avait souffert. L’arrière, avec ses coûteuses machineries, était intact.
- On parlait déjà d’ahandonner l’épave, quand un ngénieur anglais conçut une idée qu’il ne faut pas hésiter à qualifier de sublime : il proposait d’amputer le navire, d’abandonner à l’écueil la partie endommagée, de remorquer l’autre à Southampton et de lui construire une nouvelle proue !
- Ce qui fut fait ! i(f
- Il est à peine besoin de dire que la proposition
- vapeurs, s’acheminait vers Southampton. Le soudage — j’allais dire le greffage ! — ne demandera que sept à huit semaines, et la flotte de la White Star rentrera en possession d’un navire qui, pour avoir vu la mort de près, n'en rendra pas moins d’excellents services.
- La partie ajoutée est longue de 212 pieds. Comme le montre une de nos photographies, elle comprend des superstructures, dont la passerelle du capitaine, plus un mût.
- Il y a quelques années, les chantiers llarland et Wolif avaient exécuté un travail analogue ; mais le navire « complété » était de faible tonnage. Le cas du Suevic peut donc être considéré comme une
- Fig. 5. — Le lancement de la nouvelle proue.
- parut hardie, voire irréalisable. Les armateurs se montraient incrédules ; ils se sentaient peu disposés à faire les frais d’une expérience au succès de laquelle personne n’osait croire.
- Mais nous avons déjà dit que les parties intéressées se mirent rapidement d’accord, et que les travaux de sauvetage furent menés rondement.
- Tandis qu’une cale sèche du port de Southampton recevait la partie sauvée et que de nombreuses équipes d’ouvriers la remettaient en état, les chantiers bien connus de MM. llarland et Wolff, à Belfast, poussaient activement la construction de la proue.
- Celle-ci était terminée dans les premiers jours d’octobre, et, sans cérémonie, le lancement avait lieu le 6 du même mois. L’opération réussissait à merveille, et le demi-navire, remorqué par deux
- brillante innovation. Au moment où nous mettions sous presse, notre correspondant de Londres nous mandait que l’avant lancé à Belfast avait accompli la traversée de la mer d’Irlande et du canal de Bristol sans subir d’avaries, bien qu’il eût été assailli en route par une violente tempête qui faillit être fatale à l’un des deux remorqueurs qui le conduisaient.
- Il arrivait sans encombre à Southampton et prenait place dans la forme où l’attendait le Suevic, ou plutôt les deux tiers du paquebot.
- Les opérations de raccordement furent commencées aussitôt. Y. Forbin.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Laiiuiuî, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1801. — 30 NOVEMBRE 1907.
- LA NATURE.
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- LAMARCK
- Nos lecteurs savent qu’on doit prochainement élever une statue de Lamarck au Muséum d’Histoire naturelle. Cette réparation tardive sera, nous l’espérons, le prélude d’un autre hommage, plus digne de celui qui en sera l’objet, nous voulons dire cette édition nationale de ses œuvres, si nécessaire et jusqu’ici si vainement attendue. Aujourd’hui, en effet, les exemplaires de ses travaux sont si rares que seuls les érudits peuvent y avoir accès et qu’on est trop souvent réduit à ne les connaître que de seconde main.
- Lamarck est cependant le père de ce qu’il y a de meilleur dans les doctrines actuelles des naturalistes, l’auteur responsable, le précurseur, de beaucoup d’idées philosophiques qui tour à tour ont connu le succès au cours du xix° siècle, et nous croyons devoir, en quelques lignes, exposer la portée de son œuvre. Pour cette tâche d’ailleurs, nous nous servirons surtout de matériaux empruntés à ces quatre magnifiques Discours d'ouverture des cours de zoologie de Lamarck (an Mil, an X, an XI, et 1800) que l’éminent biologiste,
- M. Giard, vient de rééditer, dans le célèbre Bulletin scientifique de la France el de la Belgique (1907).
- Ces discours, résumant les principes de Lamarck en ce qui concerne les sciences naturelles, mesurent l’intérêt que présentera la réédition totale de l’œuvre.
- Rappelons d’abord que Jean-Baptiste Pierre Antoine de Monet, chevalier de Lamarck, né à Bazentin (Picardie), le Tr août 1744, après avoir été abbé, puis militaire, ne tarda pas à se fixer à Paris et se consacra tout entier à la botanique. En 1778, il publia, sous le patronage de Bulï'on, la Flore française ou Description succincte de tous les genres de plantes qui croissent naturellement en France, où, pour la première fois, apparaît ce procédé de la clé dichotomique qui facilite si grandement les déterminations. Chargé ensuite de rédiger la partie botanique dans Y Encyclopédie, Lamarck commença, bientôt après, sa publication en trois volumes de YIllustration des genres(1191, 1793, 1800), où il donne, avec 900 planches, les caractères de 2000 genres de plantes. 11 était alors conservateur des herbiers au Jardin des Plantes, ce qui lui assurait d’assez maigres moyens de vivre, quoique sa réputation fût, déjà, européenne.
- 35e année. — 2e semestre.
- Portrait de Lamarck. par Thévenin. (D'aprcs les Nouvelles archives du Muséum.
- Heureusement le décret du 10 juin 1793, qui réorganisa le Muséum d’Histoire naturelle, vint enfin donner à Lamarck une position officielle digne de lui. Il fut adjoint à la chaire de zoologie, occupée par son cadet et futur disciple, Geoffroy Saint-Hilaire, et chargé des insectes et des vers, ces deux noms désignant alors tout ccl ensemble dont on ne soupçonnait ni la grandeur ni l’ordre, et dont Lamarck allait débrouiller le chaos. C’est à ce poste, qu’il occupa jusqu’à sa mort (18 décembre 1829), que Lamarck publia la série de ses nombreux travaux : Recherches sur les causes des principaux faits physiques (1794); — Mémoires de physique et d'histoire
- naturelle établis sur des bases indépendantes de toute théorie (1797) ; — Réfutation de la théorie pneumatique et de la nouvelle doctrine des chimistes modernes (1796); — Hydrogéologie (1802) ;— Système des animaux sans vertèbres (1801); — Extrait du cours de zoologie du Muséum d’Histoire naturelle sur les animaux sans vertèbres (1812); — Histoire naturelle des animaux sans vertèbres (1815-1822); -
- Philosophie zoologique (1809); — Mémoires sur les coquilles fossiles des environs : de Paris (1802-1806-1823); — Annuaire méléorolo-gique(\m-moy, — Système général des connaissances positives de l’homme restreintes à celles qui proviennent directemen t ou indirectement de l’observation (1820).
- On comprend que nous ne puissions pas entrer dans l’examen détaillé de celte production. Nous nous attacherons seulement aux idées du naturaliste, dont l’essence, comme nousl’avons dit, se trouve concentrée dansles quatre admirables discours d'ouverture réédités par M. Giard.
- C’est dans ces discours, en effet, que Lamarck jette les bases de cette classification des êtres vivants que l’on a pu développer depuis, mais qui, dans ses grandes lignes et plus encore dans son esprit directeur, est restée et restera.
- A la base, après avoir séparé le règne végétal et le règne animal, Lamarck établit dans celui-ci deux grandes coupures, d’une part, les animaux à vertèbres (mammaux, oiseaux, reptiles, poissons), de l’autre les animaux sans vertèbres. Quant à ceux-ci, il les divise en 9 groupes, ce qui fait 13 classes dans le
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- règne animal, en comptant les vertébrés. Nous croyons devoir citer in extenso le schéma de la Classification des animaux sans vertèbres que nous empruntons au discours de 1806,
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- Animaux ayant des branchies, un système de circulation, des nerfs, et des organes sexuels.
- 2
- Animaux ayant des trachées aéri-fères, soit bornées, soit générales, des stigmates pour l’entrée de l’air, des nerfs et des organes sexuels.
- 3
- Animaux respirant par des pores ou des trachées aquifères.
- Plus de nerfs, plus d’organes sexuels.
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- Animaux n’ayant aucun organe spécial autre que l’ébauche d’un organe de déjection.
- Nous n’entrerons pas dans l'étude détaillée des définitions que donne Lamarck de chacune des 13 classes ainsi rangées, mais nous devons indiquer la grande idée lamarc-kienne qui fait de cette classification, non pas seulement un moyen commode de retrouver un être déterminé, mais par-dessus tout un ordre véritable ; c’est cette observation que, du haut en bas de la série de ces 13 classes, c’est-à-dire en allant _ des mammaux aux polypes, il existe « une dégradation soutenue dans l’organisation des animaux qu’elles comprennent, une simplification croissante de l’organisation de ces corps vivans, et une diminution progressive du nombre de leurs facultés. En sorte que, si l’extrémité inférieure de cette échelle offre le minimum de l’animalité, l’autre extrémité en présente nécessairement le maximum\ » D’autre part Lamarck observe en plusieurs endroits'que le nombre des représentants de chaque classe est d’autant plus grand qu’on descend davantage dans la série, c’est-à-dire qu’on s’adresse à des classes présentant plus de simplicité. De sorte qu’en la ramenant à ce qu’elle a d’essentiel, la classification de Lamarck est une série linéaire où chacune des grandes masses qui la composent est caractérisée par le rapport de la compréhension à Y extension', c’est sur le jeu des mêmes termes antinomiques qu’est établie la classification des sciences de Comte, cet esprit par tant d’endroits apparenté à Lamarck, et, d’un point de vue purement philosophique, un tel type de classification est à coup sûr celui qui satisfait le plus à l’esprit.
- Mais si, dans le pêle-mêle des formes vivantes qui coexistent sur notre planète, Lamarck introduisait ainsi le meilleur ordre possible, il devait cependant aller plus loin. Cet ordre, établi sur l’examen des formes coexistantes, était à la rigueur valable seulement dans l’espace : Lamarck affirma qu’il possédait une égale valeur dans le temps. De même que, dans l’espace, l’esprit humain peut suivre la complexité croissante des formes de la
- 1 Discours de l’an X, p. 62, de l’édition Giard. On se rendra exactement compte de cette dégradation progressive par le tableau du règne animal joint à ce discours d’ouverture et que nous reproduisons dans le Supplément du présent numéro, p. 213.
- vie, de même, dans le temps, la nature, après avoir preduit d’ahord les formes les plus simples, s’est élevée lentement et par étapes jusqu’aux plus parfaites. Affirmer que ce qui est vrai dans l’espace et dans la logique est également vrai dans le temps et dans la vie, telle est à nos yeux l’originalité profonde, ce que nous croyons devoir appeler le postulatum de Lamarck. Par une telle affirmation, il dépassait en vérité de beaucoup le cadre des seules sciences naturelles, — donnait une méthode nouvelle à la pensée humaine, et qui devait être prochainement employée par Comte, affirmant, à l’exemple du grand naturaliste précurseur, que la classification des sciences n’était pas seulement une conception de la scholastique, mais représentait une loi historique de l’esprit humain. Nous employons d’ailleurs à dessein le mot de postulatum pour désigner ce qui nous paraît la plus haute pensée de Lamarck ; c’est que, chez lui, cette pensée apparaît bien plus comme philosophique, — une sorte de principe a priori destiné à faire la science — que comme le résultat d’une enquête sur les destinées de la vie aux époques passées ; cette enquête, qui d’ailleurs justifia Lamarck, c’est aux paléontologistes qu’en revient la gloire, à ces paléontologistes qui, lorsqu’ils s’appelaient Cuvier, Barrande, d’Orbi-gny même, furent obstinément opposés, et, croyons-nous, pour des raisons profondes, aux doctrines transformistes qu’ils travaillaient inconsciemment à démontrer.
- Au contraire, pour expliquer le plus simplement possible l’ordre d’apparition des formés successives de la vie, Lamarck, dès l’abord, pensa qu’elles descendaient les unes des autres, par une série de transformations, ce qui est, comme on sait, la doctrine de l’évolution et du transformisme : « La nature me paraît être parvenue à faire exister tous les corps naturels que nous observons et qui font le sujet de vos études... tous ces corps étant véritablement sa production, il a suffi que quelques-uns d’entre eux aient été formés directement par elle, tandis qu’elle n’a participé à l’existence de tous les autres qu’indirectement, les ayant fait successivement dériver des premiers, en opérant peu à peu, et à la suite de beaucoup de temps, des changements et une composition croissante dans l’organisation de ces corps vivans et en conservant toujours par la voie de la reproduction les modifications acquises, ainsi que les perfectionnements obtenus1. ))
- Mais par quels moyens la nature réalise-t-elle ces modifications successives? Quel est le mécanisme de l’évolution? Lamarck n’a pas manqué de se poser, et longtemps avant Darwin, cette question, qui est celle de l'origine des espèces, et, dans ce qu’elle a d’essentiel, sa solution reste la vraie. Devançant d’un siècle l’heureilse formule d’Ernest Solvay qui définit l’être vivant « une réaction2 », Lamarck voit en lui la position d’équilibre obtenue à chaque instant dans le conflit des forces internes et des circonstances extérieures. Le milieu crée dans l’ètrc des nécessités, auxquelles il répond en se modifiant, de sorte que c’est seulement par une illusion que nous pouvons considérer la vie d’un point de vue statique, — l’équilibre est à chaque instant différent de ce qu’il était auparavant, la vie est un perpétuel devenir : « La conformation des individuset de leurs parties, dit Lamarck, ... leurs organes, leurs facultés, etc., etc., sont entièrement le résultat des circonstances dans lesquelles la race de chaque espèce s’est trouvée assujettie par la nature.... Ce n’est point la forme, soit du corps, soit de ses parties, qui donne lieu
- 1 Discours et# 1806, éd. Giard, p. 110.
- 2 Formules d’introduction à l'énergétique.
- 1. Les Mollusques.
- 2. Les CmiunrÈDEs.
- 3. Les Annélides.
- 4. Les Crustacés.
- 5. Les Arachnides.
- 6. Les Insectes.
- 7. Les Vers.
- 8. Les Radiaires.
- 9. Les Polypes.
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- aux habitudes, à la manière de vivre des animaux.... ce sont au contraire les habitudes, la manière de vivre et toutes les circonstances influentes qui ont avec le temps constitué la forme du corps et des parties des animaux. Avec de nouvelles formes, de nouvelles qualités ont été acquises et peu à peu la nature est parvenue à l’état où nous la voyons actuellement1 ». — « L’habitude d’exercer un organe, dans tout être vivant qui n’a point atteint le terme de la diminution de ses facidtés, non seulement perfectionne cet organe, mais même lui fait acquérir des développements et des dimensions qui le changent insensiblement ; en sorte qu’avec le temps, elle le rend fort différent du même organe considéré dans un autre être vivant qui ne l’exerce point ou presque point, il est aussi très facile de prouver que le défaut constant d’exercice d’un organe l’appauvrit graduellement et huit par l’anéantir2 * » — textes importants dont il faut encore rapprocher les trois lois suivantes : « Premièrement : l’exercice de la vie, et conséquemment du mouvement organique qui en constitue l’activité, tend sans cesse non seulement à étendre et à développer l’organisation, mais il tend en outre à multiplier les organes et à les isoler dans des foyers particuliers.... Secondement : l’emploi habituel d’un organe, surtout s’il est fortement exercé, fortifie cet organe, le développe, accroît ses dimensions, agrandit et étend ses facultés.... Troisièmement : enfin, les efforts faits par le besoin pour obtenir des facultés nouvelles, se trouvant aidés du concours des circonstances favorables, créent avec le temps, les organes nouveaux qui sont propres à ces facultés, et qu’ensuite un long emploi développe5 ». Lamarck a d’ailleurs illustré ces affirmations d’exemples nombreux, qui, quoi qu’on en ait dit, restent pour la plupart bien choisis et pleins de valeur, car, jusque dans l’exemple classique de la girafe qui allonge le cou pour atteindre sa nourriture, nous croyons qu’une lecture trop littérale du texte permet seule d’y voir du ridicule, l’idée se ramenant à affirmer que la forme de la girafe est fonction de ses nécessités biologiques.
- Lamarck, d’autre part, a voulu montrer quelles sont ces circonstances de milieu qui agissent sur la vie pour lui donner ses formes, et nous citerons entre autres à ce sujet l’important passage suivant : « Les principales [circonstances favorables] naissent de l’influence des climats, des variations de température de l’atmosphère et tous les milieux environnans, de la diversité des lieux, de celle des habitudes, des mouvements, des actions, enfin de celle des moyens de vivre, de se conserver, se défendre, se multiplier, etc., etc.4 ». Ce petit paragraphe semble le plan d’un travail sur ce que de nos jours on a appelé les facteurs primaires de l’évolutionK. Telle est bien d’ailleurs la portée des recherches de Lamarck et ce en quoi il se différencie profondément de Darwin ; celui-ci en effet, suivant le mot de M. Giard, « prend les variations telles qu’il les rencontre, sans s’occuper de les rattacher à leurs causes immédiates, et il cherche par quelle loi ces variations peuvent être fixées pour constituer les races et les. espèces nouvelles », il démontre les facteurs secondaires de l’évolution.
- 1 Discours île l’nn VIII, éd. Giard, p. 28. Cf. Discours de l’an X, p. 72.
- 2 Discours de l'an A', éd. Giard, p. 75.
- 5 Discours de l’an XI, éd. Giard, pi 88-90.
- 4 Discours de Van VIII, éd. Giard, p. 27.
- b M. Giard a fait, sous ce litre, un cours à la'Sorbonne publié chez Croville Morani ; une admirable introduction précise, d’une façon particulièrement nette, la valeur de Lamarck et de Darwin.
- 11 est intéressant de se demander ce que devient la notion d’espèce dans ce vaste système conçu par Lamarck, et l’on sait qu’il s’est livré à ce propos une des plus grandes luttes scientifiques de ces derniers siècles, — qui devait aboutir à classer les naturalistes en transformistes ou en non transformistes, c’est-à-dire en adversaires ou en partisans de la fixité des espèces. Aujourd’hui, dans l’esprit de la plupart des naturalistes, devenus, avec raison selon nous, adeptes du transformisme; la lutte paraît terminée — ce qui nous semble vrai — et la défaite des partisans de la fixité consommée — ce qui nous semble faux. Nous devons oser le dire en effet, il nous paraît qu'on a posé à tort a priori, dans les deux camps qui se faisaient face et qui se couvraient d’arguments, la similitude du problème du transformisme et du problème de la fixité. Nous croyons qu’il y a là non pas un, mais deux problèmes, bien distincts, de sorte qu’à la rigueur il est indifférent que l’on croie ou ne croie pas à la fixité des espèces pour être ou ne pas être transformiste. Et, pour dire entièrement notre pensée, nous allons plus loin encore : entre Lamarck, qui écrit : « j’ai longtemps pensé qu’il y avait des espèces constantes dans la nature et qu’elles étaient constituées par les individus qui appartenaient à chacune d’elles, maintenant je suis convaincu que j’étais dans l’erreur à cet égard et qu’il n’y a réellement dans la nature que des individus1 » et Cuvier, qui en se basant sur l’observation d’animaux de l’ancienne Égypte, comparés à ceux d’aujourd’hui, affirmait au contraire la constance de ces mêmes espèces, nous n’hésitons pas à considérer que c’est ce dernier qui est dans la vérité, et qu’il serait temps de rendre enfin cet hommage à son génie que, sur la question de la fixité, il eut entièrement raison contre Lamarck. Ce serait nous entraîner trop loin <pie de faire la preuve de celte affirmation, sur laquelle nous aurons peut-être prochainement à revenir, et nous nous contenterons de deux remarques : la première est cette observation faite par le regretté philosophe Hamelin, dans son admirable Essai sur les éléments i^rincipaux de la représentation, qu’il y à quelque chose de contradictoire à admettre la non fixité de l’espèce, puisque ce concept est précisément caractérisé par l’idée de fixité; la seconde, qui corrobore cette vue philosophique, est la découverte des faits de mutation, récemment effectuée dans le règne végétal et sur laquelle nous reviendrons : ils montrent dans les cas étudiés, que ce n’est pas lentement, par une insensible modification, mais brusquement, par une sorte de saute, que la vie se modifie dans ses formes successives; pour parler rigoureusement, il n’y a pas en réalité de transformisme d’espèce à espèce, mais passage de l’une à l’autre, comme il n’y a pas transformation, mais naissance, de la mère à l’enfant. Sur ce point donc, le progrès de la science a rectifié les vues du grand naturaliste; alors qu’il demandait, pour l’accomplissement des transformations effectuées par la nature, des durées de temps considérables; nous savons maintenant au contraire, nous croyons savoir, que c’est en des temps brefs que se fait le passage d’une espèce à l’autre ; ensuite de quoi l’espèce nouvelle semble se maintenir stable pour un devenir incomparablement long, jusqu’à ce que vienne, — pour l’anéantir et la remplacer par une espèce nouvelle, sa fille, — upe autre crise, une autre révolution, pour restaurer l’expression si heureuse de Cuvier. Marcel Blot.
- 1 Discours de l’an X, éd. Giard, p. 80.
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- LA NATURE.
- EXPOSITION DECENNALE DE L’AUTOMOBILE
- LE MOTEUR ROBERT ESNAULT-PELTERIE
- Le moteur léger de M. Robert Esnault-Pelterie | mum, elles seraient capables de transmettre des constitue une des nouveautés les plus remar- r, ell’orts bien plus grands. Le vilebrequin d’un
- quables du Salon de l’Automobile. Ce moteur, |n| moteur de 10 chevaux pourrait transmettre
- spécialement construit en A ^ m -1-—~.......
- vue de l’aviation, est le
- résultat de quatre aimées de recherches théoriques et pratiques; les premiers
- aisément 40 chevaux, s’il travaillait continuellement sous une force égale à celle de l’explosion.
- 11 semble donc logique,
- essais, près de Versailles, datent de 1906 seulement.
- M. Esnault-Pelterie a cherché à rassembler dans ce moteur les conditions de légèreté et de sécurité ; la première serait facile à réaliser en réduisant la section des pièces; mais, pour ne pas faire travailler ces pièces à un taux inadmissible et laisser à toutes les parties la solidité nécessaire, il a fallu faire porter uniquement les recherches sur la simplification de tous les organes et leur réduction à l’indispensable.
- Actuellement l’utilisation de la matière est encore imparfaite dans tous les moteurs. Le maximum d'effort produit par l’explosion dans le cylindre ne dure que pendant un temps très court; cependant, pour que les pièces résistent, il est indispensable de calculer les cylindres, les pistons, les bielles en vue de cet effort maximum. S’il était possible de faire travailler
- J^y/atrrb' G\.
- Fig'. 1. — Lu moteur R E F : coupe pur lu groupe des quatre cylindres.
- Fig. 2.
- Le Moteur REP: coupe par l’un des cylindres et le vilbrequin.
- constamment toutes ces pièces sous cet effort maxi- | placés la tête en bas, les 7 cylindres ont été divisés en
- dans un moteur léger, de disposer les cylindres en étoile autour d’un maneton unique qui subirait un effort d’autant plus régulier que le nombre des cylindres serait plus élevé, tandis que le carter et le vilebrequin travailleront presque constamment sous un effort correspondant à leur force; à la condition cependant d’obtenir une répartition très régulière des explosions pour éviter les trépidations et supprimer le volant. Le moteur étant à quatre temps, chaque cylindre travaille une lois seulement tous les deux tours. On est alors conduit à adopter un nombre impair de cylindres et les explosions se produiront, pendant 1 e premier tour,dansl’ordrel, 3, 5, 7...............et pen-
- dant le deuxième tour dans l’ordre
- 2,4, 6, 8....
- L’inventeur s’est arrêté à 7 cylindres travaillant sur le même maneton et disposés en étoile; mais, comme il est impossible de graisser des cylindres
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- LA NATURE.
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- deux groupes, l’un de trois et l’autre de quatre, tous deux placés au-dessus du plan horizontal. Le mane-ton unique devient alors impossible ; c’est pourquoi le moteur R. Ë. P., à 7 cylindres, possède un vilebrequin à deux coudes comme un deux-cylindres ordinaire, l’un des manetons recevant le travail de quatre cylindres et l’autre celui de trois cylindres, les explosions se produisant, dans l’ordre : 1, 3, 5, 7,
- 2, 4, 6, etc.
- L’équilibrage se réalise naturellement dans d’excellentes conditions. Quant à la distribution, l’inventeur est parvenu à la réaliser avec une seule came par groupe de cylindres. Dans un moteur étoilé à 7 cylindres, la came unique, qui commande à tous les cylindres, doit tourner en sens contraire et à une vitesse N-l (N représentant le nombre des cylin-
- N-l
- dres) fois moindre ; de plus elle devra posséder
- bossages également répartis sur sa périphérie. Les cylindres étant groupés en deux séries, la came se dédouble en deux, décalées de 180 degrés, comportant trois bossages. Mais celte came commande à la lois l’admission et l’échappement qui s’opèrent par une soupape unique à double levée ; chaque bossage devient nécessairement double, la partie la moins accentuée étant chargée de l’échappement, tandis que l’autre réalise l’admission. Il est bien évident que la fermeture de l’une et de l’autre tuyauterie précède immédiatement l’ouverture de la suivante. Ce dispositif a permis une importante diminution du nombre des pièces et accessoirement un brassage du mélange pendant l’admission et un réchauffage simultané très avantageux
- pour la régularité de la combustion du mélange.
- Il nous est impossible de parler en détail de toutes les autres particularités de ce moteurdans lequel tout est nouveau; il comporte deux bielles, dont l’une a trois biellettes correspondant au groupe de
- Fig. 5.
- Le moteur 11 E I‘ vu de lace.
- Fi"'. 4. — Le moteur
- quatre cylindres et l’autre deux biellettes pour le groupe de trois cylindres. Les articulations des pieds de bielle sont à double surface portante. Enfin l’allumage se lait par un distributeur à haute tension et le refroidissement a lieu par ailettes.
- Le moteur qui équipe le planeur fait 35 chevaux; son vilebrequin, bielles et biellettes comprises, pèse seulement 2,500kg;chaque biellelte, qui reçoit à chaque explosion 1100 kg, pèse 105 grammes. Les pistons avec leurs segments et le montage du pied de bielle n’excèdent pas 600 grammes ; le poids du carter complet avec ses goujons est de 5,250 kg. Le moteur nu pèse 47,500 kg et 52 kg en ordre de marche ; en y ajoutant le poids de la bobine, celui des accumulateurs et même celui de l’hélice on arrive à peine à 60 kilogrammes. Ces résultats sont d’autant plus intéressants que nulle part les pièces en acier ne fatiguent à plus de 15 kilogrammes par millimètre pour le vilebrequin et 12 kilogrammes pour toutes les autres pièces. La fonte travaille à
- 2.500 kg et l’aluminium à
- 1.500 kg maximum.
- Quant au planeur proprement
- dit, il est constitué par une surface principale portant presque tout le poids de l’ensemble et un gouvernail à l’arrière, utilisé pour la direction dans tous les sens. Le plan et le gouvernail sont reliés par un corps fusiforme qui porte, tout à fait à l’avant, le groupe moteur ; vers le milieu se trouve le siège de l’aviateur. L’ensemble repose sur deux roues placées en tandem, le poids étant supporté presque entièrement par celle d’avant, la roue arrière ne soutenant que la queue. De plus Textrémité de chaque aile se termine également par une petite roue.
- Les plans porteurs, les deux ailes sont concaves, leur envergure est de 9,60 m. et leur surface totale est de 15 mètres carrés. Ils sont formés de deux poutres armées transversales qui soutiennent, à
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- LA NATURE.
- 25 centimètres de distance, des nervures d’une l’orme appropriée et dont la courbure varie depuis le milieu, de l’appareil jusqu’à l’extrémité des ailes en fonction de la vitesse de l’air qui vient les frapper.
- dans cette position il sert à effectuer les déplacements verticaux ; par sa rotation autour de l’axe de l’appareil, il commande la direction horizontale.
- Le corps fusiforme reliant les ailes au gouvernail
- Fig. 5. — L’aéroplane R. Esnault-l'elterie : le départ.
- Toutes les nervures, en aluminium, sont évidées en forme de double T pour les alléger sans les affaiblir. Les poutres transversales, armées d’acier, travaillent d’une façon analogue à celle d’une poutre en double T, et à chaque point d’inflexion de la fibre neutre, l’àme, qui est en bois sur le reste de la longueur, a été construite en aluminium et permet un croisement normal des lignes de force.
- Bien que cette surface ait un porte-à-faux de 4,80 m. de part et d’autre de sa partie médiane,, elle n’est soutenue par aucun hauban supérieur, sa rigidité demeure très suffisante pour qu’elle puisse se soutenir d’elle-même lorsque l’appareil occupe la position de départ., Par cqntre, quatre haubans placés en dessous, en des points,déterminés, supportent la majeure partie du poids de l’appareil lorsque celui-ci quitte le sol. Par leur déplacement, commandé par l’aviateur, ces haubans permettent le gauchissement des ailes et l’équilibre du système.
- Le gouvernail arrière est placé horizontalement;
- est soutenu intérieurement par un squelette en tubes d’acier; cette armature en porte une autre, en bois, recouverte de toile tendue. La place du conducteur est ménagée au milieu de l’appareil et celui-ci peut prendre une position très commode qui lui permet d’effectuer aisément toutes les commandes nécessaires. La roue d’avant est soutenue par une fourche
- coulissant dans un tube, et maintenue par de puissants ressorts; elle permet, à l’atterrissage, un fléchissement de 20 cm largement suffisant pour éviter les chocs violents. Le réservoir d’essence, placé en avant de la poutre, contient une provision suffisante au fonctionnement du moteur pendant une heure. L’équilibrage de l’appareil est commandé par le pilote au moyen d’un levier unique qu’il déplace dans le sens de redressement de l’appareil, transversalement ou longitudinalement, car ce levier, monté à cardan, sert à la fois à la direction dans tous les sens. ;
- Avant de démarrer l’appareil, on met en marche le moteur en agissant sur l’hélice à quatre branches,
- ' : Fig. 6.
- L’aéroplane Roberl-Esnaull-Pelterie. L'inventeur prenant place sur son aéroplane.
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- puis une aile est inclinée vers le sol ; le planeur repose donc à ce moment sur . trois roues. L’hélice tirant l’aéroplane lui communique une vitesse accélérée; lorsque celle-ci est jugée suffisante le conducteur peut, en gauchissant ses ailes, faire quitter le sol à f’aile qui y reposait par sa roue et l’appareil continue alors sa course, en équilibre sur les deux roues du milieu. Puis, la vitesse augmentant, il quitte le sol quand elle est suffisante pour l’enlèvement, c’est-à-dire lorsqu’elle atteint 65 à
- 70 kilomètres à l’heure. Cet aéroplane est soumis aux essais depuis près de deux mois à Bue, près de Versailles; il est sorti au minimum trois jours par semaine, exécutant chaque fois un nombre variable de vols, dont les plus longs sont de 250 à 500 mètres, mais non en ligne droite, l’inventeur s’attachant à résoudre pratiquement le problème de la direction en même temps que celui du vol pur et simple.
- Lucien Fouiinier.
- «ÇA»
- LE POIDS ATOMIQUE DU RADIUM
- Mme Curie vient de déterminer le poids atomique du radium dans des conditions de précision qui n’avaient pu être atteintes antérieurement et de donner, à ce propos, un spectre de chlorure de radium pur, que nous sommes heureux de pouvoir emprunter à la revue Le Radium pour lè publier ici1.
- Une première détermination avait été faite en 1902 sur 9 centigr. de radium. Grâce à la généro-
- ryum en présence du radium étant très sensible), bien que la pureté du sel de radium fût.presque parfaite. Le sulfate de radium est, d’autre part, encore plus insoluble que le sulfate de baryum. Il en résulte notamment qu’un peu de sulfate de radium se dépose presque inévitablement lorsqu’on traite le chlorure de radium, additionné d’acide chlorhydrique dans une capsule de verre, ne fût-ce
- Radium
- Calcium
- Chlorure de radium pur.
- sité de M. E. de Rothschild, Mmc Curie a pu cette fois acquérir 10 tonnes des résidus d’urane de Joachimsthal et en retirer finalement 4 décigr. de chlorure de radium parfaitement pur, sur lesquels a été mesuré le poids atomique du radium, soit 226,18 au lieu de 225 précédemment déterminé.
- Des cristallisations successives ont permis d’obtenir le chlorure de radium pur en dirigeant le fractionnement des liqueurs au moyen du spectrographe. Une difficulté a été l’élimination du baryum, dont telle raie 4554,2 a persisté, comme le montre notre figure, jusqu’à la fin (la réaction spectrale du ba-
- . 1 Le Radium, octobre 4907. Librairie Masson. On trouvera dans le mémoire original les détails opératoires dont nous ne pouvons parler ici. „
- que par la présence de traces d’acide sulfurique dans l’eau distillée ou même dans le verre. En outre, les capsules de platine étaient franchement attaquées par la solution acide de chlorure de radium.
- Finalement, ayant obtenu le chlorure, pour obtenir le poids atomique cherché, on a dosé comme d’habitude, à l’état de chlorure d’argent, le chlore que contient un poids déterminé de ce chlorure. La pesée du chlorure de radium est d’une difficulté extrême, parce qu’il absorbe de l’eau, même en présence de corps desséchants, en sorte qu’il faut opérer très vite et qu’il est impossible de recommencer comme on le fait pour le chlorure d’argent, bien que la pesée de ce dernier sel présente une difficulté analogue. • A. Latour.
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- LA NATURE.
- LES PLUS GRANDS MONUMENTS DU MONDE
- Aux Etats-Unis, les maisons monstres à vingt-quatre étages au moins, ou gratte-ciel, ou griffe-ciel (sky scrcitchers ou sky scrapers), présentent tant d’inconvénients au point de vue de l’éclairage et de l’aération des rues qu’elles bordent, que l’enthousiasme s’était refroidi pour
- 41 étages! Un pareil édifice présente un intérêt, non seulement de curiosité, mais de technique également. A cet égard, notre éminent collaborateur, M. Ch.-Ed. Guillaume, a jadis rappelé ici même, ce principe que, en agrandissant un édifice, il est nécessaire d’augmenter la résistance de toutes les pièces dans une proportion plus forte que le rapport d’agrandissement (voy. La Nature, n° 1014, du 5 novembre 1892). Aussi existe-t-il une limite de grandeur qu’un batiment ne saurait dépasser, et qui fera toujours obstacle aux Tours de Babel. Il faut surtout faire la distinction entre un édifice métallique comme la Tour Eiffel et les monuments en maçonnerie.
- Cependant les Américains prétendent qu’il ne serait pas impossible de construire des gratte-ciel de 300 m., pourvu que le solde base fût suffisamment
- Fig. 1. — 1. Tour Eiffel, 300 m. — 2. Metropolitan Life lus00, New-York, 200 m. — 3. Singer Building, New-York, 186,50 m. — 4. Obélisque de Washington, 169 m. — 4 bis (5° de notre texte, fig. 3). Hôtel de Ville de Philadelphie, 167 m. — 5. Môle Antonelliana, Turin, 164 ni. — 6. Cathédrale d’Ulm, 161 m. •— 7. Cathédrale de Cologne, 156 m.
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- LA NATURE.
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- résistant — qu’on réalisât le moyen pratique de l’élévation des matériaux — et qu’on pût réduire la surface nécessaire aux échafaudages et chantiers !
- Pour le Singer Building, on est en train de tirer merveilleusement parti des matériaux de construction si perfectionnés que fournit l’industrie moderne. M. Ernest Flagg, l’ingénieur qui a combiné cette construction, devait réaliser une surface de planchers aussi considérable que possible sur le terrain de moins de 20 m. de côté que l’on mettait à sa disposition; et l’énorme superposition d’étages à laquelle il se hasarde, lui a donné le moyen d'arriver à une surface occupable de 40 000 mètres carrés à peu près. Les étages divers seront desservis par un puits à ascenseur central, de section horizontale oblongue; on y trouvera d’abord 16 ascen-
- seurs pour desservir les | étages inférieurs ; puis, au fur et à |||§| mesure que l’on
- montera davantage, le nombre des ascenseurs diminuera, car l’on aura naturellement à satis-laire une circulation verticale moins importante. Dans la partie tout à fait supérieure, il n’y aura plus que 4 ascenseurs. Le bâtiment pourra loger une population d’employés de toutes sortes atteignant le chiffre de 6000 âmes. Pour donner l’homogénéité à toute la construction, et lui permettre de résister victorieusement aux efforts transversaux dus au vent, on a eu recours à une disposition fort originale. On ne pouvait songer à entretoiser les piliers d’angles dans le plan des façades, car cela aurait étrangement gêné pour les ouvertures; aussi a-t-on pour ainsi dire constitué le bâtiment de quatre tours d’angles et d’une tour centrale, celle qui renferme le puits des ascenseurs. Les piliers d’angles ont une section de 3,60 m. de côté, et l’on y a disposé des contreventements convenables, sans
- Fig. 2. — 8. Cathédrale de Rouen, ISO m. — 9. Pyramide de (Chéops, 145^m. (ou 142 m.; Ann. Bur. Longit.). — 10. Cathédrale de Strasbourg, 142,50 m. — 11. Cathédrale de Landshut, 141 m. ou 132 m. — 12. Cathédrale de Saint-Étienne de Vienne, 138 m. ou 136,8 ni. —13. Cathédrale de Saint-Pierre de Rome, 139, 137 ou 132 m. —14. Cathédrale de Fribourg-en-Brisgau, 130 m. ou 116 m. —13. Park Row Building, 119 m. —Au-dessus, vue générale de New-York avec l’ensemble des sky scratchers.
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- LA NATURE.
- que cela empêche de percer une fenêtre à chaque étage dans l’intervalle de ces contreventements. Et le milieu des façades du bâtiment même peut alors se présenter avec une immense haie vitrée, partagée simplement pour s’accommoder à Ja répartition des pièces intérieures. Bien entendu, les tours d’angles sont reliées à la tour centrale à la hauteur des planchers des divers étages.
- On a calculé que le poids de cette remarquable construction atteindra 28 000 tonnes; pour se prémunir contre les efforts du vent, qu’on a estimés à 146 kg par mètre carré, on a ancré solidement les tours dans les caissons de fondation.
- Dès avant son achèvement, le Singer Building-est déjà supplanté. En ce moment même la Metropolitan Life Insurance C°, également de New- York , se prépare à construire aussi, près de Madison Square, un campanile de marbre et d’acier, qui s’élèvera à 200 m. de terre. La construction en sera très sensiblement différente de celle du Singer Building.
- Quant aux avantages de ces originaux édifices, ce sont avant tout l’économie dans la surface de terrain bâtie, et aussi la réclame qui en résulte pour les entreprises qui s’y abritenL !
- Une fois terminées, les deux tours géantes regarderont avec quelque mépris tous les autres monuments de maçonnerie. Cela suppose, du reste, qu’on n’a édicté à New-York aucune réglementation rappelant celle qui est imposée dans la plupart des villes de France; à Paris, par exemple, la hauteur des grandes maisons ne peut dépasser 20 m., ce qui fait tout au plus 24 à 25 m. avec les mansardes et combles; à Marseille, le chiffre correspondant est de 25 m. Il est étonnant qu’on ne soit pas encore arrivé à des prescriptions de ce genre en Amérique, car, même au temps des Romains, on avait senti la nécessité d’apporter des restrictions à la liberté des propriétaires. Nous en trouvons notamment la trace dans une étude fort intéressante publiée jadis par le professeur Lanciani. Au temps d’Auguste, une loi intervint qui défendait de dépasser 18 m. pour les maisons de rapport. Ce nous est une occasion de faire remarquer que les hautes maisons n’étaient point une rareté à Rome, et les gens les plus autorisés estiment que les constructeurs latins ont dû couramment pratiquer des hauteurs de 50 m., et sans doute atteindre parfois jusqu’à une quarantaine de mètres. On comprend quelle audace cela était, avec les matériaux dont on se servait.
- Nous saisissons cette occasion de schématiser dans la planche ci-contre, et sous leur physionomie réelle, les plus hauts monuments du monde, qui se
- Fift'.
- rangent dans l’ordre suivant, et dont il n’existe pas de tableau complet1 :
- 1° Tour Eiffel, 500 m. Elle faillit avoir une rivale de 550 m. dans la tour dont nous avons relaté ici l’échec et la démolition.
- 2° Metropolitan Life Insurance Campanile, New-York, 200 m. 11 est fait d’une maçonnerie de moellons, avec revêtement de marbre, qui laisse intérieurement un évidement où l’on a logé une ossature métallique servant à supporter escalier et ascenseur.
- 5° Singer Building, New-York, 186 m.
- 4° L'Obélisque de Washington, 169 m. Pour dépasser la vieille Europe, les Américains sont parvenus, après . une quarantaine d’années d’efforts, à élever cet obélisque, qui atteint 169 m. de haut. On avait songé à lui donner 180 m., mais on s’en est tenu à ce chiffre déjà respectable.
- 5° L'IIôtel de Ville de Philadelphie, dont le sommet est couronné par une statue de William Penn atteignant une hauteur de 167 m. au-dessus du sol de la rue. (Ce monument n’ayant pu trouver place sur notre gravure (fig. 1), nous en donnons la silhouette séparément (fig. 5).
- 6° Le Môle Antonelliana de Turin, 164 m., affreuse charpente surmontée d’une grotesque aiguille, indigne de l’art italien !
- 7° La nouvelle flèche de la cathédrale d'Ulm, 161 mètres.
- 8° Les flèches de Cologne,
- 156 m. ; 9° de Rouen, 150 m.; 10° de Strasbourg, 142,50 m.; 11° deLandshut (Bavière), 141 ou 152 m.; 12° de Saint-Nicolas de Hambourg, 144 m. (non représentée ci-contre)2.
- 15° La grande pyramide d'Égypte, haute jadis de 145 m., n’en aurait plus que 142 ou même
- 157 (G. Maspéro).
- 14° La flèche de Saint-Étienne
- de Vienne, 158 m. ou 156,8 m.
- 15° DeFribourg-en-Brisgau(ïkidc) ,152 ou H 6 m.
- 16° Saint-Pierre de Rome, 159 m. (Huard), 157, 159 ou 152 m. (Ann. Bur. Long.).
- 17° Flèche à’Anvers (Belgique), 120 m.
- 18° Parle Row Building, à New-York, 119 m.
- Au-dessous de 120 m. (Anvers), citons Saint-Michel (Bordeaux), 115 m.; Chartres (clocherneuf), 115 m.; Saint-Paul de Londres, 110 m.; dôme de Milan, 109 m.; flèche des Invalides, 105, etc.
- PtERRE DE MeRIEL.
- 1 Les chiffres donnés dans les divers documents varient souvent de quelques mètres pour les monuments les plus connus.
- 2 La tour de Saint-Michel de Hambourg avait 157 m. Elle a été détruite avec l’église dans l’incendie de 1906.
- Hôtel de ville de Philadelphie.
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- LA NATURE.
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- LES LACS INTERMITTENTS DE LA RUSSIE D’EUROPE
- Il existe en Russie d’Europe un grand nombre de lacs intermittents, dans le genre du celui de Zirknitz (Carniole). La région la plus intéressante, sous ce rapport, est le gouvernement d’Olorietz et d’Àrchangel, au midi et au nord-est du lac Onega, décrite par MM. lvoulikovski, Krouber, Gitkoff,
- Routourline et Saphonoff, dans le journal Zemlewjedenié, rédigé par le professeur Anoutchine et auquel nous empruntons nos figures. Des phénomènes du même genre, se rencontrent dans les gouvernements de Novgorod, Smolensk, Pskow, Nijni-Novgorod, Toula, Perm, Gufa, Wol-hinie, en Pologne et au Caucase.
- La ligne de partage des eaux du bassin de la mer Baltique et de celui de la Volga, à une altitude de 128 à 170 mètres au-dessus du niveau du lac Onéga, appartient à l’étage dévonien ou au système carbonifère, et les terrains calcaires y sont très développés. M. Koulikovski y constate l’existence de 8 lacs intermittents (fig. 1) : les lacs Dolgozero, Griaznoe-Ozcro, Chimozero, Kouchtozero, Kaino, Oundozero, Almozero et Loukhtozero (Ozero, veut dire « lac » en russe). Les trois premiers sont les plus élevés, le lac
- Fig. 2.
- Kaino est situé le plus bas. Le Chimozero est le déversoir, dans un bas-fond, de la petite rivière Kon-doma, qui découle du • Griaznoe-Ozero ; après avoir
- traversé le Chimozero, et à une distance de près de 22 kilomètres, elle se termine par un gouffre ou
- abîme, appelé « la fosse noire », dont la profondeur a été évaluée à 45 mètres (fig. 5).
- Dans ce gouffre, qui a la forme d’un entonnoir, l’eau tourne en tourbillonnant de droite à gauche, dans la direction du mouvement du soleil ; le centre de ce mouvement tournoyant ne se trouve pas au milieu du gouffre, mais plus près de son bord sud-est, et c’est ici que l’on constate sa plus grande profondeur. Le poisson du lac est entraîné en masse et les paysans des alentours viennent y pêcher avec leurs filets, qui seraient aspirés dans les profondeurs, si l’on n’avait soin de les attacher à un pieu fixé sur le rivage. Le niveau de l’eau dans le gouffre est très variable selon les saisons et correspond à sa hauteur dans le lac. Les écarts atteignent à 16 mètres et demi, et l’étiage le plus élevé est généralement constaté au commencement de l’été, le plus bas généralement en automne ; au mois de novembre, le lac se vide parfois entièrement, sauf le petit ruisseau, désigné plus haut, qui continue son cours et se déverse dans le gouffre, formant des rapides et une cataracte finale dont la hauteur atteint a 50 mètres. La nappe de l’eau que l’on aperçoit alors au fond du gouffre n’est jamais constante; tantôt elle s’abaisse, tantôt elle s’élève, — « l’abîme respire'»., disent les habitants du pays, — mais elle conserve toujours son mouvement rotatoire.
- le Kaino
- 'Oundozero
- le Chimozero
- , ëjetoukhtoz&ro fcouffre J
- Griaznoe-ozero
- (Lacsa/éjiiMs^
- leKoükhtozero
- Gouffre
- Le Dolgozero (Lac Long)
- Carte des lacs intermittents de Russie.
- SIAMGO
- LAC BIRJTSCH
- I Gouffre
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- LA NATURE.
- Les trois lacs de ce système (le Dolgozero, le Griaznoc-Ozero et Chimozero) communiquent entre eux par des cours d’eau ou canaux naturels, mais comme le dessèchement et le remplissage de ces lacs n’a pas lieu simultanément, le courant dans ces canaux change parfois de direction. Le Griaznoc-Ozero se déverse alors dans le Dolgozero, où l’eau finit par être engloutie par un abîme, assez pareil à celui du Chimozero.
- Il est évident que ces phénomènes sont dus à des cavités souterraines qui doivent se trouver au-dessous et aux alentours de ces lacs. Mais comme l’on a ici un écoulement constant, on en arrive à présumer l’existence de cours d’eaux souterrains. Une série de petits abîmes au fond desquels on aperçoit de l’eau, s’étend entre le gouffre de la Fosse noire et la rivière Megra, un des affluents du lac Onega.
- Fig. o. — Pêche sur la glace au-dessus
- On suppose que ces abîmes sufvent le cours d’une rivière souterraine indiqué sur le plan ci-dessus (fig. 1) en pointillé. On prétend que des poissons pris dans le Chimozero et remis à l’eau avec des marques spéciales, ont été repêchés plus tard dans l’Onega et dans l’Oundozero. Outre les petits abîmes, dont nous venons de parler, il se produit parfois des irruptions d’eau, des sources apparaissent, des fontaines commencent à jaillir inopinément au milieu de terrains secs jusque-là et ne présentant rien d’anormal.
- La deuxième suite de lacs intermittents se trouve dans la même localité, à l’est de la première et dans le bassin de Biéloozero. Le lac Kouchtozero occupe une superficie de 23 kilomètres carrés et sa profondeur atteint 15 mètres. Aussi, le dessèchement complet de ce lac a-t-il lieu beaucoup plus rarement. D’après M. Koulikovski, il a été constaté pour la dernière fois en 1859.
- Néanmoins le dessèchement partiel du lac a lieu périodiquement, tous les trois quatre ans. L’eau
- disparaît par un gouffre, situé à la partie sud-est du lac et profond de 25 mètres et demi; dans les années où le gouffre s’est vidé, on a pu apercevoir, entre les couches de calcaire qui en forment la base, deux orifices béants et une série de petites ouvertures dans la partie inférieure de l’une de ses parois, par lesquels l’eau s’écoule.
- Le Kouchtozero n’a aucune communication apparente avec les deux autres grands lacs de ce système, le Oundozero et le Kaino. Geux-ci sont reliés entre eux par des conduits d’eaux superficiels, ce qui n’exclut pas la possibilité de l’existence en outre de canaux souterrains.
- Des trois lacs de ce groupe, il n’y a que le Kaino qui se vide de temps en temps entièrement. Sa longueur est de 4 kilomètres, sa largeur, de 1/2 kilomètre; depuis 1872 ses disparitions sont devenues
- gouffre du lac Siamgo aux eaux liasses.
- beaucoup plus rares. Les eaux du lac Kaino, et celles qui lui arrivent des lacs voisins, sont englouties par un abîme rond comme les autres; sa profondeur est de 21 mètres ; l’écoulement de l’eau se fait par un orifice que l’on remarque près du fond, dans les parois sud-est du gouffre. Il paraît qu’à partir de 1890 les conduits souterrains se sont bouchés, et le gouffre a suspendu son fonctionnement pendant plusieurs années. Le lac déborda et inonda les alentours.
- Les lacs Oundozero et Kouchtozero ont leurs gouffres respectifs, pareils à ceux du Kaino, mais il paraît qu’ils jouent un rôle moins important, car ces deux lacs ne se vident jamais entièrement et ont en outre un écoulement constant vers le Kaino.
- Le long de la crête montagneuse qui s’étend à l’est des trois lacs dont nous parlons, on remarque une série de gouffres et d’abîmes secondaires, dont quelques-uns se sont formés de mémoire d’homme. La largeur de ces abîmes varie de 2 à 10 mètres et leur profondeur atteint à 8 mètres. Quand ces abîmes ne sont pas comblés par des éboulcments
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- postérieurs, on y aperçoit l’eau au fond, et la hauteur de l’eau dans l’abîme monte ou descend selon la hauteur du niveau des lacs environnants. 11 est donc évident qu’ils sont reliés à ceux-ci.
- Le huitième des lacs intermittents d’Ülonelz, l’Àlmozero, possède aussi un gouffre qui engloutit ses eaux, mais il ne se vide jamais en entier.
- Sur le territoire du gouvernement voisin de Novgorod, se trouve le lac Droujino, présentant les mômes phénomènes d’intermittence. Ce lac qui mesure 15 kil. carrés de surface est absolument isolé et il n’en découle aucune rivière ni ruisseau. Il se
- il faut encore sept ans pour que le lac atteigne à son niveau normal.
- Tous les lacs intermittents, dont nous avons parlé jusqu’ici, ont des gouffres absorbants, mais jamais émissifs. Ils se distinguent donc par là du lac de Zirknilz, dont les gouffres sont tantôt absorbants et tantôt émissifs.
- Un lac qui présente un caractère tout différent, c’est le lac Siamgo, situé dans le district d’Onega. Sur le côté Est le lac se termine par un gouffre sous forme d’entonnoir. La superficie de ce gouffre mesure près de 900 mètres, sa profondeur atteint 20 mètres au milieu. Pendant les sondages, la sonde paraissait rencontrer quelquefois des trous beaucoup plus profonds, d’où il était très difficile de la retirer, et il a été impossible de mesurer leur profondeur.
- La disparition des eaux du lac a lieu périodiquement et régulièrement une fois tous les quatre ans ; de mémoire d’homme, il n’y a eu que deux exceptions à cette règle. Les eaux du Siamgo disparaissent
- Fig. 4. — GouIlVe du lac Kaino.
- vide périodiquement tous les sept ans, parfois tous les trois ans, et quelquefois môme plusieurs années de suite. On remarque, vers ses bords nord-ouest, cinq trous ou abîmes, dont la profondeur varie de 9 à 52 mètres, tandis que la profondeur du lac même ne dépasse pas 2 m.
- Les parois des gouffres sont presque verticales. L’engloutissement de l’eau est très rapide, le lac se vide en 24 heures. Le poisson, dont le lac abonde, est en partie entraîné dans les profondeurs du gouffre. On croit que les eaux du Droujino vont alimenter le grand lac Bielo-Ozero. Ce lac, dont l’étendue est de 1115 kil. carrés, possède, à ce qu’il paraît, ses propres gouffres ou abîmes. L’eau y tourbillonne perpétuellement en faisant tourner les bateaux sur eux-mêmes et en entraînant les filets vers le fond avec une telle violence, qu’il est impossible de les en retirer.
- Parmi les autres lacs, le Gloukho-Ozero, dans le district de Borovitchi, présente cette particularité, que le niveau de ses eaux baisse régulièrement pendant sept années consécutives et que le lac ne se vide tout à fait qu’à la fin de la septième ; on aperçoit alors les gouffres sous forme d’entonnoirs qui les ont engloutis. Ensuite l’eau commence à monter, mais
- Fig. 5. — Fosse noire du lac Chimozero.
- toujours vers le commencement du printemps, un peu avant la fonte des neiges et quand le lac est encore couvert de glace. L’eau s’écoule par le gouffre d’au-dessous de la glace, celle-ci descend au fur et à mesure, se rompt et se dépose au fond du lac. Le niveau de l’eau qui reste au fond du gouffre n’est jamais stationnaire, il monte et descend par deux fois dans les 24 heures, tout comme le flux et le reflux de la mer. Je ne saurais donner l’explication de ce phénomène, d’autant plus remarquable par la régularité avec laquelle il se manifeste. On ne pourrait y voir l’influence de l’Océan, dont le lac Siamgo est distant de plusieurs centaines de kilomètres.
- Ce qui distingue tout particulièrement le lac Siamgo des autres lacs de la région, c’est la manière
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- direction ! i / D. r ville d’O
- dont il se remplit. Le gouffre absorbant devient bientôt émissif. Le lac n’est vide que pendant quelques jours, 2 à 5 au plus, et l’eau remonte par le même gouffre avec une rapidité encore plus grande que son écoulement, d’après les observations de M. Saphonolf.
- Il se produit dans le gouvernement d’Ülonetz encore une autre série de phénomènes. Ce sont les changements subits et périodiques de la direction du cours des eaux dans cer- r taines rivières, qui de temps en temps se mettent à couler à rebours d’aval en amont. La rivière Chouya, qui prend naissance dans le lac Üuskhozero, change de au moins quinze lois par an.
- Ce phénomène se laisse néanmoins expliquer facilement, vu les propriétés caractéristiques du calcaire de la région.
- 11 est en rapport évident avec les sources nombreuses qui se trouvent tant dans le lac Oushkozero, que dans la partie inférieure du cours de la Chouya, et dont le débit varie périodiquement. Quand les sources situées au fond du lac tarissent ou que leur débit faiblit, le niveau du lac descend, et la rivière qui en découlait non seulement n’est plus alimentée par ce dernier, mais commence à lui ramener les eaux provenant, des sources déversant le long de son cours et surtout dans sa partie inférieure. Plus ces sources deviennent actives, à mesure que celles du lac tarissent, plus l’apport de la rivière ou lac est grand, et quand celui-ci reprend son niveau normal, l’ordre de choses normal se rétablit.
- D’autres phénomènes se manifestent tant dans la province d’Olonetz que dans d’autres parties de la Russie. Tels sont la disparition subite de lacs, qui ne reparaissent plus, mais laissent leur fond à nu, l'effondrement des terres, quelquefois avec des arbres et même des maisons, la formation de
- Fig. G. Coupes du goull're du lac Siamgo.
- gouffres et abîmes surtout dans les terrains calcaires, l’apparition ou la disparition spontanée de sources, l’engloutissement de rivières avec ou sans résurgence, etc. On voit souvent en Russie des lacs, d’une forme presque toujours arrondie, qui sont évidemment le résultat de 1’elfondrement du sol au-dessus de cavités souterraines, dues à l’action érosive des eaux. M. Ivanolf a publié une élude très intéressante et très détaillée sur les phénomènes karstiques de cette région, sous le titre « Les entonnoirs d’Oufa ». Il est facile d’apercevoir ces entonnoirs des fenêtres des wagons sur la partie du chemin de fer entre la ifa et la première station dans la direction de Sibérie. Cette station porte même le nom de « Yo-ronki », « les Entonnoirs ». Dans les gouvernements de Nijni-Novgorod, Ria-zan, Toula et autres, des phénomènes du même genre se manifestent beaucoup plus rarement, mais généralement sur une plus vaste échelle. On y voit des lacs apparus soit dans les temps anciens, soit beaucoup plus récemment (par exemple en 1881 dans le gouvernement de Toula, près du village Diédilowo), qui ne sont évidemment que des abîmes, remplis soit par les eaux émergeant des profondeurs dii sol, soit par celles provenant de la fonte des neiges et par les eaux des pluies, j’ai eu moi-même l’occasion d’en voir plusieurs. Il est des lacs de ce genre, dont la superficie occupe plusieurs hectares. Leur profondeur est généralement très grande, — les habitants des environs prétendent même que certains de ces lac n’ont pas de fond. — Ces lacs sont quelquefois l’objet de craintes superstitieuses pour les habi-laiKs des alentours. Al Exls ÏBBWWrr>
- Ancien Ministre (le l’Agriculture de Russie, Correspondant de l'Académie des Sciences.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 5 novembre 1907. — Présidence de M. Becquerel.
- Le rouge des sapins. — M. Guignard présente une Note de M. Mangin, professeur au Muséum, donnant des renseignements précis sur le rouge du sapin. Il ne s’agit pas d’une maladie spécifique, mais d’un signe extérieur de dépérissement complet ou partiel des arbres. Ce dépérissement peut résulter de plusieurs causes. L’auteur, qui vient d’accomplir un voyage dans le Jura, distingue le rouge général des feuilles aboutissant à la mort rapide de l’ai’bre et le rouge causé, soit par la sécheresse, soit par des bostryches, petits insectes qui se cachent sous l’écorce, soit par un champignon rhizomorphe, Yarmil-laria rnellea. Les bostryches sont redoutables. L’armil-laria n’est pas dangereux, et s’attaque aux arbres languissants. L’auteur distingue encore le rouge partiel qui
- produit des mouchetures rouges sur les frondaisons. Trois causes peuvent provoquer ce rouge, les traumatismes d’exploitation, et deux champignons différents, le phoma abietina, identifié par MM. Prillieux et Henry, et 1 ’æcidium clatinum. Ces deux champignons ne compromettent pas la vie de l’arbre. En résumé, M. Mangin s’applique à ramener la confiance au sujet des dangers qui menacent les forêts de sapins.
- L’alcaloïde du gui et l’action physiologique de l’extrait aqueux. — M. A. Gautier présente une Note de M. Leprince, relative à la préparation d’un alcaloïde que l’auteur est parvenu à retirer du gui. Cet alcaloïde existe en très faible quantité dans la plante, car l’auteur a été obligé de traiter 100 kilogrammes de matière. Cet alca-
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- loïde répond à la formule G8 1111 Az qui est celle de la collidine. D’autre part, M. Dastre présente une Note de M. René Gaultier sur les propriétés physiologiques de l’extrait aqueux du gui. Cet extrait aqueux jouit de propriétés hypertensives.
- La théorie du clapotis. — M. Bertin présente un Travail de MM. Portant et Le Besnerais, ingénieurs de la marine, sur les formes du clapotis. Les auteurs modifient les données acceptées pour le profil des ondes, les trajectoires des molécules et les faits admis pour la pression du clapotis contre les ouvrages d’art. Les mouvements résultant de la rencontre des houles obliques ou perpendiculaires sont' étudiés pour la première fois.
- Le fonctionnement des reins. — M. Guyon présente un Travail de MM. Fleig et Jeanbrau relatif à l’activité spéciale des reins. Chaque organe fonctionne inégalement pendant le même temps, mais il y a alternance fonctionnelle. Cela corrobore les conclusions de MM. Roy et Albarran et de divers savants étrangers.
- La première forme des figues. —M. G. Bonnier communique un Travail de M. Leclerc du Sablon sur la constitution primitive des figues. On sait que la fécondation à
- l’intérieur d’une figue ne peut être produite que par un insecte appelé blastophage. D’autre part, le blastophage ne pouvant se reproduire et se nourrir que sur le figuier, on peut dire que le figuier est aussi indispensable à l’insecte que l’insecte au figuier. Mais l’auteur a découvert certaines formes de figues réduites à un petit capitule très ouvert dont les Heurs sont visibles extérieurement, c’est un retour à la forme primitive de la figue.
- Effets des cultures du bacille de la tuberculose. — M. d’Àrsonval présente, une Note de M. Moussu relative à Reflet produit dans l’organisme par l’introduction des produits de la culture de bacille de la tuberculose, enfermés dans de petits sacs de collodion, introduits sous la peau d’un animal. Les sacs retiennent les bacilles, mais se laissent traverser par des produits solubles élaborés par les bacilles. Si l’animal est sain, il ne donne pas de réaction lorsqu’on lui injecte de la tuberculine. Mais au bout d’un temps assez long il donne nettement la réaction que présentent les animaux tuberculeux. 11 est clair que les cultures ont agi non par les bacilles, mais par les produits solubles élaborés par eux.
- Cu. DE VlLLEDEUIL.
- BASCULE A CURSEUR AUTOMATIQUE
- Nous avons eu dernièrement l’occasion de voir à l’Exposition de l’automobile, à l’Esplanade des Invalides, une nouvelle Bascule à curseur automatique qui mérite de retenir quelques instants notre attention.
- Cette bascule opère les pesées avec précision eLrapidilé ; elle est jusqu’ici la seule des bascules automatiques qui ail été admise au poinçonnage intégral par l’Administration française des poids et mesures.
- La figure 1 donne un schéma général de l’appareil qui représente en détail les diverses parties; la figure 2 en donne une vue d’ensemble et les figures o et 4 sont des figures du mécanisme avec et sans le cadran. La bascule est construite par la manufacture d’horlogerie de Béthune (Pas-de-Calais) . La bascule.automatique est en principe une bascule romaine dans laquelle le curseur, au lieu d’être déplacé à la main, est poussé jusqu’au point, où il doit faire équilibre à l’objet à peser, par un mouve-
- ment d’horlogerie dont il provoque automatiquement le bloquage en utilisant son mouvement de chute. Un ressort moteur enfermé dans un barillet I
- est enroulé autour d’un axe horizontal A. En se détendant, ce ressort imprime un mouvement de rotation à l’axe horizontal, et, par l’intermédiaire d’un engrenage B, à un axe vertical C ainsi qu’à une aiguille j mobile sur un cadran gradué.
- Sur l’axe horizontal sont calées deux roues, R et R'; la roue R fai t tourner un mouvement d’horlogerie, et la roue R' un enregistreur de pesée. L’axe vertical porte deux pignons, l’un relié à l’engrenage R et l’autre à la crémaillère D du chariot entraîneur à billes. Sous ce dernier est fixée la chape E qui pousse le curseur en avant ou le ramène à son point de départ comme le ferait la main de l’opérateur. Le curseur est suspendu au moyen d’une petite poulie à gorge au fléau. F le long duquel il se déplace ; l’extrémité
- Arbre de commande
- Mouvement \ d'1 uorlogerie (J
- Crémaillère
- Curseur
- Ticket de contrôle
- Fig. 1. — Schéma général.
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- de ce fléau est reliée à un autre levier G dont
- Par l’intermédiaire de la roue R', l’axe A lait
- l’extrémité G' produit en s’abaissant l’enclenchement du mouvement d’horlogerie.
- La mise en marche du curseur et son arrêt se produisent de la façon suivante. Pour faire une pesée, on appuie sur le bouton H, le mouvement d’horlogerie est déclenché et se met à tourner sous l’impulsion du ressort. Les axes A et G se mettent en mouvement, le curseur glisse le long du fléau F. Quand le curseur est au point du fléau où il fait équilibre à la charge placée sur le plateau de la bascule, il s’abaisse ainsi que son fléau et entraîne l’extrémité G' du levier G. Le taquet T d’arrêt du mouvement d’horlogerie est abandonné, il retombe et vient caler l’axe du régulateur du mouvement d’horlogerie; le mécanisme est bloqué.
- En même temps l’aiguille s’est déplacée et indique le poids de la charge à peser. Le cadran est
- tourner aussi les pointes indicatrices d’un enregistreur qui percent dans les tickets des trous indiquant les centaines, dizaines et unités de la pesée. Cette opération de l’enregistreur se fait en même temps que celle du remontage du ressort et du renvoi à zéro de tout le mécanisme ; un seul tour de manivelle M sullit. L’axe faisant un tour retend le ressort dans son barillet, fait tourner en sens contraire l’aiguille sur son cadran pour la ramener devant le zéro, et en faisant reculer le chariot entraîneur, ramène le curseur à son point de départ. Dans ce mouvement, un ticket glissé dans le logement L est poussé contre les pointes de l’enregistreur par le doigt N et perforé à chaque cadran.
- Cette nouvelle bascule est très ingénieuse ; elle est très robuste, d’un maniement très simple, d’une sécurité absolue contre toute fraude
- Fig. 3. — Vue du mécanisme avec le cadran.
- Fig. 4.— Le mécanisme sans le cadran.
- partagé en 100 divisions, indiquant les kilogrammes ; derrière une ouverture K, pratiquée dans le cadran, apparaît un chiffre sauteur qui note à chaque tour complet de l’aiguille les centaines de kilogrammes.
- ou toute erreur possible, et permet d’opérer de nombreuses pesées avec grande rapidité. J. L.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE
- TRENTE-CINQUIÈME ANNÉE — 1907
- DEUXIEME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abattoirs de Chicago (Yisilc aux), i04. Abîmes des pays basques, 255.
- Abîmes cl la morve (Les), 527,
- Acariens à l’intérieur d’os, 519. Accidents de chemins de fer el wagons métalliques, 406.
- Acide carbonique liquide, sa composition, 126.
- Acide salicylique : action sur l'organisme, 150.
- Aconcagua, altitude, 175.
- Aéroplanes Blériot, 172.
- Aéroplane Edmond Scux, 515.
- Aéroplane 11. Farman, 577.
- Alcools, déshydratation, 15.
- Algérie, géologie, 159.
- Alpes françaises (Géodésie des), 519. Altitude, elfets physiologiques, 400. Aluminium (Casques protecteurs en), 126.
- Aluminium (Industrie du papier d’), 147.
- Amandes (Action du froid sur un parasite des), 96.
- Ampoule Rüntgen au tantale, 270. Angkor et la France, 24.
- Angleterre, sa puissance maritime, 100. Anilarsinalc de soude comme médicament, 551.
- Animaux marins, mémoire, 287. Animaux propriétaires, 214.
- Appareils électriques à haute tension, 155.
- Appendicite : occlusion du canal appendiculaire, 225.
- Araignée Clolho (L’), 269.
- Arbres (Le sens de la torsion des), 91. Argent, production mondiale, 150. Arsenic colloïdal, préparation, 566. Astrolabe à prisme, 12.
- Aulo-mcler (L’), 284.
- Automobile : de Pékin à Paris, 45. Automobiles et pression atmosphérique, 279.
- Automobile (Intoxication en), 598. Automobiles, phare projecteur, 161. Automobiles contre voiture, 284. Aviation, 270.
- B
- llarèges (La catastrophe de), 47. barrage monstre, 191.
- Baccule à curseur automatique, 451. bateau d’explorations scientifiques, 599. bateau tout en cuivre, 599. béton armé à Rotterdam (Application du), 505.
- Béton armé (Caissons en), 287.
- Béton (Malaxeur pour), 145.
- Beurres de Sibérie, 190. lligue de 150 tonnes pour chantiers navals, 521.
- Bijoux doublés, industrie parisienne, 572. liili (Le.),.257.
- Biologie lacustre, station belge d’Ovérin eire, 15.
- Bisons métis du Far-West, 182.
- Blé (Ferments du grain de), 78.
- Blé, ferments diastasiques, 47.
- Bœufs : la race bordelaise, 227.
- Bœufs (Travail mécanique d’un attelage de), 16.
- Bois et poutres composites, 270.
- c
- Câble sous-marin Brest-Dakar (Pose du), 159.
- Câbles téléphoniques Pupin (Les), 555. Caféier : destruction d’un parasite, 222. Caféier nain de la Côte d’ivoire (Un), 194.
- Caféier nouveau, 159.
- Cafre (Un mariage), 557.
- Calcul graphique (Le),414.
- Camphre, préparation et application 179.
- Canada (La natalité au), 520.
- Canal de Cosne à Clamcey, 519.
- Canal des Moines à Obasine (Le), 245. Canons du pays basque (Les), 275. Canot-voiture Ravaillicr, 111 Caoutchouc au Tonkin (Un arbre à), 556.
- Caoutchouc, production et consommation dans le monde. 191.
- Caoutchouc, ravages des insectes, 51. Capsules surrénales, leur rôle, 47. Caryolysc, 259.
- Casques protecteurs en aluminium, 126. Caltloes du Far West, 182.
- Caucase (Le), 199.
- Ceinture de l’église (La), 127.
- Cercle azimutal à microscope du service technique du cadastre (Nouveau),
- 289.
- Chambrelent, monument en son honneur, 206.
- Charbon de la Nouvelle-Galles du Sud, 122.
- Chaussures : Machine à cirer, 400. Chemin de fer de Tehuantcpec (Le).
- 290.
- Chemin de fer de Touraneà Faï-Foo, 94. Chemins de fer et wagons métalliques (Accidents de), 406.
- Chemins de fer français; statistique graphique, 282.
- Chemins de fer, leur développement en Angleterre, 57.
- Chêne-liège géant (Un), 556.
- Cheveux (Commerce des), 150.
- Chicago (Une visite aux abattoirs de), 40 L
- Chronophonc Gaumont (Le), 267. Chrysanthèmes (Parasols pour), 586. Cinématographe (Fabricationd’une bande de), 411.
- Clapotis (théorie du), 431.
- Col d’Olen (Institut du), 177.
- Colorants nouveaux : procédé général de préparation, 278.
- Supplément au n° 1801 de La Nature du 30 Novembre 1907.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Compresseur centrifuge Râteau, 589. Comète Daniel, 245.
- Comète, spectre, 223.
- Compteur à gaz à niveau constant, 00. Condensateur parlant, 23, 95. Coquillages de nos côtes, 84,
- Coralliairc de San-Thomè, 79.
- Coraux des régions polaires australes, 78.
- Corindon (La coloration du), 360. Corindon et radium, 414.
- Corps humain, sa surface, 95.
- Corrosion électrique par les courants vagabonds, 560.
- Courrièrcs (La catastrophe de), 58. Cratère lunaire Linné, 102.
- Crises trypanolyliques, 351. Cripple-Creck (Mines de), 75.
- Cuirassé (L’intérieur d’un), 50. Cuirassés (Nouveaux), 17.
- Cullinan (Le), diamant des Boers, 223.
- Cyprins et tortues, élevage au Japon,
- 152.
- D
- Dahomey, géologie, 583.
- Dépôts aurifères (Mécanisme de certains), 239.
- Dcrclicls (Les), 209.
- Diabolo (Le), 323.
- Diamant des Boers (Le), 223.
- Diamant, préparation, 551.
- Dianemologo (Le), 251.
- Diapason (Les sons du), 414. Dinosaurions à Madagascar, 47.
- Diola de la Casamancc (Les), 335. Dirigeables allemands : Zeppelin, Par-seval, Gross, 362.
- Dirigeables : Le Nulli Secundus, 592. Dirigeables : Les nouveaux Sanlos-Du-mont, 544.
- Dirigeable Wcllmann (Le), 3.
- E
- Eaux sulfurées dans le traitement mercuriel (Action des), 16.
- Ébullition de l’eau et pression, 62.
- Égypte ancienne (I/Oie dans L), 311.
- Éléments (Compressibilité des), 226.
- Éléphants (Poumon des), 47.
- Embryogénie végétale, 303.
- Encéphale (Poids de P), 79.
- Endosmose entre liquides identiques,
- 111.
- Engouffrements d’eau ous les mers,
- . 78‘
- Épaves flottantes, 209.
- Essence d’amandes amères, synthèse, 142.
- Ethnographie : programme de recherches, 178.
- Étincelle Lodge, 342.
- Etna (Les tremblements de terre de P) 142.
- Explosion des mines, rôle des poussières 58.
- Exposition maritime de Bordeaux (La station centrale électrique), 359.
- F
- Farines (Matériaux des), 143.
- Fièvre jaune chez le singe, 278.
- Figues (Première forme des), 431. Flamant (Le nid du), 285.
- Fleurs ornithophiles (Les), 19.
- Fluor dans la nature (Le), 51.
- Fontes au nickel, 286.
- Foraminifères du llampshire, 175.
- Force motrice (Nouveau procédé pour obtenir de la), 523 Formaline à l’amidon, 150.
- Formose, les chasseurs de têtes, 05. Fossiles (Empreintes végétales), 519. Fouilles préhistoriques, 519.
- Four électrique pour cuire le pain, 99. Fusil de chasse automatique Browning, 175.
- G
- Ganglions sensitifs : compression cl écrasement, 287.
- Gares nouvelles à New-York, 263. Gargas, peintures des grottes, 142.
- Gaz à l’eau, 131.
- Géodésie : arc méridien équatorial, 143. Géologie : liaison du bassin de Paris avec le Cotentin et l’Allemagne, 175. Gœlhc, sa géologie, 151.
- Gouffre des Corbeaux, exploration, 142. Grimaldi (Les grottes de), 34.
- Grotte souffleuse du Puy-de-Dôme (La),
- 221.
- Gui (Alcaloïde du), 450.
- H
- llabbès et le plateau central nigérien (Les), 134.
- Haricots à acide cyanhydrique, 326.
- Hawaï (L’orienlalisation des), 550.
- Heure lumineuse (IP), 414.
- Hippopotame, élevage, 222.
- Hippopotame, élevage en captivité, 255.
- Hippopotame jeune, né au Jardin des Plantes, 241.
- Rouiller algérien, 142.
- Mouiller : extension en France du bassin de la Sarre, 16.
- Huile et beurre de coco, 307.
- Hunauld (F. J.), 353.
- Hydroplane Lambert à propulsion aérienne, 33.
- Hydroplanes : Santos-Dumont, 544.
- Hygiène à Berlin, 240.
- I
- Identification par les empreintes digitales, 62.
- Indes au xvu° siècle (Le voyage aux), 193.
- Insectes (L’œil composé des), 271. Institut du col d’Olen, 177.
- Isolants calorifiques (Les meilleurs), 270.
- J
- Jorullo (Le), 107.
- L
- Labiée à Lige hexagonale (Nouvelles observations sur une), 331.
- Lac de la vallée de l’Ain (Le), 286.
- Lacs intermittents de la Russie d’Europe, 427.
- Laits en poudre, 03.
- La marck, 417.
- Larves pélagiques, 10.
- Lèpre : action de la tuberculose, 207.
- Levures alcooliques (La suractivité des), 175.
- Linné, son buste au Jardin des Plantes en 1790, 1.
- Linné au Muséum d’histoire naturelle (Boîtejaponaise de), 129.
- Locomotive nouvelle de la Compagnie d’Orléans, 369.
- Locomotives, signal électrique, 180.
- Logements ouvriers : Rowton houses 359.
- Lœwy (Maurice), 351.
- Londres, parcs et jardins, 49.
- Lumière (Phénomènes d’absorption de la), 599.
- Lune : le cratère Linné, 162.
- Lune : relief de la surface lunaire, 31.
- Lutetium, 383.
- M
- Machine à cirer les chaussures, 400.
- Machine à construire les voies ferrées, 31.
- Machine à écrire; clavier différentiel Laudenbach, 294.
- Machine à nouer les cordes, 237.
- Machine à tailler les pilotis, 271.
- Malaxeur pour béton, 145.
- Marine américaine (La téléphonie sans fil dans la), 370.
- Marine : la puissance maritime de l’Angleterre, 100.
- Mécanique chinpque, 15.
- Mélange explosif d’éther et d’air, 95.
- Mendel et l’hérédité mendelienne, 186.
- Mer (La couleur de la), 367.
- Mercure, passage sur le Soleil, 335, 351, 374, 414.
- Métaux (Spectre des), 63.
- Météorologie : les hautes régions de l’atmosphère, 111.
- Métropolitain de Paris : la machine à poser les voussoires, 67.
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- INDEX ALPHABETIQUE.
- 435
- Métropolitain : l’amortissement du bruit dans les tunnels, 229.
- Minéraux nouveaux, 78.
- Mines de Cripple Crcek : nouveau tunnel de dessèchement, 75.
- Mines d’or antiques, 41.
- Mine d’or la plus profonde du monde, 95.
- Mirage dans l’Atlantique, 191.
- Miroirs et glaces en cuivre, 335.
- Monnaies d’Alexandre, 34.
- Monoraihvay Brennan (Le), 97.
- Monorail Brennan (Un précurseur du), 518.
- Monuments du monde (Les plus grands), 424.
- Mort (Le signe caractéristique de la), 414.
- Morve et les abîmes (La), 527.
- Moteurs à explosion, allumage pari étincelle Lodge, 342.
- Moteurs à gaz pour la propulsion des navires, 118.
- Moutons unicornes du Népal. 170.
- Musc naturel, son parfum, 239.
- Musées américains, le musée d’art métropolitain de New-York, 7.
- Musique expliquée (La), 402.
- N
- Naosaurus, 113.
- Navire (Lancement d’un demi-), 415. Nécropole historique de Sanla-Lucia, 595.
- Nègres Banlus (La philosophie des), 300. Nègres de la Guinée française : une nouvelle boisson enivrante, 257. Néo-yttrium, 383.
- Niger, les Habbès et le Plateau central nigérien, 134.
- Nouvelle-Galles du Sud : charbon, 122. Nymphéas d’ornement, 207.
- O
- Obasine, 243.
- Objectif photographique, fabrication, 116.
- Observatoire du Pic du Midi (Le nouvel), 585.
- Obus (Utilisation des vieux), 96.
- Œil (Structure de U), 159.
- Œuf, composition chimique du jaune, 142.
- Oie dans l’Égypte ancienne (L’),311. Okapi (L’), 354.
- Olen (Institut du col d’), 177.
- Ombres volantes (Les), 234,
- Outils pneumatiques, 114.
- Oxygène (Explosion de tubes d’), 207.
- P
- Palinurus, voir : bateau d’explorations scientifiques, 399.
- Paludisme dans les Bombes, 99.
- Panama (Le canal de), 23.
- Panama, le creusement du canal, 183. Papier : son industrie en Allemagne, 231. Papiers photographiques (Industrie des), 260.
- Parapluies magnétiques, 166. Parthénogenèse, 287.
- Parthénogenèse des œufs d’oursin, 222. Pêcheries du Mékong et du Grand-Lac, 53.
- Pêches maritimes en Grande-Bretagne. 270.
- Pelle-pioche de Mollans, 384.
- Pérou oriental (Antiquités du), 103. Pesanteur et radioactivité, 239. Pesanteur (Intensité de la), 207. Pesanteur, variations d’intensité, 351. Peste aux Indes (La), 130.
- Petra, 156.
- Pétroles (Origine des), 127.
- Phare projecteur automobile, 161. Phonation (Travail mécanique pendant la), 31.
- Phonographe : télémicrophonograplhe, 164.
- Phonolithes d’Auvergne, 254. Photographie des couleurs par les plaques autocliromcs, 46.
- Planeur B. Esnault-Petlerie, 420. Plantes myrmécophiles (Les), 295. Plantes parasites (Les), 239.
- Plantes, re-piration, 15.
- Pneumatique : la fabrication, 247. Poissons (La vie des), 159.
- Pompe à bascule, 504.
- Pompe à incendie lloltante sur la Tamise, 255.
- Pompes d’alimentation d’un grand dock, 535.
- Pont de Québec (La catastrophe du), 379. Pont roulant tournant, 93.
- Port fluvial le plus important du monde (Le), 179.
- Port Say, 81.
- Portes tournantes (Les). 79.
- Poudres sans fumée (La conservation des), 82.
- Poulie à diamètre variable, 160. Poussières explosives (Sur les), 303. Présure des végétaux, 175.
- R
- Radiations, action sur les graines, 583. Radioactivité et pesanteur, 239. Radioactivité des métaux alcalins (La), 23.
- Radioactivité : nouveau corps radioactif 130.
- Radiographie (L’exercice de la), 351. Radium, action sur les gemmes. 399. Radium et corindon, 414.
- Radium et rubis, 383.
- Radium et transmutation de corps, 195. Radium : l’usine de Nogent, 196. Radium (Le poids atomique du), 423. Raisins sans pépins, 383.
- Rate et trypanosomes, 95.
- Rate, action sur les trypanosomes, 159. Rate, son pouvoir trypanolytique, 305. Rayons X pour l’inspection de la viande, 47.
- Reboisement do l’Afrique occidentale» 62.
- Règle graduée du capitaine Pollacbi, 51.
- Régulateur Zara à soupapes équilibrées 198.
- Reins (Fonctionnement des), 431.
- Renflouement des coques (Procédés nouveaux de) 159.
- République (Cuirassé La), 56.
- Respiration en atmosphère délétère, appareil du Ur Tissot, 15.
- Ricbeeck (S. van), 193.
- Roches feldspalhiques (L’utilisation des), 350.
- Rubis et radium, 583.
- Roue (La démolition d’une grande), 20 i.
- RowLon bouses, 539.
- Russie d’Europe (Lacs intermittents de la), 427.
- S
- Sahara, géologie, 63.
- Sahara, la houille, 2.
- Saint-Nazaire et la Loire navigable, 386. Sainte-llélène (Le désarmement de l’ile de), 225.
- Sakhaline et son avenir, 252.
- Santa Lucia, nécropole préhistorique, 395.
- Sapins (Le rouge des), 366, 431.
- Sapins dans le Jura (Maladie des), 287. Sardaigne, géologie, 63.
- Sécheresse dans le Jura en 1906, 119. Sécheresse de l’année 1906, 77.
- Sérum artificiel, 95.
- Simplon (La base du), 87.
- Sirènes à l’hippodrome de New-York, 191.
- Soleil : raies étalons du spectre, 16. Soudure autogène et découpage des tôles par le chalumeau oxyhydrique, 211.
- Sous-marin : L’Opale, 348.
- Sous-marin pacifique, 166.
- Sous-marins Y, essais, 53.
- Stromboli (L’activité du), 207.
- Suevic (Lancement du), 415.
- T
- Tabac sans nicotine, 238.
- Tannerie, emploi des naphtols, 226.
- Téléautograveur Carbonelle, 220.
- Télégraphie sans fil à travers l’Atlantique), 409.
- Télégraphie sans fil : La station de de Nauen, 280.
- Télégraphie sans (il par le système Poul-sen, 27.
- Télémicro phonographie ,164.
- Téléphone : kiosque téléphonique, 130.
- Téléphones marins d’IIonolulu, 166.
- Téléphonie sans fil, 370.
- Tétrachlorure de calcium (L’extraction par), 126.
- Théâtre (Transport d’un), 401,
- Tir (La supériorité du), 299.
- Togo : exposition agricole, 174.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Tôles, coupage par le chalumeau oxy-acétyléniquc, 143.
- Tôles : soudure autogène et découpage par le chalumeau oxyhydrique, 211.
- Tomate, son innocuité, 111.
- Tortues et cyprins, élevage au Japon. 152.
- Touareg à l’exposition coloniale (Les), 167.
- Traîneau (Le), 232.
- Trains ltcnard (Nouveaux), 188.
- Transatlantique de demain (Le), 227.
- Transatlantique de 240 m. (L’amarrage d’un), 357.
- Transport d’un théâtre, 401.
- Tremblements de terre de l’Etna, 142.
- Trombe (Particularité observée sur une) 62
- Truc électrique pour bagages, 518.
- Trypanosomiases et acide arsénieux, 50”.
- Trypanosomes et la rate, 95.
- Trypanosomes, (action de la rate sur les), 159.
- Trypanosomiases (Traitement des), 383.
- Tuberculeux, régime alimentaire, 399.
- Tuberculine : son action sur les lépreux, 207.
- Tuberculose, diagnostic, 51, 63. Tuberculose (La lutte contre la), 266. Tuberculose (Cultures du bacille de la),
- 451.
- Turbines à vapeur « Curtis », 72. Turbots, leur élevage, 255.
- U
- Unité métrique, étalonnage, 16. Unité d’intensité lumineuse, 222.
- V
- Valve électrique Fleming, 164. Yedcite-lance-lorpillc Recopé, 236. Végétaux (Changements dans les), 414.
- Végétaux, mllucnee de la lumière, 255. Vin de Champagne (Maladie du), 95. Vins (Dépouillement des), 78.
- Vésuve, constitution minéralogique, 147. Volcan mexicain, le Jorullo, 107.
- w
- Wagon désherbeur pour voies, terrées, 335.
- Wagons métalliques, leur supériorité, 599.
- Wagons métalliques et accidents de chemins de fer, 406.
- Y
- Veux composés (La vision par les), 536 Ytterbium (L’)> 583.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Aci.oque (A ). — Les nymphéas d’ornement, 207.
- Bécuwe (II). — La fabrication du pneumatique, 247,
- Beli.et (Daniel). — Un nouvel liydroplanc à propulsion aérienne, 53. — Pont-roulant tournant, 93. — Le creusement du canal de Panama, 183. — La démolition d’une grande roue, 201. — Comment une machine peut nouer une corde, 237.— Caisson en béton armé, 287.— Wagon; métalliques et accidents de chemins de fer, 406.
- Bernay (11). — Essais du sous-marin Y, 53. — Emploi des moteurs à gaz pour la propulsion des navires, 118. —Procédés nouveaux du renllouemenl des coques, 139. — Un sous-marin pacifique, 166.
- Beucjiat (II). — Antiquités du Pérou oriental, 103.
- Blanchard (B.). — Nouvelles observations sur une labiée à lige hexagonale, 531.
- Bi.ot (il). — Le nid du llamant, 285. — La philosophie des nègres Ban lus, 300. — L’orientalisalion de Hawaï, 350. — L’Okapi, 554. — Lamarck, 417.
- Blum {Moïse). — Les grottes de Grimaldi, 34. — Les Habbès et le Plateau central nigérien, 134. — Les animaux propriétaires, 214.
- Bonnin (IL). — Malaxeur pour béton, 145. — L’amortissement du bruit dans les tunnels métropolitains, 227. — Le chemin de fer de Tehuantcpec, 290. — La catastrophe du pont de Québec, 379.
- Bougeois (IL). — Élevage des tortues et cyprins au Japon, 152. — Construction de deux nouvelles gares à New-York 263.
- Bodssac (P.-IL). — Les portes tournantes, 79. — L’oie dans l’Egypte ancienne, 311.
- Boyer (J.). — Le canot voiture Ravaillier, 111. — Comment se fabrique un objectif photographique, 116.—L’usine à radium de Nogcnt, 196. — Industrie des papiers photographiques, 260. — L’industrie parisienne des bijoux doublés, 372. — Parasols pour chrysanthèmes, 386.
- Brunhes (B.) et P. David. — La grotte souffleusç du Puy de Dôme, 221.
- Brunhes (J.). — Le sens de la torsion des arbres, 91.
- Cabaton (A). —Angkor et la France, 24.
- Caritène (F. de). — Un programme de recherches ethnographiques, 178.
- Cautaz (Dr A.). — Le paludisme dans les Domhes, 99. — La fièvre jaune chez le singe, 278. — Le tabac sans nicotine, 238.
- Chalmarès (G.). — Compteur à gaz à niveau constant, 60. — Poulie à diamètre variable, 160. — Tèlémicrophonogra-phie, 164. — Les sirènes à l’hippodrome de New-York, 191.
- Coudier (Jl). — Un mariage cafre, 337.
- Coupin (II). — L’araignée Clotho, 269.
- I). — La conservation des poudres sans fumée, 82.
- D’Allemagne (IL R.). — Du jeu du diable au diabolo, 323.
- Danlos (J.). — Un volcan mexicain, le Jorullo, 107.
- Darvillé (Will). — Développement des chemins de fer en Angleterre, 57. — Parcs et jardins de Londres, 49. — Porl-Sav, 81. — La puissance maritime de l’Angleterre,
- 100. — Le phare projecteur automobile, 161. — Signal électrique pour locomotives, 180. — Pompe à incendie lh 1-tanle sur la Tamise, 255. — La station allemande de télégraphie sans (il de Naucn, 280. — Les Bowlon bouses, 339. — Saint-Nazaire et la Loire navigable, 586.
- David (P.). — Voir Brunhes.
- Dkiiéiiain (IL). — Le voyage aux Indes au xvn" siècle, 193.
- De Launay (L.). — Mines d’or antiques, 4L
- Beniker (J.).— Les Touareg à l’exposition coloniale, 167. — Le traîneau, 252.
- Dessol (A.). — La télégraphie sans fil à travers l’Allanlique, 409.
- Djfki.oth (P.). — Une nouvelle variété bovine, la race bordelaise, 227. — Les laits en poudre, 63.
- Doi.ly (A). — Un nouveau corps radioactif, 150.
- Doncièhes (R.j. — Les nouveaux trains Renard, 188. — Les nouveaux Santos-Dumont, 344. — Les dirigeables allemands, 362. — L’aéroplane Farman, 577. — Le Nulli Secundus, 392.
- Duhard (M.). — Huile et beurre de coco, 507.
- Ferrer (Capitaine). — Les aéroplanes Blériot, 172.
- Forbin (Y.). — Une machine à construire les voies ferrées, 31. — Utilisation des vieux obus, 96. — Le monorailway Brennan, 97. — Les moutons unieornes du Népal, 170. — Les Callloes du Far-Wcst, 182. — Le diamant des Boers, 223. — Automobiles contre voilures, 284. — Pompe à bascule, 504. — La natalité au Canada, 520. — Le lancement d’un demi-navire, 415.
- Fournier (L.).— Télégraphie sans fil par le système Poulscn, 27. — La sécheresse dans le Jura i u 1906, 119. — Industrie du papier d’aluminium, 147. — Soudure autogène et découpage des tôles par le chalumeau oxyhydrique, 211.— La vedette lance-torpille, 236. — Les canons du pays basque, 273. — L’aéroplane Ed. Scux, 315. — L’étincelle Lodgc et l’allumage des moteurs à explosion, 542. — La pelle-pioche de Mollans, 584.— Moteur R. Esnault-Pclleric, 420.
- IL (L.). — Fusil de chasse automatique, 175. — La supériorité du tir, 299.
- Gadeau de Kervii.le (IL). — Un chêne-liège géant, 536.
- Gadeceau. (E.). — Les Ileurs ornithophiles, 19. —Les plantes myrmécopbiles, 293.
- Gennep (A. van). —La ceinture de l’église, 127.
- Gandillot (M.). — La musique expliquée, 402.
- Gradenwitz (Dr A.). — Machine à cirer les chaussures, 400.
- Guillaume (Ch.-Ed.). — La hase du Simplon. 87.
- IIamelin (G.). — Procédé général de préparation de colorants nouveaux, 278.
- Hamy (E.-T.). — Histoire d’un buste de Linné érigé au Jardin des Plantes en 1790, 1. —La boîte japonaise de Linné au Muséum d’histoire naturelle, 129. — F.-J. Ilunauld, 553.
- IIawes (Ch.-IL). — L’île de Sakhaline et son avenir, 252.
- IL (A). — Préparation du camphre et ses applications, 179.
- Hovey (Dr IL-C.). — Musées américains, le musée d'art métropolitain de New-York, 7.
- Kann (R.j. — Les chasseurs de têtes de Formose, 65.
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- LISTE DES AUTEURS.
- Laffargue (J.). — Les turbines à vapeur « Gurtis », 72.— Appareils électriques à haute tension, 155. — Exposition maritime de Bordeaux (station centrale électrique), 359. — Bascule à curseur automatique, 431.
- Lalande (Piiil.). — Le canal des Moines, à Obasine, 243.
- Lallemand (Cm.). — Nouveau cercle azimutal à microscopes du service technique du cadastre, 289.
- Lalliée (N.). — Beurres de Sibérie, 190. — Un précurseur du monorail Brennan, 318.
- Lambert (L.). — Le Naosaurus, 113.
- Laiimanjat (J.). — Régulateur à soupapes équilibrées de la Compagnie du Nord (système Zara), 198. — Locomotive nouvelle de la Compagnie d’Orléans, 369.
- Latour (A.). — La radioactivité des métaux alcalins, 25. — La statistique graphique des chemins de 1er français, 282 — Poids atomique du radium, 423.
- Lemaire (E.). — L’utilisation des roches feldspathiqucs, 330.
- Libert (L). —Les ombres volantes, 234.
- Loir (Dr A.). —Une visite aux abattoirs de Chicago, 404.
- Loncociie (P.). — Le reboisement de l’Afrique occidentale, 62.
- Louciieux (G.). —Les haricots à acide cyanhydrique, 326.
- Loyselles (E. de). — Le métropolitain de Paris. La machine à poser les voussoircs, 67.
- Maclaud (l)r). — Une nouvelle boisson enivrante en usage chez les nègres de la Guinée française, 257.
- Marciiesetti (Dr C.). — Nécropole préhistorique de Sanla-Lucia, 395.
- Maiiesciial (G.)’. — La photographie des couleurs par les plaques autochromes, 46. — Le chronophonc Gaumont, 267. — Fabrication d’une bande de cinématographe, 411.
- Martel (E.-A.). — L’institut du col d’Olen, 177. — Le Caucase, 199. — La morve et les abîmes, 327.
- Méiiiel (P. de). — En automobile de Pékin à Paris, 49. — Machine à tailler les pilotis, 271. — L’amarrage d’un transatlantique de 240 m., 357. — Le transport d’un théâtre, 401. — Les plus grands monuments du monde, 424.
- Mugniot (Ecg.). — Application du béton armé à Rotterdam, 305.
- Noiiiel (Capitaine II.) — L’astrolabe à prisme, 12.
- Ouadé (Dr). — La lutte contre la turberculose, 266.
- Plumandon (J.-R.). — La sécheresse de l’année 1906, 77..
- Privat-Desciianel (P.). — Le charbon de la Nouvelle-Galles du Sud, 122,
- Ramakers (C.). — Le téléautograveur Carbonelle, 220.—Nouvelle bigue de 150 tonnes pour chantiers navals, 321.
- Regelspeiiger (Gustave). — Les pêcheries du Mékong et du Grand-Lac, 53. — Le chemin de fer de Touranc à Faï-Foo, 94. — Les ruines de Petra, 156. —Une exposition agricole au Togo, 174. — Un caféier nain de la Côte d’ivoire, 194. — Le désarmement de l’îlc de Saint-llélcnc, 225.
- Ricy (P). — Mendel et l’hérédité mendélienne, 186.
- Ritter (A.-O.). — Le nouveau tunnel pour le dessèchement des mines de Cripple Crcck, 75.
- Rolip. — Règle graduée supprimant les calculs des échelles métriques, 51.
- Rondelet (G.). — Les coquillages de nos côtes, 84.
- Rudaux (L.). — La catastrophe de Barègcs, 47. — Le nouvel observatoire du Pic du Midi, 385.
- Sallior (P.). — La géologie de Goethe, 151. — Rubis et radium, 383.
- Sauvaire-Jourdan (A.). — Nos nouveaux cuirassés, 17. — L’intérieur d’un cuirassé, 56. — Les épaves flottantes (Derclicts), 209. —Le croiseur sous-marin 1 ’Ojiale, 348.
- Tiioui.et (J.). — La couleur de la mer, 367.
- Touciiet (Em.). — Le cratère lunaire Linné, 162. — La comète Daniel, 245. — Le passage de Mercure sur le Soleil le 14 novembre, 374.
- Troller (A.). — Le gaz à l’eau, 131. — La valve électrique Fleming, 164. — Le radium et la transmutation des corps, 195. — Ampoule Rontgen au tantale, 270. — Les câbles téléphoniques Pupin, 333. — La téléphonie sans fil dans la marine américaine, 370.
- Trouessart (E.). — Jeune hippopotame né au Muséum d’histoire naturelle de Paris et allaité par des chèvres, 241.
- Villedeuil (Cii. de.). — Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences, 15, 31, 47, 62, 78, 95, 111, 142, 159, 175, 206, 222, 239, 255, 270, 286, 303, 319, 335, 351, 366, 383, 599, 415, 430.
- Villette. — Compresseurs centrifuges Ratcau, 389.
- Yitoux (Dr G.). — Coupage des tôles par le chalumeau oxy-acétyléniquc, 143.
- Weiss (E.). — Four électrique pour cuire le pain, 99. — Outils pneumatiques, 114. — La pose du câble sous-marin Brest-Dakar, 139. — Le Dianomologo, 251. —Truc électrique pour bagages, 348.
- Weldon (F. de). — Le ballon dirigeable Wellmann, 3.
- X. — Le rôle des poussières dans les explosions des mines, 58.
- Yermoloff (Alexis). — Les lacs intermittents de la Russie d’Europe, 427.
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- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. - ACTES OFFICIELS.
- Sociétés savantes. — Expositions. Musées.
- Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences (Ch. de Villedeuil), 15, 31, 47, 62, 78, 95, 111, 142,
- 159, 175, 206, 222, 239, 255, 270, 280, 303, 319,
- 335, 351, 566, 383, 399, 414 ........................ 430
- Musées américains. Le musée d’art métropolitain de
- New-York (Dr H. C. Hovey)............................ 7
- Une exposition agricole au Togo (G. Regelsrerger). . 174
- Exposition maritime de Bordeaux (station centrale électrique (J. Laffargue)....................................359
- II. - SCIENCES EXACTES.
- Astronomie.
- Le cratère lunaire Linné (Em. Touche?)................162
- Les ombres volantes (L. Libeiit).......................234
- La comète Daniel (Em. Touche?).........................245
- Le passage de Mercure sur le Soleil le 14 novembre
- (Em. Touche?).......................................374
- Le nouvel observatoire du Pic du Midi (L. Rudaux) . . 585
- Raies étalons du spectre solaire....................... 16
- Relief de la surface lunaire........................... 31
- Spectre de comète......................................223
- Passage de Mercure sur le Soleil, 535, 551 .... 414
- III. - SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. — Physique.
- Règle graduée supprimant les calculs des échelles métriques (Rolip)........................................ 51
- Le radium et la transmutation des corps (A. Troller). 195
- Le chronoplione Gaumont (G. Mareschal).................267
- Nouveau cercle azimutal à microscopes du service
- technique du cadastre (Ch, Lallemand)...............289
- Nouveau procédé pour obtenir de la force motrice
- A. Rault)......................................... 323
- Rubis et radium (P. Sallior)...........................383
- La musique expliquée (M. Gandillot)....................402
- Étalonnage de l’unité métrique..........................16
- Condensateur parlant, 23............................... 95
- Spectre de métaux...................................... 63
- Ébullition de l’eau et pression........................ 62
- Endosmose entre liquides identiques....................111
- Intensité de la pesanteur..............................207
- Explosion des tubes d’oxygène..........................207
- Unités d’intensité lumineuse...........................222
- Compressibilité des éléments...........................226
- Pesanteur et radioactivité.............................239
- Les meilleurs isolants calorifiques....................270
- Action des radiations sur les graines..................283
- Variations d'intensité de la pesanteur.................351
- La coloration du corindon...........................306
- Action des rayons du radium sur les gemmes. . . 599
- Phénomènes d’absorption de la lumière............399
- L’heure lumineuse...................................414
- Les sons du diapason................................414
- Les rayons du radium et le corindon.................414
- La théorie du clapotis..............................451
- 2. — Électricité.
- Télégraphie sans fd par le système Poulsen (L. Fournier) ................................................... 27
- Four électrique pour cuire le pain (E. Weiss). ... 99
- Appareils électriques à haute tension (J. Laffargue) . 155
- Télémicrophonographie (G. Chalmares).......................164
- La valve électrique Fleming (A. Troller)...................164
- Le léléautograveur Carbonelle (E. Ramakers)................220
- Le dianemologo (E. Weiss)..................................251
- Nouvelle ampoule Roentgen au tantale (A. Troller) . 270
- La téléphonie sans fil dans la marine américaine
- (A. Troller)............................................270
- La station allemande de télégraphie sans fil de Nauen
- (W. Darvillé)...........................................280
- Les câbles téléphoniques Pupin (A. Troller)................333
- L’étincelle Lodge et l’allumage des moteurs à explosion
- (L. Fournier)...........................................342
- Télégraphie sans (il à travers l’Atlantique (A. Dessol). . 409
- Kiosques téléphoniques.....................................450
- Parapluies magnétiques.....................................166
- Corrosions électriques par les courants vagabonds. 336
- 3. — Chimie.
- La radioactivité des métaux alcalins (A. Latour). ... 23
- Un nouveau corps radioactif (A. Dolly).............130
- Préparation du camphre et ses applications (A. 11.). . . 179 Procédé général de préparation de colorants nouveaux
- (G. Hamellin). ....................................278
- Le poids atomique du radium (Latour)...............423
- Déshydratation des alcools............................ 45
- Mécanique chimique.................................^ 45
- Le fluor dans la nature............................ 34
- Les ferments diastasiques du blé...................... 47
- Le dépouillement des vins............................. 7$
- Les ferments du grain de blé.................- 7^
- Mélanges explosifs d’éther et cl'air................. 95
- L’extraction par le tétrachlorure de calcium. . . . 126
- Composition de l’acide carbonique liquide.............126
- Sur l’origine des pétroles............................127
- Synthèse de l’essence d’amandes amères................142
- Composition chimique du jaune d’œuf...................142
- Matériaux des farines................................ 443
- Action de l’acide salicytique sur l’organisme. . . . 150
- Sur la formaline à l’amidon...........................430
- Suractivité des levures alcooliques...................475
- L’emploi des naphlols en tannerie.....................226
- Caryolyse................................................
- Parfum du musc naturel................................259
- p.439 - vue 443/671
-
-
-
- 440
- TABLE DES MATIÈRES.
- Les fouies au nickel.................................286
- Sur les poussières explosives........................303
- L'anilarsinalc de soude comme médicament. . . . 351
- Préparai ion du diamant..............................351
- Préparation de l'arsenic colloïdal...................366
- Découverte d'un corps simple.........................383
- Alcaloïde du gui.....................................430
- 4. — Photographie.
- La photographie des couleurs par les plaques autochro-
- mes (G. Mareschal)................................. 40
- Fabrication d’une bande de cinématographe (G. Mares-cu ai.).............................................. 411
- IV. — SCIENCES NATURELLES.
- 1. — Météorologie. — Physique du globe.
- Sécheresse de l’année 1906 (J.-B. Plbmaxdon)....... 77
- La sécheresse dans le Jura en 1906 (E. Fournier). . . 119
- Particularité observée sur une trombe.............. 62
- Les hautes régions de Vatmosphère..................111
- 2. — Géologie. — Minéralogie.
- Un volcan mexicain, le Jorullo (J. Dani.os).............107
- Le charbon de la Nouvelle-Galles du Sud (P. Piuvat-
- Deschanei.)..........................................122
- La géologie de Goethe (P. Sallioii).....................151
- Le diamant des Boers (V. Forbin)........................223
- L’utilisation des roches feldspalhiques (E. Lemaire). . 330
- La houille au Sahara..................................... 2
- Extension en France du bassin houi lier delà Sarre. 16
- Géologie du Sahara...................................... 63
- Géologie de la Sardaigne............................... 63
- Minéraux nouveaux....................................... 78
- Coraux des régions polaires australes................... 78
- Tremblements de terre de l’Etna.........................142
- Le houiller algérien....................................142
- Production de l’arpent dans le monde..................150
- Géologie de l’Algérie...................................159
- Liaison du bassin de Paris avec le Co'cntin et l’Allemagne..................................................175
- L’activité du Slromboli................................ 207
- Mécanisme de certains dépôts aurifères..............239
- Géodésie des Alpes françaises...........................319
- Géologie du Dahomey.....................................583
- 3. — Zoologie. — Biologie. — Élevage, Paléontologie.
- Les pêcheries du Mékong et du Grand Lac (G. Regei.s-
- perger)............................................ 53
- Les coquillages de nos côtes (G. Rondelet)........... 84
- Le Naosaui'us (L. Lambert) ..............................H5
- Élevage des tortues et cyprins au Japon (IL Bourgeois)..................................................152
- Les moutons unicornes du Népal (V. Forbin)...........170
- Les cattloes du Far-West (V. Forbin).....................182
- Mendel et l'hérédité mendelienne (P. Rev)........186
- Les animaux propriétaires (Moïse Bldm)...................214
- Une nouvelle variété bovine, la race bordelaise (P. Dif-
- flotu)............................................... 227
- Jeune hippopotame né au Muséum et allaité par des
- chèvres (E. Trouessart)...........................241
- L'araignée Clolho (11. Coupin)...........................269
- Le nid du flamant (M. Blot).............................285
- L’oie dans l’Égypte ancienne (P. II. Bodssac)............311
- •L’okapi (M. Blot)........................... 354
- Station de biologie lacustre en Belgique.............• 15
- Travail mécanique d’un attelage de bœufs. ... 16
- Larves pélagiques................................... 16
- Les diriosauriens de Madagascar..................... 47
- Le poumon des éléphants............................. 48
- Identification par les empreintes digitales......... 62
- Le poids de l’encéphale............................. 79
- Coralliaire de Sari-Thomé........................... 70
- Surface du corps hum a in........................... 05
- La vie des poissons.................................159
- Structure de l’œil................................. 159
- Parthénogenèse des œufs d’oursin ...................222
- Elevage d’un hippopotame............................222
- Phonolilhes d’Auvergne..............................252
- Influence de la lumière sur les végétaux............255
- Elevage des hippopotames en captivité...............255
- Élevage des turbots.................................255
- Les pêches maritimes en Grande-Bretagne.............270
- L’œil composé des insectes..........................271
- Mémoire de certains animaux marins. ...... 287
- Parthénogenèse..................................... 287
- Acariens à Vintérieur d’os..........................510
- La vision par les yeux composés.....................556
- 4. — Botanique. — Agriculture.
- Les fleurs ornithophiles (E. Gadêceau).............. 19
- Le reboisement de l’Afrique occidentale (P. Loncociie). 62
- Le sens de la torsion des arbres (J. Brunhes).... 91
- Les beurres de Sibérie (N. Lalliee).................190
- Un caféier nain de la Côte d’ivoire (G. Recelsperger) . 194
- Les nymphéas d’ornement (A. Acloquiî)...............207
- Les plantes myrmécophiles (E. Gaueceau).............295
- Huile et beurre de coco (M. Dubard).................307
- Nouvelles observations sur une labiée à tige hexagonale (R. Blanchard).................................331
- Un chêne-liège géant (II. Gadeau iie Kervii.le). . . . 356
- Parasols pour chrysanthèmes (J. Boveii).............586
- Respiration des plantes............................. 15
- Insectes ravageant les plantations de caoutchouc. . 51
- Maladie du vin de Champagne........................ 05
- Action du froid sur un parasite des amandes. . . 96
- Innocuité de la tomate..............................111
- Un nouveau caféier....................... ... 159
- La présure des végétaux.............................175
- Production cl consommation du caoutchouc dans le
- monde........................................... 191
- Destruction d’un jjarasite du caféier...............222
- Les plantes parasites...............................259
- Maladie des sapins dans le Jura.....................287
- Embryogénie végétale................................303
- Empreintes végétales fossiles.......................519
- Un arbre à caoutchouc au Tonkin.....................356
- Le rouge des sapins.................. ...... 566
- Les raisins sans pépins.............................385
- Changements dans les végétaux.......................414
- Bouge des sapins....................................450
- La première forme des figues...................... 431
- V. - SCIENCES GÉOGRAPHIQUES.
- 1. — Géographie. — Exploration.
- Angkor et la France (A. Cabaton)............... 24
- La catastrophe de Barèges (L. Rddaux)............. ” 47
- Parcs et jardins de Londres (W. Daiivillé)..... 49
- Port-Say (D.-W. Darville)........................ 81
- La puissance maritime de l’Angleterre (W. Darvilié). 100
- L’institut du col d’Olcn (E.-A. Martel)........177
- Le voyage aux Indes au xvme siècle (II. Deiiérain). . 193
- Le Caucase (E.-A. Martel). .......................199
- La grotte souffleuse du Puy-de-Dôme (B. Brunhes et
- P. David).. ...................................221 x
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 441
- Le désarmement de l’ile de Sainte-Hélène (G. Regels-
- RERGEIl).............................................223
- L’ile de SulCialine et sun avenir (ùi. 11. Hawes). . . . 252
- Saint-Nazaire et la Loire navigable (Will Darvillé). . 386
- Les plus grands monuments du monde (P. ue M.) . . . 424
- Canal de Panama...................................... 23
- Constitution minéralogique du Vésuve................. 47
- L’arc méridien équatorial............................143
- Téléphones marins d’Uonolulu.........................166
- Altitude de l'Aconcagua..............................175
- Curieux phénomène de mirage dans CAtlantique. . 191
- Le lac de la vallée de l’Ain.........................286
- 2. — Hydrologie. — Spéléologie. Océanographie.
- Les canons des pays basques (E. Fournier)............275
- La couleur de la mer (J. Tiioulet)......................367
- Les lacs intermittents de la Russie d'Europe (A. Yer-
- moi.off).............................................427
- Engouffrements d'eau sous les mers................... 78
- Exploration de gouffre. ................................142
- Les abîmes des pays basques.............................255
- 3. — Anthropologie. — Ethnographie. Préhistoire. — Archéologie.
- Les grottes de Grimuldi (M. Rlum). .................... 34
- Les chasseurs de têtes de Formosc (R. Ka.nn............ 65
- Les portes tournantes (P.-11. Roussac)................. 79
- Antiquités du Pérou oriental (11. Beuciiat)............103
- La ceinture de l’église (A. van Genner)................ 127
- Les Habbès et le plateau central nigérien (11. Rlum). . 134
- Les ruines de Pclra (G. Regelsrerger)..................156
- Les Touareg à l’exposition coloniale (J. Deniker). . . 167
- Un programme de recherches ethnographiques (F. ue
- Caiutène)..............................................178
- Le traîneau (J. Denikeu)...............................232
- Le canal des Moines à Obasine (Pu. Lalande)...............245
- Nouvelle boisson enivrante en usage chez les nègres de
- la Guinée française (Dr Maclaud).......................257
- La philosophie des nègres bantus (M. Blot). ..... 300
- La natalité au Canada (V. Forbin).........................320
- Un mariage cafre (H. CoiuuEn).............................537
- L’orienlalisation des Hawaï (M. Bi.ot)....................350
- La nécropole préhistorique de Santa-Lucia (Dr C. Mar-
- ciiesetti)........................................... 395
- Monnaies d'Alexandre.. ................................... 54
- Les peintures des grottes de Gargas.......................142
- Fouilles préhistoriques...................................319
- Les Diola de la Casamanec.................................535
- VI — SCIENCES MÉDICAL .
- Médecine. — Physiologie. — Hygiène.
- Les laits en poudre (P. Difflotii).................... 65
- Le paludisme dans les Dombes (ÎP'-A.-C.).................. 99
- Le tabac sans nicotine (Dr A. Cartaz). ....... 238
- La lutte contre la tuberculose (I)1' Ouaoé)...........266
- La lièvre jaune chez le singe (Dr A. Cartaz)..........278
- Les haricots à acide cyanhydrique (G. Louciieux) . . . 526
- La morve cl les abîmes (E.-A. Martel)....................327
- Les Rowlon-houses (W. Darvillé)...........................539
- Une visite aux abaltuirs de Chicago (IP A. Loin). . . . 404
- Appareil pour la respiration dans une atmosphère
- délétère.............................................. 15
- Action des eaux sulfurées dans le traitement mercuriel.................................................. 16
- Travail mécanique pendant la phonation.................... 31
- Discernement de la tuberculose...................... 51
- Le rôle des capsules surrénales.................. 47
- Inspection de la viande par les rayons X......... 47
- Diagnostic de la tuberculose........................ 65
- Propriété d'un sérum artificiel..................... 95
- La rate cl les trypanosomes......................... 95
- Les progrès de la peste aux Indes................130
- Commerce des cheveux................................150
- Action de la rate sur les trypanosomes...........159
- Action de la tuberculine sur les lépreux........... 207
- L'occlusion du canal appendiculaire.................225
- Hygiène à Berlin....................................240
- Compression et écrasement des ganglions sensitifs. 287
- Pouvoir trypanolytique de la rate...................305
- Acide arsénieux et trypanosomiases..................505
- Crises trypanoly tiques.............................551
- L’exercice de la radiographie.......................551
- Traitement des trypanosomiases..................... 585
- Le régime alimentaire des tuberculeux. ...... 599
- Effets physiologiques de l’altitude............... 400
- Signe caractéristique de la mort....................414
- Le fonctionnement des reins.........................431
- Effets des cuHures du bacille de la tuberculose. . . 431
- VII. — SCIENCES APPLIQUÉ .
- 1. — Mécanique. — Industri . Arts industriels.
- Une machine à construire les voies ferrées (V. Forbin Compteurs à gaza niveau constant (G. Cilaemarès). .
- Turbines à vapeur « Curlis » (.1. Laffargue)........
- Le monorailway Brennan (V. Forbix)..................
- Outils pneumatiques (E. Weiss)......................
- Comment se fabrique un objectif pliolographiqu (J. Rover)..........................................
- Le gaz à l’eau
- A. Tiioi.i.er).....................
- Coupage des tôles par le chalumeau oxy-acétvléniqu
- (IP G. Vitoux).............................“. . .
- Malaxeur pour béton (R. Roxnix).....................
- Industiic du papier d’aluminium (L. Fournier). . . Signal électrique pour locomotive (W. Darvillé). . . Les sirènes à l’hippodrome de New-York (G.Chalmarès
- L’usine à radium de Nogcnt (J. Boyer)...............
- Régulateurs à soupapes équilibrées de la compagnie du
- Nord (J. Larmanjat)..............................
- Soudure autogène et décapage de tôles par le chaiu
- mcau oxyhydrique (L. Fournier)...................
- Comment une machine peut nouer une corde (l).-B).
- La fabrication du pneumatique (H. Bécuwe). .... Pompe à incendie flottante sur la Tamise (W. Darvillé) Industrie des papiers photographiques (J. Boyer). .
- Machine à tailler les pilotis (P. re Mériel)........
- Pompe à bascule (Y. Forbin).........................
- Un précurseur du monorail Brennan (N. L.u.lié). . .
- Truc électrique pour bagages (F. Weiss).............
- L’industrie parisienne des bijoux doublés (J. Buyek).
- Compresseurs centrifuges Rateau (Yillette)..........
- Machine à cirer les chaussures (A. Gradenwtz). . .
- Bascule à curseur automatique (J.—L.)...............
- Casques protecteurs en aluminium....................
- L’industrie du papier en Allemagne..................
- Clavier différentiel de Laudenbach..................
- Miroirs et glaces en cuivre. .......................
- 51
- 60
- 72
- 97
- 114
- 118
- 131
- 143
- 145
- 147
- 180
- 191
- 196
- 198
- 211
- 237
- 247
- 255
- 260
- 271
- 504
- 318
- 348
- 572
- 389
- 400
- 431
- 126
- 251
- 294
- 555
- 2. — Mines et Métallurgie.
- Mines d’or antiques (L. de Launay)................... 41
- Le rôle des poussières dans les explosions des mines. . 58
- Nouveau tunnel pour le dessèchement des mines do
- Cripple-Crcck (A.-O. Ritter)...................... 75
- Lamine d'or la plus profonde du monde................ 95
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-
-
-
- 442
- TABLE DES MATIÈRES.
- 3. — Art militaire. — Marine.
- L'astrolabe à prisme (Capitaine H. Noiiiel).............. 12
- Nos nouveaux cuirassés (A. Sauvaire-Jourdan)............. 17
- Essai du sous-marin Y (il. Bernay). .................... 55
- L’intérieur d’un cuirassé (A. Sauvaire-Jourdan) .... 50
- La conservation des poudres sans fumée (D)............... 82
- Utilisation des vieux obus (AL Forbin).................... 90
- Emploi des moteurs à gaz pour la propulsion des navires
- (11. Bernay)...........................................118
- Procédés nouveaux de renflouement des coques (11. Bernay).....................................................159
- Poulie à diamètre variable (G. Ciialmarès]................100
- Sous-marin pacifique (II. Bernay)................' . . ICO
- Fusil de chasse automatique (L.-G.)................. . . 175
- Les épaves flottantes (derelicts) (A. Sauvaire-Jourdan) . 209
- La vedette lance-torpille (I.-F.).........................230
- La supériorité du tir (L.-G.)........................... 299
- Le croiseur sous-marin l'Opale (A. Saüvaire-Jourdan). . 348
- L’amarrage d’un transatlantique de 240 m. (P. de M.). 357
- La pelle-pioche de Mollans (L. Fournier)..................384
- Le transatlantique de demain..............................227
- Bateau tout en cuivre.....................................399
- Bateau d’expl ralion scientifique le « Palinurus » . . 399
- VIII. — ART DE L INGÉNIEUR. — CONSTRUCTION. TRAVAUX PUBLICS.
- Métropolitain de Paris. La machine à poser les voussoirs
- (E. de Loyselles)................................... 07
- La base du §implon (Cii.-Ed. Guillaume)................ 87
- Pont-roulant tournant (D. Bellet)....................... 93
- La pose du câble sous-marin Brest-Dakar (E. Weiss). . 139
- Le creusement du canal de Panama (D. Bellet). . . 183
- La démolition d’une grande roue (D. Bellet)............204
- L’amortissement du bruit dans les tunnels métropolitains (R. Bonnin)......................................227
- Construction de deux nouvelles gares à New-York
- (II. Bougeois)........................................205
- Caisson en béton armé (D. Bellet)........................287
- Application du béton armé à Rotterdam (E. Mugniot). . 505
- Nouvelle Ligue de 150 tonnes pour chantiers navals
- (L. Ramakers).........................................321
- La catastrophe du pont de Québec (R. Bonnin)...........379
- Le transport d’un théâtre (P. de M.).....................401
- Le port fluvial le plus important du monde. . . . 179
- Barrage monstre..........................................191
- Bois et poutres composites. . ...........................270
- Un nouveau canal, de Cosne à Clamecy.....................319
- Les pompes d!alimentation d'un grand dock. . . . 335
- IX. - TRANSPORTS. — MOYENS DE COMMUNICATION.
- 1. — Chemins de fer. — Navigation.
- Développement des chemins de fer en Angleterre
- (\Y. Darvillé)................................... 37
- Chemin de fer de Touranc à Faï-Foo (G. Regelspkrgek). 94 La statistique graphique des chemins, de fer français
- (A. Latour)........................................282
- Le chemin de fer de Tchuanlepee (R. Bonnin). . . . 290
- Locomotive nouvelle de la Ci,s d’Orléans (J. Larmanjat) . 309
- YVagôns métalliques et accidents de chemins de fer
- (D. Bellet)........................................406
- Le lancement d’un demi-navire (V. F'oiuhn)............415
- Un wagon désherbeur pour voies ferrées................335
- Supériorité des wagons métalliques....................399
- 2. — Automobilisme. — Cyclisme. Aéronautique.
- Le ballon dirigeable Wellmann (F. de AYeluon). ... 5
- Un nouvel hydroplane à propulsion aérienne (D. Bellet). 33 En automobile de Pékin à Paris (P. de Mériel). ... 43
- Le canot voilure Ravaillier (A. Boyer)................111
- Le phare projecteur automobile (W. Darvillé)......... 161
- Les aéroplanes Bleriot (Capitaine Ferbeii)............172
- Les nouveaux trains Renard (R. Doncières) . ..... 188
- Automobiles contre voitures (V. Forbin) ..............284
- L’aéroplane Edmond Seux (L. Fournier).................515
- Les dirigeables allemands (R. Doncières)..............362
- Les nouveaux Santos-Dumont (R. Doncières).............544
- L’aéroplane Farman (R. Doncières).....................377
- Le planeur R. Esnault-Peltcrie (L. Fournier)..........420
- Le Nulli Secundus (R. Doncières)......................592
- Aviation..............................................270
- Pression atmosphérique et automobiles................279
- Intoxication en automobile............................398
- X - DIVERS.
- Nécrologie. — Histoire de la science. Variétés.
- Histoire d’un buste de Linné érigé au Jardin des Plantes
- en 1790 (E.-T. Hamy).................................. 1
- La boîte japonaise de Linné au Muséum d’histoire naturelle (E.-T. Hamy)...................................129
- Du jeu du diable au diabolo (II.-R. d’Allemagne). . . 325
- Maurice Lœwy (Em. Touchet). . . . .’.................551
- F.-J. Hunauld (E.-T. IIamy).............................553
- Lamarck (M. Blot)...................................... 417
- Monument en l'honneur de Chambrelent....................206
- FIN DES TABLES
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-
-
-
- ERRATA
- Page 331, col. II, lig. 2.
- Au lieu de : trinaire. Il faut : binaire.
- — col. Il, lig. 3.
- Au lieu de : binaire. Il faut : Irinaire.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- p.443 - vue 447/671
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- p.n.n. - vue 448/671
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- j 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
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- SUPPLÉMENT AU N° 1775 (1er JUIN 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Avis de l’Administration. — L’échéance du 3i mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du a5 mai (n° 17741! de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant le Ier juin, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 188s — 1883 à 1892— 1892 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs.
- Exportations d’automobiles françaises. — La
- France a vendu, en 1906, à l’étranger pour 2 milliards 56o millions de francs de produits provenant des manufactures et fabriques françaises, c’est-à-dire environ i5o millions de plus que l’année précédente. Cette augmentation est due surtout au développement de l’industrie de l’automobile, dont les chiffres d’exportation, depuis dix ans, ont été en augmentant, d’année en année, comme le montre le tableau ci-dessous :
- Années. Exportation. Pourcentage.
- Automobiles. Objets fabriqués. Exportation des automobiles.
- 1897 623.63o fr. 1.770.000.000 fr. o.o3 pour 100
- 1898 1.749.350 1.708.000.000 0.10 .—
- i899 4.26o.o3o 2.077.000.000 0.20 —
- «900 9.417.212 2.039.000.000 0.46 —
- .1901 15.780.307 2.015.000.000 0.78 —
- 1902 3o.23i. 6o3 2.123.000.000 1.42 —
- a go3 50.837.190 2. i5o.ooo.ooo 2.36 —
- 1904 71.o35.211 2.200.000.000 3.23
- 1905 100.25i.060 2.410.000.000 4.18
- .1906 137.856.ooo 2.56Ô.OOO.OOO 5.38 —
- Fabrication du tantale. — Le tantale est un métal Me jour en jour plus employé. Les lampes électriques à filament de tantale qui ont eu si grand succès en consomment de fortes quantités. Leur prix est encore élevé, car le métal qu’elles emploient est rare et de préparation pénible. M. Gilchrist, dans La Nature du i5 décembre 1906, signale les difficultés de celte fabrication. La principale est celle de la fusion. La maison Siemens -et Halske qui construit les lampes tantale vient de faire breveter ,un ingénieux procédé de fusion. La masse mé-
- tallique à fondre est placée à l’anode d’une ampoule de Crookes où l’on fait ensuite le vide. On fait passer le courant et l’on utilise le phénomène du bombardement. Les corpuscules de Crookes, animés d’une vertigineuse vitesse, viennent heurter la masse de tantale; sous l'influence de ce choc qui détruit une quantité énorme de force vive, la masse de tantale entre au bout de peu de temps en fusion.
- Le téléphone au Siam. — Le Siam s’européanise. Son roi voyage en Europe et sa capitale va être dotée du téléphone. D’ici quelque temps, Bangkok possédera un bureau central téléphonique de 700 abonnés. Des devis de construction ont été demandés à ce sujet à plusieurs maisons européennes et américaines.
- Une nouvelle lampe électrique à arc. — Celle lampe dite « magnétite » ne comporte plus d’électrodes en charbon; l’électrode négative est un tube de fer rempli d’un mélange pulvérulent d’oxyde magnétique de fer (Fe304) et de quelques sels de la même famille. L’électrode positive est un simple bloc de cuivre. Le réglage se fait à courant constant, en maintenant la longueur de l’arc invariable. Car c’est d’elle seule que dépend la lumière. A puissance absorbée égale, les lampes à magnétite éclaireraient deux fois plus la surface du sol que les lampes ordinaires. En outre, un tube de magnétite de 200 mm de long sur i3 de diamètre durerait environ 200 heures avec un courant de 75 volts et 4 ampères.
- Les peroxydes des métaux alcalino-terreux. — O11
- sait que, dans certaines conditions, les oxydes des métaux alcalino-terreux sont susceptibles de fixer encore une molécule d’oxygène en donnant des peroxydes, qui peuvent être préparés en grand et dont les usages tendent à augmenter tous les jours davantage, en raison du grand pouvoir oxydant qu’ils possèdent. Dans une étude récente sur ce sujet, MM. von Foregger et Philipp ont constaté que, pour les emplois industriels, le peroxyde de calcium est préféré à cause de la grande quantité d’oxygène actif qu’il fournit et de la propriété qu’il a de donner des sels insolubles ; pour les réactions physiologiques ou chimiques, on préfère les autres peroxydes de strontium et de magnésium.
- Le blanchiment des huiles, graisses, gélatines, etc. se fait avantageusement avec le peroxyde de calcium ; les peroxydes de calcium et de magnésium peuvent être employés à la place d’eau oxygénée pour la conservation de l’eau, du lait, de la bière et des autres substances alimentaires. Le premier de ces peroxydes a servi avec succès à l’élimination des mauvais goûts dans la
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- INFORMATIONS
- rectification des alcools. Enfin la dissociation partielle du peroxyde de strontium par l'eau peut le l'aire recommander comme dentifrice.
- Les fouilles d’Antinoë en 1906-1907. — Nos lecteurs se souviennent du bel article que M. Gayet a consacré ici même (n° 1681, du 12 août iqo5, p. 167) aux fouilles qu’il dirige avec tant de maîtrise à Antinoë, et notamment à la campagne 1904-1905, dont il avait exposé les principaux résultats au Petit-Palais. Cette fois c’est au musée Guimet que l’on peut voir — jusqu’au 23 juin — les pièces recueillies en 1906-1907 et qui sont parfaitement disposées dans les vitrines du hall d’entrée et du vestibule du premier étage. Ces dernières fouilles ont été effectuées avec un budget plus restreint que celui des années précédentes, et constitué par le crédit d’une mission du ministère donnée à M. Gayet, par des souscriptions privées et par une subvention du musée Guimet. Ces ressources médiocres n’ont pas permis d’aborder enlin, comme il serait désirable, les tombeaux situés sur les pentes même de la montagne, et qui seraient assurément les plus instructifs, puisque ceux des parties basses sont réservés aux classes les moins hautes de la société. Néanmoins, deux nouvelles découvertes sont à signaler : i° celle d’un quartier de nécropole purement égyptien, 2° celle d’un quartier de nécropole exclusivement grec. Dans le quartier égyptien, toutes les sépultures sont du type pharaonique, mais tous les morts ne sont pas de race égyptienne; beaucoup, au contraire, des momies sont d’origine certainement hellénique ; ce sont des gens de race grecque initiés au culte d’Antinoüs. Le quartier de cimetière grec est formé de tombes de diverses grandeurs et d’importance fort variable, contenant des corps momifiés, mais non embaumés, simplement déposés dans le sable, la plupart du temps sans caveaux ni sarcophages. Les différents types de momies égyptiennes, helléniques ou vêtues, que M. Gayet a recueillis et qu’il expose au musée Guimet, sont de grande beauté et nous signalons tout particulièrement les admirables masques de momies, couverts de portraits dignes de prendre place parmi les plus belles œuvres de la peinture. Des toiles peintes, des broderies, des poteries, les accompagnent. On notera aussi deux découvertes qui complètent le cycle des formes sous lesquelles était célébré le culte d’Antinoüs et dont M. Gayet avait signalé les principales dans l’article cité ci-dessus : celle de prophétesses, et celle d’une dionysiaque ou royale favorite de l’Osiris Antinoüs; ces prêtresses indiquent, comme celles que l’on avait précédemment exhumées, un très curieux mélange de religions fort différentes, se prêtant et confondant entre elles ieurs mythes et leurs rites. Les scènes peintes sur les broderies, les sarcophages, les masques magiques, etc., donnent la même impression ; on se trouve évidemment en présence de gens dont le culte est fort éclectique, à la fois égyptien, éleusinien, syriaque et chrétien.
- La décomposition de la nitrocellulose. — La question de la décomposition des explosifs est actuellement à l’ordre du jour à la suite des catastrophes produites par la destruction spontanée de certaines poudres. 11 y a peu de temps, deux auteurs anglais, MM. Siberrad et Farmer, ont procédé à un examen approfondi des produits résultant de la décomposition graduelle de la nitrocellulose; opérant sur 100 kilogrammes de nitrocellulose gélatinée emmagasinés pendant 23 semaines à la température de 54-55° dans une atmosphère humide, ils ont pu identifier, parmi les produits de décomposition, les substances suivantes : nitrate d’éthyle ; nitrite d’éthyle; alcool éthylique, acide nitrique et nitreux, ammoniaque; acides formique, acétique butyrique, dihydroxybutyrique, oxalique, tarlrique, isosaccharique et hydroxypyruvique, enlin divers hydrates de carbone. On voit par suite quelle est la complexité des réactions qui se produisent pendant la destruction lente de la nitrocellulose sous l’influence de la chaleur et de l’humidité.
- L’électricité à Séville. —On dresse actuellement un projet pour distribuer à Séville le -courant électrique, engendré par une station installée à 1 20 kil. sur le rio Carchado ; 3oo turbines de i5oo chevaux chacune, à 4oo révolutions, commanderont des génératrices fournissant l’électricité à 5ooo volts. Grâce à un survoltage, la, transmission se fera à 5o000 volts, qui seront réduits
- ultérieurement à 35oo. Il s’agit de courant triphasé à 4o, périodes,
- La gomme du Cochlospermum Gossypium. — Un
- chimiste anglais, M. IL Robinson, a extrait d’un petit arbre, le Cochlospermum Gossypium, une gomme ressemblant à la gomme adragante, absorbant une grande quantité d’eau en gonflant de plusieurs fois son volume originel et remarquable par la propriété qu’elle a de dégager lentement de l’acide acétique.
- Nappe aquatique sous Londres. — On vient de forer à Londres, dans les parages de la Banque, un puits artésien tubé, qui a révélé l’existence d’une nappe aquatique particulièrement importante ; en huit semaines, on atteignait une profondeur de 120 mètres, et un débit d’au moins 680 000 litres par jour!
- Nouvelle fabrication électrolytique des tubes de cuivre sans soudure. —- Ce procédé consiste à élec-trolyser une solution acide de sulfate de cuivre dont le cuivre se dépose sur un tube cathodique animé d’un mouvement de rotation et qui frotte sur de la terre d’infusoires afin d’éliminer les bulles d’oxygène. Voici, d’après M. Krause, les conditions dans lesquelles doit se faire l’opération : Le bain électrolylique est constitué par une solution de sulfate de cuivre à 22° Baume additionnée de 5 kg d’acide sulfurique et de 20 kg de terre d’infusoires par 100 litres de solution. L’anode est formée de cuivre à 96,5 pour 100 exempt d’arsenic, de bismuth et de plomb qui pourraient se déposer avec le cuivre ; au contraire la présence du fer, du cobalt, du nickel et du zinc n’offre pas d’inconvénients, ces métaux ne se décomposant pas dans les conditions de l’expérience ; enfin l’argent, l’or et le platine restent dans les boues anodiques .et peuvent être retirés ultérieurement. Le cuivre est déposé sur un tube de fer nickelé dont la gaine de cuivre se sépare facilement ; la vitesse de rotation de ce tube est de 20 tours à la minute. On éleclrolyse avec un courant de 2 ampères par décimètre carré sous 2,5 volts. Les tubes ainsi préparés seraient supérieurs à ceux qui sont préparés par les procédés électrolytiques déjà connus.
- Les gares démontables de l’empereur d’Allemagne. — L’empereur Guillaume vient de commander à une entreprise de constructions métalliques de Posen deux gares de chemins de fer, démontables et transportables, qui sont désignées, dans l’ordre de service, « stations mobiles ». Elles sont destinées à l’usage particulier du Kaiser et doivent être employées, chaque fois qu’il plaira à l’empereur de prendre ou de quitter le train, à un emplacement situé en pleine voie, loin d’une gare ou station. La gare mobile sera alors préalablement transportée à l’endroit choisi et rapidement agencée pour donner satisfaction au désir impérial. Les matériaux employés pour ces constructions sont le bois et le fer. La surface occupée sera 60 m- environ. Les pavillons démontables se composeront d’une grande salle de réception et de plusieurs petites chambrés à coucher.
- Précautions à prendre dans les constructions en béton armé. — Voici deux fois qu’un effondrement se produit aux États-Unis durant la construction d’une haute cheminée en béton armé : heureusement sans accident de personne. Mais cela doit servir à rappeler que la prudence s’impose en pareille matière. La dernière des deux cheminées qui se sont ainsi effondrées, a été jetée à terre à Louisville (Kentucky) par un coup de vent moins violent pourtant que ceux qu’elle avait déjà subis : il avait une vitesse de quelque 67 kilomètres, il soufflait du S.-O. et le fût est tombé au N.-O. Il était haut de moins de 54 m. Il faut dire que certaines parties du béton étaient demeurées à l’état presque mou ; les armatures ne faisaient point corps avec la masse plastique, ce qui tenait sans doute à une mauvaise main-d’œuvre et à la pose de béton pas assez liquide.
- Nitrates californiens. — Le Service géologique des États-Unis est en train de poursuivre des études au sujet des dépôts de nitrates dont l’existence a été reconnue en Californie. Les gisements se trouvent presque tous dans la portion nord du comté de San Bernar-dino et ils ressemblent considérablement aux dépôts analogues du Chili. On estime que ces richesses précieuses s’étendent sur une superficie de plus de iSooo hectares, et qu’on y rencontre plus de 22 millions de tonnes du produit si demandé par l’agriculture.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- *»> Divers
- Exercice du tir au vol. — L’exercice du tir au vol . si un exercice utile et amusant ; mais il faut pouvoir le pratiquer sansu dépense considérable. L’appareil que nous allons décrire permet de réaliser cette condition. Cet-appareil est un lance-hélice (fig. i), d’un prix modique, qui peut s’emporter dans la poche. Les projec-
- La:ioc-!ii’:lice
- iiles en acier se lancent dans toutes les directions et servent indéfiniment. En aplatissant et en redressant les ailes de l’hélice, on peut varier la nature du vol; arrivée à la hauteur voulue, l’hélice plane avant de retomber, 'mais aussitôt qu’elle est touchée par les plombs, la rotation cesse et elle tombe à terre. L’emploi du lance-hélices est très simple ; on lève la dé-
- Fig. — Exercice du tir au vol.
- lente E, on introduit une clef dans l’ouverture B, on remonte l’appareil jusqu’au cran d’arrêt, et l’on, place I hélice. On dispose alors l’appareil à distance en le vissant sur un tronc d’arbre (fig. a) et l’on relie la détente au pied avec une ficelle. En faisant alors un mouvement en arrière, l’hélice part et l’on se trouve en bonne posture pour tirer. — Le lance-hélices se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris (Xe arr.).
- Entonnoir boîte. — Quand on veut remplir le réservoir d’essence ou d’huile d’une automobile, on est obligé d’employer un entonnoir, non seulement pour la facilité du transvasement du liquide du bidon dans le réservoir, mais aussi parce qu’une toile métallique line, fixée au tube de l’entonnoir, filtre le liquide et empêche les poussières, débris de bouchon ou autres impuretés de passer et d’aller plus tard empêcher le carburateur de fonctionner. Les entonnoirs ordinaires tiennent une place en-
- Eiitonnoii' boîte.
- combrante dans le bagage, tandis que celui qui est représenté ci-contre (n° 1) permettant de loger un bidon de réserve (n° 2) peut être considéré comme 11’existant pas au point de vue bagage. Il est aussi très commode dans son emploi, car il suffit de renverser le bidon débouché sans s’en occuper davantage puisque le transvasement s’opère proprement et sans perte. Il est destiné à remplacer partout l’ancien entonnoir conique, auquel on avait fini par donner une forme aplatie pour le loger plus facilement, mais qui alors dans cet état devenait d’un usage assez peu commode. — Rosfelder, 46, rue de Paradis.
- Vaporisateurs de poche. — 11 est très agréable, pendant les chaleurs, de pouvoir par instants projeter sur la figure im jet bien pulvérisé, qui donne une sensation de fraîcheur. Nous signalerons à ce sujet les deux modèles de vaporisateurs que représentent les dessins ci-joints. L’un deux (fig. 1) consiste en une petite burette avec une plaque métallique glissante formant cou-
- vercle. Cette plaque est percée à un endroit, et pour obtenir un jet il suffît de la déplacer jusqu’à ce que sa petite ouverture corresponde avec celle du vaporisateur. En pressant sur les parois flexibles de la burette, l’air est comprimé à l’intérieur et fait fonctionner le vaporisateur. Pour garnir d’odeur le récipient, on dévisse la plaque. Le deuxième modèle (fig. 2) est le modèle à piston; il suffit de déplacer le piston du haut, et d’écar-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- loi" lu petite plaque servant à fermer l’ouverture pour obtenir le jet demandé. — Les vaporisateurs de poche se trouvent chez M. Kratz-Boussac, i/j, rue Martel, à Paris.
- Mécanique
- Pilon portatif Girardot. — Cet appareil peut rendre beaucoup de services dans certaines industries en permettant de transporter le pilon au-dessus de la pièce à travailler, comme par exemple dans les fonderies au-dessus du moule en confection ; il peut être aussi employé comme marteau pour frapper des barres à mine. Il fonctionne au moyen du courant électrique et ne demande qu’une puissance de 3oo watts, soit environ le courant qui est nécessaire pour alimenter 5 lampes à
- Pilon portatif Girardo*.
- incandescence de 16 bougies. Il se compose de deux colonnes assemblées par deux entretoises supportant une petite dynamo qui actionne par une courroie de transmission un volant D porté à l’extrémité d’un arbre-vil-brequin C. Celui-ci porte une bielle E reliée à une pièce de guidage supportée par un ressort G bandé par deux bras articulés H réunis à la pièce qui porte le pilon. Ce dernier K, dont la forme peut varier suivant les besoins, est fixé par xin écrou. La machine peutproduire 35ocoups à la minute et la course du pilon peut varier de i5 à 18 cm. — Chez MM. Eluère et Sinan, i, rue Afï’re, à Nantes.
- *> Automobilisme
- Excentric Axle. — L'excentric Axle est un dispositif de montage d'une roue sur son essieu qui permet à cette roue de se déplacer dans son plan sans entraîner le déplacement de l’essieu, lorsque les obstacles réagissent sur elle. Ce dispositif comprend un noyau cylindrique A autour duquel tourne la roue sur les couronnes à billes B. L’essieu C repose dans le noyau A à frottement lisse et dans une position excentrée par rapport aux couronnes à billes B. Un accouplement élastique contrôle les déplacements relatifs possibles du noyau excentré A et par suite de la roue, par rapport à l’es-sieu qui, supportant la charge, offre une inertie bien plus grande que la roue.
- Il résulte de ce montage que, sous l’action du poids, l’essieu C doit venir occuper le point le plus bas du noyau A en faisant tourner celui-ci dans les couronnes à billes B. C’est alors qu’intervient un ressort D qui maintient l’essieu en dehors de la verticale passant par le centre de la roue et en avant de cette verticale par rapport à la direction suivie. Ce ressort est fixé d’une part à une pièce solidaire du noyau A et d’autre part au châssis, à une pièce solidaire de la chape tournante pour les roues avant, desquelles doivent prendre un certain
- braquage, et au longeron du châssis pour les roues arrière.
- Ce ressort 1) supporte donc la charge placée sur l’essieu ou une charge proportionnelle â cette dernière charge ; le rapport étant déterminé par la longueur d’excentrement l et la distance l' du point d’accrochage du ressort au centre de la roue. Lorsqu’un obstacle rencontré en chemin réagit sur la roue, la réaction passe par le centre de celle-ci et détermine un mouvement
- Excentric Axle.
- angulaire de la roue et de son noyau autour de l’essieu. L’amplitude de ce mouvement est limitée par le ressort.
- Le principe fondamental de ce nouveau dispositif est donc le suivant : le choc opéré sur la roue par les obstacles est intégralement transmis au centre au moment même du contact, puisque la roue est rigide (sauf, bien entendu, la partie de cette force percutante qui a été absorbée par le bandage : pneumatique, etc.). Cette force, en agissant sur le centre, détermine le mouvement angulaire de celui-ci autour de l’essieu, et c’est ce mouvement ainsi transformé qui est amorti par le ressort extérieur à la roue.
- La roue s’est donc soulevée pour franchir l’obstacle-sans entraîner le soulèvement de l’essieu, et surtout sans le faire vibrer. On peut dire que la roue s'adapte à l'obstacle. Bien plus, si un creux se présente sous la roue, le ressort I) en se détendant ramène la roxie au contact du sol en déterminant un mouvement angulaire de la roue autour de l’essieu, mouvement inverse de celui qui se produit pour un obstacle en relief. La roue colle à la roule.
- En s’adaptant pour ainsi dire aux obstacles, l'Excentric Axle améliore le rendement à la jante, diminue l’usure des bandages, augmente la durée du châssis en évitant les vibrations des essieux; de plus, il permet l’emploi de bandages pleins à des allures rapides. — L’Excentric Axle, d'une construction très robuste et très soignée, se trouve chez MM. Burtart etGerrard, 21, rue de Vienne, à Paris.
- Le Stop. — S’il était possible de connaître le moment précis où un pneumatique commence à se dégonfler, ou éviterait aux automobilistes bien des ennuis. C’est pour leur permettre de se rendre compte de ce fait qu’a été imaginé le Stop.
- Cet appareil s’adapte sur toutes les jantes. Il suffit d’y percer un trou de 16 mm. et d’y introduire le tube a, la collerette d étant pincée entre le talon du pneu et la jante. Ce tube a contient une tige / pourvue d’unres-soi’t et terminée par un papillon qui vient s’appliquer contre la chambre à air. Le tube a est surmonté d’un plateau recouvert d’un couvercle dans lequel un chien n, actionné par un ressort, est capable de venir frapper assez fortement une capsule g pour la faire exploser.
- Admettons que le pneumatique se dégonfle, immédiatement le ressort entraîne la tige f et celle-ci libère le ressort du chien. Le coup part, comme un coup de pistolet, et le chauffeur est prévenu du danger que lui fait courir un de ses pneumatiques. — L’avertisseur automatique Stop est en vente chez M. R. Cosson, 23, rue des Grandes-Carrières, Paris.
- de dégonflement
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- VARIÉTÉS
- La préhistoire de l’Italie. — M. Michel Delines a récemment traduit du russe le gros ouvrage que M. Basile Modcstov, chargé d’une mission scientifique en Italie par le ministère russe de l'Instruction publique, a consacré à la préhistoire italienne, sous le titre d’introduction à l’histoire romaine (F. Alcan, éditeur, 1907). L’auteur de ce travail y étudie très en détail l’ethnologie préhistorique italienne et s'efforce de démêler les diverses influences civilisatrices qui se sont exercées sur la péninsule apcnninc à l’époque préromaine, et qui expliquent les commencements de Rome. Il va sans dire ([ue l’ouvrage est, en lui-même, une œuvre de cabinet, longuement élaborée d’après l’élude des travaux qui ont été faits sur le terrain, et que la méthode employée est avant tout critique, consistant dans le maniement et l’appréciation de ces textes de première main ; ceci n’est pas d’ailleurs pour diminuer en rien sa valeur, mais pour rendre un juste hommage aux travaux dont M. B. Modeslov a su fort intelligemment profiter et qui sont dûs aux savants italiens les plus connus des préhistoriens, particulièrement MM. Pigorini, Sergi, Brizio, etc.
- On lira avec intérêt un résumé des résultats que M. Modestov considère définitivement comme acquis à la suite de ces analyses partielles et de son grand effort synthétique — et qui, pour nôtre peut-être pas aussi inébranlables que le croit leur auteur, donneront lout au moins une fort nette idée des problèmes que la préhistoire se trouve aujourd’hui en mesure d’aborder, ainsi que des solutions, plus ou moins provisoires, où elle peut aboutir.
- i° Il est indubitable aujourd’hui que l’Italie a été habitée dès l’époque paléolithique : c’est ce dont témoignent les fouilles et les découvertes faites depuis plus d’un demi-siècle, aussi bien à l’est qu’à l’ouest des Apennins. Vraisemblablement, les hommes, qui vivaient alors dans celle contrée, appartenaient à cet ensemble ethnique qui, sous scs divers aspects, semble, jusqu’au magdalénien, le plus ancien fonds humain connu, jusqu’aujourd’hui, en Europe.
- •2° A cette race, que M. Modeslov appelle européenne, vient se substituer une nouvelle race, apportant une civilisation plus avancée, qui règne en Italie depuis la fin du paléolithique jusqu’à une période de transition avec l’àge du bronze, qu’on désigne en Italie sous le nom d’enéolithique. Pour M. Modestov, qui a adopté ici absolument les théories peut-être téméraires de M. Sergi, les peuples qui envahissent ainsi l’Italie et éliminent ou rejettent à l’écart l’élément primitif, appartiennent à ce grand ensemble que M. Sergi appelle la race méditerranéenne ou euro-africaine, et qui, d’origine et de type africains, par un vaste mouvement séculaire s’est lentement déversée sur le monde européen, passant de l’Egypte à la Grèce, de la Tunisie à l’Italie, du Maroc à l’Espagne, puis de ces points jusque sur l’Europe centrale et aux pays les plus reculés de l’Europe septentrionale. Qu’ils soient ou non des euro-africains, les squelettes néolithiques italiens sont des dolichocéphales, à front éfroit et fuyant, à nez large, présentant d’incontestables caractères négroïdes. M. Modestov pense et démontre assez clairement que ces dolichocéphales négroïdes, qui ont un moment régné sur toute la péninsule, doivent être identifiés avec les Ligures, qui ont fini, comme on sait, par se trouver confinés à l’occident de l’Italie septentrionale. Il insiste aussi sur l’intime parenté ethnique qui unit ces Ligures aux Ibères d’Espagne, et aux Sicanes et Sicules de Sicile.
- 3° La période enéolithique, qui, nous l’avons dit, forme la transition avec l’époque du bronze, ne manifeste pas de changements profonds dans le milieu ethnique italien : ce sont, dans les nécropoles, les mêmes types squelettiques — peut-être euro-africains — que pendant la néolithique, et leurs cadavres sont l’objet de rites funéraires identiques ou qui sont seulement le développement normal de ceux de l’époque antérieure. Toutefois, il y a, dans le matériel de ces mêmes nécropoles, et surtout dans leur céramique, des changements, des perfectionnements, et des traces d’apports étrangers,
- si importants qu’on doit admettre de toute nécessité qu’une influence extérieure est venue à cette époque se marquer sur la civilisation des habitants du pays. Si l’on se rappelle que, depuis 4000 ans avant J.-C., une civilisation du bronze régnait à Chypre et qu’elle était en plein développement et en pleine extension au moment dit 4e période chypriote (environ 00 ans av. J.-C.), qui correspond à l’existence d’une civilisation méditerranéenne chypro-troyeno-cyclado-égyptienne, on admettra volontiers qu’il faut lui. attribuer cette influence étrangère si marquée dans l’enéolithique italien, que M. Modeslow identifie à la ire période des Sicules et au temps de la 2° ville de Troie. Tandis que cette civilisation chypriote agissait par voie maritime sur la Sicile, elle venait, par l’Europe centrale, agir sur la Lombardie et toute l’Italie du Nord, annonçant la race nouvelle qui, à l’àge du bronze, devait par le même chemin faire irruption dans la péninsule et lui apporter l’élément qui donnerait un jour naissance à 1 Etruric.
- 4° Cette nouvelle race — aryenne ou indo-européenne — s’établit d’abord dans la vallée du Pô, entre Plaisance, Crémone et Bologne, où elle demeura pendant toute la période du bronze ; elle fonda des sortes de villes dont les débris sont aujourd’hui exhumés dans ce que les paysans appellent des lerramares, et dont la disposition, qui a donné naissance à celle du camp et de la ville Romaine primitive, atteste un sens de l’ordre et une puissance d’organisation sociale qui annoncent déjà des romains. Ces peuples, qui apportaient avec eux une langue toute nouvelle, se reconnaissent à un rite mortuaire non moins nouveau en Italie; tandis que les Ligures néolithiques et euéolithiques ensevelissaient, leurs morts, ces Aryens les brûlaient et recueillaient leurs cendres dans des urnes.
- 5° Une nouvelle invasion aryenne, incinérant aussi les morts, pénétra à son tour en Italie, et aussi par la voie des Alpes, en venant vraisemblablement de la vallée du Danube, à la fin de l’époque du bronze, soit que cette intrusion ait déterminé l’abandon des terramares, ou que, ceux-ci quittés pour une cause inconnue, elle se soit produite peu de temps après. Les habitants des terramares, en tout cas, fuyant devant les nouveaux venus ou leur faisant place avant d’y être forcés, se répandirent vers le sud de l’Italie. D’abord ils suivirent la région orientale entre les Apennins et la mer, puis, arrivés à la hauteur géographique du Latium, ils se divisèrent en deux groupes dont l’un demeura dans le Picenum, tandis que l’autre fut s’établir sur les bords du Tibre, les Falisques au nord, les Latins au sud, ayant comme centre les monts Albains. Pendant ce temps, le second flot d’envahisseurs aryens descendait dans la vallée du Pô et, dépassant ou tournant la contrée des terramares, allait se fixer dans la région qui se trouve autour de Bologne. C’est à eux que l’on doit la civilisation du fer, qui commença à s’épanouir dans cette région pendant l’époque dite de Yillanova. M. Modestov les identifie aisément avec les Ombriens.
- 6° Un dernier élément devait venir — du xe au vme siècle av. J.-C.? — compléter le complexus ethnique d’où naîtrait la puissance latine -— et surtout l’architecture romaine. Ce sont les Etrusques. M. Modestov, d’accord en cela pleinement avec la presque totalité des savants européens depuis une vingtaine d’années, expose fort clairement les preuves de leur origine orientale et montre qu’on peut ajouter une foi enlière à l'affirmation d’Hérodote, lorsqu’il dit que les Tyrrhéniens (c’est-à-dire les Etrusques) sont venus d’Asie Mineure — et probablement de Lydie -— par mer, vers la côte occidentale de l’Italie, où ils sont débarqués et se sont emparés d’un territoire aux dépens des Ombriens, alors répandus sur les deux versants des Apennins. Ils apportaient avec eux une civilisation assez avancée, formée dans le voisinage de l’influence chaldéenne, une architecture qu’ils enseignèrent à leurs voisins, et des croyances et des rites particuliers, notamment la pratique de la divination, la consultation du foie des victimes qui devait jouer un si grand rôle dans la vie romaine.
- François de Caritène.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Nouvel appareil électrique de trempe de l’acier.
- — La préoccupation à laquelle on a cédé en étudiant ce dispositif, est celle d’obtenir sans inconvénient les hautes températures requises pour la trempe des nouveaux aciers à outils. Il faut en effet éviter que le métal ne puisse venir en contact de carbone, d’air ou d’autres gaz, au risque de voir sa composition altérée. Les fours électriques, même du type ordinaire, ne répondent pas
- cette nécessité ; et c’est ainsi que dans le four spécial pour trempe, dû à M. W. G. Iterrens, de Hanau, il est malaisé d’obtenir que toutes les portions de l’acier soient exactement chauffées à même température. L’appareil est pourtant bien combiné : c’est un moufle de briques réfractaires, fermé à sa partie supérieure par un couvercle ; les résistances en platine y sont logées dans le massif de brique, et il peut donner une température de laSo0 G.
- Les frères Korting, de Berlin, ont en -conséquence construit un nouveau type de four électrique pour la trempe. L’acier y est disposé dans un sel en fusion, qui doit avoir un point de fusion élevé et ne point s’évaporer de façon sensible, même à une haute température. Avec du chlorure de baryum, on peut maintenir ainsi une température de i3oo°. Ce four se présente sous la forme d’une boîte carrée, faite de fer d’amiante et de briques réfractaires, et à l’intérieur de laquelle est un vide cubique constituant le creuset. C’est ce vide intérieur qu’on remplit de sel. Deux plaques de fer, attachées à deux parois opposées, servent d’électrodes pour les courants alternatifs fournis par un transformateur à huile. Quand le sel est fondu, on y descend l’objet de métal, et l’on peut contrôler la température au moyen d’un pyromètre et; d’un rhéostat. Les différences de température sont très faibles sur les divers points de la masse en fusion. Cela oscillera, par exemple, entre 11080 et iri3a.
- Avec un dispositif de ce genre, on portera en 4 minutes à la température de 85o° des outils pesant plus de 2200 gr. Au reste, on se trouve bien de chauffer ces outils au rouge brillant avant que de les placer dans le four. Quand on maintient ce dernier à sa température maxinia de i3oo° durant 10 heures, pour faire le plein, on n’a même pas besoin d’ajouter i kilogramme de chlorure de baryum, substance (pii semble être la meilleure pour les températures extrêmes. Pour des températures inférieures, on peut se servir d’un mélange de chlorure de baryum et de chlorure de potassium. Le revêtement du four durerait une année. Quant à la croûte de sel fondu qui adhère à l’acier, elle se détache d’elle-même lorsqu’on trempe celui-ci dans le bain de refroidissement.
- Une nouvelle soudure. — Elle est lancée par les lvup-pers Metallwerke de Bonn, et elle est recommandée particulièrement aux fabricants d’instruments, électriciens, etc. On la nomme Tinol, et elle est faite d’étain et de plomb, mais avec addition d’une substance organique qui donne une pâte ni alcaline ni acide, et qui empêche l’oxydation sur les surfaces à souder. Cette pâte est appliquée à l’aide d’une brosse, d’un morceau de bois, d’un chiffon, on peut même se contenter de tremper l’objet dans le tinol. Quant au chauffage, il se fait, comme de coutume, à la lampe ou au chalumeau, parfois une allumette suffit. Cette soudure (qui réussirait fort bien pour la fixation d’écrous) s’accommode au fer, à l’acier, à la tôle, au nickel, au cuivre, au zinc, au laiton avec quelques petites modifications dans la composition.
- Réparation des cuvettes photographiques en porcelaine. — Elles sont fort commodes, mais elles se cassent facilement, surtout quand elles sont de grandes dimensions ; et c’est naturellement alors qu’elles coûtent le plus cher à remjilacer. On nous a donné le moyen suivant pour réparer solidement et effectivement une fracture d’un de ces récipients. On enduit les bords des morceaux à recoller d’une couche de colle en tube, comme on en vend maintenant, de seccotine, par exemple, puisque c’est une des meilleures; et, comme de juste, on main-
- tient les deux parties solidement en contact. On laisse sécher un ou (leux jours. On se procure de la grosse toile d’emballage, et l’on en coupe une bande de bonnes dimensions et de bonne forme ; on l’enduit de seccotine et onia colle à l’extérieur du récipient, de manière à former emplâtre sur la ligne de cimentage. Cette fois on vu laisser sécher une semaine. Alors on prépare une solution faite de i partie de formaline et de 3 p. d’eau ; on y trempe un chiffon, et ou laisse celui-ci en contact avec la bande de toile et le joint durant une couple d’heures. Finalement, on passe sur le récipient une couche de noir de Brunswick qui complète l’imperméabilité voulue du joint. Evidemment, cela ne donne pas à l’ensemble une très belle apparence ; mais si la cuvette est de grandes dimensions, cela en vaut la peine, car pratiquement elle peut rendre les mêmes services qu’auparavant.
- Petite perceuse électrique. — Cet outil est fort ingénieusement combiné, d’abord en ce qu’il donne trois vitesses, et sans recours à des résistances intercalées, mais bien par un dispositif d'engrenages. Le moteur est muni d’un enroulement shunt, et il donne sa pleine puissance à toutes les vitesses ; on y emploie des balais en charbon à ajustage automatique. Il ne peut être brûlé du fait d’une surcharge, grâce à un artifice monté dans la partie supérieure de la machine. Il existe un interrupteur de maximum qui arrête la marche de l’outil en cas de surcharge, l’outil repartant ensuite de lui-même quand disparaît celle surcharge. Le moteur est mis en marche ou arrêté au moyen d’un commutateur sur lequel agit le pouce de l’ouvrier, lui perceuse se trouve à l’Armorduct Manufacturing C°. 6, Farrintgtou Road, Londres E. C.
- Recherche de traces de phosphore blanc. — La
- recherche de traces de phosphore blanc s’est laite jusqu’ici par la méthode de Milscherlich, c’est-à-dire en observant dans l’obscurité la luminescence du produit d’entrainement par la vapeur d’eau. C’est ainsi qu’ont été conduites toutes les expertises sur les accidents occasionnés par l'absorption involontaire ou voulue de décoctions d’allumettes.
- Mais il est impossible de retrouver ainsi le phosphore blanc dans le sesquisulfure de phosphors P* S3, que forme en France et en Suisse, la pâte actuelle des allumettes, car le sesquisulfure donne les mêmes effets de luminescence que le phosphore libre. Pour résoudre ce problème, deux auteurs, MM. Shenck et Scharff, ont utilisé la propriété que possède le phosjxhore blanc, et que ne possède pas le sesquisulfure, de rendre l’air conducteur de l’électricité. Pratiquement, on place dans un tube en U, chauffé vers 4o°, i à 2 décigrarnmes de la matière incriminée, on relie ce tube avec l’espace annulaire entourant le cylindre de garde d’un éleclroscope ; puis, ayant fait diverger les feuilles d’or, on aspire de l’air. L’atmosphère entourant le cylindre acquiert de la conductibilité, la charge se dissipe et les feuilles d’or, liées au cylindre, s’abaissent. Aucune mélho'de de recherche du phosphore n’atteint la sensibilité de ce procédé qui permet de déceler jusqu’à 4 millièmes de milligramme de phosphore.
- Voiles tannées. — Tanner les voiles consiste, on doit le savoir, à les enduire de manière que la pourriture ait moins de prise sur elles. On achète iooo à i'ioo gr. de cachou, et on le fait bouillir durant une heure et demie environ dans i3 à 14 litres d’eau : il faudrait modifier les proportions si cette quantité de liquide n’était pas suffisante pour immerger complètement la voile à traiter. C’est quand la solution est encore bien chaude qu’il faut y plonger la voile ; on l’y laissera au moins ia heures, mais pendant lesquelles on la remuera et la dépliera pour la replier différemment, afin que toute la masse se sature bien du liquide. On la fera sécher ensuite au soleil. Si la nuance n’était pas suffisamment foncée, on ferait chauffer de nouveau le bain et l’on y replongerait la voile. Mais il faut se rappeler que l’oxydation fera foncer ultérieurement et naturellement la nuance obtenue.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’im intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits — Le
- viseur Grubb (u“ 1773 du 18 mai 1907, p. 395), est construit pur MM. Viekers Sons and Maxim Ld, à Sheflield (Angleterre). Les instruments, munis du viseur Grubb, servant au levé du terrain, sont construits par les établissements Rathmines de SirHowardGrubb, à Dublin.
- Communications. — La danse des grêlons. — A propos de la communication sur la danse des grêlons (ii° 1771, 4 mai 1907) M. G. Brindejonc, à Plcurtuit (llle-et-Vilainc), nous adresse de curieuses observations : « Je puis, dit-il, vous indiquer un phénomène dont j’ai été témoin ici même il y a quelques années et qui doit avoir une cause analogue. Au cours d’une averse de grêlons gros comme des noisettes, j’observai qu’un assez grand nombre d’entre, eux étaient, après leur chute, animés d’une sorte do mouvement vibratoire qui les faisait se déplacer de 2 à 3 centimètres environ et qui se prolongeait pendant 3 à 4 secondes. J’en ai vu quelques-uns, parmi les plus gros, se briser en fragments après un petit temps d’arrêt sur le sol. Les fragments étaient lancés à quelques centimètres les uns des autres, comme si le grêlon avait éclaté sous l'influence d’une pression intérieure. Ces grêlons étaient tombés sur du gazon. La rupture se produisait souvent après un temps d’arrêt notable. Le choc d’arrivée n’en (Hait donc pas la cause. Je m’étais expliqué de la façon suivante ces effets bizarres. O11 remarque généralement, lorsque des grêlons un peu gros tombent à terre, qu’ils sont brisés. On voit sur la fracture qu’ils sont constitués par des couches concentriques de glace bien dis-
- tinctes, indiquant que le grêlon s’est formé par accroissement autour d’un noyau. J’ai pensé que ces diverses couches n’avaient pas la même tension moléculaire, et se trouvaient dans un état analogue à celui du verre trempé ou des larmes bataviques, qui se réduisent en poudre avec explosion dès qu’on entame leur surface. » L’explication est fort plausible et fait tout honneur à 1 in-géniosité de notre correspondant.
- Renseignements. — M. M. Roche, à Tournay (Charente). — A notre vif regret, nous ne pouvons vous donner les renseignements que vous demandez pour rétablissement d’un service d’autobus; la question requiert, en effet, une longue et minutieuse étude qui ne peut être accomplie que par un ingénieur compétent, avec toutes les données nécessaires.
- M. L. Wiart, à Paris. — Vous pourrez obtenir des renseignements sur les masques protecteurs pour ouvriers travaillant dans des poussières nuisibles, en vous adressant au Musée des accidents, Conservatoire des arts et métiers, rue Saint-Martin, à Paris.
- M. C. Bailly, à Lempdes. — Le ripolin conviendra parfaitement à l’usage que vous en voulez faire ; vous trouverez ce produit chez lous les marchands de couleurs.
- M. J. Robbrecht, à Waereghem. — Les anguilles sont ovipares et à sexes séparés ; elles pondent des œufs très petits, au nombre de 4 ou 5 millions.
- M. II. Martyrot, à Pau. — Vous pouvez consulter le récent volume de M. D. Fritsch, Fabrication des colles et gélatines, librairie H. Desforges, 29, quai des Grands-Augustins, à Paris, qui vous donnera tous les renseignements nécessaires.
- M. A. D., à Paris. — La lampe au tungstène se vend à Paris, 55, rue Sainte-Anne, chez Paz et Silva.
- M. Caprotti, à Seriate. — Les moteurs à deux temps minuscules Ixion se trouvent chez M. G. Delochc, io, quai Michelet, Levallois-Perret.
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- BIBLIOGRAPHIE
- I Castellieri Preistorici di Trieste, par le Dr C. Mar-chksetti, Trieste, igo3, in-8°, 206 pages et 24 pl.
- L’auteur des célèbres fouilles de la nécropole de Santa Lucia donne dans ce volume une savante monographie des forts proto-historiques des environs de Trieste, qu’il est bon de mettre en parallèle avec les ca,stellars qu’étudient en ce moment MM. Guébhard et P, Goby dans le Midi de la France. Ces monuments datent de la fin de l’époque néolithique ou du début de l’âge du bronze jusqu’à la conquête romaine •: 75 sont figurés avec les principaux objets qu’on y a recueillis et une carte de l’Istrie.
- La edjOtd de la piedra en Patagonia (1 âge de la pierre en Patagonie), par Félix F. Ouïes. Buenos Aires, iqo5. Iinprenta de Juan A. Alsina. 1 vol. grand in-8° (.Annales du Musée national de Buenos Aires). Pas de prix indiqué.
- Contribution de tout premier ordre à 1 histoire générale de l’âge de la pierre, notamment par la comparaison qu’elle permet d’établir avec ce que nous connaissons déjà sur ce sujet, dans le vieux continent. Nous reparlerons prochainement de l’âge de la pierre en Patagonie. Le travail de M. Outes, qui contient 209 figures et une carte archéologique, se termine par un très important résumé en français.
- Le progrès aux temps paléolithiques. Introduction à Vétude de la préhistoire, par le Dr Cauoalon. Paris, Schleicher frères, 1907, 1 br., 3op., in-8°. Prix : ifr,25.
- Intéressant résumé de vulgarisation, tendant cependant à admettre toutes les opinions hasardées, du moment qu’elles semblent cadrer ave un système.préconçu. Par exemple, les trois périodes néoli-
- thique, paléolithique et éolithique sont présentées comme si elles étaient toutes trois également certaines. Un lecteur non averti croirait résolu le problème de Vhomme tertiaire. Or, celui-ci, quoique probable, n’est pas encore prouvé!
- Introduction à l'histoire romaine (Vethnologie préhistorique, les influences civilisatrices à l’époque préromaine et les commencements de Rome), par Basile Modestov, traduit du russe par Michel Deliniss, préface de Salomon Reinach. i volume in-40, 475 p., 69 planches, chez Félix Alcan. Prix : 15 francs (v. p. 5).
- • Fours à gaz et combustion des gaz, par Adolphe Bouvier. Paris. P. Mouillot, 13, quai Voltaire, 1907. 1 br.
- Memento pour les calculs de combustion.
- Cambridge physical sériés. Conduction of electriciiy throughgases, by J'.J. Thomson, i vol. in-8°, 20 édition. Cambridge : at the Universily Press, 1906.
- Préfecture du département de la Seine (bureau de l’assainissement de l’habitation et du casier sanitaire des maisons de Paris). — Rapport: i° sur les recherches effectuées au bureau du casier sanitaire pendant Vannée 1906 relatives ci la répartition de la tuberculose dans les maisons de Paris; 20 sur les enquêtes effectuées en 1906 dans les maisons signalées comme foyers de tuberculose. Paris, Imprimerie Chaix, 2 brocli. in-8° de 19 et 6 pages.
- Smithsoniam institution (United States National Muséum). Contribution froni the U. S. Nat. Herbarium. vol. XL Flora of the State of Washington, by Ch. V. Piper. Washington. Government printing office. 1906. 1 vol. in-8°.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Beitrage zui• Kenntnis der atmosphàrischen Elektrizitat, von Dr Viktor Comiad. Wien, 1906. Alf. Hôlder, 1 plaq. in-8°.
- Die Tliàler des nordwestlichen Uimalayas, par le D1 Kaiu. Œstreich. Supplément n° 155 des Petermann’s Mitthei-lungen ; Gotha, Justus Perthes, octobre 1906, in-4°, 37 pl. et 3g lig. Prix : 10 francs.
- Excellente description géographique du Cachemire occidental, particulièrement bien illustrée et développant surtout ce qui concerne la géologie, l’orographie, l’hydrologie et les glaciers. C’est une utile contribution à la divulgation de l llimalaya.
- Formulaire de haute magie, par P. Piorr. Paris. II. Daragon, 1907. 1 vol. in-i(i. Prix : u(r,5o.
- Le petit Iwre du ciment, traduit de l’allemand par E. Drksoukl. Paris. Dunod et Pinat, 1907, 49» quai des Grands-Augustins, Paris, VI0. In-8“ de 28 pages. Prix : ifr,5o.
- Traduction d’une brochure publiée par le Syndical allemand des fabricants de ciment Porlland : étude des propriétés du ciment Porlland, composition chimique, conditions de sa prise, force de résistance à la traction et aux inlemjxéries, influence de l’eau de mer. mode d’emploi et préparation des divers mortiers, exécution des principaux travaux en ciment, etc.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur , altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 mai 11100 . 0,1 N. N. E. 2. lieau. 0,0 Gelée Blanche ; gouttes à 20 h. ; nuageux. Gelée Blanche; halo; gouttes à 18 h. ; très nuageux.
- Mardi 21 7,7 N. N. E. 0. Couvert. 0,0
- Mercredi 22 11,0 S. W. 2. Couvert. 2,1 Rosée ; quelq. des gouttes ; éclairs dans la soirée avec pluie. Pluie de 0 h. à 0 h. 50; halo ; tonnerre entre 17 h. 10 et 18 h. 15.
- Jeudi 25 15,6 S. -S. E. 2. Couvert. 1,0
- Vendredi 2i 16,9 S. W. 1. Peu nuageux. 0,0 Averse à 5 h. et à 2i h. ; nuageux.
- Samedi 25 17,9 E. N. E. 2. Nuageux. >) llalo ; peu nuageux.
- Dimanche 20 19,0 W. 2. Peu nuageux. » Rosée; halo; peu miaecux.
- MAI 1907.— SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 MAI 1907.
- S sis SsEssSs! 555 5pjiJ5ÿ'iÎ55^j555^l55555£^ïî5i?îî555555H5B5B5|
- ............_____________....____________.15555555555555555555555555555555 5 5555555555555551
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 20 au 27. — Le 20. Pression atmosphérique (en mm) : golfe de Gênes, Pologne, 752 ; Saint-Pétersbourg, 772; Arkangel, 778. Vent : fort, du N.-O. et mer houleuse au S. de la Provence. Pluies : en Europe centrale et en Italie, pas en France. Température du matin : Stockholm, 3°; Paris, 6; Perpignan, 12; Alger, 18 ; Puy de Dôme, —2; Aigoual, —4; moyenne à Paris, 8°, 1 (normale : i3°,8). — Le‘ii. Press, atm. : Espagne, Gascogne, Danemark, 754; Moscou, 774. Vent : faible, mer belle un peu agitée. Pluies sur le N. et le Centre du continent, pas en France. Temp. du matin : Meaborg et Le Havre, 7; Paris, 8; Marseille, 14 ; Athènes, 22; Puy de Dôme, 4; Pic du Midi, —1; moyenne à Paris, io°,8 (norm. j4°)- — Le 22. Press, atm. : Iles-Britanniques, mer du Nord, 755; Kharkof, 769; Bodoe, 767. Vent faible. Pluies sur l’O. de l’Europe; en France (mm) : Limoges, xi; Lox-ient, 6; Chei’bourg, 3; Nice, 2. Temp. du matin : Arkangel, 3; Paris, 11; Toulouse, 17; Alger, 20 ; moyemxe à Paris, i2°,9(noi’m. : 14).— Le 23. Press, atm. : golfe de Gascogne, j5q; Hongrie, 76a. Vent assez fort de l’E. en Pi'ovence. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe; en France, avec orages dans l’O. : Le
- Mans, 22; Naixtes, i3; Port-Vendi‘e, 11; Rochefort, xo. Temp. du matin : Arkangel, 3 ; Paris, 14 ; Marseille, 18: Athènes, 23 ; Puy de Dôme, 8; moyenne à Paris : 170,7 (norm. i4°,2). — Le 24. Press, atm. : Espagne, France, Irlande, 755; Norvège, Pologne, Finlande, 765. Mer houleuse en Provence. Pluies et orages en France : Bordeaux et Rochefort, 14 ; Nantes, 12; Le Mans, xx. Temp. du matin : Paris, 17; Nice, 20; Puy de Dôme, 10; Pic du Midi, —1; moyenne à Pains : i7°,3 (norm. : 140,3). — Le 25. Press, atm. : Gascogne, 758; Scandinavie, 766. Vent faible, mer belle. Pluies sur l’O. du continent; en Fi'ance (orages) : Nantes, 14 ; Lorient, 4: Bordeaux, 2; Le Mans, 1 ; Paris, 0,6. Temp. du matin : Arkangel, o; Bordeaux, 14 ; Paris, 18; Marseille, 22; Puy de Dôme, 12; Pic du Midi, 3; moyenne à Paris : 20°,7 (noiun. : i4°,4)- — Le 26. Pi'ess. atm. : O. et S. de l’Europe, 762; Heniosand, 763. Pluies en Scandinavie et Finlande; en France, sur l’O. : Biai'ritz, 3i ; Saint-Mathieu, 18; Brest, 4; Rochefort, 2; Temp. du matin : Arkangel, 2; Paris, 19; Nice, 2!; moyenne à Pai’is : i9°,6 (noi’m. ; i4°,5). Phases de la Lune ; Premier Quartier : le 20 à 1 h. 37 m. du s.
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- LA INA 1U
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1776 (8 JUIN 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Lancement du cuirassé « Vérité ». — Le 28 mai, les chantiers et ateliers de la Gironde ont procédé avec plein succès à la mise à l’eau du cuirassé « Vérité ». La façon dont fut opéré ce lancement en fait un événement sensationnel dans les annales maritimes. Le cuirassé était en ellét presque complètement terminé au moment du lancement ; ses cuirassements, ses chaudières, ses machines, ses tourelles, ses mâts mêmes étaient déjà installés. Le tout pesait 12 000 tonnes. C’est la première fois qu’on lance un navire d’un poids aussi considérable. La « Vérité )) déplacera i5 000 tonnes, elle a une longueur de i33m., et sesmachines ontunepuissance de 18000 chevaux. - .
- Croiseur allemand. — H a été tout récemment lancé, et prendra place dans la flotte sous le nom de Gneisenau, avec un déplacement de 11 600 tonnes, pour une longueur d’un peu plus de 1 39 mètres et une largeur de 21,94 m. Ses machines pourront donner jusqu’à 26000 chevaux, et commanderont trois hélices, en imprimant au bateau une allure maxima de 22,5 nœuds. Son approvisionnement en combustible pourra varier de 800 à 2000 tonnes; son armement comprendra 40 canons, 4 mitrailleuses et 4 tubes lance-torpilles.
- Un nouvel explosif. — On emploie actuellement à Monterey, au Mexique, après s’en être beaucoup servi sur le Mexican Central Railwày, un nouvel explosif appelé potasimite, et dont on dit grand bien. Il est à base de matières nitrées, et d’ordinaire les explosifs de ce genre ont l’inconvénient très réel de produire des gaz irrespirables qui ne s’évacuent cju’assez lentement. La potasimite ne donnerait lieu à la production d’aucun gaz nocif. \
- Stations hydro-électriques suédoises. — La Compagnie du Canal de Trollhattan dresse actuellement un projet pour une puissante station, qui fournirait le courant aux chemins de fer de l’Etat et à certaines villes du voisinage des chutes de Trollhattan. On compte mettre en service, au moins quand tout sera terminé, 8 turbo-générateurs développant 9000 kilowatts. Le courant serait engendré sous forme triphasée à 100000 volts; mais, pour le transporter à plus de 10 1cm, on l’élèverait à 5oooo volts.
- Marchés et abattoirs de Berlin. —Lue surveillance sanitaire des plus sévères est exercée sur les abattoirs et marchés aux bestiaux de Berlin. Des vétérinaires Inspectent les wagons à leur arrivée, et le bétail ne peut être déchargé qu’à la condition expresse de présenter
- toutes les garanties possibles. Si un seul animal ne répond pas scrupuleusement aux conditions sanitaires exigées, le wagon tout entier est dirigé aussitôt vers un emplacement spécial, où tous les animaux qui le composent sont soumis à un examen des plus minutieux, pendant une quarantaine qu’on leur fait subir dans des locaux ad hoc. Les bestiaux sortent de l’établissement, pour être dirigés vers le marché, alors seulement que toute crainte de contamination est complètement disparue et que l’état de parfaite santé des animaux est incontestable. Le marché aux bestiaux de Berlin est situé en dehors de la ville, dans la banlieue de la capitale, à Fried-richsfeld ; c’est un modèle du genre. Il forme un immense domaine, entouré et sillonné par plusieurs lignes de chemins de fer, les unes amenant les animaux, les autres les dirigeant vers les divers points de l’Empire. Le marché est divisé en cinq sections distinctes : les bêtes à cornes, la race ovine, les porcs, les volailles ont chacun leurs quartiers respectifs. Le district le plus important est celui des porcs, puis celui des oies, qui les uns et les autres représentent la base de la nourriture des Allemands. On a calculé qu’en moyenne 28 000 oies sont vendues quotidiennement à Berlin. La plupart de ces bêtes sont importées ; elles sont de provenance russe.
- Les sels potassiques d’Alsace. — Nous avons déjà mentionné (n° 1761) la découverte récente de gisements potassiques en Alsace. Voici quelques détails sur cette trouvaille, qui excite une grande effervescence dans toute la région et dont on garde encore les détails mystérieux. Le gisement en question a été rencontré d’abord dans un sondage foré un peu au nord de Mulhouse, près de Wittelsheim, par le sondeur Vogt, avec 1 intention de chercher du pétrole comme à Pechel-bronn et sans aucun soupçon préalable de la présence de ces sels alcalins. Géologiquement, ces gisements se distinguent de ceux de Stassfurt, qui ont eu jusqu’ici une sorte de monopole, par leur présence dans le tertiaire et non dans le permien; ils se rapprocheraient ainsi de ceux que l’on a découverts il y a une cinquantaine d’années en divers points sur le versant nord des Carpathes, en relation avec du sel gemme et parmi lesquels celui de Ivalusz, en Galicie orientale, est le seul de la terre où l’on exploite des sels potassiques en dehors de l’Allemagne. Les alcalis de Galicie se trouvent dans le miocène. Les nouveaux gisements d’Alsace paraissent appartenir à l’oligocène lagunaire, qui contient du gypse à Zillesheim, près de Mulhouse. D’après la Revue allemande Kali, le gisement, dans lequel on n’a
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- “INFORMATIONS
- pus trouve; de fossiles, serait surmonté par des argiles et marnes rouges, bleues et grises, au-dessus desquelles arrivent aussitôt les dépôts diluviens. Dans l’ensemble, il occuperait un bassin partant de Mulhouse pour s’enfoncer vers le nord et contiendrait deux bancs utiles de 5 et i 1/2 m. nntxima, ayant leur plus grande épaisseur au centre du bassin. Une série de sondages auraient maintenant reconnu le gîte sur 180 km2. La question présente d’autant plus d’intérêt pour la France que les terrains superficiels, au-dessous desquels on a trouvé celle isolasse, se prolongent de la partie annexée dans la partie restée française autour de Belfort, ce qui a immédiatement donné l’idée d’y commencer également des recherches. Les sondages dans cette région peuvent avoir un double résultat; car, au-dessous du tertiaire où pourrait se trouver la potasse, on doit rencontrer le terrain houiller de Ronchamp, dans lequel on espère toujours découvrir une couche de houille e.xjRoitable. Un sondage vient d’être commencé vers Petit-Croix (station frontière entre Mulhouse et Colmar). Une autre recherche près de Rougemont a rencontré 3oo m. de tertiaire au voisinage presque immédiat d’un affleure-ment de grès rouge permien sous lequel on pensait avoir immédiatement le houiller, accusant ainsi l’existence d’une de ces grandes fosses à limite brusque, dans lesquelles s’enfoncent si souvent les terrains tertiaires (par exemple dans la Limagne).
- Les mines de cuivre américaines. — Les grandes mines de cuivre américaines commencent à s’appauvrir en vieillissant. Mais quelques-unes d’entre elles ont, derrière elles, une histoire glorieuse. On a calculé que les 25 principales avaient réparti, depuis leur fondation, i milliard 745 millions pour un capital émis de 35c) millions. lui principale est la Calumet and llekla, au Lac Supérieur, qui, depuis sa fondation en 1871, a distribué au total 5oo millions de francs, soit 4 fois son capital, et qui, en 1906, a encore tenu la tète de la production avec q5 millions de livres anglaises (453 grammes) de cuivre pur. L’Anaconda, dont la production a été à peu près la même en iqo5, a remboursé son capital de i5o millions. L’Amalgamated, depuis 1899, a payé 220 millions pour un capital porté à 765 millions de francs. On peut encore citer la Boston and Montana (89 millions de livres en 1905), Copper Queen (64 millions de livres), United Yerde (33 millions), Copjxer Range (33 millions), etc.
- Mines et sources thermales. — Les démêlés des, sources thermales de Teplilz, en Bohême, avec les mines de lignite voisines sont célèbres. S’il n’y a pas confusion, les eaux de Carlsbad, en Bohême, seraient également menacées par les travaux de certaines mines voisines, dans lesquelles se seraient produites, depuis 1898, des infiltrations telles qu’on aurait imposé aux deux fosses de l’une d’entre elles un euvelage étanche, avec des travaux de consolidation considérables et une restriction des exploitations.
- Particularités des pouzzolanes. — Deux ingénieurs italiens, MM. Giovani Giorgis et Gino Gallo, àl’oceasion de l’éruption du Vésuve, ont étudié les sables volcaniques et les pouzzolanes. Ils ont déterminé notamment la conductivité électrique des pouzzolanes et des mortiers qu’on en fait par mélange avec de la chaux. Us se sont préoccupés également de la méthode qui consiste à déterminer la valeur hydraulique de ces pouzzolanes, par la mesure de la quantité de chaux quelles 'prennent à de l’eau de chaux, dans un temps donné. L’argile et la leire arable se conduisent en ap]3arence de même à ce point; de vue, mais cette absorption cesse bientôt, tandis qu’avec les pouzzolanes elle ne fait qu’augmenter graduellement.
- Un emploi du talc. — Une affaire de fraude récente a mis en lumière un de ces petits emplois des substances minérales qui, pour échapper aux statistiques officielles, n’en jouent pas moins un rôle important dans leur industrie. On a constaté que l’on employait des quantités importantes de talc (silicate de magnésie hydraté) pour blanchir les farines et leur communiquer l’éclat des farines supérieures). D’après une enquête, il partirait du seul port de Bordeaux, à destination de New-York ou de Liverpool, 600 tonnes de talc par mois. En France, on cite parmi les mines produisant du talc, celles de Luzenac et de Tarascon (Ariège) de la Garde (Isère), de la Youte-Chilhac (Haute-Loire). En Italie, le Piémont (Pinerolo) et l’île d’Elbe ; en Espagne, la province d'Al-
- méria en fournissent également. Les États-Unis en produisent 60000 tonnes par an. Le talc à l’état .pulvérulent a du reste d’autres emplois plus corrects, fabriques de papiers, savons, etc.
- Les importations de cuivre en Chine. — Parmi les causes actuelles de la forte consommation de cuivre, il en est une assez imprévue, ce sont les importations considérables faites récemment en Chine pour la frappe des monnaies. On sait qu’en Chine la monnaie de cuivre est la seule monnaie courante. Or, en 1900, il a été frappé, d’après une évaluation du consul général d’Allemagne à Shangaï, 7 milliards et demi de pièces de
- 10 sapèques et importé, à cet effet, 4°000 tonnes de cuivre, venant surtout des Etats-Unis. L’abus de ces frappes a été tel que la dépréciation des monnaies a atteint, dans certaines provinces, 20 pour xoo. Les autorités locales y trouvaient un bénéfice immédiat et il a fallu un ordre du gouvernement central de Pékin pour arrêter l'opération. Il existe, paraît-il, 846 machines fonctionnant dans i5 des monnaies de l’Empire. En 1905, on a frappé, én outre, 20 millions de dollars en argent et 14 millions de monnaie divisionnaire d’argent.
- Le télégraphe dans le Sud-Algérien. — Le gouvernement de l’Algérie a décidé de prolonger la ligne télégraphique de Beni-Abbès jusqu’à Adrar dans le Touat. La longueur de cette ligne sera de 45o km et elle coûtera iSooooofr. environ.
- Câble transport de force au Canada. — Près de Montréal, dans le fleuve Saint-Laurent, on a posé un câble pour le passage du courant de l’une à l’autre rive.
- 11 a 2000 m. de longueur et son diamètre est de 65 mm; il pèse 32000 kg. Le courant électrique qui passe est à la tension de 25 000 volts. La pose présenta de sérieuses difficultés à cause de la variation de profondeur du fleuve qui atteignait 20 m. en certains endroits et qui en d’autres était si faible qu’il fallait enterrer le câble dans un fossé. De plus la rapidité du courant de l’eau gênait le travail et l’on craignait encore que le fleuve ne se gelât, en raison du froid qui règne sous cette latitude.
- Les incendies à Paris en 1906. — On a noté 1677 incendies durant l’année 1906. Dans i3o2 cas, il y avait assurance contre les pertes mobilières et dans 1657 cas, assurance contre les pertes immobilières; i3a3 incendies ont causé des dégâts inférieurs à 1000 IV. Les évaluations des dégâts portent les pertes totales subies à 12678553 fi».
- La surface solaire tachée en 1905. — L’observatoire de Greenwich vient de publier le résultat des observations faites concurremment à Greenwich, Maurice et Dahra-Dun (Indes) sur l’activité solaire. Grâce aux photographies prises dans oes trois établissements, dans des conditions identiques, chaque jour de beau temps, il est possible d’avoir, pour ainsi dire sans interruption, les variations du soleil. Il faut, en effet, un concours de circonstances bien extraordinaire pour que le ciel soit couvert, pendant la journée entière, dans trois stations aussi éloignées l’une de l’autre. L aire effective tachée en igo5 a été plus grande qu’en 1883, année de maximum. Des taches furent notées à toutes les latitudes comprises entre l’équateur et 32 degrés, mais la distance moyenne des taches à l’équateur n’a été que de i3 degrés seulement. Il ressort des observations effectuées que 1905 est une année de grand maximum de taches solaires. En général l’hémisphère nord du soleil a été plus taché que l’hémisphère austral. On a noté 209 groupes dans le premier contre i44 dans le second. Les surfaces tachées correspondantes ont été dans le rapport de 63 à 67.
- Rouille du fer et de 1 acier. — C’est une opinion généralement reçue que l’acier est plus susceptible de se rouiller que le fer. Suivant M. Howe, qui a traité de la question dans la publication Iran and Coal Trades 'Review, cela dépendrait absolument des conditions de milieu. D’après un certain nombre d’expériences, il semblerait que c’est dans les eaux alcalines que le fer accuse sa supériorité à ce point de vue sur l’acier ; mais dans les eaux acidulées) l’acier se rouillerait moins vite que le fer forgé. De plus, la rouille se manifesterait différemment suivant la qualité de l’acier considéré : c est ainsi que l’acier fabriqué sans soin et avec des soufflures serait notablement inférieur au fer forgé, mais cette infériorité disparaîtrait ou s’atténuerait au moins beaucoup pour de l’acier fabriqué soigneusement.
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- c^ss. Petites inventions
- Enregistreur de l’usure des marches ou dallages.
- __L’ugure des dallages et des marches d’escalier dépend
- de l’intensité de la circulation, mais aussi et surtout des substances qui les composent. 11 est très difficile de comparer entre elles ces diverses substances et cependant on devrait pouvoir le faire afin de reconnaître à laquelle doivent aller les préférences. Ce résultat peut être maintenant obtenu grâce à un appareil imaginé récemment par M. llaigneré, chef de section au métropolitain.
- Il comprend une règle en acier absolument rigide supportée à chaque extrémité de la surface dont on veut évaluer l’usure par deux pieds munis de vis calantes. Un niveau d’eau permet d’en vérifier l’horizontalité. Sur la face antérieure de la règle sont disposées, en haut et
- Enregistreur de l’usure des marches ou dallages.
- en bas, deux feuillures dans lesquelles on glisse une feuille de papier; deux plaquettes métalliques à ressort assurent le contact du papier avec la règle.
- Sur la règle ainsi disposée se meut un chariot in-scripteur; il comprend un cadre, capable de se déplacer dans le sens de la longueur seulement, et un deuxième â déplacements verticaux qui est terminé à sa base parmi galet maintenu par un ressort au contact de la surface à mesurer. Chaque cadre porte un crayon; celui du premier cadre trace sur le papier une ligne horizontale et celui du deuxième la courlie correspondante à l’usure. Après le passage du chariot, l’usure est donc parfaitement déterminée puisqu’elle est représentée par la surface comprise''entre les deux lignes tracées par les crayons. En opérant des relevés à des dates fixes, on se rend compte dé la valeur des matériaux employés et l’on peut alors choisir les meilleurs en connaissance de cause. — L’appareil est construit à la maison Jules Richard, a5, rue Mélingue; Paris.
- Indicateur d’incendie Pearson. — Nombreux sont les indicateurs de ce genre ; mais celui-ci présente des particularités vraiment intéressantes. Le principe du
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- Le thermostat et le tableau indicateur.
- fonctionnement est la dilatation d’une lame métallique.
- L’organe essentiel de l’appareil est un thermostat dont f action est basée sur cette dilatation'; il se présente sous l’aspect d’ûne chambré oblongue eh fer, qui a quelque i3 cm de long sur s5'de large et 4 d’épaisseur. Nous en
- donnons une coupe longitudinale et même d’ensemble, avec le couvercle enlevé. La boîte a comporte à sa partie inférieure une petite lame métallique b, fixée rigidement à chacune de ses extrémités, en c, par des vis ; eii son centre, est disposée une goupille d dont le bout est isolé. Cette goupille passe à travers une chambre à garniture dans la boîte a ; la garniture a pour but d’arrêter l’humidité ou les acides ; mais elle n’empêche pas la goupille de se mouvoir librement dans un sens ou dans l’autre, au fur et à mesure des dilatations ou contractions de d, sous l’influence des changements de température. Le dispositif intérieur consiste en deux contacts montés sur un support en porcelaine /, et réunis chacun aux conducteurs d’un circuit. Un de ces contacts est une vis réglable g, portant une pointe h qui vient se mouvoir comme indicateur sur un cadran i, et indiquer le degré auquel l’appareil est réglé pour agir. L autre contact k est un ressort en bronze phosphoreux dur et étiré, qui porte sur le bout isolé de la goupille d.
- Toute flexion de la lame thermique b affecte immédiatement la position du contact flexible h ; et quand la température atteint le point pour lequel l’appareil est réglé, le contact .se fait avec h, et l’alarme est donnée par fermeture du circuit. Les fils de connexion l et m, en parlant des blocs o en laiton, passent à travers des boîtes de garniture. Bien entendu, on a la possibilité d’enlever rapidement le couvercle n pour visiter ou régler l’index h; une plaque perforée e protège la lame thermique, tout en la laissant sous la libre influence des modifications de température. Le cadran est monté fou sur la tige g; il repose sur la potence j, et une coulisse lui permet de tourner. La console p ne sert qu’à fixer l’appareil en place.
- Les thermostats sont branchés en parallèle sur des circuits en boucle; les fils arrivent à un tableau indicateur qui peut centraliser les indications des signaux d’alarme de tout un bâtiment; ce tableau est partagé en sections correspondant à celles du bâtiment ; des clefs permettent de vérifier la bonne continuité des circuits. On peut, d’autre part, relier un tableau de ce genre à un poste de pompiers ; et ici on a la possibilité de constater immédiatement si un coup de sonnette provient d’une faute dans la ligne reliant le poste au tableau, ou bien effectivement d’un commencement d’incendie signalé par le tableau. Quand un feu se produit, un changeur de pôle met la batterie du bâtiment en série avec celle du posté de pompiers, et un instrument vérificateur, fonctionnant comme voltmètre, permet de reconnaître le voltage total des deux batteries.
- Mécanique
- Machine à faire les briques de béton. — Ces briques sont en réalité des blocs creux de format réduit, qu’on emploie maintenant couramment aux ntals-Unis, et qui
- Machine à faire les briques de béton.
- peuvent assez avantageusement remplacer la pierre de taille. Avec un jeu de quelques moules, on les'fabrique dans des types divers s’accommodant bien de l’ornementation; étant creux, ils sont légers., exigent peu de matière et sont tout indiqués pour la construction vraiment
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- ù bon marché. On estime que cette maçonnerie coûte un quart moins cher que la maçonnerie de brique; étant donné en particulier que les éléments en sont plus gros, les vides intérieurs forment matelas contre les variations de température et protègent de l’humidité.
- Les blocs peuvent être fabriqués pour ainsi dire au fur et à mesure de l’emploi, à peu près sans approvisionnement ; et voici une machine anglaise qui permettra à nos lecteurs d’essayer ou de faire essayer facilement ce procédé de consti'uction : elle sort des ateliers de MM. John Pickles and son de Hebden Bridge, dans le Yorkshire, en Angleterre par conséquent. Nous donnons une vue générale de la machine, et il sera facile de faire saisir son fonctionnement. Elle est combinée pour produire des blocs de 40 cm. à peu près de long sur 25 de large, et 20 cm. de hauteur; mais on peut la disposer très simplement pour produire des blocs qui ne seront que la moitié ou le quart de ces blocs types. En tout cas, le bloc doit toujours être moulé avec ce qui sera sa face extérieure en bas, au contact de la plaque inférieure du moule : cela pour qu’on s’arrange de façon que les meilleurs matériaux se trouvent sur cette face et que la surface obtenue soit tout à fait étanche. Il est indispensable qu’elle soit en mesure de résister aux agents atmosphériques. Quand on a versé dans le moule une quantité suffisante de matière, on agit sur un levier à main qui chasse en place les deux sortes de cylindres destinés à former les évidements centraux ; puis on ajoute du béton, on pilonne soigneusement , et l’on passe un outil convenable à la partie supérieure de la masse afin d’obtenir la surface que l’on désire pour le dos du bloc, unie ou non.
- Le moule comporte en bout deux plaques qui se fixent à charnières et boulons, et peuvent s’enlever quand le bloc est suffisamment sec. La plaque longitudinale d’arrière prend une certaine inclinaison au dehors, alors on n’a qu’à faire osciller la plaque de fond et la plaque longitudinale de devant : celle-ci viendra i*eposer, en portant le bloc, sur un bras métallique solidaire de la machine ; on écarte la plaque de fond par rabattement, et il est ensuite aisé d’enlever le bloc sans le briser ni le déformer, bien qu’il conserve une certaine plasticité. On l’emportera, sur cette sorte de palette, dans un coiu du chantier, où l’on complétera sa fabrication. Pour lui donner toute la dureté voulue (et cela au bout de deux à trois semaines, on l’arrosera de temps à autre. On comprend qu’on peut varier les profils et formes des plaques du moule, et obtenir des blocs s’adaptant sans taille aucune à la confection de linteaux de portes, de seuils, etc.
- Dessin
- Machine à piquer les dessins. — Un mode de reproduction très employé pour reporter un dessin de broderie sur une étoffe consiste à faire une infinité de petits
- Machine à piquer les dessins.
- trous d’épingle sur les lignes du dessin original et de le saupoudrer ensuite d’une poudre impalpable qui passe à travers ces trous et reporte le dessin sur l’étoffe. Il y a plusieurs machines qui permettent de faire rapidement ces trous. Celle que MM. Vanier et Villain viennent de faire construire est très simple et 'nous paraît
- très pratique. Elle se compose d’une très petite turbine T qui fonctionne sous l’action de l’air comprimé qui esi envoyé dans l’appareil par un soufflet mû au pied.
- Le mouvement de rotation est transformé en mouvement alternatif très rapide au moyen d’une manivelle et d’une bielle qui porte à son extrémité une aiguille A plus ou moins grosse suivant les besoins. La machine n’a que 8 cm de haut et ne pèse que i5o gr.; on s’en sert aussi facilement que d’un poi‘te-plume et l’on peut travailler debout ou assis devant une table quelconque. Le mécanisme est d’une telle simplicité qu’il ne peut pas se dérégler. — Vanier et Villain, 219, rue Saint-Denis.
- Plume à dessin Samuel. — On vend actuellement en Angleterre une plume à dessin, ou plus exactement un tire-ligne, dont on dit grand bien à plusieurs égards. Nous l’avons trouvé dans les magasins de l’Union Drawing Office —5, Vincent Street, Glasgow. Les particularités de ce tii'e-ligne consistent, d’une part, en ce qu’on peut facilement l’ouvrir et le nettoyer, et, d’autre part, en ce qu’il comporte un réservoir à encre qui peut s’isoler. Pour ouvrir l’instrument, il suffit de faire faire un quart de tour à la petite roue moletée B : cela permet à la mâchoire supérieure du tire-ligne de se relever en tournant autour de l’articulation D comme charnière. La pointe du tire-ligne est assez analogue à ce qui se fait d’ordinaire; mais de plus elle est munie d’une sorte de gaine en acier A, qui a en section à peu près la forme d’un U, et dans laquelle pénètre la mâchoire articulée qu’on y ajoute convenablement entre les deux
- Plume à dessin Samuel.
- côtés de l’U. La gaine, qui peut du reste s’enlever pour les nettoyages, est destinée à recevoir l’encre, qu’elle conserve, au moins en grande partie, à l’abri de l’évaporation. Dans ces conditions, le tire-ligne peut s’employer longtemps sans qu’on ait besoin de reprendre de l’encre, et sans qu’on ait du reste à craindre de voir le bec s’obstruer. On nous affirme que pour tracer des lignes fines, il est à même de servir 2 heures sans nettoyage ni remplissage. Indépendamment du dispositif solidaire de B et muni d’une échancrure qui vient fixer la lame E lorsque la mâchoire D est rabattue, on dispose d’une autre petite roue moletée C ; on comprend que par sa rotation, et en prenant appui sur le bout de la lame E, elle permet d’élargir l’ouverture du bec du tire-ligne. On peut ajuster celle-ci à la largeur exacte des traits qu’il s’agit de tirer. Ce tire-ligne se fait, bien entendu, dans un grand nombre de tailles. Il nous a paru fort ingénieux et très différent, en dépit des apparences, des types courants et bien connus.
- Divers
- Jeu de patience. — Ce jeu est très amusant, et exige beaucoup d’habileté et d’adresse. Il consiste en deux 8 en métal qu'il s’agit de réunir en chaîne et de séparer
- Jeu de patience.
- ensuite. Il faut évidemment opérer avec douceur sans forcer ni brusquer les crochets. Notre dessin représente exactement la position des deux 8 au moment où l’on peut les séparer. — Le jeu de patience se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
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- VARIÉTÉS
- Le chanvre de Manille. — Le végétal que l’on désigne sous ce nom n’a de similaire avec notre chanvre d’Europe que la commune utilisation qui en est laite par l’industrie textile. Au point de vue botanique, le véritable chanvre se classe à côté des houblons et c’est comme eux une plante herbacée, d’aspect bien connu. Le chanvre de Manille au contraire est un bananier, appartenant par conséquent au grand sous-embranchement des plantes monocotylédonées. G est une herbe gigantesque que l’on ne peut guère oublier pour peu qu’on l’ait aperçue seulement une fois, car elle est très remarquable par l’ampleur extraordinaire de ses vastes feuilles, aussi longues qu’un homme1.
- D’après un récent rapport du Consul de France à Manille, adressé au Ministère des Affaires étrangères, et transmis par ce département à celui des Colonies, c’est seulement depuis 1840 que les Européens ont cherché à utiliser au point de vue textile le bananier qui, jusque-là, n’avait guère d’autre emploi que de fournir ses excellents fruits. Deux maisons américaines ne tardèrent pas, grâce à une initiative souvent aventureuse, mais somme toute couronnée de succès, à mettre cette culture au rang des jirincipales ressources des îles Philippines.
- Actuellement, c’est la plus importante de leurs richesses et l’on peut dire qu’en fait ces îles pn possèdent le monopole, jmisque les cultures essayées en Asie et en Indo-Chiné 11’ont jusqu’ici donné que de malencontreux résultats, peut-être dus, il est vrai, surtout à 1 absence des gros capitaux que cette culture nécessite, à cause du syslème défectueux, mais universellement répandu, qui consiste à faire des avances au producteur, avant tout travail de la fibre. Ce fait est d’autant plus regrettable que cette culture est très facile à mener à bien avec un peu d’attention et de soins, et que les divers tissus qu elle permet d’obtenir sont d’une remarquable beauté et très recherchés par les élégantes de Manille. La principale condition requise pour la bonne réussite est une atmosphère assez humide et des pluies abondantes, ainsi qu’un sol où l’eau, sans stationner, circule cependant assez aisément pour entretenir une fraîcheur ou mieux une moiteur permanente ; cette dernière nécessité fait rechercher les terrains en pente. Il faut aussi noter qu’il est indispensable de fournir le sol d’engrais, Yabaca (nom philippin du bananier textile) étant une plante très épuisante.
- Dans de bonnes conditions, on arrive aisément, paraît-il, à une production annuelle, en fibres, de 4 à 6 tonnes par hectare. La récolte commence trois ou quatre ans après la plantation, et s’effectue à n’importe quelle époque, sauf pendant que la plante est en fruits. Elle se fait dès lors régulièrement tous les six ou huit mois, mais on a soin de ne jamais couper un plant que partiellement, de façon à ne pas le priver de l’ombre qui lui est nécessaire et sans laquelle il serait condamné à mourir à brève échéance.
- Après un ou, au plus, deux jours d’exposition au soleil, on se met immédiatement à dégager les faisceaux libéro-ligneux qui constituent la partie utilisable industriellement. Cette opération est effectuée à la main, et par des indigènes, car on n’a pas pu, jusqu’ici, en dépit de recherches réitérées, inventer de machine propre à ce travail. Le seul outil dont disposent les ouvriers pour y arriver est un couteau, mû par un grossier mécanisme à pédale. Il en résulte beaucoup de malfaçons, aggravées encore du fait que, pour accroître la quantité de libres livrées, les indigènes recherchent à dessein des lames ébréchées qui rendent davantage, mais au grand détriment de la qualité. Viennent ensuite le séchage, qui se fait en plein air, dans un pays où les pluies subites sont fréquentes et qui n’est jamais parfait à cause de cela, puis le transport au moyen de petits bateaux indigènes. Ces deux opérations sont généralement assez défectueuses et trop souvent le chanvre arrive à Manille, port principal d’embarquement, dans un état d’humidité préjudiciable ; on y remédie, il est vrai, par un lavage à l’eau fraîche et un nouveau séchage; mais il s’ensuit cependant des dépréciations qu’on devrait éviter. C’est surtout vers Londres, New-York et aussi Marseille que.
- 1 Le musa textilis (chanvre de Manille) a des feuilles un peu plus petites et plus foncées que le musa uaradisiaca (vrai bananier); c’est leur seule différence.
- l’abaca est expédié, en ballots de qualités différentes et portant des marques particulières.
- On voit, parce qui précède, que l’industrie du chanvre de Manille a encore bien des progrès à réaliser. Mais elle en est à nos yeux d’autant plus intéressante et Ion peut être assuré qu elle présente un fort bel avenir, ainsi que toutes les cultures textiles. 11 y a là un emploi, probablement fort rémunérateur, pour les capitaux qui cherchent un débouché aux colonies, et il semble qu’en perfectionnant l’outillage et les diverses étapes de la fabrication, ainsi qu’en soumettant les ouvriers indigènes ou chinois à une rigoureuse discipline, on puisse arriver à de sérieux bénéfices. 11 est d’auti*e part à souhaiter que les fraudes qu’on a signalées dans ces derniers temps et qui portaient le plus souvent sur une fausse classification de la marchandise — en déclarant par exemple comme supérieur ce qui n’était que médiocre — soient sévèrement réprimées. Le gouvernement des îles Philippines y est d’ailleurs le premier intéressé, s’il ne veut pas laisser déchoir une industrie destinée à lui rapporter beaucoup, et il a prouvé qu’il saurait réprimer ces façons d’agir délictueuses. P. Loncoche.
- Le lait végétal en Chine. — Le lait est en Chine d’un emploi alimentaire très restreint. L’immense Empire que gouverne le Fils du Ciel n’est, en effet, propice à l’élevage que dans ses régions Nord et Ouest, c’est-à-dire dans une faible partie de son étendue ; partout ailleurs, le climat et la nature du sol ne permettent pas la culture fourragère : ces raisons purement géographiques expliquent à elles seules pourquoi le lait végétal est abondamment consommé dans la majorité des provinces chinoises.
- Ce lait végétal, dont la dénomination est évidemment étrange et un peu paradoxale, est fabriqué avec les graines du Soja hispida, ou haricot oléagineux de Chine, plante annuelle de la famille des Légumineuses. Pour l’obtenir, on cuit d’abord les graines, puis on les presse fortement : on obtient ainsi une sorte de purée qui, dissoute dans de l’eau tiède, constitue un breuvage qui est le lait végétal très nourrissant. Quand on le traite par un sel minéral, jouant vis-à-vis de lui un rôle très analogue à celui de la présure vis-à-vis du lait, il se coagule et, par égouttage, donne une sorte de fromage (io-fou) qui entre pour une part importante dans la nourriture des peuples chinois et japonais : ceux-ci en font la base de leur alimentation quotidienne et lui imposent toute une série de préparations culinaires diverses. On le consomme généralement à l’état frais et le jour même de sa fabrication. Mais on peut aussi le conserver soit après l’avoir fait cuire, soit le plus souvent en le salant ou le fumant. On trouve dans le commerce trois variétés principales de fromage végétal : l’une, qui est fermentée est de couleur blanche, jaune ou grise, et de goût piquant rappelant celui du Roquefort ; la seconde, qui est blanche et salée, ressemble au fromage de chèvre, la troisième est fumée et a l’aspect du gruyère.
- Au cours des manipulations qui accompagnent la fabrication du lait végétal et du to-fou, les Chinois recueillent avec soin les sous-produits de toute nature et les utilisent avec ingéniosité pour la nourriture des animaux ou pour la fumure des champs : de cette manière, rien n’est perdu dans le soja, puisque les tiges sont employées comme fourrage, les cosses, les enveloppes diverses de la graine et les sous-produits comme provende. Grâce à cette utilisation intégrale et grâce aussi au bas prix de la main-d’œuvre célestiale, le fromage de soja est mis en vente à des prix extrêmement modérés, puisque la ration qu’en consomme journellement un homme adulte (iio cm2 de surface sur 2,5 cm d’épaisseur) ne coûte guère plus de un centime, soit 5o à 60 fois moins cher que ne coûterait une quantité égale de fromage animal.
- Quant à la valeur alimentaire du lait de soja, elle est sensiblement égale à celle du lait de vache : il contient en effet des quantités importantes de légumine, dont la constitution chimique se rapproche beaucoup de celle de la caséine.
- M. Li-Yu-Ying, attaché à la légation de Chine à Paris, a fait à ce sujet une importante communication au dernier Congrès de laiterie, et préconisé l'introduction du soja dans la cultui'e française. Francis Marre.”
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La viande de cheval. — La viande de cheval n’entre pas encore pour une bien grosse part dans l’alimenla-tion de notre pays. Cependant depuis l’année du siège où par force- et encore n’en eut-on pas à sa suffisance, il fallut manger du cheval, les abattoirs des grandes villes reçoivent des chiffres croissants d’animaux à livrer à la consommation. En 1908, les abattoirs de la Villette ont reçu près de 3o 000 chevaux (28965 chevaux, 409 ânes, 172 mulets), donnant un poids de 7 millions 3oo et quelques milles kilogrammes de viande. Ce chiffre déjà élevé, si l’on se reporte à trente ans en arrière, où les hippophages étaient considérés comme des curiosités, est peu élevé en comparaison du débit qui se fait en Allemagne : en 1904 plus de 120000 chevaux ont été livrés aux abattoirs, en 1908 le nombre a monté à 180000. Que sera-ce chez nos voisins et chez nous quand l’automobile aura supplanté tous les véhicules à traction chevaline !
- La viande de cheval, quand elle provient d’animaux sains, ni trop vieux ni trop (‘puisés, est bonne, quoique moins savoureuse et moins tendre que celle de la race bovine. Mais il faut être un vrai gourmet ou un fin connaisseur pour deviner si le rosbif qu’on sert cuit à point provient du bœuf ou du cheval. H y a cependant dans celte consommation de viande chevaline un détail à surveiller, au point de vue de l’hygiène. Le directeur du laboratoire municipal de Lille, le Dr Bonn, aidé de son collègue M. Rivière, docteur en pharmacie, a eu l’occasion de faire quelques recherches qui méritent d’appeler l’attention. Parmi les chevaux livrés à l’abattoir, un assez grand nombre sont des chevaux emphysémateux, vulgairement poussifs. La pousse ou l’emphysème est le résultat de violents efforts de traction au cours du travail; le démarrage brusque et répété avec de lourds fardeaux provoque peu à peu cet état du poumon qui rend le cheval essoufflé et poussif. Pour remédier à cette infirmité les vétérinaires emploient, comme pour l’espèce humaine, l’arsenic à fortes doses. O11 administre couramment à un cheval un gramme d’acide arsénieux par jour pendant quelque temps; si le médicament n’arrive pas à modifier l’essoufflement, le cheval est réformé et passe à l’abattoir.
- Les doses d’acide arsénieux ainsi ingérées quotidiennement ne sont pas éliminées aussitôt prises; elles s’accumulent dans l’organisme et le foie est le viscère où on le trouve à l’état résiduel. Or le foie est un aliment très apprécié du public; les boucheries hippophagiques le vendent cuit, par tranches. S’il s’agit d’animaux emphysémateux (et le chiffre d’entrées aux abattoirs eu est assez considérable puisque à Lille, sur • 15oo chevaux, il y en a 225, soit i5 pour 100 de poussifs), et si le foie provient de ces animaux, il est à craindre qu’il ne contienne une certaine proportion d’arsenic.
- C’est en effet ce que les analyses ont révélé à MM. Bonn et Rivière. Des foies de chevauxpoussifs, ayant subi un traitement par l’arsenic, conservaient encore de notables proportions de ce poison. Ces doses variaient dans leurs analyses de 1 à 2 centigrammes jusqu’à 5 centigrammes d’acide arsénieux par kilogramme. Raspail a dit, à propos du procès célèbre de Mme Lafarge, qu’il se faisait fort de trouver de l’arsenic partout, même dans le fauteuil du président du tribunal. On peut, si la boutade est exacte, absorber de l’arsenic dans beaucoup de produits alimentaires, mais la dosé est infinitésimale. Seul l’appareil de Marsh pourrait en révéler la présence. Dans ces foies de chevaux, l’arsenic y est à doses élevées ; même en ne mangeant qu’une tranche d’un des foies soumis à l’inspection de M. Bonn, on prend encore une bonne dose d’arsenic, 5 à.iomgr., dose qui n’est pas précisément compatible avec la plupart des estomacs. Il y a donc lieu de surveiller les foies d’animaux poussifs et de s’assurer avant la vente, que l’animal n’avait pas depuis longtemps été soumis à cette thérapeutique spéciale.
- La trichotillomanie et les tumeurs pileuses. — Les
- vétérinaires ont l’occasion, heureusement assez rare, d’observer de curieux cas d’obstruction intestinale, ou d’accidents abdominaux provoqués par d’énormes tumeurs pileuses que l’on nomme égagropiles. Ces tumeurs se rencontrent chest beaucoup d’animaux, mais surtout chez les ruminants ou les bêtes à longs poils. Comme l’indique le nom, tiré du composé grec, atyàypoç, chèvre sauvage, et rciXoç, peloton, balle de laine, ces tumeurs
- sont formées par des agglomérations de poils tassés, serrés ensemble, agglutinés par les produits alimentaires ou les sécrétions du tube digestif et formant de véritables boules compactes et dures, atteignant le volume d’une tête d’enfant. La production de ces tumeurs est assez simple ; en se léchant le poil, les animaux en avaient des quantités plus ou moins considérables, de petits paquets qui peuvent, dans des conditions de ralentissement de la digestion, d’expulsion plus lente des matières ex-crémenlitielles, être agglomérées dans un repli de'l’intestin, dans là cavité de l’estomac. A la longue, l’adjonctionde poils ou d’autres substances finit par former une véritable tumeur. Les égagropiles s’observent aussi dans l’espèce humaine, mais les exemples en sont rares et constituent une curiosité. Un jeune docteur, M. Fait, vient de rassembler, dans un travail intéressant, tous les cas connus, ou du moins publiés jusqu’à ce jour, et il n’en compte en tout que 3i. La première observation de ce genre remonte à"1779 et fut communiquée par le médecin Baudamant. Il s’agissait d’un jeune enfant qui, dès sa plus tendre enfance, avait manifesté une dépravation de goût bizarre; il mangeait les cheveux; il se lés arrachait à lui-même à défaut de ceux des autres. Ses frères et ses camarades étaient poursuivis par lui, dans le seul but de leur enlever des cheveux et de satisfaire son appétit dépravé. A l’âge de 10 ans, il ressentit des troubles abdominaux qui ne firent que s'accroître, et à sa mort, survenue à 16 ans, et dont on ignorait absolument la cause, on fut tout étonné, à l’autopsie, de trouver dans l’estomac une grosse masse agglutinée de poils qui remplissait presque cette cavité. Les observations sont toutes similaires et tiennent, dans l’espèce humaine, à cette affection singulière, manie véritable, qu’011 a dénommée trichotillomanie. Le sujet, le plus souvent, un enfant, un adolescent, est pris, probablement sous l’influence d’une cause accessoire, prurit, démangeaisons de la peau, mais surtout sous l’influence d’un trouble nerveux, du besoin d’arracher les poils, les cheveux. La trichotillomanie est, en effet, une tare nerveuse, un trouble de l’équilibre do ce système au même titre que. d’autres manies plus graves ou plus innocentes. Elle s’arrête en générai, dans les premières phases à ce seul besoin d’agitation, heureux quand le malade n’est pas poussé, comme celui de Baudamant, à s’attaquer à ses voisins. Certains sujets dépeignent bien cette caractéristique des manies : ils ressentent dans tout le corps une sensation bizarre qu’ils ne peuvent définir, ils sont énervés et l’action d’arracher un poil calme cet étal d’angoisse. Le trouble anxieux reparaît, on arrache un nouveau poil, puis deux, puis trois, et peu à peu la manie est créée ; le malade présente les degrés de l’alopécie la plus complète, car le besoin d’épilation dévient incessant. Certains malades ne s’en tiennent pas à l’arrachement du cheveu ou du poil; ils ont jRaisir à l’avaler. Je ne crois pas que cette manie soit encore décorée d’un nom spécial. Mais la déglutition répétée de ces filaments pileux provoque chez un certain nombre les mêmes accidents qu’on observe chez les animaux. Le Dr Gaston de Voiré a publié il y a quelque temps l’observation d’une variété bizarre d’égagropile chez un tout jeune enfant. Il donnait ses soins depuis longtemps à ce bébé pour des accidents de gastro-entérite à marche insolite, lorsque l’enfant lut pris brusquement d’accidents d’intoxication aiguë, avec fièvre. Un purgatif énergique vint révéler la cause de ces accidents en faisant rejeter une concrétion pileuse du volume: d’une noix, serrée, dure et qui avait été le point de départ de ces troublés graves à répétition dont on cherchait vainement la cause. Mais le plus singulier, c’est que la boule pileuse’ provenait de la tignasse d’un polichinelle, cadeau d’étrennes, que le petit bonhomme avait épilé, et consciencieusement avalé.
- Quand ces tumeurs sont petites, elles sont facilement rejetées, mais il n'en est plus de même quand-ellesarrivent à grossir : les troubles digestifs les plus graves peuvent survenir. Le volume des tumeurs amène de véritables obstructions intestinales et l’année dernière une jeune femme à été sauvée par une laparatomie faite à temps et qui .permit, d’extraire deux énormes balles pileuses'. Méfiez-vous des gamins qui s’arrachent les cheveux, en dehors des crises de désespoir ;, méfiez-vous de ceux qui se rongentles doigts. Veillez à guérir ces tics, ces manies, elles peuvent avoir des suites dangerauses,. Dr A. Cartaz. :
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boilc aux lettres, La Rédaction publie les laits d un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Hile répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. le jy Verstappen, à Diest. — M. Costantini, à Trieste. — Les poêles à gaz sont aujourd hui d excellents appareils de chauffage dans les régions où le gaz est à bon marché. Le système le meilleur a notre avis est celui des tubes en terre réfractaire portés à l’incandescence par une sorte de brûleur Bunsen. Les poêles ont une combustion parfaite, sans trace d oxyde de carbone. Pour un chauffage intermittent, on peut se contenter d appareils sans dégagement des produits de la combustion. Pour une chambre à coucher, il est nécessaire d employer les appareils à tuyau de dégagement. Vous trouverez tous renseignements sur ces appareils à la Société Française de Chaleur et Lumière, a, rue Drouot.
- M. Georges de B., à Bruxelles. —Il est impossible de répondre avec .précision aux deux questions que vous nous posez; en effet: i" pour la vitesse minima à laquelle ou peut faire travailler un obturateur à rideau, tout dépend de la vitesse du mobile; photographié ; dans le cas
- d’immobilité, ce serait la vitesse O. — 2" la proportion suivant laquelle on doit augmenter le temps de pose lorsqu on se sert d un écran vert et de plaques orthochromatiques dépend de l’intensité de l’écran et de la sensibilité de la plaque employée.
- MM. Mathey-Meyer, à Bâle. — Au sujet du sous-oxyde de carbone (Cf. Informations du n° 1760), vous trouverez, des renseignements plus complets dans Tannée 1906 des Berichte der Deutsche Chemisten Gesetlschafl, publication qui se trouve dans toutes les bibliothèques scientifiques.
- M. Bourgoin, a Rayes. — A propos de la détérioration graduelle de la nilrocellulose en magasin, il existe plusieurs mémoires originaux dans les années 1906 et 1907 du Journal of the Chemical Industry (Londres). Le mémoire que vous visez particulièrement est de MM. Sil-berrad et Farmer et a été publié dans ce journal (n° du 3i octobre 1906).
- Automobile-Club de Nice. — L’Aéro-Club de France, 84, faubourg Saint-Honoré, à Paris, pourra probablement vous renseigner au sujet du concours de cerfs-volants qui a eu lieu à l’Exposition universelle de 1900.
- M. A. J. II., à Roubaix. — Vous trouverez dans le recueil Becetles et procédés utiles, 5e série, p. 94, toute une série de formules d’encres à marquer le linge qui vous donneront satisfaction.
- BIBLIOGRAPHIE
- le carbone et son industrie, par Jean Escard. Paris. Dunod et Pinat, in-8°, 1906. Prix : 2S francs.
- En traitant des propriétés et de l’utilisation du diamant, du graphite, des carbones amorphes (noir de fumée, noir animal, noir d’acétylène, charbon de cornue, coke, etc.), M. Escard a formulé ses propres hypothèses sur l’origine de certains minéraux et la formation de certains gisements, parallèlement à celles d’autres auteurs. Loin d’astreindre ses lecteurs à les accepter, il leur laisse le soin de les critiquer. Cet ouvrage, le premier ayant trait à « l’industrie du carbone », mérite de trouver auprès des industriels et des techniciens un accueil des plus sympathiques.
- Note sur les poids du moyen âge, par P. Guilhiermoz. Extrait de la Bibliothèque de l'École des Chartes. Année 1906, t. LXVII. Paris, 1906. 1 br. in-8°, 121 p.
- Vingt leçons pratiques sur les courants alternatifs, par
- E. Nicolas, professeur d’école normale, professeur à l’École nationale professionnelle d’Armentières. 1 vol. in-8°. Henry Paulin et Cie, éditeurs, 21, rue Hautefeuille. Paris. Prix : broché, 5 fr.
- L’auteur, dans cet ouvrage, s’est mis à la portée des élèves des Écoles nationales professionnelles, des Écoles pratiques d’industrie, des électriciens qui n’ont pas les connaissances mathématiques suffisantes pour aborder l’étude des courants alternatifs. L’étude est conduite d’une façon expérimentale. Des généralités sont d’abord données sur les alternateurs ; ensuite vient la mesure des constantes des courants alternatifs. L’auteur a soin de donner de nombreuses vues et défaire grand nombre de comparaisons avec l’hydraulique ainsi que de comparaisons graphiques. Plusieurs leçons sont consacrées aux transformateurs, aux moteurs, ainsi qu’à l’éclairage, au transport de l’énergie électrique et à la transformation du courant alternatif.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Enlèvement de la rouille à l’intérieur de tubes d’acier. — Cet enlèvement est particulièrement malaisé, et surtout quand les tubes ne sont pas rectilignes. On peut employer de l’acide sulfurique dilué de quatre fois son volume d’eau, le mélange étant fait avec les précautions ordinaires, c’est-à-dire l’acide étant ajouté à l’eau.
- Un nouveau procédé pour préparer la gomme arabique. — On affirme qu’il donne les meilleurs résultats, et que la gomme ainsi préparée sèche particulièrement vile. On met les morceaux de gomme arabique dans une casserole, où l’on verse de beau un peu plus que pour les couvrir. O11 fait chaufïer à feu doux, et, quand la gomme s’est bien ramollie sans brûler, on ajoute l’eau tiède qu’il faut pour obtenir la consistance voulue. Une gomme de ce genre permet de préparer des étiquettes qu’on ne colle que longtemps plus tard, en
- remouillant la surface gommée, comme cela se passe pour les timbres-poste.
- Vernis noir pour cycles. — Il a cet avantage de sécher à l’air, et par suite de ne pas nécessiter le passage au four. On prépare une sorte de peinture faite de noir d’ivoire et de térébenthine, et l’on en prend 7 kg; puis on additionne de 4 litres et demi de laque à l’asphalte élastique ; enfin on complète la préparation avec 2 litres et un peu plus de gélatine supérieure et autant de térébenthine. H faut broyer et rebroyer soigneusement pour que le vernis soit bien homogène.
- Nettoyage des ouvrages métalliques avant peinture. — Nous parlons des ouvrages, charpentes métalliques que l’on veut repeindre, et qu’il faut auparavant débarrasser de toutes traces de peinture. Il est évident que le jet de sable est excellent ; mais il est coûteux,
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- et bien souvent encore on n’a pas à sa disposition l’appareil qui permet de l’effectuer. Dans ce cas, il faut repiquer minutieusement toute la surface du métal avec un marteau suffisamment lourd, et dont une des têtes affecte la forme d’un ciseau ; on passe ensuite une brosse métallique, et vigoureusement, afin de détacher complètement tout ce qui a pu ne pas partir tout de suite sous les coups de marteau.
- Pour préserver les surfaces métalliques des vapeurs acides et fumées corrosives. — On intercale, entre deux couches de peinture, soit un enduit d’asphalte, soit, plus avantageusement, une feuille de papier paraffiné .
- Bronzage sur tubes de cycles. — On se trouve; assez bien d’employer des quantités égales en volume de; vernis de doreur et de benzène, que l’on agile avec uu peu de chaux sèche pour enlever l’acidité; on liltre ensuite et l’on additionne de bronze en poudre.
- Enduit antirouille. — Ce produit est breveté, et connu sous le nom d’antirouille de Klener. C’est une émulsion d hydrocarbure servant au graissage, avec addition d’oléate alcalin; on ajoute d’ailleurs à celui-ci un alcool à point d’ébullition élevé, pour empêcher la séparation des éléments au repos. 11 suffit d’une proportion de i5 pour ioo d’oléate, 1,6 à j/3 d’alcool étant compris dans cette dernière proportion.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 IIEERES 1H) MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION' KT KOllClî 1>E 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 mai 1907 . 12°,5 N. N. E. 5. Couvert. )> Rosée; très nuageux le matin; nuageux le soir.
- Mardi 28 14°,0 N. E. 2. Beau. » Rosée; Beau jusqu’à 17 h.; très nuageux ensuite.
- Mercredi 29 11°,2 N. E. 2. Couvert. 0,0 l’iuie de i h. 45 à 5 h. 45; Couv. jusqu’à 15 h. ; nuageux ensuite.
- Jeudi 50 11°,5 N. N. E. 1. Beau. » Rosée ; Beau jusqu’à 12 h. ; nuageux ensuite ; brumeux.
- Vendredi 51 16°,5 W. 0. Nuageux. 1,1 Rosée ; brouillard le malin de 4 b. à 5 b. ; halo à 9 b. ; nuageux.
- Samedi 1er juin. . . . 15°,5 S. W. 4. Couvert. 1,5 Eclaircies; gouttes et pluie par intervalles.
- Dimanche 2 12°,1 W. S. W. 5. Couvert. 0,7 Couvert ; souvent de petites averses.
- MAI-JUIN 1907.— SEMAINE DU LUNDI 27 MAI AU DIMANCHE 2 JUIN 1907.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 27 mai au 2 juin. — Le 27. Pression atmosphérique (mm) : o; de l’Europe, 764; Irlande, Espagne, Provence, 760; Saint-Pétersbourg, 743. Pluies en Finlande ; en France (mm) : Lyon, 4; Nancy, 2; Brest, 1. Température du malin : Arkangel, 20 ; Paris, i3; Alger, 22; Athènes, 25; Aigoual, 14 ; Puy de Dôme, 12; moyenne à Paris ; i5°,2 (normale ; i4°,6). — Le 28, Press, atm. : mer du Nord (Stornovvay), 770; Limoges, 759; Pétersbourg, 739. Pluies dans le N. et l’E. du continent; en France (orages dans le Centre) : Lyon, 27 ; Clermont, 25; Brest, 3. Temp. du matin ; Pétersbourg, 3; Belfort, i3; Paris, 14 ; Alger, 18; Constantinople, 22;. Puy de Dôme, 11; Pic du Midi, 2; moyenne à Paris, i6°,9 (normale : i4°,6). — Le 29. Pays-Bas (Groningue), •769; au Nord des Açores, 748. Yent en tempête sur la Baltique. Pluies sur le N. de la Russie; en France, nombreux orages ; Nantes, 19; Toulon, i5; Belfort, 12; Marseille, 11 ; Brest, 10; Paris, 1. Temp. du matin : Kuopio, o; Le Havre, 7; Paris, 11; Alger, 21; Puy de Dôme, 5; Pic du Midi, —2; moyenne à Paris, i3°,4 (normale ; i 4°,9). — Le 3o. Press, atm. -, dépression des Açores à l’Irlande. Pluies dans quelques stations du N.
- de l’Europe et de l’Italie; en France : Besançon, i5; Cherbourg, 5; Marseille, 3; Clermont et Brest, 2. Temp. du matin : Kuopio, o; Paris, n ; Clermont, i3; Alger, 21 ; moyenne à Paris : i5°,3 (norxn. 151. — Ze 3j. Press, atm. : Valentia, 75o; Finlandi, 735; pluies dans le N. et le S. de l’Europe. Temp. du matin : Kuopio, 2; Paris, 16; Alger, 21; Constantinople, 24; Puy de Dôme, i3; Aigoual, 11 ; moyenne à Paris: 170,1 (normale: i5°,i). — Le Ier juin. Press, atm. : Londres, 748; golfe de Gênes, 754. Vent faible. Pluies sur l’O. de l’iîurope ; en France: Toulouse, 23; Lyon, 19; Nantes, 11; F3rest, 9; Boulogne, 3 ; orages à Paris et Calais. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, 3 ; Paris, i3 ; Alger, 24 ; Puy de Dôme, 5; moyenne à Paris, i4°,6 (normale : 15°,a). — Le 2. Press, atm. : Écosse, 746; golfe de Gênes, 753; Moscou, 765.. Yent assez fort de l’O. Mer houleuse. Pluies sur l’O. et le Centre de l’Europe; en France: Dunkerque, 23; Besançon, i3; Belfort, Le Mans, 12; Biarritz, 4; Paris, 2. Temp. du matin : Arkangel, 3; Paris, 12; Perpignan, 16; Alger, 20; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris, i3° (normale: i5°,3). Phases de la Lune: Pleine Lune : le 27 à 2 h. 27 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- RÉDACTEURS EN CHEF :
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de cc L,a Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- j 20, 'Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1777 (15 JUIN 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Troisième Congrès préhistorique de France. —
- Le troisième Congrès préhistorique de France s’ouvrira à Autun, le lundi 12 août 1907, sous la présidence de M. le Dr Adrien Guébhard, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, vice-président de la Société préhistorique de France, et se clôturera le dimanche 18 août au soir. Pour tous renseignements s’adresser à M. Marcel Baudoin, ai, rue Linné, à Paris.
- Marine de guerre siamoise. — Elle n’est pas fort imposante. Cependant le gouvernement de ce pays vient de commander deux contre-torpilleurs et six torpilleurs : cela au Japon, dont l’importance vient de se révéler aux peuples orientaux par ses victoires sur la Russie. D’ailleurs le commandement de ces unités nouvelles sera donné à des officiers danois de réserve : les Danois, pour des raisons historiques que nous ne pouvons rappeler, tiennent une bonne partie des postes que le Siarn a donnés dans ses administrations à des étrangers.
- Les extensions de la flotte allemande. — L’année dernière, on a décidé de construire en Allemagne six nouveaux croiseurs pour le service des mers étrangères. De plus, les nouvelles additions à la flotte votées par le Parlement, comprennent deux cuirassés, un grand et un petit croiseur ordinaire, un croiseur à turbines, un bateau porte-mines et deux divisions de grands torpilleurs de Ô25 tonneaux, donnant une allure de 3o noeuds. Pendant cette même année, on a lancé deux cuirassés de )3 200 tonnes, deux grands croiseurs de 11600, deux petits et trois navires spéciaux. Deux cuirassés, un grand croiseur et d’autres unités ont récemment terminé leurs essais. Enfin, il y a en cours de construction deux cuirassés, trois petits croiseurs, etc.
- Flotte austro-hongroise. — La marine de guerre austro-hongroise se fait actuellement construire deux sous-marins du type Holland, chez MM. Yickers sons and Maxim. A Trieste, se termine un torpilleur de 5 tonneaux seulement de déplacement, devant donner une allure de 20 nœuds et actionné par un moteur à pétrole; on en a commencé un autre de 10 tonneaux. De plus, on a sur chantiers i3 torpilleurs de 200 tonneaux du type Kaimann, et l’on a lancé récemment 3 contre-torpilleurs de 400 tonnes.
- Les travaux du Port de Gibraltar. — On exécute actuellement à Gibraltar, pour l’Amirauté anglaise, des travaux considérables, qui comprennent la confection et la mise en place de blocs en béton et de caissons. Un chiffre va faire saisir l’importance de ces travaux. O11 n’y emploiera pas moins de 215 000 tonnes de ciment Portland.
- Un nouveau port militaire en Suède. — On se prépare à construire un nouveau port militaire à Stockholm, parce que les aménagements actuels, qui se trouvent au point dit de Scaeppsholmen et de Djurgarden, seraient parfaitement insuffisants au cas où l’on devrait ramener la plus grande partie de la flotte de lxarlskroua, arsenal principal du pays à l’heure actuelle. 11 faut dire que les conditions ont bien changé depuis le xviie siècle, et le voisinage du port militaire russe de Libau rend la situation de Ivarlskrona un peu délicate. C’est dans l ile de Lidingo, qui fait partie de l’archipel de Stockholm, qu’on pense créer le nouvel établissement.
- Pommier géant. — Un pommier géant est celui qui se trouve à Cheshire, état de Connecticut dans la propriété de M. Delos llotchkiss. La tradition lui donne 190 ans, mais on pense que son ancienneté est plus grande encore. Cet arbre est de forme absolument régulière : il se divise en huit branches principales, dont cinq se couvrent de fruits une année et les trois autres l’année suivante ; une année il a fourni 5a hectolitres de pommes. Le tronc mesure 5 m. 3o de tour à 35 centimètres du sol ; la plus grosse branche a près de 3 mètres de tour. La hauteur du colosse est de a5 mètres et le feuillage abrite un cercle de 4° mètres de diamètre. Les fruits sont très petits et peu savoureux.
- Téléphone pour les scaphandriers. — On vient d’essayer, à l’arsenal de Cherbourg, à bord du Château-Renaud, un nouveau casque téléphonique pour ; les plongeurs. Actuellement ceux-ci ne peuvent se mettre en communication avec l’extérieur qu’au moyen de cordes qu’ils agitent suivant des signaux convenus, ce qui, souvent, a causé la mort des plongeurs par suite de fausse interprétation’ des hommes de la surface. Grâce au casque téléphonique les scaphandriers pourront causer avec ceux qui se trouvent sur le navire. L’appareil est constitué par un casque auquel se fixe un microphone puissant qui se trouve dans une boîte parfaitement isolée; cette boîte est soudée sur le casque. Dans une autre boîte également soudée, se trouve une prise de courant étanche pour le câble qui communique avec la surface. Le récepteur téléphonique est constitué, pour le scaphandrier, par un appareil dit serre-tête, du même genre que celui des demoiselles du téléphone. L’homme qui est à la surface a également un récepteur serre-tête, qui lui permet d’écouter constamment, et une petite boîte jjortative qui contient les piles sèches et un appareil combiné. La transmission se fait en téléphonie primaire.
- Un service funèbre par télépbore. — Ceci se passe
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- INFORMATIONS
- eu Amérique, le pays des initiatives originales. Une jeune tille meurt d une maladie contagieuse. Le pasteur, prié d'assurer le service funèbre se récuse. Douloureux embarras de la famille. On eut alors l’idée de recourir au téléphone. Le pasteur officia sans danger devant son appareil, taudis qu’à l’autre extrémité de la ligne, les parents, le récepteur à l’oreille, suivaient pieusement la cérémonie. Le service terminé, des amis vinrent de même transmettre à la famille leurs condoléances et leurs consolations.
- L’automobilisme en Angleterre. — D’après le dernier recensement spécial qui vient d’être fait, il existe en Angleterre, où l’automobilisme s’est développé bien plus tard qu’eu France, 94760 véhicules automobiles de tout genre. Sur cet ensemble, il y a 46 5oo voitures ordinaires, puis 2700 camions et poids lourds divers, le reste étant composé de motocycles. Le nombre des permis de conduire distribué a été de 177000 à peu près.
- Traction électrique et traction à vapeur. — On a
- fait, sur le Long Island Railroad, aux tats-Unis, des expériences comparatives sur la traction électrique et sur la traction à vapeur des convois de chemins de fer ; on arriverait à cette conclusion que, pour tous les services où les parcours sans arrêt ne dépassent pas 4 200 mètres, les trains électriques auraient un avantage bien marqué. Pour des distances supérieures, la vieille locomotive à vapeur serait meilleure, par suite de sa vitesse moyenne plus considérable. Le train électrique aurait bien celte sujjériorité d'une accélération plus rapide, mais sa vitesse maxima serait moins élevée.
- Concours de châssis pour ambulances automobiles. — Un concours vient d’être ouvert entre les constructeurs pour la fourniture de châssis en vue de l’établissement de voitures d’ambulances automobiles. Le moteur de ces châssis doit pouvoir réaliser, avec une charge utile de 5oo kg, une vitesse de 3okm en palier et gravir des rampes de 12 pour 100. Les voitures devront fournir trois vitesses et une marche arrière ; les réservoirs devront permettre un parcours d’au moins 75 km sans réapprovisionnement. Les caisses destinées à équiper ces châssis se rapprocheront le plus possible de celles des voitures d’ambulances ordinaires : longueur 2 m., larg. 1,40 m., hauteur 1,60 m. à l’intérieur. La manœuvre du brancard, long de 2 m., doit être rendue aussi aisée que possible; déplus l’emplacement doit être suffisant pour circuler autour de ce brancard et permettre aux infirmières de s’asseoir à côté. Cette tentative d’introduction de l’automobilisme dans les services municipaux doit être enregistrée avec beaucoup de satisfaction.
- La multiplication des omnibus automobiles à Londres. — Au commencement de 1904, si nous en croyons la publication Commercial Motor, il n’y avait encore en circulation à Londres que B omnibus automobiles ; une année plus tard on en relevait 20 ; et au commencement de 1906, l’effectif, en était déjà de u3o. Enfin, en décembre de la même année, le chiffre cores-pondant dépassait 790, et il s’élevait à 818 au mois de janvier suivant. Il faut dire par contre que, depuis deux années, le nombre des omnibus à chevaux est descendu de 3551 à 2964-
- Essai des huiles de graissage. — La marine de guerre américaine emploie, pour se livrer à cet essai, un appareil qui a été décrit dans Iron Age : il est fait pour établir le degré de viscosité à une température déterminée. Ce dispositif est constitué par un récipient cylindrique qu’une cloison interne, concentrique à l’enveloppe extérieure, divise en deux compartiments; au centre du compartiment médian est un tube en verre communiquant avec un robinet placé à la partie inférieure du récipient. Dans le compartiment extérieur est de l’eau, qui est maintenue à la température voulue par un jet dé vapeur (un trop-plein étant prévu pour évacuation du liquide en trop). Le compartiment intérieur contient l’huile, et on y place une mèche qui se recourbe pour rentrer dans le tube de verre central : cette mèche assure le débit de l’huile, qui se fait effectivement par le robinet inférieur dont nous avons parlé. Un essai dure 24 heures, en trois séances, pendant lesquelles la quantité d’huile débitée par la mèche doit être proportionnelle au temps; à la fin de l’essai, il ne doit rester dans la mèche ni huile ni résidus. Pour mettre en marche le
- dispositif, 011 recourt à un siphon dont on règle le débit de manière à maintenir l’huile à un niveau constant, dans l’appareil d’essai. L’huile évacuée par la mèche est recueillie dans un récipient gradué.
- Brevets d’invention. — Le nombre total des brevets pris dans le monde entier depuis l’origine des lois sur les brevets est de iôooooo dont 1 million aux Etats-Unis. Les sommes payées aux divers gouvernements par les inventeurs pour l’obtention de ces brevets s’élèvent à 700 millions.
- Le bien-être ouvrier dans les usines américaines.
- — Le souci du bien-être des ouvriers dans 1 usine a toujours été une grande préoccupation de l’industriel américain. A son avis, tout confort légitime et toute commodité qui peuvent être donnés dans l’usine à 1 ouvrier sont une source de profit pour l’employeur. Aussi les grands établissements n’hésitent-ils pas à créer un service spécial chargé d’étudier toutes les questions concernant le bien-être des ouvriers ; connaître leurs besoins et leurs désirs; rechercher les améliorations réalisables, et soumettre des projets à la direction. Il faut à la tête de ce service un véritable spécialiste, habitué au contact des ouvriers et ayant une connaissance étendue des tentatives heureuses ou malheureuses déjà faites ailleurs. C’est le « social secrelary ». Les maisons de moindre importance se syndiquent très souvent pour avoir un « social secrelary » collectif.
- Une bibliothèque modèle. — C’est la bibliothèque de la ville de Down dans le Kansas; elle n’est pas destinée à des érudits, mais aux gens du pays, c’est-à-dire à des hommes d affaires. Elle renferme des ouvrages et documents commerciaux, industriels et agricoles. On a voulu leur donner le maximum d’utilité en les rendant facilement accessibles à toute personne en quête d un renseignement. Down est une ville agricole de grande superficie. Pour épargner aux chercheurs des déplacements inutiles et des pertes de temps,, la bibliothèque a etc reliée par téléphone au réseau de la ville et une employée spéciale est chargée de répondre à toutes les demandes de renseignements qui peuvent lui être adressées téléphoniquement. Si elle le peut, elle donne de suite le renseignement, elle indique en tout cas si la bibliothèque est susceptible de le fournir. Cette intelligente organisation a eu plein succès.
- Pavés en acier à Paris. — On vient d'inaugurer a titre d’essai, dans la rue Saint-Martin, près du Conservatoire des arts et métiers, un pavage en acier. Chaque pavé qui mesure 25 cm. de longueur, 14 cm. de largeur et 5 cm. de hauteur, est constitué par une plaque perforée en acier coulé, munie de plusieurs rangées de lamelles verticales. La pose s’effectue comme celle du pavé de bois, sur une couche de béton et les interstices sont remplis avec du ciment. Les grilles constituées par les lamelles reçoivent encore du ciment, de sorle que l’usure plus ou moins rapide du ciment ou du métal ne peut que communiquer à la chaussée une rugosité peu favorable au glissement. Le pavé d’acier aura l’avantage de supprimer les trous que 1 on remarque dans les rues pavées en bois et qui proviennent des diflérentes duretés des blocs. On compte 26 pavés par mètre carré; le prix de revient actuel est de 27 l'r. L’inventeur, M. Chaumc-ret, estime que les chaussées en acier peuvent durer dix ans. L’expérience seule peut nous fixer sur la valeur de ce nouveau pavage.
- La production des tôles et fers-blancs en Grande-Bretagne. — Un chiffre curieux qui fera comprendra l’importance de cette fabrication dans le Royaume-Uni-Dans le courant de l’année dernière, 74 usines diverses avaient produit plus de 660 millions de kg de ces tôles et plaques, et sur cet ensemble, nos voisins en envoient bien près de 460 millions sur 1 étranger.
- L’effet détériorant des bains acides sur les barreaux d’acier et leur restauration partielle par le chauffage. — Dans les usines où l’on fabrique des barreaux d acier, il est d’usage courant de les plonger d’abord dans un acide pour enlever la couche noire d’oxyde avant de les étirer en fils, ce qui détériore la qualité des barreaux; mais en chauffant ensuite ceux-ci pendant plusieurs heures à 1200, ils sont restaurés presque complètement. Une étude récente a montré le bien fondé de ces pratiques qui permettent d’obtenir des produits marchands.
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- SCJENCE APPLIQUEE
- Automobilisme
- Nouveau bandage antidérapant. — L idée est certainement originale, mais il faudra voir à l’user si les accessoires dont on munit le bandage d’après celte méthode ne sont pas susceptibles d'être mis bien vite hors de service. L’inventeur est M. W.-W. Beaumont, qui a pris un brevet ; malheureusement nous ne connaissons pas son adresse. Le bandage, dans sa position normale, se présente en section sous l’aspect de la ligure i. 11 •offre, de part et d’autre, deux appendices B, de forme bien caractéristique, dans la partie inférieure et élargie
- Fig. i. Fig. 2.
- desquels se trouve un 111 métallique c, noyé dans la masse : de la sorte, deux anneaux continus se trouvent entourer le bandage. Ils comportent de place en place des petites projections métalliques qui viennent se terminer à l’angle extérieur du pied b de l’appendice B.
- Qu’il se produise un glissement latéral, un dérapage sur la gauche, par exemple, comme dans la ligure 2, l’appendice B, par frottement sur le sol, va s’appliquer contre le bandage, tandis que les projections métalliques de l’anneau G frotteront violemment contre la surface du sol. Il en résultera une résistance très marquée à la continuation du mouvement latéral du pneumatique et, par suite, duoéhicule. — Reste à savoir, encore une fois, ce que la combinaison donnerait dans la pratique.
- Outils
- Lampe pour souder soi-même. — On recherche bien souvent de simples lampes permettant d’effectuer une soudure.; Le modèle que nous décrivons est de la plus grande simplicité et donne de bons résultats. La lampe consiste en deux tubes de cuivre réunis l’un à l’autre ; le grand tube sert de réservoir et porte un bou-
- Lampe pour souder soi-même.
- chon à une de ses extrémités. Le plus petit tube est muni d’un porte-mèche à l’extrémité opposée à celle dont nous venons de parler. On remplit les deux tubes successivement, d’aboi'd le plus grand, d'alcool à brûler, on bouche ensuite le grand tube avec le bouchon, le petit tube avec le porte-mèche ; on allume la mèche et après quelques secondes un jet de flamme jaillit. Il y a parmi les accessoires un petit support en fil de fer sur lequel on peut déposer l’appareil. Pour souder, il suffit de passer avec un petit pinceau un peu d’acide que renferme la bouteille figurant dans les accessoires. On place le bâton de soudure en cet en-
- droit, on'dirige le jet de la flamme sur la soudure et l’on a soin d’étaler celle-ci avec le petit marteau figuré dans le dessin; la soudure s’effectue aussitôt. Pour éteindre, il faut souffler simplement. — L’appareil se trouve chez M. G. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris (Xe arr.).
- ^ Divers t«$>
- Appareil pour cirer les chaussures. — Il n est pas
- toujours très commode de cirer une chaussure lorsqu’il faut la tenir d’une main, et faire glisser les brosses à sa surface avec l’autre main. Il est en effet le plus souvent nécessaire de tendre le cuir pour éviter des replis et obtenir un cirage uniforme. L’appareil, dont nous don-
- Fig. r. — Vue de l’appareil pour maintenir la chaussure.
- nons la description, et qui a été dénommé Dandy Shiner, permet de maintenir la chaussure dans les meilleures conditions. Il est formé de deux branches métalliques dont l’une est fixée d’un côté contre le mur à l’aide d’une petite attache, à gauche, et dont le prolongement en courbe de l’autre côté vient se fixer dans une forme en
- Fig. 2. — L’appareil en usage.
- bois placée à l’intérieur de la chaussure (fig. 1). La seconde branche métallique est mobile autour d’un point placé à l’endroit où commence la courbe de la première branche ; à la partie inférieure, elle porte une pièce métallique contournée venant s’adapter à la partie arrière de la chaussure au-dessus du talon. La partie supérieure est munie d’un cliquet que l’on peut faire déplacer à l’aide d’une petite crémaillère approchée à volonté. — L’appareil se trouve chez M. Mathieu, i3i, galerie de Valois, au Palais-Royal, à Paris.
- Pour construire un petit aquarium. — Pour peu qu’on possède quelques outils de menuisier, et aussi la pratique de leur emploi, on peut assez facilement se construire un petit aquarium fait d’un fond en bois rendu étanche, avec des parois de glaces ou de vitres épaisses, serties pour ainsi dire dans des montants de bois qui forment cadres, et prennent naturellement appui sur le fond de bois.
- Celui-ci est tout simplement fait d’une planche carrée
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- feaspi,
- de bonne épaisseur, environ 2 centimètres, qu’on peut orner d'une moulure à son pourtour, sans que cela soit aucunement nécessaire; tout à l'heure nous le recouvrirons intérieurement d une plaque de zinc pour le rendre plus complètement étanche sur sa surface. Tout au pourtour de cette planche rectangulaire, on taille une rainure, qui permettra l’assemblage à ce fond des montants verticaux et aussi du cadre horizontal supérieur, et du cadre inférieur dans lequel la vitre de chaque face sera montée. Nous donnons une coupe horizontale montrant la disposition des montants verticaux, et une
- Dispositif pour la construction d’un petit aquarium.
- autre verticale qui renseigne au contraire sur la disposition des parties horizontales des cadres. Tous les assemblages se font à rainure et à languette, ce qui 11’empêche point de recourir à la colle et aux vis pour les consolider. Comme de juste, il faut une rainure dans les diverses parties des cadres des panneaux pour maintenir les glaces. Celles-ci seront essayées à l’avance, pour qu’on puisse constater si elles tiennent bien dans leurs cadres. On monte définitivement les éléments verticaux et ceux d’en bas, en employant de la colle forte qu’on laisse sécher deux jours; puis on pose la vitre, et on la cimente au moyen d’une composition faite de céruse, de minium et de bonne gélatine ; on se trouve bien de passer dans tous les rainures un peu de cette composition additionnée d’huile de lin; elle rend étanches les joints, et on ne saurait trop la recommander. Avant de poser les glaces, on perce dans le fond deux trous, l’un pour un tuyau d’arrivée d’eau, l’autre pour un tuyau d’évacuation; on met la plaque de zinc en place, après y avoir percé des trous correspondants en des points soigneusement repérés. Pour les conduites d’évacuation ou d’arrivée d’eau, il faut les faire en cuivre autant que possible, avec un filetage extérieur qui permettra d’y enfiler un écrou au-dessus et au-dessous du fond. En serrant ces écrous, on arrive à fixer solidement en place les deux tubes, en pinçant pour ainsi dire le fond de zinc, ce qui assure d’ailleurs l’étanchéité du joint qui se trouve au pourtour des tubes. On peut en outre passer sur ces joints de l’enduit dont nous avons parlé.
- On fera bien de peindre tout l’intérieur de l’iyjuarium, nous entendons les cadres, et aussi les deux tubes, avec une peinture émail blanche : on la laisse sécher et durcir complètement avant que d’introduire l’eau dans l’aquarium.
- Peinture nouvelle. — On désigne sous ce nom une nouvelle application de la méthode Frobel qui a surtout
- Boîte pour peinture nouvelle.
- pour but d’instruire la jeunesse en l’amusant et en développant le goût des couleurs et le sens artistique des nuances. Une série de dessins originaux très heureusement combinés servent de modèles. Il suffit de
- choisir dans une série de papiers multicolores, de toutes formes, et convenablement découpés pour pouvoir former des assemblages très jolis ; ces papiers sont placés les uns à côté des autres et collés ensuite à leur place. — Les boîtes pour peinture nouvelle se trouvent chez M. lxratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Appareil d’optique multiple. — Par une heureuse combinaison de loupes de diverses grandeurs, ce jmlit appareil d’optique de volume restreint permet, en pliant dans un sens ou dans un autre les divers organes, d’obtenir une longue-vue, une loupe grande ou petite,
- Appareil d’optique multiple.
- simple ou double. Une tige à coulisse permet le rapprochement des lentilles suivant la vue. Au milieu de l’appareil se trouve d’un côté une boussole, et du côté opposé une glace qui peut être utilisée pour l’exploration de la gorge ou l’extirpation d’un grain de poussière de l’œil. On peut grossir considérablement l image qui se reflète dans le miroir en repliant sur celui-ci la loupe correspondante. — L’appareil d’optique multiple se trouve chez M. Kra'z-Boussac, 14, rue j Martel, à Paris.
- Le petit modeleur. — Le modelage est une distraction très amusante et très utile à la fois. La reproduction des formes et des objets exige une observation très nette et attire l’attention des enfants. Les matières plastiques employées jusqu’ici offraient de ^nombreux inconvénients ; on vient de découvrir une nouvelle matière, à laquelle on a donné le nom de Plastilina etÇqui
- Boîte de modelage.
- présente de grands avantages. Elle est antiseptique, ne durcit pas, se moule avec grande facilité, se laisse teinter sans difficulté et conserve toute la finesse des couleurs qui lui ont été données. Le modelage doit se faire sur un plateau très lisse en bois, en marbre ou en ardoise, avec les doigts et le secours de quelques ébau-choirs. Pour modeler des parties minces, il faut les armer à l’intérieur au moyen de petits bouts de bois ou de minces fils de fer. La boîte que représente la figure ci-dessus renferme de la matière plastique, des petits outils en bois, et une série de modèles qui permettent de guider les jeunes artistes. — La boîte pour le petit modeleur se trouve chez M. Kratz-Boussac, à l’adresse donnée plus haut.
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- -Mvariètés
- Le troisième Congrès international des recherches solaires. — Sur l'initiative de M. llale, directeur de l’observatoire du mont Wilson, une association, en vue de la coopération des études solaires, s’était réunie poux-la première fois, en 1904, à l'exposition de Saint-Louis. Le résultat de celte réunion, en quelque sorte préparatoire, fut surtout l’élaboration du programme des congrès futurs.
- La seconde réunion se tint à Oxford, en 1 qu'l, et la troisième vient de se terminer. Elle a eu lieu du 20 au •ï.i mai, à l'observatoire de Meudon, dans cet établissement célèbre par ses travaux de physique solaire.
- L’idée de Celte entente internationale des éludes solaires est une idée française et fut mise en avant, dès 1900, par M. 11. Deslandres, sous-directeur de l'observatoire de Meudon. Mais aucun Congi*ès astronomique ne s’étant réuni lors de notre grande Exposition, elle ne put être réalisée à ce moment.
- La plupart des pays étaient représentés au Congrès de Meudon, auquel ont assisté plus de soixante-dix savants, délégués ou invités, directeurs d’observatoires, d’établissements scientifiques, px-ofesseurs d’universités, membres d’académies, etc.
- Le Congrès s’est ouvert sous la présidence d’honneur de M. J. Janssen, directeur de l’observatoire de Meudon; les présidents des séances, choisis parmi les membres de la section de physique de l’Académie des Sciences, ont été MM. Lippmann, Deslandres, Becquerel et Yiolle. M. Schuster, professeur .d’astronomie à l’Université de Manchester, a été nommé secrétaire général du Congrès.
- Lors de la réunion d’Oxford, l’association pour les études solaires avait mis à l’étude la question de la radiation solaire. La proportion de la chaleur du Soleil arrêtée par notre atmosphère, lorsque son épaisseur est minimum (Soleil au zénith) est considérable. Elle a été estimée à 29 pour 100 (Rossetti, eix 1879), h4 pour 100 (Àngstroin), et successivement 4l pour 100, 3o pour 100 et 20 pour 100 (Langley). Ces valeurs, très différentes, montrent la difficulté de mesurer avec précision le pouvoir absorbant de notre atmosphère et, par suite, la valeur de la constante solaire. Celte constante est exprimée par le nombre de petites calories reçues en une minute, par une surface de 1 cm2 placée normalement aux rayons lumineux, aux confins de l'atmosphère. Ce nombre est compris entre 3 et 4 caloi'ies.
- En réalité cette « constante » (le nom de « constante » lui a été donné antérieurement à la découverte de la période undécennale par Schwabe) est au contraire fort variable et dépend de modifications dans le pouvoir émissif du Soleil et, plus probablement, de la valeur du pouvoir absorbant de l’atmosphère solaire.
- Il y a donc grand intérêt, afin de connaître la quantité d’énergie calorifique reçue du Soleil par notre planète, d’être fixé sur la valeur de ce rayonnement, et lejprécé-clent Congrès avait prescrit l’emploi d’un appareil unique, le Pyrhéliomètre d’Angstrôm, en vue de cette détermination.
- M. Hansky, de l’observatoire de Poulkovo, a présenté au Congrès le résultat de ses recherches faites avec cet appareil qui, pour lui, ne paraîtrait pas offrir sur les autres actinomètres une précision supérieure.
- M. Teisserenc de Bort, directeur de l’observatoire de météorologie dynamique de Trappes, a recommandé, afin d’éliminer dans la plus grande mesure possible l’influence de l’atmosphère terrestre, d’ellêctuer les mesures en un très grand nombre de stations, à la même hauteur du Soleil au-dessus de l’horizon.
- M. Ch.-Ed. Guillaume, directeur adjoint du Bureau international des Poids et Mesures, a proposé d’exprimer à l’avenir la constante solaire non plus en calories par minute, mais en calories par seconde et, ce qui serait préférable, en vue de l’unification de toutes les mesures physiques, puissance en unités de C. G. S. soit en watts par centimètre carré1.
- Le Congrès d’Oxford avait porté son attention sur la détermination des étalons de longueurs d’ondes par la méthode interférentielle de MM. Perot et Fabry. Cette question a été de nouveau envisagée au Congrès de Meudon.
- La détermination précise des longueurs d’ondes des
- 1 M. Cli.-Ed. Guillaume a présenté cette proposition ici même il v a seize ans. « La Nature » 1891, 2e semestre, p. 238.
- radiations du spectre exige un travail considérable, certains spectres présentant des centaines et des milliers de raies. Il y a donc grand intérêt à posséder un étalon de longueur d’onde, rattaché aussi bien que possible à nos unités de mesure et auquel il soit possible de rapporter toutes les radiations du spectre.
- Le Congrès de iqo5 avait choisi, comme étalon, la longueur d’onde de la raie rouge du spectre du cadmium dont lu mesure avait été effectuée pour la première fois, en 1892-1893 au Bureau international des Poids et Mesures, par Miehelson.
- L’élude des interférences des lames argentées, par MM. Pérol et Fabry, et la décision du Congrès d’Oxford, ont engagé le Comité international des Poids et Mesures à faire reprendre cette détermination par le Bureau. La nouvelle mesure du mètre en longueurs d’ondes de la lumière du cadmium a été effectuée au laboratoire d’essais du Conservatoire des Arts et Métiers par MM. R. Benoit, directeur du Bureau international des Poids et Mesures, Ch. Fabry et A. Pérot.
- Les longueurs d’ondes étant réduites à l’air sec, pour la pression normale de 760 mm et à la température de i5° du thermomètre à hydrogène, ces physiciens ont trouvé que 1 553 164^, «3 font exactement 1 mètre, ce qui donne, pour la longueur d’onde X de la lumière du cadmium :
- X = O!* ,64384696
- (g = micron — millième de millimètre).
- Il résulte de ces mesures récentes et de celles de 1892-1893 que le mètre prototype n’a éprouvé aucune variation dans l’intervalle de ces déterminations.
- Le Congrès a donc adopté cette valeur de la longueur d’onde de la radiation du cadmium comme étalon des longueurs d’ondes. La notation habituelle en dix-millionièmes de millimètre ou unités d’Angstrôm a toutefois été conservée, de sorte que l’étalon de longueur d’onde a pour expression :
- X = 6438,4696 unités d’Angstrôm.
- Le Congrès a, en outre, émis le vœu que cette détermination soit, complétée par celle d’étalons secondaires répartis dans le spectre toutes les 5o unités environ, et auxquels on puisse rapporter, par la suite, les radiations intermédiaires. Ce travail sera entrepris dans plusieurs laboratoires (Fabry, Kayser, etc.).
- Sur la proposition de M. de la Baume Pluvinel, le Congrès a examiné la question de l’observation des éclipses de Soleil. Pour l’observation de ces phénomènes, de nombreuses missions sont organisées, se rencontrant pour la plupart aux mêmes points de la ligne centrale et effectuant souvent des recherches identiques. Les résultats sont publiés de diverses manières, non comparables. Le Congrès a nommé un Comité spécial, dit Comité des éclipses, chargé spécialement de l’organisation et de la publication des travaux des missions. Le président de ce Comité est sir Norman Lockyer, et M. de la Baume Pluvinel a été nommé secrétaire. Parmi les membres, M. Turner représente l’Angleterre; M. Campbell, les États-Unis; M. Hansky, la Russie; le P. Cirera, l’Espagne. La France est dignement représentée par le secrétaire du Comité.
- Parmi les autres communications présentées au Congrès, ou sur lesquelles il a eu à discuter, notons : Présentation des travaux de l’observatoire de Meudon, par M. H. Deslandres; Étude de la rotation du Soleil par les vitesses radiales, par M. H. Deslandres; Présentation des travaux de l’observatoire solaire du mont Wilson et d’un appareil pour la mesui'e rapide en coordonnées héliocentriques des floccules, par M. G. Haie ; Détermination de la température du Soleil faite au sommet du Mont Blanc, par MM. Millochau et Féry, etc.
- Les congressistes, dans l’intervalle des séances, ont été conviés à . diverses visites qui ont obtenu un-légitime succès : visite de l’observatoire de Meudon, de l’observatoire de Paris, du Bureau international des Poids et Mesures, réception à l’Académie des Sciences et'enfin visite du château de Chantilly, propriété de l’Institut.
- Avant de se séparer, M. George llale a invité les membres du Congri s à se réunir dans trois ans, en octobre 1910, à l’observatoire solaire du Mont-Wilson.
- C’est donc en Californie que se tiendra le quatrième Congrès des études solaires. Em. Touchht.
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- HYGIENE ET SANTÉ
- L’ailurophobie. — l)e toutes les variétés de phobies qui peuvent affliger le monde des névrosés, celle-ci est assurément une des moins connues et je vous avouerai sans peine que je n’en eusse pas soupçonné l’existence sans l’enquête provoquée par le savant neurologiste YVeir Mitchell. Des phobies, il y en a de toutes sortes : c’est une peur imaginaire ; tout sujet de crainte peut provoquer, chez le névrosé, un état particulier qui constituera pour lui une phobie spéciale.
- Rien de plus commun et de plus connu que l’agoraphobie, la peur des espaces vides ; le malade ayant à traverser une place, une rue quelconque, se trouve soudain saisi d’angoisse et tombera en pâmoison ou sera pris de tremblements, de spasmes nerveux, d’une terreur, d’une obsession qui paralyse ses mouvements et le plonge dans un état inexprimable. Chez un autre, ce ne sera pas la peur des espaces ou du vide, ce sera la peur de la station assise ; la peur de la saleté, la rypo-phobie ; la crainte d’une erreur dans un calcul ou dans une manipulation de médicaments dangereux. Les préoccupations professionnelles entrent certainement pour une large part dans l’étiologie de ces troubles psychiques. On sait à quel état d’angoisse et d’anxiété peuvent être conduits certains orateurs, acteurs ou chanteurs ; ils ont du reste défini ce trouble d’un nom fort caractéristique, le trac, et je conseille ceux qui veulent se renseigner sur la nature de cette phobie spéciale de lire les jolies pages qu’y a consacrées Sarcey dans ses Souvenirs d’âge mûr.
- La peur de certains animaux, rats, souris et spécialement des animaux rampants, du serpent, arrive à un degré des plus prononcés chez quelques personnes ; il n’existe pas, à vrai dire, dans ce cas, de préoccupations professionnelles. Mais si on voulait interroger attentivement le passé de ces sujets, on trouverait que dans leur jeune âge, on les a terrifiés avec des histoires saugrenues comme les histoires de fantômes et de i’evenants, auxquelles se complaisaient jadis nos vieilles gouvernantes ; on trouverait aussi un accident à eux survenu, ou dont ils ont été témoins. Puis l’oubli se fait, mais un beau jour les fatigues, le surmenage ont amené un état nerveux spécial, la neurasthénie, pour le qualifier d’un mot pratique : l’imagination réveille le souvenir, les accidents de terreur éclatent , la phobie est créée.
- C’est à cet ordre de névrose, la peur des animaux, qu’appartient l’ailurophobie, que nous traduirons tranquillement en français par la « peur des chats». Voilez-vous la face, François Coppée, Lambert, le peintre de celle gent gracieuse, et vous tous célibataires de tout
- âge et de tout sexe qui savez trouver, dans la compagnie d’une chatte rusée ou d’un angora majestueux, l’oubli de vos soucis, de vos misères et de votre solitude. Ce n’est pas vous qui serez jamais atteints de cette phobie ; laissez-la aux détraqués des nerfs et aux malades de YVeir Mitchell.
- Le savant professeur eut dans son service un malade qui ne pouvait apercevoir la queue d’un chat, on pourrait dire son ombre, sans être pris d’accidents vertigineux et syncopaux des plus graves. N’ayant probablement jamais rien observé de pareil, il fit une enquête à laquelle répondirent i5o personnes, médecins, militaires, professeurs, d’Amérique, d’Angleterre ou d’Allemagne. En éliminant les observations mal fondées ou sans valeur, W. Mitchell en a retenu environ une centaine où des accidents bizarres et variés étaient décrits avec détails. Chez les uns, sujets aux crises d’aslhme, c’était un accès qui survenait dès qu’un chat apparaissait daus l’appartement ; chez d’autres, n’ayant aucun trouble respiratoire auparavant, on voyait éclater des accès d’oppression ; chez d’autres, c’étaient des troubles nerveux, d’allure hystérique, frissons, tremblement des membres, convulsions, nausées, vomissements et quelquefois syncope. Dans une famille de sept personnes, cinq 'étaient atteintes de celle peur des chats ; on doit penser là à un véritable état de suggestion des unes aux autres. Chez quelques sujets, c’est l’odeur émanée du chat qui provoquait le sentiment d’angoisse ; l’odorat est chez eux d’une grande sensibilité. Mais ces cas forment l’exception et c’est habituellement la vue de l’animal qui provoque les accidents nerveux.
- D’une façon générale, la peur semble née dans l’enfance et accrue à la puberté ou plus tard par suite d’irritabilité nerveuse occasionnée par les causes les plus variées ; les documents recueillis par W. Mitchell sont très précis à cet égard. Si la peur des chats semble étonnante, je connais un exemple encore plus curieux d’impressionnabilité nerveuse, caractérisée par la peur des chiens, les plus petits comme les plus gros; le chien le plus doux est la cause d’une surexcitation et d’un trouble émotif. Tous ces sujets sont des nerveux à traiter comme les autres et quelle que soit la variété de phobie, il faut s’efforcer de ramener le calme, de mettre au zéro le thermomètre de l’éréthisme névropathique ; chez les uns, il suffira de la persuasion, d’une petite leçon ; chez d’autres, il faudra vraiment avoir recours à un traitement médical dont les antispasmodiques, l’hydrothérapie et la suggestion par hypnotisme forment la base essentielle.
- Dr A. Cartaz.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Procédé de coloration des bois. — Il s’agit du procédé breveté Pascal Marino. On traite d’abord le bois au moyen d’une solution cupro-ammoniacale, liqueur de Schweitzer, ce qui débarrasse le bois de ses parties extractives, et remplace le lent procédé de jadis consistant à laisser les bois dans l’eau ; puis on fait une injection de dissolutions métalliques, et on traite ensuite par un carbonate alcalin qui précipite l’oxyde dans la fibre et la métallisé. C’est là ce qui permettra au bois de prendre un beau poli. On peut compléter l’imprégnation par adjonction d’huiles lourdes de goudron. Finalement on exécute un traitement par une solution de matière colorante dans l’ammoniaque, cela avivera les tons naturels du bois ou donnera d’autres nuances. Ce traitement se fait en vase clos sous pression, ou par immersion.
- Vernis à la gomme arabique. — La gomme peut donner un vernis qui a l’avantage de se préparer avec la plus grande aisance et la plus grande rapidité. Mais
- il est très cassant, la pellicule gommeuse ne présente pas d’élasticité, et c’est même pour cela qu’elle a tendance à devenir blanchâtre. On peut obvier dans une certaine mesure à cet inconvénient, en mélangeant la gomme et le vernis improvisé avec de la glycérine ou de la dextrine ; il faut procéder à des essais pour savoir quelle quantité on doit prendre des différentes substances.
- Dépôt d’aluminium sur le fer. — Il peut réussir sur tous les métaux ferreux, et rendre de grands services, étant donnée la surface agréable et avantageuse à beaucoup d’égards que fournit l’aluminium. On commence par désoxyder le fer au moyen d’une solution de borax, puis on place l’objet dans un four à émailler disposé pour recevoir des vapeurs métalliques ; on élève la température vers 1000 à i5oo°, et l’on introduit des vapeurs d’aluminium obtenues par chauffage d’une certaine quantité de métal au bain de sable. L’aluminium se dépose quand les vapeurs viennent en contact avec la surface métallique.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonneqpmt. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. A. D., à X. — On obtient l'iinpennéabilisationdes tissas en immergeant l'étoile dans un bain de sulfate de cuivre ou de 1er, soit par juxtaposition de couches minces de caoutchouc, ou par application de certains vernis.
- M. II. Cachelerbe, à V. — Nous ne possédons pas l'adresse de vente de la poudre « autan » ; c’est un produit de fabrication étrangère.
- M. E. Argenti, à Madrid. — Pour les tonneaux de liège, il suffît, de vous adresser directement à M. Mon-naud, à Guelma (Algérie).
- M. E. P., à Bordeaux. — Vous trouverez chez Radi-guet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris, tous les appareils nécessaires pour monter un excellent cabinet de physique.
- M. Bonde, à Keuges. — A notre vif regret nous ne pouvons vous donner satisfaction; le renseignement que vous demandez ne présente rien de scientifique et nous ne possédons aucune donnée de ce genre.
- M. J.-J. Remy, à Maccourt. — Nous publierons prochainement une étude sur le sujet qui vous intéresse, et vous y trouverez dessins et explications.
- M. J. C., à Paris. — Pour le viseur Grubb, veuillez vous reporter aux adresses données dans le précédent numéro.
- M. Siinond, au Ghàtelard. — La Revue générale de la construction, i3, rue de Chaligny, Paris, publie le sommaire détaillé des leçons de construction de M. Pillet au Conservatoire des Arts et Métiers. Votre ami y trouvera peut-être les études qu’il désire.
- M. Brin quant, à Lnghien. — La lampe « magnétile » est construite par la General Electric C°, à Shenectady, Etats-Unis.
- M. Le Dr Stromdri, à Lemberg. — U faudrait, pour éviter que les couleurs employées déteignent au soleil, employer de préférence des couleurs naturelles. Le choix en serait fort bien guidé en consultant le petit livre : Couleurs, matières colorantes, teintures, de M. Pécheux, librairie Baillière, 19, rue llautefeuille, Paris. D’autre part vous trouverez dans les Recettes et procédés utiles. irc série, p. 319, Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, Paris, la manière de peindre les verres de lanterne magique; il y a là des indications qui vous seraient utiles sur le choix des couleurs, de leur véhicule et du venus.
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- BIBLIOGRAPHI
- Les venins. Les animaux venimeux et la sérothérapie antivenimeuse, par A. Gai.mette, membre correspondant de l’Institut et de l'Académie de médecine, directeur de l’Institut Pasteur de Lille. Paris. Masson et C‘“, 1906. 1 vol. in-8°, de xvi-396 pages, avec rj1) ligures dans le texte. Relié toile anglaise. Prix : 12 francs.
- Il est évidemment à peu près inutile de signaler à nos lecteurs le travail de M. Galmelte, ou du moins de leur en indiquer les mérites. Tous ceux qui ont lu les articles ou les livres de notre éminent collaborateur savent quel peut être l’intérêt d’une nouvelle publication comme celle-ci. Nos lecteurs ont déjà eu d’ailleurs, en quelque sorte, la primeur du présent ouvrage, le D1 Galmette ayant bien voulu nous donner, il y a quelque temps, son article sur les Poissons venimeux (n° 1762, du 2 mars 1907, p. 2x6). L’ouvrage entier est d’une non moins grande richesse d’illustration et c’est un admirable exemple de belle édition.
- Abrégé de géologie, par A. de Lapparent, sixième édition. 1 vol. in-16 de xvi-4'38 pages, avec 163 ligures et; 1 caide. Paris. Masson. Prix ; 4 francs.
- Avec additions aux chapitres des volcans, tremblements de terre, roches d’origine éruptive, esquisses paléographiques. La description des tei'rains tertiaires a été refaite dans la cinquième édition. L’exposé des phases quaternaires, notamment des anciens glaciers, a été précisé, la partie relative aux phénomènes orogéniques a été l’objet d’une refonte complète.
- Les jeux des bêtes (Die Spiele der Tiere), par Karl Gross (2e édition, revue). Iena. Verlag von Gustav Fischer, 1907. 1 vol. in-8°, VII-342 p. Prix : 6 m aides.
- M. Karl Groos, professeur de philosophie à Bâle, auteur d’un gros livi*e sur les Jeux de l'homme (Gustave Fischer, Iena) n’a pas voulu faire un de ces livres amusants, où s’anime toute une comédie animale à l’image de la comédie humaine. C’est une œuvre de science, attrayante par les faits, sévère par l’ordonnance et les idées directrices, un essai consciencieux et plein de valeur de psychologie comparée. La table des matières donnera une idée des sujets, traités et de leur importance. Le jeu comme sureroit 4e force
- (Kraftüberschuss), le jeu et les dispositions héréditaires; Les jeux ; jeux de chance, jeux de lutte, etc., jeux sociaux et jeux individuels, jeux d’amour, coquet-terie des femelles, etc.
- Cours pratique élémentaire d électricité industrielle, par Emile Fesquet, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, professeur au Collège et à l’Ecole des-mécaniciens de Dunkerque. 1 vol. in-8. Paris. Henry Paulin et Cie éditeurs, 21, rue llautefeuille, 1907. Broché. Prix : 6 francs.
- Ce livre est la reproduction des leçons professées chaque année par l’auteur depuis 1900; la partie théorique a été réduite au strict minimum. L’ouvrage répond aux programmes des examens et concours qui exigent la connaissance des éléments d’électricité industrielle.
- Eléments de botanique, par Pu. Vax Tieghem. Quatrième édition, 2 vol. in-16 d’ensemble xxv-x33o pages, avec 587 ligures. Paris. Masson. Prix : 12 francs.
- Dans la première, 'Botanique générale, Fauteur éludie la plante en général, sa..forme, sa structure, son origine, son développement,“ sa lin, ses phénomènes et les modifications qu elle subit par suite des changements du milieu extérieur. Dans là seconde partie, Botanique spéciale, sont compai’ées, sous tous les rapports, l'ensemble dès plantes qui peuplent la terre.
- La biochimie et les chlorophylles, par A. Etard. i vol. in-16 de 224 pages, avec ligures Paria, Masson. Prix : 3"',5o.
- Le rôle prépondérant joué par la matière colorante des feuilles, la chlorophylle, dans les échanges chimiques qui s’accomplissent à la lumière chez les plantes vertes, n'est connu qu’en gros : on ignore en vertu de quel mécanisme elle intervient, on 11e sait même pas s’il s’agit vraiment d’un composé défini. L’auteur est partisan de la pluralité des pigments.
- ; L Occultisme. Hier et aujourd’hui; le merveilleux scientifique, par le Dr J. Grasset. Paris. Masson et Cio. 1907- 1 vol. in-8®, 436 pages. Prix : 5 francs.
- L’auteur de tant de brillants et solides travaux de
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- BIBLIOGRAPHIE
- Æ; ^:
- neurologie, dont les récents ouvrages sur les Limites de la biologie, le Psychisme inférieur, et Demi-fous, et demi-responsables, ont révélé la sûreté et la probité de méthode au grand public, était mieux que tout autre qualifié pour traiter du merveilleux et des phénomènes occultes qui passionnent tellement tout le monde à notre époque. Le Dr Grasset les discute comme ils méritent de l’être, sérieusement et scientifiquement, sépare les théories des faits, montre que les théories sont encore prématurées et réfute le spiritisme (évocation des esprits) et les radiations psychiques (per-esprit, corps astral, etc.). Quant aux faits, il montre que les phénomènes occultes ne sont pas encore scientifiques, mais qu’ils peuvent le devenir : ils consti-
- tuent le merveilleux préscientifique ; l'occultisme esi ce qu’il appelle joliment la terre promise de la science : Espérons qu’on entrera un jour de plain-pied dans cette contrée merveilleuse !
- Verzeichnis der palaearktischen Hemipteren mit beson-derer Berücksichtizung ihrer Verthilung im nissischen Reiche, von B. Oshanin. Sainl-Pétersburg, 1906. Buchdruck der kaiserlich, Akadem. der VYissen-schaflen. 1 vol. in-8°. m
- Terrestrial magnetism : Results of magnetic obsécrations mode by the coart and geodetic sureey between july 1, iqo5 and june 3o, 1906. Même auteur. Même librairie (même publication, Appendix n“ 3).
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION' ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES 0BSEHVATI0NS CÉNÉBALES
- Lundi 3 juin 1907. . n°,0 AV. S. AV. 3. Couvert. )) ltoséc ; très nuageux.
- Mardi 4 12°,0 AV. S. AV. 1. Beau. 0,0 Bosée; gouttes dans la soirée; nuageux le m. ; couvert le s.
- Mercredi 5 13°,0 S. S. E. 2. Couvert. 2,0 ltos. ; halo ; couv. ; avers. l’a|>.-midi; lonn. entre 18 h. 20el 18 h. 40.
- Jeudi 6 10° ,9 W. N. AV. 3. Couvert. 1,*2 l’resq. couv. ; pluie de 5 h. 45 à 0 h. 15 et de 19 h. 20 à 45 m.
- Vendredi 7 11°,9 W. S. W. 2. Très nuageux. 0,0 Bosée; gouttes à 20 h. 20; presque rouvert.
- Samedi 8 15°,0 S. AV. 0. Beau. » Itosôe ; nuageux.
- Dimanche 9 18°,1 S. E. '2. Beau. 0,0 Bosée; peu nuag. ; nuag. l’ap.-midi; [routl.es ; ôcl. à l’horizon S. E.
- JUIN 1907. — SEMAINE DU LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 JUIN 190.\
- Lundi
- Mardi | Mercredi | Jeudi
- Vendredi
- Samedi j Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 A 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince,, thermomètre à labn a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule, mouillée.
- Du 3 au 10 juin. — Le 3. Pression barométrique (en mm) : dépression sur la mer du Nord (Shields, 747) Pluies sur l’Europe centrale;,en France (mm) : Besançon, 9; Calais, 4; Toulouse, 3; Nancy, Paris, x. Température du matin : Bodoe, 3° ; Paris, 11; Alger, a3 ; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi, —4> moyenne à Paris : 12 (normale : i50,4). —Le 4• Press, barorn. : dépression à l’Ouest de l’Ii'lande ; Moscou, 770. Yent faible. Pluies sur tout le continent; en France : Brest, 4> Lyon, Nancy, 2; Limoges, Calais, 1. Ternp. du matin : Bodoe, 5°; Paris, 12; Alger, 21 ; Puy de Dôme, 4; Pic du Midi, 2; moyenne à Paris, 14 (normale : 15°,5). — Le 5. Press, barom. : dépression sur l’Angleterre, Shields, 751 ; Moscou, 768. Yent faible. Pluies en Scandinavie et Sud de l’Europe; en France : Brest, Lyon, 3; Nantes, x. Ternp. du matin : Arkhangel, 70; Paris, i5; Alger, 22 ; Puy de Dôme, 12; Pic du Midi, 5; moyenne à. Paris, x4°,8 (îxorm. : 15°,6). — Le 6. Press, barom. : Shields, 7.48; France, Espagne, 76). Yent modéré. Pluies sur 10. du continent, en Fraixce : Besançon, 11 ; Dunkerque,
- 8; Lyon, Perpignan, 5; Naixtes, 2; orages dans l’E. et le S. Ternp. du matin : Uléaborg, 6; Paris, 11 ; Alger, 25; Puy de Dôme, 4; Pic du Midi, 2; moyenne à Paris, 13°, 1 (nom. x5°,7). — Le 7. Press, barom. : Ecosse, mer du Nord, 755 ; Gascogne, Finlande, y65. Vent faible. Pluies sur l’O. du continent; en France : Le Mans, 4; Besançon, Charleville, Lorient, 3; Paris, 1. Temp. du matin : Arkhangel, .4 ; Paris, 12; Païenne 21; Puy de Dôme, 3: Pic du Midi, 2 ; moyenne à Paris : i3°,5 (normale r x5°,8). — Le 8. Press, barom. : 2 zones de dépression : Va-lentia, 752; Kief, 751. Vent faible. Pluies sur l’O. elle Centre de l’Eui-ope ; averses en France. Ternp. du malin : Arkhangel, 5°; Paris, i5; Alger, 21; Puy de Dôme, 6; moyenne à Pains, i6°,4 (norm. ; 15°,9). — Le 9. — Press, barom. : Irlande, 746; Pologne, 753; de l’Italie à la Scandinavie, 769. Vent faible. Pluies sur la Baltique et le S. delà Russie. Ternp. du matin : Arkhangel, 8° ; Paris, 18; Alger, 28; Puy de Dôme, 17; Pic du Midi, 6; moyenne à Paris ; 20°,2 (norm. x 6°). Phases de la Lune : Dernier Quartier : le 3 à 5 h. 29 du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature # doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, e'diteurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Natu-e » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1778 (22 JUIN 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Réunion de la Société helvétique des sciences naturelles. — La 990 session annuelle de cette société aura lieu à Fribourg, les 28, 29, 3o et 3i juillet 1907. Parmi les questions à l’ordre du jour, signalons : Immigration postglaciaire de la flore et de la faune en Suisse (proposé par le Dr C. Schrôter) ; Atlas international de l’érosion (prof. Chaix, de Genève); Le surcreusement et l’érosion glaciaire (par notre collaborateur M. Jean Brunhes).
- La troisième comète de 1907. — M. Michel Giaco-bini, astronome à l’observatoire de Nice, a découvert dans la soirée du ier juin, dans la constellation du Lion, non loin de l’étoile Ç, une nouvelle comète. Ce nouvel astre, très faible, se dirigeait vers le sud-est. Sa position, le 1er juin, était la suivante : Ascension droite, iohi 7“ ; Déclinaison, -j- 24°- Cette comète étant la troisième de 1907 a été inscrite sous la désignation 1907 c.
- Minéral contenant de l’argon et de l’hélium. —
- La malacone, silicate de zirconium, a été trouvée à Hitteroë et à Arendal, en Norvège, et à Chante-loupe, dans la 'Haute-Vienne.' Ce minéral est radio-actif et dégage un mélange d’hélium et d’argon quand il est chaude; c’est le seul minéral qui jusqu’ici dégage de l’argon. L’émanation produite par ce minerai, bien qu’elle possède une période considérable de décroissance, n’a pu être démontrée identique avec celle du radium.
- Composition d’une pierre météorique. — Un auteur anglais, Hartley, a donné dans ces derniers temps la composition d’une pierre météorique tombée en 1897 dans la vallée du Kangra (Northern Punjaub) dans l’Inde et qui se présentait sous forme de grains cristallins agglomérés formés des substances suivantes parmi les corps à l’état métallique, le fer, le nickel, le cobalt, le chrome avec de petites quantités de cuivre, d’argent, de plomb, de gallium et des traces de manganèse ; parmi les silicates, ceux de calcium et de magnésium; parmi les bases, les oxydes de fer, de nickel, de chrome, de strontium, de plomb, d’argent, de manganèse, la potasse et la soude.
- Les armements bulgares. — La Bulgarie vient de faire en France une commande fort importante de matériel d’artillerie à tir rapide. C’est le Creusot qui est chargé de son exécution. L’armée bulgare sera également dotée d’un matériel téléphonique perfectionné ; i5oo postes ont été commandés à la Société industrielle des téléphones.
- Fouilles en Birmanie. — Le général de Beylié a fait dernièrement l’exposé devant l’Académie des inscriptions et belles-lelfres des fouilles qu’il a exécutées à ses frais à Prome (Birmanie), avec l’autorisation du gouvernement anglais. Il a pu constater, au cours de ces travaux, que cette ancienne colonie hindoue, abstraction faite de quelques sanctuaires déjà connus, ne contenait que des chapelles bouddhiques de 5 à 6 m. de côté. De plus, il apparàîL clairement, contrairement aux idées admises en archéologie hindoue, que, dans cette région, la religion bouddhique s’est pratiquée à la fois, sous ses deux formes, du nord et du sud. Le général de Beylié a trouvé deux stèles dont les inscriptions, en langue inconnue, n’ont pu être déchiflrées.
- Un mémoire scientifique d’Archimède. — C’est M. Théodore Reinach qui a entretenu l’Académie des inscriptions et belles-lettres, ces temps derniers, de cette belle découverte, effectuée par M. Heiberg (de Copenhague), dans un palimpseste de Constantinople. Le mémoire de l’immortel géomètre, intitulé De là méthode, est adressé à Eratosthène ; on y voit particulièrement l’application de la mécanique à la solution des questions de géométrie et l’emploi très hardi d une méthode comparable au calcul intégral; les surfaces y sont, dans certaines conditions, considérées comme des sommes de plans. Leibniz et Newton devaient faire réussir, dix-neuf siècles plus tard, ces aperçus de la pensée grecque.
- La télégraphie sans fil à travers la Méditerranée.
- —- L’administration des Postes et Télégraphes va procéder avant peu à l’établissement d’un service de télégraphie sans lil pour relier la France et l’Algérie. Le projet comprend la création d’une station sur la côte de la Camargue, entre Port Saint-Louis et Aigues-Mortes ; 1’emplacement que la Commission d'études a reconnu comme le plus favorable est la commune des Saintes Maries, où seront construits les bâtiments nécessaires et où on érigera le pylône. Cette station, le plus puissant des postes français de télégraphie sans fil, sera mise en service, vers décembre prochain, entre Alger et la France.
- Le télégraphe entre Tombouctou et Zinder. —
- Les travaux de construction d’une ligne télégraphique entre Tombouctou, Niamey et Zinder viennent d’être autorisés par le gouvernement français. Cette ligne aura un développement de 1800 km. ; on évalue la dépense à •2 millions de francs.
- La production de l’or en Australie Occidentale. —
- Voici deux années que la production aurifère diminue sensiblement dans l’Australie occidentale : elle était de
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- INFORMATIONS
- 1983000 onces eu 1904, de 1 9!)5 000 en 1900; en 190O, elle n’a j>as dépassé 1 794 000 onces. On dil, il est vrai, que cela tient pour la plus grande part à ce que l’attention s’est dirigée sur le cuivre et l’étain, par suite des prix élevés qu’atteignent ces deux métaux.
- Un train de marchandises chargé d’or. — Le mois dernier, il est arrivé, en gare de Sacrameulo, Californie, un train de marchandises qui contenait une véritable fortune. Ce convoi se composait de treize wagons plombés, soigneusement et solidement fermés, dans chacun desquels il y avait de l’or provenant des mines et usines de Yallejo. La valeur totale du chargement représentait environ 36 millions de francs. Sur une partie du parcours, les treize wagons durent attendre, au milieu de la nuit, pendant plusieurs heures, sur une voie de garage, en pleine campagne. Le train auquel ils devaient être attachés, ne pouvait arriver plus tôt ; mais les treize wagons d’or n’avaient rien à craiudre, car ils étaient gardés par un détachement d’hommes armés.
- L’air liquide dans le commerce des denrées alimentaires. — Il paraîtrait qu’une fabrique d’air liquide vient de s’installer en pleine région fruitière aux Etats-Unis, à Los Angeles, pour vendre cet air comme agent de refroidissement destiné aux expéditions de fruits.
- Inflammations spontanées du charbon. — Suivant M. Lewes, qui a étudié la question devant la Society of Arts, le meilleur procédé pour lutter contre ce danger dans les cales ou les magasins, serait de disposer un petit cylindre plein d’acide carbonique comprimé et muni d’un plomb de sûreté susceptible de fondre à une température de moins de ioo°C. Il suffirait d’un cylindre de 3o millimètres de long sur 76 millimètres de diamètre pour une quantité de 8 tonnes de houille.
- Les accidents dans les mines allemandes. — Les
- accidents mortels dans les mines de Prusse semblent diminuer de façon fort sensible depuis 26 années. De 1881 à 1890, la moyenne des tués par 1000 mineurs était de 0,571. De 1891 à 1900, elle était tombée à 0,245. Depuis lors, on a relevé des moyennes de 0,144 en 1901, de o,o33 en 1903, de 0,039 en *9<>5.
- Hélices aériennes. — Le journal Work signale xine invention due au major Hoernes : c’est une nouvelle hélice aérienne, combinée pour la navigation également aérienne, et qui est établie, croit son inventeur, de manière à remédier à la compressibilité considérable de l’air. Elle n’est point animée d’un mouvement continu, mais elle procède par saccades, par impulsions suivies d’arrêts. De plus, elle marche alternativement vite et lentement.
- Le commerce des fleurs à Paris. — Au lendemain de la fête des fleurs, il est intéressant de jeter un regard rapide sur la statistique municipale relative au commerce des fleurs dans la capitale. Il se vend à Paris, dans le courant d’une année, pour une moyenne de i5 millions de francs de fleurs, cultivées à Paris et dans sa banlieue ou envoyées par les divers départements. Les Halles Centrales reçoivent annuellement pour environ 9020000 fr. de fleurs coupées, c’est-à-dire qu’elles livrent au public parisien les deux tiers de la consommation totale. C’est le midi de la France qui est le principal pourvoyeur des halles parisiennes ; ses envois se montent à 5 33o 000 fr. tous les ans. Les roses battent tous les records ; la reine des fleurs envoie à Paris 3o millions de ses congénères méridionales, du icr janvier au 3i décembi'e. Elles y débarquent accompagnées par 72 millions d’œillets, 6 millions de bouquets de violettes, et quantités de mimosas et autres fleurs. L’an dernier, les fleurs du midi, vendues aux Halles, ont donné les chiffres suivants : roses, 1 Sooooo fr. ; œillets, 2 3ooooo fr. ; violettes, 5oo 000 fr. ; mimosas, 3oq 000 francs.
- La pêche du saumon en Angleterre. — Le saumon en Angleterre qui est d’excellente qualité, sera dit-on, à la fin de cette année à 60 centimes la livre. Ceci est dû à ce que des pêcheurs anglais sont partis avec un vapeur la « Zénobia » pour en pêcher une grande quantité dans la mer d Okhostk qui est peu exploitée et qui en contient des quantités prodigieuses. Cette expédition se renouvellera tous les ans, de sorte que le saumon sera à plus bas prix qu’en Ecosse. Dans ce dernier pays la consommation en est tellement grande que les servantes,
- lors de leur engagement, stipulent qu’on 11e leur fera pas manger de saumon plus de trois fois par semaine.
- L’approvisionnement à Paris en 1906. — L approvisionnement à Paris en 1906 s’est élevé à un total de 479 161 720 kilogrammes, en augmentation de 9 514 833 kg sur 190J. Ces chiffres sont extraits du rapport annuel de la Préfecture de la Seine qui donne également ]0 détail suivant des introductions aux Halles centrales en 1906 : viande, 66691 4'27 kg; triperie, 11 942 3o5 kg; volaille et gibier, 23838067 kg; fruits et légumes, 21 862 039 kg; carreau forain, 276 862926 kg; poissons, 45 801 894 kg ; beurre, i3 o38 264 kg ; œufs, 18 268 706 kg et fromages 11 896 094 kg.
- Acier au calcium. — Des efforts se poursuivent actuellement, en Allemagne, pour arriver à produire un nouvel acier amélioré par combinaison avec une certaine proportion de calcium métallique : nous 11’avons jms besoin de dire qu’on suit la même voie que pour les aciers au chrome ou au nickel. 11 s agit de vérifier (ou au contraire d infirmer) la croyance de certains métallurgistes que l’addition de calcium au métal à l’état de fusion donnerait finalement à ce métal des qualités toutes particulières. Si nous en croyons la publication Mining Beporter, la Société électrotechnique de Bitterleld (en Saxe) aurait trouvé un moyen de produire du calcium métallique en très grandes quantités et à un prix cjui en rendrait l’emploi régulier parfaitement possible en métallurgie. Et c’est avec le calcium ainsi obtenu que celte société, et aussi d’autres usines de Westphalie ou des Provinces du Rhin, se livreraient à des essais suivis sur la matière. D’après la revue allemande, Métallurgie, on serait arrivé tout simplement à celte conclusion que le calcium ne se combinerait point avec le fer à l’état do fusion. Par contre, il est vrai, et d’après M. Slockern, ce calcium serait susceptible de rendre de grands services pour le raflinage du cuivre et pour les fontes de bronze.
- Un cas intéressant d’électrolyse du sol. — Un
- auteur anglais, Bassetl, vient de signaler dans le Journal of the Chemical Industry, deux cas d électrolyse du sol produits à la suite de perte de courant par un câble, fournissant la puissance à un moteur de 460 volts et qui auraient amené la formation d’un alliage liquide de sodium et de potassium aux dépens des alcalis du sol. Dans l’un des cas notamment, il se serait produit une matière présentant la composition suivante ;
- Potasse.............................. 33,37
- Soude................................ 32,26
- Potassium métallique.................. 1,00
- Sodium métallique. ................... 0,80
- Silice................................ 4,8o
- Sable et matières terreuses. . . . >• 26,36
- Eau................................ i>4u
- Total..............100,00
- Ce fait permettrait peut-être d’expliquer certains accidents explosifs arrivés dans les canalisations électriques, les infiltrations d’eau au contact d’un tel alliage alcalin provoquant le dégagement d’une grande quantité d’hydrogène pouvant former avec l’air un mélange détonant.
- Graissage des câbles d extraction. — La publication bien connue Engineering and Mining Journal a donné récemment des détails intéressants sur un appareil dont elle ne publie pas le nom, et qui sert à graisser dans les meilleures conditions, et pour ainsi dire automatiquement, les câbles d’extraction. Cet appareil comporte un châssis métallique et cylindrique, qui peut s’ouvrir en deux moitiés symétriques, pour se refermer ensuite autour du câble que l’on veut traiter : il est maintenu dans cette position par deux ouvriers, à l’entrée du puits, tandis que le câble se déroule en descendant à travers le dispositif. Celui-ci comporte trois compartiments. Dans celui d’en haut, se trouve une brosse circulaire et rude qui frotte sur le câble, et a pour mission de le nettoyer avant application de l’huile ; le deuxième compartiment, ou compartiment du milieu, contient cette huile, et à sa base est une sorte de garniture faite d’une masse cotonneuse empêchant l’huile de s’écouler, tout en laissant libre passage au câble. Enfin, le compartiment inférieur renferme une brosse un peu analogue à ta première, mais douce, et ayant pour mission d étendre bien également l’huile sur ,1e câble..
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *_> Automobilisme <-*
- Glaces à hauteur réglable pour automobiles. —
- Les glaces, que l’on peut disposer dans les automobiles pour préserver du vent et souvent de toutes les impuretés que le hasard des voies fait recueillir, sont des plus utiles, et personne ne songerait à vouloir y toucher. Cependant M. Pasquet construit de nouvelles glaces qui
- * (i i\
- 1 ' , 4
- Fig. i. — Glace à gaine levée.
- et difficile de gonfler un pneumatique quand on est obligé d’emprunter une pompe autre que la sienne. Et même avec celle-ci, le raccord à vis est souvent incommode à mettre en place. Le nouveau raccord instantané représenté ci-contre est destiné à remédier à ces inconvénients, car il s’udajxle à toutes les valves et se met en place par simple pression de 1’extrémité de la valve sur le trou B. En A se trouve une tige destinée à être fixée sur le tube en caoutchouc de la pompe ; mais pour ceux qui désirent conserver leur raccord fileté, la lige À est munie d’un pas de vis qui permet de la fixer sur ce raccord sans rien modifier à la pompe. L’ « Eclair « se compose d’une cloche (n° i) dans laquelle vient s’adapter
- « Eclair », raccord de pompe à pneumatique.
- une rondelle en caoutchouc (n° 2) maintenue en place par une Bague (n° 3) ; cette cloche étant étanche, il en résulte que, quand on comprime l’air avec la pompe, l’adhérence des bords du caoutchouc sur la valve est d’autant jxlus grande que la jjression est plus forte ; il n’y a donc pas de fuite possible et tout l’air est envoyé dans le pneumatique, ce qui rend l’opération du gonflement très rapide. — L’« Eclair » se trouve chez M. F. Marx, 17, rue RuhinkorfF, à Paris.
- ont aussi de nombreux avantages. C’est d'abord une glace qui se baisse et qui disparaît à volonté dans une gaine (fig. x). C’est ensuite une glace-tablier (fig. 2), qui peut être posée en quelques minutes sur n’importe quelle voiture. La hauteur est réglable ; les montants qui la
- Fig. 2. — Glace-tablier, levée.
- supportent sont en effet composés de deux tubes rentrant l’un dans l’autre, et on peut les maintenir en place par le serrage d’un collier. Le montage est des plus simples ; la glace est montée sur des pivots fixés au bas du tableau ou aux longei'ons du châssis. Elle coulisse facilement outre la direction et le tableau ; en cas d’an'êt bi'usque, elle est d’elle-même projetée en avant. Toutes les dispositions ont été prises pour en faire une glace utile et pratique. — Les glaces à hauteur l'églable se trouvent chez M. Pasquet, 58 bis, rue Sainte-Anne, à Paris.j
- 'Electricité c*
- Chape isolante à prise de courant automatique. —
- Dans les installations électriques, il existe des lustres, des plafonniers en cristaux ou veri'erie, en fer forgé, en cuivre poli ou nickelé, toutes sortes d’appareils enfin qui peuvent être déposés et reposés fréquemment, même pour le simple nettoyage. La nouvelle chape isolante permet très aisément toutes ces manœuvres. Dans la figure ci-joinfe, le dessin n° 1 donne une vue d’ensemble de l’appareil, et le dessin n° 2, le détail du raccord. La partie supérieure formant chape isolante se fixe directement aux pitons du plafond ; elle renferme intérieure-
- 1 2
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de la chape.
- Fig. 2.
- Détail du l’accord.
- Cyclisme
- L’« Éclair », raccord de pompe à pneumatique.
- Tous les cyclistes savent combien il est parfois long
- ment une prise de courant à un ou plusieurs allumages alimentés par les fils des canalisations ; sur les côtés, en bas, est une monture à baïonnette formant support.
- La partie inférieure est formée d’une cuvette en cuivre avec deux goujons pénétrant dans les encoches de la
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- §1 SCIENCE APPLIQUÉE
- partie supérieure. Au centre de la cuvette se trouve une rondelle en matière isolante avec pièces en cuivre correspondant aux pistons et établissant les contacts. Un fort ressort avec cran d'arrêt immobilise l’appareil; la chape est-établie pour des appareils de 5o kg. La pose et la dépose de l’appareil sont des plus simples et des plus faciles. — La chape isolante est construite par M. F. Roubeaud, électricien, 209, avenue de Neuilly, à Neuilly (Seine).
- **> Divers <«*
- Un nargileh improvisé. — Parmi les innombrables fumeurs que nous comptons certainement au nombre de nos lecteurs, il y en a peut-être qui voudraient goûter de cette pipe à eau qu’on appelle nargileh dans les pays d’Orienl; l’emploi de cet instrument pour fumerie tabac a le précieux avantage d’abaisser considérablement la température des fumées qu’011 aspire, au grand prolit des muqueuses. Et comme un nargileh véritable coûte cher, nous allons indiquer le moyen de se construire une de ces pipes à eau à l’aide des accessoires les plus simples. L’objet que l’on confectionnera de la sorte n’aura pas une élégance absolue; mais il donnera les
- mêmes résultats qu’un nargileh véritable, et l’on pourra juger alors de l’intérêt qu’on aurait à combiner un de ces appareils.
- O11 se procure deux pipes ordinaires en terre; lune va nous servir de fourneau pour brûler le tabac ; elle est indiquée en A dans la ligure ci-jointe, où elle est représentée mise en place. Il a fallu, d’autre part, se procurer un bocal en verre, en porcelaine ou en faïence, peu importe, qui va former le . récipient à eau, et qu’011 remplira aux trois quarts de liquide, comme le laisse voir le dessin. On bouche ce récipient I) au moyen d’un large bouchon de liège B, et l’on perce deux trous dans celui-ci : l’un pour glisser la pipe verticalement, dans la position figurée par le dessinateur, et l’autre j>our y loger un morceau de tuyau de pipe assez court pris sur la seconde pipe.
- Il ne reste plus alors qu’à installer le dispositif d’aspiration. On achètera donc du tuyau en caoutchouc, comme on en emploie pour les appareils à gaz, mais d'un diamètre convenable pour venir se monter sur le bout du tuyau de pipe G ; l’autre extrémité du caoutchouc sera munie d une embouchure, mettons tout simplement d’un porte-cigarette court, qu’on emmanchera dans le tube en faisant une ligature. Enfin, pour éviter les rentrées d air inopportunes, on coulera de la cire à cacheter sur le bouchon et autour des deux tubes qui le traversent.
- Ensuite on bourrera de tabac la pipe, et il ne restera plus qu’a fumer. Gela n’est pas fort gracieux, mais cela fonctionne à souhait.
- Porte-parapluie pour voiture d enfant. — Il est
- Irès mal commode de porter un et à plus forte raison deux parapluies quand on pousse une voiture d’enfant; et c’est pour cela que les Anglais ont lancé ces sortes «le paniers profonds et allongés qui se suspendent au moyen d une courroie; et que d’ailleurs on emploie pour les voitures ordinaires tout comme pour les voitures d enfants, mais ils ont cet inconvénient de peser relativement lourd, et ce poids est d’autant plus à considérer, qu on ne veut transporter qu’un seul parapluie.
- On peut simplifier considérablement les choses en recourant à un petit dispositif qui était signalé l’autre jour dans Work, et qui peut se monter tout particulièrement bien le long d un des brancards de ces petites eliaises roulantes dont on se sert souvent aujourd’hui pour les enfants.
- On fixe en haut une espèce de ceinture métallique faite d’un gros fil dont chaque extrémité portera un œillet obtenu par enroulement du fil, et donnant passage à une vis qui servira à fixer la ceinture dans le bois du brancard. En bas on fixera de même une sorte de petite console également métallique ; on la fera tout uniment d une plaque de métal qu’on repliera à angle droit, comme le montre le dessin sommaire que nous donnons.
- La partie inférieure et verticale de cette plaque se
- Porte-parapluie pour voiture d'enfant.
- fixera sur le bois au moyen de deux vis qui la traverseront, tandis que la partie supérieure, et disposée horizontalement, sera percée de deux trous présentant un diamètre suffisant pour laisser passer les bouts de deux parapluies ou de deux ombrelles. Il va sans dire qu’un dispositif de ce genre est aussi léger qu’on peut le désirer et qu’il donne un appui solide à deux parapluies.
- Boussole dioptre de campagne. — En ce temps de cyclisme et d’automobilisme, une bonne boussole est sans aucun conteste un instrument indispensable à tout excursionniste. La boussole dioptre de campagne que présente le constructeur bien connu, M. Clément Huet, mérite tout particulièrement de retenir l’attention en raison des commodités spéciales qu’elle offre, tant pour la détermination exacte et rapide de l’angle formé par le méridien du lieu et la direction de la marche, que pour la solution des divers problèmes d’orientation et les facilités qu’elle apporte à l’exécution, sans table fixe, d’une triangulation graphique. Enfermée à l’intérieur d’une boîte d’aluminium, dont le couvercle, mobile autour d’une charnière, porte une double fenêtre pouvant servir de ligne de visée, la boussole dioptre est pourvue d’une plaque échancrée supportée par un limbe et que l’on peut amener dans toutes les positions désirables, soit, par exemple, parallèlement à la ligne de visée, soit suivant la direction de l’un des méridiens de la carte. L’appréciation des angles cherchés se fait par .une simple lecture sur le cadran gradué de la boussole.
- Pour les commodités de l’ob-serv.ation et de la lecture des angles, le couvercle en aluminium de l’instrument porte un petit miroir susceptible de recevoir des inclinaisons variées. Grâce à ce miroir, tout en procédant à une visée, l’on peut relever avec exactitude les indications de l’aiguille aimantée.
- En vue des observations de nuit, le constructeur de la boussole a eu soin de recouvrir l’aiguille aimantée d’une flèche de carton léger enduit d’une substance phosphorescente et d utiliser également un carton phosphorescent pour la plaque échancrée mobile.
- Enfin, dernier perfectionnement, pour éviter l’usure de la chape d’agate de l’aiguille et de son pivot quand l’instrument est porté dans la poche, le couvercle vient appuyer sur un butoir destiné à l’immobiliser automatiquement. — La « boussole dioptre » se trouve chez M. L. lluet, 114, rue du Temple.
- Le nargilili improvisé.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- La fièvre de Malte. — 11 règne sur les côtes de la Méditerranée une fièvre d’allures un peu spéciales, à forme épidémique qu’on a appelée, suivant la région où elle paraît prédominante, fièvre méditerranéenne ou (lèvre de Malte. Les médecins anglais eu ont donné des relations nombreuses depuis les premiers cas signalés en 1861 par Marston; c’est en effet dans leurs postes militaires de (libraltar et surtout de Malte que cette fièvre sévit avec intensité, mais on l’a observée sur d’autres points, à .Naples, en Corse, en Algérie, et dans les îles.
- La fièvre de Malte est une maladie infectieuse qui tient le milieu entre la fièvre typhoïde et la malaria, comme allures générales, car on ne trouve dans le sang ni le bacille typhique ni l’hématozoaire de Laveran. Le malade est pris de fièvre avec lassitude, inappétence, céphalalgie, il ressent des douleurs articulaires, le ventre est ballonné, la marche de la température est très irrégulière et l'appelle un peu celle de la fièvre typhoïde avec rechute. Un trouve, comme dans la dothiénenlérie, et comme dans le paludisme, une hypertrophie de la rate ; mais cet élargissement, ce gonflement de l’organe s’observe, il faut le dire, dans beaucoup d’états infectieux. La durée de cette maladie est fort longue, 60, 70 jours, parfois même 5 à 6 mois. On comprend que les sujets qui en ont été atteints dans ces conditions soient victimes d'une anémie grave qui rend leur rétablissement très lent et donne à la convalescence une durée considérable.
- Le Dr Bruce, qui a étudié avec beaucoup de soin, il y a une quinzaine dannées déjà, les caractères de cette maladie, a trouvé comme agent de cette infection un microbe spécial qu’il a nommé micrococcus melitensis. On rencontre ce microbe dans les divers organes des malades qui succombent à la maladie. Bruce a tenté de reproduire chez l'animal la fièvre de Malte et il y a réussi : des cultures pures furent inoculées à sept singes ; quatre moururent avec les mêmes symptômes que chez l’homme et on trouva dans leurs organes le même microcoque; les trois autres guérirent après deux mois et demi, ayant présenté pendant tout ce temps des troubles fébriles à forme intermittente.
- La fréquence de la maladie dans les garnisons anglaises fit supposer que, de même que pour la grippe, l’infection devait se faire par l'atmosphère. Mais une Commission d’hygiène, qui a été depuis deux ans chargée d’étudier les causes de celte propagation si
- fréquente, vient d’arriver à déceler une cause d’infection des plus directes. Le colonel Bruce, qui a communiqué à la Société épidémiologique les premiers résultats des investigations, avait reconnu que les chèvres, très nombreuses à Malte, sont fréquemment atteintes de la fièvre-méditerranéenne, qu’on trouve chez elles le micrococcus,. comme on l’avait trouvé jadis chez le singe et que le microbe spécifique est excrété par les animaux malades-en quantité prodigieuse dans le lait. Le lait est, à Malte comme partout, un objet de consommation première et c’est le lait de chèvre qui prédomine. Rien d étonnant dès lors à ce que l’infection soit propagée par l’intermédiaire de cet aliment, comme l’ont été, dans diverses circonstances, la scarlatine, les angines. Ce 11’est assurément pas la seule cause d’infection, mais c’est à Malle la principale, et le colonel Bruce estime que 70 pour 100 des cas de fièvre de Malte sont dus au lait de chèvre. Le contact avec les malades, les morsures, les piqûres de mouches, d’insectes, la poussière, l'eau,, les autres aliments, 11’entrent que pour une part minime dans la dissémination de la maladie.
- Et la preuve ? les membres de la Commission l’ont fournie de la façon la plus nette et la plus démonstrative en supprimant la distribution de lait de chèvre dans-les casernes et hôpitaux de la garnison et en surveillant l’origine de ce breuvage, quand il était nécessaire. On a compté, à la suite des mesures prises dans ce sens, une diminution de 90 pour 100 des cas parmi les soldats. Dans le deuxième semestre de 1905, il y avait eu 363 cas de fièvre méditerranéenne ; dans le semestre correspondant de 1906, il n’y en a plus eu que 35. A l’hôpital naval le résultat a été aussi décisif depuis la suppression du lait de chèvre ; les chèvres qui fournissaient le lait à l’hôpital étaient toutes infectées. Ou proscrit formellement l’entrée de ce lait et il n’y eut plus un cas dans l’hôpital, et voilà du coup, grâce à desrecherches scientifiques et à de l’hygiène appliquée, 70 à 80 000 journées de maladies de moins et un certain nombre d’existences sauvées. Il serait intéressant desavoir si d’autres animaux, brebis, vache, peuvent être sujets à cette maladie infectieuse et capables, devenues malades, de transmettre la fièvre par la consommation de leur lait. En tout cas, en Corse, les chèvres sont nombreuses et il serait facile de vérifier si ces cas, heureusement assez rares, de fièvre méditerranéenne, ont coïncidé avec la distribution de lait de chèvres malades. D' A. Cartaz.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Pour remédier aux décharges électriques dans les automobiles à vapeur. — On connaît trop les machines d’électricité statique basées sur la sortie d’un jet de vapeur, pour trouver invraisemblable que des décharges électriques se produisent dans une automobile à vapeur. Le fait est que la publication anglaise Electricity cite un cas, où les décharges étaient si violentes, aux dépens du mécanicien, que celui-ci fut obligé de porter des gants de caoutchouc. Pour réduire le potentiel, on fit une véritable mise à la terre, en fixant un petit bout de câble métallique au châssis également métallique de la voiture, et en laissant ce câble traîner et frotter à terre. Il se produisait évidemment quelque part, dans le mécanisme ou les conduites du véhicule, un échappement de vapeur à haute pression, et le métal entourant l’orifice de sortie se chargeait d’électricité à haute tension. Le châssis métallique formait condenseur, et d’autant qu'il était monté.sur caoutchouc.
- Bronzage du cuivre. — Pour bronzer un objet en cuivre, on commence par le nettoyer bien soigneusement, puis par- le plonger dans un bain acide; enfin on
- le mouille largement et on le sèche à la sciure de bois. On achète du crocus de bonne qualité, on en fait une pâle épaisse avec de l’eau, et l’on en enduit toute la surface du métal, bien également, en se servant d’une brosse plate en poils de chameau. Quand l’objet est sec de nouveau, on le tient au-dessus de la flamme d’un bec de gaz, pour qu’il se recouvre d une couche de suie : on le place ensuite au-dessus d’un bunsen, de manière que toute cette suie, tout ce carbone déposé soit complètement brûlé. On brosse enfin à la brosse-grattoir.
- Peinture à la détrempe résistant bien aux lavages, — Elle est d’une excellente application sur le bois blanc, et elle peut se laver parfaitement à l’eau chaude. Dans 4 litres et demi d eau à 45° C. à peine, on fait dissoudre 120 gr. d’acide salicylique; on dissout d’autre part, et séparément, un peu plus de 200 gr. de gélatine blanche dans 4 litres et demi également d’eau chaude, mais portée à une température de 700, Quand les deux solutions sont refroidies vers 200, on les mélange. O11 laisse reposer 24 heures, puis on additionne de 3oo gr. de miel de lévulose et de 45o gr. de
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- glycérine brute. U .faut que la préparation repose 3 ou 4 jom*s avant enij)loi. Si l’on veut un colorant, ce qui est nécessaire le plus ordinairement, on prendra, par exemple, des parties égales de blanc de zinc et de kaolin ; on pourra, pour obtenir du bleu, employer xo pour ioo de bleu d’outre mer et 1 pour ioo d’ocre jaune; des parties égales de ces substances avec 5 pour îoo de noir de fumée donneront une teinte verte agréable. On broie ces couleurs dans la préparation que nous avons indiquée ; mais, pour la conserver sans qu’elle durcisse, il est absolument indispensable de la mettre dans un récipient très bien bouché.
- Nouvel émail pour métal. — Le procédé a été imaginé et est recommandé par M. Lonholdt, de Berlin, dans la publication Kosmos. On fait un mélange de 5o gr. de silicate fossile, d’un peu d’acide borique et de zoo gr. de graphite, et enlin de 20 gr. d’ocre rouge. On brasse bien et l’on complète avec o,o5 seulement d’eau et 0,76 de verre soluble à la soude : il faut obtenir un mélange bien homogène. On éteixd uniformément sur les surfaces métalliques, et l’on passe celles-ci au feu, ce qui donne l’émail voulu.
- Alliage dur d’aluminium. — On peut le préparer facilement en additionnant l’aluminium de cuivre, dans la proportion de 6 parties en poids de ce dernier pour 94 de l’autre. On fait fondre le cuivre le premier, et, quand ce métal est en fusion, on y ajoute quantité égale d’aluminium ; c’est ce premier mélange qu’on additionne ensuite d’aluminium pur, de façon à obtenir la proportion de 6 pour 94 que nous avons indiquée plus haut.
- Dépôt sur l’aluminium. — On recommande l’électrolyte suivante pour recouvrir galvanoplastiquemenl l’aluminium d’un dépôt métallique : 11 litres environ d’eau distillée, z5o grammes de carbonate de soude cristallisé, 200 gr. de bisulfite de soude également cristallisé, z5o gr. d acétate de cuivre neutre et autant de cyanure de potassium à 98 pour 100.
- Protection du fer. — C’est la publication Scientific American qui recommande l’emploi du cadmium, au lieu du zinc, pour recouvrir et protéger le fer. On aurait de la sorte une apparence tout à fait semblable à celle des surfaces galvanisées, mais la couche protectrice serait bien plus dure et plus adhérente.
- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur, en mai 1907, par M. Th. Moureaux.
- La pression barométrique, 755mm, 1, est de 2mm inférieure à la normale; le maximum absolu, 761 ""“,7, est un des plus faibles connus. La température a été très variable : on remarque deux périodes froides, du ior au 4 et du i5 au 22, et deux périodes chaudes, du 5 au 14 et du 23 au 3i ; la moyenne du mois, i3°,6, est un peu plus élevée que la normale.
- On a observé 3 orages, et 4 gelées blanches, dont
- la plus tardive est du 21. Il est tombé 85mm,6 d’eau,
- hauteur près de deux fois supérieure à la moyenne, et qui n’a été dépassée qu'une seule fois en mai depuis 33 ans, en 1898; l’excès est dû à une pluie torentielle
- qui, du i5 à i5 heures au 16 à 5 heures, a fourni 48ram
- d’eau.
- Les pluies de la fin d’avril et du commencement de mai, générales dans tout le bassin de la Manie, ont causé une crue qui a atteint, le 12, la cote de 4m>20, assez rare en mai.
- Pression barométrique (ait. 5ora,3). •— Moyenne des 24 heures, 755,nui711 ; minimum absolu, 747“”',4 le 3x à 21 heures ; maximum absolu, 761'”'“,7 le 17 à 21 heui'es ; écart extrême, i.4mm,3.
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima, 8°, 15 ; des maxima, 19°,22 ; du mois, i3°,6g ; des 24 heures, i3°,6o; minimum absolu i°,4 le 2; maximum absolu, 28°,1 le 20. Amplitude diurne, moyenne du mois, nJ,o7; minimum, 2°,7 le 4; maximum, i6°,3 le 14. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, 5°,33 ; des maxima, 3g0,86; minimum absolu — 2°,4 le 2; maximum absolu, 58°,o le 12. — Dans le sol gazonné, moyennes du mois; profondeur, om,3o : à 9 heures, 12°,42; à 21 heures, i2°,85; profondeur, om,65 : à .9 heures, i i°,47 ; k
- ai heures, n°,54; profondeur 1 m. : à 9 heures, xo°,72 ; à 21 heures, io°,79. De la Marne : moyenne le matin, i4°,39; le soir, 14°,93 ; minimum, 9°,g3 le 5; maximum, i8°,5i le 28.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 8mm,23; minimum, 3mm,3 le ier à 17 heures et 18 heures; maximum, i4mm>4 le 25 à 20 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 72,0; minimum, 23 le 12 à 1.4 heures; maximum, 100 en
- 2 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 5,83; minimum, 0,0 le 11; ciel complètement couvert les 2,
- 3 et 4-
- Insolation : durée possible, .471 heures; durée effective, 2i9h,5 en 2.5 jours; rapport, 0,47.
- Pluie : total dxx mois, 85mm,6‘en 62 heui*es.
- Nombre de jours : de pluie;, 1.4; de pluie inappréciable, .4 de grêle, 2; de gelée blanche, 4; de rosée, 17 ; |^de brouillard, 2; d’orage, 3; les 7, 23 et 3i;
- d’éclairs, 1; de halos, 10; de • brume, 2; couronne binaire le 21.
- Fréquence des vents : calmes, 17.
- N.........45 S. E . . . 34 • W. . . . 31
- N. N. E. . 81 S. S. E. . 72 W. N. W. 21
- N. E . . . 62 S.......90 N. W . . 11
- E. N. E. . 19 S. S. W . 85 N. N. W . 14
- E........ 14 S. W. . . io3
- E. S. E. . i3 W. S. W. 32
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 3111,9 ; moyenne diurne la plus grande, 9™,4 1<-3; la plus faible, ara,o le 3o ; vitesse maximum en i5 minutes, x3m,9 le 3 de 9h3om à gh 45m par vent S. W.
- Electricité atmosphérique : moyenne des 24 heures (22 jours), 74 volts; moyenne diurne la plus grande,' m volts le 4 î la plus faible, 45 volts le 13 ; amplitude diurne, o,55; amplitude nocturne, o,5g.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 3“,28; minimum, 2m,57 les 3o et 3i ; maximum, 4m,2o le n\
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, —Tnuu,98; température, -f-o°,7i; tension de la vapeur* —o,,im,5g ; humidité relative, -j-2,1; nébulosité, -j- 0,25; pluie, +4o,nm,i.
- Taches solaires : 011 a suivi 12 taches ou groupes de taches en 24 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques : faibles, les 6, ,11, 13-14,
- 14-15, 20, 29; assez fortes, les 18 et 19.
- Floraisons : Le 2, coignassier; le 3, daphné pontica, narcisse des poètes; le 6, érable sycomore; le 7, lilas de Perse, arbre de Judée; le 8, érable champêtre, géranium à feuilles rondes, gennandrée ; le 9, saxifrage mignonnette, fusain à larges feuilles, sorbier des oiseleurs ; le 10, épine blanche, glycine, muguet, barbeau vivace, vipérine, belle d’onze heures ; le 11, cytise faux ébénier, ancolie, pivoine en arbre; le 12, iris germanique, herbe à Robert, sorbier hybride; le 13, arum, spirée, cotoneaster; le 14, weigelia, fumeterre, épine rose double; lychnis des champs, alisier des bois, épine-vinette, framboisier; le 16, chèvrefeuille, rhubarbe, pimprenelle ; le 17, polémoine ; le 19, sceau de Salomon, julienne, leucanthemum des prairies; le.21, réséda des chemins, fusain verruqueux; le 22, campanule à fleurs en tête, pivoine herbacée; le 23, verveine vivace; le 25, rose de Bengale, acacia blanc, seringa, sauge des prés; le 26, geum urbanum; le 27, scabieuse colombaire, douce-amère, églantier, tradescantia de Virginie; le 28, hémérocalle jaune; le 29, buisson ardent, sureau commun; le 3o, érigeron, coquelicot; le 31, sauge officinale, cornouiller, sureau à feuilles panachées.
- Arrivée des martinets le Ier; premier chant du loriot le 4, de.la tourterelle, le 9, du coucou le 10.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses des appareils décrits — La règle graduée, et la brochure se trouvent en vente à la Librairie militaire R. Chapelot et Ci6, 3o, rue et passage Dauphine, à Paris : Les Echelles métriques des cartes géographiques, topographiques et marines, Paris, 1907, brochure in-8, itr,5o; Règle graduée, 2 francs.
- Renseignements. — M. J. Dufau, à Àrcachon. — La vulcanisation à chaud nous semble indispensable pour la fabrication des enveloppes, mais non pour leur réparation, au contraire, car l’opération exige une température supérieure à ioo° qui est fort nuisible au caoutchouc usagé et aux toiles de l’enveloppe. La vulcanisation à froid, opération délicate, il est vrai, est à notre avis, bien préférable ; il faut pour réussir doser minutieusement le mélange de gomme dissoute et de liquide vuleanisateur.
- M. le I)' Lafont, à X. — M. L. Ottenheim, à Versailles. — Dans l’article Contre la furonculose (18 mai 1907) c’est bien i5 grammes de sulfate de zinc pour a5o à 3oo litres d’eau qu’il faut lire.
- Abonné 2212-768. — La question que vous nous posez l'entre absolument dans le domaine du droit et nous ne sommes pas bien informés pour y répondre utilement, mais on pourra certainement le l'aire avec précision à la direction de l’Agriculture, 80, rue de Varennes, Paris, où nous vous conseillons de vous adresser.
- /. D. N., à Bruxelles. — Nous regrettons de ne pouvoir vous donner un renseignement précis. La durée pendant laquelle une bouteille de Leyde peut conserver
- sa charge dépend essentiellement de la nature du verre et de son épaisseur.
- M. J. L., à Toulouse. — La Géographie (Paris, Mas-sou, t. XV, n° 4, i5 avril 1907, p. 271), vient précisément de rappeler que, depuis 1889, date de la concession du pays à la British South Africa Company, les ruines de Rhodésia ont attiré de nombreuses explorations et inspiré des travaux importants dont voici les plus intéressants : Bent (Théodore) , The ruined Cities of Masho-naland in 1891. Londres, Longmans, ir0 éd. 1892, 1895, in-8°, 4")o pages. — Schlichter (IL), The Commercial Relations between the Sabueans and South Easl Africa, Geogr. Journal, xm juillet 1893. — Willouchby (J.-G.), A narrative of further Excavations at Zimbabye (Mashonaland), London, 1893, 43p.,in-8°.— Schlichter (IL), Travels and Researches in lthodesia, Geogr. Journal, t. XIII, 1899, p. 876-396. — Keane (À.-IL), The Gold of Ophir. Whence brought and by whom ? Londres, E Stanford, iqor, in-12, 244 p. — Hall (R. N.) and Neal (W. G.), The Ancient Ru in s of Rhodésia (Mono-motapæ imperium). Londres, Methuen and C° 1902, in-8°, XXVII, 3g6 p. — Hall (R. N.), The Great Zimbabwe and other ancient Ruins in Rhodésia, Geogr. Journal, avril igoS, p. 4o5-414. — V. aussi Proceedings of the Rhodésia scientific Association, volumes IV (1903-4), V (igoS). — Hall (R. N.), Great Zimbabwe, Mashonaland, Rhodésia in 1902-4. Introduction du professeur A.-IL Keane. Londres, Methuen and C°, 1906, in-8°, xliv-46o p. Prix : 21 sh. — Mac Ivek Dr David-Ran-dall), Mediaeval Rhodésia, Londres, Macmillan and G0 Limited, 1906, xv-106 p. Prix : 20 sh. — The Géographie al Journal, XXVII, n° 4, avril 1906. The Scott Geogr. Mag., XXII, novembre 1906, n° 11, p. 575-584 et The problem of the Rhodesian ruins, in Nature, 14 février 1907, p. 369-371, donnent le résumé des recherches de M. Mac ïver. — V. aussi La Nature, n° ij55, 12 janvier 1907, p. 49 (Informations).
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- BIBLIOGRAPHIE
- La Bulgarie d'hier et de demain, par L. De Launay. Paris. Hachette et Cie, 1907. 1 vol. in-16, illustré. Prix : 4 francs.
- L’auteur a voulu faire de son livre une monographie complète de la Bulgarie ; on y trouvera toutes les questions qui intéressent ce pays : histoire, géographie, routes et chemins dé fer, races, mœurs, gouvernement, commerce, industrie, richesses naturelles.
- Le Lot, Padirac, Rocamadour, Lacave : Guide du touriste, du naturaliste et de Varchéologue, par Armand Viré, in-16, de la collection des Guides Boule, 87 dessins, 6 cartes; Masson et Gie, éditeurs. Prix 4fr,5o."
- Suite de la collection créée et'dirigée par M. Boule (Le. Puy de Dôme et Vichy; Là Lozère, Causses et gorges du Tarn; La Haute-Savoie', La Savoie), ce volume décrit une région acquise récemment au tourisme par la découverte et l’aménagement du gouffre de Padirac, puis des grottes de Lacave, une des plus pittoresques et des plus variées de la France, avec Rocamadour, les vallées de la Dordogne, du Lot et du Célé, Cahors, Capdenac-le-Vieux, les châteaux de Castelnau, de Montai, d’Assier, etc. M. Viré donne le guide régional détaillé qui expose aux lecteurs instruits et curieux, mais non spécialistes, tout ce qu’il est indispensable de connaître sur la géologie du Lot, son orographie, son hydrographie, son climat, sa faune et sa flore, son anthropologie, son archéologie, son histoire, sa population, sa langue, ses mœurs et coutumes, son agriculture, son commerce, son industrie et son administration.
- Mission Pavie en Indo-Chine, Géographie et voyages, t. IL Paris. Leroux, 1906, in-40. Prix : 10 francs.
- C’est le huitième volume paru de la grandiose entreprise de 1879 à 1895, et du célèbre ouvrage qui ont élevé M. Auguste Pavie du poste d’employé des télégraphes aux colonies (1870) à la haute dignité de grand-officier de la Légion d’honneur (1906). Avec le concours des capitaines Gupet, de Malglaive, Rivière, de MM. Lefèvre-Pontalis, Le Dantec, et de tant
- . d’autres collaborateurs (dont plusieurs sont morts, hélas) ces huit volumes (commencés en 1898) constituent la description monographique et la conquête scientifique de l’Indo-Chine française. O11 11’analyse point de pareilles œuvres : celle-ci renferme déjà 65 cartes et plus de 800 illustrations. Il reste à publier 2 volumes de récits de voyages, pour terminer ce monument de la géographie du pays qui intéresse le plus la France en Extrême-Orient.
- Expéditions scientifiques du « Travailleur » et du « Talisman », i88o-i883, publiées sous la direction de A. Milne-Edwards par Edmond Perrier. Tome VIII, 1 vol. in-4° de 496 p-, avec figures et 3o planches hors texte. Paris. Masson. Prix : 5o francs.
- Annélides et Géphyriens, par L. Roule. — Cœlentérés atlantiques, par A.-F. Marion, Paul Gouret et A. Vayssière. — Hydroïdes, par Armand Billard. — Ophiures, par R. Kcehler. — Céphalopodes, par H. Fischer et L. Joubin. — Bryozoaires, par L. Calvet.
- Le Chemin de fer du Congo, par Louis Goffin, Bruxelles, Weissenbruch, 1907, in-8° ; 214 p., fig. et pl.
- Historique, et description géographique et techni-
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- BIBLIOGRAPHIE
- <|ue des chemins do for du Congo belge (Maladi à Léopoldville). Avoc une carte très claire des voies ferrées construites ou à construire, des cours d eau navigables aux steamers et des routes accessibles aux automobiles.
- Die Hedschasbahn, par Aucun Pacija. Supplément n° 154, aux Petermann’s Mitllieil., Gotha, J. Perlhes, août 1906, in-40, 80 p., 16 gravures et 2 pl. Prix : 7r,',5o.
- Historique et description technique du chemin de fer en construction vers la Mecque (Arabie, Yoy. La Nature, n° 169.4, 11 novembre 1905), avec vues des ruines d’Ammàn (théâtre grec) et de Pelra, une carte
- au 3000000" des pays traversés H. nu prolil en long au 1 5oo ooo'\
- Topographie pratique, par le capitaine du Laumjnat. 20 éd. Limoges, Lavau/.elle, 3go p. In-8° et pl. 907. Prix : 10 francs.
- Notions élémentaires de géodésie et d’astronomie de campagne; guide excellent notamment; pour les débutants dans la pratique de la topographie de* campague, plus simple que la topographie régulière*, qu'on trouve dans les cours des écoles militaires.
- Instruction sur la règle à calcul ordinaire, par A. Vtx-cknt. Paris. Fernand Nathan, 18, rue de Coude. Prix : irr,2*).
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE I)K 0 A <) ÉTAT DU CIEL FUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 juin 1907 . 14°,8 S. VV. 2. Couvert. » liosée ; halo ; très nuageux.
- Mardi 11 15°, 5 S. VV. 2. Beau. 1,8 Rosée; halo; nuageux; pluie à parlir de 21 h. 50.
- Mercredi 12 1-4°, 4 S. S. VV. 3. Pluie. 14,5 Pluie jusq. 1 h. et de 2 h. à 7 h. 15 ; gouttes entre 13 h. et 16 h.
- Jeudi 15 12°,5 S. W. 3. .Nuageux. 0,0 Rosée ; gouttes à 10 h. 45 et 11 h. 10; très nuageux.
- Vendredi 11 14°,2 S. VV. 1. Beau. 0,0 Rosée ; très nuageux ; gouttes à 17 h.
- Samedi 15 17°,2 S. VV. 2. Très nuageux. 0,0 Rosée; presque couvert; petites averses entre 19 et 21 h.
- Dimanche 1,: 11°, 9 VV. S. VV. 2. Couvert. » Rosée ; très nuageux.
- JUIN 1907. — SEMAINE DU LUNDI 10 AU DIMANCHE 16 JUIN 1907.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 10 au 18. — Ze m. Pression atmosphérique (en mm) : dépression sur les Iles-Britanniques et le Nord de la France : Irlande, 749. Vent assez fort sur la Manche; faible ailleurs. Pluies sur l’O. et l’E. de l’Europe; en France : le Havre, 6 mm; Lorient, 2; Boulogne, Provence, 2. Température du matin : Wisby, 90; Paris, 15, Alger, 23; moyenne à Paris : 1770,6 (normale : i6°,i). — Le 11. Press, atm. : sur le Centre et 10. : 764; pressions basses en Russie. Vent faible. Mer houleuse de Granville à la Loire. Pluies sur le N.-O. de l’Europe; en France : Le Havre, n; Nantes, 1. Temp. du matin : Munich, 10 ; Paris, 15, Alger, 28; Puy de Dôme, 11; Pic du Midi, 3; moyenne à Paris : i7°,6 (normale : i6°,2). — Le 12. Press, atm. : dépression sur les Iles-Britanniques : Scilly, 746; au N.-O. et S.-E. du continent, 766. Pluies sur le N. et l’0. de l’Europe, en France (averses orageuses). Chàteaudun, 26; Paris, 16; Bordeaux et Boulogne, 11; Brest, 9; Dunkerque, 5. Temp. du matin : Skudesness, 10; Paris, 14; Alger, 23; Puy de Dôme, 7; Pic du Midi, 2; moyenne à Paris, i5°,9 (normale : i6°,3). — Ze i3. Press, atm. : relèvement général : Biarritz, 768; Bre-
- tagne, 764. Vent assez fort, mer houleuse, sur l’Atlantique et la Manche. Pluies dans l’0. de l’Europe : en France : Lyon, i3; Dunkerque, 9; Brest, 7; Nice, 6. Temp. du matin : Arkangel, 9; Paris, i3; Alger, 24; Puy de Dôme, 2 ; Pic du Midi — 8 ; moyenne à Paris : 14°, 1 (normale, 16°,4)- •— Ze i4- Press, atm. : maximum en Gascogne, 770; golfe de Gènes, 738. Méditerranée houleuse. Pluies sur PO. et le S. de l’Europe; en France : Nice, 53; Lyon, i3 ; Belfort, 6; Brest, 3. Temp. du matin ; Moscou, 10; Paris, i4; Alger, 20; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi, — 2: moyenne à Paris : i5° (normale ; 16",5). — Le i5. Près. atm. : hautes pressions générales sur le Centre du continent : Gascogne, 769. Pluies sur le N. et le S. de l’Europe; en France ; Nice, 6. Temp. du matin ; Christiansund, 10; Paris, 17; Alger, 21; Puy de Dôme, 7; moyenne à Paris, i6°,i (normale, i6°,5).— Le 16. Press, atm. ; Skudesness, 754; Lorient, 770. Pluies sur le N.-O. de l’Europe, notamment Pays-Bas; en France : Le Havre et Cherbourg, 7. Temp. du matin ; Paris, 12; Alger, 2.3; Puy de Dôme, 8; moyenne à Paris, 13°,4 (normale : i6°,6). Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 10 à 10. h. 29 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 12 o, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C'e, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1779 (29 JUIN 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Suppression du goulot de la gare Saint-Lazare.
- — Le Conseil d’administration de la Compagnie des chemins de îer de l’Ouest vient d’adjuger à la Société des ponts et travaux en fer l’exécution de la partie métallique du viaduc sur la Seine, et des ouvrages aux abords, à construire pour l’établissement de deux nouvelles voies principales entre Paris Saint-Lazare et Bécon-les-Bruyères. Les travaux voitt être immédiatement commencés.
- Délai de prescription des mandats-poste. — En
- vertu de la loi de finance 1907, à partir du ier juillet 1907, le délai de prescription des mandats-poste (qui était lixé à 3 ans par la loi du 4 avril 1898), est réduit à un an. Ce délai est également applicable aux valeurs de toute nature confiées à la poste ou trouvées dans le service. Les mandats et articles d’argent perdus ou détruits dont le paiement ou le remboursement est réclamé dans le délai d’un an à partir du jour de l’émission des titres, sont remplacés par des autorisations de paiement valables pendant le délai de six mois qui suit l’expiration du délai de prescription. Les mandats internationaux, dont le délai de validité est d’un an, sont remboursés d’office aux expéditeurs dans les six mois qui suivent l’expiration de ce délai.
- Les fouilles d’AIésia. — Les fouilles d’Alésia viennent d’être reprises et le commandant Espérandieu a déjà pu annoncer d’heureux résultats à l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Un nouveau monument public — en plus du théâtre, du petit temple etduforum (?) dont il a été question ici — a été reconnu ; la façade en était constituée par une colonnade dont il subsiste le soubassement. A signaler également un aqueduc admirablement bien conservé et des poteries samiennes ; un aqueduc avait déjà été découvert l’année dernière ; un des arguments que l’on opposait à l’identification d’Alisc avec Alésia — à savoir l’impossibilité pour une garnison de trouver de l’eau sur le mont Auxois — est donc sans fondement, et s’il restait encore quelque doute sur cette identification, on peut dire que chaque jour de fouilles contribue à montrer qu’elle est au contraire bien certaine.
- La navigation aérienne au Brésil. — Le Brésil est le pays des aéronautes. M. Severo, victime de la catastrophe du Pax, M. Santos-Dumont sont célèbres. M. Alvarez semble vouloir suivre l’exemple de scs compatriotes. Il vient de réaliser une expérience d’aviation fort originale et extrêmement hardie. Avec sa machine volante, il s’est tout simplement laissé tomber des miaws sur ferre, et nrofitant de sa vitesse durant cette
- descente, il est parvenu à se diriger aisément et, tout en n’utilisant qu’un moteur de faible q>oids et à parcourir cependant des distances assez considérables. Il n’avait pas, en effet, à se soucier de la force motrice, fournie par la pesanteur ; tout le problème consiste à tomber suivant une direction s’écartant le moins possible de l'horizontale, et M. Alvarez y parvient grâce à la forme des ailes de son aéroplane. Mais comment se laisser tomber des nuages? La machine volante est emportée dans les airs par un ballon captif, dont 011 la sépare à l’altitude voulue.
- Le sel en Afrique occidentale française. — Chaque année, les importations du sel en Afrique occidentale française augmentent dans de très vastes jxrojxortions En 1901 elles atteignaient 8000 tonnes et, en igo5, •20 000 tonnes. Et plus les voies de pénétration deviennent nombreuses, plus ce commerce prend d’importance. O11 sait que l’intérieur de l’Afrique ne possède d’autre exploitation de sel que celle de Taodeni (n° 1763, 9 mars 1907), un vaste débouché s’ouvre donc pour les industriels qui ont envisagé la question d’enireprendre l’exploitation du sel sur les côtes mêmes de l’Afrique. La Chambre de commerce de Saint-Louis, qui a eu l’occasion d’étudier cette question, a reconnu que les essais tentés au Sénégal sont demeurés, jusqu’ici, infructueux; cependant une nouvelle tentative vient d’être faite par une importante maison de commerce et il y a lieu, avant de se prononcer définitivement, d’attendre les résultats. La plaine de Bargny-Rufisque se prêterait, paraît-il, à une exploitation de salines qui pourrait être fructueuse. Il existe, en effet, sur une longueur de 3 kilomètres, un marigot intérieur, toujours à sec, se prolongeant jusqu’au village de Bargny. Dans ce marigot non aménagé les indigènes se livrent à la récolte du sel en employant des moyens très rudimentaires; ils construisent des cuvettes en argile qu’ils remplissent d’eau de mer et laissent évaporer; le sel est obtenu en quantité suffisante pour les besoins de cette population et de celle de la banlieue de Rufisque. Si le marigot actuel était endigué, dit la Chambre de commerce de Rufisque, et s’il était établi des bassins d’évaporation (ce qui pourrait être fait à peu de frais) un industriel obtiendrait certainement, tous les ans, une récolte importante. Sur la côte de la Guinée française on 11e récolte pas plus dix 100 tonnes de sel par année; les pluies abondantes et persistantes contrarient cette exploitation. L’ile de Kakossa, dans la Mellacorée, permettrait cependant une exploitation importante, car elle est formée de terres
- arcileuses alluvionnaires et narronrue rvnr vme t<Iv>11
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- INFORMATIONS
- de polils marigots secondaires qui se remplissent aux hautes eaux el ussèclieul à marée basse. D’ailleurs les indigènes en utilisent déjà quelques-uns en ee sens. A la Côte d Ivoire il parait difficile d’établir des marais salants, l’existence de la barre serait un obstacle permanent à l’entretien des canaux d’alimentation. Au Dahomey, l’établissement de marais salants serait très coûteux à cause de la nature sablonneuse du terrain des côtes. Cependant, dans les cercles du Ouidah et du Mono, les indigènes des villages du littoral extraient relativement beaucoup de sel de la lagune.
- Les dangers du siliciure de fer. — Une enquête récemment terminée a montré que la mort de quatre passagers, survenue le 12 février sur un' navire suédois dans des conditions qui parurent d’abord suspectes, était due à la présence de 700 kg de siliciure de fer.dans le chargement. Ce siliciure de fer, depuis qu’il est obtenu par des procédés électriques, contient du phosphure de calcium qui, sous l’influence de l’humidité, dégage de l’hydrogène phosphoré, gaz toxique et, dans certaines conditions, explosif. Le roulis seul peut suffire à faire dégager ce gaz. Trois accidents du même genre avaient déjà eu lieu en 1906.
- . Le café au Brésil. — La crise du café cause actuellement une perturbation profonde dans les finances du Brésil et spécialement de l’état de Sao Paolo. Par ses immenses récoltes qui varient entre 9 millions 1/2 et i5 millions 1/2 de sacs de 60 kg, le Brésil exerce une influence dominante sur le marché mondial, quoiqu’il ait à compter avec les cafés produits par les autres pays, Java, Haïti, l’Amérique centrale, l'Afrique, etc. Les fortunes rapidement réalisées ont amené une surproduction qui s’est traduite nécessairement par une baisse. Il faut, en effet, remarquer que 12000 km2 plantés en caféiers fourniraient une quantité de café de beaucoup supérieure à la consommation du globe, tandis qu’une superficie quadruple est nécessaire pour alimenter en blé la France seule. Devant la baisse du café, qui était tombé il y a un an à 44 fr., le Brésil est entré dans la voie la plus périlleuse en essayant ce que l’on a appelé la « Valorisation du café », c’est-à-dire que l’état de Sao Paulo, s’associant avec ceux de Rio de Janeiro et Minas Geraes, a tenté, en achetant l’excédent de la production, de ramener le prix du sac entre 55 et 70 fr. En même temps, on établissait des impôts élevés pour empêcher de créer de nouvelles plantations de café et l’on frappait le café à l’exportation d’une surtaxe de 3 fr. par sac. La première mesure a eu sa conséquence fatale, qui ne peut manquer de s’aggraver si le gouvernement brésilien persiste dans la même voie. Le café est tombé, malgré tout, au Havre de 44 fr. à 35 fr. Le ier juillet 1906, les stocks de café étaient de 9817000 sacs. On comptait sur une récolte de j 5 millions de sacs, tandis que celle-ci a été, en 1907, de igiSSooo sacs. L’état de Sao Paulo a été obligé de se faire aider financièrement par le gouvernement lui-même et le crédit de celui-ci, jusque-là très apprécié, a subi un recul sensible.
- Le cinquantenaire des chantiers Vulcan. — A
- propos du cinquantenaire des célèbres établissements, il est intéressant de relever ce qu’ils ont fourni depuis cinquante ans à la marine allemande, marchande et militaire : 11 cuirassés, 3 croiseurs cuirassés, 10 croiseurs, G frégates de croisière, le yacht HohenzoUern, 2 croiseurs torpilleurs, 1 canonnière, 34 torpilleurs, 12 contre-torpilleurs, 11 paquebots, 33 grands vapeurs de commerce, 46 moyens, 5i petits, 1 navire poseur de câbles, 3 pétroliers, 3a remorqueurs à roues, 17 navires à passagers à roues, 7 brise-glaces. En tout 281 unités dont 80 pour la marine militaire.
- Les naufrages et accidents de mer en 1905. — La
- Revue maritime, publiée par le ministère de la marine, a donné clans son fascicule d’avril le rapport (daté du i5 décembre 19061 sur les naufrages et les accidents de mer en iqo5. Nous extrayons pour nos lecteurs les principaux chiffres de ce gros travail. i° Bâtiments français. L’administration des invalides de la marine a enregistré ?.5o naufrages et autres accidents (221 voiliers, 27 vapeurs marchands, 2 bâtiments de l’Etat) ; c’est 2i unités de moins qu'en iqo j. Sur ce chiffre total de u5o, il y a 171 naufrages ou accidents qui se sont produite sur les côtes de France et d Algérie, les autres
- s’étant produits sur lias côtes de nos colonies (29) en nier, ou sur les côtes étrangères ( >0). De plus, toujours sur le même chiffre, il y a à distinguer : 187 bâtiments perdus totalement, 98 qui ont pu reprendre la mer, el i3 (dont 1 vapeur) présumés totalement perdus (sans nouvelles). Rappelons que c’est pendant l’année iqoSque se sont produits le cruel accident du Farfadet à Bizerte (6 juillet, i3 victimes) et l’échouement, puis la disparition après rupture, du Sully dans la baie d’Along (8 février el 3o septembre). 20 Bâtiments étrangers : 29 bâtiments étrangers, dont 14 anglais, ont fait naufrage dans les eaux françaises; 17 ont été totalement perdus, les autres renfloués. 11 y a eu 135 victimes. 3° Pertes d'existences : Le nombre de Français morts en mer en iqo5 est de 890 (en 1904, q83 ; en igo3, 1172). Sur ce chiffre, 011 distingue : 255 victimes de naufrages ou accidents denier, 635 victimes d’accidents divers ou de maladies survenues en cours de roule. — Rappelons aussi, à la suite de la Revue maritime, les remarquables faits de sauvetage de Paul Penn, de Cléder (Finistère), lors du naufrage du Ililda (18 novembre), de l’équipage du chalutier Georgette (naufrage du Gers, j6 janvier), des sauveteurs de Molène, Lampaul et Ouessaut (sauvetage des 64 naufragés de 1 ’ Umzumbi, 3 septembre), de ceux de Guilvenec, Lesconil, el Kerity (naufrage du Comorin, 25 décembre).
- Port-Soudan. — Nous avons annoncé autrefois la création de Port-Soudan. Rappelons que ce port, dont ou chercherait en vain remplacement sur les cartes, même récentes, est le nom donné à un excellent port naturel situé à une soixantaine de km au N. de Suakim et dont le gouvernement anglais a décidé en 1904 de faire le terminus des chemins de fer soudanais. Voici deux ans que les travaux sont commencés ; des grues électriques et des élévateurs à charbon ont été installés ; un hôpital et une station de,quarantaine sont établis; de plus, dans la ville même, qui compte une population d’environ 5ooo âmes, 011 achève la construction des bâtiments administratifs, d’un hôpital civil et d’un collège. Si courte que soit jusqu’ici l’existence de Port-Soudan, le chiffre du trafic qui s’est effectué dans ses eaux pendant les dix derniers mois de 1906 mérite d être noté : 7800000 fr. à l’importation ; g45 000 fr. à l’exportation. Laplus grande partie de cette dernière somme est représentée par la gomme arabique. Dès à présent, un service régulier de trains fait communiquer Port-Soudan avec Khartoum, en 24 heures: la distance est d’un millier de kilomètres, en passant par Atbara. De cette dernière localité, qui est une vraie tête de ligne, on se rend également par train à lvareima et à Wady Halfa. Port-Soudan apparaît nettement comme devant prendre une place importante dans le commerce du Soudan, du Congo et, pour une grande partie, de l’Abyssinie.
- Écoles professionnelles pour la culture du caoutchouc. — La création de ces écoles professionnelles pratiques a été récemment décidée par le lieutenant-gouverneur de la Guinée française pour toutes les régions d'exploitation du caoutchouc en Guinée. On enseignera dans ces écoles les meilleurs procédés de culture, de récolte et de coagulation du caoutchouc, la durée de l’enseignement se trouvant divisée en deux périodes d’instruction, l’une d’été (juin-juillet), consacrée à la culture et à la plantation, l’autre d’automne (octobre-décembre) consacrée à la récolte et à la préparation du latex. Pendant chaque période d’insti'uction, le jeune indigène qui suit l’école est nourri ou indemnisé; de plus, le produit de la vente des élèves leur est partagé à la fin de la période d’automne. La question du caoutchouc en Afrique est pour beaucoup une question d’éducation de l’indigène, et l’on ne saurait trop se féliciter des excellentes mesures qui viennent d’être prises en Guinée.
- Résistance des machines. — Des constructeurs anglais de machines à exploiter le charbon ont eu une idée originale pour juger de la résistance de leurs appareils à l’usage : ils prient qu’on leur renvoie ceux-ci dès qu’ils ont besoin d’une réparation; et non seulement ils ne font payer qu’un prix réduit pour celle-ci, mais encore ils remboursent les frais de transport. De la sorte, ils ont pu juger rapidement des organes qui, dans ces machines, étaient susceptibles de s’user le plus rapidement ; et ils y ont apporté en connaissance de cause les améliorations et transformations les plus heureuses.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Tourisme
- Liseuse topo-curvimètre. — Ce petit appareil réunit sous un faible volume un grand nombre d’instruments «et de renseignements utiles au touriste, au topographe, à l'officier. 11 a la forme d’un coupe-papier; il comprend : i° une loupe, pour faciliter la lecture des détails de cartes ; .i° une boussole, graduée à 40 divisions et dirigée Nord-Sud dans l’axe de l’instrument; elle permet de s’orienter, d’orienter une carte, peut s’employer même comme déclinatoire pour un levé à vue; 3° toutes les échelles •employées en topographie sont indiquées sur l’instrument ; 4° il en est de même pour les mesures métriques,
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- Liseuse topo-curvimètre.
- les mesures en usage dans la marine, les mesures étrangères européennes ; 5° nous trouvons de plus une échelle de pentes graduée de o° à 900 ; 6° un fil à plomb ; 70 un tableau différentiel indiquant la différence de niveau par mètre pour les pentes de o» à 45»; 8° une Stadia, pour mesurer comme suit la distance d’un point dont on connaît ou suppose la hauteur. Passer un fil par le trou de la règle, le tendre à 5o cm. de façon à placer l’instrument à cette distance de 1 œil et lire, sur le côté où sont marqués les centimètres, la longueur métrique interceptée par les deux rayons visuels aboutissant au bas et au sommet de 1 objet visé en faisant correspondre le sommet à la graduation O, le pouce servant de curseur. Une simple règle de propoiùion, basée sur les triangles semblables, donne la distance cherchée ; diviser la hauteur supposée connue de l’objet par la hauteur lue après visée sur les divisions de la règle et multiplier le produit par o,5o m. ; g0 un curvimètre permettant de mesu-ser les distances sur les cartes. Il est gradué d’un côté au 1/100000°, de 1 autre côté au 1/80 000e; chaque division mesure 10 km. ; io° le lever et le coucher du soleil
- au premier jour de chaque mois sont également inscrits sur la liseuse. Le touriste en déduira l’heure du réveil, le cycliste 1 heure d’allumer sa lanterne. — Celle liseuse est en vente chez Fiévet, 102, rue de Richelieu.
- Sport
- Le véloélipède. — Le véloélipède est un appareil de sport nautique et de sauvetage. D’après son inventeur, il permet la natation à tout le monde et peut; être également utilisé comme engin de sauvetage. 11 est constitué par un bâti en bois a muni à son avant d’un liège taillé en pointe figurant la proue d’une embarcation; à barrière, un autre bloc de liège établit l'équilibre. E11 avant de cette poutre sont placées deux poignées d et des bras de force e. Le nageur se placera donc à plat ventre sur l’appareil en appliquant ses épaules contre les bras de force et en saisissant les poignées avec les mains. Les pieds viennent alors se placer sur des pédales/'/'placées une de chaque côté de la poutre et fixées respectivement sur l un et l’autre brin d’une chaîne sans fin g se déjdaçant entre des pignons dentés h et i, le pignon h tournant fou dans les coussinets j.
- Le nageur actionne donc cette chaîne suivant un mou-
- vement alternatif; mais cette chaîne est destinée à faire fonctionner une hélice; il importe donc de transformer ce mouvement en mouvement continu. Pour obtenir ce résultat, le dispositif mécanique suivant a été adopté. Un pignon conique m calé sur l’arbre de l’hélice-engrène avec deux autres pignons également coniques n et o montés en roues libres sur l axe entraîné par le pignon i. Le mouvement de va et vient imprimé aux pédales a alors pour effet un mouvement de rotation de l’hélice dans le même sens.
- Remarquons que l’appareil n’offre d’autre résistance que celle d’un morceau de bois surchargé du poids d’un homme ; d’autre part, toute la puissance du nageur est utilisée pour actionner les pédales de l’hélice, grâce à la présence des bras de force sur lesquels il s’appuie. L’inventeur estime que cet appareil est capable d’entraîner
- son homme à la vitesse de 10 à i5 km à l’heure. ____ Le
- véloélipède est construit par M. Migliorino, 116, boulevard de Strasbourg, à Billancourt (Seine).
- Outils
- Une perceuse en bois. — Les perceuses sont susceptibles de rendre tant de services, que nous en signalerons un type très rustique, fait principalement de bois, qui a été imaginé par un amateur, et qui peut exécuter des travaux assez importants. La figure que nous avons fait dessiner montre bien comment le bâti en est constitué. Le montant principal B est assemblé à tenon et mortaise sur la barre A formant base, mais il est soutenu par un contrefort fait d’une sorte de tirant métallique oblique F. Et, comme d’autre part, une équerre est boulonnée à la fois à B et à A, la solidité de l’ensemble est parfaite. Pour donner une idée des dimensions de tout l’appareil, nous dirons que la traverse A a une longueur de près de 0,40 m. pour une épaisseur de 0,15 m. Irois traverses E, C, C et une barre verticale H forment dans leur ensemble un cadre qui peut facilement supporter la poussée verticale de la mèche, ou plus exacte-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ment la transmettre sans fracture au montant B ; du reste, on a intercalé pour plus de précautions une pièce massive D qui pénètre par des mortaises dans l’épaisseur des pièces Cet est maintenue par des chevilles. On remarquera, '
- et la® chose
- T
- :G m
- 18) M.
- Perceuse on lioi
- son intérêt pour la solidité générale, que les barres C ne sout jjas seulement assemblées à tenon et mortaise : elles sont retenues en arrière du montant B par des clavettes permettant de rattraper constamment le jeu qui pourrait se faire. 11 est mieux de recourir partout à des clavettes de ce genre, sauf, bien entendu, dans la traverse inférieure de la base A. La tige porte-mèche G se termine inférieurement par un manchon rapporté, où des vis donnent le moyen de serrer convenablement la mèche ; l’entraînement et la ; à une poulie à gorge que l’on montée fixe sur l’arbre G. On a
- rotation se font grâc voit en II, et qui est pris la précaution de disposer en dessous de celte poulie un ressort à boudin qui la pousse toujours vers le haut, ou, plus exactement, qui chasse constamment 1 arbre porte-outil vers la portion supérieure de la perceuse. La commande de l’outil, autrement dit de la poulie, peut se faire à l aide d’une force motrice quelconque. Quant à la descente graduelle de l’outil au fur et à mesure de l’avancement du trou, elle se fait par la rotation, graduelle également, du plateau circulaire de bois qui est fixé en haut de la tige liletée K; cette tige passe naturellement à travers un écrou dont la traverse L est munie.
- Divers **<&>
- Jalousie Périer à lames verticales. - Jusqu’à présent, on connaît sous le nom de jalousie un ensemble de lames suspendues horizontalement dans la baie d’une
- Fig. i.
- fenêtre et manœuvrées par des cordons (qui cassent souvent). M. Périer a eu l’idée de placer les lames verticalement, ce qui supprime les cordons de manœuvre. Ce dispositif a plusieurs avantages dont les principaux sont de tenir très peu de place, de pouvoir épouser les différentes formes de balcons ou d’appuis de fenêtre ; d’être d’une pose très facile, d’un entretien presque nul et d’une grande commodité de manœuvre.
- Les lames verticales sont articulées entre elles de façon à pouvoir coulisser sur deux tringles horizontales placées l’une vers le haut, l'autre vers le bas. Fermée, la jalousie se loge facilement dans un espace très restreint où ne se logerait pas un volet pliant. Quand elle
- est ouverte, les lames laissent entre elles un espace égal au i/G de leur largeur, c’est-à-dire qu’il y a H mm de
- jour pour 5o mm de largeur de lame. La lumière pénètre très suffisamment dans la pièce pour y exercer son. action hygiénique et l’air circule librement. — Chez M. Périer, 170, rue Michel-Bizot, Paris.
- Allumage et extinction automatiques du gaz. —
- On utilise beaucoup l’éclairage électrique pour les réclames lumineuses et, pour attirer davantage l’attention du passant, on a soin de les rendre intermittentes l’électricité se prêle très facilement à des allumages et des extinctions automatiques se succédant à des intervalles réguliers. Mais quand on n’a pas l’électricité, ou même lorsque, pouvant l’avoir, on préfère le gaz par raison d’économie, on ne pouvait jusqu’à présent jouir des mêmes avantages qu’au moyen de mécanismes assez compliqués. La solution à laquelle arrivent MM. Clerc-Bidault nous paraît très ingénieuse et très simple. Elle consiste à disposer le long du manchon d’un bec Auer un thermomètre métallique T (n° 1) composé de deux tiges de mé- — tal ayant des coefficients de dilatation différents, ce qui produit un déplacement assez sensible de la lame ainsi constituée suivant qu’elle s’échauffe ou se refroidit. Ce dépla- k cernent est utilisé pour pousser un levier L (n° 2) <$== portant un aimant A qui l’agit sur une bille B renfermée à l’intérieur du 4 tube d’arrivée du gaz et obturant plus ou moins celui-ci. L’aimant est maintenu par un ressort contre le tube, il attire la bille et le trou d’arrivée du gaz est ouvert ; il faut Allumage et extinction automatiques admettre bien entendu du gaz.
- qu’il y a un robinet, à la
- naissance de la canalisation, qui est fermé en temps ordinaire. Lorsqu’on a ouvert ce robinet et qu’on allume le bec Auer, celui-ci éclaire normalement; mais, au bout de 10 secondes environ, la lame thermométrique s est échauffée et en agissant sur le levier L a éloigné 1 aimant A; la bille B n’étant plus attirée, retombe sur le trou d’arrivée quelle obture à peu près complètement; il reste juste assez de gaz pour que le bec soit en veilleuse. Au bout de quelques secondes, la lamé thermométrique se refroidit et, l’aimant revenant à sa première position, la bille B est de nouveau attirée, le bec se rallume... et la même série de phénomènes se reproduit aussi longtemps qu’on laisse le robinet ouvert, On a donc avec le gaz les mêmes avantages qu’avec l’électricité pour les annonces à éclairage intermittent. — MM. Clerc-Bidault, i5.3, rue de Belleville, à Paris.
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- VARIÉTÉS
- L’histoire de la fleur. — M. Gaston Bonnier a donné, dans un récent numéro de la Revue du mois, un fort curieux travail sur l’histoire de la fleur, c’est-à-dire, plus exactement, sur l’histoire de nos connaissances relatives à la fleur. C’est un très intéressant chapitre de l’histoire des sciences, que nos lecteurs seront heureux de voir résumer ici dans ses traits les plus essentiels.
- Comme l’observe très justement le savant botaniste, « l'histoire de la fleur se confond, jusqu’à une époque récente, avec l’histoire de la sexualité des végétaux ». En effet, si étrange que cela puisse paraître pour nous, qui connaissons le rôle des étamines et du pistil, la croyance à la sexualité chez les fleurs, c’est-à-dire à l'existence d’organes mâles et dorganes femelles, est une acquisition très récente. En i85o, il y avait encore des savants de grand mérite qui niaient totalement cette existence.
- Cependant, dès l’antiquité grecque, on possédait quelques notions déjà assez justes sur la constitution de la fleur et sur son rôle. Empédocle, Aristote, Théophraste, et à leur suite les latins Virgile, Ovide, Claudien, Pline le naturaliste, admettaient l’existence des deux sexes chez les fleurs. Théophraste basait même sa conviction sur l'étude de deux plants de pistachiers, les uns mâles, les autres femelles, qu’il avait mis en observation dans deux points écartés de son jardin; sur des palmiers dioïques, il alla même, pour vérifier ses conclusions, jusqu’à pratiquer la fécondation artificielle, en saupoudrant les fleurs des pieds femelles avec le pollen des fleurs de pieds mâles. Mais cette tradition de l’antiquité relative à la sexualité des fleurs, ne survécut pas, bien qu elle fût, comme on voit, une véritable connaissance scientifique. Dans les temps modernes, quand les sciences d’observation refleurirent, depuis le De Planlis d’Andrea Cesalpini (1583) jusqu’au milieu du xix° siècle, en passant par Malpighi et Tournefort, la sexualité des fleurs et des plantes fut niée, ou du moins elle ne fut admise que par de rares observateurs ou expérimentateurs isolés, qui ne surent pas faire admettre au reste du monde savant le résultat de leurs recherches. C’est maintenant l’histoire de ces travaux et de ces découvertes infortunées que nous retrace M. Bonnier.
- Deux naturalistes italiens, Alpino en iàgi, Bocconi, en 1673, avaient déjà refait, et avec succès, l'expérience de Théophraste sur les palmiers dioïques. En 1678, Jacob Bobart, naturaliste anglais, la recommença à son tour, mais sur le Lychnis dioïque. Son expérience passa inaperçue ; elle était pourtant très remarquable : Bobart avait disposé, dans un grand jardin et à une distance assez considérable l’un de l’autre, deux plants de lychnis, le premier comprenant des pieds à fleurs avec pistil mêlés à des pieds à fleurs avec étamines, le second seulement des pieds à fleurs pistilées ; dans le premier des deux groupes, les lychnis à pistil donnèrent des fruits et des graines, tandis que ceux du second groupe restèrent stériles, à l’exception des quelques fleurs que Bobart avait lui-même saupoudrées de pollen, réalisant une fécondation artificielle. Mais ces résultats, isolés, ne tranchèrent pas encore la question.
- On peut dire, au contraire, que la question de la sexualité des fleurs fut parfaitement élucidée par la série des recherches et des expériences, entreprises à la suite du savant allemand R.-J. Camerarius, vers la fin du xvnc siècle et poursuivies après lui jusque vers 1770 par Bradley, professeur à Cambridge (1707), James Logan (1739) Koélreuter, à Carlsruhe (1761-1766). Leurs tentatives, effectuées sur des plantes nombreuses et dans un esprit très critique, établirent la sexualité, montrèrent pour la première fois le rôle du vent et des insectes dans la fécondation et conduisirent aux notions nouvelles et importantes d’hyhridité et de fécondation croisée. Vers 1735, Linné, développant ces travaux divers, fit entrer définitivement la sexualité des fleurs dans le domaine des connaissances acquises. C’est pendant que se faisait tout ce travail d’étude sur le vif que continuait à fleurir, en attendant une disparition rapide, la fameuse « théorie de l’évolution » ou de « l’emboîtement
- indéfini des germes », dont on trouve l’exposé dans les écrits de Malebranche, de Christian Wolf, et l’écho même dans le Traité de l'existence de Dieu, de Fénelon.
- James Logan, en 1739, avait indiqué le rôle des insectes dans la fécondation. A la fin du même siècle, en 1793, devançant de 60 ans les travaux de Darwin, un botaniste allemand, C.-C. Sprengel, affirma une adaptation réciproque de la forme de l’enveloppe florale et du corps de l’insecte qui la visite habituellement. Il pensait, que l’hermaphrodisme des fleurs et des plantes en général est purement apparent, beaucoup plus morphologique que physiologique, que les plantes évitent autant que possible l’autopollinisation et mettent tout en oeuvre pour réaliser la fécondation croisée — qu’à cet effet elles attirent les insectes par la sécrétion du nectar — et que de cet échange de bons procédés résulte une adaptation réciproque des fleurs et des insectes, et même de certaines fleurs pour certains insectes, ce qui fait que l’intérieur d’une fleur déterminée « est le moulage du corps d’une espèce d’insecte également déterminée ». Ces idées, dont beaucoup sont curieuses et justes, et qui devaient reparaître, ne furent pas comprises, et le livre de Sprengel, Le secret de la nature dévoilé dans la structure et la fructification des fleurs, 11’eut aucun succès.
- Ces derniers travaux nous rapprochent insensiblement d’une époque récente oit de nouveaux procédés techniques sont employés et développent l’étude de la fleur dans une direction nouvelle, celle de l’étude microscopique. Nous passerons plus rapidement sur cette phase, dont l'intérêt est d’ailleurs considérable, mais qui, pour être mise en toute valeur, exigerait l’exposé des phénomènes de reproduction chez les animaux, dont l’étude n’a pas accès dans cette revue. D’ailleurs, le fait qu elle n’est pas encore complètement terminée met plus facilement à la portée du public les travaux qui en font partie.- Nous citerons seulement les principales dates qui sont données par M..G. Bonnier :
- 1745. — Neldham croit que les grains de pollen éclatent brusquement à l’humidité. A sa suite, Bernard de Jussieu (1759), admet qu’en éclatant ainsi, lés grains de pollen projettent leur contenu à travers les tissus des stigmates, du style et de 1 ovaire, pour arriver jusqu’aux ovules. C est seulement de iSaa à i83o que Amici découvre et démontre la germination du pollen et indique la continuité du tube pollinique, depuis le grain de pollen jusqu à l’ovule. A cette époque, à la suite de Schleiden, Schacht, en i85o, admettait que le tube pollinique pénètre dans l’ovule seulement pour y donner une nourriture à la plantule qu il porte en soi, et niait ainsi la sexualité des fleurs.
- 1849-1861. — Travaux de llofmeister. Il découvre dans ï’ovulc le sac embryonnaire, et, dans celui-ci, la cellule reproductrice femelle qu’il appelle oosphère ; c’est celle-ci qui, sous l'action du tube pollinique, se modifie en ce que M. Yau Tieghem a appelé l’oeuf. Par là, comme le remarque M. Bonnier, se trouvent étendus au monde végétal, et par conséquent à tout le monde animé, les principes que Schwann formulait en 1839 pour le monde animal, en pensant d’ailleurs, par voie inductive, qu’ils étaient d’une généralité plus grande : « tout être vivant émet à un certain moment de simples cellules ; tout être vivant a pour origine une simple cellule ».
- Restait à expliquer quelle est précisément l’action que le tube pollinique exerce sur l'oosphère : simple contact ? influence magnétique à distance ? mélange de substances ? D’abord Warming, en Danemark, puis Strasburger, en Allemagne, se mirent à l'étude plus détaillée du sac embryonnaire, dont ils établirent l’origine et la formation en détail. Puis, en 1896, Hirase et Ikeno, les deux grands botanistes japonais, découvrent, dans le tube pollinique du Cycas, des cellules reproductrices mâles, à formes spéciales, les anthérozoïdes. C’est lorsqu’un de ces deux éléments pénètre dans l’oosphère que se forme l’œuf : le protoplasma de l’anthérozoïde et celui de l’oosphère se confondent, leurs deux noyaux se combinent également pour former un seul noyau ; c’est la combinaison de ces deux éléments, l’oosphère et l’antéro-
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- VARIÉTÉS
- /.ouïe, qui est 1 œul' — du moins chez les Cycadées, (1 après Ikeuo et llirase. Enlin, en 1898, le savant russe' Nawasehine montre que ce qu’il y a d’essentiel dans la fécondation du cycas est général chez toutes les plantes supérieures : il y a partout, dans le tube pollinique, deux anthérozoïdes, dont l’un s’unit à l’oosphère et donne l’œuf. De plus, Nawasehine découvre que le deuxième anthérozoïde se combine de son côté avec un autre des noyaux contenus dans le sac embryonnaire et
- tpii est par son origine une sorte de frère mineur de l’oosphère; cette dernière combinaison est l’origine de 1 albumen chargé de nourrir la jeune planlule qui résultera de la division de l'œuf. A la suite do Nawasehine, M. Guignard a montré l'extension de la double fécondation à toutes les phanérogames angiospermes. Ainsi la sexualité de la Heur est non seulement reconnue par ses effets, mais élucidée jusque dans son mécanisme intime.
- HYGIENE ET SANTE
- Les Crises de rire. — Le rire est une manifestation de l’émotion gaie, heureuse, et un de nos grands ancêtres l’a dit :
- Mieux est de ris, que de larmes eserire,
- Pour ce que rire est le propre de l’homme.
- Rabelais s’y connaissait, mais il ignorait peut-être la variété de rire à laquelle je veux faire allusion.
- Le rire a des degrés ; à une phrase plaisante, à un compliment flatteur vous voyez se dessiner un sourire, la lèvre se plisse agréablement, les yeux s’illuminent, la ligure a une expression de contentement gai, elle répond d’une façon sympathique à celui qui a décoché le compliment et provoqué par ses paroles ou son récit le changement d’expression de physionomie. Ce n’est là que l’esquisse du rire qui est plus caractérisé. Dans un article fort intéressant de la Revue scientifique, M. Bridou admet trois degrés dans les manifestations du rire : le sourire, icr degré; le rire, qu’on pourrait qualifier de simple, 2e degré, tenant le milieu entre le sourire et l’éclat de rire; enlin un troisième degré caractérisé par l’hilarité bruyante comme celle des spectateurs dans une salle de vaudeville, qui se tordent, se pâment à des scènes drôles ou devant le jeu, la réplique d’un acteur comique. « Le rieur, dit M. Bridou, continue à rire sous l'influence de l’impulsion première et comme on dit familièrement sans savoir pourquoi. Entretenu par le seul plaisir de la dilatation organique, le rire se dégrade et passe au fou rire, au hennissement, à la cabriole animale... » J’ai souvenir de certaines soirées au Palais-Royal en compagnie de camarades de la salle de garde de la Charité. Un d’eux riait d’une façon si exubérante et si cocasse qu’il provoquait, dès qu’il commençait, l’explosion de rire dans toute la salle. C’était fort amusant pendant quelques minutes, mais comme il lui était parfois fort difficile de réprimer son exubérance joyeuse, le public, moins impressionnable, se fâchait et le malheureux était obligé d’aller terminer sa soirée dans les couloirs ou dans quelque coin retiré ofi il étouffait ses spasmes hilarants. Ce rire formidable et joyeux est contagieux, un peu comme le bâillement, mais il n’a rien de grave et rien de pathologique. Il en est tout autrement de ces crises de rire qu’on observe chez de jeunes et même vieux sujets nerveux. Là le rire est une vraie maladie qui se caractérise par des crises d’une durée quelquefois fort longue, se reproduisant tous les jours, tout à fait analogues aux crises d’éternûment, de hoquet, etc. Les crises éclatent d’une façon brusque, soudaine et finissent souvent de même ; mais elles durent des heures, parfois des semaines. J’ai vu dans le service
- du Professeur Raymond, à la Salpêtrière, une jeune fille d une vingtaine d’années qui fut prise d une crise de rire à la suite d’une opération chirurgicale. Au réveil de l’aneslhésie, qui avait été de tous points normale, elle se mit à rire sans interruption, ne cessant que lorsque, la fatigue survenant, elle s’endormit. Dès le réveil le rire reprenait et cela dura quatre mois ; elle' guérit à la fin par l’hypnotisme.
- Une malade du Professeur Pitres présentait une singularité curieuse; elle avait une zone de rire située en arrière de la tête, au niveau de la bosse occipitale. Quand on frictionnait cette bosse, la malade était prise d'un rire bruyant que rien ne pouvait arrêter; elle avouait que rien n’expliquait son rire, mais qu’elle éprouvait un besoin irrésistible de rire. Cessait-on de toucher la région sensible, le rire s’arrêtait net et la malade ne se souvenait même pas d’avoir ri.
- Cette variété de rire, bien décrite dans sa thèse par une jeune doctoresse, MIU Deschamps, est parfois héréditaire ; elle est axissi contagieuse comme le rire émotionnel dont je parlais plus haut. A^oici par exemple une observation d’hérédité : un père de famille se met un jour, pendant qu’il était à table avec tous les siens, à rire sans cause; en dépit de tout, la crise dura jusqu’au soir. Le lendemain, nouvelle crise, puis les jours suivants ce rire inextinguible le prend deux fois par jour. Deux ans plus tard, une de ses filles est prise d’accès de rire ; puis peu à peu la contagion gagna d’autres membres de la famille et, chose bizarre, les accès survinrent chez tous dans les mêmes conditions et aux mêmes époques.
- Ce rire nerveux, c’est le vrai mot, peut être le début de véritables troubles mentaux, surtout quand il se produit par suite d’émotion violente. C’est une forme assurément bizarre et qui n’est qu’une modalité ou plutôt le pendant de l’attaque convulsive nerveuse. Une mère, en rentrant chez elle, trouve sa fille morte subitement d’un accident ; mise en présence du cadavre, elle éclate d’un rire convulsif qui dure toute la nuit. Ce n’est plus, hélas ! le rire de notre bon Rabelais qui décharge, comme le disaient les vieux médecins, la bile et l’atra-bile : ces crises de rire sont de vraies manifestations pathologiques à traiter comme toutes les autres manifestations d’ordre nerveux. Mais 11e croyez pas que ces troubles-là soient fréquents ; non, riez, chers lecteurs, riez aux larmes, quand vous en aurez l’occasion; cela détend et on n’a, dans les heures d’aujourd’hui, que trop d’occasions de verser dans le noir, le triste et le morose.
- Dr A. Cartaz.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Désinfection des étables. — M. Rolet donne à ce sujet des conseils judicieux dans la Revue laitière, applicables particulièrement après une épidémie. i° Enlever les litières arrosées avec un désinfectant, ou, ce qui vaut mieux encore, les brûler. Répandre de la chaux vive sur le sol. Brûler tous les objets de peu de valeur (madriers, vieilles planches, éponges, etc.). — 20 Laver les mangeoires, les râteliers et les objets qu’on ne peut brûler, d’abord à grande eau, puis avec un désinfectant. Flamber les objets métalliques. Arroser les murs, après
- grattage, avec un désinfectant, ou bien y appliquer quatre ou cinq couches de lait de chaux au sulfate de cuivre. Récrépir les soubassements ou les flamber à la torche de résine. — Pour les lavages antiseptiques, le plus pratique est la solution de sublimé dans l’eau (au 1000e) avec 5 pour 100 d’acide chlorhydrique ou du sel marin. On peut aussi employer les sulfates de fer ou de zinc, la potasse, la soude. Ne pas employer les matières odorantes (lysol, carbol, crésyl, phénol, etc.) qui communiquent leur odeur au lait.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Diuis la boile aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. Eu raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. le D' Manuel Jiamos, à Pilai-de Alagoas. — x° Pour des renseignements détaillés sur les machines à travailler les libres de bananier, veuille/, vous adresser au Jardin colonial, à Nogent-sur-Marne. — 2° Machines à broder et à fabriquer la dentelle : MM. Cornely et lils, 87, rue du Faubourg Saint-Denis, Paris. — 3° Ouvrage relatif au cocotier : Le Cocotier, par P. Hubert, chez Dunod et Pinat, 49> quai des (àrands-Augustins, Paris. La même librairie a annoncé un livre sur la banane, qui n’est pas encore paru, vous (-U trouverez à la librairie maritime et coloniale, A. Chal-lamel, 17, rue Jacob, Paris.
- M. LJ. Pâlot, à Paris. -— Recettes pour nettoyer des gravures jaunies et tachées par l’humidité : veuillez vous reporter à la boite aux lettres du n° 1690, du \/\ octobre iqo5, p. 78, et du n° ihqü, du 18 novembre igo5, p. 98.
- M. I). Ferreira Pinto Basto, à Aveiro. — L’adresse de la machine à faire les briques de béton est donnée au cours de 1 article où elle est décrite : ateliers John Pickles and son, à ilebden Bridge, Yorkshire (Angleterre).
- M. L. Le franc, à Carhaix. — Nous avons donné, dans la boîte aux lettres du n° 1775, l’adresse relative au viseur Gi-ubb ; nous vous prions de vous y reporter.
- M. E. Prudhomme, à Paris. — Nous 11e connaissons pas d’ouvrage spécialement consacré à la culture du raisin de table, mais les ouvrages suivants pourront vous fournir des indications fort utiles : Lai culture de la vigne en serres, par Bari-on et Pynaert (7f,',5o); La
- vigne et le raisin, par J.-C. lierpin (3lr,5o); JJ art de conserver les raisins de table, par Charmieux (2f,Qjo), tous ces ouvrages chez J.-B. Baillière et lils, éditeurs, 19, rue liaulefeuille, Paris.
- M. Ducolé, à Fleurville. — 11 existe plusieurs sortes de pyromètres. Le laboratoire du Conservatoire des arts et métiers, rue Saint-Martin, à Paris, vous donnera à ce sujet tous les renseignements que vous pouvez désirer.
- M. Roger-Michel, à Buenos-Ayres. — Nous avons communiqué votre lettre à l’administration de la Compagnie du gaz Riché, 28, rue Saint-Lazare, Paris, qui vous donnera tous renseignements.
- M. ILerbin, à Buenos-Ayres. — Il est avantageux, en eH'el, dans une transmission, de disposer le brin tendu de la courroie à la partie inférieure, afin d’avoir la plus grande surface de contact et par suite la meilleure adhérence. Cependant, dans les longues transmissions, le brin supérieur peut ainsi venir toucher le brin inférieur si la courroie n’est pas suffisamment tendue, et le frottement qui en résulte entraîne une perte de force. Quant aux courroies croisées, on ne les utilise que lorsqu’on ne peut procéder autrement et qu’il faut faire tourner en sens inverse l’une de l’autre la poulie motrice et la poulie réceptrice.
- M. Maydell-l,egras, à La Réunion. — Nous vous remercions de votre communication; nous avons déjà indiqué, pour empêcher un coq de chanter la nuit, le moyen qui consiste à abaisser sur son dos au-dessus du perchoir une planchette qui l’empêche de relever la tête.
- M. T. L)., à Marseille. — Pour les deux excursions, magnifiques en effet, de la vallée d’Arrasas (Cotatuerol et des curieuses grottes de Bétharram (nouvellement et parfaitement aménagées, lumière électrique) vous trouverez les plus exacts et complets renseignements dans la dernière édition (1907) du guide Joanne, Pyrénées (librairie Hachette), p. 214 et n3.
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- BIBLIOGRAPHIE
- JJ hyperémie et son action thérapeutique, par Auguste j Bier, professeur de clinique chirurgicale à l’Univer- i silé de Bonn. Ouvrage traduit sur la quatrième édition j allemande par les Drs Alfred Machard, ancien chef j de clinique chirurgicale de l’hôpital cantonal de j Genève et Arnold Mallette, ancien médecin adjoint de ..l'hôpital cantonal de Genève. Paris. Masson et Cio, 1907. x vol. grand in-8° de xx-412 pages, avec 3-2 ligures dans le texte. Prix : 10 francs.
- Le nombre des publications françaises sur la méthode de Bier est fort restreint. Celte traduction vient fort à propos, car beaucoup de médecins ont essayé chez nous des procédés de Bier. L’emploi des ventouses est si aisé qu’ils en ont obtenu de très bons résultats avec le peu d’indications qu’ils avaient à leux-disposition. Mais l’emploi de la bande élastique, connu daxis quelques hôpitaux, est encore fort peu répandu dans la pratique couraxite : On trouvera dans j ce volume toxxtes les explications nécessaires à l’application de cette méthode, qui simplifie le traitement de maintes affections chirurgicales.
- JJ or dans le monde (géologie, extraction, économie politique), pax- L. De Launay. 1 vol. in-18. Librairie Armand Colin. Pax-is. Prix : 3rr,5o.
- L’auteur de ce livre, nous tient de trop près pour que îxous puissions faire ici son éloge. Il nous suffira dé dire qu’il a cherché, soixs une forme li'ès condensée et ti’ès accessible, à traiter complètement la question de l’or en l'examinant sous toutes ses faces et donnant, dans tous les cas, l’état actuel des problèmes. L’élude géologique de l’or, sa répartition géographique dans le passé et dans le présent, son extraction minière et
- métallurgique, enfin l’étude économique qui forme le couronnement dix travail minier, l’ont occupé tour à tour. Quelques chapitres sont entièrement nouveaux et pi’ésentent des vues personnelles à Fauteur : notamment toute la partie géologique, où a été abordée la question curieuse de la teneur en or moyenne que peuvent présenter les massifs continentaux et les mers, afin de pouvoir apprécier les réserves en or futures. La statistique de l’or a été présentée sous la forme de tableaux tn'-s complets. Enfin, dans le dernier chapitre, on a cherché à apprécier l’évolution actuelle de 1 indusli’ie aurifère, les influences économiques cl politiques qui ont agi sur le développement extra-oi'dinaire de la production aui’ifère en ces deniières années et, d’autre part, les conséquences économiques et sociales que ce développement est amené à produire dans un avenir plus ou moins l’approché (modifications dans l’intérêt de l’ai’gent, rapports du capital et du travail, etc.). Ce livre, dont aucun équivalent n’existait jusqu’ici, sauf des ouvrages de vulgarisation coûteux, ou des traités tout à fait techniques de métallurgie et d’économie politique, vient combler, dans notre littérature, une véritable lacune.
- Terrestrial magnétisai : Distribution of the magnetic déclination in the United States for january, 1, 190). witli isogonic chart and. secular change tables, by I. A. Bauer. Washington. Government prinling office, 1906 (Department of Commerce and labor. Coart and Geodetic survey. Report for 1906. Appendix n° 41.
- Lai conquête de l'air, par le capitaine L. Sazerac de Forge. Paris-Nancy. Bergei’-Levraull, éd. 1907, in-8°, 378 p., x3& grav. Prix : 10 francs.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Bien à sou heure parait ee Iivi*t» pour mettre au point les nombreux ell'orls des aéronaules, de Dupuy de Lôme (1872) à 1907, dans la voie îles dirigeables. Depuis le projet du père Loin (1670) jusqu’aux Tissan-dier, cette revue sommaire traite des ballons libres et résume les notions de l’aéronautique; puis les 1.4 Sau-fos-Dumont, les Lebaudy, Juliiot, etc., et tous les essais étrangers sont comparés entre eux ; les plas lourds que l'air occupent le chapitre Yill et les applications du dirigeable terminent l’excellent volume qu’ornent des gravures particulièrement bien réussies.
- Ports maritimes, par C. de Cokdkmov, ingénieur des arts et manufactures. Tome I : Mer, vents, ondes, va-
- gues, marées, courants, barres et deltas, dragages, protection des côtes, ports, fleuves et estuaires, phares, bouées, cosmographie, navigation, hydrographie, navires. 11. Dunod et E. Pinat, éditeurs, 49> quai des Grands-Augustins, Paris. Gr. in-16 de pages, avec 3-27 fig. Reliure en peau souple. Prix : i5 francs.
- Fait partie de la Bibliothèque du Conducteur de travaux publics.
- Les machines qui fonctionnent par les bactéries, par N. Mei.nikoit. Librairie K. Rikker, Saint-Pétersbourg, 1907.
- Description de curieuses machines fonctionnant par les gaz ou la chaleur produites par les bactéries.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om, 3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 juin 1907 . 12°. 0 Calme. Ouelq. nuages. » Rosée ; halo ; nuageux.
- Mardi 18 12°. <> N. N. K. 0. l'eu nuageux. » Rosée; halo: très nuageux.
- Mercredi 19 1T.5 N. W.5. Couvert. » Rosée; nuageux.
- Jeudi 20 15°, 7 S. S. E. 2. Beau. 0,0 Rosée ; halo ; lirait le m. ; miag. le s.: gouttes entre 18 h. 50 et 19 h.
- Vendredi 21 l-i°,2 W. S. W. 3. Couvert. )> Rosée ; nuageux.
- Samedi 22 15°,1 N. 0. Couvert. 0,0 Rosée; couvert; gouttes à 22 h.
- Dimanche 25 15°.i W. S. W. 2. Beau. 1,9 Rosée; très nuageux; pluie l’après-midi par intervalles.
- JUIN 1907. — SEMAINE DU LUNDI 17 AU DIMANCHE 23 JUIN 1907.
- La. courbe supérieure indique la nébulosité de 0 A 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 17 au 23 juin. — Ze 17. Pression atmosphérique (en mm) : dépression sur la Norvège S. (755) et sur l’Italie; France, Angleterre, 765; Bretagne, 770. Yent faible. Pluies sur le Danemark et la Scandinavie; en France : beau temps. Température du matin : Paris, 120; Saint-Pétersbourg, 16; Brindisi, 25; Puy de Dôme, 8; Pic du Midi, 6 ; moyenne à Paris, i3°,3 (normale : i6°,7). — Ze 18. Press, atm. : uniforme sur l’Europe : maximum en Bretagne, 765; dépression sur la Norvège, Carlstadt, 755. Yent faible. Pluies sur la Scandinavie; en France, beau temps. Temp. du matiu, Paris, i3, Marseille, 18; Alger, 27; Puy de Dôme, 12; Pic du Midi, 6; moyenne à Paris : i5°,8 (normale : i6°,8). — Le 19. Press, atm. : fortes pressions sur 10. de l’Europe : Bretagne et Gascogne, 767- Dépression en Scandinavie : Norvège, 752. Yent faible. Pluies sur le N. du continent; en France, faillies ondées ii Nantes et à Brest. Temp. du matin ; Ghrisliansuud, 90 ; Paris, 14 ; Alger, 2.4; Puy de Dôme, 9; Pic du Midi, 8; moyenne à Paris : 15°, 1
- (normale : 16°,9I. — Ze 20. Press, atm. : basses pressions sur tout le N. de 1 Europe : Ecosse, 720; maximum sur PE. de la France, 766. Pluies dans le N. et le Centre
- de l’Europe; en France beau temps. Temp. du matin : Paris, i4n; Bordeaux, 19; Alger, 27; moyenne à Paris : i6°,8 (normale : 170). — Le 21. Press, atm. : baisse sur tout le N.-O. de l’Europe : Norvège, 747; N. de la France, 755; S. du continent, 765. Vent assez fort, mer houleuse sur le Pas de Calais. Pluies dans l’O. et le N. du continent; en France : Brest, 2 mm; Nantes, 1 mm; orage à Besançon. Temp. du matin : Paris, t4° ; Alger, 3o; Puy de Dôme, 11 ; Pic du Midi, 3 ; moyenne à Paris : 160 (normale : 170). — Le 22. Press, atm. Pression uniforme sur le S. et le Centre du continent : Autriche et Gascogne, 766; centres cycloniques sur la Baltique, 744 (tempête) et au large de l’Irlande. En France averses dans l’Est. Temp. du matin : Paris, i3°; Alger, 25; moyenne à Paris : i4°,9 (normale : 170,1 ). — Ze 23. Press, atm. : élevée au S.-O. du continent (Bretagne, 767), basse sur le N. (Haparanda, 747)- Yent fort sur la Manche; mer houleuse. F’iuies sur le N. et l’0. de l’Europe ; en France : Gap, 23; Perpignan, n; Toulouse, 8. Temp. du matin : Haparanda, 9 ; Paris, i3 ; moyenne à Paris : 13° (normale : i7°,2). Phases de la lune : Premier Quartier, le 19 à 3 h. 4 m“ du matin. — Solstice le 22 à 2 h. 3a m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne fa Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, 'Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘e, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1780 (6 JUILLET 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Voyages d’études médicales. — Le 9e voyage d’études médicales aura lieu du 3i août au i3 septembre 1907. Il comprendra les stations hydrominérales et cli— matiques de l'Est et du Jura. Pour les inscriptions et renseignements, s’adresser au D1 Carron de la Carrière, 2, rue Lincoln, Paris.
- La campagne hydrographique du « Planet ». —
- Le ministère de la Marine a reçu dernièrement d’Allemagne quelques renseignements sur la campagne du navire hydrographe allemand le Planet. Parti de Iviel le 21 janvier 1906, arrivé le 12 octobre 1906 à Matupi (archipel Bismark), le Planet, au cours de son trajet par l’Atlantique et 1 océan Indien, a effectué de nombreux sondages à 5ooo et 7000 m. de profondeur. Sous les tropiques, on a fait des observations sur le régime des alizés, qui auraient permis, dit la Revue maritime, de déterminer que la hauteur de l’alizé ne dépasse pas 4ooo m. et qu’au-dessus règne un contre-alizé. Cette étude était effectuée jusqu’à la hauteur de 5 km au moyen de cerfs-volants, et au-dessus, jusqu’à 12 km, au moyen de ballons de 1 m. de diamètre, que l’on suivait à la longue-vue, ou de ballons-sondes de 2 m.
- La migration des flores en Algérie. — M. B.-P.-G.
- Hochreutiner.a dernièrement exposé devant la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève les principaux résultats de son exploration botanique dans le Sud-Ora-nais. Il a montré que l’on peut distinguer cinq flores différentes dans cette région : x° flore des oasis et des points d’eau, 20 les dunes, 3° les steppes, 4° les montagnes, 5° les'rochers désertiques du Sud. Selon l’auteur, la composition de cette végétation ne s’explique que par l’existence d’une ancienne flore autochtone, refoulée d’abord par la flore méditerranéenne et même européenne. Cette dernière serait venue du Nord par les isthmes de communication entre l’Italie et l’Afrique, et de l’ouest par l’Espagne et le Maroc. Ensuite, sous l’influence de la jxéûiode sèche et chaude qui paraît également s’être fait sentir dans l’Afrique du Nord, il semble s’être produit un envahissement de la flore dunique et steppique d’Orient, et cette flore d’ailleurs paraît encore en voie d’immigration, et peuple les plateaux et les vallées. Ajoutons que les vues de M. Hochreutiner ont été par lui exposées tout au long dans son gros mémoire sur le Sud Oranais, publié dans Y Annuaire du Conservatoire et Jardin botaniques de Genève.
- Le camphre. Le prix élevé du camphre dû au monopole japonais a suscité de nombreuses recherches pour fabriquer artificiellement ou remplacer ce produit
- coûteux. Il est utilisé surtout dans la fabrication du celluloïd, obtenu par dissolution du colon-poudre dans l’alcool camphré. On a découvert qu’un mélange de 100 parties de colophane, 20 à 3o parties de naphtaline dissous dans l’alcool, dissout aisément le coton à 40 ou 5o° et donne un celluloïd aussi plastique que le celluloïd au camphre. Nous devons dire qu’on a cherché aussi, depuis longtemps, dans une voie toute différente, une solution à la question du camphre. On s’est efforcé d’acclimater le camphrier sur les bords de la Méditerranée ; les résultats obtenus après quinze années d'essai par M. le Dr Trabut seraient, paraît-il, aujourd’hui satisfaisants et permettent; au prix actuel du camphre, une exploitation rémunératrice. • - -
- Le coton dans les colonies françaises. — Nous avons parlé (n° 1729 du 14 juillet 1906) des efforts faits pour développer la culture du coton dans les colonies françaises. Les régions les plus favorables semblent être l’Algérie, le nord-ouest de Madagascar et surtout le Dahomey et le Soudan. L’Indo-Chine, ouverte aussi à cette culture, produit de notables quantités de coton fort appréciées en Chine et au Japon; elle en exporte annuellement plus de 5ooo tonnes.
- La consommation du superphosphate. — Dans un récent numéro du Journal d'agriculture pratique, M. T. Gollot estimait à 70 millions de quintaux la consommation annuelle mondiale de superphosphate. Pour répondre à cette demande, l industrie des superphosphates utilise 40 millions de quintaux de phosphate répartis suivant les origines suivantes : Floride 10860000 quintaux, Tunisie 7473000, Tennessee 5 400 000, France 4 75oooo, Algérie 3 020 000, Caroline 2 5oo 000 quintaux.
- Le commerce du beurre au Danemark. — Le Bulletin commercial de Bruxelles donne quelques chiffres sur le commerce du beurre au Danemark en 1906. L’exportation s’est montée à 169 millions de livres. Il faut y ajouter celle de la crème et du lait dont le volume équivaut à peu près à 4 5oo 000 livres de beurre. Ces chiffres représentent une hausse de 5 pour 100.sur ceux de 1906 qui étaient eux-mêmes en hausse sur ceux des années précédentes. La plus grande partie de cette exportation va, pour le beurre, vers l’Angleterre ; pour la crème et le lait, vers l’Allemagne.
- Le verre de quartz. — Depuis longtemps on sait fondre le quartz au chalumeau oxhydrique, ou au four électrique, et éviter la recristallisation pendant le refroidissement. O11 obtient ainsi un verre de qualité supérieure, jouissant de précieuses propriétés. Sa dilatation
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- INFORMATIONS
- est presque nulle; son élasticité mécanique et électrique, remarquable; il U absorbe pas, comme les autres verres, les radiations ultra-violettes, eulin c’est le meilleur verre1 el’optique que l’on connaisse. Le prix de cete matière est extrêmement élevé, on la paye son poids d’or. On annonce que le l)r Day, du laboratoire Carneggie, de Washington, a découvert un procédé industriel de fabrication du verre de quart/, en grande quantité. Cette nouvelle intéressera tous les physiciens.
- Les accidents de chemins de fer aux États-Unis.
- — Tout le monde a été frappé par le nombre fantastique d accidents de chemins de fer survenus ces derniers mois aux Etats-Unis. La Commission des chemins de fer de l'Étal de New-York s’est proposé d’en étudier les causes. Elle a conclu que la plupart de ces accidents étaient dus à des ruptures de rails. Dans l’Etat de New-York, dans les trois premiers mois de 1907, on n’a pas relevé, pour une longueur de voie de 9474 milles, moins de 3oi4 ruptures de rail, contre 3a6 en 1906 et 1331 en igo5. Ces ruptures sont-elles causées par le poids exagéré des trains qui circulent sur les voies ou plutôt, malgré les dénégations des fabricants de rail, par la mauvaise qualité des rails fournis ? Il semble établi que les rails n’ont pas été fabriqués avec tous les soins nécessaires; en 1905 et 1906, toutes les usines métallurgiques ont été débordées de commandes ; leur principal souci a donc été d augmenter le plus possible leur production, et la qualité des marchandises fournies en a singulièrement souliert.
- Emploi du graphite comme lubrifiant. — M. Ache-son, l’inventeur du earborundum, vient de faire une nouvelle et intéressante découverte. Il est parvenu à préparer du graphite en poudre, d’une finesse impossible à réaliser par des moyens mécaniques et telle que le graphite passe au travers du filtre le plus parfait. Ce résultat est obtenu en mettant du graphite en suspension dans l’eau et en le traitant ensuite par l’acide gallotannique et un peu d’ammoniaque. Le graphite, dès lors, au lieu de se séparer de l’eau lorsqu’on le laisse reposer dans le vase qui le contient, y reste perpétuellement en suspension. Le liquide noir ainsi obtenu est, paraît-il, un admirable lubrifiant, et chose remarquable, un excellent préservatif contre la rouille. On emploie depuis longtemps comme lubrifiant le graphite mélangé d’huile ou de graisse. On n’était pas .. parvenu, malgré de nombreux efforts, à le mettre en suspension dans un liquide. La découverte de M. Ache-son présente encore l’avantage précieux de permettre l’emploi de l’eau associée au graphite, comme lubrifiant. L’eau a, en effet, une faible viscosité et une grande chaleur spécifique ; enfin le prix de revient de ce nouveau lubrifiant est très bon marché, tandis que le prix de ceux qui ont été employés jusqu’ici, est relativement fort élevé et augmente chaque jour.
- Cours des métaux radioactifs. — Le bromure de baryum radifère vaut 25.fr.. le centigramme pour une teneur de o,5 pour 100 de sel de radium pur, et 2000 fr. le centigramme pour une teneur de 5o pour 100 de bromure de radium pur. Le milligramme de bromure de radium pur vaut 4oo fr. La préparation industrielle des sels des métaux radioactifs se fait en France dans les usines Armet de Lisle à Nogent-sur-Marne.
- L’exportation du charbon anglais de 1891 à 1906.
- — D’après la/fente maritime, le chiffre des exportations de charbon anglais, de 26 5ooooo tonnes en 1891 s’est élevé jusqu'en. 1906 à 55 5ooooo L Ces chiffres laissent en dehors le coke, les briquettes, etc. (2 5ooooo t. en 1896) et le charbon en soutes (i8 5ooooo t. en 1906). Aussi on peut dire qu’au total il est sorti d’Angleterre, en 1906, 76000000 t. de charbons de toute nature, soit environ un tiers de la production annuelle du Royaume-Uni. Au prix de 10,40 fr. la tonne, cette sortie représente une valeur de 794 millions de francs.
- Le gaz à Berlin. — La ville de Berlin a récemment décidé la construction d’usines de gaz à l’eau dans toute les usines municipales.» D’ici peu ces installations produiront quotidiennement 196000 m3 de gaz à l’eau carburé.
- L’éclairage électrique de Rome. — La municipalité de Rome vient de prendre en considération un projet .d’éclairage électrique de la ville. La dépense sera d’en-
- viron 17 millions, dont 5ooooo fr. pour l’usine génératrice d électricité.
- Les chemins de fer africains. — On compte, en 1907, 27354 km de voies ferrées africaines ainsi répartis ; colonies britanniques 13117, colonies françaises 5667, Egypte 525a, colonies allemandes 1.398, colonies portugaises 1173, colonies italiennes 115, Etat du Congo 647. La largeur de la voie est de 1,067 m- Pour plupart des chemins de fer britanniques, 1,435 m. pour la plupart des français, et de 1 111. pour les chemins de fer allemands.
- L’éclairage électrique à Tokio. — D’après le journal Le Nippon, l’industrie des lampes électriques a fait en 1906 de remarquables progrès. A Tokio seulement, on pose par mois plus de 8000 lampes électriques. Durant le premier semestre 1906, i5ooo maisons particulières ont manifesté le désir d’être éclairées à 1 électricité et 3iooo durant le deuxième semestre.
- Suppression de la poussière sur les routes. — Le
- colonel Brymer Schreiber, OakCottage, Aldeburgh (Suf-l'olk) indique le procédé suivant pour supprimer la poussière sur les routes. Arroser les routes avec une solution de chlorure de chaux. 11 faut d’abord les mouiller avec cet h solution puis faire chaque jour un arrosage simple. La proportion est; la suivante ; 5o kg de chlorure de chaux pour 45o litres d’eau pour le premier arrosage, Ensuite 011 peut diminuer de moitié la proportion de chlorure.
- Les écoles Carneggie. — On sait que M. Carneggie, le roi de l’acier, a fondé à Pitlsbourg un institut technique destiné à donner à bon marché aux jeunes gens, ouvriers du fer et mécaniciens, une connaissance générale et approfondie de leur métier dont ils sont trop souvent dépourvus dans un pays où la division du travail est poussée à l’extrême. Cet institut, inauguré il y a dix-huit mois, compte déjà 2000 élèves. Pitlsbourg, il est vrai, est un des plus grands centres industriels du monde. Mais ce succès est dû surtout à l’heureuse organisation de l'établissement. Il est partagé en 3 sections : i° une école de science appliquée, avec cours du jour et cours du soir ; le cycle des éludes est de 2 ans pour les premiers, 3 ans pour les cours du soir. La première année des cours du jour, les deux premières des cours du soir, sont consacrées à des études générales de mathématiques, physique, chimie, dessin. La dernière année les élèves se spécialisent dans.la chimie, la fabrication du fer et de l’acier ou la fonderie; 20 l’école pour apprentis et ouvriers, partagée en 3 sections : conduite des machines, travail mécanique tel que ajustage, forge, etc., enfin les diverses branches de la construction. Il y a également cours du jour et cours du soir ; 3° l’école d’ingénieurs, qui a le même programme que l’école des sciences appliquées, mais les sujets y sont traités plus à fond et plus scientifiquement. Le cours le plus important est celui de physique. Enfin une école vient d’être créée pour les jeunes filles qui y acquièrent des connaissances ménagères, ou la pratique des métiers de dactylographes ou de couturières. L’enseignement 11’est pas gratuit. Les élèves paient de 100 à i5o fr. par an.
- Embrayages en métal ou en cuir. — Notre confrère anglais Motor s’est livré, ces temps derniers, à un examen des différents types d’embrayages. Pour les embrayages métalliques, se faisant en bain d’huile, il estime que la présence de l’huile est certainement avantageuse, car • la couche huileuse, au moment où les plaques ne sont pas serrées l’une contre l’autre, agit sans doute comme coussin entre ces surfaces, et permet une prise graduelle ; mais, si cotte huile n’est pas exactement de la consistance voulue, il peut se produire un glissement énorme, et ensuite, quand les plateaux seront en prise, ils ne se détacheront pas aussi aisément qu’011 pourrait le désirer. Au contraire, avec les embrayages à surface de cuir, il est bien rare qu’il se produise le moindre raté ou la moindre lenteur dans le détachement des plateaux; il suffit, pour cela d’une diminution de pression très faible. Évidemment l’embrayage en cuir peut être un peu irrégulier, si la surface du cuir 11 est pas bien traitée, mais il est particulièrement simple, cl il 11e semble pas que rien rende autant de services. Notre confrère a pu citer l’exemple d'un embrayage de ce genre qui a assuré un parcours total de 16000 km., sans accuser aucune usure le mettant' hors de service.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Moteurs
- Nouveau comburant pour moteur à explosion. —
- On l’obtient en faisant passer sur du carbure de calcium de l’alcool dénaturé. Le gaz produit dans le carburateur est dans ces conditions formé d’un mélange de vapeurs d’alcool, d’air et d’acétylène. lia reçu le nom d’alkoéthine. Ce gaz est amené directement au moteur et l’emploi de ce comburant nouveau n’entraîne aucune modification des organes du moteur.
- Ce mélange très curieux réunit à la fois les propriétés
- Entonnoir pour verser le carbure
- Au moteur
- Entrée datr
- Chambre de mélange ... d'ahoo! et d'air
- Arrivée d'alcool
- Nouveau comburant pour moteur à explosion.
- de l’alcool et de l’acétylène, sans toutefois posséder le pouvoir brisant de ce dernier; d’ailleurs il a été employé en Amérique avec succès : son pouvoir explosif est à peu près égal à celui de l'essence, mais l’économie réalisée par son emploi est des plus grandes. Le croquis schématique ci-joint montre le dispositif adopté pour la formation de l’alkoéthine.
- Nous devons encore signaler un avantage de l’alkoé-thine qui est le suivant : il permet de faire partir le moteur, même à froid, tandis qu’avec l’alcool pur, le démarrage est souvent très difficile.
- Automobilisme <-*
- L? « autoslip ». — L’usage des fosses de visite pour la réparation des automobiles présente de nombreux inconvénients ; le plus grave est la fixité de la fosse ; si l’accident vous surprend en roule ou qu’une réparation soit nécessaire pendant le cours d’un voyage, en un endroit où il n’existe pas de fosse, vous pourrez être embarrassé. Or les fosses de ' réparation, vu leur prix d’établissement, sont encore assez rares. De plus, diffi-
- Fig. i.
- ciles à nettoyer et imprégnées d’essence, elles constituent un danger d’incendie assez grave.
- L’ « autoslip » est un appareil destiné à suppléer la fosse de visite sans présenter ces inconvénients. Il se compose de 2 poutrelles en bois armé A, reposant par 2 axes B, sur un châssis formé de 2 longerons C, lesquels sont reliés par des boulons à 3 traverses D reposant sur le sol. La traverse arrière porte un treuil E, commandé par une vis sans fin, ce qui le rend irréversible. Les 2 poutrelles A sont réunies à leur extrémité
- arrière par une entretoise F, portant une poulie de renvoi G ; sur cette jtoulie passe le câble d’acier destiné à hisser et à faire basculer la voiture. On fixe le palon-nier II par 2 courroies à l’essieu avant ou arrière de 1 automobile à réparer; le palonnier est. ensuite réuni par un crochet au câble d’acier ; il suffît, pour faire monter la voilure sur le slip, d’actionner le treuil jusqu’à ce que les roues touchent les butoirs I. On fixe
- solidement par des courroies les roues aux poutrelles du slip.
- En continuant à actionner le treuil, l’auto bascule et prend les diverses positions nécessaires pour la visite ou la réparation. Après l’usage, F « autoslip » se replie et ne tient plus qu’un faible volume, il est donc aisément transportable. En vente chez M. Iluchel, 4> <fuid Ile-Gloriette, Nantes.
- Bec veilleuse. — Ce nouveau bec pour phare d’automobile, connu sous le nom de bec « veilleuse », répond pleinement, et de la façon la plus pratique, aux ordonnances de police qui exigent l’extinction des projecteurs dans la traversée de certaines localités. Il permet d’éteindre les projecteurs pendant tous les stationnements de la voiture et de les rallumer juste au moment de repartir, évitant ainsi toute consommation inutile; de plus par l’économie de gaz qui en résulte, il dispense des générateurs trop volumineux.
- Le bec, placé à l’arrière de la lanterne, est fixé de telle sorte que l’extrémité de sa flamme puisse atteindre le jet d’acétylène qui sort du grand bec.
- Le bec veilleuse et le grand bec ont des canalisations indépendantes comme le représente la figure ci-jointe : celle du bec veilleuse, indiquée en traits pointillés, aboutit directement à l’une des olives du condenseur P. Celle du grand bec (trait plein) aboutit à une autre olive du condenseur, mais avant, monte le long du tablier de la voiture et porte près du volant de direction, un robinet D qui permet d’éteindre et de rallumer ce grand bec aussi souvent qu’il est nécessaire, sans descendre de voiture, sans l’arrêter ou même la ralentir. Le robinet D ne demande aucun réglage : il est ouvert en plein quand.
- Détail du bec veilleuse :
- — — Canalisation - - Canalisation du
- bec veilleuse ; G, GénératcD» ; P, Condenseur à 3 prises ; D, Robinet commandant l’extinction ou rallumage des phares.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- les projecteurs doivent être allumés, ou bien il est complètement fermé quand ils doivent être éteints. Sa manœuvre est donc simple, le conducteur l’opère sans tâtonnements, sans tension d’esprit, conservant une attention entière et complète à la conduite de sa voiture. — Le bec veilleuse est en vente chez Vallée, •i3, passage Ménilmontant.
- Divers <««
- Porte à fermeture automatique pour pigeonnier.
- — Nombreuses sont les personnes possédant un pigeonnier, pour pigeons-voyageurs, et qui voudraient munir ce pigeonnier d’une porte-à fermeture automatique, dans le but d’empêcher de sortir un animal, une fois qu’il a réintégré le pigeonnier. Notre confrère Work a publié une méthode très simple à ce sujet. Toute la porte est faite de fil métallique, si bien qu elle obture l’ouverture sans empêcher l’air de pénétrer librement. Et sa constitution même la rend fort légère.
- Les deux moitiés de la porte sont identiques et faites de til de fer ou d’acier, un peu plus gros que celui qu’on emploie pour faire courir les arbres fruitiers; il est essentiel qu il soit assez fort pour se bien soutenir sans entraîner de déformations du cadre de la demi-porte. Nous donnons une ligure de celle-ci qui renseigne mieux que toutes les descriptions. En tournant couyenablemeut le lil métallique autour de clous plantés solidement dans une forte planche, on arrive aisément à former le cadre que nous mettons sous les yeux du lecteur. On fait bien de commencer cette sorte de cadre par le milieu de son petit côté gauche. Il ne faut pas omettre de former le petit œillet C, qui peut
- 1 2
- Porte à fermeture automatique pour pigeonnier.
- nière est prévue en D qui permet ce déplacement vertical. 11 se transmet aussitôt â une autre planchette E, dont nous donnons une vue en plan et détaillée à droite; comme cette planchette porte en avant deux petits crochets faits de fil métallique, qui viennent pénétrer dans les chiens, dans les coulisses B des vantaux, au moment où le pigeon atteint la planche O, celle-ci oscille et ramène les vantaux en travers de l’ouverture, dans la position de la 2e ligure de gauche. C’est donc le pigeon qui ferme la porte derrière lui. Du reste, on a prévu un petit dispositif pour que ses plumes ne puissent se prendre entre la partie basculante et la planchette fixe R; il suffit pour cela de la baguette de bois G. On peut rouvrir à distance la porte du pigeonnier; dans ce but, on attache une cordelette à l’œillet C, et, en tirant sur cette corde, on force la porte, ou la demi-porte s’il n’y a qu’un œillet et une cordelette, à osciller et reprendre sa place première. Au reste, par suite de la présence des crochets FF de la planchette E, le mouvement se transmet à l’autre vantail et l’entrée du pigeonnier se retrouve toute grande ouverte.
- La couturière. — La couturière est une nouvelle machine à découper les étoffes, cuirs, papiers, etc. Elle est remarquable par deux qualités essentielles; sa simpli-
- haute d’environ i5 cm, d’amateurs, â une table
- cité et ses petites dimensions, elle se fixe, comme les étaux quelconque en serrant la vis à plateau qui termine le bâti.
- Elle est constituée par un axe F G que I on actionne à l’aide d’une manivelle à main et sur lequel on monte une molette F portant en relief le modèle du découpage à obtenir. Il existe un jeu de molettes très varié permettant tous les profils de découpage que l’on désire. Sur cette molette vient appuyer un cylindre C monté sur
- un axe ; la pression de ce cylindre est réglable au moyen de deux vis A B, de sorte que si la coupure n’est pas'suffisamment nette d’un côté, il suffit de serrer la vis correspondante. L’étoffe, le papier ou le cuir sont dirigés entre la molette et le cylindre sur uue tablette D. Remarquons en passant que l’usure des molettes n’est pas à craindre, car le découpage s’effectue par la pression du cylindre sur la molette, le dessin n’étant jjas tranchant. — La couturière se trouve chez M. Huchery, 206, boulevard Voltaire, à Paris.
- La couturière.
- être fermé ou non, puis l’espèce de coulisse allongée B, précédée d’un autre œillet double A. En fait, l’œillet G n est indispensable que sur une des demi-portes, mais il n’y a aucun inconvénient à les en munir toutes les deux. L’œillet A va nous donner le point de pivotement de ces deux vantaux, tandis que la boucle allongée B, la coulisse, servira de chien pour provoquer le mouvement de fermeture, qui se fera suivant le plan même de la porte. La mise en place de tous ces organes est très simple. On ménage dans la planche de façade du pigeonnier une ouverture carrée, précédée de l’inévitable planchette formant balcon, où les oiseaux viennent se poser avant de pénétrer. Les deux vantaux sont montés derrière cette planche de façade comme on le voit dans les figures i et 4- Dans la figure x, du reste, la porte est largement ouverte ; le haut de chaque vantail vient reposer sur un clou H; le jeu des vantaux est régularisé et ils sont maintenus par la tringle horizontale, faite de fil de fer, qui se recourbe pour laisser 1 épaisseur voulue aux vantaux, et se fixe à deux clous symétriques H. Ces vantaux sont simplement fixés par leur pai'tie inférieure, au moyen d’un clou traversant l œillet A. Pour les fermer, il suffit qu’un effort se fasse sentir sur ce que nous avons appelé les deux chiens, et de haut en bas. Et c est ce que va donner le jxoids même du pigeon. En effet, à l’intérieur du pigeonnier, et derrière l’entrée, à la suite d’une petite planchette R fixe, nous trouvons une autre planche qui foiune pont mobile, suivant le sens vertical, le mouvement de déplacement n’ayant du reste qu’assez peu d'amplitude. Une char-
- Un appareil de massage à main. — On attribue aujourd’hui au massage uue foule de propriétés hygiéniques et cui'ativesi Voici un petit appareil mécanique permettant à chacun de pratiquer soi-même le massage. Le « Veedee » est un appareil à main pesant 56o gr. environ. Il fonctionne de la façon suivante : tandis que d’une maiu ou maintient le plateau C appliqué sur la
- Appareil de massage à mai a.
- partie du coi’ps à traiter, de l’autre main on tourne rapidement la manivelle B ; sou mouvement de rotation est transmis par un jeu d’engi’enage au volant ajustable D qui évolue avec une grande l'apidité à l’auti-e extrémité de l’insti'ument ; on peut aller jusqu’à 8oo tours à la minute ; le volant ti'ansmet un mouvement l'apide de vibration à la tige C sur laquelle on monte la tige à boule H qui effectuei’a le massage. — L’appareil se trouve chez M. Bicbai'a Malhamé, io, xuiede la Chaussée-d’Autin.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1907
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- I.
- SOLEIL
- L’équinoxe d'automne arrivera le 24 septembre, à •)'* i8m. A ce moment, les jours et les nuits auront sensiblement la même durée.
- Continuer l’observation quotidienne du Soleil et prendre des dessins de position et de détail des taches chaque lois que l’on en verra sur le disque.
- IL — PLANÈTES
- Les deux cartes publiées au n° 1754 du 5 janvier 1907 et les explications ci-après, permettront de trouver et de suivre les planètes sur le ciel pendant le présent trimestre.
- Mercure traverse les constellations du Cancer, du Lion et de la Vierge. Sa plus grande élongation aura lieu le i3 août à i8°48' à l’Ouest du Soleil. Mercure sera alors visible le matin et on pourra le rechercher cinq ou six jours avant et après cette date. Mercure sera en conjonction avec Vénus le ie‘ août, à i3 heures, à 4° 5o' ait Sud et le 3 septembre, à 20 heures, à o° 26' Nord (cette dernière conjonction sera difficilement observable à cause du voisinage du Soleil).
- Mercure sera encore en conjonction avec 0 Cancer, le 2 juillet, à 21 heures, à o°o',5 au Nord et le 19 juillet avec 29 Cancer, à 18 heures, à o°9' au Nord.
- Vénus parcourt les constellations du Taureau, des Gémeaux, du Cancer et une partie du Lion. Elle sera en conjonction supérieure avec le Soleil le i5 septembre. Par suite, elle se trouve dans une période très peu favorable pour l’observation, de l’autre côté du Soleil et plongée dans son rayonnement. Son diamètre, de n",ole 5 juillet sera réduit à 10",2 le i5 septembre.
- On pourra chercher à observer les conjonctions très curieuses suivantes de Vénus, avec :
- Neptune, le 21 juillet, à 20 heures, à 0° 58' Nord.
- Jupiter, le 1" août, à 17 heures, à 0° 18' Nord.
- X Lion, le 8 septembre,1 à 18 heures, à 0° 4' Nord.
- Mars sera en opposition, le 6 juillet, dans le Sagittaire. Cette opposition est très favorable au point de vue de la faible distance à la Terre (o,4o8, la distance'de la Terre au Soleil étant i). Malheureusement, pour nos latitudes, la planète sera bien basse sur l’horizon, ne s’élevant pas à plus de i3° à Paris, au passage au méridien, au moment de l’opposition.
- Il nous est impossible, à cause de leur étendue, de donner ici tous les éléments permettant l’observation complète de la planète : position de l’axe, latitude du centre, etc. On les trouvera dans l'Annuaire astronomique Flammarion pour 1907. Voici, toutefois, le diamètre et la phase :
- autour de la planète, donnent lieu à de curieux phénomènes résumés dans la liste suivante :
- PHÉNOMÈNES DU SYSTÈME DE JUPITER.
- 11 août, III. I1. L, 1 h. 8 m. ; 14, IV. lin. 4 h. 17 m. ; 16, I. 0. 1., 4 h. 56 m.; 22, II. 1*. c., 3 h. 52 m. ; 23, 1. 0. c., 4 h. 11 m. ; I. P. c., 4 h. 47 m. ; 24,
- I. Em., 4 li. 26 m. ; 29, II. 0. c., 4 h. 55 111. ; 31, I. E. c., 5 h. 24 m. 49 s.;
- II. Ein., 3 h. 42 ni.; IV. Em. 4 h. 58 111. — 1er septembre, I. P. L, 3 h.
- 57 ni. ; 8, LP. c., 5 h. 18 m. ; I. 0. !.. 4 h. 47 m. ; 9, I. Em.. 2 h. 55 m. ; 12, III. E. c., 4 h. 46 111. 2 s. ; 14, II. E. c.. 4 h. 31 m. 49 s. ; 15, I. 0. c., 4 h. 21 m. ; I. P. c., 5 h. 17 m. ; 16, II. 0. f., 2 h. 15 m. ; II. P. I., 4 h. 7 rn. ; I. Em., 4 h. 55 m. ; 23, 111. 0. 1‘., 2 h. 19 m. ; III. P. c., 2 h. 51 m ;
- I. E. c., 5 h. 53 m. 17 s. ; II. P. c., 5 h. 54 m. ; II. 0. f., 4 h. 49 m.; 24, 1.
- 0. f., 5 h. 5 m.; I. P. !'., 4 h. 5 m. ; 30, III. 0. c., 2 h. 43 m. ; II. 0. c..
- 4 h. 26 m. ; 1. E. c., 5 h. 26 111. 29 s.
- Saturne brille dans la constellation des Poissons, et traverse le groupe des étoiles uo, 27, 29. Il est dans la période d’opposition, celle-ci se produisant le 18 septembre.
- Cette année, l’observation de Saturne sera particulièrement intéressante, l’anneau se présentant par la tranche. Voici les éléments de l’anneau de Saturne pour diverses dates du présent trimestre :
- ô JUILLET 4 a on 5 SEPTEMBRE
- Diamètre de la planète. . . . 17".6 18", 0 19".2
- Grand axe extérieur. .... 40”.5 42",4 45''.7
- l’etit axe extérieur Hauteur de la Terre au-dessus 1",7 1",5 0",8
- du plan de l'anneau. . . . Hauteur du Soleil au-dessus 2° 24' 90 1° 2'
- du plan de l'anneau. . . . 0° 19' 0° 10' 0° 38’
- Uranus, dans le Sagittaire, sera en opposition le 3 juillet. Il se présente, dans les lunettes, comme un
- DATES
- 10juillet. . . 9 août . . . 8 septembre. 28 septembre.
- DIAMETRE DE MARS 90"
- 20" *5 16", 0 . 15",4
- PHASE
- 0",05
- 1".14
- 1"187
- 1".87
- On trouvera facilement Mars en s’aidant de la petite carte spéciale que nous donnons ci-contre et en rappelant que cette planète brille comme une étoile rougeâtre de T° grandeur.
- Jupiter, dans les Gémeaux, puis dans le Cancer, est dans de mauvaises conditions d’observation, se trouvant en conjonction avec le Soleil le 16 juillet. On pourra l’observer, dans l’aurore, vers le milieu d’août et en septembre. Diamètre équatorial : 5 juillet, 3i",4; 6 août, 31",6; 5 septembre, 32",6; 25 septembre, 33",9. Les quatre principaux satellites, par leur mouvement
- MARCHE DE LA PLANETE « MARS » SUR LE CIEL PENDANT SA PÉRIODE D’OPPOSITION
- petit disque bleuâtre de 4" environ de diamètre. On le trouvera aux positions suivantes :
- DATES
- 5 juillet. . .
- 6 août . . . 5 septembre.
- 25 septembre.
- ASCENSION DROITE
- 18 h. 46 m.
- 18 h. 41 m.
- 18 h. 38 111.
- 18 h. 38 m.
- DECLINAISON
- — 23° 24'
- — 25° 29'
- — 23° 32'
- — 25° 32'
- DIAMETRE
- 4",1 4",0 3",9 3",9
- Neptune, dans les Gémeaux, est pratiquement inobservable au début de ce trimestre. On le trouvera, en août et septembre, aux positions suivantes :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 16 août...... 7 h. 0 m. +21° 55' 2",2
- 25 septembre . . 7 h. 4 m. -1- 21° 49' 2'*,2
- La planète, avec une puissante lunette, présente un très petit disque bleuâtre.
- III. PHÉNOMÈNES DIVERS
- Éclipses. — Le 10 juillet, éclipse annulaire de Soleil, invisible à Paris. Cette éclipse ne sera obser-
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- €
- vable que île l’Amérique du Sud. La zone annulaire (’ommeuce dans le Pacifique, traverse l’extrémité boréale du Chili, la Bolivie, le Brésil et se termine dans l’Atlantique. La phase annulaire centrale se produira pour un point du Brésil situé par 52°46' de longitude Ouest de Paris et i6°57' de latitude australe, à midi vrai. Elle durera 7 m. i5 s.
- Le 25 juillet, éclipse partielle de Lime, en partie visible à Paris. Celte éclipse, pour Paris, se produit le matin, peu avant le coucher de la Lune. Elle sera surtout observable de l’Amérique. Voici les phases pour Paris :
- Entrée de la Lune dans la pénombre.................2 h. 8 in.
- Entrée dans l’ombre................................5 b. 15 m.
- Coucher de la Lune.................................4 li. 21 m.
- Milieu de l’éclipse................................4 h. 52 ni.
- Sortie de l’ombre..................................5 b. 51 ni.
- Sortie de la pénombre.............................Il b. 56 ni.
- La grandeur de l’éclipse sera de 0,620, le diamètre de la Lune étant un.
- Conjonctions :
- Le 6 juillet, Mars en conjonction avec x Sagittaire, à i b., à Ü0<.)' Sud.
- Le 28 juillet, Saturne en conjonction avec la lame, à 22 h., à 2° 57' Nord.
- Le 6 août, Neptune en conjonction avec la Lune, à 14 h., à 0° 5' Nord.
- Le 25 août, Saturne en conjonction avec la Lune, à 7 b., à 2° 23' Nord.
- Le 2 septembre, Neptune en conjonction avec la Lune, à 23 h., à ()ü 5' Sud. Le 21 septembre, Saturne en conjonction avec la Lune, à 14 h., à 2° 12' Nord. Le 50 septembre, Neptune en conjonction avec la Lune, à 7 b., à 0" 20' Sud.
- Occultations d’étoiles par la Lune. - Cette liste
- ne contient 6e grandeur. que les orcu llatio ns d’éloiles jusqu’à la
- HATE ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT FIN
- 25 juillet . . . v1 Sagittaire. 5,0 20 li. 7 m. 21 h. 15 m.
- 23 — v4 Sagittaire. 5,-1 20 h. 51 ni. 21 h. 42 111.
- 28-29 — 50 Poissons. 4,0 25 h. 17 1U. 0 li. 21 ni.
- 29 — 55 Poissons. 4,8 1 li. 14 ni. 2 II. 15 ni.
- 29 — 20 Haleine. 5,2 23 li. 33 111. 25 h. 50 111.
- 5 août. . . . X1 Orion. 4.7 3 h. 49 ni. 4 h. 19 ni.
- 17 — / Opliiuclius. 4,0 21 li. 27 in. 21 li. 52 111.
- 21 sepleinUre . Ç/3 Verseau. 5,2 1 li. 47 ni. 2 li. 51 111.
- 21 - 50 Poissons. •4,0 19 li. 18 tu. 20 li. 3 ni.
- 21 — 53 Poissons. 4,8 21 lu 18 ni. 21 li. 59 ni.
- 25 — g. Haleine. 4,4 1 li. 5 ni. 1 h. 48 ni.
- 27 — 5‘ Taureau. 3,9 0 h. 4 ni. Appulseà()',7 «lu lionl.
- 27 — 54 Taureau. 5,1 0 lu 1 ni. 1 li. 8 111.
- Étoiles filantes. — L e 10 juillet, commencement
- habituel de la chute des Perséides, radiant initial vers
- 0 Cassiopée. Le maximum de la chute se produit vers le 11 août. Le radiant est alors voisin de l’étoile v] Persée. La pluie cesse le 21 août, radiant dans la Girafe.
- Le 26 juillet, étoiles filantes venant de 3 Poisson austral, à suivre jusqu’au 29.
- Étoiles variables. — U Annuaire du Bureau des Longitudes donne les éléments pour l’observai ion d’un très grand nombre d’étoiles variables.
- Minima de l’étoile variable Algol ((3 Persée) :
- G juillet (5 b. 5 in.) ; 8 (25 b. 54 m.); 20 (1 b. 54 ni.) ; 51 (22 h. 22 ni.). -21 août (0 b. 2 ni.); 25 (20 b. 51 ni.). — 10 septembre (1 b. 42 ni.); 12 (22 b. 50 m.) ; 15 (10 h. 19 111.). Est. TOUCHEE.
- VAR1 ÉTÉS »
- L’emmagasinage du charbon sous l’eau. — Lorsque le charbon de terre est gardé longtemps en réserve, amoncelé suivant l’usage courant, en parcs ou en tas, et exposé à toutes les intempéries atmosphériques, il subit une série de détériorations; les premières, qui sont d’ordre purement physique, accroissent sa friabilité, et le réduisent assez vite, sinon en poussier, du moins en menus morceaux ; les secondes, qui sont des réactions chimiques aussi complexes que mal connues dans leur détail, se résument en une sorte de combustion lente qui enlève au charbon une partie notable de son pouvoir calorifique.
- Ce sont là deux inconvénients graves : le charbon délité est d’une manipulation difficile et brûle mal dans les foyers; de plus, les hydrocarbures gazeux que les blocs de houille retiennent mécaniquement dans leurs pores et leurs fissures s’échappent aussitôt que la cohésion de ces blocs disparaît; il s’ensuit une déperdition de la valeur en soi du combustible en même temps qu’une perle de poids appréciable qui vient augmenter encore dans une large mesure la dispersion par le vent des particules ténues composant le poussier. La conservation sous des hangars ou dans des docks fermés n’est pas un palliatif suffisant; elle entraîne d’ailleurs à des dépenses considérables de premier établissement et cause souvent des complications inacceptables dans la manipulation et le transbordement. De plus, si elle atténue les effets du contact atmosphérique, elle ne les supprime pas entièrement et laisse subsister les oxydations internes qui sont dommageables au plus haut point.
- Cette action véritablement destructive de l’air sur le charbon a retenu de longue date l’attention des ingénieurs qui se sont efforcés de l’empêcher ou tout au moins de l’atténuer; la question se posait d’ailleurs pour la marine avec une urgence plus impérieuse encore. En effet, les approvisionnements de charbon que font certaines usines ne sont rien en comparaison de ceux qu’exige le ravitaillement des steamers et la constitution des importantes réserves destinées aux escadres en cas de guerre. Aussi les techniciens de l’Amirauté anglaise ont-ils, plus que tous les autres, étudié la conservation du charbon; ils sont arrivés, après plusieurs années d’expériences, à établir que l’emmagasinage sous l’eau, et particulièrement sous l’eau de mer, donne les meilleurs résultats pratiques, tant au point de vue de, la conservation du pouvoir calorifique qu’à celui de l’état physique du combustible.
- L’eau constitue un isolant suffisant pour soustraire le charbon à l’action de l’atmosphère; de plus, par sa pression, elle s’oppose au départ du gaz, et cela <i autant mieux que l’immersion est faite à une profondeur plus grande. L’eau de mer est jilus efficace encore que l’eau douce, à la fois par suite de sa densité plus grande qui accroît la pression exercée à profondeur égale, sur la surface des corps immergés, et par suite de l’action incontestable, quoique inexpliquée, des sels qu’elle contient en dissolution; on a émis à ce sujet une hypothèse d’après laquelle elle dissoudrait partiellement les éléments non combustibles du charbon, ce qui augmenterait le pouvoir calorifique. Mais, quoi qu’il en soit du mécanisme exact des phénomènes produits, l’immersion du charbon dans l’eau de mer donne les résultats les plus satisfaisants et produit des effets pratiques nettement favorables. A Hong-Kong, par exemple, où certains charbons des dépôts de la marine perdaient en trois ans d’exposition à l’air jusqu’à 3o et 35 pour 100 de leur pouvoir calorifique, on a pu conserver absolument intacts pendant cinq ans de gros blocs immergés à une profondeur de 10 m. Au sortir de l’eau, ces blocs avaient un aspect terne et presque terreux, mais ils avaient gardé toute leur consistance, et le brillant de leur cassure montrait qu’à l’intérieur ils étaient demeurés exempts de toute oxydation. Après une exposition de trente-six heures au soleil et à l’air, leur dessiccation était complète et ils étaient redevenus aptes à servir à tous les usages industriels.
- L’immersion du charbon est donc, à l’heure actuelle, un procédé qui mérite de prendre rang d’une façon définitive parmi les plus avantageux; aussi les ingénieurs s’accordent-ils à l’adopter. Francis Marre.
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- Petit jeu de société. — Turner signale, dans son remarquable ouvrage sur Samoa, un petit jeu de société très en honneur parmi les Samoans et que nos compatriotes trouveront peut-être quelque plaisir à leur emprunter. Cela les changerait un peu du petit corbillon. Voici en quoi cela consiste. On forme cercle et quelqu’un dit un nom d’oiseau (dindon), le suivant doit donner un nom de poisson qui rime avec le précédent (goujon). On donne des gages à celui qui manque. Bien entendu le jeu peut varier à l’infini, selon les deux catégories dans lesquelles on admet qu’il faut choisir les noms qui doivent rimer) Oiseau et poisson sont celles qu’emploient les Samoans, mais elles seraient sans doute fort incommodes pour des Français. Aux lecteurs d’en choisir d’autres.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boile aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signales par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. Eu raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Choix, à Paris. — 11 est exact qu’en télégraphie sans 111, on utilise des ondes électriques de longueur d’onde comprise entre 3oo et 3ooo m. environ. On a pu réaliser, il est vrai, des longueurs d’onde beaucoup plus faibles, et descendre, grâce aux oscillateurs de M. Bose, jusqu’à 4 mm. Vous pourriez lire avec intérêt à ce sujet l’excellent opuscule de M. Poincaré sur les Oscillations llerziennes, publié par Gauthier-Yillars, 51, quai des Grands-Auguslins Pour la mesure des longueurs d’onde, voyez les « Notions générales de télégraphie sans lil » de M. de Valbreuze à la librairie de « l’Eclairage Electrique », 40, rue des Ecoles, p. 119. Pour plus de renseignements, vous pourriez vous adresser à la maison Caillé qui a déjà construit, croyons-nous, des ondamètres.
- M. Einiger, à Kirchberg. — Méthodes pour apprendre
- le piano sans professeur : Méthode théorique et pratique de piano, par Jean Buida, éditeur : Cari Teudler à Graz, Styrie (Autriche); Fr. llofmeister, à Leipzig (Allemagne) ; C. Schrottenbach a. C. à Vienne (Autriche) ; cette méthode comprend six parties qui coûtent : la i'° 4 fr., la 2e 4>2ofr., la 3e 6 fr., la 4e 6 fr., la 5e 7,ao fr., la 6° 7, -20 fr.
- M. Merlin, à Malakoff. — Pour obtenir les renseignements que vous désirez, vous pourriez vous adresser utilement à la maison Mestre et Blatgé, 5, rue Brunei, ou à la maison Outhenin-Chalandre, 4, rue de Chartres, à Neuilly.
- M. Dufour, ingénieur, à Bruxelles. — Nous regrettons de 11e pouvoir vous donner le renseignement demandé. Kous u avons pu trouver de maison fournissant du papier quadrillé logarithmiquement.
- M. Morsier, à Genève. — Le mélange suivant qui convient pour le cuivrage de la fonte conviendrait peut-être aussi pour celui du zinc : Eau 25 litres, Tartrale de soude potassique 8 kg, chaux de soude 3 kg, Sulfate de cuivre i,u5o kg. Vous pourriez essayer de remplacer le sulfate par l’acétate de cuivre.
- M. D. M., à Paris. — Voyez les Tables de La Nature.
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- BIBLIOGRAPHIE
- !.e llaut-Jura, guide du touriste, édité par la Société jurassienne de photographie et d’excursions (à Saint-Claude, Jura, 1907) et rédigé par notre collaborateur L. Reverchon, est une élégante brochure de 96 pages, abondamment et suggeslivement illustrée, pour vulgariser la belle région trop peu connue d’entre Lons-le-Saunier, Champagnole, Genève, Nantua avec les admirables sites de Morez et Saint-Claude, les lacs, cascades, gorges, forêts et rochers qui ont valu à ce beau pays le surnom d’Ecosse de la Fr anche -Comté.
- Eléments de sidérologie, par Han ns von Juptner, traduits de l’allemand par È. Poncelet et A. Delmer. Paris. A. Béranger. 3 vol. in-8°. Prix : reliés, 5o francs. (Les volumes se vendent séparément.)
- Ce très important -ouvrage, dont la publication a commencé en 1903, traite, sous une forme nouvelle et originale, de toutes les questions qui concernent la métallurgie du fer, le traitement et la constitution de ses alliages. Le tome Ier est consacré à la constitution des alliages de fer et des scories, à leur examen micrographique et chimique. 11 commence par une théorie des alliages fondus en envisageant, les rapports entre la pression osmotique et les autres propriétés des solutions. Dans le tome II on étudie l’influence du traitement thermique et mécanique des alliages de fer sur leur constitution (courbes d’équilibre), les propriétés physiques des alliages de fer dans leurs relations avec la composition chimique et la texture morphologique, les rapports entre la constitution, le travail et les propriétés mécaniques des alliages de fer. Enfin le tome III, plus spécialement relatif à la métallurgie, traite des actions réciproques entre le fer et différents éléments, en décrivant, suivant un ordre rationnel, les divers procédés métallurgiques. Cette brève énumération suffît à faire voir l’esprit général du livre et son caractère très moderne.
- L’électricité, par Lucien Poincaré. Bibliothèque de philosophie scientifique. 1 vol. in-18. Prix : 3fr,5o. Ernest Flammarion, éditeur.
- Ce livre donne, sous une forme très simple et accessible, un tableau fidèle de l’état actuel de l’électricité, à la fois de sa théorie et de ses applications, utile par conséquent aux ingénieurs comme aux physiciens.
- U électricité industrielle, par M. C. Lebois, inspecteur des écoles pratiqués de commerce et d’industrie. Librairie Deîagrave, i5, rue Soufflet.
- Cet ouvrage élémentaire expose, d une façon remarquablement claire, les notions d’électricité aujourd’hui indispensables à tous.
- Notions générales sur la télégraphie sans fil, par R. de Vai.breuze. 1 vol. in-8° raisin, 170 pages, 129 figures, à la librairie de l’Eclairage électrique, 40, rue des Ecoles, Paris.
- Ce livre vient à son heure. La télégraphie sans fil a pris un extraordinaire développement, et il manque à ceux qui ne sont pas initiés un guide clair et simple pour se retrouver au milieu de toutes les théories et de toutes les innovations. Ils le trouveront dans cet ouvrage. Il débute par des généralités sur les mouvements vibratoires, les radiations lumineuses, chimiques, calorifiques et électriques, les oscillations et les ondes électriques. Après l’historique de la question, l’auteur consacre un chapitre aux détecteurs, un autre à la syntonisation, puis il expose l’état actuel de la question et les travaux les plus récents faits en France et à l’étranger.
- La télégraphie sans fil et la télémécanique à la portée de tout le monde, par M. Monier, ingénieur des Arts et Manufactures ; préface du Dr Branly, 2e édition revue et augmentée. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, 49, quai des Grands-Augustins, Paris, VIe. In-8°* de 142 pages avec figures. Prix : 2 francs.
- Dans ce petit ouvrage d’utile vulgarisation, M. Monier, tout en 11e faisant appel qu’à des connaissances élémentaires, donne une idée très nette de la télégraphie sans fil, de ses origines et de ses progrès.
- Les moteurs à gaz. Etude des projets. Construction et conduite des moteurs à explosion, par H. Haeder, ing. civil, traduit de l’allemand par M. Varinois. Chez Dunod et Pinat, 4q> quai des Grands-Augustins, Paris. Tome I. Gr. in-8, 208 pages, 726 fig. Prix : i2fr,5o.
- Cet ouvrage s’adresse au monde industriel qui construit ou utilise les moteurs à gaz. C’est une étude complète des moteurs, précieuse par les nombreux
- . exemples pratiques et numériques qu’elle nous offre, par l’examen approfondi auquel elle se livre du rôle de chaque organe.
- Electrische Fernphotographie und Ahnliches,. par le Dr A. Korn. 21 figures dans le texte. Leipzig, chez Hirtzel. Exposé historique. Emploi de l’indicateur de fréquence Hartmann-Kempf pour obtenir une rotation
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- mi BIBLIOGRAPHIE j m
- synchrone à 2 stations éloignées. Description des appareils transmetteur et récepteur. Appareil récepteur pour lélaulographie. Uu relais de lumière. Le compensateur de sélénium et sa théorie élémentaire. Méthodes nouvelles de téléphotographie et de télautograpliie.
- Kssais des machines à courant continu et alternatif suivi des règlements actuellement publiés concernant les essais de machines. Conférences faites à l’Ecole supérieure d’électricité, par P. Bourguignon, i vol. in-8°. Prix : i5 liâmes.
- Organisation générale des plates-formes d’essais. Rhéostats. Caractéristiques. Résistance des induits, des inducteurs. Détermination du rendement. Difle-
- rents freins. Méthodes d’opposition. Essais des moteurs-série. Séparation des pertes dans les machines. Détermination de la forme des courants alternatifs.
- L'amateur du Kodak, revue illustrée de photographie, Compagnie Kodak, 6, rue d’Argenteuil, Paris. Abonnement gratuit (60 centimes d'affranchissement annuel).
- Nous nous faisons un plaisir de signaler à nos lecteurs la jolie publication photographique mensuelle de la Compagnie Kodak. Les deux premiers numéros que nous avons sous les veux contiennent en plus de charmantes illustrations, d’un parfait tirage, une partie purement technique qui sera fort appréciée des amateurs.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude îom,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 24 juin 1907 . 15°,1 S. S. W. 2. Très nuageux. » llosée; (rès nuageux.
- Mardi 25 13°,1 W. S. W. 4. Très nuageux. 0,9 Très nuageux ; petite pluie à 0 h. 50 et. de 17 h. à 19 h.
- Mercredi 20 14°,4 S. W. 3. Très nuageux. 0,0 Très nuageux; pluvieux à 0 h. el 11 h.
- Jeudi 27 15°,4 S. W. 2. Très nuageux. » Rosée ; t rès nuageux.
- Vendredi 28 18°,2 S. W. 0. Beau. 0,1 Rosée ; nuageux le ni. ; couvert le s. ; pluie à 18 h. 20.
- Samedi 29 12°,9 N. N. E. 3. Très nuageux. 2,7 Couvert jusq. 17 h. ; peu nuag. ensuite ; pluie de 13 h. 40 à 1(> h.
- Dimanche 50 11°, 5 E. 1. l'luie. 20,1 C.onv. ; petite pluie de 5 h. 20 à 18 h. ; forte ensuite! : cesse à 21 li.
- JUIN 1907. — SEMAINE DU LUNDI 24 AU DIMANCHE 30 JUIN 1907.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- ti
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- G MIDI 6>"MIN-’S MIDI G MIN 6 MIDI G M.IN 6 MIDI G MIN-..6 MIDI G MIN G MIDI G MIN .G MlOI -G
- rbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : ipaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à labn a
- La courbe
- courbe épai . ,
- boule sèche, courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée,
- Du 24 au 3o-juin. — Le 24. Pression atmosphérique (en mm) : dépression sur le N.-O; de l’Europe; à Biarritz, 770 mm. Vent fort sur la Manche ; mer houleuse. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe; en France (mm) : Marseille, 3; Paris, 2; Brest, Lyon, 1. Température du matin : Haparanda, io°; Paris, i3; Alger, 21; Pic du Midi, 3; moyenne à Paris : i3°,3 (normale : i6°,7). — Le 25. Press, atm. : maximum, Bretagne, 765 ; minimum, Carlstad, 755. Vent faible. Pluies en Scandinavie. Temp. du matin : Paris, i3; Alger, 27; Puy de Dôme, 12; Pic du midi, 6; moyenne à Paris : i5°,9 (Normale : 170,3). — Le 26. Press, atm. : Christiansund, 748. Vent fort sur la Manche; mer houleuse. Pluies sur le N. de l'Europe; France : Dunkerque, 7; Cherbourg, 5; Brest, Nancy, 1. Temp. du matin : Hernosand, 90 ; Paris, i4°; Alger, 22; Puy de Dôme, 9 ; Pic du Midi, 5 ; moyenne à Paris : 16°,5 (normale : i7°,4)- — Le 27. Press, atm. : inférieure à 750 sur le N.-O. de l’Europe; Lemberg (Hongrie), 767. Pluies sur le N, de l’Europe; en France ; Brest, 2; Nantes, Cherbourg, 1. Temp. du matin : Carlstad, 11; Paris, i5; Alger, 22; Puy de Dôme, 14 ; Pic du Midi, 7;
- moyenne à Paris : 170,3 (normale : i7°,5). Le 28. Press, atm. : sur toute la France (moyenne) : 763; Scandinavie et Iles-Britanniques, dépression: Bodoe, 750; Lemberg, 769. Pluies sur le N.-O. de l’Europe; en France, ondées sur la Manche, orage à Clermont. Temp. du matin : Skudesness, 11; Nancy, 18; Alger, 21; Puy de Dôme, i5; Pic du Midi, 7; moyenne à Paris : i7°,3 (normale : i7°,5). — Le 29. Press, atm. : Odessa, 766 ; Bodoe, 754. Vent faible sur nos côtes. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe; en France : Nantes, 10; Nancy, 6; Rochel'ort, 2 ; Brest, le Havre, 1 ; orages à Biarritz, Rochefort, Clermont, Lyon. Temp. du matin : Paris, i3; Alger, 21; Puy de Dôme, 11; Pic du Midi, 6; moyenne à Paris : i2°,7 (normale : i7°,6). — Le 3o. Press, atm. : dépression sur la France : Le Mans, 756 ; maximum en Irlande, 763. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe; en P’rance : Nantes, 34; Besançon, 26; Clermont, i5; Biarritz, 10; Paris, 3. Temp. du matin : Bodoe, 10; Paris, 12; Alger, 23; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : i2°,6 (normale : i7°,6). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 25 à 9 h. 36 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- RÉDACTEURS EN CHEF :
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- E.-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d'adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘e, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VT)
- La reproduction des illustrations de • La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est, soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N* 1781 (13 JUILLET 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Exposition décennale de l’automobile. — Cette exposition, qui aura lieu en novembre 1907, sera particulièrement brillante. Afin de faciliter le travail d'organisation et de classement, il est nécessaire que la réparti-lion des stands soit arrêtée sufffisamment à l’avance. Aussi le Comité d’organisation, présidé par M. Rives, a-t-il décidé que le dernier délai pour la clôture des inscriptions est fixe au i5 août 1907.
- Une station navale allemande dans le Sud-Ouest africain. — D’après la Revue maritime, l’Allemagne serait, décidée à. créer un poste important à Swakopfmund (S.-O. africain) et des négociations seraient engagées avec l’Angleterre qui céderait, à cet effet, son enclave, la Walfish Ray, contre la promesse que l’Allemagne n’élèverait aucune difficulté au sujet du passage du chemin de fer du Cap au Caire à travers l’Etat indépendant du Congo. Projet sérieux ou ballon d’essai?
- L’industrie de l’aluminium. — Cette industrie a pris depuis 1906 un vif essor, en Europe surtout où la chute des brevets Héroult, dans le domaine public, permet à tous de fabriquer librement de l’aluminium par la méthode électrolytique. On note aujourd’hui, comme énergie employée à la production de l’aluminium : 27000 chevaux en France, 25 000 en Allemagne, i5 000 en Angleterre, 27000 aux Etats-Unis. De puissantes usines sont en formation en Allemagne et en Angleterre. L’accroissement de la consommation d’aluminium a coïncidé avec la hausse du prix du cuivre. Aux États-Unis, l’aluminium est fort employé actuellement, en conducteur torsadé, pour les lignes de transport de force. 11 a servi à l’établissement d’un transport de force à 3ao km. sous 60000 volts. La plus grande quantité est encore absorbée par l’aluminothermie ou la métallurgie du fer et de l’acier. L’aluminium s’emploie beaucoup aussi dans la construction automobile et dans la confection des explosifs.
- Une immense cabine de signaux et d’aiguillage.
- — La Compagnie anglaise du « London and North Western Railway » vient de faire construire, à la gare d’embranchement de Crewe, un poste de signaux et d’aiguillage qui peut être regardé comme le plus grand qui soit au monde. Il donne l’hospitalité, sur un espace relativement restreint, à 268 leviers actionnés par l’électricité. La disposition est des plus ingénieuses. Il suffit d’appuyer sur les divers boutons d’un tableau jjour obtenir le signal ou l’aiguillage nécessaire. Un seul homme, placé devant ce tableau, peut opérer de 35 à 4o manœuvres en 10 minutes. Le rayon d’action de cette
- cabine s’étend à 5 km., avec la sécurité la plus absolue, grâce à un système fort ingénieux de contrôleurs automatiques. Dans cette installation, le travail manuel est réduit au minimum. Les opérations se succèdent avec la plus grande rapidité même à une grande distance : la manœuvre d’une aiguille se fait en trois secondes et celle d’un bras de signal est effectuée en moins d’une seconde.
- La traite mécanique des vaches aux États-Unis.
- -- Nous empruntons les faits suivants à un récent article de M. d’Anchald dans Y Agriculture -pratique. De 1872 à 1906, il a été pris aux Etats-Unis 127 brevets pour des appareils de traite mécanique, dont les principes fondamentaux sont : i° enfermer chaque trayon d’une mamelle dans un cône de caoutchouc, de façon à comprimer le pis en imitant le travail effectué par le veau qui tette ; 20 relier la base du cône par un tube à un récipient hermétique, lui-même en relation avec une pompe aspirante ; cette pompe est actionnée par un moteur à essence, ou quelquefois à pétrole. Tout à fait dans ces dernières années, on a cherché à réaliser un appareil ou la chute du lait se ferait directement du pis dans le récipient, afin d’éviter le parcours dans le tube intermédiaire, qui est une cause jjermanente et difficilement écartable de contamination.. Des statistiques dressées par le Department of agriculture ont permis de se rendre un compte exact des avantages économiques de la traite mécanique sur la traite manuelle : ils ne commencent à devenir appréciables que si l’on possède au moins de dix à douze vaches laitières, et, pour un plus grand nombre, ils sont remarquables : i° un homme habile peut en effet surveiller aisément trois machines à la fois, et, dans ces conditions, traire trente vaches en une heure sans dépasser la vitesse de 90 coups d’aspiration à la minute ; 20 le lait obtenu avec une machine rigoureusement propre se conserve trente-huit heures de plus que le lait obtenu à la main. Quant au prix d’installation des appareils, M. d’Anchald cite un devis américain de type moyen qui se monte à 258o fr. pour une vacherie de quarante animaux (1 moteur à essence de 2 chevaux, 1 pompe à air, 1 récipient, 4 machines à traire, tuyauterie) ; cela fait un peu plus de 60 fr. par tête; pour 75 vaches,' en mettant 5 machines, le prix d’installation par tête est de 42,60 fr.
- Les pêcheries de saumon de la Sibérie orientale.
- — On a beaucoup parlé, ces temps derniers, dans la presse anglaise; d’envois sur le marché de Londres de saumons conservés par le froid et provenant du fleuve Amour. A cette occasion, notre confrère Field a donne quelques notes sur les pêcheries de saumon de la Sibérie
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- INFORMATIONS
- 01‘ienlale. Le saumon de l’Amour se pêche deux fois l’an, eu été et en automue, de façon à former une saison de pêche qui dure une soixantaine de jours. Cette courte période suffit à assurer une activité industrielle véritable à Nicolaïevsk, près de l’embouchure du fleuve, où le poisson est séché et salé, pour être principalement consommé en Sibérie. En plus de Nicolaïevsk, le saumon est exploité, mais avec moins de régularité, sur toutes les rivières tributaires du golfe d’Okhotsk et sur celles du Kamchatka. Ces poissons y viennent, en effet, frayer pendant la saison et meurent pour la plupart avant d’avoir pu retoux-ner à la mer. Au Kamtchatka, le saumon sec constitue à peu près la seule ressource des bêtes et des gens, à l’exception d’une ou deux villes, comme Petropavlowsk où, l’été, viennent faire escale les navires de Vladivostock. Le droit de pêche sur l’Amour est limité aux sujets russes, soit sous la forme de concessions, d’une durée de sept ans, soit sous la forme d’adjudication, pour les secteurs de la rivière qui ne sont pas aux mains de concessionnaires. Notre confrère termine son article en faisant observer que la pêche du saumon est fort mal organisée, peu productive, et que cependant une entente intelligente des ressources naturelles, qui sont réelles, permettrait d’en tirer un profit , de premier ordre.
- Une école de plein air. — La ville de Lyon vient de prendre l’initiative de créer une école de plein air établie d’après les principes posés par le D*' Grancher à l’Académie de médecine en novembre 1906. Dans cette école située eu pleine campagne, dans la propriété mu- , nicipale du Vernay, 35 enfants débiles, mais non tuberculeux, passeront 3 mois du ie‘ mai au Ier août. Leur régime peut se résumer ainsi : double ration d’air, demi-ration de travail. Les heures de cours sont entre-coujiées de longues récréations. L’instruction est donnée au dehors chaque fois qu’il est possible. Les prescriptions générales d’hygiène sont l’objet de leçons répétées et de démonstrations pratiques autant que possible. Les enfants sont astreints à d’amples lavages à l’eau ; les dortoirs, réfectoirs, salles de classe sont constamment aérés. Tout est mis en œuvre, enfin, pour réaliser les conditions d’existence les plus favorables au jeune organisme qu’il s’agit de fortifier. Cette école est la première en France ; mais en Allemagne des organisations de ce genre fonctionnent depuis plusieurs années déjà et rendent de grands services.
- Moteurs à gaz pauvre. — On vient de mettre en service à Pittsbourg des moteurs à gaz pauvre de 3ooo HP, alimentés par les gaz résiduaires de hauts fourneaux. C’est la plus forte installation de ce genre qui existe actuellement dans l’univers entier. L’installation a été faite par la puissante Compagnie Westinghouse.
- Fusion de sociétés médicales. — Pour donner plus de vitalité à leurs réunions, pour diminuer les charges inhérentes au fonctionnement, aux publications des compte rendus, un certain nombre de sociétés médicales anglaises ont décidé de se réunir, de fusionner, pour ne plus former qu’une société unique, qui prendra le nom de Royal society of medicine avec des sections inhérentes aux diverses spécialités. Les sociétés, au nombre de quatorze, qui ont décidé de fusionner sont les suivantes avec la date de leur fondation : Royal medical and chirurgical Society (i8o5), Pathological Society (1846), Epidemiological Society (i85o), Odontological Soc. cf great Britain ( 1856), Obstétrical Society (i858), Clinical Society (1867), Dermatological Society of London (1882), Gynæcological Soc. (1884), Neurological Soc. (1886), Lat’yngo-rhino-otological Association (1888), Laryngo-logical Society of London (1893), Dermatological Soc. of great Britain (1894), Electro-therapeutic Society (1901), Therapeutical Society (1902).
- Influence des éclairs sur les arcs voltaïques. —
- Un phénomène très curieux a été communiqué par M. Heen à l’Académie royale des sciences de Belgique relativement à certains phénomènes observés pendant une tempête sur les lampes à arc de la ville de Liège. M. Bouton voulut photographier les éclairs par une nuit d’orage au printemps dernier et sur l’un des clichés il observa certaines particularités qui attirèrent son attention. Autour des lampes on remarquait une
- série de radiations lumineuses qui se continuaient jusqu’au sol. Ces radiations présentaient des sinuosités formant des nœuds et des ventres analogues à ceux que produit une corde vibrante. De même s’échappaient de l’arc eu d’autres directions, deux radiations lumineuses dont l’une avait la forme d’une boucle fermée et dont l’autre paraissait brisée. L’explication la plus rationnelle que l’on a donné de ces phénomènes est l’induction d’une décharge électrique sur quelques conducteurs électrisés.
- Papier d’aluminium. •— Le papier d’étain qui sert à envelopper le chocolat ou les substances alimentaires a l’inconvénient d’être vénéneux. On emploie depuis quelque temps un nouveau produit à base d’aluminium. Le papier, dit d’aluminium, se fait de deux sortes : la première est constituée par de l’aluminium seul réduit en feuilles au moyen de laminoirs et de martinets appropriés; la deuxième est obtenue au moyen de parchemin que l’on imprègne d’une solution alcoolique de résine et que l’on recouvre ensuite de poudre d’aluminium.
- Fabrication d’acétylène sans eau. — La Sun G as
- Company, de Tothill Street, à Londres, a lancé une nouvelle méthode de production de l’acétylène, sans qu’on ait à humidifier directement le carbure au moyen d’eau. C’est ce qu’on nomme une méthode sèche, parce qu’on mélange le carbure avec des cristaux (naturellement hydratés) de soude ordinaire à laver. Le carbure déshydrate la soude en lui prenant son eau, et il laisse alors de la soude caustique. L’opération fournit, en dehors de cette soude, de l’acétylène très pur, du carbonate de chaux, de la chaux hydratée et de l’eau. On a combiné un mélangeur spécial : si on le tourne dans un certain sens, on ajoute une quantité déterminée de soude au carbure, puis, quand on tourne en sens inverse, le mélange se fait. De cette manière il ne se produit jamais de réaction trop rapide.
- Les chemins de fer au Mexique. — Leur développement a été remarquable ces dernières années. Le Mexique comptait en 1873, 60 km. de voies ferrées, en 1897, 11469 km. et actuellement 19200 km. Ce chiffre augmente encore de jour en jour, malgré les difficultés d’établissement de la voie ferrée dans un pays aussi montagneux. •••-•
- Ponts en béton. — Pour la ligne ferrée de Munich à Kempfen 911 vient d’établir trois ponts de 63 à 64 mètres d’ouverture, qui sont uniformément en béton. Des ponts métalliques auraient coûté moins cher de premier établissement, mais les dépenses d’entretien en auraienl été beaucoup plus élevées. a .
- L’électricité en Espagne. — L’Espagne possède 1140 stations génératrices fournissant 99 513 170 kilowatts-heure. Madrid vient en tête des autres villes avec 15998.
- Un nouveau çâble sous-marin. — Le gouvernement espagnol vient de terminer la pose d’un câble sous-marin de Barcelone à Palma de Majorque. Le câble, fabriqué par une usine de Londres, a 1x7 milles dé long et la pose a duré moins de 2 jours.'
- Les accidents dans les mines allemandes. — Une
- erreur s’est glissée dans l’information que nous avons publiée sur ce sujet dans notre n° 1778. Voici les chiffres rectifiés tels qu’ils résultent des statistiques officielles. De 1881 à 1.896 la moyenne des tués par 1000 mineurs était de 2,445- Elle est descendue à 2,i85 de 1891 à 1900. Elle fut de 2,220 en 1901, de 1,858 en 1902, de 1,802 en 1903 et de 1,705 en 1904. Notons qu’en France, la proportion des tués par 1000 mineurs fut de 1,07 en 1904 et que de 1890 à 1904 elle îx’a jamais dépassé 1,42.
- Un nouveau câble transatlantique. — On annonce de Cologne qu’une compagnie allemande va construire un troisième câble transatlantique d’Emden à New-York. Elle vient de recevoir du gouvernement Espagnol une concession pour utiliser Ténériffe comme station intermédiaire.
- L’électricité dans l’Afrique du Sud. — On annonce que trois villes de l’Afrique du Sud portugaise, Ben-guela, Catmubella et Lobito, v-ont être dotées du courant électrique pour l’éclairage comme pour la'force motrice. Ce sont les chutes de la rivière Catmubella qui donneront la puissance nécessaire.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Mécanique agricole
- Nouvelle herse souple à prairies. — Les prairies, comme les terres labourées, réclament des soins spéciaux, et si leur exploitation exige un outillage moins nombreux que celui employé pour la production des plantes annuelles, il n’en est pas moins vrai que pour en obtenir le maximum de rendement, il faut leur faire subir de temps à autre, et mieux périodiquement, certaines opérations culturales, tels que de vigoureux hersages à fin d’automne après la rentrée des animaux à l’étable, et au printemps avant la reprise de la végétation. Ces hersages, qu’en Normandie on nomme ploutrages, ont pour effet d’aéx*er la plante et de détruire les mousses, en même temps qu’ils démolissent les fourmilières, taupinières, et épandent comme il convient les déjections des animaux après pacage. Dans ce but les établissements A. Bajac, de Liancourt (Oise), viennent de construire une herse d’un modèle absolument nouveau qui répond parfaitement à ces divers desiderata et réunit toutes les conditions de solidité, de commodité et d’efficacité que l’on peut attendre de ces sortes d’instruments .
- Elle est faite exclusivement en acier et formée d’éléments démontables et quasi indépendants les uns des
- Nouvelle herse souple à prairies.
- autres, articulée dans tous les sens et douée d’une souplesse exceptionnelle qui lui permet d’atteindre toutes les parties du terrain, quelles qu’en soient les irrégularités. Les dents, solidement encastrées dans le bâti, sont assujetties par simple boulonnage, disposition qui permet de les remplacer après usure sans le secours d’un ouvrier spécial, et, au besoin de monter sur la herse des dents de formes diverses, suivant que l’on veut obtenir un travail plus ou moins énergique.
- Les dents de forme ordinaire sont déjà à double effet, c’est-à-dire qu’on peut gratter plus ou moins le sol en marchant, soit dans le sens de la pointe, soit dans le sens du biseau, autrement dit arrière-dent ; il suffit de retourner la herse sens dessus dessous. Les pièces de travail peuvent aussi être à pointes d’un côté et à couteaux de l’autre ; dans ce dernier cas elles font, dans une certaine mesure, office de couteaux régénérateurs sans avoir, bien entendu, la même puissance agressive. La herse peut s’enrouler sur elle-même, facilitant ainsi le nettoyage des dents pendant le travail et le transport de la ferme aux champs ou d’une pièce à l’autre. Bien comprise dans toutes ses parties et très solidement construite, cette nouvelle herse est appelée à rendre les plus grands services, non seulement par le bon entretien des prés et herbages, mais aussi dans les prairies artificielles : luzernes, trèfles, sainfoins, etc.
- Mécanique
- Un nouveau filtre à essence. — Les filtres ordinaires interposés sur le passage de l’essence pour arrêter l’eau et les particules solides qui peuvent se trouver en suspension daus le liquide présentent l’inconvénient de constituer, non plus , une toile métallique, mais une véritable membrane imperméable. Les fines
- gouttelettes d’eau et les poussières obturent, en elfet, très rapidement les vides de la toile.
- Le nouveau filtre à essence Boss se comporterait comme tous les autres s’il n’était pourvu d’un très ingénieux dispositif qui supprime tout à fait l’inconvénient que nous venons de reprocher à ses devanciers. Il se présente sous la forme d’un cône en toile métallique placé dans un récipient spécialement aménagé pour lui.
- Une collerette le termine à sa partie supérieure et sur cette collerette vient appuyer, très légèrement, un ressort à boudin R qui l’oblige à reposer sur l’embase du réservoir dans lequel il est inséré. L’essence arrive par la canalisation C, tombe dans lé réservoir, traverse le filtre et sort en A pour aller au carburateur. Incontestablement les vides de la toile métallique tendent à s’obturer; mais ces tentatives demeurent vaines grâce aux secousses de la voiture qui font fléchir le ressort R et obligent le filtre à se débarrasser des impuretés qu’il a arrêtées par des chocs ininterrompus contre son embase. Ces chocs font tomber les poussières dans le fond du réservoir et on les expulse de temps à autre en ouvrant le robinet de purge P. — Le filtre à essence Boss est construit par M. WilliamS. Jones, 112, N. Broad Street Philadelphie (E.-U.).
- ct§^ 'Électricité
- Enrouleur pour fils de lampes électriques d’automobiles. — Nous avons déjà décrit, dans le n° 1754 du 5 janvier 1907, p. 43, ce système d’enrouleur qui per-
- Fig. 1. — 1. Enrouleur de fils, — 2. Flambeau avec lampe. — 3. Enrouleur mural.
- met avec un appareil 1 (fig. 1 ) d’alimenter une lampe 2 en déroulant la quantité de fil nécessaire. Mais l’appareil peut également se fixer contre le mur, et se mettre suivant la disposition indiquée en 3 ; on a alors en un
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- point uuc prise de courant extensible à l’usage de tout flambeau ou lampe portative. Cette disposition peut aussi être appliquée pour l’éclairage dans la voiture automobile (lig. 2) La lampe à incandescence peut être placée dans n’importe quelle position et on peut lui donner un grand rayon de déplacement sans avoir l’inconvénient des fils. L’enrouleur peut se fixer également au tablier ou contre une paroi intérieure ou extérieure du coffre de l’automobile ; tout dépend de la longueur du cordon de tirage qui manœuvre le cliquet. En ordre
- t'ig. a. — Enrouleur pour fils de lampes électriques d’automobiles.
- de marche la lampe est disposée pour éclairer les graisseurs et le manomètre; un interrupteur, près du chauffeur, permet l’éclairage à tout instant. Pour une visite des organes mécaniques, ou une recherche quelconque, on peut transporter la lampe où besoin est, le câble se déroulera suivant la longueur. Quand les recherches sont terminées, on remet la lampe en place, on tire la commande du cliquet, et tout le câble s’enroule automatiquement. — L’enrouleur pour automobiles se trouve chez M. René Baron, ingénieur constructeur, 65, rue Sainte-Anne, à Paris (IIe ar.).
- Divers
- Guéridon pliant. — Quand ou veut aller manger à la campagne on y manque généralement de confortable, et c’est la table où poser les victuailles qui manque le plus; M. Le Rouvillois a imaginé, pour les excursionnistes et surtout les automobilistes, un guéridon très commode parce que, quand il est replié, il tient fort peu de place. C’est une sorte de parapluie comme jmincipe ; un trépied P se visse (n° i) à une tige T qui vient caler solidement les trois pieds qu’on avait repliés pour le transport. A P autre extrémité d cette tige T se visse
- Guéridon pli
- l’armature composée de rayons articulés et de contre-fiches A qui sont réunies à un anneau coulissant le long de la tige. Pour dresser le guéridon on, pousse cet anneau vers le haut comme pour ouvrir un parapluie et on le cale avec une goupille en fer G qui traverse la tige centrale ; la toile supportée par les rayons est alors bien horizontale et parfaitement tendue. L’appareil replié (n° 2) tient fort peu de place et pèse de 3 à 5 kg. suivant la dimension. — Le guéridon pliant se trouve chez M. Le Rouvillois, 6, rue Carrier-Belleuse, Paris.
- Fourchette à pickles. — Ce petit instrument est très pratique pour sortir des bocaux des condiments ou des fruits que l’on 11e peut d’ordinaire y saisir aisément.
- Cette fourchette, en métal blanc inoxydable, se compose d’un trident 3, muni d’une longue tige creuse 2. A l’intérieur de cette tige-coulisse, une autre tige, terminée à sa partie supérieure par le poussoir 1, à sa partie inférieure par une boule 4 ; ùn ressort placé à l’intérieur de la tige 2 maintient en temps ordinaire la boule 4 ap-
- pliquée contre l’intérieur du trident. On pique donc avec la fourchette dans le bocal le fruit désiré ; puis on fait
- Fourchette à pickles.
- jouer la tige à ressort. La boule 4 descend entre les branches du trident et fait tomber dans l’assiette l’objet piqué sur le trident. — La fourchette à Pickles est en vente chez M. Mathieu, 29, rue de Valois.
- Couteau pratique à fromage. — Comme le montre la figure A, ce couteau en métal blanc a une forme arrondie très prononcée qui permet de gratter le fromage (très
- Couteau pratique à fromage.
- facilement et de le couper (fîg. C). L’extrémité du couteau est en forme de fourchette à deux dents qui permet de saisir aisément le morceau que l’on vient de couper. — Ce couteau original est en vente au Dépôt des Petites inventions, i3i, Palais-Royal, Paris.
- Siphon à champagne et à cidre. — L’ouverture d’une bouteille de champagne ou de cidre est toujours chose assez délicate, et la détonation qui l’accompagne est souverainement désagréable aux oreilles sensibles. Voici un petit appareil qui permet d’ouvrir des bouteilles contenant une boisson gazeuse, sms faire sauter le bouchon,
- Siphon à champagne et à cidre.
- et de verser le contenu par petites doses sans déperdition de gaz ou dé liquide. . :
- II se compose d’une tige pointue en acier munie d’une poignée en bois (fîg. D) ; cette tige peut pénétrer dans un tube creux également effilé, dans lequel elle se visse par sa partie supérieure. Ce tube creux est muni d’un robinet. L’ensemble a alors l’aspect de la figure A. On enfonce l’appareil ainsi monté, dans le bouchon, jusqu’au robinet, puis on dévisse la poignée, on la retire et on ferme le Lobinet (fig. C). Pour verser, il suffit alors d’incliner la bouteille au-dessus du verre et d’ouvrir le robinet. — Cet appareil est en vente chez M. Mathieu, 29, rue de Valois.
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- * VARIÉTÉS
- L’endiguement du Colorado (Yoy. u° 1771, 4 mai 1907, p. 364), aurait enün réussi, d’après le Scientific American. S’il eût échoué, on estime que les dégâts eussent approché de 3 Soooooooo de francs! On prétend que le cube des terres déjà déjdacées par le phénomène
- en fait sans fond, à cause de la nature boueuse de ses rives et de son lit, où aucune pile ni fondation n’a jamais percé qu’un limon farineux sans atteindre au roc solide.
- La septième tentative d’endiguement commença le
- L’érosion du Colorado dans la vallée Impériale.
- égale sept fois celui du creusement du canal de Panama; la vue ci-contre fait voir comment l’irruption d’eau dans la dépression de Salton, creusait, dans ces terrains mous et par érosion régressive, des gorges et cascades en miniature de Niagara, mais reculant singulièrement plus vite. Dans ces parages d’ailleurs, le Colorado était
- 27 janvier 1907 sous la direction du colonel'] Ran-dolph ; 1275 hommes y travaillèrent ; le 26 février le Colorado regagnait son ancien lit ; le 2 avril le barrage supportait une crue de 27 pieds (8,a5 m.) et on espère qu’il résistera aux plus grandes crues connues qui ont atteint 33 pieds (10 m.).
- ! HYGIÈNE ET SANTÉ
- La morsure de vipère. — Les serpents des régions tropicales, Afrique centrale, Asie, Amérique du Sud, sont lés espèces réputées, à juste titre, les plus redoutables. Dans les Indes la mortalité par morsures de serpents atteint chaque année des chiffres fantastiques. Les œelevés fournis récemment à la Chambre des communes par le secrétaire d’Etat pour les Indes montrent que la proportion n’est pas en décroissance, malgré les primes accordées pour la destruction des reptiles, primes qui montent à 25oooo fr. par an. En 1876, la statistique donnait 16819 morts; en igoÔ, le chiffre s’élevait à 21 797 et .ce .n’était pas le plus élevé, car il avait été dépassé en 1889 et 1890. Pour ces deux années la proportion était de 107 et 112 morts par million d’habitants. Ajoutez à cette hécatombe humaine 3 à 4000 têtes de bétail et l’on comprendra que le gouveimement anglais se préoccupe à juste r-aison de combattre ce véritable fléau.
- L’animal si venimeux de ces l'égions, le naja tripu-dians ou cobra Capel, est fort heui'eusement inconnu dans nos pays d’Europe ; mais nous en avons un qui, pour être moins redoutable que le cobra, est poui’tant dangereux : c’est la vipère, ou plutôt les vipères, car il en existe plusieurs soldés à peu près également venimeuses. On connaît cinq variétés de vipères : la ripera Ursinii, la ripera berus ou peliade, la plus commune en France; la ripera Aspis ou vipère l'ouge ; la ripera Latastii et la ripera ammodytes.
- La péliade sé rencontre à peu pi’ès dans toute la Fx’ance; elle abonde dans le Jura, l’Auvei'gne, la Vendée,
- la forêt de Fontainebleau. On en a tué en 27 ans dans le seul département de la Haute-Saône plus de3ooooo, soit 1000 à 1200 par année. D’après les statistiques du ministère de l’intérieur, la vipère cause annuellement la mort d’une soixantaine de personnes. Le professeur Viaud Grand-Marais, de Nantes, qui a fait, il y a plusieurs années, une étude approfondie des mœurs delà vipère de Vendée et des accidents qu’elle occasionne, a relevé 370 cas de morsure; 53 ont été suivis de mort, tous ont été dus, sauf deux, à la morsure de la vipère aspis ou vipère l'ouge. La morsure de la vipère, qu’elle soit aspis ou berus, est donc dangereuse et elle peut être mortelle si on îx’y remédie pas sur-le-champ. Par les temps de chaleur, dans ses promenades, le botaniste qui recherche une plante l'aiœ, le simple promeneur qui va s’asseoir dans l’hei’be ; le cultivateur qui moissonne ou ramasse des hei'bes; à l’automne, le chasseur et ses chiens, tout le monde est exposé à un accident. La vipère n’attaque pas et ne vous fonce pas dessus, mais elle se défend, el si l’on s’approche, même sans la voir, elle se redi-esse^ se lance et mord.
- Quels sont les moyens de se garantir des accidents consécutifs à cette morsure? plusieurs lecteurs m’ont posé la question. Eh bien, il n’y a qu’un moyen d'efficacité absolue, c’est l’emploi du sérum antivenimeux du pi’ofesseur Càlmette, de Lille. Lisez, je vous prie, le beau livre qu’il vient dé publier sur le venin des serpents; vous y ti’ôuverez le récit d’un certain nombre de morsures de cobra, morsure qui peut amener la mort
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- HYGIENE ET SANTE
- en de courts instants; l’injection du sérum a guéri des moribonds, a neutralisé, truand elle était faite de suite, toute espèce d’accident : c est une merveille égale à l’action du sérum de Roux contre la diphtérie. Ce sénxm se prépare, non sans danger, car le maniement d’un cobra vivant, voire même d’une simple vipère, est fort scabreux et nécessite de minutieuses précautions, sans compter une habitude et une dextérité réelles ; il se prépare en inoculant à intervalles répétés des chevaux avec des doses lentement croissantes de venin et en retirant, une fois l’immunisation obtenue, le sérum du sang par des saignées. C’est absolument le même mode de préparation que le sérum antidiphtérique; le maniement et le dosage du venin de serpent sont plus délicats. Il suffit, en effet, de 20 mmg de venin sec pour tuer un cheval fort et vigoureux.
- Je ne veux pas décrire ici tous les détails de la préparation ; qu’il me suffise de dire que le sérum, une fois séparé du caillot, est stérilisé avec le plus grand soin pour assurer sa conservation à peu près indéfinie. En desséchant ce sérum, en retirant l’eau de composition par le vide, on obtient un sérum sec, pulvérulent, qu’il suffit dé dissoudre dans de 1 eau stérilisée pour obtenir le liquide curatif de la morsure la plus grave. C’est ce sérum sec, conservé dans des tubes de verre jaune scellés à la lampe, qu’on expédie dans les colonies où on peut le garder très longtemps sans qu’il perde de son activité, même par les plus fortes chaleurs tropicales, au moins pendant deux ans. Le gouvernement anglais s’est préoccupé de l’installation d’un laboratoire, dans plusieurs régions des Indes pour la préparation de ce remède infaillible.
- Comment administrer ce sérum ? rien de plus simple. Si vous êtes présent au moment de l’accident, faites de suite une ligature du membre le plus près possible de la morsure, entre celle-nd et la racine du membre. Passé un certain délai, cette ligature devient inutile. Injectez aussitôt, après avoir aseptisé, si possible, la région où on fera la piqûre, 10 cm3 de sérum ; saupoudrez même la plaie de la morsure avec un peu de sérum sec.
- Mais, me direz-vous, on n’a pas, quand on est à la
- chasse, en course dans les forêts de la montagne, un flacon de sérum liquide ou sec dans sa poche. Je vous répondrai tout simplement que le sérum étant chose facile à se procurer, il faudra désormais, quand on devra circuler dans une région suspecte de vipères, en avoir une provision. Un chasseur serait impardonnable de ne pas se munir de ce produit; car, je le répète, les autres moyens n’ont qu’une efficacité problématique. Quels sont-ils ? Voici, à défaut du sérum, ce qu’il y a de mieux à faire : Ligature immédiate au-dessus de la plaie, si la morsure est à un membre ; lavez la plaie avec de l’eau pure, ou si vous pouvez en avoir, de la solution d’hypo-chlorite de chaux ou du permanganate de potasse, faire l’aspiration du sang et en même temps du venin. Le moyen le plus simple, le plus rapide est la succion de la plaie, mais il faut n’avoir aucune lésion de la lèvre ou de la bouche, pas la plus petite érosion, car la personne qui ferait la succion s’inoculerait à elle-même le venin et on. aurait deux blessés au lieu d’un. La ventouse est un excellent moyen d’aspiration. Le D1 Delagenière a sauvé un enfant mordu à l’aisselle en appliquant sur la plaie de larges ventouses et son observation n’est pas unique. Un petit verre à boire, un peu de coton ou de papier à cigarettes qu’on fait flamber dans le yerre et vous avez une ventouse parfaite. Ajoutez quelques stimulants pour combattre la dépression qui accompagne inévitablement une morsure de serpent venimeux ; frictionnez activement le malade, donnez du thé, du café, voire même de l’alcool à assez fortes doses ; n'ayez pas crainte à ce moment d’alcooliser votre blessé. Autant l’alcool est dangereux quand on est valide et bien portant, autant il devient efficace et utile dans des accidents de ce genre. Ce n’est pas, bien entendu, un > spécifique, mais il agit certainement et aide à relever l’état de prostration. Mais, je le répète, tous ces moyens n’ont qu’une efficacité douteuse; les morsures de-.vipères ne sont heureusement pas toutes mortelles, mais si vous voulez être absolument sûrs qu’elles ne le deviennent pas, munissez-vous, si vous courez les bois et les taillis, d’un peu de sérum sec et d’une petite seringue de Pravaz.
- D' A. Gartaz.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Meules à émeri. — Dans bien des cas, pour donner le coup final à beaucoup de travaux, on doit faire emploi d’une sorte de lime improvisée avec un morceau de papier ou de toile d’émeri tourné autour d’un bout de bois de grosseur convenable. U American Machinist annonce qu’on vient de lancer sur le marché un petit dispositif ingénieux évitant la dilapidation de papier ou de toile d’émeri nécessaire avec la combinaison habituelle, qui ne permet pas du reste au papier de demeurer solidement en place. On fabrique des montures en bois affectant une section circulaire, hémicirculaire, rectangulaire, triangulaire ou autre, et s’ouvrant en deux moitiés au moyen de charnières, pour qu’on puisse pincer dans l’ouverture les deux bords du papier d’émeri, maintenu d’autant plus fermement que les dents sont disposées à l’intérieur des mâchoires. Il ne faut qu’une bande très étroite de papier pour garnir fort effectivement une lime.
- Elixir dentifrice..— Prendre des fleurs et des feuilles, ou en style pharmacien, des sommités fleuries de millepertuis (Hypericum perforatum), en mettre 100 gr. à l’état frais, dans un litre d’alcool à 90°, après les avoir coupées assez menu; laisser macerer pendant dix jours et ajouter 2 gr. de menthol; enfin décanter et filtrer.
- Utilisation des vieilles limes. — Il ne faut pas oublier que les limes hors d’usage en tant que limes, peuvent être fructueusement utilisées, tout simplement parce qu’elles sont faites de très bon acier. Les vieilles limes plates pourront servir de matière première pour la fabrication d’outils de charpentier; elles donneront d’excellents grattoirs à métal ou autres; les petites
- limes rondes seront transformées en pointes à tracer; placée dans un enroulement de fils où passe un courant électrique, une vieille lime suspendue en équilibre formera un compas. Les grosses limes rondes peuvent être transformées en outils de poinçonnage ; lés plates deviendront aisément des ciseaux à froid, des tournevis, etc.
- Pour faire les joints des tuyaux de fonte servant à une canalisation d’eau chaude. — On achète, ce qui se trouve facilement, 100 parties en poids de tournure de fer et àu besoin on les écrase et les pilonne pour lèi réduire plus finement. On les additionné de 2 p. de fleur de soufre et de 1 p. seulement de sel ammoniac pulvérisé ; après mélange complet, on humidifie la masse avec de l’eau, pour en faire une pâte, puis on l’emploie au bout de deux heures environ. On commence du reste par garnir le joint avec des boudins d’étoupe ou du fil de caret, et, quand ce joint est à moitié plein, on remplit le vide restant avec la pâte préparée. Il ne faut pas trop bourrer parce que la matière se dilate û l’élévation de température.
- Bleuissement des fleurs d’hortensias. — Diverses expériences ont été faites à ce sujet dernièrement au jardin botanique de Dresde. Entre tous les produits essayés, M. Ledieu, chef de culture au jardin, s’est arrêté à l’emploi de l’alun d’ammoniaque, et donne les indications suivantes : rempoter les plantes , vers le mois d’août, commencer les arrosages à l’alun, six à dix semaines, avant la floraison; la dose d’alun est de xo gr. pour un litre d’eau ; il faut arroser les plantes tous les deux ou trois jours avec cette solution.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Uaus la boîte aux lettres, La Rédaotiou publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. A. L., à Toulouse. — Comme excellente Revue française consacrée aux Alpes (en dehors de la Montagne, organe central du Club alpin français), nous ne pouvons mieux vous recommander que la Revue alpine de la section lyonnaise C. A. F., 3, rue Pléney, à Lyon (5 francs par an). Elle est rédigée avec autant de soin artistique que d’exactitude documentaire.
- M. Th. Cornilleau, au Mans. — Le plus sûr remède contre les fourmis, est de rechercher la fourmilière et de l’inonder avec de l’eau bouillante.
- M. Philibert, à Lyon. — Pour réparer votre thermomètre nous ne pouvons vous donner d’indications utiles. Le mieux est de le renvoyer au fabricant; car le fait que vous nous signalez tient cei'tainement à un défaut de construction. Pour enlever les traces de crayon à l’aniline, vous pouvez essayer d’employer l’alcool qui dissout un grand nombre de composés de l’aniline.
- M. II. D., à Paris. — Pour la poudre « Autan », produit désinfectant signalé dans notre n° 1771 du 4 mai 1907, p. 178 (Informations), veuillez vous adresser à la Société anonyme des produits Fréd. Bayer et Cie, à Fiers, par Croix (Nord), ou à Paris, 24, rue d’Enghien, qui fabrique ce produit et en détient la vente.
- M. Manuel Somoza, à Carthagène. — Les filtres Cham-berland se vendent 58, rue Notrê-Dame-de-Lorette, à Paris.
- M. L. Moret, à Paris. — Veuillez consulter le Traité de géologie de Lapparent, librairie Masson et Cie.
- BIBLIOGRAPHIE
- Le livre agricole des instituteurs, par M. Seltensrerger. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1907. 1 vol. in-16, 5oop. Prix : broché 5 francs, cartonné G francs. (Encyclopédie agricole.)
- Le livre de M. Seltensperger se recommande par-deux qualités principales, il est pratique, il est complet. C’est tout l’essentiel en 5oo pages. I. Agriculture générale : Notions de chimie, botanique, physique et météorologie, géologie et minéralogie. Amélioration du sol : physiques et chimiques. — IL Cultures spéciales -. Céréales, plantes fourragères, plantes industrielles diverses, sylvicultux’e. — III. Viticulture et vinification. Arboriculture fruitière. Horticulture. — IV. Zootechnie : principaux aliments; équidés; bovidés. La basse-cour. Apiculture. — V. Economie rurale. Législation. Droit rural. Comptabilité. Chacune des cinq sections ci-dessus forme d’ailleurs un fascicule détachable qui coûte ifr,5o.
- L'hygiène du neurasthénique, par Gilbert Ballet, médecin de l’Hôtel-Dieu. 3e édition. Masson et Cia. Paris, 1907. 1 vol. in-16. Prix : 4 francs.
- Cette troisième édition du traité classique de M. G. Ballet ne présente pas de modifications fondamentales, mais des compléments fort importants (notamment en ce qui concerne la psychothérapie, le régime alimentaire, etc.). C’est vraiment le précis où sont exposées, avec une brièveté claire) les règles qui doivent guider le clinicien; ce qui est un mérite nouveau, le livre peut être lu par les malades eux-mêmes et ce serait certainement de bonne méthode psychothérapique que de leur en recommander la lecture.
- Hygiène et thérapeutique des maladies de la bouche, parle D1' Cruet. Paris, Masson et Cie. 1 vol. in-16. Prix : 4 francs.
- L’ouvrage s’adresse à la fois aux spécialistes de la bouche, à tous les médecins et aux hygiénistes. La première partie est réservée aux notions anatomiques et physiologiques concernant les organes de la bouche. La seconde partie traite de la pathologie : modifications du milieu buccal, tartre, maladies de la muqueuse buccale, des gencives, des parois de la bouche, des mâchoires, des dents, anomalies dentaires. Dans la troisième, l’auteur aborde les opérations qui se pratiquent sur la bouche et les dents. Enfin, la dernière partie est exclusivement hygiénique : agents de l’antisepsie, hygiène individuelle, hygiène collective (écoles, etc.).
- Etude sur l’emploi des courroies dans les voilures automobiles, par R. Champly. II. Dunod et E. Pinat, édi-
- teurs, 49. quai des Grauds-Augustins Paris, VIe. Iu-8° de i4’-i pages, avec 48 figures. Prix : 4 francs.
- La transmission par courroie paraît aujourd’hui à peu près abandonnée dans la construction des voitures automobiles ; or ce mode de transmission possède des qualités qui le rendent supérieur à tout autre moyen mécanique. Si la courroie n’a donné que des résultats médiocres en automobile, c’est, semble-t-il, qu elle y fut mal appliquée : la lecture de l'Etude de M.. Champly est à ce point de vue des plus intéressantes et elle éclaire cette question d’un jour tout nouveau. Aucun ouvrage n’a encore envisagé le problème de la courroie dans les automobiles avec la précision et le détail nécessaires ; le livre de M. Champly remplit ce but et sa lecture est un document précieux pour tous ceux qui s’intéressent au progrès des constructions automobiles.
- Or et cuivre en Serbie orientale. Historique, géologie, minéralogie, exploitation, par Doue h an Iovanovitch, géologue. Paris. H. Dunod et E. Pinat, 1907. 1 vol. in-4° de 220 pages. Prix : 10 francs.
- Le Chauffeur à l’atelier, par le IL R. Bommier, chez Dunod et Pinat, 49» quai des Grauds-Augustins. Paris. — Guide pratique destiné à initier le chauffeur aux divers travaux de mécanique qu’il doit être capable d’exécuter.
- Monographie des grands réseaux de chemins de fer français, par H. Lambert, Réseau de l’Est, précis historique, statistique et financier. Chez Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins.
- Notions de Mathématiques supérieures (calcul intégral et différentiel), par Ch. Hemardinquer. Paris, Henry Paulin, 21, rue llautefeuille.
- Petit livre écrit en vue des applications industrielles chaque jour plus nombreuses qui exigent des techniciens quelque pratique du calcul différentiel et intégral.
- La construction en béton armé, guide théorique et pratique, par C. Kersten, traduit de l’allemand par P. PonssiGNON. — Te partie, Calcul et exécution des formes élémentaires. In-8°, chez Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Auguslins, Paris,
- Fabrication des colles et gélatines, par J. Fritsch. Paris. H. Desforges, 1907. 1 vol. in-12, fig. Prix : 3fr,5o.
- I. Colles d’origine animale : La gélatine. Fabrication de la colle d’os en autoclave. La fabrication de phosphate de chaux. Extraction de l’osséine. Colle de peau. Colle de poisson. Théorie du collage. —IL Colles
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- BIBLIOGRAPHIE
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- d'origine végétale. Gomme arabique. Amidon. Dcxlriue. — III. Colles liquides. Adhésifs divers.
- Ualcoolisme, fléau social. Mœurs, législation, droit comparé, par Paul Griveau, avocat à la Cour d’appel de Paris. Paris, Marchai et Billard, 1906, 1 vol in-8'. Prix : 6 francs.
- Jiadioattivita, par G.-A. Blanc, de l’Université de Rome. Milano. Ulrico Iîœpli, 1907. 1 vol. petit in-16, 266 p>-, illustré. Prix : 3 lires.
- M animais of the mexican boundary ofthe United States. A descriptive catalogue of the Species of mammals
- oceuring in thaï région. Part I : Familles Didelphidw io Muridæ; by Eue. Alex. Mkakns. Washington. Government Printingollice. 1907, 1 vol,iu-8°. (Smithsonian Institution United States National Muséum, bulletin 56.)
- Ivulcani attividélia terra, par G. Mercalli, iu-8°, 421 p., 82 lig., et 26 pl. U. Hoepli, Milan, 1907. Prix : 10 fr.
- Traité du volcanisme : notions sur les roches éruptives ; morphologie et dynamique des volcans ; chimie volcanique ; liste des volcans et de leurs principales éruptions ; cause du volcanisme. L’auteur admet l’action des eaux marines infiltrées. Les illustrations sont très authentiques et très probantes.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1" juillet 1907 12°,0 N. E. 2. Couvert. 2,0 Pluie de 9 h. à 14 h. el à partir de 21 h. 20; couvert.
- Mardi 2 10°,7 N. N. W. 4. Couvert. 2,7 Pluie jusqu’à 5 h. et de 15 h. à 1(3 h. 50; halo; très nuageux.
- Mercredi 5 11°,3 S. E. 0. Beau. 0,2 Rosée ; bruineux ; pluie de 9 h. 30 à 9 h. 50 ; nuag. le 111. ; couv. le s.
- Jeudi 4 14°, 5 S. W. 3. Très nuageux. » Rosée; très nuageux jusqu'à 15 h. ; peu nuageux ensuite.
- Vendredi 5 16°,8 S. W. 3. Nuageux. 2,2 Rosée; gouttes ou pluie entre 10 h. 30 et 15 h. 30; très nuageux.
- Samedi 6 15°,7 VV. S. W. 2. Peu nuageux. 6,0 Rosée; pluie à diverses reprises; très nuageux.
- Dimanche 7 .... . 12°,0 S. w. 1. Beau. )) Rosée ; nuageux.
- JUILLET 1907. — SEMAINE DU LUNDI 1" AU DIMANCHE 7 JUILLET 1907.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent. : de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à
- Du icr au 7 juillet. — Le 1e1'. Pression atmosphérique (mm) : dépression sur la France (Bordeaux, 754) ; maximum en Irlande (plus de 765). Très mauvais temps en France, vent fort, mer houleuse. Pluies abondantes : Lyon, 38 mm; Besançon, 34; Paris, 26; Nancy, 19; Cherbourg, 12; Lorient, 10. Température du matin : Paris, i2°; Alger, 27; Puy de Dôme, 7; Pic du Midi, — 2; moyenne à Paris, n°,3 (normale : 17°»7)- — Le 2. Press, atm. : Tunis, 752; littoral de l’Océan, 765. Pluies sur le N. et l’0. de l’Europe; en France : Limoges, 16; Besançon, 9; Biarritz, Gap, 7; Paris, 3. Temp. du matin : Paris, 11 ; Alger, 22; Pic du Midi, —6; moyenne à Paris, : 120 (normale : 170,7). — Le 3. Press, atm. : nouvelle dépression sur les Iles-Britanniques et la Baltique : Memel, 749; France et Espagne, 765. Pluies sur le Centre et l’0. de l’Europe, surtout en Allemagne et en Suisse; en France : Besançon, 19; Biarritz, 14; Limoges, Lyon, 3; Paris, 2. Temp. du matin : Paris, 11 ; Biarritz,. 19; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi, —G; moyenne à Paris : i3° (normale : i7°,8). — Ze 4- Press, atm. : dépression sur les Iles-Britanniques et la Scandinavie : Valentia, 748; Carlsladt, 749. Pluies abondantes;
- en France : Lorient, 24; Nantes, 20; Cherbourg, 18; Le Havre, 11; Calais, 7. Temp. du matin : Paris, i5; Brindisi, 26; Puy de Dôme, 10; Pic du Midi, 1 ; moyenne à Paris, i6°,6 (normale '.17°,8). — Le 5. Press, atm. : basse sur tout le N.-O. de l’Europe; Norvège, 749; Lemberg, 771. Pluies dans l’0. et le N. de l’Europe: en France : Nantes,’ 16 ; Lorient, 9; Le Havre, Dunkerque, 4; Nancy, 2. — Temp. du matin : Skudesness, 10; Paris, 17; Alger, 23; Puy de Dôme, 9; Pic du Midi, 4; moyenne à Paris : i4°)9 (normale : 17°,9)- —Le 6, Press, atm. : relèvement dans l’Ouest de 1 Europe : Toulouse, 769. Pluies sur FO. de l’Europe ; en France (orages dans le Centre et l’Est : Limoges, i3; Rochefort, 11 ; Lorient,'6; Lyon, 5. Temp. du matin : Paris, 14 ; Alger, 24; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : i3°,6 /normale : 17°,9). — Le 7. Press, atm. ; maximum dans FOuest de la France, 764; minimum en Norvège, 754; aux Açores, 770. Pluies sur FO. et le Centre du continent; en France, quelques averses. Temp. du matin : Paris, 12; Naples, 22; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris, i3°,9 (normale : 180). — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 2 à 2 h. 43 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 320, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C,e, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VT1)
- La reproduction des illustrations de « La Natu-e » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1782 (20 JUILLET 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Concours d’hôtels et de relais-stations. — La section de tourisme de l’Automobile Club de France ouvre deux intéressants concours : le premier est un concours de plans d’hôtels ; les concurrents devront présenter les plans d’un hôtel destiné à un grand centre de tourisme, et offrant un confort poussé jusqu’au raffinement ; le deuxième est un concours de plans de relais-stations; ce sont de petites et légères constructions jalonnant les grands itinéraires automobiles. Les touristes, arrêtés loin d’un grand centre, pourront y trouver nourriture et abri pour uue nuit, au besoin. — Les projets devront être adressés au Secrétariat de la Commission du Tourisme de l’Automobile Club de France, avant le ier octobre 1907.
- Fouilles en Perse. — M. de Morgan a entretenu récemment l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres des fouilles effectuées à Suse l’hiver passé sous la direction de son collaborateur M. Gautier, et qui sont importantes pour l’histoire d’Elam et de la Chaldée. Parmi les objets d’arts, il signale une statue d’albâtre du roi Manichtousou (environ 4000 ans av. J.-C.) authentiquée par l’inscription qu’elle porte. A signaler également une belle céramique peinte d’une antiquité aussi considérable et que M. de Morgan juge contemporaine de la céramique égyptienne anti-historique.
- Les jouets des tombeaux égyptiens. — Les fouilles récentes de Sakkarah viennent de mettre au jour un groupe de sépultures nouvelles, ayant appartenu à un Pharaon Héracléopolitain, dans lesquelles on a trouvé un grand nombre de ces jouets en bois qui amusent et étonnent souvent les visiteurs des musées égyptiens : barques aux voiles hautes ou au mât baissé, femmes flanquées chacune d’un garçonnet portant des provisions, potier à son tour, menuisier faisant un coffre, musiciens donnant un concert, cuisine complète d’il y a cinquante siècles avec cuisinier rôtissant une oie, boucher égorgeant un bœuf, etc. M. Maspero expose à ce sujet, dans le Journal dès Débats, l’originale conception qui avait amené les Égyptiens à mettre dans leurs tombes cet étalage du « Paradis des Enfants ». L’idée est toujours celle de fournir au « double », qui prolonge le mort dans l’autre vie, une existence à son goût. On commença, pour les très riches, par leur donner de vrais cuisiniers, bouchers, musiciens, bateliers, etc., en égorgeant des esclaves. Puis, plus économiquement, on remplaça ces sacrifices par des sculptures en pierre enfermées dans le tombeau; un pas de plus, on se contenta de peindre les scènes sur les parois des mastabas;
- enfin ces petits jouets de bois rudimentaires représentèrent le summun de « l’immortalité à bon marché ». Quand on le pouvait, on juxtaposait d’ailleurs les divers procédés de survie, jouets et peintures par exemple, afin que, si les fourmis mangeaient le bois, les peintures survécussent, ou les poupées de bois si les peintures se trouvaient dégradées par l’humidité.
- La télégraphie sans fil en Chine. — Le vice-roi Yuan a récemment engagé les services d'un'officier de marine italien pour installer des appareils Marconi sur les bâtiments de guerre et dans plusieurs postes des côtes et de l’intérieur de la Chine (Pékin, Tieutsin, Paotingfou, et prochainement Chinwantao et le cours du Yangtsé). Le prix des installations est d’environ 75000 fr. et le rayon d’action 2 3o km.
- Les étudiantes dans les universités allemandes.—
- L’immatriculation n’est accordée aux étudiantes que dans sept universités : Munich, Heidelberg, Fribourg-en-Brisgau, Leipzig, Wurzbourg, Tubingen, Erlangen. On y compte seulement 254 étudiantes au lieu de a55g en France.
- Les étudiants étrangers dans les Universités allemandes. — Le nombre des étudiants étrangers, inscrits dans les Universités d’Allemagne pendant le dernier semestre d’hiver, s’élevait à 4151, formant presque le dixième du chiffre total des étudiants. Ils se répartissent de la façon suivante dans les diverses Universités : Heidelberg, 1189; Berlin, 1190 ; Leipzig, 662; Iéna, 186; Kœnigsberg, 134 ; Munich, 496; Halle, 254; Fribourg en Brisgau, i64i Gœttingue, 160; Strasbourg, 96; Gies-sen, 84; Greifswald, 43; Marbourg, 60; Wurtzbourg, 67 ; Breslau, 77 ; Tubingue, 5g ; Bonn, 88 ; Erlangen, 28 ; Rostock, 13 ; Kiel, 11; Munster, 11. Ces étudiants se répartissent par nationalités en 1890 Russes, 680 Autrichiens, 34o Suisses, 3oa Américains, 144 Anglais, i3g Bulgares, n3 Asiatiques, 83 Roumains, 61 Serbes, 58 Français, 57 Hollandais, 53 Luxembourgeois, 47 Grecs,’ 40 Turcs, 33 Italiens, 32 Suédois et Norvégiens, 23 Éspagnols, 19 Belges, i3 Africains, 11 Australiens, 9 Portugais, 5 Danois, 11 Monténégrins.
- Traverses de chemins de fer. — Comme le bois devient de plus en plus rare et coûteux, pour la confection des traverses de chemins de fer, on se préoccupe de lui trouver des succédanés. On essaye en ce moment, sur la ligne américaine Chicago and Alton, des traverses faites de béton et d’acier, de béton armé, jusqu’à un certain point. La traverse est faite de deux profilés légers en acier qui sont noyés, à leurs extrémités seu-
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- INFORMATIONS
- lement, dans un bloc de béton de 0,90 m. de long pour o,u3 de large et 0,17 m. d’épaisseur. Entre le rail et le béton est logée une pièce de bois formant garniture, lixée d’une manière particulière au béton ; ce sont des crampons qui rattachent d’autre part le rail à la pièce de bois. Il paraîtrait que des voies posées de la sorte depuis 1901 donneraient de bons résultats.
- Traversée de l’Atlantique en 4 jours. — Ees
- grands paquebots actuels atteignent les vitesses respectables de 20 à 23 noeuds, bientôt même 25 nœuds pour les nouveaux paquebots Cunard. Ces vitesses à peine réalisées semblent déjà insuffisantes ; un ingénieur américain vient de terminer les plans de construction d’un contre-torpilleur de GsS tonnes, avec machine de 12000 HP qui pourrait maintenir à la mer une vitesse de 3o nœuds. Ce navire pourrait effectuer en 4 jours la traversée d’Europe en Amérique, et son créateur l’a déjà baptisé le navire de 4 jours. L’intérêt de ce projet est que le moteur sera un moteur à gaz, actionné par du gaz produit par des gazogènes ; ce sera la première application de ce moteur à un navire de grande puissance. Les avantages en semblent nombreux; mais il faut attendre, pour porter un avis définitif sur ce nouveau bâtiment, sa mise en service et les expériences qui la suivront. Il y a loin, du reste, de ce navire de 025 tonneaux aux paquebots transatlantiques de 20000 ou 3o 000 tonneaux, qui nécessiteraient des moteurs de 3oooo à 40000 chevaux.
- Le système métrique aux États-Unis. — Une campagne active est menée depuis quelque temps aux Etats-Unis, en faveur de l’adoption du système métrique. Les partisans de ce système viennent de trouver d’excellents arguments dans le fait suivant : la Compagnie des chemins de fer d’Orléans a récemment commandé 20 locomotives aux ateliers Baldwin de Philadelphie; les dessins d’exécution vinrent de France, il y en avait 5oo, et bien entendu, tout y était noté suivant le système métrique. Les Américains se gardèrent de rien changer aux notations françaises, et de convertir les mesures qui leur avaient été données en mesures américaines. Telle est la simplicité du système métrique, que, malgré l’emploi d’unités auxquelles ils ne sont pas habitués, les ouvriers américains ne commirent aucune erreur ; et l’on n’eut même pas à noter de pertes de temps. Les partisans du système métrique en concluent que son adoption n’apporterait aucun trouble à la vie industrielle et économique du pays.
- Les accidents de voitures à Londres. — Voici une statistique publiée jjar le Comité central de l’Association des ambulances qu’il serait intéressant de comparer avec les relevés de la préfecture de police à Paris. Le nombre des accidents causés par les véhicules de toutes sortes s’accroît à Londres dans des proportions considérables : en 1891, il s’élevait à 4766; en 1901, il est de 7995 (accroissement de 42 pour 100 en dix ans). En 1903, on compte 10 363 accidents, dont i54 ont été mortels. Dans les deux mois d’octobre et novembre 1906, il y a eu 1859 accidents causés par : motobus, 199; automobiles et bicyclettes, 211 ; tramways à traction mécanique, 256; tramways à traction par chevaux, 38; omnibus, 87; voitures diverses, 1068.
- Le travail des femmes aux États-Unis. — Des
- statistiques officielles, il résulte que le nombre des femmes employées à divers travaux et vivant de leur salaire est fort élevé aux États-Unis et va chaque jour en croissant. En 1900, on y employait environ 5 millions de femmes de 16 ans et au-dessus, ce qui représente 20 pour 100 de la population féminine totale. La proportion n’était que de 16 pour 100 en 1880 et 19 pour 100 en 1890. Les femmes vivant de leur travail sont surtout des jeunes filles, des veuves, des divorcées; on ne compte pas parmi elles plus de 6 pour 100 de femmes mariées. La proportion des femmes qui travaillent est de 4^,2 pour 100 pour la population noire, 17,8 pour 100 pour la population blanche. On les emploie aux travaux les plus divers ; on remarque dans la statistique que quelques femmes remplissent des fonctions d’ingénieurs ; d’autres font le métier de forgeron, de mécanicien, de couvreur, de charpentier, de chaudronnier. Ce ne sont, bien entendu, que des exceptions, mais qui méritent d’être constatées. En Amérique, comme en Europe, c’est surtout dans les
- besognes domestiques que les femmes cherchent à s’employer ; on compte 1 124000 servantes parmi lesquelles près de Soooqo filles de ferme; ces dernières appartiennent aux Étals du Sud et sont recrutées surtout parmi les négresses. Nous comptons ensuite 338 000 couturières, 328000 blanchisseuses, 827000 institutrices, 307 000 fermières. Les industries textiles emploient également un nombre considérable d’ouvrières : 231 000. Puis nous notons 146000 femmes de chambre et 142000 marchandes. Enfin, un grand nombre d’industries diverses utilisent plus ou moins le travail des femmes.
- Les ballons-sondes. — Les ballons-sondes qui ont atteint jusqu’ici les plus hautes altitudes sont ceux du 4 décembre 1902, à 22290 m. et du 3 août 1905, à 2 5 800 m. Les fascicules mensuels de la Commission internationale d’aéronautique scientifique fournissent à ce sujet tous les renseignements possibles.
- Commerce colonial de l’Allemagne. — The Daily Consular and Trade reports vient de publier le rapport du Consul des Etats-Unis de Berlin sur le commerce de l’Allemagne avec ses colonies pendant l’année iqo5. Les colonies allemandes ont envoyé à leur mère patrie un grand nombre de produits, qui, en 1903, représentaient une valeur totale de 9 millions de francs. En 1904, ce chiffre était largement dépassé ; l’importation coloniale représentait i3 millions de francs. En 1905, les colonies ont importé en Allemagne pour plus de 21 millions de francs. Quant aux produits allemands, exportés d’Allemagne à destination des colonies, ils ont suivi également une remarquable augmentation : en iqo3, leur valeur se chiffrait par 29 275 000 francs ; en 1904, par 4i65oooo francs; en 1905, par 56 35oooo francs. L’Allemagne, en igo5, a donc fait pour plus de 77 millions d’affaires — importations et exportations — avec ses colonies.
- Le budget de la marine de guerre hollandaise. —
- Le budget hollandais prévoit une somme de 44 millions 1/2 de francs pour la marine de guerre. On poursuit l’exécution d’un grand programme naval, qui ne doit être achevé qu’en 1981, avec une dépense annuelle de 9 millions. A son achèvement, les Pays-Bas posséderont 4 cuirassés de 7000 tonnes de déplacement chacun, 4 autres de 5ooo t., 3 canonnières, 4 sous-marins, 6 contre-torpilleurs et 27 torpilleurs.
- Nouveaux brise-lames sur la côte du Jutland. —
- On construit actuellement, sur la côte ouest du Jutland, deux grands brise-lames destinés à fournir un abri précieux aux pêcheurs : l’un est à Hanstholm, l’autre à Yornpor. Sous l’eau, la maçonnerie en est constituée de gros blocs de béton, assemblés par queues d’aronde ; au-dessus de l’eau, on coulera en masse du béton dans lequel on aura noyé nombre de rails.
- Le microphone Paris-Rome. — On a donné ce nom au microphone spécial adopté par l’administration française des téléphones pour correspondre sur la ligne de Paris à Rome. Ce microphone est constitué par une cuvette en charbon formée de quatre parties séparées par des cloisons isolantes. L’intérieur de cette cuvette, au lieu d’être lisse, présente une série de rainures circulaires disposées en gradins, de telle sorte que l’épaisseur de charbon augmente vers le centre. Les cloisons isolantes sectionnent la cuvette en quatre cases contenant des fragments d’anthracite spécial qui constituent la liaison électrique entre la cuvette et une membrane vibrante en charbon, cette cuvette étant maintenue entre le couvercle métallique de l’appareil et une rondelle en matière compressible. Enfin, entre la membrane et une ouverture ménagée dans lé boîtier, a été placée une rondelle d’ouate destinée à retenir la grenaille d’anthracite ; cette dernière rondelle ne nuit aucunement à l’élasticité de la membrane vibrante ; de plus, elle constitue une sorte de diaphragme qui limite l’action vibrante à la partie centrale. Cette disposition présente également l’avantage de communiquer à l’appareil une très grande sensibilité tout en lui donnant une résistance ohmique élevée. De plus, la quantité de matière emmagasinée entre la membrane et la cuvette est assez considérable pour permettre au microphone de supporter un voltage élevé. Ce microphone, qui est construit par la Société industrielle des téléphones, peut également être employé comme transmetteur dans les systèmes haut-parleurs.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Photographie
- ip> 'Eclairage
- Cuves Hemdé pour développement lent. — Ou
- nomme développement lent en photographie une méthode qui permet souvent de gagner du temps, si paradoxal que cela puisse paraître. Le développement agit en efl'et lentement, mais il agit sur un très grand nombre de clichés à la l'ois et sans danger pour ceux-ci, au contraire, car quel que soit le temps de pose auquel ils ont été soumis, on est assuré d’en tirer le meilleur parti possible.
- Si on a 12 clichés à développer par les méthodes rapides, il faut toujours bien cinq minutes au minimum par cliché, puis autant pour lavage et lixage, soit deux heures d’attention soutenue et d’isolement dans l’obscurité du laboratoire. Avec un développement lent, combiné pour deux heures, on immerge ses douze clichés à la fois et on vaque à ses affaires ; puis on vient les retirer quand le temps voulu est écoulé ; le développement lent fait donc gagner du temps (c. q. f. d.). Nous avions eu déjà l’occasion de parler de celte méthode à propos de YAcétol lieeb, produit spécialement combiné pour ce genre de développement et nous y revenons aujourd’hui
- 1. Cuve à rainures fixes. — 2. Cuves à rainures indépendantes.
- 3. Couvercle et intermédiaire.
- pour signaler les cuves Hemdé qui forment un matériel très bien compris pour permettre d’obtenir un bon résultat.
- Comme il faut que les clichés soient placés verticalement et baignent complètement, on a intérêt, pour user le moins de bain possible, tout en mettant la quantité suffisante, à avoir des cuves spécialement combinées pour cet usage. Le. modèle représenté ci-contre se fait de deux façons : ou bien les rainures tiennent à la cuve (n° 1) ou bien elles font partie d’un porte-plaque indépendant (n° 2).
- Dans l’un comme dans l’auti'e, les rainures sont assez larges pour qu’on puisse mettre deux plaques dos à dos dans chacune d’elles ; l’entrée est ogivale de façon que les plaques entrent très facilement sans aucune rayure sur les bords. Ces cuves sont en kaoli-the, ou faïence blanche opaque, ti'ès solide et facile à entretenir en bon état de propreté. Des intermédiaires, ou remplisseurs permettent d’utiliser les cuves pour différents formats de clichés.
- Le couvercle (n° 3), fait en même matière, est spécialement étudié pour assurer toute sécurité ; il est construit en chicane, la partie supérieure formant un creux qui vient s’emboîter sur les bords de la cuve et la ferme hermétiquement. On peut donc sans crainte sortir du laboratoire dès que l’installation est faite et y rentrer en s’éclairant à la lumière blanche. — Maison Hemdé, à Hem (Nord).
- Appareil d'éclairage à foyer incandescent par l’acétylène à moyenne pression. — On a cherché pendant longtemps le moyen d’obtenir une source lumineuse d’intensité et de consommation constantes, tout en offrant une surface éclairante de faible diamètre pouvant être employé comme foyer d’un condensateur de lumière quelconque. Ce problème a été résolu très élégamment dans l’appareil suivant très simple et fort économique.
- L’appareil se compose essentiellement d un petit chalumeau à acétylène dissous fonctionnant sous une pression de i,5o m. d’eau. Ce chalumeau est muni d’une boule A composée de terres rares, agglomérées, qui est portée à l incandescence au moyen du dard formé par l’acétylène et l’air qui brûlent à la sortie de la buse. L’ensemble est disposé de telle sorte que le réglage de la position de la boule par rapport au chalumeau se fasse d’une façon simple et rapide.
- Dans ce but, la boule est fixée sur une lige qui peut coulisser dans une boi-ne à vis de serrage B, analogue à celles employées dans les galeries de becs Auer, cette borne étant bra-sée sur le corps du chalumeau à une hauteur convenable.
- Le chalumeau proprement dit se compose : i° d’une embase C renfermant une petite toile métallique destinée à empêcher toute entrée de poussières dans l’injecteur et terminée à la partie supérieure par cet injecteur lui-même qui est percé d’un trou excessivement petit destiné à augmenter la vitesse du gaz à la sortie. Cet ajutage est réglé à une pression qui peut varier de 1,40 m. à 2 m. d’eau, sans que la marche de l’appareil souffre d’une façon sensible ; — 20 d’un corps cylindrique D se vissant sur l’embase et portant à sa partie inférieure des foyer” incandescent trous destinés au passage de l’air piU. l’acétylène aspiré par suite de la grande à moyenne pression vitesse du gaz acétylène à sa sortie de l’injecteur. Entre des limites assez grandes de pression, le mélange d’air et d’acétylène reste sensiblement de proportion constante en admettant que la vitesse de l’acétylène augmentant avec la pression, le volume d’air entraîné augmente aussi ; — 3° d’une buse recourbée E à la sortie de laquelle s’enflamme le mélange d’acétylène et d’air. Cette buse possède un orifice de sortie circulaire mais qui peut s’aplatir pour étaler le jet si cela est nécessaire.
- Le dard produit par la combustion du mélange est formé par une pointe de couleur bleu verdâtre d’une longueur de 3 ou 4 mm. et entourée par une flamme extérieure légèrement violacée et presque invisible.
- Lorsque l’on approche la boule de terres rares de ce dard, il se produit une clarté éblouissante et la formation d’une légère flamme rougeâtre environnant la partie incandescente. Pour obtenir le maximum de lumière, il faut que le dard du chalumeau s’écrase légèrement sur la boule et un peu en dessous du centre, de façon à éviter de produire à la partie supérieure une flamme lumineuse en forme de jet, qui pourrait détériorer les appareils dans lesquels le chalumeau aéro-acétylénique est employé.
- Le débit du brûleur est de 8 à 10 litres d’acétylène à l’heure et l’intensité lumineuse sphérique produite est de 4o à 5o bougies décimales. D’autre part, la quantité de chaleur dégagée par cet appareil est presque insignifiante et permet de l’employer pour les applications les plus diverses. Son emploi s’est peu étendu jusqu’à présent et il ne s’est vraiment spécialisé que dans les petits projecteurs à poste fixe ou pour automobiles, les petits
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- SCIENCE APPLIQUEE
- appareils de projections, l’éclairage des wagons de chemins de 1er et dans quelques installations d’éclairage domestique.
- L’application qui utilise le mieux ce mode d’éclairage est sans contredit l’appareil de projections et d'agrandissements.
- On a, en effet, une lumière blanche émanant d’une source formée presque par un point, consommant moins de o"',ii de gaz acétylène à l’heure et permettant avec les récipients les plus employés d’acétylène dissous, contenant 35o litres de gaz à une pression maxiina de 12 kg., de faire fonctionner à volonté, sans maniement spécial et sans pertes d’aucune sorte, le chalumeau pendant 35 heures consécutives ou par fractions de temps absolument quelconques.
- La lumière ainsi produite est éminemment photogénique et permet par conséquent d’obtenir des agrandissements photographiques très rapidement et à un prix de revient beaucoup inférieur (au point de vue dépense de lumière) à celui que l’on obtient avec les autres systèmes d’éclairage. Parmi les nombreux essais qui ont été faits, je puis citer plusieurs agrandissements de 7 à io fois le diamètre de l’original, obtenus sur papiers ordinaires du commerce au bromure avec des clichés moyens en moins de 3o secondes, ce qui correspond à une dépense de o"',ooi par épreuve.
- Lorsque le chalumeau aéro-acétylénique à boule incandescente est employé dans une bonne lanterne de projections, on peut obtenir, avec un réglage assez exact, des vues projetées de i m. sur a m., dimensions bien suffisantes pour un écran de projections de salon ou de petites salles de conférences.
- En résumé, cet appareil léger, simple et peu coûteux, est appelé à rendre de grands services à la photographie et recevra sans nul doute des applications aussi originales qu’imprévues comme celle qui consiste à éclairer les torpilles radio-électriques automobiles pendant les expériences de nuit.
- Nous tiendrons d’ailleurs nos lecteurs au courant de toutes ces applications nouvelles de ce genre d’éclairage qui n’est pas encore très connu du public, ni apprécié par les acétylénistes comme il le mérite. — Cet appareil est construit par MM. Boas, Rodrigues et C‘e, G7, boulevard de Charonne, Paris.
- *>> Divers
- Un broc pour boissons glacées. — Lorsque l’on confectionne des boissons glacées mélangées directement à la glace, on est assez embarrassé pour les servir. Car il est difficile d’empêcher la glace de tomber dans le verre où l’on verse le liquide. Le petit dispositif suivant permet d’éviter aisément cet inconvénient. Il consiste
- simplement en un ressort qui se fixe à la partie supérieure du broc.
- Ce ressort est constitué par une tige
- circulaire en métal argenté, munie d’un épanouissement percé de trous formant passoire ; une plaque horizontale est rivée sur la tige et obstrue le tiers environ du cercle qu’elle forme. On voit que, si l’on incline le broc pour verser la boisson, le liquide peut passer à travers les trous de la passoire et s’écouler par le bec du récipient. Mais la glace est retenue à l’intérieur entre la plaque perforée et la plaque horizontale. — Cet objet est en vente chez Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber.
- Un attrape-mouches élégant
- répugnant que les divers pièges à mouches généralement employés pour nous débarrasser de ces désagréables parasites : gobe-mouches ou papier tue-mouches étalant des centaines de cadavres.
- Voici un piège plus élégant; il est fait de papier tue-mouches . ordinaire, mais dissimulé dans le corps d’une rose artificielle d’aspect fort agréable.
- Nul doute que les mouches ne s’y laissent prendre aisément, et notre vue ne sera plus choquée comme autrefois.
- Les roses tue-mouches sont en vente chez Drüc-ker, i4q bis, rue de Rivoli, Paris.
- Humecteur d’enveloppes. — 11 est fort peu hygiénique de mouiller avec ses lèvres, timbres-poste ou enveloppes gommées.
- On sait, en effet, que la colle qui a servi à les confectionner est faite de matières organiques assez répugnantes.
- Le petit appareil de bureau que voici nous permettra de fermer nos enveloppes ou de coller nos timbres sans imposer ù nos muqueuses ce contact souvent dangereux.
- C’est un godet en terre, de forme rectangulaire, dans
- Humecteur d’enveloppes.
- lequel on verse de l’eau. Un petit cylindre en feutre muni d’une tige centrale prend place au milieu du godet et tourne ainsi librement sur son axe.
- Il est garni de drap vert qui s’imbibe de l’eau du godet.
- . Enfin une armature nickelée vient s’emboîter sur l’appareil et s’y fixer grâce aux deux ressorts représentés de chaque côté de la figure.
- Cette armature possède une découpure supérieure qui permet d’y introduire l’enveloppe et de la faire reposer sur le cylindre humide. On l’humecte alors très simplement en lui donnant un mouvement de va-et-vient. — L’appareil est en vente chez M. Mathieu, •29, rue de Valois, Paris.
- Le chalumeau à cuiller. -
- hygiénique pour absorber une boisson glacée que de la déguster au moyen d’un chalumeau ; le petit instrument représenté ci-contre se compose d’un chalumeau en verre associé à une cuiller qui permet d’agiter aisément la boisson.
- La cuiller est munie d’une simple tige qui enlace le chalumeau. Ainsi se trouve simplement résolu ce petit problème que l’on se pose assez souvent : agiter une boisson glacée avec un chalumeau.
- En vente chez Mathieu, 29, rue de Valois, Paris.
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- -M VARIÉTÉS
- La pluie en Lozère. — La Commission météorologique de la Lozère publie, dans le Bulletin de la Société d’agriculture de ce département (icr trimestre, 1907), une notice météorologique sur l’année igoS. L’intérêt en est tout spécial parce que l’angle oriental de la Lozère (autour de Villeforl), limitrophe du Gard et de l’Ardèche, est, si nous ne nous trompons, la région de France où il pleut le plus (concurremment avec le haut bassin
- sinage desquelles s’abattent des torrents d’eau. Depuis longtemps on attribue leur cause à la confluence vers l’Aigoual et le mont Lozère des vents des Alpes (jiar le Rhône), de la Méditerranée et de l’Ouest (par la Guyenne). D’ailleurs, la fréquence des pluies 11e concorde point avec leur quantité : Villefort n’a que 82 jours de pluie pour ses 2 m. d’eau; Saint-Chély-d’Apcher en a 133 pour 8a3 mm. et Meyrueis 84 pour 627,7 mm, etc.
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- Pluie en
- du gave de Pau). Commencées en 1867, dans cinq postes, les observations météorologiques s’effectuent en Lozère, dans 28 stations depuis 1894, échelonnées de 267 m. (Saint-Etienne, Vallée Française), à 1224 m. (Mer-coire).
- Les extrêmes de pluie tombée en 1906 sont 527,7 mm à Meyrueis, et 2037 mm à Villefort; Vialas a reçu iî>46 mm.
- « La carte pluviométrique (que nous reproduisons) met en relief, d’une manière frappante, l’influence des montagnes sur la répartition des pluies. L’Aigoual et le mont Lozère apparaissent comme des abris protégeant lesjerres situées au N.-O. de leurs crêtes, dans le voi-
- Lozère.
- 1905 a reçu plus d’eau que 1904, mais beaucoup moins que igo3. La plus basse température de 1905 a été de — 2i° en janvier à Châteauneuf-de-Randon, et la plus haute -J- 38° à Saint-Chély-d’Apcher en juillet. Le climat est si excessif que l’écart des moyennes de janvier et juillet dépasse 21°.
- On a souvent reproché aux Commissions météorologiques départementales leur fonctionnement incomplet ou intermittent : celle de Vaucluse, depuis 1873, a donné l’exemple d’une excellente publication annuelle; il faut féliciter la Lozère d’entrer dans cette voie utile et l’engager à y persévérer régulièrement.
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- VARIÉTÉS
- L’histoire du papier. — Le développement de l'industrie du papier est intimement lié aux progrès de la civilisation. A ce titre, les détails suivants donnés par M. Blanchet, à la Société des Ingénieurs civils, présentent un vif intérêt.
- L’invention du papier est due au Chinois Tsaï-Loune qui, en l’an io5 de l’ère chrétienne, parvint à fabriquer du papier avec des écorces d’arbres, des tiges de chanvre, de vieux chiffons et des blets de pêche. Cette découverte valut à son auteur des honneurs exceptionnels, et le mortier dont il avait fait usage pour broyer ses matières premières devint aux yeux des Chinois une précieuse relique, objet de leur vénération.
- En 701, les Chinois aux prises avec les Arabes sur les confins du Turkestan subirent une sanglante défaite. Les captifs, emmenés à Samarkand, y transportèrent l’industrie du papier. C’était alors l’apogée de la civilisation arabe ; le papier fabriqué d’abord à. Samarkand, puis à Bagdad, se répandit dans toute l’Asie Mineure. Damas eut bientôt ses fabriques, restées célèbres pendant tout le Moyen Age.
- Le papier se répandit avec la domination musulmane: au Maroc, en Espagne, en Egypte. Dès le x“ siècle, la fabrication du papyrus disparaît devant celle du papier; nous avons des détails très précis sur la fabrication à cette époque : on employait des chiffons de lin comme matière première, et on livrait au commerce les produits les plus variés, papier épais et papier extra-mince.
- Au xm* siècle, l’industrie du papier apparaît en Italie. A cette époque, le papier était fort en usage en France; mais on ne signale pas avant 1337 l’établissement de moulins à papier dans notre pays. Cette industrie débuta en Champagne où elle prit un rapide essor. En 1488, Essonnes et Corbeil avaient également créé des fabriques de papier et faisaient une sérieuse concurrence aux maîtres champenois.
- L’Auvergne devait bientôt également venir se mettre sur les rangs et conquérir la première place qu’elle garda jusqu’au milieu du xviii6 siècle, avec les célèbres papiers de Thiers et d’Ambert.
- A la fin du xvnT siècle, la production annuelle de papier en France était voisine de 20000 tonnes. En 1849, elle atteignait 42000 tonnes et, en 1899, 45oooo tonnes.
- Pendant près de 18 siècles, l’outillage nécessaire ù l’industrie du papier subit fort peu de perfectionnements, et resta sensiblement identique à celui employé par l’inventeur Tsaï-Loune.
- Les chiffons étaient soumis à un pourrissage qui durait de quatre à cinq semaines, étaient lavés, puis jetés sous le pilon. A ce pilon mû à bras d’homme, furent substitués dans la suite des maillets actionnés par moteurs hydrauliques. Le mortier devint le creux de pile dont le fond était garni d’une plaque de fer ou de fonte sur laquelle frappaient les têtes de maillets armés de clous.
- L’instrument destiné à produire la feuille, la « forme »
- faite en Chine avec de fines tiges de bambous, était construit en Europe avec des bis métalliques. O11 la plongeait à deux mains dans une cuve remplie de pâle ; on recueillait ainsi la matière que de légères oscillations amenaient à se déposer partout en épaisseur égale ; l’eau s’égouttait, le papier jirenait corps, était couché sur des morceaux de feutre, pressé puis séché.
- Pour être apte à recevoir l’écriture, il était ensuite collé avec de l’amidon chez les Arabes, avec de la gélatine en Europe. Enfin, pour lui donner du poli, on le frottait avec une dent de loup ou un caillou à chanfrein.
- La première transformation profonde apportée à l’industrie papelière date de la fin du xvne siècle; on imagina alors, au lieu de triturer les chiffons, de leur faire subir une désagrégation par frottement et cisaillement en les faisant passer entre un cylindre et une platine, tous deux armés de dents métalliques.
- Cette invention, due aux Hollandais, fut adoptée en Allemagne d’abord, puis en France où le papetier hollandais Ecrevisse l’introduisit à Annonay et à Essonnes.
- E11 1798, un contre-maître d’Essonnes, Nicolas-Louis Robert, créait une nouvelle machine qui devait révolutionner complètement l’industrie papelière; cette machine, mue à bras, se composait d’une toile sans fin sur laquelle un cylindre à palettes, plongeant dans une cuve, projetait de là pâte. La toile recevait une série de secousses transversales qui permettaient l’enchevêtrement des fibres et facilitaient l’égouttage de la pâte. La largeur et l’épaisseur de la feuille étaient réglées. La pâte était ensuite comprimée entre deux presses, puis enroulée sur un dévidoir.
- C’est celte modeste machine qui, perfectionnée, a donné naissance aux puissantes machines modernes dont la vitesse atteint 200 m. par minute.
- Notons enfin que 1 industrie papetière moderne utilise bien d’autres matières que le chiffon; ce sont le bois mécanique, le bois chimique, la paille, l’alfa et la ramie. On parle même de ressusciter la culture du papyrus en Egypte, pour utiliser ses fibres comme celles de l’alfa ou de la paille.
- Un canal d’irrigation en tôle. — Le canal destiné à alimenter le réservoir de Ivôm-Ombo, près du barrage d’Assouan dans la Haute-Egypte, présentait de sérieuses difficultés de construction : étant donné le sol sablonneux et instable du désert, on ne pouvait songer à faire ce canal en béton ou en maçonnerie ; la nature poreuse du terrain ne permettait pas de le creuser simplement dans le sable. On décida donc de le constituer par l’assemblage de demi-cylindres de tôle qu’on placerait sur le sol et dont on remblayerait le dessous avec de la terre. L’ouvrage, entrepris par une maison anglaise de Birmingham, fut exécuté par des ouvriers indigènes, sous la direction de contremaîtres anglais ; il dura 5 mois ; on y employa i?,5o tonnes d’acier, dont 600000 rivets.
- HYGIENE ET SANTÉ
- La nèfle contre l’entérite. — La nèfle n’est pas un fruit qui soit en général très recherché et, sauf dans quelques régions méridionales où on le cultive dans les vergers, on ne le voit guère paraître sur les tables. Je me souviens cependant d’un petit pays où l’on fabriquait avec la nèfle des tartes et des confitures fort appréciées des bambins. Ce fruit, qui ressemble à une petite pomme, d’aspect brunâtre, a des propriétés qu’on ne lui ^fcupçonnait pas.
- Un médecin de la marine, le Dr Mercier, atteint d’entérite chronique, fut étonné des résultats que lui procura l’ingestion de nèfles. En quelques jours la diarrhée s’arrêtait, les douleurs disparaissaient et les troubles consécutifs à ces accidents intestinaux s’atténuaient rapidement, à la condition toutefois qu’il n’y eut pas de crise de dysenterie. Fort de son succès personnel, M. Mercier conseilla à plusieurs malades le traitement par les nèfles et tous ceux qui voulurent le suivre obtinrent le même bon résultat. Le fruit est donné à pleine maturité, quand il est blet, pelé bien entendu et sans les noyaux, à la
- dose de 100 à 200 gr. par jour, concurremment avec le régime lacté. Dès que la diarrhée cesse, on augmente l’alimentation d’une façon graduelle, en procédant du simple au composé, œufs, poisson, cervelle, poulet, etc., en ne donnant toujours que du lait pour boisson.
- Ce qu’il y a de particulier dans l’action de ce fruit que j’avais toujours regardé comme astringent, c’est qu’il n’entraîne pas la constipation. Son influence, dans l’entérite chronique, se fait sentir avec rapidité et paraît durable. L’ennui, c’est que la nèfle, dans nos climats de France, ne mûrit pas en toute saison ; on la récolte à l’automne et oii peut la conserver une partie de l’hiver. Pour être assuré d’en avoir en tout temps, M. Mercier conseille de fabriquer une sorte de conserve qui, moins efficace que le fruit lui-même, 11’en agit pas moins et permet de continuer le traitement toute l’année. Yoicisa recette : prenez 1 kg de nèfles, ajoutez 800 gr. de sucre, un demi-litre dieau et faites bouillir trois quarts d’heure, puis mettez en flacons fermés en pleine ébullition comme pour les conserves de fruits. D1 A. C.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans lu boîlc aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. Eu raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu qite dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Une erreur d’impression s’est glissée dans le n° 1780; l’appareil de massage à main le ( Veedee » peut transmettre à son volant ajustable une vitesse de rotation de 8000 tours à la minute et non 800.
- Communications. — L’industrie du papier de maïs. — Comme suite à l’article que nous avons publié à ce sujet dans notre n° ij65 du 23 mars 1907 (Variétés), ,\1. H. Husson, pharmacien à Saint-Etienne, nous signale ijue l’idée mise en pratique actuellement par les Américains avait déjà été proposée dans un travail sur le maïs imprimé en 1837 à Saint-Omer : « Recherches historiques, chimiques, agricoles et industrielles sur le maïs ou blé de Turquie, suivies de l’art de fabriquer le sucre et le papier avec la tige de cette plante sans diminuer la quantité de son produit sous le rapport alimentaire, par Em. Pai.las, docteur en médecine, médecin en chef de l’hôpital militaire de Saint-Omer, etc. » Dans
- cette élude, qui ne comporte pas moins de 210 pages, 10 pages (dont 4 imprimées sur papier de maïs) sont spécialement consacrées à la fabrication de ce papier. L’auteur a poussé son travail assez loin puisqu’il a comparé le prix de revient du papier de maïs au prix de revient du papier de chiffons. Enfin, d’après le Dr Pallas, en 1772, Schœffer signalait déjà la possibilité d’utiliser le maïs à la fabrication du papier.
- Renseignements. — Société des alliages Cotliias. /)' Cordes, Genève. Manufacture française d’armes et cycles. Saint-Etienne. — Veuillez vous adresser jiour renseignements sur le graphite lubrifiant à l’inventeur, M. Acheson, Niagara Falls, Carborundum Works, à Buffalo (Etats-Unis).
- M. A. Elosegui, à Tolosa. — Le lenligo disparaît quelquefois spontanément, mais on ne connaît aucun moyeu efficace de le combattre.
- M, A. Dagenie, à Paris. — On fait fuir très facilement les moustiques en attachant une branche de lavande à la tête du lit.
- M. Meyère. — Voyez ci-dessus l’adresse de M. Acheson. Pour le Tinol, il suffit de vous adresser à la Société Kuppers Melalliverke, à Bonn.
- BIBLIOGRAPHIE
- Leçons de géographie physique, par A. de Lapparent. 3° édition. Paris, 1907. Masson et Cic. 1 vol. grand in-8°, xvi-728 p., 203 fig. et 1 planche hors texte en couleur. Prix : 12 francs.
- Suivant une douce habitude que l’auteur et les éditeurs ont donnée aux lecteurs pour chaque ouvrage de M. de Lapparent, cette troisième édition des Leçons de géographie physique, désormais classique, a été considérablement revue et augmentée. C’est un livre nouveau et de la valeur qu’on peut prévoir. Les derniers progrès, si considérables, de la géographie pure, exigeaient d’ailleurs impérieusement un tel renouvellement. Aussi M. de Lappai*ent présente-t-il aux lecteurs les conquêtes nouvelles effectuées dans les Alpes, les Pyrénées, l’Asie centrale, les déserts africains, l’Amérique boréale, les terres antarctiques, etc. Nous signalerons aussi le considérable accroissement des figures, presque toutes des photographies, et représentant à la fois les plus caractéristiques et les plus rares des accidents du relief terrestre. Enfin, un lexique de plus de 1240 noms (55oo renvois de pages) apporte la dernière, perfection à ce livre qui les possédait déjà toutes.
- Hydrologie agricole, par Frédéric Dienert, .docteur es sciences-',-—Pari's. J.-B. Baillière et fils, 1907. 1 vol. in-i8, 45o p. Prix : broché, 5 francs ; cartonné, 6 francs.
- Origine et circulation des eaux souterraines, — qualité des eaux (notamment au point de vue de l’hygiène), —: utilisation dé$- eaux- par les procédés physiques, chimiques ou biologiques, suivant les remarquables recherches expérimentales poursuivies à Lille par M. Calmette.
- Le jardin de l’instituteur, de Vouvrier, de Vamateur, pur P. Bertrand. Paris. Bibliothèque Larousse. 1 vol. in-16. Prix : ifr,5o.
- : Petit inanuel très bien compris et très pratique du jardinage d’amateur, à la fois pour le potager et le jardin d’ornement. Comme innovation heureuse, signalons particulièrement' le calendrier horticole, tableau des travaux,, semis,.repiquages et plantations à effectuer suivant chaque mois de l’année, et le tableau des animaux; utiles et nu isibles donnant pour chaque type, en.trois.eôlonnes, la désignation (avec figure), la nature des dégâts, et les moyens, de destruction. v
- La photographie des couleurs, par E. Constet. Paris. Librairie Larousse. 1 vol. in-16. Prix : 0^,7!). (Bibliothèque Larousse).
- Orthochromatisme. Méthode interférentielle. Procédé trichrome par tirages superposés. Procédé tri-chrome par éléments juxtaposés. Procédés par décoloration. Procédés par dispersion spectrale. Historique.
- Le passe-temps des mois, par Victor Delosière, Paris, Librairie Larousse. 1 vol. in-16. Prix : ofr,75 (Bibliothèque Larousse).
- Sous ce joli titre qui semble emprunté à un livre ancien, M. Delosière a voulu faire, comme il le dit dans son sous-titre, un « calendrier universel des occupations quotidiennes et de l’emploi du temps. » Le volume s’adresse surtout aux gens qui vivent à la campagne ; c’est un mémento mensuel des soins à donner à la cave, au jardin, aux plantes d’appartement, à la volière, au rucher, à la basse-cour, plats de saison, confitures à faire, récoltes à effectuer par le botaniste, le cueilleur de simples, l’amateur de champignons, astres à observer, jeux, sports, photographie, chasse, pêche, etc.
- Traité pratique de minéralogie, par F. Leteur, préparateur à la Faculté des sciences de l’Université de Paris. Paris, Ch. Delagrave, 1907. 24 planches tirées en 18 couleurs, 1 album in-4°. Prix broché: 25 francs, relié : 3o francs.
- 'S’il ne manque pas d’excellents traités de minéralogie, il manquait un bon album donnant des figures utilisables des espèces. L’ouvrage de M. Leteur comble cette lacune. On y trouvera, en bon ordre et clairement exposés, les objets suivants : i° un aperçu général de la cristallographie géométrique et de l’optique cristalline, 20 l’élude sommaire des espèces les plus répandues dans les collections, surtout de celles qui sont utilisées dans la joaillerie et dans l’industrie. Les lois cristallographiques sont simplement exposées sans avoir recours aux formules de géométrie analytique ni aux diverses représentations symboliques; de même : les phénomènes principaux de l’optique cristalline, la coloration des lames et leurs extinctions en lumière parallèle, l’usage du microscope polarisant, les figures d’interférence en lumière convergente, la détermination du signe optique, les principaux faits de la pola-
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- BIBLIOGRAPHIE
- risation rotatoire et les phénomènes du polyehroïsme, les propriétés physiques directement applicables à la diagnose des espèces et à l’étude des roches, les notions fondamentales de chimie indispensables à l’établissement de la constitution chimique des espèces et à l’intelligence des formules qui la représentent, une étude sommaire des principaux groupements naturels des minéraux.
- Zoologie appliquée en France et aux colonies, par J. Pellegrin, docteur ès sciences, secrétaire de la Société zoologique de Paris et Y. Cavla, ingénieur agronome. Paris. H. Dunod et E. Pinat, 1907. 1 vol. in-16, 614 p*, 281 lig. Prix (relié) : 12 francs (Bibliothèque du conducteur de travaux publics).
- L’ouvrage de MM. Pellegrin et Cayla répond à un véritable besoin et sera accueilli avec joie ; c’est un véritable manuel, complet et clair, de zootechnie. Il comprend quatre parties : I. Résumé de zoologie générale, notions sur l’anatomie et la physiologie des
- animaux, classification. — 11. Elevage des espèces indigènesutiles, pisciculture, viticulture, sériciculture, apiculture, etc. — III. Collection zoologique. — IY. Produits animaux des colonies françaises. Nous croyons devoir recommander vivement cet excellent traité à nos lecteurs.
- De quelques signes cliniques permettant de déceler la tuberculose dans son stade de germination ganglionnaire, par le D1' Barot. Angers. Germain et G. Grassin, 1907 (extrait des Archives médicales d’Angers). 1 br. in-8“, 11 p.
- Nouveaux zigzags en France, par M. 11. Bolaxd. Paris-Hachette et Ci0. 1 vol. in-16. Prix : 4 francs.
- Manuel de l'arbre, par E. Cardot, publié par le Tou-ring-Club de France, in-4°, 94 P- ht nombr. gravures. En vente ii la librairie Hachette. Prix : ir,,5o. — Excellent manuel populaire destiné à faire connaître le respect et la protection dus aux arbres.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSEltVATlONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 juillet 1907 . 13°,4 N. 1. Beau. » Dosée ; nuageux.
- Mardi 9 13°,0 S. S. W. 3. Couvert. 0,1 Dosée; couv. jusqu’à 15 h. ; très nuag. eus.; un peu de pluie à 17 II.
- Mercredi 10 14°,9 W. 3. Couvert. 0,2 Très nuag ; pelile pluie à i II. 20; pluie de 15 1». 20 à 10 h. 50.
- Jeudi 11 10°,9 N. N. E. 5. Très nuageux. » Dosée ; nuageux.
- Vendredi 1 2 10°, 9 N. N. E. 1. Beau. » Dosée ; peu nuageux.
- Samedi 15 12° 5 N. N. E. 0. Deu nuageux. » Dosée; peu nuageux; Brumeux; halo.
- Dimanche 14 14°,6 N. E. 1. Nuageux » Dosée; nuageux.
- JUILLET 1907..— SEMAINE DU LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 JUILLET 1907.
- 5SS555S55SâS WMPWMWMMMMMMW—M» WMf »!
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. '
- Du 8 au 14 juillet. — Le 8. Pression atmosphérique (en mm) : dépression sur les Iles-Britanniques ; sur l’Ouest de la France, 764. Pluies dans le N. et 10. de l’Europe; en France : Clermont, 28 mm; Bordeaux, 27; Biarritz, 25; Limoges, 14 ; Toulouse, 9. Température du matin : Skudesness, io° ; Paris, i3; Alger, 24; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : i4°,i (normale : 18). — Le 9. Press, atm. : hausse sur le S.-O. de l’Europe (France : 769); baisse sur les Iles-Britanniques et la Scandinavie (Skudesness, 753). Pluies Sur l’O. de l’Europe; en France : Lyon, 6; Brest, 4; Toulouse et Belfort, 3; Calais, 1. Temp. du matin : Paris, i3°; Alger, 22; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : i5°,i (normale : i8°,i). — Le xo. Press, atm. : hausse sur toute l’Europe : S.-O. de la France : 770; Bodoe, 760. Pluies sur le N.-O. de l’Europe; en France : Calais, 8; Dunkerque, 6; Nantes, 2; Paris, 1. Temp. du matin : Skudesness,
- 11 ; Lyon, i5; Palerme, 23; Puy de Dôme, 6; Pic du Midi, 4". moyenne à Paris : i4°,3 (normale : i8°,i). — Le 11. Press, atm. : hausse générale persistante : Ii’lande, 775; France, 772; Odessa, 761; Pluies sur l’O. et le Centre de l’Europe; en France : Dunkerque, i5; Biarritz, x-2 ; Besançon, 5; Paris, 3. Temp. du matin : Paris, 11 ; Perpignan, 20; Pic du Midi, 5; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris, i3°,3 (normale i8°,i). — Le 12. Press, atm. : supérieure à 765 dans le Centré et l’O.; 774 sur l’Angleterre et la France. Beau temjis général. Temp. du matin : Paris, 11 ; Moscou, 20 ; Puy de de Dôme, Pic du Midi, 4- Le i3. Press, atm. : sur le S.-O. del’Europe, hautes pressions : Bretagne, Normandie, 770; dépression en Russie : Kiev, 753. Pluies sur le Centre du continent. Temp. du matin : Paris, i3; Perpignan, 20; Puy de Dôme, 6 ; Pic du Midi, 4- Phases de la Lune : Nouvelle Lune, le 10 à 3 h. 26 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- j L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- RÉDACTEURS EN CHEF :
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- E-A, MARTEL — J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne fa Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- j 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘c, éditeurs de La Nature, 12 0, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N» 1783 (27 JUILLET 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Le paludisme dans les Dombes. — Comme suite à l’étude que notre collaborateur le Dr Cartaz publiait dernièrement à ce sujet (V. n° 1781, i3 juillet, p 99) signalons les résultats de recherches effectuées dans la région Nord du camp de Sathonay, c’est-à-dire à la limite des Dombes, par M. Claude, médecin-major à Sathonay, et publiées dans un récent numéro du Caducée. Sur 6a5 captures de moustiques faites durant l’été de 1906, il y en avait 73 qui représentaient des 4 échantillons d’Anophélinées. Il y aurait lieu de retenir, comme endroits spécialement infestés du moustique anophèle, les étangs de Montet, du Fay-Bernard, du Poussey, de Bouligneux, de Chambre, du Montellier. Coïncidence remarquable, la plupart de ces endroits sont ceux que signalaient, dès 1859, les rapports préfectoraux comme étant les plus miasmatiques du pays.
- La scarlatine dans l’armée. — M. Le Rouvillois constatait dernièrement devant la Société de médecine militaire que la plupart des épidémies de scarlatine qui se produisent dans le milieu militaire sont importées par des soldats rentrant des permissions du ier janvier; c’est en effet presque toujours api'ès ces permissions et au courant de janvier que se déclarent les épidémies de maladies éruptives. Déclarer, comme le fait Fauteur, que la suppression de ces permissions serait une excellente mesure de prophylaxie est assurément logique, mais ce serait peut-être un peu dur pour nos soldats. Allons nous voir Xhygiène aux prises avec le nouvel an?
- Sous-marins pour l’Autriche. — Les résultats donnés par les sous-marins allemands du type MI ont paru tellement satisfaisants au gouvernement d’Autriche-Hongrie, qu’il vient de commander aux chantiers Ger-maniawerft de Kiel deux sous-marins de ce type destinés à la flotte austro-hongroise. Ces navires déplaceront 60 tonnes de plus que ceux d’Allemagne ; leur tonnage atteindra donc 3oo tonnes. Ils seront actionnés par des moteurs à pétrole de 3oo chevaux, d’un modèle entièrement nouveau et perfectionné ; les progrès réalisés sur ees moteurs permettront aux nouveaux sous-marins de marcher, en naviguant à la surface, avec une vitesse de 12 à i3 nœuds.
- Sur la pergamyne. — La pergamyne est un nouveau produit qui s’obtient en principe en broyant fortement la cellulose traitée au subite ; lorsque celle-ci prend l’aspect gélatineux, elle constitue la « gélatine de cellulose ». M. Hans Hofman, dans un récent travail publié dans le Zeisçhrift für angewânte Chemie, a recherché si les différences de ces produits sont d’ordre mécanique ou chimique. Il a constaté qu’avec une même cellulose,
- on ne peut obtenir différentes « gélatines de cellulose ». La gomme ne joue aucun rôle dans la préparation de la pergamyne ; la cellulose sullitéeet la pergamyne peuvent fournir toutes deux du xylose, mais en moins grande quantité pour le second produit. Somme toute, la « gélatine de cellulose » est de la cellulose dont les libres sont très finement broyées et dout l’aspect rappelle à la fois celui de la pâte à papier et de la gélatine.
- Les établissements zoologiques privés en Angleterre. — Les établissements zoologiques privés sont assez nombreux en Angleterre et M. Loisel leur a consacré des pages fort intéressantes dans son récent rapport sur la mission qu’il a effectuée en 1906 dans les établissements zoologiques de ce pays. Nous mentionnerons d’abord le Jardin zoologique de Manchester qui est plutôt une affaire industrielle qu’un établissement scientifique. Ce jardin, ouvert de 9 heures du matin à 1 r heures du soir et où l’on compte 1 million d’entrées par an, possède les attractions les plus diverses ; zoologiquement, il mérite d’attirer l’attention particulièrement par sa maison des singes, la plus belle peut-être qui existe en Europe ; on y a adopté notamment une amusante règle qui satisfait aux besoins de mouvement et d’activité intellectuelle des singes: c’est la présence dans leurs cages de jouets variés, sonnette, cloches, chevaux de bois mécaniques, escarpolettes, ascenseur, etc. Plus intéressantes, toutefois, sont les réserves d’animaux à l’état sauvage qui existent en diverses régions, dans des parcs immenses; la plus importante est celle des bœufs sauvages de Chillingham (Berwiclc-on-Tweed), qui appartient au comte de Tankerville. Le parc, qui date de 1220, a Üoo hectares et comporte des landes, des ravins et des collines boisées où se retire pendant le jour le troupeau de 60 têtes environ (dont 3o à 40 vaches), constitué par de superbes animaux à pelage blanc, que Walter Scott voulait absolument, mais à , tort, faire descendre des anciens aurochs d’Ecosse ; la race est absolument pure. Le parc de Cadzow, près de Glasgow, appartenant au duc de Hamilton, est un peu plus grand que le précédent et contient une réserve analogue de vaches et de taureaux sauvages. Le parc du duc de Bedford, à Woburn Abbey, près de la ville de Bedford, présente un tout autre caractère. C’est toute une faune acclimatée qui se meut en presque absolue liberté sur l’étendue de ses 1200 hectares de plaine, bois, étangs, etc. : 800 cerfs d’espèces variées, 89 antilopes, 23 chèvres sauvages, 41 moutons sauvages, 47 bovidés et 2Ô équidés, tous d’espèces exotiques, en compagnie de milliers d'oiseaux. Nous signalerons particulièrement une quin-
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- INFORMATIONS
- /aine de chevaux de Przevalski, résidu d un troupeau de 5.0 individus, capturés .en 1900.au cours d’une expédition spéciale dans les montagnes de l’Ektula, à l’ouest de la Mongolie. Le parc du duc de Bedford constitue, comme le dit fort justement M. Loisel, la plus vaste expérience d’acclimatation qu’on ait jamais tentée et l’on peut estimer que depuis 1892 elle a porté sur 1600 mammifères exotiques et leur descendance, appartenant à 100 espèces différentes ; de plus, le duc de Bedford conserve et obtient la reproduction d’espèces en régression : élans, bisons d’Amérique, cerfs du père David (Elaphtu-us Da-vidianus). Enfin, une curieuse particularité de la vie zoologique anglaise est l’existence de quelques fermes d’élevage de papillons. La plus ancienne, créée en x865 à Colchester (Essex), par M. Harwood, existe toujours. Lue analogue existe depuis six ans à Bexley (Kent), sous la direction de M. L. W. Newman. On y vend annuellement aux musées et aux écoles anglaises et américaines de 3o 000 à 4°000 papillons préparés et plusieurs centaines de mille d’œufs, de larves et de chrysalides vivantes. L’installation qui permet d’atteindre cet énorme résultat, se compose, comme celle de Colchester, de quatre parties : i° parcs d’élevage pour les chenilles, où celles-ci vivent librement sur les plantes qui leur conviennent, recouvertes de cages rigides de mousseline qui les protègent contre les oiseaux; i° des cages à chrysalides ; 3° des cages à reproduction ; 4° des boîtes à œufs. L’élevage donne au plus un déchet de 10 pour 100 des œufs pondus (à l’état sauvage ce déchet varie de 5o à 99 pour 100); le prix de vente varie de 0,10 l’r. à i,5o pour les papillons desséchés et étalés ; de o,3o à 1,80 pour la douzaine d’oeufs; de 0,40 à 7,50 pour la douzaine de chenilles; de 0,10 à 1 fr. jmur les chrysalides; aussi c’est une industrie rémunératrice : avis à nos lecteurs !
- Bitumes du Venezuela. — D’après une communication de M. Boulinier, ingénieur civil des mines, les dépôts de bitumes du Vénézuela sont très importants et s’échelonnent tout le long de la côte de la mer des Antilles, depuis le golfe de Paria jusqu’à la Colombie. Ils sont d’une abondance toute particulière aux deux extrémités de cette ligne, à savoir dans la province de Ber-niudez (voisine de Trinidad) et dans le bassin du lac de Maracaïbo. Ils se trouvent sous forme de lacs superficiels d’une étendue analogue à celle du lac de la Braie, mais d’une épaisseur beaucoup plus faible ; dans les environs il y a des gaz inflammables, des pétroles et des schistes bitumineux. Ainsi on rencontre des pétroles dans la province de Bermudez à Punta de Aroya (golfe de Cariaco), dans le lac de Maracaïbo, au confluent du rio Tara et du rio Catalumbo, et entre Eseuque et Beti-joque (Venezuela et non Colombie). D’après les traditions conservées dans le pays, les golfes de Paria et de Cariaco doivent leur existence à un effondrement des tei’res, accompagné d’une irruption de l’Océan, catastrophe qui n’est pas très ancienne puisque le souvenir s’en est conservé chez les Indiens jusqu’à la fin du xv° siècle, et qu’on raconte qu’à l’époque du troisième voyage de Colomb, les Indiens en parlaient comme d’un ^événement très récent. On peut voir, dans le lac de Maracaïbo, un gisement de bitume superficiel de 20 hectares, dont la formation se continue de nos jours par les apports d’une source thermale.
- Production minière de la Nouvelle-Calédonie. —
- Le nickel, qui est le grand produit minier de la Nouvelle-Calédonie, passe par des fluctuations notables. C’est ainsi que le prix, qui était monté à 45 francs la tonne de minerai en 1905 à la suite de nombreuses demandes, est retombé en 1906 à 3o. Par suite, la production n’a valu, eu 1906, que 44°oooo fr. pour i3o688 tonnes contre 5 638 000 pour 125289 tonnes l’année précédente. Il faut remarquer qu’en iqo3 on avait extrait seulement 73360 tonnes de minerai de nickel, c'est-à-dire que la production a doublé en trois ans. Dans le monde, la production de nickel-métal a atteint, en 1906, 14 3oo tonnes contre 985o en iqo3 et le prix du kilogramme de nickel pur est aujourd’hui à Paris de 5,5o fr. à 6,25 fr. La production de minerais de chrome a passé, en Nouvelle-Calédonie, de 21 437 tonnes en 1903 à 5i 374 en 1905 et 57 367 en jqo6. Quant à la production de minerais de cobalt, qui était importante autrefois, elle ne cesse de décroître : 8292 tonnes en 1903, 7919 en 1905 et 2487 en 1906, par
- suite de la mise en valeur des très importants gisements canadiens.
- Le prix de l’antimoine. — L’antimoine est un des métaux dont les prix subissent les cascades les plus violentes.. Ce prix s’était élevé considérableme it avec la hausse générale des métaux qui a marqué l’année 1906. Il a été un des premiers à baisser. En janvier 1907, ou payait 2,5o fr. le kilo, on est tombé actuellement à moitié. La raison en est dans la surproduction, qui se produit aussi vite, dès que les prix s’élèvent, pour un métal dont les usages sont, en somme, aussi restreints. En 1906, les Etats-Unis et le New-Brunswick, qui n’avaient pas produit une seule tonne d’antimoine, l’année précédente, en ont donné chacun 3oo. Le chiffre de l’importation en Angleterre s’éleva de 2482 tonnes pour 1905 à 8443 pour 1906, par suite du développement de l’extraction en Australie, au Chili, en Chine, etc.
- L’aluminium. — La production de l’aluminium (voir « Supplément » n° 1781),qui n’était que de 34oo ^onnes en 1897, est montée à i4 5oo en 1906 et, néanmoins, le prix moyen du kilogramme, qui était de 2,85 fr., en iqo3 s’est élevé à 4,3e fr, en 1906 : c’est-à-dire que la consommation s’est accrue encore plus vite. Sur ce total, les Etats-Unis avec 6000 tonnes en 1906 et la France avec 4000 pour la même année tiennent la première ligne. C’est surtout la région lyonnaise, avec les cirâtes d’eau des Alpes, qui alimente cette industrie, mais les Pyrénées commencent également à intervenir. L’Aile^ magne, l’Autriche-Hongrie et la Suisse, que les statistiques allemandes réunissent, interviennent au total pour 35oo tonnes. La hausse de l’aluminium tient, en grande partie, à celle si énorme du cuivre, auquel on cherche à substituer l’aluminium pour les usages électriques et aussi aux progrès de l’automobilisme.
- Le coton égyptien. — Le coton égyptien entre aujourd’hui pour 10 à 12 pour 100 dans la production mondiale, 70 pour 100 représentant la part des Etats-Unis qui sont les maîtres de ce marché. Mais le colon égyptien, plus velouté, plus soyeux que le colon américain, constitue une spécialité et sa production s’augmente sans cesse avec les progrès de l’agriculture en Egypte. Estimée, suivant l’usage, en canlars de 44 kg et demi par campagne annuelle du Ier septembre au 3i août, la production s’est élevée, depuis vingt ans, dans les proportions suivantes : 1886-1887, 2900000; 1906-1907, 7000000 et l’on pense arriver assez prochainement à 10 millions. Cette récolte rejirésente, aux cours actuels d’environ 100 fr. le cantar, 700 millions de francs.
- Nouveau procédé pour la fabrication des tubes sans soudure. — C’est le procédé Krause, qui a été essayé à Charlottenburg, et qui est pratiqué industriellement dans les usines de MM. Langbein, de Leipzig. Le dépôt du métal sur le mandrin se fait sous forme très dense au moyen d’un électrolyte ordinaire, mais à condition que ce mandrin soit animé d’un mouvement de rotation (d’ailleurs assez lent) et aussi, — détail essentiel —, que le bain contienne en suspension une substance siliceuse finement divisée, dont le frottement assure l’écrasement du dépôt métallique.
- Un nouvel isolant. — Il est employé principalement dans les commutateurs, et l’on estime qu’il présente une plasticité précieuse : il est tout simplement fait de mica dur, que l’on maintient entre deux plaques d’une substance appropriée, et que l’on place dans un four, pour le calciner par conséquent sous pi’ession.
- Une grue gigantesque. — Cette grue peut manœuvrer des poids de i5o tonnes. Elle a été construite par une société allemande de Duïsbourg pour un chantier de constructions maritimes, à Birkenhead (Angleterre).
- Les signaux sonores sous-marins. — Nous avons décrit (Y. n° 1720), au moment où les grands steamers commençaient à en faixœ usage, les signaux sonores sous-marins et leur emploi, en temps brumeux, pour préserver les navires des écueils dangereux. Cet emploi s’est généralisé depuis et M. Millet, au récent Congrès d’architecture navale de Bordeaux, comptait plus de 100 grands bâtiments munis de ce système de signaux. L’amirauté britannique en a consacré la valeur, en décidant leur adoption à bord de ses vaisseaux. . . • •
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Mécanique ^C/gîJ
- Rhéomètre pour liquides du commandant Krebs.
- — Lo commandant Krebs a présenté récemment à l’Académie des Sciences un appareil pour la mesure de l'écoulement des liquides, un rhéomètre pour liquides, qui est appelé à rendre de grands services. D’ailleurs, la Société des établissements Panhard et Levassor l’emploie depuis quelque temps dans les essais de moteur à pétrole. Grâce à lui on peut connaître, par une simple lecture, le débit en litiges à l’heure du combustible consommé par le moteur. Il agit donc, dans son domaine, absolument comme un ampèremètre en éleetincité.
- L’appareil comprend un réservoir à niveau constant R semblable aux appareils similaires des carburateurs. Le liquide arrive par la base de ce réservoir et s’écoule par une conduite C pourvue d un robinet B portant un orilice relativement petit et percé en mince paroi. L’extrémité du tube G — près de laquelle est placé le robinet — est branchée sur un deuxième tube T, vertical et en verre, dont la hauteur- est un peu supérieure à celle du niveau constant. Enfin, sous le tube de verre se trouve la conduite alimentaire du moteur pourvue encore d’un robinet H destiné à régler l’écoulement du liquide. Le robinet H étant supposé fermé et celui placé
- en B ouvert, le liquide atteindra, dans le tube de verre, le même niveau que dans le réservoir à flotteur R.
- Mais si l’on ouvre plus ou moins H le liquide s’écoulera en franchissant l’orifice en mince paroi avec une vitesse proportionnelle au débit ; la pression produisant cette vitesse est mesurée par la différence de niveau qui s’établit immédiatement entre le niveau du vase à niveau constant et celui que prend le liquide dans le tube de verre. Ainsi, pour un orifice donné, les débits seront à chaque instant proportionnels aux racines carrées des dénivellations constatées dans le tube T.
- La dimension à donner à l’orifice du robinet B doit être telle que la dénivellation maxima ne soit pas supérieure à la longueur du tube de verre. La graduation de ce tube est faite en déterminant un point par expérience directe, comme on le pratique pour les thermomètres.
- Le même appareil peut également servir à mesurer le débit d’un liquide circulant en sens contraire ; dans ce cas on remplace le vase à niveau constant et le tube C par un déversoir dont le niveau est placé de manière à correspondre à la partie basse du tube de verre. On lira les indications sur la réglette retournée.
- Cet appareil, qui a reçu la consécration de la pratique industrielle, est remarquable par sa simplicité et son exactitude. Dans nombre d’expériences, il est appelé à rendre les plus grands services. Il est en outre très facile de le rendre enregistreur en profitant du mouvement du niveau que prend le liquide dans le tube de verre pour commander une aiguMÎe se déplaçant devant un cylindre de papier commandé par un mouvement d’horlogerie. — Le rhéomètre pour liquides se trouve à la Société des anciens établissements Panhard et Levassor, 19, avenue d’Ivry, à Paris.
- Nota. — Le commandant Krebs nous prie d’insérer la note suivante à la suite de cet article : « Quand nous avons réalisé notre appareil nous ne connaissions pas les travaux de M. Parenty, directeur des manufactures de l’Etat. Le principe sur lequel il repose se trouve exposé dans différents mémoires de cet ingénieur et
- réalisé sous des formes différentes dans un certain nombre d’appareils hydrauliques construits par M. Parenty. »
- Un calibre universel. — C’est un pied à coulisse imaginé par M. Lombard, chef d’atelier à l’École d’Arls et Métiers de Lille. Cet instrument permet de prendre, à la manière habituelle, les mesures de longueur et d’épaisseur. Mais il comporte, en outre, une réglette mobile articulée formant rapporteur. Ce rapporteur, muni d’un vernier, donne à moins de 6' près les angles compris entre les arêtes de la règle tournante et de la règle principale du pied.
- En outre, M. Lombard a introduit sur l’appareil une série de graduations qui simplifient les calculs numériques. Parallèlement à la division usuelle en millimètres, la règle principale porte une seconde division donnant les longueurs des circonférences de cercle correspondant aux diamètres dont on lit la longueur sur l’échelle millimétrique. Le curseur porte un vernier pour chacune des deux graduations. Quand on mesure un diamètre entre les mor-daches du pied, on peut lire sur cette seconde graduation la longueur de la circonférence. La mesure d’une circonférence peut être utile notamment pour mesurer l’angle de la tangente d’une hélice avec l’axe, donnée avantageuse à connaître pour régler des outils de filetage, ou pour disposer une fraise devant produire des rainures en hélices.
- Calibre universel.
- Photographie
- Déclancheurs Bowden. — Tous les amateurs photographes connaissent les inconvénients de la poire en caoutchouc qui, jusqu’ici, était universellement employée pour le déclanchement des obturateurs, le principal de ces inconvénients est la facilité avec laquelle s’altère le caoutchouc : au bout de quelques mois, surtout quand l’hiver l’appareil est au repos dans une chambre froide, la poire et le tube deviennent inutilisables. Depuis peu on a eu l’idée d’appliquer aux obturateurs la transmission flexible Bowden si connue des cyclistes qui l’ont tous adoptée pour leurs freins. Le principe est très simple : un câble d’acier a coulisse librement dans une gaine flexible b foiunée d’un fil d’acier enroulé de façon que les spires se touchent, cette gaine est par suite incompressible dans le sens de la longueur. Cette disposition permet de transmettre un mouvement de va et
- Ni
- Déclancheurs Bowden. a. Fil souple. — b. Tube flexible.
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- SCIENGE APPLIQUEE
- vient par un 111 non tendu et disposé suivant des courbes quelconques. Le déplacement du lil d’acier a, produit il l’une des extrémités par rapport à la gaine, se retrouve intégralement à l’autre extrémité. Le modèle fabriqué spécialement pour le déclanchement des obturateurs photographiques est très souple et on ne risque pas plus de remuer l’appareil qu'avec le tube en caoutchouc. L’une des extrémités est munie d’un bouton spécial qui se manœuvre facilement avec le pouce ; l’autre extrémité est munie d’un anneau, d’une poussette ou d’un dispositif spécial, suivant le genre d’obturateur auquel on veut l’adapter. — Chez M. Tuffery, 3, rue de la Lune (boulevard Bonne-Nouvelle) et 18 bis, rue Denfert-Ro-chereau.
- Divers
- Nouvelle montre pour aveugles. — Les aveugles ont à leur disposition plusieurs systèmes de montres qui leur permettent de connaître l’heure au toucher. On reproche aux uns et aux autres d’être chères et délicates.
- Celle que vient de construire M. Georges Meyer ne présente pas ces inconvénients ; avec un peu d’habitude on peut très bien arriver à lire l’heure à une minute près. Les heures sont indiquées au moyen de boulons
- mobiles en relief sur le cadran. Une forte aiguille indique les minutes. L’aveugle n’a qu’à passer ses doigts sur le cadran ; le bouton effacé lui indique l'heure tandis que la position de l’aiguille, par rapport au bouton, lui permet de préciser les indications. Les boutons sont maintenus par une plaque circulaire placée sous le cadran et qui, en-un point de sa circonférence, présente un vide dans lequel les boutons tombent les uns après les autres, la plaque étant entraînée par le mouvement d’horlogerie. En somme cette plaque remplace l’aiguille des heures des Afin d’éviter une perte de sensible de la part du mouvement pour entraîner celte plaque dans son mouvement circulaire,' l’inventeur a imaginé de la munir d’un petit barillet lui assurant un mouvement propre; et, quoique commandée dans son mouvement de rotation par la roue de canon de la montre, son poids n’a aucune influence sur les organes moteur et régulateur. Cette montre est fabriquée par M. Georges Meyer, fabrique Utinam, à Besançon.-
- Suspenseur pratique pour glaces et tableaux. —
- Rien n’est souvent plus incommode que la suspension des tableaux, cadres, glaces, etc., au moyen d’une ficelle : difficultés d’accmchage et de décrochage, difficultés pour donner l’angle du tableau avec la muraille sont évitées avec le simple système suivant. Le cordon souple est remplacé par une tige en laiton rigide pliée en forme de V. Les extrémités des deux branches du Y
- Montre pour aveugles.
- montres ordinaires, force motrice assez
- i. Vue de l’appareil en utilisation. — 2. Yue de détail de l’appareil.
- sont disposées de façon à être fixées par un point à deux plaques métalliques semi-circulaires fixées sur les côtés verticaux du cadre. En faisant toûrner ces deux extrémités autour de leur point fixe, on peut donner commodément à la tige d’attache l’angle voulu avec le tableau, et on la fixe dans la position ainsi choisie au moyen de deux goupilles qui s’engagent dans les trous
- percés dans la plaque métallique semi-cii -ulaire et dans l’extrémité de la tige; on accroche ensuite le tableau à un clou sans la moindre difficulté.
- Ce suspenseur est en vente chez M. Commaille, 5, rue Chariot.
- Ouvré-boîte. —Lorsque l’on doit ouvrir une boîte de cigares, par exemple, on a rarement à sa disposition un objet approprié à cet usage; on prend un couteau ou une paire de ciseaux et on risque de les briser.
- Le petit instrument représenté ci-contre a été imaginé pour parer à cet inconvénient ; il réunit en un seul quatre outils fort utiles, car la branche 1 sert
- de tournevis ou de levier, la mâchoire 2 sert de pince coupante ou d’arrache-clous, et enfin grâce à la tête 3, l’instrument peut servir aussi de marteau. La figure fait saisir son mode d’emploi. — Il est en vente chez M. Mathieu, aux Inventions nouvelles, i3i, Palais-Royal, Paris.
- Canif porte-mines. — Canif et crayon sont deux objets indispensables que nous possédons tous en poche. On a eu l’idée de réunir ces deux instruments en un seul comme l’indique la figure ci-jointe. Deux porte-
- Ouvre-botte.
- Canif porte-mines.
- mines E D renfermant des mines de couleurs différentes sont fixés au dos du canif dans une glissière où l’on peut les déplacer grâce aux poussoirs F. En A et en B 011 voit le canif de dos et de face ; l’ensemble en est fort peu encombrant et très commode. Il est en vente chez M. Mathieu, 29, rue de Valois, Paris.
- Filtre de campagne improvisé. — Bien entendu, il ne s’agit pas d’un filtre susceptible d’arrêter efficacement les germes morbides : on connaît les difficultés qui se présentent pour un filtrage véritable à ce point de vue. Nous ne parlons que d’un filtre rendant des services pour arrêter les grosses matières sédimen-taires ou organiques. On établit une sorte de cuve en maçonnerie de brique, et bien cimentée, pour qu’elle soit étanche ; on y ménage une arrivée d’eau en haut et un orifice d’évacuation en bas. On place ensuite au fond de grosses pierres, sur une épaisseur de i5 cm environ, puis du gravier grossier sur une même hauteur; c’est ensuite une couche équivalente à peu près de gravier fin, et on termine par une couche de sable fin sur quelque 60 cm. Il va sans dire que, avant d’être employé à cet usage, les matériaux divers doivent être lavés soigneusement et à l’eau courante. On laisse ensuite l’eau couler doucement, de manière qu’elle ne traverse que lentement, toutes ces couches. On est obligé d’enlever de temps à autre une certaine épaisseur de sable, de manière à débarrasser le filtre de l’amas de matières solides qui s’est déposé en surface; et quand on a renouvelé ce grattage plusieurs fois, quand on estime avoir diminué de quelque 20 à cm la couche de sable fin, il est bon de reconstituer complètement le filtre. Ajoutons que le volume d’eau filtré ne doit point dépasser 200 litres par mètre carré de surface supérieure et par journée de 24 heures.
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- VARIÉTÉS
- Physiologie du sourire. — Notre excellent confrère le Dr Carlaz attirait dernièrement ici même l’attention de nos lecteurs sur les crises de rire et il était amené incidemment, au cours de son étude, à parler du sourire (voir n° 1779 du 29 juin, p. 37 du Supplément). Ce dernier phénomène relève à la fois de la physiologie et de la psychologie et, comme la plupart des phénomènes qui se trouvent ainsi à la limite ou sur les frontières de deux sciences bien distinctes, il lui est arrivé d’être longtemps sinon ignoré, du moins presque oublié des physiologistes et des psychologues. Faut-il ajouter d’ailleurs que sou caractère tout éphémère et pour ainsi dire tout médiocre — puisqu’il semble seulement une menue monnaie de la grande joie— justifiaient par avance cette négligence? Quoi qu’il en soit, un très joli travail de M. Georges Dumas, chargé du cours de psychologie expérimentale à la Faculté des Lettres de Paris, et publié dans les travaux du laboratoire de psychologie de l’asile Sainte-Anne [Le Sourire, par Georges Dumas, Félix Alcan, Paris), a montré que cet oubli pouvait et devait être réparé et nous sommes fort heureux que l’article de notre confrère nous ait foux-ni une occasion tout indiquée de présenter à nos lecteurs la théorie du sourire, élaborée par M. Georges Dumas.
- Dans les milieux en général assez civilisés où vivent la plupart des Européens, le sourire apparaît nettement comme un phénomène social, une sorte d’attitude conventionnelle, du visage, fort commode pour la vie entre hommes, et qui sert à manifester le plaisir — véritable ou affecté — que cause une rencontre ou une nouvelle. Nous l’employons fort souvent par déci'et de la volonté et il nous est d usage courant avec les fâcheux ou les indifférents; et même dans des cas où notre joie est réelle, mais où, pour des î-aisons personnelles, comme la fatigue ou le souci, le sourire ne nous vient pas spontanément aux lèvi'es pour manifester notre contentement, il nous arrive de le forcer à naître, comme le pi'emier moyen de ne pas désobliger. Sans doute, il est parfois possible de distinguer entre un sourii'e naturel et un sourire contraint, mais, dans la: majoi’ité des cas, ce cai'actèx'e conventionnel est indéniable. Et même, s’il faut en croire M. Lafcadio Heaim, dans un article de la Revue de Paris, cité par M. Dumas, le sourire européen sei’ait, au point de vue que nous venons d’indiquer, beaucoup dépassé par le soui’ii'e japonais ; chez aucun peuple, à ce qu’il dit, la convention du sourire n’aurait jamais été aussi loin : — un Japonais sourit dans la tristesse, aussi bien que dans la joie, — c’est pour lui une règle de la politesse, une loi de l’étiquette, qu’un homme bien élevé doit observer sansfaillir, jusque devant la mort.
- Cependant, si artificiel que puisse être le soui'ire — et les exemples que nous venons de citer prouvent combien il peut l’être — il présente toujours dans toutes ses variétés, jusqu’aux plus subtiles, un certain nombre de traits communs, qui ne permettent pas de s’y tromper, et que l’on doit considérer comme de véi’itables constantes physiques. Ces divers mouvements de la face, dont la combinaison constitue le sourii’e, sont fort bien décrits par M. Dumas : la bouche s’élargit plus ou moins, les commissures des lèvres sont tii’ées fortement en arrière, et relevées légèrement; les joues remontent; les narines se dilatent, tandis que le nez s’allonge et s’abaisse, et quelquefois se ride vers la racine; les yeux s’allongent aussi et brillent d’un éclat plus vif; le front sc déride, se lisse et semble s’éclaircir, cependant que les sourcils s’arquent légèrement; souvent même l’oreille est tirée légèrement en : arrière, surtout dans sa partie inféi’ieure. Le sourdre apparaît donc un mouvement complexe, bien défini, et résultant de la participation d’un grand nombre de muscles. Le phénomène social, conventionnel, que nous signalions tout à l’heure est donc, par un certain côté, également un phénomène physiologique; d’où vient donc qu’en tout temps et en tout lieu, la convention sociale du soui'ire ait pris le même support physiologique, et que ce soit partout et toujours la même combinaison de mouvements musculaires de la lace qui constitue l’attitude du sourire? Pour qu’une (elle uniformité ait été possible, il devait y avoir, dans la disposition même des muscles qui pi'oduisent le sourii'e, quelque chose qui imposât à la convention sociale celte combinaison précise et non telle autre. Autrement dit, sous le sourii'e-phénomène social, et comme condi-
- tion' première de celui-ci, il y a sans doute à rechercher le sourire-phénomène mécanique.
- Nous ne pouvons songer à suivre M. G. Dumas dans l’élude détaillée qu’il fait du mécanisme du sourire. C’est cependant une très belle partie de son travail. Nous dirons seulement que ce qui fait la nécessité si universelle du sourire, c’est qu’étant donnée la disposition des muscles de la face, il est le mouvement d ensemble le plus facile que celle-ci puisse exécuter. Le sourire, en effet, dit M. Dumas, partage en quelque sorte les muscles de la face et du crâne en deux camps, celui des muscles favorables et celui des muscles antagonistes. Mais, tandis que les muscles favorables au sourire se trouvent par avance naturellement d’accord et forment de véritables synthèses musculaires, toutes prêtes à entrer en jeu, même sous la plus légère impulsion, les muscles antagonistes, non seulement ne forment pas de synthèses analogues, mais opposent aux précédents des oppositions isolées, et même se conti'e-carrent entre eux. Une excitation légère des muscles, comme celle qui se produit pendant le sourire sur les muscles de la tête et principalement du visage, n’est naturellement capable que de metti'e en mouvement le premier des deux groupes musculaires que nous venons d’indiquer, puisque en effet dans ce groupe la synthèse naturelle des éléments prédispose l’ensexxible à la plus facile mise en mouvement, tandis que le groupe des antagonistes est formé d’éléments qui se neutralisent réciproquement. La synthèse natui’elle formée par les muscles qui donnent le sourii’e est constituée par deux associations secondaires de divers muscles : x° une association que M. Dumas appelle l’expression occipito-frontale du sourire et qui résulte de la combinaison de ti’ois muscles (occipital, frontal et auriculaire poslé-l'ieur) ; 20 une association dite expression oculo-malaii-e et qui se fait au moyen de douze ou ti’eize muscles (buccinateur, élévateurs de l’aile du nez et de la lèvre supérieure, gi-and et petit zygomatiques, temporal, mas-séter, transverse du nez, orbiculaire des paupières, dilatateur des narines). Parmi les muscles antagonistes du sourire nous citerons les suivants : plérygoïdien exleime sourcilier, pyramidal, myrtiforme, orbiculaire des lèvres, canin, triangulaire des lèvres.
- Ainsi donc, sans sortir de la mécanique et en suivant simplement l’effet, dans les muscles du visage, de la loi de moindre résistance, la physiologie du soui’ire se voit à la fois fort simplement et fort élégamment élucidée ; le sourire est la plus facile des expressions de la face, celle qui doit par conséquent se produire de soi pour une excitation légère des muscles que contient la face. Quant à la légèreté même de l’excitation nerveuse qui détermine le sourii'e, elle résulte directement du peu d’intensité des sentiments auxquels ce phénomène social et physiologique cori'espond. On sait depuis longtemps, en effet, que tout sentiment s’accompagne dans l’organisme d’une décharge nerveuse qui tend à mettre le système musculaire en mouvement, et l’on sait également que la puissance moli’ice de cette décharge est proportionnelle à l’intensité du sentiment qui la cause. Ainsi à un sentiment de plaisir léger, cox’i'espond une excitation nerveuse légère, et à celle-ci le plus facile des mouvements musculaires de la face, l’expression du sourire ; il était donc naturel que cette expi'ession, qui naît spontanément dans les cas de plaisir léger fût adoptée par convention tacite, mais réelle, pour signifier un tel plaisir, alors même qu’il est fictif.
- D’ailleurs, comme le note justement M. G. Dumas, le plaisir léger, cause psychologique, n’est pas le seul déterminant possible de cette excitation légère qui se traduit par le sourire. Des causes physiologiques variées peuvent produire le même effet, comme par exemple le froid, la plongée brusque du visage dans l’eau, les émanations d’un bain de pied à la moutarde, la sensation de bien-être et d’accroissement de la puissance vitale qui suit un.bon dîner ou un exercice modéré. Des causes tout artificielles même donnent aussi le même l’ésultat, et, dans une série de cui'ieuses expériences exécutées à Sainte-Anne, M. Geoi’ges Dumas a pu justement vérifier la valeur de sa théorie du sourire telle que nous venons de l’exposer, en pi'ovoquant des soui'ires artificiels sur une moitié du visage, au moyen d'un coux-ant faradique excitant légèrement le nerf facial. Dr: Despleix.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Vernis à la gomme arabique. — La gomme peut donner un vernis qui a l’avantage de se préparer avec la plus grande aisance et la plus grande rapidité. Mais il est très cassant, la pellicule gommeuse ne présente pas d’élasticité, et c’est même pour cela qu elle a tendance à devenir blanchâtre. On peut obvier dans une certaine mesure à cet inconvénient, en mélangeant la gomme et le vernis improvisé avec de la glycérine ou de la dextrine; il faut procéder à des essais pour savoir quelle quantité on doit prendre des différentes substances.
- Pour coller le cuir, les courroies, etc. — La colle dont on se sert dans ce but est faite avec de la gélatine dissoute dans l’eau au bain-marie, d’une façon ordinaire ; il faut additionner de bichromate de potasse et de glycérine, le bichromate ayant la propriété d’inso-lubiliser la gélatine. La proportion à adopter est de 3 gr. de chacune de ces deux substances par ioo gr. de colle forte solide employée.
- Pour coller le linoléum. — Cette préparation remplace avantageusement la colle de pâte qui, par suite de
- sa décomposition, détruit la doublure de toile du linoléum et perd son adhérence. On fait fondre de la résine et on ajoute peu â peu de la mélasse ; on laisse alors refroidir et on dilue au moyen d’alcool additionné de primol. Ce dernier est un produit de la distillation de l’asphalte, de couleur noire. Cette colle, dont nous donnons ci-après la composition quantitative, peut servir pour le linoléum, les tentures de cuir, etc., dont on se sert dans les garages d’autos : 55 kg de mélasse, 25 de résine, 10 de copal, 5 d’alcool, 5 de primol.
- Dépôt d’aluminium sur le fer. — Il peut réussir sur tous les métaux ferreux, et rendre de grands services, étant donnée la surface agréable et avantageuse à beaucoup d’égards que fournit l’aluminium. On commence par désoxyder le fer au moyen d’une solution de borax, puis on place l’objet dans un four à émailler disposé pour recevoir des vapeurs métalliques ; on élève la température vers ioooài5oo°, et l’on introduit des vapeurs d’aluminium obtenues par chauffage d’une certaine quantité de métal au bain de sable. L’aluminium se dépose quand les vapeurs viennent en contact avec la surface métallique.
- RESUME METEOROLOGIQUE
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- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur, en juin 1907, par M. Th. Moureaux.
- La température moyenne de juin, x5°,o8, est une des plus faibles qui aient été observées depuis 1873; l’écart à la normale est de —i°,5. La moyenne diurne du 3o n’est que de i2°,66, valeur correspondant à la température théorique du 11 mai ou du '29 septembre ; le maximum du 29 (x5°,8) est très inférieur même à la moyenne diurne théorique, qui est de i7°,6. Des maxima de 160 ne sont évidemment pas rares en juin, et on a même observé i3°,3 en 1880 et 1898, mais dans les premiers jours du mois; vers la lin on ne trouve, depuis 34 ans, qu’un seul maximum inférieur à celui du 29 juin 1907 : 14°,7 le 3o juin 1885.
- La nébulosité moyenne a atteint 7,2, chiffre qui n’a été égalé qu’une fois, en juin 1886, mois froid également et extrêmement pluvieux.
- On a recueilli 54mm>a de pluie; il en est tombé i4“ra,5 le 12 et 26mm,i le 3o, dont 2imm en une heure et demie, de 20 heures à 2ih3om.
- Un groupe énorme de taches solaires couvrant, dans sa plus grande dimension, 1/10 du diamètre de l’astre, et par suite visible à l’oeil nu, a été observé du i3 au 25; son passage au méridien central, le 19, a coïncidé avec une perturbation magnétique.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, r]5r]mm,4a; minimum absolu, 746““,4 le Ier à i2h3o'“; maximum absolu, 764mm>1 le 16 à 22 heures; écart extrême, 17""“,7.
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima, 90,88 ; des maxima, 2o0,5i ; du mois, i5°, 19; des 34 heures, x5°,o8; minimum absolu 5°, 4 le 17; maximum absolu, 37°,6 le 9. Amplitude diurne, ioa,63; minimum, 4°,9 le 29 ; maximum, i8°,3 le 20. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, 7°,85 ; des maxima, 45°, 17 ; minimum absolu 20,9 le 17; maximum absolu, 58°,7 le 9. — Dans le sol gazonné, moyennes du mois; profondeur, om,3o : à 9 heures, i5°,46; â 21 heures, i5°,84; profondeur, om,65 : à 9 heures, 14°,58 ; à 21 heures, 14°,57 ; profondeur 1 m. : à 9 heures, i3°,69; ^ 31 heures, i3°,7«. — De la Marne : moyenne le matin, x8°,o4; le soir, i8°,63 ; minimum,. 16°,78 le 7; maximum, 2o0,3o le 20.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 9mm,26; minimum, 5mm,8 le 3 à 16 heures; maximum, x4mm,6 le 9 à 15 heures et 21 heures.
- Humidité relative ~ moyenne des 24 heures, 73,9; xniiximum, 38 le 20 à i3 heures; maximum, 100 le 29 et le 3o.
- Nébulosité : moyemxe du mois (6 h. à 21 h.), 7,22;
- minimum, 3,7 le 8 ; ciel complètement couvert le 3o.
- Insolation : durée possible, 481 heures; dui'ée effective, 173h,4 en 28 jours; rapport, o,36.
- Pluie : total du mois, 54.““,2 en 28'“,2.
- Nombre de jours : de pluie, 11; de pluie inappréciable, 9; de resée, 22; de halos, 6; d’orage, 1 le 5 ; d’éclairs, 1.
- Fréquence des vents : calmes, 14.
- N........31 S. E . . . 19 W .... 1 o 1
- N. N. E. . 17 S. S. E. . i3 W. N. W. 29
- N. E . . . 8 S.......27 N. W . . 16
- E. N. E. . 2 S. S. W . 76 N. N. W, 3a
- E....... 10 S. W. . . 182
- E. S. E. . 12 W. S. W. 131
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 3m,4; moyenne diurne la plus grande, 5m,8 le 3; la plus faible, im,3 le 17; vitesse maximum en i5 minutes, nm,i le 3, de i6hi5“ à i6h3o“ par vent W.
- Électiûcité atmosphérique : moyenne des 24 heux’es (22 jours), 84 volts; moyenne diurne la plus grande, 119 volts le 19; la plus faible, 5 2 volts le 26; amplitude diurne, o,52 ; amplitude nocturne, 0,46-
- Hauteur de la Maine : moyenne du mois, 2“,29 ; minimum, i“,96 le 26; maximum, 2"',53 le 4-
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre,
- — omm,5o; températxxre, —x°,5o; tension de la vapeur,
- — omm,77 ; humidité relative, -(- 1,2 ; nébulosité, —f- 1,51 ; pluie, +oram,3.
- Taches solaires : on a suivi 6 taches ou groupes de taches en 26 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques : faibles, les 3, 10, 11; modérée, le 22; assez forte, le 19.
- Floraisons : Le ier, clematis erecta; le 2, rose des quatre saisoxis, muflier; le 3, nerprun; le 4, sureau à feuilles de chanvre, valériane, pivoine odorante, jacée ; le 5, digitale; le 6, œillet des poètes; le 7, genêt d’Espagne; le 9, lavande, potentille rampante; le 10, Tdi-pendule, mauve, nigelle; le 11, mélilot; le 12, eschscholtzia ; le i3, deutzia scabra, violette marine ; le i.5, bourrache, chrysanthemum parthenium; le 17, héra-clée, tilleul commun; le 18, jasmin, croix de Jérusalem: le 19, galega officinalis ; le 20, hémérocalle fauve; le 21, fragaria stérile, coquelourde; le 22, melongène, ceano-thus, pavot, symphorine ; le 23, morelle, troène ; le 26, delphinium vivace; le 28,. pois vivace; le 3o, vigne de plein vent, sumac.de Virginie. -
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Dans un livre acheté d’occasion, un de nos lecteurs a trouvé un croquis sur papier calque représentant le paysage ci-contre, avec la mention : Colonnes de brèche de la vallée de Jagnaous (lvohistan). Vainement, il a cherché de quelle localité il s’agit et à quel ouvrage le dessin peut être emprunté. Nous-mêmes n’avons pas été plus heureux. Comme il s’agit de cheminées des fées ipyramides de terre) qui paraissent singulièrement grandioses, nous employons à notre tour la Boîte aux lettres pour demander si quelqu'un de nos abonnés pourrait identilier ce. paysage ?
- Renseignements. — il/. Ferrer, à Valence. —
- Pour les bougies pour moteurs et bobines à trembleurs, vous pouvez vous adresser à la Société industrielle des téléphones, 25, rue du j-Septembre, Paris; à M. Gianoli, 62, boulevard Magenta; à MM. Bassée et Michel, 37, boulevard Bourdon; à M. Drevdal, 3o, rue Amelot. Pour les accumulateurs, voyez la Société des accumulateurs Fulmen, 18, quai de Clicliy, à Clichy ; la Société des accumulateurs Dinin, rue Voila, à Puteaux; la Société Heinz, rue Cave, Levallois ; la Société des accumulateurs Tudor, 81, rue Saint-Lazare,
- Paris.
- MM. Cordohaet Viada, à La Ceiba. —Nous avons communiqué votre lettre à M. Deloche, 10, quai Michelet, à Levallois-Perret, qui fabrique le moteur Ixion.
- Sérum antivenimeux du IF Calmette (voir n* 1781, du i l juillet, Hygiène et santé). S’adresser à l’Institut Pasteur, à Lille (Nord).
- M. II. Bally, à Paris. — Vous trouverez, en effet, à la librairie Masson, un livre qui donne tous les renseignements voulus pour donner les premiers soins, en attendant le médecin. C’est l’ouvrage : Premiers secours aux malades et aux blessés, par Walter Douglas Hogg, 1894, 1 vol. in-18, xrr,ü5 ; vous poux-riez aussi prendre à la même librairie le l’écent et plus complet Mdnuel de
- Vinfirmière hospitalière, rédigé sous la direction de la Commission médicale d’enseignement de l’Union des femmes de France (Croix rouge française), 1906. 1 vol., 5 francs.
- M. C.-S. de Ilillerm, à Medjidie. — i° Vous trouverez les renseignements que vous cherchez dans l’ouvrage Le pain et la panification, par Boutroux, 1897, libi*airie J.-B. Baillère et fils, 19, rue Hautefeuille, Paris, 1 vol. iu-16, 5 fr. — 20 Pour les pétrins mécaniques, adressez-
- vous à la Société française de meuneiùe et de panification (système Schweitzer), 3, i’ue du Commandant-Rivière, à Suresnes, Seine, Finance.
- M. H. Pogier, à Sainte-Honoidne-sui'-Mer. — i° L’appareil de démonstration pour la télégraphie sans fil, décrit dans le n° 1702, du 6 janvier 1906, p. 92, est construit par la Gesellscliaft fur drahtlose Télégraphié, système Telefunken, à Berlin. — 20 II n’existe pas en Allemagne de jouimaux, ni de revues équivalentes à La Nature, qui puisse vous donner tous les renseignements nécessaires pour êtx’e tenu au courant du mouvement scientifique général.
- BIBLIOGRAPHIE
- F Allemagne moderne, son évolution, par Henri Lichten-berger (Bibliothèque de philosophie scientifique). 1 vol. in-18. Pi'ix : 3tr,5o. Ernest Flammarion, éditeur. Paris.
- Bien que sortant du cadre à proprement parler scientifique des livres signalés d’habitude ici à nos lecteurs, ce yolume intéressera tous ceux d’entre eux que préoccupent les progrès industriels et commerciaux de l’Allemagne en leur en montrant, par un aperçu très systématiquement présenté à la Taine, les causes, la tendance et l’évolution.
- Evolution de la puissance défensive des navires de guerre, avec un complément concernant la stabilité des navires, par L.-E. Bertin, de l'Institut. Paris. Berger-Levrault et Cie, 1907, 1 vol in-8°. Prix : 2fr,5o.
- Ce volume est formé par la réunion des articles de M. Bertin publiés il y a dix-huit mois dans la Revue des Deux Mondes. La période historique envisagée commence à l’apparition de la première frégate cuirassée et se termine avec nos derniers navires de combat. On chercherait vainement quelqu’un mieux qualifié que M. Bertin pour une telle étude et il a su en montrer tout l’intérêt dans des pages substantielles.
- Lecture des cartes étrangères (cartes russes). Indications linguistiques, géographiques et topographiques, par le capitaine P. Pollachi, librairie militaire, Chapélot, 3o, passage Dauphine. Prix : 6 francs.
- La lecture des cai'tes étrangères s’impose à tous ceux qui s’intéressent aux questions coloniales, commerciales et économiques.* Le capitaine Pollachi, du service géographique de l’armée a commencé une série d’études des diverses cai’tes étrangèi'es, afin d’en rendre la lecture facile à tous, surtout à ceux qui ignorent la langue du pays représenté sur la carte. C’est uji remarquable travail destiné à rendre les plus gx'ands services.
- La théorie de la physique chez les physiciens contemporains, par Abel Rey. i vol. in-8 de la bibliothèque de philosophie contemporaine. Alcan, éditeur. Prix : 7fr,5o.
- On a souvent discuté sur la valeur et la légitimité des sciences expérimentales. Il est intéi'essant de connaître, à ce sujet, les conceptions des savants qui ont le plus contribué aux pi'ogrès de ces sciences. C’est l’objet de l’étude à laquelle vient de se livrer M. Abel Rey, pour la physique. L’auteur croit pouvoir en con-
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- BIBLIOGRAPHIE
- dure que la physique comporte un fonds sans cesse croissant de vérités expérimentales, nécessaires cl universelles sur lesquelles tous les physiciens sont d’accord.
- Jialaïtous et Pelvoux, par H. Bjïualdi, in-4°; 204 p. et grav. Paris, 1907 (non mis dans le commerce).
- L’éminent auteur de Cent ans aux Pyrénées et de tant de beaux ouvrages d’érudition artistique, a compulsé dans les Archives du ministère de la guerre et du Service géographique de l’armée, les éléments de ce curieux procès-verbal (souvent passionnant) des ascensions exécutées par les officiers topographes, précurseurs de l’alpinisme : j8-23-i858. C’est un récit de gros intérêt historico-géographique.
- La politique allemande et la navigation intérieure, par Louis Marlio, ingénieur des Ponts et Chaussées, docteur en droit. Paris, 1907. Larose et Tenin. 1 vol. in-8°. 21.4 p. Prix : 4 francs.
- Le livre de M. Marlio est une élude sur la loi du ie‘ avril iqo5 que le Landtag prussien a votée après une série de luttes politiques et économiques qui se sont partagé tous les partis pendant 23 ans et où l’Empereur lui-même a dû donner de sa personne; cette loi a pour objet Y extension et V amélioration du réseau des voies navigables intérieures de la Prusse. M. Marlio expose d’abord les causes et les origines de la loi, puis il étudie la loi elle-même, et enlln examine la situation nouvelle créée par le vole. Sa conclusion est que cette situation nouvelle, étatisation presque complète de la voie. navigable, ne peut être qu’excellente pour le développement économique allemand ; il doute d’ailleurs que, pour l’heure actuelle, un tel système puisse être, de façon fructueuse, appliqué à notre pays.
- Le coup de massue, élude militaire, par le Dr J. Auhœui . Préface de Dihioui-ùm:. Paris. H. Charles Lavauzelh*. 1 vol. in-8°. Prix : 3 francs.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE I>E 0 A 9 ÉTAT Dü CIEL l'Ll’IE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 juillet 1907. 15°.2 N. N. K. 2. Beau. 0,0 Rosée ; beau jusqu’à 15 h. ; nuageux ensuite ; pluvieux à 21 h.
- Mardi 10 1o4,0 N. N. E. 5. Couvert. M Rosée; couv. jusqu’à 10 h. ; nuageux de 11 h. à 17 h.; beau ensuite.
- Mercredi 17 U°,0 N. N. E. 3. Très nuageux. » Rosée ; beau de 8 lu à 13 b. ; couvert avant et après.
- Jeudi 18 12°,7 N. N. E. 3. Couvert. 0,0 Bruine à 0 b.-7 b. ; couvert jusqu’à 13 b. ; beau ensuite.
- Vendredi 19 12° 1 N. E. 2. Couvert. » Rosée ; beau à 0 h. ; couvert de 7 b.-8 b. ; beau ensuite.
- Samedi 20. 1 iü,i N. E. 2. Beau. » Rosée; beau.
- Dimanche 21 15°,9 N. N. E. 2. Beau. )) Rosée; quelques nuages légers.
- JUILLET 1907. — SEMAINE DU LUNDI 15 AU DIMANCHE 21 JUILLET 1907.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du i5 au 21 juillet. — l.e i5. Pression atmosphérique (en mm) : supérieure à 76Ù sur le S. -O. de l’Europe, supérieure à 770 sur les Iles-Britanniques et la Norvège; minima à Moscou et Budapesth, 755. Pluies torrentielles sur l’Allemagne et l’Autriche. Température du matin : Arkangcl, io°; Paris, i5; Perpignan, 23; Puy de Dôme et Pic du Midi, 8; moyenne à Paris : i9°,6 (normale : i8°,2). — Le 16. Même situation barométrique. Angleterre, 774; Moscou, 753. Quelques pluies sur lé Centre du continent. Temp. du matin : Chrisliansund, io° ; Paris, 16; Alger, 27 ; Pic du Midi, 9; Puy de Dôme, 8; moyenne à Paris : i8°,6 (normale : i8°,2). —• Lç 17. Press, atm. : baisse générale : Russie, 700; région anticyclonique sur le N.-O ; Sliields, 772. Pluies sur la moitié Est de l’Europe. Temp. du matin : Haparanda, 70; Paris, 14: Nice, 22; Puy de Dôme, 12; Pic du Midi, 5; moyenne à Paris, i6°,6 (normale : i7°,3). — Ze 18. Press, atm. : supérieure à 765 sur les Iles-Britanniques et la
- France, mais Copenhague, 748 (tempête violente). Pluies abondantes en Autriche. Temp. du matin : Kuopio, 8U ; Paris, i3; Barcelone, 27; Puy de Dôme, i4; Rie du Midi, 5; moyenne à Paris, i5°,3 (normale : i8°,3). — Le 19. Press, atm. : Cherbourg, 766; Kiel, 749- Pluies sur le N.-E. de l'Europe. Temp. du malin : Christiansund, io°; Paris, 12; Perpignan, 23; Puy de Dôme, 12; Pic du Midi, 6; moyenne à Paris : i6°,2 (normale : i8°,3). Le 20. Meme situation atm. : N. de la France, 767; Saint-Pétersbourg, 748- Pluies sur le S. de la Russie. lemp. du matin : Christiansund, 90 ; Paris, 14 » Perpignan, 23; moyenne à Paris, 170,7 (normale ; i8°,3). — Zeai. Press, atm. : baisse générale sur 1 O. de l’Europe, vaste dépression sur l’E. : Mensel, 75o. Pluies en Russie, orage à Biarritz, 26 mm. d’eau. Temp. du matin : Arkangcl, 90 ; Paris, i4; Marseille, 22; moyenne à Paris : i7°,2 (normale : i8°,3). — Phases de la Lune : Premier Quartier, le 18 à 1 h. 21 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- j 20, Boulevard Saint-Germain, "Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Natu-e » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1784 (3 AOUT 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Nécrologie. — M. Auguste Ponsot, professeur à la Faculté des sciences de Lille, est mort à Argentan (Orne) à l’àge de 48 ans. M; Ponsot était l’auteur de nombreux travaux de physique qui ont été présentés à l'Académie des sciences par MM. Darboux etLippmann, ses maîtres, et qui ont trait pour la plupart à la photographie des couleurs et à la cryoscopie.
- Concours des jouets. — Le concours des jouets dit concours Lépine aura lieu du 20 septembre au 10 octobre dans la salle du Jeu de Paume, située aux Tuileries en bordure de la rue de Rivoli.
- La responsabilité du médecin. — Quoique La Nature n’ait pas à s’occuper des phénomènes juridiques, nous croyons devoir résumer les principaux points du récent jugement de la 9e chambre correctionnelle sur la responsabilité du médecin. Ils fixent la jurisprudence sur une question de première importance pour la vie publique — puisqu’il s’agit de rappeler et de préciser les principes de la responsabilité incombant aux médecins dans l’exercice de leur profession. Cette responsabilité résulte des articles 319 et 33o du Code pénal qui, dérogeant aux règles générales en matière pénale (d’après lesquelles un crime ou délit n’existent pas sans l’intention coupable) ont, en raison de l’intérêt supérieur s’attachant à la conservation de la vie et de la santé humaines, substitué à l’intention coupable, comme élément constitutif du délit, la simple imprudence, l’inattention, la maladresse ou l’inobservation des règlements de police. On ne saurait toutefois, sans dépasser l’intention du législateur et sans mettre en péril l’intérêt qu’il a précisément voulu sauvegarder, inculper les personnes pratiquant l’art de guérir en raison de tout agissement ayant occasionné un préjudice au malade, ce qui aurait évidemment pour résultat de détruire toute initiative et toute liberté dans le traitement des maladies et les opérations présentant des risques. Il convient donc de reconnaître que pour observer une juste mesure : i° la simple application de théories ou de méthodes médicales sérieuses, appartenant exclusivement au domaine de la science et de l’enseignement, ne doit pas entraîner de responsabilité pénale; 20 l’inobservation des règles générales de prudence et de bon sens auxquelles est soumis l’exercice de toute profession, la négligence accentuée, l’inattention grave, l’impéritie inconciliable avec l’obtention du diplôme exigé du médecin pour qu’il soit autorisé à pratiquer son art, peuvent et doivent au contraire entraîner cette responsabilité.
- Influence des éclairs sur les arcs voltaïques. —
- Sous ce titre, nous avons donné, dans le n° 1781, du
- i3 juillet 1907, une explication au sujet de photographies présentées par M. Heen à l’Académie royale de Belgique et prises par M. Bouton au cours d’un orage du printemps dernier. Autour des lampes à arc visibles sur les épreuves, on remarquait des radiations présentant des sinuosités formant des nœuds et des ventres analogues à ceux que produit une corde vibrante. L’explication proposée, induction de décharges électriques sur des conducteurs électrisés, est loin de résoudre la question. A ce sujet, notre collaborateur, M. Em. Touchet, qui a fait une élude particulière de la question des éclairs, fait observer que les sinuosités enregistrées sur les photographies de M. Bouton s’expliquent de la façon la plus claire en admettant que la chambre photographique a bougé au cours des expositions. Les éclairs sont enregistrés nettement, en raison de leur rapidité, et les lampes à arc ont laissé sur la plaque des traînées correspondant aux divers déplacements de l’appareil. La largeur et l’opacité des traînées permettent de reconnaître la rapidité du déplacement. Les nœuds correspondent aux changements de direction du mouvement. Les sinuosités doivent être les mêmes pour toutes les lampes. Cette explication est également donnée par M. William J. S. Lockyer qui fait remarquer que si le courant était alternatif, les traînées auraient été pointillées. La question a été discutée au meeting de la British Association, tenu à Douvres, il y a déjà plusieurs années. Plusieurs articles accompagnés de photographies ont été publiés Mans la revue anglaise Nature à la même époque. Ajoutons qu’à diverses reprises la Société astronomique de France a reçu des photographies du même genre qui indiquaient, toutes, un déplacement de l’appareil pendant l’exposition.
- École de laiterie de l’Université de Nancy. — Une
- école spéciale de laiterie a été organisée à la Faculté des sciences de Nancy. L’enseignement comporte : i° Zootechnie spéciale des bovidés (production du lait). — 20 Etude physique et chimique du lait (analyse du lait). — 3° Bactériologie appliquée à la laiterie; microbes nuisibles et microbes utiles ; ferments sélectionnés pour la maturation des crèmes et des fromages. — 4° Technique spéciale à chaque catégorie d’industrie : préparations et manipulations du lait en vue de la vente en nature; laits stérilisés et maternisés ; laits condensés ; laits en poudre ; écrémage centrifuge ; fabrication du beurre, fromages; sous-produits; industries laitières annexes. — 5° Mécanique appliquée, électricité industrielle. Deux laboratoires (chimie et bactériologie) et une laiterie expérimentale sont destinés à assurer l’éducation pratique des élèves, parallèlement à leur instruction théorique. D’ail-
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- INFORMATIONS
- leurs, pour tous renseignements, s’adresser au directeur de l’école, n, place Carnot, à Nancy.
- La recherche des planètes intramercurielles. —
- L’existence d’une ou de plusieurs planètes circulant entre d’orbite de Mercure et le Soleil est toujours problématique et leur recherche à l’ordre du jour. Nous trouvons dans le Bulletin n° u5 de l’observatoire Lick le résultat des recherches tentées à ce sujet lors de l’éclipse du 3o août 1905. Ces recherches avaient été entreprises précédemment, à Sumatra, lors de l’éclipse du 18 mai 1901, mais, par suite de la présence de faibles nuages, elle n'avaient pu être réalisées d’une manière entièrement satisfaisante. Toutefois, on pouvait en conclure, d’une façon û peu près certaine, qu’aucun corps d’un éclat supérieur à la 5° grandeur n’existait dans la région où l’on avait cherché la planète. Les appareils utilisés en 1901, si le temps avait été pur, devaient permettre d’atteindre la 9e grandeur. L’éclipse de iqo5 offrait de multiples avantages pour mener à bien ce travail, car il était possible de l'effectuer en trois stations de la ligne centrale très éloignées les unes des autres. Les frais des trois expéditions furent couverts grâce à la générosité de M. Win. IL Crocker. Elles disposaient chacune de quatre appareils photographiques. Les plaques mesuraient 45cm X 55e"1 pour les chambres de la station espagnole, à Alhama, et 40,:m X 5o°ra pour les stations d’Égypte, à Assouan et du Labrador. Le champ embrassé fut, en conséquence, de 29°X9° et de 25° X 8° 1/4, le plus grand côté des plaques étant parallèle à l’équateur solaire, comme en 1901. On suppose, en effet, que la planète hypothétique se meut dans l’équateur solaire, à une distance qui n'est pas supérieure à 140 1/2 et avec une inclinaison inférieure à 40. Si le ciel avait été pur dans les trois stations, par suite du déplacement de la planète dans l’intervalle des photographies, il eût été facile de déceler sa présence par la sléréoscopie. Mais, malheureusement, au Labrador, des nuages épais empêchèrent toute recherche. En Espagne, de légers nuages persistèrent pendant toute la totalité. E11 Egypte, le ciel fut très pur. Les négatifs de ces deux dernières stations ont révélé l’existence de 55 étoiles comprises entre la grandeur i,3 et la grandeur 8,3. Tous les objets furent identifiés avec des étoiles connues et on n’a pu reconnaître aucune trace de la planète intramercurielle.
- Le nombre des étoiles dans le voisinage des Pléiades. — Il est intéressant de constater l’influence de l’augmentation du pouvoir des instruments sur les résultats obtenus dans une même région du ciel. M. H. C. Wilson donne d’importants détails dans Popular Astronomy sur les nombres d’étoiles du groupe des Pléiades comptés à diverses époques. La longueur du groupe des brillantes étoiles est presque exactement de i° de l’Est à l’Ouest et la largeur de ^o'. Dans cette étendue, Hooke, en 1664, avec une lunette de 2 pouces, compta 78 étoiles. Wrolf, en 1876, en s’aidant de la photographie, obtint, dans un champ de i35' sur 90' ayant Alcyone au centre, 6a5 étoiles; 11 ans plus tard, les frères Henry, avec une plaque exposée 4 heures, comptèrent, dans un champ plus petit que le précédent, 23a6 étoiles. A l’intérieur d’un champ de 2 degrés carrés, ayant aussi Alcyone au centre, Bailey, en 1897, à l’observatoire de Harvard College, compta 3972 étoiles sur une plaque prise avec le télescope Bruce de 24 pouces et exposée 6 heures. Le travail de M. Wilson est accompagné de diagrammes montrant le nombre et la distribution des étoiles photographiées sur des plaques exposées 40 minutes, 4 heures, 7 heures et 16 heures avec le télescope ]Dhotographique de 8 pouces de l’observatoire Goodsell et celles montrées sur un négatif exposé 7 heures à la chambre photographique stellaire de 6 pouces du même observatoire. Le champ examiné avait 3° 20' de côté et Alcyone au centre. Les nombres d’étoiles obtenus avec le 8 pouces sont respectivement de 574, 2267, 3o2i et 4621. Le champ couvert par la chambre stellaire de 6 pouces est de 5° 4k Dans cet espace, on trouva les images de 10 535 étoiles!
- Budgets maritimes. — La Revue maritime donnait récemment les budgets maritimes 1907-1908 des Etats-Unis, de l’Angleterre et du Japon. Nous en extrayons les chiffres suivants : Angleterre, 791771400 francs; États-Unis, 5i4 58o 6a3 francs ; Japon, 214 449 820 francs.
- • Rappelons qu’en janvier un vaste programme de dépenses
- d’ordre maritime a été proposé à la diète japonaise; if prévoit un système d’annuités s’échelonnaut sur quinze années, c’est-à-dire jusqu’en 1921-1922 et dont le chiffre total est de 1695 millions de francs; de ce fait, il faut ajouter aux chiffres ci-dessus pour l’année 1907-1908 121 3ai 200 francs à titre de crédits pour l’expansion navale. Eufiu ajoutons que le budget de l’armée pour le même exercice se monte à 290 201 600 francs, et que le crédit d’expansion militaire à répartir de 1907 à 1914 est de 425 851 4oo francs.
- Le commerce de l’Autriche-Hongrie en 1906. —
- Le mouvement d’affaires d’Autriche en 1906 a suivi la même marche ascensionnelle que dans tous les autres grands états, mais cependant d’une façon moins accentuée. Les exportations ont passé de 2248700000 à 2812900000 couronnes, et les importations de 2146100000 à 2249800000 couronnes. H faut noter que les denrées alimentaires et boissons, dont l’importation avait atteint en îqoS le chiffre de 419 millions de couronnes, 11e comptent plus en 1906 que pour 3i5 millions. Par contre, l’importation des matières premières pour l’agriculture et l’industrie a passé de 879 millions de couronnes à 1 022000000. Ces chiffres suffisent à mettre en évidence les progrès de l’industrie alimentaire en Autriche-Hongrie.
- Commerce de la République Argentine en 1905.
- — Le commerce général s’est élevé à 2 640 000000 de l‘r., ce qui représente une augmentation de 890000000 sur l’année précédente. Les exportations l’emportent sur les importations de 548 447 io5 fr. Ces chiffres dénotent une remarquable prospérité, due en grande partie à la construction et à l’exploitation de nouvelles voies ferrées. La France figure au quatrième rang, pour les importations en Argentine, avec un chiffre de 106 millions de fr., contre 342 millions à l’Angleterre, 14Ù millions à l’Allemagne, i44 millions aux États-Unis et 101 millions à l’Italie qui vient immédiatement après nous. Par contre, pour les exportations nous sommes au deuxième rang avec un chiffre de 188 millions contre 224 millions pour l’Angleterre, 185 millions pour l’Allemagne, io3 millions pour la Belgique, 78 millions pour les Etats-Unis. Nous importons surtout en Argentine des vins et liqueurs, des toiles, du matériel de chemin de fer, des médicaments, de la parfumerie et des automobiles. Nous en recevons surtout des laines, des cuirs et des céréales.
- Industrie du zinc. — Une évolution, qu’il était facile de prévoir, est en train de se produire pour l’extraction minière du zinc et aura évidemment pour effet de retirer au bassin méditerranéen ou à quelques régions européennes et nord-américaines la sorte de monopole qu’elles avaient jusqu’ici. Étant donnée l’association constante du zinc avec le plomb et le fer sous la forme sulfurée, il était bien évident que les champs miniers de certaines régions américaines, où jusqu’ici la production de zinc était assez faible, devaient contenir de grandes quantités de ce métal, que les conditions économiques portaient à négliger pour les métaux de plus de valeur. Mais, avec les progrès industriels, le zinc y est de plus en plus exploité. Ce changement s’est tout naturellement produit d’abord aux États-Unis qui, en 1897, ne produisaient que 89600 tonnes de zinc, tandis qu’ils ont atteint 202000 en 1906. Plus récemment, il s'est manifesté avec une intensité toute particulière au Mexique, où la production de minerais de zinc a passé à 88 900 tonnes en 1906 contre 32 164 en ujo5 et zéro en 1904. Même phénomène, dans des proportions beaucoup plus restreintes, en Australie où l’on a atteint, en 1906, 1000 tonnés de zinc métal. On cite également, comme se développant à cet égard, le Japon et la Rhodésia, etc.
- Un autodrome. — On vient d’inaugurer à Weybridge, en Angleterre, un autodrome pour courses automobiles, destiné à servir aussi aux essais aéronautiques. La piste est construite en ciment et relevée aux virages de façon à présenter toutes garanties de sécurité pour une voiture qui serait lancée à la vitesse de 160 km. à l’heure. Les accidents n’y sont donc pas à craindre. Un prix de 20 000 francs sera accordé à la première machine volante plus lourde que l’air qui réussira à faire le tour de l’autodrome avec une vitesse supérieure à 18 km. à l’heure.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- tr - Photographie a
- Le latéro-viseur. — Cet accessoire de l’appareil photographique qu’on appelle le viseur a déjà pris bien des formes et on en crée encore de nouvelles. M. Cuisinier, qui s’est fait une spécialité de ce genre d’appareils et qui en a déjà une trentaine de modèles différents, vient d’ajouter encore ceux-ci à sa collection. Ils sont destinés à prendre le sujet placé sur le côté, afin qu’il ne se doute pas qu’il est photographié ; comme nous l’avons déjà dit à propos d’appareils similaires, cela a surtout son impor-
- tance pour conserver aux enfants leur naturel et même aussi aux grandes parsonnes. Ces viseurs peuvent se placer sur tous les genres d’appareils et sont montés sur une rondelle tournante pour qu’on puisse prendre l’image en hauteur ou en largeur. Dans l’un des modèles (n° i) on vise au moyen d’un œilleton qui peut être muni d’un verre bleu aün de mieux se rendre compte de l’image monochrome qu’on obtiendra; dans l’autre, simplifié (n° 2), on met en plaque en cherchant la coïncidence des réticules placés sur chaque lentille. — L’appareil se trouve chez M. Cuisinier, 131, rue de Vaugirard, Paris.
- Automobilisme
- Pneu increvable. — Les pneus sont la cause la plus fréquente des pannes en automobiles; on peut dire qu’ils constituent la partie la plus vulnérable de la machine. Aussi bien des solutions ont été proposées pour
- réaliser le pneu increvable. L’artifice imaginé par la Mai'o-quinerie Nationale, 43, rue de Liverpool, Bruxelles, nous semble fort simple et par suite susceptible de donner des résultats pratiques. Cette maison fabrique des pneus, revêtus sur la face interne du bandage d’une cuirasse en cuir fort, intimement soudée à la masse. Ce cuir est du cuir de bœuf de ire qualité, tanné au chrome, fort résistant et cependant extrêmement souple, de sorte que les enveloppes ainsi constituées ne sont pas plus rigides que les enveloppes ordinaires.
- De plus, la chambre à air n’est plus en contact avec les toiles rugueuses, mais avec la surface polie du cuir; d’où diminution de'frottement et par suite usure moindre de la chambre à air.
- Pneu increvable.
- **> Divers
- Niveau de poche. — Les niveaux ordinaires sont en général assez encombrants et il faut les déplacer pour s’assurer de 1’horizontalité dans les deux sens. L’appareil représenté ci-contre, construit par M. Cuisinier, tient au contraire très peu de place et 11e nécessite qu’une seule opération. En effet deux tubes de verre herméti-
- quement clos sont montés à angle droit sur une platine qui mesure 45 mm sur 55 mm (représentée aux deux tiers de la vraie grandeur sur notre gravure) ; cette platine absolument bien dressée supporte deux tubes de métal qui protègent les tubes de verre et qui laissent voir la bulle d’air par une ouverture pratiquée à leur partie supérieure. Le niveau, renfermé dans un étui en maroquin, peut se mettre facilement dans une poche de gilet. — Le niveau de poche se trouve chez M. Cuisinier, x31, rue de Vaugirard, Paris.
- Le cyathomètre du capitaine Chaumont. — Le
- principe de ce curieux instrument a été présenté à nos lecteurs, il y a plusieurs armées déjà, par l’inventeur lui-même (Voy. n° 1490 du 14 décembre 1901); mais la construction laissait à désirer, non au point de vue du fonctionnement, mais en ce qui concerne la fragilité. Rappelons que le cyathomètre est destiné à rendre la fraude impossible dans le commerce des liquides, ces liquides étant contenus dans des récipients quelconques : bouteilles, bidons, tonneaux, etc.
- Chaque appareil est construit d’une manière différente, le principe demeurant invariable, suivant l’usage que l’on doit en faire. Il comprend un tube de verre fermé à ses deux extrémités, bien que des ouvertures, une en bas et deux en haut, y soient pratiquées afin de permettre au liquide dans lequel il est plongé d’y pénétrer et de se mettre au même niveau que dans le vase.
- A l’intérieur se trouve une spirale en verre — l’inventeur a dû construire une machine spéciale pour produire ces spirales — qui occupe toute la hauteur du tube. Ces spires doivent arrêter, au moment favorable, un flotteur également en verre et jjourvu de trois antennes métalliques très légères. Enfin une boule de verre, pleine, complète l’équipement intérieur du tube. L’appareil que nous prenons comme type se termine à sa partie suj)é-rieure par une ampoule appelée à le maintenir dans une bouteille dont le goulot aura été un peu étranglé pour permettre précisément cet arrêt. Observons aussi que le flotteur et la boule de verre sont retenus à la partie supérieure par un fil que l’on coupe au moment d’utiliser l’appareil.
- Imaginons maintenant qu’une bouteille, pleine d’un liquide quelconque, soit pourvue d’un cyathomètre dont on aura, au préalable, coupé le fil pour libérer la boule et le flotteur. L’équilibre des liquides s’établit aussitôt, et le flotteur occupe la partie supérieure du tube, tandis que la boule est tombée dans le fond. Si l’on verse une certaine quantité de liquide, le flotteur descend normalement dans le tube ; mais si l’auteur de cette opération l’a effectuée dans un but de fraude en ajoutant ensuite un liquide quelconque, le flotteur ne pourra plus remonter, ses antennes s engageant dans les spires intérieures; il restera donc noyé à l’endroit même où il se trouvait indiquant qu’une manœuvre frauduleuse a été commise.
- La boule pleine, dont nous avons signalé la présence, joue également un rôle dans le fonctionnement de l’appareil. Dans le cas, par exemple, où la bouteille se trouverait complètement retournée, le culot en l’air, la boule tomberait sur le flotteur pour l’immobiliser et l’empêcher de monter à la surface. Ce flotteur reste donc en place, et n'est libéré que lorsque la bouteille est remise dans sa position normale.
- La présence du cyathomètre dans un vase est une garantie de toute première valeur de la qualité des Hquides livrés. Placé dans un tonneau, comme le montre notre deuxième figure, il appuie constamment contre la paroi supérieure du fût, quelle que soit la position de celui-ci, grâce à un flotteur en liège qui, en même temps, lui sert de protecteur. Toute soustraction de liquide
- Niveau de poche.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- |ÉM Hit
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- demeurera apparente par la position qu’occupera le tlotteur au moment de la sortie de l’instrument. On remarque un iil fixé à la bonde et attaché à la base du tube ; il sert à retirer le cya-thomètre qui sort, par conséquent, renversé ; n’oublions pas que la boule pleine maintient le flotteur à l’endroit précis qu’il occupe et que, par suite, les indications seront toujours parfaitement exactes.
- Il nous semble inutile d’insister sur les applications auxquelles se prête l’instrument; tous les liquides, liqueurs, vins, produits pharmaceutiques, eaux minérales, alcools, essences, etc., peuvent, par lui, être contrôlés instantanément, et ce contrôle devient une nécessité impérieuse dans la plupart des cas. Pour le lait, par exemple, liquide qui constitue la base essentielle de l’alimentation des enfants, l’usage du cyathomètre s’impose d'une manière absolue. Le capitaine Chaumont a même imaginé, dans ce but, un nouveau modèle de bidon à lait et qui est très ingénieusement établi. Le bidon est cylindrique — les angles à la base en sont arrondis pour faciliter le lavage — et il est fermé par un couvercle qu’une barre métallique cadenassée à ses deux extrémités met à l’abri de toute effraction.
- Cependant on sait que ces sortes de garanties ne constituent pas toujours une protection suffisante.
- Aussi le bidon est-il pourvu d’un axe central dont la base porte une soupape, la partie supérieure,
- Fig. i.
- filetée traversant le couvercle et la barre. Enfin, sur cette barre, un fil à plomb est soudé à ses deux extrémités après avoir été engagé dans un trou pratiqué à l’extrémité de l’axe. Le cyathomètre complète l’installation intérieure du bidon.
- Pour soutirer le lait, après avoir retourné le robinet de la base, il faudra dévisser l’axe central porteur de la soupape qui obture le passage du lait dans le robinet; mais on ne peut dévisser cet axe sans casser le fil à plomb : nouvelle garantie. D’autre part, la soupape étant soulevée, le lait trouve un deuxième chemin pour se rendre dans le cyathomètre où il se met au même niveau que dans le bidon.
- Si donc on extrait du lait pour le remplacer par de l’eau, par exemple, le consommateur, ou le marchand au détail, s’en apercevra d’abord par la rupture du fil à plomb et ensuite par la position occupée par le flotteur dans le tube. Signalons en passant la présence de deux hélices montées sur l’axe central et qui, suivant le mouvement de rotation de cet axe, effectuent un mélange de la partie supérieure et de la partie inférieure du lait de manière à ramener l’ensemble à un degré de qualité égal dans toute la masse du liquide.
- Le cyathomètre est précieux en ce sens qu’il fournit des indications très exactes et instantanées ; c’est un appareil de contrôle idéal pour les liquides, quelque chose comme le poinçon pour la garantie des bijoux.
- Fig. 2.
- **> Mécanique
- Nouvel appareil de mise en marche automatique des moteurs. — Ce nouvel appareil est caractérisé par l’utilisation d’un mouvement de translation imprimé â un manchon pour obtenir la rotation d’une vis creuse avec laquelle embraye une tige intérieure portant une roue dentée reliée par une chaîne à un pignon à roue libre fixé sur l’arbre du moteur.
- L’appareil se fixe au châssis, à côté du moteur. Il comprend un carter a dans lequel se trouve le manchon b guidé par des galets c roulant dans des rainures ménagées à l’intérieur du carter. La vis G est creuse ; des galets e pénètrent dans ses rampes hélicoïdales. Dans la vis G se trouve une tige h qui tomme dans des roulements à billes j et k placés aux extrémités du carter.
- En cas de retour du moteur, la roue dentée I étant obligée de tourner en sens inverse et entraînant le même renversement du mouvement de la vis g, le manchon b revient prendre sa première position; il y a donc lieu de réaliser le débrayage. Ce résultat est obtenu grâce à un taquet n établi contre le manchon et se déplaçant avec lui. Le bec inférieur de ce taquet est en contact avec une crémaillère o susceptible de glisser sur le fond du carier et dont l’extrémité relevée o' pénètre dans une gorge de la vis g.
- Lorsque le retour du manchon tend à se produire, le taquet n, dans son mouvement de recul, accroche l’une des dents de la crémaillère et déplace cette dernière dans le sens de la flèche. La vis G se déplace en même
- En temps normal, la vis et la tige sont animées d’un même mouvement de rotation grâce à un embrayage i formé par deux dentures appropriées qui entrent en prise par l’action d’un ressort q. La roue dentée I termine cette tige dont le mouvement de rotation est transmis au moteur par une chaîne. Enfin un levier m relie le manchon b à un levier placé à portée du conducteur. Le fonctionnement de l’appareil est le suivant :
- Le manchon b occupant la position indiquée sur la coupe de l’appareil, si l’on manœuvre le levier de commande, le manchon se meut vers la gauche ; les galets e, en roulant dans les rampes hélicoïdales, obligent la vis à tourner et la tige h, embrayant en i avec cette vis, le mouvement de rotation ainsi produit est transmis à l’arbre du moteur. Celui-ci démarre et son arbre peut prendre une vitesse de rotation supérieure à celle imprimée à la tige h grâce à la roue libre.
- temps, l’effet du ressort d’embrayage étant momentanément suspendu. Les deux dentures de l’embrayage se séparent et la tige h peut tourner sans entraîner la vis g.
- On remarque, dans la crémaillère, un renflement o", il a pour but de faire relever le taquet à fond de course pour permettre au manchon de revenir à sa position initiale.
- Enfin le retour du manchon à son emplacement primitif est obtenu après débrayage de la vis g par la manœuvre en arrière du levier de commande. Le ressort q replace la vis g dans la position d’embrayage. Et le taquet reprend sa position normale lorsqu’il vient buter sur un taquet r convenablement disposé sur la paroi du carter. — Ce nouvel appareil de mise en marche automatique est construit par M. Joly, 8x, rue Broca, à Paris.
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- VARIÉTÉS
- Nouvelles comètes. — Nous avons annoncé récemment (n° 1778) la découverte de la troisième comète de 1907. Une dépêche de Princeton (Etats-Unis) est venue annoncer la découverte d’une autre comète, le 9 juin, par M. Daniel, à la position suivante :
- Ascension droite : 23h 33s ; Déclinaison australe :
- i°8'. Eclat total de la onzième grandeur.
- Des observations faites en divers observatoires, il résulte que la comète augmente d’éclat et s’approche du Soleil et de la Terre. Les i5 et 17 juin, elle était de la 90 grandeur.
- Au moment de sa découverte, elle se trouvait dans les Poissons, à la demi-distance des étoiles X et 33. D’après l’éphéméride calculée, le 4 juillet, elle brillait entre les étoiles X, et 89 f Poissons et le 10 juillet était très près de l’étoile g des Poissons.
- On peut l’observer dans la seconde partie de la nuit, avant l’arrivée du jour. Elle est visible à l’œil nu depuis plusieurs jours, et est très intéressante à suivre, même pour les instruments de moyenne puissance.
- On la trouvera aux positions suivantes, d’après 1 éphé-méride qui vient d’en être calculée par M. Crawford et Mmos Einarson et Glancy, et publiée dans le Bulletin n° 119 de l’observatoire Lick. Le ior août, la comète sera i3 fois plus lumineuse que le jour de sa découverte.
- Date Ascension ilroile Déclinaison Éclat théorique
- iG juillet. . . 2h 22““ —j— to° 24’ 5,7
- 24 juillet. . . 3h 22“ -j-i3°38' 9,0
- ier août. . . . 4h34"> -j-l6<)l1' 13,o
- A l’observatoire d’Alger, MM. Rambaud et Sy l’ont suivie du 16 au 19 juin à l’aide de l’équatorial coudé de o,318 m. d’ouverture. Elle présentait une chevelure arrondie d’environ 3' de diamètre avec condensation centrale de 7" et de l’éclat d’une étoile de 90 grandeur.
- Une queue était visible dans l’angle de position 247° le 18 juin. A l'observatoire de Juvisy, on l’a photographiée dans toutes les nuits claires.
- — Par contre, la comète Giacobini (1907 c) diminue d’éclat et est extrêmement faible. De i3e grandeur au moment de la découverte, elle est actuellement au-dessous de la 14e grandeur.
- Les éléments suivants de l’orbite ont étî calculés par Mmcs Einarson et Glancy :
- T = Passage au périhélie = 1907 mai 27,18 (t. m. de Greenwich).
- % z=z Longitude du périhélie = 34° 3'.
- = Longitude du nœud = 1610 5'. i = Inclinaison = 15° 44^-
- q — Distance périhélie = 1,261.
- L’éphéméride calculée sur ces éléments montre que la comète se dirige vers la constellation de la Vierge,dans une région du ciel extraordinairement riche en nébuleuses.
- — La comète 1907 b semble avoir un air de famille avec la comète de 1742. Sa découverte a été faite indépendamment par M. John Grigg, de Thames (Nouvelle-Zélande), le 8 avril, six jours avant la découverte par M. Mellish, de Madison (Etats-Unis), mais l’auteur, qui en fit part à la presse, n’avertit pas télégraphiquement le Bureau central de Kiel.
- Des observations faites à Thames, les 9, 10 et 11 avril, M. Merlield a déduit les éléments d’une orbite à côté desquels nous donnons ceux déterminés par Mraet Lamson et Frederick et ceux de la comète de 1842. M. Berberich a fait remarquer, en effet, la grande ressemblance des éléments de ces comètes. Les lettres ont la même signification que ci-dessus.
- Merlield Lamson et Frederick Comète de
- — — 1742
- T = 1907, mars 20,35 Greenwich 327° i'
- 189°29'
- 94° 53' log q — T) <$27
- 1907, mars 27,56 Greenwich 328° 47'
- 189° 7'
- 1 io° 12' ï, 9657
- 1742, lévrier 8,3
- 328° 24'
- 185° 3o'
- 1120 45' î, 8845
- La comète de 1742 avait été découverte indépendamment au Cap, le 5 février, et à Paris, le 2 mars. Elle fut suivie jusqu’au 6 mai et présentait une queue de plus de 5° de longueur. S’il y avait identité entre la comète de 1742 et la comète 1907 c, le. faible éclat actuel est très remarquable.
- — Enfin la comète Melcalf (1906 h), découverte le 14 novembre 1906, serait une comète périodique, appartenant au système solaire, au groupe de comètes circulant au delà de l’orbite de Jupiter. Les observations de M. Fath et du Dr Aitken, en novembre et décembre derniers, ont permis de calculer une orbite elliptique. La révolution serait de 8,2 ans et le plan de l’orbite incliné de 15° sur l’écliptique.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le régime fruitarien. — Le régime végétarien a pris faveur depuis quelques années. Sans doute on ne se soumet pas à une pratique absolue et rigoureuse, mais devant les affirmations des hygiénistes, on commence à délaisser le régime carné pour donner plus de place aux végétaux et aux céréales. L’abus de la viande a été et est encore trop marqué chez bien des gens; prenez le menu d’un repas, les plats de viande y figurent en majorité ; à peine vous fait-on passer sur la fin un peu de salade et un peu de légumes. Quand on se reporte aux repas fabuleux de nos ancêtres, on se demande comment ils pouvaient vivre un nombre d’années assez avancé avec un pareil régime. On est revenu de cette consommation excessive; la hausse constante du prix de la viande contribuera encore à la restreindre. Dans la plupart des maisons, on se contente d’un plat de viande et d’un plat de légumes et je connais bon nombre de personnes qui ne mangent plus de viande au repas du soir et ne s’en portent pas plus mal, au contraire.
- Le régime végétarien présente l’avantage d’une absence de toxicité et donne une endurance et une vigueur bien supérieures à celles du régime carné. Je conseille à ceux de mes lecteurs que la question peut intéresser, de lire le rapport du professeur Chauvel, d’Angers, au Congrès d’hygiène alimentaire ; ils verront,
- dans ce récit d’une expérience prolongée pendant plusieurs années, comment 011 peut arriver à suppléer à la viande et fournir au travail £>hysiologique de l’organisme le nombre de calories nécessaires avec une alimentation purement végétale ou à peu près. Il ne faut pas du reste confondre le régime végétarien, qui admet le lait, le beurre, les œufs, avec le régime végétalien qui est lui, strictement confiné aux végétaux. M. Chauvel a constaté que cette alimentation, soutenue régulièrement, lui a permis d’accomplir un travail physique et intellectuel considérable, sans fatigue, a supprimé les migraines, les malaises, les insomnies, bref, a amélioré à un degré extrême sa sauté qui était cependant loin d’être mauvaise.
- Pour ceux qui seraient, tentés de le suivre sur ce terrain expérimental, voici un aperçu des menus :
- Petit déjeuner : une tasse de chocolat, 60 gr. de pain.
- Déjeuner : i° un hors-d’œuvre (céleri, radis, artichaut, concombre ou autre légume cru) ; 20 un plat de légumes ou de céréales, ou deux œufs (2 fois par semaine seulement) ; 3° un plat de pommes de terre ; 4° dessert composé de fruits, crus de préférence. Pain 200 gr. environ.
- Dîner : i° un potage maigre; 20 un légume vert ou une farine; 3° une salade; 4° dessert, confitures ou fruits suivant la saison. Pain i5o à 200 gr. Boisson : eau additionnée de un dixième ou un vingtième de vin blanc.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Avec celle ration faible, en apparence,' mais donnant un nombre de calories suffisant, on ne surcharge pas le travail du tube digestif et non seulement on peut maintenir parfaite la santé de l’individu, mais on l’améliore et on le rend plus endurant, plus vigoureux, plus résistant.
- Tout le monde peut-il se prêter à d’adoption de ce régime et en tirer un parti aussi avantageux que M. Charn el, je ne le crois pas ; mais sans suivre ce régime à la lettre, soyez convaincus que ce n’est pas en mangeant de la viande en excès qu’on se donne des forces et une bonne santé.
- Le régime végétarien a ses adeptes, mais voici maintenant qu’on parle d’aller plus loin et de suivre un régime purement l'ruitarien. Je sais bien que des légions d’êtres humains, en Asie, en Afrique, se nourrissent presque exclusivement de fruits et ne se portent pas plus mal que nous. Mais un homme peut-il, dans nos climats, se contenter d’absorber des fruits pour avoir une équivalence de ration alimentaire. Un de nos jeunes confrères, le D' Collière a réuni sur ce sujet des documents fort intéressants.
- En ne mangeant que des fruits, un homme peut-il donner la même somme de travail, être aussi complètement nourri que celui qui se nourrit de végétaux ou d’une alimentation mixte, viande et végétaux. Peut-il trouver dans les fruits les quantités d’albumine, de graisse et d’hydrates de carbone nécessaires pour donner les 2600 calories nécessaires, comme moyenne, à l'entretien physiologique.
- En prenant les analyses fournies par M. Collière, on voit que les fruits de nos jardins (pomme, poire, coing) contiennent, suivant les espèces, de 2 à 9 gr. d'albumine par kilogramme, de 0,2 à 2 gr. de graisse, et de 113 à 25o gr. d’hydrates de carbone. Les fruits à noyaux (abricots, pèches, prunes, cerises) donnent une proportion à peu près similaire de 6 à 9 gr. d’albumine, de x à 6 gr. de graisse, de 187 à 170 gr. d’hydrates de carbone.
- Les fruits à baies, groseilles, figues, raisins, donnent, eux aussi, je prends les chiffres en gros, une moyenne
- de 7 à 12 gr. d’albumine, 2 à 12 gr. de graisse, ei i3o à 218 gr. de sucre.
- S’il fallait se nourrir avec des fruits exclusivement, on trouverait donc la proportion voulue d’éléments chimiques, mais à la condition fort désagréable et difficile, ce me semble, à réaliser, quand on n’est pas Gargantua, d’absorber joux'nellement, une douzaine de kilogrammes de fruits. Il est vrai que les promoteurs du régime fruitarien ne conseillent pas exclusivement les fruits aqueux sucrés, ils recommandent les fruits farineux, oléagineux, tels que les châtaignes, les marrons, les olives, les amandes, les noix. Là les chiffres d’éléments montent beaucoup et on trouve tout de suite par kilogramme de 3o à 200 gr. d’albumine, de 14 à 5oo gr. de graisse et de 90 à 5oo gr. de sucre, le taux de l’élément gras dominant, cela se comprend, dans les fruits oléagineux.
- Les fruits aqueux sucrés peuvent être pris desséchés et les substances fondamentales s’y trouvent à un étal de concentration qui triple et quadruple les doses trouvées dans les fruits frais.
- Le régime fruitarien est donc possible. Du reste, les habitants du Limousin, de la Corse font de la châtaigne leur alimentation presque exclusive avec un peu de fromage. M. Collière trouve que les fruits contenant une grande proportion de sels acides, malales, tar-trates, citrates, constituent des aliments stimulant pour la fonction gastrique. D’aucuns ajoutent que l’eau des fruits pourrait bien avoir quelques vertus spéciales, comme les eaux minérales; la chose est possible, mais encore faudrait-il le démontrer.
- Je ne crois pas que dans nos régions le régime fruitarien devienne de longtemps un régime autre qu’un complément de notre alimentation. En combinant végétaux et fruits, en réglementant au minimum la consommation de la viande, on idéalisera, je crois, le régime convenable pour tous. Réservons les régimes exclusifs aux cas spéciaux qui relèvent de l’hygiène ou de la pathologie; pour ceux-là le régime fruitarien était déjà prescrit par l’Ecole de Salerne et la cure de raisin est aussi vieille que le monde. D1' A. C.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Empreintes d’insectes. — Pour couler des empreintes d insecte, on le place dans une position naturelle, en fixant le bas des pattes sur un anneau de cire ; au moyen de fils métalliques fins on maintient le tout au centre d’une boîte en bois. On tend des fils plus épais entre l’objet et les parois qui formeront ensuite des évents dans le moule. Verticalement, au dos de l’insecte, on place une petite baguette qui ménage un trou pour la coulée. On peut alors remplir la boîte d’une pâte formée d’une partie de brique en poudre et de trois parties de plâtre de Paris, le tout additionné d’une solution d’alun et de sel ammoniac. Préalablement on a passé au pinceau une couche de cet enduit très liquide pour éviter les bulles d’air.
- Quand la pâte est sèche, on débarrasse le moule de linsecte ; pour cela on porte la boîte à une température constante pendant un temps qui est fort variable, puis on la chauffe au rouge, ce qui réduit l’insecte en cendres et fait fondre l’anneau de cire ; le tout sort par les évents. On peut ensuite procéder à la coulée.
- Insectes des placards, armoires, etc. — Pour débarrasser les meubles divers des fourmis qui les envahissent, il suffit d’y déposer des citrons moisis. Il ne faut pas déposer du citron simplement, mais laisser au préalable les morceaux par terre dans une cave, jusqu’à ce que les moisissures aient recouvert le zeste d’une couche verte.
- L’odeur qui s’en dégage et qui rappelle celle de l’éther sulfurique fait qu’au bout d’un jour ou deux les founnis ont abandonné complètement leurs incursions.
- Sur la température de solidification de la paraffine. — I ms paraffines, dont les goudrons de bois ou de houille, ceux provenant de la décomposition des ma-
- tières animales, dont les pétroles d’Amérique et de Russie, les schistes et les bitumes natui*els constituent les principales sources, ont été employées à divers usages. La fabrication des bougies, l’imperméabilisation des tissus, la préservation des métaux constituent les principaux emplois de ces matières. La détermination du point de solidification d’une paraffine présente une certaine importance, puisque c’est de lui que dépend la valeur de cette paraffine, et que ce jiioint cle fusion peut varier de 4-5 à 65°. Par suite, un certain nombre de modes opératoires ont été proposés avec plus ou moins de succès pour déterminer cette constante. On peut notamment remplir de paraffine fondue un petit ballon de 125 c. c. ; introduire au milieu de la paraffine le réservoir du theimiomètre fixé dans un bouchon ajusté sur le col du ballon; quand la solidification commence, on note la température à laquelle finalement le thermomètre reste stationnaire. Cette température est considérée comme le point de solidification de la paraffine étudiée.
- Contre les moisissures des caves. — Nous trouvons dans le Journal de VAgriculture l’indication de quelques piuxcédés recommandables contre les moisissures des caves, murs, sol ou chantiers, qui sont souvent préjudiciables à la bonne conservation des boissons, surtout du cidre. On pourra badigeonner les murs au lait de chaux, à l’aide d’un pulvérisateur, puis pulvériser le lendemain sur les murs du sulfate de cuivi-e (5 kg pour x hcct. d’eauj. Cependant ce procédé n’est pas parfait ; cexdaines moisissui'cs même se multiplient au contact du sulfate de cuivre. Un autre plus pai’fait consiste à asperger les caves, à l’aide d’un balai, avec une solution de bichloruro de mercure en solution à 1 millième.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîle aux lettres, La Ilédaetiou publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. Eu raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — M. Drücker, chez qui sont en vente les fleurs attrape-mouches, habite 194 bis, rue de Rivoli et non 149 bis.
- Adresses relatives aux appareils à haute tension.
- — Les appareils à haute tension se trouvent chez MM. Malaquin et Charbonneau, 4^> rue Monsieur-le-Prince, à Paris.
- Renseignements. — M. A. Alazard, à Tunis. — 1" Vous trouverez dans le n° 1773 de La Nature, du 18 mai 1907, un article sur les moteurs Deloche, qui
- répondent à votre désir. Ces moteurs se vendent, 10, quai Michelet, Levallois-Perret (Seine). — a0 Les maisons dont vous nous parlez fabriquent d’excellents moteurs.
- M. H. de Sevelinges, à Paris. — Le champignon que vous nous avez envoyé est arrivé en mauvais état. Il nous semble toutefois que c’est un simple Lycopeidon ou vesse-de-loup, mais nous ne saurions l’assurer. Vous trouverez chez Deyrolle, 46, rue du Bac, d’excellentes flores pour la détermination des types que vous pourrez ramasser.
- M. F. C., à Tolède. — Pour le télémètre du commandant Gérard, veuillez vous adresser chez Clermont Huet, 112, rue du Temple, à Paris.
- M. G. T., à Alger. — Nous avons en effet signalé la fabrication de bouteilles en papier, qui seraient employées à Philadelphie pour le transport du lait. Nous ignorons malheureusement quel est le fabricant de ces bouteilles. Tous nos regrets.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Le compteur d'eau, étude pratique, par Ad. Claus, directeur des Eaux à Vienne (Autriche) et P. Poinsahd, sous-directeur de la Compagnie des Eaux de la banlieue de Paris. Librairie Béranger, i5, rue des Saints-Pères, Paris.
- Les auteurs soutiennent une thèse qui est la suivante : dans les grandes agglomérations urbaines, pour éviter le gaspillage de l’eau, sans en augmenter ie prix, il faut la distribuer dans les ijnmeubles sous le contrôle d’un compteur par immeuble et ce compteur-doit être un compteur de vitesse et non un compteur de volume comme ceux qu’emploie la Ville de Paris ; ceux-ci sont d’un fonctionnement incertain et d’un entretien coûteux.
- Notices sur l’Afrique occidentale française, publiées par le gouvernement de l’Afrique occidentale française, à l’occasion de l’exposition coloniale de Marseille : i3 vol. in-8°. Paris, E. Larose, 1906-1907.
- L’Afrique occidentale française, par M. G. François,
- 1 vol....................................... 7fr,5o
- La Guinée, par M. P'. Rouget, i vol. . . . 7fr,5o Le haut Sénégal et Niger, 1 vol. ..... 7‘Vio
- Les chemins de fer, 3 vol. : I. Dakar à Saint-Louis. — II. Haut-Sénégal. De Tanger au Niger. — III. Guinée, Côte d’ivoire, Dahomey. Prix du volume. 3rr,5o La Côte d’ivoire, le Dahomey, le Sénégal, par
- M. Olivier, 3 vol. chacun................... 7fr,5o.
- Les postes et télégraphes, 1 vol., 3fr,5o; l’enseignement, 1 vol., 2 francs; Service médical, Service météorologique, 2 vol. 1 franc chacun.
- Ces notices sur l’Afrique occidentale française constituent une fort importante contribution à la connaissance de nos colonies, et présentent, surtout aux points de vue politique et économique, l’état des grandes questions qui s’y posent. Chaque volume est spécialement consacré à une colonie déterminée, l’ensemble de nos possessions de l’Afrique occidentale se trouvant en plus former l’objet d’un volume général, celui de M. G. François. La table de ce dernier donnera une idée du contenu des autres qui sont sur le même plan, du moins dans les grandes lignes : Chapitre 1. Formation de l’Afrique occidentale française et création du gouvernement général. — Ch. 11. L’organisation générale (politique, judiciaire, militaire). —- Ch. 111. L’organisation financière et les résultats financiers. — Ch. iv. L’œuvre du gouvernement général au point de vue indigène. — Ch. v'. Condition de la production et du commerce. — Ch. vi. Outillage économique. — Ch. vu. Résultats' économiques (agriculture, industrie, commerce).
- Chaque volume contient une carte et de nombreuses photographies.
- Un débat scientifique. Pouchet et Pasteur (1858-1868), par G. Pennetier, Rouen, 1907. Imprimerie J. Gi-rieud. 1 vol. in-8°, 55 p. (Extr. des Actes du Muséum d'histoire naturelle de Rouen).
- La grande controverse qui éclata au milieu du siècle dernier entre les hétérogénistes et 1 e s_ p ansperm is tes, c’est-à-dire pour et contre la génération spontanée des infusoires et qui mit aux prises pendant dix ans Pasteur et Pouchet, restera dans l’histoire des sciences aussi considérable que celle de Cuvier et de Geoffroy Saint-Hilaire ; il s’en faut que la question de la génération spontanée ait été tranchée par elle, mais elle fut cependant loin d’être stérile, elle a donné naissance à une science nouvelle : la bactériologie et permis de poser, en termes d’une vérité plus approchée, le problème des origines de la vie. Ces considérations justifient un travail d’histoire comme celui de M. G. Pennetier, le distingué directeur du Muséum d’histoire naturelle de Rouen. Nous ajouterons qu’une bibliographie parfaitement faite (211 références) permet au lecteur dapprofoudir ad libitum l’esquisse de l’auteur. C’est d’excellent travail.
- La révolte de la gabelle en Guyenne, 1548-1649,’ par
- S. -G. Gigon. Paris. H. Champion, 1906. 1 vol. in-8°. Prix : 7fr,5o.
- Les récents événements du Midi donnent une sorte d’actualité à cette excellente contribution à l’histoire de l’impôt sous l’ancien régime. Pour les biologistes, il peut être intéressant de le lire ; il montre clairement combien le sel est un produit indispensable à l’homme et jusqu’à quels excès peut être portée une société menacée d’en manquer ou de l’acquérir difficilement. Cf. dans la Nature, n° 1770, du 27 avril 1907, l’article sur la Rôle biologique du sel.
- Observatoire magnétique, météorologique et sismologique de Zi-ka-wei [Chine). Bulletin des observations.
- T. XXX, année 1904. Changhaï. Imprimerie de la Mission catholique. 1907. 1 vol. in-40, 236 p.
- L’admirable travail effectué depuis 35 ans à Zi-ka-wei par les Pères jésuites est d’un mérite qui n’est plus à démontrer. Nous sommes fort heureux de signaler leur copieux tome XXX, consacré à l’année 1904, où l’on trouvera, avec le soin coutumier, les renseignements ordinaires : magnétisme terrestre, météorologie, sismologie, températures, pluviométrie, etc. En plus, notons un tableau météorologique des valeurs mensuelles et annuelles des divers phénomènes observés dé 1873 à 1904 et une table analytique du bulletin de l’observatoire pour le. même laps de temps.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Annuaire international de /’acétylène (1907), à l’Office central de l’acétylène. Paris, 104, boulevard de Clichy.
- Traité pratique d'électricité industrielle, par Cadiat et Dubost. 7e édition mise à jour par H. Boy de LaTour. 1 vol. grand in-8° contenant 3oo fig. Prix : i6fr,5o.
- Cet ouvrage bien connu a été rajeuni par M. Boy de La Tour, en certaines de ses parties relatives aux machines et appareils électriques. Mais ce traité n’en conserve pas moins son caractère primitif; il est véritablement industriel ; sans s’encombrer de formules et d’études théoriques, il donne, sous une forme simple et claire, la plupart des renseignements généraux qui peuvent êtx’e nécessaires à un industriel et la solution de la plupart des problèmes électriques qu’il peut avoir à résoudre.
- Economie sociale, par Cu. Gide. Librairie de la Société
- générale des lois et dos arrêts. Ancienne maison Larose, 22, rue Soul’flot.
- Exposé historique, et surtout ouvrage de classification très net des institutions dé progrès social au xixe siècle.
- La conquête de l’air par l’aviation. Description de l’orthoplère et de l'aéroplane Bigot, par C. Bigot. Librairie Roussel, 12, rue Monsieur-le-Prince, Paris. Prix : af‘,5o.
- Le Plateau central nigérien, une mission archéologique et ethnographique au Soudan Français, par le lieutenant Louis Desplagnes. Paris. E. Larose. 1907. 1 vol. in-8°, 5o4 pages, 286 photos, 1 carte. Prix : 12 francs.
- Voir, sur ce remarquab'e ouvrage, dans notre n° 1783, du 27 juillet, l’article de notre collaborateur Moïse Blum sur les Habbès et le Plateau central nigérien.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. T h. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE 1)E 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi Si2 juillet 1907. IL0,9 Calme. Beau. » Rosée; bruineux; quelques nuages.
- Mardi 23 15°,1 S. E. 1. Pluie. 5,2 Orage le malin avec pluie ; très nuageux.
- Mercredi 2L 10°,0 E. N. E. 2. Très nuageux. » Rosée ; nuageux.
- Jeudi 23 15°,1 N. N. E. 1. Très nuageux. )) Rosée ; très nuageux le ni. ; nuageux le s.
- Vendredi 20 17°,1 N. 2. Très nuageux. » Rosée; brumeux; très nuageux.
- Samedi 27 17°,8 S. S. w. 1. Très nuageux. 0,3 Rosée; petite pluie à 8 b. ; éclaircies.
- Dimanche 28 19°,2 S. S. W. 2. Très nuageux. 0,0 Goiittes à G b. ; nuageux.
- JUILLET 1907. — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 JUILLET 1907.
- Lundi
- Mardi | Mercredi | Jeudi
- Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 22 au 28. — Le 22. Pression atmosphérique (en mm) : dépression au S.-O. de l’Irlande, 759 et sur la Russie; Saint-Pétersbourg, 748. Pluies sur le N. du continent. Température du matin : Christiansund, io°; Paris, 15 ; Alger, 25; Puy de Dôme, 11; Pic du Midi, x; moyenne à Paris : i8°,4 (normale : i8°,3). — Le 23. Extension de la dépression sur les Iles-Britanniques et le Nord de la France; Saint-Pétersbourg, 750. Mauvais temps sur le N.-E. du continent; en France, pluies orageuses : Cherbourg, 8 mm; Paris, 4i Le Havre, 3; Dunkerque, 2. Temp. du matin : Bodoe, ii°; Paris, i5; Brindisi, 25; Puy de Dôme, 10; Pic du Midi, 5; moyenne à Paris : i8°,8 (normale : 18°,41 - — Le 24. Basses pressions sur toute l’Europe; minima (Manche, Arkangel) : 756; maximum (Pays-Bas) : 761. Pluies sur le N.-O. du continent; en France : Ouessant, 12; Nancy, 8; Calais, 5; Belle-Isle, 4; Brest, 3; Paris, 1. Temp. du matin : Pains, 160; Palerme, 25; Puy de Dôme, i5 ; Pic du Midi, 5; moyenne à Paris, i8°,3 (normale : x8°,4). Le 25. Press, atm. : Provence, 756; Bohême, 762. Nombreux orages;
- fortes pluies : Toulouse, 47'> Clermont-Ferrand, 24; Bordeaux, 20; Biarritz, 18. Temp. du matin : Bodoe, io°; Paris, i5, Alger, 26; Puy de Dôme, 10; Pic du Midi, o; moyenne à Paiüs : 180 (noiunale : i8°,4). — Le 26. Press, atm. : se relève : Biaiuütz, 765. Pluies sur toute la France, sauf le N. : Gap, 8 mm; Clermont, Nancy, 5; Brest, 2; Orage à Lyon. Temp. du matin : Bodoe, 120; Paris, 17; Puy de Dôme, 11; Pic du Midi, 4- — Le 27. Pression atmosphérique : Ecosse, 754; Centre de la France, 766. Pluies sur l’O. de l’Europe;, en Fi’ance : Cherbourg, 6; Calais, 4; Brest, Le Havre, 3. Temp. du matiu : Skudesness, 110; Paris, 18; Athènes, 3o ; Puy de Dôme, 9; Pic du Midi, 5 ; moyenne .à Paris : i9°,5 (normale : i8°,3). — Le 28. Pression atmosphérique : Biarritz, 768; N.-O. de l’Europe, y5o. Pluies sur le N.-O. de l'Europe; en France : Le Havre, 9; Calais, 3; Cherbourg, 3 ; Dunkerque, 2. Temp. du matin : Aleaborg, i3n; Paris, 19; Perpignan, 23; Pic du Midi, 8; moyenne à Paris : 2i°,8 (normale : i8°,3). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 25, ;\ 4 h. 28 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue 4es Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « L,a Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, "Paris (VT-)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C,e, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1785 (lO AOUT 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- La nova du Navire. — Miss Leawitt, de l’observatoire de Harvard College, a découvert, il y a un certain temps, une nouvelle étoile sur un cliché pris avec l’objectif Cooke, le 5 décembre igo5. Cette étoile se trouve dans la constellation du Navire, à la position suivante, pour 1900,0 :
- Ascension droite : io''58m2os; Déclinaison : — 53°5o',g. Cette nova fut revue sur 14 clichés obtenus jusqu’au 29 juin 1906, tandis que sur une plaque du 12 juillet 1905, montrant les étoiles jusqu’à la grandeur 11,5, la nova ne ligure pas. De même, elle n’a pu être trouvée sur 127 photographies prises entre 1889 et décembre 1905.et qui, examinées avec le plus grand soin, donnent toutes les étoiles jusqu’à la 11e grandeur. La nom, le jour de sa découverte, était de la. grandeur 9,72, éclat qu’elle possédait encore le 26 janvier 1906. Le professeur Pickëring pense que l’on a bien affaire à une nouvelle étoile. Comme toutes les étoiles temporaires, elle montra des fluctuations dans la période embrassée par les observations. jgeft*
- Le mouvement systématique des étoiles. — M. Ed-
- dington a discuté, dans les Monthly Notices, le fait généralement admis que si on prend un nombre suffisamment grand d’étoiles, leurs mouvements propres seront distribués a.u hasard. Le professeur Kapteyn, examinant les mouvements propres des étoiles du catalogue Auwers-Bradley, trouve qu’il s’y manifeste deux directions prépondérantes de mouvement au lieu d’une. M. Edding-ton arrive au même résultat par l’examen des catalogues de Groombridge et de Carrington. Il trouve que les nombres d’étoiles appartenant aux deux directions sont à peu près les mêmes ; qu’un ensemble se meut, relativement au Soleil, 3 ou 4 fois plus rapidement que l’autre ; que la proportion des étoiles appartenant à chaque système est environ la même dans toutes les parties du ciel et que le type spectral des deux classes d’étoiles semble différer. Tous ces résultats se rapportent aux étoiles d’un éclat supérieur à la 90 grandeur et demie.
- Vitesses radiales d’étoiles. — Le Journal de la Société royale astronomique du Canada donne d’intéressants renseignements sur la vitesse radiale des étoiles y] Poissons, a Dragon et 1 Orion. La première de ces étoiles a été annoncée comme pouvant être une binaire spectroscopique de longue période par M. Lord. Mais le professeur Campbell, directeur de l’observatoire Lick, n’a pu découvrir de variation de la vitesse dans le sens du rayon visuel. Les plaques obtenues à l’observatoire du Dominion, à Ottawa, indiquent une variation
- vement courte. La courbe de vitesse de a Dragon a été complétée. Cette vitesse passe de — 53 km. par seconde à -J- 35 km. dans une période de 5o ou 5i jours. Enfin, pour 1 Orion, la variation est bien plus considérable. La vitesse passe de — 5o km à -j- 100 km. par seconde. La période n’est pas indiquée. (Le signe -j- indique que l’étoile s’éloigne du Soleil, sa distance augmente, et le signe — qu’elle s’approche).
- Les beurres de Milan sur le littoral français. —
- L’importation des beurres milanais sur la côte française de la Méditerranée prend dé plus en plus d’importance. Elle s’est élevée en 1906 à 1 318 135 kg expédiés aux gares suivantes : Menton, 60200 kg; Nice, 598040 kg; Cannes, 83 o55 kg ; Toulon, 52 920kg ; Marseille, 523 920kg. Ce beurre milanais revient à Marseille au prix de 2^,70 le kg, port et douane compris. Il semble bien d’ailleurs que ce ne soit pas leur prix ni leur qualité, qui est équivalente mais non supérieure à celle des beurres français, qui fasse préférer les beurres milanais à ces derniers, mais simplement l’organisation régulière et rapide des transports sur le réseau italien, tandis que nos propres commerçants auraient vainement tenté d’obtenir, soit par grande vitesse, soit par groupement de colis postaux, des arrivages périodiques réguliers.
- Championnat des mangeurs d’œufs. — Il y a,
- paraît-il, un champion de fond et un champion de vitesse. Miss Pearl Lokhart, de Denver, mange 4000 œufs par an, ce qui au point de vue nutritif équivaut à la consommation de 2000 kg de viande de bœuf. M. Jos. Wiggs, de Saint-Louis, gobe 25 œufs en 60 secondes.
- Œufs perfectionnés. — Nous lisons dans le Daily Graphie qu’un propriétaire de New-Jersey se livre à un véritable truquage de ses œufs au moyen de la nourriture qu’il donne à ses poules, truquage grâce auquel il arrive à produire des œufs riches en telle matière minérale déterminée, par exemple des œufs toniques au fer, des œufs aux phosphates ou aux sels arsénieux. L’œuf-drogue ne doit sans doute pas valoir le bon œuf frais, tel qu’il est simplement fabriqué par les poules, mais il y a certainement là une indication intéressante.
- Les vins en Chine. — La culture de la vigne, d’après les nouvelles reçues de Pékin, réussit parfaitement en Chine. On y récolte un vin excellent, peu coûteux, qui pourrait un jour envahir les marchés européens..
- Invasion de sauterelles en Égypte. — Les sauterelles menacent l’Égypte; du côté de Dongola, elles infestent la région où elles s’abattent par milliers mena-
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- INFORMATIONS
- celle d’hiver. Oa a pris toutes les mesures d’usage, mais la tendance des sauterelles à se diriger vers le Nord n’a pas subsisté; on craint quelles ne restent stationnaires jusqu’à destruction complète de toute la verdure.
- La pêche au Japon. — Le Mois maritime et colonial donne à ce sujet une intéressante étude. Le nombre des barques japonaises est de 2000, montées par 8000 marins, et la valeur annuelle de leur pêche atteint 7 749000 francs (3 millions de yen). Les principaux poissons péchés par les Japonais sont : le hareng (llondo, Hokkaïdo, Sakhaline) qui donne par an 1 5oo 000 quintaux ; la sardine, 1800000 quintaux (20 millions de francs) ; les anchois, maquereaux, thons, morues et mulets ; parmi les poissons d’eau douce : les anguilles, de 35 000 à 40000 quintaux; les saumons, 67 5oo quintaux (2750000 francs); il faudrait ajouter à cette liste les tortues, crevettes, huîtres, moules, etc. ; en ce qui concerne les huîtres perlières, qui sont l’objet d’une culture intense, elles rapportent de 600000 à 700000 francs par an.
- Le crin végétal en Algérie. — Le crin végétal est extrait du palmier nain, qui croît spontanément en Algérie, dans une zone d’habitat dont l’extrême limite sud se trouve à 200 km de la mer. Depuis 1847, date de l’installation de la première usine dans la colonie, cette industrie a pris un bel essor. En 1906, le commerce d’exportation du crin végétal atteignait 4'i3 5g4 quintaux, qui se répartissent principalement entre la France (80 000 quintaux), les divers marchés européens, l’Egypte, la Tunisie et les Etats-Unis.
- Emploi du platine. — La hausse énorme du platine dans ces dernières années, malgré la réaction qui l’a suivie, a attiré l’attention sur certains emplois nouveaux de ce métal. On remarque, par exemple, que les lampes électriques en consomment une quantité importante, simplement pour les deux petits bouts de fil très courts, mais multipliés par plusieurs millions de lampes, qui traversent l’enveloppe de verre. L’emploi en joaillerie, plus connu, a pris une grande extension avec le développement du commerce des diamants. On cite également les appareils d’allumage des automobiles et les papiers photographiques au platine.
- Bobines en fil d’aluminium nu. — Les bobines employées en si grande quantité dans l’appareillage électrique sont en général des spires de fil de cuivre isolé par une enveloppe protectrice de soit. Le j>rix élevé du cuivre a provoqué de nombreux essais avec des fils d’aluminium. D'après une récente communication de M. Hopfelt au Dresden Electrotechnischer Verein, il serait inutile de recourir à la soie, produit extrêmement coûteux, pour isoler le fil d’aluminium. En effet, l’aluminium se recouvre à l’air d’une couche superficielle d’oxyde qui le préserve de toute oxydation ultérieure, et qui constitue de plus un excellent isolant électrique pour des différences de voltage inférieures à un demi-volt, ce qui est largement suffisant dans toutes les bobines. On voit que les bobines en fil d’aluminium réalisent une sérieuse économie, mais elles ont l’inconvénient d’être beaucoup plus encombrantes que les bobines en fil de cuivre.
- Le port de Bruges. — Le roi des Belges vient d’inaugurer le port de Bruges. Nous avons donné dans le n° i683 (26 août 1905) la description très complète des importants travaux que l’on vient de terminer. Rappelons que Bruges a en réalité deux ports, l’un à Bruges même, destiné à recevoir les cargo-boats et relié par un canal maritime de 12 km. à un port situé sur la côte même de la mer du Nord à Zee-brugge. Celui-ci est un port d’escale, où les plus grands transatlantiques actuels pourront relâcher aisément.
- Un nouveau mode de fixation des isolateurs. —
- M. Egner, ingénieur en chef des télégraphes suédois, vient d’imaginer un nouveau mode de fixation des isolateurs sur leurs supjxorts, que décrit le Journal Télégraphique. M. Egner emploie des chapeaux isolateurs en papier . très solide et très résistant imprégné d’une substance isolante. Ces chapeaux sont appliqués sur le support en nombre suffisant, les uns sur les autres, puis
- prendre la position convenable. L’isolateur est ensuite vissé sur l’appui ; le papier, comprimé, remplit alors exactement l’espace entre l’appui et l’intérieur fileté de l’isolateur. Le montage, d’après cette méthode, est très rapide et les isolateurs sont toujours placés concentriquement par rapport aux supports; mais le grand avantage réside dans un isolement beaucoup plus parfait des fils conducteurs, surtout si l’on verse à l'intérieur de l’isolateur, avant de le visser, quelques gouttes d’huile de paraffine et d’huile de lin crue. Dans ces conditions l’espace entre le support et l’intérieur de l’isolateur est toujours libre de filaments, ce qui n’a pas lieu lorsqu’on se sert d’étoupe. De plus, les chapeaux couvrent le support, non seulement sur les côtés, mais aussi en haut, d’une masse isolante imperméable. On a observé que des isolateurs carrés dans leur partie supérieure constituent encore de parfaits isolants au moins pendant quelque temps. ITautre part, la présence de la substance huileuse enti'e l’appui et l’isolateur offre une très grande résistance au passage du courant et, se trouvant à l’endroit le plus abrité de l’isolateur, elle ne se détériore pas facilement. M. Egner recommande ce procédé particulièrement pour les conducteurs de faibles courants, comme les fils téléphoniques. On a effectué, au laboratoire d’essais de l’École technique supérieure de Stockholm, dans une armoire à pluie artificielle, des expériences comparatives entre le procédé Egner et le procédé à l’étoupe, les diagrammes ont montré que le nouveau procédé donne des résultats dix fois supérieurs à l’ancien.
- Les navires à turbines. — Les turbines à vapeur sont de plus en plus employées dans les constructions maritimes. Au dernier Congrès d’architecture navale de Bordeaux, M. Parsons constatait que 126 bâtiments construits ou en construction sont munis de turbines possédant une force totale de 1 400000 H. P. 42 pour 100 de ces vaisseaux appartiennent à la marine marchande, 58 pour 100 à la marine de guerre.
- Les travaux de Port-Soudan. — Nous avons signalé, dans une récente information, les importants travaux en cours pour créer de toutes pièces un grand port sur la côte Ouest de la mer Rouge. Un phare, destiné à signaler les approches de ce port environné de récifs, vient d’être terminé. Nous sommes heui'eux de noter là un succès de l’industrie française ; car cette entreprise, fort délicate en raison du climat et du manque de ressources de la région, a été menée à bien par une Société d’industriels français.
- Recensement de la Tunisie. — Le dernier recensement officiel donne : 81 i56 Italiens; 34610 Français; io33o Maltais; 683 Grecs; 600 Espagnols; i5i6 divers. En 1891, la population française de Tunisie (non compris l’élément militaire) était de 9978 habitants, de 16207 en 1896 et de 24201 en 1901.
- L’industrie électrique aux Etats-Unis. — Depuis 1900, les progrès réalisés dans l’industrie électrique ont été très considérables, et le chiffre d’affaires est allé chaque année en croissant; voici pour 1905 les chiffres officiels : on comptait 784 établissements engagés dans la fabi'ication des divers appareils et machines électriques; leur capital était de 174 millions de dollars; ils employaient 60 466 personnes touchant un salaire total de 32 millions de dollars; leur matériel était évalué à 67 millions de dollars, et la valeur des appareils fabriqués à 141 millions de dollars. On a fabriqué pour 33 millions de dollars de dynamos et de moteurs : i3 756 dynamos à courant continu, ayant une puissance totale de 853 800 HP, i324 alternateurs représentant 475000 HP, 54242 moteurs à courant continuel 25 635 à courants alternatifs. Ce chiffre formidable est dû à l’emploi de plus en plus répandu de la lumière électrique dans les établissements industriels. On a fabriqué, en 1905, iq5ooo lampes à arc vendues 1A75000 dollars ; la production des lampes à incandescence est évaluée à 6 3ooooo dollars. On a fabriqué également pour i5 900000 dollars d'appareils téléphoniques, représentant le prix de 85oooo transmetteurs, 831000 récepteurs, 887000 appareils complets, de 4^83 meubles de bureau central, et des appareils accessoires. Notons enfin que l’on a construit pour x 14000 dollars d’appai’eîls de télé-
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- Désincrustation des tubes de chaudières. — Chacun connaît l’inconvénient des inscrustalions dans les chau-dières. Elles forment une espèce de croûte isolante qui empêche la bonne transmission de la chaleur, de sorte que l’on use plus de combustible qu'il ne serait nécessaire : cette augmentation peut aller souvent jusqu'à 100 pour ioo. Ce n’est d’ailleurs pas là le plus grand inconvénient des incrustations ; la tôle couverte de cette couche est en effet soumise à une chaleur dangereuse qui peut la tordre ou la plier, de plus il peut se former des poches qui, lors de leur crevaison déterminent un afflux d’eau sur la tôle rougie, ce qui présente les plus grands dangers.
- Les désincruslants employés, produits chimiques
- Fig. i.
- appi'opriés, empêchent bien les incrustations de se former, mais ils ne peuvent empêcher complètement la formation des dépôts, ils ne changent que leur nature. La seule méthode véritablement efficace serait l’emploi de l’eau parfaitement pure, ce qui est toujours impossible. Somme toute, les désincruslants coûtent cher et la meilleure comparaison qu’on puisse faire de leur action c’est celle du sel faisant fondre la glace et produisant une boue épaisse.
- Puisqu’on ne peut donc éviter la formation d’une couche gênante sur les parois intérieures de la chaudière, il faut i’enlever périodiquement. Cette opération bien connue des ingénieurs est le piquage ; elle consiste à frapper la croûte solide au moyen d’un marteau et d’une sorte de burin. Ce procédé est très long lorsqu’on se trouve en présence de chaudières tubulaires, dont l’accès au faisceau de tubes est difficile, quelquefois même impossible pour les tubes du centre.
- Un petit appareil très connu en Amérique où il est employé par toutes les Sociétés de charbonnages permet
- Fig. 2.
- de faire mécaniquement le piquage des tubes. Le mécanisme en est représenté parla figure i. C’est un petit moteur alternatif qui peut être mû par la vapeur ou l’air comprimé, le fluide étant conduit par un tuyau de caoutchouc qui se visse au moyen d’un raccord sur le bout de l’enveloppe À de l’appareil ; C est le tiroir de distribution qui découvre alternativement les lumières D ; E est le cylindre dans lequel se déplace de haut en bas le piston F. Ce piston entraîne une tige G mobile autour d’un axe H et qui à l’une de ses extrémitées porte un marteau J pendant que l’autre agit sur le tiroir de distribution. Le mouvement est très rapide, les vibrations se font à raison.de i5oo par minute environ. La figure 2 montre l emploi de cet appareil qui nettoie ainsi de 6 à 8 tubes par heure et peut nettoyer aussi bien les tubes à feu que les tubes à eau, il suffit pour cela de remplacer tout simplement les marteaux. Dans les deux cas l’appareil tra-
- vaille à l’intérieur du tube; pour le tube à feu en frappant sur la paroi il décolle les incrustations qui sont à l’extérieur; dans le tube à eau il agit directement sur la croûte solide qu’il désagrège au moyen d’une sorte de marteau allongé.
- On pourrait croire que ces chocs répétés peuvent endommager les -tubes, mais, de nombreuses expériences où le marteau frappait pendant des heures à la même place ont prouvé que ce danger n’était pas à craindre ; les fuites découvertes après le nettoyage existaient avant, mais elles étaient antérieurement cachées par l’incrustation. D’ailleurs, les Assurances américaines ne font aucune objection à l’emploi de cet instrument; quelques-unes même le recommandent aux industriels. — L’appareil est vendu par M. Howatson, a5, rue Marbeuf, Paris.
- Automobilisme
- Mesure photo-mécanique de l’efficacité des silencieux. — Nous croyons intéressant de signaler à nos lecteurs le principe d’une méthode de mesure photomécanique de l'efficacité des silencieux des moteurs d’automobiles.
- La méthode qui tout d’abord vient à l’esprit et qui consiste à mesurer le son produit par l’échappement des gaz du moteur en se basant uniquement sur les méthodes ordinaires de l’acoustique doit être vite abandonnée, car ce genre de mesure est forcément erronée; en efïet l’acuité de l’ouïe varie d’une o.reille à l’autre et, d’autre part, un observateur accoutumé au grand bruit ne fournira pas le même coefficient de comparaison que celui habitué au calme.
- Donc, pour comparer d’une façon précise et mathéma-
- Mesure photo-mécanique de l’elïieaeité des silencieux.
- tique le degré de silence de deux pots d’échappement, il est nécessaire de procéder à l’enregistrement mécanique de la hauteur du son, puis de comparer les diagrammes obtenus. On se sert pour cela d’un appareil très simple basé sur le principe du galvanomètre à miroir et dont le dispositif est représenté par le croquis ci-joint. Il consiste en une chambre noire A divisée en deux compartiments par une cloison médiane horizontale ; dans l’un des compartiments est placée une plaque photographique destinée à l’enregistrement ; l’autre chambre est percée d'une ouverture par où pénètre un filet lumineux produit par une source S. Ce rayon vient frapper le miroir M qui le réfléchit sur la plaque en B, quand le miroir est fixe.
- Mais si, sous l’influence des vibrations sonores, le miroir s’incline d’un certain angle, le rayon réfléchi viendra impressionner la plaque en b par exemple, d’autant plus distant de B que la déviation du miroir aura été plus gi'ande.
- Pour établir la synchronisation entre le mouvement du miroir et les vibrations sonores, il suffit de rendre le miroir solidaire d’une lame vibrante analogue à celle des appareils téléphoniques, placée à l’extrémité d’un cornet acoustique D devant lequel, on place, à une, distance égale pour les appareils à essayer, le pot d’échappement soumis à l’expérience.
- Dans ces conditions, on obtient sur la plaque photographique un diagramme ayant à peu près l’aspect de la figure ci-dessus. On superpose alors les diagrammes obtenus et en décrivant du point B comme centre des cercles concentriques servant à mesurer les amplitudes des oscillations observées, on aura une mesure précise de l’efficacité comparée des appareils à l’essai. — Ce procédé a été indiqué par le « Motor cycle ».
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ÊP
- Ctg'îvi. Divers
- Nouveau méchoir à godet mobile. — Cet appareil permet de mécher les fûts très soigneusement et avec une propreté parfaite, il se compose d’une bonde en chêne, fixée sur deux tiges d’acier poli.
- Sur ces deux tiges, coulisse le godet mobile, la bonde porte fixée solidement à sa partie inférieure une plaque de tôle à laquelle est rivé le crochet qui supportera la mèche soufrée.
- Lorsqu’on a mis le feu à celle-ci pour produire dans le tonneau un dégagement d’acide sulfureux qui y détruira tous les germes nuisibles, les résidus que la mèche laisse tomber sont reçus dans le godet mobile où ils continuent à brûler.
- On ne perd pas ainsi de gaz sulfureux et on évite de souiller le fond du tonneau.
- Inutile donc de rincer les fûts après le méchage..— Ce petit appareil d’aspect, au reste, fort coquet, réalise ainsi une sérieuse économie de temps. Il est en vente à la Société l’Intermédiaire, rue des Epinetles, 6, Impasse des Sureaux, Charenton-Saint-Mauriee méchoir. (Seine).
- Fourchette mécanique. — Cette fourchette à deux dents est montée sur un manche de couteau, elle est munie d’une armature extensible faite d’une série de
- Fourchette mécanique.
- parallélogrammes articulés, et grâce à laquelle on peut facilement et d’une seule main jeter sur l’assiette l’objet pris sur un plat avec la fourchette. Il suffît défaire jouer l’armature qui glisse le long des dents et en chasse l’objet. — Cet amusant ustensile de table est en vente chez M. Mathieu, 29, rue de Valois.
- Moutardier. — Je ne me rappelle pas si Brillat-Savarin s’est occupé du moutardier, mais certainement dans le chapitre qu’il y consacre — et qui, encore une fois, existe peut être comme le chapitre des chapeaux dans Hippocrate — il signale la générale malpropreté de cet instru-
- ment. Celui que la figure ci-contre représente réalise de ce point de vue une petite révolution. Il sonl, comme on peut le croire, de la maison Kirby Beard, dont la grande préoccupation est de fabriquer des objets grâce auxquels on ne puisse pas « faire de tache sur les nappes ». Ce moutardier a deux aspects, au repos et au travail. Au repos, c’est un flacon coquet, qu’on croirait évadé d’une table de toilette ou d’une coiffeuse, n’était la petite pelle blanche et propre, qui lui pend au côté. Au travail, le bouchon de cristal est élégamment
- tenu à l’écart et la petite pelle plonge dans le flacon. Quand on dessert, on emporte le flacon, qu’on remet à l’état de repos. Ce moutardier nouveau jeu assure, puises deux existences, une propreté parfaite. Grâce au petit truc de la pelle, attachée au dehors pendant le repos, on verra disparaître des tables l’antique ustensile où la cuiller semblait plongée depuis l’invention de la moutarde. Avoir du style, c’est réaliser d'une façon simple et élégante un problème d’utilité.
- Appareil à repasser les rasoirs. — L’art du barbier n’est pas de ceux qui s’acquièrent en quelques jours. Nous en avons tous fait la douloureuse expérience. C’est qu’en effet, il repose sur l’observation de certaines règles techniques auxquelles amateurs et professionnels font trop souvent de criantes infractions. Le rasoir, comme tous les outils tranchants, employés dans les ateliers de mécanique par exemple, doit être affûté de façon à présenter un angle de coupe bien déterminé. De plus, pour bien fonctionner, il doit attaquer l'objet à trancher, sous un angle d’incidence également bien déterminé. Nous avons déjà décrit un rasoir de sûreté grâce auquel
- la lame fait toujours avec la peau cet angle d’incidence.
- L’appareil que nous allons décrire, permet, lui, de donner automatiquement à la lame du rasoir son angle de coupe.
- |: Il se compose d’un bâti en forme d’U, entre les branches duquel est fixé un cylindre creux en laiton pouvant tourner librement autour de son axe. Ce cylindre est taraudé intérieurement, et lorsqu’il tourne sur lui-même, il communique un mouvement de translation à une tige filetée, qui le traverse et à laquelle est fixée une pince, destinée à saisir la lame du rasoir; cette pince est faite de deux branches d’acier, maintenues rapprochées par un ressort et inclinées l’une sur l’autre de façon à faire entre elles un angle égal à l’angle de coupe du rasoir.
- L’appareil se fixe à une barre horizontale, un barreau de chaise par exemple, au moyen d’un crochet.
- Le repassage se fait au moyen d’un cuir convenable-
- ment graissé, s’appuyant sur le cylindre tournant, et maintenu au moyen de deux branches articulées sur le bâti, que l’on peut écarter pour introduire le rasoir dans la pince, et rapprocher ensuite pour appuyer le cuir contre les lames de cette pince de façon à lui faire faire avec la lame l’angle voulu.
- S) ; En donnant alors au cuir un mouvement de va-et-vient au moyen des deux poignées qui le terminent, on communique au rasoir, un mouvement de va-et-vient dans le sens vertical, et la lame se trouve affûtée sur toute sa longueur. — Cet ingénieux appareil estj en vente chez Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber.
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- | HYGIÈNE ET SANTÉ
- La Contagion par les livres. — Dès qu’on annonce l’apparition d’une de ces grandes maladies épidémiques telles que la peste, le choléra, que l’épidémie soit^ née dans les régions coloniales ou dans les pays d’Extrême-Orient, aussitôt on procède dans tous les ports, dans tous les postes frontières, à une désinfection soigneuse, plus apparente que réelle, de tous les objets de correspondance. Lettres, journaux, imprimés de tous genres, sont passés consciencieusement à la fumée, aux vapeurs de produits désinfectants. La peste et le choléra sont de terribles fléaux, mais les maladies que l’on nomme variole, tuberculose, diphtérie, etc., ne sont pas moins graves et moins meurtrières et l’on ne s'avise pas de prendre des mesures coercitives ou déiensives pour réduire au minimum les dangers de contagion.
- J’ai montré jadis, par des exemples saisissants, que les livres pouvaient être des agents de propagation de maladies infectieuses. Les expériences du médecin principal Du Gazai étaient des plus probantes au point de vue des souillures microbiennes qu’on trouvait sur les volumes mis entre les mains des malades ou des convalescents. Les exemples abondent. Or, ou sait qu aux termes de règlements, assurément bizarres, en vigueur dans les écoles primaires, les livres circulent entre les mains des élèves d’une année à l’autre, jusqu’à détérioration complète. Qu’un élève revienne à l’école convalescent de diphtérie, de scarlatine et repasse à son voisin le livre qu’il aura manipulé et souvent infecté, personne n’en a cure : le règlement l’exige, l’exemplaire n’est pas détérioré et ne doit pas être remplacé.
- Le D‘‘ Lop a trouvé, comme tout hygiéniste, que ces règlements outrepassaient les lois les plus élémentaires de l’hygiène ; il a été témoin d’épidémies de rougeole, de scarlatine dans les écoles municipales de Marseille et n’a pas craint de protester contre les dangers de propagation dus à cette manie de conservation des vieux livres. 11 a porté plainte devant l’Académie de médecine et le regretté Dr Josias avait étudié la question et l’avait résolue en demandant une désinfection soigneuse des livres.
- La question est d’ordre plus général que ne l’a posée M. Lop. Dans les bibliothèques, le prêt des livres se fait à n’importe qui et à tout venant; dans le nombre des lecteurs combien n’y en a-t-il pas qui peuvent être convalescents de variole, de scarlatine ou plus fréquemment encore suspects de tuberculose. Or, la propagation de ces maladies peut très bien se faire par la manipulation des feuillets, sans compter la détestable habitude qu’ont bien des gens de les tourner en mouillant le pouce ou l’index avec la salive. Des preuves de contagion ? elles sont nombreuses. J’ai raconté autrefois l’histoire de cette lettre écrite par un scarlatineux en pleine période de desquamation, poudrant, c’est le mot, son enci'e des squames de son épiderme et la lettre allant porter la maladie- à quelques centaines de kilomètres à celui qui
- la recevait. A Kharkow, un tuberculeux préposé aux Archives et qui avait la mauvaise habitude de tourner les pages avec le doigt mouillé à la bouche, infecte plusieurs de ses camarades ; de même à Lansing, dans le Michigan, où vingt commis deviennent tuberculeux par le même procédé de contamination.
- Des expériences dues à Krausz, et faites à l’instigation des libraires hongrois, ont donné les résultats suivants sur la durée de virulence des germes déposés sur des feuilles de papier, similaires au papier employé en librairie.
- Vibrion cholérique.............. 48 heures
- Diphtérie........................ 28 jours
- Staphylocoque...................... 3i —
- Bacille typhoïque................. /j[o —
- Bacille tuberculeux................i3o —
- On voit que de tous les microbes le moins redoutable, à ce point de vue, est le vibrion du choléra puisqu’après deux à trois jours il est devenu inoffensif, tandis que celui de la tuberculose reste virulent même après quatre mois.
- Quels moyens peut-on employer pour pallier à ce danger ? Assurer la désinfection des livres c’est très juste, mais ce n est pas aussi simple qu’on le pense. On ne peut passer un livre, comme un vêtement, à la vapeur d’eau surchauffée ; on ne peut le soumettre à des lavages. Le plus radical et le meilleur est la destruction et quand il s’agit de livres, de cahiers scolaires peu coûteux, tellement maculés et salis en général, qu’on ne comprend guère leur transfert d’une année à l’autre, jetez ces volumes au feu et vous aurez prévenu des disséminations de maladies graves. Mais, me direz-vous, il y a là une question de grosse dépense : c’est vrai, mais on trouvera quand on voudra, en diminuant quelques unités sur le nombre croissant de notre armée de fonctionnaires, de quoi satisfaire à cette dépense et à bien d’autres.
- Pour les livres scolaires, la désinfection doit céder le pas à la destruction; pour les livres ordinaires il en va de même. Mais lorsqu il s’agit d’ouvrages rares, on ne peut, de gaîté de cœur, réclamer un autodafé des volumes suspects. Il faut s’adresser aux procédés de désinfection conseillés par M. Miquel avec les vapeurs d’aldéhyde formique, mais encore ces vapeurs n’atteignent pas tous les feuillets du livre et c’est en attaquant chaque feuille que I on peut être assuré d’un résultat parfait.
- Convenons que dans bien des cas cette opération sera difficile et qu’il faudra se contenter d’un à peu près, en agissant sur quelques ouvrages à la fois. Mais si ce sont des livres scolaires, sans valeur marchande importante: si les livres ont passé par des mains impures, pas de désinfection, faites-les disparaître et s’envoler en fumée, c’est plus sûr. Dr A. Cartaz.
- * VARIÉTÉS »
- Nouvelles observations sur les engins grêlifuges.
- — L’étude des moyens de lutte contre les orages à grêle a fait l’objet de sérieuses recherches en ces dernières années, notamment en France, en Suisse, en Autriche et en Italie1.
- 1 En Italie, un récent rapport officiel du professeur Blaserna, a conclu que les expériences exécutées en Italie de 1902 à 1906 avaient en somme été négatives et qu’il y avait lieu de ne pas les poursuivre.
- En France, à la commission spéciale chargée de cette question pur le ministre de l’agriculture, les avis ont été partagés et les expériences seront continuées en 1907.
- C’est pourquoi nous n’en avons pas encore parlé, en égard au doute et aux controverses qui subsistent.
- Mais nous publions néanmoins la note ci-dessus qui semble apporter des éléments nouveaux, nous réservant de reprendre, s’il y a lieu et en temps opportun, le sujet en entier dans un article spécial.
- N. D. L. R.
- On sait quelle importance présente cette question, considérée au point de vue de la protection des récoltes.
- Les fusées paragrêles et les mortiers lance-pétards ont été classés au premier rang, par M. le Dr Yidal, avec les ballons explosibles de M. Teisserenc de Bort ; au second rang, les bombes et marrons d’artifice de MM. Lacroix et Vissière, et au dernier rang les canons-tromblons, dont la portée paraît être bien souvent insuffisante.
- Les nuages à grêle sont d’une épaisseur variable, mais ils sont fort lourds et se rapprochent d’autant plus rapidement de la terre qu’ils contiennent plus de grêlons dans leurs flancs. Il est donc indispensable de les disloquer avant que leur chute ne se précipite, et l’expérience a montré que l’altitude à laquelle les fusées et pétards doivent atteindre, sans la dépasser, est de 4°° à5oom. ; on peut ainsi agir directement sur l’orage etl’éventrer à
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- coup sûr, soit par suite de l’explosion elle-même, soit peut-être aussi par la brusque pénétration d’un corps (“franger au milieu des nuages violemment électrisés.
- Ainsi que l’ont démontré les essais faits à Aulnay-sous-Bois, près de Paris, les fusées ou pétards s’élancent avec beaucoup plus de force que les pièces ordinaires des feux d’artifice, et atteignent des altitudes beaucoup plus élevées.
- A l’instigation du ministère de l’agriculture d’Autriche, MM. Pernter, directeur du service météorologique à Vienne, et Trabert, ont expérimenté l’appareil Stiger, pour la dispersion des nuages à grêle par le tir du canon. L’appareil est composé d’un mortier muni d’un long tuyau fixé à l’orifice. Avec des charges suffisantes, on produit dans l’air des tourbillons ou anneaux que l’on peut suivre grâce aux traces de fumée.
- La force et la durée de ces tourbillons varient avec la charge et aussi avec la grosseur des tuyaux. D’après les expériences officielles, ces engins ne permettent pas d’atteindre au delà de 400 m., de sorte que leur efficacité n’est possible que lorsque les nuages à grêle sont très bas. Néanmoins, ce système fut bien accueilli par les populations agricoles de la basse Autriche, de la Hongrie et de la haute Italie, particulièrement éprouvées par la grêle.
- M. Stanoièwitch, ingénieur russe, imagina et essaya, en 190,5, un nouveau dispositif ayant l’avantage d’ébranler l’atmosphère à une bien plus grande hauteur que ne peuvent atteindre les canons paragrêles ordinaires, et de protéger une surface de terrain au moins deux fois plus considérable. Ce dispositif consiste en un groupe de cerfs-volants cellulaires munis d’une sirène électrique. L’appareil est relié à la batterie d’accumulateurs par l’intermédiaire de conducteurs isolés, en cuivre ou en aluminium, qui font en même temps office de câbles pour le maintien et la direction des cerfs-volants. Ces derniers, arrivés au sein de la masse nuageuse, qu’il s’agit de dissoudre, l’opérateur lance le courant qui provoque, à 1000 ou i2oo m. d’altitude, les vibrations sonores de la sirène.
- L’ébranlement produit a pour résultat de dissocier les
- molécules gazeuses, et par suite d’empêcher la formation des dangereux grêlons.
- Enfin, tout récemment, M. Je capitaine Marga et M. Adhémar de La Hault ont songé à utiliser les ballonnets dont on se sert, en météorologie, pour atteindre les grandes hauteurs. Ils ont imaginé les ballons paragrêles qui constituent, en fait, de petits torpilleurs aériens.
- Le ballon affecte la forme d’une poire, la partie supérieure est filiforme, de sorte qu’en cas de pluie, de neige ou de grêle, l’aérostat forme parapluie.
- Ce nouvel engin s’élève verticalement, comme une flèche, tandis que les fusées ou les bombes décrivent une parabole et, assez souvent, ne pénétrant pas assez profondément dans les nuages, elles manquent le but.
- Les ballonnets de MM. Marga et Adhémar de La llault cubent 2 m3,275 ; leur diamètre est de i"\6o, et leur surface totale (ballon, cône et appendice) de 10 mï,55o. Le poids est de ike,5oo et la force ascensionnelle de 2ke,5oo; on dispose donc de 1 kg d’effectif. En conservant 200 gr. pour la force ascensionnelle, on peut enlever 75o gr. d’explosif.
- Cette charge est placée à une distance voulue et variable du ballonnet, selon que l’on désire conserver le petit aérostat ou le laisser perdre ou éclater.
- L’invention de MM. Marga et Adhémar de La Hault paraît rationnelle ; elle lève une difficulté sérieuse que l’on avait rencontrée jusqu’ici, car elle permet à l’objectif d’arriver au but. En outre, elle donne la possibilité de s’assurer que les détonations agissent bien sur les nuages et les disloquent, action qui est encore contestée aujour-d hui malgré les nombreuses expériences faites au moyen d’engins très variés.
- La fameuse question des engins paragrêles est-elle définitivement résolue ? On ne saurait l’affirmer. Quoi qu’il en soit, il n’est pas douteux que, sous l’influence des études, des recherches et des expériences faites en ces dernières années, de notables progrès ont été accomplis. Et il y a lieu d’espérer que météorologistes, savants et agriculteurs parviendront à établir des données certaines permettant de lutter efficacement contre un fléau qui sème sur son passage la ruine et la désolation. Henri Blin.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Procédé de coloration des bois. — Il s’agit du procédé breveté Pascal Marino. On traite d’abord le bois au moyen d’une solution cupro-ammoniacale, liqueur de Schweilzer, ce qui débarrasse le bois de ses parties extractives, et remplace le lent procédé de jadis consistant à laisser les bois dans l’eau ; puis on fait une injection de dissolutions métalliques, et on traite ensuite par un carbonate alcalin qui précipite l’oxyde dans la fibre et la métallisé. C’est là ce qui permettra au bois de prendre un beau poli. On peut compléter l’imprégnation par adjonction d’huiles lourdes de goudron. Finalement on exécute un traitement par une solution de matière colorante dans l’ammoniaque, cela avivera les tons naturels du bois ou donnera d’autres nuances. Ce traitement se fait en vase clos sous pression, ou par immersion.
- Conservation des plantes d’appartement. — Pour donner aux plantes d’appartement une très grande vigueur, il suffit de déposer de temps à autre, au pied de ces plantes, une pincée d’un mélange formé de deux parties de salpêtre et d’une partie de superphosphate de chaux, puis on arrose légèrement. Les plantes feuillues se trouvent particulièrement bien de ce traitement.
- Solution de celluloïd. — Quand on veut employer le celluloïd liquide, par exemple pour vernir, voici plusieurs formules :
- i° Pour 5 gr. de celluloïd, on prend 16 gr. d’acétate d’amyle, 16 d acétone et 16 d’éther sulfurique;
- a0 Ou bien 5o gr. d’alcool et 5 de camphre ;
- 3° Ou bien i5 gr. d'éther sulfurique, autant d’acétone et autant d’acétate d’amyle, en ajoutant finalement 3 gr. de camphre.
- Pour empêcher les cheminées de fumer par les temps humides. — Il arrive souvent que par les temps humides les meilleures cheminées ne tirent pas et que la fumée refoulée envahit l’appartement. Pour remédier à cet inconvénient on peut placer au-dessus de l àtre un ou deux journaux dépliés et légèrement froissés et y mettre le feu. On baisse immédiatement le tablier, ce qui facilite le tirage. Le papier qui flambe réchauffe la colonne d’air humide qui arrêtait primitivement la fumée et ensuite le feu s’allume sans difficulté.
- Coussinets qui chauffent. — Un journal technique anglais donnait récemment tout un ensemble de conseils pour les coussinets et les portées qui chauffent, et ces conseils sont bons à reproduire. —Dès qu’on s’aperçoit d'un commencement d’échauffement, on doit verser de l’huile en abondance, et aussi rapidement que possible, en desserrant un peu les vis et les clefs ; .on fait même bien d’arroser d’huile mêlée d’eau. Si par hasard les coussinets commençaient à fumer, il faudrait ralentir la marche de la machine, mais il importe de ne pas l’arrêter complètement. Quand ensuite coussinets ou portées ont complètement refroidi, et si, bien entendu, le métal antifriction dont ils sont garnis ;n’a pas coulé, on peut remettre en marche, et atteindre la vitesse maxima, à condition de surveiller les choses et de s’assurer que tout est revenu à l’état normal. Nous avons parlé de desserrage ; mais il ne faut pas exagérer, car on ne doit pas oublier qu’un mécanisme peut parfaitement se mettre à chauffer parce qu’il y aura des flottements dans les coussinets. Enfin, il est inutile d’insister sur la nécessité de reprendre tout de suite les coussinets pour les regarnir de métal antifriction, si réchauffement a fait couler celui-ci.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison Je l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — E. Gé. — Nous ne connaissons pas la préparation de l’oxygène par l’acide azotique, à laquelle vous faites allusion.
- M. Legrand. — L’appareil dont vous nous entretenez n’a pas été décrit dans La Nature.
- M. Migeon, à Bruxelles. —Adressez-vous à la Société française des papiers d’aluminium, 96, rue Nationale, Ivry-Port.
- M. Laforgue, à Toulouse. — Pour les outils pneumatiques vous pouvez vous adresser à la maison Fenwick, 8, rue de Rocroy.
- M. Camp, à Montevideo. — Nous avons communiqué votre lettre à M. Deloche, inventeur du moteur minuscule Ixion.
- M. Pelletier-Audresset, à Louviers. — Le terme H. P. est l’abréviation de l’expression anglaise liorse-power qui signifie cheval-vapeur et vaut 76,04 kilogrammètres par seconde. Le cheval-vapeur français vaut 75 kilogrammètres par seconde.
- M. L. Sauve grain, à Roanne. — L’idée d’appliquer le gyroscope à combattre le mal de mer a déjà été signalée dans La Nature. Vous trouverez l’article dans le n°i756, du 19 janvier, p. n5.
- M. Lignier, à Caen. — Les procédés de dorure sont trop longs à exposer pour que nous puissions les indiquer ici. Vous en trouverez plusieurs dans nos petits volumes de Recettes et Procédés utiles, irc, 3e et 5e séries, librairie Masson et C'e, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.j
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- BIBLIOGRAPHIE
- Résistance des carènes, par M. Fricker. Encyclopédie des aide-mémoire Léauté. Petit in-8 (19X12) de 170 pages avec 22 üg. Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain. Prix : 2fr,5o.
- L’auteur passe en revue les résultats acquis relatifs à la partie de l’architecture navale que l’on nomme résistance des carènes. 11 y expose les théories de la houle trchchoïdale, de la dérive et du gouvernail et des développements très étendus sur les essais des modèles de navires.
- At the back of the black inans mind, or Notes on the kingly office in West Africa, by R. E Dennett. London. Macmillan and G0. 1906. 1 vol. in-8°, xv-288 p. 21 pl. Price : 12 sh. 6.
- Au dos de l’esprit de l'homme noir ©u Notes sur le pouvoir royal dans l’Afrique occidentale, tel est le titre un peu étrange — biblique (M. Dennett est un pasteur) — de ce livre, qui constitue, à notre sens, un véritable monument dans l’etlmographie africaine, même après les travaux admirables de Miss Kingley et de l’auteur lui-même. M. Dennett a voulu résolument pénétrer la pensée nègre jusqu’à son centre intime et chercher comment cette pensée conditionne l’organisation politique. L’œuvre est trop immense pour qu’elle soit à l’abri de toute critique, mais avec ses précédentes Notes sur le Folklore des Fjorts (Fiots), le livre actuel de M. Dennett est et restera une des plus précieuses sources de documents sur la façon de penser des peuples nègres. La Nature exposera d’ailleurs prochainement ce qu’est la philosophie nègre d’après M. Dennett.
- Adonis, Attis et Osiris, studies in oriental religion, by J. G. Frazer. London. Macmillan and C°. 1906. 1 vol. in-8°, xvi-33g p. Price ; 10 sh.
- Chapitre détaché du monumental Golden Bough, qui restera la gloire de M. Frazer, et devenu à lui seul tout un livre, l’Attis, Adonis et Osiris, étude sur les religions orientales, dépasse de beaucoup le domaine géographique et historique où l’auteur a localisé ,ses observations. Pour M. Frazer, les mythes d’Attis, d’Adonis et d’Osiris sont intimement liés à des lûtes effectués à des périodes régulières de l’année par des peuples agriculteurs pour entretenir la permanence de la vie animale et végétale sur la terre. Ce sont des mythes et des rites agraires et le livre devient en fait une théorie générale de ces phénomènes. On retrouvera ici, comme dans tous les travaux de M. Frazer, la belle ordonnance de la démonstration, l’étendue et le touffu de la documentation et une des plus admirables langues ---nriAn .oii zlpnnîs un siècle... _
- La Musique et l’Oreille, par L. Danion, chevalier de la Légion d’honneur. Paris. Fischbacher. 1907. 1 vol. in-12. Prix : 4 francs.
- Ce livre qui porte en sous-titre « bases rationnelles de la musique. Le faux pas de Part nouveau ou musique dite de l’Avenir » apporte, nous dit l’auteur (p. 1), une foule de questions et d’idées nouvelles. La plus originale est à peu près celle-ci : étant donné que la musique est sortie du chant, vouloir la séparer du chant est la frapper de mort ; le polyphonisme est le faux pas de la musique moderne. — ? — '
- Généralités hippiques, texte et dessins, par A. Confex. Lachambre. Paris. Librairie Plon. 1917. 1 vol. in-8°.
- Excellent manuel du cheval, pour les amateurs, destiné à apprendre à acheter un cheval utile et à s’en servir.
- Le Monde végétal, par Gaston Bonnier. Paris. E. Flammarion. 1907. 1 vol. in-18, illustré. Prix : 3r',5o (Bibliothèque de philosophie scientifique).
- Le livre de M. Bonnier n’est pas un traité de botanique. C’est une promenade charmante, avec un guide informé, à travers le monde des botanistes, la rencontre et la description de toutes' les doctrines. D’ailleurs nous avons dernièrement résumé pour nos lecteurs (Y ir n° 1779) VLIistoire de la fleur, chapitre qui ouvre le présent livre. A sa suite viennent les questions suivantes : idées successives sur la constitution du groupe, découvertes et progrès dans l’étude des cryptogames, plantes sans fleurs et plantes à fleurs, double individualité du végétal, critique de la classification actuelle. L’espèce. La création actuelle des espèces. Le transformisme expérimental. Yie dans l’obscurité. Génération spontanée.
- Rapport sur une mission scientifique dans les jardins et établissements zoologiques publics et privés du Royaume-Uni de la Belgique et des Pays-Bas, par M. G. Loisel (Extrait des Nouvelles Archives des missions scientifiques, t. XIY). Paris. Imprimerie Nationale. 1907. 1 vol. in-8°, 124 p., XXY pl.
- Nous signalerons particulièrement dans l’intéressant rapport de M. G. Loisel les passages suivants -.jardin zoologique de Londres, jardin zoologique de Bristol, jardin zoologique de Manchester, aquarium de Brighton et de Plymouih, parcs de réserve de bœufs sauvages de Chillingham et de Cadzow (Ecosse), parcs d’animaux libres du duc de Bedford, à Woburn Abbey (Bedford) ; parc et muséum de Tring, appartenant à sir Lionel YValter Rothschild; fermes d’élevage de papillons de Colchester (Essex) de Bexley (Kent) ; statious de zoologie et de biologie expérimentale
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- BIBLIOGRAPHIE
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- (M. Ewart, à Duddington, la station biologique de Pott Lrin (île de Man) (chats et coqs sans queue) ; jardins zoologiques de Dublin, Anvers, Rotterdam et Amsterdam ; aquarium d’Amsterdam.
- Traité complet d'analyse chimique appliquée aux essais industriels, par J. Post et B. Neumann, traduit de l’allemand, par le Dr Gautier. Tome premier, ior fascicule. Librairie Hermann, 6, rue de la Sorbonne.
- Ce Ier fascicule traite de quatre sujets distincts : i° Les essais relatifs aux eaux employées dans l’industrie et aux eaux résiduaires. — a0 Les essais de combustibles. — 3° Les instruments pyrométriques.— 4°Les essais relatifs aux gaz des fumées; aux gaz de chauffage et de moteurs, aux gaz des hauts-fourneaux et des mines. — Chaque partie est étudiée avec détails et tenue au courant des derniers progrès de la technique moderne.
- Traité complet de sténographie, 2e édition. Union des sténographes, Mairie du YI° arrondissement. Paris, 1907. 1 vol. Prix : 1rr,75.
- Ce traité renferme d’une façon précise et pratique la méthode complète de la sténographie Prevost-Delaunay.
- La céruse, par Ant. Thibaut, professeur à l'Ecole des Sciences et Arts industriels de Lyon, chez Storck, 8, rue de la Méditerranée, à Lyon.
- l'raité des assurances sur la vie avec développements sur le calcul des probabilités, par A. Broggi, traduit de l’italien, par S. Lattes. Librairie Hermann, 6, rue de la Sorbonne, Paris. Prix : ylr,5o.
- Survey ofoyster bottones in Matagorda bay, Texas, by H. F. Moore. Washington. 1907. 1 br. in-8°, 86 p. (.Bureau of fîsheries, document 610).
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 juillet. 1907. 17°, 1 W. N. W. 1. Couvert. 0,2 Itosée ; Brouillard à 7 h. ; halo; pluie à 21 h. ; nuageux.
- Mardi 30 16°,3 W. N. W. 2. Nuageux. 5,7 l’luie de 3 à 4 h. ; de 12 h. 53 à 13 h. 10 cl à 14 h.“40; tr. nuag.
- Mercredi 31 14°,0 W. N. W. 2. Nuageux. )) Rosée ; nuageux.
- Jeudi loraoûl . . . . 11°, 4 S. W. 1. Éclaircies. 0,0 Rosée; halo; goutles vers 19 h. ; presque couvert.
- Vendredi 2 13°, 1 N. N. E. 1. Ueau. U Rosée ; beau.
- Samedi 5 13°,0 S. E. 0. Couvert. )) Rosée; couvert jusqua 11 h.; Beau ensuite.
- Dimanche 4 19°,7 Calme. Beau. )) Rosée; halo; quelques nuages.
- JUILLET-AOUT 1907. — SEMAINE DU LUNDI 29 JUILLET AU DIMANCHE 4 AOUT 1907.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 29 juillet au 4 août. — Le 29. Pression atmosphérique : entre 760 et 765 mm sur la moitié S. de l’Europe; en Finlande, 756. Pluies sur. le Centre et l’O. de l’Europe. Température du matin : Bodoe, io°; Paris, 17; Païenne, 25; Puy de Dôme, 17; Pic du Midi, 11 ; moyenne à Paris : 2o°,5 (normale : i8°,3). — Le 3o. Centre de dépression sur la Norvège : Strudesness, 749; Biarritz, 766. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe; en France (orages) : Brest, Paris, Biarritz, 3 mm; Cherbourg, Belfort, 2; Nantes, 1. Temp. du matin : Paris, 160; Perpignan, 24; Puy de Dôme, 10: moyenne à Paris : i6°,8 (normale : i8°,3). — Le 3i. Press, atm. : relèvement sur l’Ouest de l’Europe : Irlande, 766 ; baisse sur la Baltique : Stockholm, 739. Pluies sur le N.-O. de l’Europe; en France : Besançon, 16; Dunkerque, 7; Nancy, 4î Paris, 3; Clermont, 2. Temp. du matin : Paris, 14° ; Athènes, 28; Pic du Midi, 7; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : i4°,5 (normale : i8°,3). — Le 1 e, août. Basse pression sur tout le N. de l’Europe : Christiania, .74°! Bretagne, t65. Pluies sur le N. et le Centra-de
- l’Europe; en France, beau temps. Temp. du matin : Haparanda, 8°; Paris, 11 ; Alger, 24; Pic du Midi, 10; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : i3°,8 (normale : i8°,3). — Le 2. Même situation atmosphérique. Pluies sur le N.-E. de l’Europe; en France, beau temps. Température du matin : Haparanda, 90 ; Paris, i3; Athènes, 3i ; Pic du Midi, i3; Puy de Dôme, 9; moyenne à Paris : 16°,4 (normale : i8°,2). — Le 3. Hautes pressions sur le S.-O. et le Centre du continent : Biarritz et Vienne, 767. Pluies sur le N.-O. du continent. Température du matin: Bodoe, 8°; Paris, i5; Perpignan, 25; Puy de Dôme, 12; moyenne à Paris : 2o°,5 (normale : i8°,2). — Le 4. Pression atmosphérique : baisse générale : Valence, 754; Brest, 760. Pluies sur les Iles-Britanniques et le N. de l’Europe; en France, Cherbourg, 1 mm. Température du matin : Arkangel, 8°; Paris, 20; Malte, 27; Puy de Dôme, 20; Pic du Midi, 11 ; moyenne à Paris : 23°,4 (normale : i8°,2). —Phases de la Lune : Dernier Quartier, le ier août à 2 h. 35 m.
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- LA NATURE
- Revue cjes Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- V
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- j20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1786 (17 AOUT 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- La comète Daniel. — Celte comète, sur laquelle les journaux ont fait grand bruit ces jours derniers, a continué d’augmenter d’éclat, comme le laissaient prévoir les éphémérides. Au début du mois d’août, elle possédait un éclat total de la 3e grandeur. Elle arrivera au périhélie vers le a septembre. Une particularité curieuse, rencontrée d’ailleurs pour d’autres comètes, a été révélée par l’examen des clichés pris à l’observatoire de Juvisy. Sur un cliché du 19 juillet, la comète présente cinq queues. On en reconnaît sept sur un cliché obtenu le lendemain. M. Flammarion a fait remarquer que ce caractère multiple de la queue lui donne un aspect analogue, quoique en miniature, à la comète de 1744 ou de Cheseaux. La faible inclinaison (9 degrés) de l’orbite sur le plan de l’écliptique a fait supposer que peut-être il s’agit là d’une comète périodique. Ses éléments offrent une certaine ressemblance avec ceux de la comète 1770 I-Nous conseillons de rechercher la comète Daniel le matin, vers 3 heures avant les premières lueurs du jour. Une bonne jumelle sera très utile pour effectuer une observation complète. La comète est passée, le ier août, près d’Aldébaran. Elle atteindra y Gémeaux, le 15 ; 1 Gémeaux, le 19; et sera sous Ç Cancer le a5. Enreportant les positions suivantes, calculées par le D1' Smart, sur une carte, on trouvera la comète avec la plus grande facilité.
- POSITION DE LA COMÈTE DANIEL
- Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- Août i5 . . . . 6“ 44” + 17° 1'
- — 17 ... . f im + i6°48' + i6°35'
- — 19 ... . 7h 18“
- — 21 ... . 7" 34“ + i6°i7'
- 23 ... . 7h 5om + i5°5i'
- 25 . . . . 8h 4“ + i5°i7'
- — 27 ... . 8h 19“ + i4°45'
- La grotte d’Attendorn, qu’on vient de découvrir en Westphalie, dépasserait en beauté, selon les premiers renseignements, toutes les cavernes d’Allemagne (dont aucune d’ailleurs ne rivalisait jusqu’ici avec celles de France ou d’Autriche-Hongrie). Elle a été trouvée par hasard à la suite d’un coup de mine dans une carrière. On affirme qu’elle renferme d innombrables stalactites et stalagmites blanches, longues ou hautes de plusieurs mètres. On va s’occuper de l’aménager.
- Découverte d’une ancienne ville au Texas. — Au
- commencement du mois de juillet de cette année, il a été découvert au Texas, en pratiquant des fouilles, les traces et les ruines d’une très ancienne cité. Cette ville remonterait à une époque très éloignée, de beaucoup antérieure
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- importante agglomération. Les ruines sont à une grande profondeur.
- Un concours de confitures. — Un concours de confitures ménagères, gelées, compotes, conserves de fruits pur sucre, organisé par l’Association haut-marnaise d’horticulture, aura lieu à l’Hôtel de Ville de Langres, le 3 novembre 1907. Pour prendre part au concours, adresser, avant le i5 octobre, une demande à M. Avenel, Langres, en indiquant le nombre de pots qu’on désire exposer.
- Le hennequen du Yucatan. — Le hennequen forme, depuis la guerre hispano-américaine, la grande ou plutôt la seule industrie de cette petite république sud-américaine. C’est une plante qui produit une fibre plus fine que le chanvre et ne durcissant pas. On l’emploie, comme l’abaca de Manille, pour lier les gerbes de blé. Pendant la guerre, où l’abaca manqua, le prix du hennequen, qui était auparavant de ofr,3o le kg, monta à ifr, 10, et les exportations s’élevèrent peu à peu de 419000 balles en 1898 à 600000 en 1900. Mais, actuellement, il s’est produit une crise, tenant à la fois à la baisse de prix de la fibre retombée à ofr,70 le kg. et, en même temps, à la sécheresse qui empêche le travail de la fibre, en la rendant cassante.
- Le district argentifère de Cobalt. — Le district argentifère de Cobalt au Canada, dont la grande importance industrielle attire si vivement l’attention, vient d’être étudié par le savant géologue américain Van Hise. Ses conclusions, conformes à une théorie de M. de Launay, sont que les gisements ont commencé par se déposer à une grande profondeur, sous la forme de sulfoarséniures et antimoniures complexes de nickel et de cobalt faiblement argentifères, analogues à ceux que l’on rencontre dans bien des districts métallifères et qui, très ultérieurement, auraient subi une altération relativement superficielle, ou tout au moins motivée par la circulation des eaux venant de la surface, dans laquelle se serait produit le dépôt des solutions argentifères, résultant d’un lessivage exercé d’abord sur de grandes masses de sulfures complexes et reprécipitées sur les minéraux de cobalt. Cette théorie explique l’irrégularité des gisements, caractérisée dans les termes suivants :
- « Une veine peut être très riche en argent en un endroit et être très pauvre un peu plus loin. Les changements de richesse, dans le sens vertical comme dans le sens horizontal, sont rapides et fréquents. Les parties riches se trouvent d’ordinaire dans les endroits où les veines sont fracturées (et où, par suite, l’infiltration des eaux
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- INFORMATIONS
- pauvres, au contraire, montrent, d’ordinaire, peu de fractures. » Celte dernière observation est conforme à la règle si souvent reconnue par les vieux mineurs européens, d’après laquelle les intersections de liions constituent des colonnes d’enrichissement.
- L’industrie minière en Asturies. — Le riche bassin houiller des Asturies commence à entrer dans la période de gr'ande exploitation; en 1891, il produisait 678000 tonnes; en igo3, il a produit i4i8 5oo tonnes, dont 608 000 expédiées par les ports de mer. Il fournit un excellent charbon, de qualité analogue à celle de Cardiff. Le gouvernement espagnol, afin de permettre le développement de ce bassin, situé à moins de 5o km. de la mer, construit un port immense en eau profonde à l’Ouest de Gijon, le Musel, qui sera relié par chemin de fer aux exploitations houillères. La proximité des riches gisements des minerais de fer de Bilbao pourrait entraîner un jour le développement d’une puissante industrie métallurgique dans cette région privilégiée.
- La rareté du charbon en Allemagne. — C’est d’une véritable famine de charbon que souffre aujourd’hui l’Allemagne industrielle. Le charbon, déjà rare l’an dernier, l’est devenu plus encore durant les six premiers mois de 1907; les livraisons de houille ne se font pas, ou sont fort défecteuses, les approvisionnements sont partout épuisés. L’industrie allemande, actuellement en plein essor, est donc menacée d’une crise fort grave. L’exploitation de la houille est, en Allemagne, entre les mains d’un trust qui règle les prix à sa guise et, trouvant plus avantageux d’exporter une partie de son charbon, est ainsi la cause des difficultés actuelles. D’autre part, la main-d’œuvre dans les mines allemandes est difficile à recruter, et il est assez malaisé d’augmenter la production, malgré les travailleurs étrangers auxquels on a eu recours. La disette de charbon menace donc de s’accentuer encore ; et, dans ce cas, il faut s’attendre à voir le Parlement allemand voter, pour y remédier, un droit à la sortie sur les houilles ex|xortées.
- Une irruption d’eau au tunnel des Tauern (Autriche, voy. n° 1768, i3 avril J907) s’est manifestée en juin du côté Sud (Mallnitz) et débitait encore x5o litres à la seconde au milieu de juillet, alors qu’il ne restait plus que 75 mètres à percer. Cela a réduit l'avancement à 1 m. ou i,5o m. par jour et causé un retard de plusieurs semaines. On suppose que l’eau vient du glacier de Gamskarl ou d’un petit lac voisin dont l’écoulement est souterrain. Néanmoins, grâce aux mesures d’évacuation prises, la rencontre des deux galeries d’avancement est à l’heure actuelle imminente, sinon accomplie.
- Vaisseaux sans machines. — Sir Hugh Bell, dans l’allocution présidentielle qu’il prononça récemment devant le Iron and Steel Institute de Grande-Bretagne, s’est plu à prophétiser quelques-unes des merveilles que la science nous réserve. En particulier, il prédit, dans un avenir plus ou moins rapproché, la disparition du navire à vapeur actuel encombré d’énormes chaudièi'es et machines et de vastes soutes à charbon; M. Hugh Bell prévoit le temps où tous les vaisseaux qui traverseront l’Atlantique seront mus par la force électrique, empruntée aux chutes du Niagara et transmise par des moyens de télémécanique sans fil. Sans nul doute, il s’écoulera bien des années encore avant que ne se réalise une telle prophétie.
- Développement du port de Rotterdam. — Le trafic de ce port augmente avec une rapidité sans précédents et son agrandissement est devenu nécessaire. On y travaille actuellement; nous nous proposons, du reste, de revenir sur ce sujet. Voici les chiffres qui marquent ces progrès : le nombre des vaisseaux entrés dans le port était de 1940 en i85o, 7268 en 1900, 83o5 en 1906; le tonnage progressait en même temps de 346 186 à 6 3a6 000 et 8 375 000. Les travaux d’agrandissement sont évalués à 4° millions environ.
- Nouveau procédé pour le traitement des résidus métallifères. — Le procédé Elmore est basé sur la propriété bien connue des huiles végétales ou minérales d’adhérer fortement aux métaux. Si donc on malaxe avec Je l’huile les résidus renfermant encore des parcelles métalliques, l’huile adhérera à ces particules. Le mélange de gangue, d’huile et de métal est ensuite envoyé dans un récipient fermé, contenant de l’eau et où l’on
- fait le vide. Les gaz dissous dans l’eau se dégagent en brassant la masse et viennent se fixer sur les particules métalliques grasses, qu’ils entraînent à la surface. O11 recueille ensuite ces poussières de métal par simple décantation. Ce procédé a permis d’exploiter, en Australie et dans l’Afrique du Sud, des résidus aurifères que l’on regardait comme épuisés.
- La téléphonie en Italie. — Le ministre des Postes et Télégraphes d’Italie vient de présenter au Parlement un projet pour le rachat des 'entreprises téléphoniques par l’Etat. Les services téléphoniques sont actuellement entre les mains de 74 Sociétés différentes. Le statu qitu serait maintenu un an encore pour permettre l’organisation du nouveau mode d'exploitation. On compte que les salaires du personnel, dans le nouveau système, seraient notablement relevés ; car ils étaient jusqu’ici fort minimes, et c’est à cette parcimonie que l’on attribue les défauts reprochés souvent, de l’autre côté des Alpes, aux services téléphoniques.
- L’électricité à Londres. — Londres tire actuellement son électricité de i5 différentes usines municipales et d’une quinzaine de compagnies privées. C’est là un système très compliqué, très coûteux, auquel la municipalité londonienne cherche à substituer une organisation plus simple et plus moderne. Et, à ce sujet, nous assistons à Londres, comme récemment à Paris, à une lutte intéressante entre la municipalisation et le monopole privé. L’ancien County Council avait soumis à l’approbation de la Chambre des Communes un projet qui faisait de la ville elle-même le distributeur exclusif de l’énergie électrique dans toute la capitale. Ce projet fut écarté par la Commission de la Chambre, alors formée en majorité de modérés et qui désirait voir le service constitué en régie indirecte, c’est-à-dire affermé en tout ou partie à une société privée. Aujourd’hui la municipalité londonienne appartient au parti modéré ; mais la Chambre des Communes est radicale, et elle vient de repousser un nouveau projet, qui cette fois tendait à abandonner pour 5o ans, à une Compagnie privée, le monopole de l’élactricité à Londres. Ainsi, aucune décision n’est encore prise, et Londres, moins favorisé que Paris, verra se prolonger encore quelques années le régime bâtard et coûteux auquel sont soumis ses services électriques.
- L’automobile en Afrique. — Un lieutenant de l’armée allemande, M. P. Graetz, tentera prochainement la traversée de l’Afrique en automobile. Il partira de Dar-es-Salaam, dans l’Afrique orientale allemande, sur la côte de l’océan Indien, pour aboutir sur la côte de l’Atlantique, dans l’Afrique occidentale allemande. L’explorateur compte traverser l’Afrique centrale anglaise et la Rhodésie. Le voyage est estimé ne devoir pas durer plus de 5o jours.
- Exposition internationale de l’Alaska. — Des dispositions sont prises pour l’organisation d’une importante exposition internationale, à Seattle, en juin 1909, sous le nom de « Alaska-Yukon-Pacific Exhibition ». Le but de cette manifestation commerciale et industrielle est de montrer quelles sont les ressources de ces territoires, tant sur les Etats-Unis que sur le Canada, et de donner plus de développement et d’activité aux contrées septentrionales sur l’océan Pacifique. Cette Exposition couvrira i»5 hectares. Seattle est une ville de 63 000 habitants, située à 80 km. de Port-Townsend ; c’est le port d’attache des pêcheries de l’Alaska.
- La suie à Paris. — D’après une étude de M. Yial dans le Bulletin de VAssociation des Etablissements classés de France, il tombe annuellement sur Paris i5o 000 kg de suie par an.
- L’alcool en France. — D’après le rapport de M. Guillemet, député, la fabrication de l’alcool en France est entre les mains de i3 791 distillateurs et 478 466 bouilleurs de cru. Les alcools d’industrie proviennent de 47 distilleries produisant x 38o 196 hectolitres. La production des alcools de cidre et de poiré a atteint n5 220 hectolitres en 1901, contre 22 386 en 1876. Celle des eaux-de-vie de fruit est de 25 144 hectolitres. La production des alcools de grain est en baisse : 380710 hectolitres en 1904. Par contre,- celle des alcools de betterave augmente d’une façon continue ; le chiffre en est monté de 243337 hectolitx*es en 1876, à 992 169 hectolitres en mo/I
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- Jouets -caj
- Alambic mignon. — Cet appareil se compose d'un simple cylindre en fer-blanc, muni aux deux tiers environ de sa hauteur, d’un petit godet intérieur d’où débouche l’ajutage A. Sur ce cylindre s’emmanche une sorte d’entonnoir B en fer-blanc cannelé, complètement
- bouché à la partie inférieure, mais muni à sa partie extérieure d’un ajutage G servant de trop-plein.
- Pour distiller un liquide, il suffît de remplir l’appareil jusqu’à quelques centimètres au-dessous de A; on place l’entonnoir B, de façon que sa pointe vienne aboutir dans le godet A. Oit place l’appareil sur un réchaud quelconque de façon Alambic mignon. ^ laire bouillir le
- liquide, en même temps qu’on refroidit continuellement l’entonnoir B, en y faisant circuler un courant d’eau froide par exemple. Les vapeurs du corps à distiller viennent se condenser sur les parois froides de l’entonnoir; les gouttes du liquide distillé coulent le long des rainures de ce dernier, et par le godet A s’échappent à l’extérieur où elles sont recueillies. — Cet ingénieux appareil est en vente chez M. Mathieu, 131, Palais-Ràyal, Paris.
- **> Photographie
- Stéréo-projecteur. — Depuis qu’on a imaginé des stéréoscopes classeurs faciles à placer sur une table de salon, il est venu à l’idée de bien des constructeurs de les rendre jiropres à la projection, pour répondre à cette objection, souvent faite, que le stéréoscope est un appareil d’égoïste permettant à une seule personne de voir une collection de photographies. En rendant la projection facile on peut intéresser tout un cercle d’amis ; il s’agit d’une projection non stéréoscopique bien entendu, car la question de la vision en relief sur l’écran de projection, bien que résolue ainsi que nous l’avons déjà indiqué ici, n’est pas de réalisation très simple. M. Louis S c h r a m b a c h vient d’imaginer une lampe spéciale qui s’adapte facilement aux stéréoscopes classeurs qui existent dans le commerce ; au moyen d’un condensateur spécial, ayant exactement les dimensions voulues pour que tous les rayons lumineux soient utilisés, l’une des deux vues de la diapositive stéréoscopique se trouve fortement éclairée. La source lumineuse est une lampe à incandescence électrique ou au gaz suivant les cas ; l’un ou l’autre modèle peut s’adapter très simplement et en quelques instants au stéréoscope. Il suffit alors de tourner
- l’oculaire de l’appareil vers l’écran et de mettre au point avec la crémaillère pour obtenir une projection de i,5o à i m. de côté très suffisamment lumineuse. Tout le matériel nécessaire est réuni dans un coffret quand l’appareil n’est pas utilisé pour la projection. — Le stéréo-projecteur se trouve chez M. L. Schrambarh, 15, rue de la Pépinière, Paris.
- *> Divers
- La baratte « Eclair ». — Cette petite baratte très originale a été fort remarquée au dernier Concours agricole.
- L’instrument baratteur est une double cloche en porcelaine renversée : la cloche extérieure a io à ij cm. de diamètre, la cloche intérieure 7 à 8 cm. Les bords de la cloche intérieure dépassent de 1 cm. environ les bords de la cloche extérieure, et ses parois sont percées de six trous obliques. L’ensemble est monté sur un arbre vertical que l’on anime d’un mouvement de 800 à 1000 tours à la minute au moyen d’une roue dentée engrenant sur une vis hélicoïdale. La cloche baratteuse est descendue dans un vase quelconque contenant de la crème, à la température de 16 ou 180, on met l’appareil en mouvement et, au bout d’un temps très court, la crème s’épaissit et l’opération est terminée.
- La crème qui remplit la cloche intérieure quand, l’appareil est en repos, est lancée, grâce à la force centri fuge, à travers les trous obliques et vient frapper la paroi intérieure de la cloche extérieure ; les globules gras s’écrasent et se soudent; le mouvement se continue, la crème étant automatiquement appelée de la partie inférieure du vase vers le centre, puis rejetée par la force centrifuge.
- Telle est la théorie de l’appareil, d’après M. Lindet, de la Société nationale d’agriculture de Finance. — L’instrument imaginé par Adam Pairs, de Londres, est construit par M. Draillard, aux Sables-d’Olonne.
- Cuiller à sel perfectionnée. — Avec cette cuiller nouvelle, on peut, sans le secours des doigts, saler les mets d’une façon unifonne.
- Elle affecte une forme cylindrique perforée à sa partie supérieure. A l’intérieur une plaque de métal ferme à demi l’ouverture du cylindre qui se termine en avant par un bec en forme de pelle, et en arrière par un manche. On prendra donc le sel en plongeant le bec dans la salière ; on tourne ensuite l’appareil d’un demi-tour ; le sel se trouve alors dans le cylindre perforé ; en secouant légèrement la main, on le répandra de façon uniforme sur les aliments à saler. — Cette cuiller est en vente chez M. Mathieu, au Dépôt des Petites Inventions, i3i, Palais-Royal, Paris.
- Nouvelle passoire à thé. — Rien de plus incommode que les anciennes passoires à thé. Elles retiennent bien les feuilles de thé et les empêchent de tomber dans la tasse, lorsqu’on verse la boisson; mais, quand on repose
- Stéréo-projecteur avec lampe INernst.
- Stéréo-projecteur avec bec Auer.
- Cuiller à sel perfectionnée.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- ensuite la théière sur la nappe, elles laissent l’eau retenue par les lenilles tomber goutte à goutte sur la
- nappe, au grand désespoir de la maîtresse de maison. Cet inconvénient est supprimé avec la petite passoire que nous allons décrire. C’est simplement une passoire ordinaire suspendue au-dessus d’un petit récipient, et
- pouvant osciller librement autour de son axe de suspension. Le récipient est muni d’un manche. Pour verser le
- thé, on tient l’instrument de la main droite, dans la position i ; ensuite, on la ramène à la position u, la passoire au-dessus du récipient; il est impossible alors de tacher la nappe. — Ce petit objet, fort pratique, est en vente chez Kirby, Beard et C°, 5, rue Auber, Paris.
- Per à repasser chauffé à l’alcool. — On a cherché à utiliser l’alcool pour le chauffage du fer à repasser ; on y est arrivé et l’appareil a donné de bons résultats.
- Le fer porte à droite un petit récipient que l’on remplit d’alcool. Ce récipient est d’abord soumis à l’action de la chaleur sur un gril spécial pendant quelques instants.
- Il est ensuite remis en place sur le fer, et l’alcool préalablement chauffé
- Fer à repasser chauffé à l’alcool.
- émet régulièrement un gaz qui répand doucement la chaleur de tous côtés dans le fer. Ce système fonctionne automatiquement dans de très bonnes conditions ; il est appelé à rendre de nombreux services. — Le fer à repasser à l’alcool se trouve chez M. G. Re-naut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- "Électricité
- Enregistreur d’orages. — Xous avons eu dernièrement l’occasion d’examiner un enregistreur d orages fort curieux et très intéressant. Il repose sur le principe des ondes électriques de faire varier dans certaines limites la résistance électrique d’un corps. Dans cet enregistreur, le récepteur proprement dit est en quelque sorte comme le cohéreur, qui est utilisé dans la télégraphie sans lil. L’appareil est formé par un récepteur très simple constitué par deux aiguilles non aimantées en croix, comme on peut le voir dans la ligure ci-dessous.
- courues par un courant suffisamment intense, l’armature du relais est attirée. Grâce à un ressort réglable, cette armature revient à sa première position et coupe le courant dans le premier circuit, mais en même temps elle ferme un nouveau circuit dans lequel se trouvent les deux piles sèches que l’on voit à droite de l’appareil, ainsi que la sonnerie et l'enregistreur. L’enregistreur, placé à droite dans notre ligure, comprend un électroaimant qui commande les mouvements d’une aiguille munie d’un style inscripteur et qui se déplace sur une
- Appareil récepteur. Sonnerie.
- Appareil enregistreur.
- Enregistreur d’orages.
- Ces deux aiguilles sont posées sur une boîte de sonnerie électrique; l’une est fixée à la boîte, l’autre est seulement maintenue par un lil conducteur et peut s’appuyer sur la première. Ce premier circuit est complété par une pile que l’on voit à gauche et par un relais très sensible placé au-dessous de la sonnerie électrique. Mais afin que le récepteur ne subisse pas l’action totale de la pile, cette dernière est fermée sur une résistance de 5o ohms, et il n’est alimenté que par une dérivation prise aux bornes de cette résistance. Dès que les ondes électriques se font sentir, comme à l’approche d’un temps orageux, on peut voir les deux aiguilles s’approcher l’une de l’autre, puis faire contact. Le courant passe dans le circuit ; et quand les spires du relais sont par-
- feuille de papier disposée à cet effet. Un disque de papier, de 10 cm de diamètre environ, se trouve sous le style, et se déplace, sous l’influence d’un mouvement d’horlogerie extérieure, de façon à effectuer un tour en 24 heures. Ce simple appareil permet donc d’enregistrer les orages. Quand il survient des décharges atmosphériques, des oscillations électriques se produisent, viennent frapper le lil récepteur. La résistance électrique de ce dernier varie, l'appareil inscripteur et la sonnerie sont actionnés. L’appareil peut, dit-on, enregistrer des orages qui se produisent dans un rayon de 80 1cm. — Pour l’enregistreur d’orages et tout ce qui le concerne, s’adresser à M. Richard Heller, électricien, 18, Cité Trévise, à Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’alimentation ferrugineuse. — Rien ne vaut le fer pour combattre l’anémie et dans notre siècle de névrosés, de surmenés, combien faut-il compter d anémiques qui auraient besoin de cet agent rénovateur du sang.
- Aussi les spécialités pharmaceutiques à base de fer sont-elles légion. Nous avons cependant, dans la plupart des aliments qui paraissent sur nos tables, des produits ferrugineux; la teneur en fer organique n’est pas très élevée, mais elle est importante. M. Mouueyrat a analysé à ce point de vue, par une méthode qui lui est personnelle et qui est très sensible, un certain nombre de produits et il a rencontré du fer à peu près dans tous, depuis le jaune d’œuf, le sel marin, jusqu’aux légumes les plus ordinaires. Le fer semblerait, d après ces recher-
- ches, être une partie constituante de la cellule - vivante.
- Voici, à titre de curiosité, les résultats de quelques analyses. La teneur en fer pour ioo grammes de substance sèche est comprise entre i et 5 milligrammes pour le pois blanc; 2 milligr. pour le pois noir; 2 ifi pour le lait de vache. Dans les pommes, les poires, les groseilles, l orge, le riz, la proportion oscille entre i et 5 milligr. ; dans les pommes de terre, les petits pois, de 5 à io milligr. ; elle est de 2 milligr. dans le jaune d’œuf, de i à 20 dans le sel marin. La dose de fer est encore plus élevée dans certains légumes, asperges, 20 milligr., choux vert, u5 à 35; chicorée verte, 20 à 25 ; épinards, 35 à 45. On voit qu’en pratiquant le régime végétarien on arrive à absorber à la longue une dose assez raisonnable de fer. Dr À. C.
- VARl ÉTÉS
- L’Association française pour l’avancement des sciences. — Le 36e Congrès de l’Association française pour l'avancement des sciences s’est ouvert le icr août, à Reims, où l’A. F. A. S. avait déjà tenu ses assises eu 1880. La présidence était échue à M. le Dr Henrot, ancien maire de Reims, directeur honoraire de 1 Ecole de médecine, membre du Conseil supérieur de l’Assistance publique, qui a prononcé le discours d’ouverture. M. Henrot s’est surtout attaché à montrer quels sont les principaux moyens qui permettent d’assurer la complète application des principes et lois d’hygiène, surtout à l’enfance. Il estime que par la déclaration obligatoire des cas de maladies contagieuses, l’isolement du malade, la désinfection des objets qui l’ont approché, on pourra faire disparaître la plupart des maladies infectieuses, sauf peut-être la rougeole et la grippe contre lesquelles les moyens de préservation sont moins assurés. Les questions de protection de l’enfance ont d’autant plus d importance que noti’e natalité est en baisse. Aussi il faut encourager les œuvres et répandre les procédés de lutte contre la mortalité enfantile ; refuges, ouvroirs, mutualités, art de l’allaitement artificiel, gouttes de lait, crèches, caisses des écoles, voyages scolaires, colonies de vacances, et plus tard, à la sortie de l’école, associations amicales, cercles, patronages, sociétés de chant, musique, gymnastique, sport, écoles ménagères de jeunes filles, développement des écoles professionnelles pour les garçons (sur le type belge), etc. Nous nous devons de citer les belles paroles par lesquelles M. Henrot a clos son discours : « Si nous voulons édifier une société nouvelle meilleure que celle qui existe actuellement, c’est l’enfant qui doit le plus nous préoccuper. Le cerveau humain est ainsi fait que c'est dans la période de développement qu’il possède la plus grande activité et les aptitudes les plus variées. C’est dans l’enfance que se fait, bonne ou mauvaise, cette imprégnation cérébrale qui est la plus forte et la plus durable. Si nous voulons préparer des citoyens, c’est À ce moment de la vie qu’il faut leur inculquer les principes qui devront les diriger; l’éducation morale, intellectuelle et physique, doit se faire en même temps harmonieusement. »
- Les sections ont commencé à fonctionner le 2 août, l’après-midi. Dans la section médicale, le président M. Landouzy, après une courte allocution, a présenté une plaquette sur le Toucher des écrouelles à l’hôpital Suint-Marcoul, le mal du roy. M. Landouzy a surtout insisté sur la contagiosité des écrouelles malignes (suppurantes) et il ressort nettement de son étude que F endémicité et la contagiosité étaient dénoncées en Champagne et dans l’Ile-de-France dès le xvie siècle, et, dès 1645, une maison destinée aux malades était ouverte à Reims, sous le patronage de saint Marcoul, grand guérisseur d’écrouelles, dartres et tumeurs de gorge ; cette maison devint l’hospice Saint-Marcoul. Charles N fut le dernier roi de Finance qui toucha les écrouelleux à Saint-Marcoul; il semble bien qu’il fût très sceptique sur son pouvoir, car au lieu de la vraie formule : Le roi te
- touche, Dieu te guérit, il prononça : Le roi te touche, Dieu te guérisse. — MM. Eug. Mathieu et Ch. Bourdonne occupent ensuite le Congrès de 1 abaissement progressif du niveau de la nappe aquifère souterraine de la vallée de la Vesle. Nous n’en retiendrons que le côté général, relatif au « problème de l’eau ». M. Mathieu signale en termes vigoureux ce qu’il appelle justement la « faillite de l’eau », c’est-à-dire ce grand phénomène d’abaissement du niveau des nappes souterraines et de diminution des débits des rivières qu’ont démontré depuis longtemps les travaux de M. Martel. Très marqué en Asie, où il explique le progrès des déserts et le recul des cultures, il n’est pas moins inquiétant dans nos régions même, où il tient en partie peut-être à un ralentissement de la pluviosité, en partie plus certainement au déboisement qui facilite à l’excès l’infiltration dans le sol, et aussi à l’érosion du sous-sol, surtout dans les pays de calcaire et de craie, ainsi parfois qu’à l’établissement de fortes usines qui tarissent les sources ou font baisser leur niveau. — La séance s’est terminée par une visite à la clinique orthopédique du D‘ Louis Meucière.
- Le lendemain, visite aux champs d’épandage de Reims. Reims est, avec Paris, la seule ville de France où la question de l’épuration des eaux d’égout ait été sérieusement étudiée. Le système adopté est celui de l’épuration par le sol : 800 hectares de champs d’épandage filtrent 42000 m3 par jour; ces eaux d’ailleurs ne contiennent à peu près que des résidus industriels, le tout à l’égout n’existant pas à Reims. A la suite de cette visite, l’après-midi, M. Rolants, de l’Institut Pasteur de Lille, a analysé son rapport sur la question générale de l'épuration des eaux. Après avoir fait la critique du système d’épandage qui, d’ailleurs excellent, nécessite des superficies considérables et présente de grandes irrégularités avec la nature des terrains et des cultures, il préconise la méthode d’épuration biologique, qui est d’ailleurs dérivée de celle d’épandage et dont nos lecteurs ont pu voir ici même les principes exposés par la plume compétente de JM- Calmette. Cette méthode comprend d’abord une5 séparation des matières solides qu’on laisse solubiliser par les microbes, puis on fait passer les liquides sur des lits bactériens où les microbes transforment la matière organique dissoute en matière minérale.
- A la section d’économie ^politique et de statistique, M.J. Lefèvre, ingénieur agronome, a présenté un curieux mémoire relatif à l'ancienne extension de la vigne dans le Nord et aux causes de son recul. Nombre de textes du moyen âge montrent l’existence de vignobles dans la Somme, le Pas-de-Calais, le Nord, la Flandre, l’Angleterre, tandis qu’actuellement la limite du vignoble se trouve beaucoup plus au Sud. M. Lefèvre établit que ce recul n’est pas déterminé par des modifications du climat, que rien n’atteste dans les documents météorologiques et qui d’ailleurs auraient dû agir également sur d’autres cultures. La véritable cause est tout économique, c’est l’abandon d’une culture peu rémunératrice
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- VARIÉTÉS
- du jour où les vins du Sud pureul arriver daus le Nord. Mais ce n’est pas aux conditions climatériques qu’il faut attribuer le caractère peu rémunérateur ; la véritable cause est daus la mauvaise technique et dans la technologie insuffisante des anciens viticulteurs. Il est certain que la viticulture bien comprise est possible à nouveau dans les contrées où la vigne a donné autrefois des résultats, et d’ailleurs cette conclusion n’est pas purement hypothétique ; elle est vérifiée' par des tentatives partielles et heureuses effectuées en divers points : Huy (Belgique), Gappelle (Nord), Cagny-les-Amiens (Somme), Hargnies (Ardennes).
- M. Luizet, le distingué météorologiste de l’Université de Lyon, s’est occupé des saints de glace et de Y été de la saint Martin devant la section de météorologie. Les deux questions sont, comme on sait, très controversées, il s’agit de savoir s’il se produit réellement un abaissement de température les ji, 12 et i3 mai (saint Mamert, saint Pancrace, saint Servais) et un réchauffement au début de novembre. Actuellement, dans la région lyonnaise, d’après les observations faites de 1854
- à 1878, le phénomène des saints de glace ne se produit pas; il en est de même pour l’été de la Saint-Martin. M. Luizet conclut que ces légendes 11e sont que des légendes : elles peuvent d’ailleurs avoir une origine dans des phénomènes qui se sont produits autrefois, et qui ne se produisent plus, et peut-être y a-t-il eu des séries d’années où elles se vérifiaient ?
- Nous citerons encore, parmi les communications que nous n’avons pu résumer et dont beaucoup cependant étaient du plus vif intérêt : une conférence de M. Cher-vin sur la Bolivie ; une de M. Zaborowski sur Y ethnographie de l’époque marnienne ; une discussion sur le canal latéral à la Loire-, qui doit relier l’Atlantique au lac de Constance, ce futur port de l’Europe centrale ; Y Alimentation de Vendant (Dr Mabille et MUe Gehin) ; les Cartes agronomiques culturales (M. J. Laurent); le Traitement de la constipation et des ulcérations tuberculeuses, par le plasma de Quinton (MM. Bourganel et P. Laffitte) ; Y Immunisation tuberculeuse (D‘ llappin) ; la Diffusion et l’osmose (M. Saint Leduc); la Question de la monnaie universelle (M. Lacour), etc.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Entretien des câbles flexibles de lampes électriques. — Les petits câbles qui soutiennent les lampes électriques à incandescence, et qui permettent à celles-ci de se déplacer verticalement grâce à un contrepoids, ont le défaut de s’user assez vite. Il en est de même, et peut-être à un plus haut degré, pour les flexibles qui permettent de raccorder une lampe mobile à la source d’électricité, par insertion d’une fiche dans une garniture ad hoc. Le fait et l’inconvénient ont été signalés récemment par un électricien dans la publication Electricity, et il attribue cette usure rapide à ce fait que, le plus ordinairement, les gens qui se servent des lampes ne les tirent que par le flexible pour enlever la fiche de son trou. Pour remédier au mal, il a adopté une solution parfaitement pratique. Il fait entortiller, avec les deux fils conducteurs qui constituent le flexible, une cordelette que nous pourrions appeler de résistance mécanique, et qui ne donne pas passage au fluide : elle est naturellement de la même couleur que le reste, et sa présence n’a que ce seul résultat de grossir la dimension du flexible. On comprend que cela n’augmente guère la dépense de fabrication de ce dernier et ne nuit point à sa flexibilité. Mais, détail fort important, cette cordelette est laissée de quelques centimètres plus courte que les conducteurs électriques proprement dits, qui présentent du mou, non apparent du reste. De sorte que c’est sur la cordelette que portent tous les efforts de traction auxquels sont soumis les conducteurs flexibles des lampes.
- Piston qui colle. — Assez souvent, les pistons de moteurs à pétrole collent plus ou moins parce qu’il se trouve de l’huile carbonisée sur les garnitures. D’une manière générale, cela tient à ce qu’on a employé de mauvaise huile de graissage ; mais, en tout cas, pour réparer le mal, on démonte le piston, ou le nettoie dans de la paraffine, puis on enduit légèrement les garnitures de plombagine pour remonter ensuite et huiler avec un bon produit.
- Revêtement pour objets en aluminium. — On l’indique comme produisant une surface particulièrement convenable pour l’émaillage. O11 couvre d’abord l’aluminium d’une solution de chlorure de mercure, afin d’obtenir un revêtement d’aluminium amalgamé ; après enlèvement il se fait, semble-t-il, une oxydation intense ; il suffit de chauffer vigoureusement pour arrêter cette action, et de plus on obtient sur le métal des colorations variées suivant la façon dont le chauffage est dirigé et poursuivi. C’est l’oxyde d’aluminium qui sert comme base à l’émaillage.
- Entretien des toitures en fer galvanisé. — Ces
- toitures ne sont pas d’un usage courant en France, mais elles rendent de grands services dans bien des pays, et
- notamment aux colonies. Pour permettre au métal de ces toitures de se bien conserver, on le traite comme suit. Tout d’abord on le nettoie pour le débarrasser de toute trace de graisse, et il est bon de le passer au papier de verre grossier, car cela permettra à la peinture de bien prendre. On donnera une empreinte, une première couche, avec un enduit fait de poids égaux de minium et de céruse dans de l’huile, et éclairci au moyen d’une partie de bonne gélatine, d’autant d’huile de térébinthe et de térébenthine, et enfin d’une partie aussi d’huile de lin bouillie, le tout dans une quantité double en volume de bon vernis copal. On ajoute encore 5o pour 100 d’une solution préparée avec du caoutchouc dans de la benzine (la proportion du premier étant de 90 gr., pour i5 centilitres de l’autre). Quand cette empreinte a été donnée, on a la faculté d’appliquer une peinture au blanc de zinc, avec addition, si on le désire, d’un peu d’ocre italienne ou de noir d’os.
- Essais des limes. — Un moyen très original et pratique est indiqué par Work pour déterminer laquelle des deux limes mord le mieux. On met un petit bloc de métal sur l’une et l’autre, puis, par une inclinaison graduelle, on cherche à quel angle on peut incliner chacun des deux outils sans que glisse le. bloc. Naturellement, celle qui mord le mieux est celle que l’on peut le plus rapprocher de la verticale.
- L’emploi de la machine à écrire pour les annonces au projecteur. — On ne voit pas bien d’abord la liaison qu’il peut y avoir entre les deux choses ; mais on va saisir. Souvent on désire projeter un texte au moyen d’un projecteur, et si on le trace à la main c’est d’un vilain aspect, ou alors il faut avoir recours à un véritable dessinateur." Pour préparer soi-même ce texte, rien de plus simple que de se servir de la machine à écrire, le texte étant ensuite projeté par transparence, si l’on a eu soin d’écrire sur du papier très mince. Mais il ne suffît pas que le papier soit très transparent : il importe de plus que l’inscription soit très noire, très intense de ton. Pour cela, non seulement on munit sa machine d’un ruban neuf ou d’un encreur qui 11’a pas encore servi ; mais on doit placer sous le papier à écrire du papier carbone, dont on se sert pour les calques en le disposant dans le sens contraire de celui où on le met quand on veut obtenir une copie sur un second papier. Il faut que sa face charbonnée soit en contact avec le dos même de la feuille où les caractères vont venir s’imprimer. De la sorte, chaque caractère imprimé est doublé de celui qui se forme par le dépôt de charbon du papier calque, et, si l’on regarde par transparence, on s’aperçoit que la teinte obtenue est particulièrement foncée : ce qui assurera des caractères ti'ès opaques pour la projection.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. E. C.., à Buenos-Ayres. — Le télémètre du commandant Gérard se vend chez Clermont Huet, 114, rue du Temple, Paris.
- 31. Ch. de W., à Paris. — Pour le chalumeau oxy-acélvlénique destiné au coupage des tôles, veuillez vous adresser chez MM. Boas-Rodrigue et Ciu, '67-69, boulevard de Charonne, Paris.
- 31. II. Porche, à Paris. — Procédé pour recouvrir les conlilures : le meilleur est le procédé classique employé chez tous les confiseurs, et qui est parfait s’il est bien exécuté et si les conlilures sont bien cuites et bien sucrées ; c’est l’emploi d’une feuille de papier trempé daus l’eau-de-vie et posée sur la confiture, sous le papier ou le couvercle qui ferme le pot.
- 31. G. Fermé, à Paris. — Niveau de pente à grapho-mètre Bruyère, décrit dans le n° 1704 du 20 janvier 1906 : l’adresse a été donnée dans le même numéro (boîte aux lettres), c’est M. J. Brugère, 11, rue des Fanges, Le Puy.
- 31. C. Olivari, à Arcachon. — Vous trouverez à la librairie Vuibert et Nony, 63, boulevard Saint-Germain, Paris, un ouvrage de Lecornu sur les cerfs volants qui vous sera certainement fort utile.
- M. M. Iglesias, à Vera Cruz. — Les questions que vous nous posez ne nous permettent pas de faire une réponse précise : elles constituent, en effet, un vaste programme de recherches bibliographiques qui demanderait un temps considérable et qui pourraient seulement être effectuées dans des revues spéciales de chimie.
- 3t. E. Bac, à Golfe Juan___Nous avons en effet parlé
- dans la Nature des moyens à employer pour combattre la poussière des routes; voyez les nos 1602, 1621, 1672, que nous vous faisons envoyer.
- M. P. Bonget, à Louargat. — Il existe depuis long-
- temps des appareils mécaniques pour le débit des pierres dures, les principaux sont les scies à lames et les scies à diamant, qui sont également employées dans les carrières. Vous trouverez dans le Bottin de nombreuses adresses.
- 31. A. Sauve, à Rome. — Vous trouverez dans Y An-nuaire général et international de la photographie (1907), Plon et Nourrit, éditeurs, 8, rue Garancière, Paris (6 francs), de nombreuses formules qui ne vous donneront peut-être pas immédiatement la solution désirée, mais qui vous permettront d’y parvenir sans difficultés.
- M. Moreau. — Adressez-vous à MM. Rousselle et Tournaire, 5a, rue de Dunkerque, pour les plumes Tantale.
- M. Leroux, agenl-voyer à Lisieux. — Nous ignorons l’adresse de M. Brennan. Mais vous pouvez lui faire parvenir vos questions par l’intermédiaire de la Royal Society à Londres. Le monorail nous semble, en effet, pouvoir un jour donner lieu à de nombreuses applications. •
- M. Ch. Feige, à Paris. — i° Tache de graisse sur chaussure jaune : faire un mélange de 9 parties d’eau-de-vie et 1 de glycérine, et laver avec une brosse à ongles, puis saupoudrer le cuir avec la terre de Sommière, laisser sécher et essuyer au linge fin. — 20 Fourmis : chercher la fourmilière et l’inonder avec de l’eau bouillante.
- M. G. Daubourg, à Paris. — Pour le sérum antivenimeux du D‘ Calmette, veuillez vous adresser à l’Institut Pasteur, de Lille.
- M. Degorce, à Royan. — Le moyen d’empêcher les coqs de chanter est simple ; vous le trouverez indiqué daus la boîte aux lettres de notre n° 1779, du 29 juin.
- M. Dirant, à F'resnes-sur-l’Escaut. — i° Tache d’huile sur le marbre blanc : laver avec de l’alcool incolore ou de la benzine; ensuite il faudra passer le marbre à la cire vierge. — 20 Petites écrémeuses : Société Astra, 54, eue de Paradis, Paris.
- M. A. Clerc, à Paris. — Si la citerne est comme vous le dites bien construite et bien aérée, nous ne voyons pas de remède pratique, sauf peut-être l’installation d’un filtre à 1 admission de beau dans la citerne.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Cours général de géographie, publié sous la direction de M. Lespagnol, conformément aux programmes des 3i mai 1902 et 28 juillet 1905. Petit in-12. Paris. Delagrave, 1904 à 1907. La collection comprend : Géographie générale (classe de seconde), par G. Les-pagnol, 720 p., 4fr,5o; La France et ses colonies (classe de première), par M. F’allex et A. Macrey (en prépa-ration) ; L’Europe au début du xxe siècle, par M. Fal-lex et A. Macrey, 624 p., 5 francs; L’Asie au début du xx° siècle, par M. Fallex et A. Héntgen, 342 p., 3r,,5o; L’Afrique au début du xx° siècle, par M. Fal-lex, 34o p., 3lr,5o; Amérique, Australasie, au début du xxe siècle, par M. Fallex et A. Macrey, 362 p., 4 francs ; Les principales puissances du monde au xx° siècle, par M. Fallex et A. Macrey, 638 p., 5 francs; E Evolution de la terre et de l’homme, par G. Lespa-g.nol, 5 francs.
- Evolution des inondes, suivie de Histoire des progrès de Vastronomie, par M. I. Nergal. Paris. Schleicher frères, 1907. 1 vol. in-8°. Prix : ifr,5o.
- Premier volume d’une collection encyclopédique qui doit — c’est peut-être ambitieux — donner une idée précise des faits acquis de toutes les sciences en les coordonnant. Le livre de M. Nergal expose honnêtement les grands résultats de l’astronomie ; il est utile comme mémento, un peu sommaire, mais bien ordonné, et il apprendra beaucoup de choses au public auctuel il est destiné.’_ - ______
- Installation des ateliers et usines, création, construction, agrandissement et améliorations techniques, par P. Ra-zous. Paris. Société d’éditions techniques, 16, rue du Pont-Neuf.
- L’industriel qui crée une usine trouvera dans cet ouvrage un guide précieux pour l'aider à résoudre les mille difficultés administratives ou techniques qu’il est certain de rencontrer : formalités préalables, détermination d’un emplacement, et forme des bâtiments, choix des machines, organisation des transports, de la manutention et du chauffage, etc.
- Salubrité urbaine. Distributions d’eau et assainissement, par G. Beciimann, t. IL Librairie Béranger, i5, rue des Saints-Pères, Paris.
- Les divers procédés de conservation des viandes, à l’usage des fabricants de conserves de viandes, des bouchers, des charcutiers, des expéditeurs et marchands de volailles et des services municipaux d’abattoirs par P. Razous et R. Nourissé. Paris. Société d’éditions techniques, 16, rue du Pont-Neuf. 1 vol. gr. in-8°. Prix : 3 francs.
- La question de la conservation des viandes prend tous les jours une importance plus grande. Il devenait nécessaire de réunir, dans une même étude, les principes relatifs aux divers procédés qui peuvent être employés, et MM. Razous et Nourissé se sont fort bien acquittés de cette tâche.pour laquelle ils étaient
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- BIBLIOGRAPHIE
- tout indiqués. On trouvera dans leur ouvrage : la conservation parles antiseptiques (non recommandée), les fabriques de conserves de viandes (cuisson, stérilisation), la conservation par le froid, la conservation par dessiccation, et enfin un chapitre plein d’intérêt sur la conservation de la viande de porc, d’après les procédés américains.
- Report of the commissioner of fisheries to secretary of commerce and labor for the fiscal year ended june 3o, 1906. Washington, 1907, 25 p.
- The leguminosaeof Porto Rico, by J. Peiikins. Washington. Government prinling office. 1907. 1 vol. in-8°, pp. x33-220 (Smithsonian institution, Contributions front the United States national Herbarium. vol. Y, pt. 4).
- Travail de botanique pure. Description des genres (67) et des espèces ( 141 ) de légumineuses de Porto Rico; 1 seul genre(Stahlia) et 8 espèces appartiennent
- en propre à l’île; pour les autres, ils se divisent en 3 groupes : communs à tout ou partie des Antilles ; communs aux Antilles, nu Mexique et à l’Amérique du Sud ; cosmopolites ; ces derniers sont de beaucoup les plus nombreux.
- La vie sociale, ses évolutions, par E. Van Buuyssel, consul général de Belgique. Paris. E. Flammarion, 1907. 1 vol. in-18. Prix : 3tr,So (Bibliothèque de philosophie scientifique).
- Le plan de cet ouvrage est tellement vaste qu’il en est d’abord effrayant. 11 ne comporte pas moins qu’une synthèse générale de l’évolution historique et sociale. C’est déjà faire un grand éloge de l’auteur que de remarquer avec quelle aisance il a mis de l’ordre dans la somme énorme de connaissances ici accumulées. Son livre est, par l’exécution, ce qu’il eût été déjà par le sujet seul, fort intéressant.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1)U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 août 1907 . . 17°,2 E. N. E. 1. Très nuageux. 0,1 Rosée ; halo à 1 1 h. ; petite pluie à 10 h. ; nuageux.
- Mardi 6 15°,9 NV. S. NV. 5. Pluie. M Dosée ; pluie de 0 h. 25 à 7 h. 20 et de 18 h. 20 à 19 h. 20 ; nuag.
- Mercredi 7 15°, 6 S. NY. 1. lteau. » llosce ; peu nuageux.
- Jeudi 8 12°,8 S. NV. 1. lleau. » Rosée; beau.
- Vendredi 9 15°,0 S. NV. 0. lîcau. » Rosée ; beau.
- Samedi 10 20°, 0 Calme. Nuageux. 1,3 Rosée; brumeux; très nuageux; pluie de 10 b. 35 à 19 b.
- Dimanche 11 11°,9 Calme. lleau. )> Rosée; nuageux.
- AOUT 1907. — SEMAINE DU LUNDI 5 AU DIMANCHE 11 AOUT 1907.
- Lundi
- Mardi [ Mercredi | Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 5 au ii août. — Le 5. Dépression barométrique sur la mer du Nord et la France. Pluies sur le N. et l’E. de l’Europe. Orages à Bordeaux et Perpignan. Température du matin : Paris, 170; Bordeaux, 19; moyenne à Paris : 22°,6 (normale : i8°,2). — Le 6. Basses pressions sur le N.-O. de l’Europe : Stornoway, 748 mm; des Açores au Portugal, pression supérieure à 765. Pluies sur le N. et le N.-O. de l'Europe; en France : Dunkerque, 5 mm; Nancy, Le Mans, 2; Paris, Nantes, 1. Temp. du matin : Arkangel, 8°; Paris, 14 ; Puy de Dôme, i3; Pic du Midi, 10; moyenne à Paris 170 (normale : i8°,i). — Le 7. Relèvement de la pression atm. : Biarritz, 769; baisse et tempête sur la Baltique. Pluies sur le N. de l’Europe; en France : Paris, 3 mm; Lyon, Brest, Biarritz, 1. Temp. du matin : Paris, 140; Alger, 33; Puy de Dôme, 9; Pic du Midi, 3; moyenne à Paris : i5°,5 (normale : i8°,i). — Le 8. Des Açores à l’Autriche, pressions supérieures à 765 ; Nantes et Vienne, 770, basses pressions sur le N. de l’Europe Hernosand, 742. Pluies sur le N. et l’E. du continent. Temp. du matin :
- Christiansund, xo°; Paris, 13 ; Alger, 27; Puy de Dôme, xo ; Pic du Midi, 9; moyenne à Paris : x6°,6 (normale : i8°,i). — Le 9. Press, atm. : Hernosand, 749; S.-O. et Centre de l’Europe, 765. Pluies sur le N. de l’Europe. Temp. du matin : Arkangel, 70; Paris, i5; Alger, 28; Puy de Dôme, 17 ; Pic du Midi, 7 ; moyenne à Paris : 190,9 (normale : 180). — Le 10. Baisse générale, notamment sur le N., à Marseille, 757. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe; en Finance : Cherbourg, 8; Brest, 5; Boulogne, Clermont, 2; orages dans le Centre et l’E, Temp. du malin : Arkangel, 90 ; Paris, 20; Alger, 27; Puy de Dôme, i5; Pic du Midi, 6; moyenne à Paris : i9°,5 (normale : 180). — Le 11. Relèvement général de la press, atm. : Espagne et France, au-dessus de 765; Bodoe, 747. Pluies sur le N. et l’O. du continent; en France : Nancy, 9; Dunkerque, 5; Le Havi'e, Clei'mont, Belfort, 4; Le Mans, 2; Paris, 1. Temp. du matin : Christiansund, xo°; Paris, 15 ; Alger, 27; Puy de Dôme, 10; Pic du Midi, 8. — Phases de la Lune : Nouvelle Lune : le 9, à 6 h. 48 1x1. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien’, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Parie (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘e, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLEMENT AU N° 1787 (24 AOUT 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Congrès International de l’alcool dénaturé. — A
- l’occasion de l’Exposition décennale de l’Automobile, un deuxième congrès international des applications de l’alcool dénaturé se tiendra au Grand-Palais en novembre prochain, sous la présidence d’honneur de M. Loubet. La question de l’utilisation industrielle de 1 alcool est aujourd’hui de première importance pour notre pays, et nous espérons que le congrès parviendra à donner des solutions pratiques aux divers problèmes économiques ou techniques que soulève l’emploi de l'alcool au chauffage, à l’éclairage, à la locomotion.
- Exposition japonaise internationale. — Le gouvernement japonais ne reculera devant aucun sacrifice, pour assurer le succès de la grande Exposition internationale, qu’il prépare pour 1912. En attendant cette grande manifestation industrielle et commerciale, les Nippons vont ouvrir toute une série d’expositions préliminaires, qui se tiendront dans diverses grandes villes. La première de celles-ci vient d’être inaugurée à Tokio, sous les auspices de la municipalité ; elle a été installée dans le parc et les jardins d’Uéno, où se tiennent d’ordinaire, tous les ans, les grands festivals et les réjouissances japonaises de la floraison des cerisiers. Il a été construit un immense palais ayant tous les caractères d’un bâtiment européen; le prix de cette construction dépasse 2 millions 5oo 000 francs. Une aile tout entière de ce palais est consacrée aux arts industriels; les laques, la céramique, les poteries, les meubles incrustés ou sculptés, la ferronnerie d’art, les bronzes artistiques, etc., y sont représentés d’une manière très complète. Une autre partie du bâtiment est réservée aux grandes industries, à la métallurgie, aux mines, aux chemins de fer et à la navigation, tandis qu’un emplacement spécial est attribué à l’agriculture, à ses produits et à son outillage. Une large place est réservée à l’instruction, à l’éducation populaire et à la sociologie. Le clou de cette première Exposition est certainement une galerie des beaux-arts, où se trouvent quantités de tableaux et sculptures ; cette partie de l’exposition est très remarquable, on y peut étudier l’évolution artistique au Japon, en comparant les efforts des artistes .modernes avec les œuvres de l’ancienne école. '
- La télégraphie sans fil dans le monde. — D’après une statistique du Navy Department des Etats-Unis, les stations de télégraphie sans fil du monde entier sont l’éparties comme suit : États-Unis, 88; Angleterre et Irlande, 43 ; Italie, 18; Allemagne, i3; Russie d’Europe, 8; Hollande, 8; France, 6; Turquie, 6; Argentine, 5; Brésil, 5; Canada, 5; Chine, 5; Hawaï, 5 ; Danemark, 4;
- Espagne, 4: Suède, 3; Gibraltar, 2; Autriche-Hongrie, 2; Roumanie, 2; Mexico, 2; Panama, 2; Japon, 2; Mexique, 2; Iles Andaman, 2, Égypte, 2; Maroc, 2; Mozambique, 2 ; Tripoli, 1 ; Costa-Rica, 1 ; Monténégro,
- 1 ; Portugal, 1 ; Chili, 1 ; Malte, 1 ; Belgique, 1 ; Norvège, 1.
- Le tantale. — Nous avons déjà signalé de nombreuses applications du tantale : lampes à incandescence plumes tantale, burins et forets en tantale. La métallurgie de l’acier fera peut-être sous peu, elle aussi, une importante consommation de ce métal. M. le capitaine Nico-lardot est en effet parvenu à préparer, avec le tantale et même avec le colombium, son compagnon presque inséparable, des aciers extrêmement durs et cependant ductiles. 11 est nécessaire que les aciers auxquels on mélange ces métaux soient des aciers très doux. Les aciers durs et ductiles ainsi obtenus seraient très intéressants pour les cuirasses de nos cuirassiers. Le tantale vaut aujourd’hui de 5o à Go francs le kilogramme.
- Le formol et la conservation des fruits. — On a
- beaucoup parlé ces temps derniers, et La Nature n’y a pas manqué, des procédés de conservation des fruits de table par le formol. M. Ruelle a fait dernièrement une communication à la Société Nationale d’Agriculture, sur des essais entrepris par M. Warcollier, directeur de la station pomologique de Caen, pour appliquer ce procédé aux pommes à cidre. Les expériences ont été négatives ; le formol n’a donné aucun résultat avec ces fruits, et, d’une manière générale, les lots formolés se sont moins bien conservés que les lots témoins.
- Universités étrangères. — La Revue scientifique donne des renseignements intéressants sur les Universités russes et italiennes. Il y a en Russie environ 2$ 000 étudiants répartis dans les 10 Universités suivantes, dans l’ordre de leur importance numérique : Moscou, Pétersbourg, Kiew, lîelsingfors, Odessa, Dorpat, Varsovie, Kharkow, Ivasan, Tomsk. Les plus anciennes de ces Universités sont celles de Dorpat et d’Helsingfors qui remontent au xvue siècle, celle de Moscou date de 1^55, les autres du xixe siècle, En Italie, 25 000 étudiants également, pour 21 Universités dont 17 d’Etat et 4 libres (Gamerino, Ferrare, Pérouse, Urbino) ; les Universités d’Etat sont, par ordre d’importance numérique : Naples, Rome, Turin, Bologne, Pavie, Païenne, Gênes, Padoue, Pise, Catane, Parme, Messine, Modène, Macerata, Ca-gliari, Sienne, Sassari. Sauf Païenne (1779), toutes les Universités italiennes sont antérieures au xvme siècle •
- 2 datent du xvn°, 3 du xvi®, 1 du xve, 3 du xive, 4 du xin" siècle, et Parme de 1025, Bologne enfin de 4s5.
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- INFORMATIONS
- L’éducation au Japon. — Le 32° rapport annuel du Ministère de l’Instruction publique japonais vient de paraître. Il relate les résultats de l’année 1904-1905. 11 faut noter qu’à cette date le Japon était en guerre contre la Russie, et le rapport gagne, de ce fait, un intérêt tout particulier. L’instruction publique durant cette période troublée ne fut nullement négligée, au contraire ; l’Empereur prescrit, comme un devoir jiatriotique, un redoublement de zèle pour les éducateurs et d’assiduité pour les élèves. Du reste, malgré les difficultés de la .situation financière, on ne fît sur le budget de l’instruction publique aucune réduction qui pût diminuer l’efficacité de l’enseignement. Le rapport montre également les grands progrès accomplis par le Japon depuis 32 ans dans le domaine de l’instruction publique : 7 551 44^ enfants, c’est-à-dire 97 pour 100 des garçons et 91,5 pour 100 des filles fréquentent aujourd’hui les écoles. En 1873, la proportion n’était que de 28 pour 100. Mais le Japon manque aujourd’hui d’instituteurs; les jeunes gens trouvent dans le commerce un emploi avantageux de leur activité et se tournent peu vers les carrières enseignantes. Il y a donc une crise de l’enseignement, assez difficile à conjurer. Le Japon estime encore nécessaire d’envoyer nombre d’étudiants à l’étranger, en France, en Angleterre, en Allemagne ou aux Etats-Unis. A la lin de 1904, il y avait 101 étudiants japonais à l’étranger; à leur retour, des postes importants leur sont réservés dans l’enseignement ou l’administration. L’enseignement supérieur est cependant florissant au Japon; l’Université de Tokio compte 35oo étudiants, celle de Kioto i3oo. Enfin, il existe de nombreuses écoles spéciales, écoles techniques d’ingénieurs, d’agriculture, etc., écoles de médecine, écoles de langues étrangères, de musique, etc. Notons enfin que l’hygiène est scrupuleusement observée dans les écoles, qu’il existe des médecins spécialement chargés d’examiner les élèves. Ainsi, en matière d’instruction publique, les Japonais semblent bien près d’égaler les nations les plus avancées du monde.
- Le port de Douvres. — Comme à Rotterdam, comme à Anvers, on continue de travailler activement à Douvres (Y. La Nature, nos 1497> I<!1 février 1902, et 17x9, 5 mai 1906), en vue d’agrandir le port, et de lui permettre de suffire au trafic de plus en plus impoi'tant qui s’y fait. Il est, du reste, une autre cause à ces agrandissements, c’est la nécessité de mettre ces ports, à même d’abriter au plus tôt les énormes steamers modernes, dont les dimensions, sans doute, s’accroîtront encore ulté-rieui’ement. Il est l’egrettable de constater que les ports français n’entrent pas aussi délibérément dans la voie des agrandissements. Ils risquent ainsi de perdi'e bientôt, au profit de leurs concurrents étrangers, une notable partie de leur clientèle.
- Chemins de fer transpyrénéens. — Les chemins de fer vont se multiplier dans les Pyrénées. Viennent en effet d’être déclarés d’utilité publique les chemins de fer de : i° Saint-Paul-Saint-Antoine àLavelanetet à Belesta (Ariège) ; 20 Condom à Castera-Verduzan (Gers) ; 3° Ax-les-Thermes (Ariège) à la frontièx'e espagnole près Bourg-Madame (Pyrénées-Orientales), par la vallée de l’Ariège, le col de Puymorens et la vallée de Cacol ; 4° Bedous à la frontière espagnole près le col du Som-port, par la vallée d’Aspe. Enfin une ligne sera peut-être concédée ultérieurement de Oust (Ariège) à la frontière espagnole près le port de Salau, par la vallée du Salat. Ces trois dernières lignes font partie des trois lignes internationales visées par la convention franco-espagnole de 1904 (Ax-les-Thermes à Ripoll, Oloron à Zuera, Saint-Girons à Sort). Les ti'avaux entraîneront le percement de deux tunnels, l’un au Somport, l’autre au port de Salau.
- Chemin de fer de l’Afrique occidentale allemande.
- — Le chemin de fer qui relie le district minier d’Otavi, dans l’Afrique occidentale allemande, au port de Swa-kopmund est le plus long chemin de fer à voie étroite du monde entier. La distance qui sépare les deux points terminus est de 65o km. La voie est de 0,60 m.
- Les autobus à Londres. — On compte actuellement à Londres 1000 autobus environ, transportant journellement 400000 personnes. Chaque autobus coûte 17 000 fr. Le nombre des employés attachés à l’exploitation est de 4000. Le capital total engagé par les diverses Compagnies de transport dans les autobus est évalué à 25 nxillions.
- Industrie et commerce du Japon. —Dans l’annuaire financier et économique du Japon pour 1906, publication oflicielle du Ministère des finances japonais, on relève d’intéressants renseignements. Le commerce japonais a pi'is, depuis le rétablissement de la paix, un vif essor ; le chiffre total est de 844 millions de yen (2 161 885 2 5o fr.); les exportations sont supérieures à celles de igo3 de 46 pour 100, les importations de 32 pour 100. Ce document met également en évidence une tendance fort accentuée au socialisme d’Etat. L’Etat possède un grand nombre de moixopoles : sel, camphre, tabac, postes et télégraphes, et poursuit la nationalisation des chemins de fer.
- Usines d’incinération des ordures ménagères. -
- Il doit en exister actuellement au moins 280, et répai'ties un peu dans tous les pays ; on en trouve à Singapore, à Kurrachee, à Calcutta ou au Caire, tout aussi bien qu’à Johannesburg ou à Sydney. Nous devons ajouter que les plus nombreuses ont été installées en Grande Bretagne ; c’est d’ailleurs dans ce pays qu’ont été inventés la plupart des jxroùédés qui font fortune en la matière, et au premier rang desquels on doit citer les destructeurs Meldrum, ou les llorsfall Destruclors.
- La houille blanche et le Rhin. — Le Rhin est une mine importante de houille blanche. Une Société vieixt d’être constituée pour capter et utiliser une partie de cette force jusqu'ici improductive. Des travaux importants vont être exécutés, puisque 3o millions de francs seront dépensés. Parmi les ouvrages principaux,, il convient de citer : la construction d’un barrage de x5o ni. de longueur; l’établissement d’un canal de dérivation qui mesurera environ 9 km. ; l’installation d’une usine généx’atrice d’électricité. Le canal sera sur la rive alsacienne du fleuve. L usine, qui sera construite à Kembs, actionnera 12 turbines avec 23 000 chevaux de force. Quand celte première série de travaux sera achevée, une seconde portion sera exécutée ; elle comporte une dépense qui est, quant à présent, estimée à 20 millions de francs. Cette seconde poiûion comprend : le prolongement du canal de dérivation et la construction, au Petit Landau, d’une deuxième usine, qui, avec ses 19000 chevaux de foi’ce, portera la puissance totale à 4'2 000 chevaux. La idéalisation de ce projet constituera la plus puissante installation de houille blanche existant actuellement en Europe; la dépense totale est évaluée à 5i millions de francs, y compris tous les travaux accessoires et la construction d’un pont fortifié que l’administration militaire allemande impose aux concessionnaires.
- Appareils enregistreurs pour machines-outils. —
- C’est une idée américaine qui nous semble fort ingénieuse. L’enregistreur employé possède ti’ois dispositifs indicateurs : l’un dit à quelle heure la machine a été mise en marche, puis arrêtée ; un autre indique la vitesse à laquelle elle a marché, et le troisième si l’outil travaillait bien pendant cette marche de la machine, ou si au contraire celle-ci fonctionnait à vide.
- Machines à emboutir. — Les Américains se servent maintenant couramment d’une puissante emboutisseuse, qui peut fabriquer une baignoire d’une seule pièce, en la tirant d’une tôle d’acier de 3 mm d’épaisseur : cette presse étampeuse ne pèse pas moins de 12 tonnes. La tôle est maintenue par un plateau serreur qui exerce une pression de 1400 tonnes, et le poinçon matriceur fait subir au métal une pression de 4o tonnes. En 2 minutes, on emboutit la tôle sur une profondeur de 32 cm. ; l’emboutissage complémentaire se fait après recuit. Cette emboutisseuse monstre est construite par la Toledo Machine G0.
- La presse technique au Japon. — Il vient de se fonder un journal technique japonais qui paraît en japonais sous le titre de London Schimpo ; il présente cette particularité de s’imprimer en Europe, à Londres, comme le dit son titre. Il se consacre aux questions touchant l’art de l’ingénieur et les matières industrielles diverses.
- Le métropolitain de Paris en juillet 1907. — En
- juillet 1907, la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris a effectué le transport de 14313742 voyageurs et réalisé une recette totale de 2 549 i52fl',8o. En juillet 1906, les voyageurs étaient au nombre de 12202 2o3, et les recettes ne s’élevaient qu’à 2 109 886'“',35.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- c#3s&. Automobilisme
- Totalisateur de chemin parcouru. — Il est indispensable d’avoir, sur une voiture automobile, un bon compteur kilométrique qui enregistre exactement les distances parcourues. On aura ainsi l’agrément de connaître les longueurs de chemins atteintes dans les voyages, et l’on pourra se rendre compte des fournitures
- dépensées. Le totalisateur de chemin de MM. Chauvin et Arnoux est à la fois très simple et très pratique, et donne de très bons résultats. 11 se compose d’une minutprie de grande sensibilité dont tous les organes sont entièrement à l’abri ; ils sont enfermés dans une boîte étanche qui est le chapeau d’essieu lui-même. Le totalisateur est installé Totaliseur de chemin parcouru. sur le moyeu d une
- des roues et participe rau mouvement de rotation de cette roue, et l’axe qui commande la minuterie intérieure du compteur porte sur son extrémité carrée un petit champignon en acier qui repose sur une rondelle d’acier tournant avec le compteur. L’appareil est gradué en hectomètres ; il peut totaliser 99 999 hectomètres, soit 10 000 kilomètres, après il se retrouve à zéro. — Le totalisateur de chemin parcouru est construit par MM. Chauvin et Arnoux, x86, rue Championnet, à Paris.
- *^4# ouets
- La mécanique enseignée par le jouet. — Voici un jouet qui nous vient d’Amérique et qui porte bien la
- Fig. 1. — Les pièces détachées.
- marque du pays où il fut créé. On connaît le goût des Yankees pour la mécanique pratique; c’est pour eux presque un art national auquel, dès l’enfance, ils s’ap-
- pliquent passionnément ; le jouet que nous allons décrire permet précisément d’orienter vers la mécanique le
- penchant naturel de tous les enfants, aussi bien de l’ancien que du nouveau monde, qui les pousse à vouloir, par eux-mêmes, créer et construire. Le jeu en question est une simple boîte l'enfermant, sous des dimensions
- Une brouette.
- réduites, la plupart des pièces utilisées dans la mécanique courante, petites poutres de fer, pièces d’angle, axes, clavettes, vis, écrous et crochets, engrenages divers, manivelles, poulies et roues. En assemblant ces divers éléments, on peut construire les objets les plus divers, au gré de l'ingéniosité de chacun : brouettes, wagons de chemins de fer, grues, et jusqu’à des ponts
- Fig. 4. — Une grue.
- métalliques. Nos figures montrent quelques-unes de ces constructions. Aucun outil n’est nécessaire pour le montage de pièces et l’enfant ne risque jamais de se blesser. — Ce jeu est en vente chez Peck, 6, rue Béranger, à Paris.
- Divers
- Bouton de chemise. — C’est un bouton qui convient particulièrement aux chemises molles que les boutons rigides ordinaires ne parviennent pas toujours à fermer parfaitement. Les deux têtes du bouton sont articulées sur la tige; elles peuvent donc s’appliquer l’une sur
- Bouton de chemise.
- l’autre; le bouton présente alors l’aspect de 2 petites plaques circulaires collées l’une sur l’autre, et qui maintiennent entre elles 1 étoffe de la chemise. Le bouton est ainsi absolument immobilisé, et vous pouvez vous livrer aux exercices les plus violents sans craindre d’irréparables désordres dans votre toilette. — En vente chez Kirby, Beard, 5, rue Auber, Paris.
- Pour calmer les vagues. — On connaît le précieux pouvoir calmant de l’huile sur les vagues, même les plus violentes ; c’est la suprême ressource des navires surpris par la tempête. Il était donc naturel de chercher à créer un appareil mécanique pour répandre, en cas de danger, l’huile à l’extérieur du bâtiment ; c’est ce qu’a
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- réalisé le capitaine Couves, en construisant un appareil, de manœuvre foi*t simple, toujours prêt à entrer rapidement en action. C’est un réservoir à huile, en fonte, A, surmontant un cylindre vertical également rempli d’huile, B. Dans ce cylindre se déplace un lourd piston D fixé à une tige tubulaire E filetée sur une partie
- Fig. I. h ! L'appareil éjecteur d’huile.
- a. — Emplacement de l’appareil.
- de sa longueur, et tournant dans un écrou. La descente du piston expulse l’huile au dehors. La manœuvre s’exécute au moyen d’un volant F qui termine la tige E et de la soupape C par laquelle l’huile passe du cylindre au réservoir; on peut, de l’extérieur, au moyen du volant G, la fermer ou l’ouvrir suivant que l’on veut projeter de l’huile au dehors ou que l’on veut arrêter la manœuvre. L’appareil est placé tout à l’avant du navire, et au moyen de 2 conduits peut projeter de l’huile des deux côtés du bâtiment (fig. 2). — L’appareil est construit par la Société Loveridge Ltd, Docks-Cardiff (Angleterre).
- Un nouveau type de clou. — II.faut dire que ce clou a un rôle bien spécial ; il doit maintenir une plaque de bois quelconque à la surface d’un meuble, d’une caisse, etc., sans que rien révèle extérieurement l’endroit où il se trouve.
- Il a été inventé par M. Charles A. Birdsall, de Holden (dans l’Etat américain de Montana), et il présente une forme toute particulière; il doit assurément se vendre cher, car sa fabrication est compliquée. Le corps principal du clou, qui offre une tige et une tête ordinaires, comporte une partie accessoire que fait bien saisir la figure que nous donnons, et qui affecte un peu la disposition d’une potence. Le bras horizontal de cette dernière a une section triangulaire, de manière à pouvoir pénétrer assez facilement par son angle dans le bois, dans la surface de charpente destinée à être masquée par un placage. L’autre bras de la potence est composé de deux lames minces se terminant en biseau très coupant, et munies latéralement d’indentations qui auront pour effet de mordre dans le bois du placage, et de le maintenir plus vigoureusement. Pour enfoncer le clou dans le bois de ce que nous avons appelé la charpente, on doit se servir d’un outil ad hoc, une espèce de chasse-clou construit dans des conditions très spéciales; de cette manière, on ne risque point que les coups de marteau viennent frapper et déformer les deux lames minces et en biseau de la potence. Quand le clou a été enfoncé complètement, dans la position indiquée par la figure 1, il ne reste pins qu’à mettre en place le placage. On place la planche, la lame de bois à l’endroit où elle doit venir s’appliquer sur la charpente ; et, en la martelant au point convenable, on force à pénétrer dans son épaisseur les lames solidaires de la tête du clou. Grâce au biseau qui les termine, elles ont tendance à s’écarter sous cet effort ; et quand la planche est finalement amenée au contact de la charpente, les choses se trouvent dans l’état indiqué par la figure 3, les deux lames formant un véritable rivetage qui maintient de la façon la plus solide la planche qu’on a clouée de cette façon. L’inconvénient est même qu’il est impossible de la déclouer sans tout briser.
- Coupe-Iégutnes, — On a souvent besoin de hacher du persil, de l’oseille, des épinards, des oignons, des fines herbes, etc. L’appareil, dont nous donnons la description, effectue ces opérations en quelques mouvements de va-et-vient, rapidement et avec régularité. Il
- Coupe-légumes. — 1. Ouvert.
- est formé de 10 rondelles d’acier de qualité supérieure, de quelques dixièmes de millimètres d’épaisseur, montées sur un tube, qui est lui-même porté par un arbre autour duquel il est mobile à volonté. Il suffit d’adapter sur les rondelles un couvercle à persiennes. pour maintenir le tout en place dans certaines limites. L’appareil est dès lors prêt pour le service. — Le coupe-légumes se trouve chez M. G. Renaut, 4^, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Nouveau couteau à conserves. — 11 existe déjà un grand nombre de couteaux et outils divers pour ouvrir les boîtes de conserves ; mais on a souvent besoin de ces appareils, et nous n’hésitons pas à en faire connaître un de plus. Celui-ci, comme le représente la figure ci-jointe, se compose d’une tige métallique d’environ 10 cm de longueur avec une pointe de forme spéciale ; sur le côté est montée une petite lame en forme de couteau.
- Nouveau couteau à conserves.
- Enfin la tige métallige porte une sorte de crémaillère sur laquelle se déplace une glissière munie d’une lame de forme triangulaire. Ce couteau permet d ouvrir indistinctement les boîtes de conserves rondes ou rectangulaires. Pour les boîtes rondes, on pique le bout du couteau au centre du couvercle de la boîte, et on touime le manche horizontalement de façon que la lame spéciale vienne ouvrir le pourtour ; pour les boîtes rectangulaires on fait usage du couteau placé à l’extrémité. — Le nouveau couteau à conserves se trouve chez M. G. Renaut, 43, boulevard.de Strasbourg, à Paris.
- Carafe. -— Voici encore un objet qui nous aidera à conserver aux nappes de nos tables leur éclatante blancheur. C’est une élégante carafe en cristal dont le goulot est muni d’une monture spéciale en métal nickelé. Bien souvent, lorsqu’on verse une boisson, une dernière et
- Carafe.
- fâcheuse goutte dé liquide coule sournoisement le long de la carafe et vient s’étaler sur la nappe, fort désagréablement. Ici, au contraire, cette goutte malfaisante retombe simplement dans la partie inférieure de la monture nickelée, qui forme comme une petite cuvette légèrement en pente vers l’ouverture du goulot. — L’objet est en vente chez Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber.
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- I HYGIÈNE ET SANTÉ
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- La tomate. — Il fut uu temps où les malheureux atteints, voire même soupçonnés d’arthritisme, ne pouvaient regarder une tomate. De par la médecine, et bien malin sera celui qui trouvera l’origine de la proscription, aucun rhumatisant ou pseudo-rhumatisant ne devait avaler une parcelle de ce fruit sous peine des plus épouvantables répercussions sur l’organisme. Vous avez un f>eu de goutte? ne touchez pas à la tomate : vous verriez, en en mangeant le quart du quart, augmenter la dose d acide urique et survenir les manifestations d’une lithiase dangereuse.
- Hélas! combien de pauvres gens, sur la foi de ces données, se sont privés de ce fruit agréable sous les diverses formes dont sait l’accommoder votre cuisinière : tomates.farcies, tomates en salade, tomates gratinées, que sais-je? la liste doit être longue. Eh bien, la tomate n’est pas nocive plus qu’un autre fruit : elle ne contient pas plus d’acides que beaucoup d’autres qui sont permis et recommandés. En voici la preuve fournie par M. Alba-
- hary, qui a fait un grand nombre d analyses. Le fruit du Lycopersicum esculentum, vulgairement la tomate, donne pour cent parties : eau, 93,o5 ; matières azotées, 0,95 ; matières sans azote, o,5o; graisse, 0,20; hydrates de carbone, 3,Go; matières insolubles organiques, 1,69; matières insolubles inorganiques, 0,11; phosphate de chaux, 0,12.
- Les acides libres qu’on peut doser se trouvent dans les proportions suivantes pour cent parties de tomate fraîche : acide malique, 0,48; acide citrique, 0,09; acide oxalique, 0,001 ; acide tartrique et succinique, traces. Ajoutez une certaine quantité de fer dosable. Ainsi l’acide oxalique y est à la dose infinitésimale de un milligramme pour cent alors que les cacaos en contiennent jusqu’à 2 et 4 grammes. C’était jadis le gros argument contre l’emploi de ce fruit chez les goutteux; or d’acide oxalique il n’y en a pour ainsi dire pas. La tomate peut donc être mangée sans crainte par les arthritiques; que ceux qui l’aiment ne s’en privent pas. Dr A. C.
- VAR1 ÉTÉS
- La puissance des moteurs d’automobile. — L’automobilisme se vulgarise tellement, qu’il n’est plus possible, à l’heure actuelle, sous peine de passer pour un ignorant, de ne pas posséder une certaine compétence en matière de moteurs à pétrole. Mais les publications spéciales ont tellement compliqué les choses que les chauffeurs eux-mêmes ont peine à se reconnaîti'e dans la confusion des forces nominales et des forces effectives. Il existe bien, pour fixer les idées, toute une série de formules qui conduisent par le calcul à des approximations très suffisantes : mais on n’a pas toujours le temps de les appliquer numériquement. Aussi faut-il noter, comme une chose utile, que l’excellente Revue La Technique automobile vient de publier un tableau très clair, qui donne, en partant d’un alésage donné, la puissance, exprimée en chevaux, d’un moteur suivant le nombre de ses cylindres. (L’alésage est le diamètre du cylindre).
- Nombre de cjliniiïcs. Alésage en décimètres.
- — '0,7 0,8 0,9 1,0 1,1 1,2 1,5
- un . . — deux . 6,86 quatre. 13,92 six . . 20,78 4,48 8,96 17,92 28,88 5,67 11,54 22,68 34,02 7,00 14,00 28,00 42,00 8,47 16,94 53,88 50,82 10,08 20,16 40,52 11,88 23,66 47,32
- La simple lecture des chiffres de ce tableau permettra de réduire à néant les allégations souvent fantaisistes des constructeurs. . Francis Marre.
- Histoire et météorologie. — Sous ce titre, M. E. Clouzot a publié en 1906, dans le Bulletin historique et philologique, et reproduit cette année en plaquette de l’Imprimerie nationale, un travail de quelques pages que nous croyons devoir signaler. On se rappelle que la conférence internationale de météorologie tenue à Innsbruck, en septembre 1905, a « reconnu utile de rechercher dans les documents historiques des divers pays les renseignements sur les phénomènes météorologiques anormaux, tels que les inondations, les sécheresses, les hivers particulièrement rigoureux, etc. ». M. Clouzot a voulu se rendre compte de ce qui a déjà été fait dans ce sens, et il donne des indications précieuses sur les sources qui pourraient être consultées. Parmi la centaine des travaux cités, nous signalerons, après l’auteur, l’ouvrage de M. L. Duval, Phénomènes météorologiques observés en Normandie (1073-1854), qui a été effectué d’après les chroniques locales, les archives du département de l’Orne et celles des communes, et les travaux de l’abbé Ferran (Pamiers, Mireptoix, Conse-
- rans, Rieux, Alet), de M. Clos (Toulouse), puis des monographies s’appliquant, non plus à toute la météorologie d’une région, mais à un phénomène météorologique déterminé, chronique ou accidentel : L'hiver en Anjou, de Célestin Port (i85o); L'hiver en Gatinais (1326-1789), par M. E. Thoison (1893); Les observations pluviométriques, de Raulin (1876, 1881, 2 vol.) qui s’étendent sur toute la France du xvue au xix° siècle ; Les inondations en France depuis le vie siècle jusqu'à nos jours, par M. Champion ( 1858, 6 vol. 8°); Statistique des orages à grêle, tempêtes, bourrasques, trombes et ouragans dans le département de l’Oise, du xne siècle à nos jours, par Rottée (1867).
- En dépit de la valeur très grande de ces ouvrages, oeuvres de patience et de conscience qui font le plus vif honneur à leurs auteurs, l’ensemble des publications citées par M. Clouzot est loin d’épuiser la totalité du sujet. Elles représentent un travail d’amateurs, qui se sont confinés chacun dans son domaine, et qui, par manque d’un travail coordonné, sont loin d’avoir exploré toutes les sources. M. Clouzot montre que celles-ci sont fort nombreuses et fort riches, et qu’il serait facile d’y puiser. Nous ne saurions d’ailleurs songer à le suivre dans cette partie de son travail. Il nous suffit d’avoir signalé à nos lecteurs qu’ils y trouveront des indications du plus haut intérêt et les moyens d’accomplir un travail ou des travaux, minutieux et longs, mais qui pourront couvrir de gloire celui qui les mènera à bien.
- Quelques particularités sur le tabac. — Le tabac provient de diverses régions assez délimitées de nos continents, du moins pour les espèces plus ou moins renommées qui sont employées dans la fabrication des produits manufacturés. On a constaté que la teneur en nicotine des tabacs de l’Afrique du Sud dont l’étude avait été négligée jusqu’ici, n’est, en général, pas très élevée et qu’elle varie, suivant l’origine de la plante, de 0,47 à 4,97 pour 100. '
- L’usage du tabac, d’ailleurs, n’est pas funeste uniquement par l’absorption plus ou moins grande de produits alcaloïdiques, pyridiques ou goudronneux qui se développent pendant la combustion ; mais il peut être également nuisible à la longue par les gaz qui prennent naissance ; c’est ainsi qu’on a trouvé que la fumée fournie par la combustion normale de 1 gramme de tabac, c’est-à-dire par le poids approximatif nécessaire à faire une cigarette, renferme 0,1 cm5 à o,o3 cm3 d’oxyde de carbone, gaz des plus toxiques et des plus dangereux au point de vue hygiénique.
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-
- La période froide qui a commencé à se dessiner dès lëTer juin, s’est continuée pendant la plus grande partie du mois de juillet, un des plus froids que l’on connaisse. Le thermomètre ne s’est pas élevé jusqu’à 3o°; par contre, il s’est abaissé 9 fois au-dessous de io°, avec un minimum absolu de 5°,6, chiffre qui figure pour la première fois en juillet sur nos registres. Deux fois seulement depuis 34 ans, en 1879 et en 1888, la température moyenne de juillet a été inférieure à celle de cette année, qui n’est que de i6°,3, comme en 189b, alors que la normale est de i8°,2; et en remontant jusqu’au commencement du xix° siècle, on ne trouve, dans les observations de Paris, que les années 1816, 1841 et 1860 ayant une moyenne de juillet inférieure à celle de 1907.
- Le total de la pluie est faible ; à peine égal à la moitié de la hauteur qui tombe habituellement en juillet, et se répartit sur 11 jours seulement; mais, comme déjà en juin, la nébulosité est en excès et par suite l’insolation en défaut. Les vents du Nord-Est ont été dominants. Le niveau de la Marne ne s’est pas sensiblement modifié au cours du mois, et la cote du 3i (2m,i5) diffère à peine de celle des premiers jours; la température de l’eau a nécessairement subi l’influence de celle de l’air, et c’est seulement à partir du 20 qu’elle s’est maintenue un peu au-dessus de 200, avec un maximum de 220,90 le 3o; la moyenne du mois est de 190,18, nombre le plus faible observé depuis 1890.
- Pression barométrique (ait. 5ora,3). — Moyenne des 24 heures, 759“m, 19 ; minimum absolu, 749""“,3 le Ier à 3h5o“; maximum absolu, 769"'“,o le 11 à 231‘45m; écart extrême, 19"““, 7.
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima, io°,9i ; des maxima, 22°, 15 ; du mois, 16°, 53 ; des 24 heures,
- 16°,31 ; minimum absolu, 5°,6 le 3; maximum absolu, 290,2 le 29. Amplitude diurne, iiü,24; minimum, 2°,5 le ier; maximum, i6°,7 le 22. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, 9°,i3; des maxima, 45°,73; minimum absolu, 3°,6 le 12 ; maximum absolu, 58°,2 le i5. — Dans le sol gazonné, moyennes du mois; profondeur, om,3o : à 9 heures, i6°,88; à 21 heures, 170,26; profondeur, om,65 : à 9 heures, 160,07; à 21 heures, i6°,o8; profondeur i m. : à 9 heures, i5°,25; à 21 heures, i5°,28. — De la Marne : moyenne le matin, i8°,8o; le soir, 190,56 ; minimum, i6°,55 le 3; maximum, 220,90 le 20.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 9™“,85; minimum, 5mm,6 le i3 à 10 heures; maximum, i4“m,9 le 528 à 8 heures et 21 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 73,0; |
- ;-Maur, en juillet 1907, par M. Th. Moureaux.
- minimum, 3o le 21 à 18 heures; maximum, 99 le 6 à 21 heures et à 22 heures.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 5,57; minimum, 0,0 le 20; ciel complètement couvert le Ier.
- Insolation : durée possible, 485 heures ; durée effective, 22911,8 en 3o jours; rapport, 0,47.
- Pluie : total du mois, 27“”“,8 en 22’“,4.
- Nombre de jours : de pluie, 11; de pluie inappréciable, 3; de rosée, 24; de brouillard, 1 ; de brume, 6; de halos, 3; d’éclairs, 1 ; orage le 23.
- Fréquence des vents : calmes, 19.
- N......... 5i S. E . . . 5 W. ... 43
- N. N.E. . 116 S. S. E. . 1 W. N. W. 33
- N. E . . . 165 S....... 5 N. W . . 29
- E. N. E. . 33 S. S. W . 44 N. N. W . 25
- E......... i3 S. W. . . 106
- E. S. E. . 2 W. S. W. 54
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 3m,4; moyenne diurne la plus grande, 5m,8 le 4; la plus faible, ira,5 le 22; vitesse maximum en i5 minutes, 9“,7 le 4, de ia’^S^à i3 heures par vent S. S. W.
- Electricité atmosphérique : moyenne des 24 heures (25 jours), 102 volts; moyenne diurne la plus grande, 175 volts le 29; la plus faible, 66 volts le 20; amplitude diurne, o,3o; amplitude noctui'ne, 0,37.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2"',24; minimum, 2m,o3 le 24; maximum, 2m,5o le 6 et le 9.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, -(— 1uim,19; température, —2°,35; tension de la vapeur, — imm, 12 ; humidité relative, +o,5; nébulosité, -{-0,09; pluie, — 24mm,6.
- Taches solaires : on a suivi 12 taches ou groupes de taches en 29 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques : très faibles, les 1, 2, 7, 8, i5; assez fortes, les 10-11 et 27-28.
- Floraisons : Le Ier, chardon Marie; le 2, lis blanc; le 4, gaura; le 5, millepertuis; le 7, helianthus multi-florus ; le 8, œnothère, chèvrefeuille des bois; le 9, spirée de fortune, chrysanthème d’été; le 14, bouillon bl-anc ; le 16, fenouil, passerose; le 18, harpalium, coreopsis; le 20, verge d’or, souci, tilleul argenté ; le 22, yucca filamentosa; le 23, saponaire; le 25, phlox vivace, leucanthemum lacustre; le 27, eupatoire à feuilles de chanvre, absinthe, mélisse; le 28, bardane; le 29, tabac commun, mauve d’Alger; le 3o, statice limonium. — Exfoliation des platanes le 22.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Sur la distillation du bois. — Nos lecteurs savent que, dans un certain nombre de régions, on a substitué à la fabrication du charbon de bois, par le moyen des meules, la distillation en vase clos qui possède l’avantage de permettre de recueillir les produits volatils qui se dégagent pendaùt la carbonisation du bois : gaz combustibles, alcool méthylique, acétone, acide acétique impur ou pyroligneux, goudron, créosote, etc. Ces produits peuvent servir à un grand nombre d’usages, et leur rendement ajouté à celui du charbon de bois obtenu permet de compenser, et au delà, les frais de l’opération de la distillation en vase clos. Toutefois cette opération nécessite certaines conditions ou précautions sur lesquelles vient de revenir avec détail un chimiste allemand, M. Klar. Cet auteur a trouvé que la distillation du bois se fait le plus avantageusement en observant les prescriptions suivantes :
- Le bois doit être bien desséché par un chauffage préalable. La carbonisation doit se faire lentement, sur des charges assez considérables introduites par des wagons de chargement dans de grandes cornues hori-
- zontales ; celles-ci doivent être soumises à une chauffe très régulière, au besoin par l’emploi du gaz comme moyen de chauffage. Les gaz non condensables qui proviennent de la calcination sont lavés avant d’être brûlés ; ces gaz sont aspirés à leur sortie de la cornue afin d’éviter dans cette dernière une pression trop élevée. De cette façon, on obtient directement un acide acétique exempt de goudrons tandis que l’acide pyroligneux habituel en renferme une grande quantité.
- Désinfection des livres. — Voici quelques indications empruntées à un récent travail de MM. Badia et Greco. Ces auteurs préconisent pour la désinfection des livres l’emploi de la vapeur sous pression, c’est-à-dire la stérilisation à l’autoclave. Pour éviter que les livres brochés ou cartonnés ne se détériorent, il faut les mettre à plat et les soumettre à une pression légère après l’opération. Quant aux reliures parchemin, cuir, etc., elles subiraient une trop forte rétraction, et il est nécessaire d’en débarrasser les volumes avant la mise en autoclave.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. Eu raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Les colonnes de brèche du Koliistan. — La question que nous avons posée à nos abonnés dans notre n° 1783, du 27 juillet, nous a valu un nombre considérable de réponses qui font honneur à la sagacité et à l’attention scientifique de nos lecteurs. Nous y avons trouvé une fois de plus l’occasion de constater la fidélité de nos plus anciens amis, presque ceux de la première heure, puisque c’est de La Nature elle-même qu’est extrait le dessin qui nous avait frappé, et qui illustrait, dans le n" Ü6() du 26 avril 1884, un article de M. G. Capus sur les Sables mourants et colonnes de brèche du Tur-kcslan. M. le Dr Buryelle, de Cambrai, nous signale de plus la description qu’en donne Bonvalol dans son ouvrage Koliistan et Caspienne [ Plon, éditeur, 1885, p. 69). Tous nos remerciements à nos correspondants.
- Renseignements. — M. J. Morin. — Nous 11e croyons pas que le procédé d’anesthésie par les courants de haute fréquence proposé par M. Billankin se soit généralisé. 11 y a à cela des difficultés d’outillage qui font préférer, dans la pratique courante, les modes habituels d’anesthésie, modes donnant du reste toute satisfaction.
- M. Collas, â'Patras. — 11 nous est impossible de vous donner une réponse précise; la quantité d’eau contenue dans un compteur à gaz dépend du type de ce compteur et de ses dimensions.
- M. Diaz-Cazas, à Xérès de la Frontera.— La Société française des papiers d’aluminium a son siège, .96, rue Nationale, à Ivry-Port (Seine).
- M. Jacquot, à Grenoble. — Nous vous remercions vivement de vos très intéressants renseignements sur les Touaregs, dont nous ne manquerons pas de faire profit à Foccasion.
- M. Tanod Nilessao, à Paris. — j° Nous vous conseillons l’emploi de l’eau de Yichy. — a0 Nous ne connais-
- sons pas la formule de préparation de la phosphatine. — 3° Vous faites sans doute allusion aux tableaux du Dr Landouzy ; vous les trouverez chez Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. P. A. Pichot, h Paris. — Vous trouverez dans notre n° 1785, du 10 août, à notre rubrique bibliographie, tous les renseignements sur le travail de M. Loisel, adresse de l’éditeur et analyse de l’ouvrage.
- M. ILerbin, à Buenos-Ayres. — Pour la soudure Tinol, adressez-vous à la Société Kuppers Metallswerke, à Bonn (Allemagne). Voici une recette de soudure à froid pour le fer : recouvrir les extrémités à réunir d’un mastic composé de : soufre 6 parties, céruse 6 parties, borax 1 partie, diluées dans l’acide sulfurique concentré ; presser fortement les 2 pièces l’une contre l’autre et laisser 5 à 7 jours. La jonction est extrêmement résistante. Voici encore une formule de soudure à basse température : dans un mortier en porcelaine, mélanger du cuivre en poudre et de l’acide sulfurique concentré ; on prend de 3o à 36 parties de cuivre; on ajoute en remuant toujours 70 parties de mercure; l’amalgame achevé, on lave à l’eau chaude pour enlever tout l’acide ; on laisse refroidir. Pour utiliser cette soudure, la chauffer jusqu’à consistance de la cire et l’étendre sur les surfaces à réunir: refroidie, elle adhère fortement. On obtient le cuivre en poudre en précipitant une solution de sulfate par le zinc.
- M. de B., à Rochecorbon. — Nous avons bien reçu vos deux jietiles pommes de terre. Nous pensons qu’il s’agit là d’une variation tout individuelle et qui ne saurait être l’origine d’une variété cultivable. Vous pourriez cependant, après les vacances, demander l’avis de M. le Professeur Costanlin, du Muséum d’histoire naturelle.
- M. Saint-G., à X. — La valeur nutritive des dérivés de la noix de coco, tels que la végétaline, est incontestable; on l’emploie avec succès en cuisine et en pâtisserie. La Nature donnera prochainement une étude à ce sujet.
- Demande à nos lecteurs. — On nous demande l’adresse de la testaline, enduit imperméable pour les maçonneries.
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- BIBLIOGRAPHIE
- L'indicateur de la photographie. Édition 1907. Paris, Imprimerie Lahure, 1 vol. Prix : relié, 4 francs ; broché, 3tr,5o.
- Nous nous faisons un plaisir de signaler la belle édition de 1907 du bon Indicateur de la photographie publié par la maison Lahure. Digne en tous points de ses aînées, elle rendra les plus précieux services à tous les amateurs et professionnels.
- Kaukasus, par M. de Déchy, Berlin, Dietrich Keimer, 3 vol. in-4° avec 96 pl., 2 cartes et 400 grav. Prix : 100 francs.
- LJ année psychologique, dirigée par Alfred Binet. Paris, Masson etCu, 1907. 1 vol. in-8°, 494p- Prix : i5 francs.
- LJ année psychologique est de ces publications dont l’éloge n’est plus à faire. Nous nous contenterons de donner la liste des principaux mémoires qui sont contenus dans le volume de cette année, et où nos lecteurs trouveront des noms qui leur sont connus. La Nature reviendra d’ailleurs spécialement sur ceux de ces travaux qui sont de nature à intéresser ses lecteurs : H. PoiNCARé : Relativité de l’espace. — Imbert : Etude du travail professionnel. — H. Piéron : Grandeur et décadence des rayons N. — Ley : Le médecin et le pédagogue. — Van Gehuchten : Voies sensitives du système nerveux. — L. Fredericq : Conditions physicochimiques du fonctionnement des centres nerveux. — Wertheimer : Douleur et nerfs dolorifiques. — G. Bonnier : Double individualité du végétal. — Cré-
- pieux-Jamin : L’expertise en écriture et l’affaire Dreyfus. — Foucault : Progrès de la psycho-physique.
- — Souriau : Perception des faits psychiques. — F. Plateau : Les insectes et la couleur des fleurs. —G.Zeliony: Travaux de Pawlov sur la sécrétion de la salive psychique. — Maxwell : Psychologie et Métapsycliique.
- — Van Biervliet : Toucher et sens musculaire. — Decroly et Degand : Mémoire visuelle des anormaux.
- — Bourdon : Sens articulaire ou musculaire ? — G. Bohn : Habitudes chez les animaux.— E. Maigre : Nature et genèse des instincts..— R. Masselon : L’affaiblissement intellectuel. — Régis et Laurès : La confusion mentale chronique. — Deniker : Les races en psychologie. —Bernheim : Le problème des aphasies.
- — Larguier : Psychologie de la pensée. — Chabot : Coopération de l’Ecole et de la Famille. — Cantecor : Morale sociologique.
- Dictionnaire et vocabulaire de l’automobile, français, anglais, allemand, italien, suivi d’un manuel pratique de tourisme international, par J. Izart, chez Dunod et Pinat, Paris.
- La Suisse, par K. Bœdeker, 25e édit, française, 1907, avec 69 cartes, 18 plans, 11 panoramas. Paris. Ollen-dorff. Prix : 10 francs.
- Les ballons dirigeables. Théorie, applications, par E. Girard et A. de Rouville, ingénieurs des Ponts et Chaussées. 1 vol. in-8°. Prix : broché, 5 francs, chez Berger-Levrault, 5, rue des Beaux-Arts, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les loisirs que la vie de garnisou laisse l'hiver-à nos officiers ont été bien souvent l’origine de remarquables ti'avaux. Nous en trouvons la px-euve une fois déplus dans cet ouvrage, travail d’hiver de deux jeunes sous-lieutenants de réserve du génie. C’est un résumé magistral des études aéi’onautiques faites jusqu’ici, exposant scientifiquement les résultats acquis et les principes établis depuis un siècle de x*echerches et d’essais. Les aéronautes trouvei'Ont, condensée dans les 3oo pages de ce livre, l’expérience de leurs prédécesseurs. L’étude de cet ouvrage sera pour eux une excellente préparation à la recherche de perfectionnements nouveaux.
- Principes de botanique, par R. Cxxodat, professeur de botanique à l'Université de Genève. Paris, J.-B. Baillière et fils. Genève, Georg et C‘°, 1907. 1 vol. in-8°, 744 P-i 829 fig. Prix : 12 francs.
- Nous considéi*ons l’ouvi'age de M. Chodat comme un des plus importants travaux synthétiques de botanique qui soit paru dans ces dernièi'es années. Comme l’indique le titre, il s’agit ici des principes et non des faits de la botanique ; c’est dire que l’ouvrage ne fait pas double emploi avec les traités de botanique existants, mais il les complète en présentant le tableau des principaux problèmes à l’étude. Voici d’ailleurs le sommaire de la table : Physiologie générale : constitution de la matière vivante ; captation et transformation de l’énergie. — La cellule, les tissus : la cellule ; oi'ganogéuie, anatomie. —Physiologie spéciale : fonctions d’élaboration, x-elation, reproduction. — Philogénie : variations, hérédité.
- The distribution offood fishes during the fiscalyear, 1906. Washington. Government printing office, 1907 (Bureau of fisheries, document 613).
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5o““,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 août 1907. . 15°,1 Calme. Beau. » Rosée ; halo ; peu nuageux de 15 h. à 18 h. ; Beau avant et après.
- Mardi 15 19°,0 S. W. 1. Couvert. » Brumes ; presque couvert.
- Mercredi 14 18°,8 S. W. 1. Couvert. » Presque couvert; puis nuageux; beau après 18 h.
- Jeudi 15 19°,0 S. W. 5. Couvert. 7,1 Faible rosée; nluie de 9 h. 50 à 11 h. 15; halo; presque couvert.
- Vendredi 10 15°, 4 S. W. 2. Couvert. 1,9 Rosée ; pluie de 13 h. à 15 h. 20 ; presque couvert.
- Samedi 17 15°,0 S. W. 3. Couvert. 0,2 Bruine de 4 à 5 h. ; pluie fine à G h. ; couv. le in. ; puis nuageux.
- Dimanche 18 10°,3 S. S. W. 2. Couvert. 0.7 Pluvieux de 5 h. à 9 h. ; couvert le 111. ; nuageux le soir.
- AOUT 1907. — SEMAINE DU LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 AOUT 1907.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 12 au 18 août. — Le 12. Pression atmosphérique (en mm) supérieure à 765 sur le S.-O. de l’Europe, l’Auti'iche et la Pologne, à 760 sur les Iles Britanniques. Dépression sur le N. de l’Europe ; maxima à Biarritz, 770; minima à Hapaimnda, 745. Température du matin : Paris, i5c; Clermont, 190; Toulouse, 200 ; Brindisi, 27°; Puy de Dôme, 13° ; Pic du Midi,-9°; moyenne à Paris, i7°,2 (normale : 17°,9).— Le i3. Pression barométrique supérieure à 765° sur toute l’Europe sauf Suède, Norvège, Nord de l’Angleterre et de la Russie ; maxima vers la Gascogne, 772; minima à Haparanda, 751. Quelques pluies dans le Nord de l’Europe. Temp. du matin : Christiansund, q°; Paris, 190; Toulouse, 200; Madrid, 23°; Alger, 26°; Puy de Dôme, 120; Pic du Midi, io° ; moyenne à Paris : i8°,9 (normale : 170 9). — Le i4-Press, atm. : baisse lentement sur l’Ô. de l’Europe, France, Autriche, 765; Angleterre, 755. Pluies dans le N. de l’Europe. Temp. du matin : Chx'istiansund, io°; Paris, 190; Toulouse, 220; Alger, 28°; moyenne à Paris: 2i°, 1 (noi’male : i7°,8). — Le i5. Baisse généi'ale de la pi'ession atm. dépression sur les Iles Britanniques,
- 749 mm. Pluies dans le N. de l’Europe. Temp. du matin : Christiansund, xi°; Paris et Toulouse, 190 ; Lyon, 24°; Alger, 270 ; moyenne à Paris, 2i°,3(normale : i7°,8). — /.ei6. La dépression barométrique de la veille l'emonte vers le N.-E. baisse importante sur l’Autriche etlTtalie ; la pression se relève sur l’Espagne et la Gascogne; pluies générales sur le N. et le N.-O. de l’Eui'ope. Temp*.'du matin : Skudesness, io°; Paris, i3°; Alger, 20°; Puy de Dôme, 5°; Pic du Midi, 3°; moyenne de Paris, 17°,4 (normale : 17°,3). — T.e 17. La pi'ession atm. continue à baisser; fortes pressions sur l’Espagne, 770. Pluies dans le Nord et le Centre de l’Europe. Temp. du matin : Christiansund, 9°; Paris, 15°; Nantes, r70; Alger, 24°; Puy de Dôme, 8°; Pic du Midi, 6°; moyenne à Paris, i5°,2 (normale : 170,7).—Le 18. Même situation atm. Pluies sur le Nord et le Centre du contiixent. Temp. du matin : Christiansund, 90 ; Paris, 16°; Clermont, 170; Lyon, 20°; Alger, 25°; Puy de Dôme, 14° > Pic du Midi, n°; moyenne à Pains : i6°,6 (normale : i7°,6). — Phases de la Lune.: Premier quartier : le 16 à 9 h. i5 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- j20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1788 (31 AOUT 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Monument de Bradsky et Morin. — Le 18 août a été inauguré, à Stains, le monument commémoratif de la catastrophe (1902) où périrent les deux aéronautes Bradsky et Paul Morin, victimes de leurs essais de ballon dirigeable.
- Commune de Gentilly. — Les industriels qui viendront s’installer sur le territoire de la commune de Gentilly seront, pendant trois ans, exonérés des droits td’octroi sur les matières premières employées à leur industrie.
- Le riz en Camargue. — Le riz est très cultivé en Camargue. Ceci vient de ce que le dessalement des terres est une opération capitale pour mettre en valeur une grande partie du delta du Rhône. La submersion doit être assez prolongée et elle doit être combinée avec un écoulement rapide des eaux après l’opération. Le riz exigeant beaucoup d’eau est la plante qui s’accommode le mieux d’un terrain préparé de cette façon, aussi cette culture s’est-elle développée en Camargue. Au xvne siècle divers essais agricoles y furent tentés, mais on les interrompit bientôt pour ne les reprendre que dans la première moitié du xixe siècle ; le baron de la Rivière qui les dirigeait trouva alors peu d’imitateurs. Depuis une trentaine d'années, la culture du riz est, dans un grand nombre de domaines, l’opération préalable de la plantation de la vigne en Camargue ; ce procédé donne de bons résultats et semble vouloir se développer, car actuellement près d’un millier d’hectares dans cette région sont occupés par la culture du riz. En igoÔ, M. Granaud, conseiller général des Bouches-du-Rhône, et M. Larroque, professeur d’agriculture, se rendirent en Italie pour se livrer à une enquête sur cette culture. La conclusion de leur rapport était que le riz pouvait jouer un rôle important pour la mise en valeur de la plaine du Bas-Rhône. Les herbages salés qui actuellement ne peuvent être utilisables pour les moutons occupent une surface d’environ 3oooo hectares dans la Camargue et le Plan-du-Bourg ; la rizière en réalise la transformation, mais il faut naturellement des travaux d’assèchement et d’irrigation assez importants et bien appropriés.
- L’opium en Chine. — Le gouvernement chinois a accepté officiellement les propositions américaines du 21 juin, l’invitant à ouvrir une enquête au sujet du commerce de l’opium, de concert avec les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, la Hollande et la Grande-Bretagne. Il faut espérer que cette adhésion va se marquer par de sérieux résultats.
- L’électricité à Paris et les chutes du Rhône. —
- 1-1 -i. IJ Z ïrî onrmii] rl’lilahnrf‘1' un uroiet.
- d’utilisation des chutes du Rhône pour fournir Paris d’électricité. L’emplacement des ouvrages hydrauliques serait à Génisset ; l’entreprise disposerait d’un certain nombre de dynamos, représentant une puissance de 200000 HP. La station comprendrait des turbines de 9000 HP. La transmission du courant électrique se ferait à une tension de 120000, peut-être iSoooo volts.
- Téléphonie en Turquie. — Le téléphone a été jusqu’ici interdit en Turquie. On prétend que le Sultan redoute cet appareil, qu’il le regarde comme un instrument de conspiration. Le bruit court cependant que ce préjugé du Sultan a disparu et qu’il a décidé l’organisation d’un service téléphonique à Constantinople.
- La télégraphie sans fil de la Tour Eiffel à Casablanca. — Le poste de télégraphie sans fil de la Tour Eiffel, qui était déjà en communication avec diverses places de la frontière de l’Est, et plus particulièrement avec Belfort, a été mis, il y a quelques mois, en relations suivies avec Alger et Bizerte. Dès le début de nos opérations militaires à Casablanca, le bruit a couru que la Tour Eiffel pouvait communiquer à i5oo km. avec les croiseurs mouillés devant le port marocain. La nouvelle est inexacte ; mais il est certain que si la tour était munie d’appareils d’une force suffisante, elle constituerait une antenne susceptible de transmettre des messages à cette distance et peut-être même à des distances supérieures.
- Téléphone d’escadre. — C’est un appareil imaginé par le commander Bradley A. Fiske et destiné à la navigation en escadre par temps de brume. Voici sommairement ce qu’en dit la Revue maritime d’après l’étude originale parue dans les Proceedings of the United States Naval Institute de 1907. Dès l’approche de la brume l’amiral fait ranger les bâtiments en ligne de file régulière, chacun filant par-dessus son arrière une aussière en fil de fer isolé supportée par une bouée. L'aussière est réunie à l’avant du bâtiment suivant à un câble permanent qui court suivant toute la longueur, et qui fait partie d’un circuit comprenant une batterie séparée pour chaque navire et deux séries de téléphones, l’une dans la chambre des cartes, l’autre dans la cabine. Des essais ont été effectués pendant l’été de 1906, au large de la baie de Virginia, et en automne. Ils seront poursuivis, mais dès à présent on pense qu’après avoir résolu quelques petites difficultés pratiques, le système du commander Fiske est excellent, et serait notamment très préférable au système des signaux de télégraphie sans fil.
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- INFORMATIONS
- Commutateur téléphonique automatique. — MM. G.
- Mambrct et Ci0 viennent de faire adopter par l’administration française un commutateur automatique destiné aux postes supplémentaires d’abonnés. On sait que les postes supplémentaires ne sont en relation directe qu’avec des postes principaux, et que les communications avec les bureaux centraux sont données par ce poste principal. De là la nécessité de mettre une personne à demeure dans chacun de ces derniers postes pour répondre aux appels. C’est là un inconvénient que le commutateur automatique Mambret supprime radicalement. L’appareil se compose d’un plateau comportant autant de directions qu’il y a de postes supplémentaires reliés au poste principal ; un indicateur est placé au-dessus de l’arrivée de chaque ligne chez l’abonné supplémentaire. Ce dernier n’a qu’à consulter cet indicateur pour savoir si la ligne principale est libre ou occupée. La ligne étant libre, l’abonné la prend directement; tous les autres abonnés de l’immeuble — si le poste est placé dans la loge du concierge — sont aussitôt prévenus par leur indicateur. L’abonné supplémentaire obtient alors la communication absolument comme s’il était abonné principal et sans que personne puisse écouter la conversation. La conversation étant terminée, l’abonné presse sur un bouton et remet ainsi les communications dans leur état normal. Ce système apporte l’indépendance absolue à chaque abonné supplémentaire et permet l’utilisation maximum de la ligne principale puisqu’elle peut être utilisée par un autre abonné dès qu’elle est redevenue libre.
- Postes militaires de télégraphie sans fil. — Les
- Etats-Unis viennent d’adopter pour l’armée des postes de télégraphie sans 111. Les instruments : clef, détecteur, condensateurs, bobine sont fixés dans une valise qui pèse i5o livres. Cette valise se place sur deux caisses de bois qui contiennent les accumulateurs pouvant travailler io heures. Le poste comporte un mât de 20 m. démontable en 10 morceaux qui s’emboîtent et sont maintenus par des haubans ; un ruban de cuivre court tout le long. Pendant les marches, le tout est ainsi transporté : la valise des appareils est portée par une mule ; une autre porte les accumulateurs et une troisième le mât, les haubans, fils et accessoires. La portée du poste est de i 5 à 20 milles. Pour recharger les accumulateurs, on emploie un groupe électrogène à essence qui est placé sur un chariot du corps d’armée avec lequel les postes télégraphiques sont en communication. Le gouvernement des Etats-Unis a fait des essais à Fort-Meyer avec des soldats inexpérimentés : les résultats ont été satisfaisants ; l’érection du mât se fait sans diflîculté. D’autres expériences avec une antenne portée par un cerf-volant ont été également concluantes.
- Le 1°' Congrès de la navigation intérieure. — Ce
- Congrès s’est réuni à Bordeaux, du 18 au 21 juillet, et a étudié un certain nombre de questions intéressant au plus haut point le développement et la prospérité de notre réseau de navigation. M. Ladite a exposé la condition du réseau navigable français ; et a montré que pour augmenter son rendement, il était nécessaire d’élargir certains canaux et d’agrandir les écluses. M. de Mas a étudié les problèmes techniques que soulève la construction des voies navigables modernes et l’aménagement de celles qui existent. M. Mallet a comparé les voies navigables et les voies ferrées, et a cherché à démontrer que la concurrence qu’elles se font parfois, est avantageuse aux deux modes de transport. M. Taver-nier a recherché les moyens à employer pour intéresser les capitaux collectifs ou privés à la mise en valeur des voies navigables et proposé de forts remarquables solutions. M. Fabre a mis en lumière l’importance de la restauration et du reboisement des montagnes pour assurer la sécurité et la régularité de la navigation. M. Schwob a exposé la question de la houille blanche.
- Notre flotte aérienne. — Cinq dirigeables du type Patrie seraient actuellement en construction, trois dans les ateliers de MM. Lebaudy, à Moisson, deux dans les ateliers aérostatiques de Chalais-Meudon. MM. Lebaudy doivent livrer en mars 1908, les trois aéronefs qu’ils ont en commande. Ainsi nous posséderons bientôt une véritable escadre aérienne qui ne comptera pas moins de 8 unités, elles sont réparties entre les différentes places fortes de l’Est : Belfort, Verdun, Toul, Besançon
- et le camp de Chàlons. Actuellement un dirigeable est en permanence à Chalais-Meudon où il sert à faire l’apprentissage des futurs équipages.
- Monnaies françaises. — Pendant l’exercice 1906, il a été fabriqué près de 332 millions de francs de monnaies d’or françaises; ce chiffre est le plus élevé qui ait été atteint depuis i85g. L’émission de .monnaies divisionnaires a atteint 3 247 672 francs. Les ateliers de la Monnaie ont eu une très grande activité en raison des nombreuses fabrications de monnaies coloniales.
- Le réseau navigable français. — Il a un développement de ii 577 km. La France a consacré à la construction, l’amélioration, et l’entretien de ce réseau au cours du xix8 siècle la somme de 2 3oo millions. Cette somme énorme s’explique par le nombre élevé de canaux qui représentent 42 pour 100 du développement. L’Allemagne qui a un réseau navigable très serré de i3 516 km est plus favorisée que nous au point de vue des voies fluviales. Aussi n’a-t-elle que 19 pour 100 de canaux.
- Nouveau combustible. — Un inventeur fort ingénieux a trouvé un nouveau combustible préparé de la façon suivante : la matière première est constituée par la pulpe de la betterave telle qu’elle sort, sous forme de « cos-settes » épuisées, des diffuseurs de sucreries. Jusqu’à maintenant ces résidus servaient, en mineure partie, à la nourriture du bétail, le reste était sans emploi. En mélangeant ces « cosseltes » avec des résidus de coke, ou poussier et agglomérant avec du brai, on constitue des briquettes qui brûlent fort bien, sans fumée presque, et développent en moyenne 8000 calories.
- Le sauvetage des naufragés aux Etats-Unis. — C’est une organisation officielle qui pourvoit au sauvetage des naufragés aux Etats-Unis. Elle entretient le long des côtes 277 stations de sauvetage, dont 200 sur l’Atlantique, et seulement 17 sur le Pacifique, où les ports et le développement du littoral sont bien moindres; les Grands Lacs, dont nous avons dit les tempêtes, n’en comptent pas moins de 60. Chaque station est desservie par 6 ou 8 hommes; mais, à la différence de ce qui se passe en France, ils sont constamment logés à la station.
- Une nouvelle peinture contre la rouille. — Il s'agit d’un produit qu’on donne comme bien supérieur au minium de plomb, pour la protection des surfaces métalliques, et qui a déjà été essayé avec succès dans diverses circonstance?». C’est le ferrubron, un nouvel oxyde de fer pur qui a été découvert dans certaines mines anglaises. Ce minerai, broyé, donne une poudre métallique grasse et fine, dont la couleur naturelle est gris d’acier; il se mélange à l’huile de lin ou au vernis, et offre une élasticité remarquable, ne se craquelant ni ne s’écaillant, en dépit de toutes les variations de température. Les Chemins de fer de l’Etat français ont fait des essais de cette matière.
- Chemins de fer russes. — On se propose, en Russie, de faire de grands travaux de voies ferrées entre 1908 et 1912. Il est prévu une dépense de 916 000 000 de roubles dont 3oo 000 000 pour le matériel roulant, io4ooooco> pour la construction de bâtiments nouveaux et l’amélioration des anciens, 26 000 000 pour le personnel, et 2 5oo 000 pour la création d’hôpitaux et d’écoles. Le reste serait consacré à la construction de 4^00 verstes de voies ferrées.
- Le commerce de Hambourg. — En 1906, le chiffre des importations et exportations faites par Hambourg, a atteint 5750000000 de marks; en augmentation de 12 pour 100 sur l’année précédente.
- Sous-marins autrichiens. — Le budget autrichien de 1907 prévoit 6 millions de couronnes (un peu plus de 6 millions de francs) pour la construction de bateaux sous-marins. Déjà, grâce au crédit d’un million de couronnes porté au budget de 1906, deux sous-marins du type Holland ont été commandés aux chantiers Vickers et Maxim; deux autres du type Lake seraient construits, dit la Revue maritime, dans un port hongrois. Enfin la maison Whitehead préparerait l’installation d’un chantier de construction de sous-marins à Fiume, avec la colla^ boration technique d’un ingénieur hollandais, qui a appartenu aux chantiers Shelde de Flessingue et aux chantiers Holland d’Amérique.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *> Automobilisme
- Manomètre Oléo-Davidson, avertisseur de fuites •de pneumatiques. — Parmi les divers avertisseurs de dégonflement de pneumatiques, il en est un qui doit être signalé tout particulièrement, par sa simplicité de marche et sa sécurité de fonctionnement : c’est le manomètre Oléo - Davidson, en vente à la Société « Oléo », 38, rue de la Folie-Regnault.
- Cet appareil se compose essentiellement d’un manomètre dont le raccord se visse sur la valve où il prend la place du chapeau. Ce manomètre porte une manette qui sera déclanchée quand la pression descendra au-dessous de 3 kg; au premier tour de roue, lama-nette viendra frapper sur un contact électrique, ad hoc, qui actionnera une sonnerie électrique placée devant le chauffeur et branchée sur les accumulateurs. La figure i, montre d’ailleurs le montage de l’appareil sur la voiture : le manomètre est fixé par son collier sur le rayon le plus voisin de la valve, la manette étant tournée vers la caisse de la voiture. Le pneumatique étant gonflé comme d habitude, on visse le raccord A, qui se trouve à l’extrémité du tube en caoutchouc, et ensuite le grand bouchon garde-boue. Dans ces conditions le manomètre recevra immédiatement la pression du pneumatique. Il suffit alors de tourner la manette d’un quart de
- Vue de détail du manomètre.
- Fig. 2. — Vue de l’appareil sur la voiture.
- tour pour l'armer, celle-ci restant dans cette position tant que la pression restera constante dans le pneumatique. Il est inutile d’insister sur l’intérêt que présente un tel appareil destiné à prévenir d’une façon certaine les accidents malheureusement si nombreux dûs au dégonflement des pneumatiques.
- Sirène pour automobiles. — Cette sirène fonctionne au moyen des gaz d’échappement du moteur à explosion, elle ne nécessite aucune transmission. Le son est obtenu par l’emploi d’une sorte de moulinet A formé de
- Sirène pour automobiles.
- deux disques montés à angle droit l'un sur l’autre et qui pivotent autour d’un axe placé dans un tube B. Il résulte de cette disposition qu’il se produit une série rapide d’obturations et d’ouvertures qui mettent l’air en vibration. Pour obtenir le mouvement du moulinet, les gaz sont dirigés sur la partie supérieure des disques au
- moyen d’un tube C renfermé dans le premier et desaxé par rapport à lui. L’appareil est très robuste et se monte directement sur l’échappement au moyen d’une charnière manœuvrée par une tringle qui permet de l’isoler quand on veut arrêter le fonctionnement. Le son est d’autant plus puissant que le moteur tourne avec plus de rapidité. — La sirène pour automobiles se trouve chez M. Fernand Marx, 17, rue Ruhmkorff, Paris.
- *»> Mécanique
- Boulons et écrous Desacres à serrage constant. —
- L’indesserrabilité des écrous a donné lieu à de nombreuses inventions plus ou moins pratiques ou d’une application difficile les rendant impropres à un usage général.
- Le système Desacres assure un serrage constant de l’écrou sur n’importe quel point du boulon, en même temps que son indesserrabilité absolue. Une description de ces boulons permettra d’ailleurs de se rendre compte de leurs avantages, sans qu’il soit besoin d’insister. Sur un boulon d’un diamètre ou d’une longueur quelconque, sont pratiquées parallèlement à l’axe, un certain nombre de rainures équidistantes qui entament sur leur parcours chaque filet du pas de vis, et se prolongent au delà de la partie filetée. Sur l’écrou, des rainures similaires coupent les filets du pas de vis dans toute leur épaisseur et se continuent à angle droit sur la face de l’écrou. Le nombre des rainures pratiquées sur le boulon, varie suivant le diamètre de celui-ci. Le nombre des rainures sur l’écrou est premier avec celui
- du boulon. Supposons un boulon avec deux rainures et un écrou avec une seule; il est évident qu’il suffirait dans ces conditions de faire au maximum un quart de tour pour mettre deux i*ainures en face l’une de l’autre, et que nous réduirons ce mouvement à un douzième de tour en portant le nombre des rainures à 6 et à un soixantième en pratiquant cinq rainures sur l’écrou, Pi*atiquement, la précision absolue de sei*rage sera obtenue avec des boulons et des écrous moyens portant respectivement cinq ou six rainures. Une rainure de l’écrou coïncidera donc à tout moment de sa course avec une rainui*e du boulon. L’écrou étant serré au point voulu, il suffit, pour rendre le serrage constant et assurer une indesseimabilité absolue, d’introduire dans l’espace laissé libre par les deux rainures se faisant face, une pointe ou épingle de laiton qui traversex'a l’écrou sur toute sa longueur, et dont la tête viendra se loger sous le premier filet du pas de vis du boulon, où elle restera constamment fixée.
- Cette pointe peut facilement être retirée, en cas de besoin, en soulevant la tête et en la saisissant avec des pinces. — Etienne Hirsch, concessionnaire, 26, i'ue de Crussol, Paris.
- *> Divers
- Le gaino-tube-aluminium. — Les tuyaux de raccord en caoutchouc destinés à la conduite du gaz d’éclairage présentent trop d’inconvénients et de dangex'S pour que nous insistions sur la nécessité de proscrire absolument leur emploi, ou tout au moins de les remplacer ti'ès souvent. Les inventeurs ont imaginé divers systèmes de tubes de raccord dans lesquels le caoutchouc est entoui*é d’une armure métallique ; la présence du métal ne saurait éviter les coupures et, par conséquent, les fuites.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Le gaino-tube-aluminium, inventé par M. Poupineau, est construit sur un principe différent qui nous semble présenter toute la sécurité désirable. C’est un tuyau de caoutchouc comprimé, recouvert d’une enveloppe faite d’un tissu spécial sur laquelle on a ensuite tissé une toile d’aluminium Le tube, de longueur yariable, se ter-
- Le gaino-tube-aluminium.
- mine à chaque extrémité par une bague de bois destinée à recevoir un embout en caoutchouc que l’on remplace à volonté. Les toiles protectrices ne nuisent nullement à la souplesse du tube et lui assurent une durée presque illimitée. Autre avantage non négligeable, le gaino-tube peu se laver avec une brosse et du savon et, par conséquent, être conservé dans un état de propreté absolue, quel que soit l’endroit où il est placé.— Le gaino-tube-aluminium est en vente chez MM. Liotard frères, 22, rue de Lorraine. Paris.
- Le bagaïio. — Voici un nouveau jouet, pas bruyant, mais amusant et de nature à exercer encore l’adresse des personnes patientes.
- Il est formé d’un bâtonnet de 5o cm de longueur, légèrement effilé comme une queue de billard. Au milieu est adaptée une cordelette munie à son extrémité d’un anneau métallique léger et creux.
- Il s’agit d’arriver à enfiler l’anneau dans le bâtonnet ; on y arrive assez aisément en le balançant d’une façon régulière.
- Lorsqu’un élan suffisant a été donné à l’anneau, il faut d’un mouvement un peu brusque lever la pointe du bâton pour y accrocher l’anneau.
- Pour éviter que ce dernier en tombant ne vienne frapper la main, on a eu soin de passer dans le bâton un cercle qui sert également de point d’arrêt. — Pour le bagano, s’adresser à M. G. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Fauteuil de jardin à dossier mobile. — Les sièges de jardin s’accommodent assez facilement d’une construction robuste ; et voici un moyen fort simple d’en combiner un dont le dossier présentera cet avantage considérable, pendant la saison chaude où l’on aime bien
- s’étendre, de pouvoir s’incliner plus ou moins, à volonté. Nous n’en donnons qu’une seule figure, qui suffira à faire saisir la disposition adoptée ; le reste de la construction peut être un peu quelconque, et nous l’avons supposée en bois sommairement taillé.
- On remarque tout de suite que les bras se prolongent assez en a r riè r e du
- Fauteuil de jardin à dossier mobile. siège, de manière à
- former deux sortes de crémaillères horizontales parallèles ; on a creusé, dans ces prolongements, des indentations dont la
- forme est nettement visible, et qui sont suffisamment profondes et larges pour qu'on y puisse loger une tige métallique ronde, qui se disposera en travers des deux bras, et derrière le dossier. Il vaut mieux choisir celte tige en cuivre, parce qu’elle ne pourra se rouiller si le siège reste à la pluie. Et naturellement, elle doit être pleine et robuste, car c’est elle qui va supporter l’effort causé par la personne assise dans le fauteuil. C’est qu’en efi'et le dossier, qui est rattaché au bas du siège proprement dit par des charnières robustes, et également en cuivre, vient reposer sur la tige transversale. Aussi bien, comme l’appui qu’il prend s’exerce principalement au ras de la crémaillère, l’effort auquel est soumise la tige n’est pas exagéré. 11 va de soi que le dossier pourra être d’autant plus incliné, que la tige aura été placée en arrière dans la crémaillère. Les prolongements des bras doivent être robustes, car ils supportent un assez grand effort quand le dossier est très incliné, et que la personne qui a pris place dans le fauteuil est en partie couchée sur ce dossier.
- La meilleure place des charnières du bas du dossier est entre la partie supérieure et arrière du siège proprement dit, et ce que nous pouvons appeler la tranche inférieure du dossier.
- Rafraîchisseur universel. — Le rafraîchisseur que représentent les deux figures ci-jointes a le grand avantage d’avoir une fermeture presque hermétique.
- Il est formé par un cylindre de verre de 5 cm de hauteur que l’on recoxxvre par un couvercle de même hauteur s’adaptant px'esque exactement.
- Cette disposition empêche l’introduction de l’air et permet de conserver à l’état de frais la substance que l’on place à l’in-térieur.
- On utilise le rafraîchisseur universel par exemple pour conserver du beurre durci et glacé en pla- Rafraîchisseur universel,
- çant le beurre àl’inté-
- rieur du récipieixt et en mettant ce dei'nier sous une fontaine ou dans un baquet d’eau fraîche. — Pour le l'afx'aîchisseur universel, s’adresser à M. G. Renaut, 4-3, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Boîte à allumettes à secret. — On aime toujours à exciter la cui'iosité des personnes ; on sei'a heureux par exemple de px'ésenter une boîte à allumettes que l’on ne pourra ouvrir qu’en appuyant en un point du couvercle. La personne à qui l’on donnera la boîte ne sei'a pas en général aucoui'ant du secret, et ne pouri'a parvenir à l’ouvrir. C’est le cas de la boîte que représente la figure ci-jointe. Le couvei'-cle est simplement monté autour de l’axe à l’intérieur de la boîte, et en se fer-mant vient fi’otter contre la partie intérieure. Il suffit de Boîte à allumettes à secret,
- connaître ce détail et
- l’on comprend alors que le couvercle ne peut être légèrement écarté, qu’en appuyant sur le côté, au milieu de la boîte, comme le montre la main, au-dessus de la figure, dans le dessin ci-joint. — La boîte à allumettes à secret se trouve chez M. G. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le vin et l’hygiène. — Le vin est-il bon pour la la santé? C’est là, semble-t-il, une question oiseuse. Depuis les siècles où le jus de la vigne constitue la boisson de nos pays, on ne s’était pas imaginé qu’il dût être un jour proscrit de la table, comme néfaste et dangereux. Sous prétexte de combattre l’alcoolisme, on est allé jusqu’à défendre le vin. Et depuis quelques années, vous voyez aux repas l’un boire du lait, l’autre de l’eau d’Evian et beaucoup s’abstenir du vin. C’est là une erreur. Les médecins ont quelquefois défendu le vin à certains malades, mais ils n’entendent pas en priver les bien portants, à la condition bien entendu qu’on fasse tisage de vin naturel et qu’on en boive à doses modérées.
- L’alcoolisme, il faut le dire, est né du jour où s’est répandu l’usage des apéritifs, des amers et de l’absinthe; jadis quand on ne buvait à table et en dehors du repas que du vin, on pouvait subir un certain degré d’ivresse, mais on n’arrivait pas à cet abrutissement, à cette transformation du système nerveux, de l’intelligence et du corps qui est le propre de l'alcoolisme.
- Prenez du jus pur de raisin frais, du vrai jus de la treille, sans addition de tous ces produits, sucre, eau, plâtre, qui, sous prétexte de lui donner du ton, de la couleur et du bouquet, le falsifient outrageusement. Prenez un vin naturel, buvez en d’une demi à une bouteille par jour et vous aurez une boisson saine, agréable, fortifiante, qui à ces doses ne vous rendra ni ivre, ni alcoolique. Prenez-en d’une façon d’autant plus régulière que le vin serait, d’après des recherches modernes, un excellent agent de destruction du bacille de la fièvre typhoïde.
- Les Drs Sabrazès et Marcandier ont étudié récemment, dans des expériences des plus précises, l’action de vins de diverses provenances sur le bacille d’Eberth. Les vins ont été pris de droite et de gauche, vins en cercles, vins en bouteilles, à des périodes de vieillesse plus ou moins prononcée. On introduit dans une dose déterminée de vin une certaine quantité de culture de bacille typhique, puis par l’examen microscopique, par les ensemencements de la liqueur après un repos plus ou moins prolongé, on vérifie l’état des bacilles. Voici les résultats sommaires de ces recherches.
- Dans le vin rouge ordinaire, le bacille typhique est encore vivant après 2 heures ; si le vin est coupé de moitié d’eau, il résiste 4 heures. La résistance est du reste d’autant plus grande, toutes choses égales d’ailleurs, qu’on a forcé la dose de culture virulente. Dans
- le vin blanc de Cérons, le bacille ne résiste pas au delà de 20 minutes, dans le vin blanc de Ladirac, i5 minutes : dans le Bourgogne et le Grenache il vit une demi-heure. Si l’on prend un vin gazeux, comme le champagne, le bacille est tué en moins de 10 minutes. Si l’on chauffe doucement les mélanges pour les élever au-dessus de leur température ordinaire et qu’011 monte à 3o, 37° la résistance du bacille diminue encore.
- D’une façon générale, les vins blancs ont une action bactéricide plus prononcée que les vins rouges. C’est qu’en effet l’action bactéricide paraît tenir à la quantité d’acides et à la nature des acides, et à ce point de vue la teneur en acides sulfurique, acétique, lactique, tannique et autres est plus forte dans le vin blanc que dans le vin rouge. Il y a également dans le vin blanc une notable proportion d’acide sulfureux, introduit pour développer et maintenir ses qualités. La proportion en est parfois assez élevée, une partie se combine avec les aldéhydes, l’autre s’oxyde et forme des sulfates, augmentant la proportion normale de sulfate de potasse.
- Au résumé un bacille dangereux, comme le bacille typhique, est stérilisé, réduit à l’impuissance si le contact avec le vin dure depuis un certain nombre d’heures. Il est rare que le vin puisse contenir dès son origine cette variété microbienne, mais le mouillage est une opération qui se fait sur une large échelle et pour laquelle on n’emploie ni eau bouillie, ni eau stérilisée. Si donc le malheur veut que l’eau contienne, comme cela arrive avec bien des eaux d’origine les plus variées, ce bacille néfaste, le jus de la vigne arrivera à le paralyser, à l’anéantir. Je n’oserais croire que les fabricants à’abondance, comme on nous la servait jadis dans les collèges, eussent le soupçon de corriger l’impureté de l’eau en y ajoutant quelques rares centilitres de vin, mais comme ce bon M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, ils réalisaient pour l’eau de boisson une sorte de stérilisation en l’additionnant d’un peu de vin.
- Voici donc, à l’actif du vin, une vertu qu’on ne connaissait pas autrefois. Cela suffira peut-être à le réhabiliter auprès de ceux qui le décrient. Le jour où vous saurez qu’une épidémie règne dans la région que vous habitez, baptisez votre eau d’une forte dose de vin, et vous supprimerez la nocivité de l’eau suspecte. Les gourmets vous diront que ce serait encore plus sûr en ne buvant que du vin pur, mais en ce cas vous risqueriez d’en trop boire et de faire le jeu de ceux qui le défendent. D1 A. C.
- VARIETES
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- L’âge de la pierre en Patagonie. — L’Amérique du Sud offre aux anthropologistes et aux ethnographes un intérêt particulier qui est dû en partie aux découvertes des géologues et des paléontologistes Les splendides collections d’ossements qui ont été recueillies et étudiées par le savant sud-américain M. Ameghino, puis les recherches de M. Gaudry sur les fossiles de même provenance rapportés en France par M. Tournouer, ont permis de constater que l’Amérique du Sud, au moins dans sa partie méridionale, qui seule nous intéresse ici, doit être rattachée à un vaste ensemble biologique que M. Gaudry appelle l’hémisphère austral, et qui est caractérisé, par rapport à l’hémisphère boréal, par une marche toute différente de l’évolution des vertébrés. Le sens où celle-ci s’est faite dans l’hémisphère boréal comprenait l’homme comme un terme naturel ; au contraire, l’homme n’a pas eu de place et ne pouvait pas en avoir dans le monde vivant de l’hémisphère austral. Il n’y a pas eu d’autochtone sud-américain, et l’un des problèmes capitaux de la préhistoire, qu’elle peut déjà apercevoir mais qu’elle ne saurait encore résoudre, sera
- de rechercher l’origine des primitifs sud-américains et de tracer l’histoire de leur immigration.
- Cette idée, que l’homme est un étranger sur le sol sud-américain, donne un vif intérêt au récent travail de M. P’. Oates1, de Buenos-Ayres, sur l’âge de la pierre en Patagonie. Dans ce gros mémoire, M. Oates, sans prétendre aucunement apporter ni même entrevoir une solution, s’est efforcé d’exposer les faits jusqu’ici connus, en prenant comme idée directrice de les disposer de façon qu’ils puissent servir un jour à l’élucidation du problème ci-dessus indiqué.
- Les renseignements qu’a pu recueillir M. Oates sont, peu nombreux, et les résultats de son étude ont un caractère très hypothétique en beaucoup de points. Mais l’auteur ne les présente alors lui-même qu’à titre d’hypothèses et pour marquer selon lui les points à élucider. Aussi nous croyons devoir indiquer les principaux points de son travail.
- La région étudiée par M. Oates s’étend tout le long
- 1 La edad de la piedra en Patagonia, par E. Oates, Buenos-Aires, igoâ. Cf. notre Bibliographie n° 1775, du Ier juin, p. 7.
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- VARIÉTÉS
- de la cèle sud-américaine orientale, depuis le Rio Ncgro jusqu’au détroit de Magellan. Les gisements où les objets ont été recueillis sont situés soit à proximité du littoral, soit à proximité des cours d’eau, rio Chico, rio Deseado, rio Chubut, rio Negro, et aussi dans la région des lacs Colhué-Hapi. Parmi ces gisements, huit appartiennent sans conteste au paléolithique. Ils offrent, dit M. Oates, deux types bien caractérisés : i° pour six d’entre eux, les objets se trouvaient presque superficiellement, au haut des plateaux, à peine recouverts par les matériaux pulvérulents accumulés par le vent ; a0 pour un seul, les objets se trouvaient dans des couches profondes, à stratigraphie étudiable, qui ont permis de dater l’ensemble (le 8e gisement est constitué par des objets qui ont été entraînés du plateau dans un bas-fond au confluent du rio Chubut et du rio Chico). Voici quelles sont les conclusions de M. Oates sur les objets recueillis dans ces huit gisements :
- i° Les objets attribuables au quaternaire des territoires patagoniens appartiennent, sans exception aucune, à une seule époque archéologique ; 20 II y a une grande similitude de formes entre l’industrie paléolithique patagonienne et l'époque du paléolithique européenne que MM. G. et A. de Mortillet appellent l’acheu-léen. D’autre part, les couches où se trouve cette industrie patagonienne sont plus récentes que celles de la même industrie en Europe, et cela indiquerait peut-être un retard très marqué dans l’évolution industrielle des groupements humains qui vécurent dans l’extrémité australe de l’Amérique du Sud ; 3° Grande similitude également avec l’industrie africaine des contrées septentrionales (Egypte, Algérie, Tunisie), et aussi avec celle des Etats-Unis (Trenton).
- Le type le plus répandu des gisements néolithiques est également-le gisement superficiel, où l’on rencontre des objets abandonnés dans des lieux de passage ou de fréquentation usuelle. A côté de celui-ci, il y a aussi de véritables stations permanentes qui sont naturellement beaucoup plus fécondes pour l’étude ; elles se présentent quelquefois, comme à l’embouchure du Rio Deseado, sous la forme de kjôklcenmôddings, où les instruments de pierre se trouvent pêle-mêle avec des nombreux débris de lamellibranches (Mytilus et Venus) de grande taille. Enfin, en quelques points du territoire, notamment ù proximité du rio Gallegos, on rencontre un troisième type de gisement, constitué par les objets abandonnés par l’homme àl intérieur des cavernes. Nous n’entrerons pas dans le détail des objets néolithiques, qui sont parfaitement étudiés par M. Oates, au cours de près de 200 pages de son gros in-8°, mais dont le détail serait fastidieux dans un résumé. L’auteur emploie une méthode très sévère et très scientifique pour classer les objets qu’il décrit, suivant leurs types et suivant leur répartition géographique, et il étudie de cette façon tour à tour les lames, les racloirs (qui servaient vraisemblablement au dépeçage et à la préparation des peaux, et dont il décrit les curieux et récents types d’emmanchures), les scies (M. Oates, d’accord avec M. Evans, appelle de ce nom les instruments à coclies que M. G. de Mortillet considérait plutôt comme servant à lisser et à arrondir les esquilles d’os destinées à faire les aiguilles ; ses arguments nous semblent à ce sujet pleins de valeur et
- tout à fait concluants), les pcrçoirs, les burins et couteaux, les lancettes (?) les pointes de flèches, de javelines et de harpon, les bolas, les manijus, les pilons, les mortiers, les pierres perforées (4 exemplaii’es, d’usage fort incertain?), les haches (dontdes types frèsintéressants, à deux tranchants séparés par une partie rétrécie, qui servait à l’emmanchement; la figure 167 de la page 462 donne une reconstitution fort intéressante de hache montée), les pipes, les pierres gravées, etc. Au point de vue des matériaux employés à la fabrication de ces objets, nous noterons la prédominance des roches siliceffses, notamment le jaspe, qui forme plus de la moitié des exemplaires étudiés, et aussi le silex. L’étude très analytique que M. Oates a faite sur les échantillons suffisamment nombreux qu’il avait à sa disposition, l’amène aux conclusions suivantes, qu’il présente d’ailleurs comme devant impérieusement être essayées sur le terrain.
- Il semble qu’il y ait eu trois périodes archéologiques bien marquées dans la période néolithique patagonienne, au cours desquelles s’est produite une complète évolution industrielle. La première période, protonéoli-thique, constitue un véritable trait d’union entre les manifestations technologiques paléolithiques et l’industrie franchement néolithique; les objets paléolithiques se diversifient, tout en conservant beaucoup de leurs traits primitifs. La seconde période marque l’apogée, où les différents genres d’instruments de pierre parviennent par différenciation et spécialisation ; on y observe de plus assez nettement des traces d’influences étrangères, attribuables soit à des rapports commerciaux, soit à des invasions limitées de peuples voisins, et peut-être aux deux ordres de causes combinés. Enfin, la troisième période, dont le début date vraisemblablement des premières années du xvmc siècle, et qui termine brusquement l’âge de la pierre en Patagonie, se distingue nettement de la précédente par la fabrication d’objets de pierre polie, bolas, manijas, mortiers, pilons, etc. Il faut signaler d’ailleurs que M. Oates, qui ne manque pas d’établir des comparaisons entx'e le néolithique patagonien et les autres types néolithiques connus, indique qu’il y a dans le néolithique patagonien des traits bien caractéristiques, qui le distinguent notamment d’une façon très nette des manifestations industrielles synchroniques, signalées dans le reste de la République Argentine, au Nord du parallèle 36°. Comparant d’auti-e part les néolithiques patagonien et nord-améi'icain, il montre une similitude surprenante du matériel patagonien avec le matériel nord-américain des Etats de l’Est et du Sud-Est; de même, une curieuse ressemblance de certains objets de Patagonie avec des similaires de la Colombie anglaise et des régions hypei'boréennes. Enfin, il semble bien établi qu’il y a à retenir deux grands types comme éléments ethniques primordiaux de la Patagonie, et qui vinrent, vraisemblablement, le dolichocéphale du N.-E. américain, et le brachycéphale du N.-O. 1.
- 1 L’ouvrage de M. Oates se termine par un précieux résumé en français, qui reproduit à peu près textuellement les conclusions de chaque partie du mémoire espagnol. 11 est à peine besoin de dire que si le résumé nous a surtout servi pour ce qui précède, nous avons eu aussi recours largement au mémoire in extenso lui-même.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Destruction des mouches. — D’après le Dl Bordas : 5oo grammes de sulfate de cuivre, 5oo de sglfate de fer, 2 kg. de chloimre de zinc, 3o gr. d’acide phénique, 3o litres d’eau. Faire le xnélange et vider moitié dans les éviei’s et moitié dans les water-closets.
- Le café désinfectant. — Le café brûlé agit énergiquement sur les émanations putrides animales ou végétales. La mauvaise odeur qui se propage dans les appartements, provenant par exemple des lieux d’aisance, est rapidement chassée par la fumée du café fraîchement brûlé. Le gibier mox't saupoudré de café se conserve frais plusieurs jours, et ceci est surtout pratique quand
- le gibier doit être expédié. Les fumigations de café sont excellentes dans les chambres de malades et valent certainement mieux que celles de chlore ou d’acide sulfureux.
- Moyen simple pour stériliser l’eau de boisson. —
- D’après les Archives d'hygiène, l’emploi de l’acide citrique combiné avec l’action des rayons solaires serait très à recommander; dans une solution à 6 grammes par litre, exposée au soleil, le bacille du choléra ne subsiste pas après 5 minutes et le bacille typhique est devenu stérile en deux heures. Il faut donc recommander l’emploi des limonades.
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- BOÎTE AUX LETTRES
- AVIS» — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison dé l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — M. Lebeuf, de .l’Observatoire National de Besançon, nous communique les résultats du concours chronométrique 1906-1907 et nous signale les remarquables progrès de la fabrication et du réglage des chronomètres de poche à Besançon. De 1894 à 1906, l’Observatoire enregistrait 43 pièces au-dessus de 200 points, médailles d’or selon le règlement. En igo5-1906, à la suite du concours national de réglage, on obtenait 20 médailles d’or et celte année on arrive à 43 par la création de la coupe remportée par la maison Antoine frères, avec 4 pièces atteignant ou dépassant 260 points (sur le maximum irréalisable de 3oo). L’une d’elles, avec 262 points, est un record sur les résultats genevois de l'année 1906 (maximum à Genève, en 1906, 268 points). Deux fois seulement, à Genève, on a dépassé 262 points: en 1900 et 190$ où l’on est arrivé à 265 points. Si l’on veut bien remarquer que le service chronométrique de Genève est très ancien et remonte au début du xix° siècle, tandis que celui de Besançon date seulement de 1885, on reconnaîtra toute la valeur des artistes comtois.
- M. Ascica, à Scutari. — Nos plus vifs remerciements pour votre curieuse et intéressante communication. Mais son caractère nettement médical l’empêche d’entrer dans le cadre de notre Revue.
- Renseignement. — M. Lacoste, à Rouen. — V. Im Nature, n° 1700, 23 décembre 1905.
- M. Cordebard. — Vous pouvez employer la méthode acidimétrique pour doser l’acide sulfurique libre dans une solution contenant divers sulfates de métaux dépla-çables par les alcalis ; mais il faut remplacer, comme indicateur, le tournesol par le mélhylorange qui vire très nettement du rouge au jaune clair dès que tout l’acide est neutralisé par la base. Vous pouvez aussi employer une dissolution titrée d’azotate de cuivre ammoniacal. Celle-ci, versée goutte à goutte dans le liquide contenant l’acide sulfurique et les sels précipitables par la solution alcaline, forme d’abord un sel de cuivre et un sel d’ammonium solubles. Le liquide reste limpide. Quand l’acide est saturé, il se produit un précipité de sel basique de cuivre, facile à voir sur un fond noir.
- M. A. Sauve, à Rome. — Vous trouverez dans l’Annuaire général et international de la Photographie (1907), Plon et Nourrit, éditeurs, 8, rue Garancière, Paris, (6 francs), de-nombreuses formules qui ne vous donneront peut-être pas immédiatement la solution désirée mais qui vous permettront d’y parvenir sans difficultés.
- M. E. Bac, à Golfe-Juan. — Nous avons en effet parlé dans La Nature des moyens à employer pour combattre la poussière des routes; voyez les n05 1602, 1621, 1672, que nous vous faisons envoyer.
- M. de Moerlose, à Bruxelles. — Voyez dans La Nature, n° 1692, 28 octobre igo5, la description de 1 appareil de MM. A. Lévy et Péeoul jiour le dosage de l’oxyde de carbone.
- M. Hardy de Beaulieu, à La Baivette. — Vous pourriez vous adresser à MM. Tassart, Balas et Cie, 21, rue Châleau-Landon, ou à la Société d’assainissement, 28, rue de Châteaudun, à Paris.
- M. Brun, à Ile Maurice. — Nous avons communiqué votre lettre à la Société Thomson-Houston, 10, rue de Londres, qui exploite en France la lampe à magnétite.
- M. Pochard, à Meyzieux. — Nous ne pouvons accéder à votre proposition.
- M. LjUntz, à Mulhouse. — Nous ne connaissons pas de réactif pour déceler du gaz d’éclairage dans une chambre. Son odeur suffit en général à le caractériser ; mais ce n’est évidemment pas une preuve absolue.
- M. Outters-Eloy, à Roubaix. •—Voici deux recettes de pâle à polycopier : gélatine ioo.gr,., eau 37S.gr., glycérine 375 gr., kaolin 5o gr. ou gélatine 1 gr., glycérine 4 gr., eau 2 gr. Vous trouverez d’autres recettes dans l’ouvrage « Recettes et procédés utiles », de G. Tissan-dier, édité chez Masson et Cie.
- M. Gauthier, à Paris. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage traitant la question automobile au point de vue économique où vous vous placez.
- M. Van Zeller, à Lisbonne. -— Le télémètre du Commandant Gérard est en vente chez Clermont-lluel, 114, rue du Temple, à Paris.
- M. Rousselot, à Asnières. — Le procédé que vous nous signalez, pour maintenir constant 1 amalgame des zincs d’une pile Leclanché ne nous semble pas inapplicable. Mais il a certainement l’inconvénient d’augmenter la résistance intérieure de la pile. — L’acide formique se prépare à l’état de formiate en traitant des alcalis sous pression par 1’oxyde de carbone.
- M. Fleury, à Alger. — Remerciements pour votre intéressante communication.
- M. Elosegui, à Tolosa. -La conservation des pommes comme de tous "les autres fruits exige un fruitier, c’est une salle spéciale, dont la température est bien constante, de 8 à io° environ, sans humidité, et à l’abri de la lumière. Elle doit être bien aérée. Les fruits y sont disposés sur des tablettes, sans se toucher les uns les autres. Sinon, lorsque l’un d’eux viendrait à se gâter, il entraînerait la perte des autres. Si vous ne pouvez disposer d’une salle spéciale, construisez un fruitier Dombasle, c’est-à-dire une série de caisses de sapin superposées, l’épaisseur de chacune est d environ 0,10 m. leur longueur de 0,60 m., leur largeur de 0,40 m. ; sur chacun des quatre côtés, on cloue des tasseaux dépassant de 1 cm le bord supérieur de la caisse, les tasseaux maintiennent un intervalle entre les boîtes et assurent la circulation de l’air. Vous aurez ainsi un .fruitier facile à placer dans une chambre et à surveiller.
- Maison de santé, à Ettelbrück. — Vous pouvez vous adresser de notre part à M. Gaumont, 57-59, rue Sainl-Roch, Paris, à qui nous communiquons votre lettre.
- M. Alessandrescon, à Ion (Roumanie). — Veuillez vous adresser à la Manufacture française d’armés et de cycles, 42, rue du Louvre, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Le Maroc d’aujourd'hui, par Eugène Aubin. 1 vol. in-18 jésus avec trois cartes en couleur. Librairie Armand Colin. Paris. Prix : 5 francs.
- A un moment où la question marocaine a pris un caractère d’actualité si aigu, cet ouvrage très documenté est umde ceux où l’on peut le mieux apprendre à la connaître: L’auteur, qui a pu séjourner à Fez et à M a r r à k e s c h.. V exnliauc en détail l’organisation (ou la
- désorganisation) du gouvernement marocain et le mécanisme de la vie dans le pays : la vie religieuse, les institutions urbaines, la famille et la société à Fez, etc. Ecrit avec beaucoup d’agrément, ce livre est d’une lecture fort attachante.
- L'évolution des forces, parle Dr Gustave Le Bon (Bibljo-._ thèque de philosophie scientifique). 1 vol. in-18, dé.
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- BIBLIOGRAPHIE |
- 4oo pages. E. Flammarion, éditeur. Paris. Prix:3fr,5o.
- Un livre du Dr Le Bon est toujours intéressant et suggestif. Il est, en effet, peu d’esprits plus originaux, plus hardis et capables de remuer fructueusement plus d’idées que celui de l’auteur. Les routiniers, ou, si 1 on aime mieux, les traditionnels peuvent le trouver parfois très révolutionnaire et nous n’affirmons pas qu’il ait toujours raison. Mais il a du moins ce mérite de porter la cognée dans certains édifices vermoulus que la constitution hiérarchisée et formaliste de notre science française portait à respecter avec exagération. 11 sait mettre en relief (ce qui est peut-être de toutes les vues la plus philosophique), à quel point nous savons peu de chose d’une façon positive même dans les cas où 1 enseignement officiel est affirmatif avec le plus d’intransigeance. Nos lecteurs ont pu connaître, par un article de 1 auteur lui-même, son livre précédent
- sur Y Évolution de la matière dont 12000 exemplaires ont été rapidement épuisés. On peut prédire à celui-ci sur Y Evolution des forces un égal succès. Les titres de quelques chapitres suffiront à en indiquer la nouveauté : les transformations de la matière en électricité et en lumière, les problèmes de la phosphorescence, les forces ignorées, origines, évolution et évanouissement de la matière et de l’énergie.
- Pratique de l'hygiène industrielle, par Marcel Fiiois et Paul Razous. Paris. Société d’éditions techniques, 16, rue du Pont-Neuf.
- On trouvera, dans cet ouvrage, de précieux conseils et d’ingénieuses solutions pour assurer, en toutes circonstances, la propreté, la salubrité et la sécurité des locaux industriels.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur , altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU C.1EL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 août 1907. . 16°,2 W. N. W. 2. Nuageux. 1,1 Uluie de 1 h. à 2 h. ; nuageux.
- Mardi 20 12°,7 S. W. 1. Beau. » Rosée ; brume ; peu nuageux.
- Mercredi 21 9°,6 W. S. W. 0. Beau. » Rosée ; brame ; nuageux.
- Jeudi 22 11°,6 S. s. w. 1. Couvert. » Rosée ; brume ; couvert.
- Vendredi 23 12°,8 w. s. w. 1. Couvert. 1,0 Rosée; pluie de 16 h. à 17 h. ; couvert.
- Samedi 2i 14°, 4 W. N. W. 1. Couvert. Rosée ; brume ; 1res nuageux.
- Dimanche 25 12°,9 S. w. 0. Beau. » Rosée; brame; beau.
- AOUT 1907. — SEMAINE DU LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 AOUT 1907.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les jiressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 19 au 25 août, — Le 19. Régime cyclonique sur le N.-O. de l’Europe. Pression atmosphérique (en mm) supérieure à 765 sur l’Espagne, supérieure à 760 sur la France, l’Italie, l’Autriche, le Sud de la Russie ; minima (751) sur la Baltique et l’Ecosse. Pluies sur le N. du continent. Température du matin : Bodœ, io°; Paris, 160; Clermont, 20°; Alger, 24°; PuydeDôme, 16° ; Pic du Midi, 11° ; moyenne à Paris, 200,2 (normale : 170,5).
- — Le 20. La pression monte dans toute l’Europe, basses pressions sur les pays du N. seulement (Hernosand, 571) ; maximum à Biarritz, 769. Pluies sur le N. de l’Europe. Temp. du matin : Christiansund, io°; Paris, 13°; Toulouse, 160; Alger, 24e1; Puy de Dôme, 8°; moyenne à Paris : 17°,6 (normale : 17°,5). — Le 21. Les fortes pressions du S.-O. s’étendent jusqu’à la Bavière et aux Iles-Britanniques ; maxima, 773 ; embouchure de la Loire. Dépression en Finlande. Pluies dans le N. et le centre du continent. Temp. du matin : Skudesness, 8°; Paris, io°; Toulouse, 16°; Alger, 20°; Puy de Dôme, 3°; Pic du Midi, 20; moyenne de Paris: 14°,5 (normale : i7°,4)-
- — Le 22. La pression atm. augmente encore sur toute VTTnmno • mavima A Rrest. m/i. Dénressions dans
- l’extrême N. Temp. du matin : Brest, 90 ; Paris, 120 ; Clermont, 120 ; Alger, 23°; Mont Aigoual, 90; Puy de Dôme, 6°; moyenne à Paris, i2°,g (normale : 170,4)- — Le 23. La pression s'abaisse rapidement sur le N. de l’Europe (Bodœ, 749)- Baisse générale, maximum à Biarritz, 770; une aire supérieure à 765 s’étend de l’Atlantique à l’Autriche ; pluies sur le N. et le centre. Temp. du matin : Belfort, 8°; Clermont, io°; Paris, i3°; Alger, 23°; Puy de Dôme, 6°; moyenne de Paris, i3°,8 (normale :17e,2). — Le 24. La pression atm. supérieure à 765 sur l’Espagne et les Iles-Britanniques; maximum à Biarritz, 768. Dépression sur le N. de la Scandinavie. Pluies sur le N. de l’Europe. Temp. du matin : Christian, sund, 8°; Paris, i4°(; Clermont, Toulouse, 140; Alger, 24°; moyenne de Paris, i4°,9 (normale: i7°,2). —Le 25. Les fortes pressions de l’Ouest du continent s’étendent sur l’Autriche et la mer Noire (le Mans, 769 mm. ; Odessa, 766). Dépressions au N.-O. des Iles Britanniques. Pluies sur le N. de l’Europe. Temp. du matin : Christiansund, 8°; Nantes, io°; Paris, 13° ; Toulouse, 170; Alger, 210; moyenne de Paris : i5°,8 (normale : 170,1). — Phases de la Lune : Pleine Lune, le 23 à 12 h. 24 du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Varie (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Natu'-e » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1789 (7 SEPTEMBRE 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Télégraphie sans fil de la Tour Eiffel à Casablanca. — Dans noire dernier numéro nous avons dit •que le bruit s’était répandu que la Tour Eilïel pouvait communiquer avec les croiseurs mouillés à Casablanca, et nous avons ajouté que cette nouvelle était inexacte. Cela signifiait qu’il était impossible aux croiseurs de Casablanca d’envoyer directement des nouvelles à la Tour Eiffel par la télégraphie sans fil. Nous avons appris depuis, de source très sûre, que les radiolélégrammes envoyés par la Tour Eiffel sont effectivement reçus par le croiseur « Gloire » en rade de Casablanca. Mais cette communication est loin d’être la limite de ce qu’on peut attendre dans un avenir très prochain. Ainsi que l’a dit M. Janet, l’éminent directeur de l’Ecole supérieure d’Électricité, dans une récente conférence faite à la Société des Ingénieurs Civils devant le Président de la République : « Le jour où cette station tout à fait exceptionnelle, en raison de son antenne de 3oo mètres de hauteur, disposera d’une cinquantaine de chevaux, au lieu des douze qu’elle possède actuellement, elle communiquera sans aucun doute avec VAmérique. » Cette nouvelle installation sera d’ailleurs très prochainement réalisée.
- Institut électrotechnique de Grenoble. — Cet institut déjà fort réputé, et qui a l’avantage d’être au centre d’une région de grande industrie électrique, va se développer encore grâce à une généreuse dotation d’un particulier, M. Brenier, président de la Chambre de Commerce de Grenoble. M. Brenier a fait don à la ville d’un immense domaine évalué à 600000 francs et sur l’emplacement duquel seront construits les nouveaux bâtiments de l’Institut Electrotechnique.
- Concours de groupes électrogènes pour moteurs à gaz pauvre. — Ce concours aura lieu, au cours de l’Exposition décennale de l’Automobile du 12 novembre •au Ier décembre 1907. Cet intéressant concours contribuera certainement à la vulgarisation des moteurs à gaz pauvre dans l’industrie automobile.
- Téléphonie sans fils. — La première application pratique de téléphonie sans fils a été réalisée en juillet dernier, dans une course de yacht sur le lac Erié. Le yacht Thelma, grâce à elle, put opérer un original reportage de presse ; il avait été muni d’un poste de téléphonie sans fil, système de Forest, et correspondait avec un autre poste établi sur la terre ferme. Il put suivre les yachts concurrents durant toute la course et transmettre toutes les péripéties au poste correspondant. La distance maxima entre les deux postes fut de 9 kilomètres. La transmission fut, dit-on, parfaite et le maniement
- des appareils aussi aisé qu’avec un téléphone ordinaire.
- Le radium dans le tunnel du Simplon. — M. le
- professeur Joly de Dublin a étudié la constitution géologique des couches traversées par le Simplon et la distribution dxi radium dans ces couches. D’après lui elles contiennent de notables quantités de radium. La teneur en est plus forte que dans les autres gisements connus jusqu’ici. Il en conclut que nos évaluations actuelles sur la quantité de radium contenu par la terre sont insuffisantes. D’autre part, il estime que la présence du radium peut expliquer dans les tunnels l’écart entre la température observée et celle que la théorie permet de calculer.
- La télégraphie sans fil sur les navires. — Le
- ministre de la marine vient de faire dresser la liste des navires de guerre qui devront être munis du nouveau matériel de télégraphie sans fil; ces bâtiments seront au nombre de 76. Les commandants devront étudier les emplacements à attribuer aux nouveaux postes et présenter leurs projets au service des constructions navales. Les çmplacements devront réunir les conditions générales suivantes : i° être situés soit sur le pont cuirassé, soit derrière la cuirasse mince ; 20 présenter des conditions suffisantes d’habitabilité ; 3° être soustraits autant que possible aux vibrations ; 4° être éloignés de tout voisinage bruyant; 5° se trouver, enfin, dans l’espace s’étendant entre les deux mâts.
- Tramways du Puy de Dôme. — Depuis le 22 juillet dernier, est ouverte à l’exploitation la section du tramway de Clermont-Ferrand au sommet du Puy de Dôme comprise entre la Baraque et le point terminus. Nous avons décrit, il y a quelques mois, le mode de traction adopté sur cette ligne (Y. La Nat., N° 1764, du 16 mars 1907).
- Chemin de fer électrique en Autriche. — On vient de remplacer la traction à vapeur par la traction électrique sur le chemin de fer qui relie Vienne à la station mondaine de Baden. La portion de la ligne située dans Vienne et dans Baden est alimentée avec du courant continu à 5ooo volts, tandis que la partie intermédiaire de la ligne reçoit du courant alternatif à 5oo volts. Ce dernier courant est engendré par 6 transformateurs distribués le long de la ligne, et recevant eux-mêmes du courant à 10 000 volts d’une station génératrice située dans les environs de Baden. La distance des deux villes est de 26 kilomètres environ.
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- INFORMATIONS
- Les placements anglais à l’étranger. — Une étude faite par la Quarterly Review montre que les capitaux britanniques placés à l’étranger s’élèvent à environ 80 milliards de francs (3a 20 millions de £ en 1906 contre :>.55o en 1897) : dont 18 en fonds d’état, a3 en chemins de fer, 5 en banques et compagnies françaises, 10 en mines, etc.... Les placements se divisent environ par moitié entre les colonies ou dépendances financières et les pays réellement étrangers. Ils se sont surtout portés depuis dix ans sur l’Amérique. Le revenu annuel est d’environ 3,55 milliards (soit 4>4° pour 100), auxquels il faudrait ajouter, pour établir le revenu annuel que l’Angleterre tire de l’étranger, environ 2,5 milliards pour les bénéfices de la flotte de commerce, des grandes maisons de banque et de commerce, etc.
- La baisse des métaux. —- A diverses reprises (Voy. n° 1755, Les métaux en 1907 et n° 1761, La production et le prix, etc.), quand, au début de cette année, le prix des métaux était démesurément enflé et quand les optimistes envisageaient la hausse continue du cuivre qui a été, dans ce mouvement, le chef de file, nous avons insisté sur la loi d’oscillation économique qui devait, dans un avenir rapproché, ramener les métaux à des cours plus normaux. Cette baisse s’est produite ainsi qu’il était facile de le prévoir. Le cuivre standard, qui était monté de 1902 à mars 1907 de 53 £ à 110, est retombé à 80 et l’on envisage maintenant le cours de 70 ; et tous les métaux ont baissé de même plus ou moins vite : l’étain de 195 £ à 172, le plomb de 20 £ à 19, le zinc de 28 à 26, etc. Ainsi qu’il arrive toujours dans ces phénomènes où la spéculation joue un si grand rôle, tandis qu’on accumulait, il y a six mois, les raisons de hausse on accumule aujourd’hui celles de baisse : augmentation de la production, diminution de la production par la crise industrielle des Etats-Unis et de l’Allemagne, fausses évaluations antérieures des stocks données par le grand journal américain, Y Engineering and Mining Journal, etc... Le fait seul que tous les métaux subissent des mouvements simultanés dans le même sens montre que la cause en est plus générale ; et ce n’est pas la situation propre du marché des métaux, mais la tension monétaire qui a déterminé la baisse actuelle. La production des quatre grands métaux cités plus haut, qui représentent 3 milliards par an au cours du mois de mars, représente aujourd’hui 5oo millions de moins.
- La Suisse navigable. — La question de la navigation intérieure est actuellement très étudiée en Suisse; et de grands projets ont été échafaudés. On commmencerait par rendre le Rhin navigable de Bàle au lac de Constance. Ce sera le tronc sur lequel viendront peut-être se grefïér, dans un avenir plus ou moins rapproché, les voies d’eau intérieures, qui conduiront au lac de Zurich, au lac de Genève, aux lacs de Bienne et de Neuchâtel. Ce réseau serait relié à ceux de France, d’Italie, d’Allemagne, et la Suisse formerait ainsi véritablement le nœud des communications européennes.
- La rectification du canal de l’Erié. — On se préoccupe vivement aux Etats-Unis de transformer le canal de l’Erié, qui relie la ville d’Albany, et par suite New-York (grâce à l’Hudson), à Buffalo sur le lac Erié. Le canal primitif comporte un grand nombre d’écluses, et présente une profondeur d’eau trop faible. On va réduire le nombre des écluses de 72 à 3g. Les dimensions de ces écluses seront de 100 mètres pour la longueur, de 13,70 m. pour la largeur et la profondeur sur les seuils atteindra 4>3o m. On compte donner passage à des bateaux de 3ooo tonnes. Mais c’est par centaines de millions que s’évaluera la dépense d’établissement de cette nouvelle voie d’eau ; et, si l’on tient compte de ce coût, on verra que finalement les transports par eau coûteront extrêmement cher.
- Un transport de gaz à grande distance. — On
- songe à distribuer le gaz à Londres dans des conditions toutes nouvelles, pour éviter l’emploi du charbon en nature, autant que cela sera possible, et afin d’assurer lumière et chaleur aussi bien que force motrice. L’usine destinée à produire ce gaz serait située à proximité des charbonnages du South Yorksliire ; la conduite d’ame-née aurait 278 kilomètres, et pourrait débiter annuellement h32 millions de mètres cubes. Elle 11’aurait pas d’ailleurs un diamètre de plus de 62 centimètres, parce que le gaz y serait envoyé sous une pression de 35 atmosphères. Rendu dans les gazomètres de Londres, ce
- gaz ne coûterait pourtant pas plus de 27 millimes le mètre cube, ce qui permettrait un prix de vente satisfaisant pour la clientèle.
- Moteurs à gaz de hauts fourneaux. — Cette utilisation rationnelle d’un sous-produit se développe de plus en plus. Actuellement les Etablissements Cockerill possèdent pour leur compte une installation électrique de 8000 chevaux, qui sera bientôt de 10000, basée uniquement sur l’utilisation de ces gaz. Le prix de revient actuel y est de o,653 centime par kilowatt. Les usines lvrupp à Rheinhausen, produisant quotidiennement 1600 tonnes de fonte avec leurs 6 hauts fourneaux, emploient 26 moteurs à gaz correspondant à 36 000 chevaux et plus ; il est vrai qu’ils utilisent aussi les gaz des fours à coke, qui ne sont pas moins intéressants.
- L’attaque des conduites par les eaux acides. —
- On a constaté que les eaux alimentaires de la ville de Francfort-sur-Mein attaquent très vivement les conduites de fonte, et aussi les canalisations en béton. Elles ne titrent que 2 à 3 degrés hydrotimélriques ; mais, par-contre, elles renferment 28 à 3o milligrammes d’acide carbonique et d’acide humique. On a cherché divers procédés ou différentes substances pour arrêter celte attaque, et une seule matière réussit : celle qu’on vend sous le nom d’inertol. Du reste celle-ci a l’inconvénient de donner à l’eau une odeur d’acide phénique, si on ne la laisse pas absolument sécher avant d’admettre l’eau dans les conduites ; de plus, elle est d’application assez délicate.
- Le dirigeable Ville-de-Paris. — L’aéronef de M. Deutseh vient de faire ses jjremières sorties. Nos lecteurs se souviennent de la description que nous en avons donnée dans un récent numéro. Le succès a été complet. Le ballon, piloté par M. Surcouf, a évolué d’une façon parfaite dans l’aérodrome de M. Dqjitsch, à Sar-trouville. La vitesse réalisée dans ces premiers essais a été de 11 mètres environ; mais M. Surcouf compte sous peu arriver à i3 mètres, en faisant rendre au moteur toute la puissance dont il est susceptible. La stabilité a été remarquable; le curieux stabilisateur cruciforme dont est muni l’appareil et dont l’idée est due au colonel Renard, a donné d’excellents résultats. Cette expérience en consacre définitivement la valeur.
- Le train Renard. — Les nouveaux trains Renard, dont nous avons récemment parlé, vont être èxpérimen-tés aux prochaines grandes manœuvres de l’Est, au point de vue militaire.
- Les plus grandes profondeurs océaniques. —Elles sont données assez inexactement dans les meilleurs elles plus récents ouvrages géologiques et géographiques. Les deux principales, dans l’océan Pacifique, sont la fosse des Tonga à l’île Kermadec, trouvée par le Pingouin en 1895 et creuse de 9427 (ou g435 m.), et celle de l’île Guam ou du Néro (trouvée par le Néro en 1899) aux îles des Larrons et creuse de g63o (ou 9636 m.), (d’après Nature, 27 février 1896, p. 3g2 et Petermann s Mittheil., mars 1896, p. 69; Geographical Journal, avril 1900, p. 426 et la Géographie, juin 1900, p. 476)- Nous n’avons pas trouvé la provenance du chiffre de g565 m. qu’on a parfois donné pour la fosse Guam.
- La grotte de Han-sur-Lesse (Belgique) vient d’être l’objet de nouveaux aménagements qui augmentent l’attrait et la commodité de la visite. On a placé des passerelles le long de la portion de rivière souterraine nommée le Styx ; l’éclairage électrique delà salle du Dôme a été porté à 60 000 bougies ; enfin un tramway à vapeur passant par-dessus la colline où est percée la grotte et arrivant à son entrée d’amont permet de se rendre compte aisément du grandiose phénomène hydrogéologique qu’a provoqué l’érosion de la Lesse. !
- Installation pour l’essai des turbines à vapeur. —
- La General Electric Co, de Schenectady, vient de créer une installation spéciale de chaudières pour essayer les turbines à vapeur. On a voulu s’arranger de manière à fournir de la vapeur à pression constante quelle que soit la charge, puis être à même aussi de surchauffer et de mesurer exactement le degré de.surchauffe. Les chaudières spéciales installées dans ce but sont chauffées au pétrole, ce qui permet de régler la chaleur ; ces chaudières fonctionnent normalement sous une pression de 7,60 kgs.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- Réchaud électrique Le Lamellaire. — L’emploi des appareils de chauffage électrique se répand, mais lentement. Cette lenteur a deux causes, le prix élevé de
- l’énergie électrique dans la plupart des grandes agglomérations, et l’incommodité ou la délicatesse des appareils proposés jusqu’ici. Ces deux raisons du reste disparaissent peu à peu. Voici en tout cas un petit réchaud qui constitue déjà un appareil de chauffage modeste sans doute, mais pratique. Les parties chauffantes sont faites de lames d’aluminium de i3o mm, sur 20 mm., épaisseur 7 mm ; les 2 fils de sortie isolés à l’amiante se terminent par 2 agrafes en cuivre (fig. 2). Le l'échaud comprend 6 éléments placés dans une cuvette en fonte, munie à la partie supérieure de 3 barres de fer sur lesquelles s’appuient les éléments, chacun consomme ^5 watts et se place directement sur 110 volts. Mais on peut aussi monter le réchaud sur ttn courant à 220 volts ; il suffit de modifier, et la chose est très aisée, les connexions des éléments entre eux et de les monter par deux en série. Enfin pour ralentir la chauffe on met aisément un ou plusieurs éléments hors circuit.
- Le grand avantage de l’appareil, est que si, par suite d’une hausse de voltage, d’un emploi défectueux, la partie chauffante vient à brûler, le remplacement en est 'les plus faciles, à la portée de tous, même des profanes
- Fig. 2. — Le Lamellaire.
- en électricité et qu’il n’est jamais nécessaire de recourir à l’électricien ou au constructeur. Il suffit de changer la lame chauffante détériorée, ce qui se fait instantanément et à peu de frais. Le Lamellaire est en vente aux usines du Pied-Selle, àFumay.
- Jeux
- Le Bowling allées. — Il s’agit d’un jeu qui n’a rien de nouveau, puisque, en somme, ce n’est autre chose qu’un jeu de quilles; mais contrairement à ce qu’on rencontre généralement il comporte la précision d’un billard ; il est en effet construit par la compagnie Brunswick qui s’est fait une spécialité des billards de précision : c’est donc un jeu de quilles de précision. Dans les jeux ordinaires la boule, plus ou moins ronde, roule sur un sol plus ou moins caillouteux et va un peu au petit bonheur :
- c’est souvent autant un jeu de hasard qu’un jeu d’adresse.
- Ici le sol est soigneusement recouvert d’un plancher ciré parfaitement horizontal ; de chaque côté sont ménagées des gouttières où vont se loger les boules des maladroits, au fond une fosse reçoit les quilles abattues et les boules ; pour le renvoi de celles-ci on a disposé sur le côté un plan incliné qui, à l’arrivée du côté du joueur, présente cette jDarticularité que les boules se rangent automatiquement par ordre de grosseur ; les petites restent en bas et les grosses vont au-dessus d’elles. Ces boules sont en gaïac poli, munies de deux trous pour le
- Bowling allées.
- pouce et l’index. Quand on s’y prend bien il est possible d’un seul coup d’abattre les dix quilles. C’est un exercice, excellent non seulement au point de vue du coup d’œil, mais aussi au point de vue hygiénique. L’un de ces jeux, installé par M. 011er au « Jardin de Paris », a un très grand succès. Aux Etats-Unis il en existe des milliers installés dans les établissements publics ou même dans des salles spéciales qui contiennent parfois jusqu’à 36 allées parallèles et où se disputent des matchs très animés.
- Sport
- Presse à raquettes de tennis. — On en trouve à acheter couramment ; mais on peut désirer s’en faire une soi-même ou en confier la fabrication à quelque menuisier de village, qui s’en chargera sans difficulté, pourvu qu’on lui puisse donner quelques indications. C’est en somme un cadre trapézoïdal, composé de deux moitiés semblables qu’on doit pouvoir rapprocher et serrer vigoureusement, de part et d’autre de la raquette que l’on veut empêcher de se gondoler sous l’influence de la chaleur ou de l’humidité.
- La disposition et les mesures du cadre se comprennent
- Presse à raquettes de tennis.
- au seul examen de la figure, puisqu’il importe tout uni-
- ment que les angles, où sont passés les boulons de serrage, viennent en dehors de la courbure extérieure de la raquette. Il est essentiel que ce cadre présente une grande solidité, et les assemblages de ces angles sont à mortaise, mais avec queues d’aronde, ce qu’un amateur sait souvent faire, et ce qu’un menuisier n’ignore jamais. On perce à chaque angle des deux cadres des trous se faisant bien
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- MONTAGE A 110 VOLTS
- MONTAGE A 220 VOLTS
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- ÉLÉMFNT HORS CIRCUIT
- Fig. I. — Montage des éléments.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- vis-à-vis, quand on place les cadres de part et d’autre de la raquette, et le serrage est obtenu au moyen de boulons à oreilles, qu’il est très aisé de se procurer. Il est nécessaire de se servir de bois bien sec qui ne puisse gauchir.
- P
- 'Eclairage
- Lampe de fortune pour illuminations. — Elle peut servir aux usages les plus divers, mais elle est tout indiquée pour les éclairages de jardins, pour les fêtes durant l’été : elle est aussi rustique qu’on peut le désirer, elle est pratiquement incassable, elle ne nécessite aucune surveillance ni entretien, et elle mérite d’être plus connue qu’elle ne l’est. (Son seul défaut est de ne pas être absolument sans odeur; mais en plein air cela ne présente qu’un inconvénient relatif.)
- On se procure une brique ordinaire, qui ne soit pas
- trop dure néanmoins, car elle doit se laisser creuser au ciseau. On y ménage, en effet, un évidement rectangulaire, comme le montre la figure que nous avons fait dessiner : il peut être plus ou moins profond, suivant la durée que l’on désire donner à l’éclairage, ou la difficulté du creusement. On prend, d’autre part, une mèche de fourneau à pétrole, de quelque 5 à 6 cm de large, et on en coupe une longueur de i5 à 16 cm. Elle se monte à droite et dépasse de 2 à 3 cm ; on l’a du reste placée dans l’évidement de la brique en la repliant, parce que, de la sorte, la surface par laquelle arrivera la substance devant former combustible, sera très grande. Pour éviter qu elle se relève par suite de l’élasticité du tissu, on fera bien de disposer en travers un petit morceau de fer qui formera poids.
- Il ne reste plus qu’à remplir ce que nous pourrions appeler le réservoir de la lampe, l’évidement, d’une quantité suffisante de suif fondu. On aura finalement un quinquet qui éclairera réellement bien, et qui ne craindra pas grand’chose.
- tfS'îss* Divers
- Épuisette pliante. — Le pêcheur à la ligne, surtout dans nos grandes villes, est le plus souvent forcé d’aller assez loin chercher le terrain de ses exploits. Et voyageant en chemin de fer, il aime posséder un attirail qui tienne aussi peu de place que possible. Or, il est forcé d’emporter avec lui, pour soulever au besoin les grosses pièces qui risqueraient de casser sa ligne, le filet circulaire bien connu sous le nom d’épuisette. Sa forme même le rend encombrant, et c’est pour cela qu’on a inventé différents types d’épuisettes pliants. Il en est qui se replient
- Pour établir celte épuisette (nous entendons naturellement le seul cadre, le reste n’étant pas malaisé à fabriquer), on se procure du fil d’acier de bonne grosseur : il en faut à peu près une longueur de i,3o m. pour un diamètre de quelque 38 cm à donner à l’instrument. On coupe ce fil métallique en quatre morceaux qui ne seront pas tout à fait de même longueur, et on les courbera en quart de cercle, suivant le rayon du cercle adopté pour l’épuisette.
- On peut faire les deux pièces A et B de longueur identique, tandis que la pièce C aura 3 cm de plus, et que la quatrième pièce aura 2 cm environ de plus que A et B. 11 faut naturellement ménager des articulations entre une des extrémités de G et A, puis entre A et B, et enfin entre l’autre bout de B et D. Au moyen du marteau et de la lime, on arrive facilement à disposer les parties, qui viennent en contact et qui forment les articulations, comme l’indique la figure 3. Si l’on veut que le travail se présente bien, et aussi que le fil maintenant le filet sur cette monture ne se coupe pas vile, il est intéressant de bien dresser le métal, de façon à ce que, fermée, la jonction se présente comme en U. Etant donnée la manière dont la pièce A doit se plier en passant sous la pièce B, quand la monture est repliée comme le montre la figure 2, il faut naturellement que l’épaulement de l’articulation, aux deux bouts de ce quart de cercle A, se trouve du même côté, et extérieurement pourrons-nous dire, en nous référant à la figure 2.
- Dans le quart de cercle B un des épaulemenls sera d’un côté et le. second de l’autre, de manière que B passe pardessus A et se trouve ensuite en dessous de D. Quand la monture se repliera, on aura une sorte de double mouvement de ciseau. Lafixationdes articulations se fera de façon assez simple, puisqu’il suffira de percer des trous dans les parties destinées à se superposer, et d’y entrer un morceau de fil d’acier qui formera rivet, et qu’on martèlera soigneusement pour écraser ses deux extrémités. Il vaut mieux choisir du fil de fer pour ces rivets, alors que la monture proprement dite sera beaucoup plus solide si elle est faite de fil d’acier.
- Avant ce montage, il aura fallu terminer les deux portions extrêmes du cadre, c’est-à-dire les bouts libres de D et de C : cela, de manière à ce que leur rapprochement assure la fermeture du cercle complet et aussi sa fixation dans le manche de l’épuisette. Dans ce but, on forme au bout de C une sorte d’anneau rond, en chauffant et en tournant autour d’un clou de diamètre convenable : il faut que l’œillet ainsi constitué soit d’une ouverture suffisamment large pour laisser passer l’extrémité recourbée de D. Ce recourbement se fait sur 2 cm et demi à peu près, et le bout de D doit être fileté. C’est qu’en effet, quand on l’a fait pénétrer dans l’œillet et que l’on a fermé la monture, on introduit le bout fileté dans un tube taraudé, monté au bout d’un manche de bois qui sera le manche de l’épuisette. Nous montrons précisément ce bout de tube à côté et en dessous de la monture circulaire de l’épuisette.
- On comprend avec quelle facilité se démonte et se plie ce cadre métallique, le filet s’enroulant ensuite autour.
- Epuisette pliante.
- en deux demi-cercles ; mais le système que nous allons indiquer est encore moins gênant, puisqu’il se replie en réalité presque complètement sur lui-même, ainsi que le laisse voir la figure que nous en donnons.
- Piège à guêpes. — En cette saison de cueillette, comment se débarrasser des guêpes, ces élégants, mais voraces et dangereux parasites que l’odeur des fruits attire de loin? Voici un piège à guêpes très simple et fort pratique ; c’est un bocal en verre que l’on peut remplir d’eau jusqu’au milieu de sa hauteur environ ; à la partie supérieure sa paroi est percée de trous, évasés vers l’extérieur qui donneront facilement passage aux guêpes ; elles seront attirées par l’odeur d’un fruit placé dans une petite boîte découpée à jour et que l’on dispose au milieu du bocal, au-dessus de Piège à guêpes, l’eau en l’accrochant à la plaque
- de zinc qui ferme l’ouverture supérieure du bocal. — Ce piège en vente chez l’inventeur, Méténier, 17, rue Tronchet, Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’hyperhydrose plantaire. — Cette infirmité désagréable a suscité l’emploi de bien des médicaments ; les uns trop énergiques ne peuvent être continués longtemps ; les autres ont un x'ésullat très passager. Notez que chez certains sujets la propreté la plus rigoureuse n’arrive pas à modérer la sueur des pieds et à tempérer l'odeur qui résulte de cette sécrétion exagérée. Force est donc de recourir à un traitcmentr
- D’autre part, dans les armées où ou peut trouver quelquefois difficile la pratique des ablutions répétées, les hommes, atteints d’hyperhydrose, arrivent à avoir les pieds dans de tels états que la marche est impossible.
- Le D1' Chandèze, médecin-major, conseille un traitement très simple, dont l’emploi est basé sur une expérience personnelle de longues années. C’est la solution d’acide picrique, solution alcoolique à 5 pour ioo.
- L’acide picrique à un pouvoir anesthésique et kéralo-gène remarquable; c’est à ce titre qu’on, l'utilise avec tant d’avantages contre les brûlures. D’après M. Chandèze l’acide picrique a une affinité marquée pour l’épiderme macéré par la sueur et pour les surfaces papillaires dénudées du derme. Après un badigeonnage à la solution alcoolique, l’alcool s’évapore rapidement et laisse une couche jaunâtre d’acide picrique pulvérulent. La peau saine ne subit qu’une coloration jaune ; mais les parties de peau macérée, comme les espaces inlerdigi-laux, deviennent à ce contact durs, parcheminés et prennent une teinte acajou. L’eflet est immédiat et se traduit par la suppression de l’odeur, de la douleur et
- même de la sueur. M. Chandèze a vu souvent des hommes, qui avaient peine à supporter le contact des chaussures, pouvoir le lendemain reprendre les exercices et les marches.
- Voici, d’après notre confrère, comment il faut procéder. On nettoie les pieds avec un linge mouillé, puis avec un pinceau d’ouate hydrophile, on badigeonne légèrement la face plantaire, les doigts et les espaces interdigitaux, en renouvelant deux fois le badigeonnage sur les parties les plus macérées. Une fois l’alcool évaporé, on saupoudre les parties peintes avec un peu de sous-nitrate de bismuth ou de talc. L’homme se rechausse et tout est fini. Dans les cas d’hyperhydrose prononcée, ce pansement peut être renouvelé deux fois par jour pendant trois ou quatre jours ; il suffit après de le faire une fois par semaine.
- Un léger inconvénient est la coloration en jaune du linge ; mais cette coloration disparaît à la lessive. Une autre précaution, c’est que l’acide picrique étant assez toxique, il faut éviter d’en faire usage chez les enfants.
- Les ampoules qui surviennent à la suite de la marche et du frottement des chaussures, sont également très vite guéries avec cette solution. M. Chandèze ouvre l’ampoule, sans enlever l’épiderme et introduit un peu de la solution alcoolique d’acide picrique. La douleur est vive, mais dure peu; l’ampoule, au bout de quelques instants, cesse d’être douloureuse, ne s’enflamme jamais et se cicatrise très rapidement. Dr A. C.
- VAR] ETES
- La caséine. — Nous avons à plusieurs reprises déjà entretenu nos lecteurs, de la caséine, de sa préparation et de ses emplois. C’est qu’en effet, ce produit extrait du petit-lait, autrefois considéré comme un résidu presque sans valeur, présente pour un pays agricole comme le nôtre un vif intérêt; tous les efforts qui tendent à en augmenter la valeur marchande contribuent en même temps à accroître la richesse nationale. Nous avons déjà signalé un grand nombre d’emplois de la caséine : il en est utilisé une grande quantité dans l’industrie des papiers couchés, dans celle des papiers lavables et papiers mâchés; on fait avec elle d’excellentes colles, pour le bois surtout, des mastics contre l’humidité ; on s’en sert en peinture, en teinturerie pour le mordançage des tissus. Ses propriétés agglutinantes la font employer, combinée à quelques produits chimiques, pour confectionner de remarquables matières plastiques, imitant le marbre, l’ivoire, l’onyx. Le galalith dont nous avons parlé est un véritable succédané ininflammable du celluloïd.
- Grâce aux efforts des chimistes, de nouvelles applications se révèlent chaque jour. Signalons d’abord la substitution de la caséine au blanc d œuf pour clarifier les vins louches. Cette question a été étudiée à fond par M. Miintz, membre de l’Institut. Le collage des vins au moyen de matières albuminoïdes a pour but de former un précipité tannique entraînant les impuretés minérales et bactériennes. La caséine préparée parle procédé Hat-macker et dissoute dans l’eau dans la proportion de 5 à 6 pour ioo donne d’excellents résultats. Il faut remarquer que toutes les caséines commerciales ne se prêtent pas au collage des vins, il faut éviter l’emploi des caséines précipitées par la présure, ou par l’acide ; elles sont insolubles et ne sont jamais assez pures.
- Voici, suivant M. Maggrini, et d’après des expériences faites dans différents vignobles français, comment il convient d’opérer: pour un fort collage, il faut io à i5 gr. de caséine bien pure par hectolitre, de vin ; pour un collage moyen, 6 à 9 gr.; pour un collage léger, 4 à 6 gr. 11 emploie la caséine marque Oméga, qu’il dissout dans
- de l’eau tiède à 3<> ou 4o°, à raison de 5o gr. par litre. Il faut éviter, pour faire cette dissolution, de verser l’eau sur la caséine ; on provoquerait ainsi la formation de grumeaux difficiles à dissoudre ensuite. On verse alors cette dissolution par petites quantités dans le fût de vin, en brassant le liquide avec un faisceau de verges. Le prix de revient d’un tel traitement ne dépasse paso,o5 fr. par hectolitre de vin ; l’économie est manifeste sur l’ancien procédé aux blancs d’oeufs.
- On a aussi cherché à utiliser d’une façon avantageuse les précieuses propriétés alimentaires de la caséine. O11 emploie alors de la caséine précipitée par l’acide acétique, ensuite soigneusement lavée et malaxée mécaniquement avec une solution faible de bicarbonate de soude. De tous les protéides, la caséine est la substance le plus facilement assimilable ; on peut donc l’employer à augmenter, dans les proportions que l’on voudra, la valeur nutritive des nourritures pauvres en albuminoïdes. C’est ainsi que M. Ligneaux, chimiste de la caséinerie d’Etau-liers, compose des poudres de biscuit caséinées contenant jusqu’à 3o pour 100 de matières azotées et que l’on peut d’autant plus aisément mélanger aux potages, au café, etc., qu’elles se conservent parfaitement et ne présentent jamais ni odeur, ni saveur.
- Etant donné le prix modique de tels produits, on conçoit quelle ressource précieuse ils peuvent constituer pour améliorer l’alimentation des classes pauvres, ou assurer le ravitaillement d’armées en campagne.
- La variabilité des petites planètes. — On sait qu’entre les orbites de Mars et de Jupiter circulent un grand nombre de petites planètes. Le nombre de celles actuellement découvertes dépasse six cents. Quelques-unes ont montré des variations rapides dans leur éclat, qui indiquent une sui'face non homogène. La petite planète Iris varie d’environ o<î,a5 à og,3o en quatre heures. Eunomia varie de o<ï,4 en 0,1267 j., etc. Pour mettre en évidence ces faibles changements d’éclat, il faut un travail considérable. M. Metcalf a indiqué,dans Astro-
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- VARIÉTÉS
- physical Journal, une méthode qui semble devoir donner d’excellents résultats. On donne à la plaque photographique un mouvement un peu différent du mouvement diurne, celui du moyen mouvement des astéroïdes en opposition au moment où l’on opère. Il en résulte que les étoiles sont représentées sur les clichés par des traînées dont la longueur dépend du temps d’exposition. D’un autre côté, les astéroïdes sont des points d’aspect stellaire. Pratiquement, la plupart des astéroïdes peuvent être suivis 35 ou 4° minutes sans qu’un allongement résultant des différences entre ce moyen mouvement et le mouvement réel se manifeste. Dans le cas où il y aurait une imperfection dans la plaque, deux expositions sont toujours faites, séparées par un petit déplacement en ascension droite. Les astéroïdes sont ainsi représentés par deux images circulaires très voisines. Avec un temps d’exposition égal pour les deux images, les traînées stellaires ont la même longueur et les deux images de l’astéroïde devront être de même grosseur, forme et densité. Pratiquement, ce n’est pas toujours vrai car le mouvement de la plaque peut n’être pas uniforme et la transparence de l’atmosphère peut varier dans l’intervalle des expositions, soit réellement, soit en raison de la variation de hauteur. Dans les deux cas, la
- traînée de l’étoile enregistrera ces modifications. Si les traînées d’étoiles sur toute la plaque conservent la même longueur et la même densité, mais si les images de l’astéroïde sont différentes, il est à présumer qu’il y aura eu un changement réel d’éclat; le seul empêchement à cette explication serait la présence d’un défaut ou une différence de sensibilité. Les défauts sont généralement reconnaissables sous un fort grossissement. Quant à une différence de sensibilité, l’expérience des découvreurs d’étoiles variables est contre leur existence dans des intervalles aussi rapprochés (o,3 mm'sur les plaques de M. Metcalf). Celte nouvelle méthode est bien supérieure à celle généralement employée, dans laquelle on suit les étoiles et où l’on obtient les astéroïdes sous forme de petits traits. Si un de ces traits présente des différences d’opacité, on ne peut décider si l’on a affaire à. une variation réelle de l’astéroïde ou de l’atmosphère terrestre. Cette méthode permet encore d’obtenir des images d’astéroïdes extrêmement faibles et qui ne viennent pas dans la méthode ordinaire, lorsque l’action photographique est répartie tout le long d’un trait. Par contre, la nécessité de donner à l’instrument un mouvement différent de celui des étoiles constitue une difficulté.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- L’alimentation des poussins. — D’abord, on laisse, après 1 éclosion, les poussins sans nourriture aucune pendant vingt-quatre ou trente heures, puis on les donne à leur poule mère ou on les place dans l’éleveuse ; dans ce dernier cas, il est bon de les faire sortir quatre ou cinq fois par jour. Le lendemain, émietter un peu de pain rassis sur le dos des poussins qui apprennent à manger, puis faire une première pâtée avec des œufs durs hachés avec la coquille et de la chicorée hachée, très menu, que l’on dispose dans de petites augettes ; même pâtée le troisième jour et un peu de riz; de même du 5e au ioe jour, en ajoutant à la pâtée du pain rassis trempé dans du lait et un peu de poudre de viande, ainsi que quelques grains de petit millet et de petit riz. A partir du ioe jour jusqu’à la fin du 2e mois, employer en alternant les trois pâtées : A. Farine d’orge, farine de sarrasin, poudre de viande, verdure hachée menu, parts égales. — B. Pois chiches, verdure, pâtée d’os frais, parts égales. — C. Farine de maïs, poudre de viande, verdure hachée, parts égales. Par la suite, on continue le même régime, mais on laisse le grain non broyé. On peut dès lors ajouter les formules suivantes : aux précédentes : D. Pommes de terre (4 parties), avoine concassée (r), verdure hachée (i), poudre de viande (2). — E. Gluten de maïs, sarrasin concassé, verdure hachée, pâtée d’os frais, parties égales. — F. Pois chiches, verdure hachée, son, pâtée d’os frais, parties égales. Au troisième et quatrième mois, diminuer la quantité de viande, et augmenter le maïs concassé, ajouter des oignons hachés. Comme boisson, de l’eau additionnée de lait, et un peu de sel de Vichy. Cela supprime la crotte, affirme le Réveil agricole, à qui nous empruntons ce petit traité d’alimentation.
- La laitue en été. — La Revus horticole donne quelques conseils pour récolter les laitues en été. Le point essentiel est de limiter la culture en été aux seuls emplacements facilement arrosables. Dé plus, faire les semis plutôt clairs, et s’ils se trouvent trop drus, ne pas craindre de les éclaircir dans le jeune âge, en arrachant convenablement des plants que l’on replante ensuite ailleurs après les avoir laissés quelque temps à l’air, et après avoir trempé les racines dans l’eau, immédiatement avant la mise en place. Ne pas employer du plant trop fort. Ne pas planter profondément. Arroser tous les jours, matin et soir.
- Conservation du beurre. — Placer le beurre frais dans un vase bien nettoyé, dont Pair ne puisse traverser la paroi. Faire bouillir dans un peu d’eau la quantité de
- sel nécessaire pour saturer cette eau, puis la verser dans le pot de beurre, de façon que le beurre soit bien recouvert d’une couche d’eau de a cm. Placer ensuite le couvercle. En ayant soin de puiser le beurre par couches, horizontalement, au fur et à mesure des besoins, de façon à éviter l’action de l’air, la conservation est parfaite, d’après les essais faits en Algérie par M. Faurl.
- Insectes terriens et vers blancs. — La naphtaline donne d’excellents résultats. On saupoudre la surface du sol, avant le bêchage, avec de la naphtaline ; il suffit de deux ou trois poignées par 10 m2; très recommandé pour les cultures de prairies.
- Distinction de la laine et de la soie. — Pour distinguer la laine et la soie qui se trouvent mêlées dans le même tissu, on prépare un mélange d’ammoniaque liquide concentrée et d’oxyde de cuivre. On y laisse quelque temps le tissu à essayer, quand on le retire la soie est dissoute, la laine seule reste dans son premier état.
- La chaux contre la rouille. — Ne pas oublier qu’en couvrant le fer de chaux vive en poudre, on le préserve fort bien de la rouille ; la chaux absorbe en effet à merveille humidité et acide carbonique, les deux ennemis du fer au point de vue qui nous occupe ici.
- Alcool de tourbe. — Depuis trois ans on parle de la possibilité de fabriquer de l’alcool avec de la tourbe. Des essais entrepris dans une usine à Aalborg, Danemark, ont montré que les résultats obtenus par MM. Fres-tadius et Fock parles moûts fermentés ne donnaient que 20 litres de flegmes titrant 5 1/2 pour 100 d’alcool pour 80 litres de moût.
- Nettoyage des objets en laiton. — Pour nettoyer les objets en laiton, il ne faut pas employer d’acide car ensuite le métal se ternit; il faut frotter les objets avec de l’huile d’olive et du tripoli fin, on lave ensuite à l’eau de savon et on obtient un poli brillant. Pour givrer le laiton et obtenir un très beau fini, on fait bouillir les objets dans de la potasse, on lave à l’eau, puis à l'acide azotique faible ; on sèche dans de la sciure de bois chaude et l’on met une couche de vernis sur l’objet encore chaud.
- Nettoyage des couteaux. — Un excellent moyen pour nettoyer les couteaux consiste à les frotter sur une pomme de terre crue coupée en deux qu’on aura trempée dans de la brique anglaise pulvérisée. Le résultat est encore meilleur 'si l’on ajoute un peu de carbonate de soude. .....
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. -- Dans notre dernier numéro, article sur Y Age de la pierre en Patagonie (Variétés, p. 109-110). Au lieu de : M. Oates, il faut : M. Outes.
- Communications. — M. Ilenroz veut bien nous signaler que 1 on peut se procurer la testaline chez Hartmann et llauers-Hannovre, (Allemagne). Tous nos remerciements.
- Grande Roue de Paris. — Dans notre n° 1784 du août, notre collaborateur I). Bellet, écrit, à propos de la démolition de la Grande Roue de Londres, que la (irande Roue analogue du Champ de Mars n’a eu aucun succès, et qu elle exisle toujours sans être entretenue. M. Vienne, directeur de la Grande Roue de Paris, nous adresse à ce sujet une rectification que nous insérons bien volontiers ; la Grande Roue de Paris, qui du reste n’appartient pas à une Société, mais à M. de Bary, reçoit chaque année plus de 5oo 000 visiteurs ; c’est donc une entreprise très prospère. L’entretien de la roue est l’objet d'une active surveillance, confiée sous la direction d’un ingénieur au personnel même qui a assisté à sa construction La bonne foi de notre collaborateur, trop occupé par ses nombreux travaux pour pouvoir visiter les établissements de plaisir, avait évidemment clé surprise.
- Renseignements. — R. II. 27-5, à Pau. — Nous pouvons vous indiquer les ouvrages suivants : mécanique,, hydraulique et thermodynamique par G. Darier. Bibliothèque du conducteur de travaux publics, chez Dunod et Pinat, 49i quai des Grands-Augustius. Prix : i5 francs et machines hydrauliques, par Cliaudy, même collection, prix : 10 francs. — Nous ne connaissons pas de moyen radical pour la destruction des charançons.
- Comte G. de R. —- Vous trouverez des renseignements sur les puits instantanés dans l’ouvrage Salubrité urbaine, tome II, de M. Bechmann, chez Béranger, i5, rue des Saints-Pères. Dans les recueils de recettes et procédés utiles de Tissandier ; chez Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, vous trouverez des recettes pour le bronzage.
- M. Mi)oneu, à Bévannes. — Nous n’avons pu avoir encore les renseignements qui nous ont été promis sur cette question par l’ingénieur même chargé de la construction. Nous ne perdons pas la question de vue et nous comptons pouvoir vous donner sous peu satisfaction.
- M. Girard. — Nous n’avons rien publié sur le barrage de la Sioule.
- M. Naville, Villa Rica (Paraguay). —Le major Manoel
- Teixeira a récemment présenté à l’Académie des sciences de Lisbonne un mémoire sur la question qui vous intéresse. D’après son procédé, les racines, les tiges et les feuilles des plantes à caoutchouc, immergées dans l eau pendant un tempsprolongé sont désagrégées, la cellulose est détruite, reste le caoutchouc qui se rassemble aisé-ment. En Angola, dans le même but, on emploie des cylindres qui triturent les parties végétales et en détruisent les parties à cellulose, tandis que le caoutchouc s’agglomère.
- M. Saint-Luc à Pau. — Pour rendre au velours sa fraîcheur primitive, le mouiller à l’envers, puis l'exposer au-dessus d’un fer chaud, sans l’y laisser toucher. La chaleur vaporise l’eau, celle-ci sous forme de vapeur, traversant la trame, sépare et relève les fibres entremêlées, ou rabattues les unes sur les autres. Laisser ensuite sécher à Pair libre.
- W. R. J. — Nous ne connaissons pas la composition de farines fermentantes. Voici une recette de composition calorifuge : mélanger intimement 40 p. d’amiante, avec i5o p. de terre à infusoires, 3 p. d’argile, 2 p. d’une dissolution de verre soluble et i5o p. de liège réduit en fragments. Déssécher le tout à ioo° et réduire en poudre. Pour l’emploi, on fait avec un peu d’eau une pâte épaisse que l’on applique avec une brosse. Le verre soluble s’obtient en fondant i5 p. de quartz, 10 p. de potasse du commerce et 1 p. de charbon. Il est nécessaire pour assurer l’incombustibilité du mélange. Du reste il existe dans le commerce d’excellents calorifuges, tels que la dialomite, chez Wanner, 67, avenue de la République, Paris.
- M. Philippe à Mantes. — Pour les ressorts de traction, voyez La Nature, n° 1745, 3 novembre 1906. Vous les trouverez en vente aux adresses suivantes : Riecke, 42, rue Meslay. Pimbel, 194, faubourg Saint-Martin.
- JM. Legrand, à Orléans. — Pour brûler le soufre, dans les vieilles matières ayant servi à l’épuration chimique du gaz d’éclairage, il n’est pas nécessaire d’avoir des fours spéciaux. Les fours habituels pour la fabrication des gaz sulfureux conviennent. — Adressez-vous aux établissements Malétra à Rouen; ou à MM. Kühlmann, à Looz-les-Lille (Nord).
- M. Michel, à Palmiro-Mendoza. — Le procédé Powell, à notre connaissance, n’a pas encore été couramment appliqué en France. 11 nous semble cependant pratique. Les sels métalliques ne sont pas nécessaires. Chauffer les bois en autoclave avec la solution de saccharine, laisser refroidir, puis sécher dans un courant d’air chaud. Des essais préalables peuvent seuls indiquer les proportions convenables. De même la durée de l’opération varie de quelques jours à quelques semaines. Saccharine, prix : 70 fr, le kilog, sulfate de cuivre brdi-naire 1 fr. le kilog, chlorure de zinc, 1 fr. 5o le kilog, I sublimé corrosif 7 fr. le kilog.
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- BIBLIOGRAPHIE
- La montre décimale, à l’usage des astronomes, des ingénieurs, des sporstmen. Description, avantages, usage par J. de Rey-Pailiiade. Chez Gauthier-Villars, Paris.
- Éléments de mécanique et d’électricité, par R. de Val-breuze et Ch. Laville. Chez Dunod et Pinat.
- Cet ouvrage, qui fait partie de la bibliothèque du chauffeur, est parfaitement compris pour donner, à tous ceux qui se trouvent journellement en contact avec la mécanique ou l’électricité pratique, les notions suffisantes pour comprendre clairement le fonctionnement des organes qu’ils manient, et saisir les idées générales qui dictent les principes de toute construction mécanique ou électrique. .
- L’Argentine au XXe siècle, par Albert B. Martinez et
- Maurice Lewandowski. i vol. in-i8jésus, avec 2 cartes hors texte. Librairie Armand-Colin, Paris. 5 francs.
- Intéressante monographie d’un pays sur lequel l’attention se trouve tout naturellement attirée, sans incident tapageur, par sa pacifique évolution et par sa prospérité. L’Argentine y est tour à tour étudiée en détails et avec compétence au point de vue économique, agricole, commercial, industriel et financier.
- Nouveautés chimiques pour 1907, par Camille Poulenc. Chez Baillière et fils, rue Hautefeuille, ao3 figures.
- Cet ouvrage contient l’exposé fort clair des plus intéressantes nouveautés chimiques de l’année. Le nom de l’auteur indique clairement avec quelle compétence le sujet est traité. Un premier chapitre est consacré aux appareils de physique destinés à la déter-
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- BIBLIOGRAPHIE
- mination des températures, densités, poids moléculaires. Le chapitre suivant décrit les appareils de manipulation chimique. Un chapitre spécial est consacré aux appareils électriques. Enfin viennent les appareils d’analyse, et l’ouvrage se termine par les appareils intéressant la bactériologie.
- Histoire et météorologie, par E. Clouzot. Paris. Imprimerie Nationale. 1907. 1 plaq. in-8°, 23 p.
- Voir dans La Nature, 11° 1787, du 24 août 1907.
- Les plantes médicinales de Picardie, par le Dr Caussin. 1 vol. in-12. Prix 5 francs. Yigot frères, éditeurs, 23, rue de l’Ecole-de-Médecine.
- L’auteur a réuni dans un manuel portatif toutes les plantes de Picardie qui possèdent des propriétés médicinales reconnues et éprouvées. Les modes d’emploi
- et les doses sont indiqués, ce qui en fait un manuel précieux pour les ménagères de la ville et surtout de la campagne.
- L’Autre monde. Mythes et légendes. L.e purgatoire de saint Patrice, par P11. de Eélice. Paris. IL Champion. 1906. 1 vol. in-8°. Prix : 5 francs.
- Les croyances relatives à l’autre monde ont joué et jouent encore chez tous les peuples un rôle de première importance. Dans ce travail, qui a pour point de départ le mythe du purgatoire de saint Patrice, dont 011 sait la place dans la vie irlandaise, l’auteur, après avoir raconté la légende, les aventures du chevalier Oweinet l’iiistoire du sanctuaire duLough Dcrg, passe en revue les idées relatives ;\ l’autre monde en Egypte, en Chaldée, chez les Hébreux, les Romains, les Grecs, chez les Celtes et en Irlande, etc.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o
- Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HERBES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 26 août 1907. . n°,4 w. s. W. 0. Très nuageux. » Rosée; nuageux le ni. ; beau le s. ; brume à la b.
- Mardi 27 12°, 5 N. E. 1. Beau. » Rosée ; beau; forte brume.
- Mercredi 28 15°, 1 E. N. E. 2. Peu nuageux. 0,5 Rosée ; très nuag. le ni. ; nuag. le s. ; petite pluie de 10 h. à 13 b.
- Jeudi 29 17°,1 S. 3. Couvert. 17,1 Tr. nuag. ; orage de 2 b. 55 à 6 b. 55 et 14 b. 55 à 15 b. 20.
- Vendredi 50 14°,7 N. N. W. 2. Très nuageux. » Rosée ; nuageux le m. ; beau le s. ; brouillard à 8 b.
- Samedi 51 12° ,5 N. E. 0. Nuageux-. )) Rosée ; peu nuageux ; brouillard le m.
- Dimanche 1" sept.. . 14°,5 S. 1. Couvert. » Rosée ; nuageux.
- AOUT-SEPTEMBRE 1907. — SEMAINE DU LUNDI 26 AOUT AU DIMANCHE 1" SEPTEMBRE 1907-
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à | boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 26 août au ier septembre. — Pression atm. supérieure à 765 sur le Sud et le Centre du continent, avec maxima en Gascogne et sur la mer Noire. Basses pressions sur le N. de l’Europe. (Uleaborg, 746 mm). Tempête sur la Baltique. Pluies sur le N. de l’Europe. Temp. du matin : Uleaborg, 70 ; Paris, ii°; Clermont, i5°; Alger, 23°; Malte, 24°; Puy de Dôme, i3°; Mont Aigoual, 120; moyenne à Paris : 15°,6 (normale : 17°). — Le 27. Pressions supérieures à 765 sur le N.-O. et le S. de la France. Dépressions sur l’Espagne et le N. des Iles-Britanniques. Pluies sur le N. du continent. Temp. du matin : Haparanda, 70 ; Paris, i3°; Clermont, i5°; Toulouse, 220; Alger, 23° ; Puy de Dôme, i5°; Mont Aigoual, 160. Moyenne à Paris : 15°,5 (normale : 16°,9).— Le 28.' Baisse continue de la pression atm. sur l’O. de l’Europe; fortes pressions sur le Centre et l’Est; orages en France ; pluies sur la Baltique et l’Angleterre. Temp. du matin : Haparanda, 170; Paris, 15° ; Clermont, 180; Alger, 24°. Moyenne, à Paris : 17°,2 (normale : i6°,8). — Le 29. Pression supérieure à 760, sur le Centre du continent (Pologne, Roumanie). Dépressions sur l’O. du
- continent, pluies sur le N. de l’Europe, orages dans le N. de la France. Temp. du matin : Haparanda, 70; Paris, 170; Clermont, Toulouse, 180; Alger, 20°; Puy de Dôme 160. Moyenne à Pains : i8°,2 (normale : 16°,7). — Le 3o La pression se relève sur l’O. de l’Europe ; supérieure à 765 sur la France, l’Espagne, le Sud de l’Angleterre, le Centre de la Russie; pluies dans le N.-O., orages en France. Temp. du matin : Paris, 15° ; Toulouse, 180; Alger, 270 ; Puy de Dôme, io°. Moyenne à Paris : I9°,2 (normale : i6°,6). — Le 3i. Baisse générale de la pression atm., dépression sur les Iles-Britanniques et la Scandinavie (Bodoe : 748 mm). Press, sur le golfe de Gascogne, 762 mm. Fortes pressions sur la Russie. Temp. du matin : Moscou, 70 ; Paris, i3°; Nantes, i5°; Toulouse, 180—Le ier septembre. La dépression des Iles-Britanniques se déplace vers l’Est ets’étend au Sud, pression supérieure à 760 sur la France. Orages dans l’Est de la France. Temp. du matin : Christiansund, 70; Paris, i5°; Lyon, 180; Biarritz, 200 ; Puy de Dôme, i3°. Moyenne a Paris : 17V2 (normale : i6°,4)- — Phases de la Lune . Dernier Quartier, le 3o à 5 h. 87 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, "Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, / 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1790 (14 SEPTEMBRE 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Exposition électrique de Lyon. — En mai 1908, se tiendra à Lyon une exposition organisée par les soins de la Société d’agriculture, sciences et industrie, de Lyon. Son programme s’étend à toutes les applications de l’électricité à l’agriculture et aux arts industriels ; il comporte 7 classes : i° Application à l’agriculture ; 20 à l’industrie textile; 3° à la mécanique; 4° éclairage électrique; 5° applications thermiques et chimiques ; 6° production, transformation et canalisation de l’électricité; 70 applications diverses, téléphonie.
- Influence des forêts sur la vitesse du vent. —
- M. Murat, directeur de l’Institut météorologique de Roumanie, a recherché l’influence qu’exerce une forêt sur la vitesse du vent ; des expériences ont porté sur la forêt de Ghimpatzi, d’une superficie de 70 hectares, plantée d’acacias de 10 m. environ; elle possède sur la ligne des vents dominants une longueur de x km, on installa 9 postes enregistreurs en dehors de la forêt. M. Murat conclut que la vitesse du vent est réduite au delà de la forêt ; la diminution suivant le cas peut varier entre 3 et 12 km à l’heure à 5o m. de la forêt; au delà de 5oo m. la réduction ne se fait plus sentir.
- Syndicat forestier de France. — Il vient d’être formé, sous le titre de Syndicat foi'estier de France, une Société quia pour objet : i° L’étude des voies et moyens à employer pour le reboisement des teimains des particuliers, des communes, des départements et de l’Etat, tant en France qu’aux colonies ; 20 la prise à bail à long tei’me desdits teri'ains et l’obtention de toutes concessions ; 3° l’aménagement, la plantation, l’exploitation au moyen de reboisement, des mêmes teri*ains et concessions, quelle qu’en soit la nature : marais, montagnes, l’outes, etc. ; 4° la création de pépinières volantes, de pépinières scolaires ou autres, de toute nature, en vue d’obtenir les plants nécessaires à l’exploitation générale ou l'égionale; 5“ l’exploitation directe des coupes de bois ou leur vente; 6° la prise en charge, l’aménagement, la surveillance, l’exploitation directe ou indirecte pour le compte de sociétés similaii'es commerciales ou civiles ayant pour objet les reboisements et leur exploitation. — Le siège social est à Paris, 4, rue de Lille.
- L’agriculture au Transvaal. — Le consul des États-Unis à Pretoria, M. John H. Snodgrass, vient d’adresser au Bureau of Manufactures de Washington un rapport très documenté sur l’agricultui'e au Ti’ansvaal et les conditions d’existence de ceux qui veulent travailler la terre dans l’ancien pays des Boers. Il 11’y a actuellement que 12 000 fermes dans cette contrée, et la supeiffi-cie moyenne des terres dépendant de chacun de ces éta-
- blissements est évaluée à 6000 acres, soit 2520 hectares environ. La population totale de la colonie est estimée à 3oo 000 habitants. La moitié est occupée aux travaux agricoles, à l’élevage et aux divers ti-avaux de la ferme; l’autre moitié est employée par le commerce, l’industrie , et principalement les exploitations minières. M. Snodgrass constate que, depuis trois ans, l’agriculture a pris un essor admirable, et il augure pour elle un avenir des plus florissants, d’autant plus que les agriculteurs, cultivateurs et fermiers du Transvaal sont des travailleurs remarquables, très persévérants, que rien ne rebute ni ne décourage. Ils ont prouvé leur force admirable en revenant, dans leurs maisons délimites et leurs propriétés saccagées, reprendre leurs travaux et vaincre les plus grandes difficultés.
- Nouvelles industries à Madagascar. — De mois en mois, les établissements industriels et les maisons commerciales deviennent de plus en plus nombreux à Madagascar. Il vient de se fonder, en ces temps derniers, à Tananarive, successivement une fabrique d’huile d’airn-chides, une manufacture de tabac à fumer et de cigarettes, et une grande usine où l’on travaille les peaux de bœuf avec un procédé particulier. Le traitement mis en usage dans cette usine est l’arsenic et le sel.
- Les chemins de fer de l’Afrique occidentale. — Il
- existe actuellement, dans l’Afrique occidentale française, i357 km de voies ferrées en pleine exploitation. Ce réseau va s’accroître, pendant quelques années, à raison de i5o km par an, jusqu’au jour où les diverses lignes, à force de se rapprocher les unes des autres, foiuneront un ensemble de voies qui sillonneront toutes les colonies groupées sous le Gouvernement général de l’Afrique occidentale française. M. Roume, gouveimeur général, vient d’iixstituer une commission consultative, qui étudiera la révision des tarifs du réseau actuel et les modifiera de telle manière que les chemins de fer puissent concouiûr au développement commei'cial et économique de ces colonies.
- Métallurgie du fer en France. — D’api ès une étude de M. Lindet, dans la Revue scientifique, les régions métallurgiques de France, peuvent se classer en 3 catégories : i° celles qui ont du minerai et du charbon à proximité ; 20 celles qui ont du minerai et pas de charbon ; 3° celles qui ont du chai'bon et importent le minerai. Il range dans la ir* catégoine le département de Meurthe-et-Moselle qui fournit la plus grande quantité de minerai de fer, 6400000, tonnes soit 86 pour xoo de la production française, il en utilise sur place 6 millions de tonnes, en importe, d’Allemagne notamment, 1 802 000 t.,
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- INFORMATIONS
- et produit 2 109000 t. de fonte au moyen de 56 hauts fourneaux. Cette région, si privilégiée au point de vue minerai, est à proximité des houilles de Weslphalie. De même la région de la Haute-Marne (production 97000 t. de minerai) en transforme la moitié sur place, et reçoit 4° 000 t- de minerai des départements voisins. La Saône-et-Loire (76000 t. de minerai), le Gard (49000 t.), l’Aveyron (45 000 t.) travaillent également leur minerais sur place, à proximité de houillères. Dans la 2° catégorie, nous trouvons les Pyrénées-Orientales (249000 t. de minerai), l’Algérie (569000 t.), l’Ile-et-Vilaine (52ooo t.), qui toutes exportent leur minerai ; dans la 3° catégorie, nous trouvons le Nord qui produit 285 ooo t. de fonte, le Pas-de-Calais ,( 104000 t.), les Landes (68000 t.), la Loire-Inférieure (39000 t.). En résumé 90 pour 100 des minerais extraits en France sont traités sur place, et 10 pour 100 transportés. Le travail métallurgique porte sur 8 191 000 t. de minerai et l’on a produit : 3 319000 t. de fonte; la production des fers et aciers ouvrés a atteint 737 000 t., celle des lingots d’acier 2371000 t. dont 835 000 au four Martin et 1 870 000 au convertisseur.
- Tramways à Pékin. — Le plan d’une ligne de tramways à Pékin, vient d’être établi par une maison japonaise et soumis au bureau des Affaires étrangères par le ministre japonais à Pékin. C’est dire que sous peu sans doute, Pékin possédera des tramways.
- La consommation du sucre en France. — Elle était de 288000 tonnes en 1870, de 317000 t. en 1890, de 453 ooo t. en 1900 et de 583 000 t. en 1905.
- Les ballons militaires au Maroc. — Le ministre de la guerre vient de décider 1 envoi à Casablanca d’un détachement d’aérostiers du Ier génie (2 ballons auxiliaires de place). Le matériel consistera en 2 ballons de 320 mD qui font partie du matériel hors service de France, et ne sont destinés qu’à l’instruction ou aux expéditions coloniales. L’embarquement des hommes et du matériel a eu lieu le 3i août à Marseille.
- Le dirigeable militaire de l’Angleterre. — Après la France et l’Allemagne, l’Angleterre aura aussi son dirigeable militaire. The Daily Mail vient d’annoncer, tout dernièrement, que cet aérostat, dont la construction est fort avancée, ne tardera pas à faire ses premiers essais, en évoluant au-dessus du camp d’Aldershot. Comme type, ce nouveau dirigeable ressemblerait plutôt au ballon français Patrie qu’aux aérostats allemands; il recevra très probablement le nom à’Edouard VII. Son moteur à explosion sera actionné par le pétrole. Moteur et nacelle, affirme-t-on, présenteront divers perfectionnements par rapport aux appareils correspondants des dirigeables français et allemands. Les premières ascensions se feront certainement dans le courant de septembre.
- Le marché des oiseaux morts.— On détruit chaque année autant d’oiseaux pour la cuisine que pour les chapeaux féminins, qui exigent souvent des oiseaux entiers de tous pays. Le marché des plumes exotiques se tient à Londres et le commerce des dépouilles d’oiseaux atteint actuellement plus de 20 millions par an. La destruction des oiseaux fut si grande en Amérique que des mesures ont été prises pour l’arrêter et assurer la protection. Par suite les oiseaux étrangers sont devenus rares et le commerce européen s’est rejeté sur les oiseaux locaux : mouettes, perdrix, loriots, etc.
- L’Espéranto. — Le 3° congrès de l’Espéranto s’est tenu à Cambridge du 10 au 17 août; réunissant une nombreuse affluence d’esperantistes de tous pays. Signalons à ce sujet le curieux travail de M. de Saussure relatif à la création d’une monnaie internationale, basée sur une unité esperantiste le speso qui est contenu 8000 fois dans un louis d’or, et 10000 fois dans une livre sterling, en prenant pour base un étalon d’or pesant 8 gr. et valant environ 25 francs.
- L’automobile et l’armée. — Aux prochaines grandes manœuvres du Sud-Ouest, on tentera un intéressant essai de ravitaillement général avec l’aide exclusive de camions-automobiles.
- Les automobiles et le fisc. — En 1906, il existait en France 26 262 automobiles, sur lesquels 5o58 seulement appartenaient à Paris ; le reste se répartissait entre les diverses villes. Ces voitures ont payé, l’année
- dernière, au lise sous forme d’impôts directs et de taxes assimilées, 2 263 651 francs, alors que, six années avant, en 1900, ce paiement 11e s’élevait qu’à 156 497 francs. Cette augmentation est remarquable ; si l’on compare la somme totale payée en 1905 avec celle de 1906, on constate une différence de près de 5ooooo francs entre les deux années, au profit de l an dernier. Mais, à côté des impôts directs, les 26263 autos de France ont apporté un appoint considérable aux contributions indirectes. M. Edmond Théry, dans Y Economiste français, évalue à 12 millions de francs environ la somme qui a été versée au Trésor par suite de la consommation d'essences, huiles, graisses, etc. C’est donc plus de 14200000 francs en chiffres ronds que l’automobilisme rapporte au lise dans une année.
- La constitution et la formation des nuages. —
- M. E. Conrad a résumé ses observations à ce sujet dans une récente M'eteologische Zeitschrift. Pour lui, trois éléments sont nécessaires et suffisants pour déterminer la constitution d’un nuage : diamètre des gouttes, vitesse de leur chute, leur nombre par centimètre cube. Or ces diverses observations montrent un diamètre moyen de 0,02 mm., ce qui, d’après les recherches théoriques de Stokes, suppose une vitesse de chute de 7 cm. par seconde environ; d’autre part, le nombre de gouttes par centimètre cube peut s’évaluer à un millier. M. Conrad, dont l’étude se termine par une bibliographie pleine d’intérêt et complète, insiste en terminant sur le rôle essentiel que jouent les poussières atmosphériques comme moyens de condensation, dans le mode de formation des nuages. Il indique également, d’après des mesures faites en 1899, que la quantité d’eau liquide, contenue par mètre cube dans un nuage très épais, est de 5 grammes.
- La pierre sculptée de Bragassargues. — Notre collaborateur, M. G. Mingaud, étudie dans un récent Bulletin de la Société d’étude des sciences naturelles de Nîmes, une pierre sculptée à figure humaine qui fut trouvée en 1902 dans la terre d’un champ de Bragassargues (Gard) et qu’on peut voir actuellement au Musée de Nîmes. Cette pierre a l’apparence d’une borne ; un œil rond en relief est figuré au sommet, l’autre a disparu par suite d’une cassure ; un nez en saillie sans narines complète le visage qui n’a ni menton ni bouche. Plus bas, des lignes obliques peuvent figurer des bras ou des côtes. M. Mingaud rattache cette pierre à la fin de la période néolithique; il pense que c’est la plus petite de cette époque ; mais, à vrai dire, ne donne pas de preuves de cette assertion.
- Le transport du lait. — Voici une innovation dont les Parisiens sauront gré à M. Lépine. Le préfet de police vient de prendre une ordonnance interdisant aux laitiers de transporter en même temps des pots de lait et des pots d’eau, ou bien du lait destiné à la consommation et du lait non marchand (laits invendus, lait dits de fromage, etc.). Les véhicules des laitiers devront seulement porter du lait buvable. Ce ne sei'a peut-être pas la fin absolue du mouillage, mais assurément celui "qui se faisait par la fraude des garçons laitiers va se trouver fortement réduit.
- Décret contre l’opium. — Le gouverneur général de l’Indo-Chine. a pris récemment à ce propos quelques bonnes mesures, qui ont reçu l’approbation du ministre des colonies et du président de la République par décret en date du 17 août 1907. Ce décret porte l’interdiction de toute fumerie d’opium dans l’étendue des territoires de l’Annam et du Tonkin, et prohibent toute installation de nouvelles fumeries en Cochinchine et au Cambodge. Espérons que ces mesures seront appliquées et qu’elles rendront la drogue plus inaccessible aux classes prolétaires où se recrute précisément la majeure partie des fumeurs.
- ’ Le premier navire en acier. — S’il faut en croire un correspondant du Times, le premier bateau en acier ne serait point Y Annie, construit en 1864, à Bull, mais bien un petit steamer à roues appelé Ma Robert, et destiné à l’expédition de Livingstone.
- Dragues de très grande puissance. — Les Chantiers de Renfrew viennent d’exécuter une drague tout à fait remarquable, pour l’entretien de la rivière lïoogly, aux Indes. Longue de près de 72 m., elle est munie d’une machinerie de 4^00 chevaux, et ses pompes peuvent élever 3o 000 tonnes de sable et d’eau à l’heure.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *t> Mécanique <«*
- Tachymètre à deux liquides. — La Niagara Tacho-meler C°, de Niagara Falls (Etat de New-York) vient de construire un appareil pour mesurer les vitesses de rotation, autrement dit un Tachymètre à deux liquides de densités différentes dont le fonctionnement est basé sur le principe delà force centrifuge.
- Cet appareil représenté par le croquis schématique
- ci-joint se compose de deux récipients contenant du mercure en un liquide coloré de poids spécifique bien inférieur à celui du mercure. Les deux réservoirs sont en relation constante avec un tube central, vertical, portant des graduations indiquant les différentes vitesses.
- Imaginons que tout ce système soit animé d’un mouvement de rotation autour d’un axe vertical. Que va-t-il se passer ? le mercure, par suite de la force centrifuge, va s’éloigner de l’axe de rotation obligeant ainsi le liquide léger à s’élever dans les branches latérales, et de là dans le tube central. Il va sans dire que plus la vitesse sera grande, plus le liquide montera dans le tube.
- Au point de vue détails de construction, il faut signaler deux points importants :
- i° Les tubes latéraux sont munis d’étranglements de façon à éviter la rupture des tubes par suite d’un retour brusque du mercure dans les récipients inférieurs.
- a0 Le tube central est entouré cî’un tube concentrique permettant ainsi au liquide de retourner aux réservoirs si par suite d’un excès de vitesse le liquide était sorti du tube central.
- Cyclisme
- Appui pour bicyclette improvisé. — Nous le recom-manderoné particulièrement pour la saison des vacances, quand on va résider quelques mois à la campagne sans emporter avec soi tous les accessoires nécessaires. Il est bien rare qu’on n’ait pas à sa disposition quelque
- caisse de bois, comme celles dans lesquelles on se fait, par exemple, envoyer des approvisionnements ; et elle fournira à bon compte le bois grossier dont on aura besoin pour la confection d’un ustensile sans doute peu élégant, mais du moins parfaitement confortable.
- Tout est fait de planches, qu’on peut même se dispenser de « blanchir », en leur laissant leurs rugosités naturelles, et les assemblages seront exécutés à l’aide de
- clous, sans les moindres mortaises : ce ne sera peut-être pas très beau, mais la solidité en sera bien suffisante pour les faibles efforts que supportera l’appareil. Comme on le voit en se reportant à la double figure que nous donnons, on établit d’abord deux traverses inférieures d’une trentaine de centimètres de long, que l’on monte elles-mêmes sur des tasseaux qui isoleront le tout de l’humidité du sol. On fixe ensuite les deux pièces longitudinales principales, et c’est sur cette base que se monte tout le reste. Bien entendu, il faut prendre certaines mesures, ou procéder par tâtonnements, pour que les montants verticaux soient suffisamment hauts, de manière que la jante des roues, nous entendons le bandage, vienne frotter sur les traverses d’en bas. Il est bon de munir les montants arrière de contrefiches ménageant les efforts que pourraient supporter les clous. On voit que le pédalier et la partie inférieure du tube avant reposent sur un appui vertical, puis sur un autre appui oblique; et ces montants, qui présentent avec leur surface verticale à l’axe de la bicyclette, sont solidarisés et maintenus aux pièces longitudinales inférieures par des planches horizontales ou obliques, placées de part et d’autre. Comme de juste, dans la portion supérieure des
- Fig. 2.
- montants, on creuse un évidement correspondant au diamètre du tube, et il faut encore, toujours par tâtonnement, en présentant le cycle, faire des évidements complémentaires s’il y a lieu, par exemple pour les fils* de frein, etc. La roue de devant se placera tout naturellement en avant du montant oblique. Nous n’avons pas à faire remarquer que les montants arrière et parallèles l’un à l autre, sur lesquels repose l’essieu arrière, doivent présenter un évidement en conséquence. On peut compléter le dispositif en plaçant de chaque côté (et comme on le voit sur la figure), des crochets qui viennent fixer l’essieu dans son logement. Le mieux est de constituer le crochet d’une tige métallique l'ecourbée, qui passe à travers une plaque métallique recourbée elle-même, à angle droit et vissée au montant; la tige du crochet se termine inférieurement par une plaquette, qui prend appui sur un ressort à boudin, qu’on fabriquera par roulement d’un fil d’acier autour d’un clou. Et comme ce ressort à boudin appuie, d’autre part, sous la plaque dont nous venons de parler, il s’en suit que sa compression force le crochet à appuyer fortement sur l’essieu de la bicyclette, qui est solidement maintenue en place.
- Par mesure de précaution, pour que le vernis du cycle ne s’éraille pas au contact du bois, on fera bien de coller un peu de feutre partout où le cycle prend appui. A noter que ce trépied est si simplement fait, qu’on peut l’employer au lavage de la machine, sans craindre de détéi'iorer les matériaux dont il est constitué. Les lavages se font alors avec toute commodité. Si l’on ne veut pas « fignoler le travail », comme disent les ouvriers, on peut tout exécuter au moyen d’une simple scie.
- 'Electricité
- Pour placer les lampes électriques dans leurs douilles. — Pour atteindre les lampes à incandescence, les mettre en place, ou les retirer, il est utile d’avoir à sa disposition un appareil qui les mette,(pour ainsi dire,
- -TUBE CENTRAL
- •TUBE DE RETOUR
- -LIQUIDE COLORE
- MERCURE
- Tachymètre à deux liquides.
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- HHl SCIENCE APPLIQUÉE
- à portée de la main, sans être forcé de recourir à des échelles, si elles soûl trop haut placées. L'appareil que
- nous décrivons est parfaitement compris davis ce but, son constructeur a cherché à imiter la main humaine ; il lui a donné des doigts artificiels qui peuvent saisir la lampe et la maintenir fermement pendant qu’on la place dans sa douille ou qu’on l’en retire. Les bandes de caoutchouc dont ces doigts sont munis assurent leür adhérence à l’ampoule, et l’empêchent de tourner à l’intérieur de la main artificielle pendant qu’on la visse sur sa douille. Manière de placer les lampes électriques Le ressort à boudin dans leurs douilles. que 1 on aperçoit sur
- la figure constitue comme un poignet qui permet à la main artificielle de s’incliner jusqu’à faire un angle droit avec le manche de l’appareil. Il suffit de tenir ce manche dans une main et de l’autre tirer sur la ficelle qui est attachée la partie supérieure du ressort. — Cet appareil est construit par MM. Matthews frères, à Saint-Louis (Etats-Unis).
- *»> "Photographie
- Autophotographe chronoscope. — Cet appareil, construit par M. Gravillon, est destiné à remplacer la poire en caoutchouc qui fait manœuvrer l’obturateur et il fonctionne automatiquement au moment voulu quand l’opérateur a eu le temps de venir se placer lui-même en face de l’objectif. Comme on le voit sur la gravure ci-contre il s’accroche sous l’appareil auquel il est relié par un tube de caoutchouc. Il conserve à chaque obturateur les diverses vitesses pour lesquelles il est
- pement d’air qui est réglable avec une grande précision. On voit en cartouche sur notre dessin le détail des deux têtes de piston A et B, munies de poignées pour armer l’appareil. Un cône C, qui est fileté, se déplace sur la tige du piston A pour régler sa course. Un disque E, qui est accroché en haut de l’appareil avant le départ, se déclanche quelques instants avant le fonctionnement et prend la position horizontale ; on est ainsi averti que l’obturateur va s’ouvrir : cela veut dire « ne bougez plus ». Avec cet appareil l’opérateur peut figurer dans les groupes de famille desquels il est généralement exclu et s’il est seul en voyage il peut constituer un premier plan à son paysage.
- L’appareil est construit avec une grande précision et son fonctionnement est très sûr. (Chez M. Gravillon, 1, rue Pelée, 64, rue Saint-Sabin. Paris.)
- *> Divers
- Un nouveau fixe-cravate. — C’est un vrai problème que de fixer aux cols rabattus les petits nœuds de cravate papillons aujourd’hui à la mode. La maison Kirby, Beard et C‘°, 5, rue Auber, l’a élégamment résolu en
- Nouveau fixe-cravates.
- Autophotographe chronoscope.
- réglé; mais, en outre, il est capable de chronométrer des temps de pose qui varient de i/io de seconde à io secondes, de sorte qu’il sert à perfectionner les obturateurs simples qui n’ont qu’un temps de pose. Il y a deux modèles : l’un pour les obturateurs qui ont la pose tenue, c’est-à-dire qui restent ouverts tout le temps qu’on appuie sur la poire et se referment dès qu’on cesse d’appuyer. L’autre modèle, plus complet, est indispensable pour les ohturateurs qui nécessitent un coup de poire pour l’ouverture, l’autre pour la fermeture ; il peut du reste aussi remplacer le premier et donner la pose tenue : il est donc universel.
- Le principe de l’appareil repose sur l’emploi d’un piston qui comprime de l’air et sur un système d’échap-
- créant un boulon de col spécial. C’est un bouton métallique dont la tête porte i fentes qui lui donnent une certaine élasticité. Cette tête peut ainsi s’engager dans le creux d’une petite plaque fixée à la cravate. C’est le même mécanisme que pour la fermeture des gants par des boutons à pression.
- Les stores Baumann. — Ces nouveaux stores pour les fenêtres réalisent un progrès en ce sens qu’ils constituent à la fois une excellente fermeture et un store protégeant l’habitation contre les ardeurs du soleil tout en laissant pénétrer l’air à l’intérieur. Ils sont constitués par un rideau formé de petites lames obliques glissant dans des guides en fer à U posés de chaque côté du tableau.
- Un rouleau automatique en fer équilibre le store qui peut s’arrêter à une hauteur quelconque, grâce à un ressort en acier; l’effort à faire est à “peu près nul.
- A l’aide de deux charnières et d’une paire de bras en fer forgé le store peut se mettre à l’italienne sous une inclinaison de 25 à 3o degrés ; l’air peut donc pénétrer dans là pièce tandis que les rayons du soleil sont arrêtés. Enfin, on peut ajouter à l’installation r qui permet de manœuvrer le store de l’intérieur sans ouvrir la fenêtre, avantage très appréciable pendant la mauvaise saison. — Les nouveaux stores sont fabriqués par M. Baumann, 12, rue du Delta, Paris.
- Stores Baumann.
- mouvement à courroie
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- ^s. Les Maisons maudites
- Y a-t-il des maisons cancéreuses? — On sait que les beaux travaux de M. Juillerat ont établi qu’il existait à Paris des maisons tuberculeuses, des maisons où les statistiques du casier sanitaire ont montré des décès répétés dus à la « grande faucheuse ».
- Le Dr Fillassier se demande dans un intéressant article de la Gazette médicale de Paris s’il n’existerait pas également des maisons cancéreuses et relate quelques observations curieuses à ce point de vue. C’est ainsi que le Dr Gueillot a pu noter un appartement situé à Vouziers où le mari, la femme, la domestique et le beau-père étaient morts de 1870 à 1875 de cancer à localisations différentes. Le Dr Arnaudet a, d’autre part, constaté, en sept ans à Saint-Sylvestre-Cormeilles, xi cas de cancer dont six se groupaient en un espace très restreint et sur le trajet d’un cours d’eau dans des points situés chaque fois plus bas (8 localisations sur 11 à l’estomac). Cet auteur a relevé un peu plus tard 54 maisons situées dans une rue longue de i5o m. : 17 maisons possédaient ui malades et ces 21 malades se trouvaient dans la partie moyenne de la rue où, écrit l’auteur, « il y avait manifestement un foyer, un véritable nid de cancers)). L’eau peut certes propager les germes, mais pour le Dr Arnaudet « force est de penser que Y habitation joue son rôle et que l’on peut contracter le cancer dans la maison où a succombé auparavant un cancéreux, comme on contracte la diphtérie, la tuberculose, etc. »
- Le Dr Fiessinger a constaté les faits suivants à Oyon-nax. Alors que cette ville possède 4^00 habitants et 5oo maisons, elle compte chaque année 3 à 4 sujets atteints d’affections cancéreuses ; 3 maisons ont donné 5 décès en 4 ans. Ni parenté, ni hérédité chez ces malades.
- « Eu 1886, une femme atteinte d’un carcinome du sein droit arrive à Oyonnax et loge dans une maison. Peu soigneuse, elle jetait ses linges à pansements, maculés, dans un niisseau qui conduisait à une citerne. Elle meurt l’année suivante, et en 1888 et 1890 deux locataires de cette maison deviennent cancéreux. Deux voisins qui buvaient l’eau du ruisseau sont atteints l’un d’un cancer à l’estomac, l'autre d’un ostéo-sarcome à la jambe. » Parmi d’autres cas citons celui-ci : Un malade meurt en 1891 d’un cancer de l’estomac. En juillet 1892, un nouvel habitant est atteint de cette même affection et décède un an après.
- Le Dr Julliard a observé entre autres le décès d’un facteur mort d’un cancer à l’estomac six mois après son entrée dans une maison où venait de mourir de cette maladie un douanier.
- Une maison de ferme, nous dit Helen Baldwin, vit mourir successivement, en quarante décès, cinq cancéreux appartenant à trois familles. (Nul autre cas chez les membres de ces familles habitant ailleurs.)
- Au Congrès de chirurgie de Lyon, le Dr Gueillot fait remarquer qu’ « il faut bien admettre que le germe, la cellule spécifique, le parasite, le contage en un mot, se dépose dans ces maisons et frappe les différentes personnes qui les habitent : c’est de la contagion indirecte ».
- Enfin citons également un travail où le Dr A. Lam-brior parle d’une maison du cancer située à Jassy dans la partie basse de la ville, pi*ès d’un ruisseau. Une famille S. l’habite pendant cinq aixs ; un membre (mais cela n’a pu être vérifié) meurt d’un cancer; la famille L. l’occupe ensuite pendant cinq ans ; une femme y est atteinte après deux ans d’un cancer à 1 utérus dont elle meurt. La famille T. y loge ensuite quatre ans ; deux femmes, la mère et la fille, font l’une un cancer du sein, l’autre d’un autre organe. La famille H. y vient et y demeure quatre ans également ; une femme présente un cancer de la lèvre inférieure. La famille K. s’y installe pendant un an; six mois après son départ, la dame K. fait un cancer de la lèvre inférieure. Pendant trois ans, les familles N. et S. succèdent à ces locataires : N. meurt d’un cancer de l’orbite, deux ans après avoir quitté celle maison; la femme de S. est opérée d’un cancer du sein droit. Pendant 18 mois, la maison est inoccupée, après quoi la famille B. la loue; deux ans, la mère de B. meurt d’un cancer à la lèvre inférieure, un sous-locataire est opéré d’un cancer de la lèvre inférieure.
- Telle est la série vraiment déconcertante des cancers observés dans cette maison. Un incendie l’a délimite à l’heure actuelle....
- Il se peut très bien que le logement ait une influence sur l’étiologie de ce mal terrible ainsi qu’il en a une sur la tuberculose. Nous savons aujourd’hui comment détruire les foyers tuberculeux, nous connaissons les règles que l’on doit observer pour construire des maisons saines — en permettant aux rayons du soleil de pénétrer dans toutes les pièces.
- Le cri d’alarme que pousse le Dr Fillassier fera certainement surgir de nouvelles observations qui îxous apporteront des renseignements complétant les données déjà acquises. Les statistiques du casier sanitaire des maisons de Paris et des autres villes où il existe nous fourniront des indications très précieuses par leur précision. On peut ainsi espérer que, dans un avenir prochain, on saura à quoi s’en tenir sur les maisons cancéreuses. Si leur rôle se confirmait réellement, il semble qu’on aurait franchi une étape importante dans la lutte contre ce fléau et on doit dès maintenant attirer l’attention des instituts et des ligues qui, dans le monde entier, s’organisent contre lui sur le champ d’action qui s’ouvre devant eux. Il y a là des recherches qui peuvent être faites dans toutes les villes sans trop de difficultés.
- Le nombre des victimes du cancer est trop important, et le médecin reste trop souvent encore impuissant en face de cette maladie pour que cette étude soit différée.
- Dr Lucien-Graux.
- VARI ETES
- Les insectes et la couleur des fleurs. — C’est un très difficile problème que celui de la couleur des fleurs. Lorsqu’on l’a expliqué chimiquement, par l’analyse et le dosage des matières colorantes, il s'en faut bien qu'on l ait entièrement résolu. Reste encore à chercher l’explication biologique ; pourquoi, en effet, parmi plusieurs plantes croissant sur un même terrain, précisément les deux types A et B, sont-ils ceux qui présentent des corolles bleues, c’est-à-dire où se trouve tel et tel corps organique ou minéral? La question, jusqu’ici, est irrésolue.
- On a cru cependant pendant assez longtemps — pendant tout le xix° siècle et jusqu’à maintenant — pouvoir
- en chercher la solution dans les rapports qui existent d’une façon permanente entre les insectes et les fleurs. On sait que, chez la plupart des plantes, la fécondation est croisée, c’est-à-dire q(ue les stigmates des fleurs d’une plante a sont saupoudrées avec le pollen d’une plante p. Ce transport s’effectue par des moyens divers. De beaucoup les plus importants sont le transport par le vent (plantes anémophiles) et celui par les insectes (plantes entomophiles). Il va de soi que ni le vent, ni les insectes n’ont conscience de l’acte qu’ils accomplissent : l’insecte ne visite la fleur que dans le dessein de se procurer le nectar ou le pollen nécessaire à son alimentation; son rôle est tout passif. Mais il n’en est pas de
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- BIBLIOGRAPHIE
- vel ouvrage de notre collaborateur est un recueil de monographies sur les diverses races bovines, avec 1 indication, pour chacune d’elles, des modes d’exploitation, des pratiques agricoles, des procédés d’élevage, des méthodes de sélection, etc. Des» notions d’anatomie et de morphologie servent d’introduction à ce travail détaillé et fort complet, qui sera très utile.
- Le livre de demain, par G. Vaxdkk Hakguen, à l’imprimerie Liégeoise, 5a, rue des Clarisses. — L’auteur, effrayé par la masse toujours croissante des publications de toute sorte, cherche, pour faciliter la documentation, à établir un plan de livre encyclopédique qui soit « la photographie fidèle et sans retouche de l’état des connaissances humaines. »
- Moyens d'éviter les procès-verbaux de chasse, par
- P. Roué, avocat. — Code manuel au courant de la législation la plus récente. Chez Daragon, 3o, rue Du-perré, Paris.
- Fabrication du fer-blanc, par M. Geokgeot, 2° édition. — Chez Dunod et Pinat, Paris.
- L’éducation physique raisonnée, par Ci. Hubert. Chez Yuibert et Nony, Paris.
- On a enfin compris, en France, 1 importance capitale de l’éducation physique et l’on commence à lui faire une place honorable dans tous les établissements d’instruction. Mais il nous manque peut-être encore des éducateurs ayant en cette matière l’expérience que seule peut donner une longue observation et une méthode mûrement réfléchie et raisonnée. L’excellent livre de M. Hébert aidera à former des éducateurs physiques à la hauteur de leur lâche.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 sept. 1907. . 14°,9 S. 2. Couvert. 0,3 Rosée ; halo ; petites averses ; orage entre 12 h. 40 et 15 h. 20.
- Mardi 3 12°,4 W. 2. Très nuageux. 0,0 Rosce ; gouttes à 19 h. 25 et 20 h. 15 ; presque couvert.
- Mercredi 4 9°,0 S. S. W. 1. Couvert. . 5,4 Pluie de 4 h.50 à S h.30; nuageux.
- Jeudi 5 lf,7 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Rosée; Bruine à 7 h. 50; gouttes à 15 h. 50; couvert.
- Vendredi G 1G°,0 s. s. w. 1. Couvert. 0,0 Rosée ; brume à 9 h.30, couvert jusqu’à 16 h. ; peu nuag. eus.
- Samedi 7 12°,5 s. 0. Beau. » Rosée ; beau.
- Dimanche S 14°.2 N. E. 1. Beau. » Rosée; brouillard; beau.
- SEPTEMBRE 1907. — SEMAINE DU LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 SEPTEMBRE 1907,
- I Lundi | Mardi | Mercredi [ - Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du Ier au 8 septembre. — Le Pr. Dépression sur toute la Scandinavie : Hernosand, ^5o mm; maximum sur la Manche, 765. Pluies sur le N. et PO. de l’Europe; èn France, orages dans l’E. Température du matin : Chris-tiansund, 70; Paris, i5; Biarritz, 20; Puy de Dôme, i3; Pic du Midi, moyenne à Paris : i6°,4 (normale : i6°,3). — Le 2. Pression atmos. : Baltique, 737; Valentia, 754; Allemagne det 10. : 766. Pluies sur le N. et 10. de l’Europe. Temp. du matin : Bodoe, 70 ; Paris, i5; Alger, 24; Puy de Dôme, i3 ; Pic du Midi, 3 ; moyenne à Paris : x8°,3 (normale : 16°,‘A). — Le 3. Dépression sur le N. et l’O. de l’Europe ; centre sur la mer du Nord : 740; Gênes, 756; Moscou, 769. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe; en France : Biarritz, 75 mm; Charleville, 34; Gap, 25; Limoges, 12. Temp. du matin : Bodoe, 6°; Paris, 12; Alger, 23; Puy de Dôme, 70 ; moyenne à Paris : i4°,2 (normale : i6°,i). — Le 4. Press, atm. : Bodoe, 743; Gênes, 754; Biarritz, 764. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe; en France : Clermont, 20 mm; Toulouse et Calais, 9; Belfort et Lorient, 5. Temp. du matin : Christiansund, 70; Paris, 9; Alger, 26; Puy de
- Dôme, 3; moyenne à Paris : i2°,7 (normale : j6°). — Le 5. Hausse barom. générale; dépression sur l’Ecosse : Stornoway, 746. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe; en France : Calais, 5 mm.; Cherbourg, 4; Paris, Limoges, Biarritz, Belfort, 3. Temp. du malin : Uleaborg, 5°; Paris, 14 ; Alger, 25 ; Puy de Dôme, 8 ; moyenne à Paris : i8°,8 (normale : 150,9). — Le 6. Aire de pression supérieure à 765 mm de l’Espagne à la Russie N. : Moscou, Centre de la France : 769, 770; dépression sur le N.-O. : Stornoway, 750. Pluies sur le N.-O. de l’Europe; en France : Cherbourg, 10 mm; Dunkerque, 3. Temp. du matin Haparauda, 70 ; Paris, 17; Alger, 2.4; Puy de Dôme, 10; Pic du Midi, 8; moyenne à Paris : i7°3 (normale : t5°,8). — Ze 7. Press, atm. : aux environs de 770 en France, Allemagne, Russie; à Christiansund, 754. Pluies en Scandinavie, Pays-Bas, Allemagne. Temp. du matin : Haparanda, io°; Paris, i3; Malte, 24; Puy de Dôme, 14 ; Pic du Midi, 9; moyenne à Paris : 180 (normale : i5°,7). — Le 8. Situation atm. : stationnaire. Pluies sur le N. de l’Europe. — Phases de la Lune : Nouvelle Lune, le 7, à 9 h. i3 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l'École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne ta Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- j 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VT1)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Natu-e » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1791 (21 SEPTEMBRE 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Bourses de voyage pour jardiniers. — C’est une intéressante fondation du Conseil général de la Seine, qui ne saurait susciter que l’approbation. Deux bourses de voyage, de 1200 fr. chacune, seront attribuées annuellement à deux ouvriers jardiniers du département de la Seine. Ces bourses seront attribuées par voie de concours et par roulement annuel, aux maraîchers, aux horticulteurs, aux ai'boriculteurs. Le premier concours aura lieu cette année le 10 octobre. Pour tous rensei: gnemenls et pour se faire inscrire, s’adresser à la Préfecture delà Seine, annexe Lobau, avant le 25 septembre.
- La planète Saturne. — M. W. F. Denning, de Bristol, a donné, dans la revue anglaise Nature, un article sur celte planète. Elle offre en ce moment la particularité assez rare, puisqu’elle ne se reproduit que tous les i5 ans, de présenter Panneau par la tranche, leur plan passant par la Terre. M. Denning pense qu’il est probable que l’on distingue la surface réelle de la planète. Mais il serait très, désirable que la valeur de la rotation de taches situées à des latitudes différentes soit obtenue dans le plus grand nombre de cas possible. La période de rotation des taches de la zone tempérée nord, en 1903, était de 23 minutes plus longue que celle de la région équatoriale en 1876-1877.
- Une comète à masse négative. — M. T.-N. Thiele, directeur de l’observatoire de Copenhague, a donné, dans les Astronomische Nachrichten (n° 4062) une note concei'nant les recherches de Svedstrup sur la comète 1886 I. Svedstrup s’était chargé des calculs nécessaires pour établir l’orbite définitive de cette comète. Son travail était très avancé quand la mort le surprit, en 1893. En 1901, M. Winther reprit les calculs de Svedstrup en vue de leur publication. Il se trouva que Svedstrup avait été longtemps arrêté par certains écarts inexplicables, qu’il avait cherché à faire disparaître à l’aide de diverses hypothèses, et qu’il y avait réussi en attribuant à la comète une masse négative. Cet exemple d’une action répulsive du Soleil est tout à fait remarquable.
- Les variations du lac Ontario. — Les Transactions of the Canadian Institute ont publié une étude sur la pluie à Toronto, de 1845 à 1908, et sur les variations de niveau du lac Ontario — ; c’est une contribution à la grave question du dessèchement progressif, dont on a parlé ici plusieurs fois. Les moyennes par périodes de 10 ans prouvent un abaissement du niveau du lac et une diminution de la pluie : la hauteur annuelle de la pluie étant en moyenne pour cette période de 58 ans de 833 mm., les hauteurs moyennes des décades successives depuis 184»
- sont les suivantes : 85a, 889, 855, 801, 810, 770 mm. Le contraste des trois premiers de ces chiffres avec les trois derniers montre d’ailleurs que la péinode d’observation n’est pas encore suffisamment longue pour justifier des conclusions définitives.
- Stations météorologiques japonaises. — Nous lisons dans la TSleteorologische Zeitschrift une étude sur de nouvelles stations météorologiques installées par les Japonais sur les côtes de la mer Jaune et en Mandchourie. La plus intéressante est celle de Moukden, où les observations sont faites depuis le mois de mai 1905. Le mois le plus pluvieux y est juillet (280 mm. d’eau), tandis qu’en août les chutes d’eau sont très faibles (38 mm.). La température oscille de 32° maximum en août, à 24° minimum, en décembre.
- Dinosaurien géant. — On annonce la découverte d’un squelette de dinosaurien colossal dans les terrains jurassiques du Wyoming (Etats-Unis) où l’on a déjà tant de belles trouvailles. La Revue scientifique, avec des réserves que nous reproduisons également, dit que ce squelette aurait 100 m. de long et que sa grosse vertèbre pèserait 5oo kg. — ?
- Les aveugles en France. — Ces chiffres résultent du recensement de 1901, récemment publié. Il y a en France 27 174 aveugles, soit 70 par 100000 habitants. Naturellement cette proportion est variable. Elle est de i63 pour 100000 en Corse; 129 dans le Calvados, 106 dans la Manche, 104 dans l’Eure et le Lot-et Garonne, 100 en Haute-Garonne, 99 dans l’Ariège et les Hautes-Pyrénées, 98 dans le Tarn-et-Garonne, 96 dans les Côtes-du-Nord,...., 45 en Loir-et-Cher, Seine et Vienne, 44 en Haute-Vienne, 41 en Seinè-et-Oise et Saône-et-Loire, 38 dans l’Ailier, 28 pour les Ardennes et 27 pour la Creuse. Quelles sont les causes de ces disproportions?
- Variations du niveau de la mer sur les côtes danoises. — La revue Ciel et Terre donne, d’après M. Paulsen, le regretté directeur de l’Institut météorologique danois, le résultat des travaux effectués de 1888 à 1902 sur les côtes danoises où, pendant cette période de quinze années, on a enregistré les hauteurs du niveau de la mer, en dix stations. Ce niveau va en croissant d’une manière régulière du nord au sud, de telle sorte que le niveau de la Baltique est supérieur de 6 cm environ à celui de la partie nord du Kattegat. On ne peut expliquer cette différence que par l’effet des vents, qui agiraient plutôt en sens contraire. D’autre part, il éxiste une variation annuelle du niveau, qui présente son
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- INFORMATIONS
- minimum en avril et son maximum en septembre. Le même travail donne encore de précieux renseignements sur les grandes tempêtes et sur les variations de niveau extraordinaires qu’elles déterminent sur les côtes danoises. Pendant une tempête du a5 au *26 décembre 1902, le vent, qui avait une vitesse de 3o à 35 m. à la seconde, poussant l’eau de la mer du Nord dans le Kattegat, il en résulta une dénivellation très grande dont le sens positif était du nord vers le sud. La plus grande hauteur fut observée à Copenhague, où la courbe maréogra-phique donna une hauteur de 1,57 m. au-dessus du niveau moyen annuel, tandis qu’à Koge, à 3o km au sud-ouest de Copenhague, sur la Baltique, la mer s’était abaissée à 3 m. au-dessous de cette même moyenne. La dénivellation était donc à peu près de 4,6° m.
- L’automobile èt le cheval. — Certains croient trop facilement que le développement de l’automobilisme a des conséquences fâcheuses pour l’élevage du cheval et prévoient même la disparition plus ou moins prochaine et plus ou moins complète de la plus belle conquête de l’homme. La statistique montre qu’il n’en est absolument rien, car le nombre de chevaux en France angmente constamment d’environ 3o 000 par an en moyenne. D’ailleurs de jour en jour s’installent partout des concours hippiques de reproducteurs où la France se place au meilleur rang. La production de l’avoine indigène même ne suffit pas à nos besoins, car il nous faut recourir aux avoines étrangères acquittant un droit de douane de 3 francs, sans parler des importations algériennes et tunisiennes, qui sont exemptes de tous droits. L’automobile se développe indéniablement mais « ceci » ne tuera pas « cela » : l’acheteur sera seulement rendu plus difficile sur les qualités qu’il veut trouver dans la bête de trait pour son industrie ou son commerce.
- L’accumulation d’arsenic dans les fruits de certaines plantes. — Certaines plantes sont susceptibles de fixer l’arsenic quand on les cultive en les arrosant de solutions diluées d’arsénite de sodium au i/iooooo0, c’est-à-dire à une teneur insuffisante pour les faire périr. C’est ainsi que la Cucurbita pepo, var. verrucosa form. aarantiaca concentre surtout l’arsenic dans son fruit qui en renferme dans ces conditions 0,004 pour 100.
- Le trafic du Simplon. — Les résultats de la premièx*e année d’exploitation sont les suivants. Il est entré en Italie : 27 400 tonnes de marchandises par la voie du Simplon, il en est sorti en Suisse 29 400. Le nombre des voyageurs transportés à travers le tunnel dans les deux sens est évalué à 43o 000. Cette première année donnerait une recette brute de 42 000 francs par kilomètre. On sait que la deuxième voie sera construite quand cette recette atteindra 5o 000 francs par an sur la ligne de Bi’igue à Domo d’Ossola.
- Essais de locomotives à grande vitesse. — Tout dernièrement d’intéressants essais de ce genre ont été faits entre Munich et Augsbourg. La machine essayée remorquait une charge de i5o tonnes, et développait une puissance de 2000 chevaux ; elle a atteint une allure maxima de i54,5 kilomètres à l’heure, et l’ensemble du parcours, qui représente un peu plus de 64 kilomètres, a été couvert à raison de i3o kilomètres en moyenne.
- Nouvelles voies ferrées dans les Alpes. — Elles sont encore en projet, mais sont intéressantes à signaler. C’est ainsi qu’une compagnie vient de se former à Saint-Moritz pour construire un chemin de fer de Mar-tigny à Orsières, sur le Grand Saint-Bernard : cette ligne à voie normale formerait comme un embranchement du chemin du Simplon, et ce serait sans doute l’amorce d’une voie internationale à travers le Saint-Bernard. D’autre-part, le Gouvernement suisse dresse les plans d’une ligne qui nécessitera la percée du Splu-gen, et dont Goire et Chiavenna seront les terminus. On parle aussi d’un chemin de Venise à Toblach, à travers le Cadore. Nous pourrions ajouter que la compagnie de la Jungfrau a demandé la concession d’une ligne reliant le Mœnch à la Jungfrau.
- Le port de New-York. — Bien qu’on ne s’en rende pas compte, et en dépit de son mouvement extraordinaire, le port de New-York est menacé par la concurrence d’autres ports américains. Tout d’abord, ili ne possède pour l’instant qu’une seule entrée praticable, et ce Gedney Canal n’offre qu’un tirant d’eau utilisable de
- 9,61 m. ; si bien que les grands transatlantiques allemands sont forcés de limiter leur chargement, de perdre plusieurs milliers de tonnes de cargaison à chaque voyage ; cette perte est même plus considérable encore pour les cargo-boats du type intermédiaire. Les droits de port perçus par la ville sont démesurément élevés ; d autre part, les chemins de fer sont encombrés par le trafic local, et ne donnent pas assez de facilités pour le trafic à grande distance. C’est de la sorte que New-York a perdu presque totalement l’exportation des grains, par insuffisance de matériel roulant des chemins de fer. Le Directeur de la Compagnie Hamburg Amerika, qui connaît si bien ces questions, estime que le trafic est appelé à se déplacer de plus eu plus vers le golfe du Mexique, surtout sous l’influence de creusement du canal de Panama.
- L’utilisation des marées. — On est en train de mener à bien, dans le Maine, à Rockland, une installation qui a pour but de recourir à la force de la marée pour produire de l’air comprimé, et le distribuer à Rockland et dans les environs. On crée pour cela un bassin à marée d’une surface de 260 hectares ; l’amplitude de la dénivellation utilisable est ici de 3,66 m. ; et l’on compte disposer d’une puissance de 5ooo chevaux, en tablant sur un rendement de 70 pour 100 des appareils de compression.
- Les stations électriques à vapeur en Prusse. —
- De jour en jour, on voit augmenter en Px-usse le chiffre total de la puissance des engins à vapeur servant à la production du courant électrique. Sur io5ooo machines à vapeur fixes ou mobiles fonctionnant dans ce pays, et représentaixt ensemble un peu plus de 5 millions de chevaux, 42oo machines et 672000 chevaux sont utilisés de façon permanente à la commande de dynamos ; et de plus 1460 machines et 116 000 chevaux actionnent simultanément des moteurs électxdques et d’autres appareils. Du reste c’est encore principalement à l’éclairage que l’on applique les machines commandant des dynamos. On commence à se servir d’engins à vapeur de plus en plus puissants pour la production du courant : en 5 années seulement, les machines d’une puissance supéideure à 1000 chevaux sont passées de 5o à 117.
- Calage des ponts mobiles. — Pour éviter les accidents qui peuvent se produii'e sur les ponts mobiles donnant passage à des voies feri'ées, au cas où la feiune-ture de l’ouvrage est demeui’ée impai'faite, M. Sti'auss a imaginé un verrou de calage ingénieux, pour un pont basculant constimit à New York. Le rail d’about de la travée mobile est solidement fixé à la dernièi'e traverse, tandis que, sur la culée, le rail est attaché à une plaque métallique portant des guides entre lesquels les rails de la partie mobile du pont viennent se placer quand le pont descend. Un verrou automatique empêche tout mouvement dans le sens vei'tical.
- Chemins de fer dans l’Alaska. — Le plus important des chemins de fer de cette région est celui qu’on nomme l’Alaska Central. Il aura son terminus à Seward, sur la côte du Pacifique, et ouvrira à l’exploitation le l'iche district minier dont Fairbanks est le centi’e ; par un embranchement, il se reliera aux gisements de charbon de la rivière Matanuska. Lorsqu’elle sera finie, cette ligne n’aura pas moins de 670 kilomètres de développement ; 76 kilométrées sont déjà construits. IJu reste on trouve déjà achevé le cheibin de fer des minés' de Tanada, qui a 57 kilomètres de Jôüg, dans le voisinage de Fairbanks; de plus 3o kiïéùttétres de voie ferrée ont été posés plus au nord, daùà la vallée de la l’ivière Copper.
- Le hennequen du Yucatan. — Comme suite à notre information du n° 1786 (p. 89), voici quelques renseignements' complémentaires que nous devons à l’obligeance de M. leDr J. P. Gayon, de Mexico. L’exportation de hennequen en 1906 s’est élevée à 626785 balles, dont 595 024 à destination exclusive des Etats-Unis, et représente une valeur de 37 23o 482fr,33. M. Gayon, qui emprunte pour nous ces données au Boletin mensual de la Oficina internacional de las republicas americanas, nous rappelle aimablement que le Yucatan n’est pas une petite république Sud américaine, mais fait partie, avec l’Etat de Campêche, de la Fédération mexicaine. Nqs, lecteurs avaient déjà réparé ce lapsus.
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- VARIÉTÉS
- même de la Heur : elle a besoin, physiologiquement besoin, c’ost-à-dire impérieusement, de ce secours des insectes, et elle emploie les moyens qu’elle possède de les attirer, — en agissant sur leurs organes des sens. La vue et l’odorat des insectes peuvent, a priori, être l’objet de ces invites, et l’homme, dont l’odorat est peu développé, frappé si profondément par la beauté et la couleur des fleurs, a commencé par croire que cette couleur et cette beauté étaient le moyen d’attraction employé par la fleur, l’enseigne éclatante et visible de loin, qui indique la bonne table.
- C’est très probablement Christian lvourad Sprengel (Voir Histoire de la fleur dans La Nature du n° 1779) qui a le premier émis cette hypothèse, basée sur l’observation du Myosotis palustris ; elle fut reprise par Darwin, et obtint la faveur générale, bien qu’il 11’y eût pas eu d’expériences sérieuses effectuées pour la vérifier. Un naturaliste aussi éminent qu’Herman Müller écrivait : « Toutes choses égales d’ailleurs, une fleur est d’autant plus abondamment visitée par les insectes qu’elle est plus visible. »
- Cependant, dès 1879, M. Bonnier mit très nettement en négation l’attraction des insectes par la couleur des fleurs. Les recherches du savant académicien, appuyées sur une expérimentation solide, n’eurent d’ailleurs aucun succès : non erat tempus. Après lui, M. Plateau, le zoologiste bien connu, a repris patiemment ces recherches, et il nous semble bien, après une douzaine d’années d’efforts, que la vérité est enfin de son côté. On jugera d’ailleurs de ses preuves par l’analyse que nous en donnons, d’après le mémoire de l’Année psychologique (Masson et C10, 1907, r vol. in-8°), où il publie le résumé de ses travaux.
- Si les couleurs des fleurs, qui les font ressortir sur le feuillage, attirent réellement les insectes, qu’arrive-raiQil si elles disparaissaient et si les corolles devenaient également vertes ? La réponse à cette question est contraire aux partisans de l’attraction par la couleur. En effet, et même dans nos régions, si nous sommes surtout frappés par ces fleurs aux couleurs éclatantes, il existe cependant un nombre considérable de plantes à fleurs vertes, ou peu visibles; l’observation montre qu’elles sont aussi rapidement découvertes et aussi fréquentées que les autres.
- Inversement, si la coloration vive de la fleur n’est jxas la cause attractive, on doit trouver des fleurs vivement colorées qui ne soient pas visitées par les insectes. C’est -en effet ce qui se vérifie dans le cas, par exemple, des
- Pélargonium, de la sauge écarlate, du lobelia roxxge, etc. La valeur de celle preuve peut facilement s'augmenter par voie d’expérience : si, après avoir constaté qu’une fleur à couleurs vives, le liseron blanc des haies, par exemple, n’est pas visitée par les insectes, on verse du miel naturel dans sa corolle, on les voit immédiatement accourir. Ce qui les attire évidemment ce n’est pas la couleur, mais l'odeur.
- M. Plateau est allé plus loin. Il existe des fleurs vertes ou peu visibles qui ne sont pas non plus visitées par les insectes, le chanvre, le houblon, l’ortie, la massette, le jonc, etc. Par l’artifice du miel dont il les enduisait, il a déterminé des visites immédiates et nombreuses vers ces fleurs sans coloration. Celle-ci n’a donc décidément aucun rôle dans l’attraction exercée sur les insectes, c|?est l’odeur seule qui les allèche.
- On peut d’ailleurs reprendre par une nouvelle face le problème de l’attraction par la couleur, et faire une contre-épreuve des précédentes conclusions : c’est de chercher si les insectes se laissent aisément tromper par des fleurs artificielles vivement coloriées. L’expérience montre qu’il n’en est rien, même avec les modèles les plus parfaitement faits. Et bien plus — ce qui est tout à fait convaincant — si l’on place une fleur à couleur éclatante et à odeur forte de telle façon qu’elle se réfléchisse dans une excellente glace, tous les insectes se portent vers la vraie fleur et pas un vers la glace où cependant l’image est parfaite.
- Telles sont sommairement notées les jolies expériences de M. Plateau. Elles ont nécessité de longs efforts, car, malgré leur apparente simplicité, des pièges nombreux étaient tendus constamment à l’opérateur par la nature même des choses et — ce qui est légitime — par ses adversaires. Elles ont fini par résoudre la difficulté proposée, à savoir quelle est la cause qui attire les insectes vers les fleurs. Et ce n’est pas là une médiocre question. La façon dont M. Plateau l’a résolue souligne une fois de plus l’importance de l’odorat chez ces animaux, où, loin d’avoir un rôle accessoire, il est certainement le plus important des sens.
- Que l’on rapproche ces faits de ceux qui ont déjà été signalés ici à propos des travaux de M. Piéron sur la reconnaissance chez les fourmis, et leur portée, au point de vue psychologique, apparaîtra aussitôt considérable. Si l’homme et en général les vertébrés supérieurs pensent, pourrait-on dire, surtout avec leurs yeux, l’insecte pense, sans nul doute, surtout avec ses organes olfactifs.
- L. Lambert,
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Les nouveaux alliages. — Depuis trois ou quatre ans, le commerce offre aux industriels un grand nombre d’alliages métalliques nouveaux aux propriétés très diverses; parmi les plus nouveaux nous ne signalerons que les plus importants en indiquant la composition des éléments qui entrent dans leur préparation.
- Le cupro-magnésium (Cu = 9o, Mg= 10) est employé comme agent de désoxydation du cuivre non raffiné dans la proportion de x pour 100. Le cuivre ainsi obtenu a une conductibilité électrique inféiùeure à celle que donne le silicium employé comme agent désoxydant, mais la désoxydation se fait très facilement, par simple fusion, et elle est très économique.
- Les fils phono-électriques (Cu = 98,55; Sn=i,4o; Si = o,o5) sont employés pour les lignes téléphoniques et les lils à trolley ; ils insistent à la ti-action beaucoujx mieux que le cuivre pur ; leur conductibilité électrique n’est cependant que les 40 centièmes de celui-ci. Dans la préparation de cet alliage, le siliciyim est sacrifié totalement ; aussi ne le retrouve-t-on pàs ou n’en retrouve-t-on que des traces dans l’alliage.
- La sterline (Cu = 68,52; Zn = ia,84; Ni= 17,88; Fe = o,76) est une sorte de métal blanc qui imite l'argent et le remplace.
- Le métal à résistance au manganèse (Cu = 85; Fe = 3; Mn= 12) remplace le màillechort, notamment dans la confection des boîtes de résistances employées
- pour les mesures électriques ; sa résistance électrique spécifique n’est que les 3 à 4,5 centièmes de celle du cuivre.
- La manganine (Cu = 82,12; Ni = 2,29; Fe = o,!>7: Mn= i5,û2) est aussi employée pour la confection des boites de résistances et doit à la présence du nickel d’avoir un point de fusion très élevé et un coefficient de température extrêmement faible.
- Le métal résistant aux acides (Cu = 82; Znz’zï; Sn=8; Pb —8) convient surtout aux papeteries employant le procédé dit au bisulfite, pour la préparation de la pâte à papier; en réalité, il ne l'ésiste qu’aux acides faibles ou aux acides foi'tsmais dilués, sauf l’acide nitrique qui l’attaque très facilement.
- Le métal Victor (Cu = 49,94; Zn = 34,27; Ni=i5,4o; Al = 0,11. ; Fe = o,28) est plus blanc que le màillechort qu’il peut souvent remplacer, mais il se travaille moins bien; il résiste parfaitement à l’eau et à l’air salés, aussi trouve-t-il surtout son application dans la machinei’ie marine.
- L'argent d’aluminium (Gu = 57 ; Zn = 20 ; Ni = 20 ; Al —3) est un métal blanc, très tenace, qui l'este brillant à l’air et qui remplace avantageusement l’acier partout où celui-ci est exposé à la rouille.
- Le plomb trempé (Pb = 98,51; Sb = o,ii; Sn = o,o8; Na = i,3) est fabriqué en introduisant de menus fragments de sodium dans le métal fondu. Get alliage 11’est
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- pas aussi mou que le plomb ordinaire, aussi peut-on le réduire en feuilles très minces par laminage sans qu’il se déchire.
- Quand sa teneur en sodium est assez élevée, on évite son ternissement en le recouvrant d’une couche de paraffine. O11 empêche ainsi la formation de soude par suite de l’oxydation du sodium en excès par l’oxygène de l’air. C’est cette oxydation qui le fait rechercher dans la confection des coussinets de paliers d’arbres, car la soude formée au fur et à mesure que s’use le coussinet: saponifie l’huile employée au graissage en donnant un savon qui lubrifie mieux encore que cette huile.
- Le métal résistant aux alcalis est un fer contenant de 5 à io pour 100 de nickel. Tous les alliages contenant du zinc, de l’étain, du plomb, de l’aluminium, de l’antimoine ou du silicium sont facilemenLattaqués par les alcalis caustiques.
- Remède contre la fumagine. — Le procédé a été indiqué par M. Devilliers, horticulteur à Etampes, devant la Société d’horticulture de cette ville. Il consiste à faire bouillir, pendant un quart d’heure, i kg de feuilles de noyer dans quarante-cinq litres d’eau, puis à pulvériser cette décoction bouillante sur les pommiers atteints. L’effet est extrêmement rapide et certain, surtout pour les feuilles développées. Rappelons que le même remède est employé avec succès contre le puceron lanigère.
- Graisse à souder. — On fait fondre à feu doux fîoo parties d’huile d’olive et 4<>o p. de suif; on jette alors tout doucement dans ce mélange chaud, et en remuant bien, aao p. de résine en poudre. On laisse bouillir un peu, puis on met à refroidir et l’on additionne de 12Ü p. d’une solution saturée de sel ammoniaque, tout en remuant également. On peut employer dès que le mélange est refroidi.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Champignon monstre. — Nous avons signalé, autrefois, un lycoperdon giganteum ou vesse-de-loup géante, découvert dans les bois de Perri-gnier, près de Thonon, et de dimensions phénoménales. Notre même correspondant M. L. Jacquot, juge honoraire à Grenoble, nous indique un nouveau lycoperdon extraordinaire qui est exposé dans les vitrines de M. Piraut, naturaliste, rue Saint-Jacques, à Grenoble. Ce cryptogame mesure 1,07 m. de circonférence, 0,37 m. de long, o,34 m. de large et 0,27 m. de haut. Son poids est de 4(65o kg. ! Il a été apporté des Hautes-Alpes et Icouvé à Villard d’Àrène, à 1700 m. d’altitude.
- Renseignements. — M. Péterson, à Stockholm. — Le constructeur du télémicrophonographe est M. Du-cretet, 75, rue Claude-Bernard, Paris.
- M. Duflos, à Vitry-en-Artois. — Adressez-vous à M. Ouden, doreur, boulevard Richard-Lenoir, Paris.
- IP Lucas, à Concarneau. — Pour empêcher les instruments en caoutchouc de durcir et s’altérer, les plonger dans une solution à 3 pour 100 de phénol. Il faut mettre les objets dans des flacons assez grands pour qu’ils n’y puissent prendre de faux plis. O11 peut encore employer une solution à 3 pour 100 d’aniline pure. Pour rendre à des objets durcis leur élaslicité primitive, employer une solution à 1 pour 100 de pentasulfure de potassium ; il se produit une pénétration du caoutchouc par le soufre qui améliore le caoutchouc.
- M. Dufauconpret, à Blois. — Nous avons pai’lé dans La Nature du Pont de Québec dont les journaux ont mentionné dei’nièrement l’accident. Voyez notre n° 1752, du 22 déc. 1906, p. 60 : Nouveau grand pont Cantilever.
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- BIBLIOGRAPHIE
- The Todas, by W. H. R. Rivers, fellow of Saint-John s College, Cambridge. London. Macmillan 1906. x vol. in-8°, p. xviu-755, illustré. Prix : 21 shillings.
- Le Dr Rivers a vraiment redécouvert les Todas, cette curieuse petite nation hindoue où l’isolement a déterminé des phénomènes sociaux si particuliers. On lira avec un vif intérêt ce gros livre, véritable modèle de bon travail ethnographique, chef-d’œuvre de soin et de science, qui fait le plus grand honneur à l’anthropologie anglaise et en particulier aux excellents travailleurs de Cambridge.
- Carte de l'Etat indépendant du Congo, administrative, commei'ciale, routière et hydrographique, échelle de 1/4000000. Bi'uxelles. Librairie S. Lebègue et Cie, 46, i’ue de la Madeleine. 1 feuille format 78 X 68 en six couleurs. Piux : iCr,5o.
- Nous signalons avec plaisir cette cai'te qui est bien faite et sera fort utile. Un carton d'assez grande taille et à échelle moins îœduite est consacré à la région du bas Congo,
- Les textiles, les tissus, le papier, par H. Peçheux, professeur à l’Ecole nationale des arts et métiers d’Aix. Pai’is, J.-B. Baillière'et fils, 1907, x vol. in-16, 100 p., illustré. Piûx : ifr,5o. (Encyclopédie technologique et commerciale, volume 19.)
- I. Textiles et tissus d’origine animale : laines et tissus de laine ; soie et tissus de soie ; soies artifi-
- cielles. — IL Textiles et tissus d’origine végétale : colon et tissus de colon ; lin et tissus de lin; chanvre et tissus de chanvre ; jute, ramie, ananas, houblon, phormium tenax. — III. Tissus mixtes, tissus imperméables, industrie des tissus. Commerce des textiles, et des tissus. — Le papier : préparation, fabrication, variétés, emplois, commerce et industrie en France. — Ce petit livre est fort bien fait, très condensé, et très utile. Nous regrettons l’absence de bibliographie, mauvaise habitude des éditeurs français, qui nuit à l’ouvrage même, puisqu’on ne peut s’en servir pour point de départ de rechei’ches étendues.
- Précis d analyse chimique biologique générale, par E. Barral. Paris. J.-B. Baillière et fils, 1908. 1 vol. in-16, vii-412 p., 155 figures. Prix : 6 francs.
- Ce quatrième tome du Précis d'analyse chimique de M. E. Barrai a tous les mérites des précédents ; il confient : matières albuminoïdes, principaux dérivés azotés, hydrates de cai’bone, acides, matières grasses, composés ternaires (glycérine, cholestérine, etc.), gaz, substances minérales.
- Zootechnie : Races bovines, par P. Diei-loth. Pai-is. J.-B. Baillière et fils, 1900. 1 vol. in-18 illustré, 426 p. Prix : broché, 5 francs; cartonné, 6 francs. [Encyclopédie agricole.)
- Nos lecteurs connaissent la compétence de M. P. Dif-flolli dans toutes les questions de zootechnie. Lenou-
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- SCIENCE APPLIQUEE
- c#3s$* Automobilisme
- Indicateur de vitesse « Columbia ». — Les indicateurs de vitesse système C. C. sont basés sur des principes absolument différents de ceux sur lesquels sont •établis les appareils existants et sont construits suivant deux modèles différents : un pour les autos, l’autre pour les locomotives.
- Ces indicateurs permettent de lire à tout moment la vitesse instantanée de translation du véhicule et enregistrent à l’aide d’un graphique toutes les phases de la marche ; ils permettent par conséquent au conducteur de se rendre compte du chemin parcouru et de juger à •chaque instant si le mécanisme général se trouve dans de bonnes conditions.
- Ces appareils comprennent : i° L’appareil transmetteur constitué par une boîte fermée contenant une pompe rotative et muni d’un dispositif faisant varier automatiquement la section de refoulement selon les vitesses ; celte pompe refoule constamment sur elle-même un liquide incongelable et lubrifiant à des vitesses pouvant varier dans des limites très étendues et dans la pratique très grandes afin de pouvoir considérer comme nulles les variations de rendement pouvant provenir de l’usure des organes. Cet appareil transmetteur est relié à un mouvement en connexion directe avec les roues du véhicule, au moyen de deux engrenages en acier ou d’une chaîne avec pignons dentés, afin que le rapport des vitesses soit invariablement établi. Le dispositif des organes est
- Indicateur de vitesse « Columbia ».
- étudié de telle façon que les mouvements accomplis par l’axe de commande, à l’exclusion de sa rotation, n’aient aucune influence sur le système qui est complètement insensible aux chocs et aux efforts parallèles.
- 2° L’appareil indicateur relié au transmetteur par un tuyau flexible dans lequel se meut une veine liquide et d’une longueur indéfinie pouvant se disposer à n’importe quelle place appropriée sans que l’on soit assujetti à disposer d’un emplacement compatible avec l’organe qui commande le transmetteur; ce dernier peut donc à volonté être relié à un ou plusieurs indicateurs : l’un par exemple disposé sous les yeux du conducteur et l’autre sous les yeux du voyageur.
- Les indications sont basées sur la mesure des pressions existant d’après les lois de l’hydrodynamique dans une veine liquide animée de vitesses différentes et passant dans des sections variant selon les vitesses' d’après une loi établie mathématiquement de façon que les pressions soient proportionnelles aux vitesses, ce qui ne pourrait se faire avec une simple pompe.
- L’indicateur est constitué par un manomètre gradué en pressions et en vitesses correspondantes et peut se régler à l’aide d’une simple vis de réglage dont est muni ce transmetteur.
- L’appareil indicateur est absolument apériodique et l’aiguille indicatrice prend toujours la position d’équilibre sans être influencée par les trépidations produites par la marche du véhicule.
- 3° Enfin les indicateurs de vitesse C. G. comportent un enregistreur à graphique avec mouvement d’horlogerie pouvant être disposé près de l’indicateur ou à un endroit quelconque même très éloigné. — Ateliers de
- construction de la Compagnie Parisienne des applications industrielles C. C. L., 52, avenue Daumesnil, Paris.
- Outillage
- Perceuses portatives. —11 V a bien des circonstances dans lesquelles on désire percer des trous dans des pièces de métal, sans qu’on puisse porter celles-ci sous une perceuse ordinaire. Et il est bon alors, surtout dans un petit atelier ou chez un amateur, où l’on ne voudra point faire l’acquisition d’un matériel spécial pour un genre de travail qui ne se présente pas fréquemment, de pouvoir disposer des perceuses portatives l'épondant aux divers besoins, dans des conditions avantageuses de simplicité et de bon rendement.
- Voici deux types différents qui ont été donnés par un correspondant d’un de nos confrères anglais, et qui sont susceptibles de rendre de grands services. Si nous supposons un perçage à faire sur une surface plate, nous recourrons au dispositif indiqué par la figure i. Le cadre même de l’outil est formé d’une sorte de mâchoire comme on en emploie pour maintenir en place des pièces à coller; ce cadre est naturellement métallique, et porte à sa partie inférieure une portion aplatie et élargie, qui permet de soutenir par en dessous la pièce à percer.
- Fig. i. — Perceuse pour pièces droites.
- L extrémité supérieure de la mâchoire comporte une ouverture taraudée, dans laquelle on peut faire pénétrer et visser par conséquent, suivant le besoin, un tube métallique fileté extérieurement et de longueur convenable ; en bas de ce tube, dans une portion quin’estpas filetée, on a monté et fixé solidement, pour la rendre solidaire du tube, une sorte de manette, une petite roue qui peut être un peu quelconque. On comprend, que.de la sorte, en tournant cette manette, on abaissera plus ou moins le tube, et on fera descendre la mèche au fur et à mesure que se creusera le trou. Dans l’intérieur du tube est logée une tige métallique, que l’on munit en haut d’une poignée permettant pour son compte de mettre en rotation la tige (et la mèche, comme nous allons le voir), sans qu’il se produise aucun entraînement du tube fileté. En bas de la tige métallique pleine logée dans ce tube, il y a un élargissement, qui va former porte-outil : nous en donnons une coupe, mais on saisit tout de suite comment il est constitué. Une vis le traverse partiellement et peut serrer et maintenir en place la tête de la mèche, qu on logera dans l’évidement creusé dans la masse de cet élargissement. Si l’on se contente de tourner la manivelle supérieure, on force la mèche à mordre le métal ; si de plus, et de temps à autre, on tourne quelque peu la manette, on force la mèche à descendre dans le trou. Les coupes que nous donnons du tube fileté et de la tige de commande de cette petite perceuse, en rendront la confection facile.
- Si l’on a à travailler sur une pièce courbe, à percer un trou dans un tuyau ou dans un arbre, il est préférable d’employer un châssis de perceuse assurant une bonne prise sur le tuyau ou l’arbre. Dans ce but, ce châssis se présentera sous la forme que donne la figure 2 soit en vue de face, soit en profil ou en détail. Le châssis est en réalité une sorte d’U renversé, présentant au centre de sa traverse supérieure un élargissement, au travers duquel est percé un trou taraudé for-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- manj écrou. Dans ce trou, on va faire passer une tige filetée, une espèce de boulon très allongé qui présente en haut une tète : au travers de celle tête est percé un trou dans lequel passe une -tige horizontale qui permettra de tourner dans un sens ou dans l’autre le boulon. Sous l’extrémité inférieure de celui-ci est ménagé un petit logement, où appuie la portion supérieure d’un
- l'ig. 2. — Perceuse pour surface courbe.
- vilebrequin métallique très simple, servant de porte-mèche en même temps que d’organe d’entrainement. On comprend que, au fur et à mesure que la mèche placée au bas de ce vilebrequin pénétrera dans le métal à percer, on tournera l'écrou pour faire descendre l’ensemble, comme on le faisait dans l’autre cas au moyen de la manette. Nous n’avons pas besoin d’insister plus longuement. On voit du reste la courbure que l’on a donnée aux deux parties verticales du châssis, pour leur permettre d’enserrer la pièce cylindrique ou courbe à percer. Tous ces organes sont assez simples pour pouvoir se fabriquer dans le premier atelier venu ; une ligure montre bien comment le haut du vilebrequin vient se loger dans l’évidement inférieur de l’écrou.
- Horlogerie
- Calendrier perpétuel automatique. — Quand on veut savoir toujours rapidement le jour et le quantième du mois il est pratique d’avoir sous les yeux un calendrier dit « perpétuel », mais encore faut-il être sûr qu’il est mis tous les jours au courant. Il existe dans le commerce un grand nombre de ces calendriers à très bon marché, mais qui marchent à la main en tournant tous
- Calendrier jicrpétuel automatique.
- les jours un certain nombre de boutons... que généralement on oublie de tourner. Aussi n’est-il rien de pratique que les appareils automatiques, qui fonctionnent au moyen d’un mouvement d’horlogerie ; mais ils ont l’inconvénient de coûter très cher. Il n’en est pas ainsi de celui que représente la gravure ci-dessous qu’on a pu établir dans d’excellentes conditions de solidité, de précision et de bon marché grâce à la simplicité de son mécanisme. A la partie supérieure est un mouvement de pendule et à la partie inférieure le mécanisme du calendrier, qui est commandé une fois par 24 heures, à minuit, par une came fixée sur l’un des mobiles du premier mouvement. Les dates sont inscrites sur deux disques en carton, celui des dizaines étant ajouré pour laisser voir les unités. Les mois et les jours sont inscrits sur deux cylindres qui tournent horizontalement devant leurs guichets respectifs* Un ressort spécial, qu’on remonte
- tous les six mois, met les disques et les cylindres en mouvement une fois par jour. La combinaison, quoique simple et facile à construire, a tout prévu : les mois de 28, 29, 3o ou 3i jours sont indiqués automatiquement, même dans les années bissextiles, sans qu’on ait à s’en occuper. Ce calendrier, entièrement construit en France, montre qu’avec l’outillage moderne on peut produire à bon marché de véritables appareils de précision. — Cet appareil se trouve chez M. Tuff'éry, 18 bis, rue Denfert-Rochereau, Paris. Prix (2 modèles) : 25 et 75 fr.
- efgTNS^ Divers
- Accroche-tout. — Le simple crochet que représente la figure ci-jointe dans le coin à droite peut souvent être utile. Il est très bien combiné avec du fil d’acier nickelé de 2 millimètres de diamètre ; à une extrémité se trouve une vis qui sert à le fixer, puis le fil se replie en forme de crochet, remonte à côté pour se doubler et vient se terminer au bas du pas de vis par une série de tours sur lui même. Ce petit crochet, dénommé accroche-tout, se place partout et se retire avec grande facilité. Quand il est bien fixé, il peut supporter un poids assez considérable. Comme le montre notre dessin, on peut lui faire supporter des porte-manteaux, des casseroles même dans une cuisine; il peut en de nombreuses circonstances rendre une série de services. Son prix est de 1 fr. 75 la douzaine. — L’accroche-tout se trouve chez M. P. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris, (Xe arrondissement).
- Le transport de l’appareil photographique et les excursions en bicyclette. — La question est toujours à l’ordre du jour; mais elle s’impose particulièrement en été et en vacances, car c’est à ce moment surtout qu’on se livre aux deux distractions favorites : cyclisme et photographie. Voici à ce point de vue quelques conseils rapides qui ont été donnés par le journal anglais Motor Cycle, et qui s’adressent comme de juste plus spécialement au motocycliste.
- Le point difficile, c’est de véhiculer l’appareil et les plaques photographiques sans que l’un ou les autres subissent des avaries, et en gênant le moins possible le cycliste. On songe immédiatement à fixer le tout sur un porte-bagages devant ou derrière la machine ; mais il faut alors penser aux secousses, et il est absolument indispensable, pour que la chose soit possible, que le cycle soit doté de ressorts amortisseurs dans la fourche. Les secousses, mêmes légères, ont du reste ce grave inconvénient de faire accumuler la poussière sur les plaques, ce qui entraîne ensuite des trous d’épingles au développement. Le plus simple et le plus sûr est encore de porter son bagage photographique sur son dos. Les pellicules s’imposent naturellement, si l’on ne veut point s’alourdir par trop; mais comme elles ne sont pas appréciées par tous les amateurs, il faut alors se résigner à prendre des plaques dans des châssis, qui seront enfermés dans un sac bien compris contenant également l’appareil. La boîte ou le sac, comme on voudra l’appeler, est suspendu sur le dos au moyen d’une courroie en sangle et non point en cuir, ayant près de 4 cm de large, pour que cela ne coupe pas trop l’épaule. Cette sangle passera sur l’épaule droite pour revenir ensuite sous le bras gauche en traversant la poitrine. Mais, si l’on ne prend pas une précaution supplémentaire, on verra la boîte tomber en avant à chaque instant, tout au moins quand on montera en selle ou quand on descendra. Pour remédier à cet inconvénient fort agaçant, il fait bon munir la boîte d’une courroie qui puisse venir s’attacher comme une ceinture : en la détachant, on peut alors faire passer à volonté la boîte sous le bras gauche, et prendre son appareil ainsi que ses châssis. Le seul désavantage est que cette courroie supplémentaire donne chau<f, mais cela n’a pas grand inconvénient pour un motocycliste.
- Accrochc-tout
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en août 1907, par M. Th. Moureaux.
- La moyenne barométrique est élevée. Normalement, la tempéralux'e moyenne d’août est plus faible que celle de juillet de o°,6; toutefois les exceptions à cette l'ègle sont assez fréquentes, et, depuis 18741 on rencontre 1a mois d’août ayant une température supérieui-e à celle du mois px-écédent. Cette année présente uiie exception de plus, et la moyenne d’août, bien qu’un peu faible encore, dépasse de plus d’un degré celle de juillet, extraordinaii'ement basse. Depuis le commencement de la saison chaude, la température maximum ne s’est élevée au-dessus de 3o° que les 4 et 5 août, avec un maximum absolu de 33° le 4- Cette particularité est rai'e, car fréquemment en juin, et quelquefois en mai, on observe des températures de 3o°; mais, d’autre part, dans la série de 34 années des observations du Parc Saint-Maur, il s’en ti’ouve exceptionnellement deux, 1878 et 1891, où le thermomètre n’a pas atteint une seule fois 3o°; et à Paris, le maximum absolu du mois d’août 1844 est resté à 23°,3.
- Les orages sont peu fréquents cette année; du ier janvier au 3i août, on n’en a observé que 9,'alors que la moyenne est de 24 pendant cette période. Deux oi'ages ont éclaté le 29 août, de ah 5om à 6h35m, et de 14h 55m à i5h2o“; le premier a été particulièrement violent, et la foudre est tombée dans le voisinage de l’Observatoire. Cet orage a foui'ni i7mm d’eau; malgré cet important apport, le total de la pluie du mois atteint à peine les deux tiers de la noxanale.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 759“"',64; minimum absolu, y5omm,3 le 5 à 17 heures; maximum absolu, 767“’“,8 le 21 à 23 heures; écart extrême, 17”“, 5.
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima,
- 11®,33 ; des maxima, 24°, 20 ; du mois, 170,76 ; des 24 heures, 170,47 ; minimum absolu, 6°,i le 21; maximum absolu, 33°,o le 4- Amplitude diuime, 12°,87; minimum, 8°,2 le i5 ; maximum, 2o0,y le 9. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, 8°,90; des maxima, 46°,5o; minimum absolu, 3°,2 le 21 ; maximum absolu, 56°, 1 les 3 et 4- — Dans le sol gazonné, moyennes du mois; profondeur, om,3o : à 9 heures, i8°,o9; à 21 heures, i8°,45; profondeur, om,65 : à 9 heures, i7°,6o; à 21 heures, iy°,5y; profondeur 1 m. : à 9 heures, x6°,92; à 21 heures, i6°,92. — De la Marne : moyenne le matin, 2o°,36; le soir, 2i°,12; minimum, i8°,75 le 24; maximum, 23°,12 le 14.
- Tension de la vapeur : îxxoyenne des 24 heui*es, iomm,4o; minimum, 5mm,5 le 20 à 17 heures; maximum, 16°,4 le 5 à 14 heux'es.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 72,4; minimum, 19 le 9 à 14 heures; maximum, 100 eu 4 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 4>77> minimum, 0,0 le 8, maximum, 9,9 le 22.
- Insolation : durée possible, 442 heures; durée effective, 247h,6 en 3o jours; l'apport, o,56.
- Pluie : total du mois, 35mm,2 en i4\5.
- Nombi'e de jours : de pluie, 11; de pluie inappréciable, 1; de rosée, 25; de brouillard, 2; de brume, 11; de halos, 6; d’orage 2.
- Fréquence des vents : calmes, 23.
- N 23 S. E . . . 21 W. . . . 100
- N. N. E. . 52 S. S. E. . 9 W. N. W. 77
- N. E . . . 61 S 16 N. W . . 44
- E. N. E. . i3 S. S. W . 37 N. N. W . 39
- E i5 S. W. . . 121
- E. S. E. . 6 W. S. W. 87
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des
- 24 heui'es, 2n ,5; moyenne diuime la plus gi'ande, 4m,5 le
- 18 ; la plus faible, im,2 le 24 ; vitesse maximum en i5 minutes, 9m,4 le 10, de x5h45m à 16 heui'es par vent N. W.
- Electricité atmosphérique : moyenne des 24 heures (25 jours), 125 volts; moyenne diuime la plus gi’ande, ,207 volts le 7 ; la plus faible, 61 volts le 27; amplitude diuime, 0,84; amplitude noctuime, 0,89.
- Hauteur de la Maime : moyenne du mois, 2ra,o5; minimum, 1 “,69 le 9; maximum, 2m,3o le 3.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, -f-imm,93 ; température, —o°,26; tension de la vapeur, — omm,6y ; humidité relative, —1,9; nébulosité, —o,54; pluie, — i9mm,2.
- Taches solaires : on a suivi 12 taches ou groupes de -taches en 3o jours d’observation.
- Pertui'bations magnétiques : faibles, les 1-2 et 3o ; assez fortes dans la nuit du 20 au 21.
- Floraisons : Le Ier, persicaire à feuille pointue, tanai-sie ; le 3, bocconia microcarpa ; le 4, echinops; le 5, sedum telephium; le 6, althœa ; le 10, anemone japonica; le 12, helianthus cucumei’ifolius ; le 13, aster bleu hàtil'; le 16, persicaire du Levant; le 19, dentelaii'e ; le 21, cataleptique de Virginie.
- On n’a plus vu de martinets après le 4.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le diagnostic de la tuberculose par l’ophtalmo-réaction. — Le diagnostic de la tuberculose à la période de début est souvent des plus délicats et des plus difficiles. Un adolescent se plaint de fatigue, d’inappétence, il mange mal, perd ses forces, s’anémie ; les muqueuses se décolorent et l’on cherche, sans la ti'ouver, la cause de cette dépression physique. Le malade tousse à peine et l’oreille du médecin le plus exercé ne ti'ouve que des suspicions de lésion pulmonaire. On pense à la tubei’-culose, mais on n’en a pas de preuve nette; le diagnostic l'este incei'tain. Dans un autre cas, un malade a consécutivement à un traumatisme, de l’ostéo-arthrite dont l’intensité et la durée ne cadrent pas avec le léger heurt l'eçu ; y a-t-il anguille sous roche et cette inflammation articulaire pi'ovoquée par un coup, une chute sans gi’ande importance, n’a-t-elle pas pour facteur et pour cause de son intensité de la tuberculose larvée ? Autant de problèmes qui se posent chaque jour devant le médecin, à la ville comme à l’hôpital, chez les enfants comme chez les adultes et dont la solution reste souvent incertaine.
- Pour dépister la tuberculose chez l’espèce bovine, on
- a recours aux injections de tuberculine et dans les étables bien tenues, bien surveillées aucune vache n’est inti'oduite sans avoir subi l’épreuve pi'éalable. On est assuré de la soi'te de ne livrer à la clientèle ni lait, ni viande contaminés. Ces injections seraieixt assui'ément un moyen tout aussi pi'écieux chez l’espèce humaine pour déceler la tuberculose à l’état latent, mais ce procédé est dangei'eux; l’injection de tubei'culine provoque pai'fois des réactions violentes, de la fièvi'e et souvent précipite l’évolution de lésions tuberculeuses qui traînaient et l'estaient indolentes. Pour atténuer la violence de ces réactions, von Pii'ket et Vallée d’Alfort ont eu x'ecours à une méthode plus simple et qui donne des i'é-sultats tout aussi nets : c’est la cuti-réaction. On introduit une minime quantité de tuberculine dans une légèi’e scarification faite au tégument ; au bout de 24 à 48 heures si l’on a affaii'e à un sujet, homme ou animal, tuberculeux, la petite plaie devient le siège d’une rougeur œdémateuse, se gonfle, avec accompagnement d’un léger mouvement fébrile ; cette petite papule disparaît au bout de huit jours. Jamais on n’observe de rougeur ou papule chez un sujet sain. Le procédé, on le voit, est déjà bien supé-
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- rieur à l'injection; mais il y a actuellement mieux.
- Le professeur Calmette, auquel la science est redevable de tant de découvertes importantes, eut l’idée de chercher si la muqueuse oculaire qui absorbe avec tant de facilité certaines toxines microbiennes, animales ou végétales, ne réagirait pas à la tuberculine, comme le tissu dermique. Avec l’aide de ses élèves, il entreprit une série de recherches chez des sujets sains, chez des sujets suspects de tuberculose et chez des sujet notoirement tuberculeux. Le succès complet répondit à ses espérances; en instillant dans l’œil un peu d’une solution de tuberculine, ou voit en quelques heures la conjonctive subir des transformations qui ne se produisent pas chez le sujet sain.
- Le procédé de diagnostic par l’ophtalmo-réaction est délicat et demande à être appliqué avec toute la rigueur demandée par son auteur, si l’on veut éviter des accidents et obtenir des résultats très nets. Pour éviter les effets irritants de la glycérine, il faut prendre une solution de tuberculine sèche précipitée par l’alcool à 95°, dans de l’eau distillée et stérilisée ; cette solution est à la dose de 1 pour 100 et ne doit être employée que fraîchement préparée. On instille une goutte de celte solution dans l’angle interne de l’œil, en maintenant ouvertes les paupières pendant un instant, pour que la goutte de liquide ne soit pas expulsée immédiatement. Quatre à cinq heures après celte instillation, les sujets tuberculeux ou en suspicion de tuberculose présentent une congestion manifeste de la conjonctive palpébrale qui devient rouge et œdémateuse; la caroncule lacrymale se gonfle aussi et se couvre d’un léger exsudât fibrineux. Après six heures la réaction est à son apogée : l’injection vasculaire est .très intense, la sécrétion fibrineuse très abondante sans cependant qu’il y ait de la douleur
- véritable. Le malade n'accuse qu’une sensation de cuisson et de gène. Tout s’efface en l’espace de vingt-quatre à trente-six heures.
- j’ai dit que tous les sujets suspects de tuberculose présentaient cette réaction ; les recherches poursuivies depuis la communication de Calmette par ses collègues Letulle, Grasset, Comby, Gaudier, Hue, etc. en France, puis à l’étranger ont confirmé de tous points les résultats obtenus par le professeur de Lille. Sauf de très rares exceptions la réaction n’a jamais été violente, sans qu’il y ait la moindre corrélation entre l’intensité de la réaction et la gravité des lésions. Par contre — et c’est là lepoim important, — les sujets non tuberculeux n’ont fourni aucune réaction; parfois on observe une légère rougeur causée par les frottements, mais cette rougeur ne dure pas et il ne se forme jamais d’exsudation fibrineuse.
- Cette technique nouvelle de réaction par la tuberculine est d’une importance capitale; elle n’offre aucun danger et permet en quelques heures d’assurer un diagnostic douteux, de dépister une lésion pulmonaire à peine soupçonnable à l’auscultation. C’est un moyen de diagnostic qu'on peut qualifier d’à peu près infaillible, cl qui donne au médecin le moyeu de trancher, sans réserves, la question de savoir si telle ou telle lésion est d’origine bacillaire. Sur plus de cinq cents observations recueillies de divers côtés, les résultats ont été, entre bas mains des praticiens qui ont pratiqué ces inoculations, absolument similaires ; tous les sujets cliniquemcnl tuberculeux ont réagi: tous les sujets sains n’ont rien eu.
- Il y a là dans cette méthode d’exploration un moyen, comme je le disais, de diagnostiquer la tuberculose dès le début, à l’aurore de l’invasion bacillaire et dans ces conditions un moyen d’agir avec certitude et plus efficacement par les moyens thérapeutiques. Dr A. Caria/..
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Mtfyens d’engraisser les oies. — La Semaine agricole donne à ce sujet de bous préceptes. Il faut d’abord préparer l’oie en la nourrissant quelque temps avec de l’avoine ou du maïs, tandis qu’on lui fait boire de l’eau, blanchie avec une poignée d’avoine ou de recoupe. Vient ensuite la période d’engraissage propement dite. Si les oies sont peu nombreuses, on les place dans une épinelte étroite où elles ne puissent ni se lever ni remuer, dans un lieu sombre, éloigné de tout bruit et notamment hors de portée des cris des camarades restées libres. Une pâtée, composée de farine d’orge, maïs, sarrasin, ou de pommes de terre délayées dans du lait, caillé ou non, est mise en permanence à proximité,de la cage, de façon que l’animal puisse se gorger à volonté en avançant la tête. Ce régime dure une vingtaine de jours ; après quoi, si l’on veut obtenir des résultats supérieurs, il faut recourir à l’empâtement et au gavage : il se pratique avec un entonnoir en fer-blanc à tuyau large ; la nourriture consiste en graines de maïs cuites dans de l’eau salée, que l’on fait descendre dans le jabot de l’animal par l’entonnoir, avec un petit fouloir en bois; on donne ensuite à boire de l’eau. Trente litres de maïs suffisent à engraisser une oie et à la porter au poids de 8 à 10 kilog.
- La rouille de l’asperge. — C’est une maladie bien connue des cultivateurs et qui résulte du développement d’un petit champignon, la Puccinia asparagi. La maladie se manifeste d’avril à octobre et elle est fort bien caractérisée, au printemps, par des taches rouge orange très apparentes sur le régime aérien, et au début de l’automne par des taches brunes ou noires. Notre confrère M. IL Blin indique plusieurs remèdes dans la Revue horticole : i° destruction par le feu en octobre des tiges et rameaux attaqués; — 20 traitements préventifs consistant en pulvérisations aux bouillies cupriques, par exemple la bouillie bordelaise à la résine en deux applications, l’une en juillet, l’autre en août; — 3® Faire fondre 20 kg. de carbonate de soude dans i5o litres d’eau bouillante, ajouter 3o kg de résine et maintenir bouillant 1 ou 2 heures, jusqu’à obtention d’un mélange homogène ; ajouter 2 litres de ce mélange
- par barrique, à la bouillie cuprique ordinaire (2,5oo kg. à 3 kg. de sulfate de cuivre, dans 100 litres d’eau, additionné d’un lait de chaux constitué par 1 kg. à i,5oo kg. de chaux grasse éteinte dans 5 litres d’eau).
- Imperméabilisation de la toile et du drap. — Laisser tremper un quart d’heure dans une dissolution d’acétate d’alumine et laisser sécher ensuite.
- L’eau sucrée et la conservation des bois. —C’est le Scientific American qui indique ce curieux procédé. On met les bois, verts ou saisonnés, dans une autoclave contenant une dissolution sucrée, que l’on a préparée avec de la mélasse, s’il s’agit de bois ordinaires, ou avec de la saccharine, s il s’agit de bois précieux; puis, on chauffe jusqu’à ébullition de la solution, dont le point d’ébullition est supérieur à celui de l’eau pure, et qui, par là, en se diffusant dans le bois, en chasse la sève, l’air et l’humidité. La durée de l’opération dure de quelques jours à quelques semaines; après quoi on laisse l’autoclave se refroidir et les bois continuer à absorber de l’eau sucrée, puis ils sont séchés dans un courant d’air chaud dont on élève la température progressivement.
- Enlèvement des taches noires sur les souliers jaunes. — Nous parlons particulièrement des taches qui se font là où le cirage jaune a été enlevé en même temps que le cuir s’éraillait, et où, par suite, la boue et les saletés diverses ont pu pénétrer, au moins superficiellement, dans ce cuir. Il faut, pour remédier au mal, commencer par enlever le cirage au moyen de térébenthine tiède ; puis on frotte avec de la terre de pipe qu’on a mouillée pour en préparer une sorte de pâte ; on laisse sécher, et l’on brosse bien afin d’enlever toute trace de poudre blanche. On prépare ensuite une vraie couleur imitant autant que possible la nuance du cuir dans ses parties intactes, et cela au moyen d’un mélange d’ocre et de terre d’ombre brune, avec addition mémo d’un peu de rouge, si cela était nécessaire, pour donner la nuance convenable. Avant de reprendre les chaussures, on les passera plusieurs fois à la crème spéciale.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Paraffinage des bouchons. — On s’en trouve fort bien, car cela empêche le liquide contenu dans les bouteilles de venir en contact avec le liège, qui lui communique un mauvais goût, et cela rend les bouchons particulièrement étanches. Pour ce paraffinage, on fait fondre de la paraffine dans une casserole émaillée (en prenant garde aux inflammations subites), et jusqu’à ce qu’il s’en élève de la fumée, ou tout au moins des vapeurs. On y trempe alors les bouchons à la main, si l’on veut enduire seulement la partie inférieure ; ou au contraire, pour les paraffiner complètement, on les met dans un panier à salade, ou quelque chose d’équivalent, et l’on trempe le tout. Quand on sort de la paraffine, il faut maintenir ce récipient à jour un certain temps au-dessus de la casserole, pour que la plus grande partie de l’excès de paraffine s’y écoule.
- L’utilisation des fruits tombés. — C’est un sujet d’actualité et voici quelques conseils. Le premier est de trier ces fruits : on met d’abord de côté ceux qui peuvent être consommés de suite, et des plus froissés, s’ils sont assez avancés, on fait d’excellentes marmelades. Ceux qui ne sauraient être conservés peuvent être broyés ou cuits pour le bétail. Enfin, pour le lot formé de fruits sains, mais peu avancés, on les étale à même le sol, en un endroit sombre, au nord d’un haut mur ou sous des arbres touffus, où la maturation s’achève len-
- tement sans qu’ils se rident, ce qui se produirait dans un endroit sec.
- Désinfection des fûts à bière. — Dans un récent numéro des Annales de brassserie et de distillerie, M. O. Furnrhor donne un procédé pour désinfecter les fuis à bière contaminés par le développement de microorganismes (sarcines, ferments acétiques, etc.) qui se produit fréquemment dans le fût de transport. Il faut faire passer dans les fûts la vapeur émise par une solution de formol, et quand le fût est rempli de cette vapeur, le fermer et le laisser ainsi pendant sept heures, puis laver avec de l’eau froide aussi pure que possible. Si l’opération est bien faite, la bière ne prend nullement le goût de formol.
- Destruction des courtilières. — Ce procédé est indiqué par M. Correvon dans la Revue horticole. Au printemps, par un temps doux, et de préférence après une pluie, prendre de jeunes feuilles de légumes verts (choux, salades, etc.) et appliquer, avec une lame de couteau, gros comme un pois de pâte phosphorée sur une des faces de la feuille ; on introduit ensuite ces feuilles dans les galeries habitées, et l’on fait l’opération dans toute l’étendue du jardin infesté. Il est bon de recommencer une seconde fois quelques jours après la première tentative : les courtilières mangent les feuilles, s’empoisonnent, et meurent en 24 heures.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Dans le 110 1789, du 7 septembre, p. 114 des Informations, col. I, lig. 6 : au lieu de : françaises, il faut : financières ; lig. 8 : au lieu de : financières, il faut anglaises; lig. 36, au lieu de : données, il faut : dénoncées.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La
- poulie extensible décrite dans le n° du 3 août 1907 se Irouve chez M. Roullot, 36, boulevard de l’Ouest, Le Raincy. — La nouvelle ampoule Rœntgen est en vente chez Rousselle et Tournaire, 52, rue de Dunkerque, Paris.
- Communications. — Traîneaux alpins. — Comme suite à notre article sur'1e Traîneau (n° 1789), M. Jacquot, à Grenoble, nous écrit : Dans la partie montagneuse du Chablais, les habitants utilisent un véhicule mixte mi-partie traîneau et mi-partie voiture, qui se compose d’un corps de charrette monté à l’avant sur deux roues et dont l’arrière traîne à terre. Ce système
- facilite le roulage et assure la stabilité dans les vions ou chemins creux, remplis d’ornières, qui briseraient infailliblement les roues d’une voiture ordinaire. En cas de neige, on enlève les roues et l’on a un traîneau ordinaire ; autrement c’est une voiture.
- Renseignements. — M. le Dr Gayon, à Mexico. — Tous nos remerciements pour votre aimable rectification et pour vos renseignements, que nous publions en Informations.
- M. V. Callebant, à Termonde. — i° Paratonnerres, vous ferez fort bien de faire mettre un paratonnerre à votre maison, dans les conditions où elle se trouve ; il faut toutefois qu’il soit parfaitement installé pour n’être pas plus nuisible qu’utile, aussi faut-il vous adresser à des spécialistes et ne pas chercher l’économie. — 20 Membres artificiels : maison Haran, 12, rue Lacépède, Paris.
- M. Delmas, à Corbie. — Pour détruire l’herbe qui pousse entre les pavés d’une cour : arrosez soit avec du pétrole étendu d’eau, soit avec de l’eau salée, soit avec une solution de sulfate de fer à haute dose ou de sulfate de fer (d’après les Recettes et procédés utiles, 5e série, Masson et Cie, éditeurs).
- BIBLIOGRAPHIE
- Lectures on the early history of the kingship, by J. G. Frazer. London,;. 1905. Macmillan and C°. 1 vol. in-8°, 3og p. Price : 8 sh.6.
- Ces lectures sur V histoire primitive de la royauté, qui ont été faites à Cambridge, sont un chapitre détaché de la troisième édition du Golden Rough. A la lumière de l’ethnographie comparée, et avec cette érudition admirable qui lui est propre, M. Frazer étudie surtout la royauté dans le Latium et à Rome dans les temps primitifs. Il trouve moyen de faire des découvertes dans ce domaine si exploré : la royauté liée au culte des dieux et déesses de la végétation, la royauté héréditaire par les femmes, etc.
- Das Spezifisch Menschliche, par le Dr Ludwig Hopf, avec 217 grav. et 7 pl., in-8°. Stuttgart, chez Leh-mann. Prix : 16 francs.
- Pour les lecteurs connaissant l’allemand, cet ouvrage d’ensemble sur l’espèce humaine est particulièrement recommandable et instructif ; l’auteur y examine avec précision les diverses théories relatives à l’origine de l’humanité, à sa place dans la nature, au problème du monogénisme et du polygénisme, aux pi’écurseurs de l’homme, aux discussions sur le Pitliecanthropus erec-tus, les éolithes et l’homme tertiaire, à l’homme préhistorique et à son évolution. — Une seconde partie est consacrée à l’étude anatomique et physiologique du
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- BIBLIOGRAPHIE
- corps humain; les 80 dernières pages traitent de la psychologie. Ce n’est pas un livre de thèses mais un excellent manuel des connaissances acquises et des énigmes qui subsistent sur l’homme.
- Smithsonian Miscellaneous Collections. Yol. IY. Quar-terly Issue, part. I, pub. n° 1703, Washington. Smithsonian Institution, 1907, 1 vol. in-8°, i32 p.
- Signalons dans ces Miscellanées de la Smithsonian diverses études zoologiques, botaniques, ethnographiques, etc., entre autres : volutidés du crétacé supérieur ; ruines de Rhodésie ; Indiens Borora du Brésil, mammifères du mont Raimès (Washington) ; plantes fossiles du Montana.
- Ptolemaüs oder Kopernikus ? von D“ Karl Neisser. Leipzig, 1907. Yerlag von I. Amb. Barth. 1 vol. in-16. Prix : 3 marks. (Natur und Kultur philosophische Bi-hliothek.)
- Très intéressante étude sur le mouvement de la terre et sur la notion de mouvement.
- Bulletin de la Société de géographie et d'études coloniales de Marseille, t. XXX, 3° et 4e trimestres 1906. Marseille, ai, rue Montgrand, 1907. 1 vol. in-8“, p. ii3-448.
- Nous tenons à signaler dans ce bulletin d’excellentes études orientales, sur les Annamites, la Chine, le Cambodge, etc., pleines d’intérêt pour l’ethnographe et pour l’économiste.
- Field Muséum of Natur al history : Annual report oj the director to the hoard of trustées for the year 1908, Chicago, 1907. 1 vol. in-8°.
- Studies in the genus Citharexylum, by S. M. Grkenman and Ch. Er. Millspaugh. Chicago, 1907. (Field Co-lumbian Muséum, public. 117. Botanicalsériés, vol. Il, n° 4, P- 185-190.)
- Analyses of iron meteorites compiled and classified by O. Cummings Farrington. Chicago, 1907 (Field Co-lumbian Muséum, public. 120. Geological sériés, vol. III, n° 5, p. 59-110.)
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5o“,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 sept. 1907. . 16°,2 N. N. E. 2. Beau. » Rosée; brume; beau.
- Mardi 10 12°,1 N. N. E. 2. Beau. h Rosée ; beau.
- Mercredi 11 12°,1 N. N. E. 2. Nuageux. 2,1 Rosée; pluie à 5 b. 20; pluie l’ap.-midi; orage l’ap.-midi et le soir.
- Jeudi 12 12°,5 Calme. Beau. » Rosée ; brouillard ; peu nuag. ; quelques coups de tonn. à 16 h. 50.
- Vendredi 15 12°, 5 N. N, E. 1. Peu nuageux. )) Rosée ; brouillard ; nuageux ; halo à 9 h.
- Samedi 11 12°,5 Calme. Couvert. 0,0 Rosée; brouillard; gouttes; très nuageux.
- Dimanche 15 11°,5 N. E. 2. Beau. » Rosée; peu nuageux.
- SEPTEMBRE 1907. — SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 SEPTEMBRE 1907.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Bu 9 au i5. — Le 9. Hautes pressions atmos. générales : mer du Nord, Allemagne, 774, 775; Portugal, Açores, 762. Pluies dans le N. du continent. Température du matin : Kuopio, 6°; Paris, 16; Alger, 24; Puy de Dôme, 18; Pic du Midi, 7; moyenne à Paris : i9°,4 (normale : i5°,4). — Le 10. Press, atm. : mer du Nord, Allemagne, 770; Bodo, jSS. Pluies sur l’extrême N. de l’Europe. Temp. du matin : Arkangel, 70 ; Paris, 12; Alger, 23 ; Puy de Dôme, 14 ; Pic du Midi, 6; moyenne à Paris : i6°,8 (normale : i5°,3). — Le 11. Baisse barométr. : Danemark, 772; reste de l’Europe; 765. Pluies en Norvège et Finlande. Temp. du matin : Uleaborg, 20; Paris, 12; Alger, 25; Puy de Dôme, 13 ; Pic du Midi, 5 ; moyenne à Paris : i6°,5 (normale : i5°,2). — Le 12. Même situation atmosphérique : Baltique, 772. Pluies sur l’extrême N. du continent. Temp. du matin : Moscou, 60; Paris, 12; Alger, 25 ; Puy de Dôme, 12; moyenne à Paris : i6°,4 (normale : T5°,i). — Ze'i’3.
- Recul des hautes pressions vers le S. : Lemberg, 773. Pluies en Norvège et eh France (orages) : Cette, 21 mrr, Clermont, 14 ; Toulouse, i3; Marseille, i4- Temp. du matin : Arkangel, 90; Paris, i3; Alger, 24; Puy de Dôme, 9 ; moyenne à Paris : T4°,7 (normale : i4°,9U — Le 14. Baisse générale de la press, atm., sauf sur 10. de l’Europe : Yalencia, 769; Hermanstadt, 770; Bodoe, 752. Pluies sur le N.-O. de l’Europe; en France : Lyon, 12; Nice, 11 ; Limoges, 9. Temp. du matin : Varsovie, 90; Paris, 12; Alger, 25; Puy de Dôme, 8; moyenne à Paris : i5°,2 (normale : i4°,8). — Le i5. Hausse sur l’O. ; maximum en Irlande : 773; Bodoe, 745. Pluies sur 10. de l’Europe; en France : Besançon. 16; Belfort, 10. Temp. du matin : Christiansund, 70; Paris, 12; Alger, 25; Puy de Dôme, 9; moyenne à Paris : i3°,7 (norma'e : i4°,7). --- Phases de la Lune : Premier Quartier, le i5, â 3 h. 40 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue <Jes Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- ,4
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL - J. LAFFAROUE
- Tout ce qui concerne fa Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1792 (28 SEPTEMBRE 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Contre la maladie du sommeil. — L’État indépendant du Congo a fait construire dans ces derniers temps toute une série de lazarets destinés aux indigènes atteints de la terrible maladie ; le Mouvement géographique signale que celui de Léojîoldville est déjà en plein fonctionnement ; d’autres sont achevés ou vont l’être, à Borna, Nouvelle Anvers, Ibembo, Luzambo, Kabinda. Ces lazarets sont toujours établis à grande distance des villages et des rivières, dans le dessein d’éviter la contamination.
- Les petites planètes découvertes en 1906. — Le
- professeur Berberich a donné, dans la Naturwissens-chaftliche Rundschau, une statistique au sujet des 126 petites planètesdont la découverte a été annoncée en 1906. i3 de celles-ci avaient déjà été observées précédemment ; 69 nécessiteront des observations ultérieui'es ; pour 20, les orbites ont été reconnues elliptiques et 21 autres sont probablement dans le même cas. Enfin, pour 3 planètes, les observations sont le mieux représentées par une orbite circulaire.
- Le spectre de Saturne. — Les résultats d’une étude photographique du spectre de Saturne faite par M. Y.-M. Slipher, à l’observatoire Lowell ont été récemment publiés [Bulletin, n° 27, de l’observatoire Lowell). Les spectres furent obtenus sur des plaques sensibles au rouge orange et s’étendent jusqu’à la longueur d’onde X 6563. Ils sont comparés au spectre de la Lune lorsqu’elle occupait la même hauteur que Saturne sur Fhorizon. Les raies d’absorption suivantes ont été reconnues. Elles semblent produites par l’atmosphère de Saturne et leur ordre est celui de leur intensité relative. Ce sont X 6193, 543o, 6145, 645o, 5770. Aucune de ces lignes d’absorption n’a été trouvée dans le spectre des anneaux, ce qui semblerait indiquer que si ceux-ci possèdent une atmosphère, elle doit être très rare. On ne trouva pas trace de la vapeur d’eau. Une comparaison a été effectuée entre les spectres de Saturne, Jupiter, Uranus et Neptune. Elle paraît indiquer que les planètes qui ont un aspect télescopique semblable ont également un spectre semblable.
- L’aéroplane Antoinette I. — Notre collaborateur, le capitaine Ferber, fait construire actuellement par M , Levavasseur un aéroplane à moteur dont nous pouvons déjà donner les caractéristiques essentielles. Le grand plan horizontal, ou plutôt la surface portante principale, aura i5 m. 5o de longueur et 3o m. carrés de surface. Un moteur Antoinette de 100 chevaux commandera une hélice de 2 m. 5o de diamètre, i,25 m. de pas. A la
- à l’avant et flanquée à droite et à gauche de deux gouvernails horizontaux mus par les commandes spirales de l’inventeur. En ordre de marche l’appareil pèsera 5oo kg. et sa vitesse de sustentation est de 16,5o m. On procède en ce moment à la construction du hangar destiné à abriter l’aéroplane. U Antoinette I sera certainement le premier des aéroplanes actuels qui soit conçu sur des bases techniques. Le capitaine Ferber est un des rares savants qui, depuis dix ans, se soient consacrés à l’étude théorique et jxratique de l’aviation. Nous rappellerons pour mémoire les vols qu’il exécuta à Nice en aréoplane sans moteur et la construction d’un aérodrome qui lui permit des essais dont profitera Y Antoinette I. Attaché ensuite au parc aréostatique de Meudon, l’excellent officier s’est fait mettre en congé pour pouvoir consacrer tout son temps au problème de l’aviation. Ajoutons encore à sa louange que si la navigation aérienne par le plus lourd semble avoir fait quelque progrès entre les mains des Santos-Dumont, des Voisin, des Archdeacon, des Dela-grange, etc., etc,, nous en sommes redevables au capitaine Ferber qui est et demeure leur maître à tous.
- La télégraphie sous-marine au Japon. — Le traité de paix qui mit fin à la guerre rüsso-japonaise était à peine signé, concédant une partie de l’île Sakhaline (ou Karafuto) (voyez n° 1790, du 14 sept. 1907) au Japon, que l’administration télégraphique de l’Empire du Mikado songeait à relier télégraphiquement sa nouvelle conquête avec la métropole. Le projet ne tarda pas à être mis en exécution et dernièrement un câble sous-marin, posé entre Wakkanaï (Hokkaido) et Kushunko-tau (Sakhaline),a été ouvert aux correspondances. Ce câble est en même temps relié par des lignes terrestres à trois bureaux télégraphiques de l’intérieur de l’île. Et, comme rien de ce qui touche de près ou de loin à la civilisation ne laisse indifférent ce peuple japonais naguère encore trop méconnu, la construction d’un navire-câblier vient d’être effectuée dans ses chantiers. L’Ogasawara-Maku a été construit, en effet à Nagasaki d’après les plans des professeurs Shiba et Suyehiro. Il est fait en acier, mesure 73 m. de longueur, 10,2 m. de large et 6,60 m. de profondeur. Il jauge i455 tonneaux et est pourvu de deux hélices actionnées par une machinerie de i38o poncelets. Divisé en cinq compartiments étanches, il comprend trois cuves destinées à recevoir le câble, l’une ayant 6,20 m. de diamètre, une autre 7 m. et la troisième 8 m. Ces cuves peuvent contenir ensemble 600 km. de conducteurs de grands fonds.
- Les diamants de l’Arkansas. — La très grande rareté
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- INFORMATIONS
- dans la roi-lie eu place et non dans un produit remanié, prête quelque intérêt à une découverte qui vient d’être faite dans l’Arkansas. On avait déjà trouvé à diverses reprises des diamants isolés dans ce pays. Mais, dans le gisement nouveau, les diamants ont été rencontrés en place dans la roche mère, qui serait, d’après le Dr lvunz, une péridolite: c’est-à-dire une roche basique présentant une analogie de composition minéralogique avec les roches diamantifères du Cap. Ce gisement est situé près de Nashville, à 90 km. de LittleRock. On peut rappeler, à ce propos, que quelques diamants ont été déjà trouvés dans le Wisconsin et le Michigan, et un certain nombre dans les mines d’or de la Californie centrale.
- Service géologique des territoires du Sud de l’Algérie- — Ce service, organisé le 4 niai i9o5,a pour but de centraliser les renseignements relatifs à ces vastes régions,- hier encore si inconnues et qui sont appelées à jouer un grand rôle dans l’avenir de nos possessions africaines. Conçu dans un esprit pratique en même temps que scientifique, il coordonne, classe et revise, au fur et à mesure des explorations, les renseignements de toutes sortes obtenus, soit par les missions scientifiques, soit par les explorateurs bénévoles, tels que les officiers, soit enfin par les travaux de recherches (notamment en ce qui concerne les ressources en eau) que surveille de près un agent spécial. Le compte rendu de la campagne de 1906-1907, récemment publié par le directeur adjoint G. B. M. Flamand, contient les résultats de divers sondages aquifères, ou dégagements de sources taries. Il renferme aussi des observations d'un grand intérêt théorique sur les terrains carbonifériens et dévoniens. Le westphalien a été reconnu avec petits lits charbonneux à Bel-Hadi à l’Ouest de Colomb-Béchar et, sans charbon mais avec flore caractéristique, à Douifa, plus au Sud-Ouest.
- La pluie à Batavia. - U’après une étude de M. A. Woeikof, signalée dans VAnnuaire de la Société météorologique de France, si l’on calcule pour chaque mois l’intensité moyenne de la pluie à Batavia pour la période 1879-1898, on trouve qu’elle est égale pour l’année moyenne à o mm.55 par heure, variant de o mm. 47 en février à o mm.8 en septembre. Ces chiffres, rapprochés de ceux que l’on possède déjà sur les pluies tropicales, montrent que d’une manière générale leur intensité est en moyenne un peu plus grande que celle des pluies des latitudes moyennes, mais c est dans ces dernières latitudes qu’on a observé jusqu’ici les averses les plus violentes.
- Croiseur russe. — Le Rurik, qui est le croiseur russe le plus puissant existant à l’heure actuelle, a fait ses essais de réception il y a peu de temps, et a donné pleine satisfaction. Son allure a été de 21 1/2 nœuds en moyenne; son armement offensif est celui d’un cuirassé, il a une protection tout particulièrement effective, et un grand rayon d’action.
- Un nouveau cuirassé anglais. — Il a été procédé, le 24 août, au lancement d’un nouveau cuirassé anglais, Téméraire, le troisième navire du type Dreadnought, qui a été construit dans l’arsenal de Devonport. Cette nouvelle forteresse flottante jauge 18 600 tonnes. Ses machines, qui lui donneront une vitesse de 21 nœuds à l’heure, ont une puissance évaluée à 23 000 chevaux. Ce cuirassé, qui coûtera environ 25 millions de francs, sans compter l’armement, mesure 149 mètres de longueur et 2.5 mètres de largeur, avec un tirant d’eau de 8 mètres. L’armement se composera, de dix canons de 3o centimètres et de 25 canons à tir rapide de 10 centimètres.
- Chemin de fer de Sierra Leone. — La voie ferrée de la Coloniè anglaise de Sierra Leone est maintenant complètement terminée ; elle va de Freetown à Songo Town, Bo et Bauma, sur la frontière de Liberia. La longueur en est de 35o kilomètres à peu près, et le coût d’établissement en a été de 24 millions de francs. C’est d’ailleurs une voie à faible écartement (0,76 m.).
- Fouilles préhistoriques en Angleterre. — Le Stone Circle Committee (Commission des cercles de pierres) va exécuter des fouilles dans la fameuse çnceinte d’Avebury, en vue de jjréciser l’âge (qu’on ignore toujours) de ces énigmatiques constructions (Stone-
- Enrichissement des sols pauvres par les bactéries. — C’est une question à l’ordre du jour parmi les agriculteurs et qui est loin d’avoir encore reçu une solution pleinement satisfaisante. 11 convient cependant de signaler les récentes tentatives américaines, signalées dernièrement par M. Bottomley au Club hot'ticole de Londres. La méthode générale consiste à inoculer au sol des bactéries nitrifiantes ; cette opération se fait avec des produits que l’on trouve dans le commerce sous le nom de nitragines, poudres sèches que l’on délaye dans l’eau et dont on arrose le sol ou les graines; Les Américains joignent à ce produit l’emploi d’un milieu de culture-propre à développer l’activité des bactéries inoculées : c’est un mélange de maltose, de phosphate de potasse et de sulfate de magnésie. Les expériences de M. Bottomley montrent un accroissement de récoltes et une plus riche teneur en azote pour les plantes croissant sur un sol ainsi traité.
- La culture du thé au Bengale. —D’après le Botud of trade de Londres, la surface consacrée, en 1906, à la culture du thé dans le Bengale de l’Est et l’Assam était de 171 65o hectares, dont 164 947, propriétés d’Européens. Ce territoire représente un rendement de 94079 171 kilogrammes de thé.
- Le tabac en Algérie. — M. L. Blom a donné à ce sujet des renseignements utiles devant la Société de géographie commerciale de Paris. La culture du tabac algérien remonte au delà de l’occupation française, mais alors elle se faisait seulement en plaine, dans la Mitidja. Peu à peu les colons établirent la culture en montagne, origine d’une industrie aujourd’hui très prospère. Elle occupe en moyenne de 7000 à 8000 hectares, situés surtout dans la Petite lvabylie (province d’Alger) et qui donnent de 5 à 8 millions de kilogrammes de feuilles. La régie française achète régulièrement la plus forte partie de cette récolte, 3 millions environne reste allant au commerce. Des manufactures de premier ordre, à Alger, Oran, Bône, assurent une fabrication importante, qui exporte ses produits jusqu’en Australie et en Norvège.
- La marine des Etats-Unis. — Ces données sont extraites de la Revue maritime d’août. La flotte de l’Union compte 25 cuirassés à flot : 3 Indiana (de xo 3oo tonnes chacun), 1 Iowa (11 400 t.), 2 Kearsarge (n5oo t.), 3 Alabama (11 5oo t.), 3 Maine (12 5oo t.), 5 Georgia (i5 000 t.), 5 Connecticut (16000 t.), 2 Missis-sipi (i3 000 t.), New-Hampshire (16 000 t.). — B y a en chantier ( 1907-1908) 2 Michigan {16 000 t.) et 2 Delawarre. (20000 t.). Si la politique de M. Roosevelt est suivie (mise en chantier d’un nouveau bâtiment chaque année) il y aura en 1918, 33 cuirassés d’un tonnage total de 524000 tonnes, et sur ce chiffre 28 cuirassés de pi'emière ligne (466 000 t.) ",
- La croisière du Planet. — Les. Annalen der Hydror graphie donnaient dernièrement une étude documentée sur les résultats scientifiques de la croisière du navire allemand Planet. On sait que ce navire — construit à Brême (49 m. de long, 65o tonnes de déplacement) — est parti de Kielle 21 janvier 1906, pour aller jusqu’à Mâtupi (Archipel Bismark) par Freetown, Sainte-Hélène, le Cap, Sainte-Marie de Madagascar, Colombo, Macassar, Am-boine. Pourvu de cerfs-volants, ballons-pilotes, ballons-sondes, etc., du plus récent modèle, le Planet devait faire des recherches météorologiques et océanographiques sur l’Atlantique et l’océan Indien. En septembre et octobre 1906, pendant la traversée de Macassar à Amboine et Matupi, on a constaté que la mousson du Sud-Est ne s’étendait qu’à une faible hauteur, 400 à 5oo m., et qu’au-dessus, après une zone calme, une zone de vents d’Est très faibles s’étendait jusque vers 10000 m. Dans l’ordre océanographique, le Planet apporte d’importantes contributions à la connaissance des fonds sous-marins. Ainsi au Sud des îles du Cap Vert, vers xi° Nord, le plateau indiqué à 2120 m. n’existe pas, les fonds relevés sontà5i24 et 5129 m. Une croupe sous-marine, jusqu’ici inconnue, a été l'elevée dans la tra-: versée de Colombo à Padang par 20 5o' Nord et 93° 19' Est. Au Sud de Java, le Planet a sondé une fosse allongée, parallèle à l’axe de l’île, qui est la plus profonde connué de l’océan Indien (7000 m.) ; enti’e cétte fosse et File, s’étend une croupe, parallèle à la côte, qui a 2000 ou a5ôo m. et une fosse au pied même de l’ile qui s'abaisse, jusqu’à 34oo m. A noter aussi des observations'sur là
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Ménage
- Borne-fontaine Bayard. — La nécessité de limiter la consommation de l’eau dans la plupart des grandes villes a conduit à l’adoption de bornes-fontaines d’un modèle spécial et qui ne livrent l’eau que sous l’action d’un effort effectué parle consommateur. Les modèles de bornes-fontaines à débit limité sont très nombreux ; mais beaucoup présentent des inconvénients, résultant soit d’un mécanisme trop compliqué et facilement déréglable, soit du gel et des coups de bélier. Les inventeurs se sont ingéniés depuis cinquante ans et plus peut--êlre, à imaginer des fermetures automatiques; mais la plupart procèdent des mêmes principes : emploi de ressorts avec ou sans frein, de contrepoids, de pistons plus ou moins différentiels, et la plupart de ces solutions présentent l’inconvénient de permettre l’attache des organes de fermeture, et comme conséquence, la continuité du débit. La question est donc restée entière pendant de longues années. Puis differents systè-
- Borne-fontaine Bayard.
- mes ont été proposés par MM. A. Groc, Guest et Cliri-mes, L. Giraud. Ham Baker et Ci0, Achille Cadet,
- et enün par MM. Bayard de Lyon. Nous allons décrire cet appareil qui est l’un des plus récents et se recommande par son extrême simplicité.
- Celte borne-fontaine consiste dans l’application du régulateur des machines à vapeur à l’ouverture et à la fermeture de l’orilice d’écoulement. Ce régulateur surmonte le clapet; il est actionné à la main par une manivelle dont la tige axiale entraîne les boules ; celles-ci s’écartent de leur position de repos et le clapet se soulève laissant échapper le liquide. Par conséquent, pour avoir de l’eau, il faut tourner la manivelle, absolument comme avec une pompe il faut actionner le balancier. Dès que l’effort cesse les boules retombent doucement et le clapet ferme le passage à l’eau sans coup de bélier, Si on veut assurer l’incongelabilité, il suffit de prolonger la tige du clapet jusqu’à la profondeur voulue.
- La partie mécanique étant réduite à sa plus simple expression, aucun organe n’est sujet à l’usure de sorte que la durée d’une borne-fontaine de ce système est pour ainsi dire illimitée. D’autre part, il est possible de construire l’appareil dans les dimensions d’un robinet,
- ce qui rend le système applicable à tous les débits d eau.
- A ses qualités anti-gaspilleuses la borne Bayard joint donc celles d’un fonctionnement irréprochable ; 1 appareil à sa place marquée dans toutes les villes où la provision d’eau est limitée, c’est-à-dire un peu partout. — Il est construit par M. J. Bayard, rue de la Rize, 27, Lyon.
- **> Automobilisme ^
- Appareil enregistreur de vitesse pour véhicules.
- — L’appareil qui permet, à tout instant, d’indiquer en kilomètres par heure la vitesse de déplacement des véhicules, sur-lesquels il se trouve, peut également être rendu enregistreur. On peut, comme le montre la figure ci-jointe, disposer d’un cadran sur lequel se trouve une aiguille qui se déplace suivant une graduation déterminée. L’aiguille est également munie à sa partie inférieure d’un système inscripteur qui laisse des traces sur
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- Appareil enregistreur de vitesse pour véhicules.
- une bande de papier. Celle-ci, d’une longueur de io m. environ, est mise en mouvement à l’aide d’un mécanisme d’horlogerie, et se déplace à raison de 2 mm par minute. Cet appareil est très utile dans les diverses promenades que les véhicules automobiles entraînent à faire. L’indicateur donne à tout instant la vitesse en kilomètres par heure, et l’appareil enregistreur permet de fixer ces vitesses aux différents points intéressants du parcours. — L’appareil enregistreur pour véhicules est construit par MM. Chauvin et Arnoux, 186, rue Championnet, à Paris.
- Gonfleur « Eole ».— Nous pensons qu’il est intéressant de signaler à nos lecteurs un nouveau gonfleur de pneus mécanique actionné par le moteur lui-même, évitant ainsi toute fatigue à . la personne chargée de gonfler ces pneus.
- Cet appareil qui se compose d’une pompe Compound, et qui agit par suite dans les deux sens, permet d’obtenir avec une grande rapidité le gonflage des pneus. Il suffit, en effet, de 1 à 4 minutes, pour atteindre la pression convenable.
- Pour faire mouvoir le piston on se sert de l’un quelconque des deux dispositifs suivants : i° Un excentrique monté sur l’arbre de transmission actionne un chariot à galets sur lequel est monté le piston; 20 ce dispositif qui avait l’inconvénient d’être trop encombrant a été remplacé par le montage ci-après.
- Un engrenage fait en deux pièces pour faciliter sa pose, est fixé sur l’arbre de transmission entre le cône d’embrayage et le changement de vitesse.
- Le piston est alors actionné par la mise en prise de l’engrenage de la pompe portant les biellettes avec le pignon de commande. Un simple boulon permet la liaison
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- du gonfleur au châssis, tout en lui laissant la latitude de basculer pour se dégager de sa prise. Pour le ramener, il n’est besoin que d’un simple câble comme celui dont on se sert pour les béquilles.
- Tous les gonfleurs sont munis d’un régulateur de
- Gonfleur « Eole )) actionné par l’excentrique.
- pression gradué de i à io. 11 suffit donc au chauffeur de mettre ce régulateur sur le chiffre indiquant le degré de pression qu’il désire et laisser tranquillement gonfler le pneu. A ce moment, si on laisse encore fonctionner la pompe, l’air s’échappe par le sifflet et ne pénètre plus dans la chambre à air. Les gonfleurs sont essayés à 4o kg de pression. — En vente chez M. Mathieu, Automobiles, Nîmes.
- Galvanomètre apériodique pour les batteries électriques d’allumage. — La vérification des batteries électriques destinées à l’allumage des moteurs d’automobiles est de toute nécessité. L’état de décharge d’une pile ou d’un accumulateur est caractérisé par une diminution de la force électro-motrice et surtout par l’accroissement delà résistance intérieure. MM. Chauvin et Arnoux ont établi sur ces bases un petit modèle rationnel de galvanomètre apériodique, permettant de vérifier rapidement l’état de la batterie, sans en épuiser les éléments. Cet appareil, dont la figure ci-jointe donne une vue d’ensemble, indique la valeur réelle de la tension moyenne disponible en volts aux bornes de la source vérifiée. 11 est monté sur un socle de io cm de diamètre,
- Galvanomètre apériodique pour la vérification des batteries électriques d’allumage.
- qui est installé à poste fixe sur les voitures automobiles et il permet la vérification des batteries sans avoir à pointer sur les piles ou les accumulateurs souvent inaccessibles. Ce galvanomètre est établi avec un bouton poussoir, placé en haut, et un commutateur à clé servant d’interrupteur général dans le bas. Il est gradué jusqu’à G volts pour la vérification totale d’une batterie de 5 piles ou de 3 accumulateurs. La clé peut être mise en x ou 2, sur la source ou sur un point d’ari'êt; mais en général les soui’ces devraient être au nombre de deux (pile, accumulateur, magnéto) et pourraient alors se substituer l’une à l’autre par un simple tour de clé ; l’arrêt se trouverait à la position intermédiaire. Ce dispositif permet de réaliser des économies ; on peut en effet utiliser toute l’énergie électrique des piles et des accumulateurs, et être certain que l’on ne manquera pas de courant. — Le galvanomètre apéxûodique est construit par MM. Chauvin et Aimoux 186, rue Championne!, à Paris.
- Photographie
- Sac à charger des châssis photographiques. —
- C’est la chambre noire photographique pliante, transportable, mobile, aussi peu encombrante que possible, et qui donne des résultats satisfaisants, si elle est bien faite. Nous savons que de nombreux spécialistes en fabriquent, mais voici le moyen de s’en préparer ou de s’eu faire préparer une à fort bon compte.
- Elle se présente un peu, au premier abord, sous l’apparence d’une blouse avec deux manches très courtes, et sans passage pour la tête et le cou. On prendra, comme matière première de cette espèce de sac, deux épaisseurs de satin noir ou d’un croisé ; mais il faut doubler le tout, par mesure de précaution, d’une épaisseur d’une étoffe rouge rubis. Le sac aura, comme on le voit, une forme rectangulaire, et ses dimensions seront à peu près de 70 centimètres sur 5o. Quant aux manches, qui servent naturellement à passer les mains pour enlever les plaques des châssis et en mettre de nouvelles, pour effectuer enfin les opérations essentielles pour lesquelles le dispositif est combiné, elles auront une longueur de 20 centimètres et une largeur de iià i3. Il faut nécessairement que des élastiques soient cousus vers leur extrémité, de façon à serrer les bras de l’opérateur et à empêcher la lumière de pénétrer ; l’opérateur fera bien d’ailleurs de rabattre ses manches sur les manches du sac, pour exagérer encore les précautions.
- Le sac doit être fermé aussi bien que possible après insertion des châssis, des plaques, etc., du matériel sur lequel on va opérer. Et l’on ne saurait prendre trop de précautions dans ce but. On s’arrange de manière à ce que le rebord de l’ouverture vienne s'enrouler sur lui-même plusieurs fois, et soit maintenu dans cette position. Pour arriver à ce résultat, on coud d’abord des boulons en AA, sur l’un des côtés extérieurs du sac. Puis, sur l’autre bord, on dispose des pattes qui sont indiquées en BB ; elles sont représentées dans la figure en pointillé, tout simplement parce que nous avons supposé qu’elles se laissaient voir par ti'ansparence. Ces pattes sont faites de fil élastique. Quand on a roulé le bord du sac, elles peuvent venir passer autour des boulons, et maintenir la fermeture durant l’opération que l’on veut faire, en arrêtant toute lumière nuisible.
- *> Divers <r#
- Pour affûter les lames de rasoir Gilette. — Nous avons décrit dans La Nature, il y a quelque temps, le l'asoir de sûreté Gilette. Ce rasoir est le type de ces rasoirs de sûreté qui depuis semblent de plus en plus conquérir la faveur du public. Un de leurs inconvénients est que les lames mobiles qui les accompagnent, quand elles ont servi un certain nombre de fois et perdu leur tranchant, ne peuvent plus être affûtées, et qu’il faut les jeter. Ceslamessans doute ne coûtent pas bien cher, c’est cependant une dépense Pour afmt0P les lames de ra80ir> assez serxeuse pour
- les petites bourses. L’instrument repi'ésenté ci-contre permettra désormais d’affûter à nouveau les lames usées et de les faire servir pour ainsi dire indéfiniment. C’est un manche muni d’une pince à charnière dans laquelle on peut fixer solidement la lance, il suffit ensuite de la repasser comme un rasoir ordinaire sur un cuir bien souple.
- L’objet est en vente chez Kix*by, Beard et Cîl!, 5, i'ue Auber.
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- Sac à charger des châssis photographiques.
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- HYGIÈNE ET SANTE
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- L’automobile et la santé. — Le besoin de se déplacer, de changer d’air, est devenu de plus en plus impérieux pour la plupart des citadins, dès que survient la période estivale. Tous les dimanches ce sont des exodes formidables à la campagne, dans les bois admirables qui entourent Paris. Des trains de plaisir emportent des milliers de voyageurs au bord de la mer respirer pendant 24 heures l’air salubre et vivifiant. Pour les fortunés, il faut quitter Paris pour les bains de mer, la montagne, les villes d’eaux, il faut changer de résidence et aller chercher, loin des grands centres, l’air pur qui ne s’y trouve plus, tellement on rétrécit les espaces libres.
- De tous les moyens modernes de satisfaire à ce besoin de déplacement, le plus agréable est sans contredit l’automobile, pour ceux qui peuvent s’offrir celte dépense. Le voyage devient, avec une des excellentes voitures que fournissent aujourd’hui nos constructeurs, un vrai plaisir à la condition de le faire à une vitesse de 3o à 40 km et de faire des étapes qui ne dépassent fuis pour la journée 200 km. Ajoutons que pour se saturer d’air, il convient d’avoir une voiture découverte qui permet d’aspirer l’air pur à pleins poumons.
- C’est un plaisir, j’en appelle à tous ceux qui pratiquent l’automobile sans la folie de la vitesse et des rubans de route à dévorer. C est aussi un très bon moyen de reprendre des forces, de la vigueur, de l’appétit et du sommeil. L’automobile est excellent pour la santé chez les surmenés, les fatigués qui tout eu se trouvant dans un état normal au point de vue médical, ont besoin de se reposer; excellent aussi pour les anémiques. Et comment ne le serait-il pas, un voyage dans ces conditions? Parcourir les champs à une allure vive, par une belle journée de printemps ou d’été, respirer l’air pur; en arrivant le soir vous mangez avec appétit et vous dormez, comme si vous aviez fait un exercice fatigant.
- Rien de plus démonstratif à ce point de vue que les analyses faites, au cours de divers voyages, par M. Mouneyrat, et communiquées récemment à l’Académie des sciences. Ayant eu l’occasion, à plusieurs reprises, de faire des voyages de huit à dix jours en auto, à une allure moyenne de 4° km à l’heure avec un parcours journalier de 100 à 200 km. M. Mouneyrat a étudié l’influence des rapides déplacements d’air sur la nutrition générale. 'Voici les résultats constatés par l’examen du sang, numération des globules rouges et dosage de l’hémoglobine.
- Chez des sujets normaux, au départ, le chiffre des hématies varie, suivant les sujets, très bien portants du reste, de 5 200 000 à 5 400 000. Au 3° jour le chiffre monte à 5700000, au 6° jour à 5g5oooo et 6220000. Au 10e jour, il est de 6 3oo 000 et 6 5oo 000. L’hémoglobine de 98 pour 100 est montée à 101 et 102 pour xoo. Deux sujets anémiques ont fourni d’intéressants points de comparaison.
- Les globules rouges ne dépassaient pas 4 3oo 000 chez l’un et 4 5oo 000 chez l’autre; dès le 3e jour, la nutrition s’améliore comme chez les sujets normaux ;
- les hématies montent à 4 700000 et 4900000; à l'arrivée, le 10° jour, l’un à 5 675 000, l’autre 5 800000, soit un gain d’un million de globules rouges en une courte période de temps. Les meilleurs ferrugineux, les toniques les plus réputés 11’eussent certainement pas donné ce résultat. L’hémoglobine a suivi une marche ascendante analogue, de 87 pour xoo elle a passé à 99 et 100 pour 100.
- Voici donc des malades chez lesquels le simple fait de circuler au plein air, dans des conditions particulières, ont amené une modification profonde de leur état anémique.
- Est-ce à la ventilation plus intense de l’appareil irnspi-ratoire, à la modification de l’éréthisme nerveux ? M. Mouneyrat croit plutôt (et sa conviction est basée sur ce fait que le repos à la campagne produit plus lentement le même effet) que l’air, et spécialement l’air des champs et des bois, indépendamment des pidncipes constituants que l’on connaît, renferme un principe spécial encore inconnu qui provoque le sommeil par détente nerveuse.
- L’explication de M. Mouneyrat, est très plausible, mais je crois que l’hématose modifiée par l’aération plus complète du poumon, avec un air plus chai'gé d’oxygène, suffit pour expliquer ces métamorphoses x’apides de la nutrition.
- Quoi qu’il en soit, l’automobile convient aux anémiques, aux neux'asthéniques ; mais il faut que le repos soit complet et la conduite de la voiture doit êlre iixter-dite, si l’on veut tirer de la ventilation le maximum de profit, en supprimant les préoccupations de la marche et de la direction de la voiture.
- L’année denxière, notre distingué confi'èi’e, le Dr Legendre, avait étudié avec soin les conditions d’application eix tant que moyeix thérapeutique de l’automobile. Le déplacement l’apide de l’air à la suxdace de la peau produit une sensation de fraîcheur due à la vaso-constric-tion, suivie d’une vaso-dilatation au moment de l’arrêt. On s’en apei'çoit nettement par la sensation de chaleur qu’on éprouve quand le courant d’air ne nous frappe plus et par le hâle qui se produit au bout de quelques jours, comme au bord de la mer. L’action des rayons solair-es vient activer la coloi'ation de la peau, mais celte coloration est plus rapide avec l’automobile.
- La liste des maladies qui peuvent bénéficier de cette douche d’air est longue; les emphysémateux, à la condition d’une tempéi'ature moyenne, se trouvent très bien de ces voyages ; certains asthmatiques aussi. Mais ceux qui en épi'ouvent le plus grand bénéfice sont les simples sui'menés et les anémiques ; l’influence sur le système nerveux est considérable et la nutrition, comme le prouvent les documents de M. Mouneyrat, se modifie avec une l'apidité sans par-eille. Promenez-vous donc, heux'eux possesseurs de ces voitures, promenez-vous dans ixoti*e beau pays de Fi'ance, mais gai'dez-vous des folles vitesses qui abîment les x-outes, vous enveloppent de torrents de poussière et vous exposent à des accidents de haute gravité. D’v A. Cartaz.
- VARIETES
- Le commerce du vin de Madère. — Le madère est à peu pi’ès aussi connu que le champagne ou le cognac, un nom géographique étant devenu dans l’un et l’autre cas une désignation qui a cours dans les cinq parties du monde. Sans vouloir nous lancer dans un historique, qui pourrait cependant avoir son intérêt, nous rappellei'ons d’un mot que la vigne fut introduite de Ci’ête à Madèi-e il y a quelque 4°o aus ! eL depuis lors, la plante s’est admii'ablement acclimatée sur les pentes volcaniques de l’île, en empruntant au terroir, comme toujours, des qualités toutes particulières.
- Mais voici que l’industrie du vin de Madèx'e subit une
- crise des plus violentes : ce vin si apprécié jadis, surtout sur les marchés anglais, est de moins en moins acheté; c’est la fameuse « mévente », pour lui aussi, et l’exportation totale, qui avait été de 6310 bai'i’iques en 1903, est tombée à 5g58 dès 1904. Cela représente encore pi'ès de 2600000 litres (étant donné que chaque fût est d’une contenance de 41** liti'es), et c’est assez joli pour un vin de luxe qui se vend couramment à la bouteille ; mais c’est peu par rapport aux belles époques de cette industi'ie. En 1800, les expéditions avaient été de 16981 baimiques; durant les campagnes suivantes, il y eut naturellement des hauts et' des bas, comme dans
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- VARIÉTÉS
- toutes les industries, particulièrement dans les industries agricoles. Néanmoins, en 1826, l’exportation était encore de 9398 fûts. Depuis ce moment jusque vers i85o, 6e fut une vraie décadence, due il est vrai à ce que l’oïdium avait envahi le vignoble, qu’il ravagea si bien qu’on fut forcé de le replanter complètement. Vers 1862 on était sorti de la crise, du moins au point de vue de la lutte contre la maladie, et bientôt les expéditions remontaient rapidement, après être descendues à quelques centaines de barriques seulement. Le mouvement était de 36gi barriques en 1880, de 5592 en 1890, et en 1899 on atteignait le total de 65o8, le plus élevé qu’eût donné tout ce demi-siècle.
- Il est assez curieux de constater la diminution de la consommation de ce vin, comme de celle de tous les vins possibles. Aussi bien il faut reconnaître que le
- madère subit une concurrence formidable de la contrefaçon. Enfin les Anglais, qui en étaient des consommateurs enthousiastes depuis si longtemps, semblent apprécier de moins en moins ce vin. Le fait est que 1a Grande-Bretagne n’en importe plus guère que 600 barriques annuellement. Il y a là certainement une question de mode, et ce sont des influences contre lesquelles la lutte est bien difficile.
- A l’heure actuelle, les principaux pays où sont dirigées les exportations de vin de Madère sont l’Allemagne, la Russie, la Scandinavie, le Danemark, la Hollande, et aussi, mais en dernière ligne, la France; ce sont surtout les vapeurs allemands venant de l’Afrique occidental, du Brésil ou de l’Argentine qui emportent dans leurs flancs les chargements de vin à destination de-l’Europe du nord. D. L.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Le poisson conservé par la neige. — Des expériences ont été faites, il y a quelque temps, par M. Gruvel, professeur à la Faculté des sciences de Bordeaux, chëf de la mission des pêcheries de la côte occidentale d’Afrique, sur la conservation du poisson par la neige et dans les chambres froides. Il en est résulté que l’on peut transporter de la côte d’Afrique en France du poisson frais, tels que dorades, mulets, soles, etc., en parfait état de conservation et dans d’excellentes conditions.
- Contre le puceron du rosier. — Cette recette est indiquée par notre confrère le Journal de VAgriculture. Elle consiste à pulvériser du jus de tabac marquant
- I demi-degré à 1 degré Baumé au maximum; c’est-à-dire qu’il faut étendre de i5 à 20 fois son volume d’eau le jus de tabac à i2°,5 que livrent le plus souvent les manufactures; ajouter au jus étendu 10 grammes par litre de savon noir bien dissous, et faire la pulvérisation le soir de façon à éviter une trop rapide évaporation ; on lave le lendemain les feuilles avec un pulvérisateur.
- II est bon de faire trois ou quatre fois cette opération, et de préférence en mai.
- Contre le puceron lanigère. — Recette de M. Mangin, professeur au Muséum d’histoire naturelle : un vernis à la gomme laque blonde mélangé de lysol à 5 ou 10 pour 100. On badigeonne au pinceau ou l’on pulvérise ce vernis sur toutes les parties envahies par les pucerons : il faut opérer par un temps très sec. Pour la préparation du vernis : mélanger du vernis blond tel qu’en emploie les ébénistes à une ou deux fois son volume d’alcool dénaturé additionné d’une quantité de iysol de 5 à xo pour 100.
- L’alimentation sèche de la volaille. _— Cette méthode, fort en honneur, paraît-il, aux Etats-Unis, est pi'éconisée par un éleveur anglais, M. E. Brown, dans un rapport sur un voyage d’études en Amérique. Les animaux disposent à leur gré des aliments qui leur sont réservés, mangent quand ils en éprouvent le besoin, absorbent la quantité qui leur convient. La nourriture se compose de petites graines et de mouture des céréales. La première semaine, les poussins la reçoivent dans des petites auges, plates, puis un peu plus tard, on met à leur disposition des vases plus grands qui contiennent la ration d’une semaine : on emploie assez souvent des entonnoirs de bois, qui laissent tomber automatiquement la nourriture dans une petite auge, et qui, quelquefois, sont à trois divisions, l’une pour un mélange composé surtout de farine, la seconde pour la viande hachée, la troisième pour le son. S’il faut en croire les éleveurs américains, et notamment le professeur Conel, attaché à la station agricole de l’état du Maine, les poules soumises au régime sec pondent des oeufs plus gros et se développent plus rapidement, ce •qui naturellement est tout au profit du producteur. A nos lecteurs d’en faire l’épreuve !
- Encre nouvelle. — La formule en a été préparée par l’Institut impérial chimico-technique de Charlottenbourg, et celte encre doit être bonne, d’autant qu’elle contient une certaine proportion de fer et de tannin. On prend
- 40 parties de tannin, 22,5 p. de sulfate de fer, 1 de sulfate de cuivre, 3o de vinaigi'e de bois reclilié, 3 d’acide sulfurique, et enfin 2,5 de bleu d’aniline n° 2. On fait dissoudre dans une quantité d eau suffisante pour avoir finalement 1000 parties.
- Action des engrais. —M.O. Boetlcher s’est demandé s’il pouvait augmenter l’action de l’acide phosphorique de la poudre d’os par l’addition de sulfate d’ammonium. Sœderbaum avait déjà constaté dans des expériences de fertilisation que la récolte était plus que doublée par l’addition de ce produit. Les nouvelles expériences ont confirmé ce fait. Grâce à son acidité physiologique le sulfate, dans des sols ai'gilo-sableux, a augmenté l’effet de l’acide phosphorique : le nitrate ne saurait produire le même x’ésultat. De plus, les expériences ont montré que les poudres d’os, d’os et de sang fermentées ne sont pas plus actives que les poudres étuvées.
- Cressonnière artificielle. — Pour établir une cres-sonnière artificielle on fiche en tei're des fonds de bouteille de manière qu’ils forment une série de godets en quinconce. Dans les intervalles on met de la terre et ou sème du cresson. On arrose tous les jours; quand le cresson est levé, les branches vont s’abreuver avec l’eau qui se conserve dans les godets voisins. Pour éviter qu’on n’arrache le cresson en le cueillant, on couvre, la cressonnière avec un ti’eillage de fil de fer galvanisé et on ne coupe que le cresson qui dépasse.
- Encre bleue à copier à l’alizarine. — Il s’agit d’une recette un peu industiùelle, qui nous est fournie par la Augsburger Seifensieder Zeitung. Dans 20 parties d’acide sulfurique fumant, on fait dissoudre 5 p. d’indigo, et, à cette solution, on ajoute 100 p. d’extrait aqueux de mirobolan et 10,5 p. de touimures de fer. On additionne alors de i,5 p. de gomme arabique, 7,5 p. de sucre, io,5 p. d’acide sulfurique à 66° B, 1,5 p. de bleu d’aniline, o,5 p. d’acide phénique et assez d’extrait de mirobolan pour donner 1000 p. L’encre est d’abord bleuâtre sur le papier, mais elle devient noire.
- Nouveau procédé d’imperméabilisation des tissus. — Il a été imaginé par M. Armand Muellei'-Jacobs, et il est basé sur l’action d’un gaz comme le bioxyde de cai'bone quand on précipite un savon insoluble sur les fibres d’un tissu. Celui-ci est, par exemple, traité et imprégné d’abord au moyen d’un bain préparé par addition à 100 parties d’eau de xo p. d’acide stéai'ique, 1 1/2 p. d’hydrate de sodium et 2 p. de bicarbonate de soude; on fait bouillir le mélange jusqu’à complète solution, et l’on ajoute 5oo p. d’eau. Le second bain consistera en une solution de chlorure d’aluminium ayant une densité spécifique de 7 à io° à l’hydromètre Baumé, et contenant en outi'e de 3 à 5 p. d’acide acétique à io° B. On passe le tissu dans le premier bain maintenu à une tem-pérature de 8o° environ, de façon à le saturer, mais on exprime le surplus de liquide par passage enti*e dos l’ouleaux ; puis on immei'ge dans le second bain à température ordinaire, et maintenu acide. On lave à l’eau pure après passage entre calandi'es, on sèche, et l’on calandre de nouveau.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Blanchiment du coton à l’eau oxygénée. — Pour ioo litres d’eau prendre 3 kg. de sulfate de magnésie, et i kg. de peroxyde de sodium. Ajouter avec précaution i kg. a5o d’acide sulfurique. Le sulfate de magnésie donne une certaine stabilité à l’eau oxygénée formée par l’action de l’acide sur le proxide. Ce bain assure le blanchiment de ioo kg. de coton, dans un intervalle qui varie de i à 3 heures;
- Préparation pour nettoyer les gants de chevreau.
- — On prend une partie en poids de savon mou, et on le fait dissoudre dans 4 parties d’eau; on y ajoute i/32 p. d’essence de citron, et, dans ce liquide, on met assez de craie précipitée pour faire une pâte épaisse.
- Encre au fer. — Mélanger et faire dissoudre 5oo parties d’extrait de noix de galles, i5 p. de sulfate de fer, o,25 p. de sulfate de cuivre, 26 p. de vinaigre de bois, i5 p. de
- carmin d’indigo, en ajoutant assez d’eau pour donner xooo p.
- Savon argenté. — Ce beau nom désigne une composition savonneuse blanchâtre, qui peut avoir une action précieuse dans bien des circonstances, par suite de la craie qu elle contient. Pour la préparer, on fait une solution de 8 parties en poids de savon à l’huile de palme dans 8 p. également d’eau chaude; puis on incorpore intimement 16 p. de craie préparée.
- Un buvard perpétuel. — C’est un tampon buvard, inusable; car il est constitué par une composition poreuse ayant l’aspect de la pierre. Après un long usage, pour lui rendre ses propriétés il suffit de le frotter avec du papier de verre. — Ce buvard original est en vente chez Howatson, 36, avenue de Neuilly, à Neuilly.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. IL. Pot, à Paris. — Nous ne comprenons pas très bien votre question. Nous pensons que vous demandez un moyen de préserver les plantes d’intérieur contre les insectes ; le meilleur procédé est la vaporisation de nicotine sur les plantes.
- Commission du Y. C. P. — Pour tous ces renseignements très techniques, le mieux serait de vous adresser au parc d’aérostation militaire de Chalais-Meudon.
- M. A. Poirier, à Rennes. — Nous croyons que le Journal de Pharmacie et de Chimie (Doin, éditeur) a donné une étude ou une analyse au sujet de la distinction de l’amidon de riz et de l’amidon de sarrasin. Vous pourriez rechercher dans la collection, peut-être aussi voir dans le Manuel des falsifications des drogues de Peridon?
- Mi G. Lantz, à Mulhouse. — Le meilleur procédé de protection des fruits consiste à les ensacher et à préserver avec soin les rameaux des divers parasites qui les exploitent. Vous trouverez de précieux renseignements à ce sujet dans : Lafont, La lutte contre les insectes, Masson et Cie, 1 vol.
- : M. M. P., à Laval. — Les procédés de nickelage sans pile sont assez nombreux. Vous en trouveriez de nombreux dans les Mille et un secrets d’atelier de M. Bour-dais, 1 vol. 4 francs, chez Robbe, éditeur, 209, rue Léon Gambetta, Lille. L’un des meilleurs est le suivant : préparer un bain de chlorure de zinc neutre et d’une
- solution neutre d’un sel de nickel; on plonge les objets dans le bain avec de petits morceaux de zinc et l’on maintient le liquide en ébullition un certain temps. Les objets restent i5 minutes dans le bain bouillant.
- M. G. Jussy, à Verviers. — M. Léon Mal'o habite à Seyssel (Ain).
- Un vieil abonné, à X. — L’audition colorée est un phénomène bien connu, rapprochable d’autres transpositions sensorielles, telles que l’odorat musicalisé. C’est un phénomène morbide qui, comme celte dernière, rentre parmi ce que les spécialistes appellent des para-musics, ou perturbations atypiques du langage musical, troubles d’origine hystérique. Vous trouveriez des renseignements à ce sujet dans le livre de Pierre Rospital : Histoire médicale de la musique et de la danse (Clermont-Ferrand, 1887) et dans la Nouvelle iconographie de la Salpêtrière (190 année, p. 36a : Les aphasies musicales). Mais ce qui vaudrait mieux, étant donné l’âge du sujet, ce serait de le faire voir par un médecin compétent.
- M. lî. S., à Tirenoble. — Pour la difïex l'ence entre les idées de Lamarck et celles de Darwin, consultez l’excellent petit volume de F. Le Dantec, Lamarckiens et Darwiniens (Biblioth. de philosophie contemporaine, Paris, chez Alcan, 108, boulevard Saint-Germain, :>.fr,5o, inédit., 1904). Quant à l'Origine idps/espèces de Cii. DVavyiN et aux principaux ouvrages 'dé 'E. ILe e k e l (Ervigniès de l’Univers, Merveilles de là vie, Monisme, Origine de l’homme, etc.), ils ont été récemment publiés en-éditions populaires à très bon marché, par la librairie Schleicher frères, 61, rue des Saints-Pères, Paris, qui vous enverra, sur votre demande, ses prospectus et catalogue.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Le Guide des voies - fluviales de Dinan à Nantes, par J. Bôistél et A. GêàndÀz. Paris. Hachette et Cie, 1907, ' 1 carte -avec texte.* Prix : 5 francs.
- Lés4,de‘ûx inlassables parcoureurs de rivières rendent ùh‘ vrai service au touriste par cet excellent Guide nautique "pour,.- lès) ..Voies fluviales qui relient Dinan (Saint-Malo) à Nantes) par une suite ininterrompue de rivières et de canaux de 270 km. Cet itinéraire, peu . connu, constitue une des plus belles excursions nautiques que l’on puisse faire en France.
- Les Grands artistes. Paul Potter, par E. Michel. Prud’hon, par E. Brigon.. Dauirtier, •• par H. Marcel. Paris. H fi Laürens. 1907. 3 vol. in-8°, 24 gravures. .Prix du volume : broché, 2fr,5o ; relié, 3tr,5o.
- qui compte déjà tant d’agréables volumes. Les signatures de MM. E. Michel, Bricon et Henry Marcel, notre distingué collaborateur, parlant de Potier, de Daumier et de Prud’hon, disent assez que ces trois nouveaux petits livres sont les dignes suivants de leurs aînés. Nous regrettons à vrai dire que chaque volume ne soit pas suivi d’une page, même sommaire, de bibliographie, qui augmenterait beaucoup son utilité. .
- L’année sociologique, publiée sous la direction de E. Durkheim. io° année (1906-1906). Paris. F. Alcan, 1907. 1 vol. in-8°, 688 p. Prix : i2lr,5o.
- Signalons dans l’Année sociologique trois intéres-| sauts mémoires originaux : P. Huvelin : Masie et droit
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- BIBLIOGRAPHIE
- la représentation collective'de la mort. — G. Bougie : Note sur le droit et la caste dans l’Inde. Les 5oo dernières pages du volume sont consacrées à ces analyses, qui donnent une valeur si particulière à la publication de M. Durkheim. Elles portent sur tous les domaines delà sociologie : Sociologie générale, S. religieuse, S. morale et juridique, S. criminelle et statistique morale, S. économique, Morphologie sociale, S. esthétique, technologie, langage.
- Samuel Pierpont Langley, secretary of the Smithsonian Institution 1887-1906 Memorial Meeting (december, 3, 1906). City of Washington. Pub. by the Smith. Inst. 1907 (Smiths. Miscell. Coll. p. of vol. ^XLIX. Prix : 49 francs.
- On lira avec intérêt cette notice sur les travaux du distingué et regretté astronome et physicien qui fut vingt ans le secrétaire de la grande institution scientifique américaine.
- Fabrication des colles animales, par V. Cambon, ingénieur des Arts et manufactures. Paris. Dunod et Pi-
- nat, 1907, 1 vol. in-8°. 216 p., 5o lîg. Prix : broché, 6 francs ; cartonné, 7fr,5o.
- L’auteur s’applique particulièrement à décrire les procédés les plus modernes et les plus scientifiques; on trouve dans son livre, après des généralités sur les colles, les chapitres suivants : traitement des os; traitement des bouillons ; coulage, coupage et séchage de la colle ; traitement dessous-produits; essai des os et de colles; organisation d’ensemble d’une fabrique de colles (avec budget).
- European animais, by IL F. Sciiakm-. London. Constable, 1907. x vol'. in-8°, p. xiv-258, Price : 7 sh. 6.
- Nous signalons avec plaisir le livre de M. Scharlf sur les animaux européens, leur histoii'e géologique et leur distribution géographique. C’est un travail fort original, d’une grande sûreté d’information et d’exposition; nous indiquerons spécialement les caries fort intéressantes qui illustrent les divers chapitres et sont plus éloquentes que de longs discours.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 sept. 1907 . 7°,9 N. N. E. 2. Nuageux. » Rosée ; peu nuageux.
- Mardi 17 8°, i Calme. Peu nuageux. » Rosée ; brume ; beau jusqu’à 9 h. ; presque couvert ensuite.
- Mercredi 18 9°,9 N. E. 2. Beau. )> Rosée; beau.
- Jeudi 19 8°,1 N. E. 3. Beau. » Rosée; beau.
- Vendredi 20 11°,1 N. E. 2. Beau. » Rosée ; pas trace de nuage.
- Samedi 21 10°,1 N. N. E. 2. Beau. » Rosée ; pas trace de nuage.
- Dimanche 22 12°,1 N. E. 2. Peu nuageux. » Rosée; brume; nuageux.
- SEPTEMBRE 1907. — SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 SEPTEMBRE 1907.
- | Lundi l Mardi ' [ Mercredi | Jeudi ( Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent .* courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abn à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à Vabri à boule mouillée-
- Du 16 au 22. — Le 16. Fortes pressions sur tout PO. de l’Europe : Bretagne, Irlande, 774 mm; Berlin, 771; dépressions vers la Norvège (Christiansund, 752) et l’Italie (Naples, 761). Pluies sur le N. et le Centre de l’Europe. Température du matin : Christiansund, 4°; Paris, 8; Alger, 21 ; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi —2; moyenne à Paris : n°,4 (normale : i4°,5). — Le 17. Même situation atmosph. : Yalencia, 774; Uleaborg, 748. Pluies sur le N. de l’Europe et l’Italie. Temp. du matin : Arkangel, 4°; Paris, 8; Brindisi, 20; Puy de Dôme, 2; moyenne à Paris, i4°,5 (normale : 140»4)- — Le 18. Même situation atm. : Dunkerque, 774; dépressions en Russie du N. et Italie. Pluies sur ces mêmes régions. Temp. du matin : Haparanda, 3°; Paris, 10; Perpignan, 18 ; Puy de Dôme, 5 ; Pic du Midi, y. ; moyenne à Paris, i3° (normale ^i4°,2). — Le 19. Hausse générale :
- Temp. du matin : Haparanda, 20; Paris, 8; Nice, 19; Puy de Dôme, 12; moyenne à Paris : 14° (normale : i4°,i). —Le 20. Utrecht, 774; Vienne, 771, Italie du N., 768 ; dépressions sur les côtes de Norvège et tempête d’Ouest : Hapai’anda, 747- Pluies en Scandinavie et Russie. Temp. du malin : Saint-Pétersboui'g, 4°; Paris, 11; Alger, 24; Puy de Dôme, 12; moyenne à Paris : 160 (normale : 140). — Le ai. Uniformité générale de la press, atm. : Ii'lande, 772; Arkangel, 742. Beau temps. Temp. du matin : Haparanda. 20; Paris, io°; Alger, 23; Puy de Dôme, i3; Pic du Midi, 2; moyenne à Paris : i5°,4 (normale : i3°,8). — Le 22. Mer du N., 775; Arkangel, 749. Pluies en Norvège, Russie, Allemagne. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, o; Paris, 12; Alger, 22; Puy de Dôme, 12; Pic du Midi, 3; moyenne à Paris, i3°,7 (noi'male). — Phases de la Lune : Pleine
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « L,a Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Natu-e » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1793 (5 OCTOBRE 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Sur des courants atmosphériques dans plusieurs corps célestes. — M. J. Comas Sola, directeur de l’observatoire Fabra, à Barcelone, a appelé l’attention, dans les Astronomische Nachrichten (n° 41É5), sur la production possible de courants dans l’atmosphère de Jupiter par l’action de ses satellites. Des effets semblables sont probablement provoqués, d’après l’auteur, dans l’atmosphère de Saturne par l’anneau et les satellites; finalement, M. Comas Sola estime « que l’on pourrait expliquer le mouvement direct relatif des régions équatoriales du Soleil par un effet semblable dû aux corpuscules qui pourraient former la partie la plus dense de la lumière zodiacale, et qui tourneraient autour du Soleil à une petite distance. »
- Utilisation de la tourbe. — On se préoccupe beaucoup en ce moment en Allemagne, et particulièrement aux environs de Jever, dans l’Oldenbourg (si nous en croyons Work), d’utiliser la tourbe en mélange avec le charbon de terre pour la cuisson des briques. On fait le mélange et on le comprime avant emploi, et cela permet de cuire des briques qui ne demeurent point d’un beau rouge franc, mais qui sont du moins excellentes. Il faut des quantités égales de charbon et de tourbe.
- Un nouveau câblé sous-marin. — Le câble New-York-Colon vient d’être ouvert au trafic international. Par cette voie seront acheminés dorénavant les télégrammes destinés à l’Amérique Centrale et aux Etats de la côte. Pacifique de l’Amérique du Sud, au lieu de prendre l’ancienne voie Galveston.
- Un nouveau type d’excavateur. — Il est employé assez couramment aux Etats-Unis, et se nomme excavateur Buckeye (son inventeur est de Findley, dans l’État Ohio). A l’arrière d’une locomotive routière, est montée, sur deux poutres, une roue armée de pelles et de tranchants jouant le rôle de pioches; cette roue peut s’abaisser dans la tranchée qu elle creuse, et la locomotive routière peut la faire avancer suivant les besoins. Les terres extraites sont, au fur et à mesure, déversées sur une courroie porteuse qui les décharge latéralement. C’est comme une énorme fraise à travail continu. Le prix de revient du mètre cube de terre est un peu variable, mais il dépasse rarement 2Ô centimes.
- L’industrie automobile en Italie. :— Le développement rapide de l’industrie automobile en Italie est un fait très remarquable. La première fabrique fut ouverte en janvier 1904, à Turin, ville dans laquelle il existait au 31 décembre 1906,37 usines. Le nombre des fabriques
- d’automobiles actuellement en pleine activité dans les divers centres industriels s’élève à ii5, avec un capital de ig3 millions de francs. Notre fabrication française, la plus importante du monde, trouve, en Italie, une concurrente sérieuse.
- Laboratoire municipal d’hygiène à Rouen. —
- Depuis le ior juillet 1907, fonctionne à Rouen un laboratoire d’hygiène et de vérification des denrées alimentaires et produits agricoles.
- Production mondiale de pétrole. — Elle était de 275 tonnes en 1857. Elle atteint en 1906 28 millions de tonnes. Les Etats-Unis fournissent 16 millions de tonnes ; la Russie 8 millions; les Indes Néerlandaises, i35o millions ; la Roumanie, 887 000.
- Le prix des canons anglais et de leurs projectiles.
- — Au moment où l’amirauté britannique vient de prendre la décision de construire plusieurs canons de i3 pouces 5, pour être utilisés à la place des canons de 12 pouces, il est intéressant de dire que la marine anglaise, dans son budget de 1907-1908, a prévu pour ses canons 1730,0000 francs, tandis que, pour l’exercice précédent, le chapitre correspondant se totalisait à 22 900 000 francs. Les projectiles et munitions de toutes catégories, qui ne figurent pas dans ces sommes, entraîneront une dépense de 22 millions pour l’année prochaine, au lieu des 29 millions qui ont été employés cette année. Pour les torpilles seules, le montant de la dépense s’élèvera à 7 65o 000 francs.
- Une usine hydro-électrique à 4200 mètres d’altitude. — Cette usine servira à l’exploitation des mines d’argent de Caylloma, sur le versant Est de la Cordillère des Andes au Pérou. Ces mines sont à une altitude variant de 4200 à 5ooo m. On va utiliser deux chutes l’une de 42 ni. sur la rivière Santiago, l’autre de 275 m., alimentée par le lac Huaillaçho, aux sources de l’Amazone. Le courant sera produit à 33oo volts et transporté à la mine par une ligne de 5 km.
- Poteaux télégraphiques en verre. — Un architecte de Francfort vient de prendre des brevets pour la fabrication de poteaux télégraphiques en verre. Une usine a été construite dans ce but à Grossalmerode, près de Cassel. Le verre qui constitue les poteaux est en réalité du verre armé, coulé autour d’une armature en fils de fer qui les renforcent. L’avantage de ces poteaux, appréciable surtout dans les pays tropicaux, sera leur résistance aux ravages des insectes, et aux influences climatériques.
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- INFORMATIONS
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- Extraction de l’huile d’olive par turbines. — Le
- seul système employé jusqu’à présent pour extraire l'huile de la pulpe d’olive était celui de la presse ; il s’est seulement modifié depuis l’origine quant aux moyens mécaniques employés. Un progrès notable vient, paraît-il, d’être réalisé : il consiste à placer la pulpe dans des turbines à tissu filtrant identiques à celles qu’on utilise pour séparer le sucre des mélasses dans les sucreries. Plusieurs turbinages à sec et à la vapeur épuisent rapidement d’une façon complète la pâte mise dans les paniers des turbines. Evidemment on avait déjà songé à ce procédé il y a longtemps, mais il faut une très grande vitesse de rotation des turbines pour avoir un effet utile, vitesse que l’on ne pouvait réaliser avec les cônes de friction ou les engrenages. Aujourd’hui l’axe de l’essoreuse est accouplé directement à celui d’un moteur électrique ou d’une turbine à vapeur et la vitesse obtenue n’est pour ainsi dire plus limitée par un système de transmission quelconque. On peut ainsi obtenir de nouveaux résultats avec la force centrifuge et soumettre les olives à son action.
- Une nouvelle grande voie ferrée en Italie. — Il
- s agit de relier directement Gènes à Milan, en traversant les Apennins. La nouvelle ligne passerait par Tortona, et n aurait que i3o kilomètres à peine de longueur. On compte que la traction s’y ferait électriquement.
- Barrage creux en béton armé. — On vient de construire aux Etats-Unis, à Delhvood Parle (Illinois) un curieux barrage-déversoir en béton armé. Delhvood Parle possède un parc traversé par un ravin pittoresque dans lequel coule un ruisseau; pour en faire une attraction, on a transformé ce ravin en un bassin qui sert au canotage, l’été, àu patinage, l'hiver. On l’a donc fermé par un barrage constitué par un remblai massif en terre, par 2 ailes formant ponts, en béton armé, entre lesquelles se trouve le barrage creux en béton armé qui sert de déversoir. L’intérieur de ce barrage creux est aménagé d’une façon originale en jardin d’hiver, et promenoir.
- Appareil de déchargement rapide des minerais. —
- L’appareil est employé dans les ports de l’Amérique du Nord, et rend de très grands services. Il est constitué par un immense godet à grapins d’une capacité de io tonnes : celui-ci est disposé à la partie inférieure d’un montant vertical; et ce dernier est suspendu à une poutre inclinée mobile, qui soulève ou abaisse à volonté le godet. Le montant et la poutre sont reliés l’un à l’autre par un tourillon, et la poutre est elle-même montée sur un chariot circulant sur un pont roulant. De cette manière, lorsque le godet a été descendu ouvert dans un bateau, et qu’il s’est chargé de minerai automatiquement en se refermant, on peut le faire reculer et l’ouvrir au-dessus d’une trémie mobile placée au-dessous du pont roulant. Les matières s’écouleront ensuite à volonté dans les vagons, qui seront amenés sous le pont roulant. Le godet est susceptible de s’ouvrir de plus de 5,5o m., ce qui lui permet d’avaler pour ainsi dire sans peine une masse énorme de minerai. On l’appliquerait tout aussi bien aux charbons.
- Pour reconnaître la température d’un bain d air liquide. — M. Ulrich Behn, qui s’est préoccupé de cette question, se base sur le phénomène bien connu suivant lequel l’azote entrant en composition dans cet air liquéfié, s'évapore bien plus rapidement que l’oxygène. 11 fait flotter à la surface du liquide une ampoule en verre qui peut accuser la densité spécifique, et cette densité est précisément en rapport intime avec la variation de composition, c’est-à-dire la température, qui modifie la proportion d’azote.
- Appareil d’égalisation de la température dans les chaudières. — Il a été inventé par un M. Joseph Brun-drit, ingénieur à Belfast. Il consiste en une sorte de tambour de fer forgé, comportant un tu-yau d’aspiration et un tuyau de vidange. Le premier descend au fond, dans la partie basse de la chaudière, le tambour étant placé dans la chaudière de façon à être submergé; mais le tuyau d’évacuation, dont l’orifice dans le tambour est peu au-dessus de son fond, vient déboucher très au-dessus du niveau de l’eau. L’orifice du tuyau d’aspiration débouche dans le tambour au-dessous de son sommet. Quand on remplit la chaudière, l’eau monte par le tuyau dit d’aspiration et s’écoule dans le tambour : cette arrivée
- de l’eau obture le tuyau de décharge, et continue jusqu’à ce que l’air comprimé dans le tambour contre-balance la pression d’eau. Par contre, lorsque la température est montée suffisamment, l’expansion de l’air chasse l’eau par le tuyau de décharge, et comme la pression diminue, de l’eau peut remonter et s’y introduire par le tuyau d’arrivée. C’est donc une série de pulsations qui se produisent, la pression de vapeur se substituant du reste à celle de l’air.
- Ponts basculants biais. — On vient de terminer à Kœnigsberg deux ponts basculants, qui présentent cette particularité d’être bi'àis, leur biais atteignant plus de i5u. Naturellement les axes de rotation sont bien normaux à l’axe de l’ouvrage, mais ils sont disposés obliquement par rapport à l’axe des piles, dont la largeur doit être accrue en conséquence.
- Redressement d’une cheminée. — Notre confrère Engineering Record signale un procédé curieux et ingénieux auquel on a eu recours pour arrêter le tassement des fondations d’une grande cheminée d’usine, et en même temps pour la redresser (le tassement primitif s’étant fait de façon irrégulière). Au moyen de rempiè-temenls en béton, on a élargi la fondation sur deux côtés ; l’élargissement a été bien plus considérable du côté où le tassement avait été le plus fort. Et le fait est qu’un léger enfoncement ultérieur s’est moins l’ait sentir sur cette face, et a permis à la cheminée de retrouver son équilibre vertical.
- Perry-Boats pour l’Irlande. — On parle à nouveau de l’établissement d’un service de Ferry-Boats entre Stranraer et Larne ; on pense établir aisément les deux ports spéciaux pour le débarquement et l’embarquement des trains, ce qui serait à peu près impossible à Portpa-trick et Donaghadee, points entre lesquels la distance à franchir est moindre pourtant.
- Une nouvelle voie télégraphique entre l’Europe et l’Asie. — Cette voie a été établie par les administrations hongroise, serbe, bulgare et turque. Elle porte le nom de Voie Hongrie et relie par un fil direct Budapest à Constantinople et à l’Asie Mineure.
- Multiple avec compteur de conversation. — Ce
- nouveau meuble téléphonique que la Société industrielle des Téléphones a exposé à la récente exposition de Milan est intéressant en ce sens qu’il est pourvu d’un compteur de conversations. Un compteur est placé sur chaque ligne d’abonné. Cet appareil est constitué par un organe électro-magnétique placé en série avec un relais sur un des deux fils de chaque ligne. Dès qu’une communication a été établie, un courant est envoyé dans. le compteur placé sur la ligne de l’appelant; l’armature de ce compteur est attirée et elle reste dans cette position jusqu’à ce que la téléphoniste, ayant reçu le signal de fin de conversation, retire sa fiche. L’armature du compteur reprend alors sa position de repos et l’appareil enregistre la communication. Il y a lieu d’observer que la communication est seulement inscrite au compte de l’abonné appelant et que l’appareil ne fonctionne qu’en fin de conversation.
- Le four électrique. - L’invention du four électrique est généralement attribuée à Moissan. Cependant l’appareil existait déjà, avant que Moissan ne l’ait réinventé dè toutes pièces. C’est ce qu’établit Y Industrie Electrique en publiant un Brevet pris en 1881, par M. Clerc, aujourd’hui chef de l’exploitation du secteur Edison, au sujet d’un four électrique semblable à ceux que Moissan employa quelques années plus tard à ses beaux travaux.
- La téléphonie sans fil. — Tous les navires de la flotte américaine du Pacifique vont, paraît-il, être munis d’apparéil de téléphonie sans fil, d’une portée de 9 km, garantie par tous les temps.
- L’influence de l’automobilisme sur les canalisations de gaz. — Un ingénieur spécialiste anglais, M. Foulger, prétend que les vibrations et trépidations violentes causées par la circulation à grande vitesse des voitures automobiles, sont des plus nuisibles aux canalisations de gaz. Le fait est que, sur le réseau où il a fait des observations, le nombre des coùduites brisées ou des joints arrachés n’était que de 87 en 1899; et actuellement, par une gradation constante, le total correspondant est arrivé à 429. Il incrimine beaucoup plus la vitesse que le poids des véhicules mécaniques.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Allumage par magnéto à bougies directes pour moteur à quatre cylindres. — Ce nouveau système d’allumage supprime la pile ou l'accumulateur, la bobine, le distributeur et la canalisation qui sert à relier ces différents éléments avec les quatre bougies du moteur. On n’utilise que les quatre iils qui partent du distributeur de courant secondaire de la magnéto et alimentent les quatre bougies des divers cylindres.
- La magnéto se compose essentiellement d’un inducteur formé par un système de six aimants en fer à cheval montés en 3 paires A, et d'un induit ou armature composée d’un noyau de fer doux sur lequel sont faits les enroulemenls. Gel induit, placé dans le champ magnétique entre les pôles des aimants, est muni d’un mouvement de rotation dont on aperçoit la commande en D. Sur cet induit se trouvent deux enroulements distincts, n’ayant que leurs commencements communs et réunis à la masse; l’un est en fil de gros diamètre et d’un petit
- Allumage par magnéto.
- nombre de spires, il constitue le circuit primaire; l’autre en fil fin et d’un grand nombre de spires forme le circuit secondaire. L’extrémité libre du gros fil, au moyen d’un frotteur spécial, est réunie à la vis platinée et au condensateur; l’extrémité libre du fil fin est fixée au balai frotteur du distributeur C. Dans sa rotation, l’armature est traversée par un flux de force alterné ; la force électromotrice développée dans le circuit primaire atteint son maximum à l’instant où le flux s’annule et change de sens. Le flux de force traversant l’enroulement est nul dans la position verticale du double T de l’induit. C’est donc lorsque l’induit passe par celte position, et en réalité quelques degrés après à cause de la réaction d’induit, que le mécanisme de rupture doit couper le circuit. De cette coupure qui est pratiquement instantanée, il résulte dans le circuit secondaire une force électromotrice très élevée, qui se traduit par une étincelle à la bougie; à chaque rupture du circuit primaire, il y aura donc une étincelle de haute tension. Par tour de l’induit, il y a deux positions correspondant à un maximum de courant; il y a donc deux ruptures par tour, et l’on doit employer une came à deux bossages diamétralement opposés. L’appareil de rupture R est monté directement sur l’arbre de l’induit du côté opposé à la commande D, qui porte aussi les engrenages E du distributeur. Dans sa rotation, cet arbre entraîne la came à deux bossages, qui écarte et met en contact deux grains de platine. Un distributeur de courant secondaire C à été placé au-dessus de l’appareil de rupture ; il s,e compose d’une pièce isolante en ébonite portant 4 plots isolés qui communiquent aux 4 bougies B
- du moteur. A ces plots le courant de haute tension est successivement amené par un balai en charbon tournant à l’intérieur et à demi-vitesse de l’induit, d’où la nécessité des engrenages E, placés du côté de la commande et renfei-més dans un carter F, afin d’éviter que la poussière de la route puisse venir se loger entre les dents.
- En P, sur le devant du distributeur du courant secondaire G est placé un parafoudre, destiné à préserver l’induit au cas où une ou plusieurs bougies ne fonctionneraient plus.
- Dans cette magnéto, l’avance ou le retard à l’allumage se produit simplement en déplaçant suivant un angle variable le moment de la rupture. On obtient ce déplacement en faisant tourner plus ou moins l’appareil complet de rupture à l’aide d’une manette M. Tous les roulements sont montés à billes. — La nouvelle magnéto pour allumage à bougies directes, est construite par M. Henri Hommen, 38, rue de Turenne, à Paris.
- 'Eclairage
- Appareil d’éclairage électrique. — Le nouvel appareil d’éclairage électrique, que nous signalons, peut donner en moins d’une seconde des épreuves photographiques d’un fini irréprochable. Il présente de plus de nombreux avantages ji>our 4’aménagement de nouveaux ateliers. Un appartement ordinaire pourvu d une pièce assez grande peut être transformé eu atelier sans avoir à subir d’autres aménagements qu'une canalisation un peu forte. L’appareil se compose, comme le montre la figure i, d’un support formant trépied renforcé par une chaîne qui maintient chaque pied à l'écart voulu et lui assure une grande stabilité. Le support, qui est en tubes d’acier, se démonte en deux parties pour le transport. Une manivelle fait monter ou descendre un réflecteur attaché au câble métallique qui tourne sur la poulie fixée au support. Ce réflecteur est en aluminiu’m et a 8o centimètres de diamètre ; tout autour est une couronne de lampes à incandescence et au milieu est installée une lampe à arc double. Le réflecteur se meut en tous sens; on peut le fixer dans toutes les positions et obtenir par suite tous les ellêts de lumière i:>ossibles. L’appareil est complété par un distributeur, un régulateur et divers accessoires placés dans un coffret que l'on dispose contre le mur. La manœuvre de l’appareil est très simple. On s’assure d’abord que les charbons de la lampe à arc sont propres et bien taillés ; on règle ensuite l’éclairage par l’ascension ou la descente du réflecteur au moyen du câble métallique jusqu’à ce que l’on ait obtenu l’effet désiré. La figure i montre un fond préparé pour la photographie ; l’appareil est disposé à droite pour fournir l’éclairage-. Pour prendre un instantané, on donne un demi-tour à la molette du commutateur, on saisit ensuite d’une main la poire du caoutchouc du distributeur et de l’autre main la poire correspondant à la chambre noire pour découvrir l’objectif. On découvre peu à peu ce dernier, puis on presse la poire du distributeur d’un coup sec et rapide. On obtient un fort éclat lumineux momentané des lampes à incandescence et un éclair de la lampe à arc sans .bruit, ni fumée. On obture l’objectif, la plioto-
- Fig. l. — Support-trépied de l’appareil électrique.
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- graphie est faite. — L’appareil d’éclairage électrique pour la photographie se trouve chez MM. Richard
- Fig. 2. — Fond préparé pour la photographie.
- Ch. Heller et Cio, constructeurs électriciens, 18, cité Trévise, à Paris (IXe arrondissement).
- "Divers
- Pince à œufs. — L’œuf a déjà soulevé dans le cours des siècles de bien intéressants problèmes ; témoin l’œuf de Christophe Colomb. Voici un autre problème, aussi simple d’apparence : comment déposer des œufs dans
- une casserole pour les y faire cuire, sans qu’ils aillent se briser contre le fond, et comment les retirer sans risquer de se brûler. L’expérience, sans doute, vous l’apprendra facilement ; mais voici, en tout cas, un petit appareil extrêmement simple qui vous dispensera de cet apprentissage ; c’est une pince à ressort dont les extrémités se terminent par 4 cercles métalliques réunis en carré les uns à côté des autres. La figure montre clairement comment il faut placer les œufs, et démontre assez combien il est aisé par ce moyen de les plonger dans l’eau et de les en retirer, sans risque d’aucune sorte. —— En vente aux Inventions Nouvelles, i3i, Palais-Royal, à Paris.
- Cuiller graduée pour potion. — Le Dr Martinet, signalait récemment dans la Presse médicale, les graves
- Cuiller graduée pour potion.
- inconvénients qui, souvent, peuvent résulter de la mesure des médicaments par cuillers. Les cuillers usuelles, en efïet, présentent les . unes avec les autres de notables différences de capacité ; par suite les médicaments adrrfi-
- nistrés au malade peuvent l’être à des doses toutes différentes de celles que désirait le médecin. Voici une cuiller imaginée pour répondre au desideratum du Dr Martinet; elle est divisée en sections étagées; remplie jusqu’au Ier trait elle contient 5 centilitres, jusqu’au 2e, io centil., jusqu’au 3e, i5 centil. On a ainsi une définition précise de ces termes vagues : cuiller à café, cuiller à dessert et cuiller à potage ; et un moyen commode de prendre exactement la dose voulue du médicament. Cet objet est en vente au dépôt des Petites Inventions, 13r à 133, Palais-Royal, Paris.
- Taille-crayon. — Voici un taille-crayon qui se recommande par sa simplicité et la facilité de son emploi. C’est une petite boîte rectangulaire en bois. Dans une rainure pratiquée aux deux côtés de cette boîte est insérée une série
- de petites lames d’acier placées les unes à côté des autres et inclinées toutes dans le même sens. Pour tailler un crayon, il suffit donc de l’appliquer sur les couteaux et de tirer à soi jusqu’au bout; on recommence ensuite sur une autre face, et
- ainsi de suite, jusqu’à ce que la pointe se présente avec la finesse voulue.
- Tailler correctement un crayon, c’est le premier élément de la science du dessinateur; il ne s’acquiert pas sans effort, ni surtout sans se noircir déplorablement les doigts. Le petit appareil que nous venons de décrire facilitera aux jeunes dessinateurs ce premier apprentissage de leur métier. Il est en vente aux Inventions Nouvelles, 131-135, Palais-Royal, à Paris.
- Taille-crayon,
- Totalisateur d’heures démarché. — Le totalisateur d’heures de marche est un indicateur de temps qui a pour but de déterminer une moyenne de marche avec exactitude. Il est combiné avec l’indicateur de vitesse que l’on aperçoit dans la figure ci-jointe à la partie inférieure. Il consiste en une montre de bonne qualité dont le balancier est arrêté par une petite tige métallique lorsque la voiture est immobile.
- Mais dès que la voiture est en marche, le courant produit qui actionne l’indicateur de vitesse agit également sur un électroaimant et ce dernier attire la tige qui a arrêté le balancier.
- La montre est donc mise en marche en même temps que la voiture et s’arrête avec elle. La vitesse moyenne d’une journée peut alors être facilement établie en consultant le compteur kilométrique qui doit se trouver sur toutçs les voitures, et le nombre d’heures indiqué par la montre.
- On peut toutefois dans l’appareil libérer mécaniquement le balancier et avoir une montre fonctionnant simplement. Il suffit de mettre l’index, que l’on voit à gauche de la montre, sur le point II. Lorsque l’index est placé , . K ,
- sur le point —. le mouvement de la montre est intimement lié à celui de la voiture. — Le totalisateur d’heures de marche est fabriqué par MM. Arnoux et Chauvin, 186, rue Championnet, à Paris.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Saturne, dans la constellation des Poissons, est, en octobre, encore presque en opposition. C’est donc la période la plus ..favorable pour l’observer. Nous engageons vivement de ne perdre pour cela aucune occasion. En effet, l’anneau se présente par la tranche et offre de curieuses apparences comme on peut en juger :
- III. PHÉNOMÈNES DIVERS
- Passage de Mercure sur le Soleil. — Cet important et rare phénomène se produira le 14 novembre, vers midi. Nous y consacrerons prochainement un article spécial.
- 7 O CTO II HE 8 NOVEM11RE 2 DÉCEMBRE 20 DÉ CE MD RE
- Diamètre de la planète. Grand axe extérieur de 19", 1 18", 5 17",7 17",0
- Panneau Délit axe extérieur de 43",5 41 ",9 40", 3 38",7
- l'anneau ...... Hauteur de la Terre au-dessus du plan de 0",1 0",6 0",6 0",2
- l’anneau Hauteur du Soleil au-dessus du plan do 0° 6' 0° 49' 0° 50' 0° 22'
- l'anneau 1° 7' 1° 35' 1° 57' 2° 18'
- L’anneau est ainsi éclairé pour i5 ans par sa face australe. Il sera juste par la tranche du 29 septembre au 7 octobre, son plan passant par la Terre. Ensuite, l’anneau s’ouvrira légèrement en présentant sa face boréale obscure, puis se refermera à nouveau pour se présenter par la tranche au début de 1908. Saturne paraîtra donc, dans cet intervalle, dépourvu d’anneau. Ce spectacle est assez rare puisqu’il ne se produit que tous les i5 ans.
- Uranus sera en quadrature orientale le 3 octobre. On le trouvera aux positions suivantes :
- DATES
- 5 octobre. . 0 novembre.
- 6 décembre . 2(5 décembre.
- ASCENSION DROITE DÉCLINAISON
- 18 b. 39 rn. — 23° 31'
- 18 li. 42 m. — 23° 27'
- 18 b. 49 m. — 23° 20'
- 18 li. 54 m. — 25° 14'
- DIAMÈTRE
- 3",8 3”,7 3", 7 3”,7
- Neptune sera en quadrature occidentale le 9 octobre. On pourra le trouver à l’aide de l’éphéméride ci-dessous :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 5 octobre . . . 7 b. 4 m. -+- 21° 48' Q/f 9
- 6 novembre . . 7 b. 4 m. -4- 21° 48' 2",3
- 6 décembre . . 7 b. 2 m. -h 21° 51' 2",3
- 20 décembre . . 0 b. 59 m. + 21° 54' 2'',5
- Petite planète Vesta. — Elle se présentera dans des conditions très favorables pour être observée.
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON GRANDEUR
- 5 novembre . . 7 h. 26 m. -H 19° 42' 7,5
- 13 — 7 h. 28 m. + 19° 48' 7,4
- 21 7 b. 28 m. -+- 21,0 1' 7,3
- 29 — 7 b 27 m. + 20°19' 7,2
- 7 décembre. . . 7 b. 23 m. -+- 20° 44' 7,1
- 15 — 7 b. 17 ni. h- 21° 14' 7,0
- 23 7 b. 10 111. -+- 21° 48' 7,0
- 31 — 7 b. 1 m. + 22° 23' 0,9
- Conjonctions :
- Le 13 octobre, Uranus eu conjonction avec la Lune, à 16 h., à 1“ 13' Sud. Le 29 octobre, Jupiter en conjonction avop la Lune, à 22 b., à 1° 41' Sud. Le 23 novembre, Neptune en conjonction avec la Lune, à 25 b., à 0°48' Sud Le 31 décembre, Mars en conjonction avec Saturne, à 15 b., à 1° 50 Nord.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Cette liste 11e contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la
- 6° grandeur.
- DATE ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT FIN
- 3 octobre . . 8 Lion. 0,0 4 b. Il m. 5 b. 21 III.
- 24 — i Lion. 5,3 21 b. 22 m. «2 b. 23 U).
- 27 — 03 Gémeaux. 5i4 22 h. 15 111. 23 b. 13 m.
- 18 novembre . p. Haleine. 4,4 17 b. 12 111. 18 b. 0 m.
- 22 — ? Taureau. 3,3 5 b. 17 m. G b. 12 m.
- 23 — Neptune. — 21 b. 8 m. 21 b. 40 m.
- 24 — S Gémeaux. 5,5 5 b. 54 m. 5 b. 17 111.
- 8 décembre. . 4 Capricorne. 0,0 17 b. 24 111. 18 b. 12 m.
- 12 — 30 Poissons. 4,5 15 b. 40 m. 10 b. 40 m.
- 12 — 35 Poissons. 4,8 17 b. 37 m. 18 b. 53 11t.
- 13 — 20 Haleine. 5,2 10 b. 8 ni. 10 b. 47 m.
- 18 — ô15 Taureau. 4,0 2 b. 23 m. 3 b. 51 m.
- 21 — Neptune. 5 h. 40 m. Appulse àO',8
- du bord.
- Étoiles filantes. — Du 18 au 20 octobre, averse des Orionides. Radiant vers v Orion.
- Du i3 au 18 novembre, averse des Léonides. Radiant vers Ç Lion le 14.
- Du 23 au 28 novembre, pluie des Biélides. Radiant vers y Andromède.
- Du 9 au 12 décembre, averse des Géminides. Radiant vers Castor.
- Étoiles variables. — L’étude des variables constitue aujourd’hui une branche spéciale et très importante de l’astronomie. On trouvera dans VAnnuaire du Bureau des longitudes les éléments pour l’observation suivie d’un très grand nombre d’étoiles variables.
- Minima de l’étoile variable Algol (p Persée) :
- 5 octobre (0 b. 11 m.); 5 (20 b. 59 m.); 25 (22 h. 40 m.); 28 (19 b. 29 111.). - 15 novembre (0 b. 22 111.); 17 (21 b. 11 m.); 20 (18 b. 0 m.). — 7 décembre. (22 b. 54 m. 10) ; (19 b. 43 m.) ; 28 (0 h. 37 m.) ; 30 (21 b. 27 m.).
- Em. touciiet.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Contre la chenille du châtaignier. — C’est la chenille d’un lépidoptère appelé Phigalia pilosaria ; elle vit sur le châtaignier, le chêne, l’orme, le tilleul, le prunellier, etc. Le Journal de VAgriculture indique la recette suivante pour la détruire : asperger les arbres attaqués, à l’aide d’un pulvérisateur, avec la composition : eau, 100 litres; savon noir, 5oo grammes; pétrole, 1 kg.; on fait d’abord dissoudre le savon dans l’eau ; puis on verse doucement la solution d’eau de savon sur le pétrole en agitant fortement le pétrole avec un bâton de façon à obtenir une émulsion bien blanche et homogène. L’emploi, qui doit être immédiat, doit se faire le soir, à cause de la rapidité de l’évaporation. En dehors de ce procédé, il y a un remède préventif efficace et simple; c’est, au moment de l’éclosion des papillons, d’entourer le tronc de l'arbre d’un anneau de goudron, de glu, ou de mélasse; de cette façon, les femelles, qui sont sans ailes, ne peuvent monter le long de l’arbre pour aller déposer leurs œufs sur les branches élevées; celte opération se fait vers février ou mars.
- Poudre remplaçant le levain. — Les Anglais et Américains s’en servent constamment en boulangerie et pâtisserie, sous le nom de haking powder. A moins de 700 gr. de fécule de riz, on ajoute 120 gr. de bicarbonate
- de soude en poudre, puis 90 gr. d’acide tartrique en poudre fine également. Il a fallu bien faire sécher les ingrédients avant de les mélanger en les faisant passer par un tamis. Il faut enfermer dans un récipient bouchant bien, et garder au sec; on en emploie 35 gr. environ par demi-kilogr. de farine. — On peut aussi pulvériser dans un mortier 2 cuillerées de carbonate de soude, puis ajouter, en continuaut de pilonner, une cuillerée de farine de riz ; enfin additionner, dans les mêmes conditions, de 3 cuillerées de crème de tartre. Et mélanger soigneusement.
- Noir liquide. — La formule en est donnée par la publication Les corps gras industriels. On mélange 120 parties de noir d’ivoire et 90 p. de sucre brun avec i5 p. d’huile d’olive, de manière à obtenir une pâte molle, onctueuse; puis on dilue peu à peu, en remuant constamment, avec 5oo p. de bière rassise. On laisse reposer 24 h., et l’on met en bouteille en bouchant à peine..
- Entretien du caoutchouc. — Les poires de vaporisateurs deviennent quelquefois défectueuses par leur durcissement. Pour leur rendre leur souplesse un moyen excellent consiste à les tremper deux ou trois minutes dans de la paraffine à ioo°, puis de les laisser quelque temps dans une étuve portée à cette température.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1907
- Les heures sont données en temps moyen civil de
- I. — SOLEIL
- Le solstice d’hiver arrivera, cette année, le a3 décembre, à oh im du matin. Ce moment marque l’époque des jours les plus courts et des plus longues nuits ; il marque aussi l’époque où le Soleil est le plus bas sur l’horizon, à midi, pour notre hémisphère. À partir du solstice d’hiver, les jours croissent de durée. Toutefois, si l’on consulte un annuaire, on remarque que le Soleil, après le u3 décembre, se lève de plus eu plus tard. Il est vrai, qu’il se couche également de plus en plus lard. Finalement, la durée du jour augmente. Le a3, la durée de présence du Soleil sur l’horizon est de 81' n”. Elle est de 8h i4m. le 3i. L’augmentation du soir se produit dès le i3 décembre, jour de la sainte Luce. De là vient le proverbe populaire bien connu qu’à celte date, les « jours croissent du saut d’une puce ».
- IL — PLANÈTES
- Les deux caries publiées au n° 1754 du 5 janvier 1907 et les explications ci-après, permettront de trouver et de suivre les planètes sur le ciel pendant le présent trimestre.
- Mercure, après être passé très près de l’Epi de la Vierge, au Nord, vers le 3o septembre, traverse les constellations de la Balance, du Scorpion et du Sagittaire.
- Il atteindra sa plus longue élongation du soir, le a3 octobre, à 24° 10' à l’Est du Soleil, et sa plus grande élongation du matin, le ier décembre, à 2o0i27 à l’Ouest du Soleil. On pourra le rechercher 5 ou 6 jours de part et d’autre de ces dates.
- Vénus, près de y de la Vierge le icr octobre, sera en conjonction avec a Balance, le 27 octobre, à 7 heures, à o° 3' de distance, et traverse ensuite les constellations du Scorpion, du Sagittaire et du Capricorne. Elle est visible le soir, dans le crépuscule, après le coucher du Soleil. Son diamètre, de 10",3 le 5 octobre, augmente et atteindra 11",8 le 25 décembre. Vénus sera en conjonction avec 8 Balance, le 27 octobre, à 6 heures, à o°3' Nord; avec a Balance (voir ci-dessus), avec y. Balance, le 6 novembre, à 11 heures, à o°i7,5, au Nord; avec Mercure, le 7 novembre, à 17 heures, à i° 54' au Nord, et avec Uranus, le 12 décembre, à 10 heures, à o° 597 au Sud.
- Mars sera en quadrature orientale le 11 novembre. Il s’éloigne de la Terre et son diamètre, qui était de 22",9 au moment de l’opposition, diminue rapidement. De 12",7 le 5 octobi'e, il descend à 9",9 le 6 novembre, à 877,o le 6 décembre et à y",i le 26 décembre.
- Les observations faites à la lin de l’année ne révéleront probablement aucun fait particulier, en raison du faible diamètre de la planète. Depuis le Ier août, la déclinaison de la planète augmente de plus en plus vite. Le ier octobre, Mars sera encore dans le Sagittaire. Le ier novembre, il sera à 20 au Sud de 0 Capricorne et le Ier décembre à 4° environ au Sud de 0 Verseau.
- Jupiter est à peu près stationnaire dans le Cancer. La quadrature occidentale se produira le 5 novembre. Jupiter, à partir d’octobre, se lève avant minuit. Il est donc facilement observable. Son diamètre équatorial, de 34",7 le 5 octobre, passe à 37",9 le 6 novembre, à 4i77,5 le 6 décembre et à 4377,6 le 26 décembre.
- Les quatre principaux satellites de Jupiter constituent un attrait particulier de l’observation de ce monde colossal. Par leurs mouvements rapides, l’observateur assiste, en quelque sorte, à une miniature du système solaire. La plus petite longue vue permet de suivre ces phénomènes. En voici la liste complète. E. c. et E. f. veulent dire éclipse commencement et éclipse lin du satellite dans l’ombre projetée par Jupiter à l’opposé du Soleil; Im. et Em., immersion et émersion d’un satel-
- Paris compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- lile derrière la planète; P. c. et P. f., passage, commencement et lin, d’un satellite devant la planète; O. c. et O. f., passage de l’ombre, commencement et lin, d’un satellite sur le disque de la planète.
- PHÉNOMÈNES DU SYSTÈME I?E JUPITER VISIBLES A PARIS
- Dates. l'iiénom. Heures. Dates. Pliénom. Heures. Dates. Pliénom. Heures.
- Ocl. Nov. Déc.
- [. Em. 5"19"'00‘ 11 IV. 0. f. 611 54‘"O0‘ 10 1. E. c. 0U17‘“24*
- 2 11. Em. 4.14 13 I.E. E. 5.41.20. 10 I. Em. 5.38
- 8 1. 0. c. 4.31 10 111. Em. 1.08 10 II. 0. c. 6.00
- 8 1.1'. c. 5.41 10 1. 0. c. 2.50 10 1.0. c. 21.54
- 9 11. E. c. 1 39.44. 10 1. P. c. 4.12 10 III. O.f. 22.05
- 9 I. E. c. 1.47.55. 10 I. 0. t. 5.10 10 I. P. c. 22.57
- 9 1. E111. 5.15 10 1. P. 1. 0.52 10 111. P. c. 22.38
- 10 1. 0. f. 1 10 17 I. E. c. 0.09.41. 10 I. 0. f. 23.54
- 10 I. i>. r. 2.30 17 I. Km. 3.42 11 I. P. f. 0.57
- 11 111. lin. 1.10 17 II.E.c. 3.58.02. 11 III. P. 4. 2.20
- 11 11. 1'. r. 1.52 17 I. 0. f. 23.45 11 1. Em. 22.05
- 11 111. Em. 4.50 18 I. P. r. 1.00 12 II. E. c. 1.03.55.
- 12 IV. 1'. c. 1.27 19 11. P. c. 0.47 12 11. Em. 6.04
- 10 1. E. c. 5.41.01. 19 11. 0. r. 1.15 13 II. 1>. c. 21.10
- 10 11. E. c. 4.10.01. 19 11. p. r. 5.43 13 II. O.f. 22.13
- 17 I. 0. c. 0.53 19 III. O.c. 0.50 14 11. I’.f. 0.12
- 17 I. P. c. 2.07 20 11. Em. 22 42 10 I. 0. c. 5.00
- 17 1. 0. f. 3*15 22 IV. Em. 23.21 10 I. P. c. 5.58
- 17 I. P. f. 4.27 22 111. E. r. 25.53•42. 10 I. 0. f. 7.20
- 18 11. ]'. e. 1.15 23 III. Im. 1.15 17 I. E. c. 2.10.43.
- 18 I. Em. 1.40 23 IV. Em. 4.07 17 I. Em. 5.26
- 18 11. 0. f. 1.45 23 1. 0. c. 4.50 17 111. O.c. 22.24
- 18 111. E. 1'. 4.02 05. 25 III. 15m. 4.57 17 IV. P. c. 22.56 •
- 18 II. p. 4. 4.11 23 1. P. c. 0.03 17 I. 0. c. 23.28
- 18 111. Im. 5.27 24 I. E. c. 2.02.47. 18 I. P. c. 0.24
- 20 IV. E. f. 4.00.40. 24 I. Em. 5.53 18 I. 0. f. 1.48
- 23 1. E. c. 5.54.01. 24 II. E. c. 0.53.59. 18 III. O.f. 2.05
- 21 1.0. c. 2.47 24 I. 0. c. 23.18 18 III. P. c. 2.10
- 24 I. P. c. 4.02 25 I. P. c. 0.51 18 I. P. f. 2.45
- 24 1. 0. f. 5.07 25 I. 0. 1‘. 1.38 18 IV. P. f. 3.49
- 23 11. 0. c. 1.23 25 I. P. f. 2.51 18 III. P.f. 5.52
- 25 I. Em. 5.55 20 I. Em. 0 01 18 I. Em. 23 52
- 25 11. P. c. 5.52 26 II. 0. c. 0.55 19 II. E. c. 3.59.55.
- 25 11. 0. f. 4.19 26 II. P. c. 3.15 19 I. P. f. 0.21.11.
- 25 III. E. c. 4.32.51. 26 11. 0. 4. 5.49 20 II. 0. c. 0.21.51.
- 20 I. p. f. 0.51 20 11. P. f. 6 11 20 II. P. c. 0.23.37.
- 27 11. Em. 1.40 28 II. Em. 1.12 21 II. 0. f. 0.47
- 20 IV. P. r. 0.53 50 III. E. c. 0.21.57. 21 II. P. f. 2.33
- 20 III. P. f. 5.24 50 III. E. f. 5.51.56. 22 II. Em. 21.56
- 31 I. 0. c. 4.41 50 III. Im. 4.59 23 I. 0. c. 6.53
- 51 I. P. c. 5.57 30 I. 0. c. 6.44 24 1. E. c. 4.04.07.
- Nov. Déc. 24 I. Em. 7.12
- 1 I. E. c. 1.55.21. 1 IV. 0. f. 0.55 25 I. 0. c. 1.22
- 1 11. 0. c. 3 50 1 I. E. 0, 3.55 55. 25 I. 1>. c. 2.11
- 1 I. Em. 5.20 1 IV. P. c. 0.58 25 III. O.c. 2.21
- 1 II. P. c. 0.27 2 I. 0. c. 1.12 25 I. 0. f. 3.42
- 2 1. P. c. 0.20 2 I. P. c. 2.21 25 I. P. f. 4.31
- 2 I. 0. 4. 1.29 2 I. 0. f. 3Ü2 25 III. P. c. 5.38
- 2 I. P. 4. 2 40 2 I. P. f. 4.41 25 III. 0. f. 6.01
- 2 1. Em. 3.58 2 I. E. c. 22.24.11. 25 I. E. c. 10.52.52.
- 3 II. E111. 4.17 3 I. 15m. 1.50 25 IV. E. c. 11.46.57.
- 5 III. 0. 4. 2.12 3 II. 0. c. 3.20 20 I. Em. 1.58
- 5 111. I\ c. 3.43 5 II. P. c. 5.41 20 IV. E. f. 4.19.59.
- 0 IV. Im. 5.51 3 11. O.f. 0.22 26 II. E. c. 6.15.11.
- 7 I. 0. c. 0.34 3 I. 0. r. 22.01 26 IV. Im. 7.16
- 8 I. E. c. 3.48.23. 5 III. P. f. 22.42 26 I. P. c. 20.37
- 8 11. 0. c. 0.29 3 I. P. f. 25.08 20 I. 0. f. 22.10
- 0 I. 0. c. 1.03 4 II.E.c. 22.28.11. 26 I. P. f. 22.58
- 0 I. P. c. 2.19 5 II. 15m. 5.59 28 II. 0. c. 0.25
- 0 I. 0. 4. 3.23 6 II. P. f. 21. L0 28 II. P. c. 1.50
- 0 I. P. 4. 4.39 7 III. E.c. 4.19.46. 28 11. 0. f. 5.21
- 10 11. E. c. 1.22.02. 8 I. E. c. 5.49.07. 28 II. P. f. 4.52
- 10 1. Em. 1.51 9 1.0. c. 3.00 28 III. Em. 22.53
- 12 II. P. 4. 1.15 9 I. P. c. 4.10 29 II. Em. 23.55
- 12 III. O.c. 2.52 9 I. 0. f. 5.26 31 I. E.c. 5.57.39.
- 12 III. 0. 4. 0.10 9 IV. E. c. 5.40.49.
- 14 IV. 0. e. 2.23 9 I. P. f. 6.50
- Le 3 octobre, un phénomène particulièrement curieux et assez rare se présentera pendant 10 minutes. Ce sera celui de la disparition simultanée des quatre satellites de Jupiter, de 1911 56“ à 201'6™. Au moment de ce phénomène, Jupiter, dans une lunette, apparaîtra sans satellites.
- Le Ier sera, pour nous, derrière Jupiter, le second devant, le 3e éclipsé dans l’ombre de Jupiter et le 4° dans l’ombre de la planète.
- Entre 20h6“ et 2ih7“, on pourra voir le 3° satellite sortir de derrière la planète, et entrer ensuite dans son cône d’ombre où il s’éclipsera.
- Malheureusement, ce curieux et rare phénomène aura lieu, pour Paris, sous l’horizon et sera invisible en France.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Attaque des câbles par les insectes. — Certains insectes très friands de gulla attaquent les câbles téléphoniques en perçant l’enveloppe protectrice comme le ferait une petite vrille très line. L’isolement du câble attaqué diminue d’autant, il en résulte souvent une mise hors d’usage complète.
- M. Johnîlesketh, directeur des téléphones d’Australie, préconise les moyens préservateurs suivants.
- Les troubles se produisent toujours dans les mêmes districts et pour soustraire le câble aux actions néfastes il est avantageux de le placer en souterrain. Si ceci n’est pas possible on recouvre l’enveloppe d’une couche de vaseline brute dont l’eflicacité dépend du temps qu’on met à la renouveler. Une application par année sufïit.
- Les insectes sont plus actifs au commencement de la saison pluvieuse, et comme les espèces qui attaquent les câbles sont très diverses, il faut remarquer que tel procédé qui réussit dans un cas peut aussi bien échouer dans l’autre.
- Engrais à la levure de bière. — La levure qui a servi à la fabrication de la bière est souvent considérée comme un résidu sans utilisation. D’après deux chimistes anglais on peut encore employer de diverses façons cette levure usagée. Pour la transformer en engrais artificiel il suffit d’y ajouter un peu d’acide sulfurique et un peu de chaux; on obtient alors une masse poreuse que l’on fait sécher au four et qu’on réduit ensuite en poudre.
- Le traitement de 100 tonnes de levure usée donne 3o tonnes d’engrais pulvérulent qui contient des quantités appréciables de nitrates et de phosphates. La levure de bière épuisée peut encore être utilisée d’une autre façon.
- On la distille et on recueille 3o kg. d’ammoniaque par tonne de levure traitée ; elle fournit ensuite du goudron bien supérieur au goudron d’os, puis une espèce de coke riche en potasse et en phosphore. Enfin le résidu donne une masse analogue à la poix.
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- BOÎTE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. Eu raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Le rayon vert. — Quatre de nos lecteurs, MM. A. et E. Divoire, Goldschmidt, Sobry nous écrivent de Blankenberghe (Belgique) qu’ils ont vu, à quatre et trois jours à peu près de suite (les 18, 19 et a3 septembre) le rayon vert, lorsque le disque solaire a disparu à l’horizon. Conformément au précepte donné dans Au Nature (n° 1751), plusieurs d’entre les observateurs qui ont vu la lueur étant couchés à terre se sont levés d’un bond et l’ont vue une seconde fois, ce qui confirme à la fois le conseil donné par notre collaborateur et la théorie du phénomène.
- Renseignements. — M. Brun, île Maurice. — Nous communiquons votre demande relative aux turbines Curtis, à la Société Thomson-Houston, 10, r. de Londres, à Paris.
- M. Clément, à Saint-Sauveur-en-Puisaye. — Pour le matériel nécessaire à la photographie des couleurs, veuillez vous adresser à la maison Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple, Paris.
- M. R. G., h Guatémala. — i° Ouvrage sur les champignons inférieurs : Nouvelle flore des champignons, par Costantin et Dufour, 1 vol. 5fr,5o, chez les fils d’Emile Deyrolle, 4b, rue du Bac. — i° Nous ne savons ce que vous voulez dire en parlant d’une bibliographie générale des sciences, en 900 volumes; vous voulez sans doute parler d’une collection encyclopédique ; dans ce cas nous ignorons celle à laquelle vous faites allusion, mais vous trouveriez chez Masson et Ci0, éditeurs, boulevard Saint-Germain, sous le titre général à’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire un équivalent certainement de premier ordre à ce que vous cherchez. Les volumes,
- très nombreux, qui composent notamment la section de biologie de cette collection forment, sans nul doute, le meilleur tableau des diverses parties de cette discipline qu’on ait jamais publié. — 3° Société mycologique de France, 84, rue de Grenelle, Paris.
- M. Durand, à Paris. — Comme vous vous en assurerez aisément en relisant l’article sur la perceuse rotative, votre demande ne comporte pas de réponse ; il s’agit, en effet, d’une installation d’amateur, permettant précisément de ne pas recourir à uu professionnel.
- M. C. P. N., à Ev. — i° 1 kg de houille vaporise, en pratique, dans une chaudière, 8,5o kg d’eau; 1 kg. de coke, 7,00. 20 1 mètre cube de gaz d’éclairage, pesant
- en moyenne 0,700 kg au mètre cube, vaporise, pratiquement, dans une chaudière, 9,50 kg d’eau. — 3° 1 kg d’eau à l’état de vapeur (t= ioop) dégage en repassant à l’état liquide 537 calories.
- MM. de B. de M., à Paris. — La falsification la plus courante de la vanille se fait par épuisement de la gousse de l’orchidée qui donne ce condiment (vanilla planifolia) ensuite de quoi, ou la badigeonne de baume du Pérou, et on la saupoudre ensuite d’acide benzoïque en petits cristaux ou de vanilline artificielle. Vous trouveriez dans Pellerin, Guide pratique de l’expert chimiste en denrées alimentaires (p. 108) édité par l’Institut de rechex'ches scientifiques et industrielles, à Malzéville (M. et M.) le moyen de déceler cette falsification. Il nous semble d’autre part fort possible que, pour servir de support au traitement susdit, on emploie d autres gousses que celles de véritable vanille, mais nous ignorons à quelles plantes elles appartiennent.
- Bibliothèque populaire d'Auteuil, Point-du-Jour. — Nous ne possédons pas. d’autres renseignements sur le procédé d’imperméabilisation de la toile et du drap. Il est probable que, seuls, des essais systématiquement conduits pourront indiquer les proportions convenables suivant les cas, particulièrement s’il s’agit d’une exploitation industrielle.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Essai sur les éléments principaux de la représentation, par O. Hameljn. Pai'is. Alcan. 1907. 1 vol. in-8°. Prix : 7fr,5o (Bibliothèque de philosophie contemporaine).
- On sait la mort tragique de M. Hamelin. C’est une des meilleures têtes de notre époque qui est frappée. Il laisse dans ce livre un ouvrage de premier ordre, dont l'intérêt est égal pour le philosophe et pour l’homme de science.
- The Kingdom of Man, by Ray Lankertes. London. Archibald Constable. 1907. 1 vol. in-8°, 190 p. Price: 3 sh. 6.
- Le savant président de l’Association britannique pour l’avancement des sciences réunit sous ce titre (Le royaume de l’homme) trois études de haut intérêt : Le fils rebelle de la nature où il situe l’homme par rapport au milieu et fait en mots brefs et profonds son histoire. — Le progrès de la science (1881-1906) revue de première valeur, à vol d'aigle. — La maladie du sommeil, plus concrète, qui est la vengeance de la nature.
- L’Evolution créatrice, par H. Bergson. Paris. F. Alcan. 1906. 1 vol. in-8°. Pidx : 7tr,5o (Bibliothèque de philosophie contemporaine).
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- BIBLIOGRAPHIE
- On a beaucoup écrit, on écrira encore beaucoup, sur la théorie de l’évolution — et ce ne sera jamais une lâche stérile — que les écrits émanent de philosophes comme M. Bergson ou de purs naturalistes. M. Quinton résume ce qu’il pense de l’évolution, en la présentant comme un moyen de maintenir dans les formes de la vie ce qu’il y a en elles de plus essentiel. M. Bergson l’envisage surtout comme créatrice. Les deux points de vue diffèrent et cependant ne se contredisent pas. De la plus haute portée philosophique, ce livre de M. Bergson doit être lu par les naturalistes qui essaient de voir autre chose dans la vie que l’incohérence phénoménale.
- Pagan races of the malay peninsula, by W. W. Sketa and Ch. O. Blagden. London. Macmillan. 1906. 2 vol. in-8°. Price : 42 sh.
- L’ouvrage de MM. Skeat et Blagden est un des
- plus importants travaux d’ethnographie qu’on ait publié sur l’Asie méridionale. C’est à la fois le résultat d’une compilation et d’observations faites sur place. En face des Malais mahométans, ces auteurs étudient les races sauvages et mieux païennes, et réfutant facilement la vieille théorie pan-negrito qui avait cours autrefois au sujet de la presqu’île malaise, ils apportent une bonne classification de ces races et tribus. Nous reviendrons à loisir sur les résultats de ces travaux.
- Petite Encyclopédie de vulgarisation. — Recueil de chroniques scientifiques, agronomiques et coloniales, par C. Maréchal, ingénieur et publiciste technique, Bruges, imprimerie Daveluy, quai Vert, 6.
- La timidité, étude psychologique et morale, par L. Ducas. 4° éd. Paris. F. Alcan, 1907. 1 vol. in-x6, 200 p. Prix : 2rr,5o. (Bibl. de philos, contemporaine.)
- Observations
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- de Th. Moureaux (Parc Saint-Aâaur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France,
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 . ETAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 sept. 1907 . 6°,7 N. N. E. 1. Beau. » Rosée ; brume ; beau.
- Mardi 2 i 7°,1 E. N. E. 1. Beau. » Rosée ; brouillard ; beau.
- Mercredi 23 11°,6 S. 0. Beau. 0,0 Rosée; beau jusqu’à 11 h.; nuageux ensuite ; pluvieux la soirée.
- Jeudi 26 15°,8 S. S. W. 5. Couvert. » Nuageux le matin; peu nuageux le soir.
- Vendredi 27 18°,0 Î5. E. 0. Couvert. 0,1 Très nuageux; petite pluie a 19 b.
- Samedi 28 15°,7 S. S. E. 0. Couvert. 0,3 Petite pluie le m. el le s. ; tr. nuag. ; brouillard à 22 b.
- Dimanche 29 11°.2 S 2. Couver!. 6.1 ltos. ; brouill. juq. 7 b. ; pl. de 8 b. à 9 b. el de 14 b. 50 à 16 b. 15.
- SEPTEMBRE 1907. — SEMAINE DU LUNDI 23 AU DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 1907.
- La courbe supérieure' indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 23 au 29. — Le 23. Pression' barométrique en baisse sur le N. de l’Europe (750 mm) mais élevée sur le Centre (Prague, 773). Pluies en Russie. Température du matin : Arkangel : o° ; Paris, 7, Alger, 2.3; Puy de Dôme, 11 ; Pic du Midi, 3; moyenne à Paris : i2°,4 (normale : i3°,5). — Le 24. Les basses pressions s’étendent vers l’O, les hautes vers le S.-E. Valencia, 759; Odessa, 773. Pluies sur le N. de l’Europe. Temp. du matin : Uleabôrg. o° ; Paris, 7; Alger, 24; Puy de Dôme, 14 ; Pic du Midi, 3 : moyenne à Paris : i5°,4 (normale : 13°,4)- — Le 25. État stationnaire : Brest, 754; Odessa, 771. Pluies en France : Cette, 9 mm; Toulouse, 6; Clermont, 2. Neige au Pic du Midi. Temp. du matin : Haparanda, o°; Paris, 12; Alger, 23; Puy de Dôme, 8; Pic du Midi, o° ; moyenne à Paris : 18°,5 (normale : i3°,2). — Le 26. Zone de press, inférieure à 760 sur tout l’O. de l’Europe (Valentia, 749). Pluies en France : Nantes, Limoges, Toulouse, 8; Toulon, 7; Clermont, 2. Temp. du matin : Haparanda, —i° ; Paris, 16; Alger, 23; Puy de Dôme, 9; moyenne à Paris i8°,4 (normale :
- 13°, 1 ). -—Le 27. État stationnaire : Bretagne, 748. Pluies sur le S. et l’O. de l’Europe ; en France : Biarritz, 3i ; Rochefort, 2Ô; Nice, 19; Brest, 11 ; Le Mans, 8. Orages à Nantes, La Coubre, Rochefort. Temp. du matin: Uleabôrg, —i°; Paris, 18; Alger, 25; Puy de Dôme, 10; Pic du Midi, o; moyenne à Paris : i9°,8 (normale : i2°,9). — Le 28. Dépression sur l’Espagne et la Méditerranée (Biarritz, 754), hausse sur la Baltique et la Finlande (772). Pluies en France : Paris, 4; Cherbourg, 8; le Mans, 19; Lyon, 3o ; Sicié, 72 ; Marseille, g3 ; mont Aigoual, 99. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, — i°; Paris, 16; Lésina, 20; moyenne à Paris : 16°,7 (normale : i2°,8). — Le 29. Minimum barom. en Gascogne, 705; maximum à Moscou, 773. Pluies sur 10. de l’Europe; en France (nombreux orages) : l’Aigoual, 64; Nice, 3o ; Toulouse, 26 ; la Hague, 18 ; Limoges, 10. Temp. du matin : Moscou, o° ; Paris, 11; Alger, 23; moyenne à Paris : i3°,4 (normale : i2°,6). — Phases de la Lune : Dernier Quartier, le 29, à n h. 46 m. du matin.
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- INFORMATIONS
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- graphique de Berlin. Le système employé est celui de M. Rocliefort.
- Une découverte à Délos. — A l’une des dernières séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, M. S. Reinach a donné lecture d’une lettre adressée à M. le duc de Loubat, correspondant de l’Académie, par M. Gabriel Leroux, qui annonce la découverte, à Uélos, d’un vaste édifice à colonnes, de 57 m. de long et de 07 m. de large, dont le type diffère de celui des constructions helléniques connues jusqu’à présent. Son plan laisse supposer que ce pourrait être le prototype de la basilique romaine, né en Grèce et dû à des influences alexan-drines.
- Institut allemand d’archéologie orientale. — Un
- Institut de ce genre va être fondé à Jérusalem, par les soins de la Goerresgesellschaft, Société catholique allemande d’études apologétiques et historiques. Rappelons qu’une école biblique analogue existe déjà dans cette ville, où elle est dirigée par des dominicains français. Cette collaboration, même si elle prend des allures de concurrence, ne pourra donner que de bons résultats au point de vue scientifique.
- Consommation en charbon des turbines à vapeur à bord des bateaux. — On vient de publier tout récemment des chiffres moyens et complets sur la consommation des turbines du Virginian, paquebot dont il a été parlé ici, et qui fait des voyages réguliers entre Liver-pool et Montréal. Il marche d’ailleurs normalement à une allure comprise entre 17,2 et 17,65 nœuds, avec une puissance de machines de 12700 chevaux. Or, la consommation moyenne a été de 588 gr. par eheval-indiqué pour la machine propulsive, et de 642 gr. en comprenant aussi la machinerie auxiliaire. En tenant compte même de l’éclairage électrique du bateau, on ne dépassait pas 680 gr.
- L’approfondissement du port de Liverpool. — On
- a décidé, à l’entrée du port de Liverpool, d’entreprendre des travaux de dragage considérables. On s’apprête à établir un chenal que pourront fréquenter sans peine les navires de 3oo m. de long et de 12 m. au moins de tirant d’eau. On construira, pour exécuter ces travaux, une drague trois fois plus puissante que celles qu’on emploie actuellement.
- Torpilleur allemand à turbines. — Il s’agit du contre-torpilleur désigné sous le signe G 187; le contrat de construction prévoyait seulement une allure de 3o nœuds; or, aux essais, et grâce à ses turbines Parsons, il a donné 33,9 n. sur base, et il a maintenu 33 n. pendant 5 heures.
- Les locomotives du Simplon. — Le tunnel du Sim-plon est forcé de revenir provisoirement aux locomotives à vapeur munies d’appareils fumivores. Car une grave difficulté s’est présentée dans l’emploi des locomotives à courant triphasé prêtées par le chemin de fer de la Valteline. La section transversale de ces machines est presque égale à la section du tunnel ; elles agissent, dès lors, comme un projectile; elles compriment devant elles de grandes quantités d’air. D’où absorption considérable de force et diminution de la vitesse. D’autre part, les trains, en passant de l’atmosphère fraîche du dehors à celle du tunnel qui est chaude et humide, se recouvrent d’une abondante couche de vapeur condensée. Cette humidité détériore les isolants des moteurs électriques et les met hors de service. Des modifications sont à l’étude afin d’adapter le moteur électrique aux conditions spéciales du service dans le Simplon.
- L’influence des dépôts dans les chaudières. —
- L’Université d’Illinois vient de publier le compte rendu détaillé d’expériences faites, dans son laboratoire spécial, par MM. Ed. Schmidt et J. Snodgrass, sur la relation qui peut exister entre l’épaisseur des incrustations et la perte de chaleur due à ces incrustations. On a constaté des divergences curieuses, tenant aux différences de structure de ces incrustations. Tant que l’épaisseur n’atteint que 3 mm., la perte peut être très faible ou atteindre jusqu’à 10 pour 100, 12 pour 100. Le rapport entre les deux phénomènes ne peut être déterminé. Enfin la composition chimique des dépôts n’a aucune influence directe sur la transmission de chaleur, autant du moins qu’elle ne modifie pas la structure de ces incrustations.
- Une grande ligne téléphonique en Australie. —
- On vient de terminer une ligne téléphonique nouvelle sur le continent australien ; elle relie Sydney à Melbourne et a un développement de 960 km environ. Elle est formée de deux fils de cuivre robustes et lourds, entrelacés et supportés par de solides poteaux. On a dépensé plus de x 170000 fr. pour son établissement.
- Un nouveau fil en cuivre-acier. — Il se fabrique suivant le procédé tout spécial Moimxot et par les soins de la Duplex Métal C°, de Chester (Philadelphie). On prend un lingot d’acier cylindrique, qu’on passe au bain acide de décapage, puis dans un bain de spath-fluor fondu. On le descend, suspendu à un châssis, dans un creuset rempli de cuivre fondu, api'ès l’avoir muni inférieurement d’une plaque où est ci'eusée une rainure spéciale circulaire ; on l’immerge du reste complètement. Puis on fait descendre concenli’iquement à lui une sorte d’enveloppe qui vient pénéti'er par en bas dans la rainure. De cette manière, on constitue tout autour du lingot un espace annulaire qui est rempli de cuivre ; extérieurement et intérieurement, l’enveloppe est frottée de plombagine, et le cuivre ne peut y adhérer. On a donc finalement un lingot composite qu’on pourra laminer et étirer. Le fil obtenu est donné comme formant d’excellents conducteurs électriques.
- Le commerce dans nos colonies. — Voici, d’après l’Office colonial, le chiffre du mouvement commex-cial en Indo-Chine pour 1906 : 397 582 000 fr. dont 220 686 000 à l’importation et 170896000 à l’exportation. Pour l’Afrique occidentale française, le total est de 171 406 000 fr. dont 92448000 fr. à l’importation et 78958000 fr. à l’exportation.
- Les chemins de fer au Japon. — Le Japon pousse activement le développement de ses voies ferrées. Le programme des ti'avaux à exécuter d’ici à l’année 1912, date de l’Exposition de Tokio, comporte i5oo km. de voie ferrée, la construction de 900 locomotives, 19000 wagons de marchandises, 1000 wagons de voyageurs, l’agrandissement de 3o stations.
- Thérapeutique et statistique. — M. le professeur Grimbert, dii'ecteur de la Pharmacie centrale, a donné dernièrement des documents qui permettent de suivre le mouvement thérapeutique de ces dix dernières années. Le fait le plus saillant est l’état stationnaire des dépenses en médicaments classiques, et ce en dépit de l’introduction des nouveaux médicaments de synthèse. Par exemple, depuis 40 ans, la Pharmacie centrale vend 200 kg par an d’opium; laudanum de Sydenham, 5o kg; extrait de quinquina, 400 kg; emplâtre diachylon, 2000 kg; teinlux-e d’iode, 3ooo kg, et panni les médicaments cliimiques : glycérine, 55oookg; bromure de potassium, 1200 kg; sous-nitrate de bismuth, 600 kg; salicylate de soude, 400 kg; nitrate d’argent, 60 kg; calomel, 3o kg; kermès minéral, 12 kg ; de 10 à 12000 sangsues ; et enfin chlo-rol’oi'me anesthésique, 2000 kg (en 66000 flacons de 3o gr.). Sont, au contraire, en baisse sensible : iodui’es de potassium (de 1200 à 700 kg) et de sodium (de 100 à 60 kg) : sels de quinine (de 78 à 5o kg) ; antipyrine (de 397 à 25o kg) ; glycéro-phosphate de chaux (de 170 à 90 kg); cacodylate de soude (de 14 à 6 kg), et en baisse rapide : les antiseptiques toxiques comme le sublimé (de 2000 kg à 693 kg), l’acide phénique (de 12000 à 5goo kg); le bi-iodure de mercure (de 74 à 25 kg) ; l’iodo-l’orme (de 600 à 200 kg) ; les antiseptiques intestinaux : naphtol B (de 104 à 14 kg); benzo-naphtol (de 74 à 2i kg); salol (de 3n à 38 kg); la cantharide qui en vingt ans passe de 200 à 16 kg, et la caféine (de 39 à i5 kg). —Les médicaments dont l’usage augmente sont : l’eau oxygénée (de 1000 litres à 102000 litres) ; le formol (de 3oo à 2000 kg); la théobromine (de 26 à ii5 kg); le salicylate de méthyle (de 2 à 700 kg), le pyramidon, l’asp'yrine, l’orotropine, le protargol, le salophène, le véronal, le dermatol,- etc.
- Records automobiles de l’altitude. — L’automobilisme de montague est un sport comme un auti’e. La Montagne dônqe des renseignements sur quelques records récents. Le plus remarquable est celui qu’a réalisé un lieutenant du génie italien, M. E. Humbert, qui, accompagné de son colonel, a fait en automobile, l’ascension du Chaberton (3135 m.) et couvert sur la l’oute du fort une distance de 17 km, avec 72 virages, et des maxima de pentes de 22 pour 100!
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- s 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C'e, éditeurs de La Nature, s 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1794 (12 OCTOBRE 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Concours de petits moteurs au gaz d’éclairage. —
- La Société technique de l’industrie du gaz en France organise, pour son congrès qui aura lieu à Paris en iqo8, un concours de petits moteurs domestiques au gaz d’éclairage, c’est-à-dire un moteur à gaz de dimensions réduites analogue à ceux employés pour les automobiles.
- L’élèctricité à Paris. — Le régime actuel prend lin le 3i octobre pour faire place au régime concédé de 1907 à 1913 à l’Union des secteurs. Rappelons à ce sujet qu’à partir du 3i octobre prochain, les tarifs maxima seront de o’r,oy l’hectowatt-heure pour l’éclairage, of,,o3 pour tous autres usages. Les polices actuellement contractées seront ramenées, celles de ofr,o75 à otr,o675, celles de ofr,07 à otr,o65o, celles de ofr,o65 à ofr,o6'i5. Les prix actuellement consentis au-dessous de or‘,o5 ne pourront être relevés au renouvellement des polices.
- L’emploi du vent comme source d’énergie électrique. — C’est le Danemark qui a tracé la voie à ce mode d’emploi de l’énergie du vent. Les vents dans ce pays, sont remarquablement constants ; il-est donc plus facile, là que partout ailleurs, de les utiliser mécaniquement. Les premiers essais furent faits vers 190$ au moulin d’Askov, par le professeur P. La Cour ; les dépenses étaient aux frais du gouvernement danois. L’énergie électrique produite était employée à charger des accumulateurs. Devant les heureux résultats obtenus, une société se forma pour l’exploitation de cette nouvelle force; il existe déjà aujourd’hui 3i installations pour produire l’énergie par le vent.
- Les Mistpoëffers ou Brontidi. — Ce sont des bruits, graves et étouffés, de provenance inconnue, qui ressemblent à l’écho d’une explosion ayant lieu à distance ; ils se produisent surtout par ciel serein et par air calme, et .particulièrement l’après-midi; plus souvent isolés que groupés, on leur a attribué d’abord une origine atmosphérique. Il y a une dizaine d’années M. E. Van den Broeck avait ouvert une enquête générale sur ce mystère, que les marins anglais appelaient Barisal Guns ét les français hoquets de mer. Leur constatation n’est nullement limitée aux côtes. M. Alippi, directeur de l’Observatoire météorologique et sismique d’Urbino (Italie) vient de son côté (d’après Ciel et Terre) d’oi’ga-niser tout un corps d’observateurs pour poursuivre l’étude de ces phénomènes, mystérieux encore. Il s’agit notamment de savoir si les « brontidi » sont tous d’origine sismique ou non, selon la récente hypothèse de M. Rzehak, qui les attribue aux bradyséismes ou lents
- mouvements tectoniques, produisant des distensions de l’écorce terrestre (d’oùle nom allemand deBergschldge). Cette idée paraît rationnelle, d’après les constatations faites dans les percements des nouveaux tunnels des Alpes autrichiennes. On a eu aussi recours pour les expliquer à des causes artificielles, comme le tir des mines ou des coups de canon, ce qui jusqu’ici semble peu probable.
- Téléphotographie. — Un lecteur de notre confrère anglais Nature, lui pose une question fort judicieuse. Le mot téléphotographie a aujourd’hui deux sens bien distincts; on désigne sous ce nom, depuis de nombreuses années, la photographie à grande distance qui a fait l’objet de nombreuses études du colonel Laussedat; le même nom a été appliqué à la découverte du professeur Ko ni, pour la transmission à distance des images photographiques, au moyen du sélénium. Cette synonymie n’est-elle pas regrettable et ne peut-elle prêter à des confusions fâcheuses?
- Télégraphie sans fil. — Le 10 septembre 1907, le paquebot-yacht Ile-de-France est parti de Marseille pour la croisière de la Revue générale des Sciences. Ce navire porte à son bord une station complète de radiotélégraphie. Ile-de-France est le premier navire de commerce ayant à son bord un système de radiotélégraphie qui accepte de communiquer avec tous les postes côtiers appartenant aux Postes et Télégraphes. En effet, les seuls navires de commerce français ayant à leur bord la radiotélégraphie, sont des navires de la Compagnie Transatlantique, mais ils ont des appareils Marconi. La Compagnie Transatlantique, bien que Compagnie subventionnée, a accepté les conditions de la Compagnie Marconi qui lui interdit de communiquer avec d’autres appareils que les siens. Cette interdiction, qui a fait l’objet de nombreuses controverses, va être obligatoirement levée au ier juillet 1908, date fixée par la dernière Convention radiotélégraphique de Berlin. L’installation a donné satisfaction à tous les points de vue. La station de Porquerolles, appartenant aux Postes et Télégraphes, a reçu du navire de nombreux radio-télégrammes payants. Pendant les essais, qui ont été faits le 10, le paquebot étant au fond de la rade de Marseille, au Quai des Anglais et presque entouré de hautes collines, il a été reçu des dépêches à bord provenant de la Tour Eiffel. Des dépêches ont été échangées aisément avec le poste de la Marine française situé à Agde (200 km de Marseille). La longueur d’onde du poste de Ile-de-France est la longueur d’onde normale de 3oo m., fixée par la Convention radiotélé-
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- LE CONCOURS DES JOUETS 1907
- C’est au jardin des Tuileries, dans la salle du Jeu de Paume, que pour la septième fois ce concours si intéressant, créé par M. Lépine, vient d’ouvrir ses portes. Comme tous les ans on y remarque bon nombre d’idées ingénieuses s’appliquant soit aux jouets, soit à des objets d’une utilité pratique; nous signalerons dès aujourd’hui quelques-uns d’entre eux, sauf à compléter plus tard notre revue avec les appareils au sujet desquels nous ne sommes pas encore suffisamment documentés pour le moment.
- Comme il fallait s’y attendre, 1 e Diabolo, cet ancien jeu d’adresse de nos arrière-grands-pères, qui est remis à la mode depuis peu, se trouve représenté par un nombre considérable de modèles depuis celui à o fr. io jusqu’à celui à io et 12 francs et plus. Il y en a de petits, de gros, de moyens ; on en trouve en bois, en métal, en celluloïd, en liège, en caoutchouc, en étoffe, etc-, toutes les matières y ont passé ! Les constructeurs n’avaient ici rien à inventer, ils se sont donc ingéniés à varier la fabrication de façon plus ou moins heureuse et nous n’en parlons que pour mémoire. D’autres se sont inspirés de ce jeu d’adresse pour en créer d’analogues.
- Voici le Spiro Came (üg. 1) qui peut se jouer en plein air ou dans l’appartement comme un bilboquet. C’est un disque en bois portant une gorge profonde et un axe qui dépasse légèrement de chaque côté. Après avoir enroulé la ficelle dans la gorge on place les extrémités de l’axe sur un crochet spécial qu’on tient à la main. En inclinant celui-ci on laisse tomber le disque qui se met à tourner jusqu'à ce que la ficelle soit complètement déroulée ; puis le mouvement continue en vertu de la vitesse acquise et la ficelle s’enroulant
- Fig.
- en sens inverse le disque remonte ; mais il n’arrivera jusqu’au crochet que si, au bon moment, on sait lui imprimer une secousse suffisante pour le faire monter jusque-là, et si on orienté habilement le crochet pour saisir à la fois les deux extrémités de l’axe. — M. A. Denis, a, rue lîittorf.
- Dans le même ordre d’idées nous trouvons le Rail Bail (flg. a) qui consiste à faire rouler une balle en caoutchouc sur deux sortes de rails en fil de fer et à la recevoir immobile sur l’anneau qui les termine. — M. Déchaux, 12, avenue des Gobelins.
- On peut également classer parmi les jeux d’adresse le Jeu du Baquet (CIg. 3) souvent pratiqué par des champions
- en chair et eii os dans les fêtes de la campagne. Si la lance manque la fente pratiquée dans la planche fixée perpendiculairement au fond d’un baquet, placé à une certaine hauteur dans un équilibre instable, l’eau ou la fariné qu’il contient tombe sur le champion maladroit. Ici le joueur a à sa disposition deux rails sur lesquels roule une voiture portant le bonhomme qui tient la lance; celle-ci est animée d’un mouvement de va-et-vient qui augmente encore la difficulté» Il s’agit d’incliner
- les rails et de les orienter de façon que la lance vienne passer dans le trou placé au-dessous du baquet, sans quoi, on le renverse et la partie est perdue. - M. Gas-selin, 42, rue Victor-Hugo, à Puteaux.
- Le Girouetteur (flg. 4) du même auteur est un jeu de hasard analogue à celui des petits chevaux, ou à un tourniquet quelconque. Son originalité consiste en ce que le cercle qui porte les cavaliers descend le long d’une tige placée au centre du plateau et pendant ce trajet tourne tantôt à droite, tantôt à gauche. Ce résultat est obtenu au moyen de deux hélices à long pas, superposées dans l’intérieur du tube qui coulisse sur la tige support ; l’une a le pas à droite et l’autre à gauche.
- Elles rencontrent successivement des goupilles plantées sur la tige et le sens de la rotation change suivant l’hélice rencontrée par la goupille. Arrivé au bas de la tige, le cercle s'arrête et le cheval qui se trouve en face du but est déclaré gagnant.
- LeTobogan à billes (ûg. 5) est aussi un jeu de hasard qui fait l’objet de dispositifs très ingénieux pouvant recevoir peut-être une application ailleurs. lise compose d’une planchette inclinée portant un certain nombre de fils de fer F placés dans le sens horizontal, mais légèrement inclinés. Des billes B venant du fil supérieur parcourent successivement tous les autres fils et viennent tomber dans une boîte placée au bas et portant des numéros.
- Ce qu’il y a d’intéressant c’est que les billes, au nombre d’une dizaine, ne quittent leur poste d’attente que l’une après l’autre et automatiquement. A cet effet une tige verticale T, pouvant pivoter sur son axe, est placée sur le côté de la planchette ; son extrémité supérieure est recourbée de façon à s’engager sous la première bille et à l’arrêter dans cette position. Son extrémité inférieure est aussi recourbée dans le même sens, mais de façon que la bille qui arrive au bas passe dessous ce crochet et le soulève légèrement en imprimant à la tige une petite oscillation qui suffit pour déterminer la chute de la bille qui est en haut; celle qui suit vient prendre sa place contre le crochet supérieur et elle ne tombera que quand la précédente l’aura fait basculer et ainsi de suite. Les billes sont ensuite remontées par un autre dispositif ingénieux qui consiste en un ruban R placé sur l'autre bord de la planchette et roulant sur deux poulies. Les billes sont prises par une sorte de cuillère C qui est fixée sur le ruban et qui, parvenue sur la poulie du haut, se tourne de. façon à déverser la bille sur le côté, sur le fil supérieur où elle attend son tour de départ. — M. G. Robbe, 10, avenue de Saint-Mandé.
- Le Ballon Catastrophe (üg. 6) est une loterie originale dans laquelle la chute de l’aéro-naute indique le gagnant ! Le plateau au centre duquel est monté un mât, est divisé en sectçurs qui portent chacun le nom d’un pays. La ficelle qui fait monter le ballon, quand on tire l’extrémité qui dépasse à la base du mât, le fait tourner sur lui-même de sorte que la nacelle passe successive-
- Fig. 5.
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- LE CONCOURS DES JOUETS 1907
- ment au-dessus des difl'éi’entspays. Lorsque le ballon arrive en haut, la tige D, placée à l’extrémité supérieure de la sphère, vient buter contre la potence de suspension et fait déclancher l’un des fils qui supporte la nacelle ; celle-ci bascule et l’aéronaute tombe dans l’un des pays : les paris sont ouverts pour savoir lequel. — M. Sertet, 8, rue de la Cour-des-Noues.
- Le Triplane (fig. 7) est à triple effet : il va sur terre, sur mer et dans l’air. Muni d’un moteur à ressort qui met en mouvement des hélices aériennes à grande surface, la voiture, en forme de coque de sous-marin, est munie de quatre roues. L’action des hélices sur l’air suffit à l’entraîner à une assez grande vitesse sur un plan horizontal à terre et à plus forte raison sur l’eau. Pour le voyage aérien les roues se démontent et sont remplacées par des panneaux en toile qui font glisser l’appareil, suspendu à un fil, sur les couches d’air pendant quel -ques instants. C’est un jouet instructif qui Fig. y. permet de réa-
- liser quelques
- expériences intéressantes sur l’action des hélices aériennes. — M. Yergnaux, 48, rue du Faubourg-Saint-Denis.
- Autre jouet scientifique la Houille blanche (fig. 8) qui se compose d’une petite turbine relativement très puissante. Elle se monte sur un robinet de distribution d’eau et met en mouvement tout un outillage bijou et
- entre autres une dynamo minuscule qui produit un courant électrique suffisant pour allumer une petite lampe à incandescence, preuve évidente de la transformation du travail mécanique de l’eau en chaleur et lumière. Le constructeur est ainsi parvenu à initier les enfants à l’utilisation des forces hydrauliques naturelles, d’où le nom de
- « Houille blanche ». C’est une démonstration directe, une leçon de choses des plus intéressantes et à la portée de tous, car le prix est des plus modiques. — M. Molénat, 66, rue Ramus.
- fl £Le Télégraphe à ficelle (fig. 9) est une application de la télédynamique. Deux montants en bois M et N portent,
- dans le sens de la longueur, les lettres de l’alphabet, rangées sur l’un de haut en bas, et sur l’autre de bas en haut. Sur chaque montant glisse dans une coulisse ad hoc un poids qui porte une aiguille indicatrice. Un fil F qui passe sur une poulie fixée en haut de chacun des montants relie les deux poids. Les' deux appareils sont placés à une distance de 40 ou 5o m. l’un de l’autre, 011 peut même aller à xoo m., nous assure le constructeur. On amène à la main l’une des aiguilles en face de la lettre choisie, l’aiguille 9' de l’autre poste suit le mou-
- vement en sens inverse et s’arrête en face de la même lettre. Un timbre, placé en haut de chaque poste, sonne quand on tire la ficelle rapidement de haut en bas et appelle l’attention du correspondant. — M. Danset, 5, rue Nollet.
- L’A. B. C. D. à la ficelle (fig. xo) est un petit casse-tête instructif destiné à graver la forme des lettres dans I
- l’esprit des enfants et à exercer leur sagacité. On met à leur disposition un alphabet de lettres majuscules comme modèles, un cordon, une planchette sur laquelle sont plantés une quarantaine de clous. La disposition de
- â '?(
- 0
- ? 0 ? 0 0 0 0 j 0 sJ à
- Fig. 10.
- ceux-ci est telle qu’en faisant passer le cordon autour de certains d’entre eux on peut l’eproduix-e toutes les letti'es et les chiffres. — M. E. Cohl, 11, avenue des Tilleuls.
- Parmi les inventions d’utilité pratique nous remarquons le Paragouttes (fig. 11) qui est destiné à compléter le collier douche, instiuiment hygiénique par excellence. Cet appareil qui permet de prendre une douche, même sans installation sjdc-ciale, nécessite cependant un tub ou bassin assez grand pour ne pas inonder le parquet et encore, même avec 1 m. de diamètre, il y a toujours projection de nombreuses gouttes d’eau. Le Paragouttes permet d’utiliser un bassin de très petite dimension, un simple bain de pieds si l’on veut. C’est une sorte de sac sans fond en tissu imperméable et en forme d’entonnoir qui se suspend sur les épaules au moyen d’un cordon attaché au cercle supérieur ; le collier arrivant juste au niveau de ce cercle l’eau ne peut s’échapper au dehors et tout est recueilli par le bassin placé au bas. Avec le paragouttes il n’y a plus d’excuse à ne pas prendre la douche hygiénique : on pexxt le faire même dans le plus petit cabinet. — M. Gravillon, ruelle Pelée, 64, rue Saint-Sabin.
- L'électro-projecteur (fig. 12) est destiné à des usages multiples. La pile bouteille, qui n’a rien de nouveau, est cependant intéressante parce qu’elle est construite de façon à pouvoir se démonter facilement pour un nettoyage complet, condition essentielle de bon fonctionnement. Le zinc, qui est la sèule ,
- pai'tie qui s’use, se x*emplace avec la plus grande facilité. La lampe est montée sur un support articulé pour qu’on puisse diriger la lumière dans tous les sens. Pour les photographes, une bonnette munie d’un verre rouge rubis se place sur la lanterne à réflecteur qui renferme la petite ampoule à incandescence ; pour ceux qui veulent lire au lit, une lentille à court foyer se monte de la même façon et projette un faisceau parallèle assez intense pour permettre la lectui'e sans fatigue.
- En ayant soin de n’enfoncer le zinc que petit à petit, on peut être assuré d’avoir plusieurs heures de lumière sans recharger la pile. Pour la photographie des couleurs, qui nécessite des moments d’obscurité complète et des moments d’éclairage pour surveiller le temps du développement après qu’on a couvert la cuvette, cette lampe rendra les mêmes services que si on disposait d’une canalisation électiûque sur un secteur. — M. Marquet, 35, nie Saint-Sébastien.
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- VARIETES
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- La nouvelle carte de Mammotb-Cave, par M. Hovey. — Une nouvelle carte de la célèbre Mammoth-Cave grotte du Mammouth dans le Kentucky (Etats-Unis) vient d’être dressée par le Dr Horace C. Hovey de New-buryport (Massachusetts) qui nous l’adresse et nous au-
- binant les renseignements éci'its et verbaux fournis par les guides et les directeurs avec les propres observations de l’auteur durant ces vingt-sept dernières années. Aucun levé de plans de la grotte entière n’a jamais été fait à l’aide d’instruments et aucune échelle exacte n’est
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- torise à la publier avec les renseignements suivants. Cette carte modifie et corrige amplement les cartes antérieures de Bogert (1814), Ward (1816), Lee ( 1835), Bishop (i845), Blackall ( 1871, publiée en 1899), Forwood (1875), Hovey (1882) et Ellsworth Call (1897),1 en com-
- 1 Sur les dimensions, l’historique.et la cartographie de Mammoth-Cave. V. Spelunca (Bulletin Société de spéléologie) nos 9 (1897) et 17(1899) et Mémoire n° 35 (190’i) et La Nature n° 416 (21 mai 1881).
- donnée, les propriétaires s’étant toujours opposés à des travaux topographiques de précision; mais une table des distances approximatives mesurées au pas, de l’entrée aux divers points de l’immense grotte donne quelque idée de ses véritables dimensions. La plus grande distance mesurée est de 8800 m. de l’entrée au Maëlstrom. La carte recouvre en surface un bon tiers de plus que n’importe quelle ancienne carte.
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- VARIÉTÉS
- Une partie très intéressante de la gratte du Mammouth a été explorée récemment. Traversant Miriam’s Avenue, on arrive par un très étroit et tortueux passage dans la longue et nouvelle Martel-Avenue. A droite on y chemine, pendant un moment, le long du lit d’un petit cours d’eau. Passant par les dômes de Nelson (nom d’un guide intrépide et antérieurement atteints en 1848 comme en témoigne une inscription) on arrive au dôme de l’explorateur M. Benjamin F. Einbigler, qui l’a découvert le i5 mai iqoS, en traversant périlleusement une étroite corniche calcaire. Sur la droite, le dôme d’Edna, distant de 90 m., une des salles les plus imposantes de toute la grotte, elle est plus large au sommet qu’à la base ; aussi la suppose-t-on traversée par une galerie supérieure et jusqu’ici inaccessible.
- Le i5 mai 1907, un guide nègre, Edward Hawkins, trouva un passage (n° 83 du plan) qui le conduisit à une série de salles énormes ('avec MM. Einbigler et Brans-ford). Le D' Hovey s’y rendit à son tour le 18 juin 1907. C’est une série grandiose de cinq dômes reliés par des porches voûtés; à l’extrémité une cascade écumante bondit du sommet jusqu’au sol où elle disparaît dans une crevasse. Au milieu, en haut, une fenêtre donne sur une grande salle irrégulière obstruée par un amas de roches tombées. La longueur totale de la série des dômes, dépasse 3oo pieds (91,50 m.), la hauteur moyenne i5o pieds (40,75 m.), les murs sont stratifiés en bancs horizontaux d’environ 10 pieds (3,o5 m.) d’épaisseur chacun et sont bordés d’une riche décoration de stalactites. On a donné à cet endroit le nom de « Hovey’s Cathédral Dômes » en reconnaissance des travaux de cet explorateur sur le sous-sol d’Amérique, depuis cinquante ans. Les directeurs de la caverne ont l’intention de combler les crevasses ou de lancer des ponts pour frayer
- le chemin au visiteur ordinaire, vers cette nouvelle partie, qu’on dit la plus merveilleuse, de la grotte du Mammouth.
- Quant aux dimensions de Mammoth-Cave, objets de tant de fausses indications, la carte ci-contre nous permet une approximation plus approchée. Jusqu’ici on a attribué aux galeries connues de la caverne la longueur totale 35o, 241,62 ou 48 km. Les deux premiers chiffres sont manifestement exagérés. Le troisième serait le plus vraisemblable, car d’après la distance de 8800 de l’entrée au Maëlstrom le long du pointillé de la River Route l’échelle de la carte, à la dimension où nous la donnons, peut être évaluée environ au 1/25000°. A ce taux et en promenant le curvimètre sur tous les contours indiqués nous arrivons à un chiffre d’environ 85 à 90 km. Eu égard aux additions récentes depuis Miriam’s Avenue, c’est seulement 17 à 22 km. de plus que le chiffre ci-dessus de 68 ; la différence satisfaisante est en concordance avec le nouvel accroissement. Si imprécise que soit la base de ces chiffres, il est permis de croire que le développement total de Mammoth-Cave approche maintenant de 100 km., ce qui lui laisse bien le premier rang en étendue parmi toutes les cavernes du monde.
- La relation des eaux souterraines des étages inférieurs de Mammoth-Cave avec la Green River extérieure et voisine était depuis longtemps admise : elle vient d’être matériellement prouvée par les travaux d’endiguement de cette Rivière verte ; ils ont eu pour conséquence de surélever le niveau hydrostatique général de la grotte, ce qui présente maintenant des inconvénients pour la visite de l’Echo River, du lac Lothe, de la great Walk, etc., où l’on a dû modifier les embarcadèi’es. Mammoth-Cave sert donc, bien encore, pour partie du moins, de trop plein aux crus des cours d’eaux environnants.
- A. Stiîryal.
- HYGIENE ET SANTE
- Pour détruire les tatouages. — Il y a quelques jours un inculpé, peu importe le délit, était interrogé par le président ; vainement celui-ci le priait de redresser la tête et de le regarder en face. Le front dans la main, le malheureux gardait toujours la même attitude prostrée; il fallut lui écarter de force les mains. O11 constata alors qu’il cherchait tout simplement à cacher des tatouages de la face, entre autres un sur le front qui représentait une guillotine. Ce délinquant eût certainement accueilli avec plaisir des recettes propres à faire disparaître ce dessin trop caractéristique.
- Le tatouage, dont on retrouve les traces dans la plus haute antiquité et dont nombre de peuplades ont gardé la pratique, a été employé tout d’abord comme ornementation. En Polynésie il tient lieu de vêtement. Il était aussi un moyen de reconnaissance, une marque distinctive de certaines tribus. De nos jours, et dans nos pays d’Europe, on le trouve comme signe professionnel, les corporations ont des tatouages significatifs du métier. Chez les criminels, le tatouage est extrêmement répandu; passe-temps de prisonniers, il est fait par des praticiens exercés, et le professeur Lacassagne a réuni, dans son musée de médecine légale, plus de 2000 tatouages sur la peau de 55o individus. Les militaires et les marins fournissent encore un fort contingent de tatoués; en i853, Hutin avait trouvé sur les 3ooo soldats habitant les Invalides, 5o6 tatoués.
- Il y a quelques années la mode du tatouage s’était implantée dans la haute société, suivant l’exemple d’un grand prince qui s’était fait tatouer sur le bras un monogramme. Chacun et chacune, car là contagion avait gagné les deux sexes, voulait avoir un tatouage, bleu, rose, carminé, sur le doigt, sur le bras, un tatouage minuscule. La mode en est, je crois, passée, et plus d’un tatoué ne serait pas fâché aujourd’hui de faire disparaître un signe qui n’est pas un signe de beauté.
- Les procédés de détatouage sont nombreux : il faut détruire le derme de la peau où se trouvent incrustés les grains colorants qui donnent le dessin. Le Dr Ber-chon qui avait bien étudié la question, tant au point de vue ethnologique, qu’au point de vue médico-légal, vit
- un jour à sa consultation un riche propriétaire qui était venu lui demander de le débarrasser d’un tatouage professionnel qu’il s’était fait dessiner dans le jeune âge et qui lui rappelait un peu trop ses débuts prolétariens. Berchoo, qui connaissait ses auteurs, lui appliqua le procédé antique de Criton qu’on trouve décrit dans Paul d’Egine. Criton faisait laver la partie tatouée avec du sel de nitre, l’enveloppait ensuite de résine de térébenthine qu’on laissait en place plusieurs jours pour macérer la peau. On grattait alors le tatouage avec un instrument acéré, on lavait la plaie et on frottait avec du sel ; puis on appliquait une sorte d’emplâtre composée d’encens, de nitrate de potassé, de cendres de lessive, de chaux, de cire et de miel. Quelques jours après le stigmate était détruit.
- Berchon employa à la lettre la prescription de Criton et réussit à délivrer son malade de son tatouage professionnel. Les procédés modernes dérivent des anciens : le plus radical, quatid le tatouage est limité, est d’enlever carrément le morceau et d’y substituer par simple autoplastie un lambeau cutané sain ou de réunir les parties avivées par suture immédiate, si la plaie n’est pas trop grande. Mais on a forcément ainsi une cicatrice plus ou moins visible. Le vésicatoire classique à la cantharide, les pommades à l’acide acétique, les lotions avec les acides dilués arrivent à effacer la tache, et pour dépister la justice et effacer les témoignages parlants des tatouages, les criminels ont tout un arsenal de moyens héroïques
- Le Dr Evrard vient d’indiquer tout récemment un procédé très efficace et qui peut être employé sur des peaux délicates ou sur des régions où la peau est très fine, comme à la face, sans le désagrément de produire une cicatrice épaisse et durable. Voici, d’après l’auteur, comment on doit pratiquer cette petite opération. Appliquez sur la partie tachée, c’est le vrai mot, un petit vésicatoire qui couvre toute la partie à. modifier; laissez le vésicatoire en place jusqu’à ce qu’il apparaisse, comme on dit, une cloque; le temps d’application est variable suivant les sujets.
- Une fois l’épiderme bien soulevé, on l’enlève, mettant
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- le derme à nu, et on procède à la destruction du tatouage au moyen du thermo-cautère, après avoir, au préalable, insensibilisé la région avec une solution de cocaïne. Le thermo-cautère doit être appliqué, non pas sur les traits du dessin, mais sur toutes les parties, en surface, de façon à ne rien laisser de l’ancien tissu. On repasse le fer rouge jusqu’à ce que le derme devienne brun, soit calciné, comme le serait le bois d’une pyrogravure. On applique alors une pommade à base d’acide salicylique au dixième, recouverte d’un peu de taffetas chilï'ou ou de mackinlosh pour éviter le dessèchement de la plaie.
- Le lendemain, on lève le pansement et I on aperçoit une escarre lisse et sèche à la superficie, ramollie dans ses couches profondes et se soulevant déjà sur certains points. Ne vous hâtez pas de chercher à l’enlever. Remettez de la pommade, renouvelez le pansement et au troisième ou quatrième jour, l’escarre se détache et le lalouage a disparu.
- 11 semblerait que 1 adjonction d’un vésicatoire avant la brûlure fût un peu superflue; l’auteur la recommande cependant expressément, car on évite ainsi de produire une escarre noire et adhérente. En procédant comme il l’indique, on fait disparaître toute trace de la pigmentation artificielle au bleu d’indigo, au carmin; il reste évidemment une cicatrice, mais elle est de tous points comparable à celle d’un vésicatoire, d’une cicatrice de vaccine large, ou si la plaie a été assez étendue, d’une cicatrice de brûlure ; mais elle n’est pas colorée et l’image primitive a totalement disparu, emportée dans les débris de l’escarre. Pour rendre ce tissu de cicatrice aussi souple et aussi peu apparent que possible, il faut entretenir, après la chute de l’escarre, un pansement humide, compresses de solution à base d’acide picrique, puis sécher ensuite avee la poudre de talc. 11 ne restera ainsi qu’une trace insignifiante du stigmate primitif. Dr A. C.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîle aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Mirage en mer. — Comme suite à la Chronique que nous avons donnée dans notre numéro 1786, du 17 août 1907, sur le curieux phénomène de mirage observé dans l’Atlantique par les officiers du Philadelphico, nous insérons avec plaisir la lettre suivante que nous adresse M. Fourcade-Cancelles, de Sceaux : « J’ai moi-même observé, il y a deux ans, au mois d’août igo5, un phénomène de ce genre : J’étais à Larmor, petit port de pêche à l’entrée de la rade de Lorient, et par un après-midi très calme, de la plage, je vis les côtes de Belle-Ile, paraissant très élevées au-dessus de l’horizon. — Belle-Ile est distante de 45 km de l’endroit où je me trouvais. — On voyait même le bas des côtes marqué par des bandes de sable, et l’on distinguait parfaitement le sémaphore de l’entrée du port de Sauzon, ainsi que tous les reliefs des rochers. Ce phénomène dura un peu plus d’une demi-hetire, puis tout disparut. — Quand le temps est clair, en montant sur les collines qui avoisinent Larmor, on n’aperçoit qu’une ligne sombre indiquant Belle-Ile, et de la plage, le soir, on voit, au ras de l’eau, le feu du grand phare qui est à 84 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il y avait donc bien là un effet de mirage, que j’ai constaté encore l’année dernière et celte année, mais avec beaucoup moins d’intensité. » Il serait intéressant d’avoir des observations analogues sur divers points de nos côtes.
- Renseignements. — M. A. C., à Annecy. — La fabrication du coton hydrophile est très simple, au moins en principe. Il s’obtient en purifiant le coton par des lavages dans des eaux alcalines et acides qui, après dessiccation, lui assurent un pouvoir absorbant considérable.
- M. Chameroy, à Marly. — Destruction des insectes nuisibles : la Station entomologique, récemment annexée au Laboratoire de zoologie de la Faculté des Sciences de Rennes, fournit gratuitement aux agriculteurs et aux horticulteurs tous les renseignements concernant les moyens à employer pour détruire les insectes nuisibles. Il suffit d’écrire à M. F. Guitel, professeur à la Faculté des Sciences de Rennes, en lui envoyant le nom de l’insecte à détruire ou, à défaut, quelques échantillons de cet insecte.
- M'u Chauchard, à Paris, 7, rue Commandant Lamy.
- — Colorants nouveaux : i° il n’existe pas de traité complet sur la question qui est toute nouvelle ; a0 les poudres colorantes ne sont pas encore dans le commerce ; 3° adressez-vous pour tous les renseignements que vous désirez, de la part de La Nature, au laboratoire d’énergétique, i5, rue des Minimes, Paris, IIIe arr., où se préparent les colorants nouveaux.
- M. Chalvin, à Auxerre. — Le « repasse-lames » pour rasoirs Gillette, se vend chez Kirby Beard, 5, rue Auber, Paris. Le prix en est de 5 francs pièce.
- M. L. Mesnil, à Drucourt. — Nous avons publié tous les renseignements que nous possédons sur le blanchiment du coton par l’eau oxygénée, et ils sont suffisants, croyons-nous, pour passer à la pratique, après des essais préalables.
- M. W. R. G. — Machines à faire les cigarettes soi-même. Vous en trouverez d’excellentes chez II. Lemaire, 3o, rue de Rivoli, Paris.
- M. H. V. d. B., à Reeth. — Le conseil qui vous a été donné est fort juste; il est utile de donner à vos accumulateurs une petite charge tous les i5 jours jusqu’à saturation et de ne pas les laisser absolument inactifs; vous aurez donc tout avantage à les employer pour alimenter tous lès soirs une lampe électrique.
- M. Cliabron, à Paris. — Pour les lampes à incandescence, vous pouvez vous adresser chez F. Henrion, 1 r3, rue Réaumur; Paz et Silva, 55, rue Sainte-Anne; Gabriel Angenault, 10, rue Gaillon ; Larnaude, 34, eue Godot de Mauroy; Société Gramme, 20, rue d’Hautpoul.
- M. Paul Petit, à Foix. — Dans l’article sur la station de télégraphie sans fil de Nau en du 28 septembre 1907, une erreur d’impression nous a fait écrire 4°° 000 ampères au lieu de 400000 ampères-heures. L’expression n’est pas, néanmoins, absolument correcte, la capacité électrique n’étant pas une quantité d’électricité, mais la phrase est, croyons-nous, très claire.
- M. G. Affonco, à Saigon. — Il s’agit bien, en effet, de la comète Daniel (1907 d), découverte à Princeton (Etats-Unis). Elle est passée au périhélie le 4 septembre. (Voir au n° 1790, du 14 septembre 1907, p. 245, l’article spécial que nous avons consacré à cette belle comète).
- M. J. Rossi, à Milan. — Nous ne voyons pas le moyen de vous renseigner par nous-même. Mais cela vous sera facile par l'intermédiaire d’une Société colombophile, comme il en existe sans doute à Milan et qui doit posséder un catalogue des signes conventionnels qui servent à marquer les pigeons ou donner un moyen de les connaître.
- M. H. Kellert, à Montréal. — Nous transmettons votre lettre au fabricant, dont l’adresse d’ailleurs était donnée dans l’article même.
- M. A. Bar doux, à Dole. — Contre le mildiou de la vigne, le remède pour ainsi dire classique est la bouillie bordelaise, mélange de sulfate de cuivre (2 kg), chaux grasse en pierre (1 kg) et eau (100 litres) : on fait dissoudre le sulfate dans 95 litres d’eau, et l’on éteint la chaux grasse d’autre part avec 5 litres d’eau, puis on la verse peu à peu dans la solution de cuivre, en brassant fortement, jusqu’à obtention d’une bouillie homogène. Il faut faire plusieurs traitements avec la bouillie : du ]5 au 20 mai, du 10 au i5 juin, du 5 au 10 juillet, puis en août ; compter de 5oo à 800 litres de bouillie par hectare de vigne et par traitement. Le traitement du mildiou dans la Viticulture de Lafont (Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Pai'is), ouvrage de premier ordre, indispensable aux viticulteurs.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Almanach de l'agriculture, publié pour 1908, par H. Sagnier. Paris. Masson et Cl0. 1907. 1 vol. Prix : 5o centimes.
- Sous son petit volume, l’almanach d’un prix modique que publie M. Sagnier, le symphatique rédacteur en chef du Journal de VAgriculture, contient comme d’habitude un nombre considérable de renseignements, qui le rendent indispensable à tous ceux qui de près ou de loin s’intéressent à la vie agricole.
- La Civilisation pharaonique, par M. Albert Gayet. 1 vol. ini6. Prix : 3fr,5o. Plon-Nourrit et Gie, Paris.
- La civilisation égyptienne a été longtemps fort mal connue. La vérité, grâce au magistral exposé de M. Gayet, nous apparaît. A travers les péripéties de l’histoire, la plus noble peut-être qui soit au monde, l’auteur a noté, avec sûreté et autorité la permanence de la mentalité égyptienne, dont le caractère essentiel est la soumission extérieure aux formes sociales ou religieuses. Aussi chaque fois que cette nation fut conquise prit-elle sa revanche dans le domaine de l idéa-lisme, depuis les rois pasteurs jusqu’aux Romains. C’est un jour nouveau que M. Gayet nous ouvre sur l’histoire ancienne.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES 0DSEI1VATI0NS GÉNÉRALES
- Lundi 50 sept. 1907 . 12°,5 Calme. Couvert. r>,8 Brouillard de 400 m. à 6 h. ; couvert ; pluie une partie du temps.
- Mardi 1" oct 12°,1 S. E. 1. Couvert. 8,2 Brouillard de 400 m. à 7 h ; presq. eouv. ; pluie de 19 h. 40 à 24 h.
- Mercredi 2 9° ,9 S. S. W. 3. Très nuageux. 1,5 Couv. do 7 h. à 15 h. ; beau av. et ap. ; pi. de 9 h. 30 à 10 h.
- Jeudi 5 10°,0 E. S. E. 2. Pluie. 12,0 Pluie de 2 h. 30 à 15 li. 45 ; couvert jusqu’à 19 h. ; nuageux ensuite.
- Vendredi 4 9°,0 S. S. W. 1. Couvert. 1,1 Presque couvert; pluie de 20 h. 55 à 23 h. 50.
- Samedi 5 11°,0 N. W. 2. .Couvert.. 0,1 Tr. nuag.; un peu île pl. à 2 h. 30, à 7 h. 20 et à 13 h.; pet. Dr'1 à 21 h.
- Dimanche 0 9°,6 S. S. E. 2. Éclaircies. 3,7 Posée ; forte brume à (j h. ; pluie de 13 h. à 19 h.
- SEPTEMBRE OCTOBRE 1907. — SEMAINE DU LUNDI 30 SEPTEMBRE AU DIMANCHE 6 OCTOBRE 1907.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 3o septembre au 6 octobre. — Le 3o. Basses pressions sur l’O. et le S. de l’Europe (S.-O. de la France, nfri mm). Mer grosse au S. de la Provence. Pluies sur l’O. du continent, surtout en Italie et France : Aigoual, 98 mm; Port-Vendres, 38; Perpignan, 29; NLe, 9; Toulouse, 5. Température du matin : Kharkof, 20 ; Paris, i3; Alger, a3; Puy de Dôme, 6; Pic du Midi,
- — 3; moyenne à Paris : i/\° (normale : i2°,5). — Le ior. La baisse s’accentue : A’alencia, 738; Bretagne, 7.49; sur 1E. de l’Europe, 771. Pluies sur l’O. de l’Europe; en France : Marseille, 3o ; Le Havre, 28; Cette, 18; Limoges, 16; Paris, 4- Temp. du matin: Kharkof, —20; Paris, 12; Alger, 22; Puy de Dôme, 5; Pic du Midi,
- — 5 ; moyenne à Paris : i4°,4 (normale : i2°,3). — Le 2. La dépression continue à s’étendre : centre en Ecosse, 732. Mer généralement houleuse. Pluies sur l’O. et le Centre de l’Europe; en France (orages dans l’O.) : Rochefort, 19; Nantes, 18; Biarritz, 17; Brest, i5; Dunkerque, i3; Paris, 8. Temp. du matin : Arkangel, 20; Paris, 10; Cagliari, 24; Puy de Dôme, 4; Pic du Midi, —6; moyenne à Paris io°,8 (normale : i3°,a). — Ze 3. Situation atm. très mauvaise sur l’Europe; centre cyclonique sur la France (Rochefort, 744)- Tempête sur le goll’e de Gascogne. Pluies sur l’Europe Centrale et
- O.; en France : La Coubre, 4°; île d’Aix, 26; Nantes’ 18; Limoges, 14 ; Paris, 5. Temp. du matin : Arkangel, 3°; Paris, 10; Alger, 22 ; Puy de Dôme, 7; Pic du Midi,
- — 2; moyenne à Paris : 9°,9 (normale : 120). — Le 4-Légère hausse barom. Gascogne, 753 ; Pays-Bas, 752. Pluies très abondantes sur toute la France : Nice, 6a; Dunkerque, 55; Calais, 5i; Gap, 33; Lorient, 18: Paris, 9. Temp. du malin : Arkangel, 20: .Paris, 9; Païenne, 24: Puy de Dôme, 3; Pic du Midi, —5: moyenne à Paris : 11°,4 (normale : n°,9). — Ze 5. Hausse barom. générale; en France quelques pressions supérieures à 765 ; faibles dépressions sur la Méditerranée et les Iles-Britanniques. Pluies sur le Centre et l’O. de l’Europe; en France : Paris, 1; Bordeaux, 6; Boulogne, 14 ; Calais, 24; Biarritz (orage), 3i. Temp. du matin : Moscou, i°; Paris, 11; Trieste, 21; Puy de Dôme, 4: moyenne à Paris : n°,6 (normale : ii°;7). — Ze 6. Basses pi'ess. sur le N.-O. de l’Europe : Ecosse et Norvège, 753; hautes press, sur l’E. : Kharkof, 77O. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe ; en France : Gris-Nez, 37; Brest, 7; Dunkerque, 5. Temp. du matin : Kharkof, 3; Paris, 10; Alger, 16; Puy de Dôme, a; Pic du Midi, — 7; moyenne à Paris : i2°,4 (nonnale : 11 °,61.
- — Phases de la Lune : Néant.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien. Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cle, e'diteurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Natu-e » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1795 (19 OCTOBRE 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- L’inventaire de l’énergie hydraulique française. —
- On sait le remarquable essor pris dans ces dernières années par les industries hydro-électriques françaises. Les hautes chutes de nos régions montagneuses constituent une source précieuse d’énergie facile à utiliser. Pour permettre à l’industrie de tirer de ces richesses un parti avantageux, il était utile de lui en fournir un exact recensement. Le Ministère de l’Agriculture a fait entreprendre dans ce but d’importantes études ; limitées pour l’instant aux massifs des Alpes et des Pyrénées ; le programme comprend l’étude physique des cours d’eau et de leurs bassins, l'étude économique des questions qui se rattachent à l’utilisation de l’énergie hydraulique ; des stations de jaugeage ont été installées sur les principaux cours d’eau ; des observations méthodiques y sont poursuivies régulièrement; jointes aux observations pluviométriques, et aux mesures de nivellement exécutées par le service du nivellement général, elles constituent dès maintenant un ensemble de documents précieux pour quiconque voudra entreprendre dans ces régions une installation hydi'aulique. Nous croyons savoir que la Direction de l’Hydraulique et des améliorations agricoles du Ministère de l’Agriculture, 27, rue Yaneau, possède de la région des Alpes, des cartes hydrologiques des plus remarquables qu elle tient à la disposition des personnes qui désireraient les y consulter. Ces utiles travaux seront sans doute étendus ultérieurement à toute la France.
- Commerce extérieur du Maroc. — Ces chiffres, d’actualité, ont été récemment publiés par le Foreign Office; ils s’appliquent à 1906. Le commerce extérieur pendant cette année s’est élevé à 118,3 millions de francs, soit 7,5 millions de plus qu’en 1905. Sur ce chiffre il faut compter 74,4 millions pour l’importation, et 43,9 millions pour l’exportation. C’est la France et ses colonies qui tiennent le premier rang daus ce mouvement commercial (47,3 millions), puis vient le commerce britannique (37,9), l’allemand (i3,4), l’espagnol (5,6), l’italien (2,9).
- Les récoltes de céréales en France. — D’après des documents publiés par le Ministère de l’Agriculture, voici quel est l’état approximatif des récoltes de froment, méteil et seigle en France pour 1907 :
- Froment Méteil . Seigle .
- Surface en hectares,
- 6 5a8 884 138 yoS I 250 486
- Produit tn hectolitres.
- i3o 376 680 2 474 38o 20 642 752
- Nécrologie . M. W. O. Atwater. — M. W. O. Atwater, professeur à l’Université wesleyenne de Middletown (Etats-Unis), mort le 22 septembre, s’est principalement occupé de questions d’alimentation. Ce fut lui qui fonda, en 1888, le bureau des expériences sur la nutrition, dépendant du ministère de l’Agriculture. Les dernières années de sa vie furent presque entièrement consacrées à des recherches expérimentales sur les effets de l’alcool sur l’organisme. Le principe de la méthode consistait en un dosage méthodique des gains et des pertes effectués par les sujets en expérience; M. Atwater conclut finalement à la valeur alimentaire de l’alcool. Il dut d’ailleurs suspendre ses recherches, devant l’opposition d’une partie du public, qui, bien à tort, l’accusait de propager sciemment l’alcoolisme.
- Le jeu de la fourmi parasol. — M. Gadeceau rappelait dernièrement ici les mœurs singulières de ces « parasol-ants » de l’Amérique tropicale, qui se promènent avec des rondelles découpées dans des feuilles, qu’elles s’en vont amonceler sur les champs où elles cultivent le champignon qui les nourrit. Croirait-on que les hommes ont imaginé d’imiter celte pratique? C’est du moins ce que nous affirme un témoin oculaire, M. Cook, dans une intéressante étude sur les Indiens Bororo du Matto Grosso (Brésil), qui est parue dans les miscellanées de la Smithsoniati Institution. Les membres de cette curieuse tribu se livrent en effet à un jeu dit jeu de 'ma'riûrdont la'partie essentielle est le découpage en rondelles des feuilles d’un petit bananier (le mano) qu’ils "coupent tout exprès'à cet effet, après quoi ils se promènent avec ces rondelles sur la tête. On sait que, dans les sociétés peu avancées, le jeu a toujours une importance rituelle, c’est-à-dire une signification sérieuse, il concourt comme un acte nécessaire à la vie de la tribu. Quelle peut être la portée du jeu de mano ? Voilà ce qu’on ne dit pas. Quoi qu’il en soit, il est tout au moins curieux de signaler cette imitation de la vie des insectes, effectuée par l’homme. En cherchant bien, on trouverait que le fait n’est peut-être ni aussi rare, ni aussi difficile à expliquer qu’il le paraît.
- Un inventeur encouragé. — Comme suite à l’article consacré récemment par La Nature au monorail de M. Louis Brennan, nous sommes heureux d’apprendre que de puissants encouragements viennent d’être donnés à l’inventeur. Le Gouvernement des Indes lui a accordé un don de 6000 livres sterling (i5oooo francs) pour l’aider à construire le véhicule grand modèle qui lui fut commandé cet été par le même Gouvernement. De son côté, le War Office lui a versé iine forte subvention, et
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- INFORMATIONS
- lui a permis d’établir ses ateliers sur les terrains de la Brenuau Torpédo Faclory, usine où l’Etat anglais fait fabriquer les torpilles imaginées par le môme inventeur.
- La « coupe » du Scientific American. — La mode des « coupes », offertes comme primes et comme applaudissement aux hommes de sport, automobilistes, yatclunen, aéronautes, s’étend chaque jour, et marque l’intérêt croissant du public pour ces belles épreuves, où s’essaie l’audace et l’humeur inventive de l’esprit humain. En Europe, c’est aux grands journaux quotidiens, aux revues sinon mondaines, du moins peu scientifiques, aux organes enfin de distraction plutôt que de
- La « coupc » (lu Scientific American.
- science et de haute vulgarisation, et aussi à de généreux particuliers, qu’est généralement due l’initiative d’une fondation de coupe. L’Amérique, plus jeune, moins scrupuleuse, ne connaît pas nos distinctions. Un grand journal de vulgarisation y peut, sans déchoir, sans se compromettre par l’apparence d’une bruyante réclame, faire tel geste généreux qui chez nous paraîtrait critiquable à certains. Aussi sommes-nous fort heureux de féliciter notre aimable confrère, le Scientific American, de la belle pensée qu’il vient de réaliser en fondant un prix annuel, dont le gage, disputé entre tous les aviateurs des différents pays, sera l’admirable trophée que notre photographie représente. Au-dessus du socle d’onyx, paré d’un cartouche en argent, l’élan des chevaux, et l’essor lier de ce ballon que surmontent les ailes déployées d’un aigle, n’est-ce pas le noble symbole d’une des plus généreuses tentatives de l’homme, la conquête des airs? Voici brièvement les conditions du
- concours annuel institué par le Scientific : Première-épreuve : parcours d’un kilomètre, en ligne droite, au-dessus du sol, puis aux concours suivants, complication graduelle des conditions, tantôt par accroissement de la distance, tantôt par variation de la durée, tantôt par le choix du but, etc. D’ailleurs, ce trophée annuel, d’une valeur de 12000 francs, est entre les mains de.l’Aéro-Club d’Amérique, chargé de l’organisation du concours et de l’attribution du prix, et qui donnera, bien entendu, toutes les indications précises nécessaires aux concurrents. Bonne chance donc aux ballons, dirigeables, aéroplanes, etc., et bonne chance surtout aux aéronautes !
- Dans la marine anglaise. — Nous apprenons de bonne source que l’Amirauté Britannique fait procéder depuis deux semaines à des essais dénaturé à intéresser le monde de la navigation à vapeur. 11 s’agit d’un appareil inventé et construit par la maison anglaise de MM. Hodgkinson, et qui diminuera considérablement le nombre des chauffeurs à bord des vapeurs et navires de guerre. Les dispositions principales de l’appareil sont les suivantes. Le charbon est versé de haut par des conduits situés au-dessus des portes du foyer. La grille de ce dernier est mobile. Une jietite machine indépendante lui imprime un mouvement de va-et-vient qui se traduit par deux opérations distinctes : l’une a pour-effet d’apporter au foyer une nouvelle provision de charbon; l’autre, d’expulser les cendres. Le charbon se trouve réparti également sur toute la surface de grille. En réglant la vitesse de cette petite machine, on peut contrôler mathématiquement la marche du foyer, et, conséquemment, la production de la vapeur. Le nouvel appareil a été installé à bord de la canonnière-torpil-leuse Sharpshooter, qui est attachée au Naval Engineering-College de Devonport. On s’y montre jusqu’ici très satisfait des essais. Non seulement ce système permet de réaliser une grande économie de main-d’œuvre, mais encore, grâce à la distribution égale et régulière du charbon, la production de chaleur est bien supérieure à celle que fournissait le môme foyer avant sa transformation. Ôn ajoute que la production de fumée est à peu près nulle. Quant à ce « flamboiement » que l’on a justement reproché aux destroyers et aux torpilleurs parce que, de fort loin, il trahit leurs évolutions nocturnes, on dit qu’il se trouve complètement supprimé.
- Télégraphie sans fil. — On annonce la formation d’une Société américaine de Radiotélégraphie au capital de 5oo millions ; elle possédera des licences de tous les systèmes actuellement existant.
- La surchauffe à bord des navires. — On vient de faire des expériences fort intéressantes à ce propos à bord du cuirassé anglais Britannia, dont une partie des chaudières avaient été munies de surchauffeurs. On a constaté qu’avec une puissance représentant seulement le i/5 de la puissance totale des chaudières, on arrive à réaliser une économie de i5 pour 100 dans la consommation de combustible. Cette économie est particulièrement importante dans ces conditions.
- Le gaz à Paris en Î906. — D’après les statistiques officielles, il a été consommé à Paris, en 1906, 352 558335 m5 de gaz d’éclairage contre 344 157847 m3 en 1905.-Par contre les recettes ont été de 686o5 106 fr. au lieu de 97282548 fr. l'année précédente. Cette diminution est due à l’abaissement ào fr. 20 du prix du mètre cube de gaz. On a distillé 1 267654880 kg de charbon Le nombre des becs de gaz en service à Paris est de 56 579 dont 5o 663 à incandescence. Notons à ce sujet qu’il existe encore à Paris 13g becs à huile en service.
- Foyers fumivores. — Sir Oliver Lodge, le distingué savant anglais, poursuit dans une usine électrique près de Birmingham, les essais de foyers fumivores de son invention. Ils consomment du combustible ordinaire, et ne produisent aucune fumée. Le dispositif essentiel de ces appareils consiste en un tube intérieur en terre réfractaire le long duquel passent les flammes, une combustion complète peut y être réalisée eü raison de la haute température de ses parois. Ces parois rayonnent leur chaleur vers la chaudière. Ainsi les flammes ne sont jamais directement en contact avec la chaudière. On est alors dans d’excellentes conditions pour réaliser la combustion complète et l’on espère supprimer la fumée.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- **> Mécanique
- Embrayage électromagnétique. — Ce nouvel embrayage qui a été étudié par la Société « Vulkan » de Vienne comprend deux parties principales. La première revêt en général la forme d’un électro-aimant, «loche annulaire tournant librement et jouant le rôle de poulie folle. La seconde partie est constituée par un simple disque mince calé sur l’arbre de la transmission à faire tourner.
- La figure représente clairement le dispositif et en •donne l’aspect le plus général qui peut évidemment varier suivant les diverses applications. La pression réalisée par l’attraction magnétique se fait par des anneaux de friction en métal paramagnétique qui laissent toujours un entrefer entre les masses attractives.
- Dans l’électro-aimant se trouve une bobine inductrice dont les extrémités de l’enroulement sont reliées à deux bagues collectrices isolées et placées sur l’arbre. Deux balais ou frotteurs amènent le courant électrique.
- Pour faire fonctionner l’embrayage, on ferme le circuit au moyen du commutateur, les armatures sont atti-
- Bobine inctuctricq,'
- ____Entrefer*
- Armature annulaire
- Bague c/e friction en matière non magnétique
- 'Arbre moteur
- +-
- r— fixé è f'erbre mcteùr
- Embrayage électromagnétique pour raboteuses.
- rées et la pression sur les bagues de friction rend les deux transmissions solidaires l’une de l’autre. L’interruption du courant supprime l’aimantation, donc l’attraction et les masses s’écartent l’une de l’autre sous l’action d’un ressort à boudin.
- Ce dispositif s’applique particulièrement bien aux machines à raboter. Dans ce cas, on peut supprimer le débrayage à courroie et éviter l’usure rapide qui en résulte. La vitesse de retour de la table peut être augmentée, ce qui donne à la raboteuse une plus grande capacité de travail. Si le changement de marche est obtenu par courroie, les petites courses sont presque toujours impossibles; avec l’embrayage électromagnétique, on peut disposer au démarrage de toute la puissance et la table se met en marche en pleine vitesse.
- Nous signalerons encore comme avantage, l’économie qui résulte de la suppression des frottements des courroies. La commande peut être faite par un commutateur que l’on place à une place quelconque sur le bâti de la machine. L’application nouvelle de l’embrayage électromagnétique aux machines à mouvement alternatif, et spécialement aux raboteuses, rendra certainement service aux ateliers de fabrication mécanique.
- Compas d’épaisseur à Cadran. — Il est intéressant à de multiples égards. Tout d’abord, comme on peut s’en rendre compte en examinant ses deux bras destinés aux mesures d’épaisseur, il est susceptible de prendre des distances, des épaisseurs dans des conditions très diverses : c’est ainsi que les pointes très aiguës qui terminent ses deux branches d’un côté, donnent le moyen d’appliquer l’appareil sur deux lignes très minces dont on veut mesurer l’éloignement ; ce disposif est également très avantageux quand on ne peut loger l’objet dont on veut mesurer l’épaisseur entre les deux branches beaucoup plus massives qui se trouvent de l’autre côté de l’instrument. Nous verrons enfin tout à l’heure qu’une tige qui glisse le long du manche de ce compas, en
- sortant plus ou moins, donne la faculté de mesurer la profondeur d’un trou, ou l’épaisseur, la longueur d’une pièce dont une extrémité seulement est abordable.
- Un point fort intéressant aussi, c’est que le compas dont il s’agit est muni, non seulement d’une échelle â lecture directe graduée en pouces et en centimètres ; mais encore de deux cadrans, l’un donnant les centimètres et l’autre les pouces. Un tour complet de l’aiguille indicatrice sur le cadran de droite, correspondra au déplacement d’un pouce de la pointe mobile par rapport à la pointe fixe, c’est-à-dire à une ouverture d’un pouce entre les branches du compas ; et l’on comprend qu ii est facile d’indiquer et de lire au pourtour du cadran des déplacements correspondant à des 1/60 de pouce. Pour le cadran en centimètres, on apprécie de même les distances ou épaisseurs avec une exactitude précieuse. Quant à la mise en marche des aiguilles des cadrans, au
- Compas d’épaisseur à cadran.
- fur et à mesure des déplacements des pointes l’une par rapport à l’autre, elle est obtenue au moyen d’une crémaillère à fine denture insérée dans une rainure creusée à la partie inférieure de la barre graduée : cette crémaillère engrène avec des pignons montés sur les pivots des aiguilles indicatrices. Elle est bien protégée de toutes les avaries dans son logement.
- On voit au-dessus des cadrans, et entre eux deux, une vis de pression qui permet de fixer l’appareil dans une position où on l’aura amené, de manière à conserver sans chance d’erreur une mesure qu’on aura prise. La tige que l’on voit dépasser à gauche, et à laquelle nous avons fait allusion plus haut, est solidaire de la portion glissante sur laquelle est monté le double cadran ; par conséquent, quand cette tige s’est allongée d’une certaine longueur pour atteindre le fond d’un trou, les deux pointes du compas se sont écartées exactement de la même longueur, et celle-ci est nécessairement enregistrée sur les cadrans.
- Ce curieux et ingénieux petit instrument, qui pourrait servir tout simplement à faire des conversions de pouces en centimètres ou inversement, est fabriqué par MM. Drake and Gorlcam, 66, Victoria Street Westminster, Londres S. W.
- *_> Automobilisme
- Chaufferette Walton. — Divers appareils chauffe-pieds sont déjà utilisés en automobile; en voici un nouveau d’origine américaine. Le pot d’échappement est
- Chaufferette Walton.
- entouré d’un manchon M qui porte une tubulure T par laquelle pénètre l’air froid et une deuxième canalisation E qui livre passage à l’air réchauffé autour de ce tube d’échappement. Cet air chaud se rend alors à un récipient placé sous le plancher de la voiture, plancher qui a été perforé au préalable pour recevoir la plaque supérieure de la chaufferette. Enfin, l’air chaud s’échappe au dehors par un clapet C qui se ferme dès qu’une l'entrée d’air extérieur tenterait de se produire.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- r> Physique <*
- Thermomètre spécial pour liquides volatils. —
- Tous les industriels qui ont eu à manipuler des liquides exti’êmement volatils, comme l’essence minérale, l'alcool, l’éther, etc., en grande quantité, savent combien est difficile la prise de température moyenne de la grande capacité qu’ils ont à employer. Cette température n’étant pas toujours constante en tous les poiuts de la masse liquide, il est nécessaire de faire intervenir soit un agitateur, si l’on a un thermomètre placé à demeure sur le réservoir; soit un appareil spécial servant à prendre la température moyenne de toutes les couches liquides.
- L’installation d’un agitateur, est toujours fort coûteuse et les thermomètres multiples placés d une façon invariable sur le corps du récipient et dont on prend la moyenne des indications, entraînent en premier lieu une assez forte dépense, et donnent des résultats contestables.
- D’autre part, lorsqu’on sort un thermomètre d’un liquide quelconque, si peu volatil qu’il soit, il se produit un abaissement de température qui est proportionnel à la vitesse d’évaporation de ce liquide. Les indications ainsi obtenues sont donc fausses.
- Il a été employé lors du Grand Prix de l’Automobile Club de France 1907, pour la prise de température dans les réservoirs à essence de 2-35 litres, destinés à ravitailler chacune des voitures prenant part à la course, un petit appareil appelé sonde à essence qui a donné de très bons résultats et qui mérite par sa simplicité d’attii'er l’attention de tous ceux qui sont susceptibles de l’employer.
- Il se compose d’un petit cylindre en cuivre (R) pouvant être à double paroi, c’est-à-dire entouré d’une couche d’air mauvaise conductrice de la chaleur et empêchant ainsi le liquide de prendre la température ambiante immédiatement après que l’appareil est retiré du réservoir; dans la majeure partie des cas, une simple paroi suffit ; on pourraitd’ail-leurs la faire en verre pour qu’elle soit moins conductrice, mais seulement lorsque la fragilité de l’appareil ne serait pas un obstacle à son emploi. Ce
- Thermomètre cylindre est fermé à sa partie supérieure spécial. par Un bouchon de liège (B) percé de 3 trous ; celui du centre reçoit le thermomètre (T), celui de droite un tube en cuivre (E) à ouverture évasée et plongeant presque jusqu’au fond de l’appareil ; le troisième trou (S) sert à la sortie du liquide.
- Une anse (A) mobile suivant la hauteur du thermomètre permet de s’assurer de la température, si rapprochée soit-elle du zéro, en faisant coulisser le tube thermométrique à frottement doux à travers le bouchon.
- L’appareil est soutenu par une chaînette de i,5o m. en cuivre qui permet de le plonger dans un réservoir d’assez grandes dimensions.
- Le fonctionnement de cette sonde est simple, on la plonge dans le liquide, en l’agitant et en la faisant alternativement monter et descendre en plusieurs points de la masse. Au moment où l’appareil remonte il s’établit un courant qui rentre par le tube (E) et sort par le trou (S) de plus petit diamètre que (E) ; en opérant suffisamment lentement, le courant dure pendant toute la course et le thermomètre prend la température moyenne du iquide.
- Quand on le retire, l’essence ou l’alcool restant en contact avec le réservoir à mercure du thermomètre, maintiennent ce dernier à une température constante pendant un temps variant avec le volume et la construction de l’appareil; l’abaissement de température dû à l’évaporation n’entre pas en ligne de compte, étant donné le peu de surface en contact avec l’air libre.
- Voici quelques résultats d’essais pratiques faits sur une grande sonde à essence de 28 mm de diamètre et dont le cylindre mesurait 90 mm de hauteur.
- Les expériences furent faites en plein air et en plein soleil, conditions assez défectueuses pour la bonne marche de l’appareil.
- i° Avec de l’eau dans un réservoir en tôle de a3> litres, la température ambiante étant de 28°,5, celle de la masse liquide i8°,5. La sonde fut plongée et retirée 2 fois, elle donna à sa sortie l’indication exacte de i8°,5 et, placée en plein soleil, elle maintint cette température pendant une minute, temps bien supérieur à celui nécessité pour une lecture exacte. Au bout de deux minutes la température s’élève à 190, puis à i9°,2 en 3 minutes, 20° en quatre minutes et enlin 2O0,5 en cinq minutes.
- 20 Avec de l’essence contenue dans un réservoir dey,'» litres, la température ambiante étant de 3o°, celle de la masse liquide x6°, ce qui fait une différence de tempéi'a-ture de 140.
- La sonde fut laissée deux minutes en mouvement dans le réservoir; à sa sortie elle donna l’indication exacte de i6°quise maintint pendant 5o secondes, résultat impossible avec un thermomètre ordinaire, car la tempéx’atui’e s’abaisse de 4 ou 5 degrés au moment de la sortie du liquide par suite de l'évaporation. Les variations continuèrent ensuite et furent au bout de deux minutes 170,5, de trois minutes 190, de quatre minutes 20°. La température ambiante s’étant élevée à 32°, la sonde remonta à 2i°,5 au bout de cinq minutes.
- Comme on le voit par les deux exemples précédents, le temps laissé pour la prise de tempéi-ature est suffisamment long pour que l’on n’ait aucune erreur de lecture à craindre tant que la température indiquée l'este constante.
- Cet appai-eil employé au Grand Prix de l’A. C. F. le sera peut-être en Italie au Circuit de Brescia. — La sonde à essence a été construite par la Maison Boas, Rodrigues et C°, 67, boulevard de Charonne.
- Chauffage
- Poêle à combustion lente. — La cai'actéristique du poêle que nous allons déciûi'e, c’est qu’il dégage de l’acide carbonique tout comme les poêles ordinaires. Il pré-sente donc le précieux avantage de ne pas être dangereux. C’est pourquoi, nous croyons devoir signaler celte invention, bienqu’ellene soitpas encoredanslecommei'ce.
- Un poêle à combustion lente se réalise en faisant passer l’air comburant à travers une couche épaisse de charbon. Le charbon est en grand excès par rapport à l’air, et son union avec l’oxygène dans ces conditions donne de l’oxyde de carbone. Nous avons déjà signalé à plusieurs reprises le danger de ce gaz ; c’est un violent toxique, d’autant plus redoutable, qu’il est absolument inodore, et qu’on ne peut par suite le déceler à temps, en cas d’accident ; si la fonte du poêle est portée au rouge, elle devient perméable aux gaz et l’oxyde de carbone se répand dans la chambre, faisant courir un mortel danger à ceux qui l’occupent. Pour remédier à ce grave défaut des poêles à combustion lente, M. Robin a eu l’idée de brûler l'oxyde de carbone qui se dégage de la couche de charbon contenue dans le poêle ; il met donc en contact, à peu de distance du charbon rouge du foyer A, l’oxyde de carbone avec de l’air chaud fourni par une chambre à air G dont les parois sont en. contact avec le foyer et en communication par des orifices réglables <2-avec l’air extérieur. L’oxyde de carbone et l’air se l’encontrent sous forme de courants en nappes ou en filets ; la combustion a lieu, et elle offre le nouvel avantage de dégager une notable quantité de chaleur, et par suite d’améliorer sensiblement le x-endement du poêle. L’enveloppe extérieure D du poêle doit être hermétiquement close. Le tirage a lieu comme dans les poêles à combustion lente par un orifice F qui se raccorde à des tuyaux ou à une cheminée. Le charbon de la cloche conique B descend au fur et à mesure de la combustion; celle-ci se règle par le cendrier E ; la seconde combustion, celle de l’oxyde de cax'bone, se règle par les orifices d.
- La cloche B est hermétiquement close à sa partie supéx-ieure par un couvercle b, entrant dans une gout-tièi'e J pleine de sable. — S’adresser à l’inventeur, M. le professeur Robin, 5, passage du Surmelin, Paris.
- Poêle à combustion lente
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en septembre 1907, par M. Th. Moureaux.
- Le mois de septembre a été chaud et sec ; sa température moyenne, i5°,85, est de x° supérieure à la normale, et tandis qu’il tombe en moyenne une hauteur d’eau de 5omm, la pluie n’a fourni que 17““,4, dont iom“,9 pendant les seules journées du 29 et du 3o; ces conditions, bien qu’exceptionnelles déjà, sont pourtant encore assez éloignées de celles de septembre 1895, dont la température moyenne a atteint i80,7O, et où l’on a vu 11 fois le maximum diurne dépasser 3o°, et s’élever même à 35°,4 le 7. En septembre 1907, le maximum absolu n’est que de 28°.
- La proportion des vents du S. W., généralement forte, est au contraire très faible ce mois-ci; ce sont les vents d’entre N. N. E. et E. N. E. qui dominent nettement.
- La nébulosité n’a été un peu forte que du 1" au 6, le 14, et du 27 au 3o, pendant les périodes de faible pression. Le ciel est resté très beau du 7 au 10 et du 18 au 24, et le baromètre s’est tenu constamment au-dessus de sa hauteur moyenne depuis le 4 au soir jusqu’au matin du 24 ; finalement, l’humidité relative et la nébulosité sont faibles et l’insolation élevée ; le Soleil s’est montré pendant 202 heures.
- La hauteur de la Marne est restée très uniforme vers 2"1; sa température, oscillant entre i8°,4 et 20°,6 pendant la première quinzaine, s’est ensuite abaissée peu à peu jusqu’à 170,4 le 3o.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 760““, 18; minimum absolu, 748““,2 le 27 à 4kiom; maximum absolu, 769"““,o le 16 à 9115m ; écart extrême, 2omm,8.
- Température : Sous 1’abri : moyenne des minima, 1 o°,37 ; des maxima, 220,16 ; du mois, 16°, 26; des 24 heures, x5°,85; minimum absolu, 5°,5 le 16; maximum absolu, 28°,o le 8. Amplitude diurne, minimum, 4°>6 le
- 3o ; maximum, i9°,9 le 24. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, 7°,i3; des maxima, 36°, 76; minimum absolu, o°,9 le 19; maximum absolu, 45°,7 le 9. — Dans le sol gazonné, moyennes du mois ; profondeur, om,3o : à 9 heures, 16°,53 ; à 21 heures, i6°,82; profondeur, om,65 ; à 9 heures, i6°,52 ; à 21 heures, i6°,48; profondeur 1 m. : à 9 heures, i6°,24; à 21 heures, 160,24. — De la Marne : moyenne le matin, i8°,42; le soir, i9°,oo; minimum, i7°,o8 le 25; maximum, 2O0,62 le 9.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures,
- iomm,32; minimum, 6ram,4 le 3 à i3 heures; maximum, i5mm,6 le 8 à 19 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 78,5; minimum, 32 le 25 à i5 heures; maximum, 100 en 12 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 4,3o; minimum, o, du 8 au xo, du 19 au 21, les 23 et 24; sans traces de nuages les 9, 20, 21, 23, 24; ciel complètement couvert le 3o.
- Insolation : durée possible, 376 heui'es ; dui'ée effective, 20ih6 en 29 jours; rapport, o,54-
- Pluie : total du mois, 17““,4 en n*1^.
- Nombre de jours : de pluie, 7 ; de pluie inappréciable, 5 ; de l’osée, 25 ; de bi'ouillard, 8 ; de brume, 5 ; de halos, 3; d’orage 4» les 2, 11, 12 et 29.
- Fréquence des ^ rents : calmes, 25.
- N. . 32 S. E . . . 3 2 W 21
- N. N. E. . 77 S. S. E. . 3i W. N. W 7
- N. E . . . 167 S. 5*2 N. W . i3
- E. N. E. . 85 S. S. W . 29 N. N. W 26
- E. . 23 S. w. . . 43
- E. S. E. . J7 W . s. w. 40
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moy emie
- 24 heui’es, 2m,8; moyenne diurne la plus grande, 4m>9 le 22; la plus faible, om,8 le x3 ; vitesse maximum en i5 minutes, iom,6 le 27, de i9h3om (S. S. E.) à i9h45‘“ (E. S. E.) ; coup de vent.
- Electricité atmosphéi'ique : moyenne des 24 heures (21 jours), 97 volts; moyenne diurne la plus grande, 173 volts le 3 ; la plus faible, 44 volts le 27; amplitude diurne, 0,41 ; amplitude noctuime, 0,64.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2ra,oo ; minimum, xra,8o le 28; maximum, 2m,24 le 3.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, —}— 1 mui,69 ; température, -}-i0,o3; tension de la vapeur, -J- o,nm,28 ; humidité î-elative, — 0,20 ; nébulosité, — 0,97 ; pluie, — 32mm,5.
- Taches solaii'es : on a suivi 19 taches ou groupes de taches en 23 jours d’observation.
- Pertui’bations magnétiques : faibles, les 16, 17, 18, 19, 20, 29; assez fortes les 12, 26, 27, 3o ; fortes les 10 et 11
- Floraisons : Le 8, helianthus oi'gyalis ; le 10, hémé-l’ocalle du Japon; le 12, helianthus l'igidus ; le 15, veronica speciosa; le 17, aster œil-de-christ ; le 20, gynérium ai'genteum; le 28, aster blanc.
- VARIÉTÉS
- Le haschich. — A quel besoin profond de la nature humaine répond l’emploi des narcotiques, des stupéfiants et des excitants de toutes sortes, si universellement l’épandu? C’est ce qu’on ne peut savoir — mais ce qui est cei'tain, c’est qu’il y a dans leur emploi un danger effrayant pour l’individu et pour l’espèce, et qu’on doit le dénoncer sous toutes ses formes.
- Le besoin d'ailleurs de ces di'ogues terribles est si intense que là où l’une d’elles n’existe pas, elle est toujours remplacée par une autre et qu’elles se font entre elles une guerre permanente. On a souvent dénoncé, et avec juste raison, le péril de Y alcool et le péril de Vopium, qui se partagent l’Extrême-Orient et l’Occident. Peut-être serait-il temps de signaler le péril du haschich qui, déjà installé dans l’Eui'ope Sud-Orientale, l’Asie occidentale et l’Afi'ique musulmane, menace à bref délai d’envahir l’Occident. On nous saura certainement gx*é de résumer l’étude que M. Aug. Marie a consacrée à ce dangereux produit, dans un récent fascicule de la Nouvelle iconographie de la Salpêtrière.
- D’abord, nous apprend M. Marie, le haschich consommé de nos jours vient pour la grande partie de Gx-èce, où il est prépai'é en drogues diverses destinées,
- les unes à être mangées, les autres à être fumées. C’est ainsi que l’on distingue : le dawamesk, exti'ait gras, sucré et ai'omatisé de canelle, pistache, poivre, muscade, musc, cantharide, noix vomique, qui se mange chiqué ou mêlé à des gelées de fruits — le gozah, qui se fume dans des fumeries spéciales (maschedels) au moyen d’une pipe ad hoc — le ganja, le chara, le madruk, le chandu, noms donnés aux Indes anglaises à des mélanges de haschich, de tabac et d’opium, suivant diverses proportions.
- En Egypte, que M. Marie étudie principalement, on a tenté de combattre le haschich, mais sans succès. On commença, en 1868, par l’interdiction absolue de la culture et de l’importation, puis en 1874, l’importation fut l'établie, contre paiement de droits élevés, et à nouveau supprimée en 1879. Seulement, on ne tarda pas à découvrir (1884) que le haschich prohibé, au lieu d’être détruit, était partagé entre les officiei's et agents de douane et revendu par eux; c’était une vaste organisation de contrebande, entre douaniers et contrebandiers, et à leur profit commun. En dépit de la répression, un état de choses analogue, sinon identique, dure encore et il se consomme annuellement en Egypte, d’après M. Ma-
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Enlèvement des taches de couleurs d’aniline. —
- Ces taches cèdent souvent à l’alcool ; mais celui-ci n’est pas d'application toujours facile : aussi conseille-t-on, dans la Suddeutscli Apoteker Zeitung, de recourir à l’opodeldoch liquide. Il paraît que les taches disparaissent instantanément et complètement.
- Liquide à détacher. — Il s’agit d’un liquide qui est indiqué par la publication allemande Polytechnisches Journal, et qui est destiné aux usages industriels, pour les étoffes salies notamment en cours de fabrication. Mélanger soigneusement, à 5oo parties d’eau, xo d’éther sulfurique, autant de savon en poudre, i5 gr. (les pai’ties
- étant en poids et des grammes) d’alcool, 3o gr. d huile-de térébenthine, et 10 d’ammoniaque. On rend le tout homogène en secouant bien.
- Remise à neuf du cuir des meubles. — On commence par enlever toute poussière et toute trace graisseuse : cela au moyen d’eau tiède additionnée de soude ou d’ammoniaque, ou encore de benzine ou de pétrole. Ensuite on prépare une solution de 3o gr. de gomme arabique dans un demi-litre d’eau bouillante, et on applique celte eau gommeuse à froid, sur le cuir sec, en saturant bien ce dernier à l’aide d’une éponge ou d’une brosse dure.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de . renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. F. Andreu. — i° Nous vous conseillons Rome ou Nice pour les conditions que vous cherchez; en Suisse, vous ne trouverez pas. — a0 Comme formulaire, nos Recettes et procédés utiles constituent un livre commode, qu’on peut avoir sans cesse sous la main, et qui contient une foule de renseignements. Les cinq petits volumes eix sont publiés par Masson et C"!, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Renou, à Montrouge. — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner.,
- 1SIM. John M. Vin, à Tacuaremto (Uruguay). — Nous communiquons votre demande à M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, constructeur du télémicrophonographe.
- M. Marizy, à Épernay. — Pour le fer porphyrisé, voyez un marchand de produits chimiques, pour la thermite. Àdi'essez-vous à la Société Àlumino-Thermie, 67, rue de Provence, à Paris.
- M. le Dx Semai, à Yillers-le-Sambin. — Pour les moteurs Diesel, adressez-vous à M. Dickolf, ingénieur-constructeur, à Bar-le-Duc (Meuse).
- M. K. U. B. — Presses aulographiques : veuillez vous adresser à la maison Marrot, 60, rue Saint-Sabin.
- M. Dejeante, à Paids. — Plumes à réservoir : vous en trouverez d’excellentes, chez Brentano’s, 37, avenue de l’Opéra; la dépense est en effet assez élevée (de a5 à 3o fx-ancs) mais l’acquisition est définitive.
- M. Ory, à Veulettes. — Ce sont des feuilles vertes qu’il faut employer de préférence.; la pulvérisation doit se faire à chaud et en cette saison.
- Ê. David, à Mamers. — Le Manuel Roret de la fabrication des poids et mesures de Ravou, doit être prochainement réé.dité, en édition revue et mise au point, par la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris; nous croyons que le mieux à faire serait d’attendre cette réédition, d’autant que nous ne connaissons pas d ouvrage équivalent à cet excellent traité.
- M. P. L., à Paris. — i° La laveuse de ménage que vous nous indiquez est, nous semble-t-il, exti’êmcment
- pratique. — a0 Eau ne dissolvant pas bien le savon : c’est qu elle est chargée en carbonate de chaux ou de magnésie; y ajouter du carbonate de soude, chauffer à 80 ou ioo°, décanter et faire dissoudre le savon. La dose de cai’bonate de soude dépend de la teneur calcaire ou magnésieixne ; on pourrait la déterminer par analyse, mais quelques essais apprendront, d’une façon plus simple et plus pratique, la quantité convenable.
- M. C. Curi, à Teignera. — Nous n’avons pas d’autres renseignements sur le procédé que nous avons décrit sur l’extraction des huiles d’olive par turbines.
- M. Collain, à Montgaud. —- Le filtre Maillé, à la porcelaine d’amiante, est tout indiqué pour l’emploi que vous signalez. Vous le trouverez à Paris, 155, rue du faubourg Poissonnière.
- Un lecteur berrichon. — Fabrication industrielle de l’iode : elle est décrite tout au long et clairement dans le Traité de chimie industrielle de R. Wagner, Fischer et Gautier, t. I, p. 764 et suivantes, Masson et Ci0, éditeurs. Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur cette industrie.
- il/. X. de L. — Nous ne pouvons répondre exactement à votre demande au sujet du traitement de la pelade, faute de quelques détails nécessaires pour donner un conseil avisé : il faudrait savoir l’ancienneté de la lésion, l’origine, l’étendue du mal, l’état généx'al, les traitements appliqués jusqu’ici.
- M. E. de la Chenelière, à Cierrey. — Contre la ver-moului’e du bois, nous avons donné de bons conseils dans notre recueil Recettes et procédés utiles, ir0 série, p. 378 (Masson et C10, éditeurs, 120, boulevard Saint-Geinnain, Paris) ; le plus pratique serait de traiter les bois par les deux solutions suivantes : i° 156 gr. d’acide arséniqne, 36oo gr. d’acide phénique dans igo litres d’eau; — 20 10600 gr. de sulfate de fer dans 100 liti'es d’eau ; avant l'application de ces solutions, soumettre les pièces à l’action d’un jet de vapeur qui facilitera leur pénétration. Il faudra certainement recommencer l’opération à plusieurs, reprises. Puis vous passerez les bois à un lait de chaux épais, par plusieurs couches.
- M. Carlos, M. Garcia, Vera-Cruz. — Nous vous remercions de voli'e obligeante remarque. L erreur est déjà rectifiée par votre compatriote, le Dr Gayon, dans l’information complémentaire sur le hennequen, painie dans notre n° 1791, du 21 septembre 1907.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Indianer Typen aus dem Amasonasgebiet, par leD1 Théod. Koch Grunberg. E. Wasmuth, édit., Berlin, in-folio, 1907.
- Deuxième livraison de cet important ouvrage ethnographique (Yoy. n° 1763, 9 mars 1907, Bibliographie). Elle est consacrée (avec 21 magnifiques planches en héliogravure) aux Indiens Tuyuka et Bara. Les Tuyu1 a ne sont que i.5o à 200 ; les Bai'a (que l’auteur a été le
- premier blanc à visiter), au nombre de 100 seulement, sont végétariens, parce que les inondations perpétuelles de leur territoire entravent la chasse et lapêclxe, ce qui est un curieux effet de Y influence du milieu. Aux jours de fête les deux tribus se peignent le corps en bleu et rouge. v.
- La télégraphie sans fil et les ondes électriques, par J. Boulanger, colonel du génie, et G. Ferrie, capitaine
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- VARIETES
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- rie, 140000 livi'es de haschich de contrebande, d’origine grecque, chiffre établi depuis 1895 par des statistiques rigoureuses, non moins qu’officielles !
- Voyons maintenant les effets de la drogue.
- D’après M. Marie, parmi les aliénés égyptiens admis à l’hospice du Caire, 27 pour 100 doivent leur folie au haschich (689 sur 2564 cas de 1896 à 1901); ce sont surtout des hommes.
- L’ivresse du haschich, comme celle de la plupart des ébriants à faible dose, détermine une forte illusion de puissance intellectuelle, et de compréhension nouvelle, qui va jusqu’à donner au sujet l’illusion de possession par des puissances surnaturelles, mais qui ne tarde pas à aboutir à l’incohérence, à l’insomnie, à l’épuisement, avec accompagnement d’hallucinations, idées de persécution, idées hypocondriaques ou mélancoliques, comparables aux réactions alcooliques que nous connaissons.
- Comme celles-ci d’ailleurs, les réactions hasehichiques cheminent promptement vers les actes criminels. Le fâcheux effet sur la descendance n’est pas moins marqué.
- Quels que soient les dangers du haschich, M, Marie pense qu’il faut beaucoup de prudence pour le combattre et c’est bien l’avis des administrateurs anglais et égyptiens. Ceux-ci craignent qu’une croisade contre le haschich tourne seulement au profit de l’alcool, plus dangereux encore. Que l’on n’oublie pas, en effet, ce que nous disions plus haut : si triste soit-il, le besoin de stupéfiants-excitants, alcool, opium, haschich, etc., est un besoin. Les mesures coercitives, les mesures fiscales, en admettant qu elles ne transforment pas un vice connu en vice caché, ne peuvent aboutir qu’à remplacer un poison par un autre, dut-on en inventer de nouveaux.
- Dr Desplkin.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- L’installation des paratonnerres. — On sait que l’efficacité des paratonnerres à tige si couramment employés, n’est pas toujours parfaite, et qu’un mauvais paratonnerre est plus dangereux, pour un édifice, que l’absence de tout moyen de protection. Nous croyons donc utile de résumer à ce sujet une importante communication faite par MM. Dangler, Blattner et Huber à la dernière assemblée générale de l’Association suisse des électriciens : le principe de tout organe de protection contre la foudre doit être le suivant : « Un objet peut être mis complètement à l’abri de l’action destructrice de l’électricité atmosphérique, et en particulier des coups de foudre, si on l’entoure d’un revêtement ou d’un treillis métallique et si l’on relie cette garniture protectrice à la terre. L’action protectrice du réseau métallique décroît si on augmente les dimensions de ses mailles et devient minimum si le réseau se réduit à une seule maille ou à une partie de maille. »
- La présence d’une tige de paratonnerre sur cette armature métallique, n’en accroît nullement la valeur protectrice ; au contraire, puisqu’elle peut tout au plus provoquer des coups de foudre.
- Par contre, un paratonnerre à tige monté sur un mât élevé, protégera très efficacement les objets environnants en détournant sur lui les coups de foudre ; son emploi s’impose aussi pour les édifices élevés et isolés : clochers, cheminées d’usine, etc.
- Pour un édifice de superficie notable, on sait depuis longtemps que les paratonnerres à tige constituent une insuffisante protection; et le système bien connu de Melsens, qui consiste à les entourer d’une sorte de cage métallique, munie de pointes nombreuses et courtes, et reliée à la terre, est beaucoup plus satisfaisant.
- Les bâtiments modernes sont fréquemment construits en fer, entièrement ou en partie ; il est tout indiqué de chercher à utiliser cette armature métallique dans un but de protection contre la foudre ; il suffira d’en compléter les mailles, si elles sont trop lâches, par des con-dxicteurs métalliques et de relier le tout fort soigneusement à la terre. 11 est recommandé d’utiliser dans ce but les toitures métalliques, ou les parties métalliques qui entrent dans la construction des toitures, les gouttières, lès tuyaux de déversement des eaux, mais il faut remarquer que si ces diverses parties ne sont pas reliées entre elles et mises à la terre, elles constitueront non une protection, mais un danger.
- Dans toute installation de paratonnerre, la prise de terre est un élément d’une importance capitale dont dépend toute la sécurité de l’installation. Les auteurs de la communication demandent des règlements publics exigeant le contrôle des prises de terre par des fonctionnaires compétents.
- Il faut 2 lignes de terre au moins pour tout paratonnerre, et si la superficie du bâtiment à protéger excède 3oo m2, nne ligne de terre supplémentaire pour chaque superficie de 200 m2 en sus. En outre, les gouttières doivent être mises à la terre par leur partie inférieure ou reliées à la ligne de terre ; il en est de même des conduites d’eau ou de gaz, des tuyaux des chaufferies cen-
- trales, etc. Pour les conduites de gaz, la mise à la terre doit toujours se faire à l’entrée de celles-ci dans l’habitation et en tout cas entre le raccordement et le compteur.
- La liaison entre les lignes de terre et le sol se fera le plus facilement dans les habitations raccordées à la distribution d’eau en reliant les conducteurs à la tuyauterie, et cela le plus près possible du point d’introduction de la canalisation dans la maison.
- Eu l’absence de canalisations hydrauliques, les endroits favorables pour la prise de terre sont les couches d’eau souterraines, les puits, les fontaines, les terrains humides. S’il n’en existe point aux alentours de la construction à protéger, on constituera autour d’elle à une distance de 1 ou 2 m. des murs de fondation une boucle en fil de cuivre ou de fer galvanisé qu’on enfouira de 3o ou 4° cm dans le sol. C’est à celte boucle que l’on reliera les lignes de terre. De plus, on reliera l’extrémité des lignes de terre à des plaques de cuivre ou de fer, de vieux tuyaux en métal, etc.
- On voit qu’une installation de paratonnerre est toujours chose fort délicate; et nous recommanderons à nos lecteurs, lorsqu’ils auront à en faire exécuter, de 11e s’adresser qu’à des constructeurs offrant toutes garanties de compétence et d’expérience.
- Cuir imperméable. — On prépare une solution de 1 partie de caoutchouc dans 10 parties de benzol et l’on ajoute 10 parties d’huile de lin. Le cuir est imprégné ensuite d’un seul côté s’il est mince, sur les deux faces s’il est épais comme c’est le cas des semelles par exemple. On fait évaporer alors le benzol. On peut remplacer l’huile de lin par d’autres matières de même genre mais plus consistantes, telles que la cire, la paraffine, etc., en y joignant au besoin un peu de benzine. La pénétration dans le cuir peut être accélérée par l’action du vide : la résistance du cuir, traité par ce procédé, est améliorée et ceux de très bas prix peuvent être rendus utilisables.
- Encre bleue pour écrire sur le verre. — On prépare d’abord une solution de 20 parties de résine dans i5o d'alcool, et l’on y ajoute goutte à. goutte, en brassant constamment, une solution de 35 p. de borax dans 260 p. d’eau. Finalement on complète par une quantité suffisante de bleu de méthylène.
- Teinture du bois. — Un procédé dû à M. G. Kron permet, lorsqu’on veut imprégner ou teindre le bois au moyen d’un liquide, qu’on injecte après avoir pompé la sève par le vide, d’obtenir entre le tronc et le réservoir une étanchéité complète. Un anneau souple en caoutchouc ne donne pas de bons résultats quand le tronc est irrégulier. Le procédé de M. Kron consiste à couler autour du tronc à colorer une matière vite solidifiable telle que du plomb fondu. On a ainsi un anneau imperméable autour de la pièce de bois qui est jointe au réservoir d’une façon étanche, le liquide ne peut suinter en aucune façon. Le procédé d’injection permet d’avoir un bois coloré très durable qui peut être poli et verni à la manière ordinaire et qui est très avantageux pour la fabrication des meubles et l'ébénisterie,
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à I Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- 'fout ce qui concerne la Rédaction de a. La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘e, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1796 (26 OCTOBRE 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Une île nouvelle dans le Pacifique. — Le télégraphe nous apprend qu’un Japonais vient de découvrir une île inconnue dans le Pacifique, entre Macao et les Philippines. Cette île est, à vrai dire, un îlot, i5 milles de circonférence, mais elle paraît contenir des richesses véritables en soufre ; aussi le voyageur a-t-il compris son devoir : sur-le-champ il a planté le drapeau japonais dans l’île et l’a baptisée : Saïzawa Kichiji. L’avenir du Pacifique est évidemment aux races jaunes !
- Les Universités de Suède. — On sait que l’instruction est fort développée en Suède et que les Universités y sont très anciennes. Yoici quelques chiffres sur leur importance. Celle d’Upsal, fondée en 1477? est dotée d’un budget de 1002800 couronnes (1 340000 fr.) et comptait i5oo étudiants en 1906-1907. Celle de Lund, fondée en 1666, dont le budget est de 3789237 couronnes (5 040 000 fr.), compte seulement 800 étudiants. A ces deux Universités d’Etat, il faudrait ajouter l’Université libre de Goeteborg, fondée en 1887, qui n’a pas publié ses renseignements statistiques. De plus, on pourrait ajouter qu’il existe à Stockholm un Institut de médecine et de chirurgie (Ivarolinska Institute) fondé en 1571, une Ecole des Hautes-Etudes (1878) et une Ecole technique (1798). Enfin, on projette une Université dans le Nord de la Suède.
- L’outil préhistorique. — Un technicien, M. Ch. Fré-mont, chargé de l’enseignement pratique à l’Ecole nationale des Mines, s’est livré, au musée de Saint-Germain, à une étude de l’outillage chelléen qui l’a conduit à de curieux résultats. On sait que l’outil chelléen est une amande en pierre éclatée; l’arête qui délimite les deux faces de l’amande est non pas une ligne droite, mais une ligne ondulée, sinusoïdale, non contenue dans un plan. L’examen d’une pièce montre d’ailleurs fort bien que cette forme n’est pas due au hasard, mais pleinement intentionnelle. M. Frémont conclut de cette forme, grâce à sa compétence technologique spéciale et aussi à quelques essais, que l’outil chelléen, loin d’être, comme le croyait de Martillet, un outil à toutes fins, hache, couteau, poinçon, selon les circonstances, était déjà adapté à un mode d’emploi précis ; on s’en servait très probablement pour travailler le bois et par frottement sur l’arête sinusoïdale. C’était en somme une râpe primitive.
- L’inventeur de la machine pneumatique. — C’est, comme on sait, Otto de Guericke (i65o), qui inventa également une machine pour peser l’air et d’autres instruments de physique. On vient de lui élever un monument à Magdebourg, dont il avait été bourgmesti’e. Il l’a attendu 25o ans !
- Traitement des plaies dues à l’emploi des composés chromiques. — Les plaies chromiques sont fréquentes chez les ouvriers des fabriques de chromâtes et de bichromates ou des usines employant ces produits, telles que les établissements où s’opère le tannage des cuirs au chrome. Ces plaies se produisent chaque fois que ces composés chromiques peuvent s’introduire sous la peau par suite de plaies, d’excoriations, etc. ; elles s’étendent ensuite et deviennent très douloureuses. On a signalé un mode de traitement qui a réussi pleinement dans plusieurs usinés et qui consiste à laver les plaies avec une solution de bisulfite de soude à 5 pour 100, qui réduit l’acide chromique à l’état d’hydrate de chrome inoffensif, en sorte que les plaies se guérissent rapidement.
- Influence des rayons du radium sur les mélanges d’hydrogène et de chlore et d’hydrogène et d’oxygène. — Nos lecteurs savent que, quand on expose à la lumière solaire un mélange d’hydrogène et de chlore ou d’hydrogène et d’oxygène, fait dans les proportions où ces gaz se combinent, la réaction a lieu de suite avec une violente explosion et formation d’acide chlorhydrique ou de vapeur d'eau. Si on opère à la lumière diffuse, la combinaison s'effectue beaucoup plus lentement et sans danger; enfin dans l’obscurité, les réactions sont à peu près arrêtées. Il était intéressant de constater si d’autres radiations étaient susceptibles de déterminer sous ce rapport des phénomènes analogues à ceux dus aux l’ayons solaires. Deux auteurs, MM. Jarissen et Ringer, ont constaté que, sous l’influence, des rayons du radium, le mélange d hydrogène et de chlore réagit fortement' tandis que le mélange d’hydrogène et d’oxygène ne réagit pas dans ces conditions. Les rayons a du radium qui décomposent le mieux les substances chimiques en ions et qui par suite sont les plus actifs pour accélérer une réaction, possèdent la plus faible, pénétrabilité et sont arrêtés même par une simple feuille de papier.
- Transmission d’énergie électrique par câble sous-marin. — La ligne électrique qui relie Venise à Lido, est partie aérienne, partie sous-marine. Elle transmet de l’énergie électrique par courant triphasé à 6200 volts et à une fréquence de 4 2 périodes. On emploie 3 câbles séparés afin d’assurer plus de flexibilité. Du reste on a immergé un 4e câble qui sert de réserve, au cas où l’un des 3 autres viendrait à être endommagé par une embarcation ou une ancre. Ces câbles ont été construits avec une nouvelle substance isolante, ayant pour base la gutta-percha. Les fils ont 25 mm2 de section et sont recouverts d’une double couche de la matière isolaute. Le tout est enfermé., dans une gaine protectrice en
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- BIBLIOGRAPHIE
- •du génie, 6e édition augmentée et mise à jour, chez Berger-Levrault, Paris, 5, rue des Beaux-Arts.
- Les auteurs de cet excellent ouvrage, deux officiers distingués, sont, en France, les juges les plus compétents en matière de télégraphie sans fil. Cette science nouvelle leur doit d’importantes études théoriques, l’on sait en outre que le capitaine Ferrié est un habile technicien, il a eu le grand mérite d’organiser, avec des ressources très minimes, la remarquable station de la tour Eiffel. Le livre de MM. Boulanger et Ferrié fait donc autorité. C’est un exposé complet de l’état actuel de la télégraphie sans fil, en même temps qu’un examen impartial des avantages et inconvénients inhérents à ce genre de communication. Citons leur conclusion : « La télégraphie sans fil n’est appelée à faire disparaître aucun des moyens de communication actuellement existants. Dans certains cas, elle en
- deviendra un auxiliaire précieux, dans d’autres, elle comblera des lacunes en permettant d’établir des relations impossibles avant elle. En particulier, elle contribuera à augmenter, dans une très large mesure, la sécurité de la navigation ».
- I.a Descendance de l'homme, par Ch. Darwin. Traduct. Edmond Barbier. Edition populaire d’un des ouvrages les plus remarquables de Darwin. Paris. C. Reinwald-Schleicher frères. In-8°, 38 planches hors texte. Prix : 3 francs.
- Exposé théorique et pratique de l électricité industrielle. — Dangers des courants électriques, par L. Zacon, inspecteur du travail. Paris, Société d’éditions techniques, 16, rue du Pont-Neuf, à Paris.
- Notions élémentaires d’électricité industrielle, par Seguin et Fabre. 3a lig. dans le texte, Berger-Levrault.Paris.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 oct. 1907 . . 15°,1 S. W. 3. Couvert. 10,0 Pluie à diverses reprises ; couvert jusqu’à 13 h. ; nuageux ensuite.
- Mardi 8 12°,6 S. S. W. 2. Couvert. 4,4 Pluie à 5 h. et de 14 h. 5 à 14 h. 2b; très nuageux.
- Mercredi 9 10°,2 S. E. 1. l’luie. 8,0 Pluie de 6 h. 30 à 7 h., de 9 h. 33 à 15 h. ; couvert.
- Jeudi 10 9° ,5 S. 3. Beau. 0,2 Pluie à 3 h. ; peu nuageux.
- Vendredi 11 11°,7 S. S. E. 2. Couvert. 0,2 Pluie vers 5 h. ; très nuageux ; halo à 15 h.
- Samedi 12 6°,4 Calme. Brouillard. » Rosée ; brouillard de 200 m. à 8 h. ; halo à 10 h. ; nuageux.
- Dimanche 13 13°,2 S. 2. Couvert. 2,4 Couvert; pluie de 13 h. 20 à 21 h.
- OCTOBRE 1907. — SEMAINE DU LUNDI 7 AU DIMANCHE 13 OCTOBRE 1907.
- La courbe supérieure indique la nébulosité d® 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent . courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à labri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 7 au i3. — Le 7. Baisse barométrique générale; mer du Nord, 743 mm. Pluies générales; en France : Bordeaux, 63 mm; Clermont, 14 ; Brest, Boulogue, i3; Nantes, 11 ; Paris, 5. Température du matin : Kharkov, i°; Paris, i5; Alger, 18; Puy de Dôme, 8; Pic du Midi,
- — 1 ; moyenne à Paris : 14°,2 (normale : n°,4). he 8. Situation identique : Sud de la France, 748. Pluies" sur le N. et FO. de l’Europe; en France : Besançon, 27; Limoges, 21; Boulogne, 17; Bordeaux, 11; Paris, 9. Temp. du matin : Kharkow, 5°; Paris, 13 ; Alger, 22; Puy de Dôme, 5 ; Pic du Midi, — 2 ; moyenne à Paris : i2°,3 (normale : n°,2). — Le 9. Press, atm. : Bretagne, 748. Pluies, en France : Biarritz, 90; Perpignan, 48; Toulouse,' 24 ; Nice, 14. Temp. du matin : Bodoe, 20; Paris. 10; Alger, 19; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi,
- — 7; moyenne à Paris : io°,7 (normale : ii°,i). I.e 10. Press, atm. : Manche, 744; Scandinavie et mer Noire, 769. Pluies sur l’O. et le S. de l’Europe; en France : Lyon, 40; Clermont, 33; Brest, i3; Paris, 8; Toulon, 4; Bordeaux, 3. Temp. du matin : Haparanda, i°; Paris, 9; Palerme, 12; Puy de Dôme, 5; Pic du Midi, —5;
- moyenne à Paris : i3°,6 (normale : io°,9). — Le ri. Relèvement générai des pressions sur l’O. : tenue générale entre 760-765. Pluies sur la même région; en France : Biarritz, 14; Nantes, 10; Le Havre, 9. Temp. du matin : Haparanda, o°; Paris, 12; Alger, a3 ; Puy de Dôme, 8; Pic du Midi, —3; moyenne à Paris : i2°,4 (normale: io°,8). — Le 12. Situation générale à 765 sur tout l’O. de l’Europe; maximum en Autriche, 771 ; Christiansund, 7ÔI. Pluies sur l’O. et le N. de l’Europe; en France : Biarritz, 19; Limoges, i3; Besançon, 8; Cherbourg, 5; Brest, 3. Quelques orages. Temp. du matin : Arkangel, 4°; Paris, 6; Toulouse, 17; Puy de Dôme, 9; Pic du Midi, o; moyenne à Paris : n°,4 (normale : io°.6). — T.e i3. Baisse barom. : Ecosse, 760; Kief, 769. Pluies sur l Océan; en France : Biarritz, 94 ; Perpignan, 61; Port-Vendres, Cette, 58; Rochefort, 20; Boulogne, 19. Temp. du matin : Moscou, o°; Paris, 13 ; Nice, 19; Puy de Dôme, 8; Pic du Midi, —2; moyenne à Paris : i4°,3 (normale : io°,4). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 7, à 10 h. 3o m. du matin.
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- INFORMATIONS
- plomb, recouvert de jute goudronné maintenu par une armature en lils de bronze phosphoreux.
- L’énergie hydro-électrique en Angleterre. — Elle est encore fort peu utilisée. D’après un travail de M. Campbell Swinton, paru dans les Annales du ministère de l’Agriculture, la puissance empruntée à la houille blanche, en Angleterre, ne dépasse pas 12000 IIP. La seule entreprisè importante en activité est celle de la Compagnie Britannique de l’aluminium à Foyers, qui fabrique du carbure de calcium et de l’aluminium. Sa puissance est de 7000 HP et va être portée à 9000. Mais de grands projets sont en cours d’exécution; la précédente Société fait construire une usine de 17000 HP; une autre entreprise de même nature, qui disposera de 8000 HP, est en cours de réalisation dans le Pays de Galles. Le syndicat écossais d’hydro-électricité se propose d’exploiter les ressources offertes par les montagnes écossaises et leurs célèbres lacs; on a projeté d’aménager tout d’abord le lac llog, en relevant son plan d’eau de 18 m. ; on disposera ainsi d’une puissance minima de 6000 HP. qui sera distribuée aux centres industriels des vallées de Leven et de la Clyde. Malgré ces importants travaux, l’Angleterre reste, pour l’exploitation de ses ressources naturelles, en énergie hydraulique, bien loin en arrière des autres pays Européens ; mais il faut tenir compte du faible relief de son système montagneux qui en rend l’exploitation beaucoup plus coûteuse que dans nos Alpes, par exemple.
- Les incendies et la pluie. — Nous trouvons dans la Revue néphologique une Note intéressante de M. Henri Mérnery, sur ce sujet. Dans sa savante brochure intitulée La météorologie nouvelle et la prévision du Temps, M. R. Radan signale plusieurs cas se rapportant à des chutes de pluie paraissant provoquées par des incendies allumés dans cette intention. M. Radan discute ces, faits et, se tenant sur une sage réserve, ajoute : « Il y aurait, sans doute, intérêt à instituer des expériènces de ce genre sur une grande échelle et dans des conditions nettement déterminées. » Une expérience bien involontaire et malheureusement instituée sur une trop vaste échelle eut lieu pendant l’été de 1906; nous voulons parler des incendies gigantesques qui, pendant 8 jours, dévastèrent une grande partie des forêts de pins de la Gironde (du 27 août au 3 septembre). Des milliers d’hectares de forêts furent la proie des flammes. M. Henri Mémery fait remarquer que ces incendies se produisirent au cours d’une période de beau temps, du 26 août au 8 septembre, au cours de laquelle le temps resta presque constamment superbe. « Donc, ajoute M. Mémery, dans le cas présent, ces incendies, malgré leur durée et leur étendue, non seulement n’ont pas amené d’orages de pluie, mais n’ont pas coïncidé avec l’apparition d’un nuage quelconque ; de plus, pendant la période indiquée, le vent a toujours soufflé de la même direction et la courbe barométrique est une ligne presque droite. Faut-il conclure de ce fait que les exemples cités par M. Radan, s’ils sont conformes à la vérité, doivent être mis sur le compte de simples coïncidences, ou bien que la même cause produit des effets différents selon qu’ellé agit sous les tropiques ou dans la zone tempérée ? » Nous pensons qu’il s’agit, en effet, de pures coïncidences.
- L’altitude des... hôtels suisses. — Puisqu’on va surtout en Suisse pour faire des cures d’altitude, il est intéressant de savoir à quelles altitudes on peut trouver des hôtels. D’où un curieux tableau, récemment publié par le Bureau central de la Société suisse des hôteliers ; on y apprend que 626 hôtels sont situés à une hauteur de 200 à 5oo m. ; 394 de 5oi à 800; 188 de 801 à 1000; 198 de 1001 à 1200; 126 de 1201 à 1400; 145 de i4oi à 1600; 90 de 1601 à 1800; 122 de 1801 à 2000; 34 de 2001 à 3ooo, et 1 au-dessus de 3ooo. On comprendra que nous ne puissions pas donner de noms !
- L’isolement des troupeaux. — M. Piot bey, du Caire, chef du service vétérinaire du domaine khédivial, a développé récemment devant l’Académie de médecine une note d’un grand intérêt scientifique et pratique pour les agriculteurs et éleveurs. D’observations nombreuses recueillies par l’auteur en Egypte, au cours dé grandes épizooties, il conclut que l’isolement individuel, en plein champ, du bétail exposé à la contagion, suffit le plus souvent pour arrêter 1 extension de la maladie; au contraire, la séquestration du bétail à l’étable, prescrite par
- tous les règlements sanitaires européens, donne les plus mauvais résultats. M. Piot bey a ajouté à ce qui précède quelques indications sur le rôle des insectes porte-virus dans la pathologie de la peste bovine, pleines d’intérêt.
- L’industrie du varech. — Un de nos abonnés, M. Carlier, nous communique à ce sujet d’intéressants renseignements ; le varech qui entre dans le rembourrages de coussins ou matelas se i-éeolte sur une longueur de côte de 3 à 6 kilomètres au plus (de Coutainville à Granville, dans la Manche). H consiste en longs et minces filaments, verts ou. bruns, quelquefois blanchâtres, de 2 à 3 mètres de long sur 4 à 5 mm. de large ; en les brisant, on voit apparaître les brins gélatineux qui donnent au varech son élasticité. La récolte se fait à 2 ou 3 km. en mer à l’époque des grandes marées. Les hommes, dans l’eau jusqu’aux épaules, coupent cette herbe comme du blé avec des faux. Les femmes en font des bottes qu elles lient solidement sur des sortes de carcasses de panier; cette opération doit être terminée dès que la mer remonte. Puis on se case dans des barques en attendant que l’eau ait dépassé le niveau des haies de pêcheries qui existent sur celte côte. Les paniers ou « dranes » sont entraînés par le flux. Aussitôt les pêcheries passées, les hommes montent sur les dranes qui flottent et avec de longues perches s’efforcent de ramener leur chargement au rivage. Le varech ainsi récolté est séché sur les dunes, et il se vend ensuite jusqu’à 90 fr. le quintal.
- Une nouvelle chaudière de locomotive. — Un
- inspecteur des chemins de fer de l’Etat autrichien, M. Brotaiï, vient d’imaginer une disposition toute nouvelle pour la boîte à feu et la chaudière des locomotives. U supprime complètement la boîte à feu en cuivre, et il forme la chambre de combustion d’une série de tubes verticaux qui se recourbent à la partie supérieure du foyer pour constituer une voûte ; ils se réunissent et aboutissent tous dans un gros tube horizontal qui s’allonge dans la direction du' corps cylindrique, où il vient déboucher. Il en résulte des économies de construction, d’autant qu’on ne fait plus usage de cuivre ; de plus, les réparations seraient moins coûteuses et les conditions de production de vapeur seraient améliorées.
- Le coton en 1907. — D’après des renseignements officiels, communiqués récemment à la presse américaine, la récolte de coton aux Etats-Unis, en 1907, serait de i3 539948 balles, contre 11 233 847 en 1906. C’est la première fois qu’un tel chiffre est atteint. Il est vrai de dire aussi que la qualité ne paraît pas devoir être à la hauteur de la quantité; de l’avis du rapporteur qui a réuni les chiffres, jamais le coton n’aura été aussi mauvais depuis 1870-1871.
- La crise de l’industrie automobile. — L’industrie automobile subit actuellement, en France, une crise sérieuse et qui paraît s’accentuer de jour en jour, atteignant peu à peu les grosses maisons après les petites. Il était, à vrai dire, assez facile de le prévoir ; un développement, tel que celui des dernières années, ne pouvant se continuer longtemps sans à-coups. D’après les statistiques, il circulait en France, au 3i décembre 1906, i4 555 voitures automobiles à plus de 2 places, d’une puissance moyenne voisine de i5 chevaux. Or, 011 sait qu’une voiture .de 12 à 20 chevaux, fournissant un service annuel de i5oôo km., coûte environ 10000 à x5ooo francs par an à son propriétaire et supposé, par conséquent, un revenu d’environ 5o à 60000 fr. Or, le nombre des revenus supérieurs à 5oooo fr. est seulement de i3 200 dont 34oo supérieurs à 100000 fr. Il est donc facile de comprendre que la clientèle riche, pour laquelle l’adoption de Fautomobile a été, en partie, une question de mode et de snobisme, doit être à peu près saturée. D’autre part, le marché étranger se restreint par la création d’industries concurrentes. Il semble donc que l’avenir de l’industrie doive être surtout dans le développement des voiturettes légères et économiques, dans la démocratisation de ce moyen de transport luxueux, dans l’automobilisme agricole, le transport des marchandises,’etc.
- Le port de Hambourg. — L’accroissement formidable du trafic de ce port a rendu ses dimensions insuffisantes pour le nombre des navires qui y entrent journellement. De grands travaux vont être entrepris pour assurer- son agrandissement ; les dépenses sont estimées à 20 millions et le travail sera achevé vers 1910.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *•> Mécanique
- L’Anti-bélier. — L’inconvénient commun à tous les systèmes de distribution d’eau est ce que l’on appelle en hydraulique le coup de bélier. Lorsqu’on puise de l’eau à un robinet branché sur une canalisation, on entend un bruit analogue au ronflement d’un tuyau d’orgue et lorsqu’on ferme le robinet, on entend deux forts chocs dont le bruit ressemble à deux claquements de fouet. Dans le premier cas, c’est la conséquence du coup de bélier tandis que dans le second cas, c’est le coup de bélier lui-même. Ces bruits sont fort désagréables et sont la source, dans les immeubles où existent de telles
- distributions d’eau, de nombreuses plaintes des locataires; la nuit, particulièrement, si un locataire tire de l’eau, le coup de bélier se répercutant dans le silence devient intolérable, et cela à un tel point que certaines personnes considérant le coup de bélier comme motif de résiliation de bail ont engagé des procès contre leurs propriétaires. Mais on peut s’habituer à un bruit et ce n’est encore qu’un inconvénient relatif en comparaison des avantages que procure la facilité d’avoir de l’eau en quantité et en permanence dans les appartements ; il y a plus.
- Le coup de bélier peut devenir dangereux, car il peut faire rompre une conduite d’eau et occasionner une véritable inondation, fait particulièrement grave si la canalisation est noyée dans les murs comme on a le tort trop fréquent de le faire, sous prétexte de ne pas déparer les appartements. On a vu des coups de bélier faire éclater des tuyaux de distribution d’eau de 7 millimètres d épaisseur. Le coup de bélier en s’exerçant sur un robinet devenu défectueux à la suite d’un long usage, peut le faire s’ouvrir seul et provoquer une inondation ; Enfin, cet effet peut se produire sur un compteur et le
- mettre hors de service. Il était donc utile de rechercher un appareil susceptible de préserver les appareils de distribution d’eau de ces multiples et graves inconvénients. Un inventeur, M. A. Cruchon, y est parvenu comme nous allons le voir.
- Qu’est en réalité le coup de bélier ? C’est le choc qui se produit par le refoulement contre les parois d’un tuyau de distribution lorsque, après avoir laissé couler l’eau, on ferme brusquement le robinet de puisage. Or, la masse d’eau arrive dans le tuyau avec une certaine vitesse acquise, variable avec la pression initiale ; suivant cette vitesse, la force vive de la masse d’eau en question, proportionnelle au carré de la vitesse, peut donc devenir très considérable. D’autre part, lorsqu’il y a choc entre deux corps, dont l’un est au repos, la force vive de l’ensemble est la même après le choc qu’avant le choc et la force vive du corps en mouvement passe dans le corps au repos lequel se met en mouvement. Dans le cas qui nous occupe, le corps en mouvement est l’eau et le corps en repos est le robinet qu’on vient de fermer; théoriquement, toute la force vive de l’eau qui vient heurter le robinet doit passer dans ce dernier ; le robinet se mettrait donc en mouvement s’il n’était fixé. 11 y a donc un coefficient de sécurité à observer dans la manière de fixer les robinets et nous attirons l’attention des constructeurs et des entrepreneurs sur ce point. Le robinet étant fixé, il se produit un refoulement de l’eau dans la canalisation au moment de la fermeture du robinet ; autrement dit, il y a changement du sens de la vitesse de la masse d’eau, absolument comme dans le cas d’une balle élastique lancée sur un mur ou de la marée frappant une digue et l’eau viendra se heurter contre la paroi du tuyau. Nous avons ainsi l’explication du double choc produit par le coup de bélier : 1” choc sur le robinet ;
- 20 choc sur le tuyau. Il s’ensuit de là que sous un coup de bélier très violent, le plus faible, du robinet ou du tuyau, cédera.
- On a imaginé de nombreux systèmes d’amortisseurs pour le coup de bélier et le système le plus employé est celui du réservoir d’air branché sur la conduite; son
- Fig. 2. — L’Anti-bélier,
- défaut est que 1 eau s’y accumule petit à petit en comprimant 1 air jusqu’à ce qu’il soit à son maximum de compression; à ce moment l’appareil n’a plus d’utilité, à moins d enlever 1 eau en surplus. On a pu néanmoins limiter de cette façon les mauvais effets du coup de bélier sans les supprimer complètement.
- M. A. Cruchon s’est placé à un point de vue tout à fait nouveau pour réaliser l’appareil auquel il a donné le nom imagé à’Anti-bélier. Son appareil se compose essentiellement d’un cône de pression placé dans un corps cylindrique qui se visse sur un nœud de soudure du tuyau de canalisation où s exerce le coup de bélier. Le cône de pression appuie, par l’intermédiaire de rondelles de cuir embouties, sur une tige D reliée à un ressort à boudin E trè& résistant et calculé pour les pressions à amortir. Ce ressort est apparent, ce qui offre le grand avantage de voir à tout instant si l’appareil fonctionne normalement et n est pas faussé. Sous l’influence du coup de bélier, 1 eau appuie sur le cône dépréssion qui amortit le choc; si la pression devient anormale, le cône de pression fait jouer le ressort ; après quelques oscillations, l’état d’équilibre de l’eau est rétabli dans la conduite. Avec l’anti-bélier, qui fait en somme office de soupape de sûreté, les chances de rupture des robinets ou des tuyaux sont écartées, en même temps que le bruit du coup de bélier est totalement supprimé.
- L’anti-bélier est susceptible de nombreuses applications avec quelques modifications de détails de construction. On peut l’utiliser dans la plupart des cas où il y a surélévation de pression, par exemple dans les conduites de gaz ou de vapeur d’eau. On fait également des anti-béliers à double action. — L’Anti-bélier se trouve chez M. A. Cruchon, 29, rue Grenier-Saint-Lazare, Paris.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- *•> Automobilisme --a»
- Indicateur de la vitesse de déplacement des véhicules. — 11 est très important, pour tout conducteur d’un véhicule, de connaître à tout instant la vitesse de déplacement de ce véhicule, alin de lui permettre de modifier l’allure suivant les conditions locales. MM. Chauvin et Arnoux ont construit un appareil qui donne à tout instant, en kilomètres par heure, la vitesse de déplacement des véhicules sur lesquels il est placé. Cet appareil, dont la ligure ci-jointe donne une vue d’ensemble, comprend deux éléments distincts, un transmetteur que l’on voit à droite, et. un indicateur proprement dit. Le transmetteur est une petite machine électrique magnéto, qui donne un courant alternatif simple par la rotation d’une petite pièce de fer ; le fil induit est immobile et relié à la canalisation sans balais ni frotteurs. Cette pièce de fer ne pèse que quelques grammes ; la mise en mouvement de la partie mobile ne demande qu’un effort très faible. La petite magnéto est placée dans une caisse hermétiquement fermée, et par conséquent à 1 abri de l’huile, de la boue, et de la poussière. Elle est actionnée par un bracelet en caoutchouc, monté d’une part sur sa
- poulie et d’autre part sur une poulie à gorge fixée sur une des roues du véhicule. L’indicateur proprement dit est un galvanomètre apériodique très léger, pouvant donner des indications sous l’iufluence du courant produit par la magnéto, aussi bien dans la marche arrière que dans la marche avant. La graduation de l’indicateur est sensible-
- , , , , ,, , ment proportionnelle
- Indicateur de la vitesse de déplacement dans t te rélendue
- des véhiculés. , „ T,
- de 1 ecnelle. Deux modèles ont été établis,
- l’un pour des vitesses de o à 6o km par heure, et l’autre pour des vitesses de o à 90 km par heure. Le transmetteur et l’indicateur sont reliés par 2 fils conducteurs d’une longueur suffisante pour permettre de placer l’indicateur en un point quelconque du véhicule. La jmulie de commande est en aluminium et se fixe sur les rayons et en dedans d’une des roues du véhicule ; il faut avoir soin de bien la centrer sur la roue. La poulie du transmetteur doit se trouver sur le même plan que la poulie de commande et environ à 6 cm de celle-ci. Le graissage de la magnéto est assuré par un godet à huile placé sur le côté et que l’on remplit tous les 200 km environ. — L’indicateur de la vitesse de déplacement des véhicules est construit par MM. Chauvin et Arnoux, 186, rue Championne!, à Paris. Prix : n5 francs
- Mesure de la stabilité des automobiles, — Lorsqu’on voit une automobile lancée à grande vitesse, dans un virage assez court, on se demande avec effroi quel miracle l’empêche de verser. Et en effet, bien souvent, peu s’en faut qu’elle ne verse bel et bien; son équilibre tient en effet à des conditions de construction assez délicates et qui ne sont pas toujours observées; il importe donc de pouvoir se rendre compte si une automobile présente les conditions de stabilité qui lui permettront de remplir son rôle en toute sécurité. Il existe dans ce but un certain nombre de formules ; mais mieux vaut uia appareil permettant d’expérimenter réellement la valeur de la voiture. M. Marié a récemment proposé, dans une conférence à la Société des ingénieurs civils, le moyen suivant : il consiste à pencher la voiture au repos et en pleine charge jusqu’à ce que les roues d’arrière d’un côté se détachent du sol; l’angle que fera à ce moment avec le plan horizontal, le plan sur lequel
- repose 1 automobile, donnera une mesure de la stabilité Ou placerait donc l’automobile sur un plateau! AB, mobile autour d’un axe horizontal G, la rotation du plateau s’obtiendrait à la main par un mouvement à vis
- Appareil pour la mesure de la stabilité des automobiles.
- non réversible. La voiture serait calée par une cale pour ne pas glisser; on aurait ainsi une véritable balance de stabilité des automobiles au point de vue des virages.
- 'Photographie
- Écran démontable pour projection. — Pour tout amateur qui veut faire chez lui des projections, la question de l’écran est toujours intéressante. Le mieux serait certainement d’avoir un mur blanc à sa disposition ; mais, bien que la mode soit maintenant de peindre les salons en fond blanc, il est rare qu’on dispose d’une surface de 2 m. de côté où il n’y ait pas de tableau ou de glace. On est donc obligé de recourir à l’écran de toile et on ne sait pas toujours comment on pourra l’accrocher, ni où on pourra le remiser pour qu’il ne s’abîme pas. M. Louis Schrambach a combiné un petit matériel très ingénieux qui forme le porte-écran et renferme l’écran. Il se présente sous la forme d’une boîte carrée deo m. 10 de côté et de 2 m. de long. Pour l’ouvrir, on la sépare en deux parties dans le sens de la longueur et on a ainsi les deux côtés du cadre; les deux autres côtés sont donnés par des baguettes de bois articulées qui se déplient automatiquement et qu’on ajuste au moyen d’une goupille. Quant à la toile formant l’écran, elle est enroulée comme
- Détails
- de l’écran démontable pour projection.
- ÉCRAN ENROULÉ DANS LA MONTURE REPL'EE •
- un store dans l’un des côtés fermant la boîte et attachée par son autre extrémité à l’autre côté. Le montage se fait en quelques instants et des pieds, repliés le long des montants, permettent de poser l’écran n importe où, Quand on démonte le cadre, l’écran s’enroule de lui-même dans son logement et 11e peut pas être froissé. — Chez M. L. Schrambach, i5, rue de la Pépinière, Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTE
- •dans bien des cas, le besoin de boire est-il facile à satisfaire et c’est souvent une hérésie physiologique que d’arroser ses repas de plusieurs verres d’eau rougie, de bière, de cidre ou de toute autre boisson. Songez qu’avec deux potages par jour, le déjeuner presque liquide du malin, une tasse de thé ou de lait dans la journée, vous ingurgitez déjà bien près d’un litre de liquide. La quotité que vous ajoutez en buvant plusieurs verres au repas est presque superflue.
- C’est en raison de ces données physiologiques que l’on avait institué pour les dyspeptiques le régime sec, •repas sans boire ou en ne buvant qu’une ration des plus minimes ; c’est aussi d’après ces principes qu’on a institué la cure de l’obésité en diminuant le taux de boisson, en le réduisant à la portion congrue. Mais, avec des doses variables suivant les sujets et suivant les saisons, le besoin de boire est normal et doit être satisfait. Il est naturel que dans les fortes chaleurs d’été, on ne se prive pas de suppléer à l’évacuation produite par les sueurs profuses, par quelques suppléments pendant les repas et même en dehors d’eux. Certaines personnes ont besoin d’un excédent qui dépasse le taux normal, mais •ce sont des malades ; diabétiques et polyuriques sont •dévorés d’une soif ardente et ingurgitent des litres de boissons.
- Par opposition à ces buveurs normaux ou en excès, il •existe des sujets, mais ils sont rares, qui n’éprouvent absolument pas ce sentiment de la soif. Ils passent des repas sans toucher à leur verre, ils digèrent et vivent très bien sans ingurgiter de liquides. Le Dr Fabre, de Commentry, vient de publier quelques cas curieux de cette singularité physiologique qui a nom l’adipsie, de à, privatif et ôi^a, soif. Le nom n’est pas de M. Fabre, il est indiqué, il y a près de cent ans, dans le Dictionnaire des sciences médicales en 60 volumes et les autres dictionnaires l’ont tous réédité. Mais, dans la plupart, il est considéré comme un symptôme de maladie et non comme un simple trouble physiologique.
- Tout le monde a vu des personnes de sa famille réduire le taux de la boisson à un minimum digne d’une poupée; un demi-verre, un quart de verre et même ïnoins. Mais, en examinant chaque cas avec attention, on constate que ces personnes aiment et prennent des soupes, boivent du lait, quelquefois des infusions; leur abstinence de boissons à table n’a donc rien de bien anormal ; dans les cinq observations de M. Fabre, c’est tout autre chose. Voici un des cas les plus curieux. Un homme de 55 ans, très sobre, ne buvant jamais entre ses repas, et vivant de la façon la plus normale, éprouve un chagrin violent (mort subite d’un lils unique). Il tombe dans un état d’abattement profond et arrive à s’alimenter très peu. Du 7 janvier jusqu’au 3 février, il reste sans boire aucun liquide; depuis cette date, jusqu’à lin juillet, il avalait, et pas régulièrement, une gorgée d’eau par repas. Pendant toute cette période, la santé, à part cet état mélancolique dû à la perte de son enfant, est restée satisfaisante.
- Dans une thèse sur la soif passée à l’Ecole de Médecine de Paris, en germinal, an X111, le l)r Boudard, de Montaigu, relatait un cas du même genre : une domestique, âgée de 22 ans, d’une constitution robuste et jouissant d’une bonne santé, éprouvait très rarement le besoin de boire, et s’abstenait facilement de toute boisson pendant un mois et même plus. L’auteur ne donne pas d’autres détails, mais son cas est analogue à ceux du Dr Fabre. Souvent il y a un trouble nerveux qui intervient dans l’abolition partielle de celte sensation de la soif. Mais on peut assurer que, sans arriver à la privation absolue, on pourrait sans peine réduire de beaucoup la quantité de liquide prise à titre de boisson et l’on ne s’en porterait que mieux. Une foule de gens absorbent de soi-disant apéritifs, de la bière, du thé, mais vous n’avez qu’à comparer leur puissance d'assimilation digestive avec la vôtre et celle des abstinents pour avoir la preuve que le superflu est nuisible.
- Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Cirage blanc liquide. — On peut l’utiliser sur le cuir ou la toile. Dans 65o parties d’eau, faire fondre 100 gr. de gélatine blanche et 60 de gomme arabique; la gélatine doit tremper longtemps avant qu’on fasse bouillir le tout. On ajoute 20 p. de vinaigre et enlin 180 p. de craie précipitée. — Ou encore, dans i3o p. d’eau autant de laque blanche, que l’on fait bouillir après addition de 70 p. de borax pulvérisé. On jette dans cette solution 6 p. de savon blanc râpé et dissous dans un peu d’eau. Finalement on complète par 45o p. de terre de pipe aussi fine que possible.
- Cirage noir. — On peut se servir d’une préparation donnant un beau brillant et assurant la conservation du cuir : 100 parties en poids de noir animal, 5o de glycérine, 5 d’huile d’olive et 10 de vinaigre (celui-ci n’a aucune mauvaise action). — Ou encore 3o gr. de cire jaune, autant d’huile de palme et 90 d’huile de térébenthine, avec addition de quantité convenable de noir d’ivoire et fusion au bain-marie. — Ou 180 gr. de cire, 3oo d’huile de lin, 900 d’essence de térébenthine et 120 de savon marbré en dissolution, la consistance pâteuse s’obtenant ensuite par évaporation.
- Procédé pour l’imprégnation des bois. — MM. Dada et Fuchs viennent de faire breveter un procédé destiné à rendre propres à la charpente ou au meuble, des bois jusqu’ici considérés comme inutilisables à ce point de vue. Il consiste à imprégner les bois d’une solution aqueuse d’acide chromique phosphorique et d’alun chro-mique. Cette méthode comporterait les avantages suivants : le liquide pénètre le bois facilement et rapidement. L’imprégnation s’accomplit par une simple cuisson sans rinçage, évaporation préliminaire ni séchage ; la solution restant toujours claire peut resservir dans une nouvelle opération. On imprègne le bois d’une solution aqueuse d’alun chromique et d’oxyde chromique phosphorique en employant de préférence 70 parties d’alun
- chromique, 5o d’oxyde chromique phosphorique, et i5oo à iSooo parties d’eau. Préparation de l’oxyde chromique phosphorique : mélanger i5oo gr. d’oxyde chromique frais, encore humide; 750 gr. d’acide phosphorique à 6o° Baumé, 10 à i3 litres d’eau.
- Utilisation des résidus de caoutchouc. —Le soufre du caoutchouc vulcanisé se transforme lentement en acide sulfurique qui rend le caoutchouc cassant; il est alors impossible de le régénérer. M. Tixier a fait breveter le procédé suivant pour régénérer le caoutchouc détérioré par des causes physiques : on opère en vase clos de 100 à i5o°; on dissout une partie en poids de caoutchouc réduit en pulpe dans 2 parties de terpineol. La solution obtenue est additionnée de 4'volumes de benzine qui précipite les impuretés. On sépare la benzine par distillation; et dans la solution on précipite le caoutchouc par l’alcool ou l’acétone.
- Pour nettoyer glaces et vitrages, ’-r- On se trouve particulièrement bien, pour le nettoyage et le polissage des glaces et des vitres, d’une poudre faite d’un mélange de 60 gr. de craie de Cologne pulvérisée, de 3o de tripoli, et enfin de i5 gr.de bol. Pour employer cette poudre, on commence par mouiller légèrement la glace, et on y passe un chiffon trempé dans la poudre.
- Parfum pour bain. — Ce parfum a l’avantage également de rendre l’eau moins dure, ce qui est utile dans bien des régions, et de donner un peu d’adoucissement à la peau. On mélange i5o parties de bicarbonate de soude avec 125 d’acide tartrique et 210 d’amidon en poudre; on en fait une pâte, en ajoutant 90 parties d’huile d’amandes douces ; et on parfume réellement avec un peu d’eau de rose ou d’essence de girofle, dans la proportion de 20 gouttes d’eau de rose ou de 10 gouttes d’essence par livre de la pâte préparée. Une cuillerée à café de cette pâte suffit pour 60 à 70 litres d’eau du bain.
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- Union postale universelle. Congrès de 1907. —
- Le Journal officiel du 3 octobre promulgue les conventions et arrangements de l’Union postale universelle, signés à Rome, le 26 mai 1906. C’est un document très important dont nous ne pouvons donner ici qu’une très brève analyse. Il comporte :
- i° Une convention postale universelle fixant les dispositions à appliquer aux échanges de lettres, cartes postales simples et avec réponse payée, imprimés de toute nature, papiers d'affaires, échantillons de marchandises originaires de l’un des pays de l’union à destination d’un autre de ces pays. Le point essentiel de cette convention est la création des coupons-réponse : l’alïranchissement de tout envoi ne peut être opéré qu’au moyen de timbres-poste valables dans le pays d’origine ; mais il est institué des coupons-réponse mis en vente dans tous les pays faisant partie de l’Union ; chaque coupon peut être échangé en tout autre pays, contre un timbre de o fr. 25 de ce pays. En France le coupon-réponse sera vendu o l’r. 3o. Les taxes à percevoir sur les correspondances destinées à l'étranger sont hxées comme suit : Lettres ordinaires : o fr. a5 pour les premiers 15 gr. ou fraction de i5 gr. ; au delà, de o fr. i5 par i5 gr. ou fraction de i5 gr. ; — Cartes postales simples : o fr. 10 ; — Caries postales avec réponse payée : o fr. 20 ; — Papiers d’affaires : o fr. 25 jusqu’à a5o gr. ; au-dessus de 25o gr. o fr. o5 par 5o gr. ou fraction de 5o gr. ; — Echantillons de marchandises : o fr. 10 jusqu’à xoo gr. ; au-dessus de 100 gr. o fr. o5 par 5o gr. ou fraction de 5o gr. ; — Journaux et autres imprimés : o fr. o5 par 5o gr. ou fraction de 5o gr. ; — Correspondances recommandées : droit fixe de o fr. 25 en plus de la taxe applicable à une correspondance ordinaire de même nature et de même poids. Notons enfin quelorsque la distance en ligne droite entre le bureau d’origine et le bureau étranger de destination ne dépassera pas 3o km, la taxe d’affranchissement à percevoir en France, sera réduite pour la Suisse et la Belgique à o fr. 10 par i5 gr. ou fraction de i5 gr. et pour l’Espagne à ofr. i5. La correspondance à destination des bureaux français de Tripoli ou du Maroc est affranchie suivant les règles de la correspondance intérieure française.
- 20 Un arrangement concernant Véchange des lettres et
- des boîtes avec valeur déclarée. — Le maximum de déclaration admis par envoi est de 10 000 fr. ; le poids maximum des boîtes de 1 kg. Un règlement d’exécution définit le conditionnement des envois. Un décret du 28 août 1907 donne le tableau des taxes à percevoir suivant le pays destinataire.
- 3° L n arrangement concernant le service des mandats de poste. — La taxe générale à payer par l’expéditeur pour chaque envoi de fonds est de o fr. 25 par 5o fr. ou fraction de 5o fr. Aucun mandat ne peut excéder la somme de 1000 fr. Pour le payement à domicile, est perçu un droit de factage de o fr. 10, perçu sur le destinataire. Moyennant une taxe de o fr. 10, l’expéditeur d’un mandat, peut demander qu’il lui soit donné avis par poste du versement au bénéficiaire.
- 4° Une convention concernant Véchange des colis postaux. — Le décret du 28 août 1907 en fixe les détails, et arrête les taxes à percevoir suivant les pays destinataires. Il peut être expédié des colis postaux de 10 kg en Belgique, en Crète, aux Antilles Danoises, au Maroc, aux Nouvelles-Hébrides, en Suisse et en Tunisie; pour tous les autres pays de l’Union la limite supérieure est de 5 kilogrammes.
- 5° Un arrangement concernant le service des recouvrements conclu entre l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Chili, la Crète, le Danemark, l’Egypte, la France et l’Algérie, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, de Portugal, la Roumanie, la Suède, la Suisse, la Tunisie, la Turquie.
- 6° Un arrangement concernant les livrets d'identité.
- • — Pour aplanir les difficultés qu’éprouve le public dans le ressort de l’Union postale universelle à se faire remettre les envois postaux et mandat-poste, les administrations des pays contractants délivrent des livrets d’identité, dans lesquels on eachète la carte-photographie du titulaire revêtue de sa signature, après présentation de pièces d’identité. La simple présentation du livret suffit ensuite pour la délivrance des envois. Le prix du livret est en France de o fr. 5o. Les pays contractants sont l’Argentine, la Bulgarie, le Chili, l’Egypte, la France et l’Algérie, la Grèce, l’Italie, le Luxembourg, le Mexique, le Portugal, la Roumanie, la Suisse, la Tunisie, la Turquie, le Vénézuela.
- HYGIENE ET SANTÉ
- Bouchons stérilisés. — Le bouchon en verre, bouchon dit à l’émeri, est évidemment le type du bouchon que l’on peut stériliser à volonté et dans les conditions les plus parfaites, soit par l’ébullition, par le lavage aux acides. Mais le flacon bouché à l’émeri est fort coûteux et ne peut être utilisé que dans des conditions bien déterminées.
- Peut-on stériliser, sinon d’une façon absolue, mais dans des conditions suffisantes, le bouchon de liège. Sa porosité le rend très pénétrable à tous les germes, à tous les champignons et le moindre, mais le plus fréquent des accidents qui sont la conséquence de cette pénétration est la moisissure du liège et le goût spécial et fort désagréable qu’elle communique au vin. En ébouillantant les bouchons, en les soumettant à une ébullition prolongée dans l’eau, on détruit une grande partie des germes, mais on modifie profondément la qualité du liège. Le passage à l’étuve est également bon comme destructeur des germes mais le bouchon ne vaut plus rien, le liège est raccorni. Un chimiste américain, M. Greenwald, conseille de soumettre les bouchons à des fumigations de formol et d’alcool : le bouchon doit être bien nettoyé, bien séché et soumis pendant quelques minutes à l’imprégnation des vapeurs. Une fois séché, il est absolument débari'assé des germes et champignons et n’a rien perdu de ses qualités. Dr A. C.
- Contre la névralgie dentaire. — Un excellent moyen de combattre la douleur d’origine dentaire, quelle que soit la cause, et cela va sans dire, en attendant un traitement méthodique, serait, d’après le Dr Knev, l'application d’une solution de tannin dans l’alcool, 2 parties de tannin pour 10 d’alcool. On badigeonne les gencives et le pourtour de la dent malade avec cette solution et presque toujours la douleur est apaisée. C est encore un bon moyen pour combattre la pyorrée alvéolaire. Le remède est simple et sans danger : que les malheureux patients l’essaient. Dr A. C.
- L’adipsie. — La sensation de la soif est plus impérieuse que celle de la faim et les sauvages de tous les temps et de tous les pays, expei'ts raffinés en tortures, l’avaient utilisée comme un des pires supplices. Le besoin de boire est d’ordre absolument physiologique ; la transpiration cutanée, l’excrétion rénale soutirent à notre organisme chaque jour une quantité d’eau appréciable qu’il faut à tout prix remplacer. L’alimentation, quelle qu elle soit, apporte un fort contingent de liquide ; végétarienne ou carnée, elle fournit pour chaque mets une part qui varie entre 5o et 90 pour 100 d’eau. Vous n’avez, pous vous en assurer, qu’à prendre l’analyse du premier mets venu; dans sa composition, même au natui'el, il entre pour plus des trois quarts d’eau. Aussi,
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les observations astronomiques et les astronomes, par P. Stroobant. J. Delsoval, H. Philippot, E. Del-porte, E. Merlin. Bruxelles, imprimèrie Hayez, 12, rue de Louvain. 1 vol. gr. in-8°. YI-317 p., avec carte des principaux observatoires. Prix : 7fr,5o.
- Ouvrage précieux, dù à la collaboration des principaux astronomes belges et préfacé par M. Lecointe, l’éminent directeur scientifique du Service astronomique de l’Observatoire royal, àUccle; on y trouvera : i° notice sur tous les Observatoires (coordonnées -géographiques, publications, composition du personnel, historique, principaux instruments, travaux astronomiques en cours); 1° liste de toutes les Sociétés astronomiques par ordre d’ancienneté (notices sur chacune) ; 3° des indications détaillées sur les Revues astronomiques ; 4° des tables très abondantes.
- Drathlose Telephonie, par E. Rüilmer, chez fauteur. Berlin. S. IY, 48.
- L’auteur est un des savants à qui la téléphonie sans fil doit ses plus notables progrès. Nous avons déjà eu l’occasion de signaler ses travaux aux lecteurs de La Nature ; leur seul exposé présenterait déjà un vif intérêt; mais l’ouvrage a une portée plus haute; c’est une étude d’ensemble, méthodique et historique, sur les divers moyens, mis en usage jusqu’ici pour réaliser la transmission à distance de la parole. Ces moyens sont nombreux et des plus ingénieux : emploi des rayons lumineux et du sélénium, ou de rayons calori-liques dirigés sur des corps absorbant la chaleur, (thermophonie), hydrotéléphonie, téléphonie par induction, et enfin emploi des ondes herziennes. L’ouvrage est d’une lecture attachante et témoigne d’une haute érudition.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th- Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o).
- Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 14 oct. 1907. . 14°,1 S. 2. Couvert. R7 Couvert; pluie de 22 h. à 23 h.
- Mardi 15 10°,1 S. S. W. 2. Couvert. 4,7 C.ouv. le m. ; puis nuag. ; beau apres 17 h. ; pluie de 1 h. à 6 h.
- Mercredi 16 8°,8 S. E. 5. Couvert. 11,2 Couvert ; pluie de 8 h. à 9 h. 50 et de 15 h. à 19 h. 50.
- Jeudi 17 8°.0 S. S. W. 4. Beau. 2,2 Rosée ; beau le m. ; couvert le s. ; pluie de 15 b. 10 à 16 h. 10.
- Vendredi 18 7°,9 S. 3. Beau. 0,5 Nuag. ie m. ; couv. le s. ; pluie de 19 h. 40 à 20h. 15.
- 11° 0 S. S. W. 2. Couvert. 11,8 Très nuag. ; pluie de 1 h. à 5 h. et à partir de 20 h. 15.
- Dimanche 20 12°.3 S. W. 2. Très nuageux. 7,9 Nuav. ; pluie cont. jusqu’à 4 h. ; pluie de 21 li. 15 à 25 h. ; orage.
- OCTOBRE 1907. — SEMAINE DU LUNDI 14 AU DIMANCHE 20 OCTOBRE 1907.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 A 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre A l'abri à
- boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri A boule mouillée.
- Du 14 au 20. — Le 14. Yaste dépression sur tout l’O. européen, centre en Angleterre, 745; Moscou, 771. Pluies sur l’O. de l’Europe ; en France : Marseille, 4-5; Nice, 42; Calais, 16; Lorient, Toulouse, i5; Paris, 2. Température du matin : Arkangel, 6°; Paris, i4; Païenne, 19; Puy de Dôme, 6°; Pic du Midi, — 40 '. moyenne à Paris : i4°,5 (normale : io°,3). — Le i5. Situation comparable : Angleterre (Shields), 740; centre de la France, 774; Moscou, 775. Pluies en France : Biarritz, 34; Nantes, 34; Rochefort, 17; La Hague, 18; Paris, 6. Temp. du matin : Moscou, 20; Paris, 10; Marseille, 17; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi. — 7; moyenne à Paris : io°,5 (normale : io°, 1). Le 16. Dépression sur l’O. de la Erance : Belle-Ile, 733. Tempête à la pointe de Bretagne; pluies abondantes : pointe Saint-Mathieu, 3i; Lyon, 27; Brest, 19; Marseille, 16; Limoges, 11. Temp. du matin : Moscou, 20; Paris, 9; Alger, 24; Puy de Dôme, 6; Pic du Midi, —3; moyenne à Paris : io°,5 {normale : 9°,9). — Le 17. Centre cyclonique sur la Manche, 733. Pluies, en France : pointe Saint-Mathieu, 438; Biarritz, 56; Brest, 51 ; Lyon, 43; Lorient, 35; Gap, 3i; Paris, 11. Temp. du matin Kharkof, o°;
- Paris, 8; Alger, i3; Puy de Dôme, —1; Pic du Midi. — 11 ; moyenne à Paris : io°,i (normale : 9°,8). — Le 18. Dépression considérable : Yalentia, 728. Tempêtes sur les côtes de la Manche et de la Bretagne. Pluies^ en France : Nantes, 29; Rochefort, 10; Cherbourg, 8; Bordeaux, 5; Perpignan, 3; Paris, 2. Temp. du matin : Kharkof, 20 ; Paris, 8 ; Palerme, 18 ; Puy de Dôme, — 1 ; Pic du Midi, —6; moyenne à Paris : n°,i (normale : 90,6). — Le 19. Hausse légère : Iles-Britanniques, 7a5; Kharkof, Moscou, 780. Pluies sur le N. et l’O. de 1 Europe; en France : Lorient, 12 ; Cherbourg, 9; Rochefort, j Calais, 5; Paris, 4; Bordeaux, 1. Temp. du matin • Saint-Pétersbourg, 5°; Paris, 11; Alger, 18; Puy de Dôme, 7; Pic du Midi, o; moyenne à Paris : i3°,5 (normale : 90,5). — Le 20. Hausse accentuée : Scilly, 7^’ Moscou, 778. Tempête à Lorient. Pluies sur le N.-O. de l’Europe; en France : Lorient, 18; Paris, 11; Boulogne, 6; Brest, 5. Temp. du matin : Paris, 120; Alger, 20, Puy de Dôme, 8; Pic du Midi; 2; moyenne à Paris .
- 14°,9 (normale :.g°,2). — Phases de la Lune : Prenne Quartier, le 14, à 10 h. 11 m. du matin.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Savon liquide antiseptique. — On prend ào gr. de potasse caustique à 70 pour 100, 200 gr. d’huile d’amandes douces, et 70 gr. (ou 80 cm3) d’alcool à 90°. On chaude le tout au bain-marie, en élevant la température jusqu'à complète 'Saponification, ce qui demande quelques minutes: Puis, ou ajoute peu à peu, en agitant, pour dissoudre le savon, d’abord 160 gr. de glycérine, puis 5oo gr. d’eau distillée, enfin 3o gr. des essences préférées. On filtre le lendemain, si besoin. (Indiqué par M. Courlonne, des Etablissements Deutsch, à Barcelone.)' . 1
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- Soudure du fer à froid. -— Quand on ne peut chauffer les pièces pour les souder, on les assemble en recouvrant les extrémités à réunir d’un mastic formé de 6 parties de soufre, G de céruse et 1 de borax diluées dans l’acide sulfurique concentré et on presse fortement l’une contre l’autre les deux pièces ; au bout d’une
- semaine la soudure est assez forte pour qu’on ne puisse plus séparer les deux pièces en frappant au marteau, même sur le point de jonction.
- Distinction de la toile et du coton. — Quand on désire savoir si de la toile est mélangée avec du coton, on laisse tomber dessus une petite goutte d’encre ordinaire. Si la toile contient du coton, on voit la tache s’étendre suivant le fil daus deux directions opposées, tandis que si la toile est pur fil la tache s’étend également dans toutes les directions. Avant de faire cet essai, si la toile est apprêtée fortement, il faut enlever cet apprêt en frottant vigoureusement.
- Baromètre économique. — Un petit baromètre très siinple peut se constituer ainsi. On prend une fleur d’immortelle que l’on pique au mur de la chambre. Si le temps est au beau, la fleur s’ouvre; si le temps menace elle se ferme.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Téléphotographie. — L’information que nous avons donnée dans notre n° 1794 à ce sujet, d’après notre confrère anglais Nature, nous a valu quelques lettres. M. Hochet, à Burgos, nous signale que l’emploi, assez répandu à l’étranger, du mot phototélégraphie pour .la transmission d’images à . distance par la télégraphie,' éviterait la confusion, le terme télé-photographie étant réservé à la photographie à longue > distance.
- M. A. Tivoli, à Venise, donne une solution analogue. Pour lui, le mot téléphotographie désigne précisément le procédé par lequel, au moyen d’un objectif spécial,-on obtient à la chambre noire une image agrandie d’un objet éloigné ou petit. Et, en fait, la partie plus importante du mot composé est représentée par photographie. Le procédé du professeur'Korn, au moyen duquel on transmet par le fil électrique une image, doit être connu sous le nom de. phototélé graphie, et ici la partie principale du mot composé est télégraphie.
- Renseignements. — M. V. Beloutrade, à Dakar. — L’industrie du sel marin et l’installation des salines sont fort bien exposées dans le Traité de chimie industrielle, de Gautier, Wagner et Fischer, Masson et expéditeurs, tome I, p, 601-617. Voy. aussi Le chlorure de sodium, par IL Pécheux, Paris, librairie J.-B. Baillière, 1 vol. à ir,',5o.
- M. Dollat. — Si l’humidité de votre local provient de la toiture vitrée, vous n’avez rien de mieux à faire que de faire vérifier les joints des vitres et les faire refaire s’il y a lieu. Si l’humidité provient de diverses autres causes, vous pourrez y remédier par exemple en refaisant le pavé de votre atelier, avec i5 centimètres environ de mâchefer et poussière de charbon, en étendant , au-dessus une couche d’asphalte de 2 à 3 centimètres, et en plaçant les carreaux pai’-dessus, et en enduisant les murs d’une solution dont vous trouverez la recette dans Recettes et procédés utiles de M. G. Tissandier.
- M. V. de . O., à Jacu. — Pour les acquisitions de vaches bordelaises veuillez vous adresser au professent-départemental d’agriculture de la Gironde, à Bordeaux ou à M. B. de la Girodays, professeur d’agriculture, Cours Richelieu, à Bordeaux. — Vous pouvez vous autoriser du nom de notre collaborateur, signataire de l’article.
- M. A. M. G., à Tourcoing. — En dehors des revues que vous citez, nous n’en connaissons pas d’autres qui puissent rendre les mêmes services. Si cependant vous voulez bien préciser quels sont les renseignements exacts que vous cherchez, nous pourrions peut-être vous indiquer des revues plus spéciales.
- M.. A. V., à Auteuil. — L’album de statistique graphique du ministère des Travaux publics est imprimé à l’imprimerie Nationale. Il ne porte pas d’indication de prix (10 francs probablement). Il paraît à intervalles éloignés, environ tous les 10 ans. Au ministère des Travaux publics, bureau de.la statistique, on vous donnera tous renseignements. ..
- M. Beauvisage, à Paris. — Nous n’avons aucun renseignement sur les moteurs à caoutchouc.
- BIBLIOGRAPHIE
- Précis des caractères génériques des insectes, disposés dans un ordre naturel par le citoyen Latreille. A Paris. chez Prévôt; à Brive, imprimerie F. Bourdeaux, au 5 de la R. — Paris, librairie Her-mann. MDCCCCVII. Prix : 7 francs.
- C’est une excellente idée que d’avoir réimprimé le mémoire classique de Latreille. Nous ne doutons pas que le fac-similé que met en vente M. Hermann, aussi charmant pour les naturalistes que pour les bibliophiles, ne soit rapidement enlevé, d’autant que le tirage a été limité à 200 exemplaires.
- Les Grandes institutions de France. I^a Bibliothèque
- Nationale, par H. Marcel, H. Bouchot, E. Babelon, P. Marchal, C. Couderc; La Monnaie, par F. Maze-rolle ; Les Gobelins et Beauvais, par J. Guiitrey. Paris. H. Laurens, 1907. 3 vol. in-8°. Prix. : 3^,50 le vol. (celui sur la Nationale est double : 7.francs); relié, 4rr,5o et 9 francs. .
- On ne saurait trop approuver l’idée de cette nouvelle collection, qui va mettre, pour un faible jxrix, à portée du grand public des notices* commodes sur nos grandes institutions, et faites par ceux-là qui participent à leur conduite. L’illustration abondante et soignée rehausse d’ailleurs vivement et anime le texte très documenté.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l'Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ). LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL — J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1797 (2 NOVEMBRE 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Le spectre de la comète Daniel. — L’étude spectrale de cette belle comète a fait l’objet de travaux spéciaux de MM. H. Deslandres et A. Bernard, à l’Observatoire de Meudon, qui en ont fait connaître les résultats dans une communication à l’Académie des sciences. Ces physiciens ont fait usage de chambres prismatiques. On désigne ainsi des chambres photographiques ordinaires devant l’objectif desquelles on place un prisme d’angle plus ou moins grand. L’effet de ce prisme est d’étaler l’image des étoiles en une ligne qui est un petit spectre. S’il s’agit d’un objet à diamètre apparent sensible, on obtient autant d’images de cet objet que sa lumière contient de radiations simples. Ce procédé ne donnerait évidemment rien de bon pour une source émettant un spectre continu, car alors les images monochromatiques chevaucheraient les unes sur les autres. Pour les comètes, qui n’émettent qu’un faible spectre continu et un petit nombre de radiations intenses, ou obtient, côte à côte, des images de cette comète correspondant à chacune de ces radiations. Un spectre de comparaison, dont l’étude est faite, celui d’une étoile connue et brillante, servira d’échelle de mesure. On le photographie sur la même plaque que la comète. Les chambres à prismes offrent, en outre, l’avantage d’être lumineuses. Si l’objectif est court de foyer par rapport à l’ouverture, l’image est très éclairée et la pose réduite d’autant, ce qui est d’une grande importance (nous savons que la comète Daniel se levait environ une heure avant l’ariûvée du jour). Eufin, sur les spectrographes à fente, on ne projette qu’une petite partie de l’objet, alors qu’avec les chambres à prismes on peut le photographier tout entier. Sans insister sur les détails de l’installation de Meudon, nous dirons que la chambre qui a donné les meilleurs résultats était composée d’un objectif à portraits de om,2i de diamètre
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- et d’ouverture munie d’un prisme en flint de 6o°.
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- Les résultats sont les suivants : « Le spectre ordinaire des comètes apparaît net et intense; il comprend les bandes jaune, verte et bleue (longueur d’onde X — 473) des hydrocarbures et aussi la bande ultra-violette caractéristique du cyanogène (X, 388) reconnue pour la première fois par Huggins dans la comète de 1881.... L’épreuve du 20 août avec le prisme de flint est la plus riche en détails. La bande du cyanogène s’y montre avec deux arêtes : X 388 et X 387 ; elle est la plus intense du spectre. » Outre ces bandes fortes, on distingue, dans l’épreuve du 20 août, des bandes plus faibles X 4^8 à 4$2; X 4^9 à 4^3; X 4o4 à 400 qui se prolongent jusqu’à 45' du noyau alors que les fortes restent confinées près
- du noyau. La queue de la comète aurait ainsi un spectre spécial, qui n’est plus le spectre ordinaire des hydrocarbures et qui diffère du spectre spécial émis par le noyau et la tête. « L'origine chimique des bandes faibles n'a pu être précisée; elles peuvent, soit représenter un mode vibratoire spécial des gaz carbonés (hydrogénés ou oxygénés) ou de l’hydrogène seul, soit dépendre d’autres gaz. La bande centrale (X 429 à 4^3) est très voisine d’une bande forte qui est émise par le cône bleu du brûleur Bunsen, et qui est distincte de la série de bandes dite des hydrocarbures. » Toutefois, il importe de garder une certaine réserve au sujet de ces bandes faibles, qui n’ont été révélées que sur une seule épreuve : le mauvais temps et la présence de la Lune ayant empêché des expériences ultérieures et la comète se rapprochant chaque jour du Soleil.
- Radiotélégraphie en Allemagne. — Depuis le Ier octobre, l’armée allemande compte des sections spéciales de télégraphie sans fil, formées dans les bataillons de télégraphie sans fil de Berlin, Francfort-sur-l’Oder, Coblentz et Carlsruhe. Chaque section comprend 7 officiers, 16 sous-officiers, 91 hommes et 52 chevaux. Les troupes de télégraphie sans fil constitueront un effectif de 1750 hommes.
- Une usine italienne pour la fixation de l’azote atmosphérique. — On sait que la fabrication industrielle des engrais azotés constitue un des problèmes les plus difficiles et les plus urgents de la chimie agricole moderne. Des puissantes usines électriques sont installées, l’une aux chutes du Niagara, l’autre à Notod-den, en Suède; elles utilisent l’effet de décharges électriques dans l’air, pour fixer l’azote atmosphérique. Une usine hydro-électrique de i5 000 chevaux s’est installée sur la rivière Pescara, à Piano d’Orte, en Italie, pour y appliquer un procédé imaginé par deux savants allemands, le professeur Frank, de Charlottenbourg, et le Dr Caro. On y fabrique de la cyanamide; les inventeurs prirent comme point de départ les expériences de Bunsen, obtenant des cyanures en faisant passer de l’azote sur une masse chauffée de charbon et d’alcalis. Le Dr Frank employa un mélange d’alcalis et de carbure de baryum; il le soumit à un courant d’azote et obtint des cyanures alcalins. Il substitua ensuite au carbure de baryum, trop cher, du carbure de calcium. On s’aperçut alors que le carbure de calcium, chauffe à 10000, fixe l’azote directement, sans nécessiter la présence d’alcalis, et donne de la cyanamide de calcium. On sait que ce corps s’unit à l’eau sous haute pression pour donner du carbonate de calcium et de l’ammoniaque. Pour unir l’azote au carbure de calcium, il faut au
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- préalable séparer, dans l’air atmosphérique, l’azote de l’oxygène ; on peut taire passer à cet etfet le courant d’air sur des copeaux de cuivre chauflés au rouge ; on a trouvé plus économique, cependant, de faire une distillation fractionnée de 1 air, au préalable liquéfié, et de retirer ainsi l’azote d’un côté, l’oxygène de l’auti'e.
- Exposition d’horticulture. — L’exposition horticole d’automne consacrée aux chrysanthèmes, fruits, Heurs et légumes de saison, ainsi qu’aux industries et beaux-arts horticoles, organisée par la Société nationale d’horticulture de France, se tiendra aux serres du Cours-la-Reine, à Paris, du 8 au 17 novembre.
- L’électrification des chemins de fer en Suède. — Le gouvernement suédois se préoccupe fort activement de prendre des mesures pour adopter la traction électrique sur ses lignes ferrées. Il a déjà acquis, dans ce but, une série de chutes d’eau, chutes de Trollhattan et de Elfkarleby, puis chutes de Molals, de S varia, de Karse, de Ivammarby; on estime qu’on va dépenser 85 millions de francs pour les installations hydroélectriques que l’on a en vue. Pour l’instant, on exécute des expériences de traction électrique entre Stockholm et Tontebruda; d’autre part, la ligne de Stockholm à Jarfra est exploitée électriquement, suivant un système un peu différent. Un ingénieur en chef a été nommé pour étudier toute l’électrification du réseau suédois, et il a déjà dressé un projet pour l’adoption de la traction par courant monophasé sur une longueur de 3000 kilomètres.
- Les lignes télégraphiques de l’Afrique allemande. — On est en train de construire une série de lignes télégraphiques dans les possessions allemandes de l’Afrique du Sud-Ouest. L’une vient d’atteindre Warmbad, et l’on achève un prolongement sur Romans-drift, le long du fleuve Orange. Il est probable que le gouvernement anglais consentira à relier de son côté Romansdrift à Steinkopi, ce qui établirait des relations directes avec la colonie du Cap.
- Les dangers du ferro-silicium.—Aplusieurs reprises, des explosions et des catastrophes avec conséquences mortelles se sont produites à bord de navires portant des cargaisons de ferro-silicium. Ces explosions sont considérées comme dues aux gaz que laisse échapper le ferro-silicium, et l’on a émis diverses théories pour les expliquer effectivement ; mais le plus important, c’est de reconnaître et de faire savoir leur réalité. Il y a là un danger, non seulement pour les équipages des navires transportant du ferro-silicium, mais encore pour les manoeuvres occupés à un simple déchargement ; du reste, on a constaté avec certitude que le péril n’était réel que quand cette matière était exposée à l’humidité. Nous devons ajouter que les gaz émis sont toxiques : c’est sans doute un mélange d’hydrogène phosphoré et arsénié.
- L’apparition d’une nouvelle pièce de monnaie. —
- 11 s’agit de Vanna indien, qui était resté jusqu’à présent avec son type ancien, sous sa forme encombrante et son poids relativement énorme ; nous rappelons que cet anna se divisait en 12 pies, et que chaque pie, pour son compte, avait à peu près le volume, le poids du liard anglais, qui ressemble beaucoup à notre liard de jadis. Voici qu’on frappe pour l’Inde un anna en cuivre et nickel de proportions modestes, qui se distinguera aisément des pièces en argent par une tranche ondulée. Ce dernier détail donne un aspect tout particulier à la pièce, et l’on n’avait pas encore essayé de cette disposition en matière de monnayage ; elle a donné lieu à beaucoup de difficultés pour la frappe.
- La route de la baie d’Hudson. — Le ministère canadien de l’intérieur a récemment publié un rapport de M. J. M. Kenna, qui contient des renseignements importants sur la navigation et le commerce dans la baie d’Hudson. L’expérience des dernières années montre que la route de l’Atlantique à Churchill est libre et commode, de fin juillet à fin octobi’e, et praticable, avec risques, une ou deux semaines après et avant celte période. Très poissonneuse, la baie d’Hudson recèle également sur ses rives méridionales des richesses minières qui semblent considérables ; mais, pour les exploiter, il faudrait relier Churchill au réseau canadien, ce qui représente 600 km de chemin de fer en pays presque désert, entreprise coûteuse, qui ferait une concurrence assez sérieuse au nouveau transcontinental en construction et qui, pour, ces raisons, semble devoir encore attendis de longues années sa réalisation.
- Le prix des denrées en Allemagne. — La vie
- devient en Allemagne de plus en plus coûteuse. C’est ce que montrent nettement les chiffres suivants, extraits d’une récente statistique dressée par l’Association des employés de Breslau, et qui notent l’enchérissement progressif des denrées depuis 1896 jusqu’à 1906. Le pain, la viande, le lait ont augmenté pendant ce laps de temps, de 10 à a5 pour 100 de leur valeur de départ, le beurre de 25 pour 100, les œufs de 28 pour 100, les pommes de terre de 22 pour 100, la farine de 10 pour 100, les fruits de 14 pour 100, les légumes secs de 27 à 85 pour 100. De même le combustible est de i5 à 22 pour 100 plus cher, et les gages des domestiques, les vêtements et tous les objets de consommation ont suivi des progressions analogues.
- La résistance au glissement des métaux dans le béton. — La question est de première importance au point de vue du béton armé, et M. Burchartz s’est livré à cet égard à des expériences intéressantes, dont il a été rendu compte dans Engineering Record, de New-York. D’une manière générale, il est arrivé à observer que les métaux jaunes, cuivre, laiton, etc., ont une résistance plus élevée que l’acier. Du reste, quand on logeait dans le béton des tiges avec des dents ou des ondulations, le béton craquait sous l’effort avant que les tiges même d’acier commençassent à accuser un glissement.
- Constructions en béton armé. — La légèreté typique des constructions en béton armé peut rendre souvent bien des services. A Nuneaton, en Angleterre, où l’on avait besoin d’établir un réservoir de grande capacité, pour un volume d’eau de 2 260000 litres, on se trouvait fort empêché de recourir à la maçonnerie ordinaire ou de briques : car le sol est tout percé soulerrainement de galeries pour l’exploitation des mines, et l’on craignait des tassements qui eussent bientôt fait d’entraîner des fissures dans cette maçonnerie. On vient de décider d’adopter le béton armé, qui donnera à peu de frais le résultat poursuivi.
- L’automobile aux États-Unis. — Durant les 6 premiers mois de 1907, les Etats-Unis ont exporté pour 4245490 dollars d’automobiles, contre 2869289 dollars pendant la période correspondante de 1906. Par contre, le chiffre des importations d’automobiles a diminué de 2 294227 dollars à 2647 ^G..
- Les chevaux au régime lacté. — Cette idée a été émise par le baron Peers, président de la Fédération internationale de laiterie. En employant la poudre de lait, on pourrait assurer au cheval de sang une alimen-: talion plus substantielle à poids égal, que celle qui consiste à le nourrir d’avoine et de foin.
- Un nouveau dirigeable. —M. Clément, constructeur d’automobile bien connu, va faire construire un nouveau dirigeable, sur les plans de M. Capazza. Cet aéronef aura la forme d’une lentille en étoffe caoutchoutée formée de deux cônes opposés par la base, et maintenue rigide par une armature métallique. Le centre de cette lentille ; sera évidé et muni d’une échelle permettant de se ! rendre sur le ballon. Au-dessous de cette ouverture se ! trouve une nacelle portant les moteurs qui actionnent
- deux hélices placées à droite et à gauche entre la nacelle ! et le ballon. A l’arrière de celle nacelle, destinée au ^ mécanicien, est une seconde nacelle où 4 ou 5 personnes I pourront prendre placev Le futur dirigeable sera donc ! à la fois un ballon, puisqu’il tirera sa force ascension-( nelle de l’hydrogène, et un aéroplane, par la surface | qu’il présentera.
- Les flottes marchandes du monde. — Nous donnons ! ces chiffres d’après le Lloyd's Register 1907-1908, qui ! vient de paraître. Le tonnage actuel des flottes inar-; chaudes du monde est évalué à 39438917 tonnes, soit j 1884 900 de plus qu’en 1906 (37554 017), Le nombre des navires, steamers et voiliers de plus de 100 tonnes, est
- de 3o 2o3;, — 109.de plus,que l’an dernier; dans ce chiffre on distinguera 20746 steamers (accroissement de 869 unités) contre 9457 voiliers (diminution de 760 unités). Les 20 746 steamers représentent d’ailleurs à eux seuls de beaucoup la plus grosse partie du tonnage total, 33 669811 tonnes, contre seulement 5 469106 pour les voiliers. Enfin, sur le chiffre total du tonnage des steamers, l’Angleterre entre à elle seule pour 17 001 000 tounes, c’est-àrdire plus de la moitié de la flotte marchande à vapeur du monde entier.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- "Photographie
- Viseurs Lynx et canne-viseur. — Les appareils à main sont munis d’un viseur et d’un niveau d’eau, mais s’il est facile d’utiliser l’un et 1 autre, quand l’appareil -est sur pied et qu’on peut prendre tout son temps, il est matériellement impossible d’arriver à ce résultat quand on fait de l’instantané : l’œil ne pouvant voir en même temps le niveau à bulle d’air et le viseur. M. Gravillon -a réuni dans ses viseurs « Lynx » les éléments nécessaires à la bonne mise en plaque de l’image, à la parfaite rectitude des ligues verticales, par suite de la parfaite
- horizontalité de l’appareil, et même au besoin, à la mesure de ladislance del’ob-jet photographié. En principe le viseur (fig. i) se compose de deux cadres A et B montés sur une platine métallique qui se hxe sur la chambre, soit à demeure,soitau moyen d’une coulisse. Le cadre avant B porte une lentille carrée sur laquelle vient se peindre l’image, le cadre arrière A porte un balancier spécial C et derrière lui se trouve un œilleton D ou, si l’on veut viser à hauteur de poitrine, une glace inclinée à 45 degrés (non représentée sur notre gravure). Dans tous les cas, il est facile de voir en même temps le balancier et la lentille ; celle-ci porte des réticules et quand le balancier coïncide bien avec la ligne horizontale, c’est que l’appareil est bien de niveau. De •chaque côté de la lentille B, on a amorcé quelques traits à côté desquels sont inscrits les chiffres 3, 5, 7, etc. Ils •sont destinés à mesurer, en mètres, les courtes distances, quand on veut photographier un objet placé à moins de 10 mètres. En effet il est clair que, si l’appareil est tenu à hauteur d’œil, la ligne de visée partant de l’œilleton et passant par le balancier C pour aller au pied du sujet considéré, rencontrera la lentille en un point qui variera avec la distance qui sépare le sujet de l’opérateur. On a marqué sur la lentille par les traits indiqués, les différents points où se fait cette rencontre pour les distances de 3, 5, 7 mètres. Par conséquent, quand on voit la ligne horizontale du balancier coïncider -avec l’un de ces traits, on n’a qu’à lire le chiffre auquel il
- Viseur Lvnx.
- Fig. 2. — Viseur Lynx tubulaire
- •correspond, pour avoir la distance du sujet visé. Ces indications ne peuvent être rigoureusement exactes évidemment que si le viseur a été gradué pour l’opérateur, d’après sa taille ; mais on a pris une moyenne et elles sont suffisantes pour éviter les erreurs grossières d’appréciation. .
- Ce viseur, dont la lentille a 3 cent, de large, ne peut se monter sur certains appareils à main qui sont très plats une fois repliés. M. Gravillon a construit pour eux un viseur spécial (fig. 2) qui n’a que 2 cent, d’épaisseur ; il est de forme tubulaire et se monte sur une platine B qui permet.de. le faire tourner de 90°, afin.de,1e placer dans le plan de l’appareil quand celui-ci est replié et ensuite suivant l’axe de l’objectif, quand il est déplié. Le constructeur a conservé le pendule B comme dans le viseur
- précédent. L’image se peint sur la lentille placée en D, la visée se fait à hauteur d’œil et le système optique, composé des lentilles V etL, grossit l’image. Si l’on veut viser à hauteur de poitrine, un bouton placé à l’extérieur permet d’abaisser la glace E sur laquelle la lentille L renvoie l’image qui est agrandie par la loupe placée au-dessus de la glace.
- Enfin M. Gravillon, voulant tout prévoir, a imaginé un périscope qui permet de photographier dans les foules par-dessus la tête de ses voisins. Pour cela il utilise une canne (fig. 3) dont la poignée enlevée présente une vis au pas adopté par le Congrès et sur laquelle se fixe l’appareil photographique. Dans l’intérieur de la canne se trouve la combinaison optique représentée ci-contre (fig. 4) et dans laquelle on voit que deux prismes renvoient l’image de l’objectif à un oculaire placé à l’extrémité inférieure ; devant cet objectif de la canne on fixe, au moyen d’un bracelet en caoutchouc, un viseur tubulaire à balancier Y analogue à celui décrit ci-dessus. Un bouton M permet de faire varier légèrement la distance des lentilles pour voir l’image nette. On peut ainsi mettre parfaitement en plaque l’image qu’on veut faire enregistrer par l’appareil photographique par-dessus la muraille humaine dont on est environné. — M. Gravillon, i, rue Pelée (64, rue Saint-Sabin), Paris.
- Fig. 3 :eté$.
- Détails
- Canne-Viseur.
- Automobilisme
- Indicateur de vitesse angulaire. — Cet indicateur comprend un transmetteur et un indicateur. Le transmetteur est une petite machine électrique magnéto, donnant un courant par la rotation d’une petite pièce de fer. Le fil induit est immobile et est relié à la canalisation directement. La petite machine magnéto est placée dans une cage hermétiquement fermée et peut tourner à toutes les vitesses angulaires.
- Elle porte une poulie qui peut être mise en rotation à l’aide d’un bracelet en caoutchouc.
- La petite machine, en tournant, produit un courant qui est transmis à un galvanomètre apériodique à dilatation.On peut ainsi graduer l’indicateur en nombre de tours par minute et avoir l’appareil que représente la fig. ci-dessus. Il est dès lors facile de mesurer la vitesse angulaire de tout moteur en actionnant la poulie motrice par une transmission montée sur la poulie de l’indicateur, et en multipliant le nombre de tours indiqué par le rapport inverse du diamètre de la poulie du moteur au diamètre de la poulie de l’appareil. — L’indicateur de vitesse angulaire est construit par MM. Chauvin et Arnoux, 186, rue Championnet, à Paris. Prix: n5.fr.
- Indicateur de vitesse angulaire.
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- SCIENCE APPLIQUÉE |
- Hygiène
- L’aspirator. — L aspirator est une invention hygiénique, c’est l arme qui sert à lutter contre la poussière et ses nombreux microbes. Il y a longtemps que l’usage du plumeau est reconnu indicule et nuisible, il ne sert
- Iqu’à faire voler la poussière ; le linge mouillé ou humide est le seul rationnel, mais on ne 1 jjeut pas l’appliquer partout. Depuis quelques années on a imaginé d’aspirer la poussière au moyen d’une pompe mue par un moteur à pétrole ou à bras et nanti de longs tubes de caoutchouc portant une ventouse qu’on promène sur les tentures, tapis, rideaux, meubles, etc.
- P L’aspirator est basé sur le même principe, mais il est réduit à sa , plus grande sim plicité et à un prix i. Vue d’ensemble. — 2. Vue de détails. modique. C’est
- une pompe composée d’un cylindre A qui porte la ventouse articulée qu’on applique sur l’objet; d’un cylindre C, entrant dans le premier et qui recueille la poussière, enfin d’un piston P muni d’un manche. Le maniement de cet appareil est très simple et son action très efficace, ainsi qu’on peut s’en rendre compte par la quantité de poussière recueillie après chaque opération. — M. Bimm, 5, rue Raspail, à Bois-Colombes. Prix : 3o francs.
- 'Electricité
- Les arbres poteaux-télégraphiques. — Les installations américaines nous donnent souvent des exemples d’ingénieuse économie. C’est le cas de l’installation toute récente de lignes téléphoniques dans les Etats-Unis du
- Sud-Ouest. Dans ces pays de grande étendue où la population est très disséminée, il arrive souvent de réunir des habitations isolées, des fermes, par des lignes téléphoniques privées pour lesquelles les frais d’établissement doivent être aussi réduits que possible, étant donné le peu d’importance relative du trafic.
- Un constructeur du Texas, M. Clfiydon, a eu l’idée
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- d'utiliser, comme poteaux supports des lignes, les poteaux naturels constitués par les arbres. Pour cela il a imaginé une petite porcelaine (fig. 1) aussi ingénieuse que simple : c’est une boule sphérique, qui porte une gorge suivant un grand cercle. Dans l’intérieur, passe une tige de fer recourbée en U, qui permet de suspendre le système à la maîtresse branche d’un arbre. Le câble conducteur est enroulé et fixé dans la gorge comme à la manière ordinaire (fig. 2).
- Ces isolateurs se construisent en deux modèles. Le premier, le plus gros, est destiné à des climats humides, lorsqu’il faut une certaine distance entre le câble et le fil de suspension pour avoir un bon isolement. Le deuxième plus petit s’emploie dans les contrées sèches.
- Cette disposition est actuellement employée un peu partout dans le Texas, elle évite l’emploi des poteaux particulièrement coûteux dans ce pays.
- “Divers
- L’American Combined. — Ce nom mystérieux désigne un meuble transformable, d’un caractère nouveau. Tout le monde connaît les canapés-lits, et leurs inconvénients. Ces meubles, trop larges comme canapés, forment des lits trop étroits. L’Àmerican Combined peut lui aussi faire fonction de lit et de canapé; mais dans ses deux rôles, il présente les dimensions normales de
- matelas, couverture et draps. Il ne manque que les oreillers-traversins ; on' les retire de la case ménagée derrière le dossier du canapé ; ce dossier se soulève et se rabat comme un couvercle. L’American Combined constitue donc un meuble plus confortable que les meubles à transformation habituellement employés; il a comme eux l’avantage d’un encombrement très réduit et
- .DISPOSITION DE JOUR
- DISPOSITION DE NUIT.
- ces deux meubles. Disposé pour le jour, il apparaît comme un canapé adossé à un meuble supérieur et faisant corps avec ce meuble, bibliothèque, armoire ou autre. Mais le siège du canapé est mobile et glisse sous le meuble supérieur, qu’il dépasse seulement de la largeur moyenne d’un canapé.
- Pour la nuit, il suffit donc de tirer complètement le siège en avant, comme si on le sortait d’une alcôve; on dessangle la tapisserie du dessus de canapé ; on a à sa disposition un lit absolument normal, avec sommier,
- il forme à lui seul uu petit mobilier d’aspect fort élégant. Les inventeurs, MM. Lucet et Perraud, ont même prévu dans certains types une toilette qui occupe la partie centrale du meuble- La figure ci-dessus représente un meuble de 2 m. de long sur 2 m. de haut et 0,90 à 1 m. de profondeur. Le canapé a o,55 m. de profondeur et i,g5 m. de long; le lit 0,90 m. de large et i,g5 m. de long. 11 existe du reste des meubles de toutes les dimensions. Prix à partir de 35o fr. — S’adresser à M. Perraud, 45, rue de Chaillot, Paris.
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- VARIETES
- Un téléphone-journal. — Le Telephon-Hirmondo, de Budapest, est un journal unique en son genre. Le téléphone y tient lieu de multiplicateur, de presse à imprimer. Il ne s'agit pas d’un rêve à la Jules Verne, mais d’un fait acquis, d’une entreprise commerciale. Le Telephon-Hirmondo a un état-major de plus de deux cents employés pendant les mois d’hiver et ses 1800 km. de lil distribuent les nouvelles à i5ooo abonnés.
- Le Scientifîc American fournit des détails sur ce journal parlé. De huit heures du matin à huit heures du soir, des voix de stentor déclament devant d’énormes mici’O-pliones la copie remise par la rédaction. Et comme les nouvelles diverses sont transmises dans un ordre déter-
- miné, chaque abonné peut n’écouter que ce qui l’intéresse et ne prêter qu’au bon moment une oreille attentive. Le programme est d’ailleurs bien rempli :
- Matin. 9 heures. L’heure, le Bulletin météorologique.
- 9 h. 3o-io h. 00. Nouvelles de Vienne, de l’étranger. Avis officiels. Nouvelles de la Bourse. Extraits de la presse locale. Nouvelles diverses et financières.
- Chronique locale, théâtres, sports.
- Bourse de Vienne.
- Politique de la province et de l’étranger.
- Soir. la h. 00. L’heure, renseignements sur
- le temps.
- Nouvelles du Parlement, de la Cour, de l’Armée.
- Cours de la Bourse.
- Revue des plus intéressantes nouvelles depuis le matin. Nouvelles de l’étranger, nouvelles diverses.
- Parlement; chronique locale. Derniers cours de la Bourse. Le temps. Le Pai'lement, le théâtre, la mode, les sports. Compte rendu de la Bourse. Musiques militaires.
- Opéra.
- Ou après le premier acte de l’Opéra : Nouvelles de la Bourse de New-York, Francfort, Paris, Berlin et autres principaux centres commerciaux.
- 8 h. 3o- 9 h. 3o. Opéra.
- Le Telephon-Hirmondo pi'ésente des avantages très notables sur le journal imprimé : il procure le plaisir de l’audition d’un concert, d’une représentation théâtrale à ses abonnés tandis qu’ils sont à prendre leur repas, ou occupés à jouer aux cartes, au coin du feu. Des prédicateurs, des lecteurs, des acteurs, s’en servent pour s’adresser à un auditoire répandu dans toute la ville. Les heures des spectacles, l’arrivée des étrangers sont soigneusement annoncées. Une sonnerie spéciale
- 10 h. 00-10 h. 3o.
- 10 h. 3o-i x h. 00.
- I X h. 00-11 h. 15.
- 11 h. x5-ix h. 3o.
- 11 h. 3o-i 1 h. 45.
- X I h. 45-12 h. 00.
- 12 h. 00.
- 12 h. co-12 h. 3o.
- I 2 h. 3o-i h. 00.
- I h. 00-2 h. 00.
- 2 h. 00-2 h. 3o.
- 2 h. 3 o-3 h. 00.
- 3 h. oo-3 h. x5.
- 3 h. 15-4 h. 00.
- 4 h. 00-4 h. 3o.
- 4 h. 3o-6 h. 3o.
- 7 h. 3o-8 h. 15.
- 8 h. i5.
- signale toute nouvelle extrêmement importante qui mérite d’être connue immédiatement.
- A raison de deux sous par jour, le Telephon-Hirmondo apprend les nouvelles plus rapidement qu’aucun autre journal. Son prix minime s’explique par le peu de frais que nécessite sa publicité tout à fait a up to date ». Il obtient un grand succès et il jouit surtout d’une faveur marquée dans les salles d’attente des médecins et des dentistes, dans les salons de coiffure, les cafés et restaurants. Il a même organisé des séances de lectures hebdomadaires, et des concerts pour les enfants.
- Les abonnés ont la faculté, si cela leur plaît, de cesser leur abonnement au bout de quatre mois. Le récepteur téléphonique de chacun d’eux est pourvu de deux tubes auditifs, de telle sorte que deux personnes peuvent écouler en même temps. L’appareil est installé au gré de l’abonné au chevet du lit, près d’un sofa, sur une cheminée ou une table de travail.
- Le téléphone-journal a des annonces. Il les intercale adroitement, à la façon d’une sandwich, entre deux nouvelles. L’annonce est larifiée à raison de 2fr,5o pour 12 secondes de la voix du stentor.
- Le Telephon-Hirmondo a une supériorité indiscutable sur le journal imprimé : il recrute ses abonnés même parmi les illettrés et les aveugles. Quand on a des oreilles, inutile de'savoir lire. N’est-ce pas le dernier cri du Progrès? N. L.
- L’hygiène et la guerre. — Voici une statistique un peu macabre, mais qui mérite d’être relevée par ce qu’elle comporte d’enseignements. Nous l'empruntons à une élude parue dans la Nouvelle Iconographie de la Salpêtrière et quia pour auteur M. J.-J. Matignon, médecin-major, membre de la mission militaire aux armées japonaises de Mandchourie.
- M. Matignon prouve d’abord que la guerre moderne est proportionnellement moins meurtrière que celle d’autrefois. Voici les chiffres pour la guerre russo-japonaise :
- Bataille de Liao-Yang (10 jours) : Japonais tués, 5ooo, blessés, 18000.
- Bataille des Cha-Ho (i3 jours) : tués, 35oo; blessés, 16000.
- Bataille de Moukden(i5 jours) : tués, 16000; blessés, 53 000 (dans la 2e armée, où se trouvait M. Matignon, la perte d’effectif par jour était de 2,7 pour 100, ce qui est peu considérable).
- En somme, la pi’oportion des tués ou blessés est restée ce qu’elle avait été jusqu’ici : 1 tué pour 4, 5, ou 3 blessés. Ce qui est plus intéressant à signaler — et c’est l’enseignement dont nous parlions — - la guerre russo-japonaise a montré l’importance d’une hygiène bien comprise à la guerre, pour l’obtention de la victoire, en conservant aux armées le maximum de leurs effectifs.
- Jusqu’ici une armée en campagne avait en moyenne de 4 à 10 morts de maladie pour 1 tué à la bataille. En 18 mois de campagne, l’armée japonaise a eu, à côté de 112542 blessés, 43 349 tués et 10000 morts seulement de maladies, soit 1 mort pour 4,5 tués. Un record, dit M. Matignon. Ajoutons : une leçon. Dr Desplein.
- HYGIENE ET SANTE
- La chute des cheveux. — Il est rare d’obseiwer la calvitie chez les enfants ; il est rare également de l'observer chez les adolescents. Mais ce qui est moins rare, c’est une alopécie spontanée, une chute'des cheveux que rien n’explique, au moins en apparence. Un jeune homme, une jeune fille de vingt ans se plaint de voir ses cheveux tomber ; chez le jeune homme, la chute entraîne assez rapidement une alopécie portant sur le vertex et en quelques mois survient une véritable tonsure. Chez la femme, l’alopécie a une marche un peu dif-
- férente; au lieu de se produire au sommet de la tête, c’est plus souvent en avant sur les tempes que le cuir chevelu se dégarnit. Chaque matin le coup de peigne entraîne une masse de cheveux et des plus longs. La chute est plus abondante dans la période estivale, mais elle persiste encore l’hiver et peu à peu le crâne se dépouille; sans aller jusqu’à la calvitie, la chevelure n’est plus aussi belle et aussi fournie que dans les premières années de la vie.
- Quelle est la cause de cette alopécie spontanée? Con-
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- additionnée de 5 pour ioo d’acide sulfurique; on lave ensuite, et l’on recouvre d’un vernis à l’asphalte. Ce vernis se prépare par dissolution d’une ou deux parties d’asphalte dans 10 parties de benzine. Il doit être étendu bien également sur le métal, que l’on fait sécher en le plaçant dans une position verticale.
- Corrosion des tubes de chaudières. — La publication Power a donné les résultats d’expériences comparatives faites sur là corrosion des tubes de chaudières. On a commencé par lancer de l’air à travers des tubes mouillés avec de l’eau distillée, et l’on a constaté que la perte eu poids de ces tubes, au bout de six semaines, atteignait 35 ceutigr. environ par décimètre carré. On a alors recommencé l’expérience en employant une eau alcaline : dans ces conditions, la perte correspondante n’était plus que de 3i pour ioo à peu près de ce qu’elle était avec l’eau ordinaire. L’eau devrait donc être légèrement alca-
- line, dans une chaudière, pour réduire les cori’osions au minimum.
- Remplacement de la céruse. — L’attaque de la bauxite par l’acide sulfurique, dans la préparation du sulfate d’alumine, laisse un résidu que M. Teneit, dans un récent brevet, recommande pour remplacer la céruse. Voici sa composition d’après l’auteur :
- Alumine........................... 4o
- Oxyde de fer ..................... io
- Silice........................... 27
- Acide titanique................... 18
- Sulfate d’alumine.................. 5
- 100
- Ce résidu séché est ensuite broyé avec 40 pour 100 d’huile cuite. Cette pâte sert à faire dés peintures par addition d’huile, d’essence, de siccatifs.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans là mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — M. Maucherat, de Moscou, nous écrit au sujet de l’article de M. Lallié : « Un précurseur du monorail Brennan », paru dans le n° 1794, de La Nature : « L’invention de M. Brennan est une adaptation de deux inventions françaises : i° Son rail unique... à ras le sol... dérive du chemin de fer Larmanjat (expérimenté en 1867-1869), prototype des divers chemins de fer monorails pour lesquels il a été depuis pris de nombreux brevets par de soi-disant inventeurs; a° Si M. Brennan n'a pas eu connaissance de l’ingénieux petit jouet « le bicycliste automate », il ne peut en être de même de l’appareil de Famiral français « Flèuriais », l’inventeur du gyroscope collimateur destiné à déterminer sur les navires, par tous les temps, la ligne d;ho-rizon ». Sans aucun doute M. Brennan s’est inspiré dè l’idée de l’amiral Flèuriais! A ce sujet on peut consulter une description parue dans le journal La Vie Scientifique, 1896, n? 6a, où Fon remarquera lé passage suivant, très suggestif : « Après des essais peu satisfaisants avec un gyroscope à Fair libre, on songea à l’installer dans une cage en verre contenant de l’air raréfié. » Ainsr installé, le gyroscope tourna pendant plus d’une heure, sans qu’il y eut besoin d’entretenir lé mouvement. »
- Renseignements. — DT Manuel Telles, Açores. — Nous pouvons vous recommander l’École de génie civil de Gand, en Belgique, le Polyteclmicum de Zurich en
- Suisse. Il existe également en France d’excellentes écoles d’ingénieurs mécaniciens; les écoles d’Arls et Métiers, de Châlons, d’Aix, d’Angers, de Lille, qui ne le cèdent certainement en rien aux écoles étrangères.
- M. Ledüux, à Paris. — Le cours d’électrotechnique de M. Janet est publié en deux volumes à la librairie Gaulhier-Villars, 35, quai des Grands-Augustins. Le prix est, croyons-nous, de i5 francs par volume.
- M. X. de Z. — On a conseillé un liquide irritant, mélange de chloroforme, acide acétique, alcool de romarin, à parties égales; un attouchement léger. Mais comme l’affection est d’origine plutôt nerveuse que parasitaire, il serait sage de se faire examiner par un spécialiste.
- M. P: Maillard, à Paris. — Nous regrettons de ne pas jxouvoir vous renseigner; le plus simple serait de : vous adresser à une agence ou à un bureau de placement.
- M>. A.-J. H., à Roubaix. — x° Pour encoller le papier, vous pouvez essayer le procédé suivant : faii'e dissoudre dé l’alun dans de l’eau et enduire le papier avec un pin-! ceau humecté de celte solution. — 2" Pour dissoudre la j cire, le seul corps pratique est l’essence de térébenthine.
- Abonné 2011-607, Espagne. — Polissage du marbre | blanc : Vous trouverez des renseignements dans le ma-! nueF Roret du Marbrier, librairie Mulô;- ia, rue Hautc-] feuille, Paris.
- | M. If. Brun, à Port-Louis. — Nous avons transmis j votre lettre.
- j ML. L.'Eiew, à Vincey. — MMV Lévy et Pécoul ont fait i un appareil pour déceler la présence dè l’oxyde de car-I boue. Vous le trouverez décrit dans La Nature, n° 1692, du 28 octobre 1905 et vous pourrez vous le procurer chez Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- The lower Niger and its tribes, by Artii-Glyn Leonard , London. Macmillan, 1907, ^. xxii-564- Price : 12 sh. 6.
- Nous aurons à revenir sur ce livre du major A.-G. Leonard; fruit de dix ans de recherches et d’observations sur la vie et la pensée africaines. Admirablement préparé par de larges études de religion comparative, M. Leonard est à coup sûr, — avec une Miss Kingglèy, un Deunett, — un des rares Eui'opéens qui ait réussi à penser nègre.
- Early Christian Ireland, by Eleanor IIxjll, London, David Nutt; Dublin, Gill and Son. 1905, p. vi-i83, in-8°.
- Ce remarquable ouvrage de Miss El, Hull, qui fait partie delà collection « Epochs of Irish history », est la suite immédiate du Pagan Lreland du même auteur.
- C’est un manuel de haute valeur, simple, clair, populaire, de l’histoire ii'landaise et qui rendra de grands services à une époque où les études des cellisants vont se développant chaque jour davantage.
- Souvenirs entomologiques, études sur l’instinct et les mœurs des insectes, par J.-Henri Fabre, correspondant de l’Institut, 10 volumes, tome X. Paris, Dela-grave, 1 vol. in-8a. Pi'ix : 3fr,5o.
- Cours de mécanique appliquée aux machines. — Professé à l’École spéciale du génie civil de Gand, par J. Boulvin, 2e fascicule. Moteurs animés. Récepteurs hydi'auliques, l'écepteurs pneumatiques (2e édition), chez-Bernard, 1, rue de Médicis, Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- suite/, à cet égard le maître dermalologiste Sabouraud et il vous dira qu’il n’y a là aucune influence d’état général; ce n’est ni l’anémie ni la chlorose comme on a tendance à l’incriminer, ni l’état du système nerveux, ni même l’arthritisme qu’il faut accuser.
- La cause est plus simple, c’est le mauvais état du cuir chevelu. Les sujets atteints de cette variété d’alopécie ont ce que l’on appelle communément des pellicules ; ces petites poussières sèches et qui salissent le col et les vêtements n’ont pas attiré l’attention. Plus lard elles sont devenues grasses, elles adhèrent à la peau, et comme elles se détachent moins aisément, il semble qu elles ont disparu. La jeune fille ou jeune fçmme se gratte parfois la tête et retire, au grattage, une matière grasse qui lui fait dire que la tête se salit facilement. Cela est vrai, les poussières viennent se coller plus aisément à ce corps gras. Les pellicules ne tombent plus, puisqu’elles restent adhérentes à la peau, mais c’est alors le cheveu qui tombe.
- Notez que dans la plupart des cas de ce genre, c’est le coiffeur qui sera chargé de donner un conseil et de trouver un remède. Lt l’on graisse les cheveux, on les inonde d’huile plus ou moins parfumée pour empêcher leur dessèchement et leur chute, alors qu’il suffirait tout simplement de les laver. C’est un préjugé encore assez enraciné qu’il ne faut pas mouiller les cheveux. Or le crâne ne dillère pas des autres points du corps sinon par la longueur des poils qui y sont implantés. On a l’habitude de se laver la figure et la barbe, de se laver les pieds, de se baigner. Pourquoi mettre à l’index une région qui est plus exposée presque que les autres à recevoir les poussières. Il faut laver la tête et la laver régulièrement, il faut même la savonner et c’est le moyen le plus sûr de faire disparaître les pellicules et •d’arrêter la chute des cheveux.
- Yoici comment Sabouraud entend qu’on pratique ces lavages : je les prends dans les conseils qu’il donne à ce sujet dans la Clinique. On partage la chevelure en quatre
- ou six nattes, suivant son volume : on commence à tresser les nattes à 15 cm de la peau et on lie l’extrémité des nattes qui ne seront plus déliées qu’au moment de les sécher. Ensuite on place dans une petite auge remplie d’eau le savon dont on se servira ; on frotte sur lui une brosse à dents. Avec elle on brossera le cuir chevelu, raie par raie, sur toute sa surface, même au-dessous de chaque natte, dans des intervalles qu’on pratique avec les doigts de la main gauche. Celte opération dure ro minutes. On rince et l’on sèche. Pour rincer, le plus simple, à défaut d'une chute d’eau par douche, est de se servir d un arrosoir rempli d’eau chaude, qu’on additionne, si l’eau est crayeuse, pour chaque litre d’eau, d’une noisette de sous-carbonate de soude. On rince une deuxième fois à l’eau pure chaude ou froide, au gré du sujet et l’on sèche. Si les cheveux sont demi-courts, le séchage se fait à la serviette chaude simplement. Pour sécher les cheveux plus longs, le moyen le plus commode est de les passer au fer modérément chaud. C'est au moment de procéder au séchage, et non pas avant, qu’on libère les cheveux nattés, on les peigne et on les étale sur la table à repasser; on les sèche ainsi en quelques minutes.
- Un conseil : n’usez jamais de lotions à base de pétrole. Le voisinage du feu expose à des dangers terribles et ces essences soi-disant mirifiques sont moins efficaces qu’un vrai savonnage. Quand doit-on faire cette petite opération? Dès qu’on s’aperçoit que les cheveux tombent, et il faut continuer sans cesser une ou deux fois par semaine.
- Pour aider à la croissance des cheveux nouveaux, ou se trouvera bien de lotions à base d’alcool, non acides et surtout sans corps gras. Le parfum est indifférent ; les eaux dites de quinine, les lotions capillaires à base de pilocarpine conviennent bien dans ces formes d’alopécie. Nettoyer la tête et la nettoyer régulièrement est la condition fondamentale de la vie des cheveux; le tout est de s’y prendre de bonne heure et de n’en plus perdre l’habitude. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Utilisation des vieux charbons électriques. —
- Quand on change les charbons d’une lampe à arc, on en jette un morceau plus ou moins long. Au bout d’un certain temps, on a perdu alors plusieurs charbons entiers. Pour éviter ce gaspillage, on taille l’extrémité du charbon pour lui donner une section plane. Les bouts ainsi préparés sont assemblés avec une colle de verre liquide (silicate alcalin) et de la poudre de charbon en consistance pâteuse et on les presse à la main l’un contre l’autre. Le nouveau charbon offre un peu plus de résistance au courant, mais il est très utilisable et est aussi solide que les charbons ordinaires.
- Bois d’amiante. — Le bois d’amiante est une matière obtenue par l'agglomération et le traitement spécial des résidus jusqu’à présent inutilisables de l’industrie de l’amiante. On arrive à leur donner une grande ténacité et des propriétés mécaniques analogues à celles du bois ; ainsi l’industrie électrique pourra recevoir des pièces d’amiante brute et leur donner toutes les formes possibles par le sciage, le tournage, etc. La vis y mord et y tient mieux que dans le bois, surtout si la matière est imprégnée de substances destinées à en corriger la porosité. Cette porosité fait que l’industrie devra employer le plus souvent le bois d’amiante imprégné ; les hautes températures, sans détruire la substance,, chasseront des pores la matière dont elle est imprégnée.
- Les propriétés isolantes changent beaucoup, suivant qu’il y a imprégnation ou non. Dans le premier cas la résistance d’isolement est de 5 à 6000 mégohms pour un échantillon de 15,9 mm d’épaisseur placé entre deux disques de 76 mm de diamètre ; elle sera au contraire d’un million de mégohms dans le second cas. Les essais donnent beaucoup d’autres caractéristiques intéressantes de cette matière, mais les résultats n’en sont pas toujours rigoureusement réductibles aux mesures et unités
- couramment employées, de sorte qu’il est difficile de porter un jugement définitif sur la valeur du bois d’amiante.
- Cet isolant paraît avoir beaucoup de points communs avec d’autres isolants connus déjà de divers côtés, mais il est intéressant de signaler qu’il doit en différer sensiblement, pour réaliser l’attente des inventeurs, MM. Norton et Whitney, qui visent à le substituer au bois, à l’ardoise et au marbre, dans beaucoup d’applications. Il offrira l’avantage de se comporter beaucoup . mieux que les trois substances indiquées et il se travaillera aussi bien que le bois.
- Épuration des huiles et essences. — MM, Haller, Sabatier, Senderens, viennent d’indiquer un nouveau procédé pour l’épuration des huiles. C’est une application de la méthode catalytique qui a fourni depuis quelque temps d’élégantes solutions à tant de problèmes chimiques. Le procédé consiste à faire passer sur des métaux divisés, tels que nickel, cobalt, cuivre, fer et platine, le produit à épurer (huiles de pétrole, essences, etc.). Ces métaux sont chauffés entre 100 et 35o° suivant la volatilité du produit traité. Par effet catalytique des métaux divisés, il se produit une hydrogénation dans les vapeurs de ce produit ; il en résulte une atténuation considérable de l’odeur primitive pour les huiles lampantes, et même une odeur agréable pour les essences et les éthers.
- Protection du zinc des toitures. — A côté de ses avantages réels, le zinc présente l’inconvénient sérieux de se piquer assez rapidement, quand il est exposé aux agents atmosphériques ; et c’est pour cela qu’on chei’che un moyen de préserver les toits en zinc de cette cause de détérioration. Notre confrère allemand Der Metall-arbeiter recommande le procédé suivant. On commence par nettoyer les plaques de zinc que l’on veut employer à une couverture, en les plongeant dans un bain d’eau
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les transformations importantes survenues ces dernières années dans la technique des moteurs hydrauliques exigeaient une mise à jour de l’excellent traité de M. Boulvin. La théorie des turbines, notamment, y est exposée avec une grande clarté. L’auteur, dans cette partie de son ouvrage, s’est surtout inspiré, et avec raison, des importants travaux de M. Raleau, à qui cette branche de la mécanique doit une grande part de ses récents progrès.
- Les industries électro-chimiques, par J. Escard. Librairie Béranger, Paris.
- Cet ouvrage est une véritable encyclopédie embrassant le domaine, aujourd’hui si vaste, de l’électrochimie. On y trouvera exposées les applications aux industries chimiques des diverses formes des phénomènes électriques : effluve, étincelles, électrolyse,
- effets thermiques. Chaque industrie y est examinée eu détail; nous signalons les chapitres particulièrement intéressants et d’actualité qui traitent de la fabrication du chlore et des alcalis, de l’ozone, de l’acide nitrique ; l’électro-chimie des composés organiques n’est pas oubliée ; un chapitre spécial mentionne la fabrication des résinâtes, de l’amidon, de la cellulose de bois, de la levure, le tannage électrique, l'imprégnation de bois, etc. Le livre de M. Escard, résumé fort clair et bien ordonné des innombrables travaux modernes, sera indispensable à la fois au chimiste industriel, au savant, et à ceux qu’intéressent les questions scientifiques et industrielles d’ordre général.
- Théorie et usage de la règle à calculs (règle des Ecoles, règle Mannheim), par P. Rozé, licencié ès sciences, chez Gauthier-Villars, Paris.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o).
- Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 oct. 1907. . 13°,1 S. 1. Couvert. 5,0 Très nuageux; pluie le m. et le s. ; brouillard à 21 b.
- Mardi 22 12»,1 N. W. 2. Nuageux. 7,8 Pluie le m. ; nuageux; brouillard ; halo à 15 h.
- Mercredi 23 9»,5 N. 1. Couvert. 0,5 Pluie le m. ; Très nuageux; brouillard à 6 b.
- Jeudi 21 7°,1 Latine. Très nuageux. 7,1 Pluie à 4 h. et de 15 b. à 17 h. ; très nuageux.
- Vendredi 23 6»,2 W. S. W. 0. Couvert. )) Rosée ; brouillard le m. ; couvert jusqu’à 15 b. ; peu nuag. ensuite.
- Samedi 20 7°,4 S. S. E. 1. Pluie. 1,2 Pluie line de 2 b. 30 à 8 h. 50; Couvert ; brouillard à 21 h.
- Dimanche 27 4°,1 N. 1. Drouillard. » Première ael. blanche: couv. ; brouill. dans la matinée et la soirée.
- OCTOBRE 1907. — SEMAINE DU LUNDI 21 AU DIMANCHE 27 OCTOBRE 1907.
- Lundi ] Mardi | Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 A 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à cabri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 21 au 27. — Le 21. Amélioration de la situation barom. dans l’O. de l’Europe, fortes pressions presque générales. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe; en France : Aigoual, 66; Lorient, 18 ; Bordeaux, 9; Perpignan, Brest, 6; Paris, 5 (orage). Température du matin : Ivharkof, o° ; Paris, 13 ; Alger, 22; Puy de Dôme, 8; Pic du Midi, —2; moyenne à Paris : i4°,6 (normale : 90,1). — Le 21. Continuation de la hausse; pressions variant de 763 à 773. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe ; en France : Clermont, 19; Toulouse, 13 ; Bordeaux, Paris, 3. Temp. du. matin : Iiaparanda, —i°; Paris, 12; Alger, 19 ; Puy de Dôme, 8; Pic du Midi, — 20; moyenne à Paris : 12°,3 (normale : 90). — Le 23. Pression moyenne en France, 762; Ivharkof, 774. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe; en France : Sicié, 85; Cette, 71; Marseille, 35; Biarritz, 25; Toulouse, 14. Temp. du matin : Haparanda, —5°; Paris, 9; Alger, i5; Puy de Dôme, 7; Pic du Midi, —20. — Le 24. Situation identique : IChar-kof, 772. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe; en France : Cette, 78; Nice, 35; Marseille, 27; Lyon, 21; Nancy, Biarritz, 8; Cherbourg, 4. Temp. du matin ; Kharkof,
- — 3° ; Paris, 7 ; Alger, 18 ; Puy de Dôme, o ; Pic du Midi,
- — 11 ; moyenne à Paris : 8°,6 (normale : 8°,7). — Le 25. Dépressions sur le N.-O. de l’Europe et la Méditerranée : Bodoe, 747; Nice, 755. Méditerranée houleuse. Pluies sur l’O. de 1 Europe; en France : Nice, 34; Paris, 7; Le Havre, Brest, 3; Alger (orage), 58. Temp. du matin : Kharkof, —3°; Paris, 6; Alger, 18; Puy de Dôme, — 1 ; Pic du Midi, .— 9; moyenne à Paris ; 7°,2 (normale : 8°,3). — Le 26. Nice, 750 ; pressions hautes en Russie. Pluies sur le N. de l’Europe; en France : Toulon, 33; Biarritz, 14;, Belfort, 11; Brest, i3. Temp. du matin : Kharkof, —4°; Paris, 7; Alger, 16; Puy .de Dôme, 1; Pic du Midi, —8°; moyenne à Paris : 8°,8 (normale : 8°,4). — Le 27. Minimum barom. en Danemark, 754, et en Irlande, 751 ; maximum à Kuopio, 771. Pluies sur le N. et 10. de l’Europe; en France : Pic du Midi, 108; Biarritz, 25; Besançon, 14 ; Toulouse, 9. Temp. du matin ; Uleaborg, —6°; Paris, 4'. Livourne, 15 ; Puy de Dôme, o° ; Pic du Midi, —9; moyenne à Paris : 7°,5 (normale ; 8°,2). — Phases de la Lune : Pleine Lune, le 21, à 9 h. 26 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Natme » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N# 1798 (9 NOVEMBRE 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Les grands hommes de l’Angleterre. — Un journal parisien organisait l’année dernière un plébiscite auprès de ses lecteurs pour décider quels étaient, à leur avis, les plus grands Français du xixe siècle. Le dépouillement du vote donna à Pasteur le premier rang et à une très grande majorité. Les électeurs rendaient hommage à la science dans la personne d’un de ses représentants les plus illustres. D’autres noms de savants figuraient parmi ces grands hommes, Roux, de l’Institut Pasteur, Curie si prématurément enlevé. Napoléon ne venait sur la liste qu’au quatrième rang Un journal anglais, Evening News, a proposé de son côté à ses lecteurs un plébiscite, pour savoir quels étaient ceux de leurs compatriotes qu’ils jugeaient le plus dignes d’avoir les honneurs de Westminster. Chose curieuse, les savants ne sont plus comme chez nous, mis en tête ; à peine en ligure-t-il deux sur la liste qui comportait trente-sept numéros. Darwin arrive seizième, Newton vingt-cinquième. Le premier rang est accordé à Shakespeare, puis viennent Wellington, Nelson, Chamberlain quatrième; après suivent Dickens, Cecil Rhodes, Lord Roberts. Lister, qui a été le rénovateur de la chirurgie par ses méthodes d’antisepsie, ne figure pas sur la liste; il n:arrive qu’au trente-neuvième rang.
- Jouets colorés avec des substances toxiques. —
- Sur avis du Conseil supérieur d’hygiène publique, le Ministre du Commerce et de l’Industrie a déterminé les couleurs qui seules peuvent être employées dans la coloration des jouets d’enfants : ce sont le vermillon et le chromate de plomb (chromatè jaune de plomb, jaune de chrome), appliqué à l’aide de vernis à l’alcool bu de vernis gras, la céruse pour la fabrication des ballons en caoutchouc et des jouets en fer blanc estampé, pourvu qu’elle y soit incorporée à l’aide de vernis gras. Sont interdits les couleurs arsenicales (vert de Scheele, de Schweinfurt, vert métis, etc.), les sels de plomb solubles dans l’eau et les acides, tels que : céruse, minium, massicot, l’orange de chrome, les sels de cuivre tels que les cendres bleues. Avis aux mères de famille.
- Les moulins à vent et l’énergie électrique. — Dans Y Electricien de Londres, M. Horsnail étudie les conditions permettant d’utiliser la force motrice du vent comme source d’énergie électrique. En raison des variations de la vitesse du vent, la station génératrice avec àéromoteurs, comprendra une batterie d’accumulateurs. L’aéromoteur sera de plus muni d’un dispositif régularisant la vitesse, afin de l’empêcher d’atteindre une valeur dangereuse pour la dynamo. La station d’essai éta-
- blie par M. Horsnail comprenait un aéromoteur à quatre ailes ; pour diminuer les frottements, les axes étaient munis de roulements à billes. La transmission du mouvement à la dynamo s’effectuait au moyen d’un arbre vertical et de deux pignons d’engrenage à chaque extrémité. La puissance réalisée était d’environ 5 chevaux. M. Horsnail évalue les frais de premier établissement à ia55o fr., les dépenses d’exploitation à 2600 fr. Il signale en outre à West Ardsley (Yorkshire), l’éclairage électrique d’une propriété privée, réalisé au moyen d’un aéromoleur de 9,15 m. de diamètre, et comprenant 109 lampes de 16 bougies. Nous ferons observer seulement que le grand défaut de toutes ces installations est leur rendement défectueux ; les dynamos n’ont un rendement satisfaisant qu’à condition de tourner à des vitesses voisines de celle pour laquelle elles ont été établies.
- L’électricité en Asie Mineure. — Les consuls américains Ravndal et Myelssen signalent la naissance d’un certain nombre d’industries électriques dans ce pays qui avait semblé si longtemps rebelle à tout progrès. Damas est éclairé à l’électricité, Beyrouth construit des tramways électriques, et sera bientôt éclairé à l’électricité ; Bagdad également aura sous peu son réseau de tramways électriques. C’est l’industrie belge surtout qui jusqu’ici s’est chargée de ces entreprises.' Les deux consuls signalent à leurs compatriotes les richesses naturelles qui dorment inexploitées dans ces régions ; ils constatent l’absence de l’industrie américaine et reprochent aux capitaux américains leur timidité sur ce point.
- Jéhovah à Éléphantine. — M. Clermont-Ganneau vient de publier, sous ce titre, les résultats extrêmement intéressants que les deux missions, française et allemande, ont obtenus dans leurs fouilles en E gypte à Eléphantine. L’attention ayant été éveillée par la découverte, en ce point, aux limites de la Nubie, presque sur le Tropique, de quelques papyrus araméens, on s’est mis à la recherche de la ville juive qui paraissait y avoir existé cinq siècles avant Jésus-Christ et l’on a fini par la découvrir. On y a retrouvé tous les documents notariés constituant les archives de quelque famille juive contemporaine de Jérémie et la preuve qu'il a existé là, à cette époque, une grande population juive ayant sa langue, son écriture, ses moeurs et, ce qui est beaucoup plus imprévu, son temple de Jéhovah ; car un des papyrus déchiffrés est une requête datée de l’an 17 du règne de Darius (408 avant notre ère) et relative à la x'econ-struction de ce temple que les prêtres égyptiens avaient
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- INFORMATIONS
- commencé par faire détruire. Cette requête mentionne même un « backschich » offert (déjà!) au fonctionnaire égyptien pour obtenir la reconstruction. Nous reviendrons sur ces fouilles qui vont être continuées. On y a découvert, en outre, dans une salle souterraine, l’équivalent du fameux Sérapéum, un groupe de quinze momies de béliers divins ; et, chose curieuse, l’examen anatomique de ces béliers a montré qu’ils avaient dû être atrophiés par une existence en lieu clos et sans mouvement dans un endroit privé de lumière : triste compensation de leur divinité.
- L’industrie de l’aluminium. — La baisse récente de l’aluminium qui, depuis le icr octobre, a été ramené par les fabricants de 375 à 25o francs les 100 kilogrammes, attire l’attention sur cette industrie, pour laquelle la France occupe encore le premier rang. (Yoir Informations, n° 1781). En 1907, on peut estimer que la production sera de ai à a3 000 tonnes contre i5 à 16000 en 1906 et l'on compte sur 3oooo au moins pour 1908, d’après les accroissements donnés aux usines. C’est ce qui explique la baisse de prix, la consommation ne pouvant suivre un accroissement aussi rapide. Sur les 22000 tonnes de 1907, la France en donne 6 à 7000, l’Europe centrale 4000 à 4600, l’Angleterre 2000 à 2600, les Etats-Unis 6000 à 7000, le Canada 25oo à 3ooo. En France, l’extension de la production est actuellement considérable’. D’après un article récent de la Revue Sud-Africaine, les deux sociétés doyennes de Froges et de Péchiney poursuivent leurs travaux. La première aménage une chute de 40000 HP sur la Durance, à Largen-tière. La seconde vient de mettre en marche la moitié de l’usine de Saint-Jean-de-Maurienne, soit 12000 HP. Cette dernière usine doit devenir énorme et est estimée devoir fournir seule près de 4000 tonnes d’aluminium par an. Les fabriques d’alumine de Gardanne et de Salindres, l’usine de Prémont à la Société d’Electrochi-mie ont été également accrues. La Société des Forces motrices de l’Arve a commencé la fabrication de l’aluminium à Chedde. Une usine, construite à Auzat, près Yicdessos (Hautes-Pyrénées), doit employer bientôt 4000 HP à la fabrication de l’aluminium avec les bauxites de Bédarieux. On aménage encore la chute de la Neste à Arreau (Hautes-Pyrénées). Dans l’Europe centrale, la fabrication de l’aluminium est concentrée par l’Aluminium Industrie A. G. qui possède les usines de Neuhau-sen (Suisse), Rheinfelden(Allemagne) et Lend (Autriche). Cette société construit une nouvelle grande usine à Chippis dans le Yalais pour utiliser deux chutes de 18000 FIP et 20000 HP. En Angleterre, la British Aluminium company construit une nouvelle fabrique à Loch Leven en Ecosse et a acquis une force hydraulique à Stangfjord en Norvège, pour introduire en Norvège la fabrication de l’aluminium. A côté de cette ancienne société, il vient de s’en fonder deux autres en Angleterre : l’Anglo-Norvegian Aluminium company et l’Aluminium corporation, cette dernière pour travailler dans le pays de Galles. Aux Etats-Unis, l’Aluminium Company of America s’est assuré de vastes gisements de lxauxite en Géorgie, Alabama, Arkansas, a construit un chemin de fer nommé le Bauxite and Northern pour relier ses mines avec Chicago, etc., et développe beaucoup ses installations à Niagara Falls, Masséna et Shawinegam. On estime que sa production de 1906 a dépassé 65oo tonnes pour les Etats-Unis et 2700 tonnes pour le Canada.
- Les réserves en minerais de fer. — L’épuisement rapide des grands gisements de fer actuellement exploités préoccupe depuis longtemps les métallurgistes. Cela ne veut pas dire, bien entendu, que le fer soit près de nous manquer: d’abord parce qu’il existe de tous côtés des quantités énormes de minerais qui ne sont pas entrées en ligne de compte jusqu’ici par suite d’une situation désavantageuse ; puis, parce qu au-dessous de la teneur actuellement utilisable, le fer se présente partout dans les roches et les terrains et offre, en bien des endroits, des concentrations qui deviendront utilisables dès que les conditions industrielles se trouveront légèrement modifiées par un commencement de disette. Evaluer en milliers de tonnes lés ressources en minerais de fer du monde, ou même d’un pays déterminé, ne correspondent donc à rien de précis et n’ont de sens que pour un état tout à fait momentané des moyens de communication et des débouchés. Ces réserves faites, il peut cependant y avoir intérêt à citer quelques chiffres
- correspondaut à ces conditions actuelles, qui sont surtout à considérer par les industriels. Aux Etats-Unis, les grands gisements aujourd'hui exploités, sont ceux de1 la région des Grands Lacs, où l’on estime qu’il peut rester un milliard de tonnes à prendre ; minerai inférieur à celui qui a été déjà enlevé; ce qui, sur le taux d’une consommation annuelle de 36 millions de tonnes, représenterait 3o ans de la consommation américaine. Le gisement si célèbre de Bilbao, dont l’épuisement prochain a contribué beaucoup à causer chez les métallurgistes l’inquiétude précédemment signalée, a pu renfermer au total 100 millions de tonnes, dont il ne reste qu’une fraction minime. Nos gisements lorrains du bassin de Briey ont été estimés à plus de 2 milliards de tonnes et constituent une réserve d’autant plus importante qu’elle est admirablement située. Ce qui explique comment les Allemands, après avoir manqué en partie l’occasion de nous les enlever après la guerre de 1870-jjar suite d’une erreur géologique, cherchent maintenant à s’en emparer en sous-mains d’une façon qui ne laisse pas d’être inquiétante. En Suède, on estime le cubage de lvirunuvara à au moins 280 millions de tonnes pouvant atteindre 600. L’Algérie, dans sa région occidentale voisine de la Tunisie, contient également de grandes masses de minerais, dont l’Ouenza est la plus célèbre, en partie par suite des discussions auxquelles il a donné lieu. Mais, comme nous le faisions remarquer en commençant, il existe, dans d’autres pays d’un accès plus difficile, des masses énormes de minerais de fer, par exemple dans l’intérieur de l’Afrique, au Brésil, dans l’Ouest des Etats-Unis, etc.
- L’utilisation de la tourbe comme combustible. —
- C’est une question de grande importance dans certaines régions éloignées des centres- houillers, en particulier dans certaines parties marécageuses de la Prusse. Il existe trois procédés généraux d’utilisation de la tourbe ; le premier consiste à l’employer directement comme combustible; mais c’est un combustible de qualité inférieure, donnant fort peu de chaleur et des fumées désa-. gréables. Le deuxième consiste à distiller la tourbe en. vase clos en imitant-la fabrication du coke ordinaire et à produire du coke de tourbe. Le troisième procédé consiste à employer la tourbe dans des gazogènes pour produire de la force motrice et à récupérer les sous-produits. M. Caro vient d’indiquer une nouvelle méthode, dans laquelle on volatilise la tourbe au moyen d’un mélange d’air et de vapeur d’eau surchauffée ; ce procédé permet d’utiliser de la tourbe contenant jusqu’à 55 pour 100 d’eau. Tout l’azote contenu dans la tourbe est récupéré sous forme d’ammoniaque. Le gaz produit est employé dans des moteurs à gaz. Le procédé est expérimenté en grand, à la mine Mont-Cenis, en Allemagne.
- La population de l’Islande. —D’après des statistiques officielles récentes, en 1906, la population islandaise s’élevait à 80 5oo individus. Un mouvement important d’émigration semble tendre à diminuer ce chiffre. La ville la plus importante est Reykjavik ( 10 000 habitants), viennent ensuite Akureyri (1800) et Isafjord (i5oo). Fait curieux à constater, l’Islande pourrait bien être le pays du monde où l’on vit le plus longtemps : la moyenne de la vie y serait de 61,8 ans, tandis qu’elle est seulement de 5o,02 en Suède et de 49,94 en Norvège pour la période 1881-1890.
- L’eau salée et l ankylostomasie. — Un chimiste des mines de soufre de Trezza, en Italie, M. Tirelli, vient de renouveler d’intéressantes constatations sur le rapport entre la teneur en sel des e^ux de mines et l’ankylos-tomasie qui, comme on sait, fait de grands ravages dans le monde des mineurs. M. Tirelli confirme entièrement que, toutes choses égales d’ailleurs, une mine dont les eaux sont riches en chlorure de sodium (de 2,67 à 19 pour x00) est indemne de la maladie, tandis qu’une autre dont les eaux sont pauvres est infestée ou infes-table. Le remède est donc, d’après le IY Tirelli, de procéder dans les mines infestées à de larges aspersiôns d’eau salée.
- Les constructions navales en Allemagne. — Celte industrie spéciale a pris un développement tout à fait typique chez nos voisins. En 1906, le chiffre des con-sti'uctions de bateaux de tout genre- n’avait été que de 277 006 tonneaux ; or, en 1906, il a été de plus de 867 000 t. - :
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- **> Électricité a
- Contrôleur de piles. — Un petit contrôleur de piles •des plus ingénieux et très pratique vient d’être lancé par la maison Duchatel, 74, rue Jean-Jacques Rousseau.
- Cet appareil qui sert à examiner les éléments quant à leur efficacité, c’est-à-dire vérifier l’existence du cou-
- Manière de se servir de l’appareil.
- rant et la conductibilité des lignes se compose d’un trembleur magnétique d’un modèle extrêmement réduit •contenu dans une boîte fort élégante d’aspect.
- Le fonctionnement en est des plus simples ; tout le monde sait que lorsque le courant traversera la bobine
- Contrôleur de pile ouvert.
- du trembleur, celui-ci se mettra à vibrer, ce qui indiquera à l’opérateur que l’élément est bon.
- Pour se servir de l’appareil il suffit, comme le montre la figure ci-contre, de tirer le ruban-ressort, et de mettre la plaque nickelée située à l’extérieur à l’un des pôles,
- Ressort isolé do la messe
- Platjve isolée de le masse
- Point à la masse
- Pessont ' à /a messe
- o
- - +
- A7e
- Schéma de fonctionnement.
- le ruban à l’autre. Le ronfleur, situé à l'intérieur de la boîte, fonctionnera plus ou moins fort suivant la force du courant.
- Ce contrôleur de piles présente des avantages nombreux, il est réduit comme dimensions, simple et pratique et très bon marché par conséquent. Son poids est de 70 gr. environ. Le schéma ci-joint montre en détail la marche du courant et le fonctionnement de l’appareil.
- *> Photographie <x
- Déclencheur automatique H. B. pour obturateur photographique. — Ce petit appareil est destiné à opérer, sur le boulon de déclanchement de l’obturateur, la pression nécessaire- à son fonctionnement sans que le doigt de l’opérateur ou l’action d’une poire en caoutchouc intervienne.
- Comme le montrent les dessins ci-contre, l’appareil se compose d’une pince à ressort qui se monte au-dessus du bouton de l’obturateur ; pour l’armer on comprime le ressort et on maintient la pince dans cette position en fermant un verrou Y ; on place ensuite un fil formé d’une mèche de coton A préparée pour les briquets de fumeur et on enlève le verrou Y ; dans ces conditions le ressort ne se trouve plus que par ce fil. On l’allume et
- Déclaucheur automatique pour obturateur photographique.
- maintenu comprime ce lit. Un rallume et il brûle assez lentement pour que l’opérateur puisse aller se placer devant l’objectif pour faire partie d un groupe ou animer un paysage. Dès que le nœud est brûlé, le ressort se détend et la pression s’opère sur le bouton de déclenchement de l’obturateur; il faut admettre que celui-ci fait l’instantané et peut être réglé au moyen d’un frein de façon à obtenir la pose. — Chez M. Mackensteiu, avenue de l’Opéra, 7, Paris.
- Coupe-plaques photographiques. — Bien qu’on trouve dans le commerce des plaques sensibles de tous les formats, il est parfois plus économique de couper soi-même les petits formats dans des plaques de jilus grande dimension. Ainsi, par exemple, le stéréoscope
- Fig. 1. — Passage du diamant.
- 6 X i3 aujourd’hui très répandu, est exactement le i/3 du i3 X 18; or on peut obtenir, dans une douzaine de plaques i3 X 18, trois douzaines de plaques 6 X i3 dont le prix est assez notablement inférieur à celui au-
- Fig. 2. — Séparation des morceaux,
- quel on trouve dans le commerce trois boîtes de ce format. Pour les plaques autochromes, on ne fait actuellement que le 9 X 12, le i3 X 18 et le 18 X 24- Ceux qui ont besoin de dimensions intermédiaires doivent les couper eux-mêmes et ici l’opération se complique puisqu’il faut opérer dans une obscurité complète, — Le coupe-plaques que construit M. Louis Schrambach permet d Arriver toujours très facilement à un bon résultat. U se com-
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- SCIENCE APPLIQUEE
- pose d’une planchette articulée sur laquelle se rabattent trois couvercles A, B, C (fig. i) laissant entre eux l’intervalle exactement nécessaire au passage du diamant D. Par construction, les deux rainures ainsi ménagées divisent exactement la plaque au format demandé (trois plaques 6 X i3 s’il s’agit d’un i3 X 18 ; trois plaques ques 7 X i5 si c’est un 15 X ai, etc.). Lorsqu’on a passé le diamant dans les rainures, ce qui se l'ait sans hésitation puisqu’il s’y adapte exactement, on n’a plus qu’à prendre le coupe-plaques dans les deux mains (lig. a); la planchette inférieure sur laquelle repose la plaque à couper est munie de charnières qui lui permettent de plier et il suffit d’un léger effort pour que la plaque se casse aux endroits tracés par le diamant. L’elfort s’exerçant normalement sur toute la longueur du trait, la cassure se fait très nettement sans bavure et à l’endroit voulu; en outre, on évite de toucher l’émulsion avec les doigts. C’est un accessoire du matériel photographique très commode et très utile. — M. Louis Schrambach, i5, rue de la Pépinière, Paris.
- *> Divers
- Appareil phonographique perfectionné. — On sait que la reproduction des paroles, musiques, etc., est donnée par les phonographes ou graphophones, au moyen d’un cylindre ou disque sur la surface duquel les sons ont été d’abord enregistrés ; puis d’une membrane vibrante, armée d’un stylet en pierre dure, qui est mis en mouvements rapides par son passage sur le cylindre ou disque enregistré. L’emploi de la membrane
- I A
- Ensemble d
- Fi£\ I.
- vibrante a toujours produit, dans la pratique, des sons nasillards quelque peu désagréables à entendre, et ne donnant en somme qu’une assez mauvaise reproduction de la voix humaine, du chant, ou des orchestrations. Avec les disques enregistrés en matière dure, obtenus par moulage à la presse hydraulique sur une matrice
- Fig. 2. — Le disque perforé.
- galvanoplastique, il était cependant permis d’espérer un résultat meilleur.
- Un inventeur, déjà bien connu par ses travaux sur les appareils à projection cinématographique, M. Georges Mendel, a fait breveter, il y a peu de temps, un dispositif de reproducteur de sons différant absolument des anciens procédés et donnant de remarquables résultats de puissance et de netteté phoniques. M. Mendel se sert d’un graphophone à disques ordinaires, dans lequel la membrane vibrante est remplacée par l’appareil de son invention dont voici la description sommaire.
- Une pompe à air, mue électriquement ou à la main, souffle un violent jet d’air comprimé dans un tube à deux coudes en forme de Z placé en bas du pavillon porte-voix. Dans ce tube, se trouvent d’abord un filtre à air et ensuite une plaque percée d’un certain nombre
- de fentes selon les rayons. Le couraut d’air est ainsi débarrassé des poussières qu’il peut contenir, puis divisé en jets minces et i’apides. Par-dessus cette plaque perforée, vient s’appliquer une petite soupape formée de légers bras rayonnants, en nombre égal aux fentes de la plaque fixe; cette soupape a la forme d’une étoile de mer, réserve faite du nombre dé ses, bras. Elle est guidée dans son mouvement par une queue bien centrée, de façon qu elle puisse toujours venir fermer exactement les orifices de la plaque fixe (fig. 3).
- La petite soupape (fig. î ) est rappelée sur son siège par un système de ressorts, relié au style qui parcourt le disque ou le cylindre sur lequel ont été enregistrés les sons. La soupape est donc commandée effectivement par le style ; elle s’ouvrira plus ou moins vite et plus ou moins grandement selon que les mouvements du style seront amples ou rapides.
- Le courant d’air, soufflé dans l’appareil, sera donc brisé une infinité de fois et les chocs de la soupape le mettront en état de vibration. Ce dispositif se rapproche absolument de celui de la parole humaine, dans laquelle les sons sont produits et réglés par les battements des cordes vocales et de la langue sur le courant d’air produit par les poumons. On pourrait aussi le comparer à celui d’un tuyau à anche. Nous avons déjà dit que le résultat donné par le re- ^ producteur de sons ou parleur à air comprimé de M. Georges 9
- Mendel était bien su- pjg 3 — La soupape en forme d’étoile, périeur à celui des
- membranes vibrantes généralement employées jusqu’à pré sent. Les sons produits sont d’une netteté d’émission parfaite, le nasillement si désagréable des phonographes a complètement disparu. Enoutre, la puissance des sons peut être réglée, très facilement, au moyen de la tension du ressort qui rappelle la petite soupape étoilée sur la plaque distributrice d’air, ainsi que par la force plus ou moins grande du courant d’air comprimé. A cet effet, le parleur est muni d’une vis de réglage sur laquelle l’opérateur agit pour donner à l’émission des sons la valeur exacte qu’il désire. On arrive ainsi à obtenir l’amplification des morceaux parlés, chantés ou orchestrés.
- L’audition peut être donnée dans les plus grandes salles de spectacle, ou même en plein air et pour des foules considérables, ce qui était impossible avec les anciens appareils à membrane dont le volume phonique était toujours très restreint.
- L’invention de M. Georges Mendel constitue donc non seulement une nouveauté scientifique, mais un moyen pratique très intéressant de réaliser des concerts phonographiques.
- Rappelons en terminant que cette idée des concerts ; phonographiques,qui un jour peut-être, permettront de résoudre la question de théâtre lyrique populaire est depuis longtemps à l’étude. La Nature a déjà signalé un ingénieux appareil, d’un principe tout différent de celui de Mendel, mais destiné comme lui à la reproduction et à l’amplification de la voix, l’Elgéphone de MM. Gaumont et Laudet. René Champly.
- Plat à barbe. — Ce petit objet de toilette semble destiné aux voyageurs ; car, de volume réduit, d’aspect au reste, fort élégant, ce n’est pas le simple plat à barbe habituel, c’est en même temps un petit réchaud à alcool qui permet défaire chauffer commodément l’eau nê-cessaire;onvoiten 1 lapetite lampe à alcool à mèche d’amiante sur laquelle s’emboîte le support de l’appareil 2 ; une tige à coulisse 4, fixée sur le côté de ce support porte un crochet 5, sur lequel on peut placer le blaireau. Le plat à barbe lui-même est constitué par une petite cuvette mobile 3 en porcelaine. — L’appareil est en vente chez Mathieu, i3i, Palais-Royal, Paris.
- Plat à barbe.
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- HYGIENE ET SANTE
- La bruxomanie. — Encore une nouvelle variété de ces troubles nerveux si fréquents connus sous le nom de tic. Le nom est peut-être nouveau, mais on en a certainement signalé des cas dans tous les temps et dans tous les pays. MM. Marie et Pietkiewicz désignent sous cette dénomination de bruxomanie la manie de grincer des dents. Ils l’étudient plus spécialement comme manifestation de lésions nerveuses définitives ou passagères. C’est ainsi qu ils ont observé la bruxomanie comme phénomène prémonitoire de la paralysie générale, comme symptôme de certaines formes de démence, de chorée.
- Mais dans bien des cas, et ce sont ceux-là que vous avez pu rencontrer, sans y prendre garde, la bruxomanie est une variété de tic, de manie, indice d’un simple état névropathique. Elle débute un jour sans qu’on y prenne garde, souvent à la suite de l’audition d’un bruit désagréable, comme les dents d’une scie, comme le polissage des pierres de construction; puis elle s’installe d’une façon définitive comme une habitude.
- Le grincement des dents est variable ; les uns font un bruit assez violent pour être entendu à plusieurs mètres de distance et gêner considérablement les voisins ; les autres n’ont qu’un léger frottement qui ne se perçoit que lorsqu’on est tout à fait près d’eux. Le grincement varie aussi comme durée ; tantôt, les malades ne grincent que par intervalles, pendant quelques minutes chaque jour; tantôt au contraire le grincement est continu et dure des mois et des années, et presque sans interruption. Quelques-uns même grincent en dormant pendant une partie de la nuit.
- Comme tous les tics, la bruxomanie est contagieuse, en ce sens que les prédisposés par leur état nerveux, par leur faiblesse intellectuelle, se mettent à imiter le grinceur et à en faire autant. Chez les malades atteints de lésions graves, le grincement est difficile à combattre ;
- il marche un peu de pair avec la maladie. Mais lorsqu’il s’agit d’un tic simple chez un névropathe, on peut avec de la volonté, de l’éducation, des soins, arriver à en triompher, comme des autres tics. C’est parfois long et difficile, mais cette manie est assez désagréable pour qu’on s’efïbi'ce de la faire disparaître. Dr A. C.
- Liniment contre les brûlures. — Le D1 Galand, de Cambrai, conseille de se servir pour le traitement des brûlures du liniment suivant qui, étendu au moyen d’un pinceau sur la plaie, amène très rapidement une sensation de fraîcheur, d’apaisement de la douleur. Cette analgésie rapide serait due, d’après l’auteur, à l’isolement produit par la mixture qui forme à la surface des plaies comme une espèce de vernis. La douleur suraiguë des brûlures lient en effet à la mise à nu des papilles nerveuses et dans les brûlures graves à l’étendue des surfaces du derme mises à nu. Voici la composition du baume :
- Acide phénique neigeux ....
- Dextrine neutre pulvérisée. . .
- Teinture d’aloès succotrin . . .
- Eau-de-vie camphrée.............
- Azotate de plomb chimiquement pur
- Acide lanique...................
- Eau de lauriers-cerises.........
- Pour que la préparation soit bien homogène, il faut que la dextrine soit délayée avec soin, et par petites fractions dans la partie alcoolique du produit. Le sel de plomb et le tanin sont dissous dans l’hydrolat et mêlés ensuite à la solution de dextrine.
- Suivant l étendue et la gravité de la brûlure, on étend une ou plusieurs couches en ayant soin de laisser sécher le produit avant une seconde application. L’addition d’un peu de galbanum ou d’encens rend la mixture encore plus adhérente. Dr A. C.
- i gramme. ia5 grammes. 65 —
- 3o —
- 3 —
- i —
- 125 —
- VARIETES
- Les sous-produits de la viande. — Aussi bien dans les abattoirs que dans les usines de conserves alimentaires, l’utilisation des sous-produits de la viande est le plus souvent mal faite en France : colle et engrais sont à peu près les deux seules substances qu’on fabrique avec les os, les entrailles, les abats, les rognures, les aponévroses et les tendons, qui sont des parties à peu près inutilisables pour l’alimentation humaine. En Amérique, au contraire, les beefpakers tirent intégralement parti de tous les déchets qu’ils ne peuvent livrer directement à la consommation.
- Les viandes qui, pour une raison ou pour une autre, sont avariées ou impropres à la vente, sont envoyées dans des autoclaves pour y être soumises pendant quelques heures à l’action de la vapeur d’eau sous pression : la cuisson qu elles y subissent les transforme en un liquide semi-pâteux à la surface duquel surnage la graisse qu’une simple décantation suffit à isoler : le reste passe au filtre-presse et les tourteaux recueillis, desséchés de façon à ne plus contenir que io pour ioo d’eau, sont emmagasinés et vendus comme engrais ; ils sont assez appréciés des agriculteurs à cause de leur teneur élevée en azote, provenant surtout de la dissociation des parties molles, et en phosphates provenant des os.
- ” Les eaux grasses et résiduaires sont décantées de façon à en isoler les substances molles, puis évaporées àaconsistance sirupeuse, incorporées à du sulfate de fer et transformées ainsi en un compost solide qui titre 6 à 7 pour ioo d’eau et i3 à 14 d’azote.
- Les os sont d’abord triés et assortis par catégories : les uns servent à la fabrication d’objets de tabletterie ou de boutons, les autres, traités de façon convenable, fournissent des phosphates et des superphosphates;
- d’autres enfin sont la matière première qui sert à fabriquer de l’huile de pied de bœuf, de la colle et du noir animal décolorant. Le sang, après une cuisson ménagée qui coagule les matièi'es albumineuses est réduit en poudre et constitue un engrais contenant de 16 à i7pourioo d’azote. Parfois encore, traité par l’iode et l’iodure de potassium, il est desséché et transformé en une poudre clarifiante qui trouve dans l'industrie des débouchés nombreux et rémunérateurs.
- Les parties cornées sont cuites à l’autoclave, puis essorées, desséchées et moulues : elles donnent une poudre contenant de 18 à 20 pour xoo d’azote, et qui est ajoutée aux autres engrais carnés.
- Les eaux dans lesquelles ont bouilli les os, les cornes, les tendons et les rognures de peaux sont épuisées de façon à en extraire la gélatine.
- Enfin, un certain nombre de déchets animaux subissent des traitements spéciaux qui permettent d’en isoler certains produits pharmaceutiques. C’est ainsi qu’en attaquant à une température de + 40 à -j- 5o la membrane stomacale de divers animaux et notamment des porcs, par l’eau acidulée à 4 pour 100 d’acide chlorhydrique, on obtient la pepsine, et la pancréatine en opérant sur des pancréas de porcs. De même on prépare la cardine avec les cœurs de taureaux, la médulline avec leur moelle, la thyroïdine, la musculine, l’ovarine, la tes-tine, la cérébrine, etc. Pour fabriquer tous ces extraits que la médecine opothérapique emploie de plus en plus, on prend l’organe nécessaire qui doit être pai'faitement sain, on le lave minutieusement à l’eau distillée tiède, 1 puis on le hache; on en met ensuite xoo kg à macérer dans 3oo litx'es d’un mélange à pai'ties égales d’alcool absolu, de glycérine neutre et d’une solution concenti'ée de biborate de soude, en prenant soin d’agiter quatre
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- VARIETES
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- fois par jour au moins. Au bout de six. à huit mois, on passe à la chausse d’abord, puis au iiltre de porcelaine ; on exprime à la presse tout le liquide retenu dans le magma, et, après filtration, on l’ajoute au premier liquide décanté. Le liquide physiologique obtenu est mis en vente après stérilisation absolue à + i3o et sous pression de 3 à 3,5 atmosphères. Francis Marri? .
- Les étapes de la liquéfaction des gaz. — Dans un récent article de la Revue du mois, M. A. Turpain retrace élégamment l’histoire des recherches sur la liquéfaction des gaz, qui ont joué un si grand rôle dans l’activité scientifique depuis i5o ans et dont les conséquences sont si grandes aussi bien pour la science pure que pour l’industrie. Quoique les faits soient connus, on lira sans doute avec plaisir ce petit historique, qui rappelle de si belles choses! Pour systématiser, nous classerons les faits par étapes, ce qui force un peu les choses, mais rend plus clair l’exposé.
- Point de départ : Lavoisier. Il admet, mais c’est seulement une idée, une hypothèse à vérifier — et que lui-même ne vérifie pas — que tous les gaz sont susceptibles de prendre l’état liquide et même l’état solide et qu’à l’inverse, tous les solides et tous les liquides sont susceptibles de prendre l’état gazeux. C’est l’affirmation — mais sous forme de question à résoudre — de la théorie des trois états de la matière, que tout le siècle suivant va vérifier, et que le nôtre veut dépasser. Pour Lavoisier, la variation des températures est le moyen des variations d’état des corps.
- i,e étape. — Faraday. Il liquéfie le chlore (i8a3) dans le laboratoire de Davy, puis, soit lui-même, soit ses imitateurs, liquéfient l’anhydride sulfureux, l’acide suif-hydrique, l’anhydride carbonique, l’oxyde de chlore, l’oxyde azoteux, le cyanogène, l’ammoniac, l’acide chlorhydrique, etc. La méthode générale est l’action sur le gaz, soit d’un énorme accroissement de pression (jusque 3ooo atmosphères), soit d’un énorme abaissement de température (—8o° C.), soit des deux facteurs combinés.
- L’aboutissement de la période de Faraday est de poser le problème des gaz permanents. Les six gaz qui résistent à tous les moyens employés — hydrogène, oxygène, azote, bioxyde,d’azote, oxyde de carbone, l'ormène — sont-ils réellement non liquéfiables, échappent-ils à la loi proposée par Lavoisier ? ou est-ce seulement la science humaine qui est en impuissance de les réduire? Les deux solutions se partagent les savants.
- 2e étape. — Andrews. Ce physicien anglais, en 1870, s’attaque au problème de la permanence. Rompant avec la méthode issue de Faraday, il cherche, non plus à liquéfier les gaz permanents, mais à trouver les lois de la permanence des gaz en général, s’il y a de telles lois. Il montre bientôt, par des recherches sur l’anhydride carbonique, qu’un gaz liquéfiable peut être rendu permanent, et il pose le principe suivant : « Il existe, pour tous les gaz, une température, la température critique, au-dessus de laquelle le gaz ne peut être observé à 1 état liquide, quelle que soit la pression. » Pour liquéfier les gaz permanents il faut atteindre celte température critique : c’est la solution — virtuelle — du problème.
- 3* étape. — Cailletet. Il applique le principe d’An-drews et apporte (1877) la solution réelle par l’invention du procédé de la détente : on sait que ce moyen aujourd’hui de pratique courante, consiste en principe à comprimer fortement un gaz, puis à cesser brusquement la pression; cette détente détermine un abaissement considérable de température, exactement comme à l’inverse la pression cause un accroissement du même facteur. A la suite de M. Cailletet, MM. Wroblewski, Olzewski, Pictet, etc., réalisent la liquéfaction des gaz permanents. La loi de Lavoisier est pleinement vérifiée.
- 4e étape. — Utilisation industrielle de la découverte. Machine de Linde (1896) pour liquéfier l’air en grande quantité, perfectionnée ensuite par M. G. Claude, qui fait véritablement entrer la liquéfaction de l’air liquide dans le domaine industriel. Industries de l’anhydride carbonique, l’ammoniac, le chlore, l’anhydrique sulfureux liquides, etc. Ch. D.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Fuites supposées de conduites d’eau. — Assez souvent on constate sur les parquets, au-dessous de conduites d’eau, des taches, des gouttes d’eau, de la moisissure, que l’on attribue volontiers à une fuite dans la canalisation : on la cherche, et on ne la trouve point... pour cause. C’est qu’en effet parfois, avec les canalisations nues, quand l’eau à laquelle elles donnent passage est à une température relativement très basse, l’humidité qui est en suspension dans l’air est brusquement condensée, par contact avec les parois du tuyau : elle s’accumule sous le tuyau ; mais, quand il y en a une quantité suffisante, une goutte d’eau plus ou moins volumineuse tombe sur le sol, sur le parquet en dessous de la canalisation, et donne parfaitement l’illusion d’une fuite. Il est bon de songer à la chose, et d’y remédier en enveloppant la canalisation d’un isolant quelconque.
- Remise à neuf des vestes et vêtements de cuir. —
- Pour leur rendre leur coloration noire bien franche, on commence par faire dissoudre un petit morceau de potasse dans un quart de litre d’eau chaude ; et l’on brosse le cuir avec ce liquide, en répétant l’opération au moins une fois quand la surface a bien pu sécher. Pour repasser au noir, on prépare une sorte de teinture en faisant bouillir dans un litre et demi d’eau, et durant une demi-heure, 100 gr. de copeaux de bois de cam-pêche, i5 gr. de noix de galle, 100 gr. environ de vitriol de couperose, et enfin un morceau de gomme arabique ; il ne reste plus ensuite, quand la préparation est froide, qu’à la passer sur le cuir au moyen d’une brosse. On fera bien de recommencer deux fois l’opération. Quand tout est sec, on frotte le cuir avec un chiffon de laine.
- Collage du cuir sur le fer. — Le collage du cuir sur le fer est très appliqué dans l’industrie textile. Si l’on peut faire chauffer le fer, la gomme-laque est le meilleur adhérent ; on chauffera complètement le rouleau
- de fer avant de l’enduire de gomme-laque dont la solution alcoolique doit avoir la consistance pâteuse. Le cuir enduit d’une couche mince est appliqué et maintenu en place jusqu’à complet refroidissement, à l’aide d’une corde enroulée en hélice tout le long du rouleau. Pour avoir une opération régulière, il faut la faire au tour.
- Pour enlever les taches d’eau des meubles. — Il
- s’agit des taches d’eau qui font si mauvais effet sur le bois vernis des meubles. On verse un peu d’huile d’olive dans un récipient et on y râpe un peu de cire blanche ; on chauffe jusqu’à faire fondre la cire, et l’on passe un peu de l’enduit sur les taches. Finalement on frotte avec un linge de toile jusqu’à rendre le brillant primitif.
- Passage au brun des cadres en chêne. — La méthode peut s’appliquer d’une façon plus générale à toutes les surfaces en chêne. On commence par les passer soigneusement au papier de verre, puis on applique un peu d’huile de lin. La teinture se compose avantageusement avec 15 grammes de bichromate de potasse dans un demi-litre d’eau, puis une quantité convenable de brun Yan Dyck, ou encore avec du brun de même nature mis en pâte dans de l’ammoniaque liquide et dilué avec de l’eau. On se trouve bien de passer à nouveau le papier de verre sur le bois encore humide de la teinture, puis de passer à la cire.
- Protection des semis. — Un moyen simple de préserver les semis des ravages des oiseaux et des petits rongeurs est de mélanger, avec les semences, de la poudre de minium. Ce mélange se fera très simplement dans un sac dans lequel on mettra proportionnellement un kilogramme de minium pour vingt kg. de graines. Il suffira de remuer soigneusement de façon que les graines en question deviennent rouges ; on sèmera ensuite par les procédés habituels.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Vernis pour le dos des glaces. — On sait qu’il est essentiel, pour que le tain d’une glace se conserve, qu’il soit recouvert d’une bonne couche d’un vernis imperméable. On peut employer dans ce but avec succès un mélange de 20 parties de gomme dammar, 3 d’asphalte, 5 de gutta-percha, dans 75 p. de benzol.
- Contre les gerçures des mains. — Pendant un certain nombre de jours, faire macérer 3 parties de gomme adragante dans 435 p. d’eau de rose, jusqu’à ce que le produit puisse traverser une mousseline ; on ajoute alors 3i p. de glycérine et autant d’alcool à 900. On se passe cet enduit sur les mains après se les être lavées.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Photographie d éclair. — Nous croyons être agréable à nos lecteurs en publiant cette superbe photographie d’éclair que nous a fort aimablement envoyée à leur intention M. le capitaine Charles Mazuc, de Lyon. Cette photographie est l’agrandis-
- sement d’une vue vérascopique, prise par M. Mazuc pendant l’un des nombreux orages dont nous avons été gratifiés cet été.,,,On serait tenté de croire, à voir la multiplicité des ramifications de l'étincelle, que l’opérateur a employé le truc bien connu de laisser son obturateur ouvert et de faire enregistrer coup sur coup plusieurs éclairs sur la même plaque. Il n’en est rien : la plaque n’a subi qu’une seule exposition, et l’étincélle appartient à un seul éclair.
- Renseignements. — M. D., à Villefranche. —Vos observations au sujet de l’article sur un « procédé nouveau d’utilisation des chutes d’eau » sont justes, et du reste absolument d’accord avec l’article. Il est bien évident,: et c’est la pensée même de l’auteur, que la puissance utilisable par ce procédé sera toujours inférieure au produit du débit par la hauteur H de la chute; l’auteur indique précisément un rendement de 82 pour 100. D’autre part, la pression que l’on se propose d’obtenir pour l’air dans la chambre B est de 8 kg; la pression due à une colonne d’eau de 100 m. de hauteur est de 10 kg; vous voyez que l’auteur s’est parfaitement rendu compte qu’il était une limite à la pression de l’air comprimé; limite que l’on ne peut dépasser qu’eu augmentant la profondeur. du. puits. Il faut tenir compte, de plus, de ce fait, que le liquide sera en. mouvement per-
- manent dans l’immense siphon constitué par l’appareil, et que dès lors, il n’est plus légitime de raisonner en lui appliquant les lois de l’hydrostatique, mais celles de l'hydrodynamique. Etant donnée la force vive avec laquelle l’eau pénètre dans les puits, elle entraînera avec elle une proportion d’air, qui ne pourra s’en séparer, même sur cette hauteur considérable. L’idée émise dans l’article est donc certainement réalisable ; et le principe en est du reste appliqué dans certaines pompes à compression et dans les trompes à vide. La seule partie discutable est le chiffre du rendement, 82 pour 100; il est évident que ce rendement dépend précisément de la quantité d’air entraînée par la colonne liquide jusqu’au fond du puits. L’idée offre un réel intérêt pratique, car il y a là l’indication d’un moyen d’emmagasiner la force motrice des chutes d’eau ; et c’est aujourd’hui un des grands, problèmes soulevés par le développe-' ment des industries hydrauliques, qui disposent à certains moments, de force considérable qu’elles ne peuvent employer, et à d’autres moments, subissent de véritables disettes d’énergie.
- M. T. S., à Toulouse. — L’idée que vous nous avez soumise a déjà été mise en pratique par le professeur Reissner, d’Àix-la-Chapelle, qui a ensuite abandonné le procédé. D’autre part, il vous serait bien difficile, sinon impossible, de constituer un ensemble comprenant un câble rigide portant un cerf-volant pesant certainement plus ’ de 100 kg. Enfin un cerf-volant est en équilibre lorsqu’il fait un angle de 3o à 400 avec l’horizontale ; c’est une position excellente pour gagner de la hauteur mais déplorable pour faire de la vitesse et marcher en avant; l’inclinaison ne doit pas dépasser io°. De plus, la préoccupation qui semble vous guider est la stabilité que vous pensez trouver en plaçant le centre de gravité très bas. Or, ce n’est pas là une condition de stabilité ; pour la réaliser il faut que les trois centres de pression, de gravité et de résistance à l’avancement soient confondus.
- M. L. Brun, à Paris. — Nous avons transmis votre demande à notre collaborateur : il. â pris le sujet de l’article dans un journal de médecine américain, qu’il n’a pas gardé, et qui d’ailleurs ne donnait pas d’autres renseignements au sujet de M. Greenwald.
- M. Ch. de Vr., à Bordeaux. — Cours d’œnologie, veuillez vous adresser à l’Institut agronomique et œnot logique de Bourgogne, à Dijon. Les cours durent trois mois et commencent, cette année, le 20 novembre; aucun diplôme n’est exigé et ,1e but de l’enseignement entièrement pratique convient aussi bien au viticulteur qu’au négociant en vin.
- M. A. B., à Bukarest. — Grands bouquinistes de Paris : Thomas, 6, place de la Sorbonne, Hermann, 6, rue de la Sorbonne, achètent et vendent des ouvrages de toute nature, particulièrement scientifiques.
- M. J. Brignon, à El-lvantara. — Cartes postales stéréoscopiques ; Becker et Bernheim, 25, rue d’Haule-ville, Paris.
- M. Dzoum, à Salonique. — Porte-plumes à réservoir; se trouvent chez tous les papetiers, etc., notamment bureau Philos, i52, boulevard Saint-Germain.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE L. DE LAUNAY
- Professeur à 1 Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- 'fout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Varie (W)
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- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non Illustrés est soumise à l'obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N" 1799 (16 NOVEMBRE 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Avis de l'Administration. — L’échéance du 3o no-vembre étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 3o novembre (n° 1801), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant le icr décembre, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes,' 1873 à 1882 — i883 à 1892— 1892 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs.
- Une nouvelle comète. — L’observatoire central de Iviel a fait connaître, le i3 octobre, la découverte d’une nouvelle comète, effectuée par M. Mellish, à l’observatoire de Madison, Wisconsin (Etats-Unis). Cette comète, étant la 5e de l’année, est inscrite provisoirement sous la désignation 1907 e. Au moment de sa découverte, le i3 octobre, la comète se trouvait à la position ci-après :
- Ascension droite = 81' 3im ; Déclinaison = — 90 24'. Cette position la place dans la constellation de la Licorne. Son mouvement était faible, dirigé vers le Nord-Ouest. Son éclat était de la 9e grandeur. M. J. Guillaume, à l’observatoire de Lyon, a noté la comète, le 17 octobre, sous l’aspect d’une nébulosité diffuse, de 35" environ, avec condensation centrale à peine marquée. L’éclat a paru de la 10e grandeur environ (observation faite à l’équatorial coudé). A l’observatoire de Marseille, M. Borrelly a cru reconnaître une apparence granuleuse (observation faite à l’équatorial Eichens, de 0,26 m. d’ouverture). Yoici quelques positions observées, la première par M. J. Guillaume, les deux autres par M.; Borrelly ;
- ASCENSION
- DATES I1EI R15 DROITE DÉCLINAISON
- 17 octobre. . 16" 0“ 31‘ (t. m. Lyon) 8h 20“ 1- — 7° 45' 39"
- 17 — 16“ 27“ 16* (t. m. Marseille) 8"20“16s —7° 53'23"
- 18 _ 15" 56“ 56‘ (t. ni. Marseille) 8" 17“ 2‘ —7° 25'14"
- Reportées sur une carte, ces positions montrent que la comète passait alors à environ 3 degrés au Sud des «toiles 3o et 29 de la Licorne. D’après une première éphéméride, le passage au périhélie aurait eu lieu vers le 12 septembre et le mouvement de cette petite comète serait dirigé vers a d’Orion (Bételgeuse).
- Le brouillard à Paris. — Le dimanche 10 a été remarquable par l’épais brouillard qui a couvert Paris pendant toute la journée. M. Jaubert, directeur de l’Observatoire municipal de la Tour Saint-Jacques, nous apprend qu’il était en réalité très peu épais : de 7 heures du matin à 3 heures du soir, il ne s’élevait que de 200 à 280 m. au-dessus du sol; à son intérieur la température s’est maintenue constante entre 7 et 90, mais immédiatement à la surface supérieure, sous le ciel libre et le plein soleil, elle était de i3 à i5°. Le brouillard s’étendait au loin sur la banlieue. Ajoutons qu’à Paris, les brouillards 11e se produisent que par temps calme, vers une pression barométrique supérieure à 765 mm et une température qui dépasse rarement io°.
- Un nouveau cuirassé anglais. — Le Dreadnought ne va plus détenir le record de la puissance parmi les grands cuirassés du monde ; l’Amirauté britannique vient de mettre à l’étude un nouveau type de cuirassé qui déplacera 24000 tonnes . et sera armé de i5 canons de 3o5 mm et 20 de i52 mm. Sa vitesse sera de 23 nœuds. La dépense est estimée à 5o millions de francs.
- Emploi de l’électricité en agriculture. — Aux
- Etats-Unis on vient d’appliquer l’électricité à la décomposition du feldspath orthose. C’est un silicate d’alumine et de potasse qui se décompose très lentement sous l’action de l’air et peut alors donner de la potasse assimilable ; on a imaginé d’accélérer cette décomposition par l’électricité : le feldspath se décompose en un sel de potasse soluble, en alumine et en silice. De même, on a tenté de détruire les insectes au moyen de l’électricité, mais on n’a pas obtenu de résultats satisfaisants. On a appliqué aussi l’arc voltaïque pour produire une lumière artificielle qui accélère la croissance des plantes.
- Les grands fours électriques. — L electrométallur-gie se développe chaque jour et les fours électriques atteignent des dimensions extraordinaires. Dans les ateliers des frères Kœchling, à Vœlklungen (Allemagne), on a installé un four Kjellin d’une capacité de 20 tonnes et d’une puissance de 1000 chevaux. Actuellement, il y a maints fours électriques de 1000 chevaux de différents systèmes : ainsi ceux de Stassano, à Turin, l’un fixe et l’autre mobile, celui de Keller à Unieux qui est sur le point de fonctionner, sont destinés à l’obtention de l’acier. La Société piémontaise de Saint-Marcel a une installation magnifique de fours électriques pour la fabrication du carbure, parmi lesquels on en trouve un de 25oo chevaux, un de i5oo et un autre de 1000. Lanouvelle
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- f *; | INFORMATIONS |
- fabrique de carbure de Darto, qui sera inaugurée prochainement, à dans uu local immense une installation de
- 10 fours de 1000 chevaux chacun et MM. lveller et Leleux ont monté trois fours d’une puissance totale de 5ooo chevaux qui sont destinés à la fabrication du ferro-silicium.
- L’indigo artificiel. On sait que l’industrie chimique allemande a presque le monopole de la fabrication de l’indigo artificiel. Cette industrie est en grand progrès, car l’exportation allemande en 1906 se chiffre par 3i,6 millions de marks, contre 7,6 millions en 1898. Le prix de la tonne, qui était de 83o marks en 1898, est tombé à 25o marks en 1906.
- Artillerie contre dirigeables. — Le danger que présenterait une flotte de dirigeables semble tel aux Allemands, qu’ils n’ont pas hésité à construire une automobile spéciale dont le seul rôle serait de donner la chasse aux dirigeables. Il paraît que l’auto est protégée par trois plaques de blindage. Son moteur, de 60 chevaux, lui permettrait de faire 60 km. à l’heure et de gravir des rampes de 20 pour 100. Un canon à tir rapide, de So mm de diamètre, capable de tirer 34 coups à la minute, sous un angle de 70 degrés, serait affecté à cette chasse. L’auto emporterait une provision pour deux cents coups et le canon serait servi par trois hommes. Ce nouveau canon peut atteindre théoriquement un ballon situé à 1000 m. de hauteur et à 6 km. de distance. Comme les dirigeables français peuvent se maintenir à i3oo et i5oo ni., 1800 même avec le Patrie agrandi, cette nouvelle arme n’est pas très inquiétante. Mieux vaut, croyons-nous, chercher d’abord à construire des navires aériens que des torpilles pour les détruire.
- Concours aérostatique international en Italie. —
- En 1911, lors de l’Exposition de Turin, aura lieu un grand concours international d’aéronautique. Le roi d’Italie vient d’accorder son haut patronage à cette institution, qui concentrera tout le mouvement aérostatique. Tous les progrès réalisés seront mis en lumière et il sera fait une large part à toutes les questions qui touchent aux dirigeables en particulier et à la conquête de l’air en général.
- Dégagement instantané d’acide carbonique. — Par
- un phénomène curieux et jusqu’à présent inexpliqué, bien qu’on en ait proposé plusieurs interprétations, la houille dégage parfois subitement, en quantités considérables, de l’acide carbonique, qui semble y avoir été emmagasiné sous des pressions énormes, comme il lui arrive, dans des conditions analogues, de dégager du grisou, accompagné exceptionnellement (d’après des observations récentes) d’hydrogène. Ces dégagements sont localisés dans certaines régions, à l’exclusion des autres, sans qu’on aperçoive, dans la qualité de la houille, une particularité qui le justifie. Un dégagement de ce genre vient de se produire, dans le Gard, en entraînant des conséquences particulièrement graves. Soudain, dans un puits en fonçage à la mine de Saint-Martin de Yalgalgues, l’acide carbonique est sorti en telle abondance qu’il a pulvérisé et projeté dans le puits peut-être un millier de tonnes de houille et qu’arrivant au jour,
- 11 a pu encore asphyxier des ouvriers qui se tenaient en dehors du puits.
- Le bleu du ciel et l’ultramicroscopie d’après M. Lorentz. — Au XIe Congrès hollandais des Sciences naturelles, M. Lorentz, dans son discours d’ouverture, a résumé ses idées fort curieuses sur les rapports qui existent entre l’optique et la théorie cinétique de la matière. On sait que le pouvoir séparateur du microscope est limité, non par le grossissement, suivant la théorie géométrique simple, mais par la diffraction : chacun des points de l’objet examiné donnant naissance à une tache lumineuse et ces images, lorsque les points sont trop voisins, empiétant les unes sur les autres indépendamment de tout grossissement. C’est pour passer au delà de ces limites et voir les objets ultramicrosco-piques, très intéressants notamment en biologie (microbes, etc.), que l’on a inventé la méthode ultramicro-scopique, dont MM. Cotton et H. Mouton (Les ultramicroscopes; librairie Masson, 1906; La Nature n° 1708) et, en Allemagne, MM. Siedentopf et Szygmondi ont donné la théorie. Le principe de la méthode consiste,
- on le sait, au lieu de regarder par transparence, à examiner par réflexion, en sorte que les points les plu*; petits, vivement éclairés, donnant une image élargie par la diffraction, deviennent visibles et apparaissent comme un ciel étoilé, en accusant leur mouvement brownien. M, Lorentz s’est demandé si, de même que les particules colloïdales, auxquelles le procédé s’applique, les molécules elles-mêmes ne pourraient pas devenir perceptibles à l’observation ultra-mici'oscopique, non pas sans doute à l’état de molécules isolées, leurs dimensions étant trop petites pour qu’elles réfractent assez de lumière, mais à l’état de groupement donnant une sorte de nébulosité qui est le passage à la limite du ciel étoilé dont il vient d’être question : par exemple, dans de grandes épaisseurs d’air, où la seule présence d’innombrables molécules agirait comme une sorte de poussière en suspension.. La couleur du ciel bleu pourrait être due à quelque chose de ce genre. L’atmosphère a, comme le calcul le montre, un pouvoir dispersif et absorbant considérable, qui s’accuse surtout sur la lumière jaune, faisant par conséquent ressortir le bleu et dont un tiers paraît revenir à Y absorption .moléculaire de V air ; le-_reste aux véritables poussières et à la valeur d’eau. La couleur propre, la visibilité d’un milieu sont l’indicé, chez celui-ci, d’une structure granulaire et, plus cette structure granulaire est fine, moins il est visible. L’éther, par exemple, étant invisible, représente un milieu continu et sans structure granulaire, ou du moins se rapprochant de ces qualités. Les gaz, au contraire, sont discontinus, formés de molécules agitées en tous sens, et ce serait la diffraction sur ces molécules qui donnerait leur couleur.
- L’art et l’industrie de l’Espagne primitive. — Depuis que les beaux travaux de Schliemann ont exhumé la civilisation mycénienne, on a signalé son extension en de très nombreuses régions de la Méditerranée, et par exemple, dans son récent et bel essai sur l'art et l’industrie de l’Espagne primitive, M. Pierre Paris insiste sur les influences mycéniennes qui se seraient exercées sur l’art ibérique, en particulier sur la céramique.. M. Louis Siret, l’auteur de travaux si universellement appréciés sur la préhistoire espagnole, commente avec beaucoup d’autorité cette conclusion dans le dernier fascicule de Y Anthropologie et montre de quelle façon il faut entendre ces influences mycéniennes si l’on ne veut pas tomber dans des confusions regrettables et trop souvent commises. Selon lui, au cours des civilisations diverses qui se sont succédé en Espagne depuis le néolithique, la poterie à peinture rouge, dans laquelle rentrent les pièces visées par M. Paris, a fait trois apparitions successives et d'ailleurs séparées entre elles par des intervalles : i° à la fin du néolithique; 20 avec les colonies carthaginoises ; 3° avec les Arabes. A chaque fois la poterie est venue « par la route qui mène d’Asie en Espagne par les côtes d Afrique, et, chaque fois aussi, ce sont des envahisseurs venus d’Europe qui ont fait cesser l’usage de ces céramiques peintes : les peuples de race celtique, les Romains, les Espagnols modernes. » Il est incontestable que la céramique de la première de ces trois périodes manifeste des influences mycéniennes, par exemple dans l’emploi fréquent du poulpe comme motif, influencés qui d’ailleurs se marquent dans d’autres objets, comme les monuments funéraires. Mais d’abord, ces motifs mycéniens sont souvent déformés, puis d’autres influences non moins nettes se montrent, en même temps, qui font conclure à M. Siret que s’il y a bien réellement influence mycénienne, ce qu’on ne peut nier, cette influence n’a pas été directe ; elle s’est faite selon lui par l’intermédiaire du trafic phénicien qui a d’ailleurs posé aussi sa marque sur les objets, et qui a laissé bien des traces de son passage sur le sol espagnol. De même pour la seconde époque, il y a encore influence d’un art mycénien, mais toujours indirecte, par l’intermédiaire de trafiquants étrangers à cette civilisation et cette fois carthaginois. La présence de ces intermédiaires, phéniciens, puis carthaginois, explique d’ailleurs cette sorte d’abâtardissement de l’art mycénien dans ses pseudo-représentants d’Espagne : ce sont en réalité ou des objets authentiques, mais de qualité inférieure, ou des pastiches, des faux, fabriqués par des peuples commerçants, mais très peu artistes et débitant volontiers de la camelote parce qu’elle est de vente.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les textiles, les tissus, le papier, par PiSciieux (Encyclopédie technologique et commerciale) chez J.-B. Baillière et fils, Paris.
- Les turbines à vapeur et à gaz, par G. Bei.luzzo, traduit de l’italien par G. Civalleri, avec 31.7 fig. et 23 planches, in-8°. Paris. H. Desforges. Prix : 20 francs.
- Théorie graphique des fluides élastiques et de leurs mouvements. Méthodes graphiques appliquées au calcul des turbines à vapeur et à gaz. Etude critique des différents types actuels de turbines à vapeur. Application des turbines à vapeur dans la marine.
- Les grandes eaux de Versailles. Installations mécaniques, étangs artificiels, description des fontaines et de leurs origines, par L.-A. Bakbet, préface par Henry Roujon, i vol. in-40, ïv-358 p., 3i2 fig. Paris. Dunod et Pinat, 1907. Prix : 25 francs.
- Dans ce bel ouvrage, aussi attrayant pour l’artiste qu’instructif pour l’ingénieur, M. Barbet examine d’abord les installations mécaniques et les étangs artificiels, y compris les nouvelles machines établies à Marly de 1900 à 1906, puis il fait l’historique complet des grandes eaux avec de superbes reproductions des belles fontaines qui y ont été établies à diverses époques.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 oct. 1907. . 4°,8 S. 1. Brouillard. 1,5 Brouill. le m. : nuag. de 13 à 20 h., couv. avant et après.
- Mardi 29 9°,8 S. 3. Bruine. 6,4 Pluie à diverses reprises ; presque couvert.
- Mercredi 30 10°, 3 S. 2. Pluie. 1,7 Pluie de 0 h. 50 à 1 h. et de 6 h. 50 à 7 h. 50.
- Jeudi 31 8°,3 S. 1. Couvert. » Rosée ; brouillard bas à 21 b. ; nuageux.
- Vendredi 1" nov. . . 7°,1 S. 1. Couvert. » Rosée; très nuageux.
- Samedi 2 10°,9 S. E. 2. Très nuageux. »> Rosée ; nresque couvert.
- Dimanche 5 11°,4 S. S. E. 3. Éclaircies. 0,0 Rosée ; halo à 9 h. ; très nuageux ; pluvieux à 13 h.
- OCTOBRE-NOVEMBRE 1907. — SEMAINE DU LUNDI 28 OCTOBRE AU DIMANCHE 3 NOVEMBRE 1907.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche, courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 28 oct. au 3 nov. — Le 28. Basses pressions sur tout l’O. de l’Europe, Brest, 748; Ajaccio, 752; Moscou, 776. Pluies presque générales; en France : Biarritz, 20 mm; Brest, Lorient, 6. Température du matin : Moscou, — 90; Paris, 4; Brindisi, 17; Puy de Dôme, —1; Pic du Midi, —5; moyenne à Paris : 7°,4 (normale : 8°). Le 29. Ouessant, 740; Biarritz, 748; Nice, 755. Pluies sur le N. et l’O. du. continent; en France : Pointe de la Goubre, 22 ; Rochefort, i5 ; Brest, Nantes, Bordeaux, 12; Le Havre, 4- Temp. du matin : Arkangel, —6°; Paris, 10 ; Alger, 17 ; Puy de Dôme, 4 ! Pic du Midi, — 5 ; moyenne à Paris : io°,6 (normale : 7°,9). — Le 3o. Cherbourg, 741- Absence totale de hautes pressions. Pluies générales; en France : Nice, 79; île d’Aix, 22; Ouessant, Gap, 17 ; Nantes, 12. Temp. du matin : Arkangel, — 4°,8; Paris, 10; Alger, 20; Puy de Dôme, 3; Pic du Midi, —5; moyenne à Paris : ii°,i (normale : 70,7). — Le 3i. Relèvement général de la pression sur l’O. de l’Europe : Iles-Britanniques, Bretagne, Russie, restent inférieurs à 755; hautes pressions sur la Scandinavie et l’Italie. Pluies générales; eu France : Calais, 10; Lorient,
- Nice, 6; Limoges, 5. Temp. du malin : Arkangel, —5;, Paris, 8; Livourne, 17; Puy de Dôme, 5; Pic du Midi, —^4; moyenne à Paris : xo° (normale : 7°,6). — Ze Ier novembre. Hausse particulière sur la Suisse, 765, et la Scandinavie, 769; dépression sur le golfe de Gascogne. Pluies sur le Centre et l’O. du continent; en France : Ouessant, 7; Brest, 3. Temp. du malin : Hapa-randa, —90; Paris, 7; Alger, 23; Puy de Dôme, xo; Pic du Midi, o; moyenne à Paris : ii°,i (normale : 7°,4)-— Le 2. Basses pressions sur 10. : Irlande, 748 ; Bretagne, 75-a : Christiania, 772. Pluies sur le Centre du continent. Temp. du matin : Saint-PétersbouKg,. — x° ; Paris, 11 ; Marseille, 18; Puy de Dôme, 7; Pic du Midi. 2; moyenne à Paris : i2°,6 (normale : 7°,3). —- Le 3, Sud de l’Irlande, 748 ; Christiania, 772; Pluies sur le S.-O. de l’Europe et en Russie; en Finance : Cap Sicié, 27; Clermont, 8; Lorient, 7; Le Mans, 5. Temp. du matin : Arkangel, — 18; Paris, 11 ; Palerme, 20; Puy de Dôme, 5 ; Pic du Midi, 6 ; moyenne à Paris : 11°,9 (normale : 7°,i). — Phases de la Lune : Dernier Quartier, le 29, à 8 h. 1 m. du matin.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Le mouvement de rotation se transmet à une tige verticale plate e traversant le flotteur, placée dans l’axe du tube, et tenue en haut et en bas entre des pointes. A la partie supérieure de cette tige est fixé un aimant à deux branches f qui se meut avec elle et dont les pôles sont aussi rapprochés que possible de la paroi en métal non magnétique du réservoir. Au-dessus de cette paroi est fixée à la façon de l’aiguille d’une boussole, une aiguille aimantée qui suivra l’aimant dans ses déplacements. Il suffira donc de graduer le cercle de déplacement de l’aiguille d’une manière appropriée pour que le contenu du réservoir soit déterminé exactement à chaque instant de la course.
- L appareil est mis en place par l’ouverture de remplissage et se centre dans deux portées, l’une inférieure, l’autre supérieure, prévues d’avance dans le réservoir. Le bouchon étant vissé, la transmission des mouvements du flotteur à l’aiguille s’opère à travers ce bouchon lui-même. — Le Niveau magnétique est construit par la Société des automobiles Clément-Bayard, quai Michelet, à Levallois-Perret.
- Divers
- Miroir réflecteur « Philos » pour machine à écrire. — Un ennui des machines à écrire c’est l’obscurité ou, tout au moins, la semi-obscurité où se trouve le point de frappe de la machine, c’est-à-dire l’endroit où la petite lettre chargée d’encre vient s’imprimer sur le papier. Cette difficulté est souvent très sérieuse. C’est ainsi par exemple que dans la grande généralité des cas on ne peut pas placer une machine à écrire dans une position indifférente. Etant donnée même une machine située dans une pièce éclairée d’un seul côté, comme c’est le cas le plus fréquent dans les bureaux et appartements, on peut facilement se rendre compte que cette machine n’est utilisable que dans la moitié de ses positions, qu’on pourrait représenter par un demi-cercle dont la convexité serait tournée vers le jour ; dans toutes les autres, le point de frappe est dans l’ombre, et même le demi-cercle des 2)ositions utilisables e£t un peu moins grand que le demi-cercle des mauvaises positions parce qu’en réalité l’éclairage des positions extrêmes n’est qu’à la rigueur acceptable.
- Aussi, dans ce grand demi-cercle des positions à contre-jour, si le temps est un peu sombre, l’opérateur ne peut pas voir ce qu’il écrit. Et dans le demi-cercle des. autres positions, sans qu’on atteigne à cette invisibilité, du moins la visibilité est-elle souvent assez peu grande pour causer une sensible fatigue des yeux au dactylographe. Le petit appareil que représente notre figure remédie fort simplement et d’une façon parfaite à cet inconvénient. C’est un petit miroir articulé sur une genouillère, et qui, fixé sur une machine, permet d’éclairer à volonté le point de frappe, et par conséquent d’assurer la pleine lisibilité du texte, quelle que soit la position de l’opérateur. C’est, comme on le voit, un principe très simple, et, comme la plupart des idées simples, on a été bien longtemps avant de l’imaginer. Ce petit miroir qui rendra les plus grands services, et qui sera, croyons-nous, à bref délai reconnu indispensable par tous ceux qui se livrent à la dactylographie, est fabriqué en différents modèles, chacun d’eux conçu pour s’adapter à une machine déterminée, sans que celle-ci ait besoin d’être modifiée. Le prix en est de i5 à 20 fr, suivant la machine, et l’objet se trouve au. Bureau de dactylographie, i5o, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Fontaine électrique de table. — Il est facile de construire soi-même une de ces petites fontaines lumineuses qui décorent une table si joliment. La figure ci-contre indique clairement le procédé à suivre. Il suffit d’avoir une cuve dont les parois soient en verre, le fond en bois; sur ce fond, on monte des lampes électriques, dont les fils pénètrent à travers le bois et sont soigneusement protégés du contact de l’eau; un moyen d’éviter ce contact, est de, monter les lampes sous des
- ampoules de verre bien étanches fixées sur le fond. Ce fond est en outre traversé par 3 tubes concentriques qui doivent constituer la fontaine lumineuse proprement dite ; le tube le plus large sert à l’écoulement de l’eau ; le tube du milieu sert au passage des fils électriques,
- Verre
- Lampes.
- u Verre cercle
- x
- Petites /amp es
- ^Tube d écoulement
- 'Tube pour les fils électriques
- 'Tube démenée de /'eeu
- Fontaine électrique de table.
- le tube de plus faible diamètre sert à amener l’eau du jet d’eau. Sur ce dernier tube, sont montés des dômes de verre coloré sous lesquels on installe de minuscules lampes de diverses couleurs. On peut varier l’effet obtenu, en disposant dans la cuve et le long des tubes des plantes marines, coquillages, etc.
- Appareil à laver l’extérieur des vitres. — Pendant des siècles, nous nous sommes contentés, pour nettoyer l’extérieur des vitres de nos fenêtres, de cette méthode primitive et dangereuse qui consiste à monter sur l’appui de la fenêtre et à laver ainsi le dehors des carreaux. Les statistiques pourraient nous dire combien d’accidents parfois mortels, sont dûs à cette imprudente habitude. Un ingénieux inventeur américain a imaginé
- Appareil à laver l’extérieur des vitres.
- un moyen mécanique d’emploi beaucoup plus aisé et sans danger. C’est un appareil que l’on fait fonctionner fort simplement de l’intérieur de la maison. Il consiste en parallélogrammes articulés supportant une plaque de nettoyage, que l’on fait voyager à la surface de la vitre à l’aide de deux leviers, montés sur deux tubes concentriques et manœuvrés à la main. La plaque de nettoyage peut être reliée par un tube flexible à une source d’eau sous pression, qui permet d’assurer ainsi un nettoyage parfait. — Cet appareil a été imaginé par M. William, G. Himrod, de Third and G. street. N. W. Washington (États-Unis).
- Miroir réflecteur.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- $>* Mécanique
- Enregistreur de température des moteurs à explosion. — Il est très difficile, pour ne pas dire presque impossible, de connaîirè la quantité de chaleur transmise aux parois des cylindres dans les moteurs à explosion; les calculs que l’on est obligé de faire pour déterminer cette température sont basés sur des données encore très mal connues. Un professeur de l’Université de Cambridge, M. Hopkinson, l’un des théoriciens du moteur à
- Fig. i.
- explosion, vient d’imaginer un appareil qui permet de mesurer celte quantité; il est basé sur les variations de conductibilité du cuivre en fonction de la température.
- Il est constitué par un cylindre de fonte dont la base est égale à la hauteur (3o cm). Les parois intérieures du cylindre sont garnies d’une enveloppe de Lois et les bases sont doublées de liège. L’intérieur de ce cylindre renferme une bande de cuivre de 6,5 mm de largeur enroulée en spirale, chaque spire étant séparée de sa voisine par un intervalle de i mm. Chaque fond du cylindre est percé de plusieurs ouvertures. Par l’ouverture D on introduit la bougie d’allumage qui doit pénétrer jusqu’au milieu du cylindre. Diamétralement opposé à celle-ci, un trou E est ménagé pour mettre le cylindre en relation avec un enregistreur de pression. Par les autres ouvertures H H H on a introduit des lames de cuivre disposées de telle sorte que l’ensemble du système, qui comprend en outre de la grande spirale de cuivre d’autres bandes enroulées en spirale sur les fonds, constitue une connexion unique conductrice du courant. En somme, l’appareil se présente sous la forme d’une chambre d’explosions garnie intérieurement de bandes de cuivre à travers lesquelles on fera circuler
- un courant électrique avant et pendant les explosions de manière à établir la différence de conductibilité du métal suivant la température à laquelle il est soumis.
- Admettons que nous ayons introduit dans ce cylindre un mélange tonnant et que nous produisions l’explosion. La variation de résistance élec trique sera mesurée au moyen du dispositif que représente schématiquement notre deuxième ligure. Un circuit électrique comprenant la bande de cuivre B, une batterie de cinquante éléments d’accumulateurs P et une série de lampes M faisant fonction de résistance, reçoit, branché en dérivation aux bornes de la bande de cuivre un deuxième circuit qui renferme une résistance K de 0,2 5 ohm et un galvanomètre. Enfin, un troisième circuit, monté aux bornes de la résistance E, comprend une batterie P1 de six éléments et une résistance Kt. Le réglage de l’installation doit être effectué de telle sorte que le courant total de la batterie P soit de 8 ampères ; pour cela on intercale le nombre de lampes nécessaire ; et le courant qui traverse le galvanomètre T doit être nul en agissant
- sur la résistance K. Dans ces conditions la résistance de là bande de cuivre étant de o, 14 ohm et celle du galvanomètre 3,2 ohms, la batterie P1 fournit un courant de 4,5 ampères.
- Enflammons le mélange. La chaleur transmise à la bande de cuivre accroît sa résistance, mais d’une quantité très faible que l’appareil nous permettra cependant de mesurer. Par contre, la force électro-motrice aux bornes de B augmente proportionnellement à cette résistance, de sorte qu’un courant proportionnel à chaque instant à cette augmentation de force électro-motrice^ traverse le galvanomètre T. Il suffira donc de mesurer la déviation de l’aiguille pour posséder les variations de température du cuivre et les quantités de chaleur absorbées par elle si l’on a eu soin, auparavant, de déterminer sa chaleur spécifique à ces diverses températures.
- Pour effectuer cette mesure, on se sert d’un procédé photographique comprenant un miroir sur lequel est dirigé un rayon lumineux tombant sur un papier sensibilisé. On enregistre donc les divers angles de déviation pour des expériences différentes. En même temps l’indicateur de pression donne à chaque instant la pression des gaz pendant l’explosion.
- Automobilisme
- Indicateur de niveau magnétique. — Les épreuves automobiles basées sur la consommation d’essence se multiplient chaque année, et à parties grandes épreuves sportives que chacun suit avec passion, elles sont surtout intéressantes pour l’acheteur sérieux. Le Grand Prix de l’Automobile Club de France fouimit à ce sujet des indications très précieuses ; aussi toutes les maisons y prennent part et les conducteurs des voitures s’efforcent, dans ces circonstances, d'être ^urlout très avares d’essence.
- Pour régler leur allure, la modérer ou l’accélérer suivant les nécessités, il est intéressant de connaître la quantité de carburant que chaque chauffeur a à sa disposition; afin, surtout, d’éviter la fâcheuse panne d’essence qui vous cloue au sol à quelque ioom. parfois du but.
- L’essence étant contenue dans un réservoir plombé, on ne peut employer la réglette jauge ; le tube de niveau en verre est également trop fragile, sa rupture pendant la course serait Indicateur de niveau magnétique, fatale etl’on peut douter
- qu’il puisse être accepté par les organisateurs des concours qui recherchent la forme de récipient la plus simple, la plus facile à surveiller et feraient peut-être des objections au sujet de la présence des joints presse-étoupe, qui peuvent-êlre truqués et disposés pour tenter la fraude.
- Dans le but de remédier à ces inconvénients, la maison Bayard-Clément vient d’imaginer un indicateur de niveau magnétique qui donne des indications très exactes et a été mis en service pour la première fois au Grand Prix de l’A. C. F.
- Cet appareil comprend un flotteur a animé à la fois du mouvement vertical et d’un mouvement de rotation que lui communiquent des ergots d pénétrant dans les rainures hélicoïdales d’un tube b constituant le bâti de l’appareil. Ces rainures font un tour complet sur toute la hauteur du tube, entre le moment où le réservoir est plein dé liquide et celui où il est vide, le flotteur accomplit donc également un tour sur lui-même.
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- VAR1 ETES
- L’industrie du papier de lin. — La consommation du papier, qui a pris des proportions énormes, a mis l’industrie de la papeterie dans l’obligation de recourir à l’emploi du bois comme matière première, et pour obtenir les pâtes de cellulose, on a absorbé de telles quantités de bois que la déforestation apparaît comme un danger de plus en plus menaçant.
- 11 a donc fallu rechercher d’autres sources de matière première pour la fabrication du papier, afin de ménager nos richesses forestières, et de sérieuses tentatives sont faites pour utiliser certains végétaux tels que l’alfa, la ramie et le lin.
- L’industrie du papier de lin paraît appelée à un certain avenir, si l’on en juge par les essais concluants qui ont été obtenus, depuis 1905, notamment en Tunisie, près de Bab-el-Khadra.
- Les efforts que l’on fait et les encouragements donnés en France, pour relever la culture du lin, ont d’autant plus leur raison d’être que l’industrie de la papeterie peut offrir à ce textile un très important débouché.
- La pâte de lin pour la fabrication du papier se vend, actuellement, xooo fr. la tonne. Il faut, pour obtenir une tonne de pâte sèche, trois tonnes de paille achetée i3a fr. La marge entre le prix de vente d’une tonne de pâte et le prix d’achat de la matière nécessaire pour l’obtenir est donc de 868 fr.
- Les dépenses d’installation et de fabrication sont très élevées; elles sont évaluées à 200000 fr. pour une usine fabriquant seulement une demi-tonne de pâle par jour. Mais cette industrie peut donner lieu à de sérieux bénéfices.
- La pâte est de bien meilleure qualité lorsqu’on prend directement la fibre du lin à la paille, au lieu de la reprendre dans les vieux chiffons, où elle se trouve usée, tant par les épreuves physiques ou chimiques subies en manufactures, que par le service plus ou moins intense ou prolongé des étoffes d’où ces chiffons proviennent.
- La fabrication du papier de lin exige, de la part de l’industriel, certaines connaissances en physiologie végétale et en chimie organique.
- Il faut, par des moyens physiques et chimiques, séjiarer à l’état de pureté (et décolorer) la fibre de tous les autres éléments de la tige.
- La paille de lin doit être convenablement nettoyée et débarrassée de ses racines, car tout ce qui n’est pas fibre de lin disparaît au cours de la fabrication, et les impuretés constitueraient une charge pour l’usine, dont elles augmenteraient les dépenses en main-d’œuvre et en produits chimiques dissolvants.
- Les pailles bien préparées pour cette industrie spéciale, celles d’Algérie, en particulier, donnent un rendement de 3o à 35 pour 100 de leur poids en pâle sèche. Les producteurs ont donc un intérêt immédiat à ne livrer aux usiniers que des pailles de lin très propres, en débarrassant leurs terres à lin des plantes adventices qui y croissent.
- Le premier traitement que subit la paille de lin à l'usine consiste en un broyage entre les peignes d’un tambour conique à grande vitesse, fonctionnant à raison de deux cents tours à la minute.
- La conicité du tambour fait cheminer la paille vers la sortie pendant qu’un violent courant d’air entraîne en sens inverse les poussières et débris de toutes sortes. Au sortir du broyeur, un hache-paille découpe la paille en fragments d’un centimètre. Celle-ci passe ensuite dans un autoclave, où elle est soumise à l’action combinée de la vapeur surchauffée à x6o° (pression, 6 atmosphères), et de l’air, qui ont pour objet d’opérer le rouissage, c’est-à-dire la solubilisation des gommes et la désorga-^ nisation de tous les tissus qui enrobent les fibres (moelle, bois, parenchyme libérien, etc.).
- La pectose renfermée dans le parenchyme libérien se transforme, sous l’influence de la chaleur, en acide pe.c-tique, qui constitue ce que l’on appelle la graisse du lin, et donne aux fibres de la souplesse et du brillant.
- De l’autoclave, sort une pâte dans laquelle il faut compléter les réactions précédemment entamées et dissoudre, puis séparer, tous les éléments qui ne sont pas des fibres pures. On obtient ce résultat par de nombreux lessivages et brassages méthodiques avec des solutions alcalines sodées. La pâte est ensuite décolorée au moyen du chlore.
- Par son passage successif dans les piles défileuse, blanchisseuse, élaveuse, au cours de la fabrication, la pâte est devenue parfaitement homogène ; à la fin, elle ne renferme plus uniquement que de la fibre.
- Une dernière machine la met en feuilles épaisses que l’on soumet à l’action du séchoir.
- Cette pâte à papier est ainsi vendue sous forme de feuilles rectangulaires.
- M. Coustou, ingénieur agricole, qui a donné sur l’industrie de la pâte de lin pour papeterie, en Tunisie, les indications très précieuses que nous lui devons, fait remarquer que celte nouvelle industrie va permettre aux producteurs de tirer un parti très avantageux des tiges ou pailles de lin, jusqu’ici inutilisables, même comme litière pour le bétail, et qui, généralement, sont abandonnées ou brûlées dans les champs.
- Depuis 1906, une usine pour la fabrication du papier de lin fonctionne à Tunis, et paie la paille de lin au prix de 35 à 40 fr. la tonne.
- Une récolte de lin fournissant en moyenne par hectare, 10 quintaux de graine, laisse 3o quintaux de paille, que l’on peut vendre au prix de 3,5o fr. le quintal. Sur un hectare en culture, les producteurs réaliseraient donc, grâce à celte nouvelle industrie, une recette inespérée de io5 à 120 francs, qui rendrait la culture du lin très rémunératrice.
- En tenant compte du chiffre de 3ooo tonnes représentant la production moyenne annuelle de la paille de lin, en Tunisie, on voit que cette production serait payée, à la culture, 114000 fr. par l’industrie de la pâte à papier.
- Ce chiffre pourrait être augmenté considérablement, si l’on considère que le débouché offert par l’industrie dont il s’agit est presque illimité. Cette utilisation industrielle du lin, dans les pays de production, serait pour ces pays, une source de richesse, surtout si l’on arrivait à déterminer exactement les qualités respectives du lin d’Italie et du lin de Riga, au point de vue de la qualité et de la quantité de la paille utilisable pour la fabrication de la pâte à papier. Henri Blin.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les poussières de nos tapis. — Le rôle des poussières dans la dissémination des germes a été démontré par tous les hygiénistes. Pénétrant dans les cavités respiratoires et digestives, arrêtées parfois à la porte, elles sont un des agents les plps directs de propagation de certaines maladies contagieuses. Aussi a-t-on de toutes parts combattu le brossage, le balayage et l’époussetage à sec pour recommander le linge humide ou l’éponge. Il y a bien longtemps que mon ami de Pareille et moi, sans
- compter bien d’autres, faisons campagne contre le plumeau qui n’enlève pas la poussière, mais ne fait que la déplacer, la projeter dans l'air d’où elle retombe quelques heures après, se déposant comme avant l’opération du plumeautage.
- L’idéal serait d’avoir des appartements à planchers et murailles d’un revêtement permettant le lavage ou l’essuyage humide. L’idéal serait aussi de ne pas transporter dans nos demeures les immondices de la rue dont sont
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- imprégnées les semelles de nos souliers et d’avoir, gomme les Orientaux, double chaussure dont l’fextérieur, brodequin léger, toile ou caoutchouc serait laissé à la porte ou dans le vestibule. Ce sont des réformes qui iraient trop contre nos habitudes, contre notre besoin de con-fôrt et de luxe pour être de' sitôt adoptés. 11 faut convenir du resté que l’essuyage humide ne peut guère s’appliquer sur des tentures, dès rideaux, des tapis.
- Pour remédier à ces inconvénients et donner satisfaction aux desiderata de l’hygiène, on tend de plus en plus à se servir pour le nettoyage, des appareils à aspiration. De différents modèles, ils reposent tous sur le même principe, obtenir par le vide l’aspiration des poussières superficielles et même profondes, au moyen d’une pompe actionnée par un moteur électrique ou autre et d’un tuyau muni d’une sorte de cône aplati qui porte le nom de suçoir.
- De quelle nature sont les poussières ainsi obtenues et que contiennent-elles? C’est à la solution de ce petit problème que s’est appliqué le D‘ Maréchal dans son libératoire de Liège. Comme tous ceux qui ont usé de ces aspirateurs, il a constaté que ces appareils aspirent complètement les poussières qui se trouvent à la surface des tapis, mais aussi les poussières qui se trouvent à l’intérieur et même au-dessous. Des objets qui avaient subi un nettoyage par les anciens procédés, ont encore donné des quantités considérables de poussières lors-
- qu’on leur applique un appareil d’aspiration par le vide.
- Les poussières des tapis ont presque toujours une coloration gris rosé, verte ou jaune suivant la couleur du lapis lui-même. Cette coloration est due aux éléments fîbriliaires, soie, laine ou autre tissu, provenant du ' tapis lui-même. Il est à noter que respiration n’entraîne ces fibrilles qu’autant qu’elles sont déjà; détachées par l’usure; sur un tapis neuf, l'aspiration n’entraîne presque pas de poussière et jamais de ces fibres végétales.
- Les poussières examinées dans un très grand nombre d’expériences par M. Maréchal contiennent euviron, 3 pour ioo d’eau, des matières -minérales',chlorures, sulfates, nitrites, niti*ates et autres, les unes solubles, les autres stables, des matières organiques en petite quantité. A l’examen microscopique, on reconnaît aisément des fibres nombreuses d’origine végétale (coton) et surtout d’origine animale (laine, soie).
- L’examen bactériologique fait reconnaître une quantité de germes des plus variés qui fournissent par les cultures sur gélatine des colonies extrêmement riches et nombreuses. Abandonnées à elles-mêmes, les poussières, par suite de la présence de ces germes et des matières organiques subissent, en présence de l’humidité, des fermentations véritablement putrides. Aussi doit-on in-; sister pour qu elles ne soient pas projetées à même à la voirie et qu’elles soient détruites par l’incinération.
- D‘ A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Dosage de l’amidon dans les céréales au moyen du polarimètre. — D’après M. Lintner, on peut doser l’amidon dans les céréales au moyen du polarimètre, on triture a gr. de la substance en poudre fine avec io c.ms d eau, on ajoute i5 à 20 cm5 d’acide chlorhydrique pur et l’on mélange le tout intimement. Après 3o minutes de contact, on verse le liquide dans un ballon jaugé de 100 cm3. On ajoute 5 cm3 de solution à 4 pour 100 d’acide phosphotungstique ; finalement on complète le volume de 100 cm3 avec de l’acide chlorhydrique de densité i,i25. L’acide phosphotungstique précipite l’albumine, et le liquide, après filtration, est devenu clair et peut être examiné au polarimètre. Le pouvoir rotatoire moyen de l’amidon est de 202.
- Vernis des relieurs. — Il est utile de le connaître, afin de pouvoir remettre à neuf des reliures partiellement détériorées. On le prépare en faisant dissoudre, dans 90 parties en poids d’alcool, 12 p. de térébenthine de Venise et 3o de gomme-laque en écailles jaune clair.
- Cire plastique. — Il s’agit simplement de donner à de la cire jaune de la plasticité; on sait que son défaut ordinaire est d’être cassante. On arrive à un bon résultat en additionnant la cire, au moment où on la fera fondre, d’un quart de vaseline ou de lard.
- Enduit pour les murs. — On se trouve généralement bien d’employer un composé fait de silicate de soude et de blanc d’Espagne ou de chaux; la surface obtenue est mate et imperméable.
- Réparation des chaussures en caoutchouc. — Le
- mieux est de procéder exactement comme pour la réparation des bandages, notamment des bandages de bicyclettes, au moyen des solutions vendues partout. L’essentiel est de se rappeler que pour recoller, par exemple, une semelle, ou pour coller une semelle neuve à un caoutchouc, il est nécessaire de mettre une première couche très mince de solution, d en étendre une seconde quand la première est presque sèche, et finalement de bien presser après avoir chauffé légèrement. Le cuir se colle du reste admirablement au caoutchouc avec ces solutions.
- Éraillures sur la toile à calquer. — Quand, pour faire une correction, on a gratté l’encre sur de la toile à calquer, la surface ainsi éraillée ne permet plus que bien difficilement de tracer d’autres lignes à l’encre. Or, le collodion peut redonner une assez bonne surface en
- pareil cas. Il faut que la toile soit bien propre; on applique la substance avec un petit pinceau en poil de chameau, et on laisse sécher. Le procédé peut réussir même pour une surface assez considérable.
- Pâtes à polir. — On peut en préparer avec 4 parties de carbonate de magnésium, autant de craie et la même quantité de rouge d’Angleterre. On peut aussi faire simplement un mélange de 4 parties de carbonate de magnésium avec 1/2 p. de rouge fin; enfin on obtient un bon résultat en broyant ensemble (ce qui est naturellement une condition de bonne préparation de toutes ces pâtes) 5 parties de craie précipitée et bien fine et 2 p. de rouge de Venise.
- Peaux préparées perdant leur poil. — Le fait peut se produire pour certaines fourrures — lors même qu’elles ont été primitivement bien traitées — simplement parce que les poils de chèvre, de daim, par exemple, se cassent assez facilement à la base. On peut quelque peu remédier à la chose en frottant d’huile de lard le revers de la peau, puis en étendant du son sur la surface ainsi traitée, afin d’enlever l’excès huileux. On a aussi la ressource de saturer toujours l’envers de la peau, d’une solution aqueuse à 20 pour. 100 de formaldéhyde.
- Pour fixer les lettres en verre ou émaillées sur les vitres et glaces. — On prépare un mélange de céruse et d’un bon vernis japonais doré, autrement dit d’une dissolution de gélatine très pure ; on donne une consistance suffisamment plastique à cette sorte de mastic, on en met une couche assez mince derrière les lettres, et on applique celles-ci sur la vitre ou la glace, en pressant fortement et également. Au bout de trois jours, et quand tout est bien sec, on enlève l’excès de ciment qui a pu jaillir sur le côté des lettres.
- Pour enlever le vernis des vieux meubles. — On
- peut employer un mélange en parties égales d’ammoniaque liquide, d’alcool de méthylène et de térébenthine; on obtiendrait même un résultat plus rapide en faisant chauffer ce mélange au moment de l’employer; mais il ne faut pas oublier que sa composition le rend dëplora-blement inflammable.
- Pour détruire les mites. — Mélanger 10 parties de naphtaline, autant d’acide phénique, 5 de camphre, 5 d’essence de citron, 2 d’essence de thym, autant d’essence de lavande, et la même quantité d’huile essentielle dç genièvre dans 5oo p. d’alcool pur.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du jiossible* aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu 'que dans un délai de dix à quinze jours.
- Rectification. — Dans notre numéro 1797, du 2 novembre, p. 180 dit Supplément, nous avons décrit sous le nom d'aspirator un appareil de lutte contre la poussière fabriqué par M. Bimm. M. Binon nous prie de rectifier notre indication : le nom véritable de l’appareil est : aspirateur « Birum » ; d’autre part le prix réel est de 35 fr. et non 3o comme nous l’avons dit par erreur, ce dernier prix n’ayant été établi qu’à titrepassager pendant le concours Lépine. Cette rectification est d’autant jilus nécessaire qu’il existe réellement un appareil domestique de nettoyage par le vide « Aspirator », exploitée par la .Société Aspirator, 36, boulevard des Italiens, à Paris.
- Erratum. — Dans le numéro du 19 octobre 1907, page 331, article de M. R. Blanchard sur une Labiée à tige hexagonale, lire comme suit : deuxième colonne, ligne 2 : binaire au lieu de trinaire ; deuxième colonne, ligne 3 : trinaire au lieu de binaire.
- Renseignements. — Agence de la Presse Nouvelle, à Paris. — Nous ne connaissons pas d’organés répondant à votre désir.
- M. Jarre, à Paris. — Le procédé Wickel est employé à la Société française des papiers d’aluminium, 96, rue Nationale, à Ivry-I’ort. Nous ignorons l’adresse du constructeur des machines.
- M. Pisoshi, à Racaciuni (Roumanie). — Les récents procédés de photographie des couleurs ne permettent pas encore à notre connaissance la reproduction indéfinie d’un cliché.
- M. Guiraud, à Cabanial (Haute-Garonne). — Edison étudie depuis plus de dix ans le nouvel accumulateur fer-nickel auquel vous faites allusion. Mais les résultats obtenus, quoique assez encourageants, ne permettent pas encore de considérer cet accumulateur comme un appareil industriel. Il vient également de faire breveter un accumulateur fer-cobalt sur lequel les renseignements pratiques font encore absolument défaut.
- M. Marchai, à Huelva (Espagne). — Nous ignorons l’adresse de la Société de Forest qui s’occupe aux Etats-Unis de téléphonie sans fil. Vous pouvez cependant vous adresser à M. Fessenden, à Brant-Rock (U. S. A.) qui poursuit ses études à ce sujet, ou à M. Gaiffe, 9, rue Méchain, Paris, constructeur d’appareils de télégraphie sans fils.
- M. Cordier, à Àubervilliers. — Dès que nous serons suffisamment documentés sur cette question, elle fera l’objet d’un ai’ticle dans La Nature.
- M. le l)r Stamatin, à Jassy. — Vous trouverez certainement l’ouvrage que vous désirez à la librairie Gau-thier-Yillars, 55, quai des Grand^-Augustins, Paris.
- M. P. Tavernier, à Bordeaux. — Nous ne savons pas à quelle formule exacte de dentifrice vous faites allusion et il nous est impossible de vops renseigner ; mais vous trouverez dans les différents volumes de nos Recettes et Procédés utiles, publiés par Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris, de nombreuses indications à ce sujet.
- C. R. V. et Cie, rue de Lévis. — Le représentant à Paris des bobines d’allumage Lodge est M. Fabre, 9, place des Ternes.
- M. A. Carvalhal, à Lisbonne. — Adresse du journal anglais Nature : Macmillan and Co, Saint-Martin Street, London W. C.
- M. Manegat, Caldas de la Malavella (Espagne). — Pour les moteurs à air chaud, voyez la maison Duhamel, 33, rue Ramponneau, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Manufii pratique du monteur électricien, par J. Lafear-c-tj-E, 10' éd., 1012 pages, 700 fig., petit in-8°, chez Bernard Tignol, Paris. Prix : 10 francs.
- L’auteur de cet excellent ouvrage est trop connu de nos lecteurs pour que nous ayons à faire ici son éloge; le chiffre des éditions du Manuel du monteur électricien dit assez combien ce livre utile a été apprécié du grand public. Cette nouvelle édition a été tenue au courant des progrès réalisés ces dernières années par les diverses branches de l'électricité ; ouvriers, ingénieurs, amateurs, tous ceux qui à un titre quelconque^ s’intéressent à. l’électricité-y trouveront, exprimés en un langage simple et clair, et cependant toujours prébisj Ttous les renseignements qui peuvent leur être-nécessaires pour la conduite et l’établissement d’une installation électrique. ^
- Alterthümer des frühen Mittelalters in Ungarn,' par J. HampelJ Braunschweig, igo5. Friedr. Viévveg und sohn. 3 gros vol. iu-8°. Prix : 60 marks. .
- Cet ouvrage, consacré aux antiquités du moyen âge hongrois, est absolument capital ; c’est la première fois que l'art de cette époque et de cette région est l’objet d’un recueil unique et aussi vaste, comportant près de 5ooo figures. M, Hampel se promène avec maîtrise à travers le dédale des civilisations successives ou mêlées dans ce carrefour idéal de l’Europe, Celtes, Illyriens, Latins, Sarmates, Huns, Ostrogoths, Gépides, Marcomaus, Lombards, Slaves, Avares, Francs, Hongrois, Bulgares. Il classe ce pêle-mêle en quatre grands groupes suivant l’élément qui y prédomine • Germains, Sarmates, Avares, Hongrois, classi-
- fication toute nouvelle et la première scientifique de ce milieu complexe.
- Les transformations du monde animal, par Charles Depéret. Bibliothèque de philosophie scientifique. Un vol. in-18. Chez Ernest Flammarion, édit. Prix:3fr,5o.
- Ce livre expose ce que nous savons à l’heure actuelle des transformations du monde animal depuis la première, apparition de la vie sur le globe. Ajirès le tableau historique du développement des idées sur l’évolution, l’auteur y étudie la variation de l’espèce dans l’espace et dans le temps, le mécanisme de l’extinction des espèces, les procédés de formation des types nouveaux, enfin le rôle fondamental des phénomènes de migration dans les changements de faunes.
- Bulletin scientifique et littéraire de la Société les Chercheurs de la Wallonie, juillet 1907. Seraing. Pierre Martino.
- Ce numéro spécial contient de remarquables notes de spéléologie signées M. Collette, A. Vandebosch, H. Blanchard, E. Doudou.
- Manuel de navigation pratique, par MM. Blin et Gras, ioi fig. dans le texte. 1 vol. in-18. Chez Vigot, frères, 23, place de l’Ecole-de-Médecine, Prix : 5 francs.
- Cet utile petit livre contient des éléments de cosmographie, des notions relatives à la mesure du temps, l’étude des cartes marines, des compas de route ; il expose les divers procédés de navigation.
- De l’homme à la science (Philosophie du xxe siècle), par Félix Le Dantec, chargé de cours à la Sorbonne. Bi-
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- BIBLIOGRAPHIE
- bliothèque de philosophie scientifique. Un volume in-18. Ernest Flammarion, édit. Prix : 3fr,5o.
- Sous ce titre l’auteur compare les données de la langue courante et celles de la langue mathématique. Le chapitre sur l’équilibre et les résonances est plein de vues nouvelles, qui donnent une idée majestueuse de l’ensemble des faits connus, tant dans le monde inorganique que dans le monde vivant. C’est une philosophie basée sur la mesure universelle.
- Les villes d’art célèbres : Grenoble et Vienne, par Marcel Reymond. Gênes, par Jean de Foville. Paris. Laurens, 1907. 2 vol. in-4°, illustrés; le volume, 4 francs (relié, 5 francs).
- Ces nouveaux volumes de la série des villes d’art célèbres seront les bienvenus des curieux et des archéologues. Grenoble et Vienne, ces chefs-d’œuvre du Dauphiné, sont d’admirables villes où toutes les
- époques de l’art français sont exquisement représentées. Gênes, avec son histoire plus tumultueuse, romanesque et terrible parfois, est, par contre, l’une des plus complexes parmi ces villes où il semble que par moments soit venue battre toute la vie de la Méditerranée et l’on sait combien de trésors témoignent aujourd’hui encore de sa gloire déclinante.
- Les automobiles et leurs moteurs, par le lieutenant de Chabot, 171 fig. dans le texte. Chez Bernard, 1, rue de Médicis, Paris. Prix 7fr,5o.
- Description des divers organes et notions sur la conduite des automobiles.
- Les nouvelles machines thermiques, moteurs rotatifs et turbines à vapeur et à gaz. Turbines à gaz facilement liquéfiables, par A. Berthier, ingénieur. In-8° avec i5a figures. Chez Desforges, 29, quai des Grands-Augustins, Paris. Prix : xo francs.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5o“,3o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 nov. 1907 . . 7°,8 E. S. E. 0. Couvert. » Rosée ; très nuag. le m. ; nuag. le s. ; halo à 12 h. ; brouillard le s.
- Mardi 5 7°,2 Calme. Couvert. » Rosée; brouillard; couvert.
- Mercredi 6 6\2 E. N. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert ; bruine le soir.
- Jeudi 7 o°.o E. N. E. 2. Brouillard. 0,0 Rosée ; brouillard ; Éclaircies ; bruine à 6-7 b.
- Vendredi 8 9’, 9 S. S. E. 2. Couvert. » Rosée ; peu nuageux ; halo à 13 b.
- -Samedi 9 5°,2 S. S. E. 1. Beau. » Gelée blanche; nuageux; brouillard; halo le matin.
- Dimanche 10 5°,9 S. E. 0. Brouillard. 0,0 Couvert; brouillard épais : bruine dans la soirée.
- NOVEMBRE 1907. — SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 NOVEMBRE 1907.
- La courbe supérieure indique la nébulosiié de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 4 au 10 novembre. — Le 4* Relèvement barométrique sur l’O. de l’Europe, sauf la Méditerranée occidentale : Cagliari, 746; Carlstadt, 774. Pluies sur le S. et l’E. du continent; en France : Cap Béarn, 65; Cette, 61; Perpignan, 28; Toulouse, 21, Marseille, 3. Température du matin : Arkangel, — 140 ; Paris, 8 ; Alger, 16; Puy de Dôme, 6; Pic du Midi, —5; moyenne à Paris : 8°,2 (normale : 70). — Le 5. Pression supérieure à 762 sur toute la France. Pluies sur le S. et l’E. de l’Europe. Temp. du matin : Kharkof, —ii°; Paris, 7; Alger, 16; Puy de Dôme, 6; Pic du Midi, —3; moyenne à Paris : 8°,2 (normale : 6°,8). Le 6. Irlande, 771 ; Baltique, 771 ; faible dépression sur l’Espagne. Pluies faibles. Temp. du matin : Kharkof, — 170; Paris, 6; Alger, 16; Puy de Dôme, 6; Pic du Midi, —4; moyenne à Paris : 6°,3 (normale : 6°,7). — Le 7. Her-manstadt, 774; dépressions persistantes sur le S. de l’Europe. Pluies dans le S. de la France, avec violents orages : Perpignan,. ii3; Cap Béarn, 64. Temp. du
- matin : Kief, — i5°; Paris, 6; Alger, 16 ; Pic du Midi,
- — 4; moyenne à Paris : 7°,5 (noiunale : 6°,6). — Le 8. Dépression sur l’O. de la France : 753 à l’entrée de la Manche; Odessa, 773. Pluies en France : Toulon, 25; Perpignan, 19; Nice, 15 ; Nantes, 6; Brest, 3. Temp. du matin : Nicolaïef, —90; Paris 10; Alger, 18; Puy de Dôme, 4j Pic du Midi, —6°. — Zeg. Continuation de la baisse sur l’O. de l’Europe, pression inférieure à 760 sur la France et les Iles-Britanniques (Shields, 754)-Pluies torrentielles dans le S. de la France ; inondations ; Marseille, 149 mm. Temp. du matin : Hermanstadt,
- — xi ; Paris, 7; Alger, 19 ; Puy de Dôme, 6. —Le 10. Relèvement dans l’O., Mande, 785; dépression sur la Norvège, 754. Pluies dans le N. du continent; en France : Nice, 22; Cette, 14 ; Toulon, 8. Temp. du matin : Arkangel, —io°; Paris, 6; Alger, 19; Puy de Dôme, 6 ; Pic du Midi, —1; moyènne à Paris : 70,6 (normale ; 6°,i). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune, le 5, à 10 h. 48 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1800 (23 NOVEMBRE 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Avis de l’Administration. — L’échéance du 3o novembre étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 3o novembre (n° 1801), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvi'ement, n’auront pas, avant le ier décembx*e, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant sou abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 —-i883 à 1892— 1892 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs.
- Modifications chimiques du plâtre. — On sait qu’en principe, la fabrication du plâtre consiste dans la calcination du gypse ou sulfate de chaux hydraté naturel S04Ca, 2H20 qui perd ainsi son eau d’hydratation. Pendant l’emploi du plâtre, son gâchage avec l’eau amène sa réhydratation et, par suite, sa prise en masse par cristallisation de l’hydrate ainsi reformé. Un chimiste anglais, Davis, vient d’étudier en détail ces divers phénomènes qui étaient encore incomplètement connus ; il a constaté que, pendant la déshydratation du gypse, le premier changement consiste dans la formation d’une nouvelle forme orthorhombique du dihydrate SO4 Ca, uH20, qui, par pei'te d’eau subséquente, passe à l’état d’hémihydrate S04Ca, 1/2 lî20, constituant essentiel du plâtre ordinaire. Dans l’emploi du plâtre, le gypse n’est pas immédiatement i*égénéré ; il se produit d’abord la seconde forme du dihydrate signalée ci-dessus qui passe ensuite à l’état de gypse. On voit que le problème est plus compliqué qu’on ne le supposait jusqu’ici.
- Le nouvel éclairage de la place de l’Hôtel-de-Ville. -— On vient d’installer place de l’Hôtel-de-Ville un nouveau mode d’éclairage fort original et très brillant. Il consiste en becs à incandescence alimentés par un mélange de gaz d’éclairage et d’oxygène ; on peut ainsi réaliser une combustion complète du gaz, sans employer inutilement une certaine fraction de la chaleur de combustion à chauffer des gaz inertes, comme l’azote de l’air. Ce bec a été imaginé par M. Meker et pex’met, dit-on, de x'éaliser une intensité lumineuse d’une cai'cel avec une dépense de 3 litres de gaz et 2 litres d’oxygène.
- Les arbres et la foudre. — Quelles chances tel ou
- < ^.1 P fl^cf /•»/* rrn’n /'Kai'pKa jjj.
- établir un savant anglais dans un livre sur la protection des forêts. Selon lui, toutes les espèces d’arbi'es peuvent être frappées par la foudi’e, mais ce sont les ai’bres les plus profondément enracinés, comme les chênes, qui sont le plus exposés, sans doute parce que les racines forment un meilleur conducteur jusqu’au sous-sol humide. Déjà d’ailleurs des savants allemands ont tenté de noter par des coefficients le risque que présente telle ou telle espèce par rapport à la foudre : le Dr Hess attribuait 1 au hêtre, 6 au sapin, 37 au pin écossais, 60 au chêne; il est vrai que Hellmann, en donnant toujours 1 au hêtre, attribuait i5 aux conifères, 54 au chêne et 4o aux autres essences à large feuille.
- Record de l’hydroplane. — M. Le Las vient d’établir le record de la vitesse en hydroplane ; il a l'éalisé une vitesse de 62 km à l’heure, établie à la montée et à la descente par un parcours de 2 km total en U 56", au moyen de l’hydroplane Ricochet munie d’un moteur léger Antoinette de 5o HP.
- La fabrication des nitrates par l’action catalytique. — Il paraît qu’on applique couramment et avec un plein succès commercial le px’océdé inventé par le prol'esseur Ostwald, pour la fabrication des îxiti’ates par 1 action catalytique du platine, et au moyen des liqueurs ammoniacales des usines à gaz. Cette méthode permet, avec une liqueur très faible contenant de l’ammoniaque, d’obtenir une solution saturée de nitrate : tout l’azote présent se convertit en acide nitrique. Natui'ellement, on peut appliquer cette méthode aux sous-px'oduits des hauts fourneaux ou des fours à coke.
- Production de l’or et de l’argent aux États-Unis en 1906. — On possède maintenant les chiffres précis de la pi'oduction des métaux pi'écieux aux États-Unis en 1906 et leur répartition. Au total, il y a eu 487 millions d’or (94373800 dollars) contre 453,8 en xgo5 et 1’jS’j 600 kg d’argent (565i7 0oo onces de 3r,i gr.) contre 56 101 000 onces en 1905. La production de l’argent est donc restée à peu près stationnaire, tandis que celle de l’or a poursuivi son ascension rapide. Voici la répartition, en dollars de 5,16 fr., pour l’or par ordre d’importance : Colorado, 22 934000; Alaska, 21 365 000; Californie, 18 832 000; Nevada, 9278000; South-Da-kota, 6604000; Utah, 5 i3o 000 ; Montana, 4522000, etc. Ces quelques chiffres mettent en évidence, comparés à ceux de 1905 : une augmentation pour l’Alaska, le Nevada et l’Arizona ; une diminution pour le Colorado, le Montana, la Califoxmie, le South-Dakota. Voilà une dizaine d’années que le Colorado a pris la tête de la
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- INFORMATIONS
- district de Cripple-Creek ; la baisse de celui-ci, qui avait commencé eu igo3 et s’était interrompue en igo5, a repris en 1906. En revanche, l’Alaska a gagné une trentaine de millions de francs sur igo5 et dépassé ainsi la Californie qui a de la peiue à rester stationnaire. Pour l’argent, les trois grands Etats producteurs sont le Montana (iu,5 millions d’onces); le Colorado (12,44); l’Utah (ii,5o). Après quoi, viennent l’Idaho (8,83) et le Nevada (5,20). Le Montana a éprouvé une baisse assez sensible de près d’un million d’onces.
- Le prix de l’argent. — Le prix de l'argent, après avoir interrompu un moment la baisse continue qui l’avait affecté pendant 37 ans, a recommencé à descendre en 1907. Son cours, coté en pence par once (à multiplier par 3,56 pour convertir en francs par kilogramme), était, de x8j3 à 1903, descendu de 59 à 21. En 1904, on a coté : au plus haut, 289/16 et, au plus bas, 24 7/16; en 1905, au plus haut, 3o5/i6 et, au plus bas, 2 5 5/16 ; en 1906, au plus haut, 33 2/16 et, au plus bas, 29. On avait donc retrouvé le cours de 33 pence, soit 117,60 fr. le kilogramme. En 1907, on est retombé à 27 pence, soit 96,i®fr. le kilogramme. L’un des facteurs importants de la reprise avait été une série de bonnes années pour l’Inde, qui est de beaucoup le plus grand consommateur d argent dans le monde, et qui, par exemple en 1904, en a acheté pour 270 millions de francs, tandis que les autres grands consommateurs prenaient seulement : Japon, 70; Détroits : 54,65. En 1907, la mauvaise récolte de l’Inde fait, au contraire, craindre une famine et a restreint la demande du gouvernement indien. Il est très probable que la chasse à l’or, qui s’accentue en ce moment par suite du krach américain, entraînera une baisse nouvelle de l’argent.
- Un port à Bahia. — Jusqu’à présent, la navigation ne trouvait guère de port en ce point : toutes les opérations se faisaient par allèges et transbordement. On va y construire deux brise-lames, de 900 et 3a5 m., et des quais longs respectivement de i.34o et 670 m., avec une profondeur d’eau de 9,60 et de 6,60 m. au pied de ces quais. Ce travail est entrepris par une Société française sous la direction d’ingénieurs français.
- Les chemins de fer algériens. - Le réseau des voies ferrées algériennes ne comporte que 2870 km., soit 0,66 km. par 1000 habitants; il est resté stationnaire depuis 1892. Il va prendre une nouvelle extension; les délégations financières algériennes ont arrêté un programme qui comprend g3i km. de lignes nouvelles et 100 millions de dépenses; les lignes projetées sont celles de Relizane à Prévost-Paradol (85 km.), Sidi-bel-Abbès à Tizi (82 km.), Mascara à Uzès-le-Duc (55 km.), Tlemcen à Beni-Saf (67 km.), Berrouaghi à Djelfa
- (200 km., amorce de la ligne Alger-Laghoùat), Constan-tine à Djidjelli (200 km.), Aïn-Bessa à Tébessa (i38 km.).
- Locomotives fumivores. — Depuis les débuts des chemins de fer, il est prévu et spécifié, notamment en France, que les machines doivent être fumivores ; mais jamais la chose n’est observée. Aussi est-il intéressant de signaler un appareil fumivore pour machines locomotives, qui vient d’être essayé sur le réseau américain New-York New Haven. Cet appareil esf dû à M. Charles Schneider, commissaire des chemins de fer eu Autriche, et il empêcherait l’émission par le tuyau de la moindre fumée visible et des moindres escarbilles. Escarbilles et fumées sont attirées de la boîte à fumée dans un compartiment où ils sont brûlés : d’où, finalement, économie de combustible.
- La protection de l’éléphant en Afrique. — Un voyageur naturaliste, M. G. Yasse, donnait dernièrement au Muséum d’intéressants renseignements sur le sort actuel des éléphants africains. Selon lui, le malheureux pachyderme est poursuivi par une véritable armée qui le traque sans relâche; plus de 5oooo noirs, sans parler de nombreux chasseurs européens, sont équipés pour lui donner la chasse, et l’on peut estimer au bas mot qu’il succombe 25 à 3oooo éléphants chaque année. D’autre part, la femelle de l’éléphant ne commence à reproduire que vers l’âge de 16 ans et ne reproduit que tous les deux ans et demi au minimum. Aussi l’éléphant est-il en extinction rapide. M. Yasse montre qu’on pourrait cependant enrayer cette tuerie, aussi barbare qu’imprudente
- un vxm’ivf A rv xniû nnnnAmmilO rl\^ïl I rl il ffllirlFfllf
- généraliser en Afrique, et particulièrement dans nos-colonies, la législation allemande ou anglaise qui exige le paiement d’une licence élevée pour obtenir le droit d’abattre seulement deux mâles, le paiement d’une nouvelle licence onéreuse pour toute bête en surplus, et qui condamne à une amende considérable le chasseur qui a tué une femelle. M. Vasse propose en outre qu’on édicte interdiction de vendre toute défense inférieure en poids à 7 kg, ce qui protégerait les jeunes et les femelles. Enfin, et ce serait le remède le plus ellicace, il faudrait qu’une organisation internationale fût formée pour cette œuvre de protection et qu’elle puisse périodiquement interdire la chasse pour plusieurs années.
- Briquettes de charbon pour la flotte de guerre japonaise. — Le Japon produit du charbon en abondance, mais d’une qualité insuffisante pour les besoins de la marine en temps de guerre. La Revue maritime signale que, pour s’affranchir de la nécessité d’acheter du charbon anglais, la marine japonaise a établi à Tokoyama, entre Hure et Moji, une grande fabrique de briquettes qui donnent, au dire des officiers japonais, des résultats comparables au meilleur charbon de Cardiff. Ces briquettes sont le produit d’un mélange des meilleurs charbons japonais, qui sont accaparés par la marine, et proviennent particulièrement d’une mine voisine de Tokoyama acquise par l’Etat.
- La coalite. — On désigne sous ce nom un nouveau combustible artiliciel qui serait obtenu par la distillation de la houille à basse température. Le produit contient encore 12 pour 100 de matières volatiles; il s’allume donc facilement ; il brûlerait sans douner de fumée. La distillation se fait à 5oo degrés dans des cornues verticales en fonte. Le gaz, résultant de la distillation, étant obtenu à plus basse température que le gaz d’éclairage ordinaire, a un pouvoir éclairant bien supérieur. Il est évident que, par contre, le rendement en gaz est bien inférieur.
- Le sucre en Europe. — L’association internationale de statistique sucrière vient de publier les prévisions sur la production probable du sucre en Europe pour la campagne qui commence. Les chiffres essentiels sont les totaux : fabriques actives, 1273; production en betteraves, 40080100 tonnes; production en sucre brut, 6180780. Cela représente une diminution de 370000 tonnes sur la production de sucre brut pour la campagne 1906-1907.
- Fabriques de sucre à For 1110se. — L’industrie du sucre de canne a été introduite à Formose, il y a bien des années, par les Chinois; elle jsrospéra surtout dans la partie méridionale de l’île. Mais le pays ne compte que de petites usines, employant des procédés de fabrication arriérés. Les Japonais ont décidé de donner à l’industrie du sucre une prompte extension; ils ont formé à cet effet un plan grandiose ; on organisera de grandes usines, susceptibles de travailler 800 à 1000 tonnes de canne par jour ; dans les régions de canne à sucre, de grandes surfaces seront réservées à cette culture et des concessions accordées à des capitalistes japonais, pour leur faciliter la construction d’usines vraiment modernes.
- Les progrès de l’industrie aurifère au Transvaal.
- — Ces progrès s’accusent par quelques chiffres caractéristiques. Le nombre des tonnes de minerai broyées est monté de 8022000 tonnes en 1904, an 160000 en 1906, 13571000 en 1906 et va atteindre, en 1907 : i55ooooo. L’or produit valait, en 1904 : 386 millions; en 1905 : 499 millions ; en 1906, 586 millions ; en 1907, on atteindra 664 millions. Enfin les dividendes distribués ont été de 98 millions en 1904, 121 en 1905, 147 en 1906 et seront, en 1907, d’après les bénéfices réalisés, de 200 millions. En octobre 1907, la main-d’œuvre s’est composée de 99610 noirs et 42 338 Chinois contre 76035 noirs et 53 133 Chinois dans le même mois de 1906, c’est-à-dire qu’au total, malgré le départ de 11 000 Chinois, le nombre des mineurs du Witwatersrand a passé de 129 168 à 141 948, en une année.
- Un nouveau chemin de fer au Chili. — Toutes autorisations sont aujourd’hui données et les projets dûment approuvés, pour la construction d’une nouvelle vnip ferrée de Osorno à Puerto Monte.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *•> Mécanique <a
- Petite grue d’atelier. — Dans un atelier de mécanique, il arrive souvent que l’on doit placer sur le plateau du tour, de la fraiseuse, de la raboteuse ou de la perceuse, des pièces d’un poids relativement important. Il faut alors avoir immédiatement disponibles deux ou trois hommes de peine qui, fort maladroitement d’ailleurs, soulèvent la pièce tant bien que mal, encore est-il très heureux qu'il n’arrive pas d’accident.
- Bien entendu, l’ouvrier éprouve alors beaucoup de difficultés pour placer la pièce avec toute la précision parfois exigée, et ce n’est qu’après des tâtonnements très longs qu’il arrive à pouvoir commencer le travail. Une solution que l’on peut proposer comme remède à cet inconvénient est celle qui consiste à placer chaque machine sur le trajet d’un pont roulant et c’est d’ailleurs -ce qui existe dans tous les ateliers de très grosse mécanique pour usiner des locomotives, des turbiues, des machines à vapeur, etc.
- Mais dans les ateliers de petite mécanique, ce procédé n’est pas applicable, car la place nécessaire à chaque
- machine y est souvent parcimonieusement mesurée ; souvent aussi la construction du toit ou l’enchevêtrement des transmissions ne permet pas d’établir un palan ou un petit pont roulant spécial à chaque machine. Ces appareils doivent d’ailleurs être installés chaque fois qu’on en a besoin et l’opération est aussi longue et aussi difficul-tueuse que de soulever simplement la pièce à placer. De plus, on doit véhiculer et manutentionner la pièce de fonte, du traçage à l’atelier des machines. La meilleure solution, croyons-nous, est d’employer
- Petite grue d’atelier.
- un appareil de levage facilement déplaçable. Le constructeur se trouvera très bien de l’usage d’une petite grue roulante et dirigeable d’un maniement facile. Cette grue que représente la figure est tout en fer forgé et a une forme en col de cygne. Un treuil à vis sans fin est placé derrière les montants et permet d’utiliser complètement la portée. La charge est tenue librement suspendue à la hauteur désirée et peut être amenée à la place indiquée par l’ouvrier sur sa machine.
- On pourra ainsi transporter commodément la pièce depuis le magasin de fonte ou la fonderie jusqu’à l’atelier de traçage, puis de là jusqu’à l’atelier des machines ou simplement d’ajustage : la grue roulante remplira tout à la fois le rôle de plusieurs palans placés aux meilleurs •endroits d’utilisation et celui de chariots transporteurs qui relieraient ces palans entre eux. Pour la fixer soli-clement en place, il suffit de relever le timon, ce qui assure un blocage et n’empêche nullement de manœuvrer lia manivelle.
- Le chariot a une forme très basse, de sorte qu’on peut l’avancer sur n’importe quelle machine, comme dans le cas oit un manœuvre aurait à amener un arbre brut sur un tour d’après les indications du tourneur. Ce nouveau procédé de construction s’est très rapidement imposé surtout dans les ateliers d’automobiles.
- JoUCtS
- Diablo-pneu. — Tout le monde aujourd’hui connaît le diabolo, même pour l’avoir expérimenté. On a tout de suite vu le point faible qu’il présente. Plus d’un joueur inexpérimenté a certainement voulu le lancer trop haut et l’a reçu sur la figure au lieu de l’équilibrer sur la corde. Un fabricant ingénieux a trouvé le moyen de remédier à ce danger. Il a construit un modèle qu’il a appelé diablo-pneu et qui consiste en deux parties en
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- fer, rappelant la forme du coquetier, réunies comme le montre la figure ci-jointe; dans chacune des cavités se trouve une balle en caoutchouc qui est retenue par un
- Diablo pneu
- cordonnet solide formant filet. — Ce nouveau diablo se trouve au prix de a fr. 75 chez M. P. Renaut, 4L boulevard de Strasbourg, Paris (Xe).
- *t> Divers
- Un nouveau constateur colombophile. — Une des
- grandes difficultés qu’ont à surmonter les colombophiles amateurs de concours de vitesse est de faire constater d’une manière précise la rentrée au colombier de chaque pigeon engagé. Naguère, dès que l’oiseau s’était engagé dans l’ouverture-trappe d’entrée, son propriétaire s’en emparait et le confiait à des coureurs à pied chargés de le porter à toutes jambes jusqu’à la salle où le jury constatait l’heure de leur arrivée devant lui ; puis il leur déduisait de leur heure d’arrivée le temps mis à effectuer ce parcours à pied, à raison de 3,
- 4 et même 5 minutes par kilomètre selon les conventions.
- Pour remplacer ce système, évidemment fort imprécis, on inventa des constateurs automatiques, composés essentiellement d’un système d’horlogerie qui se met en marche ou s’arrête au moment exact où l’on, introduit, dans une ouverture ménagée à cet effet, la bague de sûreté Rosoor, en caoutchouc, que porte à la patte tout pigeon engagé dans un concours et qui prouve la rentrée au colombier.
- L’appareil se referme de lui-même dès que la bague lui est confiée et on ne peut l’ouvrir qu’en brisant les plombs de sûreté. A loisir, l’on porte l’appareil au jury, qui relève sans difficulté l’heure exacte de la constatation, c’est-à-dire de la rentrée.
- Tout serait pour le mieux si quelques colombophiles peu scrupuleux, désireux de s’approprier injustement des prix souvent de grande valeur, n’avaient pas trouvé le moyen de frauder les constateurs en faisant avancer ou retarder, selon le système de l’appareil, la montre qui en est la partie essentielle. Etait-ce un constateur s’arrêtant à la constatation? Pour frauder, il faut que la montre retarde ; pour la faire retarder, il suffit de fixer le cons-tateur à une corde, qu’on fait tourner rapidement à la façon d’une fronde ; la force centrifuge agit puissamment sur son mécanisme, la montre s’insensibilise, s’arrête et reprend sa marche dès que cesse le mouvement de rotation; le retard est acquis très facilement.
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- Constateur colombophile
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Mais est-ce un constateur se mettant en marche à la constatation ? pour frauder, il faut faire avancer la montre, et pour la faire avancer, il suffit d’imprimer à 1 appareil des mouvements rythmiques d’oscillation dans le sens du mouvement du balancier; l’on arrive par ce moyen à produire une avance de 3o secondes par minute, soit 5o pour ioo; si bien que lorsque le jury croit se trouver en face d’un constateur qui marche depuis ihi8m4s, il se peut que l’appareil fraudé ne marche que depuis 3c)ma\
- La fraude était si facile et si commode à cacher que l’on inventa les dolomètres, appareils délicats, ne marchant pas toujours, destinés à garder la trace de toute manœuvre déloyale ; mais l’ingéniosité des fraudeurs dépassa vite celle des inventeurs et l’on frauda les dolomètres.
- Les inventeurs ont repris leur revanche avec le constateur « Estafette » de M. H. Clologe. L’appareil, dont nous représentons, page précédente, le modèle, se compose d’une boîte en métal, avec couvercle scellé par des plombs ; la gravure représente l’Estafette ouverte, le couvercle enlevé. A l’intérieur, on trouve trois compartiments; dans le premier est une montre pivotante et oscillante autour d’un axe central; dans le second est un ressort destiné à tenir fermée l’ouverture C et un levier A; dans le dernier D, on introduit la bague en caoutchouc par l’ouverture G. Dès que la bague est introduite, on lève le bouton B ; l’ouverture C est obturée ; le levier A revient en arrière, la montre oscille et se met en mouvement, car seul le levier A la maintenait arrêtée ; il est impossible de rouvrir la cavité e, sans briser le ressort que montre la gravure ; d’autre part, il est impossible de faire avancer l’appareil, caries oscillations que I on peut communiquer à la montre n’ont pour effet qu’un mouvement de rotation donné à celle-ci, car elle est elle-même oscillante.
- Donc rien de plus simple que cet appareil ; peu volumineux, très léger, montre de précision à balancier en métal Invar (dilatation infime), il s’arme et se met au point en quelques secondes, car il suffit de pousser le levier A, d’amener le bouton B au point où il est placé sur la gravure ; aussitôt le levier A se fixe ; on fait tourner la montre mise à zéro comme une montre ordinaire, jusqu’à ce qu’on sente un déclic; la montre s’immobilise; on ferme l’appareil avec des plombs ou des cachets; il est prêt à fonctionner.
- Cet appareil est si simple qu’un profane pourra s’étonner des éloges que nous lui, donnons; mais quelqu’un qui a connu les anciens conslateurs, fraudables, énormes, fragiles et coûteux (jusqu’à 200 fr. tandis que 1 Estafette coûte 10 fois moins), saisira tous les avantages de l’appareil présenté par la Société Clologe et Cio.... Comme pour l’œuf de Christophe Colomb, c’est très simple, mais il fallait y penser!
- Porte-clefs. —Il importe«de conserver ses clefs proprement dans sa poche ; il faut éviter de les perdre, de les
- salir, de les mouiller. Et c’est ce qui leur èst fatalement réservé, si nous gardons nos clefs directement dans nos poches. Pour remédier à cet inconvénient, on a imaginé un élégant petit étui en peau fine muni d’un fermoir et destiné à recevoir les clefs. Elles seront fixées sur une
- chaînette à l’intérieur maintenue à l aide de deux mousquetons. Les clefs resteront brillantes, les poches des vêtements seront également conservées. — Le porte-clefs se trouve, au piûx de 1 fr. 45, chez M. P. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Un nouveau crayon. — Le nouveau crayon que nous présentons à nos lecteurs est en mine bleue d’une préparation spéciale ; il permet d’écrire sur le verre, la
- porcelaine, les métaux. On peut, comme le montre une de nos figures, écrire sur un verre le nom d’un convive, y dessiner une fleur; il sera facile d’indiquer le contenu des bouteilles, mentionner le cru de certains vins. Ce même crayon pourra être très utile au médecin, qui indiquera nettement aux infirmiers et gardes-malades la partie exacte du corps où doit se placer un vésicatoire, un sinapisme, une compresse ou une friction. — Le
- Fig. 1 — Marque sur la peau.
- nouveau crayon se trouve au prix de o fr. 35 chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris; la douzaine coûte 3 fr. franco, on n’expédie pas moins de 3 pièces.
- Coupe-cor de sûreté. — Ce titre sans doute fera sourire; car il évoque des scènes dépourvues d’esthétique. Mais si minuscule et si ridicule que soit cette infirmité, le cor n en est pas moins fort douloureux. Ceux qui en sont affligés prennent, en général, le parti de recourir aux bons offices d un spécialiste qui les en débarrasse temporairement. Les gens adroits sont à eux-mêmes leur propre chirurgien; c’est beaucoup plus rapide et Coupe-cor de sûreté,
- aussi plus économique.
- Le petit objet représenté ci-dessus est destiné aux timides, qui, craignant de se blesser, n’osent opérer eux-mêmes. C’est une lame bien affilée, munie d’un petit dispositif de sûreté qui consiste, tout simplement, en une deuxième lame évidée, non coupante, qui peut se rappliquer contre la première qu’elle dépasse légèrement (2 mm environ), et qui ainsi empêche la lame coupante de pénétrer de plus de 1 mm. Impossible donc de se blesser. L’appareil est en vente chez Chevallier, 21, rue des Pyramides, Paris.
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- VAR] ETES
- Collections d’insectes. — Nous trouvons, dans un récent fascicule du Bulletin du Muséum d’histoire naturelle, de très précises instructions pour la récolte, la conservation et l’envoi des animaux articulés (insectes, mille-pattes, arachnides, crustacés). Nous sommes persuadés que nos lecteurs qui font des collections liront avec plaisir ces renseignements que nous croyons devoir reproduire à peu près in extenso.
- Instruments de récolte. — Autant que possible, éviter de faire la capture avec les doigts. Avoir recours aux instruments suivants : i° pinces bruxelles douces; u" filet à papillons ; 3° filet troubleau pour pêcher dans les cours d’eau et les mares; 4° parapluie au-dessus duquel on bat les branches des arbres et des arbustes, les fagots, les rameaux, les branches desséchées, etc. ; 5° écorçoir pour fouiller les troncs d’arbre morts, en soulever les écorces ou chercher dans le sol.
- Comment on tue les animaux récoltés. — Introduire les animaux récoltés dans un flacon à cyanure de potassium, au fond duquel on a mis des fragments de papier froissé ou de la grosse sciure sèche et sans poussière pour éviter que les insectes ne se détériorent et ne se salissent mutuellement. Une fois morts, les animaux doivent être retirés du flacon, sauf toutefois quand ils sont peu fragiles, auquel cas on peut les laisser dans le récipient une journée. — Tous les animaux articulés, à l’exception des Papillons et des Névroptères, peuvent être mis directement dans la liqueur conservatrice (alcool ou eau formolée) ; mais, par ce procédé brutal, on ne tue pas très vite les,insectes à téguments épais.
- Conservation. — i° Conservation en milieu humide. — Conserver en milieu humide les larves, insectes mous, mille-pattes, arachnides et crustacés. Le meilleur des conservateurs est l’alcool à 70 degrés ; mais on peut employer à la rigueur les eaux-de-vie, tafias et alcools à brûler, voire la solution de formol à 5 pour 100, qui est de beaucoup le meilleur milieu pour les Orthoptères. Remplir une moitié du récipient avec les animaux; mettre au-dessus des tampons de papier ou de toile pour éviter le ballottement, puis ajouter le liquide conservateur. Laisser dégorger un jour dans ce liquide, remplacer ensuite par du liquide frais, puis boucher très soigneusement. On peut très avantageusement tuer et
- conserver de la sorte, sans aucun triage préalable, les petits animaux qui pullulent dans les débris rejetés en bordure des inondations, ou dans ceux qui s’entassent au fond du parapluie de chasse.
- 1° Conservation à sec. — Les Papillons et les Névroptères (libellules, Agrions, etc.) doivent toujours être conservés à sec; employer la même méthode avec les insectes à téguments durs, encore que ces derniers puissent, à la rigueur, être conservés en milieu liquide. Les papillons et les névroptères se mettent isolément dans des papilloltes, faites avec un papier rectangulaire qu’on replie sur lui-même suivant une diagonale et qu’on rabat sur les deux autres bords, le tout formant un petit sachet en forme de triangle. Pour les autres insectes, employer l’un ou l’autre des procédés suivants :
- A. Isoler les insectes dans de petits cornets, dans des tubes ou des fragments de bambous, avec tampons d’ouate successifs, ces cornets ou ces tubes étant réunis ensuite dans un récipient non métallique (boîtes d’allumettes, de cigares, etc.). Ce procédé convient particulièrement aux mouches, moucherons et autres insectes délicats.
- B. Disposer les insectes dans des boîtes semblables aux précédentes, au sein d’une sciure de bois bien sèche et privée de poussière; frapper de petits coups sur les parois de la boîte afin de produire un tassement qui s’oppose à la formation de vides au cours du voyage. On peut remplacer la sciure par de petits fragments de papier froissés.
- C. Déposer les insectes sur des lames de coton comprimées entre les feuillets d’un livre et découpées à la dimension des boîtes qui serviront de récipient. On met sur le fond de la boîte une lame de coton, sur celle-ci on dépose légèrement les insectes du côté ventral, et sur les insectes on met une feuille de papier. Nouvelle lame de colon, nouvelle couche d’insectes, et ainsi de suite jusqu’à remplissage complet de la boîte.
- Observations générales. — Eviter absolument les récipients métalliques pour les animaux à sec ; le métal conserve l’humidité et favorise le développement des moisissures. Chaque lot doit être accompagné d'une étiquette indiquant le lieu et la date de la capture, avec d’autres renseignements s’il y a lieu.
- HYGIENE ET SANTE
- L’empoisonnement par la naphtaline. — La naphtaline est un hydrocarbure qu’on obtient par des procédés très variés, distillation sèche de substances organiques, passage de vapeurs de bromure de phénylbutylène sur la chaux vive au rouge sombre, passage de vapeurs d’alcool, d’acétylène, etc., sur des tubes portés au rouge.
- La distillation du goudron de houille est un des procédés les plus usités. La naphtaline se vend en petites boules que les ménagères mettent, pendant la saison estivale, dans le linge, les vêtements d’hiver, les rideaux, les tentures, les tapis pour les préserver des mites et des papillons. Son action, d’après les recherches de Berthelot, serait peu efficace ; l’odeur est cependant assez désagréable pour éloigner quelques-uns de ces parasites.
- L'odeur est en effet très pénétrante et je connais plus d’une personne qui ne peuvent absolument pas la tolérer; elles ne sont pas malades, mais cette sensation est pénible et quelques-unes ressentent, si elles restent longtemps dans une pièce imprégnée de ces odeurs, un léger mal de tête. Les émanations de la naphtaline peuvent engendrer des accidents toxiques, ils sont des plus rares, mais c’est une raison d’autant plus péremptoire de les signaler.
- Le Dr Lefèvre, de Caen, vient d’appeler l’attention
- sur des faits d’empoisonnement par des boules de ce produit. Il y a quelques années, le Dr Gejula avait observé un cas de ce genre : un jeune homme de dix-huit ans était pris chaque matin, au réveil, d’un violent mal de tête qui s’accompagnait de vomissements. Après avoir vainement cherché les causes de cette migraine quotidienne, le docteur pénètre un jour dans la chambre du malade et constate une odeur des plus prononcées de naphtaline. En remuant les meubles, on finit par trouver un paquet de naphtaline sous le coussin du canapé qui servait de lit à ce garçon. Le produit fut enlevé, la chambre fortement aérée et les migraines disparurent aussitôt.
- Dans le cas du Dr Lefèvre, les accidents eussent été plus graves si l’on n’avait remédié de suite à l’ablation du corps du délit. Un homme de bonne santé rentre chez lui, après une absence, il perçoit bien une odeur désagréable mais passe outre, se couche et s’endort. Deux heures plus tard, il se réveille avec un sentiment d’oppression, des sueurs froides, des envies de vomir, des vertiges et un engourdissement profond. Il se lève avec peine, gagne la croisée qu’il ouvre toute grande et s’affaisse en proie à un malaise indéfinissable. L’air frais de la nuit le ranime et fait disparaître en partie le malaise. Il se rend compte, par les émanations de naphtaline, que c’est à ce produit que sont dus ces accidents ;
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- HYGIENE ET SANTE
- il cherche et trouve des boules de naphtaline dans tous les coins de la chambre, dans les tiroirs, sous le lit. Les boules sont jetées à la rue et le malade va linir sa nuit ailleurs ; mais pendant deux ou trois jours il éprouve de la courbature, de la céphalalgie, des nausées et des coliques avec diarrhée. L’intoxication avait été dans ce cas profonde.
- Dans une < ommunication récente à l’Académie de médecine, MM. Gaube et Tribot ont montré que la naphtaline se dédouble en naphtol et oxyde de carbone. C’est à ce dernier gaz que sont dus les accidents d’asphyxie lente, de maux de tète, de vomissements, symptômes d’empoisonnement. Conclusion : si vous usez de ce produit pour garantir vos vêtements et vos meubles, ayez soin d’en débarrasser la pièce avant d’en faire une chambre à coucher.
- La leuconychie. — La partie supérieure de l’ongle est bordée, à son attache à la peau du doigt, d’une tache blanche semi-lunaire, plus ou moins grande et plus ou moins visible suivant les sujets, à laquelle les anatomistes ont donné le nom de lunule. Cette tache provient de ce que le derme sous-jacent à l’ongle est en ce point moins fourni de vaisseaux qu’en avant. Chez la femme, la lunule est moins prononcée que chez l’homme ; chez l’enfant elle n’existe souvent pas. Dans la race noire, cette tache est brune ou plus foncée par suite de la présence dans la couche profonde de la peau de granulations pigmentaires.
- Mais, en dehors de cette tache qu’on pourrait qualifier de normale, l’ongle présente souvent de petites taches blanchâtres, très variables de dimensions, s’étageant sur la hauteur du demi-cercle, en points, en traits plus •ou moins épais. C’est à ces taches que le professeur Yergely, de Bordeaux, donne le nom de leuconychie. Dans mon enfance, nos mères et grand’mères nous les signalaient comme des témoignages irréfutables de men-
- songe ; je ne pense pas que nous fussions à cette époque, hélas lointaine, plus habitués à mentir que les personnes âgées, mais il y a un fait certain, c’est que ces taches sont très communes dans l’enfance ; très variables, comme je le disais, de forme et d étendue, elles occupent quelquefois une couche très superficielle, d’autres fois elles s’étendent à toute l'épaisseur de l’ongle. On les fait varier de coloration en pressant le doigt correspondant, c’est-à-dire en augmentant momentanément, par stase veineuse et capillaire, l’afflux du sang dans le derme sous-jacent.
- A quoi se rattachent ces petites taches blanches ? Dans un cas cité par M. Yergely, elles apparurent à la suite d’une injection de pilocarpine qui avait provoqué des symptômes d’intoxication, nausées, vomissements, prostration. Dès le lendemain de cet accident la malade présentait, aux ongles des deux mains, des taches blanches qui occupaient toute l’étendue de l’ongle de la lunule à son extrémité. Elles étaient d’un blanc crayeux, ne faisaient aucune saillie et n’étaient accompagnées d’aucune irrégularité apparente de la texture de la substance cornée. En grattant avec un rasoir, on reconnaissait qu’elles occupaient toute l’épaisseur de l’ongle.
- Les taches qui se montrent chez les jeunes sujets ou les adolescents sont comme les autres lésions des ongles, bourrelets, sillons, tuméfaction, le résultat d’un trouble de la nutrition locale. Parfois elles sont l’indice d’une altération de la nutrition générale ou d’une perturbation du système nerveux. Comme elles sont sans importance, il n’y a pas à s’en inquiéter. Elles serviront toujours aux mamans pour affirmer au bébé qu’il s’est rendu coupable, malgré ses dénégations, de quelque gourmandise. Je me demande si, lorsqu’on laisse l’ongle prendre des dimensions monumentales, comme les ongles de quelques lettrés annamites ou autres Orientaux, on observe des taches similaires sur toute son étendue.
- Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Pour enlever les taches d’encre. — Formule différente sans doute de celles que connaissent nos lecteurs : xo gr. d’acide oxalique (sel d’oseille), 2 gr. de chlorure d’étain, 5 gr. d’acide acétique, le tout dilué dans 5oo gr. d’eau.
- Encre résistant aux agents atmosphériques. —
- Elle pourra servir à écrire des adresses, des prix, sur des étiquettes exposées à la pluie, etc. Avec du noir de fumée broyé dans de l’huile bouillie, on fait une pâte épaisse ; puis on éclaircit au moment de l’emploi avec du vernis de doreur et de la térébenthine.
- Encre pour écrire sur le cuir glacé. — On la prépare fort simplement en broyant, sur une plaque de verre, un peu de blanc de zinc avec de l’eau gommée ; •on écrira à l’aide d’un pinceau fin en poils de chameau.
- Nettoyage des voitures. — Enlever la boue au moyen d’eau distribuée en abondance, avant de frotter (car cela ferait l’effet de papier de verre sur le vernis) ; employer toujours des éponges, et non point la même pour les roues et le dessous de la caisse ou la caisse proprement dite. Ne point laisser l’eau sécher naturellement, ce qui fait presque toujours des taches. Ne point employer d’eau chaude ou de savon pour les surfaces vernies. Les tabliers et capotes peuvent être nettoyés avec une eau savonneuse très faible, sans huilage, s’ils sont de cuir vernis.
- '"f Graisse pour harnais. — On fait fondre, sans laisser bouillir, 3 parties en poids de suif bien pur ; puis on y ajoute 3 parties d’huile de piecf de bœuf, aussi pure que possible également. On retire du feu, et il faut ensuite remuer jusqu’à refroidissement complet; car autrement on risquerait de voir se former des grumeaux ou même des paquets de suif : on colore finalement en additionnant d’une certaine quantité de noir d’ivoire.
- Nettoyage des grandes glaces de vitrines. — On
- se trouve très bien d’employer une pâte assez fluide faite
- de chlorure de calcium dissous dans de la benzine purifiée ; on frotte sur les glaces avec un chiffon de coton jusqu’à ce qu’elles deviennent bien brillantes.
- Peinture brillante. — On se trouve bien d’additionner une peinture ordinaire de i3o gr. environ de vernis copal par kilogramme de peinture, en proportionnant du reste la quantité de vernis au pigment incorporé à la peinture.
- Conservation des vers de pêche. — Le mieux est de se procurer une bonne boîte qu’on remplit aux trois quarts de mousse ; cette mousse doit être maintenue constamment humide, mais non point mouillée, et le couvercle sera percé de trous pour donner de l’air. On nourrit les pensionnaires avec un peu de lait de temps à autre. Bien entendu, la boîte sera tenue au frais, à la cave par exemple.
- Enduit au coaltar pour toitures. — On peut se contenter, pour obtenir un gros papier imperméable et résistant servant aux toitures et aux revêtements analogues exposés aux agents atmosphériques, de passer sur le papier, ou même le carton employé, un enduit fait de 70 parties de goudron d’usines à gaz, de 10 d’huile lourde minérale de graissage, et de 20 de résine d’Amérique. Mais on obtient une résistance supérieure, au moins au point de vue mécanique, en composant une sorte d’enduit épais de 5o p. de goudron de houille, autant de colophane, 5 d’huile de résine et 3o d’ardoise grossière bien sèche et finement pulvérisée.
- Mastic pour luter les tuyaux de verre dans le fer. — On peut tout simplement recourir à un mélange de litharge et de glycérine, dont on fait une pâte consistante ; il devient d’une dureté extraordinaire en séchant. Quand le mastic doit résister à une température élevée, on fait un mélange et une pâte d’une partie d’alumine, 4 de sable, une de chaux éteinte et une demie de borax, dans une quantité suffisante d’eau.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Xavier de Maistre et Variation.
- — M. le iy lid. Wolten, à Boufarick (Algérie), nous signale, dans l’œuvre de X. de Maistre, un passage qui n’est pas d’ailleurs si oublié que notre correspondant veut bien le dire, mais que nos lecteurs liront ayec plaisir, par ces temps d’aviation. Ce passage est extrait de la charmante Expédition nocturne autour de ma chambre. Il y est question « d’une colombe artificielle » que l’auteur s’était proposé de faire voler dans les airs. Il s’exprime ainsi : « J’avais travaillé sans relâche à sa construction pendant plus de trois mois. Le jour de l’essai venu, je la plaçai sur le bord d’une table après avoir soigneusement fermé la porte afin de tenir la découverte secrète et de causer une aimable surprise à mes amis. Un fil tenait le mécanisme immobile. Qui pourrait imaginer les palpitations de mon cœur et les angoisses de mon amour-propre lorsque j’approchai les ciseaux pour couper le lien fatal?... Zest.... Le ressort de la colombe part et se développe avec bruit. Je lève les yeux pour la voir passer, mais après avoir fait quelques tours sur elle-même elle tombe et va se cacher sous la table. »
- Question. — Un lecteur nous demande de lui indiquer sur le sujet : fabrication et emploi des filets de pêché, un autre ouvrage que celui de Yannetelle, qui porte ce litre (Paris. Tignol, 1894).
- Renseignements. — M. W. G., à Pont-à-Mousson.
- — Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner. Nous ne connaissons pas l’adresse du fabricant du réchaud L. G. Yous trouverez peut-être des appareils électriques d’occasion au bazar d’électricité, 34, boulevard Henri-IY, Paris.
- M. J. IL, à Belfort. — i° Entretien d’une baignoire émaillée ; savonner à l’eau chaude. — 20 Entretien de candélabres en métal argenté : les traiter comme l’argenterie ordinaire.
- M. II. de Cazotte, à Paris. — Nous ne possédons pas l’adresse de M. Brennan, mais vous pourriez lui écrire 1 rès facilement par l’intermédiaire de la Royal Society de Londres.
- M. E. Laureau, à Paris. — Yous trouverez, dans le récent et très remarquable ouvrage de Grasset sur
- l’Occultisme, Masson et C10, édit., 120, boulevard Saint-Germain, Paris, toutes les indications scientifiques nécessaires sur les sujets qui vous préoccupent.
- M. L. de C. à Saint-A. — Les formules de pommades et de lotions indiquées sont bonnes, et il n’y a pas lieu d’en changer.
- M. L. Kien, à Vinay. — Vous trouverez les renseignements cherchés dans Knopff’, Les sanatoria, Masson et Cio. Paris. 1 vol. 22 francs.
- M. Giboin, à Chalais. —La plupart des métaux usuels sont sans action sensible sur le flux magnétique. Le fer, par contre, a la propriété de concentrer à travers lui le flux magnétique, et dans des proportions qui dépendent de sa perméabilité magnétique très variable d’un échantillon de fer à l’autre, et, d’une façon générale, moindre pour la fonte que pour le fer et les aciers doux.
- Le moteur à deux temps nous semble théoriquement plus avantageux que le moteur classique à 4 temps. Ce sont les difficultés de construction qui l’ont fait momentanément écarter. M. Legros, à Fécamp, construit un ingénieux moteur à 2 temps où il semble avoir vaincu ces difficultés.
- M. E. Durai, à Triquelot. — Nous ne connaissons pas d’appareil acoustique basé sur le principe du microphone. Cependant, nous croyons savoir que la Société industrielle des téléphones, 25, rue du 4-Septembre, a fait des recherches à ce sujet. Yous pourriez vous adresser à cette maison.
- C. J., à Aix, en Provence. — La résistance des filaments dépend des modèles de lampe. Vous trouverez des détecteurs d’ondes, et des transformateurs, chez M. Rochefort, 125, boulevard de Grenelle, ou chez M. Carpentier, 16, rue Delambre.
- M. 7. O., à Dunkerque. — La Bibliothèque d’histoire et de géographie universelles (2 francs le volume, chez Schleicher frères, Paris), renferme précisément (t. I et t. VIII) deux intéressants petits ouvrages de M. André Lefèvre sur les Gaulois (origines et croyances) et sur les Germains et Slaves. — Pour les questions relatives au Maroc, voyez Victor Bérard, L’affaire marocaine (1906) et La France et Guillaume II( 1907), Eugène Aubin, Le Maroc d’aujourd’hui (chez Armand Colin, Paris).
- M. J. S. V. à Lyon. — La nouvelle édition du guide Joanne, de Provence (Hachette, 1906, 10 francs) vous donnera (p. ii5) tous renseignements sur l’excursion de la Loube, près Brignoles (6 heures aller et retour) ; il la recommande comme pouvant rivaliser, par les accidents de ses calcaires dolomitiques, avec les sites célèbres de Montpellier-le-Vieux (Aveyron) et du Bois de Païolive (Ardèche).
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- BIBLIOGRAPHIE
- Memento du chimiste (ancien Agenda du chimiste), recueil de tables et de documents divers indispensables aux laboratoires officiels et industriels, publié sous la direction de A. Haller, membre de l’Institut, et Ch. Girard, directeur du laboratoire municipal de Paris. In-8 de xx-758 pages, avec nombr. tableaux et fig. Chez Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augus-tins. Paris. Prix : 12 francs.
- Observations simultanées de la surface de Jupiter, réunies par M. Jean Mascart . Paris. Société astronomique de France, 1907, 1 broch. in-8°, 69 p.
- Traité d’hygiène de Chantemesse (Brouardel et Mosny). J.-B. Baillière. Paris, 1907.
- Fascic. XI, Hygiène coloniale, par les Drs Alliot, Clarac... Wurtz, etc. 56o p., 3 pl. col. et 69 fig. Prix : 12 francs.
- Capitale étude sur les climats, les maladies exotiques
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- choléra, dysenterie, etc.), l’hygiène des Européens et celle des indigènes, avec chapitres spéciaux pour chacune des colonies françaises.
- Fasc. XIII, Hygiène rurale, par le D' Imbeaux et E. Ro-lants, 25o p. et 125 fig. Prix : 12 francs.
- Salubrité de l’air et du sol à la campagne. Dessèchement des eaux stagnantes. — Drainages. — Alimentation des villages en eau potable (précautions pour les captages des sources, des puits, des citernes).
- — Machines élévatoires. — Hygiène de l’habitation.
- — Evacuation des eaux résiduaires. — Cimetières, abattoirs, désinfection.
- Fasc. XIY, Approvisionnement communal, par MM. Pur-zeys et Pietre, 464 P- et 134 fig- Prix : io francs.
- Ressources en eau potable ; captages ; serrements ; épuration ; distribution. — Police sanitaire des ani-
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- BIBLIOGRAPHIE
- Récréations mathématiques et problèmes des temps anciens et modernes, par W. RouseBall, fellowand tutor of Trinity college, Cambridge, 2°édit. française, traduite d’après la 4e éd. anglaise et enrichie de nombreuses additions par J. Fitz-Patrick. Première partie : Arithmétique, algèbre et théorie des nombres. Paris. A. Hermann, 1907, 1 vol. 356 p., in-16. Prix : 5 francs.
- Depuis les illustres Problèmes plaisants et délectables de Bachet, sieur de Mériziac ( 1622), récemment réédités (chez Gauthier-Villars) et en passant par les Récréations mathématiques et physiques d’Ozanam {1694), les livres de ce genre ont toujours un grand attrait. Celui-ci doit réjouir les mânes de Pythagore, de Platon et de Leibnitz, triple patronage de M. W. Rouse Bail. Si, en effet, il emprunte beaucoup et avec raison à ses grands devanciers, l’auteur a eu le bon esprit de leur adjoindre tout ce qu’il a pu trouver de plaisant et de délectable dans leurs successeurs.
- M. Fitz-Patrick y a mis aussi du sien et notamment une cinquantaine de pages qui forment une attrayante histoire des nombres. Enün jusqu’à l’éditeur — mathématicien ! — qui a cousu à la fin un chapitre bien original : Comptabilité d'une personne qui dépense plus que son rerenu.
- Construction d’une locomotive moderne, par le Dr Robert Grihshaw, traduit del’allemand par P. Poinsignon. In-8 (23 X 14), 66 pages, 42 figures, 3fr.75. Chez Gauthier-Villars, Paris.
- Etude des différents stades de la construction d’une locomotive moderne dans les célèbres ateliers américains de Baldwin.
- Sobre las principales materias explosivas militares et industriales, par R. Barrera. Teniente i" de Artilleria del Ejercito Argentine), Paris. Roger Y. F. Chernoviz, 99, boulevard Raspail.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN thermomètre VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 nov. 1907 . 8°.2 E. 1. Couvert. » Couvert le malin ; beau le soir.
- Mardi 12 6°,6 N. N. E. 3. l'luie. 3,0 Couvert; pluie de 3 h. 50 à 6 h. et de 6 h. 50 A 8 h.
- Mercredi 13 7°, 7 S. W. 3. Couvert. 0,2 Gelée blanche; bruine ou pluie de 8 b. 50 à 10 b. 50; très nuageux.
- Jeudi li 3°,2 S. W. 2. Peu nuageux. 0.2 Gel. bl.; bruine de 17 à 19 b. ; nuageux jusqu’à 9 b.; couv. ensuite.
- Vendredi 15 8°,9 S. S. W. 2. Couvert. 0,2 Pluie de 9 b. 50 A 10 b.; couvert jusqu’à 18 b ; nuageux ensuite.
- Samedi 16 6°.0 W. N. W. 1. Couvert. )> Gel. bl.; petit brouillard de 7 à 9 b. et dans la soirée; nuageux.
- Dimanche 17 — 0°,9 S. 1. Peu nuageux. » Gelée blanche; brouillard jusqu'à 9 h.; quelques nuages.
- NOVEMBRE 1907. — SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 NOVEMBRE 1907.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
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- Du 11 au 17. — Le 11. Basses pressions sur le N.-O. de l’Europe : Ecosse, 749; faible dépression sur la péninsule Ibérique et le Sud-O. français : Toulouse, 768. Pluies sur le N.-O. de l’Europe. Température du matin : Arkangel, —70; Paris, 8; Alger, 23; Puy de Dôme, 6; Pic du Midi, —3; moyenne à Paris : 8 5 (normale : 6°).
- — Le 12. Yaste zone de basses pressions du N.-O. de l’Europe à la Méditerranée, minima sur l’Ecosse, 749, et l'E. de la France, 755; Açores, 773. Pluies sur le N. et 10. du continent; en France : Àigoual, 94; Marseille, 5o ; Gap, 27; Limoges, i3. Temp. du matin : Arkangel,
- — ii° ; Paris, 7 ; Rome, 19 ; Puy de Dôme, 4l Pic du Midi, —5; moyenne à Paris : 8°,6 (normale : 5°,9). — Le i3. Profonde dépression sur la mer du Nord, Sku-desness, 741; Shields, 746; fortes pressions sur la péninsule Ibérique et l’O. de la France, Rocheforl, 768. Pluies générales, en France : Gap, 3o ; Besançon, 24 ; Biarritz, 22 ; Dunkerque, 6. Temp. du matin : Moscou, 2°; Paris, 3; Alger, 17; Puy de Dôme, r; Pic du Midi,
- — 7; moyenne à Paris : 8°,8 (normale 5°,6). — Le 14.
- T. 1 ' • 11 1.... 1 TVT _ .... .1 . __
- Yendée et Gascogne, pression supérieure à 770. Pluies sur toute l’Europe; en France : Besançon, 6; Bordeaux, 4; Limoges, 3. Temp. du matin : Moscou, —40 ! Paris, 3; Alger, i5; Puy de Dôme, —1; Pic du Midi, —3; moyenne à Paris : 7°,4 (normale : 5°,5). — Le i5. Pression générale variant de 766 à 770 et au-dessus sur le N.-E. ; faible dépression à Odessa, 757. Pluies très faibles : Cherbourg, 3. Temp. du matin : Moscou, o°; Paris, 9; Alger, 17; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : 90,5 (normale : 5°,5). — Le 16. Fortes pressions générales, voisines de 770; Moscou, 781, Pas de pluies. Temp. du matin : Charkof, —5°; Paris, 6; Alger, 18; Puy de Dôme, 1 ; Mont Mounier, —6°; moyenne à Paris : 6°,i (normale : 5°,3). — Le 17. Fortes pressions : vers l’Est, 775; vers l’Ouest, 770; Ecosse, 760. Pluies rares; en France : Clermont, 7 ; Belfort, 6. Temp. du matin : Charkof, —ii°; Paris, 1; Alger, 17; Puy de Dôme, o: Pic du Midi, —5; moyenne à Paris : 20,3 (normale : 5°,2). — Phases de la Lune : Premier Quartier, le 12, à 5 h. 28 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l'Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL - J. LAFFAROUE
- 'fout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Natu-e » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1801 (30 NOVEMBRE 1907) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Avis de l’Administration. — L’échéance du 3o novembre étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 3o novembre (n° i8oi),de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’aui’ont pas, avant le ier décembre, renouvelé ou donné ordi'e contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — 3883 à 1892 — 1892 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs.
- Paris-Verdun en dirigeable. — En apprenant que le dirigeable Patrie a accompli d’une traite et par vent de côté, en 7’' 35m, le trajet de 238 kilomètres qui sépare Paris-Verdun, chacun a éprouvé l’impression d’assister décidément à l’avènement d’un monde nouveau. Sans doute, on pouvait prévoir, par les expériences antérieures que ce voyage, exécuté à une date fixée et publiée d’avance, réussirait; mais l’expérience réelle restait pourtant à faire et son succès rendra la date du 23 novembre célèbre dans les fastes de l’aéronautique. La vitesse moyenne réelle a été, en raison du temps particulièrement mauvais, de 34 kilomètres à l’heure ; par temps calme, elle eût atteint sans doute, 5o kilomètres. Le voyage s’est effectué avec vent du sud en plein travers, angle de 90 degrés. Parti avec 290 litres d’essence, la consommation n’a été que de 140 litres. Les moteurs Panhard et Levassor ont marché avec une parfaite régularité. Pas le moindre incident à signaler. Dépense de lest, 25 kilogrammes environ. Les voyageurs ont seulement souffert du froid. L’altitude maximum a été de gâo m., l’altitude minimum de 800 m.
- Bibliothèque d’électricité de M. Hospitalier. —
- Nous croyons, par exception, devoir signaler à nos lecteurs la prochaine vente de la bibliothèque du savant électricien notre regretté collaborateur, E. Hospitalier, enlevé à la sicience en mars dernier. Cette belle collection d’ouvrages français et étrangers relatifs à l’électricité sera vendue le vendredi 6 décembre 1907, salle Silvestre, 28, rue des Bons-Enfants, Paris.
- L’accident du port du Havre. — Dans la nuit du i3 au 14 novembre, le transatlantique Virginie, manœuvrant dans le bassin de l’Eure, s’engageait par mégarde dans
- le perluis reliant ce bassin au bassin Bellot et entrait en collision avec le pont qui franchit ce passage, ouvrage très important d’environ 5o m. de long, 7 de large et pesant a5o tonnes. Sous ce choc formidable, le pont se trouva déplacé de 20 cm, jeté hors de son pivot et coincé dans la culée. La lourde charpente offrait sur toute sa longueur une déformation en arc de cercle, même le garde-corps opposé à celui frappé par l’étrave puissante du Virginie avait subi une torsion très accentuée. La conséquence de cet accident était l’embouteillage complet de trois bassins, où dix navires longs-courriers étaient en partance. Après un minutieux examen, les ingénieurs des ponts et chaussées comprenant qu’il serait fort long et pour ainsi dire impossible de soulever l’énorme masse du pont, pour la replacer sur son pivot, et l’ouvrage devant d’ailleurs être refait complètement, décidèrent de sectionner la partie qui enjambe lapasse, partie dont le poids est évalué à 100 tonnes, et de la séparer du reste du pont. On commença alors à dériver la superstructure et les croisillons, à l’aide de burins et de scies à métaux, mais il apparut que ce travail demanderait beaucoup de temps, huit jours au minimum, et que les compagnies de navigation subiraient de ce chef de graves préjudices. C’est alors que l’administration se décida à accepter les offres d’une maison de construction qui possédait plusieurs chalumeaux oxy-acétyléni-ques (Voyez La Nature, n° 1783, du 27 juillet 1907, p. i43), et dont les ouvriers étaient familiarisés avec la pratique de ces appareils. Les garde-corps et la superstructure du pont furent ainsi coupés dans la journjée du i5, pendant qu’on amenait deux chalands convenablement lestés sous la partie à enlever et qu’on l’y calait soigneusement au moyen de poutres et de câbles. Pendant la nuit du i5 au 16, les ouvriers attaquèrent les poutres maîtresses du pont avec deux chalumeaux à la fois ; l’acier porté à la fusion, grâce à une température d’environ 3200°, brûlait et fusait en étincelles éblouissantes, sous un jet d’oxygène détendu à 8 atmosphères. Le 16 au matin, la séparation était terminée et le pont nettement coupé en deux comme avec une gigantesque cisaille. Il suffit al rs de délester légèrement les chalands pour les faire remonter et sous leur poussée la portion ainsi détachée flottables chalands furent ensuite remorqués sous une grue puissante pour être débarrassés de leur fardeau ; à 9 heures du matin, la passe était libre ; l’opération entière, à partir de l’emploi des chalumeaux oxy-acétyléniques, avait à peine duré 20 heures. — Ce travail a été effectué sous la direction de MM. Du-crocq, ingénieur en chef des ponts et chaussées, Gnif-fart et Laroche, ingénieurs, Buissonié, conducteur, Le
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- INFORMATIONS
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- Tiec, commandant de port et Henri Gaillard, de la maison Caillard frères. On ne peut que féliciter tous ceux qui prirent jjart à ces travaux, menés avec une rapidité aussi heureuse que surprenante.
- La photographie en couleurs de M. Chéron. — La photographie en couleurs de M. Chéron, dont nos lecteurs ont eu autrefois la primeur (n° 1748), vient de faire un pas nouveau par la réalisation d’un appareil pratique, présenté à la Société de photographie, qui permet l’usage de simples plaques orthochromatiques, (depuis longtemps dans l’usage courant) et le tirage du même cliché en un nombre quelconque d’épreuves positives. Le procédé n’est pas encore commercial comme celui de Lumière. Mais il présente cette supériorité scientifique sur tous les systèmes trichromes de n’exiger aucun choix de couleurs conventionnel et de donner, avec des plaques ordinaires, un cliché noir, où la couleur de l’original est directement réalisée par un phénomène d’optique, comme dans la méthode Lippmann.
- Les substances actives du Tephrosia. — Le 7e-
- phrosia Vogelii est une plante légumineuse herbacée de Madagascar et de l’Afrique oiùentale qui renferme des principes toxiques pour les poissons, inofiènsifs pour 1 homme et dont les singulières propriétés sont mises à profit par les indigènes qui empoisonnent les rivières en y jetant une macération de la plante qui tue les poissons que l'on n’a plus qu’à recueillir. M: Hanriot a extrait de cette plante les principes actifs qu’elle renferme et qui lui communiquent ses propriétés remarquables. Ce sont d’une part une matière liquide, de nature aldéhydique, qui a été dénommée téphrosal et, d’autre part, une substance solide, qui a été appelée téphrosine et qui se dépose en petits cristaux incolores. Ces corps possèdent à un degré extrême les propriétés vénéneuses de la plante pour les poissons pour lesquels ils sont mortels à des doses presque infinitésimales.
- Commission électrotechnique internationale. —
- Cette commission, dont la fondation a été décidée au Congrès international d’électricité à l’exposition de Saint-Louis en 1904, et dont les statuts ontété arrêtés en 1906, vient de commencer ses travaux. Des comités locaux ont été constitués en Allemagne, Angleterre, Autriche, Belgique, Danemark, France, Hongrie, Mexique, Suède, Etats-Unis. Un sous-comité de nomenclature a été formé en Angleterre et chargé de dresser une liste des termes usités couramment dans l’industrie électrique et d’en donner l’explication. Le conseil de la commission publiera très probablement un vocabulaire de termes électrotechniques en français et en anglais, langues adoptées pour tous les rapports de la commission.
- Les chutes du Niagara. — On évalue à 3,5 millions de chevaux-vapeur la puissance des chutes du Niagara ; avec les machines à vapeur actuelles, il faudrait 5o millions de tonnes de charbon par an, pour réaliser une puissance égale. Si l’on estime à 260 francs par cheval et par an le coût de l’énergie avec le moteur à vapeur, et comme la puissance électrique est vendue au Niagara 7 3 francs par cheval et par an, on voit que l’utilisation complète des chutes réaliserait pour le pays une économie de 612 millions par an. Les usines électriques se sont rapidement multipliées autour du Niagara: fabriques de carborundum, de graphite et d’émeri artificiels, de carbure de calcium, d’aluminium, de soude et de potasse. Les concessions accordées représentent 35 pour 100 de l’énergie totale des çhutes. Un certain nombre d’Américains se sont inquiétés de ce développement industriel intensif qui menace l’aspect pittoresque des chutes et une campagne très vive est menée actuellement aux Etats-Unis pour combattre, au nom de l’esthétique, toute nouvelle concession hydro-électrique.
- L’électrification des chemins de fer dans le duché de Bade. — On se préoccupe beaucoup en ce moment, dans le duché de Bade, des moyens de réaliser la traction électrique sur les chemins de fer du Grand-Duché, l’énergie électrique étant fournie par des stations hydroélectriques. Or, d’après le bureau hydrographique de Karlsruhe, entre les chutes du Rhin à Schaffhouse et Brisach, on pourrait capter une puissance de 1 800 000 chevaux bruts, en tablant naturellement sur les eaux moyennes, ce qui correspondrait à plus de 3ooooo chevaux nets ; et, sur cet ensemble, les captations déjà réalisées sont assez faibles.
- Le marché de l’ivoire en Europe. — Nous extrayons ces chiffres du mouvement géographique. A Anvers, qui fait particulièrement l’objet de l’étude de cette revue, le chiffre des ventes x'éalisées dans les dernières années se maintient entre 312000 et 33oooo kg., environ chaque année, depuis 1900; dans les 8 années précédentes (1892-1900), il oscillait autour de 2.40000 kg, et autour de 60000 seulement de 1889 à 1891 ; en 1888, il n’était que de 5824 kg. Voici d’autre ^part la vente comparée des trois grands marchés d’ivoire européens en 1907. Liverpool : 22 tonnes ; Londres : 242 tonnes 1/2 ; Anvers : 3i2 tonnes 1/2. Rappelons que les ventes d’ivoire sont trimestrielles, et se font en général à la fin des mois de janvier, avril, juillet, octobre.
- La monnaie française en 1906. -
- port de la Commission de contrôle monétaire, la Monnaie de Paris a
- - D’après le rap-de la circulation frappé en 1906
- 33i 938 43o fr. de monnaie d’or, 3247672 francs de monnaie d’argent et 719700 francs de monnaie de bronze qui se répartissent comme suit :
- 30.247 pièces d’or de 14 • 613. o 1 o » » »
- 3.665.353 » » »
- x.908.100 « d’argent »
- 2.679.144 ».....»
- 3.000.000 » de bronze »
- 8.394.000 « » »
- fr. fr. fr. fr. o fr. o fr. o fr.
- 100
- 20
- 10
- 1
- 00
- xo
- o5
- Les pluies de la Saint-Michel et l’hiver. — Faut-il donner raison au vieux dicton français :
- Pluie de Saint-Michel sans orage D’un hiver doux est le présage.
- D’après le bulletin du bureau central météorologique, de 1873 k 1907, soit en 35 ans, il a plu 16 fois le 29 septembre, jour du saint, et 2 fois seulement ( 1905, 1907), les chutes ont été accompagnées de manifestation électrique, de sorte que le dicton semble s être vérifié 14 fois. Toutefois, il est probable qu’il y a là une simple coïncidence, puisque l’hiver 1879-1880, si remarquable par sa rigueur, fut précédé d’une pluie de Saint Michel sans orage.
- Le développement des États-Unis. — Le petit tableau suivant, du à M. Théry, nous paraît intéressant à reproduire comme mettant en relief l’admirable développement récent des États-Unis, au moment où le pays est secoué par une crise financière momentanée, dont personne n’ignore l’intensité et le contre-coup européen :
- 1900 1906
- Population (en millions).................... 76 84
- Chemins de fer (en kilomètres). . . 314.000 346.000
- Recettes ldi. (en millions de francs). a3.3oo 35.4oo
- Importations (en millions de francs). 4• 145 6.6o5
- Exportations (en millions de francs). 7.890 8.990
- Production de :
- Charbon (en millions de tonnes) . . 241 375
- Cuivre (en milliers de tonnes) . . . 270 4u
- Pétrole (en millions de gallons). . . 2.681 5.35i
- Fonte (en milliers de tonnes). . . . 18.789 25.307
- Acier (en milliers de tonnes). . . . 10.188 23.739
- Ciments (en milliers de barils). . . 8.482 45.611
- Or (en millions de francs)................. 396 481
- Argent (en millions de francs) ... 179 181
- Blé (en millions de bushels) .... Ù22 735
- Coton (en millions de balles). ... 10 14
- Dépôts dans les caisses d’épargne
- (en milliards)............................ 12 17
- Circulation de numéraire et billets :
- Or monnayé et certificats or. . . . 5.100 6.741
- Argent monnayé et certificats argent. 3.3i5 3.425
- Greenbaclcs (billets d’État)............. 1.700 1.700
- Billets des Banques nationales. . . 1.235 2.930
- Quant au krach actuel, d’après les journaux américains, la perte en capital éprouvée depuis dix mois par les principales valeurs américaines atteindrait (comparaison faite des cours cotés) i5 milliards de francs, dont 2 milliards pour les seules valeurs de cuivre. On comprend, dans ces conditions, malgré la richesse du pays, la crise industrielle, dont un indice, entre autres, est, par exemple, le fait que le Steel Trust a déjà éteint 45 hauts fourneaux et va en éteindre 20 autres.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Photographie
- Cuvette pour développement sans laboratoire. —
- On a dit pendant longtemps que le cliché négatif devait être développé avec une surveillance constante et qu’en ajoutant de l’alcalin ou du bromure, suivant le cas, au bon moment, on pourrait toujours obtenir un bon cliché, quel que soit le temps de pose. On repoussait énergiquement tout développement automatique et on traitait avec mépris ceux qui y avaient recours. Depuis quelque temps on en est un peu revenu de ces idées trop exclusives et l’apparition des plaques autochromes a obligé à avoir recours au développement automatique puisque, l’émulsion étant panchromatique, c’est-à-dire sensible à toutes
- les couleurs, il est impossible de s’éclairer avec une lumière quelconque pour surveiller la venue de l’image. D’après les instructions de MM. Lumière, au bout de deux minutes et demie, on doit arrêter l’opération ; mais il est nécessaire de passer tout ce temps dans l’obscurité complète ; cela n’est pas terrible quand on n a qu’une plaque à développer; mais, si on en a seulement une demi-douzaine, cela devient très ennuyeux. En outre, il faut pouvoir faire quelques manipulations dans cette obscurité, telles que le mélange de l’ammoniaque au bain de pyrogallique qui s’altère très vite et ne doit être fait qu’au dernier moment; un lavage de la plaque ; enfin son immersion dans le bain de permanganate, et acide ; c’est seulement à partir de ce moment qu'on peut continuer les opérations au jour. Il faut, dans l’obscurité, pouvoir compter les deux minutes et demie en question et, pour cela, surveiller un sablier ou une montre, en utilisant une lanterne rouge très foncé placée de telle sorte qu’elle ne puisse pas éclairer la plaque. Ajoutons qu’il faut encore pouvoir agiter constamment la cuvette. Tout cela n’est pas très facile quand on est tout seul dans un petit laboratoire. Aussi est-il venu à l’idée de plusieurs opérateurs de combiner un dispositif
- Fig. 2. — Détail de l’entjnnoir du couvercle.
- de cuvette permettant d’opérer tout le temps en dehors du laboratoix'e, sauf pour la première opération qui consiste à retirer la plaque du châssis pour la mettre dans la cuvette. Ceci peut se faire au moyen d’un manchon eu drap comme il en existe déjà dans le commerce pour charger les appareils à main ; ou bien le plus souvent on pourra disposer d’un cabinet noir ou même d’une armoire ; après quoi on pourra rester tout le temps à l’air et à la lumière. Yoici un modèle de cuvette de ce genre construit par M. Louis Schrambach : la cuvette pro-
- fmoment dite B porteuse feuillure dans laquelle s’emboîte e couvercle A (fîg. i). Celui-ci est muni d’une ouverture E garnie d’une séparation formant chicane pour empêcher le passage de là lumière, tout en laissant passer les liquides (on voit, fig. 2, la disposition ET de cet entonnoir) ; l’un des pieds D de la Cuvette est percé pour permettre Fécoulement du liquide ; il est fermé en temps normal par un bouchon ; des chicanes C empêchent le
- jour de filtrer dans l’intérieur au moment où l’on vide la cuvette. La plaque une fois placée dans la cuvette, celle-ci peut rester même en plein soleil sans inconvénient aussi longtemps qu’on veut. Quand on est disposé à développer, on introduit le liquide par E et on le retire par D quand l’action a été suffisamment prolongée pour que le développement se produise. Les lavages se font de la même façon. Les orifices d’introduction et d’écoulement des liquides sont très larges, de sorte que leur arrivée et leur départ se font instantanément. Il ne faut qu’une quantité de bain minime pour baigner la plaque. Tout a été combiné de façon à rendre l’opération plus commode et plus sûre que si on opérait dans l’obscurité. — Chez M. Louis Schrambach, i5, rue de la Pépinière, Paris.
- Jouets
- Parc aérostatique. — Les ascensions en ballon sont aujourd’hui chose courante et tous les jours la science aéronautique entre davantage dans nos mœurs. Pour initier les enfants aux différents préparatifs d’une ascension, M. Adeline a créé une réduction de parc aérostatique comprenant une tente démontable pour loger l’opérateur ; le ballon, les agrès, l’ancre, le filet, etc., complètent le matériel avec lequel on peut répéter en petit toute la série des manœuvres qui précèdent le départ d’un ballon libre et dont l’une des plus intéressantes est l’équilibrage. Le ballon p p
- pourrait être gonflé au gaz d’éclairage ; mais pour éviter tout danger M. Adeline le gonfle à l’air comprimé au moyen d’une petite pompe à bicyclette. Une fois gonflé il est suspendu à une charpente légère en bambou au moyen d’une ficelle passant sur deux pitons PP et d’un contrepoids M ; on procède alors à l’équilibrage au moyen de sacs de lest. S’il y a une trop grande prépondérance du côté de M, il est clair que le ballon monte rapidement d’un seul coup, ce qui n’a aucun intérêt; mais s'il n’y a qu’une faible différence de poids, il monte très lentement et par saccades. C’est un phénomène assez curieux qui paraît au premier abord devoir trouver son explication dans une loi physique : on pourrait supposer que la différence de poids s’accentue peu à parc aérostatique, peu en M par suite de la perte d’air comprimé que subit le ballon, l’appendice n’étant pas hermétiquement clos ; par suite aussi de la diminution du volume (la densité moyenne restant constante).
- Mais la véritable raison est toute mécanique : l’ascension lente par saccades est due aux différences de frottement entre les pitons et la ficelle. Celle-ci 11’est pas d’une texture parfaitement unie et présente forcément des aspérités plus ou moins espacées qui font frein contre les pitons, mais finissent tout de même par les franchir, ce sont donc elles qui se chargent de ralentir le mouvement de l’ascension. La preuve, c’est que si on remplace les pitons par des poulies, le ballon monte toujours d’un seul coup et assez rapidement, ce qui enlève tout intérêt à l’ascension et aux résultats de l’équilibrage. -— Chez M. Adeline, G, boulevard Raspail.
- La feuille de vigne. — Comme le représente le dessin ci-contre, une feuille.de vigne métallique de grande dimension est fixée sur le couvercle d’une boîte en bois ; les nervures qu’on y voit figurées sont formées de coupures pratiquées dans le métal, de telle sorte qu’on a une série de plaques métalliques isolées électriquement les unes des autres. Chacune d’elle correspond, par-dessous, à un fil et, au moyen de tous ces fils, on a réalisé diverses combinaisons de circuits comprenant une source d’électricité et quatre lampes de différentes couleurs. On comprend que si, au moyen de jetons métalliques .lancés au
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- hasard sur la feuille de vigne, on réunit deux parties de celle-ci, le circuit d’une des lampes se trouve fermé et celle-ci s’allumera. C’est là-dessus qu’est basé le jeu en question ; chaque joueur lance sonjeton à tour de rôle et quand une lampe s’allume celui qui en a choisi la couleur a gagué.
- Il y a plusieurs combinaisons de couleurs qui peuvent être réalisées, c’est affaire de convention et de règles à établir.
- Cela change du jeu ordinaire de roulette ou de petits chevaux. On La feuille de vigne. peut, si 1 on veut,
- relier l’appareil au secteur électrique, ou, si on ne l’a pas à sa disposition, avoir dans la boîte même des piles ou des accumulateurs ; les deux modèles sont construits actuellement. C’est, dans tous les cas, un jeu très propre à amuser les grands et les petits, il est peu encombrant et se loge partout facile-.ment.— ChezMM. BlairotetCio,ruedesMartyrs,61, Paris.
- Divers 'ssc/§3j
- Valve d’obturation provisoire pour tuyaux. —
- Cette valve, ou plus exactement ce bouchon, peut rendre des services chaque fois qu’on veut essayer une canalisation quelconque qui n’est pas terminée, dont par conséquent un des bouts est demeuré ouvert. Le dispositif en question, qui est dû à M. Reddenbaugh (Brown Street et Allegheny Avenue, Allegheny, Etat de Pensylvanie), a cet avantage d’assurer une obturation absolue, et pourtant de se monter ou de se démonter avec une facilité et une rapidité extrêmes. L’examen de la coupe que nous en donnons va en faire rapidement comprendre le principe et le fonctionnement.
- La partie essentielle est naturellement de caoutchouc;
- c’est une sorte de coupe en cette matière, qui est maintenue entre deux plaques B et C ; des rondelles permettent le serrage du tout et la prise de cette coupe A, sans qu’elle puisse bouger ni se détériorer. On voit du reste que, par l’intermédiaire des plaques et des rondelles, la coupe est montée centralement sur une sorte de tige creuse.
- Pour que les bords de cette coupe pussent assurer l’obturation voulue, il fallait évidemment que quelque chose vînt les serrer, les écraser à l’intérieur des parois du tuyau à essayer et à obturer. Intérieurement, ils présentent une certaine inclinaison, et à leur contact vient s’appliquer plus ou moins fortement une sorte de diaphragme E, dont les rebords présentent une inclinaison extérieure et, par suite, inverse. Si donc on presse le diaphragme et ses rebords contre les parois internes de la coupe, on arrive à une compression qui assure l’obturation. Le diaphragme est monté à frottement doux sur la tige creuse D ; mais on peut enfiler en avant de lui (du côté de l’extrémité libre, de l’ouverture du tuyau) une pièce formant comme un écrou, F, qui est munie intérieurement d’un pas de vis venant mordre sur le filetage extérieur de la tige D. En tournant cette espèce d’écrou F, on va obliger le diaphragme E à serrer les parois de caoutchouc, et l’on arrivera au résultat cherché. Du reste, on a prévu un dispositif poür maintenir le serrage du caoutchouc en dépit des déplacements possibles de l’écrou sur la tige filetée : dans ce but, dans le talon des parois du diaphragme, sont montées des vis qui peuvent venir prendre . appui sur les parois du tuyau. Le bouchon est donc à même de résister à de fortes pressions. Sa mise en place est très
- Valve d’obturation provisoire pour tuyaux.
- facile par l’extrémité ouverte du tuyau, que nous supposons ici en bas de la figure. Bien entendu, en la vissant, on dispose un chapeau G qui vient boucher le bout de la tige creuse ; on aurait pu prévoir une tige pleine, mais l’appareil avait l’inconvénient d’être beaucoup moins léger. De plus, si besoin est, on a ainsi la faculté de laisser en un instant se faire un certain échappement, hors du tuyau, de la canalisation qu’on essaye.
- Chaînette pour binocle. — Le binocle est devenu aujourd’hui une nécessité pour un grand nombre de personnes. Mais il faut maintenir le binocle de façon qu’il ne tombe pas à terre dès qu’il vient à quitter 1 œil. Le cordon de soie, qui a été utilisé jusqu’ici, est devenu lourd, et on recherche un support aussi solide et beau-
- coup plus léger. On a imaginé dernièrement d'employer une chaînette en aluminium très courte ou longue à volonté, avec une petite tige permettant de la fixer directement autour de l’oreille. Cette petite invention a été très appréciée ; elle a, en effet, donné un support à la fois très solide et très léger. — La chaînette pour binocle se trouve chez M. P. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris (Xe).
- Portemanteau de sûreté. — On sait qu’il arrive assez souvent que des vêtements dé prix, tels que des pardessus et fourrures, sont volés dans les cafés et dans les établissements publics où il n’y a pas de vestiaire organisé spécialement. Le portemanteau représenté ci-contre donne toute sécurité à cet égard, le vêtement étant fortement assujetti jusqu’au moment où ou le libère au moyen d’une clef. Lorsqu’il est ouvert, l’appareil a l’aspect d’un portemanteau ordinaire i ; après avoir accroché le vêtement, on n’a qu’à appuyer la main sur la partie supérieure pour la ramener contre l’autre et un système de verrou la maintient dans cette position. On enlève alors la clef et on ne peut relever la partie supérieure qu’après avoir fait fonctionner la serrure. Il y a là une garantie très sérieuse qui ne manquera pas d’être appréciée de tous les propriétaires de cafés, cercles, restaurants, cabinets de lecture, etc. —• Chez M. Touzé, 43, rue des Tournelles, Paris; prix : i3 francs.
- Poignée porte-plat. — Le nouveau modèle de poignée porte-plat mobile représenté ci-dessous a une forme légère et solide ; elle permet de transporter les plats
- Portemanteau de sûreté.
- Fig- 2-
- Poignée adaptée à une assntte.
- ms crainte de se brûler. Elle s’adapte instantanément tous les plats et assiettes sans précautions spéciales; le ajoute à la commodité et à la propreté du service, a dépense est faible, i fr. g5. — La poignée porte-plat i trouve chez M. P. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, iris.
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- VARI ETES
- TABLEAU DU REGNE ANIMAL
- Montrant la dégradation progressive des organes spéciaux jusqu’à leur anéantissement. (D’après Lamarck. Voir, dans ce même numéro, l’article sur Lamarck, p 417.)
- Nota. —- La progression de la dégradation n’est nulle part régulière ou proportionnelle ; mais elle existe
- dans Vensemble d’une manière évidente.
- Les Maximaux. .
- Les Oiseaux . .
- Lus Reptiles. .
- Les Poissons. .
- Les Mollusques
- Les Annélides .
- Les Crustacés.
- Les Arachnides
- Les Insectes. .
- 10
- Les Vers . . .
- 11
- Les Radiaires
- 12
- Les Polvpes.
- Vivipares et à mamelles ; 4 membres \ articulés dépendant du squelette. Des poumons ; du poil sur quelque partie du corps.
- Ovipares et sans mamelles ; 4 membres articulés dép. du squelette ; des poumons adhérents ; des plumes sur la peau.
- Ovipares et sans mamelles ; 4 membres ou 2, ou aucun, dép. du sq., des poumons en tout temps ou seulement dans le dernier âge. Ni poils ni plumes sur la peau.
- Vivipares et sans mamelles ; des branchies en tout temps ou du moins dans le premier âge. Des nageoires ; ni poils ni plumes sur la peau.
- Ovipares, à corps mollasse, non arti- 1 culé ni annelé, ayant un manteau variable.
- Des branchies.
- Ovipares, à corps mollasse, allongé, annelé, sans pattes articulées, ne subissant point de métamorphoses.
- Des branchies.
- Ovipares, ayant le corps et les membres articulés, la peau crustacée et ne subissant point de métamorphoses.
- Des branchies.
- r Ovipares ayant en tout temps des pattes articulées, des yeux à la tête et ne subissant point de métamorphoses.
- Des stigmates et des trachées.
- Ovipares, subissant des métamorphoses, et ayant, dans l’état parfait, des yeux à la tête, six pattes articulées, des stigmates et des trachées.
- Gemmovipares, à corps mou, régé-nératif, ne subissant point de mé-tam., n’ayant jamais d’yeux ni de pattes articulées.
- Des stigmates.
- Gemmovipares, à corps régénératif, dépourvu de tête, d’yeux, de pattes artic., et ayaut dans ses parties une disp, à la forme rayonnante.
- Des trachées aquifères.
- Gemmipares et fissipares, à corps presque généralement gélatineux, régénératif, et n’ayant aucun organe spécial iut., autre qu’un canal intestinal à une seule ouverture.
- * Dans le dernier ordre, que le genre monade termine, tout organe spécial est anéanti, la génération n’est plus que fis s ip are. j
- etf «>
- 3
- Cr1
- 3
- Cr1
- O
- O Ph
- Cœur à deux ventricules et le sang chaud.
- Un cerveau et des nerfs.
- Cœur à un ventricule et le sang froid.
- Un cerveau et des nerfs.
- Un cerveau dans les uns, une moelle alongée dans les autres.
- Des artères et des veines.
- Une moelle longitudinale et des nerfs. Point d’artères ni de
- Aucun organe spécial pour le sentiment, ni pour la circulation.
- Jamais de.tête.
- Anéantissement des organes spéciaux.
- Plus de mamelles.
- Plus de diaphragme complet.
- Squelette incomplet et dégradé.
- Plus de bras dépendant d« squelette.
- Plus de larynx, plus d& voix.
- Plus de paupières.
- Plus de poumons.
- Plus de vrai squelette.
- Plus de cœur.
- Plus d’artères ni de veines. Plus de glandes conglomérées pour les sécrétions.
- Plus d’yeux.
- Plus de langue.
- Plus de sexe déterminable.
- Plus de tête.
- Plus d’organe spécial pour le sentiment, ni pour le-mouvement des fluides.
- Plus de gemme régénérateur.
- Anéantissement de tout organe particulier.
- Vâel213Jâfe-___
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- RÉSUME METEOROLOGIQUE
- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en octobre 1907, par M. Th. Moureaux.
- Le mois d’octobre présente cette année des particularités remarquables. La moyenne barométrique, 761 mm,6, est la plus faible qui ait été observée ici dans ce mois; elle est de 5mm,3 inférieure à la normale.
- En moyenne, les pluies d’octobre se répartissent sur i5 jours; cette année, pour la première fois, on en compte 27; il y en avait eu 24 en 1903, et 25 en 1882. Octobre est d’ailleurs le mois le plus pluvieux dans notre région : il y tombe en moyenne une tranche d’eau de 6omm,6; mais, cette année, on en a recueilli ia3m,u,6, chiffre qui n’a été dépassé que deux fois en octobre depuis 34 ans : 149"“",8 en 1892, et 158mm,7 en 1896; des hauteurs mensuelles supérieures à ioomm sont très rares dans les autres mois de l’année.
- Malgré cette énorme quantité d’eau tombée, le niveau de la Marne est resté sensiblement stationnaire pendant tout le mois. D’après les observations de Langres, l’excès de pluie est beaucoup plus faible dans la partie supérieure du bassin, et les terrains, extrêmement secs à la fin de septembre, ont absorbé toute l’eau tombée; d’un autre côté, cette eau n’a pas encore pénétré jusqu’aux sources, dont l’apport est resté jusqu’ici sans effet sur le débit des cours d’eau.
- La température présente un excès de i°,6, résultant surtout des minima diurnes, qui sont généralement élevés; le minimum absolu est de -j~ 3°,4, alors que, très fréquemment, les premières gelées surviennent en octobre. Sur le sol gazonné découvert, on a observé deux petites gelées blanches, les 27 et 28. L’humidité relative et la nébulosité sont en excès marqué ; par suite, l’insolation est très faible. Sur 744 observations horaires de la direction du vent, on en compte 416 du S. ou du S. S. W.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 75i’"m,6o; minimum absolu, 736mm,2 le 16 à i6h25ra; maximum absolu, 763'”“,3 le 12 à 8h 40“ ; écart extrême, 27mm,i.
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima, 8°, i5 ; des maxima, i5°,o5 ; du mois, 1 i°,6o ; des 24 heures, ii°,42; minimum absolu, 3°,4 le 27; maximum absolu, i9°,9 le 20. Amplitude diurne, 6°,90; minimum, 3°,6 le 28 ; maximum, i2°,3 le 12. —Sur le sol gazonné, moyenne des minima, 5°,27; des maxima, 2i°,6o; minimum absolu, — 1 °,2 le 27; maximum absolu, 32°,3 le 12. — Dans le sol gazonné, moyennes du mois; profondeur, om,3o : à 9 heures, i3°,i6; à 21 heures, i3°,25; profondeur, om,65 : à 9 heures, 13°, 94 i à21 heures, i3°,89; profondeur 1 m. : à 9 heures, i4°,27; à 21 heures, i4°,23. — De la Marne : moyenne le matin, 14°,o3; le
- soir, 14°,29 ; minimum, 11°,79 le 31 ; maximum, 170,5u, le ier. '
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 9m“,o6; minimum, 5,9 le 17 à i3 heures et 14 heures ; maximum, i2ram,9 le i3 à 14 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 89,9; minimum, 5i le 20 à i3 heures; le maximum 100 a été atteint 144 fois en 21 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 7,71; minimum, 2,7 le 10; maximum, 10,0 les i3, 14 et 26.
- Insolation : durée possible, 333 heures ; durée effective, ôg11 9 en 23 jours; rapport, 0,21.
- Pluie : total du mois, i23mm,6 en io4h 5.
- Nombre de jours : de pluie, 27 ; de gelée blanche, 2; de rosée, 6; de brouillard, 12; d orages, 2 ; de halos, 5 ; de brume, 1.
- Fréquence des vents : calmes, 22.
- N.......... 29 S. E . . . 33 W. . . . 17
- N. N. E. . i5 S. S. E. . 69 W. N. W. 10
- N. E . . . 2 S........220 N. W . . 9
- E. N. E. . 1 S. S. W . 196 N. N. W . 10
- E.......... 7 S. W. . . 70
- E. S. E. . 12 W. S. W. 22
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 3111,3 ; moyenne diurne la plus.grande, 8m,3 le 17 ; la plus faible, om,8 le 26 ; vitesse maximum en i5 minutes, 11 ,9 le 17, de 20 heures à 20h i5m par vent S. S. W.
- Electricité atmosphérique : moyenne des 24 heures (10 jours), i34 volts; moyenne diurne la plus grande, i65 volts le 31 ; la plus faible, 101 volts le 10; amplitude diurne, o,63; amplitude nocturne, 0,84.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2m,o3 ; minimum, im,85 le 17; maximum, 2m,36 le i5.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, — 5mm,3i; température, + i°,6i ; tension de la vapeur, -f- imm,23; humidité relative, +4,7; nébulosité, -j-1,62; pluie, -f 63mm,o; jours de pluie + 12.
- Taches solaires : on a suivi 14 taches ou groupes de taches en 19 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques : faibles, du ior au 3, le 28; modérées, les 22 et 27; assez fortes, les 13, 14 et i5.
- Floraisons : Le 3, laurier-lin; le 10, topinambour.
- Phénomènes divers. —- On a vu les dernières hirondelles le 26. Passage d’une bande d’oies sauvages le 16, à 8h 3o““, et d’une bande de canards sauvages le 26, à 141' 3om, se dirigeant l’une et l’autre au Sud-Ouest.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Gonflement des pneus par l’azote. — Une des
- causes de la mise en hors de service rapide des chambres à air de pneumatiques est la transformation progressive que fait subir au caoutchouc l’oxygène de l’air emprisonné dans la chambre. Le caoutchouc, à la suite de phénomènes d’oxydation mal connus, devient cessant, se fendille et ne garde plus la pression. En gonflant les pneumatiques avec de l’azote, on fait disparaître cette cause d’usure ; on évite en même temps les dégonflements rapides. Autre avantage, par suite d un phénomène d’osmose, dans les enveloppes gonflées avec de l’àir, il se fait un échange continuel d’oxygène sortant de la chambre à air, et d’azote pénétrant dans la chambre ; cette osmose provoque également un dégonflement.
- Le gonflement à l’azote comprimé s’effectue aisément au moyen de bouteilles en acier, remplies d’azote comprimé, que l’on trouve aujourd’hui dans le commerce à des prix modiques.
- Conservation des poteaux de bois. — On redoute généralement d’enfermer à 1,’abri de l’air les bois incom-
- plètement débarrassés de leur sève, par crainte de la pourriture sèche ; cependant le procédé peut rendre des services quand on est assuré de la disparition de toute humidité dans le bois. A l’usine d’électricité de Zurich, on emploie couramment des poteaux recouverts d’une couche de ciment formant enveloppe étanche. Pour que le ciment tienne bien, on enroule d’abord autour du poteau une toile métallique, qui est séparée du poteau par des colliers ; puis on applique le ciment sur une épaisseur de 4 5 5 centimètres.
- Pour nettoyer les cadres dorés. — On conseille de mélanger et de battre les blancs de 3 œufs avec un tiers en poids d’eau de javelle : on applique sur la dorure, à laquelle cela rend son aspect de neuf.
- Glu marine pour calfatage. — C’est un ciment, un lut réussissant particulièrement bien à la mer/élastique, et qui supporte de larges variations de température sans craquer. Le mélange est composé de 3 parties de poix, de 2 de gomme-laque en écaille et d’une de caoutchouc brut et pur : on fait fondre pour appliquer.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La
- bascule à curseur automatique est construite par la manufacture d’horlogerie de Béthune (Pas-de-Calais).
- Communications. — Pomme de terre phénoménale. M. P. Pipault, pharmacien de W classe, à Coulommiers (Seine-et-Marne), nous communique la photographie d’une pomme de terre véritablement phénoménale. Elle ne mesure pas moins de 4o centimètres en longeur et atteint au respectable poids de 2 kg 180 ! — Un record!
- Photographies d’Okapi. — A propos de la photographie de l’Okapi, publiée par notre collaborateur Marcel Blot, dans le n° 1797 du 2 novembre, le directeur de l’excellente Revue Chasse et pêche, de Bruxelles, nous écrit qu’il a déjà publié cette même photographie dans sa Revue, numéro du 28 juillet 1907- Nous reconnaissons bien volontiers la priorité de notre confrère, ce qui d’ailleurs n’enlève rien de sa valeur à cet exceptionnel document.
- M. Sartiaux, l’éminent directeur des services électriques de la Compagnie du Nord, nous écrit à propos de l’article de M. Weiss, paru dans le n° 1796 et relatif aux trucks à bagages de la Pensylvania Railroad Cy la lettre suivante : « Permettez-moi de vous faire remarquer que nous avons en service, à la gare du Nord à Paris, un appareil du genre de celui que décrit l’article en question, depuis le commencement de l’année 1902. La disposition donnée à l'équipement du véhicule présente de plus les avantages suivants : les accumulateurs, disposés dans un coffre placé à l’arrière, sont d’un accès et d’un entretien très faciles ; le moteur et les divers accessoires montés sous le truck sont bien dégagés. 11 y a lieu, en outre, de noter qu’étant donnés les arrêts nombreux auxquels ce chariot peut être astreint dans un service de gare, les dispositions adoptées remédient à l’usure rapide que provoqueraient les démarrages trop fréquents du moteur : à cet effet, un embrayage à friction d’un type spécial, constituant en même temps un réducteur de vitesse, met le chariot en marche par la simple manoeuvre d’abaissement du timon de la direction ; lorsqu’on relève ce dernier, le moteur continue à tourner à vide pendant les périodes d’arrêt très court auxquelles est souvent astreinte la circulation dans une grande gare. On évite ainsi les causes de détérioration rapide des organes de démarrage du moteur électrique qui sont inévitables avec de fréquents démarrages, d)-- - .....- •• ---—.................-
- Renseignements. — M. ÏA 11. Verardo, à San-Nicolas.
- — Camphre artificiel : veuillez vous reporter à notre
- article paru dans le numéro 1786, 17 août 1907, p. 179.
- M. G. Gaulin, à Cognac. — Vaches de race bordelaise : l’adresse est donnée dans la boîte aux lettres du numéro 1796, du 26 octobre.
- Ch. Virot, à Porrentruy. — Culture des morilles : voyez l’excellent Manuel du Champignonniste de À. Cauchois, Paris, librairie horticole, 84 bis, rue de Grenelle.
- M. Jacquemart Saint-Jean (Canada). — Vous trouverez dans Y Engineering du 9 août 1907 une élude de M. liopkiuson sur la composition des gaz d’échappement dans un moteur à pétrole.
- M. G. P., à Beaufort. — Nous ne croyons pas que les travaux du colonel Peaucellier, parus en 187a, sur la transformation du mouvement circulaire en mouvement rectiligne se trouvent actuellement dans le commerce de librairie ; vous ne pourrez vraisemblablement les trouver que d’occasion en vous adressant à un bouquiniste.
- M. J Revilla, à Ascain. — Fabrication industrielle du chlorure de calcium : Manuel pratique de l’éclairage au gaz acétylène, de Robine, Paris, Béranger, i5, rue des Saints-Pères, x vol.
- M. Ch. Laffitte, à Paris. — x° Elevage de l’autruche Voy. les mémoires et publications de Jules Forest; il faudrait aussi dépouiller et étudier les bulletins de la Société d’Acclimalation, 38, rue de Buffon, où sur votre demande on pourrait d’ailleurs vous faciliter la tâche en vous donnant des renseignements précis suivant la nature spéciale du sujet. — 20 Élevage de la basse-cour : La Passe-Cour par Troncet et Tainturier (poule, dindon, canard, lapin, etc.), librairie Larousse, 17, rue du Montparnasse, 2 fr. — 3° Culture du riz : il n’existe pas d’ouvrages spéciaux.
- M. Berthon, à Lyon. — Nous ne connaissons pas de maisons vendant de caches pour impressionner les fruits au soleil, mais vous pourrez très facilement en faire fabriquer par une maison faisant les papiers-dentelles découpés et estampés comme Pépin fils et Brouard, 5, rue de la Perle, Paris.
- M. Hitard, à Paris. — Pour tracer des cai'actères ineffaçables sur l’os et l’ivoire, voyez Recettes et procédés utiles, de M. Laffargue, chez Masson, 120, boulevard Saint-Germain. On peut substituer à la lampe à pétrole, pour lanterne à projection, un arc électrique. Mais la lampe à incandescence serait ti'ès désavantageuse, en raison de la grande étendue qu’elle présente et de la faible intensité lumineuse fournie par un point du filament. La lampe Nernst seule donnerait des résultats acceptables, à condition toutefois de ne pas chercher un trop fort grossissement.
- M. Guiguet, Les Avinières.— Nous décrirons les moteurs rotatifs dans un de nos prochains numéros.
- M. Dufau, à Pessac. — La Société des gaz comprimés, 43, rue Saint-Lazare, construit des becs à gaz et à oxygène qui répondraient, croyons-nous, à votre désir.
- V- C. P., à Neuilly. — Il n’existe pas encore à notre connaissance de traité technique des hydroplanes.
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- 7'raité complet d'analyse chimique, appliquée aux essais industriels, par J. Post et Neumann, 2e édition, traduite par L. Gauthier. Tome II, 20 fascicule chez Hermann, 6, rue de la Sorbonne. Prix : 6 francs.
- Chaux, mortiers, ciments et plâtre. Produits céramiques. Verres et glaçures.
- I Grandi Trafori Alpini, par l’ing. G. B. Biadkgo, 2 vol. in-8°, 1228 p. et 3o pl. U. liœpli, Milan, 1906. Prix : 45 francs.
- Tout ce qui concerne les grands tunnels des Alpes est exposé dans ce capital ouvrage, indispensable à tout technicien qui s’occupe de ces sortes de travaux publics : les nouveaux souterrains des Alpes autrichiennes (inachevés lors de la publication) n’ont pas pu y être compris; mais pour les galeries de Fréjus (mont Cenis), du Saint-Gothard, du Simplon, de l’Arlberg, de l’Albula et de quelques autres tunnels autrichiens et italiens on trouvera là les documents complets et définitifs sur l’historique, la géodésie, l’exécution, les machines, la géologie, les venues d’eau, la température, la ventilation, le trafic. Les planches sont d’une parfaite exécution.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU HATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 uov. 1907 . 3°,0 S. 0. Couvert. » Gelée blanche ; couvert.
- Mardi 19 2°.2 S. E. 2. Couvert. 0,0 Gelée blanche; couvert ; bruine à 11 h.
- Mercredi 20 2°,7 E. N. E. 2. Couvert. » Rosée; couvert.
- Jeudi 21 1°,0 E. N. E. 2. Nuageux. W Gelée blanche; nuageux; brunie.
- Vendredi 22 — 2°,0 S. S. E. 0. 11 eau. » Gelée blanche ; quelques nuages ; halo â 15 b. ; brume.
- Samedi 23 — 0°,9 S. S. E. 2. Très nuageux. 2,7 Gelée bl. ; éclaircies; pluie de 11 b. 45 à 17 b. 30; lorle brume.
- Dimanche 21 — 1°,0 S. S. W. 2. Beau. » Gel bl.; peu nuageux jusqu’à 17 h.; couvert ensuite.
- NOVEMBRE 1907. — SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 NOVEMBRE 190.
- La courbe supérieure. indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée,
- Du 18 au 24. — Le 18. Fortes pressions générales, centre en Russie : Moscou, 786. Pluies dans le N. et le S. du continent. Température du matin : Charkof, — ii°; Paris, 3; Alger, 16; Puy de Dôme, —1; Pic du Midi, — 3; moyenne à Paris : 4°>5 (normale : 5°, 1 )- —1 Le 19. Baisse en Irlande, ailleurs pressions élevées : Paris, 771 ; Varsovie, 776; Moscou, 785. Pluies sur le N. de l’Europe. Temp. du matin : Charkof, —110; Paris, 2; .Alger, 17 ; Puy de Dôme, 1 ; Pic du Midi, — 3 ; moyenne à Paris : 3°,2 (normale : 5°). — Le 20. Baisse lente sur l’O. de l’Europe; en Russie, 784: en général, supérieure à 7G5 ; profonde dépression dans les parages de l'Islande. Pluies sur le N. de l’Europe. Temp. du matin : Arkangel, —9; Paris, 5; Alger, 18; Pic du Midi,—6; Puy de Dôme, 1; moyenne à Paris : 3°,4 (normale : 4°.9)- — Le 21. Fortes pressions permanentes; en Russie, 775 et au-dessus ; Dunkerque, 772 ; Marseille, 764. Pluies en Bretagne et dans le S.-O. de la France : Biarritz, 35; Brest-,~3. Temp. du matin : Arkangel, — n°; Paris, 1; .Alger, 16; Puy de Dôme, —2; Pic du Midi, .— 7; moyenne à Paris : 3°,7 (normale : 4°>7)- — Le 22. Pres-
- sion générale élevée, à Moscou, 789 ; dépression légère au S. de l’Italie, et au large des Iles-Britanniques. Pluies rares; en France, averses en Provence. Temp. du matin : Charkof, —120; Paris, —2; Alger, i5; Puy de Dôme, — 2; Pic du Midi, —6°; moyenne à Paris : —o°,2 (normale : 40,6). — Le 23. Dépression sur les Iles-Britanniques (Shields, 752) et le N.-O. de la France (Cherbourg, 757) ; fortes pressions sur l’E. de la France : Arkangel, 786. Pluies sur l’O. de l’Europe. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, — n°; Paris, — 1 ; Alger, i3; Puy de Dôme, — 1 ; Pic du Midi, — 5 ; moyenne à Paris : i°,4 (normale : 4°,5). — Le 24. Dépression sur les Iles-Britanniques (749 en Ecosse) et en Hollande, 752; fortes pressions sur le N.-E. du continent : Moscou, 786. Pluies sur l’O. de l’Europe ; en France, Toulouse, 10 mm; Le Havre, 7; Calais, 6; Paris, 3. Temp. du matin : Arkangel, —160; Paris, —1; Palerme, 11; Puy de Dôme, — 4> moyenne à Paris : 3°,6 (normale : 4°-4)- — Phases de la Lune : Pleine Lune, le 20, à minuit i3 m. du matin.
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- LA NATURE
- TRENTE-CINQUIÈME ANNÉE - 1907
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — HYGIÈNE ET SANTÉ — RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES — VARIÉTÉS — DIVERS
- I. — INFORMATIONS.
- Accidents de chemin de fer aux États-Unis.................... 42
- Accidents de voitures à Londres.............................. 58
- Acétylène sans eau (fabrication d’)............................. 50
- Acide carbonique, dégagement instantané.........................194
- Aciers au calcium.............................................. 26
- Aciers : elfets détériorants des bains acides................ 18
- Aéroplane Antoinette 1..........................................137
- Afrique allemande, lignes télégraphiques........................178
- Agriculture au Transvaal....................................... 121
- Agriculture, emploi de l’électricité............................193
- Air liquide dans le commerce des denrées alimentaires. . . 26
- Air liqui le (pour reconnaître la température d’un bain d’). . 119
- Alaska, exposition internationale................................90
- Alcool dénaturé, congrès international.......................... 97
- Alcool en France............................................... 90
- Alèsia : état des fouilles..................................... 53
- Algérie : chemins de fer................... .................202
- Algérie: migration des flores................................... 41
- Algérie, service géologique des territoires du Sud..............138
- Allemagne : commerce colonial................................... 59
- Allemagne : le prix des denrées (1896-1906).................. 178
- Alsace : sels potassiques........................................ 9
- Aluminium ...................................................... 66
- Aluminium : industrie........................................... 49
- Aluminium: papier............................................ 50
- Aluminium, son industrie..................................... . 186
- Ambulances automobiles : concours de châssis ................... 18
- Angleterre, les grands hommes. .................................185
- Ankylostomiase et eau salée.....................................186
- Antimoine, son prix............................................. 66
- Antinoé : fouilles (1906-1907) ................................. 2
- Arbres et foudre................................................201
- Archéologie orientale, Institut allemand........................154
- Archimède: mémoire scientifique inédit.......................... 25
- Arcs voltaïques, influence des éclairs . . . ................ 50
- Arcs voltaïques, influence des éclairs.......................... 73
- Argent et or, production aux États-Unis (1906)................ 201
- Argent, son prix................................................202
- Argon et hélium : minéral contenant ces corps (malacone). . 25
- Arsenic, accumulation dans les fruits de certaines plantes . 130
- Atlantique, traversée en 4 jours................................ 58
- Atwater (W. 0.) nécrologie......................................161
- Autobus à Londres.......................................... 98
- Autodrome.................................................. 74
- Automobiles, aux États-Unis.............................. 178
- Automobile, crise de l'industrie...........................170
- Automobile en Afrique.................................... 90
- Automobile et l’armée (L’)............... . ...............122
- Automobile et le cheval (L’) ..............................130
- Automobiles et le fisc.....................................122
- Automobile, exposition décennale........................... 49
- Automobiles françaises : Exportation....................... 1
- Automobiles, industrie en Italie...........................145
- Automobilisme : Angleterre................................. 18
- Automobilisme, influence sur les canalisations du gaz. . . . 146
- Automobilisme : record d’altitude........................... 154
- Autriche-Hongrie, commerce (1906)............................. 74
- Aveugles en France.........................................129
- Azote atmosphérique, Usine italienne pour sa fixation. ... 177
- Bahia, son port . .........................................202
- Baie d’Hudson (Roule de la)................................178
- Ballons militaires au Maroc................................122
- Ballons-sondes............................................. 59
- Barrage creux en béton armé.................................. 146
- Berlin : Marchés cl abattoirs. . .......................... 9
- Béton armé (Construction en)..................................178
- Béton armé : précautions à prendre dans les constructions. . 2
- Béton, résistance au glissement des métaux....................178
- Beurre, son commerce au Danemark........................... 41
- Beurres de Milan sur le littoral français.................. 81
- Bibliothèque d’électricité de M. Hospitalier..................209
- Bibliothèque modèle.......................................... 18
- Birmanie : fouilles du général de Beylié..................... 25
- Bitumes du Venezuela....................................... . 66
- Bobines en fil d’aluminium nu................................. 82
- Bradsky et Morin, monument....................................105
- Bragassargucs (La pierre sculptée de).........................122
- Brevets d’inventions.......................................... 18
- Brise-lame du Julland . ...................................... 59
- Brouillard à Paris (Le).......................................195
- Budgets maritimes ............................................ 74
- Bulgarie : armements......................................... 25
- Cabine immense de signaux et d’aiguillages . ................. 49
- Câbles d’extraction : graissage.............................. 26
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- TABLE DU SUPPLEMENT
- Câble sous-marin New-York-Colon..................................145
- Câble sous-marin Barcclone-Palma de Majorque..................... 50
- Câble transatlanlique Emden-New-York............................. 50
- Câble transport de force au Canada............................... 10
- Café au Brésil................................................... 34
- Camphre.......................................................... 41
- Canal de l’Érié, sa rectification................................114
- Caoutchouc, écoles professionnelles pour la culture.............. 26
- Céréales en France, récolte de 1907 ............................ 161
- Chantiers Yulcan, leur cinquantenaire............................ 34
- Charbon anglais, exportation (1891-1906)......................... 42
- Charbon, briquettes pour la flotte japonaise.....................202
- Charbon, consommation des turbines à vapeur à bord des
- vaisseaux.....................................................154
- Charbon: inllammations spontanées................................ 26
- Charbon, sa rareté en Allemagne.................................. 90
- Chaudière de locomotive Brotan...................................170
- Chaudière, égalisation de la température à l’intérieur. ... 146
- Chaudière, influence des dépôts..................................154
- Cheminée, redressement...........................................146
- Chemins de fer africains......................................... 42
- Chemins de fer algériens . . . .................................202
- Chemin de fer au Chili...........................................202
- Chemins de fer au Japon..........................................154
- Chemins de fer au Mexique........................................ 50
- Chemins de fer dans l’Alaska.................................... 130
- Chemins de fer dans le duché de Bade, électrification. . . . 209
- Chemins de fer de l’Afrique occidentale..........................121
- Chemins de,fer de l’Afrique occidentale allemande................ 98
- Chemins de fer de Sierra-Leone...................................138
- Chemin de fer électrique en Autriche.............................113
- Chemins de fer en Suède, leur électrification....................178
- Chemins de fer russe.............................................106
- Chemins de fer transpyrénéens.................................... 98
- Chemins de fer: traverses........................................ 57
- Chevaux, régime lacté............................................178
- Chine, importations de cuivre.................................... 10
- Coali te (La)....................................................202
- Cobalt, district argentifère. ............................. . . 89
- Combustible nouveau..............................................106
- Colonies françaises, commerce....................................154
- Comète à masse négative..........................................129
- Comète Daniel.................................................... 89
- Comète Daniel, son spectre.......................................177
- Comète : la 3e de 1907 .......................................... 25
- Comète nouvelle (1907).......................................... 193
- Commutateur téléphonique automatique........................... 106
- Confitures, concours............................................. 89
- Congrès préhistorique de France.................................. 17
- Coton, dans les colonies françaises.............................. 41
- Coton égyptien................................................... 66
- Colon, en 1907.................................................. 170
- Courants atmosphériques dans plusieurs corps célestes ... 145
- Crin végétal en Algérie.......................................... 82
- Croiseur allemand................................................. 9
- Croiseur russe................................................. 138
- Cuirassé anglais.................................................193
- Cuirassé anglais, Téméraire......................................138
- Cuirassé « Vérité » : lancement................................... 9
- Cuivre: mines américaines; importations en Chine................. 10
- Déchargement rapide des minerais.................................146
- Delos, découvertes...............................................154
- Diamants de l’Arkansas...........................................137
- Dinosaurien. géant.............................................. 129
- Dirigeables (artillerie contre)................................ 194
- Dirigeable Capazza...............................................178
- Dirigeable militaire anglais.....................................122
- Dirigeable Yille-de-Paris........................................114
- Dragues de très grande puissance.................................122
- Eaux acides : attaque des conduites d’eau........................114
- Eclairage nouveau de la place de l’Hôtel-de-Yillc................201
- Écoles Carneggie................................................. 42
- Ecole de plein air............................................... 50
- Electricité à Séville......................................... 2
- Électricité à Londres............................................ 90
- Éleelricité à Paris..............................................153
- Electricité à Paris et les chutes du Rhône.......................105
- Éleelricité dans l’Afrique du Sud................................ 50
- Électricité en Asie Mineure .....................................185
- Électricité en Espagne........................................... 50
- Eleclrolyse du sol............................................... 26
- Éléphant en Afrique, sa protection............................. 202
- Éléphantine (Jéhovah à)..........................................185
- Embrayage en métal et en cqjr ...... ............................ 42
- Énergie électrique et machines à vent.........................
- Énergie électrique, transmission par câble sous-marin. . . .
- Énergie hydraulique française, Inventaire.....................
- Énergie hydro-électrique en Angleterre........................
- Espagne primitive, Art et industrie...................... . . .
- Espéranto.....................................................
- États-Unis : industrie électrique.............................
- États-Unis : leur développement...............................
- Etoiles dans le voisinage des Pléiades, leur nombre . . . .
- Etoiles, mouvements systématiques.............................
- Étoiles, vitesses radiales....................................
- Excavateur nouveau, type Buckcye..............................
- Explosif nouveau..............................................
- Exposition électrique de Lyon.................................
- Exposition japonaise internationale...........................
- Femmes : leur travail aux États-Unis..........................
- Fer, métallurgie en France....................................
- Ferro-silicium, ses dangers...................................
- Ferry-boals pour l’Irlande....................................
- Fil en cuivre-acier...........................................
- Fleurs : commerce à Paris.....................................
- Flotte aérienne française.....................................
- Formol et conservation des fruits.............................
- Foudre et arbres..............................................
- Fouilles préhistoriques eu Angleterre.........................
- Four électrique (Le)..........................................
- Fours électriques.............................................
- Foyers fumivores..............................................
- Gares démontables de l’empereur d’Allemagne...................
- Gaz à Berlin..................................................
- Gaz à Paris (1906)............................................
- Gibraltar, travaux du port....................................
- Gomme du cochlospermum Gossypium..............................
- Graphite employé comme lubrifiant.............................
- Grotte d’Atlcndorn............................................
- Grotte de Ilan-sur-Lcsse......................................
- Grue gigantesque..............................................
- Hambourg, commerce............................................
- Hélices aériennes.............................................
- Ilennequen du Yucatan.................... ....................
- Hcnnequen du Yucatan..........................................
- Hôtels et relais stations, concours...........................
- Hôtels suisses, leur altitude.................................
- Houille blanche et le Rhin....................................
- Huiles de graissage, essai....................................
- Huile d’olive, extraction par turbines........................
- Hyd rographie, voir « Plane! ».
- Hydroplanc (Le record de 1’)....................................
- Hygiène, laboratoire municipal à Rouen........................
- Ile nouvelle dans le Pacifique............................. . .
- Incendies à Paris (1906)......................................
- Incendies et la pluie (Les)................................ . .
- Indigo artificiel.............................................
- Industries minières en Asturies...............................
- Institut électroteclmique de Grenoble.........................
- Inventeur encouragé ......................................... .
- Islande, population..............................;.....
- Isolant nouveau...............................................
- Isolateurs : nouveau mode de fixation.........................
- Japon, Industrie et commerce..................................
- Japon, la presse technique......................................
- Japon, l’éducation............................................
- Jardiniers, bourses de voyage.................................
- Jeu de la fourmi-parasol.....................................
- Jouets colorés avec des substances toxiques...................
- Lac Ontario, ses variations...................................
- Lait, son transport...........................................
- Laiterie, école de l’Université de Nancy......................
- Lampe électrique à arc « magnétile »..........................
- Locomotives du Simplon.....................
- Locomotive, essais à grande vitesse...........................
- Locomotives fumivores . ......................................
- Londres (nappe aquatique sous) ...............................
- Machines à emboutir...........................................
- Machines-outils (appareils enregistreurs pour).'..............
- Machine pneumatique, statue à l’inventeur . . ........
- Madagascar, nouvelles industries..............................
- Malacone : voir Argon.
- Maladie du sommeil (contre la). . . -.........................
- Marchés et abattoirs de Berlin................................
- Marées, utilisation ..... ....................................
- Marine austro-hongroise, Hotte................................
- Marine allemande, constructions navales (1905-1906) . . . . Marine allemande : extension de la flotte................... . .
- 185
- 169 161
- 170 194 122
- 82
- 210
- 74
- 81
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- 145 9
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- 91
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- 26
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- 97 201 138 146
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Marine allemande • stalion navale dans le Sud Ouest afri-
- cain ...................................................... 49
- Marine anglaise................................................162
- Marine de guerre siamoise.................................... 17
- Marine des Étals-Unis..........................................138
- Marine hollandaise : budget............................< . 59
- Marine marchande, les Hottes du monde..........................178
- Maroc, commerce extérieur..................................... 161
- Médecins, leur responsabilité................................. 73
- Métaux, la baisse..............................................114
- Métaux radio-actifs, cours..................................... 42
- Météorite : composition........................................ 25
- Métropolitain de Paris (juillet 1907).......................... 98
- Microphone Paris-Rome......................................... 59
- Minerais de fer (réserves de)..................................186
- Mines allemandes : accidents, 26............................... 50
- Mines et sources thermales..................................... 10
- Mistpoëlfers ou lîronlidi......................................153
- Monnaie, nouvelle pièce hindoue (aima).........................178
- Monnaies françaises............................................106
- Moteurs au gaz d’éclairage (petits) . . 153
- Moteurs à gaz pauvre........................................... 50
- Moteurs à gaz de hauts fourneaux...............................114
- Moteurs à gaz pauvre, concours de groupes èleetrogènes. . . 113
- Naufrages et accidents de mer en 1905 ........................ 34
- Naufrages aux Etats-Unis, sauvetage............................106
- Navigation aérienne au Brésil.................................. 33
- Navigation intérieure, premier congrès.........................106
- Navire en acier (Le premier)...................................122
- Navire (La nova du)............................................ 81
- Navires, la surchauffe à bord................................ 162
- Navires à turbines............................................ 82
- Niagara : ses chutes...................................’. . . 209
- Nitrates californiens........................................... 2
- Nitrates par l’action catalytique (Fabrication des)........... 201
- Nitrocellulose : décomposition.................................. 2
- Niveau de la mer, Variations sur les côtes danoises. .... 129
- Nouvelle-Calédonie, production minière......................... 66
- Nuages (constitution et formation des).........................122
- Œufs (championnat des mangeurs d’)............................. 81
- Œufs perfectionnés............................................. 81
- Oiseaux morts : marché.........................................122
- Omnibus automobiles à Londres.................................. 18
- Opium, décret contre...........................................122
- Opium en Chine......................................... . 105
- Or : Production en Australie occidentale....................... 25
- Or et argent : production aux États-Unis (1906)............... 201
- Or : industrie aurifère au Transvaal...........................202
- Or (train de marchandises chargé d’)...............'. . . . 26
- Ordures ménagères, usines d’incinération....................... 98
- Paludisme dans les Dombes...................................... 65
- Papier d’aluminium ........................................... 50
- Paris : approvisionnement en 1906 ............................. 26
- Pavés en acier à Paris......................................... 18
- Pèche au japon................................................. 82
- Pergamyne...................................................... 65
- Peroxydes des métaux alcalino-terreux........................... 1
- Perse : fouilles de M. Gautier................................. 57
- Pétrole, production mondiale................................. 145
- Photographie en couleurs de M. Chéron..........................209
- Placements anglais à l’étranger................................113
- Plaies dues à l’emploi des composés chromiques, traitement. 169
- « Planet », sa campagne hydrographique......................... 41
- « Planet », sa croisière.......................................138
- Planètes découvertes en 1906 (Petites).........................137
- Planètes intramercurielles..................................... 74
- Platine, emploi................................................ 82
- Plâtre : Modifications chimiques...............................201
- Pluie à Batavia................................................138
- Pommier géant.................................................. 17
- Ponsot (Auguste), nécrologie................................... 73
- Ponts basculants biais........................................ 146
- Ponts en béton................................................. 50
- Ponts mobiles, calage..............J.......................130
- Port de Bahia..................................................202
- Port de Bruges................................................. 82
- Port de Douvres................................................ 98
- Port de Hambourg...............................................170
- Port de Liverpool, approfondissement.......................... 154
- Port de New-York............................................. 150
- Port de Rotterdam, son développement........................... 90
- Port du Havre : accident..................................... . 209
- Port militaire en Suède........................................ 17
- Port Soudan................................................... 34
- Port Soudan.................................................
- Potasse : sels potassiques d’Alsace.........................
- Poussière, sa suppression sur les roules....................
- Pouzzolanes................................................. .
- Préhistoire, l’outil préhistorique..........................
- Profondeurs océaniques, les plus grandes....................
- Quartz (verre de)...........................................
- Radiotélégraphie en Allemagne.............................
- Radium dans le tunnel du Simplon............................
- Radium, son inlluence sur les mélanges d’hydrogène et de
- chlore, et d’hydrogène et d’oxygène......................
- République Argentine, Commerce (1905).......................
- Résistance des machines.....................................
- Réseau navigable français...................................
- Résidus métallifères, procédés de traitement................
- Riz, en Camargue............................................
- Rome, éclairage électrique..................................
- Rouille du fer et de l’acier................................
- Rouille, peinture contre.......................................
- Saturne.....................................................
- Saturne, spectre............................................
- Saumon : pèche en Angleterre..............................
- Saumon, pêcheries de la Sibérie orientale...................
- Sauterelles en Égypte.......................................
- Scaphandriers : téléphone...................................
- Scarlatine dans l’armée.....................................
- Scienlific American, sa coupe...............................
- Sel en Afrique occidentale française........................
- Signaux sonores sous-marins.................................
- Siliciure de fer : ses dangers..............................
- Simplon, le trafic..........................................
- Sociétés médicales..........................................
- Sols pauvres, enrichissement par les bacLéries..............
- Sources thermales et mines..................................
- Sous-marins autrichiens.....................................
- Sous-marins pour l’Autriche.................................
- Stations électriques à vapeur en Prusse.....................
- Stations hydro-électriques suédoises........................
- Stations météorologiques japonaises.........................
- Sucre en Europe.............................................
- Sucre à Formose.............................................
- Sucre en France (consommation du)...........................
- Suède, les Universités...................................... .
- Suède : Nouveau port militaire..............................
- Suie à Paris.................... . . . .
- Suisse navigable............................................
- Superphosphate, consommation................................
- Syndicat forestier de France................................
- Système métrique aux Etats-Unis.............................
- Tabac en Algérie............................................
- Taches solaires, surface en 1905............................
- Talc, emploi................................................
- Tantale. ........................... . . . .
- Tantale : fabrication.......................................
- Télégraphe dans le Sud Algérien................
- Télégraphe entre Tombouctou et Zindcr. . . • . . . .
- Télégraphie de la tour Eiffel à Casablanca..................
- Télégraphie sans fil........................................
- Télégraphie sans fil........................................
- Télégraphie sans fil à travers la Méditerranée..............
- Télégraphie sans fil dans le monde..........................
- Télégraphie sans fil de la tour Eiffel à Casablanca.........
- Télégraphie sans fil en Chine...............................
- Télégraphie sans fil, postes militaires.....................
- Télégraphie sans fil sur les navires........................
- Télégraphie sous-marine au Japon............................
- Téléphone au Siam...........................................
- Téléphone d’escadre.........................................
- Téléphone pour scaphandriers................................
- Téléphone (service funèbre par).............................
- Téléphonie africaine........................................
- Téléphonie en Italie........................................
- Téléphonie en Turquie.......................................
- Téléphonie : multiple avec compteur de conversation ....
- Téléphonie sans fil.........................................
- Téléphonie sans fil.........................................
- Téléphonie, une grande ligne en Australie...................
- Téléphotographic............................................
- Tephrosia (Les substances actives du).......................
- Texas, découverte d’une ancienne ville......................
- Thé au Bengale, culture.....................................
- Thérapeutique et statistique................................
- Tokyo, éclairage électrique.................................
- Tôles et fers-blancs en Grande-Bretagne : production . . . .
- 82
- 9
- 42
- 16
- 169
- 114
- 41 177
- 113
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- 74
- 34
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- 90
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- 42 10
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- 137 26
- 49 81 17
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- 33
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Tombeaux égyptiens, jouets.................................... 57
- Torpilleur allemand à turbines.................................154
- Tourbe, comme combustible......................................186
- Tourbe, son utilisation........................................145
- Traction électrique, traction à vapeur........................ 18
- Train Renard.................................................. 114
- Tramways du Puy-de-Dôme........................................115
- Tramways à Pékin...............................................122
- Transport de gaz à grande distance.......................... 114
- Troupeaux, leur isolement......................................170
- Tubes de cuivre sans soudure : fabrication électrolytique . . 2
- Tubes sans soudure, procédé Krause ............................ 66
- Tunisie, recensement......................................... 82
- Tunnel des Taucrn.............................................. 90
- Turbines à vapeur, installation pour leur essai................114
- Ultramieroseopie et bleu du ciel.............................. 194
- Universités allemandes, étudiantes, étudiants étrangers ... 57
- Universités étrangères............................................ 97
- Usines américaines, le bien-être.................................. 18
- Vaches : la traite apx Etats-Unis................................. 49
- Vaisseaux sans machines . ........................................ 90
- Varech, son industrie.............................................170
- Vent comme source d’énergie électrique............................155
- Vent : influence des forêts sur la vitesse.....................121
- Verre de quartz................................................... 41
- Vins en Chine..................................................... 81
- Voie ferrée nouvelle en Italie (Gênes-Milan)......................146
- Voie télégraphique entre l’Europe et l’Asie (Voie Hongrie). . 146
- Voies ferrées dans les Alpes (Nouvelles)..........................150
- Zinc (industrie du)............................................... 74
- Zoologie : établissements zoologiques privés d’Angleterre . . 65
- II. - SCIENCE APPLIQUÉE.
- Accrocbe-tout.............................................. 152
- Alambic mignon................................................. 91
- Allumettes, boîte à secret.....................................108
- Aquarium, construction en petit............................. 19
- Aspirateur à poussière Birum................................180
- Attrape-mouches........................................ 60
- Automobile, entonnoir boîte..................................... 5
- Automobile, le Stop......................................... 4
- Automobile. Excentric-Axlc.................................. 4
- Automobile, bandage antidérapant............................... 19
- Automobile, glaces à hauteur réglable.......................... 27
- Automobile, bec veilleuse...................................... 45
- Automobile, l’autoslip..............................• . . 45
- Automobile, mesure photomécanique de l’eflicacité des silencieux............................•............................. 55
- Automobile, totalisateur....................................... 99
- Automobile, sirène.............................................107
- Automobile, Manomètre Olco-Davidson, avertisseur de fuites
- de pneus.................................................. . 107
- Automobile, indicateur de vitesse Columbia.....................151
- Automobile, gonfleur Eole......................................159
- Automobile, enregistreur de vitesse Arnoux et Chauvin. . . 159
- Automobile, galvanomètre apériodique pour les batteries
- électriques d’allumage...................................140
- Automobile, chaufferette Wallon............................... 165
- Automobile, mesure de la stabilité.............................171
- Automobile, indicateur de vitesse Chauvin et Arnoux ... 171
- Automobile, indicateur de vitesse angulaire....................179
- Automobile, indicateur de niveau magnétique....................195
- Baratte Éclair................................................. 91
- Bicyclette, appui improvisé....................................125
- Binocle (Chaînette pour).......................................212
- Borne-fontaine Bayard..........................................159
- Boulons et écrous Desacres à serrage constant..................107
- Boussole dioplre de campagne. ................................. 28
- Boulon de chemise............................................. 99
- Bowling allées.................................................115
- Briques de béton............................................... 11
- Broc pour boissons glacées..................................... 60
- Calendrier perpétuel automatique . . . ........................152
- Calibre universel.............................................. 67
- Canapé-lit American combined.................................. 180
- Canif porte-mines.^............................................ 68
- Carafe.........................................................100
- Chalumeau à cuiller............................................ 60
- Chaussures, appareils pour cirer.............................. 19
- Clés (Porte-)..................................................205
- Clou d’un nouveau type.........................................100
- Compas d’épaisseur à cadran Drakeand Gorkam....................165
- Concours des jouets 1907...................................... 155
- Conslatalcur colombophile.................................... 205
- Cors (Coupe-)..................................................205
- Coupe-légumes................................................. 100
- Coups de bélier : anti-bélier..................................172
- Couteau à conserves.......................................... 100
- Couteau à fromage............................................. 52
- Cravate (nouveau fixe-)...................................... 124
- Crayon (Nouveau).............-Ssëgjp-................ 205
- Crayon (taille-)............., . . . .......................148
- Cuiller à sel perfectionnée.................................... 91
- Cuiller graduée pour potion....................................148
- Cyathomèlre du capitaine Chaumont.............................. 75
- Cyclisme, raccord de pompe à pneumatique l’Eclair.......... 27
- Désincrustation des tubes de chaudières. . ................ 85
- Eclairage à l’acétylène, appareil à foyer incandescent. ... 59
- Éclairage au gaz : gaino-tubc-aluminium........................107
- Éclairage électrique, enrouleur pour fils de lampes d’automobiles.......................................................... 51
- Éclairage, lampe de fortune pour illumination..............116
- Electricité, chape isolante à prise dë courant automatique . . 27
- Eclairage électrique, appareil pour la photographie .... 147
- Eclairage électrique, placement des lampes dans leurs douilles 125
- Embrayage électro-magnétique Vulcan............................165
- Enveloppes (Humecteur d’)..................................... 60
- Epuisclte pliante..............................................116
- Fauteuil de jardin à dossier mobile............................108
- Fer à repasser chauffé à i 'alcool............................. 92
- Filtre (à essence).........................•............... 51
- Filtre de campagne improvisé................................... 68
- Fontaine électrique de table...................................196
- Fourchette à pickles........................................... 52
- Fourchette mécanique........................................... 86
- Gaz : allumage et extinction automatique....................... 56
- Grue d’atelier (Petite)........................................205
- Guêpes, piège..................................................116
- Guéridon pliant.............................................. 52
- Herse souple à prairies................................... . . 51
- Indicateur d’incendie Pearson.................................. 11
- Jalousie Périer à lames verticales.......................... . 55
- Jeu de patience............................................... 12
- Jeux, le bagano.............................................. . 108
- Jeux : le bowling allées.......................................115
- Jouets : Diablo pneu . . . .................................. 205
- Jouets : Parc aérostatique.....................................211
- Jouets : la feuille de vigne . .............................. 211
- Jouets, le petit modeleur..................................... 20’
- Jouets, mécanique enseignée................................... 99'
- Lampe pour souder soi-même..................................... 19
- Machine à découper ha Couturière............................... 44
- Machine à écrire, miroir réflecteur Philos................... 196
- Machine à piquer les dessins.................................. 12
- Massage, appareil à main....................................... 44
- Méchoir à godet mobile......................................... 84
- Montre pour aveugles........................................ . 68
- Moteur à explosion, enregistreur des températures..............195
- Moteur à explosion, nouveau comburant....................... . 45
- Moteur à quatre cylindres, allumage par magnéto à bougies. 147
- Moteurs, appareil de mise en marche automatique................ 76
- Moutardier..................................................... 84
- Nargileh improvisé............................................. 28
- Niveau de poche....................................... . . . . 75
- Niveau, indicateur magnétique................................ 195
- Œufs (Pince à)............................................... 148
- Optique, appareil multiple. . .................................20-
- Orages, appareils enregistreurs. .............................. 92
- Ouvre-boîtes................................................. 68
- Passoire à thé............. ... . .... .... . . . . . 91
- Peinture nouvelle............................................ 20-
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Perceuse en bois.............................................. 35
- Perceuses portatives. . .......................................131
- Phonographe perfectionné Mendcl................................188
- Photographie, aulopholographe chronoscope......................124
- Photographie, coupe-plaques....................................187
- Photographie, cuves llemdé pour développement lenL .... 59
- Photographie : cuvette pour développement sans laboratoire . 211
- Photographie, déc)encheur automatique H.-11. pour obturateur 187
- Photographie, déclencheurs Rowden.............................. 67
- Photographie, éclairage électrique.............................147
- Photographie, écran démontable pour projections................171
- Photographie, le latéro-viseur.................................175
- Photographie, sac à charger les châssis........................146
- Photographie, viseur Lynx et canne-viseur......................179
- Photographie, transport de l’appareil en bicyclette............132
- Pigeonnier, fermeture automatique.............................. 44
- Piles, appareil contrôleur.....................................187
- Pilon portatif Girardot......................................... 4
- Plat à barbe...................................................188
- Pneu increvable.............................................. 75
- Poêle à combustion lente.......................................164
- Poignée porte-plat.............................................212
- Porte-manteau de sûreté........................................212
- Poteaux télégraphiques (Arbres). .......
- Rafraîchisseur universel......................
- Rasoir, appareil à repasser...................
- Rasoir Gillette, pour affûter les lames ....
- Réchaud électrique (Le Lamellaire)............
- Rhéomètre pour liquides du commandant Krebs
- Siphon à champage et à cidre..............
- Stéréo-projecteur..............................
- Stores Beaumann...............................
- Suspenseurs pour glaces et tableaux............
- Tachymôtre à deux liquides. ..................
- Tennis (presse à raquette) . ..................
- Thermomètre spécial pour liquides volatils. . .
- Tir au vol.....................................
- Topographie (liseuse topo-curvimètre).........
- Totalisateur d’heures de marche...............
- Usure des marches et dallages, enregistreur. .
- Vagues (pour calmer les)......................
- Valve d’obturation provisoire pour tuyau. . . .
- Vaporisateur de poche..........................
- Vélocipède.....................................
- Vitres (Appareil à laver l'extérieur des).... Voiture d’enfant (Porte-parapluie improvisé) .
- 180
- 108
- 84
- 140
- 115
- 67 52 91
- 124
- 68 123 115 164
- 3
- 35
- 148
- 11
- 99
- 212
- 3
- 35
- 196
- 28
- III. - HYGIÈNE ET SANTÉ.
- Viande de cheval (La)........................................... 14
- Trichotillomanie et les humeurs pileuses (Le)................... 14
- Ailurophobie.................................................... 22
- Fièvre de Malte................................................. 29
- Crises de rire.................................................. 38
- La morsure de vipère............................................ 53
- Entérite (La nèfle contre F).................................... 62
- Le régime fruitarien............................................ 77
- Contagion par les livres........................................ 85
- Alimentation ferrugineuse....................................... 93
- La tomate...................................................... 101
- Le vin et l’hygiène.............................................109
- L’hyperhydrose plantaire........................................117
- Y a-t-il des maisons cancéreuses (D1' Lucien Gkaux).........125
- Diagnostic de la tuberculose par l’Ophtalmo-réaction .... 133
- L’automobile et la santé. ..................................141
- Pour détruire les tatouages. . .............................158
- Bouchons stérilisés.........................................173
- Contre la névralgie dentaire.............................. 173
- Adipsie (L’)................................................173
- Chute des cheveux...........................................181
- La bruxomanie...............................................189
- Liniment contre les brûlures............................ 189
- La poussière de nos tapis...................................197
- L’empoisonnement par la naphtaline..........................205
- La leueonychie.............................................. 206.
- IV. — RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES.
- Acier, appareil électrique de trempe............................. 6
- Alcool de tourbe................................................118
- Alliages nouveaux.........................'................126
- Aluminium (alliage dur)........................................ 30
- Aluminium (Dépôt sur 1’)....................................... 30
- Aluminium (Dépôt sur le fer).................................... 70
- Aluminium (Dépôt sur le fer).................................... 22
- Aluminium (revêtements pour objets en)................. 94
- Antirouille.................................................... 16
- Asperge (La rouille de F)..................................... 134
- Automobiles à vapeur, moyen de remédier aux décharges
- électriques.................................................. 29
- Beurre, conservation............................................118
- Bois, conservation par l’eau sucrée.............................134
- Bois, distillation..............................................102
- Bois, procédés de coloration.................................... 22
- Bois (Procédé décoloration)................................. . 86
- Bouchons, paraffinage...........................................135
- Bronzage de cuivre.............................................. 29
- Bronzage sur tubes de cycles.................................... 16
- Buvard perpétuel................................................143
- Cadres dorés, nettoyage. (......................................214
- Canalisation d’eau chaude (pour faire les joints des tuyaux
- de fonte)................................................... 54
- Celluloïd (Solution de)......................................... 86
- Cheminées, pour les empêcher de fumer en temps humide. . 86
- Colles pour cuir et courroies................................... 70
- Colle pour linoléum............................................. 70
- Coton, blanchiment à l’eau oxygénée.............................143
- Courtilières, destruction...................................... 135
- Coussinets qui chauffent........................................ 86
- Couteaux, nettoyage..............................................118
- Cuir, courroies (Procédés de collage) ........................ 70
- Désinfection des livres..........................................102
- Désinfection par le café.........................................110
- Elixir dentifrice................................................ 51
- Email pour métal. ............................................... 30
- Encre au fer.....................................................143
- Encre résistant aux agents atmosphériques........................206
- Encre pour écrire sur le cuir glacé............................ 206
- Etables, désinfection............................................ 38
- Fer, protection............................................... 30
- Fruits tombés, utilisation.......................................135
- Fumagine (Contre la).............................................127
- Fûts à bière, désinfection.......................................135
- Gants de chevreau, nettoyage.....................................143
- Glaces de vitrines : nettoyage...................................206
- Glu marine pour calfatage........................................214
- Gomme arabique, préparation...................................... 15
- Graisse à souder.................................................127
- Harnais (Graisse pour)...........................................206
- Hortensias, bleuissement des Heurs. . ....................... 51-
- Insectes des placards, armoires, etc............................. 78
- Insectes (Empreintes)........................................ 78
- Insectes terriens et vers blancs. . . . 5......................118
- Laine et soie, moyen de les distinguer...........................118
- Laiton, nettoyage................................................118
- Laitue en été....................................................118
- Lampes électriques, entretien des câbles flexibles............... 94
- Limes, essais................................................. . 94-
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- TABLE DIT S U PP LÉ JVIENT
- Limes (Utilisation des vieilles). . ...................... 54
- Machine à écrire pour les annonces au projecteur. .... 94
- Mastic pour lutcr les tuyaux de verre dans le fer..............206
- Métaux, nettoyage avant peinture .............................. 15
- Meules à émeri. .................................................. 54
- Moisissures des caves........................................... 78
- Mouches, destruction. . ..........................................110
- Oies (Moyen d’engraisser les). ...................................154
- Paraffine (sa température de solidification)...................... 78
- Peinture à la détrempe résistant bien aux lavages................ 29
- Peinture brillante . .............................................206
- Perceuse électrique (Petite). ..................................... 6
- Phosphore blanc (Recherche de traces de).................... 6
- Photographie, réparation des cuvettes en porcelaine. .... 6
- Piston qui colle. .......................'..................... 94
- Plantes d’appartement, conservation............................... 86
- Pneus : gonflement par l’azote....................................214
- Poteaux de bois : conservation....................................214
- Poussins, leur alimentation.......................................118
- Rouille à l’intérieur des tubes d’acier...................... 15
- Rouille (La chaux, contre la)............................; . 118
- Savon argenté................................................... 143
- Soudure nouvelle................................................ 6
- Stérilisation de l’eau de boisson................................110
- Taches d’encre.................................................. 206
- Taches noires sur les souliers jaunes. ......................134
- Tannage des voiles.............................................. 6
- Toile et drap, imperméabilisation................................134
- Toitures en fer galvanisé, entretien........................ 94
- Vapeurs acides et fumées corrosives, préservation des surfaces métalliques................................................ 6
- Vernis à la gomme arabique..................................... 22
- Vernis à la gomme arabique...................................... 70
- Vernis noir pour cycles. ........................................ 15
- Ver de pêche : conservation................................... 206
- Voitures : nettoyage......................................... 206
- Voitures : enduit au coaltar.....................................206
- V. - VARIÉTÉS.
- Préhistoire de l’Italie (F. Caiutène)............................ 5
- Le lait végétal en Chine (F. Marre).......................... 13
- Le chanvre de Manille (P. Loncoche). . ...................... 13
- Troisième congrès international des recherches solaires (Em.
- Touchet)..................................................... 21
- Histoire de la fleur............................................ 37
- Emmagasinage du charbon sous l’eau (F. Marre)................... 46
- Petit jeu de société . ........> ...... ..................... 46
- L’endiguement du Colorado. ..................................... 53
- La pluie en Lozère.............................................. 61
- L’histoire du papier........................................... 62
- Canal d’irrigation en tôle...................................... 62
- Physiologie du sourire (Dr Desplein)........................... 69
- Nouvelles comètes.............................................. 77
- Nouvelles observations sur les engins grélifuges (H. Blin) . . 85
- Association française pour l’avancement des Sciences. ... 93
- Puissance des moteurs d’automobiles.............................101
- Histoire cl météorologie........................................101
- Quelques particularités sur le tabac............................101
- L’âge de la pierre en Patagonie...............................109
- La caséine......................................................117
- Variabilité des petites planètes. . ..........................117
- Les insectes et la couleur des fleurs (L. Lambert)............125
- Commerce de vin de Madère...................................... 441
- La nouvelle carte de Mammoth-Cave (A. Stéryal) ..... 457
- Le Haschich (Dr Desplein).......................................165
- Union postale universelle (Congrès de 1907)................... 173
- L’Hygiène et la guerre (Dr Desplein).......................... 181
- Téléphone-journal [N. L)........................................181
- Sous-produits de la viande (F. Marre)...........................189
- Etapes de la liquéfaction des gaz (Cii. D.). ....... . 190
- L’Industrie du papier de lin (H. Blin).......................... 197
- Collection d’msectes............................................205
- Tableau du règne aniriial d’après Lamark .......................213
- FIN DES TABLES DU SUPPLÉMENT
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-
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- ERRATA
- Pages 109-110, pasfiirn.
- Au lieu de : M. Oales. Il faut : M. Outes.
- Page 114, col. I, lig. 6.
- Au lieu de : françaises. Il faut : financières.
- — col. 1, lig. 8.
- Au lieu de : financières. Il faut : anglaises.
- — col. I, lig. 50.
- Au lieu de : données.
- U faut : dénoncées.
- Paris. — Imprimerie I.aliure, rue de Fleurus, 9.
- p.2x223 - vue 671/671
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